--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A18L
A DFO
A
PH orn.
othn --- Page 3 ---
/
--- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
V O Y AGES
E T
AVANTURES
DU CHEVALIER DE
TROISIEME PARTIE, --- Page 8 --- --- Page 9 ---
VOYAGE S
E T
AVANTOTURES
DU CHEVALIER DE ***
Aux Ifles Caraibes de Saint-Vicent, Sainte-Lucie
6 la Dominique 1 aux fins d'en faire évacuer les
Anglois 6 les François qui y éroient répandus :
à la Barbade, Ifle Antille du vent de PAmérique Septentrionale, appartenante aux Anglois 5
àla Grenade, Ife Antille Françoife ; à Curaçao, Ife de la mer du Nord, appartenante aux
Hollandois ; à Cayenne, Ife de PAmérique Miridionale, dans la Guyanne, appartenante aux
François; à Surinam, pays de la Guyanne, en
terre ferme 2 appartenante aux Hollandois; d
Lisbonne, Capitale du Royaume de Portugal,
6 fon troifieme voyage à la Martinique.
TROISIEME PARTIE,
ALONDRE S,
Etfe trouvent
A PARIS,
Chez DESSAIN Junior, Libraire, Quai des
Auguftins, à la Bonne-Foi.
Ni. DCC. LXIX. --- Page 10 --- --- Page 11 --- --- Page 12 ---
ERRAT A
Partie.
De la troifteme
PacEs.lk 3, 1735 , lif. 1635. lif. bien à
75, lig: 11, bien celui,
celui- fouvent les, lif. fouvent -
160,lig. 17,
167,1i8, aux. 13, deffous, Lif. deffus. lif. équi172,1ig. 8 - équivalent nos,
lent à noss --- Page 13 ---
VOYAGES
E ARARTAN
CAETER
AVANTURES BROREO
DU CHEVALIER D ** **
TROISIEME PARTIE.
0 M M E M. Panier d'Orgeville, Intendant de cette
Colonie
2 avoit fait promettre à Mylord Aubry & à
M. de Karny de fouper chez lui, au
Fort S. Piérre, avant de partir pour
notre expédition ; nous réfolumes
d'aller mouiller dans la rade de cette
ville. Nous y arrivâmes à huit heures
Ai iij --- Page 14 ---
defcendimes [6]
à terre &
du foir, nous rendimes à Tintendance,
nous nous fervit un
& magniout on nous
fut grand fuivi d'un Phafique repas, qui Aubry. eut la comraon, où Mylord laiffer
de deux cens
plaifance de
près
guinées.
M. de Brach,
Pour le confoler, endroit, lui
Gouverneur de cet
le Rter
pofa de lui faire prendre s'il vouloit diner
main fa revanche, 2
mais il
chez lui. Il accepta la partie & 2 il étoit
n'en fut pas plus heureux; du foir quand nous
près de dix heures dans nos canots,
nous embarquames rendre à bord de nos bapour nous
étions abfens detimens, dont nous
heures ;
puis plus de vingt-quatre le 14 Mai 1730,
nous appareillâmes heures du matin , & nous porà trois
fur S. Vincent, oùt nous
tâmes le cap P'ancre le 15, entre onze
jettâmes
heures & midi. foin fut d'envoyer
Notre premier.
àt terre,
depart & d'autre un trompette
des
fommer tous les habitans de
Detk nations qui sy trouveroienr, à midi fur la
s'affembler le lendemain de la mer 9
favanne-la plus prochaine
Mai 1730,
nous appareillâmes heures du matin , & nous porà trois
fur S. Vincent, oùt nous
tâmes le cap P'ancre le 15, entre onze
jettâmes
heures & midi. foin fut d'envoyer
Notre premier.
àt terre,
depart & d'autre un trompette
des
fommer tous les habitans de
Detk nations qui sy trouveroienr, à midi fur la
s'affembler le lendemain de la mer 9
favanne-la plus prochaine --- Page 15 ---
[71
où on iroit leur faire part des ordres
des Rois de France & d'Angleterre, d'iafin qu'ils n'en prétendiffent caufe
gnorance, & qu'ils euffent à s'y conformer fous peine de défobéifance.
Cette opération finie, nous allâmes
diner à bord de la patache oit nous
avions été invités. dès la veille ; on
au mieux à la françoifes
nous y régala deux Monarques y fules fantés.des
rent célébrées au bruit de toute l'ara
enfuite
tillerie, &ci nous retournâmes
dans notre brigantin, après avoir enMylord Aubry &c fes Officiers
gagé
le
à notre reà venir
jour d'après,
tour de lIfe, manger la foupe avec
nous.
defcendimes à
Le lendemain nous
terrè & nous nous rendimes fur la
favanne,oi nous trouvâmes foixantequatre perfonnes, parmi lefquelles
étoit une feule famille angloife , compofée de neuf, & cinquante- cinq françois. Nous leur notifiâmes la volonté des deux Couronnés, pour qu'ils
évacuaffent cette Hle, , dans l'elpace
de trois mois pour tout délai, & fans
cfpoir d'aucune autre prorogation. -
11 eft aifé de fentir que file nombre :
Aiv --- Page 16 ---
[8]
nôtre, dans,
des Anglois eft excédéle dans les deux.
cette lile, de même que
ne. fe.
autres, la Cour d'Angleterre cette:
feroit jamais aviféc de requérir d'inftance
évacuation avec autant il
avoit long.
qu'elle le fit; mais à y
s'en tefavoit
quoi
tems qu'elle
8 la jaloufie ordinir à cet égard; lui
pour:
naire à cette nation
fuggéra, que les!
fervir de morif à fa demande, occupoient
Caraibes, qui autrefois alors étoient
des Iles, qui
la plupart
les deux nations ,ayant. .
poifedées par dans celles-ci', eiles ne
été relégués être: confidérées que comme
pouvoit
des
neutres : & qu'en conféquence elles ne.
traités faits ahciennement, habitées quel par. ces
devoient être
des François
fauvages, à-l'exclufion Ce n'eft pas. dans le
& des Anglois. fe fouciât beaucoup que.
fond qu'elle habitaffions T'Hile de S. Vincent,
nous
il ne lui étoit pas encore;
fur laquelle dans l'idée de rien préténdré ;
venu,
avoit fortement à coeur
mais elle
elle,
Sainte-Lucie & la Dominique;
auroit bien defiré fe les approprier de s
fi elle, n'avoit. pas trouvé autant de celle
réfiftance de notre.p patt que
ion Ce n'eft pas. dans le
& des Anglois. fe fouciât beaucoup que.
fond qu'elle habitaffions T'Hile de S. Vincent,
nous
il ne lui étoit pas encore;
fur laquelle dans l'idée de rien préténdré ;
venu,
avoit fortement à coeur
mais elle
elle,
Sainte-Lucie & la Dominique;
auroit bien defiré fe les approprier de s
fi elle, n'avoit. pas trouvé autant de celle
réfiftance de notre.p patt que --- Page 17 ---
[9]
des Caraibes: elles étoient à la vérité
àfa convenance; ; la premiere, comme
faifant la clef de la Martinique: & fa
féparation d'avec la Barbade,ohl ileMylord deLondondery à
avoit déjà tenté en
1724 ou 1725 de former un établiffement, eny conftruifant un Fort, d'olil
avoit été chaffé par M. le Marquis-de
Champigny, 2 ainfi qu'on a du le voir
dans ma premiere Partie. La fecdnde
afin de pouvoir nous ôter à fon gré la
communication de la Martinique à la
Guadeloupe & à Maric-Galante, oi
cette nation entreprenante avoit également fait plufieurs tentatives pour
s'en emparer, ce qui nous avoit pareillement obligé de Ten expulfer 5
mais alors elle n'étoit pas fi délicate
fur l'exécution des traités.
Cette notification une fois faite;
nous' emmenâmes avec nous à bord
de notre brigantin les Officiers Anglois, qne nous feftâmes fi bien-, que
plufieurs d'entre eux, en defcendant
dans leur chaloupe. pour s'en retourner, faillirent à tomber à la mer.
- Au moment que nous allions nous
féparer 2 nous fumes abordés par'une
Pirogue Caraibe ; elle contenoit dixAv --- Page 18 ---
[iol demanderent à
fept perfonnes. Aubry. qui Aufitôt qu'ele
parler à Mylord fa
un vieux
ies furent én
préfence; fon air
barbon de 95, ans, qui toute par notre atgrave & affuré, attira lui, & parla
tention, s'avança vers
ainfi.
mylord, le feul An-
>> Vous
dans cette Ile ; ilya
>>
qui
ANEATN
glois
fais ma réfiS loixante ans que avois jy
trente-cinq
5> dence, & fuis j'en arrivé: les huit per-
> quand jy m'entourent font ma
>> fonnes qui eft une Caraibe, mes
>> femme, qui leurs femmes 8 mes trois
> deux fils ,
Un Miniftre Anglican
> petits enfans. ici ily a environ dix ans s
>> qui paffa donna à tous la bénédiftion
>> nous
qui étoit la feule chofe
>> nuptiale,
à notre union, pour
2 qui fanéifier manquoit & la rendre legitime.
5> la adminiftré le Baptème à ma fem9. J'ai
de
j'en aifait au-
>> me avant fils Tépoufer, en ont ufé de même
> tant à mes
qui
& leurs enwenvers leurs compagnes les princiai enfeigné
9> fans, je.leur
lors de mon édu-
> pes. que j'ai ont reçus été fort dociles.à mes
weationsilso & mes defirs auroient
minftrudions >
manquoit & la rendre legitime.
5> la adminiftré le Baptème à ma fem9. J'ai
de
j'en aifait au-
>> me avant fils Tépoufer, en ont ufé de même
> tant à mes
qui
& leurs enwenvers leurs compagnes les princiai enfeigné
9> fans, je.leur
lors de mon édu-
> pes. que j'ai ont reçus été fort dociles.à mes
weationsilso & mes defirs auroient
minftrudions > --- Page 19 ---
[]
été
fit tous les foins que jeme
? fuis remplis donné, avoient :
opérer auffi
"fur le refte pu d'une na-
>> efficacement tion difficile à
mais la
>)
perfuader;
de
31 Providence n'a pas jugéa propos
9) donner fa bénédichionamest travaux;
> elle la réferve, fans. doute, Jw à 4 quel22 qu'autre plus méritant
des moi, Infu- 9
9>
amener à la vraie
elue
pour
d'être Chrétiens.
>) laires bien dignes
22 Tous les Caraibes qui ifont à ma fuite
a
la famille de ma femme
a compolent
hors un
32 & celle. de mes enfans,,
la nation
>> feul, qui eft le.Chef que aleffet de
>> vient d'élire. à Pindant,
99 cette députation,.qui a pour objet
29 de vous fupplier, tant en fon nom
mien, & en celui de mes en32 E de ne point contraindre un:
s7 homme de mon
la veille de
9) terminer fa 'courle, à
féparer de il tient
à la
2) fa famille;
encoreplus
s nation chez laquelle il vit depuis
3) tant d'années, qu'à fa propre patrie; à le
sil ne, pourroit même robliger - née
32 fuivre (n'étant pas, comme hi, dans
>1 fujette du Roi fa, d'Angleterre) vieillefle 8 les in37 des pays,oh.
d'as frminesfempechetont peut-être
Avj --- Page 20 ---
ErT
& ou d'ailleurs il ne pourra
9 border, charge à TEtat, n'ayant
>> être :
ni amis, ni aucunes
nplus
donc meflatter,
>>
touché de nos juftes
ESInie
s Mylord , que 1 vous voudrez bien
s51 reprefentations 2.
nous accorder la grace que
>> nous' demandons; &. nouis fommes
$2 vous
convaincus que la nation
99 d'avance naturellement née géné-
>) Frangoife,
2 &
3 reufe 8t compatifante
de Karny repréfente >> Monfieur
de donner fon, con97 ne refufera pas
5) fentement.
nos prieres aux
Nous joignimes
defiroit.
fiennes, & il obtint ce * * - qu'il dréffa dans
avec tant d'ardeur: On double, en
qui fut
le moment un aête
du Mylord
figné de M. de Karny,
Officiers
Aubry : & des principaux
qui étoient préfens.
énfuite :
ce bon
Nous interrogedmes lui demandâmes par
vieillard, hazard nous il étoit vemu dans cette
quel
étoient les motifs qui l'aHle, quels déterminé à
paffer fa vie;
yoient lui fimes eAte une bonne
& nous
F'encourager à
jatte de punch 1 pour Hiftaire, qu'ilcom
nous raconterfon
m ença ainf.
,
Officiers
Aubry : & des principaux
qui étoient préfens.
énfuite :
ce bon
Nous interrogedmes lui demandâmes par
vieillard, hazard nous il étoit vemu dans cette
quel
étoient les motifs qui l'aHle, quels déterminé à
paffer fa vie;
yoient lui fimes eAte une bonne
& nous
F'encourager à
jatte de punch 1 pour Hiftaire, qu'ilcom
nous raconterfon
m ença ainf. --- Page 21 ---
E:31
HISTOIRE
DE - LORD TONKSON.
JE Baasletrkiaupaiduande Comté d'Oxford , d'un pere qui iavoit toujours été fort attaché: à Charlesi,Roi
d'Angleterre ; fa fidélité, quine fe démentitjamais denvemcrisfonuneprir
ce, luiattira autant d'ennemis que le
Protedeuravoit de partilfans:ille fouenfin il
tint pendantquelque tems,mais
fuccomba & devint une des viétimes
qu'immola à fon reffentiment & à fon
Smsmnatetrthbnsks Cromwel: ma mere ne furvécut que deux
moisaux malheurs de fon mari qu'elle
aimoit beaucoup. Je reftai orphelin
fort jeune, un de mes oncles maternels fe chargea de mon éducation; 8
comme ma fortune ne répondoit
il me deftina au
Re
à ma naiflance,
de
reau. Quand j'eus atteint l'âge
ans, il m'envoya à Cambridge,
:he célebre à caufe de fon Univerhité, --- Page 22 ---
tant pour y achever [14]
ma
3.2 afcaune y faire mon droit. philofophie Au bout
devins ans,je revins à Oxford, &c iy
de mes éperduement coufinés à amoureux d'une
indifférent. Je la demandai qui je n'étois pas
cle, qui me la refufa,
à mon ondit-il, il avoit donné Parce fa que, me
Chevalier Linck ;
parole au
(c'étoit le nom de que Mif Clark
pouvoit fouffrir à caufe ma de coufine) ne
mauvaifes qualités
toutes les
noifoit, Elle joignit qu'elle fes
lui conmiennes pour faire
prieres aux
ment à fon
changer de fentielle ne put pere, rien 2 mais.cef fut en vain,
homme toujours en obtenir, & cet
dans fon refus.
inflexible perfifta
Environ trois mois
tative, & lorfqu'on après cette ten-
-
préparatifsdes
travailloit aux
ba en fortant de noces, table mon oncle tomplexie qui le conduifit dans une apoau
en trois
vombeau, ce qui
jours
lier rupture entre Mifr Clark occafionna & le
une
Linck, Nous
Chevatems du dèuil, & Iniflâmes écouler le
coufine, 2
j'époufai enfuite ma
quijoignoit àla beauté & à
tative, & lorfqu'on après cette ten-
-
préparatifsdes
travailloit aux
ba en fortant de noces, table mon oncle tomplexie qui le conduifit dans une apoau
en trois
vombeau, ce qui
jours
lier rupture entre Mifr Clark occafionna & le
une
Linck, Nous
Chevatems du dèuil, & Iniflâmes écouler le
coufine, 2
j'époufai enfuite ma
quijoignoit àla beauté & à --- Page 23 ---
[rs)
douceur infinie & un
l'efprit, 9 une
très-bon cara@tere.
Six femaines après notre mariage,
nous réfolûmes d'aller paffer un mois
à une maifon de campagne de mon
beaufrere qui nous y avoit invités, A
& qui Eehl à 8 milles d'Oxford.
peine en eûmes-nous fait trois 9 qu'en
paffant le longde la lifiere d'un petit
bois qui fe trouvoit fur notre route.,
nous fûmes attaqués
fix hommes
mafqués; Pun d'eux ma fon piftolet
fur notre pofillon pour T'arrêter :
mais une balle qui ne fit qu'efleurer
l'épaule de cet homme, dont cependant il fut renverfé de frayeur 2 vint
donner dans le front de ma femme,
qui tomba fur moi baignée dans fon
fang. Jugez, Mylord, quelle fut ma
rage & mon, délefpoir 5 je me précipitai en bas de ma voiture, & en
du côté de ces infâmes
m'avançant e leur criai, arrachezraviffeurs barbares, s je
les reftes d'une vie
moi, dont vous venez de me priver de la
meilleure partie, en ôtant le jour à
la plus digne des femmes qui fût au
monde. Un hélas ! fuivi d'un jufte
Ciel! quai-je fait : que prononça un --- Page 24 ---
dec ces
[16]
voix du fedlérats, Chevalier me fit reconno'trela
l'inftant piqua fon cheval Linck, qui dans
avec ceux qui
& weloigna
defir de la vengeance Jaccompagnoiee ent. Le
prête à
retint mon ame
force de sechapper. & me donna la
faire inhumer retourner à Oxford, &
table femme. cette tendre &
d'y
Grand Dieu ! relpecde fuivis-je alors dans le cercueil que ne la
peines, de
? Qie
de remords ne chagrins, me
de crimes &
gnés 2
ferois-je pas éparPendant T'année de mon
Tarrangeai le
mes
veuvage,
peu de bien affaires, je vendis
fallat-il Tabandonner' que Yavois, encore
quieme de moins
pour un cinme procurer de qu'il ne valojt pour
Je fis un voyage à f'argent comptant,
avec un Capitaine Rosedamietrant de
Compagnie dés Indes Navire de la
devoit mettre à la voile Oriemales. qui
zaine, pour me
fous
-
qu'à
donner
quinJe Batavia, 3 lieu de fa paflage jufveille retournai enfuite à
defination.
du jour que j'en Oxford, & la
pour n'y jamais
devois partir
tendre le Chevalier revenir, je fus atLinck, qui étoit
un voyage à f'argent comptant,
avec un Capitaine Rosedamietrant de
Compagnie dés Indes Navire de la
devoit mettre à la voile Oriemales. qui
zaine, pour me
fous
-
qu'à
donner
quinJe Batavia, 3 lieu de fa paflage jufveille retournai enfuite à
defination.
du jour que j'en Oxford, & la
pour n'y jamais
devois partir
tendre le Chevalier revenir, je fus atLinck, qui étoit --- Page 25 ---
à fouper chez un de fes amis, dont il
devoit inceffament époufer la fille.
Je l'abordai comme il en fortoit; &
après lui'avoir fait tous les reproches
méritoit P'atrocité de fon
crime, 9E lui brûlai D la cervelle d'un
de mes piftolets, & fans rentrer chez
moi, je . partis
Roterdam, oût
PRCR furlendemain de
je m'embarquai
fimes voile
mon arrivée, & nous
pour le Cap de bonne Efpérance.
Le huitieme jour de notre navigation, nous fitmes abordés par un
Corfaire Saltin qui, après un combat
des plus opiniâtres & des plus fanglanis, s'empara de notre Batiment &
réduifit en efclavage le refle de notre
équipage, qui ne confiftoit plus qu'en
ces barbaonze hommes. L'éloge que
res firent de mon courage, ne les
empêcha cependant pas de me dépouiller, ainfi que mes autres compagnons d'infortune; il nous conduifirent à Salé 2 ville d'Afrique, au
Royaume de Fez, fife dans les Etats
de "Empereur de Maroc. Je tombai
en partage au Capitaine qui fe- nommoit Soliman ; il me mena à une --- Page 26 ---
maifon de
[18]
deux. milles de campagne la ville, qu'il avoit à
Pendant le
avec lui, il me premier traita mois que je fus
ment & ne m'occupa aflez doucebout que je n'entendois qu'au jardinage
de ce tems, il pas me fit trop bien; ; au
braffer propola de me faire
venir, me,
le
donner
rconeinertint
lois
fa fille Nahanctinten en
& de me
dans lui promettre mariage, de
fi je vouà
toutes fes
exercer fes courfes, Facoumpeaner pour Taider
fes que fje refufois pirateries les offres : il m'ajouta
m'en qu'il faire me faifoit, il avantageuaux
repentir, en Içauroit bien
pénibles. ouvrages L'amourd les plus vils memployant & les
des
de la vie,
plus
tourmens, la délicatefie Phorreur
tempérament, voir
de mon
me
Timpomibilité de
je me eaesietemntd pouenfin, trouvois; ; mon extrême étatoh
de lay vertu, quiprerque toujours
mifere
même la plus futl'écueil
sererminerent à arborer le folide, me -
faire époufer la la fille de mon
turban, àannées guerre aux Chrétiens. patron, & à
de la seconlerent ainfi, & à'la Trois fin
derniere, 2 une fauffe couche
impomibilité de
je me eaesietemntd pouenfin, trouvois; ; mon extrême étatoh
de lay vertu, quiprerque toujours
mifere
même la plus futl'écueil
sererminerent à arborer le folide, me -
faire époufer la la fille de mon
turban, àannées guerre aux Chrétiens. patron, & à
de la seconlerent ainfi, & à'la Trois fin
derniere, 2 une fauffe couche --- Page 27 ---
[19]
m'enleva ma femme à l'âge de dixnenfans ; je la regrettai d'autant plus
fincerement que Jen étois aimé, que
jel'avois difpoléeà fefaire chrétienne,
8 que nous étions convenus qu'après
la mort de fon.pere, ou à la premiere
occafion que nous pourrions trouver 9 nous pafferions en Hollande, & 3
où j'abjurerois le Mahométi(me,
la ferois baptifer; mais la providence
quidirige toutes chofes à fon gré, dérangea nos projets, & je.f fus obligé de
lui donner moi-même ce Sacrement
deux heures avant qu'elle" fermât
pour toujours les yeux à la lumiere.
L'année fuivante, Soliman qui étoit
fort âgé & perclus de rhumatifmes,
de fon
m'ayant un jour fait approcher voici
lit,me dit, mon cher Ali-zerben,
le moment fatal, où l'Ange dela mort -
va me féparer du nombre des vivans,
notre
Prot
pour aller joindre
grand
phete. Si tu veux me jurer fur l'alcoran que tu feras toujours fidele à
la loi des vrais croyans : je mourrai
content, & tu ferasThéritier de tous
mes biens. Je n'héfitai pas à faire tout
ce qu'il exigea de moi, & il rendit
huit jours après les derniers foupirs --- Page 28 ---
entre mes bras. [20] -
pour lui faire des Je n'épargnai rien
bles à fes
obféques
/
payer de tout richeffes, Je me fis convenatravaillai à faire ce qui lui étoit enfuite di,
la ville & à embellir réparer fa maifon de je
Pagne fachetai de fort celle de la camves; dont je
belles efclaun mot, je me peuplai mon férail; en
mes démarches, conduifis de façon
l'ombre d'un
bien loin de donner que
garder comme foupgon, un des me firent re.
fulmans du pays. Huit plus zélés Mumort de mon
mois après la
Port un Vaiffeau Patron, il entra dans le
chargé de traiter de Hollandois la
qui étoit
fieurs elclaves de fa rançon de plijavois deux en ma nation, dont
fieurs qui me donna occafion poffeffion, ce
d'avoir
-
entrevues, à ce
plua
doné Capitaine de ce navire fujet, avec le
d'une probité.à 2 qui étoit
tout. Je conçus
Tépreuve de
eftime,
pour lui une
de lui queje ne fis aucune difficulté telle
tures, faire.part & du deffein de toutes mes avanlongtems de repaffer ohj'étois
s'offrit de
en Hollande depuis il
palage, & lui-meme à me procurer ce
nous.conriones enfem-
entrevues, à ce
plua
doné Capitaine de ce navire fujet, avec le
d'une probité.à 2 qui étoit
tout. Je conçus
Tépreuve de
eftime,
pour lui une
de lui queje ne fis aucune difficulté telle
tures, faire.part & du deffein de toutes mes avanlongtems de repaffer ohj'étois
s'offrit de
en Hollande depuis il
palage, & lui-meme à me procurer ce
nous.conriones enfem- --- Page 29 ---
[zr]
ble que pour empêcher que l'on ne à
s'en apperçht, le jour qu'il mettroit
la voile,i je medéguiferois en efclave,
je prendrois la place d'un des
9.c. Hollandois que l'on favoit que
je devois lui remettre ; qu'il viendroit
nous chercher ," & qu'afin
celui
que je laifferois à ma place 3es fouffrit point, il alloit de ce pas payer
au Conful de la Nation le prix de fa
rançon, fuivant la déclaration que
nous en avions faite, afin qu'après
notre départ, ce Conful pût le délivrer - & le faire repaffer en Hollande
par la premiere occafion. Cet arrangement une fois pris, je ramaffai ce
que j'avois en pierreries, or, & argent qui pouvoit bien monter à quatre cens mille livres de notre monnoie; je les diftribuai en différentes
petites caffettes, dont le Capitaine
Wirdeft en emportoit toujours quelques-unes chaque fois qu'il ,
retournoit
à fon bord. La veille de mon départ,
je fis tous les préparatifs d'un grand
feftin, que je feignis vouloir donner
le furlendemain à ma maifon de Cam:
pagne,ly, invitai les principaux de
la ville, 8 j'eus attention., avant --- Page 30 ---
de me coucher, [2x]
de mes deux
de prévenir, celui
refter à ma
elclaves qui devoit
& de ce que place, j'avois de ma
je lui
fait
sefolutions
fis préfent de
à fon égard;
afin
fe
vingt
roit 1a être procuràt ce qui guinées,
matin;
néceffaire. Le
pourclavesà fenvoyai le refte de lendemain
donnaia ma maifon de
mes efle Conful mon Hollandois campagne. J'ornotre
& d'y refter
d'aller chez
fai
vaifleau fût parti, jufgu'a ce
enfuite de
je me
façon à
Rett
noiffable, & fattendis être méconde voyage avec mon
à
l'artivée du
Erat
Wirdeft,
venir nous
qui ne tarda pas
qui nous reftoit prendre à
avec tout ce
parvinmes fans aucun emporter, , & nous
qu'à bord de notre
obftacle, > jul
pareillimes à
Navire; nous
le cap fur Roterdam, iintiant, & portâmes apvâmes fans aucun
Oi nous arriNoëlde l'année accident le jour de
Mon premier 1669. foin
Ver un Miniftre
fut d'aller trou.
qui me ft faire
abjuration, une aumône > & qui me condamna mon
dont il fit
de trente mille
en
lui-méme en ma livres,
préfence
de notre
obftacle, > jul
pareillimes à
Navire; nous
le cap fur Roterdam, iintiant, & portâmes apvâmes fans aucun
Oi nous arriNoëlde l'année accident le jour de
Mon premier 1669. foin
Ver un Miniftre
fut d'aller trou.
qui me ft faire
abjuration, une aumône > & qui me condamna mon
dont il fit
de trente mille
en
lui-méme en ma livres,
préfence --- Page 31 ---
[23]
la difribution à plufieurs familles qui
étoient dans le befoin.
Je partis quelques jours après pour
Amfterdam, oùt je trouvai chez les
Juifs une occafion favorable de me défaire avantageufement de mes pierreries. Pendant mon féjour dans cette
ville,j'y fis la connoiffance d'un Capitaine Anglois,dont leNavire étoit dans
le Portde Roterdam, d'oit ildevoitinceffament faire voile pour la Barbade.
Le defir que j'avois d'augmenter ma
fortune & de fatisfaire un goût décidé
pour les voyages, fans confidérer les
nouveaux rifques, auxquels m'expofoit-une ambition d'autant plus, condamnable, que j'avois affez de bien
pour vivre honorablemient, me fit
naître l'envie d'accompagner ce Capitaine; je- lui en fis la propofition - 9
ill l'accepta avec joie, nous nous ars
rangeâmes enfemble, & nous retournâmes huit jours après à Roterdam,
d'oii au bout de cing femaines, nous
appareillâmes & portâmes le cap fur
la Barbade. Je ne tardai pas à me repentir de ma téméraire- entreprife,
car le feizieme jour de notre navigation, nous apperçûmes un vaifleau --- Page 32 ---
qui faifoit force [241
ne nous fût
de voiles fur
vre, de le pas dificile, à fa nous, il
ban; il reconnoitte
manceu.
étoit
pour un Fornous, 9 nous ne meilleur voilier que
étions bien
pouvions le fuir, nous
quions pas de armés, & nous ne manfolimes de nous courage, ainfi nous ré.
êre canonné défendre. Après nous
heures; ce Forban, pendant plus de deux
çois, tenta
qui étoit Frantions occupés Tabordagen qu'à
& nous n'é.
tout-à. coup nous
Téviter,
méc épaifle qui fortoit apperçtimes une quand fitilles, la flamme
par les
fiuccéder, &
ne tarda
écoutout l'avant en moins de fix pas à lui
feu, nous de notre
mintiers
nous
batiment fut en
jettâmes fur
Acnenvinseanis plus
pour
nous
d'autre fartiere,
nous
que celle de nous reflourcé
Farriere
rendre,
ne permit avec.une viteffe
pas à
-
cher, crainte de l'ennemi incroyable, de
qui me fit prendre périr avec nous s'appro:
ter à la
le
: ce
a
mer, & de partide me
Forban ; il s'en
nager du côté jet- du
fa chaloupe
appercut, il
me conduifit pour à fon me prendre, envoya & elle
bord, Il n'y avoit
pas
nous
que celle de nous reflourcé
Farriere
rendre,
ne permit avec.une viteffe
pas à
-
cher, crainte de l'ennemi incroyable, de
qui me fit prendre périr avec nous s'appro:
ter à la
le
: ce
a
mer, & de partide me
Forban ; il s'en
nager du côté jet- du
fa chaloupe
appercut, il
me conduifit pour à fon me prendre, envoya & elle
bord, Il n'y avoit
pas --- Page 33 ---
[25]
cinq minutes que j'y étois quandE feu prit à la foute aux poudres,&
fit fauter notre vaiffeau avec un fracas horrible ; & dé cinquante fept
perfonnes
nous étions dedans 2
en partant dei Roterdam, jet fus le feul
qui fe fauva. Comme l'avois prefque
entierement perduconnoifance quand
j'arrivai à bord du-Forban, on me
mit dans. un, hamack, aprés m'avoir
fait changer de tout; on me fit avaler lin verre d'cau de vie qui me remit
un peu, deux heures après on me faigna, & le lendemain matin mon bon
fens me revint : mais hélas ! il ne
fervit qu'à me faire déplorer d'ayantage mon fort. Le Capitaine de CCS
bandits me demanda fije voulois être
des leurs, ou fij'aimois mieux que
l'on me dégradât dans la premiere
Ifle qu'on rencontreroit ; j'optai en
faveur de cette derniere propofition.
Pendant que je reftai avec eux, ils
me traiterent avec affez-d'humaniré 2
& le vingt-unieme jour ils relâcherent dans cette Ifle pour y faire de
l'eau dont ils- commençoient à manquer, & ils m'y mirent à terre le 17
Avril 1670. Après cependant m'ayoir
Part. 1II,
B --- Page 34 ---
[26]
donné deux chemifes de toile
un calçon de toile grife,
bleue, ,
de bas de
une paire
bouteille Scaute de quatre piaftres, une
& un morceau de vie, trois bifcuits
marfouin
tout enéchange de ce
féché, le
pris qui contiftoit en qu'ilsm'avoient mon
qui étoit affez
vêtement
ma montre & un propre, diamant 30 guinées,
cent piftoles que
d'environ
j'avois au
J'avançai un peu avant dans doigt. les
avec mes provifions qui
terres
pas fort
n'étoient
pas longtems embarraflantes, fans
& je ne fus
découvrir quelques
cabanncs, j'entrai dans la
où je trouvai deux hommes premiere, &
femmes affis fur des
: quatre
fis entendre le mieux nattes, je leur
malheur qui venoit de que je pus le
befoin
m'arrivér, le
j'avois de
portant des
à nourriture, en
remuant les doigts ma bouche & en
mâchoires ;ils
compatir à mon infortune en Parurent
les mains fur leurs
élevant
cendant enfirite & têtes, les' en les defleur poitrine. ils
joignant fur
r's & du cabrit, m'apporterent du
deux
,& me firent boire
coups de maby s boiffon faite
ayec des pate'es, des oranges & du
le
j'avois de
portant des
à nourriture, en
remuant les doigts ma bouche & en
mâchoires ;ils
compatir à mon infortune en Parurent
les mains fur leurs
élevant
cendant enfirite & têtes, les' en les defleur poitrine. ils
joignant fur
r's & du cabrit, m'apporterent du
deux
,& me firent boire
coups de maby s boiffon faite
ayec des pate'es, des oranges & du --- Page 35 ---
[271
frop de cannes, que l'on fait fermentér dans de l'eau pendant deux jours' ,
elle a la couleur du vin clairet, elle
eft fort agréable à boire, elle enyvre
aifément, &t quand on en prend
la
Je voulus
tmoft
elle donne
colique.
les régaler de mon eau-de-vie > que
j'eus bien de la peine à leur faire accepter ; ils me donnerent un hamack
de toile de coton, qu'ils me placerent
dans un petit retranchement de leur
cabanne, J'eus le lendemain & les.
jours fuivans la vifite de tous les Caraibcs de PIle, qui à l'envi les uns
des autres, me témoignérent. fenfibilité par
leurs démonftrations 2 leur
& la joie qu'ils avoient de me
Je leur fis connoitre un jour
FRa
der, vie
j'avois de les accompagner à
la chaffe; que ils me donnerent un arc 8
des fleches ; mais s'étant apperçus de
ma maladrefle à me fervir de: cette
arme, jufqu'alors inconnue pour moi,
Tun deux m'apporta le lendemain un
vieux fufil rouillé: jele raccommodai
& le nettoyai; mais comme jc n'avois
ni poudre ni plomb ajeleur donnai une
de mes piaftres, je leur fis compren25
dre Tulage que je voulois qu'ils en
B 11 --- Page 36 ---
[28]
fiffent, & ils
de ma
s'acquitterent au mieux
d'après. commilfion, en allant le
avec leur
jour
cher au Fort-Royal. Pirogie en cherm'étois occupé à chafler Un jour que je
née, je remarquai qu'il toute lajourcette Ile une quantité 3 avoir dans
cultes, Je témoignai à
terres inj'étois, que je ferois ceux bien avec
avoir pour m'amufer,
aife R
rent des graines
Ils me fourniavec lefquelles
femençai une grande piece de j'enune de mays, une de
tabac,
de miller, qui toutes riz-& une autre
abondante récolte. produifirent une
a
m'accouramai avec Infenfiblement je'
rent avec moi; la eux, beauté &ils fe
tilité du
& la RUC
meurtres climat, ni
où fans or ni argent,
rapines, on peut fe procureratfimenr'iont faire, la
ce qui eft nécefla
façon de vivre des
douceur de leurs
habitans 9
mceurs, 9
a
regne entre eux, cette l'égalité
E le plus riche des
liberté enfi
préfens de la
a
nature, chéri de ceux
yent bien connoitre
qui en farent pour moi des charmes tout le prix, eyque je. formai dans l'inftant fi la puidans
1éfolution de ne jamais quitter ferme
d'auffi
qui eft nécefla
façon de vivre des
douceur de leurs
habitans 9
mceurs, 9
a
regne entre eux, cette l'égalité
E le plus riche des
liberté enfi
préfens de la
a
nature, chéri de ceux
yent bien connoitre
qui en farent pour moi des charmes tout le prix, eyque je. formai dans l'inftant fi la puidans
1éfolution de ne jamais quitter ferme
d'auffi --- Page 37 ---
[291
géacreux hôtes qui, quoiqu'on en
dife, font moins fauvages, plus humains & plus droits
ces prétendus hommés polis atrie font répandus
dans le refte du monde connu.
