--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A18L
FOHL IDEO
fbo
n In. --- Page 3 ---
: S --- Page 4 ---
35553-3 --- Page 5 ---
V OYAGES
ETAVANTURES
DU CHEVALIER DE***
QUATRIEME PARTIE --- Page 6 --- --- Page 7 ---
VOYAGES
E T.
AVANTURES
DU CHE V ALIER DE
Au Port de Paix, à la Havannt, aul
& au nouveau
SRE
Frangois, à PAncien
&
xique, à la Louifiane, au Canada,
fon retour en France.
QUATRIE ME P ARTIE.
A LONDRES S,
Et fe trouvent
A PAR I S,
Chez DESSAIN Junior, Libraire, Quai des
Auguftins, à la Bonne-Foi.
M. DCC LXIX --- Page 8 --- --- Page 9 --- --- Page 10 ---
E R R A T A
De la quatrieme Partie,
PacE
6,lig, 5, Elpagnol lif. François.
14,lig. 7, quelques heures, Lif. paffer quelques heures.
22, lig. 27, litude, lif folitude.
76,1g. 18, le quinzieme, lif le cinquieme, --- Page 11 ---
VOYA GES
E.T
AVANTURES
DU CHEVALIER D
X
QUATRIEME PARTIE.
L ne nous arriva rien d'extraordinaire pendant cette
traverfée qui ne fut que" de
dix- fept jours; de forte que
le vingt: nnieme Juin, nous découvrimhes 1e le Port de Paix, oùt nous jugeàmes à propos de mouiller 2 - plutôt rque N
de louvoyer. ainfi que nots en avions
d'abord eu l'intention, à caufe de Pincertitude oùr nous étions que Dont
A 11] --- Page 12 ---
[63
Gufman de Tellafcos ne tardât
longtéms à arriver, mais il fit trop
car le lendemain 2 2 à quatre exac; heures
après midi, il vint
nous fous pavillon mouiller-auprès de
anfitôt fa
efpagnol; il mit
à notre bord. chaloupe Nous en mer, & vint
complimens
débntâmes par les
nâmes
ordinaires.nous nous donréciproquement tous les témoignages pomblesd'amitié; nous
mes enfemble; & avant de nous foupàrer,nous nous remimes de
tre un double de
part&
OCtE
trouvâmes
nos faétures, Nous ne
pas dans celle de cet Efpagnol-beaucoup de chofes
nous convenir. Il'eft vrai qui puffent
que nous étions partis de que depuis
la - Martinique, la
nous avions changé d'avis fur
étions qualité des échanges dont nous
aurions convenus bien defiré auparavant, & nous
poudre-d'or,
qu'ils fe fiffent en
gent en barre, piftoles d'Efpagne, arbac; vanille &c piaftres de poids, tacacao;
réa
folàmes, M. de Prépont ainfi-nous &
nous en Ouvrir à Dom
moi, de
que nous exécutâmes le Gufman, ce
en allant diner à bord de fon jour d'après
Il ne goûta point du tout nos vaifleau.
raifons;
, & nous
poudre-d'or,
qu'ils fe fiffent en
gent en barre, piftoles d'Efpagne, arbac; vanille &c piaftres de poids, tacacao;
réa
folàmes, M. de Prépont ainfi-nous &
nous en Ouvrir à Dom
moi, de
que nous exécutâmes le Gufman, ce
en allant diner à bord de fon jour d'après
Il ne goûta point du tout nos vaifleau.
raifons; --- Page 13 ---
il n'avoit pas tort; il vouloit s'eni &
tenir aux premiers arrangemens. s ce
il exigeoit que. nous les fuvifions, d'autant plus
qui nous embarraffoit qu'avec bien
que nous ne pouvions, réfoudre à démorde la peine, nous
idées qui, effecdre de nos dernieres meilleures que les
tivément, étoient aux vues que nous
premierckenégard alors, & dans lefquelies Dom
avions
d'entrer
Gufman ne put S'empécher eûmes communiquand nous les lui trouvâmes un-biais
quées. Enfin nous
il fut
qui nous fatisfit tous également; nous fedécidé
dès le lendemain
nous
rions ldter e pour la Havane, quen
fous pavillon elpagnol,
ymoullenann Dom Gufman ne changeroit rien:
que
; mais qu'il nous feroit
à fa carguaifon
de la nôtre 2 que
échanger une partie remplacer parles marnouspourrions
devoit
chandifes que notre barque
à S. Domingue ; que
nous apporter rendrions, fous pavillon
nous nous
nous renvoyefrançois, au Cap.d'ois aui Fort, S. Pierre;
rions notre barque à fon égard comme
que nous agirions
ilauroit faitau nôtre ; c'eit-aadiresque facilités de
nous lui procurerions les
Aiv, --- Page 14 ---
tSJ
faire, 2 avec quelques-uns des
res François
Corfaidans ce Port, que la nous trouverions
effets contre d'autres converfion de fes
ceux
de la nature de
partirions que nous avions; & que. nous
nous
après pour le Méxique. Il
ajouta aufi
la Havane, il auroit qu'avant foin de quitter
expédier un
de fe faire
vaiffeaux, & paffeport pour nos deux
le
qu'afin de mieux doriner
vifer change. de
ceux qui poarroient s'atitions nous fufpecter, nous
nos équipages de François
d'E/pagnols;
Ar
que nous ferions, que" pendant la traite
& le fieur B*** siln'y auroitque lui
la langue
3 qui parloit fort bien
roient ; que efpagnole, M, de qui s'en mêlede-Tarcilly & moi; ferions Prépont s M.
réputés paflagers.
feulement
enfemble de
Après être conventis
tournâmes. tous ces points, nous renotre bord.
il L'ancrage eft défendu eft très-bon dans ce Port;
fur une hauteur par un Fort qui eft fitué
cens. pas de long qui fur peut deux avoir cinq
large. Le côté du nord eft
cens de
le Fortdel la tortue, &
couvert par
qui ibat au pied de fon regarde la mer
efcarpe qui,
s M.
réputés paflagers.
feulement
enfemble de
Après être conventis
tournâmes. tous ces points, nous renotre bord.
il L'ancrage eft défendu eft très-bon dans ce Port;
fur une hauteur par un Fort qui eft fitué
cens. pas de long qui fur peut deux avoir cinq
large. Le côté du nord eft
cens de
le Fortdel la tortue, &
couvert par
qui ibat au pied de fon regarde la mer
efcarpe qui, --- Page 15 ---
[o1
inaccellible; ; la pointe
de ce côté,eft le bourg, elle' eft /
de Peft regarde dun baftion & d'un demi
batlion, couverte avec un foffés & Lin chebien
Te côté
mhin couvert, redans palifiadé; & des plattes
du' furd a des
le côté
ett à la
formes, ainfi que
qui joint ces
pointe de T'oueft ; langle
baftion;
cft couvert
Te
deux côtés
élevé d'environ vingt
Ce. Fort eft dur terrain, oit le bourg
roifesau-deffus eft bâti; & tout le côté du fud 8 de
l'oueft jufqu'à la mer, éft environné d'environ
d'une. favanne delarge, fpacieufe., qui fe'termine à
fix,cens pas
à
tine côte de la méme.hauteur. oùr le Fort eft Amt
près, comme celle fur la pointe de
du côté du bourg P'ance : oùt etl le Port,
l'eft qui forme
commande le
une hauteur qui
e'envimais qui en eftéloignée
v
A3
ron mille pa.
s
Je n'ai,rien à ajouterà cette defcription; qui eft-du Pere Labat; eile"
efl, fans contredit, fort cxaêc, & une
de fes meilleures. desréfolutions que
En conféquence avec-Dom Gufman,.
nous zvions prifes
le vingt-quatre
nous appareillimes
Ay --- Page 16 ---
[rol
Juin, voile jour de S.. Jean, & nous fimes
vâmes pour le la Havane, où nous arriaprès midi, vingt-fix, &
à quatre heures
mouillerent à côté nos deux vaiffeaux
Dom Gufman, M. de l'un de l'autre.
Prépont &
defcendimes à terre & allâmes moi,
lais du Gouvérneur
au. PaPrefque plus, eût bien qui, de ne la voyant
nous
peine à
reconnoltré; mais
nous avoir
qui, après
remis, nous accueilla fort
gracieufcment. tendre
Scn neveu, lui fit enPort de que nous ay yant rencontré ati
du deffein Paix, nous luiavions fair part
la Havane Où nous étions de venir à
plus des fonds pour faire rentrer le furcore dûs
qui nous étoient enciens
par quelques-ins de nos anfervice Correfpondans, effentiel
& qu'après le
rendu, ils'étoit fait que nous lui avions
un' devoir de nous
donner, en cette.occafion, une marque de fa
reconnoiffance, 3 en nons y
accompagnant. Son
de bonne foi,e elle nous:fit Excellencele crut
mêmes appartemens
donner les
déja occupés, & Meffieurs que nous avions
& B ***
de Tarcilly
. que nous avions
à bord, - eurent foin
laiflés
pendant la nuit,
ès le
rendu, ils'étoit fait que nous lui avions
un' devoir de nous
donner, en cette.occafion, une marque de fa
reconnoiffance, 3 en nons y
accompagnant. Son
de bonne foi,e elle nous:fit Excellencele crut
mêmes appartemens
donner les
déja occupés, & Meffieurs que nous avions
& B ***
de Tarcilly
. que nous avions
à bord, - eurent foin
laiflés
pendant la nuit, --- Page 17 ---
La]
de faire paffer dans cclui de Dom
Gufman, les effets dont nous voulions nous défaire, & cet Eipaguol lles la P
fit enfuite débarquer pour en taire
converfion. *
feul
Un foir que je me badinant promenois des reaveclui, il me fit en
nous
proches fur ce que ne-lui depuis avois que pas
étions enfemble,je
de
demandé des nouvelles
encore Dona Elvire de. Cuifma, & ilajouta
confirmois bien en cela la réque je qu'avoient! tles François d'être
puitation inconflans. Si vous aviez,. Monfieur,
lui répondis.je ; effuyé un malheur
pareil à celui quej je viens d'éprouver, moi :
vous ne fongericz gueres plus avec que. lès
conaoiflance
à renouveller v'ous auriez eues. Je lui
paffades fis alors que le récit de mes amours avec fin
Madame de Norfoy I & dela trifte arrifemme,
de cette incomparable où j'allois, pour la
vée - au momént fort aul fien. Je. vous
vié, inir mon
Dom Gufplains fort, me répliqua
man, mais je n'approuve pas BE
vous vous laiffiez vaincre parla fur
leur; elle doit avoir un terme,
zout lorfque fa caufe eft irréparablc; --- Page 18 ---
- [r]
ainfi je vous confeille,
diftraire dés idées
, ponr vous
ôtent à vous - même noires, & à qui vouis
de faire part à cette aimable vos amis,
gnole de votréretouirence
Elpaune.attention qu'elle mérite pays; de sc'eft
part, dont elle vous faura
votre
de l'efprit, &je fuis
gré; elle a
charmes de fa fociété perfuadé &
que les
gu'elle vous
les plaifirs
ront pas peu à procurera, ne contribulie; vous. dui diffiper devez votre mélanco.
d'ailleurs de la
reconnoifance, ignorer
& vous ne devez
que les chagrins de
pas
mais nature qu'ils foient, 2 ne peuvent quelque
excufer
jal'exclufion
lingratitude, ni donner
nement
aux procédés. Si ce
ne me convainquit raifontierement, aur moins
pas-enun calie gne je n'avois opéra-tilen moi
fenti depuis
pas encore
fus retiré dans longtems; & Jorfque je
ma
bandonnai aux réflexions, chambre, 2 je m'afultat fut d'écrire à Donna dont le ré-.
Cuifma, Dallai
Elvire de
Dona Fabricia, porter ma lettre à la
Temettre dès le qui me promit de la
tint parole, car jour le méme; elle me
je reçus la réponfe lendemain de Dona matin,
Elvire,
opéra-tilen moi
fenti depuis
pas encore
fus retiré dans longtems; & Jorfque je
ma
bandonnai aux réflexions, chambre, 2 je m'afultat fut d'écrire à Donna dont le ré-.
Cuifma, Dallai
Elvire de
Dona Fabricia, porter ma lettre à la
Temettre dès le qui me promit de la
tint parole, car jour le méme; elle me
je reçus la réponfe lendemain de Dona matin,
Elvire, --- Page 19 ---
1n1
qui me mandoit de me rêndre chez
elle à midi, que nous dinerions enfemble. Je n'y manquai pas,, j'eus lieur
d'être content de la réception qu'elle
me fit & des'témoignages qu'elle me
donna de fon amour; mais elle m'embarraffa beaucoup quand elle me de:
manda f j'étois venu dans Pinten-:
tion d'accepter la propofition qu'elle
m'avoit ci-devant faite. Voilà, par
exemple , de ces circonftances otr un
galant homme,. quelque porté qu'il
foità nepas trahir la vérité, fe trouve
cependant quelques fois obligé, par
égards,de P'oeconomifer un peu; c'eft
ce que je. fis en l'afurant que j'étois
très-ditpofé auffitôt après mon retour
du Méxique, quefattendrois fortinpatiemment, à lui offrir avec ma mairt
une fortune honnête, un coeur fidele
& conftant. Elle fut fi fenfible à cette
promeffe & aux tendres démonftrations dont je Paccomipagnai, qu'elle
y répondit avec un tranfport de joie
inexprimable : 2 qui ne me laiffa pas
douter un inftant de la fincérité de fes
fentimens, dont je fus fir pénétré,
qu'ils me firent naitre: l'envie de réalifer ceux queje venois de lui faire pas --- Page 20 ---
[14]
foitre. Nous pafiames la
ble journée du monde; & plus fur agréa. le foir
nous nous féparâmes fort contens l'un
de l'autre.
Pendant mon féjour dans cetteville,
j'allai réguiierement tous les jours
quelques heures avec cette àimable
femme. L'examen que.je fis de toutes
fes belles qualités, m'affermit dans la
réfolution où j'étois de
retour de mes courfes; l'époufer mais hélas! au
un deftin jaloux, dont j'avois déjà
commencéa effuyer lesrigneuirs, d'accordavèc la fortune, qui fe
de fon côré à me faire éprouver préparoit fes
plus éruels revers, s'unirent tous les
deux, & firent échouer mes
Le quatorzieme jour de notre projets. arrivée à la Havane, M. de Prépont
avoit m'annonça que Dom Gufman nous
défaits d'environ la
me, partie de notre carguaifon, cinquieéchange de laquelle, il avoit eu en. de
Fargent en
poids, fort faumons, 2 des piaftres de
peu de poudre d'or, &
quelques, caifles de tabac; qu'ainfi
n'ayant plus rienà faire à la
nous eil partirions le lendemain. Havane, J'allaien confequence faire mes adieux à
annonça que Dom Gufman nous
défaits d'environ la
me, partie de notre carguaifon, cinquieéchange de laquelle, il avoit eu en. de
Fargent en
poids, fort faumons, 2 des piaftres de
peu de poudre d'or, &
quelques, caifles de tabac; qu'ainfi
n'ayant plus rienà faire à la
nous eil partirions le lendemain. Havane, J'allaien confequence faire mes adieux à --- Page 21 ---
[1l
Dona Elvire de Culma, qui me fit
préfent d'une très-belle
de bas.
de coton de Siam, qu'elle Eatare eu la
patience de tricoter elle-mème.
Le foir après fouper, nous primes
congé de M. le Gouverneur; Guf- nous
nous embarquâmes avec Dom
man de Tellaicos, nous appareillimes François,
& fimes voile pour le Cap mouillâmes
dans le Port duquel nous à dix heures du
le 12 Juiliet 1732,
matin. Nous defcendimes à terre,& nous
ou nous
allâmes au Gouvernement,
apprimes que M: de la Roche-Allard Houétoit depuis quelques jours M. à la de Prépeliere ; nous réioltmes,
pont & moi, d'y aller le furprendres à
Dom Gufmana
& nous engageâmes Nous louâmes en
nousaccompasner. des chevatix, & lelendeconféquence
partimes pournousy y
main matin,nons nous fimes parvenus
rendre. Quand milieu d'une fort belle
environ + aut conduifoit à cette habitaavenue qui
ce Général, 9
tion, nous rencontrâmes
& M.d'Orbigny, qui fe promenoient; & nous les
nous miimes pied à terre,
d'ajoignimes; ils nous reconnurent --- Page 22 ---
[16]
bord, ils vinrent avec nous. 2 & nous
préfenterent à Mefdames
liers &
d'Artinvilmille amitiés. d'Orbigny M: à 9 qui nous firent
forma qu'à fona arrivée d'Orbigny dans nous in:
il avoit trouvé tottes fes affaires fompays, >
regle,par les foins que s'étoit donnés' ert
Mademoifelle Bonneuil, Il nous dit
que cette fille l'avoit bien étonné
en.lnilapprenant le retour de
qui ayoit été fauvé par une Duval,
angloife, qui l'ayant
barque fur
planche qui luttoit contre apperçu les une
len avoit retiré au moment
flots,
loit
oir il all'avoit enéreanglouti, conduit à S. que cettebarque
avoit trouvé
Chriftophe, où if
donné le
une patache qui lui avoit
d'oi ilétoit paffage jufqu'en
vena en
Angleterres
rivant à Beaune,ilavoit France; qu'enar.
bruit du naufrage de fon maitre répandu le
fa maitreffe dont il n'avoit
& de
diffuadé
pu être
tzé une Rucio Torfqutellefu.avoits moncemment de recevoir qu'elle venoit tout ré-
&
de S. Domingue,
ce fidele garçon étoit fur le
point de fe rembarquer pour- T'aller
joindre au. Cap. M.
ajouta,
d'Orbigny. nous
qu'après avoir entiercment
.
bruit du naufrage de fon maitre répandu le
fa maitreffe dont il n'avoit
& de
diffuadé
pu être
tzé une Rucio Torfqutellefu.avoits moncemment de recevoir qu'elle venoit tout ré-
&
de S. Domingue,
ce fidele garçon étoit fur le
point de fe rembarquer pour- T'aller
joindre au. Cap. M.
ajouta,
d'Orbigny. nous
qu'après avoir entiercment --- Page 23 ---
[:7)
terminé tout ce qui concernoit la fnc:
ceflion de fa tanté,ilavoit remis l'ad:
miniftration de fes biens de Bourgocoufin de Magne à un Eccléfiaftique,
il
demoifelle Bonneuil ; qu'enfuite fon
avoit propofé à cette fille d'unir
fort à. celui de Duval, & de le fuivre
tous les deux dans les ifles,ohil auroit
foin de leur fortune; quilsy avoient
confenti, & qu'il les avoit emmenés
avec lui.
à la Hou-
- Nous reftâmes troisjaurs
peliere, - & le quatrieme, nous en
partimes avecM.dela Roche-Allard,
que nous accompagnàmes lit jufqu'au. à
Cap: Ce Généralofirit un
Dom
Gufman de" Tellafcos,' qui Paccepta; 8
M.- de Prépont
nous coucher bord. Nous apprimes
moi,
aliSei
M, de Trainfort étoit arrivé de
qle la veille avec fa barque : nous le fimes avertir que nous érions revenus,
& il vint fouper avec nous.
Le lendemain & les jours fuivans,
nous- nous occupâmes à faire tranfdans notre vaiffeau, les mar-
-porter chandifes qui étoient dans notre barenfuite M.de
que; nous chargeâmes de s'aboucheg
Trainfort & M, BA*. L --- Page 24 ---
[18]
avec deux Corfaires nouvellément
arrivés dans le Poft, pour
les effets de Dom Gulman. Ils-firent échanger
très-charmés de trouver une occafion
auffi favorable de faire leur traite
fans coup férir; en moins de quinze 2
jours, elle fut terminée à la fatisfaction de toutes les parties.
Pendant le tems que nous reftâmes
au Cap, nous allâmes tous : les
diner au Gouvernement, fuivant
dre
FRores
que nous en avoit donné M. de la
Roche-Ailaid, Nous lui
M. de Tarcilly qu'il invita préfentâmes
ment à nous y
pareilleles fois que nous accompagner irions.
toutes
fieur B M. de
Quand au
Prépont ne voulut
pas prendre fur lui de l'y conduire,
parce que ce Général avoit des raifons
des'en plaindre.
Un foir en rentrant à bord, M. de
Trainfort me tira à lécart, pour me
prier d'engager M. de Prépont à l'emmener aveclui dans fa courfe attendu
que fa barque, qiti n'étoit plus que
leftée, pourroit bien s'en
fous la conduite d'un Patron retourner 1
S. Pierre, oit fa
an Fort
inutile. J'en parlai à préfence-devenoir cet
Armateur, de
des'en plaindre.
Un foir en rentrant à bord, M. de
Trainfort me tira à lécart, pour me
prier d'engager M. de Prépont à l'emmener aveclui dans fa courfe attendu
que fa barque, qiti n'étoit plus que
leftée, pourroit bien s'en
fous la conduite d'un Patron retourner 1
S. Pierre, oit fa
an Fort
inutile. J'en parlai à préfence-devenoir cet
Armateur, de --- Page 25 ---
[191.
euij'ens bien de la peine àobtenir la
demande que je lui fis en faveur de
fon Enfin Lieutenant. rien ne nous. retenant plus au
Cap, nous en prévinmes Dom Gufman de Tellalcos,,nous primes congé allàde M; de la Roche-Allard, nous
mes coucher à bord de nos vaiffeaux ;
le lendemain, nous appareillames otr
& fimes voile pour le Méxique, Nous
nous arrivamesies Août 1732.
mouillâmes dans le Port d'Acapulco, de
Dom Gufman jugea à propos
que
à tout autre,
choifr par diftant préférence de foixante- quinze
de la Capitale. Il fe rendit en-
à
Te
fuite à México avecle feur B de Dom
qui ilfit prendre alors le nom allerent faire
Juan de Carveyra, & ils
fe nomune vifite au Viceroi, qui un des
moit le Comte de Léganez,
plus aimables & des plus affables.Sci- il les
gneurs que jaie jamais connu :
la
très-bien, & ils en obtinrent
reçut
de faire la traite. Ils le
permiffon auffi de trouver bon
R
plierent
trois paflagers Franlnui préfentaffent quelques années s
çois qui, établis depuis à la Havanc, & aqui
étoicnt --- Page 26 ---
[20T
ils avoient accordé le paffage
México, d'ottils
jufqu's
à San Jago de comptoient fe rendre
villes du Méxique, Guatimala, & autres
quelques affaires qui
étoient y terminer
à
foure
venucs, caufe d'une fucceffion furàleurs femmes, qui étoient
échue
les.CeScigneury y
Elpagnocoup de
conteatitavecbeau.
nous
plaifr 2 & Dom Gufmart
de Carveyra, envoya chercher parI Dom Juan
à cette
avec qui nous allâmes
Lelendemain Capitale du nouveau monde.
de notre
préfenta à ce Vice Roi, arrivée,ilnous
mit de
qui nous perdemeureraMvesicon &
loger avec Dom
denous
tre départ pour Gufman, les
jufqu'à noVice Royanté,
Provinces de fa
préfence, & il nous qui exigeoient offrit
notre
tion dans tous les cas où fa protecnous être
elle pourroit
Dom de'qtielaie utilité.
Gufman,
fixer fa réfidence gui-avoit dans
réfolu de
poar favorifer notre traite cette ville 5
quc Dom Juan de
, tandis
de"Trainfort
Carveyra & lefieur
fit charmé de refteroient la
à Acapulco,
nousavoir donnée, permifion & il fit que l'on
quence, venir fes
en confééquipages & les
dans tous les cas où fa protecnous être
elle pourroit
Dom de'qtielaie utilité.
Gufman,
fixer fa réfidence gui-avoit dans
réfolu de
poar favorifer notre traite cette ville 5
quc Dom Juan de
, tandis
de"Trainfort
Carveyra & lefieur
fit charmé de refteroient la
à Acapulco,
nousavoir donnée, permifion & il fit que l'on
quence, venir fes
en confééquipages & les --- Page 27 ---
- [ar]
fîmes conduire dans
hôtres, de quenous une des plus belles
la rue
l'Aigle,
de México, a une grandehotellerie,
enfeigne les Armes
oût pendoient pour
d'Eipagne. Il y. avoit environ huit jours que
nous y étions; lorique nous vimes étoit
arriver une voiture dans laquelle
un - homme de 70 ans, une jeune
Dame de vingt tau plus, & deux autres
femmes, que nous jugeâmes être fes
femmes de chambre. Cette voiture
étoit attelléc.de fix chevaux, & fuivie
d'un grand nombre de Domeftiques:
L'Hôtellier, qui étoit Bifcayen, nous
apprit que - ce Seigneur fe nommoit étoit
Dom Fernand de Torillas, qu'il
il
puiflament riche, qu'ordinairement
faifoit fa réfidence à la Vera-Crux,
qu'il venoit tous les ans paffer trois
mois à México, quaprès dix-huitans.de rémarier à
veuvage, il. venoit de fe
une des plus belles femmes du Méxiquil-faifoit périr à petit feu, par
Er jaloufies aufli outrées que déplacées, & qu'il étoit à craindre qu'elle
ne fubit enfin un fort pareil à celui de
d'ala premiere, quel'on.doupsonnois Comme cette
voir été empoifopnéc. --- Page 28 ---
[22]
Dame étoit couverte de fa mante
quand elle defcendit de fon
nous ne pâmes juger de fa beauté caroffe,
fur. le rapport du
que
gance de fa taile, Bifcayen & l'élémieux prife
qui étoit une des
vue. On lui que donna nous. euflions encore
ment de la
le plus beau logede
maifon, à côté duquel M.
n'étoit Tarcilly avoit une chambre
féparé d'un cabinet,
qui
Elpagnole avoit deftiné à aser fa cette toilette, que par une boiferie fort bien
fculprée, & à laquelle ce jeune homme, des par curiofité, avoit fait dans une
balle raynures de
un trou à fourrer une
boucher, piftolet qu'il avoit foin de
faire
quand il ne vouloit pas en
de la ufage, couleur avec une cheville de bois
C'étoit
de celui de la boiferie.
par-là que M. de
contemplant les charmes Tarcilly 9 en
Dame,
de cette
poifon de avaloitalongs traits le funefte
fionner fa Tamour,qui perte; & fit fon manqua d'occaair trifte & rêveur
bonheur. Un
quai, & fon affeétation que à je lui remar.
litude,
chercher la
nous étions m'engagerent, un jour
le
feuls, à lui en
fujet. II ne
lre.str
me.répondit que par un
plant les charmes Tarcilly 9 en
Dame,
de cette
poifon de avaloitalongs traits le funefte
fionner fa Tamour,qui perte; & fit fon manqua d'occaair trifte & rêveur
bonheur. Un
quai, & fon affeétation que à je lui remar.
litude,
chercher la
nous étions m'engagerent, un jour
le
feuls, à lui en
fujet. II ne
lre.str
me.répondit que par un --- Page 29 ---
[231 -
profond foupir, & comme T'infiftois à
connoitre la canfe de fes chavouloir
me.dit-il, demaina dix
grins 5 venez,
vous en
heures dans ma chambre, je
inftruirai.der em'yrendis effedtivement;
tout en entrant,ils me prit parla main,
conduifit auprès de la cloifon, 2
me d'oit il ôta la cheville's & il me dit
d'une voix bafle de regarder par le
trou. Je vis Tépoufe de affife Dom.Fernand devant fa
de Torillas , qui étoit
fimple
toilette ; elle n'avoit brodé, qu'un fa Te
pon de mouffeline attachée fur fa poi-.
qui n'étoit laifloit point voir la plus belle gorge
trine,
fes cheveux auffi noirs
du monde,
groffes boer
du Jaiet, flottoient par
cles fur fes épaules, fa
égaloit les
blancheur les plus LECA lys;
en
fur fon teint, & tous
rofes les traits jouoient de fon vifage étoient parfaiTant d'attraitsm'étement réguliers:
fi je n'avois
blouirent au point,
infurréfléchi fur les Amaie
montables pas
qu'il y auroit eu à effuyer
avant de pouvoir fe flatter de fe
d'un aufli
LSIOE
curer la jouiflance obfédé
d'incomobjet, fans ceffe
par bien payés
modes furveillants, trop --- Page 30 ---
124].
pour fe laiffer
dès ce même inftant corrompre, devenu je ferois
mon ami, Heureufement lei rivalde
que le plaifir 2 & je n'étois je n'aimois
meur à l'acheter par tant dep pas d'huainfi je me contentai de
peines :
de Tarcilly, de faire tous plaindre M,
mes
- pour tâcher dele guérir d'une efforts
qui in'étoit encore que dans fon paffion
mencement,donrles fuites me faifoient comtrembler, parles chagrins
voyois bien qu'elles lui
que jeprémais ce fut en vain, fon. attireroient cueur
;
pris, & ilme dit, lorique je le
étoit
qu'il favoit un moyen infaillible quittai,
former fa maitreffe des fentimens d'inavoit pour elle; qu'il lui. avoit
vent vu verfer
1oal
manifeftojent
des larmes, qui ne
à plaindre; que que-trop, les
qu'elle étoit
à la douleur, étant perfonnes en proie
fenfibles, elles fe laiffoient ordinairement
attendrir par leurs
aifément
c'étoit fur cette confolateurs, opinion
&
do fon elpoir:
qu'il fonpouvois rien gagner Voyant fur que je ne
de
Pelprit de M.
j'allai Tarcilly, 2 je le laifai chez lui, &
lafcos rejoindre &. M. de Dom Gufman de TelPrépont ; je leur fis
part
étoit
à la douleur, étant perfonnes en proie
fenfibles, elles fe laiffoient ordinairement
attendrir par leurs
aifément
c'étoit fur cette confolateurs, opinion
&
do fon elpoir:
qu'il fonpouvois rien gagner Voyant fur que je ne
de
Pelprit de M.
j'allai Tarcilly, 2 je le laifai chez lui, &
lafcos rejoindre &. M. de Dom Gufman de TelPrépont ; je leur fis
part --- Page 31 ---
part de ma
lité de mes découverte & de Pinatimirent de fe repedfentations, Il
tourner ce jeune joindre à moi, pour mep 4 pro- dépafion, qui ne homme de fa folle
quer rien que de pouvoit lui
& ne réuffirent flcheux; ; ils pronofi- le
à fix jours après, pas mieux, car firent
zne
M. de
cinqg
dit, trouver, je me
&e en
Tarcilly vint
fuis enfin mabordant, il me
cher ami, - à ne pas laiffer dérerminé, mon
vantage à Dona de
ignorer da29 je pour elle, & Torillas, voici la l'amour
parvenir m'y la fuis pris pour lui maniere faire
faite, & qui déclaration' eft
qué je lui ai
mes,
conçue en ces ter-
< Témoin de
2) Torillas 3 & vos pleurs, 9 adorable
>les fait couler infruir du motif
9 trémement ,jen'ai pu qu'être qui
s votre fort; touché de la
ex.
99 de vous
&cn'étant tigueur de
>9 cruel
affranchir point en état
>>
efelavage fous tout-A-fait da
miffez, j'ai
lequel vous
39 tez, de réfolu, fi vous y confen- ge.
>tie, en Tadoneir, aul moins en
savec vous, m'entretonant tous les : par2) vous paffez pendant le tems jours
Part, IK, ordinairement à voire que
B --- Page 32 ---
126).
Queje ferai heureux' lf les
95 toilette.
que je compte vous
>5 confolations font
fije
5?
vous
donner
agreables,8 audi fenfi9> trouve en vous un & coeur auffi bien dif5> ble que le mien, aux tendres fenti9> pofé à répondre
que
2) mens le
à vousmaverinipinis. facrifier mille vies - 2 pour
2)
Alira
je vous donner des
d'un amour
3:
preuves
22 qui fera Tincertitude éterneln. ou j'étois que
Dans
cette Dame fçût le François, Dom j'ai
fait ici
Jon
fité du féjour qu'a le prier de me la
de Carveyra., pour
je l'ai enfuite
traduire en Eipagnol; avec un lacet, au
roulée 8z attachée
de
bout duquel j'ai -
mis un petit lingot trou
plomb. J'ai paffé mon billet parle fait en
de la cloifow, le bruit quilia latête; elle
tombant lui a fait tourner délié &. lu.
Ta apperçu, avoirregardé ramaffé, de tousl les côtés,
Après elle s'eft écriée dans notre lângue, Dieul
qu'elle fait parfaitement. bienfaifant Grand qui daigne
quelelt lc génie
à mes
V
& compâtir
peime favoriler.
qu'un mornes ? caf quelle apparence dans un endroit ou
tel puiffe pénétrer
iln'y a auçune iffue quine foirgardée
ombant lui a fait tourner délié &. lu.
Ta apperçu, avoirregardé ramaffé, de tousl les côtés,
Après elle s'eft écriée dans notre lângue, Dieul
qu'elle fait parfaitement. bienfaifant Grand qui daigne
quelelt lc génie
à mes
V
& compâtir
peime favoriler.
qu'un mornes ? caf quelle apparence dans un endroit ou
tel puiffe pénétrer
iln'y a auçune iffue quine foirgardée --- Page 33 ---
[271
les infâmes minifires de la jaloufe
par
bourreau: Qui que tli fois ende mon
ton fecours, 9 délivre-moi -
fin,Taccepte de Toppreffion , &
promptemenat
compte fur ma reconmoitunceiasde me flatter? la
quel vain efpoir veux-je impofible? Non !
chofe n'eft-elle pas lui,ai répondus
elle ne le fera pas;
affurée je
qu'il
divine Torillas, foyez auxquels je : ne
n'eft point de dangers &
je n'afm'expole avec plalit, que
fronte pour mettre fin à vos peines.
Le Dieu, qui dans ce jour m'ettlipro- protéger
pice; ne manquera pas.de la nôtre, &
une aufli belle caufe Pexécution que
de nos
de nous faciliter attendant que nous
projets; mais en
dont nous
ayions avifé aux moyens
nous fervirons pour nous indigne fouftraire jade votre
aux Borfécutions de la cloifon, vous
loux, - approchez
vais paffer
y verrez un jour par oije
c'eft par - là que nouspourmon doigt;
& afin que dorérons nous parler,
nous voir (ans
nayant 2 nous pulifions vais travailler autant de gêne. je
Il y avoit bien
jourd'hui à T'agrandir. étions à caufer
une heure quc nous elle enrendit le bruit
Enfembles , quand
Bij --- Page 34 ---
ellenraverito 1481
qu'ile étoit
d'une (errure;
elle me préfenta
tems de nous quitters baifai ; je rebouchai
fon doigt que je me retirai. Ne voilàoenarou,6c je
un commencet-il pas, ajouta-til, heureux,
me faire
ment.a aflez des fuites. Rede doute qu'ek
tout efpérer foient favorables 3 hi répon- de
les dis-je; vous après tout, cela dépendra vous vous
la prudence avec parvenir laquelle à vos fins 7
conduirez confeille pour
de prendre garde
&je vous ainfi que votre maitrefle, Ferde devenir,
de Dom
la viétime des jaloulies car f jamais vous
nand de Torillas, Pun oil V'autre, le moindre
lui donnez votre inveligenccs vous
foupçon de deux perdus fans reffource.
ferez tous jours de-là, il m'informa
A quelques trouyéle fecret de disjoin
quilavei
de la cloifon,
dre un des paneaux une heure tous
par ouil alloit paller fa masitrefe,1 me dit
les matins avec
aimé.quelle
qu'il en Oniteyerdumint fans ceffe de cherchet elle
le follicitoit vaiffeaus dans lequel France
quelque
pit pafler memmtsvecien qui confiftoit en qua
que fa fortune ducats, tant en pierreriece
rante mille
m'informa
A quelques trouyéle fecret de disjoin
quilavei
de la cloifon,
dre un des paneaux une heure tous
par ouil alloit paller fa masitrefe,1 me dit
les matins avec
aimé.quelle
qu'il en Oniteyerdumint fans ceffe de cherchet elle
le follicitoit vaiffeaus dans lequel France
quelque
pit pafler memmtsvecien qui confiftoit en qua
que fa fortune ducats, tant en pierreriece
rante mille --- Page 35 ---
1a1
fafmfante qu'en or monnoyé, étoit plus
honnête pour leur affutrer un
que.
en. quelques endroits revenu
allaffent, & que la_feule chofe qu'ils
Tembarraffoit, bâtiment
étoit de trouver qui
prêt à faire voile
un
retourner. Malgré l'amitié pour s'en
blâmer pour lui,je ne pus m'empécher que j'avois
die qu'il hautement de: lentreprife dele hartirer toutes projettoit, fortes de capable de lui at51 ne fit pas grand cas malheurs; de
mais
trances, & alla toujours fon mes remonUn foir.en rentrant au
train.
Dom Gufman de
logis, avec
trouvâmes M, de Tellafcos, 2 nous
la plus vive doleur. Prépont Il nous plongédans
y avoit environ deux
apprit qu'il
détournant le coin de la heures, rue
qu'én.
teria, où il étoit allé
dela Pla.
ques pieces d'Orfévrerie pouracheter dont quel.
befoin, il avoir vu un
il avoit
de trente perfonnes, groupe de plus
roient une qui venoit qui en entourpar deux
d'êtré afaffinée
fauvé, & lautre hommes, avoit dont un s'étoit
Sbiress que s'érant été pris
les
reconnu M. der approché fee il
baigné dans fon Tarcilly, fang,
qui étoit
percé de cing
Bij --- Page 36 ---
[30]
coups de dague, tant à la
qu'ai ventre, qu'il l'avoit fait poitrine tranflavoit porter dans notre hôrellerie, oùt on
faigné & panfé; que le chirurgien-avoit décider
déclaré ne pouvoir rien
fur l'état des,
près avoir levé les bleilines, qu'aLa
premiersappareils.
connoillance, ajouta M: de Préil pont, lui.eft revenue uncheure
m'a y décliné le nom de fes après; deux
aflafins, qui font
de
Dom Fernand deTorillas Domefl.ques
dit de prier M. le Chevalier : & il m'a
lui parler auffitôt qu'il feroit de d'aller re-.
tour. Je montai promprement daris fa
ehambre, d'abord
avoirété changée, &
m'apperçut :
-
cher
Ah ! mon
ami, me dit-il, que ne vOus ai-
-je cru., je ne ferois pas dans
oùt vous me voyez; mais hélast l'état
tes-vous
qu'é
D du
devenue, époufe infortunée
Fonivers plus grand monftre qui foit dans
2 Et que ne me laiffe-tion.
périrfi elle n'eft plus.-Je tâchai de le
calmer; ce fut en vain, il fe mit à
fangloter & à vouloir arracher fes
appareils; je m'y oppofai,
chercher le chirirgien, qui j'envoyai remit les
chofes, comme elles étoient avant,
'état
tes-vous
qu'é
D du
devenue, époufe infortunée
Fonivers plus grand monftre qui foit dans
2 Et que ne me laiffe-tion.
périrfi elle n'eft plus.-Je tâchai de le
calmer; ce fut en vain, il fe mit à
fangloter & à vouloir arracher fes
appareils; je m'y oppofai,
chercher le chirirgien, qui j'envoyai remit les
chofes, comme elles étoient avant, --- Page 37 ---
dequi
[31]
de RLarat fit'y trouvé venir un redoublement
pour le confeffer, un Il Ecelifialique
nele point faire
nous pria de
retirâmes,
parler, 1 & nous nous
Le lendemain matin,
alla trouver le Comte de Dom Gufman:
qui il fit le récit de cette cruelle Leganez, 9 à
tiire, dont il lui
avanvous la ferai rendre demanda juftice. Je
ment, lui dit ce
bien certainemême tems-des Viceroi; il donna en
refferrât
ordres, pour qu'on
défendit, étroitement le prifonnier, &
que fous
que ce pit être, on le-laiffar quelque prétexte /
perfonne.
