Revue de la Société Haïtienne d'Histoire (1931–1935)
1932
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--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 --- DE LA Vol. 3 No 5 Port-au-Prince (Haïti) Janvier 1932 SOMMAIRE A. GARNIER.—Autour de la mort de Pétioa IGNACE URBAN.—Sur la Géographie botanique d'Hispaniola ( 2ème Partie ) Les Livres PRIX : UNE GOURDE IMPRIMERIE V. VALCIN 1518, Rue dit, Docteur Aubry, 1518; PORT-AU-PRINCE, HAITI. 1932. --- Page 4 --- --- Page 5 --- N° 5 Port-au-Prince ( Haïti ) Janvier 1932 CONFÉRENCE PRONONCÉE LE 21 JUIN 1925 Mesdames, Messieurs, Invité par la « Société d'Histoire et de Géographie d'Haïti » à prendre la parole dans cette salle où tant d'illustres conférenciers m'ont précédé, encore que je ne sois qu'un débutant, s'il devait m'en coûter l'obligation de vous charmer par autant d'éloquence et d'érudition, je déclinerais cet insigne honneur. Mois, je me figure devant un auditoire clément, votre empressement d'ailleurs, a venir m'assister eu si grand nombre me raffermit et me fait sentir se former autour de moi une atmosphère de chaudes sympathies. Je me hâte, Mesdames, Messieurs, de vous faire une courte confidence : s'il est en moi quelque talent historique, si mince soit-il, je le dois à mon cher Maître, Mr le Docteur Price-Mars, qui, par son dévouement, a su, avec la compétence que vous lui connaissez, inculquer à ses élèves le goût de l'histoire nationale. Permettezmoi donc de lui présenter avant de prononcer ma première conférence l'hommage de ma reconnaissance et l'expression, de mes remercîments les meilleurs. --- Page 6 --- — 2 — « L'Abeille Haïtienne », un journal de l'époque, publia, le 3 Avril 1818 :« Le 22 Mars dernier, la fièvre le saisit. On lui prodigue les soins les plus empressés ; mais il refuse les remèdes qu'on lui présente ; il ne veut prendre aucun aliment, malgré les instances les plus vives de sa famille, de ses amis ; et le 29 du môme mois, à quatre heures du matin, il expire dane ce calme qui caractérise l'homme irréprochable ». Cet entrefilet a donné lieu à des opinions diverses sur la mort de Pétion. Des historiens étrangers et haïtiens, particulièrement Anténor Firmin en concluent qu'il se laissa volontairement mourir de faim. Comme dans toute agglomération humaine, la suggestion est contagieuse par contagion donc, cette suggestion s'est propagée et semble prendre aujourd'hui « les caractères classiques de l'authenticité ». Certes, cet article contemporain à l'événement du 29 Mars fournit là-dessus des renseignements certains, mais ne suffit pas pour affirmer que Pétion s'est suicidé. , particulièrement Anténor Firmin en concluent qu'il se laissa volontairement mourir de faim. Comme dans toute agglomération humaine, la suggestion est contagieuse par contagion donc, cette suggestion s'est propagée et semble prendre aujourd'hui « les caractères classiques de l'authenticité ». Certes, cet article contemporain à l'événement du 29 Mars fournit là-dessus des renseignements certains, mais ne suffit pas pour affirmer que Pétion s'est suicidé. L'historien, certainement, doit chercher les objets qui peuvent être le témoignage du passé; cependant, ses divers documents, pour le conduire à la vérité, doivent être soumis à une critique minutieuse, impartiale, et « c'est seulement quand il se sera assuré de leur valeur, qu'il pourra admettre les faits dont ils sont censés être la preuve. » « L'histoire, dit Jules Ferry, est une, et le premier devoir d'un chercheur, c'est d'être un esprit libre, c'est de voir de haut, c'est de poursuivre avant tout la loi des choses. » Partant de ces principes, étant donne les conditions sanitaires du pays a ce moment, l'état de santé caractéristique de Pétion, il semblerait de préférence qu'il mourût de fièvre paludéenne. C'est ce que, dans le cours de cette conférence, nous essaierons de démontrer. Aurons-nous réussi ? Vous en jugerez, Mesdames, Messieurs. Au reste l'histoire, en fait, ne peut prétendre à une certitude absolue, « on s'en va, au hasard, emporté dans mille routes diverses, par les souffles variables --- Page 7 --- — 3 — de l'Opinion. » Il faut, en pareille matière, selon l'expression du professeur Rabier, dans ses «leçons de logique » comme en tout ce qui touche l'humanité, attacher le plus haut prix aux moindres probabilités ». Pétion se laissa volontairement mourir de faim. Qu'y-a-t-il de fondé dans cette assertion ? L'histoire ne rapporte rien, qui, à ce moment là put impressionner cet homme d'un caractère si ferme, à ce point qu'il dut recourir au suicide. Au contraire, sous le rapport politique, la situation de la République était des plus l'assurantes. A l'intérieur, la tranquillité régnait de l'Ouest au Sud. Les Bandes de Gornan qui infestaient le Quartier de la Grand'Anse étaient réduites à l'inaction et n'occupaient plus que les montagnes des environs. Leurs chefs les plus fameux, s'étaient soumis à Bazelais. La flotille de la République, par l'acquisition de nouveaux matériels, était devenue assez forte pour défendre tout le littoral et empêcher Christophe de leur envoyer du secours. Christophe lui-même, en présence des désertions de ses soldats dans le Nord et l'Artibonite, craignant le même désastre qui l'avait contraint en 1812 à lever le siège de Port-au-Prince, n'inquiétait plus les frontières. A l'extérieur, depuis l'issue de la mission FontangesEsmangart. tout présageait que le Gouvernement Français finirait par accepter les conditions de Pétion à Lavaysse pour la reconnaissance de l'Indépendance. Il est vrai que la situation financière de l'Etat, compromise depuis longtemps par les frais de la guerre civile et les préparatifs de défense en cas du retour imminent des Français, était des plus fâcheuses. Les ressources du pays ne pouvaient répondre au budget des dépenses dont une loi avait décrété l'exécution le premier Janvier 1818. Pour payer un mois de solde à l'armée qui n'en avait pas reçu depuis quelque temps déjà, il avait fallu recourir à un emprunt sur place. Cette crise permit à l'opposition d'alors de critiquer l'Administration. Les meilleurs amis du Président ne dissimu- de défense en cas du retour imminent des Français, était des plus fâcheuses. Les ressources du pays ne pouvaient répondre au budget des dépenses dont une loi avait décrété l'exécution le premier Janvier 1818. Pour payer un mois de solde à l'armée qui n'en avait pas reçu depuis quelque temps déjà, il avait fallu recourir à un emprunt sur place. Cette crise permit à l'opposition d'alors de critiquer l'Administration. Les meilleurs amis du Président ne dissimu- --- Page 8 --- laient point la réprobation de ses actes. Boyer lui-même, chef de la maison présidentielle, et commandant de l'Arrondissemet de Port-au-Prince, s'il faut en croire Inginac, dans ses « Mémoires » publiés en 18-43 à Kingston, s'était rangé du côté des frondeurs de l'Administration de son bienfaiteur dont il censurait les actes publiquement. Il lui-reprochait particulièrement l'institution de la Chambre des Représentants, plusieurs lois rendues dans la session des 1817, sa tolérance pour le scandale des prodigalités de Piny, directeur de l'Hôtel des monnaies. C'est peut-être à quoi fait allusion, le poète, Duraciné Vaval quand il écrit dans son poème consacré à Pétion : Lorsque tu remarquas en ton lucide esprit Que ceux qui te devaient gloire, pouvoir, fortune Te trahissaient, hélas ! de façon si commune, Le dégoût engloutit ton coeur toujours épris D'un certain idéal, et tu laissas la vie Ton ultime regard, tourné vers la patrie. Que pouvait-il penser de ces reproches, le chef de l'Etat? Le désordre était général et partait de l'Administration même. Pour vous en convaincre, écoutez PriceMars dans «La Vocation de l'élite » : « Sous la présidence de Pétion, vers 1811, tout Port-au-Prince fabriquait de la fausse monnaie sous l'oeil indulgent et débonnaire du Gouvernement, il est bon de rappeler qu'un peu plus tard, l'Etat monopolisa lui-même cette fructueuse industrie en baissant clandestinement le titre de sa monnaie d'argent de 900 millièmes titre nominal à 634 millièmes titre effectif, ce qui revient à dire que l'Etat, sans gêne ni honte, obligeait le consommateur à recevoir une monnaie dont il avait de propos délibéré, altéré la valeur intrinsèque et commettait ainsi un vol effronté contre la masse des producteurs ». Cette particularité, entre mille autres, indique assez que ces désordres administratifs tant critiqués, étaient nécessités par la marche même des événements et que Pétion. pénétré des principes de grandes libéralités de revient à dire que l'Etat, sans gêne ni honte, obligeait le consommateur à recevoir une monnaie dont il avait de propos délibéré, altéré la valeur intrinsèque et commettait ainsi un vol effronté contre la masse des producteurs ». Cette particularité, entre mille autres, indique assez que ces désordres administratifs tant critiqués, étaient nécessités par la marche même des événements et que Pétion. pénétré des principes de grandes libéralités de --- Page 9 --- quatre vingt neuf qu'il voulait préconiser, n'a été simplement que désemparé quand il se fut attelé à cette oeuvre ingrate qu'est l'agencement d'un état moderne. Ainsi, il se trouva en butte aux prescriptions de l'inapplicable constitution de 1806 à l'élaboration de laquelle, il avait grandement contribué en vue d'opposer comme on le disait « une muselière» à Christophe dont il connaissait le tempérament despotique : lorsque les Sénateurs se transportèrent en corps au Palais pour lui donner lecture du projet de remontrances, adopté le 28 Juillet 1808 par le Sénat, relatives aux violations de la constitution, battu par ses propres armes, — les principes de cette constitution n'étaient pas viables—il dut, en guise de soumission, menacer de dissoudre par les armes le Grand Corps qui, effrayé, s'ajourna jusqu'à sa convocation en 1811 pour les élections présidentielles à l'achèvement du premier mandat de Pétion. Il est donc certain que celui-ci était fort préoccupé et contrarié de la mauvaise situation financière du pays mécontent des critiques acerbes lancées contre son Gouvernement; mais, malgré les soucis qu'il en eut, il ne put être à ce point démoralisé