--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Cimto
Bhabit Carter Brolr
fibrarg
Brmn Bintoreratty
TH AT --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
VÉRITABLE
ORIGINE
DES
TROUBLES DE
S.-DOMINGUE,
ET DES DIFFÉRENTES
QUILES ONT
CAUSES
PRODUITS;
Par M. JULIEN
des
RAIMOND,
Député
citoyens de couleur,
A PARIS,
DESENNE, BAILLY, libraire, au Palnis-Royal;
Chez
libraire, rue S. - Honoré,
Sergens; ;
barrière des
Et
Tous les marchands de
au Burean du PATRIOTE nouvenntés;
Italien.
Faaxgois, place du Théâtre
1792, L'AN 40 DE LA LIBERTÉ. --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
A
AYANT-PROPOS
LEGISEATEURS,
Vos prédécesseurs, tels queles
Grégoire, les Roederer, les
Pétion, les
dans la question des
Robespierre, etc. 2
connus et constamment colonies, avoient reprincipes, la justice et
soutenus que les
qu'on fit jouir les hommes Theumnanitderipeeient
de
libres de couleur
touslesdroits de
députés à T'assemblée citoyens : mais les colons,
eux, MM. Barnave, constitnante, et avec
d'Arcy,
Lameth, Maury, Gouyautres, forcés d' en
et
Setenteamatatiend
la politique (qu'il falloit convenir, soutenoient que
opposoit.
aussiconsulter) ) s'y
La question se réduit donc
savoir si elfectivement la
aujourd'hui a
ou ne s'accorde
politique s'accorde
justice et Thumanité. pas avec les principes, la
La politique doit
l'on conserve les colonies assurément exiger que
elle exige aussi
à la métropole;
que la culture des producA --- Page 8 ---
coloniales ne soient plus interrompues
tions
des esclaves; elle exige'
par les soulévemens
déchirent les COles troubles qui
encore que
ne se reproduisent
lonies dans ce moment, trouve un moyen
plus; elle exige enfin qu'on
de les prévenir. exigertouronsements toutes
Sila politique
qu'à examiner si
ces choses, il ne resteplus
préalable
les obtenir, sans qu'au
on peut
hommes de couleur deleurs
on fasse jouirles et si au contraire, en les
droits de citoyens,
se flatter de conserleur ravissant, O11 pourra maintenirle calme,d'y
ver les colonies, d'y
etc. Et comme rien
contenir les esclaves,
cet examen que
n'est plus propre à conduire dans cêt imprimé,
les faits qui isont consignés les députés à qui il sera
MM,
nous supplions vouloir le lire avec la plus grande
remis, de
attention.
on fasse jouirles et si au contraire, en les
droits de citoyens,
se flatter de conserleur ravissant, O11 pourra maintenirle calme,d'y
ver les colonies, d'y
etc. Et comme rien
contenir les esclaves,
cet examen que
n'est plus propre à conduire dans cêt imprimé,
les faits qui isont consignés les députés à qui il sera
MM,
nous supplions vouloir le lire avec la plus grande
remis, de
attention. --- Page 9 ---
VÉRITABLE ORIGINE
DES
TROUBLES DE SAINT.DOMINGUE,
ET DES DIFFÉRENTES
CAUSES
QUILES ONT PRODUITS.
Les hommes de couleur libres
taires dans les colonies, ils
sont propriébutions
y payent les contri-
; ces qualirés leur donnent le droit
d'être entendus, dans un moment oùt les troubles
déchirent la colonie de
menacent d'une ruine Saint-Domingne, et la
prochaine.
Ces troubles tiennent à des causes
toujours cherché à cacher
qu'on a
ceux qui en
2 en éloignant tous
pouvoient dévoiler la
citoyens de couleur,
trame; et les
colonies, et leur vrai véritablement attachés aux
soutien, n'ont
se faire
les
encore pu
entendre, par
soins
quelques intrigans
coupables de
fléau.
qui en sont le plus grand
Les citoyens de couleur forment
moitié de la population libre
plus de la
de la colomie; ils
A 2 --- Page 10 ---
(4)
la moitié des terres et le tiers des
possedent les cultivent; ils ne partagent pas
hommes qui
blancs leur dette énorme.
avec les colons
devoient
les hommes de couleur
A ces titres,
constituante,
avoirdesr représentans à T'assemblée
le
qu'ils étoient ceux qui avoient
sur-tout parce
non-seulement de T'arbitraire
plas à se plaindre,
mais encore du despodes agens du pouvoir 2
colons blancs exertisme le plus cruel que les
çoient sur eux.
en résulCe despotisme et les vexations qui
Si
aux hommes de
toient étoient insupportables
bien long-temps avant l'époque
eouleur, que
j'avois été chargé, par
de notre régénération,
de venir réclamer
de coulevr,
mes concitoyens
mettre
du ministre de la matine, pour
auprès
d'injustices et de
une fin à tant dhumiliations,
cruautés.
détailloisalors, et dontje donLes faits que je
déterminoisles preuves les plus authentiques, administranèrent le ministre à demander aux
des colonies des moyens pour faire cesser
teurs
de la couleur, et 'pour réintégrer
le despotisme
dans les droits
les hommes libres de couleur
leur accordoit Tédit de 1685.
que
étoient en cet état lorsqu'en 1789
a Les choses
blancs
Tassemblée nationale se forma. Les colons
ors, et dontje donLes faits que je
déterminoisles preuves les plus authentiques, administranèrent le ministre à demander aux
des colonies des moyens pour faire cesser
teurs
de la couleur, et 'pour réintégrer
le despotisme
dans les droits
les hommes libres de couleur
leur accordoit Tédit de 1685.
que
étoient en cet état lorsqu'en 1789
a Les choses
blancs
Tassemblée nationale se forma. Les colons --- Page 11 ---
(3)
résidans à Paris, crurent que, sans aucun
de leurs concitoyens, ils
ponvoir
connoitre
pourroient se faire recomme représemans des colonies, et
entrer coeckediraiahseaie
En
nationale.
conséquence, 2 ils se firent élire par les
colons qui étoient à Paris; et munis de ces
voirs illéganx, ils se
pons
présentèrent au nombre de
vingt députés pour la colonie seule de SaintDomingue.
M. de Mirabeau, en combattant leurs
tions sur un nombre aussi considérable prétenprésentans
de repour Saint-Domingue, leur observa
qu'il existoit une classe de citoyens
pouvoient
qu'ils ne
représenter, , puisqu'elle avoit elle.
même les plus vives réclamations à faire.
enx; qu'en conséquence il falloit leur contre
un nombre égal de
réserver
cette classe étoit
représentans 2 parce que
blancs.
en nombre égal de celle des
Ces observations de Mirabean firent
aux colons qu'ilseroit
entrevoir
possible
couleur vinssent
queleshommesde
efecaivemene se présenter à l'assemblée nationale, et qu'alorsils fisserit
anx représentans de la nation toutés connoitre les
tions et la tyrannie des colons
vexablancs' à leur
égard; ct pour écarter toutes les réclamations
pourroient venir de
qui
Saint-Domingue, de la part
A 3 --- Page 12 ---
(6)
des hommes de couleur, les colons blancs dépude répandie T'alarme dans cette
tés imaginerent retenir tous les habitans, et
colonie, 2 afin d'y
cela, ils
sur-1 tout les hommes de couleur 3 pour
écrivirent cette lettre perfide du 12 août 1789,
adressée à leurs.commetans.
Je suis. obligé de remonter à cette époque,
qu'elle est la source de tous les troubles
parce colonies. Je dois être nécessairement long,
des
de choses de détail à dépuisque j'aibemucoup lelecreur d'avoir la patience
crirelsje.prie donc,!
liraslet de Tindalgence pour mon style,
de.me
squin'est que cclai.de la nature. 1
1789sla députation de Saint-Do-
-D be-rzacht
la lettre" que je
éctivirà ses, commettans:
mingue
,iln'y - avoit
wais retracer ici; et ticette époque, nationale de la
aucune reglumaionitiswenixe prie lelecteur rde
pardéshammes decouleurJe
vouloir se rappeler ce fait.
Saint-Domingie aaleurs
LETTRES des depnabrde
quin'est que cclai.de la nature. 1
1789sla députation de Saint-Do-
-D be-rzacht
la lettre" que je
éctivirà ses, commettans:
mingue
,iln'y - avoit
wais retracer ici; et ticette époque, nationale de la
aucune reglumaionitiswenixe prie lelecteur rde
pardéshammes decouleurJe
vouloir se rappeler ce fait.
Saint-Domingie aaleurs
LETTRES des depnabrde UD2 2amr C
eonstituens:
Versailles, le 12 août 1789.
est dans un double
:
messieurs",
< Laccolonie,
Danger au dehorss
danger également pressant.
vaisseanx, que les papiers publics
queviulentciss
Dannousapprennicht être sertisdctAngletere?
on charchus à sculeyer Tos nègres.
paree-didans; --- Page 13 ---
(7)
Nous voyons et nous mesurons avec effroi l'an
et T'autre de ces dangers ; mais principalement le
dernier cSt vraiment d'une nature d nous cariser les:
plus horribles inquiéudes; nousle voyons,et nous
sommes forcésde nous taire : 012 eSt ivre de lberté.
Messieurs, une société d'enthousinstes, qui ont
pris le titre d'amis des noirs, écrit ouvertement
contre nous; elle épie le moment favorable der
faire cxplosion contre T'esclavage:il. lsufiroir pent-.
être que nous eussions le malheur de
le mot, pourqu'onsaisit l'occasicn de prononcer demander
Tafranchissement de nos nègres. La crainte que
nons ena avons nous réduitma'grénous: au silence:
le mzoment nie seroit pas favorable pour
Lassemblée nationale à entrer daiss 1OS engager
mesures,
poir nous garantir du danger qui nOUS menace,
Le péril est grand, il est prochain; veillons à:
notre sireré; mais veillons-y avec prudence.
C'estici qu'on a bescin de tcue sa tête : ne Pda:
veillons pas L'emnemi, maiknenonslaisont
pas surprendre. Veillcz, encore une fois, veill-z; Car
l'assemblée nationale est trop occupée de l'intérieur du royaume pour pouvoir
à
songer nons.
Prenszlesmesnrese que votre sagosse vousdictera:
observez bien les pérsonnes etles
arrête les
choses; qu'on
gens suspects, qu'on saisisse les écrits ole le
mocmém: del Beidtorpemtipnebatiabg
garde
A 4
nenonslaisont
pas surprendre. Veillcz, encore une fois, veill-z; Car
l'assemblée nationale est trop occupée de l'intérieur du royaume pour pouvoir
à
songer nons.
Prenszlesmesnrese que votre sagosse vousdictera:
observez bien les pérsonnes etles
arrête les
choses; qu'on
gens suspects, qu'on saisisse les écrits ole le
mocmém: del Beidtorpemtipnebatiabg
garde
A 4 --- Page 14 ---
(8.)
dans les villes, dans les
sur VOS habitations 2
les
de couleur libres;
bourgs; par-tout attachons gens
d'Europe.
méfiez-vous de ceux qui vont vous arriyer
n'ait
grands malheurs qu'on
C'est zn de vos plus
aussi critique, emdans uue circonstance
pas pu,
des gens de couleur qui
pécher Tembarquement T'avons demandé au miévoient en France; nous
à nos
P'esprit du jour S'oppose sur ce point
nistre,
notre demande même,1 T'emdesirs: : empêcher 2 sur
seroit regardé comme
barquement des esclaves, dénonceroit à la naun acte de violence qu'on
tion.
