--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A88
SILENO a
-
ofohn baster Bion --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 ---
darme 1d05.
prnt 4
situ Ilar --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
VOYAGES
E T
AVANTURES
DU CHEVALIER DE E***
PREMIERET PARTIE, --- Page 10 --- --- Page 11 ---
C:C
V O YAGES
PcIens
AFANTURES
Againy
DU CHEVALIER DE
Contenant les Voyages de PAuteur dans les
Ife Antilles Frangoifes du vent de PA
mérique Septentrionale, y compris les
Caraibes, de Saint-Fincent, SaintePa 6 la Dominique ; 6 dans celle
de Saint-Thomas, appartenante aux
Danois.
PREMIERE PARTIE.
ALONDRES,
Etfe trouvent
A PARIS,
Chez DESSAIN Junior, Libraire, Quai des
Auguftins, à la Bonne Foi.
M. DCC, LXIX. --- Page 12 ---
E RRATA
De la premiere Partie.
PAGE vj,lig. s,silenelt,1i fi elle en eft.
22, lig. 29.qui, lif. ce qui. entendre.
36, lig- sétendre,lf vendus, lif rendus.
155, 165, lig. lig. 25, 28, de ces, lif des fes.
177,lig. 5,fauricz, lif. faurez. --- Page 13 ---
A M. LABBE G***
EN SON CHATEAUDE N***
MONSIEUR,
Comme c'ef à vous que cet Ouvrage doit Jon
J'e/pere
que vous voudret
permettre
A
que je vous A en falle hommage. C
Depuis dix ans , J 'ai formé mille
projets de le mettre au jours fans
pouvoir en venir à bout ; a vous
m'en aveg fourni le moyen, en
m'invitant d pafer la belle Jaifon
d votre charmante
; dérobé: alors au tumulte AUCFREL la Ca:
pitale,j'ai profité des momens --- Page 14 ---
YJ ÉPTRE
gue votre
DEDICATOIRE
e
epplication ma laiffes;
me encourugépar fais trouvé votre exemple,
donner
en état de
esje
au public
pouvoir de
Foyager, trop heureux "Hifoire mes
bien repsplas heureux s'i7 en ef
Lofre gueje vous en
encore f
vous être agréable. Je fais, peut
je ne
pourrois, f
connoifors pas votre
tiesfaire ici une
modef
que la
de Htoge plus mériné
voyons FE a
ceux que nous
pour ne vous
mais
An
atauhion,
contenterai pas dipiies : Je me
tetrs toute la d'anmoncer à mes LecTOus dois, rucobnaifance
EAStA que les pab
pel,avec lelquels dufime 6 de ref
je fuiss
MONSIEUR,
Votre obciflant sres-homble & trésa
ferviteur,
Dxrs, --- Page 15 ---
-
>
AVERTISSEMENT
environ dix ans quejai
Lit mis
à mes. Voyages, fans avoir
jufqu'ici trouvé le moment de
pouvoir cn donner Phiftoire au public., Des affaires multipliées que
j'ai eues à tcrminer depuis mon
retour à Paris, différens voyages la
en, Province gui en ont été
fuite, & plus encore la difipation en tout genrc, qu'ofie la
Capirale à ceux qui font Occupés dè leurs plaifirs; m'ont fait
remettre d'année à autre, la tàcheque jem'étois propoféc (quor
que jeune) dès le tems de mon
départ.
en
Mais comme. j'ai toujours
foin d'écrixe ce qui s'eft pré-
tcrminer depuis mon
retour à Paris, différens voyages la
en, Province gui en ont été
fuite, & plus encore la difipation en tout genrc, qu'ofie la
Capirale à ceux qui font Occupés dè leurs plaifirs; m'ont fait
remettre d'année à autre, la tàcheque jem'étois propoféc (quor
que jeune) dès le tems de mon
départ.
en
Mais comme. j'ai toujours
foin d'écrixe ce qui s'eft pré- --- Page 16 ---
viij
fenté VERTARSENENT de curieux
droits que j'ai
dans tous lesen.
minés avec
parcourus & exafur mes foib.je mefuis raffuré
qu'une fimple journaux , perfuadé
mettroit en tour revtfion, me rcvoies, & me
tems fur lcs
ment les objers. repréfenrcroit aiféje viens d'éprouver C'elt Ce
commence mon
depuis quc a
Retiré depuis Operage.
la campagne, quelques mois a
mictix
Farcru,ne potvoir
retraite employer le tems de mna
nicre main 7 qu'en à
mettane la dertoujours tenu un à cceur. Ouvrage qui m'a
cucille Je fouhaite quc le poblic l'ace
j'en
avec autant
Quand goite à a lc lui deplailir
on.offre rour
Pteais
Peuroffitr, on doit nous CC que l'on
gré; je ne brigue
co favoir
la Fépotation
d'ailleurs
de bel ciprit.
fais
ni
RERE
part à mes
je!
feulement
concitojyens de mcs --- Page 17 ---
AYERTISSEMENT, ix
semarques; & cela avec -
le ftyle
d'un homme qui raconte ce quil
a vu: aumoinsle Lcéteur pourrat-il, en me lifant, s'affurer qu'il
lit un Voyageur fidele dans fes
narrations, &qui par cette feule
confidération, mérite qu'on lui
palfequelques fautesdansleflyle,
s'ils'en trouve.
J'ai été très-cxact dans les def
criptions des différentes Contrées
que j'ai parcourues ; jc n'ai pas
négligé de faire mention des reptiles, infectes, poiffons extraordinaires, quadrupedes, amphibies, & de toutes *' les efpeceadoie
feaux. rares que jy ai remarqués:
enfin je n'ai rien.omis de tout ce
pouvoit intéreffer la curiofité
public.
Pour ne pas tenir trop longtems fmfpenduelattcntion de mes
Lecteurs, par des Epifodes longues, qui auroient interrompu
le fil de ma narration, j'ai remis --- Page 18 ---
X
à ma AVERTISSEMENT troifieme
cription des
Partic, la deffaite de fuite. beus.qnda pas été
Jc me flatte qu'il
voir
jc n'ai
fera aifé de
dire do merveilleux pomnt cherché a
diter: mon
pour accré
vrai, pour mériter Ogvrage, le
mais du
me veridique,
titre d'homun Voyageur. qualiré rare dans
Jc crois quilef a
prévenir lc
de.
térer la verité 4 Leckenr Ertes aldans lcs
des elern rapportés
différentes
me font atrivécs Avantures
2. ma jeunelle,
dans le feu
pos fpour ne Pas Taijogé bleller à Profonnos qui Pourroieme des pernues en France) de
être connoms, & me fuis contenté fupprimer les
indiquer par, des
deles
ou de lcs changer. lettres initiales,
Afin d'eviterla
naire aux Voyageurs, féchereffe ordi-
& guirend
commmntncichndua de leurs
elern rapportés
différentes
me font atrivécs Avantures
2. ma jeunelle,
dans le feu
pos fpour ne Pas Taijogé bleller à Profonnos qui Pourroieme des pernues en France) de
être connoms, & me fuis contenté fupprimer les
indiquer par, des
deles
ou de lcs changer. lettres initiales,
Afin d'eviterla
naire aux Voyageurs, féchereffe ordi-
& guirend
commmntncichndua de leurs --- Page 19 ---
*FERTISSENENT,
Ouvrages ennuyeufe 1'ai eu foin
de retrancher les redites, les dates multipliées & le fhile ufité
dans les Journaux de Voyages S ;
Jai varié les miens par quantiré
d'Anecdotes intéreflantes qui ife
font pallées fous mes yeux 5 j7
ai même joint mes e Avantures
perfonnelles, on l'on verra les
dangers que court une jeuncffe
inconfidérée, trop. tôf livréc
à clle-même, ce qui donncra
matiere a réflexions à ceux qui
entreprendront de fournir pareille carriere.
Quoique ce foit un marin &
non un Académicicn qui écrive,
fon ftyle n'a cependant rien (j'ofe
le dire) de trop diffus 5 il eft peH
chargé d'Epifodes, il dit tout ce
qu'il a vu, il n'oblige point fes
Leétcurs à fuivre fes opinions, il
leur laiffe au - contraire toute liberté de s'en tenir à leurs pré:
jugés
--- Page 20 ---
Xij AFERTISSEMENT
Si fon Ouvrage eft golté, il
fera plus
payé de fes
& il Bbemnter dans
fes peines,
peu
autres
Voyages 2ux côtes de
aux Indes, en Egypte & Guinéc, cn Tur-.
Il comptoit d'abord les
Paroître en
Ruer
mêmc tems
ccux-ci; mais un incident que imprévu l'a obligé de laifTer un interyalle entre les uns & lcs aus
tres.
VOYAGES --- Page 21 ---
VOYAGES
ET
AFANTURES
DUCHEVALIER D
PREMIERE
PARTIE.
E ne m'amuferai point à
promener ici mes' leéteurs
le long des branches de
mon arbre généalogique 2
je me contenterai de dire tout fimplement que je fuis iffu d'une des meilleures & des plus anciennes familles
du Vivarais. Je n'avois que fix ans
quand mon pere mourut, ma mere
ne lui furvécut que de deux ; un frere
Partie, I..
A *
AFANTURES
DUCHEVALIER D
PREMIERE
PARTIE.
E ne m'amuferai point à
promener ici mes' leéteurs
le long des branches de
mon arbre généalogique 2
je me contenterai de dire tout fimplement que je fuis iffu d'une des meilleures & des plus anciennes familles
du Vivarais. Je n'avois que fix ans
quand mon pere mourut, ma mere
ne lui furvécut que de deux ; un frere
Partie, I..
A * --- Page 22 ---
[2]
ainé, une foeur cadette &z
mis fous la rutelle d'an moi, fimes
ncl, fort honnêre homme, oncle patergénie botné, . &
mais d'un
firs.
très-adonné à fes plaijeune Uglauats, une cuifiniere & une
paffoit gouvérnante, de
avec qui il fe
fa maifon. femme, Cette compofoient toute
mettoit gueres d'avoir pofition foin ne lui percation de fes trois
de l'éduler de près à leur pupilles, ni de veildonc fagement - le parti conduite, Il prit
foeurd TAbbaye Royale d'envoyer ma
d'Arras, oi nous avionsune d'Etin, près
Religieufe, & de me faire parente
avec mon frere, pour Paris, oùt partir, 2
fimes mis en penfion au
nous
Besuvais-pour
Collége dedes,
y continuer nos-étuJe.me liai avec un
dont la connoifance, Penfionnaire,
en
quoique bonne
malheurs elle-même, de a donné lieu à tous les
ma vie, 2 ouplutotaux fot.
moit tiflesquiles ont occalionnées.1 fe nomplus que Dupradel,il moi; nous n'avoitque deux ans
Pautre de ia plus étroite nous hâmes Tun &
conformité de taille, de goit amitié; & de une
radtere,décida
caentrenourlaiympatlies --- Page 23 ---
[33
ilavoit une mere,à peu de chofe prèsa
femblable - au Collofle de Rhodes;
elle demeuroit à THôtel des Urfins 2
dans la Cité. It m'y conduifit, pour
lapremiere fois 5 le jour d'un feuqu'on
tiroit à la Grêve. J'eus le bonheur de
lui plaire ; elle avoitlefprit très-ornés les
beaucoup d'enthoufialme pour
voyages, & furtout pour les chofes
exiraordinaires. Elle m'en recommanda fort la ledure, me prêta différens
Mémoires 2 parmi lefquels étoient
ceux du" P. Labat, les furprenantes
Avantures de Robinfon Crufoé, &
quantité d'autres de cette efpece. Je
les lâs tous avec une. avidité infatiable; je crus de bonne foi, & à la lettre les Auteurs fur leurs écritsi; étois-je
en état dans ce tems de faire aucun
examen ? je n'avois éncore vu.qu'uné bien
fyntaxe & des pédans ; j'étois
éloigné de penfer, que des gens qui
annoncoient dans leurs ouvrages, vouloir inftruire le' public, fuffent capables d'en impofer. auffi groiflieremene: :
quoi qu'il en foit,je pris un tel goût
les voyages, quej'en avois jour
Ecm nuit l'imagination remplie, & que
Aij
s de faire aucun
examen ? je n'avois éncore vu.qu'uné bien
fyntaxe & des pédans ; j'étois
éloigné de penfer, que des gens qui
annoncoient dans leurs ouvrages, vouloir inftruire le' public, fuffent capables d'en impofer. auffi groiflieremene: :
quoi qu'il en foit,je pris un tel goût
les voyages, quej'en avois jour
Ecm nuit l'imagination remplie, & que
Aij --- Page 24 ---
[4]
je négligeois entierement mes
Mon Répétitenr & mon Régent études:
appercurent. , ils en
s'en
motifs, ils m'en firent des ignoroient les
& par des
reproches,
toute autre comparitfons, qui, en
été odieufes, circonflance, ils
m'auroient
mon émulation: : mon tâcherent frere
d'exiter
un jour, me furprit avec mes même quis
& qui en fit avertir notre
livres,
mandes s'ingéra auffi de me faire Répétiteur, - des
: fon ton d'ainé ne reprije. me croyois au moins auffi déplut,
nable ; d'ailleurs une meilleure raifontitution & une haine
conf.
tout - ce, qui fentoit implacable la
pour
concoururent à :me donner dépendance, de l'aigreur, & à me faire
premicre fois de ma fortir, vie, du pour la
tere de douceur,
caracavoit cru mon
que jutqu'alors on
qui étoit
appanage; mon frere,
menaça; je foutenu, tenois. me répliqua, me
les mains, & d'une une fronde-entre
dedans, je latteignis. pierre qui étoit
qu'il en fur renvérfé; fijufe il eut au front,
tufion terrible. Le Chirurgien une conle panfa, & raffura nos Maitres arriva,
fur --- Page 25 ---
fon fort : le Principal, en aations de
graces 2- me condamna. pendant neuf
jours aul pain & à l'eau, m'ôta mes
livres, & eitt la cafarde charité, pour
rendre la neuvaine plus efficace, de
me faire adminiftrer le premier & le
dernier jour , plus de cent coups de
fouet : c'étoit en: 1725, année trèsféconde en neuvaines' de toutes efpeces. Quoique cette punition. ne fat
point du tout amufante pour moi, je
l'aurois cependant encore préférée
aux excufes arrachées que l'on me
contraignit de faire à mon.frere : enfin
j'étois le plus foible ; tout, hors mon
camarade, étoit contre moi; il fallut
donc me réfoudre à fler doux. Près
de deux ans fe pafferent, depuis ce
tems, dans une affez bonne intelligence, au moins en apparence, entre
mon frere & moi; mais étant allés
paffer cnfemble les vacances de mil
fept cens vingt-fept, à S. Prix, chez.
M. le.Clerc de Lefleville, Confeiller
an Parlement de Paris,qui avoit été
fort ami de mon pere, & à qui mon
oncle nous avoit recommandés: je ne
laiffai pas échapper l'occafion de lui
çommuniquer mon, goit pour les
Aij
bonne intelligence, au moins en apparence, entre
mon frere & moi; mais étant allés
paffer cnfemble les vacances de mil
fept cens vingt-fept, à S. Prix, chez.
M. le.Clerc de Lefleville, Confeiller
an Parlement de Paris,qui avoit été
fort ami de mon pere, & à qui mon
oncle nous avoit recommandés: je ne
laiffai pas échapper l'occafion de lui
çommuniquer mon, goit pour les
Aij --- Page 26 ---
[6]
& la
EE lui
marine; je parvins à le
écrire à approuver, mon oncle & lengageaidlen
ponfe 2 le laiffa le maitre , qui, par fa réce qu'il jugeroit à
de faire tout
Nous revinmesa propos. #
la S. Martin;i ily avoit Paris la veille de
à maines quie mon frere déjà cinq fefon Collége. Je
étoit retourné
volonté
l'on profitai de la bonne
faire
me témoigooit, pour
mon
P1edue
deux mois, tout fur fort. En moins de
fonhait, 2 & je partis de arrangé à mon
Rocheforts lieu de
Paris pour.
en qualité de Garde mon départemient,
trouffeau convenable, marine, avec un
comptant, le fept
& mil écus
cens vingt-huit.
Février mil fept
toutes les. lettres Indcpendamment dont
de
pour les premiers de j'étois la. porteur
j'en: avois une entr'autres Province,
Forcade, premier
de M: de
de la.Marine
Commis du Burean
mifaire des Claffes pour M: DL**, Comme reçut à bras
de cette ville ; il
dant une femaine ouverts, & fêta pendifciple de Neptune. entiere le, nouvean
ment un bon
C'étoit réelleen recommangation liraeite: qui avoit
T'elprit, qui Pie --- Page 27 ---
[7]
manquoit, que le bon fens dont it
étoit pourvu. Sa femme au contraire,
faifoit plus de casde ce dernier, quoiqu'elle réunit Pun & l'autre avec
autant de beauté que de vertu, Elle
portoit cependant cette derniere. un
peu trop loin; : çar. elle fembloit
exiger. que chacun en eût autant
qu'elle. Une jeune foetir de lait. de
dix-neuf ans, qui alternativethent,
lui tenoit lieu de femme de chambre
& de demoifelle.de. compagnie étoit
le plafron journalier de toute, T'auftérité de fa morale. Je voulus lui en -
faire goûrer une plus douce, elle y
prit plaitir ; nous. nous entendimes au
mieux, mais nous efmes Fimprudence
dans un
de S nous laiffer furprendre
moment de filence, qui fut malinterr
prêté. On nous jugea à la: rigueur;
& pour éviter le (candale, il fallut
me réfoudre à preadre : un autre
ment, & à laiffer au public - le
aice
du commentaire.Je me mis en penfion.
chez un vénérable Apoticaire, fort
habile Artifte; mais qui, quoique bon
Chimifte, n'avoit. encore pit trouver
un fecret contre la glofe que lui attiroit fouvent une jeune femme qu'il
A iv
êté. On nous jugea à la: rigueur;
& pour éviter le (candale, il fallut
me réfoudre à preadre : un autre
ment, & à laiffer au public - le
aice
du commentaire.Je me mis en penfion.
chez un vénérable Apoticaire, fort
habile Artifte; mais qui, quoique bon
Chimifte, n'avoit. encore pit trouver
un fecret contre la glofe que lui attiroit fouvent une jeune femme qu'il
A iv --- Page 28 ---
[8]
n'avoit, difoit-il, époufée enf fecondes
nôces, d'une fille que pour veiller. à l'éducation
mier mariage. qu'il avoit eu de fon preJ'étois jeune, doux,
complatlant, petite fature, affez bien fait dans ma 2
faillies & aimant vif, la enjoué 3 plein de
la mere, la fille dépenfe; e j'écourai
dant près de trois m'entendit, mois
& pendans cette
que je reffai
de n'y donner maifon,Fens la fatisfaétion
homme; ; mais aucun mon ombrage au bon
gâta tout, jufqu'à la peu taille d'expérience
tite perfonne, qui
de la
confier au
fottement, alla Pe
belle-mere renard, le
en découvrant à fa
quelle fut fon
aux rofes. Je ne fais
core près de
mois elle avoit enEE
ne périclitoit; fept & fans fon de marge, rien
je n'aurois pas été
indifcrétion;
les reproches. de obligé, pour éviter
dont Texplication ces deux femmes,
bien des
m'auroit occafionné
fuites tracafferies, 2 & peut-être des
l'Ile faicheufes, de
à
d'Aix, oir notre m'ombarquer
en rade 2 plus de
vaifleau étoit
le tems fixé par le quinze jours avant
bord, dontjavois Capitaine de notre
obtenu
l'agrément, 2 --- Page 29 ---
[91
ainfi que celui du Commandant de la
Marine.
Depuis le 14 Mai 1728, que je
partis de Rochefort pour me rendre à
Ple d'Aix, jufqu'au 5 Juin fuivant,
que tout léquipage efefatembla.Teus
le tems de m'ennuyer, & conféquem- bien
ment de faire fur mes . incartades,
des réflexions dont je fus redevable,
en partic, à deux lettres que je reçus
de M.de Leffeville & de mon
avoit eu foin d'informer de
Fet
qu'on
conduite reeneeaitectsi
depuis le jour de mon arrivée, jufqu's Je
celui de mon évafion à lIle d'Aix.
ne m'y arrêtai gueres; ce n'étcit en-
:core que de légeres exquiffes de tou- le
tes les fottifes qui devoient mettre
comble à mes malheurs ; n'anticipons ils
donc point ces inftans critiques 9 le
viendront affez tôt, & reprenons
fil de notre hiftoire.
ma-
: Le7 Juin, à quatre heures du
tin, ils'éleva un petit vent de nordeft, qui nous étoit trop favorable, 2
n'en pas profiter; nous appareilKEE & un coup de canon, confacré à F'ufage, annonça notre départ
A V
fottifes qui devoient mettre
comble à mes malheurs ; n'anticipons ils
donc point ces inftans critiques 9 le
viendront affez tôt, & reprenons
fil de notre hiftoire.
ma-
: Le7 Juin, à quatre heures du
tin, ils'éleva un petit vent de nordeft, qui nous étoit trop favorable, 2
n'en pas profiter; nous appareilKEE & un coup de canon, confacré à F'ufage, annonça notre départ
A V --- Page 30 ---
[Tol
aux Infulaires, d'Aix qui ne
rent
fort
s'en mi-
-
pas
en peine.
Nous fimes voile pour la MartiniS. que, d'ou nous devions de-là aller à
France. Domtinguey Il
& revenir enfvit > en
dinaire
ne fe paffa rien d'extraordans cette traverfée,
ques grains près, tout fut &aquelJe
tranquille,
faire m'occupois mon Journal $ comme les autres, à
Hervations
& toutes mes obqu'il eft pour maritimes, le moins dont je crois
dre
inutile de rencompte aux Leaeurs, il y auroit
pour eux beauicoup d'ennui,
ou point d'amufement
& peu
Jene négligerai
pour moi.
defcriptions, furtout cependant point les
autres Voyageurs n'auront celles que les
dues exactement. J'en
pas: renà l'égard des événemens agiraide même
jem'arrêterai, autant qu'il intéreffanss fera
fible, aux ulages, aux
pofla Religion d-s habitans moeurs, & à
rentes Contrées
des diffé.
fachant bien qu'un quej'ai Autenr parcournes,
propofer autre
re doit fe
Facréable à Putile chofe. 5 que de joindre
grefions un
Péviterai les direment ne peu-longues, qui ordinai.
A
fervent qu'à ennuyer, & --- Page 31 ---
[al
& je laifferai aux Leêteurs la liberté
de faire les réflexions qu'ils jugeront
convenables. Je fis fur notre bord, la connoiffance de deux Parifiens, qui alloient
dans ces pays éloignés, pour y: prendre leur revanche, contre la fortune,.
qui les'a avoit fort maltraités d'un dansleur Compays natal; Pun étoit le fils
midaire au Châtelet de Paris, nommé B *** 5. qui avec affez. d'efprit &
d'ulage du monde, avoit de très-ex- 1
cellentes difpoltions
fe broniller
fouvent avec.celle EAI il alloit implorer le fecours: L'autre aul contraire
en: avoit de toutes oppolées : un
âgc fait, les malheurs de fa famille,
& fa propre. expérience 9: fils avoient d'un
mûri fon: efprit; il, étoit S. Sevemarchand, de la rue
gros- rin, & fe nommoit D d
Il - étoit
fombre & mélancolique, fon chagrin,me difoitil quelquefois, ne ves
noit-que de ce quilayon été obligé
de quitter une foeur, jeune &jole,
qu'it aimoit: beaucoup, & qu'il Favoit
laiffé fans aucune autre refource que
fes appas, qu'elle auroit (par parenshele)tres-bies fais detroquer contre
A WT
and, de la rue
gros- rin, & fe nommoit D d
Il - étoit
fombre & mélancolique, fon chagrin,me difoitil quelquefois, ne ves
noit-que de ce quilayon été obligé
de quitter une foeur, jeune &jole,
qu'it aimoit: beaucoup, & qu'il Favoit
laiffé fans aucune autre refource que
fes appas, qu'elle auroit (par parenshele)tres-bies fais detroquer contre
A WT --- Page 32 ---
(r]
un fol d'intérêr dans. les fermes
rales; mais l'expecative
géné
d'une fortune qu'elle
chimerique
fon frere alloit taire, & s'imaginoit que
toit partager avec lui, qu'elle la fit compfottement dans le
donner
clinations, fans labyrinthe des indes' fuites, qui trop s'embarraffer
Ce que j'ai
malbeurcufemient, à
moins
appris, ne lui furent rien
cher frere n'avantagenfes il fut
Quant a fon
n'avoit pas dix écus plus heureux, caril
qua, il poflédoit quand ils'embararriva, que fit-il? cent Il louis quand il
fa rendreffe pour fa foeir joua, & toute *
Comme Taurai plus d'une s'éclipfa.
cafion de parler de ces deux fois ocnes, dans le' cours de ces
perfonje vais les laiffer julqu'a Mémoires,
ala Martinique, lieu de notre leur arrivée
tion..
deftinaOutre : ces deux
avions encore deux Jéfuites paflagers, nous
& un Dominiquain, Toulon 9 ce dernier étoit venu de
ils alloient s'embarquer à Rochefort, &
fons qa'ils avoient tous fe rendre aux maia la Chuadelonps au Fort S. Pierre &
Toutes les fois que jy
penfe,je ne --- Page 33 ---
fn;1
peux me rappeller fans chagrin, ce
que ces trois Religieux eurent à fouf-
& de
frir de nos queftions indécentes
fur le
nos mauvailes duP. Girard, plaifenteries du P: Cadiere
compte & de fa foeur. L'affaire étoit récente
alors, & il ne fallut
moins que
Tentremife du ERLEO pour nous
contraindre à les laifer en repos.
Nous avions auffi une, demie-Bourgeoile d'environ cinquante ans, avec
tine niece de vingt, qui alloient au
Cap François - 2 pour y joindre une de
leurs parentes, qu'elles difoient y
avoir fait fortune.
femmes étoient
A Comme ces deux
fort liées avec'le P.Dominicain,8 que
dans - le commencement de notre route,
elles avoient affeêté d'éviter notre
compagnie, elles furent également
expolées à nos brocards; mais elles
ne tarderent gueres. à sapprivoifer,
comme ?
on le verra dans la fuite.
a Perfonne n'ignore à préfent la ridicule, maist plafante cérémonie du
Baptême, que les Matelots donnent
aux tropiques, & fous laligne, à ceux
qui ne les ont pornt encore pafiés :
ceft un cafuel pour lequipage, tous
affeêté d'éviter notre
compagnie, elles furent également
expolées à nos brocards; mais elles
ne tarderent gueres. à sapprivoifer,
comme ?
on le verra dans la fuite.
a Perfonne n'ignore à préfent la ridicule, maist plafante cérémonie du
Baptême, que les Matelots donnent
aux tropiques, & fous laligne, à ceux
qui ne les ont pornt encore pafiés :
ceft un cafuel pour lequipage, tous --- Page 34 ---
ceux qui font dans [14]
contribuer, fous peine ce cas y doivent
le gés; nuln'en eft
d'être fubmerCapitaine, dont exempt, pas même
detpotique. de
eft lautoritésp prefque
étoit
que fi le (ulpendue vaiffeau ce jour.là;
il
gu'il
-n
former à.
feroit obligédede monte
abattre, à Tulage, au rilque de conqui eft,a la coup Proue. de hache, la fgure voir
Nous étions donc
nes, livrésah
huit
me
tropique & difcrérion de
du catéchume. bon homont; pour le
fes miniftress
dité que les nôtres. moins, autant de cupi- qui
franes &
que nous mimes Avec chacun. fix
deux bouteille
dansle bafin,
nous en fames quitte d'eau de vieà côté;
talied'éau, la rête
que l'on nous pour une demieIl ne en figne de croix, renveria fur
reftoir
mes a Pafer elles plus que, nos :, deux daaimées de
n'eroient pas fort
Tequipases dont
plainies, telots
ona avoit mis
funlens
leurs.rien aux fers. Elles n'érojent quelques-Ma
moins
d'ail.
pour furcroir der que génereufes, &
rent pouriparrain un guignon, elles
notre vailieau,
des E
Meperable Par fon --- Page 35 ---
[:51
age, & qui, fatite de bons Patrons,
avoit été oublié dans toutes les promotions, qui s'ctoient faites depuis
trèsbrave homme
vingt ans , quoique
& fort eftimé; fans doute, qu'il'avoit il
ce jour-li l'efprit préoccupé , filleul- car
fes
ne fongea pas dendoariner
les, dont le choix donna de Phumeur
à nos plus.jeunes Officiers, qui, pour à
s'en vanger, les recommanderent
léquipage, & d nos Déeffes reçûrent une immerfion des plus complettes, dont on s'excufa- auffitôt fur une
prétendue méprife, quimortifia beaucoup leur conduéteur qu'elles ne quitterent prefque plus depuis ce tems.
Un jour que c'étoit à moi à donner
le ratafiar, je fus chercher ('Enfeigne
en queftion & j'entrai fans précaution
dans fa prefque chambre. A la pé.
trification près, ma furprife fut égale
ala fienne : ie le vis auprès de la complaifante niece, tne papillotte à la
main.fe difpofer à en faire: un.
lier
Je fis un éclat de rire.
AREFE
partis ufage. comme une éclair. La donzelle
me rejoignit dans Vinftant, me recommandia un fecret que je n'avois
gueres. envie degarder S cependant t
ution
dans fa prefque chambre. A la pé.
trification près, ma furprife fut égale
ala fienne : ie le vis auprès de la complaifante niece, tne papillotte à la
main.fe difpofer à en faire: un.
lier
Je fis un éclat de rire.
AREFE
partis ufage. comme une éclair. La donzelle
me rejoignit dans Vinftant, me recommandia un fecret que je n'avois
gueres. envie degarder S cependant t --- Page 36 ---
à force
[161
conditions d'inflances, jele
lottes
que je
promis, aux
au
pafferois les
- craignit fer; le cas étoit
papil.
tit les mon indiferetion, grave, On
on
enfin le contequebcers maitre
& on me en laifa fenfis naitre le jour de- même. focafions je la
étoit ner, comme la moitié de Après le dis
moit fur le pont, &
fis en attendant le que Tautre
SrRE
notre niece dans quart, je condui.
& qui étoit auprès de la lin enfoncement
furun coftre qui
Sainte Barbe,
ftrumens du
contenoit les inftins parole: Un Chirurgien major, jelui
dont en me
malheureux Mate'or,
doute les rabans relevant, du Yatrapai fans
veilla, nous apperçur hamack, fe réle devoir d'aller tout de fuite & fe mit en
fit Capitaine. Un heurenx en avertir
de rencontrer le
hazard nous
nos Enfeignes, V**a.de P *** un.
d'amitié pour
qui iavoit
ce facheux moi; il impofa beaucomp filence
douze francs rémoin, à qui jc
à
ce drôle n'auroit pour boire. Je crois donnai
T'on mit tous lès pas été fâché que que
parcil prix ; quant jours à
fa difcrétion à
mis bien dene faire moi, je me projamais de ma vie,
--- Page 37 ---
1:71
dans un vaiffeau, les fonéions de
perrtiquier, & j'ai tenu parole.
Apres cinqjours de traverfée, nous
mouillâmes le 27 Juillet 1728, dans.
la rade du Fort Royal de la Martinique, vers les dix heures du matin ; le
falut donné & rendu, nous defcendimes à terre, pour rendre une vifite
au Gouverneur Général, & lui remettre les dépêches de la Cour;
nous avions
lui. C'étoit M,
8E
pour
Marquis de Champigny, un des pluis
intrépides Officiers de Marine que
nous ayons eu. Sa mémoire fera toujours chere aux habitans des Ifles du
vént, dont il a été pendant plus de
feize ans le Commandant & le
Son
defintéreffement s fa
Iers
parfait
fon, affabilité, fon
puleufe probité 2
la
&
antégrité, fon zele pour
Religion
les intérêts de fon Prince, Pont fait
aimer audelà de toute expreflion, &
le feront toujours regretter. Ce témoignage n'eft pas tant un tribut que je
confacre à la reconnoiffance , qu'a
l'amour de la juftice & de la vérités
auffi n'a-t'on gueres va 2 avant &depuis lui, de Gouverneurs qui aient
été filongtems en place dans les Colo-
la
&
antégrité, fon zele pour
Religion
les intérêts de fon Prince, Pont fait
aimer audelà de toute expreflion, &
le feront toujours regretter. Ce témoignage n'eft pas tant un tribut que je
confacre à la reconnoiffance , qu'a
l'amour de la juftice & de la vérités
auffi n'a-t'on gueres va 2 avant &depuis lui, de Gouverneurs qui aient
été filongtems en place dans les Colo- --- Page 38 ---
[18]
nies; & ily feroit
togénaire, on ne mort, lui
f prefqu'oc
fur fes inftances
avoit accordé,
fionde venir terminer téirérées, la permif.
le fein de fa famille, fa carriere dans
tisfalion de lui rendre oà j'ai eu la fahommages depuis mon encore mes
Après nous avoir
retour.
un air vif, enjoné & tous embrafts,
marqua fur ma
hardi, qu'il remander
phiienomie, lui fitdedécliné mon quij'érois : je n'eus pas
pour la nom, 2 mon pays & plutôt mon
Sotir les bras, Marine, guil me prit
& m'apprit qu'llavoit m'accabla de careffes,
pere, qu'il avoit été fon fort connu mon
qu'il le regrettoir bien camintimes
paffer qu'il ne fur tiendroit pas à fincercment, lui de
avoit
le fils, les
faire
eus pourle
fentimens &
qu'il
toutes les. occafions pere, qu'il faifroit
m'en donnerdes
oir il pourroit
fuite que le
preuves, Iime dit enconvenoir pas parti à ma 1 que je prenois, 2 ne
des plus minces; fortune, qui étoit
: que fort lentement que l'on n'avançoit
mer, furrour en tems dansle de fervice de
je voulois refter avec lui, paix; il
que a
geroir de me Procurér
fe char.
un fort hen. --- Page 39 ---
[+9]
reux; & que, puifque le motif
m'avoit fait embraffer cet état,
Eat
un goût décidé pour des voyages, 7 il
me mettroit dans le cas de le fatisfaire utilement.
: L'accueil gracieux de ce Général,
la bonne volonté qu'il me témoigna,
& un air de-bonté gui m'attendrit jufqu'aux larmes, me firent, fans héfiter, & fans aucun autre examen,accepter fes offres. Hélas ! elles étoient
bien finceres, mais mon inconftance 2
où plutôt la fatalité de mon étoile qui
l'occafionnoit, m'empêcha d'en profiter.
Il nous donna un diner des A plus
fplendides ; les fantés du Roi & de la
Reiney furent célébrées, chacune par
un falut de vingt un coups de canon, 9
&je peux dire
je n'ai gueres vH
perfonne en pEc repréfenter avec
autant de dignité que lui.
F Nous retournâmes enfuite à notre
bord; le lendemain je fis mes adieux
à mes camarades , & tranfporter
mes effets chez M. de Champigny, -
Auffitôt qu'il me vit, il vint plus der
dix pasaudevant de moi, m'embraffa,
& donna ordre que l'on conduifit
vingt un coups de canon, 9
&je peux dire
je n'ai gueres vH
perfonne en pEc repréfenter avec
autant de dignité que lui.
F Nous retournâmes enfuite à notre
bord; le lendemain je fis mes adieux
à mes camarades , & tranfporter
mes effets chez M. de Champigny, -
Auffitôt qu'il me vit, il vint plus der
dix pasaudevant de moi, m'embraffa,
& donna ordre que l'on conduifit --- Page 40 ---
mon
[soj
m'avoit RES dans une chambre qu'il
deffus de la fidane. préparer dès la veille, au.
-Ce mème jour, je vis
ques Ofliciers de notre arriver quel
noient dîner au
bord'qui veérbient acompagnés Gouvernemenr, de
; ils
rifiens qui remirent
mes deux. Paà M, le Général. La chacun une lettre
d'un oncle matetnel du premiere étoit
Bailli des Marquifats
ficur B ***
Poincy; fis en
de Noroy, & de
noient à ce
Picardie, qui
de étoit de M.FAbbé Momneraenr. & la apparté. feconTréforier de la Sainte de Champiany,
recommandoit
Chapelle, qui
le fieur D*** fortement à fon
& leur
; il les reçut
neveu
fervices promit de leur rendre très-bien, tous les
quelques qui jours dépendroient de
de lui. A
Fun.
là, il tint
étoit deuxs un de fes
parole à
malade. depuis Secrétaires, qui
venu à mourir, il donna longtems, 2 étant
fieur D s.9 qui, a un fa place au
joignoir une tres-belle elprit cultivé,
Juique lai dit qui avoit main; c'eft celouis pendant la
gagné cent
virent à faire une traverfée; ils lui ferfes elpérances, ainfi fortune audelà de
qu'on va le voir, --- Page 41 ---
[2i]
Cétoit la coutume de M, le Marquis de Champigny, indépendamment
des grands jours - de Gala,de donnér
une tois par femaine un Médianox aux
Dames de la ville; il étoit toujours
précédé d'un Pharaon, & fuivi-d'un
bal. Le fieur D . propofa des'affocier à la banque,, &2 même de tailler,
ce qui en moins de dix-huit mois, lui
procura un bénéfice de vingr-cinq
mille piaftres, qui rendirent fes propofitions agréables,a à unej jeune veuve
de lariviere Salée, qui poffédoit une
très-belle fucrerie, 2 & avoit environ
quinze à dix-huit mille livres de rente.
Il l'époufa s & alla tout de fuite fe
concentrer avec elle dans fon habitation, pour y jouir fans troubles 8z
fans inquiétudes des charmes de fon
époufe & de-la fortune la plus rapide
quife foit vute dans ceg genre, Il donna
en cela un bel exemple de prudence,
n'eft malheuireufement gueres
Tiant par fes femblables ; il ne joua
plus du tout, & évita même de fe
trouver nulle part les jours deftinés à
cet amufement. Quelques envieux ont
voulu glofer fur fon jeus mais je crois
qu'ils ont en tort 2 car s'il avoit été
charmes de fon
époufe & de-la fortune la plus rapide
quife foit vute dans ceg genre, Il donna
en cela un bel exemple de prudence,
n'eft malheuireufement gueres
Tiant par fes femblables ; il ne joua
plus du tout, & évita même de fe
trouver nulle part les jours deftinés à
cet amufement. Quelques envieux ont
voulu glofer fur fon jeus mais je crois
qu'ils ont en tort 2 car s'il avoit été --- Page 42 ---
capable de quelque [21
l'auroit vre, Tappas du gain, mauvaile manocu.
moi je empêché de s'en prefque retirer. fur,
price de penle cette qu'il fut T'objer d'un Pour
inconflante
ca-
:N fçut en profiter, Une divinité, &
tierement je le blame, c'eft feule chole
ritoit
oublié fa
d'avoir enfât: il lui cependant bien foeur: elle mélui faire en auroit
qu'il y penfaifant un fort heureux, Peu. coûré pour
donnant veniratipres de lui, foit en la
une penfion dans foit en lui.
Communante, bien des
& il lui auroit quelque
neur ni à déboiresy Pun ni à qui n'ont fait épargné honIly avoit environ l'autre.
Térois chez M. de
quinze jours
fes je reçus une vifite Champigny 2 quand que
étoient dont jai déjà fait desdeux bourgeoi
rurgien scompagnées mentions de notre elles
en. croitle Major; motif, comme la
Chigu'il me fut
je da fatisfis le curiofité mieux
pas de
poflible; maisje
craindre ménager un
n'oubliai
je puffe les hamacks endroit, & les > oùi fans
avoit donner la revanche à rémoins, celle
quitâmes Partagé tres-.contens ma peur ; nous nous. qui
qui lengagea à me Tondefaures faire
encore --- Page 43 ---
E23)
deux vifites pareilles, pendant le peu
de tems que notre vaiffeau refta en
rade.
- Enfin le dix-huit Août; les Officiers
de notre bord, vinrent prendre congé
de M. le Génétal, & le lendemain
matin, à fix heures, après le falut
donné &. rendu, ils appareillerent,
& porterent le cap fur S. Domingue:
Je ne pus m'empécher,. maigré la
la fatisfaction que Javois de refter a
la Martinique, de répandre
larmes, que la douleur de ma
Ee
ration d'avec le vir: de Pr.
m'arracha.