qu'il pensât mettre fin à ses jours. Il avait trop de confiance dans l'avenir du pays, dans la sage politique qu'il avait suivie pour gouverner la République au profit de la nation haïtienne tout entière, comme il le disait dans son discours - le dernier discours officiel qu'il prononça — à d'ouverture de la session législative du 22 Août 1817. On dit d'autre part qu'il avait des chagrins d'ordre intime; on n'en sait rien. En tout cas, s'il en eut, il les emporta avec lui dans sa tombe. Comme Madame Joutte Lachenais devint quelques jours après l'événement du 29 Mars — elle n'avait même pas quitté le Palais— la maîtresse de Boyer, les mauvaises langues prétendent que les relations de celui-ci avec elle, du vivant même de Pétion, qui une fois les avait surpris, dit-on, en une scène attendrissante n'étaient pas étrangères à sa mort. Gela suffirait-il pour dégoûter de la vie un homme encore jeune ? Ce sont là, --- Page 10 --- — 6 — peut-on dire avec Gustave Le Bon, des récits fantaisistes de fait mal observés, accompagnés d'explications forgées après coup », attestant une fois de plus que « l'histoire le plus souvent n'éternise guère que des mythes. Nous lisons clans le Dictionnaire Universel d'Histoire et de Géographie de Mr N. Bouillet : « Ses réformes ne furent pas comprises des noirs. Pétion se laissa mourir de faim en 1818 léguant à Boyer son petit Etat clans une condition assez prospère ». récits fantaisistes de fait mal observés, accompagnés d'explications forgées après coup », attestant une fois de plus que « l'histoire le plus souvent n'éternise guère que des mythes. Nous lisons clans le Dictionnaire Universel d'Histoire et de Géographie de Mr N. Bouillet : « Ses réformes ne furent pas comprises des noirs. Pétion se laissa mourir de faim en 1818 léguant à Boyer son petit Etat clans une condition assez prospère ». Qu'est-ce à dire? Les partisans de cette assertion ne s'entendent pas sur les raisons qui motivèrent le suicide dont ils parlent, leurs arguments, l'un par rapport à l'autre, constituent de vraies antithèses. S'il est vrai, d'après l'opinion de Bouillet que Pétion légua son petit état à Boyer, c'est que, contrairement aux arguments des autres partisans du suicide de Pétion (comme nous l'avons montré du reste précédemment),- ni les critiques de Boyer et partant celles de l'opposition, ni les amours de celui-ci avec Madame Joutte n'affectaient à ce point le Président que la vie lui fût à charge. Boyer, commandant d'Arrondissement de Port-auPrince, occupait auprès du Président une situation particulière, il était son conseiller le plus immédiat, le confident de ses pensées, le chef de sa garde; pour toutes ces raisons, comme la constitution de 1816 accordait au Président de présenter son successeur au suffrage des Sénateurs, il semblait l'homme que Pétion eût voulu recommander pour lui succéder. Mais il n'en fit rien. Il n'exécuta pas volontairement, dit-on, cette clause de la charte. Il est en effet incontestable que le Président aurait amplement le temps de remplir cette obligation envers le Sénat s'il avait eu l'intention de désigner Boyer à son remplacement comme toutes les circonstances semblaient le recommander. Il ne perdit l'usage de la parole qu'au dernier moment; s'il ne désigna pas son successeur c'est qu'il ne voulut pas. Mais, pourquoi se demandé-t-on ? Sans doute, eut-il des raisons intimes qu'il mit un soin jaloux à garder sécrètes. Il est bon de --- Page 11 --- rappeler dans quelle circonstance Boyer arriva au pouvoir. Le cadavre de Pétion n'était même pas refroidi que les intrigues pour sa succession commencèrent. Dès le 28, Boyer expédia des courriers auprès de Lys. de Borgela, de Francisque, pour les mander à Port-au-Prince en toute hâte. On raconte que les dragons expédiés mirent quelque lenteur—peut-être en eurent-ils reçu l'ordre—mais les généraux demandés ne rentrèrent à Portau-Prince qu'après les élections présidentielles. Est-ce le hasard? La précipitation avec, laquelle se firent les élections disent quelque chose d'autre. Dès.que la mort de Pétion fut connue, les Sénateurs, présents à la Capitale au nombre de onze, convinrent dans des réunions préliminaires, sous la présidence de Larose, président du Comité permanent du Sénat, que les élections n'auraient lieu qu'après les funérailles du Président fixées au 31 et au retour de leurs collègues résidant en province—sans qu'on l'eut dit bien haut—en la présence des personnages de l'heure; Borgela, Lys, Francisque, candidat à la présidence. , présents à la Capitale au nombre de onze, convinrent dans des réunions préliminaires, sous la présidence de Larose, président du Comité permanent du Sénat, que les élections n'auraient lieu qu'après les funérailles du Président fixées au 31 et au retour de leurs collègues résidant en province—sans qu'on l'eut dit bien haut—en la présence des personnages de l'heure; Borgela, Lys, Francisque, candidat à la présidence. Des le 30, Panayotti, Sénateur et ami particulier de Boyer demanda à Larose de revenir sur la décision et de convoquer le Sénat pour procéder aux élections présidentielles. Larose refusa obstinément s'appuyant sur la résolution adoptée unanimement de ne procéder aux élections présidentielles qu'après les funérailles et dans le calme le plus absolu. Non seulement Panayotti el, ses amis insistèrent auprès de Larose, mais l'élément militaire intervint, dans les débats sur le choix du personnage le plus qualifié à remplacer Pétion, l'armée était divisée. Deux régiments de la garde avec leur chef Quayer Larivière étaient en faveur de Borgela, tandis que les autres troupes étaient en faveur de Boyer. Ainsi, le général Gédéon, Commandant de la Place de Port-au-Prince, très attaché à la fortune militaire de Boyer, jeta son épée dans la balance, en disant aux Sénateurs que non seulement il fallait procéder aux élections, mais encore. Boyer seul devait être Prési- --- Page 12 --- — 8 — dent, et, que, si le Sénat hésitait, il allait le proclamer à la tête de son armée. Cette intervention du Général Gédéon décida de la partie. Larose convoqua le Sénat, démissionna de la présidence que prit Panayotti ; et c'est ainsi que Boyer fut élu Président de la République à la l'unanimité des onze Sénateurs' présents. De tout, ce qui précède, il résulte qu'aucune des arguments des partisans du suicide de Pétion ne nous convainct de de la véracité du fait. Cherchons plutôt dans les relations de sa santé les causes de sa disparition. La première pièce officielle qui relate le mauvais état de santé de Pétion est le message du 13 Février 1807 qu'il adressa au Sénat et qui est ainsi conçu : Port-au-Prince, le 13 Février 1807 Le Général de Division Pétion, Sénateur Aux membres du Sénat Citoyens, collègues, Il me semble dans les circonstances présentes, qu'il serait plus que jamais convenable que le Sénat prit une résolution tendant à faire une levée de jeunes gens, pour compléter les différentes demi-brigades de la Division sous mes ordres. Deux mille hommes, selon moi suffiraient pour cette opération. Privé par mon état de maladie, de la faculté de pouvoir me rendre dans votre sein pour faire cette proposition, j'ai cru devoir vous l'adresser ici, vous priant de vouloir la prendre en considération. Agréez etc. PÉTION Voilà donc la relation d'un état morbide, faite par le patient lui-même. Est-ce une maladie aigüe, subaigüe ou chronique. Nous n'avons pas de détails là-dessus; mais nous savons que les maladies peuvent; prendre des formes diverses, que leur cours peut être traversé par des complications, qu'elles peuvent s'associer entre elles mutuellement et que leur évolution dépend de --- Page 13 --- — 9 — certains ordres de conditions: les unes tiennent à la cause pathogène, les autres, aux qualités propres de l'organisme, au degré de résistance qu'il offre, suivant qu'il est ou non affabli par des tares antérieures entretenues par d'autres causes adjuvantes. maladies peuvent; prendre des formes diverses, que leur cours peut être traversé par des complications, qu'elles peuvent s'associer entre elles mutuellement et que leur évolution dépend de --- Page 13 --- — 9 — certains ordres de conditions: les unes tiennent à la cause pathogène, les autres, aux qualités propres de l'organisme, au degré de résistance qu'il offre, suivant qu'il est ou non affabli par des tares antérieures entretenues par d'autres causes adjuvantes. Cependant il semble qu'on soit en droit, de conjecturer qu'il s'agit pour le cas qui nous occupe d'une affection chronique. Le patient s'excuse de ne pouvoir se rendre à son poste de Sénateur, au Palais où siège le grand Corps. Mais, où était-il au moment où il écrivait la lettre? Au Port-au-Prince. Il venait d'y rentrer après une campagne infructueuse contre Saint-Marc. Parti de la Capitale le 29 Janvier, il ne fit qu'une courte apparition devant Saint-Marc et regagna Port-au-Prince précipitamment. Madiou pense que c'est parce qu'il ambitionnait la présidence et que, voulant faire échec à Gériu, il aima mieux venir déjouer les intrigues politiques de son adversaire. Ardouin explique ce prompt retour par le mauvais état de santé du Général. Les deux explications sont acceptables et peuvent même se compléter. Dans tous les cas elles concordent à faire admettre qu'il s'agit d'un état morbide qui ne mit pas en péril la vie du patient mais qui l'obligea à restreindre son activité physique. Nous en trouvons la preuve, dans les événements qui suivirent. Pétion fut élu le 9 Mars à la Présidence. A la séance de sa prestation de serment, le 10 Mars 1807, il « traversa la salle des séances au son de la musique et vint prendre un siège qui lui avait été préparé; Appuyé sur des béquilles, à cause de sa maladie, il ne parut que plus intéressant aux yeux du Sénat et des assistants» dit Ardouin (Tome 7 des études sur l'Histoire d'Haïti). De quelle maladie donc s'agit-il ? Madiou précise le diagnostic. « Souffrant de douleurs rhumatismales et simplement vêtu, il se soutenait à peine, appuyé sur des béquilles » (Histoire d'Haïti, tome III, page 413) Mainte --- Page 14 --- — 10 — nant, il serait intéressant de savoir jusqu'à quel point le diagnostic de Madiou était bien fondé. Madiou n'étant pas médecin, n'avait