--- Page 1 --- --- Page 2 --- &
a
A a 72 1
10 t FO
John Carter
Grotom. --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
V O 1e Y AG ES
AU T.O U R
DU MOND E,
ET
VERSLESDEUX POLES,
PAR TERRE ET PAR MER.
T O.ME SECOND. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
VOY A G 2 ES 1
A U TO Pel U R
DU M OND E,
ET
VERS LES DEUX POLES,
PAR TERRE ET PAR MER,
Pendant les Années
1767 2 1768, 1769 d
1770, 1771, 1773, 1774 6 1776.
Par M. DE PAGIs, Capitaine des Vaiffeaux du'
Roi, Chevalier de POidre Royal & Militaire de
Saint-Louis . Correfpondant de l'Académie des
Sciences de Paris.
Cn
Ldae
R
TOM E SECON) D.
age
a
A PARIS,
Chez MOUTARD,
Imprimeur-Libraire, rue des
Mathurins, No. 334A
I M. D.C C. L XXXIL RS --- Page 10 --- --- Page 11 ---
VO Y A G E -
FERS
LE POLE DU SU de D,
Fait dans les Années 1773 & 1774
Ls Gouvernement ayant jugé à propos de
faire découvrir des terres aufirales, ordonna
pour cette expédition I'armement d'un vaiffeau & d'une frégate. Outre les connoifiances
nouvelles que ce voyage A avoit pour objet, il
pouvoit mefournir des occafions deconfidérer
Ia Nature, abfolument intaôte aûx yeux &aux
moeurs des Peuples policés, &je visavecplailir
que le Miniflre avoit penfé à m'y employer,
en m'embarquant fur le vaiffeau, & en chargeant le Chef de l'expédition de me confier
les diverfes opérations qui pourroient fe faire
par terre dans les pays que l'on découvriroit. Nous devions d'abord relâcher au Cap de
A iij --- Page 12 ---
O
Vor A G E
Boane-E(pérance, enfuite à PIfe de
où nous tranfportions
France,
la
quelques Officiers de
Garnifon; & nous ne devions faire route
vers le Sud, & travailler à notre découverte,
qu'après avoir rempli cet objet.
de Notre Breft, départ du Nous partimes en conféquence de
46Mats:773. 26 Mars
Breft, le
1773, par un vent favorable d'eftnord-eft, Le3 Avril, à fix heures du
eâmes connoiffance de PIfle
foir, nous
nord dés Ifles
Salvage, fituée au
Canaries; nous jugeâmes, foit
par les latitude & longitude obfervées, foit
par la diftance entre les relevemens de
Erreur des Ie & de celle
cette
Castes fur
de Tenerif, que les Cartes la
l'10eSalvage. marquent environ quatre lieues plus au nordoueft qu'elle n'eft réellement. Le
nous découvrimes l'Ie de Tenerif; lendemnain, dans
nuit
la
fuivante, nous paisâmes entre cette Ile
& celle de Canarie, & ayant continué
notre
route, nous tinmes le milieu du canal entre
les Ifles du Cap Vert & la côte d'Afrique.
L'eaudela Il étoitcurieux de
mer contient
favoir, par diverfes comnnis de ici paraifons, f l'eau de la mer
fous la zone
de fel
ne contenoit
toiride,
plus
dans la Zone torride que dans pas les
autres Zones;lese expériencès faitesà cete égard,
& que jeciterai, démontreront
tenoiti moins danslaZone
qu'elle en contorride; cela eft con-
& la côte d'Afrique.
L'eaudela Il étoitcurieux de
mer contient
favoir, par diverfes comnnis de ici paraifons, f l'eau de la mer
fous la zone
de fel
ne contenoit
toiride,
plus
dans la Zone torride que dans pas les
autres Zones;lese expériencès faitesà cete égard,
& que jeciterai, démontreront
tenoiti moins danslaZone
qu'elle en contorride; cela eft con- --- Page 13 ---
VERS L E POLE DU Sup.
traire à ce que l'on avoit préfumé
préfent.
jufques à
En conféquence, 2 le 12, étant par la latitude nord de dix degrés &
à Hxpérieng ce faje
& par la longitude
quatorze minutes,
occidentale, méridien de
Paris, de vingt - deux degrés
minutes, cent livres d'eau de quarante-neuf
braffes de
mer, prife à dix
profondeur, 9 & éprouvée avec un
pefe-liqueur, contenoient trois livres & deux
tiers de fel.
Quatre jours après, & par. la même
tion, étant par la latitude nord de
opéragrés vingt-deux minutes, &
quatre de2 par la longitude
occidentale, de dix- huit degrés
quatre minutes, la mêmequantité quarantene contenoit que trois livres &c demie d'eaudemer de fel.
Le 22 du même mois, étant
la
fud, d'un degré feize
par latitude
tuded
minutes, &c par Ia longioccidentale, de vingt-un degrés, la même
quantité d'eau de mer contenoit la même
quantité de fel que le 16.
Les vents que nous avions eus
de la partie du nord-eft,
conftamment
leur force
avoiert diminué de
auxapproches de la ligne que nous
A iv --- Page 14 ---
Vor. A G r
A
avions paffée par la longitude
vingtdegrés trente
accidentale de
Tef, - ces vents, mélés minutes; de
& en paffant par
graius de Fluie,
calme & de quelques
schilloient à mefure vinrent au fud eft. Ils fraiJattude
que nous nous élevions en
méridionale, &c la
bemifphere me parut plus température de cet
douce que celle de
irréguliere & moins
Je me fuis confirmé Thémifphere feptentrional.
opinion.
par la fuite dans cette a
Nous eêmes très. fouvent des
entrcleflime
diférences
ladrude
dejaicure & les
& Jongitude,
cbfervationsde
tion nous mettoit
en forte que l'obfervadud oueft
toujours plus dans l'oueftque l'eftime. Les courans
obfervâmes pendant le calme
que nous.
confirmer,
Parurent le
Le rremier de Mai, nous vimes
d'oifeaux qui étoient des
beaucoup
ches, & des
gouallettcs blancalme Lelendema frégates; le vent étoit prefque
demême
n, nous en wimescgalement,
la gadedu quedesrequins, & à fixhours du
haut des mâts cria qu'elle
foir,
ifot; la nait, qui fuivit de
voyoit un
s'affurer de fa réalité,
près, empécha de
l'horizon embrumé Lorfque le jour parut,
donna le même doute fur
beaucoup
ches, & des
gouallettcs blancalme Lelendema frégates; le vent étoit prefque
demême
n, nous en wimescgalement,
la gadedu quedesrequins, & à fixhours du
haut des mâts cria qu'elle
foir,
ifot; la nait, qui fuivit de
voyoit un
s'affurer de fa réalité,
près, empécha de
l'horizon embrumé Lorfque le jour parut,
donna le même doute fur --- Page 15 ---
VERS L E POLE DU SUD.
l'exiftence de cette terre, que quelques-uns
difoient cependant voir ailez clairement :
nous faifions route à T'oueft-fud-oueft,
nous en affurer; mais bientôt le temps deve- pour
nant plus brumeux, nous reprimes notre premiere route. II eft fort à préfumer que cette
terre. 2 guel'on ne putvoir qu'impatfaitement,
étoit un des iflots de Martin-Vas; car quoique, fuivant la longitude eflimée, 2
tin-Vas. InotsdeMarfuffions
nous ne
que par vingt-c cinq degrés.
trois minntes,
vingt3 la longitude obfervée nous piaçoit part trente degrés trente minutes; celas'accordoit affez avecles renarguedeM.dAmris,
qui place ces iflots par trente-deux degrés
de longirude, & avec les erreurs de l'efime
que nous penfions être en moins dansloucffud-oueft.
A la vue de cette terre,. cent livres d'eau
de mer contenoient trois livres trois
de fel, & fix jours après, étant Far la latitude quarts
de vingt -cing degrés cinquante. 7 quatre minutes, & par la longitude effimée de vingtun degrés quarante- huit minutes, la même
quantité d'eau de mer contenoit près de quatre
livres de fel.Lorfeuenons eûmesatteint la latitude de vingt-quotre degrés, les vents alifés
diminuoient de leur force, & leurs variétés --- Page 16 ---
IO
VorAG E
étoient de la partie du nord-oueft
profitions
: nous en
pour nous élever à l'eft. Aux
rons du vingelixieme
envidegré de
continuité des vents variables
latitude, la
foufflerentle plus fouvent
commença,&il
nous nous
delapartiedelouet;
clevâmes dans l'eft-fud-eft.
Le 24 Mai, 2 nous croyions être près del'atterrage du Cap de
fervations
Bonne-E(perances les obnous plaçoient par la
orientale de treize degrés
longitude
latitude étoit de
vingt minutes; la
deux
trente-quatre degrés
minutes: le lendemain, les nouvelles vingt. ob.
fervations nous donncient la
quatorze degrés
longitude de
trente-cinq minutes, tandis
que l'eflime nous portoit par dix-fept
vingt-trois minutes, & nous ne
degrés
Avantagee8e terde fon erreur
pouvions doudifaantsr
du
mnég-ne- vimes, au lever versl'efL.Lejour du
fuivant, nous
trc.
table du
foleil, la montagne de la
Cap deBone-Efpérances & fuivantle
relevement des terres, la longitude obfervée
aveclemégemetre
d'erreur, tandis n'eurqu'environ deux lieues
que l'erreur de l'eflime fut de
cinguante-une lieues en plus vers l'eft. Les obfervations de diflance faites avec le
metre, étoientd'une jofteffe
mégaqui étoient faites avec le fextant. fupérieureacelles Mais
que ce premier inflrument ne
outre
peut embraifer
relevement des terres, la longitude obfervée
aveclemégemetre
d'erreur, tandis n'eurqu'environ deux lieues
que l'erreur de l'eflime fut de
cinguante-une lieues en plus vers l'eft. Les obfervations de diflance faites avec le
metre, étoientd'une jofteffe
mégaqui étoient faites avec le fextant. fupérieureacelles Mais
que ce premier inflrument ne
outre
peut embraifer --- Page 17 ---
VERS LE PoLE DU SUD.
gue de très-petites
II
diftances, il eft
poffible d'en faire ufage, lorfque le prefqueimdes mouvemens rudes
vaiffeau a
l'on
: i! feroit à défirer que
perfeéionnâr la maniere de s'en
il
feroit alors fans doute
fervir;
inflrumens, Le
fupérieur aux autres
& le foir
27, nous doublâmes le
nous mouillâmes dans
Cap,
quarante-cinq braffes d'un fond Falfe-Bay de
par
coquillage. Le
fable & de
lendemain, nous entrâmes en
louvoyant dans
lâmes
Simons-Bay, où nous mouilpar treize brafles d'un fond de fable fin.
Les vaiffeaux ne relâchent
ver à la baie de la ville du pas pendant Phi- Dangers du
Cap, à caufe de moullngeàla
T'impétuolité des vents du nord & du
baiedelaville du
oueft qui les y mettent
nord: Cap.
lent alors
en danger. Ils mouilavec fûreté dans l'anfe de SimonsBay, qui elt fur la côte oueft de la
Les montagnes les mettent à l'abri Falfe-Bay. des
de cette faifon, qui fouflent-dans
vents
l'oueft, depuis le nord
la partie de
cette anfe étant
jufques au fud; mais
ouverte aux vents de
qui font quelquefois très-forts
fud-eft,
vaiffeaux mouillent alors dans pendantléré, la
les
On nomme cettederniere
baie du Cap.
de la Table,étant fituée plusproprement baie
&c
au pied de cette montagne, 2 à environ dix lieues au nord de la
pointe du Cap de Bonne-Eipérance.
l'oueft, depuis le nord
la partie de
cette anfe étant
jufques au fud; mais
ouverte aux vents de
qui font quelquefois très-forts
fud-eft,
vaiffeaux mouillent alors dans pendantléré, la
les
On nomme cettederniere
baie du Cap.
de la Table,étant fituée plusproprement baie
&c
au pied de cette montagne, 2 à environ dix lieues au nord de la
pointe du Cap de Bonne-Eipérance. --- Page 18 ---
Vor A G E
L'on mit les malades à
partie de. léquipage
terre, car une bonne
étoit attaquée de fievres
putrides & vermineufes; l'on ft
de vivres
quelques mois
confommés pour remplacer ceux qui étoient
des
cu pourris, car une bonne
légumes fe trouverent gâtés
partie
buâmes la caufe de
: nous attri.
dité du
cette pourriture à PhumiPréeautions mais forti vailleau, qui dtoit neuf & n'étoit
conrtelefcordu port. Je
jabur.
pour éviter le fcorbut remarquerai auffi que
ment les
qui attaque ordinaire.
équipages, , pendant les longues campagne, l'on avoit jugéà propos de
une grandepartie desviandes
retrancher
tituer des légumes. Cette
falées, &c d'yfubc
de grands
idée préfente d'abord
faut
avantages; mais pour en profiter, il
prendre des précautions qui exigent
grande attention, fer-tout
une
Confava nifieurs. Il
dela part des fourtione d.sligufaut que-les
mes.
trop vieux, & qu'on les légumes ait
ne foient pas
jufques au point
faitfécher au four
pêchant de
feulement, qui, en les emdes climats féchaufier.6c de fermenter dans
chauds & humides, faffe
leurs infedes, : & empêche d'éclore mourir
de ceux qui ne font
le germe
indifpenfablement pas encore éclos. Il eft
néceffaired
tion des perfonnes
d'augmenrerlararégime,
quePon met àce nouveau
qui n'eft pas fi nourrifant
viande; il ne faut enfin Cn ufer
que la
que par gra-
, en les emdes climats féchaufier.6c de fermenter dans
chauds & humides, faffe
leurs infedes, : & empêche d'éclore mourir
de ceux qui ne font
le germe
indifpenfablement pas encore éclos. Il eft
néceffaired
tion des perfonnes
d'augmenrerlararégime,
quePon met àce nouveau
qui n'eft pas fi nourrifant
viande; il ne faut enfin Cn ufer
que la
que par gra- --- Page 19 ---
VERS LE POLE DU SUD.
dation; car il feroit poffible
dont nos équipages furent
que les fievres
d'autre fource que le
attaqués,n'euflene
fage des viandes à celui pallage trop fubit de Pudes légumes.
Les bords de Falfe-Bay font formés
montagnes ou par des fables,
par des Falfe-Bay.
il n'y a un peu de terre
parmi lefquels
unes des coupures formées que dans quelquesHollandois
par les torrens. Les
y ont le petit érabliflement de
Simons-Bay, que leurs précautions
duftrie rendent fuffifant
&leurinvailleaux de relâche.
pour les befoins des
munication
Il; y a en outre une com- villedu
ville du
tres-fiéquente entre'ce lieu & la de Banue-Ef- Cap
Cap, qui n'eft qu'à fept lieues de
pérance,
tance. Un auffi petit
difle moyen de fatisfaire éloignement me facilitoit
parut intéreffant de
ma curiofité, & il me
célebres
voir une ville & une baie
par. le pallage de prefque tous les Européens qui font le voyage des Indes.
Je voulois en outre y prendre des informations fur la route & les moyens de
venir chez les Hottentots
parmieux dire, libres &
fauvages, ou, pour
paftears.J
à coeur la connoiffance des Tavoistoujours
moeurs des Peuples-fimples, qui avoit été la principale
du plan de mon
partie
voyage autour du Monde,
voir une ville & une baie
par. le pallage de prefque tous les Européens qui font le voyage des Indes.
Je voulois en outre y prendre des informations fur la route & les moyens de
venir chez les Hottentots
parmieux dire, libres &
fauvages, ou, pour
paftears.J
à coeur la connoiffance des Tavoistoujours
moeurs des Peuples-fimples, qui avoit été la principale
du plan de mon
partie
voyage autour du Monde, --- Page 20 ---
VorAc E
& n'ayant pas le temps de connoltre à fond
les moeurs des Hottentots, je voulois
moins lcs entrevoir. Je favois
au
toient les
qu'ils fréquenNegres, & que ceux-ci faifoient de
longs voyages dans les terres ; je pouvois
prendre des connoiffances fur Fintérieur de
PAfrique, qui ne me paroiffoit pas auffi impoliblequ'onlep prétendoit,
cation Communi- à Tunis. Je favois
,atraverferjufques
par
que nos nav vires
les terie, Habitans entre traité, fur la côte de Guinée, des
avoient
de la Guinée claves qui
Negres ef-
& ceux de la
difoient venir d'un pays
étoit
mer des In- bordé de la mer vers
qui
des.
donc
le foleil levant; il étoit
néceffaire qu'il y eût une
dance établie par terre entre les Habitans correfpon- de
la Guinée & ceux de la mer des Indes. Je
me fuis confirmé depuis dans cette
ture, 9 ayant examiné
conjectionné des Negres traités long-temps, & quefla côte de
par nos vaiffeaux à
lant
Mofambique, S qui, quoique
un langage différent,
paravoir befoin
s'entendoient, fans
d'interprete, avec d'autres Negres traités à la côte de
Preuves de Je favois
les
Congo & d'Angole.
cetteconmuque
Arabes avoient
nication. foumis desNations
plufieurs fois
Negres de la côte de Mofambique, & que d'autres Nations Arabes,
nommées Malayes 2 venoient aufli chaque
année, en armes, 2 pour commercer & lever
une efpece de tribut chez le Chef Dahomet,
endoient, fans
d'interprete, avec d'autres Negres traités à la côte de
Preuves de Je favois
les
Congo & d'Angole.
cetteconmuque
Arabes avoient
nication. foumis desNations
plufieurs fois
Negres de la côte de Mofambique, & que d'autres Nations Arabes,
nommées Malayes 2 venoient aufli chaque
année, en armes, 2 pour commercer & lever
une efpece de tribut chez le Chef Dahomet, --- Page 21 ---
VERS LE POLE DU SUp. I5
Seigneur du Comptoir que ncus avons à la
côte de Juda. J'avois vu & converfé avec des
Negres
Soufous, 2 traités entre le Cap Formofe & le Cap Vert,
qui parloient ou écrivoient en Arabe, 2 & étoient Mahométans.
Tout le monde fait que ceux duSénégal
commercent avec les Arabes, & leur payent quelquefois tribut; il eft également certain qu'il
vient quelquefois à Tunis &c à Tripoli des
Negres de la côte de Guinée. J'ai appris du
Chef de notre Comptoir de Juda, que ces
Arabes qui venoient commercer'avec le Seigneur de ce pays, & parmi lefquels il y
avoit des Cherifs de la race de Mahomet,
portoient le turban vert 2 & qu'ils avoient
pour marchandifes des étoffes mélangées. de
foie & de coton, telles qu'on en voit chez
les Mahométans des bords dela Méditerranées
que pour falut ils portoient la main, non
fur la poitrine, comme les Mahométans
nos
voilins, mais fur la tête, comme les Indiens.
La circoncifion eft générale dans toute PAfrique, de la côte de Mofambique à celie de
Maroc. Il me
paroiffoit, 7 d'après toutes ces
relations 2 très-vraifemblable de préfumer
qu'ilyavoitt tune plus grande
nous ne
firéquenrationque,
croyions entre les divers Peuples de
l'intérieur del'Afrique;q
quliscommunignient --- Page 22 ---
VOYAG E
&
Arabes, commerçoient même entre eux, &c que les
diftribués en diverfes
merçant d'un côté avec
Nations, comtoute la côte d'Afrique, vers l'Océan & vers les Indes, devoient
aufliavoir des rapports avec les autresNations
Arabes 2 qui commerçoient avec' la côte
d'Airique, vers la mer Méditerranée. La
de faluer de ceux qui vienbent
façon,
foit aufi
àjuda, me faipenfer qu'il y avoit beaucoup de
correfpondance entre eux & céux de la mer
desIndes; des
ufages que
des Negres de la côte d'Angole, Yairemarguéspammi
de ceux-ci la même
m'ont donné
calcul (*)
opinion : enfin un jeu de
commun à toute
à toute PAlie,
PAfrique, comme
même Chef de appuyoit mes foupçons. Le
notre commerce à Juda, m'apprit quelon y voyoit, dans les marais de lari.
viere, des
hyppoporames; que ces animaux
henniffoient à peu près comme des
mais qu'ils n'en avoient pas du tout la chevaux,
ils reffembloient
forme;
plutôt à des bocufs; leur
poil étoit ras comme celui des buffles. Il
parla aufli d'un autreanimal
me
jaqual, &
quel'on y nomme
qui a une très-belle peau tigrée à
(*) C'eft un jeu avec des boulettes, dans
raugées fur deux ligues, à ôter & remertre plufiecurs cafes,
cu! quej j'ignore.Jel'ai vu jouer
fuivant un calIndiens,
par lcs Chinois, Malayes,
Turcs,Malgaches, & Negres.
larmes,
leur
poil étoit ras comme celui des buffles. Il
parla aufli d'un autreanimal
me
jaqual, &
quel'on y nomme
qui a une très-belle peau tigrée à
(*) C'eft un jeu avec des boulettes, dans
raugées fur deux ligues, à ôter & remertre plufiecurs cafes,
cu! quej j'ignore.Jel'ai vu jouer
fuivant un calIndiens,
par lcs Chinois, Malayes,
Turcs,Malgaches, & Negres.
larmes, --- Page 23 ---
VEF RS I. E POLE DU SUD. 17
larmes. Il n'a point la force, ni les griffes,nila
férocité des tigres; il eft à peu près de la
même grandeur.
Je partis en conféquence le 3 Juin, & après
avoir fuivi le bord de la mer pendant Pefpace de trois lieues, j'arrivai à une maifon
nommée
Mafembourg, 2 quivappartient à la
Compagnie, & où elle raffemble une
de fcs troupeaux. Jc voyois à
partie
pas-de
quelques cents
là, un lac qui s'étehd au
il borde une belle plaine formée nord-oueft; la
fité des
par
finuomontagnes qui fe joignent dans le
nord à celle de la Table. Je traverfai celac,
continuant ma route dans cette plaine, 8c,
voyois,aenviron demi-lieue, &ài ma
je
Ja maifon & le quartier de
gauche,
fameux
Conflance, trèspar fes vins. Il y avoit plus au loin Climat,culs
d'autres habitations qui étoient fituées dans tivation du
un terrein très-bien planté; mais
Cap.
le fol oût j'étois étoit fec, fablonneux généralement
& incapable de culture. Le payfage étoit nu &c
peu agréable; l'on voyoit cependant çà &
là diverfes bruycres & des liliacées fleuries.
Le fol étant enfuite devenu un peu terreux &
pierreux, & étant un. peu monté, je vis quelques bouquets d'arbres d'argent, à qui la
feuille d'un velouté blanchâtre a fait donner
Tome Il.
B --- Page 24 ---
VOYAGI E
ce nom; ils font affez droits &
à
la vue., à caufe de leurs branches agréables
ment un pain de fucre affez
qui forrégulier. Je n'ai
point vu dans ce pays d'autre arbre de futaie
qui y vienne naturellement ; j'ai cependant
appris qu'il y avoit quelques gros arbres
les vallons qui font à l'abri des
dans
l'intérieur des terres avoit
vents, & que
quelques forêts.
Bientôt après, je trouvai la
bien cultivée en
campagne
champs ou en vignes, & elle
me, parut fertile. Je dominois une vafte
ornée par de jolies habitations;
plaine
maifons de
diverfes belles
campagne bordoient le chemin,
qui, en certains endroits, étoit ombragé
deux allées d'arbres ; les beaux
par
tout ceux de la maifon de
jardins, & furplaifance du Gouverneur, un bois de chêne planté
copce, me rappeloient les- dehors des en quinVilles
d'Europe, L'on a apporté de Hollande les
glands qui ont produit ce bois; &
ment des forêts fait qu'il eft réfervé l'éloigne
chauffage des maifons des
pour le
de la Compagnie.
premiers employés
Je vis bientôt la baie de la Table, &
loin, FIle Robben. Je découvris la Ville ati
du
Cap, lorfque j'eus dépaffé la montagne de
rappeloient les- dehors des en quinVilles
d'Europe, L'on a apporté de Hollande les
glands qui ont produit ce bois; &
ment des forêts fait qu'il eft réfervé l'éloigne
chauffage des maifons des
pour le
de la Compagnie.
premiers employés
Je vis bientôt la baie de la Table, &
loin, FIle Robben. Je découvris la Ville ati
du
Cap, lorfque j'eus dépaffé la montagne de --- Page 25 ---
VERS LE POLED DU SuD.
la Table, &j j'y arrivai le foir après fept lieues 19
de route. Cette Ville n'eft point clofe, mais
elle eft défendue à l'eft par un château de
moyenne force $ qui domine la
& la mer; elle a en outre, à l'eft & campagne à
deux batteries qui battent la
l'oueft,
rétranchement
rade, & un
qui domine fur le rivage; du
cûté du fud elles'appuie fur la
montague,
La population y eft affez confidérable; les
fortunes, fans y être immenfes, font au deffus
du médiocre, & l'on y jouit de toutes les
commodités de la vie. Il y a des moeurs, du
bon fens, & de Pinduftrie. Le fang eft beau,
fur-tout le créole. Le climat eft très-agréable, & la Ville eft jolie. Le fol
dépendant de
cette Colonie eft très-fertile & bien cultivé;
divers bourgs & quarziers font au loin dans
les terres, & je crois que celui de Stellembofc
eft le plus confidérable. Suivant les divers
rapports. que l'on m'a faits de l'étendue de
cette Colonie, je crois que les habitations
Hollandoifes, les plus éloignées direétement
en dedans des terres, font au plus à foixante.
dix lieues de diflance du Cap; mais celles
qui font le long de la côte, tant fur le grand
Océan que fur la mer des Indes, s'étendent à
un plus grand dloignement. Cet efpace formeB ij --- Page 26 ---
V 0 Y A G E
roit une Colonie immenfe, fi ces mêmes habitations étoient contigués; mais le Cultivateur ayant choifi à fon gré les meilleures terreins & les pâturages les plus gras, elles font
très-éloignées les unes des autres.
denrées Basprix des La fertilité du pays, &le nombre
les Habitans. pour peaux, font que les
des trouville
Hollandois, tant de la
que de la campagne, vivent à très-bas
les ChertÉpour vaiffeaux prix, Il n'en eft pas de même pour les vaifétrangers, feaux étrangers; le Gouvernement s'étant réfervé le droit de leur fournir les
même
les journaliers, ils font taxés à vivres, un.
haut, & Papprovifionnement
prix affez
des vaiffeaux
étrangers fait une bonne partie du revenu
de cette Colonie. Il eft cependant
ble de trouver à la pointe de
très-agréarelâche où TindufrieHollandoife l'Afrique, une
fait abonder
tout ce dont on peut avoir befoin. Cette Colonie fournit auffi des grains à Batavia & àla
Hollande.
Je fus obligé d'abandonner mon projet de
voyage chez les Hottentots fauvages; les
fonnes dontje pris desinformations
pour
tot
treprendre, en voyoient les difficultés avec un
microfcope, façon ordinaire d'envifager les
chofes peu communes, & iis furent dégoûtés
andoife l'Afrique, une
fait abonder
tout ce dont on peut avoir befoin. Cette Colonie fournit auffi des grains à Batavia & àla
Hollande.
Je fus obligé d'abandonner mon projet de
voyage chez les Hottentots fauvages; les
fonnes dontje pris desinformations
pour
tot
treprendre, en voyoient les difficultés avec un
microfcope, façon ordinaire d'envifager les
chofes peu communes, & iis furent dégoûtés --- Page 27 ---
VERS L E POLE DU SuD.
desr moyensden mé les faire
perçus enfuite que'le
fumonter.Jem'spfeau,
Capitaine de mon vaifqui me fuivit de près au
étoit
peu porté à ce que. je l'entreptiffe Cap,
légua des raifons de fervice
: il m'alhafard pouvoit rendre
qu'un malheureux
guliere de la
poflible; la forme réveiles
difcipline l'emporta fur les nou-
&
connoifances que je pouvois
je prévis avec douleur
acquérir 2
que je pourrois
Pincertitude de celles
ce voyage. Un prendre pendant le cours de
bord de
Marin, attaché par fon étatà
e les
fon vaiffeau, ne peut
chofes qu'un homme
qu'entrevoir
peut voir dans leur entier. féjournant à terre /
II arriva au Cap', quelques
deux vieillards
jours après,
qui étoient les
cette partie de la Nation principaux de
vit fur le terrein des
Hottentote qui
quelques vaches Hollandois.I Ils amenoient
pour en faire préfent à la
Compagnie, & il eft d'ufage
elle leur en falfe
qu'à fon tour
fauffes
un, qui confiffe en perles
> grenats & autres
traite. Ces Hottentots
marchandifes de
biter dans la
ne voulurent point haVille,&, fuivant leur ufage, ils
camperent fous des tentes. Pour
des auitres Hottentots
ce qui eft
les
quife font retirés dans
terres, & que les Hollandois
nomment
B iij --- Page 28 ---
Vox AG E
Caffres ou Bofchifmans, il eft certain
haïflent les Hollandois &c
qu'ils
méprifent leurs
compatriotes qui fe font foumis à la Compagnie. Ils font également des incurfions fur
les uns & fur les autres, & fe retirent dans
les bois ou furl lesmontagnes éloignées.
Les détails fuivant font également
cables aux deux parties de cette
applic'eft ou ce
Nation;
duire
quej'ai vu, ou ce que'j'ai pu indes rapports des Créoles qui ont leurs
habitations au loin dansles terres.
meus&ufa- Eigure,
Les Hottentots font d'une taille
ges des Hot- bien conformés.
moyenne,
tentors.
2 très-leftes & très-vifs à la
courfe; le haut de leur vifage eft
les OS du haut des joues
large, àvec
très-gros; mais le
bas du vifage eft mince & effilé; le nez & les
levres font comme chez les Negres; leurs
font grands, vifs & à fleur de tête ; leurs yeux cheveux font crépus à peu près comme ceux des
Indiens de Madagafcar, & non autant
ceux des Negres : ils ont foin de ies avoir que
toujouis graités; & comme ils portent un
bonnet qui couvre même leur front, ces cheveux perdent de leur crépu &
ils ne font point épais, & ils s'applatifient; paroiffent
rachés
arpar petites bandes. La couleur de leur
font grands, vifs & à fleur de tête ; leurs yeux cheveux font crépus à peu près comme ceux des
Indiens de Madagafcar, & non autant
ceux des Negres : ils ont foin de ies avoir que
toujouis graités; & comme ils portent un
bonnet qui couvre même leur front, ces cheveux perdent de leur crépu &
ils ne font point épais, & ils s'applatifient; paroiffent
rachés
arpar petites bandes. La couleur de leur --- Page 29 ---
VERS LE PoLr DU SUD.
corps, brune dès P'origine,
temps; carils font
noircit avec le
air, & ont foin d'être toujours expofés au grand
la graiffe,
toujours oints avec de
Ces derniers faits paroiffent
dudion que je tirai dans
appuyer l'incrus qu'il étoit
l'Arabie, lorfque je
poflible que la chaleur du
climat, jointe à la fécherelle du
lieu à la couleur des
fol, donnât
cheveux. Les
Negres &au crépu del leurs
fans
Hottenrots, que l'on ne
erreur, appeler
peut,
ronnés de
Negres, en font envitous côtés, &, fuivant toutes les
apparences, ils tirent d'eux leur
ne doivent donc ce qui les
origine. Ils
diftingue de ces
de leur féjour dans des
&c
ReEtETe
climat plus
pays moins fecs & d'un
tempéré. Ils couvrent
avec une grande peau, & ils
leurs corps
nudité dans un petit fac orné enferment leur
en dehors d'un
plateau - de cuir fort, de forme
cuir eft enjolivé
de
ovale. Ce
il
par
petits clcus de, cuivre
jaune; 5 a dans fes bords de petits
du même métal,
anneaux
efpece de
qui, en marchant, font une
dans leurs cliquetis. Ils trouvent ce cuivre
ler. Ils
montagnes, & ils favent le travailornent leur cou & leur
des perles fauffes, des
poitrine avec
grenats, des coquilles,
B iV --- Page 30 ---
V
Y
G E
ou avec de petits Os, Ils portent des bandes
de ces mêmes
de
ornemens, ou plufieurs tours
boyaux aux chevilles des pieds. Ils attachent aux cheveux du haut de la tête,
fieurs flocons de
plutiere fur le
grenats qui pendent en arcou.
ges, Leursmar'a- Les chefs de famille font
les jeunes
très-refpedtés, &
gens ne font point admis dans les
confeils; il faut auparavant qu'ils foient déclarés hommes, & qu'ils foient mariés;
même cérémonie leur
une
donne ces
- lités. Un jeune homme
deux qualités néceffaires
qui a l'age & les quachaffe.des
pour aller à la guerre & à la
& bon bêtes féroces, pour être bon mari
pere, choift une femme, & convoque l'affemblée de la Nation. L'on conduit
les nouveaux promis, &c on les y
fur leurs devoirs
y harangue
Hottentot
particuliers & miutiels. Un
prépofé ceint au bras du
homme un boyau auquel eft attaché jeune
os, &, il lâche de P'urine fur
un petit
fujet eft alors déclaré marié fes'épauless le
&
il
peut feconder fes
homme;
au confeil. Les compagnons à la guerre &
leurs
femmes font très-affujetties à
maris, & elles ont de bonnes
les maris peuvent avoir
mceurs;
mais ils-n'époufent
piufieurs femmes,
pas leurs foeurs. Des per-
un boyau auquel eft attaché jeune
os, &, il lâche de P'urine fur
un petit
fujet eft alors déclaré marié fes'épauless le
&
il
peut feconder fes
homme;
au confeil. Les compagnons à la guerre &
leurs
femmes font très-affujetties à
maris, & elles ont de bonnes
les maris peuvent avoir
mceurs;
mais ils-n'époufent
piufieurs femmes,
pas leurs foeurs. Des per- --- Page 31 ---
VERS LE POLE DU SUD.
fonnes
n'être que je ne pouvois foupçonner de Fauffeté du
point infiruites, 2 m'ont affuré la
tablier des
feté du tablier
fauf Hottentotes.
Hottentotes.
que l'on prête aux femmes
des relations Suivant ce.que j'ai pu induire
monie
que l'on m'a faites, de la céréd'uriner fur les épaules des
hommes, de l'ornement dont les nouveaux
parent leur nudité, Sc de l'extrême hommes
des femmes, il m'a
fujétion
à grand honneur paru que ce Peuple avoit
viriles.
le fexe, 2 l'age &. les
Cela affure en effet leur défenfe qualités & leur
propagation,
Les Hottentots Caffres n'élevent
troupeaux, & ne font point cultivateurs que des
boeufs leur fervent de
; les
point de tentes; ils habitent monture. Ils n'ont
avec des
des huttes faites
font
joncs ou avec des
& ils ne
pas fi errans que les Arabes, peaux, leur
étant plus fertile en pârurages.Ils font
pays
dolens, mais en même
allezincourfe,
temps très-vites à la
2 adroits & leftes. Ils font
foit à la chaffe des tigres & des courageux,
la guerre contre les Hollandois lions, foit à
tentots de leur
& les Hotrain mépris
domination, ayant un fouvepour ces derniers. Les
ont pour armes, des
Hottentots Leursarmes,
feches, des
une efpece de javelot, &
poignards,
un bâton carré S --- Page 32 ---
VorAG E
court, qui eft pelant & a un bout
à chaque
de cuivre
extrémité; ils le lancent avec
J'avois vu de pareils bâtons à des
adreffe.
aux Habitans de la
Egyptiens &
ment Gelides : il Paleltine, qui les nomla connoiffance ne feroit pas impoffible que
de
de cette arme fût venue ici
proche en proche par
PAbyfinie. ils aiment la danfe TEgypte ou par
mens, & ils
& les inftrupincent d'une
de
tare, Leur figure n'eft
efpece
guimier coup-d'ceil,
pas attrayante au prefuite
mais on leur trouve
une phyfionomie que fa variété & envivacité de leurs
la
rituelle. Je les ai yeux m'ont fait croire fpicalcul
vus s'amufer à un jeu de
avec une viteffe qui
pur
lement de la
n'annonçoit nulflupidité; & une Nation
que fauvage, qui s'amufe à faire
preffon efprit, n'eft certainement
travailler
quelque léger que foit ce travail; pas flupide,
foient pas triftes, je les crois un quoigu'ils sne
peu férieux.
Leurlangage, Leur langage eft le plus fingulier
noiffe; il a beaucoup de
que je contrès-fréquemment
gutturales, & emploie
des exprellions formées
un
par
preffée &
Smrsorato
repliée contre le palais.Ce fon
même que celui que font certaines
eftie
gens du
peuple 2 gourmets ou ivrognes, lorfqu'ils
trou-
les crois un quoigu'ils sne
peu férieux.
Leurlangage, Leur langage eft le plus fingulier
noiffe; il a beaucoup de
que je contrès-fréquemment
gutturales, & emploie
des exprellions formées
un
par
preffée &
Smrsorato
repliée contre le palais.Ce fon
même que celui que font certaines
eftie
gens du
peuple 2 gourmets ou ivrognes, lorfqu'ils
trou- --- Page 33 ---
VERSLE POLE DU SUD. 27
vent du bon' vin. lls font deux efpèces de
ces fons en tournant différemment la
Je ne puis les rendre
langue.
que par l'expreffion de
clop ou de clep; ces fons précedent le
& fuivant ce dont il
mot,
s'agit, on en
un ou deux. Iis fe
emploie
entre
I
nomment, par exemple,
eux, Clop ouaquays. J'ai cru
que ces claquemens de langue n'étoient remarquer
ployés que pour les expreffions
emJ'entends
pfemieres.
par expreiflion premiere 2 celle
ne forme ni n'eft formée
qui
comme eau, terre
par aucune autre,
s bois 3 oifeau, &c. au lieu
que celles-ci, halitations, boire,
tion,
marcher, ac-
> forment ou font formées
boiffon , marche,
2 d'habiter ,
agir, &c. fuivant la forme
gu'il a plu aux Grammairiens de donner à
Langue quelconque. Leurs nombres
une
4, &c. font auffi précédés de
2 1, 2,3,
de Jangue. J'avois entendu
ce claquement
chez les
Tégas de
Sauvages
mées
PAmérique, des expreffions foravec les doigts, comme lorfque Pon
appelle un chien : Ces mêmes
avoient auffi d'autres
Sauvages en
qui étoient formées
une tenfion de la
par
langue contre le
comme lorfque l'on appelle des
palais 3
cette derniere ne reffembloit
poules; mais
Hottentots, Les
pas à.celle des
Indiens des Philippines fe
fevendwsautefaremenre
delalangue contre
expreffions foravec les doigts, comme lorfque Pon
appelle un chien : Ces mêmes
avoient auffi d'autres
Sauvages en
qui étoient formées
une tenfion de la
par
langue contre le
comme lorfque l'on appelle des
palais 3
cette derniere ne reffembloit
poules; mais
Hottentots, Les
pas à.celle des
Indiens des Philippines fe
fevendwsautefaremenre
delalangue contre --- Page 34 ---
Vovacs
le palais, pour
Réflexions
exprimer la
far les Lan- refus. J'avois déjà fait
négation ou le
gues,
ce fujet dans
quelques réfexions à
ceci
mon voyage autour du Monde;
m'engagea à
les diverfes
repaffer, d'un coup-d'oeil,
radicales; Langues que je croyois meres ou
favoir, celle des Tartares
des Indiens
ou des
Araber, férences
ou des Chinois. Les difcilité, la' marquées de ces Langues dans la fades
douceur ou la rudeffe de
unes & de la
l'inflexion
les faifoient
gutturation des autres, 2 me
oreilles
régarder comme premieres. Mes
entre'l avoient paru trouver de la
'les Langues des Habitans
connexité
qu'Iles de
des deux prefl'immenfe FInde, & celles. des Habitans de
quantité d'Ifles
ou féparent la mer du fud qui font fituées
& ilme fembloit
de celle de lInde,
cordance
qu'il y avoit moins de difentre les langages de tous
vers Peuples
ces di7 qu'entre les
France & de
Langues de la
pendant être PAngleterre, que jene crois ceLatin & du chacune que des tiges nées du
Germain. L'on avoit
trouvé de la connexité
également
Peuples
entre Je jargon des
de la
d'Otahity, & celui des Habitans
Nouvelle Zelande, Il avoit fallu
dant un bien plus long
cepengrand nombre
temps & un plus
la
devnemens, pour produire
fréquentation ou la population de
proche --- Page 35 ---
VERS LE POLE DU SuD: 29
en proche entre l'Archipel de la Chine &
les Peuples de ces deux Ifles, que pour établir cette même fréquentation ou population
entre les diverfes parties de notre Continent,
même entre lui & le Groënland ou le nord de
l'Amérique. Tout cela me fit croire que la
prefqu'lfle de l'Inde en delà du Gange, avoit
elle feule peuplé affez récemment les Iles de
la mer du fud, & que l'ancienneté de la population du grand Coritinent ayant donné
lieu à des révolutions tantôt
tantôt répercuflives des Peuples perculives, qu'elles laiffoient même quelquéfois ifolés & forcés de
rentrer prefque dans un état fauvage, avoit
infenfiblement & fucceffivement altéré ou
mêlé les Langues des diverfes Nétions.
Je rapporterai ici deux traits de courage. TraitshérofLe premier m'eût été difficile à croire, s'il
ques.
fût arrivé la veille de mon arrivée 2
ne
au Cap,
& f; outre l'atteftation publique, je n'euffe
été témoin du jufte enthoufiafme qu'il avoir
fait naitre dans tous les efprits.
Ilya avoit eu un coup de ventdenord-nordoueft fi fort, que le barometre montant à
vingt : huit pouces deux ou trois lignes
pendant le beau temps, étoit defcendu juf-
s'il
ques.
fût arrivé la veille de mon arrivée 2
ne
au Cap,
& f; outre l'atteftation publique, je n'euffe
été témoin du jufte enthoufiafme qu'il avoir
fait naitre dans tous les efprits.
Ilya avoit eu un coup de ventdenord-nordoueft fi fort, que le barometre montant à
vingt : huit pouces deux ou trois lignes
pendant le beau temps, étoit defcendu juf- --- Page 36 ---
Vorac E
ques à vingt-fept pouces quatre lignes, &
que trois vaiffeaux
qui étoient
dans la
Holndois,
rade du Cap, chaflerent tfur eursancres. Un d'entre eux 2 qui étoit chargé de
blé pour la Hollande, fut jeté à la côte &c
brifé par la force des lames. La plus grande
partie de Péquipage fut engloutie dans les
flots, & le refte lutcoit encore contre la
mort en fe tenant accroché aux débris du
vaiffeau : la mer défreloit deffus avec tant de
force, & elle étoit fi groffe, qu'aucune chaloupe n'ofoit fe hafarder à leur donner du
fecours. Un Hollandois affez ige, & ancien
Habitant de la Colonie - 9 étoit venu à cheval
pour être fimple fpeéateur du naufrage. II
fut touché du fort de ces
fachant que fon cheval étoit malheureux,, &
nageur, il forma
courageux & bon
fauver. Il fait
l'entreprife hardie de les
fouffler de l'cau-de-vie dans
les narines de fon cheval, &, s'affermifant fur
les étriers, il le pouffe au milieu des lames
réitérées qui les fubmergeoient tous les deux.
Il arrive ainfi à la
nage jufques aux débris du
vaiffeau, prend avec lui deux hommes, dont
chacun fe tenoit à une de fes
& les
traîne à terre. Il fit ainfi fept bottes, de
à bord, & fauva
voyages terre
quatorze hommes; mais au
retour du huitieme
voyage, une vague vive --- Page 37 ---
VERS L E POLE DU SuD. - 31
& immenfe culbuta le cheval, & le Cavalier
défarçonné périt avec ceux qu'il amenoit. Le
cheval revint feul à terre.
Je ne fache point d'adion auffi intrépide
d'humanité. Le fecond trait n'eft pas auffi
fort que le premier : je le crois cependant
digne d'y être joint, parce que les deux
montrent enfemble combien l'ame devient
belle & forte chez les libres & aifésHabitans
des campagnes des Colonies. Il y font forcés
au travail, foit pour entretenir leur honnête
aifance, 2 foit pour furmonter les obftacles
que le fol ruftique où ils font placés leur
préfente. C'eft à cet effet que j'ai remarqué
que le brave Cavalier, Européen de Nation,
habitoit dès fa jeuneffe les campagnes de cette
Colonie : mais revénons.
Un Créole, habitant au loin dansles terres,
avoitla gangrene à une main, par la fuite d'une
bleffure niégligée. Iljugea qu'iln'avoit d'autre
reffource que l'amputation du bras ; mais fe
croyant trop éloigné de la Ville pour y recourir aux Chirurgiens, il projeta de faire
l'opération lui-même : il prépara en conféquence des herbes & des remedes. pour la
fuite de l'amputation, la
2 & fit lui-même d'un
ant au loin dansles terres,
avoitla gangrene à une main, par la fuite d'une
bleffure niégligée. Iljugea qu'iln'avoit d'autre
reffource que l'amputation du bras ; mais fe
croyant trop éloigné de la Ville pour y recourir aux Chirurgiens, il projeta de faire
l'opération lui-même : il prépara en conféquence des herbes & des remedes. pour la
fuite de l'amputation, la
2 & fit lui-même d'un --- Page 38 ---
Vox A G E
coup de hache. Il ne prit d'autre
que celle de faire tenir fon bras fixe précaution
Negre. Ily y appliqua enfuite les
par un
avoit préparés, &
remedes qu'il
vu très-bien
guérit parfaitement. Je l'ai
portant à Simons-Bay, oùil étoit .
venu avec fes efclaves & des chariots
du beurre qu'il retiroit de fes
chargés
troupeaux.
Magdelainc. 1Ac de la Ayant pris une idée fuffifante de la ville &
de la baie du Cap,je retournai à
Dans un des intervalles
Simons-Bay,
laiffa, j'eus la curiofité que mon fervice me
d'aller fur la
Ifle de la
petite
fond
Magdelaine, qui eft fituée dans le
de la baie de Faife, à environ
Loups ma- du
troislieues'
rins,
mouillage. Je favois qu'elle étoit l'afile de
beaucoup de loups marins & de
& j'en avois déjà vu un grand pinguoins 2
allant à la pêche fur la roche de nombre en
qui forme les deux paffes de l'entrée Romanfclip,
mons-Bay. IL me
de Siloifir & en vie
parut amufarit d'examiner à
quelques-uns de ces
dont le premier paroit former la amphibies,
l'efpece
palfage de
quadrupede à celle des
& le
fecond paroit, quoique
poiffons 2
former également le pallage plusimparaitement, de
oifeaux à celle des
l'efpece des
Ledteur voudra bien quadrupedes amphibies. Le
excufer des détails
être trop longs, en faveur de l'intérêt peut:
qu'y
pourront
d'examiner à
quelques-uns de ces
dont le premier paroit former la amphibies,
l'efpece
palfage de
quadrupede à celle des
& le
fecond paroit, quoique
poiffons 2
former également le pallage plusimparaitement, de
oifeaux à celle des
l'efpece des
Ledteur voudra bien quadrupedes amphibies. Le
excufer des détails
être trop longs, en faveur de l'intérêt peut:
qu'y
pourront --- Page 39 ---
VERS LE POLE DU Sun.
Pourront prendre les amateurs de
naturelle.
THilloire
Je choifis un jour
brife trèstrès-calme, car la lame
confidérablement fur Pifle de la
Magdeleine. En chemin, nous tuâmes
quelques oifeaux de mer
au vol
tons du Cap, & des manches qu'on nomme moude
que
velours.Lorffufil nousapprochames lâché à
de P'Ifle, un coup de
un manche de velours, fit
preffion fur les loups marins
imétendus au foleil. Ils fe
qui y étoient
& poufferent des
mirent fur leur féant,
cris qui, dans
Leuirs cris:
ment, reflembloient, par leur nombre l'éloigne- &
confufion, aux bélemens d'un
leur
brebis qui ont leurs
troupeau de
niers répondent.
petits, & à qui ces der-
& l'âge de
On diflinguoit la grandeur
ces animaux,
la foibleffe du
fuivant la force ou
ton de leurs voix. Nous
prochâmes brufquemeht de
apfique ceffa, & plufieurs fe terre; cette mune fut que long-temps
jeterent à l'eau. Ce
reflant
après que ces animaux
toujours le long des
tendis les plus
roches, j'endes cris forts & gros pouffer, 2 par intervalies,
giflemens d'un rauques 2 femblables aux mujeune veau 3 mais les
gardoient le filence, Je penfai,
petits
ques autres
d'après quelTome remarques, 2 que le cri, étoit chez
II,
C --- Page 40 ---
Voya G E
eux le figne d'un léger fentiment de
ou du pallageléger d'une fenfation à crainte,
d'une efpece
une autre
la
différente, mais non le figne de
frayeur. Nous étions defcendus à terre armés de petites bâches., pour les étourdir
les frappant fur le mufeau, L'on
en
& lon
en tua quatorze,
en prit quatre en vie, Ces animaux timides n'avoient
du côté le plus voifin de que l'inftina-de fuir
l'eau, fût-ce même
entre nos jambes; & ils ne mordoient
qui fe rencontroit diredement
que ce
S'ils fe fuffent
fur leur pallage.
défendus comme
autres
plufieurs
animaux, nous aurions eu de la
nous en
peine à
débarraffer; car ils font
Leur grand fol en étoit couvert
forts, & le
nombre.
: ily en avoit
plus de trois mille. Les
peut-être
environ
plus grands avoient
quatre pieds de longueur fur deux
demi de
&c
circonférence; mais le plus
nombre n'avoit que deux pieds & demi grand
trois de longueur fur un & demi de circon- ou
férence. Je crus que ces animaux. avoient
l'oreille dure; car comme ils
jours le long de terre, à la diflance nageoient toupas au plus de l'endroit où
de trois
trois à très-haute voix leurs j'étois, je mondivers mouvemens
à un de nos gens qui étoit
s'épouvantoient
éloigné : ils ne
pas du fon de nos voix; mais
au moindie de nos
mouvemens, ils plon:
férence. Je crus que ces animaux. avoient
l'oreille dure; car comme ils
jours le long de terre, à la diflance nageoient toupas au plus de l'endroit où
de trois
trois à très-haute voix leurs j'étois, je mondivers mouvemens
à un de nos gens qui étoit
s'épouvantoient
éloigné : ils ne
pas du fon de nos voix; mais
au moindie de nos
mouvemens, ils plon: --- Page 41 ---
VERS LE POLE DU SuD,
geoient & fc retiroient au
qu'ils avoient la vue
large.Je.crus donc
affez beaux, mais
bonne; leurs yeux font
fouvent ternes & nébuleux.
Je ne fais quel étoit le befoin
qui preffoit ces animaux de ou Pinflina
Pour peu que nous
venir à terre.
vage, ils
nous écartaffions du ri-.
grimpoient fur les
noient aux endroits fecs
roches, & vecaution,
avec ft peu de
que nous en primes plufieurs pré.
coupant le chemin de la retraite.
en leur
chent pas affez vite
Ils ne marendroits fecs & unis; pour s'échapper dans les
que affurée,
mais leur fuite eft preffantes &
lorfqu'ils font fur des roches
en pente vers la mer,
glic
Nous prenions ordinairement
vie, en leur jetant fur la tête
ceux-ci en
toile qui pût nous
un fac de groffe
les
garantir de leur morfure. On
prenoit aufi en les failifant
de derriere, & les trainant par les pattes
leurs pattes de devant.
à reculons fur
Comme ils
&
d
font
replets, 2 ils ne peuvent, dans
gros,
tion, fe tourner que difficilement cette poliaux jambes.
pourr mordre
Ce même befoin de venir à
lorfqu'ils s'étoient
terre, faifoit que
jetés à l'eau, & que nous
Cij --- Page 42 ---
V o Y A G E
étions fur le rivage, 2 ils ne s'écartoient
&
faifoientles plus fingulieres
pas
. ils fe rouloient & fe
évolutions. Tantôt
vautroient; le
fouvent ils paroiffoient fe tenir debout, plus
mufeau élevé, la tête & le col hors de ayant le
d'autres fois ils
à
l'eau;
s'éiançoient un pied de hauteur, & replongeoient la tête la
ayant les pattes de devant
premiere,
fur le
élongées & collées
ventre, & celles de derriere
de telle façon qu'elles avoient la forme élongées de la
queue d'un poiffon.
Je crus d'abord que le befoin de
les portoit à ces
refpirer
dans d'autres mouvemens; mais ayant vu
très
occalions ces animaux refter
long-temps fous l'eau, je cherchai
que autre raifon. Je penfai que l'eau leur quelmoins agréable que la terre : cette idée étoit
vint du fommeil ou
me
fuel qu'ils
affoupiferhent quafi fens'empreffent d'y aller
me le perfuadai dans la
prendre ; je
fuite, en examinant
ceux que je gardai en vie, comme on le
bientocMaisenmemer
verra
temps,
tion n'y auroit-il pas dans leur qu'ellecontradic- maniere
puifqu'ils vont au loin en pleine
d'être,
cherchent leur nourriture
mer, & qu'ils
au fond de l'eau?
Defctiption. Lorfqu'ils font au foleil, ils fe mettent fur
ens'empreffent d'y aller
me le perfuadai dans la
prendre ; je
fuite, en examinant
ceux que je gardai en vie, comme on le
bientocMaisenmemer
verra
temps,
tion n'y auroit-il pas dans leur qu'ellecontradic- maniere
puifqu'ils vont au loin en pleine
d'être,
cherchent leur nourriture
mer, & qu'ils
au fond de l'eau?
Defctiption. Lorfqu'ils font au foleil, ils fe mettent fur --- Page 43 ---
VERS LE POLE DU Sup.
leur derriere ou fe tiennent le
ayant le mufeau & les
ventre à terre,
gées de même
pattes de devant élonque les chiens.
chent, ils font obligés de fe Lorfqu'ils maren tortillant tour à
pouffer en avant,
tour le derriere & le
Vant du corps, lls ont alors la tête
dele mufeau élevé,
haute &
quelque chofe
comme un chien qui fent
fait
de nouveau; ce mcuvement
qu'ils reffemblent affez à un balfet
marcheroit étant fur fon derriere.
qui
fition paroit leur être
Cette poleur eft
très-pénible; mais elle
nécellaire, parce qu'ils n'ont
pas de jambes extérieures à leurs
prefque
riere, & que leur
pattes de derdes
corps efl très-replet. Le poil
jeunes loups marins eft noirâtre; le
feau n'eft pas fi pointu qu'on le
mumunément, & le haut du
dépeint com=
écrafé ; leurs dents font
nez n'eft point
taches affez
petités, leurs mouflongues, la phyfionomie
& douce, & ils reffemblent
bonne
à
affez à des
qui on auroit coupé les
chiens,
font très-étroites &
oreilles; les leurs
guere plus de dix-huit peu ouvertes; elles n'ont
col eft
lignes del longueur; le
gros, replet, & de niveau avec la
de telle maniere que la main
tête,
qu'il elt dificile de les faifir gliffe deffus, &c
La plus grande rondeur
par cette partie.
poitrine, &
de l'animal eft à la,
va en diminuant vers P'extrémité
Cij --- Page 44 ---
VoxA G :
du corps, où il a une petite
deux
queue d'environ
de poucesdelongueur fur une ligne & demie
diametre.