! ne vous laissez -
Courage, chers compatriotes de faire sentipoint abattre; nous continuerons
vous: c'esttout ce que nous pouvons
nelle pour
: le temps viendra sûredans le moment présent; faire mieux. Il faut laisser
ment oùt nous pourrons crise ne durera pas : comptez
refroidir les esprits ; cette
sur nous. >>
parla fausse alarme qu'elle
Cettelettre perfide,
mettre en moudevoit nécessairement
donnoit 3
T'armer et y retenir tous
vement toute la colonie,
de couleur, de
ses habitans, sur-tout leshommes Aussi les mots
qui on redoutoit les dépositions. de couleur, n'ésuivans, par-tout attachons les gens
conseilde nouvelles chaines qu'on
toient que
méfieevous de
loit de leur donner; et ces autres, --- Page 15 ---
(9)
ceux qui vont vous arrisurdExropé,
des soupçons sur ceux
que pour jetter
rer leurs frères, Pour quiauroient pu aller éclaicela il falloit un
pour les accuser de projets
prétexte
perfides, et leur faire
subicimpunément toutes lès horreurs
retracer ici,
que je vais
Mais M. Gerard, collègue des
et quin'étoit pas initié dans leurs députés colons,
cria
projets 2 se rébeaucoup sur cette lettre: ; ill leur
les dangers réels ot elle
fitenvisager
pouvoit entraîner la COlonie, et il refusa de la signer. Mais
sa signature, qui leur étoit
pour avoir
étoit le seul
nécessaire, puisqu'il
député élu à
consentirent de lui laisser Saint-Domingue, ils
suivant,
mettre le post-seripuum
qui paroissoit àl M. Gerard un
tout ce qu'il y avoit de perfide dans correctifà
Voici ce
cette lettre.
post-seripum,
4 Il est possible, et même
bruits alarmans
probable, que les
la
qui se sont répandus, et
matière de cette
qui fone
lettre, ne soient pas
et, dans ce cas, il seroit fàcheux
fondés :
sensation
que cela fitune
trop forte dans la colonie, qui, indépendamment des craintes
roitpeut-être donner lieu qu'elleinspireroit à des
pourC'est à
dangersplus réels.
vous, 2 messieurs, à agir avec la circonspection et la prudence
que votre sagesse vous
suggérera : mais nous pensons qu'une
sécurité
cette
qui fone
lettre, ne soient pas
et, dans ce cas, il seroit fàcheux
fondés :
sensation
que cela fitune
trop forte dans la colonie, qui, indépendamment des craintes
roitpeut-être donner lieu qu'elleinspireroit à des
pourC'est à
dangersplus réels.
vous, 2 messieurs, à agir avec la circonspection et la prudence
que votre sagesse vous
suggérera : mais nous pensons qu'une
sécurité --- Page 16 ---
(i1o )
dangereuse ne doit pas non plus vous empêcher
d'avoir les yeux ouverts sur leffet que poarra
dans les colonies la fermentation qui
produire dans le royaume, et que vous ne devez
règne
aucunssoins. pour
négliger ancunes précautions)
maintenir Tordre, la paix et la subordination
dans votre sein; et il nous semble que le mailleiur
assurer dans toits les
moyen à emplcyer pour
le repos et Pexisunce dans la colonic,
eamps
à votre cause la classe des gens de
c'est d'afictionner
Bonedonandontsiremet pesmicux que
couleur.
leursintérarsavec les votres, et de
de confondre
commane. IL
s'employer avéc zèle pour la sûreré
donc
de votre part, que d'étre
n'sst
question-,
ls traiter toujours de
jastes erzvers cux, et de
Nous regardons cette espèce comme
mieux €72 micu.x.
sitreté dela colonie. Vous porlev:zib boulevard la
les assurer que. vos diputés, gui sonzt aussi les
YOY
de Passembile
Leurs, S'emplryeront avec zede auprbs
Pamélioration de lear so7t, et pour
nationale pour
considiration quiest due à tOUE
leur procurer la juste
citayer qui se comporie honnétement. >
Mais, en laissant" subsister ce post-scrigaum,
bien de le
les antres dépités se promirent
rendre nul pir leurs lettres particutières, qui
à des personnes afidées tout ce
expliqueroient --- Page 17 ---
( TI) )
quilsvouloient fairc, et comment elles devoient
les seconder.
: Alarrivée de ces lettres à S.-Domingue,
les assemblées
déjà
primaires se formoient, et les
hommes ded couleur propriétaires y avoient été
appelés; déjaplusieurs avoicnt nommés, dans la
partie du srd, leurs dépurés
2 pour aller prendre
part aux délibérations da comité de la ville des
-5Tparoissesde cette partie, les hommes de couleur
avoient adresséaux blancs leurs justes réclamations,etles blancs commençoientà sentir que la
justice leursintérêts et celui de la colonie exigcoient qu'on prit enconsidération les réclamations de ces hommesutiles.
S Danscetétat de choses, on vit tout-à-coup
roi:re au petit Gonave; dans la partie del'ouest, paplusieurs blanesétrangers. etsans possession dans
les colonies. Le jour de leur arrivée,
sonnes de couleur dépurésdes
cinq. per-1
diflérentes paroissesdecette ville, 5 étoient venus présenter au COmité de çelieu une adreste
droits
pour réclamer leurs
; cetteadresse avoit étér rédigée par M, Ferrand, sénéchaldul lieu et président du comité:c'étoitune preuve queles blancs alors n'étoient
éloignés de rendrejustice enfin à
pas
une classe
dans
les colonies. Le jour de leur arrivée,
sonnes de couleur dépurésdes
cinq. per-1
diflérentes paroissesdecette ville, 5 étoient venus présenter au COmité de çelieu une adreste
droits
pour réclamer leurs
; cetteadresse avoit étér rédigée par M, Ferrand, sénéchaldul lieu et président du comité:c'étoitune preuve queles blancs alors n'étoient
éloignés de rendrejustice enfin à
pas
une classe --- Page 18 ---
(12) )
opdhommestropl
pliongiompuetegigatceests
ptimée. blancs sansaveu, envoyés parlesagensde
Ces
semerle désordre' dansla coloceux quivouloient dans la ville ; ils disoientàt tous
nie,se répandirent hommes de couleur avoient
les habitans que les
de les egorger, etdeserendre
formé le complot
ne devoit pas en doumaitres de la colonie; qu'on France annonçoient
deslettres venues de
ter, , que
A cette nouvelles
et prévenoient de ce complot. lieu où étoit tassemblé
onse porta en foule dansle
de l'adresse des
le comité; on y faisoit la lecture on les saisit,
hommes de conleur, eux présens;
ne.
ils sont troublés,ils
on menace de les pendre;
onlesaccuse;
qu'onleur veut ni cedont
saventced
est T'auteur de T'adresse
on leur demande quel
ils répondent
coupable qu'ils osent présenter; de contraire aux.
qu'elle ne peut rien contenir c'est un blanc qui
intérêrs des blancs, puisque
et ils nomment M. Ferrand.
Ta rédigée,
de cet infor-
:
Aussitôt ces furieux s'emparent
et lui
le traine hors du comité 2
tuné juge,
ensuite dans
conpent la tête, quils promènent etils menacent d'uni
la ville, au bout d'une pique, oseroit parler en faveur
pareil sort tout blanc qui
des hommes de couleur. les cinq hommes de
Après avoir bien maltraité --- Page 19 ---
(13 )
couleur pétitionnaires, on les renvoye en les
menaçant de fusillerle premier deslenrs
roit sortir de chezlui.
quioseCette alarme et ces fanx bruits
ces brigands, se
répandus par
tiers
multiplient et gagnent les quarvoisins; par-tout des blancs, de la
ces brigands, courent chez tous les hommes trempede
couleur pour les
de
massacrer, sous le pretexte
qu'ils complotent contre les blancs.
A Aquin, distant de 14 lieues du petit
avoit été commis l'assassinat
Goave, oùt
de M.
blancs s'arment dans une
Ferrand, 25
des
nuit, et vont chez trois
plus riches propriétaires hommes de couleur
pourles assassiner. Deux se trouvent
ce qu'ils étoient aux Cayes
absens, parfonctions
pour y remplirleurs
d'électeurs; leurs portes son
leurs épouses insultées, leurs
enfoncées,
leurs papiers sont saisis et
meubles brisés;
croyoit
emportés, parce qu'on
y.trouverdes; preuves deleurs prétendus
complots. Ces mêmes blancs vont ensuite sur l'habitation du troisième; c'étoit un vieillard de
ils
70ans;
fmappentavecviolence à sa porte, et toutes les
voisluicrientcesmots terribles: OuVre, gueux, nous
voulons ta téte. Le vieillard, absolument
un jeune
seul avec
domestique, se lève et s'arme comme il
peut ; il barricadeses portes ; mais
enfoncentà
cesbrigandsles
coups de hache. Les portesabattuesils
n'osent entrer, et tirent chacunleur
coup de fusil,
;
fmappentavecviolence à sa porte, et toutes les
voisluicrientcesmots terribles: OuVre, gueux, nous
voulons ta téte. Le vieillard, absolument
un jeune
seul avec
domestique, se lève et s'arme comme il
peut ; il barricadeses portes ; mais
enfoncentà
cesbrigandsles
coups de hache. Les portesabattuesils
n'osent entrer, et tirent chacunleur
coup de fusil, --- Page 20 ---
(14)
touchant, sur ce malheureux vieilpresqu'about balles Tatteignent, cependant il n'est
lard ; trois
tombe mort
pastué;: mais son jeune domestique
àsescôtés.1 Il reste aul vieillard assezde force pour
défendre sa vie ;il met en joue ces brigands, le
; alors la troupe Tinvestit, on
coup ne part pas
prudent, les
veut le massacrer ; lun d'eux, plus
qu'il craint que les 15o esclaves
arrête, 2 parce
aiment comme leur père, ne
du vieillards, qu'ils
viennent venger sa mort. /
O1l conduit à pied ce
Malgré ses blessures,
Rendu
vieillard à trois lieues de son habitation.
d'Aquin, on veutlui couper la tête ;
au bourg
trouve dans les papiers qui
cependant on ne
chez les deux autres
ont été saisis chez lui et
qui puisse le faire conabsens ,aucune preuve
damner, et il est enfin relâché.
Desscènes semblables se répètent dans presles
de la colonie, et les
que tous
quartiers
n'osent
hemmes de couleur étonnés, effrayés,
ni se parler. Un ordre de
plus ni se rencontrer
T'assemblée coloniale est donné pour qu'ils ne
plus sortir armés sans une permission
puissent
les hommes de
des blancs. De quoi cependant
étoient-ils coupables pour éprouver ces
couleur
demandé, dans lestermes
traitemens?llsavoiente
dans leurs
les plus soumis, d'ètre réintégrés
droits. --- Page 21 ---
(15 )
Si lon compare çette manière de réclumer
contrele despatismeiepluts crue!, au fircasavec
lequel les François ont fait tomber la
on sera forcé de convenir
les
Dastille,
que
hommes de
couleur ont été bien prudent dans la manière
dont ilsse sont conduirs; car s'ils cussent écouté
un premier mouvement, bien naturel dans leur
position, ç'en étoit fait des colonies.
