--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A8E
OULANO
a
thm burter Binrn; --- Page 3 --- --- Page 4 ---
e
prste
S5o
clas 2 --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
V OYAGES
E T
AVANTURES
DE.
DU CHEVALIER
Aux Ifles Antilles Frangoifes fous le vent de
EAmérique Septentrionale,dl la Havane,
Capitale de PIRle de Cuba, 6 à PortoRico, appartenantes aux Elpagnols , à
San-Jago de la Véga, Capitale de la Jamaique, & à Pori-Royal appartenantes
aux Anglois 2 > & fon fécond voyage à la
Martinique.
SECONDE PARTIE.
wfo - Ye ay
à
ALONDRE S;
Etfe trouvent
A PARIS,
Chez DESSAIN Junior, Libraire, Quai des
Auguftins, à la Bonne-Foi.
M. DCC. LXIX. --- Page 8 --- --- Page 9 --- --- Page 10 ---
ERRAT A
De la feconde Partie,
lig. 14,
PaoE..
16,lig.
dannai,lf donnai.
22, lig.16, 5,, ledemain, perora, laf: parla.
so, lig. 22, 9 affeétion, lalendemain. lif. affiction.
55, lig. 4, Neker, l Nekre.
57,lig. 2, expatriés, - lif expatrier,
57,113.24, dannee, lij. donnée,
s9,1g. tée à 3, tentée de crore, 2
*
croire.
l.por60,lig. 18, une, lif. un.
89,lig. 17,Julie, l/.Silvie.
92,lig. 19, ptincipaux des habitans,
M.principaux habitans,
98,lig, 6, dans, lif. fur.
122,lig. 13, tenduns, lif. tendu.
138,lig. 19, guais, lif. gais.
161,lig, 26, avet, lif. avec,
187,1ig. moins 9, à au moins toutes, s lif. au
toutes.
193,lig. siendra. 24, la deviendra, lif. le de.
206,lig. 5, interval, lif. intervalle.
256,lig, 25, interval, lif. intervalle,
,
98,lig, 6, dans, lif. fur.
122,lig. 13, tenduns, lif. tendu.
138,lig. 19, guais, lif. gais.
161,lig, 26, avet, lif. avec,
187,1ig. moins 9, à au moins toutes, s lif. au
toutes.
193,lig. siendra. 24, la deviendra, lif. le de.
206,lig. 5, interval, lif. intervalle.
256,lig, 25, interval, lif. intervalle, --- Page 11 ---
VOYAGES
ET
AVANTURES
D
DU CHEVALIER
e
SECONDE PARTIE.
O M M E il étoit déja fort
tard quand nous entrâmes
C
dans le Port du Cap François, & qu'avant que nous
euflions pûl être en état de nous préfenter décemment chez le Gouverneur, le Fort auroit été fermé, 2 M.de
Prépont remit au lendemain notre
Part. II.
A --- Page 12 ---
[2J
defcente à terre, & décida que nous
pafferions la nuit dans notre bord:
heures Nous efimes jufqu'à plus de dix
du foir différentes
qui vinrent nous vifiter & nous chaloupes,
ter, fuivant que cela fe pratique appor- ordinairement par rapport aux batimens
nouvellement arrivés, toutes
de coquillages & poiffons parmi fortes lef.
quels étoit un vieille d'environ trois
pieds de long, qui nous fervità
une chere d'autant plus
faire
nous l'arrofâmes de
exquife que
lesde vin du Capde quelques bouteildont nous. fit préfent Bone-Eipérance, un Capitaine de
Navire de la connoiffance de notre
Armateur, venu tout récemment de
Guinée, & auprès de qui nous avions
mouillé,
Lorfque nous eûtmes foupé,
gcai M. le Chevalier
j'engaretirer, &
d'Orbigny à fe
mes
quand nous nous trouvâfon feuls, je le priai de me continuer
Hiftoire, qui avoit été interrompue lors du coup de vent que nous
avions effuyé entre S. Chriftophe &
Sainte.Croix, & que bien des cir.
confances l'avoient empêché d'ache- --- Page 13 ---
Il confentit avec plaifir & la
ver. y.
reprit ainfi.
S UIT E
De PHifoire de M. 6 Mademoifille
dOrbigny.
Avaes que ma tante fe fut
danse parloir l'efpace de Tere
menée huit minutes, elle vint fe remetire
à
& s'adreffant à fa fille,
à fa place,"
Mademoielle lui dit; il me paroit, eft
felle,que votreimagination
& fait beaucoup
erade
te àséchauffer, chemin qu'elle ne devroit. Qui
de donc vous avoir déja auffi bien
peut inftruite fur cet article? Sachez que
bien même > vous n'auriez pas
quiand le change fur ce qui im'eft échappris lintelligence déplacée que vous
pé,!
annonce un defir
avez fait paroitre, devient criminel;
qui, à votre âge, eu en vue de vousfaire
mais je n'ai nion pas neveu comme un homregarder devoit être un jour à vous :
me qui chofes effentielles sy oppofent;
deux
Aij
peut inftruite fur cet article? Sachez que
bien même > vous n'auriez pas
quiand le change fur ce qui im'eft échappris lintelligence déplacée que vous
pé,!
annonce un defir
avez fait paroitre, devient criminel;
qui, à votre âge, eu en vue de vousfaire
mais je n'ai nion pas neveu comme un homregarder devoit être un jour à vous :
me qui chofes effentielles sy oppofent;
deux
Aij --- Page 14 ---
E4]
l'eft vous n'êtes pas riche, votre conlin
encore moins, & le peu même
qu'il a, ille doit à mes bontés;
ma chere enfant, rejettez
ainfi,
de votre efprit
abfolument
roit vous avoir limpreffion fait,
que pource que j'ai dit fort
mal-à-propos 7
dont
innocemment, &
Vous néanmoinsje me repens très-fort.
alors refterezici fi
encore deux ans, 2 &
vous avez du goût
un
établiffement dans le monde, pour
en forte de vous en
je ferai
de vous ; cependant procurer un digne
jep prie le Scigneur
devousinfpirer: une
à fa gloire & à votre vocationplus falut. Je
titile
tends pas au moins,
ne prépour cela, géner
votreinclination, ni vous contraindre
enrien; Dieu m'en préferve ! mais réfléchiflez bien que le monde eft hériffé
d'écueils contre lefquelsla vertu même
la plus folide,qui n'ef
la grace, 9 va fouvent Pt foutenue par
forte raifon celles
brifer, à plus
tre, ne font
qui, comme.la voL
dérez d'un que chancellantés. Confilay vie
autre côté les douceurs de
monaftique, les délices
l'on
goûte en fe confacrant entierement que
FAuteur de nos jours, les
à
mens de notre coeur dans le épanche- fien, les --- Page 15 ---
[51
-
font la
taviffemens qui toujours en
fuite, cette fainte allégreffe que nous
reffentons :. I lorfqu'en fui remettant
entre les mains , une ame qu'il ne nous à le
a confiée que pour lemployer d'une
louer < il nous couronne
gloire
qui a fait Pambition des plus fous grands les -
Saints; & dont vous - avez
yeux tant de modeles. Vous quitterez eft
VOS parens. 2 Vos amis, cet-effort
grand,fen conviens ; mais comptez
rienles graces dont la Provous pour
avec ufure le facrifice
vidence vouslui paye faites de quelques plaifirs
que
dontla
idéals & momentanés
jouifian- tiers de
ce n'emporte au plus quie le devient
notre vic, tandis que le refte infruc4a proie des remords fouvent
tueux. la
de ces deux
Faites
comparaifon
ma chere fille, & l'agirai - à
états,
de
votre égard en conféquence
T'option' que vous en ferez; je vais vous
laiffer un inftant avec votre coufin
faire une vifite à Madame PAbbeffe,je pour
viendrai enfuite le reprendre
& vous dire adieu.
inftant
Comme nousn'avions pas un
a-perdre, nous profitâmes, ma COtlA 11]
de ces deux
Faites
comparaifon
ma chere fille, & l'agirai - à
états,
de
votre égard en conféquence
T'option' que vous en ferez; je vais vous
laiffer un inftant avec votre coufin
faire une vifite à Madame PAbbeffe,je pour
viendrai enfuite le reprendre
& vous dire adieu.
inftant
Comme nousn'avions pas un
a-perdre, nous profitâmes, ma COtlA 11] --- Page 16 ---
A
[6]
fine & moi de l'abfence de
d'Orbigny pour nous faire l'aveu Madame
fentimens que nous nous étions réci- des
proguement infpirés, je
perlévérance méme à
luijurai une
mort; elle me protefla Pépreuve de la
chofe
me
quiarrivat,elle abe.quelque
lablement attachée
feroitinvioaucun
toute fa vie, &
2mmals rien ; elle autre que moi ne lui
je lui bailai, & elle me tendit fa main que
Je lui racontai ferra la mienne.
tout ce qui s'étoit alors fuccingtement
& moi, je lui
Paifé entre fa mere
le jour de mon promis de la venir voir
fon, & de prendre dépatt dans pour la garnitous les
cetintervalle
lui faire arrangemens tenir
poffibles
& lui faciliter les mes lettres ThC.cOt
parvenir les fiennes, moyens de me faire
Je lui confeillai aufli de
paroitre rebelle aux volontés ne point
mere, pendant les deux
de1 fa
me reftoient à écouler
années qui
ma majorité, 9 afin de ne pour lui atteindre
tre aucun ombrage
faire naiqui pût nous être
préjudiciabless abfence
de mon. côté mon
me
poatine
vert de fes
mettroit à coupourfuites, & que d'ail- --- Page 17 ---
[7]
leurs je faurois diffimuler de façon
ne lui feroit pas pofible de me
TrRE J'avois à peine achevé cette
derniere fyilabe que Madame d'Orrentra, 8 après avoir exhorté
bigny fa fille à faire de folides réflexions fur
lui avoit dit, fortit dut parce qu'elle m'en arracha & nous retournàloir,
mes à la ville.
de rien pendant
Il ne fut queftion
nous étions
notre route 2 attendu de que Mademoifelle
gênés parla femme préfence de chambre de ma
Bonneuil,
tante qui nous avoit accompagnés. en
Elle avoit beaucoup de confiance
elle &
la nomme ici parce qu'elle
doit 7 bientôt je jouer un rôle intéreflant
dans cette hiftoire.
d'un certain
Cette fille étoit déja
à feue ma
âge, elle avoit appartenu entrée au fervice de
mere, & n'étoit
qu'après la mort
Madame d'Orbigny maitreffe; c'étoit elle
de fa m'avoit premiere élevé, & elle ne tarda
qui
des
de
e1es
à me donner
preuves
moi.
qu'elle. avoit toujours eue aife, pour en arriComme Pétois bien
vant à la viile, de me livrer à mesré.
flexions, & de fonger aux moyens
Aiv
ée au fervice de
mere, & n'étoit
qu'après la mort
Madame d'Orbigny maitreffe; c'étoit elle
de fa m'avoit premiere élevé, & elle ne tarda
qui
des
de
e1es
à me donner
preuves
moi.
qu'elle. avoit toujours eue aife, pour en arriComme Pétois bien
vant à la viile, de me livrer à mesré.
flexions, & de fonger aux moyens
Aiv --- Page 18 ---
dont
[8J
coufine je me fervirois pour voir
avant de
ma
tre nous une
partir,& établir enn'être pas découverte correlpondance qui. pût
tre plus .incommodé ; je feignis d'eavant d'aller au
que je ne l'étois
donna la liberté couvent; de
ce qui me
ma chambre & de me me retirer dans
n'yavoit pas une heure mettre au lit. Il
quand Madame
que ly étois
trouver; elle Parut d'Orbigny, vint me
indifpofition, elle très-lentible àn mon
me propofa fon
Medecin, cepter, que Jei me gardai bien
la
je me contentai feulement d'âcprier de vouloir attendre
de
tems, 2 que peut-être le
quelque
pour me rendre la fanté: repos fuffiroit
ça,&me demanda enfuite aleyacquice
content de la leçon
fifavois été
à fa fille. Je ne
qu'elle avoit faite
prouver avec cet manquai air de bonne pas de Papperfuade même les
foi qui
fiants, & j'ajoutai gens les plus dé.
ma coufine ne devoit que être lincartade de
que comme un trair
confidérée :
qui dans le fond, ne méritoit wenfaniliges
moindre attention, &
pas la
il ne falloit point
que dorénavant
plus loin, parce
pouffer les chofes
que, comme j'avois --- Page 19 ---
19]
obfer-
: Phonneur de lui faire
déja. eu voulois pas donner lieu à
ver, je ne.
forcée; mais-que f ma
une vocation ice parti d'elle-mème,
coufine prendit
d'autant plus aije m'en confolerois n'aurois aucun reproche
fément àm'en faire. queje
12 QA
vie une
Je n'ai jamais vu de ma. le fut cette
femme auffi contente elle que m'accabla des
mere dénaturéc carefles : qui,je crois,auplus tendres eitdes fuites tresierieufes.
roient coeur avoit été en ma.dipofition.
mon
Bonnienil * qui entra un
Mademoifelle
retira bien à prointanrapebs,me oit je. me trouvois, 5
pos de Tembarras avec.elle fa maitrefle pour
& emmena
. aller. fouper.
la nuit à former
- Temployai ftonte & Aine rien réfoudre,
différens projets matin pendant que je
& le lendemain vis entrer Mademoim'habillois, je qui venoit de la part
Helle Bonneuil, s'informer en quel état
de ma rante d'impatience que je: fis
Un.air
jétois. paroisre de 2 me voir: continuellement -
foupirs. qui
oblédé, joint à quelques lieu àcette
aechapperent, donnerentl
moi
flle de me dird quil y.avoiten Av.
oudre,
différens projets matin pendant que je
& le lendemain vis entrer Mademoim'habillois, je qui venoit de la part
Helle Bonneuil, s'informer en quel état
de ma rante d'impatience que je: fis
Un.air
jétois. paroisre de 2 me voir: continuellement -
foupirs. qui
oblédé, joint à quelques lieu àcette
aechapperent, donnerentl
moi
flle de me dird quil y.avoiten Av. --- Page 20 ---
[io]
plus de chagrin
de
quefije voulois
maladie, &c
je trouverois en
coeur 2
raduaiaue
diferére ;
elle une confidente
que je ne devois
J
combien elle m'avoit été pasignorer
gu'elle ne defiroitrien tant attachée,
prouver fon zele ; elle
que de'me
le avoit la confiance: de m'avoua fa'
qu'eldont elle connoiffoit toutes maitreffe, 3
fur moi, que la veille, tandis les vues
la déshabillit,. elle lui
qu'elle
récit de l'entretien.
avoit fait le
avec l'Abbeffe au
qu'elle avoit eu
fon intention étoit fujet de de fafille. que
la
par rufe ou par force à contraindre
bit, lorfque je ferois à ma prendre l'ha-
& de lui faire faire fa
Garaifon,
mon retour; qu'elle m'en profeffion avant
afin que dans le cas où je avertiffoit, m'y intérefferois, ceffaires je priffe les précautions nétion;
pour en empêcher l'éxécuqu'elle ne s'étoit
mef faire de parcillesavances déterminée à
m'aider de fes confeils & me que pour
tous les fervices qui pourroient rendre
dre d'elle ; qu'eile étoit indignée dépen- des
manoeuvres de fa maitreffe, &
ne feindroit dorénavant de la qu'elle
dans fes trames
fervir,
crintinelles, - que pour --- Page 21 ---
[al
la faire échouer en fervant l'innocen- réfolue
ce, & qu'enfin elle étoit de bien fa fortune fi
à me faire un facrifice
fût
on venoit à s'appercevoir qu'elle avec redans nos intérêts. offres J'acceptai de cette fille,
connoiffance les
s'étoit
je ne lui cachai pas ce qui lui témoi- pallé
entre ma tante & moi, je
gnai la répugnance invincible queja- le
vois pour. mony mariage avec m'avoient elle,
mépris que fes propolitions fis aufi entendre
fait naitre; jelui
intérêts
que
Raie
mes
particuliers,
a
bien aife de ménager, me forçoient d'une difufer, contre mon caradtere, autre cirfmulation qui, dans toute
confance, pourroit paffer
ordre per-
& Pattente oùr j'étois
tert
fidie;
mendié, pour
de la Cour, que j'avois afin de me
rejoindre le Régiment, Pablence, à l'abri des
mettre 5 par infames de cette forcenée *
pourfuites lui avouai mon amour pour ma couje fine, fon retour pour moi, les V'aller promeffes queje lui avois faites de
voir en partant pour Metz 7 l'envie
fûre end'établir une corre/pondance c'étoit
tre nous deux ; qu'en un mot, our elle
la les vrais motifs du chagrin
Avj
afin de me
rejoindre le Régiment, Pablence, à l'abri des
mettre 5 par infames de cette forcenée *
pourfuites lui avouai mon amour pour ma couje fine, fon retour pour moi, les V'aller promeffes queje lui avois faites de
voir en partant pour Metz 7 l'envie
fûre end'établir une corre/pondance c'étoit
tre nous deux ; qu'en un mot, our elle
la les vrais motifs du chagrin
Avj --- Page 22 ---
[x2]
me voyoit plongé, &
dans le monde ne
que perfonne
mieux qu'elle, fi pourroit elle étoit y remédier
ment auffi bien intentionnée effeétivevenoit de me l'affurer.
qu'elle
bonne Cette fille me confirma dans la
mencé opinion à me donner qu'elle avoit déja comqu'elle alloit réver.aux d'elle, 2 me dit
le prendroit
mefures qu'elqu'à mon départ-elle pour m'obliger; ; que jufmaitreffe
épieroit fi bien fa
qu'ellene lui laifferoir
resletemsdeme téte-à-tête
tourmenter dans gue- les
enfemble, & nous pourrions àvoir
pas de me rendre qu'elle ne manqueroit
matins de ce qu'elle auroita compte tous les
Trois jours après cette appris.
tion,je reçus de la Cour converfaj'en attendois, je jouai le l'ordre que
en allant le porter à ma
défefpoir
manqua en expirer de tante , qui
me dit qu'elle avoit
douleur; elle
tes attachée à
une de fes parénvoulois, elle alloit-lui laReine, & que fi je
prier de faire
écrire pour la
ne pouvoir être révoquer cet ordre,qui
prile, puifqu'il s'en que l'effet d'une mé
icmaines
falloit plus de fept
que mon congé ne fit ex --- Page 23 ---
[13 ]
piré. Je
d'abord' confentir à Ya
mais un inftant après je
bien même
MELEE
luit fis obferver que quand
on fe feroit trompé daus'les bureaux 5
mon empreffement à le faire remarquer, feroit peut-être regarder ma
démarchecomme un cloignementpour
le fervice
me feroit mal noter,
tout Steir confidéré, le parti le
que plus' fage & le plus prudent étoit,
malgrélaimant qui m'attiroit auprès
d'elle, de commencer
obéir, fauf
lorfqueje eferois rendu Pm ma Garnifon,
siln'y avoit rien d'extraordinaire qui
exigeâtma préfenee, à faire mes rey préfentations atl Miniftre, lui expofer
ie tort que mon abfence pourroit faire
à mes affaires, 8 lui demander un
moins
nouveau congé quineferoitpas
que de quatre mois, en quioije gagneTois le double; elle fe'rendit à ines
raifons, qu'elle trouva fort bonnes,
& mon départ fut fixé à quatre jours
de-là. Mademoifelle Bonneuil vint à fon
ordinaire le lendemain matin dans ma
chambre, pour me communiquer ce
qu'elle avoit imaginé , & en me remettant : un habillement d'Abbé tont
aires, 8 lui demander un
moins
nouveau congé quineferoitpas
que de quatre mois, en quioije gagneTois le double; elle fe'rendit à ines
raifons, qu'elle trouva fort bonnes,
& mon départ fut fixé à quatre jours
de-là. Mademoifelle Bonneuil vint à fon
ordinaire le lendemain matin dans ma
chambre, pour me communiquer ce
qu'elle avoit imaginé , & en me remettant : un habillement d'Abbé tont --- Page 24 ---
L14]
&c. complet, Élle rabat, 2 perruque, 2 calotte :
fieur, me dit en riant: : tenez, Mon- ,
voilà de quoi vous introduire
auprès de votre coufine le
vous partirez d'ici; ferrez jour que
ment le tout dans
promptecoufin de votre taille, votre- malle . > un
minaire, & à quije-rends que jaiau Sébien voulu, à ma pricre, fervice, a
faire faire cet uniforme confentir à
chercher hier an foir. Ila quej'ai fouvent été
plus efficace quele 1 vôtre
été
conquêtes; iin n'a pas tant ponrfaire d'éclat des
vérité, mais il eft moins
à la
fur-tout lorfqu'il eft
feandaleux - 9
dence, anfi eft ilfort endofféparla en
prud'hui. Jai pareillement vogue aujourpour votre correfpondance, tout arrangé
irezles lettres
vous metcoufine fous que vous écrirezi votre
mon
les-ci fous
enveloppe 2 & cell'enveloppe de mon
qui me les rendra
coufin,
feraitenir à Mademoifelle exactement ; je les
par une amie que j'ai Tourriere d'Orbigny dans
PAbbaye où elle eft; je recevrai les
réponfes les ferai par la même voie, &je vons
reffer
paffer; mais il faudra intépréfens, cette foeur Par quelques petits
& il ne vous en coûtera que --- Page 25 ---
[:51
cela : n'êtes vous pas bien content difficultés de
moi à préfent P Toutes VoS maintefont applanies, c'eft à vous
nant à vous conduire de façon
nous
Sec
rien ne tranfpire, autrement reffource. Je me
rions perdus fans charmante fille,
jettaian cou de mille cette fois, pour la reque j'embraflai du fervice effentiel qu'elle me
mercier
joignis un - diamant de
rendoit, piftoles iy
qui avoit appartenu
quarante mere, & que je confervois deà ma
de mon pere :
lui
puis la mort
louis pour ialte fes -
dannai vingt. cinq
elle
à
largeffes à ceux à qui & jugeroit fortis
propos ; elle s'en alla, affaires je que
pour vacquer à quelques
Javois en ville.
trouvai ma tante
A mon retour > je elle me ft paffer
qui m'attendoit, cabinet 8 donna ordre en
dans fon
ne vint nous
même tems que perfonne elle fonneinterrompre, que quand
un
roit. Il me prit dans ce moment
tremblement univerfel & une pâleur craiégaloit celle dela mort. Que
qui
Monfieur me dit Madagnez vous 3
n'ai rien que de
me d'Orbigny, 9 annoncer je
: tâchez de
gracieux à vous
elle me ft paffer
qui m'attendoit, cabinet 8 donna ordre en
dans fon
ne vint nous
même tems que perfonne elle fonneinterrompre, que quand
un
roit. Il me prit dans ce moment
tremblement univerfel & une pâleur craiégaloit celle dela mort. Que
qui
Monfieur me dit Madagnez vous 3
n'ai rien que de
me d'Orbigny, 9 annoncer je
: tâchez de
gracieux à vous --- Page 26 ---
[r6]
wous remettre? Elle me fit
verre d'eau dans
avaler un
quelques
lequel elle. verfa
gouttes d'une liqueur
tueufe, 2 me fit affeoir à côté fpiri-
& pérora ainfi.
d'elle, 9
C Je ne fais, mon cher
qu'elle impreffion a pu vous Chevalier; faire l'ex: $
plication ble il
quenous avons eue enfemm'apperçois y a quelques jours; ; mais je
faites tout que depuis ce tems vous
ce que vous pouvez
m'éviter; ce n'eft pas-la, je
pour
reconnoitre mes bontés à votre penfes
Jene fuis pas affezi injufte
égard,
de vous un amour
pour exiger
fens bien
la
pareil au mien ; je.
âges y adped mettre difproportion de la
de'nos
mais eft-ce trop que de vous différence;
der en retour dé Tamitié?
demanvous me la refufer fans Et pouvezQuelquès
ingratitude?
rent couler lampesquballercoanine les
, fialors uneffort fur miennes, moit
& faifant
tant à feindre
méme,nm'exei.
pour elleune
queje ne reffentois
tendreffe,
fine,je lui pris les que mains pour ma coufai, puis en me jettant à fes quej je bai.
m'écriai, aprèsavoir
pleds.je
gucs foupirs : plit à Dieu, préludé par quel.
Madaumea --- Page 27 ---
[17]
jen'euffe pour vous que les fenque timens que vous me demandez ! je
ferois moins à plaindre, & n'encourrerois pas vos reproches ; mais j'en
éprouve d'autres bien plus vifs, qui
me rendront malheureux jufqu'au moment qui doit mettre le comble à - mon
bonheur, par l'impoffibilité oùt je me
cet heureux inftrouve d'anticiper
vous m'inftant, car le refpeét
de
pirez d'un côté, & Tes préjugés
Tautre, bien loin d'être éteints en
moi, y fubfiftent encore dans toute
leurs forces, & feront toujours une
barriere impénétrable aux defirs criformer, dufminels que je pourrois excèsde bonté,
fiez-vous même,parun
confentir à les fatisfaire. C'eft cette
façon de penfer, Madame, 9 qui feule
peut me confoler de la longueur des
deuxannées qu'il me faut laiffer écolt
ler avant de poféder la divine d'Orbigny, à qui je jure un amour fincere
& une fidélité inviolable, qui ne m'abandonneront jamais jufqu'au jour
fortuné oùt elle voudra bien couronner ma chere conftance. tante fut fi
de ce
Ma
d'entendre, pénétrée & en fut
gu'elle venoit
feule
peut me confoler de la longueur des
deuxannées qu'il me faut laiffer écolt
ler avant de poféder la divine d'Orbigny, à qui je jure un amour fincere
& une fidélité inviolable, qui ne m'abandonneront jamais jufqu'au jour
fortuné oùt elle voudra bien couronner ma chere conftance. tante fut fi
de ce
Ma
d'entendre, pénétrée & en fut
gu'elle venoit --- Page 28 ---
[18]
fi bien perfuadée,
me
& me ferrant étroitement qu'en
relevant
bras, elle m'embraffa
entre fes
me dit, je n'aurois
tendrement &
jeune Officier de
jamais cru qu'un
la moitié de fa vie Dragons, dans les quia paffé
eut pû conferver autant Garnifons, de
bien loin de vous blâmer, vértus"
t-elle, je vous admire & vous ajoutaaime davantage,
en
s'il eft poffible votre j'avancerai même
tez fur moi, je
bonheur, compdonnez-moi fouvent ne-changeral des
point;
votre amour, & vous affurances de
des miennes. Avant de la en recevrez
crus devoir pour Pentretenir quitter, je
bonnes idées
dans.les
donner, hazarder que je venois de lui
confirmatives de
quelques careffes
avancé; elle
ce que je lui avois
ment, & tout nes'y de foite, oppofa que foiblevois eu peur de fuccomber, comme fij'atiraiavec
2 je me reprécipitation dans ma
bre, pour me repofer un peu cham- de la
forcé fatigue que m'avoit donné le rôle
que je venojs de jouer,
ma délicateffe m'a fait
& dont
d'une fois en ma vie.
repentir plus
Le lendemain, veille de mon dé- --- Page 29 ---
[191
part, j'eus la vifite de Mademoifelle informée par
Bonneuil, qui étoit déjà
paffé enfa maitreffe de ce quis'étoit ma tante
tre nous ; elle m'apprit à aller que avec elle
s'étoit déterminée
départ à PAbune heure après mon diffiper fon ennui ;
baye 7 il pour Tonde que je defcendiffe à
qu'ainli
pofte, qui étoità un quart
la premiere loin
ce Couvent, 8
de lieue plus
que
lendemain
que jy attendilfe jufqu'au Elle me depour aller faire ma vifite.
manda un billet pour lui ma rendre coufine, en
qu'elle me promit de dit
étoit
main propre; elle me
qu'il àp prendre
à propos que je elle, l'engageaffe & que je Minftruiconfiance en bonne volonté pour nous.
fiffe de fa
elle m'affura auffi qu'elle profiteroit des
de cette. occafion pour avec prendre la Tourmefures convenables la mettre dans mes
riere; que pour
par lui
intérêts, elle commenceroit louis, & que le mêdonner quelques recevrois la réponfe de
me foir, je
Mademoifelle d'Orbigny. m'avertir
On vint dans ce moment
diner,
que ma tante m'attendoit & après pour le repas,
je defcendis auffitôt,
m'affura auffi qu'elle profiteroit des
de cette. occafion pour avec prendre la Tourmefures convenables la mettre dans mes
riere; que pour
par lui
intérêts, elle commenceroit louis, & que le mêdonner quelques recevrois la réponfe de
me foir, je
Mademoifelle d'Orbigny. m'avertir
On vint dans ce moment
diner,
que ma tante m'attendoit & après pour le repas,
je defcendis auffitôt, --- Page 30 ---
[20]
jallai avec elle dans fon
nous paffames le refte de cabinet, oà
nous réitérer toutes les la journée à
que nous nous étions faites proteflations
d'auparavant.
le jour
Au moment oûr
le bon foir, elle j'allois lui fouhaiter
tiere d'or ou étoit me donna une tabaajouta une bourle de fon portrait, y
& me promit de
deux cens.louis,
l'argent toutesles fois me faire tenir de
befoin.
que j'en aurois
dés.me Ileft vrai que d'aufi beaux
toucherent
procé.
me, repentis bien tellement que je
façon indigne dont fincérement de la
voulois encore
j'avois joué, &
Sfon amour ne l'avoit jouer cette femmes &
faire paroitre dans pas portéeà mé
explication des
notre premiere
à Phonneur
fentimens fi contraires
& qui pis eft, par rapport à fes enfans 2 2
l'imprudence de qu'elle me
n'eût pas en
vent où étoit fa fille, conduire au Couje me ferois eflimé fort c'en étoit fait,
mon fort à celui d'une heureux d'unir
aimable & aufi
perfonne auffi
voyoisd'autant moins généreufe; ; mais i'y
je.me fentois épris de deremede, la
que
plus violente --- Page 31 ---
[ar1
paffion pour Mademoifelle d'Orbigny,
8 dans la difpofition de tout rilquer
en avoir la poffeffion ; ainfi ne
pour
plus reculer,je perfiftai dans
pouvant réfolution d'accumuler perfidies fur
la
parvenir à mes fins
perfidies, pour
cépendant que le
dans de l'efpérance deux années, que l'on pourlaps
pouffer jufqu'à trois,
roit peut-être la face des chofes. Ces
changeroit réflexions me conduifirent dans ma
chambre, oit avant de me coucher,
fécrivis la lettre fuivante-à Mademoifelle d'Orbigny.
vous ai vue,chere
>> Depuis que coufine, je
tout a bien
2> &c aimable fuis au mieux dans Pef-
>) changésje de ma tante, qui doit vous aller.
> prit
après que je ferai
>> voir aujourd'hui, Mademoifelle Bonneuil, qui
5) parti.
cette
eft dans
>> vous remettra
lettre,.
à
confidence & tres-difpolée
2> notre à
réndre toutes fortes de bons
>; nous
ainfi
vous prie de lui ac30 offices;
je confiance, dont je ré-
>) corder votre n'abufera pas. Elle
>> ponds qu'elle faire tenir à un quart de
9 doit me
Couvent, la réponfe
9 lieue de votre
vous prie de
s) à cette lettre, queje
uil, qui
5) parti.
cette
eft dans
>> vous remettra
lettre,.
à
confidence & tres-difpolée
2> notre à
réndre toutes fortes de bons
>; nous
ainfi
vous prie de lui ac30 offices;
je confiance, dont je ré-
>) corder votre n'abufera pas. Elle
>> ponds qu'elle faire tenir à un quart de
9 doit me
Couvent, la réponfe
9 lieue de votre
vous prie de
s) à cette lettre, queje --- Page 32 ---
[2]
slui donner; elle vous
s façon dont je me
infruira de la
3> vous, afin de vous préfenterai devant
9, prife que pourroit garantir de la fur92 déguifement, & elle vous caufer mon
9> d'ailleurs les
vous détailléra
savons pris enfemble arrangemens que nous
2) vent des nouvelles
avoir fou9>.
de
Renr
Adieu, ma chere
l'autre.
>embraffe de touit coufine, je vous
>>1 moi, s'il eft
mon coeur; aimez
>je vous aime, polfible, &
autant que
99 du tendre -& fidel
foyez affurée
2) vouS a voué pour la attachement vie
que
Le Chevalier
D'ORBIGNY.
Le ledemain, à fix heuresdn
Mademoifelle Bonneuil vint matin,
dre; je lui remis ma
me joincommmandai mes
lettre, lui reraigu'elle auroit intérèts,c l'affifatisfaite de ma un jour lieu. d'être
comme,je me
reconnoilfance; &
tante me fit avertir préparois à partir, ma
doit
prendre du qu'elle m'attenCESFE &i lorfque chocolat; je defgny
Madame d'Orbivoit m'apperçut,elle me dit
pas ferméles yeux de qu'ellen'a- la nuit,
qu'elle m'ayoit fait
&
prierdepaffer chez --- Page 33 ---
d'avoir [331 encore une fois le
elle, afin
avant de nous
plaifir de m'embraffer remerciai de fon attenquitter ; je la
un bonheur d'aution à me procurer pour moi, que je ne
tant plus agréable nous déjeunâmes,
m'y attendois pas ; & montai dans ma
je pris congéd'elle, fuivi de Duval mon laquais ,
chaife,
& nous partimes. rendis à la
pofte;
Je me
où premiere je devois refter
c'étoit T'endroit lendemain, & qui effeétivejufqu'au étoit éloigné tout au plus d'un
ment de lieue de P'Abbaye de V &
Jeme quart fis donner une chambre, qui
d'une indifpofition
fous prétexte furvenue en route, je me mis
m'étoit défendis que perfonne autre
au lit; je
entrât chez moi, &
que mon laquais en attendant fort
je me mis à rêver, 9
le commifionimpatiemment l'on que devoit m'envoyer;
naire, que
arrivât. Il étoit environ midi quand Duval
mesr réflexions, pour
vint interrompre
voulois pour
me demander ce que je
brufmon dîner : rien, lui répondisje me ré-.
quement. Parbleu * Monfieur, faie
pliquatil, S tous les Voyageurs
moi, &
que mon laquais en attendant fort
je me mis à rêver, 9
le commifionimpatiemment l'on que devoit m'envoyer;
naire, que
arrivât. Il étoit environ midi quand Duval
mesr réflexions, pour
vint interrompre
voulois pour
me demander ce que je
brufmon dîner : rien, lui répondisje me ré-.
quement. Parbleu * Monfieur, faie
pliquatil, S tous les Voyageurs --- Page 34 ---
E24]
foient comme vous, les Hôteliers
dépenferoient pas
ne
leurs cuifiniers, & beaucoup leur
à payer
viendroit inutile; ; mais batterie de
prendre quelque chofe, encore faut-il
feroitque pour nourrir quand ce ne
qui, fans cela,
votre chagrin,
faire crever. Son pourroir bien vous
je lui ordonnai de propos s'afleoir me ft rire,
moi & de m'écouter
auprès de
jajoutaiques s'il
attentivement :
cret, il
étoitinreligent & dif
reconnoiffance, pouvoit tout attendre de ma
dorénavant de qui le difpenferoit
abufoit de ma fervir, mais que s'il
fe regarder d'avance confiance, il pouvoit
me mort.
comme un homJ'ai toujours eu en
fieur, me dit ce brave partage, Monqualités cflentielles
garçon, les
commandez, & je vous que vous me redes preuves dans toutes en donnerai
où vous
les occafions
d'ailleurs m'employerez; vous pouvez
fidélité & compter fur mon
ma
mon attachement zele; à
fervir, même aux
de
vous
Me voila donc déjà rifques
ma vie.
l'abri de VOS
par ce moyen à
poir que vous menaces; me
quand à l'ef.
donnez, je m'en
flatte --- Page 35 ---
Tes]
Aatte. d'autant moins 3 qu'il feroit de
inoui
le laquais d'un Capitaine fon maitre
mSE étit gagné avec
mais ce
autre chofe que des coups : me conn'eft, pas Tappas du gain.qui &
intéduit, Jai l'âme généreufe êtes dans peu Tintenreflée; ainfi G vous
conftion de me mettre dans votre.
dence, Tarlez; Duval votre fervieut exéeft
à vous entendre & atout
4 prêt
vous
D'après les
SEARER cuter
: Duvalne plaire. donna & les
Proteflations aPaD fidélité qu'il me fit,
trouvai l'efprit, fi allégé & G
je_me
étoit
HECA furtout nor
néceffaire 8c coMfolant,
DONE
un jeune homme, qui.ale coeur pris 2
de rencontrer un
en -
mettre. fa
Rad
put
REEa
Tair de.franchife que Javois 'déja deux remarqué dans cC garçon depuis me dé.
étoit à mon fervice,
P ciderent ans qu'il abfolument à ne lui diffimuler aucunes de mes affaires. Il parut
avec ardeur . & me dit,
Syintérefier voicis Monfieur, une avanture qui a
ma foi bien la mine de nous faire faire
dit chemin. Après tout, n'importe, aban- je
.vous promets de ne vousjamais B
%
Part II.
Tair de.franchife que Javois 'déja deux remarqué dans cC garçon depuis me dé.
étoit à mon fervice,
P ciderent ans qu'il abfolument à ne lui diffimuler aucunes de mes affaires. Il parut
avec ardeur . & me dit,
Syintérefier voicis Monfieur, une avanture qui a
ma foi bien la mine de nous faire faire
dit chemin. Après tout, n'importe, aban- je
.vous promets de ne vousjamais B
%
Part II. --- Page 36 ---
[:6]
donner, & dès ce moment vous
vez faire autant & plus de fond pou- fur
moi que fur vous même : mais.en attendant, commençons par manger un
morceau, cela nous rendra la tête
Taine ; & fans-attendre mes
plus it
me donna ma robe de
ordres,
contraignit à me lever & chambre, fit
me
le diner.
apporter
Il étoit déja fept heures
vois encore
je n'areçu attcune
l'impatience me prit; &
Tkth
voyer Duval fur. le grand j'ailois enpour voir s'il ne rencontreroit chemin,
fonne, quand il
avec
per.
homme
vint a
un jeune
qui me remit un billet dont
la foufcription étoit à Monfieur
fieur l'Abbé d'Arbois, à1 T'Etoile Monà R Je payai le
d'or,
renvoyai, & je lus ma porteur, lette queje
tenoit ce quifuit.
qui con-
>Tont ce quej je vous
manderoisici,
mon cher coufin, néquivaudroit
9) pas, à beaucoup près,
me
>> réferve à vous dire demain acequeje de vive93 voix ; ainfi ne perdez pas un inftant,
>je vous prie, à - venir recevoir les
9) affurances de toute la tendreffe d'un
3) coeur qui, tànt que je vivrai, ne --- Page 37 ---
[s7]
mon cher
à d'autre qu'à
> fera jamais
> d'Orbigny.
FÉLICITE
"
attends à dix heures que
7 Je-vous roffice, qui finit à onze
2 commence
&d démie.
ce billet à Duval,
Je communiquai
d'enthourui s'écria avec une efpece éducaafime, morbleu ! T'excellente Convént !à peine
jon que celle d'un fortie de la coe jeune a-f'elle perfonne été un-an, qu'elle uille,y
& mere. Vive
Nee
hit ples aimable que pere enfant, qui va tout d'un
et au fait, & ne s'amufe pas à bar-.
oup nigner comme la plupart de.nos RC
de province, qui
tes précienfes fottement qu'il ne faut fe:
haginent endre aux defirs d'un amant; qu'arès lai avoir fait parcotirir volumineufe ennuyeu- de
ement Timmenfité Clélie, fans lai faire
impertinente feulement de la moindre épifovace
ajouta-t4l,
6. Eh bien ! Monfieur, déterminezoyons, à quoi d'ici vous demnain matin P
ous ? A partir & demie, tuirépondisneufheures
ypour nous rendre à TAbbayey8
Bij
aginent endre aux defirs d'un amant; qu'arès lai avoir fait parcotirir volumineufe ennuyeu- de
ement Timmenfité Clélie, fans lai faire
impertinente feulement de la moindre épifovace
ajouta-t4l,
6. Eh bien ! Monfieur, déterminezoyons, à quoi d'ici vous demnain matin P
ous ? A partir & demie, tuirépondisneufheures
ypour nous rendre à TAbbayey8
Bij --- Page 38 ---
[28
tu m'attendris-dinns.
te prendre quand Jaurai Eglife, fait roti firai
Lcs
ma vifite.
chai, sholesinbaronsdest & je paffai la nuit dans 2 je me couquiétudes
desinde ne pas 2 horribles, réuffir, "foit foit par la crainte
reconnu : enfin le-moment par celle. étant d'être :
rivé,jemel
arvel uniforme, levsiscindoffatrmon: & me rendis noibaye de V*
afaba
fonné, une-Tourriere. Auditotrque 'cus
Ah ! c'eft Monficur. l'Abbé, vint.qui me dit:
an. parloir S.Louis, on Xi
montez
me tems quie vous, Effechivement feraenit mé
perçus en entrant Mademoifelle d?Or japbigny; qui d'un.air riant
un
méfalua
bonjour, 2 M.
par
chai de la grille, TAbbésjes qu'elle
m'appro
me facilitert l'aifance de ouvrit lui
quelques tendres
theto
fut. pas en refle avec baifers moi. dont elle ne
ici que jamais dema vie jen'air Tavonera
de plaifirs aufi
reflent
alors, ceiqui vifsique ceux que.j j'eus
mieres faveurs prouve bien que lespre
d'un objet aimé, que nous; > recevons
qu'elles foient, font quelgques légeres
voluptueufes. Nous toujours les plus
heure en@mblea.tenir paflames le
une
Jangage.or --- Page 39 ---
Lesl
rdmaire: deser nouveaux: iramians p hous
:
que
EEr
ineitiesionas-noue arrétàmes avéugle-
:nous nous en rapporterions Bonneuil, 8z
metastsdemaiaies toutes les e
nous nous donnerions
nous nous
-nainés: de nos nouvelless inviolable 8aune
sjurâmes sune fidélité
nous n'on-
-conftance atqulo-épreuves felonl'ufages deirendre
sbliaines pas,
les rhabi-
-
igatantsile nos férmens tous derletarme
: tans de la voitte refter empirée, enfemble pétant
:1 marqué, Mademoiielle pour
d'Orbigny cuexpiré,
nous terminames
2 vrit lal petite grilles
& nous
comme nous avions-debuté,
mous-fepatimes 0a: On anrbnsa remerfortantde
9:1 Jeusatteintionven la Tourrieres je lui fis pRé-
:1 mercier fent de deux louissa jerla priai de rendre à ma coufine: tousiles fervices.qui Taflunai
dépendroient d'elles Benjc & noi
que Nidenoicihaboaneul,
aurions foins., des tems : en temssde Duval
.les reconnoitre.de fus prendre. déligné, &
conensladend nous nous rendimes en peu de tems
nous réfolimes
notre Hotelleriex:oi:
de paffer Iegeledeiagoume B 11]
ier fent de deux louissa jerla priai de rendre à ma coufine: tousiles fervices.qui Taflunai
dépendroient d'elles Benjc & noi
que Nidenoicihaboaneul,
aurions foins., des tems : en temssde Duval
.les reconnoitre.de fus prendre. déligné, &
conensladend nous nous rendimes en peu de tems
nous réfolimes
notre Hotelleriex:oi:
de paffer Iegeledeiagoume B 11] --- Page 40 ---
Le lendemain [30]
pour Paris, oùr nous matin,nous arrivàmes partimes
d'après de fort bonne heure. le jout
rendre vifite: à notre Colonel Jallai
dinai, &
me mena
oi je
à PHôtel T
paffer la foirée
heur de gagner Gévres, fix
ob j'eus le bon
lette, qui me firent cens louis à la roucholes, que par les projetter fages
bien des
Duval, je n'exéeutai.
confeils de
convenir. que
pas ; & il faut
n'y ait pas de race quoiqu'en phis
général, il
eelle des
mauvaife que
cependant domefiques, il s'en trouve
fous leurs par fois queiquerins, qui
belles ames cafaques du monde, portent les plus
Pendant le court
dans cette ville,
féjour que je fis
&caMademoilellc j'écrivis à ma tante s
enveloppes convenues d'orbigny,fous &
les
quieme jour de
;
le cintis pour me rendre monsmivéesTen à
ma
Metz, lieu Pat
bord deflination, oir je commençai d'amens néceflaires par prendre tous les atrangerefpondance fire pour établir une cormoi,
entre ma coufine &
Pendant les huit premiers mois
je paffai dans cette villesjeus lieu d --- Page 41 ---
des nouvelles 13)
que je récetre content la fécurité oû je vivois ne
vois; mais
durée, car un foir.en
fur pas de longue moi, Duval me rendit
rentrant chez
la lettre (uivante: vient enfin de faccéder de-
> Lorage calme dont nous avons joui
2 au
départ de ce pays ,mon
> ptiis votre Madame d'Orbigny eft
> chenkoufn,
avec Madeici anjourd'hui
> venue Bonneuil , qui m'a remife mere
2 moifelle derniere lettre. Cette
votre
qui, en m'abordant, a dé-
> dénaturée avoit les larmes aux yeuxs. étoit rui-
*
me dire qutelle
> buté par
venoit
* née
la banqueroute RE qui elle
sde a faire un particulier mille écus,
wavoitunfonds de quarante ci-devant! la rente;
wdont elle recevoit elle fe trouvoit
cette perte
> que par
8 à fe retiret
> réduite à en rayer terre des Ormeaux,
2 dans fa petite fe réferveroit de fes do9> ou elle ne
la Bonnenil, une cui-
> mefliques que
3 qu'il étoit fort
> finiere & un laquais frere eût pris le
sheureux que mon état qui n'exigeoit
> parti de rEglife,
ceux des
des dehors pareils-à
con-
>> pas du monde 5 que le meilleur
> gens
Biv
8 à fe retiret
> réduite à en rayer terre des Ormeaux,
2 dans fa petite fe réferveroit de fes do9> ou elle ne
la Bonnenil, une cui-
> mefliques que
3 qu'il étoit fort
> finiere & un laquais frere eût pris le
sheureux que mon état qui n'exigeoit
> parti de rEglife,
ceux des
des dehors pareils-à
con-
>> pas du monde 5 que le meilleur
> gens
Biv --- Page 42 ---
[32]
5> a feil qu'elle avoit. à me
11 de. fimiter, qu'elle feroit donner des étoit
: pour me procurer une
efforts
35 de m'attirer la
dot capable
.
confidération de la
Communauté, 2. &
qu'en outre elle
m'alligneroit uine
52 cens livres
penfion de* trois
a> payées tant quime : feroit exadement
>> fi Tétois
je vivrois; qu'ainfi
me
hasTe
J
foumettrois
aaveuglement 5>
àux ordres qu'elle me 2
9 donnoit, d'autant'
3> me
qu'il. ne pouvoit
5 actuclles, refter, 3 dans les circouflances
aucin,
52 un établiffement 'efpoir de trouver
5> monde, &
fortable dans le
>>
qu'elle étoit même. dé4 cidée, après
fes
4> arrangées, a
affaires feroient
S
paffer'le
Rentr
fes Jours avec moi
refte de
3> ma
pour
9 folitude, &
partager
ap en goûtant les douceurs qu'elle 2 fattoit, 2
s> retraite, de laiffer un d'une fainte
5 tre la vie & la mort'; intervalle enSde >>
ce
qu'elle alloit
39 -
pas en' conférer avec Madamé
31 TAbbeffe, dont elle
32,
connoiffoit la
51 Piété 2 la Religion & la
D confeils, &
fagefle des
ap' revint me
que jufqu'a ce qu'elle
3> Bonneuil trouver, elle me laiffoit
-IC >> rre'de ce pour me confirmer là vé2 noncer,
qu'élle venoit de m'an- --- Page 43 ---
[331
chen8c
bien
1 Vous- idevez
iugers- natipesiene la
witendre ami, que.je d'Orbigny, acque
97 temeaetesiae Benneuil n'a pas man9) Mademoifelle m'inftruire deiaaacore de
51 quéde
quimnoa-feule
5 de cette
menfonge 2 mais
3) ment employe
ETIL
fe joue des. chofes les plus
3 encore
11 à fese fins.
