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POUND BY SANGORSKI & SUTCLIFPELONDON --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 ---
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HIZ --- Page 9 ---
VOYAGE
A
SAINT-DOMINGUE --- Page 10 --- --- Page 11 ---
VOYAGE
A
SAINT-DOMINGUE,
PENDANT LES ANNÉES
1788, 1789 et 1790 5
PAR LE BARON DE WIMPE F F E N.
TOME SECOND.
A PARIS
Chez COCHERIS, Imprimeur-Lhbraire, cloître
Saint-Benoit, no 352, Section des Thermes.
AN ciNQciixa DE LA REFUBLIQUE, (*797, Yiçux stylo ) --- Page 12 --- --- Page 13 ---
VOYAGE
A
SAINT-DONINGUE
LETTRE XXIIL
Jacmel. Mars, 1790.
CssTa précédentgureraeure Monsieur, au comte de la Luzerne, aujourministre de la marine, à qui l'on
d'hui fondation d'un jardin du Roi
doit la
tout
Il est à-pen-près
au Port-au-Prince.
établisêtre un semblable
ce que peut
Sa décadence
sement dans son origine.
l'avenir
dépendront à
ou sa prospérité
ses succesdu degré d'importance que
de
attacheront à ce monument
seurs
Phistoire naturelle des
- son goit pour
plantes.
I
aujourministre de la marine, à qui l'on
d'hui fondation d'un jardin du Roi
doit la
tout
Il est à-pen-près
au Port-au-Prince.
établisêtre un semblable
ce que peut
Sa décadence
sement dans son origine.
l'avenir
dépendront à
ou sa prospérité
ses succesdu degré d'importance que
de
attacheront à ce monument
seurs
Phistoire naturelle des
- son goit pour
plantes.
I --- Page 14 ---
VOTAG E
Il est sans doute
sort d'une institution malheureux que le
du goit, du
utile dépende ainsi
d'un seul
caprice, ou de
homme. Je frémis Tignorance
fois queje eme
toutes les
sors le
rappelle de combien de tré.
fanalique et stupide
rouche Omar nous
orgueil du faaux flammes le
a privé, en livrant
plus riche
connaissances humaines.
dépôt des
vénient
Mais
que l'on peut
l'inconà un vice d'unetoute redouter ici tient
le perpétuel
autre sconséquence,
séjour des chefs changement, la briéveté du
peuvent
dans un pays où ils ne
riques apporter que des notions théoque ecimpariane des principes
T'expérience met à
en défaut. A peine
chaque instant
lui
un
supposant l'intention gouverneur, de
en
loir administrer au
ne pas voutems d'acquérir les hasard, a-t-il eu le
qui doivent fonder connaissances locales
ministration,
les bases de son adun
qu'il se voit remplacé
successeur tout aussi novice
par
Cette détestable
que lui.
gine à la rapidité méthode doit son oriavec laquelle certains --- Page 15 ---
A
SAINT-DONINOUE 3
gouverneurs ont accumulé ici une fortune seandaleuse, Dès-lors cette
cessa d'être donnée au mérite,
place
venir la proie de l'ignorance, pour dede l'étourderie, de la rapacité de tel
de
grand, qui,
ruinéqu'il L arrivait, devait, sous
de passer pour un mauvais
peine
sujet, OlE
pour un sot, reparaître en
plus tard après trois
France, au
fortune
ans, avec la même
dont trois générations de
teurs avaient à peine
dissiparuine.
consommé la
Que devient la fortune
de pareilles mains ? Comment publique entre
dépens de qui se font ces fortunes et aux
ticulières? Le gouverneur n'est ici par- ni
commerçant, ni cultivateur; sa
lui interdit et l'agiotage et toutes dignité les
tites ressources qu'une tolérance
peble abandonne à Pindustrie
coupaleuse des subalternes. Ses peu scrupusont, à la vérité,
appointemens
considérables, mais sa
dépense est en proportion; mais, quelque économe qu'on le
ment croire
suppose 2 comqu'un traitement de quelI *
ulières? Le gouverneur n'est ici par- ni
commerçant, ni cultivateur; sa
lui interdit et l'agiotage et toutes dignité les
tites ressources qu'une tolérance
peble abandonne à Pindustrie
coupaleuse des subalternes. Ses peu scrupusont, à la vérité,
appointemens
considérables, mais sa
dépense est en proportion; mais, quelque économe qu'on le
ment croire
suppose 2 comqu'un traitement de quelI * --- Page 16 ---
VOYAG E
ques cent mille livres
quelques
produise 2 en
années, un bénéfice de quelques millions ? Et quand on
Monsieur, 3 que les deux branches pense 2
gouvernement civil et militaire
du
chargées d'un tas de
sont surmissaires, de
contrôleurs, de comcommis, de receveurs,
d'inspeeteurs,deg généraux, de
dans, etc. qui tous travaillent, commandiligence admirable,
avec une
lation, à
avec une égale émujustifier la confiance
supérieurs
que leurs
respectifs ont mis dans leur
intelligence, on n'est plus étonné
les colons ayent quelquefois
que
leur désespoir le
trouvé dans
courage d'arrêter, d'embarquer et de renvoyer en France dès
administrateurs assez aveugles
plus mesurer l'étendue de leur pour ne
que sur la distance qui les
pouvoir
de sa source,
séparaient
Le gouverneur actuel, M. le comte
Duchillau, est, dans ce moment,
à faire sa tournée dans l'isle. occupé
bienfaisantes
Les vues
qu'il annonce le distinguent
déjà, autant que sa réputation militaire, --- Page 17 ---
A SAINT-DONINOUs
Elles
de la foule de ses prédécesseurs. tout
font espérer de son administration
l'on
attendre d'un homme
ce que
peut beaucoup de considérésolu à sacrifier
secondaires à celles du bien purations
marche décidée et son intenblic. Cette
la colotion bien connue de dégarroter
nie d'une partie de ses liens, en ouvrant
des Etats-Unis,
ses ports au commerce
donné l'alarme aux commeront déjà
Envain les voeux de la
çans français. colons sollicitent, depuis
majorité des
envain ses bélong tems, cette mesure; ;
la
nédictions en ont - elles sanctionné
la minorité des fripons saura
sagesse; à force d'or et d'intrigues, en prébien,
et prouver à -
venir Taccompliscment,
M. du Chillau qu'icr, comme ailleurs,
le pouvoir de ses pareils sera toujours
raison inverse de ce qu'il devrait être;
en
faire le mal, circonscrit
illimité pour les
étroites dès qu'il
dans les bornes
plus
s'agit de faire le bien.
dit du
Je crois, Monsieur, vous' avoir
Port-au-Prince tout ce qu'il est possible
; à force d'or et d'intrigues, en prébien,
et prouver à -
venir Taccompliscment,
M. du Chillau qu'icr, comme ailleurs,
le pouvoir de ses pareils sera toujours
raison inverse de ce qu'il devrait être;
en
faire le mal, circonscrit
illimité pour les
étroites dès qu'il
dans les bornes
plus
s'agit de faire le bien.
dit du
Je crois, Monsieur, vous' avoir
Port-au-Prince tout ce qu'il est possible --- Page 18 ---
Vor A G E
d'en dire. L'excesive
lubrité de l'air
chaleur et l'insaque l'on y respire,
engagèrent à quitter
nous
que nous ne
2 un jour plutôt
une ville
nous l'étions proposé
rebâtie sur les bords du
gouffre qui la déjà
même
Mais, qui croirait engloutie une fois,
laquelle chacun que Ia confiance avec
les ruines de
a réédifié sa maison sur
seul
Tancienne, est le fruit d'un
effet, raisonnement ? La mine a fait son
ger. dit-on, il n'y a donc plus de danla dernière Cependant, qui nous garantira
conduits explosion ait éventé tous que les
qui
général? Qui nous communiquent au foyer
de la terre aient répond que les débris
la capacité des tellement comblé toute
le feu
canaux souterrains,
qui se nourrit des matières que
dévore ne puisse
qu'il
nouvelles routes ? Les pas s'y creuser de
beau raisomner,
physiciens ont
habitans du
je crains bien que les
leur ville sur un
bwnesheseraiatinadt
A Tinsalubrité sophisme,
sition au fond d'une qui provient de sa pobaie et sur un ter- --- Page 19 ---
'A SAINT-DONINODE
rain brilé, il faut ajouter celle d'un
immense marais qui couvert de mangliers dans toute son étendue, borde
du chemin de Léogane et
une partie directement avec la mer.
communique
Delà s'exhale en tout tems une vapeur
méphytique que les vents portent le
long de la côte directement sur le Portau-Prince.
En observant à mon retour, avec plus
d'attention que je n'avais fait en allant,
la position de ce marais, je crus entrevoir la possibilité de le faire disparaitre
une opération, à la vérité immense,
par
Il s'agimais rien moins qu'impraticable.
rait de construire, dans toute sa lonune digue de quelques pieds
gueur. d'élévation 2
qui le séparerait de la mer.
donnerait nécessaiCe premier procédé
rement au fond un degré de consistance
de le traverser dans
qui, en permettant
des canaux bien dirigés,
sa largeur par
le sécheraient bientôt entièrement.
J'ignore, Monsieur, combien de mil-
.ons tournois et de milliers de nègres
agimais rien moins qu'impraticable.
rait de construire, dans toute sa lonune digue de quelques pieds
gueur. d'élévation 2
qui le séparerait de la mer.
donnerait nécessaiCe premier procédé
rement au fond un degré de consistance
de le traverser dans
qui, en permettant
des canaux bien dirigés,
sa largeur par
le sécheraient bientôt entièrement.
J'ignore, Monsieur, combien de mil-
.ons tournois et de milliers de nègres --- Page 20 ---
VorAC E
une semblable
ter. Mais si les eutreprise pourrait cousouverains
quefois des millions
sacrifient queld'hommes à la
d'écus et des milliers
d'un coin de défense ou à Pasurpation
celui-ci
terre moins
ne peut le devenir, précieux il
que
quelamour dubien
me semble
génération
public, l'intérêtdel la
celle de sa vivante, sa conservation et
postériré, seraient des motifs
subemapoarimtineer
tané. Les Hollandais sncrificememen.
à Surinam,
ont fait à Batavia,
le même
en Hollande même, et par
considérables principe, des travaux bien
avec beaucoup moins plus
poir de succès.
d'esNous
et. Léogane, 2 chez un
eracmten-tehee
avec lequel j'avais
habitant sucrier
dans la
fait connaissance
ne sais première de ces villes Je
comment font ces
tans de la plaine, mais
riches habiplus au mal-aise
rien ne ressemble
Delà
que Jeur
nous fimes coucher opulence. à
chez un nègre plus
Léogare
libre, qui y tient que centenaire et
une bonne auberge. --- Page 21 ---
A SAINT-DoNrxest
de bon sens, et doué d'une
Cet homme
à
excellente mémoire, avait appartenu
Il est bon
Tun des premiers gouverneirs. consulter
à entendre et scrait très-bon à
vondrait avoir de justes notions
par qui
teins de la colonie. Il
sur les premiers
pierre du gouavait vu poserla première
fus
Léogane, dont je chetvernementde
ruines
cher et dont je trouvai quelques
les
qu'il me donna
sur renseignemens monde mêie a déjà
Ainsi, le nouveau
ses antiquités!
nos cheNous reprimes à Léogane
bien reposés, nous permirent
vaux qui, rendre ici en un jour et d'une
de nous
traite. Si cette course a étendu mes connaislocales, si elle a rectifié quelsances
la réforme,
ques-uns de mes jugemens 9 favorable
Monsieur, n'a pas toujours été
Parmi
aux habitans de Saint-Domingue:
beaucoup d'anccdotes s dont quelquesêtre fausses 2 il en est une
unes peuvent
et la gravité des téque la multiplicité
de remoignages ne me permettent pas
és, nous permirent
vaux qui, rendre ici en un jour et d'une
de nous
traite. Si cette course a étendu mes connaislocales, si elle a rectifié quelsances
la réforme,
ques-uns de mes jugemens 9 favorable
Monsieur, n'a pas toujours été
Parmi
aux habitans de Saint-Domingue:
beaucoup d'anccdotes s dont quelquesêtre fausses 2 il en est une
unes peuvent
et la gravité des téque la multiplicité
de remoignages ne me permettent pas --- Page 22 ---
-
Io
VOYAG E
voquer én doute,
qu'elle soit.
quelque révoltante
Une femme
femme, une que j'ai vue, une jeune
Tisle,
des plus belles femmes de
de voir paraître
Furieuse
omeisitrtemts
manqué, elle
un plat de pitisserie
son nègre
ordonne que l'on saisisse
le four cuisinier, et le fait jeter
encore tout brilant
dans
horrible mégère, dont
et cette
égard pour sa famille je tais le nom par
que T'exécration
; cette Tysiphone
pousser avec horreur publique devrait requine devraity
de la société, ou
combersousl le poids paraître delal que Poury sucpris; cette rivale du
haine et duméron (2),y reçoit trop célebre Chapedes hominages.. encore journellement
et belle !
car elle est riche
(r) Habitent de
même circonstance Sain-Domingue qui, dans la
faisait relirerles mâchoires 7 voyant que la chaleur
s'écrie avec fureur : je crois du malheureux: nègre,
Foyage aux Indes
qu'il rit! Noweau
ortentales, tome I, leltre I
: --- Page 23 ---
XSANNT-Deniseur II
Voilà ce que lon m'a dit : voici ce que
j'ai vu.
ici
Le lendemain de mon retour, je
devant la case d'un habime promenais
nous
tant avec un de ses voisins,lorsque:
Tentendimes ordonner à un de ses nègres
d'aller dans l'enclos de CC même voisin,
d'y déraciner deux jeunes orangers qu'il
et de les replanter inceslui indiqua, 2
d'une maison qu'il
sammentsurla terrase
fait bâtir.
le voisin le suit, le
Le nègre part 2
Tarrête et le
surprend en flagrant-délit,
conduit à son maître, chez lequel j'étais
d'être témoin d'une
entré dans T'espoir
devait être
scène de confusion qui ne
que plaisante. Monsieur, ce qui se passa
Imaginez,
le
du voien moi lorsque, sur rapport froile maître ordonner
sin , J'entendis
d'attadement à un autre de ses nègres
cher le prétendu voleur sur une échelle
et de lui administrer cent coups de fouet.
restâmes frappés d'un tel étonneNous
stupéfaits,
ment, le voisin et moi, que
T'espoir
devait être
scène de confusion qui ne
que plaisante. Monsieur, ce qui se passa
Imaginez,
le
du voien moi lorsque, sur rapport froile maître ordonner
sin , J'entendis
d'attadement à un autre de ses nègres
cher le prétendu voleur sur une échelle
et de lui administrer cent coups de fouet.
restâmes frappés d'un tel étonneNous
stupéfaits,
ment, le voisin et moi, que --- Page 24 ---
VOTAG E
pâles, frémissans à
heureux
mesure que le maltiment barbare negresubisait en silence le charité, nous
qu'il n'avait point mnénous
proférer une regardions sans Pouvoir
donnait
parole Et celui qui l'or-
, celui qui punissait ainsi
propre crime sur
son
de sa volonté,
laveugle instrument
froid témoin de à-la-fois la
lâche auteur et
est ici un des
plus atroce injustice,
premiers
loi, le
organes de la
protecteur en
cence -
titre de l'innoAh!si de
sons de bienséance
misérables raipoint vouer le'nom m'ordonnent de ne
une éternelle
de ce monstre à
justice divine infamnies.que du moins la
se laisse émouvoir
vocations de la douleur,
aux inou tard sur lui tous les accumulant tôt
geance !
Néaux de sa ven- --- Page 25 ---
A
SANT-Dowtseur
XXIV
LETTRE
Au Désert. Avril, 1790.
de retour au Désert, MonMr voici
ma course au Port-ausieur;mais, depuis
le séjour do
Prince, mon aversion tellement pour augmenté,
Saint-Doningie sestrieusement a
des moyens
queje m'occupes triste et malheureux pays.
de quitter ce
d'être renforcée par
Elle vient encore
sur lesquels Tatun de ces événemens fait que glisser ailtention publique ne dans les lieux oi les
leurs , mais qui,
par le tumulte
hommes 1 2 moins distraits
plus
sociétés, se retrouvent une.
des grandes dans les autres 2 laissent durable
aisément de tristesse et plus
impresion
et plus profonde. bien né, que des malUn homme
partager le tort
heurs, dont il avouait
ainsi que tant
avec la fortune, avaient, d'une erreur trop comd'autres victimes ici dans Pespoir d'y parmune, conduit --- Page 26 ---
Vo Y A G E
venir
rapidementa une
végétait depuis
fortunebrillinte,
de langue Italienne long-tems comme maître
ne se soucie
dans un pays oùt l'on
çais, lorsqu'à pas même de savoirle Franforce de
parvint à une place de démarches 2 il
dans la maréchaussée sous-lieutenant
Par une suite de coloniale.
à ce
fonctions
corps , il est ici
attribuées
chargé de léxécution essentiellement
rigourenses que le
des contraintes
vers ses
commerce exerce entemens débiteurs: : réduits à des
le
tres-modiques, les individus appoinà Tadhuinistration composent, comme tout ce qui tient qui
par leur industrie à publique, la
2 suppléent
solde, dans un
modicité de leur
pays ou la livre de
pain
pour ne point
volent
Rsnttteet
mendier.
Monsieur de ***
nous voir
venait
2 parlait facilement quelquefois
langues, connaissait
plusieurs
rope, et avait été une partie de l'Endans les
glaises, sur lesquelles
colonies antionner relativement j'aimais à le quesaux moeurs de leurs
qui tient qui
par leur industrie à publique, la
2 suppléent
solde, dans un
modicité de leur
pays ou la livre de
pain
pour ne point
volent
Rsnttteet
mendier.
Monsieur de ***
nous voir
venait
2 parlait facilement quelquefois
langues, connaissait
plusieurs
rope, et avait été une partie de l'Endans les
glaises, sur lesquelles
colonies antionner relativement j'aimais à le quesaux moeurs de leurs --- Page 27 ---
A SAINT-DONINCUE
habitans, et à leur régime domestique,
mieux raisonné que le nôtre.
beaucoup
jours qu'après avoir
Il y a quelques
du soir, il nous
eanaimprhoeattese acheter de la poudre
quitta pour aller demandai s'il comptait
à tirer.Je lui
je
aller à la chasse ? Oui, me dit-il,
un singulier
de tuerdemain
me propose
sur cela
animal. Nous nous séparâmes le lenla
chose que j'appris
et première s'était casséla tête d'un
demain, fut qu'il
la
mais avec précaucoup de pistolet,
ordre dans
tion de mettre le plus grand
lettres,
et d'écrire plusieurs
ses affaires,
il rendait compte
dans Pune desquelles déterminaient à quitter
des motifs quile d'avoir été relevé.
son poste avant alors que, dès avant
Je me rappelai
la condu Porb-au-Prince,
mon voyage
ammené la matère du
versation ayant différent avec lui d'opisuicide (1), et
d'un habitant qui, di-
(1) C'était à Toccasion lui-même. Il est vrai que sa
sait-on, s'était pendu
soupconnée de
jeune veuve est véémentement --- Page 28 ---
VOYAG E
nion, il m'avait cité
deux vers :
avec chaleur ces.
Quand on a tout
La vie est un perdn, 2 quand on a plus
opprobre, et la mort un devoir. d'espoir,
Il ne m'eût pas été difficiledde
montrer la fausseté
lui délui prouvant
de cette pensée, en
qu'il s'en faut de
beaucoup
lui en avoir épargné la
aider par un gros et
peine, et de s'être fait
lors, paraît avoir vigoureux nègre qui, depuis
ascendant très-décidé, acquis sur sa maitresse un
atlenante à celle
Dans une case, presque
vivait avec
que jhabite, un mulâtre
une mulâtresse
marié
goût, soit repentir, il était célibataire. Soit déà sa femme. La Médée sincèrement revenu
rage, afin de mieux
olivâtre dissimule sa
continue à entretenir assurer sa vengeance. Elle
relations d'amitié
avec les deux époux des
chez elle, oi, dans assez intimes pour les attirer
elle les
un diner qu'elle leur donne,
empoisonne l'un et Pautre. Le
mort avec tous les
mari est
femme languit encore. symptômes On
de poison 5 la
événemens comme de la parle de ces deux
persone ne songe à constater nouvelle du jour 5
atroces; et voilà les
des faits aussi
de
moeurs
-
Saint-Dominguet
desfortunes habitans
que
époux des
chez elle, oi, dans assez intimes pour les attirer
elle les
un diner qu'elle leur donne,
empoisonne l'un et Pautre. Le
mort avec tous les
mari est
femme languit encore. symptômes On
de poison 5 la
événemens comme de la parle de ces deux
persone ne songe à constater nouvelle du jour 5
atroces; et voilà les
des faits aussi
de
moeurs
-
Saint-Dominguet
desfortunes habitans
que --- Page 29 ---
A SAIXT-DONINGUE
le malheur d'avoir tout perdu livre
que
nécessairement notre vie ni àl'opprobre,
ni même à un genre d'humiliation qui
nous fasse un devoir de la mort. Cependant je me bornai à répondre aux vers
du poëte par deux vers d'une femme et
la sentence d'un philosophe.
Il est plus grand, , plus difficile délivrer.
De souffrir le malheur gue de s'en
bien
de constance à user
( Ily a
plus
la chaîne qui nous tient qu'a la rom-
(*) >. Mais le malheureux ne me
pre
avoir cherché longdisait pas, qu'après
tems, et toujours en vain, à régler sa
2 sur la modicité de ses appoindépense il avait eu enfin la faiblesse de
temens,
faire comme tout le monde. Envoyé
une exécution
chez un habitant pour
de contrainte , le débiteur Pavait,au prix
engagé à susde quelques portugaises,
pendre Pexécution de ses ordres 2 en rendant compte qu'il ne l'avait pointtrouvé.
(1) Montaigue, essais, tome2, chapitre 3.
--- Page 30 ---
VorAG E
Cette action qui,
d'intérêt, n'eut été dépouillée du motif
qu'un
licieux, et qui, par les mensonge of
devenait, tout au
cirennstanices,
du, futà ses
plus, un service venfamie,
yeux une bassesse,1 une inexpiation pour laquelle il ne vit d'autre
viendrez, que la mort ; et vous
2 Monsieur
conqu'un sophisme et 2 que s'il ne faut
pour céder à une un moment d'errour
forte
encore plus de
tentation, il faut
que de
délicatesse et de probité
cet infortuné courage 2 pour s'en punir comme
Pa fait.
ne connait d'autre Oui, Phomme qui
contre le remord asyle que le tombeau
était digne de d'unemauvaise action,
sur-tout
ne la pas commettre,
et
lorsqu'elle est iguorée du
pour ainsi dire
public,
tion de Texemple justiliée par la séducCe triste
général.