Je'ne rappellerai plus tous les
mens quej'eus pendant leitems
à- différentes fois chez
SC
paffai
Champigny, ni tous les témoignages
de bonté dont ilm'accabla ; ils furent
tels que.fj'avois été fon propre fils, 3
il n'auroit. pu en faire d'avantage, ce
qui m'attira, non-fenlement l'eftime
& l'amitié de tous les Ofciers de 1a
Colonie. 2 mais même encore la confidération des Armateurs & des habitans , qui, à ma follicitation, obtenoient aifémeht les graces qu'ils demandoient; aufi leur dois-e cette
juftice, que leur reconnoiffance à mon
furent
tels que.fj'avois été fon propre fils, 3
il n'auroit. pu en faire d'avantage, ce
qui m'attira, non-fenlement l'eftime
& l'amitié de tous les Ofciers de 1a
Colonie. 2 mais même encore la confidération des Armateurs & des habitans , qui, à ma follicitation, obtenoient aifémeht les graces qu'ils demandoient; aufi leur dois-e cette
juftice, que leur reconnoiffance à mon --- Page 44 ---
égard, égàla & [24)
fervices que je leur furpaffa rendis, même les
Comme ily avoit
au
fouvent dès fêtes'
les Domvenetensio Dames; ; toutes
deflinées pour
& des environs n'en celles de la ville
Une d'entre elles, ten-noionepne
aimable, nommée veuve, jeune &c
étoit pert, fort eftimée de Madame M, le de Rufceur à toujours
Général,
peu près de accompagnée mon
d'une
appellok
age, que l'on
La facilité Mademoifelle Juliede V ***
voir, de nous que nous avions de nous
badiner fouvent trouver feuls, & de
tre des
enfemble, me fit nai.
fes charmes, idéessje fus bientôt épris de
en faire
Jaurois bien
rifquer part ; mais je
voulu lui
feroit une
craignois de
mal reçue, dociaration, qui peut-être
mes affaires; ecnavanceroit point
nous nous étions cependant fort
un jour
au volan,
échaufésà que
Soqueje la vis d'aflez jouer
umeur; je
belle
un ton badin, hazardai de lui dire ; fur
gue Tindiferencd que je Fadorois, &
avoir pour moi, me qu'elle paroilfoit
fament au
à
tombeau, conduiron-inere
en agir ainfi, Elle fielle continuoit
me regarda fixement, --- Page 45 ---
[251
ment, fit un grand éclat de rire, me
pinça l'oreille affez fort, & s'en alla -
rejoindre la compagnie. Telle, fut fa
réponfe à ma harangue.
Tavoueratfeaneciemet, que jamais
homme ne fut plus flupéfait que moi;
je ne favois à quoi me réfoudre, s
me venger d'un pareil mépris, Rout
bien des
d qu'après
incemtiaudes,7'imaginai de jouer auli Findifférent, & de
ne lui plus parler.
Aufltôt Gue nous eûmes diné, - au.
lieu d'aller,, fclon ma coutume,Joindre Mademoifella Julie de Vaet. 5
j'allai me jetter fur un lit de repos,
qui étoit derriere la' ported'un cabi.
net, qui d'un côté donnoit dans une
galerie qui conduifoit aux appartemens, & de l'autre, dans une
robe qui répondoit à un falon ares l'on
jouoit ordinairement.
Ce" lit de repos étoit mafqué par
une chaife à porteurs, encore toute
emballée, que notre vaiffeau avoit
apportée à M.de Champigny; il n'y
avoit pas une demi-heure qtie jy
étois, quand à moitié endormi, je
fentis quelque chofe de pefant fur moi,
j'ouvris les yeux ; jufte ciel 1 que dePart. I.
B *
un falon ares l'on
jouoit ordinairement.
Ce" lit de repos étoit mafqué par
une chaife à porteurs, encore toute
emballée, que notre vaiffeau avoit
apportée à M.de Champigny; il n'y
avoit pas une demi-heure qtie jy
étois, quand à moitié endormi, je
fentis quelque chofe de pefant fur moi,
j'ouvris les yeux ; jufte ciel 1 que dePart. I.
B * --- Page 46 ---
[26]
vins-je? Mademoifelle Julie de
avoit fes bras autour de
V**, s
fal bouche collée fur la mon col, &
l'on juge de la fituation mienne, où
Que
trouver; ce. n'étoit
je dus me
faire des'
pas le tems de
favorifoit réfledions, 2 - le Dieurqui nous
feu dévorant exigeoit un facrifice, un
nous
cherchâmes à
confumoit, nous
fimes. De
Téteindre, & nous réuf.
ces momens quels de tranfports, 6 Dieux! 2
pas fuivis,
délices ne furent-ils
je mc jettai aux
cette adorable perfonne,
pieds de
un"amour éternel, elle je lui jurai
même; mais hélas! nous en fit de
& nous n'avions
avions joui,
mencéa nous aimer, pas encore comle tempérament Funefte illufion,
gue pour de Famour faitfouvent ! Avant la prenfance,il en a les
fes jouif
firs font plus vifs, apparences, plus
demais font-ils une fois
impétueux;
eft plus que l'ombre. fatisfairs, il n'en
J'avois au - doigt un brillant
ron vingt-cing piftoles
d'envidont un Armateur diz Fort d'Efpagne S.
nommé M. de Prépont m'avoit Pierre,
préfent depuis
fait
fris à ma chere quelques jours ; je l'of.
Julie, qui Taccepta --- Page 47 ---
[27J
avec plaifir, & me fit prendre en
échange une petite boite de COCO de
figure ovale garnie &cincruftée en or.,
quejen'aurois pas troquée contre tous
les bijoux du Sophi de Perfe.
Nous continuâmes pendant près de
trois mois, à croire, de la meilleure
foi du monde, que nous nous aimions ; nous nous en donnions des
témoignages fenfibles toutes' les fois
que l'occafion s'en préfentoit. La leçon que j'avois rèçue à Rochefort,
chez mon Apoticaire, m'avoit rendu
circonfpeêt, & j'étois très-attentif àne
pas tomber dans un pareil inconvénient.
Quelques affaires m'ayant obligé
un jour d'aller au Fort S. Pierre, dittant de fept lieues du Fort Royal; je
fus diner chez M. de Brach, qui en
étoit Gouverneur; iy trouvai M. de
Prépont, Armateur de cette ville, &.
le Chevalier de G"., Gentilhomme
de la Province d'Auvergne, qui avoit
été recommandé à M. de Champigny
par le Commiffaire Ordonnateur de
la Marme de Dunkerque. Ce jeune.
hommne,(car il n'avoit que dix-huit
ans) étoit venu dans les ifles avec'la
Bij
. de Brach, qui en
étoit Gouverneur; iy trouvai M. de
Prépont, Armateur de cette ville, &.
le Chevalier de G"., Gentilhomme
de la Province d'Auvergne, qui avoit
été recommandé à M. de Champigny
par le Commiffaire Ordonnateur de
la Marme de Dunkerque. Ce jeune.
hommne,(car il n'avoit que dix-huit
ans) étoit venu dans les ifles avec'la
Bij --- Page 48 ---
[:8]
firce & lépée, dans l'intention
fortune. M. de
d'y
étoit le meilleur homme Prépont, du
qui
lavoit pris en
& monde,
dans Fintention afedion, de lui faire il étoit
qués courfes avec lui,
faire quel.
on pourroit venir à bour pour de voir fi
rallé lopper fon eiprit, qui étoit fi encui-. dévedans, la matiere,
le
femble ne Paroiffoit Rlirct tout enignoroit politivement
qu'un. Il
nom & fa qualité; il tout, étoit hors fon
d'une taille avantageufe
d'ailleurs
fait, les traits régulicrs, 3 affez bienles couleurs du monde; les plus belfort noircs & très-mal mais-les dents
Pendant le repas, M, rangées. de
s'amufer, lui demanda fi Brachpour depuis fon
arrivée, il avoit déjà bien fait des.
conquêtes; : il répondit fort
lement- que oui : mais
piriruel- avoit
donné la préférence à une quil
du Fort Royal, qu'il
demoifelle
& dont il avoit au Taimoitbeaucoup,
la foi. La
doigt le gage de
deffus. M. compagnie de
jetta les yeux
nûmes la
Prépont & moireconguelle fut bague, II eft aifé de
ma furprife & les
juger
mens de
de
mouvejaloufie, rage I
& ded défef- --- Page 49 ---
[29)
poirqui m'affaillirent tour-à-tour. Je
me contraignis affez pour nerienlaifler
paroitres & prenant tout d'un coup
mon parti, aux rifquesde cè qui
roit en, arriver,
M. le
TOCEL
priai
valier de G NE vouloir bien me
confier un-inflant cette bague. Auffitôt que je leus, je m'adrefiai à M. de
Prépont, & lui demandai s'il ne la
reconnoiffoit pas ponr melavoirvue; d'avanil confirma Ce que- 1e venois
cer. Jela mis tout de fuiteà mon doigt,
& dis à M. le Chevalier de Gi*.
qu'elle m'appartenoit 5 que depuis
quelques jours je l'avois égarée, que
j'étois charmé qu'elle fit tombée entre les mains d'un aufi-galant homue
que lui, & que je me flattois qu'il ne
trouveroit pas mauvais que jela gardaffe. M: de Gw. ent bien de la
peine à fe contenter de mes raifons,
ilaffura qu'il ne l'avoit pas trouvée,
& que c'étoit Mademoilelle... AlteA l, lui dis-je, Monfieur, car il alloit
décliner le nom, % il ne convient point
de noinmer perionne, cela pourroit
aller plus loin que vous ne penfez;
croyezinoi, point aexplication, le
plus court cft de garderic filence. La
B
de Gw. ent bien de la
peine à fe contenter de mes raifons,
ilaffura qu'il ne l'avoit pas trouvée,
& que c'étoit Mademoilelle... AlteA l, lui dis-je, Monfieur, car il alloit
décliner le nom, % il ne convient point
de noinmer perionne, cela pourroit
aller plus loin que vous ne penfez;
croyezinoi, point aexplication, le
plus court cft de garderic filence. La
B --- Page 50 ---
[3o]
compagnie valier de Gr m'approuva, & M.le Chetcr-là:
fut obligé d'en ref.
Le diner ne fut
je fis mes adieux; pas & fans plutôt fini, que
affaires
fonger aux
S. Pierre, quimavoiont je volai fur conduir au Fort
mer, & m'embarquai le bord de la
Pon me rendre plus dans un canot,
Royal,
prompteinent au
res de tems. ohjarrivai Je trotvai en trois heupagnie au
grande comfelle Julie Gouvernemente éroit
Mademoid'ombre; je me occupée mis à à une partie
raon, & à perdre mon ponter au Phaun foti Pour me
argent comme
çois quelquesfois dédommager des
je lanreur ' & d'indignation regards de fuhaine, ci-devant celui al'objer de
de ma
tendreffe,
toute ma
Quand la partic d'ombre
vée, Tapperçus Mademoifelle futachequi alloit dans une allée
Vtx,
qui étoif fur la
d'oliviers,
dre le
eralte-poery y prenleva pour as:fabandoms la
un fept, &c
da ce que javois, joindre: elle me deman.
perfide, la bague Qu'eft devénue,
née? Ah! me dit.elle, que je vous ai donl'ai oubliée; c'eft donc Monfieur, là le
je
fujer de --- Page 51 ---
3r]
votre mauvaife humeur 2 n'en foyet
pas en peine, calmez VOS fens, je:
vous la-ferai voir demnain.. : Et moi
aujourd'hui, ingrate, en lui montrant
mon doigt, olt elle étoit; je la tiens,
luiajoutar-je, du Chevalier de G*. .
à qui vous l'avez dounée avec votre
coeur, & vous m'avez facrifié à lui.
Jelui racontai enfuite tout ce qhi s'e.
toit paffé à ce fujet au Fort S. Pierre',
fans omettre aucune circonftance, &
j'ajoutai : qw'avez-vous,à répondre à
cela 2 infidelle que vous êtes? >> Rien
$> autre chofe, mc. dit-elle, Monficur,
32 finon que vous êtes un fouà lier &
sun jalous, qtie dès ce moment je
sregarde comme indigne de moi.
$> Quant au Chevalier deG c'eft
92 un fcélérat & un impofteur. Il y a
5; trois jours qu'il vint chez moi pour
59 me demander mes commiffions
sle Fort S. Pierre; j'étois à ma
roe
s) lette, fur laquelle étoit ma bagues
sil la confidéra beaucoup, la mit à
> fon petit doigt en e badinant & en di3 fant qu'il me la remettroit à fon-re37 tour; je pris d'abord la' chofe en
> plaifantant, mais lui, toujours con37 tinuantfur-le même ton, me protefta
B iv
; trois jours qu'il vint chez moi pour
59 me demander mes commiffions
sle Fort S. Pierre; j'étois à ma
roe
s) lette, fur laquelle étoit ma bagues
sil la confidéra beaucoup, la mit à
> fon petit doigt en e badinant & en di3 fant qu'il me la remettroit à fon-re37 tour; je pris d'abord la' chofe en
> plaifantant, mais lui, toujours con37 tinuantfur-le même ton, me protefta
B iv --- Page 52 ---
3>
je Taprois [32] dès le
2) ial étoit bien aifé lendemain, &c
3)
de voir
>Je 6 pourroit pas trouver une femblable. s'iln'en
me-fichai
9> dre, mais. pour la lui faire ren9) comme un éclair; inutilement ; il partit
2,. fonne auprès de &je n'avois
>3 ment, pour courir moi, dans le per- mo52 Monfieur, les chofes après lui. Voila,
>) font ; je n'ai riert du telles gu'eiles
>2 procher : mais
tout à me re.
2) queje. vous faffe vous méritez bien
3, çon
repentir du
3>
contre anjurieuxique moi.
vous avez formé fouplon, Elle rentra tout de fuite
où je la fuivis
dans le faJe rentaiplufieurs
fort déconcerié.
d'elle:
fois de
lui en demander pour lui avouer mes m'approcher torts &
toujours grand foin pardon; de mais elle eut
Après le
m'éviter.
coutuime, lui fouper, ofri-mon j'allai felon ma
reconduires elle le refufa bras pour la
d'un autre. Ce
& prit celuivif & ranima ma precédé me pigua au
d'ailleurs bien de la jaloulies j'avois
ce qu'elle m'avoir dit peine à concilier
vois appris du
avec ce quer'ames réilexions Chevalier de G.,
concouturent à me --- Page 53 ---
[33]
perfuader qu'elle étoit coupable, que
Javois été joué ; & en - conféquence,
je formai la réfolution del T'oublier entierement. Elle fut dix jours fans monter au
Fort, j'en fus autant fans aller à la
ville. Au-bout dece tems,ilyeut un
bal au Gouvernement ; je VIS arriver
Madame de Rupert ije Tui demandai
des nouvelles de fa four, elle me dit
qu'elle avoit eu la migraine toute:la
matinée, & qhelle n'avoit pu fe.ré.
foudre à s'habiller: Comme c'étoit,
une danfeue infatigable, 9 toute la
compagnie témoigna fon chagrin de
ne la pas voir; je m'offris d'alier la
chercher, & de faire nies efforts
P'amener fa foeur
je
E2TE
;
yconfentit,
partis toitt de fuite. couchée dans fon haJe la trouvai
de
Un
mack, les yeux baignés
pleurs:
tigre n'auroit puy tenir ; me
fes
-
à
He
cipitai
genoux, je
pris
mains que Farrofai de mes Tarmes, 2
je me donnai mille malédiétions de
l'avoir offenlée; je lui demandai dix
fois autant de pardons, Yaflaifonnai
le tout de promeffes & de fermens :
snfin clle fe laiffa, toucher 2 & jettant
B y
aignés
pleurs:
tigre n'auroit puy tenir ; me
fes
-
à
He
cipitai
genoux, je
pris
mains que Farrofai de mes Tarmes, 2
je me donnai mille malédiétions de
l'avoir offenlée; je lui demandai dix
fois autant de pardons, Yaflaifonnai
le tout de promeffes & de fermens :
snfin clle fe laiffa, toucher 2 & jettant
B y --- Page 54 ---
034]
2111 regard tendre fur moi: ingrat, me
dit-elle, 2 il faut que fois bien bonne,
pour vous
après un - OuRISEEE
trage auffi-fanglant que celui que vous
m'avez fait. Je lui rendis fa
je la déterminai à s'habiller & à bague, monter au Fort. Quant on nous vit, chacun s'empreffa de me féliciter fur ce
de quej'avois V pu réfoudre Mademoifelle
à venir prendre fa part d'un
divertiffement qui nauroit pas été
complet fans elle. La fête fe pafla
commed l'ordinaire, & le lendemain
matin, je la reconduifis à la ville.
Ce mênie jour, le fieur
un
de mes compagnons de, B
pourvu; à la recommandation voyage, de.M. firt
de Champigny, de la place de ReceVeur Général des Domaines-d'Occident, vacante par la mort du dernier
poffeffeur. M, de Prépont, toujours
prêt à obliger, lui fervit de caution ;
mais fon inconduite, à ce quej'appris
quelques tems après, & trop deconfiance dans une mulâtreffe
il s'étoit follement
libre, dont
épris, occafionnerent, fans fortilége, 2 lévanouiffement
fubit des deniers de fa caiffe, dont le
deficit montoit à plus de cinq mille --- Page 55 ---
[351
piaftres, M. de Prépont paya, M. le
Général rembouria, & la caiffe
à un autre protégé de M. de Recata
pigny, qui en fit un meilleur ufage.
Ce Gouverneur, dont la façon' de
penfer étoit unique,ne fe rebuta
de cet échec; il donna ordre à M, Ras
Prépont d'affortir une pacotille de
cinq cens piaftres, & de la remettre
au fieur-B *** - pour aller faire la traite
aux cotes-d'E/pagne, afin de rétablir
fes affaires. On verra comme il en
avoit profité, qandjelerencontrai à
Curaçao, en 1730.
Je ne fçaurois m'empêcher de faire
mention dans cesMémoires.d'un évé.
nement qui prouve bien la dépravation du coeur humain, dont les Minif
tres de la Religion, qui tiennent en
main le correctifdes pallions, & font
les interprêtes de la morale évangélique, devroient être, il me femble,
beaucoup.moins fulceptibles que d'autres, far-tout s'ils avoient récilement
envie de donner de l'efficacité à leur
miniftere. Pour inftruire les' antres, il
faut croire foi-même ce qu'on leur
enfeigne, & agir en conféquence: ; alltrement comment veut-on: Derfuader
Bvj
qui tiennent en
main le correctifdes pallions, & font
les interprêtes de la morale évangélique, devroient être, il me femble,
beaucoup.moins fulceptibles que d'autres, far-tout s'ils avoient récilement
envie de donner de l'efficacité à leur
miniftere. Pour inftruire les' antres, il
faut croire foi-même ce qu'on leur
enfeigne, & agir en conféquence: ; alltrement comment veut-on: Derfuader
Bvj --- Page 56 ---
[36]
ce que l'on dément fans ceffe par fa
conduite? C'eft, 2 je l'avoue un étrange paradoxe, dont le bon fens du fauvage ne s'accommode pas. Je con-.
viens.cependant que le mauvais exemple ne doit pas influer fur ceux 1
étant nés & inftruirs dans la Religion qui
Chrétienne, font convaincus de la
vérité &-de la divinité des écritutures; mais_je foutiens en même tems
que cet exemple feul peut tout
rer fur une ame payendenonin@ruie, opéloriqu'elle en vient àla comparaifon;
elle a aufi bienque nous fes
& ne juge des chofes que préjugés, l'on veut
lui inculquer, que par
ment
Taccompliffedes précepres qu'on lui
Auffi ne réfulte-til gueres d'autres prèche.
fruits de nos Miflions, que quelques
baptémes d'enfans donnés à
vilte, ou que la complaifance
peres & meres
aerds
laifleni faire, mais
qui,le plus fouvent, n'aboutiffent à
rien, parce qu'auffitôr que ces enfans
ont atfeint l'age de raifon, ils fe laif.
tent entrainer parle torrent, & deviennent imitaténrs de leur parens..
Qne l'on, me pardonne cetre petite
digrellion, elles ne feront ni longues --- Page 57 ---
[$7 J
ni fréquentes dans le cours de ces -
Mémoires ; mais jen'a pt me défendre de celle-ci, on en jugera par le
récit queje vais faire.
Verslemois de Novembre de cette
année, M: Gervaife, Evèque d'Horen 2. arriva à la Martinique avec trois
Eccléfiaftiques de fa fuite, dont lun
étoit fon Grand Vicaire, 2 & les deux
autresfes Aumonier8 Secréraire.C'é.
toit un homme. d'un mérite diftingué,
d'une piété folide; il étoit frere de
Dom Gervaife, Bernardin, Abbé de
la Trape, qui avoit remplacé M. le
Bouthillier rde-Rance, Réformateur de
cet Ordre. Il devoit de-là paffer dans
des
occupés par des Sanyages 2
& Abele fur les côtes de rOrenoque 9
fleuve de l'Amérique méridionale, qui
a plufieurs > embouchures, dont la
principale répondàTile de la Trinité,
pour y exercer le miniftere apoftoli.
qui avoit été fuppléc 2 jufqu'as
fs: par des Dominiquains 8 des
Jéfuites ; mais les fréquentes difcuffions que ces Peres-avoient entr'eux,
faifoient naitre une méfintelligencefs
marquée, qu'elle nuifoit aux progrès
de FEvangile. Ce Prélat, trés-zcle:
ieurs > embouchures, dont la
principale répondàTile de la Trinité,
pour y exercer le miniftere apoftoli.
qui avoit été fuppléc 2 jufqu'as
fs: par des Dominiquains 8 des
Jéfuites ; mais les fréquentes difcuffions que ces Peres-avoient entr'eux,
faifoient naitre une méfintelligencefs
marquée, qu'elle nuifoit aux progrès
de FEvangile. Ce Prélat, trés-zcle: --- Page 58 ---
pour. la
(381
de toutes propagation les
de la foi, &cmuni
qu'il avoit reçues inlructions du convenables
déterminé à faire ce Paper, s'étoit
miettre le bon ordre voyage, 3 pour
trée. In'y avoir
dans cette conavoit été banni jamais régné, ou err
de S. Thomas avoient depuis que les difciples
pétiteurs ceux de
eu pour Com-
- Tous les différens S. Ignace.
gicux qui ont des maifons Ordres ReliColonies, vinrent rendre
dans ces
retewdqute
leur vifite à
nement. Deux quiétoitiogéan Jéfuites,
Gouverderla ils éroient maifon du Eort S. enuPautress
les Chefs,
Pierre, 2 dont
dune requète rendante éroient porteurs
nouveau defrichement à obtenir un
ble. Elle étoit déjl
tres-confidérablement par M.
répondic favoralors Intendant de Panier ces
d'Orgeville 9
pour qu'elle pût valider, Colonies; il
mais
concours du
falloit le
Ccs, fins & rufés Gouverneur Peres
Général.
pas que M. de
n'ignoroicne
rien en Fair, Champigny ta
ne faifoit
bafe de toutes écique ces actions; juttice étcit la
quoi ils eurent recours à M. ; c'ef pour=
d'Horen, qu'ils
PEveque
engagerent de vou- --- Page 59 ---
[391
loir bien. parler en leur fiveur à ce
Général, & ils laifferent à cet effet
leur requête à ce Prélat.
La conférence que cet Evêque eut
avec M. le Marquis de Champigny à
ce fujet, fit naitre à ce dernier une
idée bien relative à fon zele potr la
Religion, ainfi que je T'expliquerai
ci-après.
fe faire
Ce Général commença. par
communiquer le regiftre oit étoient
tranfcrites toutes les conceflions, qui
en différens tems, avoient été accor-.
dées aux Jéfuites depuis leur établiflement dans ces Ifles. It vit dans le recenfement général que l'on venoit de
lui remettre, que toutes les terres de
ces Peres, anciennement & novellement défrichées, étoient en valeur,
&cformoient de trasbelleshabitationes
fufifament garnies de Néplus qué
&c
gres, pour en faire Texploitation,
qu'enfin leur revenu aguel exédoit au
moins de moitié, ce qu'il auroit fallu
pour la fubfiftance de ces bons Peres,
dont on connoiffoit la fobriété: Ce
fut là le motif du refus que fit M. de
Champigny de leur accorder lguride-.
, étoient en valeur,
&cformoient de trasbelleshabitationes
fufifament garnies de Néplus qué
&c
gres, pour en faire Texploitation,
qu'enfin leur revenu aguel exédoit au
moins de moitié, ce qu'il auroit fallu
pour la fubfiftance de ces bons Peres,
dont on connoiffoit la fobriété: Ce
fut là le motif du refus que fit M. de
Champigny de leur accorder lguride-. --- Page 60 ---
[40]
mande; voyons à
rent fes idées.
préfent qu'elles fas
La méfinteligence
tinellement entre qui régnoit conDominicains
ces Peres, & les
leurs
5 par la diférence de
fion fitr fentimens, le droit le défaut de décicun, caufé
Ou le tort d'un chaSiége, dont parPdlesnementdu ces Peres
Saintmediarement,
relevoient imd'engager la Cour itinaginer a
à ce Général
avec
ériger en Evéché,
Royal Fapprobation de la
dit Pape, le Fort
avoit ci-devant. Martinique fait à 2 ainfi qu'on
retranchement fur ce Qurébec. Un
avoient de trop,
que ces Peres
une addition au
Rensenatfich-imemet leur refufer, &
qu'on venoit de
qu'on. auroit fupplié quelques le Abbayes,
donner en France, devoient Roi de lui
revemn des plus homnéres, formerun
Pentretien décent d'un
tant pour
Apôtres, lui la
Gue pour faire fuceefeur des
dignité épifcopale. relpeder en
que ces bons Peres
Ilef vrai
fort contens de cette nauroient pas été
roient été obligés, érection, Ils auJeur miniflere, de pour l'exercice de
sifdidion de F'Ordinaires dépendre de la juleur feinte --- Page 61 ---
[44
humilité, qui toujours fervit de mafà leur orgueil, auroit été forcée
3e fe réalifcr, & il'en feroit réfulté un
avantage indicible pour la Religion
& pour la tranquilliné des fideles.
Onavoit lieu defpérer que la Cour
ne fe refuferoit pas à.ce projet; il
étoit très-bien concerté, & l'exécution s'en feroit indubitablement fuivie, fi le fujet fur qui on avoit jetté
lesyeux, avoit Pu revenir de fa Miffion; mais Dicu en ordonna autrement. Le pauvre Evèque d'Horen fut
maflacré par les Infulaires;ily y trouva
beaucoup d'abus qu'il voulut corriger, des ufages peu conformes aux
rits de TEghic. qu'il voulut abolir; il
fut enfin. _la victime de fon zele, &
affocia à fon martyre fon Grand Vicaire & fon Aumônier. Hélas ! il auroit beaucoup mieux fait de laiffer
les fonctions apoftoliques à ceux qui
les avoient exercées jufqu'à Ce moment dans ces pays infideles. Quoiqu'ils ne s'accordaffent pas entr'eux,
ils étoient plus lians, moins formaliftes, & leur intérêt bien ménagé,
ils favoient s'accommoder de tout
& àt tout : aufi furent-ils préfervés de
à fon martyre fon Grand Vicaire & fon Aumônier. Hélas ! il auroit beaucoup mieux fait de laiffer
les fonctions apoftoliques à ceux qui
les avoient exercées jufqu'à Ce moment dans ces pays infideles. Quoiqu'ils ne s'accordaffent pas entr'eux,
ils étoient plus lians, moins formaliftes, & leur intérêt bien ménagé,
ils favoient s'accommoder de tout
& àt tout : aufi furent-ils préfervés de --- Page 62 ---
la fureur
(42]
Secrétaire fauvagelfe, de
de même que le.
moyen de fe TEveque, fauvers & qui trouva le
de quelques mois,
qui au. bour
terrible cataltrophe. nous apprit cette
à faire fur cette
Que de réflexions
liya avoit déjà tragique hifloire!
àla Martinique, cing mois quej'étois
bien en fonds; mais je me tronvois affez
être dont je jouiffois, malgré le bienroit gueiques fois de l'ennui s'empamon envie de
mon ame, &
voyager ne faifoit
rances s'accroitre, 2 furtout depuis les que
giie m'avoit données M. elpé. de
Champigny. lui
Je pris la liberté de le
trouvâmes témoigner un foir que nous nous
feuls, il me répondit avec
hontequily avoit déjà
gu'il vouloit nie mettreentre fongé ; mais
d'un homme de
les mains
recommanderoit confiance, à qui-il me
perfonne fort
; que c'étoit une
ne pourrois mieux expérimentée, faire
que je
fesavis, qite je n'aurois que de fuivre
m'en repentir, &
jamais lieu de
je trouverois enl lui qu'il un bon étoit fir que
Environ guinze jours ami.
ouverture, 2 je. vis arriver après M. de cette
pont, un des gros Armateurs du Fort Pré- --- Page 63 ---
[43]
S. Pierre, dont Yai déjà parlé; il venoit prier M. le Général de lui accorder la permifion de faire conduire à
Marie Galante, oùt ilavoit fon magafin, un brigantin & deux bateaux,
quiétolent difperfés sauxlfles de SainteLucie , de Saint-Vincent* & de la
Dominique ; (trois des Antilles OCctipées par des Caraibes; qui font
fous la protédtionde lal France,
le traité de 1660), pour les y
PE
ger de marchandifes, faire route enlui:e pour S. Domingue, & de-làa aller
aux côtes d'Efpagne, où il comptoit
faire la traite, de gré à gré, & le retour en poudre d'or, piaftres, mulets,
âncs," tabac d'Efpagne & cacao. Les
Ifles du Vent venoient d'êtres privées
de ce dernier 2 parl le furieux tremblement de terre qu'elles avoient effuyé, & dont je ne fais pas le dé.
tail, l'Europe entiere ayant été dans
le tems accablée des relations qu'ony
ayoit envoyées: Je me contenteraike
dire que l'on n'en a jamais vu un
reil,& que C'étoit une vraie
.
Rdchador
C'eft-là Tépoque du caffé de la Martinique, que lon fubftitua aux cacoyers, qui ne purent plus reprendre
furieux tremblement de terre qu'elles avoient effuyé, & dont je ne fais pas le dé.
tail, l'Europe entiere ayant été dans
le tems accablée des relations qu'ony
ayoit envoyées: Je me contenteraike
dire que l'on n'en a jamais vu un
reil,& que C'étoit une vraie
.
Rdchador
C'eft-là Tépoque du caffé de la Martinique, que lon fubftitua aux cacoyers, qui ne purent plus reprendre --- Page 64 ---
dans ce terrain, 144]
rement retourné, qui avoit été entieablolument
& dont le fol avoit
avoir, , auparavant changé de nature; il n'y
quelques pieds de cet caffé accident, que
ça &i de-la; c'eft
répandus de
foris commerce auiourdhuitin du
des
E de tous, & qui bien pays. Le meilventiona part, eft à
choifi, pré.
de Mocka, eft celui l'inftar du caifé
viron moitié de la haureur qui croît à entagne fituée au
d'une monlon nomme
Fort-Royal, & que
Pelé. Ce Morne vulgairement. eft fi
le Morne
S à élevé, que dans le tems prodigieufement le plus
peine peut-on en
net,
fommet; on n'y monte appercevoir le
n'eft quelques Négres jamais, f ce
ce quie jai oui Hire ) marons, qui(a
qu'il d avoit de la glace ont.rapporté
gui
affez étonnant,
deffus, ce
otr il fait tres-chaud dans tn pays
lcs faifons.de l'année, pendant &
toutes
dans les maifons, d'autres oùt il n'y a
que celles des cuifines.
cheminées,
Comme je connoiffois
mateur, &quil m'avoit déjà cet Artié,je defirois fort
pris en amiT Pigay fixât fon
M: de ChamCatedleza fur luis c'eft Cc --- Page 65 ---
[451
qui arriva, car ilr n'y avoit pas une
demi-heure qu'ils. étoient enfemble, 2
qu'il me fit appeller, Ce Général me
dit que M. de Prépont vouloitbien, fur à
fa recommandation, me prendre &
fon bord, & me tenir lieu de pere de
d'ami; qu'il ne doutoit pas que foins
mon côté, je ne répondifie aux
& aux attentions qu'il auroit pour
moi; qu'il venoit de le prier de m'affortir une pacotille de millé piaftres s
quilui paroiffoit fnffifante pour une la
premiere campagne, d'attant que
prudence exigoit qu'avant de rifquer
beaucoup, on tâtat-uin peu fon bon-"
heur. On fent bien que je noubliai
pas en cette occafion tous les-remercimens que je devois à ce généreux
Gonverneur, & je lui témoignai en
même tems
jétois d'autant fait" plus de
fenfible au Rere qu'il avoit
M. de Prépont, quilfe trouvoit conforme à mes defirs & à l'eftime qué
m'avoit infpiréepour lui cet Armateur,
Nous etmes, M. de Prépont &
conférence aur
moi - 2 une grande
nous devions
fujer du voyage que fortimes trèsfaire enfemble; nous en
fatisfaits Pun de l'autre. Notre départ
en
même tems
jétois d'autant fait" plus de
fenfible au Rere qu'il avoit
M. de Prépont, quilfe trouvoit conforme à mes defirs & à l'eftime qué
m'avoit infpiréepour lui cet Armateur,
Nous etmes, M. de Prépont &
conférence aur
moi - 2 une grande
nous devions
fujer du voyage que fortimes trèsfaire enfemble; nous en
fatisfaits Pun de l'autre. Notre départ --- Page 66 ---
[46]
fut fixé au vingt
du tems
me reftoit Janvier; je profitai
ger & Pale encore
pour m'arranemplettes par addition quelques à
petites
tille.
ma pacoDepuis mon
Mademoifelle acconmodementavee de
fortement attaché à V 2 je m'étois
foit me rendre le elle; elle paroif
congédiéle ChevalierdeG change,elle avoit
affez
, même
l'autre durement; très-fenfibles nous fimes l'un &
tion; nous nous donnâmes à notre féparatémoignages
tous les
nous nous jurâmes polibles de notreamour;
lable & une conflancea une fidélité inviove : nous tinmes. nous toute épren-.
ce que l'on verra
parole? C'eft
I La
par la fuite.
ble de Martinique toutes les eft la plus confidéraçoifes du vent de Mles Antilles Franrenirionale; elle a PAmérique feize à
Seplienes de-long, &
dix-fept
Elle eft hériflée de quarante de tour.
tagnes dont la plus quantité de moncouvertede bois, grande partie eft
tres au FortRoyal, ilyena une entr'auvée, &
qui-eft très-éle-
- le Morne que'lon Pelé, nomme vulgairement
dont j'ai déjà parlé ci. --- Page 67 ---
[47)
devant, ce qui fait qu'on ne peut
voyager dans cette Ile qu'à pied, à
& en hacheval, en chaife-a-porteurs des Némack, que P'on fait porter par
gres. Le terrain eft très-fertile, ilpioduit dut fucre, du caffé,qui'a remplacé
lc cacao, détruit par le furieux tremblement de terre de 1728 ; du coton 2
de l'indigo, du riss du mays, du mil,
dont la racine
du manioc (arbriffeau
féchée, pour en ôter un fuc corrofif, &
dont elle eft impreignée, rapée Nécuite au four, fert de pain aux
gres & à la plus part des Créoles, qui
Thumedtent avec du bouillon gras ou
maigre); des patates, des ignames, des 2
des orangers de toute efpece;
citronniers, des limoniers, des COCOtiers, dont le fruit a un goût de noifette, & contient une eau fort fucrée
: des banna-
& tres-rafraichifante
niers, des figuiers d'Inde oû d'Adam,
ci-après décrits; des palmiers ou palmiftes, non pas. de la même efpece
vus dans les indes
que fourniffoient ceux que Tai du pain, du vin, de
qui Phuile, & au tronc defquels on trouvoit quelques fois des vers d'un goût
exquis, dont je ferai mention en fon
& contient une eau fort fucrée
: des banna-
& tres-rafraichifante
niers, des figuiers d'Inde oû d'Adam,
ci-après décrits; des palmiers ou palmiftes, non pas. de la même efpece
vus dans les indes
que fourniffoient ceux que Tai du pain, du vin, de
qui Phuile, & au tronc defquels on trouvoit quelques fois des vers d'un goût
exquis, dont je ferai mention en fon --- Page 68 ---
lieu. Ceux dont L48] je
que des choux palmiftes, parle ne prodnifent
friands, que; Tonn
quifonttrès.
maigre, même en mange falade, en gras & en
faifons en France les comme nous
Tours; des pruniers
cardons de
nôtres; leur fruit eft nres-diférenedes à
groffeur, de
de la fgure & peu-près de la de la
celles que l'on nomme couleur
therine, mais
fainte ca.
les Négres feuls dungotracerbei & que
cotiers, dont le frait mangent eft ; des abrila tête d'un enfant de fix gros comme
couvertd d'une peailg
mois, il eft
la chair reffemble Ngnanirechagrincer affez
potirons, elle eft fort à celles des
d'unbon goit, fur-tout compade, &c
ouconfit; car mangé
en compore,
gefte: fon noyau, eft crad,clie eftindi
caffe que fort
fisdur qu'il ne fe
trouve des
dificilement On y
Pas plus gros cerifiers, dont le fruit n'eft
rouge &.ridé quel ;
nos merifes, il eft
menté cinq à
loriqu'elles ont ferdu vifou-on fixjours écume dans l'eau avec
fait une boiffon qui eft de fucre, 3 on en
que notre eau de
aufi agréable
auffi une efpece de grofeille. Ily croût
fruit eft prelque
pommier, dont le
femblable à celui g'
nous, --- Page 69 ---
1491.
nous appellons en France pomme de
doux ; il eft attaché à la branche de
"arbre par une noix qui lui tient lieu
de queue; 5 fon amande eft excellente
on la nomme. acajoux; cette pomme
eft fort âcre, & n'eft paffable que conite;ily y a auffi de certains endroits
lans cette IAc, oà la caffe vient trèsbien : on y voit beaucoup d'ananas des :
c'eft le plus beau & le meilleur
fruits que j'aie mangé. Il faut Lin fucre
étonnant
ren corriger l'acide,
quieft fi botr qu'il rongeroit l'acier.
Ony ttouve du fimarouba, ou fimaruba,c'ef la racine d'une plante
produit un bois extrêmement
ERSE
& dont lécorce eft d'un gris jatne.
Cette racine a la vertu de guérir toutes fortes de diffenteries, prife en
décoétion. ly a beaucoup de gibier,
mais il ett très-difficile à * avoir, à
caufe de la prodigieufe quantité de
ferpens monftrueux qui font
dus dans cette Ifle, dont la piquure
Aec
mortelle. On. y voit, une elpece de
chenille que l'on nomme bête à mille
pieds, parla quantité qu'elle en a: fa
morfure eft très-doulourcufe, elle eft
ordinairement fuivie d'un accès de
Part, I,
C *
il ett très-difficile à * avoir, à
caufe de la prodigieufe quantité de
ferpens monftrueux qui font
dus dans cette Ifle, dont la piquure
Aec
mortelle. On. y voit, une elpece de
chenille que l'on nomme bête à mille
pieds, parla quantité qu'elle en a: fa
morfure eft très-doulourcufe, elle eft
ordinairement fuivie d'un accès de
Part, I,
C * --- Page 70 ---
[50]
fievre violent, qui
tre heures,
dure vingt quales mouftiques quelquefois &
davanrage; ;
de coufins, lerimargoun, y font
efErer ; ona toutes les'
infoutenaà les expulfer des peines-du monde
les Monliquatres appartemens, &
tiffent pas toujours mème, des
ne garan.
qu'ils
incommodités
tourmenté occafionnent; on y eft auffi
l'on nomme par uin petit infeée que
gros qu'un chique; il n'eft
ciron, 9 ilsinfinue 1otp plns les
chains,for-tours où il caufe des la plante des pieds,
bles, & en moins demangeaifon de
horriheures, il pullule tant, vingt-quatre
vec la pointe d'une que loriqu'acanif, on parvient à-le épingle faire ou d'un
laiffe un trou rempli
fortir, il
grand pour y loger un d'oeufs, affez
on laiffoit féjourner
gros pois. Si
animaux dans les trop
ces
roient de
chairs,
caufe.
te
toujours fuivis grands de la ravages, prefque
tortues' y font fort abondantes gangrenne. Les
tresbonnes; ilyen a qui
&
gu'à deux & trois cens. Le pefent juf
eft exquis, fur-tout ceux poiffon
nommcla vieille & le
que Trod
chiturgien. Il --- Page 71 ---
E5tl
yaune. quantité de crabes rouges &
blancs, toutes fortes de coquillagés
en abondance, & des huîtres que l'on.
trouve communément attachées aux
branches des arbriffeaux,qui. croiffent
fur, les bords,de la mer.:
On.nomme Créoles les habitans de
cette Ile;is ont remplacé les. naturels du pays, relégués dansles Iiles
de S. Vincent, de Sainte-Lucic & de
la. Dominique, qui y font connus fous
le nom de Caraibes.Ces premiers fortent prefque tous de race européenne,
&cles ancêtres de la majeurep partic,ont
autrefois été échangés pour des ânes
& des cochons. Ils étoient obligés de
fervir leurs Patrons comme elclaves
pendant trois ans, au bout
ils recouvroient leur liberté; : on
ae:
donnoit un baril de farine de Moiflac,
une piece de vin, un baril de boeuf
falé, & cinquante livres en argent,
pour s'établir où ils jugeoient à pro.
pos, & défricher pour leur compte.