Les pattes de devant font formées
groffe membrane cartilagineufe
par une
de certaines
quia la forme
nageoires des phoques. Ce cartilage eft plusrenforcé dans fa partie
elles ont cinq doigts qui font renfermés antérieure;
cette membrane & ne s'étendent
dans
toute fa longueur. Le
point dans
mieux
plus intérieur eft le
marqué, de même que fes
les deux fuivans le font meins & phalanges; les
extérieurs le font à peine. Les 2
deux
deffus de la membrane &
ongles font en
au bout des
par conféquent à une certaine diftance doigts,
l'extrémité de la membrane; mais ils de
prefque
font
imperceptibles. 2 cachés fous le
& fi petits qu'à peine méritent-ils
poil,
d'ongles.
le nom
Les pattes de derriere ont cinq doigts. Les
trois du milieu ont leurs
phalanges très-bien
marquées, de même que leurs ongles, qui font
à peu près comme ceux des chiens; les deux
autres n'ont ni la groffeur des premiers, nil'articulation fi bien marquée, & ils ont un ongle
très-petit & très-mince
2 que l'on croiroit
& fi petits qu'à peine méritent-ils
poil,
d'ongles.
le nom
Les pattes de derriere ont cinq doigts. Les
trois du milieu ont leurs
phalanges très-bien
marquées, de même que leurs ongles, qui font
à peu près comme ceux des chiens; les deux
autres n'ont ni la groffeur des premiers, nil'articulation fi bien marquée, & ils ont un ongle
très-petit & très-mince
2 que l'on croiroit --- Page 45 ---
VERS LE POLE DU SUD.
d'abord être ufé, mais
la racine, ri la
qui, au taét, n'a ni
dureté, ni la forme.des
Ces cinq ongles font
autres.
placés au milieu de la
patte, qui eft continuée aux trois
milieu par un cartillage offeux,
doigts du
Les autres deux
petit & mince.
chofe
doigts confervent, à peu de
près, leur même groffeur, & ils
vent par conféquent être à leur
fetroudans leur
tour plus gros
extrémité,que la continuation
trois doigts du milieu. Ces
des
joints par une
cinq doigts font
oies. La
membrane, 2 comme ceux des
pofition de ces.ongles me parut finguliere, & elle eft telle
guere gu'à fe
qu'ils ne leur fervent
il qu'ils
gratter, encore pour cela fautplient la patte.
Je confervai deux de ces animaux
pendant huit
en vie
jours 2 & je les ténois dans une
efpece de cuve de cinq pieds de
avois fait mettre le premier
longueur.J'y
d'eau de mer
jour un demi-pied
: mais comme ils faifoient des
efforts pour s'en retirer, je la fis vider.J'effayai deux autres fois de les tenir
mais voyant qu'elle les
dansl'eau;
fec. Dès
gênoit, je les laiffai à
que l'eau étoit vidée, ilsfe fecouoient
comme des chiens; ils fe grattoient & fe
toyoient avec leur
ils fe
netuns contre les
mufeau;
ferroient les
autres. ; iis éternuoient
les chiens.
comme
C iv --- Page 46 ---
VovAc E
Lorfque le foleil étoit beau, je les
fur le gaillard, d'ot ils
lâchois
ne cherchoient à fuir
que lorfqu'ils appercevoient la
ment ils fe tenoient
mer; autrefoleil
tranquilles & étendus au
: tantôt ils fe vautroient & frottoient
leur muleau. contre terre, tantôt ils fe fecouoient & fe grattoient avec leur mufeau &
leurs ongles. Ils prenoient même plaifir à fe
laiffer gratter par les gens de
tour de qui ils marchoientalfez! l'équipage, au-.
allant fentir le bas de leurs culottes familiérement,
Je remarquai qu'ils
longues,
couleur
préféroient les hardes de
bleue; il y a apparence qu'ils cherchoient alors à manger. Ils aimoientà
grimper
pour prendre le foleil fur les lieux
ils montcient aifément fut le
élevés, &c
Ils avoient de l'amitié
banc de quart,
fe frottoient
Pun pour l'autre; ils
& fe careffoient mutuellement
avec le mufeau, Ou lorfqu'on les
ils fe rejoignoient bien vite; il
féparoit,
n'y avoit qu'à
emporter Pun d'eux avec foi, pour fe faire
fuivre par l'autre; ils nous amuferent ainfi
très-fouvent,
Leurs yeux avoient acquis de la vivacité,
qui provenoit peut-être de léchauffement du
fang; car ils ne mangeoient pas. Je leur donnois du poiffon, du gouémon, du pain trempé,
avec le mufeau, Ou lorfqu'on les
ils fe rejoignoient bien vite; il
féparoit,
n'y avoit qu'à
emporter Pun d'eux avec foi, pour fe faire
fuivre par l'autre; ils nous amuferent ainfi
très-fouvent,
Leurs yeux avoient acquis de la vivacité,
qui provenoit peut-être de léchauffement du
fang; car ils ne mangeoient pas. Je leur donnois du poiffon, du gouémon, du pain trempé, --- Page 47 ---
VERS LE POLE DU SuD.
Ils fentoient tout ce qu'on leur
mais ils n'y goûroient pas. Je tâchai préfentoit; de
faire avaler par force de la farine
leur
dans de l'eau faumâtre, mais
très-délayée
à bout; ils la
je n'en pus venir
regorgeoient tout de fuite. Le
feptieme jour, un d'eux eut des palpitations &
des fanglottemens très-forts
hoquet; il ouvroit la
2 femblables au
gueule en écumant une
liqueur verdâtre, & il rongeoit le
fa cuve. Je craignis qu'il
bois-de
lâcher à la mer. Je lâchai n'enrageitije le fis
dans
l'autre le lendemain
une prairie, & je me cachai
voir
s'il broutoit; mais
pour
ayant examiné pendant
long-temps qu'il ne mangeoit
ie
chaffai à la mer. Il nageoit
pas, je
du rivage, & j'eus
toujours le long
faire
beaucoup de peine à lui
prendre le large de notre canot
il vouloit
auquel
s'accrocher, & qu'il prenoit
remment pour une roche. Il ne
appabien
nageoit pas
wigoureufement; mais peu après il
gea, & ayant refté environ
plonT'eau, je le vis
une minute fous
reparoitre plus lefte
ravant.Il venoit peut-être de
qu'aupariture. Ii prit alors fon
prendre fa nourdes roches
parti, & il fe retira fur
qui étoient au loin.
L'Ile delaMagdeleine avoitaufli
de cêtte efpece dè pinguoins,
beaucoup leurs Pinguoins, nids. s
2 qu'on nomme
mais peu après il
gea, & ayant refté environ
plonT'eau, je le vis
une minute fous
reparoitre plus lefte
ravant.Il venoit peut-être de
qu'aupariture. Ii prit alors fon
prendre fa nourdes roches
parti, & il fe retira fur
qui étoient au loin.
L'Ile delaMagdeleine avoitaufli
de cêtte efpece dè pinguoins,
beaucoup leurs Pinguoins, nids. s
2 qu'on nomme --- Page 48 ---
Vora G H
manchots. Le fol du haut de TIle
vert de leurs nids, dans
étoit couvâmes beaucoup
lefquels nous troud'oeufs & de petits.
trouvâmes dans un de
Nous
aima micuxfelailfer
ces_nids une mere qui
fes petits. Il
prendré que d'sbandonner
y avoit rarement trois
trois petits dans le même
oeufs ou
fouvent
nid; mais le plus.
étoient deux,jamais un feul, Ces deux petits
rangés tête à queue comme les
geons, & Pun étoit au moins d'un
pigros que Pautre. Cela me les fit quart plus
& femelle. Leurdaver
croire mâle
étoit
& fourré en façon de laine. rexuemementlong,
guoins étoient très-aifés
Les vieux pinà
en eûmes
prendre, & nous
quarante au moins. Ils marchoient
lentement, & cherchoient à fe
du Defeription roches. Leurs ailes
tapir contre les
pingouin.
font longues &c
d'une plume menue &
couvertes
à du
très-courte, femblable
poil ras. Elles leur fervent
de pattes de devant, & alors ils guelquefois
vite, autrement ils font
marchent plus
perchés fur leurs
tes, ayant les ailés
pattête élevée & un air pendantes en avant, la
très-fot.Les
d'un gris noirâtre, tirant
plumes font
mais fous le
un peu fur le bieu;
deux
ventre elles font bianches. Ils ont
Cravates oblongues, de couleur
l'une au cou, i'autre à
noire,
noire; l'oeil eft le
Peftomac; la tête eft
plus fouvent terne; leur --- Page 49 ---
VERS LE POLE DU Sup.
groffeur eft celle denos plus
muns; leur bec eft
gros canardscombeaucoup moins
plus' étroit que celui du canard,
long &
plus
dangereux, 2 & ils s'en fervent
pointu,
pour fe défendre. Ils
adroitement
deux
plongent &
eaux avec grace. Ils fe
nagent entre
fuivent leur proie
tournent & pouravec une rapidité
Dante 5 ils paroiffent d'ailleurs fort
furpreà terre.
embarraffés
Je confervai pendant treize
ces animaux; ils étoient
jours deux de
une partie du duvet. Je léur jeunes, ayant encore
pain trempé, & Ia digeflion faifois avaler du
bien; mais les ayant mis
fe faifoit trèsmourut bientôt
dans l'eau, un d'eux
trois
après, & l'autre traina encore
jours. ils n'avoient pas la douceur
loups marins ; car lorfqu'on
des
cage, ils cherchoient à
ouvroit leur
piquer très-fortement.
Les amateurs exaûts de IHifloire
ne trouveront peut-être
naturelle
tieux, carils
pas ces détails minufance
fervent à confirmer la connoifque l'on avoit du corps & du
de ces animaux. J'efpere
caradere
gagéra le LeSeur,
que cette utilité ende la
indifférent pour cette partie
phyfique, à faire grace à la
ma defcription.
longueur de
cherchoient à
ouvroit leur
piquer très-fortement.
Les amateurs exaûts de IHifloire
ne trouveront peut-être
naturelle
tieux, carils
pas ces détails minufance
fervent à confirmer la connoifque l'on avoit du corps & du
de ces animaux. J'efpere
caradere
gagéra le LeSeur,
que cette utilité ende la
indifférent pour cette partie
phyfique, à faire grace à la
ma defcription.
longueur de --- Page 50 ---
Vova G E
Nous nous
étoit
préparâmes au départ; la frégate
partie depuis le 27 de Juin,
reçu ordre du"Commandant
ayant
dagafcar;
d'aller à Ma-
&caprès avoir rembarqué
hommes qui étoient
quinze
encore malades,
mîmes fous voile le onze de
9 nous
étoit nord :
Juillet. Le vent
nord-ouel, & nous
vent ariere. A quatre heures
courions
fraichit à nous faire
après midi, il
huniers. Le
prendre tous les ris aux
temps devint de plus en
mauvais; en forte qu'à fept heures & plus
le vent étoit fi fort,' que la lame
demie
groffir confidérablement.
ne pouvoit
noir; il faifoit
Le ciel étoit trèsboit un
de quelques éclairs,, & il tompeu
p'uie par groffes gouttes. L'on
voyoit affez clair, à la lueur
brillant des lames
que donnoit le
réitérées.A fept heures trois
quarts, nous filions environ
Tempête. A environ huit
quatorze noeuds.
heures, le grand hunier fut
emporté par la force du vent, & fa
caffée. Le mifaine, le petit hunier & le vergue
foc eurent bientôt le même fort.
petit
ftribord de l'arriere fauta de
Le vent, à
pête, au fud-ouefl,
l'avant, par temle vaiffeau
avec tant deviolence, que
n'allant plus de l'avant, fut
fur fon côté de babord,
incliné
Nous étions indécis
jufques à s'engager,
groffe lame fàt
fur notre fort; & fi une
venue par ftribord, qui étoic --- Page 51 ---
VERS L E POLE DU Sup.
au vent, nous euffions
viré : cependant le vaiffeau apparemment fe
chatempête, qui fouffloit
releva; mais la
force qu'il paroiffoit toujours avec tant de
que le vent fortoit d'un
tuyau, engagea derechef le vailleau fur
même côté, il fembloit
le
périeure s'efforcât de
qu'une puiffance fuengloutir dans les
l'incliner & voulàt nous
reflâmes
plus profonds abimes. Nous
engagés beaucoup plus
que la premiere fois, & le vaiffeau longtemps
leva que lorfqu'ayant
ne fe reques rides des haubans coupé au vent queldu mât
ce mât eût caffé &
d'arimon,
fon poids.
foulagé le vaiffeau de
Nous perdimes, dans cet
deux mâts de hune, la
événement, nos
celle du grand
vergue de mifaine,
timon. Les
hunier, & toute la mâture d'ar.
mifaine
barres du grand mât & du mât de
furentrompues, &
tués par les éclats de la deuxhommesfurene
avoit callé en trois
vergue de mifaine qui
lâmes toute la nuit morceaux. Nous travailnoeuvres, &
pour fauver quelques made
pour nous débarraffer des
notre mâture. Nous
débris
que le mât
craignions fur - tout
bord,
d'artimon, qui frappoit le long du
n'endommageat le vaiffeau, ou
que
de
furentrompues, &
tués par les éclats de la deuxhommesfurene
avoit callé en trois
vergue de mifaine qui
lâmes toute la nuit morceaux. Nous travailnoeuvres, &
pour fauver quelques made
pour nous débarraffer des
notre mâture. Nous
débris
que le mât
craignions fur - tout
bord,
d'artimon, qui frappoit le long du
n'endommageat le vaiffeau, ou
que --- Page 52 ---
Vo Y A G E
quelqu'une de fes manoeuvres
avec le gouvérnail,
ne s'engageât
Nous appareillâmes quelques voiles
& le vent ayant molli,
d'étai,
nous mîmes la
voile, la feule qui avoit refté
grande
regréâmes enfuite des mâts
en place; nous
de hune.
A midi du lendemain de
le cap -
des
cet événement,
Aiguilles nous reflicdansl'ef-nordeft, cinq degrès vers le nord, à la
de huit lieues. Dans la nuit
diftance
fonde donna
fuivante, 2 la
Nous dérivions quarante-cinq braffes de fond.
fur cette côte, qui eft
connue; mais la brife de terre vint
peu
jour, & nous gagnâmes le
avec le
tinuâmes enfuite
large. Nous conFrance,
notre route pour PIle de
Le onzieme d'Août, nous étions
latitude de
par la
trente - quatre degrés vingt-une
minutes, & fuivant la montre marine de M,
Bertoud, par la longitude orientale de cinquante - fix degrés quarante - huit
tandis que Peftime de la longitude minutes,
çoit par cinquante - huit degrés nous plaComete. minutes. L'on vit, à fix heures & trente- neuf
demie du
foir, une comete qui n'étoit élevée fur Pho: --- Page 53 ---
VERSLE PoLE DU SuD.
rizon que de quatre degrès; elle reftoit 47
dans
T'ouef-nord-ouell. Sa
partie fupérieure du queue étoit vers la
féquent
ciel, & étoit par condepuis oppofée au foleil, qui étoit couché
trois quarts d'heure,
Le 15, nous vimes
ces oifeaux
plafieurs goualettes;
indiquent ordinairement le
finage des terres, Je ne fache
voiqu'ily en: ait aux environs de cependant pas
la latitude étoit de
ce parages car
quante-une
trente-deux degrés cinminutes, &
trois degrés vingt-fix clalongitudedefotmnue
vimes un
minutes. Le 26, nous
paille-en-cul; ces oifeaux
l'approche des Illes de France & de indiquent
Le lendemain nous
Bourbon.
de
vimés & dépafsimes l'Ile
Rodrigue, & le 29 nous
Tl:detranca
le port du nord-oueff de
mouillâmes dans
l'Ifle de France,
L'erreur en longitude, fuivant
vailleau, fut de trentel'eflime du
en plus vers l'oueft, quatre lieues & demie
montre marine fut tandis que l'erieur de la
mes, d'après les
prefque nulle. Nous crûde cette même opérations faites au moyen
drigue étoit à montre, que l'Ile de Rocinq degrés
nutes à P'eft de PIle
quarante cinq miFrance, &c
Ronde de PIlle de
que par conféquent le port de
vailleau, fut de trentel'eflime du
en plus vers l'oueft, quatre lieues & demie
montre marine fut tandis que l'erieur de la
mes, d'après les
prefque nulle. Nous crûde cette même opérations faites au moyen
drigue étoit à montre, que l'Ile de Rocinq degrés
nutes à P'eft de PIle
quarante cinq miFrance, &c
Ronde de PIlle de
que par conféquent le port de --- Page 54 ---
VoxiG E
cettte même Ile de
foixante-un
Rodrigue étoit par
degtés treize minutes de
tude. Les cartes le placent
longifoixante degrésquarante
cependant par
cinq minutes. Suivant les vérifications que lon avoit faites de
la montre marine à Fallebay, & fuivant celles
que l'on fitici, elle avoitavancé d'une
minute
vingt-quatre fecondes dans cent &c un jours,
Nous trouvâmes dans ce port de quoi réparer les pertes faites dans notre
& notre relâche fut de deux démâtement,
tendre les approches de la belle mois, pour at.
mers Auflrales. Pendant
faifon des
lâmes à PIle de
ce temps, nous mouilBourbon, poury prendre des
rafraichiffemens, & pour remplacer les légumes de France qui s'étoient entiérement
poutris dans nos foutes.
& Population fertilité de Je fus furpris de la fupériorité de la
1T9: Bour- tion & des
populabon.
produdionsdel'ifle
fur
celles de PIle
deBourbon,
defanceJenchegrdailse
je vifitai les campagnes & les
caufe;
formai des fecours
habitans:je m'inl'une & à l'autre
que l'on avoit fournis, à
Colonie, & je me convainquis de nouveau que la culture & la fimplicitédoivent êtie la bafe de la profpérité d'une
population. je trouvai en effet que les heureux --- Page 55 ---
VERS LE Perz DU SuD.
Feux Bourbonnois n'avoient ufé &
encore
de
n'ufoient Caufe de fes
que
ces moyens > tandis que l'in- lllcdeFran- avantages fur
trigue & la vanité avoient occupé les Habi- CC.
tans de PHle de France, &
retardé les
avoient au moins
avantages que Pon attendoit de
cette Inle pour nos établiffemens de PInde.
Nous avions apporté des ordres
l'on armât une corvette à Pifle de pour que
afin.qu'avec la frégâte elle nous facilitât France,
proche des terres pendantla
l'apétant prét. pour notre
découverte, Tout Départ de
à notre expédition, départ & pour travailler PiledeFran- ce,lc19 @cnous mimes à la voile le tobre 1773.
29 d'Odobre.
Je rapporterai ici les diverfes relations
faifoient foupçonner l'exiftence des
qui Relationsqet
trales, & le plan de
teires auf- faifoien:tor. çunneri'ex
couvrir.
notre route pour les dé- teacedester.
reseullrales.
Le Capitaine Paulmier de Gonneville
lant doubler le Cap de
vouaveit effuyé un coup de Bonne-Efperance vent terrible.
obligé, par le mauvais
Etant
brement de fon.
temps & par le délavaiffeau, de céder à la tempête, il fe trouva devant
mouilla. Il
une terre où il
riviere
entra., pour fe réparer, dans une
qu'il dépeint grandé comme la Seine,
Tome II.
D
.
reseullrales.
Le Capitaine Paulmier de Gonneville
lant doubler le Cap de
vouaveit effuyé un coup de Bonne-Efperance vent terrible.
obligé, par le mauvais
Etant
brement de fon.
temps & par le délavaiffeau, de céder à la tempête, il fe trouva devant
mouilla. Il
une terre où il
riviere
entra., pour fe réparer, dans une
qu'il dépeint grandé comme la Seine,
Tome II.
D --- Page 56 ---
so
Vorae B
Hy trouya des Habitans doux & affables, qui
avoient des vêtemens faits avec des nattes ou
avec des plumes. Les enfans ailoient fouvent
nus. Le pays abondoit en vivres, & avoit
plufieurs Rois qui fe faifoient la guerre.
Lesvaiffeaux P'Aigle & la Marie furent armés
par la Compagnie des Indes en
la découverte des terres auftrales; 1738, ils attei- pour
gnirent le parailele de cinquante degrés de
latitude auflrale, par le méridien, d'environ
quinze degrés de longitude .occidentale de
Paris, & ils quitterent peu ce parallele jufques au tiente-cinquieme degré de longitude orientale. Is découvrirent, dans cette
navigation, un Cap qu'ils nommerent de la
Circoncifion, ayant été vu le prémier de
Janvier. Les glâces, les brumes & les
de vent les empêcherent d'étendre coups
découverte & d'aller à terre.
cette
Les vaiffeaux le Mafcareign & le Caftries
partirent, en 1771, de Pifle de
&
enfuite du Cap de Bonne
France,
rapporter à PIle
Efpérance, pour
de
d'Otahity 2 PIndien que M,
Bouguainville en avoit emmené à Paris. Ils
joignirent le parallele de quarante-fept degrés
de latitude auftrale 2 par le méridien, de feize --- Page 57 ---
VERS LE POLEDU Sup.
à dix-fept degrés ,. & firent
SI
ils quitterent
route à l'eft ;
peu ce parallele
Mles de la Nouvelle Zélande.
jufques aux
dans leur
lis découvrirent
route deux
où
mit à terre, & que leur groupes:d'iflors
l'on
àrides, Le
qualité fit nommer
de
premier étoit fitué par la latitude
quarante-fix degrés trente
le méridien, de
minutes, & par
deux
trente-cinq degrés quaranteétoit minures,Il-éroit un peu boifé, Le fecond
par la latitude de
feize minutes, &
quarante-fix degrés
rante-fept degrés par-le méridien, de quatrès-aride. Ces
trente-fix minutes. Il étoit
vaiffeaux eurent dans leur traverfée, dest brumes,dela neige dedesventsfiais.
Ces deux voyages
récens, &c ceux des Induéions
vaifeausquiavoiente le Cap
couru au fud en doublant que dunnenc
Horn, démontroient
s'il
ces relacious
un Continent aufral, fa
que
exiftoit
vers l'Océan, devoit
partie, qui donnoit
élevée
avoir une-latitude
que cinquante degrés, Ils
plus
auffi que la partie de Ce
démontroient
noit vers l'Océan des Continent, qui donIndes,
latitude au moins
devoitavoirune
fupérieure. à
degrés. Pour ce qui eft de la quarante-fepe
même
partie de ce
Continent, qui donne vers l'Océan
pacifique, nous n'en avons nulle
fance. Les Cartes
connoif.
marquent
cependant une
D ij
atitude
que cinquante degrés, Ils
plus
auffi que la partie de Ce
démontroient
noit vers l'Océan des Continent, qui donIndes,
latitude au moins
devoitavoirune
fupérieure. à
degrés. Pour ce qui eft de la quarante-fepe
même
partie de ce
Continent, qui donne vers l'Océan
pacifique, nous n'en avons nulle
fance. Les Cartes
connoif.
marquent
cependant une
D ij --- Page 58 ---
VorAG E
terre découverté par Drake, dans l'oueftfud-oueft du Cap de
Horn, 5 &c par conféquent plus élevée en latitude que les deux
premieres parties.
Ces voyages démontroient auffi que fi la
terre où M.de Gonneville avoit abordé, étoit
au fud du Cap de Bonne
Efpérance, elle ne
pouvoit être qu'une Ie fituée dans le fudeft ou eft-fud eft de ce Cap. Nous doutions
de Pexiftence de'cette terre au fud du Cap de
Bone-Elperance, car les circonfiances
la relation rapporte, conviennent
que
difficilement à des Habitans d'une terre au fud de
Cap; elles conviennent
ce
bien aux Habitans de
au contraire trèsfont
Madagafcar. Les Rois
y
toujours en guerre. Les Habitans font
vêtus de nattes, & tres-gais; les enfans
nus; les oifeaux ont de beaux
vont
ya, àla pointe
plumages. Il
méridionale, des rivieres affez
grandes pour recevoir le vaiffeau de M. de
Gonneville; il regne des coups de vent violens au large &c à l'ouvert de fon
l'ancienneté de la relation de M. de canal; &
ville a fans doute fait
Gonnequ'elle a été mal interprétée ou tronquée, en Ce qu'elle dit
avoit été battu de la
qu'il
tempête en doublant le
Cap de Bonne-Efpérance. Si cependant
cette --- Page 59 ---
VERS LE Porr'pu SUD.
circonftance eft vraie, il.étoit
la terre où il aborda étoit
apparent que
titude que le Cap;
plus élevée en lalens de ces
puifque les vents viola partie du parages nord font prefque toujours de
mémetemps
au nord-oueft. Ii étoit en
probable qu'elle ne
par une latitude beaucoup
devoitpasètre
que,les Habitans avoient plus élevée, puifnattes, &. que les enfans des vêtemens de
ne pouvoit donc être
alloient nus. Elle
que dans le fud-eft ou
T'eli-fud-eft; car fi elle eût été
dans le fud, elle eût été
diredtement
vaiffeaux des Indes
découverte par les
coups de vent de qui, croyant éviter les
s'élevoient
cette pointe de TAfrique,
degré de latitude. autrefois jufques au quarantieme
Nous crâmes donc qu'il falloit
le fud-oueft,
s'élever dans
pour atteindre le trente-huit
quarantieme degré de latitude,
ou
temps que le
en même
trente-fept ou
degré de longitude, &
trente-cinquieme
dans' ce parage les
nous jugions trouvez
ville. Elles devoient terres de M. de Gonned'ailleurs être
puifqu'elles ctoient divifées
éendues,
Rois. Dans le cas
entre plufieurs
que nous ne les euflions
rencontrées, nous devions joindre le pas
quantieme degré de, latitude à
cinpeu près au
D iij
temps que le
en même
trente-fept ou
degré de longitude, &
trente-cinquieme
dans' ce parage les
nous jugions trouvez
ville. Elles devoient terres de M. de Gonned'ailleurs être
puifqu'elles ctoient divifées
éendues,
Rois. Dans le cas
entre plufieurs
que nous ne les euflions
rencontrées, nous devions joindre le pas
quantieme degré de, latitude à
cinpeu près au
D iij --- Page 60 ---
Vor AG E
point où les vaiffeaux PAigle & la Marie
avoient ceffé de courir à l'eft fur ce
& nous devions continuer de le parallele,
vers l'eft. Nous efpérions découvrir dans parcourir
route plufieurs partiesdu prétendu Continent. cette
Nous nous trouvâmes,le 16 de Novembre,
parla latitude auftrale, de trente-huit
&
une minute, & par la longitude
degrés
trente-huit degrés
orientale, de
trente-deux minutes, La
variation de l'aiguille aimantée étoit de vingthuitdegrés & une minute. Nous avions
dela brume deux. jours
déjà eu
auparavant, Le'lendeSomrcaroamsmimes grifes.Ces
oifeaux indiquent affez l'approche des terres :
nous eûmes un peu de brume. Continuant à
chercher ja quantité de fel contenue dansl l'eau
de mer, lax même quantité de cent livres
d'eau contenoit quatre livres de fel ; nous
étions alors par la latitude, de
quarante degrés trente minutes, & par la longitude, de
trente-huit degrés.
Le 18, nous vimes une plus grande
tité de goualettes grifes, &
quan:
une efpece de
grands oifeaux gris & noirs, & à queue trèscourte, que nousa appelions
caufe
de leur couleur. La brume Capucins,à fut
tres-épaiffe le --- Page 61 ---
VERS LE POLE D U SUD.
foir par le vent de nord-eft, qui varia le len- SS
demain au nord-oueft &'ouelt, & nous fit
tenir à la cape. Le temps fut alors fec &
noir; le vent par rafalles, la lame groffe &
courte, & nous vimes les mêmes oifeaux
la veille.
que
Le 20, nous étions par la latitude, de
rante-trois degrés
qua- Mers oras
le
quarante - cinq minutes : geufes.
thermometre de Reaumur étoit à fix
au deffus de zéro. Outre les mêmes degrés
oifeaux
que nous avions vusles jours
vimes des pinguoins &c des précédens, nous
fondioris
icups marins. Nous
toutes lesnuits. 2 de quatre en
heures, A la nuit, le vent nord-oueft quatre
frais
& oueft
palla au fud - oueft gros frais
falles violentes, & continua le
par rala même force; les
lendemain dans.
grains étoient forts &
fans, 7 chargés de petite neige mêlée pequefois avec de la grèle,
quella pluie. Le thermometre étoit quelquefoisavec de
& demi au deffus de
à quâtre degrés
zéro; & le
affez froid & fec, Ie ciel
temps étoie
roiffoit
noir;. le foleil pacependant par intervalles. La
rompit trois courbes de fes
frégate
alonge de
baux, & une
porque. La latitude étoit de
Jante-quatre degrés vingtune
gualongitude de
minutes, & la
trente-neufdegrés.
Dix
avec de
& demi au deffus de
à quâtre degrés
zéro; & le
affez froid & fec, Ie ciel
temps étoie
roiffoit
noir;. le foleil pacependant par intervalles. La
rompit trois courbes de fes
frégate
alonge de
baux, & une
porque. La latitude étoit de
Jante-quatre degrés vingtune
gualongitude de
minutes, & la
trente-neufdegrés.
Dix --- Page 62 ---
Vox. A G E
Le 23, nous vimes un arbre déraciné,
des pinguoins, des loups marins, les mêmes
oifeaux que ci-deflus, &c du gros
à tuyau & à larges feuilles,
gouémon
avions
2 comine nous en
déjà vu la veille. Nous prenions toutes
Ces chofes pour des indices de terre; mais
ou.nous refloit-elie?Le vent du
la
mer houleufe nous
fad-oueftsl
obligeoient de nous élever
un peu en longitude, & nous n'avions
raifon de croire'
aucune
férable à
qu'une autre route fut précelle - là. pour découvrir la
Nous prenions
terre,
touteslesprécautions
pour ne pas la dépaller ians la voir, pofibles &
mettions en panne ou à la
nous
de la nuit ouF du
cape une partie
fondions
temps de brume; nous
réguliérement : nous ne
mes cependant
découvris
rien; peut - être ces indices
étoient-elles fauffes. Nous avions fait
lieues dansl'eft-fud-elfl,
quinze
quej'aicité.
depuisle dernier point
Le temps fe radoucit
& le, ciel devint
cépendant un peu,
24&le
plus beau; en forte que le
26,1a corvette pouvoit
fes menues voiles,
porter toutes
Ce même jour 26, la même
de mer contenoit
quantité d'eau
quatre livres & un douzieme --- Page 63 ---
VERS LE POLEDt SuD.
de fel. Nous éticns par la latitude de $7
rante-fix degrés douze
quaminutes,' & par la
longitude de quarante - un degrés vingtcinq minutes. Lorfquelevent étoit de la
de l'oueft vers le fud, il étoit plus fort partie
lorfqu'il prenoit vers le nord; mais, dans que le
premier cas, le temps étoit affez clair, &c le
ciel étoit aufli étoilé pendant la nait
dans
les plus beaux climats.
que
2 Le temps fut, àpeu de chofe
beau & maniable
près, auffi
qu'ilr
jufques au 27, & depuis
régnoit, nous voyionst tres-peud'oifeaux.
L'inflina, qui dans le mauvais
ces animaux à venir à terre
temps porte
Tabri, les auroit-il aufi
pour s'y mettre à
feaux, que dans
amenés vers nos vaif
ces mers défertes ilsp
pour être des rochers ? J'ai remarqué prenoient
ralement nous voyions
que géné- Alcyons &
commencement
beaucoup d'aleyons au damieis.
des mauvais
&
nous étions environnés d'un temps, que
bre de damiers dans les
plus grand nomlorfque letemps étoit maniable: coups de vents, gue
cité cette derniere
Je n'ai point
efpece d'oifeeux, à
la
bigarrure du
qui
plumage, en blanc &
a fair donner ce nom
en noir,
néralement
2 parce qu'ils font gécpnnus. aux mers du Cap de BonneElpérance, oùt ils abondent. Je dirai
cepen-
étions environnés d'un temps, que
bre de damiers dans les
plus grand nomlorfque letemps étoit maniable: coups de vents, gue
cité cette derniere
Je n'ai point
efpece d'oifeeux, à
la
bigarrure du
qui
plumage, en blanc &
a fair donner ce nom
en noir,
néralement
2 parce qu'ils font gécpnnus. aux mers du Cap de BonneElpérance, oùt ils abondent. Je dirai
cepen- --- Page 64 ---
V OY A Gr
dant qu'ils devenoient
bautes latitudes.
plus rares dans les
Ils le font
les pays chauds,
également dans
leur ciimat eft
en forte que je crois que
depuis le vingt-fix jufques au
quarantefixieme degré de'latitude.
Le 27, nous coupâmes le parallele des
premiers illots découverts par les
le Mafcareign & le Caftries;
vaiffeaux
quarante-un degrés
nous étions par
tude. Quoique
trente minutes de longil'eftime de ces
ces iflots par la
vaiffeaux place
degrés
longitude de trente -
quarante - deux
cinq
fions qu'elle devoit avoir minutes, nous penvers l'oueft, à caufe des beaucoup d'erreur
partie, & que fi ces iflots vents frais de cette
terres étendues,
appartenoient à des
noiffance
nous pourrions en avoir con-
: il étoit, en effet,
dans des climats
très-poflible que
brumeux, & où il
vents violens, ces vaiffeaux euffent regne des
moyenne diflance d'une
paffé à une
T'appercevoir;
terre étendue, 2 fans
d'ailleurs, s'il exiftoit des terres
adjacentes à Ces iflots, elles ne
être que dans leur partie du
pouvoient
euffent été dans celle
nord; car fi elles
du fud, les vaiffeaux
ayantr rangé cette partie,auroient
à portée de la voir. Nous n'en peut-être été
dant aucune connoiffance
eûmes cepenni indice, & nous --- Page 65 ---
VERS LE POLE DU SUD. 59
ne vîmes ce jour, ni la veille, ni les jours
fuivans, , aucun pinguoin ni loup marin, &c
très-peu d'oifeaux. Il y avoit, à la vérité, des
intervalles pendant lefquels nous àvions de
la brume; mais ils étoient de courte durée,
& le' temps étoit affez beau,
Le 30, nous étions par quarante-neuf de-,
grés vingt-fept minutes de latitude, &
le méridien, de quarante-deux
par
degrés vingefept minutes : nous commençâmes à nous
élever en longitude : il y eut de la groffe
neige dans les grains; le vent étoit au nordoueft frais; la mer commençoit à creufer. Le
thermometre étoitau deffous de quatre degrés.
Nous vimes beaucoup d'oifeaux
comme les
précédens, & du gouémon. Nous vimes auffi
un oifeau Hlanc de la forme d'un
coanus, Oifeaux ins
un autre oifeau noir; celui-ci goualan, &
pas être de l'efpece de ceux quivont ne paroiffoit
en pleine
mer,. ou fort au large. Nous le
ainfi
à fes ailes
étoient
jugeâmes
2 qui
courtes &
&
à fon vol, qui étoit un battement d'ailes larges,
cipité & fans planer,
préLe premier Décembre
nord-eft
2 le vent varia au
: nord, & nous eûmes de la
Il repalfa bientôt vers l'oueft,
brume,
fraichit confi-
ce de ceux quivont ne paroiffoit
en pleine
mer,. ou fort au large. Nous le
ainfi
à fes ailes
étoient
jugeâmes
2 qui
courtes &
&
à fon vol, qui étoit un battement d'ailes larges,
cipité & fans planer,
préLe premier Décembre
nord-eft
2 le vent varia au
: nord, & nous eûmes de la
Il repalfa bientôt vers l'oueft,
brume,
fraichit confi- --- Page 66 ---
VorAc e
dérablement, & la brume fut
la neige. Quoique le
remplacée par
cinq degrés
thermometre ne fàt qu'à
au dellus de zéro, le temps étoit
froid, & le ciel éroit mauvais,
une vache marine &
Nous vimes
quelques oifeaux.
Le 2, nous, eûmes beaucoup de
même entre les grains; le
neige,
& le thermometre
temps étoit froid,
étoit à trois degrés; le
avoit la même force que la
vent
rafalles yiolentes. Il
veille, mais par
main à
fraichit encore le lendepouvoir être juftement nommé
de vent; la lame fut
coup
froid
très-rude, la neige &c le
continuerent, & le
cendit à deux degrés.
thermometre defétoit alors de
Notre latitude eftimée
cinquante degrés deux minutes, & potre longitude, de
degrés
cinquante.deux
quarante - trois minutes. Le
fidélité du barometre
peu de
dans ces elimats
pour les gros vents >
point
froids, fait que je n'en ai
parlé. Nous l'avions trouvé
dans les climats plus
infaillible
defcendoit
tempérés; mais ici il ne
pas lors des vents violens
fouffloient par un temps froid & fec; il qui
au contraire, fur-tout file
montoir
Ceti inftrument
temps étoit clair.
de Bonne
qui, pendant Thiver du Cap
Elpérance, étoità
trois ou quatre
vinge-huit pouces
ligncs par le temps beau, & à --- Page 67 ---
VERS LE POLE DU SUD. 6r
vinge-fept pouces quatre lignes dans le plus
gros temps, 7 fe trouva, le 30 de
à vinge-fept pouces deux
Novembre, 2
lignes; le
metre étoit alors au deffous de
thermole vent étoit frais, & nous eûmes quatre degrés;
neige. Le premier
del la groffe
Décembre, il defcendit à
vingt-fix pouces dix lignes. Le thermometre
étoit à cinq degrés; le vent fut d'abord
& brumeux au nord-eft : nord, &
frais
du nord-oueft à l'oueft, il fraichit ayant paifé
affez confidérablement, & il y eut de la neige ; le ciel
paroiffoit en promettte en
tité. Le
très-grande quanlendemain, le barometre monta à
vingt-fept pouces une ligne ; le thermometre
defcendit à trois degrés; le vent
dans fa force; il tomba au moins augmenta
neige que la veille, & en
autant de
tervalle des
outre, dans l'ingrains, le ciel en promettoit
moins.
Le furlendemain 3,le barometre
vingt-fept
monta à
pouces quatre lignes; le thermometre defcendit à deux degrés; le
de
vent fut dans fa plus grande force; coup il
beaucoup de neige dans les
tomba
étoit, à la vérité, clair
grains : le ciel
irrégularité fait
par intervalles; cette
que je n'ai point cité cetinf
trument,
ains, le ciel en promettoit
moins.
Le furlendemain 3,le barometre
vingt-fept
monta à
pouces quatre lignes; le thermometre defcendit à deux degrés; le
de
vent fut dans fa plus grande force; coup il
beaucoup de neige dans les
tomba
étoit, à la vérité, clair
grains : le ciel
irrégularité fait
par intervalles; cette
que je n'ai point cité cetinf
trument, --- Page 68 ---
Voly A G E
Le 4, le vent ayant varié vers le nord, le
temps s'adoucit tellement, que le foleil paroiffant dans toute fa beauté, & le ciel fans nuages, le vent fut prefque calme vers le foir.
Lesbouillonnemens des eaux nous indiquerent
des courans dont nous ne pûmes connoitre la
direation. La variation de l'aiguille aimantée
étoit de vingt-neuf degrés,
Nous ne jouîmes pas long-temps de ce ciel
ferein; ; car le lendemain, le vent vint au nord.
nord-eft grand frais 2 & paffa bientôt au nordnord-oueft gros frais, par coups de vent; le
temps étoit brumeux & entremélé de petite
Coups de pluie. Ce mauvais
vent.
temps continuant le
le
vent
8,
paffa au nord-oueft, toujours gros frais,
par de fortes rafalles, & mêlé de neige : le
ciel étoit alors clair par intervalles. Dans ce
coup de vent, la frégate eut fa mifaine emportée, & nous' vimes peu d'oifeaux. Nous
étions le fept par la longitude de cinquante
huit degrés deux minutes, & par la latitude
eftimée de cinquante degrés
2 parallele
nous tâchions de conferver.
que
Le9, le vent paffant à l'oueft nord-oueft.,
diminua de fa force. Nous avions cependant
toujours de la neige, & le ciel en étoit --- Page 69 ---
VERS LE PoLE DU SUD, 63
chargé. Nous ne vimes que peu
mais beaucoup de pinguoins,
d'oifeaux, >
familiers, qu'ils fuivoient
qui étoient fi
le long du bord du
vaiffeau, en criant comme des
gros canards,
Le
lendemain, nous vimes des
comme ci-delfus, &. en outre du oifeaux'
& des moutons, efpece d'oifeau gouémon
ceux-ci l'étoient confidérablement. très-gros 5
s'embellit à tel point,
la
Le temps
toit fes
que
corvette porbonnettes; mais le onze il devine
brumeux au nord-nord-ouell. Le
au matin, il fraichit
lendemain
pluie, & l'après-midi, beaucoup, étant mêlé de
oueft, il força
paffant à l'oueft-nordjufqu'à nous, faire
pour la vergue de la mifaine, fous craindre
nous courions grand largue. Il tomboit laquelle
neige; nous vimes peu d'oifeaux &
de-la
pinguoins.
quelques
Le lendemain au foir, la mer devint
belle, & le vent fut maniable à
trèsoueft; l'on vit peu d'oifeaux.
l'oueft-fudLe jour défiré fut enfin le
A
res & demie du
14. fept heumatin, l'on vit d'abord
glace qui ne dérivoit point, étant
une
ment échouée fur des
apparemroches, & péu après,
vimes peu d'oifeaux &
de-la
pinguoins.
quelques
Le lendemain au foir, la mer devint
belle, & le vent fut maniable à
trèsoueft; l'on vit peu d'oifeaux.
l'oueft-fudLe jour défiré fut enfin le
A
res & demie du
14. fept heumatin, l'on vit d'abord
glace qui ne dérivoit point, étant
une
ment échouée fur des
apparemroches, & péu après, --- Page 70 ---
Vo Y A G E
la garde du haut des mâts découvrit une côte
élevée qui fe prolongeoit à toute
Terte déccu- le nord-eft &
vue dans
verte.
dansle fud.Nous fimesroute fur
cette terre. A dix heures, la fonde donna cent
dix braffes, & la qualité du fond étoit de fable
noir & vafeux, mélé de coquillage. A midi,
un gros morne, fur! lequel nous
reftoit dansle fud-eft, deux gouvernions,
à la diflance de cinq lieues. Nous degrés vers Peft,
étions-alors
par la laritude de quarante - neuf degrés dix
minutes, & fuivant la montre marine, par la
longitude de foixante - fix degrés dix- huit
minutes, 2 à l'eft du méridien de Paris. Les
longitudes quej j'ai citées depuis le départ de
Bourbon, font fuivant la montre, les.
crues plus certaines que celles de l'eflime ayant & des
obfervations de diftances dans ces : climats
venteux & brumeux.A trois heures, l'on étoit
à une lieue & demie de la côte, & l'on
vernoit fur un enfoncement où l'on foup- gouçonnoit être un bon mouillage.
La côte étoit montagneufe & coupée. Les
montagnes intérieures étoient couvertes de
neigequin'étoit point par nappes uniescomme
fur les nôtres, mais très-irrégulieres & formant des taches; ce qui doit provenir de la
rude --- Page 71 ---
VERS LrPbirbe SuD:
tuide irrégularité du fol. L'on
côte des cafcàdes élevées, voyoit fur la
torrens' que la fonte des formées par les
Une riviere couloit dans neiges fourniffoit
Peu adouci dés
un intervalle un
Feu aui loin de la imnontagnes, verdure
& il-j avoit un
roifloit formée par des amas par touffes, qui pàd'arbuftes,
Le vent, qui le matin étoit à
ouelt, joli frais & clair; tourna l'oueft-fud- ên
vers le nord, & l'horizon devenant càlmant
nous tinmes le vent; & louvoyâmes brumeux,;
nuit pour noûs élever de la côte. La toute la
chargée de petite pluie, &clé vent
nuit fut
fut moyen,
&au Lelendemain,le vent petit changea al'oueft
jour. Pendant fud-oueft, &le ciel s'éclaircit à la fin du
la nuit, & au
du
nant du détail; l'on vit une aurore Gbart Lieutefonde avoit rapporté, à deux aultrale. La
midi,
heures après
corail; quatre-vingte-quinze & à fx heures elle braffes : 2 fond de
cing braffes, même fond. àvoit êté de cent
apporta déux coraux Cetté derniere fonde
comme le pièd du
ramifiés & cannélés 2
ou en tube, & de couleur cocotier; ils étoient creux
peu d'oifeaux,
rougeâtre. L'on vit
feau à ailes larges quelques &
pinguoins L 2 un oifus, & un très-gros mouton, courtes, comme ci-defTome II:
: 2 fond de
cing braffes, même fond. àvoit êté de cent
apporta déux coraux Cetté derniere fonde
comme le pièd du
ramifiés & cannélés 2
ou en tube, & de couleur cocotier; ils étoient creux
peu d'oifeaux,
rougeâtre. L'on vit
feau à ailes larges quelques &
pinguoins L 2 un oifus, & un très-gros mouton, courtes, comme ci-defTome II: --- Page 72 ---
2 A
Le 16, ayant remis le bord àterre
la nuit, la fonde
pendant
braffes, fond de fable rapporta le matin cent dix
& à cinq heures du gris, 2 très-fin & vafeux,
matin, le vent étant toujours au fud-oueft petit, & le
nous vîmes une petite Ille taillée temps clair 5
mire, & dontle talu
en coin de
vimes
préfentoit àl'oueft.Nous
peu après, dans le
à
une. terre élevée,
fud-oueft, elle,
auffi
2 que nous reconnûmes être
une Ifle. La premiere fut nommée
de Réunion, parce qu'elle devint
FIE
notre lieu de
rendez-vous, en cas de féparation; & la fea
conde, PIfle de Croy, du hom d'un
rempli de zele & bon patriote
Seigneur
beaucoup de part aux foins de 2 qui avoit pris
notre armement,
Le lendemain, nous nous
terre
affurâmes qu'une
haute, que nous voyions au fud
de PIlle de Croy,n'étoit
: fud-eft
nous donnâmes le
qu'une Ille àlaquelle
nom du vaiffeau,
peloit le Rolland. Nous vimes
quis'apIles baffes qui étoient
auffi quatre
Illes, Nous avions
entre ces deux groffes
pointe que l'on
devant nous une groffe
homma le Cap
une côte qui fe
François, &
Grand-Tetre Nousr
prolongeoit dans le fud-eft.
keconnie,
secotmtmegooliedothe
& nous nous affurâmes
Grand-Terre,
à celle que nousavions qu'elle étoit adjacente
découverte le 14 L'on
. Nous vimes
quis'apIles baffes qui étoient
auffi quatre
Illes, Nous avions
entre ces deux groffes
pointe que l'on
devant nous une groffe
homma le Cap
une côte qui fe
François, &
Grand-Tetre Nousr
prolongeoit dans le fud-eft.
keconnie,
secotmtmegooliedothe
& nous nous affurâmes
Grand-Terre,
à celle que nousavions qu'elle étoit adjacente
découverte le 14 L'on --- Page 73 ---
VEks tE Pokabb
tit auffi que la côte de
Sub. 67
Frangois; avoit deux l'eft, voifine du Cap
parées par une pointe baies; elles étoient féfa forme, qui repréfentoit tre-reconnoilible par
au travers de laquelle l'on une porte cochere;
fuccelfion des mauvais
voyoit le jour. La
ment éboulé les rochers temps avoit apparemformojent qu'un même folide, qui auparavant ne b'
& Di 17au 23, les vents furent
le temps fut tantôt clair;
irrégulierss
L'on ne prit d'auitre
tantôt brumeux,
de la figure de la cote; connoiffance que celle
au fud-eft, & revenant qui, courant d'abord
formoit un grand
enfuite au nord-eft,
des brifans & des golfe. Il étoit occupé par
Iffe balle & affez rochers ; il avoit aufli uné
bien foigneufe
étendue; & l'on ufa d'une
falet dans ce précaution pour ne pas s'afgolfe. Nous avions tu
debaleines qui avoient des taches beaucoup
ilya avoit aufi des pingtoins
blanchitres;
geâtres : cesderniers
qui étoient roudes cris qui, par leuir faifoient, fon
en nouisfuivants
cris du corbeau & du canard.Nous rauque; tenoient des
gés d'augmenter la ration de
fûmes oblipreté de ce climat donhoit à Péquipage. L'âs
faim dévorante ; & plafieurs étoient nos gens une
en fdibleffe pendant le temps de leur tombés
quart;
E ij --- Page 74 ---
V
Y A G
Du 27 au 29, le vent de l'oueft
oueft
au nords
pouvoir foufia, par coups de vent, à ne pas
porter la mifaine. Nous
ris dans
primes trois
Tartimon, que nous
avec le foc & la grande voile appareillâmes
d'artimon donnoit
d'étai, Le foc
gaillard
un fi grand froid fur le
d'arriere, que plufieurs
tomberent malades. Nous
perfonnes en
ment de la brume, de la eûmes fuccelliveLa lune étoit alors
pluie, 2 & de la grèle,
dans fon plein,
Lé 30 fut affez beau; ; mais du
de Janvier 1774 le
31 au 2
partie du nord - 2
vent de la même
nord- oueft au
fraichit encore
nord-oueft
de vent.
confidérablement par coups
Ces vents violens nous avoient
l'eft,&le
jetés dans
5, nous reconnûmes une
côte étendue de toute
nouvelle
l'oueft; elle
vue dans l'eft & dans
La fonde
nous reftoit au fud : fud-oueff,
rapporta cent
fond defablen noir, fin & mélé vingt-cinq de
braffes,
de la même couleur.
petits cailloux
étoient moins
Les terres de cette côte
avions
élevées que celles
vues jufquesici; elles
que nous
afpea moins rude.
étoient auffi d'un
beaucoupde
Nous avions vu le matin
petites goualettes s&de pinguoins,
onde
nous reftoit au fud : fud-oueff,
rapporta cent
fond defablen noir, fin & mélé vingt-cinq de
braffes,
de la même couleur.
petits cailloux
étoient moins
Les terres de cette côte
avions
élevées que celles
vues jufquesici; elles
que nous
afpea moins rude.
étoient auffi d'un
beaucoupde
Nous avions vu le matin
petites goualettes s&de pinguoins, --- Page 75 ---
VERS L E PoLE DU SUp. 69
Depuis le 3, le vent étoit à l'eft, variable
au nord-oueft, mais joli, & la mer étoit belle.
Ce beau temps nous laiffa regagner PIfle de
Réunion.
Le 6, l'on mit à terre dans la premiere baie
à l'eft du Cap François, & l'on
felfion, Prile de
de ces contrées,
prit poffeffion Janviat774 PE 6
Ce mouillage confifte en une petite rade
qui a environ quatre encablures ou
cents toifes de
quatre
fus de
profondeur, fur un tiers en
largeur. En dedans de cette rade eft
un petit port, dont l'entréé, de
blures de largeur, préfente
quatre encaviron huit cents toifes de au fuc-eft,Ila en:
cinq cents dansfaplus
profondeur, fur
de la petite rade eft depuis grandelargeur.La fonde
qu'à trente braffes, & celle quarante-cinq du
juf
feize jufqu'à huit, qui fe
port depuis
toucher terre. Le fond des trouvent prefque à
noir & vafeux. La côte deux eft de fable
baute &
des deux bords eft
par une pente très - rude; elle eft
couverte de verdure, & il y . a une. quantité
prodigieufe d'outardes. Le fond du. port eff
occupé par un monticule qui laiffe cntre
& la mer une plage de fable. Une
lui
viere de très-bonne
petite rir
eau coule à la mer dang
cet endroit; & elle eft
fournie par un lac qui
E 1J --- Page 76 ---
7e
Vari G. a
eft un peu au loin, au deflius du
Ilya avoit fur la. plage
monticule:
& de lions marins, Ces beaucoup de pinguoins
deux
maux ne fuyoient pas, & l'on efpeces d'anile pays n'étoit point habité en augura que
portoit de
; la terre rapTherbelarge, noire &bien
qui n'avoit cependant
nourie, e,
de hauteur.
que cinq
L'on ne vit aucun poucesauplus arbre ni figne
d'habitation, L'on fixala polition de
Réunion à la latitude de
PIne de
vingeune minute, &
quarante-huit degrés
fix degrés
falongitude à foixante,
gion de l'aiguille quarante-fept minutes. La varia
grés, toujours aimantée étoit de trente de:
vers le nord oueft,
. Le 9 au matin, P'on
xerre; le ciel étoit béau renvoya un canot à
Les pinguoins & les
par un petit vent d'eft.
rouches
outardes étoient fi peu faqu'on les atteignoit à
prage.
Cependant le temps s'obfcurcit coups d'aviron,
lorfqu'on voulut doubler les roches bientôt, de la &
pointe de Aribord, en entrant dans la
rade, un orage violent de vent, de petite
de grèle en défendit l'entrée. Ce
neige &
étoit en danger d'être fubmergé à çanot, chaque inf. qui
zant, fut en dérive; il vint heureufement un
éclairci guelques heures après, & il fe trouva
près dellfle du Rolland, & àla vuedelaçor-
voulut doubler les roches bientôt, de la &
pointe de Aribord, en entrant dans la
rade, un orage violent de vent, de petite
de grèle en défendit l'entrée. Ce
neige &
étoit en danger d'être fubmergé à çanot, chaque inf. qui
zant, fut en dérive; il vint heureufement un
éclairci guelques heures après, & il fe trouva
près dellfle du Rolland, & àla vuedelaçor- --- Page 77 ---
VERS EE POLE DU SUD. 1
verte, dont il regagna le
le
bord.Oneut à
temps, avant qu'il fût fubmergé, d'en peine
Téquipage, qui étoit prefque hors d'état retirer
gir, étant tranfi de froid ; l'on
d'apour regagner le large.
manoeuvra
Cet orage fubit fut très-rude, à
Vent & du froid.La
caufe du
à une grande
neige &la gréle fe figeoient
épaiffeur fur nes mâts & fur
vergues, Il dura depuis dix heures du nos,
jufques à trois heures du foir; le
matin
fud-eft, en paffant par le fud
vent fut du
fud-oueft. Nous
jufques à l'oueft
faine, nous la craignions pour notre mihommes
carguâmes; mais les meilleurs
denotre équipage ne purent la ferrer,
quoiqu'ils y revinfent par trois fois. Ils étoient
anéantis par le verglas qui étoit fur la
par le froid & par le vent qui les couvroit vergue,
neige & de grèle; l'on fut
de
obligé d'en
une partie, qui, étant prefque gelée, amarrer
voit plus s'accrocher
ne poufailit la toile le mieux pour defoendre; & P'on
vions-nous
que l'on put. Que poupenfer de la qualité de ce climat
Nous étions cependant dans le
l'été; ce jour répondant
plus fort de
Europe,
au 2 de Juillet en,
Nous crâmes que généralement dans ce
rages, les courans portoient au nord-eft; par.
mais,
Eix
une partie, qui, étant prefque gelée, amarrer
voit plus s'accrocher
ne poufailit la toile le mieux pour defoendre; & P'on
vions-nous
que l'on put. Que poupenfer de la qualité de ce climat
Nous étions cependant dans le
l'été; ce jour répondant
plus fort de
Europe,
au 2 de Juillet en,
Nous crâmes que généralement dans ce
rages, les courans portoient au nord-eft; par.
mais,
Eix --- Page 78 ---
Yp Y A
E
gue dans le golfe à l'eft du Cap
étoient tres-irréguliers. J'ai
François, ils
croire
lieu
que venant du
beaucoup
de
nent ce golfe; carlacorvette fud-oueft, ils contourfuivant cette diredion, dans avoitéréd la
dérivées
nuit du 7 au 8,
Les jours fuivans furent entremélés
temps & de brume, qui varioient
de beau
doient
& fe fuccégrés le rapidement. terme
Je fixai à cinq ou fix demoyen de la
mat :
aux environs de PIfle température de
du clice même parage, cent livres d'eau Réunion. de
Dang
noient quatre livres & un douzieme mer rdonremarquai que le fort de l'été étoit de fel. Je
meux & pluvieux qué le
plus bru- (
depuis long temps 2 les commencement; pluies & les
car
étoient très - fréquentes, & les
brumes
rudes & plus vatiables; ils avoient vents moins
quelque écart de
cependant
Brauté des du 9.Je n'ai
temps'à autre 2 comme celui
erépufeules. tid.
Yu qu'une fois
mais' les crépufcules donnoient quelques éclairss
plus beau coup-d'oeil, par la beauté très-fouventle &
riété des couleurs dont le ciel étoit la vaHme parutauffi quelés vents éroient parfemé.
dans les temps voifins de la
plus rudes
tion ou en force, & qu'ils étoient lune, en oppoliplus maniables dans les
au contraire
temps voilins de
conjondtion ou de fa foibleffe,
: G
fois
mais' les crépufcules donnoient quelques éclairss
plus beau coup-d'oeil, par la beauté très-fouventle &
riété des couleurs dont le ciel étoit la vaHme parutauffi quelés vents éroient parfemé.
dans les temps voifins de la
plus rudes
tion ou en force, & qu'ils étoient lune, en oppoliplus maniables dans les
au contraire
temps voilins de
conjondtion ou de fa foibleffe,
: G --- Page 79 ---
YERS L E POLE DU SUD.