événement
double et, sans
renferme une
tant pour les doute, une inutile leçon,
quila
confrères du
donne, que
malheureux
mens
pour les
qui, par le plus
gouvernecalculs, ne laissent
impolitique des
pour subsister àleurs
action,
sur-tout
ne la pas commettre,
et
lorsqu'elle est iguorée du
pour ainsi dire
public,
tion de Texemple justiliée par la séducCe triste
général.
événement
double et, sans
renferme une
tant pour les doute, une inutile leçon,
quila
confrères du
donne, que
malheureux
mens
pour les
qui, par le plus
gouvernecalculs, ne laissent
impolitique des
pour subsister àleurs --- Page 31 ---
A SAiNT-DosisevE,
agens que des ressources illicites, dont
par-là ils consentent à partager le blâme
donc jaet T'odieux. N'apprendront-ils
mais qu'il est au moins inutile de prélorstendre à la considération publique,
lon sacrifie le droit de surveiller et
que de punir la fraude à une économie aussi
barbare qu'immorale ? Ne sauront-ils
jamais que le service gratuit des fripons
celui que l'Etat paye le
est précisément
plus cher ?
Décidé comme je le suis à quitter
Saint-Domingue le plutôt qu'il me sera
possible, je me hâterai d'autant plus à
la suite de mes ob-,
vous communiquer la fermentation des
servations, que déjà
esprits a passé de la métropole dans les
colonies, dont je croirai qu'elle prépare
ruine.
ce que lon m'ait déla
2 jusqu'a
démontré qu'il soit possible de faire marcher ensemble deux choses aussi incompatibles entre elles, que le sont l'égalité
de fait (1) sur laquelle on veut fonder
()Hy a deux espèces d'égalité qu'il ne faut
Coufonire-lépliéligley quiest la véritable
pas
2 * --- Page 32 ---
2G
Vor A G E
la liberté
civile, et
avez vu que les colonies lesclavage dont vous
se passer.
ne peuvent plus
Avec une légéreté de
doute de rien ; avec caractère qui ne
prit qui s'attache à une versalité d'esdit rien;
tout et
avec une fougue n'approfonqui ne voit les obstacles d'imagination
franchir, sanss'embaraser que pour les
au-delà, on risquede
dece qui est
qu'après avoir
n'arriverà la vérité
naisons
épuisé toutes les combidelterreur,en
le dire, sur la tête d'une acumulant,sifose
tion, des maux épars
seule générasuite de siècles
dans une longue
et voilà ce que je
égalilé polligue;e et Tégalité de
n'a jamais existé, qui ne
fait, chimère qui
n'existera jamais dans
peut pas exister, qui
(r)Qui de nous n'est aucuue société humaine.
que la révolution
pas aujourdhui convaincu
loix, usurper plus française de
a fait violer plus de
larmes, répandre plus propriétés, de
verser plus de
haines, commettre plus de crimes sang, naître plus de
espace de cingannées, que le plus dans le court
rapace, le plus ellréné, le plus féroce odieux, le plus
despolisme
jamais dans
peut pas exister, qui
(r)Qui de nous n'est aucuue société humaine.
que la révolution
pas aujourdhui convaincu
loix, usurper plus française de
a fait violer plus de
larmes, répandre plus propriétés, de
verser plus de
haines, commettre plus de crimes sang, naître plus de
espace de cingannées, que le plus dans le court
rapace, le plus ellréné, le plus féroce odieux, le plus
despolisme --- Page 33 ---
A SAINT-DOniseUr
crains pour vous. Mais revenons à SaintDomingue. Vous trouverez dans le compte rendu
de M. de Marbois le tableau, aussi exact
qu'il peut Pêtre, de la population noire
de cette colonie; vous y verrez 2 dans
Tétat comparatif des morts et des naissances , de combien les prenières excèdent les autres, et vous serez, comme
moi, très-étonné que M. Raynal ait pu
avancer, C que les esclaves qui naissent -
sur les habitations , doivent remplacer
ceux que les travaux détruisent (1) >.
Pour rectifier cette erreur 2 je vous
dirai, Monsieur, que le résultat de mes
observations et des recherches que j'ai
fait à cet égard, c'est que sur cent nègres
importés, il en meurt dans l'année à-peun'ett pu faire en cinc siècles. Quecel exemple terribledel'abusdes principes les plus sacrés, serve à
jamais de leçon aux penples qui seraient teutés
d'imiter la France.
des éla+
(1) Histoire philosophique et politique
blissemens et du commerce des Européens dans
les deux Indes, tome 7. --- Page 34 ---
VOYA G I
près vingt, c'est-à-dire, le
que, sur le même
cinquieme; ef
nombre, il nait tout
au plus cinq enfans
vingtiène
2 c'est-à-dire, un
mal
2 dont un au moins périra du
de mâchoire ou téthanos dans les
quinze premiers jours,
Ce n'est pas au seul
climat qu'il fautattribucr changement de
sommation
la rapide condes nègres. Soit vice naturel
ou mauvais régime, ils ont, en
la masse du sang si
général,
plus légère blessure corrompue, que la
nir
ne tarde pas à dereune plaie
vice
presqu'inenrable. Si à ce
originel on ajoute les maux qu'ils
contractent
nécessairement dans un trajet de mer 7 pendant lequel ils
pissent des mois entiers
croule bétail dans un
parqués comme
mal
entrepont humide et
aéré, on ne sera pas étonné
maltraités au moindre
que,
tience O1Z de
signe d'impadouleur, mal nourris, cunsumés de chagrin ou dévorés de
il périsse des cargaisons
rage,
malheureux
entières de ces
, avant d'avoir atteint la
plage où ils doivent être
vendus, et où
ils
pissent des mois entiers
croule bétail dans un
parqués comme
mal
entrepont humide et
aéré, on ne sera pas étonné
maltraités au moindre
que,
tience O1Z de
signe d'impadouleur, mal nourris, cunsumés de chagrin ou dévorés de
il périsse des cargaisons
rage,
malheureux
entières de ces
, avant d'avoir atteint la
plage où ils doivent être
vendus, et où --- Page 35 ---
A SAIXT-Donxeus
dans la persuala plupart d'entr'eux,
sion qu'on ne les acheterait pas comme
la viande de boucherie, s'ils ne devaient
se
des-"
servir atl même usage, croyent
tinés à être mangés.
Aussi cette considération a-t-elle puissamment ému, 2 non Phuanité, mais
Pindustrie du commerce. Indifférent sur
des pertes dont il remplace le déficit
le haussement du prix, il a cherché,
parl
T'art infernal de rendre aux
il a trouvé
cicadavres pustuleux qui peuplent ses
metières ambulans. une apparence de
force et de santé qui trompe et ruine
le colon assez ignare, ou trop économe,
et c'est le plus grand
ou trop pauvre, faire visiter tous les nègres
nombre, pour
qu'il achète par un chirurgien honnête
homme et versé dans l'art de percer à
travers leur embonpoint factice et momentané. Sans cela, à peine ont-ils joui
de quelques jours de repos, que le venin,
répercuté et devenu plus actif, plus virulent à mesure qu'il a été plus concenfré,sc manifeste avec les plus allroux --- Page 36 ---
Vora G E
symptômes, de sorte que le
doit s'estimer heureux,
cultivateur
de soins, de
si, à force d'art,
ménagemens et de
sur dix nègres qu'il. la achetés, il dépense,
à en sauver huit. J'en ai vu
parvient
peu de mois,
mourir, en
demande,
cinq sur onze, et je vous
vouloir Monsieur, si Platon a tort de
que Pon punisse sévèrement tout
citoyen qui s'adonne au commerce (1)?
(I) Loix, livrez. --- Page 37 ---
A SAINT-DoNixedk.
MB DR ae
LETTRE XXV.
Au Désert. Avril,1790de Paffreux dénombrément
A LA tête
sont
de tous les maux auxquels les nègres
faut, Monsieur, placer le pian,
sujets,il
l'on distingue en plusieurs espèces,
que
seul qu'ils aient comqui est, je crois,le
muniqué à leurs maîtres, et ( qu'on peut,
la grosse véen bon français 2 appeller
role >, dit le révérend père Labat (i).
sache
lon ait encore
Je ne
pas que
radicaletrouvé la méthode de guérir
ment ce mal (2), non plus que Partd'emNouveau voyage aux iles françaises de
(1)
5.
TAmérique, tome 2, chapitre ici la recetle sui-
(2) Je crois, utile de joindre
tome I.
vante, tirée de Phistoire de la Louisiane,
De la rouille de fer, réduite en poudre impalpable et passée au tamis fin. Il faut la détremper d'onavec du jus de citron,) jusqu'à la consistence de vieux
létendre sur un linge graissé
guent,. de saindoux frais, mais point salé, et
oing, ou Tappareil soir et matin.
renouveller
le sui-
(2) Je crois, utile de joindre
tome I.
vante, tirée de Phistoire de la Louisiane,
De la rouille de fer, réduite en poudre impalpable et passée au tamis fin. Il faut la détremper d'onavec du jus de citron,) jusqu'à la consistence de vieux
létendre sur un linge graissé
guent,. de saindoux frais, mais point salé, et
oing, ou Tappareil soir et matin.
renouveller --- Page 38 ---
VOrAG E
pécher beaucoup de nègres de
la
satisfaire
rechiercher dépravation de goit qui leur fait
et
sensuelle
mnanger avec la plus
avidité, non - seulement des
charogaes, des. crapauds, des
vres, mais encore de la
couleuTusage ne tarde pas à les terre 2 dont
sorte de marasme
jeter dans une
ou de
contre. lequel tous les dépériasement
échouent.
secours de l'art
Cependant, la mort n'est
événement
pas le seul
les
qui fasse perdre aux colons
capitaux qu'ils sacrifient à
des nègres, La désertion,
l'achat
ici
quel'on nomme
maronage, existe à différens
dans tous les ateliers
degrés
rigueur > ni les bons > sans que ni la
chaînes, ni les colliers procédés, ni les
mais corrigécelui
de fer aient jané à ce
qui s'est une fois adongenre de vie, que les bois, dont
plusieurs cantons, et sur-tout
avoisinent la partie
ceux qui
core couverts,
Espagnole, sont enlavorisent
tandis que d'un aufre côté, singulitrement; le
défaut de
nourriture, en les forçant à se
rappro- --- Page 39 ---
A SAINT-DONINGU U E.
cher des lieuxhabités, facilite les moyens
de les reprendre.
Pour obvier, autant que possible, aux
inconvéniens de la désertion, on estampille les nègres sur la poitrine avec unl
fer chaud, qui leur imprime le nom du
ils
et de
maitre auquel
appartiennent,
la paroisse qu'il habite. Lorsqu'on les
prend, ils sont conduitsàla geole du cheflieu de chaque quartier. 2 et ensuite signaafin d'en falés dans les papiers publics,
ciliterla réclamation dans un terme prescrit, après lequel ils sont publiquement
vendus à Tenchère, et communément
fort au-dessous, non deleur valeur, car
il est rare que l'on parvienne jainais à
Jes fixer, mais du prix marchand. Il n'y
mal à leur aise, 2 oll les
a que les-gens calculateurs, tels que sont la
mnauvais
Rsntdoosencmirbae prendre
à Fappas du bon marché.
L'usage des habitans de Saint - Domingue est d'estiiner leur revenu sur le
nombre deleurs noirs, à raison de quinze
cents livres chacun, d'ou celui qui en a
, car
il est rare que l'on parvienne jainais à
Jes fixer, mais du prix marchand. Il n'y
mal à leur aise, 2 oll les
a que les-gens calculateurs, tels que sont la
mnauvais
Rsntdoosencmirbae prendre
à Fappas du bon marché.
L'usage des habitans de Saint - Domingue est d'estiiner leur revenu sur le
nombre deleurs noirs, à raison de quinze
cents livres chacun, d'ou celui qui en a --- Page 40 ---
Vox A G E
soixante, conclut
mille livres de rentes, qulaquato-vingedie
On trouve, Monsieur,
geur Labat
2 dans le voyade dépense, (4), un calcul de recette et
duquel il résulte que de
tems, en 1694,
son
où, la denrée c'est-à-dire,à une époque
une
coloniale était à vil
sucrerie de I20
prix,
lue la
nègres, dont il évaà
dépense à 6,6ro liv. et la recette
44,640, devait, toute déduction
donner un revenu net de 38,c30 faite,
Mais, observons
livres.
porter en
que Labat oublie de
compte, et la
courante des nègres
consommation
cer, > et les non-valeurs qu'il faut remplamaladies, du
provenant des
maronage, ete, et les incendies, et les réparations
et la mortalité des bestiaux journalières,
au transport des
qui servent
des
denrées, et les ravages
ouragans, et les mauvaises
et les retards, les diflicultés récoltes,
tation en tems de
de l'exporguerre; et enfin, l'in-
(1) Nouveau
voyage aux iles françaises de
Famérique, tome 4, chapitre I. --- Page 41 ---
A SAINT-DONINGUE.
térêt excessif que le commerce exige
pour des avances dont peu de nouveaux
habitans sont dans le cas de se passer;
d'ou je conclus, non d'après le calculde
Labat, mais d'après le mien 2 qui réduit
le bénéfice net aux deux tiers. : que le
propriétaire de soixante noirs n'a de fait
que soixante mille liyres de revenu, et
je m'estimerais heureux de ne posséder
pour toute fortune que ce qu'il a de
mnoms.
Ile est assez extraordinaire, Monsieur,
que les pertes considérables auxquelles
les deux fléaux de la désertion et des
maladies exposcnt les habitans, n'aient
-pas encore éclairé le plus grand nombre
sur les mesures de précaution qui préviendraient une partie des maux dont
ils sont Porigine.
L'usage général est d'assigner un terrain particulier pour Tétablissement des
cases à nègres ; là ,sur un plan régulier;
ici, dispersées au hasard, selon le caprice du maître ou les, convenances
locales.
es considérables auxquelles
les deux fléaux de la désertion et des
maladies exposcnt les habitans, n'aient
-pas encore éclairé le plus grand nombre
sur les mesures de précaution qui préviendraient une partie des maux dont
ils sont Porigine.
L'usage général est d'assigner un terrain particulier pour Tétablissement des
cases à nègres ; là ,sur un plan régulier;
ici, dispersées au hasard, selon le caprice du maître ou les, convenances
locales. --- Page 42 ---
VOYAGI E
Chacune de ces cases est
deux, trois ou
occupée par
ment abandonnés quatre esclaves absolnà leur
quand on n'a pas Tattention intelligence,
nonveaux Venus
de méler les
avec les
pour peu qu'un alelier soit anciens; car,
je défie la surreillance
nombreux,
parvenir ày faire
la plus actire de
tout la propreté,si réguer Fordre, et surLe
nécessaire à la santé.
nègre
valeur d'une impréroyant chose
ne juge de la
son utilité présente, queleonque, que par
du besoin de
sans aucune idée
T'entretenir
longer T'usage. Parfait pour en proThomme du vieux
contraste de
poste Régnier, du
Dilayant qui toujours a l'ail sur
il cassera Je vase dans
Tarenir,
comme nous cassons lequel il aura bu,
après Tavoir
la coque d'un auf
lci point de mangé, Le tems n'a pour
le
fatur , il ne connait
passé et le présent,
que
qu'il soit à de certaines (Quelque sensible
est, comme je vous Pai privations, il
pable du degré de
déjà dit, incaprévoyance qui les --- Page 43 ---
'A SAINT-DONINGUE.
3r
prévient. Il ne songera donc pas plus à
réparer sa case quitombe en ruine, que
son compatriote le singe nc pense à entretenir, en y jetant du bois, le feu devant lequel il se chauffe avec tant de
plaisir ; et tel est à peu-près par-tout
le caractère de Thomme naturel perfectionné par lesclavage.
Ces notions sur le caractère du nègre
ne sont étrangères à aucun habitant;
pourquoi donc la plupart d'entr'eux négligent-ils de pourvoir aux inconvéniens
qui en résultent, par un systême de police domestique adapté au local, aux
hommes et aux choses ?
J'ai beaucoup rêvé au meilleur mode
d'établissement pour les nègres, ct, malglemincemoeemijaisnes pas trouvé
de plus convenable. que celui dont j'aurais au moins tenté Pessai si la fortune
m'eût desliné à devenir habitant.
Je pose en fait qu'il faut regarder un
ateijer de nègres comme un corps de
soldats, que Pon ne rassemble, que l'on
conduitaubutde
ne maintient,quelonne
local, aux
hommes et aux choses ?
J'ai beaucoup rêvé au meilleur mode
d'établissement pour les nègres, ct, malglemincemoeemijaisnes pas trouvé
de plus convenable. que celui dont j'aurais au moins tenté Pessai si la fortune
m'eût desliné à devenir habitant.
Je pose en fait qu'il faut regarder un
ateijer de nègres comme un corps de
soldats, que Pon ne rassemble, que l'on
conduitaubutde
ne maintient,quelonne --- Page 44 ---
3z
VoYA G E
son institution, qualaide dune
uniforme, et d'une exacte
méthode
Au lieu donc
discipline.
dans un nombre d'éparpiller mes négres
je les cascrnerais indéterminé de cases 2
dans une seule, vaste,
propre, commode, et bien aérée. Je les
assujétiraisaunr régimes
à manger par plats, essin,enlesforgant
et les soldats.
comme les matelots
Rassemblés ainsi sur un seul point, ils
y seraient sous Fimmédiate et
surveillance de leur
constante
commandeur, de
Téconome,e et dumaître même;
séquent, moins libres de
par conla dépravation de
se livrer, ni à
prit
leur goût, ni à l'esisolé, d'indépendance ni
naturel à tout être
aux impressions de
de mélancolie que la solitude tristesse et
et
entretient,
au
iendasenigelgsesone d'entr'eux
dégoût de la vie.
Au lieu de leur donner,
fait, une portion de terre à comme on le
leur usage aux extrémités de cultiver pour
sion, je leur
ma possesassignerais un terrain régulièrement divisé autour de leur demeure, 2
leur goût, ni à l'esisolé, d'indépendance ni
naturel à tout être
aux impressions de
de mélancolie que la solitude tristesse et
et
entretient,
au
iendasenigelgsesone d'entr'eux
dégoût de la vie.
Au lieu de leur donner,
fait, une portion de terre à comme on le
leur usage aux extrémités de cultiver pour
sion, je leur
ma possesassignerais un terrain régulièrement divisé autour de leur demeure, 2 --- Page 45 ---
A SAINT-DOMINeVE
meure, que cet enclos dejardins embellirait; et, si le local le permettait, iy
joindrais un bassin ou un canal, où je
les ferais baiguer au moins une fois par
jour, persuadé, comme je suis, que la
des maladies cutanées dont ils
plupart
de
sont atteints, proviennent en partie
d'une précaution si néla négligence
chauds,
cessaire à la santé dans les pays
législateurs de POrient en avaient
queles devoir
et quant cettc
fait un
religieux;
précaution n'aurait d'autre avantage quie
cclui d'affaiblir la mauvaise odeur qui
s'exhale de la peau des nègres, et que
les connaisseurs en fumet comparent à
celle du porreau verd, cC serait déjà une
raison pour ne pas la négliger.
Les seuls nègres mariés ; on soi-disant
tels, auraient le privilège d'habiter une
sans leur permettre,
case particulière,
comme on le fait, de chânger beaucoup
que de cheplus inéquementdefonme,
mise. Cette prérogative attachée aux
mariages, lés multiplierait nécessairement, et avec eux la population."
--- Page 46 ---
VoxA A G E
Outre le samedi que l'on accorde
esclaves comme jour
aux
rais des fêtes
derepos,) j'instituetôt à la danse périodiques, consacrées tanqu'ils aimentavec
tantôt à des jeux publics dans passion,
lémulation se disputerait des
lesquels
vés à la force et à Padresse. prix réserrais pour cela le jour de
Je choiside mon
ma naissance,
mariage, de mon arrivée dans
l'isle, elc. et il ne faut pas douter, Monsieur, que notre intérét commun
trouvât très-bien des
ne se
veillance
relations de bienet d'attachement
qu'établiraient entre
récipruque
de leurs
nous ces rapports
plaisirs avec les époques les plus
intéressantes de ma vie.
Indépendamment du inotif de sureté
qui plaide pour le systéme du
ment des nègres, il faut
casernesager comme un' obstacle encore l'envinocturnes
tant aux courses
que quelques-uns d'eux se perveiliées qui,
EESEEE
Ja
prolongées bien avant dans
nuit, en les privant du sommeil et
du repos nécessaires à la
'réparation
nous ces rapports
plaisirs avec les époques les plus
intéressantes de ma vie.
Indépendamment du inotif de sureté
qui plaide pour le systéme du
ment des nègres, il faut
casernesager comme un' obstacle encore l'envinocturnes
tant aux courses
que quelques-uns d'eux se perveiliées qui,
EESEEE
Ja
prolongées bien avant dans
nuit, en les privant du sommeil et
du repos nécessaires à la
'réparation --- Page 47 ---
A SAIXT-DosivevE.
de leurs forces, achèvent de les épuiser.
Sans doute que Phumanité se révolte
contre un excès de précaution, dont elle
n'est trop souvent que le prétexte, quand
la nuit est le seul tèms
on pense que
de
nous laissons au nègre pour jouir
que lai-même. Il faut voir avec quelle VOlupté il savoure ces heures de calme et
de liberté; il faut entendre avec quelle
chaleur, avec quelle volubilité , et en
même-temsavec quelleprécision d'idées,
rectitude de jugement cet
avec quelle
lejour,
être, morneet taciturne pendant
maintenant accroupi auprès de son feu,
raconte, parle, gesticule, raisoune,juge,
ou condanine et son maître et
approuve
tout ce qui Penvironne.
C'est là qu'il faut observer le nègre,
apprendre à le juger par ses jugepour mêmes. Quoique, en bonne police,
mens
nocturnes ne doivent
ces rassemblemens
être tolérés qu'avec une extrême préles épie avec soin 2 non
caution 2 je
influenles troubler, non pour
pour les suffrages par ma préserice 2
cer
3 * --- Page 48 ---
VoYAG E
mais pour recueillir, à la faveur
nèbres dont je
des té.
profite, les traits origiqui, pour être
d'hommes
Aier
bien
aussi besoin
gourernée, tout
connue;et que la nôtre d'être bien
quoiqne, à
ceux qui écoutent
Texemple de tous
rive rarement
aux portes 7 il m'arj'ai souvent
d'entendre mon éloge,
mêmes
puisé 2 dans les ptincipes
ceux de d'après lesquels ils me
ma conduite à leur
jugent,
là, qu'instruit
égard. C'est
que ma bonté
quefois parmi eux
passait quelconçu la nécessité de pour la faiblesse 2 j'ai
remplacer, non
puriangmmt.msiparies plus
justice; c'est là, qu'informé scrupuletise
exagérée qu'ils ont de
de F'opinion
mon jugement, j'ai Tinfuilibilité de
prévention
trouvé, dans leur
forceren leur mêiae, le secret de la renlaissant croire
par la seule éteuduc de
quej'avais,
nétré ce que j'avais mon esprit; péoreilles; s:enlin,Mtonsieur, entendu de mes
voix qui
c'est-là qu'une
de cent croynit ne point Têtre, m'a dit,
manières
différentes, que la
de
de F'opinion
mon jugement, j'ai Tinfuilibilité de
prévention
trouvé, dans leur
forceren leur mêiae, le secret de la renlaissant croire
par la seule éteuduc de
quej'avais,
nétré ce que j'avais mon esprit; péoreilles; s:enlin,Mtonsieur, entendu de mes
voix qui
c'est-là qu'une
de cent croynit ne point Têtre, m'a dit,
manières
différentes, que la --- Page 49 ---
A SAINT-DONINGUE.
force, modérée par T'indulgence, et dirigée par la justice, est la seule façon de
conduire les hommes, quelle que soient
leur condition et leur pays. --- Page 50 ---
VorAc E
LETTRE XXVI
Au Désert, Aeril, 1790.
