--- Page 1 ---
(BnF
Oallica BIBLIOTHÉQUE NUMÉRIQUE
Nos fils, ou de la
Néotocratie en Haïti,
lettres au
Gouvernement
provisoire et au
rédacteur en chef du
"Constitutionnel"
Source gallica. 2.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France --- Page 2 ---
(BnF
BIBLIOTHÈQUE
Oalica
NUMÉRIQUE
Linstant de Pradine, A. (Bon). Nosf fils, ou de la Néotocratie en Haîti, lettres au Gouvernement provisoire et au rédacteur en chef du "Constitutionnel" (de Port-a au- Prince), par
Linstant Pradine,.. 1876.
d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la
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NOS FILS
OU
DE LA NEOTOCRATIE
EN HAÎTI --- Page 7 ---
moten 3L Puan LEK desi CERRPAEA
R Se VR
SA --- Page 8 ---
10330 NOS FILS
OU
DELA NEOTOCRATIE
EN HAITI
1 € -
Lerald AD COOVERNEMENT PROVISOIRE ET AU RÉDACTEUR EN CIIEF
DU CONSTITUTIONNEL (DE PORT-AU-PRINCE)
PAR
Linstant PRADINE
AVOCAT
PARIS
IMPRIMERIE DE E. DONNAUD
9, RUE CASSETTE, 9
--- Page 9 ---
--- Page 10 ---
PREFACE
I 1
cette fois c'est pour de bon : la gérontocratie
Enfin,
L'auteur de la brochure de 1860,
a fait son temps.
avait tiré Phoroscope
dédiée à la jeunesse haîtienne, en
des
l'avénement, dans un avenir prochain,
et signalé
de ce petit livre,
jeunes gens au pouvoir. Al'apparition
et
le cri de détresse.
les vieux prirent peur, poussèrent
dirent-ils,
nous mettre au rancart?
C Ingrats,
pourquoi
actifs, agiles ;
) Nous avons 6té comme vous, jeunes,
la Grand'Anse, le Nord,
D alors nous avons pacifié
Punité natio-
> réuni FEst à la République, constitué
faitreconnaitre notre indépendance, nous avons
> nale,
où les
) donnéles Codes au pays; nous étions partout
réclamaient notre présence; nous avions
D événements
Nous pouvons
sorte le don d'ubiquité.
) en quelque
être bons à
chose : les améliorations
D encore
quelque
l'oeuvre du temps. D 1 C Arrière 1 répondirent
> sont
ne vous a donné que du ventre;
> les jeunes, letemps
vous
a
vos jambes qui ne peuvent plus
D il engourdi
les
) donnéles Codes au pays; nous étions partout
réclamaient notre présence; nous avions
D événements
Nous pouvons
sorte le don d'ubiquité.
) en quelque
être bons à
chose : les améliorations
D encore
quelque
l'oeuvre du temps. D 1 C Arrière 1 répondirent
> sont
ne vous a donné que du ventre;
> les jeunes, letemps
vous
a
vos jambes qui ne peuvent plus
D il engourdi --- Page 11 ---
et vous êtes obligés de vous faire hisser sur
> porter,
dites-vous? ingrats vousD votre cheval. Ingrats,
des Peauxcar nous pourrions, à l'instar
> mêmes;
comme inutiles et encomD Rouges, vous assommer
laissez-nous
> brants à la communanté; arrière, et
notre place au soleil. D Etla révolution de
D prendre
dans leur enthou1843 se fit. Les révolutionnaires,
siasme, à côté de lère de l'indépendance, inscrivirent
dela République, l'an 1er - et unique,
surles drapeaux
d'Haiti.
hélas! 1 de la régénération
pas viugt-cinq ans un pays sans
Mais on ne gouverne
des séides,
s'y être créé une clientèle, des disciples,
avoir fait école. La gérontocratie, un instant
sans y
ban etdel'arrièreécartéedupouvoir, y rentra suiviedu
et commença, à son tour contre ses
ban de ses adeptes,
où elle mit en
adversaires, une guerre d'extermination
sa vieille expérience lui suggéra de
usage tout ce que
d'astuce, d'irascibilité. La jeunesse imprudente
ruse,
la lutte à poitrine découverte; elle
et généreuse accepia
nobles représeny perdit ses plus braves et ses plus
était tracée. Tous les chefs qui depuis se
tants. La voie
à
sont succédé au pouvoir, n'y sont parvenus
qu'à l'aide de coups de
l'exception de Soulouque
facilement exécutés, grâce au concours
main, toujours
de bien-être et de
du peuple, alléché par les promesses
consignées dans de verbeux manifestes et
régénération
Aussi Phistoire de la Répudes programmes menteurs.
curieuse à étudier
blique d'Haili, depuis 1843, est-elle
voie
à
sont succédé au pouvoir, n'y sont parvenus
qu'à l'aide de coups de
l'exception de Soulouque
facilement exécutés, grâce au concours
main, toujours
de bien-être et de
du peuple, alléché par les promesses
consignées dans de verbeux manifestes et
régénération
Aussi Phistoire de la Répudes programmes menteurs.
curieuse à étudier
blique d'Haili, depuis 1843, est-elle --- Page 12 ---
1ll
philosophique et moral.
au point de vue ethnologique,
tâche
l'intention d'entreprendre cette
Nous n'avons pas
Elat
laborieuse. Mais le doigt sur le pouls de ce petit
600,000 babitants, la philanthropie, presque
d'à peine
s'il consèrvera
découragée, se demande aveoinquiétude
son autonomie à ce régime de guerre
encore longtemps
entrain.
civile auquel il se livre avec un si effrayant
douée d'assez de vitaNous croyons notre jeune patrie
surmonter toutes les difficultés qui entravent
lité pour
et détruire les germes dénormal,
son développement
Qu'on avise
létères qui se sont introduits dans son sein.
chacun s'arme d'une foi nouvelle, car
au plus tôt; que
la morale privée coam
la morale publique - par suite
le bien, le mal, le juste, l'injuste se conse pervertit;
les plus malsaines se montrent
fondent. Les ambitions
effronterie
stupéfie et déau grand jour, avec une
qui
Les mots de
route les plus vieilles sociétés de l'Europe.
dont on se sert sont détournés de leur accep
la langue
n'est plus
tion vraie et usuelle : un fripon, un escroc,
un délateur, un traitre, qu'un bon patriote;
qu'unmalin;
élémentaires de F'arithmétiet des règles même les plus
la soustraction.
que administrative on ne pratique que
le sais, paraitra un peu sévère; il ne
Ce langage, je
D'aucuns
du
de ceux quela vérité effraye.
sera pas godt
Toccasion pour
même en saisiront avec empressement
dans
débiter leurs tartines humanitaires et déclarer
queje dénigre le pays où je suis
leur jargon patriotique
mon assertion y
né, et qu'ils ne savent pas comment
iet des règles même les plus
la soustraction.
que administrative on ne pratique que
le sais, paraitra un peu sévère; il ne
Ce langage, je
D'aucuns
du
de ceux quela vérité effraye.
sera pas godt
Toccasion pour
même en saisiront avec empressement
dans
débiter leurs tartines humanitaires et déclarer
queje dénigre le pays où je suis
leur jargon patriotique
mon assertion y
né, et qu'ils ne savent pas comment --- Page 13 ---
IV
consulle-t-ilrhumeur du pasera reçue, Le chirurgien
l'oreille à ses imprécations, lorsque,
tient, préte-t-il
le sauver, il juge utile d'amputer un membre ganpour
qui a dicté le discours prononcé le
grené? L'esprit
1876 par le président de l'Assemblée
17 juillet
nationale, diffère-t-il de ce que je disici?
Ce n'est pas à ceux qui ont vécu ou qui vivent encore
faut demander des réformes. Les flatteurs
d'abus qu'il
que ceux des
des peuples ne sont pas moins dangereux
Chefs d'Etat. Ce n'est pas à moi que l'on apprendra ce
c'est que le culte de la pairie, et quelque peu disque
l'on soit à entendre quoi que ce soit dont le senposé que
crois remplir un devoir
timent nalional ait à soufrir, je
montrant! le malet en en réclamantle remède. Lorsque
en
la traite, les
les Grégoire et les Brissot, etu., attaquèrent
réd'outre-mer et de la métropole même, ne
patriotes
élaient de mauvais Français et
pétaient-ils pas qu'ils
plus
voulaient la ruine des Colonies? Lorsque
qu'ils
les Broglie, les Schoelcher commentard les Isambert,
d'autres pacèrent leur campagne contre l'esclavage,
entendre de longues et énertriotes ne firent-ils pas
aussi d'être de
protestations, leur reprochant
giques
et de prendre les intérèts des nègres
mauvais Français
contre ceux des blancs.
Jen'ai besoin de solliciter de personne un certificat
encore moins de l'illustre publiciste qui
de patriotisme,
aujourd'hui aux destinées du Constitutionnel
préside
Ce serait, il me sembie, de bon
(de Port-au-Prince).
l'esclavage,
entendre de longues et énertriotes ne firent-ils pas
aussi d'être de
protestations, leur reprochant
giques
et de prendre les intérèts des nègres
mauvais Français
contre ceux des blancs.
Jen'ai besoin de solliciter de personne un certificat
encore moins de l'illustre publiciste qui
de patriotisme,
aujourd'hui aux destinées du Constitutionnel
préside
Ce serait, il me sembie, de bon
(de Port-au-Prince). --- Page 14 ---
V
à d'autresle soin de me reprocher d'aimer
gontdelaisser
cette France
la France. Et pourquoi ne l'aimerais-je pas,
de si bons amis; cette France si grande, si généoù j'ai
cette France dont
reuse, si hospitalière, si assimilante ;
les douleurs en 1870? Quoi! aimer la
j'ai vu et partagé
c'est
France, c'est ne pas aimer Haiti! Aimer sa femme,
sa mère! ! N'e 'est-ce donc pas donner à cette
cesser d'aimer
adorée une nouvelle preuve de mon démère toujours
des
de vouloir qu'elle se débarrasse
vouement que
efface de ses institutions
verrues qui la déparent, qu'elle
devenues un anachronisme, et
les traces de ressentiment
et
dont la persistance est une injure à la philanthropie
barrière à la civilisation ? Si par cela seul qu'on a
une
planté sa tente en Haiti, on est devenu comaplétement
indifférent au sort de la colonie oùt l'on a reçu le jour,
tant pis pour le
où l'on a passé sa première enfance,
si facilement oublier. Pour moi, je
coeur sec qui peut
mais sous celle
n'ai pas de tente plantée en France:
trouvée toute plantée en Haili par mes ancètres,
quej'ai continuerai à coneolider en y préchant la conet que je
membres de la même facorde, lunion entre nous tous,
le culte du beau, du bien, du bon, je ne cesserai
mille, d'aimer la France, de me réjouir de son bonheur
jamais
Quoi qu'en dise le Néoet de m'affliger de ses désastres.
embrasse toutes les colonies qu'abrite
Haitien, cet amour
nous les consitricolore; car de tradition,
le drapeau
de leurs fils
dérons comme des soeurs, et beaucoup
dans les fastes de notre histoire.
comptent avec gloire
le culte du beau, du bien, du bon, je ne cesserai
mille, d'aimer la France, de me réjouir de son bonheur
jamais
Quoi qu'en dise le Néoet de m'affliger de ses désastres.
embrasse toutes les colonies qu'abrite
Haitien, cet amour
nous les consitricolore; car de tradition,
le drapeau
de leurs fils
dérons comme des soeurs, et beaucoup
dans les fastes de notre histoire.
comptent avec gloire --- Page 15 ---
VI
L'éminent rédacteur en chef du Constitutionnel de
au-Prince a consacré quatre colonnes
Portpondre à ma lelire.
et demie à réAbondance stérile! Il n'a fait
s'amuser aux bagatelles de la porte et effleurer
que
sant le fond de la question. Il n'a
en pasblant de se justifier d'avoir
essayé qu'en tremimprimé, sans mon autorisalion, une lettre privée adressée à
consacrant, par la
Septimus Rameau,
fendre
persistance même qu'il met à déun acte illicite, et à s'autoriser de
l'approbation
publique, ce que j'ai dit de l'abaissement du
moral du pays.
niveau
C Nauveissignelorsgu'en maladenes sent
pas son mal.>
Pouryparvenir, il me donne le litre d'homme
public,
sachant de source
élevés,
coemraTad
certaine que rien
C
detontcelan'estyrai.