fait que recueillir ce que la tradition admettait. S'il est difficile déposer des diagnostics infaillibles au chevet des malades sans les faire appuyer par toutes les données du laboratoire, combien cette entreprise est-elle hasardeuse quand il s'agit de préciser ou rectifier des diagnostics rétrospectifs.Cependant, c'est à quoi nous allons timidement nous livrer dans ce pauvre essai. Par tout ce qui précède, il semble possible d'admettre, que Pétion souffrait d'une diathèse se manifestant par des douleurs articulaires, probablement à l'un de ses membres inférieurs—non aux deux membres à la fois puisqu'il pouvait monter à cheval dans sa campagne de Saint-Marc et marcher sur béquille en se servant d'un membre comme point d'appui sur le sol. c'est à quoi nous allons timidement nous livrer dans ce pauvre essai. Par tout ce qui précède, il semble possible d'admettre, que Pétion souffrait d'une diathèse se manifestant par des douleurs articulaires, probablement à l'un de ses membres inférieurs—non aux deux membres à la fois puisqu'il pouvait monter à cheval dans sa campagne de Saint-Marc et marcher sur béquille en se servant d'un membre comme point d'appui sur le sol. Ces douleurs devaient être intermittentes. Il ne les avait pas le premier Janvier 1801 à la bataille de Sibert. On sait qu'il se sauva à pas précipités à travers des champs de canne en compagnie de David Troy et de ses neveux Méroné et Antoine Pierroux. Dans les premiers jours de Février, il est souffrant au point d'en parler dans une lettre officielle; le mois suivant, il reprend son activité, puis retombe malade. Il s'agit bien là, de douleurs qui surviennent par crise. De 1807 à 1816, nous ne retrouvons aucune mention relative à la santé du Président. C'est qu'il était apparemment bien portant— excepté pourtant qu'à l'occasion de la fin de la session du Sud, Ardouin inscrit une note marginale à la page 490 du 7ème tome de ses Etudes sur l'Histoire d'Haïti ainsi conçue: « On remarqua qu'en entrant aux Caves, Pétion avait un pied chaussé d'une botte, et l'autre chaussé d'un soulier, porté en pantouffle. Il donna pour raison qu'il souffrait au talon de ce pied; mais comme il avait dit qu'il voulait entrer aux Cayes en pantouffles, on a pensé généralement qu'il ne voulait pas en avoir le démenti Cette crise douloureuse au talon, était-elle feinte? Ou n'était-ce qu'une manifestation de la vieille diathèse. Nous som- --- Page 15 --- — 11 — mes tentés de pencher pour la dernière alternative, car. enfin, de quelque nature que fut cette diathèse, elle ne pouvait ainsi disparaître sans laisser de trace. Et d'autre part, quel fut le caractère vrai de cette diathèse? Etaitce du rhumatisme? Etait-ce de l'avarie? Il serait téméraire d'asseoir un diagnostie sur le peu de données que nous possédons sur les manifestations cliniques de la maladie chronique dont a souffert Pétion pendant-de nombreuses années. Dans tous les cas, l'histoire ne mentionne pas qu'il ait eu de déformations de l'appareil locomoteur qui sont très propres au rhumatisme ostéo-articulaire. Il eut des poussées d'arthropathie, sans ankyiose, à des intervalles distants, semble-t-il. Cela ressemble un peu à la-marche capricieuse de la diathèse syphilitique avec ses manifestations protéiformes si déconcertantes. C'est sur cette diathèse qu'est venue se greffer la maladie aigüe dont il ressentit les premières atteintes le 10 Novembre 1816 peu après l'ouragan du 19 Octobre de la même année. Je me rallie d'autant plus à ce diagnostic que le docteur Mirambeau une des célébrités de l'époque, eut à soigner Pétion d'une maladie de la peau à laquelle, il rattachait la cause des douleurs chroniques dont il souffrait (Arclouin, tome 8, page 319). adie aigüe dont il ressentit les premières atteintes le 10 Novembre 1816 peu après l'ouragan du 19 Octobre de la même année. Je me rallie d'autant plus à ce diagnostic que le docteur Mirambeau une des célébrités de l'époque, eut à soigner Pétion d'une maladie de la peau à laquelle, il rattachait la cause des douleurs chroniques dont il souffrait (Arclouin, tome 8, page 319). Et, maintenant, en ce qui concerne la cause immédiate de la maladie qui l'emporta, des données certaines notamment, le mauvais état sanitaire du pays à cj moment-là, nous permettent d'affirmer qu'il s'agissait bien de fièvre paludéenne, épidémie qui sévissait alors. Lu effet, après l'ouragan qui avait surtout frappé l'Ouest, le pays, en proie déjà à une forte disette de vivres, tomba sous le coup d'une grave épidémie. S'il faut en croire, un article du « Télégraphe » Port-au-Prince fut particulièrement affecté par l'ouragan. Dans les quartiers voisins du rivage de la mer, de nombreuses sources avaient jailli, partout dans les rues, sur les quais, des immondices s'accumulaient : la Capitale était transformée en terrain de marécages. La population agglomérée, respirant cet air vicié et malsain, devait être --- Page 16 --- — 12 — forcément victime de l'épidémie chaque jour grandissante. Les ravages de la fièvre intermittente sur les indigènes, de la fièvre jaune sur les étrangers furent effrayants. Port-au-Prince resta longtemps dans cet état. Les inhumations se faisaient, au centre même de la ville, au Cimetière intérieur du Morne à Tuff; il n'y avait point de tombereaux pour l'enlèvement des immondices dans les rues; les fontaines publiques ne donnaient presque pas d'eau sinon rarement une eau souillée. Ce ne fut que vers Février 1818 grâce aux écrits des journaux « Télégraphe » et l'« Abeille », que la police sanitaire prit des mesures pour l'assainissement de la ville. Que Pétion eut été réellement souffrant de fièvre, nous avons là-dessus des preuves irrécusables. ..Avant d'être alité, il avait vingt-deux jours au moins qu'il souffrait. Et, en réalité, nous pouvons remonter jusqu'en 1816 pour trouver les premières atteintes du mal qui devait l'emporter. En effet, l'on avait remarqué que le Président n'avait pas tardé aux cérémonies législatives de 1816 parce que déjà, il avait eu à ressentir quelques accès fébriles. Afin de retirer de la circulation la monnaie à serpent que les faux-monnayeurs de l'Etranger avaient contrefaite, une loi avait pourvu à l'émission d'une nouvelle monnaie nationale à l'effigie du Fondateur de la République qui parut dans la deuxième quinzaine d'Octobre 1817.Suivant « l'Abeille » du premier Novembre, le public fut empressé à accepter ces pièces en raison d'une nouvelle maladie que Pétion venait d'essuyer. Le sentiment populaire s'émut en voyant l'image du chef qu'on craignait de perdre dans la nuit du 16 au 17 Octobre.» Une lettre des Commissaires Français révèle que les représentants et suppléants pour la formation de la Chambre, réunis à Port-au-Prince depuis la fin de Mars, ne purent être installés que le 28 Avril à cause de la maladie du Président. ces en raison d'une nouvelle maladie que Pétion venait d'essuyer. Le sentiment populaire s'émut en voyant l'image du chef qu'on craignait de perdre dans la nuit du 16 au 17 Octobre.» Une lettre des Commissaires Français révèle que les représentants et suppléants pour la formation de la Chambre, réunis à Port-au-Prince depuis la fin de Mars, ne purent être installés que le 28 Avril à cause de la maladie du Président. On avait remarqué aussi que. pendant dix-huit mois il --- Page 17 --- — 13 — s'était abstenu de passer l'armée en revue parce qu'il souffrait du même mal. Ce qui indique qu'il était constamment place sous l'influence de l'infection. Donc lorsqu'au 22 Mars, il s'alita, c'est, que la maladie avait épuisé toutes ses forces. Ardouin raconte qu'à ce moment là, le Général Borgella, l'un des personnages les plus en vue de l'époque, qui, par suite de la session du Sud, avait pris une sorte de retraite à Petit-Trou, était de passage à Port-au-Prince; et il avait fixé son départ au Lundi 23 Mars; dans la soirée du Dimanche, il se rendit au Palais pour prendre congé du Président qu'il trouva couché dans sa chambre et souffrant de la fièvre. Borgella,—au dire de ses a mis politiques auxquels il en avait fait la confidence—quitta le Palais tout ému ; il avait trouvé qu'après un seul accès de fièvre, les traits de Pétion étaient profondément altérés et, tout en lui semblait présager une mort prochaine. Du 26 au 27 Mars, le public apprit que l'alité avait empiré. L'on fit des prières publiques pour le rétablissement de sa santé. Des visites et des visites se succédèrent au palais, ce fut la consternation généraleDu 27 au 28, l'on avait perdu tout espoir. Le 29 à 4 heures du matin, l'illustre malade mourut... Les travaux, les occupations, la vie toute entière de la cité s'arrêtèrent à cette affligeante nouvelle. Le pays tout entier—même les Etrangers—prit le deuil de cet homme qui, à ce moment là seul, fit couler des larmes. Comment s'appuyer sur la notice de L'« Abeille» du 3 Avril, point de départ de tant d'inductions erronées pour conclure au suicide de Pétion quand la même édition de ce journal déclare qu'il expira avec ce calme qui caractérise l'homme irréprochable. Il en est tout autrement de la mort par inanition. Longet, dans son traité de physiologie montre combien peut-être intense, violent, le sentiment de la faim. « La sensation qui primitivement ne laissait pas que d'avoir quelque chose d'agréable, quand elle était encore ce diminutif de la faim qu'on nomme l'appétit se --- Page 18 --- — 14 — modifie, s'exagère, se généralise. La douleur de l'estomac devient, de plus en plus violente, il semble que cet organe soit pincé, tordu,.arraché avec des tenailles. Le délire, un délire furieux s'empare de l'Homme affamé, absorbe toutes ses facultés morales, intellectuelles, affectives, pour ne laisser subsister qu'un seul sentiment, qu'une seule volonté, celle de satisfaire ce besoin-impérieux». 