Tels ont été les premiers troubles des colonies, causés par les soupçons donnés dans la
lettre des députés des colonies, en date du
août 1789, contre des hommes
I2
d'autant moins
qui méritoient
cette injustice, que depuis l'origine de la colonie ils n'avoient cessé de donner
des preuves de leur attachement à la
ce n'étoit que
patrie; et
parce que leurs sentimens étoient
bien conms 2 qu'on a senti qu'ils ne se
roient jamais à trabir la mère-patrie,
prétea poursuivi avec tant
qu'on les
d'acharnement.
Je vais parler maintenant de ce quise
en France à l'égard des députés des homnes passoit
couleur ; car tout est lié dans cette afftire. de
Mais auparavant, il est nécessaire
contc une anecdote
que je rajetter
qui ne laissera pas que de
quelque jour sur les troubles des colonies,
et. surl'objet de la lettre du 12août, écrite
députés à leus commettans.
par. les
uivi avec tant
qu'on les
d'acharnement.
Je vais parler maintenant de ce quise
en France à l'égard des députés des homnes passoit
couleur ; car tout est lié dans cette afftire. de
Mais auparavant, il est nécessaire
contc une anecdote
que je rajetter
qui ne laissera pas que de
quelque jour sur les troubles des colonies,
et. surl'objet de la lettre du 12août, écrite
députés à leus commettans.
par. les --- Page 22 ---
(16)
à mon arriVers le milieu du mois de juillet,
je fus voir M. de la Luzerne,
vée à Versailles,
M.le maréchal de Castries
parce quejesivoise que mémoires que je lui avois
lui avoit envoyé les
hommes de coudonné sur les réclanations des seconde visite
afin d'avoir son avis. Dès ma
Jeur,
dit queles colons assemà M.dela Luzerne,ilme Jui avoient dit qu'ils
blés à Thôtel de Massiac
hommes de
étoient disposés à tout accorder aux
voir : il
seroient bien aise de me
couleur : qu'ils
de T'un d'eux à ce sujet.
me lut même une lettre
T'assemblée
que je ne connoissois que
Je répondis
et je déclarai à
nationale qui ptit avoir ce droit;
à T'hôtel
M. de la Luzerne que je n'irois point Je me
porter mes réclamations.
Massiac pour y
M. del la Luzerne m'envoya
retirai. Lelendemain, lui. Je m'y rendis. Il me
prier de passer chez Massiac. Ma réponse fut
parla encore de T'hôtel
Mais, me dit M. de
la même que la première. -
à voirquelquesla Luzerne, vous refuserez-vous
causer sur
de ces messieurs chez moi, pour
uns
réclamations ? - Je lui répondis
Tobjet de VOS
nouveau message de
que non, Deux jours après, etje trouvai chez
M. de la Luzerne.Je m'y rendis,
cOsecrétaires un M. Saint-Germain,
un de ses
par Thôtel de
lon, à ce qu'il me dit, et chargé,
deminviteràyaller; ; que ces messieurs
Massiac,
pensoient
, vous refuserez-vous
causer sur
de ces messieurs chez moi, pour
uns
réclamations ? - Je lui répondis
Tobjet de VOS
nouveau message de
que non, Deux jours après, etje trouvai chez
M. de la Luzerne.Je m'y rendis,
cOsecrétaires un M. Saint-Germain,
un de ses
par Thôtel de
lon, à ce qu'il me dit, et chargé,
deminviteràyaller; ; que ces messieurs
Massiac,
pensoient --- Page 23 ---
(17 )
pensoient comme moi à l'égard des droits
hommes de couleur
que les
cies
réclamoient; qu'ils avoient
propositions à me faire à CC sujer. En conséquence,je me rends à
Renda chezlui, ilme Perknanecetis-Gumuin dit,
Nous devrions
en parlantdes colonies:
de la
peu nous embarrasser des affaires
France; nous devrions tous partir
pour
Saint-Domingue; vous avez toute la
des hommes de couleur.
confiance
arrangerions.
a et l, nous nous
-Jelui répondis que je ne pensois
pasainsi, que j'étois François, et que j e voulois
mourir François. Nous en
fumes ensemble àlhôtel restâmes.la, et nous
Massiac. Nous
trâmes. dansl'escalier M,
renconle président de l'hôtel Gualeffey, quiétoitalors
Massiac; et M, Saint-Germain, en le saluant, lui dit:
M: le
voilà M,
marquis,
Raymond. - Arrivés dans la salle
précédoit celle de l'assemblée, M.
qui
me quitte, en me disant
SaintGermain
qu'il va m'annoncer.
resort peu de temps
Il
M.
après, et m'introduit, Là,
Gualeffey, ainsi que d'autres
je ne connoissois
personnes que
pas, me firent différentes
Hionssuriesdemandes
quesles mémoires
quej'avois à former, etsur
quej'avois adressés aux ministres,
J'yrépondis, toujours enleur déclarant
vouloist m'adresser
que je ne
les réclamations msfsonbléenationale pour
que Javois à faire, et je me reB --- Page 24 ---
(18) )
vers la fin de
tirai. J'observe que ceci se passa avant la date de la
juillet 1789, quelques jours anecdote explique la
lettre du 12 août. Cette
dans cette lettre:
phrase suivante, qui se t:ouve de couleur qui vont vous
Mefer-vous des hommes
arriver d'Europe.
1789,1 les citoyens de couAu moisd'octobre
s'assemblérent pour se
leur qui étoient à Paris,
particuliers qu'ils
communiquer les pouvoirs auprès de T'assemavoient reçus pour réclamer ces pouvoirs ne porblée nationaie; ; et quoique
de voeux, ils
tassent pas avec eux la généralité suffisans aux hommes
n'en parurent pas moins étoient porteurs, parce que
de conleur qui en
leur mandoient queles
leurs frères des colonies lesquelles les colons
vexations et les gênes dans
ne leur perà S.-Domingue,
blancs les renoient
plus authenmettoient pasde rendre ces pouvoirs tels qu'ils étoient,
tiques et plus généraux. d'ici Mais en étant munis, arles hommes de couleur
qui en réuniroientle
rêtèrent que ceuxdestreux
au corps sconstituantpour ne Téplus, se présenteroients leurs frères qui
demanderà représenter blancs.
toient pas par les colons d'eux se présentèrent
En-conséquence, cinq
dans les dernationale,
à
à la barre delassemblée 1789. Là ils exposèrent
niers jours d'octobre
iques et plus généraux. d'ici Mais en étant munis, arles hommes de couleur
qui en réuniroientle
rêtèrent que ceuxdestreux
au corps sconstituantpour ne Téplus, se présenteroients leurs frères qui
demanderà représenter blancs.
toient pas par les colons d'eux se présentèrent
En-conséquence, cinq
dans les dernationale,
à
à la barre delassemblée 1789. Là ils exposèrent
niers jours d'octobre --- Page 25 ---
(19)
l'assemblée tous les griefs sur lesquels ils
à réclamer contre les colons
avoient
ils
en
blancs;
don
offrirent
patriotique une somme desix millions des
colonies, et tconclurentà demander d'être les
présentans de leurs frères auprès de
renationale.
T'assemblée
Le président leur
répondit: >> Jamais
9 citoyens ne reclameront vainement
aucuns
>> près de cette assemblée
leurs droits aul-
>>
: ceux que les mers etles
jugés ont dloigné de ses
pré9>
regards, 2 en seront toujours
rapprochispare elle : laissevos pièces elvotre
>> SILT le bureau ; l'assembléc les
requêtte
>> tions. Ces pièces furent
prendra en considéras
envoyées au comité de
vérification, 2 afin qu'il constatât de leur validité,
C'est alors qu'on vitagir
lintrigue des colons
pour empêcher cet examen ; nous
toutes les tracasseries et les entraves essuyâmes
imaginer pour le refarder.
qu'ils purent
Enfin, après onze séances du comité de vérification, le rapport en fut arrêté ; il concluoit
ce que les hommes de couleur
à
toient, devoient avoir deux
qui se présennationale, Le
dépurésifassemblée
rapporteur, M. Grelet de Beauregard, ne put jamais faire ce
essaya de le présenter à
rapport; ; deux foisil
lons et leurs
Tassemblée;n mais les CO4
partisans firent un tel tapage, qu'il
futimpossiblean rapporteur de se faire entendre;
B 2 --- Page 26 ---
(30) renonçoità faire cetapalorsilnous déclara quil les colons ne discontiPendant ce temps,
de fausses nonport.
de faire répandre
alarman:
nnèrent pas
qui toutes étoient
les
velles des colonies,
d'en attribuer
et jamais ne manquoient
de couleur. Ils
tes,
des hommes
causes à Tadmission mis les colonies en feu par
avoient eux-mémes août, et en attribuoient les.
leur lettre du 12
ici.
causes à ce quise feroit
toute communi
firent plus alors ; pourôter
en France,
2 Ils
hommes de couleur
cation entre les
communication qui,
et ceux de Ssinc-Domingue: ,ils eatvirentavoutes
intrigues.
la lettre
eitt dévoiléleurs
du royaume
leschambres de commerce
suivante.
les députés des
chambres du commerce par
Lettre aux
colonies.
MESSIEURS,
exige quer
Comme la sûreté edLStiat-Doniogie toutesles précautions:
Ton prenne en ce moment au désordre dont cette!
possibles pour s'opposer vous prions instammient
isle est menacée, nous
qui sont en votre
d'employer tolls les moyens tonsnegresett tous mula-'
pouvoirp pour empêcher la colonie. Vosintérêts;
tresdes sembarquer pour
:
ambres du commerce par
Lettre aux
colonies.
MESSIEURS,
exige quer
Comme la sûreté edLStiat-Doniogie toutesles précautions:
Ton prenne en ce moment au désordre dont cette!
possibles pour s'opposer vous prions instammient
isle est menacée, nous
qui sont en votre
d'employer tolls les moyens tonsnegresett tous mula-'
pouvoirp pour empêcher la colonie. Vosintérêts;
tresdes sembarquer pour
: --- Page 27 ---
( I 21)
quisont inséparables des nôtres', vous
sans doute, appronver toutes les
feront;
seront commandées par les
mesures qui
cessaires à cet effer
circonstances, 2 et néD'autres lettres futrent écrites à Saint-Domingue pour empécher,plus que
de couleur de se rassembler jamais,leshommes
tout
, afin de leur ôter
moyen de faire connoitrealeurs
tout ce qu'ils éprouvoient;
députés ici
toutes les lettres furentinterceptées 2 et dès-lors ilne fit plus
sibls,nordenlementde rien recevoir de nos posmettans , maismême ils ne
compurent se communiquer entr'eux à Smint-Domingue.
Cettep politique des colonsavoit bien
elle empêchoit l'offre des 6 millions ses vues 5
ser : ils sentoient
si les
de se réaliavoient
que
hommes de couleur
pu s'assembler paisiblement, ilsauroient
effectuéce don patriotique, etil eût déjoué
leurs menées, en
toutes
combien
même-temps qu'il eût prouvé
plus qu'eux les hommesd de couleur s'em.
pressoient de venirau secours de l'état.