- En moins de dix-huit mois,je parvins à apprendre leur langue ? & à
avoir avec eux des converlations fuivies qui me mirent à portée de développer touite la beauté de letr âme:
énfin au bout de dix années de follicitations, je me fuis déterminé à
prendre une femme parmi eux. J'en
ai cu des enfans
s'y font pareillement établis, & # demande rous les
jours à Dieu la grace de ne jamais
permettre qu'aucuns de mes defcendans fortent de cet heureux pays pour
aller vivre dans d'autres occupés
par des hommes policés, de crainte
qu'ils ne s'y corrompent par l'exemple, & ne deviennent en les imitant,
mille fois plus féroces que les tigres
& les lions qui rempliffent les dés
ferts affreux & brûlans de l'Afrique,
Fin de PHifoire de Lord Tonkfon.
Quand notre vieillard, tont CHBij --- Page 38 ---
thoufiafmé
[30]
de fon bonheur
naire, eut fini fa
imagifeu qui maniéeftoit narration avec un
tion qui ne nous bien fa prévenréitéra fes
perfuada Pas, il
de nous, & remercimens, s'en alla
prit congé
avec fa famille.
fort content
Nous réfoltimes de
lendemain à
paffer encore le
courir cette SaneVincent, Ifle
& de
le plaifir de la
en nous procurant parfimes pas heureux, chaffe; mais nous ne
les dix heures du car il furvint vers
terrible, que nous matin un orage fi
gré d'avoir différé d'un nous fçûmes bon
part. Nous fimes mouillés jour notre dé.
Os, & nous ne
julqu'aux
peine à gagner nos parvinmes pas fans
nous condufirent à bord chaloupes, de
timens; nous
nos E
depuis les pieds changeâmes de tout,
allâmes enfuite à jufqu'a la
la tête, nous
paflâmesle refte de la parache, où nous
& nous ne
journée à
=
foir
nous féparâmes table, le
tin. pour retourner à notre que
Brigan.
Je n'ajouterai rien
tion quej'ai, déjà donnée icia la defcripdans ma Premiere
de cette Ile
Partic, finon
aloupes, de
timens; nous
nos E
depuis les pieds changeâmes de tout,
allâmes enfuite à jufqu'a la
la tête, nous
paflâmesle refte de la parache, où nous
& nous ne
journée à
=
foir
nous féparâmes table, le
tin. pour retourner à notre que
Brigan.
Je n'ajouterai rien
tion quej'ai, déjà donnée icia la defcripdans ma Premiere
de cette Ile
Partic, finon --- Page 39 ---
[31]
qu'elle eft la plus fertile de toutes
celles que les Caraibes occupent dans
les Antilles, la' plus commode
&
faire de
;
rEmet
l'ancrage
pour y
s'y trouvant plufieurs rivieres & torrens 3 qui ne contribuent pas peu à
cette fertilité. Elle produit une grande
quantité de très-beaux bois, propres à
la conftruction des vaiffeaux, à la
charpente, à la menuiferie & à plufieurs autres ouvrages.
Le jour d'après nous apparcillâmes
& fimes voile pour Sainte-Lucie, où
nous mouillâmes le 19 Mai 1730.
Comme il étoit tard, nous attertdimes au lendemain pour envoyer
nos trompettes à terre, afin d'ayertir les François & les Anglois qui fe
trouveroient dans cette lile, de s'affembler le jour fuivant à midi fur la
favanne, & qu'à cette heure on iroit
leur notifier les ordres des Rois de
France & d'Angleterre.
Nous fimes, M. de Prépont & moi,
fouper & coucher chez le pere Athanafe, qui fut bien charmé de nous
voir, & qui nous régala. du mieux
qu'il put avec de la tortué & de
fort-bon poiffon qu'il avoit fait pêBiv --- Page 40 ---
cher ce jour-là. [32] lla
des compagnon dont il avoit ne
avec lui un
étoit plus contents, Il nous nous parut dit pas
trop jeune, trop
quil
propre d'ailleurs à le borné, & peu
exercer, dans cette Ifle, remplacer
apofloliques
2 le
en
qu'ainfi il
Aetedeet
écrire à fes
étoit décidé à
lui en
fupérieurs , pour qu'ils
Le envoyaffent un autre.
faire lendemainy une viliteacel M. de Karny vint
igurle motif de notre Pere qui, quand il
fit connoitre la
voyage, nous
tre compris dans crainte qu'il avoit d'é.
devions faire publier l'ordre que nous
raffurames & nous lui 1 mais nous le
qu'il en étoit
fimes entendre
Major dina avec excepté de droit. Ce -
tourna.le foir à bord, nous, & s'en reLe jour
la publication. d'après s. nous fimes
cette Ifle
Il ne fe trouva faire
que neuf
dans
Anglois & deux
Frangoiss
niers n'étant
Allemands. Ces quatre der.
des deux Rois, pas nés fujers d'auictins
étant
ils &THe oir ils étoient
-
tés. neutre,
furent auffi
Nous allâmes
excep.
der notre
enfiite diner à bord
Brigantin, oùt M, de Karny
. d'après s. nous fimes
cette Ifle
Il ne fe trouva faire
que neuf
dans
Anglois & deux
Frangoiss
niers n'étant
Allemands. Ces quatre der.
des deux Rois, pas nés fujers d'auictins
étant
ils &THe oir ils étoient
-
tés. neutre,
furent auffi
Nous allâmes
excep.
der notre
enfiite diner à bord
Brigantin, oùt M, de Karny --- Page 41 ---
avoit invité le Mylord Aubry & tous
les Officiers : de la patache, nous
emmenâmes avec nousles deuxPeres
Capucins qui, quoique Moines,furent
très-bien accueillis des Anglois S, qui
les sengagerentfortemuents à venir diner
avec nous le lendemain àbord de leur
patache.
Nous retournâmes, M. de Prépont
8 moi; fouper & coucher chez le
Pere Athanafc, & le lendemain nous
allâmes à bord du vaifleau anglois 2
oùt nous fàmes très-fêtés. Je m'apperçus pendant le repasquel'on avoit envie defe divertir aux dépens du jeune
Francifcain, en le faifant boire;
le fis remarquer ati Pere Athanafe
a
étoit placé entre lui 8c moi, afin qu'it
y prit garde, & il étoit tems, car ce
jeune Moine commençoit déjà à bal
butier, mais heureufement que.cela
ne fut pas plus loin; ; nous lui fimes
prendre après le repas deux tafles de
caffé, & le Pere Athanafe (e priva
de boire du punch pour linterdire à
fon compagnon. Nous les accompagnâmés à terre M. de Prépont &
moi, nous foupâmes & couchâmes
chez. eux. Le lendemain matin, nous
Bv --- Page 42 ---
leur fimes nos [34)
fentâmes notre adieux, nous leur pré:
fuferent point, ofrande, &
qu'ils ne reà bord de notre nous retournâmes
brigantin, 2 où Mef-
&
deunlcrAnplon
ne nous quitterent vinrent encore diner,
J'ajouterai à ce
fur le foir.
cette ifle, qu'elle que déjà dit de
zieme degré
eft fous le treinord de la ligne cinquante minutes au
trouve de belles équinoxiale, s qu'ils'y
très-fertiles & Scagréables vallées,
arbres fort beaux couvertes de grands
confiruéion des
& propres à la
pente & àla vaiffeaux, àla char.
arrofée de plufieurs menuiferie ; qu'elle eft
vieres olle poiffon eft fontaines & ril'air y eft fort fain, & excellent ; que
ment des ferpens & des qu'indépendaj'ai parlé dans ma
caimans dont
il y a aufi des
premiere Partie,
morfutres font fort fcorpions dont les
& des têtés de chien dificiles à guérir 2
minique,
comme à la Doa
de mon premier queje n'avois pas vueslors
Ile.
voyage dans cette
lord Quoigue M. de Karny & le
Aubry fuffent
My:
eux en fe quittant, convenus entre
que l'on feroit
épendaj'ai parlé dans ma
caimans dont
il y a aufi des
premiere Partie,
morfutres font fort fcorpions dont les
& des têtés de chien dificiles à guérir 2
minique,
comme à la Doa
de mon premier queje n'avois pas vueslors
Ile.
voyage dans cette
lord Quoigue M. de Karny & le
Aubry fuffent
My:
eux en fe quittant, convenus entre
que l'on feroit --- Page 43 ---
1351.
voile le lendemain pour la Domini- bord à
ce dernier vint à notre
heures du matin, pour nous enoù nous
Rreh
attendu le voifinage
gager, étions de la Barbade,
aller paffer
jours avec Nr que nous
quelques irions enfuite à la Dominique 5
y avoir fini notre
SLSE
près
a pour nous
nous nous (éparerions
rendre chacun à notre deftination. d'acNous ne pimes nous empêcher & le
quiefcer à cette propolition , à fix
26 Mai, nous appareillames
heures du matin, & nous mouillâmes
le même jour dans le Port de Pont, dont
ville Capitale de cette Ifle,
la baye, ou Vancrage eft très-bon, d'une
une lieue de large,
a environ
a fur la pointe de
pointe à l'autre:
trente-tix pieces
une batterie
f'eft
défend T'entréc; fur
de canons qui en
eft moins avancelle de Toueft, qui eft couverte de
cée en mér, &
une autre de
rochers à fleur
Ju
bat.la rade ; & en oudix pieces qui entre la pointe & la
tre une de forme fix, le Port. Le nom de
jettée qui l'ona donné à cette CapiPont
tale, Sary vient d'un pont 3 lonya --- Page 44 ---
[361
S. bâti, car autrefois nous la
Michel, les
nommions
les Hollandois Flamands S. Michael,
Anglois
Brugpefladt, & les
Elle eft Bridgetown fituée
ou
lifle, dans-la. dans le Indian-Bridge fond de CarTlle, près de partie la
méridionale de
Carlifte, qui eft baye auffi dite de
affirrée pour les large, profonde 9
vafte pour en vailleaux, & affez
ville eft très-mal contenir 600. Cette
fa fination, qui eft faine, à caufe de
bancs de la mer
plus baffe
marées du
9 ce qui fait que queles les
an marais printems dont les forment autour.
nent fouvent lieu à des exhalaifons dondemiques, furtout à la maladies épiSiam, plus fréquente
maladie de
que.dans aucune
dans cette Iile
Cette ville eft très-bien autre des Antilles,
y entretient-une
fortifiée, on
elle eft belle,
nombrenfe garnifon,
Ies rues font grande & bien peuplée;
& bien
larges, droites,
bien bâties poreées, les maifons propres
font
dans le goûr
fort
meublées
angloiss elles
tribuées au mieux, magnioigueatent & dif
pulence; ; les fenètres tout y relpire l'o.
mais on
y font vitrées,
cil-obligé de lesrenouveller
ient-une
fortifiée, on
elle eft belle,
nombrenfe garnifon,
Ies rues font grande & bien peuplée;
& bien
larges, droites,
bien bâties poreées, les maifons propres
font
dans le goûr
fort
meublées
angloiss elles
tribuées au mieux, magnioigueatent & dif
pulence; ; les fenètres tout y relpire l'o.
mais on
y font vitrées,
cil-obligé de lesrenouveller --- Page 45 ---
fouvent, à caufe des ouragans; la
maifon de ville eft belle & bien ornée; les boutiques & les magafins
des Marchands font remplis de tout
ce que l'on peut defirer, ily a furtout beaucoup d'Orfévres, de Jouail- -
liers & d'Horlogers, qui tous font
fort aifés. Le commerce y eft trèsconfidérable, les habitans font riches,
généreux & fort affables envers les
étrangers. Ceft dans cette ville
ainfi que
Res
le Gouverneur général,
principaux Officiers A & Magiftrats
font leur réfidence. Les hommes Hont -
grands, bienfaits & forts blancs, les
femmes font belles, fécondes & d'un
commerce agréable ; il faut que la
population y foit en grande recommandation, puifque l'on ne peut faire
un pas fans rencontrer une fourmilliere d'enfans.
Nous féjournâmes dans cette ville
jufqu'au deux Juin 2 nous y paffames
les trois quarts de notre tems à table
& au jett. C'eft dans cette ville oit 3
pour la premierc fois,j'ai commencé
à effuyer des revers de fortune ; j'en
avois été, jufqu'à ce moment, traité
en enfant gâté, mais elle me l'a fait --- Page 46 ---
payer bien cher [38]
depuis.Je
guinées, 2 qui ne
perdis 80
pendant pasde faire m'empécherent cecinq bouteilles
emplette a de
& d'autant
d'eau des
vingtL'lle
de fine
Barbades, 3
de la
orange.
P'eft de Sainte Lucie, Barbade eft fituée a
treize degrés
à la hauteur de
nales & 40 minutes vingt minutes méridiofa elle a dix lieues de feptentrionaless ;
plus grande
long fur fix dans
donne trenteideux ugpEr & On lui en
tre-peuplée, &
circuit : Elle eft
moins dix-huit à pourroit fournit au
battans. Elle eft
vingt mille comation, en état de d'ailleurs, fe
par fa ftuquiconque voudroit défendre. contre
eaux y font fort rares Fataqucr, les
cependant plufieurs ; on y trouve
petit lac qui
ruiffeaux un
i'lfle 9. quelques parcourt une partie de
tite riviere quel'on fources, & une pequi eft remarquable nomme la Tuigh,
d'huile
par une
& qui
furnage fur fa
elpece
à
n'eft pas à braler; mais fuperficie tout cela 2
pour fournir beaucomp de leau près
aux
futHant,
qui font obligés d'avoir habitans,
citernes & aux puits,
recours aux
Les.bettians y
ruiffeaux un
i'lfle 9. quelques parcourt une partie de
tite riviere quel'on fources, & une pequi eft remarquable nomme la Tuigh,
d'huile
par une
& qui
furnage fur fa
elpece
à
n'eft pas à braler; mais fuperficie tout cela 2
pour fournir beaucomp de leau près
aux
futHant,
qui font obligés d'avoir habitans,
citernes & aux puits,
recours aux
Les.bettians y --- Page 47 ---
[391
font en quelque forte plus heureux
que les hommes, en ce que le pays,
quieft en plufieurs endroits - plein de
mornes & de falaifes, eft dans d'autres, bas, uni & rempli de marais &
étangs qui fervent à abreuver ces
animaux. Le terrain eftfertile & produit des cannes de fucre, du coton,
de l'indigo, de-la caffe, du rocou,
du maniock, de la laine, du gingembre, des oranges, des citrons 2
dés limons, des tamarains, des dattes, des grenades, des raifins, des
des cocos, des bannapapayers, nes, des momins, 2
des prunes de monbains, 2 des pommes d'acajoux X, des
yacos, des bonacocs, des guaveos, s
des poires, des pommes; des melons
d'eau & de terre, des ananas ou
pommes de pin, improprement nommées ainfi; & du tabac, mais en trèspetite quantité.
Indépendament des arbres fruitiers;
cette ile eft remplie d'une quantité
prodigieufe de toutes fortes de beaux
bois, propres à la conftruation - des
vaiffeaux, à la charpente - à la menuiferie, parmi lefquels il y en a engr'autres de très-utiles à la fanté, Tels --- Page 48 ---
font ceux
140]
le maflic, quelon nomme le
la fiula, levoodaod le
ou bois locufife;
la palene, le
rouge,
lignum
mrehidysiemstedi
grotric; dont lécorce vita &cle mancordes.
fert à faire des
Al
miers, fexception des
qui font grives à
& autres tourterelles, petits
taPeu près comme nos oifeaux
ge-gorgessil mais
y a
rouen revanche trés-peu le
de gibier,
coquillages y font, excellens poiffon & les
abondance,
& en
guereaux, la particnlierement feule des
les males, Ien aye mangé, les
Antilles oir
les cavalles, les mulets, les vieilles torines vertes, les chinugiens, les
bes cancresy les écrevilfes, peroquers de mer, 7
bums. rouges & blanches, & les les craIlfe .
tergrande trouve dans cettemer unea S aflez
quantité de
n'y a point dans l'lle requins; de
mais il
gereux; on y voir
reptiles danvres qui ont près de bien des couleulong, qui n'eclrayent deux aulnes de
longueur &
que Par leur
aufi quelquies grofeurs il s'y trouve
des rais qui ne icorpions, font
gros comme
auçun mal, &
7
bums. rouges & blanches, & les les craIlfe .
tergrande trouve dans cettemer unea S aflez
quantité de
n'y a point dans l'lle requins; de
mais il
gereux; on y voir
reptiles danvres qui ont près de bien des couleulong, qui n'eclrayent deux aulnes de
longueur &
que Par leur
aufi quelquies grofeurs il s'y trouve
des rais qui ne icorpions, font
gros comme
auçun mal, & --- Page 49 ---
[41)
beaucoup de léfards que l'on rencontre fouvent dans les maifons par l'amitié, dit-on, qu'ils ont pour les
hommes. Quant aux mouftiques, aux
chiques & aux maringouins, je n'ai
point vu d'Ifle oùt en fut auffi incommodé que dans celle-ci. On
une
de mouche
dode
voitaufli
efpece
les ailes, pendant la nuit, jettent en
volant tine grande clarté. Les naturels
de cette Hile, qui autrefois habitoient
des caves fort profondes, dont il en
refte beatcoup, fe les attachoient
aux bras, &cs'en fervoient comme
de chandelles.
Cette Hle eft divifée en douze quartiers, dans lefquels ily a feize temples.
Les Anglois poffedent encore une
autre Ile du même nom 2 qui fait auffi
une des Antilles de l'Amérique feptentrionale, que pluficurs voyageurs
ont mal-à-propos confondue avec
celle dont je viens de faire mention
ci-deffus. Celle-ci eft à dix-fept degrés
trente minutes de latitude ; elle a environ feize milles de longueur, elle
eft fituée au nord-eft de Monferrat,
&aunord nord eftd'Antigoa. Ilsyont --- Page 50 ---
une Colonie où [4]
180c ames, le on compte près de -
pays eft tres-fertile,
Elle
que I le
EpLTRLene
raibes appartenoit autrefois à des poiffon,
qui, après
Caavec les
piufieurs combats
Anglois, ont été
déguerpir, de forte
obligés d'en
tems, ces derniers que depuis ce
ment refiés les
en font abfolitLe 2 Juin
maitres.
cher à bord de 1730, nos nous fimes cou.
à huit heures,
batimens. & le
portâmes le
nous appareillames & 3
nous mouillâmes capfurla le Doninigues oir
heure, & nous etmes 5 de fort bonne
même jours
le tems, dès le
tes à terre d'envoyer nos
çois & aux pour ordonner aux trompet- Franroient de s'affembler Anglois quis'y trouvemidi (ur la
le lendemain à
fier les ordres fayanne, des Rois pour leur notid'Angleterre dont
de France &
teurs; ; mais lorfque nous étions
dimes à cet effet, nons il nous y ren- por.
qu'un feul
ne s'y trouva
cordâmes le François, à qui nous acgantin jufqu'au pafage Fort- dans notre briCette Mle eft au fud-ett Royal.
tinique, au nord-oueft
de la Mardes Saintes &
emidi (ur la
le lendemain à
fier les ordres fayanne, des Rois pour leur notid'Angleterre dont
de France &
teurs; ; mais lorfque nous étions
dimes à cet effet, nons il nous y ren- por.
qu'un feul
ne s'y trouva
cordâmes le François, à qui nous acgantin jufqu'au pafage Fort- dans notre briCette Mle eft au fud-ett Royal.
tinique, au nord-oueft
de la Mardes Saintes & --- Page 51 ---
[431
de la Guadeloupe, & au nord-eft de
Marie- Galante. Elle renferme, diton, dans fon fein une mine d'or que
les Caraibes défavouent, de crainte
d'attirer chez eux les Européens. Les'
Anglois ont fait tous leurs efforts pour
tormer des établiffemént : ils- en
y avoient même déjà commencé quelques-uns, mais nous ne leur avons
pas donné le tems de s'y fortifier.
L'ancragey eft fort bon, mais il n'y
a aucun' Port ni cul-de-fac pour s'y
retirer. Il ne s'y trouve que des rades
foraines & quelques pointes, derriere
lefquelles on peut fe mettre à couvert des mauvais vents.
Nous allâmes diner ce même jour
à bord de la patache angloife, nous
paffames toute la journée, & fur
nous nous retirâmes à notre
% foir, 2
être fait des
brigantin, après nous
adieux mutuels.
Les Caraibes en général, ont'unefinguliere idée'de la création ; ils prétendent que Dieu qu'ils nomment
Louguo étoit Caraibe; & qu'il fût le
premier homme. Ils difent qu'il ne
provient de perfonne : &c qu'après
avoir fait la terre molle & unic : 2 il --- Page 52 ---
y defcendit du (447 ciel
tout tems;
qui avoit été de
un grand nombre qu'ily vécut feul
s'étant
de lunes, mais pendanr
créatures ennaycalrerour de
que
qu'acer eferil pour lui tenir fefairedes
fon nombril fit fortir les compagnic hommes 5
fuite il fe fit qu'il avoir fort
de
une
gauiche, d'oi il tira incifion grosyqu'en- ala cuiffe
près cela il ramaffa les femmes: qu'a.
formerent racines qu'il jetta à la des râchures de
les
mer, dont fe
retourna des
au ciel, poiffons, où il créa & qu'il s'en
animaux
le refte
après que Louguo terrefires :
ces chofes, il fur eût Srere longtems toutes
chanceté des
Rindignede la mé
punir 3 il fit tomber Caraibes, que Pour les
femaines de fi
pendant
les noya
abondantes plufieurs
tous, à
eaux, gu'il
ques.uns qui fe fauverent Fexception de quelfommer pirogues, qui furent portées dans leurs
qui éroit.la d'une montagne fort fur le
y refterent feule qui fûr alors; élevée,
des eaux
julgu'apres
qu'ils
royerent qui; en fe retirant, Féeoulement
elles,
beaucoup de terres charlefquelles en fe dépolant, avec
for-
ya
abondantes plufieurs
tous, à
eaux, gu'il
ques.uns qui fe fauverent Fexception de quelfommer pirogues, qui furent portées dans leurs
qui éroit.la d'une montagne fort fur le
y refterent feule qui fûr alors; élevée,
des eaux
julgu'apres
qu'ils
royerent qui; en fe retirant, Féeoulement
elles,
beaucoup de terres charlefquelles en fe dépolant, avec
for- --- Page 53 ---
[45]
merent quantité d'autres montagnes
qui ont féparé leurs Hiles de la terre
ferme.
Ils font perfadés qu'il y. a des rivieres au Ciel-qui produilirent ces
eaux ; que celle de la mer provient de
la fueur & del'urine des Anges qu'ils
nomment Chéméens ; que ceft ce qui
la rend fallée; que l'eau douce fe dérobe de la mer
deflous terre, & e
cette aimailon Tadoucit, la puSrc & lui ôte tout ce qu'elle a d'àcre. Quoique les Caraibes ayent une
grande vénération pour la lune, c'eft
à tort que quelques voyageurs avancent qu'ils la regardent comme une
divinité.1 Il eft vrai qu'à chaque nou:
velle lune, ils fortent tous de leurs
cazes pour la confidérer, & que par
leurs danfes & leurs cris ils témois
gnent beaucoup de joie; mais le foleil
qu'ils regardent comme le Trône de
Dieu, en face duquel ils adreffent
leurs prieres & leur conflernation
quand ils le voyent obombré, les feroient plutôt paffer pour Mages que
pour des adorateurs de cette planette,
Je ne m'étendrai pas dayantage içi --- Page 54 ---
furleur
E469
ufages, religion, les
leurs moeurs & leurs
premiere Partic. ayant Je décrits dans ma
timplement de dire me contenterai
tems que j'ai été chez que, pendant le
rien vu de tout ce
eux, je
ai
Pere du Tertre,
qu'en ont M le
Borde. Il faut Rochefort & de la
chofes aient bien apparament que les
tervalle qu'ily a eu changé dans l'indes auteurs, dans entre les voyages
fé leurs
leiquels ils ont puiLe lendemain exicmptioee & les miens.
à la voile, nous matin, nous mimes
de fept
nous faluâmes
tâmes le coups de canon, & nous chacon
cap, favoir la
Fangleterre,éen 1
patache PA
oir nous arrivâmes Nmtreitnoer le 8
mouillâmes dans la rade, Juin, Nous
cendimes à terre, &
nous def.
où nous trouvâmes montâmes au
ftr quis
M. le MarChampigny, de
2 à qui. nous renil
nos
dhaescompel
parut fort content, opérations, Il
dont
nous pouvions nous
nous dit que
huit jours, & que nous repofer pendant
fuite pour le
partirions enavec M.Panier conduired la Grenade,
Je profitai de d'Orgeville, l'occafion
d'une bar-
imes à terre, &
nous def.
où nous trouvâmes montâmes au
ftr quis
M. le MarChampigny, de
2 à qui. nous renil
nos
dhaescompel
parut fort content, opérations, Il
dont
nous pouvions nous
nous dit que
huit jours, & que nous repofer pendant
fuite pour le
partirions enavec M.Panier conduired la Grenade,
Je profitai de d'Orgeville, l'occafion
d'une bar- --- Page 55 ---
que qui alloit à Marie-Galante pour
donner de mes nouvelles à Madame
de Norfoy, dont je reçus réponfe
quatre jours après. Je fis un
aul Fort S. Pierre avec M. de
ATRE
pont, pour quelques affaires que nous
avions, & nous revinmes le lendey main au Fort.Royal avec M. PIntendant. Deux jours après notre arrivée,
nous nous embarquâmes tous dans
notre brigantin; nous appareillâmes
& fimes voile pour la Grenade, oit
nous mouillâmes le 19 Juin 1730,
huit heures du foir.
Cette Ile eft une des Antilles de
l'Amérique Septentrionale : dans la
mer du nord; elle eft fituée par les
douze dégrés & quinze minutes de
latitude nord. C'eft celle qui de toutes
les Antilles eftla plus voifine du continent, dont elle n'eft éloignée que de
trente-deux lieues. Elle eft à foixantedouze de la Martinique; fa longueur,
nord & fud, eft de dix lieues,a largeur dequatre à cinq, & fon circuit
de vingedenw.L'entrée du Port de cette
Ile eft Amuéeafouel;ily une grande
"baye où cul-de-fac qui le renterme, la
ainfi que le carénage. Elle eft à --- Page 56 ---
bande de l'oueft, [48]
méc par deux autres fa profondeur forvancent à
de beauicoup en bayes qui s'acette Ile la forme d'n mer, donne
nord régulier, dont la
croiffant du
ireft plus
pointe
côté du
Le terrain de cette épaifie Me que celle du fud,
ily croit du caffé, du eft tres-fertile,
de Tindigo. du
fucre, du coton 3
du tabac; il ya a rocou, de
du cacao &
propres aux Ebéniftes très-beaux arbrés
riers; des
& aux teintu- -
des citronniers, palétuviers, des
des
orangers,
Brenadiers, des figuiers, limoniers, des
niers, des
des banades pommiers cocotiers, des abricotiers,
de
d'acajoux, des
tité monbain, d'autres des ananas, & prunes
abondante. fruits. La chaffe quancoup de
On y voit furtout beau- y eft
tourterelles; perdrix, il
de ramiers & de
venimeux & n'y a point d'animaux
requin. Cette dangereux, mer
fice n'eft le
poiffon, entriautres produit des d'excellens
vicilles, des rougets & tortues, des
giens.
des chirurCette Mle étoit
parles Caraibes feuls, autrefois occupée
viron unf fiecle, elle n'eft mais depuis enplus habitée
que
On y voit furtout beau- y eft
tourterelles; perdrix, il
de ramiers & de
venimeux & n'y a point d'animaux
requin. Cette dangereux, mer
fice n'eft le
poiffon, entriautres produit des d'excellens
vicilles, des rougets & tortues, des
giens.
des chirurCette Mle étoit
parles Caraibes feuls, autrefois occupée
viron unf fiecle, elle n'eft mais depuis enplus habitée
que --- Page 57 ---
[49]
que par des Européens. Sa longitude
eft de trois cens quinze degrés trentecinq minutes, & fa latitude de onze
degrés cinquante minutes.
Nous defcendimes le lendemain à
terre,-& nous allâmes diner chez M.
de Larnage, Gouverneur de cette
Ile. Comme nous fortions de table, 9
on vint nous avertir que les huit matelots qui nous avoient conduit à
terre dans la chaloupe, étoient retournés à bord fort malades, & qu'on
les avoit faignés. Deux heures après
nous fitmes informés, que trois de
ces matelots étoient morts 2 que cinq
autres avoient été attaqués de la méme maladie, & qu'ils avoient pareillement été faignés. Cela nous fit juque l'air éroit empefté, & nous
Re prendre la réfolution de nous rembarquer dès le jour même, s ce qui fut
exécuté fur le champ,après que M.
le Marquis de Champigny, 2 & M.
Panier d'Orgeville, eurent donné
leurs ordres:
Auffitôt que nous ftmes à bord,
ncus appareillâmes & fimes voile
pour le Fort-Royal; mais le mal étoit
déjà fait, &il nous mourit, en trois
Part, Ill.
C --- Page 58 ---
jours de tems, Escj
ving-fept hoimmes, que dura notre trajet,
matelois, que
tant foldats que
M. Tlntendanr nousjettâmes & moi,
à la mer,.
épargnés ;
ne fûmes Pas
que Pon ne hebreufement fuivit
pour nous
Rucl Tonavoit fait pas la même route
quoi nous n'en prendre aux autres,
chappés. les
Nous ne fimes ferions pas récordiaux & les
point laignés;
M.de remirent fur pied en udoniques trois
nous
femaines.
en firent Champigny & M: de
maux de quittes tête' pour quelques Prépont
fuite.
qui n'eurent
petits
d'inftruire Tignore qui eut
point de
Madame de rimprudence
maladie, mais je fus Norloy de ma
voir entrer dans
fort étonné de la
fonf frere le huitieme ma chambre avec
arrivée. M. le Général jour d'après mon
lits chez lui, & ils ne leur donna des
point queje ne fufle
me quitterent
bliJe reçus en cette parfaitements réta.
de ma chere
occalfion,del ela part
non
Vidoire, des
équivoques de fon
preuves
pour moi, qui ne
attachement
ma mémoire. Enfin fortiront jamais de
vai en état de
quand je me troupris congéde fmpporter la mer, je
M.leMarqus de Cham-
après mon
lits chez lui, & ils ne leur donna des
point queje ne fufle
me quitterent
bliJe reçus en cette parfaitements réta.
de ma chere
occalfion,del ela part
non
Vidoire, des
équivoques de fon
preuves
pour moi, qui ne
attachement
ma mémoire. Enfin fortiront jamais de
vai en état de
quand je me troupris congéde fmpporter la mer, je
M.leMarqus de Cham- --- Page 59 ---
[511
pigny, & m'embarquai avec M. de
Chansy & Madame de Norfoy pour
aller rejoindre M. de Prépont au Fort
S. Pierre, où il étoit depuis
jours
occupé à fréter notre
Le
TolLE
furlendemain, M. de Chanzy & Madame de Norfoy profiterent du départ de la patache du Roi pour s'en
retourner à Marie: Galante. Le jour
fuivant nous fimes coucher à bord
de; notre brigantin, nous appareilldmesle lendemain, & nous fimesvoile
pour Curaçao, le 26 Juillet 1730.
Après. une traverlée de quatorze
jours, nous mouillâmes fous pavillon e(pagnol dans le Port de la ville
de Curaçao, fituée dans la partie méridionale de l'Ile du même nom, >
nous
échangeâmes une partie de
nos ctatirene qui confiftoient en
fucre, coton, indigo, bas de foie &
vif argent, contre des cuirs qui font
à très-grand marché dans cette Ifle,
de la laine & des piaftres de poids,
& nous réfervâmes le furplus, comme
toiles, mouffelines, , dentelles, chapeaux, galons d'or & d'argent, fouliers. & quincailleries de toutes fortes
pour Cayenne, où nous étions affuCij --- Page 60 ---
[s2]
rés de nous en défaire
mieux qu'à Curaçao.
beaucomp
En moins de cinq femaines
fimes notre traite; ; nousr n'eûmes. nois
que affaire qu'à des marchands pref Juifs
qui réfident dans cette ville,
ont une Sinaguogue &
où ils
riches. Ce furent
qui font fort
Serent de notre
eux qui fe char.
rent prendre à notre vifargent qu'ils vinnous itirâmes
bord, & dont
tageux. Un
un parti fort avanner chez Pun jour auedtere nous allâmes dîmarché, nous
pour conclure un
B** dans un état y trouvâmes le fieur
dit qu'après avoir fait déplorable. Iinous
fidérable aux côtes'
un profit conpacotille que lui avoit d'E/pagne fait
fur la
le Marquis de
donner M.
venu dans cette Champigny, Ifle
il étoit
fa traite; mais
pout y continuer
heur de
qu'il avoit eu le mallandoife s'attacher à un jeune Hollanqui, avec les
avoit faites au jeu, l'avoit en pertes moins qu'il de
quinze mois, mis abfolument à
Ii ajouta qu'il étoit obligé de fe fec. défaire piece à piece de tout ce
luireftoit pour pouvoir fublifter, qui en
attendant qu'il partit quelque vaiffeau
igny, Ifle
il étoit
fa traite; mais
pout y continuer
heur de
qu'il avoit eu le mallandoife s'attacher à un jeune Hollanqui, avec les
avoit faites au jeu, l'avoit en pertes moins qu'il de
quinze mois, mis abfolument à
Ii ajouta qu'il étoit obligé de fe fec. défaire piece à piece de tout ce
luireftoit pour pouvoir fublifter, qui en
attendant qu'il partit quelque vaiffeau --- Page 61 ---
t531
Hollandois pour retourner en Europe;
qu'il n'ofoit pas fe piéfenter davandevant M. le Marquis de Chamtage
bontés duquelil avoit trop
pigny, 2 des
dont l'âme fenabulé, M. de Prépont
Gble ne. lui permettoit pas de voir un,
malheureux fans le fecourir efficacement, lui dit que s'il vouloit lui promettre de ne plus retomber dans fes
égaremens, il lui feroit une avance
de cent piftoles d'E(pagne, dont il
feroit l'emploi pour fon compte, en
marchandifes qu'il prendroit à Curaqu'il viendroit avec nous à
çao', Cayenne pour les échanger, & que
de-là nous le reconduirions au FortRoyal, oùt on feroit fa A paix avec
M: le Général. Cet armateur fit
encore plus en fa faveur ; car il lui
dégagea chez le même Marchand
Juif chez qui nous étions, pour end'efiets
viron trente piftoles d'Elpagne
quilyavoir mis en penfion, & luien
donna en outre dix, afin que pendant refter
le tems que nous avions à fol.
à Curaçao, il ne fit pas fans un
Deuix jours après cette rencontre,
le fieur B vint à bord de notre
brigantin avec tout fon bagage, & il
Cij --- Page 62 ---
pria M. de
[54]
que, pendant Prépont les
de trouver bon
nous féjournerions fept à huit jours
Port, il ne defcendit encore dans Rue
Armateur à lui
eued'autant pas moins à terre. Cet
tit accorder fa
de peine
que cet homme demande, 2
fen2ed pour fe foufraire ne la dA faifoit
quelques créanciers aux criailleries
ncumtin pi le faire
veille de partir, affamés qui,
arrêter. I
auroient
dans Curacao la
eft une Iile
la terre mer du nord au derAnerignes ,
Venézuéia, ferme & de la feptentrion de
viron
dont elle eft Province de
Ie de fept à huit lieues. diftante C'ef d'endois ayent conféquence que les la feule
dix donze dans
Hollande large. lieues de TAmninique long fur Elle a
nale eft à La. douze pointe la plus cingafix
nutes de latitude. degrés quarante feptentrio miorientale de cette An fud de la
bon havre, que lon. Mle, il y a un partie fort
lieues Barbara; ; mais le
appelle Sanéta
la
au fud-eft de principal eft à trois
partie
TIDe, du côté de
jolie ville méndionale, qui
où eft une trèsCuragao,
Porte auffi le nom de
fol. Les vaiffeaux wmlgairement dite Corroqui y entrent char-
de latitude. degrés quarante feptentrio miorientale de cette An fud de la
bon havre, que lon. Mle, il y a un partie fort
lieues Barbara; ; mais le
appelle Sanéta
la
au fud-eft de principal eft à trois
partie
TIDe, du côté de
jolie ville méndionale, qui
où eft une trèsCuragao,
Porte auffi le nom de
fol. Les vaiffeaux wmlgairement dite Corroqui y entrent char- --- Page 63 ---
[551
gés doivent fe tenir fur leurs gardes
& être munis d'un cable tout prêt à
jetter vers le Fort, car il n'eft pas
polible de mouiller du côté du Hàvre, oùr on court rifque d'être emporté par les courans du côté de
Touelt. II eft vrai que lorique l'on eft
une fois entré, il n'y a rien de plus
fr que ce Port, ni de plus commode pour carenner les vaifleaux.
ily a dans cette ville une citadelle
très-bien fortifiée avec: une. bonne
garnifon & une.nombreufe artillerie,
Les maifons font affez bien bâties,
très-propres, fort ornécs, & entretenues au mieux. Ils s'y trouve des
Marchands fort riches, qui ont établides fucreries dans des endroits qui
antrefois, n'étoient que des
fervoient de nourriture aux
ARe
qui tiaux, quiy font en quantité. On voit &
à l'orient deux mornes, dont un eft
beaucoup plus haut quel'autre &eplus
elcarpé, en tirant au nord. Le refte
de l'ifle eft affez nni; elle eft moins
confidérée pour fes produétions,
eft convenablement parce qu'eile
tuée pour faire le commerce avec les
Efpagnols. Ily vient tous les ans de
Civ --- Page 64 ---
Hollande de
156]
Marchandifes gros vaiffeaux chargés de
des retours qui d'Europe leur
dont ils font
geux. Les
font fort avanta.
core deux Hollandois Iles qui
poffédent en-.