Parler àn
S Pendant TabfencedeDon
Jappris de notre hôte
Gufman,
nand de Torillas,
que Dom Ferdu jour > envoyé avoir,des fon
la pointe
pagnée de fes femmes, 1
époufe, a & de accomgrande partie de fes
la plus
de un Château
avoit Domelliques à
,2
la
trois lienes
tenir
avec
8an
renfermce dans la ordre.de la
ce qu'ily-fr arrivé.
tour, julqu'a 5
deffus Onl leva fur le foir les
cllesne lesbleffures de M. de appareils Tarcillyy de
fexronverent point mortellest
Biv --- Page 38 ---
132]
jour 3
la fevre le quitta le quatrieme hors
& le fepiemnc, il fut abfolument alors
Dom
Ce fut
que
de danger. réitérà fes folicitations auprès de
Gufman Comte de Leganez, en faveur
du
Elles eurent leur effet ;
M: de Tarcilly. Fernand de Torillas fit decar Dom
entretien A particulier à
mander un
qui le lni accorda. Il
Dom Gufman,
lon voulat fe
propofa, 7 au cas
de cetteaffaire,
défiterdela
du
OIe
à Télargifiement
pri-
& confentir
tous les frais faits
fonnier, de payer & de donner dix mille
juqualors, Dom Gufman le remit au jour
ducats.
lui rendre réponfe. IL
d'après, pour aut' Viceroi de cette
alla faire part
d'acceppropolition, qpilutconfeuls pas tirer un
ter, s'il n'en pouvoit M, de Prépont étoit
meilleur parti.
quinze e, ce
d'avis que Ton en; bien exigeâr des débats. On
qui occafionna enfin à douze, qui furent
convint
On relâcha le lenpayés comptant. de Dom Fernand, 2
demain maître TEcuyer fit partir tout de fuite
que fon château d'Avilla;. 8c
pour fon
accident, nous E
prévenir ordres, toit
afin que qui que ce
mes des
ont étoit
meilleur parti.
quinze e, ce
d'avis que Ton en; bien exigeâr des débats. On
qui occafionna enfin à douze, qui furent
convint
On relâcha le lenpayés comptant. de Dom Fernand, 2
demain maître TEcuyer fit partir tout de fuite
que fon château d'Avilla;. 8c
pour fon
accident, nous E
prévenir ordres, toit
afin que qui que ce
mes des --- Page 39 ---
fut, hors le [33gr
mefliques n'entrar Chirurgien dans & nos DoM. de Tarcilly, à
la chambre de
mes
qui nous annonçnions Tascoemodenet, de faire, Nous que nous ve-.
convenir qu'il étoit lui fimes auffi
beunsot lui
puifque d'un côté, d'heureux malrendant étoit arrivé par fa faute, celui
9 en 3
luiee RRE éviter eirconfpest de
à Favenirs
de Vautreil lui
pareils, & que
au-delà de fes Procuroit une fortune
mercia beauicoup, eiperanes. mais
Il. nous regna aucune joie. Quand ne nous témoiprêts de le quitter, il me nous fumes
ferrant la main, de venir pria, en me
main matin dans fa
leulle lendequilavoit quelque à
chambre, 2 attendn,
Je le lui promis & chofeà lui à me confier.
de Lorfqu'il fon
me vit, ilme fit tins parole.
lit, & me dit :
approcher
pas pofifible, mon cher Comme ami, if n'eft
uviveatatorabilc
je
me reproche la
Torillas, doer je
de tout ce, qui mort, chargez-vons
fez-en fitivant m'appartient, mes
& difpovous trouverez écrites intentions, dans
que
que je vous remets
ce.paquer
vous prie de n'ouvrir cacheté, & que je
qu'aprés qie
Bv --- Page 40 ---
[341
Jaurai ferméles
Je Paffurai que
fa maitreffe RALIST pas morte, &. que
fon mari l'avoit feulement renvoyée à avoir
à la Vera-Crax. Je Fexhortai chrétiens ,
dcs fentimens un peu
fondement
livrer Bie
& à ne fc pas
en un mot à
au défe/poir, je parvins
enfuiteà
le tranquillifer. Je T'engageai donné lieu à
me raconter ce qui avoit dit
le jour
fon affaffinat. ii me
étoit allé
cet
même de
événement, ate
dans
après midi, contrefon ordinaire,
le cabinet de Dona Torillas ; que
elle, une de fes
tandis quilétoitavec de Chambre étoit entrée fans
femmes l'ett entenduc venir; qu'elle
qu'on les avoient furpris enfembles lni-avoit que
cette appatition imprévue faire aucune
tournéla tête; & quefans fauvé
l'ouréflexions, il s'étoit
par étoit
verture de fon panncau; quil chercher,
forti tout de fuite pour me.
afin de. me confulier fur ce quail devoit
faire dans cette occurrence fuivi ;r mais de
été
idtes
fans doute il avoit entrant dans la rue de
près, puifqu'en
fentipercéde
Ia Plateria ,ils'étoit
réduit Bim
fieurs coups, quilavoients Prépont lavoit trouvé.
f'état ou M,de
it
par étoit
verture de fon panncau; quil chercher,
forti tout de fuite pour me.
afin de. me confulier fur ce quail devoit
faire dans cette occurrence fuivi ;r mais de
été
idtes
fans doute il avoit entrant dans la rue de
près, puifqu'en
fentipercéde
Ia Plateria ,ils'étoit
réduit Bim
fieurs coups, quilavoients Prépont lavoit trouvé.
f'état ou M,de --- Page 41 ---
Peu, après lc Iss.
rétablifement
deTarcilly las,
2 Dom Fernand
de M,
Outré dei dépit,
de Toril.
chert une demie
d'ayoir payé fi
tant de chagrin, vengeance, qu'il
en concut
fievre violente 2. & tratanucuune d'un
éponvantable,
mirent au tombeail, qui en trois jours;
tems de
fans
ET
fideis
tefler, pour récompenfer avoir eu le
lontés; exécuteurs de
les.
auffi
fesctimninelles vo.
mille
vomifent-ils contré lui
tés d'ulage, sinprécations. rous : fes Après les formali.
fexeeption d'un feul Donefigiens à.
gardienzsen
qui fat érabli
Crux. M:de Tarcilly retournérent à la Veraoccafion Jui
pour-écrire afa profita de cette
depuis manda le tout ce qui-lui maitrefle; étoit
il
jour fatal ou ils
arrivé
furpris, loir
3 & il-n'omblia
avoient été
ils fa conflance & fa fidélité, pas de faire van'étoient éloignés
Comme
que de
Pun de Fatitre
ne tarda fotsante-qinse pas à recevoir lieues., il ne
par laqueile,
fa réponfe,
lui marquoir entr'auitres: la
chofes, elle
la rendant
mort de fon mari
de fes
ER4
fa premier liberté ufage étoit qu'elle vouloit adions,le faire de
de lui offrir fa fortune
Bvj
--- Page 42 ---
[361
& fa main :
fi cette propofition le
lui étoit
il vint
plutôt à la
qu'il lui
poffible, la joindre Vera-C Crux, ou elle ne failoit bienféance qu'arriver; & qu'aufitor que la
pour
le perinetroit, ils s'uniroient
toujours, - aux. conditions France. cependant M. de
quil T'emmeneroit comble en de fes voeux, vint
Tarcilly, dans Tinftant au nous faire part de ces
heureufes nouvelles; nous Ten félici:
tâmes de bon coeur; mais nous ne pames,en même tems, nous décrets di(penfer de la
d'admirer, en cela les
fois
Providence, qui fe fert quelques
des moyensles plus oppo(és favorifer au tours
ordinaire des chofes,, pour tandis que
ceux qu'elle veut protéger, fouvent dans leurs
d'autres échouent
conduites avec
entreprifes, quoique & la fagelle pofitoute la prudence
bles.
L
remit le lendemain à
M. de Tarcilly toutes les avances qui
M. de avoient Prépont été faites depuis fon arrilui
Fort
afin qu'l les renvée au
Royal, elles
,
dità ceux a qui
appartenotenf fa pacotille,
&ilme pria d'accepter
la faire valoir à - mon profit
pour
dans leurs
d'autres échouent
conduites avec
entreprifes, quoique & la fagelle pofitoute la prudence
bles.
L
remit le lendemain à
M. de Tarcilly toutes les avances qui
M. de avoient Prépont été faites depuis fon arrilui
Fort
afin qu'l les renvée au
Royal, elles
,
dità ceux a qui
appartenotenf fa pacotille,
&ilme pria d'accepter
la faire valoir à - mon profit
pour --- Page 43 ---
[371 de fon amitié pour
comme un gage
de fa reconmoi; & un a temoignage
noifance. quil fut en état de fortir,
Auflitôt faire
Comte de Leganez il le
il alla nouvelles partan qwilawoi recuess lui
des
de la protedion quil
remercia
& lui en demandala farda pas
avoit accordéc, Ce Viceroi ne
continuation. à lui en donner des deux marques jours
longtems fenibles, car il lui envoya de reconimanaprès plufieurs lettres le Gouverneur de
dation, tant pour pour Dona Elifabeth
la Vers-Cruxquer mere de fa maitreffe. à
de Cardonne, encore cinq à fix jours
Ilrefta pendant lefquels il
Méxice,,
LSE
convemtlemene , il fit chaife empletse depofe.
deux Elclaves & d'une Apres avoir
pour faire fon voyage. il partit pour la
ptis congé de nous;
Vera-Crx
avanture nous cit :
Quoique cette d'embarras elle
donné beaucoup
empeche Dom
n'avoit cependant Dom ser de Carveyra,
Gufman 8
affaires, qui étoient
de fonger à nos quand M: de Tarcilly de
fort avaneées nous réfoltimes, M,
partit ; ainl, --- Page 44 ---
[38]
Prépont & moide.laiffer à
Dom Juan de
México,
Trainfort à
Carveyra, & M.de
ver notre traite, Acapulco, tandis pour y achecompagnerions Dom, Gufman' que nous de aclafcos,a la Puebla de los
Tel:
San Jago de
Angelos, à
villes du
Guatimala, & autres
conféquence Mésique Nous aliâmes en
Leganez les démander au comte de
nous avoit promifes; recommaridations iler
qu'il
troya de la meilleure
nous les OcNous primes une grace du monde.
partimes le 35 OStobre voiture, & nous
la_Puebla, , diftante de 1732, pour
viron vingt lieues,
Mexico, d'enle
oinous
lendemain. au
arrivâmes
caufe de la grande foir, 3 attendu qu'à
marchions
chaleur, nous ne
foleil
pas pendant la - force du
42 Nous commencimes
nos lettres au Gouverneln par remettre.
Magiftrats auxquels elles étoient & aux
dreilées; nous en fiimes
ada
çus, & ils nous procurerent très-bien refacilités. que nous
toutes les
pour accélérer nos pouvions defirer
rent terminées
affaires, qui fuquinze jours, dont avanrageufements nous
en
employâmes
'à
marchions
chaleur, nous ne
foleil
pas pendant la - force du
42 Nous commencimes
nos lettres au Gouverneln par remettre.
Magiftrats auxquels elles étoient & aux
dreilées; nous en fiimes
ada
çus, & ils nous procurerent très-bien refacilités. que nous
toutes les
pour accélérer nos pouvions defirer
rent terminées
affaires, qui fuquinze jours, dont avanrageufements nous
en
employâmes --- Page 45 ---
-
[39] à viliter la ville &
tine bonne partie
auffi chartous fes environs quifont
mans que. curieux.
de la Province
La Puebla, Capitale Nouvelle Ef
de los Angelos, dans-la
Audience de México, 9 Gouver:.
pagne, de.Flafcala , eft fituée dans PAnement
à l'orient de
mérique Septentrionale México. Cette 2 : ville eft
la ville de
nommée
dans une fort belle vallée, dix lieues
Atlifca, diftante d'environ haute; qui eft
d'une montagne fort
preique toujours couverte e de neige.
ilya dans cette ville deux fontajnes, &
dont une fournit de bonne eaut, eft
Fautre de très-mauvaife: L'air.y &
bon, Ales maifons font de pierres fort
bien bâties; les dedans enifont bien diftri-.
oinés, & les appartemens
bués;'les rues font belles, propres, & non
droites, alignées au mieux,
enpavées. Iya de belles places,
tr'autres une que l'on appelle de la trois RE
publique; clle eftenfermée uniformes,
tés par de bons portiques remplies
ornés de- riches bontiques.
La
de toutes fortes de marchandifes
Cathédrale eft en face de cette placc, --- Page 46 ---
[491 achevé. 8
le portail eft un morceau. tours fort élcil eft flanquéde deux reffemble en 1 perit
vées : cette Eglile -
eft toute dorée
à celle de México,elle
ainfi quefa coupole, elle a fept
trois
Irteote
de chaque côté quiforment ileft ornéde douze
Le coeur eft beau,
& entouré de
colonnes de marbre, Autel eft magrilles de fer; le Maitre. auffi vingtgnitfique, il s'en trouve dans cette
quatre autres répartis font ornées
Eglife, dont les Chapelles une grande dorures & de peintures;
ornede Sacrittic, pleine de fuperbes fert de
mens s' 8 une chambre lescholes qui
les
Tréfor, ou Pon conferve a.auffi dans cette
plus précicules. Ily de communication
Eglite une porte
& au
qui conduit au.Palais de. Epifcopal, cette Eghiic,
Séminaire. Auprès
a encore
du côté de la placcs olt ily font trois At-.
une autre chapelle, le S. Sacrement. Cet
tels; on garde confidérable, on en évalue
Evêché a
de 600000 livres, &
le revenna près
Chanoines & aucelui ides Prébendés Dignitaires. à plus d'un million.
tres Cette ville eft tres-peuplce, on y
fabrique toutes fortes d'ouvrages en
,
Séminaire. Auprès
a encore
du côté de la placcs olt ily font trois At-.
une autre chapelle, le S. Sacrement. Cet
tels; on garde confidérable, on en évalue
Evêché a
de 600000 livres, &
le revenna près
Chanoines & aucelui ides Prébendés Dignitaires. à plus d'un million.
tres Cette ville eft tres-peuplce, on y
fabrique toutes fortes d'ouvrages en --- Page 47 ---
laine, fur-tont [4r.
peaux, qui font en fort draps & en chaa une fiuperbe verrerie renommés. &
Hy
des Monnoyes, ou une
une Hôtel
de Targent que
grande Partie
de Sacarecas, fe produifent les mines
fieurs Communantés fabrique. Iy a
cupées par des Jéfuites, Régulicres, P
quains, des
des Domini.
des Anguftins Carmies, des' Cordeliers,
& quatre Couvens , desPeres de laMerci,
Les dehors de la de filles.
ville font fort
heaux,sy rales, dont celles tronve des eaux miné.
font fulphuireufes, qui font à Toueft
pleines d'alun.
&, celles du nord
font à l'ef & an fud,elles Quant a celles qui
Ony voit anf de
font douces.
jardins, qui fourniffent Ipaciennx lés & beaux
la ville de toutes fortes de marchésde
légumes & d'herbes,
fruits, de
Le terrain de cette contréc eft
fertile, il abonde en
trèsnes de fucre, en froment, én.can-
& en coton : il produit cacao, en vanille
bres fruitiers, 8i toutes fortes quantité de d'arpropres & à la aux Ebéniftes, à la
bois
menuiferie. Je n'ai charpente'
En aucun endroit d'aufi belles jamais va
fucre: --- Page 48 ---
C [42]
ries. Les
Dominiquains en
plufieurs; ils en Ont une
poffédent
quieftngrande, - qu'ilsy entrautres,
pour la, faire valoir, plus avoientalors; de
cens cinquante têtes, tant
trois
que Négreffes &
Négres
non comprisle terrain Negrillonsrce qui,
faifoit un fond de plus clesblinens; de
mille livres.
quatre censQuand Dom Gufman
eut terminé fes affaires de'Tellafcos à la Puebla
car.il eft bon d'obferver
;
Prépont & moi, ne nous mêlions que M. de
rien, & que toutrouloit fur le
de
dece premier; nous partimes pourSan. compte
HERtLONCEEO
très-petites journées, à caufe
qu'a
fites que Dom Gufman fit à des viGentilhommes de' fes
pluficurs
des, habitations fur notre samis,quiavoient route.
Auffitôr que nous y fhimes
nous allâmes chez. Dom Pédro arrivés, 3
Quevejo, Gouverneur
de
lui remimes llettre de Géncral; nous
tion qui lui étoit adreffée recommandaveur parle Comte de
en notre fareçut très-bien; & Leganez:il nous offrit nous des
logemans mes. C'eft chezlui, le
que nous acceprâfeul-Gouverneur dans
notre samis,quiavoient route.
Auffitôr que nous y fhimes
nous allâmes chez. Dom Pédro arrivés, 3
Quevejo, Gouverneur
de
lui remimes llettre de Géncral; nous
tion qui lui étoit adreffée recommandaveur parle Comte de
en notre fareçut très-bien; & Leganez:il nous offrit nous des
logemans mes. C'eft chezlui, le
que nous acceprâfeul-Gouverneur dans --- Page 49 ---
143]
ce pays. quien. ait ufé ainfi à
egard; il eft vrai
notre
Dom. Gufman, & qu'il-éroit parent de
femme ni enfans.
qu'il n'avoir ni
Comme M. de Prépont & moi,
nueemaspaenions Dom
pour. confirmer ce
Gufman que
avoit. dit au Vicéroi, que à cet. Elpagnol
à México ; nous le
notre arrivée
feul à nos affaires, laiffames vaquer
mes 3 pendant les trois nous ne fongeanous reftâmes à San femaines que
tisfaire notre curiofité, Jago, qu'àfavallée, Cette ville eft fituée dans une belle
eft Telg d'environ de
une liene, , gui
tient un pays uni, montagnes ; elle. confiblement julqu'à la qui ville s'élargit infeneft diflante - d'une liene de la vieille, qui
ville oit nous étions. Il y a auprès nouvelle, de cette 2
vieille, deux montagnes
nomme les Voleans; elles que l'on
à-vis lune de
font visde.la vallée. Tautre, à chaque côré.
fur la ville, Onappellé du côté du cçile qui donne
can d'eau, dont il fort fud,le Voltaines d'ean douce,
plufieurs fonriviere, qui ferpente qui dans forment une
& fait tourner les moulins la valiée 2
de Xoco- --- Page 50 ---
(441
L'autre Volcan eft au côré
tenango.
On ne peut trien
oppole au premier.
tout
voir de plus épowvantables 9 ileft & de
couvert de cendres, de pierres
cailloux calcinés. On y entend perpé. ielle
tuellément la. foudre gronder : L'on
fond les métanx dans la terre. & des torn'y voit que des brilent flammes inceffament. ,
rens de infectent feu',qui l'air par leur puan-
& qui
occafionne de fréquentes
teur ce qui
qui moiffonmaladies épidémiques, nombre infint
nent tots les ans une
& de tout
de perfonnes de tout age
fexe.
-
Cette ville eft au deux cens quatres
vingt-fix degrés de longitude, eft & fort ait
de latitude; elle
quatorzieme
comptoit environ fix
peuplée; on y non compris les natumille familles, étoient au nombre de trois
rels , qui
dans le FauxE eens familles répandues
bourg S. Dominique. La rue
nom 15 &
joint à ce
ER
le même
qui bel endroit de la
bourg, eft le plus
y ont un fuville. Les Dominiquains Les maifons font belperbe Couvent. bien bâties; les boutiques
les fort 8 riches. On y tient tols les jours
ptoit environ fix
peuplée; on y non compris les natumille familles, étoient au nombre de trois
rels , qui
dans le FauxE eens familles répandues
bourg S. Dominique. La rue
nom 15 &
joint à ce
ER
le même
qui bel endroit de la
bourg, eft le plus
y ont un fuville. Les Dominiquains Les maifons font belperbe Couvent. bien bâties; les boutiques
les fort 8 riches. On y tient tols les jours --- Page 51 ---
un marché,
[45]
eft
Ily a une Cathédrale
tems magnifique de
S elle fert en même qui
foit dans Paroiffe, la ville. & e'eftla feule
fieurs autres
ly a : encore de
pendent 1. du églifes; Couvent mais elles déniquains, qui
une.
des Domiqui eft devant Teae grande allée;
lUniverité de la ville. Eglife, s'unit à
des Cordeliers. 3.. De 20. De celui
de la Mercy. Ces deux celnidesPeres
vens font fort
derniers Couau moins chacun beaux, cent & renferment
celui des Domitiquains Reipieus, mais
autres, tant par le nombre. furpaffe les
nes, que
la
des MoiEglife & D2 leur magnificence de leur
dévant' le Maitre batiment. Autel
On voit
d'argent, quieft fi pelanie, une lampe
hommes
qu'il fant
ARnEL de la
pour rélevet ; une
de grandeur Vierge, de même métal,
une niche, naturelle; elle eft
pelle du Rofaire 5 fur PAutel de la Cha- dans
Jeilya. donze lampes 9. devant laquel.
mées jour & nuit. 1lelt gui font all.
dans la fabrique de cette bien entré
fois autant de matiere damne, trois
que feu M. Languet de que dans celle
Gergy s Curé --- Page 52 ---
[46]
de S. Sulpice, a fait faire. Mais de
fans vouloir attaquer la mémoire ileft
ce pieux & refpectable Pafteur, eft
vrai de, dire, qu'outre que Pargent
bien plus commun dans ce pays qu'à
Paris,ceft que les Moines y, font enplus inficore plus fins, plus adroits, le
nuans qu'il ne létoit, & que peuple eft d'ailleurs fort fupertirieux.
f2. : dans leur cloître un Jardin ,
dans lequel eft un jet. - d'eau, d'ou fort
par douze tuyaux, celle qui eft néceffaire pour remplir. deux grands viviers il
pleins. de poitlon, dans lefquels
y at tonjours des oifeaux fruitier aquatiques. & un
ils ont aufli, un jardin
potager, dans A fun detquels eft un
étang de quatre cens pas de long, qui
eft pavé au fond & revêtu d'un mur.
Ils temnent dans cet étang un bateau,
dont ils fe fervent pour fe promener leur
-&
pêcher quandle poitfon
pour d'ailleurs. Ils font fort riches, 1
manque
de ferils ont une grande quantité
més, des. moulins à grains, à fucre,
& une mine d'argent , dont ils tirent, On
difent-ils, fort peu d'avantages.
fait monter leur revenu à plus de quaranic-cinq mille ducats. Il ya aufli un
mur.
Ils temnent dans cet étang un bateau,
dont ils fe fervent pour fe promener leur
-&
pêcher quandle poitfon
pour d'ailleurs. Ils font fort riches, 1
manque
de ferils ont une grande quantité
més, des. moulins à grains, à fucre,
& une mine d'argent , dont ils tirent, On
difent-ils, fort peu d'avantages.
fait monter leur revenu à plus de quaranic-cinq mille ducats. Il ya aufli un --- Page 53 ---
[471
Couvent d'Augufins, un de'Jéfuites -
& daux autrés, de Religieufes, dont
de la Con
Pun eft Tous.linvocation de Sainte: Cathekeptions & l'autre donne
rine, dans lefquels on
2 pour mille y.
faire profefions jufqu'à fait dans douze cette ville
livrés de dot. Ilfe
furun commerce fort confidérable,
toutavec lesPéruviens, , parle moyen à
de deux Ports, de mer 2 dont un eit le
Realejo, & Pautre à la Trinité:; :
premier n'eft éloigné de la.ville,q l'autre que de
de quarante-eing lieues, & fe fait aufi
vingt cinq. Le commerce la mer du nord, 2
avec TE(pagne Golte par n'eft diftant que
kont le
Dolcé,
a dans cette
de foixante lieues.Iy Evéché, y.
le reveville un fort bel
immenfe, I & il a beaucoup
nu en-eft
comme à
'érendue ; une Audience d'on
México, qui eft compotée
de déux autres,
MoS
mier Preldent, & d'un Procureur Géfix Confeillers
néral. ville
fe nomme SanJago
- Cette
acft qui Capitale de la Pro-.
de Guatimala, du même nom , qui eft fituée
vince lAmérique Septentrionals 2 dite
dans
Cette Province eft
Nouvelle Elpagne, --- Page 54 ---
148)
da. plus confidérable du
ce
comprend douze: Méxique, en
RR qui font celles de autres Nicaguel, ragua 2 de de San Salvador, de, S. MiSuchilepaco, Chiapa, dela de, Soconufco, de
cos, de Honduras, Verapaz,des de
Yzal.
Taguzgalpa & de Cofto-Rica. Chulutoca, de
tend: entre le fud-eft & lei
Elles'é
plus de trois cens lieues de nord-oueft,
en droite ligne, entre l'eft long; & mais
elle n'en a que deux cens
Poueft,
Sa plus grande largeur eft quarante, de cent
quatre-vingt tile, & abonde lieues; elle eft très-fernille, coton, froment en fucre, cacao, vatoutes efpeces,
& fruits de
bois
Ily a beaucoup de.
fortes tres-beaux, & propres à toutes
d'ouvrages. Les
font excellens, auffi les pâturages y
font-ils fort nombreux troupcaux & à bon y
compte:
Les principales villes de ces Provinces, font San
Spiritu Sandto , San Jago, 2 San Salvador,
dad & Xeres, Ce Miguel, la Trininéral , toujours dépendant Gouvernement de la Vice- Géroyauté de México, a divers
dont entr'autres la baye de Fonfeca Ports 5
proche
es tres-beaux, & propres à toutes
d'ouvrages. Les
font excellens, auffi les pâturages y
font-ils fort nombreux troupcaux & à bon y
compte:
Les principales villes de ces Provinces, font San
Spiritu Sandto , San Jago, 2 San Salvador,
dad & Xeres, Ce Miguel, la Trininéral , toujours dépendant Gouvernement de la Vice- Géroyauté de México, a divers
dont entr'autres la baye de Fonfeca Ports 5
proche --- Page 55 ---
[49]
proche le Bourg S. Miguel. Ilfe trouve
plufieurs petites Iles dans cette
des Sauvages
Berte
qui font habitées de bois par & de fel. Au côté
remplies occidental de la même baye,ily y a
une bourgade" d'Infulaires, de appellée bétail.
Matal, ohily, a beaucoup
Le Port le plus - confidérable de ce
Gouvernement, eft celuid'Acatxutla;
il n'eft pas éloigné de la baye de T'oueft Fonféca. Iy a douze lieues vers
de ce Port, à la baye de Guatimala, de
& fept de/cette baye à la riviere
Xicapala. Ce Gouvernement n'a point
de Port fur la mer du nord,de façon
les marchandifes. qui viennent
que; d'Europe, fe tranfportent parle Golfe
Dolce, du fond de la baye de Honduel
ras, jufqu'à une place appellée,
Puerto de Golfo-dolce . 2 qui eft dans
Vintérieur du pays; , de-là, par terre s
à la-ville de San Jago de Guatimala,
Capitale de ces Provinces', & aux
autres villes du même Gouvernement. eft mariCette. grande Province lieues de long,
time elle a dix-fept côte de la mer du fud,
en fuivant la
entre le fud & le
& trente de large 2
nord.
C
Part, IV. --- Page 56 ---
(yo)
L'air d'y eft point t-fain, tant à caufe
des chaleurs, que de la grande humidité, & des Volcans dont l'ai déja
parlé. Ce pays eft raboteux & plein
demontagnes;il eft coupé de plufieurs
rivieres très: poiffonneufes ; & remplies decrocodilles : on n'y voit gue- dele't mois
res de. pluies,
depuis
Mai jufqu'à la Alde de Septembre. llya de
beaucoup de ferpens monfrueux, mais tous
viperes & de fcorpions ;
ces reptiles ne font pas a.beaucoup de
près fi dangereux qu'une dont efpece on ne
vers fort gros & velu,
caufe
guérit pas de- la morfure, feul qui toucher.
la mort, même par le
On y voit une, quantité de mouche- & d'arons > de monches,de guelpes eft ex-.
beilles.Le miel de ces dernierese il
cellent,, & la cire trèsbonne; y
croit un arbre qai produit un baume
merveilleux. On.dit auffi qu'il - y a une
certaine montagne, d'oit on affure
qu'il coule ine liqueur dont aromatique l'effet ed
femblable à de Thuile,
efficace pour toutes fortes de. plaies.
Le, fel eft rare,ils ne fe fait qu'à grands Tron
frais * avec celui de.la mer,
de
des fournaifes à
Bres
euit dans
trèsbonne; y
croit un arbre qai produit un baume
merveilleux. On.dit auffi qu'il - y a une
certaine montagne, d'oit on affure
qu'il coule ine liqueur dont aromatique l'effet ed
femblable à de Thuile,
efficace pour toutes fortes de. plaies.
Le, fel eft rare,ils ne fe fait qu'à grands Tron
frais * avec celui de.la mer,
de
des fournaifes à
Bres
euit dans --- Page 57 ---
[5:]
veines de
eu. On trouve lacs pluficurs font dans le
oufre dans des
qui & les paturaquartier de Neftupaca, font très: profes.qui les environnent, en fort peu de tems
pres à engraifler
maigrés qu'ils
es chévaux, quelques
oient. Province eft féparée de celle
Cette
eSuchirepeco & de Gualzcapan, fort as
Michaova, qu
a riviere-de à
lieues de la
ac Amitatan, quatre & qui fe précipite
Hille de San Jago, rochers fort, élevés dans
u haut de oûi il a un nompre inne caverne
& de chauve-founi de péroquets dernieres font dangereufess
is; ces
les beftiaux en fuçant leur
lles tuent
pas non: plus
ang Elles n'épargnent elles les trouvent
es hommes & quand elles font en fi grande
ndormis,
les fauvages ont été
uuntité, que d'abandonner les habitalontraints
à caufe du dommage
jons vo-fines, animaux caufoient
ue ces indignes
ux beftiaux.
répandus dans tous
Les Sauvages
font
Es environs de ces Provinces, iuperttitneux &
areffeux, groffiers,
les Efpa:
yrognes ; mais depuis que Cij --- Page 58 ---
1s2]
on les
gnols en font d'embraffer, les maîtres., au moins et
contraints
Chrétienne
spparences la Religion aité de voir que 1
il eft cependant les retient dans leur de
peur feule
qu'ils ne font poin
voir; car auffitôt rétournent à leur. cult
obfervés, Ceux il d'entre eux qui paroi
idolâtre. fent les moins mauvais Catholiques d
ne laiffent pas de mler le beancoup chant des.oi
iuperftitions, comme
de certaine
feaux, & 4a rencontre mauvaile augure
bêtes de bonne ou adorent des Ido
Ily en a même de qui
d'autres qu
les de bois &
pierres
de cell
croient que leur vie dépend
ave
de quelques bêtes quils gardent foin, &
eux, dont ils ont un grand viennen
qui s'imaginent, loriqelles les fuivront de près
à mourir, qu'ils moines veulent les
Quand les
qu'ils 1SE ont
dre, ils leurs objeétent des ftatues de bois
dans leurs Eglifes de marbre & de différen
de pierre, auxquelles ils rendent auf
métaux;
d'ailleurs la plipar
un culte; que repréfentent,
de ceux qu'elles été dans la mêie
fent-avoir
y voit S.
a
qu'eux, puifqu'oa
ivront de près
à mourir, qu'ils moines veulent les
Quand les
qu'ils 1SE ont
dre, ils leurs objeétent des ftatues de bois
dans leurs Eglifes de marbre & de différen
de pierre, auxquelles ils rendent auf
métaux;
d'ailleurs la plipar
un culte; que repréfentent,
de ceux qu'elles été dans la mêie
fent-avoir
y voit S.
a
qu'eux, puifqu'oa --- Page 59 ---
S. Antoine avec un Covéc un Lion; Roch & S. Dominique avec
hon; S. chien; S. Marc avec un, tauhacun un S. Jean avec une aiple-larrive
ean,& lorfqu'on leur demande ce
uffi que
touchant Tincaration,
u'ils penfent
PEula Réfurreftion,
a Rédemprion, & la Sainte Trinité, Myf
hariftie
qui furpafient les (ens
eres inéfables, éclairés, ils-fe con
les gens les plus
rien n'eft fi
entent de répondre, merveilleux,. 0 que
&
ean, fi grand, G
bien
Veffetlivement cela croient pourroit rien : &
tre, mais ils n'en
qui ne mantomment ces Sauvages,
de
juent pas
ils entenTEmeNiea
tandis que d'un côté
a foi,
d'une f fainte Relilent les Miniftres le détachement des
ion, leur prôcher périfables 2 T'huicheffes, toujours. le pardon des inmilité, la charité, 9 toute la morale
ures ; en un mot
ils
Evangélique, & V que de Pautre, ambivoient dans ces Miniftres une des
ion démefurée, qui a porté
gens des
le cette même Religion venir à paffer dans des
ners immenfes pour envahir,au, prix
erres étrangeres, y millions d'inforu fang de plufieurs
Cij --- Page 60 ---
154]
tunés, des tréfors que la nature
refufés à leurs
avoit
foutenable, climats, un orgenil intine haine
qu'ils peuvént à peine
implacable
mort. de leurs ennemis affouvir par la
infulrant envers des
; un inépris
ils feid difent freres, une matheureix, dont
& une rigueur outrée a varice fordide
qui, révoltés de cet affreux alisgarddeceux
ne peuvent fe réfoudre à fe laifler contrafte,
fuader?Aufi la fenle crainte des perménsles déterminent-ils à
tourleur coeur, toujours
feindre, 9. &
conduit
raifon, ne fe change jamais. par leur
Le 26 Novembre
mes congé de Dom 1732, Pédro.de nous prvejo, & nous
Quc.
I guera, ville Capitale partimes de la pour AnteGuaxaca, fituée dans
Province de
tentrionale, &
PAmérique Sepvelle Elpagne. dépendante Elle
de la Nouviron
eft diftante d'enxico : les quatre-vingt-fix rues font
lieués de Méeées, & les maifons droites, bien bien pers'y fait un
bâries. II
A
en foieries, grand & elle commerce, eft
fur-tout
Il ya un Evêché qui eft forr peuplée.
rable : il porte lenom de très-confidé. la
au lieu de celui de la ville. Province, Il
a une
érique Sepvelle Elpagne. dépendante Elle
de la Nouviron
eft diftante d'enxico : les quatre-vingt-fix rues font
lieués de Méeées, & les maifons droites, bien bien pers'y fait un
bâries. II
A
en foieries, grand & elle commerce, eft
fur-tout
Il ya un Evêché qui eft forr peuplée.
rable : il porte lenom de très-confidé. la
au lieu de celui de la ville. Province, Il
a une --- Page 61 ---
D557
étendue il eft entre celui-de
grande Tlaicala & celui de Guatimala; on lui
donne plus de cent lieues de long. en &
fuivant la côte de la mer du fud,
en fuivant - celle du nord;
cinquanté entre les deux mers, en"
fa longueur limites du Diocele de Tlaffuivantles cala,eft de cent dix lieues, & du côté
le long de la Province de
du levant, elle n'eft que de cinquante
Chiapa, dont la vallée de Guaxaça,
quatre, feize à dix-fept lieués de long s
qui a
au
la mon-
& qui commence
pied-de La Catagne de Cocola, fait partic.
thedrale eft fort belle, - & fait face à
place oùt (e tient le marune ché. grande Il y a un fort beau Séminaire,
deux Colléges. de prêtres feculiers 2.
deux Couvens de Dominiquains autres. qui
font très-riches 5 & plufieurs On préCommunautés Religieufes. dans. ce Diocèfe cent
tend qu'ik Couvens y a de Dominiquains, 2 invingt
des autres Maifons Redependament & plus de fept cens bourgs
ligieules,
-
&, villages occupés par monter les.nanurels le nomdu pays, dont on fait
mille
bre à plus de deux cens
qui
tribut; ils font de différentes:
payent
Civ --- Page 62 ---
[56]
nations, 2 dont chacune a un
gui luief
langage
me méxicain particulier, foit
quoique lidioCes
commun à toutes."
gion Sanvages ont embrafé la Reli1
Chrétienne.
Le terroir de la Province de
xaca.efti très-fertile ; il produit du. Gua- fromént, dui cacao, de la
mays, du coton, de la caffe 9 du
une prodigi€ufe
cochenille,
qui fervent à élever quantité de mûriers, 2
&t toutes fortes
les vers à foie,
légumes &
d'arbres fruitiers , de
fontfort d'herbes; les paturages y
&
bons,ily y a plufieurs rivieres
fontaines,onr l'ean
que le poiffon. Lc
eftbonne ainfi
ony voit fort péu gibier de y abonde,
l'air y. - eft falubre. II répiles, &
d'or, d'argent & de y a des mines'
blemens de terre & cryftal; les
les trém.
font C affez fréquens.
ouragans y.
Il a dans-le
Province une contrée département de cette
Mifteca, qui eft divifée que l'on appelle
ties haute &. bafle. La en deux parmêmes bornes
premiere a les
du nord & de l'oueft; que Guaxaca, dui côté
elle tient à la même du côté del T'eft,
midi, elle touche à Province la baffe : & au
Mifteca,
cryftal; les
les trém.
font C affez fréquens.
ouragans y.
Il a dans-le
Province une contrée département de cette
Mifteca, qui eft divifée que l'on appelle
ties haute &. bafle. La en deux parmêmes bornes
premiere a les
du nord & de l'oueft; que Guaxaca, dui côté
elle tient à la même du côté del T'eft,
midi, elle touche à Province la baffe : & au
Mifteca, --- Page 63 ---
Cette dernicre eft bornée, au noid;
par la haute;, à l'eft par la Province vers
de Guaxaca ; au fud,elle s'étend elle
la mer du nord, &c à T'oueft,
confine la Province de Tlafcala.
fe
Les torrens & les ruiffeaux qui
rencontrent dans l'une & l'autre 9
portent de lor. Les Sauvages vont
aux flenves & aux ruifleaux voifins, tant
chercher des paillettes d'or, 8,
y durent leurs provifions pils n'en:
defemparent que
pas. Ils vont, après les:
échanger aux marchés pour les chofes
méceflaires à la vic. Ils reftent enfuite
tranquilles chez etx 9 jufqwacequel- alors ils
les viennent à leur manquer;
retournent à leur premierei occupation. On voit fur les limites de Cuerthavaca & Srequice-Stépeque : une eft
haute montagne, fous laquelle
une caverne qui conduit dans une
oàon trouve des puits & une
plaine fonaine: ily a encore dans les enviautres montagnes, harons plufieurs
demeubitées par des Sauvages, de qui rochers &
rènt dans des. fentes leurs femmes &6
dans des puits, avec
poflible
leurs enfans, dohiln'el pas
de les tirer., quelques igflances.qu'on
C V. --- Page 64 ---
[381
leur faffe; il feroit même dangereux
de vouloir les y contraindre.