C'ett de-là. qu'eft venue T'épithete de
trente-fix mois que l'on donne encore
à préfent aux libertins que l'on envoie
dansles Iles, qui effecivement font
obligés d'y paffer ce tems avant de
Cij
un baril de farine de Moiflac,
une piece de vin, un baril de boeuf
falé, & cinquante livres en argent,
pour s'établir où ils jugeoient à pro.
pos, & défricher pour leur compte.
C'ett de-là. qu'eft venue T'épithete de
trente-fix mois que l'on donne encore
à préfent aux libertins que l'on envoie
dansles Iles, qui effecivement font
obligés d'y paffer ce tems avant de
Cij --- Page 72 ---
[sa)
puis pouvoir revenir en France ; mais
que nous faifons la -
' deNégres aux côtes de
traite des
mes fuffifament fournis Guinée,nous fomFufage des
d'efclaves, &
aboli.
échanges a été
Quant à leurs moeurs, entierement
different en rien des
elles ne
gion eft la même, notres;leur &
Relimieux fiuivie,
n'y eft pas
Quoique l'on dife
le froment n'y réuffiflent que la
&
pendant vu quelques treilles pas, ce:
de
derniere, &
2 dont le raifin étoit fortb beau cette
très-bon; ce qui me feroir
qu'tune politique bien entendue croire
pêche que l'on n'y feme
emf'on n'y plante
Tun,8 que
terre, qui
Pautre, en ce que la
vin à cette Colonie, prodniroir du pain & du
fidérablement le nombre diminueroit conplantations propres à cesfeuls des autres
& qui ne peuvent croître
climats,
deforte quetous nos
en France ;
la plus effentielle
Armateurs, dont
confifte en farine partie & du commerce
conduifent, & dont ils en vin gu'ilsy
en fucre, caffé,
fontle retour
@ tronveroient fruftrés indigo, coton, &c,
fource, fi utile
de cette ref
pour euy, a & pour --- Page 73 ---
[s31
cettx qui habitent nos colonies; att
lieu qu'en laifant fublifter les chofes
telles qu'elles font, ni les uns, ni.les
autres ne feront obligés d'avoir recours alEtranger,pour échanger avec
lui ce: qu'als peuvent trouver chez
eux-mêmes. Hya dans cette Ifle quantité de
tites rivieres, dont leau eft
sdete
Elle eft fort peuplée;elle eft divifée en
plufieurs quartiers, dont chacun eft
commandé par un Capitaine de milice
Créoles
rend compte au Gouverneur PELRaISeS tout ce quis'y paffe,
auquel il envoie tous les ans un état
détaillé de ce que contient la. partie
qui lui eft confiée, & fur lequel fe
forme le récenfement général que lon
fait paffer à la Cour chaque année.
Les principales places de cette Ifle
font ro,le FortRoyal quieft le mieux
fitué, & le plus fortifié de tous ceux
que j'ai vus' dans ce pays. Le Gouverneur Général y fait fa réfidence
avec un Lientenant de-Roi, un Major Général, deux Aides Majors, lut
Ingénieur & un Capitaine de Port. IE
yavoit de mon tems quatre Compagnies.détachées de la marine, & une
Cij
lon
fait paffer à la Cour chaque année.
Les principales places de cette Ifle
font ro,le FortRoyal quieft le mieux
fitué, & le plus fortifié de tous ceux
que j'ai vus' dans ce pays. Le Gouverneur Général y fait fa réfidence
avec un Lientenant de-Roi, un Major Général, deux Aides Majors, lut
Ingénieur & un Capitaine de Port. IE
yavoit de mon tems quatre Compagnies.détachées de la marine, & une
Cij --- Page 74 ---
Compagnié Suiffe [541 de
mes.
deux cens homverte, llya Tautre- deux citernes, dont Tune
un fort beau gui ne l'eft pas, avec cotchapelle.
corps de cazernes & une
C'ef dans le Port
qui eft un des
de cette ville 2
batinene, qui meilleurs, que tous les
nent pendant orlihairemont neuf mois
fe tiendans la rade du Fort S. de Pannée
marchande,
Pierre, ville
bri des ouragans, viennent fer mettre à Pa.
tres-frequiens.
qui font terribles &.
Commifaire Ily a dans la ville un
rine, un Commiffaire Onfomnateur de laMa-:
Claffes, un
ordinaire des
Roi, & un Chirurgien Tréforier, un Medecinga
Ily al une Juflice
Major.
fortit nuement an imbalterne qui iref.
de la
Conféil Supérieur
les deux Mantinigues mois
quisafemble tous.
Poury) juger tous pendant les
quinze jours, $
portés. Le Confeil appels eft
quiy font
Gouvermeur. de
Général
compofé dut
lIntendant qui
quiy préfide,
qui prononce les colligeles voix, &
neur Partieulier, arrêts, du Gouver.
néral, & de huit d'un Procureur Gé:
Conféllers; il y a --- Page 75 ---
ts5)
du Roi des biens:
atiffi un Procureur
empêcher lcr
vacants, très-utile des pour effets des fuccefdivertiflement
fions, dont les héritiers font en pays
éloignés. Iln'ya qu'une feule, paroilie. Pinvodans cette ville, qui eft fous
cation de S. Louis.. Elle eft deffervie aflez
par des Capucins
y.ont feul. un
beau Couvent, &.
i
Hors de la ville, 9 auprès d'une
a une aflez belle
Aar
tite.r riviere,1ly
loger FInten:
fon, conftruite pour y
ce qui, de.
dant loriquil y féjourne:
quel lors
mon tems, n'arrivoit gueres ceft-à dire
de la tenue des mois Confeils, de 2 lannée , en
pendant différens trois tems; il paffoit le refte au
Fort S. Pierre.
A peu de diftance de cette maifon,
eft un Hôpital adminiftré par des Freres-de la Charité, dont le Supérieur
de mon tems, fe nommoit le P.Pru:
dence généralement eftimé, tant par
fon habileté, que par fes meurs.
20. Le Fort S. Pierre qui eft Punique ville commerçante de cette Ifle, 9
diftante de fept lieues du Fort Royal.
Le Gouverneur Particulier & Pimendant y font leur réfidence ordinaire.
Civ
maifon,
eft un Hôpital adminiftré par des Freres-de la Charité, dont le Supérieur
de mon tems, fe nommoit le P.Pru:
dence généralement eftimé, tant par
fon habileté, que par fes meurs.
20. Le Fort S. Pierre qui eft Punique ville commerçante de cette Ifle, 9
diftante de fept lieues du Fort Royal.
Le Gouverneur Particulier & Pimendant y font leur réfidence ordinaire.
Civ --- Page 76 ---
Ily a deux
E567
un
Compagnies
rauté, Detachement de
Francoifes &
un Bureau des Suilles, une Amis
éident, une Jufice Domaines d'Octillante au
fmbalterne, 2 refforvent de Jacobins Caueisypéneue un CouLa ville eft fort
& un de Jéfuites.
la rade y eft riche & bien
3' ". Le Fort parfaite de la pour peuplée,
une Compagnic
Trinité Fancrage: où
de la Marine.
Françoife détachée ilya
du 4°.1 Le Fort Marigot.
Mouillage, dâns
5o. Le Fort
que des Compagnies lelquels il n'y a
6°, La riviere
de.Milice Créole.
mon tems
Salée, où réfidoit de
mé M. de Pointfabre, unlientenant de Roi, nom.
fus doit, ainfi qu'aux deux guiy comman-
; il a remplacé
Forts ci-def.
vernement de la depuis, au GonBarnage, nommé au Grenade, M, de
Généralide S.
Couveragment
Ce
Domingue.
premiervint à
Doe annécs, pour Pans.ilya s'y faire a quelmalgré maladic, leur
dont les
traiter
&ily termina art, ne purent Médecins, le
Les
fa carriere,
tirer,
ans qu'ils Frangois, font en depuis plus de cent
pollefion de cette --- Page 77 ---
mle,en ont toujours été les feuls habitans. Les Infulaires ou Caraibes
quil loccupoient avant eux, ayant été
relégués dans les Iles dont
ferai
mention ci-après; & depuis : traité
de 1660, ils ont été, jufqu'aux dérnieresrévolutions, fous la proteâion
de la France. Ainfi il Faut que Vofgien ait travaillé fur de mauvais mémoires, pour avoir avancé qut'une
partie de cette Ifle étoit occupée par
des Indiens : (nommés impropremens
ainfi) car quoique Pon foit dans Pufage abuff de donner aux Iles de l'Amérique le nom d'Indes Occidentales,
de même qu'a beaucoup d'autres, ce-,
lui d'Orientales, on ne peut nommer
ainfi que celles qui tirent leur nom de
Findus grand fleuve de PAfe,
fourçe au Mont Imaiis.
a
prend
l'ont
devroit, il me femble, puifque
re P'a pas, encore fait, reétifier. cet
ufage quiinduit àerreur beaucoup de
voyageurs peu inftruits de la Géogra
phie. Le jour du départ arrivé, je pris
congé de M. le Marquis de Champigay, de tous mes amis, & je m'embarquai avec M; de Prépont. Nous
Cv
Findus grand fleuve de PAfe,
fourçe au Mont Imaiis.
a
prend
l'ont
devroit, il me femble, puifque
re P'a pas, encore fait, reétifier. cet
ufage quiinduit àerreur beaucoup de
voyageurs peu inftruits de la Géogra
phie. Le jour du départ arrivé, je pris
congé de M. le Marquis de Champigay, de tous mes amis, & je m'embarquai avec M; de Prépont. Nous
Cv --- Page 78 ---
fimes d'abord [,83
nous avions une au Fort S. Pierre, oir
Tamiraute,de le déclaration à faire à
mes voile pour S. lendemain Vincent. nous fiarrivâmes le. troifieme
Nous y
départ du Fort
jour de notre:
trouvâmes notre Royal, & nous
en rade.
Brigantin quiy
-
stole
Cette Ile eft une des Antilles
PAmérique
dans.
figure ovale, Septentrionale, &
Elle eft de
me plufieurs l'ont non pas ronde comhuit lienes de
prétendu. fur
Elle a
Ele eft à douze long lieues fept de large.
la
&
ou. environ de
comme Grenade.. dit
non pas Granade:
Sainte-Lincie; Volgien., elle
& au fud de:
lair y eft très-fain, eft fort peuplée 2
& fertile; il
le terrain inégal
cellens
produit un des plus exvoit gueres rabacque de nous ayons : on n'en:
que lon" en faffe pur en France, quoiune quantité
paffer fous fon nom:
Flandre, où onle que l'on fabrique en
Petites andouilles dénature ; les plus
fixà fepr livres, ou carottes font de
de quinze julqu'a ilyen ade douze &
Couvertes de feuilles vingt. de Elles font.
Aguier d'Inde ou d'Adam bannaniers,
5 elles.font --- Page 79 ---
[591
un peu raboteufes, & onti communé
fix
de long fur
ment cinqjufqu'à
pieds Le corps de cet
deux à trois de large.
de cir:
arbréeft d'environ trois pieds
conférence, couvert d'écorces écailleufes; il produit un fruit.de la lone
gueur de buit jufqu'à dix pouces, fur
environ quatre de groffeurs ilett cou;
vert d'une peau verte ,de deux
de figure
CeEt
d'épaiffeur, a-peu-près
eft ôtée, il
gulaire ; mais loriqu'elle
& s'6eft rond. Ce fruit eft gluant
chappe fouvent de ta main : il eft
moëlleux, fucré,mais un
fade :
on le mange crud Ou rôti REI le gril.
Plufieurs habirans de ces contrécs
croient que c'étoit-la le fruit défendu
du Parads Terreftre, & quelesfeunt
les fervirent à couvrir lax nudité de
lorfqu'ils en
nos premiers tâté.
parens., croit du mays ou bled
eurent
fort
de Turquie SLXIS :,
ris qui eft
bon,
des patates, des ignames a-peu-près
femblables a nos pomies-de terre,
lefquels étant cuits fous la cendre,
font auffi bon's que nos marons. -Il,
vient auffi du naniock & des coy COS. On y voit une infinité de coquillages d'un goût exquis, tels que les
Cvj:
é.
parens., croit du mays ou bled
eurent
fort
de Turquie SLXIS :,
ris qui eft
bon,
des patates, des ignames a-peu-près
femblables a nos pomies-de terre,
lefquels étant cuits fous la cendre,
font auffi bon's que nos marons. -Il,
vient auffi du naniock & des coy COS. On y voit une infinité de coquillages d'un goût exquis, tels que les
Cvj: --- Page 80 ---
crabes
[6o]
huîtres. rouges, Le
cancres, houmards &2
tortue excellente, Hpoilony eft très-bon, la
pas fort communes mais elle n'y eft
chevreaux, & - très- ; il y a affez. de
ce n'eftle ramier, peu: de gibier, G
point de reptiles, Onn'y voit prefque
quantité de lézards de mais il y a une
peces, animaux
différentes ef
venin, qui ne-font quadrupédes fans
Ce font les
point dangereux:
cette Ile, qui François feuls fe répandus dans
culture du tabac, Sa mélent de la
trois cens feize degrés longitude eft de
nutes, & falatirude de douze quarante micinquante minutes.
degrés
Les habitans de cette
nomme Caraibes, font Mle.que l'on
ces comme à la
de deux efpefont auffi noirs Dominique. Les uns
les cheveux
du jaiet; ils ont
les
le front
nti
yeux bien fendus, le nez élevé,
long. la bouche grande,
un peu
épaifles, & les dents
les levres
Ils font d'une haute fort blanches.
faits, 9 forts,
fature, bienreufe
robuftes, & d'une heunaturellement phifioromie; les autres font
voit prefque olivâtres; ; mais on les
toujours conleur de --- Page 81 ---
[6r1
rofette ou de cuivre, à caufe du todont ils ont grand foin de fe
cou, barbouiller tous les jours, ce qui leur de
ainfi qu'à, ceux
a fait donner, dont je - ferai mention
SainteLucie, ciaprès,le nom de Caraibes. ronges.
Is fcat tous agiles à la courfe, & dans
& forradroits
leurs autres exercices,
de T'arme*
à tirer de l'arc, ainfi que
- qu'à las
feu, dont ils ne fe fervent
touchaffe. Leurs fleches font prefque
ils les trempent
tes empotfonnées;
d'herbes, de
dans une décodion ,
de mancegommes, ou de pommes
une manillier, qui leur communique mortelles les bleffu-.
lignité qui rend font. 1ls ont encore une
res qu'elles - dont ils ne font ufage
autre arme ,
bouk.
que dans-la mêlée; onlappelle
ton, quoique les Caraibes pronon- de
cent boukrou: C'eft un morceau une
bois, fait
comme
a-peu-près -
à vingt-fix
maffue, il a vingt-cing
lignes
pouces de longueur, quinze dans
d'épaifleur , & cinq à fix pouces.
qui va toufa plus grande largeur,
extré
jours en diminuant jufqw'a.fon paffer un
mité, qui-ett percéc pour
rouge>
cordondelaine, tcinte en gros
es pronon- de
cent boukrou: C'eft un morceau une
bois, fait
comme
a-peu-près -
à vingt-fix
maffue, il a vingt-cing
lignes
pouces de longueur, quinze dans
d'épaifleur , & cinq à fix pouces.
qui va toufa plus grande largeur,
extré
jours en diminuant jufqw'a.fon paffer un
mité, qui-ett percéc pour
rouge>
cordondelaine, tcinte en gros --- Page 82 ---
de la groffeur f6a1
fe paffent dans le du petit doigt, qu'ils
font dans le cas: de poignet, s'en Torfquile
bois, gue
fervir. Ce
querantant fon-nomme que le fersil dur, l'eft pref.
fant, & fa couleur
eft. trés-ped'oye. A: chaque approche di verd
ou qu'ils
ennemi qu'ils
cet arme, mettenthors ils
de
tuents.
par celui
y font faire combarenes une
qui
entaille
arrive des
commando. Quand il
de choifir occafions oh il eft queftion:
c'eft toujours quclque celui chef parmi eux,
tailles àfon boukton. qui a le plus d'enStrumutente qui eft élu. Ce
eirconftaince S'il en
qui la fait qu'aurant élire que la
à une nouvelle. furvient une autre, on procede fubite..
rare que ce foit éiection, le même. & il eft. trèsIls font nanurellement
faifans, générenx,
doux, bienpatiffans, point
ferviables, comfideles à remplir trompenrs, leurs
vrais &
mais
bres: vindicatifs à l'excès. engagemionss
fiat en tout, à
Ils font foqu'ils aiment T'exception du taelpece d'eaude beaucoup: C'eft une:
me du fucre & de vie, faite avec l'écufermenter enfemble F'eau, que l'on fait
2 & que l'on-dif --- Page 83 ---
[63]
tille enfuite. Cette liqueur eft très-;
violente, & fa vapeur mélée- avec:
celle du tabac qu'ils fument toute fois- la
journée, 2 les ennivrent quelques les rend fupour deux jours, ce qui
leursrieux 8c très à craindre pour
ennemis, qui feuls en reffentent les:
les effets, car ils. ne. méconnoiffent
jamais leurs'amis.
elle eft fort
Quand à leur Religion,
de
fimple, ils adorent fous le nom
Louguo, le grand maître. des Chéméens ; ils croient fon pouvoir illimité, & qu'il tient toujours à côtéde
lui fa foudre ,. prêt à terraffer ceux:
qui refuferoient de lui rendre l'hommage. qu'ils lui doivent ; ils l'adorent
feul, & n'en ont pas plufieurs. ainfi:
que l'ont prétendu quelques Hiftoriens.qui, fans doute, ont pris
des
les Chéméens, &
M
Dieux,
Mapoyas, bons & mauvais génies,
que les Caraibes admettent, & qu'ils.
font évoquer, felon les circonftances,
par les Boyez. Ce font des Médecins:
qui fe mêlentde magie - 2 & fe jouent:
impunément-de la crédulité de ces:
Sauvages, en, abufant de leur confiance pour les entretenir dans leurs.
u quelques Hiftoriens.qui, fans doute, ont pris
des
les Chéméens, &
M
Dieux,
Mapoyas, bons & mauvais génies,
que les Caraibes admettent, & qu'ils.
font évoquer, felon les circonftances,
par les Boyez. Ce font des Médecins:
qui fe mêlentde magie - 2 & fe jouent:
impunément-de la crédulité de ces:
Sauvages, en, abufant de leur confiance pour les entretenir dans leurs. --- Page 84 ---
Widicules
(641
de Miniftres faperditions. ni de
Ils n'ont
culte qu'ils
lieu réfervé pour point" le
tout où ils fe rendenrah Divinité. Par:
milieu dujour trouvent, le matin. au
fent leurs prieres; Rleferis lui addref.
courtes, S & par
ils les font trèsu
vant lesbras esclamationy en élefiderent comie veralefoleili fon
qu'ils conParoifent.
Thrône, & ils
voyent obombré irtr-confernes quand ils le:
tion ges. Is Ont auffi line par quelques nuafe pour lalune. A chaque grande vénérajoie renouvelle ils
fois quelle
par des cris, des rémoignent leur
poftures fingulieres.1. danfes, & mille
le mortalité delame, qu'ils croyent à l'im.
caur; ils admettent placent dans:
une
deux princiA7 font d'ailleurs récompenfe & ane'
teurs de la
très firiéts obferva. peine :
mage, qu'avec lotnaturelle. de fi
Quel dom.
tions, On n'ait
bonnes
leur faire entendre encore pu parvenir difpofi- à
regardent nos Miftionnaires autre chofe ! Ils
ErteE les féduire.
ne cherchent commeprétendent que Quel avenglement !
quent
ces:
#
trien de ce quilsdifent gens ne pratiqu'il faur --- Page 85 ---
[651 à leur Dieu; il n'eff
faire pour plaire
eux-méa.
pas pofmible qu'ils y-croient
mes. Voilà le feul argument Il eft
à nos raifons..
SRAE
pofent heureux que ces Infulaires
été
témoins des
.EE
fi fouvent
e
étoient entre les Miffionnaires cabales, de
différens Ordres,deleurs de leur hainc, &
leurs querelles, fois des fuites fâchenfes qui
quelques
prefque toujours.
en réfultoient,
occa-
& Reechte propre
la fionnoient. cupidité Ceux pour qui ils ont plus
de vénération, ce font les volontiers, Capticins,
Ils les aiment; ,les fouffrent même dans l'oc-
& les défendroient
cela plus
cafion. Ils n'en font pas pour ils fonta
dociles à leurs inftructions d'enfans s;
tant
la vérité des baptêmes mais c'eft tout. 11 auqu'ils venlent,
n'en euffent
roit été à fouhaiter qu'ils.
TEvanjamais vus d'autres 5 peutêtre réufi chez euxgile auroitil mieux plus détachés
Ces Peres paroiffent
du monde,
que les autres des chofes de plus
& fuivre conféquament qui eft ERt
la morale qu'ils préchent Voila ce qu'l
que J. C. a enfeignée. ont. autant de
faudroit à des gens qui
eft tout. 11 auqu'ils venlent,
n'en euffent
roit été à fouhaiter qu'ils.
TEvanjamais vus d'autres 5 peutêtre réufi chez euxgile auroitil mieux plus détachés
Ces Peres paroiffent
du monde,
que les autres des chofes de plus
& fuivre conféquament qui eft ERt
la morale qu'ils préchent Voila ce qu'l
que J. C. a enfeignée. ont. autant de
faudroit à des gens qui --- Page 86 ---
bon. fens & un [66]
ces
jugement aufi fain
3er érudits, (auvagess des
ce ne font point
ordre, ni des
Içavans du premier
conviéncne fcholafiques mais des
qui leur
ples & de bonne foi, hommes fim.
vrais Apôtres,
en un mot de
Leurs
la culture occupations de leurs confifent dans
terres 2. dont
n'emploient pour leur que ce dont : ils ontbefoin ils
munes entr'eux, fabfiflance. Elles font com.
la chaffe.
dans la pêche &
font conftruites Leurs. 1 cazes ou cabannes dans
de bagaffes
de bois, 8
a été
ou: cinnes, dont couvertes le fucre
exprimé. Ils
nattes faitesd de fe.couchent fur des
de peti-près la forme cannes; de
elles ont à
jardins.
nos paillaflons
Les noirs font fort
ne voit auçunes-de propres, & Oni
il n'y ait plufieurs leurs cabannes oir
remplies de cendres cuvettes de bois
cracher ; ils accueillent ou de terre pour
étrangers, ils
far-tout les au mieux les
donnent la
Frangois à qui
Nations.
préférence fur les autres.
Leurs femmes font
Fadultere y eft Puni demort. très-chaftes :
Lesfilles --- Page 87 ---
[671
en ufent quelquefois différemment 2
cela foit rare : mais quand on
quoique
à fe
le. fait, elles ne trouvent plns
marier. La poligamie n'y eft pas commune.
1t, tous nuds, hommes &
Ils vont
ces dernieres
femmes, fi ce n'eft que
morceaur
mettent en certain tems un
cade toile bleue. devant elles pour leurs
cher leurs parties. naturelles des-bra- ;
ajufteméns font des colliers, faits avec de.
celets & des jarretieres l'on nomme
petits coquillages que du verre & du
pucelages, du corail, à leurs oreilles des
criftal. Elles ont
s'appelle caplaques d'un métal qui & le grain en
racoli, il eft fort rare,
For,
eft prefqu'aufi fin que celuide très- y
dont il a la couleur. Elles font
indnftrieufes, elles font de fort beaux
hamacks. Elles travaillent avec dés:
joncs 8. des cannes, des corbeilles 2+
dits Caraibes, des tapiffedes paniers
de différentes firies. qui font garniés
& peintes de toutes couleurs,
gures, ne laifle pas'de produire un
ce qui
trésjoli effet. fe font furla demande
Leurs mariages des peres & meres; ou des.
réciproque
a la couleur. Elles font
indnftrieufes, elles font de fort beaux
hamacks. Elles travaillent avec dés:
joncs 8. des cannes, des corbeilles 2+
dits Caraibes, des tapiffedes paniers
de différentes firies. qui font garniés
& peintes de toutes couleurs,
gures, ne laifle pas'de produire un
ce qui
trésjoli effet. fe font furla demande
Leurs mariages des peres & meres; ou des.
réciproque --- Page 88 ---
plus proches
[681
fuite par la parens des parties, enen ufage chez cremoniede bien des Tallamette s
ges, dont quantité
peuples fauvamentions fille,
& qui étant d'Auteurs ont fait
mée loriqu'elle lni eft foufilée par la
fignal par fon
préfentée allude fon: prétendu, donne le
ment il n'yauroit acguiefeement, rien
5 autreCes
de fait.
font Sanvages, furtout les
& naturellsment pareffeux, rouges s
quement mdancolinuaert qu'an
ils ne fongent réveurs lni
Zent d'ailleurs préfent, de
& ne
occafion d'en
rien. Faurai s'inquies encore
fais fieme n'eft partie. Et Parler fi le détail dans ma troiFon a fait pas conforme à ceux qué j'er
les chofes ci-devant, que
c'eft que ne
& telles
comme jc les F s
en 17398 qu'elles étoient efedivement vues,
Nous reftames 1730.
cette Inle, tant quinze jours dans
vifion Brigantin, que poury pour faire : lefter notre
d'eair & de bois ; i'y fis notre Promontante particulier, une
en mon
à
emplette de
noie
quatre cens livres, tabac,
que nous d'Empagnes aurions Tévenenienr monété tràs-bien prouva avifés --- Page 89 ---
169]
fir nous en euflions fait la charge entier d'un denos bateaux, mais il auroit fallu deviner.
fept Février,
Nous appareillamesle
Sainte-
& nous portâmes le cap fur
Nous cffuyàLucie ou Sainte-Aloufie,
terrible,
mes lelendemain un ouragan affreux:
mêlé de pluie & d'un tonnerre
Je n'en ai jamais entendu un pareil,
les coups fe fuccédoient les uns aux
autres; il n'y avoit pas une Le fecande Cield'intervalle entre chacun.
éioittouten feu; cette bourafquedura
huit heures; nous eûmes un de nos
vibords emporté, avec le perroquet
de notre grand mât; nous en fumes S
réellement quittes à bon marché,car du
nous nous fuflions laiffé furprendre amené
vent & que nous n'euffions fimes, pas ,nous
aufi à propos que nousle fans reffource.
aurions été perdus fut fuivie d'un calme
Cette tempête
faire
pendant lequel nous heureufement ne pûmes un
route; il lui fuccéda
conduifit à
petit vent frais qui nous
entre
Sainte-Lucie, 9 le dix Février, midi, Nous
trois à quatré heures après du bateau que
y mouillâmes auprès
donné
nous y avions : & après avoir
, pas ,nous
aufi à propos que nousle fans reffource.
aurions été perdus fut fuivie d'un calme
Cette tempête
faire
pendant lequel nous heureufement ne pûmes un
route; il lui fuccéda
conduifit à
petit vent frais qui nous
entre
Sainte-Lucie, 9 le dix Février, midi, Nous
trois à quatré heures après du bateau que
y mouillâmes auprès
donné
nous y avions : & après avoir --- Page 90 ---
les ordres
170]
ration de notre convenables Pour la répacendimes à
Brigantin, 9 nous def.
R. à P. Athanafe, terre,. & fames chez le
amide M. de Prépont, Capucin, & grand
geoit ordinairemons chez qui il loquilalloit Ce:
dans cette Ille. toutes les fois
R. Pravoit des
ellentielles avoit
à M. de
obligations
rendi. un fervice Prépont, qui lui
près de M. Panier
important auPere Armateur. avoit fait d'Ongevile. Cet
une
accorder : a a ce.
avoit refufée prace-queM. Hntendant lui
complaire aux Jefaites, plafieurs fois, pour
folliciter contre lui,
qui loin de
contraire employer tout auroient daau
pour lui faire obtenir
leur crédit,
doit. Ils.le
ce qu'il demannoiffance : ce devoient à titre de recondération dont Capucin, il
par la confi.
cie, avoit
jouiffoir à Sainte-Lumatherorun- empêché deileurs les Caraibes de
Ciril, qui ena avoit
Peres, nommé
uins, & lavoit
malrraité quelques
conduired dans
fa maifon genérenfement du Fort fait remais une pirogue qui
S.Pierre, -
lorique la charité luappartenoit :
manque dans un Miniftre de chrétienne la Reli- :. --- Page 91 ---
171]
doit-on. attendre de fa resi
commoitancelce gion, que
n'eft cependant qu'à
depareils eokeeaenuoun l'on doit attribuer
trop fréquens, de fruit que que l'on tire des Mifle peu
infideles.
fions dans les pays
nous fimes à
Pendant le féjour que
Sainte-Lucie, qui ne. fut que a d'une
femaine, il nous arriva une mérite avanture bien
aflez finguliere, ici. 8 qui Nous étions un
d'avoir ia placc.
François &2
jour àla chaffe avec.deux de déjetiner nous
un Allemand;l'envie nous-fimes. apporter noayant halte pris, dans un endroit oit nous
tre crûmes voir un arbre tombé par les
vents, qui étoit-à V'entrée du.bois. environ
Nous nous affimes deffus; je fentis quelquatre minutes après, m'enlevoient de
ques légers bons qui
c'étoit
deffus mon fége , je crus que de terre,
une fecouflede tremblement
affez communs dans ce pays ; fe j'en leavertis mes compagnons aller 2. qui vérifier
verent avec moi pour fe fait en fe coumon doute, ce qui contre terre 21 & en
chant le ventre
Toreille comme
penchant un peu avoir refté quel
pour écouter. Après
us; je fentis quelquatre minutes après, m'enlevoient de
ques légers bons qui
c'étoit
deffus mon fége , je crus que de terre,
une fecouflede tremblement
affez communs dans ce pays ; fe j'en leavertis mes compagnons aller 2. qui vérifier
verent avec moi pour fe fait en fe coumon doute, ce qui contre terre 21 & en
chant le ventre
Toreille comme
penchant un peu avoir refté quel
pour écouter. Après --- Page 92 ---
[721
quesminutes dans cette
nous levâmes
poltion, nous
vois rêvé; mais ser-pertiades en
que. j'acôré du fiege
jettant les yeux du
quitter, nous vimes que nous venions. de
qu'il avoir
avec étonnement
appercimes changé la tête de place, &. nous
ferpent, dont ce
d'un monftruex,
le corps; nous ne prétendu arbre étoit
tems, nous mimes des perdimes pas de
dans nos fufils, &
olives de fer
terrible animal.
nous tuâmes ce
fut de le mefurer, Notre il premier foin
pieds &
de long, la tête non avoit vingt-un
trois pieds quelques
comprife,
conf@retiee: on - n'en pouces de cirun femblable dans avoit jamais vu
qu'il y en ait de fort cette Ie, quoitâmes la chaffe, & gros. Nous
lel Pete Arhanafe, retournâmes et
que nous.
avecnotrer emonftre,
ler par nos fincedepomtiter Négres;
&c.empail
à M. de
nous Tenvoyimes
j'ai fçu depuis, Chaipigny. le fit qui, à ce que
dans une caifle
paffer
val marin, dont avec la tête enFrance, d'un cheverneur de la
M:de Larnage, Gouprélent,
Grenade, lui avoit fait
Sainte-Lucie eft une des Iles Antilles --- Page 93 ---
[73]
à
tilles
a environ vingt-quatre elle eft
lienes-de circuit;
au midi de la Martinique, au
& au couchant
ER
nord de S. Vincent,
de la Barbade; ily, a deux mornes ou
montagnes confidérables 2 que. l'on
nomme les Pitons de Sainte-Aloulic;
il s'y trouvoit très-peu de François
dans ce tems : elles feroient pour le
moins aufhi fertiles
celles de S.
Vincent, fi elles eretenr cultivées de.
même. Ii's'y trouve beaucoup de tortues, furtourde celles queTon nomme
Caret, dontlécaille fertà faire des tabatieres, & quantité d'autres ouvrages connus de tout le monde. On
un
no
mange
exquis à caufe c deux
nomme
EE
arrêtes fort tranchantes & plates comme deslancettes qu'l'porte à côté des
ouyes, dont la piquure eft très-douloureufe.Les Parages de cette Hle font:
remplis de Requins. > que plufieurs
pellent chiens de mer, & que l'on de
vroit plutôr tnommerl loups:e'efleplus
voracedetous) les poiffons. Je fis une
fois témoin qu'un galfat
étoit à -
carenner un vaiffeau dans
Port du Fort Royal, eut la, cuiffe coupée, huit
Part,1,
D* --- Page 94 ---
[74]
pouces audeffus du
alloit requin qui s'lanca for genon, lui par un
rentrer dans le
comme il
mourut.
bord, & dont il
llarrive très-fouvent
de lai part de ces animaux des accidens
sueule fi grande
; ils ont la
ler un homme qu'ils tout pourroient avapréfentoit par la
ce
s'ils fe
croire que ce fut téte;
me fait
huit
Part,1,
D* --- Page 94 ---
[74]
pouces audeffus du
alloit requin qui s'lanca for genon, lui par un
rentrer dans le
comme il
mourut.
bord, & dont il
llarrive très-fouvent
de lai part de ces animaux des accidens
sueule fi grande
; ils ont la
ler un homme qu'ils tout pourroient avapréfentoit par la
ce
s'ils fe
croire que ce fut téte;
me fait Jonas, & non pas cet la animal qui avala
beaticoup fon
de gens le croient baleine, comme
n'ayant pas. le gofier ; ce poifpour engloutir un pareil
affez grand
lexamen que j'en ai morceau ; par
au plus s'il-p pourroit fair, c'eft tout
fon de la groffeur dan abforber un poif
livres: Je ne prétends brochet de dix
tir "Ecriture
point ici démenmais fes interprètes, Sainte, que je refpecte,
Fa pour le mot
gui ont pris l'ef.
de la prouvé par le générique, Chapitre comme
Deus cete Genefe, verf, 21 : creavirque premier
dre des gros grandia; ce qui doirs'enten.
gros poiffon quia poiffons. Ceft donc un
pelle requin.
reçu Jonas, je l'aptité lly a aufi dans cette Ile
de caimans ou
une quan.
crocodilles 5 --- Page 95 ---
[751
c'eft un animal amphibie, qui fait de
grands ravages
on n'eft pas en
contre 13T Les Caraibes en
gardc
avec leurs fictuent ches, prodigicufement (ans quoi il ne feroit pas pollible d'aborder dans cette Ifle.
Les Infulaires de Sainte-Lucicfont,
comme je l'ai dit ci devant.naturel du
lement olivâtres, mais au moyen
rocou dont ils fe frottent, ils fe rendent couleur de rofeite, ou de cuivre, de
ce qui leur a fait donner le nom
Caraibes rouges. Je n'en ai point vu
de noirs dans cetté Mle, comme à S.
Vincent & à la Dominiquer Ils-font
de petité ftature, mal faits, le vilage
court, les yeux petits. le nez épate,
le front en talus, les cheveux longs 2
noirs & plats; ils fe baignent tous
les jours &cfc frotent enfuite le corps de
& les, membres avec de Phuile
requin, pour fe rendre plus fouples - 9
aufli font-ils très-adroits dans leurs
exercices, mais puants & mal propres. Pour ce qui eft de leur caraétere,
de leurs moeurs, de leur religion : 7 de
leurs occupations & de leurs
ils different peu des Caraibes de
FK
Dij
us, les cheveux longs 2
noirs & plats; ils fe baignent tous
les jours &cfc frotent enfuite le corps de
& les, membres avec de Phuile
requin, pour fe rendre plus fouples - 9
aufli font-ils très-adroits dans leurs
exercices, mais puants & mal propres. Pour ce qui eft de leur caraétere,
de leurs moeurs, de leur religion : 7 de
leurs occupations & de leurs
ils different peu des Caraibes de
FK
Dij --- Page 96 ---
Vincent. Ils vont 176] de même
tous nuds, hommes &
qu'enx;
les-ci ont les tetons fort femmes, celleurs pendent
longs, 9 ils
font taillés
julqu'au. nombril, ils
ce qui leur eripoires de bon chrétien,
procure la
qu'elles ont leurs enfans facilité, 2 lorf. a
de leur donner à têter
fir le dos,
paule. Elles fe paffent dans par deffis l'énes; qui font percécs, ainfi les narioreilles, 3 une petire broche, que leurs.
trémités de laquelle, elles
aux exdes plaques de caracoli de accrochént
ces en quarré.
deux pouCes Caraibes Ont
la même prédiledion pour notre nation
Vincent, ils en donnerent que ceux de S.
bien convaincante en
une preuve
Comme cette Ife, 1724 ou 1725.
étoit alors fous la quoique nentre,
France; qu'elle eft en. protection de la
la clefde toutes celles quelque façon
le Gouvernement
qui compofent
tinique & qu'eile eft général de la MarBarbade, qui
peu éloignée dela
elle a toujours appartient été un
aux Anglois,
pour cette Nation. objet de jaloufie
mina le Mylord. de C'eftce qui détervenir ayec plufieurs Londondery a y
pataches, afin --- Page 97 ---
[77.] :
conftruire un Fort qui pût Pen
d'y rendre maitre. Les Caraibes
n'é-
: cette
toient pas en. étatde s'oppofer
entreprife,
étoit des plushardies, M: le.
R d'entre eux vers
Marquis, députerent de Pas de Feuquieres, de
Général
St
étoit lors Gouverneur Pavertir de cC qui
Mattinique, & pour lui demander du icfe paffoit, M. de Champigny > qui dans
cours.