Pendant T'efpace que pous avions
depuis le méridien des iflots découverts parcouru
Mafcareign & les Caftries
par le
çoient à foufler, &
2 les vents commentie du nord-nord-eft s'embrumoient de la parjufques au nord-nordoueft, où ils-fraichilfoient tres-fouvent.
paffoient enfuite en
Ils
forçant par grains &
moinsbrumeux, du nord-oueft à l'oueft-nordoueft, où ils
venoient
s'éclaircifloient & fouvent decalmes. S'ils continuoient à
vers le fud-oueft, ils devencient violens tourner des Trézularité vents &
rafalles, & le temps étoit
par du climgt
épuifé leur force, le ciel tresdur.Après avoir
devenoit
ment beau; mais dans
le
parfaiteaur nord-eft & nordnordeft peu, vent reprenoit
brumeux & frais.
Depuis le temps que pous étions fur ces
côtes, le vent avoit foufflé très-rarement
l'eft, & alors il étoit
*
étoit beau ; du refte, la très-foible, & le ciel
étoit, à peu de chofe
tournure des vents
près, la même que ci
deffus, avec la différence qu'ils faifoient
de fuite leur plus grand effort du
tout
eft au nord-nordoueft,
nord-nord.
de la pluie, &
avec de la brume ou
(oient
qu'en s'embelliflant, ils paf.
étoit par grains afouen-nord-ouefd. Le ciel
beau, & le vent foible, s'ils continuoient
a tourner de Foueft-fud-oueft
au fud-ouef.
ès, la même que ci
deffus, avec la différence qu'ils faifoient
de fuite leur plus grand effort du
tout
eft au nord-nordoueft,
nord-nord.
de la pluie, &
avec de la brume ou
(oient
qu'en s'embelliflant, ils paf.
étoit par grains afouen-nord-ouefd. Le ciel
beau, & le vent foible, s'ils continuoient
a tourner de Foueft-fud-oueft
au fud-ouef. --- Page 80 ---
Ils
VovAc E
repaffoient enfuite de nouveau
&
au nord-eft
venoient nord-nord-eft, & le plus fouvent ils
très-forts dans fort
y de
peu de temps,
Diverfes
avions reffentis comparaifons dans
des vents que nous
féparés,
des temps cà nous étions
érendus. Il m'affurerent eff
qu'ils n'étoient point
diftance les
arrivé qu'étant à huit lieues de
de
uns des autres, l'un avoit un
vent de nord-eft, tandis
coup
de petits temps; c'eft
que l'autre avoit
de la rudeffe & de la apparemment la raifon
ces parages.
vivacité de la mer dans
telaforcede Analegie en. Ilme parut qu'ilyavoic de
ccs vents & la force fubite des vents
Tanalogie entre.
sybérie. çeux.desmers même acion
les
de cette partie & la
que Voyageurs
ceux qui foufflent dans les
rapportent de
& de la
mers de la Sybérie
Nouvelle-Zemble, où les
fuccedent affez
tempêtes
rapidement au beau
au calme. Quoique la Jatitude de temps ou
foit bien plus élevée
ces parages
ci, l'on
que la latitude de celuileurs
peut cependant comparer enfemble
climats; car les mers de l'hémifphere
fud
dures que celles du
plus
Eram
feroit-elle
nord. Leur vafte étendue
la caufe de cette différence? Elles
ne font bornées de l'oueft à T'eft,
que par les. --- Page 81 ---
VERS LE PoiE DU SUD, Y$
langues de terre de la pointe de
& de la Nouvelle-Zélande,
PAmérique
elles une étendue
qui laiffent entre
qui contient
tiers du globe. La Nature agit environlesdeux cependant
jours avec ordre; fi quelquefois elle touSen écarter, nous devons attribuer
paroit
reur à des caufes que la foibleffe de notre ernoiffances nous empèche
nos con:
d'appercevoir,
Le 16,le vent força du nord-eft au nord
puefl;ilaugmenta le lendemain, &i il fut fuivia
pendant la nuit, de neige & de grèle.
Le 18, nous quittâmes ces
tot cette croifiere
parages ou plu2 que l'extrême
de notre Chef nous avoit confervée prudence
trente-cinq jours, Il fit route
depuis
car, & nous gouvernâmes pour Madagafvent del l'oueft &
au nord avec le
oueft-fud-ouelt,
Le lendemain, nous commençâmes à nous
appercevoird'une la froidure
très-grande diminution dans
del l'air,La moitié des matelots,
étoient néceffaires deux joursa auparavant qui
hiffer un hunier, fuffifoit
pour
de la fouplefe des
avjourd'hui,à caufe
étoit,a après le
cordages. Le thermometre
foleil couché, - à
nos petites chambress il monta neufdegrésdans à onze
en plein aira dans un lieu cependant degrés
expofé
roidure
très-grande diminution dans
del l'air,La moitié des matelots,
étoient néceffaires deux joursa auparavant qui
hiffer un hunier, fuffifoit
pour
de la fouplefe des
avjourd'hui,à caufe
étoit,a après le
cordages. Le thermometre
foleil couché, - à
nos petites chambress il monta neufdegrésdans à onze
en plein aira dans un lieu cependant degrés
expofé --- Page 82 ---
Effete du au vent
VorAG E
froid fubit
qui prenoit du fud. Le
ay
FE
du froid au chaud
paflage rapide
shaud,
fut fenfible à plufieurs
fonnes, par des coliques & des
pera
fcorbut fe déclara chez
laffitudes; le
beaucoup d'autres.
Du 7 au 9 Février, nous
vain Pife de Saint-Jean de cherchâmes en
dit être par vingt-cinq
Lisboa, que l'on
degrés de latitude, &
cinquante-cing de longitude,
Le II, nous commençâmes à reffentir
pluies & les orages de la côte de
les
car nous étions dans la faifon de Madagafcar;
de Çes parties.
Phivernage
dagafcar, Mfed deMa Le 17, nous reconnûmes la côte
Sainte-Marie, &
delIfle de
peu après celle de
çar, & le 21, nous y mouillâmes dans Madagaf- le fond
de la baie d'Antongil, auprès
Marroffe; nous drefsâmes
del'anfe de PIlle
derniere
des tentes dans cette
Ille, où nous defcendimes
butiques. Nous trouvâmes dans les nos fcorcitrons & des ananas;les
bois, des
fournirent bientôt des villages Indiens nous
fruits, des boeufs, des
volailles, & nous nous promimes dans
le
rétabliffement de la fanté de l'équipage. peu
Dérails fur L'Ifle
cetre IAc.
deMadagafcar eft,après celle de Borneo, la plus étendue du
monde; ; elle a envis
nous defcendimes
butiques. Nous trouvâmes dans les nos fcorcitrons & des ananas;les
bois, des
fournirent bientôt des villages Indiens nous
fruits, des boeufs, des
volailles, & nous nous promimes dans
le
rétabliffement de la fanté de l'équipage. peu
Dérails fur L'Ifle
cetre IAc.
deMadagafcar eft,après celle de Borneo, la plus étendue du
monde; ; elle a envis --- Page 83 ---
VERS LE PoiE DU Sub.
ron trois cents lieues de
de largeur, & fa
longueur fur cent
fixieme
fituation, 2 depuis le
jufques au douzieme
vingtrend fon climat
degré delatitude,
un des plus
connu jufques à
agréables. Le fol
feroit
préfent eft d'une fertilité qui
voit. Les incroyable; fi l'expérience ne la
Voyageurs, & en particulier proutanifles, exaêts obfervateurs
lesBode la terre, s'accordent
des produdions
point, & Ces derniers généralement fur ce
thoufiafme fincere avouent, avec cet enJité des dons de la qu'infpire la prodigaticuliérement
Nature, qu'elle s'eft parmontrée à
une végétation plus robufte Madagafcar 5 par
que dans aucune
& plus variée
tendue de
autre partie de la terre; L'éa
cette Ifle 2 du nord au
C
met, 4: dans la variétéde fes climats, fud,y pro- Sa fraide
tions des pays élevés
2 les produc- fertilite.faria cheffe, fes
que celles des
en latitude, a de même produdiens;
Le fol & le pays fitués entre les tropiques.
climat de fa partie du nord m'a
paru analogue à celui des Ifles de
de la Chine. Je crois
les
P'Archipel
que
épiceries
roient; car le fruit nommé
y réuflicommun dans les
rabinfaray eft trèstés du
bois, & il réunit les qualigérofle, de la cannelle & de la
il pourroit mêmé les
mufeade;
avant fa maturité. Le remplacer en le cueillant
rivieres, la
nombre prodigieux des
quantité des beftiaux & des vos --- Page 84 ---
A 8
a
lailles, l'abondance des grains; le fucre, Pindigo; les produdions riches que l'on n'a fait
qu'entrevoir, tout enfin affuré la richeffe
ce pays.
de
Les prémiers Navigateurs gui
cette Ifle, crurent qu'elle contènoit aboiderent dès
mines
d'or&d'argents cette idées'eft
certaines gens fans aucun
perpétuéechez
tend à faire croire
fondement, & tout
Nous n'y avons trouvé qu'elle n'eft point jufte:
che, dont
que du criftal de roj'ai vu des morceaux de dix-huié
pouces de longueur fur fix pouces
Nous y avons vu auffi des marcaffites d'épaiffeur:
pourroit très-bien prendre pour du quel'ori
d'or ou d'argent.
mineray
Il me parut effentiel de prendrè dés cor4
hoiffances plus certaines fur ces objets,
kaminer les moeurs de ces Peuples; dont &d'e- le
grand nombre, &c; fuivant
cienneté de la population,me lesapparences, l'an:
tredire la fimplicité de leurs paroiffoient conQuelques traces de
ufages préfens:
religion & beaucoup de
fuperflitions 5 point de culte, des traits de
bonté, & tantôt de foibleffe & de
des foupçons d'un caraétere traitre; des cotrage;
oppofés à ceux qui manifeftent la ufages
teffe & les moeurs de tous les autres délicaPeuples;
fuivant
cienneté de la population,me lesapparences, l'an:
tredire la fimplicité de leurs paroiffoient conQuelques traces de
ufages préfens:
religion & beaucoup de
fuperflitions 5 point de culte, des traits de
bonté, & tantôt de foibleffe & de
des foupçons d'un caraétere traitre; des cotrage;
oppofés à ceux qui manifeftent la ufages
teffe & les moeurs de tous les autres délicaPeuples; --- Page 85 ---
VERS LE Pois DU Sub.
tout cela méritoit la plus
7B
pour en découvrir la vérité grande attention
ou la caufe.
roffe; J'étois quelquefois defcendu à l'Ille
mais le peu d'habitans
fon
Martueux lui donne; &
la que
fol montion de nos
que grande fréquentagens engagea à fe retirer fur la
Gand-Terre, ne fatisfailoient
fité. Je defcendis auffi
pas ma curioTerre, qui étoitle
au village de la Grand:
lage ; mais étânt plus voifin de notre mouil--
nouveaux fondemens en partie éccupé par les
qui y étoit arrivée d'une colonie militaire
nous, ce
quelquès jours avant
favorifer mélange ne me parut pas
mon projet. Nous avions propre à
quelguesperfonnes pour avoir des
envoyé
un village éloigné ; fa diftance des boeufs dans
fit quej je le choilis
Européens
tis pour m'y rendre. pour Ma mon féjour, 8jepar- 1
à profiter de l'occalion trop grande fécurité
qui retournoit dans
d'une petite
ce lieu;
pirogue
coup; car ayant doublé PIle m'expofa beauvent fraichit, & notre foible Marroffe, le
quiavoit deux pieds au plus de embarquation;
tit point capable de foutenir la largeur, n'é
mençoit à s'élever. Nous
mer qui com-
&, n'étant quet trois, nous embarguiondeleuy ne
à conduire la
pouvions fuffire
pirogue & à la vider.. Je remars
it dans
d'une petite
ce lieu;
pirogue
coup; car ayant doublé PIle m'expofa beauvent fraichit, & notre foible Marroffe, le
quiavoit deux pieds au plus de embarquation;
tit point capable de foutenir la largeur, n'é
mençoit à s'élever. Nous
mer qui com-
&, n'étant quet trois, nous embarguiondeleuy ne
à conduire la
pouvions fuffire
pirogue & à la vider.. Je remars --- Page 86 ---
éo
of A G
quai affez à temps que.la côte,
une petite lieue de
quin'étoit gu'3
diflance, 5 étoit encore
plage de fable, & que fi nous
par
notre route; elle devenoit bordée continuions de
Je fis route fur cette plage de
roches,
arriere
fable; le vent
nous y conduifoit avec viteffe; maisles
lames y défréloient
reffource
très-haut.Jehe vis d'autre
pour que notre piroguè, maitrifée
par les vagtes; ne nous roulât point fur le
corps, & ne nous fit noyer, que
fa viteffe , en hiffant une petite d'accélérét
que, s'échouant alfez
voile, afiri
jeter à l'eau à un haut,hous puflions nous
Cela réufit & petic éloignemènt de terre:
;
nous en fimes quittès pour
& quelques vagues qui nous pafferent fur la tête :
pour être bien mouillés.
d'un village qui étoit à un Quelques Indiens
là; vinrent dans
quart de lieue de
chez eux; ils peu m'engager à paffer la huit
voulurent fe
nos effets, & ils notis donnérent charger d'emporter
témoignages d'amitié; mais
beaucoup de
fe chargeoient: avec
je remarquai qu'ils
il y avoit du
grand plaifir d'un pânief oùr
pain & quelques
Bon accueil vin: Lorfque nous
bouteilles de
que je
fûmes arrivés ati
EE me conduifirent chez
village, 3 ils.
de leur Chef.
le
me
avec
Chef, qui
reçut
honnéteté, & me fit conduire
Lekeipnenmames peu après
trouvai du feu, ; le fol tendu de préparer.Jy
nartes; & ert
fits
il y avoit du
grand plaifir d'un pânief oùr
pain & quelques
Bon accueil vin: Lorfque nous
bouteilles de
que je
fûmes arrivés ati
EE me conduifirent chez
village, 3 ils.
de leur Chef.
le
me
avec
Chef, qui
reçut
honnéteté, & me fit conduire
Lekeipnenmames peu après
trouvai du feu, ; le fol tendu de préparer.Jy
nartes; & ert
fits --- Page 87 ---
VERS LE POLE D U SUD,
8t
Jus une pagne fine dansle fond dela chambre.
Une foule d'Indiens m'y fuivit; je bus un
de vin avec eux : ils fe tenoient
peu
ment vis-à-vis de moi; mais ils faifoient refpedueufecoup de quefions à PIndien qui croit beauavecmoi, &c j'eusà attendre
venu
que Penvie leur eût pris de long-temps fe retirer. avant
diennes leur
Les Innombre; elles fuccéderent, 7 mais en, plus petic
reflerent
refterent peu, mais deux ou trois
à
affez long temps, & je
croire que ce que l'on rapportoit commençai de la
lanterie des Indiennes de
gapas fans fondement. Je fus Madagafcar enfin
n'étoit
nuit étoit avapcée.
libre, mais la
Lelendemain matin, le
d'aller chez luipourboire Chefm'envoya letoc
prier Maurs &
une affemblée d'environ
J'y trouvai birans. ufagesderha
principaux habitans.Iime cent cinquante des
dans le fond de la
fitaffeoir à fes côtés
debout. Il fit diftribuer chambre; le refte étoit
boiflon
une bafrique d'une
faiteaveedajus de canne à
menté avec du piment &c de la fucre, ferme donna en général
n:outarde, Il
d'amitié. Çette
beaucoup de marques
cérémonie dura environ
heures, & je me retirai.
deux
(*) C'eft ce que lcs Anglois appellent
Tome II.
Tofer.
F
affeoir à fes côtés
debout. Il fit diftribuer chambre; le refte étoit
boiflon
une bafrique d'une
faiteaveedajus de canne à
menté avec du piment &c de la fucre, ferme donna en général
n:outarde, Il
d'amitié. Çette
beaucoup de marques
cérémonie dura environ
heures, & je me retirai.
deux
(*) C'eft ce que lcs Anglois appellent
Tome II.
Tofer.
F --- Page 88 ---
Vorao K
Quelques heures après, il renvoya chez moi,
pour me prier à manger; il) n'y avoit
fa
famille; les femmes étoient debout
que
pour fervir ce dont'on auroit befoin en arriere,
riz bouilli étoit fur des
: un tas de
feuilles de
il étoit entouré de
bananier, &
volaille bouillis
morceaux de poiffon & de
& les cuillers
avec du piment ; les afliettes
étoient également des feuilles de
bananier. Les filles du Chef arrofoient
bouillon du
avecle
poiffon ou des volailles
cuillerée de riz que l'on
chaque
prenoit; fa femme
remplaçoit le tas de riz & de viande
diminuoit. Je fis apporter du
lorfqu'il
fut affez gai.
vin, & le repas
Quelques heures après, je fis
peler le Chef pour boire du vin; je lui fis apfent des bouteilles, & le
pré.
& la mer calme, je pris
temps étant. beau
'congé de
geant de venir à bord des
lui,Pengaroit bien
vaiffeaux, où ilfereçu 5 je fis préfent de quelques
groffesaiguillesàfa
parûmes aflez
fenmitsanuimie.Acoue
'contens les uns des autres. Une
foule
rogue, & y
Chremas-aestur
rapporta mes effets;je leur donnai
des aiguilles, & je continuai ma petite route.
Mon féjour
au village de J'arrivaile foir au village de
Mahanleyou. où je m'étois propofé de
Mahanlevou,
féjourner; ; il eft
agréablementfitucau
/
unedemi-portée decanon
lez
fenmitsanuimie.Acoue
'contens les uns des autres. Une
foule
rogue, & y
Chremas-aestur
rapporta mes effets;je leur donnai
des aiguilles, & je continuai ma petite route.
Mon féjour
au village de J'arrivaile foir au village de
Mahanleyou. où je m'étois propofé de
Mahanlevou,
féjourner; ; il eft
agréablementfitucau
/
unedemi-portée decanon --- Page 89 ---
VERS LE POLE DU SUD.
de la mer, &c fur une petite riviere
bords font occupés
des
dont les
ries de
par
bois & des praipeu d'étendue qui fe varient
ment. Un petit canal de fable
agréablela mer eft haute, Les
Pifole, lorique
laiffent
maifons, fans être éloignées,
entre elles aflez de
des arbres & de la verdure.
place pour
eftaffez
La population y
confidéablejmaitalors une partie des
habitansétoira à leurs maifons des
cultiver le riz.
champspour
Un événementq
mon arrivée,
qu'ily eut le lendémain de Leur caraci
le caradtere de commença à me faire connoitre enve:s tere intéreffé les
traité la fille du ces gens, Un François avoit étrangers,
Chefavec affez
dant quelquesjours,
d'intimité penil ne la regardoin
mais je ne fais pourquoi
ché des boeufs plus d'auffi bon ceil.Le marne fe concluoit
avec le Chef qu'à l'artivée de ordinairement
qui devoit les
notre chaloupe
apporter à bord;
arriva, le Chef ne voulut
lorfqu'elle
propolition de
entrer dans aucune
marché, fans
comme un article
qu'suparavant,
rentrée dans la même préliminaire, fa fille ne fût
elle avoit vécu avec le intimité avec laquelle ee
François dont j'ai parlé,
Une propofition auffi nouvelle
beaucoupodf'sutamy
me furpric
plus qu'elle étoit traitée férieufemens, & dans l'affemblée des
principaux
F ij --- Page 90 ---
Vora G E
Indiens : mais je revins de mon
lorfque je vis par la fuite quel lla étonnement,
l'intérêt avoient été les
politique &
principaux motifs de
cette conduite, & que c'étoitun prétexte
avoir un nouveau préfent. Quelque pour
après, un François ayant jeté un morceau temps de
bois pour faire peur à des enfans dont la
Hiofté'embarralbit,
cufant du Chef:
atteignit à la tête un encelui-ci ne fe courrouça
mais il nous envoya fon
point;
fils, 2 afin que l'on mit
quelque remede fur fa bleffure, &
enveloppât fa tête avec du
que l'on
linge. Je remarquai
qu'ilétoit) plus mécontent, lorfqu'ilvit quel'on
n'avoit enveloppé la tête de fon fils
une bande de toile de
gu'avec
moyenne valeur.
faifois attention aux petites époques
Sije
marquoient la fineffe & l'intérêt
qui me
deleurs vuesà
notre égard, je voyois auffi qu'ils n'étoient
pas très-exigeans dans les petites chofes
Leur fran- demandoient. ils étoient
qu'ils
chie & leur
francs, & d'affez bas
exadtitude. prix dans la conclufion de leurs marchés,
ils ont été toujours exaéts obfervâteurs &c
des
proméfles qu'ils nous ont faites.
J'aurois également mal jugé de leur caractere, fije n'euffe comparé que leurs aétions à
notre. égard. I! étoit ailez fimple qu'ils fuffént
intér.ffes envers les perfonnes qui abondoient
ient
qu'ils
chie & leur
francs, & d'affez bas
exadtitude. prix dans la conclufion de leurs marchés,
ils ont été toujours exaéts obfervâteurs &c
des
proméfles qu'ils nous ont faites.
J'aurois également mal jugé de leur caractere, fije n'euffe comparé que leurs aétions à
notre. égard. I! étoit ailez fimple qu'ils fuffént
intér.ffes envers les perfonnes qui abondoient --- Page 91 ---
VERS LE POLE.DU SUD.
en chofes qui leur faifoient
8s
étoient
plaifir ou quileur
néceflaires; mais je
que le
même efpric n'exifoit
m'apperçus
voient les
point entre eux : iis viuns chez les autres,"& s'entr'aidoient dans leurs travaux fans intérêt. Celui
qui n'avoit point dej riz en alloit prendre chez
fon voifia; la maifon, la
d'une
abfente
pirogue
famille
fervoit à une autre famille, & ils me
parurent en général bons & bienfaifans. Ils me
firent divers. petits préfens; une paire de ci- rolité& Leur géné- leur
feaux, quelques aiguilles, un peu
bienfaifance catre cux.
les rendoient plus
d'eau-de.vie
que fatisfaits; & comme je
n'étoisen rien dans les marchés que Pon faifoit
avec eux, iis me regardoient affez fans intérêt.
Quelques jours après mon
de : la nouvelle colonie
arrivée, le. Chef Brouillerie
établie à environ
Trançoife, qui étoit dupays entreun & Chef cc.
cinq lieues de
luidelacolofe brouilla avec un Chef du pays Malanlevou, affez
nickrançoife.
fant, fittirer farlui, & celui-cilui
puifaétes d'hofilité mirent
ripofla. Ces
& le Chef de
tout le pays en alerte,
Mahanlevou appeia tout fon
peuple & fe mit en défenfe. Nous étions
en garde fur fes adions, n'étant
François 'dans ce lieu, & à tout événement que quatre
nous chargeâmes nos armes & un
le hafard avoit fait
pierrier que
apporter, Sa fille
cevantde 1 notre m6fiance,enavenitfon s'apperpere;
F iij;
irent
ripofla. Ces
& le Chef de
tout le pays en alerte,
Mahanlevou appeia tout fon
peuple & fe mit en défenfe. Nous étions
en garde fur fes adions, n'étant
François 'dans ce lieu, & à tout événement que quatre
nous chargeâmes nos armes & un
le hafard avoit fait
pierrier que
apporter, Sa fille
cevantde 1 notre m6fiance,enavenitfon s'apperpere;
F iij; --- Page 92 ---
VorAG DE
il vint nous en. : témoigner fa
nous affura qu'étant fes
fenfibilité, &
quions rien chez
hôtes, nous ne rif
lui, ni de fa part, ni de la
part des entemnis des François. Il
y avoit cependant
ajouta qu'il
drionslepartides appareace que nous prennouveaux
à
Colonsqui étoient
terre,-puifque Dous étionsde la même contrée; que quant à lui, il y avoit aufli
rence qu'il prendroit parti pour fes appatriotes; mais que pour le
il compafeulement furla défenfive préfent, fe tenoit -
vers les
enversies uns & enautres, &c qu'étant fes hôtes il nous
regardoit comme fes amis & fes alliés.
Ce village n'avoit plus les mêmes agrémens, tout yétoit en armes &en rumeur; des
gardes avancées & des patrouilles continuelles;des envois réitérés d'efpions d'un côté &c
d'autre; des nouveaux travaux
ter la défenfe du fort; la retraite pour des augmenpeaux,des femmes & des enfans,
trouque la tranquillité & le
tout faifoit
commerce y étoient
interrompus. Nous nous retirâmes à
mon féjour ne put être que de douze bord, &
Les hoftilités entre le ChefIndien & celui jours. de
la nouvelle colonie eurent
fuites; celui-ci fe
cependant des
propofa de s'emparer de PIndien, ou de brûler fon village. Il demandanos --- Page 93 ---
VERS LE POLE DUSUp.
chaloupes
armées, pour l'aider dans fon
jet, & elles lui furent accordées.Nous: Prode fang froid porter le fer & le feu chez allâmes
homme, qui, peu de jours auparavant, un
venu I avec fa femme & fes enfans
étoit 5
avec confiance,
nous voir
qui nous avoit apporté des
préfens, & à qui nous en avions
nous avoit comblés de
fait, qui
avoit reçu de boune foi marques les
d'amitié, &c
nôtre.Jene
proteftations del la
pouvois me peindre,
la phylionomie noble & confiante fansHorfeur, de
d'un Inccadie
gneur Indien, la tendre naiveté de
ce Sei- Indien., village
& de fes filles, l'innocence
fes femmes
fans,
de fes jeunes enengloutis dans les flammes, ou enfanglantés par les mêmes mains qui venoient de
recevoir leurs careffes, Un homme
peine forti de la claffe des
qui eft à
fimples particuliers
pour commander, peut-il feul décider l'effifion du fang de deux Nations ?
maitre de couvrir la fienne
ER-il le
noirs
peut-être des plus
affez forfaits, parce qu'il n'a pas pefé avec
dejullice les droits de
& les fiens ? Le feul befoin de celuiqu'il fe
attaque,
défendre
T'engager à prendre les armes 5 ou fi la poli- Peut
tique, trop fouvent injufte, & alors néceffairement cruelle, engage à dépouiller le
foible, de fes biens, & à le foumettre à l'efcla- plus
vage, ne doit-on pas au moins couvrir fes
F IV
n'a pas pefé avec
dejullice les droits de
& les fiens ? Le feul befoin de celuiqu'il fe
attaque,
défendre
T'engager à prendre les armes 5 ou fi la poli- Peut
tique, trop fouvent injufte, & alors néceffairement cruelle, engage à dépouiller le
foible, de fes biens, & à le foumettre à l'efcla- plus
vage, ne doit-on pas au moins couvrir fes
F IV --- Page 94 ---
Vora G E
chaines de feurs, afin de lui en diminuer la
pefanteur ?
Je vis avec plaifir ( je P'avoues Aans honte)
que je n'étois point compris dans cette expédition, L'honneur militaire efl-il la
de hafarder fa vie pour mettre la Patrie à gloire couvert des crimés qui peuvent troubler fa tranquillité, ou eft-il un taciturne & mécanique
abandon.de la liberté & de la vie, &
être la vénalité de Pune & de l'autre ? peut"
De pareilles erreurs font voler les jeunes
amesà des forfaits, &c un jeune Gentilhomme
plein decourage m'en donna un exemple dans
cette expédition. Il avoit été, pendant notre
féjour, chez le Chef que l'on vouloit
& il avoit vécu quelques
punir,
avec fa famille, dans la
jours avec lui &
plus grande fraternité.
Iy étoit comblé des plaifirs de P'amitié & de
l'amour; il y féjourna affez
en étoit de retour depuis deux long-temps, & il
donner des
jours. Il crut
preuves de fa valeur en fe
Jant de la copnoiffance qu'il avoit de la préva- fituation des lieux, & en guidant les
les fentiers les plus propres àinveflir troupes le fort par
la maifon de fon hôte, de façon
&
ne pêc
que perfonne
A
s'échapper. Un faux & fougueux honneur avoit éteint chez lui le julle fentimens --- Page 95 ---
VERS LE POLE D U SUD, 89
de la.i reconnoiliance, & le tendre fouvenir de
Pamour, Il ne fentoit feulement pas que non
content de vouloir percer lefein de ceux qu'il
avoit chéris, il prenoit des foins pour qu'il
neluiéchappat aucune goutte de tout le fang
qu'il feroitp poflible d'en exprimer.
Le fort &le village Indien furent la
des fammes; les habitans, avertis
proie
efpions, s'étoient retirés dans le bois par leurs
d'oà ils obfervoient les
voifin,
mouyemens de nos
troupes;lon n'y trouva que quelques femmes
qui, trop vieilles pour
dans des
fuir,s'étoient cachées
haliers, & elles durent à Ieur
cité la confervation de leur liberté
caduvint triomphant de
: l'on requelques meubles
qui ne pouvoient nous être utiles. fimples
quelles ont été les fuites de cet
J'ignore
je crois avoir lieu de craindre
événement;
ont pas été favorables dans la qu'elles ne nous
des peuples de cette Ile,
façon de penfer.
qui
à m'intéreffer.
commençoient
Ils m'ont paru provenir de diverfes
Ieur couleur, leurs cheveux, &
races;
diquent. Ceux que je n'ai
leurscorps Pindes anciens naturels du pas cru originaires
trapus; ils
pays, font petits &c
ont les cheveux prefque unis, &c
fontolivatres comme les
Malayes, avec quiils
elles ne nous
des peuples de cette Ile,
façon de penfer.
qui
à m'intéreffer.
commençoient
Ils m'ont paru provenir de diverfes
Ieur couleur, leurs cheveux, &
races;
diquent. Ceux que je n'ai
leurscorps Pindes anciens naturels du pas cru originaires
trapus; ils
pays, font petits &c
ont les cheveux prefque unis, &c
fontolivatres comme les
Malayes, avec quiils --- Page 96 ---
VovAG E
ont en général une. efpece de
Reffemblan- Les
reffemblance,
ce deces Inoriginaires du pays ont les cheveux affez
Malayes, diansavecles crépus, font grands & bien faits, les
grands & beaux, la démarche
yeux
fionomie
ailée, & la phyouverte; ils font de couleur
noire, à peu près comme les Malabares. prefque
Je crois qu'ils font doux &
fans génie; ils fopt
fpirituels, mais
même
vains, intéreffés & en
temps fantafques, adroits ; mais fans
combinaifon, &c généralement
dans
inconféquens
leursadions.Jer ne crois point
un caradtere décidé, & ils m'ont qu'ils ayent
les bonnes qualités, auffi bien paru avoir
vaifes, des
que les maugens d'efprit qui ont l'ame foible.
Cependant, comme ils ont
de
foins & de
très-peu
befaire
diflinaions, il faut des crifes
éclore leurs mauvaifes
pour
que les bonnes font d'un qualités, tandis
danstouteleur force: Les ufage journalier 8c,
fortes crifes, comme,
par exemple, le danger, paroiffent d'abord dé:
cider leur caraétere vers la
binaifon & la bravoure; fermeté, la comvent
mais les effets ne fuique rarement d'aufi belles
à moins que le péril ne foit preffant. apparences,
Iis portent une pagne à la
&
autre fur les épaules; ils ceinture, une
de bonnet fait
ont aufi une efpece
en façon de natte. Leurs che --- Page 97 ---
VERS LE POLE DU Sup.
veux font partagés en petites treffes. Iislaiflent 91
croitre leur barbe au menton feulement.
Les hommes
des
s'occupent peu de la culture Gecupatious
champs, mais ils ont foin des
des howimes,
&ils les laiffent errer dans les bois. Ils befliaux,
conduifent les
font &
qui font
piroguès ordinaires, & celles
deftinées pour la guerre. Les
mieres font petites, 9 & ne vont qu'à la pregaye; maislesdemnieres,
pates au Seigneur, font affez quiappartiennentr ttoula voile : elles
grandes & vont à
hommes & faire peuvent le
porter plus de cent
tour de PIlle
Les femmes font d'une taille
très-fouvent
moyenne &
petite; elles ont de la
nomie : mais quoiqu'il s'en
phyfiode laides, elles ne
trouve très-peu
peuvent paffer. ni
belles, ni pour jolies. Elles fe ceignent d'une pour :
longue pagne, & portent une efpece de camifole qui ne vient qu'au deffous du
elle a pour ornement une grande
fein:
gent ronde & très-bien
plaque d'arnent leur cou
travaillée : eiles Oravec plufieurs rangs de
chaînes d'argent qui tombent fur le longues
Leurs cheveux font divifés
fein.
fini de
en un nombre inpetites treffes qu'elles laiffent
fur le front ou fur le coin de
tomber
relevent n aufli
l'oeil; elles les
en croiffant ou en façon de
ous du
elle a pour ornement une grande
fein:
gent ronde & très-bien
plaque d'arnent leur cou
travaillée : eiles Oravec plufieurs rangs de
chaînes d'argent qui tombent fur le longues
Leurs cheveux font divifés
fein.
fini de
en un nombre inpetites treffes qu'elles laiffent
fur le front ou fur le coin de
tomber
relevent n aufli
l'oeil; elles les
en croiffant ou en façon de --- Page 98 ---
Vox A G E
grecque, fuivant qu'il eft avantageux à leur
figure.
femmes. Celles des Leur travail eft de cultiver. du riz, du
ou d'autres grains, de planter des
mais,
la caffave, des figuiers
patares, de
bananiers, & autres .
plantes; elles préparentles feuilles d'un arbre
nommé rafia, pour en retirer les fils.
les avoir téints en diverfes couleurs, elles Après
font une toile jolie & très. fraiche, qui fert en
àleur vêtement. Elles efliment cependant
les toiles de coton que les Européens plus
tent,
apporquoigeinminféguement elles foient de
moindre valeur que les leurs. Chaque maifon
a un métier de Tifferand: Lesfeuiled'unautre
arbre, nommé vacoua, leur fervent à faire
des nattes, des bonnets, des facs, & autres
chofes néceffaires au ménage.
Leur nourri- La
tuic:
nourriture ordinaire eft du riz, des
figues bananes, & quelquefois du poiflon fec.
Ils mangent très-peu de poiffon frais & de la
viande: Leur boiffon eft une efpece d'eau de
riz, & quelquefois le fuc des cannes à fucre
fermenté avec du piment & de la moutarde.
,
tacions. Leurshabi- Les maifons font petites & conftruites avec
peu de goût. Les murs font faits avec de
gros joncs affez adroitement joints 2 & le --- Page 99 ---
VERS LE POLE DU SUD.
toit avec des feuillesde bananier. La
pale charpente eft faite avec du
princimais le refte n'eft
gros bois ;
mal
compofé que de bambous
travaillés. Le fol de certaines de ces maifons eft élevé au deffus de teire, à caufe de
Phumidité; & ce plancher eft alors formé
le développement du corps de certains
par
dont lintérieur n'eft
arbres,
point folide,
par exemple, le palmier. Outte
comme,
fons, dont le foi eft ainff
que les maides
élevé, font à l'abri
ferpens & des infedtes, elles font
plus faines que les autres,
beaucoup
temps des
2 fur tout dans le
pluies.
Les Européens qui
pendant cette faifon, fréquentent cette Ile Le climat
tion à
devroient avoir atten- peu propre
ne fe loger que dans celle-là. Il
auxétranger4
utile qu'ils prennent des
eft
s'entretenir en fanté dans un précautions pour
eft que trop funefte
pays qui ne leur )
de vie dont ils
par lignorance du régime
devroient ufer. Il m'a
que l'on devoit uier d'alimens très paru
prendre très-peu ou s'abltenir du vin légers, & des
Jiqueurs fermentées, Il ne faut
de viande, fur tout fi elle eft manger que peu
encore moins fi elle eft falée. Il groffiere, faut
&
de l'exercice, pour tenir le corps libre prendre & dif
pos; allerlégérement vêtu, ne'point craindre
par lignorance du régime
devroient ufer. Il m'a
que l'on devoit uier d'alimens très paru
prendre très-peu ou s'abltenir du vin légers, & des
Jiqueurs fermentées, Il ne faut
de viande, fur tout fi elle eft manger que peu
encore moins fi elle eft falée. Il groffiere, faut
&
de l'exercice, pour tenir le corps libre prendre & dif
pos; allerlégérement vêtu, ne'point craindre --- Page 100 ---
Vor A G E
le foleil, lorfque le temps eft léger; mais fuir
avec foin de le prendre en repos,
quilsdoivent Précautions temps eft calme & porté à
lorfque le
Prendre. pas garder fur la
l'orage. Il ne faut
peau des vêtemens mouillés
que Pair refroidit bientôt; & filon eft
à la pluie dans la
il
expofé
fe déshabiller
campagne, vaut mieux
& mettre. fes hardes à
pour les reprendre & être fec
l'abri,
/ aura paffé. Il
lorfque la pluie
ne faut faire aucun exercice
forcé, encore moins de débauche. Il faut
boire de l'eau la plus pure que l'on puiffe
trouver ; car celle qui provient des pluies eft
mal feine. Toutes ces précautions m'ont
bonnes à prendre. Quoiqué les naturels paru du
pays ne foient guere fujets qu'à des maladies de
iapeau, les Européens
le
qui y féjournent dans
temps des
pluies, 2 y effuient
des fievres très-cruelles,
quelquefois
caution. Ce
par leur peu de prépays eft d'ailleurs comme tous
ceux, qui foht fous un climat chaud.La fanté
des voyageurs qui viennent des
doit le plus fonvent
pays froids,
y payer un tribut.
Religion du Quoique les peuples de
pays.
cette Ifle
point de culte, ils adorent
n'ayent
bon
un Etre fuprême
& le ejufle, qnijugera,a aprèsla mort, le bien
mai, Ils circoncifent les garçons à
de. fept à huit ans. Iis attendent
l'âge
quelquefois
a fanté
des voyageurs qui viennent des
doit le plus fonvent
pays froids,
y payer un tribut.
Religion du Quoique les peuples de
pays.
cette Ifle
point de culte, ils adorent
n'ayent
bon
un Etre fuprême
& le ejufle, qnijugera,a aprèsla mort, le bien
mai, Ils circoncifent les garçons à
de. fept à huit ans. Iis attendent
l'âge
quelquefois --- Page 101 ---
VERS LE PoLr DU SUD.
plus long-temps, afin que le nombre foit 95
grand & la fête plus célebre. Ils
plus
beaucoup de
font alors
leurs fulils le réjouilances, & ils tirent dans
morceau de chair incifé,
Ils reconnoiffent auffi un Etre
&cleurs Panfarets ou Magiciens mal-ifant,
coup de fourberies
ufent de beautournent le mal
pour perfuader qu'ils dédiens de bon fens qu'il pourroit faire. Les Inbeaucoup de foi n'ajoutent à
pas, à la vérité,
leurs
mais
autres ont
fortiléges;
les
beaucoup de confiance en eux.
Certains morceaux de bois attachés au
ou enveloppés dans un fachet, les
cou, Croyancca
des bleffures à la
préfervent.oz fapetitica:
des
guerre. Des chevrettes ou
crapeaux, appliqués fur ia tête d'un malade, en prononçant certaines
vent le guérir. L'expofition
paroles, doidans une cabane
d'un autre malade
& d'oà
élevée, ouverte versl'Orient,
partent des fils entrelacés & jetés au
loin, doit le remettre en fanté, Les
font toujours
dans
parfums
il faut certaines employés fois
ces cerémonies;
fon foient
que les piliers de la maicouleurs. fraichement peints de diverfes
Ces peuples font enfin ufagede cent
autres fuperftitions, dont jen'ai
Torigine,mairg
pu découvrir
quipeut être font des reftes de --- Page 102 ---
V O Y A G E
quelques principes de Religion qui leur ont
été vaguement donnés par les Orientaux; la
circoncifion, les parfums, l'expofition vers
l'Orient, font des traces des Religions les
plus anciennes. Il eft très-difficile de
des connoiffances à ce
prendre
fujet; car ils n'aiment
pas, quela converfation roule fur la Religion.
La plus terrible de leurs
celle de la bailfance des enfans fuperflitions eft
dans un jour
malbleureus.Lorqume femme accouche dans
un jour que le Panfaret répute tel, T'enfant
eft abandonné & expofé dans les
ii meurt. Je n'ai
cbamps, où
pas été, à la vérité, témoin
oculaire de ce fait; mais tant de gens me l'ont
rapporté, que j'y ajoute foi.
Balcinc. pêchedela Ils harponnent la baleine le
&
long. de leurs
côtes, après qu'elle a perdu fes
la traînent près du
forces, ils
rivage, où les femmes reçoivent, avec des cantiques de
celui qui a lancé le harpon heureux. louange 2
retirent, & la baleine, tirée
Elles fe
eff entourée de tous les
fur le rivage,
hommes. Le pius éloquent lui fait une très-longue
laquelle ils la dépecent & la harangue, après
mangent.
Maniere de Leurs
traiter lesefmoindres actions ou
faites.
avec des
affaires à traiter
Européens, ou avec des Etrangers
d'une
des cantiques de
celui qui a lancé le harpon heureux. louange 2
retirent, & la baleine, tirée
Elles fe
eff entourée de tous les
fur le rivage,
hommes. Le pius éloquent lui fait une très-longue
laquelle ils la dépecent & la harangue, après
mangent.
Maniere de Leurs
traiter lesefmoindres actions ou
faites.
avec des
affaires à traiter
Européens, ou avec des Etrangers
d'une --- Page 103 ---
VERS LH PoLE DUSUD.
d'une Seigneurie
différente, font
par un Confeil de la Nation, qu'on précédées
Palabra. L'on y expofe tout ce qui a nomme
à l'affaire, ce qui l'a précédée, & les rapport
féquences qu'elle peut avoir. L'on
contoutes les alliances ou démélés
rappelle
depuis trèsqui ont exifté
-long-temps avec les
avec qui l'on traite : l'on eft
perfonnes
réfléchir, à pefer les avis dans long-temps à
toutes leurs
conféquences; enfin l'on décide, & les
labras font ordinairement
Pafaçon
très - longs. Cette
d'agir paroît oppofée à la
que j'ai faite de leur caraétere; defcription
en effet, fi-leur Confeil
elle le feroit
&
avoit de l'expérience
cunefaçon de penfer jufte qui
& fi leur ame étoit forte & préviclavenir, robufte.
intérêts font d'ailleurs
Leurs
tresdificiles à
lier; car ils font divifés en une
concidigieufe de petites
quantité propour la plupart, les
Semesmindspenduites
tuellement
unes des autres, & muattentives à s'abaiffer.Le
d'un petit avantage préfent eft
clinquant
très-puiffant
pour eux d'un
attrait, & les moindres vétilles
rompent l'exécution des mefures
prifes, & font changer les avis.
qu'ils ont
Leurs biens confiffent en
tiaux, & en efclaves de leur grains, 2 en befTome 11,
propre Nation;
G --- Page 104 ---
Vo de d Y AG E
car tout ennemi prifonnier, foit
femme ou enfant, eft réduit à
homme,
& fes propres compatriotes
l'efclavage 2
ont, dès ce moment, pour lui, le dernier mépris.
Leuts atmcs. Ils ont pour armes le bouclier & la
une
quieft
efpece de dard en façon de fagaie,
qu'ils lancent très - adroitement. Ils pique,
outre beaucoup de fufils
ont en
leur ont vendus, & dont que les François
favent faire un très-bon quelques-uns d'eux
ufage; quelques Seigneurs ont auffi acheté des
&
puis douter que le
piestiers, je ne
Seigneur del
du canon,
Foulpoint n'ait
2 effet furpreriant de l'avidité
précautionnée des Cominerçans
peu
François.
Leurs fortif- Chaque
cations.
Seigneur a fa maifon dans un fort
qu'on nomme paliflade. Ce fort a trois
de gros arbres droits & fichés
rangs
les uns des
en terre, fi près
autres, qu'il ne refte point
au travers. Le rang du dehors a environ dejour
pieds de hauteur, celui qui le fuit
quinze
& le
en a neuf,
dernier, ou le plus intérieur, en a' au
moins fix.Ces trois rangs font
forment qu'un feul
contigus, ne
les
corps, & fe foutiennent
uns les autres. Ces pieux font tous unis
dans, Ja haut par une traverfe qui paffe dans
la mortaife de chaque
pieu, & qui regne dans
travers. Le rang du dehors a environ dejour
pieds de hauteur, celui qui le fuit
quinze
& le
en a neuf,
dernier, ou le plus intérieur, en a' au
moins fix.Ces trois rangs font
forment qu'un feul
contigus, ne
les
corps, & fe foutiennent
uns les autres. Ces pieux font tous unis
dans, Ja haut par une traverfe qui paffe dans
la mortaife de chaque
pieu, & qui regne dans --- Page 105 ---
VERS LE PoLE D U
tout le front de la paliffade.
SUD. 99
étroite pour ne laiffer
La porte eft aflez
fropt; elle eft formée paffer qa'un honme de
qui tournent en deffius par fur des picux plus petits
fe relevent en dedans à une traverfe fixe, &c
herfes horizontales, Il peu près comme des
portes de cette façon, y a queljuefois deux
lautre, & elles font l'une en, dedans de
alors
uneefpecede tambour
renfermées dans
par des pieux. La
qui eft égalementformé
de limples carrés plupart de ces paliffades font
ballions, des
longs; mais d'autres ont des
découvrir
galeries & des ouvertures
Fafliégeant.
pour
Lorfqu'ils veulent
les femmes & les
commencer la
enfans
guerre, 2
dans les champs ou dans les emportent les effets
ils fe cachent; les
bois voifins, où
cachés dans les bois. troupeaux Les
font également
au village; l'on tue
hommes feuls reflent
un boeuf; Pon fait une
longtielarangue, & chacun
fagaiedanslefang du bocuf. Iis trempele le
fer de fa
l'écorcher, le partagent
dépecentfans
gent avec avidité, Cette entre eux, & le manblême de leurs intentions cérémonie eft l'emTagion qu'ils vont
fanguinaires, & de
qui font admis à commencer, Les étrangero
fang dece
tremper leur fagaie dans le
boeuf, & à qui on en donne
un
Gij --- Page 106 ---
1OO
Vox A G E
morceau, font regardés comme alliés.
auffi
C'eft
chez.eux un figne d'alliance,
font toucher le fer deleur
2 lorfqu'ils
d'un
fagaie au fer de celle
étranger.
Leurs opéra- Leurs
tious militaiopérations militaires fe
rcs
harceler l'ennemi, & à tâcher de le réduifent i
la nuit dans deslieux
furprendre
dépourvu dans fa défavantageux : s'ileft au
paliffade, ils ly
& tentent, pour le prendre,
alliégent,
de bravoure ; ils pillent fes
quelque coup
villages, fes beftiaux, & menent fon peuple en
mais ils tiennent
efclavage e;
rarement en rafe campagne,
Ils font affez induftrieux
fe
ils pofent très au loin des pour défendre ;
ils envoient
fentinelles avancées;
continuellement des efpions chez
l'ennemi, & des gens pour faire la découverte.
Le Chef de Mahanlevou fit démolir les maifons qui l'empéchoient de voir au loin
environs de fa paliffade. Il voulut
aux
Pen.r'e de fa riviere, & il fit creufer, garder
le fable, un foffé où fes fufiliers
dans
fe cacher. Ilfitmettre fur la crête de pouvoient
une piece de bois,
ce foflé,
percée en ratelier, où
p.foient les canons des fulils. L'on avoit répandu des herbes de diflance en
forte que cette petite batterie diflance, en
maiquée ne
paliffade. Il voulut
aux
Pen.r'e de fa riviere, & il fit creufer, garder
le fable, un foffé où fes fufiliers
dans
fe cacher. Ilfitmettre fur la crête de pouvoient
une piece de bois,
ce foflé,
percée en ratelier, où
p.foient les canons des fulils. L'on avoit répandu des herbes de diflance en
forte que cette petite batterie diflance, en
maiquée ne --- Page 107 ---
VERS LE POLE DU Sup: IOI
pouvoit être apperçue d'une portée de
tolet, & que ceux qui la
pifà l'abri des coups de l'ennemi, compofoient étoient
parle aux Ambaffadeurs
Le Seigneur ne
que les premieres
de l'ennemi, 2 qu'après
fentinelles lui ont rendu
compte des motifs qui les aménent. Si
motifs plaifent, il fort de fa
ces
faifant tenir les
paliflade, & 2
Envoyés à une certaine diftance, l'affaire eft difcutée, & on les ren.
voie. Ils n'entrent jamais dans la
& ils font
paliflade,
reçus avec nobleffe & avec fermeté.
CesIndiens font d'ailleurs
haine irréconciliable
fufceptibles d'une Leut féroci-
& d'une
tialagueue,
Un de leurs Chefs
cruautéréféchie.
fon ennemi
portoit au cou les dents de
qu'il avoit tué à la
autre ayant fait prifonnieres la fille guerre. Un
fine de fon ennemi, les fit
& la couvenir devant lui
quelques jours après. Il tua de fang froid la
premiere d'un coup de fagaie, &
l'autre libre, il la chargea
renvoyant
ennemi la nouvelle de la d'apporter à fon
de.laffurer
mort de fa fille, &
que lui & toute fa famille recevroientle même traitement.
Lorfque les peuples fimples font aigris, la
vengeance cruelle paroit aggraver chez
fes fureurs,
eux
2 en raifon de la bonté & de la
Gij --- Page 108 ---
Vor
AG M
bienfaifance de leur ame,
fona afliette naturelle.Le lorfqu'elle eft dans"
m'a
fauvaged
reçu avec bonté, & a del'Amérique
avec moi;
partagé fa chaffe
eft
cependant le crâne de fon
pour lui une coupe ot la liqueur ennemi
plus déledable. Lenouveau
devient
les membres
Zélandois dévore
palpitans de Phôte étourdi ouingratqui l'a
hofpiralier, & vivant avec
anLnimAsaE
avec fon frere, arrache à loifr Tétranger comme
cadavre de celui
les dents du
s'en fait
qu'il a tué à la
il
larmes une parure délicate; le deuil guerre, &
de la tendreffe
les
le plus doux des
paternelle font pour lui
(pedtacles.
dans Leur les Ufage pré- Ces peuples fuivent,
fens.
Pufage de PAfie,
pour les préfens,
lorfqu'ils vont chezles étrangers, ou lorfqu'ils les reçoivent chez
eft généralement
eux. Il
avances & fe regarde d'afage que celui qui fait les
inférieur, faffe le
par conféquent comme
premier un préfent. Il en
reçoit un autre en retour. Les
de notre féjour dans cette
premiers jours
recevoir les divers Chefs baie,fe pafferent à
des viilages voifins.
Iiss'honoroient de porter le pavillon
dans leurs pirogues de
François
fur-leurs
guerre, & ils battoient
demander tamtam en figne de joie. Ils venoient
notre amitié, & nous apportoiene
par conféquent comme
premier un préfent. Il en
reçoit un autre en retour. Les
de notre féjour dans cette
premiers jours
recevoir les divers Chefs baie,fe pafferent à
des viilages voifins.
Iiss'honoroient de porter le pavillon
dans leurs pirogues de
François
fur-leurs
guerre, & ils battoient
demander tamtam en figne de joie. Ils venoient
notre amitié, & nous apportoiene --- Page 109 ---
VERS LE PoLE DU SUD.
en préfent, un boeuf, des volailles, & 103 des
fruits. Ils étoient fuivis d'une nombreufe efcorte d'Indiens armés, qui, en figne d'amitié,
dépofoient leurs armes dans leur
&
nous donnoient des marques de la plusgrande pirogue,
confiance & fraternité, Le Chef amenoit ordinairement fa prémiere femme, fes
fes proches
filles ou
parentes. On les régaloit avec des
fruits & de l'eau-de-vie. L'on faifoit
d'an fufil au Chef, & de quelques
préfent
dienne à fa femme.
pieces d'Indu
Lorfqu'ils étoient partis
bord, on les faluoit de trois coups de
canon, &c ils nous montroientleur fatisfadtion
par leurs cris de joie. Le pavillon
étoit arboréàleurs
François
villages, dès qu'ils
flotter le nôtre: : ces gens nous ont montré' voyoient
général beaucoup d'amitié; mais
en
font fpirituels, ils
commé ils
s'ils ne font
s'apperçoivent aifément
pas payés de retour, & alors ils
deviennent
férens.
foupçouneux, 3 ou au moins indif
Lorfque nous envoyions chez eux
faire des marchés, il étoit néceflaire
pourun préfent au Chef, qui
de faire
Cela me
y préfidoit toujours.
parut une conféquence de leur conduite ; ils venoient à bord
P'amitié
pour renouveler
avec la Nation, & ils téchoient de
s'en rendre dignes par le préfent
toient. Nous allions dans leurs qu'ils.apporvillages pour
G iv
ux, 3 ou au moins indif
Lorfque nous envoyions chez eux
faire des marchés, il étoit néceflaire
pourun préfent au Chef, qui
de faire
Cela me
y préfidoit toujours.
parut une conféquence de leur conduite ; ils venoient à bord
P'amitié
pour renouveler
avec la Nation, & ils téchoient de
s'en rendre dignes par le préfent
toient. Nous allions dans leurs qu'ils.apporvillages pour
G iv --- Page 110 ---
VorAG E
y fatisfaire nos befoins; leur amitié
nécelfaire,
nous étoit
&ilfalloitlacquéir par un préfente
L'hofpitalité eft exercée par ces
mais je crois qu'elle n'a d'autre fource peuples;
l'impulfion de la nature vers le bien, fans être que
abfolue &c au nombre des vertus
dans P'Afie,
comme
leurufagefur Motifs de Il me femble que les
la liberé de peu trop étendu leur
voyageurs ont un
lcurs filles
bienfaifance, en difant
aveciesétran- quel'hofpitalité faifoit
gors,
filles
qu'ils préfentoientleurs
aux étrangers, Ils euffent pu faire attention aux moeurs 2 au caraétere, & à Ia différence qu'il y a entre préfenter une
voiravec plaifir
chofe, ou
qu'on en fait ufage; fi elle eft
indifférente, & fi en même temps un caradtere
intéreffé conçoit quelque efpoir d'en recevoir
des préfens. Ils euffent alors pu dire
la
liberté des moeurs des filles de
que
leur caraétere intéreffé,
Madagafcar,
ou celui de leurs pa-.
rens, faifoient qu'elles fe proflituoient
étrangers.Jai approfondila vérité du
aux
des voyageurs, parce que Gj'en euffe été rapport
fuadé, il eût été néceffaire d'exclure pernature, l'amour
de la
propre & la pudeur.
eft la Nation qui fe méprife
Quelle
honorée par les fales
aflez, pour être
plaifirs du premier étranger qui anive, & quelle eit la jeune fille
qui,
rens, faifoient qu'elles fe proflituoient
étrangers.Jai approfondila vérité du
aux
des voyageurs, parce que Gj'en euffe été rapport
fuadé, il eût été néceffaire d'exclure pernature, l'amour
de la
propre & la pudeur.
eft la Nation qui fe méprife
Quelle
honorée par les fales
aflez, pour être
plaifirs du premier étranger qui anive, & quelle eit la jeune fille
qui, --- Page 111 ---
VERS LE POLE DU Sup.
fans T'exemple & une
IOS
coutame analogue dès
T'enfance, a aflez peu de pudeur
tuer à ce même
pour fe proftiétranger ? La différence des
ulages & dela couleur fuffit pour l'en
éloigner.
En faifant attention aux
de
ples, & à l'origine de
ufages
ces peu- Liberté des
leur finguliere façon jeunes de l'un gens
d'agir envers les étrangers, je verrai d'abord l'autre fexc, & de
que les garçons & les filles y font
même
libres, &
leur engagés par les parens à faire, dès
Premiere jeuneffe, ufage des dons de
nature, L'on fent bien que le
la
fois fait, la liberté & le
premier effai une
le
climat les portent à
répéter : tout concourt à les y
les paroles & les adtions les
exciter ; car
plus
plus libres & les
attrayantes font regardées comme une
chofe ordinaire & d'ufage. Les
voient d'ailleurs l'effet
parens en
avec
tirent un heureux
plaifir 2 & en
augure pour Pavenir.