Cependant les hommes de couleur,
avec un acharnement sans
poursuivis
exemple,
avec résignation tout de la justice de attendoient
nationale et du soin de leurs
l'assemblée
soient
frères; ils nous faiparvenir ici, avec des peines infinies, les
détails de tout ce qu'ils
souffroient; et lorsque
B 3 --- Page 28 ---
( 22) comité colonial ;
transmettions ces faits au
sont là que
nous
froidement. > ce ne
les reon nous répondoit
nous ne pouvons
des lettres particulières, disoit-on, constater ces
connoitre ; faites-nous, 7 hommes publics. Nous
faits par des actes et des impossible, après la catasrépondions quilétoit de trouver un seul blanc
trophe de M. Ferrand, soutenir les hommes de
qui osât, non-seuleuent désapprouver ce qu'on leur
couleur, mais encore
pas euxéprouver; qu'ils ne pouvoient
sans
faisoit
beaucoup de signatures,
mêmes rassembler de perdre la vie.
courir les risques
écoutéesau comiNos raisons n'étoientjamais setmorifémpardes té;r notsyétioinss smémerebutése être du comité, sy troucplons blancs qui, sans
voient toujours.
sollicité au cOEnfin 7 après avoirvainement setunmpponsyse
mitécolonial, nonsapprimes
décret. Cedédevoit être suivid'un
paroit, et qu'il
; et le 28 du même
cret fut celui du 8 mars instruction 1790
qai devoitlacmois, il fursuivi d'une colonics. Nous apprimes égacompagner dans les
de ces instructions, 2
lement, avant la discussion
de la classe des
étoit nullement question
quiln'y
libres et propriétaires.
hommes de couleur
quifxoitles qua
L'article 4 de cesinstructions,
décret. Cedédevoit être suivid'un
paroit, et qu'il
; et le 28 du même
cret fut celui du 8 mars instruction 1790
qai devoitlacmois, il fursuivi d'une colonics. Nous apprimes égacompagner dans les
de ces instructions, 2
lement, avant la discussion
de la classe des
étoit nullement question
quiln'y
libres et propriétaires.
hommes de couleur
quifxoitles qua
L'article 4 de cesinstructions, --- Page 29 ---
(23)
lités nécessaires pour être citoyen actif dans
colonies, étoit SI
les
ivague,qu'il ine
ner lieu à des quereiles
pouvoit que dondeux classes de
interminables entre les
citoyens libres.
Nous nous transportimeschez M.
porteur du comité colonial,
Barnave, rapetnous lui
ver qu'il étoit essentiel de
fimes obse
ment, dans cet article
désigner bien claire4, les
soit en
personnesde ecouleur,
libre, ajoutant au mot vague cizoyen , celui de
O11, ce qui auroit été plus clair, ZOME
quelle que soit sa couleur.
citoyen
M.le rapporteurnous répondit
ne connoissant ancune
quel'assemblée
celle d'esclaves
distinction, moins encore
etde couleur, ne
vir de termes qui
pouvoir se sernoissoit.
désignassent qu'elle en reconEnfin 2 après avoir discuté
nous obtinmes de M. Barnave
long-temps,
au mot citoyen de T'article
qu'il subsistueroit
sonnes.
4, les mots toutes perLe décret du 8 mars et les
qui fixoit lei mode
instructions du 28,
loniales, furent dessenbiléesprinsires et COenvoyés dansles colonies
yêtre exécutés.
pour
A cette époque ,lesdéputésdes
virent qu'il falloit
colonies écriinterprêter le mot
sonnes de l'article 4, pourles blancs toutes peretque Tassembléen'avoit
seulement,
pas entendu, par ces
B 4 --- Page 30 ---
(24)
comprendre les porsonnes
mots génétiques, y
libres et propriétaires.
de couleur
dela
de cette interprétation
Enco nséquence individus, les assemblées priloi, donnée pardes sansla participation des permaires se formèrent
sfassent cepensonnes de couleur 2 quoiqu'elles
quzret que dans plus'eurs
dant des personnes,
étoient lesplus
tiers de la colonie, ces personnes n'en devint que plus
riches propriétaires ; on
afin de
et à les vexer,
acharné à les poursuivre
Cette
de réclamation.
leur interdire tout moyen
blancs, avoit bien
conduite, de la part des colons
son but.
coloniale qui se forma pour 2 aut
L'assemblée
le voeu des colonies
terme du décret, présenter
pas préintérieur, ne pouvoir
des
sur leur régime
plus de la moitié
senter ce voeu, puisque ceux quilui sont le
de la colonie,
des assempropriétaites avoient été éloignés
plus attachés,
blées primaires.
résulté de cette première
On sait ce qui est
connoit les violences,
assemblée coloniale; on des blancs, connus,
les cruautésd des deux partis debossus etde crodans la colonie, sousles noms ils. se sont livrés
blancs,
chis ; on sait qu'entre cruels, et qu'ils se sont égor
les combats les plus
gés et assassinés mntuellement.
aites avoient été éloignés
plus attachés,
blées primaires.
résulté de cette première
On sait ce qui est
connoit les violences,
assemblée coloniale; on des blancs, connus,
les cruautésd des deux partis debossus etde crodans la colonie, sousles noms ils. se sont livrés
blancs,
chis ; on sait qu'entre cruels, et qu'ils se sont égor
les combats les plus
gés et assassinés mntuellement. --- Page 31 ---
(25)
Mais n'anticipons pas, et reprenons la suite
des faits. L'assemblée coloniale formée,
sans ia
participation de la moitié de la population libre
des citoyens de coileur, marchoit d'un
pide à
pas ralindépendance, ou tout au moins à une
scission. L'on ne sait oii elle fat parvenue, dans
un moment oùr la colonie étoit sans forces
mantes 2 oùt les troupes n'obéissoient plus répri- à la
voix de leurs chefs légitimes, si le
général, , M.
Peynier, et M. Mauduit, ,n'enssent appelés à leur
secours les hommes de couleur,
pour dissoudre
cette assemblée. Dans ce moment de crise, les
partisans de T'assemblée coloniale
proposèrent
aux hommes de couleur du Cap de courir sur
le parti qui lui étoit opposé
2 qu'on leur abandonneroit la fortune de ceux qu'ils tueroient,
Les hommes de couleur rejettèrent avecindignation ces propositions: ils étoient loin de
ser alors que, peu de jours après, il se
penroit des blancs assez atroces
trouvepour accepter de
pareilles propositions faites contre enx.
Mais T'arrivée du malheureux
Ogé dans les
colonies, leur fit bientôt connoitre ce
voient commettrede
que poucrimesles blancs. Ogé étoit
repassé à S. - Domingue après les décrets des
8 et 28 mars; il alloir les annoncer à
et en demander
ses frères,
l'exécution. En effet, sa pre- --- Page 32 ---
(26) )
démarche fut de demander aux puissanmière
l'exécution à la lettre des décrets
ces coloniales nationale. On répondit à sa dede l'assemblée
; on mit sa tête à
mande par une proscription Tapporteroit, et
prix; on promit à l'esclave qui
: on fit
la liberté, et une somme considérable's on
contre lui; par-tout
marcher des troupes
hommes de couleur
arme les esclaves contre les
du cardonne contre eux le signal
libres, et on
voit tomber
et de la mort. Chaque jour
nage
au Cap par les esleurs têtes, qui sont portées
obtenir les réclaves qui les ont abattues, pour
compenses qui leur étoient promises. dans la coloCette foule de blancs envoyés
on se doute par qui,
nie depuis la révolution, aussi de la partie; alors
et pourquoi, se mettent
assaillis de toutes
les hommes de couleur sont
habitations
jusques-sur leurs
parts ? poursuivis
leurs mai sons, on enquelon dévaste: on pille
esclaves; et
lève leurs bestiaux, , et jusqu'aleurs enrichisssent, aples brigands, que ces pillages
pellent cela de bonnes prises.
ré
instans de fureur, des imprimés
Dans ces
dans la colonie, invitent
pandus avec profusion
du bien des homtous les brigands à s'emparer
entre ceux qui
mes de couleur, età le partager à croire à ces
n'en ont pas. On auroit peine
quelon dévaste: on pille
esclaves; et
lève leurs bestiaux, , et jusqu'aleurs enrichisssent, aples brigands, que ces pillages
pellent cela de bonnes prises.
ré
instans de fureur, des imprimés
Dans ces
dans la colonie, invitent
pandus avec profusion
du bien des homtous les brigands à s'emparer
entre ceux qui
mes de couleur, età le partager à croire à ces
n'en ont pas. On auroit peine --- Page 33 ---
(27) )
forfaits, si un de ces imprimés n'étoit
jusqu'ici,
parvenu
quoicu'imprimé à S.-Domingue.
Malgré toutes les recherches de ces hordes
effrénées, Ogé, avec une vingtaine des siens,
avoit échappé, et s'étoit réfugié dans Ia
s
partie
Espagnole. Ils furent arrêtés et conduits dans
les prisons du Cap, d'oit ils ne sont sortis
pour être trainés à
que
l'échafaud, en vertu d'un jugement aussi inique qu'illégal, A cette
tout homme de couleur
époque;
riche, sur de simples
dénonciations, étoit arrêté et conduit dans les
prisons, et n'en sortoit qu'au moyen d'une forte rançon.
Les mêmes scènes se répétoient dans différens
endroits de la colonie; si les
prétextes n'étoient
pas les mêmes, les résultats étoient
toujours de
dépouiller, de vexer les hommes de couleur
et de les réduire au silence à force de les
s
menter,
tourAu Fond Parisien, on assemble les hommes
de couleur par ordre de la
Marc,
municipalité de S.-
pour leur faire prêter un nouveau serment ; on exige qu'ils ajoutent au serment décrété, le respect et la soumission entière
blancs. A ces derniers
aux
que les blancs
mots 2 ils comprennent
chines
veulent les rendre de pures maentre leurs mains, avec lesquelles ils --- Page 34 ---
28 ) refusent, et l'un
tout renverser. Ilss'y
pourront adresse aux blancs ces paroles.
d'eux
déjà prété le serment à la
>> N'avons-nous pas
valoit rien, le second
4 patrie ? Sile premier ne D'ailleurs, ne sommesa-t-il mieux?