Curagao, que lon font voifines de
Bonaire. Cette
nomme Aruba &
che la côte derniere eft fituée
lemrasmitente feptentionsle de terre proouef de la
Curaçao & aunordGouverneur, Marguerite. & elle abonde Il y a un
vres, dont nous
en chepetits gui nous firent embarquômes des
reffource pendant nos d'ane grande
Après avoir fini
courfes.
tions. à Guragao, tontes nos opéraquâmes le 22 Août, nous nous embar.
mes.lc 23, & -nous fimes nous appareillCayonne, oit nous
voile pour
Septembre Le
1730. mouillimes le 18
terre, lendemain & allâmes nous defcendimes àrendre un vifite au-Fort à M. S. Louis,
qui
de
ECr3t
cette Me. étoit lors
BeauNous en fimes Gouverneur de
reçus,& dre
il nous
très bien
tous les
promit de nous rende lui. Un fervices qui dépendroient
nous rencontrames Négociant Hollandois
dans cette Hle,6. que
Le
1730. mouillimes le 18
terre, lendemain & allâmes nous defcendimes àrendre un vifite au-Fort à M. S. Louis,
qui
de
ECr3t
cette Me. étoit lors
BeauNous en fimes Gouverneur de
reçus,& dre
il nous
très bien
tous les
promit de nous rende lui. Un fervices qui dépendroient
nous rencontrames Négociant Hollandois
dans cette Hle,6. que --- Page 65 ---
[57)
avec qui M. de Prépont renouvella
connoiflance, nous confeilla de nous
adreffer à des Juifs qui étoient étacomme plus
blis au bourg d'Armire, de nous faire tien état
perfonne
rer un de parti de notre carguaifon.
Nous déférâmes à cet avis & en conle fieur de
féquence nous envoyâmes
ce
Trainfort avec le lieur B
bourg
s'aboucher avec un deces
Juifs MEt fe nommoit Ifaac Cain,qui Holnous avoit été indiqué par notre à cet
landois, & nous leur remimes marchaneffet un état de toutes nos revinrent
difes. Deux jours après ils
avec ce Juif,
nous dit que
pas encore
fes fonds,
Hedit
IE
à Surinam, il ne pouvoit s'accommoder avec nous: ; mais que fi nous voulions lui procurer le paflage jafques enfuite
dans cette ville,le ramener bénéà Cayenne, & lui donner un échanfice honnête, il nous y feroit
beaucoup plus
ger nos marchandifes nous. ne pouravantageufement le faire ailleurs. que Nous en conrions
Hollanférâmes avec notre Négociant
la
dois, qui nous engagea à accepter
propolition, & nous pria de le çon;
Cv --- Page 66 ---
duire auffi à a
[58]
toit, nous dit til, Surinam, oi il compoccafion de nous trouver plus d'une
en effet fi
obliger; ce qu'il fit
lui notre efenticllement que fans
guaifon aurôient brigantin & route fa carqu'on le verra en été fon conflqués, ainfi
de cette
lieu. En conféRreote défait, réfolntion, a après nous
que nous reflâmes pendant trois femainés
toute lai partie de
à Cayenne, de
viron moitié de nos fouliers, d'enplufieurs pieces de nos chapeatrx, de
lines, & de
toile, de mouffe-
& pris congé quelquies de M. le quincailleriess
nous nous rendimes Couverneur 2
notre brigantin
tous à.bord de
Hollandois
avec quatre
pour
7 que nous
matelots
remplacer ceux
engageâmes
moris en mer; & le qui nous étoient
tobre, nous: :
iendemin,g Ocvoile pour Surinam. appareillames & fimes
Cayenne eft une Ifle de
méridronale, fituée au PAmérique
gré xdeux tiers de latirude quatrieme deéguinoxiale 2 &
de la ligne
cert lieues du flenve diftante d'environ
donné lieu à tant des de Amazones
a
fables
i::2
débitées, Elle tire fon
que
nom d'im
le qui nous étoient
tobre, nous: :
iendemin,g Ocvoile pour Surinam. appareillames & fimes
Cayenne eft une Ifle de
méridronale, fituée au PAmérique
gré xdeux tiers de latirude quatrieme deéguinoxiale 2 &
de la ligne
cert lieues du flenve diftante d'environ
donné lieu à tant des de Amazones
a
fables
i::2
débitées, Elle tire fon
que
nom d'im --- Page 67 ---
fléuve qui s'appelle Cayunne, dont le
courant vient du côté du fud, fort
avant dans les terres, & fe (épare en
deux branches, dont: la principale
porte le nom de Cayenne, & va fe
rendre dans la mer du côtédel'oueft,
àyan: un demi
del lieue dans fon
embouchure : Setee coule du côté de
Feft, & on l'appelle la riviere de Mahury à caufe d'une pointe de terre de
ce nom;8 elle vient fedécharger dans
la mer dont PIfe eft bordée depuis
Cayenne juiqu'a Mahury; de forte
qu'elle a la meridu côté du nord, &
la terre ferme du côté du fud, favoir
la pointe de Mahury àleft & Cayenne
à Toueft
A l'embouchure de Cayenne, PIle
forme une pointe de terre qui fait la
corned'un croiffant Elle a unel lieue de
Jong, & fe termine a la pointe de Ce
pérou quifaitlautre corne ducroiffant.
On a conftruit $ à C cette derniere un
Fort fur une petite coline, qui a fa
racine dans la mer, & monteinfenfiblement deux à trois cens pas jufqu'à fa
cime fur laquelle eft ce Fort, qui feroit placé affez commodéments fi on
pouvoit y avoir de leau autrement
Cvj --- Page 68 ---
[60]
que pardes citernes,
bon au
/, le canal pied de ce Fort, r'aneragee qui eftrès.
de la riviere de eft dans
lequel pafle au travers d'une Cayenne,
plage oir il pourroit tenir
grande
navirès à l'ancre. Des
plus de cent
la pointe oùr eft le
deux côtés de
les chaloupes
fort, les barques &
un pied: de terre peuventaborderj. fans
julqu'a
danger. Ce perit Port a courir aucua
gure dain croilant, dont encore la ficher forme la
un petit roquelle rivage de pointe, la 9 &au côté dufable, dans l'étendue mer eft d'un bon
de lieue, & va d'environ un
Rare qui tarit en de jufqu'à un ruifl'autre côté de ce ruiffeau certains tems. De
line quiavance dans la
eft une COpointe, au Pied de mer & fait une
trouve une fontaine fous laquelle il fe
Cette' colirie fe nomme une roche.
&eft elle eft pareille à celle de Conobébo,
T"Au à peu près de la même Cépéron,
garde côté de cette coline hauteur.
d'un l'eft, il ya un beau qui rel'ance quart de de lieue, que l'on tivage, appelle
plat & uni, Conobébo. à
Le terrein eft
petites colines. Fexception de quelquies
Alextremite de cette
trouve une fontaine fous laquelle il fe
Cette' colirie fe nomme une roche.
&eft elle eft pareille à celle de Conobébo,
T"Au à peu près de la même Cépéron,
garde côté de cette coline hauteur.
d'un l'eft, il ya un beau qui rel'ance quart de de lieue, que l'on tivage, appelle
plat & uni, Conobébo. à
Le terrein eft
petites colines. Fexception de quelquies
Alextremite de cette --- Page 69 ---
t6r]
ance eft la coline de Romota, qui s'avance auffi en mer. Du côté qui regarde l'eft, on voit un fort beau rivage, quel'on nomme la grande ance,
au bout de laquelle eft encore une
pointe de terre qui s'avance en mer 5
& enfuite eft l'ance de Rémire.
Ce rivage contient environ une
demi- lieue. Ce pays eit rempli de
plufieurs belles sfavannes oit il croit de
très-bonnes herbes pour les beftiaux."
Tout ce que nous poffédons autour de
la riviere de Cayene,sappelle communément la France équinoziale.
Elle commence au Cap d'Orange
& fe jette dans la mer. Sur ce cap
font trois mornes au delà de la riviere
d'lapoco. Ce cap poufle un banc de
vafe, onze lièues en mer, de forte
qu'à fix lieues de terre, on ne trouve
que quatre braffes & demie d'eau de
bafle mer. Les terres qui font de l'autre côté de cette riviere font baffes
& noyées; mais il y a de belles montagnes dans celles qui (ont du côté du
courant. Les Yaos y poffédent une
très-belle habitation des micux cultivéc. A une lieue de cette riviere &
le long de la côte, eft la montagne de --- Page 70 ---
T6a]
Camaribo, d'eju
- où fe trouve une
viere vive, avec une
fource
d'eau faléc, Cette crique côte
ou-riCap dApenuague, eft
sjuiqu'au ,
licues de celle
dittante de fept
en delà,
d'lapoco. Ahuit lieues
de Wi & etBfembolichend la
de la riviere
ne, Toures les pointedelllede terres
CayenAprouague jufqu'à la qui font depuis
fonr baffes Scinondéess riviere de Wia.
Çant dans le
mais en avanbelles
pays, on y troyve de
peut faire monragnes des
& colines, où on
eft depuis
plantations. La côte : qui
de Cayenne Tembonchure de la riviere
eft de 13
jufqu'à celle de Courron,
fec& fabloneux. lieues; le terrain en eft uni,
ter près de quatre On eft obligé de monferme & Plfle de licues entre la terre
ver le vrai canal Cayenne, de la
pour troua
lon rencontre à la bande riviere,
rant fud fud oueft
du fud, cou- que
a environ trois brafles & fud-oueft, 3 qui
julqu'a douze &
de profondeur
duns les - terres qui quinze font lieues avant
grands bois, d'une hauteur relevées de
groffeur extraordigaites.
& d'une
(le long des bords de Cet endrois
Macnusingue, àfept lieues la riviere de
de Cayenne
pour troua
lon rencontre à la bande riviere,
rant fud fud oueft
du fud, cou- que
a environ trois brafles & fud-oueft, 3 qui
julqu'a douze &
de profondeur
duns les - terres qui quinze font lieues avant
grands bois, d'une hauteur relevées de
groffeur extraordigaites.
& d'une
(le long des bords de Cet endrois
Macnusingue, àfept lieues la riviere de
de Cayenne --- Page 71 ---
[63]
& à fix de Courrou) eft plus peuplé.
autre de cette
de fauvages qu'aucun ont quatre. hacôte. Les Aricarets y,
bitations, & les Galibis fix ou fept.
Les terres n'y font pas ft graffes que
celles des colines & des n ontagnes :
cependant le fol qui eft cultivé par
les Infulaires, leur produit des vivres
ainfi que des cannes
en abondance, La riviere de Courrou
& du tabac.
mais peu large; on
eft très profonde, trente-cinq. lieues
la remonte jufqu'à
-
dans les terres qui font fort-bonnes.
Depuis la pointe jufqu à la crique, en'
falée de Carouabo , qui
ou riviere de cinq lieues, ily a une
eft éloignée de (able oit it fe trouve une
ance
prodigieufe de rortues
quantité
la laifon, &
y
terriflent dans
A trois qui lieues de"
pofent leurs ceufs la riviere de ManaCarouabo, confidérable, eft
mais le long
mory 2 peu font de fort bonnes terres.
de laquelle lieues de là. eft la riviere de
A cinq
enSinanary, da ns laquelle peuvent Les: terres
trer les petits navires.
la
font bonnes le long de lesboris,8 fournit d'expêche y eft abondante &
qui
cellents poilons, A Conanama; --- Page 72 ---
eft à fix lieues [64] de
nary, eft encore diftance de Sinaproche F'embouchure une petite riviere
navires peuvent
de laquelle les
de terre, & a cinq mouiller braffes à cent pas
qui ne fe rencontre dans d'eau, ce
endroit. Ces deux
aucun antre
tées par des Galibiss rivieres font habicommodé des
ony eft fort inlieues de là,eft la maringouins A cinq.
fix autres celle riviere de Jurague;à
celle de
dAmana, & enfuite
vages de Marony.4 la
trois lieues des riqu'a
met,depuis
& Marony, les terres Conanamajnt
ony y aborde
font balles,
L'llle de
dificilement.
huit lieues de Cayenne a environ dixpar les rivieres circuit, de
elle eft formée
de Cayenne.
Wia,de Varca &
Le terroir eft relevé
petits mornes fort
de plufieurs
modes,
établir agréables & comUne estrer CILISN -
des plantations.
& quientr traverfe falée les sticoupe PIlle,
une grande commodité deux ticrs, donne
munication de toutes pour la com-
& pour le
les habitations
Plulieurs tranfport des marchandifes,
fourniffent ruiffeaux qui Farrofent lui
debonnes caux, Scluipro-
,de Varca &
Le terroir eft relevé
petits mornes fort
de plufieurs
modes,
établir agréables & comUne estrer CILISN -
des plantations.
& quientr traverfe falée les sticoupe PIlle,
une grande commodité deux ticrs, donne
munication de toutes pour la com-
& pour le
les habitations
Plulieurs tranfport des marchandifes,
fourniffent ruiffeaux qui Farrofent lui
debonnes caux, Scluipro- --- Page 73 ---
[65]
conftruire des
curent les moyens d'y la
du
moulins à eau pour
fabrique
fucre.
les François font en
poffefion Depuis Ee cette Ifle, ils y, ont bâti
Fort à l'embouchure de la riviere
un de la Cayenne, fur une pointe
fe
& fur
une
at
jette à la mer,
laquelle
petite montagne, dont ce fortquel'on le
nomme le Fort St. Louis, de occupe cette rifommet. forme L'embouchure fous ce Fort un Port adviere
oit les vaiffeaux font à l'abri
mirable, des vents, & oùr la décharge des marchandifes eft fi facile, qu'on peut
échouer les vaidfeaux & les amarrer
quattehraffes
fans aucun rifque.
deà fon entrée,
en dedans,
"E:
d'eau
dix. Le bourg qui eft
puis cinqjufqu'à contient
de trois
prèsde ce Fort,
habitées plus
cens maifons qui font
à pardes fucre
artifans. 11 y a des moulins & plutque des boeufs font tourner , de mon
fieurs magafins Ony compioit & près de
tems fix cens François, Il
a encore un
deux cens Négres.
y,
le bas eft
autre bourg : Armire, dont
Juifs
occupé par environ quatre-vingt Dans le
& une centaine de Négres. --- Page 74 ---
haut eft une
[66]
à eau pour chapelle le fucre; avec un moulin
habitée par foixante cette à
partie eft
François & trente-cinga quatre vingr
gres, Ce dernier bourg cft quarante Ne
quatre licues da Fort
éloigné de
le nord eft. A une lieue S. Louis, vers
même côré font les
& demie du
s
Mahtry qui contiennent habitations de
foixante François &
cinquante à
A deux lietes au fud autant de Négres.
celles de Matoury, dudit Fort font
cinquante blancs & occupées par cent
Ily en a en outre foixante Négres.
répandus en divers trente-cing autres
qui appartiennent à endroits de lIle
liers, dont le nombre différens particude quatre-vingt blancs monte à plus
Négres. Les François & de foixante
poite de
a
occupent auffi le
doute & Courrou s où il y a une redéfendre quatre l'entrée pieces de canon
nne garnifon
de la riviere, pour
licuc plus de trente hommes; à avec une
habitation haut, eft éncore une autre
fonnes. De qui Courrou contient quarante perpays eft défendu
à Conanams, le
nary,
par le Fort de
ohily a une garnifon de Sina-.
hommes, & une bonne
cent
artillerie.
occupent auffi le
doute & Courrou s où il y a une redéfendre quatre l'entrée pieces de canon
nne garnifon
de la riviere, pour
licuc plus de trente hommes; à avec une
habitation haut, eft éncore une autre
fonnes. De qui Courrou contient quarante perpays eft défendu
à Conanams, le
nary,
par le Fort de
ohily a une garnifon de Sina-.
hommes, & une bonne
cent
artillerie. --- Page 75 ---
[673
ait
On ne s'apperçoit pas quily
différence dans cetté Ine enancune tre les faifons ; ily regne un été perpétuel,la chaleur eft prelque toujours
pendant l'année; les arbres ne
égale ceffent
d'être verds, & conferleurs pas feuilless on y ceuille
vent du fruit en tout tems, s'en trouvant
de mûrs fur des arbres, tandis que
d'autres font en fleurs.
Les plnies y. font affez fréquentes Dans
pendant trois mois de l'année.
lesequinoxes.ler foleil Idonneà plomb;
anfi fes coups font-ils dangereux des 2
quand on s'y expofe fans prendre
précautions. On dit que les nuits font égales aux
cependant le cours du foleil eft
jours, de douze heures pleines, & comme il
a une demie heure de crépufcule le
y matin & autant le foir,ils'enfuit que les
fontde treizeheures, , & les nuits
jours
de onze,
font abondantes, elles
Les rofées tous les matins des fraioccafionnent obligent de fe couvrir, &
cheurs rofée qui eft f âcre, qu'elle rongecette
de tems.
roit le fer en très-peu contrée font
Les Sauvagés de cette --- Page 76 ---
balannés,
[68]
bienfaits, d'une taille
laiffent forts &
avantageufe s
les
pas croitreleur robuless ils ne
leurs vieillards qui la portent barbe, excepté
Jeurs cheveux épaules; font long & trés-claire. flortent far
fini & ils les ils en ont un foin inpeau ett douce, teignent en noir. Leur
de
&c.ils ont
la Tentretenure en fc
attention
fante, graine, ils afin de la frotrant rendre avec de
fois
la
plus luien noir; & teignent aufi
pius agréables, ils pour fe rendre quelques encore
de génipa,
ajontent du jus
d'autres fois T fe d'un bleu
Ils fe percent les
fervent de rocou. ture;
au travers
oreilles &
racolis; ils defquels ils paffent leslevres des
jambes des Portent aux bras &c aux catites
ovarolis, qui font de
des coquilles olaimesdianncats de
quife
vont
hmatee
tous nuds, limacons de mer; ils
fice n'eft
hommes & femmes,
autres fur quilsmettent leurs
les uns & les
morceau de toile parties de parurelles-un
lcurs, & de la
diftrentes colmain,q
largeurdiune paulme de
mes Ont qunisappelente un goût
camifa. Lesfemnes de criftal, dont décidé pour les graielles fe font dcs
laimesdianncats de
quife
vont
hmatee
tous nuds, limacons de mer; ils
fice n'eft
hommes & femmes,
autres fur quilsmettent leurs
les uns & les
morceau de toile parties de parurelles-un
lcurs, & de la
diftrentes colmain,q
largeurdiune paulme de
mes Ont qunisappelente un goût
camifa. Lesfemnes de criftal, dont décidé pour les graielles fe font dcs --- Page 77 ---
(69)
coliers & des bracelets ; elles aiment
auiffibeaucouples dezacoudre qu'elles
pendent à leurs cheveux, ce qui
duit un effet fingulier. Les
Nottaes
portentdes ceintures & des chapeaux
de plumes de diverfes couleurs. Ils ne
fortent jamais fans leurs armes, qui
font des arcs & des fleches. Les Commandans ont toujouirs leurs boukton;
que pluficursvoyageurs nomment mala-propos bouton; car ces fortes de,
noms , inconnus parmi nous doivent
s'écrire comme les naturels les prononcent. Ceux qui ont des fufils &
desépées les portent auffi.Leurs cazes
font ordinairement fituées fur des Colines, mais ils y en a d'autres qui les.
ont dans des pays plats, & toujours
à la proximité des eaux; ils font fi
adroits à tirer de l'arc, qu'auffitôt
apperçoivent un poiffon dans
E ils ne le manquent jamais.
/ On feroit fort embarrafié de dire
qu'elle religion profeffent ces fauvages, & je penfe qu'ils n'en ont aucune. Ils croient cependantà l'immortalitédel'ame, mais ils n'adorent rien;
& quand on leur parle d'un. Dieu Tout- 1
puiflant, qui d'un feul acte de fa vo- --- Page 78 ---
lonté a fait toutes L70J les
qui eft infiniment
chofes crbés, &
là
ce n'eft
bon, ils inférent deMcliir il n'en eft pas la peine de le prier.
le regardent pas ainfi du diable;i ils
les maux qui i-arrivent comme l'auteur de tous
voil
aux
qu'ils fe pourquoi ils le
hommes
que leur fervent de tous craignent, les
&
pour fe Iuperftition leur moyens
tentions. garantir de fes
fuggere
font
Ils n'ont point mauvailes de
inégaux
loix, ils
mêmes n'ont entreux: leurs Chefs
que lorfquils aucune autorité fur eux,
voilins ; ils fonreliguerres font
avec leurs
leurs
trés-cruels
ennemis, ils tâchent de envers
font prendre les uns & les
fe furde quartier
autres; ils ne
aux enfans,
gu'aux femmes &
les engraifient, Quant les aux hommes ils
les mangent.
rôtiffent enfuite &
Ils ne s'allient point
ches parens; quand ils avec leurs
rier, ils font la
veulent fe
fes
enCe
pere & mere, demande de la fille à
nelar refufent
qui ordinairement
mettre les deux point. futurs On comménce par
S
dans cette attitude
dos à dos, &
nante, ils fe donnent qui eft affez geréeproquienent
gu'aux femmes &
les engraifient, Quant les aux hommes ils
les mangent.
rôtiffent enfuite &
Ils ne s'allient point
ches parens; quand ils avec leurs
rier, ils font la
veulent fe
fes
enCe
pere & mere, demande de la fille à
nelar refufent
qui ordinairement
mettre les deux point. futurs On comménce par
S
dans cette attitude
dos à dos, &
nante, ils fe donnent qui eft affez geréeproquienent --- Page 79 ---
[711
àboire &à manger; on les fait mettre
enfuite dans un lit neuf; & file marié
-
fe trouve content de. fa femme il la
garde, autrement il la chaffe, & ne
donne d'autre raifon de ce divorce,
finon qu'elle ne lui rend pas de bons
fervices. Lorfque la femmé eft groffe elle en
avertit fon mari, qui pendant tout le
tems qu'elle eft enceinte s'abftient
d'aller à la pêche, crainte de toucher
quelques gros paifions, qui feroient,
Tenfant.
difent-ils, > l'enfant mourir eft né, le pere fe
Quand
refte pendant fix femaines, met au lit,ily & il fe fait traiter comme
s'il étoit accouché lui-même, tandis
que fa femme s'occupe de tout ce qui
concerne fon ménage. Quand ce tems
eft écoulé, le marife leve, prend fes
armes, & ne revient àla caze , qu'après avoir tué un certain oifeau que
l'on nomme Cakifou; il eft à
femblable à
de
Lor
près
nosgelinotes abfolument
& il eftconfidéré cérémonie comme
des relenéceffaire pour.la
vailles. La mere lave tous les jours cet enfant dans la riviere, elle. le couche --- Page 80 ---
tout nud fur un (75)
l'emmailloter. On petit lit del coton fans
qui, dès l'age de huit en voit beaucomp
tout feuls.
mois, marchent
Quand il en meurt
eux, on le laifle dans quelgu'un fon
parmi
quil.y peut refter, on
lit aurant
tous fes
le revêt de
guerre, Pendant ajuftemens de CBaffe & de
& les amis ne ce tems les femmes
de chanter & de ceffent de fe lamenter
enfuite fur un bucher danfer. Onle met
avec fes infirumens où on le brûle
bien on le defcend dans & fes armes; ; ou
il refte fur un
une foffe, où
racolis; 5 on - lui fiége avec tous fes caboire & à
porte tous les jours à
plus de chair manger fur les julqu'à ce qu'il n'ait
après avec fes
os; on le brûle
cendres au tamis ornemens, on paffe les
tent les jambes, ils 2 les
s'en frochacun fe
enfuite
eRees
retire.
&
dela Les Sauvages qui habitent les côtes
Guyanne,dans
font les Aricarets lapartic frangoife;
dentaux,
orientaux & OcciSapayes, les-Palicours, les
- les Yaos, les
Galibis, les
le.Parapores & les
Marones,
Ils n'ont aucuns Arronagues.
Souverains, Caciques
, on paffe les
tent les jambes, ils 2 les
s'en frochacun fe
enfuite
eRees
retire.
&
dela Les Sauvages qui habitent les côtes
Guyanne,dans
font les Aricarets lapartic frangoife;
dentaux,
orientaux & OcciSapayes, les-Palicours, les
- les Yaos, les
Galibis, les
le.Parapores & les
Marones,
Ils n'ont aucuns Arronagues.
Souverains, Caciques --- Page 81 ---
[731
ni feigneurs, & ne reconnoif
gees entr'eux aucune fupériorité.
Les anciens dans chaque famille,
font relpedtés comme Chefs, & chacune de ces familles habite un canton
particulier. Ces Sauvages n'obéiffent
qu'en tems de guerre aux Comman- eft
dans qu'ils élifent. Leur pouvoir le
limité & fe borne feulement à fixer
tems & le lieu du rendez-vous, à donner l'ordre de la marche, celui de l'atraque & du combat, hors de là, ils
font fans autorité.
Cette partie de la Guyane
à la France, eft fans
t
meilleure, partient
plus fertile & plus abondante qu'aucune autre ; elle vaut
mieux que celle de Surinam, appartenante auxHollandois , qui peuta peine
fournir aflez de vivres pour nourrir
fes habitans.
Après un trajet de quatre hollan- jours;
nous mouillâmes fous pavillon
dois le 12 Ogobre 1730, dans cette
partie de la Guyane qui appartient
aux Hollandois 3 , & que l'on nomme
vulgairement trouvâmes Surinam. à l'ancre trois vaiffeaux Nous de cette Nation qui vinrent nous
Puit. III.
D. --- Page 82 ---
[74]
reconnoître; ils
en difant que notre s'emparerent bâtiment de nous
équipage étant françois
& notre
étoit pas permis de faire 9 le il ne nous
fur leurs côtes,6
commerce
nous étions de Adenes conféquemment
fement pour nous
prife. Heureue
ges Schmit & Ifaac que Cain, le fieur Gecrdevant le Gouverneur de la déclarerent
que nous étions leurs affociés Colonie, -
brigantin
noust montions 9 que le
acheté à Rce frais à
avoit été
que nous n'étions intéreffes Cayenne, &
une quatrime partie dans la que pour
fon, dont le furplus leur
carguaiCette déclaration qui fut appartenoit,
parles dépofitions des Matelots confirmée
landois que nous avions à
Holdu refte denotre
bord, &
entierement & nous équipage, fit
nous fauva
comme la plus grande relâcher. Mais
mes, fur-tour les Juifs, partie des hom.
n'obligent.
Eucresgratufrement, vâmes dans la
nous nous trou-
-
Ieconnoiffance, néceffité, par forme de
un peu mandiée, qui de à la vérité fut
un quart du profit leur abandonner
far nosmarchandifes, que nous ferions
gerent de faire la traite, dont ils fe char-
ement & nous équipage, fit
nous fauva
comme la plus grande relâcher. Mais
mes, fur-tour les Juifs, partie des hom.
n'obligent.
Eucresgratufrement, vâmes dans la
nous nous trou-
-
Ieconnoiffance, néceffité, par forme de
un peu mandiée, qui de à la vérité fut
un quart du profit leur abandonner
far nosmarchandifes, que nous ferions
gerent de faire la traite, dont ils fe char- --- Page 83 ---
[75]
Elle nous fut des plus avantageufes $
bien amplement
& nous dédommagea nous leur avions acdu bénéfice que
d'une
cordé; nous primes en échange des bois
partic de nos marchandifes
de marqueterie & de teinture, qui
beaux qu'en auz
font beaucoup plus endroits oit
ai
cuns des autres
j'en,
de la caffe qui y. eft fort bonne,
w: de vanille, du caffé qui équivaut du
bien celui du Levant, du cacao, du
baume auffi excellent que. celui
Perou, pour toutes fortes de bleffures
& de plajes nouvelles, de la gomme
Quant à l'au-
& quelques pelleteries. fut
en artre partie, elle nous fimes payée contens de
gent; ainfi, f nous Hollandois & de nonotre Négociant ils eurent lieut de l'être auffi
treJuif,
de Pendant nous. le tems que fe faifoit notre
traite, nous vifitâmes cette partie de
la Guyane, oùr les Hollandois ont
une punflante Colonie, qui commence
à la riviere de Maroni, fur laquelle la
ils ont un fort; elle s'étend jufqu'à de Suririviere d'Orenoque: Celle
riviere de l'Amérique,
nam, grande ferme
Guyane
dansla terre
appellée
Dij --- Page 84 ---
[76]
a donné fon nom à: cette
Elle coule du midi au
contrée;
fon embouchure
nord, elle a
vieres de
entre celles des rlqui font fituées Coupenam & de Soramine,
mérique
fur les côtes de l'Ade lanitude Méridionale, 2 à fept degrés
lieue de large feptentrionale. Elle a une
jufgu'au confuent depuis fon embouchure
qui fe jette dans la de la Comméwine,
nam, L'une defcend riviere de SuriTautre de
de Toccident,
&
Torient; elles font
peuvent porter de très-gros larges bâtimens, près de quarante lieues
montant.
en reLes Hollandois
Fort én briquès à deux ont conftruit un
lieues del
N
bouchure de Surinam,
l'empelle Zélandia.
que l'on apbourg, nommé lly a auprès un gros
S
occupions autrefois, Paramaribo, que nous
Hollandois font
, mais dont les
un fiecle , & il contient en poffefion depuis
maifons. Ils ont encore le plus de 400
melldyk, qui, ainfi
Fort deSolandia, elt pourvà d'une que celui de Zénifon & d'une nombreufe bonne garCette Nation s'cft
artil. erie.
étendue dans ce
élandia.
que l'on apbourg, nommé lly a auprès un gros
S
occupions autrefois, Paramaribo, que nous
Hollandois font
, mais dont les
un fiecle , & il contient en poffefion depuis
maifons. Ils ont encore le plus de 400
melldyk, qui, ainfi
Fort deSolandia, elt pourvà d'une que celui de Zénifon & d'une nombreufe bonne garCette Nation s'cft
artil. erie.
étendue dans ce --- Page 85 ---
[77]
paysà près de cinquante lieues au-defius de l'embouchure de Surinam.
A peu de diftance de Paramaribo 2
eft une fort belle maifon qui a été
bâtie par M. de Somelidyk, Gouverneur de Surinam qui donna fon nom
H
au . Fort dont je viens de parler.
eft au confluent de la Comméwine &
de la Cottica,qui eft un autre bras de
la riviere de Surinam. Un peu plus
haut eft le village de Zuntpunt, ou il
y a environ cinquante maifons - 2 avec
un temple, & au-deffus de ce village
en eft un autre habité par des Juits.
On faifoit monter en 1730 le nombre des familles répandues dans cette
Colonie, en y comprenant les François réfugiés, lesJuifs & lesefclaves,
jufqu'à onze cens, & on comptoit le
long des rivieres: plus de cinq. cens
habitations.
Au confluent des rivieres de Surinam & de la Comméwine, eft un
endroit fort marécageux
l'on
nomme- le
on a
St
Krabbebofch,
tenté inurilement de conftruire un
Fort pour les défendre.
On voit le long de la Cottica beaucoup de fort belles habitations, dans
D iij --- Page 86 ---
l'étendue de
remontant, de plus de vingt lieues en
tre petite riviere même que fur une auPiereka, qui tombe que de l'on appelle
dans la Comméwine.
la, Cottica
fort Toutes ces rivieres
bons poiffons & en produifent de
s'y en trouve de
quantité; il
tres un que l'on tres-rares, nomme
entr'aucaufe un
torpile, qui
le touchent, @sounifcement cetx qui
un baton. quand ce ne feroit qu'avec
Ce pays eft fort
bords de la mer, & marécagenx. aitx
mais à trente lienes plein de bois;
rempli de montagnes plus loin, il eft
grandes pleines. Les coupées par de
verds toure
arbres y. font
tent des fruits Tannée: & des ily en a qui
fems, qui rendent fleurs en RERECE
agréable.
une odeur fort
celui Depuis de le'mois de Juillet jufqu'en
modérée Décembre, à caufe des la' chaleur y eft
rent T'ardeur du foleil, nuits qui tempe
& des pluies
là,
dans ce
Rreomeioutentlr
rafraichiffent
tems
vent de nord-eft lair, ainfi qu'un
nuellement, Le refte qui de y régne contil'année, la
rendent fleurs en RERECE
agréable.
une odeur fort
celui Depuis de le'mois de Juillet jufqu'en
modérée Décembre, à caufe des la' chaleur y eft
rent T'ardeur du foleil, nuits qui tempe
& des pluies
là,
dans ce
Rreomeioutentlr
rafraichiffent
tems
vent de nord-eft lair, ainfi qu'un
nuellement, Le refte qui de y régne contil'année, la --- Page 87 ---
[793
chaleur eft exceffive & les jours &
lés nuits font comme à Cayenne.
Les fievres font très : communes
dans ce climat. 1l - y régne en outre
une maladie fort pernicieufe aux Européens, que l'on appelle le Jawe,
c'eft la même chofe que la vérole, &
on le gagne aifément avec les femmes
fauvages quil'ont naturellement.
Les Hollandois ont quatre temples
dans cette Colonie; favoir un à Paramaribo, un à Comméwine - 2 un à
Cottica, & un autre à Zuntpunt.
Quoique cette partie de la Guyane
ne foit pas auffi fertile queles autresy
elle ne laifle pas cependant de produire du fucre, du coton,de la gomme,
du tabac, des bois de marqueterie &
de teinture,de la caffe, du baume,
du ris, du cacao; de la vanille & diu
caffé.