14 — modifie, s'exagère, se généralise. La douleur de l'estomac devient, de plus en plus violente, il semble que cet organe soit pincé, tordu,.arraché avec des tenailles. Le délire, un délire furieux s'empare de l'Homme affamé, absorbe toutes ses facultés morales, intellectuelles, affectives, pour ne laisser subsister qu'un seul sentiment, qu'une seule volonté, celle de satisfaire ce besoin-impérieux». Comment prétendre que Pétion, qui, selon ses contemporains, expira dans le calme qui caractérise l'Homme irréprochable, se laissa mourir de faim quand on sait que « las triste victimes de la faim rendent le derniersoupir au milieu de l'agitation, de la carphologie ou de la fatigante loquacité famélique». Comment concilier cette induction avec la lettre de Boyer (27 Mars 1818, 11 heures et demie du soir ) à Lys pour lui demander sa présence à Port-au-Prince: « Le Président parle encore pour nous prêcher l'union et la concorde, et c'est répandre dans âme navrée un baume consolateur, que de lui jurer de faire abnégation de tout sentiment particulier pour ne voir que la Patrie et notre postérité». Pour l'affamé, ajoute le Physiologiste, en vain les lois morales commandent, en vain les lois sociales menacent et répriment, la faim parle plus haut crue les lois, que la raison, que les sentiments. L'histoire de la faim, dans son horrible vérité, n'a plus rien laissé à inventer à l'imagination des poètes, elle nous montre des mères, arrachant la vie à leurs propres enfants pour se nourir des chairs de leurs cadavres. Où meurt le sentiment de la maternité, quel sentiment pourrait vivre encore ? « Pétion lui, à son dernier moment, pensait à la Patrie. C'est la preuve qu'il ne se suicida pas mais qu'il se résigna à l'effet pernitieux de cette maladie qui le portait à se refuser à toutes nourritures.» L'inanition, dit Chossart, est une cause de mort qui marche de front et en silence avec toute maladie dans laquelle l'alimentation n'est pas à son état normal. Elle --- Page 19 --- — 15 — arrive à son terme naturel quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard que les maladies qu'elle accompagne sourdement et. peut devenir aussi maladie principale là où elle n'avait été d'abord qu'épiphénomène ». Donc, à suposer un instant que la faim fut devenue chez notre patient, la maladie principale, on pourrait affirmer qu'il se laissa volontairement mourir de faim. Nous ne pouvons considérer ce refus de toutes nourritures que comme un symptôme, l'anorexie, qui accompagne la maladie dont souffrait le moribond : la fièvre paludéenne ; car comment comprendre qu'un chef si attaché à l'oeuvre qu'il a commencée, peut-il pensera se suicider, quand, à toute extrémité, il est. encore préoccupé de l'union de ses concitoyens, quand il sent se répandre dans son âme navrée un baume consolateur à la seule promesse de ses survivants de faire abnégation de tout sentiment particulier pour ne voir que la patrie dont il est appelé le Père à si juste titre. Un telétat moral s'accorde difficilement avec la volonté d'un suicide, combiné et long puisqu'alité le 22 Mars, il ne mourut que le 29 Mars au matin. , il est. encore préoccupé de l'union de ses concitoyens, quand il sent se répandre dans son âme navrée un baume consolateur à la seule promesse de ses survivants de faire abnégation de tout sentiment particulier pour ne voir que la patrie dont il est appelé le Père à si juste titre. Un telétat moral s'accorde difficilement avec la volonté d'un suicide, combiné et long puisqu'alité le 22 Mars, il ne mourut que le 29 Mars au matin. Pour toutes ces raisons, il est plus logique et plus vraisemblable de croire que Pétion, né de complexion faible ne jouissant toute sa vie que d'une santé précaire. compromise et usée dans une fièvre continue de travail. disputant heure par heure à la maladie, tomba enfin épuisé par le paludisme, greffé sur la diathèse syphilitique dont nous avons parlé. En outre, on peut même croire que les mieux informés à ce moment là avaient aussi une certaine conviction que Pétion était victime de l'épidémie, quand on lit dans l'« Abeille »— toujours de la même édition—: « L'épidémie enlevant tant d'autres infortunés, l'on avait cesser de sonner le glas funèbre à l'Eglise, selon l'usage, dans la crainte que ce bruit lugubre des cloches ne fit impression sur Pétion». D'ailleurs, il ne peut étonner en rien que Pétion alité, ait refusé de prendre les médicaments qu'on lui offrait. --- Page 20 --- — 16 — puisqu'il était dans ses habitudes de faire peu d'usage des médicaments de toutes sortes. Ne s'était-il pas dérobé au traitement sudoriflque ; institué par Mirambeau, contre sa maladie de la peau ? En ce qui a trait aux aliments qu'il avait également refusés, ce n'est pas qu'il eut voulu se laisser mourir de faim, la chose se conçoit aisément, étant donné l'inappétense qui accompagne toujours le paludisme. Du reste, tout porte à affirmer qu'il fut plutôt victime de cette épidémie : nous en trouvons l'étiologie dans le mauvais état sanitaire de Port-au-Prince, transformé en terrain de marécages, les caractères, dans cette fièvre intermittente qui durait déjà dix-huit mois près, se manifestant le plus souvent le soir, dans cette anorexie qui le portait à refuser toutes nourritures, dans cette altération des traits dont parle Borgella au retour de sa. visite au Palais,— le paludisme est une maladie anémiante et extrêmement débilitante-tous signes formant le syndrome de la fièvre paludéenne à laquelle nous attribuons la mort du grand Homme. Vous me pardonnerez ma. témérité, Mesdames, Messieurs, mon entreprise est hasardeuse, car il est téméraire de vouloir rectifier des affirmations rétrospectives par un diagnostic assis d'ailleurs sur le peu de données que nous possédons sur les manifestations cliniques de la maladie chronique dont a souffert l'illustre Fondateur de notre République. C'est que, je veux croire qu'ils comprennent mal la philosophie de Pétion, « cette philosophie de désabusé qui eut tourné à la sécheresse de coeur s'il n'avait été foncièrement bon » dont, parle le Docteur Dorsainvil, ceux-là qui associent les résultats de son entreprise à son tempérament flegmatique son apathie naturelle pour prétendre, s'étayant sur l'entrefilet de l'« Abeille» du 3 Avril 1818, qu'il mit fin à ses jours par l'inanition. Il convient donc d'envisager la question sous son vrai jour; et, pour lui donner une solution équitable d'examiner profondément en Pétion l'Homme moral et l'Homme politique : , ceux-là qui associent les résultats de son entreprise à son tempérament flegmatique son apathie naturelle pour prétendre, s'étayant sur l'entrefilet de l'« Abeille» du 3 Avril 1818, qu'il mit fin à ses jours par l'inanition. Il convient donc d'envisager la question sous son vrai jour; et, pour lui donner une solution équitable d'examiner profondément en Pétion l'Homme moral et l'Homme politique : --- Page 21 --- Fils de la Révolution Française, il est très épris des idées sur les droits de la personne humaine. A une société qui vient de sortir de l'esclavage, il veut faire l'application immédiate des principes de la démocratie. Débonnaire par tempérament, désintéressé et détaché des préoccupations d'ordre matériel, il apportera dans la conduite des affaires publiques un magnifique souci d'humanité et d'esprit de justice. Mais comme les hommes, plus gouvernés par ses passions et ses intérêts que par des principes abstraits, la nouvelle société n'était pas en mesure de s'adapter aux récentes conditions d'une démocratie en voie de développement, et c'est pourquoi il y eut un tragique disparate entre la grandeur du dessein, et les résultats obtenus. Ainsi les côtés déplorables de son Gouvernement furent les conséquences de son administration toute patriarcale. Ecoutez le poète, l'auteur de l'Haïtiade ; S'il se tait, son silence entraîne tous les coeurs ; S'il a parlé, tout cède à ses accents vainqueurs Son front, toujours serein, son regard tutélaire. Signalent des vertus, l'auguste sanctuaire Un sentiment d'amour se peint dans tous ses traits Et ses prodigues mains, dispensent les bienfaits ». « Il ne sentit donc pas, comme plus tard, son concurrent du Nord, l'orage gronder autour de lui, à ce point qu'il dut penser au suicide pour se débarrasser de la vie ; creusé goutte à goutte par sa vieille maladie , « avec ce calme qui caractérise l'Homme Irréprochable » « il entra dans la paix de Dieu », le 29 Mars 1818, à 7 heures du matin. Apollo GARNIER p. d. m. --- Page 22 --- PAR LE PROFESSEUR IGNACE URBAN Tiré du IXe Vol des Symbolae Antillanae. tome I (1923—28) (Traduction de Mr Emil Zimmermann revisée par le Dr C. Pressoir) L'herbier de Jussieu reçut des plantes cueillies en Haïti, en 1787-88 par Mademoiselle de Roquefeuille ; et d'autres plantes ceuillies en 1787 par le médecin français Dûtrone La Couture, ainsi qu'une collection non sans importance de Necdoux, qui fut en 1788 directeur du jardin botanique de Port-au-Prince, entrèrent au Muséum de Paris—une plus petite de Duchemin de Lestang (écrit aussi de l'Etang ou Delestang) entra dans les herbiers de Jussieu et de Lamarck; une autre distinguée par des nouveautés assez nombreuses décrites pour la plupart par Lamarck, mais receuillie en 1789 et pendant les années suivantes parle jardinier J. Martin, prit le chemin de Paris. (Symb. III p, 115 et 40, et aussi p. 91-92, p. 36, p. 82) une plus petite de Duchemin de Lestang (écrit aussi de l'Etang ou Delestang) entra dans les herbiers de Jussieu et de Lamarck; une autre distinguée par des nouveautés assez nombreuses décrites pour la plupart par Lamarck, mais receuillie en 1789 et pendant les années suivantes parle jardinier J. Martin, prit le chemin de Paris. (Symb. III p, 115 et 40, et aussi p. 91-92, p. 36, p. 82) Plus importante et plus vaste que toutes les cinq précédentes furent les collections du jardinier-botaniste A. Poiteau qui, de 1796 à 1801 en compagnie de l'excellent dessinateur Turpin fit l'explora lion botanique de la partie nord d'Haïti, surtout les environs du Cap, de SteSuzanne, et l'île de la Tortue. Il fit ses voyages en partie aux frais du Gouvernement français, en partie avec l'aide du consul des Etats-Unis E. Stevens, qui reçut sa part des récoltes et des dessins. Poiteau apporta eu Europe environ .1200 espèces en --- Page 23 --- — 19 — 6000 à 7000 exemplaires qui furent vendus à de nombreux musées et à des particuliers. La collection la plus importante se trouve au Musée de Paris et dans l'herbier Delessert, à Genève. Une « Florule de Saint-Domingue » écrite par Poiteau en 1802-1803, (1 vol manuscrit) se trouve dans la Bibliothèque du Muséum d'Histoire naturelle, à