4f vaudrasubordonnés à la volonté arbiK nous pas assez
encore ?Un
des blancs? qu'exigent-ils
4 traire
nous lier? N'est-ce
forcé pourroit-il
44 serment bonheur et nos intérêts qui doivent
> pas notre
Timpulsion ? et nous ferions un
>> nous donner
forceroit d'y renoncer? >>
k serment qui nons
fut saisi; et quoiA peine eut-il achevé s qu'il fussent armés, et en
que les hommes de couleur blancs, ils ne firent
plus grand nombre que les
etsei retirèrent paisiblement.
aucuns mouvemens,
sur la clémence des
Le lendeinain 2 espérant
réles hommes de couleur envoyèrent
blancs,
Le croira-ton ? leurs déclamer leur camarade.
et traiconduits en prison,
pités sont arrêtés,
tés comme des séditienx.
les
c'est à qui poursuivra
Dès ce moment,
dévastera leurshabihommes de couleur, età qui trouve ne sont pas
tations : les enfans qu'on y de huit etl'autre de
Deux, agés,Tun
épargnés. dontle père avoit fui, sont impitoyaneufans,
surlhabitation deleurs parens.
blement massacrés
dans les colonies, à
Voill ce qui se passoit
és,
tés comme des séditienx.
les
c'est à qui poursuivra
Dès ce moment,
dévastera leurshabihommes de couleur, età qui trouve ne sont pas
tations : les enfans qu'on y de huit etl'autre de
Deux, agés,Tun
épargnés. dontle père avoit fui, sont impitoyaneufans,
surlhabitation deleurs parens.
blement massacrés
dans les colonies, à
Voill ce qui se passoit --- Page 35 ---
( 29 )
Tegard des hommes de couleur,
lorsque le décret du 12 octobre y arriva avec les deux bataillons de Normandie et d'Artois. On sait
ment, avec un faux décret, on
coidats du
trompa les solrégiment du
ment ilsassassinèrent Port-an-Prince, et comle
leurcolonel Manduit, dont
corps fut ensuite déchiré et mis cn
Les papiers publics de la colonie font pièces,
tion d'une femme blanche du
menPort-au-Prince)
oubliant son sexe et sa
commit qui,
pudeur,
sur les
restes du colone! Mauduit nne action
Ces mêmes papiers font
atroce.
blanc
encore mention d'un
qui envoya à son ami, à soixante licucs
du Port-au-Prince, des morceaux des chairs de
ce colonel, pour lui prouver physiq.uement
avoit été tué.
qu'il
Les soldats et le peuple du Port-an-Prince
farent livrés, les jours suivans du
M.
massacre de
Mauduit, à la joie la plus barbare; le vin
et les liqueurs leur étoient prodigués.
dans un imprimé dece
Onvoit,
temps, qu'une sa abaretière
porta à la municipalité du Port-au-Prince
pte de 9,000 liv.,
un compour boissons fournies aux
troupes. (1)
(1) Tous ces faits se trouvent dans le Courier du
François, rédigé par M. Gotereau, lc méme
Cap-.
embarqué au Cap par un ordre arbitraire dc qui a été,
coloniale,
l'assemblée --- Page 36 ---
(30)
une scène
près dans le même temps 2
A pen
celle que vous venez de lire,
aussi sanglante que
fond. Environ 400 blancs
se passa aux Cayesdu habitation M. Codere, offivont saisir, sur son
le conduidu Port-an-Prince,
cier du régiment
timpitoyablement:
sentà la ville, etle massacrenti
ensuite la tête qu'ils promènent
ils lui coupent
aul bout d'une pique.
coûtent autant à déA ces' récits affreux, qui
que
être lus, on ne peut se persuader
crire qu'à
été les auteurs.
des François en ayent
vrai que, depuis
Il n'est cependant que trop
donles blancs de S.-Domingue
près de deux ans,
à leurs eset révoltant exemple
nent ce cruel
Fautcilsétonner enclaves qui en sont témoins.
et avilis par T'essuite Si ces hommes grossiers d'horreur dansleurs
répètent ces scènes
clavage,
révoltes?
dans ce moment,
désole la colonie
Celle qui
manifestée avec cette violence,
ne se fit jamais fausse politique des colons
sans Torgueil et la décret du 15 mai. Ce dédu Cap, all sujet du
blancs se rassemau Cap, quelques
dans les
cret parvenu
2 et se répandent
T'asblent tumluensenent,
contre
vomissent des imprécations
de
rues s
ils l'accusent hautement
semblée nationale:
esclaves, et ils Olldonner la liberté aux
touloir
manifestée avec cette violence,
ne se fit jamais fausse politique des colons
sans Torgueil et la décret du 15 mai. Ce dédu Cap, all sujet du
blancs se rassemau Cap, quelques
dans les
cret parvenu
2 et se répandent
T'asblent tumluensenent,
contre
vomissent des imprécations
de
rues s
ils l'accusent hautement
semblée nationale:
esclaves, et ils Olldonner la liberté aux
touloir --- Page 37 ---
(31)
blient qu'ils en sont environnés; ils
effigie l'évèque de Blois, sous les
brilent en
esclaves, en disant
yeux de leurs
che la liberté
que c'est parce qu'il prépour eux,
Par-tout les blancs montrent
bellion au pouvoirs suprême dela cux-mémesunere
ils écrivent en
nation ; par-tour
bre
gros caractères les mots
ou mourir: ils les
devivre li.
claves sont témoins répètent à T'envi, etles esde toutes ces choses.
Pouvoient-ils
croire, ces imprudens
que des hommes qui vivent dans
colons 2
esclavage, entendroient
un véritable
verroienttous
toutes leurs paroles, et
leurs
tés de vouloir les imiter? mouvemens, sans être tenA toutes ces
imprudences, les colons
en ajoutent encore une autre
blancs
de se priver de la seule
plus grande, celle
nir les esclaves. Ils
force qui pourra contecutions
recommencent leurs
envers les hommes de
perséils les poursuivent
couleur; par-tour
avec les plus violentes
naces; par de nouvelles et
meches, ils les ont
scrupuleuses rechercomplétement désarmés.
Les hommes de couleur,
tés, s'échappent
menacés detous côpour fuir de
cres ; et les esclaves,
nouveaux massaseules forces
qui savent que ce. sont les
qu'on plisse leur opposer avec --- Page 38 ---
(32)
et lèvent
saisissent cette occasion 7
avantage 5
l'étendard dc larévolte. mal-intentionnés contre le
Peut-être des gens les ont-ils aussi seconnouvel ordre de choses
recherches les plus
dés. Nous desirons que les les auteurs de ces
scrupsileuses fassent connoitre savons que les ennetroubles affreux ; car nous
ont eu la noirceur
mis des hommes de couleur d'en être les aude vouloir les faire suspecter
de prêter
caractère des tyrans,
teurs. Tel estle
sentimens atroces.
à leurs victimes leurs dans une de ses lettres
M. de Planchelande,
disoit que dans la
nationale,
ine à lassemblée
les hommes de couleur
partie de Tonest,eéck! esclaves, ct quilsavoient
qnisétoient joints aux
concordat avilisforcés les blancs à passer un
ce concordemn'ers. On connoit
sant pour ces mention des esclaves, et pourdat; y est-il fait
'siles esclaves de cette parroiton penser que, hommes de cotieuri reconfie eussent aidé les
pas exigéet des
leurs droits, ils n'eussent
l'ont siquérir
et des blancs qui
hommes de couleur,
gné, de statuer pour eux? de M. Blanchclande,
donc une calomnie
- C'est
dirigent sa plume.
on de ceux qui
quoique distribuée à
Une larochure ignorée,
a
etsignée Baill, compagnom
Lesenbséenationale
de
parroiton penser que, hommes de cotieuri reconfie eussent aidé les
pas exigéet des
leurs droits, ils n'eussent
l'ont siquérir
et des blancs qui
hommes de couleur,
gné, de statuer pour eux? de M. Blanchclande,
donc une calomnie
- C'est
dirigent sa plume.
on de ceux qui
quoique distribuée à
Une larochure ignorée,
a
etsignée Baill, compagnom
Lesenbséenationale
de --- Page 39 ---
de
(33)
voyage des six commissaires de
coloniale, 2 accuse ainsiles hommes Tassembiée
K Leurc conduite, dit-il,
de couleur.
dansla
> fortifie le
partie de l'ouest;
soupçon de
>) leur part, qui n'a
complicité générale de
5 mais
que trop de vraisemblance,
qu'on répugne à
s, fait, tant par défaut de envisager comme IL7Z
> parce que cette combinaison preuves positives, que
>> de scéleratesse qui les
suppose un degré
rendroit
>> gnes de T'enthouisiasme
bien peu difou des
$> tisans qu'ils ont en
nombreux parFrance., >
Voilà une calomnie bien
gauchement ourdie;
prononcée, mais bien
car son auteur confesse
I".quiln'yapoint depreuves
n'y croit pas, parce que cela positives; 29.qu'on
mes de couleur
rendroit les hompeu dignes des
a pour eux en Europe.
sentimens qu'on
Conçoit-on une
à
pareilleincondéqencep Quoi!
S-Domingue, où l'on s'efforce de
tout sentiment de
détruire
justice et d'humanité
les hommes de couleur, oùt ils sont
envers
tant de
accusés de
crimes, on ne veut pas croire à leurs
crimes, parce que cela détruiroit les sentimens
qu'on a pour eux! ! Que cela est pitoyable ! indépendamment de
sation
linconséquence de cette accu-
,ilyaencore
reconnu
contradiction; caril est bien
aujourd'hui que les parties de l'ouest et
C --- Page 40 ---
(34)
et que les escladusud ont été fort tranquilles, doncles homn'ont fait aucun mouvement;
ves
n'ont pu se joindre à eux pour
mes de couleur
T'avance M. Baillo; et
les faire soulever, comme s'étoient joints aux essi les hommes de couleur
comment ces
les faire soulever ,
ensuite
claves pour auroient-ils été contenus
mêmes esclaves
de couleur? Les esclapar ces mêmes hommes arrêtés à la volonté de cenx
ves se fussent-ils
P n'auroientles avoient mis en mouvement du
qui
T'exemple de ceux
Cap?
ils pas suivis
si les hommes de couleur
Voyons maintenant
à faire soulever
pouvoient avoir quelquintérér réclamer la liberté :
les esclaves, et à leur faire commeje Tai dit, 2
non 2 sans doute 2 puisque, le tiers des esclaves de
eux-mémes
ils possèdent
est-il présumable
colonie. D'après ce fait,
forla
s'exposer à perdre leur
qu'ils ayent voulu
dira-t-on, peut les avoir
tune? Le désespoir, me moment de Tarrivée
porté à ce crime. Mais le
être un moment
du décret du 15 mai pouvoitil de couleur ? N'épour les hommes
le
de désespoir
celui ou ils voyoient
toit-il pas au contraire malheurs? Quoi! les homterme de leurs longs
souffert depuis deux
mes de coulenr auroient toutes les cruautés qu'ils
ans, avéc résignation, sans concevoirdesprodesh blancs,
ont éprouvées
ir, me moment de Tarrivée
porté à ce crime. Mais le
être un moment
du décret du 15 mai pouvoitil de couleur ? N'épour les hommes
le
de désespoir
celui ou ils voyoient
toit-il pas au contraire malheurs? Quoi! les homterme de leurs longs
souffert depuis deux
mes de coulenr auroient toutes les cruautés qu'ils
ans, avéc résignation, sans concevoirdesprodesh blancs,
ont éprouvées --- Page 41 ---
(35)
jets aussi pervers ; et ils les auroient
pourle moment ourils reccvoientlel
réservés
loi qu'ils réclament
bienfitd'une
les
depuis si Jong-tems ! Voila
contradictions oùt tombent
bes et les calomniateurs.
toujours les fourturel, et sur-tout
N'est-il pas plus nad'après les faits connus de
penser que dans cette foule de blancs
,
sessions dans les
sans poscolonies, et passés à S.-Domingue en si grande quantité depuis la révolution, il s'en soit trouvé d'assez méchans
avoir voulu essayer ce genre de
pour
brigandage?
M, de Blanchelande n'a-t-il
sieurs de ses
pas dit, dans plulettres, que ces hommes
avoient refusé d'alier combattre
blancs
moins
les révoltés, à
qu'on ne voulûtl euraccorder
du pillage qu'ils feroient
lesdeux tiers
t-il
sur les habitations? N'apas dit dans sa lettre du 7
ne falloit pas se dissimuler
la septembre, qu'il
que
ville du
fermoit ZL72 grand nombre de blancs
Cap Tergui r'atendoiane que le moment mabinuantionads, du
respéranee d'améliorer leur
désordre, s par
SOTE par le pillage.