Bon! dire des choses fausses voilà
un
qui nous manquait pour la confirmation de diagnostiqne
ceci pourrait bien dégénérer
son mal, et
en manie. )
Et qu'on veuillehien le remarquer, il était placé
être exactement informé.
pour
Enfin, voyant ceci, voyant cela et voyant d'autres
choses encore, ce qu'il a constamment vu
est en Haiti, il n'a pu
depuis qu'il
n'était la
s'empécher de se demander si ce
272 signe de décadence morale et d'abaissement:
voilà pour le pouvoir
tombé, - - Mais quand bienlôt
après il a vu ceci, il a Vu cela et
choses encore, il a dlit revenir de sa mauvaise beaucoup d'autres
et reconnaitre avec bonheur
impression,
qu'Haiti n'avait rien perdu
'il a constamment vu
est en Haiti, il n'a pu
depuis qu'il
n'était la
s'empécher de se demander si ce
272 signe de décadence morale et d'abaissement:
voilà pour le pouvoir
tombé, - - Mais quand bienlôt
après il a vu ceci, il a Vu cela et
choses encore, il a dlit revenir de sa mauvaise beaucoup d'autres
et reconnaitre avec bonheur
impression,
qu'Haiti n'avait rien perdu --- Page 16 ---
v1l
et que chez elle les nobles aspirations
de sa vilalité,
le SOétaient tout aussi vivaces que jamais : voilà pour
le pouvoir nouveau : voilà ce que dit le
Ieil levant, pour
dit autre chose?
rédacteur du Constitutionnel, et qu'ai-je
de
au lion à terre, un coup d'encensoir an
Un coup pied
pouvoir qui surgit.
la dernière fois.>
C Mais, Jaissons Chapelain pour
II
crois
aux manifestes et aux programmes
Je ne
pas
de foi
révolutionnaires, encore moins aux professions
les actes ne tardent jamais à démentir.Je
politiques que
les féliches ; mais j'aime la jeunesse, parce
n'adore pas
me sens revivre en elle;
que j'ai été jeune et que je
est destinée à continuer, en la perfectionparce qu'elle
l'aime avec ses illusions
nant, Poeuvre de ses ainés; je
je P'aime avec son augénéreuses, ses enthousiasmes,
l'aime ainsi
même. Et c'est parce que jel
dace, sa fougue
quelque part un danque toutes les fois quejaperçois
lempêche de découvrir, je
ger, que son inexpérience
et à lui crier : A Gare!
n'hésite jamais à le lui signaler
la redresse lorsque je la vois faire fausse route.
que je
sévère; elle n'a pas Ia douMa voix est peut-être rude,
féline de celle des flatteurs toujours prêts à exploiceur
mais elle est sincère, elle est vraie, elle
ter sa crédulité;
d'en
du coeur. Ce n'est pas aimer ses enfants que
part --- Page 17 ---
VIIl
les défauts ou d'en atténuer les vices. a Le tacaresser
Pactivité est donné à l'homme pour le
) lent comme
il n'est pas plus permis
) bien de ses semblables;
de l'esprit pour corrompre, que du pouvoir
D d'abuser
> pour opprimer. >
néceseairement la
Mais la jeunesse n'implique pas
Un travail sérieux, opiniatre, improbus labor,
capacité.
à administrer un jour
est utile aussi à quiconque aspire
En vain alignerez-vous, en faveur
la chose publique.
vous
du progrès, et de la liberté, des phrases sonores que
retenues de lectures plus ou moins bien digérées,
aurez
cela ni des hommes d'Etat, ni des
vous n'êtes pour
les émules
hommes pratiques; vous êtes simplement
Consentez donc à humilier un
d'élèves de rhétorique.
votre orgueil en apprenant ce que vous ignorez.
peu
tous des prodiges, et la nature est
Vous n'êtes pas
des W. Pitt, des Victor Hugo.
avare des Bonaparte,
de M. Guizot : C La liberté
Souvenez-vous de ces paroles
acquierre ou qu'on défende
) n'est pas un bien qu'on
n'avoir
et si l'homme y arrive après
D en se jouant;
des dispositions
> porté dans ses premiers travaux que
l'honelle refuse de lui livrer
D molles ou impatientes,
Nous
s'en était promis...
D neur et les avanlages qu'il
des êmes, ni
ne souffre ni la langueur
) savons qu'elle
labodes esprits, et que les générations
D la légèreté
deviennent
studienses dans la jeunesse
) rieusement
seules des
d'hommes libres. )
D
générations
;
des dispositions
> porté dans ses premiers travaux que
l'honelle refuse de lui livrer
D molles ou impatientes,
Nous
s'en était promis...
D neur et les avanlages qu'il
des êmes, ni
ne souffre ni la langueur
) savons qu'elle
labodes esprits, et que les générations
D la légèreté
deviennent
studienses dans la jeunesse
) rieusement
seules des
d'hommes libres. )
D
générations --- Page 18 ---
IX
III
exactitude augurer de
Si l'on peut avec une certaine
par son début dans le monde,
l'avenir d'nnjeunehomme
juger de la tenon peut, avec non moins d'exactitude,
nouveau, par ses premiérs
dance d'un gouvernement
actes.
vient de s'accomplir en Haiti ne
La révolution qui
de tous les coups de main dont nous
diffère en rien
et
été témoins depuis 4843. Plus on change plus
avons
c'estla même chose. En voyant les articles louangeurs
ressuscités, les discours, les professions de
des journaux
conetc., nous avons reconnu et salué nos vieilles
foi,
Une ère nouvelle s'ouvre, etc. > - Hélas!
naissances : G
se
bien trente-trois ans que cette ère s'ouvre pour
ily a
réformes en
refermer tout aussilôt. 1 Beaucuup de
prosais-je, enfin? C Prenez patience, > nous
messes, que
nous disaient aussi tous les
crie-t-on; mais c'est ce que
précédents. Que sont-ils devenus? Demandez
pouvoirs
sont devenues les neiges d'antan.
plutôt ce que
exclusiprovisoire était composé
Le gouvernement
impalientes de faire
vement de jeunes intelligences
briller l'esprit nouveau qui les animait. Aucun mélange
d'éléments surannés ne contrariait leurs aspirations.
donc parfaitement placés pour juger de
Nous sommes
Il a mis
a fait durant son passage au pouvoir. y
ce qu'ila
précédents. Que sont-ils devenus? Demandez
pouvoirs
sont devenues les neiges d'antan.
plutôt ce que
exclusiprovisoire était composé
Le gouvernement
impalientes de faire
vement de jeunes intelligences
briller l'esprit nouveau qui les animait. Aucun mélange
d'éléments surannés ne contrariait leurs aspirations.
donc parfaitement placés pour juger de
Nous sommes
Il a mis
a fait durant son passage au pouvoir. y
ce qu'ila --- Page 19 ---
X
du zèle, nous aimons à le constater; du zèle
nous n'oserions l'affirmer, Mais tout cela intelligent,
dans la haute gestion des
ne soflit pas
affaires publiques, si
est arrivé avec ces qualités
l'on n'y
acquises dontp parle M. Guizot.
Domingue avaità peine quitté le sol natal,
vu les hommes
que l'on a
politiques à qui une branche
tante de l'administration du
impornément
pays avait été momentaconfiée, s'empresser de mettre en
légalité de l'emprunt contracté
question la
vernement
en France par le gouqui venait d'être renversé; c'était
naitre un contrat revétu de toutesles
méconexigées par les lois et la constitution formes solennelles
du
en un mot traiter Haiti absolument
pays; c'était
P. Lorriquel avait traité I'Histoire
comme le bon
de France.
Que le pays n'ait pas bénéficié de
Septimus Rameau s'en soit
l'emprunt, que
plus
approprié la totalité ou la
grosse part, c'est criminel, sans doute ; mais
quoi tout cela peut-il nuire àlar régularité
en
du contrat? en
quoi son extranéité a-t-elle favorisé cette
Un pareil emprunt fait
si c'était
dilapidation?
pays, aurait-il plus
possible - dans le
échappé à la rapacité du
dent du conseil?
vice-présiQu'on se fût borné à déclarer
voulait désormais administrerle
qu'on
pays, de telle
n'edt plus besoin
sortequ'il
d'emprunter ni à l'extérieur ni à l'intérieur, c'eut été beau, c'eit été, en tout
sion d'un noble sentiment
cas, l'expres.
patriotique; mais
aux Chambres qui allaient se réunir, la solution renvoyer
question del'emprunt,
de la
n'était-ce pas déclarer d'avance
fût borné à déclarer
voulait désormais administrerle
qu'on
pays, de telle
n'edt plus besoin
sortequ'il
d'emprunter ni à l'extérieur ni à l'intérieur, c'eut été beau, c'eit été, en tout
sion d'un noble sentiment
cas, l'expres.
patriotique; mais
aux Chambres qui allaient se réunir, la solution renvoyer
question del'emprunt,
de la
n'était-ce pas déclarer d'avance --- Page 20 ---
Xi
C'est ainsi qu'on le comprit de ce
qu'on le répudiait?
Mais tandis que
côté-cide TAtlantique etmême en Halti.
d'un côté, qu'on ne voulait plus contracter
l'on disait,
100l'an, de
au (aux ruineux de 15 ou 9 p.
à l'étranger
de
à 5 p. 100 par
l'autre, on prenait sur place
l'argent
mois; et c'est le Constilulionnel (de Port-au-Prince) qui
a levé ce lièvre.
les
à la petite
Quoi qu'il en snit, les usuriers,
préleurs
les pêcheurs en eau trouble, en Haili, se résemaine,
des hommes
jouirent du langage au moins imprudent
provisoire, et, brodant sur ce
d'Elat du gouvernement
en
ils déclarèrent à leurtour - quelques-uns
canevas,
tuer le crédit haîtien sur les
plein Paris - qu'il fallait
de leurs démarchés étrangers. Ils y réussirent au delà
tôt
ne l'avaient espéré. Et au
sirs, et bien plus
qu'ils
est
où nous écrivons ces lignes, ce crédit
moment
endommagé en Hatli
anéanti en Kurope, et fortement
même.
IV.
le bruit circule dans le pays que plus de
Cependant
avaient été versés à la
quatre millions de l'emprunt
caisse de la légation hailienne. Le bordereau en avait,
été
par notre chargé d'affaires à Paris.
en effet,
envoyé
constaté. Dès
Plus de doute, le fait est ofliciellement
où nous écrivons ces lignes, ce crédit
moment
endommagé en Hatli
anéanti en Kurope, et fortement
même.
IV.
le bruit circule dans le pays que plus de
Cependant
avaient été versés à la
quatre millions de l'emprunt
caisse de la légation hailienne. Le bordereau en avait,
été
par notre chargé d'affaires à Paris.
en effet,
envoyé
constaté. Dès
Plus de doute, le fait est ofliciellement --- Page 21 ---
xii
Par une indislors, les imaginations sont en campagne.
pas le but, ce borcrétion dont nous ne nous expliquons
dereau est publié avec force insinuations malveillantes
financier
pour le chargé d'affaires, par un petitjournal
passait, à tort ou à raison,
édité à Bruxelles, lequel
du
être l'organe sinon officiel, du moins officieux,
pour
Cet article est reproduit in
gouvernement provisoire.
voit
eatenso dans les journaux hailiens. Le ministère
entend tout. Pour dissiper les incertitudes, retout,
la malveildresser l'opinion préte à s'égarer, déjouer
il avait peu de chose à faire : rendre public le
lance,
de Temploi des 4 millions par le
compte qu'il avait reçu
et de traites du
chargé d'affaires, en vertu d'ordres
d'alors : il n'en fail rien. Et chaque Haigouvernement
dans les
tien que l'on rencontre encore aujourd'hui
les boulevards de Paris, vous adresse imperrues ou sur
sont devenus les
turbablement cette question : C Que
versés par le Crédit général franmillions del'emprunt
çais à la légation hailieune? D
ce
Dans tous les cas, on ne voit pas trop pourquoi
aurait pris plus de souci de la
gouvernement provoire
n'a past hésité
réputalion de son agent à Paris; lorsqu'il
lui-mème à sacrifier le crédit du pays.
a de bizarre, c'est qu'après avoir tué
Mais ce qu'il y
l'un des ministres resdans les rues de Port-an-Prince,
etlaissélesa autres partir tranquilement pour
ponsables,
l'on soit venu demander à dixKingston (Jamaique),
que
huit cents lieues et à Paris - compte de l'emploi
de la
gouvernement provoire
n'a past hésité
réputalion de son agent à Paris; lorsqu'il
lui-mème à sacrifier le crédit du pays.
a de bizarre, c'est qu'après avoir tué
Mais ce qu'il y
l'un des ministres resdans les rues de Port-an-Prince,
etlaissélesa autres partir tranquilement pour
ponsables,
l'on soit venu demander à dixKingston (Jamaique),
que
huit cents lieues et à Paris - compte de l'emploi --- Page 22 ---
XIII -
l'emprunteur haitien a fait des fonds que le
français lai avait confiés.
préteur
Le gouvernement provisoire était évidemment
voyé; il était sous
dél'impulsion d'une fausse docirine en
consullant sa passion pluiot que la raison
agissant comme si depuis
politique, en
Nissage Saget, aucun autre
pouvoir régulier n'avait existé, aucune constitution
n'avait régi le pays; que tout ce qui avait été fait
l'intérimn devait être considéré
dans
comme nul et non avenu
toujours le P. Loriquet, m C'est ce qui
explique les
fautesque nous mettons au compte de ce
fautes qui peuvent, nous le
gouvernement;
craignons, être plus tard
invoquées comme précédents par des chefs de
foi. C Les mauvaises doctrines,
mauvaise
a dit M. de
D sont bien autrement redoutables
Frayssinous,
que les mauvaises
) actions, > carcl'exemple peut bien entrainer
D mais il ne le justifie pas; il donne
au vice,
D mais sans étouffer le
plus d'audace,
remords. Pour les
D principes, ils tendent à
mauvais
légitimer, à sanctionner
D crime, à rendre les hommes
le
D à donner au vice le calme de la méchants par système,
vertu. >
Mais le pays n'a pas complétement
tinct du
perdu tout insbeau, du bien. Instruit par les malheurs
passés, il divorcera une bonne fois avec la routine
ajusqu'ioi suivie. Sa jeunesse est
lui
qu'il
de longévité,
pour
une garantie
pourva toutefois qu'elle consente à fermer
l'oreille aux charlatans
politiques, à metire dans ses
procédés moins d'injustifiable
présomption; pourvu
. >
Mais le pays n'a pas complétement
tinct du
perdu tout insbeau, du bien. Instruit par les malheurs
passés, il divorcera une bonne fois avec la routine
ajusqu'ioi suivie. Sa jeunesse est
lui
qu'il
de longévité,
pour
une garantie
pourva toutefois qu'elle consente à fermer
l'oreille aux charlatans
politiques, à metire dans ses
procédés moins d'injustifiable
présomption; pourvu --- Page 23 ---
XIV CAR l
qu'elle cesse d'agiravec cette légérelé qui ne lui a encore
procuré que d'amères déceptions, et qu'elle soit bien
persuadée que l'avenir n'appartient réellement qu'à
ceux qui savent attendre. --- Page 24 ---
PREMIÈRE LETTRE
Paris, lc 22 mai 4876.