Paris. Turpin avait aussi herborisé entre Monte Christ i et Santiago de los Caballeros. (Symb III p. 10, 103-106, aussi p. 137). M. E. Descourtilz séjourna en Haïti de 1799 à 1803, en qualité de naturaliste et de médecin. Il explora la contrée entre Port-au-Prince et le Cap et (forma près de l'Artibonite ) des collections importantes qui se perdirent avec de nombreux dessins pendant la révolution. Sa «Flore médicale des Antilles », parue en 8 volumes de 1821 à 1829 est de peu d'importance, quant au texte botanique, et. il me semble très invraisemblable aussi qu'il ait étudié aussi minutieusement qu'il lès décrit les qualités médicales de chaque espèce. Il a aussi décrit de très rares espèces décrites et trouvées par Plumier. Les tableaux sont faits d'une part selon les originaux sauvés de l'incendie, d'autre part selon les manuscrits de Plumier et les .figures de Poiteau. de Turpin et d'autres. ( Symb I p. 36-37, III p. 36-37 ) W. Hamillon aussi, dans sou « Prodromus plant. Indice Occidentalis (1825) décrivit un certain nombre de plantes d'Haïti, malheureusement pas d'une manière assez détaillée pour permettre l'idenfication. On ne peut, pas savoir dans sou oeuvre si les plantes ont été receuillies sans exception par lui dans son voyage de 1811. Les originaux se trouvent dans l'herbier de Devaux (maintenant au Muséum de Paris) (Symb. l. p. 64-65. III p. 55-56. ) ice Occidentalis (1825) décrivit un certain nombre de plantes d'Haïti, malheureusement pas d'une manière assez détaillée pour permettre l'idenfication. On ne peut, pas savoir dans sou oeuvre si les plantes ont été receuillies sans exception par lui dans son voyage de 1811. Les originaux se trouvent dans l'herbier de Devaux (maintenant au Muséum de Paris) (Symb. l. p. 64-65. III p. 55-56. ) La connaissance de la flore d'Hispaniola avança considérablement grâce aux voyages du médecin italien C. Bertero, dont les collections furent vendues à beaucoup de Musées et beaucoup de particuliers, par son représentant à Turin, le professeur Balbis. Elles furent --- Page 24 --- — 20 — décrites presque complètement par de Gandolle, Spengel et d'autres. C'est en 1819-20 que Bertero visita les environs de Port-au-Prince, Léogane, Aux Gayes, Jacmel et en Dominicanie les rivages des fleuves Yaqui, Ocoa, Biajama et d'autres endioits. Comme on n'a marqué sur les étiquettes des exemplaires répartis que le nom de l'île: StDomingue, les lieux d'origine des nombreuses espèces nouvelles sont restés inconnus. Il faut qu'ils soient plus tard identifiés du manuscrit de Bertero et de sa collection principale à Turin. (Symb. III. p. 21-23). Le jardinier impérial de Vienne K. Ritter cueillit en 1820-21 dans le nord d'Haïti, principalement près du Cap, des Gonaïves et jusque vers St-Marc des semences et des plantes vivantes pour les jardins impériaux. Son herbier, de 181 numéros se trouve au Musée impérial à Vienne— ( Symb. I, p. 138-39, III, p. 113-14). Une petite collection du Consul général anglais Mackènzie datant des années 1826-27, se trouve dans l'herbier de Grisebach à Gottingen, et probablement aussi en Angleterre. ( Symb. III. p. 80) V. Jacquemont alla en Haïti, via l'Amérique du nord, en qualité de voyageur naturaliste du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Il fit des explorations de Mars à Mai 1827 dans les environs de Port-au-Prince, à Martissant, sur les rives de la Rivière froide, à la .source Barau, au col de l'Escalier, sur les bords de l'Estère, dans les environs de St-Marc et des Gonaïves. La collection principale est à Paris; des duplicata se trouvent à Montpellier et à Berlin. (Symb. III. p. 65) L'explorateur russe B. Jseger séjourna en Haïti de 1827 à 1830. Il visita les montagnes au sud de Port-auPrince et les localités à l'ouest de cette ville jusqu'à l'Anse-à-Veau. (Le Grand fond, Morne Sourçailles, Rochebois, Fond des Nègres, Grand-Goàve, Petit-Goave, Miragoane, St-Michel) Les plantes de l'herbier ( 359 espèces) se trouvent au jardin botanique de St-Pétersbourg ; le premier duplicata se trouve dans l'herbier de Krug et Urban ( Symb. I p. 79, III. p. 66-67 ) 'ouest de cette ville jusqu'à l'Anse-à-Veau. (Le Grand fond, Morne Sourçailles, Rochebois, Fond des Nègres, Grand-Goàve, Petit-Goave, Miragoane, St-Michel) Les plantes de l'herbier ( 359 espèces) se trouvent au jardin botanique de St-Pétersbourg ; le premier duplicata se trouve dans l'herbier de Krug et Urban ( Symb. I p. 79, III. p. 66-67 ) --- Page 25 --- — 21 — C. Ehrenberg, le frère du fameux naturaliste C. G. Ehrenberg était commerçant à Port-au-Prince de 1828 à 1831. Il utilisa ses heures de loisir à l'exploration botanique des environs de la capitale. Une petite partie de ses plantes provient du Cap. Toute sa collection comprend environ 600 Nos. qui sont gardés au Musée botanique de Berlin et dans l'herbier du jardin botanique de Halle. (Symb III. p. 43-44). En compagnie du président, le duc P. von Württemberg herborisa près de Port-au-Prince d'Août à Octobre 1829 En avril 1832 il visita aussi Miragoane et St-Michel. Ses plantes sont au Musée de Munich. (Symb III, p. 145). C'est aussi dans les environs de la capitale que l'Epagnier collectionna principalement des fougères (hauptsachlich) (Farne) qui se trouvent, dans l'herbier Delessert à Genève, et dans l'herbier de Fée, au jardin botanique de Rio Janeiro. (Symb, III. p. 74). La collection de Robert, Schomburgk est de nouveau de plus grande importance. Il résida en Haiti de 1848 à 1857 en qualité de consul anglais à Sto-Domingo, et de cette ville étant, il entreprit de grands voyages dans l'intérieur, par exemple vers le lac Enriquillo via Azua et vers la vallée de Constanza, en 1851, via Jarabaeoa et le Monte Barrero. Ses plantes desséchées (1) (exsicatten) les premières venues de la République dominicaine se trouvent à Kero. Berlin et Paris. Eu collaboration avec Mondes il publia une carte de l'île de St Domingue, Paris 1858. qui fut utilisée pour une carte de l'île par Petermann dans ses « Géographische Mit eilungen » annuels en 1874. 17ème carte. ( Sym. l P. 152-153 ; III p. 121-123.) A son retour de Porto-Rico en Allemagne, le Jardinier C. Sehwanecke herborisa près de Puerto-Plata à ( 1) — Il est certain, d'après un billet sur une espèce de Pedilanthiis nu Musée de Berlin, qu'une petite partie de ses plantes n'est pas d'origine dominicaine, comme le disent les étiquettes mais des îles Turques ( Bahamas ). Cf. Symb. VII p. 76-77 : VIII p. 378. --- Page 26 --- — 22 la fin de 1849. Ses plantes se trouvent au Musée de Berlin. — Symb. III p 124. On trouve au Muséum de Paris un petit herbier de Tannée 1851 dû à un français inconnu, Varanne. Symb. III 138. On a aussi du vice-consulfrançais Prax un petit herbier des environs des Gonaïves datant surtout de Tannée 1834. — Symb. III p. 106. L'Université de Lausanne possède la principale collection, environ 1054 numéros de L. A. Prenleloup qui professa comme pharmacien à St Domingue de 1853 à 1869 ; on en trouve des duplicata (320 numéros) dans Therbier de Krug et Urban. Symb. III p. 106. du vice-consulfrançais Prax un petit herbier des environs des Gonaïves datant surtout de Tannée 1834. — Symb. III p. 106. L'Université de Lausanne possède la principale collection, environ 1054 numéros de L. A. Prenleloup qui professa comme pharmacien à St Domingue de 1853 à 1869 ; on en trouve des duplicata (320 numéros) dans Therbier de Krug et Urban. Symb. III p. 106. C. J. Mayerhoff alla comme planteur à St Domingue en 1847 ; il cueillit, de 1856 à 1859, près de la capitale (sur le Nigua etc, ) un herbier de 868 numéros qui se trouve au Musée de Berlin. On y trouve aussi sous son nom un certain nombre de plantes de la Guyane qui sont, malheureusement déjà entrées dans la littérature, en partie, comme plantes d'origine dominicaine. Symb. III. p. 83; VII. p. 75, 76. Le zoologiste D. F. Weinland recueillit en 1857 près de Jerémie des Ptéridophytes seulement, dont le premier duplicata vint à Berlin. —Symb. III. p. 133, 140. En 1871 les Etats-Unis envoyèrent une commission étudier le pays et les habitants en vue d'une annexion de l'île par les Etats-Unis. A la commission étaient attachés comme botanistes H. Brummel, C. C. Parry et le botaniste bien connu de Cuba Ch. Wright. Il traverseront l'île de la baie de Samana dans différentes directions ; ils passèrent aussi quelque temps en Haïti ; mais à cause du temps défavorable et de la brièveté de leur séjour, ils ne recueillirent qu'une petite collection (sans indications des lieux d'origine) qui est gardée à Washington dans Therbier Gray à et Kew ( seulement 57 numéros). Symb. III. p. 143. Les plantes recueillies en 1884 près de Port-au-Prince --- Page 27 --- — 23 — par le jardinier W. Schumann se trouve dans l'herbier Haussknecht, à Weimar, à Berlin et dans divers autres Musées. - Symb. III. p. 124, Avec le P. Picarda, professeur au Collège St-Martial de Port-au-Prince, commence, inaugurée par l'auteur une exploration systématique de Tîle. Ses excursions botaniques pendant les années 1886 à 1898 ne s'arrêtèrent pas aux environs de la Capitale et aux montagnes du Sud ( morne de l'Hôpital, Furcy. Morne tranchant. jusqu'à 1900m. d'altitude) elles furent aussi dirigées vers l'ouest sur les côtes et les montagnes adjacentes, via Miragoaue, Anse-à-Veau, Corail, jusqu'à Jérémie; vers le nord, au Cul-de-Sac, à St-Marc, Verrettes, Petite-Rivière de TArtibonite, Crète-à-Pierrot, aux sources de l'Estère, Pérodin, jusqu'aux Gonaïves; et vers Test aux Fond-Parisien et à l'Etang Saumûtre. ) dirigées vers l'ouest sur les côtes et les montagnes adjacentes, via Miragoaue, Anse-à-Veau, Corail, jusqu'à Jérémie; vers le nord, au Cul-de-Sac, à St-Marc, Verrettes, Petite-Rivière de TArtibonite, Crète-à-Pierrot, aux sources de l'Estère, Pérodin, jusqu'aux Gonaïves; et vers Test aux Fond-Parisien et à l'Etang Saumûtre. ) Toute la récolte, 1667 numéros, se trouve dans l'herhier de Krug et Urban. (Symb III. p. 100-101 ). Le Baron H Eggers dans l'expédition qu'il exécuta à St-Domingue, chargé par l'auteur, avec l'aide financière de l'Académie des Sciences de Berlin et du Consul L. Krug, alla d'Avril à Juillet 1887 de Puerto-Plata (Loma Isabel de la Torre, Rio Mameyes, rio Janiao, rio