Il faut remarquer que je n'ai parlé
filles & des
que des Fidélité des
garçons 2 car les femmes font
femmes.
fidelles; les maris Ont
trèsbines qui font
quelquefois des concufecond ordre regardées comme femmes d'un
: à cette différence
crois que la fidélité mutuelle
près, je
tement
eft affez exachabitans gardée.Je de
rappellerai enfuite que les
Madagafcar font
ferai attention
intéreffés, & je
que les premiers
dernes quiy ont
étrangers moabordé & féjourné, devoient
font
femmes.
fidelles; les maris Ont
trèsbines qui font
quelquefois des concufecond ordre regardées comme femmes d'un
: à cette différence
crois que la fidélité mutuelle
près, je
tement
eft affez exachabitans gardée.Je de
rappellerai enfuite que les
Madagafcar font
ferai attention
intéreffés, & je
que les premiers
dernes quiy ont
étrangers moabordé & féjourné, devoient --- Page 112 ---
VorAG E
être des Mahiométans. Les
venus enfuite, & les François Européens font
pendant
s'y font fixés
quelque temps. Tous ces
étoient navigateurs
érangers
pour ne pas dire pis. 7 par Les conféquent galans, 2
naturellement
premiers l'étoient
par le climat de leurs
leur loi les autorifoit. Les
pays, &c
feconds le furent
par ufage & par air. Les uns & les autres,
pouffés parles mémesdéfirs,
des ufages fur la liberté des ks'appercevant
bientôt faire des tentatives
filles, durent
Réflexions aux mêmes
pour être admis
Tur la facilité
ufages. L'efpece de
des filles en- qui
les
prodigalité
versl lesétranaccompagne
marins dans leurs
gers.
lâches, donna des efpérances à l'intérêt redes
parens; ce dernier fentiment diminua Ia diftance qui fe trouvoit entre le national &
T'érranger, qui devint bientôt le maitre de fe
fatisfaire. Il laiffa voir l'avidité
qu'il
pour cet objet, & donna lieu dans la avoir
aux naturels de fe fervir de ce
fuite
fatisfaire leûr intérêt, & leur moyen pour
leur commerce &
politique pour
pour leur fercté. Alors les
Eimples particuliers Indiens, fe mélant aux difcours' libres des jeunes marins,
leurs gratifications &
accepterent
Les Chefs enfin, fatisdiretleundemander
fur Pambition
fourçonneux & en garde
des Etropéens, donnerent des
leçons à la coquetterie de leurs
qu'elles fuffent
filles, pour
choife.Leucinteretye trouvoiz
êt, & leur moyen pour
leur commerce &
politique pour
pour leur fercté. Alors les
Eimples particuliers Indiens, fe mélant aux difcours' libres des jeunes marins,
leurs gratifications &
accepterent
Les Chefs enfin, fatisdiretleundemander
fur Pambition
fourçonneux & en garde
des Etropéens, donnerent des
leçons à la coquetterie de leurs
qu'elles fuffent
filles, pour
choife.Leucinteretye trouvoiz --- Page 113 ---
VERS L E PoLE DU Sup.
fon compte, & elles étoient
pions des penfées & des adions d'excellens efVeaux galans. Les
de leurs nouà la galanterie, jeunes files, accoutumées
flattées
engagées par leurs parens, &
parlefpoir de quelque
veau, fe préterent. à ce quel'on ajuftement nouexigeoit d'elles.
Voila, je crois, quelle fut l'origine &
marche dé cet ufage
la
pas me perfuader fingulier; Car je ne puis
propolition à
que l'on ait jamais fait de
ce fujet à aucun
qu'il n'y ait donné lieu
fes
étranger,
térêt pouffe
par
difeours.L'inmentées à étaler cependant quelques filles expérileur
étrangers; mais celles-là coqueterie aux yeux des
claffe de nos courtifanes. rentrent alors dans la
J'ai été d'ailleurs
n'eit point fait naître très-furpris de
que cet.ufage
François & les
lintimité entre les
de croire
Nationaux, Ii eût été fimple
P'homme que la fréquentation eût établi entre
& la femme la
ment; il eft cependant confinnce-& le fentiexifte point. Si
très-conflant qu'il n'en
fait
par hafard l'attrait du
que les femmes
plaifir
bientôr détruit
congoivent, le germe eft
favent faire
avec des remedes dont elles
dans
ufage.Je n'ai pas vu un feul Métif
un pays qui, fuivant l'ordre
vroit en contenir
naturel, deplus de dix mille. --- Page 114 ---
VorAG E
Je viens de détailler des
fonnes jeunes ou
faits que des peraufteres
peu dignes d'un
jugeront Feut-être
que, Pon
voyageur; jefpere cependant
changera de façon de
qu'on fera attention
penfer. dès
moeurs & la
que ces faits regardentles
peuples. Peutêtre connoiffance du caraétere de ces
même lon m'en
fi, par mes obfervations,
faura gré,
des vertus naturelles
je releve la dignité
à
tions de divers
T'homme, que les reladuits à dégrader Voyageurs nous avoient in-
ut-être
que, Pon
voyageur; jefpere cependant
changera de façon de
qu'on fera attention
penfer. dès
moeurs & la
que ces faits regardentles
peuples. Peutêtre connoiffance du caraétere de ces
même lon m'en
fi, par mes obfervations,
faura gré,
des vertus naturelles
je releve la dignité
à
tions de divers
T'homme, que les reladuits à dégrader Voyageurs nous avoient in- fon Comparai- avec lcs Je rapporterai, à
Orahisieune,
cet
Zé andorfes perfonnes qui ont été égard, que plufieurs
& Gtoenlan- on fait les
à llfle
doifes.
mêmhes
d'Orahity, dont
gafcar, m'ont affuré rapports que de Madaétoient
que les Otahitiennes
de leurs très-intéreflées, & faifoient . marché
faveurs. Cette méfiance exifte
Madagafcar, où l'on s'en
peu à
bonne foi de
rapporte affez à la
mêmes
Pacquéreur. Les rapports de Ces
de
perfonnes, les difcours & les actions
l'Otabitien qui vint à Paris, la relation
(*)Tepenfe que) la même crrcurexifte au fujet des
pophages, & qu'il *y en A pas le
AntroLes feuics fureurs de la
qui foient dc farg froid.
guerre ou du fouvenir de
injurcs, ont rendu tels guelques Indiens à
quelques
ennenis, ou de ceux qu'ils regardent
T'égard de leurs
tifmc produifirautrefois la méinc
comme tcls. Lc fanacruauté, --- Page 115 ---
VERS LE POLEDU
des Voyageurs fur la fidélité
Sun. 109
font croire que les ufages
des époufes, me
mêmes à Otahity
font, à ce fujet, les
ont une même fource. qu'à Madagafcar, & qu'ils
j'ai également
Les perfonnes dont
pris des
mêmes ufages qui
informations fur les
près, à la Nouvelle exiftent, à quelque différence
land, m'ont affuré Zélande & au Groënpagnoit toujours; que l'intérêt les accomla même
je donne par
origine aux uns & aux autres. conféquene
Le langage des habitans de
affez doux, & je lui
Madagafcar eft Langage dei
flexions de voix
trouve les mêmes in- Madagafcar, habitans de
qu'à celui des habitans des
Philippines. Il m'a paru
rentes
compofé de difféLangues, & jy ai
mots Arabes, & d'autres reconnu certains
par exemple, fignifie
Portugais; Kabar,
comme chez les Arabes; nouvelle, à' Madagafear,
lement vifage chez
Ouegh fignifie égalefignifie
ces deux Nations; ; Palabra
il
parole ou difcours chez les
lignifie difcours ou confeil à Portugais;
L'on peut, ; fans erreur
Madagafcar.
terme parole
groffiere, fe fervir du
notre Langue. J pour Les exprimer un confeil, dans
menter, dont le
termes parlement & parlefecond,
premier fignifie le lieu, &
en terme de guerre, l'aéion du le
feil, dérivent fans doute du
conterme parler. Mais
; Palabra
il
parole ou difcours chez les
lignifie difcours ou confeil à Portugais;
L'on peut, ; fans erreur
Madagafcar.
terme parole
groffiere, fe fervir du
notre Langue. J pour Les exprimer un confeil, dans
menter, dont le
termes parlement & parlefecond,
premier fignifie le lieu, &
en terme de guerre, l'aéion du le
feil, dérivent fans doute du
conterme parler. Mais --- Page 116 ---
TIO
VOYAGE
c'eftaffez infifter fur cette
depuis
Ile,qui eft connue
longtemps. Je reviens à notre vaiffeau.
L'on fixa la latitude de la
quieft. à Loueft de l'embouchure langue de terre, 5
d'Emballe, à
de la riviere
quinze degrés
nutes. La longitude fut
vingt- fept mirante- fept degrés y
également de quaquarante - cinq
d'après une éclipfe de foleil,
minutes >
le I2 de Mars à une heure que l'on obferva
& demie après midi.
Nos fcorbutiques étoient
& nous craignions
prefque rétablis,
qu'un
ne donnât lieu à des fievres trop long féjour
Départ de noiflions la
dont nous conMadagafcar,
malignité. Nous fimes
lc 29 Mars de riz, de boeufs & de
provilion
1774.
mîmes hors de la baie le volailles, & nous
vette fut
29 de Mars.La correnvoyée à PIle de
fimes route avec la
France, & nous
Bonne-Efpérance. frégate pour le Cap de
Notre célérité à quitter ces
dès
premiers foupçons des fievres parages
les
pas que les orages &-les
3 n'empécha
fuyer avant de fortir de pluies qu'il fallut ef
& fur la
cette profonde
côte, ne nous
baie,
de fiévreux.
donnalfent beaucoup
Notre navigation n'eut d'ailleurs rien
marquable. Les obfervations
derefirent cependant
frégate pour le Cap de
Notre célérité à quitter ces
dès
premiers foupçons des fievres parages
les
pas que les orages &-les
3 n'empécha
fuyer avant de fortir de pluies qu'il fallut ef
& fur la
cette profonde
côte, ne nous
baie,
de fiévreux.
donnalfent beaucoup
Notre navigation n'eut d'ailleurs rien
marquable. Les obfervations
derefirent cependant --- Page 117 ---
VERS I E POLE DU Sup.
préfumer que nous reffentions des
IIB
portoient
ceurans qui
dansifouef-fad-cuci, & nousnous
confirmâmes dans cetteidée pendant le calme,
Le 29 Avril, les oifeaux qu'on
Manches de velours,
nomme
Aiguilles
indiquerent le banc des
de
qui élonge les terres de l'eft du Cap
Bonne-Efperance. La fonde donna cent
braffes, fond de fable fin & blanc; il
peu vafeux & mêlé de
étoit un
de
coquillage. Le
Mai, nous vimes Ia côte
premiec
fonde
d'Afique, &c la
même rapporta foixante braffes 2 fond de
fable, mêlé de petits cailloux
de
noirs' &
coquillage en pointe
Les
de nord ne nous permirent d'aiguille.
vents Arrivée àsi
dans la baie de
pasd'entrerd'abord mons-Bay.
Falfe; mais le S au foir,
paffé au fud-eft, 2 nous y
ayant
entrâmes le lendemain dans mouillimes, & nous
Simons-Bay.
Les fievres, dont nous avions pris le
àlal baie d'Antongil, faifoient des
germe Fievres dant
notre équipage; la
rat vages dans r'équipage,
étoient
plapart de ceux qui en
attaqués, S
à un foleil étouffanr, éroientespofésala; pluie ou
ci-deffus. La bonté comme je l'ai remarqué
mença àles
de l'air de ce pays comrétablir dans peu.
Je paffai le temps de cette relâche à
courir les montagnes des envirens, par2 où je
me Fievres dant
notre équipage; la
rat vages dans r'équipage,
étoient
plapart de ceux qui en
attaqués, S
à un foleil étouffanr, éroientespofésala; pluie ou
ci-deffus. La bonté comme je l'ai remarqué
mença àles
de l'air de ce pays comrétablir dans peu.
Je paffai le temps de cette relâche à
courir les montagnes des envirens, par2 où je --- Page 118 ---
YI2
VorAG E
cueillis beaucoup d'oignons de diverfes
je donnai aufi quelques
fleurs;
Belles fleurs qui étoit
momens à la péche,
du Cap de à
tiès-abondante. Des débris de tiges
Bonnc-Efpc- raRce,
couronne, grandes & touffues, m'annonçoient queles fleurs qu'elles avoient portées devoient être belles; on meles peignit
on les nomma aimantus, J'en
telles, &
arrachai quelques oignons 9 non fans peine; leur couleur
& leur groffeur exciterent
avoient
mon envie; ils
pluffeurs feuilles
mençoient à
oblongues qui compouffer. L'on me montra une
autre efpece d'aimantus à deux feuiles feulement; cette efpece-ci fe divifoit encore
deux autres; les deux feuilles,
en
& rondes, étoient
prefque plates
bordées, Pune d'une
cille
petite
rouge 2 l'autre n'en avoit point. J'en
cueillis auffi, mais leur
faifoit
groffeur ne me fatispas comme celle des premiers : ils
étoient d'ailleurs trop communs. Leur
leur étoit blanche, & la forme de
coucomme par anneaux, & plate des deux l'oignon côtés.
L'aimantus aux deux feuilles bordées de cilles
rouges, croiffoit fur les montagnes parmi le
gravier. Les deux autres croiffoient dans le
fable vers le bord de la mer. Un autre
oignon que l'on me dit produiré un lis gros
ce que je crus à caufe de fa couleur lie de rouge,
attira mon attention, & j'en cueillis. J'en vin,
pris
encore --- Page 119 ---
VERS LE PoLE DU Sup.
éncore d'une autre efrece
amarillis, & dont la
qu'on nommoit
peau étoit formée
efpece decoton. Je me chargeois enfin d'une
dudions dont je ne connoiffois
de promais moni ignorance
pas la qualité;
n'étoit pas affez
pour ne pas croire que telles
groffiere
plantes, elles feroient
qu'étoient ces
Europe où elles n'étoient peut-être accueillies en
j'efpérois d'ailleurs
pas communes;
aux amateurs de qu'elles feroient plaifir
I'Hifloire
j'avois connus avant mon
naturelle, que
voyage.
Il n'en fut pas de même de
plantes queje trouvai
plufieurs autres
lis avec avidité. Une feuries, & que je cueilattira d'abord
efpece de glayeul rouge
de fa couleur mon attention par la vivacité
d'odeur,jel ; ne lui ayant point trouvé
F'abandonnai pourun
qu'on nommoit l'africaine. Ses autreglayeul
ziées, & fon odeur
couleurs vachercher fes
agréable, me firent revois fur les oignons avec foin. Je lès troumontagnes expofées au
par conféquent à l'abri des
fud, &
& du nord, Les
vents de Phiver
bord de la
plaines un peu au loin du
lai fleur
mer me donnerent les oignons de
Le haut caneiblom, de fa
dontl'odeur eft fupérieure.
tige fe divife en
qui forment un rond en
plufieurs.autres
Tome II.
couronne, 2 & fur la
H
ignons avec foin. Je lès troumontagnes expofées au
par conféquent à l'abri des
fud, &
& du nord, Les
vents de Phiver
bord de la
plaines un peu au loin du
lai fleur
mer me donnerent les oignons de
Le haut caneiblom, de fa
dontl'odeur eft fupérieure.
tige fe divife en
qui forment un rond en
plufieurs.autres
Tome II.
couronne, 2 & fur la
H --- Page 120 ---
VoxAcr E
fommité defquelles eft la petite fleur qui eft
blanche, brune, & très-jolie.
Les environs des' bords de la mer
dent en une plante à fleur
abonfifirinkium, & en une
jaune, appelée
quantité
d'ixias; les diverfes bruyeres étoient prodigieufe
beiles feurs; mais rien
ornées de
& les canelbloms,
n'égaloit les africaines
Je voyois quelquefois dans ces courfes
au loin de petits cerfs & de
fuir
nommés Bavians.I
grands finges 2
LesDaeys,efpece de
prenoient le foleil fur lesroches; ils m'en lapins, laiffoient approcher affez près; mais-bientôt elles
leur fervoient d'afile.
Mesoreilles étoient flattées parle chantd'un
petit oifeau jaune, qui reffemble au, verdier
d'Europe, & par celui d'un autre petit oifeau
gris : celui-ci eft remarquable
fa
dont, quelques plumes ont huit par
queue,
moins de longueur. J'admirois la pouces. au
la beauté du plumage du
délicateffe &c
bris de diverfes
fenegaly &c des colielpèces 5 l'on nomme ici le
premier rouge bec. lly avoit aufli: une efpece
dejolis moineaux à cravate, dont le plumage
étoittacheté de noir; les perdrix fe trouvoient
également dans ce pays abondant, Il donne --- Page 121 ---
YERS LE PoLs b v Sup.
auff des lions, des tigres, des
Lis
fouards, des
zebres, des' Caanimaux
autruches, des aigles; niais ces
fauvages font au' loin dans les' terres.
Je tâchois de paffer ainfi mion
mirant à terre les
temps en ad. Poilfonsy
mais la mer n'étoit productions de la Natute; lewrquantité,
mufement de
pas-moins généréufe. L'afuffifoit
cinq ou fix pécheurs à la
pour fournir tout
ligiie
fons. Ils étoient fi abondans, léquipage de poifchoit quelquefois
2 qu'on les accropar le ventre, en remuant
Thameçon. Il y avoit parmi eux une
poiffon blanc & rougeâtré,
efpece e'de
dans la
dont chacunavoit
demcure gueule un gros infeae
faifoit
& y prenoit nourritire. quiy
fa
un jour une raie
Nous primes
avalé une autre' prife monftiucufe, à la
qui, eri ayant
gager de fon eftomac, Je fus ligne, ne pur la dépul'avaler, car elle avoithuit furpris qu'elle eût'
de largeur; il falloit
poucesau moins
ravant'dans fa
qu'elle l'eût roulée aupagueule.
Le 26Juin, nous
rope; mais les vents apparcillimes de nord
pour l'Eu- Retour cs
trarierent jufquesau.
oueft nous con- Europe.
alors au
4 deJuillet. Ils
fud-eft, & nous éleverent versl changerent le
nord.
Le 14 de, Juillet, nous étions
grés & vingt-quatre minutes
par vingt dede latitude fud,
H ij
ravant'dans fa
qu'elle l'eût roulée aupagueule.
Le 26Juin, nous
rope; mais les vents apparcillimes de nord
pour l'Eu- Retour cs
trarierent jufquesau.
oueft nous con- Europe.
alors au
4 deJuillet. Ils
fud-eft, & nous éleverent versl changerent le
nord.
Le 14 de, Juillet, nous étions
grés & vingt-quatre minutes
par vingt dede latitude fud,
H ij --- Page 122 ---
VOYAGE, &c.
& par cinquante-une minutes de longitude
orientale; cent livres d'eau de mer donnerent
quatre livres moins un douzieme de fel.
Le2 23, nous vîmes l'ille de l'Afcenfion, &
fes tortues ne purent nous engager à y relàcher. Cingjours après. nous pafsâmes la ligne
équinoxiale parla longitude occidentalededixneufdegrès.Leg & le 4 d'Août, nous
à des Anglois de la Nouvelle
parlâmes
cheurs de baleines fur la côte Angleterre, pèd'Afrique, Ils
avoient quitté depuis trois jours la vue des
lfles du Cap-Vert. Les vents furent conftans
dans la partie du
nord-eftjufques au 26.Nous
étions alors par trente fix degrés de latitude
nord, & par quarante-quatre degrés de longitude occidentale; ; les vents de fud-oueft &
d'oueft qui regnent dans ces parages, nous reBreft,le7Sep- Arrivée à leverent bientôt dans Peft. Le 7 de Septembre,
cembre1774. l'on eut la fonde de la côte de Bretagne, &
le lendemain, nous mouillâmes dans la rade
de Breft.
Fin du Voyage vers le Pole du Sud. --- Page 123 ---
VO Y AG E
FERS
LE POLE DU NORD,
Fait dans l'année 1776.
H iij --- Page 124 --- --- Page 125 ---
V € OY
AG E
VERS
LE POLE DU
NORD.
Irvosewja
à travers les terres & les BitaurourduMfonde, ConfidéraJatitudes, me donnoit mers, 2 par différentes troisdifférens. tions fur ces
noiffance des climats une affez ample con- Voyagas.
les
qui exiftent.tant dans
pays. chauds que dans les pays
Celui que j'avois fait aux mers
tempérés.
dépalfant de trois cents lieuès les Anftrales, en
mers
bornes des
fréquentées, me donnoit une
noillance du climat froid du
égale conm'affurer de la conflance
Sud; j'avois pu
de fon
une navigation dé plus de mille âpreté, par
dant l'efpace de trois
lieues, pen.
la moins
mois, & dans. la faifon
rigoureufe.
Surpris de la difproportion
mats fitués ters les deux
entre les clitudés
Poles, par des latiscependantegile,jene cherchailar raifon.
H iv
it une
noillance du climat froid du
égale conm'affurer de la conflance
Sud; j'avois pu
de fon
une navigation dé plus de mille âpreté, par
dant l'efpace de trois
lieues, pen.
la moins
mois, & dans. la faifon
rigoureufe.
Surpris de la difproportion
mats fitués ters les deux
entre les clitudés
Poles, par des latiscependantegile,jene cherchailar raifon.
H iv --- Page 126 ---
VoriGr
Je voyois vers le Nord une mer affez
dont l'élévation de latitude
valle,
fon climat àpre &
devroit rendre
venteux; mais les
quil'occupoient ou
glaces
ciffoient, & leur l'environnoient, la rétréCaufes de la nuoit peut-être atmofphere tranquille dimidiffétencedes
la rigueur de
climats vers tribuai la
fon climat. J'atleedeuxPoles. étendue rigueur du climat du Sud à la vafte
des mers qui l'occupent
entier, & qui p'y
prefque en
bération des
permettent point la réver.
dans
rayons du foleil; je
cette idée, en me
m'affermis
des Navigateurs de Manilla rappelant ce rapport
mer qui eft, après la
à Acapulco. Cette
étendue du
mer Auftrale, la plus
eft
globe en largeur & en
occupée, felon eux, par
longueur,
ils rencontrent
desvents tres-frais;
quelquefois,
PAmérique,d
auxapproches sde
loups marins. desglaces, Ces
des ours blanes, & des
la rudeffe du climat. circonftances caradérifent
Les
levent
Navigateurs ne s'6cependant vers le Nord
plus jufques au quarantieme
que tout at
Cette différence
degré de latitude.
me fit faire attention à la
férence du climat de notre
diftudes égales vers les côtes Océan, par des latide
vers celles de
PAmérique &
étroite, &, étant PEurope. La premiere eft affez
elle
pleine de forêts & de
préfente aux rayons du foicil
lacs,
Prefque aufli vaciliante
une furface
que celle des flots de
plus jufques au quarantieme
que tout at
Cette différence
degré de latitude.
me fit faire attention à la
férence du climat de notre
diftudes égales vers les côtes Océan, par des latide
vers celles de
PAmérique &
étroite, &, étant PEurope. La premiere eft affez
elle
pleine de forêts & de
préfente aux rayons du foicil
lacs,
Prefque aufli vaciliante
une furface
que celle des flots de --- Page 127 ---
VERS LE POLE-DU NorD. 121
la mer. La feconde, cultivée en entier, d'une
vafle étendue, recevant les influences de tout
le grand Continent, & rétréciffant
Nord la furface des
vers le
nombre de fes
eaux, par l'étendue &. le
Mfles, favorife la réverbération
des rayons du foleil. Peut- on
brumes ou les vents du Labrador comparer les
Sud du Groënland,
& du Cap
avec le climat de
terre & de P'Allemagne ? Je
P'Anglevoyois ainfi par
gradation, mais à latitudes
l'Océan Auflral, embraffant égalementélevées,
contour du globe,
prefque tout le
plus étendu &
de coups de vent
plus chargé
que l'Océan
celui-ci plus'vafle, & à fon
pacifique ;.
dant
tour plus abonen: coups de vent que
&
dernier plus
l'Océan;. ce
venteux vers l'étroite & fauvage
Amérique, que vers le vafle & cultivé Continent de F'Europe.
Pour ce qui eft des climats qui
Nord au Sud, à travers les
regnent du Conlidératempérée & torride,
zones glaciales, tions mers & fur les les.
outre les variétés
climats.
guent dans cette derniere, & dont quiredans mnon
j'ai parlé
baferdaià Voyage autour du Monde, je me
moins
penfer en général que les climats les
uniformes en froid ou en chaud,
auffi les plus venteux;
étoient
mités froides
; cela arrive aux extrédes zones tempérées : les frimas
quiy font apportés par le froid, font réduits
aciales, tions mers & fur les les.
outre les variétés
climats.
guent dans cette derniere, & dont quiredans mnon
j'ai parlé
baferdaià Voyage autour du Monde, je me
moins
penfer en général que les climats les
uniformes en froid ou en chaud,
auffi les plus venteux;
étoient
mités froides
; cela arrive aux extrédes zones tempérées : les frimas
quiy font apportés par le froid, font réduits --- Page 128 ---
Vova G P
"en vapeurs Far le chaud qui lui
variétés fe fuivent
fuccede : ces
rapidement, &'les
fougueux en tirentleur
vents
origine; les extrémités
traire les
Castadsemertuereses
influences de
reçoiventaur contorride, & l'extrémité Puniforaité dela Zone
cevant
des zones
peu
glaciales retés & moins de-chaleur, de
a auffi moins de variéy'eflunformément vents impétueux. La Nature
coup'moins
foible, &y fermente beaueff
que dans les zones
prefque toujours dans une force tempérées.Elle
robufle à la Zone torride,
également
comparaifon Projet de. D'après toutes ces idées,
par lexpé. affurer la
je voulois m'en
zience,
jullefle
*
pouvoir
par moi-mème; je délirai de
étendue du, comparer Nord prefque dans toute leur
reculés
au Sud, les climats les
versles deux Poles. Je les aurois plus
parés, & j'aurois auffi vu leur
comceux de la Zore torride
différence avec
dont mnes remarques
autour du globe,
face en: quatre
couperoient ainfi la furl'Océan Boréal parties égales; un voyage dans
fatisfaifoit à ces
outre, en l'étendant le
objets. En
feroit
plus au Nord qu'il me
connoiffances pollible,Yétois à portée d'y prendre des
fur les obftacles
ont oppofés jufques ici
que les glaces
ont voulu faire des
aux Navigateurs qui
ties, Leurs relations découvertes dans ces parlaiffoient dans mon ima-
face en: quatre
couperoient ainfi la furl'Océan Boréal parties égales; un voyage dans
fatisfaifoit à ces
outre, en l'étendant le
objets. En
feroit
plus au Nord qu'il me
connoiffances pollible,Yétois à portée d'y prendre des
fur les obftacles
ont oppofés jufques ici
que les glaces
ont voulu faire des
aux Navigateurs qui
ties, Leurs relations découvertes dans ces parlaiffoient dans mon ima- --- Page 129 ---
VERS LE PoLE DU NoRD.
gination un vide que je ne pouvois
fur les précautions à prendre
définir,
dans ces parages. En
pour pénétrer
nord & à l'oueft des Ifles dirigeant du
ce voyage au
levai parmi les glaces
Spitsberg, je m'éjufques au delà des
tre-vingts degrés de latitude,
qua-
&jeparcouroisle
parage, qui eft comme le magafin de celles
que nous voyons dériver vers l'Ilande
TAmétique. Une pareille
ou vers
foit mes vues; elle
navigation remplif- tifs Autres me:
la
pouvoit en outre
de ce
fauffeté ou T'exiftence des
m'affurer Voyage,
Groënland, & fatisfairela
terres du nord du
que IHiftoire naturelle curiofitéfarles objets
& fur les monftres
pourroit m'y fournir,
marins qui habitent ces mers.
Je me décidai à fuivre ce
vant à Toulon
plan, & me trou- Gibralrar
embarqué fur une
& fes fortifie
repaffoit à Breft,j'en demandai frégate qui carions,
Miniftere, La traverfée de Toulon F'agrément au
fournit l'occafion de voir
à Breft me
tications.
Gibraltar & fes foravoit
L'Arty a fecondé ce que la Nature
prefque fait en entier; mais fa
terreftre que maritime, n'eft
force, tant
invincible que je l'avois peut-être pas aufli
d'abord
trouvai, à monarrivée à Breft,
penfé, Je
Miniftere pour
l'agrément du
je me décidai à entreprendre me rendre mon voyage, &
trouverois des facilités
en Hollande, ouje
pour l'exécuter,
& fes foravoit
L'Arty a fecondé ce que la Nature
prefque fait en entier; mais fa
terreftre que maritime, n'eft
force, tant
invincible que je l'avois peut-être pas aufli
d'abord
trouvai, à monarrivée à Breft,
penfé, Je
Miniftere pour
l'agrément du
je me décidai à entreprendre me rendre mon voyage, &
trouverois des facilités
en Hollande, ouje
pour l'exécuter, --- Page 130 ---
Départ ds
VOYAG E
Breft, le 11 Je partis le 11 de
Marsizp6. Cancalle,
Mars; j'arrivai le 16 à
& j'en repartis le 18 fur un bâtiment de la riviere de Londres. L'on
d'abord la route entre les Iles de
dirigea
Jerfey & de
Guernefey, entre les iflots de Sark &
& nous pallâmes enfuite
d'Arm,
neff & la pointe de la
entre l'Ifle d'Alderl'on entretient fur la Normandie. Le feu que
roche des
fut très-utile dans
Cafquets. 4 nous
& P'on
ce parage femé de
chercha la côte de
rochers,
moins pleine d'écueils PAngleterre, qui ieft
beauté du
que celle de France. La
ciel & de la mer, dans une faifon
peu avancée, me furprit; un canot eût
faire cette traverfée.
pu
Le 21, nous rangeâmes Douvres & la
pointe de l'eft de
tient
T'Angleterre, où l'on entreun & deux feux aux deux
Côres &lle terre de fud & de nord
langues de
d'Angicterrer
foreland. Ces établiffemens, utiles à Phumanité & au
font mieux entretenus
commerce,
France. Nous
en Angleterre qu'en
des
arrivâmes bientôr fur la rade
Dunes, où un bon nombre de vaiffeaux
attendoit les vents d'eft pour donner dans Ia
Manche; je m'y débarquai à une petite ville
ouverte, nommée Déal. Elle eft fituée fur la
plage, , entre deux châteaux
moyenne force. Ne
antiques de
trouvant point dans
utiles à Phumanité & au
font mieux entretenus
commerce,
France. Nous
en Angleterre qu'en
des
arrivâmes bientôr fur la rade
Dunes, où un bon nombre de vaiffeaux
attendoit les vents d'eft pour donner dans Ia
Manche; je m'y débarquai à une petite ville
ouverte, nommée Déal. Elle eft fituée fur la
plage, , entre deux châteaux
moyenne force. Ne
antiques de
trouvant point dans --- Page 131 ---
VESS LE POLE DU NORD.
ce lieu des occaffons
pour me rendre enHo!
lande,je partis le furlendemainpour Douvres.
La beauté de la
fleurie &
campagne, que je trouvai
plus avancée qu'en France, m'é.
tonna; car j'avois cru ce climat beaucoup
plus froid, Douvres eft fitué dans un fond
dominé" par des côteaux, &. qui m'a
fain; il eft
divifé
paru peu
prefque
en deux villes. I y
a dans fa partie du nord un château
domine la mer & la ville; il m'a
auffi qui
antique que ceux de Déal, mais plus paru confidérable. Le peu de féjour que je fis en An. Diffirence
gleterre, ne me permit Fas d'en connottre la dercaraderes
Nation; maisje foupçounai qu'il y avoit une caufcs. Anglois,leurs
grande différence 2 pour la douceur de Caradere, entre les gens qui féquentoient la
mer & ceux qui font fixés dans Vine.
Je paflai à Calais le 24, & je me rendis en
Hollande par les canaux de la Flandre; Cetre
route me fit voir les villes de Gravelines,
Dunkerque, Nieuport, Bruges & PEciufe. Les
bras de mer de la Zélande, & les
la Meufe & de la Hollande,
Canaux de
Fiellingue,
me montierent
Middelbourg, Vellemflad, Dort,
Rotterdam, Delft & Leyde. Jarrivaile. 2'd'A.
vril à Amfterdam.
La- tranquille aifance de la Flandre Autri Flandre Auttichienac,
etre
route me fit voir les villes de Gravelines,
Dunkerque, Nieuport, Bruges & PEciufe. Les
bras de mer de la Zélande, & les
la Meufe & de la Hollande,
Canaux de
Fiellingue,
me montierent
Middelbourg, Vellemflad, Dort,
Rotterdam, Delft & Leyde. Jarrivaile. 2'd'A.
vril à Amfterdam.
La- tranquille aifance de la Flandre Autri Flandre Auttichienac, --- Page 132 ---
126 .
V
Y A G E
chienne me parut préférable à
Hollande, Hollande.
l'induftrie de la
Quoique celle-ci me
nombre infini de canaux.
préfentât un
grandeur & par l'exaétitude 2 fuperbes par leur
de leur
un grand nombre de villes
eutretien,
& prefque
également jolies
flottantes, 2 des maifons de
gne, des parcs & des jardins où le campafomptuofité brillent det
goûr & la.
dont
toutes parts, des digues
l'étendue, la folidité & la
font honneur au courage le plus profondeur
le plus prudent, j'étois
opiniâtre &
immenfes
étonné des travaux
que les créateurs de cette
avoient ofé entreprendre
contrée
l'abri des eaux, &
pour la mettre à
pouvois les
pour l'embellir; mais je ne
regarder que comme des
exilés : mes yeux admiroient,
illuftres
reftoit en filence. Elle
mais mon ame
des
voyoit d'un autre côté
campagnes
induftrieux avoit fubmergées, de
que l'art le plus
la peineà réduireau
état de marais ; des puits à
fimple
tournoient fans ceffe
roue à vent,
dans les
pour en vider les eaux
canaux voifins, & un-orage fubit
d'un inftant à l'autre rendre nul
peut
terla travail de da veille. Un
ou augmende moulins à vent de
nombre immenfe
toute forte d'ouvrages,
m'annonçoit que le fol acheté par tant de travaux n'étoit pas capable de nourrir fes habitans; les villes bâties fur pilotis
qui ne les
ceffe
roue à vent,
dans les
pour en vider les eaux
canaux voifins, & un-orage fubit
d'un inftant à l'autre rendre nul
peut
terla travail de da veille. Un
ou augmende moulins à vent de
nombre immenfe
toute forte d'ouvrages,
m'annonçoit que le fol acheté par tant de travaux n'étoit pas capable de nourrir fes habitans; les villes bâties fur pilotis
qui ne les --- Page 133 ---
VERS LE. POLE D U NoRD.
portent qu'avec peine, peuvent être
ties à chaque infant ;
englou-
& de l'extérieur des les.digues de Vintérieur,
quefois trop foibles terres peuvent être quel-.
les rivieres de les pour empêcher la mer &c:
même,. mal-fain, (ubmerger.tour fe
àtour. L'air
refufeà
Cette contrée, Si.les,
Thabitation-de:
côté des édifices affez villesmemontroiene d'on:
immenfe enrichit.
beaux; G un commerçe
des amas de
les. hauts. particulierss: @
fon étendue vaifzauxannoncent de leurs.
la combinai..
d'ura autre côté les maifons Armateurs, je trouvojs
les bourgs.déferts de-leurs des particuliers- &
tent par les dangers, de la. habitans; ils acheabfence, prefque
mer, & par une;
Preté de leurs maifons continuelle, la. petite. pro-.
le
ou de leurs
feigle ou les racines dont ils fe. familles, 8cr
Leurs fatigues, &. trop
fufitentent.
facrifiées. à l'aifance. des fouventleur.vie, hauts
font,
tois tenté de, comparer la particuliers.Jé: Comparai
reins. prefque flortans, Hollande à ces ter-. foapolitique.
par les eaux, mais
minés en grande partie:
&. qui. fe foutiennent. garnis d'un, beau gazon,.
parce qu'ils fontadoffés contre; Téboulement,
que les racines des herbes aux terres voifines, &c:
entrelacées. Les herbes quiy croiffent, font
qui, n'érendent point,
quelqu'une de leurs racines
Fermes voifines,
jufques aux terres;
meurent Sofervent de terreau:
ces ter-. foapolitique.
par les eaux, mais
minés en grande partie:
&. qui. fe foutiennent. garnis d'un, beau gazon,.
parce qu'ils fontadoffés contre; Téboulement,
que les racines des herbes aux terres voifines, &c:
entrelacées. Les herbes quiy croiffent, font
qui, n'érendent point,
quelqu'une de leurs racines
Fermes voifines,
jufques aux terres;
meurent Sofervent de terreau: --- Page 134 ---
Vor d A G E
aux autres; s'il y nait quelque arbre, fesjeunes'
racines fortifient d'abord le tout; mais fi elles
grofliffent, elles rompent tout le tiffu, & le
CaraStete terrein délié
des Hol.anmanquant de bafe, s'écroule. Les
dois.
habitans de ce pays me parurent d'un
tere tranquille & affez
caracavides
bon, un peu rogues, &
d'argent, mais en honnêtes gens.
Je ne reftai que vingt jours dans ce
les Négocians à quij'étois adreffé
pays;
leurs bons
me prêterent
offices, en facilitant mon embarquement pour le Spitfberg, &
Mon départ Texel le 16
je partis du
du Texel, le
d'Avril 1776. Nous fortimes
16Avili776. par la paffe du fud, qui eft la
qui eft formée
la
plus aifée, , &
par côte & par des bancs
s'étendent à deux grandes lieues
qui
dirigeâmes enfuite
au large. Nous
notre routé au nord nordoueft dans la mer
:
fonde dans
d'Allemagne. Elle donne la
toute fon étendue, & on ne la
perd qu'aux Ifles d'Etland. Le fond
haut
dans certaines parties, donne divers bancs plus
fourniffent une pêche abondante aux
qui
Le Dogger- des côtes. Le
habitans
bank.
plus confidérable eft le
bank, dont la fonde eft très-utile
Doggerreté de
pour la fàPatterrage à la côte de
qui eft baffe. Il court eft-nord-eft laTerre-Ferme, & oueft. fudoueft, prefque en forme de projedtion de
mide, ayant fa bafe vers l'oueft. fud-oueft.Sa pyramoyenne
abondante aux
qui
Le Dogger- des côtes. Le
habitans
bank.
plus confidérable eft le
bank, dont la fonde eft très-utile
Doggerreté de
pour la fàPatterrage à la côte de
qui eft baffe. Il court eft-nord-eft laTerre-Ferme, & oueft. fudoueft, prefque en forme de projedtion de
mide, ayant fa bafe vers l'oueft. fud-oueft.Sa pyramoyenne --- Page 135 ---
VERS L E POLEDU NORD.
moyenne largeur eft de quatorze
tude de fon milieu eft de
lieues;1 la latigrés & cinq minutes.Sa
cinquante-cing delieues de la côte
partie ouefteft. à quinze
l'eftà vingt-quatre d'Angleterre, & fa partie de
Son moindre
lieues de la côte de Jutland.
fud & du
brafleiage eft dans fa partie du
fud-oueft, où il a depuis
jufques à neuf braffes. Au nord
dix-huit
depuis trente
& à l'eft, -
il a
Au fud &
ju(ques à vingt bralles de
en dehors de ce banc, il
fond.
cinq braffes, &
y a vingtnord àlui. Le 17 quarante à midi, ou quarante cinq au
quante-cinq degrés de nous étions par cinune minutes de
latitude, & par trentedien del Paris;la longitude orientale du mérivariation
étoit de dix- huit
delaiguille aimantée
Nous avions
degrés vers le
eu feize braffes de fond nord-oueft:
lieues au fud de ce
à deux
fept theures du foir point, & rous eûmes à
fait dix lieues au nord vingt-quatre : nord
braffes, ayant
point. Le furlendemain,
oueft de ce même
fud de lalatitude dec
étant à cinq lieues au
te-une minutes, & cinquantefeptd de la
degréstrende vingeune
longitude occidentale
minutes, l'on eut
fes, & à dix lieues au nord cinquante braf
cette fonde, l'on en
: nord-oueft de
fuis affuré que les eut quarante-cinq. Je me
ils y portent auffi le courans portoient au nord;
Tome II.
long de la Terre- Ferme S
I
alatitude dec
étant à cinq lieues au
te-une minutes, & cinquantefeptd de la
degréstrende vingeune
longitude occidentale
minutes, l'on eut
fes, & à dix lieues au nord cinquante braf
cette fonde, l'on en
: nord-oueft de
fuis affuré que les eut quarante-cinq. Je me
ils y portent auffi le courans portoient au nord;
Tome II.
long de la Terre- Ferme S
I --- Page 136 ---
I30
Vora C E
mais ils portent au fud le Jong de la
l'eft de PEcoffe, &
côte de
aux Iles d'Erland.
Le 20, nous avions encore
braffes de fond par
foixante-cing
cinquante - neuf
quatre minutes de
degrés &
fervâmes
latitude, & nous le conjufques au foixante-unieme
Nous. rangeâmes les iles d'Etland
degré.
fix lieues de
à cinq ou
diftance; mais le ciel
ne nous permit pas de les voir. Il brumeux
de fond dans cette
y a moins
partie que vers celle de la
Norwege; mais l'on range la premiere de
férence, 2 pour avoir de l'eau à courir
précas des vents d'oueft,
dans le
qui font plus
que ceux de Peft. L'on
fréquens
lieues de diftance de l'une compte à l'autre quarante-cinq
côte.
fur Obfervaions Ja falure Voulant continuer à chercber vers
des caux, comme je l'avois fait vers le
leNord,
de fel qui étoit
Sud, la quantité
contenue dans l'eau de
trouvai que cent livres de
mer, je
noient quatre livres : de fel. cette Nous eau contefoixante-quatre
étions par
degrés trente minutes de latitude, & par deux degrés de
dentale. J'en avois
longitude occitude de
pris également par la laticinquante-neuf degrés trois
& par la longitude de
minutes,
cinquante-cing
mais elle ne contenoit
minutes;
que trois livres : de --- Page 137 ---
VERS LE PoLzDU NoRD.
fel,aufi étions-nous
I3E
de la mer
encore alors fur le fond
vaiffeaux d'Allemagne. Nous avions vu deux
qui venoient de-Dronthen. Le
merce de cette ville de la
com- Dronthen;
huile de poiffon,
Norwege, confifteen
fol
en ftocfish, & en cuivre. Le Pauvreté des
trop froid du nord de cette Province, refu- habitans.
fant de nourrir les malheureux
Phabitent, ils font obligés de vivre peuples de
qui
les troupeaux qu'ils élevent font
poiffon;
même nourriture. La.
réduits à la
Iflandois &
même chofe arrive aux
aux
ces
A
Groënlandois;
derniers,
plus malheureux, ne recévant rien de leur
2 leGrotnland. Re'a-ionsfiat
fe vêtiffent & fe logent fous les
fol,
loups marins. Ils avalent à
Feaux des
de ces animaux & des baleines. longs traits l'huile
fois très-peu de bois de
Ayant quelquedois eft réduit à faire dérive, le Groënlancuire les chairs de Ces
poiffons, & à fe chauffer au tiede feu
meches qu'il allume dans leur huile.
des
I Nousfàmes le23 par la latitude de
fix degrés
foixante.
tude d'un vingtefept Ir inutes 3 & par la longiriation étoit degré quarante huit minutes ; la Vade dix-neuf degrés quarante-huit
mesataboatonmendern eaux
des courans qui
indiquoit
portoient au nord. Nous commen: mes à voir des oifeaux. de
nomme
mer, qu'on
Maliemoques; il commença à tomber
Iij
I Nousfàmes le23 par la latitude de
fix degrés
foixante.
tude d'un vingtefept Ir inutes 3 & par la longiriation étoit degré quarante huit minutes ; la Vade dix-neuf degrés quarante-huit
mesataboatonmendern eaux
des courans qui
indiquoit
portoient au nord. Nous commen: mes à voir des oifeaux. de
nomme
mer, qu'on
Maliemoques; il commença à tomber
Iij --- Page 138 ---
VorAG a
de la neige qui étoit
metre de Réaumur par flocons. Le thermoquatre degrés; la étoit un peu au deffus de
étoient à
qualité du ciel & le froid
mais le peu près comme aux mers
climat différoit
Auftrales;
y étant prefque
ici, en ce que le vent
lieu
calme, le froid étoit local, au
qu'aux mersAufirales il étoit
les gros vents; la faifon
apporté par
plus avancée
y étoit d'ailleurs bien
qu'elle ne l'étoit ici.
de Longsj mois, jours
Nous n'eâmes plus de nuit le 26. Les
pufcules éclaircient affez à
crévoir lire aifément
minuit, pour poutrois lieues de
fans lumiere 00 2 & y voir à
Jatitude
diflance. Nous étions
de
par la
foixante - huit degrés fix
nures; le foleil avoit
mi.
minutes de
quatorze degrés treize
déclinaifons il n'étoit
huit degrés au deffous de
donc qu'à
l'horizon.
Nous laiflions derriere nous, le
du nord du grand
30,! le Cap
Continent, où les
geurs poferent cette fameufe
voyaNous finiffons ici notre courfe, infcription :
Tunivers y finit; Hic
> parce que
orbis. Le
Retimus nobis ubi defuie
thermometre étoit depuis trois
jours au deffous de la glace. Il tomboit
Puis long-temps de la
de
celle-ci, crééedans
neige par intervalle :
un climat froid, n'étoitplus
nord du grand
30,! le Cap
Continent, où les
geurs poferent cette fameufe
voyaNous finiffons ici notre courfe, infcription :
Tunivers y finit; Hic
> parce que
orbis. Le
Retimus nobis ubi defuie
thermometre étoit depuis trois
jours au deffous de la glace. Il tomboit
Puis long-temps de la
de
celle-ci, crééedans
neige par intervalle :
un climat froid, n'étoitplus --- Page 139 ---
VERS LE POLEDU Nonn.
par
mais
focons;
par petites étoiles
ou en forme de duvet de
à. lame
cependant de très-beaux chenille. Il y avoit
même jour,
intervalles, 9 & ce
quoique le thermometre fût def
cendu,af'ombre, de la
à plusd'un degré au deffous
glace, le foleil étoitbeau & affez
pour le faire monter
chaud
jufquer à vingt
degrés, en le tenant expofé fur
cinq
le vent ne donnoit
une fenêtre où
ne fondirent
pas. La glace ni la neige
cependant point fur le
&
quoique le ciel fût très-fouvent pont;
qu'aux
plus beau
plus froid; mais il
simrmiait
n'étoit pas fi défagréable,
Le vent fut frais au fud-eft, le
nous n'avions eu qu'une
2 Mai;
frais depuis
autre fois du vent
notre départ, & c'étoit
de la partie du fud. Le froid fut
toujours
du moins je le trouvai
affez rude,
tel; le
ne fut cependant qu'à trois
thermometre
de la glace; mais l'eau
degrés au deffous
gues éclaboufoient
de mer que les vales
contre le bord ou fur
manoeuvres, s'y étoit gelée, & elle formoit'autour du vaiffeau une ceinture de
de trois pouces d'épaiffeur. J'étois
plus
farpris de trouver un climat auffi néanmoins
par des latitudes aufli
peu venteux
main
élevées; car le lende3, nous eûmes
foixante-dis-fept delij --- Page 140 ---
VOYAGE
grés quatorze minutes de latitude obfervée:
La longitude orientale fut de trois
douze minutes, Sc la variation de degrés
degrés, toujours vers le nord-oueft, dix-neuf
pendant tout le voyage.
comme
Le vent frais venoit affez mal à
car à cinq heures du matin de
propos;
ce même
3, nous avions vu la côte des
jour
ayant trouvé
glaces, &
paffage parmi les premiers
çons, nous avions donné dedans
glapendant
: il eft ceimprudent d'entrer dâns les
par un vent frais; car s'il faut tenir glaces
voile, & s'ilne s'en
y
fous
à amarrer le
trouve point de propres
vaiffeau, les abordages rudes des
glaçons, que l'on ne peut fouvent
peuvent le mettre en danger.
éviter,
Séténicé du Je fus
ciel en" avantrès-furpris de voir qu'à mefure
çant dans les nous avançions dans les
que
glaces.
doient de leur
glaces, les vents perforce & le ciel
en forte que nous eûmes le jourle s'embelliffoits
tandis queje voyois, à
plus ferein,
Phorizon, la
nous quittions noire,
partie que
&apparemment
par des vents frais. Un
occupée
ne me
changement auffi fubit
parut pas être P'effet du hafard ;
ginai que les glaces Pouvoient
j'imaje l'examinai
y avoir part 3
davantage par la fuite, comme
& le ciel
en forte que nous eûmes le jourle s'embelliffoits
tandis queje voyois, à
plus ferein,
Phorizon, la
nous quittions noire,
partie que
&apparemment
par des vents frais. Un
occupée
ne me
changement auffi fubit
parut pas être P'effet du hafard ;
ginai que les glaces Pouvoient
j'imaje l'examinai
y avoir part 3
davantage par la fuite, comme --- Page 141 ---
VYXTIEPOLsDU) NoRD. 135
on le verra. Le foleil étoit affez chaud pour
que le thermometre, y étant expofé, montât
à vingt-trois degrés, tandis qu'il étoit aupaau deffous de la glace.
ravant à deux degrés
A trois heures de Paprès-midi, l'on vit les deClok UORNTE &
couvertes de neige de la baie de Heorifond.
montagnes
Clok, & de cellede Hoorifond. Lesp premieres
reftoient dans le nord-eft, & les fecondes dans
P'eft:fud-ell, à feize lieues de diftance. Elles
font au nord de leurs baies, & les premieres
font connoiffables par leur groffeur & leurs
crêtes élevées, au deffus defquelles font de
La quantité de
petits mornes en pointes.
font dans le Spitsberg,
mornes pointus qui
en
lui a fait donner ce nom de montagnes
pointes.
du fud avoient chaffé du large elaces du
Les vents
en forte Spitsberg.
les glaçons qui y étoient éparpillés, étoit affez
que la mer où nous naviguions
de
libre. Il n'y avoit pas une encablure
peu
diftance entreles deux glacesles pluséloignées,
étoit fouvent occupé par quel-
& cet efpace
étoient de celles qut
ques, débris. Ces glaces
Zemble Ct
dérivent de Poueft de la Nouvelle
du détroit de Naffau. La mer agitée les caffant dans leur traverfée, elles n'étoient point
I iv --- Page 142 ---
VoxA G E
étendues. Les plus grandes avoient
cent toifes de longueur.
envirort
lanavigation. Dificuléde La navigation n'étoit
bien
pas encore devenue
difficile; ; mais en
nous trouvâmes bientôt avançant vers le nord,
les
fées ou foudées les
glaces qui,adof
unes aux autres par la
neige, ou par la mer, gelée les jours
dens, formoient des côtes affez
précécôtes ne laiffoient entre elles
longues. Ces
qui-n'avoient
que des canaux
vaiffeau; elles certaines fois que la largeur du
baies à leur extrémiré. avoient quelquefois de petites
D'auties
moient des
glaces y forcaps, d'autres dérivoient
ment.
libreces Trifeffe contrées. de Le peu de bruit que l'attention à la
nocuvre exigeoit, le calme de la
maparles glaces, & le peu de vent mer rompue
donnoient un morne filence dans qu'il faifoit,
blanchies. Il n'étoit
ces contrées
de quelques oifeaux interrompu que par le cri
fuyoientd'une
nommés Rotchis - , qui
glaceàlautre à
& par les ondulations de la mer notreapproche, dans les
fités des glaces. Leur irrégularité
finuole
-
faifoit
-
coup d'oeil de cette efpece de contrée que
reffembloit affez à celui d'une
demi-inondée pendant
campagne à
Phiver, & dont les
parties non fubmergées font
couvertes de
rompu que par le cri
fuyoientd'une
nommés Rotchis - , qui
glaceàlautre à
& par les ondulations de la mer notreapproche, dans les
fités des glaces. Leur irrégularité
finuole
-
faifoit
-
coup d'oeil de cette efpece de contrée que
reffembloit affez à celui d'une
demi-inondée pendant
campagne à
Phiver, & dont les
parties non fubmergées font
couvertes de --- Page 143 ---
VERS LE POLE DU NoRD: 137
Les haies, les arbres, les maifons éparneige: fes, les murs de clôture 2 les hameaux, tous
également blanchis par la neige 2 repréfentent
alfez la vue irréguliere de certaines glaces,
L'on faifoit une extrême attention à gou- xigent Adreffequ'e: les fi
placé au haut du grand niofités des
verner. Le Capitaine,
étoit le glaces,
mât, examinoit dans le lointain quel
canal le moins embarraffé qu'il falloit fuivre,
& deux Pilotes, montés aux haubans bâbord
& ftribord, di8toient au timonnier la pofition
qu'il devoit donner au gouvernail pour ne
point aborder les glaces voilines. L'on paffoit hardiment fur le corps des débris qui fe
trouvoient fur notre paffage;. &c des matelots
placés de l'avant avec des gaffes de vingt
pieds de longueur, les aidoient ou à plonger
fous le vaiffeau, ou à fe débarraffer de fon
affez
avant. L'on abordoit quelques glaces
petites ; mais l'air du vailfeau faifoit qu'on les
dépaffoit, & lon ébréchoit d'autres fois les
pointes de celles qui fe trouvoient fur
petites Siie canal n'étoit fermé que par une
la route.
furface de glace mince, & prife depuis peu
de jours, Pon forçoit de voilés deffus; le
vaiffeau y frayoit fa route, & y étoit-aidé
les matelots 2 qui caffoient la glace en
par avec leurs
S'il n'y avoit pas abavant
gaffes.
oit, & lon ébréchoit d'autres fois les
pointes de celles qui fe trouvoient fur
petites Siie canal n'étoit fermé que par une
la route.
furface de glace mince, & prife depuis peu
de jours, Pon forçoit de voilés deffus; le
vaiffeau y frayoit fa route, & y étoit-aidé
les matelots 2 qui caffoient la glace en
par avec leurs
S'il n'y avoit pas abavant
gaffes. --- Page 144 ---
1;8
V O 7 A G E
folument de paflage, &
un autre canal
que l'on vit à côté
navigable qui ne fût
que par une petite largeur de
féparé
elles étoient ordinairement glaces, comme
aux autres, l'on accoftoit adoffées les unes
ton
le lieu de leur
après avoir amorti l'air du
joncon mettoit les voiles à dériver vaifeau, &
en ayant
ou. en panne,
culer.Le cependant un peu plus à porter
vaiffeau
qu'à
de fa joue de deffous forgant, par cette manoeuvre
neiges & les
le vent, 2 rompoit les
jeunes glaces qui uniffoient les
grandes glaces, les féparoit, & s'ouvroit
pallage; l'on remettoit
un
porter; l'on venoit
toutes les voiles à
Vaiffeaux voit de nous
au vent, & l'arriere acheHollandois
débarraffer. L'on
Pourcctte'naquefois des abordages affez elfuyoit quelvigation. furpris de la fécurité de
rudes, & j'étois
leur vaiffeau étoit
nos Hollandois; mais
& il avoit
de fort, conftruit pour cela,
haut mâté peu
mâture : s'il eût été aufi
fes mâts que nos vaiffleaux, je crois que
feroient venus à bas. L'on avoit
pendant une affez grande attention à
ceaborder trop rudement les
ne pas
en arriere du vaiffeau;
glaçons par le côté
eût pu être
; cette partie plus foible
endommagée.
més Paffasesfer- par les
Le paflage vers le nord étoit
glaces.
bouché le 4 à neuf heures du abfolument
matin : nous
i
fes mâts que nos vaiffleaux, je crois que
feroient venus à bas. L'on avoit
pendant une affez grande attention à
ceaborder trop rudement les
ne pas
en arriere du vaiffeau;
glaçons par le côté
eût pu être
; cette partie plus foible
endommagée.
més Paffasesfer- par les
Le paflage vers le nord étoit
glaces.
bouché le 4 à neuf heures du abfolument
matin : nous --- Page 145 ---
NoxD. 139
VERS LE PoLEDU
couràmes à petites voiles, à l'eft & àl'oueft,
chercher un.autre; & à onze heures,
pour en
endroit foible que nous pouvions
voyant un
ouvrimes les glaces par la
faire céder, nous
citée:nous nepûmes
même manoeuvre quej'ai
à dix heures du
gagner au nord que jufques abfolument ferfoir; les canaux furent alors
&
més, & les glaces étoient trop grandes céder.
ramaffées pour, pouvoir les faire
Ncus trop étions à la vue des montagnes de l'Ile
de Worland ; rous tinmes à petites voiles,
courant auffi loin qu'il nous fut poflible pour
découvrir quelque ouverture, & louvoyant
laidant dériver, fuivant que nous avions
ou
d'ailleurs point
de Pefpace. Nous ne voyions
vafte
d'eau vers le nord, & ce n'étoit qu'une
furface blanche 2 dont les grandes glaces
étoient unies par lès nouvelles glaces de la mer
de jours auparavant. Je ne fus plus.
gelée peu
l'avois été, de ce que l'eau
furpris, comme je
les voyade la mer geloit auffi aifément que n'avoit . Facilité de
le rapportoient. Le thermometre
l'eau de la
geurs
trois
au deffous de mer à fe geété qu'à deux &
degrés
beau fo- ler.
la glace, & nous avions eu le plus
leil; cependant leau de la mer, ge'ée autour
du vaiffeau, malgré fon mouvement, y formoit de nouveau une ceinture de glace- La
tranquillité des eaux parmi ces glaces, fait que --- Page 146 ---
V.osy A G E
leur furface fe fige
gnâmes un
promptement. Nous ga.
peu vers louell-nord-ouelt & le
nord-ouelt; mais le temps devenant
& ne pouvant voir au loin les brumeux,
qu'il feroit à propos de faire,
manceuvres
fur une glace, en attendant nous amarrâmes
fent au nord.
qu'elles s'ouvrifles Amarragefur glaces.