Jwra,
dernière Monsieur 3 cn finissant ma
lais
lettre, pensé que je vous
pour la dernière fois des
parpersuadé que ce que je vous en nègres s
dans le cours de
avais dit
suffisait
ma
pour fixer votre correspondanee 2
trouvant que vousi insistez opinion. Mais,
une de vos
beaucoup dans
dernières, IO
dans T'esprit du
surlesidées qui,
nion du
nègre, fondent son
juste ou de
opipoiat de vue sous
Tinjuste; 20 sur le
lequel il fant
son existence ; 30 sur l'usage envisager
gine qu'il ferait de sa
que jimapour répondreàvotre liberté, j'ai cru 2
attente
que par des abstractions
autrement
nemens
ou des. raisonmoi-méme métaphysiques, devoir faire
une
par
à portée dedécider expérience qui ine mit
par des
la première question
rielles. preuves, pour ainsi dire, maté- --- Page 51 ---
A SAIXT-Doxrxeus
Pour'cela je profitai d'une absencede
Téconome, en déclarant aul negre commandeur que je me chargeais des foncfions du premier; et qu'en conséquence,
ce serait moi qui, jusqu'a son retour,
surveillerais les travaux. Je souris de la
cette nouvelle répandit dans
joie que
bien que je ne
Patelier, car vous pensez
fus pas tout-à-fait la dupe de son motif.
L'engagement que je prenais, à l'époque de la récolie, ne m'assujétissait à
autre chose qu'à vérifier soir et matin,
à la rentrée des nègres, si-chacun rapportait dans son panier la mesure de café
quiavait été donnée pour tâche.
Je m'attendais à ce qui arriva lc premier jour. Mes amis sles nègres ne sont
pas moins sujets que ies ainis les blancs
à confondre la faiblesse avec la bonté;
car, en Afrique comme en Europe, plus
on reconnaît de supériorité d'esprit dans
un autre, plus on aime à transformer en
vice une vertu dontl'usage ne parait que
laverlissement importun du besoin que
l'on a de Tindulgence qui la caractérise.
pour tâche.
Je m'attendais à ce qui arriva lc premier jour. Mes amis sles nègres ne sont
pas moins sujets que ies ainis les blancs
à confondre la faiblesse avec la bonté;
car, en Afrique comme en Europe, plus
on reconnaît de supériorité d'esprit dans
un autre, plus on aime à transformer en
vice une vertu dontl'usage ne parait que
laverlissement importun du besoin que
l'on a de Tindulgence qui la caractérise. --- Page 52 ---
VOYAG E
A
Texception de
autres
Masimbo, tous les
leur appurtaient à peine le quart de
contingent. Sans me
reproches, 2 fordonnai
répandre en
ressenx reçût cing
que chaque paapplignés; et
coups de fouet bien
présence
Texéeution faite en
, je déclarai
ma
la punition serait
que le lendemain
xécidiveratent, double pour ceux qui
et ainsi de suite, triple le sur-dendemain,
Tous se le tinrent
tion de six, qui
pour dit, à Texcepde fonet au brait reçurent des
leurs dix coups
marades, Le
hiées de leurs caque trois qui troisicmejour, iln'y en ent
de vérifier furent, je pense 2 curieux
lations. Ils sije savais tenir à mes résoaprès avoir n'eurent plus lieud'en douter
quinze
reçu 2 pour leur
coups de fouet,
paresse, 2
ajouter cing pour leur auxquels j'en fis
méthode,
obstination. Ma
je pouvais onsieur, en attendre, opéra tout ce que
à qui excéderait
car ce fut depuis
Aussi, crus-je
la mesure prescrite.
devoir
dociles élèves de leur récompenser mes
zele, par une gra- --- Page 53 ---
ASANT-Dowisevr, 41
tification extraordinaire d'eau-de-vie ;
mais plus encore en leur témoignant assez
de confiance pour ne plus inspecter que
superficiellement leurs travaux 2 bien
persuadé que celui qui eût tenté d'cn
abuser, eit trouvé un dénonciateur dans
chacun de ses camarades.
facilement que la
Vous comprendrez
façon dont Fexerçais la police correctionnelle, leur fournit une ample matière
aux entretiens nocturnes ; et depuis lors,
je crois m'appercevoir qu'au sentiment
de bienveillance que la plupart me portait déjà, se joint un sentiment de restres-indépendant de la couleur qui
pect
nous distingue.
Sans doute que si ces pauvres gens
avaient voulu, remontant à la source,
discuter le droit en vertu duquel je m'éde T'usage de
rige en arbitre suprême
trouvé
leurs facultés,ils m'eussent encore
bien injuste dans ma justice; mais, pius
yaisonnables dans. leur ignorance que
nous avec. notre savoir , et coniondant
la force avec le droit : le sentiment de
res-indépendant de la couleur qui
pect
nous distingue.
Sans doute que si ces pauvres gens
avaient voulu, remontant à la source,
discuter le droit en vertu duquel je m'éde T'usage de
rige en arbitre suprême
trouvé
leurs facultés,ils m'eussent encore
bien injuste dans ma justice; mais, pius
yaisonnables dans. leur ignorance que
nous avec. notre savoir , et coniondant
la force avec le droit : le sentiment de --- Page 54 ---
VOTAG E
Timpuiteance où ils se
traire au joug qu'ils croient de se s0175time,du moinsinétitable, jugent, sinon légileur tientlieu
individuclles
rolontés
Aasmeaie
générale, à alexpression la loi.
de la volonté
Je fis peu de jours
rience d'un
après une expéet du degré genre propre à m'assurer,
sur eux la d'impression gu'avait fait
vu aenaligurment rigueur à laquelle je m'étais
ration qu'elle avait forcé, et de Paltédegré d'attachement pu produire sur le
moigné jusques là. qu'ils m'avaient té
Onaraitlaues si
la case que nous peu d'intervalle entre
rapide de la
habitions et le talus
élaitp
montagae, à laquelle elle
pluie les caux
daient
qui en
REmE
la pièce du
dévalaient inonnilieu. Il était
indispensable de
donc
mede à ce mal, porter un prompt refaire qu'en enlevant, ce qui ne pouvait se
gueur de la
dans toute la londans la
case, d-peu-près deux toises
profondeur de ce talus,
etje te- --- Page 55 ---
A SAXT-Doxrkeur
nais d'autant plus à cctte opération, que
était de transformer le termon projet aride
eme ferait gagner
rain sec ct
qu'elle
entre le morne et la maison, en un parterre de Aeurs et de verdure.
n Le tems de la récolte se rencontrant
la saison des pluies, la nécessité de
avec sécher le café avant de l'emmafaire
exige que l'on ne perde pas une
gasiner,
En conséminute de ce tems précieux.
de réalors le jour
quence, on supprime
semaine
création que Ton donne chaque
aux nègres.
ponvait
L'ouvrage que je projétais Je leur
s'exécuter en une demie journée.
fis donc proposer par le commandeur
la matinée du premier sad'employer déblayement des terres que
medi au
leur laissant,
je voulais enlever 7 en
le reste de
par forme de gratification,
à huit
la journée pour eux 2 et sept
heures de liberté n'était pas un don indifférent à des esclaves. Ma proposition
rejetée ; mais il
fut unanimement.
résolu,
fut, tout aussi unanimement
Je leur
s'exécuter en une demie journée.
fis donc proposer par le commandeur
la matinée du premier sad'employer déblayement des terres que
medi au
leur laissant,
je voulais enlever 7 en
le reste de
par forme de gratification,
à huit
la journée pour eux 2 et sept
heures de liberté n'était pas un don indifférent à des esclaves. Ma proposition
rejetée ; mais il
fut unanimement.
résolu,
fut, tout aussi unanimement --- Page 56 ---
VorAG E
qu'au lieu de rentrer
moment où les
dans leurs cases au
finissent, à la travaux de la récolte
draient,
chite du jour, ils vienalalucurdnb
travailler à
bois-chandelle
mon d'heurcs
déblayement autant
que je le
toute la nuit s'ill le jugerals à propos 2
fallait.
Sije fis touché de
dévotiment
cette preuve d'an
que je n'avais
d'exiger, , je le fas
aucun droit
gresse avec
encore plus de l'alléla
laquelle ils
promptitude avec entreprirent, 2 de
laquelle ils ache-
(z) J'ai vu des
fort étonnés lorsque natuoralistes, 2 botanistes, etc.,
sapins que lon trouve je leur purlais' des beaux
gardaient sibien cette à Sain-Dontingue Ils reproduction
espèce d'arbres
exclusive des
commer une
sur-tout des zônes
climats tempérés, et
à ne pas me rire au boréales, qu'ils avaient
que les nègres
nez. C'est le buis de cet arbre peine
ils font leurs flambeaux, nomment bols-chandelle, et dont
surer, c'est que les bois Ce que je puis leur asappartenir à la zône torride, résineux paraissent si bien
des arbres de
qu'une grande parlie
gommac.
Sant-Domingue rend beaucoup de --- Page 57 ---
'A SAIXT-DONNGUE.
verent ce travail. Ni moi, ni le commandeur n'avions besoin de les exciter. C'6tait à qui ferait le plus, le mieux, le plus
vite ; de sorte que ce que j'avais jugé
devoir êtred'ouvrage d'une bonne demie
journée fut exécuté en deux heures.
Cherchez bien, Monsieur, si dans les
actions généreuses dont vous avez con-
-n-sg
ferment plus de véritable délicatesse qu'il
n'y en a dans ce procédé d'une troupe
de pauvres esclaves, , et souvenez-vons
leur in.lolence naturelle et la conque trainte qui les assujétit à des travaux
sans salaire, leur fait regarder toute espèce de travail comme un supplice.
Quant à votre seconde question, un
enthnu-iastefaurail bien vite décidée par
le seul mot Esclavage.
II est pourtant certain que 2 graces au
climuat, qui réduit à peu de chose la masse
de leurs hesoins; graces à l'éducation,
leur laissse ignorer des droits et des
qui
jonissances dont ils n'ont aucune idée;
à Pinsouciance de leur caractère,
graces
travaux
sans salaire, leur fait regarder toute espèce de travail comme un supplice.
Quant à votre seconde question, un
enthnu-iastefaurail bien vite décidée par
le seul mot Esclavage.
II est pourtant certain que 2 graces au
climuat, qui réduit à peu de chose la masse
de leurs hesoins; graces à l'éducation,
leur laissse ignorer des droits et des
qui
jonissances dont ils n'ont aucune idée;
à Pinsouciance de leur caractère,
graces --- Page 58 ---
Vo Y A G E
àla légéreté deleur
rêt que leurs maîtres rexpritsgraccaalinté
le sort des
ont à les ménager,
nègres esclaves est , à tout
prendre, et lorsqu'ils ont le bonheur
d'appartenir à un homme
sure pas son humanité
qài ne mepréférable à celui des sur son avarice,
grande partie des
paysans de la plus
contrées
Comparez leur existence. européennes.
Sans autre propriété
rétribution
que l'incertaine
une propriété wunteanailinoemasane ou avec
pressans de
qui ne satisfait au
ses besoins qu'à
plus
vaux et d'industrie
force de trapremier
7 la subsistance du
famille 2 celle de Sa famille > et d'une
souvent
jour à Fautre, tsonbrms.digjeat,thus du
d'une foule de
hasard, de sa santé,
est pas même circonstances, donné
2 qu'il ne lui
la prévoyance
de prévoir, oui dont
heur.
n'est qu'un nouveau malVoyez-le tour-à-tour
la prospérité,
humilié par
toujours
ses égaux ; parlorgenil humiliante 2 de
par la
ildeses supérieurs ;
leur comparaison de sa misère
opulence ; enfin,
avec
par toutes Ics dis- --- Page 59 ---
A SAINT-Donrwet U E.
tinctions qui composent la longue chaine
de subordination dont il est toujours le
dernier anneau.
Jl est libre à la vérité, 2 on le lui dit
du moins; mais 2 qu'est-ce que cette liberté pour un homme qui, dans quelque
sens qu'il se meuve, est ou retenu 2 ou
repoussé dans le cercle du ial-aise qu'il
cherche à franchir, tantôt par Pimpuis
sance, qui ne lui rend sa misère que plus
sensible; tantôt par l'opinion qui ne lui
fait que mieux sentir sa nullité.
*
Il est, sans doute, sinon mieux, du
moins plus vêtu que le nègre ; mais
le nègre n'a pas besoin de vêtement;
le même habit qui n'est pour l'un
qu'une affaire de luxe 1 est pour
Pautre un objet d'une indispensable nét
cessité.
La chaumière de Pun est plus spacieuse, plus meublée quela case de P'autre; mais ses réparations, son mobilier
absorbent seuls une partie de ses faculil faut
- tés : ils faut la réparer en été,
la chauffer en hiver.
plus vêtu que le nègre ; mais
le nègre n'a pas besoin de vêtement;
le même habit qui n'est pour l'un
qu'une affaire de luxe 1 est pour
Pautre un objet d'une indispensable nét
cessité.
La chaumière de Pun est plus spacieuse, plus meublée quela case de P'autre; mais ses réparations, son mobilier
absorbent seuls une partie de ses faculil faut
- tés : ils faut la réparer en été,
la chauffer en hiver. --- Page 60 ---
VOTACE
à L'un ne pourvoit à sa
son vétemeut, à l'acquit nourriture,
publiques ( qu'avec du
des charges
à se procarer, et numéraire, dificile
besoin.
dont l'autre n'a
pas
A peine FEuropéen
force de travail, de est-il parvenu 2 à
pénible
privations, et d'une
industrie, à se
ment de bien-être
procurer un movoyance de Tavenir 2 qu'une triste présa fugitive
vient empoisonnee
ses enfans qui jouissance. Il faut penser à
qui approche. grandissent, à la vieillesse
lui, il voit ses S'il regarde antour de
tiplier dans chacun propres besoins se mullui demandent
des individus
habits
le couvert, du
qui
: s'il jete un
pain, des
même, il voit ses bras coup-d'il sur luitôt ne le secoureront énervésqui bienbats qu'il doit encore pius dans les comcontre
livrer àla misère,
laquelle il lutte
ans.
depuis soixante
Le nègre souffre, sans doute;
chargé du soin de
mais déaux besoins du
pourvoir lui-méme
moment pourlui, à ceux
de
habits
le couvert, du
qui
: s'il jete un
pain, des
même, il voit ses bras coup-d'il sur luitôt ne le secoureront énervésqui bienbats qu'il doit encore pius dans les comcontre
livrer àla misère,
laquelle il lutte
ans.
depuis soixante
Le nègre souffre, sans doute;
chargé du soin de
mais déaux besoins du
pourvoir lui-méme
moment pourlui, à ceux
de --- Page 61 ---
A SAIXT-DONtNGUE
de Pavenir pour sa famille 2 il souffre
moins des peines nécessairement attachées à son élat, que des privations de
certaines jouissances.
Le malheur de celui-ci est donc ; si
je puis m'exprimer ainsi,local et négatif;
celui de P'autre est universel et positif.
Il se répand sur toute son existence,
sur tout ce qui tient à Jui, sur l'avenir
comme, sur le présent. Le sentiment de
le souvenir de ce. qu'il
ce qu'il souffre 7
Pavertissent de ce qu'il aura
a souffert,
encore à souffrir.
Quand le nègre a mangé sa banane,
il se couche ; et qu'un ouragan détruise
avec les récoltes l'espoir du cultivateur;
incendie consume les bâtimens
qu'un élevés à grands frais ; qu'une commotion souterraine engloutisse des villes ;
le fléau de la guerre dévaste les
que
l'océan des décampagnes, ou jonche
brisde nos flottes; que lui fait tout cela?
Enveloppé dans sa couverture et tranquillement assis sur des ruines, il voit
du même ceil et la funée quis'exhale de
--- Page 62 ---
VorA G E
sa pipe 2 et les torrens de flammes
qui
dérorentlespoirde toute une genération.
Je viens, 2 Monsieur,à votre dernière
question.
Vous me demandez quel usageje
que les nègres feraient de la liberté pense si
on la leur rendait ?
Eendre ne me parait pasle mot
Tout ce que je sais des
propre.
peuples de
T'Afrique, me prouve qu'ils y végétent
plus ou moins sous un despotisme absurde, ou dans la plus
chie.
déplorable anarJe crois donc
7 Monsieur 2 que tout
peuple que l'éducation n'aura
pour la liberté, abusera
pas élevé
de celle qu'il devra à un nécessairement
tuit de circonstances
concours forextraordinaires.
Voyez ce que vous faites de la
vous peuple éclairé, civilisé
vôtre,
réfléchir
2 habitué à
sur une faculté dont
vous a été ni toujours nitotalement F'usage ne
étranger, et chargez. - vous de resoudre, du
mieux que vous pourrez 2 le
dont vous me proposez la solution. probléme
, abusera
pas élevé
de celle qu'il devra à un nécessairement
tuit de circonstances
concours forextraordinaires.
Voyez ce que vous faites de la
vous peuple éclairé, civilisé
vôtre,
réfléchir
2 habitué à
sur une faculté dont
vous a été ni toujours nitotalement F'usage ne
étranger, et chargez. - vous de resoudre, du
mieux que vous pourrez 2 le
dont vous me proposez la solution. probléme --- Page 63 ---
A SAINT-DONINGL U E.
5r
-te
LETT RE XXVIL
Poun éviter, Monsieur 2 le reproche
d'avoichornêmes observations: sur SaintDomingue à des détails futiles, à de
considérations morales et critipures
de culture,
ques,à d'imparfaits apperçus
de
j'ai senti
de commerce. 2
population,
était nécessaire de donner à ces
qu'il
attention sétrois derniers objets une
plus étenrieuse et des développemens
dus; car enfin, s'il nous importe de connaître Thomme considéré comme un
et moral, il ne nous
être métaphysique
moins d'avoir des notions
importe pas
justes sur ce qui constitue son existence
politique et matérielle, sur ses relations
d'intérêt comme citoyen, cultivateur 2
etc.
propriétaire 7 commerçant,
Commençons donc d'abord par nous
former une idée précise du local sur
lequel il déploye son activité, son intelligence et son industrie.
4 * --- Page 64 ---
VOYAG E:
La surface de la partie
Française de
Saint-Domingue conticnt de
lieues carées.
Igoo à 2000
Cette étendue est divisée .
ties ou côtes,
en trois
2 antrefois nommées pardes, du peu de profondeur
Banétablisemens
des premiers
qui, dans
toutes les colonies
l'origine de
étendus le
2 se sont toujours
avant de long des rivages de la mer
Ces
pénétrer dans les terres.
côtes ou
de trois, savoir, départemens, au nombre
Touest, et celle celle du nord, celle de
du sud, sont divisées
chefs-lieux ou jurisdictions
en
tour, se sous-divisent
qui, à leur
paroisses, comme
en quartiers ou
le tableau
vous le verrez dans
ci-joint.
La population qui couvre le
français se monte,
territoire
nicnt de cette
d'après le recenseblancs et les année, non compris les
nègres dont l'existence n'est
Esniéenlenenteontante à
8370 gens de
38,360blanes,
couleur, et
ce qui, en
455,000 noirs;
comptant les
vaisseaux et lcs soldats équipagee des
qui n'y séjour-
le tableau
vous le verrez dans
ci-joint.
La population qui couvre le
français se monte,
territoire
nicnt de cette
d'après le recenseblancs et les année, non compris les
nègres dont l'existence n'est
Esniéenlenenteontante à
8370 gens de
38,360blanes,
couleur, et
ce qui, en
455,000 noirs;
comptant les
vaisseaux et lcs soldats équipagee des
qui n'y séjour- --- Page 65 ---
A SAIN T-DONINGUE
peut porter le
nent que passagérersent,
âmes.
total de la population à 506,000
années, la diDans les cinq dernières
minution progressive a été de plus de
c'est-à-dire, que la co150,000 nègres,
lonie n'en comptait à la fin de 1785,
qu'a-peu-près 30o,oco.
Mais, Monsicur , quelque confiance
Ton doive à Pexactitude d'un admique
nistrateur éclairé, il faut se persuader
a toujours des parties à l'égard
qu'il y
n'être pas
desquelles son jugement peut
commeinfaillible, d'abord parce
regardé
forcé de voir bien des choses par
que
d'autrai, il calcule sur des raples yenx
toujours vériports dont il ne peut pas
fier la fidélité dans tous leurs détails ;
tous ses soins
ensuite parce que,malgré n'étant à même de
et sa surveillance, 2
exactitude
déterminer avec une parfaite
ni la mesure positive de Pimportation
autorisée du comet de Texportation les résultats de linmerce étranger,ni
terlope, ni les fraudes du commerce
métropolitain mème, 'et qu'il n'y aurait --- Page 66 ---
Vor. AG E
qu'une inquisilion
même
odieuse, peut - être
nir impraticable, 2 qui pourrait obteun recensement exact de la
tion noire,
populafestte
9 F'administrateur chargé de
partie ne peut, à bien des
asseoir les bâses de ses calculs égards,
des estimations
que sur
approximatives.
Il s'assurera, à la vérité, d'une
à Tautre, de la mesure
année
terrain cultivé; mais illui géométrique du
ment impossible de
sera absolul'espèce de
prononeer ni sur
culture, ni sur la
ses produits, ni sur la valeur somme de
de l'exportation
positive
et ses
> parce que la culture
produits sont sujets à de grandes
variations ; que le rendeur et
rour ont uin intérêt à frauder les l'acquéque dans une cireonférence
draits;
due que lest celle de
aussi étenil est aussi
Seint-Doningue,
cle
impossible de mnettre obstaaux chargemens qu'aux
mens furtifs de Tinterlope; debarque
que, quelque soit le scin enfin, parce
les commandans des
avec lequel
quartiers, habitans
eux-nênies 2 procèdent au dénombre.