:51, facrécs s, pour
notre confidente
-d'acFne
Quolegsilen de.difimulers
53 m'a confeillé à tout ce quie woudroit ma
-p quiefcer
mêine: Thabit fi
5) mere, de prendre propos; de nem'inwellele
rien; jufqu'à la fin de
5) quiéter
nenur
noviciats & quel lorfquilferoit
:3) mon
elle le feroit pour
$) rems - d'éclater ainfi qu'à vous, com1) me
à coeur nos intérêts;
: 3) bien
m'a
rOmtAr
> c'eft dans ce moment 80 qu'elle
lettre, qneeltai
E a renduvotre celle-ci pour voris la faire
:s; donné Cette honne flle ma dit aufi
atenir.
devoit.vous écrire
5C que fà maitreffe furtout ne vous-laillez
noà ce: fujet;
piéges qu'elle vous
2 Stendra;. pasprendreanx faites comme a moi.feipnez
d'ailleurs affuré cute
321 & foyez
vetiss mon Rer
nfonne autre que.
B v'
'elle
lettre, qneeltai
E a renduvotre celle-ci pour voris la faire
:s; donné Cette honne flle ma dit aufi
atenir.
devoit.vous écrire
5C que fà maitreffe furtout ne vous-laillez
noà ce: fujet;
piéges qu'elle vous
2 Stendra;. pasprendreanx faites comme a moi.feipnez
d'ailleurs affuré cute
321 & foyez
vetiss mon Rer
nfonne autre que.
B v' --- Page 44 ---
[34]
5> d'Orbigny, ne poffédera le coeur de
s votre tendre & conftante couline,
FÉLICITÉ,
Je ne fus pas aufi furpris que l'on
pourroit fe l'imaginer, je connoiffois
le caraétere de ma tante, elle me l'avoit montré tout à découvert dans le
premier entretien que nous avions eu
enfemble ; il eft vrai que pendant un
tems, j'avois cru. que mes
tations l'avoient
repréfenchangée, ce qui méme, m'avoit fait en quelque forte
blamer ma conduite à fon égard ;
mais quand je vis ces nouvelles manoeuvres tendre aux mêmes fins, je
pris mon parti, &je me promis
aidé de Mademoifelle
bien,
la faire contribuer
Bonneuil, de
elle-méme à rompre toutes fes mefures,
Je montrai cette lettre à Duval,
qui me confirma dans le deffein oi
j'étois de ne rien entreprendre fans
laveu de Mademoifelle Bonneuil,
Deux jours après on m'en remit une
de Madame dOrbigny, que je rappelle pour faire connoitre la mairvaife
foi de cette maratre : voici comme
elleétoir conçue. --- Page 45 ---
[351
mon cher
befoin, 2.
92 Que jaurois de vous avoir avec moi
5) Chevalier, confoler du chagrin que
>> pour donne me votre coufine;, qui va
wme.
ce
s Peineievnemaigrts len empécher FRER , elle
>> lui dire pour déterminée à émbrailer
3> abfolument
Je vous avoue
>> ,la vie monallique. de me rendre
>> que fije ene devant craignois Dieu,en m'oppor
2 crimipelle
jirois l'enlever
s fant à fa vocation, Convent.
22 dès demain.du
sbien, nj'olois,
>3 Je vous engagerois à la Cour 2
2) à demander un congé tems.afin de
wpour venir ici détourner quelque ma fille de la
> m'aider à oit elle eft, ou pour trawrefolution diftraire des idées triftes
9 vaillera me caufera la perte que j'en
: me imais vous Pavoueralje,
92 Sus faire ; Chevalier, je me crains
2) monicher
vous craigniez
wautant que - vous
Vous devez
32 avant votre départ. ainii tonte réfexion
2 m'entendre : notre commune tran-
> faite, & pour confeille de
2 quillité 1 je vous
le tems
tSt
5 dans votre Garnifon
moment qui
s'éconler jufqu'au
zencore
B vj
I
erte que j'en
: me imais vous Pavoueralje,
92 Sus faire ; Chevalier, je me crains
2) monicher
vous craigniez
wautant que - vous
Vous devez
32 avant votre départ. ainii tonte réfexion
2 m'entendre : notre commune tran-
> faite, & pour confeille de
2 quillité 1 je vous
le tems
tSt
5 dans votre Garnifon
moment qui
s'éconler jufqu'au
zencore
B vj
I --- Page 46 ---
[36]
ZON 10 pourra être enticrementa
*
-
vous;
cpp :: DE CAILLIERE D'ORBIGNY,
Dival fuit findigné de la fourberie
de cette femme, qu1l ne fe poffédoit
plus, C
& jer crois que fije ne l'avois
retenusil feroit parti dans l'inftant
difoit-il, aller
Eets cêtte' : miférable, pourfendre en
jetté moitié. dans la riviere donti & il auroit
dans le feu, afin d'empécher la'réu- l'autré
nion des deux parties capables de formercun toût qui feroit horreur aux
animaux les plus féroces, Je ne pus
m'émpécher de rire des expreffions de
ce garçon , je n'en avois jamais éntendu- de pareilles; il étoit
&avoit été huit ans Dragon Bafque; dâns ma
Compagnie, dont il étoit fortià caufe
d'tine bleffure qu'il avoit réçue dans
le'bras gauche, qui le mettoit hors
d'éfat de fervir le Roi, & il avoit
préféré de s'attacher à moi, plutôt
duiavoit que d'accepterles invalides, que l'on
offerts.
tante: Voici la réponfe que je fis à ma
as Autant je. fuis
de donner lés mains éloigné, à
Madame;
une vocation --- Page 47 ---
9s
[371
fuis de ntoppos
5 forcée, autant jele
ainfi des-a
C > fer à : une coufine volontaires eft dans les dilpola-
> que ma vous me mafquer aje vous fantions que de'la laiffer aira fa conve-
: confeille avez fait ce qui
vous
le
>
une bonne &
merer,. :
> noit
e
auxvo:
eft
fe
Er
> refte Touvrage il faut abfolument
2 lontés de qui 0
Y
> reignet.
6 me :1 concernc, a
vous
>> Quant a ced qui n même combien
vous
>> devez defircrois jugerpar êrre auprès de vous; les
>je mais en même tems t'approuve Je
>
qui vous retiennent.
>> motifs
la
:
fur
contimuation
> compte bontés, toujours 8 fur la * promefe
vos
le iceau
ade 1 vous me faites de metre
ter-
>> que
bonheur anfitôt que le
>> à mon vouis.avez fixé, fera ex9). me, quie
> piré. : Chevalier, D'ORBIGNY
Le
1 fuivit cette
24 Pendant Tannée commerce qui
de lettrés
répoque, notre coufine & moi 2 ne fut point
fentre ma
mais comme le moment
inrerrompu :
Duval me fit
critique approchont, étoit bien tems de décidér
Mentir quil
de metre
ter-
>> que
bonheur anfitôt que le
>> à mon vouis.avez fixé, fera ex9). me, quie
> piré. : Chevalier, D'ORBIGNY
Le
1 fuivit cette
24 Pendant Tannée commerce qui
de lettrés
répoque, notre coufine & moi 2 ne fut point
fentre ma
mais comme le moment
inrerrompu :
Duval me fit
critique approchont, étoit bien tems de décidér
Mentir quil --- Page 48 ---
[38]
quelque chofe, qu'il nem'en
ce qu'il m'en falloit
reftoit
précautions
pour prendre qee
telle que néceflaires à une entreprife
tout de ne. celleque point je méditois, & furétoitleneridel la oublier que Alargent
lement de toutes guerre,illétoit les autres
pareilde la vie. En
opérations
feil, me déterminai conféquence de ce conà Taitt que' Javois d'abord à écrire
que ma fanté fe trouvant dans les bureaux
ment altérée, fans
confidérablepoir de pouvoir qu'il me refât d'efde continuer mes jamais être en état
de m'obtenir du fervices, je le
de me défaire de Miniftre ma
Rnat
favéur d'un Officier Compagnie en
mai, & de m'accorder que je lui nomhonnête,
une retraire
nui J'écrivis auffi à ma tante
me confumant
que l'en-
& que n'y ayant, dansima Garnifon,
que- d'après fa derniere pas d'apparence,
puffe me flater de me rendre lettre, je
d'elle avant fix mois, je
auprès
crire à la Cour
venois d'écongé de quatre pour en obtenir un
ler paffer en
quej'avois envie d'aldlonnerois de. Allemagne, d'ou je lui
mes nouvelles : mais --- Page 49 ---
[39]
fans fon
ne voulant f rien faire de m'en
que
je la fuppliois
confentement,
- & d'y joinaccorder la permifion. néceflaire pour) paroitre naifdre Fargent
/ ma
dans un état convenable
fance: -
coufine 8 MademoiJ'inftruifis ma
javois fait, &
felle Bonneuil derniere de ce que de me mander
je priai cette feroit tems de {e montrer
quand il
Minnocente viftime que
pour enléver
vouloit facriner
Madame d'Orbigny defordonné & à fa cupià fon amour
rofdité. Environ quinze jours après, à la Cour
cier que Javois propore traiter de ma
obtint Tagrement dont fms me donna quinze
Compagnic, livres, & le Miniftre m'envoya de penmille brévet de fix cens livres
un fion.
non plus à receJe ne tardai pas d'Orbigny fon convoir de Madame voyager en Allema- lettre
fentement pour elle ajoutoit une me
gue, & auquel de deux cens louis le qui Tréfode change comptez à Metz par Guerres.
furent
des
rier de rEstmondinaire réuffi à fouhait jut.
Tout m'avoit
inze
Compagnic, livres, & le Miniftre m'envoya de penmille brévet de fix cens livres
un fion.
non plus à receJe ne tardai pas d'Orbigny fon convoir de Madame voyager en Allema- lettre
fentement pour elle ajoutoit une me
gue, & auquel de deux cens louis le qui Tréfode change comptez à Metz par Guerres.
furent
des
rier de rEstmondinaire réuffi à fouhait jut.
Tout m'avoit --- Page 50 ---
[40]
rqu'à cé moment, &
fefleur mon.ceconomie je me 3u-moyen trouvois :de
d'environt trente-fix:
pof
vres, faps
mille-li.
-bles de
compter mes pétits meume faifoit defaites trembler mais le dénouement
-gré tout ce que
quelquefois > mal-
:fidel Diival pour pouvoit me dire mon
: La veille du jour me.raffurer,
pour - mon départ, on querfavois me
fixé
lettre de
remit une
3 dans laquelle.en Mademoifelle Bonneuil,
fine; elles.me étoittne de ma COUde ne point mandojent toutes deux
maisde refter parcourir dans le TAllemagne,
d'ou je leurs écrirois, premier endroit
Jeuffe-reçil rleurs
jufqu'a ce; que
D5 Le lendemain je répontes.
)
Touverrure des
partis de Metz,à
dre aManheim, portes, ville du pour me renFEleéeur fait ordinairement Palatinat,oh
dence..J Jappris. que le
fa réfiT". Seigneur François, Marquis de
Thonneur d'être
dontfavois
à cette Goursje fus parent, lui
étoit alors
il me fit Faccueil du monde rendre vifite;
flatteur, &. voulnt bien fe le plus
peine, de me,
donner la
-queje trouyai préfenter. fort
à TEleéteur,
affable; jeus"lieu --- Page 51 ---
[411
qu'il
content. de
réception
dêtre -
lé Reait de. la J. journée
me fr; je
& le foit je-me reavec-le
S
R
tirai à THôtel oujétois dè me defcendu, coucher à
Jécrivis avant
je leur
ma tante 86-a ma coufines paller quel
mandai queje dans comptois cette Ville,. &
tems
réçu
EE
Sen partirois qu'après avoir
: je
nouvelles, En lesattendant
leurs
vifiter tout ce
m'amutas de
curieux à
cnle
avoit de. plus PElséteur eft un des plus.
Palais beaux & des plus riches morceaux La Cour
y ait en fort Allemagne, brillante, & la.Ci
P Palatie eft
fortifiée; ily avoit
tadelle très-bien une troupe de Co:
dans ce tems-là ecnaclene C
mslienabrangaiee pas une feule repré- à
je ne manquois afin de faire diverfion
fentation
giaramanlisent
tenentegtender Je faifois ma cour fort
malgré moi. à fon Altefle Electorale Thonneur 2
affidiument
me faifoit
quelquelots fa table & à fon jeu;
" m'admietve
que d'augmenter
ou je ne laiffai
le refte dè
mes fonds, & à paffois "la promenale 2
mon tems
SFF
avec.le Marquis de T"".
foit
afin de faire diverfion
fentation
giaramanlisent
tenentegtender Je faifois ma cour fort
malgré moi. à fon Altefle Electorale Thonneur 2
affidiument
me faifoit
quelquelots fa table & à fon jeu;
" m'admietve
que d'augmenter
ou je ne laiffai
le refte dè
mes fonds, & à paffois "la promenale 2
mon tems
SFF
avec.le Marquis de T"".
foit --- Page 52 ---
[441
Ily avoit déjà 17à 18 jours
jétois à Manheim,
que
rentrant chez moi, s lorfqu'un Duval foir, en
deux léttres, dont P'une de me remit
ne difoit
ma tante
Ritue de
pas grand chofe, &
Mademoifelle Bonneuil
qui étoit conçue en ces termes.
-
>> Il n'y a plus que trois
n Monfieur, d'ici. au jour femaines
> la profeffion de votre
fixé pour
>> comme je n'en
coufine, s f,
o
doute
> êtes toujours dans la même pas, vous
s tion à fon égard,
réfolu-
> pour vous rendre partez fans différer
>> vous avez déja couché, au Bourg , où
>à un quart de lieue de
& qui eft
>> Ve** arrivez
lAbbaye de
> cendez à l'étoile y en. féculier, def
d'or, &
s par Duval un petit billet à envoyez
>
-
la foeur
Agathe 9 Tcurriere, 2 où
>> querez feulement M. l'Abbé vous mare
> retour ; cela fuffira & le eft de
>> main vous aurez de mes
lende-
> feroit cependant
nonvelles. Il
>> d'événement,
néceffaire, 2 en cas
> mefures de que vous priffiez vos
façon,
s d'avoir votre
qu'au moment
>l'enlevât faute proie d'être 2 on ne vous
le
3) fiurtour foyez
plus fort ;
circonfpedt, voilà lc --- Page 53 ---
décifif, [4] & f vous le man3 moment
faute. Adieu.
23 quez ce fera . votre. BONNEUIL.
avoir befoin
Duval, dont jallois n'eut pas plutôt
plus que jamais.,
venois de
entendu - la leêture lettre, que je qu'al me dit
lui faire de cette Monfieur, voici donc
Parla Corbleu, arrivé oit je dois figuenfin Finftant vite dépéchez. vous.de
rer? alons, du rôlé que je dois jouer
m'inftruire Piece, afin que je m'y prédans cette
me rende digne du
pare & que je cher Maitre, & de
fuffrage de mon Héroine que je brale
notre jeune
d'envie de connoitre. *
déclaré
Je ne : lui eus pas plutôt dit: il faut
mes intentions : , qu'il me
demain
Monfieur , que nous Nancy partions & moi pour
d'ici, vous pour moi ce foir, une letMets. Donnez Pofficier qui vous a remplatre pour
engagezcédans votre Compagnie,s de femeftre
le à donner des congés à qui vous les
à trois de fes dragons de quitter. Ce
aviez promis vivans avant de mes amis, je
font de bons
honnêtes gens,
les-connois braves,
us pas plutôt dit: il faut
mes intentions : , qu'il me
demain
Monfieur , que nous Nancy partions & moi pour
d'ici, vous pour moi ce foir, une letMets. Donnez Pofficier qui vous a remplatre pour
engagezcédans votre Compagnie,s de femeftre
le à donner des congés à qui vous les
à trois de fes dragons de quitter. Ce
aviez promis vivans avant de mes amis, je
font de bons
honnêtes gens,
les-connois braves, --- Page 54 ---
(44)
-& capables dans le' befoin de
.donner . un. - coup: ode collier;
nous
-remettre votre lettre à leur Avant'de
ne,je fonderai leurs
Capitaim'arrangerai avec eux difpofitions 30 je
penfe qu'il faudra leur pour la récomvous les conduirai bien doaner , &je
:à quatrer - ou 41 cing jours à armés d'ici
THôtel des trois
Nancy à
confeille de
Maures, ouj je voits
V, Je n'héfitai defcendre. ari
17 rila 2
tre qu'il me passje lui donnai la let
main 2e s après demandoir; avoir
& le lendequis de T* * *
pris congé du Mar
pour notre. deftination. nous parrimes chacun
à7 Nancy le troifiéme
Jei me rendis
part de Manheim, jourde mon déjoignit avec fa recruele &-Duealmyre
d'après notre féparation, fisiémejour
Il fallut fonger tout aufi-tôt
biller.
à haqui laifferent promptementces letrs
trois hommes,
à thôteffe
uniformes en garde
fent les jufqu'a ce qu'ils retournaf.
Le dixiéme répréndre: A
0s 30
jour dei mon arrivée à
Nancy, 5 j'en partis avec tout. ce corl'air tége; Duval.quictol à la
auiffi fatisfait
tère,avoit
vient de lever une amat ' partifan : qui
contributios, --- Page 55 ---
(45) nois rendimesi
&en cing de jours R* nous ** a.tErole-d'or
ali honrg
dufoir 04
fur lesneutheures pas d'envoyer
€ Je ne manquai billet àla. foeur AE
Duval un petit Mademotlelle Bonneuit
thei tel que. marqué ton donna ordre
med'avait d'attendre dans TEglle,
ànion laqueis
après on lui remit
8 une demi-hewre fuivante.
*
la réponie êtes arrivé bien à tems, mon:
1 Vous
me délivrer d'ene:
> cher coufin, s pour de la
vous:
22 tre les mains des nonvelles NEETAST
2% awrerdemaine Bonneuil a , conformez-
> demoifelle
à ce qu'elle yous
> vonwerademeng &. toutgra bien : adieu 5
mgrelcniaun embraffc ,8 fije dois jue:
32, je vous
par le
" ger 3 de votre devez empreflinent briler. du defir
>2 mien:; vous
fidelle
entre vosbrasvotre
98: derenir
La7b!
& tendre.
it FELICITE,
UT
e
heures ne fe pafCes vingt-quatre je fiffe bien des:
ferent.pas fans que
que Tallois
railexions-fnr la démarche
faire6 furles fuites qui Bouroient à échouer :
enrohulters fije venois de me caufer
ceiqui-ne laiffa pas
iler. du defir
>2 mien:; vous
fidelle
entre vosbrasvotre
98: derenir
La7b!
& tendre.
it FELICITE,
UT
e
heures ne fe pafCes vingt-quatre je fiffe bien des:
ferent.pas fans que
que Tallois
railexions-fnr la démarche
faire6 furles fuites qui Bouroient à échouer :
enrohulters fije venois de me caufer
ceiqui-ne laiffa pas --- Page 56 ---
[46]
beaucoup
-
ce que d'inquiérude purent
2 malgré tout
& fes
me dire Duval.
une auffi compagnons bonne
7 qui faifoient
avoient dû aller au contenance bal: Je que s'ils
pas de la nuit ; je me levai ne dormis
bonne heure , &il étoit
de fort
quand je reçus ce; petitbillet environ midi
moifelle Bonneuil,
de Made91 Tout eft
95 tre coufine préparé, doit faire Monfieur, vo9 lundi prochain, ,fête fa Profellion
> l'Ordre ; Madame fa d'une Sainte de
> tera demain
mere lui
2> & fes plus Dimanche, beanx
fes iutee
N de parer, 9 felon: aiulemons, afin
3> qu'elle veut
Iwfage, la vicime
32 de
inumoler. Le jardinier
PAbbaye vous
> foir à dix heures rendra le même
>> fuivezle avec
un billet de moi :
32 efcorte oà il votre chaife & votte
vous
29 ne tarderez point menera à voir 9 & vous
33 felle
Mademoi5 vuà sorsign-hidaiteunt tout
3 jJe ne refterai
pour-
> dame votre tante
avec Mas: nuer à vous fervir, que & pour conti99 cautions
par les prés
>ra jamais quepsiprileselle me
ne
> Auffi tôt que vous: fompçonner de mtR
33: lieu fir, écrivez-moi, ferez rendu erp
& je vous in- --- Page 57 ---
[471
de tout ce qui fe paffera:
> formerai
BONNNEUIL:
encore décidé oût
Je n'avois pas
:
E
retirerois avec ma couline vint me
me forfque Ty révois a. ville 2 Duval Eleétorale &
propoler Tréves :
prochaine de
Snchiepsicopale 2 la convenable plus
7 tant
nous 3 & Ta plus la main à ma coufine 3
pour ydonner être à l'abri des pourfaites
que
faire contre nous.
que Fanp pourtoit lendemain avec la plus
Yatendisie
je fis charger ma
vive impatience trois ". chevaux deffus 2
chaite, mettre bidets pour mes gens;
& fceller quatre je veillai à ce"
tout
en un mot, dix heures du i Elles
fût prêt àpeine pour fonnées , que. billet le jardi- de
éroient arriva avec un petit
nier
Bonneuil,qui contenoit
Mademoifelle
ce
de mots: :
8 ne
- peu Faites diligence, Monfieur,
>
de m'écrire quand
> manquez. pas
Donnez dix louis
9 vous le pourrez. lorfque votre coufine
s au porteur,.
Adieu
3> fera
>
ntaciaenten
92 & bon voyage.
genéreufement
Après avoir payé
ine pour fonnées , que. billet le jardi- de
éroient arriva avec un petit
nier
Bonneuil,qui contenoit
Mademoifelle
ce
de mots: :
8 ne
- peu Faites diligence, Monfieur,
>
de m'écrire quand
> manquez. pas
Donnez dix louis
9 vous le pourrez. lorfque votre coufine
s au porteur,.
Adieu
3> fera
>
ntaciaenten
92 & bon voyage.
genéreufement
Après avoir payé --- Page 58 ---
[-48]
mon. hôte zje partis avec mon cortége&cl'émiflaire de Mademoifelle Bonneuil, qui nous conduifit par derriere les murs de
une petite
l'Abbaye, jufqu'à
jardin ; il porte T'ouvrit qui donnoit dans - le
alla prendre une malle fort qui doucement étoit
trée ,la chargea fur' ma chaife alentra, donna un petit
de
, renà l'inflantje vis
coup fifflet, ,&
the,
paroître la foeur
me accompagnée d'un jeune
,
fitôt
host
qui,
qu'il m'apperçut, vint
feprécipiter dans mes' bras ; je l'embraffai, le fis monter dans ma
donnai au. jardinier la
chaife,
promife : il referma fa porté récompeule
nous éloignâmes.
> &r nous
lendemain Nous courimes toute la' nuit & Te
nous arrêtâmes jufqu'à dans midi 2. que nous
pour y prendre un court un & gros léger bourg
pas, & enfitite nous
retre route jufqu'à
continuâmes norivâmes le
Trèves, oùt nous arNous convinmes quatriémejour. alors
fine &i moi, que jufqu'à nouvel 3 ma coudre 2 elle refteroit dans les
ormens qu'elle avoit, fousle nom habille:
jeune Scigneur qui vifitoit
d'un
.
les'cours
étrangères --- Page 59 ---
[49]
pour fon
étrangères & ER fut pafferois dans ce. moment
gouverneur. me déclara avoir emporté
qu'elle les diamans de fa mere, ainfi que les le
autres effets qu'elle en avoit reçus & qui
jour même de notre départ, à nous être
étoient d'une valeur dans F'occad'une grande reffource
fion. donnai avis à Mademoifelle
Bonneuil Je
de notre arrivée ; je la s'étoit priai
de m'informer de tout ce qui fur qui
paffé depuis notre évafion & je T'enroulloient les foupçons céler, : afin
gageai à ne me rien
- Gt2
en conféquence
je m'arrangeaffe attendant de fes nouivelles sj'alqu'en lois travailler à m'unir avec ma chere
coufine.
n'avois perfonne à TrèComme je
m'ouvrir pour metves à quije puiffe à exécution, je réfotre mon laiffer projet ma coufine dans cette
lus de
Duval & deux de fes com- a
ville avec
avec moi le
pagnons, & d'emmener Manheim, d'y. fontroifiéme jufqu'à
du Marquis de
der les difpofitions &
fi elles
T *** mon parent s je que me décou:
m'étoient favorables >
C
Partie. I1,
avois perfonne à TrèComme je
m'ouvrir pour metves à quije puiffe à exécution, je réfotre mon laiffer projet ma coufine dans cette
lus de
Duval & deux de fes com- a
ville avec
avec moi le
pagnons, & d'emmener Manheim, d'y. fontroifiéme jufqu'à
du Marquis de
der les difpofitions &
fi elles
T *** mon parent s je que me décou:
m'étoient favorables >
C
Partie. I1, --- Page 60 ---
[so]
confeils vrirois alui, pour quiil m'aidât de
& de fes
fes
non que je verrois conaolifances, à mer
f
d'un autre côré.
rerourner
Je partis dès le
arrivant à Manheim lendemain, & en
hôtellerie où j'étois Jallai à pla même
premier voyage; & comme defeendu à mon
dans ma chambre le
j'entroi
te une lettre de ma faéteur tante m'appor
la douleur la plus
- Gui aved
foit de Tenlevement amere, minfirui
Aqui elle prodiguoitles de ma coufine
plus odicufes , elle finifloit épithétes le
donner de me rendre
par m'or
fans aucun délai.
auprès d'ell
Je ne crus pas devoir déférer à fe
ordres,je me contentai.de luit
gner le chagrin que ine caufoit témoi
trifte nouvelle qu'elle
Sel je prenois toute la m'apprenoit part
fon affection
imagina
compter qu'auli itôt s qu'elle
Ry tabli d'une chite
que je Rerean re
volerois auprès d'elle que Javois fait,
ler 3 que je ferois
pour la confo
découvrir les ravifleurs l'impofible de
pou
& que jufqu'a ce, je lui fa fille
de ne point
confeillo
s'inquiéter, & de mena --- Page 61 ---
fanté 1517 m'étoi: plus chere
ger une
qui
qu'à elle même. enfuite à Thôteldu Marquis
J'allai
fi-tôt qu'il m'apperde T*** démanda 1 qui, en riant par quel
gut,me
dans un état fi
hafard il me celui voyoit oùt je m'étois mondifférent que il ajonta que cela fentré ci-devant,
me
toit bien l'aventure , quil
& prioit
cependant de l'en informer ;
que
fi fes fervices & fon crédit pouvoient avec
m'être utiles , ilsemployeroit son accueil
plair pour m'enhardit m'obliger. 5 & après avoir
gracieux fa parole d'honneur de me garexigé der le fecret, jelui fis l'aveu de tout
n'étoit arrivé,je lui montrai
ce qui
& je terminai par implomes lettres, bons offices. Très-volontiers,
rer fes
reftezici
me dit-il en m'embraflant, vais travailler
&cartendez- moi, fortit je en effet & revint
pour vous. il deux heures avec une letau bout de
de TEleSteur Palatre du Chancelier fon frere, qui éroit Evèque
tin, pour
de TArchevèque, Elec-
& fuffragant de Trèves , & en mela préfenteur
aimable ami me dit: : Partex
tant 2 cet
terminez Vos affaires,
promptement,"
Cij
a
me dit-il en m'embraflant, vais travailler
&cartendez- moi, fortit je en effet & revint
pour vous. il deux heures avec une letau bout de
de TEleSteur Palatre du Chancelier fon frere, qui éroit Evèque
tin, pour
de TArchevèque, Elec-
& fuffragant de Trèves , & en mela préfenteur
aimable ami me dit: : Partex
tant 2 cet
terminez Vos affaires,
promptement,"
Cij
a --- Page 62 ---
& revenez enfuite [s2] ici,
en fireté 2 & nous. aviferons vous y ferez
ble à ce qu'il faudra faire
enfemréconcilicravec la
pour vous
reavaler la
maman, &lui faipilale.
Je ne pris
le tems de dîner
avec le
3 je montai
Aburmnds
dans na chaife & me rendis à enfitite
ouje trouvai ma chère
Trèves,
ne m'attendoit
coufine > qui
compte du fuccès pas fi-tôt, je lui rendis
je
de mon
;
repris mes habits
voyage
j'allai rendre ma lettre ordinaires, 9 &
qui après m'avoir fait au Sufragant 2
gueftions,
différentes.
auxquellesje
aucun détour il
répondis fans
tout dans votre 9.
me dit : je peux
donner des
affaire, > hors de vous
de parenté dilpenfes à caufe du degré
tre coufine. Il gui faut eft entre vous & voRome
les faire venir de
M, Nekre 9 ainf, allez de ma part chez
billet
banquier, &
que je vais vous portez-luile -
paffa en même tems dans fon donner 2 il
& au bout de dix minutes il cabinet,
réjoindre, & en me remettant vint fa me
tre, il me dit : ce Banguier
letpédiera
vous expromptement & aura
d'ailleurs à ce que je lyi
égard
marque pour --- Page 63 ---
[pl
bien traiter 2 & VOuS pouvez névous affuré, Monfieur 2 que je.ne le
être
rien pour vous prouver Il me
gligerai
je e"fais de vous;
cas infini enfuite que
les autres, attendant formaliprelcrivit falloit obferver en
fuis
tés qu'il
& il m'ajoutas, je
mes difpenfes,
de vous prévenir
cependant bien-aife quoique très - bon
que ce mariage , valider dans votre
ici - 2 ne pourra qu'il fera réhabilité. renpays qu'autant de ce Prélat & me
Je pris congé chez le Banquier 2 qui,
dis enfuite lu la lettre du Suffragant
après avoir
papiers : , me deman-
& cxaminémes tant pour les difpenda cent lous 2
extraordinalle Courier
fes que pour alloit faire partir exprès pour
re qu'il
hôtel ;
moi. retournai enfuite à notre
oàt Je il fallut bien nous rdlondreaatene du Courier.
le retour
de
dre patianimene
cet intervalle de cu-.
Nous àaller employimes voir ce qu'il yavoir
tems dansla ville, qui ett tres-anciens elle eft la
rieux ne.grande & bien peuplée ; dont PArcapitale de PArcheveché Eleéteur & Archichanchevèque eft
pour les Gaules;
celier de TEmpire
Cij
i. retournai enfuite à notre
oàt Je il fallut bien nous rdlondreaatene du Courier.
le retour
de
dre patianimene
cet intervalle de cu-.
Nous àaller employimes voir ce qu'il yavoir
tems dansla ville, qui ett tres-anciens elle eft la
rieux ne.grande & bien peuplée ; dont PArcapitale de PArcheveché Eleéteur & Archichanchevèque eft
pour les Gaules;
celier de TEmpire
Cij --- Page 64 ---
ildonne le
[5+]
ledion d'un premier fon fuffrage à l'éEmpereur 5 il y a une
très-beaux Univerlité, 9 il s'y trouve encore de
reftes de Pantiquité.
quantité d'Eglifes,
Ilya
eft la
2 dont la plus belle
miarquable Cathaimnle, qui eft firtont rebâtie , & par les pierres dont elle eft
l'on eft dans qui font G grandes ' -
Pufage de dire dans
pays 5 que l'on
at
pour les
s'eft fervi du diable
jetteà employer. Cette ville eft firilya beaucoupde révolutions
pire, elle guerre eft entre la France &
dans
wrand
tuation fur la Mozelle, une très-belle fi- a
fur inn très-beau
quel'on palle
tagries. Le
pont eft entre deux monabonde en vinà pays qui lon très-fertile , il
de vin de Mozelle,
donne le nom
arrièregott d'ardoile, & qui a un petit
gens aiment, &
2 que bien des
lier je détefte d'autant gu'en mon particu.
très-froid furl'eftomac plus, qu'il eft
cilement. L'Eleéteur & pafie diffipoint, ilfait fa
n'y demeure
ville dépendante réfidence à Coblents,
au confluent du Rhin de fon Elestorat,
zelle, dont le terrein & de la Mofertile, .prodnit
ett aufi trèsbeaucoup de vin. --- Page 65 ---
15s1
Cétoit autre fois nne d'environ villeimpériales vingt-
& elle eft diftante
ns
trois licues deTreves fervit G bien &le
M. Ncker nous de diligenees que le
Courrier fittant jour de lon départ de
Kigrmediene
nos dhijeniess
Tréves, il sapporta confines qui dans
Y'en fis part à ma habits de fon fexe ,
Ionhuntrepnaes enfemble en donnes
& nous. allâmes
: qui voulut bien
avis. aul Suliragants honorer de la bénér
idaion.nupinles ini-môme nous deux Eecléostiques de tér
& deux de mes gens extrait fervirent eti bonne
moins. Jed levai ua de. celébration, &
forme de: T'acte diner chez le Prélat qui
BotS ffmes tinvités desievellesl me
nous y avoit fortant de table une lettre
rennt en
nous' fouhaita bicodu
pour fon frere, primes congé de lais *
bonheurs 2 &cnous à notre Hôicl. d je réEn arrivant largement mes trois Draz
compenfal
à quije
EELKEnSS témoins;
CAREe gons,
les habits que je
je leur abandonnaj-l fajt faire, 8 je,les congé
leur avois
dirent en partant quils
diai; ils me chez. eux le refte de
alloient paffer
Civ
nous' fouhaita bicodu
pour fon frere, primes congé de lais *
bonheurs 2 &cnous à notre Hôicl. d je réEn arrivant largement mes trois Draz
compenfal
à quije
EELKEnSS témoins;
CAREe gons,
les habits que je
je leur abandonnaj-l fajt faire, 8 je,les congé
leur avois
dirent en partant quils
diai; ils me chez. eux le refte de
alloient paffer
Civ --- Page 66 ---
[56]
leur - fémeftre
rendre à leur. , & qu'avant de fe
à Nanci reprendre gamnifon, ils iroient
Je payai la dépenfe leur uniformes.
faite pendant notre que nous avions
je chargeai Thotefle'de féjour à Treves s
tes les lettres qui
recévoir touadreffe, & de me viendroient les faire à mon
Manheim, fous
paffer à
quis de T & lenveloppe le
du Marnous montâmes en lendemain chaife
matin,
y rendre.
pour nous
Comme il étoit tard le
nous
&
jour
uin peu arrivimes; fatigués
que nous ecdus
un petith tbiller chezle j'dnvoyai Duvalavec
qui vint nous joindre Marquis dans de T***
même qué nous allions
P'inftant
à table, & qui,
nous mettre
de kelicitation aprèsles complimens
fine & à moi, qu'ii fur le nous, fit, à ma coude nous unir encore noeud qui venoit
il voulut bien confentir plus intimement,
notre, fouper. Ily fut
à partager
que nous
queftion du parti
ver que nous prendfions, je lui fis obfercruellement, Madame nous étions joués trop
nous, pour pouvoir fe flatter d'Ombigny d'aucun &
saokmemorildiged
moyen --- Page 67 ---
E57]
de fe fouftraire à fon jufqu'à reffentiment ce que
étoit de nous expatriés d'elle, qu'il m'étoit
Dieu eût difpofé
idées à ce fujet, 1
déjà venu plufiours
en tems
que je lui c'eft-adire communiquerois quand faurois
& lieu ,
reçu les nouvelles quejatcaieis vint nous
Le Marquis de T nous préprendre le jour d'après Eledtorale, pour
fenter à fon Alteffe de notre taue
étoit déjà inftruite
avec bonté, &
Ce Prince nous reçut
nous dit que nous N pouvions refter
dans fes, Etats tant que nous fa vou- -
drions , qu'il nous prenoit ferions fous
nous ne
pas
PIS
teétion, que
puillanes
quiétés, & que quelques auprès de lui, ilne
quel'on employât les mains à rien, de
donneroit jamais nousnuire.Après avoir
ce qui congé pourroit de cet Eleéteur 9 nous pafpris fâmes chez M. le Chancelier, que
remercimes de la recommannous
nous avoit dannée auprès
dation qu'il
avoit ett toutél'effide fon frere , qui
en attendre;
cacité que noust pouvions détail de tout
nous lui fimes Prélatavoit un petir fait pour nous 2
ce.que ce rendimes la lettré dont nous
nous lui
C V.
avoir
ce qui congé pourroit de cet Eleéteur 9 nous pafpris fâmes chez M. le Chancelier, que
remercimes de la recommannous
nous avoit dannée auprès
dation qu'il
avoit ett toutél'effide fon frere , qui
en attendre;
cacité que noust pouvions détail de tout
nous lui fimes Prélatavoit un petir fait pour nous 2
ce.que ce rendimes la lettré dont nous
nous lui
C V. --- Page 68 ---
étions
f581 L
chez le porteur, & nous allâmes dîner
à la Comédie Marquis, & qui nous mena après
fuite à notre hôtel. nous reconduilit enà Le quatrieme jour de notre arrivée
remit Manheim s le Marquis de T*** me
une 1 lettre de
Bonneuil qui étoit venue Mademoifelle de
fous fon
Trevés
tenu.
enveloppe; en voici le con-
>Je n'ai pas le tems,
5: de vous faire un détail Monfieun
>, confancié de touf
exae. & Cir-
>ici depuis votre ce qui's'eft paifé
>> Mademoifelle
départ & celui de
>: prife de fa mere, d'Orbigny, 9 de la fur5> PAbbaye, elle lorfqu'en arrivant à
92 nouvelle; de fa apprit cette terrible
2> & de fon
rage,de fa fureur,
39 core fomentés défefpoir 2 qui furent en5, la nobleffe. dui par les brocards que
$> été invitée à cette volbinage, qui avoit
55 fur elle 9 & des fuites profefion, lâcha
S1 rent; il faut pour n'en qui en réfulte2> vée gu'elle ait en
être pas cre9> bien fort, ou qu'elle un ait tempérament
$5 par T'efpoir d'une
été foutenue
3> chaine, que je lui vois vengeance
a pnis guelquesjonrs.
médirer Fa --- Page 69 ---
1ssT
nLe bruit public eft mecetanabbe -
fait cet- enlevement, & votre
>> quia
23 cheretanteefly apsimuetanienserete denque vous êtes cet Abbe,furtout vou's aviez
wpuis qu'elle aapplis que fans l'enins
2)
vendu-votre compagrnie
wiformers que voust en r aviez toitché
que malgré cela, vous
22 oooliv.8c
demandé de l'ar-
> lui aviez encore
voyager en Allemagne.
" gent Elle eft.
&ia. - pxis la réfolu-
>2.
ehunterd
tion d'aller dans pcu à Paris , pour
sxi
vivement: le Miniftre. de
>). folliciter dans çette afaire, afin
32 s'intéreffer toutes les Puiffances
93 qu'il. engage des pays olt vous pour2 étrangeres être: eretirénde vous: faire
sriez vous Ses diamans: lui tiennent
warrêtera plus.à. coeur que fafilles elle
wencore
&
>vouS taite d'ingrabvde i
perlide,
a
ne le croira vengée
27 jure qu'elle vous aura fait punir Rte
2) loriqu'elle
desloix, & fait en2 ivast la rigueiit cotiline dans un Cou27 fermer votre le, referde fes jours.
P
svent. pour
n'arrive
5 Mais comme un.matheur
pjamais. feul, elle a appris quelques fon
wjours après votre: départ, que
29r fls, Sur
quiiclle copmengoitljete
rabvde i
perlide,
a
ne le croira vengée
27 jure qu'elle vous aura fait punir Rte
2) loriqu'elle
desloix, & fait en2 ivast la rigueiit cotiline dans un Cou27 fermer votre le, referde fes jours.
P
svent. pour
n'arrive
5 Mais comme un.matheur
pjamais. feul, elle a appris quelques fon
wjours après votre: départ, que
29r fls, Sur
quiiclle copmengoitljete --- Page 70 ---
[60]
>) terd desyeux de
> depuis environ bienveillance, huit
avoit
> voeux aux
mois, fair fes
3>
Dominicains; , on ilétoit
depuis près de deux ans
> fupérieurs venoient
9 & que fes
>> Migion aux Indes, de l'envoyer en
>> Elle a, en même tems
s
reçu de S.
9> tantes du
une lettre d'une de vos
>>
paternel,
cRmtetun
épouféily a environ
qui avoit
99, un Amériquain
vingt-cing ans,
> d'Artinvillers, tresriche-nommeM
> France, &
étoit alors en
mort
ar
> viron dix-hut qui
dépuis en5 unique
mois, ainfi qu'an fils
3 Madame qu'elle en avoit eu, Elle prie
9 ait
d'Orbigny, 2 au cas
-
plufieurs enfans,del lui en qu'elle
95 une pour la confoler dans envoyer
9) leffe, & fe charger de
fa vieil
> tion de fes biens,
font ladminiftra-
> rables, & qui lui qui
confidé9) elle.
pafferont après
>C'eft à vous à préfent,
99 à prendre vos
9 Mongeuf,
9 à ne vous pas laiffer précautions de façon
9 à perdre par une furprendre, &
9. cufable le fruit d'une négligence inex99 a été fi bien conduite. entreprife qui
9 découyertes
Profitez des
que jai faites, elles ne --- Page 71 ---
[61]
que vous être avantageufess où vous
* peuvent & dans les circopflances à ba-
>
trouvez, iln'y a point
&
9 vous Partez donc au plus vite,
> lancer. expofez, pas à refter plus a
> ne vous
Allemagne oi il y
en
> longtems à craindre pour yous.
au- .
9 tout
de ce que vous
> Informermor 8 foyez affuré que je in-
> rez décidé, toujours de près à vos
> veillerai
me font plus chers que
> térêts, qui
> les miens propres. BORREUIL
fait la leêure de cette
Quand j'eus
de T trouva
lettre., le Marquis étoit très-fenfée, qu'elle
que cette flle
fort jufte,
grerodivenent
raifonnoit
préfente 9 fes condans Toccurrence bons quil les
fcils étoient
nous
rETCr
3 qu'il
voit beaucoup, fuivre; nous en convinmes
toit à les
faire le
tous.
plus que de
Il ne Sagiffoir Port oûl nous irions nous
choix du
avois bien plufieurs
embarquers mais yen je ne favois auquelmar- de
en vue,
qui s'apperçut
rêter. Le Marquis, fixa toirt d'un çoup.
mon embarras,
condans Toccurrence bons quil les
fcils étoient
nous
rETCr
3 qu'il
voit beaucoup, fuivre; nous en convinmes
toit à les
faire le
tous.
plus que de
Il ne Sagiffoir Port oûl nous irions nous
choix du
avois bien plufieurs
embarquers mais yen je ne favois auquelmar- de
en vue,
qui s'apperçut
rêter. Le Marquis, fixa toirt d'un çoup.
mon embarras, --- Page 72 ---
162]
mon irréfolution en me propofant la
Rochelle, ott il avoit, "difoit-il, un
oncle maternel qui y occupoit une
des premieres
places auquel, il nous
reconutanderotir.que très bien
nous en ferions
reçus; & qu'il nous feroit
avoir un paffage à bon compte dans
le premier bâtiment qui partiroit
S. Domingue, nous acceptâmes avec pour
autant de plaifir que de reconnoiflance
Foffre qu'it nous faifoit. Il écrivit dans
l'inftant la lettre dont nous devions
êire porteurs;& il fut arrêté que nous
partirions dès le lendemain, &
nous feroit efcorter par fon valet qu'il de
chambre & un autre Allemand, deux
hommes capables de nous bien feconder; le cas échéant.