étoit Gouverneur du Fort
ce tems, & Lieutenanf au GouverS.Pierre,
des Iles dti Vent, fit
nement général bâtimens qu'il remplit
armer quelques de bonne volonté,
à la hâte de milice gens du.
que Pon
pris dans la
pays,
& fe
dire être des plus braves,
peut
ces Caraibes, qui lui
At conduire par defcente
firent faire une l'endroit dansteurilé, oit les Andu côté oppofé fait à la' leur. Au moment
glois avoient
à rien
oir ceux-ci ne s'attendoient les Caraibes à
moins, les Créoles, deffus, les enveleur tête, fondirent
taillerent
lopperent de toutes parts, fe tronverent
en piece" tous ceux qui
les
fous leurs mains, bord & potirfuivirent de la mer. Ils
autres heureux jufqu'au de trouver leurs chafurent
Diij
oit les Andu côté oppofé fait à la' leur. Au moment
glois avoient
à rien
oir ceux-ci ne s'attendoient les Caraibes à
moins, les Créoles, deffus, les enveleur tête, fondirent
taillerent
lopperent de toutes parts, fe tronverent
en piece" tous ceux qui
les
fous leurs mains, bord & potirfuivirent de la mer. Ils
autres heureux jufqu'au de trouver leurs chafurent
Diij --- Page 98 ---
Joupes,i
[-8)
fe
ecyentargeeret
rendirent à bord de leur pele mele,
aporeilrents &- retournerent pataches,
Ansstemeané bordées de
avoir lâché
en.
aucun mal, leurs canons qui ine plafieurs firent
M. de
de tems, Champigny Il fit
ne perdit
tions, démolir abattre les TELReRe
Onvrages qui ne généralement tous les
déjà fort
laifloient pas d'être
les matériaux avansés, à la & fit jetter tous
Quelque tems mer.
la
après il partit
-
Roi France,alin de
day rendre
pour
cette expeaition, il compte obtint au
(Gouvernetient Vent,
général des
le
qui
àla place de M. de
Hles du
la Cour: venoit de demander Feuquieres, fon
rappel à
4 Un famediaus foir,
M. de Prépont &
que nous étions,
le P.
moi, à fouper avec
que depuis Athanafc, onze 3 ce dernier nous dit
cette lle,ilavont ans qu'il étoit dans
tême à fix cens bien donné le baptiers ail moins, enfans, étoit dont un bon
ans,. quily en avoit mort avant fix
d'être grand nombre, qui n'étoit encore un très-.
inftruit, mais que le pas en état
lendemain --- Page 99 ---
feroit [791 voir énviron foixante
il nous en
depuis fept julqu'a dix
diyquiavoienr cathéchifoit : ce qual fit.
ans, Ce gu'il Capucin avoit fu gagner dontilen-. Teftime
& T'amitiéde ces Sauvages, la
tendoit & parloit atl mieux : langue, de petant par fa donceur, - que tafat, par poudre
tits préfens, en tabac, de quincailleries
à tirer, & quantité desquétés quel'on
acheréesdup àcet. produit effet au Fort Royal: : ainfi
faifoit
tout ce qu'il vouils lui laiffoientfaire enfans; ilc/péroit, difoitloitdeleurs
vie encore
il, fi Denticontenvonin alors cinquantedix amt: cinquante-cinq) (ilen-avont
d'en faire de
vrais quatre chrétiens, qui par la fuite des,
leurs perés & metems, renouvellant de toute cette Hle uin peures,feroient
melillcurs,
ple de Catholiques,datanto près & un peu d'iqu'a la vengeance ils pofiédoient toutes les
vrognerie, morales, & qu'il ne leur rmanvertus
topomrdemairecen vicés.
quela
bien fe donner
RnR dit quilfandroit vouloir toucher à leurs
de'garde fur-toutà de
la communauté des
ulages, biens, & à régalité qui étoit entr'eux,
Div
le uin peures,feroient
melillcurs,
ple de Catholiques,datanto près & un peu d'iqu'a la vengeance ils pofiédoient toutes les
vrognerie, morales, & qu'il ne leur rmanvertus
topomrdemairecen vicés.
quela
bien fe donner
RnR dit quilfandroit vouloir toucher à leurs
de'garde fur-toutà de
la communauté des
ulages, biens, & à régalité qui étoit entr'eux,
Div --- Page 100 ---
[801
perdre, qu'autrement dans ce feroit le
fruit
lin feul
moycn der
que l'on auroir tiré inftant, des tout le
apoiboliques avoit démandé de trente années travaux
à: fes
; qu'il
compagnon tions; lui ponr l'aider Superjeurs dans fesfonc- un
des
eiprene la langue
s'en Caraihesqu faire
étoit
Si
lin fuccefleur resditcisee
tous les
dans la fuite.
Iles Caraibes Milionhaires, & dans les
dans les
& infideles, avoient été comme autres pays
conftance quils euffent agi avec celui-ci,
téllrqu'is 8z dezele, il n'eft antant de
cevoir
auroient réufi à y pas faire douLe P. FEvangile. Arhanafe
refa.cabame étoit étoit fort bien
chambres, dans divifée en fix
avoit
cinq
EORS
des
defquelles il
fa fallea hamacks, &cla fixieme
manger.
siok
Il avoit une cuifine
ciles une cheminée, un four, féparée, & les ayec
En néceflhiresa face de fa fon petir ménage. uftenun joli jardin
fale a manger, étoit
ches en
d'environ foixante
fa chapeile, quarré, dédiée au bont duquel éroit perelle étoit affez
àla Sainte Trinité;
ipacieufe, & Pouvoit --- Page 101 ---
bien contenir à Paife cent perfonnes.
Le tout étoit enclos d'une forte
de
dont
liffade de dix pieds hauteur, étoit couvert
Pextérieur & l'intérieur
dont
d'une elpece de bois tres-touffu,
Jai oublié le nom, & qui produifoit la charà peupres.le même effet que
mille & le troene font en France.
Il tenoit avec lui deux des plus agés ntide fes difciples qui lui éroientfort Caraibes
les : d'ailleurs les lui femmes rendre tous lès
s'empreffoient à
fervicesdontil pouvoit avoirbeloin, 2
8cil les avoit déja prefque toutes à ha- fe
bituées, ainfi
les hommes,.
couvrir les
aflez (ouvent la vifite
r
Il recevoit éfablis dans cettelile, &
des François très-petit nombre, cela ne
quoiqu'en laiffoit pas de contribuer à diffiper
Pennui qu'it auroit pu avoir.
Enfin le dix-neuf Février, notre
Brigantin fe trouvant en état de tenir.
la mer, nous remerciàmes.le P.Atha- tout
nafc, chez qui nous avions paffe
le temsde notre féjour à Samte Lucie, à
& pouf participer en quelque-forte lui remimes,
fes bonnes ceuyres, nous
Dv
très-petit nombre, cela ne
quoiqu'en laiffoit pas de contribuer à diffiper
Pennui qu'it auroit pu avoir.
Enfin le dix-neuf Février, notre
Brigantin fe trouvant en état de tenir.
la mer, nous remerciàmes.le P.Atha- tout
nafc, chez qui nous avions paffe
le temsde notre féjour à Samte Lucie, à
& pouf participer en quelque-forte lui remimes,
fes bonnes ceuyres, nous
Dv --- Page 102 ---
[83]
chacun deux pilioles
nous fimes coucherabord. d'Eipagne, &
matin, Le lendemain, à fept heures
nous
du
metvoile avec appareillames; ; nous fide nos bateaux notre Brigantin & un
où nous devionsen pour la Dominique,
nous y arrivâmes trouver le
un autre ;
trois heures après midi, vingt-deux, mais
à
trop tard, car dès le matin du un peu
jour, le Patron qui le
même
ayant fait fes provifions commandoit, d'eau
bois, avoir appareillé
& de
lante, oir il lavoit bien pour Marie Gatarderions pas àr nous
qute nous ne
caufe que nous ne reflamesala rendre; cela fut
nique que julqu'au
Domitin.
furlendemain made Cette Ile eft auffi une des Antilles
TAmérique
énviron quatorze Seprentrionale. lieues. de
Elle a -
cingde large, &
long fur
elle eft occupée trente-cing de tour;
deux couleurs, par des Caraibes de
ils vont nuds, comme à S. Vincents
ils ne different hommés. &
Vincenr & de en rien de ceux femmes, de S.
occupations
Sainte Lucie, mêmes
moeurs & religion, 2 ufages 2 caracteres 9
Isy trouve des --- Page 103 ---
crabes blancs & rouges, toutes fortes
de coquillages, d'aflez bon poiffon &2
beaucoup de tortues; il n'ya point
de reptiles, hors un feul, que Ton
appelle. tête de chien, ainti nommé
parce qu'il ai la tête fort grofte &
à celle
courte, à peu-près refte duc parcille eft femd'un doguin,1 le
corps ilret
blable à celui d'un ferpent; ni mal faipoint du tout venimeux,
&
fantyar moins quilne foit attaque,
dans ce cas il mord comme tin chien,
il mangé les poules, les rats, & genéralement tous les oifeaux: qu'il peut
prendre; ;il monte fur les arbres
enlever les petitsi qui font dans SOu
nids : on en tire une huile excellente de (ciatipour les douleurs de
On voit
que & de
ARETO
crocodilles mais % font
auffi quelques
rares. Le terroir de cette Ie eft aflez uni
peu fertile, l'eau y ett très-bonnes il
beaucoup de tourterelles. de raya miers & de perdrix à croiffant, nommées ainfi, parce qu'elles en ont fontr uin
bien marqué fur la tête : elles
plus groffes & de meilleur goit
en France.
R
celles que nous ayons
Dvj
de
On voit
que & de
ARETO
crocodilles mais % font
auffi quelques
rares. Le terroir de cette Ie eft aflez uni
peu fertile, l'eau y ett très-bonnes il
beaucoup de tourterelles. de raya miers & de perdrix à croiffant, nommées ainfi, parce qu'elles en ont fontr uin
bien marqué fur la tête : elles
plus groffes & de meilleur goit
en France.
R
celles que nous ayons
Dvj --- Page 104 ---
[84]
Iongitude eft de trois cens
grés. quaranfe minutes,
quinze ded
de
& fa
32 quinze degrés trente
latitude
Le vingt-quatre
minutes.
mes à la voile. à fix Février, heures nous mi-
& nous fimes route
du matin,
lante, oir nous
pour Marie Gares du foir; nous arrivamesa fept theutre fecond bateau y trouvâmes node la furveille,
qui y étoit arrivé
près de lui & nous nous mouillàmes aude fept coups de faluâmes la ville
cendimes. enfuite à canon. Nous def:
pont & moi,
terre, M. de PréGouvermeur, c'étoit pour rendre vifite au'
dé
M. le Marquis
Madame Poincy, la coufin: germain de feue
pour qui Marquife - de
javois une lettre Champieny, de
Géneral. IL nous retint à
M. le
lequel il me fit tant
fouper, après
je ne pus refufer de dratlances, lui
venir
promettre
prendre le
uE
ment chez lui
lendemain un logeMarie Galante. pendant Je fus notre féjour à
fâché de guitter. M. de pourtant trèsje rendois bien
Prépont, à
gu'il avoir pour fincerement aRet
lut pas découcher moi; mais il ne voude fon bord, afin --- Page 105 ---
de pouvoir, par fa préfence, contenir
les équipages de fes bâtimens. vers onze heuLelendemain defcendis matin, à terre & fis porter
res, je
chez M. de Ponncys.oh
mon bagage
trouvai
je ne rendis à une heure. compagnie, Jy
une belle & nombreufe habitans dés
tant en Officiers Un inftant qu'en après,. nous
deux fexes.
dont ce Gouvernous mimes à table, les honneurs fans.
neur fit très-bien de la bonne chere
prendre fa failoit: part car à caufe d'une
quil nous
depuis huit
éxtinétion devoix,alétoi
&
ans au lait pour toute nourriture, fois
lorfquillii étoit arrivé quelques ilen
(on régime,
de vouloir changer
huic jours,
avoit eu all articuler, moins pour un mot, ce
fans pouvoir
Tufagede Poa
Tobligeoit de reprendre la YOIX, c'étoit
lait
recouvrer réfultoit.
tout Hetm mal qui en
jau
Pour moi, dans ce condamne tems-la, à ne
rois mieux aimé être
fignes out
me faire entendrc e par me réloudre
par écrit, plutôr
& mon efomac
à punir mon
silavoit
-S
des caprices de ma voix; mais point, il
de Tefprit, il ne Pignoroit
a
Tobligeoit de reprendre la YOIX, c'étoit
lait
recouvrer réfultoit.
tout Hetm mal qui en
jau
Pour moi, dans ce condamne tems-la, à ne
rois mieux aimé être
fignes out
me faire entendrc e par me réloudre
par écrit, plutôr
& mon efomac
à punir mon
silavoit
-S
des caprices de ma voix; mais point, il
de Tefprit, il ne Pignoroit --- Page 106 ---
aimoit à
[86T
jafer, on étoit
F'etendre, & fon
charmé de
perdoit pas : auffi amour.
n'y
mortifioit-il
pour le
EHELAY
ellentielles cruellement les deax
feul en fouttroit, parties de
plus lui
gagnoit.
& tout lu-mème, le monde
dira-tron Quelle grandeur d'ame y
au plaifir mitimeidcmneata de la
ainfi 2
heure; mais avant fociété, s à la bonne
ferois curieux de de prononcer, je
étoit relative,
favoir à qui elle
unigrand malheur,de Après tout, feroit-ce
filence? Non en
vivre dans le
homme d'efprit qui vérité, inous car pour un
bien en trouve-t-on
amule , tomennuient ; encore ont d'autres ils qui nous
veulent parler, fans faire attention la rage de
des
feuls. Que n'ont-ils qu'ils le
extincions de voix! doncauffi
vivent-ils de lait ! ce
ou que ne
étre; adouciroit
régime; peutvin. & les
leur verbe 3
chofeordinaires autres - alimens
que le
aigrifent,
on généralement fe mit
fots. Après
ERUGEEAPAE
à jouer à
le diner s
arranger les parties l'ombre, fans
je laiffai
d'ancunes, , Parce
vouloir être
plaifoit pas. Un Oficier que ce jeu ne me
d'environ --- Page 107 ---
[871
en fecond d'une
trente ans, Capitaine de Milice, qui avoit diné
Compagnic
avec fa
ce jour-la au Gouvernement étoit veuve demere & fa fceur qui
n'en eut que
puis un an, étoit, quoiquelle ainfi que moi, refté
dix-huit,
un piquer à une
- oifif; il me propofa
& lui en
piaftre la fiche; Facceptai, fans doute que la
médiocrité gagnai dix-fept; de fa fortune le réndoit
fenfible à cette perte, car il parut.
très-piqué; en me revanche, demandantrailez que je lui
mautiademient fa
encore onze
donnai, où il en le perdit je m'apperautres. Pendant
jeu,
les
que fa foeur avoit prefque
çus larmes aux yeux de la de peine fon quelle frere ;
reffentoit da guignon & lorfque la partie
cela me toucha; Officier ayant jetté fur la
fut finie > cet
d'E/pagne pour me
table fept piftoles lui demandai en riant, s'il
révoit, payer, je qu'il ne me. falloit que d'un trois efpiaftres & demie fur le pied P'avions
calin la fiche, tel que. avoit. nous propolé
joué; il me jura quil jy. avois acquieicé, 7
une piafre; que un enfant.8 que je
qu'il n'étoit pas
lui repliquai que
luifaifois injures 3 je
table fept piftoles lui demandai en riant, s'il
révoit, payer, je qu'il ne me. falloit que d'un trois efpiaftres & demie fur le pied P'avions
calin la fiche, tel que. avoit. nous propolé
joué; il me jura quil jy. avois acquieicé, 7
une piafre; que un enfant.8 que je
qu'il n'étoit pas
lui repliquai que
luifaifois injures 3 je --- Page 108 ---
je n'avois
L881
entendu
qu'autrement je me ferois qu'un efcalin s
dacceprer fa
bien gardé
fortune fi
ne me tropotion, que ma
gros jeu, & Permettoit pas
je ne
qu'enfin
dejouer
Taurois
fiyavois
ce pied-Ia. M, de voulu payer que perdu fur
débar, s'informa Poincy du
qui vit notre
fiomoit, 2 fe mit de fujet qui ToccaOfficier fut obligé de mon côré; & cet
argent & demie ,à 2 lexception de reprendre trois
fon
de voir dans gue je retins, Je
piaftres
àla doileur, linfant la joie fascharmé
qui, ainG
fur le vifage de fuccéder fa
amitiés. que, fa mere, nie firent foeur, 3
mille
M. Quarid de
nous nous trouvâmes
fir
Poincy & moi, il me
feuls, 9
reeliomonrie n'avois
demanda
quoreicalins de lui dire
9 je ne pus prétendu jouer
part aufi de ce qui en étoir, mempécher je lui fis
nes
mes remarques & de
mon Sonicarenss il loua
le motif; adpoctndet. il en beaucoup
plutôt
car à parier
ignoroit
foeur un, effet de linelination vrai, c'étoit
tivementa m'avoit imfpirées & dont que la
sic mc
mes
bien rela-
/
concilier vues.férois l'efime
aife
& famitié, --- Page 109 ---
[89]
qu'un ate de générofité que je n'étois, tel.
cependant pas fâché que Ton crut la
Ce Gouverneur me convint l'on que nomfortune de cet Officier, étoit que effedivemoit M. de Chanzy, médiocres; que la mort
ment des plus d'un beaufrere, qui ne Taimprévue voit été que huit mois a 2 & quinavoit
laidé d'enfans, donnoit une nouvelle pas charged fa famille ; que d'affat- cependant il étoit en état de fe tirer auffi
res's s'il n'étoit pas un joueur d'ailopiniâtre & aufli mauvais; c'étoit que le pluts
leurs, hors, fon jeu, du monde. Mais
aimable homme:
eft-ce
Péditmonfieur, 2 lui dis-je,
que
cation qu'il paroit avoir eue, n'au:
roit pas. du Pen corriger? léducation Arrêtez,
mon ami , mie répondit-il, ne fert aux hom- 2e
eft un mafque cacher' qui leurs défauts & à
mes, qu'à extéricursmais elle nechange
polirleur rien auix moeurs. La vraie
de
les
eft NT jeus
touche pour
dévoiler,
de
& lorfqu'on a unintérêt Phumeur particulier & le ca- *
connoitre à fond
il n'y a qu'ale
raétere de quelqu'un, quelque tems,
yoir jouer pendant
ami , mie répondit-il, ne fert aux hom- 2e
eft un mafque cacher' qui leurs défauts & à
mes, qu'à extéricursmais elle nechange
polirleur rien auix moeurs. La vraie
de
les
eft NT jeus
touche pour
dévoiler,
de
& lorfqu'on a unintérêt Phumeur particulier & le ca- *
connoitre à fond
il n'y a qu'ale
raétere de quelqu'un, quelque tems,
yoir jouer pendant --- Page 110 ---
partir de la, & [901
on ne fe trompe affeoir aiwdenteat,
Ilyavoir déj deux prefque jamais.
vois vu M.de
lours t
n'acupé à faire la Prépont 2 qui fecie Octimens, je commencois cargaifon de fes bâ.
nuyer, aufi pris-je
à m'en enun
letroifiente jour
vous SPMEERE ne m'avez dond
blié, me dit-il, auffitôr pas encore ouCereprochie me
qu'il me vit?
au col; T'embrafaa, toucha, je lui fautai
que rien au monde &. lui proteftai
capable de
ne feroit jamais
fent à ma mémoire. my'empécher delavoir
vrai ce qui m'étoit Jc lii racontai pré. auz
chezM. de
arrivé la furveille,
fans en rien Poincyavecat de Chanzy,
que nous déjelnions fupprimer. Tandis que
tume des marins) il (car c'eft la coumoment à autre s'appercur que de
comme pour lui l'ouvrois dire
la bouche
que je retenois
quelque chofe
me demanda-r-il? enfuite.
me
Ovatezvos
fait peine,
Votre air inquier
venu? Ne
que vous eft-il furvrir à mois craignez vous devez point de vous Ouvous favez que je vous me connoitre,
ment dévoué;
fuis entiere.
parlez-moi donc avec --- Page 111 ---
[9:]
je fuis
franchife ne me déguifez donner de rien, bons con-.
en état de vous devez compter fur ma
feils, & vous
s'allardifcrétion: Je lui répondisquil rien arrimoit à tort, qu'il ne m'éroit
que
vé depuis
l'avois quitté,
:
avois dit au fujet de M,
ce que je de Chanzy ; mais à propos de Madame cela,
ajourakje, connoifez-vous qu'elle
de Chanzy,? L'accucil gracieux
m'a fait, mérite bien, il me femble, fera
queTaille Jui faire une vifite, ce
d'ailleurs pour moi une maifon oit je
fois me dédommapourrai quelques
ne manquerai
ger de T'ennui que je
ou
pas d'avoir au Gouvernement, &
tout eft monté fur un ton féreux,
je ferois bien aife de trouver quelqu'un qui m'y préfentât. Il étoit me fort répon- de
dit en fouriants quelle
d'autant
fes amics, qw'il approuvoir
de
plus mes idées, quindépendament étoit une
Madame de Chanzy 2 qui trouverois
femme tresrefpedable, je Madame
aufli fa fille qui sappelloir fort aimade Norloy, jeune mérite veuve, qui joignoit
ble, remplie de
infini
à beaucoupdel beauté, un du elprit monde;
& le meilleur caraétere
fentât. Il étoit me fort répon- de
dit en fouriants quelle
d'autant
fes amics, qw'il approuvoir
de
plus mes idées, quindépendament étoit une
Madame de Chanzy 2 qui trouverois
femme tresrefpedable, je Madame
aufli fa fille qui sappelloir fort aimade Norloy, jeune mérite veuve, qui joignoit
ble, remplie de
infini
à beaucoupdel beauté, un du elprit monde;
& le meilleur caraétere --- Page 112 ---
qu'en me
[92]
pas gu'elle rendaatiutice, n'entrat
il ne doutoit
dans grande partie, même pour la plus
l'envie
pour le
de faire cetle que je rémoignois avoir tout,
prioit d'être comneifaness qu'il me
point ma dupe perfuadé à cet
qu'il n'étoit
pendant, pour me
égard, que. cetié, il feroit dès le prouver fon amidiner, la démarche jour même, après
mais
que je defirois;
lieu de adenipacatele me
de fa
repentir un jourdelexces quejenfeutte
après tout, complaifance je ne
poar moi, dont
tice, lui favoir pourrois fans injuf
Il étoit environ manivais gré.
defendimes dimes
à terre; midi nous quand nous
enfuite chez
nous renzy, que nous trouvâmes Madame de ChartMadame à
fa fille.
feule avec
ma honte
Oferai-je les
-
bienavouee
me de Norloy, que
charmes de Madabeauicoup vis,
plus gue qui le me jour frapperent
Poincy, pour la premiere fois, chez que je la
qite toutes m'ettaferent les
à un tel M. de
en furent
faculrés de mon point, ame
pas avoir fufpendlies. jamais fait Nonlje ene crois
andi-for
de: ma vie un
periopnage, ni eu une con- --- Page 113 ---
[931
tenance auffi gauche. Jene fis pendant
tous le tems que dura notre à vifite, toittes
que balbutier mes réponfes me dirent
les chofes obligeantes que alternaces Dames, que je regardois
&
tiyement avec des
éparés, à
dans le
d'un
qui penfe
Rnes
autre goûr chote qu'à celles qu'on lui
tout
d'eldit. Lorfque nous primes conge nous -
ayant
les, Madame. de Chanzy le Tendemain; je
invités à diner pour
d'un,
la remerciai avec Téquivalent vous ave bien de
en vérité, Madame, Voilà
fut mon, début
la bonté. maifon. quel Auffi.quand nous
dans cette dehors, M. de Prépont ne putfûmes
de faire un grand éclat
il s'empecher .
demandant f J'étois
de rire., en me dema petite perfonne, 9
bien content les faillies heureufes que
& de toutes
millnelétoit
Jevortiachesigue pour
ces'
gueres, qu'il n'imaginoit
Stra qu'il
dames le fuffent
anCaE
confeilloit très - ferienfement 2
me
me viendroit en fantailie de
loriquil
rôle, de vouloir bien
jouer un quelqu'autre pareil
que lui de m'incharger troduire fur la icene : pus reprenant
tout-à-coup un air riant, il me dit,
& de toutes
millnelétoit
Jevortiachesigue pour
ces'
gueres, qu'il n'imaginoit
Stra qu'il
dames le fuffent
anCaE
confeilloit très - ferienfement 2
me
me viendroit en fantailie de
loriquil
rôle, de vouloir bien
jouer un quelqu'autre pareil
que lui de m'incharger troduire fur la icene : pus reprenant
tout-à-coup un air riant, il me dit, --- Page 114 ---
en - me ferrant la [94
vous en tenez : vous main. Ahlmon ami,
qu'à préfentun
avez
il vous attendoit petit Dieu bien joué juf
revanche,
ici
malin,
la fafle
& je crains por prendre 2.
fa
tes
Payer cher.
guil ne vous
vos ralesions, ilen Croyezmol, faicoregje voudrois de. tous eftat tems envous; que' ma
mon coeur, 3
nous
Rot
mais je vais Partirions cargaifon dès
fut
accélérer. Au redoubler de foins demains
ne pouvons farplus, comme pour
diner chez ces dames, nous difpenfer daller nous
pour. votre
je
une autre igure propre intérêt, vousinvite, dy faire
trément bien
ce ne feroit Auasjpournranit, aures. Ime efficace pour avancer pas un moyen
ment; & recondunlit au vos affai.
de me venir après m'avoir donné Gouverne
midi, a il s'en prendre le lendemain parole à
On doit retourna bien
à fon bord,
n'ens. gueres: envie simaginer de
je
feignis-je une migtaine douper: TE
coucher. Une fois
m'aller
que de relesions rendut
maiffance
ne fis-je
C
je n'avois d'une pation que pas fur la
connue que de: nom ngulalors P J'en- --- Page 115 ---
[951
vifagéai les fuites fâcheufes qui en
pourroient réfulter, & qui me refte ren- de
droient malheurenx, pour à la veille le
d'une
mes' jours, fur-tout
néceffaire a
courle auffi longue que
d'ailleurs
mon bien être; elle ponvoit de l'objet
me féparer pour toujours peut-être n'y
dont Tétois épris, qui 1 &. regarderoit
répondroit jamais, le courage dele
mon aveu, fi Javois comme un enfantillui faire, plutôt une chofe férieufe.
lage que comme qu'ayant peu de
Je me repréfentai
c'étoit
bien, &. elle encore moins, 2
un-c obltacle invincible à mes projets; forqu'attendre d'un autre côté une
tuneavenir, dont Tavois & Pefpérance, c'étoit metrien n'étoit moins fr,
tre un long terme à mon impatience de déqui ne. s'accommodoit doncfaire? gueres Après avoir
lais. Comment de la moitié de la nuit à
paffé plus déterminerai enfin. 2 rifréver,je me
& voilà quel
quer une déclaration, Si: elle s'en
fut mon raifonnement. je tâcherai de me
offenfe, me dis-je,
laiffer
guérir, & pour ne pas
prendre- noracine à mon amour 2 je prefferai $ au
tre départ le plus queje pourrai:
'accommodoit doncfaire? gueres Après avoir
lais. Comment de la moitié de la nuit à
paffé plus déterminerai enfin. 2 rifréver,je me
& voilà quel
quer une déclaration, Si: elle s'en
fut mon raifonnement. je tâcherai de me
offenfe, me dis-je,
laiffer
guérir, & pour ne pas
prendre- noracine à mon amour 2 je prefferai $ au
tre départ le plus queje pourrai: --- Page 116 ---
[96]
cantrairo, elle la
qu'elle ne m'objeste reçoit bien; ou
simaulnesie planir,
ferai en - orme de de petites
pas à m'aimer, Screutan elle ne lesapfojs-la, eh
& fi elle en Vient tardera
de nous donner bien! qui nous
une
ques de notre des preuves empéchera
de fi
amour ; je ne réciprorons fimple, pas, & au moins nous ne vois rien
dant
nous
languide que Tévenemenr jouirons, en artenfandlifier notre
nous permette
pas, moins
union, quin'en fera
d'une petite léghime, pour lc défaut
rons toujours cinémonicer à
que nous feter, Tel fur le réfultat même d'y faire ajousions; Taurois,
de mes réflebien fait de ne m'en je penfe tout. aufi
peine.
pas donner la
Foubliois de dire
eipece de
que pendant cette
Julie de V monologues 45.10
Miademoileile
foisà mon e'prit, préfenta
les eirconflances
plufieurs
c'efl une
maitoujoue de la bague. avec
n'eti-pas dans perfide, le
mecriaije; Ah!
reproches ; Thiftoire cas de me faire elle des
tée eft faufe. Quel qu'clle m'a con.
tout, qu'un automate Laparence, sprés
comme le Che.
valier --- Page 117 ---
valier. de G"*, ait pu déguifer fa
penfée? Non il n'y, a pas entendu
finelle,ila a rendula chofe telle fot qu'elle auffi
étoit, & il eft: rare qu'tin C'eft donc.
complet foit avantageux. V
m'a
Mademoifelle de
qui
trompé, je T'abandonne &ny moins veux
plus penfer, elle connoîtra au Toupar là que je ne fuis
fa dupe. fois
tes: ces belles
une
priRRRRRE
fes,je voulus m'endormir, mais l'effet &à
à la volonté
ne répondit heures du point matin, je me levai,
fix m'habillat, & fus me promener furla
terrafle du Gouvernement. s'accomComme mon eftomac ne
dela
modoit point du tout du jetne
veille, qui n'étoit pas d'ordonnance, de
& qu'il ne s'embarrafloit guercs
mes affaires de coeur ;il me follicitoit
fans ceffe de réparer, au moins en
en attendant le diner, le tort
partie, je lui avois fait; je.le fatisfis.am- v
que
m'éviter par la fuite
plement, reproches pour
de fa part., auxde pareils toujours été fort fenfible.
quels Midi yai fonnant, je vis arriver M.
de Prépont 2 qui venoit me chercher. 2 ainfi qu'il me l'avoit E * promjs
Part, I,
de coeur ;il me follicitoit
fans ceffe de réparer, au moins en
en attendant le diner, le tort
partie, je lui avois fait; je.le fatisfis.am- v
que
m'éviter par la fuite
plement, reproches pour
de fa part., auxde pareils toujours été fort fenfible.
quels Midi yai fonnant, je vis arriver M.
de Prépont 2 qui venoit me chercher. 2 ainfi qu'il me l'avoit E * promjs
Part, I, --- Page 118 ---
la veille,
[98]
Dames, dont pour aller diner chez ces
prévenir M. de j'avois eu attention de
La
Poincy dès le matin.
privation d'un
paffée en blanc, & la répas, torture une nuit
voisdonnéea mon imagination que j'acoup vingt-quatre altéré heures, 2 avoient depuis beauque Madame ma de phifionomic : auffitôt
6 bonl Dieu! séeria-t-elle, Norloy m'apperçur ,
que vous êtes changé!
Monfieur,
chez vous, ; depuis hier, quia pu caufer
révolution? Vos
tine parcille
lui repondisie,d'une charmes, Madame, 2
J'en fuis réellement bien voix très-bafle,
dit-elle en riant, je ne les fachée, me
fmal faifans; mais que croyois
pour réparer le mal peut-on iaira
caufé, contre mon
qu'il vous. ont
eorder, Madame, intention P M'acd'audience
une demie heurefes
particuliere ; j'ai des cho.
tres-effentielles à vous
: d'ou dépendent le bonheur communi.
Soat malheur de ma vie. Ma voix ou
rêta-la, & mes yeux
s'arelle fut un infant à rèver, dirent le relle;
prochant d'une croifée
Puis s'ap.
Verte & oi je la
qui elle étoit outrouvez-vous ce fmivis; foir,
me dit,
Monfieur, fur
--- Page 119 ---
[99]
la Savanne, 2 du côté dela mer,jem'y
rendraiavec ma Négreffe ; je fuis dans
l'habitude d'aller. my promener tous
les jouirs, & je vous entendrai; c'étoit bien juques-la, mais il - nef falloit
pas qu'elle ajoutât, je fouhaite de
tout mon coeur que mes confeils vous
rendent la fanté, ce qui arrivera fi
vous êtes raifonnable. Oh ! pour le
coup, cette. chienne de raifon gâtoit
tout, & étoit de trop pour l'arranges
ment de mon affaire, auilldonna-telle
lieu à mon efprit de faire bien des
commentaires ju(qu'au foir ; nous rejoignimes cependant la compagnie,
8 nous nous mimes à table.
SnseMpMesiNmenits dans
mon ame fur la crainte, foit l'effet de
quelqu'heureux preffentiment, je fus
extrêmement gai pendant le repassje
dis mille choles agréables, je laillai
échapperquantité de faillies, ma bouche & mes ycux ne garderent pas un
inftant le
je pris avec ufure
ma revanche APIETN de
veille, à la fatisfaction des convives; en un mot,Tamufai, qu'importe comment, quand
ce ne feroit qu'avec des fornettes 2
pour peu qu'on plaile, cela fuffit,
Eij
iment, je fus
extrêmement gai pendant le repassje
dis mille choles agréables, je laillai
échapperquantité de faillies, ma bouche & mes ycux ne garderent pas un
inftant le
je pris avec ufure
ma revanche APIETN de
veille, à la fatisfaction des convives; en un mot,Tamufai, qu'importe comment, quand
ce ne feroit qu'avec des fornettes 2
pour peu qu'on plaile, cela fuffit,
Eij --- Page 120 ---
L100]
tout eft au mieux. Après
je crois, la feule & unique tout, c'eft;
captiver la bienveillance des façon de
les frais d'ailleurs en font fi Dames;
fa portée d'un
petits &
en vérité bien fon chacun, de n'en qu'on feroit
ufage,
pas faire
Un inftant après le diner, M. de
Prépont nous quitta pour
querd fes affaires, Je fis la. aller vadames, & en prenant
partie des
je leur demandaila
congé d'elles,
nir quelques fois leur permifion faire
de veelles me Faccorderent : avec ma cour 3
&je me retirai pour aller
plaifir,
a-mon aife à mon
réver-tont
foir, en attendant l'heure rendez-vous de
du
dre.
m'y renmon Commejes chapeau m'en allois d'un pas
je fus donner du enfoncé fur les yeux, lents
d'an homme
nez dans le menton
fuite pour le que fieur je reconnus tout de
depuis pen pris
Bests ilia avoit
ploi, & failoit fa poffefion de fon.emMarie Galante,oi premiere tournée à
tache entretenue ily avoit line
par le Roi ou tes
Fermiers. dopes : il. me,dit pour émpécher les Interqu'il ne faifgit. que --- Page 121 ---
froil
& qu'il alloit de ce pas
surrat chez M.
Poiney, pour quiil avoit
ainelettre de M.le Général, & queje
lui ferois plaifr de l'y accompagner.
Je le conduifis all Gouvernement :
il remit fes lettres à M. dc. Poincy I
quis.après stesavoir lues, me dit:/at de
des ordres pour retarderle départ
M. de Prépont, faites-le avertir', demain iC
vous prie, de venir me parler dans'le mo-.
matin, ce que Jexécuta) un canot à fon
ment, en envoyant
d'une letbord, & in Négre, chargé
tre de moi,
de fept hetires';
Il étoit déjà
il
je fis ligne à B AR de me fuivre,
prit congéde M: le Gouvermeur , qui 8c
linvita à dinér pour le lendemain,
nous fimes nous promener en attendant nenfhenres.
Elles fonnerent enfin, je quittai
avec
dele revoir le
B L 2
promeffe
fur
jour fuivant, & je m'acheminai
le bord de la mer, pour rencontrer deen face Madame de Norloy, qui
voit arriver fur ia : Savanne. Je ne
tardai pas à Pappercevoir, ilme
de cceur des
RP
une palpitation
plus & fa
tes, je l'abordai en tremblant;
Eiij
ener en attendant nenfhenres.
Elles fonnerent enfin, je quittai
avec
dele revoir le
B L 2
promeffe
fur
jour fuivant, & je m'acheminai
le bord de la mer, pour rencontrer deen face Madame de Norloy, qui
voit arriver fur ia : Savanne. Je ne
tardai pas à Pappercevoir, ilme
de cceur des
RP
une palpitation
plus & fa
tes, je l'abordai en tremblant;
Eiij --- Page 122 ---
Négreffe s'étant [ioa]
riere; je viens, retiré lui
dix pas en arrecevoir de votre disje, Madame,
les affurances d'une
OuI
nschosdonties
l'arrêt de ma mort. félicité éternelle,
nuer à lui débiter
J'allois contijavois très-bien
une légende que
m'en empêcha; étudiée,
favoit tour
en, me difant lorlqu'elle
que dès la ce que Javois à lui gu'elle dires
voit vu chez premiere M. de fois qu'elle m'aremarqué la
Poincy, elle avoit
fait paroitre en fenfibilité la
que javois
que je jouois avec regardant pendant
Ravoit point pris le fon-frere, qu'elle
çon adroite &
change fur la fatois fervi
ingénieufe rendre dont je m'é.
fept Renicbord moins fa perte des,
ayoir bien fenti que
forte; qu'elle
ainfi que par confidération je n'en avois agi
prife qu'elle de n'avoit la
pas non plus RCRL elle fur- :
avois faitla finguliere veille, vilire que je lui
qu'elleavoit
que lsehangement
lii avoit donné apperçu en moi le marin,
en avoit
de
freit -
été touchée, TSnquiétude, ce
déterminée à m'accorder qui
Acmene rir d'ane
tâcher de me gué- ce
pallion aufi folle,
qui ne --- Page 123 ---
[ro3
nuifible à lun & à
pouvoit qu'être Tinterrompre, mais
Pautre-levoulus) en me difant qu'elle me
elle m'arrèra,
d'avoir de la patience jufqu'an
elle méconteroit
toer & qu'enfuite
elle continua.
tant queje Je voudrois: n'ai de bien que ce quit
ainfi, >
la mort de ma
>7 me faut pour, , après
avec
vivre tres-fimplemont
5) mere, & une Negreffe : la. mort
35 un Négre
mari T'a empéché de
> fubitede.mon rien faire pour moi; voilà ma
5)
à
la
muie
préfent
3 fition, voyons dire le vrai, je ne la crois.
5) A vous
car fi vous étiez à
92 pas meilleure, n'auriez pas certai3) votre aife,vous des mers immenfes,,
99 nement paile une fortune dont vous
99 pour tenter déjà joni, & vous ne vous,
9) auriez
aux rfques qui ien
91 feriez pas expofé
font très-fouvent
inféparablesVous
>
donc convenir
tout s'op39 devez
vous.
aux vues
que -
RLS
>> pofe
avoir avec moi, car je ne
>> pourriez vous en fuppofer d'autres, 9
5) peuxpas faire injure, parlez à pré3) fans me vous le permets 1,
99 fent, je
inftant immobile; mais
Je reflai un de fuite la parole, je
reprenant tout
Madame, toute la
fens, lui dis-je,
Eiv
parablesVous
>
donc convenir
tout s'op39 devez
vous.
aux vues
que -
RLS
>> pofe
avoir avec moi, car je ne
>> pourriez vous en fuppofer d'autres, 9
5) peuxpas faire injure, parlez à pré3) fans me vous le permets 1,
99 fent, je
inftant immobile; mais
Je reflai un de fuite la parole, je
reprenant tout
Madame, toute la
fens, lui dis-je,
Eiv --- Page 124 ---
force de vos fro]
capables
raifons; elles feroient
Penferoit aébranters
pas commie moi; quiconque ne
ablolument les
mais fans
moirs - vous combatire, je peux.an
ailé de prendre démontrer des
qu'il eft très.
notre amener les-chofes arrangemens au point
pour
commun
de faire
que a
vous partagicz bonbeur, les
G tant eft
Tai il elt pour vous. Ma fortune fentimens que:
ne. confifle vrai, eft des plus mincess préfentes
tres réclles, qu'en &
guinze cens elle,
que j'ai aflortie tne pacotille de mille piaf
traite aux côtes pont aller faire la
fonaspour &
peu tEipagnes que je fois avec ces
traordinaire Gu'il ne m'arrive rien de heureix,
qu'a tous les plus excotilleurs, il ne me faut' autres
quatre
que trois
un
or
fort caumpagnes dignede
pour me procurer
convenez vous-méme vous être offert.Vous
femblables au
que des partis
eu, fe trouvent premier gue vous avez
donc vous empécher farement. Quipoutra
nement P Ah! fi cet d'attendreleve
mentreftimbl de fages
il auroit heurenx mortel
état - de précautionss vous pu, mettre prenant
n'avoir pas befoin d'uné
enautre --- Page 125 ---
fros]
fortune pour faire-le. bonheur d'un
quelqu'un quien eûtt été digne : mais
comme vous n'êtes pas.dans ce cas 2
je ne vous demande rien autre chofe, bon
à préfent, finon de trouver
quant que je - vous rende mes hommages,
que je vous faffe tous les jours Taveu
de la paffion que vous m'avezi infpirée, & que je - puiffe efpérer de toucher un jour votre coeur. A ces faMadame,
veurs fignaléés, daignez,
en ajouter une autre, c'eft de permettre que je vous écrive pendant
mon ablence, tant pour vous renouveller mes fentimens, que. pour vous
rendre compte du progrès de mes
affaires, qui dès ce moment. deviennent les vôtres : & enfin pour mettre
lecomble à mon bonheur, > promettezmoi de ne. prendre d'ici à trois ans 9
contraire à : mes
aucun engagement furis afluré de faire
voeux, que je
de Champiagréer à M. le Marquis
gny , qui obtiendra furement le confentement de ma famille. I -
Tout cela eft arrangé au mieux, ?
me 1
dit-elle; mais qui me répondra
de votre conftance, vous êtes jeune,
vous êtes François, deux grands obfE v
comble à mon bonheur, > promettezmoi de ne. prendre d'ici à trois ans 9
contraire à : mes
aucun engagement furis afluré de faire
voeux, que je
de Champiagréer à M. le Marquis
gny , qui obtiendra furement le confentement de ma famille. I -
Tout cela eft arrangé au mieux, ?
me 1
dit-elle; mais qui me répondra
de votre conftance, vous êtes jeune,
vous êtes François, deux grands obfE v --- Page 126 ---
tacles qui
[106]
Vous êtes s'oppofent né dans. à votre bonheur,
dinairement ne
un elimat, qui orgrats, des parjures produit & des que des inpaflions font vives, à la infideles.Vos
peu durables, &
vérité, mais
chez, vous eft-il de rarement la
le coeur
cependant bien croire partie. Je veux
moment vous reffentéz que pour le
vous dites; mais hélas! tout ce que
objet quis'offrira à
le premier
pays où vous allez, vosy yeux dans les
oublier tous vos
vous fera bientôr
wonsseffouviendrer dermens, & vous ne
que pour avoir le plaifir peut-être de moi,
facrifier à une
cruel de me
ferez autant àla autre, à qui vous en
Je fuppofe premiertocafion.
répontisie, pour un moment, lui
ou je fuis né, Madame,
le climat
monfires.
d
moa.dr
venez de pareils à ceux que quielques vous
que tois leur peindre, s'en fuit-il de-là
noncez en général reffemblent ? vous proexemples particuliers. d'après qiuelques
injufte ! un coeur tel le Que yous êes
connoit que les droits de mien, quine
que le feul difcemnementp lai inature, >
porte à YONS --- Page 127 ---
[to7]
effrir fes prémices, qui n'ayant en- n'a
eore contradté aucune liaifon,
point été conféquemment dans le cas
de fe laiffer corrompre par les mauvais confeils, ni par les exemples,ne lui fafmérite-t-il pas bien que vous
fiezla grace-de Texcepter P Oui, trop
adorable Vietoire, je prends le Ciel
à témoin que fansvous, je ne conr
noitrois pas l'amour; que mes cefferai intentions font droites, & que je
plutôt de vivre que' de. vous aimer.