; que le rendeur et
rour ont uin intérêt à frauder les l'acquéque dans une cireonférence
draits;
due que lest celle de
aussi étenil est aussi
Seint-Doningue,
cle
impossible de mnettre obstaaux chargemens qu'aux
mens furtifs de Tinterlope; debarque
que, quelque soit le scin enfin, parce
les commandans des
avec lequel
quartiers, habitans
eux-nênies 2 procèdent au dénombre. --- Page 67 ---
A SAINT-DoxiveUs
des habitations. S, j'ai la certitude,
ment
ou qu'ils veulent
ou qu'on les trompe,
ne doit vous
bien être trompés, ce qui
de
laisser aucun doute sur les crreurs
dans les estimacalcul qui se trouvent
le plus clairtions de Tadministrateur
voyant, et qui sont toutes à Pavantage
de la culture et du
de la population,
commerce de la colonie.
relativement à Pinterlope entr'auSi,
besoin d'appuyer mon assertres, j'avais
de fait, je vous
tion: sur des preuves
les ruses
dirais, Monsieur, que parmi
dont il se sert pour aborder et séjourner
dans les rades de Saint-Domingne, il en
qu'elle soit, >
est une qui, quelqu'nsée
avec
n'en est pas moins mise en usage
le plus constant succès.
Voici comme la chose se passe.
Ur navire arrive avec une avarie artila fait constater par un bon
ficielle 2
procesverbal. et obtient en conséquence
dont
le tems nécessaire aux réparations,
ii est censé avoir besoin. Enveloppés --- Page 68 ---
Voxa G E
du voile officieux de la nuit, lcs
liseurs etle
verbataine achète verbalisdéelarrangeat,1 le capiuge
publiquement un mât ou
vergue dont il n'a pas besoin', des
nègres fidèles font le reste;
réparécontinues
Tinterlope
eroute, et M.
ne sait, à-coup-stir,
l'intendant
de ce
pas plus la valeur
qu'il a importé, que celle de son
exportation.
Il est fort vilain, sans doute, de frauder ainsi les droits du roi, et de
pour Zn2 vil interét, la
donner,
étrangers
préférence à des
sur ses compatriotes Il faut
cependant dire, Monsieur, qu'il existe
une considération que je
n'être pas absolument
soupçonne
merce français, et étrangère au comfois Phabitant,
qui engage quelquela
mêmele plus délicat, sur
transgression des loix
prohibitives, à
passer assez légèrement sur sa
gnance à tromper ainsi son
répuet cette considération
bienfaiteur,
sérable intérét.
est encore ce miPar exemple, la
est un objet de consommation morrue
rable pour la nourriture
considédes nègres, H
je
n'être pas absolument
soupçonne
merce français, et étrangère au comfois Phabitant,
qui engage quelquela
mêmele plus délicat, sur
transgression des loix
prohibitives, à
passer assez légèrement sur sa
gnance à tromper ainsi son
répuet cette considération
bienfaiteur,
sérable intérét.
est encore ce miPar exemple, la
est un objet de consommation morrue
rable pour la nourriture
considédes nègres, H --- Page 69 ---
A SAXT-DOmiReUt
est donc essentiel qu'on n'en laisse pas
manquer la colonie, dont la consommation va de 27 à 30,000 quintaux. Cependant le commerce français n'en ayant
importécette année quespio.Palninis
tration qui commence à eomprendre
le bien général ne doit pas être
que
sacrifié.à des considérations partonjours ticulières, permis que les étrangers en
importassent 25,276, et cette tolérance
raisonnable a été d'autant plus avantaau colon, que les Américains des
geuse
en raison de leur
États-Unis peuvent ,
ici leur'
proximité réciproque, vendre
fraiche et d'une meilleure
morrue, plus
trèsan-dessous de celui
qualité,à un prix
très-allarmés et
des français (1). Aussi,
(r)Silesnégociansl lacliguibarlapidedels
arrangemens tels qu'ilspusmorrue, prenaientdes directement de Terre-Neuve aux
sent envoyer
nécessaire à
colonies la quantité de ce poisson,
leur consommation, ces colonies auraient certainement cet objet , et à meilleur prix, et d'une
meilleurqualité; mais la malheureuse habitude de
ne les regarder que commele dégorgeoir des cor- --- Page 70 ---
Vor A G E
craignant que l'on ne portât la condescendance, pour les colonies,
perineilre,
jusqu'à leur
par un motif semblable, lapprovisionnement des viandes
salées, se
Tetswrdoabemizrender delAmé
rique
septentrionale, 2 dont la saumure
n'a, disent-ils, pas, comine notre sel
européen, les qualités néressaires
conserver les
pour
des
salaisons; et si, au nombre
autres articles du commerce américain, tels que le fer, les farines, le bétail, cte, le merruin seul a
jugement
échappé au
dépréciateur de nos commerçans (4), ceffe indu'gence n'est dûe
qu'à
ruptions de Tu métrop: le, les a toujours offert
commerce comme Tégout fait pour absurber au
rebut de ses megasins,
le
(r) Ce neal que dans Tesprit du
perfectionné àua. ertain
faut commnerce,
la source desvices dont polat.quil
chercher
C'est lui qui, après avoir Torigino nous embarrasse.
etc., réfugie en Italie, nous perdu Tyr, Carthage 2
cette misérable
a apporiéde Florence
avoir appris à politique italienne qui, après nous
crime, a enfin spéculer jusque sur la vertu et le
fond des
précipité IEurope dans le plus proabimes, de. la corruption et de Tégoisune.
A
nerce,
la source desvices dont polat.quil
chercher
C'est lui qui, après avoir Torigino nous embarrasse.
etc., réfugie en Italie, nous perdu Tyr, Carthage 2
cette misérable
a apporiéde Florence
avoir appris à politique italienne qui, après nous
crime, a enfin spéculer jusque sur la vertu et le
fond des
précipité IEurope dans le plus proabimes, de. la corruption et de Tégoisune.
A --- Page 71 ---
A SAIST.DONINGSE
la difliculté de fournir à la,consommaFaceroissement de la culture
tion que
du sucre a, depuis quinze ans, presque
doublée dans nos colonies.
Le nombre des navires étrangers qui,
en 1788, ont suppléé à rapprovisounement de Saint - Domingue, la plupart
Or, J Monaméricains, a étéconsidérable,
sieur,si, conformément au voou du commerce national, on leur eût interdit
l'entrée de ses ports, quelle eût été, pour
les habitans, Ja conséquence de cette
prohibition ? Qu'ils eussent complètement manqué des objets de première nécessité qui seuls formaientles cargaisons
de ces navires.
Que nous importe 2 disent les marchands français? La douceur de satisfaire à quelques besoins de fantaisie,
peut-elle entrer en compensation avec
le tort réel que fait à la métropole la
d'un bénéfice qu'elle ferait sur ia
perte denrée vendue à des étrangers? Depuis
quand le trousseau des filles se fait-il aux
dépens de la garderobe des mères, et --- Page 72 ---
Vor AG E
les colonies ne sont-elles
la
pas les filles de
métropole ? Il est d'ailleurs une
de commerce à
règle
laquelle nous ne
vons point déroger, et qui, nonobstant pounotreimpuissancea. subvenir aux
de Texportation,e
besoins
exige que les coloniaux
ne puissent être livrés qu'à nous: c'est
que plus la coneurrence sera faible,
les récoltes s'accumuloront
plus
dans les magasins du
invendues
cullivateur, et
nous serons les maîtres d'en réduire plus le
prix. Au reste, Monsieur
dise lavidité,
2 quoiqu'en
qui croit toujours
ce qu'un autre gagne, le besoin perdre de
inéraire, celui qui se fait
nuplus vivement sentir
anjourd'hui le
raison des
aux Etats-Unis, à
sommes qu'absorbe leur commerce direct avec la Chine et les Indes
orientales; ce' besoin fait que les Amé
ricains jugent plus avantageux d'échangerles cargaisons qu'ils portent aux Antilles contre des piastres, et de ne
dre en denrées
prenment
que ce qui est absolunécessaire au chiargement d'un
navire qui navigue sur soi lest. Ainsi, --- Page 73 ---
6r
A SAINT-DONIseUs
le tort qu'ils font à notre commerce
réduit à peu de chose, ct, fut-il
se
qu'on. le dit,je
même aussi conséquent
le crois encore plus que compensé Mais par
le bien qu'il fait à la colonie..:
dites-moi donc, Monsieur, s'il ne vous
bien étrange qu'une aggrégaparait pas
qui ne : cessent de
tion de spécnlateurs liberté la plus illiréclamer pour eux la
d'autre rémitée, ne connaissent plus
despogime que cclui du plus révoltant
ou
tisme, Jorsqu'il s'agit du cullivateur
qui n'est pas positivedu manufacturier Il faut bien savoir
ment à sa solde
quel point Fintérêt personnel
jusqu'à
du juste et de Tin*
dénature les notions
Peffet
juste, pour ne voir en cela que
fainécessaire de son influence sur notre
ble raison.
plus illiréclamer pour eux la
d'autre rémitée, ne connaissent plus
despogime que cclui du plus révoltant
ou
tisme, Jorsqu'il s'agit du cullivateur
qui n'est pas positivedu manufacturier Il faut bien savoir
ment à sa solde
quel point Fintérêt personnel
jusqu'à
du juste et de Tin*
dénature les notions
Peffet
juste, pour ne voir en cela que
fainécessaire de son influence sur notre
ble raison. --- Page 74 ---
VorAG E
LETTRE XXVIIL
Au Désert. Mai, 1790,
Ciso objets importans
-
sieur, la matière de
feront, Moncelte lettre: 1o,T'exportation; 2°, les établissemens de culture, de manufacture et
30, les produits de
d'indastrie ;
4°. les deltes actives Pimpôt en général;
revenu du fisc et
et passives; 50, le
différentes
sa répartition dans les
caisses,
Pour éviter les longs calculs de fractions, dent d'ailleurs le résultat
être d'aucune
ne peut
importance,jeme
serai d'ajouter les sous et les deniers dispentotal de chacun des articles,
au
préviens que Tévaluation
etje Fous
pied du
est faite sur le
change de la colonie, c'est-àdire, à 33 et deni, de sorte
la
tournois J vaut une livre dix que livre
sols. --- Page 75 ---
S
E
I
E
I --- Page 76 ---
:
=
N -
la
/ de
- a
:
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8 -
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DE
- C
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m -
1 -
E
: -
E
-
8 8
- --- Page 77 ---
A SAINT-DosrseU
En joignant à ces différentes sommes
livres pour la vacelle de 1,137,500,000
le montant de
leur de 445,000 esclaves,
des
foncière et mobiliaire
la propriété
habitans de Saint-Domingue se montera
à 1,557,870,000 livres.
Produits de Pimpôt sur ceux de la
culture.
Cet impôt a rendu, savoir:
Le sucre blanc.
e 2,528,197liv.
Le sucre brut.
1,077,195
1,2.6.720
Lecafé .
465,008
L'indigo . -
785,766
Le coton.
221,275
Sirops. .
1,821
Le tafia. e
18,184
Les cuirs.
etc.
Gayac, 2 acajou,
Total. : -
6,924,166.
compris dans la recette de la
qui sont
caisse de la marine.
Il serait trop long, monsieur, et enfastidieux d'entrer, article par
gore plus
--- Page 78 ---
VoyAC E
article, dans tous les détails de
générale du fisc. Je
la recette
mettre sous
me bornerai donc à
VOS Feux les totaux
sommes perçues et versées
des
férentes caisses; ets si
dans les difgrands détails
j'entre dans de
à Particle de
plus
ce ne sera que
la dépense 2
vues de
pour rendre justice aux
les
Tadimirhatration, en
sommes
distinguant
à des
employéesàdes
travaux d'utilité
institutions,
des actes de
publique, ou a
des
justice et de bienfaisance,
dépenses et des frais de
tion.
TadminisiraRecette ginérale.
La caisse de la
marine a
reçu
ans les difgrands détails
j'entre dans de
à Particle de
plus
ce ne sera que
la dépense 2
vues de
pour rendre justice aux
les
Tadimirhatration, en
sommes
distinguant
à des
employéesàdes
travaux d'utilité
institutions,
des actes de
publique, ou a
des
justice et de bienfaisance,
dépenses et des frais de
tion.
TadminisiraRecette ginérale.
La caisse de la
marine a
reçu La caisse
e 10,838,348"60
Celle des générale. e
1,171,290
libertés,
Cclle des droits
-
654.906
domaniaux :
780,300
(1) Comme ilse trouve une
résultat des totaux du
différence entre le
bois et le tableau de compte rendudeM.de Marson succeseur, jai suivi ce
Fr-AnANAMatE --- Page 79 ---
A SAIXT-DONIXGUE,
Celledes consignations .
184,500
Celle de T'entrepôt. : .
459,078
Celle des invalides et
fonds d'armemens. e
584,592
Total. .
14,673,014
L'état des dettes actives et passives,
appartenant de droit à la connaissance
de la situation commerciale, agricole et
financière d'un pays, je joins ici Tapperçu de celles de la colonie.
Dettes actives en faveur des diverses
caisses, depuis 1708jusqu'enx791.
Le montant dela créance
publique était eni 1788
de : - . . -
. 14.927,03oliv.
Il a été payé en 1789 et
1790 la somme de. . 5,730,901
Cequréhuitedetesae
tives à. e
e e 9,196,129
Dettes passipes à la charge des diverses caises.
La dette publique était en
1788 de
. 4:942,416liv.
5 * --- Page 80 ---
VorA G E
Il a été
payé en 1789 et
1790 e e
Reste dû en
e 3,580,480
Ilest tout 1791. e e 1,361,936
simple depenser,
que dans le
monsieur,
compte rendu par les administrateurs, le total des
pense réponde
comptes de détude au total du avec une parfaite exactiest dans
compte de recelte; cela
Tordre, et l'on n'a pas
comme ici, la satisfaction
par-tout
venu public assez bien
de voir le retrouver, comme ici, administré, pour
une sommne de
au bout de T'année,
non- consommés. 1,614,886 liv. de fonds
demandez où les Mais, si vous me
tration
agens de Fadminispuisent les
ils établissent leur moyens sur lesquels
sonnelle, j'avouerai rapide fortune pern'en sais rien, et ingénument que je
instant que si,
que je ne doute pas un
des fortifications par exeurple, le directeur
bâtimens
et de- l'entretien des
publics reçoit
ces différens
t917,560 liv. pour
objets, ses comptes de
penses ne portent en effet
déPareille
une somme
de917,560 liv.
isent les
ils établissent leur moyens sur lesquels
sonnelle, j'avouerai rapide fortune pern'en sais rien, et ingénument que je
instant que si,
que je ne doute pas un
des fortifications par exeurple, le directeur
bâtimens
et de- l'entretien des
publics reçoit
ces différens
t917,560 liv. pour
objets, ses comptes de
penses ne portent en effet
déPareille
une somme
de917,560 liv. --- Page 81 ---
A SAIXT-DONINGUE.
Ilpourra vous paraitre assezindiflérent
de savoir que l'état et Padministration
militaire, civile et judiciaire de la coseuls,
lonie, absorbent en appointemens
3,347,550 liv.; mais vous verrez avec
plaisir que sur le restant des 14,673,014
liv.dela recette générale,ilaé étéappliqué
ou en dons dejusou en travaux publics,
tice et de bienfaisance, savoir:
.
.
196,00oliv.
Auxhôpitaux
Canaux et fontaines. e
331,299
Indemnités et gratifications e .
e . .
109,575
Pensions aux pères et
mères dedix à douzeenfans. .
e - -
71,765
Dépense pour un quai au
Port-au-Prince . e
72.731
Chemin deJacmel. :
86,62x
Jardin aduroi. . . a
50,912
Travaux faits au Cap.
70,464
Abreuvoirs et lavoirs. e
65,058
Dons et gratifications. .
40,956
Réclamations d'épaves" o
46,521
Total. e
127 do2 --- Page 82 ---
VOYAG E
LETTRE
XXIX
Au Désert. afal,a7go.
Paanterg
se plait à diseuter, questions que la philosophie
moins oiseuses est Monsieur, une des
du degré d'infuence sans condredit colle
sur Thomme et
qu'ont tour-à-tour
mat 2 et le
Péducation, 2 ct le cliest de cela come gouvernement ; mais il en
blemens de terre: de la cause des tremrien
nous entendrons.
d'exclusif, et nous
Lhomme est à-la-fois
physique et social,
un être moral, e
rectement soumis à et, comme tel,d dication, du
T'inflnence de Péduclimat, du
C'est donc toujours, gouvernement.
Tautre 2 mais sous
non sous lun ou
réunis qu'il faut
ces trois rapports
nulle part
Pobserver, car,s'il n'est
exclusivement
nature 2 de
Fhomme de la
est cependant Tédueation, ou des loix, il
l'un ou l'autre. par-font et plus ou moins --- Page 83 ---
A SAINT-DoMINeUE
donc Thabitant de Saint-1 DoQu'est
mingue?
Ce
doit être touthomme, né dans
que brilante,avec une éducation
une région
vicieuse, sous un gouvernement à-peuprès sans influence. Son caractèren'a aucun trait promoneégil n'est nicorrompu,
ni icitoyen, ni esclave. Mais
ni vertueux,
décidera du moment ott
ce caractère se
Péducation et
d'accord avec Ja nature,
s'occuperont à lui donle gouvernement
il faut
nerdes moeurs. Pour aujourd'hui,
lui tenir compte de ses
d'autant plus
éducation n'a
bonnes qualités, que son
encore pu lui donner que des vices.
J'entreprendrais un ouvrage très-long,
très-abstrait, très inutile, si je me charde dire comment Péducation et le
geais
de concert avec la nagouvernement, devrait travailler à former lc cature ,
à décider l'existence
ractère moral 2
politiqne des colons, , d'après des prin
dont la bâse serait calculée et sur
cipes Tinévitable influence du climat, et sur
qui déshonore ici: le
l'odieux système
vices.
J'entreprendrais un ouvrage très-long,
très-abstrait, très inutile, si je me charde dire comment Péducation et le
geais
de concert avec la nagouvernement, devrait travailler à former lc cature ,
à décider l'existence
ractère moral 2
politiqne des colons, , d'après des prin
dont la bâse serait calculée et sur
cipes Tinévitable influence du climat, et sur
qui déshonore ici: le
l'odieux système --- Page 84 ---
Vor A G E
plasotile,leplus universel
que T'auteur de l'ami des desaris, celui
pelleiavec tant de raison hommes apnocence et de la
: P'art de l'infiant à des étres rertu en le conil devient
dégradés, dont, par-la,
vaux, sans impossible de partager les tramoins dans partager leur
en même tems, du
nullité, de
opinion , le degré de
bassesse,
quelils sont condamnés, d'avilissement auPersonne n'a jamais
culture Tayantage
disputé à l'agriles bonnes
précieux de maintenir
le luxe, moeurs, que la vie sédentaire,
l'oisiveté corrompent
rement, Voilà donc déjà
nécessaiperdue pour le législateur une ressource
quent un nouveau
2 par consé.
Féducation.
motif'd'y suppléer par
Les plus choquantes
n'ont plus rien qui étonne contradictions
s'estune fois écarté
; lorsque Pon
de vérités
d'un certain nombre
colon, inguables, De-là vient
qui rougirait de travailler quele
avec sa
(4) Tome 3,
chapitre 7. --- Page 85 ---
A SAINTDONINGUE
ne rougit pas de vivre avec
négresse 2
d'intimité qui étaelle dans le degré
blit nécessairement entre eux des rapcontre lesquels le préports d'égalité, 2
jugé réclame vainement.
L'âne répond : L'amour égale tout.
En vain le législateur a-t il, dans
des colonies, voulu parer à la
Torigine
de Pesclaplus fatale des conséquences amende de
vage , en soumettant à une
blanc
deux mille livres de sucre 2 tout
convaincu d'avoir fait un enfant à une
cette loi inconséquente et imnégresse ;
les
morale fut bien vite révoquée par
avortemens auxquels elle donna lieu;
si le
tira de
mais j'ignore
gouvernement
cet exemple la juste conséquence, qu'il
est absurde de vouloir appliquer desloix.
conservatrices des bonnes moeurs à un
ordre de choses contre nature.
cet abus d'intimité, 1 2 entre le
Quand
n'aurait d'autre inmaitre, et Pesclave,
convénient que celui d'altérerle premier
de toute subordination, le resprincipe
avortemens auxquels elle donna lieu;
si le
tira de
mais j'ignore
gouvernement
cet exemple la juste conséquence, qu'il
est absurde de vouloir appliquer desloix.
conservatrices des bonnes moeurs à un
ordre de choses contre nature.
cet abus d'intimité, 1 2 entre le
Quand
n'aurait d'autre inmaitre, et Pesclave,
convénient que celui d'altérerle premier
de toute subordination, le resprincipe --- Page 86 ---
VorAC E
pect du
subordonné, il serait
très-grand mal. Ailleurs,
déjà UITS
être remplacé
ce respect peut
est le premier par l'estime; mais l'estime
timer il faut pas vers] légalité, Pour espoint juger juger, et l'esclave ne doit
son naitre.
Mais une
neste encored de conséquence cet
bien plus fuinfnence sur
abus, est celle de son
l'éducation des
pour lesquels
enfans >
beaucoup plus Texemple facile
est une leçon
préceptes,
à retenir que des
la
toujours en
conduite de celui scontradictionave
comme on Ta dit, qui les donne. Si,
P'esprit
pas, on apprend encore nes'epprend
C'est une question
moins la vertu u 6
Monsieur
assez
, que celle
indifitrenate,
naissons bons et
de savoir si nous
porte, c'est
méchans. Ce qui imGue l'éducation favorise le
développement du bon à
arrête celui du
mesure qu'elle
mes, , de quelque mauvais, dont les gernent, se mnanifestent part qu'ils nous viendès notre enfance.
Très-peu de pères sont
le secours des
, même avec
meilleurs traités d'édu- --- Page 87 ---
A SANT-DoNixeUs
en état de raisonner celle de
cation 2
jont des jeunes
leurs enfans. Laplupart
sanss'embarrasser d'en faire un jour
gens
connais d'ailleurs, à
des hommes. Je ne
TesceptiondtÉmile, ,F point de théoric qui
outrepasse les bornes de Téducation) aphysique. Le véritable secret de Téducation
morale (:) est très-simple : il consiste à
n'offrir janais à nos enfans qu'un bon
modèle à suivre. Si ce principe était genéralement adopté, il en résulterait que
le génie de Thomme, tendant toujours à
perfectionner ce qu'il trouve fait, la race
meilleure.
humaine en deviendrait
En vous disant ce qu'il faudrait faire
donner aux enfans de Saint- Dopour
meilleure éducation,je dirais
minguela
précisement ce que lon ne fait pas. Que
peut-on,par eanmpepstendiedetugr
impie de. les faire nourrir par, des né-
(I) Qu'est-ce que monsieur le marquis de
Langle entend, lors qu'il dit que Péducation morale est une chose impossible, une idée bizarre?