Le Marquis nous conduifit enfuite
chez MEledteurs, poutr le remercier &
prendre congé de lui : nous allâmes
aufi chez le
Chancellier; nous employâmes le refte du jour à nous préparer, à faire charger nos
& le lendemain matin à-huit équipages,
nous partimes pour: la Rochelle. heures,
Nous ne fumes point inquiétés
dant la route 9: quoique
pen-
& le jour d'après notre treslongues arrivée dans --- Page 73 ---
163] fus rendre la lettre du
cette ville, de je T à fon parent. fuffions 2 qui
Marquis voulut ablolnment que nous
chez hui,; & qui à cet effet,en- fes
EE chercher nos équipages ceux par du
domelliques. Jc renvoyal aprèsies avoir bien
Marquis de T, &cpayé leur retour ;
récompenfés
une lettre
al
crivis àleur Maitre jen fis aufant à
& de remercmens: Bonnenil, à quije renMademoifelle de touf ce quenous avions
dis compte notre féjour en Allemas de
fait pendant
promis de donner
gne, & à qui je
que nous ferions
nos Ctanvelesaninor
à S. Domingue. bout de trois jours ilfe préfenta
Au
de Navire, qui devoit
un Capitaine àlavoile dans peu pouricfort le
mettre
oit il comptoit recevoir avoit
S. Pierre,
qu'il
prix d'une carguaifon dir faife
laiffé Tannée peicelenteske François. Nous
route pour le Cap à nous arranger
n'etmes pas de peine fimes porter dans fon
enfemblei nous les chofes qui pouvoient
bord toutes méceflaires pendant la tranous être trouvai à me défaire avanverlée ; je
qui devoit
un Capitaine àlavoile dans peu pouricfort le
mettre
oit il comptoit recevoir avoit
S. Pierre,
qu'il
prix d'une carguaifon dir faife
laiffé Tannée peicelenteske François. Nous
route pour le Cap à nous arranger
n'etmes pas de peine fimes porter dans fon
enfemblei nous les chofes qui pouvoient
bord toutes méceflaires pendant la tranous être trouvai à me défaire avanverlée ; je --- Page 74 ---
- [64]
tageufement &
de ma chaife de
nous nous embarquames. pofte;
heureufe Notre navigation fit une des plus
trente-huitieme qu'on eût encore vue, & le
départ de la Rochelle, jour, depuis notre
mes dans la rade du Fort nous mouillaoùt après avoir refté fix S. Pierre,
nous apparcillâmes
femaines 2
à S. Domingue, Nous pour nous rendre
mierj jour un vent fort eimes le prefecond nous
contraire, & le
de la
effuyâmes dans le canal
rieufe, Dominique une tempête G fizque ce n'eft pas fans
que nous fommes ici
miracle
tre vaiffeau alla fe aujourd'huis brifer
notes de Marie
fur les côaffez heureux Galante, & nous fames
des fept
pour être du nombre
notre navire perfonnes, étoit qui de trente dont
entrer dans la
compofé, purent
conduifit dans cette Chaloupe , qui nous
qu'en mettant
Ile, & ce ne frt
coufine m'apprit pied à terre, , que ma
prélence d'elprit de qu'elle avoit eu la
cafette qui contenoit fauver la petite
nos elpeces,
nos diamans &
fiés del bien bon que nous aurions facri.
flots notre fidel coeursponr retirer des
Duval, qui felon --- Page 75 ---
[6;]
été englouti;
tout apparence, yavoit le Cheva-
-
Voila, Monficur, Thiftoire ajouta dont vous
lier d'Orbigny, d'être 2 infruit; il ne me
avez défiré
remercier, ainfi
refte plus qu'à vous des bontés & des
que M. de Prépont,
vous avez
attentions obligeantes, 9 que nous. Je foueu Pun & l'autre pour de trouver des
haite bien fincerement donner des preuves
occafions de vous
& de Tattache:
de ma reconnoiffance ai voué. Mais il eft
ment queje vous
m'embarrafife:
encore une chofe qui
partie de
c'eft de favoir dans quelle dit être d'une
cette Ifle, que Yon demeure Madame
grande étendue, car nous voici dans
Artinvilliers; n'avons aucune conun pays oùt nous & ott nous ferons bien
noidlance ;
les malheurs m'ont
neufs. Autant & modefte, autant
rendu humble
quand la
étois-je. haut & avantageux & comme jéfortune me favorifoit; ; out le bonheur
tois alors dans un âge
le
aurorile la fufifance, Tengageai
d'Orbigny, à fe tranquilliChevalier
d'applanir toutes
fer, je lui promis lui confeillai d'aller
les dnficultés, 'je fa confine à defcen
fe préparér avec
neufs. Autant & modefte, autant
rendu humble
quand la
étois-je. haut & avantageux & comme jéfortune me favorifoit; ; out le bonheur
tois alors dans un âge
le
aurorile la fufifance, Tengageai
d'Orbigny, à fe tranquilliChevalier
d'applanir toutes
fer, je lui promis lui confeillai d'aller
les dnficultés, 'je fa confine à defcen
fe préparér avec --- Page 76 ---
[66]
dre à terre avec nous : je lui dis
nous les conduirions chez. M. de :
Roche-Allard, Gouverneur de FIle;
qui certainement fe feroit un vrai
plaifir de les obliger à notre recommandation. J'allai enfuite d'un
lefte & content de moi-même, rendre air
compte à M, de Prépont des offres de
fervices &
que je venois de faire à Mi
Mademoifelle
ignoroit encore d'Orbigny, (car ii
& queje fçuffe leur qu'ils fullent mariés 3
me dit cette
hiftoire.) Quoi!
un peu fec, vous Armateur, accordez avec un ton
teétion à des étrangers votre proauprès d'un
Général-que vous n'avez jamais
& que vous ne connoiffez que vars de
nom : vous faites plus, vous me
tez en jeu, en me fuppofanr, met- fans
doute, votre façon de penfèr, dont
je funis fort éloigné. Il fautic en vérité
que vous ayez perdu
-
P'efprit; faires,
Monfieur. comme vous Pentendrez,
pour moi, je vous protefte que je ne 3
m'en-mélerai pas: Je lnirépliquai avec
dépit, que quand bien même
dcvrois faire une fottife, ce
je
pas celle de me dédire 9 de ne ne feroit
vois avancé, &
ce quej'aquejen m'y prendrois --- Page 77 ---
[671 tirerois de.ce
de maniere honneur. que je me Ceft ce que je
pas avec
00 ; mais nous
ouhaite, me repartitil
verrons, & nous nous M: de féparâmes. Prépont ne
Ce n'ef pas que d'effeêuer ce quejaFit très enétat 'mais
depuis
vois penfé de lui;
jaifgu en me morqu'il avoit été bien-aife,
à ne
fant un
de m'apprendre ni à faire
he pas, EerE fi aifément, anfli indifJorénzvant des promeffes faut-il, hélas! que
Cretes. Pourquoi moifionné fi vite les
a parque ait.
& d'un
ours d'tin fi honnéte-homme fes confeils n'auibon ami, Mt par des écarts qui n'ont
Foit fauvé
affaires.
bas arrange mes
Quand nous ftmes prets.Madenot Ta
elle d'Orbignyume donna
dans
Detite cafeite, gue
DE
coffre de bord, & nous defcennon imes tous à terre. Gouvernement,
Avant d'entrer aut M.& Mademoieus loin-de prévenir! de n'y pas entrer en
elle d'Orbigny
hème tems que nous 2 parcc M.. querés de la
ois bien-aife de prévenir
aupaRoche-Allard fur leur compte,
mes
Quand nous ftmes prets.Madenot Ta
elle d'Orbignyume donna
dans
Detite cafeite, gue
DE
coffre de bord, & nous defcennon imes tous à terre. Gouvernement,
Avant d'entrer aut M.& Mademoieus loin-de prévenir! de n'y pas entrer en
elle d'Orbigny
hème tems que nous 2 parcc M.. querés de la
ois bien-aife de prévenir
aupaRoche-Allard fur leur compte, --- Page 78 ---
[681
ravant de les introdaire, afin de leur
mérager un accueil digne d'eux,
D'abord que ce Gouverneur
tre Armateuril vint au-devant de vitrio.
les bras
lui,
bon
ouverts, en le faluant d'un
jour, mon chet
ment vous portez-vous, Prépont, je fuis com
aife de vous voir : nous dinerors biert en
femble, puis en me
eft ce jeune homme, regardant; qui eft avec que
vous? C'eft, lui répondit M. de Pré
cié pont, M. le un Gentilhomme que m'a affo
Marquis de Champigny, &
quieft
dec ce a Général porteur d'une recommandation
auprès de vous. Je l
préfentai en même tems ma lettre:
quand il l'eut lue. Oui, oui, me dit
ii, vous pouvéz compter
rendrai tous les fervices
je vous
dront de
dépen
a
ici
moi. Oh ! ça, vous dinere
vient avec Prépont : mais qui eftce qu
encore là? ajouta-t-il, en ap
percevant M. & Mademoifeile d'Or
bigny, qui entroient dans ce mo
ment; c'eft, lui répondis-je
Général, deux illuftres infortunés 9 mor
qui ont fait naufrage furles côtes de
Marie-Calonres & à qui nous avon
donnélep palffagejufques ici.Nous vou --- Page 79 ---
[69]
de leur accorder votre.
foplions
ont
MSEIS
tection, dont ils
tante grand qu'ils ont
pour découvrir une & que Yon nomme
dans ce pays WArtinvillters. ,.
: Comment
Madame
c'eft
diable, reprit ce elle Gouverneur, demeure à préma bonne amie,
habitation qu'elfent à la Houpeliere, de la
à dix ou onze
le a duprès Je la porte, ferai avertir demain,
lieues d'ici.
vienne vous cheracjufquace qu'elle à M. & Madecher, en s'adreffant vous me ferez
moifelle d'Orbigny chez 5 moi; mais ilme
l'amitié de loger
votre tante
femble cependant, n'avoit que demandé à fa
m'a dit qu'elle neyeu ou une niece,
belle-foeur qu'un deux. Tant mieux, tant
& en voilà abondance de bien ne nuit
mieux, Mais, lui dis-je, mon Général, & néanpas. deux-là ne font qu'un;
ces
ils font chacun en leur particumoins
&cniece de Madamed'Ar
lier, neveu Ohloh! m'y voila, répli- la
finvilliers. le coufin a couché avec
qua-Fil, ceft ma foi la bonne façon
coufine ;
les biens dans une fade conferver
développerors cela
mille. Mais nous & en attendant. le diune autre fois,
mieux, Mais, lui dis-je, mon Général, & néanpas. deux-là ne font qu'un;
ces
ils font chacun en leur particumoins
&cniece de Madamed'Ar
lier, neveu Ohloh! m'y voila, répli- la
finvilliers. le coufin a couché avec
qua-Fil, ceft ma foi la bonne façon
coufine ;
les biens dans une fade conferver
développerors cela
mille. Mais nous & en attendant. le diune autre fois, --- Page 80 ---
[70]
ner 2 paffez tous dans le
-
vais vous y préfenter à la fallon, je
& fi vous voulez,
compagnie,
partie.
vous ferez une
En fortant detable, ,M. de
Allard - me tira à l'écart
lal Roche
Prépont, & me pria de lui avec M, de
Thifoire de M. & Mademoifelle raconter
bigny. Je lui donnai à ce
d'Orla fatisfaction qu'il
fujet," toute
omettre la moindre défroits & fans
fuis bien charmé, circonflance. Je
d'être prévenu de me dit ce Général, 2
à portée d'obliger.ces cela,j j'en ferai plus
je vais com mencer jeunes gens, &
Négre à la Houpeliere par envoyer un
tre pour Madame
avec une letnc manquera pas sAciavillin, de
qui
invitation. Jallai enfuite répondre à mon
deux
chercher ces
infortunés, qui
ce Gouverneur ce
confirmerent à
lui dire,le remercierent que je venois de
& de la protedion
de fes bontés
leir accorder. M. de qu'il vouloit bien
primes congé de la Prépont & moi,
tournâmes colcherabord compagnie & repromisà M. le Général < aprés avoir
nous ferions. au
que tant que
tous les jours dincr Cap chez 2 nous irions
lui, --- Page 81 ---
17rl
Lorique nous nous trouvimesfeuls;
cet Armateur - me fit "entendre nous que
comme les allées & les venues il étoit
smporteroient bien. du tems ;
d'avis que nous prifions un logement ferions
à terres, pendant que nous: acquiefcai
obliges de refter auCapsi'y.
avec d'autant. plus de plaifir, connoif- queje
me flattai d'y fairc quelques diftraire un
fances capables de me de me trou:
peu. du chagrincterawais de Madame de Norloy,
ver fi éloigné
petites infidélités
malgré quelques
le coeur ne
T patilage C 2 auxquelles récllemént la
participeroirs pas - étoit
feule que je puffe aimer. cette réfolution,
- En contequencede defeendimesà terre le lendemain
nous fort bonne heure, après avoir fait
de
dans notre chaloupe les effets
mettre.
d'Orbigay,
de M: & Mademoifelle aul Gouverque nous leur envoyâmes caflette qui m'anement avec la petite ja veille, & nous nous.
voit étéconfiée à chercher un endroit conoccupâmes
nous retirer tous les
venable Nous pour n'en trouvâmes pas d'aufoirs.
petite maifon 2 oùr ily
tre. qu'une
trois chambres, léavoit feulement
fait
de
dans notre chaloupe les effets
mettre.
d'Orbigay,
de M: & Mademoifelle aul Gouverque nous leur envoyâmes caflette qui m'anement avec la petite ja veille, & nous nous.
voit étéconfiée à chercher un endroit conoccupâmes
nous retirer tous les
venable Nous pour n'en trouvâmes pas d'aufoirs.
petite maifon 2 oùr ily
tre. qu'une
trois chambres, léavoit feulement --- Page 82 ---
[72]
gerement meublées, dont une de réferve, un Magazin affez
une cave & une petite cuifine fpacieux 5
fuivant T'ufage du pays. Cette féparée maifon
appartenoit à une. veuve qui demeuroit dans fon habitation, éloignée
d'environ une lieue de la ville, 1 &
yvivoit avec une niece qui
qui
toute fa famille. Nous réfoltmes compoloit d'aller après dîner faire une vifite à cette
veuve, & de nous accommoder
maifon, : fi elle nous en faifoit un de prix fa
raifonnable. Après avoir fait encore
quelques vifites, nous nous rendîmes
au Gouvernement, oir fitôt
M.
de la Roche-Allard nous
que
nous cria vive les gens de apperçut, fi il
vous continuez à en agir parole; ainfi avec
moi fans façon, nous ferons amis. M.
&cMademoifelle
auffi mille careffes; d'Orbignynous ils
firent
de Prépont de lui
ofrirent à M.
payer leur
qu'il refufa tres-gendreufementy
timant
EDER
trop heurenx, leur dit-il, d'avoirpuleurêtre bonà quelque
& ils terminerent par les complimens chofe;
ordinaires en pareil cas.
Un inftant après, Mademoifelle
d'Orbigny me tira dans l'embrafure
d'une --- Page 83 ---
[731
d'une croifée, 8 me parla ainfi. Je fais
trop de cas, Monfieur, de Pamitié
dont vous nous a 3 ez déjà donné tant dede marques, pour ne pas vous en
mander la continuation. Puis-je me
flatter que vous ne me la refuferez
pas? Je lui répondis quefétois trop
honoré de celle qu'elle m'avoit accordée fans Pavoir méritée, pour néglila moindre des chofes qui pourroient-la ger
convaincre de mon refpectueux attachement &de ma déférence
à fes volontés. S'il en eft ainfi, Monfieur, me répliqua-t-elle : , jexige que
vous m'en donniez tout.à Iheure une
Tres-volontiers, lui réponpreuve. Mademoifelle, & rien ne me
disje,
de vous
fera impofible quandileagira Monfervir. Hé bien ! me dit-elle,
fieur, en me préfentant un fort beau
diamant, je veux que vous acceptiez
cette bague, non. pas comme une reconnoiflance de ma part, mais comme
un gage affuré des (entimens que j'ai
pour vous.Je m'étois trop avancépour &x
reculer; ainfij'acceptai le préfent,
je baifai de bien bon coeur la main qui
me le faifoit.
cimes diné ;
Après que nous
Part, I1.
D
elle,
fieur, en me préfentant un fort beau
diamant, je veux que vous acceptiez
cette bague, non. pas comme une reconnoiflance de ma part, mais comme
un gage affuré des (entimens que j'ai
pour vous.Je m'étois trop avancépour &x
reculer; ainfij'acceptai le préfent,
je baifai de bien bon coeur la main qui
me le faifoit.
cimes diné ;
Après que nous
Part, I1.
D --- Page 84 ---
[74]
pris congé de M. le Gouverneur
& de nos compagnons de voyage 5
nous nous rendimes à Phabitation de
la Dame Avrillon, c'étoit le nomde
la propriétaire de la maifon que nous
avions en vue. Elle nous reçut afife
dans un grand fauteuil avec trois Ott
quatre oreillers derriere fon dos : elle
étoit affez vieille, & qui plus eft,afthmatique. Quandnous Peûmes inftruite
du fujet de notre vifite, elle appella
deux ou trois fois d'une voix enrouée
& fépulchrale, Silvie ; auiflitôt nous
vimes une fille affez jolic, d'environ
vingt-trois o1 vingt-quatre ans, qui
nc m'eut pas plutôt envifagé qu'elle
s'écria. Ah Ima chere tante, voilà un
Monfieur, en me montrant du doigt,
avec quije fuis venue de France ; elle
me demanda par quel bonheur clle
avoit le plaifir de me revoir, je lui répétai ce que nous venions de dire àfa
tante. Elle noHS dit qu'elle étoit enchantée de nous être bonne à quelque
chofe
fa maifon fe
2 foixante qu'ordinairement
; mais
louoit
piaftres parmois
qu'à caufe de nous, elle la laifferoit à
cinquante. Nous nous récriâmes beaucoup fur la cherté, & enfin après --- Page 85 ---
bien des débats de part & d'autre; & Manous convinmes à quarante, parenthefe >
demoifelle Silvie ( qui par
étoit la Demoifelle aux papillotes,
dont j'ai parlé dans ma premiere le
fe rendre
fer
tic) nous. promit à dix de heures, la ville,
demain matin,
faire balayer
pour paffer le marché, remettre les clefs
la maiton, & nous
Elle nous offrit
qui nous manquoient. avec tant d'inftanenfuite la collation
nous réfouces, que nous ne elle pîmes me fit auffi dondre à Ia refufer ;
pendant que je
ner ma parole, 3 que la voir quelques
ferois au Cap,) Jirois
fois & diner avec elle.
TembrafEn nous reconduifant, je
oit
fai, & nous retournâmes au Cap, aller
nous nous embarquâmes pour
coucher à bord.
convinmes en foupant
- Nous
enverroit à la dut
M. de Prépont vin & toutes les
deux pieces de
2 nous être néchofes qui pendant pourroient le féjour que nous
ceffaires ferions. Il donna auffi ordrerà fon
y. Licutenant de coucher dorénavant à
fon Brigantin 3 8 le lendemain nous
deicendimes à terre avec nos équi:
Dij
au Cap, aller
nous nous embarquâmes pour
coucher à bord.
convinmes en foupant
- Nous
enverroit à la dut
M. de Prépont vin & toutes les
deux pieces de
2 nous être néchofes qui pendant pourroient le féjour que nous
ceffaires ferions. Il donna auffi ordrerà fon
y. Licutenant de coucher dorénavant à
fon Brigantin 3 8 le lendemain nous
deicendimes à terre avec nos équi:
Dij --- Page 86 ---
[76]
pages, que nous fimes conduire à notre maifon, 9 oùr nous trouvâmes Mademoifelle Silvie 2 qui nous avoit dévancé de plus d'une heure; ; elle nous
remit toutes les clefs, nous allâmes
paffer le marché ; & fur ce
nous dit qu'elle refteroit deux qu'elle
à la ville
jours
2 pour quelques affaires
qu'elle y avoit, M. de Prépont l'engagea à ne pas fouper ailleurs
vec nous, & nous la quittâmes qu'anous rendre au Gouvernement. pour
Après diner un
mé Schmitt
OficierSuifte, nom3 aborda M. de
& le tira à l'écart pour lui demander Prépont
s'il n'avoit pas dc tabac de SaintVincent dont il voulut fe défaire,
qu'il avoit prefqu'entièrement
qué dans Plile 3 & qu'il lui procure- manroit quelqu'un qui s'en accommoderoit avec lui. Jele veux bien, répondit M. de Prépont, envoyez le demain
matin chez moi & nous nous arrangerons.
En fortant du Gouvernement cet
Armateur me dit d'aller à bord.
y. chercher mon tabac
pour
2 qu'il avoit
une très-bonne occafion pour
procurer la vente, 2 & quil efpéroit m'en --- Page 87 ---
1771 bon coup. Je le reme faire faire un tout de fuite , & à
merciai , partis de deux groffes andouilles
Texception réfervai pour mon nfage,
que je me tout ce quejen avois.
Fapportai aulogisje trouvaiM.de
En arrivant Mademoifelle Silvie qui
Prépont &
au.
m'attendoient, nous procéldimes avoir
partagedes chambres, & après choifis
fait affaut de compliment, même jé tems la
la plus perite , &, celle en de Mademoiplus voiline de
enfiite
felle Silvie, nous foupâmes du monde , nous
le plus gayement tour de favanne,
fûmes faire un petit
cnfuite. cha-
& nous nous retirâmes
cun dans notre appattement. cet Armateur
Auflitôt queiejugesi doucement
endormi, J'allai frapper Silvie, qui
à la
de Mademoifelle voulois ; reme fomcon ce que je. avec vOus ,
nouveller connoiffance Quoi ! me dit-elle,
lui répondis -je. rêveriez encore à la
eftce que ? vous Pour moi depuis que je *
bagatelle
n'y ai feulement
yous ai quitté ,je minute: Vons n'avez
pas penfé une fongé à moi, lur réplidonc guères
cas
ne vous refquai-je; en tout
je Diij .
à la
de Mademoifelle voulois ; reme fomcon ce que je. avec vOus ,
nouveller connoiffance Quoi ! me dit-elle,
lui répondis -je. rêveriez encore à la
eftce que ? vous Pour moi depuis que je *
bagatelle
n'y ai feulement
yous ai quitté ,je minute: Vons n'avez
pas penfé une fongé à moi, lur réplidonc guères
cas
ne vous refquai-je; en tout
je Diij . --- Page 88 ---
[78]
femble
inftant fans point > car je n'ai pas été un
mes, & fans m'entretenir defirer
de vos char..
Aufile dieu des
de vous revoir,
compenfer de ma coeurs. > pour me 'rédirigé mes
perfévérence , a-til
pas julqu'ici afin
vous retrouvaffe.; mais
que je
pas que ce fût
je ne croyois
reprochesde
pour vous faire des
je me retire, vogeingreituade-Adien & je ne vous verrai
jamais. Attendez, Monfieur L , attendez, me dit Mademoifelle Silvie,
vais.
Mais enfin", à
9 je
a
nous menera-t-il 1 ? à jouir quoi cela
felle 2 à jouir 2 lui
2 Mademoigoûter l'un & l'autre repartis-je., des
& à
l'amour ne réferve qu'à la plaifirs que
& que nous ne ferons
jeunefle s
état de reffentir. Elle pas fe leva toujours en
vrit ; j'entrai, & par des démonf. &c Oltrations lidité de phifiquesje lui prouvai la fomes raifons.
f 1I étoit près de huit
M. de Prépont : entra dans heures"quand ma
bre pour me
cham.
mais il ne fçavoit reprocher ma pareffe 5
ployé une bonne pas que f'avois emautre chofe
partie de la nuit à
geai
à qu'à dormir 2 & je ne jutpas propos de l'en.inftruire, --- Page 89 ---
t791
je fus levé
Un inflant après que un
M. Schmitt arriva avec
particu- mé
acheter mon tabac 2 qui
lier pour deux cent Piaftres de poids &
produifit
avois vendu
qui avec ce quej'en un bénéfice de
fainte - Croix, me fit
cent, non
plus, de trois cens avoisrélervépour pour
compris ce quejen
moi.
deux hommes furent
Mademoifelle ces
Silvie qui les
5 fortir > nous dit que celui avoit vus
TOficier 2 étoit un
qu accompaghone déguilé qui fervoit de
foldat Suidle
n'ofoient
croupier à derEipasnolaimuie faire ouvertepas par eux-mémes dans Tie, & que
ment le commerce du coton 2 de lindigos
fi nous avions
dentelles, 2 *
des toiles, des moufelines, taffetas : 2 fouliers 2
galons 2 caftors 2 efpeces de mar-
& toutes autres
du fucre ,
chandifes, à Texception étoit trop dificile,
dont le tranfport
la venteà un
elle nous en procureroit pourtions
auflil ibon compte quenousler d'Efpagne fans courir
faire aux côtes
Nous acceptâmes
les mêmes rifques. & nous lui
avec joie fes offres, honnête. Ea
mimes une récompenfe Div
2 fouliers 2
galons 2 caftors 2 efpeces de mar-
& toutes autres
du fucre ,
chandifes, à Texception étoit trop dificile,
dont le tranfport
la venteà un
elle nous en procureroit pourtions
auflil ibon compte quenousler d'Efpagne fans courir
faire aux côtes
Nous acceptâmes
les mêmes rifques. & nous lui
avec joie fes offres, honnête. Ea
mimes une récompenfe Div --- Page 90 ---
[80]
étant, nous dit-elle,
vais
ner chez ma tante pour je la
retoury prendre le linge & les hardes prévenir, dont
jepourrai avoir befoin ici, & je vous
rejoindraiaprès demain.
écrivit Après fon départ, M. de
à fon Lieutenant de Prépont lui
voyer, chandifes horsle fucre, toutes les mar- enPun & l'autre, que nous pouvions avoir
que dans les deux tant dans le Brigantin
vint les.
barques, & qu'il
Magazin, accompagner où il atrendroit jufqu'a notre
fuffions de retour; & nous que nous
dimesau Gouvernement. nous renAuflitôt que M. de la
nous apperçut, il vint nous Roche-Allard
M, de Prépont & moi,
prendre, 9
une main, en nous difant: chacun par
fieurs, que je vous
vencz,Mef- à
Dame qui eft arrivée préfente hier ici
une
Curé de fa Paroiffe, afinde avec le
lesremercimens
vous faire
tous les égards qu'elle vous doit pour
fon neveu & fa que niece vous avez eus pour.
leurhiftoire, &
; je lui, ai conté
abfolument obfervé quoiqu'ils les n'ayent
bienféance, on
régles de #
d'autant s
leur a tout pardonné,
que M,le Curé, que voilà, --- Page 91 ---
[8:] être le frere de Ma-
& qui fe trouve
d a promis de
demoifelle d'Orbigny 1
fuivant
faire réhabiliter leur mariage, en obtenir
la permiffion qu'il Général, compte qui eft Vide fon Supérieur dans cette colonie. 0 9
caire Apoftolique les autres formalités que
ce qui, avec
fuppléera au dénous obferverons,
de Madame
faut de confentement Madame d'Artinvild'Orbigny. Ainfi
que fur un nelicrs, qui ne comptoit trouve à préfent
veu ou une niece,fe fa famille. je: - vais
chargée de toute Cour cet événement
auffi mander à la
s'il en efttems
afin que l'on empêche d'Orbigny ,
de faire
encore, Madame incartades dignes
quelques nouvelles
à fa famille.
d'elle & préjudiciables félicitâmes
M. de Prépont & moi, de leur heureufe
ces quatre perfonnes embraflames tous 2
réunion ;nous nous mettre à table.
&i nous fumes nous comme nous nous
Après le diner, notre Lieutenant
doutions bien que
nous
étoit à nous attendre au logis,
primes congé de toute la compagnie, devoit
& Madame d'Artinvilliers fa famille qui à la
s'en retourner àvec
avecinftance
Houpeliere 2 nous invita Dv
M. de Prépont & moi, de leur heureufe
ces quatre perfonnes embraflames tous 2
réunion ;nous nous mettre à table.
&i nous fumes nous comme nous nous
Après le diner, notre Lieutenant
doutions bien que
nous
étoit à nous attendre au logis,
primes congé de toute la compagnie, devoit
& Madame d'Artinvilliers fa famille qui à la
s'en retourner àvec
avecinftance
Houpeliere 2 nous invita Dv --- Page 92 ---
[82]
ày aller paffer quelques jours avec
elleavant notre départ, M.le Général
quidevoit être de la partie offrit de
nous y conduire, & nous leur en donnâmes notre parole.
Nous trouvâmes effeéivement
tre Lieutenant avec une bonne
node nos marchandifes
partie
mettre dans le
que nous fimes
main il
Magazin, & le lendenous apporta le refte hors le
fucre. M. de Prepont fit féparer ce
qui lui appartenoit d'avec ce qui étoit
à moi, afin que nous puffions chacun
mettre la main deffus fans être
de chercher quand nous en aurions obligés
befoin. Nous allâmes à l'ordinaire diner au Gouvernement, oà il fut beancoup queftion de Madame d'Artinvil.
liers & de fa famille. L'après midi,
comme nous n'avions
chofe
à faire, nous paffames
le fallon -
PAIA
jy jouai au paffe dix, & en moins de
deux heures iy gagnai quatre. vint
piltolles d'Efpagne. L'heureux tems !
la fortune voloit après moi, & elle me
joignoit; aujourd'hui, je cours
elle & je ne puis, l'atteindre, quelle après
différence ! Jeunes gens,1 fijamais dans
votre belle faifon, vous vous trou- --- Page 93 ---
[8;]
dans le cas d'en être favorifés,
vez
car il vient un tems cût
profitez en,
nous. délaifle. Rapcette inconftante
ce qu'en ditle
pellez-vous à ce fojet
provérbe.
M de
Pendant que nous (oupions, fur le gain
Prépont ie félicita dit que Gle Ree
javois fait, & il me
dans la
bonheur m'accompapnoir qu'en deux oit
traite,11 ne doutoit pas fuffe en état
trois campagnes, s fort je ne heureux à-Made procurer un c'eft tout ce queje
dame de Norfoy;
& un inflant
defire, lui répondis-ie, à mon doigt le
appercevant n'avoit donné MademoiREEL que
demanda d'oit
felle Roltigy.ane je lui en rendis
me venoit ce biloir, mit à fourire en medicompte. Il fouinaitoit fe
qu'il eût un meilfant quil celuiquils m'avoit donné.
leur fort que
lui repartisje , pour
Je le réferve, Viétoires mais à propos, je
ma cheme bien lui éerire,8je ne fçai
voudrois occafion Tenez toujours
par quelle
me: dit cet Aria.
votre lettre prête,
une dans
teur, je vous' en procurerai, de tems s
peu. Pour ne pas dans perdre ma chambre,
Tallai tout de fuite
Dyj
meilfant quil celuiquils m'avoit donné.
leur fort que
lui repartisje , pour
Je le réferve, Viétoires mais à propos, je
ma cheme bien lui éerire,8je ne fçai
voudrois occafion Tenez toujours
par quelle
me: dit cet Aria.
votre lettre prête,
une dans
teur, je vous' en procurerai, de tems s
peu. Pour ne pas dans perdre ma chambre,
Tallai tout de fuite
Dyj --- Page 94 ---
[841
& avant de mc coucher,
qui fuit.
j'écrivis ce
1 Je profite, ma chere
39 Tuniqueoccafion
Viétoire, de
2> puis mon départ de que Marie j'aitrouvée de33 pour vous donner de mes, Galante,
93 Je ne ceffe jour & nuit nouvelles,
>> vous, & de maudire
de penfer à
53 trotve entre
l'efpace qui fe
>) d'aller à chaque. nons, inftant qui me
37 ner des
vous
Gone
3> tendreffe. La-feule preuves de toute ma
chofe
39 pêche de fuccomber à qui m'en-
>> que me caufe cette
la douleur
3 tion, eft l'efpoir
crueile fépara9> tôt en état d'unir quejaid'etrebien. mon
>> pour ne nous jamais fortauvôtre
23 tune & Plutus me quitter; ; Nep-
>> tout crédit dans leur favorifent, Jai
32 font mes garants. L'amour empire, ils
22 l'amour en fera-t-il de même hélas!
>> je m'en fater?Ileft dans
? Puis-
>2 adorable Vidoire,
vos yeux,
35 ma part, faites micux interragez-lc de
2> tez lui fa réponfe. Adieu encore, dic-
>2 tendre amie, je vous
chere &
2> gret,j je vons embraffe de quitte à re3> coeur, & vous prie de ne toutmon
2) ter de la conftançe, de la fidélité pas dou-
& --- Page 95 ---
[8;]
attachement que vous
3) delinviolable
32 a voué pour la vie, 9
D".
Le Chevalier
lendemain matin, je remis ma
Le
m'affura
lettre à M. de Prépont, qui à partir ; &
qu'elle ne tarderoit étions pas à réfléchir fur
tandis que nous réfulteroit pour nous,
lavantage qui
défaire à bon:
fi nous pouvions d'une nous partie de nos
compte-au Cap
Mademoifelle
marchandifes, ainfi
efpérer 5 nous
Favoit
atre
Silvie nous
deux hommes
la vimes. entrer avec comme des gens.
qu'elle nous envie préfenta de traiter avec nous
qui bonne avoient foi. M. de Prépont qui préde
nous en aurions au moins
vit bien que
d'aller chez
la journée > me. pria nous exK4 de la Roche-Ailard pour
cufer de ce que nous ne pourrions de lui aE
avoir Thonneur
ce jour-là
lui eus fait mon
notre cour. Quandje
avec fon
compliment , il me répondit bonne heure,, jy
ton ordinaire, à la
fans tirer
confens pour aujourdthui mais ne vous y accouà conféquence, entendez-vous? ? car je ne
tumez accommoderois pas,
pas moi. J'aime
m'en
. pria nous exK4 de la Roche-Ailard pour
cufer de ce que nous ne pourrions de lui aE
avoir Thonneur
ce jour-là
lui eus fait mon
notre cour. Quandje
avec fon
compliment , il me répondit bonne heure,, jy
ton ordinaire, à la
fans tirer
confens pour aujourdthui mais ne vous y accouà conféquence, entendez-vous? ? car je ne
tumez accommoderois pas,
pas moi. J'aime
m'en --- Page 96 ---
[86]
les gens de parole, & au bout du
compre, 9 quielques affaires que l'on
ait,il faut teujours diner foit dans un
endroit ou dans un.a autre 9 ainfi
de pareilles. excufes dorénavant plus
adieu. M. de Prépont manqua étouffer ;
à force de rire, 2 quand je lui rendis
comptede ma miffion. Uninftant
cet Armateur me tira à part pour après me
dire que comme les deux croupiers
que Mademoifelle Silvie nous avoit
amenés, n'avoient pas affez de fonds
pour faire affaire avec nous deux, il
étoit d'avis que je commençaffe
me défaire de mon lot ; i'y confentis par
volontiers, &a après diner, ils fe char.
gerent à peu de chofe près de mes marchandifes, moyennant deux mille cent
piaftres de poids, de forte qu'il ne me
reftoit plus de toute ma pacotille
quarante quintaux de fucre, aaute
pieces de bafin, dont une d'Hollande
& l'autre des Indes, une piece de taf.
fetas noir 2 quatre paires de piftolets
damafquinés en argent, deux fufils de
maitre garnis de même, quelques
tites quincailleries de peu de confé- pequence, 2 & quatre garnitures de vefte
en graine d'épinards de fil, Ces deux --- Page 97 ---
[87]
promirent à M. de Prépont
croupiers fous quinzaine pour s'acde revenir
lui. Mais quand ils
commoder avec
Silvie
furent. fortis, devoit Mademoifelle nous en venir
nous dit quil qui en effet ne manqua pas de
un autre,
avec M. de Prépont fon in-
& S'arrangea de coton & de
toute fa partic
en bon papier fur.
digo, qui lui Négocians paya
de File.
les meilleurs rendimes enfuite au
Nous nous oût nous dinâmes; &
Gouvernement.
auparavant
deux jours
ceux qui
argent contre moi,
avoient perduleur révanche, oû je leur
exigerent une piftolles, & je crois
gagnai encore reité 35 longtems au Cap,
f Javois
je les au1 revanche en revanche, d'état de m'en
rois bientôt mis hors
demander davantage. de bonne heure
Nous retournâmes dans lequel Madeà notre Magazin, vouloit bien refter
moifelle Silvie étions
fur l'efpéquand nous n'y
flatée de
dont nous
RSSs
rance
honnêtement; cela lui faiTintéreffer
établiffement.
foit d'ailleurs un petit qui ne laiffoit pas
de paflage affezjoli, autant & même pluis
de lui procurer
'en
rois bientôt mis hors
demander davantage. de bonne heure
Nous retournâmes dans lequel Madeà notre Magazin, vouloit bien refter
moifelle Silvie étions
fur l'efpéquand nous n'y
flatée de
dont nous
RSSs
rance
honnêtement; cela lui faiTintéreffer
établiffement.
foit d'ailleurs un petit qui ne laiffoit pas
de paflage affezjoli, autant & même pluis
de lui procurer --- Page 98 ---
[88]
de plaifir que s'il avoit été à vie.
Le jour d'après, qui étoit un Di.
manche, étant à la Meffe del la
nous y vîmes entrer M. de la Paroiffe, RocheAllard,a accompagné de plufieurs Officiers de la Garnifon. Auffitôr
nous
qu'il
apperçut , il nous fit figne
procher, &i il nous dit qu'ilavoit d'ap- des
nouvelles intéreflantes à nous
En fortant nous
donner,
Taccompagnâmes au
Gouvernement, lettre
oùr il nous lut une
qu'il avoir reçue de Madame
d'Artinvilliers qui lui mandoit
fon
neveu le
que
de fon Dominiquain avoit obtenu
Supérieur Général, Vicaire
Apoftolique - les pouvoirs néceffaires
pour réhabiliter le mariage de fa foeur
avec fon coufin, que lejour de la cérémonie étoi fixé au mardi
& qu'elle fe flattoit qu'il voudroit fuivant. ,
P'honorer de fa préfence &
bien
ner avec lui pourypaferlerefte nous amefemaine.Quoique
de la
nos
beaucoup
affaires, cevoyagedérangedt
nous difpenfer - de nous ne pimes
courir la
le faire, ou d'endifgrace de ce
qui étoit entier, peu aifé Gouverneur, 2
lui réfiftoit,
quand on
leurs befoin > & que nous avions d'ailde le ménager; ainfi nous --- Page 99 ---
[89] rendre à fes
lui promimes lendemain de nous à fept heures.
ordres le
nous eûmes diné, nous
Auffitôt que à notre logis, oit nous
retournâmes heureufement Mademoitrouvâmes
nous priâmesde voufelle Silvie, , que
de notre
loir bien ne pas défemparer nous ferions en
Magazin pendant elle nous que le promit, &
campagne;
alloit fe
M. de Prépont ajouta
fon Lieurendre à bord pour
AE
auroit à faire, qu'il
tenant de ce qu'il ordre de fe rendre au
lui donneroit
refter jufqu'à notre
magazin & d'y
retour.
ffimes feuls, MadeQuand Julie nous & moi, je lui reçommoifelle
faire d'infidélité
mandai de ne Trainfort me pas notre Lieuteavec M: de
frais, bien-facé,
nant, qui étoit jeune, n'anongoient pas une
dont les halcine, épaules 8 qui quoique fort
courte homme, 2 étoit d'ailleurs le
honnête indifcret mortel que je connuffe:
plus
tout ce que je voulus 5,
elle me promit
ce qu'ilm'en plut.
&je n'en crus
fur ce propos,
nous
PAdlernee
Comme
Silvie reçut ia vifite
Mademoifelle
Créole cxnemementjole
d'une petite
it jeune, n'anongoient pas une
dont les halcine, épaules 8 qui quoique fort
courte homme, 2 étoit d'ailleurs le
honnête indifcret mortel que je connuffe:
plus
tout ce que je voulus 5,
elle me promit
ce qu'ilm'en plut.
&je n'en crus
fur ce propos,
nous
PAdlernee
Comme
Silvie reçut ia vifite
Mademoifelle
Créole cxnemementjole
d'une petite --- Page 100 ---
[90]
mandeur d'environ quinze. ans 2 fille d'un Comêtre fon de Negres, 9 & qu'elle me dit
l'aimable arriere petite-coufine. Oh !
enfant; m'écriai-je en : la
voyant, de
puis m'approchant de l'oreille
haut Mademoifelle Silvie, jel lui disaffez
je donnerois pour que la petite l'entendit, que
les
bien volontiers dix piftod'E(pagne, pour
fes bonnes
qu'ellem'accordt
riva dans graces. M. de Prépont arce moment, la converfation
en refta-là ; lajeune perfonne s'en
nous pafâmes dans le Magazin alla,
nous fervoit en même. tems de falle qui à
manger 5 & nous nous mimes à table,
Tandis que nous foupions, M. de
Prénont me dit qu'il avoit remis ma
lettre pour Madame de Norloy à un
Corfaire qu'il avoit trouvé avec fon
Lieutenant, dont il étoit ami, &
partoit le mercredi foivant pour qui la
Guadeloupe, quilluiavoit fortement
recommandé de la faire rendre fûrement à cette Dame auffitôt qu'il Iferoit
arrivé, & que je pouvois compter fur
fon exaétitude.
Nous fimes,avant de nous, coucher
un porte-manteau commun pour notre
voyage, & nous nous retirâmes,Je me --- Page 101 ---
[s1]
bonne heure
levai le ledemain d'affez à Mademoifelle
pour faire mes adieux enfuite chez M. de
Silvie, je paffai nous rendimes au
Prépont, & nous
fept héures; 5
Gouvernement avant
nous
nous y déjeûnames amplement, avec M. de 2e la.
montâmes en voiture
GéRoche-Allard 8 M. le Procureur du Caps
néral du Confeil fupérieur feu M. Artinvil
qui étoit parent arrivâmes de
à la Houpeliers, 9 & nous
de cette dame, difliere, habitation
lieues du Cap,
tante d'environ, onze route de Léo-
& d'une de la Porte, heuresaprés midi,
gane, fur les quatre
M. le Gouverà caufe d'un relais que à moitié chemin
neur avoit envoyé
fes chevaux.
pour ne pas tant fatiguer d'exprimer la
Il n'eft
pofible à notre arPo fit paroitre
joie que
accabla de politeffe
rivéc, on nous y
& en mon par-
& de remercimens, les héros de
ticulier, j'ofe dire que à l'envilun
cette fête, fe difputerent feroit le plus de
de Tautre, qui me que je ne crois
careffes, à un tel point convives fe
pas qne jamais dans aucuns le cas de faireref:
foient trouvés
Il n'eft
pofible à notre arPo fit paroitre
joie que
accabla de politeffe
rivéc, on nous y
& en mon par-
& de remercimens, les héros de
ticulier, j'ofe dire que à l'envilun
cette fête, fe difputerent feroit le plus de
de Tautre, qui me que je ne crois
careffes, à un tel point convives fe
pas qne jamais dans aucuns le cas de faireref:
foient trouvés --- Page 102 ---
[92]
fentir à leurs hôtes une pareille allégreffe.
On nous lut, avant de
articles du contrat
avoit fouper, les
la veille entreles
qui
été paffé
Madame d'Artinvilliers conjoints, par lequel
tous fes biens, dont
leur affutroit
réfervoit la jouifance cependant fa vie elle fe
Nous le fignâmes après les durant.
M. le Général, & nous affitâmes parens &
lendemain au nouveau
le
& Mademoifelle
mariage de M,
tôt à la réhabilitation d'Orbigny de , ou pluavoit été fait à Tréves ; cette celui qui
nie fut accompagnée d'une cérémodont onn'avoit pas encore vu d'exem- pompe
ple dans le pays. Elle fut fuivie
diner fomptueux & d'un bal oùt d'un
les principaux dés habitans des envi- tous
rons, qui y avoient été invités, fe
trouverent, & on y donna un
raon, où à mon ordinaire,
pha.
plus de deux cens piftolles 9 je gagnai
ce qui fit dire à M. del la Roche-Allard d'E/pagne,
que je n'avois befoin d'autre
pour faire la traite aux
pacotille
cent piftolles;
côtes, que de
dont je
qui avec le bonheur
fuffifantes jouiffois, feroient plus
pour gagner en moins : --- Page 103 ---
[93] d'une année des
trois mois le produit
.
mines du Potofe. ainfi quatre jours
Nous reftâmes
toujours dans
francs àla Houpeliere, fe fuccédoient
de nouveaux plailirs mais qui comme nos:
les uns aux autres;
au Cap,
affaires nous rappelloient bien de la peine
nous obtinmes avec
retourner :
notre paffeport done pour le y famedi matin
nous partimes compagnic que celle
avec, la même avions été, & nous
avec qui nous y
à huit heures du
arrivâmes au Cap
foir.
de M. & Mademoifille
Fin de PHifoire D'Orbigny.