Entre ces montagnes, il y en a
deux entr'autres quifont fi élevées &
fi proches l'une de l'autre, qu'en écartant un peules jambes, on pourroit
tenir un pied fur Pextrémité de chacune. Ony remarque encore les vefd'anciens châteaux, queles Méxicainsyavoient tiges
bâtis autrefois.
des
OCY
voit aufi
rochers, mines auprès 'd'or & de
quels il y. a des
plomb. Nous ne reftâmes que peu de jours
dens cette ville, dont le Gouverneur
étoit abfent, & nous partimes, le IO
Décembre, pour Valladolid, Capitale de la Province de Méchoacan,
des
de la Nouvelle
une
principales Cette ville eft fituée par les
E(pagne.
foixante
degrés
deux cens
quatorze & les
- quinze minutes de longitude, d'un
vingt degrés de latitude 2, près
de Mégrand a lac, à cinquante lieues
arxico. Nous allâmés auffitôt notre
rivée, faire une vifite à Dom Jofeph Prod'Acuenta, Gouverneur de cette
vince, à qui nous remimes la lettre.
du Comte de Léganez; il nous fit un
eft fituée par les
E(pagne.
foixante
degrés
deux cens
quatorze & les
- quinze minutes de longitude, d'un
vingt degrés de latitude 2, près
de Mégrand a lac, à cinquante lieues
arxico. Nous allâmés auffitôt notre
rivée, faire une vifite à Dom Jofeph Prod'Acuenta, Gouverneur de cette
vince, à qui nous remimes la lettre.
du Comte de Léganez; il nous fit un --- Page 65 ---
[591
& beauaccueil des plus gracienux,
nous
coup. d'offres -
de fervices, dans dont lé cas de
ne nous trouvâmes ville pas eft
& riprofiter. Cette font bien grande bâties &
che,les maifons
fortornées, les rues (ont pavées, lar-
& bien percées; : les boutiques
fonte garnies.de toutes fortes de marchandifes, ils'y fait un.grand commerce, fur-tout en foics, en. cire, en le
miel, en ambre noir. Le'fucre,
cacao, le coton, la calle, la cochenille, le froment & le mays_y vien- font
nent à merveille; les pàturages la Aiode
bons, les beftiaux beaux, marché. Cette
excellente & à grand
en: g1
Province abonde en poiffons,
bier, en arbres fruitiers, enl legumes, tout
&
en
en herbages, genéralement à la vie. L'air y
ce qui eft néceffaire
voit,
eft fain & pur; on y > d'animaux quelques
croendilles, mais fort peu
venimeux. Les péroquets font communs.8 les chevaux fort beaux.
dans la ville
LX
a deux boas dont Ports l'un fe nomme S.
Valladolid, Anroine, & l'autre San Jago, un bel
Evêché dont le revenu eft confidéra:
ble. La carhédrale eft bien bâtie. Iy
Cvj --- Page 66 ---
[60)
de
&
a un Couvent
Dominiquains, reliplufieurs autres communautés de filles.
gieufes, tant d'hommes que
cette
-
Les Sauvages qui habitent
Province font grands, bienfaits, agiles, adroits, induftrieux, 9 forts, ro:
buftes & vaillans ; ils ont de PEfprit, eft
Timagination vive, leur langage
élégant ; ils ont une belle prononciation, &' font de fuperbes ouvraavec des plumes de toutes couIcurs, ges.
qui font fi eftimés,-qu'on en
fait. des préfens aut Roi & aux plus
grands Seigneurs; ils ont tousembraf- & ils font
fé la Religion Chntienue,
affez bons Catholiques,
cette
Rien ne nous retenant plusdans Décemville, nous en partimes le 21
oii
bre pour nous rendre à México, de Noël de
nous arrivâmes la veille trouvâmes
l'année 1732. Nous y
Dona
Dona Elifabeth de Cardonne,
de Torillas & M. de Tarcilly, 5 qui
depuis trois jours >. attendoient notre le
retour : ce dernier nous apprit de que Carmotif du voyage de Dona
donne, étoit de s'informer de nous de
fa naiffance & de fes moeurs. nous lui
en rendimes un compte favorable, aul
rendre à México, de Noël de
nous arrivâmes la veille trouvâmes
l'année 1732. Nous y
Dona
Dona Elifabeth de Cardonne,
de Torillas & M. de Tarcilly, 5 qui
depuis trois jours >. attendoient notre le
retour : ce dernier nous apprit de que Carmotif du voyage de Dona
donne, étoit de s'informer de nous de
fa naiffance & de fes moeurs. nous lui
en rendimes un compte favorable, aul --- Page 67 ---
[6t]
moins quant aux mcurs ,car par n'en rap: fafon extraction, nous
porta rien autre chofe que ce qu'il
vions
dit, & il devoit en
nous en avoit
par le contrat'
donner la confirmation fon
& fon extrait
de mariage de
avoit pere demandé dans
baptifaire; Cette qu'il Dame fut charmée de
fon pays.
& ne fit aucune
notre témoignage, d'accorderfon confentement
difficulté
entre fa fille & M.
à Thymen projetté auffitôt que les papiers"
de Tarcilly, feroient arrivés.
de ce dernier allâmes tous le lendemain 9
chez Nous le Comte de Léganez, qui de nous nous
fitparoitre beaucoup de plaifir Dom Gufman
voir; & en Sadreflanta il lui demanda G nous
de Tellafcos, bientôt fur notre départ. II lui
étions
nous ne tarderions
répondit que
congé de lui, & Pie
à venir prendre
nqu'il avoit
remercier de la protcéion accorder. Il nous"
bien voulu fcroit nous enchanté de trouver
affura qu'il
occafions de nous
encore d'autres
porteroit volonobliger, & qu'il bien s'y dès amitiés à M:
tiers: il fit auffi
fort avantade Tareilly, Sl en parla
fe rette
genfement à ces. Dames, qui --- Page 68 ---
[62]
rerent très-fatisfaites de fes'
nous nous rendimes. enfiite politeffes; à
5;.
hôtellerie, où pendant les fêtes notre
ment qu'elles pafferent à
feulenous ne-nous quittâmes
México, 7.
& nous mangeâmes
prefque pas,.
ble.
toujours enfemQuand elles furent
fongeâmes bien
parties, nous
préparer à notre férieufement départ.
à.r nous
Carveyra : & M. de
Dom Juan de
rendirent compte de toutes Trainfort, leurs nous.
rations. Nous fimes
nos échanges,
trés-contens PE
en barre & en qui confiftoient a en or
piftolles
poudre, 9 en moetes ou
d'E/pagne, en faumons d'argent, en. piaftres de
ries brutes, en
poids 3 en pierrecoton de
foies, en vanille, en
Siam, en
brenoir, en
cochenille, 2 en am:
Il nous reftoit cire& en tabac d'Elpagne.
nos marchandifes edcorequelquest unes de
de la
légeres d'Europe &
Martinique, - 2 fur-tour en quincailleries, de
que nousjugeâmes à propos.
étions. conferver, bien aife tant à caufe que nous
d'être affortis,
parce que nous favions
nous que
tirerions un meilleur
que
en
endroits où
parti, dans les
ler en traite. nous avions envie d'al-
ire& en tabac d'Elpagne.
nos marchandifes edcorequelquest unes de
de la
légeres d'Europe &
Martinique, - 2 fur-tour en quincailleries, de
que nousjugeâmes à propos.
étions. conferver, bien aife tant à caufe que nous
d'être affortis,
parce que nous favions
nous que
tirerions un meilleur
que
en
endroits où
parti, dans les
ler en traite. nous avions envie d'al- --- Page 69 ---
[631
Nous donnâmes des ordres d'eau, pour
qu'on renouvellât nosprovilions de vollailles &
de bois, de beftiaux,
de Quant légumes. au vin & à l'eau-de-vie ils
ne. nous: manquoient pas; dérniere ; nous une en
avions, fur-tout de cette la fuite, nous
bonne quantité qui, par ménager les
fut très-néceffaire pour
avec qui
bonnes graces des Sauvages
nous elimes traiter.
de la ProMéxico, ville Capitale
tant
vince de ce nom & du Méxique fituée >. dans
ancien que nouvean, eft
les
FAmérique Septentrionale s par de
deux cens foixante-quinze de
& les vingt.
me
longitude,
Elle eft la
fous la Zone Torrider & la plus comphis confidérable de toutes celles qui font
merçante
le nouveau
dans ce qu'on appelle
& fort rimonde; elle eft tres-grande font bâties en
che, lés maifons elles font péu FaE
res ou en briques,
tremblevées, acaufe des fréquens hautes n'ont
mens de terre; &1 les plus (ont bien confque trois étages; commodes elles
& très-protruites, Les fort dedans en font bien oinés,
prés. --- Page 70 ---
[641
& les appartemens bien
Les rues font larges, deux diftribués. caroffes
peuvent paffer de front dans les
étroites, & laiffer encore de la plus
des déux, côtés pour les
à place
iky en a où ilen
gens pied;
cinq. Elle eft fort pafferoit au moins
comptoit de mon tems, peuplée, 3 &c on y
mille habitans
prèsdef foixante
moitié entretenoit Elpagnols, dont près de
ral les caroffes font équipage. En généen a qui
y
fort beaux, ily
qui fervent furpaffent en richeffes ceux
Ambafladelrs. en Europe à l'entrée des
fieurs qui
J'en ai même vu plu.
lor & des éblouifloient. par Téclatde
pierreries dont ils
garnis. Les chevaux
étoient
& à grand marché. y font bons, fins
s'y met
Tout le monderer que fuperbement, le luxe n'a
& on peut affuloin chez les' Grecs jamais 8
été pouffé fi
ce qui doitd'autant
les Romains, :
moins
que. ce pays abonde en mines furprendre,
dargent,6 en
d'or,
boutiques font richement pierres précieufes. Les:
tout celles des Orfévres, garnies; furdaires & des Bijoutiers
des Lapilalrue de la Platéria, qui font dans
qui avoifine le
er que fuperbement, le luxe n'a
& on peut affuloin chez les' Grecs jamais 8
été pouffé fi
ce qui doitd'autant
les Romains, :
moins
que. ce pays abonde en mines furprendre,
dargent,6 en
d'or,
boutiques font richement pierres précieufes. Les:
tout celles des Orfévres, garnies; furdaires & des Bijoutiers
des Lapilalrue de la Platéria, qui font dans
qui avoifine le --- Page 71 ---
Palais, & on : ale plaifir de voir d'un
d'ceil
millions. ly
feul coup
plutictirs fort rénommee que
a aufli une rue.
: elle eft OCl'on; appetle S. Auguftin
der foie.
cupée par les marchands ieftla plus large,
Celle de Tabuca, qui conduitleat dans
joint l'aquéduc la qui
belle de toutes
la villes mais plus eft-celle. oùr nous
& la plus longue, tire fon nom d'une Idole
logions. Elle
étoit
jadis adoréc dans ce pays, voyoit qui enun aigle de pierre que Ton
cette
core de mon tems all coin-de enrue. lly a plufieurs belles places eft ? fort
tr'autres celle. du marché, qui
inacencuetietenioee déportiques
our l'on peur aller à couvert quand
par il pleut. Ils font remplis de boutiques de ride marchands de toutes fortes
il
ches étoffes , audevant defquelles de fruits, de
y en a d'autres pleines
légumes & d'herbes. Viceroi eft bâti dans
Le Palais du oùr étoit autrefois celui.
lemplacemient du Méxique, il fait
des Empereurs
& eft fans contreface à cette place,
qu'il y
dit,un des. plus magnifiques compris
ait au monde. Ilcontient , y du marlesjardins, toute lalongueur --- Page 72 ---
[66]
ché. Au bout eft la
de la ville, qui eft bâtie principale en bonne prifon
çonnérie de
mna-
- La Métropole Pierre. eft,on
un morceau achevé, & peut fort le eftimé dire,
par-la beauté de fon
a été commencée architeéture. Elle
qu'il leut fait la
par Cortez, après
pire, &a été achevé conquête de cet EmPréfident Sébattien
par les foins du
environ
Ramires, Paul III,
vingt.c cinq ans après la
verte du Méxique,
découtale en
érigea.c cette CapiArchevéché, qui a douze fuffragans,
font les Evèques de San
Jago, 1: Guatimala, de
de laPuebla - de los Angelos, Nicaragua, de Guadalajara,de Valladolid,
de Tlaftala,
d'Antéquera,
Paz, des
d'Yucatan, de la VeraChiapa, Philipines, de Panuco & de
Ony compte auffi foixante autres
Eglifes fort belles. &
en Paroiffes qu'en Couvensde très-riches, tant
niquains, de Jéfuites,
Domid'Auguflins, de
2 de Carmes,
liers, rde
Récoleis, > de CordeMerci, de Capucins, de Peres de la
d'hôpitaux, Communautés de filles, &
qui font au nombre de.
quatre. L'or éclate jufqu'aux toits &
& de
Ony compte auffi foixante autres
Eglifes fort belles. &
en Paroiffes qu'en Couvensde très-riches, tant
niquains, de Jéfuites,
Domid'Auguflins, de
2 de Carmes,
liers, rde
Récoleis, > de CordeMerci, de Capucins, de Peres de la
d'hôpitaux, Communautés de filles, &
qui font au nombre de.
quatre. L'or éclate jufqu'aux toits & --- Page 73 ---
aux pontres de ces Pglifes : le marbre,
Tagarie, le granite, lcs bois de BréGl & de fenteurs, (ervent aux moindres décorations ; les ornemens.iont Les
fuperbes, ainfi que les tapifterics.
oftenfoirs, calices, croix,
baffins,
mnts
chandeliers encenfoirs,
rettes, châffes, & autres enrichis reliquaires de
font d'or ou d'argent,
pierreries. Onvoit dans quelotes-unes d'or
de ces Eglites, des tabernacles de rubis
maffif, garnis de diamans, On pré.
& autres pierres précienfes.
tend que le moindre a couté plus de
trente - mille ducats. L'Arehevêque les, Di
jouit d'un revenu immenfe; :
Prégnitaires, Chanoines & autres :
bendés, en ont un à proportion. beau & bien
L'Hôtel de Ville eft
célebre,
bâti. il y a une Univerfité les arts libédans laquelle e'on, enfeigne Audience,
raux & autres fciences; une
Royale, d'our dépend la plus grande
partic des Provinces & Gouvernemens de cette Vieeroyaute-lause Audiences
partie reflortiflante aux
de Guatimala & de Panama. & bien:
Les hommes y font blanches grands & belles 3
faits ; les femmes --- Page 74 ---
A t68]
elles ont de l'efprit & limagination
très-vive: Leur commerce feroit fort
agréable, fi les maris étoient plus.
lians & moins jaloux,
lac
Cette ville eft bâtie fur tin
quipor
te le nom de Méxique; il eft d'une'affez
une partie de fon
grande étendue dormante 2
& tranquille;
caueftdouce, elle ett fort bonne à boire & trèspoiffonneufe; ; l'autre a flux 8 reflux :
fon eau eft falée &amere, elle ne fournit point de poiffons. La douce eft
plus haute quela falée, cette premiere de
a fept lieues de long fur autant La
large, & vingt-fept lieues'de tour.
derniere huit lienes de long fur fept
de
& vingt-huit de tour; de
large, 2
enfemble
forte que les deux parties
lieties
peuvent avoir cinquante-cing
eft
de circuit. La partie du lac, qui
falée; produit beaucoup de fcl, dont
on fait un grand débit, tant par ce qui
s'en confomme dans le Pays, que par
les envois que lon en faitt tous les-ans
aux; On Hles dit Philippines. ce lac étoit autrefois
bordé d'un que grand nombre de villes,
qui contenojent plus de trois cens
mille familles, tant en E(pagnols qu'en
parties
lieties
peuvent avoir cinquante-cing
eft
de circuit. La partie du lac, qui
falée; produit beaucoup de fcl, dont
on fait un grand débit, tant par ce qui
s'en confomme dans le Pays, que par
les envois que lon en faitt tous les-ans
aux; On Hles dit Philippines. ce lac étoit autrefois
bordé d'un que grand nombre de villes,
qui contenojent plus de trois cens
mille familles, tant en E(pagnols qu'en --- Page 75 ---
[691
natnrels du pays; mais on n'y trouve à cinà préfent que quarante-eing & villages, dont le
quante grand bourgs a tout au plus fixcens maiReme La caufe de cette diminution, l'on
vient, dit-op, des trayaux que pour
fit faire ilya a plus d'un fiecle,
détourner, Peau de ce lac,en pratiun : chemin au travers des mon- des
quant
garantir cette ville
fagnes, pour auxquelles elle étoit fuinondations qui fit périr plus de huit cens
jette,ce naturels, qui dans tous les tems,
milles
étéles triftes vidimes de
ont toujours. de la Nation Efpagnole,
la cupidité eft fain, &1 le climat fort temL'air y, le froid & le chaud-ie fond fenpéré, chacun dans fa faifon; mais le
tir,
dans un degré très-modéré,
premier,. Les vens & la force du foleil; fervent
de corre@tifs à la grande humidité qu'il 1
y fait.
de México; qui eft la
La Province & la premiere de toutes
principale compolent la Viceroyaué
celles qui
éft bornée au feptendu Méxique, Proyince de Guaxaca;
trion, par-la partie par la même Proà Torient,
par. celle de Tlafcala;
yince, partie --- Page 76 ---
Y 170j
au midi par la mer du fud, & à
par la Province de Méchoacan, Poneft
licux, contient quinze principales villes Elle &
Taculabo, qui font : México, 2 Guaxutla,
Querete,
que,S. Louis de la. Paz, ClanchinoltepeS.Jean des Ylo, Meltitlan, Patiocque,
cinguo,
GuacoTlaluc, Coyxa Cultapeque &
s Suchimilco 9
commode, dans Acapulco; la
bon Port,
il peat contenir plus de mer. du fud, OiL
Il s'y fait un commerce cent très vaiffeaux,
rable, cetre ville n'eft
confidé.
d'une lieue & demie du diftante. Port
quis.
sdle
Les autres Provinces ou
nemens qui dépendent de cette Gouverroyauté, dans Tancien
Viceau nombre de
Méxique, font
Guatimula,los vingt-quatre, favoir:
Angelos,
Guaxaca, la Nouvelle Méchoacan,
liaca, Cinaloan, le
Bilcaye, Cume. de Léon; Nicaragua, nouveau Royaumarquable par fa
Province re.
par un petit poiffon teinure-a'écarlate, à écaille
nitla pourpre, &
lon qui fourtre le; rocners de ies que
trouve enlin, fon ouatte, fa
côtes, Par fon
dron, lon. excellent poix-réfine, fon
çacao, & Par Et
:
Angelos,
Guaxaca, la Nouvelle Méchoacan,
liaca, Cinaloan, le
Bilcaye, Cume. de Léon; Nicaragua, nouveau Royaumarquable par fa
Province re.
par un petit poiffon teinure-a'écarlate, à écaille
nitla pourpre, &
lon qui fourtre le; rocners de ies que
trouve enlin, fon ouatte, fa
côtes, Par fon
dron, lon. excellent poix-réfine, fon
çacao, & Par Et --- Page 77 ---
[71
quantité de beaux! bois que dit-on, l'onyvoit; des arparmi lefquels il a'; fi prodigieufe que
bres d'une id
douze hommes enfemblé,fe tenant par à
les'mains, auroient bien de la peine
enembraffcran; Guafteca ou
Ees:
Chiametlau; Guadalajara, remplies de hauTlafcala :, Provinces
2. à
tes montagnes , tres-dangereules. des lyons & des Gncaufe des tigres,
Tabaico, Chiages qui les habitent; Soconufco, Yucapa., Sononufco-ou Honduras, Coftatan, Vera-Paz,.
YeraRica, Veragua , Panama.&
Crux.
l'anToutes ces Provincescompofent dit,.ou la
cien Méxinue, proprement Elle eft bornée au
Nouvelle Elpagne. Méxique; a l'onord par le nouveau golfe du Méxique,
rient, , partie par.le la mer du nord ; au midi,
& partie par
méridionale,parpartie
PAmérique & àl l'occident,
tie
mer. dufod; la mer du fud.
at
pareillement. par dénomination de-Méxis
Sous cette
on comprend non - feulement
fmnaea & le nouveau, ainfi que tous
les
qui font-au nord de PAméri- la Virmais encore
que
lee, --- Page 78 ---
72]
ginie, le Norumbegue, la terre de
Corte-réal,l la Nouvelle PEftotilande, la Floride &
France on Louifane,vul
gairement nommée le
Les Provinces &
Mildifipi.
cette Viceroyauté Gouvernemens de
de cing - cens lieues comprennent de
plus
confie ordinairement
pays. On ne
un très grand Seigneur, cette placei gu'a
eft fort étendu. Il-f fait dontlepouvoir des loix, des
Edits,des Déclarations & des
nances: ; il-termine les procès Ordon- & les
différens qui arrivent entreles
liers, à moins que les caufes particus'agit ne foient dans le cas d'être dont il
voyéesau Confeil
renmille ducats
d'E/pagne.lla a cent
dre fur les deniers d'apointemens, de
à prençoit en.outre des préfens lépargne; ilre.
des Gouverneurs qu'il. confidérables
de conferver dans leurs dépend de lui
les en deftituer. lla d'aillcurs places oude
qui montent à de-très fortes desdroits
de façon qu'il jouit de
fommes,
lions de revenu, auffi
milcette
de
Remat
cinq-ans. Viceroyauté ne dure-t-elle que
Outre le Viceroi, ily a enccre deuix
Prélidens, lix Confeillers & un Procureur
'il. confidérables
de conferver dans leurs dépend de lui
les en deftituer. lla d'aillcurs places oude
qui montent à de-très fortes desdroits
de façon qu'il jouit de
fommes,
lions de revenu, auffi
milcette
de
Remat
cinq-ans. Viceroyauté ne dure-t-elle que
Outre le Viceroi, ily a enccre deuix
Prélidens, lix Confeillers & un Procureur --- Page 79 ---
Général, qui oht des appointe:
curéur
& qui, conjointes
mens très-forts,
jugent toutes
ment avec le Viceroi,
Ces
les affaires civiles & criminelles. de
Officiers agiffent ordinairement
avec le Viceroi, à moins que
concert
veuille former des ence dernier contraires ne
aux Loix.
trepriles
contrée eft à préfent
Cétte grande Erpagnols 8 des natu:
habitée pardes
(ls
rels du pays, de toutes desautres çouleurs. par une
font féparés les uns chacun un idiome
riviere ; ils ont
leur PEE
ticulier; mais le Méxicain
commun à tous.
fon nom- à un
Elie communique
fur la
grand efpace de mer- qui.eft feptencôte orientale de TAmérique le Golfe du
trionale, que Pon nomme
àllle -
Méxique, quia fon embouchure eft la côte de la
de Cuba. Au nord,
à Teft,! la
Floride oude la Louifiane; & 'le de
péninfule denla Floride, MeaYucasCuba. Au fud,le prefque
& à
tan, & la Nouvelle Erpagne;
Toueft,la côte du Méxique. fur les côtes de
- lly a quatre dont bayes celles sdu S: Efprit &t
ce Golfe, Carlos, font (ur la côte de la pref:
de
D
Pait. IK. --- Page 80 ---
[74]
qu'lle de la
peche, fur la Floride, côte de 2 la celle de Cam.
pagne, & celle de S. Louis Nouvelle EC
Bernard, fur la côte de la ou de S.
où il fe trouve encore trois Louifiane, lacs
font celui de FAfcenfion, celui , de qui S.
Jofeph & celui de Pontchartrain. On
Ports compte & pareillement treize villes s
Golfe : principaux lieux fitués fur ce
fçavoir, fur la côte du Méxique, Torreblanco, la Vera-Crux,
Panuco, Médellin & les Salines de
Tamaetla. Dans la baye de
Tabafco & Spiritn Sancto; Campeche, fur la côte,
d'Yucatan, Quio & Sillal, & fur
côte de la Louifiane, le Fort de Biloc- la
chy, S. Jofeph, ; Panfa Cola &
Marie d'Apalache,
Saintedent Les principales rivieres qui fe rendans ce Golfe, font au nombre
de vingt-fept ; fçavoir, fur la côte
la preigu'lle de la Floride,
de
nante aux Efpagnols celles apparte- de S:
Pierre, de Rico Amajuns & de
tin. Sur la çôte orientale dui S.Marcelles de Rio Panuco, de Méxiques Rio de
Tulpa, de Rio de las Naflas, de
de Zenpoala, & de Rio del
Rio
dans le nouvean Méxique. Dans norta, la
ce Golfe, font au nombre
de vingt-fept ; fçavoir, fur la côte
la preigu'lle de la Floride,
de
nante aux Efpagnols celles apparte- de S:
Pierre, de Rico Amajuns & de
tin. Sur la çôte orientale dui S.Marcelles de Rio Panuco, de Méxiques Rio de
Tulpa, de Rio de las Naflas, de
de Zenpoala, & de Rio del
Rio
dans le nouvean Méxique. Dans norta, la --- Page 81 ---
751 celles de Rio' Tu
de Campeche, Alvatado, 8 de Rio GuaMt de Rio la côte feptentrionalé
kacoala. Sur celle de Rio de la Gartos;
d'Yucatan; & fur la côte de la Louifiane,! de lefleuve la Malirivieres
de Mififlipi 2 les
du S. Efprit,
gne, de la Sablonniere; de S. Roch, de la MoApalache, 9 Perdide, Boho, de Pafbile, de Rio Pinal, de Sivoras, des
coboula, des de Boenfs & de Rio Flores.
Cannes,
ville de
Quelque foit awjourd'hula eependant bien
México, il s'en ancienne faut tplendeur, &
qu'elle eft fon Août 1421, que Correz
depuis le 13
elle eft: à tousi
en a fait la conquête, différente de ce qu'elle
égards, bien avoit pour maitresles
étoit lorfqu'elle
On peur en
naturels : du pays. exatte qui en eS a
par la defeription THiftoire de la conquête
faite dans
Livre III. Chap. XII.
du Méxique, m'amufe à en faire un déSans
je
qui, outre qu'il me
tail Mcaihunee loin, ne feroit qu'une
méneroit trop
les Leéteurs
répétition ennuyeufepourl à ceux qui ne le
inttraits; quant crois, fuffifant de
font pas, il'eft, Fl'endroit je
oliils pourront
leur indiquer
Dij --- Page 82 ---
fatistaire leur curiofité, AinGi je me
contenterai fimplement d'en
ici un petir extrait, en: difant donner.
$) les anciens habitans de cette
que:
9) étoient partagés en fept
ville s'
$1 dont le Gouvernement, Tributs,
9> Ariftocratique, fubfitta s qui étoit
$) ques fiecles : enfin une pendant de
$) buts
ces
Eets
appellée Navataleas, &
2> puifante de toutes, fe laffa de la plus
9) forme de
cetre
&
lel
parti d'élire Gouvemncment, pour Roiun
prit
23 qui fenommoit Vitzilivitli, d'entr'eux, -
fuccéda Acamopitzli; le troifieme auqueil fut
Chimalpapocas,le quatriemel
qui entreprit de
lzchoalt,
autres Tributs, & fubjngner de fe les toures les
ainfi qu'à fes fuicceffeurs; le affujettir
fat Montézuma I, le fixieme quinzieme
le feptieme Xalaca,le huitieme Acacis, Antzlol, le neuvieme Montézuma II,
régnoit lorique Cortez y arriva,
qui perdit la
t
vie ; le dixieme enfin fut
Oushutimce, qui perdit la ville de
Mexico, & qui termina Fancien Empire'du Méxique. Il eflaiféde jugerde
lagrandtear & des richeffes
de cette ville par. la vafe étendue immenfes
Palais où le Roi faifoit fa
du
réfidence,
is, Antzlol, le neuvieme Montézuma II,
régnoit lorique Cortez y arriva,
qui perdit la
t
vie ; le dixieme enfin fut
Oushutimce, qui perdit la ville de
Mexico, & qui termina Fancien Empire'du Méxique. Il eflaiféde jugerde
lagrandtear & des richeffes
de cette ville par. la vafe étendue immenfes
Palais où le Roi faifoit fa
du
réfidence, --- Page 83 ---
177] batimens quien déparla quantité de
faifoit fervir. à
pendoient, & qu'il par le proditoutes fortes d'uiages. de mines d'or, d'argent Emgicux nombre précicules, dont cet
& de epierres
par plus de dix-huit
pire éroit rempli, répandus dans la villes
cens Temples entr'antres étoient des
dont huit
de la même
ctam
uperbess & bâtis
autant didodans lefquels il y avoit nombre, en figute
les différentes , en qui étoient journelle
& en pouvoir. parles naturels du pays.
mentadonées avoit point de rues fans-Teme attaché
Il n'y 8zil n'étoit point de mal n'eût fon
ples
humaine, qui
à Tinfirmnitée & fon Dieu autelaire, 9 auquel la
Autel facrifioit pour en obtenir guéon rifon. 1
' P & le plus magnilique
Le plius grand étoit infiniment plus Le
de ces Temples, tous les autres édifices.
élevé que Prêtre, ou Chef des Saerifica 8 c'étoit
Grand faifoit fademeures
du
teurs, y
TIdole
*
dans ce Temple plus quétonr révéré du
Dieu Tialochle celle: du Dieu PACTA de
après cependant l'on confidéroit comme
guerre: 2 que
Dij. --- Page 84 ---
[78]
le premier & le Souverain de
que Pon appelloit Viztzilipuzli. tous,
Cette. ville étoit fituée au
d'une grande
milieu
tagnes, dont plaine, les 9 entourée de monfeaux formoient torrens & les mif
vallée,
divers étangs dans
2 au centre de deux grands
la
quel la Nation Méxicaine
lacs,
plus de cinquante villes occupoit &
par
a
autant de
bourgades, 2 dont une partie étoitd'ean
douce, & l'autre: faléc:
lieu ' de cette derniere C'étoitan mis
fondé cette ville; elle que l'on avoit
qu'clle contenoir au moins dtoithgrander
quinze mille familles
foixante:
parties en deux
, qui étoient rés'appelloit
quartiers, dont l'un
de la Cour México, & de la & étoit le féjour
Nobleffe ; Pautre
Tlalico, qui étoit occupé par les
Bourgeois, tifans,
les Marchands & les ArLes rues étoient fort
au cordéau 5 les unes larges étoient êctirées
avec leurs ponts, pour la
d'eau
cation des habitans; les autresde communifaite à la main, & d'autres de terre terre
d'eau tout enfemble.
&.
La terre étoit en terraffe des
côtés pour les gens de pied, & le deux mi
Nobleffe ; Pautre
Tlalico, qui étoit occupé par les
Bourgeois, tifans,
les Marchands & les ArLes rues étoient fort
au cordéau 5 les unes larges étoient êctirées
avec leurs ponts, pour la
d'eau
cation des habitans; les autresde communifaite à la main, & d'autres de terre terre
d'eau tout enfemble.
&.
La terre étoit en terraffe des
côtés pour les gens de pied, & le deux mi --- Page 85 ---
(791
des canots
lieu étoit d'eau pouriufage
8. des barcues: édifices publics & les maifons bien
Les Nobles étoient de pierre & baffes
des
celles du peuple étoient
de
bâties,
Il y avoit beaucoup 8 les
& inégales. pour les foires
vaftes marchés. places
Hôtel de ville oit
ny avoit auf un
& oit on réfe diftribuoit la juftice, des Négocians:
gloit les différens
étoit fou2'
Empire
Tout ce puifant
&0 il étoit
mis aux Rois du Méxique, Miniitres Oll par des
gouvervé par fes étoient leurs TributaiCaciques, érendue qui
du levant au coures. Son
de
de fix cens lieues; de
chant t,étont du E aut feptentrion étoit
fa largeur
Ce pays ne
deux cens cinquante: plus peuplé quil
alors beaucoup ila mer. Atlantique, auT'eft à préfent : du nord, qui mouille
trement la mer
depuis Panuco
ce long efpace de côte, le bornoit du côté
julqua Yucatan,
du feptentrion. l'on nomme AfiatiL'océan, que du fud, le bornoit au
que ou mer depuis le Cap Mindolinjue
couchant,
Div --- Page 86 ---
[80]
Tbunss extrémités de la Nouvelle GaLe côté du fud
côte qui va le long de.la occupoit toute la
depuis Acapulco
mer dur fud,
& qui revient julgu'à Guatimala,
auprès de
vers l'ifthme ou détroit qui Nicaragua, divife.lAmérique en deux parties, attachées
enfemble par cet ifthme,
Lecôté du nord s'étendoit
Panuco, en y comprenant cette jufqu'a
vince ; mais comme les limites ProMéxique étoient refferrés par les mon- du
ragnes, dont les
Otomies s'étoient Chichineques, & les
fulairesy farouches emparés, &
2 ces Invoient aucuné forme barbares, de
n'ament; ils habitoient ou dans Gouverne- des
fous.terre. - Oul dansiles carrieres trous, des
rochers ; ils vivoient de leur chaffe &
desfruits que
Ils étoient fort Pedusleenulournartren adroits à tirer de
& s'en fervoient
l'arc,
contre les fujets de avantageufement
Méxique. Il eft vrai T'Empercur du
choient à vaincre
qu'ils ne cherleur liberté, que gec pourconferver
firent enfin perdre dans Méxicains le
leur
fiecle, ainfi qu'à toutes les laps d'un
autres Na-
chers ; ils vivoient de leur chaffe &
desfruits que
Ils étoient fort Pedusleenulournartren adroits à tirer de
& s'en fervoient
l'arc,
contre les fujets de avantageufement
Méxique. Il eft vrai T'Empercur du
choient à vaincre
qu'ils ne cherleur liberté, que gec pourconferver
firent enfin perdre dans Méxicains le
leur
fiecle, ainfi qu'à toutes les laps d'un
autres Na- --- Page 87 ---
[8r11
tions qui occupoient cette partie du
nouveau 2 monde, 2 - lefquels a à. leur: les
tour , ont été. fubjugués a par
Eipagnols. avoir fait examiner nos bâti7 Après & qu'on les eut trouvé en état
mens, de tenirla mer, nous allâmes prendre
remit a Dom
congé. du Viceroi, qui fon oncle, &
Guiman. une lettre pour
nous fouhaita un heureux voyage.
Nous partimes le lendemain pour
Acapulco, & deux jours après notre
arrivée, nous nous rendimes de fort
bonne heure à bord. Comme nous d'a-.
étions à la veillé de nous féparer nous!
vec Dom Gufman de Tellalcos,
reprimes les gens de notre équipage, & nous
que nous lui avions donnés,
lui rendimes les fiens. Cet Efpagnol
nous ; 8 avant de nous
foupaavec le
de fe charger d'une
quitter, ; je Dona priai Elvire de Cufma,i
lettre pour
de lui rendre en main
qu'il me promit
nous apparillimes,
Tper a
d'aprè,
Dom. Gul-.
& fimes voile; fçavoir
la Havanne, & nous pour
man,
toujours-en cotoyant les
la
CAIERRE
nouveau Méxique, leisJanvier 1733D y. --- Page 88 ---
[8:]
Pendant le cours de cette
nous fimes abordés
traverlées
quelques pirogues de plufieurs fois par
férentes Narions
Sauvages de difnouveau
répandues dans le.
gui habitent Mésique, le
fur-tout de ceux
riviere del
long des côtes de la
échangeames Norte 2 avec qui nous
quincailleries quelques-unes de nos
d'or, qu'ils
contre des paillettes
nous arrêta nous dans apporterent, ce qui
coup plus de tems notre voyage, beaucomptions; de
que nous ne le
vâmes à la Louifiane forte.que nous n'arriJanvier, & nous mouillâmes que le trente
baye du Fort Louis, où étoit dans la
notre principal établiffement. alors
Nous allâmes d'abord vifiterle Commandant, de qui nous obtinmes la
gafin, permifion dans de nous pourvoir d'un maporter
lequel nous fimes tranfvie, des plufieurs tonneaux - d'eau de
quinous pipes, du tabac, & tout ce
reftoit de. marchandifes en.
quincailleries dont nous étions
aife de nous défaire, Comme bien
traite ne devoit fe-faire
cette
que vis-à-vis
des-Sauvages, nous en laiflâmes le
iterle Commandant, de qui nous obtinmes la
gafin, permifion dans de nous pourvoir d'un maporter
lequel nous fimes tranfvie, des plufieurs tonneaux - d'eau de
quinous pipes, du tabac, & tout ce
reftoit de. marchandifes en.
quincailleries dont nous étions
aife de nous défaire, Comme bien
traite ne devoit fe-faire
cette
que vis-à-vis
des-Sauvages, nous en laiflâmes le --- Page 89 ---
B 183] & au feur de
foin au fieur
Trainfort.
que le
Il n'y avoit pas de Loufiane; :
revenu
UEAE
premier étoit avoit déja fait plufieurs
le dernier ilen y connoilfoit le local,8 des
voyages,
Pidiome
entendoit parfitenent
rien
naturels; ainfi nous ne de pouvions leur remettte
faire de mieux , que les mains, dont
nos intérêts entre lieu de nous repennous n'etmes pas
qu'ils
tir, par le profit Pour confiderable M.de Prépont
Nous procurerent.
qu'à aller
& moi, 2 nous ne villages (ongeâmes pour fatisfaire
de villages er 8 fuivant cette réfonotre curiofité;
du Fort Louis.
lution, nous pattimes d'abord parcourir les
nous allâmes font entre le Mififipi font &
plaines riviere qui des Acaufes; elles
la
fertiles 8 habitées par plubelles, Nations de Sauvages, dont Mitfieurs
qui-fe nomme Elle
une entr'autres, eft fort nombreufe. riviere
chigamy, eft fituéele long d'une fleuve petite S. Louis
qui fe jette dans le prefque vis-a:
ou de Mififlipi Margot, ,
qui vient du
vis la rivieré
du côté de Telt,
pays des Chicachas,
Dvj --- Page 90 ---
& va
[84]
dit flenve, pareillement à
fe rendre dans les
environ
aui deffus des
quarante lieues'
lienes au deffous Akancéas, du Fort &i à feize
oùt nous avions un établiffement. Prudhomme,
Mitchigamy font nos
leur Les
raétcre eft doux, ils alliéss font de
/ cafoi,
bonne.
bles; braves.courageux mais vindicatifs & fort focianemis déclarés des al'exeès, & enavoifinent, fur-tout des Nations 2 qui les
des Kappas. #
Akancéas. &
Nous nous déterminions à
plus loin nos
pouffer
en fames empéchés courles, lorique nous
quifurvint à M. de par une maladie
obligea de retourner frepont.quinous au Fort
Aufitôt que nous y fimes arrivés Louis,
lenvoyai chercher le
,
jor, qui, après avoir Chirurgien Maexaminé le malade, lui quefionné &.
fon foie éroitobftrué,
déclara : que
un régime & des remedes Illui preferivit
quence ; il lui ordonna de en confé
chambre jufqu'à
garder la
Cet Armateur eut parfaite bien de la suérifon.
foufcrire à cette
peine à
le fit,ce ne fat que ordonnance, far
& s'il
téitérées, la
mes inftances
parolelque je luidonnai
ade, lui quefionné &.
fon foie éroitobftrué,
déclara : que
un régime & des remedes Illui preferivit
quence ; il lui ordonna de en confé
chambre jufqu'à
garder la
Cet Armateur eut parfaite bien de la suérifon.
foufcrire à cette
peine à
le fit,ce ne fat que ordonnance, far
& s'il
téitérées, la
mes inftances
parolelque je luidonnai --- Page 91 ---
E8;1
de veiller de près, à tout ce Pen qui fe ine
pafferoit dans le dehors, de de lui tenir
former éxaétement, &
bonne & fidele compagnie. eft fitué à la côte de
Le Fort Louis de la Mobile; elle a
l'oueft de la baye
au
plus de 30 lieues de profondeur la riviere :
fond de laquelle elle vient reçoit de Peft, &
des Alibamons, qui qui vient du fepcelle des Chirachas,
Nations
tentrion. Ilfe trouve habitent plufieurs la même
de Sauvages qui
les
les Tomez,
Apacête, entr'autres Mobiliens. Cesi . derniers
laches & les
ils font le commerce
font nos amis, ils tirent leur nom de la
avec nous, de la mobile, qui eft à neuf
riviere
de PIe Dauphine, oit
heues.aunord
nous avons auffi un établiffement eftéloiL'embouchure de cette riviere du Mififgnée du Aeuve S. Louis, ou lieues; elle
api, de foixante-douze dans les montagnes
prend fa fource
des illinois,à vingt.
quibornentiep pays nord des Chicachas;
deux licues, au de deux cens lieues,
&caprès un cours
le golfe du Mé
elle và fe rendredans
Elle traverle de grandes plaines
xique.
qui font! ha a
& de fort belles prairies, --- Page 92 ---
[86]
bitées par les Chiachas, les Chattas &
les Naniabas.