Monsieur le Président de Ia Républiqne
A
d'Haidi, Fort-an-Prince.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
En paix avec ma conscience, ne craignant pas
Y'examen le plus sévère des gens de bien que j'estime.
les hableries et les attaques des envieux, des
défiant
je méprise, j'ai ordonné
fripons et des pleutres que
à touti instant en rendre
ma vie de telle sorte que je puis
étonnez donc
compte à Dieu et aux hommes. Ne vous
si, ayant appris que le gouvernement se propose
pas,
les
gains que j'ai faits
de m'interpeller sur
prétendus
contracté en France par la République,
dans l'emprunt
mets entièrement à
je viens vous déclarer que je me de tous mes actes
votre disposition, prét à répondre
quelle autorilé il vous plaira déléguer
devantn'importe
pour m'entendre.
monsieur
Et tout en commençant, permettez-moi,
de vous exprimer mon indignation de ce
le Président, abstraction de ceux qui, en leur qualité de
que, faisant
la
des fonds de
Secrétaires d'Etat, avaient manipulation
du
l'emprunt, et de celui qui avait, comme délégué
présidé â cette opération
tous gens
gouvernement,
moi
les
officiels et responsables - on songe à
pour
bénéfices que j'en ai tirés. Les gains ! ceux
prélendus
sià leur aise, me mesurent
qui aujourd'hui en parlent
, abstraction de ceux qui, en leur qualité de
que, faisant
la
des fonds de
Secrétaires d'Etat, avaient manipulation
du
l'emprunt, et de celui qui avait, comme délégué
présidé â cette opération
tous gens
gouvernement,
moi
les
officiels et responsables - on songe à
pour
bénéfices que j'en ai tirés. Les gains ! ceux
prélendus
sià leur aise, me mesurent
qui aujourd'hui en parlent --- Page 25 ---
â leur aune; ils fonl du patriotisme à bon
probablement
marché; ils jouent le respect des deniers publics,
réalité ils sont fàchés de n'avoir pas été
tandis qu'en
leuri indusmis à même d'exercer dans cette opération
peut-être même de n'avoir pas
trie et leur savoir-faire,
d'emprunt.
réussi à faire accepter leurs propres projets
Les millions 1 mais à entendre ces scrupuleux, ces
vertueux de la dernière heure, le produittout entier de
Temprunt est dans nos poches, et la République, seule
n'en a rien vu. Que faisaient alors les minisengagée,
les sénateurs, les représentants, contres responsables,
durant cette
Irôleurs nés des actes de Tadministration,
échelle?
dilapidation sans vergogne et sur une si vaste
plongés sans doute dans de mesEt c'est lorsque,
et d'intérêt priyé, les
quines questions personnelles
liberté les
réformateurs ont laissé aller en
agents
du gouvernement déchu, qu'ils
officiels et responsables
n'ai
qu'officieusement
se rabattent sur moi, qui
figuré
aider à son
dans la négociation de l'emprunt, pour
des explications et des renseignements
succès par
intervertir l'ordre des responsabilités?
utiles? Pourquoi faire subir directement les conséPourquoi n'en pas
des honneurs et des avanquences â ceux quiont joui
des positions lucratives qu'ils ont occupées
tages
délicates et difficiles à résoudre. C'est que,
Questions
que les
dans notre pays, il n'y a malheureusement renversés
Soulouque et Geffrard
abus qui persistent.
à leurs biens personnels
du pouvoir, on s'est attaqué
et on a renque l'on a mis sous séquestre ou vendus, en se convoyé en paix leurs ministres responsables,
>
tentant de leur dire : C Allez et ne péchez plus.
croirez-vous, monsieur le Président, que je
Peut-etre --- Page 26 ---
vous présente ici ma justification
Pas plus l'une
ou mon apologie. pule qui
que l'autre; et, pour dissiper tout scrule déclare pourrait naitre à ce sujet dans votre esprit, je
hautement : Oui, à la Chambre dont j'ai fait
partie,j'ai été le défenseur le plus ardent de
j'ai contribué à en faire accepter le
l'emprunt,
Paris, je suis intervenu toutes les
contral; oui, à
utile, pour en hâter la réussite;
fois queje l'ai cru
le seul et le plus
parce que j'y voyais
charges qui
prompt moyen d'exonérer le pays des
pesaient sur lui; de racheter un
emprunt de trois millions de piastres,
précédent
lement un intérêt de 32
payant nominaréalité et par le trafic des p.
'ai contribué à en faire accepter le
l'emprunt,
Paris, je suis intervenu toutes les
contral; oui, à
utile, pour en hâter la réussite;
fois queje l'ai cru
le seul et le plus
parce que j'y voyais
charges qui
prompt moyen d'exonérer le pays des
pesaient sur lui; de racheter un
emprunt de trois millions de piastres,
précédent
lement un intérêt de 32
payant nominaréalité et par le trafic des p. bons l'an, tandis qu'en
payait 60 ou 62
du trésor, le pays en
tion de la dette p. 100;1y voyais encore l'unificade simplifier nationale, et par conséquent un moyen
réaliser les notre administration financière et de
réformes que jusque-là cn n'avait fait
promettre; je maintiens encore en Ce moment que
gouvernement peut relever
que le
endommagé et faire
son crédit fortement
placer facilement les
restantes, en fondant une banque nationale obligations
couronnement de
qui isera le
Septimus
Pouvre; non une banque à la façon
Rameau, mais une banque
qu'elle avait été
sérieuse, telle
proposée et qu'elle avait été
parce qu'on y voyait un contrôle
rejetée,
aux orgies financières
efficace et une entrave
i'on s'était
que l'on avait commencées et
proposé de continuer. que
Le contrat une fois signé par le Crédit
Çais et les cessionnaires de
général franm'occuper de l'émission des l'emprunt, je n'ai plus eu à
pas moins les travaux afin obligations. de
Je n'en suivis
exacte. m'en faire une idée
--- Page 27 ---
te 4 -
arriva le délégué du gouverneSur ces entrefaites
de finances
ment, homme dont l'ignorance en matières
l'entètement et la présomption. Il ne
égalait presque
de la conduite
m'appartient pas de faire iil'historique
adressé
de cet agent, Le Crédit général français en a Touprécédent. un rapport délaillé au gouvernement
jours est-il que, en présence des exigences inqualifiables du délégué, les travaux d'utilité publique
une
du contrat durent être écartés, ce que
des prévisions
accepter plutôt
les parties contractantes préférèrent
d'un homme qui,
que de les confier aux mains rapaces
n'avait eu en
dans le cours de toutes les négociations,
vue qu'un intérêt sordide. accepté
Vous avez'sous les yeuxle contrat d'emprunt
et sanctionné par la Chambre,
par le gouvernement
a été fait après l'émission. ainsi que le règlement qui
intérêts du
Y trouve-t-on rien de contraire aux
pays? n'en ont-elles pas été fidèlement
Toutes les stipulations
d'Haiti a-t-elle la prétenobservées P La République
leur argent
tion que les capitalistes français lui prétent
d'en
lui être agréable et sans l'espoir
rien que pour
Si donc les intérêts de l'emprunteur
tirer aucun profit? entrer dans le domaine de
ne sont pas lésés, peut-il
le préteur fait de ses
ses appréciations lusage que
bénéfices ?
'en ont-elles pas été fidèlement
Toutes les stipulations
d'Haiti a-t-elle la prétenobservées P La République
leur argent
tion que les capitalistes français lui prétent
d'en
lui être agréable et sans l'espoir
rien que pour
Si donc les intérêts de l'emprunteur
tirer aucun profit? entrer dans le domaine de
ne sont pas lésés, peut-il
le préteur fait de ses
ses appréciations lusage que
bénéfices ? Il est de même évident qu'il n'appartenait cessiondavantage au Crédit général français, aux
pas
encore moins à moi et à d'autres,
naires de l'emprunt,
par le Crédit
de régler l'emploi des sommes payées
lui
le
l'acquit des traites tirées sur
par
général pour
gonvernement. fermez l'oreille aux
Fermez, monsieur le Président,
qui
récriminations rétrospectives de certaines gens --- Page 28 ---
de profiter du trouble inhérent à
essayent toujours
nouveau pour
l'installation de tout gouvernement
pseudoassiéger le chef de l'Etat de leurs protestations
patriotiques, et le rendre complice deleurs passions.
Pour moi, grêce à Dieu, je n'ai pas eu besoin jusqu'à
d'un emprunt du gouvernement, pas plus que
présent
illégitimement, pour venir en
des fonds gagnés
J'ai
Europe lorsque mes affaires m'y appelaient. élevées et jel les
occupé dans mon pays des fonctione
ai résignées les mains toujours pures. Que ceux m'a qui
calculent aujourd'hui les sommes fabuleuses que moi la
l'emprunt d'Haiti, se présentent à
procurées face découverte et me montrent leurs mains.
monsieur le Président, tout en vous
Je m'arrête, déclaration
je vous ai faite en
renouvelant la
que
et
commençant, que je me tiens à votre disposition,
de croire aux sentiments de respect avec
je vous prie
lesquels,
J'ai l'honneur de vous saluer en la Patrie.
Linstant PRADINE. --- Page 29 ---
V --- Page 30 ---
DEUXIÈME LETTRE
Paris, le 45 juin 1876.
les Membres du Gouvernement
A Messieurs
(Haiti).
Provisoire, Fort-am-Prince
MESSIEURS,
lettre du 22 mai der-ier était adressée au PrésiMa
parce qu'à cette date, je pensais
dent de la République,
le
était intéqu'il y en avait un, par cela seul que pays état qui
ressé à sortir le plus tôt possible du provisoire,
infailliblement les révolutions les plus légidénature
animosités haineuses autimes, en ce qu'il donne aux
aux
le loisir de se satisfaire,
tant que peu scrupuleuses, leur travail souterrain, aux
mécontents de recommencer
et de sei reconstipartis celui de revenir de leur surprise
écrit cette lettre sous limpression
tuer.J'avais, en outre,
devais être appelé à
des avis quejavais reçus que je
j'avais fails
rendre compte des prétendus gains que
contracté en France par la République
dans Pemprunt
alors à bien déterminer ma part de
d'Haili, etje tenais
concours dans cette affaire.
exacts et que mes
Il parait que ces avis n'étaient pas
les
le
étaient erronées, car j'ai sous
yeux
appréciations
provisoire, en date du 27 avril
Décret du gouvernement qu'il est de notoriété publique
1876, lequel C considérant
Michel Domingue,
> que sous le gouvernement du général les complables de
> le trésor public a été dévalisé par
ma part de
d'Haili, etje tenais
concours dans cette affaire.
exacts et que mes
Il parait que ces avis n'étaient pas
les
le
étaient erronées, car j'ai sous
yeux
appréciations
provisoire, en date du 27 avril
Décret du gouvernement qu'il est de notoriété publique
1876, lequel C considérant
Michel Domingue,
> que sous le gouvernement du général les complables de
> le trésor public a été dévalisé par --- Page 31 ---
D Padministration > que C les Secrétaires
et
D hauts fonctionnaires
d'Elat les
D enrichis
dans V'ordre administratif se sont
auac dépens de la caisse
moi Linstant
publique, > me met,
Pradine, C en accusation, saisit
D rement et met sous
provisoiD
séquestre mes biens tant meubles
qu'immeubles, elc., etc. )
Je reviendrai plus tard, Messieurs, à ce
Décret que vous avez signé sans en avoir vraisembla- prodigieux
blement lu les motifs, à moins que, les
n'ayez tenu aucun comple du
ayant lus, vous
soit, et bien que le sujet chatouille dispositif. Quoi qu'il en
ma
et tente outre mesure
plume, je me fais violence etje me borne,
le
présent, à continuer
pour
pour votre
cation - a à vous entretenir
plus grande édifiCette méthode
spécialement de l'emprunt.