Cumu, rio San Marcos, rio Munoz, Buena-Moca. Batey ). à la vallée de Constanza, via Alta Mira (Sierra de Monte Cristi), Santiago, (Palmar, Sierra del Palo Quemado, rio Gurabito. Llano Rafael, Cuesta da Piedra, Lopez ), La Vega. Jarabacon, ( Loma Mata Clara, rio Bahuati). Monte Barrero. De Constanza il montait, à Valle nuevo et au Pico del Valle (2630 m.) et il découvrit dans ces dernières localités la flore particulière de la haute montagne de la Sierra de Cibao qui sera décrite plus tard. Sur son chemin de retour en Europe il visita les environs du Cap. Dans un nouveau voyage aux Antilles il herborisa en Janvier 1888 près de Jacmel. de Jérémie et de Port-au-Prince. La première série ( de Sto Domingo Nos. 1500 à 1821, de Haïti Nos. 2821 à 2845 et Nos. 3300 à 3415) est dans l'herbier de Krug et Urban et des duplicatas se --- Page 28 --- — 24 — trouvent dans de nombreux Musées. (Symb. I p. 41-47 III. p. 40-43). A. Favrat cueillit une petite collection près de St-Domingue, Jacmel, Aux Cayes, Jérémie, Petit-Goave, (1888) parmi laquelle il y a aussi des plantes du Dr Llenas de Puerto-Plata de la même année. Herbier Boissier-Barbier à Genève, duplicata dans Therbier Krug et Urban. Symb. III p. 69 — Krause. Dans le Botanisches Centrabblatt, Beiheft XXXII, 1914 p. 329-348 Il y a encore une petite collection du Consul F. Wolff, près de Jacmel 1890. Les plantes se trouvent dans l'herbier de Krug et Urban. Dans de grand ouvrage de L. G. Tippenhauer « L'Ile d'Haïti (1893) nous trouvons, pages 233-316 une «liste des plantes indigènes et importées » qui donne par ordre alphapétiques 3193 numéros. Les noms sont pris en partie dans les auteurs anciens, et en partie basés sur des identifications faites, par un américain, le Dr John Atkinson, dans Therbier de Tippenhauer, d'une manière tout à fait fausse. On verra le peu de valeur à accorder à cette nomenclature en considérant par exemple que sur trois espèces d'Agenia connues jusqu'ici comme existant dans l'île par d'autres collections, une seule est identifiée; des six espèces de Beyonia, aucune n'est identifiée ; des 4 Bumelia une seule; des 17 Croton seulement huit. Le reste est surtout des endémiques jamaïcaines. D'autre part pas une seule espèce nouvelle, ( En 1893 ! ) n'est dénommée. accorder à cette nomenclature en considérant par exemple que sur trois espèces d'Agenia connues jusqu'ici comme existant dans l'île par d'autres collections, une seule est identifiée; des six espèces de Beyonia, aucune n'est identifiée ; des 4 Bumelia une seule; des 17 Croton seulement huit. Le reste est surtout des endémiques jamaïcaines. D'autre part pas une seule espèce nouvelle, ( En 1893 ! ) n'est dénommée. Un examen des déterminations est impossible, pareeque les collections de Tippenhauer ont été perdues dans le grand incendie de 1888. Aux pages 217-233. l'auteur fait les distinctions suivantes : Région basse, ou région de la canne (jusqu'à 200m;) région des collines, ou du café, (200 à 1200m ; ) région des pins (1200-2000m ; ) région des Fougères ( Farn région) ( au-dessus de 2000m ) dont les premières sont décrites selon leurs plantes caractéristiques, plantes utiles et plantes cultivées, mais --- Page 29 --- dont la dernière n'a sûrement jamais été vue par l'auteur lui-même. Là aussi se trouvent beaucoup de noms énigmatiques et encore plus de déterminations fausses. (Symb. I. p. 168-169). Sûr la liste de Tippenhauer mentionnée plus Ira ut est. fondé un article de Palacky sur Ja Flore de St-Domingue ( Prague 1896. 7 pages ) dans un rapport de la séance de la Société Tchèque (Bohème) des Sciences. Section Mathématiques et Sciences Naturelles. Ses conclusions concernant les relations de géographie botanique d'Hispaniola avec Cuba et la Jamaïque sont à rejeter comme fausses à cause de celte raison. (Symb. I p. 122). Il y a une brochure de R. M. Moscosso que je niai pas vue mais qui est citée parTaylor dans le journal du NewYork Botanical Garden. XI—1910. p. 13. Elle est intitulée « Las familias vejetales representadas en la flora de Santo Domingo. »—118 pages. Santo-Dorningo 1897. L'herbier E. Gadeceau possède une petite collection de Franz Xavier, qui séjourna à Jacmel en décembre 1896. Il y en a des-duplicata dans Therbier. de Krug et Urban. Le Fièld Col. Muséum de Chicago possède des plantes de C. F. Millspaugh, de l'année 1899 receuillies près de la ville de Santo Domingo ; quelques-unes d'entre elles se trouvent dans Therbier Krug et Urban.— Symb. III. p. 6, 87. Un progrès important dans notre connaissance de La flore d'Haïti est dû au pharmacien W. Buch, qui, habitant Gonaïves de 1899 à 1908, explora dans de nombreuses excursions la partie septentrionale du pays (Petite Rivière de Bayonnais, Terre-Neuve, Môle Saint-Nicolas, Crète à Pierrot, Ennery, Labrande, la Hotte Hochée. Morne Bellance, Poste Marie Congo, Marmelade, Dondon, Grande Rivière du Nord, Puilboreau, Plaisance, Dubedon. Morne Bonpère, Saint. Michel, Gros Morne, Morne Fourmi) et découvrit beaucoup de nouveautés. Après qu'il se fut fixé à Port-au-Prince, en 1908, il s'adonna à l'exploration des contrées du Sud-Ouest (Plaine du Cul-de-Sac, Morne de l'Hôpital, Kenscoff, Furcy, Morne Mégie, Morne Brouet, Morne Mare Roseaux, Ma- ière du Nord, Puilboreau, Plaisance, Dubedon. Morne Bonpère, Saint. Michel, Gros Morne, Morne Fourmi) et découvrit beaucoup de nouveautés. Après qu'il se fut fixé à Port-au-Prince, en 1908, il s'adonna à l'exploration des contrées du Sud-Ouest (Plaine du Cul-de-Sac, Morne de l'Hôpital, Kenscoff, Furcy, Morne Mégie, Morne Brouet, Morne Mare Roseaux, Ma- --- Page 30 --- — 26 — re Congo, Montagne Noire; en 1910 et 1913 le morne la Selle; en 1916, Jérémie, Turgeau et Jacmel. La récolte totale se trouve dans.Therbier de Krug et Urban et comprend 1899 numéros (Symb. III, p. 29-30. ) Le successeur dû P. Picarda au Collège St Martial de Port-au-Prince,le.P. Eug.Christ, visita, à partir de 1899, d'abord les montagnes au sud de la capitale (Furey, Morne Tranchant, Morne Faure, Morne Bellefontaine, Morne la Selle; ) et il fut alors chargé par moi de voyages plus étendus, qu'il fit en compagnie du P. Balteuweck, au sud de la presqu'île du sud-ouest ( Aux Cayes, Camp Perrin, Morne Vandefeld. Morne Quinille, ou Corneille, Acul du Sud;) puis en 1909 dans le nord-est (Dondon, La F.errière, Morne Corneille, Morne de la Voûte à Minguet, Gde Rivière, Ranquitte,Morne Potion, Mombin crochu, S le Suzanne, Dupity, La Vallièrè, CapHaïtien, et en 1910, sur la côte nord du Département du Sud (Grande Anse, Petit Trou des Roseaux. Corail. Jérémie, Jacquin, Carcasse, Irois, jusqu'à Tiburon. ) Sa récolte dans laquelle se trouvaient de nombreuses espèces nouvelles, est dans Therbier de Krug et Urban (Nos 1668 à 2284 comme suite de la série Picarda. ) Pendant les vingt dernières années, les Américains ont pris une part considérable à l'exploration d'Hispaniola et la plupart ont donné de petits rapports de leurs voyages avec des données sur la route choisie, la topographie, les plantations, la population et des observations générales sur la végétation. Mais comme leurs récoltes de plantes dans ce temps n'étaient pas encore déterminées (exception faite pour Hashberger) ces communications sont sans valeur pour la géographie botanique. Une partie, assez considérable, de ces collections m'a été cédée et a été utilisée dans ma Flora Domingensis. J. W. Harshberger visita en Juillet 1901, Cap-Haïtien. Port-au-Prince, Aux Cayes et Jacmel, alors : seulement le littoral,et publia un « Ecological sketch of the Flora of Santo Domingo ». Mais ses descriptions conviennent à chaque île montagneuse des Antilles, ses plantes, en --- Page 31 --- tant que je les ai déterminées, appartiennent presque toutes aux espèces communes des Antilles; et beaucoup des espèces prises de Tippenhauer ne se trouvent pas du tout à Hispaniola. Des duplicata se trouvent dans Therbier Krug et Urban - Proc. Acad. Nat. Sciences Philadelphie 1901 p. 554-561, Taf XXXI. XXXII,' Svmb. Vp. 6-7. le montagneuse des Antilles, ses plantes, en --- Page 31 --- tant que je les ai déterminées, appartiennent presque toutes aux espèces communes des Antilles; et beaucoup des espèces prises de Tippenhauer ne se trouvent pas du tout à Hispaniola. Des duplicata se trouvent dans Therbier Krug et Urban - Proc. Acad. Nat. Sciences Philadelphie 1901 p. 554-561, Taf XXXI. XXXII,' Svmb. Vp. 6-7. Georges V. Nash, curateur du jardin botanique de New-York, herborisa en Haïti de Juillet à Septembre 1903. en compagnie de Harry F. Baker. Il commença au Cap, à Baveux et alla dans les montagnes au sud de ces endroits jusqu'aux forêts de pins de Marmelade ( 1200m. ) et il rapporta de ce voyage, pour "le jardin botanique de New-York, plus de 1.000 numéros de plantes d'herbier, et, en sus, des bois, des semences, des plantes vivantes et de nombreuses photographies. If y a quelques duplicata dans l'herbier Krug et Urban. — Nash « A collecting trip to Haïti in. Torreya » IV (1903) p. 100-104 et «'Report on exploration in Hayti in Journ, New-York Bot Gard IV (1903) p. 205-215 fig. 26-29. G. V. Nash et Norman Taylor herborisèrent dans le nord d'Haïti aussi, de juillet à septembre 1905, principalement près de Port-Margot, Mt-Maleuvre, Limbe, Marmelade, St-Michel, Plaisance, Les roches, ( 640m ) La Hotte Rochée, Labrande, Morne Bellance ( 1260m ) et Gonaïves. Ils receuillirent 787 numéros.de plantes d'herbier (Nos 1009-1781) dont Therbier Krug et Urban reçut un bon duplicata. Pendant leur retour ils visitèrent les îles Turques où ils receuillirent 136 numéros.—Nash : « Further explorations in Republic of Haïti » in Journ. New-York. Bot. Garden. VI. (1905) p. 170-191. Fig 34 (plan) à 40 Le professeur C. Raunkiaer séjourna dans la partie nord de la République Dominicaine, en Avril 1906, pour des études écologiques. Il herborisa près de Puerto-Plata, Barrabas, La Gumbre (Sierra de Monte Cristi) et Santiago. Les résultats de ses travaux ne sont pas enco- --- Page 32 --- re publiés. Les plantes furent déterminées par moi et enregistrées dans la Flora domingensis. Musée de Copenhague. Quelgues espèces intéressantes dans Therbier Krug et Urban. N. Taylor explora d'Octobre à Décembre 1909, accompagné de sa femme, la partie orientale de la République Dominicaine encore presque inconnue. Dans les provinces de Samana (près de Sanchez, à la montagne Las Canitas 330m et au rio Yuna)Macoris (près de San Lorenzo, El Valle,à Buena Visla—500m, près deConsuelo, au Monte Coca), Seibo (près d'Azui, au Rio Magua, près de la Romana, Gato, Higuey et Bayajibe, sur la côte du sud) et dans Tîle Saona. Il receuillit en tout 540 espèces.