Mademoifells SilNous trouvâmes Trainfort notre Lieutevie & M. de
heureufes difpofinant dans les plus c'eft-a-dire à fouper;
tions du monde,
eux , 8 offcidnous nous joignimesà nous n'avions rien
mes des mieux, car
que nous
pris depuis le déjeiner, de partir de la Houavions fait avant
chauds . , les
peliere; 5 & dans s'arrêtent les pays pas longtems
digeftions ne furtout dans de jeunes
en chemin, aufi faut-il que la répara:
eftomacs,
. de
heureufes difpofinant dans les plus c'eft-a-dire à fouper;
tions du monde,
eux , 8 offcidnous nous joignimesà nous n'avions rien
mes des mieux, car
que nous
pris depuis le déjeiner, de partir de la Houavions fait avant
chauds . , les
peliere; 5 & dans s'arrêtent les pays pas longtems
digeftions ne furtout dans de jeunes
en chemin, aufi faut-il que la répara:
eftomacs, --- Page 104 ---
[94]
tion fuive de près la
eft quelquefois de plus difipation, d'une forte qu
Après le repas , M. de Prépont ren
voya fon Lieutenant à
que nous n'avions
bord, parce
lit à lui donner, & pas un troifieme
été décent à Mademoifelle qu'iln'auroit pas
lui offrir la moitié du
Silvie de
tainement ils n'auroienr fien, dont cer
chés ni l'un ni l'autre. Je point été fa
fe
m'apperçus
fa
levant, ce Lieutenant tenoi
droite fur
grenie
fes reins & qu'i
appuyoit la gatiche furla table, ce
me fit dire aflez haut, d'un ton
en
Sede
que,
m'adreffant à Mademoifelle
Silvie. Eh ! à quelien, Mademoifelle
Monfieur de Trainfort s'eft-il ainfi ac
commodé, je le croyois ma foi mieux
fur la hanche P Elle me
répondit en
rougiffant un
que le pied lu
avoit gliffé fur Rerau marches en defcen
dant à la cave, 2 & qu'il étoit tombe
fur les reins, je fouris
& la quittai,
malignement
Le lendemain, Dimanche, nousal
lâmes à la meffe & de-là au Gouver
du nement , nous y trouvâmes le neveu
Gouverneur de Plfle de-Cuba;
fe nommoit Dom Gufman de Tellaf --- Page 105 ---
1951 d'arriver dans une
cos, il ne faifoit que qui devoit dès le
Frégate Efpagnole
fa
même, après diner M. 2 continuer de la Rojour foute pour le Méxique.
tant
che-Allard lui offrit un. Piile, logenient nous diféjourneroir dans
qu'il
enfemble & nous apprimes étoit de
nâmes le motif de fon voyage qui lui apque fe faire rendre une barque avoit été enlevée
partenoit, & (emaines qui
par un Corlaire
depuis trois
que cetie barFrançois. Il prétendoit de bonne prife,
que n'étoit point de la Havane avec
qu'elle étoit partie du Gouverneur
une commifion
à
ReUE
aller à Porto-Rico y rendre dont elle
deftination les marchandiles mais qu'un coup de
étoit chargée ; avoit étéforprife penvent, dont elle
jettée fur nos côdantl la nuit , ravoit intention d'y faire le
tes fans aucune
étoit aifé à vérifier
qui
commeree.ce même du Patron,
la pstente
du
ca
par étoit reftée entre les mains trouvée
faire, qui ne l'avoit puilqu'elle point n'avoit
armée en guerre,
& dix hommes
que
pierriers bien loin de fe metTaSE 5
elle avoit amené au
tre en
EX
, dont elle
jettée fur nos côdantl la nuit , ravoit intention d'y faire le
tes fans aucune
étoit aifé à vérifier
qui
commeree.ce même du Patron,
la pstente
du
ca
par étoit reftée entre les mains trouvée
faire, qui ne l'avoit puilqu'elle point n'avoit
armée en guerre,
& dix hommes
que
pierriers bien loin de fe metTaSE 5
elle avoit amené au
tre en
EX --- Page 106 ---
(96)
premier ordre qui lui en avoit ét
donné, dût ne comptant pas à la vérite
qu'on
la faifir 2 parce
toit pas dans le cas, &
qu'elle n'é
les circonftances de qu'enfin toutés
militoient eni fa faveur. cet enlevement
da Le Corfaire que M. le Général man
qu'ilavoit après le diner, foutint au contraire
rencontré cette
nos côtes, à l'Efterre du Port barque de fur
environ fur les cinq heures du Paix,
en fortant d'en
matin,
quilui étoit
pourfuivre une autre
paravant. échappée une heure aufociété , & qu'il'avoit jugée être de
avoit entendu par un coup de canon qu'il
gnal ordinaire tirer de ce côté-là, fiqu'en outre ilavoit pour s'entr'avertir, &c
feu quiavoit été
vu les reftes d'un
étoir un fecond fignal allumé à terre, 2 qui
premier, ce quilavoit confirmatif forcé à fdu
parer de cette barque qui étoit de s'embonne prifeique quant à la patente fort du
Patron, elle ne méritoit aucune
fidération, en ce que les
condonnoient toujours de ces Gouverneurs fortes de
foin commiffions ; &
pour s'en fervir au betoit rendu que de d'ailleurs,Aile bonne
Patron s'6grace, c'eft qu'il
n'ayoir --- Page 107 ---
[971
n'avoit pu séchapper, ni ne s'étoit
trouvéen état de fe défendre.
pas Commc coimmençois une partie
d'ombre, f vint un Negre de M. de
Prépont nous avertir, de la part de
Mademoifelle Silvie, quilyavoir au
magazin deux peronnes. qui nous
me
attendoient; cet Armateur: pria %
m'y rendre, & me dit que s'il étoit
queftion de chofes auxquelles je, ne
puffc pas répondre, ou faire par ino1- d'amêmé. que jel les remiffe au jour
près, quilavoit des raifons & pour.refs le foir,.
ter ait Gouvernement, inftruiroit. que
en foupant, il m'en
Je trouvai les deux Croupiers qui
s'étoient accommodés de. mes, marchandifes, & je les renvoyatjuqu'au ils turent
Iendemain matin. Mademoifelle Quand
Silfortis ,Teffuyai de
du trait
vie des reproches lui avois langlans lancé la veille
malin que de je M. de Trainfort. Quoique
au fujet fouciaffe
de cetie
je ne me
javois plus sgucres vu fa perite
fille depuis
de la
à
A
coufine, Tadire envie
ménager
caufe du befoin que je prévoyois bien à
en avoir par la fuite
m'étois parvenir apmes fins, d'autant
slje
Part, II,
F.
trait
vie des reproches lui avois langlans lancé la veille
malin que de je M. de Trainfort. Quoique
au fujet fouciaffe
de cetie
je ne me
javois plus sgucres vu fa perite
fille depuis
de la
à
A
coufine, Tadire envie
ménager
caufe du befoin que je prévoyois bien à
en avoir par la fuite
m'étois parvenir apmes fins, d'autant
slje
Part, II,
F. --- Page 108 ---
[98]
perçu plus sd'unefois quel l'argent avoit
beaticoup d'attrait pour elle, ce
m'engagea à lui faire une
qui
fatisfachion ; mes excufes lui elpece de
& nous fimes la paix.
plurent
Nous nous promenâmes dans la
vanne en attendant le retour de SaPrépont, elle me fournit
M.de
lui demander G
l'occafion de
elle n'avoit
pendantnotre abfence,
pas eu la vifire de fa
rente; une feule fois, me ditelle, pafériez-vous pas amoureux? Point n'en
tout, lui
du
me
répartis-je ; cependant elle
la voir, plaît, & je fi ne ferois pas fâché de
l'occafion s'en
toit,je lui offrirois de bon préfencollation. Cela
coeur la
Mademoifelle étant, me répondit
manche
Silvie, 2 elle
; mais point
viendra-Di.
c'eft un enfant fort fage d'entreprife, &
car:
il eft malheureux
bien élevé,
pere, grand
pour élle d'avoir un
fair, ainfi qu'à difipateur, fa
& qui lui
mauvais momens. Dans mere, paffer de
tes arriva M. de
ces entrefaique fon intention, Prépont, en reftant qui me dit
vernement, avoit été de caufer au-GouDom Gufman de
avec,
avoit trouvé loccafion Tellafcos, qu'il en
pendant une --- Page 109 ---
(99)
abfence de M. de la Rochecourte Allard, qu'il avoit appris de cet Ef
pagnol qu'il ne pouvoits refter des affaires au Cap
trois temaines, à caufe
que
qu'il lavoit à la Haranne,
importantes comptoit profiter du tems qu'il
quil feroit dans nos Iies pour remettre eies
intérêts entre les mains. de quelqu'un, les faire
fur
il pûr compter la main pour levée de fon
Car & obtenir
illoueroit une
bâtiment, & qu'enfuite
qu'ils en
barque pour s'en retourner, M. le. Général étoit
étoient-la lorfque ce, qui l'avoit emvenu les rejoindre, les choles plus loin ;
pêché de pouffer i'irai feul demain de
& il majouta, Gouvernement
bonne heure au M. de la
conférer avec
meiei
m'eft venu dans la tête,
d'un projerqui s'il réuflit, nous fera fort avan-
& qui
la campagne de P'année
tageux pour
celle-ci, comme
prochaine ; car
défaits de la 1 plus
nous nous
ACretE
effentielle partie de nosmarehanties, >
toucher les côtes que
je ne compte fournir de tabac d'Efpagne,
pour m'y chevaux, mulets,, argent en
cacao, barre & poudre d'or fjen trouve
l'occalion, & m'aboucher en même-.
Ejj
an-
& qui
la campagne de P'année
tageux pour
celle-ci, comme
prochaine ; car
défaits de la 1 plus
nous nous
ACretE
effentielle partie de nosmarehanties, >
toucher les côtes que
je ne compte fournir de tabac d'Efpagne,
pour m'y chevaux, mulets,, argent en
cacao, barre & poudre d'or fjen trouve
l'occalion, & m'aboucher en même-.
Ejj --- Page 110 ---
Lioo]
tems avec quelques connoiffances que.
jy ai, afin de convenir d'un endroit
oli nous puifions nous joindre fans
courir aucun rifque pour faire nos
échanges. Vous en faurez
me dit-il; après l'entretien davantage, qie je 2
compteavoir dernain avec M. le Gouverneur, & nous retournâmes aul
logis. Eny arrivant, nous trouvâmes
M. de Trainfort qui nous informa
qu'il venoit d'arriver un Navire des
côtes de Guinée, dont la carguaifon
étoit de fix cens Négres. M. de Prépont fe propofa tout de fiite
ger M, de la Roche- Allard à lui d'enga- céder
deux des fix Négres qui devoient lui
revenir de cette carguaifon, à raifon
d'un par cent 9 dont ils ont le choix
fur la totalité, avant que la vente foit
ouverte, droit qui eft dît en entier aux
Gouverneurs Généranx, & aux: Intendans pour moitié (eulement ; on
pelle ces fortes de Négres choilis, d2s
pieces d'Inde, qui ordinairement font
eftimés quinze cens livres chacun.
Cette circonftance me fit renaître
l'envie
j'avois
T fois d'avoirun que
déjà eue plufieurs
Négre, maisje voulois
qu'il fûr Créole, & quil n'eût pas --- Page 111 ---
1oil *
à
de dixà douze ans : j'en parlai des'en
qui me promit
RP de Prépont, Muademonfelle Silvie qui
informer. mottiedemien procuétoit préfente
vouloit vendre,
rer. un que fa le tante faire venir, & que
dis de
A
je lui
volontiers
m'en Siccommoderois cher; il fut convenu
n'étoit Leot trop elle-méme le cherchetle
qu'elle
& qwelle reviendroit
lendemain n, Comme nous ne poutout de fuite. laiffer notre Magazin feul, Lieuvions pas
donna ordre a fon
M. deP Prépont venir relever Mademosfelle
tenant de
avec nous, s'en U reSilvie , il foupa
nous nous retirà-.
tourna à bord,8 1o 1
mes! :
d'après, nos deux MarLe jour.
pas, de reve- la
chands ne manquerenr
de
nir, ils juccommoderent de M. de
2. obrenviron des effets bonnes
moitié
qu'ils payerent en de
Prépont de poxds.e en noix bien pou- au
piatires qui équivaloient
dre d'or,
change.
moins athateemnde encore vu de cette
Je n'avois pas qui a été la caufe
charmante poudre
exercées en
de bien M des cruautés
2 j'en deAmérique par les E(pagnols Eij
nir, ils juccommoderent de M. de
2. obrenviron des effets bonnes
moitié
qu'ils payerent en de
Prépont de poxds.e en noix bien pou- au
piatires qui équivaloient
dre d'or,
change.
moins athateemnde encore vu de cette
Je n'avois pas qui a été la caufe
charmante poudre
exercées en
de bien M des cruautés
2 j'en deAmérique par les E(pagnols Eij --- Page 112 ---
[toz]
vins amoureux, & je priai M. de
BCsp de m'en céder quelqu'une Prépiaftres. Malgré fon amitié pour
moi, il héfita uin peu avant de pour
donner fixde feize
m'èn
à condition que fi qu'ilavoit reçues 2
le cas de m'en
jamais j'étois dans
faveur; rien n'étoit deffaifir, ce. feroit en fa
promis. Ces noix fijufte & je lui
quatre onces
pefoient environ
moindres, il en chacune, eft auffi il en eft de
l'once eft communément ideplus fortes;
ce pays cinq piftoles efimée dans
poids, ce qui revient à d'Elpagne cent
de
notre monnoie
livres de
vendu, lors de.mon 2 quoique j'en aye
en France, en l'année premier voyage
cent huit livres.
1733, julqu'à
Je crois devoir avertiricile
quand les
ledeur,
Aura affaire avec Croupiers les
ont une fois
levent jamais leurs Corfaires, ils n'enpendant la nuit, & marchandifes très fouvent que
n'eft pas la premiere qui fuit le cc
où ils Ont traités & ce dans la crainte jour
d'être épiés & fuivis lors
gu'ils en font dans 1 les Eferes dutraniport Où
font attendus par les Elpagnols.
ils
Quandnos Croupiers furent partis, --- Page 113 ---
(1osl
s'en alla au Gouverne.
M. de Prépont ainii qu'il m'en 2voit prévenu du
ment,
& me laiffa le gardien notre
la veille, 2
Tarrivée de renMagazin jufqura ne tarda pas à s'y
Lientenant qui le connoiflois grand
dre. Comme je.
fur le compte
bavard, je Tinterrogeat
le raillai
Silvie, 2 je
de
de Mademoialle de reins, jc le prefiai fis
fur (on mal une chofe que je lui enfin
me déclarer m'avoir été avouée : quil
entendres lui ferrai de G près le bouton avec un ton
je
&
en
Tatiences
Marin ? :
perdit - digne d'un
il me dE
brufque n'eft pas habitué :
à réfléchir, on a donné.
parbleu, MonGieur, quand on doit la ténir, 9
fa parole d'honnenr de e.proposa ,
je vous
ainfi changeons laifferal ifeul. Je-me
prie, ou je vous allai. rejoindre M. de
mis à rire, &
Prépont au Gouvernement. M. de la RochePendant le diner, fi M, de Prépont ne
Allard, comme de rien, demanda à
r'avoit informé
devoit
de Tellafcos.sn
Dom Gufman
le rechercher,
venir une barque.pour loueroit une au f Caps cet
ou s'il en
tout ce quslavoit
Erpagnol Jui répéta Armateur, qui proditla veille à cet
Eiv
. de
mis à rire, &
Prépont au Gouvernement. M. de la RochePendant le diner, fi M, de Prépont ne
Allard, comme de rien, demanda à
r'avoit informé
devoit
de Tellafcos.sn
Dom Gufman
le rechercher,
venir une barque.pour loueroit une au f Caps cet
ou s'il en
tout ce quslavoit
Erpagnol Jui répéta Armateur, qui proditla veille à cet
Eiv --- Page 114 ---
fita de cette
[104] Y
de fon
occafion de lui faire offre
brigantin pour le mener
Havanne, 3 où il
à la
aller avec moi comptoit, ajouta-t'il,
que nous avions pour à quelques affaires
Bayonnois,
terminer avec deix
cette
qui étoient établis dans
bien ville;que nous
comme nous pourrions
befoin de la trouver dans le cas d'avoir
lence M. le protedion de fon exceltention étoit de Gouverneur, le
notre inbien nous être
fupplier de vouloir
& feconder la' favorableanpresd sd'elle,
M: le-Général avoit recommandation que
donner pour M. fon oncle. promis de nous
Roche-Allard
M, de la
ment. M.de interrompit dans le moconfentiroir Prépont, , pour. dire qu'il
cette preuve volontiers de fa
à nous donner
nous. , fi nous n'avions confidération dû pour
duire Dom Gufman à pas la
reconmais qu'il étoit plus
fuffifant Havanne, 3
nous rendre
de fon pour
toutes
MRALOF
fortes de bons
oncle
joignoit avec plaifir offices, fa
& qu'sl
nôtres pour l'y
priere aux
pagnol, à qui le crédit engager. de Cet EC
néral pouvoit être fort utile M.le Géprocès qu'il avoir à PAmirauté, dans le
pro- --- Page 115 ---
[105 - T même encore
mith beaucoup & tint le verra par. la
davantage ainfi qu'on M. de la Rofuite. De cette certainement laçon.
ne nous
che-Allard,qui donné la lettre que nous de
auroit pas
trouva le moyen.
tundimandiomg & 2: de enefepas compronous obliger,
mettre. Après. le diner, M. de Frépont, fes vet
dans T'occalion n'oublioit Guiman pas de Teltérêts, aborda Dom lui
un homlafcos, offrit de dans procurer. les affeires de
me fort entendu
illaffura quit
priles, & tres-dibigents vivement en fa faveur
Tolliciteroit
"Amirauré,
quelques amis quilavona de façon à faire don-
& quil agiroit avantagenfe à fon
ner une tournure falloit abfolument
affaire,. mais malheureux qu'l coup. de canon,
nier ce
feu, &,. rejetter le tout
zinfi que e,le barque que fon Patron
fur.une autre n'avoir point vue, & qui
fourendroit
umémcen.
fut
fienne avant quiclie
SSa
droit quela
enfin f breh cet
arrivée: lperpuada attira la confiances
Elpagnol quilsen donna tout pouvoir, de fuiAc.quil llui
juiqua jugement dér
Nre joa proces
Ey
coup. de canon,
nier ce
feu, &,. rejetter le tout
zinfi que e,le barque que fon Patron
fur.une autre n'avoir point vue, & qui
fourendroit
umémcen.
fut
fienne avant quiclie
SSa
droit quela
enfin f breh cet
arrivée: lperpuada attira la confiances
Elpagnol quilsen donna tout pouvoir, de fuiAc.quil llui
juiqua jugement dér
Nre joa proces
Ey --- Page 116 ---
[To6 J
finitif; & depuis ce moment
celui de notre
jufqu'a
mes furent
départ, ces deux hominféparables, &
rent l'un pour lautre une
conçutine amitié dont ils ont en eftime. &
fois occafiondefe
plus d'une
donner
ment des preuves.
réciproquerêta Cette ouverture de coeur nous arau Gouvernement
de fépt heures, nous trouvâmes jufqu'à près
notre retour : au I
à
felle Silvie,
logis Mademoiavec fon
qui venoit d'y arriver
très contens', petit Négre: nous en fimes
M. de Prépont &
tant pour la
moi 2
ila avoit environ figure que pour la taille 2 ;
valoir au plus
13 ans, & pouvoit
on ne le voulut fept cens francs, mais
cent
pas laiffer à moins de
coucher. piftollessje ler refufai, & fus me
I'ny avoit pas-deux heures
jétois endormi, quandfentendis que
per plufieurs coups à la
de frap- la
rue, > j'ouvris la fenêtre &i porte je vis
deux Croupiers de la
nos
noient chercher leurs veille,qui veJ'éveillai Mademoifelle marchandifes. Silvie
Négre de M. de Prépont,
& le
ayec moi au Magazin
qui vinrent
3 lorique nous --- Page 117 ---
[ro71 leurs effets, Ma
leur efmes délivré vint jufques dans
demoifelie Silvie
me demander
ma chambre, ne voulois pour pas m'accompourquoi je
fatante lui
moder de fon Négre,
laiffer à
ordonné de ne pas
avoit de huit cens livres, & qu'il
moins
qu'elle eût aufi un
étoit bien jufte
enavoitagiavec
petit beneteawales maniere que je n'y devois pas
moi de
ce ne feroit
regarder de fi prèss quand fusfi étonné
que par recensoaitintceet propos. queje reftai
de eceti impudent deux minutes fans lui réponau moins mais elle n'y perdit rien pour atdre;
aufhitôr que je fus un peu oùt
tendre,car lui téinoignai la furprife
remis,je
ofoit fe plaindre
j'étois de ceiqu'elle
que T'avois
de: ma recontolflance, de-là de ce qu'elle méporté bien-au lui reprochai fes infidélités, -
ritoit ,je
la converfation que
je lui rapportai avec Trainfort & la façon
Tavois eu dont il-r m'avoit appris fon
comique fans le vouloir : en@n je lui.en
fecret
fe mit à pleurer. Ses
dis tant qu'elle
je lui-onnai
larmes me roucherent, & je lui-dis que
vingt-cing feroit piaftres, je lui remettrois
quandi il
jour,
E" vj
lui reprochai fes infidélités, -
ritoit ,je
la converfation que
je lui rapportai avec Trainfort & la façon
Tavois eu dont il-r m'avoit appris fon
comique fans le vouloir : en@n je lui.en
fecret
fe mit à pleurer. Ses
dis tant qu'elle
je lui-onnai
larmes me roucherent, & je lui-dis que
vingt-cing feroit piaftres, je lui remettrois
quandi il
jour,
E" vj --- Page 118 ---
[108]
en préfence de M. de
cens cinquante livrés pour Prépont le
fon
ne
prix
fot
Armateur Negre, fût informé voulant pas que cet
je faitois, qu'ainti elle de la fortife que
avoit
ce
moyen. a
cent francs de bénéfice, par lui
de n'en pas refterlà je
Reoe d'être content d'elle dans. adijavois l'exécution d'un projet
je
oi.elle me feroit
médlitois,
deahat &.
j'engagerois même M. de Prépont àla que
zécompenfer elle me
largement de fes foins;
de la nuit guitta, dans &cj'allai paffer le refte
Auffitôr
mon lit.
:
chez M. de que je fus levé,je pafai
noître un Gi grand Prépont, defir à qui je fis conNégre, qu'il confentit d'avoirle petit
nalle deux; piftolles
que j'en don.
d'E/pagne de
Jinftant quoiqu'il ne les valut
& plus, dans
je payai devant P7t à
moifelle Silvie
Madequi me reftoient centvingt-cing à lui
piaftres
cet Armateur crut. être donner, la totalité & que
prix.
du
Nous fortimes un inflant
M. de Prépont me mena à après, bord du &
vzifleau négeier
Inis au Capitaine 7 oà.a après avoir requtavost de M. de Pordre la
par. écrit,
Roche-Allards --- Page 119 ---
[ro9 D 1
depuis
S1 choifit fix jeunes ivigres, ans, en donna
dix huit jufqua vingt deicendimes à
fa décharge, & nous nous rendimes au
terre, d'ott nous tavec nos picces d'Inde,
Gouvernements M. le Géneral laiffa le
parmi lelquels
les deux
choix àM. de Prépont pour
trois
qui lui convenoient, dont 7 moyennant on lui offrit le
mille livres, &
écus de bénéfice,
lendemain voulu quarante s'en défaire.
s'il avoit famedi fuivant , le Marchand
Lei
achete le coton 8 l'indigo &
quiavoit
vint nous voir,
de M. de Prépont, du refte des niatchanil s'accommoda
quil.paya en
difes de cet Arnaatéur Nous ailâmes enfuite
piattres dep poids.
oùt nous trouv3.
au Gouvernement, Madame d'Orbigny, qui
mes M. &
exprès de la Houpeétoient venus rendre une vifite à M.
liere, pour
& lui faire. leurs
de la Roche-Allard,
qui dit dtn
tLReectesmer embellit, fe trouva
la farisfaction la
de Madame
confirmé en perfonne iufqu'alons
d'Orbigny, car quoique fabeauté, dans le
je Teufle vue, des. par paflions aufi vives
cas d'infpirer trouvai-dans ce moque fubites,iela deffus même delexageration,
ment,an A
ite à M.
liere, pour
& lui faire. leurs
de la Roche-Allard,
qui dit dtn
tLReectesmer embellit, fe trouva
la farisfaction la
de Madame
confirmé en perfonne iufqu'alons
d'Orbigny, car quoique fabeauté, dans le
je Teufle vue, des. par paflions aufi vives
cas d'infpirer trouvai-dans ce moque fubites,iela deffus même delexageration,
ment,an A --- Page 120 ---
[tro]
L'indulgence qu'ont ordinairement
les amateurs de romans pour les héroines qui en font l'objet, me fait efpérer que i le hazard les fait tomber
fur cet endroit, ils ne regarderont
pas. comme hyperbolique,
que la vérité me force àfairede l'éloge celleci.
Je fis naître à M, de
de donner à diner a cet Prépont heureux l'idée
ple, & il fe chargea de faire
coucerte partie à M.le Général, agréer
dabord bien de'la peine à fe qui eut
mais qui enfin fe laiffa-aller rendre,
citations des deux héros de aux la folli- fête.
Elle fut fixée au mardi fuivant;
invita Dom Gufman de
; on
Procurcur
Tellafcos, %
Général du Confeil
rieur du Cap, leLieutenant Général& fupéle Procureur du Roi de
le Lientenant de Roi, TAmirauté, le
la Place & le Commandant. Major de
M. de
Prépont, muni de
de
de la
l'agrément
M.
Roche - Allard 1
Maître d'Hôtel de ce Général chargea de
le
la dépenfe néceflaire
faire
repas convenable à pour donner un
perfonnes qui
feroient limportance des
de douze, de y le
ati nombre
préparer dans les --- Page 121 ---
fml
de nous
euifines du Gouvernement: deflert, linge,
fournir, table, vaifelle, hors le pain &
& genéralement tout,
le vin.
M. de Prépont
De-retour au logis, à bord, pour
envoya un de fes Négre de Champagne
prendre du vin:
bonne
y rouge &! blanc dont nousavions bouteilles de malprovifion, quelques d'éau des barbades & de
voifie; deux écrivit en même tems
fine orangesil
d'engager le Capià fon Lientenant nous avoit fi bien
taine du navire, arrivée,de qui
nous céder
abreuvé à notre
de fon vin du
bouteilles
quelques & le tout fut rendu - & rangé du
Cap,
cave avant huit heures
dans notre
foir.
fortant
4 Le iendemiaDoamecdeen fi forte
de la meffc, eeignisaveinee fallai me icoucher, &
migraine que,
dije priai M. de Prépont, de qui-alloir m'exeufer
ner atl Gouvernement dela Roche-Allard & de
auprès de M. Pattendois. ce jour-là
la compagnie. Créole qui ne vint qu'à trois
ma petite
midi; je lui donnai une
heures après collation, dont javois autfort belle
je lni fis les plus
gant befoin qu'elle,
de la meffc, eeignisaveinee fallai me icoucher, &
migraine que,
dije priai M. de Prépont, de qui-alloir m'exeufer
ner atl Gouvernement dela Roche-Allard & de
auprès de M. Pattendois. ce jour-là
la compagnie. Créole qui ne vint qu'à trois
ma petite
midi; je lui donnai une
heures après collation, dont javois autfort belle
je lni fis les plus
gant befoin qu'elle, --- Page 122 ---
frr]
jolies propofitions du monde,
lui
montrai de Tor.je lui en offris, je mais
peine anutile; elle rioit de tour 2 mangeoit commequatre, buvoitt
dont Tenrageois , - & ne me très-peu,
rien. A la fin: ma Patience répondoit fe lada,
je-hazardai quelqu'tnes de.
tes libertés, ,: qui fouvent font ceshonné- parhétiques; elle s'éfaroucha, fe mit: à
crier, & appella fa
de defcendre. Mais coufinequi venoit
n'arrivoit pas, & que voyant pour tâcher qu'elle de'
d'appaifer redoubler - je me mettois en devoir de
chappa de mes. mes' politeffes, elle s'éMademoifelle bras, & fur rejoindre
Silvie qui étoit. fur la
porte, & quidans l'inftant monta
me reprocher mon entreprife. La pour ré.
fiffance.de cette Petite créature,
je regardois comme
que
mon egard, &i
trés-déplacée à
comme un défaur d'é.
ducation, bonne
gui eff communément affez
de fhumeur, dans, cette Colonie, me donna
& rlans mon premier
mouvement tie brufquai Mademoifelle
Silvie, à qui'cependant
je parlai enfuire ainfi. par réflexion,
Vous n'ienorez pas fans douteà
fant, ma chere Silvie, F'inclipatiog pré- --- Page 123 ---
[r3l Suzette votre
qua jai couline, conçue je pour ne fais en cela que infipetite rendre le change de votre
vous mais moins heureux que vous
délité,
été, je trouve cette petite
ne l'avez d'une indocilité à m'enfaire
perfonne
vous ne laidez
trés-mal augurer-h confeils pour lui
pas un peu de vos façon de penfer
donner une autre
des
celle qu'elle a, qui.elt me d
ridicules; que
ainfrfi vous voulez T'ai faite
conder,je tnpleraitofire je Vaivue que : mais
la premiere fois iltaut que que vous l'engapour cet effet, ce foir avec vous,
giez à coucher Tiou Tiou, (c'étoit ate
vous envoyez
en avertir fa
nom de mon Négre) n'en foit pas inmere, afin qu'elle
dequiete, & vousl alnfeterrconaisne même tems ma bourle,
mainJe tiraien elle les trente piftoje comptaidevant en or, je lui en donnai
les d'E(pagne
forme d'arrhes,
fur le champ une de par ne
déduire de
queje lui promis
, RTe les chofes fe
ia fomme principale, bien & avec décence;. &
paffoient
m'eni allai
fans attendre fa réponfe.je oil on me félicita
au Gouvernemenr,
de ma
beaucoup fur le rétablifiement
le,
mainJe tiraien elle les trente piftoje comptaidevant en or, je lui en donnai
les d'E(pagne
forme d'arrhes,
fur le champ une de par ne
déduire de
queje lui promis
, RTe les chofes fe
ia fomme principale, bien & avec décence;. &
paffoient
m'eni allai
fans attendre fa réponfe.je oil on me félicita
au Gouvernemenr,
de ma
beaucoup fur le rétablifiement --- Page 124 ---
(a4]
fanté,Ty fis une partie d'ombre avec
Madame d'Orbigny, & nous ne retournâmes au logis qu'à huit heures
dn foir.
En y arrivant je trouvai Mademoifelle Silvie avec fa petite coufine.
Tiou Tiou, que Y'interrogeai, me
dit qu'il avoit été chez la mere de
Suzette pour la prévenir que fa fille
n'itoit pasy coucher; elles
toutes deux avec nous fouperent
T'heure dela retraite, à caufe , je de preffai
indifpofition prétendue, & environ mon
une heure après que je fus dans ma
chambre, Mademoifelle Silvie vint
m'y trouver pour me dire-que ce n'é
foit pas fans pcine qu'elle étoit venue
à bout d'engager fa coufiné à fe rendre
à mes. defirs, & de lui perfuader tous
les avantages qui lui reviendroient de
fa complaifance pour moi,
être me détermineroit un jour, qui peutvois lieu d'en être fatisfait, à lui fja
curer un bon établiffement ; elle provertit enfuite qu'elle étoit
m'a
chée, gu'elle m'attendoit, déjà & coupouvois l'aller joindre, Je trouvai que en- je
core bien. des préjugés à vaincre
beaucoup de petites façons à combat --- Page 125 ---
Insl enfin rifquer
tre, & on - aima mieux
Paffaut que de capituler. la
Suzette
-
Apresavoir quittél petite je lui %
qui n'étoit plus fi de farouche, vénir coucher au
donner fa parole deux fois par femaine,
au moins de trois heures quand
a étoit près chez mci, jy trouvai
je me retirai Silvie fort endormie, fa
Mademoifelle
dans
léveillai & la renvoyai
je
chambre.
dix heures quand
5 Il étoit environ M.de Prépont, qui me
je paffai chez
2 je n'eus pas
trouva un peu à lui changé faire croire que c'é- du
grand peine effet de ma migraine, &
toit un fommeil de la derniere nuit,
peu de
à propos de lui
dont je ne jugeai véritable pas caufe. Il me
apprendre la embarraffé fur le comparut un peui devoit faire à Mademoi- adpliment Silvie, quil que nous ne pouvions
iclle aveclesp perfonnese ique diner. nousde- Je
mettre vions. avoir le lendemain à & jal
me chargeai de la commiffion, d'aller paf
laide ce pas lui du propofer mardi-a avec la mere
fer la journée que jelui recommande fa coufine 9 le foir : je lui donnai
dai de ramener
apprendre la embarraffé fur le comparut un peui devoit faire à Mademoi- adpliment Silvie, quil que nous ne pouvions
iclle aveclesp perfonnese ique diner. nousde- Je
mettre vions. avoir le lendemain à & jal
me chargeai de la commiffion, d'aller paf
laide ce pas lui du propofer mardi-a avec la mere
fer la journée que jelui recommande fa coufine 9 le foir : je lui donnai
dai de ramener --- Page 126 ---
[16]
deux piaftres pour la dépenfe qu'elle
pourroit y faire, & en fa
remisa Suzette les trente piftoles prélence, je
convenues, que je commençois fort à
regretter.
Nous allâmes à l'ordinaire au Gouvernement, nous y. paflimes
midià jouer, & nous revinmes Taprès
au logis. Mademoifelle Silvie enfuite
truifit qu'eile avoit été reconduire m'inf- fa
coufine, & qu'elie avoit
mere qu'elle iroit le lendemain. préveni fa
avec elle. Elle m'ajouta
diner
tiver-la bienveillance de que pour capdont elle avoit été touchée certe de femme, la
fere, elle lui avoir fait
mideux piftolles
préfent de
ne la pas
d'Elpagne ; je feignis de
M. de entendre, 2 & j'allair rejoindre
Prépont.
Le lendemain nous tirâmes du Magazin le peu de
reftoient,
marchandifexqui nons
que nous
nos chambres. Ce fut diftribuâmes là la falle dans
nous teçimes notre
ou
n'arriva précifément compagnie, qui
fe mettre à table. Un qu'à Pneure de
donné, des mets
repas bien ordeffert, des vins exquis, un fuperbe
éxcellens,
fines, caffé &xc. redoublerent liqueurs dans --- Page 127 ---
ti7l étoit natunos convives une joie quiy la journée
relle, & nous firent paffer , qui fut
du monde la bal plus oût agréable, vint une bonne
fuivie 2 d'un
il dura jurqu'a mipartie de la ville; fe retira enfuite. -
nuit, & chacun laifla pas de couter.
Cette fête ne,
il étoit bien jufte
a M. de Prépont, des frais; mais
que je fifle la moitié de lui faire enil ne fut
porlible fur cet obiet.
tendre
tirce Silvie & fa coufine,
Mademowlelle
fur les huit heuqui étoient revenues
de la circonfres du foir ,. profitercar du bat pour en partance favorable & jéus foin de ne
tager les plaihrs, manquer d'aucuns des
les pas laiffer qui leurplarent. Aufi
rafraichiffemens
leur reconnoifpour m'en rémoigner
qu'elles fefance elles m'annoncerent pendant le féjour
roient inféparables devionsfatire encore au Cap,
que nous
ne fut pas long,
qui heurenfemnent m'en auroit couté une
fans quoi il
javois fait
bonne partie du gain à faire que à des fangau jeur, carjavois
d'avis de laifler
fues, &je n'étois ce pas qui m'étois venu
aller aul tambour
de'la flite.
rémoigner
qu'elles fefance elles m'annoncerent pendant le féjour
roient inféparables devionsfatire encore au Cap,
que nous
ne fut pas long,
qui heurenfemnent m'en auroit couté une
fans quoi il
javois fait
bonne partie du gain à faire que à des fangau jeur, carjavois
d'avis de laifler
fues, &je n'étois ce pas qui m'étois venu
aller aul tambour
de'la flite. --- Page 128 ---
Ixr8]
Nous ne nous occupâmes plus
folliciter en faveur de Dom
man de
8UA
lui donnât Tellafcos, main-levée tn jugement qui
M. de Prépont intéreffa de à la barques
fes ainis & fes
cet effet rous
chaleur digne connoiffances de lui; mais avec une
plmes rien opérer de ce nous ne
Cette affaire étoit fujette àde voyage,
difcuffions qui demandoient du grandes
& éloighoient
tems,
fion du pracès conféquemment la décifur pas en état
Dom Gufman ne
nous
à
ainfi nous
bas
jours. préparâmes partir fous peu de
Nous
bord de commencames notre
par 1 aller à
ter & le faire mettre Brigantin pour le vifila
&
en état de tenir
mer;
comme notre
n'étoit pas de nous défaire intention de
fucre. aux côtes, nous le fimes notre décharger & tranfporter dans nos barques qui devoient nous attendre au
Cap, oiin nous devions les
à notre retour.
reprendre
Nous ne laiffâmes dans
nos barques
chacune de
un Patron, nous que fimes quatre hommes &
fur notre Brigautin, paffer le refte
pour renforcer --- Page 129 ---
[1r91 fimes anfi
notre équipage, nous canons y qui nous
tranfporier deux
de
manquoient avec un fupplément haches
fufils, de piftolets à ceintures, & gencralement
d'armes, grenades, de guerre & de
toutes les Provilions
avoir bebouche dont nous pouivions
enfin
foin. Nous nous avions pourvines eu un trajet
confidérable comme fi nous à faire.
M. de
Isa veille de notre départ; avec MadePrépont fit fes comptes il lui paya deux mois
anoifelle Silvie, de fa maiton, quoique
de location
étécinq femainous n'y. euffions pas lui tint lieu de
nes; mais le fiurplus les foins. qu'elle s'égratification pour nous procurer. des
toit donnée pour
notre Magazin.
croupicrs & garder la Rencrolité à
Cet Armateur porta refufer abfolumon égard, Tentraffc juiqura en rien.dans cette
ment que
m'indemnifa un peu
dépenle, ce qui
occafionné cette
de celle que m'avoit coufine; qui montoit
fille & fa petite piltolles
à plus de Toixante
de ILINPES compte
fans mettre en ligne derniere me caufa
chagrins que cette
parla fuite,
roupicrs & garder la Rencrolité à
Cet Armateur porta refufer abfolumon égard, Tentraffc juiqura en rien.dans cette
ment que
m'indemnifa un peu
dépenle, ce qui
occafionné cette
de celle que m'avoit coufine; qui montoit
fille & fa petite piltolles
à plus de Toixante
de ILINPES compte
fans mettre en ligne derniere me caufa
chagrins que cette
parla fuite, --- Page 130 ---
[120]
Toutes nos affaires
& rien ne nous arrêtant étantterminées
nous allâmes diner le lendemain plus au Cap
Gouvernement, à nous
au
M. de la
primes congéde
tre heures Roche-Allard, après midi, furlesqua
times avec Dom Gufman nous en par
cos, pour nous rendre à de Tellaf
notre Lieutenant
bord, oi
apparcillâmes après nousattendoit, le falur
nous
&r nous fimes voile pour la Havanne ordinaire
Capirale de lllle de
tante du CapFrançois. Cuba, peu dif
Il ne nous arriva rien
naire pendant cette
d'extraordi
deuxieme jour de notre traverfée, & le
départ, nous
le Port de cette
SRC
préalablement obtenu ville, après en avoir
du Gouverneur à
la permiffion
envoyé dans notre qui nous avions
Trainfort qui étoit chaloupe M. de
del Dom Gufman de chargé d'unelettre
qui nous: defcendimes Tellafcos, avec
aller. faluer M. fon oncle, àiterre. pour
nous préfenta,La
auquel il
nous lui
premiere chofe que
la bonté d'envoyer demandimess fut qu'il eut
timent, oùr nous l'affurâmes vifiter notre bid'avance
qu'on --- Page 131 ---
Trerlh
que des muniqu'on ne trouveroit & de bouche," que
tions de guerre tous-avions envie de
non-feulement notre intention n'éhui prouver de faire que le commerce 2 mais
toit pas d'ôter par-1à aux Eipagnelsles
encore
pourroit leur donner
foupçons arrivée. que Nous ajoutâmes ennotre
deux feuls motifs nous,
fuite que
à faire ce voyage 2 le
avoient engagé reconduire M. jon nepremier &cle Four fecond y
pour implorer fa
protedion, veu,
fi nous nous treuvions
dans le' cas d'ea avoir befoin, nousétoient pour
recouvrer desfommes qui
dues
dans fa ville, &
nmrReye
établis
eu
quiétoisnt
nous avions OR
parenthele, > lettres, dont avoit
Sep prévenin pardes Lieutenant, qui
été porteur Gouvernemtent notre
les avoit
en fortantdu tenit à leurs adreffes, afin qu'aw
fait
vinfent à êtrei interrogés, ils
cas qu'ils
en contradiétion
ne fe trouvaffent pas
ne conavec nous. Ce Gouverneur des inftances de
fentit qu'après bien accorder. la vifite
notre part à nous
au furnous-demantions; ; quant
que il nous. affura qu'il feroit géné.
plus, Partie. II.
F
Gouvernemtent notre
les avoit
en fortantdu tenit à leurs adreffes, afin qu'aw
fait
vinfent à êtrei interrogés, ils
cas qu'ils
en contradiétion
ne fe trouvaffent pas
ne conavec nous. Ce Gouverneur des inftances de
fentit qu'après bien accorder. la vifite
notre part à nous
au furnous-demantions; ; quant
que il nous. affura qu'il feroit géné.
plus, Partie. II.
F --- Page 132 ---
[nzz)
ralement tout ce qui feroit en fon
pouvoir pour nous rendre fervice;
nous primes alors congé. de lui, &
de fon neveu, &nous allâmes coucher
à bord.
Il y a apparence qu'après notre dépatt, Dox Gufinan de Tellafcos prit
foin d'inftruire fon.oncle de la réception gracienfe que lui avoit faite M.
de la Rochie-Allard, de la contidération que ce Général lavoit pour nous 3
& de nos démarches officieufes,qui
tottes avoient tendues à le favorifer
dans Paffaire qu'il avoit à T'Amirauté,
faire reftituer fa barque, car
F nous enveya fon Ecuyer le lendemain matin pour nous inviter à dîner,
& à prendre un logement dans fon
Palais pendant le! féjour que nous ferions à la Havanne, ce que nous acceprâmes avec d'autant plus de plaifr.guiaipesdenmeng tde la fatisfaction que nous autrions d'être tous les
jours avec fon neveu de l'amitié de
qui nous avions tout à attendre, nous
aurions encore plus. de liberté d'aller
& venir dans-la ville quand nous le
jugerions à propos 2 fans. courir le
silque, étant logés au Palais, d'être --- Page 133 ---
Lasl
épiés par une nation
perpétuollemen plus ombrageufes, contéqui eftdes de voir à toute heure nos
quemnient correfpondans pour prendre avec: eux
des. arrangemens pour d'une la aufli campagne belle
fuivante 7 & profiter faire, en bonce partie,
'occafion pour
la charge de notre. Brigantin. invitation,
Pour répondre à cette
3.
primes toutes les choles qui pour
nous voient.nous êtréi néceffaires, que nous &
embarquimucs dans notre chaloupe
nous fimés porter. par nos Négrea
que Gouvernement, oit nous. fimes
au
de la veille.
reçus. bien diferemment partic à la françoile,
Onnous y régala
& partic à Pamé
partie à Telpagnole & fi le faffran dans les rariquaine les , ficreries, & l'ean n'y fugoutss épargnés. au moins.le vin,
rent point tres.bon, & les liquéurs y.
Quotque Jurent-als bien ménagés. Nous nous
conformames par bieniéanceàce mais pre:
mier repas alufage de la nation, comDom Guliman qui s'étoit contraints, apperçu &
bien nons nousctions
de vivre
à qui d'ailleurse notre façon confeilla d'anedéplaifoit pas, comme.f nous nous étions
git dorénavant
Fij
fugoutss épargnés. au moins.le vin,
rent point tres.bon, & les liquéurs y.
Quotque Jurent-als bien ménagés. Nous nous
conformames par bieniéanceàce mais pre:
mier repas alufage de la nation, comDom Guliman qui s'étoit contraints, apperçu &
bien nons nousctions
de vivre
à qui d'ailleurse notre façon confeilla d'anedéplaifoit pas, comme.f nous nous étions
git dorénavant
Fij --- Page 134 ---
1124].
dans notre pays, & qtte lui-mêmei,
pour faire les honneurs du fien, én
fatisfaifant fon goit 3 nous y provo:
queroit.
.
Après le diner, M: le Gouverneur
qui.avoit bien au moins 73 ans, &
qui ne vouloit pas
l'on pit dire
de. lui qu'il eût Tuentbrs briléune mé
ridienne, chargea fon nevéu, avant
d'aller la faire,de nouS accompagner
partout où nous voudrions, ce que
fon age, ajouta-t-it, ne Huir permet
foit pas de faire: M. de Prépont qui
craignoit d'être géhé, fronça un
le fourcil; de quoi Dom Tellalcos s'é- peu
tant apperçu, il lui dit à l'oreille, en
fe penchant un peu fur fon épaule:
ne vous-inquiertez pas, moncherami,
je vous donne carte blanche , bien
loin de vouloir vous nuire; je vous
ferai plus utile que vous ne
en ce que ma préfence fervira penfez, - d'antidote al'ombrage que vous
donner -
pourriez
aux furveillans qui rôdent
fanscelleieisthje n'y étois'pas; rainti
Brenez confiance en moi, foyez
fuadé que vous n'avez pas un
leur
MSIE
ami , & agiffez en conféquence.
5 Ces affurances nous déciderent en- --- Page 135 ---
- Erast
tierement 3 nous ne fimes cependane
que parcourir la ville,mais
ce jour-laà
bien plus efhcace-.
nous employames fnivirent > car il
mnent ceux qui
&
fut arrêté entre nos correfpondans rendrions Vannous,que nous nous le
Septembre s
née fuivante vers PEfterre 15 du Port des
aux environs de tiendrions la mer
Paix, que nous ju/quraice que nous:
fans mouiller
attennous fuffions reconnus 2 qu'en
dant ce moment nous ferionstotijonrs, Efpagnol fous
fcavoir, 2 le bâtiment &le notre fous
pavillon, françois, & que le fignal Tesa
villon cfpagnol,
mun, pour ne nous chacuina pas méprendre; notre grand
feroit demettre jonquille : mais que:
mât unegirouette
ni les uns
comme nous ne pouvions, les événemens
ni les autres, garantir
remquii pourroient nous empécherdes
;le premierarrive
plir nos engagemens Tautre pendant huit
attendroit
les trois
*
TORE
en lonvoyant, le
& le foir un coup.
tireroitl
mhadtrs
il
&
le neiieme,l.es
de canon, Nous que convinmes aufli de
retourneroit. de la quantité & de la qua-.
la nature,
F 111
comme nous ne pouvions, les événemens
ni les autres, garantir
remquii pourroient nous empécherdes
;le premierarrive
plir nos engagemens Tautre pendant huit
attendroit
les trois
*
TORE
en lonvoyant, le
& le foir un coup.
tireroitl
mhadtrs
il
&
le neiieme,l.es
de canon, Nous que convinmes aufli de
retourneroit. de la quantité & de la qua-.
la nature,
F 111 --- Page 136 ---
1136]
lité des marchandifes
terions
que nous apporféparâmes pour échanger, & nous nous
tres, munis très-contens les uns des auchacin d'un double de ces
conventions.
fongeâmes Cetarangement une'fois pris, nous
charge de tres-férieufement à faire la
laiffions
notre batment, nous ne
embarraflés pas cependant d'être fort
me vint dans pour l'idée y parvenir. de
quand il
dePrépont de nous
propoler à M.
ouvrir à Dom GrifmandeTellicory affez notre
que je'croyois être
ami pour fe
ce qui pourroit nous
préterà tout
mateur trouva mon avis obliger. Cet Arlut de le fuivre;
bon, &t réfonous rèndimes ; en conféquence nous.
le lendemain
dans Tappartement decct
matin
à qui nous fimes part de nos Elpagnol, vues; ii
nous embraffa a Pinflant, & nous dit
fions qu'il étoir bien charmé que nous l'euftrouvédigne de notre
& que quoi que la chofe confiance,
de dificile
propofée fir
forte de la rendre exécntion; il feroit en
manda enfuite
poflible. Il nous defaire
en quoi nous voulions
confifter notre charge, nous luirépondimes en chevaux, mulets, ta- --- Page 137 ---
1127) poudre d'or &c.
bac, Y cacao, vanille, nous dit.il, & d'ici
Je vous entends, aller ? Au Cap 2 lui
oit compfez-vous
décharger,
sepliquimesnoug pour dhire la même
& de-là à Porto-Rico. Voilà dit-il une fort belle
manceuvre. & jai à ce fujet un
fpécoladion, vous communiquerar
projet que je mais jufqu'à ces je
en temns 8 lieu; faut ; que je vous aide s
vois bien qu'il
à réuffifs
autrement vous aurierpeine des marainfi Tamumardiomanteane vous voulez emporter,
chandifes que
de rien Ten fais
Kne vonsinqnierer percenepantie
monatsireremcmun certainement pas plus
je ne payerai repofez vous. encore
cher que huitaine, vous, & je vous proctici une
amufemens qui dépenrerai touslcs
l'ennui
dront de moi pour prendre. prévenif.
que vous lendemain pourriezy nous allâmes lui
1 Le
L
nous avoit demandé,
ter ce qu'il
en même tems douze
nousiuisemimes faifoient une fomme
mille
douze qui mille livres, dont
de raart
à M: de
les trois quarts appartenoisnt à moi; nous
Prépont. & le furplus
s'il
de les employer
le iuppliâmes
I iv
ennui
dront de moi pour prendre. prévenif.
que vous lendemain pourriezy nous allâmes lui
1 Le
L
nous avoit demandé,
ter ce qu'il
en même tems douze
nousiuisemimes faifoient une fomme
mille
douze qui mille livres, dont
de raart
à M: de
les trois quarts appartenoisnt à moi; nous
Prépont. & le furplus
s'il
de les employer
le iuppliâmes
I iv --- Page 138 ---
[28].
pouvoit, voit
2 & même plus s'il en trous
fur le l'oecafion dont nous lui ferions
champ le
c'eft à dater de ce rembourfement; moment
&z
Prépont m'affocia
que M. de
quart dans fon
avec lui. pour un
quitte. de tous frais commerce, franc &
gne fenlement ; mais pour cette campaque par la fuite, j'entrerois aux conditions" dans
dépenfes au prorata de l'intérêt les
j'aurois.
que
Le jour d'après, étant allé à
meffe avec Dom Gufman de Tellaf la'
cos; nous vimes pafier devant
ane dame qui me. parut d'une nous
fort avantageufe, &
étoit taille
rement couverte de E
entiefit fe placer d'un côté mante; elle
tre, je fis tout ce queije oppofé au nô
percevoir fon vilage & pus en pour
les'
Rcetetr
traits; mais il étoit fi bien caché
que je perdis mes peines.
nai beaurcoup Dom Gufman Jeiqueftion- fur fon
compte, mais ne la connoiffant
ilr ne put rien
pas;
Le lendemain m'en-apprendre. en me.levant
Tiou vint m'avertir qu'ilyavoit Tion dans
Fanti-chambre uneN Métive
doit à me parler. Comme quideman- je n'avois
fait aucune connoiflance depuis
que --- Page 139 ---
[1291
trouvai ce
Tétois à la Havanne; je me décidai
meffage fingulier, & je
elle. me
pourtant à Ja faire entrer,
rémit le billet fuivant,
m'a tant
>Si le jeune étranger effecivela meffe; 39 obfervée.a curieux de me voir quilfe
5> ment
foir à: Ventrée de la muit
21 rende ce.