C'en eft tdonc fait,me répliqua-telle,
je vous crois ; je.ne: difimulerai pas
vous m'avez.ph, & que je vous
que ai fouhaité tel que vous me paroiflez
être. Je vous accorde tout ce que
vous venez de me demander; mais
c'eft à condition qute vous n'exigerez
rien de plus, autrement je vous jure
que je ne vous reverraijamais. n'avez
des vues
Comme vcus
que faire part à
légitimes, 9 vous pouvez communes inM, de Prépont de fort nos confidéré de ma
tentions, 9 il'e eft
mere, engagez-le de lui en parlef,
cela empêchera qu'elle me tourmente
pour un nouvel établiflement, avant:
le tems que vous avez. vous-même
à condition qute vous n'exigerez
rien de plus, autrement je vous jure
que je ne vous reverraijamais. n'avez
des vues
Comme vcus
que faire part à
légitimes, 9 vous pouvez communes inM, de Prépont de fort nos confidéré de ma
tentions, 9 il'e eft
mere, engagez-le de lui en parlef,
cela empêchera qu'elle me tourmente
pour un nouvel établiflement, avant:
le tems que vous avez. vous-même --- Page 128 ---
fixé. Dieu
[108 3
fidele,
veuille que vous me
dans la 2 & que je ne fois pas
foyez
confiance
trompée
minpirers venez que vous venez. de
Iifaut être
me conduire.
je
amoureux au point
diférens Tétois, pour fe repréfenter tous que les
en moi mouvemens cette
de joie qu'excira
alors près de dix fage- réponfe. Il étoit
brun, je. prislai main heures, de
il faifoit
ble femme; ; que je
cette adorala ramenant chez baifai mille fois en :
les inflances
elle, 2 où ilfallut,fur
de fon
réitérées de fa mere &
fon't habitation, frere, qui venoit d'arriver de
Il étoit prèsde nomdretiaenur minuit
retirai au
quand je me C
avoit attendu Gouvernemenit. On m'y
j'en-fus quitte pour jufqu'a onze heures, S
plasfanteries, &
effiuyer quelques
m'aller coucher. je ne tardai pas à
ble Jamais muit je' ne paffai uine
T
même les fans dornit. Je. anffiagrés- craignois
approches
quelje fus cependant da.fommeil, auvers les quatre
obligé de céder
il en étoit dix heures du matin, &
entra dans ma quand M, de Prépont
voir le
chambrey il venoit de
Couverenuss - me dit qu'il --- Page 129 ---
[ho9]
avoit ordre de M. le Général de fe
rendre le huit atl Fort Royalavécfon deBrigantin imlementlsde,&ileme envie d'y 9 aller avec
manda lui. Cette fjavois invitation fut un coup de
foudre pour mnoi; je fentis bien qu'il fans
n'étoit pas poflible de reculer, M. de
courir le rifque d'indifpofer àlui
Champigny, auffi n'héfitai-je pas
répondre que ce feroit avee grand m'haplaifir. Jele priai, tandis queje n'attendre
billerois, de vouloir bien
fur la terraffe, ch-favois-besucomp Ma toide chofes à lui communiquer:
lette.fur courte; jer ne tardai gueres. récit
à T'aller joindre; je luir fis un
la
exaét de tout ee qui s'étoit paile &
veille entre Madame de Norfoy des
moi, fans- omettre la moindre
circonftances. Pendant tout ce tems,
je m'apperçus qu'il me regardoit avec, mais.
un air de furprife qui m'étonna; terje ne laiffai pas de continuer, je &
minai par lengager à nous fervir, à Maà'en parler dès le jour même
dame de Chanzy. M. 4 de Prépont, ce
Voilà, me dit éviter, m'en eutil
quefaurois voulu
du couter la moitiéde ma cargaifon.
tre la moindre
circonftances. Pendant tout ce tems,
je m'apperçus qu'il me regardoit avec, mais.
un air de furprife qui m'étonna; terje ne laiffai pas de continuer, je &
minai par lengager à nous fervir, à Maà'en parler dès le jour même
dame de Chanzy. M. 4 de Prépont, ce
Voilà, me dit éviter, m'en eutil
quefaurois voulu
du couter la moitiéde ma cargaifon. --- Page 130 ---
(no]
Queje plaifance me repends bien de la coniconduit dans que jai eue de vous avoir
avez fait de chemin cette maifon ! que vous
Qui auroit pu le en peu-de tems !
menez, ajoura-til, prévoir? Si vous
res d'intérêt auffi toutes vos affaicelles du
grand train
homme,. coeur, &
vous êtes un maitre que
être anffi riche vous ne tarderez pas à
Mogol; mais raillerieà que PEmpereur du
bien que tout ceci
party je crains
autant de chagrin à Pun ne vous donne
que vous vous
& à lautre-, 2
Je quoiquil en foit, inennier@hgrenes c'eft une
ne veux pas vous
chofe faite.
fiere, aux conditions rompre en vichole qui arrive, vous que quelque
promettrez jamais. Je ne me comma Parole : & en me lui en. - donnai
dit, je Vais de ce
guittaur il me
de
pas chez
je fitis Chanzy bien 2 mais avant delui Madame
aife d'avoir
parler,
fation . avéc fa
une converpas de. m'y arrêter filles on ne manguera
vers une heure,d
à diner; venez
retiendra; mais ne coup far,on vous
hier au foir,
faites pas comme
M. de Poincy. ayez foin de
Je me jettai 2u prévenir col de --- Page 131 ---
Inl
cet admirable ami, je le remerciaiy favoral'embraflai, le priai de m'être
ble auprès de Mefdames de Chanzy
& de Norfoy 2 il me, le promit & me
tint parole.
fon départ,
Un inftant après de M: de
dans le cabinet
rdes
trai
les ordres quil
qui me communiqua de M. de Champigny, par
avoit reçus
à M.de Prépont
lefquels ilenjoignoit le huit dans le Port
de fe rendre pour
un de fes bâtidu Fort Royal, lefté, avec -8 il me laiffoit
mens feulement
à Marie Galante,
le maitre de refter M. de Prépont feou d'accompagner Faimerois mieux.
lon queje
de
je ferois
Je dis à M.
Poincy que de luis
très-flatté de refter auprès
& mon
mais que ma reconnoidance
pas
inclination ne me permettojent auffi.belle OCde laiffer échapper une
à à ce Gé:
cafion d'aller faire ma cour
me ditnéral. Il melona beaucoup,8c lettre
qu'il me remettroit une
pour avis
lui, par laquelle il lui donneroit
de la mort de M. de Vrigny, Capi- cin-.
taine de la Compagnie des cent des
Flibuftiers qui étoit une
quante diftinguées de la Milice Créole
plus
inclination ne me permettojent auffi.belle OCde laiffer échapper une
à à ce Gé:
cafion d'aller faire ma cour
me ditnéral. Il melona beaucoup,8c lettre
qu'il me remettroit une
pour avis
lui, par laquelle il lui donneroit
de la mort de M. de Vrigny, Capi- cin-.
taine de la Compagnie des cent des
Flibuftiers qui étoit une
quante diftinguées de la Milice Créole
plus --- Page 132 ---
dont le
f(nj
avoit furvécir Capitaine ert fecond ne lul
qu'il lui propoferoit que de fix jours, &
ce.premier Ollicier pour
fecond
un A remplucer
Milice, d'une autre
Capitaine en
nommé Mide Compagnie Pindré.
de
Jeprisla liberté
quoi ifne fongeoit Edeliidemander
zy, quiavoir
pas à M. de
près de
acute
vingtans de fers
venoit de
Nentnusenitanein
étoit un de nommer, & queceluiqatt quti
ceux. quri
d'ailleurs.
pagné M. le
avoient accomforfqu'il étoit Marquis de
Pierre, pouraller Gotivernetr der Fort
de Pifle
chaffer les
CERN
lui
de Sainte Lucie.
Anglois
parlois avec une
Comme je
manifefloit T'intérêt véhémence: qui
cet Officier ,il me que je prenois à
vois bien; mon- cher drendfouriant, je
cement de M. de ami, que l'avan.
fort à COBUFE vous Chanzy vous tient
ment laidé féduire vous êies apparafa fceur; car qu'elle par les charmes de
fi peu det tems
apparence qu'en
connoificz, vous qu'ily a que vous vous
timement enfemble vous foyez.liés fiin.
je.vous en félicite : quoiquilenfoit,
que je VouS
; mais trouvez bon
repréfante que céite --- Page 133 ---
tosl
Dame n'eft point riche, 2 & que vous
fonger à un enêres bien jeune férieux. 2 pour Ce n'eit point du
gagement
m'anime, Monfieur,
toutce mais l'amour morifqui de léquité, & je vous
bien demander
fupplie - de vonloir lui. Jai donné ma
cette place à M. REPN Pindré, me répliqua
parole M. de Poincy; mais tout ce c'eft queje de
puis faire pour votre fervices rendrai
propofer anffi votre ami, je témoidel Pun & de l'autre. de bons
M.
gnages, ce fera à vous d'engager des deux
le Général à choifr celui
que vous avez tant d'envie d'obliger; fi vous
il n'a que fon jeu contre-lni, n'auroit rien.
pouviez len guérir, on
à lui reprocher.
-
Je rendis graces à ce Gonverneur
de fes bontés
moi, & j'en
congéen lui aiet
Yallois fans
chez M. de1 Prépont, a dinera de
doute 5 ajouta-t-il, chez fouhaite Madame bien
Chanzy. Adicu,je vous
ati vifadup plaifir. Le rouge me monta
ge,je tirai ma révérence & je
Il
encore une
RELE
n'étoit pas chez Madame de Chanquandjarrivai
rencontrer
zy,jejouai le furpris d'y.
i, & j'en
congéen lui aiet
Yallois fans
chez M. de1 Prépont, a dinera de
doute 5 ajouta-t-il, chez fouhaite Madame bien
Chanzy. Adicu,je vous
ati vifadup plaifir. Le rouge me monta
ge,je tirai ma révérence & je
Il
encore une
RELE
n'étoit pas chez Madame de Chanquandjarrivai
rencontrer
zy,jejouai le furpris d'y. --- Page 134 ---
M. de
(n4l
air Prépont, à qui je
trop retrogné, bon
qui ne me remarquai fur pas d'un un
vis pas-Madame augure, de d'autant que je ne
d'un quart
Norfoy. Au bout
feignis de m'en d'heure, aller; je me levai &c
dame de Chanzy
mais M, & Maamseninamnver Madame s'y oppoferent. Je
elleme fit un fourire
de Norfoy;
s'affeoir auprès de gracieux, & alla
dont la contenance M. de
Un inftant
ne changea Préponr,
s'adurefantà après, Madame de
pas;
quittez donc, moi, me dit; vous Norfoy nous
partir dans quelques Monfieur, & vous allez
Prépont pour la
jours avec M.de
laiffe cependant Martinique le
; on vous
vous voulez. Cela eft maitre de refter f
dis-je, Madame, mais vrai, fi luirépon
ponr quelque tems du
je me prive
voir s c'eft par ledefir plaifir de vous
fervir en la
quelaide vous
votre frere, & perfonne de
de Monfienr
une preuve de
vous donner par-là
tueux que j'ai lattachement
tre famille. Il pour vous & relpecce motif,
ne faur pas moins pourvo.
pour
que
facrifice, qui me - m'obliger à faire ce
Pour ne la pas laidfer coute infiniment.
en fufpens, je --- Page 135 ---
1r15J
lui rendis un compte exaêt de touf ce
qui s'étoit palfé chez M. de Poincys
&j'ajoutal,en m'addreffant au freres
fi, comme je n'en doute
obtenir Monréuffis à vous
Memee
fieur, je
2e
cette Compagnie chofe , Tentreprendrai de plus dont je
encore ferai quelque dans le tems : foyez
vous
part
vos.intérêts feront.
toujoursalluré que T'infiruifal M. le.
bien ménagés, quel
de vos
Général de votre naifance, foin de lui
fervices, & que jaurai êtes unde ceux
que vous
à fon expédiES accompagné
qui tion de Sainte Lucie. Trop heureux rendre
fimon zele pour vous eftime peut & me de votre
digne de votre
les remerciamitié, Après avoir reçu M. de Prépont
mens de la famille,
me tira à Pécart, 8 me dit, puilque
la fortune, mon cher ami, vient de
une aufi belle : OCvous procurer le frere de Madacafion - d'obliger
me de Norloy, je ne défcfpere haut pas
de vous voir un jour au plus tourde. fa roue; car elle femble ne
vos, defirs.
ner
qu'au gréde
(Hslas! alors
il étoit bien éloigné de prévoir la fuite),
que Y'en ferois précipité par
tira à Pécart, 8 me dit, puilque
la fortune, mon cher ami, vient de
une aufi belle : OCvous procurer le frere de Madacafion - d'obliger
me de Norloy, je ne défcfpere haut pas
de vous voir un jour au plus tourde. fa roue; car elle femble ne
vos, defirs.
ner
qu'au gréde
(Hslas! alors
il étoit bien éloigné de prévoir la fuite),
que Y'en ferois précipité par --- Page 136 ---
i1
tn6j
Noroy,elle ajonta, Tai parlé à Madame de
tant que vous vousaime au moins attmere confent à fsimez: tont
Madame fa
faire le bonheur de fa ce qui pourra
vencz dans tn. inflant fille, & vous
dans la perlonne du de vaincre,
obflacle que vous auriez frere, le feul
fa trer; car Je ne doute pas à pu rencon.
préfent
prouver reconolifince ne le
à que
tout ce gue vous porte ap.
dence cependant de je crois qu'il eft voudrez: de la
:
loriqu'il ne linformer de tien, prnen venez-la, s'agira de conclure, fi vous que
Nous
qui étoit rejoignimes la
bre, &cde-la pafiée dan's une compagnie autre cham. 3
atable. On me nous fimes nous mettre
la
plaga entre
fceur, 3 qui à Feavie l'un le frere &c
maccablerens
de Tattre, 2
m'invita d'aller d'amitiés. Le premier
haliuation,oh il fouper avoit le foir à don
rendre, m'affurant
promis defe.
roit le lendemain, qu'il me ramenefous" prétexte des Jem'en défendis
javois à préndre arrangemens
& fuir ce. gu'il ne pour mon voyage, que
la veille dc mon convenoit pas qu'à
départ, je décou- --- Page 137 ---
[i17)
chaffe de chez M, de Poincy, oit il
feroit bien d'aller lui:même le jour
fuivant, pour lui faire les remercimens qu'il lui devoit: qu'à mon re-.
tour, je me ferois un vrai plaifir d'al mé
ler à fa maifon de campagne , &
me d'y paffer quelques jours avec ces
Dames. Sur ces affurances, M. de
Chanzy. ne tarda pas à monter à cheval pour fe rendre-chez lui, oût fa
préfence étoit abfolument néceffaire,
& me promit de fe rendre de bonne
heure le lendemain au Gouvernement,
M. de Prépont, qui avoit des ordres à donner à fes équipages, nous
laiffa pareillement pour aller vaquer de
àfes affaires. Je paffai'le refte
la.
journée avec ces: Dames, dont-je fis
la.p partie : fur'les neufheures dufoir, &
nous fimes, Madame de Norfoy
moi, faire un tour de Savanne. Les
nouveaux amans ont tant. de chofes
à fe dire , qu'ils ne favent bien fouvent
par" oùi commencer ; auffi : ne fûmesnous pas muets pendant près d'une
heure que nous refâmes enfemble:
nous nous plaignimes réciproquement
de-la néceffité du. voyage. que, j'allois
faire ; les proteftations de çonftance
dufoir, &
nous fimes, Madame de Norfoy
moi, faire un tour de Savanne. Les
nouveaux amans ont tant. de chofes
à fe dire , qu'ils ne favent bien fouvent
par" oùi commencer ; auffi : ne fûmesnous pas muets pendant près d'une
heure que nous refâmes enfemble:
nous nous plaignimes réciproquement
de-la néceffité du. voyage. que, j'allois
faire ; les proteftations de çonftance --- Page 138 ---
& de fidélité né Eri8] furent
enfin je réconduifis pas oublitess
Vidaire, qui, pour la mon adorable
me permit de
premiere fois,
rendis an
Tembratfer, & je me
M. de Gouvernement,
demander Poincy ne manqua pas de me
de ce que fyavois J'ayois fait informé à
mon ami
lui répondis qu'il avoit fon été égard; je
fible à fes bontés,
très.fenroit pas de venir qu'il-ne manquelui rendre fes adtions luifaire fa cour, &
ne fuis point fâché de de graces. Je
obligé me dit ce
vous avoir
en même
Gouventeur: mais
inditcrétion, tems, je me reproche mon
cher de
car je ne puis m'empê.
Pindré, plaindre qui eft ce pauvre M. de
homme, très-bon un fort honnère
au fond mérite mieux Officier, & qui
que votre: ami,
cette
nier ait plus de fervice quoique ce Pa
la appartient d'ailleurs aux que. lui; il
Colonie 5 qui ne
premiers de
d'appuyer de M. le de tour leur manqueront crédit
pas
Général le
auprès
j'en rends; ainfi je vous sémoigrage que
vous aurez de puiffans avertis que
vaincrey &cc'eit
concurrens à
pour vous confoler --- Page 139 ---
-
[:19)
d'avance, que je vous fais preffentir pourra
le refus queM. de mais Champigny afin que vous
bien vous faire :
vous
ne puifliez pas lettre me Tatribuer.je avant de la cachcferai lire ma
ter. Qlioique je fuffe bien jeune alors, il ne
& quie jetiffe pen d'expérience, difficile de voir,
me fut cependant dont M: pas de Poincy, avoit
àla battil façon le chien dévant le loup,
dans les
S
ferois: fort traverfé
de faire
ches
je m'étois ami propofé : dans Pinftant
en Ratr de mon ,ie formai la réfoje dreflai mon plan
mes idées
Jution de ne communiquer dans le tems,
à perfonne, & circonftances d'agir
TexigeHelon que les
roient.
M. de Chanzy ne
Le lendemain., de fe rendre chez M. de
manqua pas Pembratla, lui fit l'acPoincy, qui le plus flateur > & le
cueil du monde
lequel nous nous
retintà diner rsaprès chez Madame fa
rendimes enfemble trouvâmes M. de Prémere, olt nous attendoit avecattant
pont, qui nous Madame de - NorHimpatience que
comment les
foy, pour apprendre 4
)
igeHelon que les
roient.
M. de Chanzy ne
Le lendemain., de fe rendre chez M. de
manqua pas Pembratla, lui fit l'acPoincy, qui le plus flateur > & le
cueil du monde
lequel nous nous
retintà diner rsaprès chez Madame fa
rendimes enfemble trouvâmes M. de Prémere, olt nous attendoit avecattant
pont, qui nous Madame de - NorHimpatience que
comment les
foy, pour apprendre 4
) --- Page 140 ---
chofes s'étoient C2o]
Poincy, dont M. paffées de
chez M. de
compte 2
le plus avaptageux. Chanzy rendit le
moi,je de la
me gardai bien de rien Quant à
conférence
dire
ce Gouvernent, que de Javois eue avec
faire perdre
crainte de leur
confidération courage, de diminuer la
moi,& par.là de que l'on avoir
Comme je
nuire à
pour
du matin devantia paffois far les mesamours, dix heures
de
maifon de
Norfoy 9 je vis fa
Madame
les porte,à qui je demandai Negreffe fur la
de fa maitreffe,
des nouvelfeule dans fa chambre. que Fappris être
cette occafion pour lui Je profitai de
l'excès de ma
peindre tout
aflturances de paflion, fon
&i recevoir les
dant que.je
tendre retour. Penadroitement Tembrafois, je laiflaimal
fon fein ; elle glifer fer retira ma bouche fur
tation, & me
'avec précipi
elle me dit.d'nn regardanr d'un air
moins autant: fi On ton qui l'étoit irrité, au
Monficur, il
vous iriez vous laiffoit faire >
me paroit que vous votre êtes chemin,
treprenant
peu
auffi enreconnois les là les relpedueux, je
nation, & je crains fort gens de votre
davoir lieu
de --- Page 141 ---
Itai] 1
de vous avoir écouté;
de me repentir veux bien vous pardoncependant cette je fois, mais ie ne vous
ner pour
de récidiver davantage,
confeille pas
être fàr d'encourir
ou vous pouvez
Je me: jettai à
toute mon indignation.
lui témoifes genouuls, , je pleurai,ie
un vif regret de Pavoir offenfée,
gnai
enfin à calmer fon courje parvins mémesalatendrir : nouts comroux,, mencions à mèler nos larmes enfemMadame
ble quand nous arrivoit. entendimes Je me remis
de Chanzy quia & midi
je me.
à ma place;
fonnant, oùt je trourendis au Gouvernement, dina avec
vai M.de Prépont qui y
nous"
nous 2 & qui m'annonça que
le
partirions le furlendemain pour"
Fort Royal, afin que je priffe mes
arrangemens en conféquence.
M. le Gonverneur mi'ayantyaprès
le diner, mené. dans fon cabinet, à M. me le
fit lire la lettre qu'il écrivoit Meffieurs de
Général en faveur de
Chanzy & de Pindré. Elle étoit auffi
favorable pour l'un
pour l'autre, i
telle enfin qu'il me Recary promis. :
T'a cacheta, me là remit, me dit qu'il
le lendemain pour aller pafler
partoit
F *
Part, I.
le Gonverneur mi'ayantyaprès
le diner, mené. dans fon cabinet, à M. me le
fit lire la lettre qu'il écrivoit Meffieurs de
Général en faveur de
Chanzy & de Pindré. Elle étoit auffi
favorable pour l'un
pour l'autre, i
telle enfin qu'il me Recary promis. :
T'a cacheta, me là remit, me dit qu'il
le lendemain pour aller pafler
partoit
F *
Part, I. --- Page 142 ---
[raa]
oit quelques il
jours dans tine
avoit promis de fe habitation, s
ohilavoir réfolu de me rendre, &
n'étois pas parti pour la mener, fije
Je le remerciai de toutes Martinique.
lui demandai la'
fes bontés,
conduire dès le jour permifion même de. faire
Page à bord, oùr j'étois dans mon
tion d'aller coticher le
TRALE
arranger, & qu'il
foir pour m'y
dès ce: moment j'euffe trouvât bon
prendre
Phonneur e
m'embraffa congé de lui, il y
la falle.
& rentra avec confentit, moi dans
Un inftant après, il
Prépont en parriculier prit M. de
fure d'une croifées
dans l'embraen affaire, 3 je fits faire comme je lés vis
donnai à un Négre ma malle, & la
dans le canot de M. de pour la porter.
étoit far le. bord de la Prépont, qui
trant, je trouvai cet, mer. En renm'attendoits ila avoir, ainfi Armateur qui
pris, congé de M., de
que moi,
iames enfemble donner Poincy; 2 nous
tron de notre canof de ordre au Patre équipage à bord, &c conduire nonous attendre à l'entrée du de revenir
Nous nous rendinies
Port.
enfuite chez --- Page 143 ---
[r2s1
Madame de Chanzy, qui parut fure
prife de nous voir htard; mais quand
nous l'eimes informée de de ce
Madame
NUE
nous avions fait, fuis en vérité bien -
foy s'écria, T'en.
enfemble la. foiaile, nous
derée, & TE vous partexapres Monmain, nous nous Hatrons, vous
fieur, en s'adreflant à moi; que il
pas d'ici; car
n'y
ne défemparerés d'éxcufe de Gouvernement:
aura/plus n'êtes
dans le cas de M.de
vous
pas a des affaires en ville
Prépont, ordres qui à donner à fes équipa-
& des
frere vient ce foir, nous
ges; mon amuferons. Quoi ! lui dis-je,
nous Madame, en la regardant tendrem'interdirez-vous auffi un, pement, tit tour de Savanne, pour voir fi
T'air ne rétablira pas un peu ma tête,
eft très-malade ? Je le veux bien,
qui
elle; mais à condition
me répondif Tirai avec vous 20 de
que
que
fallicz faux AEN Nous
vous ne nous
d'une demi-heure;
n'y fumes pas plus me faire confirmer
Ten profitai pour m'avoit accordée le
la grace recevoir qu'elle de fa bouche adomatin,
aveu de fes fenrable un nouvel
-
Fij
tit tour de Savanne, pour voir fi
T'air ne rétablira pas un peu ma tête,
eft très-malade ? Je le veux bien,
qui
elle; mais à condition
me répondif Tirai avec vous 20 de
que
que
fallicz faux AEN Nous
vous ne nous
d'une demi-heure;
n'y fumes pas plus me faire confirmer
Ten profitai pour m'avoit accordée le
la grace recevoir qu'elle de fa bouche adomatin,
aveu de fes fenrable un nouvel
-
Fij --- Page 144 ---
-
Ei14)
miens, timens pour moi, & lui réitérer
Nous trouvâmes à
les
rivée M. de Prépont & M. de notre ar-.
zy, qui nous attendoient
Chanper; nous paflimes
pour fouagréables foirées
une des plus
ewes de ma vie. Il que étoit j'aie jamais
heure diz matin
près d'tine
mes à retourner quand à bord, nous fongedrendrema
Alors pour
M. de Chanzy fatisfadionplus completté,
ter la'peine de revenir, propofa, 2 pour m'évifon lit, ou un hamack de me donnér
bre : ayant
dans fa chamde M. de-Prépont, remarqué dans les yeux
roit aucune
que cela ne lui féà l'accepter. peine, Je me déterminai
M, de
lendemain Prépont, d'aflez nous rejoignit le
entretien, entre Madame. bonne heures notre
& moi, ronla toute la
de Norloy
douleur dé notre
journée fur la
vancement de M. féparation, de
que l'apérance de nous revoir Chanzy, 2 &l'ef
calma cependant un incefamment,
étant venue de nous peu : enfin l'heure
nous primes
rendre à bord,
de,M. de
congé de ces Dames &
rent de 'venir Chamzy, nous qui nous promifaire'leurs adieux --- Page 145 ---
Cngi
& déjeûner avec nous. Effedivement de huit heuils fe rendirent au coup leur donnàres à notre bord : nous
dont Mames un déjeûner honnête,
dame de Norfoy & moi, ne profitaNos adieux furent des
mes: gueres.
plus tendres , & nos, proteflations
des plus finceres; nous nous quitta
Je donnai alors un libre
mes enfin. larmes, &
m'abancours à mes
je. dont mon
donnai à une mélancolie,
du monde
bona samieurtounealespsiner
à me retirer.
- Il étoit près d'onze heures quand
nous appareillâmes, & nous portàmes le cap fur le Fort Royal.
A
Pendant ce court trajet, comme je
fongeois aux moyens de faire réifhrle de
j'avois formé en faveur
projet M. de Chanzy,en:n que
me rappellant à tout
moment le fingulier propos que m'avoit tenn M. de Poincy àce fujet,je
Sonitidesmanitsne Prépont,
ce que ce Gouverneur lui avoit dit,
dans l'entretien qu'ils avoient ett enfemble. Ilme répondit qu'il n'avoit
de
chofe,
- pas, été queftion
grande
letiinon qu'en lui. remettant quatre
- 13]
ur
projet M. de Chanzy,en:n que
me rappellant à tout
moment le fingulier propos que m'avoit tenn M. de Poincy àce fujet,je
Sonitidesmanitsne Prépont,
ce que ce Gouverneur lui avoit dit,
dans l'entretien qu'ils avoient ett enfemble. Ilme répondit qu'il n'avoit
de
chofe,
- pas, été queftion
grande
letiinon qu'en lui. remettant quatre
- 13] --- Page 146 ---
tres pour M. de Erib]
une de lui, il lui avoit Champigny, dont
Général, recommandé de les rendre exprefiément à
fut alors auffitôt fon arrivée, Ce ce
ques coups que de je me doutai de quelniquer mes idees jarnac, & fans commu.
ayantfçu de lui
à-cet Armateur, 3
fept heures du foir qu'il-feroir au moins
verions au Fort
quand nous arri-
& dréffai ma batterie Royal,T'en reftai là,
Efedivement
en
la tade de cette nous mouiliâmes conféquence: dans
huit heures; & lle, s le fept Mars, à
tard, M. de Prépont parce qu'il étoit trop
fuivant fon entrée dans remit le
au jour
Comme ilfe
Port,
à terre avéc moi, préparoit à defcendre
que le Fort fermant je lui fis obfervér
il feroit
à neuf heures
au lendemain beaucoup mieux d'attendre 2
M. le Général, Paer faire fa vifite à
compte du motif qui j'allois: rendre
de dilérersil fe rendit qui. Tavoit obligé
& voulut me donner à mes raifonss
m'en excufai fur cc
fes
de
Jettressje
les remettre Ini-méme qu'il étoit chargé
verneur : J'ajoutai
à ce Gotleuirs de fortès raifons que Javois d'ailqui m'en --- Page 147 ---
[1271
empechoient, dont je linftruirois en
tems & lieu.
M. de Champigny
Auffitôt romes dit,je vous fai bon
m'apperçut, d'êrre venu avec.M. de Prépont 5
fai gré befoin de fon Brigantin, afin
d'exécuter les ordres que j'ai reçus
de la Cour ? - pour viliter le Gouvernement de la Guadeloupe; parce com- que
laFrégate du Roi, le Chevalier Portefaix, de la
mandée par M.le ici en rade, & qui
Sauffaye, quieft dans cette Ifle, , ne
doit me conduire
attendu que
pourra elle pas, meramener, doit faire route" pour S.
de-là
c'eft pourquoi je ferai
Domingue: fon Brigantin à cet effet; je fuis
armer bien fâché que cela recule votre
voyage de près de deux mois, mais
le fervice du Roil'exige ainfi.
de
Comme il y avoit beaucoup la liberté de
monde avec.lui, je pris
lui demander un petit entretien. 8c par- me
ticulier; ; il fe leva d'abord ,
lui
conduilit dans fon cabinet, ouje M,
dis, en lui remettant la lettre de
de Poincy : Vous m'avez les promis, occa=
Monfieur, de faifir toutes
fe
de me renfions qui préfenteroient F iv.
Roil'exige ainfi.
de
Comme il y avoit beaucoup la liberté de
monde avec.lui, je pris
lui demander un petit entretien. 8c par- me
ticulier; ; il fe leva d'abord ,
lui
conduilit dans fon cabinet, ouje M,
dis, en lui remettant la lettre de
de Poincy : Vous m'avez les promis, occa=
Monfieur, de faifir toutes
fe
de me renfions qui préfenteroient F iv. --- Page 148 ---
dre
[128]
bon fervice, en voici une,
que jen faffe
trouvez
vais vous
ulage, ce que je
juftice qu'une demander, eft plutôr une
plie de vouloir grace bien que je vous
fer. De deux
ne me pas refu- fupvous propole, fujets que M.de Poincy
vacante, il en pour eft un remplir une place
M.de Chanzy,
qui fe nomme
reffe
2 pour qui je m'inté
mérite forrement, mieux & qui,Fofe le dire,
ference; il eft que d'une laure votre préfamilles de la Colonie. des meilleures
nées de fervice, il
Il a vingt ans
témoigner fon zele, a eur Phonetr de
pagnant à votre
en vous accoms
Lucie, oùt il s'eft expédition de Sainté
famille eft intimement tres-difingné. Sa
reflé Prépont , & pendant le liée avec M, de
à
à Marie Galante, tems gue j'ai
votre
j'en ai reçu.,
monde le conlideration, plus flatteur, laccueil du
enfuite un
Je lui rendis
qui s'étoit compte paffé
exaé de tout ce
& moi à ce
entre M. de
fujet à
Poincy
pendant de notre derniere Texception ceCe généreux
conférence..
fa lettre,
protedteur ayant lu
quand vous m'embrafia, n'aurez
& me. dit,
que des chofes --- Page 149 ---
[129]
à me demander, je ne vous
pareilles ies refuferai jamais ; ainfi vous poudire à Duchicher de vous expévez.
commifion dès ce foir, fi
dier cette
je la fignerai avant de
vous coucher. voulez, Je pris la main de ce
me
baifai malgré hi ; &
Général, queje de fa belle humeur; je le
profitant de vouloir bien faire employer
priai Officier dans l'Etat des Croix de
cet
je favois déjà quildeS. Louis,. demander que àla Cour pour
voit
Il en donna
URUE
fieurs Finftant Capitainés. à fon Secrétaire 2: 8x
dans
inceffament des-breajouta de Jattends la Cour pour tous les" Offivets
ciers de Milice, hterimerantero
dans le cas de parvenir aux Olficiers grades.
militaires comme les autres Marine.
détachées de la
des troupes bonne nouvelle,dont vous
C'eft une faire part à votreami. Il renpouvez de fuite dans la falle, oit la
tra tout
compagnie Pattendoit. moment, *
8z fus.
Je neperdis pas.un
m'otrouver Duchicher, qui, pour ue cOm
bliger, remplit fur le champ
miftion, & mit mon ami le troifieme dont
fur PEtat des Croix de S. Louis,
F Y
militaires comme les autres Marine.
détachées de la
des troupes bonne nouvelle,dont vous
C'eft une faire part à votreami. Il renpouvez de fuite dans la falle, oit la
tra tout
compagnie Pattendoit. moment, *
8z fus.
Je neperdis pas.un
m'otrouver Duchicher, qui, pour ue cOm
bliger, remplit fur le champ
miftion, & mit mon ami le troifieme dont
fur PEtat des Croix de S. Louis,
F Y --- Page 150 ---
[130]
M. le Chevalier de la
fe charger
le Sauffaye devoit
fouper,) je foun moi-même Miniftre. Après
cette commiffion à M. le faire figner
qui
Général,
choles accompagna cette grace de mille
dirent plus obligeantes, qui me la renfiite y mettre précieufe; le fceau je fus tout de
trefigner, de
& la faire conma poche en façon allant que je l'avois dans.
Le lendemain, me coucher.
res,je vis arriver vers les neufheufus audevant de
M. de Prépont. Je
à l'écart, je l'informai lui, & l'ayant tiré
reufe chance de la veille de mon heufélicita bien fincérement. dont il me
en partie, lui
Je la dois
la complaifance dis-je mon bon ami,a
hier pour
que vous avez eue
bord.
moi, en reftant à votre
dit il, Coemrcnattasa me
capable croyez-vous de vous
que j'aurois été
nuire 2 Non, luiré.
linitruifis pliquai-je 2 mais bien vos lettres, Je
niere
en même tems de la derconverfation
avec M, de Poincy,
j'avois eue
m'avoit
3t
fait naître
foupcon
voit eue ce
l'affeéation
en lui
d
mettant
Gouverneur,,
remyférieufement les lettres --- Page 151 ---
[92)
dont il étoit
plutôt que de ne
Ponterti je
dis que je
m'en chargers un inftant que ces lettres
doutois pas toutes en favent de M.de
ne fuffent
de M. de ChanPindré, à Pexclufion
n'avoit fait
zy, que delengagera c'étoit ce qui ne fe pas renimaginer dre an Fort la veille,, afin davoir.la comme
prévention pour moi; que
tout s'étoit paffé au gré de, de mesdefirs, rien, &
je ne m'inquiétois de plus
qu'il feroit à
jugerlubmteme, avoir avec
dans
quilalloit
mes
Caurme
M. le Général; fi
conjedtures croyois
étoient bien fondées : que bonne je main,
d'ailleurs mesintérêts de en ne me rien ce-
& quéje le priois enfuite dans la falle
ler.Je le conduifis
fait annoncer,
des gardes ; & P'ayant
auprès de
Tallai dans le Secrétariat, être plus à portée
Duchicher,. fortir pour M. de Prépont, & de
de voir
ordres
au'
me rendre aux
duGénéral, ce qui ne
cas qu'il me fit appeller, IL n'y avoit
tarda pas à arriver. cet Rotte
nn quartd'heure le que Sergent d'ordonétoit entré, m'avertir que
M. de Chamnance vint demandoit, que Quoique e
pigny me
E vj
ai dans le Secrétariat, être plus à portée
Duchicher,. fortir pour M. de Prépont, & de
de voir
ordres
au'
me rendre aux
duGénéral, ce qui ne
cas qu'il me fit appeller, IL n'y avoit
tarda pas à arriver. cet Rotte
nn quartd'heure le que Sergent d'ordonétoit entré, m'avertir que
M. de Chamnance vint demandoit, que Quoique e
pigny me
E vj --- Page 152 ---
a
[T32]
n'euffe rien fait qui méritât
henfion, je devins
répré
fpeêtre du Feftin de
comme le
tremblant
& auffi
Aates
que le font ceux
rent dans POpéra d'Ifis. Eh ! qui
vous, 2 mon cher
N
Général en me enfant, me dit M. le
craignez
voyant en cet état; ne
rien, ce qui eft fait eft
&je ne m'en repens pas;
fai fait,
je loue d'aufant plus
je
tour,
quin'ef pas ordinairement votre prudence,
des jeunes
l'appanage
même tems gens, 3 que fijavois reçu en
M,de
que votre lettre, celles que
Prépont vient de me
je ne latenfaveurdeg
remettre, 9
décider; mais vous quijauroispu avez été
me
& plus polirique
plus-fin
qui fera bien puni que de mon fa cher coufin,
à votre
difimulation
tour égard.loriquil fera inftruit du
que vous lui avez joué.
moi, je ne puis me réfoudre Quant à
à
blamer: je vous recommande vous
ment de n'employer
feulepour opérer le bien, vous vostalens, que.
mal, & jamais
nuire garantir duz
Nous nous pour rendimes à perfonne.
après dans la falle
un infant
M. le Général étoit d'affemblée, oùt
attendu, & M, de --- Page 153 ---
tisl
m'ayant emmené fur la, terPrepont rafle, il me dit: Sivous avez quelque
chofe à mander à Madame de Norfoy, faites promptement vos. dépéches, jenvoie demain Patrons une Chaloupe de mes
à Marie Galante, aux ordres
bateaux ,
des
viendrai preffans
j'ai à Meur donner, je
voere ici, & vous me remettrez
fera rendu exaélement:
tre paquet qui même vous faire un
vous pouvez de cette Dame,de Tenmérite auprés
dont j'écrirai
voide cette chaloupe,
occafion.
que je ne profite que par amide cette
Trouvat-on jamais un
auroit
trémpe dans un homme qui comme
pu être mon pere ? Il m'aimoit s'il en avoit eu
il auroit fait fon fils,
de le
un, mais j'eus lc malheur
per- de
ans-après, dans un tems,
dre quatre auroit évité debien grands,
oit il m'en vécu. Dans ce moment oà
s'il avoit Mémoires 2 - je ne: peux
j'écris ces
de, mêler mes larmes
m'enpécher T'encre
me fert à tracer ces
avec
qui
caragteres. Ce bon ami ne fut
plutôt le def- bucendu duFort, que
dans
AES
, mais j'eus lc malheur
per- de
ans-après, dans un tems,
dre quatre auroit évité debien grands,
oit il m'en vécu. Dans ce moment oà
s'il avoit Mémoires 2 - je ne: peux
j'écris ces
de, mêler mes larmes
m'enpécher T'encre
me fert à tracer ces
avec
qui
caragteres. Ce bon ami ne fut
plutôt le def- bucendu duFort, que
dans
AES --- Page 154 ---
reair de
[x34]
fuivante à Duchicher Madame écrire Ia lettre
Jagez, mor de Norfoy.