cet exorbitant vous permettra d'examiner de nouveau
trouble
décret du 27 avril, et de revenir du
que n'ont pas da manquer de jeter dans VOS
esprits les doléances et les patriotiques
le sort malheureuxdece trésor
jérémiades sur
qu'il est obligé de
public, vide des millions
un traitre
rembourser sans en avoir encaissé
denier; ; de comprendre la nécessité de
prémunir désormais contre les insinuations
vous
lantes de gens qui, sous le
malveiltéressement, sont bien aises masque hypocrite du désinnouveau l'instrument
de faire de tout pouvoir
de leurs lâches
tre enfin à leur place véritable
passions; de metposséder la science,
les charlatans qui croient
parce qu'ils ont de la
se croient profonds,
mémoire, qui
croient faire de
parce qu'ils sont creux, et qui
discours, ils
grandes choses, parce que, dans leurs
emploient de grandes
C'est par suite de ces
phrases,
qu'à peine l'émission des présomptueuses dispositions,
obligations de l'emprunt
de tout pouvoir
de leurs lâches
tre enfin à leur place véritable
passions; de metposséder la science,
les charlatans qui croient
parce qu'ils ont de la
se croient profonds,
mémoire, qui
croient faire de
parce qu'ils sont creux, et qui
discours, ils
grandes choses, parce que, dans leurs
emploient de grandes
C'est par suite de ces
phrases,
qu'à peine l'émission des présomptueuses dispositions,
obligations de l'emprunt --- Page 32 ---
annoncée, l'on a vu s'abattre ici des
s'étaient figuré que les fonds en étaient personnages qui
quelque part, les attendant
déjà entassés
dans cette
pour satisfaire et réaliser,
capitale des merveilles, les rèves dorés
leur ambition. Et lorsque, déçus dans leurs
de
et leurs projets, ils se sont mis à crier
espérances
avait été dévoré
que l'emprunt
par d'autres qui s'étaient levés
matin, ils ont trouvé des âmes candides
plus
que l'emprunt n'avait rien
pour répéter
Une autre
produit tau pays.
erreur provenant, non plus de
mais de la mauvaise foi, a été mise
Pignorance,
les pseudo-économistes du
en circulation par
nous avons
terroir: C Quoi, ont-ils dit,
emprunté 50 millions, et l'on veut
faire payer 809 Nous sommes volés!
nous en
âmes candides de s'écrier
D Et les mémes
en choeur : C Nous
volées! >
sommes
Eh bien, Messieurs, simplifions le
qu'il soit â portée d'un
problème pour
plus grand nombre d'intelligences; qu'il ne soit pas question de
beaucoup de ceux quien parlent
millions, que
peine compter;
pourraient peut-être à
lieu de 15 100 supposons seulement un instant, qu'au
p.
que nous payons au Crédit
français, et pas un sou de plus, nous
général
100 piastres à 6 p. 100l'an, taux
ayons emprunté
commerce, abstraction
légal en matières de
faite de la commission et
menus frais. Au bout de
autres
quarante ans,
pas payé 240 piastres s? Et les économistes n'aurions-nous
n'auraient-ils pas les mêmes raisons de
du terroir
la caisse
se plaindre
publique a été mise au
que
100 piastres reçues, elle
pillage, parce que, pour
240 d'intérèts
en aurait réellement
ou 340, capital compris?
payé
Et veuillez remarquer, Messieurs,
que je suppose
frais. Au bout de
autres
quarante ans,
pas payé 240 piastres s? Et les économistes n'aurions-nous
n'auraient-ils pas les mêmes raisons de
du terroir
la caisse
se plaindre
publique a été mise au
que
100 piastres reçues, elle
pillage, parce que, pour
240 d'intérèts
en aurait réellement
ou 340, capital compris?
payé
Et veuillez remarquer, Messieurs,
que je suppose --- Page 33 ---
l'intérêt de Bp. 100 payé régulièrement
et non capitalisé, auirement
chaque année
tres, mais bien 744
ce ne serait plus 340 piasrembourser.
que la caisse publique aurait eu à
Oh! délivrez-nous,
jongleurs
Seigneur, des demi-savants, des
politiques et financiers, des
ab hoc et ab hacde tout et le reste!
gens qui parlent
Mais comment se fait-il qu'un premier
3 millions de piastres, contracté
emprunt de
intérêt nominal de 32
en août 1874, à un
p. 100, mais en réalité à
p.
au moyen des transactions sur les bons 60, 62
bons compensables et autres
du trésor,
objection, tandis
elfets, n'ait soulevé aucune
que le second, contracté à
net d'intérét par an, avec
15 p. 100
allége chaque année les
amortissement l - ce qui
contré
charges de l'Etat - n'ait renqu'anathème? L'intérêt de 32, 60, 62 100
serait-il, aux yeux de nos calculateurs,
p.
celui de 15 p. 100?Pourquoi pas? N'a-t-on moindre que
juin 1859, un ministre des finances
pas vu, en
calion, au
mettre en adjudiPurt-au-Prince, les cafés du 5- de
et
préférer 45 francs les centlivres, à 51 francs l'Etat,
avaient été offerts? Ne pourrait-on
qui lui en
d'autres exemples
pas, au besoin, ciler
plus récents de cette
originale?
arithmétique
Est-ce le capital de 50 millions
reur!
qui cause cette terVoyons :
En 1825, Boyers s'engage à payer à la France
lions d'indemnité, réduite
125 milplus tard à 60
emprunte de la maison Lafitte 25 millions millions; il
lepremier terme. Ilest renversé du
pour en payer
le trésor du Port-au-Prince,
poavoir, laissantdans
6 millions 400 mille francs 1,200 mille piastres, ou
: aussi le laxait-on d'avarice:
!
qui cause cette terVoyons :
En 1825, Boyers s'engage à payer à la France
lions d'indemnité, réduite
125 milplus tard à 60
emprunte de la maison Lafitte 25 millions millions; il
lepremier terme. Ilest renversé du
pour en payer
le trésor du Port-au-Prince,
poavoir, laissantdans
6 millions 400 mille francs 1,200 mille piastres, ou
: aussi le laxait-on d'avarice: --- Page 34 ---
on a depuis bien fait du chemin dans le sens
Son successeur, Ch. Hérard ainé, est renversé contraire,
tour, accusé timidementd'avoir
à son
entamé la somme laissée
par Boyer. Guerrier meurt et Pierrot lui succède.
ci estrenvoyé dela présidence
CeluiJusque-la,
que l'on confère à Riché.
pas un mot de dilapidation, il y en avait
bien, mais elles étaient de si peu
ne les jugeait pas dignes d'être d'importance, qu'on
les mutations de
dénoncées; d'ailleurs
présidence élaient devenues
des révolutions de palais. Riché mort,
presque
président, etil se fait ensuite
Soulouque est élu
et on l'expulse du
empereur. On s'en fatigue
pays. Le régime démodé des
festes révolutionnaires est remis en
maniest, par conséquent, trouvé
vigueur : le trésor
chemin de
vide. Geffrard prend le
Kingston (Jamaique), suivi de
de détournement de deniers
l'accusation
publics. Salnave
comme une trombe sur le pays et sur le trésor, passe
Saget laisse le pouvoir à l'expiration du
Nissage
tionnel; il fallut que la caisse
terme constituEnfin
se trouvât vide aussi.
Domingue s'embarque, cette fois pour SaintThomas, laissant sur le pavé du Port-au-Prince
davre de son neveu. La révolution
le caclame encore que le trésor
triomphante proétat de vacuité
public a été trouvé dans un
nacé de
complête, et que le pays obéré est mebanqueroule.
Ainsi, à chaque mutation de président, le trésor
régulièrement trouvé vide, les revenus
est
pillés. Quel est
en ont été gasl'Elateuropéen, la France ou
par exemple, qui eût subi
l'Angleterre,
damment, sans
périodiquément et si abonsuccomber, tant de
Et cependant il suffit
saignées financières?
d'une administration presque toujours de quelques mois
un peu régulière, pour que la R-
est mebanqueroule.
Ainsi, à chaque mutation de président, le trésor
régulièrement trouvé vide, les revenus
est
pillés. Quel est
en ont été gasl'Elateuropéen, la France ou
par exemple, qui eût subi
l'Angleterre,
damment, sans
périodiquément et si abonsuccomber, tant de
Et cependant il suffit
saignées financières?
d'une administration presque toujours de quelques mois
un peu régulière, pour que la R- --- Page 35 ---
42 axa
d'Haiti se remette à iot; c'est le seul Etat du
publique mondequi, malgréses perturbations politiques,
nouveau
et dont la dette
s'acquitte encore de ses engagements,
publique soit relativement insignifiante.
Aussi ne comprend-on pas, en France, T'opportunité
jeté officiellede ce cri de détresse plus qu'imprudent, dans le Moniteur
ment par le gouvernement provisoire,
mission,
haitien du 43 mai. On trouve quen'ayant pour l'ordre
comme l'implique son titre, que de maintenir
aux besoins les plus urgents de tous
public, pourvoir
l'avènement du pouvoir définitif,
les services, jusqu'à
hâté de vouer aux dieux
ce gouvernement s'est trop
il n'a pu avoir
infernaux une comptabilité sur laquelle
le
le temps de jeter le moindre coup d'ceil, de sonner à
est de nature
tocsin, dont l'écho répercuté partout
très-gravement le crédit dupays.
comprometire Mais moi qui n'ai pas à pénétrer dans les profondeurs
provisoire ou défides arcanes d'aucun gouvernement de personne, je
nitif, qui n'ai à sonder les intentions
et
reprends le sujet dont je m'étais écarté un instant, les
les ressources du pays, loin de justifier
j'affirme que
dans la Gazette,
frayeurs vraies ou simulées consignées
des consolations et des espérances
offrent au contraire
réalisées. Mais il ne suffit pas
qui peuvent être aisément
faut-il les faire vade posséder des ressources, encore
donc
le
loir, les administrer sagement. Il faut
prendre
en Haiti :
contre-pied de ce qui a été jusqu'ici pratiqué le manierendre moins accessible aux avides convoilises voleur!
des deniers
: ne pas tant crier : au
ment
publios;
soi-même
comme à une foire, afin de ne pas passer
laisser échapper les vrais prévaripour larron; ne pas
se donner encateurs que l'on a eus sous la main, pour
sources, encore
donc
le
loir, les administrer sagement. Il faut
prendre
en Haiti :
contre-pied de ce qui a été jusqu'ici pratiqué le manierendre moins accessible aux avides convoilises voleur!
des deniers
: ne pas tant crier : au
ment
publios;
soi-même
comme à une foire, afin de ne pas passer
laisser échapper les vrais prévaripour larron; ne pas
se donner encateurs que l'on a eus sous la main, pour --- Page 36 ---
suite le plaisir delancer sa prose contre
coupables ; invoqner un peu moins de théories d'imaginaires
et se montrer plus hommes
creuses
guerre civile
pratiques ; ne pas faire de la
une industrie, ne pas dissiper dans des
atlaques et des accusations réciproques,
pourrait être plus utilement
un temps qui
taines institutions
employé à réformer cerdes barrières
surannées, afin d'en faire désormais
sions;
sérieuses aux dilapidations et aux concusrespecter la liberté de chacun afin
sent se livrer avec sécurité à
que tous puisun travail
se contenter de
honnèle; ne pas
reléguer au bas des
des manifestes révolutionnaires
proclamations et
de concorde, de
lesi mots sidoux d'i union,
fraternel
fraternité, tout en se faisant un
de coups de fusil, de baionnette et échange de
volver, et en s'envoyant les plus
reatroces accusations;
gratuites et les plus
enfin, parler moins
en faire réellement,
d'économies et
Le passé est le passé; il a fait son temps. On tient le
présent, qu'on l'améliore. Ce n'est pas en s'arrèlaut à
chaque pas pour regarder en arrière, que l'on fait
chemin. Si donc on n'a pas la force de vouloir
du
rage d'opérer rles réformes
et le coun'entre
indiquées ; si l'avenir du
pour rien dans les
pays
alors
préoccupations du
qu'on en finisse une bonne fois avec les présent,
ces de pouvoirs, dont on se donne si souvent déchéangereux passe-lemps, et qu'on
le danla race.
proclame la déchéance de
On me répondra, je le sais, que sous le
Domingue, toute critique de
gouvernement
piastres
l'emprunt de 3 millions de
pouvait avoir pour conséquence la
tout au moins la confiscation de laliberté
mort, ou
qui se la serait permise.
del'audacieux
Une telle réponse ne saurait être
prise an sérieux.