Fabricia Sidonia',
5 chezla.Dona
de TEglife.
2) demeure auprès verra la Métive qui
99 été hier, rendre ily cè billet, qu'il fe
s doit lui condnire, Sc ilne tardera
2) laiffe de_la fatisfadion qu'ila DReE
21 à jouir S'il eft diferet, il n'a rien à.
5 firée.
mais s'il reffemble aux
2? craindre; de fa nation',. qu'il ne sexpolé
21 gens
22 pas àvenir.
a la leaure
L Jc ne fus
penfurpris & quoique je ne
de cette
Retrene
iqule encore a quoi me. réfoudre,je au rendez.
lui promis de me trouver
& je:
vouss. je lui donnai une, piafire,
la renvoyat. ingénument que fmon:
Javouerai fut flatté, mon embaramour propre
Je n'étois.
ras, fut encore plus du localda grand.
pas affez au, fait
payspour inconfidé
m'expoler a. medémarche Rv
penfurpris & quoique je ne
de cette
Retrene
iqule encore a quoi me. réfoudre,je au rendez.
lui promis de me trouver
& je:
vouss. je lui donnai une, piafire,
la renvoyat. ingénument que fmon:
Javouerai fut flatté, mon embaramour propre
Je n'étois.
ras, fut encore plus du localda grand.
pas affez au, fait
payspour inconfidé
m'expoler a. medémarche Rv --- Page 140 ---
[r3o]
rées dont les fuites. pouvoient m'être
funeftes ; maisje brûlois d'impatience
de voir cette nouvelle dulcinée 9.
qu'une imagination échauffée me repréfentoit pour le. moins auffi belle.
que Vénus, olt que kes. hourics de
Mahomet, tant fêtées par Petit'dela
Croix. F'aurois cependant été bien,
aife de trouver un quelqu'un qui pûit
m'infruire affez pour me raffurer fur
mes. craintes, & je n'ofois me confierà M. de Prépont, qui certainement.
n'auroit pas manqué de me détourner de mon deffein par des confeils:
fages, à la vérité, mais très-difficilement goutés, par de jeunes gens.
quel le tempérament conduit ordinairèment plus que la raifon: enfin après.
avoir bien. examiné le pour &
le contre 9 &. fait- toutes les rén
flexions poffibles, 3 je me déterminai,
en fuivant ma diredion: élearique, à
courir les rifqués de l'avanture. Je
m'habillai promptement pour aller
reconnoitre T'endroit déligné, afin de
ne me pas. tromper, & dans le mo-.
ment'que je. fortois du Palais, je ren-.
contrai Dom Gufman, qai étonné.de:
me voir feul contre ma coutume., & --- Page 141 ---
Dsi) S
furtout le matin, me demanda il en me riant" prit
fij'allois en bonne envie fortune; de lui faire ma
tout d'in coup & fans autre examen, je
confidence,
le-billet qui m'avoit
lui commeniquai & je : lui avouai en même
été adreffé, delirs, & mes. frayeurs.
tems, mes il l'eut. lu, il m'avoua qu'a
Técriture Quand il connoiffoit la cétoit perfomne une
dont il étoit queftion, que
jeune veuve. d'environ & vingt-treis qui même
ans, des plis aimables,
qu'il
paffoit pour être ami tres-retirée, du mari, cu'elle:
avoir très été fort à fon aife & n'avoit qu'un:
étoit Officier dans les flottes du Roi,
frere
ordinairément fa. réfidenqui faifoit
Puis enfefrappantle
cei Carthagéne.
envérité
frontdela main,il ajouta.voila
qui ne s'accorde gneune invitation
dont a jour
res avec. la réputation préfent & il faut:
cette dameufqua luiayez fait une smpreffion
vous.
s'expofer à perdre:
Se forte- pour
fom impruden
dans un fenliour, par
dix:
cc, ce qu'elle conduite a acquis fuivie. pendant Au furannées- vons:] d'une jure de n'en jamais parplus. je
d'ailleurs que
ler, eje vousprotelte Evj.
qui ne s'accorde gneune invitation
dont a jour
res avec. la réputation préfent & il faut:
cette dameufqua luiayez fait une smpreffion
vous.
s'expofer à perdre:
Se forte- pour
fom impruden
dans un fenliour, par
dix:
cc, ce qu'elle conduite a acquis fuivie. pendant Au furannées- vons:] d'une jure de n'en jamais parplus. je
d'ailleurs que
ler, eje vousprotelte Evj. --- Page 142 ---
[1321
vous.n'avez rien a.appréhender ; mais
comment ferez-vous pour. que -
M. de
Prépont ne foit pas.informé de votre
démarche, je connois ces, entrevues
nocurnés, la vôtre vous conduira.au
à moins cela, jufqu'au lui:
point du jour. Quant
tout, horsà répondis-je. une
Jai pourvu.a
barrafle fort, & feulecholequ qui eft de fçavoir m'em:
comment je rentrerai les.
ne
s'ouvrant point avant fix Feutet du
matin. Siln'ya a que cette bagatelle
qui vous. in.uiette,
je m'en
merépliqua-til,
rai mon Negre charges je vous, donneexpérimenté
Balthazard, garçon
fe rendre
> qui, aura ordre: de
la Dona une heure aprés vons chez
Sidonia, oiri ilvous. attendra
vire jufqu'avotre de
retour de chez Dona El
Cufma. (c'étoit le nom de l'in
connue), il vous: ramenera jufqu'à la
portedu duit
petit chemin couvert. qui con
je au-corps-de-garde de la Puenta
parleraice foiral l'Officier, & vous
n'efluyerez aucune difficulté. J'étois 1
tranfporté de la nouvelle pallion gui
m'aveugloit, (d'autan: plus ridicule
ments qu'à. Pexemple de lintrépide
Chevalicr de iaMancie,gatenatoi --- Page 143 ---
(133)
j'aurois vojamais. vu. facrifié. Tobjet). tout. que ce que je poffélontiers
témoignera cet aimadois alors,pour combien jétois fenfible
ble E/pagnol de fon procéds, & att,
à la beauté.
rendoit; hélas, Lje.ne
fervice çuil me étorinen,. connei
devois pas m'en.
donrilavois
foitle coeur de Phomme St Tétoit luifouillé tous.les. replis;. pas. Comment
même & nesignoroit compati aux foidonc n'auroit.l pas- femiblablest Il étoit
bleiles de fes.
comme. ces.
bien éloigné de atrablaiees penfer 8cjaloux 2
vieux péchieurs
des
qui. déleicérés de ne plus gouter feule leur
plaides.que Limpaidance s'en venger en ré:
interdit,. croient cautique, dont leur
le. ficl
ceux qui
pendant eft abbreuvée, fur tous
-
ame
encores'en pracurer la jouc
penvent
la
fance.
néanmoins reconnoitre
J'allai
Fabrice de Sido:
maifon. de la Dona enfuite au Palais,
retournai,
nia, " &eje. trouvai M. de Prépont quin'é me
oltje
forti de fa chambre: je.
toit pas.
mal de tête
plaignis d'un. petit le-diner: Nous ete
augmenta. après
le. dimpers mais:
mss, enfemble pour
encores'en pracurer la jouc
penvent
la
fance.
néanmoins reconnoitre
J'allai
Fabrice de Sido:
maifon. de la Dona enfuite au Palais,
retournai,
nia, " &eje. trouvai M. de Prépont quin'é me
oltje
forti de fa chambre: je.
toit pas.
mal de tête
plaignis d'un. petit le-diner: Nous ete
augmenta. après
le. dimpers mais:
mss, enfemble pour --- Page 144 ---
0134]
on. eut beau faire, il fut
après avoir fait plofieurs tenace; &
promenade tant dans la ville tours de
le port, je-pris congé de la que fur
gnie enluif faifant entendre
compabefoin. que de repos,
n'ayant
&
me couTondier
cher,
qu'il étoit inutile
fous:
prétexte de
que
veiller: Quand nonrriture, on vint m'é.
fis monter Tiou jarrivai au: Palais, 9 je
ordre;
Tiorr, à qui je donnai
lui fit pour quelques me
inflances que l'on.
lui avois déféndu parler, de de dire que je
je pris la clef de ma minterrompres
partis. En defcenlant chambre, & je
Fefcalier, jerenxomrnafbabhazanique maître- Favoit
me dit que fon:
toujours devant infruit &
> que Fallaffe
fiffe tranquille:
que d'ailleurs je
Je me rendis done chez la Dona Fa-.
bricia,jy tendoit & trouvai la Métive qui m'at-.
forzit. Je 5qui fans' me rien dire,.
pas, elle fe crusdevoir la fuivre, à dix
de continuer retourna & me fit figne:
au moins
5 fobéis. Elle traverfa:
grace-d'auicuines cinq.à fix rues, fans me faire:
de ces évolutions.
ann'oncent fibien le myftere, & nous. qui
parvinmés enfin dans. anes ruelle qui; --- Page 145 ---
frs51
&
avoit Tair d'in vrai coupe-itorge fit ftémir. Je fus.
dont Tinfpeaion nie: fois de retourner fur
tenté plus d'une mais me rappellant ce
mes. pas
Dom Ghiman,
TLE
m'avoit à
porté ceintrée 5:
jarqu'a une perite autant qu'un clair de:
peinte en verdy
m'en faire. jugera
Jine obfcure tira. put une clef, onvrits affeoir me
La Métive dans un jardin, & de chéfit entrer banc
dit de
un
Honeun-abisner
fur vrefeuil mêlé de jalmin, & qu'elie me
rePattendre un infiant En effet elle ner
siendroit bientôt.
à Fentrée:
tarda pas; elle me donnoit conduifit dans ce jard'un vefibule encore qui. une petite
din onvrit
B
me prit la main: dans un fort joli far
EREEE
robe,, me merra éclairé par des.boulon, sflez bien
un cabinet oit étoit:
gies, 8 Elvire de-ldans de Cufma 9. nonchala- Elle fe:
Dona couchée fur un fopha. le prement
me recevoir; mais
leva pour d'oeil que] je jetta* furellemer coup m'éblouir de façon que
en entrant, de trois: miniites fans pou- mes.
je.fas Votranieuler plus
une feule paroles- dans ce
leuis.,. mes Jek.qut
yeux
lez bien
un cabinet oit étoit:
gies, 8 Elvire de-ldans de Cufma 9. nonchala- Elle fe:
Dona couchée fur un fopha. le prement
me recevoir; mais
leva pour d'oeil que] je jetta* furellemer coup m'éblouir de façon que
en entrant, de trois: miniites fans pou- mes.
je.fas Votranieuler plus
une feule paroles- dans ce
leuis.,. mes Jek.qut
yeux --- Page 146 ---
[136T
tems n'étoient pas muets, bien Ioins
de fe reffentir du défordre de mon,
âme,n'en furent que plus ardens à lui:
interpréter les fentimens
m'infpiroit:ils en dirent plus
je n'aurois
ee
pu en exprimer, & li. frent entendre
l'éclat des fiens m'avoit:
réduit dis une fituation.
d'oi.je ne:
fortirois-jamais fans fon fecours. Res
venu de: mon. étonnement, je lui tés
moignai combien:j je m'eftimois heureux de ce qu'entre tant de mortels
qui, ainfi que moi, fe facrifieroient
volontiers pour lui plaire, elle avoit
bien-voulume doanér nne: préférence
feu qui trouvoit fa jutification. dans le
violent dont Famour m'avoit embrâféle CORUF, & gutindabitabloment
enferoit confumé, frelle ene confentoit:
den-éreindre les flammès. Cette aimable femme: me prit la main, me fitaffeoir acôré d'elle fur fon fopha, ,8
me-parlaainf. Je fais née
fincere &. peu phrafeufe,. Efpagnole 2
ment: 2 je vais-vous.avouer conféqueme tout natu,
rellement- que lorfque je vous, vis.àlas
meffe, votre figure me: plut, votrs:
attention-à m'examiner me flatta, > vor
tre inquidtudemefir plaifir,.&le defir --- Page 147 ---
[1371 de me connoique vous fites bas. paroitre a Dom Gufman de
tre en parlant charma : de retour chcz
Tellalcos formai me
la réfolution d'avoir
moi; je
avec vous,e vous enune entrevue a cet effet le billet
voyai
de
vousa fait rendre icjaujourdhu; vous ne faites
loin de m'en repentir dans , la bonne opique me confirmer de-vous. J'ai été manion queravois jai vécu trois ans.
riée fort jeune dans 2
le plus cruel de
avec mon mari
jai paffé les trois
tous les elclavages,
dans la reannées de mon veuvage écouter aucune
traite, fans vouloir m'onteté faitess.
des propolitions qui
former d'inje n'ai pas voulu redoute non plus trop: la jaloufie
clinations,je &les gens de mon pays y
pour cela, enclins. Non feulement Jaufont fort
mais encore"
rois été malheureufe, ce n'eft done
perdue de réputation, feul de votre rencontre
quelc hazard décidéeà penfer différemment.
quir im'a
vous n'êtes-ici qu'en
Je fçai bien que
peu de jours; 5
paifiant,6c même pour ce ne fera pas.le
mais je me flatte que vous ferez à la
dernier voyage que fuis affez heureufe
Havanne : & f je
enclins. Non feulement Jaufont fort
mais encore"
rois été malheureufe, ce n'eft done
perdue de réputation, feul de votre rencontre
quelc hazard décidéeà penfer différemment.
quir im'a
vous n'êtes-ici qu'en
Je fçai bien que
peu de jours; 5
paifiant,6c même pour ce ne fera pas.le
mais je me flatte que vous ferez à la
dernier voyage que fuis affez heureufe
Havanne : & f je --- Page 148 ---
[138]
pour vous revoir conftant,
me
rai un vrai plaifir de
je
fetune avec vous.
partager ma forfait lambition de , qui depais longtems
bien des
& en attendant, fi mes perfonnes;
trairs vous ontfait autant prétendus atque vous me
d'impreffion
faire votre
Padures, je confens à
tions
bonheur, mais aux condique vous me jurerez d'être difcret. Je ne me fis pas tirer l'oreille
pour la fatisfaire. , & dans le moment
otj'allois commencer à détailler
les charmes dont on venoit de m'a- tous
bandonnér la jouiffance, on vint nous
avertir donnai que-le fouper étoit fervi. Je
la main à Dona
paflames dans le falon & Elvire, nous
mimes à table ; nous tinmes nous nous
propos guais & joyeux, pournous'dé- mille
laffer du férieux de notre
converfation, & être le
premiere de
celle
devoit fuivre prélude
Il.ne Ru
notre repas.
enfuite dans pas le long, nous repaflames
cabinet, où
près de trois
pendant
heures, nous nous dé.
dommageames amplement du tems
délices que nous avions perdu par tous. les.
que Ia volupté réferve à deux
coeurs épris l'un del lautre, quand ils. --- Page 149 ---
[139).
Avant de
fe trouvent en Elvire tere-Atète de Cufma; je lui
quitter Dona caufe de la contrainte oût
lemandal.aa feroit
d'ob2
je vivois, ilne heure patpofable plus commiode.
tenir d'elle une vous,ime répondit elle 2
Oni, pour
que
:
pour moi, parce
mais non pas cependant pour vous
Faime adormit, pendant le peu de tems
faire plaifir devez refer dans ce pays
que vous
tous les
tronvez vous régnlierement foleil levant oàt vous
deux jours hier au au foir;la Métive
avez été
ici. il
Tack
rendra & vous aménera pris congé de
quatre heures quandie Sa Métive ne mema belle E/paghole. tant de tours : & quand
fr plus faire
3 je lui donnai
je pus me reconnoitre Yallai prenune piafre, la renvoyai. m'attendoi chezla
dre Baltbazard qui Sidonia, il me condur
Dona Fabricia Pendroit convenu,ie
Gt au Palais par largement , je montai
le récompenias chambre &c je me couchai.
dans ma
d'onze heures lorfque
Il était près
M. de Préje me levai; fappris 8 redtird demandé de
pont étoit forti, à Tiou Tiou - , qui lui
mes nouvelles je n'étois pas encore
avoit dit que
m'attendoi chezla
dre Baltbazard qui Sidonia, il me condur
Dona Fabricia Pendroit convenu,ie
Gt au Palais par largement , je montai
le récompenias chambre &c je me couchai.
dans ma
d'onze heures lorfque
Il était près
M. de Préje me levai; fappris 8 redtird demandé de
pont étoit forti, à Tiou Tiou - , qui lui
mes nouvelles je n'étois pas encore
avoit dit que --- Page 150 ---
[140 I
éveillé. J'allai faire une vifite à Dom
Gufman, que je remerciai beaucoup
dufervice qu'il m'avoit irrendu, je l'informaide mes conventionsavecl Dona
Elvire de Cufma, & il mne dit qu'en
conféquence ,je pourrois prendre fon
Négre toutes les fois que j'en autrois befoin,8 & qu'au moyen'de cela
FOfficier de garde à la Puenta ne refuferoit pas de m'onvrir. M-de Prépont entra dans ce moment, & comme les jours qui ifaivoient mes migrai
nes,je n'étois pas auffi frais-qu'à Pordinaire, il étoit bien éloigné d'attribuer ma défaite à un exercice qui ne
fimphatife guères avec cette
fition. Il y avoit déjà plus d'une indifpo- femaine depaffée depuis que-Dom Guf
man avoit bien vouln fe charger de
nos affaires, quand il vint nous trouver pour nous: dire gue nous
rions partir lorfque nous
pour-
& qu'il nous confeilloit voudrions, pendant len
diner de demander à fon-oncle notre
audience de conge, 8c qu'alors nous
apprendrions ce qu'il avoit envie de
faire pour nous obliger, il nous-quittal
enfuite & nous laiffa bien décidés. à
faire ce. qu'ildefiroit. --- Page 151 ---
Tr4r le dellert fut ferviy
Aufi.ôt que
M. le Gonverneur
nous remercidmes nous lui annonçames
de fes bontés, terminéavec nos débiteurs,
qu'ayanr & que rien I ne nous arrêrant vouloir plus, bien
nous * le fupplions de
A rinfnous accorder notre prit congé. la parole 8e.
tant Dom Tellafcos avoit envie, fa
dit à fon oncle qu'il nécellaire A la
n'étant plns avec nous au
mEEE retourner du tenis que nous
Cap
profiter
la maind'y pourlaivze il étoit
y
comme
LERE
levée de (a barque, quelques &
bien aife de faire
bon quil RAETE fit
il le prioit de trouver notre Brigantin. Ce.
embarquer dans
avec plaifir, 2
Gonverneur yconifent à TOficier du
&cen fit donerfordre diner, Toncle étantallé
Port. Après le
le neveu nous
faire fa méridienge
quil
donna l'état des marchandifes
avoit achetées
notre douze a jeunes
or
à
tre tefquelles tres-beaux, de lâge de quatre
vaux
dont quatré gris pomavelés,
cing ans, alzans, Gx noirs & vingt
deux
en
deer
nes. mulets ; ler refte confiftoit de vanille, caif:
nes de cacao, bottes
allé
Port. Après le
le neveu nous
faire fa méridienge
quil
donna l'état des marchandifes
avoit achetées
notre douze a jeunes
or
à
tre tefquelles tres-beaux, de lâge de quatre
vaux
dont quatré gris pomavelés,
cing ans, alzans, Gx noirs & vingt
deux
en
deer
nes. mulets ; ler refte confiftoit de vanille, caif:
nes de cacao, bottes --- Page 152 ---
[r4:]
fes de tabac d'Elpagne, quelques fau
mons d'argent & noix de
Il nous dit enfuite qu'il Loudre d'or
devançoit de
beaucoup le voyage qu'ildevoit
au Cap pour nous faciliter l'embar faire
quement de ces marchandifes,
nous auroit donné bien del'embarras, qui
indépendament de la dépenfe
roit fallu faire & du rilque qu'il au
aurions couru; qued'ailleurs que s'il nous
affez heureux pour ravoir
étoit
il comptoit encore nous fa.barque rendre de
nouveaux fervices à
iliroit avec
Porto-Rico, 2 où
nous, qu'il yavoit beau
coupde connoiffances, ecd'amis auxquels étoient adrefés les effets
contenoit la barque qui lui avoit
enlevée
a
l'on difoit 2. avoir qué le
de canon que
foit
tirer,
ereti
croire que fon Patron s'étoit luifai- chargé pour fon compte d'ane
dont il avoit fansi doute voulu pacotille fe
faire fur nos côtes, ce qui ne
dépas de Pinquiéter, d'autant laiffoit
eftimoir fa barque avec la plusquil
qui étoit dedans plus de vingt carguaifon mille
piaftres. Il nous ajouta qu'il alloit
ce pas prévenir l'Officier de la
de
du Port, au fujet de cet embarque. garde --- Page 153 ---
vouloit faire commencet
ment: Bès le qu'it ioir méme. M. de Prépont &
Nous conyinmes, irions le lendemain au
moi, que nous à bord; mais quand je
foir trouvai coucher feul je me reffouvins
me
à Dona
Eitie
j'avois promis le matin ferois en forte d'alde Cufma, queje elle la veille de mon
Jer fouper 8 avec * afin de pouvoir lui tenir
départ;
dire à Bathazard qu'auf- de
parole,Talal fon maitre feroit revenu P'étois
itôt la ville, que de venir m'en avertir. & M. de
avec. M. le Gouverneur
je le
Prépont quand ce Négre trouver parut, Dom
fuivis àf'mftant écyallai de vouloir bien
Gulman que je priai
à me laiffer
engager M. de Prépont foirée diulendemain,
aveclui paffer la d'après nous irions lé
& que' le jour heures du matin, il
rejoindrea fept difficile de (entir le mone lui fut pas demande,, & il s'y prêta
tif de ma
grace. de monde.
avec la meilleure de nos marchanL'embarquement de notre fourage fe trouva
difes. &
avant midi, &
achevé le lendemain fimes une derniere
diner, nous
M. de Prés
à nos correiponlans.
diulendemain,
aveclui paffer la d'après nous irions lé
& que' le jour heures du matin, il
rejoindrea fept difficile de (entir le mone lui fut pas demande,, & il s'y prêta
tif de ma
grace. de monde.
avec la meilleure de nos marchanL'embarquement de notre fourage fe trouva
difes. &
avant midi, &
achevé le lendemain fimes une derniere
diner, nous
M. de Prés
à nos correiponlans. --- Page 154 ---
Irl
pont nous quitta fur les fept heures
pour aller coucher dans fon
l'attendis la nuit avec la plus Brigantin grande
impatience, j'avertis Baltazard
me rendis chez la Dona
& je
je trouvai I la Métive
Fabricia, ol
A l'ordinaire chez Dona qui me conduifit
Cufma, oir
Elvire de
)
licieufesnuits je paffai une des plus déNous nous
quej'euffe encore eues.
féparâmes à fix heures du
matin, &
plein d'amour 8 de
avant de la quitter, elle me regrets
un bracelet de crin,
donna
mains, fur lequel étoit ouvrage fon
de fes
garni de diamans,
portrait
jufgu'au moment fatal, que oi je confervai il
inhunainement ravi avec
me fut
Je rejoignis Dom Gufman ma liberté,
lafcos vers
de Tel.
rendimes enfaite fept heures, > & nous nous
à bord de
gantin I ; on- appareilla auffitôt notre Briarrivée, & après àvoir donné le notre falut
ordinaire de.neuf
de
nous fimes voile pour coups le
canon 3
çois.
Cap FranL'ifle de Cuba, dont la
la ville
Havanne eft
capitale, 3 eft fituée dans-l"Amérique Golfe du Septentrionale à l'entrée du
Méxique, elle a 260 lieués
de --- Page 155 ---
delong fur environ quarante delarge; Coelle fut découverte par Criftophe fiécle. Elle
lomb dans le quinzieme
comprend fept Provinces : fçavoir MaiBayamo, Cueyba; Camagueya, &
dont
fy/Maciman, Vhima Zagua,
dépendent quatre villes principales, Baracoa, le
qui font la Havanne & , celui du S. EfPort de la Trinité San Salvador, S.
prit, & en outre. Prince, le Port
Jacques, le Port ati
avec
de Zagua & le Port d'Hyacos,
les Caps,de S. Antoine 5 à lextrémité à l'eft de S.
occidentale ; de Coriente,
; de
Antoine, fur la côte méridionale occidenCruz., au nord de la-partic de S. Nicolass 2. à
tale dela Jamaique orientale, ;
& Maily au
l'extrémité de Cruz & au nord de Bacouchant 8c-les Bayes de la Havanne,
racoa Honda :
8 de Matancas. Il n'y a
de la
dans toute. cette Iile;
plus de naturels
d'ou il fort
on y. voit une montagne ily a plufieurs
beaucoup de bithume;
le terrain
mines d'or 8 de cuivre, abondarseft bon, ilp produit de tout
le
ment, : & cette Ile dépend de PAudience pour
Gouvernement civil,
de S. Domingue.
Part. I1.
-les Bayes de la Havanne,
racoa Honda :
8 de Matancas. Il n'y a
de la
dans toute. cette Iile;
plus de naturels
d'ou il fort
on y. voit une montagne ily a plufieurs
beaucoup de bithume;
le terrain
mines d'or 8 de cuivre, abondarseft bon, ilp produit de tout
le
ment, : & cette Ile dépend de PAudience pour
Gouvernement civil,
de S. Domingue.
Part. I1. --- Page 156 ---
[346]
La Havanne, qui en eftla capitale;
eft fituée fur la côte du nord, pref de
vis-à-vis lal Floride à23 degrés & fi
latitude: que
fon Port eft renommé anabien fortifié,tant par l'art
nous parla fomf dan's le fiécle dhci
ture,que
ville imprenable,
mes, il étoit quelque celle-ci comme telle.
on pourroir côtés citer de fon embouchure,
Au deux
& un fort à chafont deux pointes
l'un fe
cune qui. en défend T'entrée; foixantenomme le fort du More,quia
dix canons de fonte de vingtquatre
livres de balles, au deffous oit lon duquel tient
eft une tour très-élevéc, fentinelle que l'on a foin
toujours une de trois heures en trois
de relever découvrir. rles vaifleaux
heures, donner pour le fignal convenu pour en
& connoitre le nombre à la garnifaire
habitans ; le fecond fort
fon 8 aux
pieces de canon.
eft garni de quarante
deux
L'entrée de ce Port - entre l'autre ces eft f
Pun fur
Forts qui partent
qu'un
étroite
ne
y paffer
le
à la ter attendu que
feul
l
réfte des paffages eft remplide rochers ina fleur d'eau ; mais elle s'élargit
fenfiblement & forme une grande --- Page 157 ---
[.471
baye, oû il peut contenir au de moins limmille Navires quiy fontàlabri à caufe des monpétuofité des vents,
cette
qui environnent
lieue au fud,
LAPL
tagnes s'enfonce une
qui
bras al'eft & al'oueft.
forme pluficurs cette ville ne foit pas enQuoique de murailles, elle n'en eft
ceinte
du 3
moins forte
cela, baftions ayant avec leurs
de terre
un troifieAJE
courtines, & à fon entrée la
me fort qui la défendent & garan-.
tiffent de toute furprife; la Garnifon,
tant de la ville que des forts, monte
à environ1500 hommes. ville eft
La figure de cette d'une lieue prefque de cirronde, elle a plus
bien bàcuit, les maifons font dedans, belles, les rues
ties & fort ornéesen
& les habifont larges & propres,
eft confitans riches. Le commerce y
dérable, à caufe des flottes d'Efpagne
abordent tous les ans ; ily a une
quiy très-belle promenade & plafieurs pladont une où fe tient le marché,
ces, femmes font en général bien
Les
extrèmement y
jolies & gafaites, lantes. Il a un Evèque qui fait tou- il
fa
dans cette ville,
jours
tlitoms
Gij
éesen
& les habifont larges & propres,
eft confitans riches. Le commerce y
dérable, à caufe des flottes d'Efpagne
abordent tous les ans ; ily a une
quiy très-belle promenade & plafieurs pladont une où fe tient le marché,
ces, femmes font en général bien
Les
extrèmement y
jolies & gafaites, lantes. Il a un Evèque qui fait tou- il
fa
dans cette ville,
jours
tlitoms
Gij --- Page 158 ---
[148] 1
eft Sufragant de TArchevêque de S.
Domingue, Outre la Cathédrale il y.
a trois autres Eglifcs Paroiffiales s
fept Couvens d'hommes & trois de
femmes de différens Ordres avec un
Tribunal du S: Office. 17
Oncomptoit de montems dans cette
ville près de quatre cens familles Ef
pagnolles, non compris les François
& lés Pertugais
y font établis, &
les Efclayes'dont 1 nombre eft confidérable.
ly a beaucoup d'arbres fruitiers, 2
& autres propresàla conftruétion des
vaiffeaux, Le gibier y abonde & le
poifion eft excellent.
Le terroir eft très-fertile, il produit
des cannes de fucre, du cacao, coton,
gingembre 2 - vanille, calle,. canelle,
indigo, mays, Rocou, maniock, tabac qui eftfans contredit le meilleur
de toutes les Colonies Eipagnolles,
& toutes fortes de fruits & herbages.
Lay viey eft à fort bon compte, à caufe
de la grande quantité de béftiaux qu'il
y a. Les dehors de la' ville font fort
gracieux, & ilya nombre de belles
habitations. )
Les' yents contraires que nous efe --- Page 159 ---
1149]
ne
fuyâmes pendant ce court trajet,
d'arriver au Cap
nous permirent neufheures dit t
le troiieme joura la nuit dans le.Port, &
Nous paffames matin nous delcendimes
le; lendemain & aliâmes au Gouvernement.
à terre
M. de la Roche-Allard
D'abord. que
ne
pas ma
nous apperçut 2 je fitôt, comptois nous ditail, vous
foi vous revoir Ai
-
donc fni vos affaires bien promavez
lurendimes un compte
MemtestaNous M. le Gouverneur de
exaêt de ce que ainfi que M., fon neveu, 2
la Havanne, bicn voulu faire pour nous a
avoient
ce qwavoit contrifa conlidérations beaucoup à hâter notre
bué pour Nous lui times part enfuite
voyage, de la réflcxion de cet Eipagnol, ati
de ia barque,
fujet de. Tenlevement
avoit
dont le coup de canon queTon difoit avoir
entendus - &lefeu quelon
a
bien,
quel- e
yu poivoient barque que aieee la fienne;mais
quautre
bien de luiavouer
nous nois sarddmes Dom Gufman fur
le (oupçon quavoit allâmes enfuitea la
fon Patron.Nous diner nous fames
Meffe, & après vibte:à Madame
pour rendre une la maifon &. fcs déAvrillon, dont
24 G'ilj
de canon queTon difoit avoir
entendus - &lefeu quelon
a
bien,
quel- e
yu poivoient barque que aieee la fienne;mais
quautre
bien de luiavouer
nous nois sarddmes Dom Gufman fur
le (oupçon quavoit allâmes enfuitea la
fon Patron.Nous diner nous fames
Meffe, & après vibte:à Madame
pour rendre une la maifon &. fcs déAvrillon, dont
24 G'ilj --- Page 160 ---
[1561
pendances nous devenoient plus né
celflaires que jamais pour y loger de la
tout ce que nous avions apporté
Havanne.
en arrivant à fon
Nous trouvâmes, les chofes bien changées.
habitation, Mademoifelle Silvie: nous
la
de fa
dont elle
PaTSIN
mort
tante,
héritiere; - elle nous informa
nique
qu'elledtoit Heterntepantecaont 1
d'une groffc habitation, qutavoittsès. faifoit
bien fait fes affatres, dont on
le
beaucoup d'éloge, & que tout
monde lui confeilloit de prendre ce
nous-mé
parti ; nous Ty engageâmes de lus
mes. Quand il fut queftion
propofer de nous louer fa maifon,
fon écurie & fon Magazin, elle les ne
voulut jamais confentir à nous
donner fur le même pied qu'aupara- de
vant, & elle en exigea dix réferve piafires d'une
pluis par mois, avec la aller & vechambre ou elle pourroit
nous
nir quand ellejugeroit à propos; nous
flimes obligés d'en paffer par-la.
la quitâmes énfuite 8 retournâmes
à bord.
Avrillon, qui dépuis
la Mademoifelle mort de fa tante avoit quité fon --- Page 161 ---
a
[ss:] fe trouva le
premier nom de même Silvie, tems que nous à
lendemain en
marché 9
fa maifon; Nous pafamenler s'en alla à bord ,
& M. de Prépont des planches & amepour y prendre
afin de mettre noner fon Charpentier,
nos chetre maifon en eratderecevoir
&
autres marchandifes.
veaux, 9 mulets de cette abfence pour deJe profitai cette fille f fa fucceflion
mander à
elle me réponavoit été confidérables que dans cette
dit qu'elle ne confiftoit habitation quej'avois
mailon.la petite montée que de fept à
vue, qui n'étoit
qué Negreffes., &
huit, tant Négres comptantsque cedans quelque argent trouveroit aflez aifée,
pendant elle fe
lonée; mais
f fa maifon étoit toujours quinarnivoient
que conoileshazands lui demandai auffi des
pas fouvent : je
Suzette, & elle
nouvelles de la petité la mort de fa tante,
me dit que deptis avec elle ; & que à
elle demeuroit
vue la veille,
nous ne T'avions n'étoit pas
revénue de
c'eft qu'elle ou elle Fatadr été paffer
chez fa mere, & avant de me quitter
la journce; fort d'aller la voir quelelle m'engagea de dineraved elle,8 que
ques fois,
Giv
auffi des
pas fouvent : je
Suzette, & elle
nouvelles de la petité la mort de fa tante,
me dit que deptis avec elle ; & que à
elle demeuroit
vue la veille,
nous ne T'avions n'étoit pas
revénue de
c'eft qu'elle ou elle Fatadr été paffer
chez fa mere, & avant de me quitter
la journce; fort d'aller la voir quelelle m'engagea de dineraved elle,8 que
ques fois,
Giv --- Page 162 ---
[isa]
jy jonirois de.toute la liberté que je *
pourrois defirer.
Quant M. de Prépont fut de
il donna ordre à fon
retour,
travailler à agrandir Charpentier de
n'y avoit quie huit places, l'Ecurie, afin où il
fairedouze
d'y en
nous le
pour mettre nos chevaux;
notre
chargeâmes auffi de mettre
mulets, Magazin en état de loger nos
dele pourvoirde
de toutes les autres chofes rateliers, &
res à ces animaux. Comme néceffai- dans
Ifles de l'Amérique
les
tant du vent que fous Septentrionale, le vent, les chevaux, les ânes & les mulets font toujoursauv verd,qu'ils paiffent dans les favanes, ou que l'on envoye
par des Négres deux ou trois fois couper
demaine, faire
nous n'eûimes pas befoin par de
provifion de
nous aurions étéfort fourrages,fans quoi
nous n'avions qu'un embarraflés, car
peine fuffifant
petit grenier à
en auroit fallur pour contenir. ce qu'il
jours. Nous fimes pour trois ou quatre
de de nos deux vuiderla plus granmeubles furent Chambres, dont les
portés dans la cuiline
qui nous fervit aufi pour mettre
mays , : qui tient licu d'avoine à notre ces --- Page 163 ---
deftinâmes E153]
cette cham:,
animaux; nous; de Magazin, pour nos aubre à fervir
& la petite fut rétres marchandiles, M. de Trainfort,
fervée, pour.
laiffer avec les
nous
te
que
de M. e Prépont., pour;
trois Négres foin S tanr'o de nos chevaux & muavoir, lets, que dé nos autres cffets: nous,
Cetarangenent unefois pris,
an Gonvernement.
nous rendimes le dincr, M. dela Roche-Al
ol, après dit
avoit enviede manlardi nous
qu'il
avoit enlevé la
der le Corlaire Gufman qui
de Tellafcos,
barque deDom informer de toutes, les
fe faire
circonflances pour *
de cette prifes &.
véritédes
ases
près avoir démeléla
un cas fafi elles fe tronvoient.dans il s'employevorable à cet Elpagnol lut faire rendre
roit volontiers pour Gau contraire les
juftice; mais que
contre lui, il
preuves. le méleroit. trouvoient pas, parce que ce
ne s'en
fortant de fon caractere :
fcroit, en en même tems à Ini-même ,
manquer Cour dont il avoit la confance de
àla &. à M. PAmiral qui Thonoroit T'imagine un
fes bontés. Puis découyrir ilajouta, ce quil im'im
moyen pour
G V.
lut faire rendre
roit volontiers pour Gau contraire les
juftice; mais que
contre lui, il
preuves. le méleroit. trouvoient pas, parce que ce
ne s'en
fortant de fon caractere :
fcroit, en en même tems à Ini-même ,
manquer Cour dont il avoit la confance de
àla &. à M. PAmiral qui Thonoroit T'imagine un
fes bontés. Puis découyrir ilajouta, ce quil im'im
moyen pour
G V. --- Page 164 ---
figa]
porte de fçavoir, c'eft de
a
ce Corfaire un
propofer
sy.prète, il n'eft acommodemens, pas auffi affuré de s'il la
legitimiré de cet enlévement
le
>
qu'on
fieurs fuppofe, car ordinairement ces Mef
fe croient ne lâchent point prife quand ils
bien fondés, au lieu
s'il fe roidit, je laifferai aller le cours que
des chofes, fans faire aucunes démarches direêtes niindireétes.
dant quand bien même
Cepentoit à un arrangement, il ilacquielce- ne faudroit
pas moins pour cela que lAmirauté
rendît une fentence
eft faifie de l'affaire, & puilqu'elle
fieurs parties intéreffées. quils'y trouve pluMais cet accommodement, de
dont on auroit foin
ne pas laifferignorer le Tribunal,
influeroit beaucoup furlejugement qui
interviendroit; falloit
qu'au furplus il ne
roit pas s'imaginer qu'il n'en coutepas quelque chofe à Dom Guf
man; mais qu'au moins il ne perdroit
pas tout, Nous déférâmes à cet
& nous allâmes tout de fuite avis, en
conférer. avec Dom Gufman, qui
promit d'en paffer par oir l'on voudroit, pourvt
l'onf fe dépéchâr de
lui ôter cette eplace dn pied. Nous pri --- Page 165 ---
[:55]
à no
de' lai & retournâmes
mes congé
tre bord.
& les jours
: Le lendemain mardi, rendimes de fort
fuivans, nous à nous notre maifon, pour
bonne heure
notre préfence le
encourager par à fnir promptement nos
Charpentier
enfin fe trouverent
ouvrages, qui
de forte que le
achevés le famedi, en état de faire deflundi nous fimes chevaux & nos mulets à
cendre nos
n'eft pas une opération
terre, ce faciles, qui
tant pouf Tembardes plus
le débarquemeut
quement que d'animaux. pour
de ces fortes
nous fimes defcenLe jour fuivant
marchandifes,
dre toutes nos autrés vilitées, nous les en-
& après les savoir Nous en mimes M.de
magasinimes.
8 nous lui
Trainfort en poffetion,
de M. de
envoyâmes Tes trois Négres lui, & être
Prépont pour refter avec
à fes ordres. fimes une fois libres sde
Quand nous
M:le
un jour que
tous ces embarras, ablenté pour aller diGénéral s'étoit
je prévins
ner chez M. Tintendant, àla Flaciere,
M.de Prépont quel'irois
Thabitation de Maderoifelle
cétoit
Gv
fort en poffetion,
de M. de
envoyâmes Tes trois Négres lui, & être
Prépont pour refter avec
à fes ordres. fimes une fois libres sde
Quand nous
M:le
un jour que
tous ces embarras, ablenté pour aller diGénéral s'étoit
je prévins
ner chez M. Tintendant, àla Flaciere,
M.de Prépont quel'irois
Thabitation de Maderoifelle
cétoit
Gv --- Page 166 ---
[6)
Avrillon. J'envoyai en conféquence
Tiou Tiou pour l'en prévenir & le
chargeaid'un panierde huit bouteilles
de vin, dans la crainte diêtre
de boire de ces petits vins rouges obligé de
Provence, 2 fades & doucereux,
par la médiocrité de leur
fer- qui
yent à abreuver les gens fans prix, goût, ou
ceux à qui la fortune ne permet
d'en boire de meilleurs. J'aurois pas
lors été d'autant plus à
pour
qu'ayant toujours foif, il ne plaindre m'auroit >
pas été poffible dc
à caufe
de mes difpofitions l'étancher,
tendoient à
natureilesqui tenamufai
Phydrophobie. Je m'y
béaucoup, la petite Suzette
y: contribua de. fon.
mais
elle fut fort
mieuxs
ment de la étonnées quand au motifiée de retraite,elle ne fe vit grama part que de lai trentieme
partie du pot de vin qu'elle avoit reçu, lors de la paffation de notre
trat. Ilétoir près de neufheures conj'arrivai à bord, il y en avoit quand
d'une que M..de Prépont s'y At
rendu; il m'en fit des réprimandes,
qui, quoiqne légeres, me firent fentir qu'il commençoit à avoir fur mon
compte des idées peu favorables àla --- Page 167 ---
dontjavois t171 joui jnfqu'a ce
réputation dans fon elprit; mais comme fût
moment
me Deefitader qu'il
je ne-pouiwois je formail la réfolution,
bien.i inftruit,
& fes iromalgré fes: plaifanteries de refter. toujours
nies multipliéess peur que. par un.
fur la négative,de ousumoins anticipé 3
aveu déplacé, avant la convidion,
je ne devinfe,
conjectures. trèsla dupe nuifibles de fimples à ceux: qui. ont. des
fouvent reproches à fe faire.
aut GouEo arrivant le lendemain içimes de M. de la
vernement , nous moyennant deux
Roche-Allard He partic adverle de
mille piaftres, Gufman de Tellafcos confentiDom roit à fe déGfter de fes Corfaire pourinitess paffequs dans l'acte feroit que relaté, ce
que comme
roit,ily, bien fe faire que le coup de
il pouvoit avoit entendu fut parti
canon qu'il qu'il avoit rencontrces
d'une barque
parce qu'eile
qu'il n'avoit plrjpindre voile en le voyants
avoit fait force.de
plus légere
8 qu'étant beaucoup elle s'étoit RERET a
fon bâtiment, luiy ayant fait juger
les apparences pouvoit être d'ane
que çette barque
e feroit que relaté, ce
que comme
roit,ily, bien fe faire que le coup de
il pouvoit avoit entendu fut parti
canon qu'il qu'il avoit rencontrces
d'une barque
parce qu'eile
qu'il n'avoit plrjpindre voile en le voyants
avoit fait force.de
plus légere
8 qu'étant beaucoup elle s'étoit RERET a
fon bâtiment, luiy ayant fait juger
les apparences pouvoit être d'ane
que çette barque --- Page 168 ---
[158]
telligenge avec celle de Dom Gufs
man; ilavoit cru devoir s'emparer de
cettederniere, d'autant mieux
étoit de même nation : mais ne qu'elle voulant rien avoir à fe reprocher
après avoir fait routes les informa- 5
tions néceffaires, il croyoit devoir,
pour la décharge de fa confcience, fe déporter" purement & fimplement de l'aétion par lui intentée à
PAmiranté contre le Patron de cette
barque ; & que n'étant pas jufte
qu'il en fût pour les frais de fon
armement, ils'en rapportoit aux
de ce Tribumald'ordonmer: à cet juges
ce qu'ils jugeroient à propos, M.de égard
Prépont que la
J toit à prendre à reconnoiffance coêur cette
alla en fortant de table
ealier
trover le fieur
Guignard (c'étoit le nomdu
& l'amena avec lui chez un Corlaire) Notaire,
où il paffa & délivra l'adte en
à cet Armateur, , qui en conféquence queftion
dépofa les' deux mille piaftres
être remifes att fieur
auffi- pour
tôt que Dom, Gufman Guignard, auroit
la main-levée de fa
obtenn
reftinution de fa
barque avec la
Carguaifon. Muni de
cette piece, - M, de Prépont vint nous --- Page 169 ---
f1s9]
, nous la
rejoindre au Gouvernement & il fut réfolu quon
communiqua, folliciteroit fans relâche le jugement bien
de cette affaire, que nous d'aller étions à Poraifes de terminer avant enfin furent menées
to-Rico.Les chofes bout de quinze jours,
de façon qu'au fentence qui ordonna :
intervint une
& fimple de la barmain-levée pure
& condamna
& de la carguaifon, dépens au moyen
f Corfaire aux les deux mille piattres
de quoiilr reçut & Dom Gufman fut fort
conlignées, d'en être quitte pour cette
heureux
fomme:
en-
*
Pendant cette intervalle fallai ne
fois à la Flaciere , je
core quelques à diner, ne voulant
m'y arrêtai donner Her à M. de Prépont 2
pas craignois à caufe de Madame
que je
me faire de nouveaux
de Norfoy ,de mais j'étois bien éloigné
reproches;
ce
m'arriva à
de prévoir alors
qui
br
mon retour de la affaires Jamaique: de Dom GufToutes Tellafcos les
(e trouvant termiman de
convinmes enfemble que
nées, nous
au premier jour pour
nous partitions
& que cet
San Jouan de Porto-Rico,
Her à M. de Prépont 2
pas craignois à caufe de Madame
que je
me faire de nouveaux
de Norfoy ,de mais j'étois bien éloigné
reproches;
ce
m'arriva à
de prévoir alors
qui
br
mon retour de la affaires Jamaique: de Dom GufToutes Tellafcos les
(e trouvant termiman de
convinmes enfemble que
nées, nous
au premier jour pour
nous partitions
& que cet
San Jouan de Porto-Rico, --- Page 170 ---
E16o
Elpagnol feroit tranfporter dans nos
tre Brigantin tous les effets
étoient
dans fa barque, qu'il la ELSO aut
Cap jufgu'à notre retour, qu'elle dé
voit le reconduire à la Havanne, &
en cas d'événement nous fimes auff
paffera notre bord fix de fes matelots
Elpagnols. Comme nous nous
rions à partir, il arriva dans'le
une
FRC
barque du Fort S.
tenante au fieur Larcher Pierre, qui 1 la apparmandoir, &i qui ayant été't comla tempête, fc trouyoit :
ablolument battue par
hors d'état de tenir la mer,ce qui engagea M. de Prépont à propoler à ce
Capitaine de s'accommoder avec J1 lui
des marchandifes qu'il avoit pour la
traite, aux offres, de lui en tenir
compte fur le pied de.5
1OO
bénéfice - s'il ne. lui arrivoit 50 pour
de
avarie; & qu'en cas d'accident, aucune il
lui en feroit bon du prix' de la moilié, fuivant fa facture, dont il lni re.
mettroit un double. Cette.
aufi favorable à l'un qu'a propofition
ayant été acceptée par le feur Tautre, Larcher; il les fit. conduire dans. notre
bord, elles confiftoient en toile de
Bretagne dit
- platille, en fil detoute 1 --- Page 171 ---
[16T
de Laval,
efpece, Toiles de Suiffe,
bas
moufielines, dentelles,, &cgris, galons, taffede foie, chapeaux chviron noirs cent livres de
tas, fatins &
vif argent ; & à
mercure crud-r Onl profit quel Yon fait
caufe du grand fur cette derniere, it
ordintirement Ton rendroit au fieur
fut convenu meiné que du bénéfice
ron
Larcher
à TENe
fi on trouvoit
en retireroit n'eft
facile.
faire, ce qui mois pas après notre reEnviron un
pour
tour au Cap, nous appareilimes
SanJonan de
rien dans :
NRERE
efpagnol; il ne nous arriva mouillâmes le
notre trajet,. & dans nous le Port de cette.
quatrieme. jour de IIe du même nom..
ville Capitale Gufman fit paffer dans notre à
Dom
defcendit
chaloupe fes matelots,
qui
terre, &alla chez le Gouverneuf, oncle & le fien;
étoit fort ami de fon dans les tems, de'
ila avoit étéinformé, de cet Eipagnol,
la prife de la barque de la façon dont
il lui rendit compte avec fa carguaiil l'avoit récupérée s'étante
trouvée
fon, mais que ne
été
la mer,.
rsver
en état de tenir notre Brigantin pour
obligéde fréter:
pe fes matelots,
qui
terre, &alla chez le Gouverneuf, oncle & le fien;
étoit fort ami de fon dans les tems, de'
ila avoit étéinformé, de cet Eipagnol,
la prife de la barque de la façon dont
il lui rendit compte avec fa carguaiil l'avoit récupérée s'étante
trouvée
fon, mais que ne
été
la mer,.
rsver
en état de tenir notre Brigantin pour
obligéde fréter: --- Page 172 ---
[162]
conduire fes effets jufqu'à leur deftination, &c illuidemanda la permifion
obtint
de les faire débarquer, Dom qu'il Gufman
fans aucune difficulté,
de Tellafcos fe pourvut d'un magazin oùt il fit tranfporter toutes fes mar- faire
chandifes & les nôtres, afind'en lendela converfion. Il nous mena le
main chez le Gouverneur qui nous
affez froidement, &qui ne nous
reçut
peine d'aller à terres
permit qu'avec
que nous n'y
à condition cependant Dom Gufman ne
coucherions pas. infifter de crainte de
voulut pas de trop la défiance à ce Gouverdonner
C'éneur 2 qui étoit fort ombrageux.
toit un Efpagnol de Pancienne roche, inc'eft-à-dire né avec une averfion & le
vincible pour le nom françois n'achangement de Gouvernement, influé fur fon cavoit point du tout
raétere.
eft fituée
San Jouan de Porto-Rico, de lIle du
fur la côte feptenttionale eft diftante de celle
même nom,elle
de S. Domingue d'environ quatre- -
vingt lieuess eft mal fortifiée, n'ayant font
ni murs ni remparts, les rues maifons
larges & peu longues, les --- Page 173 ---
[163]
bien baties, mais point ornées; $
affez croifées ne font garnies , ainf an
Jes dans la plus grande partie des atl lieu
que tilles, que de canevas très-fin 5 d'ufage,
lde verre,dont on ne fait point
faudroit les renouveler
en ce fouvent, qu'il
à caufe des ouragans en
trop font aflez fréquens, & qui Ona
feroient qui y un débris confidérable. des maifons
foin de faire les portes le vent qui regne
très-larges, afin quel
du jour, puiffe y pénétrer
une partie
y donner dela fraiplus aifément.pour étant
cheur, la chaleur
ERERZE eft
dans cette ville un Evèque de qui S. Dominfragant de Cathédrale TArchevéque ef un fort beau
gue. La
les ouvrages de fculpture
morceau parl
lly a d'ailleurs plus
dont elle eftornée.
tant parotitsales
fieurs autres Eplifes, L Cette ville eft fort
que conventuelea. les habitans fontriches,ilay femmes
peuplée,
commerce, les
fait un affez grand jolies ; mais elles fe comy font
moins qu'à la Havanne; belle
mmuniquent hors de la ville une fort
il & y.3 riche a Abbaye de Bénédidins. la mer enLe Port de San Jouan,on allezétroite, - 9
tre par une embonchure
ée.
tant parotitsales
fieurs autres Eplifes, L Cette ville eft fort
que conventuelea. les habitans fontriches,ilay femmes
peuplée,
commerce, les
fait un affez grand jolies ; mais elles fe comy font
moins qu'à la Havanne; belle
mmuniquent hors de la ville une fort
il & y.3 riche a Abbaye de Bénédidins. la mer enLe Port de San Jouan,on allezétroite, - 9
tre par une embonchure --- Page 174 ---
[:64]
eft vafte & très-commode, T'ancrage font à
y eft bon, & les vaiffeaux y. vents
à l'abri, tant de T'impétuoftédes Il eft
que-d de l'infulte des ennemis. muni d'une
commandé par un Château forte
bonne artillerie & d'une
garni- l'on
fon. Ily en a encore un autre que les
appelle Fortalezza, où lon garde
tréfors du Roi.