Voyez mon voyage en. Espagne, tomez,page13g.
ant ce qu'il faudrait faire
donner aux enfans de Saint- Dopour
meilleure éducation,je dirais
minguela
précisement ce que lon ne fait pas. Que
peut-on,par eanmpepstendiedetugr
impie de. les faire nourrir par, des né-
(I) Qu'est-ce que monsieur le marquis de
Langle entend, lors qu'il dit que Péducation morale est une chose impossible, une idée bizarre?
Voyez mon voyage en. Espagne, tomez,page13g. --- Page 88 ---
Vor A G E
gresses, qui,
les
quelque bien choisies
suppose, quelque surveillées qu'on
soient, alteignent
qu'elles
sevrage sans
rarement le terme du
qu'elles nourrissent, comumuniquer 2 à Tenfant
lait
avec le venin d'un
cotrompu, les vices d'un
ment, dont une
tempéram
pu que renforcer continance la
obligée n'a
nature ? Le
lascive et bralante
Intiun dut nourrisson de la louve du
chef de la néceseairement devenir le
luda,
troupe de brigands
par le rapt des Sabines, qui préquêle de Punivers.
à la consieur, > de la
Qu'uttendre, Monabandonne les négligence coupable qui
troupe d'esclaves enfans à la société d'une
rien n'ajamais domestiques, auxquels
attaché au mot pa donner l'idée du sens
désordre des
pudeur ? Q'attendre du
menrs
ceuce des couverzations publiques, 2 de la lide voir
2 de Thabitude
journellenent
mens, dont le
infliger des châtitant est la barbarie caractère le moins révoldu pouvoir
? Qu'espérer, enfin,
oi la
del'éducation, dans les lieux
modestie, la bonté,
Lindulgence, --- Page 89 ---
A SAINT-DoxtxeUE
sont
de vains noms. 2 et
Ja justice ne
que
la bouche du
oit les premiers mots que
Porjeune créole bégayera, contiendront
dre de déchirer à coups de fouet le sein
de sa nourrice ?
étranCes considérations ne sont point
les
gères aux colons faits pour apprécier
d'une meilleure éducation.
avantages
ou moMais, soit incapacité 2 paresse remède
d'autre
destie 2 ils ne trouvent
leurs enfans
à ce mal , que d'envoyer
s'il n'était
dans la métropole 7 comme élever à Paris
aussi étrange de faire
pas
qu'il le
les enfans de Saint-Domingue.,
serait de faire élever à Saint-Domingue
les enfans de Paris !
éviC'est se jeter dans Caribde pour
commun Péducation
ter Sylla. Qu'ontde de vie des colonies?
française et le genre
habitations où ces enfans sont nés,
Les
destinés à vivre, diffèrent du
oàils sont
où on les envoie,
couvent ou collège
du nouvéau
comme les productions
différent de celles de l'ancien.
monde
Comment veut-on que leur constitution,
faire élever à Saint-Domingue
les enfans de Paris !
éviC'est se jeter dans Caribde pour
commun Péducation
ter Sylla. Qu'ontde de vie des colonies?
française et le genre
habitations où ces enfans sont nés,
Les
destinés à vivre, diffèrent du
oàils sont
où on les envoie,
couvent ou collège
du nouvéau
comme les productions
différent de celles de l'ancien.
monde
Comment veut-on que leur constitution, --- Page 90 ---
Vor A G E
forméeparums régimects
rens de ceux qui
sousun cielsidiffé.
aucune altération lesattendent,
du
n'fprouve
Pun à Pautre ? Je
passage subit de
comme une
regarde,
méthode
Monsieur, 3
nature celle qui
tout-à-fait contre
certain point, les généralise 2 jusqu'a un
tion physique, S'il principes de féducaà un
peut être
vagabond de se faire à arantageux
latitudes, Thomme
toutes les
le sol qu'ont caltivé destiné à vivre sur
où il est né,
ses pères 3 à
> ne doit avoir
mourir
gime, d'autre
d'autre rédes son climat. Comment tempéramment que ceux
sous Téquateur,
le Lapon, élevé
glaces da pôle ? vivra-t-il Ah
au milieu des
!
que sa mère
malheur à celui
chêne,
posa dans un
2 et que des mains berceau de
ensevelissent dans
mercenaires
d'acajou !
un cercueil de bois
Ce qui peut
justifier les habitans de
Saint-Domiogue à cet égard
privation de toute
, c'est la
ou détabisemens espèce de ressources,
enfans un certain propres à domneraux
degré dinstruetion, --- Page 91 ---
A SAINT-DowiseE
des connaissances utiles 1 des talens
Quelque superflus que l'on
agréables.
de lédusuppose ailleurs ces accessoires
cation du riche, 2 je les regarde comme
très-nécessaires dans un pays où la population très disséminée, réduit la plupart
des colons à vivre dans une sorte de solitude , qui les expose a tous les dangers
de Toisiveté et de Pennui.
On ne réfléchit pas assez, Monsieur,
ces deux Aéaux du bonà l'empire que
heurdelhomme exercent sur ses mceurs.
On oublie trop que c'est pour soustraire
les peuples à leur influence, que les léde T'antiquité avaient institué
gislateurs
tant de fêtes et de jeux publics,
lactivité, qui est un
Mais, 2 lorsque
de nos premiers besoins 7 ne pourra
plus avoir d'autre objet que le plaisir,
Pabus du plaisir ne tardera pas à chan.
le besoin en habitude, comme l'ager
sans émulation, se change
mour-propre,
et de là nai-.
en un dur et triste égoisme 2
satiété, toutes
tront, avecledégoôtetlas
les turpitudes de la dépravation. C'est
de fêtes et de jeux publics,
lactivité, qui est un
Mais, 2 lorsque
de nos premiers besoins 7 ne pourra
plus avoir d'autre objet que le plaisir,
Pabus du plaisir ne tardera pas à chan.
le besoin en habitude, comme l'ager
sans émulation, se change
mour-propre,
et de là nai-.
en un dur et triste égoisme 2
satiété, toutes
tront, avecledégoôtetlas
les turpitudes de la dépravation. C'est --- Page 92 ---
Vo Y A G E
donc le plus cher de nos
de notre bonheur
intérêts, celui
même, 2 qui indique
laconservation des bonnes
la source de toutes
moeurs comme
Cependant,
nos jouissances.
arts, des talens prescrire la culture des
sances utiles, agréables, des connaischose fort
paraîtra, peut-être, une
T'homme célèbre étrange aux sectateurs de
meuse
qui 2 dans la trop faquestion de leur influence
bonheur des sociétés,
sur le
déclaré pour la
s'est hordiment
partisans de négative... Eh! que les
rompent les Fopinion que les arts corrien à gâter meenrs, ici. se rassurentlIlst n'ont
Si lon affecta de
regarder alors le
sentinentdueintyen de
un paradoxe anssi
Genève, comme
lier, c'est
nouveau que
que l'on voulit bien singuque Solon, assisfant à la
oublier
d'une pièce de
représentation
long-tems avant Thespis 2 s'était écrié,
lui: (C Je crains
gue ces fictions
bien
songes ingénieux, pratiques, ces menthéâtre dans
ne passent bientôt du
nos moeurs >) ! Quoique,
long-tems
yen de
un paradoxe anssi
Genève, comme
lier, c'est
nouveau que
que l'on voulit bien singuque Solon, assisfant à la
oublier
d'une pièce de
représentation
long-tems avant Thespis 2 s'était écrié,
lui: (C Je crains
gue ces fictions
bien
songes ingénieux, pratiques, ces menthéâtre dans
ne passent bientôt du
nos moeurs >) ! Quoique,
long-tems --- Page 93 ---
8r
A SAINT-DoHiNeUE
Jong-tems avant Rousseau, Xénophon eut
arts corrompent
dit ( que la plapartdes
le corps de ceux qui les exercent; qu'ils
obligent de s'asseoir à l'ombre ou près
du feu ; que Pon n'a de lems, ni pour
ses amis, ni pour la républiqne (r) (.
Tout le tracas quecelte fameuse question occasionna, ne vint, Monsieur 2 que
de ce qu'elle avait été mal posée par
l'académie de Dijon. J'ignore si les arts
et les sciences contribuent à corrompre
les moeurs; maisil est certain que, cause
ou effet, on ne les trouve en honneur
chez les peuples déjà très corromque et alors il faut les regarder comme
pus;
ni
un bien , parce que ne pouvant plus.,
corrompre, ni épurer les moeurs, ellés
servent du moins à les adoucir. Cest-là,
je crois. , le sentimentle plus raisonnable,
c'est du moins celui de Gicéron, dont le
témoignage n'est pas indifférent. Placez
le philosophe le plus austère, le plus
(:) Dits mémorables, 2 livre 5,
--- Page 94 ---
8z
VOrAG E
effronté cinique, le plus dur
entrele choix de vivre
stoicien
ignorans,
avec des hommes
grossiers,
hommes
corrompus , ou des
ils ne balanceront corrompus,simabler et savans,
conds aux
pas à préférer les secesseur de premiers C Jaivu, dit lesucl'intéressant et
Marion, massacré
malheureux
cruel, lâche,
par un peupleà-la-fois
n'avait reçu de lui perfide 2 ingrat > et qui
vu que la raison
que des
sans
bienfaitsjai
instinet brutal
culture n'était
et plus
qu'un
des bêtes. Je
féroce que celui
naturels
n'aitrouvédanse ces hommes
que des enfans
tant plus dangereux méchans, d'ausont plus forts
, qu'en général ils
hommes, même que le commun des
passant dans
robustes. Je les ai Vu
un
joie la plus imbécille quartidheure, à
2 de la
noire,
la tristesse
, de la
la plus
revenir subitement tranquillité à la fureur, et
Je les ai vu
à un rire immodéré.
valle, doux tour-à-tour et sans internaçans ; jamais 2 caressans, puis durs et meun long-tems dans Ia
, qu'en général ils
hommes, même que le commun des
passant dans
robustes. Je les ai Vu
un
joie la plus imbécille quartidheure, à
2 de la
noire,
la tristesse
, de la
la plus
revenir subitement tranquillité à la fureur, et
Je les ai vu
à un rire immodéré.
valle, doux tour-à-tour et sans internaçans ; jamais 2 caressans, puis durs et meun long-tems dans Ia --- Page 95 ---
A SAINT-DONTNGUE.
même assiette, mais toujours dangereux
et traîtres (1) >,
Après cette digression , qui n'est pas
tout-à-fait étrangère à ce qui précède,
je dis, Monsieur, que vous concevrez
sans doute, comme moi, qu'il est à-peuprès imnpossible que les jeunes créoles
des deux sexes reçoivent 2 ni dans la
case paternelle, ni même en France, - une
éducation qui réunisse à-la-fois les convenances du physique et du moral. Que
faire donc pour obvier à ce mal? Une
chose fort simple, une chose qui serait
faite depuis long-tems 2 s'il y avait ici le
moindre esprit public:
Fonder 2 à Saint-I Domingue même,
des établisemens pour Péducation des
enfans de Saint-Domingue.
Cette idée me parait si simple 9 les
avantages qui résulteraient de ces sortes
d'établissemenss ssontsi nombreux, si clairs,
qu'il faut allier la plus coupable indiffé-
(1)Nouveau vepngrilamerdaSal,pe 129.
6 * --- Page 96 ---
VorAG E
rence à Tignorance la plus
n'en avoir pas reconnu; avengle, pour
Tindispensable nécessité. depuisloug-tems, --- Page 97 ---
A SAINT-DONINGUE.
LETTRE XXX.
Au Déser!. Avril, 1790.
In en est des habitans de nos colonies,
Monsieur, comme des soldats avec lesquels Alexandre conquit la Perse ; les
vainqueurs ont pris les mours des vaincus. Les colons ont préféré la honte d'adopter celles de leurs esclaves, au mérite de leur en donner de meilleures.
Mais une semblable assertion me ferait
accuser de calomnie, si je négligeais de
T'appuyer par des faits.
Si chez nous, par exemple, il est convenuqu'un maître regardera comme une
espèce d'injure que vons fassiez un enfant à sa servante, ici il vons en remer
ciera, comme du service le plus, signalé
qu'il put recevoir de vous ; car cet ellfant, devenu sa propriété 2 augmentera
d'autant son capital,
Oui, si la tendresse paternelle émeut
vos entrailles au point de vouloir sous-
igeais de
T'appuyer par des faits.
Si chez nous, par exemple, il est convenuqu'un maître regardera comme une
espèce d'injure que vons fassiez un enfant à sa servante, ici il vons en remer
ciera, comme du service le plus, signalé
qu'il put recevoir de vous ; car cet ellfant, devenu sa propriété 2 augmentera
d'autant son capital,
Oui, si la tendresse paternelle émeut
vos entrailles au point de vouloir sous- --- Page 98 ---
Vorio E
traire votre fils à P'esclavage
condamne la loi
auquel le
quitur ventrem Romaine, partus sede sa
, c'est-à-dire, le ventre
mère, on vous le vendra à beaux
deniers comptant, mais avec la
tion d'cn réglerle
précauprix sur le degré d'empressement que vous
de cela, , le maitre témoignerez. de
Faute
manquera pas de le faire votre enfant ne
quelque
instruire dans
sir
métier, à la faveur duquel lil est
, ou de Taffermer, oir de le
Ol de le mettre en état de s'acheter vendre,
pnême un jour,
luile
de
c'est-à-dire,des evous payer
prix
sa liberté,
Les filles sont une marchandise
estimée que les
plus
les métiers garçons, parce que,outre
qu'elles peuvent
pour peu qu'elles soient jolies, apprendre, elle n'ont
même pas besoin d'être adroites
exciter parmiles célibataires blancs pour
émulation qui leur assure un prix im- une
possible à limiter, puisque c'est l'amour
et
Tamonr-propre qui ei décident...
Rivaux du fils d'Alemène,
donc voirle génie du
voulez-vous
commerce couvrir --- Page 99 ---
A SAINT-Dosixess.
de vOS
les rivages de Saint-Domingue de ce
autels? Imitez celei des, travaux
Dieu qui, dans une nuit, donna au vieux
Danais cinquante petit-fils.
La senle chose qui étonne celui que
Texpérience a mis au fait de la fertilité
d'une certaine industric,
des ressources
tombé dans
c'est qu'il ne soit pas encore
ingénieux,
Tesprit à quelque spéculateur
band'accaparer, sous le titre détalon
nal, la fabrication de tous les mulâtres,
à tant la pièce. Craindraiton, peutêtre,
le commerce métropolitain ne proque fitât de celte lumineuse pensée pour enjusqu'à la manufacture du genre
glober
exclusif? Je
humain dans son privilège
tout
pas, car il y aurait
n'en répondrais à interdire aux colons
autant de justice
enfans,
le droit de faire leurs propres
de
qu'à leur défendre la manipulation
leur sucre, ou la filature de leur coton.
Il doit d'après cela, Monsieur 2 vous
démontré que ce qui chez nous
paraitre
riche, enrichiti ticile pauv re;
appauvritler
quela Juxurequi, chez nous, est à-la-fois
ain dans son privilège
tout
pas, car il y aurait
n'en répondrais à interdire aux colons
autant de justice
enfans,
le droit de faire leurs propres
de
qu'à leur défendre la manipulation
leur sucre, ou la filature de leur coton.
Il doit d'après cela, Monsieur 2 vous
démontré que ce qui chez nous
paraitre
riche, enrichiti ticile pauv re;
appauvritler
quela Juxurequi, chez nous, est à-la-fois --- Page 100 ---
Vox AG E
un péchémortel et une passion
se change ici ep une source de ruineuse,
tions lucratives;
spéculas'enrichir
qu'une des manières de
à
Saint-Domingue, est de faire
beanconp debâtards; etque cettehranche
de la prospérité publique
même vice qui mône les repose sur le
toutes les sociétés, le
fondemens de
défaut de mueurs.
des
les
Anteneiduseratei
blancs et des mulâtres libres, ports;
font un revenu
qui se
considérabledas
de leurs
iseulloyer
nègres ou de leurs
L'avarice a même étendu
négresses.
ses droits
ques sur les plaisirs de Tamour,
jusmême qu'en
car, de
Europe, une servante demnandedses maitresla
se promener, ici
permission d'aller
celle d'aller
une négresse demande
et comme elle
peireneideuniuieg
est, dans beaucoup de
maisons, tenue de payer à sa
une certaine rétribution
mairesse
son travail
sur le prix de
la begueule nocturne, vous concevez que
qui, par UI) principe d'honnéteté, refuserait une semblable
permission,sexposcrait au reproche très-grave --- Page 101 ---
A SAINT-DOxrNeUE
de mauvaise économie, vu que la plupart des négresses servantes n'ont que
ce qu'elles gagnent à trafiquer de Jeurs
charmes pour en'touvrir la nudité..
Ainsi, la pudeur reçoit ici son voile des
mains de Panpulicilé!
Soyon: cependant justes 2 Monsieur,
il ne faut regarder ce vice, ni comme
particulier aux colonies françaisce, ni
comme une sûite de la dépravation toujours croissante de nos moeurs. Il y a
plus d'un siècle que le voyageur: Dellon
trouva le mème usage completement
établi à la baie de tous les Saints,oit,
dit-il, ( les femmes menie qui, passent
pour avoir quelque vertu, ne font point
scrupale de parer leurs esclaves, pour
les mettre en état de vendre plus cher
lesinfames plaisirs qu'elles donnent (1)2.
Lorsque Tavarice est le premier principe deia dépravation des moeurs, il n'y
a plus que Fintervention du gouverne-
(1) Relation d'unvoyege aux Indes Orienteles,
fome 2, chapitre 28.
les Saints,oit,
dit-il, ( les femmes menie qui, passent
pour avoir quelque vertu, ne font point
scrupale de parer leurs esclaves, pour
les mettre en état de vendre plus cher
lesinfames plaisirs qu'elles donnent (1)2.
Lorsque Tavarice est le premier principe deia dépravation des moeurs, il n'y
a plus que Fintervention du gouverne-
(1) Relation d'unvoyege aux Indes Orienteles,
fome 2, chapitre 28. --- Page 102 ---
Vor A G E
mentetdelareligians, qui
un terme; et
puissey mettre
Jorsque tous deux sont
venus au degré d'aveuglement
parpour: ne point voir que leur existence nécessaire
inséparablement liée à ce
est
leurs
premier de
devoirs, 2 il est inutile de
la solution du
chercher
sans morale, problême d'une société
ailleurs que dans Barême.
Que T'admnistration civile, essentiellement chargée de la
de toute autre chose police, s'occupe
veiller les
que du soin d'y surmoeurs 3 c'est ce qui n'étonnera personne. Les gouvernemens n'ont
jatais SII tenir le juste milieu entre Pinsouciance qui laisse tout
quisition qui veut tout dépérir, et l'inpendant, ditl'abbé de gouverner. IC Cedisent nos grands
Mably, quoiqu'en
pend des
philosophes, tout démceurs, et plus on
les opérations dela
approfondit
convaincn de
politique, plus on est
cette vérité (1) >.
Mais que la religion ou plutôt ses miz, ()Delalégidation, livre 2,
oup principes desloix, tome
chapisre e4. --- Page 103 ---
9T
A SAIST-DONINGUR
consentent à partager ce repronistres,
che, c'est à quoi l'on ne devrait point
s'attendre, quand on sait avec quelle
sollicitude ils ont toujours épié, avec
ils toujours saisi Pocquel empressement Tinfluence de leur
casion d'étendre avec
ministère, le ponvoir qui en' est une
suite, et le degré de considération attaché au pouvoir (r).
avoir
Le clergé de la colonie paraît
renoncé aux avantages que cette politiC'est à cette ambition mal déguisée qu'il
(1) atiribuer la disgrace qui, après une longue
faut
enfin chassé les missionnaires jétolérance, a Chine. On peut voir, dans le second
suiles de la
avec quelle insolence
voyage du père Gercillon, et ne doivent en effet
des gens qui ne préchent,
le pardon des
counaitre d'autre vengeance que
toutes
injures;a après avoir reçu du gouvernement
les satisfactions qu'ils pouvaient desirer pourune
injustice faite à Tun d'eux, osèrent encore
légère
qui les comblait de bonté,
exiger de Tempereur mandarin du canton, qui n'y
quil punit jusqu'au mais le monarque eut le bon
avaiten aucune part;
esprit de n'en rien faire.
des gens qui ne préchent,
le pardon des
counaitre d'autre vengeance que
toutes
injures;a après avoir reçu du gouvernement
les satisfactions qu'ils pouvaient desirer pourune
injustice faite à Tun d'eux, osèrent encore
légère
qui les comblait de bonté,
exiger de Tempereur mandarin du canton, qui n'y
quil punit jusqu'au mais le monarque eut le bon
avaiten aucune part;
esprit de n'en rien faire. --- Page 104 ---
Vor A G E
que loi assure par-tont ailleurs.
quilles dans leurs
Trandes curés
preshytères, la plupart
y consomment en
revenu assez considérable
paix un
vivre dans
pour les faire
célebre,
Paisance, L'oflice divin se
tant bien que mal, dans des
églises où
personne ne va, de sorte
pour ne pas précher dans le
que
ue préchent
désert, ils
tuent
point du tout. Ils s'éverencore moins à ranimer,
exhortations
par des
particulières, le zèle trèslangnissant de leurs ouailles.
Je suis persuadé,
troure
Monsieur, que l'on
mérite, parmi eux des gons d'un vrai
même dans Tesprit de leur
mais je suis obligé de dire
état;
rares, parce que les
qu'ils sont
de la promotion des supérieurs chargés
nies, ont
cures dans les colou
contracté la mauvaise
tule de n'y nommer
habiou les mauvais
que des intrigans,
sujets dont ils
se défaire. Aussi le Aambeau vealent
confié à de
de la foi
pareilles mains, n'a-t-il
jeter qu'une Ineur très
piz
des conirées
ie
éguivoque dans
que midi dévore de tous --- Page 105 ---
A SAINT-DONTxer U E. 99
feux. Pour trancher le mot, rien
ses
irrégulier que le
n'est, en général, plus
elergérégulier de Saint-Dontingue, comde moines défroposé en grande partie
de Saintqués. Jamais le célèbre alage
Paul, que lafice se perfectionne dans
n'a offert à la véritala faiblesse u),
consolant ni
ble piété un espoir plus
mieux fondé pour Pavenir. En attendant,
les conjectures que le malin public se
permet sur les enfans dont la mulâtresse
de M. le Curé accroit la population
du presbytère, vont leur train, et comme
cette crue de famille est pour le révérend père, comme pour le reste des
colons > un sensible accroissement de
dans le
fortune, vous comprenez que,
siècle égoiste où nous vivons, peu de
sont disposés à croire qu'il ne lcdoit
gens
qu'à la bienveillance de ses paroissiens.
Je ne sais cependant si Findifférence, 2
la force de T'habitude, celle de l'exemple, et sur-tout le pouvoir de Popinion
(1) Scconde aux Corinthiens.
famille est pour le révérend père, comme pour le reste des
colons > un sensible accroissement de
dans le
fortune, vous comprenez que,
siècle égoiste où nous vivons, peu de
sont disposés à croire qu'il ne lcdoit
gens
qu'à la bienveillance de ses paroissiens.