, dont on se donne si souvent déchéangereux passe-lemps, et qu'on
le danla race.
proclame la déchéance de
On me répondra, je le sais, que sous le
Domingue, toute critique de
gouvernement
piastres
l'emprunt de 3 millions de
pouvait avoir pour conséquence la
tout au moins la confiscation de laliberté
mort, ou
qui se la serait permise.
del'audacieux
Une telle réponse ne saurait être
prise an sérieux. --- Page 37 ---
nos savants éconoPresque tous nos grands écrivains,
et
hommes
les plus vigoureux
mistes, nos
politiques l'abri à
ils n'ont
les plus résolus, étaient à
l'étranger, vérités utiles, et
pas pu écrire, faire entendre quelques de venir, et ils sont
ils ont pu erganiser les moyens
dans son antre?
venus, en effet, attaquer le lion jusque
ou même inquiélé,
Mais qui donc a été perséonté
vraiment désaslorsqu'en pleine Chambre cet emprunt
nation
de la
par
treux a été dénoncé aux représentants
biens séquesvoient aujourd' l'hui leurs propres
ceux qui
trés?
dans ce
dit, mais plutôl daus
Ce n'est donc pas
qu'on qu'il faut aller cherce qu'on ne dit pas (et pour cause),
de 3
cher la raison du silence gardé sur cet emprunt
millions de piastres.
avait contracté avec le
La maison de commerce qui
d'Haiti; elle
était la plus florissante
gouvernement heure du jour en aide au trésor obéré,
venait à chaque
il est
des prêts de la main à la main, moyennant,
par certains avantages qui rendaient très-fructueuses
vrai,
termes d'argot commercial on apces opérations qu'en broches. Et comme dans notre pays,
pelle des petites
magistrats, les plus
ministres, sénateurs, députés, tout le monde est commerminces garçons de bureaux,
exerce une industrie, fait un trafic queiconque,
çant,
n'était assez osé pour attaquer l'entreprise
personne
soninfluence et P'étendue de ses
d'une maison qui, par
lui refusant ses traites
relations, pouvait le ruiner en
dont elle avait en quelque sorte le monosur l'Europe, lui retirant tout crédit ou en donnant sur sa
pole, en
déplorables,
situation àl'étranger des renseignemenls
mais exacts: voilà la vérité vraie.
de
Messieurs, vous donner la peine
Si vous daignez,
quer l'entreprise
personne
soninfluence et P'étendue de ses
d'une maison qui, par
lui refusant ses traites
relations, pouvait le ruiner en
dont elle avait en quelque sorte le monosur l'Europe, lui retirant tout crédit ou en donnant sur sa
pole, en
déplorables,
situation àl'étranger des renseignemenls
mais exacts: voilà la vérité vraie.
de
Messieurs, vous donner la peine
Si vous daignez, --- Page 38 ---
le
adressé le 12 juillet
jeter un coup d'oeil sur rapport à MM. Sievers et
1875, par le Crédit général français
envoyée au seSilvie, et dont copie a été, dans le temps,
crétaire d'Etat des finances, vous y verrez dans quelles
de l'emprunt,ainsi
circonstances s'e est teffectuéel'émission entravéle succès comque les causes diverses qui en ont
plet. Quoi qu'on en puisse dire, il reste établiquejamais de
financière n'a été exécutée avec plus
opération
élablissements de crédit auxquels
loyauté; les grands
contractent en France des ems'adressent les États qui
loi de suivre la
prunts, se font même aujourd'hui une Mais tout ceci
voie tracée par le Crédit général français. ordinaire et
n'a trait qu'à ses relations avec sa clientèle
le public en général.
du contrat, ou
Dans ses rapports avec les porteurs
d'Haiti, le Crédit généplatôt avec le gouvernement de moins de loyauté. Il
ral français n'a pas fait preuve
été même au delà de ses obligations, en payant,
a
1,100 mille francs, sur
avantl'émission de l'emprunt,
une simple traite du gouvernement.
en
Ne perdez pas de vue, Messieurs, qu'il ne s'agit
réalité ni de 50, ni de 60 millions de francs, ainsi que
convaincrez à la lecture du rapport du
vous vous en
d'atilitépublique, com12juillet, ni des grands travaux
et
15 millions de francs dans le contrat, qui
pris pour
des exigences tenaces du
en ont été écartés en présence
n'ont
délégué du gouvernement, exigences auxquelles
souscrire le Crédit général français et les cespas voulu
sionnaires de T'emprunt. très-intéressés de l'emprunt ne
Mais les adversaires
la
reculent devant aucune manceuvre; car, exploitant
transatlantiques qui s'en
crédulité des gobe-mouches
15 millions de francs dans le contrat, qui
pris pour
des exigences tenaces du
en ont été écartés en présence
n'ont
délégué du gouvernement, exigences auxquelles
souscrire le Crédit général français et les cespas voulu
sionnaires de T'emprunt. très-intéressés de l'emprunt ne
Mais les adversaires
la
reculent devant aucune manceuvre; car, exploitant
transatlantiques qui s'en
crédulité des gobe-mouches --- Page 39 ---
échos
ils changent les francs en
font les
inconscients, cette misérable ruse, la terpiastres, et quintuplent par
à leurs naifs lecteurs les gros chiffres,
reur qu'inspirent
surtout Jorsqu'il s'agit de les payer.
Ainsi que je vous l'ai dit précédemment, Messieurs,
n'ai Phabitude de décliner la responsabilité d'aucun
je
J'ai donc accepté, et la Chambre
des actes de ma vie.
et
comme bon en soi proavec moi a accepté l'emprunt,
je devais
fitable au pays : mais que, sons prétexte que
mains allait tomber cet emprunt, on
savoir en quelles
l'emploi qui
veuille étendre cette responsabitéjssq'i
confiée
alors que Tadministration en était
en a été fait,
sous le haut contrôle des Chamà des Secrétaires d'Etat,
chercher à lancer le pays
bres, c'est aller trop loin, c'est
désastreuses, et poser un principe
dans des aventures
désastreuses encore.
dontles conséquences seraient plus
l'a
la
Haili ! Sa miséricorde
Que Dieu en garde pauvre
daigne encore
déjà préservée de bien des maux; qu'elle
de tomcette fois ne pas la laisser se fourvoyer au point
ber dans une pareille erreur!
avez la lettre du
Après le rapport du 12 juillet, vous
16 du mème mois, où se trouvent minutiensement de
du quasi-insucoès
détaillées les causes particnlières la conduite de celui qui
l'emprunt, et sévèrementjugée
we Enfin le compte du gouvernement
l'a provoqué;
d'Haili au Crédit général français.
leur
sont des chiffres, ils ont
éloquence.
Les chiffres
aurait dû consulter
Ce sont là des documents qu'on
le
de
de
sur tous les tons que produit
avant
proclamer
des intrus.
l'emprunt avait été absorbé par
m'étonne
Ne croyez pas, du reste, Messieurs, que je Un illustre
de celte imputation étrange ên apparenee.
fin le compte du gouvernement
l'a provoqué;
d'Haili au Crédit général français.
leur
sont des chiffres, ils ont
éloquence.
Les chiffres
aurait dû consulter
Ce sont là des documents qu'on
le
de
de
sur tous les tons que produit
avant
proclamer
des intrus.
l'emprunt avait été absorbé par
m'étonne
Ne croyez pas, du reste, Messieurs, que je Un illustre
de celte imputation étrange ên apparenee. --- Page 40 ---
extérieures d'Haiti ne
chef de division des relations
avait pu
imaginé qu'un chef de légation
s'était-il pas
de Paris, des traites queluiavaient
négocier, sur la place
endossées à lordre du
adressées son gouvernement, France? ? Tant il est vrai qu'il
ministre des finances de
trouvent des imitan'y a pas de grosses sottises qui ne
teurs 1
doit
Messieure; de quelle prudence
Vous sentez,
revêtu du pouvoir pour ne pas s'exs'armer tout homme
un citoyen qui a jouijusqueposer à accuser légèrement
et qui s'efforce
d'honnte homme,
là de la réputation
facilement aux
de la justifier; pour ne pas céder trop l'infortune, et
incitations de gens, pent-etre-aigris par biens, ne conqui,e'ayantjamaiss su gérerleurs propres les leurs et
çoivent pas que d'autres aient pu conserver
de nouveaux sans le secours de moyens
en acquérir
frauduleux et d'emprunts onéreux.
que depuis la Révolution, certains,
Je n'ignore pas
de quelques méfaits
distraire l'attention publique
pour
et
ont eu plus de retentissement qn'il
à eux impatés qui
et expén'était nécessaire à leur honneur, publient
packet des diatribes contre ceux qui,
dient par chaque
à leur profit les fonds de T'emselon eux, ont détourné
prunt.
ainsi ces insulteurs
Est-ce par patriotisme qu'agissent d'en douter. Ce patriosans vergogne ? Il m'est permis
Et si dans tout le
tisme est depuis longtemps jaugé.
T'émission de
cours des négociations qui ont précédé
effectif
ma maison a été soumise à un blocus
l'emprunt,
les uns renégats, les autres amade la part d'Haitiens,
d'autres enfin ayant
teurs ou provocateurs de scandales,
redoutaient
eu maille à parlir avec la justice; dest qu'ils
ZVPeN 1 1
douter. Ce patriosans vergogne ? Il m'est permis
Et si dans tout le
tisme est depuis longtemps jaugé.
T'émission de
cours des négociations qui ont précédé
effectif
ma maison a été soumise à un blocus
l'emprunt,
les uns renégats, les autres amade la part d'Haitiens,
d'autres enfin ayant
teurs ou provocateurs de scandales,
redoutaient
eu maille à parlir avec la justice; dest qu'ils
ZVPeN 1 1 --- Page 41 ---
soit de voir s'évanouir l'influence
qu'ils exercent dansl le
financière et ruineuse
den'avoir faire pays,soitqu'ils étaient désespérés
pu
adopter leur propre
soit enfin de n'avoir pas à recueillir projetd'emprunt,
l'emprunt qui allait être émis. Dans quelques bribes de
ils n'épargnent même
leur rage aveugle
d'hui
pas leur propre patrie; et
encore, non eontents de dénoncer
aujourau nouveau pouvoir, les
clandestinement
démolir le crédit de la personnes, ils travaillent à
triste en même
République. Chose étrange et
temps! ce sont les
défendu et qui continuent de défendre étrangers qui ont
propres enfants dénaturés ! Les fils de Noé Haiti contre ses
reculons pour aller couvrir la nudité de leur marchaientà
d'Haitine respectent même pas le voile
père; ceux
de la mère qui les a
qui cache le sein
nourris I
Voilà, Messieurs, ce que j'avais à dire sur
Mais je ne terminerai pas sans vous faire l'emprunt,
c'est d'imprimer toutes les lettres
une prière :
et que je me propose de vous
que je vous adresse
celles que j'ai écrites dans le adresser, comme on fait de
du
temps à certain membre
gouvernement déchu. Ainsi autorisé
sonne ne méritera le reproche d'avoir par moi, perqui, dans la vie privée et
commis un acte
sévèrementpour n'étrepas qualifié trop
tration duquel wensitappelérndiserdtion, et dansla perpément
perce une intention mauvaise et un sentiqu'un ne s'attendait pas à trouver dans le
d'hommes qui aspirent à régénérer leur
coeur
Je vous salue,
pays.
sidération.
Messieurs, avec une très-haute consiLinstant PRADINE.
le reproche d'avoir par moi, perqui, dans la vie privée et
commis un acte
sévèrementpour n'étrepas qualifié trop
tration duquel wensitappelérndiserdtion, et dansla perpément
perce une intention mauvaise et un sentiqu'un ne s'attendait pas à trouver dans le
d'hommes qui aspirent à régénérer leur
coeur
Je vous salue,
pays.
sidération.
Messieurs, avec une très-haute consiLinstant PRADINE. --- Page 42 ---
TROISIÈME LETTRE
Paris, le 22 juin 1576.
Aux mêmes,
MESSLEURS,
Je reviens, ainsi que je vous l'avais
cret du 27 avril 1876,
promis, au Dé-
> saisit et met
qui me C met en accusation,
> tant meubles provisoirement sous séquestre mes biens
qu'immeubles pour
de
) ments des deniers
faits
détournepublics. >
Je m'efforcerai d'apporter dans celte lettre la même
modération de langage que.j'ai mise dans
vous ai préoédemment
celles que je
épreuve à
adressées. C'est une nouvelle
laquelle je soumettrai ma patience, car mille
suppositions ont traversé mon esprit à la
acte inique ; et,jele confesse,
lecture de cet
vorable à l'intention
aucune d'elles n'a été fales auteurs
qui y perce, ni au sentiment dont
se sont inspirés en le rédigeant.
Détournements des deniers publics Mais
la plume ne vous est-elle
comment
vous écriviez
pas tombée des mains
ces mots malheureax qui hurlent lorsque
trouver accolés à mon nom ?
de se
Détournements des deniers
gue malencontreuse
publics! os De quelle lan.
vous servez-vous done,
pour exprimer votre pensée 2 Pour délourner Messieurs, les
publics, il faut tout au moins les avoir
deniers
tion, en avoir
eus à sa disposieulemanjemenl, le dépôt, l'emploi comme
--- Page 43 ---
fonctionnaire, employé, etc., etc. M'avez-vous
occupant une place quelconque qui
connu
une accusation si. odieuse,
justifie ou explique
que la loi punit
lorsqu'elle se produit dans le cours ordinaire sévèrement de la
privée?Je vous le dis en vérité, dans les
vie
haute position que vous
pays policés, la
l'abri de poursuites
occupez ne vous mettrait pas à
judiciaires pour ce fait.
L'enthousiasme révolutionnaire et la probité à
tique dont je veux bien vous eroire
l'antorisent-ils à sauter à pieds
pénétrés, vous autales de toute société
joints sur les lois fondamencivile, en portant, avec un si
déplorable sans gêne, atleinte à
à
tation d'un citoyen dont toute la vie l'honneur, la répudonne à votre assertion le démenti le privée ou publique
Sur quoi vous fondez-vous
plus énergique ?
Est-ce
pour être si
sur la vérification
affirmatifs?
préalable de la
linancière de la République ? Vous n'avez comptabilité
temps de la faire ; et puis, vous en
pas eu le
sion en laissant
avez perdu l'occaéchapper ceux-là mêmes à
tution imposait le devoir de rendre
quila Constigestion administrative
compte de leur
accusation est
: done, sous ce rapport, votre
prématurée, elle est sans
guent elle est coupable.
base,par consé.