& la
Cette ville eft la capitale
Porto- plus
confidérable de toute l'Ie de
fut découverte fur la fin du
Rico, qui
Co: -
quinzieme fiecle, - par Crittophe &
lomb; elle eft fituée parles dix-fept
dix-huitieme degrés de latitude nord,
elle n'a pas
de quarante Touef, lieues &
dans fa EAE de Feft à
environ ving-deux dans fa plus. grande
largeur. qui fe prend du nord au fud ;
elle éft hériffée de hautes montagnes 3
belles plaiily a cependant quelques
nombre.
nes, mais. elles font en; petit
les
Les vallèes y, font très-fertiles parl lefrivieres qui les.arrofent, belles. parmi Cette
quelles ily en a de fort
cafle,
Hle abonde en fucre, maniock. coton, Les
vanille, ris, mays,. &
font
boeufs & les vaches fauvages y la
communs,. & leur cuir ne fait pas --- Page 175 ---
[16;]
la moins effentielle du commér: d'arbartie
auffi quantité
te. Elle produit & autres beaux bois
bres fruitiers
à toutes forbien - veinés, propres On y voit beaucoup
tes d'ouvrages.
fourniffent
Be gibier &cle poilfon rivieres APat abondant
a mer. & les
vers le nord de
K fort bon. 11 y.a mines oùt lon
Fette Ie, Hlatienrs d'or en affez
trouve de la poudre naturels de cette
Erande quantite. Les
font prefque
Fontrée: 2 qui à préfent s; all moins en appatous Catholiques la même origine que ceux
Fence, ont
leur caractere 86
He S. Domingue,
les meeurs -
ulages iont à peu près fois énnemis
mes ; ils étoient Caraibes autres des iles antilles
jurés dès
en guerre enAu vent, & toujours haine ne fublifte
femble : mais cette ces deux pemples:
plus à
dont entre cette contrée abonaux
le
PaRREA
doit,
fit naitre
Elpagnols & files
defir der faire la conquête, de fçavoir comLeéteurs (ont curieux & quels furent
ment iis s'y prirent; ils
confulter
leurs progres, Carlevoix Torea :
fon Hiftoire
le Pere
page 145-du prede S. Domingue,
& toujours haine ne fublifte
femble : mais cette ces deux pemples:
plus à
dont entre cette contrée abonaux
le
PaRREA
doit,
fit naitre
Elpagnols & files
defir der faire la conquête, de fçavoir comLeéteurs (ont curieux & quels furent
ment iis s'y prirent; ils
confulter
leurs progres, Carlevoix Torea :
fon Hiftoire
le Pere
page 145-du prede S. Domingue, --- Page 176 ---
[+66J7
mer Tome. Il en a donné une defcription aflez exade.
de.
Il eft très-difficile aux étrangers
faire le commerce dans cette llle,non côtes
plus que fur toutes les autres de rufes, de
4Elpagne,a moins d'ufer
& d'être
beaucoup de précautions, fe
de la
affez bien armés pour 1
ordinairement garantir
violence qu'exerce Scimpérieufe concette nation jaloufe
tretous ceux dont elle peut s'emparer.
Auffi ce commerce ne fe fait-il que
dans les anfes, aux Efteres des villes,
aux lieux d'embarquemens fans , &càl'em- fortir de
bouchure des rivieres,
fe rendent
fon bord, oû les Elpagnols avoir donné
pour traiteraprès leur en
&
avis par quelques coups de canon,
avec eux tout ce qu'ils
qui veulent apportent donner en échange de ce qu'ils
acheter. Il faut pour cet
comptent
foin de faire des reeffet avoir grand
tranchemens dans fon bâtiment, y
être armé éjufqu'aux dents, de crainte
de furprile, ne. pas trop laiffer furtout aborder de monde à la fois, &
avoir. de bons yeux, de peur que
les marchandifes ne s'écliplent t, car
efcamoteurs. C'eft
ils font très-grands --- Page 177 ---
[167]
traiter à la piques
ce qu'on appelle bien plus fhre, bien moins
Méthode & plus ufitée que - celle
couteufe, des voies d'eau à la Calle,
de feindre befoins d'eau & de bois pour
ou des entrée dans le Port, ce qui eft &
avoir
d'inconvéniens
fujet à quantité
d'embarras. les vingt-trois jours
Pendant
à Porto Rico, 4 bem
nous refâmes
nos marchandifes
Gufman, échangea
du cacao, de
contre de la vanille; de la poudre d'or
Pargent en barre, poids, fur lefquel8 des.p pialires-de bénéfice confidéra:
les nous fimes un envoya le tout à bord
bles, & ilnous
C
avec ce quilui appartenoit étant finies, & rien ne
Nos affaires plus dans cette Ifle, oû
nous retenant étions fort ennuyés ; nous
nous nous
8 fimes voile pour le
spareilmes françois, oit nous arrivâmes par
Cap meilleur vent du monde en 54heule
res de tems.
elmes mouillé,nous
Anfitotquenouse terre, fimes ali Coudefcendimesa
informâmes M.
vérnement, & nous
dela Roche Allard des Gufman.Cett obligations relpe -
noussvions à Dom
affaires plus dans cette Ifle, oû
nous retenant étions fort ennuyés ; nous
nous nous
8 fimes voile pour le
spareilmes françois, oit nous arrivâmes par
Cap meilleur vent du monde en 54heule
res de tems.
elmes mouillé,nous
Anfitotquenouse terre, fimes ali Coudefcendimesa
informâmes M.
vérnement, & nous
dela Roche Allard des Gufman.Cett obligations relpe -
noussvions à Dom --- Page 178 ---
[168]
gnol qui faifoit tous les ans, à Ce
qu'il nous avoua; tant pour le
de fon oncle.que pour le fien,un compte
merce confidérable; nous dit comferoit charmé, f dorénavant il qu'il fe
trouvoit quelque occafion où il
nous être.utile & traiter même pit
avec
nou.Nossacceptimese cette offreavec
d'autant plus de
moyen nous nous plaifir, 2 que par ce
de bien des avaries. trouvions à Tabri
Nous commençâmes par faire décharger nos marchandifes
fimes conduire dans notre que nous
& nous envoyâmes celles Magazin, de Dom
Gufman dans fa barque. Cet
refta encore trois oùt
Efpagnol
avecnous ; & après nous quatre être donnés jours
réciproquement des marques de notre
attachement & du regret que nous
avions de nous quitter,je le priai de fe
charger d'une lettre pour Dona Elvire
de Cufma, & de la faire rendre
Baltazard à la Dona Fabricia de par
nia, il me le promit,
Sidofit route pour la-Havanne. s'embarqua &
Nous fimes tranfporter dans notre
gans Brigantin, 2 le fucre que nous avions
nos deux barques qui avoient
befoin --- Page 179 ---
[169]
d'un radonb. Nous arrangedbefoin
avéc le Capitaine
mes nos comptes lui
fes marLarcher, nous
paydmes nous lui
chandifes fuivant fa facture, dont nous étions
donnâmes le bénéfice & la 'moitié du
convenus enfemble, avions fait fur fa parprofit que nous dont nous ne.nous
tic. de mercure, chargés, fi nous n'avions
fcrions pas Gu/man,par les rifques.
pas eû Dom
en failant ce comque l'on court
exprefimercesqui eft tresdificile,
&
ment réfervé aux Rois d'Efpagne,
ne manquent
auquel les Gouverneurs
pas de participer. le féjour que nous fimes.
Pendant
d'un des Négres de
aul Cap, Fappris qui fans doute n'avoit
M. de Prépont, d'être content du traitement
pas lieu
fait notre Lieutenant,
que lui avoit notre abience il ne s'6que pendanf paffé de jour que Ma-"
toit prefque Kentens dont le mariage
demoifclle
ne fit venue. coucher
étoit manqué, avec fa coufine, qu'elles
à la maifon
des nuits
y. avoient paffé une de Trainfort, partie
& un
at table avec M. de marine de fes amis.
autre Officier
de cette conduite 2
Je fus fi indigné
H
Pait. II.
que lui avoit notre abience il ne s'6que pendanf paffé de jour que Ma-"
toit prefque Kentens dont le mariage
demoifclle
ne fit venue. coucher
étoit manqué, avec fa coufine, qu'elles
à la maifon
des nuits
y. avoient paffé une de Trainfort, partie
& un
at table avec M. de marine de fes amis.
autre Officier
de cette conduite 2
Je fus fi indigné
H
Pait. II. --- Page 180 ---
[170]
que je rompis entierement avec elles;
& ne voulus plus en entendre parler.
Environ huit-a : dix jours après le
départ de Dom. Gufman, nous primes
congé de M. de la Roche. Allard,
nous appareillâmes & fimes voile
pour la Jamaique, 2. Iile apppartenante
aux Anglois; nous mouillâmes dans
le.Port Royal, une, des villes
dantes de cette Ile, fous prétexte dépend'y faire du bois après en avoir préalablement obtenu la permiffion du
Comiandant du Château, qui eft un
des mieux fortifiés que j'aye vus en
Amérique, & qui.défend l'entrée de
ce Port. Ilne faut pas confondre cette
ville avec une autre du même nom,
furnommée Anapolis, capitale de PAcadie, fur la côte de la baye des chaffeurs, qui appartient également à la
Nation Angloife depuis la paix d'Utrecht, au lieu que, celle-cieft fur la
côte méridionale de PIle de la JamaiSon Port eft un des meilleurs, s
Ser plus furs & des plus commodes
y ait en Amérique; ; ila donné
nom à la ville
Br
qui eft fituée au
bout d'une longue pointe de térre qui
forme le Port;'il eft commandé par --- Page 181 ---
[171)
château très-fort, oà ily a bonne
un
Artilleries
Garnifon & une nombreufe langue de terre
Il eft fermé par une dix mille de long
qui s'étend à environ
palte
vers le fud eft, La riviere, 8, qui par Los
par San Jago de la Vége, dans ce Port;
Angelos, ie décharge
ila deony fait aiguade avec & tlaitr 7 lieues
puis deux jufqua trois eft
& il eft
y
Cre
de large, rancrage
qu'un vaifeau
f proiond par-tour, aborderjulque
de mille ronneaux &. pent par le moyen de
fur le rivage,
quelques planchés, on peut charger fonsatt-
& décharger fes marchandifes fait que les
cun embarras, ce qui &2 les navires
vaiffeaux de guerre
à tous ceux
marchands le préferent
de PIle ; aufi voit-on journellement
arriver dans cetté ville beaucoup
de Négocians,, qui y ont prefque comtous des magazins. Ilsy fait un font
merce confiuérable. Les maifons
affcz bien bâties, on y en compte font
environ douze cens. Les loyers d'étrès-chers s,à caufe de la-quantité
viennent. La bonne
trangers 8 le qui bois y. font rares, 8 le tereati
y merveilleux.
rain n'y eft pas
Hij.
arriver dans cetté ville beaucoup
de Négocians,, qui y ont prefque comtous des magazins. Ilsy fait un font
merce confiuérable. Les maifons
affcz bien bâties, on y en compte font
environ douze cens. Les loyers d'étrès-chers s,à caufe de la-quantité
viennent. La bonne
trangers 8 le qui bois y. font rares, 8 le tereati
y merveilleux.
rain n'y eft pas
Hij. --- Page 182 ---
[172]
Nous ne trouvâmes dans cette ville
que le Faéteur d'un denos Correfpondans-François réfugié, lequelainfi que
les autres à qui nous avions à faire,
étoit allé à une foire
fe tenoit à
San
de la Véga,
capitale de
dic
Jago
la Jamaique, diftante de près de cinq
lieues de Port Royal, & quieft éloignée de la mer deplus de deux lieues.
Nous primes le parti de nous yrendre
avec ce faéteur, qui nous fit trouver
des chevaux. Cette ville eft fithée
dans une belle plaine, fur le bord
de la riviere ; elle eft grande & bien:
peuplée, les-rues font larges & bien
percées. Les maifons font belles &c
bien bâties, fa fituation eft des plus
riantes, ily a plufieirs promenades,
entr'autres une
lon appelle la
Havana, qui_ef dp plus fréquentées
elle eft remplie tous les foirs d'une
quantité prodigieufe de monde qui va
s'y proméner en.caroffe , à chéval &
a pied. Les fémmes en général-font
très-bien faites, affez jolies, & elles
font par leur affabilité & leur efprit,
les charmes de la fociété; c'eft.dans
cette ville que le Gouvernetr général
de la Jamaique, & les principaux --- Page 183 ---
173 1
font ordinaires
Officiers de réfidence. judicature La vie y eft fort
ment leur
dans les hôtellerics :
chere, a fur-tout reftâmes que quelques
aufli nons.n'y
; & it
jours avec nos Corre/pondanss notre retour à
fut décidé qu'auffitôt
&
Port Royal, nons appareillerions hors de la
le large,
gagnerions
nous
Rote
tée de vue du Port, que &
voyerions en les attendant, quils
pas à nous joindre
ne tarderoient
En effet, ils furent
avec leur barque. dès la feconde nuit
très-exalls, car
nous. les requifiuivit notre départ, dont nous étions
connimes au fignal comme la mer étoit
convenus; & etmes toute la facilité
calmes nous
nous
poflible pourfaire nos échanges, & ils
leur livrâmes nos marchandifes, des cuirs
nous, donnerent du cacao, d'étoffes
en quantité, quelques Pécorce pieces d'un arbre que
faites avec de
& delargent en
l'on nomme Agetto,
faumons. Je pris en mon patticulier. d'Efpapour environ quinze piftoles y eft
gne de tabac de ce pays, qui
M.
excellent, & je ne fçai Pourquoi
été témoindu
de Prépont , quiavoit fait fur celui
grand profit qHejavois
Hij
, donnerent du cacao, d'étoffes
en quantité, quelques Pécorce pieces d'un arbre que
faites avec de
& delargent en
l'on nomme Agetto,
faumons. Je pris en mon patticulier. d'Efpapour environ quinze piftoles y eft
gne de tabac de ce pays, qui
M.
excellent, & je ne fçai Pourquoi
été témoindu
de Prépont , quiavoit fait fur celui
grand profit qHejavois
Hij --- Page 184 ---
1174]
que j'avois eût à l'Iile Caraibe de S.
Vincent, ne fut point tenté d'en faire
emplette.
La Jamaique, eft une des grandes
Illes, fous le vent de PAmérique
tentrionale, découverte fur la fin ST
lomb. quinzieme fiecle, par Criftophe. CoEile appartenoit ci-devant aux
Efpagnols, & elle eft à préfeut aux
Anglois eft à
depuis plus d'un fiecle ; elle
environ 145 lieues nord du
continent de PAmérique, à 16 lieues
fud de l'Ile de Cuba, & vingt oueft
de SanI Dominguo. Sa figure cif
elle a environ 5c lieues de ovale; fur
21 de large, & plus de
long de circuit. Elle eft partagée par 15o une chaîne
de mornes fort élevés, courant de
left à l'oueft, qui s'étendent les uns
de après les autres, & qui font remplis
fources d'eaur fraîche qui fournif
fent lIne d'une grande quantité de
rivieres; On y trouve béaucoup de
favanes & plaines remplies d'herbes
qui fervent de pâturages aux beftiaux.
L'airy éft fort fain & plus tempéré
dans aucunes des Ifles voilines,
deT forte que la chaleur y eft fupportable, d'autant plus qu'elle eft encore --- Page 185 ---
[:75]
les vents d'eft qui
rafraichie par des grains &
mi
regnent , par
les nuits. Les
qui tombent font pendant bien moins fréquents
ouragants y & de mon tems, depuis
qwuilures
étoient en rofetion
que les Anglois
avoit rellentiaue
de cette Ille, on n'y
de
fecouffes de tremblement
cunes
térre. Les rivieres n'y font pas naviga- à fe débles, mais elles font fujeites des innonborder.ce qui occafionne de ravadations qui font beaucoup
ges.
général eftfrès- fertile,
Leterroizen du fucre , du coton, du cail produit
de la cafle, durocou,
cao, de Tindigo,
8 di gingeme
du mays, du maniock d'Orangers 2
bre 8ec. ily a beaucoup abricotiers 2
cirronniers, limohiers 8c 2 des fruits de
cocoriers, palmides, commins aux ieso tant
toute elpecc fous le vent: La canelle
du vent que
ainfi que lelquine 2
vient très-bien, Les bois y font trèsla falfeparesile. en a de proprés à ia teinbeaux , ily,
conftrution
ture,a la dhuipente.alse & à quantité d'audes vaiffeaux, Il s'y en trouve un
tres ouvrages.
Hiv
limohiers 8c 2 des fruits de
cocoriers, palmides, commins aux ieso tant
toute elpecc fous le vent: La canelle
du vent que
ainfi que lelquine 2
vient très-bien, Les bois y font trèsla falfeparesile. en a de proprés à ia teinbeaux , ily,
conftrution
ture,a la dhuipente.alse & à quantité d'audes vaiffeaux, Il s'y en trouve un
tres ouvrages.
Hiv --- Page 186 ---
[176]
entrautres la
qui rapporte un fruit dont
pulpe fait un favon dont on fe fert
pour laver l'écorce d'un autre arbre
que l'on appelle lajetto, ayec
on fait une étoffe qui
laquelle
nairement à faire des s'employe habillemens ordid'hommes & de femmes. Le
eft abondant dans cette lle, gibicr
en oifeaux fauvages,comme fur-tout
farcelles, vignons, flamingon, perdrix, beccaffes, ramiers, tourterelles,
canards, cocqs d'indes,pluviers
voit aufli
OAE
Ony feaux
beancoup de ces oiprivés comme en
a gueres d'animaux Europe. Iln'y
tiles venimeux. Les feuls voraces ni repcraindre font le crocodile qui foient à
le requin &
O1 caiman,
un animal Talligador; ce dernier eft
crocodille', amphibie, habite
qui ainfi que le
étangs; il
les rivieres & les
julqu'à
s'y en trouve depuis fept
long, fes 1O, 151, 20 & 25 pieds de
pieds loi fervent à marcher
&cdnager, ileft très-aétifa fe
mais il fe tourne fort
remuer,
fon dos & fes côtés font difficilement 2
cailles
couverts d'é.
fible de impénétrables, le
& il n'eft pofventre
tuer qu'en le bleffant au
Ou dans lesyeux, il n'attaque --- Page 187 ---
-11771 défauf des bêtes
Jes hommes qu'au chair, fur-tout celle
dont il mmsferela du chien. Ses oeufs font
du cheval &
d'Inde;
comme ceux de nos la poules tortne fur le
il les dépolé comme foleil les fait éclore. Sa
fable, & le eftimée pour les dougraifle eft fort & les rhumatifmes.
jeurs de goute
fentent le mufc,
Ses parties génitales
bien des
ce a qui lui fait odeur manquer le faifant déproyes, cette fuir
toutes les bêtes
couvrir &z
par
quile craignent. & les rivieres abondent en
La mer
eft fort bon; la tortue
poiflon, qui
ils'en trouve
fur-tout eft excellente, lon nomme
une infinité. Celle que très.commune,
caret, & qui y eft d'écailles, qui fait
fournit beaucoup
de cette Ifle.
une partie du commerce & les vaches fauvages,
Les boeufs
font à
dont le nombre eft frès-grand, fait tin débit
fort bon compte, & on y
Fon en
confidérable des cuirs que
retire. auffi des chevaux (auvages &x
lly a
marons en quantiré:
des cochons
de fix vilCette.l Me eft compoise qui font
les, dont trois principales, Hv
y eft d'écailles, qui fait
fournit beaucoup
de cette Ifle.
une partie du commerce & les vaches fauvages,
Les boeufs
font à
dont le nombre eft frès-grand, fait tin débit
fort bon compte, & on y
Fon en
confidérable des cuirs que
retire. auffi des chevaux (auvages &x
lly a
marons en quantiré:
des cochons
de fix vilCette.l Me eft compoise qui font
les, dont trois principales, Hv --- Page 188 ---
(178]
San Jago de la Véga. qui en eft la capitale; la plus grande, la plus riche,
ia plus belle & la mieux peuplée. Port
Royalqui eft en conlidération, àcaufe
defon Port, quieft le meilleur de l'Ifle
& celle de Paflage, diftante de deux
lieuesdela capitale & de Port
fituée fur l'embouchure de la riviere. Royal,
Les trois autres, qui font Séville 2.
Mélilla & Oriftanno ne méritent aucune attention.
Outre ces villes ilya encore beaucoup de Ports, havres ati bayes dans
l'étendue de cette Ifle, dont les
fréquentés font Old. harbourg - : Pent
Antonio 2 PortNégril & Port Morant.
Cette Mle eft divifée en 28 ou 20
jurifdidions ; elle eft extraordinairement peuplée, & de mon tems, on
y comptoit près de 70 mille ames,non
compris les Négres libres & les Efclaves, dont on faifoit tmonterle nombre
à plus de.80 mille.
- Le Gouvernement général de cette
Hle n'eft confié qu'à un grand Seigneur
qui fait fa réfidence à San Jago de la
Véga.
Le jour d'après notre féparation
d'avec nos Correfpondants, & envi- --- Page 189 ---
rcn fur les neuf heures du matin; faiun navire qui
nous force appetgimes de voilespour nous jo ndre;
ilavoit foit
le vent fur nous & parcafloit d'attès-bon- voilier; nous crûmes
bord
c'étoit un Corlaire
chaffe;
EUs
gnol nous donnotla
la ré.
ne pouvant fuir, nous primes Auflitôt qu'il
folution de l'attendre.
fut à portée du canon: ilifa pavillon
le nôtre',
Erpagnol, nous arborâmes de canon,
ilnous falua de fa bordée
qui ne nous roucha pas, mit pavillon voix
noir, nous cria avec fon
nous
quarang
d'amener, &
promit alors
nous
tier. Nous reconnimes Forban,
ces
à un
Sonte
avions à faire
alors. Comme
mers étoient bien pleines armés, nous ne junous étions à propos de nous rendre,
geâmes pas
bonne connous fimes au contraire rendimes fon (alut
tenance, nous lui bordée, qui n'étoit
de route notre
dans lun defque de neuf canons,
lui
quels étoit un bonlet ramé qui.
fon mat de Mizaine, il nous
coupa lâcha fa feconde, dont un boulet.emla cuiffe d'un de nos Matelots,
porta & i autre qui me pafla deux pieds
HY)
, nous ne junous étions à propos de nous rendre,
geâmes pas
bonne connous fimes au contraire rendimes fon (alut
tenance, nous lui bordée, qui n'étoit
de route notre
dans lun defque de neuf canons,
lui
quels étoit un bonlet ramé qui.
fon mat de Mizaine, il nous
coupa lâcha fa feconde, dont un boulet.emla cuiffe d'un de nos Matelots,
porta & i autre qui me pafla deux pieds
HY) --- Page 190 ---
[180]
au-deffus de la têre, nous lui
mes aufli de notre feconde; ripoftâ- mnais
comme il étoit pliis fort que nous en
canons, ::
nous arrivâmes fur hi, &
en l'abordant nous fimes feu de toute
notre Artillerie, nous jettâmes' nos
grapins & nos chaines, nous fimes
pleuvoir dans fon bord une grêle de
grenades, quincommoderent de telle
forte fon équipage : , par le ravage
qu'elles firent, gueles gaillards furent
abandonnés dans un initant; de façon
que M. de Prépont, s'appercevant du
défordre & de la frayeur de l'ennemi,
cria à fes gens; allons enfans, allons
à bord, bon courage. Notre contremaitre, qui étoit un brave homme,
muni d'un piftolet de ceinture & de
fa hache d'armes y fauta le premier,
& fat fuivide la piuts grande partie de
notre équipage. il fe fit. pendant
d'un quart d'heure un carnage épou- plus
vantable, & nous nous rendimes enfin maîtres de ce bâtiment; il étoit
tems car notre' équipage commençoit fort à s'affoiblir, & de 47 hommes que nous étions, il ne nous en
reftoit plus que vingt-ciniq. L'ennemi
dcfon côré, qui étoir monté de foi: --- Page 191 ---
118]
xante hommes, en perdit quarantes
fix dans cette action. Nous attribude du Cames cette vidtoire à été la tué mort dès notre
pitaine qui avoit d'Artillerie, 82
premiere décharge inftant après de celle
qui fur fuivie un lavoit remplacé; ce
de rOficier qui
& fit perdre
qui mit la confiernation, fon 7 monde. Ce
la tramontane àt tout
Briquet. il
Capitaine fe nommoit le nommé Duavoit été affocié avec dont on a tant
lin, fametix forban, infeftoit ces mers
parlé, tandis qu'il infpiroit à nos arpar la terreur fur-tout qu'il anx Nantois, &
mateurs,
dommages quil leur
par les grands fimes
i4homcaufoit. Nous
spalierles dans notre bord;
mes qui reftoient attacher dix à la grande
on en fit
les fuflla, 8c on les
vergue, on
y fimes- -mettre les
jetta à la mer; nous fers. & nous amaquatre autres aux dans lequel nous
rinâmes le navire,
des mittrouvâmes, indépendament & de bouche, neuf
nitions de guerre
monnoyé,
mille livres d'argent en barre, VONE
22 mille livres d'argent & environ feize
fept en poudre d'or, marchandifes 2 (ans
en différentes
lla, 8c on les
vergue, on
y fimes- -mettre les
jetta à la mer; nous fers. & nous amaquatre autres aux dans lequel nous
rinâmes le navire,
des mittrouvâmes, indépendament & de bouche, neuf
nitions de guerre
monnoyé,
mille livres d'argent en barre, VONE
22 mille livres d'argent & environ feize
fept en poudre d'or, marchandifes 2 (ans
en différentes --- Page 192 ---
[182]
compter ce qui avoit été pris par nos
gens, malgré.routes nos
pour empècher le
précautions
nous avons içu pillage, qui, à ce
Rare grand, Nons depuis, avoit été
notre route jufqu'au continuâmes enfuite
port duquel nous mouillâmes Cap, dans le
demnain à trois heures
le lenNous defcendimes à
après midi.
nous rendimes au
terre & nous
nous informâmes Gouvernement, M. de la Roche où
lard de-ce qui nous étoit arrivé
Al
en donnâmes pareillement avis ; nous
mirauté, & après toutes les àl'Atés requifes en parcil cas, & formalirent aflez longtems,on
qui durejudication du bâtiment procéda & des àladchandifes, & les quatre
marnous avions réfervés, furent hommes que
vifs,
rompus
de Quands nous ffimes une fois hors
bien ces embarras, nous fongcâmes
état de férieufemént à nous mettre en
retourner à la
comme nous faitions, tous Martinique; les
&
ratifs néceffaires à cet
prépaen fimes empéchés
effet, nous
mens bien imprévus. par deux événe-.
Un jour en fortant du Gouverne- --- Page 193 ---
(183)
oû nous avions diné,8 comme
ment. ,
prêts d'entrer dans notre
nous étions homme que nous ne
magafin, tin.
vingt nous aborder
connoiflions demanda pas, qui de: nons deux
& nous
M. les Chevalier D-.
( fe nommoit: l'en eus infruit a 9 il tira de fa
quand je
& un papier, fur
poche une écritoire deux mots, & en me
lequeli il écrivit
une profonde réle préfeniant avec dit qu'il me prioit de
vérence, il me remplit fon minif
trouver bon quil Huiffier, & qu'en
tere, qwsetéit
la liberté de
cette qualité il prenoit en féduétion
m'informer d'une plainte contre moi àla
qui avoit été portée du Cap, par demoifelle
Juftice Royale
agée d'environ
Suzanne de la d'Euflache Ronce, de la Ronce,
feizeans, flle
& de Barbe
Commandeur de Négres, abufé fous proT'Epine, dont Javois & laiffée enceinte
meffe de mariage, avant mon départ
de mes ceuvres Havanne, & qu'en confépour la
à comparoitre
quence il m'affignoit devant.M, le Juge
dans trois jours par répondre, 8cc. 8cilfe
Criminel, Il fe pour fit en moi une telle révoretira. & je fus agité à la fois detant
lution,
& de Barbe
Commandeur de Négres, abufé fous proT'Epine, dont Javois & laiffée enceinte
meffe de mariage, avant mon départ
de mes ceuvres Havanne, & qu'en confépour la
à comparoitre
quence il m'affignoit devant.M, le Juge
dans trois jours par répondre, 8cc. 8cilfe
Criminel, Il fe pour fit en moi une telle révoretira. & je fus agité à la fois detant
lution, --- Page 194 ---
1184T
de mouvemens différents, que je Lieu- me
mal.M.dePrénont, & fon
trouvai
fousles bras, & me
conduifirent tenant me prirent fur le lit de ce dernier.
Malgrétout levinaigre dont on m'inonda,jen ne repris connoiffance la veine: qu'après un
qu'on malde m'eut ouvert tête & une forte fievre
grand inccéderentà cerévanouifement avec
tant dé-violence, que le Médecin la que failon envoya chercher ordonna à M:de
gnéc du pied & fit entendre,
Prépont que fi la fievre ne diminuoit
heures, il ne falpas en vingt-quatre fur moi. Cet Armaloit plus: compter bien fincerement
teur qui m'aimoit de douleur, il envoya
en fut pénétré concher à bord,fe fit
fon Lieutenant
tendre un hamack dans ma chambre, rendu
& alla trouverlelnige Tinformer qui iavoit de Pétat oit
le décret pour
àarrêter touj'étois, afin de Vengager
tes les pourfuites que l'on pourroit maladie,
faire contre moi pendant ma de moi. Je
&ilrevint enfuite auprès cruellesagipaffai la nuit dans lesplus fans aucune dimitations du monde
qui fit. réiténution de mes maux,ce Je me trouvai
rer la faignée du pied, --- Page 195 ---
[185]
la fievre fe
fur le foir un mal peu de mieux, tête , fe diffipa, &
calma , mon
qui ne me quittoit
M. de Prépont
un peu tranprefque pas, me de voyant moi Paveu de cette
quille, exigea afinde
y. remédier
avanture :
pouvoir Je lui déclarai les
s'il étoit pofible,
étoient, fans
chofes tellés qu'elles des circonftlancess
omettrela moindre il vit que je n'avois fait
mais quand
écrit, qui à la
aucune promeffe de par 18 à 19 ans n'auroit
vérité, à Page
il m'empas été d'un grand loin poids, de me faire des
braffa, & bien
ainfi
reproches à contre-tems auroient mnt en NE
de fottes me confola au contraire,
de ne me pas chagriner,
SOEEE
me pria
cette affaire n'auroit
m'aftura fuite que facheufe, & me dit
point de
Général,
quilalloit en inforeera.le en cas de befoin. d'inpour le fupplier
quoi qu'aterpofer fon autorité, que la chofe
près tout il ne penfit Ce bod ami ne me
en valut la peine. languir dansPatlaifa pas longtems au bout d'une heure
tente; il-revint
pouvois abfolu-
& m'annonça que fur - proteéion de M.
ment compter
'aftura fuite que facheufe, & me dit
point de
Général,
quilalloit en inforeera.le en cas de befoin. d'inpour le fupplier
quoi qu'aterpofer fon autorité, que la chofe
près tout il ne penfit Ce bod ami ne me
en valut la peine. languir dansPatlaifa pas longtems au bout d'une heure
tente; il-revint
pouvois abfolu-
& m'annonça que fur - proteéion de M.
ment compter --- Page 196 ---
1186]
de la Roche-Allard ; mais ce
acheva deme tranquillifer
qui
futla parole d'honneur
lelprit,ce
que Madame de
qu'il me donna
jamais inftruite, Norfoy n'en feroit
lent
ce qui, joint àfexceltempérament dont j'étois
teur, mricrablirpartatenent la
en
bots
peu de jours.
Je crus pour lors devoir déclarer
àM.de Prépont ce que je favois du
commerce de fon Lieutenant avec la
demoifelle la'f
Avrillon. Je l'informai de
façon adroite dont j'avois arraché
leur fecret, 2 je ne lui celai pas
ce que m'avoit appris
que
departir pour la
fonNégre avant
Jamaique, m'avoit
faitromprea Je le
abfolument avec ces filles.
priai de Vinterroger r-fur tout ce
quis'étoit paffé pendant notre abfence
entre M.de Traiofort fon ami & les
demoifelles Avrillon & Suzette ; il
s'y prit efedtivement fi bien,
découvrit plus qu'il n'en falloit qu'il
faire paffer ces deux créatures pour
de vraies libertines, fi elles s'obfti- pour
noient à continuer leurs pourfuites;
il'alla enfuite les trouver & fçut les
intimider, de façon qu'il conduift
Suzette chez un Notaire, lui fit paffer --- Page 197 ---
11871 8 en tira une
déGftement,
un aftede
d'Efpagne
quittance de 25 pittolles faire fes cotiches,
qu'il lui donna pour Armateur mit fin
Voilà comme cet
affaire quime
à cette malheureufe Depuis cetinfcaufa tant de chagrin. plus. I1 fentoit
tantil ne m'en parla étoit bonne,, &
bien que cette leçon an moins toutes les
qu'elle équivaloir m'auroit pu faire
mercuriales qu'il
irès-long
auffi a-t'elle fervi pendant de: pareils écarts.
tems à me garantir trouvai en état de
je me
M. de Prépont
ERTe Jaccomipaenat pour remercier
au Gouverementn
de la bonne
M. de la Roche-Allard avoit témoigné avoir
volonté qu'il
quelquies potites
pour moi; Peffuyai de fa part 5 nous dinâmes nous
plastianterier à notre logis que
& retournàmies pendant ma maladie,
avions habité
nous retint au Cap
qui heurcufement de plus que nous n'au- M.
quinze jours refters car eogentrant d'un de
rions duy reçut unc.letre
de Prépont
de Léogane,
fès Correfponans le feur
RECIN
lui- mandoit que cette ville, fur qui cet
Négociant avoit en une lettre de change
Armateur
ianterier à notre logis que
& retournàmies pendant ma maladie,
avions habité
nous retint au Cap
qui heurcufement de plus que nous n'au- M.
quinze jours refters car eogentrant d'un de
rions duy reçut unc.letre
de Prépont
de Léogane,
fès Correfponans le feur
RECIN
lui- mandoit que cette ville, fur qui cet
Négociant avoit en une lettre de change
Armateur --- Page 198 ---
1188]
de 8000 liv. qui n'avoit
dix jours à courrir, étoit pas plus de
lir, &cqu'il fc dépéchâr de prêtà fail.
prendre des arrangemens venir, pour
homme, quifelon toute
avec cet
tarderoit pas à décamper. apparence M. de Pré. ne
pont me demanda fi je voulois l'accompagner &
jy confentis avec
comme il fe décida à y aller plaifir;
terre, ilemprunca une chaife à par
fes amis & loua des chevaux. un de
allâmes diner au
Nous
M. le Général nous Gouvernement, donna
&
de recommandation
une lettre
neur de Léogane, pour ie Gouverarrêterle fieur
qu'il pricit de faire
de fatisfaire M. Dumondé, de
s'il refuloit
fe pratique fouvent Prépont, ufage qui
en faveur des Armateurs, pour faciliter le
ment du prix de leurs
recouvreéviter les longueurs carguaifons, &
Juftice. Nous
-ordinaires de 1 la
8z fimes coucher partimes'le à la lendemain,
chez M. & Madame Houpeliere,
qui nous firent, ainfi d'Oebigny,
leur tante, la reception que la Madame
cieufe. Nous etmes toutes plus gra.
du monde à les faire
les peines
laiffer continuer notre confenrira nous
ronte le jour --- Page 199 ---
[1391 déterminerent
d'après, & ils ne s'y promis de paller
qu'apres leur avoir avec eux à notre
deux O1 trois jours arrivâmes le feptieme
retour. Nous
& nous allâmes defjour à aLéogane, chez: M. de Lartigue qui de la avoit failcendre donné avisà M.de Prépont Nous fumesle
lite de M. Dumondé, M. le Gouverneur, à
lendemain voir
la lettre de M. dequi nous remimes il nous promit de
la Roche-Alard:
pour nous
faire tout ce qu'il & pourroit nous retinta diner.
rendre fervice,
nousallâmcs
En fortant de chezlui, qui ne nous
chez le ficur certsinement Dumonde, pas; M. de
attendoit ne lui céla poin: quilavoit
Prépont
carrêter, qu'ain lui
un ordre pourlefaires de terminer avec
51 lui conleilloit un éclat qui lui feroit fes
pour d'aurant éviter plus funefte que tous à la fois
créanciers lai tomberoient Tempécheroit de
fur le corps,ce fe qui relever. Il demanda
pouvoir inflance Tamais un délai de trois jours d'auavec de
lui accorda
que M. volontiers Prépont qu'il ne pouvoit
tant plus
le refufer,, Puifque
tauommablement
n'échéoit que
la lettre de change
illoit un éclat qui lui feroit fes
pour d'aurant éviter plus funefte que tous à la fois
créanciers lai tomberoient Tempécheroit de
fur le corps,ce fe qui relever. Il demanda
pouvoir inflance Tamais un délai de trois jours d'auavec de
lui accorda
que M. volontiers Prépont qu'il ne pouvoit
tant plus
le refufer,, Puifque
tauommablement
n'échéoit que
la lettre de change --- Page 200 ---
[:90]
dans ce tems. Nous ne manquâmes
pas d'y retourner à jour nommé.II
paya tant en cacao qu'en argent le
montant de cec qu'ildevoit, & ilfonda
M.de Prépont 2 pour favoir de luisil
vouloit lui accorder le
qu'àl la Martinique, d'oà il-devoit paflage juftourner en France
reune fucceflion quilui pour étoit y recueillir
laquelle il comptoit fe remettre échue,avec
deflus de fes aflaires, &
aufes engagemens. M. de remplir tous
étoit pas trop d'avis, Prépont n'en
confentit à ma
cependant il
arrêté
follicitation, & il mie
qu'il partiroit de Léogane huit
jours après nous pour fe rendre au
Cap, & que fans s'y arrêter, ilf fe feroit conduire à bord de notre
tin qui étoit le fenl qui fit Brigan- dans le
Port. Nous reflâmes encore
à Léogane, nous allâmes deuxjours
M. le Gouverneur
remercier
diner, & nous remit qui nous retint à
M. de la Roche-Allard,6e une lettre. pour
times pour le Cap. Nous nous réparle cinquieme jour à la
arrivâmes
nousy en reftâmes trois,ainfi Houpeliere 2
l'avions promis à M.
que nous
nous infruifit
d'Orbigny, qui
qu'il avoit reçu depuis --- Page 201 ---
I:9il Mademoi(ela
lettrede
notre départmne qui Yinformoit que Male Bonneuil,
la veille defe redame Opigny.e avoit. été empéchéc,
marier : en
mais qué
qu'elle iporoitecommentte cette femme en avoit
le chagrin avoit que été fi vif qu'clle étoit
conçu, tombée dans .un état de langueur qui &
l'avoit conduite à T'extrémité, Notaire
qu'ayant fait venir un dipofitionss pour
recevoir fes dernieres entre fes bras avant
elle étoit morte les
qu'on avoit
de pouvoir les ice'lés t tous fes effets,
appolé tant à la ville qu'à la d'écrire campagne, alhéqu'elle s'étoit linfruire chargée de cet événenitiere afin pour qu'elle prit les précautions
ment, convenables en pareil cas. I! nous
ajouta qu'il étoit d'avis d'alleriti-memuni de tousles
me en nécellires, France,
& que fa Keetne
piers étoit enceintc refteroit avec fa
qui
qu'aulfitôr qu'il auroit mis ortante;
Mademoifel'e
dre à tout V & chargé
&à qui
Bonneuil de fa procuration, pour
ilcomptoit faire cunfortheureux, fervices
des
qu'ellé
la récompenfer avoitrendns, s,i1 reviendroit join;
leur
d'alleriti-memuni de tousles
me en nécellires, France,
& que fa Keetne
piers étoit enceintc refteroit avec fa
qui
qu'aulfitôr qu'il auroit mis ortante;
Mademoifel'e
dre à tout V & chargé
&à qui
Bonneuil de fa procuration, pour
ilcomptoit faire cunfortheureux, fervices
des
qu'ellé
la récompenfer avoitrendns, s,i1 reviendroit join;
leur --- Page 202 ---
[192]
dre fa chere coufine, à qui il continuoit de donner ce nom, par préférence à celui de femme; nous approuvâmes fort fa réfolution, & nous
T'engageâmes à profifer da premier
bâtiment qui feroitvoilepour la France. Nous primes congé de ces aimables époux, & de leur tante, & nous
nous rendimes aul Cap le vingt-unieme jour depuis que nous en étions
partis.
L'Ile de S. Domingue, tant Françoile qu'E/pagnole, ett fans contredit
une des plus grandes Iles de l'Amérique Septentrionale 2 elle a 168
lieues de long de Pcft à l'oueft, environ 35 dans fa moyenne largeur du
nord aufud, 400 lieues de circuit, &
fi on faifoit le tour des ances, elle en
auroit aul moins 600.