Que doit-on conclure de cet
voit le fait ci-a
aveu, lorsqu'on
après cité par le même M. Blanchelande, dans sa lettre en date du
bre?ll y dit, qu'apris avoir chassé 29 septemhabitations
les esclaves des
d'Agout et Galifey, O72 trouva beaucoup
Cz --- Page 42 ---
36)
Str celle de
les deux habitations, et que
defus sur
comme cela se prale pillage s'en est mélé,
dAgour,
tique.
avoient donc fles colons
Qucls défenseurs
en allant les sedans ceux qui les pilloient,
courir?
M. de BlancheComme cela se pratigae 2 ajoute.
ne s'éJamais ces sortes de brigandages
lande.
dans les colonies; j'en
toient encore commis qu'ils disent si jamais
appelle aux colons même; commis de pareils
hommes de couleur ont
les
appelés pour appaiser
excès; quand ils étoient
dans
d'esciaves, ou à ies poursuivre
des révoltes
pas exactement aux
les bois, ne remettoientils tout ce qu'ils saisisdes esclaves
propriétaires
soient sur ces derniers! cela se pratique, de la
Mais ces mots comme
expliquent tout ;
lettre de M. de Hlanchelande, il a été dit ailils servent à prouver, comme qui se trouvoient
leurs, quel les blancs vagabonds
de la révoludans la colonie au moment
alors
des factieux, 2 àpourtion, ont été encouragés par les hommes de cousuivre, à piller et à égorger
et que ce n'est
sousle prétexte du préjugé,
l'on
leur,
malheureuse que
depuis cette époque
dans les
que
le pillage se pratiquoit
pent dire que
colonies.
ailils servent à prouver, comme qui se trouvoient
leurs, quel les blancs vagabonds
de la révoludans la colonie au moment
alors
des factieux, 2 àpourtion, ont été encouragés par les hommes de cousuivre, à piller et à égorger
et que ce n'est
sousle prétexte du préjugé,
l'on
leur,
malheureuse que
depuis cette époque
dans les
que
le pillage se pratiquoit
pent dire que
colonies. --- Page 43 ---
( 37 )
On vient de voir de quelle manière
ces blancs
vagabonds se conduisoient
ceux qui les
par l'instigation de'
dirigeoient. Je vais opposer à cette
conduite celle qu'ont tenue les hommes de
leur, d'après ce qu'en a dit M. de
couldans plusieurs de ses lettres au ministre. Blanchelande,
que les hommes de couleur
Ily avoue
ont, beaucoup
que les blancs, contribué à
plus
tés;
répousser les réyolque cette classe d'hommes est la sèule
propre à contenir et combattre les esclaves révoltés, et par conséquent, à maintenir la
dans les colonies. Ces
paix
M. de
aveux sont arrachés à
Blanchelande par les services.s
que les hommes de couleur ont rendu signalés
momens désastreux.
dans ces
En effet, ils en ont rendus de grands.
a vu, pour voler au secours de la
Onles
blier le ressentiment
colonie, Ollque de longues et cruelles
persécutions avoient dû nécessairement
dans leurs coeurs. On les a Vu
produire
truire tous les
encore, pour désoupçons qu'on avoit méchamment
répandu sur leur fidélité, laisser en ôtage à leurs
ennemis leurs
femmes, 2 leurs enfans et leurs
propriétés, et aller s'exposer à la mort
sauver la vie de ceux qui, si
pour
attenté à la leur.
souvent, avoient
de
Quelles plus gra ndes preuves
loyauté et de fidélité pouvoient ils donner
C 5 --- Page 44 ---
(38)
Parcerécit fidèle, on voitcombien les hommes
ont été calomniés, quand ils ont été
de couleur
de complicité
accusés de s'être rendus coupables
avec les esclaves. Mais ces calomnies, comme
jelai dit ailleurs, avoient pour but,àS.-Dominde rendre nulle la force réprimante des
gue,
de couleur, et en France, d'arrêter
hommes
l'assemblée nationale doit à une
la' justice que
fait la sûreté de la colonie.
classe d'hommes qui
ou la révolte à éclaté;
On sait que c'est au Cap
devoit la
étoit passé avant
protout ce qui s'y
hommes de couleur
duire'; c'ést au Cap oit les
désarmés ;
avoient été le plus complétement esclaves
oit fon avoit armé les
c'est au Cap
c'est au Cap oùt
contre les hommes de couleur;
briil avoit une si grande quantité de ces
y
si justement suspectés d'être
gands d'Europe,
les
de troubles ;
les fauteurs de tous
genres
le
enfin oit lon avoit détruit plus
c'est au Cap
seuls ponvoient réd'hommes de couleur, qui
primer les soulèvemens d'esclaves. de T'onest
On sait encore que dans les parties
deoit les hommes de couleur sont
et du sud,
aucun moumeurés armés, on n'y a éprouvé
de la part des esclaves. On sait égalevement
les lettres de M. Blanchelande que
ment, 2 par
des hommes de cottce n'est que parle secours
it lon avoit détruit plus
c'est au Cap
seuls ponvoient réd'hommes de couleur, qui
primer les soulèvemens d'esclaves. de T'onest
On sait encore que dans les parties
deoit les hommes de couleur sont
et du sud,
aucun moumeurés armés, on n'y a éprouvé
de la part des esclaves. On sait égalevement
les lettres de M. Blanchelande que
ment, 2 par
des hommes de cottce n'est que parle secours --- Page 45 ---
(39) )
leur au Cap, et par leur jonction avec les blancs,
qu'on a pu parvenir à arrêter la révolte.
D'après ces faits bien constatés, il en résulte,
1°. que ce sont les hommes de couleur
le plus contribué à rétablir
qui ont
les colonies
l'ordre et à sauver
; que leur parfaite assimilation
les blancs, ne peut nuire à la sûreté de la colo- avcc
nie, , puisqu'au contraire elle vient dans
moment de les garantir dunesubversion
ce
qu'en
totale;
conséquence, les décrets de l'assemblée
nationale qui produiront cette assimilation
faite, seront les meilleurs
parque les décrets des 8 et 28 pour les colonies 5
mars étoient les seuls
qui, jusqu'à ce jour, étoient les plus
à
produire cet effet; que le décret du propres
tembre est au contraire destructif
24 seppour les colonies, puisqu'il est diamétralement
concordat qui les a sauvés. Ce décret du opposé au
tembre n'étoit
24 seppropre qu'à perpétuer la division
parmi les citoyens blancs et de
que le salut de la colonie
couleur, 2 lorstraire de leur union la
dépendoit au conplus parfaite.
Enfin, ce décret du 24 septembre n'a été
arraché à T'assemblée constituante
faux exposés du
que par les
rapporteur, 5 qui, n'ayant au-.
cune notion des colonies, n'écrivoit
que sous la
C 4 --- Page 46 ---
(40)
desides colons, et dans le sens qu'ils
dictée
roient.
de relever les erreurs dans
Il est nécessaire
du comité colonial a
lesquelles le rapporteur
afin d'éclairer
T'assemblée constituante 2
mis
question qui va être portée
celle-ci sur la grande
à la discussion.
dans tous ses rapports,
M. Barnave a répété,
les hommes de
d'après les colons, que si jamais les esclaves se
étoient assimilés aux blancs,
couleur
et les colonies seroient perdues.
révolueroient
a dû nécesLe ton affirmatif du rapporteur
assidécider Tassemblée à ne point
sairement
de couleur aux blancs, dans
miler les hommes
réaliser cette fausse prola crainte de voir se.
phétie.
Texpérience a prouvé
Mais aujourdhni que être sauvées que par
les colonies n'ont pu
que
des deux classes, opérée
T'assimilation parfaite
T'assemblée
concordat du 11 septembre :
parle actuelle qui voit, par expérience 2 que
nationale
devoir perdre les colonies,
ce qui étoit annoncé
les erreurs oit
a au contraire
sauvées,rectifieral
les
T'assemblée constitnante, et
avoit été entrainée
, puisqu'en
retirera le décret du 24 septembre des colonies.
il est contraire à la sûreté
ce point
érée
T'assimilation parfaite
T'assemblée
concordat du 11 septembre :
parle actuelle qui voit, par expérience 2 que
nationale
devoir perdre les colonies,
ce qui étoit annoncé
les erreurs oit
a au contraire
sauvées,rectifieral
les
T'assemblée constitnante, et
avoit été entrainée
, puisqu'en
retirera le décret du 24 septembre des colonies.
il est contraire à la sûreté
ce point --- Page 47 ---
(-41 )
Quand M. Barnave, dans son dernier
annonçoit comme une vérité dont il avoit tapport, des
preuves 2 que les hommes de couleur du Port-auPrince, à la nouvelle du décret du 15 mai, s'itoient
assemblés, pour déclarer qu'ils renongoient
fices du décret; T'assemblée
ail bénéa dû croire à son rapporteur et retirer le décret du 15 mai,
paroissoit
2 puisqu'il
déplaire aux blancs et aux hommes de
couleur.
Mais aujourd'hui
que l'assemblée nationale
n'ignore pas que c'est au contraire au Port-auPrince oùt les hommes de couleur
cert avecles blancs
ont, de concution du décret du propriétaires, réclamé l'exé15 mai, elle doit ratifier le
concordat, et en faire la base de son décret
les colonies, avec
sur
les arrêtés de T'assemblée d'autantplusde raison, 1°, que
coloniale
comme à une mesure qui devoit ytendoient,
2°,
sauver les COlonies;
que ce concordat
hommes de couleur n'ont
prouve que les
cret du 15 mai
jamais repoussé le dé-
; 3°. que la réunion qu'ila
des deux classes , a sauvé les
opérée
et dusud des fléaux
parties de l'ouest
qui ont désolé celles du
M,
dans
Cap.
T'assemblée Barnave,
son rapport, présentoit à
nationale la classe des hommes de
couleur comme faisant une si petite partie de la
population des colonies 1e 2 qu'il nze falloit
pas, --- Page 48 ---
(42 )
disoit-il 1, pour environ 5 à 6000 qu'ils sonit dans
aux blancs, quiformerit
toutes les colonies, 2 déplaire
la plusgrands population.
L'assemblée, égarée par cette erreur, a pu
croire qu'il étoit de la politique d'abandonner
de la-population des colonies,
cette petite partie
chacune d'elle,
qui ne donnoit tout att plus, pour
qu'environ mille personnes.