Est-ce sur la notoriété publique e? La
votre Décret ne le fait pas
contexture de
aans le premier
supposer; car ces mots placés
semblent
paragraphe du préambule de ce Décret,
plutôt s'appliquer aux comptables de
nistration. Encore. si vous en étendiez le
l'admitaires d'Etat, et hauts
sens aux secrénistratif,
fonctionnaires dans l'ordre admion le comprendrait; tous ceux-là ont
maniement des fonds de l'Etat; ; ils ont
eu le
et dans leurs agissements, faire
pu en mésuser,
naitre des mécontente-
placés
semblent
paragraphe du préambule de ce Décret,
plutôt s'appliquer aux comptables de
nistration. Encore. si vous en étendiez le
l'admitaires d'Etat, et hauts
sens aux secrénistratif,
fonctionnaires dans l'ordre admion le comprendrait; tous ceux-là ont
maniement des fonds de l'Etat; ; ils ont
eu le
et dans leurs agissements, faire
pu en mésuser,
naitre des mécontente- --- Page 44 ---
au grand jour, et
ments qui se produisent aujourd'hui de notoriété puauxquels vous donnez la qualification
? PerSuis-je dans aucune de ces catégories
blique.
l'affirmer. Ce qui est de notoriété
sonne n'oserait
ambitionné ni recherpublique, c'est que je n'ai jamais
ché des fonctions dans PEtat, parce que
Je ne me trouve point les vertus nécessaires
Pour y bien réussir et faire mes affaires;
suis toujours sorti plus obéré queje n'y
c'est que j'en
les fois quejen'avais
étais entré. Jeles ai quiltéestoutes utile.J'ai toujours pensé,
trouvé aucun moyen d'y ètre malhonnète homme de
et je pense encore, qu'il est d'un
les médiopersister à garder une place rien que pour
en retire, alorsqu'il pourrait, par
cres avantages qu'il obtenir de plus sûrs et de plus
un travail honnête, en
et son indépendurables, tout en conservant sa liberté
dance.
détourné les deniers
Si donc, malgré tout cela, j'ai
passible
voleur vulgaire,
publics, je ne suis plus qu'un n'avait que faire dans
du droit commun, et mon nom
n'ignovotre Décret. Le conseiller chargé de la justice
prescrite en pareil cas et les oblirait pas la procédure découlent; il: n'en a tenu aucun compte.
gations qui en
alors la voie dangereuse
Aux honnètes gens à juger
qu'il vous a laissés prendre.
1 la notoriété publique
Mais prenez garde, Messieurs
blessent
est une de ces armes à deux tranchants qui Elle esty en
souvent la main maladroite qui s'en sert.
est la
proche parente de la raison d'Etat, qui
politique,
qui n'en ont pas de bonnes:
raison des gouvernements
où existe une réunion
Il peut s'en former une partout
la voie dangereuse
Aux honnètes gens à juger
qu'il vous a laissés prendre.
1 la notoriété publique
Mais prenez garde, Messieurs
blessent
est une de ces armes à deux tranchants qui Elle esty en
souvent la main maladroite qui s'en sert.
est la
proche parente de la raison d'Etat, qui
politique,
qui n'en ont pas de bonnes:
raison des gouvernements
où existe une réunion
Il peut s'en former une partout --- Page 45 ---
d'hommes, une société organisée, à Paris
Pestel ou au Petit-Trou Baradères. Et si
comme à
mon tour, l'invoquer,
je voulais, à
je vous dirais par
Paris, la notoriété publique
exemple, qu'à
prétend,
se plaignait le plus amèrement
qu'au moment où il
le gouvernement
du piliage du trésor,
chef d'une
provisoire a fait à un de ses
maison de commerce à
amis,
traites
l'étranger, remise de
pour une somme de 600,000 francs
devait à la
qu'elle
toutes
République ; et elle se livre, à ce
à
sortes de commentaires ; elle trouve
sujet,
cette même notoriété
toujours
aussi bien, sinon
publique - - que cette sommeserait
mieux employée, au
malheureux fonctionnaires à
soulagement des
quiil est du plusieurs mois
d'appointements : voilà oà conduit
l'imprudent emploi de ce
immanquablement
Je ne
moyen, e
rapporte ce fait que pour vous faire toucher
doigt et à l'oeil. le danger
au
tique, et dans la haute d'invoquer en matière polinotoriété
sphère où vous êtes placés, la
publique. Je n'approuve ni ne blâme
Ce soit : ce sont objets complétement
qui que
occupations habituelles;
étrangers à mes
car,à tout prendre, si ile
nement provisoire n'a pas fait la remise des fraites gouveron s'entretient ici, il a été calomnié; mais il n'a dont
s'en plaindre : patere legem
pas à
contraire ila a, dans sa
quam ipse fecisti. Si au
sagesse, crû devoir la
sans doute à bon escient, c'est
faire, c'est
en a démontré l'utilité
que son patriotisme lui
persuadé
nationale; c'est enfin qu'il est
que sans être obligé de s'adresser à un crédit
général français quelconque, il trouvera des amis
peut-être celui-là même à qui la remise des traites est
supposée avoir été faite a qui lui
rêls les sommes nécessaires à la marche préteront sans intédu service. Bien
la
sans doute à bon escient, c'est
faire, c'est
en a démontré l'utilité
que son patriotisme lui
persuadé
nationale; c'est enfin qu'il est
que sans être obligé de s'adresser à un crédit
général français quelconque, il trouvera des amis
peut-être celui-là même à qui la remise des traites est
supposée avoir été faite a qui lui
rêls les sommes nécessaires à la marche préteront sans intédu service. Bien --- Page 46 ---
serait celui qui essaierait de plonger ses
présomptueux
des secrets de la politique
regards dans les profondeurs
haitienne!!
formentle noyau malveillant
Mais les pessimistes qui
de cette notoriélé publique, ne se tiennent pas pour
battus. Ils croient trouver dans le sans intérêts des amis
un écho du Sans dot de la
du gouvernement provisoire, même que le bon marfille d'Harpagon; il prétendent
le fait
ruiné
et citent à de propos
ché en a
plusieurs,
économie d'un
d'un jeune homme qui, ayant été, par
à la
employé, admis sans titre et sans appointements,
avait trouvé moyen de s'y
douane du Port-au-Prince,
mois, au moyen de certaines opéfaire 200 gourdes par
lui confiait pour lui farre
ration appelées barbes, qu'on
acquérir la triture des affaires administratives.
Avouez donc, Messienrs (et cet aven ne doit pas vous
votre Décret du 27 avril ainsi que
coûter), avotez que
contient contre moi, estlefruit
l'accusation gratuite qu'il
vous
déplorable, et tleshonnêtes gens
d'une précipitation franchise. Et veuillez remarquer
sauront gré de cette
ici votre droit
en même temps que je ne conteste pas serait facile
de faire de pareils actes, droit dont il me
Pinanité à tout esprit impartial. Mais je
de prouver
ici une réflexion qui a son opporpasse, pour consigner
tunité.
chose dont on doit se garder
Ily en politique une commettre à son tour les fautes
avec soin : c'est de
ennemis. Ceux du
mêmes que l'on a reprochées à ses
Domingue avaient préditqu'une fois au pouvoir,
général
l'entier exercice à son neveu, et qu'ii
il en laisserait
à la façon de ces magois
se bornerait à sanctionnertout, donnant des signes perde porceiaine qu'on représente
.
chose dont on doit se garder
Ily en politique une commettre à son tour les fautes
avec soin : c'est de
ennemis. Ceux du
mêmes que l'on a reprochées à ses
Domingue avaient préditqu'une fois au pouvoir,
général
l'entier exercice à son neveu, et qu'ii
il en laisserait
à la façon de ces magois
se bornerait à sanctionnertout, donnant des signes perde porceiaine qu'on représente --- Page 47 ---
pétuels d'assentiment ; enfin que la liberté de
serait toujours en question,
chacun
La prédiction s'est vérifiée de point en
neveu, personne ne pouvait calculer Ja
point : sous ce
individuelle, Vous
duréedes sa liberté
en savez quelque
et ce fut l'un des griefs de la révolution chose, Messieurs,
renverser ce pouvoir hybride.
qui vient de
Je n'ai pas l'honneur de connaitre
les membres du gouvernement
personnellement
pas avoir eu occasion de
provisoire; je ne crois
général B. Canal
parler deuz fois en ma vie au
: je n'aij jamais vu le
père du général Hippolyte m'honorait général Tanis, etle
dont il était très-avare. Mais
de son amitié, ce
j'ai admiré la
effectuée au Port-au-Prince, fait d'armes
descente
illustrer tous ceux
ont
qui suffit à
la modestie
quiy pris part.J'ai été touché de
hauts
avec laquelle, pouvant prétendre aux
emplois dans la République, le général B. Canal plus
repris ses travaux champêtres où est venu le chercher a
sénatoriat qu'il n'avait
le
énergie à résister à l'ordre pas ambitionné; j'ai su son
lui, arrestation dont les
d'arrestation lancé contre
conséquences étaient
J'ai; d'un aatre côté, entendu parler de la prévues.
du général Tanis à Jacmel durantla lutte
conduite
et la part qu'il a prise au niouvement contre Salnave,
final a été la chute de
dont le résultat
ter la modestie du Domingue. J'avais entendu van -
général Hippoly te, son amour de
T'ordre; je n'en fus pas surpris : il est fils de son
Pourquoi faut-il que j'aie tant à rabattre de père.
ration que m'inspiraient toutes ces qualités?
l'admile bien,
CarsachezMessieurs, on n'a pas droit à la faveur et à la
considération publiques, seulement parce
du courage devant l'ennemi
qu'on a montré
; parce qu'on a su affronter
ue. J'avais entendu van -
général Hippoly te, son amour de
T'ordre; je n'en fus pas surpris : il est fils de son
Pourquoi faut-il que j'aie tant à rabattre de père.
ration que m'inspiraient toutes ces qualités?
l'admile bien,
CarsachezMessieurs, on n'a pas droit à la faveur et à la
considération publiques, seulement parce
du courage devant l'ennemi
qu'on a montré
; parce qu'on a su affronter --- Page 48 ---
de laisser entamer sa liberté indivila mort plutôi que
mieux aimé reprendre les rudes
duelle; parce qu'on a
qui
travaux de champs que de servir un gouvernement l'initian'avait pas sa sympathie : parce qu'on a pris
levée deboncliers contre le despotisme, parce
tive d'une
troubler Tordre
enfin on n'a jamais rien fait qui put
que
chose, sans doute; ; mais
public, Tout cela est quelque
ont charge
il est d'autres vertus qu'on exige de ceux qui
la mission de régir
d'âmes, qui ont brigué ou accepté feu
de ceux
qu'ils sentaient en eux le
sacré,
l'Etat, parce
Pasteurs des peuples. Enque les anciens appelaient cette situation délicate, on
tre autres devoirs qu'impose
de la liberté indivihabituellement le respect
compte duelle et le soin de n'y porter ou de n'y laisser porter
étant
cette atteinte
aucune atteinte; car
plus immédiate, blesserait l'orgueil
soulèveraitplus vivement les] haines,
le désir de la vengeance. Et cepenhumain et créérait
attaquée
dant voilà ma liberté individuelle gravement
dans mon honneur et dans ma réputation qui
par vous,
; voilà mes biens tant
en sont les parties intégrantes
un fait
saisis et séquestrés pour
meubles qu'immeubles vous avez été dans l'impossipurement imaginaire que
Qu'aurait fait de plus le
bilité de motiver légalement.
neveu du général Domingue?
d'Haiti, le général Salomon se figure que
Un citoyen
lui
la révolution qui avait renversé un pouvoir insensé,
ouvrait les portes de la patrie. 11 y revient; vous n'involégitime; vous lui
quez contre lui aucun empêchement les droits inhérents à sa
reconnaissez, au contraire, tous
d'Haîtien libre. Mais un rassemblement se forme
qualité devant sa demeure; il s'e en plaint. Le gouvernementprovisoireimpoissantà protéger M.Salomon invoque contre
que
Un citoyen
lui
la révolution qui avait renversé un pouvoir insensé,
ouvrait les portes de la patrie. 11 y revient; vous n'involégitime; vous lui
quez contre lui aucun empêchement les droits inhérents à sa
reconnaissez, au contraire, tous
d'Haîtien libre. Mais un rassemblement se forme
qualité devant sa demeure; il s'e en plaint. Le gouvernementprovisoireimpoissantà protéger M.Salomon invoque contre --- Page 49 ---
lui ce rassemblement même, et
plus vite la terre étrangère. Si l'engage à regagner au
de son temps, commis un
Septimus Rameau avait,
dividuelle, n'aurait-on
pareil attentat à la liberté inpas considéré cet acte
manoeuvre électorale; ; et n'aurait-ce
comme une
ment de plus en faveur de la
pas été un arguJen'ai pas la prétention révolution ?
il possède pour le faire dedéfendre ici M. Salomon;
mais je vois dans
lui-méme la parole et la
ce qui s'est passé une
plume;
de principe ; et tout principe
pure question
dut le défenseur être
attaqué doit être défenda,
établi,
accusé d'être l'ennemi du pouvoir
Et dire que depuis 1843, chaque
nérateur qui surgit est plus pressé d'imiter gouvernement régéfait le gouvernement
le mal qu'a
tinuer le bien qu'il précédent, que d'adopter et de cony a trouvé! Ainsi la liberté
duelle élait i chaque instant à Ja merci de indiviRameau, elle n'est pas plus respectée
Septimus
La seule chose utile qu'ait
aujourd'hui.
ment Domingue
entreprise le gouverneemploi.
estl'empeunt;i il n'a pu en faire un bon
L'administration nou velle au lieu de
et de l'améliorer en le rendant à sa véritable l'accepter
ce qui lui est très-facile - le
destination
taquer, et elle contribue
là laisse, au contraire, atpar même à
peut-être
amoindrirenenre,
tement involontairement,le crédit du pays déjà si forendommagé.