La façon de s'amarrer eft affez
tout fi la glace eft ifolée dans Ia fimple, furculaire du vent. L'on y envoie le Perpendiune
canot avec
hache, une pelle, & un ou deux
fuivant que le vent eft frais, &
l'on crocs,
que
veut
employer des grelins. Les canotiers écartent
la neige, 8, faifant un trou dans la
la hache, à environ
glace eavec.
un pied & demi de
fondeur & un peu en diagonale, ils
prochent le grand crochet du
y accroen façon de S. Pendant croc, qui eft fait
feau étant
ce temps, le vaifau vent de la glace, arrive fur elle
en dépendant, & dérive, en la tenant prefque fous fon beaupré, jufques à ce qu'il foit
prefque devant le lieu où il veut s'amarrer.
Il cargue fes voiles d'avant, 8c; venant au
vent avec celles d'arriere, il lâche le grelin
qu'il.a fufpendu fous fon beaupré aux
canotiers qui font fur la glace. Ce grelin 9 eft
eftropé à une coffe qu'ils accrochent au petit
pendant, & dérive, en la tenant prefque fous fon beaupré, jufques à ce qu'il foit
prefque devant le lieu où il veut s'amarrer.
Il cargue fes voiles d'avant, 8c; venant au
vent avec celles d'arriere, il lâche le grelin
qu'il.a fufpendu fous fon beaupré aux
canotiers qui font fur la glace. Ce grelin 9 eft
eftropé à une coffe qu'ils accrochent au petit --- Page 147 ---
VERS LE POLE DU
crochet du grand
NORD, 141
tant au
croc, & le vaidleau
vent, tient bon, & dérive préfenglace, plus ou
avec la
étendue. Si elle n'eft moins, fuivant qu'elle eft
forme une longue
point ifolée, & fi elle
pres la
côte, la manceuyre eft à
même, 2 avec la
peu
ne range la glace qu'un différence que l'on
où eft placé le
peu au vent du lieu
de juftefle
croc, & qu'il faut un
dans la manceuvre,
peu plus
tomber fous le vent de
2 pour ne pas
que les canotiers
ce lieu. Il faut auffi
viron trois toifes faffent le trou du CrOc à enfi on le faifoit fur en dedans de la glace ; car
le bord, la
quelquefois en deffous
glace, minée
l'effort du vaifleau.
2 pourroit caffer par
quinze braffes de
L'on n'a que douze ou
Ja glace n'ait fous grelin dehors, à moins que
qui pourroit
l'eau quelque avancement
donnoit deffus endommager le vailfeau, s'il
étrave. L'on
avec fa quille ou avec fon y
doit faire, pendant
que l'oneft amarré, une
toutle temps
à l'évolution de fa
continuelle attention
finent. L'on
glace & de celles qui
verra dans la fuite
l'avoi,
eft indifpenfable. Les
combien elle
portent au nord
courans de ce parage
glace dérivant
avec rapidité; ; mais notre
eft, nous en choisimes confidérablement dans le norddans le nord-oueft,
une autre qui dérivât
Nous vimes bientôt des
pendant
que l'oneft amarré, une
toutle temps
à l'évolution de fa
continuelle attention
finent. L'on
glace & de celles qui
verra dans la fuite
l'avoi,
eft indifpenfable. Les
combien elle
portent au nord
courans de ce parage
glace dérivant
avec rapidité; ; mais notre
eft, nous en choisimes confidérablement dans le norddans le nord-oueft,
une autre qui dérivât
Nous vimes bientôt des --- Page 148 ---
Baleines,
VoxAG E
baleines, & l'on en prit trois; celles du
étant plus petites que celles de
nord
differe de parier de cet animal,
l'oueft, je
Licornes de Nous vîmes
mer ; leur
auffi beaucoup de licornes
defctiptione mer. Elles ne fe tiennent
de
guere dans ces
rages que vers le quatre-vingtieme
palatitude; elles
degré de
paroiffent amies des
& l'on voit les unes & les
baleines,
dans le même
autres à peu près
lieu; elles fouffent
à la furface de l'eau; les
également
viron quinze
plus grandes ont enpieds de longueur;. la couleur
eft grife, mêlée de noir, &
la tête n'eft
quelquefois tigrée;
pas groffe & longue comme celle
de la baleine, mais petite & ronde
celle de la vache marine. Les mâles comme
bout du mufeau une corne
ont au
à fept pieds de
horizontale de fix
longueur, 7 a qui eft, à fa naiffance, de la groffeur de la
extrémité, n'a
jambe, 2 & qui, àfon
pas plus de groffeur
le
doigt. Elle a la blancheur & la dureté que
l'ivoire lorfqu'elle eft fourbie, & elle
de
cannelures dans fon
a des
contour, en forme de vis
alongée.
Poiffons à Les
fabre 5 detpoiffons à fabre fe voient auffi
ctiption.
ces glaces; mais ils quittent
parmi
leurs climats gelées du Pole. Ils plus rarement
ont vinge-trois
ou vingt - cinq pieds de longueur; leur
COU
a la blancheur & la dureté que
l'ivoire lorfqu'elle eft fourbie, & elle
de
cannelures dans fon
a des
contour, en forme de vis
alongée.
Poiffons à Les
fabre 5 detpoiffons à fabre fe voient auffi
ctiption.
ces glaces; mais ils quittent
parmi
leurs climats gelées du Pole. Ils plus rarement
ont vinge-trois
ou vingt - cinq pieds de longueur; leur
COU --- Page 149 ---
VERSLE POLEDU NORD,
leur eft noire, & ils
pendiculairement
portent leur fabre percourbure
fur. le dos. Ce fabre a fa
en arriere de l'animal, & a environ
quatre pieds de longueur. Ils font
des
ennemis
baleines, vont en troupe de
ou
pour la combattre, &
cinq
fix
grand que les
ont un chef qui eft plus
autres, J'ai vu des baleines
avec grande vitefle &
fuir
pleines des entailles 2
j'en ai vu d'autres
belliqueux.
du fabre de ces poiffons
Nous avions cependant dérivé
nord ; les glaces s'étoient
dans le
détachiées, en
que nous - étions, 3 le
forte
foixante-dix-neuf
7 2 par la latitude de
degrés
la longitude étoit orientale vingttiois minutes;
dix minutes, &
de. quatre degrés
grés. Mais 2 la variation, de quatorze dece même jour elles
à fe ferrer autour de
commencérent Manceuyres:
foient
nous, & elles ne laifles
que quelque petite mare d'eau, fuivant
pointes par oà'elles fe tenoient
Nous voulâmes fortir de ce
abordées.
l'équipage fur les
lieu, & mettant
de nous haler à la glaces, une partie tâchoit
refte tâchoit de
cordeile, tandis que le
Pouffant à
nous ouvrir un paffage en
contre,avec leurs gaffes, les
entre lefquelles ncus voulions
glaces
route; : d'autres
frayer notre
pouffoient le vaifleau à aller --- Page 150 ---
Vo Y A G E
de Favant; le vent étant calme
condoit
ne nous fe:
point, & ce travail futinfruducux,
Le ciel étoit très-beau; : il n'y avoit
fouffle de vent, & le foleil fut affez. pas un
pour que -le
chaud
montât à themometre, y étant expofé,
vingt-huit degrés; il étoit
vant à deux degrés au deffous de la auparail étoit monté la veille à
glace :
heures du foir.
vingt degrés à onze
enfermé Levaiffeau par Le 1O, nous étions enfermés
les glaces. de forte que le vaiffeau n'avoit par les glaces,
pour fon
point d'efpace
gourdoyement. Nous ne
queglaces & point d'eau. Nous nous eftimions voyions
par quatre-vingt-un degrés de latitude. Dans
ce parage, les courans portent les
rapidité vers l'eft & le
glaces avec
elles
nord-eft, & fouvent
y reftent entaffées pendant long.
L'horizon & le ciel, blanchis
la temps,
des
par réfexion
glaces, nous annonçoient
ferré autour de
que tout étoit
nous, & nous ne voyions
qu'une petite noirceur à l'horizon dansle fud.
Le vent étoit oueft; les
clofes à ne pas laiffer de
glaces s quoique
n'étoient
bien
paffage à un canot, 3
pas
ferrées, & nous craignions
qu'une forte gelée les uniffant les unes
autres 2 elles ne vinflent à faire
à aux
corps ne
pouvoix
é autour de
que tout étoit
nous, & nous ne voyions
qu'une petite noirceur à l'horizon dansle fud.
Le vent étoit oueft; les
clofes à ne pas laiffer de
glaces s quoique
n'étoient
bien
paffage à un canot, 3
pas
ferrées, & nous craignions
qu'une forte gelée les uniffant les unes
autres 2 elles ne vinflent à faire
à aux
corps ne
pouvoix --- Page 151 ---
VERS LE POLE DU NoaD: 145
s'en débarrafier; l'on entreprit de
pouvoir
J'avoue que je crus cette Travaux
s'ouvrir un pallage.
choilit la direation vrirlesg'aces. PT resti'ouentreprife impofible. L'on
qui étoit occupée par les glaces les plus petites ; lon porta des grelins ou des hauffieres
fur les grandes glaces qui bordoient le canal
Pon vouloit fe frayer, & on les amarra
que en dehors & en delà des Capsq squil'oceupoient,
de façon que le mou de l'haufiere cintroit le
Cap & le faifoit dévirer en halant deffus;
lon appareilla les voiles, & préfenta T'avant
lieu
l'on vouloit ouvrir; l'on vira les
au
que
une
de l'équihauflieres aux cabeflans;
partie
fur les deux glaces entre lefquelles
page,
ponffoit à contre, avec fes
On vouloit paffer,
d'autres,.
gaffes; il travailloit à les entr'ouvrir:
d'autres gaffes à aller
du bord,poufolentavec Les efforts réunis du vent, des
de l'avant.
cabeflans &des gaffes, faifoient que les glaces,
alloient comprimer leurs
en s'ent'ouvant,
dans un lieu oû,
voilines, & nous paffions
d'efavant ni après nous, il n'y eût point eu
pace pour la plus petite pirogue. Dès que
nous avions dépaffé une glace", n'étant plus
comprimée, elle venoit réocuper le même
efpace qu'auparavant: 3 cette manoeuvre recommençoit à chaque glace. Si le paffage
n'étoit occupé que par des glaçons, & que
Tome II.
K
,
dans un lieu oû,
voilines, & nous paffions
d'efavant ni après nous, il n'y eût point eu
pace pour la plus petite pirogue. Dès que
nous avions dépaffé une glace", n'étant plus
comprimée, elle venoit réocuper le même
efpace qu'auparavant: 3 cette manoeuvre recommençoit à chaque glace. Si le paffage
n'étoit occupé que par des glaçons, & que
Tome II.
K --- Page 152 ---
VoYAG E
les grandes glaces laiflaffent
les y
quelque anfe, - on
conduifoit, ou on les
à
dans un lieu où nous puffions rangeoit côté,
préfenter l'avant; l'on
commencer de
fur un de leurs
pefoit avec les gaffes
côtés, & l'effort du vaiffeau
comprimant les glaçons 2 ils
ou fe rangeoient, leur furface plongeoient
venant perpendiculaire.
plane denuâmes
Nous ne difcontipoint cette immenfe manceuvre
IO & le II, & nous
le
vaiffeau dans
parvinmes à mettre le
un parage où il y avoit
ques canaux
quelbarrés
navigables, ou qui n'étoient
que par des glaces fraichement
que l'air du vaiffeau
figées,
pouvoit caffer aifément.
Différentes Il faut
glaces, efpere. de
remarquer que l'on diftingue les
glaces en quatre efpeces,
banc de glace, &
glaçon, glace,
montagne de glace.
çons font les débris des glaces; celles-ci Lesglades pieces de glace
font
depuis cent ou cent cinquante toifes, jufques à quatre ou
Les bancs de
cing cents.
lieues
glace ont quelquefois fix à fept
d'étendue, & ils font formés
glaces que leur dérive & la gelée ontj par des
femble. Les montagnes de
jointes endue; mais elles font
glaceont peud'étenhautes, tirant
plus de vinge braffes d'eau. Elles quelquefois fe
dans les baies de
forment
PAmérique, & il n'y en a --- Page 153 ---
VERSLE POLE DU NORD,
point ici. Les pics les plus élevés
quej'ai vus ici, avoient
des glaces Pics de glace,
trente ou
pieds au deffus de l'eau. Ce
trente-cinq
la latitude obfervée
même jour II,
grés
fut de quatretrente - huit minutes,
vingts deorientale de
2 & la longitude
quatre degrés vingt -
nutes; la variation étoit de
cing miLes vents & les
quatorze degrés.
glaces nous
élever dans le
permirent de nous
fâmes à la
fud, en forte que le
nous
vue du Cap du Diable, 14
plus au nord-oueft du
çui eft le
lendemain, les vents
Spitberg; mais le
nous louvoyâmes, ayant repaflé fraisau fud,
à
> pouffant nos bordées
qués. une lieue de terre; la vatiation
juf
ici que de dix dégrés,
n'étoit
Les vents frais qui regnent daris
ont fait donner le nom du
cette partie
qui'la termine;
Diable au Cap
Hord -1 nord-eft & quelques illots font dans le
fuient enfuite
le nord-ell; les terres
de Renneveld. vers P'Ife de Moffen & la côte
Les vents frais du
fent point dans cette
Cap ne paf
voyions le ciel beau & partie de l'eft; nous y.
les
vertes d'un beau foleil, montagnes couavions du vent frais &
tandis que nous
un ciel noir,
La manceuvre étoit affez difficile
ces glaces, 5 à caufe de Ja force du parmi des Didicultés wanceuvent; vres.
Kij
-ell; les terres
de Renneveld. vers P'Ife de Moffen & la côte
Les vents frais du
fent point dans cette
Cap ne paf
voyions le ciel beau & partie de l'eft; nous y.
les
vertes d'un beau foleil, montagnes couavions du vent frais &
tandis que nous
un ciel noir,
La manceuvre étoit affez difficile
ces glaces, 5 à caufe de Ja force du parmi des Didicultés wanceuvent; vres.
Kij --- Page 154 ---
V O Y A G B
ce n'étoit plus le cas de les aborder hardiment; le. vaifleau ayant trop d'air fe feroit
indubitablomene brifé deffus : nous voulions
tenir fous voile fans nous amarrer, pour ne
pas être entrainés par les courans. Ils portent au nord dans le parage de l'oueft du
Spitiberg; mais à fa pointe du nord-oueft,
trouvant la terre qui fuit à l'eft, ils prennent
leur diredion versle noid-eft &veisl'eft.
La mer devint cependant plus libre vers le
foir; le vert frais du fud avoit chaflé les
glaces verslenord; en forte quela mer en fut
très-dégagée; mais, de concert avec les courans, ils nous dérivoient dans cette partie, &
nous étions, le I5, dans le nord-nord-eft
Variation de lHlot de
de
Paigunle.
Gelofdeclip. Nous voyions auffi les
montagnes des environs de la plaine de Renneveld; nous n'avions plus que cinq degrés
de variation de l'aiguille, toujours vers le
pord-ouef. Elle elt nulle à la baie de, cette
plaine de Fenneveld, & elle devient nord.
eftàl'elt de ce lieu. Les 1 terres de cette plaine,
de même que celles de PIlle de Moffen, font
trop baffes pourétreappergues à une moyenne
diflance.
I.ons ma. Nous voyions de
en
rins, leur
temps
temps de gros
deiciiption. lions marins qui traverfoient d'une glace à --- Page 155 ---
POLEDU NorD. 149
VERS LE
refpirer à la furface.
Fautre, ClI qui venoient.
de longueur,
Ils ont environ huit ou dix pieds
du
&c leur forme eft à peu près celle
loup
marin. La nature leur a donné deux longues fudéfenfes de cliaque côté, à la. mâchoire
& à Tinférieure. Ces animaux font
périeure. lorfqu'ils font irrités par la prife
courageux de leurs camarades; leurs ycux
de cuelqu'un
& ils. viennent queldeviennent étincelans, avec leurs défenfes :
quefois. heurter le canot
ils
ils ne le font pas aurant à terre; grognent V'attenJennemi qui vient les attaquer, & ne
de
ferme que lorfqu'ils" font trèsdent
pied
animés.
dans ce parage que les Terme des des
C'eft à peu près
à faire courfes Anglois en
vaiffeaux Anglois prépofés, en 1773, leur 1773.
des découvertés dansle Nord, bornerest
courfe; ils y furent enfermés par les glaces
quelque temps. Les Hollandois qui
pendant
qu'ils
les virent dans ces mers,, prétendent
avoient pris une faifon trop tardive, & qu'ils
fe défierent pas affez des courans qui les
ne
nord-eft du Cap du Diable.
apporterent au
accumulent ferrerent leurs
Les glaces qui s'y
lcs
vaiffeaux, & ils ne crurent pas pouvoir
la faifon étant déjà avancée. Les
dégager,
Hollandois affurent qu'un de ces vailfeaux
K iij
pendant
qu'ils
les virent dans ces mers,, prétendent
avoient pris une faifon trop tardive, & qu'ils
fe défierent pas affez des courans qui les
ne
nord-eft du Cap du Diable.
apporterent au
accumulent ferrerent leurs
Les glaces qui s'y
lcs
vaiffeaux, & ils ne crurent pas pouvoir
la faifon étant déjà avancée. Les
dégager,
Hollandois affurent qu'un de ces vailfeaux
K iij --- Page 156 ---
I5o
Vorao a
avoit été abandonné,
les glaces s'ouvriffent. par le peu d'efpoir que
Tandis
avec les canots
que l'on alloit,
bâtimens
2 chercher un alile dans les
abandonné pécheurs, l'on vit que le vaiffeau
dérivoit à trâvers les
s'étoient ouvertes, &
glaces qui
l'on-y retourna.
Les navigateurs de ces parties étoient
pris de la conflance des
furmers,
vents de fud dans ces
pendant les inois d'Avril & de
temps où ils y regnent le plus fouvent Mai,
partie du nord & du nord-eft.
de la
un peu le 16; nous
Ils forcerent
leur impulfion & à celle continuâmes à obéir à
que nous étions
du courant, en forte
ce jour-là au delà du quatrevingt-unieme degré de latitude. La mer
aflez libre de glaces,
étoit
du Approche Polc.
Nous étions à moins de cent
lieues du Pole, & une auffi quatre-vingts
aiguillonnoit
petite diftance
landois
mon imagination. Si mes Holavoient eu les mêmes défirs
ces vents & ces courans quiles
que moi,
le no.d, les euffent comblés pouffoient vers
de joie, dans
l'efpoir de percer dans un lieu que l'on croit
inacceffible, Je penfe cependant
rage eft le moins favorable à
que ce pala'er n'y eft point affez cette entreprife;
vafte, & elle eft --- Page 157 ---
VERS LE Porr DU NORD. IST
voiline des bancs de glace de Poueft. Le
trop de ftabilité des glaces, lorfqu'elles font
peu
&aboraccumulées & ferrées, leursévolutions
qui les calTent Sc les féparent, les madages
l'on' peut pratiquer pour s'y ounoeuvres que
feimettre à l'abri des
vrir un paliage, ou pour
font que je ne
dangers qu'elles préfentent,
imregarde pas un voyage au Pole comme
La
le travail, & une grande Pofibilité
pofmible: patience,
des glaces, doivent du Pole. voyage at
pratique de ja navigation
ceux qui feroient une pareille
accompagner
entreprife. Lesobftacles que nous éprouvâmes
dans la fuite, les évolutions des glaces que
reffentimes, & les reffources dont nous
nous
mon opinion
ufâmes, rendront peut-étre
plaufible.
dans les glaces
La navigation d'Avril pratiquée & de Mai, & même
pendant les mois
à la fin de Mars à PIfle de Jean Mayen, temps
où les rivieres & les poris font encore gelés à
me firent faire atune très-grande épailleur, étoient la Nation la obftacles
tention que les Ruffes
dans aux décou- des.
moins à portée de fairede longs voyages
vertes RufTes.
& d'y faire des découvertes.
les mers glaciales,
m'a donLe peu d'expérience que ce voyage
né, la fituation des mers de la Sibérie, gênées
à Teft & à loueft par la Nouvelle Zemble &
K iv
les poris font encore gelés à
me firent faire atune très-grande épailleur, étoient la Nation la obftacles
tention que les Ruffes
dans aux décou- des.
moins à portée de fairede longs voyages
vertes RufTes.
& d'y faire des découvertes.
les mers glaciales,
m'a donLe peu d'expérience que ce voyage
né, la fituation des mers de la Sibérie, gênées
à Teft & à loueft par la Nouvelle Zemble &
K iv --- Page 158 ---
Vo Y A G E
2 par les terres de
fermées
Tchufchis, & abfolument
au', Sud, me font croire qu'il
point dans cette
n'y a
partie une mer
libre, & que les glaces
abfolument
y féjournent au moins
prefque autant qu'ici, Il ne peut en effet
dériver vers le Sud.o qu'une affez
en
par le nord de la
petite partie,
Zemble, ou par le détroit de
Naflau, & par le nord du Cap des Tchufchis.
Quand bien même il feroit faux
que s'étendit dans le nord-eft que P'Amérine me paroit point
de ces mers, il
polible
2 vers le Pole,
qu'elless'éracuent
du
pour enfuite dériver dans la
Sud; les glaces qui doivert fe
mer
vers cette extrémité du
rencuveler
dant neuf mcis de
globe, au moins pen-
- leur paflage. Je ferois P'année,s s'oppoferoieat à
fer qu'elles
cependant porté à penn'y font point en auffi
nombre' que celles des mers du
grand
carquoique ceiles-ci; entrainées Spitberg 5
le Nord, & enfuite dans
d'abord dans
riétés des
le Sud par les Vacependant courans, 2 ayent une iffue, elles font
remplacées ou
celles qui y viennent de l'oueft augmentées par
ou du nord-eft de la
de la Zemble
mei Blanche.
Saluredeces J'avois
de
mers.
pris
l'eau de mer, le
ce mois, par la latitude de
premier de
degrés; cent livrès de
foixantequatorze
cette eau contenoient
dans
riétés des
le Sud par les Vacependant courans, 2 ayent une iffue, elles font
remplacées ou
celles qui y viennent de l'oueft augmentées par
ou du nord-eft de la
de la Zemble
mei Blanche.
Saluredeces J'avois
de
mers.
pris
l'eau de mer, le
ce mois, par la latitude de
premier de
degrés; cent livrès de
foixantequatorze
cette eau contenoient --- Page 159 ---
VEKS LET POLE D U Nonp. 153
livres : de fel; j'en pris également au
quatre
degré : la même
delà du quatre-vingteunieme
livres defel;
quantité ne contenoit que quatre
auffi étions-nous en avant dans les glaces, qui
T'apreté du froid. Je fus furfont deffalées rar douter que P'eau de la mer
pris de ne pouvoir
endroits,. de difne. fût noirâtre dans certains
tance en diftance, & cela depuis que nous
étions fur le parage de Spitibergs il n'y avoit
cependant point de fond. L'on m'affuroit
même que ces noirceurs n'exiftoient que dans
les mois d'Avril & de Mai, & que pendant
ceux de Juin & deJuillet, lon voyoit ainfi des
blanchâtres de diftance en diftance tjer ne
eaux découvrir la caufe de cettevariété, &j'en
pus toralement douté, fi je ne m'étois alfuré
euffe
endroits.
de ces noirceurs dans certains
VE
de létat du ba- Beauté du
Je n'ai point patlé jufqu'ici
cicl.
rometre; il m'avoit cependant prefque confirmé dans T'opinion que j'avois eue lorfque
nous entrâmes dans les glaces, en penfant
foimoient un atmofphere différent de
qu'elies celui qui exifle fur les mers ou fur les terres.
Il n'exifte point de nuages dans ces contrées;
lorfque le ciel eft couvert, il Teft affez également par tout, comme s'il l'étoit par une
3c
fait foleil, le ciel
brume éievée;
lorfqu'il
prefque confirmé dans T'opinion que j'avois eue lorfque
nous entrâmes dans les glaces, en penfant
foimoient un atmofphere différent de
qu'elies celui qui exifle fur les mers ou fur les terres.
Il n'exifte point de nuages dans ces contrées;
lorfque le ciel eft couvert, il Teft affez également par tout, comme s'il l'étoit par une
3c
fait foleil, le ciel
brume éievée;
lorfqu'il --- Page 160 ---
'54
VorA G E
eft parfaitement beau dans
Le foleil, beau &
toute fon étendue,
fuivi de
chaud, eft ordinairement
très-foibles vents un peu frais; ils font en outre
la plus grande partie du
je crois que les vents
temps, &
Etat du ba- dans les
de la mer percent
sometre.
glaces. Ce barometre, dont
peu
ble étoit en Europe à
le varialignes, mefure de
vingt-huit pouces neuf
ici à vingt-néuf Rhinland, me parut l'avoir
élévation
pouces. Je crois auffi que fon
indiquoit le plus ou moins
qui étoient dans le
où
deglaces
vions; la fuite
parage
nous nous troumoindre
m'affermit dans ce foupçon. Sa
& de élévation futle 17, par les vents d'eft
nord-eft, qui ne furent
ciel étoit, à la
point frais; le
vérité, fort
venté l'avant-veille
couvert; il avoit
les
: il tomba de la
tous
jours fuivans, & le froid fut rude. neige Les
vigateurs de ces parages alfurent
Nad'eft y font prefque
que les vents
vieux. Cela,
toujours brumeux & plupourroit-il faire
ematAeerceeie
le nord-eft & dans foupçonner qu'il exifte dans
T'eft, une vafle mer moins
occupée de glaces que celles-ci.? Les
d'oueft & de nord amenent
vents
tous ces
au contraire dans
parages des temps alfez
furtout ceux de l'oueft.
clairs,
Ces vents d'eft & de nord-eft
nous ramene-
les vents
vieux. Cela,
toujours brumeux & plupourroit-il faire
ematAeerceeie
le nord-eft & dans foupçonner qu'il exifte dans
T'eft, une vafle mer moins
occupée de glaces que celles-ci.? Les
d'oueft & de nord amenent
vents
tous ces
au contraire dans
parages des temps alfez
furtout ceux de l'oueft.
clairs,
Ces vents d'eft & de nord-eft
nous ramene- --- Page 161 ---
LE POLE DU NoxD. 155
V. ERS
Cap duDisle 17, vers le Sud,au Cap ble,1les du
rent cependant,
& à Spitsberg.
du Diable. Il eft fur Pifle d'Amfterdam,
aflez bon 2 mais yenteux.
un mouillage
de trois lieues de lonCette Ile n'a pas plus
lieues dans fa plus
gueur eft & oueft, & deux
élevée comme
grande largeur; elle n'eft point
d'en:
dont elle eft éloignée
la Grand-Terre, & demie ; elle eft à une lieue
viron deux lieues
qui fe pro-
& demie de PIe d'Archipel, de la Grandlonge nord & fud à la fuite
dePIle
Terre, & elle eft à upe égale diftance dans Leurs difféde Deens; elle a encore un mouillage
rens mouillaanfe à Peft du premier; Pon mouilleauffi ges.
une
de l'eft de PIle, & entre elle &
à la pointe
dernier lieu eft encelle de Deens; mais ce
del'eft.
touré de roches, fur-tout dansla le partie fond de ce
La meilleure paffe pour dans gagner Pouelt. L'Ie de
dernier mouillage, eft
&
Deens eft plus haute que çelle d'Amfterdam,
Grand-Terre; : elleaauffi
elle eft couverte parla
& au fud
à P'oueft à Deens-Bay,
un mouillage le dernier eft le meilleur. Tous
à Engelfe-Bay ;
dix-huit jufques à
ces mouillages font depuis
au
brafles, & près de terre;, car un peu
fept
il y a jufJarge le fond eft tres-confidérable; les Iles & la
ques à trois cents braffes entre
a
Grand-Terre. La petite Hie de Vogelfand
aufi un bon mouillage, & il eft plus agréable,
à P'oueft à Deens-Bay,
un mouillage le dernier eft le meilleur. Tous
à Engelfe-Bay ;
dix-huit jufques à
ces mouillages font depuis
au
brafles, & près de terre;, car un peu
fept
il y a jufJarge le fond eft tres-confidérable; les Iles & la
ques à trois cents braffes entre
a
Grand-Terre. La petite Hie de Vogelfand
aufi un bon mouillage, & il eft plus agréable, --- Page 162 ---
Vora G
parce qu'il eft moins venteux; il eft
terre au fud-eft de IIle, &
tout à
à terre,
l'on s'y amarre
Cap En-courant environ fept lieues au fud du
nord-ouefl, l'on trouve
où il y a trois
Magdalene-Bay,
plus commode eft mouillages. Le meilleur & le
dans fa partie du
entre un Iflot & la
hord-eft,
braffes de fond. Celui Grand-Terre; il y a douze
qui eft dans le
efl, derriere
fud-fudeft
unelangue de terre affez avancée,
commode; l'on peut y radouber les vaiffeaux, & l'on peut y mettre par fix &
brafles d'eau; mais une
quatre
eft dans l'eff,y donne montagne de glace qui
Celui qui eft en
quelquefois des rafalles.
le mcins bon, entrant. dans le fud-ouelt,e eft
les cables
quoiqu'il foit le pius étendu, &
s'y raguent. Il y a depuis feize
ques à vingt braffes de fond, la baie
jufune lieue
a environ
d'ouverture, fur une & demie de
Frofondeur.
Cette Ife préfente d'ailleurs
baies & de mouillages,
beaucoup de
du nord & de l'oueft, danstoute fon étendue
qui eft
connue depuis le détroit de
parfaitement
de Clok, du nord-eft de Hinloopen. Ceux
de
PIlle de
Cruis, de
Vorland, 9
dam
Magdalene, des Iles
ou de Déens, & de Renneveld, d'Amflerfont les --- Page 163 ---
DU Nonn. 157
VERS EE-POLE
mais en général, lorfqué Por
plus connus;
il faut fe méfier des revolins
va au mouillage,
des mornes.
L'on trouve furle bord de la mer des fapins
de dérive que le courant y apporte de T'eft;
des côtes de la Lails viennent apparemment
avois trouvé
ponie & des Samoyedes; j'en
parmi les glaces,
Les Iles de Spitfberg s'étendert dunord
fud
le foixante - feizieme degré
au
depuis
trente minutes de latitude, jufques au quatredegré neuf minutes. Leur Ile de
vingtieme
eft la plus à l'oueft, eft par fix
Vorland, 2 qui
minutes, & les Ilots les
degrés quarante-cinq
& trente miplus à Peft font par vingt-heuf orientale du
nutes de longitude, également
méridien de Paris.
Leur fol eft formé par de hautes montagnes, riffe Leur de fol mon- hs'éleventdes mornes poin- tagasdeg gla:
au deffus defquelles
font
G élévés font cc.
tus ; les terreins qui ne
pas
hériffés de roches énormes. Le premier afpect
les couches de roches rangées de
de ce pays,
les rochers imcan ou perpendieulairement, milieu 2
des montamenfes, éboulés, foit atl
foit dansles terreins moins élevés, pourgnes, roient faire croire qu'il a elluyé quelque trem,
poin- tagasdeg gla:
au deffus defquelles
font
G élévés font cc.
tus ; les terreins qui ne
pas
hériffés de roches énormes. Le premier afpect
les couches de roches rangées de
de ce pays,
les rochers imcan ou perpendieulairement, milieu 2
des montamenfes, éboulés, foit atl
foit dansles terreins moins élevés, pourgnes, roient faire croire qu'il a elluyé quelque trem, --- Page 164 ---
V
Y A G E,
blement de terre, ou que ce. défordre
produit par l'éruption de
a été
crois cependant
guelque volcan. Je
l'effet de
que ces chofes ne font que
fonte de Pirruption des torrens lors de la
neiges. La parfaite reffemblance
ce pays avec ceux qui font
de
dans des. climats élevés
également fitués
à penfer ainfi, Ces
en latitude, m'engage
& trèsroches font d'un grain fin
compad; leur couleur elt
dée que celle de nos rochers;
plus décid'un noir
la plupart font
grifatre; certaines font d'un blanc
également grifatre, & d'autres affez
beaucoup font par veines de ces
jaunes;
de Ebonlemens leurs, &
diverfes courochers aapprochent du marbre.
vcc odeur de gros rochers
Lorfque ces
Goufte.
s'éboulent, ils
de foufre aux environs.
répandent l'odeur
Je penfai d'abord
c'étoit une preuve qu'ils avoient été
que
ou que leur montagne renfermoit produits,
volcan; il me parut enfuite
quelque
croire
plus plauffible de
que cette odeur provenoit de leur frottement contre les autres roches,
croiffoit en raifon de l'obftacle 2 parcé qu'elle
toient. Les ardoifes font auffi qu'ils furmonce pays, & l'on croit qu'il cantient abondantes dans
de fer & de charbon.
des mines
L'on voit des montagnes de glace,
au bord de la mer de diftance
femées
en diflance; Ces
ut enfuite
quelque
croire
plus plauffible de
que cette odeur provenoit de leur frottement contre les autres roches,
croiffoit en raifon de l'obftacle 2 parcé qu'elle
toient. Les ardoifes font auffi qu'ils furmonce pays, & l'on croit qu'il cantient abondantes dans
de fer & de charbon.
des mines
L'on voit des montagnes de glace,
au bord de la mer de diftance
femées
en diflance; Ces --- Page 165 ---
VERS LE POLE DU NoRD.
mers ne chariant point de Ces
fus affez furpris d'en voir à montagnes, je
tention que celles-oi
terre. Failant atmer, je crus
étoient fur le bord de la
que leur premiere bafe étoit
qu'une de ces glaces élevées
queléchouées le long des côtes,
qui s'étoient
pu s'évacuer du fond des baies. ou qui n'avoient
chaque année, à demi-fondus Les frimas de
del'été, & confolidés
par les chaleurs
par le froid,
par une fuite immenfe de fiecles, pouvoient;
menté leur hauteur
2 avoir augvoyois.
jufques au point où je la
Quelques caps élevés
des mornets de
fupportent auffi
même
glace ; je donne à ceux-ci la
formation qu'aux
vent éprouvé
précédentes.J'ai fou- Formation
le
que quoiqu'il ne gelât point fur des montapont & n'y fit point froid, la brume for- gnesdeglace,
moit, pendant le jour inférieur &
beau foleil, d'affez
après un
nos mâts de
gros glaçons à la tête de
hune. Ces caps font
ment plus élevés; le foleil fondant les certaineou les frimas qui les
Deiges
laiffé une partie à demi-fondue couvrent, peut en avoir
confolidant
la
: celle-ci, fe
de
par gelée, eft devenue un
glace, & le foleil, affez chaud dans corps
pour fondre les neiges & la furface des ce pays
ne l'eftj jamais affez pour
à
frimas,
fondre, une certaine
élévation ifolée, les glaces ou une
of
épaiffeur de grèles. La fonte de la fuperficie moyenne
laiffé une partie à demi-fondue couvrent, peut en avoir
confolidant
la
: celle-ci, fe
de
par gelée, eft devenue un
glace, & le foleil, affez chaud dans corps
pour fondre les neiges & la furface des ce pays
ne l'eftj jamais affez pour
à
frimas,
fondre, une certaine
élévation ifolée, les glaces ou une
of
épaiffeur de grèles. La fonte de la fuperficie moyenne --- Page 166 ---
VOrAGE
de ces dernieres doit au contraire les unir
la gelée qui lui fuccede. La
par:
glace s'étant formée fur le premiere bafe de
doit s'être élevé
la cap, le monticule
fontes & des
par fuccellion des demigelées immédiates. Si ies hautes
mortagnes ne font point couronnées de montagnes de glace, c'eft parce qu'elies font
élevées pour que la chaleur du foleil trop faffe
fondre leurs neiges, & que leurs
leurs valions font
croupes &
réflexion de la chaleur trop étendus pour que la
laiffe
cefle fubitement & ne
pas écouler de ces mornes
l'eau
de la fonte des neiges,
rapides,
que Ja gelée y, ait eu accès. quelque temps avant
eription Eté & def- de Les torrens font très abondans
ces clinats, leur impétuofité entraîne les pendantl'été;
embouchure
glaces-de leur
ou des baies qui n'ont pas été
évacuées par le courant des eaux de la
la côte même devient très-fouvent
mer;
entiérement libre de glaces; les poiffons blancs fréquentent alors les baies &c l'embouchare des
torrens ; la terre abreuvée eft réchauffiée
les ardeurs du foleil : la Nature
par
paroitvouloir
fortir du néant; mais elle fait
inflant de lueur. Les plantes qu'ellen'aqu'un
rifient &m ûriffent dans
pouffent, feupeu 5 les rennes defcendent dans les vallons, & s'engrailient à la
hâte
ons blancs fréquentent alors les baies &c l'embouchare des
torrens ; la terre abreuvée eft réchauffiée
les ardeurs du foleil : la Nature
par
paroitvouloir
fortir du néant; mais elle fait
inflant de lueur. Les plantes qu'ellen'aqu'un
rifient &m ûriffent dans
pouffent, feupeu 5 les rennes defcendent dans les vallons, & s'engrailient à la
hâte --- Page 167 ---
LE POLE DU NoRD. 161
VERS
aux dunes
hâte dans la plaine de Renneyeld,
de
de Wittebay 2 & aux terreins marécageux
& font éclore
Clok; les oifeaux- pondent, ?
fud. S:x
leurs petits fur les rochers expofés au
femaines s'écoulent rapidement, &
ou fept
tout rentre dans Yancantilfement.
ni arbre ni arbulte, mais
Le fol ne produit
n'elt
du cochlearia' qui
beaucoup d'herbe, 7 de P'ofeille. L'on voit fur
poiut Eiquant, &
de deux pieds de hauteur, une grande
une tige
autres Aeurs font
Reur blanche; quelques
parmi les herbes.
Les quadrupedes font des ours monftrueux; renards.ren- Omsb'ancs;
des pètits renards, & des rennes à gros fabot. nes; arnes particu-- luc Lc$
Les premiers de ces animaux font toujours anm-ux.
blancs; il s'en trouve de cette couleur parmi
& ils font. le plus fouvent d'un
les feconds,
font
blanchâtre; mais les rennes
grifes
gris
blanches Phiver. Lorfque la chaleur
lété, &
le jeune
vient, elles muent, elles engraiffent;
poil eft gris de fer, un peu roux; l'hiver vient,
Je poil a cru, & a confervé la même couleur;
elles maigriffent, & ne
le froid augmente,
corne
trouvant rien à manger, elles rongentla
de leurs pieds, & fucent enfuite leur propre
fubftance ; le poil alonge & blanchit. Cette
fucceffion de force d'humeurs & de poil gris,
L
Tome II;
vient, elles muent, elles engraiffent;
poil eft gris de fer, un peu roux; l'hiver vient,
Je poil a cru, & a confervé la même couleur;
elles maigriffent, & ne
le froid augmente,
corne
trouvant rien à manger, elles rongentla
de leurs pieds, & fucent enfuite leur propre
fubftance ; le poil alonge & blanchit. Cette
fucceffion de force d'humeurs & de poil gris,
L
Tome II; --- Page 168 ---
VorAG E
de défaut de Ces mêmes humeurs & de
blanc, 2 m'a fait penfer que ce
poil
couleur n'avoit d'autre
changement de
caufe que
ou la difette d'humeurs. Celles l'abondance
Ces animaux
qui reflent à
pendant I'hiver, doivent fe
tirer vers l'intérieur ; ie refte eft
rel'amortiffement
prefque dans
parle grand froid, & le
privé de fubflance, perd fa couleur & poil, blanchit. La même chofe
les plus foibles.,
peut arriver aux renards
& les perfonnes qui ont pris
desrenardsblancs, m'onta
fe dégarnifloient
alfaréqueleurs peaux
plus tôt de leurpoil
des gris. Les Ruffes établis dans
que eelles
neles prennent que dans les mois ces de contrées 2
& de Janvier, lorfque le froid Décembre
poil plus fin. D'ou
a rendu leur
animaux,
peuvent être venus ces
fur-tout les renards?-Les ours, devenus amphibies par la faim & par leur férocité, font venus de glace en glace. Ilsfe
hardiment à T'eau, plongent, reflent jettent
alfez
long-temps fous l'eau, & ils habitent plus les
glaces que les terres. Ils font gros 5 une
de ces animaux avoit huit pieds de
peau
& cinq de largeur. Les rennes fe longueur,
à l'eau pour traverfer d'un lieu à jettent auffi
un autre, &c
nagentlong-temps. Elles n'habitent point les
glaces, elles ont le fabot gros & élevé; leur
bois eft dur, & leur chair eft
très-bonne; elle
fous l'eau, & ils habitent plus les
glaces que les terres. Ils font gros 5 une
de ces animaux avoit huit pieds de
peau
& cinq de largeur. Les rennes fe longueur,
à l'eau pour traverfer d'un lieu à jettent auffi
un autre, &c
nagentlong-temps. Elles n'habitent point les
glaces, elles ont le fabot gros & élevé; leur
bois eft dur, & leur chair eft
très-bonne; elle --- Page 169 ---
PERS LE POLE DU NoRD: 163
eft plus fine que celle du cerf. Elles frappent
le fol du pied de devant avec force, 2 lorfdéfirent quelque chofe, & font aifées
qu'elles Les renards font affez petits 7 & un
à priver.
chat; ils peuvent
peu plus gros qu'un gros
auffi fe priver, mais moins aifément.
Il n'y a ici d'autre oifeau de terre que la
perdrix; mais les oifeaux de mer y abondent.
Les rotchis, les priuwers & les mallemoques y
font en très-grand nombre.
Ces derniers font abfolument oifeaux de ques,defcripe Mallemofe tenir fur leurs pat- rron de ccs
mer, & ils ne peuvent
eifeaux.
tes; ils font dela groffeur d'un petit canard, 2
ayantle corps renforcé, le cou court, la tête
plate, & Paile forte; la plume eft grife & quelquefois blanchâtre, avec un duvet très fourré
fur la peau; les pattes d'oie font grifes, les
ailes de moyenne longueur, &c peu fournies.:
Leur bec noir eft moyennement long; Pextrémité de fa partie fupérieure eft entde & plus
groffe que le refte, courbée à l'extrémité, 9
crochue & incilive; Pextrémité de la partie
inférieure eft également entée, renforcée, in-
&
L'extrémité éde ce bec dancifive, profonde.
reffemble affez à celui des perruches.
gereux
au foixanteCes animaux defcendent jufques
fixieme degré de latitude; mais il n'y abonL i
upérieure eft entde & plus
groffe que le refte, courbée à l'extrémité, 9
crochue & incilive; Pextrémité de la partie
inférieure eft également entée, renforcée, in-
&
L'extrémité éde ce bec dancifive, profonde.
reffemble affez à celui des perruches.
gereux
au foixanteCes animaux defcendent jufques
fixieme degré de latitude; mais il n'y abonL i --- Page 170 ---
VOYAG E
dent pas comme aux latitudes élevées; leurs'
plumes ont une odeur infedte; ils font méchans, fe nourriffent de chair & de
nous en étions entourés: :
poiffon;
les baleines, ils
lorfqu'un dépeçoic
chairs que Pon laiffoit avaloient avec avidité les
voient Phuile
aller en dérive, & buqui fottoir à la furface. Ils
un crià peu près comme celui du
ont
ils gazouillent à
goualan, &
peu près comme les
mais avec un fon plus nourri & plus mâle. poules;
defcsigtion. Priuwer, fa Le priuwer eft un oifeau de terre &
mais il fe tient le Flus fouvent fur les d'eau;
ila al la groffeur d'un
glaces; ;
gros pigeon, les ailes
gues & foibles, le plumage d'une
lona
éblouiffante. Les jeunes l'ont moucheté blancheur
noiril'extrémité, àla partie latérale des ailes de:
&à la queue. Leurs pattes d'oie font noires 2
l'oeil eft noir comme celui du
le bec jaune eft
mallemoque;
moyennement long & alfez
foible : ils ne font point méchans, font affez
fots, fe nourrifent de chair & de poiffon, &c
fe privent aifément : j'en ai confervé un
dant long-temps; il
penla nourriture
prenoit entre mes doigts
que je lui préfentois, & il me
connoiffoit lorfque j'approchois de fa
Leur cri reffemble à leur nom; ils fe
cage.
. fur les clévations.
perchent
z
foible : ils ne font point méchans, font affez
fots, fe nourrifent de chair & de poiffon, &c
fe privent aifément : j'en ai confervé un
dant long-temps; il
penla nourriture
prenoit entre mes doigts
que je lui préfentois, & il me
connoiffoit lorfque j'approchois de fa
Leur cri reffemble à leur nom; ils fe
cage.
. fur les clévations.
perchent --- Page 171 ---
VERS LE POLE DU NoRD.
Les rotchis font
16;
leur eft noire, blanche très-nombreux; letr cou- Rotchit, nox
couleur d'une
& roufsâtre; iis ont la d:feription,
femble
très groffe grive; leur cri ref
affez à celui de cet oifeau,
fuient; ils plongent
lorfqu'ils
ni les
pour fuir, ce que ne font
priuwers ni les mallemoques, & ils m'ont
paru reffembler à de pctits canards
nommés balivis aux
fauvages,
nent fur les
Philippines. Ils fe tienLes
glaces ou aux terres des environs.
bourguemeftes, les
geons & les lombs font aufli pérroquets, les pidans ces mers mais
dans Ces Ifles &
les
,
en moindre nombre
précédens,. Le
que
oifeaux de
bourguemefre eeft le roi des
d'une
.ces contrées; il eft de la groffenr tre, Dourguemef. perto-,
oie; le corps eft renforcé, : & l'aile quersdemer, lombs,
forte; lespattes
pile bec eft affez &l'ceilfont
defeription, geons 3 lous
foible
couleurdecitron;
& de même
ayant une tache
couleur, 2
rouge en deffous; le
mage blanc eft couleur de
plu-
& aux ailes, qui font
cendre fur le dos
blanc dans leur
cependant bordées de
beau. Les.
contour; en généràl. il eft
perroquets & les pigeons
des oifeaux de mer. Le bec
font aufli
miers leur a fait
crochu des prece bec elt curieux peut-être donner leur nom ;
blanche
par fes couleurs
& rouge qui l'occupent
bleue,
Le plumage des
par bandes.
bigarré blanc & perroquets & des pigeons eft
noir; les uns & les autres ont
L iij
cependant bordées de
beau. Les.
contour; en généràl. il eft
perroquets & les pigeons
des oifeaux de mer. Le bec
font aufli
miers leur a fait
crochu des prece bec elt curieux peut-être donner leur nom ;
blanche
par fes couleurs
& rouge qui l'occupent
bleue,
Le plumage des
par bandes.
bigarré blanc & perroquets & des pigeons eft
noir; les uns & les autres ont
L iij --- Page 172 ---
VoraG E
les pattes rouges. Le lomb eft une efpece de
canard, & a le plumage à peu près de
fon cri eft vilain & féroce.
même;
glaces: Oifeau fa des L'on voit fur les glaces, au
des
Houcritre. lejoli petit oifeau des
large
terres,
ticulier
glaces. Cet oifeau
ne fe tient que fur les
& parn'en voit point à
il
glaces, l'on
&ales
terre; ne va point à Peau,
pattes fans membranes; il, paroit même
affez foible. De quoi s'y nourrit-il, & où
fait-il fon nid? L'on prétend qu'il le fait fur
les glaces, & qu'il fe nourtit de
me paroit difficile à
neige. Cela
fervé
croire, car j'en ai conun, pendant long- temps; il mangeoit du
fable &. de la farine; il mangeoit
auffi de la
neige, comme le
mais
Deferiprion n'étoit-ce
priuwer;
peut-être
decet oifcati.
que pour boiffon. Sa groffeur eft
cèlle d'un moineau; le beç eft plus mince &
plus long; le plumage eft
& à la
gris-noir aux ailés
queue, qui font affez longues & mé
lées dec quelques plumes blanches; le dos
femé de blanc; la tête & le
gris 2
core plus femés de blanc. Il
cou font ena un collier
& une bande également blanche fur les blanc,
le deffous 8c le refte du
font
ailes';
a des taches
corps
blancs. Il
rougeâtres fur la tête & fur l'eftomac, à peu près comme le linot; il eft en
genéral joli & éveillé; il piaille, & fon cri
plumes blanches; le dos
femé de blanc; la tête & le
gris 2
core plus femés de blanc. Il
cou font ena un collier
& une bande également blanche fur les blanc,
le deffous 8c le refte du
font
ailes';
a des taches
corps
blancs. Il
rougeâtres fur la tête & fur l'eftomac, à peu près comme le linot; il eft en
genéral joli & éveillé; il piaille, & fon cri --- Page 173 ---
EE POLE DU NoxB. 167
VERS
de l'alouette qui fuit; l'on
teffemble à celui
prétend qu'il a un joli ramage.
Chaffein
Les Ruffes d'Archangel ont formé, depuis Ralfes,
des établiffemens de chaffe
plus de trente ans,
de ces Ifles. Ils prennent
dans plufieurs parties des renards, des lions,
des ours. , des rennes,
dans leur
& des loups marins, & apportent
mais
Phuile &les peaux de cesanimaux;
pays
la baleine. Ces chaffeurs
ils ne harponent pas,
bâtimens
viennent avec fix ou fept petits
fe relever, quelquefois touteslesannées, 2
pour
tous les deux ans. Ils arrivent à
quelquefois la fin du mois de Juillet ou en Août, & ceux
Pannée
s'en requi y ont paffé
précédente, établiflemens
tournent à Archangel. Leurs
l'oueft de
font à quatre différentes baies dans
favoir, à Clok, à Groën, à Vorland,
PIlle;
Ils en ont un autre fur la côte du
& à Cruys.
Cette nation
nord, à la baie de Renneveld.
robufte hiverne dans ces parties gelées, & y
la
du climat fans fe reéprouve toute rigueur
buter; il leur eft arrivé de refter quelquefois
air
fix femaines, enfermés
en plein
pendant
ils
les glaces fur PIlle de Moffen,-oà
par étoient à la chafle des lions marins qui y
de la chair
abondent, & ils s'y nourriffoient
Les aurores, 2 la lumiere bode ces animaux.
L iv
bufte hiverne dans ces parties gelées, & y
la
du climat fans fe reéprouve toute rigueur
buter; il leur eft arrivé de refter quelquefois
air
fix femaines, enfermés
en plein
pendant
ils
les glaces fur PIlle de Moffen,-oà
par étoient à la chafle des lions marins qui y
de la chair
abondent, & ils s'y nourriffoient
Les aurores, 2 la lumiere bode ces animaux.
L iv --- Page 174 ---
V.oy A G E
réale, laréfexion des neiges, les éclairentaffez
pour aller à la chaffe
la
Saifons de de
pendant longue nuit
Hs' cimaci,
Phiver. Ils ont un fioid fec & âpre à la
fin du mo:s de
Décembrè, en Janvier & au
commencement de Février; le temps eft alors
calme, & le ciel, très-beau, eft étoilé & étin.
ceiant. Fevrier, Mars & Avril font pleins de
frimas & de neiges; ils font aflez
dun pord& dunord-ef. Mai &c le
venteux
ment de Juin font beaux; la commencevouloir ceffer; les
gelée paroit
vents tiennent moins au
nord,& varient au nord-oueft,
fud, & peu à T'eft. Juin & Juillet al'oueft, font au
chauds & pleins de brumes; les
allez
foibiis & variables. Juillet
vents font
vent
& Août ont foudespluies; les vents prennent de la
& foufflent fouvent de la
de forces
neiges reviennént
partie
l'eft; les
: elles occupent, avec les
vents frais, les mois de Septembre,
& Novembre. 11 gele, & il tombe des Oaobre frimas
en abondance depuis long
Il a environ dix ans que des bâtimens temps. y
Ruffes furent
de guerre
envoyésici pour viliter leurs établiffemeus, & pour lever le plan de ces
Ifles. )
P'Empitcku.- Etenduede Quel eft donc cet Empire fi étendu
fc.
brafle les limites des
qu'il emquatre plus vaftes Empires
dullonde,"'Allenagie, la Chine, la Perfe &c-la
Oaobre frimas
en abondance depuis long
Il a environ dix ans que des bâtimens temps. y
Ruffes furent
de guerre
envoyésici pour viliter leurs établiffemeus, & pour lever le plan de ces
Ifles. )
P'Empitcku.- Etenduede Quel eft donc cet Empire fi étendu
fc.
brafle les limites des
qu'il emquatre plus vaftes Empires
dullonde,"'Allenagie, la Chine, la Perfe &c-la --- Page 175 ---
NORD. 169
VERS LY POEEst
danstoutesies mersdu
"Turquie, qui a desports
vigilant étend Vgilancedd
globe, & dontle Gouvernement
mifé- Gouverne- ment.
cependant fes foins jufque fur quelques efpéret
Que ne doit-il pas
rables chaffeurs?
plus
la fuite, & avec une population
pour
La liberté entre les deux fexes y
nombreufe ?
obfiacle. Tandis que l'ufage
porte cependant Siberie, qui eft la partie la moins
de l'exil en
du crime, la
peuplce, rend utile la punition
dedespeuples de cet Empire peut
navigation immenfe, à caufe de leurs ports fur la
venir
fur nos mers du nord :
mer de Kamchatca, celle déla mer de
je doute cependant que aller au delà d'un caTartarie puilfe jamais
ou même
à la vérité étendu jufques
botage, 9
du
des Tchufchis,
au delà des environs
Cap ait été réellement
en fuppofant que celui-ci
entre les rivieres
dépaffé, & que la navigation
Mais revede Kolima & Anadir foit connue.
nons à notre vaifleau.
Nousavionsredonné danslesglaces, & nous
étions élevés dans Touelt-fud-oueff, en forte
que le 24 du même mois de Mai, nous étions &
foixante-dix-huit degrés de latitude,
par degré vingt minutes delongitude orienparun
conftans au nord-eft & au
tale. Les vents, 2
& ils régnerent
nord, nous avoient favorifés,
vede Kolima & Anadir foit connue.
nons à notre vaifleau.