>) fj'ai perdu un adorable
>2,
vir, vous
inflant à vous Vidoire,
>2 cacher volant trouverez ci-joint fer35 Général
une lettre.de M. fous
2>
pour M. de
le
57 cher laquelle eft la commifion Poincy, 3 dans
frere. Il
de
1> zy aille la
faut que M. de votre
9>
rendre tout de fuite Chan. à
9) amreintare à la
qui le fera
ce:
9) peu. premiere Cette
revue qui fera recevoir dans
9, pas à être commifion ne
32 vet de la échangée contre un tardera bre2> gnéd'une Cour, qui fera
25 votre frere décoration à Occompa99
ne: s'attend laquelle M.
92 Champigny tour
ayant fait pas, M: de
ce. qui - étoit
à.cet égard
par hazard M. convenable ;
9) écrit
de
fi
3>
vous parloccation de Prépont ma
vous.
23 denagir verrez que Jai été shaloupey bien
29 nous"
comme j'ai fait, fans avilé
9, tenir; courtions mais
tilque de ne quor
33 le plus fin renard çontre renard, rien.
ane me fachez Temporte. Au
27, decette
aucun. gré du furpluss fuccès
3> entier au affaire, Petit vous le devez tour
betigrmi --- Page 155 ---
me donne pour vous,
33 confeils fourni qu'il le ftratagme qui nous
99 m'a
inconftan-
>> a réuffi. Malgré cela,fon
me fait trembler, &je
- 99 ce ordinaire bien
ne lie quelque
>> crains.
qu'il la
de me
>jour avec vous Pimitez partie au moins 2
tromper. Ne
f pas vous ne vou3> ma chere Vitoire, celui qui de
>> lez mettre ferviteurs aul tombeau eft le plus ten59 tous vos
fincere & le plus fi5 dre, le plus
>) dele.
Le Chevalier D**.
M. de.Prépont fut de reQuand
fis mon
tour, je lui "lus -
ma lettre, je je le
8 en lui remettant,
Le de le recommander au Negre,. le
à qui il le donneroit, pour Madame quil de
rendit en main propre à
& me dit
Norfoy; il me le promit il écriroit
même occafion,
que parla
à cette Dame:
le coeur con-
< L'efprit tranquille, fatisfait, débartent, Tamour propre foins
m'avoient
raffé de tous les
arrivée, qui le tem-
.agités depuis enfin, mon ne trouvoit pas
pérament à A l'amour comme
fon compte
Negre,. le
à qui il le donneroit, pour Madame quil de
rendit en main propre à
& me dit
Norfoy; il me le promit il écriroit
même occafion,
que parla
à cette Dame:
le coeur con-
< L'efprit tranquille, fatisfait, débartent, Tamour propre foins
m'avoient
raffé de tous les
arrivée, qui le tem-
.agités depuis enfin, mon ne trouvoit pas
pérament à A l'amour comme
fon compte --- Page 156 ---
lès
[136]
felle Anges, Julic me fit
à
des
de S.ASE j'en Mademoi.
demandai
Officier cntealinlipeis Suiffe ne la
M. Ek ***
qu'ils. n'étoient point Peacet pas, &
Tautre au dernier
venus ni lun hi
circonflatice
médianox. Dans la
la chofe auroit olje dui me trouvois alors,
rente, mais je ne laiffai m'être affez indiffé.
d'enrelfenur un
cependant
me dis-je, font-ce fecret dépit.
de fidélité
là les
RLE
qu'elle m'a prorelations
Fingrate, la
faites.? Ah!
tout à coup à Deride réfléchir Puis venant
conduite, je ne pus fur ma propre
quej'étois teconnoitre mon ipjnftice m'emp@cher &
de
ble qu'elle, pour le moins auffi d'avouer
plaindre, De quoi donc puis coupatance, n'eft-elle ajoutar-je? Notre. inconf. je me
torts ne font-ils pas pas commune P nos
fequemment Je
les réciproques, conveux cependant reproches déplacés?
tâcher de renoner Taller voir, pour
m'en faire un
avec elle, afin'de
tems que je dois amufement refler
pendanr le
current crévera fans ici. Mon conpoir de me voir
doute de défefd'un Suiffe eft wdfesercarfumonr
tenace, eh bien ! à la --- Page 157 ---
[ 1 137)
de
bonne h heure, ce fera un triomphe
plus pour moi,
fois
defMaréfolution une
prife,je
cendis à la ville, & me rendis chezelle. Jela trouvai feule dans le plus
galant des deshabillés. Que. vous êtes
charmante, ma chere Julie, lui dis-je
Tembraffant ! Quoi ! vous voilà
en s'écria-t-elle; jc vous croyois en
ici, vérité bien proche des côtes d'Efpagne.Je n'ai-pas forti,1 de lurrépliquai-je, la-rade de Madepuis mon départ d'oh les ordres de M. le
rie-Galante, Général m'ont rappellé ; je fuis arrivé
d'hier au foir aux portes fermantes. heuVous êtesici depuis vingt-quatre vois à
res, me dit-elle, & je vous
préfent, on n'a jamais, je vous jure 2
témoigné autant d'empreflement pour
Yon. dit aimer, vous,
un objet fans que doute laiffé dans Pendroit
l'avez
d'ou vous venez: :
ma chere Ju-.
Que vous êtes injufte, M. de Chamlie ! depuis mon retour,
pigny m'a occupéjufqu'a ce. moment, venir
queje profite de ma liberté, facrifice pour
&
vous en faire un nouvéau
vous renouyeller mes hommages;mais
jure 2
témoigné autant d'empreflement pour
Yon. dit aimer, vous,
un objet fans que doute laiffé dans Pendroit
l'avez
d'ou vous venez: :
ma chere Ju-.
Que vous êtes injufte, M. de Chamlie ! depuis mon retour,
pigny m'a occupéjufqu'a ce. moment, venir
queje profite de ma liberté, facrifice pour
&
vous en faire un nouvéau
vous renouyeller mes hommages;mais --- Page 158 ---
je vois bien
[138]
chercher une que vous avez envie deme
dont apparament querelle
déjà
M. Ek d'Allemands ***
dit donné quelques
. vous a
& qu'il ne vous quitte leçons, car on
être que feuls vous avez tant prelque de
pas,
plaifir à
vous êtes trouvés enfemble, ni Pun que vous ne
dernier bal
nil'autre au
ment, Ce quilya eu au Gouvemne
Mademoifelle reproche; il me
que cclui
2- paroit mieux femble,
& vous ne que vous venez de me fondé
d'en avoir de ferez réel jamais à
dans le faire, cas
On vous a bien mon égard,
fleur, 7 me dit
malinforms, Mon.
Ou il vous a Mademonfellc pli donner
de V***
anterpreration lâce
une maligne
j'en fuis d'autant quel'on vous adit;
cela eft dans votre moins éronnée
vous en déplaife, caraétere, eft
2 qui, que. ne"
jaloux : ce qui vous celui d'un vrai
un jour, fi vous ne fera bien du tort
Hélas ! elle ne
vous en
fer fi jufle: c'eft croyoit Pas corrigez. prophéfuis que forte à ce maudit cependant en quel.
de.i redevable de la
défaut que je
mes
plus grande
d'autant infortunes... u Vice partie
plus incorrigible & à cruel !
crain- --- Page 159 ---
[:39]
d'un-côté il prend fa fource
dre, ramour que
& de l'autre il
dans
communément propre, à toutes forconduit de forfaits...
Fatal préfent
tes de la nature ! non feulement tu fais
notre tourment, mais encore celuide
linnocence & de toutes les fociétés, effets 2
à qui tu es en horreur par. les
funeftes qui te fuivent.
Mademoifelle de V quiavoit
commencé à m'entreprendre, 2 n'en
refta pas! là, elle me dit, affeyez-vous,. veux bien.
Monfieur, & m'écoutcz; je
vous
pourla derniere fois, parce que don-:
avez
être induit à erreur , me
d'entrer en explication
ner a peine
à la
avec vous.. Si vous me croyez,
bonne heure, faites-en votre profit fi 2
& fur-tout, tâchez de n'être
de
à
a
prompt dorénavant
juger de la malice,.
fimples rapporis,entins
ou fur de legeres apparences, ,. prefque
toujours trompeufes : fi au contraire,
vous n'ajoutez aucune foià ce que
nous
CAE
vais vous dire,
romprons bien
lument enfemble, auffi
m'apperc'eft-là oi voits en voucois-je que
lez venir.
jours
M.
Ilya environ quinze toutes f fois
Ek qui me voyoit
prompt dorénavant
juger de la malice,.
fimples rapporis,entins
ou fur de legeres apparences, ,. prefque
toujours trompeufes : fi au contraire,
vous n'ajoutez aucune foià ce que
nous
CAE
vais vous dire,
romprons bien
lument enfemble, auffi
m'apperc'eft-là oi voits en voucois-je que
lez venir.
jours
M.
Ilya environ quinze toutes f fois
Ek qui me voyoit --- Page 160 ---
Li4o1
que jallois au Fort, conçut
Moins fentimens quil n'ofa me pour moi
en fit part, timide avec ma faeur, déclarer. il lui
mere; & de T'engagea lni être d'en parler à ma
elle avoir la bonté
Propice : que a
che, il prendroit d'agrécr la
fa récher:
faire l'aveu de fa
liberté de me
nir mon confentement. paffion, & d'obtes
comme vous voyez, font Ses vues 2
légitimes, 2 puifgu'elles
des plus
crement, cela feul devroit tendentau Saquilifer, mais ce n'ef
vous tranmoi;il vint au bout de pas affez. pour
rendre une vifite à ma quelques jours
-lier, environ un quart d'heure mere de : après
olfetois, elle rentra avec lui dans particu. la falle
elle me le &cle prenant par la
fille, Monlieur préfenta en me difant: main Ma 3
d'afpirer à votre vous fait Phonneur
main,
Oficier, un honnêté -
c'eft un digne
gentilhomme, il a du homme, un bon
aime, à rouségards, il bien, il vous
convenir ; je vous prie me de paroit tvous
cevoir & de
le bien requ'il a pour répondre vous.
aux fentimens
faire, finon d'obéir? Que pouvois-je
n'ai pas été au dernier ILef vrai que je
bal qui s'eft --- Page 161 ---
: Dil
donnéle Mardi Gras ; mais je n'étois ***
état dem'y rendre.M. 1
Ek
pasen m'idolatre, foupa ici, & nous
qur compagnie toute la foirée. Il ne
Dnf
un inftant depuis ce
m'a pas quittée ilme gêne beaucoup,je ne
moment, fens rien pour lui, & une humenr
jalonfe que je lui ai rémarquée le fait dé- en
différentes occafions, bien me trouver un
tefter. Je voudrois aveclui; car ileft
moyen. de rompre
décidé queje n'en veux foeur. point, de &jai faire
réfolu de prier ma,
connoitre à ma mere mon Il dégoût; eit fort
afin qu'elle m'en débarrafle. le, hazard
heureux pour vous, que
eft
yous ait fait venir ici un jour qu'il
de garde, car il ne nous auroit pas
eté poffible d'avoir cette explication. dis-jes en
Ah! ! trop chere Julie,Jui je baifai
lui prenant la main, venez que de metavec ardeur, que. vous
tre de baume dans mon fang être Lte !
eftle monftre de qui bontés? pourroit lc ne me le
fible at tant
Jejure parvouspardoneroisi jamais.
lamour
même, par vos charmes, par jamais je
que vous m'infpirez, que moindre
ne vous çauferai de ma viele
offible d'avoir cette explication. dis-jes en
Ah! ! trop chere Julie,Jui je baifai
lui prenant la main, venez que de metavec ardeur, que. vous
tre de baume dans mon fang être Lte !
eftle monftre de qui bontés? pourroit lc ne me le
fible at tant
Jejure parvouspardoneroisi jamais.
lamour
même, par vos charmes, par jamais je
que vous m'infpirez, que moindre
ne vous çauferai de ma viele --- Page 162 ---
fujet de chagrin; [142]
pendant le refte de je T'embrafui, &
nous donnâmes
Taprès midi, nous
les
réciproquement les
tous
tre amour. témoignages Avant de plus vifs de nofis promettre
la quitter, je lui
de la mi-Caréme, qu'elle viendroir au bal
bonne provifion , de où il y auroit une
du
que nous fourniroit nouveaux le
danqui étoir
SRa
Comme
en rade,
vaifleau
rencontrai j'allois M. de rentrer. au Fort, 9, je
qu'il venoir de Prépont. qui me dit
au Patron de la remettre nos paquets
partir le lendemain chaloupe, qui devoit
lante, & qu'il en pour Marie-Gail faire delcendre au profiteroit Fort
pour fe
avoit affaire
S. Pierre, où
me pria d'être pour quelgues jours-Il
avoit donné de tranquille, fi bons
me dit qu'il
remife de ma
ordres pour la
d'en être content. lettre, quejaurois lieu
mes enfuite,
Nous nous
: Je ne fus
féparàvernement, pasp plurôt tarrivé au Gouxions fur mon queje fis bien des réflechere Vidtoire, infidélité Me voilà envers ma
jure,
donc
mefles méeriai.je & les'
2 font-ce la les parfermiens que je lui tra --- Page 163 ---
[1431
faits. O Dieux 1 fi elle venoit Mademoi- à apprendrc mes liaifons avec elle ne me
felle > de V - Non, & la mort
le pardonneroit jamais, ma ditgrace,
fuivroit de bien près
mon coeur
Aprés tout, reprenois-je entierement s à elle? ne
n'eftil pas répété cent fois, qu'il
m'a-t elle pas
qui étoit défuffiroit à fa délicateffe, fens,
faits
gagée du plaiGr des
plutôt les gens
pour les brutes, que pour
raifonnables? S'il'en' eft ainfi, de quoi poueroit- de
elle donc fe plaindre ? Croit-elle
bonne foi qu'un amour platonique, 2
Hoit fi facile à réduire en pratique parle,
Sur-rout quand le tempérament par la jouif.
& quil a déja été elle aignilé le trompe fort;
fance. Hélas !
anciens
c'étoit bon dans nos
du loifir de
fe
enfans
n'eft quelques le goût du
faftes; mais ce
plus à
fiecle, il faut fe conformer Tufage rireçu, ou fe réfoudre à paffer pour
d'ailleurs ce n'eft quune
dicule; :
de mon
ME
fade, je fuis à la, veille changer de
part, les chofes faiton? peuvent Mes feux feralenface, que
; pour lors, il fera
ciront pent-être
toit bon dans nos
du loifir de
fe
enfans
n'eft quelques le goût du
faftes; mais ce
plus à
fiecle, il faut fe conformer Tufage rireçu, ou fe réfoudre à paffer pour
d'ailleurs ce n'eft quune
dicule; :
de mon
ME
fade, je fuis à la, veille changer de
part, les chofes faiton? peuvent Mes feux feralenface, que
; pour lors, il fera
ciront pent-être --- Page 164 ---
tems
1144)
dejouer les
mne faire un mérite grands de
Foles,8c de
de la nature. Iln'en sfoibifoment
tage pour faire taire mes fallut pas'davanJe paffai affez
remords,
flexions; premiers jours qui iranquillement luivirent
les
de
; mais ayant appris ces téChampigny devoit
que M.
pour le jour de'la mi inviter à diner
lieurs les Officiers de Caréme, la
MefRoi, ceux du Confeil
Frégate du
étoit pour lors aflemblé Supérienr, qui
Royal, & qu'outre
au Fort
jeu, bal &
ce 3 iy auroit
de profiter de ambigu; l'occafion je me propofai
dommager amplement pour me dé.
Julie de la contrainte avec ma chere
foufrir fon
que me failoit
la voir un Suiffe, moment n'ayant encore pu
notre lexplication.
feule, depuis
Ce jour arriva
offert à M. de
enfin, &i m'étant
chercher cés Champigny, pour aller
mable M. Ek*** Danes,
.
trouvarl'aicha pas
2 Cela ne
V*
d'embraffer
m'empe.
mais ., 2 quis'y prêra Mademoifelle de
de
en me
bonne graces.
reltes d'une eRemeteomese les
enoiz de me efroyable faire, Je grimace gu'il.
feignis de ne
l'avoir --- Page 165 ---
[1451
l'avoir pas vue, & fus tout de fuite
joindre Madame de Rupert; lorfqu'el- de
Mademoifelle
les furent prêtes, d'elle-même prendre mon
v". bras, & vint M: Ek *** fe vit obligéde
le fien à Madame fa foeur.
préfenter Comme nous avions, par déférence 2
laiffé le pas aux ainés, & que fus nous plusfuivions fort doucement, je
mon
d'une fois tenté de croire le que cou, ou
Concurrent fe déboiteroit moins un bon tortife donneroit de aul jetter. fa tête en arcoli, à force
riere pour nous regarder. :
les
Anotre arrivée, on arrangea M.
parties de jeu; je n'y nuifis pas, avec
Eks*, fut de celle d'ombre,
Madame de Rupert; nous ne voulamer.Mademonelle de V 8 moi,
être d'aucune. Jignore par mais quel je motif fais
je fus obligé de fortir la terraffe ;
dans le
qu'en rentrant P'on. par.
je rencontrat
fallon oit
jouoit,
fans
Mademoifelle de Va. que
de
doute quelque befoin avoit obligé
s'abfenters &c lui préfentai ila main en
batifolant à notre ordinaire. Ek*:
étoit d'un caraêtere jaloux, & qui
qui avoit été plus attentif à nous oblers
Part, .1,
G*
je motif fais
je fus obligé de fortir la terraffe ;
dans le
qu'en rentrant P'on. par.
je rencontrat
fallon oit
jouoit,
fans
Mademoifelle de Va. que
de
doute quelque befoin avoit obligé
s'abfenters &c lui préfentai ila main en
batifolant à notre ordinaire. Ek*:
étoit d'un caraêtere jaloux, & qui
qui avoit été plus attentif à nous oblers
Part, .1,
G* --- Page 166 ---
[146]
ver, qu'à fon
- un peu
jeu, nous paràt prendre
lies n'en d'humeurs firent
nos ris & nos fos'arréterent
que plus vifs, & ne
d'aller nous mettre que quand à
il fut quefion
Nous etimes'
table.
Gala, jufqu'au lendemain pendant le refte du
res, tout le tems de caufer cinq heuMademoifelle de V ***
enfemble,
primes enfemble
e & moi. Nous
des arrangemèns
convenables, ques fois en pour nous voir queljaloux; mais particulier, nos mefures en dépit du
inutiles, ainfi qu'on le va voir, devinrent
Quand il fut queftion de
ces Dames, Je
reconduire
dinaire ; mon bras préfenrai, à
à mon orV *** M. Ek *** fut Mademoifelle de
autant à Madame de obligéd'en faire
avoir pris congé d'elles, Rupent.drapres
retirâmes. Quand nous nous nous
vâmes, cet Officier & nous troudit en affez mauyais moi, il me
vez-vous, mon petit françois: Saje recherche Mademoifelle Monfieur,
V*, 2 quejy fuis autorifé Julie c
mille, que VOS vifites me par fa faainfi, je vous prie de déplatfent 5
tre le pied
n'y pas metdavantoge, Gvous ne vou- --- Page 167 ---
lez être vidime de mon reffentiment: &
Piqué jufqu'au vifdu compliment, lui répondu ton dontil étoit fait 2 je
His vivement, que cela mimportoit capable de
beu, & que rien ne feroit
empecher d'agir à mon ordinaire. êtes
Dh loh!r me répliqua-til, vous & je
éfolu, à ce quil me n'entendrez paroit,
vois bien que vous
fes
aifon, que je ne vous bien aye quelle coupé fut J.
preilles : on imagine mis tout de fuite l'épée
ma réponfesje &
mon coup d'ellai 2
la rembourfai main, pour un dans le bras qui
Ten: tomber la mienne. Comme je me
it
la ramafler, un nommé
aiffois pour
d'Ordonnance, qui,
ara, Sergent faifoit fa ronde auous les matins,
de noour du Port, s'étant à moi, apperçu me banda
re combat, vint
& me reconvec mon mouchoir, J'eus beau T'engager à
uifit au Fort.
avanture, il n'en
e taire fur cette & fit fon rapport
Foulut rien faire,
n Lieutenant de Roi.
&
En arrivant je fus me coucher, Màenvoyai chercher rle Chirurgien Comquime panfa & me faigna.
du
- n'avois Pas laiffé de perdre
Gij
our du Port, s'étant à moi, apperçu me banda
re combat, vint
& me reconvec mon mouchoir, J'eus beau T'engager à
uifit au Fort.
avanture, il n'en
e taire fur cette & fit fon rapport
Foulut rien faire,
n Lieutenant de Roi.
&
En arrivant je fus me coucher, Màenvoyai chercher rle Chirurgien Comquime panfa & me faigna.
du
- n'avois Pas laiffé de perdre
Gij --- Page 168 ---
t148]
fang, je tombai dans une
qui_me dura plus d'une
foibleffe
mais qu'eille fut ma
demi-heure ;
vrant les- yeux, de furprife, voir
en olimoi M. le Général qui
auprès de
de notre combat ! IL
étoit informé
qui lavoit
me demanda ce
tout fimplement oceafionnés je lui répondis
c'étoit une jaloufie que jc croyois que
de M. Ek ***
déplacée dela part
& menacé, :, gu'il m'avoit infulté
que nous avions que je lui avois
&
mis l'épée à la ripofté 2.
que j'avois été bleffé. Je
main, s
même tems de ne point
le priaien
Oflicier. Si je ne favois chagriner cet
que de vous , me dit
cette affaire
gny, lai bonne heure; M.deChampi mais
circonflance
dans la
ce que vous préfente delirez; 2 je ne puis faire
manqué, en agiffant d'ailleurs il m'a
à votre égard :
comme il a fait
pendant, il en fera tranquililes-vous quitte
ceques jours d'arrêts; ainfi pouriquel.
vous promptement, afin
guérillezde venir avec moi à la d'être en état
fons quinzaine.
Guadeloupe
Ma blefture n'étoit pas
j'en fus quitte
confidérable;
dant trois jours, pour garder le lit penencore par rapport --- Page 169 ---
chaleurs. [149) Ma chambre ne
au grandes
pendant tout ce tems 5
délemplit pas
la vifite de mes
Yeus honieniement celle dès Officiers de la
amis, mais
blâmerent tous unaniGarnifon, qui
de leur camarade
ment la conduite
envers moi. été bien fâché que: cette
Jaurois avanture ne me fût padarrivées tant du
petite Phonneur qu'elle me fit,
par côté de la bravoure, que de celui.de
ce qui ne.diminua
la genérofité,
Rot
à coup fir 2 mon amour propre,
Tavois déjà bonne provilion. rétabli, que
Je ne fus pas M. piutot de Champigny,
Tallai remercier
me défendit
qui, en m'embratlant, de fait avec M. Ek , qui
les voies encore forti de fes arrêts, 9
n'étoit pas Yeuffe déjà intercédé pour
quoique
fois.
lui plufieurs rendis le même jour chez
Mademoifelle, Je nie
de V *** ., queje remer- de
ciai ainfi que fa mere" & fa bien foeur, voulu
avoient
Ja part qu'elles accident, & delintéprendre à mon m'avoient témoignees en
rêt qu'elles deux fois par jour favoir de
envoyant nouyelles. Après un moment de
mes
Gij
n'étoit pas Yeuffe déjà intercédé pour
quoique
fois.
lui plufieurs rendis le même jour chez
Mademoifelle, Je nie
de V *** ., queje remer- de
ciai ainfi que fa mere" & fa bien foeur, voulu
avoient
Ja part qu'elles accident, & delintéprendre à mon m'avoient témoignees en
rêt qu'elles deux fois par jour favoir de
envoyant nouyelles. Après un moment de
mes
Gij --- Page 170 ---
filence, Madame [150]
à moi, me dir : M. de Ek
mais
***
-
videian
dansle
ne fera jaquerelle à Monfiennde chercher
flle, carje Perionne lui ai écrit rapport à ma
donner la peine de T4 ne plus fe
Nous n'aimons
venir chez moi.
pays; & Mademoilelle pas lesjaloux dans ce
Julie ajouta
tous
mtisgemcurmonn
font les punir , 1 fur-tout comme il faudroit
mal-l-propost Je quand ils le
fourire. vres, la regardai, & pinçai elle
les lefe mit à
Deux jours
fr la rerrafle, après, me
Prépont, à qui je vis arriver promenant M. de
petite avanture, je ilme fis le détail de ma
félicita en même tems plaignit & me
à fi bon
d'en avoir été
TlaM la main : marché; puis me tenquoi vous confoler, voilà, me dit-il, de
de-Madame de
c'eft la réponfe
comme elle n'eft Norloy à voire lettre;
mémoire, la voici jamais telle fortie de ma
>9 Que Je vous
qu'elle étoit.
5> bon coeur, mon. embrafferai de bien
>> je vous verrai ! on cher ami,
tant de zele & de ne mitjamais quand au2> ger. M, de Prépont diligence à obli:
me rend compte --- Page 171 ---
Lsstl
vous avez fait pour préve3: de ce que obftacles qui auroient pu
3> nir les
échouer ; il-m'affure
3) vous faire
Ans
bien vous en a pris. & que
$
mon frere ne tenoit
51 votre prudence dis pas tout ce.que
2) rien. Je ne vous vous avez, fait à
s) m'a infpiré ce que
me réferve, à
; je
2) ma conlidération de vive voix. Je
> vous le témoigner de douter. à pré-
$) vous ferois fincérité injure de votre amour;
2) fent dela fur fa conftance, vous
5) raffurez-moi de rien craindre de la
$ avez tort
jaelle ne mlabandonnera,
>) mienne,.
vous ferez fidele à
$ mais, tant que
$. votre amie,
VICTOIRE.
fois cette charmante
Je baifaimille ne tardai pas longlettres mais je
auxtems à oublier les conditions attachoit
quelles Madame de Norfoy étoit décidé chez
fes promefles : caril lefprit & le tempémoi quele coeur,
d'accord,
rament ne feroient refteroit jamais toujours
& que cc dernier deux autres.
vainqueur des
devoit nons
Enfin le Brigantin qui armé, on
accompagner fe trouvant Giv
ie,
VICTOIRE.
fois cette charmante
Je baifaimille ne tardai pas longlettres mais je
auxtems à oublier les conditions attachoit
quelles Madame de Norfoy étoit décidé chez
fes promefles : caril lefprit & le tempémoi quele coeur,
d'accord,
rament ne feroient refteroit jamais toujours
& que cc dernier deux autres.
vainqueur des
devoit nons
Enfin le Brigantin qui armé, on
accompagner fe trouvant Giv --- Page 172 ---
fixa notre
Eisap
pour donnerle départ au vingt-ix
de la
tems à M. Te
Mars 2
fion d'eau Sauffaye & de rachever Chevalier fa
çoit tàlui
de bois qui
provi.
- Dans manquer.
commende
cet intervalle, arriva
Chanry, qui venoit faire
M.
mercinens fut tresbien à M. le Général, fes reavoit
reçu; il me confia dont il
dans M, remarqué de
beaticoup de froid qu'il
remis la lettre Poincy, 5 loriqu'il lui avoit
fa foeur ;
que j'avois addreffée à
recevoir duone cependant jours
il l'avoit fait
fuire il lui avoit dit après, & qu'enhéureux d'avoir
qu'il éfoir fort
ami que moiyqu'il trouvé un auffi bon
confervers mais Iniconfeillit de me
concevoir
quel miracle qu'il ne pouvoit
T'emporter Rar toutes lès
javois
conidération qui avoient perionnes 8e
faveur de fon Concurrent. follicité en:
Comme- je
Chanzy à
craignois
M. de
avec sappercutde mon
n'en: Mademoitelle de V
ENS
badinât devant fa & qu'il
extrêmement réfervé avec fceur, je fus
Tui, totites les fois
elle devant
trouvâmes enfemble. que Jc nous nous
profitai du --- Page 173 ---
1a531
reftoient juf:
pen de jours qui.nous
lui
qu'à celui de notre départ., pour politous-les amtfemens
GE Je fis enfuite mes adieuxs.
le vingt
Na
nous nous embarquâmes heures après
Mars, vers les quatre
&. fmcs
midi; : nous appareilismes oit nous
route pour la Guadeloupe;
arrivâmes le lendemain matin. del'ACette Hle eft une des Antilles
enmérique feptentrionale 5 # elle a eft
viron foixante lieues-de circuit, 5 &
diftante des Iles de Marietrès-peu Galante, de la Défirade, de Mont
Serrat & de la Dominique. Une riviere: quife rend à la, mer, la partage
en deux parties, dont l'une fe nomme
la Guadeloupe, oùt il y a un Fort, réfidence du Gouverneur. , qui de mon
temsi, fe nommoit M.de-Poyer. L'au-."
tre partie fe nomme la d'étendue Grand-Terres, que la
parce qu'elle mais.elle a plus eft mojns habitécs a
premiere ; Préfidial
reffortit auiLya a un
de qui la Martinique
Confeil Supérieur Couvens, occupés par des,
&c.quatre Jéfuites, des Jacobins, des Carmes &
des Capucins, qui deffervent toutes
les Paroiffes de la dépendance de cette
Giy
-Poyer. L'au-."
tre partie fe nomme la d'étendue Grand-Terres, que la
parce qu'elle mais.elle a plus eft mojns habitécs a
premiere ; Préfidial
reffortit auiLya a un
de qui la Martinique
Confeil Supérieur Couvens, occupés par des,
&c.quatre Jéfuites, des Jacobins, des Carmes &
des Capucins, qui deffervent toutes
les Paroiffes de la dépendance de cette
Giy --- Page 174 ---
Ifle & des voifines. (:54] a
riffée de
Elle eft fort hé.
fucre, montasnes, très-fertile en
cardemon enindigo, temsil & fur-tout en coton;
de caffé: le gibier n'yavoit pas encore
dariony voit
y eft affez abondetourterelles & beaticoup de
de ramiers,
un animal
perdri.lly a auffi
me Agouti, quadrupede il eft à 5 que lon nomgroffeur d'un
peu-près de la
tête reffemble lievre, à celle fort agile; fa
oreilles font courtes dun rat, fes
poileft roux &
& rondes, fon
& fans poil, ainfi rude, fa queue courte
derriere; il
que fes jambes de
avec fes pattes
comme Pécureuil
a un
devant
E
goût de venaifon, ; Ha-chair
bonne : P'air eft fort
& eft affez
voit fort pea d
fain, & on y
Il n'y avoir reptiles.
que nous y.
plus de huit jours
quand M. le
a.te
valier de la Saufhye
CheMarquis de
annonça à M. le
reftoit pas Champigny, que s'il ne
il pourroit longtemsala le
Gnadeleupe,
que; c'eft ce qui ramener fit
à la Martininéralle parti,
prendre à ce Gé
au Roi, de
pour épargner des frais
renyoyer fon Brigantin au --- Page 175 ---
- Erssl défarmer, & fe
Fort Royal, pour s'y
rendre enfuite à Marie-Galante:
);
Comme jey n'avois pas beaucoup je fus 1
d'agrémens à la Guadeloupe, alloit
charmé de cet événement de 2 qui Norfoy
Madamé
me rapprocherde
jene l'efpérois :
beaucoup plutôt que
dans cette
je ne fus pas Jongtems fe joite à (on gré de
erreur. Dieu qui ils ne: s'accordent
nos projets, direction quand de fa Providence,
pasavecla donna la frayeur d'un péril dont
nous
que par un miranous n'échappâmes des ordres de M.
cle. En conléquence
nous nous
le Marquis de Champigny, , fur, les trois
embarquamesle huit Avril
heures après midi, nous Fort appareillà- Royal.
mes & fimes voile pourle mieux dire
Trop de fécurité , ou pour condamnable
de négligence, tonjours leur fit oublier de
dans des Officiers., des foldats, à fur &
retirer les.armes s'embarquoient pour
à mefure qu'ils dans les coftres deflinés
les enfermer
à ceteffet.
d'une heure
Il n'y avoit pas plus
quand
que nous. étions embarqués: fur le. Gallare,je
en me promenant monter avec précipitavis un Négre,
Gv)
de fécurité , ou pour condamnable
de négligence, tonjours leur fit oublier de
dans des Officiers., des foldats, à fur &
retirer les.armes s'embarquoient pour
à mefure qu'ils dans les coftres deflinés
les enfermer
à ceteffet.
d'une heure
Il n'y avoit pas plus
quand
que nous. étions embarqués: fur le. Gallare,je
en me promenant monter avec précipitavis un Négre,
Gv) --- Page 176 ---
tion de
13j61
joindre avec l'entropont oùr il étoit,
Longvilliers, un air effrayé M. de &à
Brigantin; il lui qui rendit commandoit notre
complot qu'il avoit
compte d'un
qu'on s'en fut
entendtr, 3 fans
tramé entré un nommé appérçu, qui s'étoit
Sergent François, & Saine-Maric,
honack, Sergent
un nommé Biavoient fçui
Suiffe, quitous deux
leurs Détachemens corrompre les foldats de
avis. d'ouverts; le llya avoir eu deux
faifir de tous les premier étoit de fe
de, nous
Officiers & paffagers,
poupe, cnfermerdans dont la
la chambre de
par. deux
porte feroit gardée
nette au bout radioangrese di
la' bayon.
dre le Pilote de fufil,& de contrain.
Thomas, une des faire Mfles route pour S.
T'âmérique
Antilles de
nante aux Danois, feptentrionale, appartegrader, & nous laifer pour s'y faire dé.
notre deftination. S'ils enfuite aller à
nusà cet avis, ils auroient s'en fuffent tefait,, 8c On ne les auroit
très-bien
dus, mais un nommé
jamais ven.
zifien, homme féditicux Dubamel, Patifiqui n'avoit
& vindicaques coups de pas canne encore oublié queljuftement méri- --- Page 177 ---
avoit nouvellements reçus
tès, M. &cquil du Jarrier de la Chaflagne, node
de s'en vanger,
tre Aide Malor.refolut falloit tout tuer , alex
& opina da quil Pilote & des Matelots, à
ception qui ils en feroient autant, loriquils que ne
auroient mouillé; de façon donner la
reftant plus perfonne, défertion, , pour on nous
nouvelle de leur
enfevelis
croiroit: indubitablement Saccommode
dans les flots; qu'ils
&
roient enfuite de notre. dépouille, de fedéfaire
feroit très-facile
quilleur bâtiment, dont ils partagede notre entr'eux le produit. Comme
roient
deux foldats qui
pendant ce complot, des écoutilles pour prenétoient près
paffoit, apperçudregarde àce quife
& quils
rent l'émotion de ce Négre,
eraignirent d'être atconvensilisavers leurs camarades
tirent dans linftant évantée, 8 crierent
que la mine étoit aux armes... aux artous enfemble', fen... tue... tue.. L'effet
mes... fèu...
& on fit fur nous une
fuivit de près, de plus de quarante coupsdécharge dont, M. du Jarrier de la
de fufl,-d
une balle dans l'é
Chaflagne reçut de vingt çoups de
panlc, & plus
'être atconvensilisavers leurs camarades
tirent dans linftant évantée, 8 crierent
que la mine étoit aux armes... aux artous enfemble', fen... tue... tue.. L'effet
mes... fèu...
& on fit fur nous une
fuivit de près, de plus de quarante coupsdécharge dont, M. du Jarrier de la
de fufl,-d
une balle dans l'é
Chaflagne reçut de vingt çoups de
panlc, & plus --- Page 178 ---
bayonnette
[ss8]
tent expirer dans fur le le ventre qui le fitrézat, Officier
champ. M. de Mef.
balle dans
Suifle, reçut auffi une
mon
Tefiomsc, moi une dans
chapean,c une autre
S: m'eifleurer M.
la
qui ne fit
de
cuiffest un des
qui avoit Champieny, obtenu
nommé garla
Bezy ,
Cenéral, de fa de venir affifter permifion de ce
femme, eut toute aux couches
emportées dont
& comme
la cervelle
i
j'ai parlé
ce
tre
plus haut, Duhamel,
releva Commaniafts fon
un autre ajuftoit foldat no.
ne tuons fufil, en difant :
lui
nous a pas notre
morbleu
jamais fait Capitahne, de
il ne
- lexcepter. rent
Plufieurs
mal, il faut
alui, de
autres fe
en prenant fon forte que ce
joigninon, & laiffant fufil par le bout féditienx, du
croffe fur le
tomber de
caperça la
Pont, il fe détendit rage & la e
qui lui fit paulme dire dela main
lui
en
droite 5 ce
tier, Oul ne tuer jurant, ilfalloit tout
tepentirons certainement perfonne : nous nous
compaffion; c'eft
de notre
eut pour ce ofedivement à celle
aimé
2r
du foldat, Capitsine, quiétoit
redevables de la vie que nous fimes
2 & CUx de la --- Page 179 ---
11591 fureur s'étant
perte de 'Ta leur. Leur
de nous
ralentie 2 ils fe contenterent Notre Chigarder dans nos chambres. les bleffés 5 aururgien Major panfa Les feulles viéticuns ne moururent. révolte, furent PAide
mes de cette
dont les déMajor & le fieur Bezy, des foldats, &
pouilles furentla proie S. Thomas,ol.
nous fimes route le pour dix-huit Avril.
nous mouillâmes notre arrivée, ces
Auflitôt après. defcendirent à terre, &
Déferteurs
faire leur
furent, felon la coutume, du Fort;
déclaration au Gouverneur à les y fuivre,
nous ne tardâmes pas rendu compte de
& après lni avoir
nous le priâtout ce quis'étoit rendre paffé, ces hommes,
mes de nous
attendu, nous ditqu'il nous Thomas refula, étoit une Mleneuque S.
/ il, oùt tous les Déferteurs étoient
tre,
& qu'un de fes prédés
bien. venus, avoit en la tête tranchée,
ceffeurs avoir rendu quatre. Nous
pour enquele cas
eûmes beau lni-obferver étoit bien difiérent, en
oùt tous,étions
n'étoient
ce que ceux - dont Déferteurs,an il parloit
lien
que. de Gimples
à cette quaque les nôtres ajoutoient
S.
/ il, oùt tous les Déferteurs étoient
tre,
& qu'un de fes prédés
bien. venus, avoit en la tête tranchée,
ceffeurs avoir rendu quatre. Nous
pour enquele cas
eûmes beau lni-obferver étoit bien difiérent, en
oùt tous,étions
n'étoient
ce que ceux - dont Déferteurs,an il parloit
lien
que. de Gimples
à cette quaque les nôtres ajoutoient --- Page 180 ---
lité celles
[1601
puifquils avoienr d'aflaffins & de
effets de ceux qu'ils pris l'argent voleurs; & les
à éroit de contre tour droit avoient rnés; qu'il
torifer pareils le vice gens; & dedonneratylid que c'étoit
mer, Nous ne- plutôr que de le répri- auGonvermeure rien plimes obrenir de ce
tous qui'il nous promit de autrerchofe, les
finon.
des en prifon, jufqu'a faire mettre
ptincipaux membres Tarrivée d'un
doit Suprème de Copentamue, du Confeil
le fait, Bircstumate qu'il
qu'il lui quilattenferoit même expoferoit
ranfons, & qu'il
valoir nos
quence de fa décifion, agiroit en confémoyen, quil
il mettroit à
que par. ce
til ne fe laffoit
couvert fa tête,
Il nous en riant, de porter pas encore, far fes ajoutamain, oi invita il à.diner pour le épaules
nous remit une nous régala au mieux. lendea il
de
lettre pourile
tout Champieny. de.fuitè
Nous
Marquis
mes & fimes à bord snous retournâmes
Oi nous
voile pourles Fort appareilla.