Je ne sais cependant si Findifférence, 2
la force de T'habitude, celle de l'exemple, et sur-tout le pouvoir de Popinion
(1) Scconde aux Corinthiens. --- Page 106 ---
Vor A G E
quijuge la chasteté une vertu si
si
pénible,
étrangère aux morurs et au climat de
Saint-Domtingue,q que Fimpuissance même
n'y croit pas ; je ne sais, dis-je, si tout
cela réuni ne balancerait
scandale
pas T'effet d'un
(que l'on a toujours la ressource de rejeter sur la calomnie)
conserver au sacerdoce
pour
vénération
une partie de la
à
dont il a besoin, en
sant que le reste de sa conduite suppoà
répondit
Timportance et à la dignité de son ministère. On est ici trop
de
se fait chez soi,
occupé
ce qui
de
pour s'enquérir beancoup
ce quise passe chez les
la médisance est fille de
autres:
ce que l'on ne peut
l'oisiveté; mais
que, parmi les
pas ignorer, c'est
vérité, il se
ministres du Dieu de
trouve des hommes assez
pervers pour disputer d'astuce avec les
jongleurs africains, en persuadant
nègre crédule
au
convenu et que,moyennant un salaire
Jui feront toujours payé d'avance, ils
retrouver ou le meuble
a perdu, ou la poule
les
qu'il
déjà digérée,
que
rats ont --- Page 107 ---
A SAXT-Dostsevt
Cest, Monsieur 2 une opinion trèsfausse et dont les conséquences penvent
celle qui veut
être très-funestes. 2 que
société puisse avoir une morale
qu'une
supplée à la religion. Ce
publique qui
sont les abus de celle-ci joints à Famour
qui ont donné lieu à
de Tindépendance,
une erreur aussi nouvelle que dangeLes
les plus éclairés, les
reuse.
peuples
ont, de tout
sociétés les plus parfaites
tems, et d'un bout du monde à Tautre, 2
la nécessité d'un culte public,
reconnu
de foi impliciappuyé sur un symbole
tant
tement cru. Sparte ne se fiait pas
bonté de ses loix, aux vertus de.
à la
fut bienaise d'en
ses citoyens, qu'elle ne
dernier
avoir des dieux pour garans. Le
acte de la vie du plus sage des hommes
Nous avons tous
fut un acte religieux,
le besoin et la faculté de croire, peu
d'entre nous ont celle de raisonner, infiniment peu celle de raisonner juste, 2
et je ne connais point de religion dont
fondamentaux ne soyent
les principes la inorale universelle, ou
d'accord avec
de.
à la
fut bienaise d'en
ses citoyens, qu'elle ne
dernier
avoir des dieux pour garans. Le
acte de la vie du plus sage des hommes
Nous avons tous
fut un acte religieux,
le besoin et la faculté de croire, peu
d'entre nous ont celle de raisonner, infiniment peu celle de raisonner juste, 2
et je ne connais point de religion dont
fondamentaux ne soyent
les principes la inorale universelle, ou
d'accord avec --- Page 108 ---
Voric E
le plus grand bien de las société: Le fanatisme quia renda tous les cultes rivaux,
T'intolérance qui a fait naitre tant de
sectes, n'ont jamsis eu d'autre origine
que l'orgueil et Tégoisme, qui ont voulu
substituer leur opinion à la volonté du
législateur, un intérêt particulier à Fin-,
térêt général.
C'est donc au gouvernement à veiller
d'un côtéà ce que la religion soit maintenue et observée, de l'autre à ce
ne soit jamais dans les mains de queile
ses ministres, un moy en d'opprimer oil
rer les peuples. Tout législateur d'égamet que les moeurs
qui percontradiction
publiques soit en
ouverte avecles
de la religion, ruine
préceptes
les niceurs et la
infailiblement et
religion, et lui-méme
avec elles; et de combien la
des moeurs ne derient-elle dépravation
pas plus dangereuse 2 lorsqu'elle gagne le
même ? C'est alors
la
clergé
que
multitude
passe sansintervalle, du mépris des ministres à celui du culte, et du
du culte à celui des loix. Tout mépris
prètre
scandaleux --- Page 109 ---
A SAINT-Doxtsece
Il cst
scandalenx est un conspirafeur.
vrai que Pon envoye assez rarement un
inspecter le clergé
vicaire apostolique
des colonies. Mais cet inspecteur peut
réunir beaucoup de mérite à beaucoup
de lumières,sans que son autorité bornée
tems de sa mission, remédie au vice
au
du
originel de la mauvaise composition
clergé. En fait d'institntions religieuses,
suffit
Monsieur, que les prinil ne
pas,
il
cipes soient bons, les dogmes purs;
faut que Texemple de celui qui travaille
travaille aussi à les mainà les propager,
tenir, car on ne croit pas plus aux préde celui qui se dispense de les
ceptes
vertus étrangeres à
observer. , qu'aux
verrai
celui qui les prèche. Tant que je
Tanneau du pécheur an doigt d'un souverain, et le front chauve du serviteur
des serviteurs de Dieu, revêtu de la
triple couronne qui le surcharge
Ce fatJean XXII qui fit faire et porla la
preinière (1) thiare ou triple couroune, en qualité de
dominator ccclestium, terrestrium, el infernorum,
--- Page 110 ---
9B
VoYAG E
on me convainera difficilement
milité soit une condition
que l'humon salut,
nécessaire de
doigt d'un souverain, et le front chauve du serviteur
des serviteurs de Dieu, revêtu de la
triple couronne qui le surcharge
Ce fatJean XXII qui fit faire et porla la
preinière (1) thiare ou triple couroune, en qualité de
dominator ccclestium, terrestrium, el infernorum,
--- Page 110 ---
9B
VoYAG E
on me convainera difficilement
milité soit une condition
que l'humon salut,
nécessaire de --- Page 111 ---
A SAIXT-DOxiNeUE.
LETTRE XXXI
Juin, 1790.
Jxv venais, Monsieur, de recevoirvotre
dernier paquet avec la Jettre du ministre pour M. de Marbois, lorsque j'appris
qu'informé qu'un rassemblement, parti
marchait sur le Portdu Cap-Français,
au-Prince, dans Pintention de s'assurer
ilavait jugé prudent de
de sa personne,
T'attendre, et de s'embarquer
ne point
pour la France avec sa famille.
Déjà son opposition aux vues bienfaisantes de M. du Chillau, en réduisant
à aller plaider dans la
ce gouverneur
lon voyait inmétropole une cause que
liée à celle du bonheur
séparablement
public, avait soulevé tous les esprits contre lui. Il est très à craindre que les suites de cette mésintelligence, entre ces
les condeux administrateurs 2 n'ayent
séquences les plus funestes pour ce pays7 * --- Page 112 ---
IOO
Vor A G E
ci. Peut-être M. du Chillan s'est-il
hâté; il est du moins constant
trop
eût voulu
que s'il
profiter de la confiance qu'il
avait inspiré, il eût forcé son
teur ê lui céder la
compétiplace, et il n'y a aucun doute que, dans l'état présent des
choses, 7 le salut de la colonie n'exigeât
que tout le pouvoir fût concentré entre
les mains d'un homme qui, à
d'être déjà en possession de l'estime Pavantage
nérale,
géjoint une fermeté de caractère
qui eût nécessairement réuni toutes les
opinions à la sienne.
Si donc on veut prévenir les malheurs
dont Saint-Domingue est
menacée, on
se hâtera d'y rétablir l'unité de pouvoir
et de volonté a laquelle est attaché
salut, en rendant M. du Chillan son
aux
voenx de la colonie. Dans lcs circonstances actuelles 2 de quelque côté que soit
le tort, le droit appartient à celui qui
peut sauver la chose publique. Quant à
moi qui crains que l'opinion contrairé
ne prévale, je me prépare à quitter, au
moins
momentanément, 2 tine contrée
âtera d'y rétablir l'unité de pouvoir
et de volonté a laquelle est attaché
salut, en rendant M. du Chillan son
aux
voenx de la colonie. Dans lcs circonstances actuelles 2 de quelque côté que soit
le tort, le droit appartient à celui qui
peut sauver la chose publique. Quant à
moi qui crains que l'opinion contrairé
ne prévale, je me prépare à quitter, au
moins
momentanément, 2 tine contrée --- Page 113 ---
IOY
A SAINT-DoMixeUE
dont les habitans déjà divisés d'opinion
de Pautorité tutélaire qui seule
et privés
et de raleût pu servir de point d'apppi
liément , vont être tour-à-tour les acteurs et les victimes d'une anarchie, dont
leur ruine complette sera Finfaillible
résultat.
Déjà un assassinat devenu plus attroce
les formes même dont on a osé le
par revêtir (1), a donné ici le signal du
sanguinaire enthousiasme qui marque les
premiers pas de la révolution française.
Auriez - vous donc, Messieurs, conçu
Phorrible projet de vérifier, par votre
expérience,silne serait pas pospropre sible de faire, à force de crimes, ce qui,
présent, ne s'est fait qu'à force
jusqu'a
non, et
de vertus ? Je vous prédis que
le fantôme paré des attributs et le
que couvert du masque de Tégalité
visage le poignard à la main, vous montre
qui,
(1) M. Ferrand de Baudières, sénéchal du; petitGoave, jugé, condamné , exécuté par une assemblée aussi tumultuaire qu'illégale. --- Page 114 ---
Vor A G E
le temple de la liberté au-delà du fleuve
de sang et des ruines qu'il vous engage
à franchirg n'est que le despotisme déguisé.
Ilfanteipérer,e etj'aime à croire, Monsieur, que l'on s'occupe sérieusement et
que l'on réussira à réprimer les excès
d'un premier mourement d'effervescence. Ce n'est certes pas en attaquant
dans leur principe les loix de justice et
d'humanité qui servent de bâse à tout
contrat social, que vous parviendrez à
fixer lesdroits dePhomme et du citoyen.
( Notre nation est frivole, disait Voltaire, maie elle est cruelle (r) >. Tâchez
donc de donner au seigneur de Ferney
un double démenti, en prouvant à PEurope attentive que la nation française
frivole tant qu'il ne lui fatapas permis
d'être aitre chose; cruelle lorsque l'ambition de ses chefs la précipitait dans les
excès des discordes civiles, saura dérelopper un tout autre caractère dans un
(1) CEavres complettes, tome 6o,lettre IIS,
ait Voltaire, maie elle est cruelle (r) >. Tâchez
donc de donner au seigneur de Ferney
un double démenti, en prouvant à PEurope attentive que la nation française
frivole tant qu'il ne lui fatapas permis
d'être aitre chose; cruelle lorsque l'ambition de ses chefs la précipitait dans les
excès des discordes civiles, saura dérelopper un tout autre caractère dans un
(1) CEavres complettes, tome 6o,lettre IIS, --- Page 115 ---
I03
A SAINT-DOnseUE
moment oùt il s'agit, non de se décider
entre le choix des factions, mais de délibérer dansle calme surlesloix qui doivent à jamais fonder son bonheur et sa
liberté. Voici le moment de se rappeller
cette belle et sage pensée de Monlesquien, que ( dans un tems d'ignorance,
on n'a aucun doute, même lorsqu'on fait
les plus grands maux ; mais que , dans
un tems de lumières, 2 on doit encore
trembler lorsqu'on fait les plus grands
biens (1) >.
En voilà assez, Monsieur, pour un
honime qui parle d'aussi loin à des gens
avoir Ponie trèsquine me paraissent pas
sensible aux conseils de la raison, et
c'est là, je vous l'avoue, ce qai me décide autant que toute autre considération, à préférer le séjour de PAmérique
septentrionale à tout autre. Croyez-moi,
tranquillement assis sur le rivage oit
voulez mettre à l'abri de la temvous
gronde à Phorison, le vaissean
pête qui
(:) Dol Tesprit des loix, tome I, préiace. --- Page 116 ---
VorAc E
dont la manceuvre vous embarrasse
moins autant
ant
qu'elle vous
vois distinetement les
occupe 2 je
dent et
écueils qui le borqui échappent à votre vue.
Si rien ne traverse mes
compte partir dans le
projets, 2 je
courant du mois
prochain, ou au plus tard dans les
miers jours d'aoit. Où
prelieu plus
trouverai-je un
propre à observer > à
votre révolution, que le
juger
avoir si sagement
pays qui, après
opéré la sienne, outre
l'avantage de vous offrir > à quelques
égards, un beau modèle à
core été Pécole de
suivre, a enquelques
dont je ne suis pas
hommes,
suis fort aise de voir étonné, et dont je
la liste de
le nom inscrit sur
VOS législateurs, dans T'espoir
que Pexpérience des choses aura
en eux à eelle de Page et de la suppléé
S1 toutefois la chose est
réllexion,
possible.
Le peu de tems que j'ai encore à
ser ici, va désormais rendre
pasvations plus décousues,
mes obserplus
encore qu'elles ne Font été
fngitives
heure. On n'observe
jusqu'à cette
plus avec le même
et dont je
la liste de
le nom inscrit sur
VOS législateurs, dans T'espoir
que Pexpérience des choses aura
en eux à eelle de Page et de la suppléé
S1 toutefois la chose est
réllexion,
possible.
Le peu de tems que j'ai encore à
ser ici, va désormais rendre
pasvations plus décousues,
mes obserplus
encore qu'elles ne Font été
fngitives
heure. On n'observe
jusqu'à cette
plus avec le même --- Page 117 ---
1o5
A SAXY-DoxiReus
intérêt ce que lon va quitter pour ne
le revoir. Je ne me dissimule pas
plus
lettres ne sont propremer t que
que mes
Saint Domingue ; mais je
des notes sur
vous avais rien promis de plus.
ne
un coup-d'ail
Jetons donc, en passant,
chez un
sur Téducation pbysique qui,
observateur plus méthodique, eût précédé Téducation morale. de bien à dire
Il y a beaucoup plus
Comme les
de Fune que de l'autre.
femines accouchent avec incomparablede facilité ici quailleurs, les
ment plus
déjà beancoup en ne
enfans y gagnent
O1 par. les
risquant pas d'être estropiés
diflicultés d'un enfantement laborieux,
la mal-adresse de Pacenucheuse.
ou par
de leur mère, ils passent
Du ventre
que l'on
dans les bras de leur nourrice,
établit sur une natte étendue au milieu
de la chambre. Nus depuis les pieds
la tête, et baigués dans Peau
jusqu'à
au
froide, ou tout au plus dégourdic,
moins deux fois par jour 2 un simple
tout
lange pour les essuyer 2 compose --- Page 118 ---
Vo Y A G E
Tattirail du maillot, si
crit par Buffon
justement prosC'estdans
(*) et Roussean (2).
cet équipage
la petite Pauline à
quej'ai trouvé
n'était alors
mon arrivée. Elle
déjà elle
âgée que de deux mois, et
mois elle rampait sur sa natte; à quatre
sc tenait debout; à six mois
cllecourrait, tombait,se
que personne s'allarmât redressait, sans
ou
de ses. chites,
s'empressit de la relever,
se faire le moindre mal.
sans jamais
vénient de cette
Le seulinconéducation
la difliculté d'habituer
naturelle est
vétir, Ila falln
les enfans à S3
beaucoup de tems
accoutumer Panlineàp
pour
Son premier soin.
porter des souliers.
la chemise
en s'éveillant ést d'ôter
qu'on lui a mise le soir
comme une. de ses plus grandes
sances est de courir nue à la
jouisl'on se garde bien de la lui pluie, et
interdire,
carj'ai mon expérience
cette sorte de bains est d'un pour garant que
usage très-
(r) Histoire naturelle, tome 4.
(2) Emile, ou de léducation, tome I.
lineàp
pour
Son premier soin.
porter des souliers.
la chemise
en s'éveillant ést d'ôter
qu'on lui a mise le soir
comme une. de ses plus grandes
sances est de courir nue à la
jouisl'on se garde bien de la lui pluie, et
interdire,
carj'ai mon expérience
cette sorte de bains est d'un pour garant que
usage très-
(r) Histoire naturelle, tome 4.
(2) Emile, ou de léducation, tome I. --- Page 119 ---
A SAINT-Doxixeur
Aussi Pauline à deux ans estsalutaire.
aussi formée que sont
elle aussi forte,
de cinq ans les
chez nous les enfans
ait jamais
mieux constitués, sans qu'elle
même au moment critique
ressenti, pas
des maux qui tourde ladentilion,mucun Elle m'étonnera
mentent notre enfance.
bien si jamais je la vois délicate et vapo- de
fatiguer jusqu'à la tendresse
reuse,
sensibilité
son amant de la capricieuse
de ses nerfs..
conclure delà,
N'allons toutefois pas
d'édncation
Monsieur 2 que ce genre enfans de tous
physique put convenir aux
à la difféles pays. Il faut avoir égard detemrence des climats, anx variations
pérature, qui
saiesrgmtreasbermalet
sensible la différence des
coup plus
habitudes, at
sons > de même qu'aux besoins qui atrégime, aux usages, aux
de vie
tendent les enfans dans le. genre
on les destine ; c'est ainsi qu'ily
auquel
d'imprudence à ne, point
aurait autant
eil
les vêtir du tout en Europe quily indistineà lcs vêtir trop; à les baigner --- Page 120 ---
VOrAG E
tement dans toutes les
les baigner jamais,etc. saisons, qu'à ne
Il règne cependant ici un abus
négresses y ont
que les
trop passé
apporté, et qui n'a que
en usage chez les femmes
créoles; c'est, au lieu de tenir
à notre
les enfans
fourchon manière 2 de les porter à calisur Pune ou l'autre
Cela estbeaucoup
hanche
mère ou la
plus commode pour la
ainsi le libre nourrice 2 qui, conservant
usage de lun de ses
peut aller, venir, marcher,
bras,
Tir sans
même couMais lesa étreincommodée de son fardeau..
balancés savantagesde cette méthode sont
par Tinconvénient de
ventre et de déformer les
grossir le
fans ; je crois même
cuisses des enbuer
qu'il faut lui attriParcqure du tibia et le défaut de
proportions que l'on remarque dans les
jambes grêles de la plupart des
Ce qui vous paraîtra fort nègres.
extraordi-
(I) Cet usage est général dans toute
et se retrouve en Asie aux Molluques. TAfrique,
génerale des voyages, tome 4, chapitre 8. Histoire
de déformer les
grossir le
fans ; je crois même
cuisses des enbuer
qu'il faut lui attriParcqure du tibia et le défaut de
proportions que l'on remarque dans les
jambes grêles de la plupart des
Ce qui vous paraîtra fort nègres.
extraordi-
(I) Cet usage est général dans toute
et se retrouve en Asie aux Molluques. TAfrique,
génerale des voyages, tome 4, chapitre 8. Histoire --- Page 121 ---
IC9
A SANT-DoxiNeUE
naire, c'est qu'ici les enfans ne sont pas
batipsés en venant au monde. La céréamonierstquelques Fois différée de dix ans,
et le clergé ne s'élève point contre ce
d'anabaptisme. Inefautcependant
genre considérer ce retard sous un point
pas
ce n'est dans le fond
de vue hérétique ;
qu'une affaire de calcul ctde commerage.
Il s'agit de trouver un parain riche et
célibataire qui, en renonçant, pour le
à satan et à ses
filleul quil adopte,
pompes - lui laissera son bien,et paiera
le casuel à monsieur le
magnifiquement
curé , qui, par-là, ne perdra rien pour
avoir attendu.
Si Pon remet, Monsieur 2 à Tépoque
Tinnocence commence à rougir de
oi
de donner un voile
sa nudité la précantion celles des mères
à la pudeur des enfans,
faut
n'a que que tout juste ce qu'illui
cacher le nud 2 sans rien dérober
pour formes. Une scule jupe et un peignoir
aux mousseline assez claire composent
d'une
On n'est donc
leur vêtement journalier.
réduit à furreter long-tems des yeux
pas --- Page 122 ---
IIO
Vo Y A G E
pour distingner, à travers la nuance de
carnation qui
les
ifotlesurceléger costume,
impostures de l'art des vrais
de la na ure,
trésors
Lorsque la circonstance
exige une toilette plus recherchée,
J joiguent un jupon de taffetas de elles
leur et un corset, Si
coufolie de s'astreindre quelgues-unes ont la
à plus de parure,
tant-pis pour elles : ce ne sont
ment pas les plus jolies : et l'art certainerobe des charmes à la beauté
qui déembellir la laideur.
ne saurait
fant bien
Quant au visage, il
se contenter de celui que
a reçu de la nature
l'on
appliqué
; car, quelque bien
que soit le fard, on ne tarderait
pas à voir s'écouler les
plus jolie figure
charmes de la
ruse et le carmin d'emprunt avec la céleur.
dissouts par la chaUne femme créole qui n'est jamais
sortie de
créature Saint-Dominque, serait une
les
d'une espèce partienlière 2 sans
choses rapports qu'une éducation, , à peu de
près la même, établit entre elles
etles
mulâtresses.Je vous dis celadl'o-
ard, on ne tarderait
pas à voir s'écouler les
plus jolie figure
charmes de la
ruse et le carmin d'emprunt avec la céleur.
dissouts par la chaUne femme créole qui n'est jamais
sortie de
créature Saint-Dominque, serait une
les
d'une espèce partienlière 2 sans
choses rapports qu'une éducation, , à peu de
près la même, établit entre elles
etles
mulâtresses.Je vous dis celadl'o- --- Page 123 ---
III
A SAINT-DOxtNGsE
car vous sentez bien qu'avec le
reille 2
compréjugé Snbaismntieierceniate
paraison serait un délit dont rien ne
pourrait m'absoudre aux yeux de celles
dont elle comptomet la dignité.
de la partie
Je n'entends point parler
des moeurs 2 mais je dis que les créoles
ont d'autant plus de mérite àvivre chasdes hommes etl'édutes, que T'exemple
lés laissent abso.
cation qu'elles reçoivent
lument sans ressource contre l'influence
du climat et les dangers d'une éternelle
oisiveté. Elles passent leur vie ou couc'est-à-dire , assises à
chées, ou chinta,
où
la manière orientale sur des nattes,
de prédilection est de
leur jouissances
faire chatouiller la plante des pieds
se
esclave. A T'exception d'un peu
par une
d'aucun
de cnisine 2 elle ne s'occupent
des ouvrages de leur sexe, car 2 par-tout
où le travail est le partage de l'esclave,
Toisiveté est nécessairement une préro-.
essentielle du maître. Le seul art
gative
elles excellent, le seul où leur
dans lequel --- Page 124 ---
II2
Vor Ac E
diligence égale, dit-on,
f'art qui n'est pas la leursavoir, c'est
férente de
partie la plus indiPAnddimerd
Bernard.
d'Ovide ou de
Jeneserais
de prouver pasembarrassé, Monsienr,
taire,
que l'oisivité et la vie
, sur-tout, contribment
sédenment à renforéer les
singulièretueuses qui
affections volupappartiennent
ne pense au climat, si moinsque Ton
ne devait
cette diseussion
pas ammener des
sé
détails qui
physique rapprocheraient un peu trop de la
expérimentale du
Cundlide.Jemehornenst préceptenr de
observation
doncà une seule
à Pabri de ; encure. , pour me mettre'
tout
je du
reproche, me couvriraitémoignage d'un grave et savant
voyageur.