Ce Fort eft taffez bien fortifié. Le
Gouverneur de la Colonie y fait fa
réfidence, ainfi que le Commiffaire
Ordonnateur. de la Marine,
fait
les fonétions
quiy
membres
d'Intendant, & tous les
qui compofent le Confeil
bonne Supérieur. Hly a un Etat Major, une
Artillerie , & une garnifon de
plufieurs Compagnies d'Infanterie
dont on envoie des détachemens
garder les différens poftes
pour
occupons dans les terres.
nous oi
le
detus
Gouverneur reçoit les calumets
luif font préfentés par les Ambafadeurs. qui
des NationsS Sauvages qui habitent les
bords de la riviere de la.
de celles qui ont envie de Mobile, faire
ou
ce avec nous, & d'obtenir la allianfion de faire la traite! Nous fommes permic
fouvent obligés d'avoir bien des
égards, & d'ufer de beaucoup
de
bitent ménagemens le haut
envers ceux qui Rz
de cette
attendu
qu'ils font voifins de la riviere, Caroline,
partenante aux
&
2 apcif font tous leurs Anglois, efforts, que ceux-
-lesrendre
7 pour nous
contraires, en quoi malheu.
ou
ce avec nous, & d'obtenir la allianfion de faire la traite! Nous fommes permic
fouvent obligés d'avoir bien des
égards, & d'ufer de beaucoup
de
bitent ménagemens le haut
envers ceux qui Rz
de cette
attendu
qu'ils font voifins de la riviere, Caroline,
partenante aux
&
2 apcif font tous leurs Anglois, efforts, que ceux-
-lesrendre
7 pour nous
contraires, en quoi malheu. --- Page 93 ---
reufement ils ne réuffifent nous quelques en avons
fois que trop 2 ainfi derniers que tems, la trifte
fait, dans ces tant de la part des Chiexpérience, de celle des Alibamons.
cachas, 2- que
de nos établifleindépeadament Lonis, lIfle Dauphine
mens au Fort
nous en avons
& au Forteradhommes à la Nouvelle Or-.
encore un. autre du tems de la Régence, de la
léans,
érigée en Capitale
avoit a
ville eft fituée
Louifianc. Cette
cinq REE
les deux cens quatre-vingt de longitude, &
quinze minutes cinguante.cing
degrés
E vingt-neuf
C entre le bord,
minutes de latitude 2 S. Louis ou du
oriental o du Aeuve riviere aux poiffons &
Mifhfipi, la
8 de Pontcharles lacs de Maurepas, de Phabitation des
train s: att deffus depuis la mort du RéOumas; mais
changemens arrigent & les différens cette ville a été
vés dans le Miniftere 2 de même que
abfolument refte nécligé, de la Colonic.
tout le
auffi autrefois un étaNous avions confidérable à Panfa Cola,
bliffement
lieues, à l'eit
eft fitué à quatorze mais nous. nous
2 PIle Daupbine, --- Page 94 ---
[88J
le fommes laiffé enlever par les:
gnols avec qui nous étions en contef- Elpatation au fujet dela propriété
ques mines. fituées chez les Affenis de.quel
qui habitent aux environs de ce Fort.. ,
La Louifiane, qui fous cette dénomination, tielle
comprend la plus effen-:
très partie de lar Floride, eft une:
grande contrée dePAmérique
tentrionale ; au fond du golfe du E
xique. Elle eft bornée à l'eft par la
L
Floride & la.
aux
Caroline, appartenantes
Anglois, 2 & au nord-eft, par lai
Virginie & le Canada. Quant taux autres bornès, elle ne font pas bienconnues,acaufedes prétentions que nousi
avons, 5 ainfi que les Eipagnols & les
Anglois fur tout Ce vafte
Si
trois Nations entendoient bien pays. leursin-. ces
térêts, elles travailleroientde concerti
àr régler ce qui pourroit appartenir à
chacune d'clles, &z à établir de jufte
limites, furlefquelles on
car autrement il n'eft putcompter,
rien
pas polible de
ftatuer, 3 fans courir les
de donner dans
rifques
l'erreur, &
faire
tomber les
d'y
autres, > ainfi qu'ont fait!
jufqu'a préfent pluficurs Géographes,
elles travailleroientde concerti
àr régler ce qui pourroit appartenir à
chacune d'clles, &z à établir de jufte
limites, furlefquelles on
car autrement il n'eft putcompter,
rien
pas polible de
ftatuer, 3 fans courir les
de donner dans
rifques
l'erreur, &
faire
tomber les
d'y
autres, > ainfi qu'ont fait!
jufqu'a préfent pluficurs Géographes, --- Page 95 ---
[891
quel:
de déterminer
qu7 ont entrepris
que chofe ace-fnjet. Contrée eft remplie d'une
Cètte
quantité de Nations Sauprodigieufe autres que celles mentionnées font
cdevant vages,
dont les principales habitent le long
les Ousnahinin, qui
près des
de la riviere des Onarchites,
Nabiri:
fur les bords de-la
Les Ouatehitas, Akancéas,. vingt lieues
riviere des
oùt fe trouve
atideffus des Menrons, qui prend fa
uneniviere de ce nom,
des Olafource dans les montagnes habitées par les
ges. qui font aufi Kaiona les Tancéas
Chakantefou, > les
-
& les Nabiti:
font fituées au -u coliLes Ofages qui oit ils ont plulicurs
chant du Mifhflipis
mincs.
tris-nombretfe,
herNaarb.Nacon les Cénis & le Cododafituée entre
quios. Nabiri & les Nacaches, qui ihaLes les bords de la riviere Oro:
bitent
nomméc riviere
noylte; vulgairement
Rouge:
fitués à Teft de
Lcs Nachitoches, --- Page 96 ---
fso]
Midifipy, font fort unis avec les
Onatchitas & les Kapiochis.
Les Tinthoatl les Ouadebuthon, les
Chongaskiton 2 lelquels forment
quand ils font réunis 3 plus de neufà 5
dix mille hommes de guerre, très-vail
lans & grands chaffeurs.
Les Naches, Nation fort confidérable, foumife à uin chef, &
mettre en tout tems cinq à t mille peut
hommesfur; pied. Ellec occupeun grand
terrain, très-fertile, qui produit du
bled d'Inde & toutes fortes de fruits
la vigne y croît bien, les prairies font :
belles, le bétail nombreux,la pêche &
la chaffe abondantes.
Les Onafikouiteron, fitués au nord
de la Louifiane, le long d'une riviere
qui commence à plufieurs petits lacs
qui traverfent de fort belles
Les Nacanes, fcis au bord prairies. orien.
tal de la riviere des Cénis, vers le
haut du fleuve de Miffiffipi.
Les Ouakovingouechiorek
habitent au nord de la Louiliane, 3 qui au
bord d'un petit lac, au milien duquel 2.
ilya une lile. C'eft de toutes ces Nations, celle qui eft la plus éloignée du
fleuve de S. Louis.
ieurs petits lacs
qui traverfent de fort belles
Les Nacanes, fcis au bord prairies. orien.
tal de la riviere des Cénis, vers le
haut du fleuve de Miffiffipi.
Les Ouakovingouechiorek
habitent au nord de la Louiliane, 3 qui au
bord d'un petit lac, au milien duquel 2.
ilya une lile. C'eft de toutes ces Nations, celle qui eft la plus éloignée du
fleuve de S. Louis. --- Page 97 ---
[9:]
Les
parlé, Mitchigamy & les
, dont j'ai déja
tent les-bords de Milourites, la riviere qui habiris dant ils tirent leur
des Miflou-.
Ce pays eft arrofé nom,
les & grandes
par plufieurs belquables font celles rivieres; de la es; plus remarNémilco Cette
Mobile & de
de Mitaffin
derniere part du lac
nord de
s qui eft à cent lieves,am
de
Québec. Elle traverfe. le lac
Némifco, 2 & fe rend dans la
d'Hudfon, au bas de lacôte
baye
après -un cours dè foixante orientale, &
dire lienes à travers des
quelcommunique de cette montagnes.
celle de
riviere par
Laurent, Kokigaou, au fleuve de S.
autres rivieres llisy trouve auffi plufieurs
México, qui. fe > telle que celle de
Méxique,
jette dans le golfe du
de
trente-cinglieues: àl'oneft
Mifhfipi, à travers de
prairies
grandes
qui a fa marégageufes; fource fort celle de May,
terres, & dont l'embouchure avant dans les
à-vis PIle de Sainte-Marie
eft visde la mer du nord; fes bords fur la côte
bités par les Cacouitas,
font haauffi le nom ; celle de dont Ramos elleprend
jette dans le fleuve de Rio
gui fe
Bravo, à --- Page 98 ---
[92jL
quarante lienes de l'embonchure de
ce fleuve; celle de Rabeck, dont les
bords font habités par, quantité de
Sauvages: qui parlent dir gofier, &
qui ifont fort ennemis: des Eipagnols
enfin celle de Ouatebameniboutfe, au
des Sioux. Elle grofit la riviere
2 qui fe rend dans
Emecees
fleuve de Millifispi.
le
La Lotifiane eft traverfée du nord
au fud,par le fleuve S. Louis Oul du
Mimlipi s dans. un canal navigable
pendant prèsde cinq cens lieues. Ilien
court pres de tept. cens, c'eft un des
plus grands 'de toute l'Amérique : 9 it
prend fa fource.au haut d'une coline, 2
quiborde.une très-belle prairie, > dans
le Pays des Iffatis, Vers le, deux cens
quatre-vingt degrés de longitude, &
le cinquante de.latitude, à quatre Out
cinq lieues de laquelle il fe trouve
extrémement accru, par les rivieres
quis s'y déchargent. Son embouchure
eft entre le vingt-deux & le vingttroifieme degré de làtitude; ilfe jette
dans le golfe du Méxique, par un
canal qui a deux lieues de large, gros
fond: & praticable. Ily.a a une
de
enainoe
de lacs & de rivieres quis'y ren-;
&
le cinquante de.latitude, à quatre Out
cinq lieues de laquelle il fe trouve
extrémement accru, par les rivieres
quis s'y déchargent. Son embouchure
eft entre le vingt-deux & le vingttroifieme degré de làtitude; ilfe jette
dans le golfe du Méxique, par un
canal qui a deux lieues de large, gros
fond: & praticable. Ily.a a une
de
enainoe
de lacs & de rivieres quis'y ren-; --- Page 99 ---
193)
font le lac
Hent, dont les principalés Margot, qui vient
Pepin , la riviere
du côté de
Hu pays des Chicachas, lieues audeffus de la
Teft,a quarante des Akancéas, & à reize licues:
Fiviere. du Fort Pruidhomme: celles
andeffons Barbuc, des Boeufs,du Parificn,
Hela
de la Mine de Plomb,
Hes Maçons, de Quicapoux, de. la"
Hes Canaux, Ailes, de la Noire, des
Fachée, des
des Roches
Railins, de Paquitanet, de Tancéas,
Plattes, de Bon fecours, de la Saline, des MifHes Cironouys 9 rapide de toutes celles
foures,la plus
dans ce pays; des
que Pon connoilie
de la Rolinois," des Mohingonas, de Sainte-Croix,
che d'Oviconfing- S. Remi, la Bleue,
le S. Pierre,ae qui a fa fource à loueft
Ouifconin, & celle d'Oustbeaméndes llinois, eft fituée au nord de la
foure, qui elle fort du lac des TinLonthane;
un cours decentlieues,
thons, &2 après dans le fleuve de Mififipi,
elle entre du'Saut de S. Antoine. Elle
andefions
beaucoup de mia dans fes environs &de charbon.
nes de cuivre ainfi que lès lacs & les'
Ce fleuve,
2 font remplies.
sivieres quisyrendent, --- Page 100 ---
[94]
de toutes fortes d'excellens
dont entr'autres des
poiffons 9
alofes, des rayés, des faumons, des
des galparots, des éperlans, maqueraux, des Turbots, des carpes, des brochets, des
rougets, des merlans,d
des éturgeons, des truites, deslamproyes, des
les & des mulets. On y trouve anguilrentes efpeces de poiffons
difféont un goût exquis, quantité blancs, de qui
quillages, telles que des congres, co- des
houmards, des écrevifles & des moules; beaucoup de loutres & des crocodilles, dont onfe pafferoitf tfort
ils font tres-dangereux & reffemblent bien;
affez à ceux du Nil.
Les bords de ce Aeuve font habitès par les Illinois, les meilleurs &
lesplus conftans de nos amis; les Outaouacs, les Ifatis, 9 les Hanetons, les
Ouas les Tintonhas, les
près des fources de ce fleuve, Ouacpetons, entre
lac des Affenipoils & celui de
le
les Natches, les Coroas; les Buade;
piffas, les Paniaffas, les
Quiniles
Nadoueffans,
Chongaskabes, les Onabachi, les
Akancéas, les Kappas, les
les
Tancéas,
dan Affenipoils lac
2 qui tirent leur nom
quiap plus de trenre lieues de
uas les Tintonhas, les
près des fources de ce fleuve, Ouacpetons, entre
lac des Affenipoils & celui de
le
les Natches, les Coroas; les Buade;
piffas, les Paniaffas, les
Quiniles
Nadoueffans,
Chongaskabes, les Onabachi, les
Akancéas, les Kappas, les
les
Tancéas,
dan Affenipoils lac
2 qui tirent leur nom
quiap plus de trenre lieues de --- Page 101 ---
t95) farotiches des
our, ce font les Contrée.Les plus
AlibaBauvages de cette
Ces deux dermnons & les Chicachas:
cruelles de
hieres nations, font lesplus font fort uniesenhos ennemics ; elles
eft fort nomfemble : la premiere mettre trois mille
preufe, elle peut
qui la rend trèshommes fur pied,ce fes voifins. Elle habite
Fedoutable à
de la Mobile, à l'overs les fources
Fient du fleuve de Mififipi. toutes les rives
Ils'en faut bien que habitées ; elles ne
Hece Aleuve foient les endroits oii fes
le font que dans-1 des écorstun peu. élebords forment fe trouve que de loin
vés,ce
ne aufirplas, confidéloin.
8i
en
peut, non-feulement comme
ter ce feuve, Louiliane, de'la Floride,
a clefdela Caroline & de la Virginie 2 mais
Hela
celle du Canada, &
encore comme
1 par la
Hes. pays qui en dépendent donne à tous les
communication quil conduifent.
lacs & rivieres qui y
qui font fous
En géneral, les de pays la Louiliane, font
a dénomination incultes fur les bords de
inhabités &
dans les terla mers mais en avançant beau féjour que Pon
es,cel le plus --- Page 102 ---
196]
puiffe imaginer; ony y trouve les plus
grandes & les plus belles prairies du
monde; les plaines y font
on y voit de vaftes & immenfes fuperbes, fo- 2
rêts,remplies de mûriers, de noyers,
de châteigniers, & des plus beanx
bois du monde, 2 propres anx conftructions & autresouvrages en charpente, ,
menuiferie &c. Ony rencontre des
ours, des.boeufs Sauvages, à des cerfs
des chevreuils, des lievres, des la- 2
pins, des renards, des écureuils, &
plufieurs autres animaux quadrupedes
& amphibies. La chaffe eft fort amufante., par la grande quantité de gibier qu'il y a, comme faifans, perdrix
de deux fortes 2 cailles, beccafies s
beccaflines, pluviers, 2 outardes, ge.
linotes,oies, canards, farceilesy plongeons, 3 poules d'eati, ramiers, tourterelles, grives &c. On y trouveauffi
des caftors & des orignaux. Les campagnes font couvértes de toutes fortes d'arbres fruitiers; tels qu'orangers,
citronniers, grenadiers, figuiers &c.
Les.côteaux font chargés.de vigues.
Le terrain, eft très-fertile., il" rapporte
deux fois l'année du bled d'Inde, , &
produit-abondament des poids, des
féves,
ati, ramiers, tourterelles, grives &c. On y trouveauffi
des caftors & des orignaux. Les campagnes font couvértes de toutes fortes d'arbres fruitiers; tels qu'orangers,
citronniers, grenadiers, figuiers &c.
Les.côteaux font chargés.de vigues.
Le terrain, eft très-fertile., il" rapporte
deux fois l'année du bled d'Inde, , &
produit-abondament des poids, des
féves, --- Page 103 ---
197] d'un
exquis ,
féves, des melons
& gout d'herbagess.
beaucoup de legumes parfaits, aufh le
Les parurages y-ont facilement, de
bétail sengrailetn la volaille, qui eft fort
même bonne, a dont ily a autant d'efpeces
qu'én Pendant Europe. le tems que je paffai au
Fort Louis, le fieur B quejallois me:
fouvent voir dans notre magalin, d'un Anglois
procura la établià connoiffance Albermale, à ville capitale qui étoit de la Province du même nom, de la
dans la partie C'étoit feptentrionale un fort aimable homCaroline. fe nommoit Darlech; le déme, qui de fes affaires l'avoit tobligé
rangement
pour râcher de ratra.
de s'expatrier, commerce.avecl les débris
EEH fon parle ancienne fortune, ce que le a
é,lui avoient.
jeu, & trop degénérofité & il y avoit réuffi. Ib
fait perdre d'environ quarante ans, ily'
étoit âgé douze qu'il étoit dans ce
en avoit
qu'il avoit époufé la
pays, &. quatre magafin du Fort Louis,
fille d'un, garde
- ce qui P'aqui étoit mort depuie peu à la
voit engagé de paffer fucceffion. Louitiane, Je
pour recueillir cetie
E
Part. 1V. --- Page 104 ---
[981
F'engageojs affez fréquemment à venir
freurs manger chez M. de Prépont avec les
B*s*. & de
puis la maladie de cet Trainfort, Armateur, qui devoient pas d'antre table que la n'aJe me liai tres-étroitement
nôtre,
Etranger, dont la fociété étoit avec fort cet
agréable, cel quine contribua
à me diftraire de l'ennui & du pas peu
que me caufoient l'état fâcheux chagrin, de
mon ami, dont le
tôt que de diminuer; malaugmentoit mais
plule bonhenr de jouir longtems jen'elis de cette pas
confolation, tarda
carle fieur Darlech ne
affaires pas étoient à nous annoncer que fes
toit partir fous terminées;q peit de jours qu'ilcomp- la
Caroline,i ilme propofa d'aller pour
fer quelques femainés avec lui & paf.
fieur B
le
à M. de helamiietejaron Prépont : & la reconnoiffance" vouée
que je lui devois, furent les motifs
qui m'empécherent d'accepter l'offre
cuel l'on me failoit, aquoiil fur fi fenfible, qu'à ma priere, il permit au
feur B *** de faire ce voyage, guoiqu'il n'ignorit pas le préjudice
cette abfence
que
traite; mais pouvoirapportera: elle ne fut
notre
pas longue,
helamiietejaron Prépont : & la reconnoiffance" vouée
que je lui devois, furent les motifs
qui m'empécherent d'accepter l'offre
cuel l'on me failoit, aquoiil fur fi fenfible, qu'à ma priere, il permit au
feur B *** de faire ce voyage, guoiqu'il n'ignorit pas le préjudice
cette abfence
que
traite; mais pouvoirapportera: elle ne fut
notre
pas longue, --- Page 105 ---
[99]
car nous le vimes, avoit avec furprife, il eu le tems arriver , qu'à & de peine venir. Il nous apprit
d'aller Darlech avoit trouvé fa e
le fieur
d'une fuite de coume à Textrémité, étoit morte au bout de
che ; qu'elle
avoit abrégé le
deux jours, ce qui
Je me
féjour quil compioit de y. n'avoir faire. pas acfçus bon gré-alors
maleré fon
compagné cet Anglois qui,
de fon
chagrin; me donna une preuve fix boufonvenir; en baume 7 m'envoyant parfait pour les
teilles d'un
& un pot de
maladies de poitrine, livres, bien fupémiel de cinquante & en beauté, à tous
rieur en qualité mangé depuis en difféceux que jai
rens lieux.
quoique d'une méLa Caroline, étendue, eft ce que les An;
médiocre
de mieux dans ce
glois poffedent Elle eft bornée au nord
pays.
au fud par la
RItA
Virginie, Georgie, àleft par la mer du Elle nord, eft
& à l'oucft
la Lonidane.
en
divifce Rabut parties feptentrionals
& méridionale - 2 à prendre depuis trente- le
renteruiniemic degre, contient jufqu'at les Profixieme. La premicre
Eij --- Page 106 ---
aAt
[socj
vinces d'Albermale & de Clarendon ;
Ja feconde, celles de Barklai, de Carterer, de Graven & de Colleton. Le
terroir y eft meilleur & plus fertile
qu'à la Floride & à la Louifiane; il
produit du ris, du coton; toutes fortes. de graines, légumes
Le bled y vient très-bien, &c-herbages. ainfi
la. vigne, dont.le vin eft fort
que
ily. a une quantité d'arbres porable; fruitiers
de différentes elpeces. Les fruits d'Europe y font communs;1 les pêches, les
/ abricots, les, prunes, 2 les poires & les
font pommes bien y ont. un gott exquis, &
audeflus des nôtres. On
trouve de très-beaux bois,
y
aux confiruéions, à la charpente à
la
RIURCT
tonnellerie, ; parmi lefquels il y a
beancoup de'r moriers,d des arbres
on tire une huile propre à guérir dont des
plaies invérérées, & d'autres qui produifent un baume qui eftaurant cftimé
que celui de la; Mecque. Cesbois font
remplis d'abeilles qui fournifent un
mielexcellent, & il n'y a gueres de
particuliers qui n'en aient, Cette Contrée rapporte de la poix & du
dron, On Y éleve des vers à foie. Rer
foicries, ainfi queles pelleteries, quoi-
propre à guérir dont des
plaies invérérées, & d'autres qui produifent un baume qui eftaurant cftimé
que celui de la; Mecque. Cesbois font
remplis d'abeilles qui fournifent un
mielexcellent, & il n'y a gueres de
particuliers qui n'en aient, Cette Contrée rapporte de la poix & du
dron, On Y éleve des vers à foie. Rer
foicries, ainfi queles pelleteries, quoi- --- Page 107 ---
[1or]
dernieres foient moins bonque ces
viennent du nord,
nes
celles qui effentielles
font : deux plus habitans dela e
du commerce des de la Jamaique &
ceux
roline,avec 1
des Barbades: Contrée eft afrofée par une
Cette rivieres, dont les bords ne
infinitede habités,par la crainte que
font pas
que poutroient
l'on a desdepredations
Elles
faire les Forbans en très-beaux remontant. & bons
conriennent de
font merveilpoilions. Les parurages gras, fort communs
leux, les beftiaux abondant, de forte que
& le gibier donnent plutôt qu'ils ne
les vivress'y,
s'y vendent. eft
& fain dans ce
L'air
pur
on faifoit ESIGe
il eft affez bien peuplé; de fes habitans à
monter le nombre mille, non compris les
à Teize Efclaves. Ces derniers
Snteau 8 les
de leurs
portent au dos la marque ils font
Maitres; quant incapables aux premerss de recevoir
fort fupides, infiruéions : ils n'adorent
aucunes
qu'ils le crairien que le diable, lui font parce aflez ordinairegnent,, & ils
Eij --- Page 108 ---
[ 1o2]
ment des facrifices de leurs
dont ils fe régalent enfuite. beftianx,
Caroline, Voila Pidée que me donna de la
différentes le fieur Darlech, dans les
eâmes enfemble converfations - que r nous
tréc,&c j'ai
au fujet de cette Conque les circonftances regretté plus d'une fois,
M. de Prépont
de la.maladie de
d'y aller,
, m'aient empéché
de la véritédes pour faits juger par moi-même
portés.
qui m'ont été rapfieur Quelques B**. jours après le retour du
fon
2 On nous apporta un poifdonna estraoriinaires fous le nom d'un que renard l'on nous
Jen'en aijamais vu aucun
fit marin.
formé de même ; il-étoit qui
conécailles, fa couleur
raz & fans
d'une tanche, il avoit reffembloit à celle
long, fa plus grande onze pieds de
largeur étoit de
ponces, vers le ventres elle fe
enfuite
ARLIEE
fe termine
jufqu'à lendroit où
autres poiffons, ordinairement &
la queue des
mençoit la fienne, c'étoit-là fous
que comvoyoit une nageoire, fur laquelle une
on
tion
élévaDReRSaDOEet
, fa couleur
raz & fans
d'une tanche, il avoit reffembloit à celle
long, fa plus grande onze pieds de
largeur étoit de
ponces, vers le ventres elle fe
enfuite
ARLIEE
fe termine
jufqu'à lendroit où
autres poiffons, ordinairement &
la queue des
mençoit la fienne, c'étoit-là fous
que comvoyoit une nageoire, fur laquelle une
on
tion
élévaDReRSaDOEet --- Page 109 ---
Eroy]
dont elle avoit la
Cette fa quene forme
F long,
portoit cinq pieds celle d'une faux, qui
étoit pareillea vers le ventre. Ilavoit
fe recourboit
dexcroifaha
fur le dos deux efpeces à la
trois
ces, & une autre côté, Mi. prer
nageoires à chaque étoit longue de dix
miere vers la tête; de fix : celle d'enneufpouces & large auprès du nomfuite , qui fe trouvoit de moins, tant
bril, avoit un bon.tiers
8la troifieen longueur qu'enlargenr,
me, en tirant versla queue deux , étoitbean- autresifa
coup plus pétite queles yeux auffigros
sectiotfontepatieie d'un bufle; fon mufeau tn.
que allongé ceux & applatià fon extrémité;
peu
large de huit pouces & gatfa gucule deux fortes de dents, les unes
nie de
tenoient à la mac
dures & droite pointues, d'en haut, dont le tout
choire
ne formoit qu'un feul OSs
enfemble, avoit Fair d'une fcie. Ilavoit fort en
qui outre fix rangs d'autres bordoient dents, le furplus
tranchantes. mâchoire qui à gauche, & toute
de cette d'en bas. Ce: poiffon étoit d'ailcelle fort
fa chair étoit auffi comleurs
gras, celle du thon. Nous le fimes
pafte que
Eiv --- Page 110 ---
[to+] -
cuire au bleu, & nous le trouvâmes
àce bonJsgnonelaraifon quia fait donner
poifon le nom de renard
cari il ne reflembloit en rien à marin, s
nard, dont iln'avoit ni la
un res
la fgure, ni
forme 9 ini
mais j'ai
F'odeur, 2 ni le gout. Sijaregretté de n'être pas anatomifte, caéré dans cette
me ferois fait un vrai plaifir oecafionoije de difléquer cet animal, qui me
auffi
extraordinaire dans Himrehetur
l'extérieur.
qu'à
B*** A quelques jours de là, le fieur
me fit faire
lui, P'emplette de conjointement deux cens livres avec
tabac de la Virginie ; il
de
bon, 3 - nous ne le
étoit vieux &
pied de vingt fols payâmes de notre que fur le
& j'aurois bien voulu, en mon monnoie,
culier, en trouver
partiTaurois pas laiffé échapper. davantage,je ne
lly avait déjà plus de trois mois
nous étions au Fort Louis, &
que
deux que M. de Prépont étoit près de
les
dans
rien remedes 2 fans qu'ils euffent encore
fubfiftoit opéré; une petite fievre lente, qui
toujours, le minoit infenfiblement, & me faifoit
les fuites ne lui devinffent apprchenderque funeftes.
partiTaurois pas laiffé échapper. davantage,je ne
lly avait déjà plus de trois mois
nous étions au Fort Louis, &
que
deux que M. de Prépont étoit près de
les
dans
rien remedes 2 fans qu'ils euffent encore
fubfiftoit opéré; une petite fievre lente, qui
toujours, le minoit infenfiblement, & me faifoit
les fuites ne lui devinffent apprchenderque funeftes. --- Page 111 ---
[ios] de 11 fon côté, comLe Chirargien, qui de l'état de cét
mençoit à: délefpérer confeilla de partir le
Armateur , li
fit
plurôr poflible de la Louhfanesillui lui convenoit
accroire que cet air ne
le changepas, 8c il lui perfuada que efficace,
ment de climat lui feroit plus faire 3 d'ailque tout ce- qu'il pourroit une guérifon
leurs; , pour fe procurer à cet avis,
radicale ; contormémment décida que nous ferions,
M.de Prépont
dansles premiers
route
Québec, nous V demeurejours Rrie Juir, que
failon, qui ferions pendant la belle
terminer
roit plus que fufifante de-là nous pour pafferions
nos affairess olt que 61 refteroit juiqu'à Penen France, rétabliffement de fa fanté.1 Il donna
tier
des ordres à M. de
en conféquence dont la traite, qui nous
Trainfort,
étoit fur
avoit étéaflez avantageulc, le tems
fal fin, de fe tenir prêt pour
ce
fixé, afin que rien ne retardât
voyage quil avoit fort à crur. LiènteQuelques jours après, ce. homme
nant nous amena un ans, jeune qui ayant
d'environ vingtcing nous devions partir
été informé que le' Canada, enfuite:
inceffament pour
Ev. --- Page 112 ---
fJa6j
s'étoit addreflé à lui
pour Nantes, à le préfenter à M. de
pour Tengager à, l'effet d'obtenir gratuitePrépont,
le
ment, de cet Armateur,
France, pallage
dans fon vaiffeau jufqu'en état de
attendu qu'il n'étoit pas en obole, dedébourfer feulement une
lui étoit
puis la cruelle avanture qui
le
arrivée, dont nous luidemandâmes
récit, & quéje vais rendre, mot pour
mot, tel qu'il nousl le fit. à MontauJe fuis né, nous d'it-il, famille bourban, d'une très-honnête Cahuzet. La
geoife, & je me nomme
caufe de mon infortune, provient
d'un refus que, je fisilya cinq ans,de
confentir à un mariage que mon
à tous
Ert
égards,
me propofa, fortable. qui, Malgré le mécontentefort
cela lui donna, il ne fe rement que
il m'en
buta cependant pas d'abord, uns de mes pafit parler par quelques
jétois
rens & de mes amis, auxquels
extrêmement: attaché & quine phrent
rien gagner fur moi; voyant il s'avifa enfin que de
mon entêtement découvrit duroit, que j'avois
me faire épier.1l
la fille d'un Perde l'inclination pour jeune & jolie,
ruquier qui, quoique
cela lui donna, il ne fe rement que
il m'en
buta cependant pas d'abord, uns de mes pafit parler par quelques
jétois
rens & de mes amis, auxquels
extrêmement: attaché & quine phrent
rien gagner fur moi; voyant il s'avifa enfin que de
mon entêtement découvrit duroit, que j'avois
me faire épier.1l
la fille d'un Perde l'inclination pour jeune & jolie,
ruquier qui, quoique --- Page 113 ---
fT071
façon. Il
ne me convenoit en aucune de me recevoir
défendit à fon pere de n'y jamais
chez luis il m'ordonna
mettre le pied; & aux reproches il ajoura quil
me fit de ma défobéillance: f je continuois
de terribles menaces, il les auroit effedtues,
ae n'avois perfifter, pris des précautions dêtre pour
m'en garantir. Mais rendre je feignis à fes deébranle & de me d'un mois,
firs; j'obtins le délai
aux condi- pour
me décider enticrement,
j'irois
tions que pendant ce tems,
tous les jours vifiter la Denoifelle ne ver:
quil me deftinoit, & que Tlefpéroit je
d'un
rois point mamaitreffe. faire naitre
à peu dut
côté, me
certainegout pour la premiere,
Paua
ment en valoit bien la peine, m'interdifant de
tre, il Te flattoit qu'en
la vue de celle qui me captivoit, ilfe trompa, je
l'oublierois bientôt; mais
que l'on faifoit L11l armecar ayant fçu
la Louane;
ment à la Rochelle
aller, 82
formai la
d'y
ETAOT
je
à me fuivre.de
d'engager ma maîtreffe dans la maifon
lui en fis la propofition Tavois choift
d'un de mes amis, 2 que elle l'accepta
pour nos rendez-vous; Evj --- Page 114 ---
Ero8]
avec] joie, 8z nous arrêtâmes que nous
partirions le Dimanche fuivant, jour
qui me parut d'autant mienx convenir médià notre fuite &au coup que je
ne
tois, que dans lété, mon pere toutes
manquoit jamais d'aller fouper avoit
les Fètes, dans un jardin qu'il comà une lieue de la ville. Mon d'acheter trop deux
plaifant ami fe chargea mettre les effets que
malles, pour y
nous y ferions tranfporter, peuapeus Ce
jufqu'aus moment de notre évafion. étoit
jour arrivé, tandis Yenlevai que mon pere le deffus
a la campagne, commode où il mettoit fon ard'une je Ini pris deux cens louis, &
géns: Jallai rejoindre ma maîtreffe quit'at voitendoit, Nous montâmes dans une louée,
ture que mon ami nous avoit
Le
la Rochelle.
& nous partimes pour arrivée, nous allàlendemain de' notre
bureau des
mes nous préfenter au de la marine
claffes. Le Commiffaire nous remit un
nous y enregittra, le
d'un de ces
ordre pour Capitaine reçat à fon"
vaifleaux, afin quil-nons nous fimes
bord, & trois jours après,
voile pour la Louifiane.
Je ne fus pas longtems à me repen-
louée,
ture que mon ami nous avoit
Le
la Rochelle.
& nous partimes pour arrivée, nous allàlendemain de' notre
bureau des
mes nous préfenter au de la marine
claffes. Le Commiffaire nous remit un
nous y enregittra, le
d'un de ces
ordre pour Capitaine reçat à fon"
vaifleaux, afin quil-nons nous fimes
bord, & trois jours après,
voile pour la Louifiane.
Je ne fus pas longtems à me repen- --- Page 115 ---
[1oo]
tir de la fottife qejaveis faite,
une créature quine
la furpris
Cleteu
Je
que mon attachement. du yaiffeau, . avec
un jour,à Téperon avoit le foin des vi
le Commis un qui état qui ne me laiffa pas
vres, dans infant du préfent qu'elle
douter un
nos noces;
merdefhnoit pourle de
en faire des rela libérié
fort
HEaIC
jei proches pris qui furent un, pen Outré vifs, de & dépit,
mal reçus de fa part.
Teflayaie ide les rendre DRarEeals à. fon fecours
sen formalifas appella fon fait & caufe,
le Commis, qui prit
contre moi,
alla porter. des plaintes
que
qui ne furent. Hallieurendfement car, fans vouloir
trop bien écontées;
on.me conentendre ma jufiafications à la culaffe d'un
damna à être amarré
trente
canonvodl'ons me donnaplasde sfur les reins & fur
de gareettes.
des
coups les épaules 7 qui - furent fuivis Indigné de
huées de tout réquipage. réiolus de m'en
ce traitement, je ferois à terre,
vanger lorique je me prévint enmais la Providence avant PALINer 5
viron quinze tomba jours dangeretiemens
cette perfide mourut dans des douleurs
malade, &
affreufes. --- Page 116 ---
[toj
Il y avoit près d'un an
dans ce pays', fans'avoir que j'étois
trouver Toccafion de
encore pu
France, lorique quatre repaffer en
quijavois fait
François avec
connoiffance, me proftmei-omesei aux. bétes fauves,
à la chaffe
qu'ils fe trouvoient > dont ils me dirent
je n'avois rien de très-bien. mieux à Comme
que j'étois bien aife de me faire, &
mes chagrins, iy confentis. diftraire de
me jour de notre chafle,
Le fixielà, avoit été affez bonne, qui jufques.
contrâmes quinze
s nous renchaffoient auf. Il s'éleva Chicachas, qui
& nous une difpute au fujet entre de la eux,
priété d'un boeuf fauvage qui Venoit prod'etretné, & dont chacun des deux
partis, vouloit fe rendre
nous avions été plus
maitre. Si
pétulens, nous aurions prudens &. moins
mais nous
cédéà la force;
tions un peu étions-animés, ttop fur
nous comp.
notre adreffe; ; fans faire notre valeur &
fexion, nous en vinmesaux aucune rénous tuâmes fept fauvages, & trois mains :
cinq que nous étions,
de
pouffieré. Nous ne reftions 9 mordirent la
delix contre huit, de forte plus que
que, pour
re. Si
pétulens, nous aurions prudens &. moins
mais nous
cédéà la force;
tions un peu étions-animés, ttop fur
nous comp.
notre adreffe; ; fans faire notre valeur &
fexion, nous en vinmesaux aucune rénous tuâmes fept fauvages, & trois mains :
cinq que nous étions,
de
pouffieré. Nous ne reftions 9 mordirent la
delix contre huit, de forte plus que
que, pour --- Page 117 ---
[sril
ftimes.
éviter une mort certaines; rendre - à nous cesbarbar
contraints de nous
bêtes
res,qui contens des speauxdes & de celles at
nous avions tuées ,
avoient de leut côté conduitfirent ; abandonacrent dans
leur chaffe, & Péchus nous en partage à un
leur village
de foixante-dix ans,
vieillard de plus
miemmenerent
& à fes trois fils, qui camarade s'en
dans leur caze, & mon Je fus très-bien
fut - avec les autres. près de fix mois. Au.
nourri pendant
toute la famille de
boutide ce tems, chezlui, où après
mon hôte s'aflembla mille poftures , auffi
avoir préludé par
on. me déridicules quindécentes, vétemens, à. la place
pouilla de mes
en fautoir pla:
defquels , on me paffa de différentes coufieurs banderolles mit fur la tête un boleurs, & on me En cet état, cès fautnet de plumes.
au fon.de leurs
vages me conduifirent inftrumens à Tentrée d'un
pitoyables faifoit face à une très-belle
bois qui
à un pieu;
prairic, il m'y attacherent étoit dreffé tin bucher, 2
autour duquel fans doute de me faire a
dans T'intention
manger enfuite: >
rôtir 8 de me fait de mon. caainfi iqu'ils avoient jours auparavant;
marade quelques --- Page 118 ---
[rad
à mais au moment oli ils fe
me porter un coup de préparoient
devoir terminer mes
maffue qui
tite-fille de mon
malheurs,l la peAouas âgée d'environ hôte,qui fe nommoit
dans le cercle deces feize ans, entra.
fant, des hurlemens fauvages, en faijetia aux pieds de font affreux; elle fe
& lui demanda
grand
Fufage des
ma grace, qui Tetos
cordée,aux conditions Chieachas, me fut actirois à époufer ma que je. confenvint
libératrice. Elle
faire aufirotamprès la
de mois pour m'en
dans.les propolition. Il falloit opter; &
vois, je neicrus circonflances ou je me trouinftant à donnen pas devoir héfiter un
cette, union:, d'autant mon confentement à
forcée, elle ce
plus qu'érant
vant Dieu; ; la fille m'engagooit d'ailleurs à riendejolie, je ne voyois
étoit affez:
de conferver ma Viè pas & d'autre de faire moyen
ma.captivité, Aoua otacile-mème ceffer
liens, m'arracha mes
mes
en frbfirua une autre banderolles,lenel
en écharpe, dont elle me qu'elle portoit
scins; & au lieu d'un bonet ceignit les
mes, elle m'en donna tin fait de pludes petites branches d'arbres avec'
entre-
it d'ailleurs à riendejolie, je ne voyois
étoit affez:
de conferver ma Viè pas & d'autre de faire moyen
ma.captivité, Aoua otacile-mème ceffer
liens, m'arracha mes
mes
en frbfirua une autre banderolles,lenel
en écharpe, dont elle me qu'elle portoit
scins; & au lieu d'un bonet ceignit les
mes, elle m'en donna tin fait de pludes petites branches d'arbres avec'
entre- --- Page 119 ---
trig) retournâmes
lacdecs de fleurs. Nous mêmes intrumens,
après s au fon des
oit on fit le
à la caze de mon hôte, furent céléfeftin de nos noces, de ite par les ré
brées trois jours
les gens de
jouifiances ufitées demeurai parmi àvec- eux
cette Nation. Je
j'eus deux enfans
près de trois ans, que jebaptilais
mâles de ma femme, J'étois f bien
8 qui vivent encore. malgré Penvie que j'a:
oblervé, que
je ne pus jamais
vois de me T'occalion. fanvers Deux des onen trouver
miengagerent un
cles de ma femme, eux à la chaffe,facjour d'aller avec plus volontiers. cette
ceptai d'autant me fit naitre lidée d'en
partic, > qu'elle m'évader. Je me munis
profiter pour d'un fort bon couteau à
à cet- effet lon m'avoit rendu depuis d'eau
Saine, que
d'une calebaffe
mon mariage," contenoit bien quatre
de vie, qui en nous mimes en marDintes, & nous jour, fur le foir,
che. Le troifieme trouvâmes extrémement
nous nous propofai à mes compafatigués; : je
,je les invitaià
gnons de nous repofer, de vie 2 que je (çavois
boire de Feau
je leur
qu'ils aimoient benucoup, --- Page 120 ---
Or41
er verfai tant; que je les enivrai,
Quand je les vis
dans un
fond
plongés
& : à fommeil,je leur enfonçai, à RC
l'autre, mon couteat dans
coeur, dontils moururent furle
le
Je m'acheminai enfuite fans tenir champ.
route certaine": enfin, grace à la Pro- de
vidence, , au bout de cinq jours & de
quatre nuits, je fiis
rivé ici, d'ohje
heureufement aten s'adreffanta M. compte, de
nous ditil,
retourner en
Préponr, G
m'en
bonté de
France, vous avez. la
viens de vous m'octroyer demander. le' paffage que je
M. de Prépont fit diner
ce pauvre
avec nous
malheureu, qai
que nd; la punition
étoitpref
fubir de fes
qu'il venoit de
dont il en incarrades, & le regret
quefuffifans parut pénétré, 2 furent plus
de cet Armateur, poure exciterla compafion
fieur de Trainfort de 2 qui le faire ordonna au
& d'en prendre foin jufqu'au habiller 5
de notre départ.
moment
Les Sauvages, qui habitent cette
grande contrée, font en général affez
bienfaits, grands, forts, robuftes,
adroits, bons chaffeurs &
coureurs. Leur couleur-eft olivâtre grands
>
quefuffifans parut pénétré, 2 furent plus
de cet Armateur, poure exciterla compafion
fieur de Trainfort de 2 qui le faire ordonna au
& d'en prendre foin jufqu'au habiller 5
de notre départ.
moment
Les Sauvages, qui habitent cette
grande contrée, font en général affez
bienfaits, grands, forts, robuftes,
adroits, bons chaffeurs &
coureurs. Leur couleur-eft olivâtre grands
> --- Page 121 ---
[us]
difforme,
& leur figure 'ne feroit on point ne la rendoit
f, loriquils naiffents c'eft un trait de
telle; mais comme de n'avoir pas la
beauté parmi eux qu'une affiete, 3 ils.
face plus relevée
le vifage de
ont grand foin d'applatir ils fe fervent pour, cela
leurs enfans,
appliquent furi lenr
de planches qu'ils ferrent fortementa tavec
front, & qu'ils
auffi iles
des bandes; ils, leurs les percent levress hors
oreilles, le nez. & Alibamons & les
les Chicachas, les durs & féroces 5 les
Affenipoils, gens aflez doux & traitables.
autres font
on feroit fort
Quant àleur de Religion, dire celle qu'ils
-
embarraffé ils.ne font même
fent ;
Setoe
ils n'adorent rien & ne Pai craignent déja dit aE
le diable, ainfi
je Il en faut cepenceux de la
nos
ELEE
, que
dant
quelquessnss
excepter répandus dans ce pays,
Milionnaires, convertis à la vraie foi.