Ily croit beaucoup de racines qui
fervent à la nourriture des Infulaires,
telles que le jame, efpece de houblon
qui bouilli ou rôti, & énfuité féché,
fe met en mie: & la Caffade ou Caffave, qui differe très-peu de notre
maniock des Iles du vent. On en
exprime le fuc qui eft un poifon, on
Div --- Page 88 ---
le féche
[8o]
&on en après,on fait le rape ou onle
fent fur des des gateaux qui fe pile, cuiforme un pain pierres qui n'eft chaudes, ce qui
qu'ilieft mangé
bon qu'autant
cette racine un frais; on fait aufi de
de la bierre breuvage qui a le goût
périnoé. Il en rouge y vient & qui fe nomme
gue l'on appelle
encore uneautre
ble affez à celle bananoé; du
elle reffemferai mention ci-après, planton, dont je
meilleur goût.
mais elle a un
Le planton eft un
qu'au bout d'un
fruitqui n'eft mûr
une féve de marais, an;il eft gros comme
quante à foixante à ils'en trouve cinYarbre fur lequel il une touffe ; mais
jamais qu'une. On le croît fait n'en porte
rôtir, 9 &on en fait du
bouillir ou -
Le fémérimars eft pain.
fur un arbre affez un fruit qui croît
preique aux
haut, il reffemble
dchor, il a péches,i1 le goût du eft cottoneux en
il faut qu'il foit
cotignac; mais
à manger.
pourri pour être bon
Le guaver, eft de la
nefles, il eft jaune & groffeur de nos
Ce fruit eft délicat, rempli de pepins.
fon goir appro.
bouillir ou -
Le fémérimars eft pain.
fur un arbre affez un fruit qui croît
preique aux
haut, il reffemble
dchor, il a péches,i1 le goût du eft cottoneux en
il faut qu'il foit
cotignac; mais
à manger.
pourri pour être bon
Le guaver, eft de la
nefles, il eft jaune & groffeur de nos
Ce fruit eft délicat, rempli de pepins.
fon goir appro. --- Page 89 ---
[S]
che affez de celuide nosgrofeilles, il
croit dans les favannes.
de.
eft
L'ananas ou la pomme
de
de tous; il a un le meilleur
de
il eft
long & huit pouces
grofleur, en deverd en dehors & marqueté
dans
dans, il renferme un jus exquis
de petites cellules en torme derayons de
de miel. Sa tige fort de la racine, fa
même que celle d'un artichaud, feuile
têre eft ornée d'une couronnede replante &
les qu'on coupe , qu'on
fruit au
qui produit un: nouveau. On
voit beaubout de dix mois.
y
de
coup d'orangers, de citronniers, d'abricotiers,
limoniers, degrenadiers, & de bannaniers. Les
de cocotiers d'eau font excellens & prefmelons tous mufqués. La vigne y croit
Rox bien, & le raifin eft tout aufli
bon Les qu'ailleurs. beftiaux ne font pas auffi beanx
Europe, & leur viande eft bien
qu'en moins bonne; elle eft molle. & peu
appétifiante, ce qui eft occafionné
par la grande chaleur du
eft d'un très-bon
La viande
porc
eft excelgout, le poifon en général Dv --- Page 90 ---
lent, mais iln'eft [82]
à caufe des
pas facile à pécher,
Les
innondarions,
il
tortuesy font fort
y en a
péfent communes,
cent livres; far chair eft jufqu'a quatre
auffi délicate
pour le moins
c'eft fans
que celle du veau, &
plus faine contredit, & la
la meilleure, la
différens poiffons plus nourriffante des
Le bouillon de qué la mer produits
fpécifique pour tortue eft un Puifiant
poitrine, & fes toutes ceufs les maladies de
Ony voit nne
font excellens,
d'oifeanx, & le gibier quantité prodigieufe
nards, farcelles,
y abonde; caperdrix,
pluviers,
failans,
beccaffes,
quets. Ces derniers paneaux font & perromuns que les corneilles le font auffi comrope ; ils font
en Euà manger,
trés-délicats8e fort bons
ly a auffi
chevreuils qui, beancomp à
de cerfs, de
reffemblent à ceux peu de chofe près 2
ces premiers ne font d'Europe: mais
que nos daims, Les gueres plus gros
ont la figure de nos liévres de ce
ils n'ont de nos liévres cochons. de lait, pays
leur poil eft brun, taché que la geule 5
de blane;
en Euà manger,
trés-délicats8e fort bons
ly a auffi
chevreuils qui, beancomp à
de cerfs, de
reffemblent à ceux peu de chofe près 2
ces premiers ne font d'Europe: mais
que nos daims, Les gueres plus gros
ont la figure de nos liévres de ce
ils n'ont de nos liévres cochons. de lait, pays
leur poil eft brun, taché que la geule 5
de blane; --- Page 91 ---
[8,]
fort doux au toucher, & ils font bons
à manger.
-
Les lapins ont le poil roux, ils font
plus petits que nos liévres, mais leur
chair-n'eft pas fort bonne.
Les armadilles font des animaux
qui ont les pattes fort courtes, avec
trois griffes à chacune, une têté de
cochon, la. gucule petite & dégarnie
de dents; ils font armés d'écailles,
hors à la tête & au ventre; il y en a
pefent cent livres,mais ils fentent
25 fort le mulc, que l'on n'én mange
point.
Ily a des cochons de trois efpeces;
les uns reffemblent à des loutres, ils
vivent dans l'eau & font excellens. 1
Le pakkira n'eft pas bon à manger;
fa couleur eft grife, & il porte fur le
dos un évent ou elpece de nombril.
Le pinko eft la troifieme elpece. ; il
n'eft pas auffi gros que les nôtres,
mais ilett auffi bon.
Le mierenhéer eft un animal gros
comme un cochon ordinaire ; fa couleur eft grife, il porte fa queue fort
longue, elle eft velue & reffemble à
celle d'un renard ou d'un écureuil 9
dont il fe couvre tout le corps en tems
Dvj --- Page 92 ---
-
-
de
[811
a
plaie; fa tête eft
feau a un pied de petite 9. fon mudents, fa langue eft long, left fins
il peur létendre dun longue & étroite 2
pour tirer les fourmis pied, ils'en fert
hieres, dont il fe
des fourmilgriffes fortes, fes bleffures nourrit; il a les
gereufes, fa marche eft fort font dangui fair qu'on peut
lente,ce
pas bon à manger. l'éviter; il n'eft
On voir auffi
fles, aR font de la taille beaucoup de buf
de deux ans; & leur chair del nos boeufs
Les tigres y font fort eft parfaite.
yen a de trois fortes. Les communs, il
noirs font
tresdangereus, gueres.dans les 9 mais ils ne viennent
Ceux qui font endroits habités.
plutôr du léopard marquerés tiennent
caufent de
que du tigre; ; ils
a
bitans, & ils grands font dommages fi
aux haqu'tls fautent
forts & fagiles
decings fix par defus une muraille
pieds de hauteur
> fans' lAcher prife, avecleur
auffi
Rrotrs
quand elle
Les tigres groffe qu'un cochon:
muns ni fi rouges ne font ni ficom.
mais và de dangereux, cette
& je n'en aijaLesbois font efpece.
remplis de finges & de
; ils
a
bitans, & ils grands font dommages fi
aux haqu'tls fautent
forts & fagiles
decings fix par defus une muraille
pieds de hauteur
> fans' lAcher prife, avecleur
auffi
Rrotrs
quand elle
Les tigres groffe qu'un cochon:
muns ni fi rouges ne font ni ficom.
mais và de dangereux, cette
& je n'en aijaLesbois font efpece.
remplis de finges & de --- Page 93 ---
185]
guenons de tontes fortes, & leurs
cris (ont f aigres & fi perçans,
de
de
a:
peur les entendre
plus
lieues. C
animalbeauLe marmazet eft unjoli
mais auffi
coupplus petit qu'un finge,
bien plus agile.
: Le quotto eft noir, il eft
il a la
Apeate
queue
eEcts
qu'un & la face finge, rouge, le poil lui couvre le
front, & fon cri eft éclatant.
Le cufcari eft noir, il eft
petic d'un
le marmazet,.Si ilala
a
Sonl
Le luyart eft plue grand
faut
& G lent à marcher qu'il
Harean LEEs
de fix à fept heures pour monter fur
un arbre,d'ot il ne defcend qu'apres
s'être entierement raffafié ; fa peaueft
de toures fortes de couleurs, & il a
un cri affreux.
j'en
Les ferpens y font monftrueux,] de long &
ai vu de trente-cinq pieds font de.mal
gros à proportion: faim. ils ne Ceux de cette
que quand ils ont ordinairement dans
efpece vivent viennent par fois pail'eau, quoiqu'ils
fre dans les favannes.
4 la
Ily en a d'autres qui ont
geau --- Page 94 ---
a
couverte
[861
leurs trés-vives. d'écailles de différentes coula peau eft
Onen voir auffidont
des cornes à bourgeonnée la
9 ils portent
au haut-de la queue & des défenfes
de la
gueule dela
ci font largeur. de deux
longueur &
pouces : ceuxeft mortel. veniant, & leur poifon
Les fcorpions
leur couleur eft y font fort
à Técreville, noire, 2 ils communs,
lond dans la
ils portent reffemblent leur aiguilqueue,leur
dosloureuite,
piquure eft trèstelle.
maisselle n'ef
pas mor.
lly a
elles' font beaucoup fort
de chauve fouris
aux
groffes, elles
i fucent homm.cs le
& aux bête- dont nuifent
fouvent (ang, & On ne s'en
elles
Les que lorfquil eft
apperçoit.
-
trop tard.
=
elles viennent grenouilles y font en quantiré,
fons, &celles ont julques un
dans les maible.
cri fort défagréaLes fourmis caufent
en dommages dans ce
beaticomp de
font ravagées. pays, & les tertes
Ton On.y voit auffi un moucheron
apgelle muskita 5 il eft
que
incom-
fouvent (ang, & On ne s'en
elles
Les que lorfquil eft
apperçoit.
-
trop tard.
=
elles viennent grenouilles y font en quantiré,
fons, &celles ont julques un
dans les maible.
cri fort défagréaLes fourmis caufent
en dommages dans ce
beaticomp de
font ravagées. pays, & les tertes
Ton On.y voit auffi un moucheron
apgelle muskita 5 il eft
que
incom- --- Page 95 ---
(871
mode, & fa piquure caufe de groffes
puftules difficiles à guérir.
Les vers font linguliers par leurs
métamorphofes, elles font auffi furprenantes que celles des vers à foie 3
les uns fe transforment en infeêtes volatiles, & d'autres en plantes.
Ce-pays eft rempli de toutes fortes
de bois propres aux Ebéniftes, aux
Teinturiers, aux Menuifiers & aux
Charpentiers.
à la partie de la Guyane 3
Quant - les Saivages, elle jouit,
occupée par
d'air
les
de la même température
que
autres Les pluies y font cependant
plus fréquentes qulailleurs, à caufe
de la vafte étenduc des marais qui
s'y trouvent. I y regneraufi un
printems perpétuel ; les rours 7 les
nuits & la chaleur y font de même. Le
foleil y donne à plomb deux fois l'année, 8 pendant ce tems, it n'y a
point d'ombre. On y effuie fouvént
des orages fi furieux, qu'en moins
d'une heure toute la furface de laterre
eft couverte a'un pied d'eau. :
La Guyane eft un grand & vafte
pays. fitué dans PAmérique méridionale, entre la riviere d'Orenoque &
çelle des Amazones qui, avec la --- Page 96 ---
mer da nord, lui [88]
eft à l'orient du fervent de bornes; it
équinoxiale & en Pérou, tous la ligne
coup de mines d'or. de-çà. Les II y a beau.
feflent la même
naturel.romes loix.mceurs religion &
& ont les mê.
du Pérou.
coutumes
- Ce
que ceux
ties; les pays eft divifé en quatre
François poffédent,
par.
dénominationte de
fous-la
quie eftà
Cayenne, tout ce
jufqu'a Forient.depuis la riviere
le cap du nord
Hollandois fous les de Marouy, Les
la Berbice & de
dénominations de
eft depuis la riviere Surinam, del
tour ce
celle d'orenoque.
Marony,
Les
AO
midi du Portugais, cap du
tont ce qui eft au
de la riviere mnord.jufquita fource
au Bréfil, Les d'lapoco, quieft annexé
furplus.
Sauvages poflédent le
Les Européens
côtes de ce
n'occupent
les
couvert de pays; dont Retur eft
bois, & habité
on en connoit
par une
tres-peu.
RESRE
Onlaidonne
de
plus de deux cens
le longueur, de l'ef à
lieues
cap du nord
l'ouef , depuis
de
jufgu'a
lOrenoque. On ne l'embouchure
peut gueres dé
furplus.
Sauvages poflédent le
Les Européens
côtes de ce
n'occupent
les
couvert de pays; dont Retur eft
bois, & habité
on en connoit
par une
tres-peu.
RESRE
Onlaidonne
de
plus de deux cens
le longueur, de l'ef à
lieues
cap du nord
l'ouef , depuis
de
jufgu'a
lOrenoque. On ne l'embouchure
peut gueres dé --- Page 97 ---
[89]
terminer fa largeur nord & fud ;
qu'en nremontant les rivieres plus haut
qu'on ne l'avoit encore fait dans ce
tems: Ce grand pays eft en général trèsfertile, il produit du fucre, du coton 5
du cacao, du rocou, du caffc, 9 de la
vanille, du mays, de la caffave, du
tabac, toutes fortes- de graines, légumes & herbages. Les paturages y
iont admirables, la chaffe eft très-ré
créative, à caufe de la quantité degibier qu'il y a,fur-tout en cerfs, fangliers : 1 pacs, tâtous & agoutis quiterrent comme nos lapins ; en canards,
farcelles, beccaffes, ramiers, tourterelles : - aigretes,flamans, fpatules,
alouettes de mer, beccaflines,
drix, faifans de quatre à cinq
esltere
perroquets de plus de vingt efpeces 2
& d'autres oifeaux auffi grands que
les autruches, que l'on nomme toujoujoux. Le poiffon y eftaufi fort abondant,
& il eft très-bon ; ceux qui excellent
fontles mulots, les vieilles, leturbot;
la raye, l'apaticas & plufieurs autres
ont des écailles; des écreviffes,
8: crabes & des huitres.
Les Sauvages mangent aufi dès
L --- Page 98 ---
des ferpens
[90]
yeilleux; ; il que l'on affure être
jufgu'a vingt y, de en a depuis huit pieds mercomme la cuife d'un long, & ils font gros
La Guyane contient homme.
tre-vingt nations
plus de
vages, foir par difsrentes de
les
Seat
ufages. & la Tidiome, lés mecurs,
foixante rivieres, reigion; dont
& plus de
confilérables
deux Aleuves
nes & Orenoquerais quelon nomme Amazo.
peine
valent
dont : qu'on en faffe lal
bien la
faura je me flatte que le duferiprions
Celui pas mauvais gré. public A
ne me
filau nord, des il Amazones -borne le Brémontagnes du prend fa fource dans les
formé par. la Pérou, jonaion & ileft,d dit-on,
res, dont Fune
de deux rivieme degré de laritude commence au neuvielautre lit
fous le quinzieme méridionale. &
xante depuis Junta de Los degré, Son
julqu'a degrés ou environ de Rios, fa à foi.
lendroit où il eft
fource,
Maragpons a environ
joint par le
larges che
il s'elargit à
deux lienes de
de F'océan
mefure qu'il appro.
bouchure ett de atlantique,cu fon emlicues, entre le cinguante à foixante
cap du- - nord, fur la
fous le quinzieme méridionale. &
xante depuis Junta de Los degré, Son
julqu'a degrés ou environ de Rios, fa à foi.
lendroit où il eft
fource,
Maragpons a environ
joint par le
larges che
il s'elargit à
deux lienes de
de F'océan
mefure qu'il appro.
bouchure ett de atlantique,cu fon emlicues, entre le cinguante à foixante
cap du- - nord, fur la --- Page 99 ---
T9T]
côte de la Guyane, & le cap Japa:
rata fur celle du Bréfil. Sa protondeur
depuis Junta de Los Rios jufqu'au
Maragnon , eft depuis cinq juiqu'à
dix braffes d'eau; de-là à Rio Négro,
de douze à vingt braffes, & de ce
dernier jufqu'à la mer, de. trente à
cinquante, & quelquefois de (oixante.
De fa fource à fon embouchure, il & 2
ar neuf cens lieues en ligne droité,
par'les détours, environ douze cens,
fuivant l'opinion commune. Phufieurs
affurent qu'il y en a quinze cens.
La fource & T'embouchure de ce
fleuve font prefque fous la ligne: Le
fort de fon courant eft fous le qua- latitrieme & le cinquieme degré de
tude méridionale. L'eau eft toujours
profonde le long de fes bords.
Les rivieres quifer rendent dans ce
fleuve, courent depuis cent jufqu'à fix
cens lieues de long; leurs bords font
habités par un nombre infini de gens
de différentes nations : qui ne vivent
de poiffons, de fruits,de mays &Z
2 racines. Ils font tous idolâtres,
mais, ne font pouriant religieux pour les'
leurs Idoles, que lorique la peur
tient. --- Page 100 ---
[9:] foient (ousla Zone:
Quoique ces pays eft tempéré, à caufe
Torride, Tair y des rivieres dont ils
de la multitude
anfont arrolés; & des imondations très-fernuelles qui rendent les terres verds 3
tiles. Les arbres font toujours & enrichies
& les campagnes Pair eft riantes fort bon. ce qui
de fleurs ;
y, d'animaux venimeux ;
faitqu'ily a peu
des plus beaux
les forêts font remplies aux sonftrucbois du monde, propres fortes d'autres outions & à toutes voit
ont deux
vrages : on y en
ily ya qui auffi beaubraffes de diamétre; de cocotiers 2 de palcoup d'ébenes,
arbres quiprodui.
miers, d'andirovas,
pour les
fent une huile merveilleule
bleffures & les plaies recentesdesbois campêche &
de fer, des bois font rouges,de fi gros quily en a
des cédres huit qui à neuf pieds de diametre.
qui ont
vient très-bien, ainfi
le
Le facre y
le mays & le SCE
coton, le rocou, font en quantité dans
Les abeilles qui
un miel qui eft
les bois, dépofent plufieurs mines
exquis. 34 y trouve Le fable des rivieres
d'or & d'argent. de pailletes & de
produit d'or. beaucoup Les fruits, les graines &
poudre
en a
des cédres huit qui à neuf pieds de diametre.
qui ont
vient très-bien, ainfi
le
Le facre y
le mays & le SCE
coton, le rocou, font en quantité dans
Les abeilles qui
un miel qui eft
les bois, dépofent plufieurs mines
exquis. 34 y trouve Le fable des rivieres
d'or & d'argent. de pailletes & de
produit d'or. beaucoup Les fruits, les graines &
poudre --- Page 101 ---
[931
les racines font excellens & en abondance. Les lacs &les rivieres font trèse
poifionneux; les tortues fort délicaelles
fur ies bords ainfi
tes ;
paiffent
que les vaches marines. de deux cens naOn compte plus habitent les bords
tions Sauvages qui
font à une
de cet fleuve, leurs villages
portée de fufil les uns des autres.
Entre ces nat tions les homagues ont
de très belles manufaétures de coton,
dont ils font des ouvrages fort eftimés. Les Corolipares en ont une de
Les
porcelaine quientrerrecherchée
Surines & les Coripunes en ont une
auffi de toutes fortes d'ouvrages en. ils
menuiferie & en fculpture dont
confidérable avec
font un commerce Ils habitent la Province
leurs voifins.
des Amazones, à
de Surina, au pays
POrient de celui des Cufignates, qui
cuitivent les plaines qui font fur le
bord méridional de ce fleuve.
Ceux qui de tous ces Sauvages paffent pour les plus braves, les plus
forts & les plus courageux, font les
Topinamboux. Ilshabitent une-grande
Ille fur ce feuve, fous le quatrieme
degtéde latitude & lestrois cens-vingt --- Page 102 ---
de longitude. 194]
en dards, javelots, Leurs armes confiftent
cliers faits de cannes fléches & boupeaux de poiffons.
& couverts de
Entre les rivieres
fleuve des Amazones qui fe joignent au
le Napo,
du côté du nord,
PAgaric, le
Janupape, le
Putomoye, , le
coup d'or mêlé Corapatube, ont beaua plufieurs mines parmi leur fable.
de cette derniere. dans les montagnes Ily
produifent delor, Celles &
de
del
Yaghara
(
l'argent, On trouve celles de Picora
de pierres
aufli
dansles fables précieufes fur les beaucoup
fre & autres de Paragoche, bords, du fou- &
Les rivieres de minéraux dans d'aures.
keta font fort Putomoye & de Cafe
grandes. Cette
eft fregc en deux branches, Tune derniere
tombe plus dans groffe le
du côté du nord, qui
fousle nom de fleuve des Amazones
gais yont un Fort Rio-Négro. Les Portucommerce & gu'ils qu'ils guforeneiemanr font dans ce
jufqu'a ont eû linduftric d'érendre pays,
Pérou ; lautre Quitto fe & autres places du
que, fous le nom de jette dans l'Oreno.
principales rivicres Rio-grande. Les
qu'il réçoit du
deux branches, Tune derniere
tombe plus dans groffe le
du côté du nord, qui
fousle nom de fleuve des Amazones
gais yont un Fort Rio-Négro. Les Portucommerce & gu'ils qu'ils guforeneiemanr font dans ce
jufqu'a ont eû linduftric d'érendre pays,
Pérou ; lautre Quitto fe & autres places du
que, fous le nom de jette dans l'Oreno.
principales rivicres Rio-grande. Les
qu'il réçoit du --- Page 103 ---
[951
côté du midi font celles de Maragnon,
d'Amarumaye, de Tapi, de Cottica,
& de Cufignate.
Les bois répandus dans Nes terres
font pleins d'oifeaux de toute cfpece ;
les perroquetsf font auffi communs que
les pigeons en France, 2 la chair en eft
plus délicate. Les lacs & les rivieres
abondent en poiffons, mais la pêche
eft dangereufe, à caufe de-la quantité
de crocodiles, de ferpens d'eau &
d'alligators qu'ily a; les orages &les
pluies y font fréquents, & ces dernieres durent quelques fois pendant
vingt-quatre heures de fuite. Ony eft
aufi infefté de moucherons qui font
fort incommodes.
Le long des bords de.ces rivieres,
ily, a quantité de petits Rois fans domaines; ils fe font continuellement la
guerre les uns aux autres, ils combattent dans leurs canots , & le vàinqueur mange le vaincu; ils vont tous
nuds, hommes & femmes, leurs cheveux font fort longs, ,maisles hommes.
font chauves fur le fommetdela téte,
ils font a giles & très adroits dans leurs
excrcices (ur-tout à tirer de l'arc. Ils
font en général affez douxycivils & --- Page 104 ---
[96]
holpitaliers, mais
cès.
vindicatifs à l'ex.
On prérend que ce
mé, tort du lac de Acuve Gi renomcourt l'elpace de dix-huir lauricocha 2 qu'il
& qu'il fe jette dans la cens lieues,
parquatre-vingt
mer du nord,
eft quatre embouchures:
rique LOrenoque un fleuve de l'Améferme, S-prentrionales il' eft formé
dans la terre
dont lune a "fa fource de deux rivieres,
dans des
au
> au
Popayan,
tafé de Bogota, inontagnes,
midi de Santant vers Forient, , qui court en ferpenvers le
fe tourne enfuite
nord-eft, & reçoit l'autre
viere.qui a fa fource
rie
& Mérida dans la entre Pamplona
courant vers
Caftille d'or; &
avec fOrenoque. T'orient. elle fe joint
après leurs cours dans Elles continuent
jufqu'à S. Thomas. Ce un même lit
à la mer par dix-huit fleuve fe rend
dont dix courent au nord embouchures,
fud. Ces différentes
& huit au
des Ifles parmi
branches forment
de confidérables, lefquelles, On
1 ily en a
cent lieues de la branche compre plus de
tentrionale à la branche la la plus fepdionale; ainfl la diftance
plus mérid'une embouchure
après leurs cours dans Elles continuent
jufqu'à S. Thomas. Ce un même lit
à la mer par dix-huit fleuve fe rend
dont dix courent au nord embouchures,
fud. Ces différentes
& huit au
des Ifles parmi
branches forment
de confidérables, lefquelles, On
1 ily en a
cent lieues de la branche compre plus de
tentrionale à la branche la la plus fepdionale; ainfl la diftance
plus mérid'une embouchure --- Page 105 ---
197]
thure de ce fleuve à l'autre eft de
cent cinquante lieues, 8cilégale prec
que : en grandeur celui des Amazones,
Lesiles de ce Aleuve font habitées
nations fauvages que
Ro
plufieurs communément Tinitivas, Cianomme waris & Warawaris'; elles font
en deux claffes, celles qui
à
Fenri
gées
Horotomeka, 82
droite celles qui s'appellent font à gauche Palamos. Ces
peuples ont chacun leur Cacique
Bcilsfefont continuellement la guerre;
ils fontgrands, bienfaits & courageux.
Ce quil y a de fingulier parmi eux ?
c'eft qu'en hyver ils fe pratiquent des
logemens furles arbres, pour fc mettre à l'abri des inondations
fin
Gionne l'Orenoque
depuis
TTt
qui,
de Mai jufqu'auts, Septembre, 2 monte
quelquefois julqu'a vingt-cing
au-deffus de leurs terres; ;
a
Piods
ily
ces Ifles beaucoup de palmiftes, de
la moéle defquels ils fe fervent
faire du pain. Le gibier & le
ME
font en abondance, & les arbres
end
tiers fort communs: Les terres
duifent les mêmes chofes que
eies
qui font fir les bords de fleuve des
Amazones. Il-y'a auffi d'autres SauPart. III,
E --- Page 106 ---
[98J
vages qui habitent les bords de
d'renoque: &
; ils fe nomment celai
Macuréos; ils font
Cuparis
buftes, vaillans & induitrieux, roen guerre avec leurs prelque toujours
avec les
voilins, 9 furtout
cantons fontremplis. Antropophages, dont - ces
nous P Queiques devions jours avant celui
nous allâmes diner refourner à Cayenne, que
ges Schmitt
chez le'
Portogais 9. nous y trouvâmes fieurGcor:
qui fe nommoit Dom un
gulin-Jofeph - François de
Auqui étoit venu exprès de
Sacaros 3
dans un navire qui lui Rio-Négro,
pour fe faire payer du appartenoit,
quelqueslettres de
montant de
été palfées à fon ordre change fur quiavoient
gociant Hollandois qui, notre Né:
fatisfait, l'avoir
après l'avoir
Portugais, pendant engagé le a diner. Ce
entendu décliner le repas, ayant
Prépont, demanda à nom de M. de
avec un at de furprife cet Armateurs
Negociant au Forts. Pierre s'il n'étoit
tinigue, & frere de
de la AERE
Ange, dont ilavoit Madame de S,
époulé la fille dans un depuis trois ans
avoit fait au Fort-Royal, voyage
Sur Fiand
atisfait, l'avoir
après l'avoir
Portugais, pendant engagé le a diner. Ce
entendu décliner le repas, ayant
Prépont, demanda à nom de M. de
avec un at de furprife cet Armateurs
Negociant au Forts. Pierre s'il n'étoit
tinigue, & frere de
de la AERE
Ange, dont ilavoit Madame de S,
époulé la fille dans un depuis trois ans
avoit fait au Fort-Royal, voyage
Sur Fiand --- Page 107 ---
L99h
de
il (e leva
que Ini.en de AtM. table, Prépont, vint - fauter att cou
auffito: de fon cher oncle & lui fit mille caétoient d'autant plus déE refles 2
que M. de Prépont
n'ayant point denfant, nin'étant
danslintention de fe remarier
TeE
voit fe flatter, d'ètre fon hénitier Ar- au
moins pour un tiers, puilque & cet deux
mateur n'avoit qu'un femme neveu étoit une. Le
nieces, dont fa
de
refte du diner fe paffa en, quantité
queltions que fe firent Ce dernier
& neveu.
Re
Toncle le nous à bord de notre brifouper avec lequel il s'en retourna
gantin,, coucher 1E (on, navire.
Loriqu'il fut parti M. de où Prépont il me
m'emmena dans a chambre, bien aile de voir
démanda f je & ferois (ans me laiffer le tems
le Portugal;
il continua ainfi a :
de lui répondre,
la rencontre imprévue
51 Depuis faite de mon neveu, il cR
>> j'ai une idée
point voulu
s venu
quejen'ai (ans avoir aupas lui communiquer, fondé vos difpofitions : iy
> ravant
un
faire
al T'ai voyagea
22 longtems que
recouvrer des
22 à Lisbonne pour y
Eij --- Page 108 ---
frool
9) 31 fommes
me font
92 dues. roujours différé aneiennement
> préfent à y. aller, faute
jufqu'a
3> celle de mon neveu
d'occafion;
>2 vorable, que j'ai formé m'a.paru la f fa2) tion d'en profiter, fi vous
réfolu-
>) à venir
confentez
s
avec
S le ferai pas, tant moi, à caufe auitrement de l'amitié je ne
2 que Tai
s) Jai donné Polr ma parole vous, à que M.le parce que
>) de Champigny de ne vous Marquis
22 quitter. Si vous êtes de mon point
32 je m'en Ouvrirai demain
avis,
&
àDom Sa-
- caros;
comme je fuis
37 d'avance du
perfuadé
S A propolition, plaifir que lui fera.ma
je Pengagerai à
22 prendre Fun & T'autre fur
nous
2) a &je vous avoue
ne fonnavire, ferai
>2 fâché de voir ma queje niece,
pas
>2 donner moi-même des
pour en
S
s) ma
nouvelles à
-
iceur,
a
elle
à
2) attache; je Tente bete
une forte
9), pourra reculer de que ce. voyage
9) votre mariage avec pr quelques mois
3>
Norfoy : mais je Pabrégerai Madame le de
je pourrai, &j
plus
>
:
je Içaurai d'ail-
-
Rutri
reconnoître en tems &
27 çette : preuve del votre
lien
2 çe 7). Je n'héfitai pas uni complaifans
.
inftant à lui
ur,
a
elle
à
2) attache; je Tente bete
une forte
9), pourra reculer de que ce. voyage
9) votre mariage avec pr quelques mois
3>
Norfoy : mais je Pabrégerai Madame le de
je pourrai, &j
plus
>
:
je Içaurai d'ail-
-
Rutri
reconnoître en tems &
27 çette : preuve del votre
lien
2 çe 7). Je n'héfitai pas uni complaifans
.
inftant à lui --- Page 109 ---
Lvor]
dire que mon attachement pour fa pet
fonne, joint à la reconnoiffance que
je lui devois, étoient des motifs trop
puiflans, pour ne me pas décider à
il
lni faire ce léger facrifice; qu'ainfi
pouvoit compter fur moi, &
en
Cela
me
M.
*
conféquence.
étant,
fait part de
dePrépont, lorique Jaurai -
donmes intentions à mon neveu, je
nerai ordre à M. de Trainfort de rei
tourner à Cayenne, pour
prendre
ce que nous y svonslaifle, recon-
-
duire les fieurs Schmitt & Haac Cain,
& de faire voile de-là pour le Fort S.
Pierre, oir ilemmagalinera nos effetsi,
& fera défarmer notre brigantin jufqu'à notre retour; jele chargeraiaufi Made lettres pour M. le Général,
dame de Norloy & ma foeur, & je
vous confeille, de votre côté, d'écrire
à ces deux premiers.
allâmes
Le lendemain matin, nous
à bord du navire de Dom Sacaros,
nousle trouvâmes prêt à fortir du fien
pour venir au nôtre: Mide Prépont
tira fon neveualécart; & après avoir
caufé enfemble lelpace d'un quart
d'heure, ils revinrent tous deux me
joindre, & m'annoncerent que nous
E 11J --- Page 110 ---
partirions dans ifros]
Ponugal,o0 tems de
on quatre ne me lailierou jours pour le
m'eanuyer. Nous
pasle
Kcmible, nous
dinâmes enla bord, & nous serourmames à notre
jour journée à faire tniovaberierede nos
de
nos d'après, nous fimes dépéches. Le
tugais, équipages Dom à bord du navire iranporter
nous, nous Sacaros vint diner portres à M. de remimes enfuite nos avec letgeâmes de nos Trainfort, nous le charPrépont allâames lui donna Soaaifion, fes ordres M. de
tugais. couichera bord du navire &. nous
Le lendemain
por2750,le fit
fieur de matin, 2 Novembre
voile pour
avec lui
Cayenne &
deegNeseun
& B
ler fieur
emmena
donné : à gui M, Schimtt, de
Iaac Cain
M,
en
Prépont avoit
le Marquis particulier de
une lettre pour
contribua
à lui
pas pen ChaIpNOnPS à
qui ne
:
Deux continicr fes engagerce bontés. Général
jours après.le
brigantin, 1âmes
nous
départ de notre
Port le cap fur appareilmes, ,& por.
duquel nous Libonnes dans le
Décembre fyant, mouilames le 13
après trente-hnit
, de
Iaac Cain
M,
en
Prépont avoit
le Marquis particulier de
une lettre pour
contribua
à lui
pas pen ChaIpNOnPS à
qui ne
:
Deux continicr fes engagerce bontés. Général
jours après.le
brigantin, 1âmes
nous
départ de notre
Port le cap fur appareilmes, ,& por.
duquel nous Libonnes dans le
Décembre fyant, mouilames le 13
après trente-hnit --- Page 111 ---
[103 J
jours de traverféc. Nous defcendimes
à terre, & nous nous rendimes fitué fur au le
logis de Dom Sacaros,
bord du Tage, qui eft l'endroit leplus
commercable de la ville. Nous trouvâmes en entrant la femme de de ce
Portugais qui étoit bien prévenue mais
fut
T'arrivée de fon mari,
oncle qui fur.
très furprife en voyant un
elle lui
lequel elle ne comptoit très-vive, pass lui fit
témoigna une joie & à moi P'accueil du
mille careffes, flatteur. C'étoit dans
monde Tétendue le plus eduterme nne fori belle
femme, toute
d'environ vingt ans, dont
l'efprit vif & enjoué, & les façons
polies infpiroient lailégre@e a tous
ceux qui ia voyoient. On me donna
une chambre plus commode quejolie ott 2
à côté de celle de M. de Prépont,
après un (oupér affez frugal, nous. à
nous retirâmes
nous repofer.
notre aife des laeg que nousavions
effuyées depuis plus de fix mois que.
nous tenions la mer. très bonne nuit
Nous paflàmes levâmes une fort tard, Dom
& Sacaros nous & nous fa femme vinrent nous rendre une vifite, & nous firent apporter
Eiv --- Page 112 ---
du chocolat; Lro4]
favoit
mais M, de
que je n'aimois pas Prépont à m'embar- qui
Auiriboeee Pareil au mien, & donlegonr étoit
niece, 3 qui nous en demanda du vin à fa
unebouteille de
envoya chercher
mes. avec des Madere, que nous bûmes enfuite notre rôties. Nous achevaqu'il ne.fit point fête, toiletie; & quoipagnâmes d'ou
Dom Sacaros nous à accomnous revinmes
la meffe,
diner. Nous
au logis pour
fept à huit amis trouvames de
en arrivant
qui, ayant été
ce
s
reux
informés de Portugais
féliciter, retour, 2 étoient venus fon heuOn lesinvita à
pour l'en
d'un repas à la
prendre leur
rar le
uniquement macaroni & le portugaife, vin
deftiné
Re
d'ailleurs déteflable, pour nous ) étoit
Frangois
accoutumés fur-rout pourdes
confitures TE de
à vivre de
autres convives fe fucreries, dont nos
-
il les le. inteftins, Auffi M. farcirent de
au mieux
traiter parti d'engager fa Prépont niece à pritdorénavant à la
nous
pour cela
de frartcoife, > fans
vivre
fedéranger leur façon de
tant pas ordinsire, de les
notre intention n'é.
géner en rien, Nous el.
outumés fur-rout pourdes
confitures TE de
à vivre de
autres convives fe fucreries, dont nos
-
il les le. inteftins, Auffi M. farcirent de
au mieux
traiter parti d'engager fa Prépont niece à pritdorénavant à la
nous
pour cela
de frartcoife, > fans
vivre
fedéranger leur façon de
tant pas ordinsire, de les
notre intention n'é.
géner en rien, Nous el. --- Page 113 ---
Lios]
mes lieu d'être tous contens par la
fuite. Entre les différentes perfonnes qui
compoloient la fociété, de nos aimables hôtes, ily avoit un jeune hom- d'efme de 25 ans qui à beaucoup & le
prit, joignoit a plus jolie figure
meilleur caraêtere du monde. Un certain rapport de fentimens quifetrouva
entre nous, &lal langue françoife,quit lia en
parloit auffi bien
moi, nous amitrès-peu de tems T la plus intime
tié, de forte
nous devinmes infé- fort
parables. Il ot fils d'un homme
confidéré dans la robe, mort depuis
environ un an; : fon golit ne le portoit
a fuivre la profefion de fon pere, 2
Fet avoit au contraire un décidé pour
les armes, quil avoit embraffé anfitôt qu'il s'en étoit vu le maitre. Il vivoit'avec une mere fortinfirme & paralytique depuis dix ans,il n'avoit
quunc foeur qui, fitôt après la' mort
de fon perc avoit prisle voile dans un
couvent de Dominiquaines où elle
anétoit en penfion depus quelques deux mois
nées. Elle n'avoit plus que
à courir pour faire fes voeux, & DomGorgias (c'étoit le nom de mon ami)
E V --- Page 114 ---
[106 ]
fe failoit, ainfi
d'affifter à cette que moi, une fete
attendimes le eérémonie, dont nous
avec autant moment , pour le moins
qui devoit y d'impatience jouer le
que celle
Le compte favorable principal rôle.