Du plus arrivames loin
le trente., Royal,
nous apperçut, il que M. le Général
diable
nous cria, & d'oir
ventoyous, je vous.ai cru la --- Page 181 ---
[1611
des requins : il ya trois femaiproie
devriez êtresici. Il eft
nes que vous
tout de fuite M.
vrai, lui répondit quilni fit le récit de
de Longvilliers.
& lui remit
notre cruelle catafirophe,
de S.
la lettre de M. le Gouverneur fit à
Thomas, que M. de Champigny lavoir lue, il
Vinftant tradtire. Après
devint furieux dui refus de ce Gouver- ou
neur, jura qu'il en auroit raifon, le Comqu'il y. perdroit la vie, tança d'avoir
mandant de notre Brigantin, faire ferde ne pas
eu Timprudence
lui
rer les armes avant d'uppareiller, beaucoup
ordonna les arrêts, 2 plaignit de la Chaffale fort de M. du Jarrier des braves & des
gne, qui étoit un de la Colonie, 8
meilleurs Officiers
dont il
le pauvre Bezy 2 fon femme garde,
la
chercher la
pour
envoya comme elle n'étoit pas à
confoler; aife, il lui affura une penfion de
fon
reverfible fur fon fils. .
cent
ordre en même tems que
Il
naSaace
Ton armât en guerre un des gros le comvires du Port, dont il donna Major
mandement à M: de Karny,
Général des troupes de-1 la Colonie, 2
beancoup de confiances
en quiilavoit
2 fon femme garde,
la
chercher la
pour
envoya comme elle n'étoit pas à
confoler; aife, il lui affura une penfion de
fon
reverfible fur fon fils. .
cent
ordre en même tems que
Il
naSaace
Ton armât en guerre un des gros le comvires du Port, dont il donna Major
mandement à M: de Karny,
Général des troupes de-1 la Colonie, 2
beancoup de confiances
en quiilavoit --- Page 182 ---
il lai remit
[16s)
verneur de S. une leitre pour le Gous
par cette lettre Thomas. Ille
remettre nos
au nom du fommoit
de refus so il
& Roi, aur de
cas
Hienteumne
Karny mis avoit ardre linftruifon de
que M: de
2 tous les vaiffeaux traiter en ennequ'il pourroit
de fa nation,
rendroit re/ponfable sencontrer, & qu'il le s
hoftilités qui en
de toutes les
Cette
réfulteroient,
pris à mon ambafade, à ce quej jai
poflible; ; & Tetour, en moins eut tout le fuccès apnes, M. de Karny fut de trois femai.
quatre-vingt les
feize de nos de retours avec.
pital quatre de anitres étant Défetteurse
lIlle S.
morts à P'H64
enchainés deux à Thomas; ils
bua de même deux, onles étoient diftriFort. Leur affaire dans fit les cachots du
te, les Confeils de bientôt
&
Guerre innftruiSuift, fe tinrent
Français
jours, & ces
pendant quatre
peine due à leur malheurenx crinre. reçurent la
tivant étoit 2 que
Tappris en arà la veille Mademoifelle de
de V
ment fort
faire un établiffes
d'un des principaux nvanrageuxs avec le fils
Trinité, qui éroit habitans de la
tresniche, ce --- Page 183 ---
[163]
qu'elle me confirma dans la premiere mouvifite queje lui fis ; mon premier
vement fut de la taxer dinconftanee. ditielle:
Que vous êtes injufte, eft le me fort d'une
Igores-vous quel
d'avoir des
fille, qui, à moins que
fe foufprétexies plamibles , ne peut
à fes
traire à la foumifion quelledoit fuis
ri-
; d'ailleurs,je ne
pas &
L je trouve'un très-bon parti, le peu de
il faudroit quejeulle perdu m'a départi,
bon fens que la nature vues de ma fapour me refufer aux
au furplus 2
mille; rien n'empêche, amis ; je vous
que nous ne foyons avec. le plus grand
verrai.toujours du monde. Je fentis la force
plailir de ces raifons, & je n'y! répliquai HEt
un mot, je fus encorelaicndre les fept à huit
ques vifites reftai pendant aui Fort Royal.
jours que je
étant défarEnfin notre Brigantin de M. le Général,
mé, je pris remit congé une lettre pour M.de
qui me
M. de PréPoincy, une autre.pour
pont, & une de fecommandation Goupour M. de la Roche-Allard., Je
verneur Général de S. Domingue. heum'embarquai le huit Mai, à fept
icndre les fept à huit
ques vifites reftai pendant aui Fort Royal.
jours que je
étant défarEnfin notre Brigantin de M. le Général,
mé, je pris remit congé une lettre pour M.de
qui me
M. de PréPoincy, une autre.pour
pont, & une de fecommandation Goupour M. de la Roche-Allard., Je
verneur Général de S. Domingue. heum'embarquai le huit Mai, à fept --- Page 184 ---
tes du matin, -(164).
lante, le
Farrivai à Marie-Ga.
foir, &je lendemain fus mouiller à fix heures du
bareanx de M. de Prépont. entre les deux
à Ayant fçu que cet
dans Bodaun de fes
Armateur étoit
Tinfant; il- n'eft onenusTyp paffai
d'exprimer me
la joie qu'il guercs polible
fit. Je vit, le ni toutes les amitiés eut quand il
qui inous étoit trouvai informé de qu'il tout me
nous avions arrivé, du danger ce
tour du Fort couru, & de notre que requ'il avoir reçue Royal; la
par une lettre
de gu'il lavoit été en. infruire rveillesi me dit
eu Chanzy & de
Mefiames
toutes les peines Norloy, du 2 quilavoit
perluader, &
mondeàl les
roient vivant, qu'elles ne me croiYerroient..
que
113t5 J loriqu'elles me
étoit Hmapprit aller aufi que Mde
Louis,
pafler fix
Poincy
de
difant d'environ femainesa deux
S.
lait Maecaliantn d'Aneilfe
pour. y
lieues
tion quil
: que dans la prendre le
nrur,. il avoit avoit eue avec Ce conyerfa. Gouver.
tres-piqué de la remarqué qu'il étoit
avoit donnée à M, préference de
que Fon
Chanzy, fur --- Page 185 ---
E165 1 -
à fe
M. de Pindré, qu'il n'étoit pas m'avoit
repentir de la lettre n'auroit qu'il jamais
donnée ; mais qu'il
a
s'imaginer que M. de Champigny moi,
eu autant de foibleffe pour à m'ouvrir
Voilà ce qui. commença. fois., fur
les yeux, pour la preniere je m'applaule compte des hommes;
de la conduite que Jadis beaucoup cette occafion, & je
vois tenue en
affez,
bien dem'obferver
me propofai pour ne me pas laiffer duà l'avenir 2
Je me déterper par néanmoins les apparences: à prier M. de Chanminai lorique je le verrois, 2 de me prè
zy, 2
aller à S. Louis,
ter fon cheval, pour la lettre que M.
porter à M. de Poincy m'avoit remife pour
de Champigny fans entrer dans aucune
lui, 8 que je lui ferois mes remétexplication, comme frje lui-étois effeéticimens,
de la place que M, de
vement obligé obtenue,
Chanzy avoit
le refte de la foirée ,
Nous paflâmes & moi,a nous entreM. de Prépont
& de notre protenir de nos affaires, il me dit que la carchain voyage ;
de ces deux
gaifon, & les provifions faites, qu'à peu de
.bateaux étoient
aucune
lui, 8 que je lui ferois mes remétexplication, comme frje lui-étois effeéticimens,
de la place que M, de
vement obligé obtenue,
Chanzy avoit
le refte de la foirée ,
Nous paflâmes & moi,a nous entreM. de Prépont
& de notre protenir de nos affaires, il me dit que la carchain voyage ;
de ces deux
gaifon, & les provifions faites, qu'à peu de
.bateaux étoient --- Page 186 ---
chofe
[166 1
mmarchandifes près ifcomptoit avoir affez de
Brigantin, & qu'à pour la charge de fon
événement contraire', moins de quelque
état de partir fous
nous ferions en
Comme j'étois quaizaine.
gué, je fus me
extrêmement fatimain matin, coticher, & le lendePrépont s'ilne ayant demandé à M. de
tôt à terre, il me defcendroit dit
pas bienvoulois, que je pouvois prendre que le non, mais
impatience pour m'y rendre, canot; fi je.
avoit des étoit fort à fa place; que mon
pourroit me affaires, que: d'ailleurs qu'il il
droit diner avec géner; mais qu'il vienoffres, écpartis tous nous, de Facceptai fcs
Auffitôr
fuite,
me vit, car que ce fut Madame elle
de
la
qui
Notloy
qui premiere, fut
elle fit un cri m'apperçut de
& vint à entenda de toute la iuprife
moi, Je toutes jambes audevant maifon,
reffes furent peux bien dire que mes' de
les fiennes. M. ce jour là
cafurvinrent
& Madame prévenues de
Par.
paffai
dans le moment, Chanzy &
uns & fucefivement des
dans les bras des je
n3 plus de trois autres, à
pendantfefpace de
quatre-minates Javois --- Page 187 ---
[167)
tant de chofes à dire, on avoit tant
de queftions à me faire, ? que. nous
parlions tous enfemble,8 jamais on
naturellement les propos
ne joua plus
interrompus. Le calme luceedaentin,
à nous en-
& nous commençâmes dans le fallon,
tendre. Nous paflames
de
ou l'on me ft déjenner; on exigea
moi le récit de mon avanture ; i'y
fatisfis, on me répéta en même tems dit
tout ce que M. del Prépont m'avoit
au fujet de M. de Poincy, & on n'oublia pas les remercimens, de la lieu fincé. de
rité defquels
n'avois aucun
douter. Ah ! F P'on connoiffoit la VOlupté qu'il a de recevoir les épanchemens des ame reconnoifante,
on feroit en vérité bien plus même porté
qu'on ne Peft à obliger, dût-on imille
avoir la certitude de rencontrer
ingrats contre un qui ne le feroit pas; dans
mais qu'il eft peu de perfonnes réfervé
le cas.de favourer ceplaifir; IUn amour
aux feuls coeurs vertueux
rend les
de foi-même, mal entendu,
leurs
hommes durs & féroces envers
femblables. Je demandai à M. de Chanzy fon
cheval pour l'après diner, afin d'aller
'on ne Peft à obliger, dût-on imille
avoir la certitude de rencontrer
ingrats contre un qui ne le feroit pas; dans
mais qu'il eft peu de perfonnes réfervé
le cas.de favourer ceplaifir; IUn amour
aux feuls coeurs vertueux
rend les
de foi-même, mal entendu,
leurs
hommes durs & féroces envers
femblables. Je demandai à M. de Chanzy fon
cheval pour l'après diner, afin d'aller --- Page 188 ---
rendre la lettre 1168]
de Poincy; mais que Tavois pour M,
que ces Dames, qui 1sy oppola ainfi
feroit tems d'y aller me dirent qu'il
matin pour revenir
le lendemain
terois par ce
le-foirss
du jour, & moyen la grande quejévi. chaNégre pour me qu'on me donneroit un
ner. J'eus beau conduire & me ramerendre.
inffter, il fallut me
Parle plaifr
me voir, je enie bien Ton témeignoir à
quitterojr pas de la que l'on ne me
ne me feroit gueres journée, &
aucun particulier
poffible d'avoir qu'il .
Norloy, Què de chofes avec Madame de
n'avoisje tems
pas à lui dire, cependant
Mes gue nous ne nous
depuis le
yeux
étions vus !
patience, 2
u.manifefoier les fiens m'en
mon' imroient autant; mais i étoit
annongoient
de
ce jour-la les feuls décidé qu'ils fenos fentimens.
interprètes
M, de'
vint diner Prépont me tint
avec nous.
parole, &
pas., Madame de
Surla fin du repere, Monficur, Chanzy lui dit, j'efne pouvant coucher que M. le Chevalier
ment, voudra bien
au Gouverne.
accepter unlitici,
& --- Page 189 ---
[:69] très-peu de tems
& que n'ayant il que ne refufera pas de
à 1e_pofeder,
M. de Prépont
nous faire ce plaifir.
je confulacquiefça à la propofition: chere Vidoire, jy
tailes yeux de ma
fon confentelus avec fatisfadion donnaile mien.
ment, & iy
malheureufe avanComme notre dans toute lIle,
ture avoit tranipiré informé dans la
& qu'on étoit arrivéc déjà , nous eûmes dans
ville.de mon
vifile cours de Taprès-diné pluficurs
à
tes de gens curieux & importuns, plufieurs
qui il fallut ren recommencer j'eus d'afois le détail. Le dépit que la journée me
voir été contrarié mal toute de tête ; on me
donna un grand tour de Savanne. , je l'acpropola un
le faire comme à
ceptai ; je comptois Madame de Norfoy
mon ordinaire,
M. & Madame
& moi, 1
point du tout,
de Chanzy nous R accompagnerents générale, & la
la converlation très-courte. Je ne voulus
promenade & fus me coucher de
pas fouper., heure. Le jour fuivant, 2 M. de
bonne
sétoit apperçu de l'huChanzy qui m'avoit occafionné les dif:
meur que
que nous avions
férentes compagnies
H%
Part. I.
Madame de Norfoy
mon ordinaire,
M. & Madame
& moi, 1
point du tout,
de Chanzy nous R accompagnerents générale, & la
la converlation très-courte. Je ne voulus
promenade & fus me coucher de
pas fouper., heure. Le jour fuivant, 2 M. de
bonne
sétoit apperçu de l'huChanzy qui m'avoit occafionné les dif:
meur que
que nous avions
férentes compagnies
H%
Part. I. --- Page 190 ---
eu la veille, T 170] ]
propofa d'aller vint me trouver, & me
main à fon habitation, avec lui le furlende:
Je quelques lui
jours à Fabri des pour y Paffer
répondis
mais à condition quejele nrtienr
ces
roient de la
que
Dames. bien; fcne feroit pas Partie, qu'autrement ce
pour moi 3 quie répondre de leur à leurs bontés
gnie; qu'en
fauffer compafaire feeller fon attendant, je le priois de
ner un Négre cheval, &odemedon.
M. de Poincy. pour Il fut me conduire chez
en
donner fes ordres
je defcendis conféquence, , & un inftant
déjà ces
dans le fallon oi. étoient après,
d'être de-la Dames, qui me promirent
m'avoit
partie
M. de
&
propofée. jes montai Chanzy
furles partis pour S. Louis, oùi cheval,
Je me neufheures fis
du matin. j'arrivai
neur , à guije annoncer remis la à ce Gouver.
Général. Je le remerciai lettre de M. le /
faire ouvért de ce gu'il avoit avéc'un air
à ma connidération bien voul
Chanayecje Paffurai
pour M. de
yeroistomnema vie
quej'en confer.
Icrut égale au fervice qu'il uncreconnoifatee m'avoit
que je n'avois été informé rendu. de --- Page 191 ---
[1711
me fit
rien, prit le change au à mieux, diner; &m'amille amities,minvita comme il fe trouvoit très-"
que fon lait, il étoit réfolu de le
Ei bien
lè refte du mois,
continuer tout
f
contequemment il ne retourneroit
Maric'Galante que dans les premicrs
jours de Juin, &
felon toute dans ap- ce
nous REdEeL partis
parence, tems; il me fouhaita un bon voyages
je pris, congé de un.imembratiyl & retournai à Mamontai à cheval, ohfarrivai à huit heurie. Galante,
res. trouvai M. de Prépont avec ces
Je
m'attendoient pour le
Dames, qui
moins avec autant d'impatience de les
avois moi-même
ELT
Jen rendis compte du fuccès de mon
leur
à
voyage. 8 de mes remercimens s'amuferent
M. de Poincy; dont ils
me dit
beaucoup. Madame de Norloy abfence, elle
enfuite
pendant d'aller, mona avec M. &
avoit atrt la partie
diner le lende:
Madame de Chanzy,
de M. de
main à bord du Brigantin avoit invitées :
Prépont, qui les en n'avoit rien voulu
que cependant fans favoir on fi cela me feroit
décider,
Hij
8 de mes remercimens s'amuferent
M. de Poincy; dont ils
me dit
beaucoup. Madame de Norloy abfence, elle
enfuite
pendant d'aller, mona avec M. &
avoit atrt la partie
diner le lende:
Madame de Chanzy,
de M. de
main à bord du Brigantin avoit invitées :
Prépont, qui les en n'avoit rien voulu
que cependant fans favoir on fi cela me feroit
décider,
Hij --- Page 192 ---
[373]
plaifir,Je
tois volontiers; larrépondis
i'y confens
donneroit fa 2 aux sire qu'il
deux ou trois parole , de venir
bitation de M, jours de avec nous, à paffer Phaque ces Dames, furent Chanzy de , qui, ainfi
atiquel M. de
mon avis,
de fonferire, Prépont fe vit obligé
que l'on remit pourvu, notre
nous ditil,
d'après celui qui avoit a départ eté
au jour.
y. confentimes tous,
fixé; nous
Nous nous
main, >-fur les embarqu@mes onze heures, le lendecanot, qui étoit
dans fon
lequel il-avoit fait fort'orné, & dans
pour nous garantir mettre du
une ténte
flimes reçus à bord au foleil; nous
fon Artillerie, le
bruit de toute
magnifiques & des: repas fut des plus
il dura jufqu'a huit plus longs, car
retournâmes à terre. heures, que nous
Je profitai d'un inftant
trouvai feul avec Madame oà je me
pour me plaindre de la
de Norloy
nous
contrainte où
vée, vivions, il ne m'avoit que depuis mon arrivoir une conférence pas été poffible d'alui témoigner toutela avec Elley pour
amour, & apprendre vivacité de mon
d'elle ce que --- Page 193 ---
[:731 m'avoit écrite à
par la lettre qu'elle s'étoit réfervée de
la Maninique, 2 de elle vive voix; elle. m'ame témoigner ferrant la main, & en
voua en me
en fouffroit autant
foupirant, qu'elle nous nous, en déque moi; mais que Thabitation de fon
dommagerions à
de beaucoup
frere, ou nous jovirions la ville.
plus de liberté qu'à matin, M. de Chanzy
Le lendemain
& nous propartit pour fa campagne, fuivant à notre
mit de venir le jour eûmes dans l'aprèsrencontre. Nous fortions de table,
midi, comme nous Ofliciers de la Garla vifite de deux trouva un que javois
nifon; il s'en
& qui ne veconnu au Fort Royal, à Maric-Galante
noit que d'arriver un Lientenant qui
poury remplacer
Comme je
y-étoit mort depuis peu. M. de Prén'avois vu de la journée eut promis la
pont, quoiquil venir nous diner avec nous, je
veille de Paller joindre à fon bord;
fortis pour
qu'il defcenje le trouvai au moment il prévint tous mes
doit de fon canot : difant qu'il avoit
reproches, 9 en me la matinée à faire
été occupé toute balles de coton; qu'al
charger des
Hij
remplacer
Comme je
y-étoit mort depuis peu. M. de Prén'avois vu de la journée eut promis la
pont, quoiquil venir nous diner avec nous, je
veille de Paller joindre à fon bord;
fortis pour
qu'il defcenje le trouvai au moment il prévint tous mes
doit de fon canot : difant qu'il avoit
reproches, 9 en me la matinée à faire
été occupé toute balles de coton; qu'al
charger des
Hij --- Page 194 ---
avoit à
[174]
mais qu'il peine fe eu le tems de diner;
fer le refle de propofoit la
bien de paf-
& dy fouper; je journée avec nous,
chez ces Dames, d'oi retournai avec lui
ciers étoient déjà
ces deux Ofien entrant un
fortis, Je
péu
remarquai
vifage de Madame de d'altération fur le
vois à quoi
Norfoy,jenefa
prit elle-même Tasribuers, la
quand elle
d'embarras en me peine de me tirer
grand. Ilfaut convenir Jettant dansun plus
lier, me ditelle,
M. le Chevamylicrieux envers que vous êtcs bien
vous de la part
vos amis; doutez.
ce qui vous
que nous prenons à
Tavanture que arrive, vous pour noas céler
Royal? Elle ne peut avez eu au Fort
égards, que vous faire cependant à tous
docmapparemmenteier honneur. Vous
de: donner en cela une nouvelle bienalfedenous
votre modeflie, fi
preuve
s'il gens de votre âge, afin rare. dans les
étoit pofible,
dangmenters
avions déjà pour l'efime que nous
fuite elle répéta vous;: & tout de
Suidle, & de
Thiftoire de mon
eny ajoutant Mademoilelle de
de V***
malgmquinetcient Petites circonflances
que trop yraies, --- Page 195 ---
[1751
&cauivquelles. felon toute apparenta
avoit donné lieu T'Officier qui
ce, luien avoit fait le rapport.
Je ne favois, en vérité 9 comment m'avime tirer de ce pas 2 quand affurance je
fai, en la ragardant Tavanture avec
dont
de lui dire : Madame, mériterf peu
vous meparlez m'a paru
m'eft
votre attention, qu'il ne
pas
daus l'efprit de vous en faire.
venu
dit :
part ; Jignore ce que. ron-vous-a fait de
mais voilà M. de Prépont qui
fource comme la chofe s'eft paflée,
elle eft toute des plus Gimples, & ne
pent-être dans le cas du commentaire : mais afin.que ma préfence.ne dans le
gêne pas notre ami commun,
je -
récit que-je le prie. de vous. faire, d'heures
vaisvonslaniferieulse un quart
Madame. 7 que ce n'eit
vous verrez,
de confiance que je
pas par un défaut
ne mérite aucume fuis tu, & que je
vous me
nement les reprochés que
faites au nom.del la compagnie: rêver aux
Je fortis en effct, pour
Ton
moyens de parer le coup a que bout
m'avoit porté, & je rentrai rau
d'une demi - heure. Venez M. le Che:
valier, me dit Madame de Chanzy 5
Hiv
Madame. 7 que ce n'eit
vous verrez,
de confiance que je
pas par un défaut
ne mérite aucume fuis tu, & que je
vous me
nement les reprochés que
faites au nom.del la compagnie: rêver aux
Je fortis en effct, pour
Ton
moyens de parer le coup a que bout
m'avoit porté, & je rentrai rau
d'une demi - heure. Venez M. le Che:
valier, me dit Madame de Chanzy 5
Hiv --- Page 196 ---
que nous vous [176]
Prépont vient de emnbralfons M: de
tre hifloire avec toute nous raconter vonous lui
la fincérité
mêlé de connoifons, & il
que.
ficier. méchant,
. n'y a rien
Je me rendis comme à
a fait TOE
une
:
sudagneabie Madame
mais quand invitation
de
je" vins à
avec laquelle Norfoy elle
2 lindifcrence
quie trop connoitre me reçut ne me fit
roficier lui avoit
le propos de
fation, , que M; de ait une telle fen.
faifi. pu parvenira la diftuader; Prépont n'avoit
gu'il me
un.
j'en fis fi
univerlel, fievre"
qui Et fuivi tremblement d'un
il' qui m'obligea de
accès de
cher; dui
me dura jufqu'a m'aller couhuit. matin,
je
deux heures
Un iadin m'endormis
vis arriver
après mon réveil, julqu'à
me dit les larmes Madame de
je
prenant
aux Nonoy, qui
fiennes une de mes yeux , en me
tat oùt : jugez mon cher mains ami, dans les
vous me
parl'é.
que me caufe celui voyez, oh
du chagrin
hier; quoique
je vous ai mis
du rapport de perfuadée M. de
de la vétité
voulu vous laifer en Prépont , jai
façon de penfer; voilà le fufpens fur ma
motifde l'air --- Page 197 ---
[ 177 1
froid que vous avez apperçu en le moi, fond
mais iln'étoit que feint, & dans
été
du coeur,je vous rendois jufficcilai pour
affez punie de ma difimulation, m'en fauriez
me flatter que vous Rétabliffez-vous ne
aucun mauvais gré. jouir de la"
promptemenr. pour réfolu de vous RE
ration que êtes Tai bonne, mon adorable
Que Vigtoire! vous lui dis-je, en me jettant fur
baifai mille
une de fes mains, que accident, je
f, en
fois : je bénis mon
vous êtes
ceffant de vous afliger, & del la finconvaincue de ma fidélité
vous.
cérité de mes fentimens pour de voJe ne vous demande pour de gage me donner
tre tendre rétour, que baifer d'aufi bon
dans ce moment un
indifféremcoeur que vous avez reçu donnai hier.
ment celui que je vous cette derniere
J'avois à peine achevé tendre amante, me
fyliabe 2 que cette
entre fes bras,
ferrant étroitement
C'eneft fait,
m'en prodigua pluffeurs Vigtoire.je fuis
lui dis je, charmante
de
guéri, rien ne nous empèchera M. votre
partir pour aller attend. rejoindre Jefpere que
frere qui nous
Hv
un
indifféremcoeur que vous avez reçu donnai hier.
ment celui que je vous cette derniere
J'avois à peine achevé tendre amante, me
fyliabe 2 que cette
entre fes bras,
ferrant étroitement
C'eneft fait,
m'en prodigua pluffeurs Vigtoire.je fuis
lui dis je, charmante
de
guéri, rien ne nous empèchera M. votre
partir pour aller attend. rejoindre Jefpere que
frere qui nous
Hv --- Page 198 ---
l'air de la
[178]
m'entretenir campagne, & le plaifir de
veront de rétablir fouventavec vous, acheéntrer à l'inftant M. ma de fanté. Je vis
venoit favoir de mes
Prépont qui
auffi furpris de mon touvelles;i il fut
fubit, qu'il avoir été étonné rétabliflement
indifpoltion
de mon
qu'il ne pourroit imprévue: : il nous dit
mais qu'il nous donnoit nous accompagner fa
:
venir diner avec nous
parole de
Madame de Norloy Telendemain.
aller inftruire fa mere defcendit de nos
pour
tions; ma toilette fur
difpolie
nous ne tardâmes
M. courte, &
& moi, à les
de Prépont
mes ces
nous
ReATeS
Dames dans le falon. rejoignimateur prit congé de
Cer Arà fes atfires; auffitôr nous pour aller
macks furent prêts,
gue nos hadedans, & fuivant nous nous mimes
nous - nous fimcs Tufage du
bitation de M, de porter julgu'a Pet
d'environ uine lieue Chanzy, de
diftante
lante. Nous le trouvâmes Marie-Gachemnin, qui venoit au devant à moitié
nous, qui étoit accompagné d'nn de fes amis, de
compagnie. Lientenant Nous
dans fa nouvelle
nous rendimes fous --- Page 199 ---
[1791
(c'étoit le
ieur efcorte au Charbon oir nous allions.);
nom de Thabitation
charmant,
le coup d'oeil m'en biend'en parur examiner
& je me propolai Vépargnerai cepentous les environs. une deleriptiontrop
dantaux Leéteurs des bâtimens - : je dirai tout
détaillée
avoit une fort belle
fimplement qu'ilya de citronniers &
avenue d'orangers, de cinq cens pas de
de limoniers, de large, qui conduilong fur trente
on
foit à une cour tresipatieule: de la
trouvoit en face un periitille dans le milieu
longueur du Châteaut; veftibule qui le traduquel étoit oit un l'on delcendoit dans
verfoit, par jardin de deux cens perun très-beau au bout duquel étoit
ches quarrées, d'environ deux cens arpens,
un bois à fon extrémité par une perire
terminé
avoit donné le no.n à Thariviere qui
bitation.
toute la
Nous nous promenimes Dames, & M. de
avec
foirée
qui ne me fit
grace du
Chanzy 2
recoin; Bers forte qua
moindre petir me trouvai fi fatizué
notre retour,je facilement la pernifion
jobtins coucher; A pein: étois jc
1 m'aller.
Hvj
arpens,
un bois à fon extrémité par une perire
terminé
avoit donné le no.n à Thariviere qui
bitation.
toute la
Nous nous promenimes Dames, & M. de
avec
foirée
qui ne me fit
grace du
Chanzy 2
recoin; Bers forte qua
moindre petir me trouvai fi fatizué
notre retour,je facilement la pernifion
jobtins coucher; A pein: étois jc
1 m'aller.
Hvj --- Page 200 ---
dans ma chambre, [:80]
Madame
que iy vis entret
fon frere de-Nenoylhe Venoit de lui qui me dit que
m'avoit fait une
avouer qu'il
aurions le
tricherie, que nous
habitantes de lendemain fes
à dîner deux
des plus aimables, voifines, &
qui étoient.
que par rapport à I qui ne venoient
prier deleur rendre moi, afin de me
de M. de
un fervice auprès
Chanzy étoit Champigny; dans
M. de
engager, &
de
Fite.tona
vous recommande elle ajouta en riant; m'y je
à votre cour, qui de dans prendre gardefion pourroit bien faire
cette occacraignez rien, lui dis-je, chap-chut. Ne
adorable
àvoix bafle,
charmé des Vidoire; chaînes mon coeur eft trop
chérit trop fon
qu'il porte, & il
à chercher un autre etclavage.p pour fonger
ment qu'il a
maitre; l'engage.
à vie, il ne pourroit contraée avec. vous eft
perdreau change,
d'ailleurs que
traits, il feront mes confultez vos atdis la main qu'elle garans. Je lui tenbraflai & elle s'en alla, me ferra, je l'emEn paffant le
un coridor. qui lendemain matin dans
rafle par ou On condufoita defcendoit une terdans le --- Page 201 ---
[18:]
touffers
jardin; Pentendis quelquoa c'étoit, j'encurieux de favoir qui étoit au bout;
trai-dans un fallon : Norfoy, nonjy trouvaiMadame couchée fur un litderepos,
chalament livre dans une main , la tête fouteun
Vautre: & le coude appuyé
nue par
oreiller. Qui vous auroit
fur un gros lui dis-je, charmante Viccru levée, Avez -vous été incommodée laiftoire? nuit? Un fichu mal arrangé, effacette
admirable,
foit voirun gorge
léclat E plus
çoit en blancheur, m'approchai, & en nluipres
beauxlisije de fes belles mains, que je
nant une feroit-ilbien poffble,lai dis-jey
baifai:
que vous me laifiaffiez
chere amante,
aufli long
partir pour un voyage faire, fans me ACAC
celui quej je vais
de votre amour;
ner quelques preuves devenoit preffant. Point
& comme je me dit-elle 2 Monfieur,
d'entreprifes, auriez lien de vous en repencar vous Finftant fon livre s'échappa de
tir. A
fa tête tomba fur fon oreilfes mains,
& ferma les yeux:
ler,elle foupira, qu'oublisnt la défenfe
J'étois franimé, de me faire', & ne fonqu'elle venoit fatisfaire ma pafion, je
geant qu'à
preuves devenoit preffant. Point
& comme je me dit-elle 2 Monfieur,
d'entreprifes, auriez lien de vous en repencar vous Finftant fon livre s'échappa de
tir. A
fa tête tomba fur fon oreilfes mains,
& ferma les yeux:
ler,elle foupira, qu'oublisnt la défenfe
J'étois franimé, de me faire', & ne fonqu'elle venoit fatisfaire ma pafion, je
geant qu'à --- Page 202 ---
the précipitai [1831
tendoit
dans fes
pour me faire bras, qu'elle
mabouche fur la
retirer; je collai
nai fur fon fein, je fienne, jela promecharmes ; je touchois parcourus tous fes
delavelepte lorique enfin au centre
auquel je ne m'attendois failant un effort
repouda
& pas, elle me
méraire, wivements arrêtez,
me dit : Téfaire?
que
répondisje, Couromner - mon: prétendez-vous amour,
plutor me adorable Victoire Dites lui.
r-elle, me forcer déshonorer, à
me
hair. Sont-ce-lies vous fuir & répliqua- à vous
d'yavoir m'avez faits P Que je fermens fuis
que vouis
pens bien ajouté de foi! & que malheureule je me
prenez, Monfieur, mon- impridence ! reen. fe radoucifant continust-elile Apjouiffance
un peu,
la
proferite par
gu'une
lieu Religion, de
eft
Thonneur &
refferter les criminelle, 5 &
elle le fait
noeuds de T'amour, qu'au
pris. La foiblefle expirer, & naitre le mé
& que je me que je viens
m'en. garantira reprocherai d'avoir,
elle
de pareilles à longtems,
même, m'apprendra à me défier Tavenir;
une
& à ne pas
de moivertu gui fouvent trop compter far
s'écliple quand. --- Page 203 ---
[48;1 l'on n'évite pas
lecceur
Je & vous que en aifourni une fuis:
les
me
je
EEA
anjourd'hui de
manquer, vous, voilà
donc auffi compable à vous que pardonner,
ce qui m'engage cependant que vous
aux conditions plus rien dorénavant je:
Nestreprendrex m'offenfer; autrement avec.
qui puriffe
entierement
vous jure de rompre vous jamais voir.
vous, & de ne fincere que Tavois
Outre l'amour Norfoy,je Vellimois
pour Madamede mais
com8 la retpectois :
atedeflins fagnorois de ces
bien elle étoit encorea
ordinaires. -
La grandeur dè me
hommages fentimens qu'elle venoit
des
la beauté de fon
faire paroitre. $
A8E
me Tapprirent,
cédé à mon égard, Yétois, ils firent
tout vicieux que
exciterent
écloré en moi le repentir, & me pénétrerent
mon admiration, Je me jettai à fes
jufqu'aux larmes. mestorts, je me
pieds,iel lui avouai de la grace qu'elle
reconnus indigne
elle me la ravenoit de m'accorder; m'embrais, m'ortifia 3 me releva, tout,. & d'en faire
donna d'oublier
elle comptoit en
mon profit comme
fairelefien,
vicieux que
exciterent
écloré en moi le repentir, & me pénétrerent
mon admiration, Je me jettai à fes
jufqu'aux larmes. mestorts, je me
pieds,iel lui avouai de la grace qu'elle
reconnus indigne
elle me la ravenoit de m'accorder; m'embrais, m'ortifia 3 me releva, tout,. & d'en faire
donna d'oublier
elle comptoit en
mon profit comme
fairelefien, --- Page 204 ---
Ilyavoit [384]
fious étions déjà près d'une heure
confeilla de enfemble, me rendre quand elle que me
oli elle ne tarderoit dans le
jen'avois
pas à me jardin,
tours d'allée, efedivement pas fait joindre, deux
Madame de queje la vis venir avec
dernier
Chanzy & fon freré ice
diner une m'annonca des
je verrois à
du
plus
gu'il
3E.5u
feroit
Créoles
put APER aflez
enchanté qu'elle
pour
d'impreffion à
fur
M. de m'engager appuyer auprès moi, de
avoir Champipny à lui
une requéte gu'elle
moyen, je préfenter; me ferois 2 que par ce
amie que la
une nouvelle
cheroit, que reconnoifance cette
m'attajeune & fort aifée; demoifelle étoit
parti m'en prit envie 2 ce feroit gu'au un cas qu'il
Pour moi, Que vous très-bon
féquent, lui
éresinconvouis me
disje, mon cher.
campagne, propofez de venir à votre ami,
pendant
pour nous y
de la
Rmelqesjours débarrafler
ville, & vous
desimpornns
y.en introduire.
étes-le premier à
affez d'expérience Quoique jeune,
amis ne fe
pour favoir que jai les
fep pefent, &il comptent en eft pas, mais qu'is
tre-peu comme --- Page 205 ---
[18;1
aimable faMdc Prépont 8 dans votre le cas de foufmille, qui foient de la balance. Quant au
frir Tépreuve
vous
parti que vous me choix propofez, eft Ht
en remércie; nion
fuis à la VaUe
la vie ; au furplus , je ne dois pas red'un long voyage M. : je de Champigay 2
voir de longtems je fuis peu à portée
confequemment faire en faveur de cette dede rien Sifa demande eft jutte,
moifelle.
en
2.
dUE
va-t-elle la faire perfonne
ne d'un côté & fes charmes del follici- Fauquité feront d'affez puiffans
tre,
fans qu'il foit befoin que je
teurs, m'en mêle, & poura-telle manquer déclare
de réuffir? Pour moi,je vous démarche
je ne veux il faireaucune viendra un tems , oit
f à innet,&
pas. On
peut-être vous n'y perdrez M. de Préannonça dans le moment
C'épont, 8 peu après niece, ces Dames; dont Punefe
toit la tante & la d'Eflingue, &. Faunommoit Madame de Langady. Juf-'
tre Mademoifelle n'avois rien vu qui, en
ques'a 7 je être comparé à Madame
beauté, pnt mais cette Demoilelle
de Norloy:
elle étoit enTéquivaloit au moins ;
net,&
pas. On
peut-être vous n'y perdrez M. de Préannonça dans le moment
C'épont, 8 peu après niece, ces Dames; dont Punefe
toit la tante & la d'Eflingue, &. Faunommoit Madame de Langady. Juf-'
tre Mademoifelle n'avois rien vu qui, en
ques'a 7 je être comparé à Madame
beauté, pnt mais cette Demoilelle
de Norloy:
elle étoit enTéquivaloit au moins ; --- Page 206 ---
tiron du même [186]
faite,
age, grande, biendans Houtesletgricel fa perfonne,
éreient réunies
pénétroit jufgu'aux le fon de fa voix
voir mianquer
coeur, & ne
ineurables.Je d'y faire des
tion en
reffentis une
ofme
la voyant; il
forte émo.
ques foupirs, je fortis m'échappa
me remettre, &
pour tacher
M.
ae
de
maudire à mon
Chanzy, S
aife
repos. Un inftant -
d'avoir troublé mon
Norfoy me Joignit après, Madame de
trer. Que vous êtes pour me faire renje; chere amante, cruelle! lui disà je vous conjure, & ne laiffez-moi me
ici,
détefte adeveniringrat envers vous forcez pas
Dames! votre frere d'avoir invité ; que je
mes de que je crains bien les char- ces
ouplutôr Nademoifetl de
Faime queje me crains Langady 2
votre
moi-mémiel
cette tendre franchife, me répondit
m'efraye moins femme, votre aveu
votre flence, que n'auroit pu faire
avec moi rejoindre raffurez-vous la
, venez
me charge de votre compagnieyje
conditions que je ferai guérifon, aux
dente, ne vous
votre confirien, & laiffez-moi préoccupez Pefprit de
faire. Cette dc- --- Page 207 ---
[:871
fervice de
moifelle doit exiger un moi-mémes
vous,toute la compagnie,
vous y
à elle pour
nous joindrons & je vous aurai, en mon
engager, obligation de ne la pas
particulier, Tavoue que jamais furprife
refufer.