( Les observations
Russie, dit l'abbé
que j'ai faites en
sont totalement Chappe d'Auteroche,
le
opposées à T'opinion que
climats tempéramment agit moins dans
du Nord
les
Elles
que dans ceux du Midi,
exceptent les Russes de cette loi
générale,
à une seule
à Pabri de ; encure. , pour me mettre'
tout
je du
reproche, me couvriraitémoignage d'un grave et savant
voyageur.
( Les observations
Russie, dit l'abbé
que j'ai faites en
sont totalement Chappe d'Auteroche,
le
opposées à T'opinion que
climats tempéramment agit moins dans
du Nord
les
Elles
que dans ceux du Midi,
exceptent les Russes de cette loi
générale, --- Page 125 ---
1IS
A SAINT-DONINGUE
générale, et les causes morales semblent
donner la solation de cette contrariété
Les femmes étant livrées à
apparente.
les plits peelles-mêmes et à Toisiveté,
doivent produire degrauds
tites passions
extraorcffets (1) >. Ce qui me parait
la
dinairement injuste, Monsieur 2 dans
plepatdesobervationse decegenre,c'est
de rejetter toujours surles femmes seules
le tort des mauvaises moeurs de tel ou
tel
comme si Pagresseur 2 dans
pays 2 espèce de combat que ce soit,
quelque
être considéré comne le
ne devait pas de la défaite du vaincu.
prenier observation auteur
qui me coûte à conUne ici c'est que les esclaves sont
signer
durement traités par les
beaucoup-plus les hommes. Ce révolfemmes que par
cruauté avec la foitant contraste de la
blesse, est une nouvelle preuve que cette
dernière a toujours été le caractère essentiel du despotisme 2 comme l'abus
du pouvoir sera toujours la conséquence
(1) Voyage en Sibérie, tome 2.
--- Page 126 ---
I14
Vox A G E
nécessaiie de son usurpation; La main
débile de
Timpuissance ne saisit
plus de force le sceptre qu'elle qu'avec
jours prêt à lui échapper.
sent tou- --- Page 127 ---
A SAXT-DoxiNeUE
LETTRE XXXIL
Au Désert. Juin, 1790.
JEasipao oublié, Monsieur, que dans
les derniers entretiens qui ont précédé
Saint-Domingue, vous
mon départ pour
me recommendâtes, à plusieursreptises,
de me tenir en garde contre une erreur
communed à la plupart de mes confrères,
en ne confondant pâs le bonheur de ceux
qui l'habitent avec la richesse d'une contrée. Et en effet, qu'y a-t-il de plus riche
que le Potose et de plus misérable que
ses habitans ? Ce n'est point une pensée
jetée au hasard que celle du voyageur
qui observe que ( ceux qui montraient
les mines du Pérou à monsieur de la
Condamine, n'avaient point de souliers (s) >.
Le sentiment eironé qui mesure le
bonheur d'un état sur sa puissance, tient
(r) L'abbé Coyer, poyage en Italie.
8 *
effet, qu'y a-t-il de plus riche
que le Potose et de plus misérable que
ses habitans ? Ce n'est point une pensée
jetée au hasard que celle du voyageur
qui observe que ( ceux qui montraient
les mines du Pérou à monsieur de la
Condamine, n'avaient point de souliers (s) >.
Le sentiment eironé qui mesure le
bonheur d'un état sur sa puissance, tient
(r) L'abbé Coyer, poyage en Italie.
8 * --- Page 128 ---
VoYAG E
à
Topinion, 2 non moins fausse', quis'obstine à juger de sa force
due.
par son étenPersuadons-nous bien qu'il en est à
cet égard des sociétés politiques
des individus; c'est-à-dire
comme
2 que la
part des maux quiles afligent, des vices pluquiles corrompent, ont une source commune avec leur opulence et leur
voir. Il fautidonc
pouen conclure que le
juste milieu entre la
chesse
pauvreté et la riest, pour le bonheur des
ce que la modéralion des desirs sociétés, est
celui des individus.
pour
Si le bonheur des colons de Saint-Domingue dépendait du contingent qu'ils
versent dans la balance des richesses de
Tétat,ilsscraient, sans contredit, les plus
heureuses des créatures, puisque le résultat. du commerce
d'importation et d'exportation de la colonic, a monté l'année
dernière à 375,000,000,
ment de
indépendaml'interlope. Mais comme rien
ne les exempte de la loi générale
portionne les privations
qui proaux jouissances ;
comme les maux dont ils souffrent
sont --- Page 129 ---
II7
A SAXT-DoxiNoUE
nécèssaire de leurs moyens de
le produit il faut bien que le bonheur
prospérité,
raison inverse de leur
soit toujours en
fortune.
les colons des isles ne
Ce n'est pas que
injonissent de beuncoup d'avantages
de PEurope. L'esconnus aux peuples
pèce d'égalité qui règne nécessairement
dans un pays où le comble de Phonneur
consisteà devenir habitant,y établit une
étrangère par-tout
sorte d'indépendance
la caroù T'ambition et la vanitéouvrent
naissent de l'orrière aux passions qui
gueiltour-a-tour humilié ou triomphant.
Libre d'une partie des entravés qui font
du savoir vivre un exercice très-fatigant,
le colon qui veut dominer chez lui, y
d'un degré de pouvoir et de liberté
jouit
aucun souverain ne peut
dont, peut-être,
même dans
se flatter, puisqu'il n'est pas
la dépendance de T'opinion. S'il se ruine,
ce ne sera du moins pas pour avoir obéi
à des loix de convenance que personne
ne lui impose 7 car un excès de vanité
de folie
seul le réduire à monou
peut
exercice très-fatigant,
le colon qui veut dominer chez lui, y
d'un degré de pouvoir et de liberté
jouit
aucun souverain ne peut
dont, peut-être,
même dans
se flatter, puisqu'il n'est pas
la dépendance de T'opinion. S'il se ruine,
ce ne sera du moins pas pour avoir obéi
à des loix de convenance que personne
ne lui impose 7 car un excès de vanité
de folie
seul le réduire à monou
peut --- Page 130 ---
Vio YA G E
ter sa dépense sur un pied
tionné avec ses
disproporrait aussi
moyens, puisqu'il lai seloir
impossible qu'inutile de vouen imposer à ses entours sur le véritable état de sa fortune.
Quelque médiocre qu'elle soit, le climat est encore une double
nomie, en réduisant à
source d'écopeu de chose la
dépense de son vestiaire, et à rien celle
qu'occasionne celui de tous les besoins
de première nécessité,
qui se fait le plus
Et en
neanantte
supposant même, Monsieur, ce
qui n'arrivé que
le
duit de la
rarement,que proculture ne rende pas au cultivateur un excédent qui lui permette de
se procurer les trois articles de la vie
animale les plus couteux ici, savoir: le
pain, les salaisons ctle vin, il
premier par des
supplée au
bananes; au
de la volaille
second, par
qui ne lui coûte rien à
nourrir, et au vin, par du tafia, liqueur
extraite du marc de sucre, qui, bue
mnais avec
pure,
modération 1, ou mélangée
d'eau,est un breuvage sain.
a --- Page 131 ---
A SAINT-DONIRGUE 179
Mais, par combien d'inconvéniens ces
avantages ne sont-ils pas balancés? Quc
de privations dans la seule privation de
toutc société ! Que de répugnances à
vaincre! que de dégpitsàstrmontery pour
celui qui ne peut, sans compromettre sa.
fortune 2 se dispenser d'être en mêmefaible et valétudinaire luitems, quoique
même, le surveillant, le piqueur, l'apode ses nègres! en un.
thicaire, 3 linfirmier esclaves! Combien
mot , l'esclave de ses
de cultivateurs n'ont pas déjà perdu en
le fruit d'une longue suite de laun jour sollicitudes ! Jeviensde voir un
borieuse
avoir sacrifié
de ces malheureux, après
belles années de sa vie à
les vingt plus
élabliruned caféyère cultivée parquarante
nègres, il allait, da prix de sa récolte ct
de la vente de ses esclaves, se faire un
capital de deux cents mille francs, avec
Jequel il comptait retourner dans sa patrie, lorsqu'à la veille de ramasser sor
comnandeur lui enpoicafé, so11 nègre
de ses nègres, et lerésonne trente-sept
duit à recommencer sa fortunc; carnon-
vingt plus
élabliruned caféyère cultivée parquarante
nègres, il allait, da prix de sa récolte ct
de la vente de ses esclaves, se faire un
capital de deux cents mille francs, avec
Jequel il comptait retourner dans sa patrie, lorsqu'à la veille de ramasser sor
comnandeur lui enpoicafé, so11 nègre
de ses nègres, et lerésonne trente-sept
duit à recommencer sa fortunc; carnon- --- Page 132 ---
I20
VOYAG E
senlement sa récolte, mais Ses cafiers
mêmes, vont devenir la proie des lianes
qui,faute d'un promptsarclage les étouf.
feront.
Tout, Monsieur, tout, jusqu'à l'avenir, empoisonne ici le présent. On mauditjusqu'à la monotone beauté d'un ciel,
dont la constante sérénité
vous parait
peut-être un bienfait de la nature, et
n'est au vrai qu'une intarissable
d'ennui. Rien
source
nem'ajamais mieux prouvé
que les trois quarts et demi de nos poites
ne sont que d'ignorans et d'insipides bavards, que l'enthousiasme
fous
aveclequel lces
célébreat les charines de leurié éternel printems. Dites leur, des ma
Pennui commence
part,que
par-tout où finit Pespoir; ; que c'est aux rigueurs de Pbiver
que le printems doit une partie de ses
charmes; dites leur que, come la faiblesse même qui suspend l'usage d'une
partie de nos forces, ajoute au sentiment
de nofre existence, de même aussi les
plus doux de nos plaisirs sont ceux
sont achetés par des
qui
peines; dites leur --- Page 133 ---
- I2I
A SAINT-Doxiveue
très-bien comnent les
que je conçois
de mâne céleste,
Hébreux , rassasiés
les oignons
purent quelquefois regretter enfin
(1); dites Jeur
que
de FEgypte
n'appartienTéternité et ses jouissances
nent qu'à P'immortalité. nulle part un
Iln'existe certainement
l'est celui
sol plus fertile en insectes que
deSaint-Domingue. On diraitque chaque
de soleil, chaque goute de pluie en
rayon
des milliers. Cest un fléau
fait éclore
encore de précontre lequel on n'a pas
servatif. Tous les voyageurs sont pleins
qu'exercent les multitudes
des ravages
non-contentes de déde fourmis, qui, s'introduisent en si
vaster les jardins,
ne
nombre dans les cases, qu'on
grand
qu'en
parvient à sauver sa nourriture,
Moise sût très-mauvais gré à son peuple
(1)
et le punit même des murnuures
dc ce dégpit,
auxquels il donna lieu, et en cela; quelquedivin
fol d'aillenrs son caractère, Mcise a prouvé
que mauquait de la connaissance la plus nécesqu'ii
celleducour humain.
saire à un législateur,
,
ne
nombre dans les cases, qu'on
grand
qu'en
parvient à sauver sa nourriture,
Moise sût très-mauvais gré à son peuple
(1)
et le punit même des murnuures
dc ce dégpit,
auxquels il donna lieu, et en cela; quelquedivin
fol d'aillenrs son caractère, Mcise a prouvé
que mauquait de la connaissance la plus nécesqu'ii
celleducour humain.
saire à un législateur, --- Page 134 ---
I22
VOYAG 0 E
établissant les quatre pieds des
dans
armoires
lesquelles on serre les
dans quatre petites
provisions
Rienn'est à l'abri auges remplis d'eau,
deleura active voracité,
toire
écriLerteastoraneeis
quand je néglige de la fermer.
les ai vu attaquer, vaincre,
Je
insectes les plus
dévorer les
gnée àd queue venimeux, tels que l'arairouge, ,le scorpion, le millepied, etc. Quoique l'on trouve la fourmi
par-tout , elle parait cependant si bien
appartenir à P'Amérique méridionale,
qu'on Ty a surnommée le roi du Brésil.
On a naturalisé à PIsle-de-France
oiseau nommé le Martin,
un
l'Inde, et qui nétoye les bestiaux originaire de
vermine et des insectes
de la
mentent.
qui les tourPourquoi
de naturaliser
n'essaierait-on pas
également ici les ennemis
naturels de la fourmi, tel
caleo, qui, multiplié
que leformijusqu'à un certain
point, parviendrait
a détruire, du moins certainement,sinon à en diminuer
sidérablement
conl'espèce dans le
des habitations.
voisinage --- Page 135 ---
SisANrDoNIseuE 123
reacontre fréquemment dans les
On
lézard d'un verd tendre enmaisons un
d'anneaux couleur de rose, qui
veloppé
de Lézardlui ont fait donnerlejolinom
devenu
Anoli. Ce beau petit animal est
la tolérance dont on
très-familier par ct qu'il ne doit pas au
use à son égard, beauté, car il est un
seul empire dela
donne
hôte très-ntile par la chasse qu'il
aux insectes. filles de Minse est aussi venu
Une des
des chauveétablir ici la vilaine race
souris. J'aime à croire que Jupiter y a
relégué la plus laide et la plus impie.
Je ne me suis pas apperçu qu'elles soient
d'une espèce différente des nôtres.
Il n'en est pas de même de la mouche
l'on nomme ici Coucouie,
luisante, que
elle
de FEspagnol Cucuios ou Cuyeros;
à l'espèce des Scarabées, et
appartient
non-seulement
se distingue des nôtres,
la taille, pnisqu'elle est àpeu-près
par de celle du hanneton, mais en cequ'elle
éclaire par les yeux. J'ai vérifié Pobserest
de lire à la clarté
vation qu'il possible
'en est pas de même de la mouche
l'on nomme ici Coucouie,
luisante, que
elle
de FEspagnol Cucuios ou Cuyeros;
à l'espèce des Scarabées, et
appartient
non-seulement
se distingue des nôtres,
la taille, pnisqu'elle est àpeu-près
par de celle du hanneton, mais en cequ'elle
éclaire par les yeux. J'ai vérifié Pobserest
de lire à la clarté
vation qu'il possible --- Page 136 ---
VorA G E
ferme qu'elles répandent lorsque l'on en renplusieurs sous un verre.
De toutes les bêtes que l'on
dans les colonies,
transporte
personne n'y a mieux
réusiquelesdnes.T Toujours domestiques,
méprisées
n'a rien
srpalertocpenirs
ajouté à leurs facultés intellectuelles,ellen'a aussi rien ôté aux
physiques dont la nature les a moyens
Je ne
pourvus.
Thouune connais, 2 Monsieur, que l'âne et
qui jouissent du privilège de
vivre, sans dégénérer, sous toutes les latitudes. La seule différence dont
sois apperçu, c'est
je me
que, plus
sans doute, on entend les ênes modestes, de
pays ci braire moins
ce
les nôtres.
fréquemment que
Parmi les productions du règne animal, celle que l'on serait le
de reprocher à la
plus tenté
nature, est l'insecte
que l'on nomme ici Chique,
Pérou,
Pique au
Nigua au Mexique, dans
de
l'isthme
Panama, ainsi qu'au Brésil, et
je crois le même qui, dans la
que
nie, est connu sous le nom. de Virgi- Seed- --- Page 137 ---
A SAINT-DONTNGUE
tick (t). Celle-ci s'attaque encore plus
directement à Phomme que la fourmi,
n'en veut qu'à sa subsistance, et le
qui
de son cadavre:
ver, qui ne s'empareque
elle le mange vivant.
Imperceptible ailleurs que dansla peau
oùt elle se loge, la chique perce à travers
la peau oules coutures des souliers, pour
sétablirle plus : fréquemment sousquelque
ongle des doigts des pieds, où elle s'anun chatouillement trés-vif.
nonce par hâte de Pextirper, et si on
Si on ne se
n'y procède avec assez de dextérité pour
rompre la pellicule qui forme
ne point
sont contenus ses ceufs,
lesac dans lequel
mettre
on s'en débarrasse rareinent sans
le pied en suppuration.
Plus la chique, que lon ne distingue
sous la forme d'un petit point noir,
que
dans les chairs, plus elle y péséjourne
même tellement,
nètre; elle y multiplie
la laissaitfaire,la seule postérité
que,sionl
Voyezjournal d'un voyage dans Pintérieur
(r)
Septentrionale, tome 2, leltre 65,
de l'Amérique
ac dans lequel
mettre
on s'en débarrasse rareinent sans
le pied en suppuration.
Plus la chique, que lon ne distingue
sous la forme d'un petit point noir,
que
dans les chairs, plus elle y péséjourne
même tellement,
nètre; elle y multiplie
la laissaitfaire,la seule postérité
que,sionl
Voyezjournal d'un voyage dans Pintérieur
(r)
Septentrionale, tome 2, leltre 65,
de l'Amérique --- Page 138 ---
Vox A G E
de ce petit point noir
dévorerait, dans
un tems donné, Fhommele plus robuste.
Labat raconte (a) qu'un
voulu
capucin ayant
porter une chique dans son sac
aux naturalistes
Européens, eut la constance de la censerver jusqu'an
ou, pour prévenir les
moment
progrès de la gangrène, on fut obligé de lai couper la
jambe. Vous conviendrez, Monsieur
que c'est se vouer en Curtius
aux progrès de Phistoire
fanatique
vain croit-on
naturelle. En
de
pouvoir se mettre à T'abri
leurs atteintes, par
nir sa case dans
l'attention de teune extrême
car si on n'a point de
prépreté;
chiques chez
on les apporte de chez les
soi,
d'autres vous les
autres, ou
apportent. La seule précantion à prendre, est de se faire échiquer ou déchiqueter du moment où la
demangeaison se fait sentir, même avant
si on en a le loisir. Les
négresses charE
(1) Nouveau royage aux iles françaises de
TAmérique, tome I, chapitre 6. --- Page 139 ---
ASANT-DOxINOUE. 127
gées de cette opération L , s'en acquittent
très-adroitement avec la pointe d'une
aiguille. --- Page 140 ---
V O Y A G E
LETTRE XXXIIL
Juillet, 1790.
Our, Monsieur, T'homme est, l'homme
fat, fhomme sera toujours une
aussi indéchiffrable
énigme,
pour lui-même que
pour les autres. Ily a un mois qu'à peine
Tespoir de quitter cep pays-ci pouvaitin'en
faire supporter-le séjour, et aujourd'hni
que cet espoir se change en certitude,
jene sais quelleinvolontaire tristesse
suspend ma joie, en pensant que je suis à
la veille d'abandonner
pour jamais une
terre que j'aurais voulu n'avoir jamais
foulée 2 que J'ai cent fois
maudit, sur
laquelle j'aurais craint d'exilé mon ennemi..
Ahin'usurpe pas un tribut de
sensibilité qui ne t'est point di, riche
et malbeureuse
c'est
contréelCen'est pas tois
vous 2 travaux qui m'allégeâtes si
souventlefardean de l'ennui, terre dont
j'ai fait disparaître Paridité, c'est
vous, 9
jours
jamais
foulée 2 que J'ai cent fois
maudit, sur
laquelle j'aurais craint d'exilé mon ennemi..
Ahin'usurpe pas un tribut de
sensibilité qui ne t'est point di, riche
et malbeureuse
c'est
contréelCen'est pas tois
vous 2 travaux qui m'allégeâtes si
souventlefardean de l'ennui, terre dont
j'ai fait disparaître Paridité, c'est
vous, 9
jours --- Page 141 ---
ASAIST-DONNGUS 129
jonrsuniformes, mais paisiblesvoushieures
de solitude et de mélancolie, c'est vous
Ces arbres que ma main
que je regrette!
hâtaient, dont
a plantés, dont mes soins
mon ceil aimait à suivre la croissance;
tracées avec tant de fatigues,
ces routes fleurs, cette verdure 2 tout
ces eaux, ces
va disparaitre 2 et 2 comme un torrent
tout-à-coup grossi par T'orage, détruit
heures jusqu'anx traces de
en quelques embélissait ses 1 bords, à
la culture qui
peine, dans quelques mois, retrounvera-ton-ici quelques vestiges de l'art innocent
nature sansla contraindre,
qui assujétitla
et T'embellit sans la farder.
Etats-Unis d'AméMon départ pourles
rique est fixé au mois prochain. Lacondamine dit qu'il se délassait parmi les
d'avoir vécu avec des hommes;
sauvages
délasser
des hommnoi,je vais me
parmi
ines d'avoir vécu avec des esclaves.
S'il faut en croire au témoignage des
en Pensilvoyageurs, ma transplantation
un avant-goût de ce
vanie me donnera
qu'éprouveceluiqui, des flammesdu pur9 --- Page 142 ---
VOYAC E
gatoire 2 passe aux délices du
Plus le moment
paradis.
farde de voir enfin approche, plus il ine
surnommé le
ce pays que l'on a
Chef-lieu de
nité (r). J'en accepte
PHumadeux années de
Fangure; mais
séjour dans la
terre de promission
prétendue
ont si bien affaibli que je vais quitter,
confiance
en moi le degré de
que l'on doit aux récits de ces
mnessieurs 2 que je ne veux plus m'en
rapporier, 2 à cet égard, qu'à ma
expérience. J'ai toujours blâmé propre le défant de foi du disciple
cher
qui voulait tonpour croire au maître' qui ne l'avait
jamais trompé; moi, qui lai été tant
fois 2 je suis plus accommodant
de
demande qu'à voir;
: je ne
d'avance à leur juste jusques-la,je réduis
à la moitié, les
valeur,c c'est-à-dire,
conte de ce mierveilles que lon nous
pays-là. D'ailleurs
sieur C la nouveanté,
2 Mon-.
de la Théorie
comme ditlauteur
des sentimens Agria-
(I)Eistoire del'Asie, delAgique et del'Améxique, tome 13.
2 je suis plus accommodant
de
demande qu'à voir;
: je ne
d'avance à leur juste jusques-la,je réduis
à la moitié, les
valeur,c c'est-à-dire,
conte de ce mierveilles que lon nous
pays-là. D'ailleurs
sieur C la nouveanté,
2 Mon-.
de la Théorie
comme ditlauteur
des sentimens Agria-
(I)Eistoire del'Asie, delAgique et del'Améxique, tome 13. --- Page 143 ---
A SAINT-DoNiNet U E.
bles (1), n'a plus les mêmes attraits pour
les vicillards ; ils ont appris à se défier
leur faits, et sije
des promesses qu'elle
vieillard par lâge 2 je le
ne suis pas
suis du moins par T'expérience.
le combat
Si vous avezjamais éprouvé
de deux affections anssi disparates que
le sont la tristesse etla joie, toutes deux
provenant dela même cause, vous comprendrez Tétat dans lequelje me trouve.