Ont
nosa affaires étant terminées,
Toutes
le cingluin,
nous nous embarquimes & fimes voile
nous apparcilimes Après vingt & un
pour lei Canada- pendant laquelle
jours de traverfée, furvint aucun accident 2
il ne nous --- Page 122 ---
f116]
nous allâmes mouiller dans le Port de
Tadoullac, vince
ville capitale d'une
du même nom , fituée
Pros
trois cens neuf
par les
1 &i les quarante-hut degrés de longitude,
nutes de Tatitude, degrés trente miLaurent,Renvirone fur le fleuve de S.
de fon
quatre-vingt lieues
rivierede embouchure, oùr il reçoit la
que fon nom Saguenay, à une des qui communiCanada. Comme
Provinces du
der dans aucune des nous ne plimesaborfleuve a la réputation ances, d'être & quece
ment
extrêméd'amareri dangereux, notre 2 nous primes le parti
bordent ce Port, vailfeauaux arbres qui
par préférence à tout que nous choifimes
étant. le plus convenable autre, comme
portée pourtraiter. avec les &le plus
Nous y laifiames les fieurs B Sauvages, ***
Trainfort & Cahuzet
2 de
traite 5 nous nous
pour y fairela
Prépont & moi, à rendimes, M. de
premier foin fut
Québec. Notre
à M. le Marquis d'allerfaire de
une vifite
éroit alors Gonvernetir Beanbharoola,
Nouvelle France.
Général de a
bien reçus; il Nous enf fûimes trèsnous promit avec la
meilleuregrase du monde de nous fa
ieurs B Sauvages, ***
Trainfort & Cahuzet
2 de
traite 5 nous nous
pour y fairela
Prépont & moi, à rendimes, M. de
premier foin fut
Québec. Notre
à M. le Marquis d'allerfaire de
une vifite
éroit alors Gonvernetir Beanbharoola,
Nouvelle France.
Général de a
bien reçus; il Nous enf fûimes trèsnous promit avec la
meilleuregrase du monde de nous fa --- Page 123 ---
tr7
de
vorifer en tout ce qui dépendroir nous en donluit, & il commença par nous faifant exner une preuve. , en pour faire la
pédier une permilfion fans laquelle
traite avec les fauvages,
nous aurions été forti inquiétés. chez la veuve
Nous nous logeames nommoit Mad'un Négociant. 2 quife demeuroit dans la
dame Véron; ; elle
choifimes par
bafe ville,
nous
Tair étant
preference, "" caute
elle condans la
eeNe
moins vif que
à l'état oli fe trouvenoit davantage
d'ailleurs elle
voit M. de Prépont; commode pour le
nous étoit Cette plus veuvé nous accomcommerce:
oùt nous fimes
moda d'un magalin, vaiffeau les marde notre
nous
tranfporter chandifes dont - nous pouvions dans
procureru une défaite lucre,cafe, avantageule indigo,
ce pays, comme vanille, caffe, canelle
coton, cacao,
que notre inten-
& tabac d'Efpagne, d'échanger contre toutes
tion étoit
attendu que les
fortes de pelleteries. & de Trainfort avoient
fieurs B
à faire avec
une traite particulicre ainfi que je lai dit plus
les Sauvages, cct effet ilsi étoient obligét
haut; qu'a --- Page 124 ---
[r18)
de refter à Tadouflac. J'engageai M.
deF Préponta faire venir auprès de nous
le fieur Cahuzet pour la garde de notre magafin. Cet Armateur qui en vit
la néceffité, chargea M. de Trainfort,
lorfqu'il nous apporta les marchandidemandées,de
fes que nousluavions homme aufli:
nous envoyer ce,jeune.
tôt qu'il feroit de retour à Tadouffac.
Un jour que nous avions invité
notre hôteffe à diner, on vint fur la
fin du repas., lui annoncer la vifite de
deux Jetnites.Comme elle vouloit fortir pour les aller recevoir, nous l'en- de
empêchâmes, & Housl'engagc@miase
les faire entrer. Mais qu'elie fut ma
furprife, en jettant les yeux fur ces
deux Peres, d'en reconnolre un qui
m'avoit régenté en cinquieme, avant
que je vinfle à Paris- continuer mes Ce
études aut Collége de Beauvais.
Pere me ditequ'ily avoit deux ans que
fes' Supétieurs Pavoient envoyé dans
la Nouvelle France pour faire la Mif
fion, queje ne le voyois à Québec,
que
guity avoit été député par
ERGPR des Millions, pour quelques
affaires; qu'il ne, comptoit y refter
qu'une iemaine,. & partrenfuite pour
régenté en cinquieme, avant
que je vinfle à Paris- continuer mes Ce
études aut Collége de Beauvais.
Pere me ditequ'ily avoit deux ans que
fes' Supétieurs Pavoient envoyé dans
la Nouvelle France pour faire la Mif
fion, queje ne le voyois à Québec,
que
guity avoit été député par
ERGPR des Millions, pour quelques
affaires; qu'il ne, comptoit y refter
qu'une iemaine,. & partrenfuite pour --- Page 125 ---
ta19) oit il faifoit ordinais
Kcifmilinskinaé,
Ce Pere, qui ife
ement fa relidence. parut charme de
ommoit Fournicr, il me fit mille amiette rencontre fort 3 de Valler voir, &
é, me preffa tems dans la maifon.
e paffer quelque avoit dans cet enue fa Compagnie fuirents vives,que
roit. Ses inftances qui fe fentoit un
.. de Prépont,
d'y joindre Tes
Heux,jugea à propos m'obligen de donner
ennes, ce à celéfite qui
2. en conféquenha parole
Gl promit de me venir
e de laquelle il Is'en retourneroit, &
rendre. quand
lor/que je reviene m'accompagac:
rois. montâmes dès le lendemain
Nous la ville haute, pour y rendre celui une
ans
Pere Fournier, & à
fite au it étoit venu la veille chez
vec qui Véron, dont il étoit fortami, Elle
Hadame firent voir leur mailon.
S nous bâtie en pietres,. expolée
R belle, Leur Eghife, quoique pe.
1 mieux. extrément, jolie. Le platfond
te,ef
qui pron orné de pluficurs
Leur jardia
un très-bel
ETA
ifent
& très-bien entretenu 5
R fpacieux outre un bois de haute futaye,
yaca --- Page 126 ---
120]
dans lequelon a pratiqué une fuperbe
avenue 2 ou nous nous heure. promenâmes Ils ont auffi
pendant plus d'une enfeignent les Huun Collége, 2 ouils
& la.Théolomanités, laP Philofophie
gie.1 En prenant congé du P.Fournier je lui 9
il me rappella la promeffe que & nous
avoit faite. Je la lui réitérai,
nous (éparàmes.
nous troue En rentrant au logis,
y étoit
vâmes le fieur Cahuzet, qui y nous
arrivé pendant notre ablences nous avoit
Tinftrufimesda motif qui l'inftallàporté à le mander, & nous avions
mes dans le magalin, ou nous. dans
fait pratiquer un retranchement, un lit 3
lequel nous lui placâmes
lui
n'ayant.pas affez de logement pour
donner une chambre ailleurs. le Pere
Qnelques jours après :.
Fournier m'envoya dire qu'il partiroit
le lendemain, que je me tinfle prèt,
& qu'il viendroit me prendre à neuf
heures du matin. Je m'arrangeai en
confequence 5- nous déjeunames, je
pris congé de M. de Prépont, & nous oùt
fimes route pour Miffilimakinac,
nous arrivâmes après un court rendi- trajet.
-LezoJuillet 1733, nous nous
mes
ques jours après :.
Fournier m'envoya dire qu'il partiroit
le lendemain, que je me tinfle prèt,
& qu'il viendroit me prendre à neuf
heures du matin. Je m'arrangeai en
confequence 5- nous déjeunames, je
pris congé de M. de Prépont, & nous oùt
fimes route pour Miffilimakinac,
nous arrivâmes après un court rendi- trajet.
-LezoJuillet 1733, nous nous
mes --- Page 127 ---
fssil -
mes of
à la maifon de la Compagnie, deux Jeoùl nous ne trouvâmes le Pere que d'Afligny,
fnites, Préfet, fçavoir & le Peré Certier; les autres
étant allés én miffion, depuits L'accuéil TabHence du Pere Fournier. me firent,
gracieux que ces Religieux occafion de me rene me donna d'avoir pas entrepris ce voyage 9
pentir
le tems queje demeurai
car,pendant ils' me 1: - fererentb beancoupe
avec ns eux,
le mieux qu'ils
8c me régalerent
'eu ai
rent; il eft vrai quejavois fix bouteilles
d'emporter avec moi
de Syrade vin de Madere,
des Barbouteilles
NER
cufe,deux bades, &c autant de fine orange., f
L
dont je leur fis préfent, ce à la qu, bonne je
crois,ne contribua
reception qu'ils me enie quoiquil flatté des
lieu d'être
en foit, quils T'eus eurent - 2
pour moi. Ces
égards" bons Peres m'ouvrirent leur cceur des fur
1a dureté de leur état & Pinutilité
& des foins qu'ils fe donnoient
peines amener à la foi: des Sanvages
B les trois quarts :
étoient brutes 8t
d'intruction, le forplus
incapables
très-diffciles à vain
plein de préjugeés
F
Part, iV. --- Page 128 ---
Eral
cre/&cqu'a Fexception d'un très-pe- tout le
"tit nombre de converions, fe réduifoit à
fruit de leurs travaux
la, fuite
quelques Baptèmes, qui chole par : a en, un
n'opéroient pas grand vrai. Que leur
mot,ils me parlerent après-tout, dc vouauroit-ilfervi, l'étois fur les lieux 2
loir diffimuler;
& conféquemment à portée d'enjuger
par Miflilimakinac moi.meme ? eft un Ifthme de
dans la
TAmérique Nouvelle France; feptentrionale illa a. 1 environ. cent
trente'lieues, de long, 8z vingt-deux de terre
de large. C'eft une détroit pointe
ou le
quien au nord'd'nn rendre
celui
va
lese
lacdes Iilinois Ce détroit fe
a. plus de trois
des Hurons. de
& environ une de
lieues Nous long, avons dans çet endroit un
large. établiflement que l'on confidere com.
Il eft fme un: pofte tres-important.
a les deux cens quatre.v
tué par, il
de. longitide, We les
douze degres degrés trente-cinq miquarante-cing nutes de latitude: Il n'eft éloigné
d'une demi - lieue de
SEEt
dulac desillinois. Les Outaouas & les
Hurons y: ontaufi chacun un village,
dans çet endroit un
large. établiflement que l'on confidere com.
Il eft fme un: pofte tres-important.
a les deux cens quatre.v
tué par, il
de. longitide, We les
douze degres degrés trente-cinq miquarante-cing nutes de latitude: Il n'eft éloigné
d'une demi - lieue de
SEEt
dulac desillinois. Les Outaouas & les
Hurons y: ontaufi chacun un village, --- Page 129 ---
[t2s1 Pun de Tautre.par : des
ils font féparés
ont conftruit
paliflades. Ces premiers ieftà envi
un Fort fur un côteau qui
C'eft
ron mille pas de Mimlimalonac
dans le pofte que nous occupions de M
lesjéluites avoient leur mailon, les Miffions
qu'elle dépendoient les routes différentes Naditpertées
elle étoit bâtions de
un
Ee
tie auprès d'une Eglife, la dans féparoit en: de
clos de paliffades des Hurons qui Nos Chafleurs
Thabitation
un étabifement
ont pareillement :
T
fert d'entrepôt aux marchandites avec les Sautinéesà à être échangées fortes de pelletevages contre toutes
par.a,.
Encestatrminets aller chez les Illinois les Oua
Es âla baye des Hste fur le
Aleuve de Mifliipi. Les pelleteries
de ces différens
qui nous (éjournent viennent à Miflimakinac,
endroits, d'être transférées dans les auavant
nous avons à la Louitres places La
de cette Ifthme, eft
fiane.
raitinen
avantageule que les trod'autant plus
traverler dans leurs
quois ne canots, peuvent le canal des Illinois p
foibles plus, de deux lieues de larges
quia
Fij --- Page 130 ---
Ia47
d'ailleurs la navigation du lac des
Hurons, eft trop penible pour
& les chemins par terre font eux,
ticables 2: 2 à caufe des rivieres & impra- de la
quantité d'étangs qui s'y trouvent. Le
lac des Illinois eft tres-poilfonneux,
ilfournit d'excellens poiffons
ils font fupérieurs, par leur bonté, blancs;
tous ceux de cette efpece quie fourniffent les autres rivieres.
voit
auffi des truites auffi belles Onyy celles du lac de Geneve. Cette que. abondance eft d'une grande utilité pour la.
fubfiftance de ceux qiti vont à la
chafle des cerfs, des caftors & des
orignaux, qui fans cette reffource, fe
faire trouveroient fouvent dans le cas de
fort maigre chere. Les campagnes font fertiles & agréables, elles
produifent toutes fortes de légumes
&
des
des d'herbages, citrouilles,
poids, s des feves,
des melons & du bled
d'Inde,
les Sauvages vendent
quelques ene très-cher, fur-tout
la chaffe ne leur' a pas bien réuffi, quand ce
qui "les dédommage en
forte du prix exceffif dont nous quelque leur.
"faifons payer les marchandifes que
pous leur vendons,
es font fertiles & agréables, elles
produifent toutes fortes de légumes
&
des
des d'herbages, citrouilles,
poids, s des feves,
des melons & du bled
d'Inde,
les Sauvages vendent
quelques ene très-cher, fur-tout
la chaffe ne leur' a pas bien réuffi, quand ce
qui "les dédommage en
forte du prix exceffif dont nous quelque leur.
"faifons payer les marchandifes que
pous leur vendons, --- Page 131 ---
: Ca251
jteIlLy avoit déjà douze jours maiscomme que
tois avec ces bons qu'ils Peres. me pocuiolest
les amufemens les inquiétudes quc
ne m'ôtoient la pas fanté de M. de Prépont,
me donnoit
;je les priai de trouje leur en fisparts prilfe conge d'eux, &
ver bon queje Twneoccaton qui fe
que jet profitalile m'en retourner à Quicprefentoit pour
jeviterois par-la
bec, d'autant
Pembartas d'un
au Pere
EuSe
auquel il s'étoit engagt moi: ils par
voyage complauiance pour
ad4
confentirents pure
ils me chargerent quils me
paquet pour leur remettre Evèque, en mains
prierent de
&.je partis le LUSE
pres à ce Prélat,
main.
arrivée à Québecsic trouA mon
qui commençoit
vai M. de Prépont, de. ne me point voir.
fort à s'ennuyer pendant mon ablence
Il m'informa que une bonne partie de
il avoit échange contre de magnifnos marchandifes dont il efpéroit que
ques pelleteriess déferions tnesavantagels
nous nons France: 11 me dit aufi quil
fement en content du fieur Cahuzet,
étoit lui bien avoit été d'un grand decours,
qui
Fij --- Page 132 ---
[126
lui ayant donné dans cette occafion
EFE de fon zele & de fon inaufirot qu'il quilcomptoit feroit à Nantes. reconnoitre
j'allai Quelques rendre jours à M. après mon retour,
que le Pere d'Amigny FEvéque, m'avoit le paguet
Ced digne & pieux, Prélat
remis,
amitiés, il
me fit mille
quelques fois, m'engagea de l'aller voir
je ferois à
pendant le féjour
Québec, & de
me
vouloir len
charger de fes.dépéches;
je partirois pour-la France. lorique
tant de fon Palais,
En'for
maifon des Jélunites, je me rendis à la
de quelques commifions pour m'acquitter
Fournier m'avoit. données, que le : Pere
trant au logis,
& en renB*** qui ne Tdr trouvai le feur
douffac.11 nous inftruifit qu'arriver de Tareftoit plus aucune
qu'il ne nous
fort peu d'eau de vie. quincaillerie, a .qui feroit & à
peine fuffifante pour notre traverfée
jufqu'en & le fieur. France; de,
lai traite que lui
avoient
RtiRit
avec les Sauvages, étoit entierement faite
finie, & que nous avions un fort bel
affortiment de
Le
B dont les pelleteries. foins
fieur
nous avoient
areftoit plus aucune
qu'il ne nous
fort peu d'eau de vie. quincaillerie, a .qui feroit & à
peine fuffifante pour notre traverfée
jufqu'en & le fieur. France; de,
lai traite que lui
avoient
RtiRit
avec les Sauvages, étoit entierement faite
finie, & que nous avions un fort bel
affortiment de
Le
B dont les pelleteries. foins
fieur
nous avoient --- Page 133 ---
: [ray]
notre
été fort utiles, travaillant pour. : car
nes'étoit poinc-cublies
compte,
Fort Royal 9
depuis notre déparcida
fonds: )1
ilavoit au moins quadraple-fek
à
n'étant Hlainécedianne
Sa préfence
Tadouflac, nous Relugienbiee nous étions
avec nous; 8d attendu quie nous loi
logés fort étroitement; faire mettre-nn lit LSOE
polames de lni côté du-fieur Cahuzet
le Magalin, ,à avec d'autant plus de
ce quiliaecepts quil auroit eu beaucoup dont de
plaifir, à trouver une chambre,
peine lui auroit couté très.cher.
le loyer
écrivit alors à M: de
Mide Prépont de mettre notre vaiffeau én
Trainfort état de tenir la mer pour le commen. il
d'Oaobre, tems auquel
cement avoit fixé notre départ pour la d'eau, France, de
& de faire les provitions les autres chofes
bois , & de toutes avoir befoin pour
dontnous pourrions
cetté traverlée.
les quinze jours
Nous employâmes Tarrivée du feur B ***
qui (uivirent défaire du furplus des marchans
ànous
nous avions dans notre
difes' que quifurent échangées contre.
Magalin,
& nous renvoyâmes
des pelletéries,
Fiv --- Page 134 ---
[128]
enfuite le fieur Cahuzet aTadouffic,
pour y aider le fieur de Trainfort.
Comme il ne nous reftoit plus rien:à
faire, & qu'avant que notre. vaiffeau
fieprêt, nousavions encore
mois d'attente, nous
prèsdun
de Prépont. & moi, réfolimes, de
M.
vuide en faifant un
remplir ce
Réal, ville dont: On nous voyage avoit- àMontplufieurs fois
parlé
à caufe de la falubrité mesavantageuf@emone de fon air.
laiffames le fienr B *** maitre de Nous
tre magafin, nous le
nonos affaires, & nous partimes chargeâmes le neuf de
où Séptembre 1733, pour cette ville,
nous'arrivamesie douze.
Nous allâmes loger chez un
ciant qui fe nommoit M. du Négofrere de Madame Véron, Frefne, 9
teffe, qui nous avoit donné notre une lettre hôpour lui. Il nous reçut à bras
nous fêta beaucoup, pendant ouverts, le
que nous y fimes, & nous
féjour
gna dans toutes nos promenades. accompaMont-Réal, ville Capitale de
u même nom, qui a environ l'He
lieues de long fur cinq de
onze eft
fituée parles trois cens
large,
cinquante-cinq minutes quatre degrés
delongitude,
refne, 9
teffe, qui nous avoit donné notre une lettre hôpour lui. Il nous reçut à bras
nous fêta beaucoup, pendant ouverts, le
que nous y fimes, & nous
féjour
gna dans toutes nos promenades. accompaMont-Réal, ville Capitale de
u même nom, qui a environ l'He
lieues de long fur cinq de
onze eft
fituée parles trois cens
large,
cinquante-cinq minutes quatre degrés
delongitude, --- Page 135 ---
(n9]
trente miales quarante-cing fur fleuve de.S.
nutes de latitude,
E
Laurent, à foixante lieues au-deffus
Elle eft tres-commeri
de Québec. belle & bien fortifiée. Le cli
çante, eft
& d'une grande fere
mat en
fain,
commerce contilité, fon principal de caftorsy d'ours, d'oftteen peauix
de renards, de
rignaux., d'élans, de martres, de cerfs, de peckans,
loutres, marins, de chats fauvages,
de loups
de
: de belerde fouteraux,
fouinés, de
&2
tes de râts mufqués, caribous, 11 9
de chevreuils. lly a un Gouverneur
un) Etat Major & une bonne canal garnifon. va
voitan fort: beau
forme qui un
PnaAe fe
à
& Laurent. qui
Le SEL
des bras du
Nt
minaire de S. Sulpice de Paris, avoit eft
Seigneur de cette ville. Il n'y étions,
pas huit jours fimptômes' que nous de y la malaquand tous'les
reparurent, ce
die de M, de Prépont d'en partir, pour
qui nous obligea
oit nous arriva
retourner à Quéhec, Septembre. Noue
mes le vingt-cinq notre vaifleau étoit de
apprimes dans que. le Portde Qucbec; oti
la veille
Tavoit amené de TaM. de Trainfort
Fv --- Page 136 ---
13p1 fimes conduire les
douffac. Nous y. avoient été donpelleteries qui nous
nées en échange de nos marchandiless d'environ foiainfi qu'un
baril d'Erable, & un
xante pintes T firop,
du Canada,
quintal de thérébentine pour mon
dont j'avois fait- emplette
compte Comme particulier, rien ne, nous retenoit plus
nous allâmes prendre
au Canada, 2.
M. VEcongé de M. de Beauharnois,de qui nous
vêque & des Peres Jéfuites, poclatances
renimentleaunsdenccles
oûi
& nous revinmes au logis, nous pen- y
dant.deux ou trois jours que
refâmes encore, nous arrangeimes
nosaffairesi nous. nous embarquimes & fimes
enfuite, nous Nantess apparsillimes le dix Olobre
voile pour
1733:
ville Capitale de la Nou
velle Québec, France, fituée dans TAmérique
par les trois cens (ept
fepientionale,
minutés de Iongidegrés cinquante
degrés
tude,8 les quarante-fix
eft rr
rante-cinq minutes de latitunde,
larive gauche du fleuve S. Laurent.Sa
polition eft une des plus 8 fa avantageules vue une des
pour le commerce, 2
ess apparsillimes le dix Olobre
voile pour
1733:
ville Capitale de la Nou
velle Québec, France, fituée dans TAmérique
par les trois cens (ept
fepientionale,
minutés de Iongidegrés cinquante
degrés
tude,8 les quarante-fix
eft rr
rante-cinq minutes de latitunde,
larive gauche du fleuve S. Laurent.Sa
polition eft une des plus 8 fa avantageules vue une des
pour le commerce, 2 --- Page 137 ---
El monde. nl-y
plus bellés qu'il y ait au la côte de
a un canal qui va la depuis de Lévys
Beauport juiqu'à
dont il ya eu
nom
cbrenee
qui egendde 1 Général de ce. &
un Gouverneur Nouvelle France. Le Pori
-dans la
bons. ocdanveiome
la Rade enfont vis-à-vis de la ville, le
quatre bras, au fud de PIle dOrléans,
premier va
lieue de large; le feila près d'une nord de cette Ifile, & delcond eft au
: le troifieme
cend au Cap Tourmente Charles, , & le
fchomme la rivieres. de la ville: de Montquatrieme vient
de
Réal, à foixante heus.adetias
Québec. ville eft divifée en deux ipars
Cette diteshaute 82 balle. Lai preihiere ett
ties,
le Fort,lc 4
château, qui &
comprend fur le bord d'ane côte efcarpéc, eft trèsbien
sesigrunégalet dans cette , ville que réEurEn
Général,qui jouit
fidele Gouiverneur autorité, de forts
d'une grande
nett
& d'émolumens
pointemens
eft tres-étendus
rables : fon pouvoir Texécution des
il confite à iufpendre
squit
Sentences de mort, iafqaaree
ait obtenu la grace des Criminclssa FvI. --- Page 138 ---
E132]
difpofer, ainfi qu'il le juge à
des emplois
propos:
les
militaires, autres que
Gouvernemens, lès Lieutenances
de Roi & les Majorités;-à accorder
un certain nombre de permifions chaque année, à ceux qu'il veut bien favorifer, pour aller en traite chez les
Nations Sauvages, &à concéder,conjointemènt avec
à défricher, & autres: Tintendantadestetres établiffemens.
Ilya un Erat Major, une bonne Garnifon & une nombreufe Artillerie.
LIntendant y a auffi fon logement;
fes appointemens & émolumens font
à peu-pres femblablesa ceux du, Gouverneur Général ;1 il a feul le
de dilpofer des deniers qui fe.t pouvoir trouvent dans les coffres du, Roi, tous
les vins & autres provifions qu'ils font
venir de France, ne payent point de
frety ni aucuns autres droits, Il
a
aufi dans cette ville un Grand Prevôt y
& un Grand Maître des Eaux & Fo.
rêts:
Le Confeil Supérieur s'y 1 affemble
tous les deux mois pour juger défini--
tivementlesappelse dues
des Sentences renpar les Juges des: Jurifdiétions
fmbalternes, qui reffortiffenta ce
res du, Roi, tous
les vins & autres provifions qu'ils font
venir de France, ne payent point de
frety ni aucuns autres droits, Il
a
aufi dans cette ville un Grand Prevôt y
& un Grand Maître des Eaux & Fo.
rêts:
Le Confeil Supérieur s'y 1 affemble
tous les deux mois pour juger défini--
tivementlesappelse dues
des Sentences renpar les Juges des: Jurifdiétions
fmbalternes, qui reffortiffenta ce --- Page 139 ---
133]
Tribunal. 11 eft compo(é du Gouver- de-l'EGénéral, de Tintendant,
neur
Confeillers, d'un
véque, de Général fept
& d'un Greffier.
Procuréur
plaide elle-même" fa
Chaque partie forte
les affaires ne font
caufe; de
que
les Avocats &
point 'embrouillées il par en - a même
les - Procureurs ; n'y
ancun ; elles font par Tous conféquent ces Of
bien plus faciles à juger. au côté.
ficiers fiégent l'épée
a près de
Le Palais du Gouverneur au-devant
cent trente pieds de long; de quatre-vingt
eft une terrafle deplus furla bafie ville &le
pieds, qui a vue eft
il eft
canal, Ce Palais detaille fuperbe,. & eft très-bien
conftrunt. bâti en pierres il eft flanqué de plufeurs &
qui forment des avants
pavillons, des arrieres corps de logis. Pune Ilyadeux eftdans
batteries de canon; dont & Pautre en deTenceinte du Palais,
la baffe villehors ; eullceicommande A: trois cens cinquante
& le fleuve.
de ce Palais, eft une
C
on environ de cent
R
telleadchasteut
Eore de près
Cap Diamant, fur
que fon appellele redoute qui domine fur
lequel eft une haute ville & tonte la
ole. Fort, la --- Page 140 ---
ty4l
Or prétend que ce Cap
campagne. de diamans dans fes roeft rempli
aflez beaux,
chers.I Ils feroient; durété dit-on, du vrai diamant;
s'ilsavoientla & à moins de s'y bien connoitre,on lextrépourroit s'y méprendre. nord-ouef A
mité dela haute ville, & ail fur
eft
du Cap,eft un cavalier eft lequel de
Ce cavalier
garni
un moulin. pieces de canon , qui font,
plufieurs en étatde battre la campagne. eft aufi daris la
Le Palais Epitcopal
bâtiment.
haute ville. C'eft un grand
de pierres de taille , dont.le principal ont
corps de logis avec la chapelle, aile
vue fur leicanal, ly a une
dece
baciment, qmi a environ quatre- vingt
pieds dé long yau bouteft un pavillon &
formant lin avant-corps à T'orient, l'aile ce
dans l'angle qui forme avec
corps delogis, ," eft un, autre pavillon
convert en impériale. : dans lequeleft
pratiqué le.g grand efcalier. Le rez-dechauflée de la principale cours.n'ett &
pas plus sélevé que les-autres les cuifines cours &
jardins; le rétedtoir
voûtés en
les offices.font fous terre,
briques. La Chapellea foixante pieds
de longs elle eft bâtie en piertesade
dans l'angle qui forme avec
corps delogis, ," eft un, autre pavillon
convert en impériale. : dans lequeleft
pratiqué le.g grand efcalier. Le rez-dechauflée de la principale cours.n'ett &
pas plus sélevé que les-autres les cuifines cours &
jardins; le rétedtoir
voûtés en
les offices.font fous terre,
briques. La Chapellea foixante pieds
de longs elle eft bâtie en piertesade --- Page 141 ---
& fon.
taille, fort ornée en dedans, remarquable ,
aute) eft d'autant plus de celui du Val-dequil eft à Vinftar Ce Palais eft rempli
Grace, à Paris.
qui fervent
de quantité de chambres,
de ce
i
tons les Recenadiques fe trouvent attiBeter loriquils leurs affaires ; ils.
rés à la ville pour
qai eft tonmangent avec TEveque, Ce Prélat
jours à-la tête dn réfectoire. du Pape : fon
releve immediatement & fans.les bérevenu eft tres-mince:
bien
néfices qu'il a en THrance,llauroit
de la peine à fubfifter. les ufages des tems enTels étoient
qui nous font
heureux de TEgli(e, cette mémorable
core rappellés la par nraifon de T'Evèque
défnition de
Domus PresbitroDomus Epilcopi.
de PErum. Mais fi la vie commune fe trouve
vèque avec fon Clergé, du moins doitit
avjourd'hui confidérer abolie, que ce-n'eil
la fainte
Coge
toujours la hiaifon intime &
avec fes /
par
entretiendra
liarité qu'il
qu'il pourra leurin- Ii-me.
co.opérateurse le zcle, dont il doit être du facré
pirer
pour Pexercice talens : des
me animé, connoitre - les
miniftere, --- Page 142 ---
[136] -
Eccléfiafiques nés, les
qui lui font fubordonpeuvent leur appliquer aux emplois qui
dans- leurs
convenir, les foutenir
eux la décence travaux. & la maintenir parmi
de fes premiers devoirs, piété;c'eft l'un
qu'en les honorant
Ce ne fera
leur procurant, par lui-meme, des fecours & en
cieulement.
judiment. des baffeffes difnibués, l'affranchiffecellitent, qu'il
que les befoins nérefpecter par parviendra à - les faire
curer à tout lea.féculiers, l'ordre
& à prol'obciffance & la
Eeclélafiqee, I
font dues; mais je vénération qui lui
je moralife aux. dépens m'apperçois de
que
par état, font obligés de le ceux, n'u- qui
furrons point leurs
faires
nons le filde notre hifloire: droits, & repreLa Cathédrale eft un grand &
gnifique vaifleau.Le
mapofé-de dix Chanoines, Chapitre eft comDoyen. Iy a en outre - y compris le
taires, quifont le Grand quatre digniThéologal, , le Grand Pénitencier Chantre, le
Grand Archidiacre. Le Séminaire & le
auprès de cette Eghife; il a été
ct
par feu M. de Laval, Evèque de fondé
bec, Il-ett fur la grande plate Quéforme,
eft un grand &
gnifique vaifleau.Le
mapofé-de dix Chanoines, Chapitre eft comDoyen. Iy a en outre - y compris le
taires, quifont le Grand quatre digniThéologal, , le Grand Pénitencier Chantre, le
Grand Archidiacre. Le Séminaire & le
auprès de cette Eghife; il a été
ct
par feu M. de Laval, Evèque de fondé
bec, Il-ett fur la grande plate Quéforme, --- Page 143 ---
[1371
&ilavue fur le canal. La Chapelle pieds de
de ce Séminaire a trente-huir la Saeniftie:
-long, en enfermée y compremant dans T'aile gatiche
elle éft
qui a plus de deux cens
du bâtiment, & trente de large. Sa
pieds de long eft fort belle & tres-etlimée.
fculpture
eft fuperbe; Son arLe Mattre-Antel
les muchiteéture eft comathennes lambriffées, 8 orrailles font-routes beaux tableaux.
nées de fort
ainfi que je l'ai dit ciL
Les Jéfuites, avoient une belle maifon
devants y
avec un Collége: ont, un Couvent vis:
Les Récolets Leur Eglife eft belle,
à-vis le Château. fur leur Maitre-Autel un,
&c on yvoit tableau, qui repréfente
magnifique defcente de Croix; ceft un ou- fort
une
achevé: Leur eloitre eft
vrage bean, & c'ett à ces Religieux que
ce
Tétablifement
Ton doit, dans pays,
:
de la foi.
ont une- fort
: Les Hofpitalieres cette ville, & elle a
.lie maifon deux dans fort beaux pavillons.,
ornée de Urfulines en ont pareillement
Les
pour y
une, qui, eft tres-commode --- Page 144 ---
[138]
prendre des Penlionnaires, &
curer linftruction aux jeunes filles. y proLa feconde 2 dite la baffe
eft fituée fur le bord du
ville,
pied d'une montagne de feuve, aut
toifes de haut, & unefalaife quatre.vingt de
huit ; nommée le Saut du
vingt:
les' maifons font bien bâties Matelot;
en pierres 42 taille,aufi dures toutes
marbre; elle eft défendue que.le
platte.forme qui'eft à fleur par une
fagonquilferoir difficile
d'ean, de
d'en approcher forcément aux vaiffeaux
rir le rifqued d'être coulés à , fond: fans condans cette ville qu'a été conftruite C'eft la
Chapelle de Notre-Dame des Vidoi
res, en action de graces de la
du fiege que firent les
levée
1690.
Anglois en
Ily a un chemin qui
de la baffe ville à la communique il
tournant, & les voitures haute; va en
à
ont bien de
la-peine y monter,
Le commerce eft très
dans cette ville, 7 Ies marchands confidérable
font tous érablis, tant a caufe de s'y la
commodité du Port, le long
ilya de fort belles maifons, duquel
la'lacilité qu'ils ont de faire tranfpor- que par
1690.
Anglois en
Ily a un chemin qui
de la baffe ville à la communique il
tournant, & les voitures haute; va en
à
ont bien de
la-peine y monter,
Le commerce eft très
dans cette ville, 7 Ies marchands confidérable
font tous érablis, tant a caufe de s'y la
commodité du Port, le long
ilya de fort belles maifons, duquel
la'lacilité qu'ils ont de faire tranfpor- que par --- Page 145 ---
[139] devant deleurs
ter en bateau 9 jufqu'au bois,toutes les aumaifons le bled,le & provilions qui
tres marchandiles néceffaires. Cette ville eft
leur (ont
Le froid s'y fait beau- ville
bien peuplée reffentir que dans la
coup moins celle-cia l'avantage de:
haute; mais l'été d'un vent frais, fort
jouir
eft privée. L'eauy eft
dont
il s'en trouve plutaa
bonne & limpide ;
fieurs fources. voitures dont on fe fert pen- la
Les
tant à la ville qu'a tirés
dant Thyver, font des traineaux
campagnes chevaux qui font infenfibles
par froid des & infatigables 4
vafte
au
Canada eft un grand &
Le fitué dans TAmérique fep- juc
pays, tentrionale ; les Geographess été abfoluqu'à préfent, n'ont fur fes pas bornes. Celles
ment d'sccord
paroifs
qui, felon mes conoifances. fe trouvent dans
fent les plus juftes, éeudier la Géographie,
la Méthode pour 269. dans lequellAu,
Tom. III. pag.
bornes, au nord
teur lui donne Labrador, pour, à Peft, la Noule pays de
& la mer du nord; de
velle Angletetre le Nowveau Méxique,
& àlouelt, --- Page 146 ---
[140]
forte que cette partie de
fe trouve entre les deux cens l'Amérique foixantefept & trois cens trente. degrés de
longitude, & entre les vingt-cing &
cinquante-trois degrés de latitude
tentrionale. Sa plus grande étendue fep- fe
prend du fud-oueft tau
la Province de Panuco, nord-eft, depuis
1 velle, Epagne,
dans la Nouprès du Golfe S. jufqu'au Cap Charles,
ferme une diftance Laurent, de
ce qui renlieues,
près de mille
Ce pays eft à pea de chofe
auffi grand que l'Enrope,ileft près
coupé de bois, de lacs & de
entrequi rendentle froid
rivieres,
pendant fix mois de extrémementrude l'année
Les terres qui ont été défrichées au moins.
très-fertiles, elles
font
bon froment,
produifent de fort
fel recueille à la quife fin feme en Mai, &
mes y viennent an d'Aont. mieux, les Les
font excellens; il y a
bres fruitiers de toute beaucoup
*
gne & le tabac y croiffent elpeces la vilesbois font remplis de toutes très-bien; fortes
le d'animaux rares , dont les peaux font
de principal commerce des habitans
cette contrée, parmi lefquels le
très-fertiles, elles
font
bon froment,
produifent de fort
fel recueille à la quife fin feme en Mai, &
mes y viennent an d'Aont. mieux, les Les
font excellens; il y a
bres fruitiers de toute beaucoup
*
gne & le tabac y croiffent elpeces la vilesbois font remplis de toutes très-bien; fortes
le d'animaux rares , dont les peaux font
de principal commerce des habitans
cette contrée, parmi lefquels le --- Page 147 ---
[14]
caftor eft le plus fingulier, intelligence tant par
ion adreffe, quie des parfon piéges que lon lui
-à fe garantir fans ceffe. On y voit aufli un
tend immen(es les fleuves, lacs,r.
gibier
fourniffent du poitvieres 8 étangs, & d'un gont exfon en abondance,
quantité
quis. Il y a une ptodigieufe aux conftrutions
d'arbres - proprés & autres ouvrages en
des vaiffeaux
L'Erable encharpente & menniferie:
admiratr'autres, donne une LEpinette liqueur blanble & fort eftimée, baume merveilleux x,
che fournit ce effets qu'il procure , &
par les bons connoiffons fous le nom de
que nous Thérébentine du Canada.