à M. de Prépont dela que l'on rendit
moeurs de ce jeune conduite & des
cet Armateur à me confier homme, à fes engagea
pour me faire voir tout
foins
avoit de curieux dans
ce qu'il y
du Portugal, fes affaires cette capitale
mettant pasde s'en
ne lui
Notre premiere
umutiEe
fite qu'il me fit faire démarché à fa futune vidame m'accabla
mere 3 cette
tures féches & de d'amitiés, de confi.
mes delà voir fa bombonsNousalls foeur au
étoit qui me reçut aufi fort bien. Couvent,
à tous
Elle
<
qu'elle alloit égards faite pour l'état
pas de même prendre d'une : il'n'en étoit
naire que nous vimes jcune à la Penfion.
fa
-
mere 2 qui l'exhortoit grille avec
vre les traces de la foeur de; fort à fuimais foit les difcours
mon ami;
de celle à quielle devoit peu le parhétiques
les diftradions
jour, foit
nos yeux
que la rencontre de
hurocafionseren, foit en:
Elle
<
qu'elle alloit égards faite pour l'état
pas de même prendre d'une : il'n'en étoit
naire que nous vimes jcune à la Penfion.
fa
-
mere 2 qui l'exhortoit grille avec
vre les traces de la foeur de; fort à fuimais foit les difcours
mon ami;
de celle à quielle devoit peu le parhétiques
les diftradions
jour, foit
nos yeux
que la rencontre de
hurocafionseren, foit en: --- Page 115 ---
[ro71
fin un éloignement marqué pour faire la
clôture, elle ne. me parut pas
Tombre d'uneattentions à tout ce qu'on
lui difoit.O Dieux!q qu'elle étoit dans jolies le
non, je ne. crois
que de troumonde entier, il iatige poffible
ver une mignature auffi accomplie
que l'étoit celle-là; : toutes les graces
enfemble fe réunifioient en fa
elle fembloit n'être
BELSE
fonne; plaire & charmer, & cependant
pour
faire une viétime de
on en vouloit
l'ambition; cette idée me révolta, 2 la
de mon ame, fon fort
pitié s'empara mon coeur né fenfible fut
me toucha,
de la partie; & fans fonger quilsétoit il brifa
donné à Madame de Norloy ,
fes chaines pour rentrer dans de nou-,
veaux fers. Nous ne bougeâmes cet pas, alDom Gorgias & mot, tant que
mable objet refta, nous primes enfuite congé 2 notte novice, & nous
nous en allâmes,
dehors
A peine fames nous
connoifloit que ie
demandai à mon ami s'il
cette demoilelle; non, me réponditil, c'eft, ainfi que vous, la premiere
fois que je la vois. Un foupir lui que je
aillai échapper à rinilant,
ayant
Évj --- Page 116 ---
fait fentir Pintérêt fxc8]
cette jeune
que je prénois a
vous avez envic Portugaife; de
il m'ajotta, fi
pour vous faire
favoire qui elle eft,
demain voir ma plaifirsje fceur
retournerai
rai, & j'irai enfuite 2 je Tinterroged
ce que J'aurai
vous infiruire de
cou de mon ami appris. Je me jettai au
les tranfports de pour le remercier, &
tre, lui annoncerent joie que je fis paroiaveu auroit
autant
L
fion.
pu le faire, toute qu'un
moi. que Je lui cette inconnue avoit Pimpref fait fur
le promit, demandaile me le
fecret, il me
me reconduifit chez garda toujours, &E
Oir malgré tous les efforts Dom Sacaros,
pour me contraindre, il que je fis
un fombre fur ma philionomie fe répandit
quiéta beaucoup M. de
qui inlui donna occafion de Prépont, &
queftions auxquelles me faire cent
que par des monofyllabies je ne répondis
concerterent; ce qui lui fit qui le dé
parti d'attendre le moment prendrel cû ele
ferions feuls, pour
nous
de mon chagrin; ; mais découvtirla il- n'en fut caufe
plus avancé; car ayant eu le
me remettre & de
tems Pde
fes queje devois préparer les répono
-
lui nire,jefacomr
épont, &
queftions auxquelles me faire cent
que par des monofyllabies je ne répondis
concerterent; ce qui lui fit qui le dé
parti d'attendre le moment prendrel cû ele
ferions feuls, pour
nous
de mon chagrin; ; mais découvtirla il- n'en fut caufe
plus avancé; car ayant eu le
me remettre & de
tems Pde
fes queje devois préparer les répono
-
lui nire,jefacomr --- Page 117 ---
[ro9]
pagnai après fouper jufques dans fa
chambre, oi l'ayant embraffe, je. le
ptiai de, n'être point furpris de mon d'un
troubles qui n'étoit que Feffet lerêve de la nuit derniere, pendant Vietoire
queljavois cru voirma chere
veentre les mains d'un Forban
à la
noit de T'enlever, & que
Pa3r
vraie caufe du noir
javois le eu
toute la journée. Ilfe Nt à rire,je
quittai &cj'allai me coucher.
Je ne vis que le lendemain au foir,
Dom Gorgias, qui m'aborda avec un
air ouvert, & me propola d'aller
lui,
nous
creres
mener avec il me Quand dit : la Penfionfans témoins,
à la grille
naire que vous avezvuehier Thérefede Vocance;
fe nomme Dona
& eft fille d'un
elle a dix neuf ans, - a été tué, il
Corrégidordu Bréfil, qui
ya trois ans, dans une émeute
Sa
de gros
Sene
laire.
veuve jouit
que fon mari luia laiffés, & qu'ilavoit
amaflés dans fa charge. Cette jeune
perfonne a un frere fans efprit & fans
moeurs,, il eft l'idole de fa mere qui,
pour lui. procurer un établifiement dans
auffi avantageux qu'honorable, veut
iine honnête famille de ce. pays, --- Page 118 ---
la forcer à fe faire Iitol
aimable fille a
religieufe. Cette
qu'a préfent, & roujours il
tenu bonj juf.
qu'eile ne changera y a apparence
dantant l'on
que toures pas les de fehtiment,
mere lui fait, ne
menaces que
a vouln la Feftrayent point. Sa
mois, & la
retirer, ily a
fa fille qui la prendre connoit avec elle; quatre mais
fie, a implore la
& qui s'en mé.
veuve d'un
protedion de la
mée, & qui Fildalgos, a choili dontelle eft aie:
Vent. pour fa
ce même Couvient d'obtenir retraite, Cette
pour que l'on ne un ordre de la dame
à en fortir; elle puiffe la
Cour,
la penfion
a en même contraindre tems
ef des quela maredoitiaie
fixé
plus honnètes & donner,
aux
Ea
julgu'a ce richeffes de la proporatteint
que cette demoifelte famille,
toute la l'age oà elle pourra jouir ait
dans la portion
lui
de
a d'ailleurs fucceffion 2ite fon appartient
el'e le
la liberté de pere fortir : & elle
ami, me juge dit-il, à propos.
quand
favoir.
ce
Voila, mon
Cela ne quevousavez defiré
coup, luirépondis navance pas beaureux fous6 je voudrois je,Ten fuis amou.
à préfent
toute la l'age oà elle pourra jouir ait
dans la portion
lui
de
a d'ailleurs fucceffion 2ite fon appartient
el'e le
la liberté de pere fortir : & elle
ami, me juge dit-il, à propos.
quand
favoir.
ce
Voila, mon
Cela ne quevousavez defiré
coup, luirépondis navance pas beaureux fous6 je voudrois je,Ten fuis amou.
à préfent --- Page 119 ---
tr]
trouver quelquun qui m'en Gtfaire la
connoiffance, afin de lui déclarer l'effet que fes charmes ont produit fur rémon corur. Rien de plus aife, me
pliqua.t-il; on voit bien que vous ne
connoiflez pas les ufages de ce pays,
laiffez-moi faire, je vous mettrai entre
les mains d'une ancienne Duegne fort
expérimentée dans ces fortes d'intrigues, & qui, ou je me trompe fort, huit
vous fera faire plus de chemin en
jours,que vousn'en feriez en huit mois
dans votre pays.La difficulté defevoir
&defe parlerichoil'ons n'apasletems eft la vraie
de filer comme chez vous,
eaufedclarapilirédes progrés quel'on
fait. On ne réuffit pas roujours pour s'en
cela;mais on fait au moins à quoi
tenir & l'on prend fon parti ; ainfi je
yous confeille de tenter l'avanture 3
d'écrire à votre maien treffe, conféquence, & de lui faire une déclaration
en regle; je remettrai votre lettre à
cette Duegne, qui la lui rendra le
lendemain matin,8 fur le foir, je
vous porterai la réponfe. .II m'emmena
enfuire chezlui, me donna de l'encre
& du papier, 8cj'écrivis ce qui fuit. Dona A
32 Que penfera Tadorable --- Page 120 ---
H Therefe de (rx2]
5 d'un
Vocance, de la
* une feule François fois qui, pour l'avoir témérité
9 ofe lui faire à la gtille
vue
3)
la famme
aujourd'hui avanthier, l'aveu
$) eft forti qu'elle lui a
de
3> traits. d'auprès d'elle infpirée? Il
9 ment, Il en mourra percé de fes
9) fufer d'aller fi elle a la cruanté infaillible- de lui
chercher à fes
re
9) laguérifon lui
des
genoux,
ont faites. bleffures que lesyens 1
Le Chevalier D ***
Je cacherai ce
mon ami, qui voulut biller.je le donnai à
ger; il me Feconduift bien s'en charcaros, & nous nous chez Dom SaComme cette
féparàmes,
déclaration m'avoit
M:
(malisge.ier
de Prépont fusplus m'en gaique la veille.
minforma fes
avoit felicita, & il
anciens
enfin retrouvé
leur fortune
mais que
ffures que lesyens 1
Le Chevalier D ***
Je cacherai ce
mon ami, qui voulut biller.je le donnai à
ger; il me Feconduift bien s'en charcaros, & nous nous chez Dom SaComme cette
féparàmes,
déclaration m'avoit
M:
(malisge.ier
de Prépont fusplus m'en gaique la veille.
minforma fes
avoit felicita, & il
anciens
enfin retrouvé
leur fortune
mais que timeroit fort eenfadabred heureux
qu'ils'et.
tirer feulement
s'il
gu'ils lui
un tiers des ponvoit fommes reavoir un devoient, & qu'a cet effetil
chez lun render-vous deux,
dans huit
oir tous fe rendroient jours; --- Page 121 ---
[1131
enfemble des arranges
pour. prendre
mens.
diner Dom
'Le lendemain, après,
Gorgias m'apporta un petit papicr. de
Cans fignature qui contenoit ce peu
:
mors. 9 La duegne ira vous. prendre de-
> main, fur les quatre heures, dans
> T'endroit dont vous conviendrez en5 femble, fuivez là oût elle vous conduira, & vous recesrerdexive-vois
5 la réponfe à votre billet.
de fa
Je remerciar Dom Gorgias: dire
complaifance, & je le priaide me
au vrai fon fentiment fur cette avanture; je n'y. vois rien que d'avanta- aivous, me répondit cet
mable geux pour ami; ona 5 reçu votre billet,
quand on a fçude qui il venoit, on &
l'a lu, on'la mis dans fa poche,
on vous a envoyé la réponfe que
vous venez de lire. Si on n'avoit pas
été bien dilpofé à votre égard, on auroit déchiré votre. lettre 3 ainfi vous
devez être tranquille de ce côté, &
je fuis même perfuadé qu'à la tournure que la' chofe prend, vous allrez lieu d'être content. Il fe chargea --- Page 122 ---
[114]
le diadiqueral lieu du la Duegnele Rucio *
moi chez rendesvons, Dom
1 & il vint spour avec
à fouper, après Sacaros, qui Parrêta
parâmes avec promeffe lequel nous nous f6joindre le
de nous rePlace du Palais lendemain, au foir, fur la
Dopoco **
nommée, OTerreiro
Jef fus exaét à me rendre
la d'après au lieu marqué, &
le jour
Duegae qui im'attendoit. j'y trouvai
julqu'aupres dans
de la porte
Je la fuivis
une maifoa aflez Sainte Croix,
appartenoits elleme fit jolie, qui lu
un petit jardin, oir elle me entrerdansi dit
un
vis moment; ; il nie fur
d'attendre
refe prefgu'aufirot de
NnReErE long, Dona 9 car je
Vocance: : elle étoit fans The.
deprecipial bara fes
mes pas vers elle, je voile.
main gu'elle pieds, , je baifai cent fois tomver; je lui déclarai me tendoit pour me rele- une
l'excès de l'amour
infiantque je
* Belle
P'avois vue; je lui
FR
guifition. Place fur laguelle ef lc Palais peignis
** Grande & belle
de l'indu Roi.
Place on cl Aitue le Palais
car je
Vocance: : elle étoit fans The.
deprecipial bara fes
mes pas vers elle, je voile.
main gu'elle pieds, , je baifai cent fois tomver; je lui déclarai me tendoit pour me rele- une
l'excès de l'amour
infiantque je
* Belle
P'avois vue; je lui
FR
guifition. Place fur laguelle ef lc Palais peignis
** Grande & belle
de l'indu Roi.
Place on cl Aitue le Palais --- Page 123 ---
Lns]
la fenfibilité,8 en même tems la fureur j'adont Tavois éré tranfporté lorique
vois été témoin de la violence la
à
Iui
rietera
avoit voulu
faire, pour
elle
embrafler un état pour lequel
avoit de la répugnance. Je lui proteftai.que G je n'avois pas été Cour intormé à fon
des ordres favorables dela
de tout
égard,) jétois prêt, aux rifcues d'éteindre
ce qui pourroit fon en arriver frere, , lcs idées de
dans le fang de
vouloit la rendre
cupidité dont cn
enfin d'avoir
viétime, Je la fuppliai m'avoit réduiti,
pitié de T'état cul elle
& de répondre à la paficn
finon
m
m'avoit infpirée,
queje déformais
me délivrer d'une vie, qui horrcur,
me feroit d'autant plus en de l'emqu'elle me srouverouindigne fervir. Jela fixai alors, ie
ployera la
& j'apperçus couler
la vis s'attendrir,
m'emdes larmes de fes beaux yeux.Je
preffai à les effuyer avec ma je bouches la ferrai
fes fanglots redoublerent, mes bras, nous
étroitement entre d'unbanc de gazon, elle
étions auprès intention, elle fe débardevina raffa de mon moi, me dit arrêtez Seigneur
François & m'écoutez. Je ne vous --- Page 124 ---
f116]
vous aime, vous
tacherai pas fur queje quand jc vous ai
avez fait
avec Dom Gofla
tas
vu
premiere
queje cralgias, une telleimpreflion, voir, & jen'en
gnois de ne vous plus jai reçu votre bilallarmois. Quand
de
let, j'ai reffenti dés fans molvemens balancer,. jai
joie G. vifs de la que, liberté que j'ai pour
profité
mais
vous donner ce rendez-vous; accorder.je veux
avant de vous rieri
S. Antoine,
que vous me font juriez légitimes, par.
que vous
que vos vues. contrafté d'autres engagen'avez pas
vous ferez conftant 3
mens , & que de votre nation n'ont pas
car les gens
Faites vos réflexions,
cette réputation, demain nous nous retrouve-
& après pareilleheure qw'atjoundhui.
ronsicil la Duegne à l'inftant , qui
Elle appella dans un fallon, ou en cornous mena des ordres que je lui avois
féquerice
trouvâmes une fort jolie
donnés, colation nous dans le gout du pays; nous d'aenfuite, , & plein
nous féparâmes
Tallai joindre
mour & d'efpérance, Dopoco; ,
Dom Gorfur TOTerreiro m'attendoit dephis plus d'une
gias qui
heure.
.
ronsicil la Duegne à l'inftant , qui
Elle appella dans un fallon, ou en cornous mena des ordres que je lui avois
féquerice
trouvâmes une fort jolie
donnés, colation nous dans le gout du pays; nous d'aenfuite, , & plein
nous féparâmes
Tallai joindre
mour & d'efpérance, Dopoco; ,
Dom Gorfur TOTerreiro m'attendoit dephis plus d'une
gias qui
heure. --- Page 125 ---
[1171
Auffitôt qu'il miappercnt; il vint
au-devant de moi, je luiracontai les
chofes telles qu'elles s'étoient paffées;
Hé bien, me dit-il, ne fuis-je pas un:
bon prophete; & ne vous avois-je, affaires.
avançoit les
pas bien predie moins qu'on de'tems dans ce paysque.
en dans le vôtre, à caufe de la contrainte,
quel'on.impole ici au fexe.Pour moi,
sjonta-til,je vous affure que f jamais je me marie, ma femme & mes
fillesjouiront dela mêmeliberté qu'en
France, 8z que ma maifon fera crois, ouverte à tous mes amis icef, je
leur ôter un - moyen: de plus qu'elles
auroient de me tromper, & je fuis, 9
en cela, bien éloigné de penfer comme
dont à la vérité,
mes compatriotes,
fort
je n'ai pas la jaloutie. Fapprouvai & iln me quitta
fa façon de penfer,
d'aller:
après m'avoir fait chez promettre. lui. Avant de
diner le lendemain M. de Prépont &
fortir, je: prévins
&
Dom Sacaros de cette invitation,
je fus enfuite chez mon ami, qui me
régala très-bien; mais dans le moment
nous allions fortir de table, un;
que domeltique des Dominiquaines aps
-
Dic --- Page 126 ---
fri8y
porta un billet aDom
conçu en ces
Gorgias.
31 Venez cet termes. sb a r Iétoit
a ami au -
apres-midi avec votre:
9 (c'éroitle Couvent, Dona
39 truira de nom de fafceur) Hortenfia vous
3 Vous fachiez ce qu'il eft nécellaire inf-:
lun &
que
pas, Adieu. Tautroanynane
S diable cela
Dom Gorgias, & fignilBe--il, me dit
foeur de commun que peut avoir. ma:
vouloir que vous avec vous, pour
Allons, partons, & acompacniet
vitede quoiileftg
fachons au plus:
enfuite àla
queflion; ; nous irons
chez Dom Sacaros. Conélie.e de là
1 Nousr ne tardàmes
fouper
aux
pasa nous rendre
au parloir Domiaigeiner , &
nous montâmes
Hortenfia nous aufitôt que Dona
informa que Dona apperçut, elle nous
cance avoit été
Thérefe de Vofurieux mal de attaquéc.la tête & veille d'un
violonté; que
d'une fievre
voit faignée deux depuis fois ce tems on l'adu pied; que l'on
du bras & une
réitérer cette derniere comptoit encore
tendu que fon mal
fur le foir, atuea.lihtnamuest empiroit, &
enieasit
fia nous aufitôt que Dona
informa que Dona apperçut, elle nous
cance avoit été
Thérefe de Vofurieux mal de attaquéc.la tête & veille d'un
violonté; que
d'une fievre
voit faignée deux depuis fois ce tems on l'adu pied; que l'on
du bras & une
réitérer cette derniere comptoit encore
tendu que fon mal
fur le foir, atuea.lihtnamuest empiroit, &
enieasit --- Page 127 ---
: luol
d'écrire
ther, le matin,
la prier lui avoit
frere le
qu'elle
there
(on
Tinformer de l'état ou
fait tenir pour Que l'on juge de ma
elle fe trouvoit. à ce récit : je tombai
confternation
léthargique
ians un evanouiflement heures, & dont
Fuidura plus'de quatre qu'on m'eût ouje ne revins qu'apres dans le parloir même oit
vertla veine
qui en favoit la
érois. Dom Gorgias
furent
kaufe,& fa
la pénétra, Ainfi cet accidifcrets Pun. &
egieane
dent ne fut attribué qu'au hafard. être
Quand on: crut queje pouvois chercher. une
tran/porté. on envoya & Dom Gorgias
chaile à porteurs,
chez Dom Sam'accompagna me fit jufques mettre au lit, la fiecaros ; on
& il fe fit une éruption
vre me prit,
mon corps. .Onmanda
genéralefurtour
une fecone
lel Médecin, quim'ordonna clle manqua me mettre au
de tombeau, faignées dont je ne ferois pas Sacaros échap:
pé, fans un Elixir fit que. reffortir Dom tous les
me donna,, , qui la derniere faignée avoit
boutons que M. de Prépont & Dom
fait rentrer.
pendant
Gorgias ne me quitterent fmnt ma mas
plus de quinze jours que --- Page 128 ---
fadie. Ce dernier, (rao]
iecret, étoit
qui feul avoir mon
à aller & venir conpintacllement de chez
occupé
fceur, & de chez fa
moi. chez fa
tant
foeur chez. moi,
de tour Thérefe im'apprendre des nouvelles
pour lui en donner de des Vocance, que
conduifitavee les
tant de miennes. Ilfe
nous raports qu'il nous prudence fit,
dans
occalfionna aucunes
qu'il ne
Loriqu'il vit queje
rérolnions
fontenrlat ilme pouyois, fans danavec
E.
lui au
propola d'alverrois Dona Couvenr, Thérefe & que iy
avec Dona
de Vocance
lui dis-je, mon Hortenfia. ami,
Dès demain,
& allez dites dans ce moment en-Pembraffant, les
fera
à la premiere que enprévenir, cette
plus eficace
faveur
bliflement de ma
l'entier rétaremedes du
Emdi
&
monde. Il que tous les
revint tine heure partit aufitôr,
que Pon me verroit après m'avertir
gu'onle défroitavec avec plaifir, &
fcment que moi,
autant d'empret
DomCorpar vintmep prendre
dxpnbs,arimedi mésauxI
diner, & nous lejour alla.
dames Dona Domniquainee Nous demanHortenta, quife rendit
an
bliflement de ma
l'entier rétaremedes du
Emdi
&
monde. Il que tous les
revint tine heure partit aufitôr,
que Pon me verroit après m'avertir
gu'onle défroitavec avec plaifir, &
fcment que moi,
autant d'empret
DomCorpar vintmep prendre
dxpnbs,arimedi mésauxI
diner, & nous lejour alla.
dames Dona Domniquainee Nous demanHortenta, quife rendit
an --- Page 129 ---
Eiil
avec Dona Thérefe de Vo:
au parloir mon ami fut entretenir fa foeur
cance à unl bout ; dela grille, 2 8 moi, ma maitreffeàlautre. Notre converfation fut
d'abord muette, nos yeux fenls Thé- en
firent les frais : enfin Dona dit: La
refe rompit le flence,& me
preuve que vouS venez de me donner
de votre amour, M. le Chevalier, nec
confirme bien la vérité de tout. ce que
vous m'avez annoncé; c'eft 3 préfent
àr moi à prendre ma révanche, &je
n'attends que le moment. out je pourrai nv'acquitter envers - vous. Soyez
affuré de toute ma tendreffc, & qu'avant qu'il foit peu vous aurez de mes les
nouvelles par Dom Gorglas,. qui des
recevra de fa foeur, parce. quejai daraifons pour que l'on ne voie pas
vantage ici cette duegne ni vous non
Repofez-vous fur moi, achevez
plus. de vous rétablir, ne vous étonnez
point des préceutions que je
elles ne tendent qu'à vous
LTnes
Adieu, on m'épie, &je fuis obligée de
elle me préfenta en
même vous Trde fa main, queje baifai, &
elle difparut, Je rejoignis àl Vinftant
Dom Gorgias & fa foeur : celle-cime
Part, 111.
F --- Page 130 ---
[iza]
rétablrffement. témoigna beaucoup de joie de mon
térêt qu'elle avoit Je la remerciai de l'inà ma fanté; je la bien voulu prendre
corder. la continuation fuppliai de
de m'acelle me le promit, nous fes bontés; 2
congé d'elle, & nous nous primes enfuite
Dom Gorgias ne
retirâmes,
ler régulierement manquoir pas d'alvoir fa foeur; c'étoit tous les deux jours
gu'il faifoit remettre par fon canal
Dona Thérefe de
mes lettres à
j'en recevois les réponfes. Vocance; & que
déjà huit jours que
lly avoit
Pondance ,
dureiisotrceorret
lorique Dom
nous annoncer que Dona Gorgias vint
feroit le jour d'après fa
Hortenfia
engagea toute la maifon profeflion. de
Il
caros dy venir. J'y fus en mon Dom Saculier avec d'autant plus de partije me flattai d'y voir Dona plaifir,
Ruc de Vocance;
Thé.
pas, car elle s'étoit 5 je ne me trompois
dans-le chaeur,
placée de façon
à-vis d'elle, & hos que je me trouvaivisoccuppés, qu'ils yeux furent fi bien
que rien de la cérémonie. R'apperçhrent Je
lement de Dom
fçtts Pet
voit jamais Vu perfonne Gorgias, qu'on n'a.
fairefes voeux
me flattai d'y voir Dona plaifir,
Ruc de Vocance;
Thé.
pas, car elle s'étoit 5 je ne me trompois
dans-le chaeur,
placée de façon
à-vis d'elle, & hos que je me trouvaivisoccuppés, qu'ils yeux furent fi bien
que rien de la cérémonie. R'apperçhrent Je
lement de Dom
fçtts Pet
voit jamais Vu perfonne Gorgias, qu'on n'a.
fairefes voeux --- Page 131 ---
[u3]
avec autant de joie que fa faur en
témoigna en cette occalion. Nous affiftâmes auffi att repas que la famille
nous allâmes faire
donna, aprèslequel
dont
une vifite à notre jeune profeffe,
enfuite congé, & nous
nous primes
où Dom
nous en allâmes au logis,
Gorgias foupa,
fortant dela meffe,
Le lendemain,en
& en paffant fur la place dite Ribeira,
je fus abordé d'une femme couverte billet
d'une mante qui me remit le
fuivant.
vous a a vu hier
3) Une perfonne qui defireroit avoir
2 aux Dominiquaines,
Si vous êtes
1 un entretien avec vous. font ordinairele
>2 auffi galant que de votre Nation, ren9) ment les gens
tombant à
9 dez-vous ce foir au jour
s) la porte S. Vincent, vous y trou3; verez la duegne qui vous remettra chez.
& elle vous conduira
1) ce billet,
aurez lien d'être fa99 moi, oit vous
9) tisfait de votre complaifance. faire
Comme je n'en voulois pas
ufage, je n'eûs rien de plus
à ANE
de le faire voir à Dom
RPNE
de Prépont, & à Dom Sacaros ; ils
rirentbeauicoup de ma bonne fortune;
F ij --- Page 132 ---
mais la crainte [124]
curiolité.jene donnaffe qu'ils elirent, que par
les
dans ce
engagea .
à fairela partie
piege,
Comédie, & ils
d'allerala
eux.
m'emmenerent avec
- Deux jours
me mettre à table après, 5 comme j'allois
Gorgias arriva, il pour fortoit fouper, Dom
fceur, oir il avoit
de chez fa
de Vocance,
vu Dona Thérefe
billet cacheté qui lui avoit remis un
qu'on s'en
qu'il me donna fans
lorfquej je fus apperçur, dans Je ne le lus
ce qu'il contenoit, ma chambre, Voici que
>Je ferai
9> dans la maifon demain, de à trois
5)
la
hentres,
Croix,
porte Sainte2) ne tardez prévenez-en à
la
&
pas
venir duegne,
3) prix de votre amour & recevoir le
2> délité. Adieu.
de votre fiJ'allai de grand matin chez
det Gorgias , qui voulut bien fe Dom
ma commifion, &
charger
rendre
qui vint m'en
me, rendis réponfes à
je dinai chez
Theure
lui,je
porte
indiquée, à la
même Sainte.Croix, tems,
& jy arrivai en
que Dona
Vocance. Je volai à l'inflant Tbérefe de
bras, nous nous
dans fes
prodiguâmes mille
fiJ'allai de grand matin chez
det Gorgias , qui voulut bien fe Dom
ma commifion, &
charger
rendre
qui vint m'en
me, rendis réponfes à
je dinai chez
Theure
lui,je
porte
indiquée, à la
même Sainte.Croix, tems,
& jy arrivai en
que Dona
Vocance. Je volai à l'inflant Tbérefe de
bras, nous nous
dans fes
prodiguâmes mille --- Page 133 ---
fisl
careffes; cette aimable fiile enfin ne
me laiffa rien à délirer, je fus heu.
reux; nous convinmes enfemble
fois la femaine
danc
nous irions deux
cet endroit, ne le pouvant davantage,
de peur que des forties trop fréquientes ne fiffent naitre des foupçons con-.
tre elle ; 8 après avoir fait notre collation, nous nous féparâmes.
Nous fimes fort exaôts à nous trouver à ces rendez-vous pendant quatre
mois, & nous n'effuyâmes aucunes
contradi(cions; mais un : événement
auquel je donnai lieu, fufpendit nos'
plaitirslefpace de dix jours 2 & un autre
mit fin pour toujours.
V jour que Jallaia la meffe avec
Dom Gorgias & M. de Prépont, dans
une Eglife dédiée à Saint-Antoie de
Padoue, pour lequel les Portugais
ont une telle vénération qu'clle dé.
génere fouvent en extravagance, je
vis fur l'autel d'une collatérale, En
jettant les yeux de-çà & de-la, trois
figures, dont deux repréfentoient des
Saints, 8c l'autre une Sainte ; elles
étoient cnluminées, richement habillées à la romaine, 2 dans le goit
que le font nos Aêeurs dans une TraFij --- Page 134 ---
[126]
gédie, & elles fe tenoient
par la main. Ce
toutes trois
& fans en fentir ridicule les
me frappa ;
m'avifai de dire à Dom confequences, je
nie demandoit mon
Gorgias, qui
ipcéacle, qu'il n'y fentiment fur ce
qu'un orcheitre
manquoir plus
marionettes, Il pour faire danfer ces
que ce propos fut y: a toute apparence
ques-uns de
entendu par quelme dénoncer cesfanatiques au Tribunal qui furent
fition; car des le foir
de Finquiavoir Gorgias 2 qui, je ne fais même, Dom
été informé des ordres comment 2
avoitdonnés pour
que l'on
en avertir. Heurenfement m'arrerer,vintr nous
le.Port quily avoit depuis trois pour moi
commandé un vaifleau du Roi jours, de France, dans
avoir amené par M.
un
Duquefnel, qui
Cour-Dum Sacaros Ambaffadenr à cette
Prépont de m'y
propofa à M.de
un azile facré, d'oi conduire' comme dans
de Finguifition
toutes les forces
Nous nous y nepourroient me tirer."
le
rendimes à
homme Capitaine, 3 qui étoir le Tinlant; &
du
plus aimable
dit
monde, & à
compte de mon
quil'on renaveç beaucoup de affaire, me reçut
plaifir, & promit
-Dum Sacaros Ambaffadenr à cette
Prépont de m'y
propofa à M.de
un azile facré, d'oi conduire' comme dans
de Finguifition
toutes les forces
Nous nous y nepourroient me tirer."
le
rendimes à
homme Capitaine, 3 qui étoir le Tinlant; &
du
plus aimable
dit
monde, & à
compte de mon
quil'on renaveç beaucoup de affaire, me reçut
plaifir, & promit --- Page 135 ---
[1271
le lendemain il liroito chez M. lAm
que baffadeur
l'engager à s'intéreffer
en ma RIEOREI afin de faire ceffer toudes Inquifiteurs, &
tes les pourfuites entierement cette affaire. I
alloupir tint parole. M. de Prépont, Dom Sacaros & Dom Gorgias de leur côténe
demeurerent point oififs; au bout
de dix joursieus la liberté de defcendreàterre. Pendant ce petit exil, Dom
Gorgias & M. de Prépont ne me quitterent prefque point, ce premier ne
manquoit
de m'apporter d'un jour
à l'autre eaa nouvelles de Dona Thérefe de Vocance, & de lui en donner
des miennes. Auflitôt que je fus délivré, M. Duquefnel me mena chezM.
PAmbafiadeur, quie je remerciai des
démarches qu'il avoit bien voulu faire
pour moi. Il me recommanda d'être
plus circonfipeêt à l'avenir, & de ne
jamais oublier que lorique l'on étoit
il falloit s'hadans un pays étranger, Olt au moins
bituer aux ulages reçus, l'on courgarder le filence, finon que de fâcheufes
roit rifque de s'attirer
affaires.
fi cette inIl eft à préfumer m'étoit que arrivée dans ce
confidération
Fiv --- Page 136 ---
[ra8]
temscifaurois eu
peine à me tirer beaucomp moinsde
à la
dembarras
tion Philofophie des
& à la folide cargrace
pujs un, Pafteurs qui
inftruc
:
travaillent
puis le
fiecle; en particulier de- dedéchirer commencement le voile dont de celui-ci: à
natifme que lon
fe couvre le fade la vraie Piété, Peut le appeller lelinge
bien ralanti, & on fairà zele outré s'eft
tinguér de fimpiété les préfent dif
dès pos, à la vérité, toujours mauvais progu'ils ont la:
criminels,
monics pour objet. religion ou fes cérédouceur & la
L'humanité : la
croit chaque modirationss qui s'acSciences & des jour en proportion des
enfin intro duites BellasLenres, fe font
bunal redoutable, julques teint dans ce Trifang des
fi fouvent dur
tout Taplanuifonion innoeens; & on a Vil avec
année, PAuto-da fé, fe poflible cette
léesà qu'ily ait eu aucunes célebrer fans
fa feverité.ce vidlimes immolongtems Pobjet des qui étoit depuis
FEarope,
voeux de toute
Princes qui pusainrekmate ont eu affez
grands'
pour ofer, lun * fe
de courage
tLe Roi de Portugal, mettre à la tête
ce Trifang des
fi fouvent dur
tout Taplanuifonion innoeens; & on a Vil avec
année, PAuto-da fé, fe poflible cette
léesà qu'ily ait eu aucunes célebrer fans
fa feverité.ce vidlimes immolongtems Pobjet des qui étoit depuis
FEarope,
voeux de toute
Princes qui pusainrekmate ont eu affez
grands'
pour ofer, lun * fe
de courage
tLe Roi de Portugal, mettre à la tête --- Page 137 ---
[129]
de Tinquifition , pour en réformer.les fentiabus ; Tautre * faire. paffer fes
mens de clémence & de compaflion
dans les Juges qui lacompofent. d'infiruire Dona
Je ne négligeait pas
Thérefe de Vocance de ma liberté;
elle m'écrivit qu'elle iroit dès le jour
ordinaire, je
même au rendez-vous : ainfi notre
n'eus garde d'y manquer mats il ne
commerce de duré, recommança, car att bout de cinq
femaines, fût pas
clle m'annonça que c'étoit
la derniere fois qu'clle me
pour voyoit, attendu que la veuve du Fildalgos, qui la protégeoit, vouloit
Commenfalde
la marier à un Officier
ce
la Maifon du Rois que quoique
fut un fort bon érabliffement, à l'abri des
la mettre
e
pouvoit
recommencutions de fa famille, qui
f cette
ceroient indubitablement ,
dame, qui étoit fort Agée a . venoit à
mourir, il Y avoit plus d'un mois
qu'elle le refufoit: mais que la veille
on lui avoit fait entendre que fi Offi. clle
ne fe décidoit pas à époufer cet
cier dans deux jours,, on l'aban- donc
donneroit entierement. Je fuis
*Le Roi d'Efpagne.
Fy --- Page 138 ---
forcée,
L3o]
malgré moi ajouta-r'elle, 9 de foufcrire
dame, crainte aux de volontés de cette
tn état pareil là celui me où retrouver dans
&je vous avoue
la j'ai déjà été,
roit préférable. Eile que
mort me fedroir un torrent de verfa en cet endis les miennes larmes; je confoncareffes y
avec les fiennes, nos
mes les adieux facederent. les
nous nous finous nous féparâmes plus tendres, &
plus revoir.
pour ne nous
a Je fus informé trois
que Dona Thérefe de Vocance jours après, 9
effedivement ficier du
donné fa main à cet avoit Of.