Nousavionsredonné danslesglaces, & nous
étions élevés dans Touelt-fud-oueff, en forte
que le 24 du même mois de Mai, nous étions &
foixante-dix-huit degrés de latitude,
par degré vingt minutes delongitude orienparun
conftans au nord-eft & au
tale. Les vents, 2
& ils régnerent
nord, nous avoient favorifés, --- Page 176 ---
VorAcr
depuis le 17 jufques au 28; il fit froid
thermometre alla jufqu'à
: le
fous de la glace; il onze degrés au deftomba fouvent de
neige, & je vis la mer
la
de nous, à
geler au loin autour
cinq ou fix pouces
s'étoit formé deux
d'épailfeur. Il
face extérieure
lignes de glace fur la furFroid rigou- bre
des vitres, même à une
reux,
où l'on n'entroit
chamfurent
point. La biere & l'eau
gelées dans les tonneaux. Nous
rions fouvent fur les
amarfe trouvoient fur
glaces, fuivant qu'elles
attendions
notre route, & que nous
quelque petite vaciété
vent
pour les dépaller; fouvent
dansle
fur celles qui étoient
nous dérivions
diminuer notre
lesplus voifines, &, pour
dérive, nous
fois fur les têtes de deux
amarrions à la
Adreffedé. d'autres
glaces : quelquefois
viter lechc
dérivoient fur nous ;
dermaffesde crochées
leurs
certaines, acglace.
par
caps, avoient une affez
grande viteffe en évitant, & il falloit
reiller à propos pour ne pas recevoir le appade ces maffes, qui, fort en raifon
choc
grandeur, eût
de leur
pu nous endommager ou
Bancs de renfermer entre elles.
nous
glacc.
le
Nous nous
28, dans le parage des bancs de trouvâmes,
navigateurs de ces mers
glace. Les
l'oueft.
l'appellent la côte de
L'éblouiflante blancheur du
vert dans toute la partie de l'oueft ciel, coufud, & qui n'avoit
du nord au
que quelque petite tache
on
choc
grandeur, eût
de leur
pu nous endommager ou
Bancs de renfermer entre elles.
nous
glacc.
le
Nous nous
28, dans le parage des bancs de trouvâmes,
navigateurs de ces mers
glace. Les
l'oueft.
l'appellent la côte de
L'éblouiflante blancheur du
vert dans toute la partie de l'oueft ciel, coufud, & qui n'avoit
du nord au
que quelque petite tache --- Page 177 ---
VERS LE POLE DU NORD.
de
noirceur, nous indiquoit en effet
prefque toute la furface étoit occupée
que les
par
glaces; nous étions par foixante-dix-huit degrés de latitude; la longitude étoit occidentale de vingt-cinq minutes, & la variation de
vingt degrés. Nous fûmes forcés par les vents
d'amarrer far un de ces bancs; les évolutions
des glaces voifines nous fermerent bientôt
toute iffue; bientôt elles furent le long du
bord, &.je ne découvrois pas, à toute
dix braffes d'eau en furface. L'on
vue,
tâter à leur jondion fi elles
envoya
preffoient fortement; elles ne faifoient pas encore leur effort; mais à trois heures du lendemain
les débris des glaces
matin,
que nous avions de l'arriere, 2 étant comprimés par les grandes
commençoient à s'amonceler les
glaces,
autres. Nous
uns fur les
craignimes que, venant à forcer
inégalement fur le gouvernail, ils n'en caffaffent les ferrures; nous le démontâmes, Les
glaces ne firent cependant point leur effort
vers,le lieu où nous étions, & leur compreffionne fut pasforte.Le vent vintauf fud-eft bon
frais deux heures après; la mer eut un
de eomprimé Le vaiffeaa
levée,
peu
parlesglaces;
le
du
Mtrammonid
long bord avec une dérive affez égale.
Nous avions démonté notre gouvernail --- Page 178 ---
VoYAG E
affez aifément à caufe du calme des eaux,
Ces vaiffeaux ont deux éfpeces de petits boffoirs perpendiculaires aux deux côtés du
vernail, qui a deux caliornes
gouhale furl leur
frappées : l'on
garant jufques à ce que le
vernail foit hors de l'eau. L'on accroche à gou- fon
dernier piton une troifieme caliorne
à
Manierede un tengon qui eft à
frappée
démouter le
l'angle de la pouppe : en
gouyernail. halant deffus, le gouver: ail vient en travers
& refte fufpendu de l'arriere; il ne fut
plus difficile de le remonter. L'on
pas
décrocha la caliorne dudernier
amena &
piton;! le canot
y avoit paffé un eftrop amarré à fon étrave:
en l'amenant & le larguant en douceur il
régifloit le bout inférieur du
s
gouvernail vers
T'étambor, & l'on amenoit les caliornes des
petits boffoirs. Deux manceuvres frappées à
la tête du gouvernail, fervoient à le régir bâbord & ftribord; une autre paffée au trou de
la barre, lui donnoit fa diredion; & une feconde qui le cintroit en dehors, le
choit également de l'étambot. Les rappro- du
gens
canot, avec des anfpeêts, l'empêchoient de
s'écarter; & lorfque les pitons étoient
diculaires fur leurs gonds, l'on amenoit perpenà-fait les caliornes.
toutLes bancs caffés Jaifferent venir à flot une
une autre paffée au trou de
la barre, lui donnoit fa diredion; & une feconde qui le cintroit en dehors, le
choit également de l'étambot. Les rappro- du
gens
canot, avec des anfpeêts, l'empêchoient de
s'écarter; & lorfque les pitons étoient
diculaires fur leurs gonds, l'on amenoit perpenà-fait les caliornes.
toutLes bancs caffés Jaifferent venir à flot une --- Page 179 ---
VERS LE POLE DU NORD.
baleine morte
173:
apparemment des bleffures du
harpon. Nous f'enlevâmes aux oifeaux,
elles Baleines n'one ;
requins & aux ours, qui nous
aux qu'un petic
& qui fe tenoient
Pindiguerent, qu'elles icnt, allaivendiquer leur
autour de nous pour releur derriere
proie. Ces derniers, affis fur
à une affez petite
indiquoient,
diftance, nous
par leursrugillemens, qu'elle leur
appartenoir par leur ancienne
ces contrées, Je
poffeflion de
remarquai que
nous étions moins élevés
depuis que
ne voyions plus de
en latitude. 1 2 nous
licornes ni des-lions
rins, & les baleines étoient
maplus rares à proportion
par troupes, 2 &
glaces. Nous avions
qu'ily avoit moins de
qui étoient
vup plufieurs fois desmeres
n'en avoient accompagnées de leur petit; elles
jamais qu'un, & elles T'allaitoient,
Javoisvoulu favoir fi la
congélation faifoit
difparoitre le fel des glaçons d'eau de
fur Expérienees ia deffaJ'en avois en conféquence
mer. laifondel'eau
qui s'étoient figés
ramaffé de ceux delamerg lc froid, par
mnes
autour du vailfeau fous
yeux, le 2 du mois, par un
trois degrés au deffous de la
froid de
goûtai le
glace. Je les.
lendemain, ils avoient
viron les trois quarts de leur fel. Je perdu ende nouveau le
leur
les goûtai
& il
8,:
eau étoit peu falée
n'y avoit pas de comparaifon
guej'avois
avec celle
gardée du 3: Le froid n'ayant été
du vailfeau fous
yeux, le 2 du mois, par un
trois degrés au deffous de la
froid de
goûtai le
glace. Je les.
lendemain, ils avoient
viron les trois quarts de leur fel. Je perdu ende nouveau le
leur
les goûtai
& il
8,:
eau étoit peu falée
n'y avoit pas de comparaifon
guej'avois
avec celle
gardée du 3: Le froid n'ayant été --- Page 180 ---
V de 0 Y A G E
que deux fois à un & un degré & demi
deffous de la glace, j'efpérai
au
froid ou un plus long
qu'un plus grand
temps feroit entiérement
difparoître leur fel. Je leur laiffai
pendant dix jours, un froid conftant fupporter,
à onze degrés, & je les
de fix
de ce froid; leur
goâtai le 27, à la fin
pendant
eau prefque douce étoit ceencore un peu faumâtre. Il me
que leur deffalaifon n'avoit
parut
rable
pas été fi conlidépar ce grand froid, 2 & par un efpace de
dix-neuf jours, que celle du 3 au 8.Le
liqueur, plongéle 3 I dans leur
pefeçoit à la graduation
eau, s'enfonl'eau douce, tandis trente-trois, comme dans
la
qu'il ne s'enfonçoit
graduation
qu'à
de
vingt cing & demi dans l'eau
mer, J'avois mis de l'eau de mer à
dans une baie par un froid de neuf
figer
fes glaçons perditent peu de leur
degrés;
quirent
fel, & n'acpas beaucoup de
folidité; je ne fais
quelle en fut la caufe, ou fi elle
du peu de vent qu'il-f
provenoit
faifoit, ou de l'eau qui
féjournoit en deffous. J'avois
remarqué
lorfque nous paflions dans certains lieux que
la mer étoit fraîchement
où
figée, à environ trois
pouces feulement d'épailleur, le vaiffeau
frayoit fa route comme dans du beurre
y
fec; la glace ne craquoit point il
un peu
; n'en étoit
cependant pas de même dans d'autres
en-
provenoit
faifoit, ou de l'eau qui
féjournoit en deffous. J'avois
remarqué
lorfque nous paflions dans certains lieux que
la mer étoit fraîchement
où
figée, à environ trois
pouces feulement d'épailleur, le vaiffeau
frayoit fa route comme dans du beurre
y
fec; la glace ne craquoit point il
un peu
; n'en étoit
cependant pas de même dans d'autres
en- --- Page 181 ---
VERS LE PoiE DU Noxp.
droits. Je pris des morceaux du
verfes groffes
centre de diglaces, queje fis caffer. L'eau de
certaines étoit moins deffalée
celle
mes glaçons; l'eau de
que
de
parfaitement
quelques aûtres étoit
furer,
douce; mais je ne pouvois af
comme de mes glaçons, fi : ces
que je goûtois étoient entiérement
glaces
ment compofées d'eau de
& égalemer.
Les glaces, trop preffées les unes
les autres, 2 ne nous perniirent de fortir contre dans Manceneres les gla
lieu où nous avions craint d'être
du Ces,
que le premier Juin. Nous
comprimés >
noeuvres des
répétâmes les mafes,
hauflieres, des voiles & des
pour gagner une petite place
gafnous voyions dans le
d'eau que
vaiffeau
fud-oueft, & où le
pouvoit avoir fon
Cette manceuvre immenfe, gouidoyement:
qui dura trente-fix
heures, me furprenoit toujours de
mais elle n'eft praticable
nouveau; 5
ne font
que lorfque les
pas étroitement ferrées,
la glaces
que l'on fait
que force
primer
peut par conféquent les comdavantage, &
bien étendues.
lorfqu'elles ne font pas
fible fur les bancs Cette manceuyre eft impofde glace. Les petites dériverent cependant un peu : nous
plus à F'oueft, & nous arrivâmes poufsâmes
baie d'une lieue de
dans une
largeur; la brunie nous --- Page 182 ---
VoY'A G E
fur un banc de glace qui la bor:
fit amarrer
doit à Poueft.
L'élévation du barometré dans ce parage,
où prefque toute la mer étoit occupée bancs par
les glaces, & en grande partie par des
laiffoient
d'efpace à Peau, me
qui ne
point
j.avois eue, que
confirma dans T'opinion que
différent:
les glaces formoient un atmofphere &c même par
il fut pendant le temps couvert,
lignes
la brume, 2 à vingt-neuf pouces quatre
& demie. Il y refta plufieurs jours, & lorfqu'il
defcendit, les bancs avoient entre eux plu-,
fjeurs canaux.
& lon en
pèchedela Nous vimes plufieurs baleines,
balcinc.
une; le harpon s'arracha de quelqués aulprit Les branches de ces harpons, terminées
tres.
déchirent la
en pointe &c en tranchant, aifément;
chair, & font qu'ils s'arrachent plus termindes
elles dévroient être au cortraire
Ces
bouton en cône renverlé.
par un petit
plus
que
balcines étoient en général
groffes
celles du Nord, parmi lefquelles il s'en trouve à
beaucoup. de petites; cette pêche mérite,
crois,.quej j'en faffe une defcription.
ce queje
Les yaiffeaux qui y font deftinés, embarDefeription
ont chacun
de cette pèfix ou fept bateaux qui
che.
quent
quatre
ient être au cortraire
Ces
bouton en cône renverlé.
par un petit
plus
que
balcines étoient en général
groffes
celles du Nord, parmi lefquelles il s'en trouve à
beaucoup. de petites; cette pêche mérite,
crois,.quej j'en faffe une defcription.
ce queje
Les yaiffeaux qui y font deftinés, embarDefeription
ont chacun
de cette pèfix ou fept bateaux qui
che.
quent
quatre --- Page 183 ---
de StI.ouis,Cap"
de rordre Royal et Militaired
Tom: 2 Pase 476.
M.de PAGES Chevalier Jerdes Sciences.
Pour, fervir au Voyage vers leNord.fatpar oclAcmacnuel
DÉMCBRENTI DE LABALEINE, des Vailleaux du Notateorteipenlann
à
E Dt G
Benard Diruru.
V
EBloc de Fanons que lon vepare les un
moiliede Rimnonrikincdhes.
qu SERNE ddaches. H. Balevne que lon va harponner.
AC Morlue debunonsg GAFenon
Fosw Del
AB. Baleue en depecement:
des audres --- Page 184 ---
A --- Page 185 ---
LE, POLE DU NORD. 177
VERS
rameurs, un patron, & un harponneur. à
quatre bateaux font taillés pour bien marcher
Vaiffeaut
Ces
&.font affez légers. Ils ont vingt- & équipePaviron,
fix pieds &' un tiers ment font qui
de
at.l.
cinq pieds longueur, largeur, & trois pieds
dans leur plus grande à la quille. Leur équide creux du platboid
de cordage
pement confille en fept pieces en douze
braffes chacune,
fin, de cent vingt
brafles de cordage blanc, - 2 très-fin & très-fouéviter les coques, en trois harpons,
ple pour
hachot à marteau 2 un épiffix lances, un armé de fer pour amarrer fur la
foir, un pieu
glace, une bouffole & un pavillon.
la forme d'un angle aux deux, forme. Harpon, *a
Le harpon a
Lintranchans, & au fommet pointu.
côtés
fait
les côtés
térieur, évalé des deux tiers, 2
que
& elles ont intérieuforment deux branches,
forment deux
rement deux crochets qui y du plein de cet
femi-harpons. A Tévafement
qui tient
angle, eft une verge perpendiculaire de longueur.
manche de fept pieds
à un gros totale du fer eft de. deux pieds un
La longueur
circonférence del la verge
quart; la plus petite demi; fa plus grande épaifeft d'un pouce &
en carré,
eft de quatre lignes
feur au harpon
de chaque branche
La longueur du tranchânt & leur diftance de
at de fix pouces & demi,
M
Tome II,
vafement
qui tient
angle, eft une verge perpendiculaire de longueur.
manche de fept pieds
à un gros totale du fer eft de. deux pieds un
La longueur
circonférence del la verge
quart; la plus petite demi; fa plus grande épaifeft d'un pouce &
en carré,
eft de quatre lignes
feur au harpon
de chaque branche
La longueur du tranchânt & leur diftance de
at de fix pouces & demi,
M
Tome II, --- Page 186 ---
VoYAGE
cinq pouces trois quarts ; leur plus
épaiffeur à
grande
la
l'évafement, eft de fix
&
plus grande épaiffeur du fer*au lignes,
l'angle, eft de neuf
plein de
lignes,
Les douze braffes de cordage blanc
amarrées au barpon, & celles-ci font font
aux autres pieces de
épiffées
deux pouces de
cordage; le premier a
en a trois,
circonférence, & le fecond
Les lances ont une lame de neuf
de
longueur, 2 de trois pouces un tiers de pouces
fur une épaiffeur de deux
largeur,
en fer a cinq pieds de
lignes. Leur verge
trois quarts de
longueur, & un pouce
circonférence ;
un manche de fix pieds.
elle tient à
Lorfque le vaiffeau eft dans des
il efpere que les baleines
parages où
qu'il veut tenir fous
viennent foufliler, &
voile, il court de
bords, à très-petires voiles,
petits
deux ou trois bateaux
après avoir mis
à environ
à la mer; ils croifent
une portée de canon
lui. II eft plus commode
autour de
ne pas tenir fous
pour le vaiffeau de
voile, & d'amarrer fur une
glace, s'il eft en parage de le faire. Il
plus de monde, &
a alors
nombre de bateaux. peur envoyer un plus grand
Ils vont fe tenir fur leurs --- Page 187 ---
VERS LE POLE DU NoRD. 179
avirons ou s'accrocher le long de la même
forme ordinairement une côte, fi .
glace, qui
de
c'eft un banc. Ils fe tiennert à une portée
pierrier du vaiffeau, & à cette même diftance
les uns des autres; en forte qu'ils occupent une
étendue d'environ une portée & demie de
canon. Les fonds des anfes font les meilleurs
endroits TOmMeTLelS
les
faififfent la premiere ouverture
par
glaces, 2
: il eft aufli plus
pour venir fouffler ou refpirer
lon eft aux bancs de
avantageux. 2 lorfque de fe placer à Peft des bancs
glace de Poueft ,
du
plutôt qu'à l'oueft. Les baleines y venant
fud-oueft, & gênées par le banc, fortent dans
fouffler à la furface de l'eau.
Teft à lui, pour
meilleure fur
Si lon croit cependant la place
glace voiline, Pon y envoie les baquelque cela dépend de la grandeur & du gifteaux ;
fement de la glace.
de l'avant, affermi de travail Sinuation du 8c
Le harponneur eft,
Harponneura
la cuiffe gauche par un emboitement qu'une
planche y forme, appuyant fa cuille droite
détruit l'évafément
fur une autre planche qui
du bateau. Il tient avec la main droite le harélongé fur le poing de la gauche, & il
pon
blanc roulé dans celle-ci. Il fait
a le cordage attention à la furface de l'eau,
une continuelle
M ij
mi de travail Sinuation du 8c
Le harponneur eft,
Harponneura
la cuiffe gauche par un emboitement qu'une
planche y forme, appuyant fa cuille droite
détruit l'évafément
fur une autre planche qui
du bateau. Il tient avec la main droite le harélongé fur le poing de la gauche, & il
pon
blanc roulé dans celle-ci. Il fait
a le cordage attention à la furface de l'eau,
une continuelle
M ij --- Page 188 ---
Vor. A G E
Lorfqu'il apperçoit la baleine, l'on rame
fus avec force, la prenant le plus fouvent def
peu de P'arriere, mais quelquefois
un
de l'avant; car alors fa tête eft dire@tement
pour qu'elle puiffe voirle bateau. trop large
eftàdeux ou trois braffes,
Lorfque l'on
d'elle 2 le harponneur lui quelguefois lance
plusprès,
harpon à la
avec force le
tête, au dos ou au
laiffe filer fa ligne. Si
fanc, & il
portée, il lui lance un autre bateau a été à
Eforsdela fieme
auffi un fecond & troibaleine hatharpon. In'y a guere à craindre
ponnéc.
premier coup de
que le
& piqué, donne queue que l'animal, furpris
plonge le
pour s'éviter ou pour fuir. Il
plus fouvent perpendienlairement,
quelquefois
commode diagonalement, > & c'eft le moins
2 parce qu'alors les bateaux font
entraînés au loin. L'on file la ligne
l'on fent que le poiffon la tire
autant que
avec force.
Pendant ce temps, ceux du bateau harponneur ont fait fignal, par leur
qu'ils ont harponné & pris
pavillon n,
baleine, afin que fi elle revient poffeffion à la d'une
les bateaux des vaiffeaux voilins
furface,
nent pas de nouveau
ne la harpon-
: ceux du vaiffeau
tent leur
metgrands ccis pavillon au même fignal 2 & font de
les
de joie; l'on laiffe tomber à l'eau
bateaux qui avoient refté à bord; ils
vont, --- Page 189 ---
LE POLE DU NoRD. 18r
VERS
étoient le long de la glace,
avec ceux qui
le bateau harponneur, 2
joindre en diligence
fiennes lorfpour unir leurs lignes aux
lui aider à
qu'il les aura toutes filées, & pour
lorfque la baleine ne fera plus
les rembraquer
tant d'efforts.
Ceux du bateau harponneur laiffent cependant filer leur ligne, par une moyenne force,
le plus fouvent trois cent cinquante ou quatre chemin
plus de mille. L'anicents braffes, quelquefois
ARs
de
&
fousleau,
mal fe débat au fond T'eau, quelquefois il
le harpon s'arrache'; mais le plus fouvent
commence à perdre fes forces avec fon fang.
Le bateau fe laiffe toujours entraîner en flant
fa ligne, fuivant le chemin que fait V'animal,
qui n'eft guere plus que d'une lieue & demi,
S'il fuit fous les glaces, cela eft moins commode; le bateau, arrêté alors par la glace, eft
de filer beaucoup, &c fouvent la baobligé
fes forces, vient fous la
leine, ayant perdu
glace, s'y embarraffe, & on la perd; quelquefois, étant étourdie par la douleur, elle vient
débattre ou foufller à la furface, & on la
fe
d'autres fois, fi elle a
harponne de nouveau;
fui fous la glace, elle reffort du côté oppofé: Manceuvres,
il faut que d'autres bateaux prévoient cela, des pêcheurse
être à portée de l'y reharponner, &: alors
pour,
M iij
du
glace, s'y embarraffe, & on la perd; quelquefois, étant étourdie par la douleur, elle vient
débattre ou foufller à la furface, & on la
fe
d'autres fois, fi elle a
harponne de nouveau;
fui fous la glace, elle reffort du côté oppofé: Manceuvres,
il faut que d'autres bateaux prévoient cela, des pêcheurse
être à portée de l'y reharponner, &: alors
pour,
M iij --- Page 190 ---
182'
VOYAG E
ceux-ci feulement filent ou halent fur leur
ligne. Lorfque l'on fent qu'elle fait moins d'efforts, l'on hale fur la ligne, & le poiffon fuit
l'impulfion qu'elle lui donne : s'il force de
nouveau, l'on refie en douceur 3 l'on rehale
enfuite, & ainfi, en filant & en rembraquant,
fuivant la force du poiffon 7 cette manoeuvre
dure
quelquefois plus de quatre heures. Lorfqu'il eft très-fatigué & moins fort, l'on rembraque fur les lignes jufques à l'emmener à la
furface, où on lui enfonce des lances dans le
corps;il fe débat en roulant, ramaffe toutes
fes forces, & l'on file un peu des lignes; il
perd bientôt la plus grande partie de fon
fang & de fes forces : on l'amene tout-à-fait
à la furface; ;onluiplonge de nouvelles lances
auffi ayant que l'on peut : l'on acheve ainfi
de le tuer, & l'on fait de grands cris dej joie:
La balcine on le faifit
la
amenée à la
par queue & par les nageoires,
furface.
& on l'amene le long du bord : on lui coupe
la queue; on le faifit de nouveau par de gros
eftrops palés dans le lard, & par un gros
Croc accroché à la gueule; ces eftrops & ces
crocs tiennent à des caliornes fur lefquelles on
pefe, pour mettre la furface du poiffon un peu
au deffus du niveau de l'eau.
Certains peuples, comme les Anglois de
à la
par queue & par les nageoires,
furface.
& on l'amene le long du bord : on lui coupe
la queue; on le faifit de nouveau par de gros
eftrops palés dans le lard, & par un gros
Croc accroché à la gueule; ces eftrops & ces
crocs tiennent à des caliornes fur lefquelles on
pefe, pour mettre la furface du poiffon un peu
au deffus du niveau de l'eau.
Certains peuples, comme les Anglois de --- Page 191 ---
NoxD. 183
VER: S L E POLEDU
de Autre ma-
& les Sauvages du détroit
niere de la
PAmérique
la baleine en mer. Au lieu pécher:
Davis, harponnent
de cordage
d'avoir une auffi grande quantité
ils n'en ont que cinquante
amarré au harpon,
eft
ou foixante brafies, 2 au bout defquelles Ils
de vent.
une bonée ou un ballon-plein
enlaifent débattre la baleine harponnée,qui
la bouée ou le ballon juftraine & plonge
& par fa
ques à ce que, fatiguée par ce poids forces &
bleffure, elle ait perdu toutes fes
fon fang. La bouée ou le ballon revient alors
d'eau, & contreà flot par fon déplacement
a
tient le corps de la baleine. Le harponneur
tâché de fuivre fes mouvemens 2
cependant
fa bouée à flot, il la reprend
& découvrant
furface de l'eau. Cette
& met la baleine à la
dans les glaces, quibrifaçon elt impraticable
on
feroient la bouée, ou au travers defquelles feroit
découvrir en quel lieu cile
ne pourroit
d'ailleurs
de baleines
revenue à flot. Il y a
peu
des
mer ou fur le bord des parages
en pleiné
abondent au contraire dans les
glaces; elles
glaces.
baleine étant le long du bord, on fe dela Dépécement baleincs
La
les dépeceurs
prépare à en embarquer lelard; bottes, d'un
garnifient la femel.e de leurs
carré de fer armé de pointes, pour ne pas
M iv --- Page 192 ---
VoraG E
gliffer fur la peau de cet animal; ils s'arment
de couteaux de différentes longueurs
deux jufques à trois pieds & demi, 2 depuis &
tiennent à des manches de trois
qui
pieds. Des canots font le long du ou quatre de la
corps
baleine, pour recevoir les eltrops & autres
chofes néceffaires à fon dépécement. L'on
commence à couper à la tête & en
une bande de lard que l'on détache feulement. travers,
de la chair, fans la
couper ou féparer du
tout, & l'on y amarre une caliorne à
de neuf torons. Cette bande fert à tenir garant le
corps un peu au deffus de l'eau, & en la détachant de la chair & Télevant, elle le fait
tourner à proportion que l'on a pris le lard
de la furface, & que l'on veut en découvrir
meardulard. Embarque- une nouvelle partie. L'on divife en bandes
toute la longueur du corps; l'on en
le lard par coins de quatre ou cinq pieds, coupe &
on les embarque avec le cabeltan. D'autres
gens divifent ces grands coins en parties d'environ un pied & demi en carré, & les jettent
dans l'entrepont, ou on les met en grenier ;
l'on emparque entiere la gencive qui contient
les fanons, & on la divife fur le pont avec
des coins qui la rompent aifément.
L'on prend dans la fuite ces coins de lard
ueur du corps; l'on en
le lard par coins de quatre ou cinq pieds, coupe &
on les embarque avec le cabeltan. D'autres
gens divifent ces grands coins en parties d'environ un pied & demi en carré, & les jettent
dans l'entrepont, ou on les met en grenier ;
l'on emparque entiere la gencive qui contient
les fanons, & on la divife fur le pont avec
des coins qui la rompent aifément.
L'on prend dans la fuite ces coins de lard --- Page 193 ---
VERS L E POLE DU NORD. 1S;
dans Pentrepont, on en coupe
emmagalinés & les filamens qui les tenoient atla couenne
les
en morceaux
tachés à la chair; on
coupe
fur deux
de quatre à cinq pouces de long, Un long
ou quatre de largeur ou d'épailfeur.
pofé devant la table où on les coupe,
baquet,
avec des
fert à les recevoir, & on les pouffe
l'entonnoir d'une manche 1 qui
pelles dans
un peu fondonne dansles barriquesLagraille arriment
due
le maniement, fait qu'ils s'y
par
lon met dans des barriques
aflez aifément;
féparées, le lard charnu ou filamenteux que
des coins de lard fin, & Pon
l'on a féparé
Les miférables
jette les couennes à la mer.
fécher
du détroit de Davis les font
peuples
fe font
& les mangent. Tous ces ouvrages
des
fans toucher le lard; on le manie avec
des fourches & des pelles. Ily a d'ailgaffes, bien des détails dans lefquels il feroit
leurs
trop long d'entrer.
Les baleines de moyenne grandeur 2 comme détaillée Defeription &
celle que nous primes ici 2 ont : quarante- anatomnique dela baleine.
de longueur de tête en queue, &
huit pieds
circonférence, qui eft à la
leur plus grande
eft de vingt-fix pieds. La tête a un peu
tête,
les deux cinquiemes de
plus de longueur que
des branches
ia totalité du corps. L'ouverture --- Page 194 ---
VoYAG E
de la queue eftunp peu moindre quela
de Ja tête, & la
longueur
profondeur a environ deux
pieds & demi. La largeur des nageoires eft.
les trois huitiemes de celle de la
&
leur longueur eft un
queue 2
peu plus grande que leur
largeur. Les OS de la mâchoire, qui fe joignent en avant en forme d'ellipfe, avoient
chacun dix-huit pieds. Les
tiennent la racine des
gencives, qui confanons, & qui font attachées à l'os fupérieur, dont l'extrémité
forme le mufeau, avoient quatorze pieds ;
les yeux font placés aux deux côtés de la
tête dans la partie latérale; ; l'ouverture des
paupieres eft d'environ cinq pouces, & l'orbe
de Pceil en a environ trois de diametre; il eft
couvert par une rétine qui ne laiffe voir du
noir de l'oeil qu'un ovale vertical; les oreilles font placéesà un pied en arriere des yeux :
l'on découvre à peine un tuyau auffi petit
que celui d'une pipe, & dont l'ouverture eft
embarrafée par P'humeur de l'oreille
a
; ce
tuyau ferpente à travers le lard & la chair de
la tête.
Les deux narines font à cinq ou fix pieds
en avant des yeux, mais en deffus 2 & fur
Pos dont l'extrémité forme le mufeau; elles
ont leur conduit à travers cet Os; leur ouver-
:
l'on découvre à peine un tuyau auffi petit
que celui d'une pipe, & dont l'ouverture eft
embarrafée par P'humeur de l'oreille
a
; ce
tuyau ferpente à travers le lard & la chair de
la tête.
Les deux narines font à cinq ou fix pieds
en avant des yeux, mais en deffus 2 & fur
Pos dont l'extrémité forme le mufeau; elles
ont leur conduit à travers cet Os; leur ouver- --- Page 195 ---
DU NORD. 187
VERS LEPOLE
arc de cercle de fept pouces à la
ture eft en
mais elle diminue bientôt,
furface du corps;
elle n'a que
en forte qu'à un pied en dedans,
: elles font féparées par une memcinq pouces n'a,à la furface que deux pouces; 5
brane qui
croit en dedans du corps.
mais cette épaifleur
eft
La
de l'entrée des narines
fouple,
peau
défendre l'accès à l'eau; la
& fe joint pour
intérieure ouvre
membrane intermédiaire &
&c refferre le canal, fuivant la volontéde Panielles lui fervent à refpirer, &c elles foufmal;
fent Peau en arriere.
Le nombril eft à peu près comme aux quaPour ce qai eft du fexe, lon voit
drupedes.
cavité
d'end'abord aux mâles une
elliptique
de longueur & huit pou-"
viron quatre pieds elle elt formée par les
ces de profondeur ;
la tienchairs qui, fe preffant à la furface,
clofe. A trois oul quatre pouces
nent. prefque
& dans Pintérieur de
du commencement 1
taét deux
cette cavité en arriere, l'on fent au
auffi
trous, en dedans defquels Pon fent
petit les teflicules. L'on y trouve auffi le commens'étend intérieurecement de la verge, qui
où elle
au milieu de la cavité
ment jufques
trou d'une
fort; elle eft pointue, a un petit
&
Tévacuation de l'eâu,
ligne au plus pour --- Page 196 ---
I 88
VorA G E
fa partie extérieure fe tientrenfermée en avanr
dans toute la longueur de la cavité.Le conduit
des excrémens eft à un pied en arriere en dehors de ce tout, & il a environ trois
d'ouverture.
pouces
Les femelles ont deux mamelles d'environ
fix pouces de diametre, &.
qui font placées
aux côtés antérieurs de fa nature; quoiqu'elles
foient un peu rebondies, le mamelon rentre,
& eft recouvert par le rebondiffement de la
mamelle : il eft plus folide; il a deux pouces
de longueur fur un & demi de diametre, &c
fe termine en pointe. Le petit canal pour le
paffage du lait eft d'abord tortueux : il forme
enfuite un très-petit baflin, &.après fa continuation, il a un baflin affez grand. La peau
qui forme l'ouverture de la nature, 2 eft ouverte en longueur de onze pouces; fon intérieur eft formé par des cartilages prefque
offeux, revêtus de chair fine & dure. Un bloc
de ces cartilages eft en avant par pointes &c
irrégulier; un affez grand conduit eft près de
ce bloc; un autre petit conduit eft en ar"
riere. Le canal de l'eau eft en avant du bloc.
Le conduit des excrémens eft en dehors de
ce tout à la furface, & touche l'ouverture de
la peau.
onze pouces; fon intérieur eft formé par des cartilages prefque
offeux, revêtus de chair fine & dure. Un bloc
de ces cartilages eft en avant par pointes &c
irrégulier; un affez grand conduit eft près de
ce bloc; un autre petit conduit eft en ar"
riere. Le canal de l'eau eft en avant du bloc.
Le conduit des excrémens eft en dehors de
ce tout à la furface, & touche l'ouverture de
la peau. --- Page 197 ---
VERS L E POLEI DU NoRD. 189
La gueule de cet animal n'a que trois OS 2
lesdeux de la mâchoire inférieure, & celui dés
Deux
levres font attachées à
narines.
grandes
& couvrent les fanons ; elle rence dernier,
immenfe qui a douze à quaferme une langue
environ fix de lartorze pieds de longueur,
d'épaiffeur, & qui eft extrèmement
geurgtrois
molle.
Le palais eft formé par les fapons qui font
de chaque côté de l'os fupérieur, 8c
rangés
une matiere blanche de la
y font attachés par
fine &
qualité d'un fuif fec, mais plus
plus
& elle calle aifément : ils font un
compa@e,
de
&c leur tocirculaires en façon
faux,
peu
de voûte en arc de
talité forme une efpece
de
cloitre. Ces fanons, de dix à onze pieds
longueur, de cinq : pouces de moyenne larétant rangés
geur & de deux lignes d'épaiffeur,
leur larfeuilles les uns contre les autres,
par
du palais, 2 & ils ne
geur devient l'épaiffeur
la leur; elle eft garnie en defpréfentent que
la
de crins qui
fous & dans toute
longueur,
du
à quinze pouces à Pextrémité
ont jufques
font
la continuation des
fanon, & qui ne
que
font
le
Ces fanons
plus
fibres qui compofent.
& chacun
petits vers P'avant de la gencive,
d'eux fe termine en pointe; ils fervent appa- --- Page 198 ---
6ro
V
Y A G E
remment à l'animal, avéc leurs crins, pour ramaffer fa nourriture, & les crins de l'intérieur
empécheat qu'elle ne s'échappe à travers les
fanons. 2 qui laifent cependantl'efpace néceffaire à l'écoulement del'eau.
Incertitude Je n'ai pu découvrir quelle étoit la
furlamaniere de fe noutrir riture de la
il y a
nourde la balcine. eft
baleine;
apparence qu'elle
petite, point dure, & peut-être aqueufe;
car les fanons plieroient contre une matiere
dure ou coriace, J'avois fait virer une petite
baleine aux cabeflans 9 pour être à portée de
faire fouiller dans fon eftomac; mais le grand
poids ayant caffé les eftrops, & la chute de
l'animal pouvant bleffer les gens du canot,
ou le brifer, je renonçai à mon deffein. Certaines gens prétendent qu'elle avale des po.
lypes de la groffeur d'une féve. L'on m'af-.
fura qu'elle fe nourriffoit d'une petite carnofité que l'on m'apporta ; elle étoit de la' groffeur d'un ceuf, à -peu près de la forme du
melon; & des fibres dans fa longueur 2 qui
en refferroient la furface, lui donnoient la
forme des côtes de ce fruit; certaines fibres
rouges 2 répandues dans toute la carnofité,
lui donnoient une couleur rougeâtre ; le refte
ne me parut être qu'upe matiere vifqueufe. Je
doutai fort qu'une baleine pût s'en nourrir;
it de la' groffeur d'un ceuf, à -peu près de la forme du
melon; & des fibres dans fa longueur 2 qui
en refferroient la furface, lui donnoient la
forme des côtes de ce fruit; certaines fibres
rouges 2 répandues dans toute la carnofité,
lui donnoient une couleur rougeâtre ; le refte
ne me parut être qu'upe matiere vifqueufe. Je
doutai fort qu'une baleine pût s'en nourrir; --- Page 199 ---
VERSI IE POLEDU
carl'ayantr de
mife à fécher, il ne refta Norn. 19I
folide, & F'aliment de la
prefquerien
ment unpeude folidité;
baleine a certaineleur de fafran, en
carfes excrémens, C coufe nourriffoit de ontaflez.Je crus plutôr qu'elle
que l'on prit dans chevrettes la
: un loup marin
tomac plein,
fuite, qui enavoicl'efau fond de la m'indiqua qu'elles
feroient
mer. Les fanons de abondoient la
tres-propres à les
baleine
pour les écrafer, & elles ramaffer, affez forts
pour craindre
font affez petites
la diftance des qu'elles fanons, ne s'échappenr à travers
& Je fis arracher de la
une piece de chair où gueule d'une baleine,
gofier. Il n'avoit
étoit une partie de fon
circonférence. pas plus de cinq
moit,
Ce conduit des pouces de
dans un
alimens foroù un autre conduit endroit, une efpece de baffin
bouchure de celui-ci venoit aboutir; l'emparune efpece de
étoit d'abord garantié
ioudelicommeand revêtemerit qui formoit aupalloient autour de doublecanal. Les alimens
ce revêtement. Le cette embouchure & de
qu'ils ne touchafent revétement
cond
à
empéchoit
il les conduit, & en cas T'embouchure qu'ils.
du felcs recevoit dans fon canal sécartallent,
touffemens de Tanimal circulaire, d'où
pouvoient les ren- --- Page 200 ---
Vos Y A G E
yoyer dans leur premiere route.
étoit 1 tenue ferrée par trois
L'embouchure
triangulaire entroit
pointes, dont Pune
en coin entre les
tres : elles étoient formées
deux aud'un cartilage
que offeux, mais flexible,
preffine & dure, Ce canal avoit krevétusd'une chair
partie, la forme d'une M à affez, dans cette
mais plus
jambes arrondies; 3
intérieurement, le coin du milieu difparoiffoit, & il prenoit affez la forme de
partie inférieure d'une
la
offeux & flexible
ancre J. Le cartilage
qui le formoit,
le canal devenoit
groffiffoit, &
diftance. Iln'étoit plus confidérable à peu de
& il falloit
cependant jamais ouvert,
Fentr'ouvrir; les
ne lailloient
cartilages ferrés
apparemment de
vant la volonté de P'animal; paffage quefuiconduifoit aux
je crus qu'il
poumons : il avoit
pouces d'ouverture à
quatre
un pied & demi
T'embouchure, & fix à
plus intérieurement. Un
tomifte eût d'ailleurs mieux
Anaque moi,
compris tout cela
Les nageoires ont cinq OS avec des articulations en forme de doigts; elles font trèspeu marquées, & ces OS ne font point
Ces animaux
durs.
feroient - ils un anneau de la
chaine des phoques aux poiffons ?
La
mons : il avoit
pouces d'ouverture à
quatre
un pied & demi
T'embouchure, & fix à
plus intérieurement. Un
tomifte eût d'ailleurs mieux
Anaque moi,
compris tout cela
Les nageoires ont cinq OS avec des articulations en forme de doigts; elles font trèspeu marquées, & ces OS ne font point
Ces animaux
durs.
feroient - ils un anneau de la
chaine des phoques aux poiffons ?
La --- Page 201 ---
YERS L E POLET DU NoRD. 193
La queué eft fortifiée par un bloc de nerfs
qui font de chaque côté de Tépine du dos.
Ce bloc eft compofé de fix à fept nerfs ronds,
d'énviron trois lignes de diametre. Ils font
unis par de petits nérfs, &. recouverts par un
nerf ou membrane nerveufe qui eft ellegros même compofée de nerfs plats. La cervelle
eft aflez confidérable pour remplir un feau;
elle eft compofée d'une matiere pareille à du
fuif mou, & elle eft pleine de filamens. Il n'y
trois
de chair fur le corps
a qu'environ
pouces
de Panimal ; elle eft par gros filamens, comme
celle du boeuf, & de couleur rouge. Le lard
eft en deffus; il n'a en certains endroits que
huit à dix pouces d'épaiffeur, & douze ou
quatorze dans d'autres; la couenne recouvre
le tout; elle eft noire, & a environ dix lignes
d'épaiffeur.
Cesanimaux ont beaucoup de fang, comme
tous ceux des pays froids, & ils paroiffent
avoir beaucoup de chaleur.Je fus curieux de
mettre le thermometre dans une baleine qui
étoit morte depuis une heure & demie, & il
y refta fept minutes; il ne monta qu'au dixfeptieme degré. Je ne pus le plonger que dans
le lard; la baleine avoit perdu prefque tout
fon fang, câr on lui avoit coupé la queue.
Tome II.
N --- Page 202 ---
V O Y A G E
Je mis ma main une autre fois dans
Jeine morte depuis
une balong-temps, elie me
plus chaude:mais je ne voulus
parut
mon
pasyrehafarder
thermometre, car on Pavoit perdu la
premiere fois dans le trou que l'on avoit fait
pour le plonger.
La couleur de la baleine eft noire; le deffous & les bords de la gueule font blancs
femés decette couleur; les
ou
bril, les
paupieres, le nommamelles,lecontour de la nature, font
également blancs; ces deux derniers forment
à la vue une efpece de fleur de lis
Si P'animal a quelque cicatrice,
blanche.
lement blanche, & cela
elle eft égaarrive fouvent aux
nageoires, à la queue & au dos, par. les abordages des glaces, ou parle combat du
à fabre. Cette couleur eft moins
poiffon
les jeunes que dans les
étendue dans
qu'elle
vieilles; & j'ai cru
provenoit des humeurs & de la force
de l'age.
vivans Scarabées
L'on voit
> &
fur Ia
le
croiffans fur fous les
peau,
plus fouvent
lapeau de la
nagecires, des efpeces de
balcinc,
qui y font accrochés; ils
fcarabées
y croiffent & y
prennent leur nourriture; ils font de la
feur d'une petite féve.
grof
L'onp peint le dos de ces animaux
beaucoup
humeurs & de la force
de l'age.
vivans Scarabées
L'on voit
> &
fur Ia
le
croiffans fur fous les
peau,
plus fouvent
lapeau de la
nagecires, des efpeces de
balcinc,
qui y font accrochés; ils
fcarabées
y croiffent & y
prennent leur nourriture; ils font de la
feur d'une petite féve.
grof
L'onp peint le dos de ces animaux
beaucoup --- Page 203 ---
VERS LE POLE DU NoRD. 195
élevé & plus courbe qu'il n'eft réelle- courbure Eiteur furla du
plus
venir de ce que lorf- dos de CC
ment : cette erreur peut
poilfon.
qu'elles paroiffent à fleur d'eau & qu'elles
le dos refte à découvert, tandis
plongent, fouvent tout le refte du corps eft dans
que
leau : on ne les voit alors que diagonalement;
elle peut venir aufi de ce quel la tête fe trouve
enfoncée entre Pélévation de l'os des narines -
& celle du dos. L'élévation de ce dernier eft
d'environ deux pieds au deffus du corps, &
celui des narines d'environ un pied & demi.
Les femelles n'ort qu'un petit, comme je
lai déjà dit. Il m'a paru que' ces animaux
étoient de plufieurs efpeces différentes en grandeur : celles du nord m'ont paru être à proportion plus longues & moins groffes que
celles du fud-oueft. Diverfes comparaifons
m'ont fait penfer que certaines petites baleines
vieilles que d'autres
étoient cependant plus
qui étoient plus grandes. Celle que je dépeins
ici, eft des moyennes; & elles donnent ordinairement foixante barriques d'huile, tandis
qu'il y en a de grandes qui en donnent jufmais elles font trèsques à cent cinquante;
donnent
rares.1y en a auffi de petites qui n'en
quinze ou vingt, & elles font affez com:
que
munes.
N ij --- Page 204 ---
Vox A G E
En confidérant l'énormité de
ces poiffons;
quejenvifageois, fi je puis
comme faifant partie des m'exprimer ainfi,
aquatique,
oifeaux du fuide
je repaffai dans ma mémoire la
grandeur des êtres quej j'avois vus dans
fluide aérien,
notre
ayant une vie, une
une organifation
croiffance,
quelconques.
fon Comparai- des ani- Je voyois, d'un côté, les arbres
mauxdu Au- sique, énormes
de PAméde aguarique
par leur
&
avea ceux du chage, fixés
corps par leurbrantude aétien,
conflamment au fol, tenir le
premier rang parmi les végétaux;
animaux
parmi les
diféremment rampans, ou marchant, foit à pas
étendus, foit à pasplus ou moins
précipités, fur la furface de ce même fol, l'éléphant; & parmi les oifeaux,
pent & tantôt s'élevent
qui, tantôt ramle cafouard
au deffus de ce
ou l'autruche.
fol,
Mais d'un autre côté,
dans le fluide
je ne connoiffois
aquatique rien qui pût correfpondre à ces êtres créés, que le
immenfe par fon étendue, fixé madrepore,
nos végétaux; & la baleine, au fol comme
feau, : s'élevoit au deffus du qui, comme Poifol.
exiftoit un être
Jignorois s'il
fol du fond des rampant ou marchant fur le
eaux : mais s'il y a de l'analogieentre les étresaguatiques & les
aériens, &c
aquatique rien qui pût correfpondre à ces êtres créés, que le
immenfe par fon étendue, fixé madrepore,
nos végétaux; & la baleine, au fol comme
feau, : s'élevoit au deffus du qui, comme Poifol.
exiftoit un être
Jignorois s'il
fol du fond des rampant ou marchant fur le
eaux : mais s'il y a de l'analogieentre les étresaguatiques & les
aériens, &c --- Page 205 ---
VERS LE POLE DU NoRD. 197.
fij je puis comparer les madrepores à l'arbre,
& la baleine à l'autruche; que dois-je penfer
de P'énorme grandeur de Pêtre rampant ou
marchant fur le fol du fond des mers, s'il
exifte, & qui doit correfpondre à P'éléphant?
les crabes & les autres fcaCar je ne regarde
font conrabées de la grande claffe qui nous
& quelon trouve vers le bord de la mer,
nus,
lesinfeétes de la fommité des monque comme du fol maritime. Cétte analogie me patagnes roiffoit vraifemblable, pouvant y en avoir une
infinité d'autres entre tous les êtres de la création, qui nous font inconnues. Elles mep paroifles découvertes favantes des
fentindiquées par entrevu la chaîne des divers
Phyficiens qui ont
êtres de la Nature,
fuis
trop étendu fur ce qui
Je me
peut-être mais étant Panimal le plus
concerne la baleine;
cru qu'il
grand connu qui exifte fur le globe,Taic
efttemps de revenir
méritoit un ample détail.Il
au vaiffeau.
-
J'ai déjà dit que nous avions amarré par
de brume fur un banc qui bordoit
un temps baie d'une lieue de largeur, & qu'outre
une
les
tout étoit occupé par
glaces.
cet efpace 2
la place n'étoit pas
Nous vîmes bientôt que
N iii --- Page 206 ---
VOrAG E
Le vaiffeau bonne. Une
prelfe par les
grande glace dérivoit fur nous
Gcs. grandes gla- avec. vitefle; nous halâmes le vaiffeau dans
le fond d'une anfe, & la grande glace fe
fixa fur les pointes qui la formoient. Les baleine fouffloient abondamment dans la baie;
mais nous étions enfermés. L'on tranfporta
les bateaux par- deffus la glace
moins de dix encablures, &
l'efpace au
on les mit à l'eau
danslal baie; cette manoeuvre pénible ne réuffit
pas, car on ne prit rien. Les baleines nous
rompoient cependant les oreilles, & elles venoient fouffer jufque dans notre petite anfe.
Le lendemain, S Juin, la baie étoit entiérement occupée par les glaces; :6 elles avoient
tellement preffé celle qui nous tenoit renfermés, que celle- ciavoit caffe un cap de notre
Mouvemens anfe. Je ne faurois
irréguliers
généralement définir les
des glaces. divers mouvemens des glaces; j'en ai vu de
libres dériver fuivant une diredtion différente
de quatre aires de vent; j'en ai vu d'autres
tourner de huit, dansl'efpace de trois heures :
certaines venoient avec une viteffe affez
grande, & ralentiffoient enfuite leur courfe;
d'autres tournoient tantôt d'un côté, tantôt
de l'autre, Je n'ai pu trouver de caufe à ces
divers mouvemens, que dans la différente configuration, tant inférieure que fupérieure de
'en ai vu de
libres dériver fuivant une diredtion différente
de quatre aires de vent; j'en ai vu d'autres
tourner de huit, dansl'efpace de trois heures :
certaines venoient avec une viteffe affez
grande, & ralentiffoient enfuite leur courfe;
d'autres tournoient tantôt d'un côté, tantôt
de l'autre, Je n'ai pu trouver de caufe à ces
divers mouvemens, que dans la différente configuration, tant inférieure que fupérieure de --- Page 207 ---
VERS LE POLE DU NORD. 199
fottans, qui doivent préfenter au
tes. corps
des furfaces différentesles
courant & au vent,
eft des bancs de
unes des autres. Pour ce qui
vent fait fur eux un trèsglace,je crois quele
doit
effet: La variété de leurs mouvemens
petit
les uns avec les
provenir de leurs abordages. où ils fe font aborautres, & de la partie par
doit condés. Un banc abordé par fon centre mais s'il eft
tinuer à dériver uniformément; il doit éviter, &c
abordé par fon extrémité, 2
vitelle en
fon aire à l'autre extrémité a une abordé.
raifon de la diftance, jufques au lieu
il
évitant rencontre un autre cap,
Si ce cap
ralentir fa courfe, & s'il
doit ou le caffer ou
doitprendre
eft moins fort quelui, fon évitage
direêtion: : ces maffes fe heurtentainfi
une autre
fans ceffe; mais, comme on
&sentrechoquent je fus près de payer chérele verra bientôt,
de leurs mouvemens, &
ment la connoiflance
de les pré:
la brume qui nous avoit empèchés
voir, manqua de nous être funelte.
heures après que le cap de notre pei
Quatre
Pamoncélement des
tite anfe eut été brifé,
montroit
les glaces prefglaçons nous
que quefi leur com- Crainte que ne
foient fortement. L'on craignit elle n'éciafit levaiffeau fic écrafés
prelion venoit jufques à nous,
exemples de pareils
le vaiffeau; il y a plufieurs
N iv
oit empèchés
voir, manqua de nous être funelte.
heures après que le cap de notre pei
Quatre
Pamoncélement des
tite anfe eut été brifé,
montroit
les glaces prefglaçons nous
que quefi leur com- Crainte que ne
foient fortement. L'on craignit elle n'éciafit levaiffeau fic écrafés
prelion venoit jufques à nous,
exemples de pareils
le vaiffeau; il y a plufieurs
N iv --- Page 208 ---
Vox A G
événemens, & deux vaiffeaux
cette même année. L'on efpéra léprouverens
du banc où nous étions
que le centre
choc, & l'on réfolut
amarrés réfifteroit au
Bain for- le
d'y former un baffin ot
mé de main
vaiffeau pût être à l'abri. Je fus
d'homme cette
furpris de
dans uu banc
entreprife que j'avois entendu
de glace, mais que je n'avois pu croire; l'on citer,
cependant. L'on fe fervit de fcies y réuffit
d'environ
quatorze pieds de longueur fur fept
de largeur, & environ deux lignes & pouces demie
d'épailleurs les dents étoient d'un
demi de profondeur. Elles
pouce &
deux
ont dans le haut
trous pour paffer deux manivelles en
croix, ot quinze à feize hommes
travailler aifément. Si la glace eft
peuvent
ou que les hommes
trop épailfe,
ne puiffent fuffire à la
fcier, l'on établit un bringueballe
attache la fcie;
auquel l'on
bout
on lui met des poids dans le
inférieur, & l'on hale fur le
balle. L'on a dès fcies de diverfes bringuefuivant l'épaiffeur de la glace. L'on grandeurs,
bord le contour que l'on vouloit traça d'anouveau baflin, l'on
donner au
en fcia enfuite l'intérieur
par bandes, on les déblaya, & on les arrima
dans le peu d'eau que nous avions de
on en plongea
l'avant;
vailfeau
quelques-uns, &c l'on hala le
dans ce nouveau lieu,après avoir démonté fon gouvernail.La fcie faifoit affez de
ur de la glace. L'on grandeurs,
bord le contour que l'on vouloit traça d'anouveau baflin, l'on
donner au
en fcia enfuite l'intérieur
par bandes, on les déblaya, & on les arrima
dans le peu d'eau que nous avions de
on en plongea
l'avant;
vailfeau
quelques-uns, &c l'on hala le
dans ce nouveau lieu,après avoir démonté fon gouvernail.La fcie faifoit affez de --- Page 209 ---
VERS LE POLE DU NoRD. 201
themin à chaque braffée; la glace craquoit
aifément deffous; il eft vrai qu'il y avoit quahommes
pefoient fur fes manivelles.
torze
qui
du courage des homJ'admirai les reffources
mes, & je trouvai cette invention très-belle,
quoique pénible : quel dommage qu'elle ne
doive fa naiffance qu'à la foif de lor, qui va
fous les climats glacés du Pole s'abreujufque des travaux & des miferes de Pindigence!
ver
Nous étions placés dans notre petit baffin, /
l'avant préfentoit à fon entrée:
de façon que
le vaiffeau fût écrafé,
Il falloit donc, pour que
fa force de P'avant à l'arriere cédât, & elle
que eft la plus confidérable dans cette diredion, Force des
Les vaiffeaux Hollandois deftinés pour ces vaiffeaux
font d'ailleurs d'une conftruéion Hollandois deflinés pour
parages,
la navigation desglaces. ces' climats.
folide & expreffe pour
celle des vaifLa membrure eft plus forte que
feaux du même rang, & prefque fans maille.
Les perceintes, beauquieres, ifloires, varande porque 2 courbes, baux, & génégues
les
de liaifon y font
ralement toutes
pieces
L'avant eft fur-tout d'une force
multipliées.
les
le borconfidérable, outre que
guirlandes
dent à plein : il a en dedans un fecond rang
d'apôtres fans maille, & des buttes diagonales
du premier bau à ce fecond rang d'apôtres; ;
maille.
Les perceintes, beauquieres, ifloires, varande porque 2 courbes, baux, & génégues
les
de liaifon y font
ralement toutes
pieces
L'avant eft fur-tout d'une force
multipliées.
les
le borconfidérable, outre que
guirlandes
dent à plein : il a en dedans un fecond rang
d'apôtres fans maille, & des buttes diagonales
du premier bau à ce fecond rang d'apôtres; ; --- Page 210 ---
V a Y A G E
en forte qu'il faut que ce bau foit enlevé
pour quel'avant cede.Ce mêmeavant a quatre
bordages de chêneles uns fur les autres; ils ne
font point horizontaux, mais verticaux, afin
qu'ils foient moins déchirés & moins fujets
à être enlevés par les chocs des glaces. Toutle
vaiffeau eft doublé en chêne; il eft indi(penfable qu'il le foit à la flottaifon, & il-eft trèsutile qu'il le foit en deffous; il y reçoit quelquefois,pendantla compreffien,derudes chocs
par les glaçons, qui, coulant fous les glaces
voifines, trouvent le vide qu'il forme, parce
qu'il ne tire pas autant d'eau qu'elles. Ces
çons voulant revenir à flot, heurtent par Bla
aire le deffous du vaifleau quis'y oppofe.
Nous fûmes quelque temps afez tranquilles;
mais le 6, les glaces prefferent tellement,
celle quinous renfermoit caffa
que
& difparut. Ses débris avoient par été morceaux,
obligés de
Lebancde couler en deffous des
glace caffe
grandes glaces. Notre
Ec l'effort banc caffa également bientôt
autour de
glaces.
après
nous; fes glaces couloient les unes fur les autresa avec la vitefle d'une demi-lieue à P'heure;
d'autres fe rangeoient de can; le vaiffeau, fortement comprimé par fa joue de bâbord, culoit vers ftribord, & broyoit la glace où il
formoit fon berceau; les glaçons s'amonce-
ace caffe
grandes glaces. Notre
Ec l'effort banc caffa également bientôt
autour de
glaces.
après
nous; fes glaces couloient les unes fur les autresa avec la vitefle d'une demi-lieue à P'heure;
d'autres fe rangeoient de can; le vaiffeau, fortement comprimé par fa joue de bâbord, culoit vers ftribord, & broyoit la glace où il
formoit fon berceau; les glaçons s'amonce- --- Page 211 ---
#
VERS L E POLE D U NORD: 203
loient autour de nous 5 quelquefois les glaces,
calier, réfiftoient, & l'effort
trop fortes pour
faifoit
de
foutenoient leur
prendre
qu'elles
le vaiffeau craquoit alors forte- craque, Le vaiffeau & eR
la courbure ;
à celui d'un cabef- menacéd'êtto
ment par un bruit pareil
écrafé.