Maisaujourdhui que l'assemblée est assurée qu'à
Saint-Domingue seul, ilya plus de35 mille perde couleur, erlque cette partie de popusonnes
tient véritablement au sol, est beaulation, qui
la popnlation blancoup plus considérable que des individus ne tienche, dont plus del la moitié
ni
nent point au sol; ni par leur indigénat,
T'assemblée nationale, dis-je,
par des propriétés;
de sacrifier au
ne sera pas injuste, au point
caprice de la plus petite partie de popnlation,
des hommes de couleur qui,sous
la population
forment la vraie force des
diférens rapports,
étroitement
colonies, et ce qui doit les lier plus
les bienfaits qu'ils en vont
à la mère - patrie par
recevoir.
avoit aussi annoncé, dans son
M. Barnave l'arrivée du décret du 15 mai à
rapport, qu'à
les deux partis des blancs, diSaint-Domingue,
s'étoient réunis pour
yisés dans les colonies ,
nlation,
des hommes de couleur qui,sous
la population
forment la vraie force des
diférens rapports,
étroitement
colonies, et ce qui doit les lier plus
les bienfaits qu'ils en vont
à la mère - patrie par
recevoir.
avoit aussi annoncé, dans son
M. Barnave l'arrivée du décret du 15 mai à
rapport, qu'à
les deux partis des blancs, diSaint-Domingue,
s'étoient réunis pour
yisés dans les colonies , --- Page 49 ---
(43)
repousser le décret. Cette manière vague de
senter cette réunion, a fait croire à l'assemblée préconstituante que tous les habitans blancs de la
colonie s'étoient réunis pour rejetter le décret. Le
fait est que quelques factieux de la ville du
et les blancs vagabonds qui étoient à leur Cap,
disposition, ont forcé M. Blanchelande d'écrire sa
mière
prelettre, sur laquellé M. Barnavesestappuyé
pour son rapport.
Mais aujourd'hui l'assemblée nationale
truite de toutes les
2 insintrigues des colons, instruite
encore que le concordat est maintenu par tous
les propriétaires des parties de l'ouest et du sud,
verra que tous les colons ne s'étoient pas réunis
pour faire révoquer le décret du 15 mai, comme
l'avoit avancéM. Barnave, et que par conséquent
le fatal décret a été surpris à la religion de l'assemblée constituante.
S
On doit voir aujourd'hui, par les effets qu'a
produit le décret du 24 septembre
fut
2 quel
l'esprit de perfidie qui le fit rendre. Les
-
Clermont Tonnerre 9 et toute la phalange Maury, des
non assermentés, avec quelques factieux qui
avoient joué les rôles de patriotes, et
la fin de la législature
qui, sur
2 furent démasqués, attendoient la contre-révolution des effets de ce --- Page 50 ---
(44)
et la
de la colonie ; ils espéroient,
décret, 9
perte
tout naturellement
ce décret, la faire passer
n'avoit
par
du roi d'Espagne, pnisqu'on
au pouvoir
ou à la donner aux
pu réussir à Tindépendance,
disoientAnglois. Voicileurs combinnisons.Déa, connoissoient le décret
ils,les hommesde couleur
que celui du
du 15 mai ; quand ils apprendront
contenir
le détruit, rién ne pourra
24 septembre
cette assemblée nationale
Jeur indignation contre
attendoient
cette constitution de qniils
et contre
renoncer; et conseillés par
tout. Ils voudront y
qui leur feront
des hommes apostés? exprès 2 mieux pour eux 2
régime valoit
voir quelancien
à rétablir les and'abord les engager
on poarra
les troublesintérieurs
ciens pouvoirs; et pendant
éviter
France, et la guerre qu'elle ne peut
de la
les Espagnols se préavec toutes les puissances,
sont déjà passées;
senteront avecles troupes qui y
notre régime
diront aux hommes de conleur:
ils
dont vous vous plaine connoit point] le préjugé
vous abandonne,
quel la France
gnez; vous voyez
devenez Espagnols et nous
abandonnez-la aussi,
débarrrasser de
allons, joints avec vous, 2 vous
vous
blancs qui, depuis la révolution, tant
ces petits
sur vOs têtes
font éprouver et accumulent
de malheurs.
passées;
senteront avecles troupes qui y
notre régime
diront aux hommes de conleur:
ils
dont vous vous plaine connoit point] le préjugé
vous abandonne,
quel la France
gnez; vous voyez
devenez Espagnols et nous
abandonnez-la aussi,
débarrrasser de
allons, joints avec vous, 2 vous
vous
blancs qui, depuis la révolution, tant
ces petits
sur vOs têtes
font éprouver et accumulent
de malheurs. --- Page 51 ---
(45) )
J'ai déjà obsevé que la politique des
avoit toujours été de calomnier les
colons
couleur auprès de l'assémblée
hommesde
nationale, afin
que sajustice ne s'étendit pas sur eux.
avoir dépeints comme des
Après les
cherché à
assasins ; après avoir
persuader que c'étoit eux qui avoient
incendié le Port-au-Prince
épuisé tous les
; enfin, après avoir
genres de calomnie, ils les
cusent aujourd'hui d'avoir opéré à
acla contre-révolution;
S.Domingue
cocarde
que déjà ils ont arboré la
blanche ; qu'ils ont mis à leur tête des
contre-rérolaidionnsires, et enfin, rétablil'ancien
régime.
Il manquoit aux colons blancs de
le ridicule d'une
se donner
connoître
pareille calomnie, pour se faire
entièrement, Povrra-t-on
suader que des hommes
jamais se perle
qui vivoient sous
plus despotique, sans cesse en butte à lejoug
sortes de vexations
toutes
? continuellement
d'un préjugé Si dégradant,
victimes
T'homme et la brute
qu'illesplaçoient entre
; pourra-t-on se persuader
dis-je, que ces hommes
rejètent une constitution
qui assure à tous Ieur existence, leurs
et l'égalité des droits ? Non
propriétés
peut croire à un
2 sans doute, on ne
pareil excès de démence.
Mais, me dira-t-on 2 les faits existent
; les --- Page 52 ---
(46)
de couleur ont détruit les municipalitést du
homimes
les anciens agens
ils ont remis à leur place
sont des contre"
arbitraire; ces agens
pouvoir
enfin, ils en portentles signes;
révolutionnaires;
les hommesde
blanche est portée par
la cocarde
couleur. 4
Les colons
ces faits existent?
Qui assure que
combien de fois déjà ils
blaacs ? Mais on sait
A-t-on oublié
de mensonge.
ont été convaincus
la sociétédes Noirs,
d
toutesleurs calomniescomtrel aujourdhui , parce
dont ils ne parlent plus oublié le faux décret
que tout est connu? A-t-on dans les colonies pour
envoyé
du 17 séptembre, Mauduit? A-t-on pu oublier
faire égorger M.
rendus coupables
enfin tout ce dont ils se sont
ils vià laquelle
arriver à Tindépendance
renoncé ?
pour
ils n'ont pas
sent , et à laquelle
toutes leurs manoeuAh! si l'on n'a pu oublier
raison de tout ce
vres, on doit se défer avec
que les
vient d'eux, et on doit présumer réels,
qui
aujourdhui comme
faits qu'ils présentent
leur grand talent est
sont au moins défigurés; car cacher toutes leurs madetont embrouilier pour
Tair d'aimer notre
noeuvres et se donner encore si cordialement.
révolution, eux qui la détestent
bien simple
qu'ily a un moyen
Il me semble
'on n'a pu oublier
raison de tout ce
vres, on doit se défer avec
que les
vient d'eux, et on doit présumer réels,
qui
aujourdhui comme
faits qu'ils présentent
leur grand talent est
sont au moins défigurés; car cacher toutes leurs madetont embrouilier pour
Tair d'aimer notre
noeuvres et se donner encore si cordialement.
révolution, eux qui la détestent
bien simple
qu'ily a un moyen
Il me semble --- Page 53 ---
(47)
de juger lesquels des colons blancs
leur doivent être les
Oil de conplus partisans de notre révolution. Deux quéstions suffiront
ger. Que perdent les hommes
pour en jurévolution ? Rien
de coileur à la
; ils y gagnent, tout au contraire, l'abolition d'un Préjugé quileur attiroit
desvexations infinies de tous les
les exposoient à chaque
genres, et qui
instant à voir et leurvie
etleurs fortunes ravies par le premier blanc.
Comment les hommes de couleur
(1)
pourroient-ils
rejetter une constitution qui, en les délivrant
d'une pareilie loi, les feroit rentrer dans les
droits imprescriptibles de Thomme?
loix qui doivent naitre de la
Quant anx
peuplelibre,
constitution d'un
et la conservation Coacempantficpeitemsit des dettes
de couleur
des propriétés, les hommes
n'ont point à les
traire, leurs
appréhendersane conde
propriétés sont liquidées, et ils ont.
grandes et de nombreuses
réclamationsà faire
(1) Sous l'ancien régime, un homme de couleur
frappé par un blanc, vouloit se
qui,
à la mort. Voyez les considérations défendre, étoit condamné
Illiard
str Sain-Domingue, par
ne croye d'Auberretil.,tome II , page 72 et suivantes.
pas cette coutume barbare soit sans
Qu'on
seuls arrêts de mort qui existent contre les exemple; les
lcur libres, n'ont pas d'autres motifs
hommes de cougistres des greffes des colonies.
: qu'on cousulte les re- --- Page 54 ---
(48 )
fraude et
leur ont été ravies par
sur celles qui
par violence.
blancs par notre consQue perdent les colons T'aristocratie regrette le
tfinution?Tout ce que
les distinctions
plus, tout ce qui flatte Torgueil;
arbitraire
et de naissance, le pouvoir
de rang
arrogé sur lesvies et les propriètés
quils s'étoient couleur ; enfin ils perdent T'esdes hommes de
le bien de leurs
poir de retenir impunément devenir tous nobles, ainsi
créanciers, et celui de
cahier de
demandoient dans leur premier
quilsle
été connu en France, et qui
doléances, qui n'a pas
Iavoient
faire pendre au Cap ceux qui
a pensé
rédigé.
maintenant quels sont, des colons
Qu'onjuge
ceux qui sont le plus attablancs ou de couleur,
En supposant vrais les
chésà notre constitution. colons blancs veulent perfaits par lesquels les
de couleur ont fait la
suader que les hommes
commela descontre-révolutions nàs. Domingue,
le rétablistruction de toutes les municipalités, la décoration
sement des anciens commandans, dis-je, tous ces
du ponpon blanc ; en supposant, conclure que les
faits yrais, on ne doit pas en voulu opérer la
hommes de couleur ayent
T'entend en
dans le sens qu'on
fait
contre-révolution
quils en ont
France. Il est vrai cependant
une
la
suader que les hommes
commela descontre-révolutions nàs. Domingue,
le rétablistruction de toutes les municipalités, la décoration
sement des anciens commandans, dis-je, tous ces
du ponpon blanc ; en supposant, conclure que les
faits yrais, on ne doit pas en voulu opérer la
hommes de couleur ayent
T'entend en
dans le sens qu'on
fait
contre-révolution
quils en ont
France. Il est vrai cependant
une --- Page 55 ---
(49)
une à S-Domingue, mais c'est la contre-révolution de la révolution que vouloient y faire les
colons ; ce qui est un peu différent d'une véritable contre-révolution.
Notre constitution a renversé tous les
gés; et les colons blancs vouloient
préjuplus absurde de tous, celui de la coulenr; conserverle
constitution a anéanti tous les
notre
traires pour faire règner à leur pouvoirs arbiplace des loix
tées par la justice, Thumacité et la
dic-,
les colons blancs au contraire
philosophie:
vouloient conserver le pouvoir le plus arbitraire et le
absolu sur les hommes de couleur libres; plus ils
loient les assujettir à des loix dictées
youcaprices, leurs intérêts et
par leurs
leurignorance.