Songez, Messieurs, songez à la patrie, cette mère
les flancs sont périodiquement déchirés
dont
fratricides. Vous avez, je le
par nos luttes
grandes choses ; vous ne pouviez présume, les exécuter l'ambition des
sédant le pouvoir
:
qu'en pos.
de
suprême 2 vous l'avez obtenu au prix
grands sacrifices. Justifiez cette noble ambilion
en
--- Page 50 ---
administrant ce pays avec plus de sagesse que vos prédécesseurs. Moins de professions de foi auxquelles on ne
croit plus; moins de manifestesrévolulionnaires devenus
aujourd'hui de pures amplifications derhétorique; mais
plus de vérité dans les actes. Voilà ce que je vous
souhaite ainsi qu'à la malheureuse Haili.
J'ai l'honneur, Messieurs, de vous saluer avec une
respeclueuse considération.
Linstant PRADINE.
administrant ce pays avec plus de sagesse que vos prédécesseurs. Moins de professions de foi auxquelles on ne
croit plus; moins de manifestesrévolulionnaires devenus
aujourd'hui de pures amplifications derhétorique; mais
plus de vérité dans les actes. Voilà ce que je vous
souhaite ainsi qu'à la malheureuse Haili.
J'ai l'honneur, Messieurs, de vous saluer avec une
respeclueuse considération.
Linstant PRADINE. --- Page 51 --- --- Page 52 ---
QUATRIÈME LETTRE
Paris, le 15 juillet 1876,
Messieurs les Membres du
Gouvernement
provisotre, Fort-au-Frinee.
MESSIEURS,
Vous avez dà
remarquer que dans toutes les lettres
quejusqu'à ce jour j'ai eu l'honneur de vous
je me suis attaché à ne rien dire qui entl'ombre adresser,
d'une justification. J'ai voulu
même
faire un retour sur
vous laisser le temps de
vous-mémes et de vous
que votre zèle révolutionnaire
apercevoir
involontaires
vous a rendus victimes
frappé à
d'une mystification, et que vous avez
gauche. Car pour me justifier, il aurait
quej'eusse été
fallu
aurait fallu
acousé:je ne l'ai pas été. Pour
une instruction
accuser,il
eu le temps de
préalable.Or,vous n'avez pas
tabilité
rassembler, dans un examen de la
financière de la
comp.
moindre souci de la
République ce qu'exigeait le
d'asseoir
justice et del'équité - les
votre conviction. Aussi votre Décret du 27 moyens avril
n'est-il pas une accusation, il est un jugement de
damnation en forme: c'est donc à
connon à moi - à vous
vous, mes juges -
La seule
justifier de cette condamnation.
ressource qui me resterait dans cette
ture, serait d'en appeler au
conjoncmieux informé, mais
gouvernement provisoire,
doit rester etil
je ne l'emploierai pas ; votre Décret
restera comme un monument de honte
votre conviction. Aussi votre Décret du 27 moyens avril
n'est-il pas une accusation, il est un jugement de
damnation en forme: c'est donc à
connon à moi - à vous
vous, mes juges -
La seule
justifier de cette condamnation.
ressource qui me resterait dans cette
ture, serait d'en appeler au
conjoncmieux informé, mais
gouvernement provisoire,
doit rester etil
je ne l'emploierai pas ; votre Décret
restera comme un monument de honte --- Page 53 ---
30 1 a
l'ont rendu; il doit rester et il restera
pour ceux qui
des
et des
comme un témoignage du respect
personnes les régépropriétés, tel quelentendent et le pratiquent
nérateurs de 1876.
conduits
de préciVoyez, Messieurs, où vous a
trop
: tout droitàla violation de la loide
pitation patriotique c'est-à-dire du Décret du 23 avril, du COvotre origine,
vous a tracé et limité
mité révolutionnaire; ce Décret
trouver le droit
vos attributions : il seraitimpossible d'y forme de déde rendre des jugements arbitraires sous
crets ou autrement.
en
Je vous l'ai dit, Messieurs, c'est un malheur,
pode commettre soi-même les fautes que
litique surtout,
adversaires ou à ses ennemis. Vous
l'on al reprochéesà ses
d'avoir le
violé la
avez accusé Septimus Rameau
premier êtes
lui-même avait faite; et vous, qui
Constitution que
les torts du gonvernement précéchargés de redresser
montrés plus scrupuleux
dent, vous ne vous êtes pas
vous avez
observateurs des principes au nom desquels
Le titre de révolutionnairen'a jamais eu
pris les armes!
licites les actes que la conscience et
la vertu de rendre
condamnés.
la morale universelle ont toujours
suis mis en accuVous avez, il est vrai, déclaré queje
les
sation, etc.; mais c'était plutôt pour paraitre respecter
de la liberté individuelle, car je
formes protectrices
même le vice de votre
trouve dans cette précaution
légalement une
Décret. En effet, comment formuler instruction faito
mise en accusation, en l'absence d'une lois du
Je
les solennités prescrites par les
pays.
avec
acte officiel, d'avoir désuis accusé publiquement, par
absolument
tourné des deniers publics, vous n'en savez
n'avez
entendu, vous n'avez pas réuni,
rien ; vous
pas
formes protectrices
même le vice de votre
trouve dans cette précaution
légalement une
Décret. En effet, comment formuler instruction faito
mise en accusation, en l'absence d'une lois du
Je
les solennités prescrites par les
pays.
avec
acte officiel, d'avoir désuis accusé publiquement, par
absolument
tourné des deniers publics, vous n'en savez
n'avez
entendu, vous n'avez pas réuni,
rien ; vous
pas --- Page 54 ---
vous n'avez pas jeté le
confronté les témoignages;
d'oeil surles comptes de l'administration.
moindre coup
je croyais mnême
Je ne suis ni employé, ni fonctionnaire,
d'oubli, et
le titre de nêlre rien, était une garantie
que
afin de m'acvoilà que vous faitesde moi quelque chose,
méchant,
cuser. Cela n'est pass sérieux, cela est honteux,
vous disais pourquoi vous
inique. Et si, à mon tour; je
mauvaise plaisanvous êtes livrés si lestement à cette
vous le
étonnés. Mais d'autres
terie, vous en resteriez
diront un jour.
d'accusation, vous
Privés de motifs même plausibles
la pire de toutes : la notoriété. publique.
avezinvoqué
Vous savez ce quéj'en. pense.
avec Basile:
Mais n'est-ce pas le cas de se demander
tout
ici? ) Quoi! vous condamnez
C Qui trompe-l-on invitezla victime à venir sefairejuger!
d'abord, et vous
révoludites
et vous agissez
Vous vous
gouvernement,
que vous
tionnairement; et c'est dans cette promiscuité
faire trouver des garanties de protection et
prétendez
les attributions qui
d'impartialité. Vous outre-passez
là inspirer de la
vous sont coniérées, et vous croyez par
êtes dit que
Mais vous vous
confance en votre justice? sommaires, ily en a qui ne se
parmi tous ces exéculés
ils se
à la glu de vos promesses ;
laisseront pas prendre bloc enfariré ne nous dit rien
diront de leur côté : C ce
vaille, > et ils se tiendront coi : d'oà leur culpabilité
qui
leur silence et leur abstention. Le moyen
reconnue par
Le 20 juin 1845, ( en vertu des
n'est pas nouveau.
dont les voeuco tendent à
> ordres du président d'Haiti,
de la tranquillité et
) la clémence et à Paffermissement durables, D (vous
D du bon ordre sul les bases les plus
huit
vous n'avez rien inventé), il est accordéà
voyez que
-
ils se tiendront coi : d'oà leur culpabilité
qui
leur silence et leur abstention. Le moyen
reconnue par
Le 20 juin 1845, ( en vertu des
n'est pas nouveau.
dont les voeuco tendent à
> ordres du président d'Haiti,
de la tranquillité et
) la clémence et à Paffermissement durables, D (vous
D du bon ordre sul les bases les plus
huit
vous n'avez rien inventé), il est accordéà
voyez que
- --- Page 55 ---
dénommés dans l'Ordre du jour, un mois pour
citoyens
conseil
séant à Portvenir se faire juger par un
spécial les autres
au-Prince. Or, les uns étaient en Europe,
étaient errants dans les colonies avec lesquelles snos reComment
profiter de
lations étaient rares.
pouvaient-ils fut faite
la faveur qu'on leur offrait? L'observation en
ministère. Bref, les malheureux, pour n'avoir pas
au
bienveillant appel du Président
voulu répondre au
bannis du territoire de la
d'Haiti, furent définitivement)
leur
République, et ordre fut donné, s'ils rompaient
de leur courir sus. C'était ce qu'on voulait : la farce
ban,
était jouée.
Messieurs? Eh bien, à trente et uti
Qu'en dites-vous,
et victimes disparus, Ja réans de distance, exécuteurs
livre néanmoins,
génération plus jeune, plus avancée,se
et croit
à la même hypocrisie de moyens,
sans variante,
faire du neuf.
les circonstances attéVous invoquerez peut-être
la pureté des intennuantes : votre bonne foi surprise,
pas
sais-je? que vous, les premiers, ne croyez
tions, que
à mon endroit, votre Décret,
un mot de ce que contient, derniers à savoir que mon nom
et que vous avez été les
y figurdt en quoi que ce fat.
non lu votre DéIl m'importe peu que vous ayez ou
d'imputa- a
eret; mais mon nom s'y trouve, accompagné
: voilà ce qui m'importe
tions graves, compromettantes
Votre Décret n'a
et ce dont je vous rends responsables. de tout cet échafauaucun motif sérieux. En résumé,
Rien ; moins que
dage de grands mots, que reste-t-il?
vous
mauvaise action. Mon nom a été jeté par
rien, une
dans le but de porter
en pâture à la malignité publique,
d'exercer
alteinte à mon honneuret à ma considération,
, accompagné
: voilà ce qui m'importe
tions graves, compromettantes
Votre Décret n'a
et ce dont je vous rends responsables. de tout cet échafauaucun motif sérieux. En résumé,
Rien ; moins que
dage de grands mots, que reste-t-il?
vous
mauvaise action. Mon nom a été jeté par
rien, une
dans le but de porter
en pâture à la malignité publique,
d'exercer
alteinte à mon honneuret à ma considération, --- Page 56 ---
dont vous n'osez avouer le motif.
une basse vengeance
nous attendons que vous
Le public et moi, Messieurs,
Cest une sale déduisiez franchement et ouvertement. vous la devez
tisfaction que vous me devez, quej'exige ;
du reafin de vous justifier
également à vous-mèmes, mis dans cet acte le sérieux qu'on
proche de n'avoir pas
solennelle droit de demander à ceux qui ont promis
a
lement de régénérerleuri pays.
quelles aberrations nouVoyez encore, Messieurs,dans
révolutionnaires.
velles vous ont jetés vos préoccupationss de rendre votre premier
Vous ne vous êtes pas contentés
chute entraine touDécret du 27 avrii; et comme une
le même ordre
jours une autre chute, vous avez, suivant où les
Décret à la même date,
prind'idées, rendu un autre
contre les gens que
cipesles plus étranges sont invoqués
sentiment manvoulait frapper votre haine ou tout autre
lis dans ce second Décret, que la révoluvais. En effet, jel
les comptables qui
tion a pour mission de faire poursuivre
vrai, Mesles deniers publics. Cela n'est pas
ont détourné
à toute société organisée,
sieurs; cette mission appartient
à tout autre. Dans
provisoire comme
au gouvernement
s'il fallait une révoquel état, mon Dieu! serions-nous,
infidèles
faire
les comptables
lution pour
poursuivre
les abus 1
dont notre pays fourmille, et pour réprimer
telles qu'on les fait en Haiti,
Non; les révolutions, d'abord de se venger de ses
ont une autre mission :
de
les
ennemis ou de ceux que l'on croit tels,
prendre
d'autres, de payer ses
places lucratives occupées par
réhabiliter de certaines flétrissures infligées
dettes, de se
criminels. Outre cette mission, la répar les tribunaux
celle de poursuivre tous
volution a encore, selon vous,
ille, et pour réprimer
telles qu'on les fait en Haiti,
Non; les révolutions, d'abord de se venger de ses
ont une autre mission :
de
les
ennemis ou de ceux que l'on croit tels,
prendre
d'autres, de payer ses
places lucratives occupées par
réhabiliter de certaines flétrissures infligées
dettes, de se
criminels. Outre cette mission, la répar les tribunaux
celle de poursuivre tous
volution a encore, selon vous, --- Page 57 ---
accuse d'avoir commis des
ceu que la vindicte publique
crimes et délits politiques.
ici, Messieurs, que je vous crie plus fort :
C'est
la vindicte
en temps de réc Prenez garde! >
publique Mais c'est la ven -
volution! Y avez-vous bien songé?
à l'ordre
detta prônée et encouragée, c'est Tinsurrection
le
du jour. C'est votre arrestation, votre bannissement, l'exécution
bombardement et le pillage de vOS maisons, dans les
de VOS amis, les assassinats
sans jugement
la
horrible, c'est à faire fuir
rues; c'est l'anarchie plus
Haiti comme une terre de désolation.
Mais parmi tous les noms qui figurent dans ce Décret,
dont les services
je trouve celui d'un jeune général oubliés. Il n'a jamais
rendus au pays ne seront jamais
ne peut
été comptable, celui-là ; la vindicte publique
d'avoir commis ni crimes, ni delits politiques.