& nous
tan qui tourne un poids très-lourd', écrafé.
craignions de voir Pinftant où il feroit
L'on avoit tiré de la cale quelques barriques
de vivres pour les tranfporter fur les glaces,
le vaiffeau cafferoit; nous avions la
lorfque
& de nous faureffource de nous y téfugier,
mais ExtrÉmités
ver de lune à l'autre avec nos bateaux;
del'équipages
immenfité de travaux peut être infrucquelle
miferes dans un afile auffi
tueux, & quelles
auffi rude ! Bientôt Réflexionsi
froid, & fous un climat
ifolé dans ces vaftes déferts, où nous aurions
attendu la mort du froid ou de la faim, je
préparois à de rudes travaux; je faifois
m'y
réflexions. , & je me rappelois! les dan-.
quelques
j'avois effuyés dans mes voyages prégers que
cependant toujours en la
cédens ; j'efpérois
qui m'aProvidence, cette main fecourable,
contre la fureur des Sauvages
voit préfervé
de Tégas,
irrités de PAmérique, aux plaines
la faim & les Typhons, 9 à la mer du
contre
aux côtes de Samar, de
Sud, de la captivité
dans leurs: a
a vengeance des Arabes courroucés
déferts, d'un naufrage prefque certain au Cap.
toujours en la
cédens ; j'efpérois
qui m'aProvidence, cette main fecourable,
contre la fureur des Sauvages
voit préfervé
de Tégas,
irrités de PAmérique, aux plaines
la faim & les Typhons, 9 à la mer du
contre
aux côtes de Samar, de
Sud, de la captivité
dans leurs: a
a vengeance des Arabes courroucés
déferts, d'un naufrage prefque certain au Cap. --- Page 212 ---
VoYAG E
des" Tourmentes, & enfin des tempêtes & des
dangers des mersignorées de la partie auftrale;
cette même bonté fuprême pouvoit étendre
fon bras jufque vers les extrémités des
Craintes & éternelles du Pole
glaces
alarmes,
Boréal, Ilrégnoit un morne
filence; l'on écoutoit attentivement la force
des craquemens du vaiffeau; fon avants'étoit
élevé par les glaces quiavoient paffé deffous;
iln'yavoit aucune précaution à prendre: cette
matinée fut trifte,
A onze heures, la compreflion ceffa; les forces adivescpaflive étoient en équilibre, & elles
y refterent jufques à fix heures du foir, que la
comprefion commença de nouveau à faire
craquer le vaiffeau; elle fe faifoit fur la joue
de ftribord; mais fa force me parut moindre
que celle du matin; elle ceffa à une heure du
lendemain matin, & nous fàmes tranquilles
toutel lajournée du 7. A deux heures du matin
du 8, les glaces firent encore des efforts, mais
peu 5 une glace élevée-écarta les débris, &
vint fe placer fous notre beaupré, en faifant
plonger les morceaux qui y étoient compri
més; fa grandeur ne me paroiffoit pas d'un
bon augure, fi elle venoit à faire un effort
confidérable fur le vaifleau. Il étoit cependant
malheureux que nous effuyaflions ces revers à --- Page 213 ---
VE RS LE POLE DU NOxD, 205
Vextrémité de ce banc ; car nous voyions en
endroits la mer affez libre, qui forplufieurs
canaux & des baies étendues;
moit de vaftes
tantôt
elles fe fuccédoient aflez rapidement;
mêmes
étoient occupées par des
ces
places
Ilr me parut
glaces, tantôtelles en étoientlibres.
l'extrémité des bancs étoit le plus mauque
la compreffion. Elle
vais lieu pour fupporter
milieu de leur
doit y être plus forte qu'au
côte, & je la crois en raifon de la longueur
de rotation. S'il étoit
du banc ou du rayon
doit être
poflible de prévoir dans un banc qui
fes deux extrémités, quelle fera
comprimé par
abordée, je crois que
la partie la premiere
celle-ci effuieroit un moindre choc que l'autre.
Ces raifonnemens peuvent cependant avoir
d'exceptions, & il me paroitdifficile
beaucoup former de folides fur cette matiere. Si
d'en
des bancs eft la moins favorable
T'extrémité
elle eft aufli la plus à
pour la compreffion, les doubler, & le milieu de leur
portée pour
chaque parti a fes inconcôte le feroit moins;
fa- Evénemens
véniens. La même incertitude exifte, pour
difficiles à
voir s'il eft plus à propos de fcier le baflfin prévoir,
où l'on veut fe mettre à Pabri, dans la partie
la plus forte de la glace, ou dans une partie
épaiffeur. Il me
oùr elle n'a qu'une moyenne
forte étant
parut d'abord que la partie la plus
portée pour
chaque parti a fes inconcôte le feroit moins;
fa- Evénemens
véniens. La même incertitude exifte, pour
difficiles à
voir s'il eft plus à propos de fcier le baflfin prévoir,
où l'on veut fe mettre à Pabri, dans la partie
la plus forte de la glace, ou dans une partie
épaiffeur. Il me
oùr elle n'a qu'une moyenne
forte étant
parut d'abord que la partie la plus --- Page 214 ---
VorAGE
moins fujette à caffer, le vaiffeau
étoit
moins en danger que dans une partie y
nement foible qui cafferoit à la
moyenMais fi celle-cieft affez forte
compreflion,
pour caffer cette
glace épailfe dans laquelle l'on eft
& pour en comprimer les
renfermé,
morceaux, leur
épaiffeur ne permet point à la compreflion de
les caffer entiérement, de les broyer, & de les
amonceler. Ils oppofent une force confidérable; le vaiffeau ne pouvant les moudre, eft
obligé de la fupporter en entier, & il eft écrafé, s'il eft plus foible qu'eux.
la glace où l'on eft enfermé
Si au contraire
eft d'une épaiffeur
moyenne, elle caffe bientôt à la
qui la moud, en amoncele
compreflion
les
ou en fait couler
morceaux ; le vaiffeau cede avec eux à la
force quile pouffe; il comprime
morceaux & les broie, il eft plus également fort
ces
Ils ont cependant émouffé la force qu'eux.
& elle peut fe ralentir.Si, dans
agiflante,
le vaiffeau
ce mouvement,
rencontre une partie plus forte
lui, il caffe indubitablement.
que
fur Réfexions la
Plufieurs vaiffeaux
perte
périffent chaque année
desvaiffcaux. par ces effets. Suivant les informations
j'ai prifes fur la façon dont ils avoient été bri- que
fés, 2 ils l'ont été prefque tous
par l'arriere,
après avoir été mis fur le côté, & après
que
.Si, dans
agiflante,
le vaiffeau
ce mouvement,
rencontre une partie plus forte
lui, il caffe indubitablement.
que
fur Réfexions la
Plufieurs vaiffeaux
perte
périffent chaque année
desvaiffcaux. par ces effets. Suivant les informations
j'ai prifes fur la façon dont ils avoient été bri- que
fés, 2 ils l'ont été prefque tous
par l'arriere,
après avoir été mis fur le côté, & après
que --- Page 215 ---
VERS LE POLE DU NORD. 207
hoenteddato-dasdhneed la comfe faifant par l'arriere. Le vaiffeau fur
prefion
àl'efle côté, & dans cette pofition, préfente
fort la partie la moins forte de fa courbure, &
ou la ligne droite de Péfon arriere préfente
tambot, ou la courbe concave des façons qui
oppofent moins de réfiftance qu'une courbure
convexe.
banc
s'appuyoit à l'oueft du
Le 9, un
qui
nôtre , caffa, & fes morceaux, apparemment
quelque banc antérieur, vinrent
preffés par
morceaux les pieces du -
caffer en plus petits
nôtre. A fix heures du_foir, la haute glace que
avions de l'avant, dériva de fept à huit
nous braffes; lon travailla à fortir de cette place,
les grelins cafferent, défenchâffer Difficultéde
mais infiudueufements défenchâffer le vaiffeau de levailleaude
& l'on ne pouvoit
étoit échoué dedanslagla: C:.
dedans la glace; l'on crut qu'il
fur des glaces qui avoient coulé deffous, &
tenoient aux bancs voifins. La glace qui
qui
revint fur nous à dix heuavoit un peu détivé,
elle nous comres, &, amoncelant les glaçons,
ftribord de
prima encore" aflez fortement par
lavant. Nous donnions un peu la bande fur
bâbord; fon effet ceffa heureufement dans peu.
Le lendemain elle dériva tout-à-fait, & nous
laiffa paffage pour fortisde ce lieu. Nous tra- --- Page 216 ---
VoriG E
vaifeau Effort du vaillâmes à en profiter, & nous eûmes
qui
beatifc dégage, coup de peine à défenchâffer le vaiffeau; la
forme de fon coutour étoit empreinte dans la
glace; comme fi elle eût été un moule ; les
pérceintes 2 la courbure, les gonds de P'étambot y étoient exadtement marqués, & elle étoit
moulue comme du verre; le vaiffeau devoit
avoir fait un effort très confidérable. Il faut
avoir vu ces fortes de chofes, pour les croire.
Notre banc avoit évité pendant tout ce temps,
tantôt de l'oueft nord-oueft à l'oueft : nordoueft, & tantôt il revénoit de celui-ci jufques
au nord-oueft. Nous étions par foixante-dixhuit degrés deux minutes de latitude, &
la longitude occidentale de trois degrés. par La
variation de l'aiguille étoit de vingt-deux degrés. Le ciel avoit changé depuis quelques
jours, & nous avions fréquemment de la
brume.
Nous gagnâmes à la touée un lieu du mêmé
banc, où il nous avoit paru - que les glaces
n'abordoient pas auffi fréquemment, & nous
nous propofions d'y attendre que le paffage
s'ouvrit, pour joindre les canaux que nous
voyions en delà des banes. Nous fciâmes dans
ce lieu un nouveau baflin pour le vaiffeau,
ayant toujours la précaution de lui faire préfenter
ment de la
brume.
Nous gagnâmes à la touée un lieu du mêmé
banc, où il nous avoit paru - que les glaces
n'abordoient pas auffi fréquemment, & nous
nous propofions d'y attendre que le paffage
s'ouvrit, pour joindre les canaux que nous
voyions en delà des banes. Nous fciâmes dans
ce lieu un nouveau baflin pour le vaiffeau,
ayant toujours la précaution de lui faire préfenter --- Page 217 ---
VERS LE POLE DU NoRD. 209
Ienter l'avant au large, & nous mîmes fon
étambotàla jonaion de deux pieces de glace
foudées, afin que, dansle cas de compreflion,'
aifément frayer la route qu'il fe feil pût plus
dériva bientôt fur
roit en cédant. Une glace
fur un
notre baffin; mais ne s'appuyant que
de fes côtés, & fa courfe élongeant prefque
le banc, elle caffa ce côté, &l'entraina avec
elle. Notre travail fut détruit, & ayant vu une
anfe qui fe terminoit par un chenal étroit,
& nous y fàmes trannous nous y rendimes,
quilles.
J'avois remarqué que certaines éminences
& finuofités des glaces paroiffoient de couleur bleue; je crus m'appercevoir qu'à proportion que je changeois de pofition, cette
Je m'en affurai, étant
couleur difparoifloit.
couleur n'étoit
defcendu fur la glace; cette
caufée
la réfexion
qu'une erreur des yeux, 2
par
de la blancheur de la glace, ou de la neige
dans fes finuolités.
Lorfque la brume ne permettoit pas de voir
on alloit avec les bateaux voiràla
au loin,
s'ouvroit point queltête des glaces, s'il ne
confidérablepallage. La nôtre évitoit
que
où elle préfenment, & de Toueft-nord-ouelt
à
elle avoit tourné jufques
toit auparavant,
C
Tome II. --- Page 218 ---
Vo Y A G K
préfenter à l'eft. Les vents furent
&
riables, de même que le ciel,
petits vatemps, & ils ne fraichirent 2 pendant tout ce
tie du fud-eft. Le ciel
quele 17 de la parfrais
annonçoit qu'il ventoie
gros
en mer; le temps n'étoit point
& le thermometre étoit au deffus de la froid,
les neiges des glaces, humeatées
glace;
ques jours par la
depuis quelfondre
brume, commencerent à
après une petite pluie, qui tomba ce
même jour; les vents fraichirent
davantage, & ils furent grand frais cependant le
Sortie du
18; les
banc.
bancs.cafferent, &-nouslaifferent
en profitâmes avèc avidité,
pallage.Nons
& nous fortimes enfin des malgré la brume >
environs de ce banc
dangereux.
C'étoit la premiere fois que nous avions
du vent réellement & un
eu
frais dans les
les
peu conftamment
glaces ;
autres vents frais
nous avions eus, 2 àvoient été de peu de durée. que
Nous avions eu le plus
&
fouvent, nous eûmes par la fuite de très-petits
fembloient aflez aux brifes foibles temps, de quiref.
dant l'été. Je remarquai
terre penmoins foibles le
que ces vents étoient
matin que vers le foir.
Caufe du : Cette obfervation
calme quireme fit fairedesrélexions.
gne fur ces J'avois
iicts,
trouvé, pendant mon Voyage autour
du Monde, les vents d'eft Ou alifés qui ré-
ouvent, nous eûmes par la fuite de très-petits
fembloient aflez aux brifes foibles temps, de quiref.
dant l'été. Je remarquai
terre penmoins foibles le
que ces vents étoient
matin que vers le foir.
Caufe du : Cette obfervation
calme quireme fit fairedesrélexions.
gne fur ces J'avois
iicts,
trouvé, pendant mon Voyage autour
du Monde, les vents d'eft Ou alifés qui ré- --- Page 219 ---
DU NoRD. 211
U ERS LE POLE
du
entre les tropiques tout autour
gnoient
de variété que celle
globe, & qui n'elfluyoient d'oueft; la perpendides orages & des vents
delautre côté de
cularité du foleil, de Pun ou
caufoit
& fon adtion fur les terres,
la ligne,
variété, cornue fous le
alternativement cette
d'hivernage aux mers chaudes de P'Afrique
nom
& fous celui de mouffon
& de l'Amérique, PInde & de la Chine. J'atd'oueft à celles de
regardois
tribuai également au foleil, que je
le
mobile de la fermentation
comme premier
dis je, à
qui exifte fur le globe, j'attribuai,
de calme ou de mort
fon dloignementlefpece
de la Zone glaqui regne fous les extrémités
à croire prefque parciale, & quejétois porté
le Pole
le fort de Thiver.
fait vers
pendant
Nous fimes route à Poueft; mais les vents
étant toujours frais, & par une brume épaiffe,
amarrâmes de nouveau, le 20, fur
nous nous
fûmes bientôt obligés d'enapun banc. Nous
vers le vent.
pareiller par fon mouvement à fa côte de deffous le
Nous avions amarré
heures le
vent, & dans l'efpace de quatre
cette même côte; nous
mème vent élongeoit
&c
Tefpace de trois lieues,
le contournâmes fous le vent à lui. Ilfuivoit touréamarrâmes
& dans trois
jours fon même tournoiement,
O ij --- Page 220 ---
VorA G E
heures le vent nous battoir prefque en côte,
Nous craignimes que, continuant à tourner
le vent ne nous permit pas de mettre fous 2
voile; il avoit un peu-molli : nous appareillàmes, & l'épailfe brume nous empèchant de
donner dans les canaux, nous tinmesbord fur
bord. Nous réamarrâmes le lendemain fur le
même banc; il ne tournoit plus, & il dérivoit
dans une direétion uniforme. Je crus que fon
mouvement provenoit de quelque banc éteridu quil'avoit abordé, & le faifoit éviter.bout
pour bout.
dela Difficulrés naviga. Le vent ayant calmé en paffant par
tion.
revint
l'oueft,
très-petit au fud-fud-eft; nous voulions
nous élever dans l'oueft; nous profitâmes de
ce petit vent pour faire route dans cette
tie, malgré la brume; s'il eût été plus parnous
fort,
n'euflions pu tenir fous voile, ne
vant voir au loin les glaçons femés dans pou- les
canaux. Les bateaux nous
remorquoient, &
un d'eux allant en avant, nous indiquoit la
direéion du canal, La brume, blanchie
la
furface des bancs, nous indiquoit leur voifi- par
nage; & les diredions où la brume étoit la
plus noire, étoient celles qu'il falloit garder.
Nous amarrâmes fur une
glace, pour laiffer
repofer léquipage; mais une autre glace ve-
dans pou- les
canaux. Les bateaux nous
remorquoient, &
un d'eux allant en avant, nous indiquoit la
direéion du canal, La brume, blanchie
la
furface des bancs, nous indiquoit leur voifi- par
nage; & les diredions où la brume étoit la
plus noire, étoient celles qu'il falloit garder.
Nous amarrâmes fur une
glace, pour laiffer
repofer léquipage; mais une autre glace ve- --- Page 221 ---
DU NoRD. 213
VERS L E POLE
biennôtre, nous fûmes
nant avec viteffefurla
& de pous faire retôt obligés d'appareiller; tabondamment
morquer. Les neiges fondoient
ruiffeler
j'entendois leur eau
fur les glaces s,8j
Nous vimes beau- Polfcops,
en tombant dans la mer.
nom- loups leurs marins; defcripde loups marins, Sc des poiffons,
tions.
coup
Nous n'avions point trouvé au
més polfcops.
d'animaux. La latitude
Nord ces deux efpeces
quinze miétoit de foixante-dix-fept degrés
trente
& la longitude de huit degrés
nutes, la variation fut de vingt-fix degrés.
minutes;
encore ici des fapins de dé-.
Nous trouvâmes
ils vienrive. Les polfcops vont en troupe; s'élancent
foufller Peau à la furface, &
nent
comme les marfouins ; leur coufréquemment le mufeau eft alongé comme
leur eft noire ;
leur
celui d'un cochon, mais plus pointu;
longueur eft d'environ vingt pieds.
J'ai trouvé de la différence entre les loups
marins du Nord & ceux du Sud; ceux que
jaivusiciavoient! tles pattes de devant formées
les doigts, & non par une groffe mempar
du
les doigts & les
brane comme ceux
Sud;
&longs,
-
ongles étoient très-bien marqués, forts
de
en avant
II n'y avoit point prolongement étoient plus
des ongles; les pattes de derriere
des
& les ongles placés à Pextrémité
grandes,
O iij --- Page 222 ---
Vo Y A G E
doigts comme aux pattes de devant. Le bout
du mufeau étoit plus gros, &le haut étoit plus
écrafé, les yeux plus faillans 2 la tête & le cou
plus petits, la queue courte & ronde; ceux
du Sud l'avoient plate; la queue de ceux-ci
étoit d'environ quatre pouces & demi de longueur fur deux de largeur, & à peu près de
la forme de celle des moutons de Barbarie. Le
poil eft plus Iaz, moins fourni & moins beau
quele poil de ceux du Sud.
Leur chaffe.
Des vaifeaux de Hambourg viennent à la
chaffe de ces animaux, parle parage de foixant-douze à foixante-quatorze degrés, dans
les mois de Mars, Avril & Mai: ils s'en retournent fouvent avec d'allez bonnes cargaifons de leur graiffe. Ces Navigateurs ? qui
n'entrent point en avant dans les glaces 7 rapportent que. le long des côtes de glace, les
vents battent rarement en côte, & qu'ils les
prolongent. Ils fe mettent alors à l'abri de
quelque pointe; ils ont auffi quelquefois de
gros vents d'oueft qui viennent de deffus les
glaces. Cela répondroit affez à l'idée que j'ai
eue que l'atmofphere des glaces étoit différent,
& donnoit peu d'accès aux vents du large.
Nous eûmes des vents foibles du fud tout
le refte du mois, & le temps étoit beau, aux
ôte, & qu'ils les
prolongent. Ils fe mettent alors à l'abri de
quelque pointe; ils ont auffi quelquefois de
gros vents d'oueft qui viennent de deffus les
glaces. Cela répondroit affez à l'idée que j'ai
eue que l'atmofphere des glaces étoit différent,
& donnoit peu d'accès aux vents du large.
Nous eûmes des vents foibles du fud tout
le refte du mois, & le temps étoit beau, aux --- Page 223 ---
VERS LE POLE D U NORD. 215
très-fréquentes : nous'
brumes près, quiétoient
continuions à gagner dans le fud-oueft, en
par intervalles;
amarrant toujoursfurlesglace appareiller à la
elles nous faifoient quelquefois
hâte
la dérive des unes fur les autres 2 ou
par
& devenant près; mais
parle vent changeant étoit affez libre, 8c la
généralement, la mer
commode; le temps n'étoit point
navigation
étoit rarement à la
froid, & le thermometre
la brume
glace:j je m'apperçus cependant inférieurs que à la.t tête
geloit prefque tous. les jours
fût
le thermometre ne
de nos mâts, quoique
Les glaçons de
point à la glace fur le pont.
abondance
cette brume gelée tomboient en
pendant le jour inférieur, ou lorfquel'on manoeuvroit. Le foleil du 26 réchauffoit aflez
fur le pont, pour la
leau de mer répandue
étoient
faire fumer, & les bordages qui en
étoient tiedes au taét. Le thermohumeatés,
foleil le de Juillet, à dix
metre, expofé au
heures du foir, monta à trente-trois degrés;
il fut à fept degrés toute la journée. Depuis
étions dans des lieux moins occu
que nous
&c où il y avoit par conpés par les glaces,
d'eau, le barometre
féquent plus de furface
ne montoit point, par les tempsles plusbeaux
& les plus confécutifs, à une aufi grande
élévation que dans les parages prefque enticO iv --- Page 224 ---
VorAG E
rement occupés par les glaces, &c
par des temps moins beaux : cette cependant différence
me convainquit du différent
glaces. Je prenois le variable du atmofphere des
environs du
barometre aux
foisante-dix-neuvieme au quatrevingtieme degré à vingt-neufp pouces, & je le
regardois ici à vingt-huit pouces neuf
lignes.
Nous étions 2 le premier de Juillet, par foiXante-feize degrés de latitude; la
étoit de onze degrés, & la variation longitude de
huit degrés. Nous
vingtpaffâmes des lieux où la
mer charrioit fréquemment les carnofités
geâtres dont j'ai parlé, & qui, felon
rouuns, font l'aliment des baleines. Il quelquesy avoit
long-temps que nous n'avions vu de ces poiffons, & nous nous élevions vers la côte de
TAmérique,alaterre de Gallhamfques, où elles
fréquentent dans le mois de Juillet. On
en effet deux, le 2 de ce mois.
en prit
dangereufes Glaces plus Nous avions à préfent
en été qu'en tention
beaucoup plus d'athiver.
pour ne point aborder les
dans le mois de Mai; elles étoient glaces, que
alors
revêtues de rieiges qui rendoient leur choc plus
moins dangereux ; elies étoient auffi plus caffantes qu'à préfent, la chaleur leur avoit
donné une efpece d'élaflicité qui les rendoit
de ce mois.
en prit
dangereufes Glaces plus Nous avions à préfent
en été qu'en tention
beaucoup plus d'athiver.
pour ne point aborder les
dans le mois de Mai; elles étoient glaces, que
alors
revêtues de rieiges qui rendoient leur choc plus
moins dangereux ; elies étoient auffi plus caffantes qu'à préfent, la chaleur leur avoit
donné une efpece d'élaflicité qui les rendoit --- Page 225 ---
POLE DU NORD. 217
VER S L E
étendues
fragiles. Ces glaces étant plus
moins
dans ceux du Spitsberg ,
dans ces parages que
de les aborder au
il étoit aufli plus dangereux d'y refter affalé
vent 2 le vaiffeau rifquant & il eût fallu uune longue
comme fur une côte,
s'en retirer. Lorfmanoeuvre d'hauflieres pour lieu bouché par de
que l'on vouloit ouvrir un d'abord celle du
petites glaces, on abordoit de fa voifine; le
vent, que le choc féparoit venoit Trapper
vaiffeau abattant par le choc,
le vent, &
celle de deflous
par contre-coup faifoit les manoeuvres des
l'écartoit; l'on
Il
voiles, comme jai dit au commencement. atici une grande
falloit avoir généralement
étoient en
tention aux caps des glaces qui vaiffeau eût
deffous de l'eau, & fur lefquels le
pu s'échouer.
brumes rendoient la navigation quelLes difficile, mais à mefure que nous
quefois
elles paroiffoient être
avancions vers V'oueft,
c'étoit l'efmoins durables. L'on m'affura que
des terres de Galllamfques.
fet du voilinage
verte, trèsL'eau de la mer étoit quelquefois diverfes fois,
fouvent blanchâtre ; je fis fonder
n'eut
de fond. La couleur au-,
mais l'on
point
de Phorizon annonçoit un atmofpherede
rore
oifeaux
alloient & venoient
terre, & les
qui --- Page 226 ---
Vor A G E
fuivant cette diredion, indiquoient qu'elle
n'étoiz pas cloignée.
Nous étions, le 8, par foixante - quinze
degrés fix minutes de latitude, & par treize
degrés del longitude. Le thermometre, expofé
au foleil du midi inférieur, monta à trenteun degrés; nous vimes encore des fapins de
dérive.
Lesglaffes caffoient cependant très-fréquem.
ment: ; je les entendois plufieurs fois dans une
heure faire, en caffant, un bruit pareil à celui
d'un tas de planches que l'on jette d'une
grande élévation, ou femblable à celui d'un
coup de canon, & il étoit répété parles échos
Comment fe des glaces voilines. Les
forment les
bancs de glace font
bancs de gla- formés de diverfes
ec.
glaces unies par la compreflion & par la gelée qui la fuit. Les élévations qu'on y trouve fouvent, font les débris
des glaces caffées par la compreffion, & qui
ont coulé en deffus; ils.en ont également
beaucoup en deffous. Je remarquiai que les
glaces élevées étoient formées de plufieurs
couches de glaces, qui avoient coulé également, les uncs en deffous, lesautres en deffus,
péndant la force de la comprellion, & le tout
eft enfuite venu à flot; ce qui reffembloit à ce
quej'avois vu dans le baffin de notre banc.
compreffion, & qui
ont coulé en deffus; ils.en ont également
beaucoup en deffous. Je remarquiai que les
glaces élevées étoient formées de plufieurs
couches de glaces, qui avoient coulé également, les uncs en deffous, lesautres en deffus,
péndant la force de la comprellion, & le tout
eft enfuite venu à flot; ce qui reffembloit à ce
quej'avois vu dans le baffin de notre banc. --- Page 227 ---
LE POLE DU NoRD.219
VERS
qui eft fur ces maffes, vient
Lorfquela: neige Thumidité & par la chaleur, la
à fondre par
unies fe fépafoudure manquant, ces glaces retenues que
rent; les élévations qui n'étoient Le bloc étant quelpar les neiges,dbotlent. de fon
&
foulagé inégalement
poids,
quefois
tendent à veen deffous des glaces qui
ayant
s'éleve d'un côté, & plonge un peu
nir à flot,
élevée n'eft plus foude l'autre. Cette partie
fi elle eft
; elle caffe aifément,
tenue parleau;
des débris fur fes extréétendue & fi elle a
ne font
mités. Comme la plupart des glaces leur élévaformées par une feule dans
pas
celle qui eft en deffous,
tion, il arrive que
fuivant toute Pé-.
n'eft pas exadtement pofée dellfus, les neiges que
tendue de celle qui eft en
fondues, le
celle-ci (upporte étant en partie dontil eft foutout s'éleve en raifon du poids
plus fur
lagé, & la glace fupérieure ne porte le frottement
T'eau, & n'yeft plus foutenue; rongé celle qui
des eaux a cependant un peu
fondent par
les côtés de celle-ci
la fupporte;
eft fouvent plus conla chaleur de Peau, qui
celle de TPair; la glace fupérieure
fidérable que
foutenue que par fon centre,
ne fe trouve plus
Ces circonf
& fes côtés caffent en morceaux. les glaces :
tances n'ont guere lieu que pour n'ont lieu fur
Fétendue des bancs fait qu'elles
rongé celle qui
des eaux a cependant un peu
fondent par
les côtés de celle-ci
la fupporte;
eft fouvent plus conla chaleur de Peau, qui
celle de TPair; la glace fupérieure
fidérable que
foutenue que par fon centre,
ne fe trouve plus
Ces circonf
& fes côtés caffent en morceaux. les glaces :
tances n'ont guere lieu que pour n'ont lieu fur
Fétendue des bancs fait qu'elles --- Page 228 ---
Vor A G E
eux que pour en ébrécher quelque
ceux-ci ne caffent que par la
partie;
fes effets, & par la levée de la compreffion ou
mer après des
vents frais. M'étant apperçu que les glaces inférieures ou qui étoient dans l'eau, étoient
feftons & rongées
voulus
par
2 je
m'affurer fi le
feul frottement de l'eau en étoit la fource, &c
non la chaleur. Je mis le thermometre dans
l'eau, il monta à quatre degrés & demi au deffas de la glace; il étoit auparayant à trois degrés. L'air n'eft d'ailleurs jamais affez chaud
ici, pour faire fondre les glaces.
différetico Caufe de la Je fus furpris qu'il ne fe formât point dans
d'élévation ces mers des
de
des montamontagnes glace, comme l'on
gnes de glace en voit fortir des détroits de
en Amérique
Davis & de
& dans ces Hudfon. J'étois étonné de leur hauteur,
mers.
bien
différente de celle des glaces les plus élevées
quej'avois vuesici, & dont les plus hauts pics
étoient d'environ
trente-cinq pieds au deffus
de l'eau, comme je l'ai déjà dit. J'avois vu le
principe de la formation de celles-ci par la
compreffion 2 &j'étois perfuadé de la fuite de
leur élévation par de pareilles circonflances;
mais je ne pouvois concevoir comment ces
montagnes delAmérique pouvoient fe former
à une auffi grande hauteur. Il me paroiffoit
impoflible que le froid fita alfez fort pour geler --- Page 229 ---
LE POLE DU NoxD. 22E
VERS
du
Les Navigateurs
Peau à cette épaiffeur.
des
détroit de Davis n'y trouvent que
glaces
ou des montagnes de glace; leurs
peu épaiffes, faifoient connoitre que ces monrelations me formées de plufieurs morceaux.
tagnes étoient forcés
amarrer, & que la
Lorfqu'ils font
d'y
hache fait le trou, toute la montagne retentit,
& fouvent elle s'éboule; on voit foutremble,
des monceaux de glace s'ébouvent à la mer
crois
cela n'artiveler de leur fommet. Je
que
de
roit pas, fi-elles n'étoient pas compofées
plufieurs pieces, , & dans ce casla compreffion
feule a pu les réunir ; mais il faudroit fuppofer pour cela que cette partie de PAmérique
renferme des lacs étendus, & des rivieres
profondes &. refferrées de diftance en diflance;
s'embarraffent à ces détroits, &
que les glaces
un courant imd'autres, entrainées par
que
coulent en defTous des premieres,
pétueux, fucceffivement jufques à la formation
&c. ainli
de ces montagnes.
Nous nous élévions cependant toujoursvers
P'oueft, en forte que le II & le 12 nous
degrés quarante
étions par foixante-quatorze
& feize
minutes de latitude, & par quinze
de longitude, toujours occidentale, du
degrés méridien de Paris ; la variation de Paiguille
ées par
que
coulent en defTous des premieres,
pétueux, fucceffivement jufques à la formation
&c. ainli
de ces montagnes.
Nous nous élévions cependant toujoursvers
P'oueft, en forte que le II & le 12 nous
degrés quarante
étions par foixante-quatorze
& feize
minutes de latitude, & par quinze
de longitude, toujours occidentale, du
degrés méridien de Paris ; la variation de Paiguille --- Page 230 ---
Vo X A G H.
aimantée étoit de trente degrés versle
Cote de Gal- oueft, & fuivant ces
nord:
laamfquer. trente-trois
Navigateurs, elle eft de
degrés tout à terre de la côte de
Gallhamfques. La brume opiniâtre
pêchoit de voir cette
nous emà un bâtiment
côte, & nous parlâmes
avoir fait
qui l'avoit vue; il eflimoit
depuis ce temps dix lieues dans P'eft,
Cette terre de Gallhamfques eft
tous les ans par les pécheurs de fréquentée
lont élongée depuis le
baleine, qui
fa Ditroirqui fépare du ques au foixante-dixieme foixante-feizieme jufGroèaland. yalà un détroit
degrés de latitude. Il
qui la fépare du
& qui a plus de
Groënland 2
vingt-cing lieues de
car on ne peut pas voir les deux largeur,
Quoique l'on n'ait
côtes.
troit, l'on elt
pas encore paffé par ce déRaifonsde
très-porté à croire
croire
un qui
que.c'en eft
qu'il
communique à la baie de Baffins.
comminique pêcheurs
Les
de' avec Balins letbaies & ponnées à remarquent que les baleines hard'Hludion.
l'entrée de la baie de Baflins, dans
l'enfoncement de PHle aux
vers cette Ifle, où la
Femmes; fuient
fans que l'on
mer s'étend au loin,
terminent.
ruiffe découvrir fi Jes terres la
Les baleines que l'on trouve à
côte de Gallhamfques,
la
viennent de l'oueftfud-oueft, & fontde la même forme &
feur que celles du détroit de Davis.
groftrouve point fur la côte eft du
L'on : n'en
Groënland a
ins, dans
l'enfoncement de PHle aux
vers cette Ifle, où la
Femmes; fuient
fans que l'on
mer s'étend au loin,
terminent.
ruiffe découvrir fi Jes terres la
Les baleines que l'on trouve à
côte de Gallhamfques,
la
viennent de l'oueftfud-oueft, & fontde la même forme &
feur que celles du détroit de Davis.
groftrouve point fur la côte eft du
L'on : n'en
Groënland a --- Page 231 ---
LE POLE DU NoRD. 223
VERS
elles viennent donc par
ni au Cap Farewel; voit les côtes ceffer au
Pouverture où Pon
douter
foixante-disieme degré.L'on ne peut
viennent de la baie de Baffins &
qu'elles n'y
car Pon en a trouvé à
du détroit de Davis;
avoient dans le
la côte de Gallhamfques, qui
à ceux
des harpons de pierre pareils
corps
du Groënland font ufage..
dont les Sauvages
du nord de cette côte n'eft pas
La partie fes terres font aflez régulieres ;
très-élevée, &
ou fix lieues de terre,
l'on a la fonde à cinq
très.élevés
mais fa'partie du fud eft en mornes
à peu près comme ceux du Spits-
& pointus,
de fond; Pon
& Pon n'y a point
berg,
lieues de terre 2 : dans l'eft-fudtrouve à quinze
degrés & demi de
eft, & par foixante-onze
latitude, un banc où Pon-a quatre-vingtbraffes de fond. Les Navigateurs de ces oàl Poneltiar Ignorancd
dix
attentifs à pécheria baleine qu'à ccttc côte.
parties, plus détails de cette côte, s'en metconnoitre les
8c ils n'y ont jamais mis
tent peu en peine,
m'empêcha de la
à terre. La brume tenace
ferois defjy
voir; çar vraifemblablement virent de nouvelles
cendu. Nos Hollandois
baleines, k ils les fuivirent. Je perdis Tefpoir
moi-mème cette terre, dont
de connoitre par
& dont pétuis G
les détails font inconnus,
détails de cette côte, s'en metconnoitre les
8c ils n'y ont jamais mis
tent peu en peine,
m'empêcha de la
à terre. La brume tenace
ferois defjy
voir; çar vraifemblablement virent de nouvelles
cendu. Nos Hollandois
baleines, k ils les fuivirent. Je perdis Tefpoir
moi-mème cette terre, dont
de connoitre par
& dont pétuis G
les détails font inconnus, --- Page 232 ---
Vox A GE
voilin. Je fus cependant bien aife de m'être
affuré de fon exiftence. Sa
les erreurs les mieux
longitude, fuivant
poflible des deux
corrigées qu'il m'a été
& en
différentes routes en allant
venant, eft occidentale de dix-fept tdegrés & trente minutes par la latitude de
foixante-quatorze degrés & vingt minutes
cela s'accorde affez avec l'eflime de
:
ces Navigateurs, qui la placent par zéro du
de Ténériffe. Ils fixent fa
méridien
douzieme
partie du foixantedegré de latitude par
degrés de longitude. Pour ce qui eft vingt-un des
P'Amérique, que l'on
terres de
par la latitude du
marque fur les çartes 2
Spitsberg, & vues en
&70, les Navigateurs n'en ont
la 1655
connoiffance. Je
pas moindre
préfume très-fort
les a point vues; ; car dans ce
qu'on Pon ne
temps
fréquentoit moins hardiment l'intérieur des
ces, & l'on n'alloit point dans l'oueft. glanom que les Navigateurs donnent à la côte Le de
glace, en la nommant côte de l'oueft,
avoir caufé cette erreur, & une côte eft tracée peut
dans ce même lieu fur les anciennes
Raifon de
cartes
l'opinion de Heuedub-kodscopedme qu'ilexifte des
l'esiftencede terres
vis
tetres au
aunord, carje quelquefois, au nordnord.
nord-eft de ce parage, des glaces couvertes
de fable & de terre; elles ne
que du nord, les courans pouvoient venir
portant vers le
fud,
é cette erreur, & une côte eft tracée peut
dans ce même lieu fur les anciennes
Raifon de
cartes
l'opinion de Heuedub-kodscopedme qu'ilexifte des
l'esiftencede terres
vis
tetres au
aunord, carje quelquefois, au nordnord.
nord-eft de ce parage, des glaces couvertes
de fable & de terre; elles ne
que du nord, les courans pouvoient venir
portant vers le
fud, --- Page 233 ---
VERS LE POLEDU NORD. 225
fud,&il me parut qu'elles étoient trop dans
préfumer qu'elles fe fuffent déPoueft, tachées des pour côtes du Spitsberg : les bancs &
rempliffent l'intervalle jufques à
les glaces qui
à leurs
ces Ifles, ne permettent pas peut-être
glaces de s'étendre autant à l'oueft. Après
avoir été entraînées au nord par les courans. 2
les courans vers le fud doivent les dériver
par une moindre longitude.
Les baleines nous entraînerent vers l'eft, &
l'on n'en prit aucune : nous errâmes de
glace en glace; la mer étoit très-libre, & lon
n'en vit plus. Leur pèche fut cependant trèsabondante cette année, & ce feroit un très-.
bon commerce, fi elle étoit toujours égale.
Plufieurs vaifieauxrendirent à leurs Armateurs delapechode Avantager
trois cents pour cent de leur mife dehors; 1a baleines
mais toutes les années font bien loin d'être
aufli heureufes, &c fouvent l'on ne retire pas
la moitié des fommes débourfées. Les Puiffances du Nord regardent cependant cette
branche de commerce comme très-utile, &
elle left en effet, en ce qu'elle entretient &c
forme un grand nombre de matelots 2 &
qu'eile n'a befoin que du débourfé pour les
vivres &c la folde de Péquipage. L'on recueille
dans un champ que l'on n'a pas eu la peipe
Tome II.
P
&c fouvent l'on ne retire pas
la moitié des fommes débourfées. Les Puiffances du Nord regardent cependant cette
branche de commerce comme très-utile, &
elle left en effet, en ce qu'elle entretient &c
forme un grand nombre de matelots 2 &
qu'eile n'a befoin que du débourfé pour les
vivres &c la folde de Péquipage. L'on recueille
dans un champ que l'on n'a pas eu la peipe
Tome II.
P --- Page 234 ---
Vor. A G E
Elleeften- de travailler & de
eouragée par
femer. Le Roi
lernunedag accorde ute
d'Angleterte
gleterr-, de
gratification aux vaiffeaux
Dann aok fortent point des glaces avant le
qui ne
kdeSuede. d'Août; le Roi de
20 du. mois
peuples à
Danemarck encourage fes
le failant entreprendre ce commerce, en
pour fon propre cempte; il fait
chaque année conf:uire de nouveaux vaif
feaux pour cette deflination; le Roi deSuede
fuit depuis deux ans le même exemple.
Je me rappelai tout ce que j'avois vu
les mouvemens des
fur
glaces 2 & le défir
j'avois eu de percer jufques au Pole,
que
nous étions au delà du
lorfque
degré de latitude.J'examinai quatre-vingt-unieme
Queftionfnr idée étoit
avec foin ficette
ln pollibilité
praticable. La force de
de pénétrer vemens que
divers moujufjues au
j'avois Vu faire aux
Polc,
voit perfuadé que dans les hivers glaces, m'aplus froids, la
même les
devoit
2 mer, prife par une forte gelée,
bientôt être mife en pieces par les évolutions des groffes glaces. La compofition des
bancs de plufieurs p'eces m'ea affuroir. Les
parties qui geloient fortement &
les glaces que je voyois, devoient formoient
furface des eaux renfermées
être la
entre les
qui fe comprimoient &c qui dérivoient bancs, uniformément. Je croyois donc que la
fion avoit lieu dahs toutes les mers comprefglaciales 2
ôt être mife en pieces par les évolutions des groffes glaces. La compofition des
bancs de plufieurs p'eces m'ea affuroir. Les
parties qui geloient fortement &
les glaces que je voyois, devoient formoient
furface des eaux renfermées
être la
entre les
qui fe comprimoient &c qui dérivoient bancs, uniformément. Je croyois donc que la
fion avoit lieu dahs toutes les mers comprefglaciales 2 --- Page 235 ---
NORD. 227.
WERS L E POLEDU
& même fous le Pole, s'il y exiftoit des mers,,
toutes plus ou moins OCparce qu'elles-font
étoit
cupées par des courans. Si mon opinion
devoient avoir néceffairejufte, ces glaces
& elles
ment un efpace pour fe mouvoir,
toute la furface des eaux n'étoit
en formoient;
étoit
donc pas occupée, & la navigation y
pofible. J'avois vu, par le quatre - vingtunieme degré de latitude 2 : la mer libre des
qui Poccupoiont auparavant, & qui
glaces été chaflées vers le nord; elles y
avoient
& toute la furavoient donc trouvé place,
des
face n'étoit pas occupée. Je favois que
vaiffeaux Hollandois avoient pu fortir, en
du centre des bancs de glace à la
1773, fin du mois de Novembre ; les voyages des
Hollandois Hemskerk & Barens, au nordeft de la Nouvelle Zemble, &c ceux des Ruffes,
découvrant les intervalles entre les rivieres de
Lena 2 Jenifea & Oby 2 m'apprenoient qu'ils
avoient ététantôt pris, tantôt tlibres des glaces,
évolutions exiltoient donc encore ici
Leurs les fortes gelées de la fin du mois de
pendant
& dans les mers de la Sibérie.
Novembre, 2
Jeregardois iscependantces deux mers comme
les moins favorables pour remplir Tentreprife
defe rendre au Pole. Celle de Sibérie, clofe
P 1j --- Page 236 ---
Vo Y: A G E
au fud, & ayant très-peu d'iffue à l'eft & à
l'oueft, 2 devoit conferver fes glaces; celle de
Spitsberg, 2 recevant les courans de l'ef,
mentoit la quantité des fiennes par celles augRoutelaplus
qui
praticable en y dérivoient avec eux. Je penfois donc que
appirence. l'étendue, comprife entre le Spitsberg & la
Zemble, étoit la plus praticable à caufe de fa
largeur & de lalgrandeurde fon iffue; les événemens des Voyageurs que j'ai cités, & les
mouvemens des glaces, me montroient qu'il
falloit fe tenirau large des terres.Je ne croyois
cependant point qu'il exiftât au nord-nordoueft de la Zemble aucune mer éntiérement
libre de glaces, mais feulement une mer
en étant moyennement occupée,
qui,
troit une navigation auffi
y permetpoffible que celle:
du parage fitué à vingt lieues au nord-oueft.
du Spitsberg.
J'étois également peu perfuadé qu'il fàt.
poffible de traverfer dans une feule faifon les:
mers de la Sibérie, pour fe rendre aux Indes
par le nord-eft; je les croyois, comme je
viens de dire, fréquemment occupées par les
glaces, & l'on ne peur faire un chemin bien
confidérable parmi ces furfaces étendues qui
rendent la route tortueufe, & où il ne faut.
naviguer qu'à très-petites voiles, par le vent
peu perfuadé qu'il fàt.
poffible de traverfer dans une feule faifon les:
mers de la Sibérie, pour fe rendre aux Indes
par le nord-eft; je les croyois, comme je
viens de dire, fréquemment occupées par les
glaces, & l'on ne peur faire un chemin bien
confidérable parmi ces furfaces étendues qui
rendent la route tortueufe, & où il ne faut.
naviguer qu'à très-petites voiles, par le vent --- Page 237 ---
VERS LE POLE DU NORD., 229
favorable; mais je croyois trèsmême le plus
faifon la direcpofible de remplir dans une
tion d'une route de cinq cents lieues à travers
fréquentes, 2 comme
des glaces moyennement
je les fuppofois.
Outre
comme on la vu, les glaces
renferment que, le même efpace que pendant
ne
&
leur dérive & plufieurs évéun temps, que
refte
ordinairenemens font que Pon ne
pas
ment enfermé entre elles au large des terresen
les mapleine mer pendant trèslongtemps, & de voiles,
noeuvres de fcies, de grelins
dont Pon peut faire ufage, forment des paf:
fages où il n'y.en a point. Un vaiffeau enfermé dans lés glaces, fans être'toutefois coms'ouvrir une route avec les fcies,
primé, peut
employé cette reffource, fi
& nous euffions enfermés vers la fin de Pété.
nous euffions été
J'imaginai que files glacesétoient trop épaiffes
il étoit poffible de les fépour être fciées, avec des crics à plufieurs
parer à leur jonêion
à la vérité,
développemens; il en faudroit,
pour tranfporter en
une aflez grande quantité
le feroit
avant du vaiffeau, à mefure qu'on
d'un,de leurs intervalles à l'autre.
palier
elt le feul obftacle invinLa compreffion
feroit nécelfaire qu'un
cible; mais outre qu'il
P iij --- Page 238 ---
VorAG G E
vaiffeau defliné à une pareille expédition fàe
folidement conftruit, j'ai penfé qu'il feroit
très-utile qu'il embarquât un bâtiment à rames
ponté, dont l'étrave & la quille fulfent couvertes d'une bande de fer, & qui fût affez
léger pour être tiré fur les glaces avec une
viraPobila- Moyen d'ob- chevre qu'il auroit à cet effet. Si le vaiffeau
cleuelacuan- preiliou,sde venoit à être brifé par la compreffion, l'on
io.c. parvemr au continueroit le voyage avec ce bâtiment, qui
en feroit à labri, pouvant être tirés fur les
g'aces chaque fois qu'on le défireroit; il fuffiroit pour cette navigation oùl la mernes s'éleve
jamais, & il pourroit, à fon retour, fe rendre
aifément dans la mer Blanche, le long des
glaces de la NouvelleZemble.
Un vaiffeau deftiné à cette expédition, devroit partir, vers la fin de Février, des côtes
de la mer d'Allemagne, pour tâcher d'être
rendu à la fin de Mars à la vue des premieres
glaces.Ty y attendroit que quelque paffage fe
fût ouvert. Les pêcheurs de loups marins à
PIle de Jean-Mayen,s'y rendent dans cette
faifon; les pécheurs de la baleine du Spitsberg font fouvént arrivés au quatre-vingtieme
degré de latitude, leig ou 20 d'Avril. Ceux
quivont au detroit de Davis, jufques au delà
du foixante-onzieme degré, partent d'Europe
la vue des premieres
glaces.Ty y attendroit que quelque paffage fe
fût ouvert. Les pêcheurs de loups marins à
PIle de Jean-Mayen,s'y rendent dans cette
faifon; les pécheurs de la baleine du Spitsberg font fouvént arrivés au quatre-vingtieme
degré de latitude, leig ou 20 d'Avril. Ceux
quivont au detroit de Davis, jufques au delà
du foixante-onzieme degré, partent d'Europe --- Page 239 ---
YE POLE DU NORB. 23*
VERS
jours de Mars, & les paradans les premiers
font beaucoup plus venges quilisfiéquentents nord le mois de Mars,
teux que ceux du
d'Avril 5
ne feroit donc
ou le commencement
Il feroit avanpas une faifon trop prématurée. que les temps
tageux qu'on en profitêt, parce d'Avril, de
les plus clairs font dans les mois Juillet & Août
Mai & de Juin. La fin de Juin, il eft très-bon
font brumeux & pluvieux, &
naviguer dans les glaces.
d'y voir clair pour & Pon m'a affuré que
Je crois cependant, moins brumeux à proces derniers mois font
nord. Le foportion que lon s'éleve plus au élever moins
leil, moins fort, doit en effet y
de vapeurs.
le 14, par foixanteNous nous trouvâmes,
étoit
treize degrés de latitude; la longitude
de fept degrés ; nous avions gagné confidérablement dans T'eft, la mer étant tès-navigable: banc.
avions auffi fait de l'eau fur un
nous
; lon mit le vaiffeau à
Elle fe fit affez aifément;
da glace L'on Aiguade dans
le long.de
les nciges,
quai, en l'élogeant
canaux qui conft dans la neige divers petits à des mares où
duifoient l'eau de leur fonte
avoit déjà une alfez grande quantité
il y en
ces mares en en déde ramaffées lon agrandit
blayant les grèles; & après qu'oneuedefcenda
P iv --- Page 240 ---
VoYAG E
les tonneaux fur la glace, on les remplit fur
le bord de ces mares; on les roula enfuite
de nouveau verslehord,ot on les rembarqua.
Les glaces font ordinairement
planes, & elles
rendent l'aiguade très-facile.
Sortie des
Les Hollandois, contens
glaces.
de leur pêche,
firent voile pour fortir des glaces & retourner
en Europe; en forte que nous fûmes le 18 à
Ine dej Jean- la vue de Plfle de
Mayen,
Jean-Mayen, qui nous reftoit dans le fud: fud-oueft, à la diftance de
dix lieues. La pointe nord de cette Ifle eft par
la latitude de foixante-douze degrés, &
la longitude occidentale de neuf degrés trente par,
minutes; la variation de l'aiguille y eft de'
vingt-trois degrés. Elle eft très-connoiffable
par fa montagne des Ours, qui eft très-dlevée
& efcarpée. Elle peut avoir deux petites lieues
de bafe, & elle eft en forme de pain de fucre
qui fe termine en deux pointes. La croupe
de la bafe vers l'eft, m'a paru moins rude
celle vers l'oueft; elle eft à une demi-lieue que de
la pointe du nord-eft de P'ifle, & on la voit
de très-loin. A peu de diftance, dans le fudouelt de ce morne, l'on voit trois petits mornets. L'Ifle a neuf lieués de longueur du nordeft au fud-oueft, & deux lieues dans fa plus
grande largeur. L'on mouille, dans fa partie-"
vers l'eft, m'a paru moins rude
celle vers l'oueft; elle eft à une demi-lieue que de
la pointe du nord-eft de P'ifle, & on la voit
de très-loin. A peu de diftance, dans le fudouelt de ce morne, l'on voit trois petits mornets. L'Ifle a neuf lieués de longueur du nordeft au fud-oueft, & deux lieues dans fa plus
grande largeur. L'on mouille, dans fa partie-" --- Page 241 ---
VERS LE POLE DU NoRD: 233
du nord-oueft, par huit braffes d'eau, & visà-vis du mornet le plus nord. 11 y a auffi un
mouillage dans le fud-eft de PIle, également
le travers de ces mornets; mais celui-ci
n'eft par pas auffi bon que le premier.
La mer étoit très-vafte; nous ne voyions plus
chaine de glaces dans l'eft, & la petite
qu'une
la apleine mer n'étoit
houle nous arnonçoit que
éloighée. Le ciel avoit changé; on y
point
& blancs, & non de
voyoit des nuages épais
affez
brume comme auparavant. Il reffembloit
d'automne. Nous eâmes
à celui de nos jours
ventdenordcependant un peude neige parle
oueft; elle étoit par petits Bocons. Celle que
froids
nousavions eue dans les premiers temps
du mois de Mai, étoit, comme je l'ai dit, en
ou comme du duvet
croix, 2 par petites lames, tomboit en temps de .
de chenille; & celle qui
de la
brume, reffembloit à de petits glaçons
longueur & de la groffeur d'une épingle :
cette neige, les bruines, le ciel quelquefois
vilain, & Pabaiffement du barometre me per- Differencede
fuaderent tout-à-fait du commencement de la latmofphere
des eaux & de des eaux, &c
différence de cet atmofphere
de celui des
celui des glaces. Il n'étoit pas poffible de glaces.
changement fàt Peffet du hapenfer que ce --- Page 242 ---
Vo Y A
dard, précifément au temps où nous
du climat des glaces à celui de Ia
paffions
mer.
Nous doublâmes, le 19, la derniere
des glaces les plus reculées
chaîne
tion des eaux,
vers l'eft. L'agita2 gênée par leur côte. s. rétrogradoit, & la mer y étoit trés-houleufe
T'ellselle ceffa de l'être
vers
unpeu au large. Nous
éprouvâmes le lendemain des roulis trèsforts, par la groffe lame qui venoit de leftnord-eft, ou de la Partie du Cap nord du
Contioent ; elle diminua à
grand
Autresefpe nous doublâmes
proportion que
ces de baiciles terres. L'on voit
nes.
fois dans cette mer trois
quelqueleines, qui font le finefish autres efpeces de bale
ou beau poiffon,
nord-caper, & le cagelot. Le premier eft le
plus grand poiffon de la mer, ayant environ
lard quatre-vingts pieds de longueur;il a moins de
que la baleine, fes fanons font moins
fouples & plus caffans. L'on voit
poiffon
rarement cemonftrueux, & c'eft
celui dont parle leMifionnaire apparemment
dans fon
Danois Egede,
Voyage au Groënland. Le
per eft plus petit que la baleine; il nord-caen ce qu'il fouffle l'eau
en differe
celle-ci la fouffle
en avant, au lieu que
en arriere. Le cagelot differe
auffi de la baleine, en ce qu'il a des dents
au
poiffon
rarement cemonftrueux, & c'eft
celui dont parle leMifionnaire apparemment
dans fon
Danois Egede,
Voyage au Groënland. Le
per eft plus petit que la baleine; il nord-caen ce qu'il fouffle l'eau
en differe
celle-ci la fouffle
en avant, au lieu que
en arriere. Le cagelot differe
auffi de la baleine, en ce qu'il a des dents
au --- Page 243 ---
VERS LE
POLEDUNORE
il en a quarante huit; leur
lien de fanons 5
des boutons d'haivoire eft fin, & j'en ai vu
fréétoient beaux. Ces trois poiffons
bit qui
des glaces. Le climat
quentent peu lintérieur bean; il y avoit foun'étoit cependant point
lorfque le vent
vent des bruines, 2 fur-tout
le foleil
prenoit un peu de Pelt; & quoique
trèsintervalles, Pair étoit toujours
parût par
plus que dans les glaces.
humide, & beaucoup
le 24, par la latitude de
1 Nous étions, & dix-hait minutes ; la
foixante-fix degrés
& nous étions
longitude étoit de fix degrés,
me
de PIllande. Le climat ne
par le travers beau. Le thermomete avoit
parut guere commencé plus
à monter depuis que
cependant
&
nous diminuions en
nous étions en mer que
à
latitude. Il étoit à deux & à quatre degrés
de
; il fut ici à
la vue de PIlle
Jean-Mayen
rangent
neuf & à onze degrés. Les Navigateurs
la
de Poueft que
plutôt dans ces parages partie
de la
celle de Peft, parce que les vents
d'ail- premiere y font plus fréquens. Ils craignent de Dronleurs beaucoup les environs du golfe
eft plein de roches & de courans *
then, 2 qui
duquel l'on ne peut s'éle-
& de l'enfonéement
ver par les vents d'oueft.
voulu çong:
Le climat du Nord, quejavois --- Page 244 ---
VOYAG E
fon Compatai- des cli- parer dans ce voyage avec celui du
en :
marsduNord différoit
Sud,
& du Sud.
beaucoup. Le thermometre étoit à
peu près au même degré de chaleur de
ou cinq degrés, par le foixantedixieme quatre
de latitude nord, comme
degré
au cinquantieme
degré de latitude fud, Le barometre defcendant à vingt-fix pouces dix lignes dans le fud
par cette même latitude, eut fa moindre élévation dans le nord, à vingt-huit
pouces
quatre lignes. Quant au ciel & aux,
je
crois que ces deux latitudes de foixante-dix vents,
degrés nord, & de cinquante degrés fud,
correfpondent affez, mais dans des faifons
bien différentes; la premiere à la fin du mois
d'Avril ou au commencement du printemps,
& la feconde à la fin du mois de Décembre
& au mois de Janvier, qui eft l'été de cette
partie du fud. Cette même partie a cependant
alors moins de frimas & de froid que celle
du nord, mais toujours par les deux latitudes quej'ai fuppofées correfpondantes.