Toutela partie occidentale de cetté
Ile appartient aux François, & le.
refte, qui eftle plus. confidérable &'le
meilleur, eft aux E(pagaols. La partie qui appartient aux François, eft
divifée en deux quartiers, dont Pun
au nord &c P'autre au fud,
Le premier comprend le Port François, Porto plate, 2 Port Margot, le
Morne --- Page 203 ---
[193]
Saint-Marc, le Morne
Morne
petite riviere, le Port
all diable,
LERRES
de Paix & la pointe S. Louis, qui eft
auprès, fecond 8c.
comprend le grand
Le
Gonave, le Cap Dame-
& petit
Mongon, Pille à VaMare, le Cap Saint-Louis, Léogane,
che, 7 la Caye &cle Cul-de-Sac qui en font
PEfterre
2 & le Cap François
des dépendances
où de Tiburon,&ce. plus connu autreLe CapFrançois, de Cap Tiburon, eft
fois fous le nom
le Port le plus confidérable
à préfent fréquenté de P'Ie de S. Do-
& le plus la
françoile, dont
dans partie
de
C'eft une efpece
TE il
partie.
vent
baye qui n'eft ouverte T'entrée qwaufeul eft trèsde nord-eft dont Ileft fur la çôte Septenbien fortifiée. dePlile, dans une belle plaine,
trionale
on a bâti une ville affez
bien fertile,oir & qui par la fuite des tems
grande,
encore davantage : ce
Ia deviendra autrefois qu'un petit bourg
n'étoit
a
avoit été pris 82 brilé plufieurs
les Anglois & les Elpagnols; Garni- 2 mais
par
une bonne
iy a aujourd'hui tems le Gouverneut,
fon, & de mon
I
Part. II,
. dePlile, dans une belle plaine,
trionale
on a bâti une ville affez
bien fertile,oir & qui par la fuite des tems
grande,
encore davantage : ce
Ia deviendra autrefois qu'un petit bourg
n'étoit
a
avoit été pris 82 brilé plufieurs
les Anglois & les Elpagnols; Garni- 2 mais
par
une bonne
iy a aujourd'hui tems le Gouverneut,
fon, & de mon
I
Part. II, --- Page 204 ---
E1941
-
faifoit fa réfidence. Il n'y
Général y. feule Paroiffe dans la ville,
a qu'une
des Capucins, un trèsdeflervie par diftant d'environ demibel hôpital,
adminiftré par des
lieue de la ville,,
Médecin du
Peres de la Charité, un
ConRoi 8 un Chirurgien major,un établi en
feil fupérieur qui y a été
anquel font portés les appels
1702, de toutes les fentences rendues. parles
ordinaires qui reflortiflent à ce
Juges tribunal, à
depuis la riviere
jufqu'à la frontiere
de
a auffi un IntenEAtICne
des Efpagnols: Il y.
ordonnateur
dant, un. commiflaire
un
de la Marine : 2 un Tréforier, Amirauté. Capitaine de Port & une lieues du
FranA environ deux
Ile Cap l'on a
çois, eft une petite
que
vue
nommé tortue, à caufe qu'étant forcertaine diftance elle a la
à une
c'eft la premiere
me de cet animal;
habités avant
que les François ayent
terre ; on
de à s'établir dans la grande à
lui donne fept lienes de left Toueft, fud. La
& deux de large du nord au & envipartie du nord eft efcarpée, d'eau
ronnée de rochers à fleur
quila du
inaçcellible, mais le çôré
gendent --- Page 205 ---
[1951 lc nord des.I Domin:
fud, quiregarae uni. Ils'y trouve une
gue 2 eft plus dans le milieu de Plle, qui
mentagne dans toute fa. longueur 1
la traverfe
infenthlcment, & en
en s'abaiflant
une étendue de
laiflant cependant lieues d'un très.beant
quatre à cinq
eft fort.bonne; &
pays, oùt la terre étoit cultivée,
qui, loriqu'elle
du fucres ege
duifoit abiondament, du coton & du tabac. Ony
Findigo,
d'orangers, citronvoit beaucoup abricotiers &c.banniers, limoniers, a de fort beaux, bois
naniers. I1 y
il s'en,
en
parmi.lefqwels
& quantités
cédres imtrouve que l'on appelle ce font plutôt des
proprement , à car fait différens de ceux
acajoux tout
dont, une
qui rapportent tient une pomme,d lieu de queuc fe
noix qui lui les bois de teinture &
nomme ainfi aromatiques ;
y. font aufi
les lauriers
fort communs:
de cochons maly a beaucoup ramiers, de grives & de.
rons, de
Cette côte eft fort poit
perroquets. fonneule, & le poifion eft Ife excellent: eft au
Le Port de cette petite V'ancragey,
guartier de la balle-terre, 11
, une
qui rapportent tient une pomme,d lieu de queuc fe
noix qui lui les bois de teinture &
nomme ainfi aromatiques ;
y. font aufi
les lauriers
fort communs:
de cochons maly a beaucoup ramiers, de grives & de.
rons, de
Cette côte eft fort poit
perroquets. fonneule, & le poifion eft Ife excellent: eft au
Le Port de cette petite V'ancragey,
guartier de la balle-terre, 11 --- Page 206 ---
[:96]
eft bon, c'eft une baye profonde;
forméc par deux pointes de terre qui
s'avancent en mer, & fur chacune
defquelles il y avoit une batterie de
çanons. Le bourg eft au fond, fous la fortereffe; elle étoit compofée d'une
courtine & de deux baftions qui faifoient face à la mer, & défendoient
lentrée du Port, Il n'y a point de riviere ; mais feulement quelques fources qui ne feroient pas fuffifantes & lorfpour tournir l'eau néccflaire,
qu'elle étoit habitée, on Ltoit obligé
de boire de l'eau de pluie, que l'on
confervoit dans des citernes.
Cette Ifle eft compolée de fept
font la Pointe au
sEber
tiers , qui
le Mil Plantage, le Rinla Montagne, Bafle-terre, la Cabefterre &
got, la
Cayonne. A
de diftance, & vis-à-vis de
peu dans la
terre; à la
cette Ife,
grande l'embouchure
bande du nord, entre
des
des trois rivieres & la pointe
palmiers, eft un. bourg confidérable,
de
il eft
Hes
lon appelle le port paix; font fort riches,
peuple & les habitans
Dy a une Paroifie, qui de mon remss --- Page 207 ---
8e
étoit deffervie par des Jéfuites 2
c'eft le premier polte de la grande établis
terre oir les François fe foient Les Gonveren fortant de la tortuc. antrefois, fon Port
neurs y refidoient du côté du nord par le
eft couvert
y - eft bon,
fort de la tortue, Fancrage des meilleurs de
& le terroir eft un
de
toute IIle, qui habitations; eft environnéc il s'y
plufieurs belles de gibier, & lacôte
trouve beaucoup
eft fort poiffonneufe: autre
de mer
Ily a encore un
Rot appelle
peu éloigné du Cap, & oit que ily a un bourg
le Port Margot, il eft fitué a la bande du
de ce nom ; Port!
& la rinord, entre le
François
viere du Borgne. autrefois n'étoit qu'ta
Léogane, qui
principale
bourg, cft aujourdhut.la elle eft fituée
ville de S. très-belle Domingue; & grande pleine
dans une
fon nom; elle eft au
qui lui a donné Golfe où ily, a un fort bon
fond d'un
en défend l'entrée.
Port & ul fort qui qui en fut faite par
Après la conquête à la fin du quinzieme
les Elpagnols
du pays, on
fiecle fur les naturels fous le nom
drigea en pritcipauté,
Iij
jourdhut.la elle eft fituée
ville de S. très-belle Domingue; & grande pleine
dans une
fon nom; elle eft au
qui lui a donné Golfe où ily, a un fort bon
fond d'un
en défend l'entrée.
Port & ul fort qui qui en fut faite par
Après la conquête à la fin du quinzieme
les Elpagnols
du pays, on
fiecle fur les naturels fous le nom
drigea en pritcipauté,
Iij --- Page 208 ---
£T93 I
tout le ternitoire qui eft
de Liogane, la riviere de PArtibonite jufdepuis
de
du côté du
qu'a la plaine
Jacquin, d'une fille naturelle
fud, en faveur
de Philipes III, Roi d'Efpagne, éncore MEX
termina fa vie. On voyoit les reftes d'un
y, a environ
ans, été bâti dans une
château
aNoA
Savanne, qui
où cette Princeffe
grande Taifoit fa réfidence, dont il ne fubfifte
aucuns veftiges. Il étoit fitué
plus
legrand
dans un lieu quelon à appelloit trois lieues de
Boucan, environ
encore 2
FEfterre 2 nom quilconferve les Bou-
& qui lui eft venu de ce que rétour
canniers s'y affembloient faire au boucaride leur challe, pour y. animaux qu'ils
ner la viande des avoir les cuirs
avoient tués, pour en
commerce.
dontils faifoient un grand
Cette plaine a environ fur quatorze trois à
lieues de Peft à l'oueft,
les
quatre de large; elle s'étend depuis
montagnes dugrand Gouave,tufguan Ce pays eft
cul-de fac de Léogane.. arrofé
très-beau, uni & bien
dont Re:
plufieurs rivieres & ruiffeaux
principales font celles des cormiers eft
& des: citronniers. Le terrain en --- Page 209 ---
[199]
il produit; 9
fort bon & très-feriles de toute PIle des canainfi fucre, celui de T'indigo, du coton,
nes rtu du Rocou , du ris, du
du cacao, du maniock, des patates,
mays,
annanas 2
ignames, bananes, d'acajoux, 9 figues avocats,
abricots, pommes orangers, citronprunes de monbain, grenadiers, cocoticts,
niers.limoniers,
tonies
palmiltes 2 : & généralement & d'herbages comfortes de Ifles, fruits tant du vent qne fous
muns aux
viennent mieux
levent, quicependant que dans les predans ces dernieres trouve aufli beauconp
mieres: Il s'y bois, propres à la contde fort beaux
à la charpente,
truétion des vaifieaux, & à toutes fortes
à la menuiferie 9
d'autres ouvrages. eft fort mal fain, furtout
L'air y
à caufe de la
pour les extraordinaire Européens 1 qu'il y fait &
chaleur mauvais vents qui y. regnent, 2
des
aux. excès que Tony com- des
ce quijoint tout
, ogcafionne
met en dangereufes genre qui moillonnent
maladics
infini.
tous les ans un monde
de LéoDans la partie méridionale fait le
gane,ily: a un gros bourg T
. eft fort mal fain, furtout
L'air y
à caufe de la
pour les extraordinaire Européens 1 qu'il y fait &
chaleur mauvais vents qui y. regnent, 2
des
aux. excès que Tony com- des
ce quijoint tout
, ogcafionne
met en dangereufes genre qui moillonnent
maladics
infini.
tous les ans un monde
de LéoDans la partie méridionale fait le
gane,ily: a un gros bourg T --- Page 210 ---
[200]
quartier principal de cette ville,que fitué à
Fon nomme FEferre; il eft
trois lieues de la petite riviere; le
chemin qui conduit eft de fept toifes de large Rug au cordeau, 2 les deux
côtés font bordés de pluficurs rangs forde citronniers plantés en haye,qui fur
ment une épaifteur de quatre pieds le deffus
fept de hauteur 2 taillées par fait la char-
& les côtés, comme on
mille en Europe, ce qui les rendimpénétrables à toutes fortes d'efforts.
Les maifons & habitations que lon
trouve le long de ces magnifiques
chemins, ont debelles savenues, planchênes & ortées de grands arbres,
très-biena alignés, & entretenus
mes,
au mieux.
< Ce bourg eft beaucoup plus grand les
que celui de la petite riviere, &
rues font longues, droites, larges
bien percées, les maifons font bâties
en charpente à deux étages, couver- de rites d'efflentes, 8c occupées par
&c
ches Marchands, qui ont de grands
fpacieux magalins. Il y a aufli beaud'Artifans & un bon nombre
coup de cabarets, bien plus fréquentés que
la Paroiffe. Elle eft hors du bourg, --- Page 211 ---
[sot),
bien bâtie en char:
eft fort propre,
vingt
pente; elle a environ quatre- de
pieds de long fur trente
&eft deffervie par des
ReCLnE
le
C'eft dans ce quartier réfident quief le -das
beau de la ville, que
Officiers de
verneur & les principaux oil fe tient le Confeil
la Colonie, &
qui avant l'éSupérieur de Léogane, étoit le feul
rection de celui du Cap, 2
dans
de toute PIle de S. Domingue; habitansy font
la partie françoife 9 les
&c
fort riches, affables, genéreux, fociété que
forment la plus gracieule
lon puiffe aufi avoir. de la grande riviere,
Hy a
près à T'Orient, & le pétit
entre Léogane
fort bon Port
Gouave à TOecident,un Gouaves. &
l'on appelle le grand dans le quartier
f la même côte, cul-de-fac, entre
du fud, furle Gouave grand à T'Orient,s Nipe à $
le grand
unautre Port affez bien
rOccident,
Gouafortifié
Pon nommelepetit fort
ve;il Tadta de mon tems endroits peupléLe & des
terrain de ces très-fertile, deux
& produit
environs, eft
des autres cantons
autant qu'aucuns
de cette Ile.
Iv
elle le grand dans le quartier
f la même côte, cul-de-fac, entre
du fud, furle Gouave grand à T'Orient,s Nipe à $
le grand
unautre Port affez bien
rOccident,
Gouafortifié
Pon nommelepetit fort
ve;il Tadta de mon tems endroits peupléLe & des
terrain de ces très-fertile, deux
& produit
environs, eft
des autres cantons
autant qu'aucuns
de cette Ile.
Iv --- Page 212 ---
(201)
Les habitans de S.Domingue, dont Phlila majeure partie fort desanciens
buttters & boucanniers de cette Ifle,
cariln'y a plus de naturels, font exceffivemient riches,& iroient au moins
avec
de pair; par leur magnificence, -
; mais quelnos
grands Seigneurs foit leur fortune, ils
que
que
MMaaue
fe mettent à l'abry de'l'envie par le
bon ufage qu'ils en font & Thofpita- ceux
lité qu'ils exercent envers arrivés tous dans ces
qui, nouvellement où ils manquent de conColonies, sfetrouvent dans le casde : la
noiffances
ferviaréclamer. Ils font généreux,
bles, prévenans, officieux, compa- le bien
1iffants, 8 n'ont en vue que
qu'ils pratiquent mieux que perfonne roctoutes les fois qu'ils en trouvent fuis
cafion. Ceft une juftice que je
obligé de leur rendre, non par recon- la vénoiffance, mais par amour pour des excès
rité. Je les blâme cependant
indifanquelsi sils fe livrent un deleur peu trop fanté, &
cretement auxdépens
leur intemil arrive très-fouvent que tombeau à la
pérance les conduit au
moitiédeleur carriere:1 Ils font grands,
francs, finceress
bien faits,vaillants, --- Page 213 ---
[2071
près de dix fept heures nous que
pendant bourafque dura , nous
cette
inftant en danger
trouvâmes à chaque des requins dont
de devenir la proie mais heurenfecette mer abonde;
vifible
ment que par une proteéion nous en fimes
de la Providence, nous perdimes
quitte pour la trois peur, mulets, nos deux
un cheval &
tres-matrairées.
barques furenteanfi enfin fi délâbrés que nous
Nousétions d'aller relâcher à S. Criftoréfolames
mouillâmes le troifieme
phe, oli nous
tempête, en conféjour d'après cette
que nous en
de la permifion de cette He, à
Trmer le Gouverneur fut lui-même la
qui M. de Prépont reflâmes pendant
demander. Nous y,
le défordre
dix jours pour y: vent réparer avoit caufé à nos
que ce coup de
de ce tems
batimens. Nous profitames Mle
y renparcourir cetté
tant snous au GouREBLP quelques vifites;
de cette
principatix
verneur qu'aur en fames très-bien acColonie, 2 nous
plufieurs
cueillis 3 nous y mangedmes nous étions infois; & un jour chez que Tun deux,jc trouvités à diner
des
vai : A uine_felle de cheval à Tufage avec la
dames, qui étoit à vendre
ce tems
batimens. Nous profitames Mle
y renparcourir cetté
tant snous au GouREBLP quelques vifites;
de cette
principatix
verneur qu'aur en fames très-bien acColonie, 2 nous
plufieurs
cueillis 3 nous y mangedmes nous étions infois; & un jour chez que Tun deux,jc trouvités à diner
des
vai : A uine_felle de cheval à Tufage avec la
dames, qui étoit à vendre --- Page 214 ---
[ac8]
houfle la bride & le bridon. Cette
felle, iaa que la houffe, étoit de velours bleu, brodés en argent , avec
des crépines de même; fur l'ados de
cette felle, étoit un trou à vis, couvert d'une plaque d'argent, 9 dans lequel on montoit, quand on lejugeoit
à propos, le bâton d'un paraffol, qui
fervoit à garantir du foleil la dame
Le
étoit
sa
étoit à cheval.
paraffol
de taffetas bleu doublé de blanc,
avecune crépine d'argent aut tour ; la
bride étoit de cuir bleu, les boffettes
& le bridon
& les garnitures foie d'argent, bleue & de fild'arétoit natré de
d'hazard,
gent. Cet équipage, quoique fuis
avoit toute fa fraicbeur, &
perfuadé ou'il n'avoit pas
plus de
ecte
fix fois;ie le trouvai fi galant qu'il me
tenta. M. de Prépont , à
T'en fis
& qui devina mon
le marH
part, chanda & l'eût pour vingt cinq piftolles d'Efpagne. Cette emplette me fit
naitre l'envie d'habiller Tiou Tiou à
la façon du pays, qui eft à peu de
chofe près, femblable à celle de nos
coureurs. Je lui achetai une toque
mettre fur fa têre, & un collier
d'argent. pour,
Je priai en même tems M, de --- Page 215 ---
[sos1
la brabons amis; & il femble leurs que ancêtres,
voure, f vantée héréditaire de.
parmi eux.
foit devénue
font auffi d'une trèsLes femmes blanches, y
faites à peinbelle taille, de graces, & extrêmedre, remplies c'elt dommage, qu'en
ment jolies clles ; foient un peu galantes, fangénéral,
fujettes à bien des
inconflantés, & à des coups de caprice qui
tailies,
de jaloufic tout autre
feroient périr
auroit le malheur
qu'un François s'attacher qui à elles ; mais c'eft
de.trop maladie
n'eft guere connue
une
nation, qui 8 encore moing
dans notre
elles ont Tefprit vif &
dans ce payss. d'ailleurs elles font nonenjoué; mais
dans prefque
chalantes & pareffeufes
toutes leurs adions. les vaches 8 les cheLes bocufs, l'on tire, tant de la partie
vaux Françorfe que que de la partie Elpagnole coutent 3
a y font preique pour attendu rien & qu'on ne
fort
à nourrir 2 fourage que celui
leur Sedi d'autre dans les favannes ott
qu'ils paillent vontleur oeteien &
les Négres qu'on a foin: de femer dans
E mays
leur tient licus
tontés lés habitations,
Ivj
leurs adions. les vaches 8 les cheLes bocufs, l'on tire, tant de la partie
vaux Françorfe que que de la partie Elpagnole coutent 3
a y font preique pour attendu rien & qu'on ne
fort
à nourrir 2 fourage que celui
leur Sedi d'autre dans les favannes ott
qu'ils paillent vontleur oeteien &
les Négres qu'on a foin: de femer dans
E mays
leur tient licus
tontés lés habitations,
Ivj --- Page 216 ---
Tao4l
d'avoine; ainfi il-n'eft pas étonnant
voir autant de caroffes & de chaie qu'il y en a; je fuis même perfuadé qu'à préfent quelelusceliporte
à fon plus haut période, les voitures
font
en bien plus
V y
nombre par proportion qu'en France, & qu'il
grand
d'Artifan un peu aifé
a
qui
n'y, n'ait la pas faculté d'entretenir au moins
un cabriolet, fans courir les rifques à
d'effuyer des difgraces pareilles à
celles qu'éprouvent tous les jours de
Paris quantité de petits Maitres fortune fe
nouvelle édition,, dont la
renverfe pour vouloir aller trop vite,
& quicomme de nouveaux Phaétons, forte
paroiffent d'abord avec une
d'éclat, dans des chars peu faits
la fin de
RReuE
eux, & en font avant honteufement. J'aeourfe précipités
mieux,
voue que pour moi. jaimerois
afplutôt que de m'attirer un pareil donnoit
front, fuivre le confeil que
à fon fils un des plus intégres de Magic Protrats d'un de nos Parlement
laffé
vince,. que j'ai fort connu, qui de
de payer trop fouvent des caroffes
remifes que ce jeune homme em- lui
gloyoit dans les comptes qu'il --- Page 217 ---
[4o;l
& ful
gendoit, perdit enfin patiene,
écrivit cette lettre laconique.
N alloit à pied;
9 Ton grand N.. pere
va à pied,
s Ton
à pied.
>> A B", 2
arrivée s
Le lendemain de notre
nous
nous allâmes au Gouvernement, la
remimes à M. de la Roche-Allard de Léogane ;
lettre du Gouverneur de la prorection
nous le remerciâmes voulu nous accorder
qu'il avoit circonftance bien
oû elle nous
dans une
pour être payés
avoit été fi néceffaire
Dumondé; nous Tinformames
du fieur
M. le Chevalier
des nonvelles que
& de la réfod'Orbigny avoit reçues, d'aller en France,
lution oùt il étoit
&ilvouce qu'il approuva très-fort, follicitation aclut bien aufi à notre Dumondé un paffecorder au fieur
oi j'étois
port pour la Martinique, faire obtenir un
bien affuré de lui en
pourt paffer en France.
plus penNous ne nous occupâmes nous refdant les cinq à fix jours que faire emrâmes encore au Cap, qu'à nos mulets &
barquer nos chevaux, dans notre
pos autres marchandiles
,
lution oùt il étoit
&ilvouce qu'il approuva très-fort, follicitation aclut bien aufi à notre Dumondé un paffecorder au fieur
oi j'étois
port pour la Martinique, faire obtenir un
bien affuré de lui en
pourt paffer en France.
plus penNous ne nous occupâmes nous refdant les cinq à fix jours que faire emrâmes encore au Cap, qu'à nos mulets &
barquer nos chevaux, dans notre
pos autres marchandiles --- Page 218 ---
(206] I
Brigantin & nos deux barques. Nous
envoyâmes par le fieur de Trainfort
à la demoifelle Avrillon le prix de.la
location de fa maifon, le fieur Dumondé arriva dans cetinterval, nous
le fimes paffer fur notre Brigantin,
La veille de notre départ, nous fames
diner chez M. de la Roche-Allard, à
qui nous fimes nosadieux: il me remit une lettre pour M. le Marquis de
Champigny, nous allâmescoucher
à bord.
Le lendemain à cinq heures du matin, nous appareillâmes & fimes voile
pour la Martinique. Nous eûmes les
premiers jours de notre navigation un
vent très-favorable; il nous furvint
enfuite un calme fi grand, que nous
eâmes toutes les peines du monde à
réfifler aux courants qui nous entrai.
noient fur Sainte-Croix, la derniere
des Ifles Antilles dut vent de l'Amérique appartenante aux Danois : enfin
après avoir dépaffé cette Ifle nous efduyâmes un coup de vent fi
que nosvibords & une : partie terrible, de notre
poupe furent emportés, notre mât
d'artimont fut caffe; le Ciel étoit tout
en feu, le tonnerre & les éclairs fe
fuccédoient de minute à autre, & --- Page 219 ---
[a09)
de me choifir un de nos plus
Prépont chevaux, & le mieux dreffé pour
jolis
tout équipé à Madaen faire préfent, Cet armateur qui
me de Norloy.
bien placée, fe
trouva ma genérofité à tout ce que je
prêta avec plaifir
voulus.
eft une des Iles antilS. Criftophe,
Septentrioles du. vent deTAmérique fituée au nord de S. Barnale; elle eft midi de Nieves, dont elle
thelemi, au
un petit trajet
n'eft (éparée que
au couchant
d'environdeni. ndge, -
&
dans
Euftache. Elle eft coupée
de S.
occidentale par le trois
fon extrémité degré de longitude,
cent quinzieme eft les die-lepidepres
& fon milieu E latitude. Elle a entrente minutes lieues de tour , eft
viron vingtcing de hautes montagnes 2
relevée par
ruifeaux qui
d'ou il coule plufieurs debordemens:
Occationnent de grands belle riviere que Pon
llya une affez
qui a faf fource à la
nomme Cayonne, ronde; elle fervoit autremontagne de bornes entre les Anglois &
fois
T
le milieu de PIne
poffedoient
les deux parFrançois qui occupoient POrient 8càl arocadents
ties qui fontàl
viron vingtcing de hautes montagnes 2
relevée par
ruifeaux qui
d'ou il coule plufieurs debordemens:
Occationnent de grands belle riviere que Pon
llya une affez
qui a faf fource à la
nomme Cayonne, ronde; elle fervoit autremontagne de bornes entre les Anglois &
fois
T
le milieu de PIne
poffedoient
les deux parFrançois qui occupoient POrient 8càl arocadents
ties qui fontàl --- Page 220 ---
[aro]
au milieu de fon cours eft une habitation que l'on appelle PHermitage, &
auprès de fon embonchure une autre
qui fe nomme Cayonne; mais depuis
le traité d'Utrecht, les Anglois en
font les feuls poffeffeurs. Le terrain eft
fertile, il produit toutes fortes de
fruits communs dans les Antilles, du
fucre, du coton, de Tindigo, du rocou, du mays & du maniock. Il
dont
H
trouve beaucoup de falaifes, fources
peêt feul fait frémir, plufieurs
la
d'eau chaude, dont une s'appelle
Soufriere, à caufe du fouffre que l'on
en. Cette retire. Ile eft divifée en a quatre
quifont tous très-bien forquartiers, tifiés; elle eft fort peuplée, il y a
beaucoup de marchands, parmi lefquels font pluficurs Hollandois &
François réfngiés; ils'y fait un grand
commerce, les maifons font bâties en
briques & en charpentes, les dedans.
en font fort ornés. Celle du Gouverneur eft une des plus belles que l'on
puiffe voir. Ily a une faline au bord
de la mer, dans un cul-de-fac
fel
abondance. Les
R
fournit du
en
généreux, & ils
bitans paffent pour --- Page 221 ---
[ati]
envers les étrangers: état
Iont tresafables bâtimens furent en
Quand nos
nous
la mer,
Snpeaaamnes
de tenir
Mafe-Galane,
& fimes voile pour vers les cinq heuoit nous mouillâmes midi, le vingt Novembre être
res apres
fix mois après en
1729 2 environ
partis. fimes paffer le fieur de Train- nous
Nous
Brigantin. &
fort dans notre à terre ; nous oùi allâmes nous
defcendimes
d'abord au Gourernement, s'étoit emapprimes que M. dePoincy le Fort Royal,
barqué la veille pour du Confeil jupéà caufe de la tenue féance. Nous nous
rieur, oût il avoit chez Madame de
rendimes enfuite trouvâmes fcule,
Chanzy, que nous avoir témoigné la
8 qui après avoit nous de nous voir, nous M.
joie quelle fon fils étoit puniavec ou M.
apprit que pour la Martnuoucs de fe
de Poincy
avoit donné ordre
le Genérathut
le motif;
rendre fans lui en marquer fa fille étoit
elle nous dit auffi que à Vhabitation de
allée le même jour
étoit néceffon frere, oit fa préfence devoit revenir le
faire, & qu'elle foir. en Ccdélai ne s'ac
lendemain au
nous M.
joie quelle fon fils étoit puniavec ou M.
apprit que pour la Martnuoucs de fe
de Poincy
avoit donné ordre
le Genérathut
le motif;
rendre fans lui en marquer fa fille étoit
elle nous dit auffi que à Vhabitation de
allée le même jour
étoit néceffon frere, oit fa préfence devoit revenir le
faire, & qu'elle foir. en Ccdélai ne s'ac
lendemain au --- Page 222 ---
[2r2]
cordant pas avec mon impatience,je
fuppliai cette dame de trouver bon
j'allafle la chercher dès le matin,
que
lui
je
fiffe le cadeau d'un joli
cheval tout équipé & d'un petit
Négre, M. de Prépont joignit fes
res aux
a
priemiennes 2 & Madame de
Chanzy qui connoiffoit la pureté de
mes intentions pour Madame fa fille,
nous accorda ce que nous défirions.
Nous retournâmes à bord, nous fimes débarquer le cheval gris - pommelé, dont nous avions fait choix
avec fon équipage, une cavededouze
livres de tabac de la Havanne, deux
andouilles de tabac de la
de douze livres
Jamaique,
chaque, avec une
piece d'écorce d'arbre, & nous revinmes à terre. Nous foupâmes chez
Madame de Chanzy, j'y. couchai &
M.de Prépont s'en alla à bord,où en
arrivant il apprit que le fieur Dumondé ayant trouvél'occafion d'ane
barque qui alloit à la
il
en avoit
Martinique,
profité pour s'y rendre, &
qu'il y attendroit notre retour, 1
avoir fon paffeport pour la France. pour
Je me levai de fort bonne heure,
je fis fellermon cheval, Tiou Tiou le --- Page 223 ---
[213]
- la bride, je montai celui de
prit par
& nous partimes au
M. de Chanzy,
le Charbon,
coup de fix henres pour avant fept. Maoi nous arrivâmes n'étoit pas encore
dame de Norfoy la forte envie que
éveillée, & malgré voulus attendre
Javois de la voir,je. chez elle pour me faire
qu'il fit jour
ne tarda pas ; car
annoncer, ce malgré qui ma défenfe, 2 alla
fa Négrefic, J'avois à peine fait un tour
Favertir.
je vis cette charmante
de jardin, quel venoit au devant de moi :
femme qui mes pas pour épargner bras
je précipitai fiens en nous abordant, nos
les
; Wentrelaflerent, & nos
sétendirent,
fi juftes,
bouches fe rencontrerent collées pendant plus
qu'elles refterent fans pouvoir articuler
d'une minute, Pautre un feul mot. L'ufage
nilun ni
nous étant enfin revede la parole
qu'à nous
nu, nous netemployimes tendres, & à
dire les chofes les plus
nous ref
la joie que
fi
nous témoigner de nous revoir après une
fentions eablence; nous nous fimes mille
longue
je la concarelles, &c infenfiblemenr fa chambre, oùt elle
duifis juique dans à laquelle jafiftai,
acheva fa toilette,
mot. L'ufage
nilun ni
nous étant enfin revede la parole
qu'à nous
nu, nous netemployimes tendres, & à
dire les chofes les plus
nous ref
la joie que
fi
nous témoigner de nous revoir après une
fentions eablence; nous nous fimes mille
longue
je la concarelles, &c infenfiblemenr fa chambre, oùt elle
duifis juique dans à laquelle jafiftai,
acheva fa toilette, --- Page 224 ---
[a14)
Elle me dit.
la lettre que
lui
lui
re2a
avois écrite ae Cap,
avoit
mife bien à tems pour lui ôter lesinquiétudes qu'elle avoit fur mon comptc; mais qu'elle n'avoit pu faire trouver tenir
aucunes occafions pour lui me tenois une
fa réponfe: Comme je
la
de fes mains, je lui paflai au doigt Mabague qui m'avoit été donnée par
dame d'Orbigny, dont je lui racontai
elle fut enchantée du fort
Thiftoire ; de ces deux époux, & ne
heureux
mauvais que Teuffe actrouva pas,
de leur reconceptai ce témoignage
fima camnoiffance, Elle medemanda
avoit été heureufe, & s'il en
pagne faudroit faire beaucoup de pareilles
avant de nous nnir; ; deux tout au plus,
lui répondis-je, ma chere Vietoire, les
& elles feront fuffifantes, de avec M. de
foins & les fages confeils état de
Prépont, pour me mettre en d'envie &
vous en procurer un digne Je lui fis alors
ne vous plus quitter.
le détail de tout ce que j'avois gagné bén'oubliai pasie
fur ma pacotile,je:
qu'aufi-
-néticedujeu, Sjel lui promis
tôt que nous nous ferions défaits sde no- de.
dans laquelle M,
tre Carguailon, --- Page 225 ---
as]
Prépontr m'avoit affocié pour un
:
les fonds
ONE
je lui remettrois ainfi que le qu'elle profit; elle
voit confiés. fe ficher, & me dit qu'elle de
manqua vouloit recevoir de compte
ne
ceflerois d'alleràla
moi quel loriqueje
je les fetraite, & eeidfgah.ees miens, puif
rois valoir, ainfi que.les
un
-
devoient être communs inftant
qu'ils jour. Elle me quitta un ordres; pour nous
aller donner quelques & elle me propofa de
déjehnames,
clle comptoit fe
nous en retourner; dans fon hamack,8c que
faire porter
à cheval; mais
je Tateompsgnerets oû elle alloit s'y mettre,
au moment Tiou Tiou, qui fortit de
Tappellai Técurieavec fa haquenée,je T'engageai ainfi
à monter deffus & de & Paccepter elle ne fe renque le petit fur Négre; les affurances que
lui
dit que
Madamc de & à
donnai avois que demande lagrément, y
quijen confenti. Nous nous mimes en
avoit
à Marie
marche, & nous arrivâmes D
Galante à onze heures. M. de Prépont
Nous trouvâmes de Chanzy, que cet
avec Madame inftruifoit de toutes nos
Armateur
'engageai ainfi
à monter deffus & de & Paccepter elle ne fe renque le petit fur Négre; les affurances que
lui
dit que
Madamc de & à
donnai avois que demande lagrément, y
quijen confenti. Nous nous mimes en
avoit
à Marie
marche, & nous arrivâmes D
Galante à onze heures. M. de Prépont
Nous trouvâmes de Chanzy, que cet
avec Madame inftruifoit de toutes nos
Armateur --- Page 226 ---
[216]
avantures, à lexception cependant
de celles
me concernoient feul, Nous
& qu'il Taat à propos de taire.
nous mimes à table, nous fûmes jouâmes le
tout l'après dîner, nous revinmes
foir à la promenade, nous s'en alla coufouper, M. de Prépont
la chambre
cher à bord, &j Y'occupai
de M.de Chanzy. matin, Madame de
Le lendemain fit dire de paffer dans fa
Norfoy me
chambre ayant d'aller au falon, &je
m'y rendis dans le moment; auffitôt
qu'elle me vit, elle vint àmoi, de &
une boëte de nacre
me préfentant incruftée d'or : elle me dit,
perles voila, mon cher ami, le plus
vous donner
ma
fm
gage que je puifle
tendrefle, 10 2 je fouhaite que vous le
conferviez, que vous me foyez toujours fidele & que vous ne fafliez pas
mentir l'auteur de la légende que vous
lirez, je Pouvris à Tinftant, & jy
y trouvai fon portrait en mignature,
garni de diamans ; on y voyoit à gauche un petit amour qui tenoit unis un
éçuffon, contenant deux coeurs
& embrafés, dont les flâmes fe renverfoient les unes fur les autres, & autour --- Page 227 ---
écrit, tar7l ils brûleront touantour étoit
jamais. Je
jours & ne (e confimeront &cj'embaifai dix mille fois ce Vhiaoimeeinat portrait,
brafhimonaderauie fait faire exprès pour moi
fura Favoir Tétois à S. Domingue. Elle
tandis que quoiqu'elle me Teût deftiajoiita. que
cependant pas me
né,elle ne croyoit fitôt; mais que ce
le remettre encore entierement décidée à ne
qui Tavoit
longtems à me donpas différer plus fenhible de fon attaChement.etot ner cette preuve ce quefavois faitpour
elle,8) l'aveu de Madamede devoir Chanzy, s'en ouà qui elle avoit cru
étoit d'auvrir dès la veille ; de qu'elle s'être détermitant plus charmée cette faveur, qu'elle
née à m'accorder ferois en mer ou
ferviroit d'elle, 9 lorfqueje à me confoler avec
éloigné de T'abfence de Toriginal;
la copie
de ne le monelle me recommanda hors à M. de Prétrer à perfonne, lui promis de me conformer
pont; ordres.je je
lui donnai la main,
à fes
dans le falon, oit
& nous pallames Madame de Chanzy,
nous trouvâmes fe doutât bien du
Sd quoiquelle de lajoic qu'elle voyoit éclates
Part. Il.
lorfqueje à me confoler avec
éloigné de T'abfence de Toriginal;
la copie
de ne le monelle me recommanda hors à M. de Prétrer à perfonne, lui promis de me conformer
pont; ordres.je je
lui donnai la main,
à fes
dans le falon, oit
& nous pallames Madame de Chanzy,
nous trouvâmes fe doutât bien du
Sd quoiquelle de lajoic qu'elle voyoit éclates
Part. Il. --- Page 228 ---
[2181
dans mes yeux,, m'en demonda le
fujet. Je confultai ceux de ma' chere
Vidoire, & ayant lû fa penice, je
mej jettai aux genoux de fa mere,je
lui pris les mains que je baifai tendrement, & je lui dis que c'étoit à elle
à qui je $ devois mon bonheur, puifqu'elle avoit bien voulu permettre
que fa fille, que je ne cefferois jamais
d'adorér 2 me gratifiat de fon portrait.
M. de Prépont entra dans le moment,
me furprit dans cette C attitude, &
comme il nous vit tous fort émus, il
examina nos philonomies,Acnyayat
rien remarqué de facheux, il nous
demanda en riant, fi nous étions à la
répérition de quelque piece que nous
vouluffions : jouer. Je me relevai,
j'ouvris ma boète,& enlaluip préfentant. Tenez, Monfieur, lui dis-je,
voyezle motifde votre étonnement;
Madame de Norloy m'a fait préfent
de fon portrait, du confentement de
Madame de Chanzy, & vous êtes
arrivé comme je lui en faifois mes remercimens. Il me rendit ma boëte, 2
me ferra la main,, me regarda fixement & fourit; Je compris bien qué
cette pantomime étoit un reproche --- Page 229 ---
[a1)
tacite de mon efcapade du Cap,ear dont
il ignoroit celle de la Havanne, &
je me gardai bien de Vinftrure, crainte d'acciYavois mênie eu foin,
terre de
dent, avant de mettre de pied-à Dona Elvire
reléguer le portrait fond dune de mes
de Gulma, iétoit au reltée à bord.
malles, Cet Armateur, qui
dina avec nous :
le refte dela journée, & le ick
Fe2 coucher à bord. -endemain 0345 de trèsJe me levai le & fus joindre M. de
bonne heure,. a fon Brigantin ; il me dit
Prépont quil pourroir nous voir dela journée a le jour d'après, parce chevaux quilials &
loit qu'il fit débarquer les mettre nos dans les
nos mulets, pour avoit louées pendant le
écuries qu'il nous ferions à Marie Gaféjour lante, Rter que les marchandifes afin qui
étoient definées pour cette Ifle,
de les délivrer à ceux, qui les avoient étoit de
demandées; que fon intention ne yous'en faire payer en piaftres, attendu que fes
lant rien du échanger: Fort S.Pierre nous pourmagalins
fuffifament de ce
voirojent plus fcroit que conyenable pour la
gui-nous
Kij
louées pendant le
écuries qu'il nous ferions à Marie Gaféjour lante, Rter que les marchandifes afin qui
étoient definées pour cette Ifle,
de les délivrer à ceux, qui les avoient étoit de
demandées; que fon intention ne yous'en faire payer en piaftres, attendu que fes
lant rien du échanger: Fort S.Pierre nous pourmagalins
fuffifament de ce
voirojent plus fcroit que conyenable pour la
gui-nous
Kij --- Page 230 ---
[a2o]
campagne prochaine . , ce qui nous re:
viendroit à bien meilleur compte. II
me dit aufli qu'il avoit envie d'envoyer fon Lieutenant avec une de fes
barques à la Guadeloupe, pour y
laiffer les marchandifes qui étoient
pour cette Ille, & qu'à fon retour 3
nous partirions pourle Fort S. Pierrés
oit nous prendrions un canot pour
nous rendre au Fort-Royal. Je déjelnai avec M.- de Prépont, & nous
defcendimes enfemble à terre ; il alla
à fes affaires, & je me rendis chez
Madame de Chanzy.Je me reffouvins
en yarrivant que je n'avois pas difporé des chôfes quefavois apportées
la premiere fois que j'étois allé à
bord depuis notre retour ; je montai.
dans ma chambre,1y pris la cave de
tabac de la Havanne, je : defcendis
dans le falon > oit C étoit Madame de
Chanzy, je la priai ide recevoir cette
foible marque de ma reconnoillance';
ellel'accepta avec plaifir, & me dit
attendre une
ae
fi,fans
plus gtande
fune que celle dont jej jouiffois alors, même
& que je ferois toujours à
la
d'augmenter, je voulois : donner
saain àfa fille 2 elle y confentiroit vQ; --- Page 231 ---
[aar1
feroit
Iontiers ; je lui répondis quece mais quil
remplir tous - mes. voeux, n'étant: pas mafalloit auparavant, fife venir le confentes
jeur, que/je
étoit en
ment de mon 9 oncles-qui Tuteur, fans quoi
même tems mon paffer olitre; qu'à
nous ne pourrions voyage au Fort-Royal,
mon premier le Marquis de Champije prieroieM à cefujet, &
yétois
gny d'écrire
moins de mois, 2
perluadé ferions qu'en en état de terminer une
nous chofe qui met tenoit au meins furplus antant je la
à coeur qu'à confulterr elle ; qu'au & que f elle.
priois de
des formavoyoit jourà fe difpenfer ferois le premier
lités ordinaires, bonheur je fans lequelje ne
à hâter un
content. Madame de
pouvois arriva vivre dans le moment, &
Norloy converfation changea de fujet; fa
notre Madame de Chanzy occalion lui montra d'aller
cave, cela me donna étoit pour elle, 2
chercherlet tabac qui ainfi que. celui qur
que je lui remis,
fon frere, unelpwouist
étoit pour d'écorce d'arbre.
la piece avoit déjà une femaine quejéily
ie m'enivrois
senitaecnnm.e K.ij
pouvois arriva vivre dans le moment, &
Norloy converfation changea de fujet; fa
notre Madame de Chanzy occalion lui montra d'aller
cave, cela me donna étoit pour elle, 2
chercherlet tabac qui ainfi que. celui qur
que je lui remis,
fon frere, unelpwouist
étoit pour d'écorce d'arbre.
la piece avoit déjà une femaine quejéily
ie m'enivrois
senitaecnnm.e K.ij --- Page 232 ---
[222]
à chaque inftant de plaifirs toujours
nouveaux. , & toujours
(car fe peut-il un état plus délicieux, heureux
dans,la vie que d'aimer, d'être aimé
& de fe le témoigner fans ceffe)
quand un foir avant de fouper, nous.
vimes arriver M: de Chanzy qui ve.
noit du Fort Royal, oi ilavoit été
mandé pour y être décoré de la croix
de's Louis; ce fut fa foeur qui l'apperçit d'abord, nous l'en félicitâmes
tous bien fincérement. Après qu'il eut
rendu à fa famille les careffes qu'il en
avoit reçues, ilh me fauta au cou, me
témoigna la joie vive qu'il avoit de
me voir de retotir de mon voyage, me
remercia de la derniere grace que l'on
venoit de lui accorder à ma follicitation; indépendament de celles qu'il
avoit déjà reçues, & me protefta
répandroit volontiers julqu'à la acat
niere goutte de fon fang, pour me
prouver fa reconnoiffance. Madame
de Chanzy l'interrompit là, & luidit,
M. le Chevalier D *** fe contentera
bien, mon fils, que vous lui en faffiez
fenlement le facrifice d'une partie ;
votre, foeur laime, il l'adore, & je
confens à l'union der ces deux coeurs --- Page 233 ---
[aa3]
faits Pun ertaateicis sétoit
nniquement enfuite tout ce qui
lui raconta nous depuis Vinflant
entre
dee
pallé
étions connus jufqua
nous nous elle.! lni-fit valoir demander ma genémoment, rofité, & termina par félicité? lui
Ils'en
s'il fe refinfcroita Madame, notre lui Réponditfaudra bien,
charmé de trouver
il, je fuis trop
dans la perfonne
Toccalion de fares. ami, -
Tacquition
de mon meilleur que sapeticatie
d'un beau-frere, comme tel, pour m'y c8:
regarde poter: maisje ne puis m'empécher de Langady,
plaindre Mademofclle de M.le Chevadepuis le plongée départ dansla plus
Raptap
8 ne voit
T
fonde mélancolie, fçais qu'elle Taime, farvivre com- à
perfoone.le ment donc pourrat t-elle elle fera informée
fa douleur, foeur quand lui ai enlevé une proie
que ma
elle avoit des efpérances? dit
fur taquelle nous importe peu,
C'eft ce deNorloy; qui
après tout G fon
Madame touches allez las confoler,
état vOus de remplacer M. le Che-
& offrez-lui
a raifon, ajouvalier D.tadane ferai caution qu'elle gataje,8 je
Kiv.
perfoone.le ment donc pourrat t-elle elle fera informée
fa douleur, foeur quand lui ai enlevé une proie
que ma
elle avoit des efpérances? dit
fur taquelle nous importe peu,
C'eft ce deNorloy; qui
après tout G fon
Madame touches allez las confoler,
état vOus de remplacer M. le Che-
& offrez-lui
a raifon, ajouvalier D.tadane ferai caution qu'elle gataje,8 je
Kiv. --- Page 234 ---
gnera beancomp à ce change.
fon:
gerai, repartit M. de
J'y
vous croistropg galant Chanzy ; mais je
n'êtes pas dans le deffein homme, fi vous
dre aux fentimens
de réponfelle a
que cette demoimoins la pour vous, de lui tenir auz
donnée de parole que vous lui avez
vous
auprès de
imcrelterenfafavenr
faire obtenir M: le Général, pour lui
le défrichement
demande, J'efpere avoir Phonneur qu'elle
la voir apresdemain;ée
de
cer à me bien mettre dans pour fon commenqu'il faut toujours
elprit,
coeur , je l'informerai gagner. de avant le
tour; & quoique faite
votre redes loix; je puis vous pour donner.
fous prétexte de vous garantir
fera la
folliciter, cus
premiere démarche
/ templer fon vainqueur. pour conraillerie,
Treve de
de
mon frere, lui dit Madame
Norfoy avec vivacité;
ment je vous prie de ne nonfeulede M. le Chevalier
point parler
aMademoifelle de
Langady, mais je vous exhorte
core de n'y point aller, ou vous en- me
défobligeriez connois,
effentiellement; ; je vous
vous êtes né malin, &
feriez enchanté de vous réjonir vous à fes --- Page 235 ---
[2251 Quand je vis
dépens 82 aux Viétoire nôtres. fe fachoit, je
que ma chere
M. de Chanzy
priai trefeneuiemen, &j je lui dis que
de finir ce badinage, mon ami, pour
je le croyois voulut trop m'offenfer. Ilfe
craindre qu'il m'embratla, en fit autant à
mit à rire:
nous mimesa table.
fa foeur, & nous
en foupant qu'à
Il. nous raconta
oit il étoit
fon arrivé au Fort Royal, ce Gouverallé avec M. de Poincy, à M. le Marquis
neur en'le préfentant avoit dit à ce Géné.
de Champigny, aife, Monfeur, de
ral: Je fuis.bien connoitre le meilleur ami
vous faire Chevalier D & que
de M. le
avoit répondu en rients
ce Générallui
rufé, mon cher
dites aufi le plus
l'un &C
coufin, car il nous a trompé il y a réufli &
Tautre
Tobligers faché: je vous avoueje n'en Reioy pas j'ai fait venir M. de
rai même que
Paflocier à rOrChanzy exprès Militairede pour
S. Louis, , en
dre Royalee des ordres que j.ai reçus Roi
conféquience 8 voilà la lertre du
de la Cour,
telle qu'elle m'a été
que je lui remets
adreffée par le Miniftre. ajouta que M.
M. de Chanzy nous
K V
re
Tobligers faché: je vous avoueje n'en Reioy pas j'ai fait venir M. de
rai même que
Paflocier à rOrChanzy exprès Militairede pour
S. Louis, , en
dre Royalee des ordres que j.ai reçus Roi
conféquience 8 voilà la lertre du
de la Cour,
telle qu'elle m'a été
que je lui remets
adreffée par le Miniftre. ajouta que M.