Notre constitution donne à tous les
un égal droit à la protection de la loi, à hommes
tous les hommes doivent obéir
laquelle
les colons vouloient
sans distinetion;
des loix particulières
enx 3 et faire obéir les hommes de
ponr
à celles qu'ils vouloient avoir le droit couleur,
donner.
de leur;
Notre constitution appelle tous les hommes indistinctement à la jonissance de leurs droits
crés, et aux avantages qui en résultent; les salons vouloient enjouir
COver les hommes de
exclusivement, et en prid
couleur.
D --- Page 56 ---
(50 )
constitution exige de tous les François
Notre
d'être fidèles à la loi, à la nation et
le serment colons blancs vouloient exiger des
all roi; les
ajoutassent soumishommes de couleur qu'ils y
eux: enfinles colons blancs vou.
sion avengle pour
eux etàleur manière;
loient une révolution écrasât pour les hommes de col:
ils vouloient qu'elle
infiniment
leur; et qu'elle rendit leur sort
plus
durgrlnctavoirjumaise été; ils vouloient qu'elle:
donnâtles moyens de les-tenir sous leur do
leur
et qu'ils ne fussent que des automates
mination,
auroient dirigés selon
dans leurs mains 5 qu'ils
Teurs caprices.
les.coloris . blancs
4 Telle est la révolution que hommes de couleur
vouloient opérer, et queles
et c'est parce qu'ils ont-empêché
ont renversée;
révolution de s'opérer;
une aussi monstrueuse
qu'on les accuse d'avoir fatinconre-révolatdon affaires des
Quiconque a suivirla marche des
aura da sapercevoir du soin qu'ont
colonies,
les-colons d'accuser les hommes
toujours pris'1
les troubles des colonies
de couleur de tous
C'est
et de tous les malheurs qui les' ont suivis.
du
et.depuis Thorrible catastrophe
ainsi qu'avant Ogé, on ne cessoit de repandre que
malhenreux de couleir. avoient des projets perles hommes
étoient poursuivis
fides, lorsque ces malheureux
irla marche des
aura da sapercevoir du soin qu'ont
colonies,
les-colons d'accuser les hommes
toujours pris'1
les troubles des colonies
de couleur de tous
C'est
et de tous les malheurs qui les' ont suivis.
du
et.depuis Thorrible catastrophe
ainsi qu'avant Ogé, on ne cessoit de repandre que
malhenreux de couleir. avoient des projets perles hommes
étoient poursuivis
fides, lorsque ces malheureux --- Page 57 ---
(51)
par-tout et égorgés impitoyablement
ainsi que, lors de la révolte des
(1).C'est
esclaves, les
hommes de couleur furent encore accusés d'en
être les auteurs ; cependant aucun des révoltés
pris ou arrêtés ne les ont chargés; et M, de Blanchelande lui-même, qui, par imprudence,
foiblesse ou par crainte, souilloit sa
par
dancedeces
corresponaccusations 9 les démentoient ensuite
dans ces mêmes correspondances,
en y avouant
ingénument que les hommes de couleur étcient
ceux sur lesquels on pouvoit le plus
compter, et
(1) Si l'on suit attentivement la
M.
correspondance de
Blanchelande, on y verra que vérirablement la saine
politique exige qu'on fasse jouir les hommes de couleur de
leurs droits. Par les aveux que les cireenstances le
à faire, il avoue s dans
de
forcent
hommes de
plusieurs ses lettres, que les
couleur, par leur forcc et par Thabisude dc la
fatiguc qu'ils nc craignent point 2 sont seuls propres à
nir les esclaves; dans
conte.
d'autres, qu'ily a beaucoup à craindrc
gu'en mécontentant les hommes de couleur, ils
perdre la colonie; dans d'autres, que les blancs peuvent
pables, Par Jeur mollesse, de combattre les
sont incad'antres
esclaves; dans
enân, que les asclaves ne craignent rien tant que les
hommes de couleur, parce qu'ilssavent qu'cux seuls
les combattre avee avantage. Or,je demande
peuvent
tous ces aveux, ce n'est
si, en faisant
pas convenir tacitement
1 litique s'accorde avec les
que la poprincipes, la justice et Phumanité,
pour faire jouir les hommes de couleur libres des droits de
citoyens.
ad'antres
esclaves; dans
enân, que les asclaves ne craignent rien tant que les
hommes de couleur, parce qu'ilssavent qu'cux seuls
les combattre avee avantage. Or,je demande
peuvent
tous ces aveux, ce n'est
si, en faisant
pas convenir tacitement
1 litique s'accorde avec les
que la poprincipes, la justice et Phumanité,
pour faire jouir les hommes de couleur libres des droits de
citoyens. --- Page 58 ---
(52)
poursuivis les révoltés avec le
ceux quiavoient
(1). Cest ainsi encore qu'aux preplus d'avantage
l'incendie du Port-au-Prince,
mières nouvellesde
de couleur en étoient
o11 disoit que les hommes
est prouvé aujourdhui, par
les auteurs, lorsqu'il
avoit
un dans
toutes les relations, qu'il n'y en
pas désasville au moment de cet événement
cette
encore prouvé que ce sont
treux; lorsqu'il est
sousle
connus aujourd'hui
ces blancs vagabonds,
rendus coupables.
nom de brigands, qui s'en sont
à
on vient ajourer
C'est ainsi qu'aujourdhui
celle d'avoir
toutes esctatiomnwphaubente accusant sans
opéré la contrerrévolution, en
blancs
les hommes de couleur:les colons
cesse
empêcher la vérité de
redoublent d'intrigue pour
leurs souides maparvenir ici et d'éclairer toutes
mieux y.réussir, ils exercent
nceuvres; et pour
dans les colonies; peu
une tyrannie incroyable
si
les assemblées coloniales et
(1) Cela est vrai, que fair des proclamations pour
provinctales ont 2 plusicurs fois,
craignoient
les mcttre sous leur sanve-garde, parce qu'elles
de les voir se poi ter au désespoir; etla preuve, au contraire, contre les
les hommes de couleur n'ont jamais commis
blancs que les crimes qu'on leur supposent, c'est que jamais les
assemblées n'ont été obligées de prendre les blancs
mêmes
les sauver de la fureur des
sous leur siuve-garde, pour
hommes de couleur.
ont 2 plusicurs fois,
craignoient
les mcttre sous leur sanve-garde, parce qu'elles
de les voir se poi ter au désespoir; etla preuve, au contraire, contre les
les hommes de couleur n'ont jamais commis
blancs que les crimes qu'on leur supposent, c'est que jamais les
assemblées n'ont été obligées de prendre les blancs
mêmes
les sauver de la fureur des
sous leur siuve-garde, pour
hommes de couleur. --- Page 59 ---
(53) )
de lettres en partent sans être ouvertes, et allcune de celles qui pourroient jetter un jour sur
ce qu'ils' chèrchent à cacher, ne parviennentici;
mais en revanche, celles de leurs agens abondent, oit tous les faits qui se passent dans les
colonies y sont déguisés et racontés à leur avantage. Voilà pourquoile comitécolonial, oit toutes
ces fausses nouvelles sont portées par les colons
quin'en désemparent pas, donnent toujours dans
ses rapports comme des vérités, tous les mensonges que les colons y ont fait parvenir.
On doit cependant
de la
espérer 2 grace à l'excès
tyrannie exercée par les colons blancs à
S:-Domingue, d'être éclairé sur tous les faits
qui se sont passés : M. Gatereau, citoyen de
St.-Domingue, et rédacteur du Courier du Cap,
qui a été enlevé de chez lui et
embarquépour
France, par l'ordre le plus arbitraire, a déjà
dévoilé, dans sa pétition à T'assemblée nationale,
une partie des faits et des causes des troubles
de Saint-Domingue; il a pris l'engagement d'en
dévoiler toute la trame dans un
va paroirre incessamment.
ouvrage qui
M. Boré, autre citoyen de St.-Domingue, également
de la manière la plus cruelle
embarqué
et par l'ordre le
plus arbitraire, a paru à la barre de l'assembiée
nationale;i ila prisanssi l'engagement 2
de dévoiler
les_ causcs des troubles qui dévastent
cette CO- --- Page 60 ---
(54)
lonie. Ces deux citoyens ne peuvent être SuSils ont été témoins, Tun dans la partie
pects; l'autre dans la partie du sud,de toutes
du nord,
Jeurs suites funestes;
les menées des colons et de
et ils ne sont devenus les victimes des factieux
des colonies, que parce qu'ils ont osé parler
et agir contre leurs projets perfides.
C'est ainsi que, par des actes arbitraires et de
violence, les factieux et les brigands qui les
secondent, imposent silence aux bons citoyens
qu'ils sont réduits à gémir et
à St-Domingue,
y de voir, ou leur vie
à se taire, dans la crainte
enfin
exposée; ou leurs propriétés ravagées, ou
d'être forcé de les abandonner.
vérité?
Comment donc faire pour connoitre la
Il faut entendre MM, Gatereau et Boré, victimes
tous deux des colons factieux, contre lesquels
à la nation : il faut
ils viennent demanderjustice
le comité colonial, oi ils ont été renvoyé
que
fasse le rapport de tout ce qu'ils
tons les deux,
ont déposé.
Boré étoient coupables ou inMM. Gatereau et
eussent
s'ils étoient coupables et qu'ils
nocens;
crnels qu'ils onté éprouvés,
mérité les traitemens
dirigées contre
les plaintes ou les procédures
rien
ici; mais puisque
cux seroient parventes
conséquent ils
ils sont innocens; par
ne paroit,
crus et vengés, avec tons
doivent êire entendus,
les deux,
ont déposé.
Boré étoient coupables ou inMM. Gatereau et
eussent
s'ils étoient coupables et qu'ils
nocens;
crnels qu'ils onté éprouvés,
mérité les traitemens
dirigées contre
les plaintes ou les procédures
rien
ici; mais puisque
cux seroient parventes
conséquent ils
ils sont innocens; par
ne paroit,
crus et vengés, avec tons
doivent êire entendus, --- Page 61 ---
(55)
les bons citoyens de
Saini-Domingue,
missent et se taisent, crainte
qui gé.
sort,
d'éprouver leur
Un mot encore sur les fausses
les cclons font
nouvelles que
dernières
passer au comité colonial. Les
qu'ils y ont fait parvenir,
qu'aux Cayes, dans ia partie dus sud, les annoncent
de couleur,
hommes
joints avec les esclaves, y
massacré tous les blancs,
avoient
Voici le fait. Les commissaires,
Tassemblée coloniale de faire
sollicités par
mes de couleur dans la
désarmer les hompartie du
articles du concordat
sud, malgré les
passé dans toute la
et malgré le traité de paix qui l'a
colonie,
missaires,
suivi; les comdis-je, ont fait une proclamation
puyée par T'assemblée
approvinciale du
armerles esclaves contre les
sud, pour
mais à peine furent-ils
hommesde couleur;
armés, qu'ils
contre les blancs les armes
tournent
recevoir, etleur
qu'ils venoient d'en
fontpayer
et dans ce moment-ci, cherleurimprudences
les blancs,
pour la troisième fois 2
d'accordavecles hommes de
sont occupés à désarmer les
conleur,
troisième concordat
esclaves, et un
partie du sud.
est encore passé dans la
D E
L'INZAINERIE DU PATRIOTE
Place du Thédtre Italion. FRANgorty --- Page 62 ---
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