Palais.
cette nouvelle Quoique prévenu,
ment, & Dom m'afligea extrème
muniquai mon Gorgias, à quije combeaucomp, il fit chagrin ce
2 me plaignit
qu'il pur
confoler, 2 en me procurant pour me
tes-de
toutes ford'un autre'côté, divertifemens. M. de Prépont
ner fes affaires qui venoit de teimivais
en faifant un fort maume laiffa arrangement avec fes
entrevoir un
debiteurs,
part. Madame de
prochain dés
qui pour, la premicre Norloy, fois dailleurs,
mois, fe prélenta à moni depuis fix
imagination,
rin ce
2 me plaignit
qu'il pur
confoler, 2 en me procurant pour me
tes-de
toutes ford'un autre'côté, divertifemens. M. de Prépont
ner fes affaires qui venoit de teimivais
en faifant un fort maume laiffa arrangement avec fes
entrevoir un
debiteurs,
part. Madame de
prochain dés
qui pour, la premicre Norloy, fois dailleurs,
mois, fe prélenta à moni depuis fix
imagination, --- Page 139 ---
is:1
m'occafionaa des remords fi cuifans rendu
des infidélités dont je m'étois pourles faire
coupable envers clle,que infenfiblement à
tatesemacostums comme un fonge, tout ce
regarder
jene RS
m'étoit arrivé depuis que
vue; & les Counhis-seeserailis été féduites
qu'à ce moment 2 avoient
alors 9
par Pillufion, connoitre fe développerent que mon coeur, 2
& me firent
ceffé d'être à elle. 9
qui n'avoit feulement jamais été dupe de mon
avoit
E
tempérament.
jours après cet évéEnviron M..de quinze Prépont m'annonça
nement, avoit dans le Port un Navire
EAAa qui,à la fuite d'une tempête
furieufe, avoit été obligé de relâcher dans
route
à Lisbonne, quildevostarer Martinique, & quilsétoit
peu pourla avec le Capitaine pour notre
arrangé
pallage. J'employai le peu de tems que ville, je
devois refter encore dans cette tant er
à faire quelqués emplettes 2"
d'or
en tabac du Bréfil, qu'en pieces
de quatre mille rayes quaivechangeat d'Efcontre des piaftres, des J'eus piftoles yrai re
pagne & des guinées, --- Page 140 ---
[32] J
gretde quitter Dom
j'étois des plus attachés,
auquel
ritoit d'autant
quile méTtLS
prouvé combien mieux, il étoit qu'il m'ayoit
mon ami,
réellement
Nous dinâmes enfemble
notre départ, après lequel le jour de
Amnbanqulmes, & le
nous nous
Août 1731,nous
lendermain, 18
mes voile pour la appareillâmes &c fiLisbonne, 2 Capirale Martinique. du
Portugal, eft une des Royaume de
des plus anciennes ville principales &
Elle eft Aituée fur le
de lEurope,
lieues de r'Océan, Tages à quatre
ville, 3 &
7 foixante de Sevaiffeaux trente-cing mouillent de Coimbre, Les
Château d'almada, entre la ville &1 le
d'ean. Elle eft
à18 ou zobraffes
& renommée par grande, le
riche, belle
dérable quisy
commerce confiteau, & elle ef fait;elle bien a un bon ChâPort eft un des meilleurs fortifiée. Son
célebres de FEurope, fon & des à plus
d'environ
à
érendie eft
San Bénito cinglieues, prendre depuis
de fable en julqu'a rendent Cafcaés; les bancs
cile. On b'y eft pas à l'entrée Fabri fort diffigants, dont on eft
des ouraune-fouventincom
, belle
dérable quisy
commerce confiteau, & elle ef fait;elle bien a un bon ChâPort eft un des meilleurs fortifiée. Son
célebres de FEurope, fon & des à plus
d'environ
à
érendie eft
San Bénito cinglieues, prendre depuis
de fable en julqu'a rendent Cafcaés; les bancs
cile. On b'y eft pas à l'entrée Fabri fort diffigants, dont on eft
des ouraune-fouventincom --- Page 141 ---
[ 131
modé. Cette ville eft fituée, fur plus:
Geurs montagnes, dont les principa- S. Georles fe nomment S. Vincent, Saintese, S. André, Sainte-Anne, ou plaies 2
de
Catherine & Dafchagas,
on
notre Seigneur. De ces montagnes la mer, le
découvre la campagne 2 défendent
Tage & les Forts Bélemn qui en eft le plus
T'entrée; celui il de eft à deux lieues auconfilérable: deffus de la ville, & toutes les fois
devant,. les vaiffeaux
Rora obligés l'on' paffe de le faluer d'un coup de
Le
eft charmant, &
canon.
paylage
amphiché.
la ville forme un.fuperbe defes bâtimens,qui
tre par la diverlité elle paroit fortlonfont magnifiques; des maifons que Ton a
sue, à fur caufe le bord du feuve, pour la
bâties
ilyen a envifacilité du commerce.
mille,
à trentercinq
ron trente-quatre: Eglifes Paroifhales L : fansquatante celles des Communautés Récompter & Séculieres, tant d'hommes
gulieres de femmes
font nombreufes,
que lefquelles Nr en a de très-belles pari & de fort riches, & en outre plus
dont un très-grand,
fieurs Hopitaux, de tous les Saints, ou ik
qui s'appelle --- Page 142 ---
[134]
L une très-belle infirmerie,
malades en
Lorlque
une petite fomme fortent, on leur donne
aider julqu'a leur d'argent pour les
ment. ily a auff cent parfait rétabliffefrairies, dont les Membres quarante Conle quement occupésà faire la font uniles foulsgement des
quête
prifonniers, & pauvres, à
à sieuer
tiens. La plus
afifter les
fe nomme irmendade confidérable de toutes paou de la miféricorde. da mif@ricorda,
Grands. Le Roi, les C'eft celle des
dalgos & lesiplus
Princes, 3 les Filfont. lly a une grands Seigneurs en
née aux
tresbelle Eglife deftiplus de douze Confireress mille oit l'on dit par an
le repos des ames meffes, de
tant pour
décédés, que pour celui ceux des qui font
défiunts, durant qui ont été affifés panvres
far C tête leur vie. Cette
par elle
un
Confrairie a à
pelle Préfident; Adnunitrareure &c, chofe qui s'apnaire, il ne fort de fa
extraordienviron cinguianter mile charge, écus qu'avec
qu'iln'avoit
de moins
se le conferveron lorfquil eft entré; auffi
pour lui éviter
an en
AXot
roit à fouhaiter, une ruine totale, place, Il fe
pour la reftautation
far C tête leur vie. Cette
par elle
un
Confrairie a à
pelle Préfident; Adnunitrareure &c, chofe qui s'apnaire, il ne fort de fa
extraordienviron cinguianter mile charge, écus qu'avec
qu'iln'avoit
de moins
se le conferveron lorfquil eft entré; auffi
pour lui éviter
an en
AXot
roit à fouhaiter, une ruine totale, place, Il fe
pour la reftautation --- Page 143 ---
frs1
de quantité d'Hôpitaux qui font en
France, dont les revenus ont été diffipés, que l'on ne mit à leur tête que
de pareils Adminiftrateurs Ils ne feroient pas à la vérité bien faciles à
trouver, à moins que ce ne fht-parmi
abreuvés
nos vieux Financiers 9
du
des miférables,
prelfés
E
fang
de leur:
TR
les remords
confcience,
roient charmés qu'on leur préfentàr
une occafion auffi favorable de faire
une honête & uitile reftitution.
On voit dans cette ville plufieurs
belles places publiques. Les plus confidérables font celles que lon nomme
O Terreiro do-Poco, oir ett le Palais
du Roi & celui de r'Afaudega ou de
Douane. Cette place eft au milieu
la ville, fur - le bord du Tage, d'otle
Roi peut aifément voir tous les vaiffeaux
entrent & qui fortent du
Port. Rucio, fur laquelle eft le
Palais de Pinquifition & le Ribeira. II
ya en outre quantité d'Edifices & de
Palais fuperbes un Parlement que
l'on nomme Rélacao; c'eit toujours
en eft premicr
un grand Seigneur qui
il ne
Préfident, il eft homme d'épéc..
la quitte pas quand il fiege, 8 il eft --- Page 144 ---
vêtu de noir, / 0136
rabat, lly a auffi avec un un manteau & un
Areharoqus les
quia Patriarche & un
Evéqties de
pour Suffragants
d'Angola, de S. Leira, de la Guarda,
l'ifle ques du Cap vert, Thomas, de
de S. Jacde
Funchal dans
de Terere, Madere, & d'Angra dans celle
Baffe Guinée.
de Congo dans la
béaux L'hôtel de ville cff un des
&cilef morceaux que l'on puiffe plus
dérable compofé d'un nombre voir,
d'Enangers d'oficlers I y a
confi.
cette
qui fe font
beaueoup
ville, à caufe du établis dans
promenadetfont font à
belles, comercer les.
P'infois mais 3 les
ment attelés
plus caroffesy
des chevaux. avec des mules commune
il" y a dans Les dehors font qu'avec
magnifiques tous fes environs riants ;
n'yag
maifons de
de
les il gueres de rues aux campagne, Il
Vierges. n'y ait quelquios Kcomadtiquel
& le
Onles
Madona Ou
y Va faire peuple de ruminctopstesr l'un & de
foirs;
iez
fes prieres; On en Fautre voit fexe
qu'au expravagan fang; & pour s'y fiufliger d'afs
tant de ce
en juf
ou
forCMeINcArS
fe
pieux exereice, ils
profiquer, ou aflommer vonts
lears
Il
Vierges. n'y ait quelquios Kcomadtiquel
& le
Onles
Madona Ou
y Va faire peuple de ruminctopstesr l'un & de
foirs;
iez
fes prieres; On en Fautre voit fexe
qu'au expravagan fang; & pour s'y fiufliger d'afs
tant de ce
en juf
ou
forCMeINcArS
fe
pieux exereice, ils
profiquer, ou aflommer vonts
lears --- Page 145 ---
1137)
ennemis. Les meurtres n'y font cependant plus fi fréquens qu'ils étoient
Autrefois, furtout depuis que l'on a
aboli de certains endroits privilégiés
qui fervoient d'aziles aux criminels,
K les déroboient à la juftice, qui ne
pouvoit pas les en tirer.
font fuLes Portugais en général
perftitieux & même fanatiques ; iln'y
de Marchands ou d'àrtifans
a 9 pas
de
Rt
h'aient un S. Antoine Padone,
plâtre oubois : ils ont pour
en pierre,
vénération &
ce Saint une grande
Ils Pinvoune confiance aveugle.
tous les matins, & ne manquent jamais -
delintéreffer, en
quent mettant quelques beaux
ReLEn
des coliers, des bagues, des chapelets
&c. mais G le foir le. Saint, par quelcaprice ol1 mauvaife humeur , a
que
leurs
été fourd à leurs 1 cris, & que tout
été exaucés en
voenx n'ayent ils pas le
le deshaO1I en partie,
prennent, la nuit dans
billent, le mettent paffer du tems, & quelune cour 2 à l'injure à cette pénitence
quefois ils ajoutent de bâton & des apoftrodes coups horribles. Le lendemain ils vont
phes rechercher, ils le mettent à fa toile lette, & ils lui adreffent de nouvel- --- Page 146 ---
les prieres. J'ai [138] été
dans le Navire
témoin un jour
mena de Surinama Portugais -
qui m'emcè que nous avions Lisbonneque parefluyé un orage
Mergaionranign leur S: Antoine,
de
7 lui
Maretotsprinene
cent coups de
donnerent plus
rent enfite par le garcettes, l'attache-
& le jetterent à la colavec du bitord,
retirerent que le lendemain mer, d'oir ils-ne le
premier quarhquieft
matin atr
ficommence à huit celnidela priere.
& ainfi les autres heures, finitàr midi,
quatre heures en uccefifivement, de
Je ne m'étendrai quatre heures,
la defcription de cette pas davantage fur
Martiniere
ville, M. de la
rer à cet égard n'ayant rien laifé à defipar le détail
circonflancis Ledteurs
quil en a fait. Ainfi exad 8
curieux
lés
cours. Il feroit à peuvent fouhaiter ya avoir reGéographe eût étéaufi bien que ce
quantité d'autres
fervidans
données, & qu'il defcriptions eût
qu'il a
méinoires plus fideles travaillé furdes
que ceux du Pere
& plus récents
Dutertre,
Labar, & du Pere
arrêtés à des Dominiguaine, chofes
qui fe font
fes
plus minutienswebesnicient.feu. ilet bon
lés
cours. Il feroit à peuvent fouhaiter ya avoir reGéographe eût étéaufi bien que ce
quantité d'autres
fervidans
données, & qu'il defcriptions eût
qu'il a
méinoires plus fideles travaillé furdes
que ceux du Pere
& plus récents
Dutertre,
Labar, & du Pere
arrêtés à des Dominiguaine, chofes
qui fe font
fes
plus minutienswebesnicient.feu. ilet bon --- Page 147 ---
[1391 -
de faire obferver par rapport aux defcriptions que le premiera donnécs des
Ies du vent, que dès 1728,lcs chofes
étoient bien différentes de ce que ce
Pere les avoient vues ou cru voir
en Le'dix-feptieme 1702,
jour de notre départ de Lisbonne, nous rencontrâmes
faifoit force de voile
un Navire qui reconntmes à fa mafur nous ; nous
Forban
noeuvre que c'étoit un
qui
avoit envie d'en découdre : mais comme nous étions meilleur voilier intention que
lui, que d'ailleurs" notre
n'étoit pas de nous battre, nous profitâmes de notre. avantage, & nous le
perdines de vue dèsle jour même.
Enfin après une traverfée de quarante 8 un jours , nous: mouillâmes le 28
dans la.rade du Fort S. Pierre, demi
Septembre 1731, feize mois &
depuis que nous en étions partis pour
aller à S. Vincent.
Nous y reftâmes trois jours, pen- indant lefquels M. de Trainfort nous
forma que fa traverfée avoit été fort
heureufe ; qu'à fon arrivé au Fort S.
Pierre,il avoit défarmé & fait'emmagafiner toutes nos marchandifes, dont
ila avoit eu le tems de fe défaire pen- --- Page 148 ---
danitnotre
[140]
produit un abfence, bénéfice &qu'elles avoient -
nous dit auffi qu'il avoit confidérable. Il
lettres àl leurs adrelles,eq remis nos
h-sh.ayant eu avis
que le fieur
que fon frere étoit à dephis la
deux mois
avoit profité de Foccafion Louiziane > il
timent qui y alloit
d'un bamais qu'avant de pour s'y rendre;
remis sies 3600 liv. partir, > il lui avoir
avoit eu la bonté de que M, de Prépont
raçao, &
Iniavancer àCuvers le mois quilcomptoir de
être de rétour
pour venir à la traite Mars, affez à tems
mois de Mai,
avec nous au
Par le compte
de Trainfort, je vis que nous rendit M.
particulier, depuis que mon bénéfice
courfe, fe
que j'allois en
de tous frais, montoit, à
déduétion faite
joint à mes
65780 livresy ce
un total
premiers fonds, formoit qui,
je me trouvois dezgcoo liv. effedives dont
Pendant notre pofeffeur.
Pierre, nous allâmes féjour au Fort S.
fite à M. Hintendant,c pour rendré vimajs nous
àM. de Brach ;
tis depuis apprimes qu'ils étoient
nue du Confeil quelques jours pour la par- teSupérieur.
tous frais, montoit, à
déduétion faite
joint à mes
65780 livresy ce
un total
premiers fonds, formoit qui,
je me trouvois dezgcoo liv. effedives dont
Pendant notre pofeffeur.
Pierre, nous allâmes féjour au Fort S.
fite à M. Hintendant,c pour rendré vimajs nous
àM. de Brach ;
tis depuis apprimes qu'ils étoient
nue du Confeil quelques jours pour la par- teSupérieur. --- Page 149 ---
[141] ]
M. de Prépont chargea M. de Trainfort d'aller avec une de fes barques à
la Guadeloupe 8c à Matie-Galanté,
afin d'y prendre les effets dont' nous
avions befoin pour la campagne
prochaine ; je luiremis une lettre pour
Madame de Norfoy, que finftruifois
de mon retour, & je lui promettois
de l'aller joindre dans peu.
L.e 2 Oaobre, nous louâmes un
canot de Négres danslequel nous nous
embarquâmes pour le Fort Royal, oût
nous atrivâmes le même jour avant
midi.
En arrivant au Fort, nousa apprimés
que M. le Marquis de Champigny, n'étoit point encore revenu du Confeil,
nous entrâmes dans le fallon, oût nous
trouvâmes Madame de Rupert 8 Made
dame d'Orfon, quinousfeleierenr
notre retour , & nons inftruifirent que
nous avions donné beaucoup d'inquiétude à M. le Général, jufqu'au moment ohilavoit fçu notre arrivée au
Fort S. Pierre; elles me propoferent
en
une partie d'ombre,que j'acceptai
atténdant M. le Gouverneur,
avec
t
parût un inftant après ,. Brach, M,
Panier d'Orgeville, M.de --- Page 150 ---
de
[142]
Poincy, M. Dumay, Procureur
auparavant, &
Rertdrhe
Aufitôt
plufieurs Confeillers,
apoltropha qu'il nous apperçut, il nous
ilfaut
par un parbleus
traits, que Lisbonne ait bien Mellieurs, des atpour vous avoir
longtems. Je ne croyois
retenus f
vous revoir. M. de
en vérité plus
un compte fnccint des Prépont lui rendit
voient forcé à y refter raifons qui l'a-,
favoit déjà celles
autant, car il
à faire ce
qui favoient obligé
rut content, Voyage: puis Cé Général en pame demanda Gi je s'adreflant m'étois à moi, il
amufé.Je lui
beauicomp
fa perfonne & répondis, de Madame qu'éleigné de
foy,ie le priois de me
de Norjuitice, pour être perfuadé rendre'affezde
fibilité quily avoit
de limpof
fufceptible d'aucun quej'eufie pu être
brafla Rcm'emmena plailir. Il m'emcabinet avec M. de alinftant dansfon
nousi informa,q qu'après Prépont, Oùt il
plus d'un an la réponfe avoir attendu
qu'ilayoit écrites à M.
aux lettres
à mon oncle, il en avoit de Lefleville &
une dul premier
enfin reçu
la mort du dernier, qui lui apprenoit
ment, après quelgues qui par fon teftalegs particu-
ie pu être
brafla Rcm'emmena plailir. Il m'emcabinet avec M. de alinftant dansfon
nousi informa,q qu'après Prépont, Oùt il
plus d'un an la réponfe avoir attendu
qu'ilayoit écrites à M.
aux lettres
à mon oncle, il en avoit de Lefleville &
une dul premier
enfin reçu
la mort du dernier, qui lui apprenoit
ment, après quelgues qui par fon teftalegs particu- --- Page 151 ---
E1+3)
avoit Inftitué fa Gouvernante
jers,
univerfelle du peu de bien
Sataire lui refloit, qui ne confiftoit
qui
n'ayant joui pendant arge fa
mneubles, de rentes viageres ; & il ajoutoit,
que
qu'il auroit pris des arranFw'aufifor convenables, ii envoyeroit le
gemens
qu'on avoit demandé.
confentement Général me remit en même tems
Ce lettre qui étoit à mon adreffe, &
fune
les mêmes chofes. Il
qui m'exhorta contenoit à ne me point chagriner, 2
& il me promit que f on tardoit trop
à le lui faire tenir, il fauroit Nous s'y pren- allâdre de façon à paffer outre. la compagnie 9
mes enfuite rejoindre mettre à table.
& nous fûmes nous defcendimes à
Après le diner nous
& moi,&
la ville, M. de Prépont vifite à Madanons allâmes faire une nous donnâmes
me de S. Ange,a de fa qti fille : i'y, reftai endes nouvelles
laifiai M. de Préviron une heure, 2 jy au Fort.
pont, & jeremontai les huit a dix jours qui fuiPendant
je m'occupai à
virent mon arrivée, 8mes connoiflanees,
vifiter mes amis
Madame d'Orfon
parmi lefquelles : mais je me vis cone
étoit la principale --- Page 152 ---
traint de
[144]
ment ; car n'y foit aller que fort rare
vent de quelque que fon mari eût eu
loufie, je
chofe 2 foit ja
nois de m'appercus que je lui don
à ne la iombrage, plus voir ce qui
de Rupert fa foeur, que chez. m'engages Madame
Unj jour que i'y
lorfqu'elle yalloit
vint m'y
étois, M. de
une lettre joindre, de
pour me remettre Prépon
m'invitoit avec Madame inftance de Norfoy qui
quelque'rems niquai à M. avec eile, d'aller Je la pafier
gny,
le Marquis de commu
de pafler quyconfentit, & il m'engagea Champi
poury remettre auparavantdle
un
Guadelouie
recude la Cotir paquer qu'il avoit
Gouverneur de cette pour M. de Poyet,
pont, à qui.je fis partle Ifle. M. de Pré.
cette
lendemain de
avec plaifir, de
voyage
quelques
un
nir avec quildevoh moi, & y faire, jours, pour ve.
roit pas peu à calmer qu'il ne contribue.
que pourroient donner les inquicndes
Norloy les
à Madame de
prendrois du enveiesme retardde
je lui apqu'ainfi nous
notre
main
partirions le mariage;
pour le Fort S.
furlende.
Pierre, afin de
nous
le. M. de Pré.
cette
lendemain de
avec plaifir, de
voyage
quelques
un
nir avec quildevoh moi, & y faire, jours, pour ve.
roit pas peu à calmer qu'il ne contribue.
que pourroient donner les inquicndes
Norloy les
à Madame de
prendrois du enveiesme retardde
je lui apqu'ainfi nous
notre
main
partirions le mariage;
pour le Fort S.
furlende.
Pierre, afin de
nous --- Page 153 ---
embarquer dans un de fes bateaux;
qui nous conduiroit à la Guadeloupe,
& de-là à Marie-Galante. Je le remerciai de fa complaifance, & je le priai
de monter au Gouvernement avec
moi, pour en inftruire M. de Cham-:
pigny, qui approuva fort cet arrangement, & en içût un très-bon gré à cet.
Armateur. Le lendemain, M. de Prépont vint
diner au Fort ; c'étoit le dernier jour
du Confeil Supérieur ; & comme M,
de Poincy devoit s'en retourner à
Marie-Galante, nous l'engageâmés à
profiter de notre bateau pour s'y rendre, ce qu'il accepta avec plailir.
Lejour d'apres, M. le Févre, Se-:
crétaire de M. le Marquis de Champime remit les dépêches pour la
gny, Guadeloupe. J'allai prendre congé de
ce Général, qui en m'embraffant, me il
dit que fi, pendant mon abfence, favorarecevoit quelques nouvelles
bles. il m'en feroit part ; & il merecommanda en même tems d'être de,
retour au mois de Janvier. Je me rendis à l'inftant à la ville, chez Madame
de Saint Ange, oûi M. de Prépont
m'attendoit 5 nous y déjeinâmes &
Part. 11l.
G --- Page 154 ---
[146]
allâmes enfuite prendre M.de
avec qui nous nous
Poiney,
S. Pierre; nous
rendimes au Fort
PIntendant, qui étoit dinâmes chez M.
veille avec M. de Brach arrivé dès la
mes chez ce dernier; & le ; nous foupâ15Oaobre 1731, nous nous lendemain,
quâmes dans notre bateau, embarpareillâmes & fimes voile nous apGuadelotape, où nous
pour la
16, fur les quatre
mouillâmes le
e. Nous
heures après midi,
allâmes au defcendimes à terre, & nous
M. de Poyer dotvermemery le
je remis à
pour luil lloffrit un paquet que Javois
Poincy,
logement à M. de.
vita à diner qni-l'accepras pour le
& il nous innous fàmes à notre lendemain. Quand
pont me propofa de bord, M. de Préla Dehrade & à Mont Taccompagner à
Iiles voifines de celle oùr Serrat, petites
pour quelques affaires nous étions,
fa préfence; jy confentis, qui exigeoient
fimes part à M.de
nous en
qui promit de nous attendre Poincy en dinant,
enfemble à Marie-Galante pouraller
PLe 18 Oftobre, nous
mes &z fimes voile pour la appareilla.
& non pas
Défrade,
Defderade, ainfi que la-
Préla Dehrade & à Mont Taccompagner à
Iiles voifines de celle oùr Serrat, petites
pour quelques affaires nous étions,
fa préfence; jy confentis, qui exigeoient
fimes part à M.de
nous en
qui promit de nous attendre Poincy en dinant,
enfemble à Marie-Galante pouraller
PLe 18 Oftobre, nous
mes &z fimes voile pour la appareilla.
& non pas
Défrade,
Defderade, ainfi que la- --- Page 155 ---
t147)
nomme Vofgten; ; nous y mouillâmes
le-même jours à midi.-Nous defcen:
dimes-à à terre, 8cinous € ftimes chez
M. de Marival, Gentilhontme. Périe
gordin, qui étoit établi dans cette Ie
depais quarante ans:nous dinâmes,
de la
& le refte
journée R cmployé a
à régler lés affairus d'intérêts, que ce
Gentilhomme 8M. de Prépont
avoient enfemblel Avant de nous fé2
parer, M. 'de Marival nous fif pro:
mettre que nous irions lel prendre en:
chezlui lejour d'après, 2
faire ss defemble une? partie de Satrors que faire
là nous nous' rabattrions pour
halte chezun de fesamis,3 à quiil étoit
deux jouts une bonne 82
arrivédepuis
:
nous ree
aimable compagnie,
nous
viendrions tous fouper Bhes lutis
lui en donnâmes notre parole, 82 ivoit nous
Hetolimames' coucherà bord.
Nous' fumes tresexads-à nous rendrele lendemain; à' quatre heures du
matin, chez M. dé'Marival, oui nous
commencâmes par déjetner; nous
partimes enfuite pour notre chafle,
fur dés plus heureufes. Nous tuadart deux cabrits : une vingraine de
pieces: C d'autre gibier, tant perdrix 3
Gij --- Page 156 ---
[148]
que tourterelles &
gros oifeau de proie affez ramiers, & un
nos hérons, mais auffi femblablea
outarde. Comme nous étions gros qu'une
nous jugeâmes à propos de finir fatguésy
lamide abbatis.6 nous nous rendimes notre
notre
chez
nommoit M. dentiliome qui fe
de ma
d'Eflingue. Quelon
furprife, ? loriqu'en
juge
perçus Mademowelle de entrantfape
niece de Madame
Langady,
foeur de notre hôte, d'Efingue bellependant
qui éroit
moifelle notre - abfence. Cette morte
étoit venue
Demois à la Défirade, paferquelques
le tems de fon deuil. pour. y achever
mes de part & :
Nous nous fide
d'autre
rent . complimens, quide fon beaucoup côté, fimalignement entrelacés
ques reproches en
dequelma négligence à Taller partie mérités, :
fur
j'étois au Charbon, dont voir, quand.
cufai le mieux que je
je m'exmes enfuite nous mettre Pus; à nous allapendant le repas, cette
table, oi
fut extrémement
Demoifelle
lesig graces qui
gaies. elle fit valoir
cefle, elle chanta, raceompagnoisnt elle
fans
un mot, elle fit tous les, plaifirs charma : en
de la
reproches en
dequelma négligence à Taller partie mérités, :
fur
j'étois au Charbon, dont voir, quand.
cufai le mieux que je
je m'exmes enfuite nous mettre Pus; à nous allapendant le repas, cette
table, oi
fut extrémement
Demoifelle
lesig graces qui
gaies. elle fit valoir
cefle, elle chanta, raceompagnoisnt elle
fans
un mot, elle fit tous les, plaifirs charma : en
de la --- Page 157 ---
[149)
Comme nous ne nous
Compagnie. ennuyés
le diner 7
étions pas déjà tard pendant lorfque nous le
- finimes, & quiléroir M. de Marival nous emmena
chez lui pour fouper. T'efluyai de Made- bien
des agacerics de la part
moifelle de Langady > maisyétois
m'en
EAEE
venu, ,
je
depais,Yatoise me tins fur.
trop près du foleil; ainfije laiffai
mes gardes, & ne me
pas
au
me EST
dre
piège, de trois qu'elle heures du matin
étoit près
pour nous renquand nous partimes
auffidre à bord ; nous appareillàmes Mont
tôt. &c nous fimes voile pour
Serrat. Défrade eft une des Mes AntilLa
les du vent de lAmérique de Septentrio- fiur.
nale; elle a cinq lieues eft dans long fon mide large; elle
Rerpu par les trois cens dix-fept degrés & par
trente minutes de longitude, minutes
les feize degrés elle vingt-quatre eft diftante de fept
de latitude;
de quatre
lieues de Marie Galante, eit noir
de la grande terre. Le terrain & blan-
& parlemé de veines rouges
du
ches; ; il eft très-fertile, il-produit du caffe,.
fucre, ducoton, del'indigo Giij :: --- Page 158 ---
du
[rgo] -
mays,d duz
toutes forte de maniock, fruits du rocou &
lfles du vent, Il fel trouve communs aux
beaucoup de
dans celle-ci
tité de forti beaux gibier; ily a une quantoutes' fortes
arbres,
à
eft
d'ouvrages. Le propres
eft excellenrs pleine de la mer dans cet poiffon
bafles, &
entrez
entre plufieurs rochers. elle fe brife
tient aux
Elle
François, & elle
apparGouvernemient Al Nous
de la Guadelonpe,. dépend du
20 Ogobre mouillames à
le même
pas Mort
Mont Serrat, & jour 2
gien en quelques Eerrae, comme le dit. Vof- non
cendimesa terre, endroits, &
Nous defun Fançois
Il
nousailinescher
fe nommoit quiyavoits une habitation.
autrefois aflocié d'Anicanty il avoit été
à
il redevoit avec M, de
AE dont
une fomme Prépont,
desà
il lui donnoit tous confidé. les
des comptes beaux en coton, qui étoit ans
de Ce
un
en
pays.
CCRr
Illui
mille
cette occafion.
en
le livres,
nous fimes pour trois
lendemain
conduire
dans
arine
que ; & comme rien
notre barplus dans cette
ne nous arrêtoit
mes le refte de la Ile, nous employdjournée à en vifiter
une fomme Prépont,
desà
il lui donnoit tous confidé. les
des comptes beaux en coton, qui étoit ans
de Ce
un
en
pays.
CCRr
Illui
mille
cette occafion.
en
le livres,
nous fimes pour trois
lendemain
conduire
dans
arine
que ; & comme rien
notre barplus dans cette
ne nous arrêtoit
mes le refte de la Ile, nous employdjournée à en vifiter --- Page 159 ---
frsi]
8clejour d'après s nouts
les environs, & fimes voile pour la
appareilimes,
Guadelonpe.
eft auffi une des peMont Serrat, Antilles du vent de PAméritites Iles
; elle eft fituée
que Septentrionsle de la Guadeloupe, fa lontout auprès eft de trois cens quinze degrés de
gitude
minutes, & fa laritude
vingt-cinq
Sa longueur eft de trois
feize degrés. & fa largeur de preique aulieues, elle paroit ronde, elle. appartant ;
les habio.
tient aux Anglois, cependant mélésdeFrancois,
tansdecettel iflefont d'Irlandois; : mais ces derd'Anglois &
nombre; le
niers font le plus grand les valées &
terrain eft tres-fertile, font agréables. Il y a quelles plaines
qui font remplies de
ques montagnés bois
a toutes fortrès-beaux
Ony propres voit de magnifites d'ouvrages. cedres, tant parleur hauteur que
ques leur groffeur. L'Eglife eft jolie, 2
par bien conitruite & fort ornée; les
bancs, les chaifes, la charpente & la
menuiferie, font faits de bois odoriférans. La côte de cette Ile abonde en
poiffons qui font exquis ; on y voit
beaucoup de lamentins, des efpaGiv --- Page 160 ---
dons, des
Lzg:]
& une quantité diables, des licornes de
Nous
de crocodiles.
mer
mouillâmes le
dans le Port de la
Caundsloupest
vers deux heures
Ocobre 1731,
defcendites à terre après midi; nous
dePoyer & de
pour vifiter Mrs.
terent à Touper, Poincy, &
qui inous arrê.
enfuite coucher à nous
mes encore
bord. rerournimes Nous
loupe : pendant huit jours à la Guade- refaoecupares des
à faire lefquels rentrer nous nous
qui cifeis que nous
le montant
nous furent y avions vendus,
n'ayant point
payés en
marchandies voulu recevoir argenr,
avoit fon
dont M. de
de
Pierre, magafin
Prépont
rempli, au Fort S,
la Tajouterai à Çe que j'ai
lie, Gaadeloupe dans ma déjà dit de
jourd'hui que cette Ifle, , qui premiere Par.
aux
sppartient auvement
François, étoit primitiTappelloienr rocmpéepar les Caraibes,
tuée au fad de Carvevelra la
2 ; elle ett qur firaibe, & non Dominique, Ie
me le dit la pass.
Cafans
Dasimnires, comdoute cette Martiniere, Ile
, qui confond
Domingue, qui lors de avec la celle de S.
N découverte
pe dans ma déjà dit de
jourd'hui que cette Ifle, , qui premiere Par.
aux
sppartient auvement
François, étoit primitiTappelloienr rocmpéepar les Caraibes,
tuée au fad de Carvevelra la
2 ; elle ett qur firaibe, & non Dominique, Ie
me le dit la pass.
Cafans
Dasimnires, comdoute cette Martiniere, Ile
, qui confond
Domingue, qui lors de avec la celle de S.
N découverte --- Page 161 ---
[1531
que lon en fit fut d'abord nommée S:
Dominique, & enfuite S. Domingue
les François, & San Dominguo
par les Efpagnols, au fud de Mariepar
Galante, & non pas Maric-Galande, Vof-
& la Maric-Galande, ainfi que
à
la' nomme alternativement, nord de
E de la Défirade, & au
Mont Serrat. Une riviere qui fer rend
à la mer ( & non pas un bras de mer,
comme le dit la Martisiere) la
en deux
dont lune
Ta
tage
parties,
eft à l'ocnomme la Guadeloupe, qui
cident, & l'autre la Grand-Terre,
qui eft a Porient, & que l'on nomme
ainfi, parce qu'elle a plus. d'étendue
que la premiere , quoiqu'elle foit
moins habitée. La partie occidentale
Guadede cette Ifle, qui s'appelle
loupe, ell divifée en deux parties, qui
fontla Cabefterre, à la côte orientale,
& la Baffeterre au nord & aToueft;
elle eft relevée dans fon milieu de
quantité de montagnes fort hautes,
dont quelques-unes font hériffées de
rochers qui fortent des précipices affreux dont elles font: entourées, &
falaique a l'on nomme communément
zessil s'y en trouve une entr'autres
Gv --- Page 162 ---
Ersa]
oulya'mines mine de fouffre
gréable perpétuellement fumée une épaiffe déla- jette
ment ceux qui qui font incommode à
infinifentir. Il y a auffi d'autres portée de la
couverts darbres,
mornes
belle verdure, On voit qui fourniffent une
eifroyables
au Pied de ces
des &cbelles montagnes, de fort grantité de
plaines
très - bonnes rivicres, dont les eaux
; quelques
ESEE
ferrugineufes &
fontaines
pour la guérifon des bouillantes propres
toutes fortes d'humeurs écrouelles & de
Le terrain de cette fcrofuleufes.
bon; il fe labonré avec la partie eft fort
droits, qui n'eft point ufité dans les charrue, ce
auffi rapporte-t1l autres entage, ce foatlesfacobins bien davandentle meilleur.
quien poffé.
llya encore dans
Cabellere, auprès de cetterpartie la
à la
Herbes, un bourg
riviere aux
que l'on nomme
tres-confidérable
eft de Goyaves, Marigot, Il eft fitué au1 fudune citadelle affez bien défendu par
Marquifat de
fortifiée. Le
une mine de fer, Sainte-Matie, en
> où eft
tenoit à M. le Marquis dépend; de
ilapparChampgay.
offé.
llya encore dans
Cabellere, auprès de cetterpartie la
à la
Herbes, un bourg
riviere aux
que l'on nomme
tres-confidérable
eft de Goyaves, Marigot, Il eft fitué au1 fudune citadelle affez bien défendu par
Marquifat de
fortifiée. Le
une mine de fer, Sainte-Matie, en
> où eft
tenoit à M. le Marquis dépend; de
ilapparChampgay. --- Page 163 ---
f15s1 -
en eft
L'Eglife Paroifiale de ce bourg
éloignéc de trois
9 & eftdef- les
fervie par les
Depuis
ACEL
montagnes qui font à quatre cens pas
de ce bourg, le terrain eft uni jufqu'à de
la mer. On
trouve fort beaucoup beaux bois
pierres de tahe & de
auffi du
propres à la bâtiffe. Il produit du caffé
fucre, du coton, de Tindigo, &le maniock
& du rocou;1 le mays ainfi
tous
y viennent très-bien,
que eftbon
les.arbres fruitiers ; le gibier y beau-
& fort abondant; il y a auffi fortes de
coup de poiffons , écreviffes & toutes &les cracoquillages. Les
bes rouges.y fontexcellentes- Grand-Terre, elle n'eft
Quant àla
pas, à beaucoup près, auffi peuplée; Ton
elle eft défèndue par un Fort que
appelle le Fort Louts, oût Vancragel
eft très-bon. Iy a dans cette partie:
forment des falines.
trois étangs cft qui fituée à l'orient, la feLa grande
&la
petite
conde à S. François,
plus
environ au milieu. Il eft étonnant que
le foleil par fa feuleforce puifle foit con- bevertir l'eau en fel, fans quil
foin d'aucune opération chimique.