— New-York Botanical Garden. Duplicata dans Therbier Krug et Urban — Taylor: « Report on a trip to Santo Domingo » in Journal. New-York Botanical Garden. XI (1910) p. 3-15. fig. 1-5 Monte Coca), Seibo (près d'Azui, au Rio Magua, près de la Romana, Gato, Higuey et Bayajibe, sur la côte du sud) et dans Tîle Saona. Il receuillit en tout 540 espèces.— New-York Botanical Garden. Duplicata dans Therbier Krug et Urban — Taylor: « Report on a trip to Santo Domingo » in Journal. New-York Botanical Garden. XI (1910) p. 3-15. fig. 1-5 Comme on l'a vu, par les itinéraires des botanistes jusqu'ici nommés la plus grande partie orientale de Tîle était restée très inconnue, comparée à Haïti. Les montagnes les plus hautes n'avaient été visitées qu'une seule fois; mais les résultats qui s'offrirent à Eggers dans son séjour de 5 jours seulement à Constanza et à Valle Nuevo furent tels qu'on devait s'attendre à trouver de nombreuses espèces encore nouvelles et intéressantes en faisant une exploration plus longue et poussée plus à fond. C'est pourquoi j'encourageai le Baron H. de Türckheim, connu par ses excellentes collections du Guatemala à faire une nouvelle expédition surtout en haute montagne. L'argent, qui fut avancé par moi, devait être couvert par la vente des plantes récoltées. Türckheim alla en Novembre 1909 de la capitale à Barahona. alors via Azua, Tubanos, à Constanza (février à août 1910, ) d'où il expédia en Allemagne une riche collection très importante pour la géographie botanique De Constanza il alla via Jarabacoa, La Vega en chemin de fer à Sanchez, et via Santo-Domingo à Maniel de Ocoa. où un accident le força à retourner en Allemagne --- Page 33 --- — 29 — (décembre 1910.) On trouvera des détails sur cette expédition dans la partie suivante. Collection principale dans Therbier Krug et Urban (1254 numéros—Nos 25013754. Des duplicata se trouvent dans les Musées botaniques et les herbiers de Ames(Iowa), Budapest, Cambridge, (Massachusetts,) Chicago, Edimdburgh, Genève, (herbier Delessert) Hambourg, Kew, Leyde, Londres ( Musée Britannique ), Minnesota, Munich, New-York ( Bot. Garden ), Paris, Prague, St Louis, Stockholm, Utrecht, Washington, Vienne (Musée Impérial), Vienne (Jardin botanique), Zurich; en outre chez MM. le prince Roland Bonaparte, C. de Candolle, Dr Lauterbach, Mènent, à Paris (pour?) le baron de Tûrckheim ( maintenant à Berlin) H. von Tûrckheim : « Des explorations botaniques à St Domingue pendant les années 19091910»—A. Kneucker: « Hans, baron de Tûrckheim» in Gartenflora Annal. 70 (1921) p. 19-22. Article nécrologique pour Tûrckheim mort le 7 février 1920 à Kailsruhe (Bade). Lauterbach, Mènent, à Paris (pour?) le baron de Tûrckheim ( maintenant à Berlin) H. von Tûrckheim : « Des explorations botaniques à St Domingue pendant les années 19091910»—A. Kneucker: « Hans, baron de Tûrckheim» in Gartenflora Annal. 70 (1921) p. 19-22. Article nécrologique pour Tûrckheim mort le 7 février 1920 à Kailsruhe (Bade). Cependant le Père Miguel Fuertes, curé de Barahona dans la péninsule méridionale qui avait appris de Tûckheim à collectionner les plantes et avait été stimulé par lui, avait exploré les environs de Barahona, surtout les hauteurs de El Hogo, Firme Noche buena, (1800m) Paë Mingo (1500), El Ajo ou Laho (2000m) et près de Los Filipinas avec tant de bonheur, que je pus le charger de l'a continuation de l'expédition de Tûrckheim, dans les mêmes conditions que celui-ci, pour une expédition dans le Cibao surtout. Pendant les mois de juillet et d'août 1912, Fuertes fit des visites de Jarabacoa, dans la province de La Vega à la Cienaga de Manabao ; il monta les pics du Yaqui (2700m) et arriva le premier, le 6 juillet au sommet de la Loma Rosi lia (2855m) et au plus haut point des Antilles. Sur les nouvelles mappemondes, comme dans l'Atlas manuel de Sticler VI 2e édition (1909) 93 cartes et dans le « Nouvel atlas manuel » de Debes, on cite au contraire comme points les plus élevés : Loma Tina (3140m) Pic du Yaqui (2955m), Le Blue Mountain peak selon « Map of the Island of Jamaica » --- Page 34 --- — 30 — 1897) à 7360 pieds anglais (2414m ); le Pico Turquino dans la Sierra Maestra de Cuba selon les mesures barométriques du Dr E. L. Ekman qui le gravit en Avril 1915 a jusqu'à 2040m. De la province de la Vega il se trouva en juillet vers le sud, vers la province d'Azua. Là il vint viâ Las Canitas et Placer de la Tina (1850m) à las Lagunas, herborisa sur le Culo de Macao (2225m ), à los Valleçitos du Yaqui du.sud (1300m), à El Valle du Yaqui du sud (1300m), sur El Tetero ( 1400m ) et retourna alors à Barahona. Le nombre des numéros receuillis est de 2149 (y compris de nombreux numéros B ) No 1 à 1597 de la province de Barahona ; Nos 1601 à 1830, de la Vega ; Nos 1831 à 1974 d'Azua. Collection principale dans l'herbier Krug et Urban. Duplicata dans les Musées botaniques et herbiers de Budapest, Cambridge (Massachusetts) Chicago, Edimburgh, Genève (herbier Delessert) Hambourg, Kew, Leyde, Londres (Musée britannique) Minnesota; Munich New-York, (jardin botanique), Paris, Pete.rsbourg, Prague, St-Louis, Stockholm, Utrecht, Washington ( Muséum National), Vienne (Musée Impérial), Zurich ; en outre chez MM. C. de Candolle, Dr Lauterbach, Méfient à Paris (pour ?) l'archevêque Nouel, à Santo Domingo, et le comte de Türckheim, (maintenant à, Berlin) Symb. III p. 482-483. (Musée britannique) Minnesota; Munich New-York, (jardin botanique), Paris, Pete.rsbourg, Prague, St-Louis, Stockholm, Utrecht, Washington ( Muséum National), Vienne (Musée Impérial), Zurich ; en outre chez MM. C. de Candolle, Dr Lauterbach, Méfient à Paris (pour ?) l'archevêque Nouel, à Santo Domingo, et le comte de Türckheim, (maintenant à, Berlin) Symb. III p. 482-483. J. N. Rose, Wm R. Fitch et Paul G. Russell herborisèrent, pour compte de l'Institution Carnegie de Washington, de Mars à Avril 1913, près de Santo Domingo, dans le district des xérophyles d'Azua, près de San Pedro de Macoris et près de Sanchez, dans la presqu'île de Samana (Herbier National à Washington). Duplicata, au jardin botanique de New-York et dans Therbier de Krug et, Urban. Dans l'espérance de pouvoir éclaircir quelques unes des espèces de Plumier non encore retrouvées et assez obscures en continuant les collections et de recevoir plus de matériaux pour ma Flora Domingensis en préparation je fis à l'Académie des Sciences de Stockholm, par l'entremise du professeur Lindmann la demande de --- Page 35 --- — 31 — bien vouloir utiliser la dotation Regnell pour une exploration botanique d'Hispaniola. La demande fut agréée et le Dr Erik. L. Eltrnah fut chargé de l'exécution de l'expédition. Il choisit pour son travail la presqu'île sudouest d'Haïti ( Département du sud ). Il herborisa de Mai à Septembre 1917 le long de la côte de Tiburon, Portà-Piment, Aux Cayes et St-Louis, fit deux fois l'ascension du Morne la Hot'e, d'un accès difficile et encore tout à fait inconnu au point de vue botanique, sans pouvoir arriver cependant au sommet de la Ma Blanche,, et rapporta, surtout des hautes montagnes une collection extrêmement riche. Malheuseusement un très petit nombre de ses plantes purent être enregistrées dans ma Flora Domingénsis, car elles ne m'arrivèrent à Stockholm que dans l'automne de Tannée 1920, La collection principale (882 Nos) est au Musée de l'Etat à Stockholm. Un duplicata presque complet se trouve dans Therbier de Krug et Urban.— Ign. Urban. Plantae haïtienses novae vel rariores a Cl. Er. L. Ekman 1917 lectae in Arkiv for Botanik. Band 17 Nr 7 ( Stockholm 1921) 72.5. Pour continuer avec ces notices historiques sur l'exploration botanique de l'île jusqu'à aujourd'hui, on peut encore mentionner des collections qui. n'auraient pu être utilisées qu'en 1922 et qui pour ce motif n'ont pas pu servir à cette esquisse de botanique géographique. L'une vient de Emery. C. Léonard qui a assisté: le Dr Abbott dans son exploration, biologique d'Haïti. Il visita de février à juillet 1920 les environs de Port-au-Prince et de Pétionville, et aussi les montagnes près de Furcy; vers l'est: Manneville, le Fond Parisien et les rivages de l'étang saumâtre ; vers le nord: Fonds Verrettes et St Marc ; et finalement la Gonave, ( et la petite Gonave ) dans le golfe de Port-au-Prince, inconnue jusqu'alors. Collection principale dans l'Herbier National à Washington 1139 Nos. Duplicata dans Therbier de Krug et Urban. W. L. Abbott et E. C. Léonard : Biological explora- es près de Furcy; vers l'est: Manneville, le Fond Parisien et les rivages de l'étang saumâtre ; vers le nord: Fonds Verrettes et St Marc ; et finalement la Gonave, ( et la petite Gonave ) dans le golfe de Port-au-Prince, inconnue jusqu'alors. Collection principale dans l'Herbier National à Washington 1139 Nos. Duplicata dans Therbier de Krug et Urban. W. L. Abbott et E. C. Léonard : Biological explora- --- Page 36 --- — 32 — lion in Haïti clans Smithonian Mise. Collect. 73 (1921 ) p. 43-47 Fig. 56-59.(n. v. ). De novembre 1920 à mai 1921 le Dr W. L. Abbott luimême explora la presqu'île de Samana ( dans Test de la Rép. Dominicaine. Partant du port de Sanchez il visita Samana, le Pilon de Azucar; dans l'extrême est: Las Cacaos,RojoCabo et Cabo Samana; sur la côte sud: San Gabriel, le nord de la partie centrale de la presqu'île près de Hato Viejo; encore au sud du golfe de Samana, le district à l'ouest du golfe de Lorenzo. Au dessus, il herborisa sept semaine? dans les environs des diverses stations du chemin de fer de Sanchez à la Vega, parexemple près de Villa Rivas (Almacen,) Pimentel, Cotuy, Mao, Navanette; finalement près de Guayubin et Puerto-Plata. Herbier National à Washington. Duplicata dans Therbier de Krug et Urban. W. R. Mason, dans Proceedings. Biolog. Society. Washington 35 (1922) p. 47. Dans Symbolae Antillanae, volume VIII j'ai publié ma Flora Domingensis. 