Baume oude & la volaille y font fort
Les beftiaux & à bon compte.
communs, Qhoique nous foyons les premiers cela n'a
potiefteurs de cette Contrée, de nous en
empêché les Anglois
bfurperde pas
tems en tems quelques nous parties. Par le traité ville d'Urrecht, de Plaifance, &
leur cédâmes fituées la
dans les mers d'ales autres, la ville-de Port Royal &
lentour,
la baye & le détroit
toute PAcadie, le Fort deNelfon; K & foutés
a'Hudfon, --- Page 148 ---
[r41
les terres, mers, côtes,
ces & forts en dépendants, tivieres, le
Breton, celui de
E
de
Camfeaux, & PIne
orientale Terre-Neuve, du
fitués fur la côte
Golfe de S. Canada, à l'entrée du
derniere
Laurent; mais depuis la
ralement paix s nous leur avons génenous étions. abandonné réfervés tout ce que nous
fous le nom de Nouvelle dans le Canada,
On divife ce pays en deux France.
orientale & oecidentale, la parties
eft connue fous la
premicre
Canada, la feconde dénomination. fous
- de
Louifiane. Avant la derniere celle de
nous poffédions dans cette derniere paix,
partie, la Prov'nce de Saguenai,
comprenoit, Québec, radourfacs qui.
Sillery, Port Neuf, S.Nicolas, Chichequebec, Réal,
& enoutre PIlle de Montétoir bien dont la ville du même nom
fortifiée, & dans
iy avoit un Gouverneur
laquelle
avéc un Etat Major & Particulier, une bonne
Garnifon: L'ille de. Mifcou, lile de
S.Jean, Richelieu. les trois
où il y. avoit auffi un Gouverneur rivieres,
Particulier, un Etat
bonne. 1
Major & une
Garnifon ; 4 Gafpé 5: le Fort
Montétoir bien dont la ville du même nom
fortifiée, & dans
iy avoit un Gouverneur
laquelle
avéc un Etat Major & Particulier, une bonne
Garnifon: L'ille de. Mifcou, lile de
S.Jean, Richelieu. les trois
où il y. avoit auffi un Gouverneur rivieres,
Particulier, un Etat
bonne. 1
Major & une
Garnifon ; 4 Gafpé 5: le Fort --- Page 149 ---
E143 1
Notre
de Contiy celui de Frontenac, S. Alexis, S. FranDame des Anges, S. Michel.
cois, S.Jofeph,
autres Pro119 y a encore plufeurs fous la méme déno:
vinces comprites
les
:
mination de Canada, dont
Anglois fcavoie
Hoffetleurs
font pareillement
Port Royal,
TAcadie, d'oà la dépendent 2 la Hayve
qui en eft
Capitale Touquechet &
Martingo, Palpay,
Port Rofignol.
Le Notumbeque
cae & S.
Pemégoa.
d'oit
cores
veur; la Nouvelle Angletetre, Bofton & Pliydépendent London, Nouvelle Yorc, le Fort de
mouth; La
Gollmbourg &
Naffau, Chriflina,
Elzimborg.
de cette vafte ConTous les pays midi, font remplis
trée, fitués forêts, au qui rapportent les
d'immenfes bois du monde, confiftans cheplusbeaux ormes, tilleuls 9 trênes,
en SHTA hèrres, chateigniers, 2
ce- 2
nes rouges,
5 de
rmart
pommiers. pruniers, dont les fruits
rifiers & dernieres noyers, efpeces ne vallent
çes deux
trouve beaucoup d'au-,
rien, on y. inconnus >. en Europe,dont
es arbres, --- Page 150 ---
L1441
il en eft un que l'on nomme érable,
qui ne tient en rien desnôtres. Sa &
eft agréable & faine,fon goût eft féve
rieur à celui de toutes nos eaux fupé: de
citrons, de cerifes & de groleilles. Elle
porte fon fucre avec
&
la conferver, on la fair elle; cuire en Douf CORfiftance de Sirop. C'eft un des
puiffans fpécifiques que nous plus
dans les maladies de poitrine. ayons
Jer m'étonne que les Médecins
fans doute, n'en ignorent pas les qui;
d'ua prictés, aient négligé de faire
remede
Ae
j'en ai fait en mon auffi bon que celui-là;
d'expériences,
particulier quantité
fi. Les bois ainfi qui toutes m'ont réuf.
font pleins de ces quoiles arbres habirations,
dont il ett très-facile d'avoir précieux, la
par le moyen d'une faignée féve,
fait dans l'arbre. II n'y en a aucun que Pon
ne puifle rendre
qui
de
à huit chaque jour un broe
pintes, & ilh'eft
qui n'en: ait
AA
lui,&
ne
plafieurs
rat
tous les qui
foit a portée d'en tirer
jours quelques dames
nes. La vigne croit naturellement jeanpied des
aut
fonimer, 1O:
det arbres forte &e 1 monte. julqu'au
que les grappes paroifent
bre. II n'y en a aucun que Pon
ne puifle rendre
qui
de
à huit chaque jour un broe
pintes, & ilh'eft
qui n'en: ait
AA
lui,&
ne
plafieurs
rat
tous les qui
foit a portée d'en tirer
jours quelques dames
nes. La vigne croit naturellement jeanpied des
aut
fonimer, 1O:
det arbres forte &e 1 monte. julqu'au
que les grappes paroifent --- Page 151 ---
Onen fait
roiffent tenir aux branches. aufli
& d'un
du vin, mais il eft celui épais, du Gatinois;
rouge auffi noir
la fadeur que
iln'en a pas, à de vérité,
met à
les grains d'hiéble 2 qu'on mais y. il reffoifon, lui communiquie, au vin des
femble, par far douceur, auffi dans ces bois
Canaries. Il croît
haute d'environ
une efpece de plante,
pieds; chacune porte quarre :
quatre fruits,que lon appelle citrons,
oû cinq n'en aient, nila forme, ni
quoiquilse Fodeur, ni la couleur, ni le goit. Jila raifon qui T'a fait nommer fruit eft
gnore ainti. Quoi qu'it en foit, le fuc ce de fa rafain & fort agrcable, eft corrofif, & eft
cine atl contraire
Ony voit
un (ubtil & mortel d'eau, poifon. fort bons &
auffi des melons
des citrouilbien fucrés, des poidss,
de
les, des grofeilles, des. befoin pignons d'aucune pin
& du tabac, qui-n n'a
culture. Il y a dans toute cette partic bêtes mé- fauiridionale, toutes fortes de
comme
ves, & un gibier. immenfe,
cerfs, chevreuils, 2 boeufs fauvages,lier derniers font
vres,lapins. offas; ces
tout-a-fait finguliers, ils" reflemblent
Part. 1V.
G --- Page 152 ---
[146]
affez à nos lievres, hors parles oreilles
& les pieds de derriere ; leurs femelles
portent fous le ventre une poche, dans
laquelle Jeurs petits entrent
veulent fe fauver avec leur loriqu'ils mere de
la pourfuité des chaffeurs; des éclreuils d'un gris
cendré, 2 des renards
rouges & noirs, des belettes, des
tailons, des furets, des ours de deux
elpeces; les uns font noirs,
reux, & s'enfuient au moindre trés-péules antres font rouges, cruels, bruits' & at-.
taquent les chaffeurs; des loups ordinaires & cerviers, des
ce font dese(peces
michibibis :
tits que les véritables, detigres, & bien plus pemarqués. Ils craigent fort les
moins
mais iln'en eft pas de même desautres hommes,
animauix, qu'ils domptent aifément.
Ce qu'ily a de particulier dans ceuxlà, c'eft que lorique les Sauvages font
aux prifes avec quelquest bêtes
ils vontau fecours des
fauves,
lancent avec fureur fur premiers, lesi derniers, s'6-
& aident les Chaffeurs à les vaincre. 2
Des caftors, on yen rencontre
fois des blancs, mais il fopt extrême- par
ment rares
-
& fans prix, de même
çeux qui font entierement noirs que &
.
Ce qu'ily a de particulier dans ceuxlà, c'eft que lorique les Sauvages font
aux prifes avec quelquest bêtes
ils vontau fecours des
fauves,
lancent avec fureur fur premiers, lesi derniers, s'6-
& aident les Chaffeurs à les vaincre. 2
Des caftors, on yen rencontre
fois des blancs, mais il fopt extrême- par
ment rares
-
& fans prix, de même
çeux qui font entierement noirs que & --- Page 153 ---
1147)
d'aucunes autres coue
fans mélange
font auffi fort
leurs. Les crocodillesy tres-dangereux 2 & ne
communs, different en rien de ceux du Nil.
D
On y voit beaucoup de vautours,
ils font carnivoress les plus
de
Se
defirudeurs
gibier quily même
leur force eftt telle,que les aigles
ne
peuventleurs des hendercortsaine faifans de deux fora
de fauvages, uns font comme les nôtres , les
tes, les font blancs & tachetés denoirs
autres
rouffes; elles font petitess
des perdrix
à celles d'Eu-
& ne reffemblent, qui point ont la tête & la
rope : blanches, des aigles, des cignes, des oies,
queue des cânards de différentes eft couleurs, abfoludont il a une elpece qui les autres
ment noire, & qui furpaffe des poupar fa bonté; des plongeons, desvanneaux,
les d'eau, desfarcelles, des ruales, des grues a
des pluvierss, des
des pigeons 9
des mierles, qui FAStN hupés comme
des, ramiers, poules que nous avons
de certaines des péroquetss des coren France,. des hyconiclies , des roffibeaux,. extrèmement jolissleur couleur
gmols fur le bleu, 8 leur chant eft plua
tire
Gij --- Page 154 ---
L1483
mélodieux & plus diverfifié que celui
des nôtres, II ya en, outre une prodigieufe quantité d'autres oifeaux de
toute elpece , qui nous font inconnus, parmi leiquels il en eft un
lon nomme oileau mouche; il dE
gueres plus gros qu'un
fon
plumage eft d'une beauté
& d'une couleur fi
Fosa
'n'eft pas poffible de changeante, lui en fixer qu'il aucune , fice n'ef que quand il eft vua au
foleil il paroit or & ponceau; fes
autres nuantces font vertes & bleues.
Les pays qui font fitués au nord,
abondent auffi en bois; ilsproduifent
desbouleaux tout-à-fait différens des
nôtres, foit par:
foit
leur propriété; leurgroffeur, leur
-
ded
qui
NE
deuix fortes,
écorce, & blanche, fert
aux fauvages Roafc à
des, canots
font d'autant plus
qui
font fort légers; des commodes , qu'ils
corbeilles
paniers &i des
qui fons tres-recherchées
par les Européens : on pourroit même
en faire du papier, fur lequel on écriroit aufli facilement que fur - le
des chênes rouges & blancs,des nôtre; aulnes, des" trembles, des pins & des
fapins de plufieurs cipeces, des pé-
aux fauvages Roafc à
des, canots
font d'autant plus
qui
font fort légers; des commodes , qu'ils
corbeilles
paniers &i des
qui fons tres-recherchées
par les Européens : on pourroit même
en faire du papier, fur lequel on écriroit aufli facilement que fur - le
des chênes rouges & blancs,des nôtre; aulnes, des" trembles, des pins & des
fapins de plufieurs cipeces, des pé- --- Page 155 ---
[ 1149 blancs J.
& rougess 3 -
ruffes, dès cédres de bois blancs , dont on
toutes (ortes
à la pêche
fait des canots embfervent Eipinetdes rivieresdes
& au pallage des efpeces de pins, qui
tes : ce (ont plus pointue & plus réont la feuille
de cet arbre une eft
Il découle.
elle
grolfe:
Podeur de loliban, debauline quia fous les dhiférens noms de baume
conne
(ont admidont les vertus
une
FAS
duCanada, croit pareillement
rables. 1l-y
de nos framboi.
plante de la groffeur plus élevée, fes
fiers elle eft un peu
8 moins larfeuilles font Tpluspoetsess
de la
fes fruits font a-pe-pres ronds & noirs
gesi groffeur de nosmerifes, bluets; on 3 les fait
on: les nomme
on enfaitdes
fécher pour les garder: des conferves
conftures; des tartres,
Ony:
en met à Teauide-vie,
on
& - 011 auffi-de ce capilaire dont
trouve
la lupériorité
fait tant de cas, par
ceux
a
lui donnei fur tous
que
T'on
prodaifent
autres pays
toute cette partie
1 y a dans
une
cesit
tentrionalé
mroligieute telles que des marde bêtes fauves, 1 des caribous: des res
tres, des élans,
G:1) --- Page 156 ---
Ersol
mards argentés, très-rares & hors de
prix, des ours noirs & blancs,
de cette derniere
ceux
elpece ont une tête
effroyable, ils font beaucoup plus
longs que les autres, &
ils nâgent plufieurs lieues tres-ferocess fans. fere.
pofer ; & loriqu'ils rencontrent quel.
ques canots,ils fejettent avec fureur
fur les hommes qui font
&
les mettent en
dedans,
vivent. de
pieces; ces animaux
poiffons, de
&z font preique toujours coquillages, fur les bords
de la mer, Oit ils trouvent leur nourriture,des caftors, desloutres, des rats
mufqués, 2 des carcajoux, des foutereaux, des fouines, des
des loups marins; ils font porcs-épics à
de la groffeur de ces gros danois peu-près
l'on voit quelques fois en France que
céder les caroffes. Il font fans ceffe pré
dans leau, fur le rivage de la
dont ils. re s'éloignent gueres. Leuriête mer,
reflemble à celle d'une loutre; leurs
pieds, qui tiennent au ventre, leur
fervent de nageoires, & ont la forme
de nos pattes d'oies; des écureuils de
la taille de gros rats, ils n'ont pas la
même vivacité des nôtres, ils font
toujoursendormis ; & au moyen d'une
peau qu'ils étendent comme des ailes, 4
age de la
dont ils. re s'éloignent gueres. Leuriête mer,
reflemble à celle d'une loutre; leurs
pieds, qui tiennent au ventre, leur
fervent de nageoires, & ont la forme
de nos pattes d'oies; des écureuils de
la taille de gros rats, ils n'ont pas la
même vivacité des nôtres, ils font
toujoursendormis ; & au moyen d'une
peau qu'ils étendent comme des ailes, 4 --- Page 157 ---
tist) voler d'un arbre
ils penvent ailément encore faut-il que la
à un autre foit 2
bien confiderables dondiftance ne
pas ce
leur a fait
c'eft fans doute qui volans. : Hly en
ner le nom décureuls font rayés de noir du &
a d'autrès E ongoauis; des enfans à une efde blanc, nom que Ton donne des lievres
diable 5 chats
les
pece de
fauvages, de couleur fuivant
qui changent ils font blancs en hyver,S
faifons, le refte de l'annéc. un gibier ingris 1lfe trouve. d'ailleurs
oies,
contiftant en outardes,
fini,
mauves, grelans, 2 péroquets & gros
fterlets, ceux-ci font: noirs
dont
de mer;
enmoyaques,
comme des spoules;
plus gros
les ceufs font beaucoup :
le cou
d
ceux des cignes: 1 ils fort ont larges; en cacourt & les pieds dix
en-farcel
nards de huit à
elpeces, de trois fortes de
les, en perdrix blanches, noires & rouffes; de
couleurs,.
font de la groffeur
les premicres
elles ont les pieds
nosperdrnc rouges, duvet fi épais, qu'on
couverts d'un
d'un lapereausl ;les
diroit voir les pattes
8 leur pluma- le
fecondes font noir groftes, aufi luftré que
ges eft d'un
G'iv --- Page 158 ---
[s2)
jaiet; le bec, le tour des yeux & les
vivacité pieds rouges; & la les troifiemes ont la:
en beccaffes, groffeur de nos cailles;
beccaffines, cormorans,
plongcons.pluviers, vanneaux, courbejonx chevaliers, hérons, batteurs de - faux, gelinottes de bois,
tourterelles,
vautours, épreviers, étouirneaux, 2 corbeaux, 2
émerillons,
rondelles 1 becs de fcie; ceux-ci font. hydes efpeces de canards, & des ortolans blancs; ; mais comme on ne voit
ces derniers
hyver au
ileft à
qu'il en eft de Canada,
à
même
TPLALE
leur égard, qua celui des lievres
blanes, qui dans. les_autres faifons,,
reprennent leur couleur naturelle.
On' voit tres-pen de reptiles dans
tous ces pays, ils fe-bornent à
ques ferpens à fonnetes,
nomme
n
ainfi, parce qu'ils que Ont à la
des queue un, cipecé d'étui qui contient
offelets qui font un brnit
l'on
entend d'environ quarante pas, que lorf.
qu'ils rampent ; c'eft un avertiffement
pour s'en garantir s'ils étoient à craindre; mais ils'en faut bien qu'ils foient
aufli mauvais que dans les - pays
chauds, ceux-ci au contraire fuient
fe-bornent à
ques ferpens à fonnetes,
nomme
n
ainfi, parce qu'ils que Ont à la
des queue un, cipecé d'étui qui contient
offelets qui font un brnit
l'on
entend d'environ quarante pas, que lorf.
qu'ils rampent ; c'eft un avertiffement
pour s'en garantir s'ils étoient à craindre; mais ils'en faut bien qu'ils foient
aufli mauvais que dans les - pays
chauds, ceux-ci au contraire fuient --- Page 159 ---
1:931
& ils ne
à Papproche dès hommes; à moins qu'on ne
mordent
1ly a un affez grand font
marche
ne
RS
nombre de couleuvres, La ASE piguire
point venimeufes.
des afpics eft dangereufe. du Canada font quaLengrenouilles que celles d'Euro-
-tre fois auffi grofles
eft femblable
pe,! leur cris ettafireuxal d'un boeuf. Les marinau meuglement infoutenables, de même
gouinsy font forte de mouche que Pon
qu'ine Taona; eile eft plus groffe
nomme abeille,elle ne pique que avec penqu'une
force du foleil,
darit la grande
fait fortir) le
tant de violence anfli , qu'elle tourmenté par un.
fang- infeêe On eft qui eft à
auffi ERB
petit ciron, & que Cace appelle fur
qu'un lot, parce que fa piquure à produir celui
la peau un - effet pareil érincelle de fec
pourroit faire une prodigieule de ces
il y a une quantité Pon peut d'autant moins
infectes éviter; , que qu'ils font Timperceptbles fleuves de S. LauOutre les deux
dont Tétendue
rent 8 du Mifimipi,
dans les
eft immenfe,. il dans Y a encore la partie orien:
pays, compris
Gv --- Page 160 ---
[1541.
tale du Canada, pluficurs lacs qui les
arrofent, dont fix principaux :
celui de Traci ou fupérieur qui fçavoir a fix
cens lieues de tour, célui des. Illinois
en a cingeens, celui d'Orléans ou
Hurons
:
d'Errié
qui en a trois censi, celui
qui a cent quarante lieues de
long,celui de Frontenac,oude. S.Louis
qui en a quatre-vingt-dix, 2 & celui
de Mitafin, qui eft fitué à cinquante
degrés trentei minutes
à cent lieues de Québec; delatitudenord, ila
lieues de long, d'Orient en occident, quarante
& quinze à dix-huit de large. Il communique à la baye d'Hudion, par la
riviere de Némifco, & à la riviere de
Saguenay 2 par le moyen de celle de
Kakigaoufipy. à la décharge de laquelle nous avons un magafin d'entrepôr à la bande du fud:
Il y. a' auffi quantité de rivie
res 2 dont les plus confidérables
font celle de Niagara, dans le
des Iroquois; elle fort dulac pays
& après un cours de quinze Errié;
elle. va fe jetter dans le lae de-Fron- lieues,
tenac'; cette riviere eft
en ce qu'à quatre lieues remarquable, de fon embouchure, elle fait un faut qui n'a pas
d'exemple dans le monde entier; elle
ôr à la bande du fud:
Il y. a' auffi quantité de rivie
res 2 dont les plus confidérables
font celle de Niagara, dans le
des Iroquois; elle fort dulac pays
& après un cours de quinze Errié;
elle. va fe jetter dans le lae de-Fron- lieues,
tenac'; cette riviere eft
en ce qu'à quatre lieues remarquable, de fon embouchure, elle fait un faut qui n'a pas
d'exemple dans le monde entier; elle --- Page 161 ---
E1s51
au-deffus
eft d'une A grande entraine rapidisé avec viode ce faut, bêtes qu'elle fauves, qui effayens
lence les
aller paturer aude la traverfer,
réfifte, & tout ce
ne
HRETE
delà. Rien
eft précipité de plug
qu'elle emporte de haut: Le bruit que
de Gx.cens pieds
eft effrayant,
ces.eauxf font en tombant affreux tonil fiurpaffe celui des entendre plus
à près de
neres, & ilfe fait
a un village du
18 lieues au loin. riviere, lly habité par les
nom. de cette. Stonontouans, il eft auprès
Iroquois faut & du Fort de Denonville,
de.ce
celui de Conti,
eft le mêmcique fait mention ci-devant.
doer Tai déjà fitué à l'eft du lac de
Ce Fort eft
Onabmache,
Frontenac ; la rivierede dans le fleuve S. Lauqui fe décharge lieues audefus des trois.
rent, à trois celle d'Ouel, qui va fe renrivieress dans le même Aleuve, à quinze
dre
deffous de Québec; ol eft
lieues au
avec uine Eglife
un bourg de ce celle nom, des François qui a
Paroifliale;
lac de Népifing, elle
fa (ource dansle & court en ferpentant
eft fort large,
aur umidioccidental, -
du nord oriental,
lieues, & va
une efpace de quarante Gvj --- Page 162 ---
fi6]
fe perdre dans le lac des
la côted
Hurons, fur
& celle duquel elle a fon embonchure, >
d'Ouramani, ou anx
quie eft aux pays des Illinois, pommes, elle fe
jette dans - la grande riviere de ces
Sauvages, à quatre lieues audeffous
du lac de Pimitoui, auprès duquel ett
une mine de cuivre.
On trouve dans le fleuve S. Laurent, -
pluficurs Ifles, dont eutr'autres
celle des Oyes, fituée vis-à-vis le Cap
Tourmente; on l'a nommée ainfi à
caufe qu'elle eft en quelque forte le
rendez-vons de ces oifeaux, pendant
les mois d'Avril & de
celle de Natifcorec oir de TAicenfion, Septembre;
de quieft AM précifément dans sl'embouchure
ce grand feuve: qu'elle divife.en
deux
Ce grand fleuve eft fort
H fournit des marfouins blancs, poiffonnenx: auffi
gros.que des boeufs, des vaches ma-.
rines, a-peu-prés de la même groffeur. Elles ont la tête faite comme
celle d'une loutre, les pattes comme
celles d'une oye, & les dents de la
longueur de huit à neuf pouces, & de
deux d'épailfeur ; elles font blanches
divife.en
deux
Ce grand fleuve eft fort
H fournit des marfouins blancs, poiffonnenx: auffi
gros.que des boeufs, des vaches ma-.
rines, a-peu-prés de la même groffeur. Elles ont la tête faite comme
celle d'une loutre, les pattes comme
celles d'une oye, & les dents de la
longueur de huit à neuf pouces, & de
deux d'épailfeur ; elles font blanches --- Page 163 ---
0:571 à canfe de leur
& terechenchente beau & plus eftiivoire, qui eft plus
des balmé que celni des élephanss pius charnus, &
leinots,, ae moins petits, d'heileque les baz
rendant foufileurs aufi gros que
leines: des mais plus couris & plus us
les baleinotss
uns &. les autres
noirs. - Ils ont les la tête, Rarlequel ils
frou derrierre ainfi que les baleiness vettjettent Tean, avoir
faumons, > iis
loriqu'après
des des halent
Et
Freprendre aloles, des ma aqnerauxa
des
des
des barres,
rangs. des eniparotse
des moanguilles, des lamproyes, des plis, des rouruesy-des mrbots, des rayes, des
gets, des éperlans,
8c quantité
merlans, des brochets, Pon nomme poilflons eft
d'autres à que cauife que leur écaille
dorés,
quinze julqu'a
jaunes ils ont depuis de long,. &i ils font
vingecinq ponces
auffi des conexcellens. Ony.trouve des écrevilles,
gres, houmards des pétoncless & des moules ; elles ces
des
font fort grofles, mais ne
dernieres
de perles, qu'on
font 6 remplies fans çourir le rifque
peut en manger --- Page 164 ---
de fe caffer les [1581 dents, mais
dè peu de valeur.
elles font
Les lacs & les rivieres qui fe déchargent dans ce fleuve,
fort poiffonneux, ils donnent font aufi
turgeons, des triites, des des ef
blancs, des anguilles, des poiffons
des barbues, des
mulets,
jons, des carpes, chabots, des brochets des goupoiffons armés. Ces.derniers & des
de long, leurs écailles ont 4 à
Ae & G durcs
fout
enfoncer; leur bec a qu'on un
ne peut les
il eft pointu &. fort
pied de long,
vent pour fe défendre durs des ils s'en fer-,
brochets qui font leurs plus attaques cruels des
nemis.
en:
On eftime meilleur les
lacs, que ceux de la mcr& poiffons des
res. Les Sauvages en font desriviede cas, & ils en préferent le beaucowp bouillon
dceluide la viande,
font incommodés. far-toutloriquils
L'intérieur de tout. ce
que les bords des fleuves; pays, ainfi
vieres font habités
lacs & rixante-dix Nations de par plus de foije vais
Sauvages, dont
omrMirensastsites
:
On eftime meilleur les
lacs, que ceux de la mcr& poiffons des
res. Les Sauvages en font desriviede cas, & ils en préferent le beaucowp bouillon
dceluide la viande,
font incommodés. far-toutloriquils
L'intérieur de tout. ce
que les bords des fleuves; pays, ainfi
vieres font habités
lacs & rixante-dix Nations de par plus de foije vais
Sauvages, dont
omrMirensastsites --- Page 165 ---
[rg9 I
core
la lifte de celle qui font les plus
nues : fçavonr,
LssAimonchicois. forment deux NaAgniés, dont qui Fune dite du Saut-.
tions,
habite le long du
Saint-Louis, S. Laurent ; & Pautre eft
fleuve avant dans les terres. déux
Abénakis. plus
Is forment auffi rAcadic,
Nations,1 Pune habite
Sil-1
&i Pautre les environsde
éry.
le long du fleuve S.
€
Alpankins,
Laurent. ils font amis 8cvoilins le
Amkouet,
& habifent
des Nepiltriens AE -
lac de Népillings ils habitent les bords
Afinponals
ils font braves &.
du Miffifipi,
grands Chafteurs. habitent les envis
Atintons, du qui lac de Traciou Supérons. -
rieur. 8
Ils font fort COLF
4 Antmofpenuaicu induftrieux & grands
rageux chaffeurs. 2
le Fort de
Abitibis., ils habitent eft fitué au fud de
ce nom, qui --- Page 166 ---
[160]
LES
la fource de la riviere Ouabitibis,
Attikamek. Ils habitent autonr du
lac des Hurons..
Canibas, dans PAcadie, ils font
vaillans 8e-cruels.
Chriftinous. Ils, habitent aux environs de la baye d'Hudfon, ils
font bons guerriers, braves &
généreux,
Erchemins, braves alertes &
cruels; ils habitent dans l'Acadie,
Eskimaux. Ils habitent la GrandTérre de Labrador, qui eftremplie del bayes, ports & havres ;
leurs payss'étend depuis la côte
qui eft vis-à-vis des Iles de
Mingm.jMiqwauderor d'Hudfon. Ils font cruels 5. fcroces,
lâches poltrons & perfides 5
quand on fait le commerce avec
eux, il faut bien prendre garde
afel laiffer inveftir par un trop
grand nombre de leurs canots s
parce qu'on en feroit très-mauVais' marchand, llyaapparence
quils ont donné occafion à ce. --- Page 167 ---
[16r]
LES
faire le commerce. as
proverbe, bout d'un bâton, car ceft leurs de
cette façon qu'ils délivrent reçoi-
& qu'ils
marchandifes, Jeur donne er
vent cellés Cette qu'on Nation eft fort
nombreufe; échange:
elle eft en état de
trente mille. hommes fur
mettré pied, qui, à la vérité, feroient mille
aifément vaincus par trois
Caraibes ou Chrilinous. habitent ie long du
Gafpéfiens. Ils
fleuve de Miffiflipi.
les bords
Goyogans. Ils habitent :
Fdu lac de Frontenac. deux Nations,
Hurons.Tlaforment de Loreto ;
Pune eft furnommée du Acuve.de
elle habite lelong Pautre habite le'lac
S. Laurent :
font
des Hurons : ces Sauvages
braves. forment deux Nations,
Iroquois.1Is font, nommés les Iroles uns de la montagne de Montquois Réal, & ils habitent cette Con- les
trée; les autres sappellenr 8 ils
Troquois Tronontouans de Niagara. 2
habitent le village
Nations,
Hurons.Tlaforment de Loreto ;
Pune eft furnommée du Acuve.de
elle habite lelong Pautre habite le'lac
S. Laurent :
font
des Hurons : ces Sauvages
braves. forment deux Nations,
Iroquois.1Is font, nommés les Iroles uns de la montagne de Montquois Réal, & ils habitent cette Con- les
trée; les autres sappellenr 8 ils
Troquois Tronontouans de Niagara. 2
habitent le village --- Page 168 ---
[162]
LES
Ils font braves, bons
-
guerriers
& fort crtiels.
Illinois de Chégakou. Ils habitent
les environs du lac de leur nom ;
ils font braves, généreux, bons
guerriers >. conftans & fidels
amis; ils ont toujours été nos
alliés.
Kikapous. Ils habitent les environs
du lac des Illinois, & font trèsbraves.
Michinipicpocts. Ils fonf courageux, 9 grands chaffeurs & fort
induftrieux.
(Ils habitent PAcadie;
Micmacs. ils font bons guerMahingans. riers, braves, alertes
(8cgrands coureurs.
Montagoncis: Ils habitent le long
du flenve de S. Laurent.
Miflifaghes. Ils habitent le bord.
feptentrional du lac des Hurons, le long'd'une riviere qui.
fe décharge dans ce lac par plufieurs bras, & dans laquelle il
fe trouve de fort belles truites,
des efturgeons & des poiffons
blancs d'un goût exquis, La --- Page 169 ---
1:63)
LES chaffe cft abondante dans leur
d'ailleurs eft très-ferpays, tile, Ac font fiers, arrogans, ils
méprifans & pehiociables,
font nos alliés. (Ils habitent lesenMaskoutens. virons, du lac font des
Malomimis.
Illinois, ils
bons habitent. guerriers: les
(Ils
bords de lariviere
Monfonis.
des Outaouacs, ils
Machakandibi. (ont lâches 8polhabitent trons. autour du lac
Nockes. Hurons, Ils
ils foni braves &
des
fiers.
d'Achérini. Ils habitent
Nopemene les bords de la rivicre des Ounaouats,-ls font poltrons, le lac de
Népiliriens. Ils habitent licues
Népiling, à vingt-quatre & du lac
des Htefepteationas les quarantedesHurons, par
degrés de
cinq à
lac a trente lieues
latitude.
il
Sn
de long, & quatre de large, du nord
reçoit plufieurs rivieres --- Page 170 ---
[164)
LEs
&idun nord:oueft, il fournitbeancoup de brochets, d'eflurgeons,
& d'autres poitons. Il font fort
poltrons,
Nersouat/cmipoets Ils font braves
& grands chaffeurs, ils. vont
tous les ans faire la' traité au
Fort de Nelfon, dont ils font
éloignés de près, de quatre cens
lieues,
Ouchefhigoneks. Ils habitentle milieu de la terre de Labrador,
vers les fources d'une riviere 2
quife.rend dans le lac de Manikonagan, ils font voifins des
Eskimaux fort fedentaires, fumasdromtroataden
Onénébégons. Is habitent au nord
de la baye des Puants; ils font
en très petit nombre,bons foldats, laborieux & infatigables,
mais ils font cruels & antropophages.
Outabitibis. Ils habitent le long
d'une riviere de ce nom,
a fa fource an nord du Fort des qui
Abitibis; vers le quarante neuvieme degré de longitude, elle
Manikonagan, ils font voifins des
Eskimaux fort fedentaires, fumasdromtroataden
Onénébégons. Is habitent au nord
de la baye des Puants; ils font
en très petit nombre,bons foldats, laborieux & infatigables,
mais ils font cruels & antropophages.
Outabitibis. Ils habitent le long
d'une riviere de ce nom,
a fa fource an nord du Fort des qui
Abitibis; vers le quarante neuvieme degré de longitude, elle --- Page 171 ---
(165)
LES fe jette vers le cinquantéunice la- riviere de
me degre, dans tombe dans la
Monfoni, qui vis-a-vis TIe
baye d'Hudion,
de Charlefton. habitent :
autour du
Outaouses. Hurons, Ils
c'eft une des
lac des
Nations dela Nouplus grandes France , elle a les Chriftivelle
& les Hurons au
nous au nord,
midi.
Ils font braves
Ouentigorhatsiz
& grands chafleurs. Ils font grands
Oskunquamat braves : mais pervers.
coureurs, Ils habitent T'Acadic,
Opénangos.
fort
ils font bons gaetriersy coureurs; mais
alertes, grands
cruels.
Ils habitent autour.
Outéhipoues. Hurons, on les furdu lac des les fauteurs ; ils font
nomme
bons guerriers.
les envia
(lls habitent du-lac des IlliOumamis. rons
Outagamis nois ; ils fontfortbra
Ojastinons ves. habitent y :
le lac de
Onnotagucs. Ils --- Page 172 ---
[166]
LES
Frontenac, ils font grands chaffeurs.
Ompoyoutes.Ishabitenr fortavant
dans les terres, ils font, guerriers & chafleurs,
Ouadbatons. Is. habitent les environs du lac Supérieur, ils font
fortalertes & bons guerriers.
Papinachois. Ils habitent le long
du fleuve S. Laurent, ils font
grands coureurs.
Poutéouatamis. Ils habitent les environs du lac. des Illinois, ils
font fort alertes & bons guerriers.
Soccokis, dans lAcadie, ils font
bons guerriers, fort alertes;
mais cruels.
Sakis :. aux environs du lac des
Illinois, ils font alertes & bons
guerriers.
Sonkaskitons.lis habitentles bords
du lac Supérieur, Oll de
ils font alertes & bons Traci;
riers.
guerSavanois. Ils font braves & grands
chaffeurs.
Témiskamink, Ils habitent les --- Page 173 ---
Lis bords de la riviere des Outaouacs ; ils font très-poltrons. iâches
Tabitibi. Ce font les plus ils habide tous ces bords Sauvages, de la riviere des
tent les
Outaouacs.
en
font
Tous ces Sauvages chaffe général, ; c'eftle feul
fort adonnésala puilfe leur convenir, &
exercice qui qu'ils ayent
fubPunique moyen
S c'eft le
fifter. Il en eft cependant, quis moins avides
plus grand nombre,, n'en font pas ufage;
& plus parelfeux,
chez eux, à
ils reftent tranquilleimenr Je préfente des occaattendre de fe quil défaire de leurs pelletefions tandis que les autres font jufries, qu'à deux , trois & quatre des cent peaux lieues, des
pour aller faire la traite
T'années
bêtes qu'ils ont tuées pendant avantege.
afin, d'entirer un plus grand les plus actifs &
Parmices derniers font les Afféniles plus
SCaIN
Animofpicposts, les Chrif
posals.1es les Michiniplepoets, > les Mon- les
tinous, les Netonatiemipoets 2
fonis :
les OfquifaquaOuenbigonhelnis,
, qu'à deux , trois & quatre des cent peaux lieues, des
pour aller faire la traite
T'années
bêtes qu'ils ont tuées pendant avantege.
afin, d'entirer un plus grand les plus actifs &
Parmices derniers font les Afféniles plus
SCaIN
Animofpicposts, les Chrif
posals.1es les Michiniplepoets, > les Mon- les
tinous, les Netonatiemipoets 2
fonis :
les OfquifaquaOuenbigonhelnis, --- Page 174 ---
[168]
mais, les Savanois & quelques au*
tres, qui voyent arriver avec beaucoup d'impatience le mois de Mai,
qu'ils Fort de choififfent pour fe rendre au
Nelfon, à caufe
c'eft
tems où les lacs & les rivieres que cha- le
rient. Ils s'affemblent
jufqu'àdeux, mille, & quelques fois
dans leurs
iDembarquent
corces de bouléan, canots, qui font faits d'élefquels ils filent forts légers, avec
julqu'à trente lieues
par jour fur les rivieres, ils s'en
vent également en mer, ils
ferles tranfporter aifément fur Penvent leurs
épaules d'un endroit à un
rament debout & à.
autre, ils
n'ont point de fiéges genoux, dans.c ces carils freles
batimens, qu'on voit communément
arriver à ce Fort au nombre de
à cinq cens. Alors ils:
quatre
Chef, accompagné de deux députent d'entre un
eux, au Commandant du
ils commencent
Eort, à
par faire préfent
bonnes quelques peaux, pour fe concilicr fes
miffion graces, & en obtenir la perdonne qu'ils demandent. On leur
en échange de l'eau de
pipes & du tabac, Quand la.traite vie, des
achevée, on préfente le calumet eft.
au
Chef, --- Page 175 ---
[1691
Chef, on les régale tous, on les
on les enivre,
RERER
roujours bien danfer & enfuite ils s'en rerournent. Cétoit-là Pufage àleur que égard prati- les
quoient ordnairement lorfqu'ils poffédlotent ce
François, Fort ; mais dépuis le Traité d'Utrecht
ce fontles Anglois qui eni font les maitres, ainfi que de tous les pays du com- Capris dans la partic orientale
nada depuis la derniere confidérable paix.
dans
Nelfon, place
caufe du
TAmérique lepestronlic.. quis'y fait en pellegrandcommerce & la derniere de ce coré-la,
teries, eft fituée
les cinquante-fept de- eft
grés de L.ntae nord. Le port en Fort
bon & Pancrage affuré; ily a un
fur la côte méridionale de la baye
d'Hudion, à qui nous avions-donné
autrefois le nom de Fort Bourbon,i1
d'un Trapeze, ileft flanqué
a la trois figure baflions & demi, un att
de nord, un autre à Teft fud-eft, & le
troifieme aul fud fud-oueft: Celui font". du
nord, ainfi que le demi-baftion, couvert. Ce pays
révétus d'an chemin
eft rempli de bois, il eft, marécageux, HT
Part. IV.