Ilfe trouve dans les bois de cette
Gvj --- Page 164 ---
Mle besticomp [156]
font de près d'un d'abeilles, tiers
mais elles
brunes que. celles de France; ; elles moins groffes
& prelque
font plus
lon eft fi foible
rondes, Leur aiguilElles conftruifenr qu'il ne peut percer la
Reat des arbres
leurs ruches
d'un violet foncé creux; leur cire eft
changerde coulenr qui n'a jamais pu
lon fe foit donné quelque peine
elle eft d'ailleurs
y
des
Emmess
bougies: elle trop rmail n'eft
pour faire
lutter des
dufage
Eist Elles damerjeanner &
ne
3es
zayons comme les
font point de
eff renfermé dans des nôtres, 9 leur miel
fies de cire,il eft anfi elpeces de vefThuile d'olive, fa couleur liquide eft que de
ilef bon à manger, & il a les ambrées
propriétés qu'en France.
mémes
ço it de mon tems à en élever On commenhabitations.
dans les
On y voit auffi des infeétes
que l'on nomme Cucujus, volans
femblables font
à ceux de la
prefque
la nuit auffi
Barbade, Ils
vers luifans , & lumineux que nos
croit voir de ces étoiles lorfqu'ils volent, on
fois paroifent filer à nos qui, quelques
yenx, Les
étés qu'en France.
mémes
ço it de mon tems à en élever On commenhabitations.
dans les
On y voit auffi des infeétes
que l'on nomme Cucujus, volans
femblables font
à ceux de la
prefque
la nuit auffi
Barbade, Ils
vers luifans , & lumineux que nos
croit voir de ces étoiles lorfqu'ils volent, on
fois paroifent filer à nos qui, quelques
yenx, Les --- Page 165 ---
(157]
s'é:
Marons. s'en fervent
deux de fes
Eebe
& avec
lire & écrire.
BAe
on
facilement anfi de ces vers à Ia
Bert trouve mais il ne. font pas f
Martinique,
communs.
eûmes terminé tou:
Après que. nous nous en fimes part à
tes nos affaires,
fixa notre départ
M. de Poincy, qui
Tonflaint,
au jour fuivant, veilledela à quatre heures
Nous appareilimes fimes voile
du matin, & nous
oùt nous
LER
Marie-Galante, defcendimes tout de
avant midi. Nous
avant de
fuite à terre, M. de Poincy,
invita à diner pour
nous quitter, 2 nous s'en alla chez lui, &z
le lendemain, Madame de Chanzy qui,
nous chez arrivâmes,a alloit fe metlorique nous
fon aimable familles
tre à table avec
ont été féparés
Quand deux amans
dix-fept
EmeaNmndctantr
pendant
leur joie &
eft aifé de fe répréfenter fe rejoileurs carefles anfitôt quils à Madame
gnent; c'eft ce qui arriva
de Norloy & à moi; ces dernieres notre
ne cefferent, que pour ptendre mapart d'un repas dont la frugalité --- Page 166 ---
nifeftoit bien [,8]
moin'avions que M: de Prépont &
Vers les pas été attendus.
comme nous quatre nous heures après midi s
Piquet, M. de
amufions à faire un
pour le
Poincy envoya
dame de lendemain à diner, M. & prier MaChanzy avec'
Norfoy, ce qui donna Madame de
premier de
de nous
occafion au
M. de Pindré, fon apprendre la mort.
nous cita à ce
Compétiteur. Il
lien, morta befia, fujer un proverbe itaajouta été
que depuis ce morta velena, &
beaucoup plus
tems, il avoit
ravant de ce
accueilli qu'aupabloit de politeffes Gouyermeur qui l'accale voyoir.
toutes les fois qu'il
M. de
&
Chanzy ces Dames
mer.confernecs let foir,
du récit queje leur furent fis
desnouvelles que m'avoit tdontre
MeEENOesde
retour de
Champipnya notard que cela Lisbonne, à caufe du redenotre mariageselles apportoità la conclafion
entrevoirune
laifterentmene
ne fit un prétexte cfpece dont de crainte, que ce
vions, M. le Général&c nous nous fermoi, pourleur
d'eavoyer le
REEDPECLE
confentement famille,
que nous
,
du récit queje leur furent fis
desnouvelles que m'avoit tdontre
MeEENOesde
retour de
Champipnya notard que cela Lisbonne, à caufe du redenotre mariageselles apportoità la conclafion
entrevoirune
laifterentmene
ne fit un prétexte cfpece dont de crainte, que ce
vions, M. le Général&c nous nous fermoi, pourleur
d'eavoyer le
REEDPECLE
confentement famille,
que nous --- Page 167 ---
1a59] & ce afin de tirer
Avions demandé,
Malgré tout
es chofes en longueur. faire, M.de Préce que nous pûimes les rafurer, elles
bont & moi, pour dans la' même opiFefterent toujours fut confirmé par un
hion, ce qui me
dans la phifiofroid que Madame je remarquai de Norfoy,
ne.
homie de ordinaire. Jen fus E
ui étoit pas
fur
ment affeêté, au point pereauar de Champile champ à Tinformer M.1 le Marquis de ce quife pafgny, pour le priai de ne pas. tarder à
Toit; diredementà je
Madame de Chanécrire
lettreq quilavoit
bEiMenia de M. de Leffeville, ainfi que
reçue celle qui étoità mon adreffe, lui que fis jelus enviavois laiffée en partant ; je moyen de
fager que. c'étoit là Tunique
calmerles allarmes de ces Damesjele différer un
fuppliai enfin de ne pas
je
inftant à me rendre ce fervice, que de
Fegarderois comme le plus fignalé de lui juftous ceux que j'avois M. de reçus Prépont joiqwà auffi ce moment. une lettre à la mienne ; nous
gnit
avant de (ouperen fimes un paquet
à ces Dames,
Nousle commaniquamess ôter toute idée de fufpiafin de leur --- Page 168 ---
cion, ROus le [16o]
nous le remimes cachetâmes en
enfuite, &c
Patron d'une petite leur préfence au
avions envoyé
barque que nous
donnâmes ordre chercher, de
à qui nous
main, à cinq
partir le lendele porter au heures du matin, pour
marche, qui Fort-Royal, parut
Cette déces Dames, ne les d'abord fatisfaire
dant pas.
tranquillifa cepenIl étoit plus d'onze
nous nous mimesà
heures quand
carles colations ne table font pour fouper,
ges dans ces pays,
gueres en ufafonnes qui, par état, que font chez les perrepteéfenter, le
encore
obligées de
plus fouvent les meilleurs équivalent.elles
bourgeois. Quoi
foupers
futecs plus triftes; qu'il en foit, ce
lair de premiers ; nous y avions repas tous
mes
par
pris, nous n'y parlaon. -dec vit monolyilbes, jamais
en un mot
blant au Feflin de un plus reffemcelui-la; il étoit digne Pierre, que le fut
lempité de la fête.
enfin de la foles vigiles. Malgré dont nous faifions
qu'il ne devoit,
cela il dura
comme M. de
car une heure plus
à fon bord, Prépont s'en
fonna
& il en étoit retournoit bien
deux
pris, nous n'y parlaon. -dec vit monolyilbes, jamais
en un mot
blant au Feflin de un plus reffemcelui-la; il étoit digne Pierre, que le fut
lempité de la fête.
enfin de la foles vigiles. Malgré dont nous faifions
qu'il ne devoit,
cela il dura
comme M. de
car une heure plus
à fon bord, Prépont s'en
fonna
& il en étoit retournoit bien
deux --- Page 169 ---
[16:] ]
aller dévoband je me retirai dans Far chambre de
er mon chagrin a force d'inflances,
. de Chanzy 1 prendre fon lit.
avoit obligé fommeil fut court, mon réveil
Mon & mes réflexions G précipirompt.
encore cing hettcs; quilnetor fur pas le bord de la mer 9
es quelêtois
alier à notre
y pris un canot pour étonna M. de
hrque; ma préfenee vit
il m'en deFcpont il me
Je agité, lui fis entendre
anda la caufe,
& Y'ajoutai
il ne Tignoroit pas.
avec lui
ue je venois me confoler" lon m'avoit males tracafferies fufcitées que la veille. Il-entra
propos
me propofa à déans mes peinés, Facceptai, & tandis que
iner, je
je vis arriver un
bus y procedtens: M. de Chanzy il
anot
portoit
les ine fit e tendres reproches
hiérudes,
je lui avois données, fceur. Je
nfi qu'à Q0 mere & à fa Monfieur;
bus fuis obligé, lui dis-je, s'en prenais ces Dames ne doivent me font
ec qu'à elles. Leurs elles foupçons me font Pinjufjurieux, & f
& de
ce de douter de ma fincérité, fuis indigne
dès-laje
es démarches, --- Page 170 ---
d'elles, elles [162]
toujours, & doivenr c'eft
me bannir pour
que je fuis venu ici pour les prévenir
Que vous êtes
ce matin, adieu,
me dit M. de
vif, mon.cher ami, 9
ble ! on diroit, Chanzy. à
Comment diavous auricz
vous eptendre, gue
tre celle d'un troqué votre raifon conun coup enfemble Suiffe; & allons, 2 buvons
je vais faire votre venez avec moi,
Parlerons de
plus de rien paix, & nous ne
toit votre barque. Mon jufgu'au retour
pas trop d'accord coeur, quti n'é.
que venois de tenir, avec le propos
& nous
fe laifla
Et
qu'autant qu'il falloit ne reftâmes à fam
tems à M. de Prépont pour donner le
leite.Nous
d'achever fa toi-
& nous nous ad@ccebntientute rendimes
à terre,
mes,qui nous
chez ces Dades folles. Madame reçurent enriant comme
dit la main ; nous de Norfoy me tennous allâmes à la meffe, nous embraflames 3
Couvernement, où
& de-la au
une belle &
nous trouvâmes
avec laquelle nombreufe
mes enfuite nous
compagnie, nous
une diandmes:
finous retournames partie d'ombre, &
Le lendemain au logis,
en déjeinant, Mada-
cebntientute rendimes
à terre,
mes,qui nous
chez ces Dades folles. Madame reçurent enriant comme
dit la main ; nous de Norfoy me tennous allâmes à la meffe, nous embraflames 3
Couvernement, où
& de-la au
une belle &
nous trouvâmes
avec laquelle nombreufe
mes enfuite nous
compagnie, nous
une diandmes:
finous retournames partie d'ombre, &
Le lendemain au logis,
en déjeinant, Mada- --- Page 171 ---
d'aller palfer
nc de Norfoy, > propofa
Trés-vojuelques jours au Charbon. mais ce ne
ontiers, lui répondis-je. Parrivée de notre barera pas avant il eft eft inutile d'aller, fous
ue,car prétexte de fe dimper, trainer après Je
à la campagne.
oi desinquétudes Tavis de M. le Chevatier, dit
uis de
& moi, je n'en fuis
M. de Prépont, Pun après P'autre,
bas, repartirent de Chanzy; & ma
M. & Madame nous ne vonlons pas
Ehere Viaoire; ; incrédule, & nous
miter T'Apôtre bien aife de nous faire auprès
(ommes Chevalier un mérite de notre
de M.le donnerons des ordres en
foi. Nous
lon nous envoie le
partant, afin que à fon retour; nous
Patronde la barque
la
Kommes trois contre deux 2 pluraainfi préparezlité doit lemporter, voyage vers le
vous àfaire tiendra ce petit lieu de promenade.
foir,il nous
obligés, M. de PréNous nous vimes
du côté
pont & moi, de nous ranger
it
du plus fort; & en tonléquence, ce
lui étoit
alla à bord chercher
qui
néceflaire. pour venir paffer à Pheure STS
jours avec nous. Il revint fix heures.
Coninstijgaieeniaugat --- Page 172 ---
Madame de
0164]
de fon fils, Chanzy Madame monta le cheva
fien,& M. de
de Norfoy le
pont & moi, Chanzy, les
M..de Pré
à pied jufqu'à leur accompagnime
Je nous vis arrivâmes avant habination, fepr
où
n'avoir bien que Madame de heures
à aller à témoigné la
tant d'empreffemet Norfoy
nous jouirions campagne, de
parce que
qu'à 12 ville, &
adur de liberté
tention de me qu'elle étoit dans l'in
chagrin qu'elle dolommuge m'avoit
du petit
fible.J puis dire quer'y fus extrémement caufe; auffi je
Javois Jelinformaide faite, à la
la rencontre fen- que
moifelle de
Defrade,de Made
velles
Langady, & de fes nou.
vois pas apaceriess auxqu'elles je
ment
répondu ; je lui rendis n'aa
&cje compte de ma fortune actuelle, égale
ceflaire alaiatenrevyr que je fifle
qu'il étoit né 5
de
encore une couple
de cHepemAcipenneine vivre
mettreen état
blement: tranquillement elley
& honoraaux conditions, confentit
tir pour la
qu'avant volontiers, de
rions entierement premiere, nous
nos
eretar
promis de bonne foi, mais afaires; je lui
pouyois-je
aa
&cje compte de ma fortune actuelle, égale
ceflaire alaiatenrevyr que je fifle
qu'il étoit né 5
de
encore une couple
de cHepemAcipenneine vivre
mettreen état
blement: tranquillement elley
& honoraaux conditions, confentit
tir pour la
qu'avant volontiers, de
rions entierement premiere, nous
nos
eretar
promis de bonne foi, mais afaires; je lui
pouyois-je --- Page 173 ---
alors [165] le terrible & trop fue:
+évoir
la Providence me réLe que troifieme jour de notre
& comme nous
FErte
frivée aut Charbon, table, le Patron de notre:
prtions de
les nouvelles.
arque nous attendions apporta avec tant d'impa-:
ue nous
acheverent de perfuader
ence. Elles & elles en furent fi flatles Dames,
d'en témoiGes syqu'elles ne cefferent tout le tems
ner leur joie reftâmés pendant à la campagne.
ue nous
le deux Décembre,
ous en partimes
our nous rendre r à Marie-Galante,
à M. de Prépont avoit encore avoit quel- d'ailjues affaires à terminer.lly étoit abient du
eurs fix femaines qu'il fa
étoit
Fort S. Pierre & fixa préfence le jour fon
éceffaires ainfi il
il.me
au neuf du mois; 5
lépart
fa barque me er
mit d'envoyer
Janvier; mais tout
ther versle quinze n'eut pas lieu, car il
bet arrangement avant celui oàt il
Feçur quatre jours
des nouvelles
Hevoit s'en retourner, de S. Ange, fa foeur, qui
de Madame la mort de fon fils, dont
lui mandoit d'être informée par une
elle venoit lui étoit venue de S. Tho-,
Hetire qui --- Page 174 ---
(x661
mas, & qu'elle lui
procuration. Elle le envoyoir avec fa
porter pour faire prioit des'yt tranf
l'on avoir
lever les fcellés que
appartenoient appofés à
fur les effets qui
de les retirer. ce jeune
attaché
Cer
homme, 3 &
à fon neven, Armateur étoit fort
cellent fujers il fut qui étoit un: ex
perte; & ce ne fut tres-fenfible afa
nous parvinmes à pas le fans peine quie
détermina enfin àfe rendre confoler. Ilfe
Hle.Nous &
lui offrimes, M:de dans cette
moi; de
Chanzy
diftraire de EnartuRere fes reflexions,t afin de le
tances. cablantes dans ces fories toujouirs'ac de
la finil Ilsy fe
oppofa. d'abiord. circonf
à celles rendir à nos
mais à
que lui firent inflancess &c
Chanzy & de
Marlames'de
que nous partirions Norloy; il fut arrêté
la Notre] Dame
le lendemain de
jour: qu'il avoit , qui étoit'le même
Fort S.I Pierre. pris - a3 pour s'en-aller ait
Je profitai des
a
quel >
alloit loccafion d'une
au à Fort
bar:
M.
Sanute
le
Royal, pour
gny de cêt évenement Marquis de ChampiaufaM de
: j'en fis
diner'; &-le Poineys neuf
chez qui ani
Décembre, après
loy; il fut arrêté
la Notre] Dame
le lendemain de
jour: qu'il avoit , qui étoit'le même
Fort S.I Pierre. pris - a3 pour s'en-aller ait
Je profitai des
a
quel >
alloit loccafion d'une
au à Fort
bar:
M.
Sanute
le
Royal, pour
gny de cêt évenement Marquis de ChampiaufaM de
: j'en fis
diner'; &-le Poineys neuf
chez qui ani
Décembre, après --- Page 175 ---
[167]
oir pris congé de ces Dames, nous
nous appareillàbus embarquâmes, le cap fur S. Thomas,
es & portâmes
nous.mouillâmes
ns le. Port duquel
treize fur le foir,
def
Le lendemain, quatorze, 2 nous
ndimns à terre, & nous accompa- M.
âmes, M. de Chanzy & moi,
dans tous les endroits où
E Prépont néceflaire quil allât. Le troiétoit
de notre arrivée, on leva
eme jour
on fit un inventaire desi
s fcellées, étoient deffous, lon trouva
Tets qui
& 8000 liv. en'
n or cent guinées enfuiteàla vente,
aftres;on marchandifes proceda dont nous ne vou:
es
& nous fimes
ons pas nous charger, nous convembarquer celles qui
oient. On paya tout ce qui pouvoit
tredh, & en douze jours de tems, 9
OS affaires furent terminées. Nous Déle vingt-fix
hous embarquâmes
& nous
tembre, nous appareillâmes Marie-Galante, oût
imes voile pour
de l'anhous arrivâmes le dernier jour
hée 1731, avant midi, des Mes antilles
: S. Thomas eft une
Septentrionale,
Hu vent del'Amérique du côté de Touelt, de'
K la derniere --- Page 176 ---
telles à
[168 J
ges; elle quion a donné à le nom de Vier
cependant appartient ce font les aux Danois, &
y font le principal
Hollandois qu
protechion du Roi commerce, de
fous 1
quil'a auflaceordée Dannemarck
geois, aux François aux Brandebou
d'autres Etrangers. Cette réfugiés, &
neutre, Rico, eft fituée à l'ef Hlesquic de
et
vingt & eft par les dix-huit Porto
par les minutes trois
de latitude
degré &
cinq minutes cens douze degrés nord,
eft
de
vingt
bon & fort longitnde, Le Por
un enfoncement commode; formé
il eft dan
nes trés-hauts du côté par du deux mor
TIle, qui S s'abaiffent
centre de
forment en finiflant infenfiblement deux
&
pres à placer deux batteries mottes pro
défendre l'entrée.
pour en
veilleux pour toutes Lancrage fortes yel mer
de mens, quiy font en fireté. de bâti
mal ce Port, il y a un petit Au Fort milieu
fufl du fortifié ; ileft à une portéc affez de
rues, bourg qui contient
bout de entrautres une
plufieurs
la
laquelle eft le tres-grandie, comptoir au
eft Compagnie vafie &
de Donnemarck, de
bien bâti.. Les differens qui
logemens
ée.
pour en
veilleux pour toutes Lancrage fortes yel mer
de mens, quiy font en fireté. de bâti
mal ce Port, il y a un petit Au Fort milieu
fufl du fortifié ; ileft à une portéc affez de
rues, bourg qui contient
bout de entrautres une
plufieurs
la
laquelle eft le tres-grandie, comptoir au
eft Compagnie vafie &
de Donnemarck, de
bien bâti.. Les differens qui
logemens --- Page 177 ---
logemens! dont il eft compofé font
aflez beaux & diftribués au mieux,
& il a dans fon enceinte de grands.
magalins, tant pour les marchandifes
que pour loger les efclaves. Les alltres rues font remplies d'Hollandois,
de François réfugiés,de Brandebourgeois, de Fleiinguois & d'autres
Etrangers de différentes nations.. Les
maifons font bâties en briques, elles
ne font
d'un oll deux étages alt
plus, à Rarurc du peu de folidité du
terrain, ou on trouve l'eau à trois
pieds, de forte que les fondations en
font fort mauvailes. Les appartemens
font afles bien ornés & tous pavés de
ecarreauxdefayanee o1l verniffés; mais
les plus propres de tous, font ceuxque les Hollandois occupent:
Le commerce, qui eft très-confidérable dans cette Ifle, 2 contribue beaucoup à la richeffe des habitans; fon
Port eft ouvert à toutes les nations,
il fert fouvent de réfuge en tems de
guerre aux vaiffeaux Marchands, contre les Corfaires qui, de leur côté,y
viennent vendre les prifes qu'ils ont
faites en mer; le terraih eft fertile, il -
produit du fucre, du coton, du roPart. III.:
H --- Page 178 ---
[170]
cou, de lindigo, du
niaek, des arbres
mays, du ma:
tates, des ignames, dur fruitiers, des pade gingembre, & toutes aingeciqucpen fortes
bages.
d'herilya a un Gouverneur,
jor & une foible Garnifon, un.Etat Mafieurs Magiftrats, dont les avec plu-.
pent à régler les différens uns s'occuentre les
qui naiflent
parties; les
Tadminifration . 1 de la
autres ont
outreily vient tous les Police, & en
bre dui Confeil
ans uin. memhague, à quil'on Suprême rend
de Copence qui s'cit paffé, & compte de tout
ordres en conféquence. qui donne des
On voit aufi dans cette Ile
cher forté élevé, qui a deux
un rorefemble à une caravelle pointes; il
porte le nom : il eft diftant de dont il
lienes,an fud de S. Thomas.
trois
Mefdlamesde Chanzy & del aquine nous attendoient
Norfoy,
rent très-charmées de pas fitôt, futour de notre
nous voir de reM. de Prépont à expédition; refter
; j'engageai
qu'au quinze Janvier avec nous juftetournerois avec lui; 2 que il je m'en
tit, au conditions
y. confenfer ce tems au Charbon que nous irions paf
3 nous en fi-
enes,an fud de S. Thomas.
trois
Mefdlamesde Chanzy & del aquine nous attendoient
Norfoy,
rent très-charmées de pas fitôt, futour de notre
nous voir de reM. de Prépont à expédition; refter
; j'engageai
qu'au quinze Janvier avec nous juftetournerois avec lui; 2 que il je m'en
tit, au conditions
y. confenfer ce tems au Charbon que nous irions paf
3 nous en fi- --- Page 179 ---
[i7t)
Le lendemain
mes 1 tous d'accord.
allâmes
premier Janvier 1732, nous
faire une vifite à M. de Poincy, qui
nous retint à diner, après lequel nous
partimes pour la campagne, où nous
toutes fortes
nous nous procurâmes
d'amufemens, jufqu'au quatorze que
fur le foir,à Marie
nous revinmes,
enfemble;
Galante. Nous foupâmes
Danous primes enfuite.congé de ces
mes, & nous allâmes coucher à bord.
Marie-Galante eft une des Ifles antilles du vent de l'Amérique Septen- du
ci-devant
trionale, qui dépendoit Général de la MartiGouvernement
nique, & aujourd'hui de la Guadeloupe; elle eft parles trois cens feize
degrés delongitude, & les quinze des
grés quarante minutes de latitudesc'eft elle eft
une des plus jolies des antilles,
& l'air y eft fort bon ; il y a
plate, beaucoup d'arbres à fruit & d'autres,
propres àt Ttommnicnminremenilz bois
Pon
a aux environs un petit &
que tire fon
nomme le Charbon,
qui
nom d'une petite rivieres dont l'eaut
eft très-bonne, & oit les Chaffeurs
vont ordinairement fairé leurs haltes ;
elle n'eft pas éloignée d'une belle ha4 Hij --- Page 180 ---
bitation
[17:]
que l'on nomme S. Louis,
appartenoit'a M.le Marquis de
qui
Pigny. Legibier eft fort
Chamce canton, On Y voit commun dans
perdrix à croiffans,
beaucoup de
miers, & quantité tourterelles, rates elpeces, , extrémement d'oifeaux. de toudont quelques-uns
délicats, &
tolans & rouges équivalent nos oraufli plufiéurs fontaines gorges. Is'y trouve
- quin'empéche
& érangs, ce
la bonne, ne tofere fort que l'eau, fur-tout
fecours des citernes, rare, & fans le
plaindre, a à caufe des on feroit fortà
y font
fécherefles qui
ferile, tres-fréquentes. Le rerrain
2 & produit abondament eft
fucre,du caffé, de
du
durocou, du tabac, Tindigo, du
du cotom,
maniock. Il ya deux
mays & du
à la Bafleterre,
Paroifles, Tune
terre, qui font deffervies 2 & l'autre à la Cabef,
mes, une Jurifdiction
pardes Carfortifioit ci-devant au Royale, qui ref.
rieur de la
Confeil Supés
à préfent, à Martnique, celui
& fans doute
4 Les habitans font de la Guadeloupe,
généreux &
grands, bienfaits,
fort beau.
affables; le fexe y eft
Lelendenniny quinze, nous appa-
oifles, Tune
terre, qui font deffervies 2 & l'autre à la Cabef,
mes, une Jurifdiction
pardes Carfortifioit ci-devant au Royale, qui ref.
rieur de la
Confeil Supés
à préfent, à Martnique, celui
& fans doute
4 Les habitans font de la Guadeloupe,
généreux &
grands, bienfaits,
fort beau.
affables; le fexe y eft
Lelendenniny quinze, nous appa- --- Page 181 ---
[173 1
reillâmes & fimes voile pour le Fort
oit nous mouillâmes le
S. Pierre, heures après midi. Nous
feize à trois
M. de Prépont
defcendimes à terre,
de faire déchargea M. de Trainfort
nous
barquer les marchandifes que 8c de les
avions dans notre barque, allâmes (onper a
emmagaliner. Nous?
Tintendance; lè lendèmain matin >
Fort
dix-hoit, nous partimes pour-le
oû nous arrivâmes à . onze
hetres-Avahrde.mous. Royal,
rendre aut Fort,
allâmes faire une vifite à Manous dame de' S. Ange ; M. de Prépont de lui S.
rendit compte de. fon opération double de
Thomas, il lui remit été un fait à la le.
Pinventaire" qui avoit
vée des fcellés, l'état des marchandiavoit
& emmaga-.
fes qu'il
rapportées :
fineés au Fort S. Pierre s lebordereau avoient été
du produit de celles qui
vendnes, qui montoit à 6200 livress les
dédugion faite des frais , avec
8000 livresen piaftres & les cent guie
qui formoit en tout
nées en or,'ce
livres, dont il
une fomme de 16400
enfuite
tira un récépifié. Nous primes montâmés au
congé d'elle, & nous
trouvâmes
Gouvernement, Nous y
Hij --- Page 182 ---
une nombrenfe [174)
de la ville & en compagnie en Damés
Garnifon que d'un Oficiers, tant de la
du Port de Breft, vaiflean du Roi,
arrivé de la veille, nommé &
le Griffon,
M. de Rochamband, commandé
quis de
que M.le NGR
ner. Je Champigny avoir invité à didrille avec commencai Mefdames une partie de caGirardin, que nous
d'Orfon & de
terrompre pour aller famesobligés d'indeux tables; nous
diner, llyavoit
de Prépont &
nous à placmes, M.
il arriva une fcene moi, la dertiere, ou
plaifirs de toute la qui dérangea les
m'engage à
compagnie, ce qui
des perlonnes nommerici quelquesunes
telles que M. Couer auifemachtatecs de
nous:
Enfeigne dans la
Monrbayeus,
dau du Treil,
Compagnie de Nade ce nom, parent du Grand Vicaire
Métropole de qui. fut affaffiné dans la
dire fa
Paris; en fortant de
difant meffest par un
fou, &
fut Chapelier, foi-'
cier étoit ce qui
rompu; cet Offiavoir fon hauffe jour-la del garde, &
Ch* *** Lieutenant col; M. le Comte de
de Fontenay,
dans la Compagnie
dont la langue ingrat & mauvais
pernicieufe & Peu a
ie de Nade ce nom, parent du Grand Vicaire
Métropole de qui. fut affaffiné dans la
dire fa
Paris; en fortant de
difant meffest par un
fou, &
fut Chapelier, foi-'
cier étoit ce qui
rompu; cet Offiavoir fon hauffe jour-la del garde, &
Ch* *** Lieutenant col; M. le Comte de
de Fontenay,
dans la Compagnie
dont la langue ingrat & mauvais
pernicieufe & Peu a --- Page 183 ---
tn7s1
conduite;
dele, jointe a unedéteflable & Tont
duiont fait un tortarréparable,
M.
entierement perdu de réputations & M.
Aide-Major,
de Vaumorand, Secrétaire au Gouvernele Févre, Général des Hles du vent. Vers
ment le milieu du repas, ce dernien Comte avança de
que M. le
une propoltion, un démenti. M. le
Ch *** nia par
Fevre,hommet fage & prudent,donna difoit M. le
de ce quil
pour Géneral, garant de
illa tenoit. le Comte lui
de Ch *** : étoit auprès dans delui, la poi1âcha un coup de poing
voulnt fe
trine. M. de Monrbayeux dont il étoit refervir de l'antorité impofer Glence
vêtu ce jour-là,
fit ancun cas, &
qui
-
rfente
au Comte, T'infulta, de façon que M. de
même
lui ordonna les arrêts; &
Vaumorand voulut
obéir, on
comme il ne
point Lieutenant
fut avettir M. Déchieux,
table,,
de Roi,
étoitàl lap premiere
qui le fir T l'inftant mettre en prifon. au
Il étoit bien dans le cas de M. paffer le MarConfeil de guére, mais confidéroit
quis de Champigny, qui dans laquelle
beaucoup fa famille, anfi dittingués
il fe trouve des gens
Hiv --- Page 184 ---
par leur naillance [176]
gu'ils tiennent, & leur que par le
nel;fe contenta
mérite
de le
FRRE
faire conduire quelques jours
Nantois, le
qui alloir dans un Ncete
M. renvoyer le Comte en France. appareiller, Il en
& de
de la
de
informa
lui Marine, & Natirepase ille pria de Miniftre
renyoyer ce
ne plus
pour la deuxieme fujet, fois car c'éioit déja
talavoi à-vis
été forcé d'en que ce Généde luis
agir ainfi viscet Officier n'avoit Jai appris depuis
fonnable en France, pas été plus RHE
Favoit abfolument 2 que fa famille
qu'il avoit fait pour abandonne &
condition, le plus for un homme de
monde, été
en époufant une mariage du
fois entretenuc, lieu des'en & quia nleauaveir eu plus d'une
grin qu'il lui a. caufé repentir & les : par le chatraitemens tant qu'ila qu'il a exercés à fon mauvais
vécu.
égard
nement, Comime NE.3e il avoit bal au Gouverpaslc coeur porté Prépont qui n'avoit
toir bien qu'il -ne alaj joie, & qui fenparticulier ce jour-la, pourroit avoir de
defeendre à la ville; il prit le parti de
revint le lcn-
ir eu plus d'une
grin qu'il lui a. caufé repentir & les : par le chatraitemens tant qu'ila qu'il a exercés à fon mauvais
vécu.
égard
nement, Comime NE.3e il avoit bal au Gouverpaslc coeur porté Prépont qui n'avoit
toir bien qu'il -ne alaj joie, & qui fenparticulier ce jour-la, pourroit avoir de
defeendre à la ville; il prit le parti de
revint le lcn- --- Page 185 ---
[177]
demain dincr avec nous, après heure quoi
ill eutun entretien de plus d'une
Il
avec M. le Marquis de Champigny.
enfuite, & m 'annonça
me rejoignit
S.
quils'en alloit au Fort Pierre,pour
environ deux mois afin d'arranger
fes affaires & les miennes, & nous mois
mettre dans le cas de partir au d'ott
deMai pour les côtes d'Elpagne,
pouffer plus
nous pourrions peut-être jufqua ce
loin's il m'ajouta que
tems. il efpéroit que mon feroit mariage ter-:
avec Madame de Norfoy
& il
miné. Nous nous Emibratiamnes,
partit. avoit environ fix femaines
ily retouraul Fort Royal cit, quE
jéroisde tous Tes amufemens &les plaifirs
gré quej jérois à porté d'y avoir, je commençois fort à m'ennuyer de ne point
recevoir des nouvelles de France. Je
confiai mes peines à M. le Général, il
m'exhorta à attendre encore jufqu'à
Pâques 7 & il m'affura que fi dans ce
tems , il n'eal à étoit pas
il fauroit bien
fon parti,
que je
Te
prendre
pouvois compter, fur la parole auffitôt quit à
m'en donnoit. J'enn fis & part à M. de PréMadame de Norfoy
H V.: --- Page 186 ---
[1781
pont, dont les
liferent
réponfes me tranquit:
nai à la beaucotip, & je me détermi
à
patience..
-
M. Quelques le
jours après cet entretien,
Marquis de
paffer dans fon cabinet, Champigny me ft
ger d'une affaire qui le pourmechar.
perfonnellement, &
concernoit
avoit befoin d'un
pour laquelle il
pir fe confer ; M. quelgu'un de
en qui il
abfent, c'eft ce qui
Prépont étoit
les yeux fur moi, & Wengagea à me faire à jetter
pour la Trinité, Il me fit à cet partie
donnert un de fes
effet
gre
me conduire. chevaux, & unNéErpene dans
Je me rendis le
Bailleul, Capitaine ce bourg, chez M. le
détachée de la
d'une Compagnie
doit alors dans Marine, cet
quiconmans
jours de tems je endroit. En cing
commifion j'eus encore m'acquittai de ma
tous les
celui de vifiter
Fort Royal, environs, Oh M. le & de revenir au
moigna la fatisfadion Général me téma diligence, & de la gn'il avoit de
m'y étois pris
façon dont je
dres fans que rien pour exécuter fes orLa Trinité eft un tranfpirât.
la Martiniques fitué bourg de PIfle de
au fond du culde,
cing
commifion j'eus encore m'acquittai de ma
tous les
celui de vifiter
Fort Royal, environs, Oh M. le & de revenir au
moigna la fatisfadion Général me téma diligence, & de la gn'il avoit de
m'y étois pris
façon dont je
dres fans que rien pour exécuter fes orLa Trinité eft un tranfpirât.
la Martiniques fitué bourg de PIfle de
au fond du culde, --- Page 187 ---
(179]
même nom, Il eft diftant de
fac du lieues du Fond S. Jacques;
deux a un Etat Major, une Compagnie
tachée de la Marine, une Jurifdition Conteil SuRoyale, reffortiflante au & une l'apérieur de la Martinique,
comroiffe à la bande du nord, qui
autrefois tout le terrain qui
prenoit la pointe des falines: mais
va jufqu'a cette étendue, quia plus de
à préfent lieues, eft divifée en trois Pa-".
quinze
font celles du cul de-fac
roifles qui du cul de fac François & du
Robert,
font deffervics par
Ravelin, - & elles Le Port de ce bourg eft
des Jacobins. il fe trouve dans un fond
fort bon,
Pon nomme
qui forme une pointe que de trois lieues,
Caravelle ; elle a près du côté du fudeft;
& couvre ce Port
un morne trèsà P'autre côté, ilya ila
cens
élevé qui le ferme ;
quatre pas;i il tient à la terre ferme del'ile, toifes de
pariune ifthme de quarante all fond
large. Le côté de l'ett oppoié chaine de
du Golfe, 6 eft fermé par une à fleur d'eau
rochers qui paroifient eft baffe. Ceux qui préquand la mer
de flux entre.
sendent quila'y a point font
bien
les deux tropiques, ne Hvj pas --- Page 188 ---
infruits , car le [86] flux
Martinique & à à la
ordinaire à la
e ide depuis quinze jufqu'à Guadeloupes dix-huit
va.
hatiteur, & dans les pleines pouces
silaumenre de fix à
lunes,
un fait.q qu'il eft aifé de fepr pouces, C'eft
je icrois, ne, trouvera vérifier, & qui,
dicteurs. L'entrée de plus de contrales-rochers ci-deffus, ce Port eft entre
morne qui eft plus baffe & la pointe du
& fur laguelle eft une que ler refte,
nons qui en défend batterie de caforte qu'il a ne peut l'approche ; de
vaiffeau qui ne foit y- entrer aucun.
tout auprès.
obligé de paffer
Ce canton eft
du fuere, du coton, Luerfemtie,1produe du
couy' du mays & du maniock. caffé, du robestcoupefarbres
lly a
beaux bois,
fruitiers, & de fort
propres à toutes fortes
d'ouvragess chons
ron y voit
marons, des
quielques COmiers & des
perdrix, des rala tortue.& les rourterelless le poiffon,
très communs. crabes y font bons &
Ily a-dans les
de trèsfortes environs de ce bourg
habitations.