M. de Chanzy nous
K V --- Page 236 ---
[2261
de Poincy étoit prefque tombé de
fon haut à cette nonvelle,
s'étant avoit
un
remis,
TFRaS
cependant
peu
fait un compliment : très froid;
le lendemain au
den
étoit retourné
l'acolade
vernement oùl ilavoit reçu
de M. le Général qui avoit accompagné cette 4 faveur de toutes les poli- à
teffes imaginables, & l'avoit retenu
diner ; quelejour d'après il'avoit été de
prendre conge de M. le Marquis
Champigny, & de.M. de Poincy ;
s'étoit. embarqué pour le Fort
f
oh il avoit trouvé la
patache NUFA. Roi qui étoit prête à
faire-voile pour Marie- Galante, où il
trouver dans une
ne comptoit pas un bon ami & un
feule perionne
le refte de
beau-frere. Nous pafames
la foirée lé plus gayement du monde,
d'autant mieux que nous pouvions
dorénavant vivre fans contrainte 2
Madame de Norfoy & moi. M. de
Prépont fe retira a1on bord & moi
dans la chambre de M. de Chanzy 2
qui ne voulut pas abfolument coucha dans repren- fon
dre fon lit, & qui fe
hamack. lendemain Madame de Norfoy,
Le --- Page 237 ---
1a271 Tiou Tiou;
fit appeller fon frere par
lui avois
lui montra les préfens queje lniavois
faits, & lui remit ce Sr vint je dans le
donné pour lui,dont remercier. Tallai
même inftant me
une partie
paffer felon. ma coutume
de ma
de la matinée dans le la-chambre refte de la journée
chere Vigoire;
la nouvelle défe paffa en vifites de que, Chanzy, lui attira:
coration de M. avions eu attention,
Comme nous & moi, de donneravis
M. de Prépont de Champigny de noà M. le Marquis
2 & de la
tre arrivé à Maric-Galante nous venions
campagne favorable reçlmes que fur les cinq
de faire ; nous midi les réponfes de ce
heures après lefquelles il nous manGénéral, par platôt que nous pourrions le
doit quiele
Fort
feroit
nous rendre au
Royal feroit bien aife
mienx, attendu qu'il aux
:
nous afitafions
réjouifances de
que alloit ardonner à T'occafion le Dauqu'il
de Monfeisneur
la naiffance
d'être informé
phin., dont il venoit
par le miniftre.
de cest heureufes
Nous fimes part
elles
nouvelles à toute lal compaghtes dans
à fe répandre
ne tarderent pas 7
K vj
au
Royal feroit bien aife
mienx, attendu qu'il aux
:
nous afitafions
réjouifances de
que alloit ardonner à T'occafion le Dauqu'il
de Monfeisneur
la naiffance
d'être informé
phin., dont il venoit
par le miniftre.
de cest heureufes
Nous fimes part
elles
nouvelles à toute lal compaghtes dans
à fe répandre
ne tarderent pas 7
K vj --- Page 238 ---
(2:8]
la ville, & même aux environs, ce
qui nous attira encore le lendemain
beaucoup de monde pour en avoir la
confirmation.
Nous fixâmés notre départ pour le
Fort. - Royal à trois jours
&
nous
de-là,
fête rélolhmes; attendu que cette
ameneroit beaucoup de monde
dans cette ville, de nous y rendre
avec notre Brigantin & une de nos
barques, d'y faire rembarquer le furplus des chevaux & mulets dont nous
ne nous étions pas défaits à MarieGalante 2. & d'envoyer le fieur de
Trainfort à Ia Guadeloupe avec notre autre barque, feulement
de'ce qui étoit deftiné ponr cette chargée lile,
avec ordre, lorfqu'il auroit reçu fes
fonds,de fe rendre : au Fort S.
où il nous attendroit.
Pierre,
Nous engageâmes M. & Madame
de Chanzy, &-Madame de
à venir avec nous. pour
Norfoy
à ces réjouiffances; ilsy confentirent participer
avec d'autant plus plaifir que M. de
Prépont offrit de procurerà ces dames
sn logement chez fa belle-foeur, &
de donner un lit chez lui à M. de
Chanay; les chofes ainfi arrangéess --- Page 239 ---
[2191 arrêtant plus à Marie:
&crien ne nous
Galante; nons nous émbarquimes
décembre 1719,n0us
tous le premier
fimes voile pour
A 8
arrivames le
sppurcillmes oir nous
le Fort-Royal, heures après midi,
deux, à trois defcendimes à terre, nous Mafimes Nous conduire ces dames belle-foeur chez de
dame de Saint-Ange,
d'être
de
eleseurentrhien
M. Prépant;e de.la reception qu'on
fort contentes reftâmes quelques moleur fit, nous elles : nous les quitiâmes avec
mensavec enfuite, & nous nous rendimes M.le Marquis
M. de Chanzy au Fort. fit l'accueil du
de Champighy fatteur, nous
& à moi en
monde le plus carefles. M.de Préparticulier mille de tout ce qui nous
pont Findruifit arrivé dans nos voyages, il
étoit
ma bonne conduite ,
Pinforma que & mon bonheur r'amon intelligence mis dans le cas de m'affocier Carvoient lui
un quart dans fa
avec
pour
fles chofes
guaifon, & thallerdememe. quil elpéroit, qu'après
contiquoienta prochaine, nous pour- Ce
la campagne bien faire la traite à moitie.
rions
toute la fatis;
Général me témoigna
Findruifit arrivé dans nos voyages, il
étoit
ma bonne conduite ,
Pinforma que & mon bonheur r'amon intelligence mis dans le cas de m'affocier Carvoient lui
un quart dans fa
avec
pour
fles chofes
guaifon, & thallerdememe. quil elpéroit, qu'après
contiquoienta prochaine, nous pour- Ce
la campagne bien faire la traite à moitie.
rions
toute la fatis;
Général me témoigna --- Page 240 ---
[a30]
faétion qu'il avoit du- compte favora:
ble qu'il lni rendoit de moi, & il
ajouta j'en trouverai donc énfin un
parmi plus de trente que j'ai obligés
qui proftera de ma bonne volonté. Il
me demanda enfuite en riant, fije n'avois pas laiffé mon coeur à S.Domingue; cela m'auroit été bien
ble, lui répondis-je, Monfieur, impoffiqueje ne lavois pas emporté, & 2 puifmêine à ce fujet un entretien
jai
lier à vous demander; où la particude M. de Prépont ne fera préfence
Jei vous l'accorderai bien pas inutile,
me dit M. de
volontiers, 2
fera après
Champigny, mais ce
que nos
ront finies, &c pour lefquelles réjouiffances feai fait venir de
je vous
commenceront Marie-Galante; elles
nueront
Dimanche, & P contimandai ila pendant trois jours.. Je lui dela
permiffion de lui
mere &z la foeur de M. de préfenter
je le veux bien, me
Chanzy,
je ferai charméd'avoir répondit-il, 8z
remercier de tout ce occafion de les
voula faire
qu'elles Ont bien
tion, Il tira pour à l'inftant vousà ma confidéraà Pécart M. de
Prépont, 2 ils cauferent enfemble l'efPardesemtaresemeres nous --- Page 241 ---
1t1
s'adreflant
& M. le Général ,le pria à dijoindres alors à M. de Chanzy 2 me chargea
le lendemain:
ner pour Mellamesde SantbAngedle faire auffi
d'engager & de Norloy à lui
Chanzy honneur : & il nous quitta pour
cet aller à fes affaires. Nous nous deleendhmes renditous à la ville, nous de Ssint-Ange, je
mes chez Madame de ma commitlion. le 2
m'y acquitai de les venir chercher une
leur promis fuivant ; je reftai m'en environ allai au
jour heure avec elles, 8 quaux portes.
Fort, où je n'arrivai
fermantes.
M. de Champigny me
Après (ouper
oùl il m'afit Pafferdans fon cabinet, lui avoit
nonça que M. de éperdument Prépont
amouavoué que Madame Yérois de Norfoy, que
reux de
aimé, que cette
j'en étois étoit également douce, d'un meriteinfini, fa fadame
ainfi que
qu'il la connoifleit,
&
mille, depuis tts-longtemss ce parti EST à
étoit perluadé d'égards que le feul qui pût
toutes fortes
le rapport quil troume convenir par caraderes. Ime convoit dans nos
& il
feilla enfuite de me confulter,
que Madame Yérois de Norfoy, que
reux de
aimé, que cette
j'en étois étoit également douce, d'un meriteinfini, fa fadame
ainfi que
qu'il la connoifleit,
&
mille, depuis tts-longtemss ce parti EST à
étoit perluadé d'égards que le feul qui pût
toutes fortes
le rapport quil troume convenir par caraderes. Ime convoit dans nos
& il
feilla enfuite de me confulter, --- Page 242 ---
[2321
m'ordonna de lui déclarer au vrai f
mon intention étoit de former cet
érabifomen, ilen écriroit à parce que dans ce cas
nir fon
mon oncle pour obtetour de confentement, la feconde.c
"afin qu'au relois faire dans
campagne
j'alce
peu, on pût aiae
mariage; mais qu'en même tems il
m'avertiffoit de bien prendre gardeà
T'engager/dans qu'il auroit bien quelque de pas de clerc, 2
la peine à me
pardonner. Je fuis tout confulté, lui
répliquai-je, près
mon Général, il
a
d'un an que jai pris cette
lution, elle
I2re
eft ferme, inébranlable,
jy perfifterai à jamais, &
vous ne vous laffez pas de m'acca- puifque
bler de bienfaits,
vous
accordez-moi, je
fupplie 9 la grace d'écrire par le
premier vaiffeau qui partira de ce
Port, & foyez affuré
chofe qui arrive, je ne que ferai quelque -
affez ingrat pour abufer de vos jamais bontés, & faire faire une fauffe
che à un auffi bon proteéteur démarvous. Je le ferai
toujours, mon
enfant, me
chec
rant
dit ce Général en me ferentre fes bras, & en m'embraffant 2 foyez tranquille; je vous --- Page 243 ---
1:331
Mais
d'écrire ces jours-ci,
promets
lui dis-je, ces dames
mon Général, pour huit ou dixjours;
ne fontici que bon que pehdant leuf Prétrouverez-vous coucher chez M. de
Taille confens, me dit-il, mon Ara Jy
moimème cet
ami, &cj'en prierai
mateur. lendemain matin, j'allai chez la
Le Prépont , jel T'informai de
M.-de
javois eue la veille
couverfation quc
5 je lé remeravec M. de
avoit
moi en
ce
RACRTOE
ciai de
qu'il je le priai Mem me concette occafion, bons ofices; de vouloir
tinuer fes
coucher chez lui',
bien que j'allaffe ces dames feroient au
pendant que & qu'à cet effetje ferois de
Fort Royal, hamack dans la chambre
tendre un
afin de ne déplacer
M. de Chanzy, 3 fortimes enfuite, il
perfonne Nous 8c moi chez Madas'en alla au Fort, Fannonçai à Mame de Saint-Ange, les bonnes difpofidame de Norfoy,
j'avois laiffé M.
tions dans lefquelles à notre égard, & la
de Champigny, m'avoit donnée de
permiltion quil
clle;elle ers
fouper tous lest sfoirsavec à fa mere qui étoit à
alla faire part
déplacer
M. de Chanzy, 3 fortimes enfuite, il
perfonne Nous 8c moi chez Madas'en alla au Fort, Fannonçai à Mame de Saint-Ange, les bonnes difpofidame de Norfoy,
j'avois laiffé M.
tions dans lefquelles à notre égard, & la
de Champigny, m'avoit donnée de
permiltion quil
clle;elle ers
fouper tous lest sfoirsavec à fa mere qui étoit à
alla faire part --- Page 244 ---
[2341
fa toilette, T'affiftai à celle de mon
a
adorable Viétoire 2 qui répondant des
mes-tendres carefles, nr'accabla
fiennes. Heureux momens hélas!qu'e
tes-vous devenus ? Comme je donnois la main à cette aimable femme
aller joindre Madame de Chanpour arriverent M. de Prépont & M.
zy, de la Poterie, Aide Major du Fort S.
qui donnérent le bras à ces
Pierre, dames, j'offris le mien à Madame de
Norloy, & nous nous rendimes au
Gouvernement ; je.les préfentai à M.
le plaifir
le Généralquileur témoigna caufa beauqu'ilavoit de les voir,
avec elles, les engagea à hondcoup de leur
les fêtes qu'il alrer
préfence les condufit dans un
loit donnery&c
falon oit fe trouva M.de Poincy, RE
fansdoute n'avoit pas été prévenu
notre arrivée, car ce fit,en vérité,un
vrai coup de théâtre, que l'étonnement que fitparoitre ce Gouverneur; d'efmais comme il avoit beaucoup
prit, il ne fe démonta pas, & réponpoliteffes.
dit (s.gracteuementapent d'ombre à ces
On fit faire une partie
dames, nous dinâmes, & les reconduifimes enfuite chez elles, oùt nous --- Page 245 ---
[235)
En
Toupâmes avec M. de Prépont. de Chanzy,
fortant de table, Madame chez clle le lenme pria de me rendre
Fort. J'y
demain avant de monterau
effet, elle me commanique
allai en
afoccation des propos Ton
fes réflexions déjà tenus, & que
que lon avoit
encore de tenira afline 2 manqueroit a pas caufe de mon &
ManeGalantes aller à toute heures
duité à y
qu'elle croyoit
à coucher,
la
E
nécefaire,
fermer faire de.
ne
ert
REE plus
che aux jafeurs, vues, &c-q'elle me
myRere de favoir nos de M. de Champigny réprioit de
à ce fujet. Je lui
ce qu'il qu'il penfoir étoit plus convenable à lui en
pondis
- M. de Prépont
& que
d'engager
le treiver,
parler,
de pafler chez clle. de
je le
à qui je fis part
enler
M. de Prépont, me donna parole
cette conférence; chez ces dames,
de fe rendre dans peu pas à mejoindre
& qu'il ne tarderoit
aut Fort.
on
-
au
Gouverement.d Leffer
En arrivant lettre de M. de
me remit une laquelle en étoit une de &
ville 3 dans ils
Pun
oncle :
rapprenoientl
mon
ager
le treiver,
parler,
de pafler chez clle. de
je le
à qui je fis part
enler
M. de Prépont, me donna parole
cette conférence; chez ces dames,
de fe rendre dans peu pas à mejoindre
& qu'il ne tarderoit
aut Fort.
on
-
au
Gouverement.d Leffer
En arrivant lettre de M. de
me remit une laquelle en étoit une de &
ville 3 dans ils
Pun
oncle :
rapprenoientl
mon --- Page 246 ---
[2361
T'autre la. mort de mon frere que la
petite vérole avoit enlevé en cinq
jours, & que ma foeur avoit pris Phabit dans l'Abbaye Royale d'Errun, ou
de fon propre mouvement elle vouloit fe fairé Religieufe ; on.me mandoit de repaffer en France, où ma
fortune feroit déformais aflez honnête
pour ne pas courir les rifques - d'en I acquérir une plus grande; on me recommandoit cependant d'en
à
M. le Marquis de Champigny, parler de me
conformer à ce qu'il me prefcriroit,
& deles en informer, J'allai trouver
dans l'inftant ce Général, & en lui
remettant mes lettres: Voilà, Monfieur, lui dis-je; une circonftance favorable pour écriré à mon oncle,
vous êtes l'o.acle à qui on a recours 5
que me confeillez- vous? Quant à moi
mes fentimens font les mêmes, &je
ne m'en départirai point. Lorfque ce
Général les eût lues. Vous avez raifon,.me dit-il, mon cher.enfant, je
fuis de votre avis. Je vous félicite de
deux chofes à la fois, de l'accroiffement de votre petite fortune d'un
côté,& de l'autre de ce qu'elle n'eft
pas capable de vous faire changer de --- Page 247 ---
1-371
arriva
de penfer. M. de Prépont dans
façon
il l'emmena
dans ces enurefaites, & me dit d'aller déjenfon cabinet, bien que l'on vouloit
ner. Je fentis je'n'en fus pas faché, avoit
du particuher. cet Armateur
à caufe de ce atrendu que
qu'en amour, il
à lui dire, & force que dans aucune
faut plus de
de la vie, & queiai
attre opération bien éloigné de croire
toujours été laiffer mourir de faim
quil fallât fe
de tendreffe
pour donner des failoit pretives Tobjet, ni que ce
à ceile qui en de lui plaire, que d'exfit: un. moyen cefle à fes yeux une figure
pofer fans avec un corps décharnés je velanguitfante à la lettreordre certes. que mon.
Jexécual
dont
nois de récevoirs bon grés Jallai eneftomac me fçut M. le Général,
fuite
deux
de
rejointire deme lire les
eit la bonté
d'écrire M. de Lefietres qu'il venoit oncle , elle fe trouveville & a mon conyaincantere telies
rent preflantes.e
les defirer. J'éil,
enfin que miennes je : pouvois en confornité,
crivis les bien, & les remit toutes
les trouva
pour les feire-par- ilme
à fon Sécrétaire, occalion :
air par la preniere
ral,
fuite
deux
de
rejointire deme lire les
eit la bonté
d'écrire M. de Lefietres qu'il venoit oncle , elle fe trouveville & a mon conyaincantere telies
rent preflantes.e
les defirer. J'éil,
enfin que miennes je : pouvois en confornité,
crivis les bien, & les remit toutes
les trouva
pour les feire-par- ilme
à fon Sécrétaire, occalion :
air par la preniere --- Page 248 ---
[238]
chargea d'inftruire ces dames de tout
ce que nous avions fait, & de les inviter de fa part à diner pour le lendemain qui fe trouvoit un vendredi,
jour de confeil : nous paflames enfuite
dans le falon, oùt M.de Prépont m'attira dans l'embrafure d'une croifée
pour me dire que le Marquis de Cham- n'é.
n'étoit point d'avis
l'on
rien
ssrtr
E
qu'après quil
feroit d'un Brun
lé lni-même, ce qui forcer rles railplus grand- poids pour
leurs au filence.
de nous nettre à
Un inftant avant
table, il vint un Capitaine de Navire
de Nantes, demander à M.le( Général fes ordres pour la France, & nous
lui donnâmes nos lettres, que nous
mimes auparavant fous P'enveloppe Orde M. de la' Badie, Commiflaire Port.,
donnateur de la Marine dans ce
Après le diner nous primes congé &
de M. le Marquis de Champigny, de
nous nous rendimes chez Madame
Saint-Ange qui faifoit une partie &
d'ombre avec Madame de Chanzy,
M. de la Poterie. Je communiquai a
Madame de Norfoy les lettres que
Tavoisreçues de France, la converla; --- Page 249 ---
J'avois [239) eue à ce fujet avec étoit
tion que Genéral, & ce qui s'en
M. le lui dis auffi queléteis chargé
fuivibje de Vinviter à diner pour lelendemain j'étois bien
d'oi
au Gonyernements reviendroit contente.
perfnadé qu'eller fut finie, , nous allàQuand la partie tour de favanne, nous
mes faire un fouper, 8z nous reftâmes
reviames enfemble jufqu'à mintit. lendemain au Fort,
Je ne montai le
ces dames,
que pour yaccompatar même avant M. le
nous y arrivâmes étoit au Confeil, & qui
Général, qui
trouva occupés à
à fon retour nous Comme il étoit fort
faire un piquet. il vint embraffer ces dames,
galant. remarquai qu'il eut des diftinc- de
& je
pour Madame
tions particulleres
méritoit bien
Norfoy qui, à fur la vérité, les autres. Je vis arla prérérence
après, Madame de
river un moment Madame d'Orfon fa foeur,
R & Mademoifelle Jnlie,qui deci-devant mnois étoit mariée, & avoit
puis trois
fort avantageux.
trouvé / un parti d'elle pour lui en
Comme Japrochois
elle fe répanfaire mon compliment, fur ce que depuis
dit en reproches
Madame
tions particulleres
méritoit bien
Norfoy qui, à fur la vérité, les autres. Je vis arla prérérence
après, Madame de
river un moment Madame d'Orfon fa foeur,
R & Mademoifelle Jnlie,qui deci-devant mnois étoit mariée, & avoit
puis trois
fort avantageux.
trouvé / un parti d'elle pour lui en
Comme Japrochois
elle fe répanfaire mon compliment, fur ce que depuis
dit en reproches --- Page 250 ---
[2401
mon retour, je n'avois pas encore été
la voir;qu'au furplus elle n'en étoit pas
étonnée, parce qu'elle me connoiffoit
affez, pour favoir que mes nouvelles oublier
amies me faifoient aifément
les anciennes; ; mais au moins, ajoutat'elle, en riant,je me flatte que vous il
ferez plus difcret que conftant; car
de tout
femble, en vérité, quejaye
tens été réfervée pour vivre avecdes
jaloux. Vous pouvez d'autant lui plus récompter fur moi, Madame,
dondis-je que je fuis dans le cas de
vous demander la même grace, &j je
vous promets d'ailleurs, 2 d'aller réparer dans peu mes torts à votre égard, fucLe refte de la compagnie arriva
ceffivement, nous nous trouvâmes
trente-deux perfonnes - , parmi. lef
quelles étoient M.d'Orgeville, Inten- du
dant, M. de Brach, Gouverneur Il
Fort S. Pierre, & M. de Poincy.
eut deux tables, & M. de Champiy
relativement à fes vues, voultt
gny, contre mon ufage,je me plaçaffe
àla que, fienne. Les mers étoient
vins excellens, les convives
RA
les mables, & conféquemment la joie généralc, Quand on eut fervile deflert, M. --- Page 251 ---
[241]
de
M. de Champigny, prit un s'adreflant verre
&
vin de Champagne, enfuite aux aud'abord aux dames fanté > des deux futurs
tres, il.porta la nommant ainii: que
époux, en me
; & il ajouta, aut
Madame de Norfoy c'eft moi qui fuis
moins - Meffieurs,
il ne
Tentremetteur de ce mariage, heureux
peut fe faire fous de plus naiffance de
aufpices que ceux de la
commenM. le Dauphin, dont nous Dimanche,
cerons les réjounflances
les
vous invite pendant
a uxquellesje
dureront. Comtrois jours qu'elles
ne s'attenme,, hors nous 2. perfonne fut étonné;
doit à cela 2 tout le monde fe pafferent au
cependant les chofes
complimens
mieux : nous recimesdes fans fin. Etoient-ils finde félicitation doute; mais fi on glofa,
ceres ? j'en foi, & nous ne nous en
ce fut à part
On paffa le refte
embarraffâmes pas. à
& nous nous
de Faprès-midi à
fur les fept
en retournames
RECSAE
hetres du foir.
la joie
On ne peut fc repréfenter me fit
Madame de Chanzy
paroi. d'auque tre à notre retour, elle étoit avoit déjà
tant mieux fondéc, qu'ily L'
Paits Ils
mais fi on glofa,
ceres ? j'en foi, & nous ne nous en
ce fut à part
On paffa le refte
embarraffâmes pas. à
& nous nous
de Faprès-midi à
fur les fept
en retournames
RECSAE
hetres du foir.
la joie
On ne peut fc repréfenter me fit
Madame de Chanzy
paroi. d'auque tre à notre retour, elle étoit avoit déjà
tant mieux fondéc, qu'ily L'
Paits Ils --- Page 252 ---
[242]
du tems que cette dame étoit informée
que Pon ne nous épargnoit pas dans fort
les fociétés; elle foupeonnoit
M. de Pindré, dont elle n'ignoroit
la baffe jaloufie, & il n'étoit pas
lete feul qui fit dans ce cas ; c'eft pourquoielle avoit eu tant à coeur de faire
ceffer un myftere,
par.les fuites,
auroit peur être été # caufe que fon
fils fè feroit coupéla gorge avec quelde ces mauvais plaifans. Maaet de Norfoy de fon côté, que
parla beauté de mes procédés,je venois de confirmer dans les bonnes
idées qu'elle avoit de moi, ne mit
plus de bornes à fes careffes, dont
elle m'accabloit, ainfi que toute fon
aimable famille. Nous palâmes la
foirée enfemble, & le lendemain je
me rendis de fort bonne heure au
Gouveraement; je remerciai M. le
Général de ce qu'il avoit bien voulit
faire pour nous la veille, à quoi ces
dames avoient été des plus fenlibles;
je dinai avec lui,je retournaià la ville,
la foi-
& allai, à mon ordinaire, paffer
rée chez Madame de Saint-Ange.
Le lendemain, Dimanche ? nous
allâmes, M, de Prépont & moi, diner --- Page 253 ---
[243]
lequel nous en defcenan Fort, après
ces dames,
dimes pour aller prendre
à la Paroife
que nous conduitimes les vêpres. M. le Gépour y entendre après nous, accomnéralyarriva de M.de peu Brach, de M. de Poinpagné
Officiers de la
cy & des principatix précédé & fuivi par fes garGarnifon,
marchoit eniuite
des; M. Fintendant
étoit
précédé par fes Hoquerons;il membres du
accompagné de tous tes
fuivis
Confeil Supérieur 2 qui étoient &la
desauntres Officiers dejudicature,
marche étoit fermée par un détachement de la Garnifon, compofé de
François & de Suiffes, 9 leurs Officiers
àl la tête; il fe rangea en bataille devant la principale porte de PEglifc.
Après les Vêpres; on entonna le Te
Deum, pendant lequel ce détachement fit trois décharges, & le Fort
trois falves de toute fon artillerie.
Ce cortége retourna au Gouvernement dans le même ordre qu'il étoit
venu. Nous ne.tardâmes pas à nous
rendre, ainfi que tous les autres
Tnveu On y donna un Pharaon auquel je pontai de moitié avec Mad me
de Norloy, 2 nous y gagnâmes bean:
Lij
.
Après les Vêpres; on entonna le Te
Deum, pendant lequel ce détachement fit trois décharges, & le Fort
trois falves de toute fon artillerie.
Ce cortége retourna au Gouvernement dans le même ordre qu'il étoit
venu. Nous ne.tardâmes pas à nous
rendre, ainfi que tous les autres
Tnveu On y donna un Pharaon auquel je pontai de moitié avec Mad me
de Norloy, 2 nous y gagnâmes bean:
Lij --- Page 254 ---
[2441
coup; & comme nous ne ftmes pas
les feuls heureux, il s'en fallut trèspcu qu'on ne fit fauter la banque. On
toupa à dix heures; ily, eut cinq tables, toutes magnifiquement fervies;
on y. célébra les fantés du Roi, de
la Reine, & de Monfeigneur le Dauphin, à chacune defquelles on fit une
décharge de vingt-un coups de canons. On commença le bal à minuit
qui dura jufqu'à cinq heures, les rafraichiflemensni furent point épargnés
&t nous nous en retournâmcsaux portes ouvrantes.
fuivant, tout
Le Lundi & leMardi
le monde fe rendit au Fort à midi;
ily eut un grand diner, jeu., bal &
midianox. M. de Champigny fit diftribuer pendant ces deux jours une
livre de, viande, une bouteille de
vin, 8 un demi-efcalin à chacun: des
foldats de la Garnifon'; on dreffa des
tentes fur la place d'armes, fous lefquelles on, mit des tables garnies de
daubes, langues
pâtés 2 jambons, viandes froides,
fourrées, & autres
alloit &
deftinées pour le peuple qui
venoit au deux bouts de chacune de
ces tables, ily ayoit. un factionnaire --- Page 255 ---
1245]
Général pour maintenir le bon ordre : enfin ce
paffa pas, égala les au moins, s'il ne firplas grands
par leurs places fe
Scigneurs,
cas
RE de donner
trouverent dans
zele &de leur amour despeuives de leur
grand, aufi bon, &raufli pour un auffi
Monarque que Louis le bien généreux
Toutes ces
aimé,
chacun fut bien réjouiflanees aife de fe finies, un
couple de jours,
repofer un
M. de
Quatre 011 cinq
de
Prépont vint avertir Madame après,
Chanzy quie la patache
partiroit dans pen. pour
duRoi
lante, & illni confeilla Maric-Gaen conféquence elle fe d'enprofiter;
aller le lendemain
détermina à
M. le Marquis de prendre congé de
partir le jour fuivant Champigny & à
Pierre. Nons étions fi pour le Fort S.
dame de Norloy & moi habitués, à
Mafemble Gue nous ne
vivre enréfoudre à nous
pouvions nous
nous nous
quitter, & quoique
pour ne
contraignifions
afilidion, pas laiffer paroitre bestcotijp, notre
fouvent nos yeux nous trahiffoient
gui s'en malgré nous, par les larmes
rire par échappoient, fois M, de ce qui faifoie
Prépont, 1 2 dont
Lij
ame de Norloy & moi habitués, à
Mafemble Gue nous ne
vivre enréfoudre à nous
pouvions nous
nous nous
quitter, & quoique
pour ne
contraignifions
afilidion, pas laiffer paroitre bestcotijp, notre
fouvent nos yeux nous trahiffoient
gui s'en malgré nous, par les larmes
rire par échappoient, fois M, de ce qui faifoie
Prépont, 1 2 dont
Lij --- Page 256 ---
[246]
nous ignorions les idées. Eofin le
part étant décidé je conduifis
démes au Gouvernement
ces da
leurs adieux à M. le Général pour faire
affura qu'elles pouvoient
qui les
lui dans toutes les occafions compter fur
pourroit les obliger, & it les oùr il
gea à refter à 4 diner. Nous
engaque M. FIntendant & Meffieurs apprimes les
Gouverneurs même
étoient partis ce jour-là
pour retourner chez eux, afin
l'exécurion
RLEMrERSREE
auffi
des fêtes qu'ils
de
eubeat
propofés
donner.. M. de Prépont furvint comme nousallions
mettre à table; ; pendant le
nous il
demanda à M. de
repas, s'il
voit pas befoin de Champigny moi :
n'adit ce Général, cela étant Aucunement,
5 ajouta cet
Armateur, comme il ne m'eft
ceffaire non plus pour la vente pas né
notre Carguaifon,
de
feul, & que je fais qu'il que a je affez ferai de bien
fiance en moi, pour me laiffer con- fes
intérêts entre les mains,il ne faut
avoir la cruauté de le
ces dames,
féparer
taies
d'autant qu'il Ile fera affez.
wlongtems pendant la campagne
chaine; ainfi je vous fupplie, sioar --- Page 257 ---
1247]
fieur, de trouver bon
s'en
avec elles. J'y confens qu'il de
aille
coeur, répondit ce
tout mon
-
il fera utile,
Général,
je le manderai. &cquand
Comme Tavois quelques
mens. à prendre nous
arrange.
tre départ d'un jour. 2
Je différâmes nodélai
aller faire profitai de ce
Hesrdinet à Mefdames une vifite de
d'Orfon, je foupai la' veille de Rupert &
vernement, & avant d'aller au Gouje fis mes adieux à M. le coucher,
qui m'embraffa tendrement Général,
fouhaita un bon
&c me
main je defcendis à voyage. la ville Lelendeoavrantes,Tallai chez M. de aux portes
oi je trouvai ces dames
Prépont,
été engagées à aller qui avoient
n'oubliai
déjetner. Je
pas - faire des
mens bien finceres à cet
remercide ce qu'il m'avoit procuré Armateur, 9
fagréable. Après le
un voyage
conduifit furlel bord dela déjetimer, ilt nous
promit que lorfu'il feroit mer, il nous
barraffé de fes affaires, il un peu dépaffer une quinzaine de viendroit
nous. Nous
jours avec
gre, & nous primes un canot de Né.
S. Pierre, oùt partimes pour le Fort
nous artivimesvers
Liv
à cet
remercide ce qu'il m'avoit procuré Armateur, 9
fagréable. Après le
un voyage
conduifit furlel bord dela déjetimer, ilt nous
promit que lorfu'il feroit mer, il nous
barraffé de fes affaires, il un peu dépaffer une quinzaine de viendroit
nous. Nous
jours avec
gre, & nous primes un canot de Né.
S. Pierre, oùt partimes pour le Fort
nous artivimesvers
Liv --- Page 258 ---
(248)
midi. Nous allâmes diner à PIntens
dance, & de-là coucher dans la maifon de M. de Prépont, dont M. de
Trainfort, qui y. logeoit, fit les honneurs. Nous fimes-le lendemain diner chez M. de Brach, & le jour d'après, nous nous embarquâmes dans
ia patache; nous appareillames fur tout Made fuite, & portâmes le Cap
rie-Galante, oùt nous arrivâmes après
une traverfée de trente-fix heures.
Nous defcendimes à terre, & nous
nous rendimes au logis de Madame
de Chanzy, & comme ces dames
étoient très fatiguées de ce V trajet,
quoique court, elles furent fecoucher, de
& nous ne tardâmes pas 5 M,
Chanzy & moi, à en faire autant,
après avoir préalablement foupé.
Ilne m'eft gueres arrivé de gouter
fi bien les douceurs du fommeil
me levai
dnc
cette nuit-l,je ne
étoit qu'à
heures, & tout le monde
déjà
rendu au falon quand jy defcendis.
Madame de Chanzy me propofa d'aller paffet le tems que je refterois fon à
Marie: Galante à Thabitation de
fls; elle me fit entendre que nous
yietions plus tranquilles, que cela ne --- Page 259 ---
nous
1249]
qu'un empécheroit de tems à pas de voir quel.
nir quand T'ennui. autre, fauf à revenous ; ly confentis avec s'empareroit de
de plaitraquejcavois d'autant plus
jouirions d'une liberté bien que nousy
la ville, & que nous n'y plus ferions grande qu'a
pofés ày voir
pas exges importuns; ffrequemmentdes ; mais
vifaauffi qu'il convenoit, jeluifis obferver
nous allaflions, M. de qu'auparavant,
faire une vifite à M. de Chanzy & moi,
conféquence de cette Poincy ; & eni
nous y rendimes fur réfolution, les
nous
res après midi.
quatre henfions, à n'en point Quoique nous fçufnous aimoir pas
donter, qu'il ne
M., de Chanzy avoit beaucoup depuis que
fur M. de Pindré
eu la préférence
cependant fon protégé : s il nous
irente même
tres-bien, 3 & il nous
de Chanzy. &de d'amfifler, avec Mefdames
devoit donner dans Norfoy, à la fête qu'il
Il n'auroit pas été décent quelquies de jours.
refnfet,noits le
nous y
& lui donnâmes notre remercidmes donc, 9
y trouver, ainfi
parole de nous
leur fanté, qui
CCS dames, fi
réc 3 fe rétabliffoit aucuts alors affez alté5 nous primes
même
tres-bien, 3 & il nous
de Chanzy. &de d'amfifler, avec Mefdames
devoit donner dans Norfoy, à la fête qu'il
Il n'auroit pas été décent quelquies de jours.
refnfet,noits le
nous y
& lui donnâmes notre remercidmes donc, 9
y trouver, ainfi
parole de nous
leur fanté, qui
CCS dames, fi
réc 3 fe rétabliffoit aucuts alors affez alté5 nous primes --- Page 260 ---
D2go]
congé de lui,8c nous nouis rendimesau à
logis. Nous etmes bien de'la peine elle
Madame de Chanzy, ,' car
gagner avoit encore le coeur gros de tousles mais à
propos que l'on avoit tenus : de noforce de raifons & d'inftances
tre part, & d'un peu de complaifance à la
de la fienne, nous parvinmes
déterminer. Pendant les deux jours qui précéderent cette fête, nous fimes acca- de
blés de vifites, & par conféquent d'autant
complimens de félicitation,
plus ennuyeux qu'ils nous-les n'étoient avoit pas S
finceres. M. de Poincy à fon retour dans
attirés en publiant nouvelle de notre
cette Ile la
Nous nous
ceuines
chain mariage. marqué; tout fe paffa
chez lui aujour & avec toute la grandeur
au mieux,
étoit capable :
dont ce Gouverneur voulurent
refter au
ces dames ne excuferent Ri leur maubal, & s'en
même
vaife fanté, & elles prévinrent
le lendemain elles partiroient
que aller prendre l'air pendant quelpour femaines. à Phabitation de M:
ge Chanzy; nous leur donnâmes la
main, 8 retournâmes au logis. --- Page 261 ---
[251 . ]
lendemain matin Madame de
Le
fon hamack,
Chanzy fe fit porterdans monta fon cheval
Madame de Norfoy
le requi étoit devenu fuperbe durant par notre abpos qu'il avoit pris
& moi les
fence. & M. de Chanzy attendu que
aecompagnâmes à pied cheval, ,
8i que
nous n'avions qu'un
nous ne
par une politeffc réciproque, ni lautre,
le voulâmes monter nilun Tiou Tiou,
ce qui ne fitpas de peineà
qui vint defius à Thabitation. huit à dix jours
Nous y paflâmes
nous
fans defirer n'y voir perfonnes & moi,
de Chanzy
nous occupions.M. les matins à la chaffe ; les'
à allertous
quelquefoisavee
Baesvenoienratill.
de la penous jouir de failions Pagrément dans une petite
che, que nous
du, plus joli bois
riviere. à Pextrémuité elle fe tenoient à Fomdii monde, où du tems fe paffoit à vibre; le refte
les ouvrages de la
fiter & conduire
fucrerie, àla table, au jen,a
& at lit; mais la
ALEBEE
menade rranquillité & la douce amél'aimable régnoient parmi nous, ne
nité qui de longue durée,& ne tarfurent pas à être troublées par Phaderent point
joli bois
riviere. à Pextrémuité elle fe tenoient à Fomdii monde, où du tems fe paffoit à vibre; le refte
les ouvrages de la
fiter & conduire
fucrerie, àla table, au jen,a
& at lit; mais la
ALEBEE
menade rranquillité & la douce amél'aimable régnoient parmi nous, ne
nité qui de longue durée,& ne tarfurent pas à être troublées par Phaderent point --- Page 262 ---
bitudede fe voirfans ceffe, d'être tous
jours enfemble, de n'avoir plus rien de
nouveau à fe dire, & enfin par une
untformitédansies plaifirs,
trop pgrande
goités des jeunes
ordinairement ils peu ne font ni variés ni
gens, quand
d'un
bruyans: nous nous appercimes feuln'étoit
vuide affreux
l'amour Madame de
pas capable 3: remplir.
Norloy fut la premtiere à m'en parler à la
& à propofer, 2 non de retourner de
mais de voir nos voifins,&
ville 2
davantage que
nous communiquer
nous n'avions - fait jufqu'alors ; mes
fentimens étoient trop conformes aux M.
fiens, pour ne point les approuver, & Madame
de Chanzy les appuya,
acfa mere, par complailance, y
quiefga.
donc en
Nous nous déterminâmes
*
conféquenee, à aller le jour d'après
& lès fuivans, 2 faire quelques vifites, 2
& entr'autres celle de Mademoifelle
étoit d'autant plus
de Langady, qui
indifpenfable qu'elle ne pouvoit pas
mon retour. Malgré toute ma
ignorer tendreffe pour Madame deNorloy J je
être infenfible aux charne pouvois de cette demoifclle, mon amour.
mes --- Page 263 ---
[253]
voir propre aimé fe trouvoir fi flatté de me
tardé à d'elle 2 que jc n'aurois fanitoit, fi luirendre ele tribut qu'elle pas
fous les je n'avois pas toujours mé- eu
qui ne yeux Madame de
Elle mabandonnoir
Norloy 2
me fit toutes les amitiési pas un inflant.
fur bles, le ne manqua pas. de imagina- remettre
& me tapis fomma l'article du
donc
de ma parole, dfichemens Je
quête, m'y je refufer, je lui dreffai tE fa
pourM.le Macompagnal Marquisde
d'une lettre
je luticonfeilla; d'aller Champigny, &
rendreà ce Général, elle-méme la
auparavant M. de
eprès avoir vui
crivis auffi, & fis Préponr, à quifé
de
écrire par
ner Norley la peine , pour de le prier de Madame fe donfe joindre à nous la préfenter, & de
nir une grace, podrlui dans" faire obre:
ponvoir préjudicier qui en
le fond, ne
tita du retour de la rien. Elle
rendre au fort S.
patache pour SE
M. de Prépont qhi-la Pierre, ot elle vit
Fort-Royal chez M. le conduifit au
après quelques petites Generals qui
qu'elle Içut
dhificulrés
de fa demande; applantr,lui elle accordal'eifet
retourna enfiite
la préfenter, & de
nir une grace, podrlui dans" faire obre:
ponvoir préjudicier qui en
le fond, ne
tita du retour de la rien. Elle
rendre au fort S.
patache pour SE
M. de Prépont qhi-la Pierre, ot elle vit
Fort-Royal chez M. le conduifit au
après quelques petites Generals qui
qu'elle Içut
dhificulrés
de fa demande; applantr,lui elle accordal'eifet
retourna enfiite --- Page 264 ---
au Fort S. Pierre, où elle n'eut pas
depeine à faire ligner cette conceflion
à M. Panier d'Orgeville, &c elle revint aul bout de quinze jours nous
faire fes rémercimens.
Pendant près de quatre mois que
reftaià l'habitation de M. de. Chanje: nous ne fûmes que deux fois à
zy,.
feulement
Marie-Galante, y - paffer demeurâmes le
quelques jours; nous
refte du tems à la campagne, oùt nous
menâmes la vie du mondelapluisagréable.Nous voyionsfouventnos voifins $
nous allions alternativement les uns
chezlesautress & par ce moyen, nous
trouvâmes le fecret de prévenir l'ennui. Mais une lettre que je reçus de
M. le Marquis de Champigny, mit fin
atous nos divertiffemens, : il me mandoit de ne pas différer d'un inftant à
au
par la barme rendre
Fort-Royal,
que, dont le Patron me remettroit
à Madame
fa letue.lelacommemnignai.
de Norfoy 2. qui en fut très-allarmée;
mais comme elle étoit fort faifonnable, je parvins facilement à calmer
fon afliction, en lui faifant entendre
que ce feroit là ma derniere campaabfolument nécefflaire à notre
gne, --- Page 265 ---
bien être,
[a55 ]
quitterions qu'enfuite plus,
nous ne nous
cher Nous revinmes le même
à la ville, jallai le jour Co1matin faire mes adieux à M. lendemain
& prendre fes. ordres; ; le de Poincy
nous nous
jour d'après
toire & moi, réitérâmes, toutes les ma chere Vic
ordinaires entre deux proteftations
fe féparer pour quelque amans qui vont
barquai, on appareilla, tems.Jem'em- &
mes le cap fur le Fort-Royal, nous portàarrivâmes le: furlendemain
our nous
res du matin; nous
à buit heuPort, je defcendis mouillâmes dansle
rendis au
terre, & je me
M. le Marquis Gouvernement, de
bonté de m'informer Champigny eut la
qu'ence des arrangemens qu'en confé
Cour de France & celle pris entre la
il avoir reçu une lettre d'angleieres du
qui lui enjoignoir
Minifire,
cuation de tous les d'ordonner l'évatrouverojent établis dans'les François qui fe
raibes de
Ifles Ca-
& la $ Dominiques Samelncie.des &
Vincent,
inceffammenta au
qu'il attendoir
che angloife qui Fort-Royal devoit une pataMylord Aubry,
amener le
chargéa.cet effet de
qu'en confé
Cour de France & celle pris entre la
il avoir reçu une lettre d'angleieres du
qui lui enjoignoir
Minifire,
cuation de tous les d'ordonner l'évatrouverojent établis dans'les François qui fe
raibes de
Ifles Ca-
& la $ Dominiques Samelncie.des &
Vincent,
inceffammenta au
qu'il attendoir
che angloife qui Fort-Royal devoit une pataMylord Aubry,
amener le
chargéa.cet effet de --- Page 266 ---
[256]
l'exécution des ordres de fa Cour ; il
me ditauffi que de fon côté, ilavoit
fait choix pour cette expédition du
- Major Général Karny, que M. dePrépont devoit conduire dans fon Brigantin qu'il venoit de faire armer ; qu'il
m'avoit mandé exprès pour être de
ce voyage, qui n'auroit rien que d'agréable pour moi, & qu'à notre retour, il profiteroit de cet armement
pour aller faire fa tournée à la Grenade qui, alors, dépendoit du- Gouvernement Général; & qu'après l'avoir reconduit au Forr-Royal, nous
pourrions encore faire une campagne
à Curaçao, Ile de la mer du nord,
appartenante aux Hollandois, attendu
qu'il n'y avoit pas d'apparence (à
caufe que la failon feroit trop avancée)
nous pufions aller faire la
traite Srer les côtes d'Efpagne, & que
M. de Prépont venoit d'écrire à fes
Corre/pondans, afin qn'ils ne l'attendiffent pas cette année ;-ce Général I
m'ajouta que dans cet interval il
efpéroit recevoir desréponfes aux lettres qu'il avoit écrites, ainfi que le
confentement de mon oncle s pour
gonclure mon mariage avec Madame --- Page 267 ---
12571 foin d'infiraire
de Norfoy 5 depart que j'eus de tout ce quis'éavant mon depuis que jétois éloigné
toit palfé
d'elle.
deux heures que
Il n'y avoit quand pas M. de Prépont
jérois arrivé, dans T'entretien partivint au Fort;
avec lui, il ne me
culier que fort Teus content de la préférence
parut Ton pas lui donnoit fur d'autres pour
que armement , qui effedivement dans
cet
notable
lui portoit un préjudice & dérangeoir d'ailfon commerce autres , affaires ; mais comme en
leurs fes intérêt de ne
rompre
ilavoit
Marquis lec Champigny,
vifereà M:le à propos de fe refuler
il ne jugea le ce Général.
la
aux-dehirs bout de
à fix jours,
Au
la
dans rade Paa
tous
emtar
tacheangleite Mylord Aubry defcendi- &
forthoralile Officiers de ce vaiffeau
vifite
les
& vinrent rendre
rent à terre 2
qui pendant quils
à M. le Général, cette Ile, les régala
refterent dans
ordinaire. IIs
avec fa magmificence auffi à diner à leur
nous donnerent traiterent très-bien, &
bord, nous qu'ils nous firent boire,
avecle punch --- Page 268 ---
35553-2.
[258]
ils prirent bien leur revanche du vin
de Champagne que nous leur avions
verfé.
Lorfque notre Brigantin fut prêt,
nous primes congé de M. le Général;
nous appareillâmes le 12 Mai 1730,
fur les quatre heures après midi, &
accompagnés de la patache angloife,
nous fimes voile pour le Fort SaintPierre,oit nous devions d'abord nous
rendreavant d'aller as. Vincent, une
des trois Iiles Caraibes dont Jai déjà
fait mention ei-devant.
Fin de la feconde partie,
nous leur avions
verfé.
Lorfque notre Brigantin fut prêt,
nous primes congé de M. le Général;
nous appareillâmes le 12 Mai 1730,
fur les quatre heures après midi, &
accompagnés de la patache angloife,
nous fimes voile pour le Fort SaintPierre,oit nous devions d'abord nous
rendreavant d'aller as. Vincent, une
des trois Iiles Caraibes dont Jai déjà
fait mention ei-devant.
Fin de la feconde partie, --- Page 269 --- --- Page 270 --- --- Page 271 --- --- Page 272 --- --- Page 273 ---
E769
CS27V
pts. 1-a --- Page 274 ---
A --- Page 275 ---
--- Page 276 ---