à qui nous avions-donné
autrefois le nom de Fort Bourbon,i1
d'un Trapeze, ileft flanqué
a la trois figure baflions & demi, un att
de nord, un autre à Teft fud-eft, & le
troifieme aul fud fud-oueft: Celui font". du
nord, ainfi que le demi-baftion, couvert. Ce pays
révétus d'an chemin
eft rempli de bois, il eft, marécageux, HT
Part. IV. --- Page 176 ---
[170
& peu fertile. La chaleur y.ef infuple froid excefif, il n'y a
portable, de ) milieu &1 entre Pun & Pautre ;
point il arrive très-louvent qu'on y fue le
matin, & qu'on y tremble le foir. Les
pluies n'y font pas fréquentes, & la
pendant Thyver, loriquil neige,
terre n'en eft jamais. plus couverte. rivieres
fept à huit pieds. Les chafle
y,
Paar udirpoifensues,ecie
abondante. Les perdrix: y font blanches & de la grolleur de nos gelinot: &
tes,, elles ont les pieds patus,
pendant le mois d'Août leurs ailesfont grifes & marquées de taches rouges : ily
en a une prodigieufe quantité,aini
des oyes, dont pendant Phyver
T'automne les bords de la riviere
de Sainte Thérefe font tous couverts.
On y voit auffi-beaucoup d'outardes,
& un grand nombre de caribous.ef eft cepece de cerfs,dont la viande délicate 3
pendant meilleure & plus l'on trouvé
c'eft dans cet endroit du que Canada, ainti
les plus beaux caftors
noirs.
que les martres & les renards vafte ConLes Sauvages de cette
poffedent quatre idiomes < diftrée,
font PAlgonkin s - le
férens 3 qui --- Page 177 ---
[171]
Les
Sioux, I'Iroquois & FEskimaux. Huronnes,
Chefs, dans les Nations les femmes, &
font héréditaires par
ils font en
électifs dans les autres ;
&
général droits, bien pris,
leur
FoA
dans
taille, qui
portionnés
Leur coulelit
des plus avanragenies, ils font beaux de vifaeft olivâtre ,
aucune difforge, on ne eux;, remarque leurs yeux & leurs
mité parmi font noirs, ils ont les dents
cheveux
T'haleine fort faine, ils
très-blanches,
ils fupportent avec
font infatigables, vraiement héroique 2
nne patience infirmités auxquelles la natoutes les
eft fujette, / de même
ture humaine
la trop grande
quel le froid exceflif,8c1
on les enchaleur, fans que jamais plainte: lls ne
tende proférer aufi aucuné forts du corps que. la
font pas
& ii lent -
pluipart de nos Européens, de porter, comferoith tbien impofmible
& de
me eux, des charges Leurs pelantes femmes, furlourds fardeaux. Illinoifes, ont une taille autout les
elles font bels.
deffus de la médiocre; de leurs vifages font
les, 8 les traits réguliers. Il eftiacheux
parfaitement
emabonpoint les
que Icur trop grand
Hi
i aucuné forts du corps que. la
font pas
& ii lent -
pluipart de nos Européens, de porter, comferoith tbien impofmible
& de
me eux, des charges Leurs pelantes femmes, furlourds fardeaux. Illinoifes, ont une taille autout les
elles font bels.
deffus de la médiocre; de leurs vifages font
les, 8 les traits réguliers. Il eftiacheux
parfaitement
emabonpoint les
que Icur trop grand
Hi --- Page 178 ---
[172 ]
rendent fi pefantes, & les
de paroitre auffi bien faités empèchent les
hommes.Elles font naturellemenraffez que
propres, elles ont un foin tout
culier de leurs
partilongs & fort beaux cheveux, ; elles les qui font
-les attachent derriere leur dos roulent,
un ruban, & en cet état ils leurs avec
dent encore jufqu'aux reins; elles
laiffent
Poes
fans croitre pendant toute leur vie C
y toucher, au lieu
lesl hommes ne manquent pas de les
-
RE
tous les mois.
couper
Ceuix qui font avancés en
ainfi que les gens mariés couvrent age, ordinairement leur nudité avec un morceau d'étoffe qui leur defcend
la moitié des cuiffes, mais julqu'a
fortént, ils y fubftituent des loriqu'ils
tures. ou - des capotes de
couver- d'écarlate, dont ils aiment beaucoup peaux, la
couleur, ou d'autres étoffes, fuivant
la faifon l'exige. Les, jeunes
ges deux fexesn'y
gens
fi près, ils vont nuds regardent comme-la pas de
à moins qu'ilsme
main,
des vifites, ou quele foientobligés de faire
.., ne les contraignent d'en trop grand froid
ment, ils ont des bonnets ufer autre.
qui reflem- --- Page 179 ---
1:73)
&
blent à nos formes de chapeaux, des elpeces
ils portent à faites leurs de pieds peaux de cerfs
de botines, qu'ils font monter jufou d'élans, deflous des mollets.
qu'auix
ou villages qu'ils occltLes. bourgs entourés de fortes
cupent font
de
de
Tacieet
des c18à20 font d'un MRteRs fortdur, &chau- cabace,elles de
à 18 picds. Leurs elles
tes
cazes 17 font tres-grandess
nes ou
depuis foixante
ont communétent de long: depuis
jufqu'a, cent pieds trente-cing de large, &
vingt julqu'à à vingt-cing, de hauenviron, vingt font couvertes d'écorces
teur; elles arbres. Il eft ordinaire de
de différens quatre & cinq familles
voir trois, méme caze, à
habiter une
: eftrade,
eE
côté de laquelle eft douze une à quatorze
vée de terre de de dix pieds, fur
ponces, & large
de petits relelquelles font pratiqués féparément
tranchemens oit couchent les filles & les gar:
les gens fur mariés, des. petits lits qui n'ont haut. "is
cons, plus de dix à douze milieu pouces de de ces deux
font leurs feux au la fumée fort par des
eftrades, dont
Hij
: eftrade,
eE
côté de laquelle eft douze une à quatorze
vée de terre de de dix pieds, fur
ponces, & large
de petits relelquelles font pratiqués féparément
tranchemens oit couchent les filles & les gar:
les gens fur mariés, des. petits lits qui n'ont haut. "is
cons, plus de dix à douze milieu pouces de de ces deux
font leurs feux au la fumée fort par des
eftrades, dont
Hij --- Page 180 ---
1174]
trous faits au fommet de ces.
Ces Sauvages en général Ont cazes- le
jugement fain, l'efprit vif & béau-.
coup d'inteligence, ils feroient fuf-:
ceptibles dinibrudion, G nos
naires étoient plus zélés, & Miflionleurp préfentaffent plutôr des
qu'ils
à fuivre, que des confeils dont exemples ils
lés font pas grands cas, quand les uns ne
autres ne concourent
&
ble; eroiteependante pasenfemdifficile de lesamener d'autantmoins à la vraie
quils font naturellement
foi,
Jole même affurer que dans vertueux s
entier, 2 il n'eft pas de Chrétiens Punivers
pratiquent auffi bien qu'eux le
eepte le plus recommandé dans
livres faints, la
E
étendué. Ils font charité dans toute fon
dens, obligeans, fages, d'un 3 braves, prufique $ ils n'ont pas d'ambition, caraétere ils. pacis'outragent point, ils ne. médiffent ne
jamais,"le ils fe
larcin leur eft en
fecourent & s'afliftent horteur,
ment; loriquils s'apperçoivent mntuellede leurs femblables que
ETEE le befoin, ils vont
font
préviennent, & leur ôrent audevanr, les
mortification de
julqu'ala
demander; ils ont --- Page 181 ---
t1751 foumifion aveuun refpediofiai. une s une telle vé
gle envers leurs parens f grande déférence
nération &. une
qu'ils la feroient
pour la vieilleffe, defiref. Ils déteftent
même volontiers ils les confiderent lun
Yor & T'argent, comme la fourcede tous des les
& Tautre font dans le monde, &
C
vices qui
ils les appellent
maux qui en réfultents
5 ils font
les viperes des Européens 9 les
que les médifances trahifons,! fs
perfuadés lomnies, les haines, 2 les les meurtres : en
perfidies, les forfaits vols, & les crimes les
un mot les ceffent de nous répugner
plus noirs
de nous affurer la
quand il s'agit de ces métaux : auffi n'en
poffeiion
feulement entendre
veulentils pas.
*- en échange de
parler, ni recevoir autre chofe que des
ieurs pelleveries, à leur ufage,ou des denmarchandifes à leur fubfiftance : ils ne
rées utiles
non plus; comment
congoivent pas qui fuivent uine reliparmi des gens
de fe regarder
gion qui.leur preferit comme reres,y en
& defe traiter
de richelles, dont
ait qui regorgent
& qui (ouf:
ilsne efont Gumaisaflouia qu'impi.
frent aufli trangulement Hiv
recevoir autre chofe que des
ieurs pelleveries, à leur ufage,ou des denmarchandifes à leur fubfiftance : ils ne
rées utiles
non plus; comment
congoivent pas qui fuivent uine reliparmi des gens
de fe regarder
gion qui.leur preferit comme reres,y en
& defe traiter
de richelles, dont
ait qui regorgent
& qui (ouf:
ilsne efont Gumaisaflouia qu'impi.
frent aufli trangulement Hiv --- Page 182 ---
[176]
toyablement la mifere de leurs freres, dont le plus grand nombre
fans fecours. , fous le poids de gémit, la
affreufe indigence. Voilà ce
donne
qui
RLR
le titre fotvent de
occafion de dire
Sauvages que nous > ade
prodiguons avec tant d'injuftice, nous
conviendroit à tous égards
mieux qu'à eux, tant à caufe beaucoup de notreinhumanité envers nos femblables,
que parce qu'il n'y a rien de l'homme
fage & vertueux dans toutes nos aczions. Ont-ils tort? Je' ne m'aviferai
pas de prononcer, on pourroit
être bien auffi m'appeller
peutcomme on a fait tant
Sauvage,
ne Veux pas me donner d'autres: la
& je
plorer. le fecours de la raifon, peine d'improuver la fauffeté de
pour
que lon me feroit de cette Tapplication épithete,
D'après cette façon-de penfer fur
tre compte, quelle idée veut:on noces Sauvages, quin'ont d'autres con- que
leur noiffances que celles que la nature
a infpiré, ayent de: notre Religion P Et quel fruit nos Miffionnaires
peuvent-ils. fe promettre des foins
qu'ils fe donnent ?
Ce que je viens de dire des Sau- --- Page 183 ---
til
ne doit pas S eenten:
wages en générat qui font durs 82
dre des iroquois
féroces, cruels
cruels ; des Eskimauxe
* de
des Ouenehégons
&: mauvaile perfides; foi, crucls &
8 des Nations qui
RCaTRE
ges
toutes font cruelles & perfidie, qui
pareillemenr ceux
des. J'èn excepte dans le voifinage des
qui demeurent font polices; & d'autres
villes, quife embraffe le Chriftianifme 9
qui font ayant laiffés éclairer , & non pas corHfe
comme le difent leurs & com- lés.
patriotes. rompre Au furplus, les uns à nos
autres fe conforment fi à bien préfent
ulages, & ils fe font
l'aiment apprivois pour
fésavec Pargent, qu'aucun qu'ils
Européen:
le moins autant pastous la même
Ilsne profeflent uns font Idolâtres 2 d'auReligion jles le foleil; mais le plus
tres adorent reconnoit un premier
grand nombre de toutes chofes 82
elprit, moteur bienfaifans auxquels ils
des
journellement.
a nous ffimes pris
EEet
Le fix Novembre.
jours anquel
d'un calme de plifieurs
uine
rempète epotvantables
fuccéda
d'éclairs &de tonmêlée de pluies,
Hv
profeflent uns font Idolâtres 2 d'auReligion jles le foleil; mais le plus
tres adorent reconnoit un premier
grand nombre de toutes chofes 82
elprit, moteur bienfaifans auxquels ils
des
journellement.
a nous ffimes pris
EEet
Le fix Novembre.
jours anquel
d'un calme de plifieurs
uine
rempète epotvantables
fuccéda
d'éclairs &de tonmêlée de pluies,
Hv --- Page 184 ---
E178]
neres affreux. Nous reflâmes environ
quarante heures dans les ténébres.
pendant lefquelles nous
carte. Nous elfuyâmes defi perdimes la
fecouffes que nous, nous vimes terribles,
fois prêts à être engloutis
vingt les.
flots, dont nous fimes le par
L'elpace defoixante heures; ; notre jouet du-.
nette fut emportée 9- notre mât- de.
mifaine brifé,& au moment oùr
nous reftoit plus aucun, efpoir de ilne, fa-.
lut, le vent ceffa, les vagues s'appai-:
ferent, l'air devint ferain, &
la Providence
graces à
égard à nos voeux $ qui & à daigna la ferveur avoir
nos prieres, nous en fûmes
de;
pour la peur & pour cinq voies quittes.
a,la calle de notre vaiffeau,
d'eau,
réduifirent à la trifte néceffité qui de nous:
per jour & nuit fans aucun
pomni exception de perfonne relâche
parâmes le mieux
> nous. réie défordre
que nous pimes., >
avoit
que cette bourafque nous,
occafionné 3 & nous
mes nos obfervations
continuâ.
Novembre, jour de S. jufqu'au André tiente
nous apperçimes, entre. onze heites s
Reminuitydeux Brigantins
nous leur demanuàmesavecle Elellinguois;
porte- --- Page 185 ---
tm9l ils nous révoix, d'ott ils Belle venoient, Me, & ils ajouteponditene de étoient partis ce même
rent quils.en huit heures. Nous ne plmes
jour à fans effroi le nouveau péril
voir
cat
dts
nous venions de d'échappers ces deux bârimens,
la rencontre infailliblement été nous
nous aurions les rochers des côtes de
brifer contre font fort dangereufes 5
Bretagne, qui felon nOS eflimations, éloid'autant que
encore en être
nous comptions
En congnés de cent songumeclisuee avis, nous jettâmes
Reqnence. de cet
fond à (oila fonde, nous & trouvames nous mimésen pane
xante bralles, le jour: Anffitôt quil
en attendant
notreroute,
parur, nous continuames dix heures du matin un
& vers les éroit en vedette fur La la
Matelot qui
mât, cria terre.
hune du grand alors dans tout l'équijoie fe répandit
furent tout-àpage, les maux paffés redoubla de cou-"
coup oubliés, on les ris & l'elpsrage à la pompe, les pleurs & les
rance. remplacerent Nous tirâmes de demi.heure
allarmes: demi.heurel un coup de canon, i 2
enles. Pilotes sade terre;
pour avertir
Hv
ette fur La la
Matelot qui
mât, cria terre.
hune du grand alors dans tout l'équijoie fe répandit
furent tout-àpage, les maux paffés redoubla de cou-"
coup oubliés, on les ris & l'elpsrage à la pompe, les pleurs & les
rance. remplacerent Nous tirâmes de demi.heure
allarmes: demi.heurel un coup de canon, i 2
enles. Pilotes sade terre;
pour avertir
Hv --- Page 186 ---
4 [180]
en: vint un à midi, qui s'empara de
notre Navire, & qui nous
-
fit-arriver
à bon port, a Belle Iile, oir nous
mouillâmes fur les cinq heures du
foir, le premier Décembre 1733.
Nous ne tardâmes pas à être abordés
par quantité de canois, qui, felon
f'ulage, nous apporterent du
frais, toutes fortes de poiffons & f
coquillages, avec une bonne provifion d'eaur qur nous fit. plus de plaifir
que le. refte, 9 attendu que la notre
étoit gârée. M. de Prépont régala fon
équipage, nous ne nous oubliâmes
pas,8 nous mangeâmes tant que
nous maniquâmes crever des indigeftions que nous etumes. Le deux Dé
cembre, nous appareillâmes & fimes
voile pour Painboeuf, oùt nous mouillâmesversles trois heures après midi,
le cinqbante-deuxieme jour depuis
notre départide Québec.
ln'y avoit pas'une heure que nous
étions dans le Port, que nous.eûimés
la vifitevdes Parfumeurs; ce font des
gens prépofés pour aller voir dans
les bâtimens qui arrivent, s'iln'y regne pas quelques maladies épidémiques ou contagicufes, parçe. que dans --- Page 187 ---
1:81]
eft obligé de faire la' quaa
Ge cas,'on fans,l laiffer defcendre perrantaine,
, ni fortir ancunes fimes mar-.
fonneaterte chandiles; mais comme nous
fains, on nous laiffa la libertéde
nous jugerions à propos,
EE ce que
pour mettre
8 nous en proftâmes à l'ean,
nous : finotre chaloupe & charger d nos effets
mes équiper
des chofes qui nous
les
précieux, uriles, & de celles que
RE le plus bonnes: raifons de ne
nous avions confier: de à perionne autre qu'à eut
vonloir Après que M. de Prépont de
nous. ordre à M.de Trainfort
donné
à Painboeuf, pour.y
louer uMagalin toute -notre cargaifaire tranfporter de mettre notre vaiflean en
fon, afin
nous nous embata
état d'être réparé; les fieurs B' Caquamés avec
Nantes.
huzet; & nous partimes
nous efmoitié
ALETE
A environ,
rigoureufe vifite de la
fnyamesla plus de la earache.desfer de
part des gens malgré T'exactitude
miers, qui,
ne nous trouverent
leur recherche, fit'perdre plos.d'ane
rien. Cela nous de forte que nous
heure de tems, à Nantcs qua onze heures
n'arrivames
ata
état d'être réparé; les fieurs B' Caquamés avec
Nantes.
huzet; & nous partimes
nous efmoitié
ALETE
A environ,
rigoureufe vifite de la
fnyamesla plus de la earache.desfer de
part des gens malgré T'exactitude
miers, qui,
ne nous trouverent
leur recherche, fit'perdre plos.d'ane
rien. Cela nous de forte que nous
heure de tems, à Nantcs qua onze heures
n'arrivames --- Page 188 ---
[8x1
du foir. Nous ffimes defcendre à
Foffe, 9 chez un nommé Boron,
la
Aubergifte, à
de la fameux:
oùr nous fimes PEnfeigne conduire
galere,
pages, & nous renvoyâmes tous MOS équiloupe à M. de:
notre chaétoit néceffaire Trainfort, à qui elle
ment de nos marchandifes, pour le débarqueLe lendemain, notre
fut d'aller à Notre-Dame premier de
foin
cours, pour y remercier Dieu bon des fegrâces qu'il nous avoit
fon interceflion: 1 : nous accordées allâmes par
fuite, M. de Prépont &
enune vilite à M.le Comte: de moiy faire:
Gouverneur dul Châtean: de Menou,
que cet Armateur avoit Thonneur Nantes,
connoitre
der
eûmes lieu mepartieulieroment d'être fort
Nousi
cueil. qu'il nous fit, dont contens de Pace
en bonne portie, redevable nous flmesy
€ Marquis de
àM: le:
étoit proche Champigny, de qui. ik
tention deme parent, & dont j'eus ataprès au Buréau reclamer; des
nous allâmes
avions alfuire, de-là Claffes, oùt nous
nis, Commiffaire
chez M2 DioMarine, avec
Ordonnateur de lai
fieurs fois à
quijavois mangé plu.
Patisy chez M.deLelle- --- Page 189 ---
[18; T
faire mille
ville. Ileut la bonté de me m'ont par la
offres de fervices qui Nous n'oubliames
fuite été fort utiles. d'aller vifter le. Correfpas non plus de M. de
qui Champi- létoit
pondant
Reit
auffi de M le Marquis fur la foffe,à
il démeuroit
&
gnys de diftance de notre Auberge, Pruartomne:
nommoit M. Fontenay un état de notre carnous lui remimes nous facilitàr les
gaifon 1,. afin qu'il
la vente. Ce
moyens - - d'en étoit accélérer bien un des plus hon- & il
Néoctant nêtes hommes que jai mort connu, de.M. de
après la
lidée
ne tarda pas,
dans
Prépont, à me confirmer de lui, en medonque favois conçue > ton-feulement mais
nant des preuves commune >
d'une probité intérêt peu qu'il prenoit enencore du vif
moi,
après, je mandai
Quelques jours
mon retour en
à M. - de Leffeville d'écrire en maFrance, & je le Comte priai de Menou &
faveur à M. le Il falloit fans doute que
àM. Dionis:
des malheurs
jeuffe des prefieptimens m'arriver, pour m'enqui idevoient
&a.
àprendre ces précautions,
gager
ves commune >
d'une probité intérêt peu qu'il prenoit enencore du vif
moi,
après, je mandai
Quelques jours
mon retour en
à M. - de Leffeville d'écrire en maFrance, & je le Comte priai de Menou &
faveur à M. le Il falloit fans doute que
àM. Dionis:
des malheurs
jeuffe des prefieptimens m'arriver, pour m'enqui idevoient
&a.
àprendre ces précautions,
gager --- Page 190 ---
[184]
me ménager d'avance des protedtions,
qui, dans les tems, me furent effeétiventent bien. néceffaires, pour me
tirer detous les embarras ou me jetta
une jeuneffe inconfidérée, trop tôt
livrée à elle même.
Un jour que nous allâmes dîner
chez M-Fontenay Prud'homme, nous
elimes aveclui une-grande conférence
au fujet de nos (péculations. illes ap.
pronva,y joignit des inftrudtions auffi
fages qu'effentielles, dont nous nous
ferions certainement
-
la Providence n'avoit bientrouvés, fi
pas
à
pos de déranger tous nos jugé projets.
habile
PEce
Négociant nous fit obferver
quie n'y ayant pas d'apparence
nous puftions, de plus der fix mois que
nous remettre en mer, il feroit de la 2.
prudence, auffitôt que notre vaiffean
feroit radoubé & lefté, de congédiér
les gens de notre équipage, à
tion de ceux. qué nous commette- l'exceprions pour la garde dece bâtiment. Il
nous dit aufi que pourvu que nous
nous adreflaffions : .quinze jours avant
de partir,a aui Bureau des Clafles, nous
trouverions plus de monde que notis
n'en aurions beloin; mais qu'ayant de --- Page 191 ---
[185]
prendre ce parti, il nous de faire confeilleit; venira
afin d'éviter marchandifes lesfrais,
que nous
Nantes les
il nous 1 propola
avions à Painboeuf; fon
oà il
deles dépoler dans
magalin
avoit de la place de relte des jufqu'a- occay
nons euffions trouvé
fions ce que de nous en défaire avantageunous feroit beaucoup
fement, ce qui
eu
plus facile à Nantes & qu'ailleurs. à leur
égard à leur nature fort ces a 9
Nous goutâmes 8 moi, nous réfolàM.de Prépont fuivre & de déférer en tout:
mes de les
voudroit bien nous
point aux avis Fontenal. que
De retour au
donner. M.
au fieur B
logis,nous fimes part il les trouva bonde nos intentions, d'alleràl Painboeuf,
nesail fe chargea chaque jour les
& Saccompagner M. de Trainfort nous eneffets - que M. de Prépont écrivit en'convérrois. une-letre à ce Lientenant,
féquence remit au fieur: B qui
- & il l'a
de tems, partit
pour ne pas méme. perdre :
desle foir Cahuzet, qui depuis quinze
Le feur
étions à Nanres, avoit
jours que nous de fe remettre des faeu toutle teins
,
nesail fe chargea chaque jour les
& Saccompagner M. de Trainfort nous eneffets - que M. de Prépont écrivit en'convérrois. une-letre à ce Lientenant,
féquence remit au fieur: B qui
- & il l'a
de tems, partit
pour ne pas méme. perdre :
desle foir Cahuzet, qui depuis quinze
Le feur
étions à Nanres, avoit
jours que nous de fe remettre des faeu toutle teins --- Page 192 ---
[186]
tigues de notre traverfée,
àM. de Prépont le defir qu'il témoigna avoir de
retourner à Montauban,
fa paix avec fa famille, Ce pour faire
généreux
Armateur, en approuvant fa réfolution, lui remit par forme de gratification, été à pour Putilité dont il nous avoit
lui Québec, 2 vingt-cinq lonis
fervir, 7 tant à fe faire habiller, pour
qu'aux frais V de fon voyage ; huit
jours après, ilprit congéde nous &
partit.
de Je reçus'dans ce-tems une
M. de Leffeville, quicontenoit réponfe
les
deuxlettresquejelits avois demandées
Dionis, pour M.le Comtede Menou, &c M.
Ce Magiftrat me
mon retour en
félicitois de
feilloit de
France, & il me corferois
profiter du féjour que
pour faire tin
1y
où ma préfence étoit voyage.a Paris,
tendu les affaires
néceflaire, 2 at:
fujet de la' fucceffion que j'avois au
échue pendant mon
m'étoit
tout de
J'allai
ute
fuite remettre ces
tresà leurs addreffes, & je deux.letcun de ces
priai cha.
rerent leurs Melleurs, offres de qui me réitévouloir bien agréer
fervices, de
une-bouteille de --- Page 193 ---
11871 tne du Canada
baume de la Floride,
; ils les
& une. autre de firop d'Erable & je n'en fis
accepterent avec plaifir.
moinsà M. Poleminstheamme,
pas
donnai antant.
àc
toutes
quiren Au bout de quinze jours ,
sfirent enmagalinces les
nos marchandifest
par
chez notre- Correfpondant
re-
-
fe donna M. B qui droits
foins
de
l'état des
mit à 3E
Prépont avancés pendant ce
& frais qu'il avoit Armateur lui remtranfport, que cet même tems le compte
bourlasalft en
lespaya,
des gens de notre la rélerve équipage, de quelques
les congédia à deftinés à la garde de
uns qui vaiffeau, furent & il manda au fieur étoit
notre Trainfort, dont la préfence nous
de inutile à Painboeuf, de venir le lenjoindre. à Nantes, ohilarriva
demain:
:
de
s'occu- -
J
Tandis que M. de Prépont nos affaires 2: je
poit uniquemient de mon côté qu'à me
ne fongeois
Nous -
Mear
curer de Tamufement.: Carnaval, tems
chions de près au
lesjeunes
confacréà des plaiGrs ordinarement que
avec
gens attendent impatience: Unjour que
une S grande.
uf, de venir le lenjoindre. à Nantes, ohilarriva
demain:
:
de
s'occu- -
J
Tandis que M. de Prépont nos affaires 2: je
poit uniquemient de mon côté qu'à me
ne fongeois
Nous -
Mear
curer de Tamufement.: Carnaval, tems
chions de près au
lesjeunes
confacréà des plaiGrs ordinarement que
avec
gens attendent impatience: Unjour que
une S grande. --- Page 194 ---
[a887.
je foupois chez. M. Dionis,
fis la
connoiffance d'tin jeune homme jy fort
aimable & très-bien faufilésilfe nommoit M, de M *** & étoit fils d'un
des plus richés Armateurs de cette
ville. Il me propofa de me mener le
lendemain droit oùt il après fouper dans un eny. auroit bal; jacceptai
avecjoie la propofition, &j j'eus lieu
d'être content de la compagnie
je trouvai dans cette maifon, dont
Maître étoit
e
un fort honnête bourgeois, il étoit eur l'on appelloit M: D ***
femme adorée, depuis buit ans d'une
lui avoit laiffé d'autres 9 qui, en mourant, ne
fruits de leurs
amours, la beauté qu'une fillede dix. huit, dont
effaçoit toutes celles qui
compofoient cette affemblée,
qu'ily en : eûit d'extrémement jolies, quoicapables même d'infpirer des
ades gens qui n'auroient pas été paffions
venus en faveur de Mademoielle préD*** Ils'y en trouvoit une entr'au.
tres, âgée d'environ vingt-trois ans,
nommée Mademoif - de Tx**,
coufine germaine de cette.
& reine du bal, qu'elle venoit premiere, d'ouvrir lorique nous entrâmes, Quand --- Page 195 ---
elle eut fini fon [189]
elle vint me Prendre premier menuer;
je ne manquai
pour le
ler inviter
pas, à mon tour,. feconds d'al.
fut alors Madenioifelle je fis
D *** Ce
que oncire pour Ia paroitre les talens
me furpaffar
danfe, 1 &
verbe : On ne pour confirmer ce queje
vec celle que l'on: danfsjematy / bien prodans ce cas,& aime. Hélas Ljétois guian
pollible, qu'un comment jeune
auroitil été
voit pas encore
homme qui n'ale cceur étoir tendre vingt-cing ans, dont
amourenfe, &
, la complesion
maiheurenx, eut quin'avoit pà être jamais été
tant d'attraits P On me infenfible à
coup
donna beaue
fus flatté amenina de
mais je ne
ma indeaties dont ceux que je reçus de
dellieena naugmentanties lesgraces & la mo.
noientun
charmesydon-
& un prix nouveauluftre à fa beauté,
Quand on inellimable fut
à fon éloge,
demoifelle de prêt à fe leparer, Made me préfenter Taa le me Arfhooneur
balprochain, dans
fixé à la bouquet pour le
à
Pinflant Poffrir un. hurainerPatut genouil à
Mademoifelle D ***
terre
recevoir de mes mains s qui parutle
avec plailir.
ies lesgraces & la mo.
noientun
charmesydon-
& un prix nouveauluftre à fa beauté,
Quand on inellimable fut
à fon éloge,
demoifelle de prêt à fe leparer, Made me préfenter Taa le me Arfhooneur
balprochain, dans
fixé à la bouquet pour le
à
Pinflant Poffrir un. hurainerPatut genouil à
Mademoifelle D ***
terre
recevoir de mes mains s qui parutle
avec plailir. --- Page 196 ---
Iroo]
Avant de fortir, je lui demandai la
permiflion de lui faire ma cour, elle
me l'accorda fous le bon plaifir de
fon pere, qui étoit préfent. C'étoit
bien, en'vérité, la meilleure pâte
d'homme qui fut au/monde, il étoit
généralement aimé & eftimé; il-m'accabla de politeffes, il m'engagen à regarder fa maifon comme la mienne,
&ay venir quand je voudrois manger fa foupe; fans façon. Je ne différai
que jufqu'au foir de ce même jour à
lui faire ma premiere vifite, je le trouvai feul avec Mademoifeile D
ili me reçut commes s'ily avoit déjà eu S
dix atis que nous nous connuffions ;
je me plaçai à côté de-lui, tout visà-vis fa fille, que je ne ceffai-de regarder & d'admirer, tant que je reftai
avec elle. Ce. n'étoit pas affez pour
moi, je l'adorois, & j'aurois bien
voulu lui déclarer ma paflion; mais
la préfence de fon pere me gênoit, &
tenoit ma langue captive. Comment
donc faire? j'eus recours à mesyeux 2
ils parlerent 3 &c le firent fi bien qu'ils
furent entendus. Les fiens, 2 pour le
moins audi babillards, leur répondi
rent fur le même ton, & fans profé. --- Page 197 ---
[19t] 1
nous firer une feule parole; ; nous aveu muet,
mes reciproquement l'amour un
nous infdes fentimens que l'autre, en attenpiroient Pun pour de nous en donner de
dantl'occafion
vive-voix la ratification. de chez M. de D
En fortant M. de M".à à T'Acaj'allai joindre
je lui fis
démie, oà il m'attendoit, je fentois
part de - Vinclination cputrr. m'en dit
pour Mademoileel de bien ; mais en même mine
beauicoup imfavertit que j'avois la
tems,
aux moineaux,
de jetter ma poudre
D **
attendu - que Mademottelle oifeanx de pafétoit femblable aux
ne reftoit ordinairement
fage , qu'elle
depuis le Carnaval,
à Nantes, que la quiozaine de Pâques,
jufqu'après
le refte de Pannée
& qu'elle maifon paffoit de campagne à fx
dans une de-la ville, chez une defes de
lieues mere de Mademoifelle extantes,
cette derniere étoit
T 5 que coquettes jaloufe, d'un
trêmement dangerenx, & que je ferois
caraéere
déchapper aux traits de
très-heureux fi jamais elle s'appercefa malignité,
avec fa couvoit de mon intelligence
ques,
jufqu'après
le refte de Pannée
& qu'elle maifon paffoit de campagne à fx
dans une de-la ville, chez une defes de
lieues mere de Mademoifelle extantes,
cette derniere étoit
T 5 que coquettes jaloufe, d'un
trêmement dangerenx, & que je ferois
caraéere
déchapper aux traits de
très-heureux fi jamais elle s'appercefa malignité,
avec fa couvoit de mon intelligence --- Page 198 ---
Er9a]
finc. Ce propos ne me fit pas beaucoup dant d'impreffion, je réfolus cepende ne d'agir point donner avec circonipedion, afia
Comme je
prife fur moi
M ***
témoignois à M. de
fur le choix 9. l'embarras d'un ou je me trouvois
endroit
pour le'bal 2 queje devois donner convenable fous
peu de jours, & l'envie
de le faire. précéder d'un que j'avois
quel-jfinviterois les
fouper aufonnes qui devoient compofer principales
blée, il lui
efate
jeune homme, vintà ce fujet une idée de
c'eftà-dire
par cette Taifon me plut folle, qui
Ilé étoit riche & fort connur, ,la beaticoup.
je faifois sannonçoir
figure
2s fit affez; il partit de-là, Populence - &
ce. qu'avec mon confentement il voici
chra. il-loua un jeu de
exédeux jours, it fit faire paulnepour une
dans le milieu; la Partie deftinée cloifon
la falle dusbal fut
pour
glaces, de luftres, tapiffée, de bras 2 ornée de
bougies pour
garnis de'
ges tout au tour, féclairery & avec des fié.
pour : la fimphonie. L'autre un orcheftre
dans laquelle on
partie,
retranchement
pratiqua un peric
pour les Dames, fervit --- Page 199 ---
[+95]
vit de falle à manger, Tolt il fit
un Poële ; fes foins s'étendid placer
faire arranger des plan:
rent ches dans jufqu'a toute la longueur du pallage
de ce jeu de paulme , de crainte
bleffafient en
SRmE
les Dames ne ordonna fe
chez un fameux
& vénant,il
trente perTraiteur. - un fouper un pour Limonadier de
fonnes, & ilchargea & autres rafraifournir les glaces
en
chitfemens.qui font d'ufage
ces
Eel
cas. Nous tinmes Dimanche, preparatifs que M. de
crets jufqu'au m'envoya. par fon laquais le
M+". fuperbe bouquet de fleurs natuplus relles, que j'aie vu dans cette faifon; ***
Fallaile portera Mademoifelle D un
chez qui je n'avois pas: manqué fans
feul jour d'aller faire la partie, trouver le
qu'il m'etit été poflible de
romemdeteniresente en particuliers
càr elle étoit toujoursavec fa couline, le
Tavois
a qui je m'appergus toutes que les avanmalheur de plaire,par
m'impaces qu'elle me faifoit; qui
je
tientoient d'autant
que
fortois pas une fois jeu,que je
Pt
n'euffe ne
mes bas falis & mes jambes
Part. IV.
d'aller faire la partie, trouver le
qu'il m'etit été poflible de
romemdeteniresente en particuliers
càr elle étoit toujoursavec fa couline, le
Tavois
a qui je m'appergus toutes que les avanmalheur de plaire,par
m'impaces qu'elle me faifoit; qui
je
tientoient d'autant
que
fortois pas une fois jeu,que je
Pt
n'euffe ne
mes bas falis & mes jambes
Part. IV. --- Page 200 ---
f194]
froiffées par Timprethion de fes fojs pieds, de
ce qui me failoit faire par
les
que ceux qui
telles grimaces, &. en, e ignoroient la caule,
voyoient, les prenoient pour des tics,
M.de. Prépont, qui, depuis quelques jours, reffentoit donleur
côté, vivement à lafa
Re
quejamais quelle s'étoit jointauine toux opiniàtre, quidui failoit rendre des matieres fe
puruillentes & fanguinolentes : ne,
tronya pas en état d'être des.nôtress à lui tenir
Tengagcai M. de Trainfort avecmoi iM.
compagnie. B*a. chez &cYemmenai M, D. *** : oit nous fimes
M. de M *** vint nous
prendre une partie; fur les fept benret, je donnai
le bras à ma reine, & M.B que,
j'avois inttruit & mis dans ma coafidence, préfenta le fien, à Mademoifelle de TAw, Nous nous rendimes duau lieu de l'affemblée, àla éviterle porte déquel M. de wi M fait '1 mettre pour e
une garde 21
fordre, avoit tobtenue duGouvernement
qu'ilavoito Nous nous mimes à table à huit heu-:
res précifes, &, nous y reftâmes jul
qu'a 2 onze quele e bal commença. Ma B ***
Les attentions qu'eut --- Page 201 ---
[195) Mademoifelle de
de prendre fouvent. danfer, me fournirent les
T- pour
à Mamoyens de faire ma déclaration. adorable fille
demoifelle D* Cette
la reçut très-bien,& me dit: > Iferoit
inutile, à prélent, Monfieur, de eatin
mes yeux m'ont; trahie, lay
vous difimuler.t toute fuis trop.
vous :
Rease
Tai pour
je & s'il eft vrai
pour les. défavouers, moi foit tet
que votre amour,
déclarez-vous
que vous me
DaEea
lur
agiffez
à mon pere, 97 dites
que.vous
ne
de concert avec moi lmauns,i inclination, &
contraindra pas mon
Je
vous obtiendrez fon agrément, vous entenpourrai alors vous voir, lesjours, 2
(ans
dres & vous donnertous certaines de mon
rougur 9 des preuves
nécelfincere retour : ileft cependant jufquà ce
faire de: vous prévenir unis, T faudra bien
que nous foyons fais,Scvous ne devez
nous obferver.Je
ma coufine vous
pas. Tignorer, que
elle a
aime; avant de me lavouer, a votre
voulu fonder mes dhipolitions & ne lui - ai téégard,jel l'ai deviné, de lindifférence pour
moigné Aufitôt-que que.
vOIS aurez: Parlé
vous.
Tij
jufquà ce
faire de: vous prévenir unis, T faudra bien
que nous foyons fais,Scvous ne devez
nous obferver.Je
ma coufine vous
pas. Tignorer, que
elle a
aime; avant de me lavouer, a votre
voulu fonder mes dhipolitions & ne lui - ai téégard,jel l'ai deviné, de lindifférence pour
moigné Aufitôt-que que.
vOIS aurez: Parlé
vous.
Tij --- Page 202 ---
[1961 - ]
à mon
il faudra lui recommander le ESSE le connois, ille gardera inviolablement: ; c'eft ponrquoi
Monlicur, ajouta-telle, je vous exhorte, lorique nous ferons devant ma
coufine, a ne marquer aucun empref.
fement pour moi, & à ne me faire
que de ces politeffes ordinaires, qu'in: fexe.
galant homme ne peut réfufer au fei-,
Fexige même
c'eft
vous
gniez de mien pour tue que dans
toutes les occations vous lui donniez
la
je vous en faurai gré.