à celle que me donna,
ne fut pareille du procéde B la. géne8i la.beauté
de Norloy. Jufte
rofité de Madame peut-il fe trouver
ciel ! m'écriai-je, d'ame telle que la voune grandeur Vidoire.? Quoi! je
tre,, ma chere
tout CC que vous
ferois capable,apreès moi, de VONS être inavez fait pour chere amante, je ne
fidele.?. abandonnerai Non,
de ma vie pour
vous
Je lui donhai la main, nous
une autre. & fans me quitter Lan- elle
rentrâmes,
de
à Mademerfelle
me préfenta
M.le Chegady à qui - elle dit: Voilà viens de parvalier D" à qui & qui fe fera un
lerde votre affaire, réndre tous les
vrai plaifir de vous dépendront de lui,
bons.ollices # préfent le mettre au
vous
d'obtenir un
fail. FEsE Il
quefion d'environ dix-neuf ardéfrichement
cau Roi,qui
pens de bois Phabitation appattenant de ces Demol
joignoient
fenta
M.le Chegady à qui - elle dit: Voilà viens de parvalier D" à qui & qui fe fera un
lerde votre affaire, réndre tous les
vrai plaifir de vous dépendront de lui,
bons.ollices # préfent le mettre au
vous
d'obtenir un
fail. FEsE Il
quefion d'environ dix-neuf ardéfrichement
cau Roi,qui
pens de bois Phabitation appattenant de ces Demol
joignoient --- Page 208 ---
felles, & qui
& refufé par M. avoit le déjà été demandé
Feuquieres,
Marquis de Pas de
Champigny. Je prédétcefleur lui
de M. de
rois tout ce qui promis
je : fepour l'obliger ; mais Eensln de moi
trouver bon gue je lui je la priai de
fije luidonnois une
obfervalle que
duiroit aucun effet., lettre, elle ne
manquéroit pas de en ce que l'on pro- ne
giftresdes
confulter les remarge de defichemens celui
à faire;
on verroit le
qu'elle demandoit, qu'en
Feuquieres, motifdu qui feroit refus de M. de
ment fuivi. d'un
indmbitable:
comme rien'ne autre 2 au lieu
loit attendre périclitoits fi elle que,
d'E/pagne, mon retour des côtes vCI-
& prélenter moi-méme Jaurois à Thonneur M.
de la
d'appuyer fon
le Général,
doilletrs,
placet, Il y aura
yalle entre ajoutalje, une
plus d'inters
lon vient de
premiere grace
ment, & celle. mlaccordertout PE.das
alors; mes raifons que-je demanderal
tout le
& furent goutées de
Après le monde, diner,
On y
nant congé de 2 ces Dames fouferivit. en
nous, nous inviterent pre- --- Page 209 ---
[:89] d'alier chez elless
pourie jour fuivant de nous rendre,
oh mensleurprominer felon la louable
: On ne tarda pas, les
de faire
coutume de tous:
pays, fur, lesablentomber la converfation dit M. de Chanzy 2:
tes. On ne audeffus peur, de la figure de Marien. voir
elle a auffi
demoifelle de Langadys mais c'eft dombeaucoup d'efprit; fes belles qualités
mage que toutes une infigne coquetfoient ternies par laiffé de faire naitre
teric qui n'a pas
fes adorateurs. Il Y
des accidens parmi
s-traits
nous raconta à ce fujet firent plulieurs connoitre le
d'hiftoires qui me couroit en fe laiflant
danger que de Ton fes charmes; fa tante,
éprepdre
qui fait toutés fes el
continua-tal, tant de foible pour elle,
pérances, a trouve en quelque forte
qu'elle fe dans fa conduite; je vouautorifée drois cependant bien, en saddreflant de la
à moi, que vous conquête entreptilier vous feroit
fixer, 8 cette
de.profit,
aurant d'honneur bien que que vous fouhaiSreen-ble Monficur, lui répon-,
tez à yos amis, pas en ventesene
dis-je, on ne doit àle edevenir. Je vous
preller beaucoup
tant de foible pour elle,
pérances, a trouve en quelque forte
qu'elle fe dans fa conduite; je vouautorifée drois cependant bien, en saddreflant de la
à moi, que vous conquête entreptilier vous feroit
fixer, 8 cette
de.profit,
aurant d'honneur bien que que vous fouhaiSreen-ble Monficur, lui répon-,
tez à yos amis, pas en ventesene
dis-je, on ne doit àle edevenir. Je vous
preller beaucoup --- Page 210 ---
semercie de I 190]
nois, je fuis votre jaloux, confeil; je me conpas d'un. ceil
je ne verrois
rens à quil'on tranquillé feroit
des concurgu'a moi, je
auffi bonne mine
ment des'a affaires m'attirerois infaillible-
-des point envie
ficheufes, & je n'ai
malheureux d'augmenter le nombre
fon char; mais qui font attachés à
qui donnez d'auffi vons, mon cher ami,
d'en femble que vous ne bons feriez avis, il me
eft profiter. Heique
pas A mal
peut-êrre
faiton, il vous
coeur
réfervé de toucher le
n'ai qui fuis Lesenenfentule definé à courir Qhanrà les
moi,
d'autre ambition
mers. 3 je
fortunes la
pour la partager que celle de ma
porter perfonne les dont je me fais enfuite avec
trouvai
chaines.
gloire de
feul avec Lorfque je me
foy : Hé bien me Madame de Norcoeiir fent-il encore dit-elle, votre
botr Miadeniotlelle de quelque chofe
facile convenir à vous que vous Langady? êtes un
Il
quand vous ne ferez laiffer embrafer, Pod
que nc doisje
plus avec.
ma chere
craindre? moi,
ce qui'm'eft Tale lai
Rien,
artivé a plutô: repondiscie été-Teffet J --- Page 211 ---
[s9i ]
d'un amour naiffants
dela furprife Rer fentimens que vous
3 d'ailleurs
feront, toutes
m'avez fait paroitre les
un
les fois queje me
rappellerai, de toute
antidote qui me il eft préfervera bien pofible, &
infidélité: car
aujourd'hut,
j'en ai fait Texpérience en beauté,
de trouver vos pareilles d'en rencontrer qut
mais il eft rare vous, & vous égapenfent comme Mon frere, me dit cette
lent en vertil. femme, en vous peignant
charmante
n'a fait
Mademoifelle de Langady,. confeils
& aux
que me prévenir,
je fuis
a
EE
qu'il vous donnés, Je lui demandaif
faitede fon piriceau.
Elle ne
elle l'étoit aufi de ma réponfe: dir-elle,je m'y
m'a point furprife 2 me
attendois. allâmes' enfuite nous promes
Nous
elle me parla avec
ner dans le bois, de coeur qui m'enune abondance f les leçons qu'elle me
chanta;. & me rendirent pas fage,
donna ne frent au moins fentir le prix
elles ine
elle les accompagna
de la fageffe; :
de tendrelie, 2
de mille temoignages atteurs, que fans mêLA
d'autant plus elle fuivoit fon pens
ler aucun art,
2 me
attendois. allâmes' enfuite nous promes
Nous
elle me parla avec
ner dans le bois, de coeur qui m'enune abondance f les leçons qu'elle me
chanta;. & me rendirent pas fage,
donna ne frent au moins fentir le prix
elles ine
elle les accompagna
de la fageffe; :
de tendrelie, 2
de mille temoignages atteurs, que fans mêLA
d'autant plus elle fuivoit fon pens
ler aucun art, --- Page 212 ---
chant naturel; elle [192]
bonheur perfanader & à me faire parvint enfin à me
faifoit
dans le refus trouver mon
de me rendre
même qu'elfe
momens-! 6 volupré heureux. O dolix
vous devenus?
pure ! Qu'êtes.
loux de notre félicité; Hélas! un deftin jarompre le cours, lorfque vint en interunifant prérs-ày y mettre le comble, nous étions
pour roujours
en nous
indhflolubles Ne
par des-liens
fouvenir core ce tems, dont rappellons le trifte pas enne pourroit
& cruel
deslarmes de fang.
que m'arracher
Nous ne
ner chez, Madame manquames pas d'aller difimes régalés
a'eflingee, nous y
moifelle de
plentidenients Madelart pour rendre Langady fa avoit épuifé tout
quante; ; mais la
beauté plus
m'avoit donnée prévention
contre
CEarda
aguerri, Je ne
elle, m'avoit.
fance de fes craignois plus la puifamour pour Madame charmes; d'ailleurs mon
noit de prendre de fi de Norfoy venes,qu'il n'étoit gueres profondes raci.
mérite arracher, & la feule poffible deles
Pausre, de l'une avec la comparatifon du
fufifoit pour coquetterie me
de
Préferver
d'une --- Page 213 ---
[1931
d'une rechute ;je n'évitai même
de cette Syrenne
neatie
Ere les
elle caufa beaucoup & ayec
elprit, chanta avec toutes rien les graces enfin
imaginables, ne négligea le nombre
pour plaire & accroitre infortunés. J'étois
de fes efclaves Madame de Norloy,
placé vis-à-vis de tems en tems , &.
qui me regardoit louriois
lui faire enà qui je
devoit pour. pas craindre
tendre qu'ellene
que je mordiffe à Phameçon En un perfide mot >
que l'on me préfentoit.
fit beauMademoifelle de Langady ; elle en
coup de frais en pure devint perte fombre &
prit de Phumeur, car rien ne mortifie
mélancoliques.
lorfqu'il lui
tant une coquette,
laquelle elle
une
a
échappe strès-fouvent proie
le dépit qu'elle
comptoit; eft beaucoup plus vif que
en conçoit lui ont donné toutes fes
le plaifir que
elleen eft quelques
autres fois même conquêtess f humiliée qu'elle s'oublie
jufquà faire des avances, fon caractere volage fe fixe; elle finit enfin par
aimer de bonne foi.
où
Nous retournâmés au Charbon,
nous pafiâmes encore quelquesjours, I *
Part, I.
appe strès-fouvent proie
le dépit qu'elle
comptoit; eft beaucoup plus vif que
en conçoit lui ont donné toutes fes
le plaifir que
elleen eft quelques
autres fois même conquêtess f humiliée qu'elle s'oublie
jufquà faire des avances, fon caractere volage fe fixe; elle finit enfin par
aimer de bonne foi.
où
Nous retournâmés au Charbon,
nous pafiâmes encore quelquesjours, I *
Part, I. --- Page 214 ---
Ci [194]
à d'oh la ville. enfuite, nous nons rendimes tous
Le jour même de notre arrivée
Marie-Galante, M. de
à
nonça que la cargaifon Prépont &
m'an.
de ies batimens fe
la charge
nous partirions au trouvant faire,
vorable. Il nous vint premier deux vent facains, à qui cet Armateur Dominipaflage jufqu'aut Cap
accorda le
mec de Chanzy lui
François. Madadre fir fon bord denx propofa auffi depren.
depuis quatre mois, infortonés, étoientà
Galante,oit ils avoient
Tsas
d'aborder, à Ia fuite d'une eu le bonhenr
tempêre af.
avoir été jetté fur les
EERERE
s'étoit brifé; que de côtes oir il
fonnes, dont
trente perpofé, il ne s'en léquipage étoit fauvé étoit com-
& fans attendre la réponfe
fept:
Prépont, elle nous fit
der M. de
cabinét oii nous trouvâmes paffer dans un
homme d'environ vingt-fix un jeune
bienfait, d'une phifionomie grand,
heurelufes,
PE
& une Demoifelle qui annonçoir fa naiffance, plus
dit, & nous
de vingt qu'il nous
germaine, afin prouva de
être fa coufine
nous ôter toutes les --- Page 215 ---
tr951
ne ieur
idées 3 qui auroient : elae une des
pas être favorables brunes quejaie vu de
plus piquantes d'une taille fort avantames jours, qui, a une beauté accomplies
genle, joighoit toutes les
poffbless à Léoalloient, nous
ESN
ils
une de leurs tantes
gane, y. joindre les avoit mandés
paternelles, qui leur faveur, d'une
pour difpoler inmenfe en dont elle jouiffoit:
fortune
nous intéreflerent
Ces deux perionnes fort aétuel nous parut f
tant, leur
que M. de Prédigne de compafion, leur accordapont, monfeulement
demanavec plaifir le paffage leur qu'elles fit offre de
doient, mais encore
befoin,
fa bourle, fi elles en fuffent.parvenues avoient
à
jufqua.ce qu'elles & on les engagea a
leur dellination;
diner avec nous.
Madame de Nor-.
Le jour fuivant, trouver dans ma chamfoy vint me me dire qu'au moyen des
bre, pour
nous avions pris enengagemens que devenoit dorénavant
femble, tout
qu'ainft elle
commun s'affocier entre nous,, à ma bonne ou mauvouloit
dans
vaife fortune, en s'intérellant 1ij
fuffent.parvenues avoient
à
jufqua.ce qu'elles & on les engagea a
leur dellination;
diner avec nous.
Madame de Nor-.
Le jour fuivant, trouver dans ma chamfoy vint me me dire qu'au moyen des
bre, pour
nous avions pris enengagemens que devenoit dorénavant
femble, tout
qu'ainft elle
commun s'affocier entre nous,, à ma bonne ou mauvouloit
dans
vaife fortune, en s'intérellant 1ij --- Page 216 ---
ma pacotille E196]
d'Elpagne, qu'elle pour cinquante piftoles
d'accepter, malgré toute me contraignit
ce,a avec défenfe d'en rien ma réfitian
quer à qui que ce fût.
communi
tion Enfin étant Tinflant fatal de notre fépara
mes
arrivé, nous nous donna
gnages récproquement, de tendreffe tous les témoi
tions Pun pour Tautre, que nous reffenmes, M. de
& nous alla
à bord de notre Prépont & moi, coucher
Le lendemain, Brigantin.
nous
premier Juin
du matin, appareillames &
à quatre heures 1729
S.Domingte. nous fimes voile pour
Je paffai les deux
notre navigation dans premiersi la jours de
la plus noire ; mais les
mélancolie
de M. de
repréfentations
réflexions, Prépont, 2 jointes à mes
douleur. . Pour calmerent y. faire peu-d-pen ma
verfion, je me liai entierement di
M. le' Chevalier
intimement avec
fine (c'étoit le nom d'Orbigny des
& fa counés dont j'ai ci-dévant deux infortu.
étoient doués Pon & l'autre parlé); ils
radtere excellent, &
d'un caleurs toutes les
poflédeient d'ail.
qualités néceffaires --- Page 217 ---
[1971 charmes de la fociété,
pour faire les qui avoit conçu pour ce.
M. de Prépont
eftimes & qui
eux une véritable
loger fes
pendant, ne ponvoit dans fon bord, aaA
tre pallagers ermbarqiemento fait celui pafler de
desnotre
fur
les 1 deux Domnicains commandé
fes bateaux , quiétont & M. &
SUE
fon Lieutenants étoient reftés avec
felle d'Orbigny cédai à cette derniere une
nous. chambre Je
de fept
sen m'avoit quarré
petite cet aimable
FERA
que fait arranger, & je tatscommods d'Orbides matelas de Mademoilelle fur un cadre, à
gay,
je fis placer de fon coufin, afin de
côté T celui
ne nous nuit pas: quitter: je ne dormois
Une
foupirer que, à plufieurs as
je Tentendis lui demandal
auroit
fes : je
me
E
à le
ceg
W'indlfcrétion,
prier prévoyois
fujetde fes chagrins, queje qualne devoit
être utibolAoat quil en étoit d'une nature la
pas ignorer du foulagement, par a
à recevoir même que Ton en faifoit heureux
confidence
aflez
:
un ami : que ce f.jétois titre à fon egard,1
pour mériter
Iij
je Tentendis lui demandal
auroit
fes : je
me
E
à le
ceg
W'indlfcrétion,
prier prévoyois
fujetde fes chagrins, queje qualne devoit
être utibolAoat quil en étoit d'une nature la
pas ignorer du foulagement, par a
à recevoir même que Ton en faifoit heureux
confidence
aflez
:
un ami : que ce f.jétois titre à fon egard,1
pour mériter
Iij --- Page 218 ---
pouvoir être [1587
ment de la part perfuadé, non-feule:
mais encore de ma que jy prendrois,
répondit à cela
diferétion. Il me
que prévenir l'offre que je ne : faifois
envie de m'en faire qu'il avoit eu
avec d'antant plus de ; qu'il acceptoit
amitié, que javois
plaifir mon
le par lui en donner des déjà commencé
ainfi connoitré,
preuives il
fans
qu'ilsné que fa coufine, auxqu'elles été fi
avoir 2
que de defiroient trouver rien tant au fenfibles 2
occafions de m'en lun & Tautre, monde, des
connoifance; ; & témoigner leur revaincre de la
que pour me conmoi, alnhéfterott confance qu'il avoir en
faire le récit de leurs pas davantage à me
commença ainfi.
malheurs, qu'il
DE
HISTOTRE
M. ET M,eite
JE fuis.né
D'ORSICRT
milles de d'une des plus nobles fade Beaunes Bourgogne, je navois , aux environs
gueres que dix --- Page 219 ---
L1991 mere; mon
perdis ma
ans quand
Capitaine de Dragons
***
r
de
me dépofa
REE 1 Régiment de fa belle-feurs 5 dont
entre les mains frere ainé de mon pere, 9
le mari étoit dans le même
mé-
& major
à
près
YTE
Elle avoit un fils, & peu une fille qui n'a-.
me àge que moi, ans. On me donna les &
voit que Maitres cinq qu'à mon coufin, éducamêmes
tous deux une
nous reçàmes
à notre naiffance.
tion convenable venoieut ordinairement
Nos PER femefires chez ma tante :
pafter fut enchanté des diipofitions courir:
le mien témoignois avoir pour
de:
que je carriere que lui; celles
la même
étoient abfolument opmon coufin
recueilli, une grande
un
F
pofées,.
fçiences, un éloigneapplication aux
les amufemens orment marqué
& une grande
dinaires de la
avec une;
TE
exalititude à fe trouver.. les Offices de
forte de plaifir à tous d'avance un
TEglife,. sunongoient augmenter un jour
goir décidé pour Miniftres, des Autelsyw
le nombre des
fort en recomman.
n'étoient pas maifon; c'eft ce qui:
Truan dans notre
I iv
grande
un
F
pofées,.
fçiences, un éloigneapplication aux
les amufemens orment marqué
& une grande
dinaires de la
avec une;
TE
exalititude à fe trouver.. les Offices de
forte de plaifir à tous d'avance un
TEglife,. sunongoient augmenter un jour
goir décidé pour Miniftres, des Autelsyw
le nombre des
fort en recomman.
n'étoient pas maifon; c'eft ce qui:
Truan dans notre
I iv --- Page 220 ---
fit paffer fur moi 1:001
de fa mere. A touté la tendreffe
pcine
- Tagede fit avoir quinze ans, que eus-je atteinti
ment ; au une bout Cornette dans mon fon pere me
une
de quatre ans Régi.
j'eus Compagnie, le malheur & deux mois Y'obtins
oncle d'an coup de voir mourir après mon
dans un combar d'épée qu'il avoitr reçu
mon pere & moi, fingulier. Nous
chez ma tante, paffer quelque fimes, tems
perte qu'elle venoit pour la confoler de la
mari, dont lés fuites de faire d'un
beancoup. que trop qu'eile ne fe ne prouverent
après s'être Fappris fait
mon foucioir pas
tes les inflances RELaeE malgré coufin, tou- 2
alléa Paris,
de fa
2 pour
famille, - éroit
avoit logie, 2 & que ma petite y étidier en Théos
Convent alors quatorze coufine, qui
Je
depuis trois mois, ans, étoit au
de quatre reçus mois de ma tante, , pendant
toures fortes de que je padaichez
me donna
bons
"ERN
de fon
les preuves trattehions; les
elle
elle me amitie, fit
&c lors de mon plus vives
qui rétablirent préfent bien de cent départ, louis
jetine homme denviron la bourfe d'un 2
vint ans, qui --- Page 221 ---
[sor]
aimoit lcjeu & tontes TOfficier les autres eft tE
tites bagatelles fufceptible dont
à cet âge. Je
dinairement
ans de fuite fans
fus près de quatre
mais la mort
quitter les garnifons;
m'aimoit
imprévue d'un- pere
antant,
&
je
ATAT
beancoup, d'aller que chez moi, pour y
m'obligea ordre à mes affaires, qu'il ne
mettre laiffoit pas trop bien rangées. eût alors:
-Ma tante ? quoiquelle étoit encore
quaranté ans acomplis, belles & des plus riches
une des plus
Elle avoit
femmes de la Province. la mort de fon mari,
déjà refufé depuis confidérables qui s'6pleficure partis fous prétexte qu'elle #fe
toit prefentés,
de ne
avoit formé la réfoluition ellefe mit Alatète de
Dointretmatiers les arrangea, paya de
mes affaires, les dettes de mon pere
fes deniers
me- Rt
m'en rendit les obligations, de l'admi
émancipers &. fe chargea
mon
niftration de mon bien pendant Kil
abfence.
nous étions feuls enUni jour elle que: me remit devant lesyeux
femble ,
avoit fait pour moi
tout ce la qu'elle mort de ma mere jnfquace
depuis
Iv
fe mit Alatète de
Dointretmatiers les arrangea, paya de
mes affaires, les dettes de mon pere
fes deniers
me- Rt
m'en rendit les obligations, de l'admi
émancipers &. fe chargea
mon
niftration de mon bien pendant Kil
abfence.
nous étions feuls enUni jour elle que: me remit devant lesyeux
femble ,
avoit fait pour moi
tout ce la qu'elle mort de ma mere jnfquace
depuis
Iv --- Page 222 ---
[:ox]
enfans, moment, a au préjudice même de fes
croyoit faire qui, aucun diloit-elle, elle ne
avoit defliné fa tort, en ce qu'elle
refte de fes jours fille dans à pafler le
que d'un autre côté, fon un Cloitre ;
Em le parti de PEglife fans fon fils ayant
compte pouvoit du bien la forcer qu'a lui rendre aveu,
rité.fort
de fon pere, ala vé
que fufffant mediocres mais encore plus
néantife d'un homme pour entretenir la faibraffé un état
qui avoit emla Pénitence ; uniquemient fait pour
la maitreffe de qu'au furpins elle étoit A
qu'elle le jugeroit difpoler à
du fien, ainfi
perfonne eût le droit propos, fans que
dire, & qu'il étoit aflez d'y trouver à
pour procurer un fort heureux confidérable
delaplus conque ne payeroit pas fes bienfaits à quiqu'elie ne noire penfoit ingratitnde. Elleajonta
affez borné pour ne pas que je fufle
tois l'objet de fon pas fentir que j6me croyoit l'âme choix, & qu'elle
pour ne pas.reconnoitre trop bien placée
tés, en acceptant fa fortune tant de bonmain, gn'elle n'avoit refufés & fa
d'antres que pour me les
à tant
réferver; --- Page 223 ---
Eaos). intention étoit
que cependant fon deux ans, tems de
d'attendre encore conclure ce mama. majorité, pour elle féroit venir de
riage; qu'alors
néceffaires à cet
Rome les difpenfes étoit à propos de garder le
effet; quil
afin d'éviter la
filence à ce fujet,
nos qualiglofes & que & jufqu'a.-ce, de neveu, nous met:
tés de tante
des
troient à couvert
pladfanverics.
que dans toutes autres faire circonflances, ma. cour
mon affiduité à lui
Elle me dc
auroit pû nous attirer. je,
de
manda enfuite ce que
du
arReSE
Tarrangement projet qu'elle
Rien autre.chos
de me communiquer. ma chere tante, finon
fe, lui dis-je,
fans doute,, voulu
que vous avez, de penier : la voici
éprouver ma fuis façon autant fenfible que je
au vrai. Je
vous avez bien voult
le dois,à ce que
préfent, ma
faire pour moi jufqu'a fera éternelle :
reconnoillance fois en affez lâche pour me
mais que je
noir des forfaits, ert
préter att d'infrument plus
a Texhéredation
fervant enfans , 8 en donnantles mains
de vos
à coup far, forcée;
à une vocation, le difhmale pas, ce
c'elt,je ne vous
Ivj
vous avez bien voult
le dois,à ce que
préfent, ma
faire pour moi jufqu'a fera éternelle :
reconnoillance fois en affez lâche pour me
mais que je
noir des forfaits, ert
préter att d'infrument plus
a Texhéredation
fervant enfans , 8 en donnantles mains
de vos
à coup far, forcée;
à une vocation, le difhmale pas, ce
c'elt,je ne vous
Ivj --- Page 224 ---
Isoy]
queje ne ferai
S
contraire un moyen. jamais, far de ce feroit au
indigne de vos
me rendré
honorable
Lontés, & de loffre
faire de
que vous voulez bien me
cas" pour m'époufer; les perdre ; j'en fais trop de
s'il eft vrai que vous par un crimes &
tention d'anir votre fort foyez dans Pindont je n'ofe me flatter, au mien; ce
pourriez-vous vous
, comment
ner votre main à un réfoudre à donfentiroit,
ainfi homme gui conla fienne Bety le
dire, à
vos entrailles
fein des enfans plonger
roitce pas, les ont porté? car ne que fcde leur faire perdre égorger leur en cffet, que
être leur ame?
bien, &
mieux, Madame Connoifez-noi &
>
Tome
juttice aux fentimens rendez plus de
vous avez pris foin d'honnenr
culquer en moi, Si vous-mème adae
ans, terme que
au bout de deux
à mon bonheur votre prudence met
jours dans la même : vous perfiftez tou-.
je fois au moins digne réfolution; de
remords du fort heuteux jouir aus
préparer, & qu'un fatal que vous me
préjugés, peut-étre
retour de
anticipés, ne nous --- Page 225 ---
[205] Pun & l'autre de nofaffe pas repentir :
tre aveuglement. gubordiconfestr à mon
Sije parus ma tante, ce ne fut
mariage avec rentrer en elle même tee
pour la faire de fa premiere propeitons trop
Tajuftice même tems pour ne point refus
& en
amour propre par un
blefferfon
qui Sna.byoblement
fur la feconde,
offenlée
cruelTauroit, non-feulemento encore fait prendre un
lements mais violent contre fes enfans
parti plus quelqu'en de fes préten: été
en époufant n'auroient pelntêtre pas Findans, qtti
moi; d'ailleurs
auffi délicats
années quil y avoit
tervalle de adie
pouvoit
jufqu'à la conclufion, dans les
ter bien du changement mes intérêts à
fes. J'avois ait étoient furplus entre fes mains, 2 1
ils
de la
ménager, eu tout à redouter
& Faurois d'une femme: quis lor/qu'elle aufureur
ne garde plus
fe croit méprilce, (e laiffe aller atl
cunes mefures,
& rieit
chant : qui lentraine, l'amour violent dont
pour T'ordinaire en une haine impla- font
elle étoit éprifc,
les fuites
cable, dont tres-fouvent
funeftes.
plus entre fes mains, 2 1
ils
de la
ménager, eu tout à redouter
& Faurois d'une femme: quis lor/qu'elle aufureur
ne garde plus
fe croit méprilce, (e laiffe aller atl
cunes mefures,
& rieit
chant : qui lentraine, l'amour violent dont
pour T'ordinaire en une haine impla- font
elle étoit éprifc,
les fuites
cable, dont tres-fouvent
funeftes. --- Page 226 ---
Ce
f206]
de
que j'avois prévu
contenrement
arriva, un air
fionomie de ma répandur fur la phitre la fatisfaation tante, 9 me fit connoi--
ma réponfe. Elle que lui avoit caufé -
étoit bien aife de me répliqua qu'elle
d'aufi beaux
trouver en moi
rité je pouffois fentimens un
; qu'à la vé
délicatelfe, la
qui cependant pen trop loin la
confirmer dans la
fervoit à
qu'elle avoir
bonne opinion
juftifier le foujoursene demoi, &à
Élle ajoura difcernement que
de fon choix.
offres, rien
puifque Jacceptois fes
rénavant ble
nous n'empecheroit ne vécufions que doêtre comme des
enfemun jour ums gens qui devoient
folubles, &
par des liens indifaffez
qu'eile meconflance pour ne pas craindre connoiffoit
me
ni mon
mon inquitta enfuite indiferétion. Elle
& vifite que l'on venoit pour recevoir une
me laifla le tems delui annoncer,
ce qui venoit de fe de réfléchir fur
Sont vilage
paffer entre nous,
eellans & la enflammé, véhémence fes yeux éteinfymptômes du
ne me
défordre delonverbes de fon
defir qu'elle convainquirent ayoir
que trop ame,, du
d'anticiper des
mon
mon inquitta enfuite indiferétion. Elle
& vifite que l'on venoit pour recevoir une
me laifla le tems delui annoncer,
ce qui venoit de fe de réfléchir fur
Sont vilage
paffer entre nous,
eellans & la enflammé, véhémence fes yeux éteinfymptômes du
ne me
défordre delonverbes de fon
defir qu'elle convainquirent ayoir
que trop ame,, du
d'anticiper des --- Page 227 ---
[s071 point de mort
plaiGrs
n'étoient
alors, mais
golt; 8 je me repentis tant avance:
tard, de m'être
Pour un peu modérer Ia paffion
auun jeune
EE
de cette femme, mal reçu, de mettre en
roit été fort
contentai donc
jeu la Religions) jeme j'avois dans les
d'écrire à un ami que faire
de me
promptemett le
bureaux,
ordre
rejoindre
expédier un
quil arrivat,
Régiment,
à faire Te malade, 5
MRE
je me déterminal
de ralentir en
afin, s'il étoit pofible. nne Aâme dont
elle,par l'ablence,
Javois tout à apprcbender de cette convérfis fa
Le lendemain tante ayant
par
tion, ma
que R incomfemme de chambré lair de Ia cammodé, simagina mettre que fin à mon indifpagne pourroir
delacconpolition,s elle m'engagea ma coupagnera all Couvent oheot d'autant plus vofinc; j'y, confentis par ce
lieu
ennontes
Iontiers
que Javois tout
nn IER En entrant au parloir >
de craindre:
Ia main, & me prèelle me prit par
d'Orbigay,
fentant a Wademoirelle
--- Page 228 ---
qui eft Ja même Ja08]
avec moi; elle que lui vous voyez ici
fille.je vous.amene dit : tenez ma
vous avez toujours votre coufin
nousconferve d'iciao aimé, fi ISles
premier titre,
deux ans, à ce
un autre > qui vous je compte en ajouter
corebien davantage. le-fera chérir enregards de ma couline Dans l'inflant les
fixerent Dun far
& les miens fe
je me troublai; Tantres elle
& fans donner elle baiffa lès rougit,
d'Orbigny de
le tems à
avec
Rofins
entiauers elle s'écria
maman, enthoufatnen vous
Ah ! ma chere
mari2 Ma
en ferez. donc mon
interdire, la tante, regarda à ce propos, refta
leva, & fit plafieurs avec dédain, fe
Parloir, fans. doute
tours dans le
réponfe.
pour méditer fa
Je. vis bien
avoit pris le que ma chere coufine
lui avoit dit; change mais furce que fa mere
amour propre fit flatté foit que mon
gu'elle avoir fait
de la joie
avoit cru que paroitre lorlqu'elle
lui donnoit
Madame
foit Texamen T'elpoir de d'Orhigny
charmes dès le guei j'avois m'épouler, fait de fes 5
premier inflant
que je
ponfe.
pour méditer fa
Je. vis bien
avoit pris le que ma chere coufine
lui avoit dit; change mais furce que fa mere
amour propre fit flatté foit que mon
gu'elle avoir fait
de la joie
avoit cru que paroitre lorlqu'elle
lui donnoit
Madame
foit Texamen T'elpoir de d'Orhigny
charmes dès le guei j'avois m'épouler, fait de fes 5
premier inflant
que je --- Page 229 ---
[2091
dont vous
Pavois vue à la grille état (8 de juger vousêtes me ditil, en
foit bien
même à préfent, quoiqu'elle par toutes
changée depuis ce nous. tems, avons effuyées)
les traverfes que
naturelles
foit enfin mes difpoftions loin, je me fentis
dirigées de elle plus de laplus violente pafépris fion:ume pour forte slmnAcomers la
foupirs étouffés par décontrainte. de plufieurs lui firent connoitre ma de fes
faite, 8 fes yeux laifferent 2 interprètes
fentimens , ne me
pasignofer la fienne.
en étoit-là
: Le Chevalier d'Orbigny lorfque nous entende fa narratien, de fifflet du Contre:
dimes un coup
qui fut fuivi
Maitre de rEquipage. tout tlemonde
d'unealerte 82 d'unpalie Nous mimes auffitôt
fur le Gaillard, de chambre, 9 8 nous
nos robes
Pedke
montâmes avec témoins préapitations d'un accident
y être
Pilote
Teshtire
pour nous avoit attiré notre
fi ;il la Provi:
à nous faire tous étoit périri mêlée. Nousavions
dence ne s'en la veille en dépaflant S.
rencontré
Iile dont Taurai occaChriftophle, dans la fuite, une bar;
fion de parler --- Page 230 ---
(aro]
maique. que quien venoit pour aller à la Jalon Pulage, Aprèsnous ilfe
être reconnus fede cette barque trouva étoit que le Patron
Pilote; comme la mer étoit ami de notre
ilvint à notre bord
forthonne,
& renouvella fi bien avec fa chaloupe 9
connoiffance avec cet fon ancienne
loriqu'il s'en retourna homme, fur
que
heures du foir, il étoit fi les. onze
tomba fi fon dansla mer 5 où ilferoit ivre qu'il
Maître
relté,
affez prompt Noquier n'avoit été
bafque de fon habit; pour le retirer
la
ger que fon camarade ; on doit
bien
étoit
TICCIE
heur panfé que lui; mais notre tout aufi
être du voulut que ce drôle fe
malfecond
trouvât
à minuit; ; il quart qui commence
conduitre de fon s'endormit & laifla la
du Timonier, qui bâtiment étoit à aux foins
gouvernail, homme fans la barre du
& qui fe laiffa
expérience,
grain, qu'il auroir furprendre d'autant par un.
appercevoir qu'il faifoit petit mieux
bouralque de vent fut fi
jour. E
qu'ellenous une
enleva un de nos confidérable
de partie de notre
vibords, du
babord, & notre duinete,
côté
perroquet; notre
la la
du Timonier, qui bâtiment étoit à aux foins
gouvernail, homme fans la barre du
& qui fe laiffa
expérience,
grain, qu'il auroir furprendre d'autant par un.
appercevoir qu'il faifoit petit mieux
bouralque de vent fut fi
jour. E
qu'ellenous une
enleva un de nos confidérable
de partie de notre
vibords, du
babord, & notre duinete,
côté
perroquet; notre --- Page 231 ---
[sr]
le
grande voile étoit fi gonflée PRE la
vent, que n'étant pas obligés poffible de tirer
nous fames derufl à balle,
SEEAO plufieurs coups très-bien, autrece qui nous aurions réufit fait capot, 8 terment nous
feul inftant toutes nos
miné dans Joubliois un
de dire iciyqu'en
courles. d'un Gaillard à l'autre,je re- du
paffant
lame. d'eau au travers
çus une
me colla contre le grand
corps, qui fus fort heureux de le ren-.
mât; je,
Faurois été dans
contrer, fans quoi ,ou je feroisimT'Empire de Neptine devenu la proie de.
manguablement
dont cette mer:
quelque Requin,
abonde. furcroit de malheur , notre
Pour vint nous avertir quily avoit
Galfat
d'eau. à la cale de notre
deux voies dont une étoit affez confi-.
Brigantin, ordonna tout de fuite de
dérable. On
& chacun indifpaller à la
obligé de travailler à
tinêement
ESe
nous mîmes pavilfa confervation; berne, & nous tirâmes un
lon en
avertir nos deux
coup de canon
à plus d'une lieue
qui
SEN
barques de nous ; elles nous répon:
en avant --- Page 232 ---
dirent chacune (ar).
mirent en
par & un pareil coup 3
Sur le panne, midi
nous
nous
en prenant attendirent,
Croix; apperç@mes PHe de hauteur,
réfolution nous primes dans l'inflant Saintes
d'yaller relâcher
la
radouber, à
& aufitôt
pour 'nous
à portée dir
que nous fimes
nos deux porte-voix, nous criâmes
Ile, nous apprimes bargues de porter fur cette
slebencoup
qu'elles avoient
& gu'il ne leur plusheurenles étoit
que nous;
facheux; auffi ceux rien arrivé de
doient avoientils été qui les commanNous continudmes
plus prudens,
route en portant fur toujours notre
nous
Sainte-Croige oû
les huir taeEteane heures,
matinfue
un des Ports de Nous
plus à portée de cette mouillimnesdns Ile, pour être
falndmes le Fort, nous & radoubers nous
mes enfuite à terre
nous defcendi.
tne vifite au
pour aller rendre
un fort aimable Gouverneur, C'étoit
foixante
homme, d'environ
Coltke, ans, qui fe nommoit M:
le plus Iinous fit l'accueil dumonde de
les lecours gratieux, dont
nous promit tous
befoin, & nous invita nous pourrions avoir
à diner fix que
mouillimnesdns Ile, pour être
falndmes le Fort, nous & radoubers nous
mes enfuite à terre
nous defcendi.
tne vifite au
pour aller rendre
un fort aimable Gouverneur, C'étoit
foixante
homme, d'environ
Coltke, ans, qui fe nommoit M:
le plus Iinous fit l'accueil dumonde de
les lecours gratieux, dont
nous promit tous
befoin, & nous invita nous pourrions avoir
à diner fix que --- Page 233 ---
T2131
M. de Pré:
nous. étions : c'eft-à-dire d'Orbigny,
pont, M. 8 Mademoifelle & moi.
nos deux Dominicains une des Antilles de
e Cette Ile feptentrionale eft
; le terrain
TAmérique & uni, Pair n'y eft
en eft plat dans-les mois de
fain, fur-tout Août; il a quantité de riJuillet &
: dont une ort
& detrès- de
vieres,
elle Lr garnie
belles fontaines: : elle a environ vingttrois bons Ports ; fur cinq de large;
trois lieues de très-bon long
rapport, furelle eft d'un le tabac y vient fort
tout en fucre; mais ce dernier
auffi
yavoitio:
bien
; manqué cette année, ce
talement la vente du quart du i
me procura
à lIle Caraibe de S.
que Tavois pris
en reVincent, & pour lequelifeus pinftres de poids.
tour foixantequinze
autrefois;
Catte Mle onsapparienoit nous lavons vendue
mais depuis que ils en ont toujours joui
aux Danois,
juiqu'à préfient: étions un jour fur le
Comme nous
une
bord de la mer , nous éloignée appercimes de Saintepetite Hle fort peu
nous dit qu'elle
Croix. M. de Prépont vulgairement
au Sels,
fe nommoitlifle faléc, que nous lhadite la riviere --- Page 234 ---
bitions
[a4]
fort
autrefois, mais que
longtems elle étoit
depuis
ferte; il nous propofa d'aller prelque dé
promener avec nos fufils
nous y,
fer, & nous y confentimes. pour y chai-.
main , nous nous rendimes Le lendeIle, oir Pendant deux
dans cette
nous donnâmes
jours s nous
ne tuer qu'environ
&
Aertenoeai.pet
trois jeuncs cabrits, foixante ramiers
fans doute les reftes
qui étoient
bier immenfe que l'on infortunés dugiParc dit-on, autrefois, de
y voyoir,
de Verfailles n'en façon
le
autant. Je ne prétens atodis Pas
Pere jen parle fur la foi du pas railler ici,
Labat,
vingt-fept bienheureux
ravant, de
CPA3 avec fes ans aupafieurs voyage, tué dans un fenl compagnons
vaches & veaux fauvages, jour plufangliers, autant de
fept
quantité d'atitre gibier marcaltins, de
&
pece. Ily a apparence
toute ef
plus Prévoyant
qu'il avoir été
s'étoit pourvu d'une que nous, &
pour faire cette
meute de eu
ces prétendus
chaffe, car quoique
au plus des cochons fangliers faffent. tout:
core falloit-il des chiens marons, , endéloget des forts qu'ils pour les
habitoient
uvages, jour plufangliers, autant de
fept
quantité d'atitre gibier marcaltins, de
&
pece. Ily a apparence
toute ef
plus Prévoyant
qu'il avoir été
s'étoit pourvu d'une que nous, &
pour faire cette
meute de eu
ces prétendus
chaffe, car quoique
au plus des cochons fangliers faffent. tout:
core falloit-il des chiens marons, , endéloget des forts qu'ils pour les
habitoient --- Page 235 ---
[a1s
à tout
cette Me, impenétrables
dzns
des bêtes. :
autre qu'a
environ onze lieues
a Cettel Ile , trois quia de large, eft toute
de long hors fur à fon extrémité ? oit ily a
Mnie,
en painsde
troismornes ou montagnes iont fort ailées;
fucre, dont les pentes beaux bois du moncroit les plus des bois rouges ou d'aE fur-tout & des acajous 5 il s'y
mourettes s Emeigearenes des ancientrouveaufli de çannes, desacomas, en un
nes plantationse & des citronniers : Ile,
desorangers
habiter cetre
mot, fi fonvouloit faire un defirichement géil faudroit
crois que ce qui isy
néral; mais je quele peu d'ean quily
oppolescet
sf
a, eft reemauvatic- pas à propos de
* Nous ne jugeâmes dans cette Hle,
refter plus iongtems fort mécontens de
d'ott nous partimes
des peinés
notre chafle, tres-fatigués étions donnés mal à
que nous & nous nous nous en retournâmes
propos,
à Sainte-Croix Brigantin fe trouvant entieNotre
nous fimes prendre
rement réparé,
: & après avoir
congé du Gouverneur & falué le. Fort, nous conappareillé
/ --- Page 236 ---
9 35553-
[216]
François, tinuâmes notre oùt
route pour le
dent, nous mouillimes fans aucun autre acci- Cap
heures du foir, dans le fur les huit
de cette Mle, le
port au baye
à compter depuis vingt-quatriemej jour,
fortis de la rade de Marie. que nous étions
Galante.
Fin de la premiere Partie,
APPROBATIO N.
Vice. Jarla Par ordre de
Monfcigneur le
pour titre, Chancelier, un Manufcrit quia
Chevalier D Voyages ***
6 Avanures du
je n'y airien trouvé premiere Partie ; &
pécher limpreflion. 1" en doive emAoût 1767.
Paris, ce 28
ROUSSELET, --- Page 237 ---
V OTAGES
ET
AYANTURES
DE
DUC CHEVALIER
SECONDE PARTIE. --- Page 238 --- --- Page 239 ---
E769
c5270
pts. 1-a --- Page 240 ---
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