Dubueq, - s Colonel
Le fameux
la milice
Général de toute
créole,y en avoit une tress
,
fruitiers, & de fort
propres à toutes fortes
d'ouvragess chons
ron y voit
marons, des
quielques COmiers & des
perdrix, des rala tortue.& les rourterelless le poiffon,
très communs. crabes y font bons &
Ily a-dans les
de trèsfortes environs de ce bourg
habitations.
Dubueq, - s Colonel
Le fameux
la milice
Général de toute
créole,y en avoit une tress --- Page 189 ---
[18r)
belle. C'eft lui qui vàla tête des de mé- la
contens de cette Ile s'empara de Vaperionne de M. le Marquis Général, 8 de
renne, Gouverneur FIntendant, & qui les oblicelle de
pour retourner
gea de fe rembarquer
de Pas-deen France. M. le Marquis fuccéda à cei GoitFeuquieres, qui des ordres de la Cour;
verneur, muni le calme dans les elpritss
feutremettrel cependant bien mérité tout
ilsauroient
la clémence - dont on
autre chofe que
des
ufa envers eux, en confidération fes freres &
fervices que leur chef, autrefois renleurs ancétres France. avoient Il eft vrai qu'il ett
dus à la
les féditieux lui avoient
conftaté que &
par leurs
fait vioience, qw'intimidé forcé de fe prê
menaces, il s'étoit vu Cetévénement;
ter aux circonftances. de lui avoir fait perdre de fa
bien loin
le rétablit dans toute
confidération., de fon maitre, qui lui en
la confiance
dans.fa vie,
donna plus d'une preuve dans lun de
&c.qui fla lignale sencore
fes defcendans, dont Sa Majeflé,con- &cla
noiffant la capacité, les lumieres
probité,luia contié depuis plaficursans dés
néçs la conduite des affaires de cc --- Page 190 ---
E18a]
partement , dont il
toute la fageffe
s'acquitte avec
fatisfaction de polflible, 2 & à lagrande j
Silrétulte tous les fujets du Roi.
effets de lai quelquesfois de mauvais
d'un
elémence,
autre côté 25 - n'en combien,
pas de bons : & fi cette opere-t'elle
quia étéle
vertu eft celle
de l'antiquité plusadmirée dansles héros
dans un dégré aufi qui jamais la pofiéda
tre incomparable éminent
nobien
Monarque
aimé, $
le
poo
l'affedtion de qui par là s'eft attiré toute
Ilfe fait dans fesfideles fujets 2
neilleurs de ce Port, qui eft un des
grand commerce toute : tide, un trèsde nos Armateurs, ; une bonne partie
Bourdeaux & de
furtout ceux de
leurs vaiffeaux Nantes y envoient
contre les
qui y font en' fureté
ordinairement ouragans dans que lon éprouve
les mois de Juillet, ce
pendant
bre. Ils font
Aoir RT Septemfaire leur retour dailleursplus en
à portée de
gnant près de trois cens France, ens'épars.
min qu'ils feroient
lienes de ches'ils alloient chercher contraints de faire,
ment à Porto: Rico, leur débouque"
M. le Marquis de
S
Champigny reçue
ient
contre les
qui y font en' fureté
ordinairement ouragans dans que lon éprouve
les mois de Juillet, ce
pendant
bre. Ils font
Aoir RT Septemfaire leur retour dailleursplus en
à portée de
gnant près de trois cens France, ens'épars.
min qu'ils feroient
lienes de ches'ils alloient chercher contraints de faire,
ment à Porto: Rico, leur débouque"
M. le Marquis de
S
Champigny reçue --- Page 191 ---
[:831 iems-là une lettre
à peu près dans d'Orgeville, ce
qui linvide M. Panier.d
les jours
au
toit à aller paffer où il étoit anfiee deFort S. Pierre,
un vaiffeau de la
puis quelques des jours Indes, commandé par
Compagnie Officier de Marine de fa connoif
fance, un
dont il Ini céloit tle nom.afnde Il llui
lui laiffer le plaifir de la furprife. avoit effuyé
mandoit que ce. vaiffeau
de
furieufe tempête en revenant
une Pondichéry pour retourner en dans France, fon
que la maladie s'étoit mife un bon
qu'ilen avoit perdu
équipage, partie de fes vivresavoit
tiers, qu'une leau lui manquoit, &
été garée, que motifs l'avoient mis dans
que tous ces
après en avoir oble cas de relâcher, de M. de Brachs
renu la permifion de cette Ie. Cet IntenGouverneur quilavoit donné un
dant ajoutoit
: qui fe t
partement à ce Capitaine d'aller au Fort
roit fait un vrai fa plaifir cour, fi une contuRoyal lui faire avoit à la jambe, ne Pen
fion qu'il
avoit empêché. M. le Général n'aimât pas
Quoique
il ne voulut cependant
à fe déplacer,
& i fixa
pas refufer M. d'Orgeville, --- Page 192 ---
fon
[1847)
départ tau famedi
arrivé, ilf fit équiper fon fuivant. Ce jour:
nous embarquames
canot, nous:
ner, > & nous partimes auffitôr après diPierre. Nous y arrivâmes pour le Fort S.i
res, & nous nous
à fept heurendimes tout de
des
où On
scatinensnet
fenta appartemens. à
M.
nous donna,
M. de
dOneville
valier de
Champigny M. le dtec
vaiffean de Gourdeler, la
Capitsine du,
aucune peine à Compagnic, fe
ils n'eurent
firent milleamitis. reconnoitee, & fe
trois jours gras dans Nous palliames les
diventiftmers il toutes fortés de
jeu, tant
y eut bali&c grand
nement, où nous
Gouver.
arietaiecanei
ment.M. le Chevalien allâmes alternativequi vouloit avoir fa de Gourdelet,
pofaa toute la
proner
revanche,
à fon bordle Compagnie d'aller diy confentit, & jour M. de des Cendres, on
avoit été de toutes
Prépont
auffi. On n'a jamais nos fetes, y. vint qui
but reil, tout étoir en vu un. repas pades Vins
: profufion, & on d
bien cherement exquis 2 maisque je
y
je padai après diner le plaifir
je payai pris !
du
dans T
Confeil, où ily avoit chambre
deux crois
ie d'aller diy confentit, & jour M. de des Cendres, on
avoit été de toutes
Prépont
auffi. On n'a jamais nos fetes, y. vint qui
but reil, tout étoir en vu un. repas pades Vins
: profufion, & on d
bien cherement exquis 2 maisque je
y
je padai après diner le plaifir
je payai pris !
du
dans T
Confeil, où ily avoit chambre
deux crois --- Page 193 ---
1:851
fées avec un balcon qui régnoit Comme dans
toute la largeur de la poupe. lunette
je m'amufois avec une
d'approche à regarder un - gros vaiflean de deux
Tavois apperçu à plus fentis tirer
ReSl de diftance, je. me habit;
me
par la bafque de vis mon M. de Trainfort je
retournai, & je lettre qu'il venoit
qui me remit une
& qui
de recevoir de Maric-Galante, M.del
m'étoit addreffée chez
Préponte fur le
qu'il alla tout de fuite rejoindre une
Gaillard, Il me prit en Fouvrant fc couvriforte palpitation, mes. yeuxi qui cepenrent d'un elpecede nuage, épais,pour
dant ne. futpas de encoreallez voir la fource de tous
m'empécher malheurs. Hélas! que devins-jet
mes
avois-je achevé de lire la
A troifeme peine ligne, que mon fort fut décidé. La fureur s'empara de moi, mes me
fens fe troublerent, le défefpoir vers une des
failit, & en m'avangant venois de quitter, Jufte
croifécs que je
c'en eft fait, je ne
ciclimécriaie,
adorable Victe reverrai donc jamais,
n'eft plus, &cj'exitte.
toire. Quoiliu tarderai
à te fuivre-AcVa,je ne
amante, pas le façrifice que
cepte, cherc --- Page 194 ---
tr86)"
je te fais d'une vie
vois que pour toi. que En je ne confer:
dernieres tyllabes, je proférant ces
deffus le
m'élançai par
les flots, kalcon,8cmep précipitai dans
Dieu ! Que ne fus-je
mes plaies ne englouti fe
grand
pas en traçant ces
rouvriroient
non ! ta divine
caradteres. Mais
foit, & tu ne me Providencesy réfervois
gue pour me faire effiuyer fans VORE
nonveaux traits de ta
encore de
favois bien
fureur, que tu
Une chaloupe queje de ne pourrois éviter.
à babord du vaiffeau Pécheurs
paffoit
poupe. A l'inftant
en
la
2E
bai, un des Négres même
je tomà la
qui
fejetta
endhira
mer, mne prit
dedans, les
veux, me retira & me par
che.
bord; les uns crûrent reconduifit à
accident que j'avois fait que c'étoit par
ily en eut d'autres
cette chute 9
grace de l'attribuer à qui me firent la
ditirente, & on n'en fut une caufe bien
trouvant la lettre
dans la
que
a
chambre du
j'avois
fit
RSE
rejetter l'eau
Confeil. On me
me changea & on quej'avois me
avalée, on
dancc, Je ne tardai mena à Pinienmille
pas à commettre
extravagances 2 qui annonce-
en eut d'autres
cette chute 9
grace de l'attribuer à qui me firent la
ditirente, & on n'en fut une caufe bien
trouvant la lettre
dans la
que
a
chambre du
j'avois
fit
RSE
rejetter l'eau
Confeil. On me
me changea & on quej'avois me
avalée, on
dancc, Je ne tardai mena à Pinienmille
pas à commettre
extravagances 2 qui annonce- --- Page 195 ---
[187] deme défaire.
rent l'envie que javois tout ce qui
On m'ôta contribuer, genéralement & on me laifla
pouvoir y
me garder. Je reftai
deux Négres dans pour cet état, je ne pris
huit jours
du bouillon qu'on .
pendanr ce tems que
moi. M. de
me faifoit avaler malgré prefque
Prépont ne me quittoit venoit TrrSs
& M: de Champigny à force d'exhorvent me voir : enfin à me faire reve-.
tations, on parvint bon fens, & on me ra-.
nir dans mon
C'eft alors que
mena au Fort Royal. de toutes les circonfje fus informé la mort de Madame de Nortances de fortant d'un bal que M. de
foy. En avoit donné le Jeudi
Poiney
d'un
Fi
elle fe fentit attaquée d'une forte grand fievres
de tête accoimpagné lit en arrivant chez elle,
elle (e mit au la petite vérole parut
on la faigna, elle rentra le lendemain, &.
auffitôt,
violent tranfport qui ne
il lui prit un
deux heures avant
la quitta qu'environ derniers foupirs, le Dide rendre les midi.
M.
manche gras à dont la L'imprudent douleurs 2 fans
de Chanzy : troublé l'eiprit, au lieu'
doute, avoit à M, le Marquis de Champid'écrire --- Page 196 ---
gny ou à M. de [1881
cette cruelle Prépont, me donna
tems après, cet préférence. Officier
Quelqite
Royal, Tiou
il offrit de me vint aul Fort
à
& le cheval
rendre Tiou
fa faur, Que je-me que gardai j'avois donné
ceptersilne voult
bien d'acrecevoir Targent pas, defon côté,
mis, ainfi que le bénéfice qu'elle m'avoit reproduit, & ildonna
qu'il avoit
refus, que Madame pour de raifonde ce
avoir, à ce fujet,
Norfoy lui
tions en mourant, & déclaré fcs intenétoient de s'y
que-les fiennes
les premiers accidens conformer.. Quoique
m'avoir occafionnés que cette perte
ment difipés, ,le
fuffent entierepas cefé de me chagrin, qui n'avoit
duit dans un état dévorer, de
m'avoit réafligeoir
langueuir
devenu jaune beauicoup mes amis.
comme
rast
de fec qu'un coucou, S un on coing, aufi
mon
delcfperoit
determina resablifement, M, le
c'eft ce qui
Marquis de
a
lacourle gnydengager M. de Prépont Champie de hâter
femble, il eipéroit que nous devions faire end'air, les nouveanx que le changement
verrois,
vifages que je
iéleignement des licux gui
jaune beauicoup mes amis.
comme
rast
de fec qu'un coucou, S un on coing, aufi
mon
delcfperoit
determina resablifement, M, le
c'eft ce qui
Marquis de
a
lacourle gnydengager M. de Prépont Champie de hâter
femble, il eipéroit que nous devions faire end'air, les nouveanx que le changement
verrois,
vifages que je
iéleignement des licux gui --- Page 197 ---
-
[1891
& les diffin'avoient été f funeftes, dans d'autres, 2
pations - que j'aurois à me dittraire de ma
contriburoient triftetle, & que
à peu je prendrois entroit
M. Ro Prépont
le deflus.
de M. le Général, & fon
ans les vues bien deles fuivre, mais
deflein étoit
avoit befoin d'un ranotre brigantin choix- & l'aflortiment des
doub, le
nous devions emmarchandifes de même que que nos autres proporter, vifions n'étoient pas faits ; ainfi nt
d'apparence,que quelque
avoit pas
nous
ligence quer nousy état apportatlions, de
avant
puffions être en
de Juin, partir & nous.
le commencement premier Avril,
n'étions encore qu'aur mal empiroit; je n'aCependant mon
;le Médecin du,
vois ni goût ni appétits Major entreteKoi, & le Chirurgien Ifle,ne favoient plus
nus dans cette
Pridence,
le
euRe
faire, quand Perc
de me
rieur de la Charité, 9 entreprit voulois aller.
guérir radicalement, fije de jours dans far
paffer une oit quinzaine il me dit que l'air étoit
maifon,
donneroit une chambon, & qu'il m'y qu'il étoit trop éloigné
bre, Gouyernement attendu
pour me fuivre
du --- Page 198 ---
auffi exagement [190 I
Je le propofai à M. gu'al le étoit néceffaire:
confentit, habile
& jy fis tout Général. de
quiy
& honnête
fuite. Cet
parole, & les remedes Religieux me tint
prendre, opérerent f qu'il me fit
qu'en moins de tems effcacement,
promis, de
je me trouvai gu'il tout ne m'avoit
Girardin, 9 Confeiller autre. M.
Supérieur dela
au Confeil
une très-belle Martinique, qui avoit
du Fort Royal, habitation où M. à denx lieues
Champisny alloit
le Marquis de
deux derniers jours regulieremenr de
les
ne.m'engageaa achever
y paffer chaque un
femaide me
mois pour
taiavec beaucoup Cptttsnte de
queM. de
plailir. Un jour
que nous ATeAOBALE dinions, il furvint tandis
hommedlentiont trente
un jeune
fait, & d'une figure fort ans, très-bien
mais affez mal vétu., Il intéreflamtes
avoit trois mois
nous dir
gu'il étoit parti quily de
Dunkergeravec ron cinq mille
une
-
livres, pacotilledlenvi
querdans cette
pour venir traficroitre fa fortune cilbeluRotaLuneE qui étoit
minces,
des
puifqu'elle ne
plus
celas mais que prefqu'à confiftoit la veille qu'en
d'ens
fait, & d'une figure fort ans, très-bien
mais affez mal vétu., Il intéreflamtes
avoit trois mois
nous dir
gu'il étoit parti quily de
Dunkergeravec ron cinq mille
une
-
livres, pacotilledlenvi
querdans cette
pour venir traficroitre fa fortune cilbeluRotaLuneE qui étoit
minces,
des
puifqu'elle ne
plus
celas mais que prefqu'à confiftoit la veille qu'en
d'ens --- Page 199 ---
[19t J
le
dans le Port du Fort S. Pierre,
rer
il étoit, avoit étéatavire fur lequel Forban
après un
aqué par un
qui; s'en étoit
ombat des plus opinilires, à force de pricmparé, & qw'enlin, obtenu de ces fcélérats
res, il avoit
à l'Ance d'Arlet,
hu'on le débarquât
Roi
de M. le: Marquis de
panaetres
s la protedion d'abord lui demanda
Champigny qui
Irépondit
fon nom & a qualité.
qu'il ACL
fe nommoit de Tarcilly de 2 Péronne,
6ls d'un- Gentilhomme ne lui avoit laiflé
qui en monrant maifon 2 de campagne de
qu'une petite
qu'il avoit vendue,
pen de rapport, il avoit employé le prix en
& dont
venoient de lui être
imarchandifes M.de qui Girardin lui fit apporenievées:
l'invita à demeurer
ter tin couvert, ce
l'on eit vu ce
chez luijufqu'à dure pour T'obligerque Pon pourroir les trois femaines que je
Pendant
chez ce Confeiller, je
reftai encore fouvent avec-N M. de Tarm'entretins
tout le. tems de dévecilly, & fon j'eus caractere , qui me parut
lopper
manquoit pasd'eipsit,
excellentsilne
doux, complailant
il étoit intelligent, --- Page 200 ---
& des plus malheureux; [192]
pour m'y attacher fortement, ; c'en fut affe
en fa faveur à M. le Général Je parla
de Girardin, qui le. firent. & à M
proprement, &i le cottiferent habille
fournir une pacotille de
pour lu
piaftres, dont M. de
cinq cens
nous en parlâmes Prépont, à qui
après, voulut bien fe quelques jours
fortiment. J'y ajoutai charger aufi de l'af
chofe de mon côté,
quelque
cet
8je déterminal
Armateurs qui avoit le
coeur du monde, à lui faire meilleur faire la
campagne avec nous.
Je pris enfin congé deM. de
din, & .je retournai au Fort Girar
ohy'emmenai avec moi mon nonveau Royal 9
compagnon, permitlion , en conféquence de la
le
que m'en avoit donné M.
Marquis de
d'autant plus charmé Champigay, de l'amitié qui fut
j'avois pour M, de
que
flattoit qu'elle
Tarcilly 2 qu'il fe
à mes chagrins. pourroit faire diverfion
II y avoit déjà près de huit
a
que j'étois de retour au Fort jours
lorfque M. de Prépont
Royal,
nous informa
y arriva; il
dans fes courfes que l'embarras pour n'avoir point
de-plie
fieurs
'autant plus charmé Champigay, de l'amitié qui fut
j'avois pour M, de
que
flattoit qu'elle
Tarcilly 2 qu'il fe
à mes chagrins. pourroit faire diverfion
II y avoit déjà près de huit
a
que j'étois de retour au Fort jours
lorfque M. de Prépont
Royal,
nous informa
y arriva; il
dans fes courfes que l'embarras pour n'avoir point
de-plie
fieurs --- Page 201 ---
119s1
fieurs bâtimens, il avoit profité d'uine
occafion qui's'étoit préfentée de s'en
défaire caumboneainadlues
d'une barque qu'il avoit contervée,
& que du produit de ceux qu'il avoit
vendus; il avoit acheté un navire
monté de feize pieces de canons, bri- qui
contiendroit plus d'effets que le,
gantin, & les deux barques que nous
avions lors de notre premier voyage;
que les frais ne feroient point fi confidérables, en ce que nous n'aurions
pas befoin d'autant de monde
en
auroit fallu fur nos autres
;
tadatet
que d'ailleurs tous nos Matelots étant
raflemblés dans un feul, nous ferions
bien mieux en état de nous défendre
contre toutes fortes d'attaques. Il
ajouta que fa carguaifon étoit faite,
& que- nous pourrions partir fous
quinzaine. Il nous dit auffi que le fieur.
B. étoit arrivé de la veille au. Fort
S. Pierre, que fa courfe avoit été plus
heureufe que les précédentes ;. quil
comptoit faire celle-ciavec nous, &
quil devoit fe rendre le jour d'après
au Fort Royal, pour faire fa- cour à
M.le Général.
Après que nous eûmes diné, cct
Part, III.
I --- Page 202 ---
Armatear
[1941 /
vrit ainfi me tira à Pécart, & m'onfon coeur.
4 Je vous connois A
> cher ami, & ma confiance diferet, 9 mon
2> eft trop forte pour vous rien en vous
>1 ler de mes intentions
diffimuwpeut-Birejamasfintr, ; je ne l'aurois
3> que vous venez
fansle malheur
32 comme je fais à d'éprouver; mais
32 vous attache plus préfent affez dans que rien ne
3> pour vous faire craindre les ce pays,
5> ablences-voicice
longues
5> d'unelettre
qu'en conféquence
quej je viens del
3) de Dom Gulman de
recevoir
>> réfolu de faire. Il me Tellafcos, mande
Tai
>> trouver du vingt au
de me
s> aux environs du Port
Juin,
5) qu'il
Paix, &
CFSN
s'y rendra fous
>> çois. C'eft dans cet pavillon fran
2> d'après nos
endroit, 2 que
rons nos
conventions, 2 nous fes fer quelques échanges, nous irons paf
jours, à la
9> nous nous rendrons
Havanne
3> oùt j'ai donné ordre à après M. de au cap
a
9>. fort de nous joindre
Trains
quifera
avec ma bar
de
3>
Rera de-là nous remplie marchandi
9> Méxique, & enfuite ferons àla un voyage au
A d'oi nous nons rabattrons Louifiane
au EST Ca
2 que
rons nos
conventions, 2 nous fes fer quelques échanges, nous irons paf
jours, à la
9> nous nous rendrons
Havanne
3> oùt j'ai donné ordre à après M. de au cap
a
9>. fort de nous joindre
Trains
quifera
avec ma bar
de
3>
Rera de-là nous remplie marchandi
9> Méxique, & enfuite ferons àla un voyage au
A d'oi nous nons rabattrons Louifiane
au EST Ca --- Page 203 ---
11951 :
sinada,pour faire une partie de notre
2> charge en pelleteries, que nous man- conduirons à Nantes, où nous ne
9>
des occations
>> querons pasdetrouverd
>> de nous endéfaire avantageufement, de notre carsyainfi que du furplus
& felon les circonitances
>> guaifon;
nous
peut - être pouffer
9)
pourrons côtes de Guinée, pour
3) jufqu'aux fairela traite des Négres dont nous
>> y.
notre charge, & re5 compoferons à la Martinique. Cette -
3 viendrons
durera au moins trois
>> campagne qui
courfes, & s'il.
55 ans 2 terminera aucune nos
avarie > no-.
>ne nous arrive
>tre fortune fera aflez grande pour
n'en
ambitionner une plus con-
>> fidérable. pas J'ai à cet effet employé.
>>
liv. des >> pour- votre compte 60000
liv. de fonds
vous appar-
>> 75000
mis qui I 80000 liv.
> tiennent, &j'en,ai
vous
9> pour le mien, conféquemment intéreffé
un
91 ferez toujours
pour
dans le bénéfice que nous fe-
>> quart
à
fi cet arran2) rons. Voyez préfent & déclarez2) gement vous convient, votre fenti3) moi tout natureilement
>> ment 1). Il éft conforme au vôtre, êtes
lui répondis-je, Monfieur ; vous
I-ij --- Page 204 ---
[196]
prudent, rêts vous font fage & entendir, mes inté
donné des
chers, vous m'en avez
faire de mieux preuvés. Que puis-je donc
que de m'en
aveuglément à tout ce
rapporter
rez à propos de faire ? Il que vous jugeme quitta, & s'en fut chez m'embrafia,
des S. Ange, où je lui promis Madame
lendemain
d'allérle
au Fort. déjctner, &c je remontai
Ces projets étoient beaux & bien
concertés, ilsn'eurent cependant
exécution qu'en
leur
abfolument décidé partie, car il étoit
navant qu'à chaque qu'il falloit doré:
feroiaTeflyatt
voyage que je
malheurs.
quelques nouveaux
Deux jours après ma
avec M. de
conférence
vint au Fort, Prépont &
2 cet Armateur
qu'ileut avec M. le pendant l'entretien
Pigny, ce Général Marquis lui remit de Cham.
cens piaftres qui étoient
les cinq
faire une pacotille à M. deftinées de
pour
dont je lui racontai
Tareilly,
a
lui préfentant. Sa.fenfibilité l'accident en le
mit pas de me rien refufer de neluip perluidemandal
ce
pour
queje
me promit de prendre, cetinfortumé, dans
qu'il
& de lui faire faire la
fon bord,
campagne avec
Général Marquis lui remit de Cham.
cens piaftres qui étoient
les cinq
faire une pacotille à M. deftinées de
pour
dont je lui racontai
Tareilly,
a
lui préfentant. Sa.fenfibilité l'accident en le
mit pas de me rien refufer de neluip perluidemandal
ce
pour
queje
me promit de prendre, cetinfortumé, dans
qu'il
& de lui faire faire la
fon bord,
campagne avec --- Page 205 ---
1197]
nous; ce qui l'obligea à retournet au
Fort S. Pierre, d'oi il revint au bout
de trois jours avec M. B *** qui inous
dit avoir très-bien fait fes affairesavec
les Efpagnols. M. de Champigny les
retint Pun & l'autre à dîner; & comme nous fortions de tablé, un Capi- d'artaine de navire Nantois quivenoit
river, nous apporta un paquet qui conattentenoit le confentement quenous & deux letdions depuis fi longtems, dont l'une
tres de M. de Lefleville,
M. le Général & l'autre pourpour
renouvel.
moi', qui ne fervirent qu'à
ler mon affliction; & ce fut direétement dans ce moment, que Jappris
la mort d'un de mes meilleurs amis, Lieunommé, M: de Mézalier. Ilétoit
tenant d'une Compagnie détachée de
la Marine, en garnilon all Fort de la
Trinité ; il fut tué par des déferteurs
en allant à l'abordage d'une barque,
dont ils s'étoient emparés dans le Port
pour fe (auver dans les pays étrangers. Quelques jours après, M. de Préannonça à M. le Marquis de
pont Champigny, que M. de Trainfort ve.
noit de lui écrire que fon vailleauétoit
)
Iiij --- Page 206 ---
[158.]
en état, & fon équipage
qu'ainfi, rien ne nous arrêtant complet :
il falloit fonger à
plus,
commencer notre
courle,&quil venoit en
prendre fes ordres. Je n'en conféquence ai
d'aurres à vous donner, lui
point
CC Général, finon d'avoir répondit
bien foin de M. le
toujours
Chevalier, & de
lerezardercomme je vous
votre fils. Hlajoura,
cilly, il recommande me
auffi M. de Tarfuis perfuvadé paroit un bon fujet, &je
dereconnoiireles qu'il ne manquera pas
aurez pour lui. Je attentions que vous
le moment de ce Général, m'approchai dans
ciai de fes
je le remerla
bontés,je lui en demandai
consiabation,ie
il me fouhaita un bon pris congé de luti,
mn'embraffa.
voyage, & il
Je me fentis le' coeur fi ferré, en le
quitfant, que je ne pits retenir
ques larmes qui
de quelyeux. Cette iituation, sé-happerent
mes
pas'ordinaire, devoit bien qui ne m'étoit
faire preffentir
Hélas! me
a
pas de
que je ne reverrois
me, longtems cet admirable hom.
&ctout les chagtins dont j'allois
dorénavant devenir la proie.
Nous partimes enfin, M, de Pré-
eur fi ferré, en le
quitfant, que je ne pits retenir
ques larmes qui
de quelyeux. Cette iituation, sé-happerent
mes
pas'ordinaire, devoit bien qui ne m'étoit
faire preffentir
Hélas! me
a
pas de
que je ne reverrois
me, longtems cet admirable hom.
&ctout les chagtins dont j'allois
dorénavant devenir la proie.
Nous partimes enfin, M, de Pré- --- Page 207 ---
[T991 I 1
pont, M. de Tarcilly, M. B&
moi dans un canot de Négres,8 Pierre nous le
nous rendimes au Fort S.
30 Mai 1732. ici à la defcription que
Jajouterai
ai déjà donnée de la Marinique,dans
ma premiere Partie, qu'indépendament des Forts Royal, de S. Pierres Mouilde la Trinité, du Marigot, du
font
lage & de la riviere Salée, cette qui Ile
les principales places dont
vingteft compolée, il y a en outre dans
deux, tant quartiers qu'ances,
chacun defquels il réfide un Capitaine
fçavoir :
de milice qui y commande, Sainte-Maric,
Le Culde-lacMarin, la Cafe Capot, le Culla Baffepointe, le Trou au Chat, le
de-fac à vache, >
: difLamentin.-le Fond S. Jacques, Fort de la Tri-.
tant de deux lieues du
le Cul-denité, le Cul-de fac Robert,
Morfac François s,le Ravelin, les gros le Prefne, le-Macoubat, le Carbet,
cheur, oùt ily a une ance. &, unejo- Pilote,
lié riviere auprès, la Caze-du PAnce
la grande Ance,l'Ance d'Arlet, Saint te-Anne &
de Sainte-Luce, l'Ance Cette derniere tire
l'Ance du Diamant. rocher
a la forme
fon nom d'un
qui --- Page 208 ---
[200l).
lieue d'un diamant", 2 qui eft une demi
Caze du ayant Pilote dans la mer, entre la
appelle
& le Golfe que l'on
des Salines. communément le Cul-de-fac
Le violent & terrible OlIllcen ragant qui s'eft fait fentir dans cette
1766, a portéla défolation dans
prefque toutes les habitations
font répandues dans ces différents qui
del quartiers la
> particulierement au Fort
l'Eglife Trinife, dont la.couvermure de
& toute la charpente ont été
renverfées; au ForrMarigor,a SainteMarie, à la grande
Ance; : à la Baflepointe, 2 au Macouba & au
qui ne fe releveront de Prefcheur,
dommage que leur a caufé longtems cet
du
gant.
ourallyadesEglifes Paroiffiales
ces quartiers, quialors étoient dans tous
vies par des Jéfuites, des
defferdes Carmes & des
Jacobins 3
- Prefque toutes les Capucins, maifons de
Ifle font bâties en
cette
n'ont qu'tin ou deux charpente; elles
mais d'ailleurs elles font étages fort au plus,
des; il
en a
commo.
Royal & au Fort quelguesunes S. Pierre aui Fort
en pierre de taille & plus clevées qui-f font
que
, quialors étoient dans tous
vies par des Jéfuites, des
defferdes Carmes & des
Jacobins 3
- Prefque toutes les Capucins, maifons de
Ifle font bâties en
cette
n'ont qu'tin ou deux charpente; elles
mais d'ailleurs elles font étages fort au plus,
des; il
en a
commo.
Royal & au Fort quelguesunes S. Pierre aui Fort
en pierre de taille & plus clevées qui-f font
que --- Page 209 ---
[sor]
es autres. I1 y a - dix à douze rivieres dont:
Hans l'étendue de cette Mle,
guelques-unes font tafferconfidérabless des
Elles prennent leur fource au pied
font coumornes ou montagnés, beauxbois qui du mondei,
vertes des plus
propres à toutes fortes d'ouvrages,
foit pour la conftruétion des vaiffeaux,
foit pour la charpente & la menuife- &
rie, parmi lefquels iby a un gros
grand arbre que l'on nomme acomas cf- :
hls'en trouve beaucoup de cetté: la
à Sainte-Lucie. Cet arbre a
pece
fon fruit eft maufeuille très-large,
a la forme
vais & d'un goût couleur amer..Il eft jaune. Ces
de l'olive & fa
les
rivieres circulent dans
vallons,
baignentles terres & fe rendent àle
&cleurs
mer. Elles ne tariflentjamais,
débordemens font très dangereux, par
les grands dommages quils caufent,
tant aux terres qu'aux maifons.
Cette Iile eft confidérablement
font
Rene
plée; les habitans
grands,
faits, vaillans, doux, allables.genéreux & hofpitaliers, mais ils aiment
la table & lesfemun peu'.trop le jeu,
commettent
mes; & les excès qu'ils très-fouventà
en tout genre, nuifent --- Page 210 ---
- [202]
Ieur fanté, & abregent leur courfe;
qui iroit à un fiecle, dans un
l'air eft auffi bon
pays où
Les femmes en général que dans celui-là
très-blanches,
y font belles
mais un peu nonchalantes; grandes, bienfaites
mentle plaifir, & c'eft mal à elles ai
qu'on leur fait un crime d'une propos
torifée plexion amoureufe, qui fe trouve com- au
parle'c climat.
maladies Il ne regne dans ce pays que trois
terie, le graves 1 qui. font la
ladie de pian ou la vérole, & dyffen la ma
Siam. La premiere
fource dans Tintempérance, prend fa
fort commune. La feconde & elle eft
bauche crapuleufe
dans la dé
des Négreffes-o
que l'on fait avec
ce qui n'eft pas originairement rare, & la gâtées
eft épidémique ; elle a été troitieme
quée aux Créoles
communi
vaiffeau du Roi, par Téquipage d'un
nommé
qui( en revenant de Siam l'Oriflame, avec 2
triftes débris des établiflemens
les
Perele Tellier, féduit
que le
a
promeffes du perfide par les fauffes
cipal Miniftre de ce Conflant, prinengagé Louis XIV à Royaume, faire à
avoit
& à Bancock) relâcha
Merguy
au Bréfl, ou 0e
vaiffeau du Roi, par Téquipage d'un
nommé
qui( en revenant de Siam l'Oriflame, avec 2
triftes débris des établiflemens
les
Perele Tellier, féduit
que le
a
promeffes du perfide par les fauffes
cipal Miniftre de ce Conflant, prinengagé Louis XIV à Royaume, faire à
avoit
& à Bancock) relâcha
Merguy
au Bréfl, ou 0e --- Page 211 ---
[203] I
prit cettc cruelle maladie qu'ildonna
la Martinique, & qui fe répandit
infuite dans toutes les Ifles du vent
le T'Amérique. Ses fymptômes font
in grand mal de tête & de reins ,
Avec une forte fievre ; il ne faut que de
décider
trois à quatre jours pour de ceux qui
a mort ou de la guérifon
bnt le malheur d'en être attaqués. au
Nous paffâmes quelques lelquels jours M. (
Fort S. Pierre, 2 pendant
de la
ke Prépont me donna un.double
facture des marchandifes
compoR reconnut
Hoient notre carguaifon. étois intéreffé pour un
au bas quej'y lui avois fourni les
quart, dont je
fonds.
Nous allâmes enfuite prendre de congé M. de
de M. Panier d'Orgeville &
nous
Brach; ; & le 5 Juin 1732, fieurs nous de Tarembarquâmes avec les
&
cilly & B e Nous appareillàmes Port de Paix.
fimes voile pour le
Fin de la troifteme partie, --- Page 212 ---
35553.3
a --- Page 213 ---
V OYAGES
ETY
AVANTURES
DU CHEVALIER DE
QUATRIEME PARTIE, --- Page 214 --- --- Page 215 ---
E469
C527V
pts. 3-4 --- Page 216 ---
a
% --- Page 217 ---
- --- Page 218 ---