Cette préférence façon : d'agir eft indifpenfable,
f nous voulons vivre pailblement, a
jufqu'à l'inftant qui mettra le fceau
notre bonheur, & j'aurai foin qu'elle
n'en foitinformée, que lorfqu'elle ne
pourra plus nous nuire. Pai de fortés
raifons pour vous parler ainfi, c'eft à
elles &a la crainte des vous perdre,
que vous êtés redevable de faire Paveu de
précipité que je viens de vous
mes fentimens; çar il-eft bon
Mademoifelle
vous fachiez que très-mauvais
Tr joint à un
génie
une jaloufie outrée, un emportement
furieux, & - un amour propre défor- elle
donné; de forte que fijamais --- Page 203 ---
[197 1
il n'eft
qu'on la joudt, elle ne fe
d'excès auxquels en nous fufs'en venger,
POTRL
portàt
tracafleries fans nombre, de
citant SEt donneroient beaucoup
qui nous
nous pouvons éviter,
chagrins que commune tranquilhite,
f, pour notre vous conformer exsdevous voulez
vous
à ce
ynderssiclent
ment
queje nous ferrames ta main,
promis, nous heures nous termind-
& vers les cinq
nous Tavions oumes le bal comme donner le bouquet a M.
vert, je fis
le
à une trèsde M ss Demantelequu qui préfenta, a époulte
charmante depuis, & it fixa pour le Jeudi, lieu de fui- Vatvant; au même endroit, le
femblée. la
de malques que
Malgré quantisé il n'y ent aucune connous eimes, &
les fages précautions
fulion,
par le. bon ordre régna deque Tonprit,
julqu'a la fin.
puis le commencement tout fut Terviavec
Rien ne manqua, que de profulions
autant de délicatelle
de façon
les chofes enfin fe palierent content, & que
que chacun fe retira millelivres de, rente,
flavois eu cent en faire davantages
je n'aurois pu
Iij
Malgré quantisé il n'y ent aucune connous eimes, &
les fages précautions
fulion,
par le. bon ordre régna deque Tonprit,
julqu'a la fin.
puis le commencement tout fut Terviavec
Rien ne manqua, que de profulions
autant de délicatelle
de façon
les chofes enfin fe palierent content, & que
que chacun fe retira millelivres de, rente,
flavois eu cent en faire davantages
je n'aurois pu
Iij --- Page 204 ---
[198.)
auffi me promis-je bien de ne point.
riche charger dorénavanr quelqu'un plus
que moide faire ma
-
je me reffonviendrai toujours dépenfe, &
vais quart d'heure
da mai urembourfanta
que je paifai en
avances qu'il avoit monamile faites, mémoire des
m'imaginois pas devoir monter quie je auffi ne
haut. Je. me rendis le lendemain fur
le les onze heures, chez M, D
trouvai feul & déjà
"sje
n'eus pas grand peine à lui prévenu, faire mon je:
compliment, 9 il le
agréa la recherche recur -
très-bien,
fa file, & me permit que de je lui faifois faire de
cour quand je voudrois. Elle
ma
dans le momenta fe joigoit à arriva
pour le prier de ne parler à
moi,
de la demande que je venois perfonne de lui
rions faire, julqu'au moment où nous feprêts à terminersil nous le
mit, &c fut exad à fa parole. En pronant congé de Mademoifelle D Ppteje voulus lui baifer la main, elle
oppola, me préfenta fes
s'y. &
nous nous embraflames. Jallaila joues,
dredeux nous
jours après 2 avec M. B pre. : 2
nous rendimes au bal de
M &j'eus la fatisfaction de voir M, --- Page 205 ---
[199]
de
quil ne lui avoit pas été avoit pofible fait pour
renchérir fur ce qu'il précédent, ce qui
moi le Dimanche de mes frais.
me confola tin peu je dinois chez M:
Un" jour Prudtionnes que
M. de Train:
Fontenay nous avertir que M. de Pré
fort vint fentoit beaucoup plus mat
pont Tordinaire. fe
Nous y allames tout Mi
T fuite, & nous le trouvdmesavec ordinaire des
Mongin, Commiffaire & deux MédeClafles, fon Chirurgien avoit fait appeller
cins quel lon fur Tétat de la
ROIE
confulter remedes quil convenoit dy
fur les
conduireces deux dere
apponterralate fortirent, pour favoir
niers, lorfqu'ils
Ils me declarerent
ce quils pénfoient: qu'il ne falloit pas
T tout narurellement
cet Armateur:
fe flatter de réchapper
A
n'avoit pas encore quinze jours m'al:
qui
Cette trifte notvelle
à vivre.
que lorfque je rentrai
larma au point,
fanglors me fuffodans fa chambre,les quil me fut im:
querent tellemenr; les retenir. Ils ne lui anPollible de
trop, quil ne devoit
noncerent que arranger fes affairesy
plus fonger qu'à a aller recevoir dans
& à fe préparer
Iiv
ateur:
fe flatter de réchapper
A
n'avoit pas encore quinze jours m'al:
qui
Cette trifte notvelle
à vivre.
que lorfque je rentrai
larma au point,
fanglors me fuffodans fa chambre,les quil me fut im:
querent tellemenr; les retenir. Ils ne lui anPollible de
trop, quil ne devoit
noncerent que arranger fes affairesy
plus fonger qu'à a aller recevoir dans
& à fe préparer
Iiv --- Page 206 ---
[z0o]
le Ciel la récompenfe dueaux bonnes
adions gu'ilavoitf
fa
En
rfaitespendant vie,
il pria conlequence M:
de cette réfolution,
Mongin, & M. Fontenay Prud'homme;, de vouloir
venir chez lui le lendemain matin bien
M.de un Notaire 2 il chargea M. B *** avec &
Trainfort de quelques commiffions; fit
quand. ils furent partis, il me
ainfi: approcher de fon lit, & me parla
5, Ce n'ef
d'aujourd'hui,
cher ami, que : me vois
mon
la fin de ma
toncher à
carriere; vous feul, j'ofe
Talfurer, me faites regretter la vie,
parce
vousêtes éncore bien
pour edine livréà vous-même jeune,
connois, vous êtes entier. ; ie vous
yous ne m'aurez. plus, &
Lorique
mes que vous donnerez à mes que-les cendres lar.
feront effuyées, je crains fort
vous ne vous laifliez aller au
que
de vos
qui font
torrent:
pour qu'il rie
fuive trop de vives,
pas
RCTAN
bles effets. Croyez moi,
terrigarde contre vous-même, foyez en
vez pas de plus cruel ennemi vous à n'abattre. Si vous voulez le
comvaincre, ne
AP-mhanhaNE --- Page 207 ---
[:0:]
qu'après avoir employé quet
projets, jours à les digérer: rappellez ai
ques vous alors les confeils queje Occafors. vous ce
donnés en différentes de parer à bien des
fera un moyenfar
,. auffitôr que
fottifes. Je vous exhorte, dans notre
les fonds que vous avez
avecle
eargaifon vous feront rentrés, de retourbénéfice qui en réfultera, portez pas
ner dans votre famille,ne loin, vous avez
votre ambition plus
trouvet un
fufffamment de bien, pour & vivre honoétabliffement fortable,
rablement, ainfi je vous recommnande les mers : la
de neplus penfer à courir des plaifirs, font M
difipation & l'amour
incompatibles avec ce métier, dont qui
exige des foins & des attentions attendu qu'il
vous êtes incapable, réuffir, agir par foifaut, pour y
occupé de
même, être niquement mettre, malfes intérêts, confiance & ne pas dans des gens 2
a-propos, fa toujours en abufents car
qui prefque fattez
de jamais renconne vous
ami
moi. Ils.
trer un : auffi Ao
que & ils le font
ont toujours été rares, à
Prenez
encore davantage
vous la
cette bague,, me
Mr
Iv
'il
vous êtes incapable, réuffir, agir par foifaut, pour y
occupé de
même, être niquement mettre, malfes intérêts, confiance & ne pas dans des gens 2
a-propos, fa toujours en abufents car
qui prefque fattez
de jamais renconne vous
ami
moi. Ils.
trer un : auffi Ao
que & ils le font
ont toujours été rares, à
Prenez
encore davantage
vous la
cette bague,, me
Mr
Iv --- Page 208 ---
[202]
donne parce qu'elle ne peut convenir a
à aucune femme, portez-la toujours
votre doigt, tne vous en défaites jamais
quc dans tn befoin abfolument pref- êtes
fant, qui n'arrivera pas fi vous
fage. Faités-mol à l'inftant une copie
du double de la faéure que je vous
airemife en partant de la Martinique, chole >
je veux y changer quelque exécuter ce
Tallai dans le moment. illeut entre
qu'il demandoit: ilreconnut quand aul bas que les
les mains,
cargaifon,
fonds de notre premiere dans lef
étoient de 240000 Livres,
quelles j'étois intéreffé
un tiers,
dont je hui avois payé FSers montant. il
Enfuite de cette reconnoifance,
ajouta une quittance de ma cotte part
de tous les frais que nous avions faits,
depuis notte départ du Fort S. Pierre,
julqu'à notre arrivée à Nantes. En me les
rendantle tout, &c en me tendant
bras pour m'embraffer. >> Voilà, me
dit ce généreux Armateur 2 ce que
javois intention de faire pour vous, de
Je rends grace à la Providence,
ce qu'elle a bien voulu m'accorder donner
aflez de tems, pour dernier vous témoiavant de mourir, ce --- Page 209 ---
[tos1 Faites-en votre
gnage de mon amitié: -vous quelques
prolit, reflouvenez mourrai content. Je
fois de moi, je
encore engager
vais, continua-t-11 Prul'homme à prendne
M. Fontenay intérêts auffi à : coeur
les
vos
lui en Tecilte les
miens;, 8 pour prierai de fe charger de
moyens, jele de mes dernieres volonFexécation
ce qui vous regarde,
tés, tant pour
concernera M. de
çe qui fuis bien aife de
FERA à qui je
de la fatisdonner aufi une des marque fervices qu'il m'a
faction quetai vingt ans, avec antant
rendus depuis de fidélité. M.B *** arde zele que
M: de Prépont
riva dans ce moment,
chercher
le chargea de lui envoyer de lui laif
un - Confeffeur, , il me pria & je me
fer le tems de fe recueillir, otrje donretirai dans ma chambre, à mes larmesi, qui
nai uin libre cours loffqu'elles furent
ne tarirent elles que me changerent L de
épuifées; jen devins medomnoifable,
façon
cet incomparable
&c M. 3e Prépont, faireplutsmeme 9
ami, fe vit obligede l'office de confolar
auprès de 'moi, lélendemain fels Sacrea
teur, Ireçut
vj
, otrje donretirai dans ma chambre, à mes larmesi, qui
nai uin libre cours loffqu'elles furent
ne tarirent elles que me changerent L de
épuifées; jen devins medomnoifable,
façon
cet incomparable
&c M. 3e Prépont, faireplutsmeme 9
ami, fe vit obligede l'office de confolar
auprès de 'moi, lélendemain fels Sacrea
teur, Ireçut
vj --- Page 210 ---
(ao4l
mens, avec une piété
& une réfignation dont cxemplaire ;
vu de pareilles ; ilf fit enfuite je fon n'ai tefta- pas
les ment, 8c onze jours après il rendit
dans derniers la
foupirs entre mes bras,
fon age. cinguante-deusicme II eft plus aifé de fentir année de
fur l'excès de ma douleur, dans quel
cruel moment; qu'il ne,n
ce
del U le déerires il fallut m'arracher m'eft poffible
deffus le corps de ce tendre ami,on de
m'emballa dans. une chaife à
on me conduifit chez M.
porteurs,
me donna un N lit, & qui Dionis, ne voulut qui
ce pas permettre le
que je fortiffe, > jufqu'à
que calme etit remplacé le délefpoir que me caufoit la perte
venois de faire. Meffieurs que je
Fontenay Peualhommes-Bink Mongin. ,
Trainfort, hui firent faire fes & obfe- de
ques: 5 auxquelles on ne vonlut
que j'afiftafle. Ce premier vint pas
voir au bout de huit
il me me
lai ileéure du teftament jourssi de M. de Pré- fit
pont, qoi entr'autres
donnoit un de fes Negres, difpofitions,me nommé
Layr, pour lequel il avoit
que J'avois beaucoup d'amitié, remarqué il
faifoit mention de la bague, dont il y --- Page 211 ---
[2os]
-
m'avoit fait préfens avant de mourir; Javois
Vintérêt que
1l rappelloit de fon Navire, quil
dadt la cargailon
fon épéc,
léguoit à M. de Trainforts louis une fois payés
fa montré & cent
Légataire
à M.B llinfituoit Madame HICE 5
S. Ange, fa
Univerfel, &c nommoit M. Prudhomme
foeur,
Teflamentaire. Ce Né
fon Exécuteur confeilla de me mettre en
gociant me formant oppofition aux
regle, en avoient été appofés furles
fcellés de qui M. de Prépont, parce quit
effets alloit les faire lever., & procéder tout Ton
de fuite à l'inventaire ; mais que ce qu'it
ne palferoit pas outré 2 jufqu'a de Madamese
eft reçu des nouvelles venoit d'écrire pari un
S.Ange, a 1. qpil partoit fous deux jours
vaifleau qui
Il m'ajouta quit
pour la Martinique cette Dameundexpei
avoit envoyéa du teftament de fon
tion en former modelc de
frere,avec un
de charger procuiation, M. de
dontil lui confeilloit fi
jaTrainfort; & que juqua.ce, m'en laifle- a
vois befoin dargentodine mais je n'étois pas
roit pas manquers de
à ce Injets
dans.le cas Fimportaner à (eize mille livres,
çar javois quinze
outa quit
pour la Martinique cette Dameundexpei
avoit envoyéa du teftament de fon
tion en former modelc de
frere,avec un
de charger procuiation, M. de
dontil lui confeilloit fi
jaTrainfort; & que juqua.ce, m'en laifle- a
vois befoin dargentodine mais je n'étois pas
roit pas manquers de
à ce Injets
dans.le cas Fimportaner à (eize mille livres,
çar javois quinze --- Page 212 ---
[206]
& près de troisà quatre mille, tant en
De poudre qu'en pieces d'or
retour chez M.
étrangeres.
à M.le Marquis de Dionis, J'écrivis
M.de Lefleville le Champigny malheur
& à
noit de m'arriver ; j'en fis autant qui ve- à
Madame de S. Ange. Je crusauffi
étoit de la bienléance
qu'il
rendre une vifite à M. que D *** Jallaffe
non-feulement étoit venu me voir 9 qui
fieurs fois depuis la mort de M. dePré- plupont, mais encore n'avoit
un feul jour fans envoyer, pas ainfi manqué
Mademoifelle D*** & fa
favoir de mes nouvelles.
E
trouvai
Je ne le
felle fa
- non plus que MademoiE ils étoient fortis enfemble, je ne vis que
Tix,
Mademoifelle de.
trations 2 qui dela me reçut avec les démonftai d'y
joie la plus vive ; j'affecfaire toutes paroitre les fenfible, &z de lui
fition ou je me politeffes trouvois que la povoit le permettre. M. & alons, potfelle D Fas, arriverent
Mademoiprêt à fortir. Ils me
comme j'étois
bien ils éroient touchés témoignerent de
comtion, & ils me
mon afilicfaire diverfion, propoferent d'aller
, pour y
paffer le Ca- --- Page 213 ---
rême avec eux à la campagne fes inftances 2 Mademoifelle de T joignit je me vis conaux leurs, de façon ba fixa notre détraint d'y confentir. scendres. Je repart au Jeudi d'aprèsles chez M. Dionis,
tournai enfuite de cette invitation;
je- fis part
à
de M.
E
nfai de même T'égard
fort
nay,, & tous deux Meffieurs approlverent B& de
ma réfolution: furent informés de
Trainfort,
départ, vinrent me
mon
fervices, pendant
TS
faire offre de leurs ablent, & ils m'apprique je ferois intention étoit de refter
rent que leur
ce que toutes les
à Nantes jufquà Prépont fuffent araffaires d€. M.de le jourdes Cendrès
rangées. Je reçus de M. de Leffeville,
Ia réponfe
d'aller a
TS
vivement
me preffoir détermina à lai mander
qui me
de
aLSie
ce je ne manquerois pas
m'y & ale
de Paques,
dans la quinzaine faire lover dans fon
prier de me
garni. J'allai Le
tier un appartement M. DM 4 2 fa ille
cher le lendemain nous P rendimes fur
& fa nicce; nous
une chale Port, out nous primes
. de Leffeville,
Ia réponfe
d'aller a
TS
vivement
me preffoir détermina à lai mander
qui me
de
aLSie
ce je ne manquerois pas
m'y & ale
de Paques,
dans la quinzaine faire lover dans fon
prier de me
garni. J'allai Le
tier un appartement M. DM 4 2 fa ille
cher le lendemain nous P rendimes fur
& fa nicce; nous
une chale Port, out nous primes --- Page 214 ---
[208)
lompe, qui nous conduiGt en
heures de tems à la maifon de quatre campagne de Madame de T***
fur les bords de la Loire; dans 5 qui eft
fituation des plus avantageufes, une On
y jouit d'un air pur, fain, & d'un
voilinage agréable. Nous y avions
toujours bonne
&
aux foins de Mademoifelle compagnie, de Tw. graces
jy étois extrêmement fêté.
vint quelques jours
Il-nous
un jeune Genilhomme après mon arrivée
des
qui me parut tavoir des vues environs, fur Mademoifelle de T ; j'en fus d'autant
plus
charmé, que je crus que cette
Demoifelle, fe voyant
un aimable Cavalier, fe prévenue par
me faire des avances
lafferoit de
ne pouvois me réfoudre auxquelles à
je
que toutes fes attentions répondre;
roient d'objet, & qu'enfin changeHbre de
je ferois
fitivre les pouvoir, 2 fans aucune. gêne,
mais je me monvemens trompois de mon coeur ;
moifelle de
forts car Mademoins. Elle Tm. ne m'en obféda
mit tant
Pas
dans fes pourfuites, d'acharnement
cent fois prêr à perdre que je me vis
patience, --- Page 215 ---
[209] 1
&il eft certain que fans P'amour j'aurois qne pris
Javois pour fa coulines
Mils,
le
ide la fuitc; ; maisyadorois de la voir
le plaifir
9 Tavois
fon *
nous
SERtO
tous les jours chez enfembley pere, & les
nous y entretenions mutuels de nos coeurs,
épanchemens
amplement de
nous délomageoient contrainte dans laquelle
la cruelle forcés de pafler le refte
nous étions M: M quimavoit
de la journée.
de M.D" -
procure la connoillanee mi Carême avec nous
vint faire la violons, & nous danil amena des lendemain. Mademoifâmes jufqu'at T"Y, fe menagea f peu,
felle de
trouva prife d'un gros
qu'elle fe la mit dans la nécefité de
rhumes qui
faire: une vifite, 9.
garder le lit. Fallailui m'y trouver en
je ne comptois Elle pas me fit approcher du.
tête-àtête.
fes bras autour
d'elle, me paffa mille carefles, &
con, me Ou prodigua vous êtes bien ingrat,
me dit :
les charmes de quelMonfieur, vous ou ont touché plus Rs
qu'autre miens, puifque vous ne vous
les
apperçu de la tendrefc
pas encore
cefité de
rhumes qui
faire: une vifite, 9.
garder le lit. Fallailui m'y trouver en
je ne comptois Elle pas me fit approcher du.
tête-àtête.
fes bras autour
d'elle, me paffa mille carefles, &
con, me Ou prodigua vous êtes bien ingrat,
me dit :
les charmes de quelMonfieur, vous ou ont touché plus Rs
qu'autre miens, puifque vous ne vous
les
apperçu de la tendrefc
pas encore --- Page 216 ---
[a10
que vous m'avez infpirée. Il y.avoit.
déjà longtems qu'elle cherchoit loccafidn d'avoir cette explication avec
moi, j'avois toujours cu'ladreffe de
l'éviter; mais je venois de la lui,
fournir moi-même ; il. falloit me
tirer de ce mauvais pas, il étoit glif.
fant, comment faire? Enfin, après
avoir révéquelques minutes, je me
déterminai à lui répondre , quejétois
me
ComENOASea
faifoit, que la juftice gue je me
rendois, m'avoit,) julqu'àce moment,
fait regarder comme de fimples poli:
teffes, fans conféquence, toutes les
attentions qu'elle avoit eu la bonté de
me témoigner, & que j'étois d'autant
plus éloigné de fonger à aucun engagement férieux, 2 que la perte récente
& irréparable que je venois de faire
dans' la perfonne de mon meilleur
ami, interdifoit encore pour longtems l'entrée de mon coeur à tout au-.
tre fentiment qu'à celui de la douleurs
que cependant. - o J'en étois-là quand
la, porte de fa chambre s'ouvrit; c'étoit M. de M qui vint fort à
pos. pour me tirer du plus terrible pro- embarras, oir je me fois jamais trouvé; --- Page 217 ---
taul : & Yallai inforje lui cédai ma placc, M. & Mademoimer de ma chance
felle D"
de T.n ne fut
Mademonfelle de fon Tare
plutôr quitte àla charge. Depuis lexqu'elle revint nous avions eu enfemplication que
plus feindre d'ible, je ne ponvois de penfer à mon
gnorer fa façon me voyois en quelque
égard, & je de répondre à fes agaforte contraint
non(euceries qui me déplaifoient,
lement à caufe que je : ne l'aimois les RRLIeA
mais encore parce que je d'une, Demoidéplacées de la
pour peu qu'elle
felle bien née,
a
de fa Ainuaticnemton &
eut étéjaloufe modefté dans fes actions
du être réfervée plus dans fes propos- Tous
plus
àla fin m'excedcrent, 2
ces badinages me décidai à retourde façon
je & une lettre que je rener à la
oe
Prud'homme 9
de M. Fontenay
V çus me fervit de prétexte; idées à M. &
Je communiquai mes
D"., a ils les approua Mademoifelle dirent qu'ils profiteverent, & me
de cette occafion
roient volontiers moi, d'autant que
pour revenit avec
es propos- Tous
plus
àla fin m'excedcrent, 2
ces badinages me décidai à retourde façon
je & une lettre que je rener à la
oe
Prud'homme 9
de M. Fontenay
V çus me fervit de prétexte; idées à M. &
Je communiquai mes
D"., a ils les approua Mademoifelle dirent qu'ils profiteverent, & me
de cette occafion
roient volontiers moi, d'autant que
pour revenit avec --- Page 218 ---
tat:]
Mademoifellede T**. feroit néceffai.
rement obligée de tenir compagnic lit
à fa la
merei, qui étoit retenue ati retirer par. dans
goutte.Le foir avant de me
comina chambre, s je pris congédela de Madèmoipagnie, au
regret mé fit toutes les
felle. de TAR gai
inftances pofibles, - afin de mais m'engager tins
à remettre mon départ; de lui are enbon, 8 me contentai débarraffer de fes
tendres pour me qu'a mon retour de
importumtés,
pas de lui
Paris, je ne manquerois
donner des preuves de -
mon empreffement à lui faire ma cour 3 & lendemain méritet fes bontés. Je partis le
matin pour Nantes., oû en arrivant, m'emmeM. & Mademoifelle D *WY convinnerent diner chez-eux; nous je ferois à
mes enfemble que écrirois lorique fous l'envePatis, 3 M. leur B qui fe feroit un
loppe vraiplaifir de leur rendre meslettres,
& qu'ils m'en feroient tenir les répon(es, à Padreffe que je leur indique.
rois. Jallai enfuite chez M. Dionis;
&p pendant les douze. jours que cjerefai
encore à Nantes, jer n'en laiffai palfer
aucun fans aller voir Mademoifelle --- Page 219 ---
1213 1
a chaque
découvrois
D *** à qui je
charmes qui me
inftant de defirer.a nouveaux avec une vive impa- men
failoient
fortuné qui
tience le moment
rendroit poffefleur, Fêtes de Paques, je fis
Après les M. le Comte de Menou, enfuite
mes & à alieuxa tous mes amis, je chaife partis de
pour Paris, dans M. une Fontenai 5
arde
que me préta arrivai le Samedi fuivant, delcen
me veille : X la Ouafimedos &c M. je de Leffedis rue du Battoir, chez uin Hôtel garni,
ville - - quir m'indiqua ou il m'avoit fait
rue Haure-Feulle,
louer un pparteteniy diner le lendemain chez une ce
a J'allai
nous etmes enfemble de la
Magitirat; conférence > 2. au échues fujet je lui
longue fuccellion qui m'éroit exaat8e circonfanrendis un compte m'étoit arrivé dans
cié de tout ce qui je finis par Tinfruire
mes courles & Tavois d'épouter Ma- fes
de Penvic
dontje Iu fis,
BEAAO
demofelle ordinaire. des amoureux fatrenr;
lon Pulage du monde ler plus
& il
le portrait félicita fur mon choix,
il me
pendant le (éjour que
m'affura que,
ujet je lui
longue fuccellion qui m'éroit exaat8e circonfanrendis un compte m'étoit arrivé dans
cié de tout ce qui je finis par Tinfruire
mes courles & Tavois d'épouter Ma- fes
de Penvic
dontje Iu fis,
BEAAO
demofelle ordinaire. des amoureux fatrenr;
lon Pulage du monde ler plus
& il
le portrait félicita fur mon choix,
il me
pendant le (éjour que
m'affura que, --- Page 220 ---
[2141
je ferois à Viviers, oit il me confeilloit d'aller inceffaments pour terminer mes affaires, il écriroit à M. le
Comte de Menou,le prieroit de vouloir bien. fe faire informer de la famille &i des facultés de ma :maitreffe; & que fi le, rapport derce
Gouverneur étoit conforme.au mien,
il donneroit avec plaifir les mains à
ce mariage, qui feroit un moyen fir
de fixer mon.inconiftance.
Revenu à mon Hôtel, j'écrivis'à
Mademoifelle
je luiur mandai
la converfation DTa que je venois d'avoir
avec M.de Leffeville à fon fujet,
lui donnai avis du voyage que
je
faire dans le Vivarais, ainfi que fallois des
motifs qui loccalionnoient, & je lui
promis qu'auffitôt mon retour à Pa-l
ris, je ne tarderois pas àl'aller joindre. Jei reçus fa réponfe la veille de
mon départ,
Jenvoyai mon Négre le lendemain
matinchercher des chevaux àlan polte,
&
- je partis pour Viviersi oi. en arril
vant je trouvai, en conféquence des
ordres qu'avoit donnés M.de Leffes
ville, mes affaires en très-bon. état.
Je n'effuyai aucunes deslongueurs, ni --- Page 221 ---
frs] ordinaires dans les
des tracafferies
& en moins de
redditions de compte., tout fut arrangé à
trois femaines,
mon fouhait. que Ton me procura pen
Les plailirs
je fis dans cette
dant le féjour que capables de m'y
ville, ne furent longtems pas
qu'il n'étoit
arrêter plus &cYen repartis pour Paris,
nécellaire, la veille de la S. Jean.
oû j'arrivai foin fut d'en informer
Mon premier D j'allai. enfniteMademoifelle
pour lui faire
chez M: de Lefleville, Ce Magiftrat m'anmes remercimens. d'un air riant; que fur ce de
nonça, lui avoit écrit M. le. Comte coeur à
que
il confentoit de bon
Menou;
Mademoifelle D". a
mon unionavec hélas ! il étoit décidé que la
mais
partie de ma vie fe paffes
plus grande ébaucher des mariages, & que
roit-à n'en conclurois aucun: ; cependant
je
avec Mademoicelui que je projettois me tenoit fortà coeur, 9
felle D"A., , de parir de Nantes,
& comme avant
de me munir d'un
javois eu atténtion enbonne forme de M.
confentement Vextrait mortaire de fa
D de 8c de celui de baptème de fa
femme,
partie de ma vie fe paffes
plus grande ébaucher des mariages, & que
roit-à n'en conclurois aucun: ; cependant
je
avec Mademoicelui que je projettois me tenoit fortà coeur, 9
felle D"A., , de parir de Nantes,
& comme avant
de me munir d'un
javois eu atténtion enbonne forme de M.
confentement Vextrait mortaire de fa
D de 8c de celui de baptème de fa
femme, --- Page 222 ---
1216] J
fille, je crus qu'il convenoit,a telles
fins.que de railon, tant pour accélérer,.que pour prévénir les
je fiffe Publier un ban à difficultés, S. Andrédes-Arts, ma - Paroiffe, j'obtins dif
penfe des. autres,je joignis à ces
ces les papiers qui me
pic-
& j'envoyai le-tout à concernojent,
D *.; je la priai
Mademoifelle
à agir de fon côté comme d'engager fon pere.
du mien, afin
J'avois fait
il
que lorique je ferois à
Nantes, ne reftât plus
le
trat à paffer, & la
à conje m'en
esomdiers
faire;
dence rapportai au dirplus à fa prutranipirât. pour Une empêcher que. rien ne
fut caufe
abfence de M, B ***
de trois femaines queje ne reçus qu'au bout
elle me mandoit fa réponte; par laTmcin fe
à ce
que fon
elle
que Je
finiffoit, en me
CRE
rendre auprès d'elle follicitant de me
à En fortant un.jour inceflamment, de chez la Frenaye, où j'étois allé pour: acheter
quelques bijoux, je fus abordé
un Officier de Marine, nommé M. Par la
T", je Pavois connu pendant
étoit en garnifon au. Fort S. qu'il
de la
Pierre
Martinique ; nons allâmes diner
enfemble --- Page 223 ---
T217 1
de-là
enfemble chez Monginot : LHôtel &
de
nous nous rendimes à fans doute I 9
Soiffons. La à fortune, fe laffer de répandre
commençoit
car elle me fit
fur moi fes faveurs, de fes revers, qui me
éprouver un
fentible, queje n'y
fut d'autant accoutumé: plus
je perdis cent
étois pas louis, & mon compagnon
foixante
heureux. Nous nous
ne fut pas plus
de nous reféparàmes avec promeffe pour aller prena joindre le lendemain revanche; mais les rédre notre la nuit mc procura', me
flexions que feconde fottle que mon
parerent caramade une n'eut pas le courage
cher
il courut après fon argent,
d'éviter; à fec. Il vint le jour d'après
& fe mit
Hôtel, il me conta
me trouver à mon
de lui prêrer
fon malheur : me à pria la plaeedelquels 9
cinquante louis, lettre de change de
il me remit une fur M. de Montaupareille Armateur fomme, à Nantes, dont je
douin,
payé un mois après mon
fus très-bien dans cette ville.
de
rétour dixijours de tems, Tachevai
En
congé
a
pris
-
faire mes emplettes, je je partis pour
de M. de Lefleville,
K
Part. IV.
à pria la plaeedelquels 9
cinquante louis, lettre de change de
il me remit une fur M. de Montaupareille Armateur fomme, à Nantes, dont je
douin,
payé un mois après mon
fus très-bien dans cette ville.
de
rétour dixijours de tems, Tachevai
En
congé
a
pris
-
faire mes emplettes, je je partis pour
de M. de Lefleville,
K
Part. IV. --- Page 224 ---
- - [2221
Nantesy & jy arrivai le huit Août.
J'allai loger chez T M.: Dionis, qui:
m'en avoit fait donner parole; je
crus que ma reconnoiffance exigeoit
que je l'informaffe de mon futur mariage avec Mademoitelle
j'en
fis
part à M. D Fontenai
3 chez qui je me
hpcaat
rendis
enfuite. Je le trouvai à fouper avec.
Meflieurs B *** : & de Trainfort, ils
m'apprirent qu'ils étoient toujours
dans l'attente des nouvelles de la
Martinique, dont ils étoient fortinquiets, furtout depuis que-le Commandant d'un Navire, 3 venu tout récemment de ce pays,leuravoir dit n'en
être parti
plus d'un mois après
l'arrivée de SeELE qui avoir porté nos
dépêches. à Madame de
Ils m'ajouterent qu'ils venoient Saint.Ange. de
faire à cette Dame un fecond envoi
par duplicata, dont ils avoient chargé le Capitaine d'un vaillean prêt à
faire voile pour le Fort Royal.
Je me rendis le lendemain matin
chez M. & Mademoifelle D la
joiequ'ils témoignerent en me
ne m'empêcha pas de remarquer
leur
RC71
phifionomie une altération qui 3 --- Page 225 ---
[223l de
:
rien
gracieux s'obne me préfageoit
; ils
je leur en cintmandanlcfuet tems à me le céler 5
ftinerent quelques
cédant à mes
mais à la fn, M. D". que quatre à
inflances, m'informa
de mes
cinq jours après la réception de T"..en
papiers. Mademotfelle huit ou : dix chez
étoit venue paffer lefquels la lettrc
fa elet
lui, pendant écrite à Mademoilelle anfi-tôr
Tavois sétoit perdues. qu'il de avoit s'en être emfoupconné fa niece avoit pris foin,ellepare, ce qu'elle confirmer en s'en retourmême, de
la furveille de
nant à la campagne à Nantes : majs qu'alfin il
mon arrivée encore. davantage, retide s'éclaircir allé le jour d'après, pour
étoit
bans, 8 quil avoit appris
rer Mademeieile nos
de Tsyanuit M:
fmat oppolition. Voilà, des continua allarmes
la vraie caufe
D"*. 9 m'avez vuc;-la comnesflance
oit vous
de cette indigne
du caradtere
EE les rendent bien fondées.Scme de la part. Je
fait tout appréhender mes efforts pour
fis aflez inunilemenr
8 celles de fa
calmer fes inquiétudes
que ce pefille; en leur tepréfustant Kij
ieile nos
de Tsyanuit M:
fmat oppolition. Voilà, des continua allarmes
la vraie caufe
D"*. 9 m'avez vuc;-la comnesflance
oit vous
de cette indigne
du caradtere
EE les rendent bien fondées.Scme de la part. Je
fait tout appréhender mes efforts pour
fis aflez inunilemenr
8 celles de fa
calmer fes inquiétudes
que ce pefille; en leur tepréfustant Kij --- Page 226 ---
[220 ]
tit incident n'avoit rien qui diit les
effrayer, & qu'il n'aboutiroit au plus.
qu'à reculer de peu de jours notre
commune félicité; que d'ailleurs il
feroit facile de faire lever une oppofition auffi peu réfléchie que celle-1à,
& qui, felon toute apparence, n'avoit
été occafionnée que par un : dépit
mal-i-propos conçu, par Mademoifelle de T*. fur la préférence queje donnois à fa coufine. Pouvois-je
alors deviner que dès avant mon départ pour Paris, cette miférable créature, voyant que j'avois évité de
donner dans le
qu'elle m'avoit
tantde fois tendu, FE craignant de ne
pouvoir plus m'y prendre,s'étoit
parée de longue main à faire jouer précontre moi tous les refforts de la plus
infigne calomnie, pour me facrifier
à fa jaloufie, ou m'obliger à réparer
Thonneur; qu'un autre lui avoit enlevé? C'eft cependant ce qu'elle ne
tarda pas à me faire éprouver, ainfi
qu'on va-levoir.
En fortant de chez M. D
j'allai trouver M. Fontenay Prud"-
homme, pourluiconfer mes chagrins,
& le confulter ; il me conduift chez --- Page 227 ---
[aas]
Procureur , qui me dit que pour
fon
autre choled
le moment il n'yavoit fommer N.det
faire, finonde caufes & moyens de
de déduire les
cela, on
& quapres
fon oppoftion, fur le parti quil y auroit
s'aviferoit
ne me
à prendre. Mon impatience longtems fans
permit pas d'attendre ilr me remit un adte; quie
y retourner; de lui faire fignifier Mademoivenoit
Ses griefs étoient
felle de T"*. pendant mon Teser
je lavois fubornée fur la prometle
chez fa meres que lui avois faite de l'éverbalc que je avoit eu la foibleffé de
ponfer, elle
lors de mon
fe laifer aller à moi;que
de fa
abfence elle s'étoit apperçue avoit été faire
8 qu'elle en
IF eft
groflefile,
chez le Juge.
fa déclaration
qu'elle fut ma
facile de fe repréfenter la leéture. de cet acte.
fituation, 9 après & protefler. de mon
J'eus beau jurer Procureur fe coninnocence, mon
& de trouver
tenta de me plaindres de cette fille; ;
infame le procédé même tems que je
mais il m'affura crit en fur ma parole, que
n'en ferois pas allégations n'étoient pas
de fimples
Kij.
chez le Juge.
fa déclaration
qu'elle fut ma
facile de fe repréfenter la leéture. de cet acte.
fituation, 9 après & protefler. de mon
J'eus beau jurer Procureur fe coninnocence, mon
& de trouver
tenta de me plaindres de cette fille; ;
infame le procédé même tems que je
mais il m'affura crit en fur ma parole, que
n'en ferois pas allégations n'étoient pas
de fimples
Kij. --- Page 228 ---
[222] 1
fuffifantes pour détruire une accufation de cette nature, en ce qu'il y
avoit un délit, dont on me faifoit aulteur 2, que les apparences étoient
contre moi, qu'il ne me confeilloit
pas de pourfaivre'cette affaire, que
Jyéchouerois d'autant plus infailliblement, que ma partie, 2 ayant eu l'impudence de faire un éclat qui la
déshonoroit publiquement, ne manqueroit pas d'effronterie, 2 pour foutenir la gageure ; qu'enfin l'avis le
plus fage qu'il eut à me- donner dans
une- pareille circonftance 6 étoit
d'employer le crédit de mes amis,
faire avec Mademoifelle de
un
FH.
accommodement le moins
défavantageux- qu'il feroit poffible.
J'allai en: conféquence chez M. le
Comte de Menou & chez M. Dionis,
je lès inftrufis de cette avanture, ils
en parurent. très-touchés, & me
mirent leur médiation. Ils fe- dos
nerent, effedivement. tant de mouvemens, & firent agir leurs, amis
avec tant de chaleur, qu'après fix
femaines de peines & de foins, ils
parvinrent enfin à obtenir le défiftement & la main-levée de Mademoi- --- Page 229 ---
[ang]
une
felle de T". livres, - moyennant qui lui fiifomme de 24000 M: Fontenai Prud'-
rent comptées par lui fervirent de dot,
homme, 8 qui depuis; pour épouà ce que7appas pere de Tenfant, dont
fer le véritable bien voulu me faire honelle avoit
neur-dela façon. affaire n'eut pas été
Quoique cetteelle ne laiffa
fuivie jurdiquement de façon / qu'elle
pas de tran/pirer, de toutes les, converle fujer
devint de la ville : & des environs.
fations
D en fut tellement maMademoifelle tomba dans tine
affedtée, qu'elle
quila mit an'tomladie de langueur, de deux mois, & frje
beau en moins
à la douleur
ne fuccombai pas
fans
AAE
c'eft
me camia cette perte, de la Provile courroux épuifé contre moi,
Retce Rtoa point
encore à me
8 qu'elle fe réfervoit coups, qui deporter de nouveaux le comble à mon inforvoient mettre
tune.
t malleureufe affaire
A peine terminée, cette que nous reçlimes de
fur-elle
nous attendions
lès réponfes que telles que nous poula Martinique,
leur
ne fuccombai pas
fans
AAE
c'eft
me camia cette perte, de la Provile courroux épuifé contre moi,
Retce Rtoa point
encore à me
8 qu'elle fe réfervoit coups, qui deporter de nouveaux le comble à mon inforvoient mettre
tune.
t malleureufe affaire
A peine terminée, cette que nous reçlimes de
fur-elle
nous attendions
lès réponfes que telles que nous poula Martinique, --- Page 230 ---
[228]
vions les defirer. M. de Fontenay
Prud'homme, après les formalités ordinaires, fit procéder à la vente de
notre cargaifon, dont déduétion faite
des frais 2 le produit fe trouva monter à 578423 livres, en cela bien inférieur à ce qu'il auroit été, fi nos
marchandifes, fur-tout les pelleteries,
avoient étévendues avant l'arrivée de
trois Navires, venus depuis'deux mois
du Canada. Quoi qu'il en foit,M Fontenay mer remit, tant en argent
ttres de change fur Paris, la part qu'en qui
merevenoit dans cette fomme, après
s'être rembourfé de ce qu'il avoit
donné pour moi à Mademoifelle de
T*** 9 & il paya les'autres legs fait
à Meffieurs de Trainfort & B Le
premier fe prépara à retourner à la
Martinique dans fon vaiffean, dont
M. Fontenay lui : fit la charge de
compte à moitié; l'autre fe décida à.
faire un-- voyage à Paris, avant de
continuer fes courfes. Quant à moi,
les. traverfes que j'efluyois depuis
deux ans, mirent dès bornes à mon
ambition, m'ôterent l'envie de m'ex.
pofer. davantage aux hazards, &c me
déterminerent à fuiyre les fages con- --- Page 231 ---
[xasl m'avoit donnés
feisq quEM. .de Prépont Heureux, mille fois
avant de mourif. f, ferme & Inebranlable, cette ré -
heireux, toljours peritté dans
ordiTavois folution ; mais mon inconflance ou plutôt je fus
naire m'en empêcha, à une dellinée, a laobligé d'obéir les forces humaines
quelle n'ont jamais toutes pu réfifter. donc plus a
Rien ne me retenant congé de tous mes
Nantes, &c je le pris 18 Décembre
amis,
dans lintention
STRAS
partis pour Paris, & d'y former ure
fixer ma réfidence,
établiffement
cometabe/eicaile
w'enpréfentoit.
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E469.
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L/
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S
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