860 pages Leipzig. 1920-21 ; Gebrùder Borntraeger (Borntroeger frères) dans laquelle les résultats des voyages et des études de toutes les personnes mentionnées ont été utilisées en tant qu'ils m'étaient accessibles.Pour rendre possible l'impression de cette oeuvre, le curatorium de l'Institution Salomonsen auprès du ministère prussien de l'Instruction publique et des Cultes donna la moitié de l'argent nécessaire; l'autre fut offerte par l'Union fraternelle des Sciences Allemandes sous la présidence du Dr F. Schmidt—Ott. Il est de mon devoir de dire mes remerciements sincères. A suivre --- Page 37 --- ( RÉCITS HISTORIQUES 1868-1870 ) PAR GUSTAVE VIGOUREUX Membre de la Société d'histoire et de géographie d'Haïti. Jérémie—Imprimerie du Centenaire. Octave Petit, Imprimeur-éditeur-10-12, Rue Brice-Ainé--1932. Br. in 8° P. 95. M. Gustave Vigoureux, Membre de notre Société, vient de faire éditer un petit livre sur un des plus sanglants épisodes de notre histoire. Il s'agissait de mettre en relief la part prise par BriceAîné dans la lutte de deux ans que les insurgés Cacos menèrent contre Salnave. Je ne suis pas sûr que l'auteur ne fut pas au nombre des combattants dont il raconte les prouesses. Sans doute, il informe à la page 35 de son ouvrage qu'il venait juste de naître à l'époque dont il entreprend de démontrer l'intérêt historique. Mais il met une telle ardeur partisane à louer les héros de l'aventure qu'on ne sait plus du tout si c'est un historien qui parle ou un survivant qui livre les feuilles de son carnet de route à la curiosité publique. nombre des combattants dont il raconte les prouesses. Sans doute, il informe à la page 35 de son ouvrage qu'il venait juste de naître à l'époque dont il entreprend de démontrer l'intérêt historique. Mais il met une telle ardeur partisane à louer les héros de l'aventure qu'on ne sait plus du tout si c'est un historien qui parle ou un survivant qui livre les feuilles de son carnet de route à la curiosité publique. Non seulement, il ne donne aucune indication de ses --- Page 38 --- — 34 — sources mais il parle souvent au mode personnel en coopérateur de l'action. Un exemple. Brice-Ainé relate : « Nous avons capturé beaucoup de canots. » M. Vigoureux, à son tour, signale : ... « il était écrit que nous dussions subir un désastre au moment où la révolution marchait victorieusement à sa fin. » P. 79. Et encore : « On avait prévu à (?) tout de notre côté... » N'est-ce pas, M. Vigoureux fut un caco exterminateur de piquets salnavistes. Mais, je me demande si tous ces distinguo revêtent beaucoup d'importance à ses yeux. J'ai l'impression que dans ce livre il y a un sujet sous-jacent qui est la raison d'être et la suprême justification du tirage. Ce sujet, c'est la bravoure jérémienne dont Brice fut l'occasionnelle incarnation. Des poètes Jérémiens ont exalté la beauté de la grande dame en jonchant à ses pieds d'innombrables fleurs. (Parmi tant d'autres, Nerva Lataillade n'a-t-il pas dans ses cartons une impressionnante série d'eaux fortes sur les Jérémiens illustres ? ) M. Vigoureux n'a pas voulu que Clio, la Muse de l'histoire restât muette et il a embouché la trompette pour apporter son tribut à l'orgueilleuse Cité de la Grande Anse. Nous n'avons qu'à l'en féliciter ne lui demandons ni objectivité, ni style, ni méthode. Tout cela est superflu quand il s'agit de dire la gloire d'une ville si riche en ressources morales, et intellectuelles... Avez-vous remarqué que le préfacier du livre est Semexant Rouzier, le vieux bénédictin Jérémien qui, pardelà le tombeau, doit avoir pleuré la perte de ses inestimables collections? Avez-vous noté que l'Editeur-Imprimeur est M. Octave Petit qui enseigne la discipline de l'histoire au Lycée Jérémien Nord Alexis ? --- Page 39 --- Heureuse Cité qui réunissez tant d'hommes dévoués au culte de votre gloire, vous méritez par delà l'expression les lauriers que vos enfants tressent à votre front comme un gage d'immortalité. Dr PRICE-MARS Me Antoine Michel, — membre de notre Société, — vient d'enrichir la bibliothèque haïtienne d'un nouvel ouvrage historique : la XlVème Législature qui sera en plusieurs volumes. Cette législature est très fertile en incidents politiques de la plus haute importance. Nissage Saget est à la fin de son mandat présidentiel. Le groupe de- Boyer Bazelais qui soutient la candidature de Pierre MomplaisirPierre a la majorité tant à la Chambre des députés qu'au Sénat; la minorité, dirigée à la Chambre, par Septimus Rameau, est en faveur de la candidature du général Michel Domingue, chef du Département du Sud. sera en plusieurs volumes. Cette législature est très fertile en incidents politiques de la plus haute importance. Nissage Saget est à la fin de son mandat présidentiel. Le groupe de- Boyer Bazelais qui soutient la candidature de Pierre MomplaisirPierre a la majorité tant à la Chambre des députés qu'au Sénat; la minorité, dirigée à la Chambre, par Septimus Rameau, est en faveur de la candidature du général Michel Domingue, chef du Département du Sud. Le premier tome est consacré à l'élection de Boyer Bazelais dont la régularité est vivement contestée par ses adversaires qui proclament la dissidence jusqu'à ce que Bazelais consente à s'abstenir de se présenter à la Chambre pendant toute la session extraordinaire. On assiste à cette lutte sourde, mais aptre parfois...Par tous les moyens, ils cherchent à faire triompher leur candidat respectif en passant, très souvent, par dessus la Constitution pour la violation de laquelle l'ex-président Salnave a été fusillé sur les ruines du Palais National. On voit déjà l'intérêt de XlVème législature L'ouvrage se vend au prix de cinq gourdes, aux Armes de Paris, (Grand'Rue) ; à la Pharmacie du Docteur Coicou, (Lalue) ; au Cabinet de notre Trésorier, Me Henri Adam Michel, (Rue du Peuple). --- Page 40 --- — 36 — I. B. Boughton Parasitologie des Animaux -Domestiques. Edité à l'imprimerie du Service Technique d'Agriculture. 1931. 173 pages. Cet ouvrage écrit par l'ancien chef du Département de Science Vétérinaire du Service Technique d'Agriculture intéressera non seulement les vétérinaires, mais les médecins. Il sera très utile aux étudiants en Médecine qui préparent leur examen de Parasitolqgie. L'auteur a fait des centaines d'autopsies de nos animaux domestiques, ainsi que des rats et des souris. Ses enseignements reposent donc sur une connaissance réelle des maladies locales. Il a bien mis en lumière l'importance pathologique et, économique du parasitisme, et d'autre part il a attiré l'attention sur de nombreux animaux qui paraissent inoffensifs, et qui sont pourtant les hôtes intermédiaires de vers dangereux. La limace de nos jardins par exemple qui est l'hôte intermédiaire de la douve du foie (Fasciola hepatica), parasite dangereux des boeufs, des moutons et des cabrits. « Il faut se garder de faire pâturer les ruminants dans les terrains humides ou marécageux et tuer tous les limaçons qu'on trouve dans ces terrains. » Citons encore le ver rond de l'oesophage du chien, dont l'hôte intermédiaire est le lézard ou le ravet. « Les cliniques vétérinaires organisées dans les diverses parties de la République, ont révélé, à ce que dit l'auteur, d'une façon décisive que, pour ainsi dire tous les animaux sont à la fois infestés de parasites externes et internes, d'importance variable relativement à la vie et à la santé du gros et menu bétail ». Parmi les moyens prophylactiques les plus recommandés se trouve la rotation des pâturages tous les six mais. C. P --- Page 41 --- — 37 — vétérinaires organisées dans les diverses parties de la République, ont révélé, à ce que dit l'auteur, d'une façon décisive que, pour ainsi dire tous les animaux sont à la fois infestés de parasites externes et internes, d'importance variable relativement à la vie et à la santé du gros et menu bétail ». Parmi les moyens prophylactiques les plus recommandés se trouve la rotation des pâturages tous les six mais. C. P --- Page 41 --- — 37 — Maurice Dartigue,et André Liautaud. Géographie locale 1931. Imp. du S. Techn. LIVRE I C'est un choix de lectures de géographie, illustré, qui sera surtout utile pour les professeurs de géographie d'Haïti. Il étudie d'abord « Les gens et les choses de notre pays» puis le Monde. Cette dernière partie comprend des notions de géographie générale. Répandu dans nos écoles il portera les professeurs des cours élémentaires à réfléchir, et s'inspirant de lui, à rendre leurs leçons plus attrayantes. Maurice Dartigue — Les Problèmes de la Communauté 1931. Imp. du S. Techn. C'est un manuel d'Instruction Civique illustré où Ton ne perd pas de vue les notions les plus élémentaires et les plus utiles de l'économie politique et de l'hygiène. Professeurs et élèves le liront avec plaisir. Henry D. Barker. Ph. D. Eléments de Botanique Générale 1928 Imp. du Serv. Technique. Un bon ouvrage, écrit dans un esprit philosophique avec des gravures représentant des types de végétation locale et de nombreux schémas. Il faut souhaiter qu'on le répande dans l'enseignement secondaire malgré quelques légères défectuosités de la traduction. Herbert W. Krieger —Archeological and Historical Investigations in Samana. Dominican Republic. 91 pages et 27 planches. Washington 1929 publication du Smithsonian Institution (Musée National des Etats-Lmis) --- Page 42 --- Intéressant exposé des fouilles faites par l'auteur dans certaines cavernes de la côte de la péninsule de Samana. Preuves de l'existence de populations troglodytes ayant précédé les Indies Taïnos, tribu des Arawaks venus de l'Amérique du Sud. Le troisième volume de la Revue de la Société d'Histoire et de Géographie d'Haïti paraîtra tous les trois mois. On peut s'abonner en s'adressant aux secrétaires MM J. C. Dorsainvil et C. Pressoir ou au trésorier M. Henri Adam Michel. TARIF DES ABONNEMENTS Port-au-Prince 1 an G. 3.50 Province 1 an « 4.00 Etranger 1 an « 5.00 Le gérant responsable—Dr G. PRESSOIR.
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"RSHHGG - Janvier 1932." Revue de la Société Haïtienne d'Histoire (1931–1935), 1932. Rasin.ai. https://rasin.ai/document/rshhgg-revue_bpt6k5796487b.
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