T'accuser de bataille des Cayes et de la Grand'-Anse
Les champs
accusation.
protesteraient contre celte
des manoeurres frauduleuses et
A-t-il contribué par de la constitulion et des insviolentes au renversement
celles qu'il a
titutions du pays? Non; il a respecté
il n'a
établies. Soldat, ila obéi à sa consigne;
trouvées
aucun ordre,
eu à la contrôler. Il n'a outre-passé
pas
que vous avez renversé;
maisil a servile gonvernement
en lui?I Du moment
n'est-cepas ce que vous voulez punir
contre,
la fidélité, vous sanctifiez, par
que vous frappez
la trahison, de quelque masla trahison, oubliant que
action
est toujours une
honteuse,
que qu'elle se couvre,
quelquefois
méprisnble, odieuse, que l'on récompense Pensez- -vous
par de l'argent, jamais par les honneurs.
ne
société
avec de tels principes?
qu'ily ait
possible
- --- Page 58 ---
35 -
que vous sapez à sa base l'ordre des
voyez-vons pas
Tétablissement?
choses dont vous rèvez
le parti triomphant se borne
Dans les pays civilisés,
lofficier militaire qui
à priver de son commandement
à moins qu'il n'ail
l'a combattu : c'est de bonne règle,
Mais
crime ou délit de droit commun.
commis quelque
tout cela. Servir un gouveren Haiti on a perfectionné
ses ennemis! Rien que Ia
nement quin'a pas su vaincre
donc
d'afmort... vous savez le reste. Je ne crains
pas
votre second Décret du 27 avril,
firmer, Messieurs, que
avez insérés, est l'acte le plus
et les principes que vous y
qui soit sorti du cerveau des révolutionnaires
dangereux
logique et fatale de nos
haitiens. C'est la conséquence il renferme dans ses
continuelles guerres intestines;
de le
flancs la mort du pays, etla postérité se chargera
qualifier comme ille mérite.
T'honneur d'etre, Messieurs, votre très-humble
J'ai
serviteur.
Linstant PRADINE.
- -
és, est l'acte le plus
et les principes que vous y
qui soit sorti du cerveau des révolutionnaires
dangereux
logique et fatale de nos
haitiens. C'est la conséquence il renferme dans ses
continuelles guerres intestines;
de le
flancs la mort du pays, etla postérité se chargera
qualifier comme ille mérite.
T'honneur d'etre, Messieurs, votre très-humble
J'ai
serviteur.
Linstant PRADINE.
- - --- Page 59 --- --- Page 60 ---
Paris, le 1er juillet 1876.
elun journal
A ENS onsieur. : le Rédacteur
le Constitutionnel à Fert-au.Princs.
MONSIEUR LE RÉDACTEUR,
si
votre arrivée en Haiti, dans le
Je ne sais, depuis
des lumières,
noble but d'y travailler à la diffusion
est
une tendance déplorable qui
vous avez remarqué caractéristique du temps, et une
pour moi un signe
du niveau moral
iréfragable de l'abaissement
preuve
de la légèreté, du laisser-aller
du pays. Je VCUX parler
on franchit les bornes des convenances que
avec lequel civilisées se font une règle de respecter.
les nations
haitien, qui en
Vons-mème, vétéran du journalisme
n'avez
connaissez les priviléges et les devoirs 3 vous
entrainement. Vous n'avez
pas su résister à ce funeste
reculé devant la publication, sans mon assentiment,
pas
le 16 juin1875, à tout
d'une leitre que j'avaisadressée
commis à la
autre qu'à vous. Certes vous n'auriez pas
Martinique, votre pays natal, cet acte réputé coupable
des hommes de bien. Quoi qu'il en soit, et
aux yeux
d'ambages
comme je n'ai pas T'habitude d'envelopper
circonlocutions Pexpression de ma pensée, je
et de
un chat un chat. C'est assez
parle hardiment etj'appelle
contient
dire que n'ai rien à rétracter de ce que
vous
je
été
loin, vous en avez fait
cette lettre. Vous avez plus mots sur les bons serviprécéder l'insertion de quelques mettant le comble à
ces que jai rendus aib pays. Enfin
l -a .
ages
comme je n'ai pas T'habitude d'envelopper
circonlocutions Pexpression de ma pensée, je
et de
un chat un chat. C'est assez
parle hardiment etj'appelle
contient
dire que n'ai rien à rétracter de ce que
vous
je
été
loin, vous en avez fait
cette lettre. Vous avez plus mots sur les bons serviprécéder l'insertion de quelques mettant le comble à
ces que jai rendus aib pays. Enfin
l -a . --- Page 61 ---
de
cette indiscrétion et comme aggravation préméditée
avez trouvé de bonne malice de substila faute, vous intime et familière du tutoiement que
tuer àla forme
constamment employée dans ma correspondance
j'ai
Rameau, une autre plus solennelle,
avec M. Septimus
caractère officiel.
croyant lui donner par là un
a eu
De deux choses l'une: ou cette métamorphose le
volontairement, de propos délibéré et dans
lieu
carje ne vous
dessein de nuire, ce qui me surprendrait,
raison
ai jamais connu méchant, et vous n'avez aucune
de l'ètre envers moi: le patriotisme même, s'iln'est pas
n'autorise point Pinjustice. Ou vous n'en avez
frelaté,
et vous avez imprimé sur une copie
pas vu l'original
aux
les
inexacte : vous avez alors manqué
obligations
plus élémentaires de votre état.
de votre côté,
Ne pensez-vous pas que vous auriez,
si vous
rendu un bon service à votre patrie adoptive, d'un
étiez abstenu de vous livrer à cette fantaisie
vous
douteux, et que la morale publique rejette
godt plus que
toujours avec indignation ?
rendre à mon
Quant aux bons services que j'ai pu
j'ai comvous en savez peu de chose ; et lorsque
pays,
carrière ingrate, vous étiez encore à la Marmencé cette
moins
venir en rendre
tinique, ne songeant à rien
qu'à D'ailleurs ces. bons
de meilleurs à la République d'Haiti.
se
services, qni ne m'ont encore procuré aucun profit, avoir
bornentà ceci : de n'avoir jamais ni intrigué pour
dans PEtat; ni conspiré après avoir perdu
une place
debout; et
celle que j'occupais; ni flatté aucun pouvoir
dernier
comme l'âne de la fable, donnéle
jen'aijamais,
coup de pied au lion tombé. services c'est la part que
Mais à vOS yeux ces bons
à la République d'Haiti.
se
services, qni ne m'ont encore procuré aucun profit, avoir
bornentà ceci : de n'avoir jamais ni intrigué pour
dans PEtat; ni conspiré après avoir perdu
une place
debout; et
celle que j'occupais; ni flatté aucun pouvoir
dernier
comme l'âne de la fable, donnéle
jen'aijamais,
coup de pied au lion tombé. services c'est la part que
Mais à vOS yeux ces bons --- Page 62 ---
prise à la nomination du général
vous supposez que j'ai
suis ni assez égoiste, ni assez
Domingue. Eh bien, je ne
exclusivement; le
présomptneux pour me les attribuer
vous, les partage avec moi;
pays tout entier, y compris
des
qui ont
à
du petit nombre
patriotes
car l'exception
attendre des temps meilleurs,
préféré aller à l'étranger
cette nominaquel est PHaitien qui n'ait salné, accepté,
ces
tion? Vous n'avez pas, il est vrai, suivi à T'étranger
aviez
cela vos raisons ; mais vous
patriotes : vous
pour
ni manifesté votre mén'avez d'aucune façon protesté,
éussiez concontentement, et si on l'avait voulu, vous
tinué à être le rédacteur en chef du Moniteur,jusqu'au Gouveroù le peuple fatigué se serait débarrassé du
jour
Du reste, vous n'aurier pas été le
nement qui le génait.
les palinodies
premier qui eût agi avec cette pradence; et le cri de
ne sont pas plus rares chez nous qu'ailleurs, n'ajamais
vive le roi! vive la ligue! poussé à propos,
de produire les mèmes effets avantageux, sous
manqué
les
différentes. Je dis plus : j'affirme
les latitudes
plus
haitiens n'ont fait
que depuis 1843, les réformateurs
des services
autre chose que de rendre à leur pays faites alluaussi appréciables que ceux auxquels vous
ont
ont renversé Boyer, qui
sion. Les patriotes qui
Geffrard, Salnave
nommé Rivière, Pierrot, Soulouque,
sait? Nissage lui-mème - vous êtes en trop
et qui
oublier celui-là 1 n'ont-ils pas aubeau chemin pour
Quelques
tant que moi droit à votre reconnaissance? n'auraient
notions de Phistoire de votre paysd'adoption
nui à la thèse que vous avez choisie. Demain peutpas
vous félicitera d'aêtre, quelque confrère enjournalisme
Patience !
voir aussi rendu au pays des services pareils; demande
En employant le vieux cliché: G On nous
? Nissage lui-mème - vous êtes en trop
et qui
oublier celui-là 1 n'ont-ils pas aubeau chemin pour
Quelques
tant que moi droit à votre reconnaissance? n'auraient
notions de Phistoire de votre paysd'adoption
nui à la thèse que vous avez choisie. Demain peutpas
vous félicitera d'aêtre, quelque confrère enjournalisme
Patience !
voir aussi rendu au pays des services pareils; demande
En employant le vieux cliché: G On nous --- Page 63 ---
vouloir décliner l'initiaPinsertion etc. > vous paraissez
mais votre
tive de l'acte que je vous reproche ici;
cette
responsabilité n'en est pas moins engagée par
vous n'étiez
forcé de la faire.
insertion même, car
pas soumis avec un si
Et certes vous ne vous y seriez pas
s'il s'étaitagi de tout autre ayant
humble empressement
pouvoir. Mais tous les gens querelleurs,
aujourd'hui
mâtins, sontà cette heure pour vous
jusqu'aux simples
à crier haro
de grands saints, sauf en temps opportun,
à double
sur eux et à leur jeteràla face un compliment
sens comme celui dont vous m'avez gratifié.
n'est forcé d'ètre journaliste; mais lorsqu'on a
Nul librement cet état, on est censé en connaitre tous
choisi devoirs'et disposé à les observer. Vous y avez manles
une lettre qui ne
qué, Monsieur, en rendant pablique
le destiétait
adressée, et qui, en fussiez-vous
vous
pas
être publiée sans mon autori.a Lation;
nataire, ne pouvait violéle secret des lettres. Ecoutez, à ce
vous avez enfin arrêt d'une Cour dejustice de France:
sujet,ce que dit un
secret des lettres est un principe
du
G L'inviolabilité
jurispruhaute morale et d'ordre pablie qu'une
> de
En effet, le destinataire
D dence constante a consacré.
le
est pas propriétaire
> d'une lottreconfiemidle-/en sans le consentement
> absoln, et ne peut en disposer
serait abuser de
) de calui qui Pa écrito; autremont ce
dans les
D la conliance de celni-ci,jeter Finquiatude
relations de la vie privée, briser un des lienspuissants
D
et sonvent en compromettre la paix et
D de la famille,
la
6de faits destisi Yon aulorisait publicité
D l'honneur, secrets. Quels que soient les smoyensal'aide
D nésà rester
la possession des lettres
9 desquelsle tiers s'e est precuré
la
lors même qae
) adressées à une autre personne,
ance de celni-ci,jeter Finquiatude
relations de la vie privée, briser un des lienspuissants
D
et sonvent en compromettre la paix et
D de la famille,
la
6de faits destisi Yon aulorisait publicité
D l'honneur, secrets. Quels que soient les smoyensal'aide
D nésà rester
la possession des lettres
9 desquelsle tiers s'e est precuré
la
lors même qae
) adressées à une autre personne, --- Page 64 ---
remise en aurait été faite spontanément parle desti-
>
n'en serait pas plus licite. D
> nataire, la divulgation sacrés à Paris
Pékin, à Ces principes sont aussi
qu'à
Haiti. Pourquoi alors vous permettezlal Martiniquequ'a
ailleurs vous auriez évité
vous chez nous ce que partout
demandé l'inseravec soin? Et puisque lon vous avait
vous qui avez blanchi sous
tion de cettelettre, ponrquoi
étes-vons
le harnais de la presse périodique, ne vous y
refusé? Vous auriez par la doane une leçon de conpas
à l'indiscret qui se serait oublié jusqe'à vous
venance
vous saviez blâengager à commettre une action que
mable.
des relations jusqu'ici agréaJen'aieuavec vous que
ont
bles ; je ne sais en quoi mes opinions politiques avez.
heurter les vôtres : j'ignore même si vous en
pu
n'a jamais effrayé personne, et
Votre zèle patriotique
Cependant c'est
vous n'êtes pas de nature aggressive.
de mire; je
moi que vous avez choisi pour votre point de Turc. Je
suis devenu votre dynamomètre, votre tête
de m'exprimer sur les motifs qui ont pu vous
m'abstiens
encourir comme vous, le refaire agir; je ne veux pas
léménsirement.lelaise au public dequaprochedejuger
etje me contenterai de son verdict.
lifier votre procédé,
Monsieur le Rédacteur en chef, trèsJe vous salue,
sincèrement.
Linst AT PRADINE
BLE
MORINSE
Paris. Imp. de E. DONNAUD, rue Cassette, 9. --- Page 65 --- --- Page 66 ---