Le peu de variété des vents de fud ne nous
laiffoit pas faire des journées bien confidérables, & la traverfée promettoit d'être longue.
L'ouvert de la côte d'Ilande & des Illes d'Et:
land, nous fit reffentir le' féroce fud-oueft de
Hudfon 3 de Davis; la'mer étoit groffe, &
froid que celle
du nord, mais toujours par les deux latitudes quej'ai fuppofées correfpondantes.
Le peu de variété des vents de fud ne nous
laiffoit pas faire des journées bien confidérables, & la traverfée promettoit d'être longue.
L'ouvert de la côte d'Ilande & des Illes d'Et:
land, nous fit reffentir le' féroce fud-oueft de
Hudfon 3 de Davis; la'mer étoit groffe, & --- Page 245 ---
VERS L E POLEDU NoRD. 237
Pon prend à ces dernieres
l'acor du fond que
le vent varia au
Ifles la rendoit très-houleufe; dès
nous
& la lame tomba
que
nord-oueft. 2
d'Etland. Nous fàmes
fûmes par le travers
donc à l'entrée de la mer d'Allemagne le 3' I Ceffationds
Le
ce.fa ici pour nous : long jour a
de Juillet.
long jour d'avoir de la lumiere à V'entrée de la
la nuit nous obligea
aflez mer d'Alle-,
l'habitacle ; javois cependant eu encore
magnce
de jour à minuit de la veille, pour pouvoir
de-'
lire. Nous étions alors par foixante-deux
minutes de latitude : le foleil
grés vingt-cinq
minutes de
avoit dix-huit degrés vingt-une
déelinaifon 5 il étoit par conféquent à neuf
minutes au deffous de Phodegrés quatorze
avoit été
rizon. Nous finifions un jour qui
fois vingt-quatre heures.
de quatre-vingt-feize
La vue des maquereaux nous confirma que
nous étions dans la mer d'Allemagne; car'
n'avions
vu les Ifles d'Etland; le
nous fut moins pas humide, & je m'affurai de
climat
au nord:
nouveau que les courans portoient
varierent très-pet, & furent le plus'
Les vents
du
variables vers
fouvent, de la partie
fud,
Poueft, & rarement vers l'eft. Nous tenions
les bordées les plus avantageufes 2 tâchant cependant de garder plutôt la partie de Poueft..
Nous avions gagné, le 5 d'Août, l'acor du
nous fut moins pas humide, & je m'affurai de
climat
au nord:
nouveau que les courans portoient
varierent très-pet, & furent le plus'
Les vents
du
variables vers
fouvent, de la partie
fud,
Poueft, & rarement vers l'eft. Nous tenions
les bordées les plus avantageufes 2 tâchant cependant de garder plutôt la partie de Poueft..
Nous avions gagné, le 5 d'Août, l'acor du --- Page 246 ---
VorAG E
Doggerbank, & nous étions
brafles; mais le vent au fud-fud-eft par trente-fix
fit perdre. Le
nous le
II, nous eûmes onze
fond de fable fin, & nous étions fur la braffes,
fud de ce banc; la qualité de fon
partie
le fud-oueft, eft mêlée de
fond, vers
loux; de même
quelques petits cailqu'au petit banc de
mais fi l'on approche de la côte
Well :
elle eft mêlée de vafe dure & d'Ailemagne,
crus qu'àl'acor de la
jaunâtre. Je
les
partie fud de ce
courans portoient à
banc,
laiffant derriere
l'ell-nord-efl; en le
nous, le fond augmenta. Le
145 la fonde rapporta dix fept braffes;
étions fur le banc nommé
nous
Retoua dans s'étend de la
Breeveertien, qui
les mers de de
Province de Hollande, en forme
Hollande,
bec projeté vers le nord-eft. Nous
PIfle du Texel, & un Pilote vint à bord. vimes
courans nous avoient cependant
Les
l'eft plus que nous ne
portés dans
croyions 2 en forte
nous étions dans l'eft de l'entrée de la rade que.
du Texel. Les vents fud, par conféquent de.
bouts nous engagerent à entrer dans le Zuiderzée par une autre palle, qui eft entre les
Ifles de Flieland & de
gagnâmes le lendemain Terfchelling, bord
que nous
fur bord, après
qu'un Pilote de cette route fut venu à bord.
L'Ile de Flieland a un feu, & celle de Terfchelling deux; cette derniere a un banc qui
dans l'eft de l'entrée de la rade que.
du Texel. Les vents fud, par conféquent de.
bouts nous engagerent à entrer dans le Zuiderzée par une autre palle, qui eft entre les
Ifles de Flieland & de
gagnâmes le lendemain Terfchelling, bord
que nous
fur bord, après
qu'un Pilote de cette route fut venu à bord.
L'Ile de Flieland a un feu, & celle de Terfchelling deux; cette derniere a un banc qui --- Page 247 ---
YERS L E POLE DU NoRD.. 239
d'une lieue au large. Le vent étant
brife à plus
par des
toujours debout 2 nous louvoyâmes direétion étoit
chenaux trèsétroits, 2 dont la
des bouées placées fur la pointe
marquée. par
de la côte de la Frife, où
des bancs. A la vue
de
eft la ville de Harlingue, département
de
le louvoyage a un peu
vaiffeau
guerre, rentrâmes dans de nouplus d'efpace: Nous
la vue de
veaux chenaux, & nous gagnâmes Mle d'Urk,
la ville d'Enkuifen & de la petite
aprèslaquelle
smmapeosiuataiem
la vafe duquel les bâtimens
du Pampus, 1 fur Ce banc eft la' plus fire
viennent s'échouer.
point affez
défenfe d'Amfterdam, n'y ayant
d'eau deffus pour des vaiffeaux de moyenne
les vaifeaux de
grandeur. C'eft pour paffer
les
d'Amfterdam, que
guerre du département
machines flotHollandois fe fervent de ces
de
nommées chameaux, qui, vidées
tantes,
contiennent, ou adaptées feul'eau qu'elles
fous le vaiffeau à mer
lement & affujetties
baffe, le foulevent par la moindre quantité
déplacent, à caufe de leur
d'eau qu'elles
capamoindre poids ou de leur plus grande
Arrivée à
cité. Je me rendis à Amfterdam, quin'ef qu'à Amfterdam.
environ cinq lieues de là, où je reçus de noula continuation des honnèveau, avec plaifir,
lon m'y avoit faites
tetés obligeantes que
fous le vaiffeau à mer
lement & affujetties
baffe, le foulevent par la moindre quantité
déplacent, à caufe de leur
d'eau qu'elles
capamoindre poids ou de leur plus grande
Arrivée à
cité. Je me rendis à Amfterdam, quin'ef qu'à Amfterdam.
environ cinq lieues de là, où je reçus de noula continuation des honnèveau, avec plaifir,
lon m'y avoit faites
tetés obligeantes que --- Page 248 ---
VorAG E
avant mon départ. Je vis la ville de
& fes agréables environs de
Harlem,
ne trouvant pas à Amfterdam Bloumendal; &
pour la côte de
des occafions
oùi tils'en offrit Bretagne,fallai à Rotterdam,
pour l'Ifle de
n'en eft pas éloignée. Rotterdam Guernezey , qui
très-belle &
eft une ville
très - commerçante, &
dant en grandeur qu'à celle
ne céAnglois m'y
d'Amilerdam; les
parurent faire une partie du
merce, mais plus étendue
comNous defcendimes la
qu'à Amfterdam.
Meufe jufques à la
petite ville de guerre fituée
Brille,
bouchure, d'où
près de fon emSeptembre.
nous appareillâmes le 9 de
Nous eûmes un peu de peine à nous éloigner des bancs de la Zélande & de la
nous nous
Flandre;
méfiâmes, vers la côte
terre, des pointes du banc le
d'Angleforme, du côté du large, la rade Goodwin, qui
des
nous donnâmes dans la Manche,
Dunes;
côte d'Angleterre;
élongeant la
de
&après avoir reconnu PIle
Withc, nous traverfâmes pour donner dans
le ras, formé par l'Ile d'Alderneffou
& par la côte de Normandie.
Origny,
donnâmes dans ce
le
Lorfque nouss
il étoit
ras, vent étoit petit, &
déjà tard. Nous avions delfein de
gner la pointe nord de PIne de
gaSark, & d'y
paffer
terre;
élongeant la
de
&après avoir reconnu PIle
Withc, nous traverfâmes pour donner dans
le ras, formé par l'Ile d'Alderneffou
& par la côte de Normandie.
Origny,
donnâmes dans ce
le
Lorfque nouss
il étoit
ras, vent étoit petit, &
déjà tard. Nous avions delfein de
gner la pointe nord de PIne de
gaSark, & d'y
paffer --- Page 249 ---
VERS LE POLE DU NOKD. 241
palffer le refte de la nuit très-près de terre à
l'abri du courant;mais le vent calma, lorfque
n'ous fûmes àl lavue de cette Ille; la brume fuivit de près; nous étions cependant en dedans,
& il eût été téméraire de vouloir reffortir du
ras,lécourant nous ayant déjà droffés juivant
diverfes diredtions, en forte que rien n'étoit
moins certain que notte point. Nous tâchions
de nous tenir bord fur bord; mais à une heure
minuit, nous nous vimes dérivés avec
après
étendue de brifans;
rapidité fur une grande
d'eau,
Pon fonda, il'n'y avoit que dix pieds
& nous en tirions neuf & demi; j'ignore par
quel bonheur nous ne touchâmes pas; le rervoi du courant nous pouffa peut- être au large
nous crâmes d'abord être
de ces roches, que
les grandes amphroques, 7 mais que nous juenfuite être un banc au nord eft à.
geâmes fur
a de l'eau à pleine mer.
elles,
lequelily une mauvaife nuit : au jour, le
Nous pafsâmes
raffuroient
mais
calme & la brume ne nous
pas,
de
fit élever le vent. Nous regaun peu
pluie
donnâmes dans
gnâmes PIle de Sark, & nous
entre cette l0e & celle d'Arm, 3
le pallage
le
Ruau; nous contiqu'on nomme
grand la côte de Sark jufques à
nuâmes, élongeant
par le travers de
ce que nous fâmes prefque
eft celle du
la pointe de Saint-Martin, qui
Q
Torae II,
& la brume ne nous
pas,
de
fit élever le vent. Nous regaun peu
pluie
donnâmes dans
gnâmes PIle de Sark, & nous
entre cette l0e & celle d'Arm, 3
le pallage
le
Ruau; nous contiqu'on nomme
grand la côte de Sark jufques à
nuâmes, élongeant
par le travers de
ce que nous fâmes prefque
eft celle du
la pointe de Saint-Martin, qui
Q
Torae II, --- Page 250 ---
Vo 1 Y A G E
fud de l'Ie de Guernezey. L'on prend cette
précaution pour parer, en traverfant de Sark
à Gueinezey, un long banc de roches qui
s'étend au fud de la pointe de PIlle d'Arm.
Arrivéc Nous fimes route fur cette
au havre de
pointe de SaintGucinezey. Martin, à Peft de laquelle & très-près de terre
nous mouillâmes à l'abri du courant,' en attendant que la marée eût monté aux deux
tiers, pour entrer dans le havre de Guerne-,
zey,oà nous nous rendimes en élongeant la
côte. Avantle mouillage à la pointe de SaintMartin, nous avions tâché, pour le gagner,
de gouverner & nous entretenir en route fur le
milieu de la diftance qui eft entre cette pointe
& une anfe de fable qui eft au nord-eft, au
deffus de laquelle & fur le haut de la côte il
y a une églife & un corps - de - garde. La
remarque dece corps-de-garde par un moulin
de PIfle de Sark, eft la pointe fud des roches
de PIlle d'Arm; & une falaife eft découverte
dans cette derniere Ifle, lorfqu'on a dépaffé fes
roches.Jen'aivu. aucun lieu abordablefur cette.
côte de PIfle de Guernezey que cette anfe de
fable, qui, je crois; fenomme St. Nicolas
le devant du havre, vis-à-vis duquel & fur 2. &
un
Mlot eft bâti un château qui en protege le
mouillage. Le havre eft formé par deux moles
qui entourent une efpece de carré, & laillent
lorfqu'on a dépaffé fes
roches.Jen'aivu. aucun lieu abordablefur cette.
côte de PIfle de Guernezey que cette anfe de
fable, qui, je crois; fenomme St. Nicolas
le devant du havre, vis-à-vis duquel & fur 2. &
un
Mlot eft bâti un château qui en protege le
mouillage. Le havre eft formé par deux moles
qui entourent une efpece de carré, & laillent --- Page 251 ---
NORD.243
VERS - LE POLE DU
entre eux un pallage que Pon pourroit fermer des
avec une chaine. Il n'y peut entrer que
encore faudroit-il que
bâtimens marchands, 2
fuffent talléles grands bâtimens de commerce
ious
les autres reflent mouillés en dehors
gés; le château. La ville eft un gros bourg ouvert,
bâti. Il reffemble
bien peuplé,: moyennementt villes dela Bafle-1 Brétagne:
affezaux anciennes
fon fol &
ce pays differe peu en général, 2 France par
en
des parties de la
qui
fes habitans, voifines. je fus furpris de ne point trou- & Caradere
font
je regardois comme habitans. ncursdes
ver rarmi ces gens, que ni Pinfolence, ou,la
des pirates, bila rudeffe,
mais bien
morgue de la populace Angloife, desanciennés
une fincere affabilité qui tenoit dans leurs famoeurs Françoifes. Je fus reçu
milles & à des parties de campagne, comme lieu où
leurs parens ou leurs amis. C'elt'le feul
de
j'aye vu une fociété connue. 2 compolée fonds
feformer
à peu un
pour
citoyens >
peu
de leur focié
courir à l'avenir les malheureux
té; les penfions ou gratifications étoient vieil- prode malheur ou à la
portionnées au genre
y
leffe; les marins de profeffion ne pouvoient
être admis. Je ne fortis point de la Bourgeoifie
où j'étois fi bien traité; mais je fus furpris du
dans la claffe des gens
luxe que Yapperçus
eft compofée
riches. La milice nationale,qui
Qij --- Page 252 ---
VOxAGE, &c.
de tout ce qui peut porter les armes, y eft
exactement exercée & difciplinée, l'on y eft
patriote ; les courans ou les roches qui entourent cette Iile, font fa meilleure défenfe.
Arrivée à Ily avoit dans ce
des bateaux
Breft , le 27
port
FranSept. 1776. çcis de I'Ille de Breha, qui eft fituée fur la
côte de la Balle-Bretagne ; j'en profitai pour
paffer dans cette Ifle; ; je me rendis en canot
au Paimpoul, petit port fitué fur la TerreFerme,d'ou continuant,je pris ma route par
terre. Je gagnai bientôt le port de Breft, où
j'arrivai le 27 de Septembre 1776,
Fin du dernier Yolume.
FranSept. 1776. çcis de I'Ille de Breha, qui eft fituée fur la
côte de la Balle-Bretagne ; j'en profitai pour
paffer dans cette Ifle; ; je me rendis en canot
au Paimpoul, petit port fitué fur la TerreFerme,d'ou continuant,je pris ma route par
terre. Je gagnai bientôt le port de Breft, où
j'arrivai le 27 de Septembre 1776,
Fin du dernier Yolume. --- Page 253 ---
T AB LE
de fel contenues dans l'eau
DES difirentes quantités
diverfes latitudes aufrales
de mer, prife par
de latitude
boréales, depuis les cinquante degrés
degrés de latirude
fudjufques à quatre-vingt-deux
le poids de
nord, d'oi lon déduit par conféquent
ces diverfes eaux de mer.
L AT I T U D E A U ST R A L E.
de fel.
d'eau de mer contenoient. 4liv..
Par 490 go',rooliv.
i
46.. I2
40.. 30.
25.. 4.
20.. 24.
3.
à vuc de l'IC de Martin-Vas.
$
I.. I6.
L A T I T U D E BoR É A L E.
3.
L
4° 22
E
IO.. 14.
25.
39.
45.
3.
- a
le fond dans la mer d'Allemagne.
59. .ayant
64.
74.
81...dans les glaces (*)
Tant
froid.
quoique forinées d'eau de ncr > detfaléesparle
()kesgiaces,
Q 11) --- Page 254 ---
L'eaii de mer congelée en Lair autour du vaiffeau
pendant fa marche,
Le thermometre étant à trois degrés au deffous
dc la glace, cent livres contenoient.
I livre de fel.
Les mêmes glaçons confervés pendant huit jours.
Le thermometre, conftant à I & 2 degrés au
defious de la glace, contenoient.
0 4 T
Lunimspliyauafnvi pendant ttrois femaines.
Le the mometre étant, rendant les dix derniers
jours. depuis 6 j (ques a II degrés au deffous de
la glace, contenoient.
o de fel. --- Page 255 ---
a --- Page 256 ---
TABLE
d'après des
de l'état du
METÉOROLOGIQUE
obfervations journalieres du
la variation de
thermometre &
l'aiguille aimantée, de la qualité du ciel
longitudes du lieu de ces obfervations
9. JOUR:
d'Airil. THERMOMETRE,
CIEL
V E N
fe PeRm 2
T.
a
+
a
IO
Beau.
.Eft-Sud-EA..
- Couvert.
Pluie.
Sud.
X
Brumc..
Pluie. Sud.
.Oueft.
II
Beau
foleil.
7: Pluic.
.Sud-Oueft..
2I
6;
Soleil. S.-S.-Queft.. S.-Oucft.
Convert..
Sud-Su
7 . 9
Beau.
Couvert.
d-Ou-ft..
Oueft.
5 3 4 Couverr.
S.-O..
.
a
+
a
IO
Beau.
.Eft-Sud-EA..
- Couvert.
Pluie.
Sud.
X
Brumc..
Pluie. Sud.
.Oueft.
II
Beau
foleil.
7: Pluic.
.Sud-Oueft..
2I
6;
Soleil. S.-S.-Queft.. S.-Oucft.
Convert..
Sud-Su
7 . 9
Beau.
Couvert.
d-Ou-ft..
Oueft.
5 3 4 Couverr.
S.-O.. Couvert. Neige.
.N.-0...Nord.
I
Soleil..
Nord..
.Elt. Soleil..
Neige. Eft..
Nord-Ef. Pluic..
Neige. .Solcil. Nord.. Nord-Oneft..
Ci-neifus en chambre ouverte.
5..3-E.-E.-N-EN.
En ourre fur le
gaillard. -
Soicil.
: Couvert.
Neige. N,-Ef.
E.-N.-Ef,
Neige.l Nord..
2g° expofé au folcil à l'abri du
N.-N-Eft,
Beau.. .Beau
vent.
foleil.t Nord..
-Nord-Oueft.
(*, Lc terme inoyen da thermometre eft cn téte
en plus ou au detins de zéto; & ccux à gauche
de CCS oblervations, >
Le terme m yon du latometre cft cn tête de indiquent celles en moins ou
galenient les chilfs à droite de ce_tcrihc
CCS obfervations, & cit, par
andiquent les obfervations
indiquent les obfervations en
en moins oil au deilous de 18
plus
posces 2 lignes. --- Page 257 ---
le
vers le Pole borèal,
jialie de Pair, pendant
voyage
de
de Rhinland ; des obfervations
u barometre 7 mefure
mention des latitudes &
& de
; avec
u
vent
fa force
LONG. VARIAT. BAROMETRE
SA FORCI E. LAT.
28 pouces 9 lig.+
Joli.
53° 6'. :
Orientale.
Petit.
55°
31'
18° variation Nord-Oueft.
Calme... .Un peu frais. 560 gz
Occidentale. O
Petit.
57° 31.
2,1'
.Joli frais..
59° 3
1° S5 49
Frais..
Grand frais. 610 14
19 59
.Frais.
63°:57
19° variation:
calme.
66° 27
1° 48'
.Frais prefque calme. Petit. 67° 26
Prefque
Prefque calmc.
68°. -
IO 53'
Detir.
69° 26
1° 26
Joli frais..
7e0 49'.
19 47
.Frais.
.Très-petit..
71° 35"
12'
Très-petit..
& les chiffies à droite de cc zéroindiquent les obfervations
eft o. celui de zéro;
deffous de zéro ou de la glace.
celui de 28 pouces 2 lignes 5 &
kemple, pour les premicres obfervations, & lcs chiffres à gauche dc CC terme
a au deffus de 28 pouces 9 lignes 5 --- Page 258 ---
25o
JOURS
de Mai. THERMOMETRE.
CIEL
VI E N T.
+
rer,
.Un peu couvert..
3.
2;
Couvert..
Sud.
Sud-Ef
.Sud-Eft.
Dans les glaces.
23° expofé au foleil.
Beau foleil..
Ef..
Couvert..
O.
Couvert... Brum-ux Sud-Sud-Eft., .Sad-Ef.
20° a onze heures du foir.
.Sue
3 I Couve.t..B Beau foleil Sud.
.Sud-Ouef
23°,
JOURS
de Mai. THERMOMETRE.
CIEL
VI E N T.
+
rer,
.Un peu couvert..
3.
2;
Couvert..
Sud.
Sud-Ef
.Sud-Eft.
Dans les glaces.
23° expofé au foleil.
Beau foleil..
Ef..
Couvert..
O.
Couvert... Brum-ux Sud-Sud-Eft., .Sad-Ef.
20° a onze heures du foir.
.Sue
3 I Couve.t..B Beau foleil Sud.
.Sud-Ouef
23°, .Beau foleil.
O.
Couveit..
Neige. Convert:
S-S.0..5.0. Sud-Oucft.
Ouef Couvert.
Sud Oueft.
Ouef Sud
I -
Du foleil..
Sud..
Couvert..
N.-N.-O..
O .-N
I3
I de
Couvert..
Neige. Oucft..
Sud-Oueff
Couvert..
Sud.. Sud-Sud-Ousf
: Couvert.
.Soleil. Sad. Couvert..
Neige. Sud.
.Sud-Ouef Couvert.
Epais. Eft.
Sud-Sud-Ouef
/
- Nord-Ef
Ccuvert. . Neige. Couvert.Peu de
Nord-Nord-Eft.
neige.
Nord-Nerd Eft..
Couverr..
N
2I
I
Neige. Nord.
N
Ouef
Couvert..
Neize. Nord..
9.
Couvert,
Nord-Ouef
Neige.
rd Couvert..
Nord.
24,
7.
Couvert Moins noir
Nord..
Pleine eau.
Soleil. N.N.-O...
6,
Couvert.Neige.S
.N.-O.N
Couvert,
N-N-E..N.-E.. Nord
Couvert..
N.;N.-E. N.-E
26° à fix
: 28
hcures du foir.
C.
Couvert. - Beau foleil. Sud- Eft.
El
Côre de glace de POuef. Couv. pris dans lesglaces. Sud-Sud-Eft.
Sud
I -
Couvert..
C
Sud-Sud-Eft.
Su
Couvert, .Brume./Sud.. N.
N.-N. -C --- Page 259 ---
25*
LAT.J LONG. VARIAT. HAROMETRE
SATFORCE
29 pouccs.
Oriental.
73°
15,
Frais.
75° 28.
;° 12
Frais,
19° varjation.
IO 1.
77° 17'. 20
3° 12' 28 P.
Petit fra's
78°àla vuc de Clokbay.
Frais. Frais.
28 II
.Frais par intervalles. -
14 variation.
29 P. 4 1.
79° 23'.
4° Io'
I i
Calme
.Petit.
Frais..
Petit.
5°
28 10...29
Frais.
Calmc. 80° s6..
14" variation.
80° 38'..
4° 25 28 II
Petir. Très-p petit.
23 1oi
Joli.
80° 25
16° variation:
Cap du Diable.
69 20' 28 II80°
Frais..
5° variation.
Gelof. réclip.Rensevelad Calmc. 80° 15'.
II
Frais. .Bon frais
81°
.Petit.
Frais..
Petit.
5°
28 10...29
Frais.
Calmc. 80° s6..
14" variation.
80° 38'..
4° 25 28 II
Petir. Très-p petit.
23 1oi
Joli.
80° 25
16° variation:
Cap du Diable.
69 20' 28 II80°
Frais..
5° variation.
Gelof. réclip.Rensevelad Calmc. 80° 15'.
II
Frais. .Bon frais
81° Petit.
.Joli frais.
4 #
.Petit. Frais..
Petit Petit frais.
.Petit.
28 Io
Petit frais.
.Calme. Petit.
frais.. .Joli
I :
.Un peu frais.
Frais.
.Joli.
28 1ok
Joli.
Frais.
Joli.
Frais.
Oscidentale.
78° 15 0° 15' variation. I
Petit.
20°
41 :
789 g
25'
Petit. .Bon frais. Petir.
Prefque calme. --- Page 260 ---
S2
JOURS
de Juin, THERMOMETRE.
CIEL
V E.N T.
o
rer,
Couvert.
I
Convert.
Neige. Nord.
Sud-Ouef
I
I
Couv. Brume Soleil. Snd.. Sul-Oueft;S Su
I
Brumc... . Perite épaiffe pluie.
.Sud-Oucf # Sud..
I : 5
Brume. Pluic,
Sud : Sud-Oueft,
I
Couv. Brume Neige. EA.
Sud-Ef
peu Spailft Nord.. Nord-Oucf
I
Brumeux..
Pluie. S.-S.-Oueft.
I
S.-Ef
.Couvert..
Oueft.. .0.-N.-Oucf Solcil..
IO
Brumeux. Sol.
.Nord-Nord-Eft.
II
O.
Brume
Neige
Variable.
I
Solcil,
I2
Neige. S-Eft. Eft. N.-EA
I
Couvert..
S.-Oueft.
S.-S.-O
I3
Brumeux. Sol. Neige.
Nord. Brumeux. Sol.
I5
Neige. Nord.
.Nord-EA
Couverr..
Sud-Oueft,
Sud
:
41 Brumeux. Petite
( ou neige fondue. pluiel
Sud.
17 18
S
Brume. e Petite
I
.Brume. pluic.
Sud-Eft. 21 Pluic..
Sud-Ef.. .Sud-Sud-Eft
.Brume.
Libres des glaces.
Sud-Sud-Oucft e
: 2
Brume..
Pluic.
I
Brame.
Sul. Brume.
Sud.
Oueft
Ef.
Sud-El
26° à, cinq heures du foir, Couvert...Beau foleil.
Sud-Sud-Ef. Soleil.
.Brume.
I
Brume.
S.-S.-EA.. .N.-N.-0.
Sud-Sud-Oueft.
24 6
Brume.. Beau folcil.
O.
S-5-0...0.5-Oud, Brume.
Soleil.
Sud-Sud-Oneft.
.Brume. Couvert..
Sud-Sud-Eft. - .Brume. .Brume. S.-Oueft. . N.-ER.
Sud-Queft, --- Page 261 ---
LAT. LONG. VARIAT. BAROMETKE
A FORCE
29 pouccs. +
29 P- 411.
tit. .Prefque caline.
ais.
Petit.
28 P: 1otl.
Petit.
78° 15 Pecit it. .Un peu ftais.
28 1O
.Petit.
28 II
Bon frais.
L 28
28 1o:
.Joli frais.
229 variation.
Petit frais.
2'.
ume. S.-Oueft. . N.-ER.
Sud-Queft, --- Page 261 ---
LAT. LONG. VARIAT. BAROMETKE
A FORCE
29 pouccs. +
29 P- 411.
tit. .Prefque caline.
ais.
Petit.
28 P: 1otl.
Petit.
78° 15 Pecit it. .Un peu ftais.
28 1O
.Petit.
28 II
Bon frais.
L 28
28 1o:
.Joli frais.
229 variation.
Petit frais.
2'. ais.
78° Prefque calme.
78°
3 15' Prelque calme. ais.
Petit frais.
J 28
rais.
.Petit frais.
L 28 IO
.29
bli frais.
.Petit.
28 I0.. 29
ctit.
.Joli.
28 io
Petit par rafalles.
ais.
Bon frais. rand frais.
.Frais. Frais.
77° 3o.
Le variable a 28 p.9lig28
5:
rais.
Joli frais. .Petit.
15 ... 8° 30
28 IO
.Prefque calmc.
77° .Joli..
260 variation.
76° s1.. - TrespencBwcfquecalme
9 4
.Petit. 18 II
Petit.
Petit.
Joli.
28 II
Petit. .Prefque calme. .Prefque calme.
29 13
.Joli. --- Page 262 ---
as To
JOURS deJuiller. THERMOMETRE,
CIE L.
V E N T.
o
+
1 er
I
Beau.. Beau foleil, S:-Oueft..
:
Beau.. Beau foleil, O.-S.-Oucit,. .0.-S.-Oue
Oucf
33° à ncuf heures du fsir. Beau.. Beau foleil. Oueft.
O.
Couvert.
Brume.
.0.-N.-Ouel
O.
Beau foleil..
Eft.. Ouefl-Sud-Ousft.
Brume.!
Sud-E
B.ume.
I
Brume.. . -Bcau foleil. Sud-Oueft. .Sud-Oueft.
Oucl Beau... Beau foleil.
I
Brumeux.
Oucft.
IO
O.
Brume.
.-Ouet.5-S-Cued
II
-
N.Out-N-N-Ouc
Bruine. Couvert.. Du foledl. Sud-Oucft Nord. Nord-Ouef
Nord-E
Hors des glaces fréquentes.
I
I 1 Ccuvert... - Du foleil.
3 2 Des nuages..
N-N.Oul.N-Ouf
I
Couv. Neige. Bruine.
I5
I
Couv. Neige: Bruine. N.-Owef.0.N.Ouf
O.
21 Nuages
Soleil. Nord-Oueft. N.-N.-Ef..
I
Couvert...Da foleil. ER.:Nord-Ef.. Nord
2 * 4
Vilain. . Brumeux. S.: S.-ER.S. S.-Ouef
Ilors des glaces.
foleil.
3 2 Des nuages..
N-N.Oul.N-Ouf
I
Couv. Neige. Bruine.
I5
I
Couv. Neige: Bruine. N.-Owef.0.N.Ouf
O.
21 Nuages
Soleil. Nord-Oueft. N.-N.-Ef..
I
Couvert...Da foleil. ER.:Nord-Ef.. Nord
2 * 4
Vilain. . Brumeux. S.: S.-ER.S. S.-Ouef
Ilors des glaces. Brumeux. Nuages.
Soleil. N.-N.-Eft. Nord- .N.-Oucf Nuages
Soleil. Sud-Queft Eft..
e 6 . 9
Bruinc.
Vilain. E.-S.-Eft.. S.-Eft Sud-Ef 1
2;
IO BrwineS-leil.Humide.
Eft-Sud-Ef. Sud
9 - II
Brume.
Bruine. Sud-Eft..
Sud
8 ...12 - Couvert. Bcau folcil.?
-.Chaad &c humide.. ( Sul-Sud Ef..
Sud
IO 13
Couverr.Soleil. Pluie. E.-S-E(t.S.-S.-FC.
:7
IO
I3
Couvert. Soleil. Pluic. S. 0..ft..0.5-Oucft Sud
:0
II
Couvert par grains.) O.-S:
Pue..
Vilain
0..0.-N.-O .0
I 14
Pluie..Couv.. Grains S41..S.-S. O..N.-Ou-f
jc
IO
Pluic.-Couv.Crxalins N.-N. Ouelt.. .N.-Oucft
Mor' dAilemagne. Afez bean.
N.-Oneft N.N : -Oueft
335 31 --- Page 263 ---
LONG, VARIAT. BAI ROMETI RE.
LAT.
S A FORCE
A za
N
28 pouces 2 lig.
.119
29 P.
Joli frais..
75° 34
Joli. Petit.
28 II
Joli fais.
Joli.
Petit.
Petit.
Petit. Prefque cainic.
30° variatien.
6'.. ..1:9
.29
:
.Prefque calmc.
75°
Joli.
Joli.
28 IO
Petit.
740 40.. Joli..
Pctit.
28 IO :
Joli frais.
Joli.
.Joli frais..
73° .Petit frais.
720 46'.:
99 35' 720 56... 12.°
129 II
Petit.
.Bon frais.
720 28 9° 6'
71° 25,
8° 23
Petit. Calme. 700 19
Petit.
calme.
690 55,
6° 2
Prefque
.Petit. 680 31
Frais..
Frais. 6:0 19'
) 44
Bon frais.
Pctit. 66° 8'.
6°
Frais
5o 6'
Joli.
Petit. 65° so..
.Joli. 6,° 5
4 o 32
Petir.. Bon frais..
640 ss
Bon frais.
64° 15'.
.Grand frais..
6;°2 29.
Grand frais..
6, 1...
1o
Joli frais..
A
-s
XD
SA a
.Petit. 680 31
Frais..
Frais. 6:0 19'
) 44
Bon frais.
Pctit. 66° 8'.
6°
Frais
5o 6'
Joli.
Petit. 65° so..
.Joli. 6,° 5
4 o 32
Petir.. Bon frais..
640 ss
Bon frais.
64° 15'.
.Grand frais..
6;°2 29.
Grand frais..
6, 1...
1o
Joli frais..
A
-s
XD
SA a --- Page 264 --- --- Page 265 ---
RS
TABLE
DES M ATIERES
CONTENUES DANS CE VOLUME.
Voraors vers le Pole du Sud,fait dans
les années 1773 & 1774.
Notre départ de Breft, du 26 Mars 1773. 6
Erreur des Cartes fur PIlle Salvage.
Ibid.
L'eau de la mer contient moins de fel fous la
Ibid.
Zone torride.
Expériences à ce fujet.
Iflots de Martin-Vas.
Avantages & défavantages du mégametre. IO
Dangers du. mouillage à la baie de la ville du
II
Cap.
Précautions contre le fcorbut.
Confervation des légumes.
lbid.
Falfe-Bay.
I3.
Ville du Cap de Bonne-Efpérance.
lbid.
Communication par terre, entre les habitans
de la Guinée & ceux del la mer des Indes. 14
Preuves de cette communication.
Ibid.
Climat, cultivation du Cap.
Tome 11,
R --- Page 266 ---
TABLE.
Bas prix des denrées pour les habitans.
Cherté pour les vaiffeaux étrangers.
Ibid.
Figure, moeurs & ufages des Hottentots. 22
Leurs mariages.
Fauffeté du tablier des Hottentotes.
Armes des Hottentots.
Ibid.
Leur langage.
Réflexions fur les langues.
Traits héroiques.
Ile de la Magdeleine. Loups marins.
Ibid.
Leurs cris,
Leur grand nombre. Defcription.
Pinguoins 7 leurs nids.
Defeription du pinguoin.
Tempête.
Comete.
Ille de France.
Population & fertilité de P'Ifle Bourbon. 48
Caufe de fes avantages fur Plile de France. 49
Départ de PIlle de France, 3 le 29 Ogobre
1773.
Ibid.
Relations qui faifoient foupçonner l'exiftence
des terres auftrales.
Ibid,
Inductions que donnent ces relations.
SI
Mers orageufes.
SS
Alcyons & damiers.
--- Page 267 ---
TABLE
Oifeaux inconnus. Coups de vent.
Terre découverte.
Grand-Terre reconnue.
Prife de poffeflion L 2 le 6 Janvier 1774 69
Orage.
Beauté des crépufcules.
-
Irrégularité des vents & du climat.
Analogie entre la force de ces vents & ceux
des mers de Sibérie.
Effets du paffage fubit du froid au chaud. 76
Ibid.
Ile de Madagafcar.
Ibids
Détails fur cette Ifle.
fa richeffe, fes producSa grande fertilité,
tions.
des Indiens & de
Bon accueil que je reçus
leur Chef.
Moeurs & ufages des habitans.
Mon féjour au village de Mahanlevou.
lés étrangers. 83
Leur comadereincdtefcenvens)
Leur franchife & leur exaditude.
Leur générofité & leur bienfaifance entre
8;
eux.
Chef du
& celui de
Brouillerie entre un
pays
Ibid.
la colonie Françoife.
Incendie d'un village Indien.
Relfemblance de ces Indiens avec les Mago
layes.
Rij
Chef.
Moeurs & ufages des habitans.
Mon féjour au village de Mahanlevou.
lés étrangers. 83
Leur comadereincdtefcenvens)
Leur franchife & leur exaditude.
Leur générofité & leur bienfaifance entre
8;
eux.
Chef du
& celui de
Brouillerie entre un
pays
Ibid.
la colonie Françoife.
Incendie d'un village Indien.
Relfemblance de ces Indiens avec les Mago
layes.
Rij --- Page 268 ---
TABLE
Occupations des hommes.
Celles des femmes.
Leur nourriture.
Ibid.
Leurs habitations.
Ibid.
Le climat peu propre aux étrangers.
Précautions qu'ils doivent prendre.
Religion du pays.
Ibid.
Croyances fuperftitieufes,
Pêche de la baleine.
Maniere de traiter les affaires,
Ibid.
Leurs armes.
Leurs fortifications.
Ibid.
Leurs opérations militaires,
I00
Leur férocité à la guerre.
IOI
Leur ufage dans les préfens.
1O2
Motifs de leur ufage furla liberté de leurs filles
avec les étrangers.
Liberté des jeunes gens de lun & de l'autre
fexe.
IOS
Fidélité des femmes,
Ibid.
Réflexions fur la facilité des filles envers les
étrangers.
Comparaifon avec les Otahitiennes, Zélandoifes & Groénlandoifes.
Langage des habitans de Madagafcar.
Départ de.Madagafcar 2 le 29 Mars 1774. IIO
Arrivée à Simons-Bay.
III
Fievres dans l'équipage.
Ibid. --- Page 269 ---
TABI LE
26:
Belles fleurs du Cap de Bonne-Efpérance. 112
11S
Poiffons. , leur quantité.
Ibid.
Retour en Europe.
Arrivée à Breft,le 6 Septembre 1774.
vers le Pole du Nord,fait dans
VOYAGE
Pannee 1776.
Confidérations fur ces trois différens Voya119
ges,
des climats vers les
Caufes de la différence
deux Poles, fur les mers & les climats. 121
Confidérations
Projet de comparaifon par! T'experience. 123
Autres motifs de ce Voyage.
Ibid.
Gibraltar & fes fortifications.
Départ de Breft, le II Mars 1776.
Ibid.
Côtes & IAes d'Angleterre.
leurs
Différence des caraêteres Anglois 2
caufes.
Ibid.
Flandre Autrichienne,
Hollande.
Comparaifon politique.
Caraêere des Hollandois.
Ibiddu Texel, le 16. Avril1776.
Mon départ
Ibid.
Le Doggerbank. fur la falure des eaux.
Obfervations
Dronthen.
Ibid.
Pauvreté des habitans.
R iij --- Page 270 ---
TABLE
Relations fur le Groënland.
Longs jours de mois.
Sérénité du ciel en avançant dans 132 les
glaces.
Montagnes de Clok & de Hoorifond.
Glaces du Spitlberg.
Ibid.
Difficulté de la navigation,
Trifteffe de ces contrées.
Ibid.
Adreffe qu'exigent les finuofités des glaces.
Vaiffeaux Hollandois pour cette navigation,
Paflages fermés par les glaces.
Ibid.
Facilité de l'eau de la mer à fe geler.
'Amarrage fur les glaces,
Baleines.
Lieornes de mer; leur defcription,
Ybid.
Poiffon à fabre; defcription.
lbid.
Manceuvres,
Le vaiffeau enfermé par les glaces.
Travaux pour entr'ouvrir les glaces.
Différentes efpeces de glaces,
Pics de glace,
Difficultés des manceuvres,
Ibid.
Variation de l'aiguille.
Lions marins ; leur defcription.
Ibid.
Terme des courfes des Anglois en 1773- 149
Approche du Pole.
15o
Lieornes de mer; leur defcription,
Ybid.
Poiffon à fabre; defcription.
lbid.
Manceuvres,
Le vaiffeau enfermé par les glaces.
Travaux pour entr'ouvrir les glaces.
Différentes efpeces de glaces,
Pics de glace,
Difficultés des manceuvres,
Ibid.
Variation de l'aiguille.
Lions marins ; leur defcription.
Ibid.
Terme des courfes des Anglois en 1773- 149
Approche du Pole.
15o --- Page 271 ---
TABLE
Poffibilité du voyage atl Pole.
Ibid. ISI
découvertes des RufTes.
Obftacles aux
Salure de ces mers.
Beauté du ciel.
Etat du barometre.
Cap du Diable, 2 Ifle du Spitberg.
Ibid.
Leurs différens mouillages. de glace. 157
Leur fol hérifé de montagnes odeurdefoufic.,t
Eboulemens derochesaveco de glace.
1S9
Formation des montagnes climats.
Eté & defcription de ces
blancs, renards, rennes; ; particularités
Ours
fur ces animaux.
de ces oifeaux. 163
Mallemoques, defcription
Priuwer, fa defcription.
16;
Rotchis, fa defcription.
de mer, lombs,
Bourguemeltre, perroquets
Ibid.
pigeons ; leur defcription. nourriture.
Oifeau des glaces, fa
Ibid.
Defcription de cet oifeau.
Chaffeurs Ruffes.
Saifons de ces climats.
Ibid.
Etendue de l'Empire Ruffe.
Vigilance du Gouvernement.
Froid rigoureux.
deglace. Ibid,
Knasteumiderdeded
Ibid.
Bancs de glace.
les glaces.
Le vaiffeau comprimé par
R iv
ourguemeltre, perroquets
Ibid.
pigeons ; leur defcription. nourriture.
Oifeau des glaces, fa
Ibid.
Defcription de cet oifeau.
Chaffeurs Ruffes.
Saifons de ces climats.
Ibid.
Etendue de l'Empire Ruffe.
Vigilance du Gouvernement.
Froid rigoureux.
deglace. Ibid,
Knasteumiderdeded
Ibid.
Bancs de glace.
les glaces.
Le vaiffeau comprimé par
R iv --- Page 272 ---
TABLE
Maniere de démonter le gouvernail.
Baleines; elles ne produifent qu'un petit 172 à la
fois, qu'elles allaitent.
Expériences fur la deffalaifon de l'eau de la
mer par le froid.
Ibid.
Manceuvres dans les glaces.
Pêche de la baleine. Defcription de cette pêche.
Ibid.
Vaiffeaux & équipement qui y font deftinés.
Harpon, fa forme.
Ibid.
Situation & travail du Harponneur.
Efforts de la baleine harponnée.
180 179
Chemin que fait la baleine fous l'eau. ) 181
Manoeuvres des pêcheurs.
Ibid.
La baleine amenée à la furface.
Autre maniere de la pécher.
Dépécement de la baleine.
Ibid.
Embarquement du lard.
Defcription détaillée & anatomique de la baleine.
Incertitude furia maniere de fe nourrir, de la
baleine.
Scarabées vivant & croiffant fur la peau 190 de
la baleine.
Erreur fur la courbure du dos de ce poif- 194
fon.
--- Page 273 ---
TABLE
Comparaifon des animaux du Auide aquatique
avec ceux du fuide aérien.
Le'vaiffeau preffé par les grandes glaces. 198
des
Ibid.
Mouvemens irréguliers
glaces.
Crainte que le vaiffeau ne fàt écrafé.
199 1
Baffin formé de main d'homme dans un banc
de glace.
deftinés
Force des vaiffeaux Hollandois
pour
ces climats.
caffe
l'effort des glaLe banc de glace
par
ces.
& eft menacé d'être
Le vaiffeau craque,
écrafé.
Ibid.
Extrémités de Péquipage.
Ibid.
Réfexions.
Craintes & alarmes.
Evénement difficile à prévoir.
Réflexions fur la perte des vaiffeaux.
Difficulté de défenchâffer rle vaifleau de dedans
lag glace.
Effort du vaiffeau qui fe dégage.
Sortie du bane.
Ibid.
Caufe du calme qui regne fur ces meis.
Difficulté de la navigation.
Polfcops, loups marins; leurs defcriptions.213
Leur chaffe.
été
hiGlaces plus dangereufes en
qu'en
ver.
ions.
Craintes & alarmes.
Evénement difficile à prévoir.
Réflexions fur la perte des vaiffeaux.
Difficulté de défenchâffer rle vaifleau de dedans
lag glace.
Effort du vaiffeau qui fe dégage.
Sortie du bane.
Ibid.
Caufe du calme qui regne fur ces meis.
Difficulté de la navigation.
Polfcops, loups marins; leurs defcriptions.213
Leur chaffe.
été
hiGlaces plus dangereufes en
qu'en
ver. --- Page 274 ---
TABLE.
Comment fe forment les bancs de glace. 218
Caufe de la différence d'élévation des montagnes de glace en Amérique, & dans ces
mers.
Côte de Gallhamfques.
Détroit qui la fépare du Groënland.
Ibid.
Raifons de croire qu'il communique avec les
baies de Bafins & d'Hudfon,
Ibid.
Ignorance où l'on eft fur cette côte.
Raifon de l'opinion de l'exiftence de terres
au nord.
Avantages de la pêche de la baleine.
Elle eft encouragée par les Rois d'Angleterre. €,
de-Danemarck 3 de Suede.
Queftion fur la poffibilité de pénétrer jufques
au Pole.
Ibid.
Route la plus praticable en apparence. 228
Moyen d'obvieràl'obftacle de la compreflion,
& de parvenir au Pole.
Aiguade dans les neiges,
Sortie des glaces.
Ifle de Jean-Mayen.
Ibid.
Différence de l'atmofphere des eaux, -& de
celui des glaces.
Autres efpeces de baleines.
Comparaifon des climats du Nord & du
Sud.
--- Page 275 ---
TAB LE.
à l'entrée de la mer
Ceffation. du long jour
d'Allemagne. dans les mers de Hollande.
Retour
Arrivée à Amfterdam.
Arrivée au havre de Guernefey.
Caraéteres & moeurs des habitans.
Arrivée à Breft, le 27 Septembrer776.
quantités de-fel
TABI L E des différentes
dans l'eau de mer, prife par
contenues
auftrales 8 boréales 2
diverfes latitudes
de latitude fudjuf
depuis les 50 degrès
nord, d'oit
à 82 degrés de latitude
ques
le poids de
l'on déduit par confequent
eaux de mer.
ces diverfes
Météorologique de Tétat du ciel8s
TABLE
vers le Pole bodelairpendant le voyage
réal, d'après des obfervations journalieres
du thermometre 8 du barometre 7 mefure
des obfervations de la
de Rhinland; par
dimantée, de la
variation de l'aiguille
du ciel, du vent & defa foreé;
qualité
des latitudes & longitudes
avec mention
du lieu de ces obfervations.
Fin de la Table.
diverfes
Météorologique de Tétat du ciel8s
TABLE
vers le Pole bodelairpendant le voyage
réal, d'après des obfervations journalieres
du thermometre 8 du barometre 7 mefure
des obfervations de la
de Rhinland; par
dimantée, de la
variation de l'aiguille
du ciel, du vent & defa foreé;
qualité
des latitudes & longitudes
avec mention
du lieu de ces obfervations.
Fin de la Table. --- Page 276 ---
AFPROBATION
lu, par ordre de
Ja
des
Monfeigneur le Garde
Sceaux, un Manuferitquia pourt titre :
autour du Monde, 6 vers les deur Poles; Poyages
M. DE PAGÈS, Capitaine des Vaiffeaux du Roi. par
Cer Ouvrage, d'un" genre affez neuf, ne
qu'être bien reçu du Public. A Paris,ce
peut
Avril 1781.
premier
TERRASSON.
EXTRAIT des Regiftres de L'Académie
du.2 Mai 1781.
le Chevalier
Mis
LANDE &
de BonDA, BE LA
DE JUSSIEU, ayant rendu compte à
l'Académie, d'un Ouvrage inticulé
de
M. DE PAGES,
Voyages
Capitaine de Faiffeau,
démie a jagé cet Ouvrage digne de fon l'Acation, & de paroitre fous fon
approbade quoi j'ai figné le préfent
Privilége. En foi
Certificat conforme à
Toriginal, & au jugement de l'Académie. A
Paris, ce 2 Mai 1781.
Le Marquis de CONDORCET, --- Page 277 ---
EXTRAIT
del'Académie Royale des Sciences,
DES Regiftres
du 2 Mai 1781.
Novsavonre examiné, par ordre del'Académic,
de M. de PAGÈs, Capile Manufcrit des Voyages
eft un
des Vaiffeaux du Roi. Le premier
taine
du Monde, fait par TAmérique
Voyage autour
du Sud, les Indes & l'AraSeptentionale, la mer
Terres Auftrales,
bie. Le fecond eft un Voyage aux de
font dans le fud-ef du Cap
Bonne-Elpé- dans la
qui
eft le Voyage au Nord
rance. Le troifieme Ifles du Spitsberg, > où M. DE
mer Glaciale, & aux
des Voyageurs
plus loin qu'aucun
PAGÈS a pénétré
c'eft - à- dire a
dont les relations font imprimées,
degrés de latitude.
quatte-ving-deux été entrepris par pure curiolité,
Ces Voyages ont utile à la trance, à la Marine,
dans le deffein d'être
des connoiffances nouà T'Humanité, en acquérant s'eft-il permis aucune difvelles; auffi l'Auteur ne
Comme Militaire,
traction de plaifir ou d'intérêt. obftacle, aucun danger ;
il n'a été reburé par aucun
fa patience &c
il les a furmontés par fon courage, à fes fins : le réfulfon adtivite, & il eft parvenu
de fortat de tant de travaux ne pouvoit manquer
mer une relation intérellante. Ifles
fc rendre
PAGèS
dé nos
pour
M. DE
partit il remonta le Mifilipi,
à la Nouvelle Orléans;
traction de plaifir ou d'intérêt. obftacle, aucun danger ;
il n'a été reburé par aucun
fa patience &c
il les a furmontés par fon courage, à fes fins : le réfulfon adtivite, & il eft parvenu
de fortat de tant de travaux ne pouvoit manquer
mer une relation intérellante. Ifles
fc rendre
PAGèS
dé nos
pour
M. DE
partit il remonta le Mifilipi,
à la Nouvelle Orléans; --- Page 278 ---
& rournant parle nord-oueft, il fir une route
de fix cents lieues dans des
de ples
fidéra avecattention &
pays fauvages; ily conNatute
avec intérét, l'Homme & la
premiere, > qui formoient le
de fa curiofité & de fon
principal objer
temps, il dreffa
entteprife; mais en même
une Carte du Nouveau
oi il y a des chofes neuves
la
Mexique,
cette partic du Monde,
pour Géographie de
qu'on a toujours tâché de
couvrir des plus épaiffes ténebres, qu'ila rendu aufi
exacte qu'il étoit poflible de le faire fans inftrumens.
Embarqué à Acapulco, la traverfée de la
Sud lui donna lieu dc faire des
mer du
times fur les vents, fur les faifons. obfervations mariIfles Mariannes,
Il s'arrêta aux
parce qu'elles font plus
& moins connues, enfuite
négligées
aux
crrant dans l'intéricur des
Philippines; mais
partics les plus
il a toujours cherché ce que les autres fauvages, s
craignent le plus, à caufe de l'incommodité Voyageurs
dangers; il a vu de plus près les Indiens & des
les races, de toutes les
de toutes
religions, de tous les caracteres. Il y a
& ebfervélesmouilsges, > les routes; lcs
ports, fur-tour celui de Bombay, qu'une Nation puiflantc a pourtantle plus grand foin de cacher
aux étrangers, comme pourroit le faire un
que fa foibleffe rendroit inquier &
Peuple
La navigation du Golfe Perlique jaloux.
jufqu'à
une route de plus de fix cents lieues
Baffora,
le défert
par terre dans
del'Arabic, ont mis M: de PAcès à
de faire connoitre en détail des
portée
tés, de comparer les
pays peu fréquens
nuances de caraétere que pré-
antc a pourtantle plus grand foin de cacher
aux étrangers, comme pourroit le faire un
que fa foibleffe rendroit inquier &
Peuple
La navigation du Golfe Perlique jaloux.
jufqu'à
une route de plus de fix cents lieues
Baffora,
le défert
par terre dans
del'Arabic, ont mis M: de PAcès à
de faire connoitre en détail des
portée
tés, de comparer les
pays peu fréquens
nuances de caraétere que pré- --- Page 279 ---
fente, en : divers climats , la.Natare humaine, fans
culture & fans civilifation; mais il ne néglige pas
la defcription des pays, des montagnes, desrivieres,
des productions, desanimaux, & la Géographic; il
a fait fur-tout une Carte intéreffante du MontLiban & des Pays voilins qu'il a parcourus, & cà
il a habité.
Le fecond Voyage, dont lAuteur offre à l'Académie, une relation très-détaillée, eft celui des
Terres Auftrales, fur lequel M. Dagelct lui avoit
déjà préfanté diverfes obfervations aftronomiques ;
M. DE PAeÈs en donne une relation complette >
avec une Carte des Ifles qui furent reconnues à
cinquante degrés de latitude, & diverfes obferiations des longitudes de la chaleur, & du poids de
l'eau dela mer, qu'il a examiné à différens parages..
Son féjour parmi les Hottentots & les Malgaches, : s
lui fournitdes obfervations furlesNaturels du Pays;
mais il y en a beaucoup auffi fur les animaux, 3 fur
les produétions, & fur la maniere dont on devoit s'y
former des établiffemens utiles dansla
prendre pour
& belle Ile de Mada 3 gafcar, & fur le régime
grande befoin
conferver la fanté des équidont on a
pour
pages dans des climats mal-fains.
qui étoit le plus reburant
Le troifieme Voyage,
eft celui de la mer Glaciale;
& le plus défagréable,
de plus de trois cents lieues parmi
une navigation
d'obles glaces, fouinit à M. DE PAGÈS beaucoup
curieufes; la conftante élévation du bafervations
des baleines & de leur
rometre, la defcription
grande befoin
conferver la fanté des équidont on a
pour
pages dans des climats mal-fains.
qui étoit le plus reburant
Le troifieme Voyage,
eft celui de la mer Glaciale;
& le plus défagréable,
de plus de trois cents lieues parmi
une navigation
d'obles glaces, fouinit à M. DE PAGÈS beaucoup
curieufes; la conftante élévation du bafervations
des baleines & de leur
rometre, la defcription --- Page 280 ---
péche, celle de quelquesautres
déclinaifon delaimant,
poiffons du Nord; la
parlintenfitédu
lidefsluredeleardel lamer
de l'ean de
froid; une fuite de calcul du poids
mer, depuis cinquante
tude fud jufques au
degrés de latide latitude nord; la vraie quatre-vingr-deuieme degré
Mayen, néceffaire
polition de l'Ile de Jeanleur
aux Navigareurs pour redreffer
route au débouquement des glaces ; le mouvement & la dérive des glaces, &leur
des remarques phyfiques fur les vents formations de la Zone
glaciale, comparés avec ceux de la Zone
enfin, une Carte du Spitsberg,
torride:
roît que le Nord du Groënland par laquelle il pa-.
droit où le Géographes l'ont n'eft point à l'enplacé,
Nous ne parlons point à l'Académie du
nombre d'ubfervations fur la Morale, la
grand
& le Commerce, fur la profpérité des Politique
& fur les moyens de
Colonics, 3
l'augmenter 3 &c. car, indépendamment de toutes ces richeffes,
contient affez de chofes qui
l'Ouvrage
Sciences dont nous nous
appartiennent aux
foit tres-digne d'être imprimé occupons, pour qu'il
& fous le Privilége de l'Académic. avec l'approbation'
Fait à Paris, dans l'allemblée de l'Académic,
2 Mai 1781, DE LA LANDE, le Chevalier 3 le
BorDA, & DE JUSSIEU.
DE
Je certifie lepréfint Extrait conforme à
G
jugement de PAcadémie, ce 2 Mai1781. loriginal, au
Le Marguis DE CONDORCET, Secrétaire Perpétuel. --- Page 281 --- --- Page 282 --- --- Page 283 ---
E782
PI3SV
V. a --- Page 284 --- --- Page 285 ---
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