Oui, ,mon bonheur m'afflige sincèrement
quant je songe qu'il peut affliger ceux
qui ne doivent point le partager ! Il
faut être à la veille de rompre les doux
liens de l'habitude pour en sentir tout le
pouvoir.N'allezpas cependanl,monsicur,
confondre avec les prétentions de l'amour-propre l'aveu d'une confiance qui
s'est accrue de tout ce qu'nne parfaite
conformité d'existence peut ajouter à
une conformité non moins parfaite de
sentimens. Quele fat, qui s'énorgueillit
des privations dont son absence menace
(r) Chapilre 4-
*
--- Page 144 ---
VOYAGE
la société qu'il va quitter, soiE un
de dérision
objet
7 me sera-t-il pour cela
défendu de trouver ,' dans la douleur
même, 1 des amis dont la fortune me
sépare, le contre-poids au sentiment de
mon bonheur ? Depuis que mon départ
est irrérocablement résolu, chaque jour
rammène entre nous la question si souvent débattue:q quel est le plus à plaindre
de celui qui-part, ou de celui qui reste?
Le résultat de cette triste controverse
est toujours que 2 si l'un emporte au
fond de son coeur des regrets et des souvenirs qui, par-tout le laissent
indifférent et seul, tandis étranger 2
que l'autre
trouve, dans chacun des objets qui lenvironnent, 2 des monumens qui ne multiplient ses souvenirs que pour mieux
attester ses pertes 2 la mort qui précipite dans le même tombeau deux
amis qu'elle frappe du mêmne coup, est
un. bienfait en comparaison de l'absence
qui les sépare.
Il en est aujourd'hui de moi, Monsieur, comme de celui qui, au moment
laissent
indifférent et seul, tandis étranger 2
que l'autre
trouve, dans chacun des objets qui lenvironnent, 2 des monumens qui ne multiplient ses souvenirs que pour mieux
attester ses pertes 2 la mort qui précipite dans le même tombeau deux
amis qu'elle frappe du mêmne coup, est
un. bienfait en comparaison de l'absence
qui les sépare.
Il en est aujourd'hui de moi, Monsieur, comme de celui qui, au moment --- Page 145 ---
'A SAINT-DONINOLE
de mourir, regrette de n'avoir pas mieux
usé de la vié. Je me reproche la négligence de beaucoup de détails qui eussent
vous donner une connaissance compu
plète de la colonie.
Quoique les jugemens que l'on porte
le séjour des villes
sur un pays, d'après
et des moeurs de ceux qui les habitent,
soient presque toujours erronés 1 2 il entrait néanmoins dans mes projets de teraniner par le Cap-Français et les quartiers qui l'avoisinent 2 mes observations
Mais la proximité
sur Saint-Domingue.
troudu Port-au-Prinee, la certitude d'y
navire
mettra à la V oile
ver un
qui
d'août; la diffidans les premiers jours
la
culté des communications, accrue par
favorable d'une révocirconstance peu
décidé
lution prête à éclore 2 en ont
autrement. Je partirai donc sans avoir
vu la plus belle ville, le plus beau quartier de la colonie. Ce sera un petit malheur,si je dois en juger par la comparaison du connu à rinconnu.
Le Cap-Français est bâti en pierres, --- Page 146 ---
VOYAG E
parce que son territoire a
été
le seul à l'abri des
jusqu'ici
On dit
tremblemens de terre.
villes, que 2 relativement aux autres
il Jy a, dans le ton et Jes mceurs
qui y règnent, la même différence
T'on observe dans
que
lurarchiltectureyent
à-dire, que T'esprit des unes est à l'esprit de celle-ci ce qu'une
à une maison. Je crois barraqrie est
locales
que des çauses
ou accidentelles
bien produire des
penvent trèsdans les
différences sensibles
usages et le ton de la
sans pour cela changer ni le fond société,
mceurs 2 ni la masse des idées,
des
caractère est
dont le
toujours
décidé
impérieusement
par Pordre de choses
c'est ainsi
subsistant;
ordre de que, quelque vicieux que cet
choses soit ici,je suis
suadé que l'on y trouve des très-peret des vertus, comme
lumières
chise
Onl trouve la franet la modestie à la, cour d'un
prince honnête
cela les
houme, sans que pour
cours en soient moins
ment réputées le séjour de la
justeet de l'orgueil.
duplicité
écidé
impérieusement
par Pordre de choses
c'est ainsi
subsistant;
ordre de que, quelque vicieux que cet
choses soit ici,je suis
suadé que l'on y trouve des très-peret des vertus, comme
lumières
chise
Onl trouve la franet la modestie à la, cour d'un
prince honnête
cela les
houme, sans que pour
cours en soient moins
ment réputées le séjour de la
justeet de l'orgueil.
duplicité --- Page 147 ---
A SAINT-DomiNevE
Sile genre de vie des colons les préserve des petites passions tracassières 2
des petits intérêts vaniteux de nos cotteries curopéennes, cet avantage. est bien
compensé parla privation totaledu genre
d'esprit qui constitue Purbanité , partout oit Fambition de réussir commande
Fart de plaire. Tout homme qui peut
arriver à la fortune sans le secours de
son voisin, perd nécessairement une partie de ses qualités sociales, et tel est aujourd'hui Phabitant des colonies. Moins
isolé par les bois qui Fenvironnent que
par son intérêt, sa première ambition
est de faire fortune 2 la seconde de la
faire au plutôt, afin de quitter au plus
vîte un pays oùl lor ne satisfait que trèsimparfaitement aux besoins de la vanité,
oût lavarice ne vend que peu des jouissances à Tamour-propre.
Ilest donc toutsimpleque deshommes,
tonjours prêts à partir, accueillent trèsceluiquiarrive, et se soucient encore
peu
moins de contracter , même entre eux 2
intime
celle qui
une société plus
que --- Page 148 ---
Vor A G E
s'établit entre des
pareront bientôt. voyageurs qui se sécès
Il est vrai que le sucjustifie rarenient des espérances,
l'esprit saisit avec d'autant
que
dité, que rien ne le distrait de plus cet d'aviobjet de son attention. Mais,
unique
n'importe:
T'expérience ne peut rien contre une
nion une fois reçue. Il est si bien opiet chez les habitans de la
établi,
tout,
métropole surqu'il ne faut que respirer Pair des
colonies pour devenir un Crésus,
s'embarrasser de ce
que sans
ceux
que sont devenus
quisont morts à la peine, a il suffit
de. voir, de tems à autre, revenir
qu'un qui, partienlièrement
quelJes
favorisé par
circoustances, aura fait fortune,
donner à ce préjungé la consistance pour
démonstration
d'une
ricain et
mathémntique. Un amé2472 millionnaire seront encore
long-teins synonymes en France,
Prét à renoncer
2 pour mon propre
compte, après une expérience de deux
années 2 à des prétentions qui deviennent chaque jour plus
grossirai donc
illuwoires, je ne
point le nombre des in
'un qui, partienlièrement
quelJes
favorisé par
circoustances, aura fait fortune,
donner à ce préjungé la consistance pour
démonstration
d'une
ricain et
mathémntique. Un amé2472 millionnaire seront encore
long-teins synonymes en France,
Prét à renoncer
2 pour mon propre
compte, après une expérience de deux
années 2 à des prétentions qui deviennent chaque jour plus
grossirai donc
illuwoires, je ne
point le nombre des in --- Page 149 ---
A SAIYT-DOMINGOE
qui abusent, avec une ligéreté
posteurs
foi bien coufatale 2 ou une manvaise
pable, de la edhulaséefionmoer.tes fait tant
propager une erreur quia déjà
Sachez donc, Monsieur,
de malhéureux.
le temps des
une fois pour toutes, Thistoire que
de Saintfortunes rapides est à
de
Domingue ce que sont aux annales
la Frauce les siècles oû de simples chedes royaumes (1);
valiers conquéraient
semblables
que siles terres des colonies,
nines nouvellement découvertes
aux enrichi les premiers qui les ont exont
avoir atteint
ploitées, ces terres, 2 après
néle mazimum de leur valeur, perdent
cessaircment chaque jour de leur fertila proportion entre le prix
lité (2); que
Tels que Gui de Lus'gpan, roi de Jéru-
(1) Tancrède de Tancarville, roi de Sisalem,
d'Orient,ete.
cile, Jean de Brienne, empereur
faut
les' terres des CO-
(2) Il ne
pas comparer le
de
lonies avec celles de TEarope 2 renouvellé principe oil
végétation de ces dernières étant lest autres n'eu
entretenu parle fumage, tandis que
de
reçoiventj janais d'aucun genre. Toute espèce --- Page 150 ---
Vo 0 Y A G E
des denrées et les frais de
nant,
culture devecommejelai prouvé,
plus
chaquejour
désanvantagense au cullivatenr
celui-ci n'est peut-être
poque où les fruits
pas loin de léx
de ses travaux
reront à
assuFon veut peine sa subsistance ; et que si
calculer les privations de tous
genres 2 les viccissitudes
les perpétuelles
commerciales,
tails
appréhensions > les dédégoitans du régime
Fétat de
deTeselavage,
langueur ou d'anxiété dans lequel il végète entre un ciel d'airain
une terre toujours
et
préteà
il
a
n'y pas de
T'engloutir,
paysan 2 pas de journalier
terre suflit à ses productions
productions rendent
naturelles, quand ces
tion une partie de par elles-méme à la végélalesfeuilles
ce qu'elles absorbent, telles
des arbres, les nnousses, les bois que
Ja fiaute des
inorts,
mais il ny a troupeaux dans les forêts, elc.;
pas de terre, quelque ferrile
soit, qui ne s'épuise, sar-tout
qu'elle
exige des productions
lorsque l'on en
mat, sion ne la
étrangères au sol et au clirépare par des engrais. Celles de
Sains-Dotingue ne
à
ou
de ving-cinq années résistentgaères plus de vingt
de culture.
ousses, les bois que
Ja fiaute des
inorts,
mais il ny a troupeaux dans les forêts, elc.;
pas de terre, quelque ferrile
soit, qui ne s'épuise, sar-tout
qu'elle
exige des productions
lorsque l'on en
mat, sion ne la
étrangères au sol et au clirépare par des engrais. Celles de
Sains-Dotingue ne
à
ou
de ving-cinq années résistentgaères plus de vingt
de culture. --- Page 151 ---
A SAXT-DoxixeDE.
dont Pexistence ne soit préféeuropéen
rableàcelle du colon de Saint-Domingue.
Lafontaine a dit:
Aucun chemin de fleurs ne conduitàlagloire.
On - peut, Monsieur, , avec tout autant
dire la même chose de la forde raison,
tune.
Ne vous en laissez donc pas imposer
le faste puérile et ridicule que cerpar
à
tains habitans étalent passagérement
Paris, ou dans les villes maritimes. J'ai
le secret, de ces charlatans. Ce carosse
Monsieur Paméricain se
dans lequel
si gauchement 2 cette gardepavanne
de Mascarille, ces brilrobe du marquis
lans qui éteincellent sur sa main noire,
le
de plusieurs récoltes et de
sont prix
Bienla vente d'une partie de son atelier.
tôt la dure nécessité renverra le vilain,
à demi décrassé , et dépouillé, comme
le geai de la fable, de ses plumes d'emrecommencer tristement les
prunt 2 travaux
ont à peine valu,
mêmés
quilui
en dix ans, ce qu'il a dépensé en six --- Page 152 ---
Vora G E
mois, sans autre arantage
d'avoir fait vivre et rire à
que celui
chevaliers
ses dépens les
d'indastrie et les catins
sont partagé sa dépouille,
qui se
Je n'ai jamais rencontré
en France
d'américain
qui ne m'ait énuméré, avec
plus d'emphase que d'exactitude
charmes du séjour de
les
Depuis que j'y suis, je Saint-Domingue. n'en ai
core trouvé un,
pas enn'aye entendu pas un seul auquel je
maudire et Saint-Domingue, et les obstacles toujours
qui,d'une année à
renaissans
son séjour dans cet Tantre.prolongeaient enfer.
- --- Page 153 ---
14F
A SAINT-DowrNovs
LETTRE XXXIV.
Juillet,1799,
JEm'apperçois, Monsieur, et vous devez vous être apperçu de même qu'ily.
a, dans mes observations sur ce paysci, une omission essentielle.
Vous connaissez le genre de vie des
colons, leurs moeurs générales, leurs
cultures,leursi moyens de fortune; maisje
ne vous ai rien, ou à-peu-près rien dit
de la manière dont se forment les établissemens nouveaux, et, à parier vrai,
que j'aurais sdû comc'est peut-être par-là
mencer. Mais jaloux de ne vous donner,
à cet égard, que des idées justes, vous
concevez qail m'a fallu du tems 2 et
personnelle
même un peu d'expérience
tous les détails de cette
pour'connaitre
première et importante opération.
En conséquence de Tinévitable inégalité avec laquelle les biens de ce monde
sont répartis, il faut supposer le nou-
,
que j'aurais sdû comc'est peut-être par-là
mencer. Mais jaloux de ne vous donner,
à cet égard, que des idées justes, vous
concevez qail m'a fallu du tems 2 et
personnelle
même un peu d'expérience
tous les détails de cette
pour'connaitre
première et importante opération.
En conséquence de Tinévitable inégalité avec laquelle les biens de ce monde
sont répartis, il faut supposer le nou- --- Page 154 ---
VorAG E
veau colon entre les deux
la
extrômes de
richesseetd la
avec assez de fortune pauvreté;e'est-à dire,
par lui-méme
pour commencer
son établissement.
Son premier déboursé,
de trois à quatre mille
que j'estime -
objet les frais de
livres, aura pour
concession et
tage, et sa première démarche d'arpenreconnaître
sera de
de
par lui-mème,
son arpenteur, le terrain accompegné
après s'être assuré
concédé,
été à d'antres,
qu'il ne l'a pas . déjà
ce
ou que, dans ce
gwtariremucigefaes
légalement
cas, ii a du moins été
ensuite
réuui au domaine. Il en fera
distinctement
et dresser un
poser les bornes
toute
plan exact, afin d'éviter
discussion avec ses voisins.
Iétaitd'usages autrefois
voisins
que ces mêmes
prétassent au nouveau venu
ques nègres, tant
queldellemplacement pour abattre les bois
son habitation, qu'il destinait à porter
étendue de
qu'afin de défricher une
terre sufliante
les vivres avec
pouryplanter
premiers
lesquels il nourrissait ses
nègres; ; mais je ne' Iui conseille --- Page 155 ---
A SAIXT.DONINGUR 143
pas de fonder aujourd'hui de grandes
espérances sur cette ressource, ellen'était
que le produit d'une vertu de circonstance.
Si ses moyens le lui permettent , ce
le. nouvel habitant peut faire de
que
nèmieux sera, soit d'acheter quelques
gres déjà rompus aux travaux des défrichemens que l'on nomme nègres de hache,ct qui serviront d'instructeurs aux
autres; soit de louer un atelier vacant,
c'est-à-dire,des esclaves que leur maitre,
après avoir vendu sa possession immobiliaire, afferme pour un tems limité,
au défaut de quoi il se rendra dans quelqu'un des ports , afin d'acquérir du premnier négrier venu, le nombre de travailleurs qu'il jugera nécessaire, et quej'estime à dix au moins, ce qui, avec les
frais accessoires de sa dépense personnelle, de Pacquisition des instrumens de
travail, de la nourriture, du transport,
etc. exigera de lui un premier déboursé
de 8 à 10,000 livres, en supposant qu'il
achète des nègres de choix,iet qu'il ne
dans quelqu'un des ports , afin d'acquérir du premnier négrier venu, le nombre de travailleurs qu'il jugera nécessaire, et quej'estime à dix au moins, ce qui, avec les
frais accessoires de sa dépense personnelle, de Pacquisition des instrumens de
travail, de la nourriture, du transport,
etc. exigera de lui un premier déboursé
de 8 à 10,000 livres, en supposant qu'il
achète des nègres de choix,iet qu'il ne --- Page 156 ---
Vor. A G E
paye, selon un usage assez général, qu'un
tiers comptant.
La nécessité réduit quelquefois des
colons mal à leur aise à
à
acquérir, un
prix heancoup plus bas 2 ce que l'on
nomme des queues de cargeison O1l nègres de rebut ; mais de tons les marchés
désavantageux que la pénurie
fait contracter, celui-ci est
d'argent
un des plus
mauvais.
Dans tous les cas , le nouveau colon
ne peut rien faire de mieux que de donner ses premiers soins à
-
se loger lui et
ses nègres, à défricher incessemment
le terrain qu'il destine à porter des bananes, du mnanioc, des patates, designames, etc. à se monter une basse-cour
à acquérir des bestiaux, et en attendant 2
qu'il puisse subsister du produit de ces
différens objets, à se pourvoir de salaisons, de biscuit, etc. Je ne crois
cette première dépense
pas que
puisse être faite
au-dessous de troisà quatre mille livres.
L'esprit d'ordre est plus rare que l'on
ne pense;ilestcerpendant très-nécessaire
de --- Page 157 ---
A SAIXT-DoNINOrE
dansle début d'un
de ne pas en manquer
établissement;car, , sans compterla perte
de tems qu'entraînent les faux travaux,
je regrde conme une précaution indiscelle d'établir, autant qu'il est
pensable son inauoir à portée de lean,
possible,
aérée, et au centre de
dans une position
sà possession. Cest delà que doivent partir les travaux, afin de pouvoir les étendre à la circonférence à mesure que. Ies
de culture se mnultiplient, et surmoyens économiser le tems qu'absorbent les
tout
longs trajets.
observer, Monsieur;
Mais je dois vous
ce mode et ces moyens d'établisseque
sauraient contenir à celui d'une
mens ne
demande des mesures bien
sucrerie qui
considéfonds bien plus
différentes, 9 des
être
rables, et dont T'entreprise ne peut
faite que par le.riche qui veut encore,
s'enrichir.
habitans
Presque tous les nonveaux
découvrent plus de terrain qu'ils ne pettvent én cultiver d'abord, et ellé entraine
le double inconvénient de priver la terre
1Q
isseque
sauraient contenir à celui d'une
mens ne
demande des mesures bien
sucrerie qui
considéfonds bien plus
différentes, 9 des
être
rables, et dont T'entreprise ne peut
faite que par le.riche qui veut encore,
s'enrichir.
habitans
Presque tous les nonveaux
découvrent plus de terrain qu'ils ne pettvent én cultiver d'abord, et ellé entraine
le double inconvénient de priver la terre
1Q --- Page 158 ---
VoYAG E
d'une partie des principes de sa fécondité,et d'absorber un tems qui
étre mieux
pourrait
employé, J'ai déjà souvent
regretté que ce pays-ci n'ait pas encore
produit un seul cultivateur assez instruit
pour écrire un tsiédsgricuiure.dnnt
Tusage serait d'une utilité
pour le nouveau colon. Si je inappréciable n'ai
fausse idée des devoirs
pas unie
blic
que le bien puimpose au gouvernement, il
ble que ce serait à lui à ordonner mesempayer cet ouvrage élémentaire,
et à
On pense
aussi
généralement, et je crois
que Fusage de mettre le feu
bois abattus est le meilleur,
aux
les cendres servent de
en ce que
premier
au sol humide et froid de
engrais
forêts.
ces antiques
Heureuscment, Monsieur,
ceci le bien de la chose se trouve qu'en
cord avec Tinvincible
d'acquel autre agent
le nécessité; car par
que feu
on à déblayeresimmener parviendraitlement je voudrais
lon abattis?Seucette
que
procédêt à
opération avec plus de réflexion;
qu'ainsi que je l'ai déjà observé, on eut --- Page 159 ---
A SAIXT-DoxrxeUR. 147
d'extraire une certaine
la précaution
quantité de bois précicux, et sur-tout
que lon ne brûlât pas soixante arpens
de forêt pour ne cultiver que.dix arpens
de terre. Il n'y a aujourd'hui presque
point de particulier aisé en Angleterre
dont tous les meubles
et en Hollande,
ne soient en bois d'acajou, tandis qu'eri
France, ils sont une espèce de curiosité
Pon ne trouve guères que dans les
que boudoirs des jolies femmes et des jolis
garçons; d'où l'on peut conjecturer que
notre industrie a encore ce caractère
puérile qui s'occupe beaucoup plus des
caprices de la vanité 2 que des besoins
de la multitude, tandis qu'elle néglige
une infinité de ressources dont les états
commerçans,Hos voisins, saventtirer un
très-avantageux à l'aisance généparti
rale.
Le café est aujourd'hui la denrée à la
culture de laquelle la majeure partie des
colons s'adonne. Ceux qui ne commencent point avec des fonds assez considérables pour pouvoir attendre trois ans
IO *
upe beaucoup plus des
caprices de la vanité 2 que des besoins
de la multitude, tandis qu'elle néglige
une infinité de ressources dont les états
commerçans,Hos voisins, saventtirer un
très-avantageux à l'aisance généparti
rale.
Le café est aujourd'hui la denrée à la
culture de laquelle la majeure partie des
colons s'adonne. Ceux qui ne commencent point avec des fonds assez considérables pour pouvoir attendre trois ans
IO * --- Page 160 ---
Vo Y A G E
quele produit d'une caféyère
de quoi vivre, étendre leurs leurdonne
se libérer des
travaux, et
tracié,
engagemens qu'ils ont controuvant dans le coton
recueille au bout de six mois de qui se
subvenir à une partie de leurs
quoi
feront donc bien d'associer
besoins, 2
celle du café; mais ils
sa culture à
assez
éviteront l'erreur
commune d'entreméler indistinctement deux productions qui demandent
Tane, une terre grasse et profonde, l'au.
tre, un sol chaud et léger.
L'appétit vient en mangeant, dit
vieux proverbe; de là, Monsieur, un
aussi que la plupart des
vient
d'employer le
colons, au Jieu
prix de leurs
récoltes à acquitter des dettes premières
les destinent à acheter
ruineuses,
nombre de
un plus grand
fracter de nègres, c'est-à-dire, à concalculé
nouvelles dettes, sans avoir
d'avance si le bénéfice que leur
fait espérerle produit d'une culture
étendue,
plus
compensera la différence, toujours
iris-considérable, entre le
et le comptant.
crédit --- Page 161 ---
A SAIXT-DowixeUE, 149
Peut-être en est-il ainsi pour le trèspetit nombre d'hommes que la nature a
doué d'un genre d'esprit, d'une force
de raison qui ne se laisse jamais égarer
de faux calculs, et de la rare modépar ration qui les préserve de toute fausse
dépense. Mais dans quel inextricable
labyrinthe d'embarras et de pénurie cette
méthode n'entraine-t-elle pas celui qui,
avec moins de modération que de vanilé
et d'ambition, n'a pas plutôt fait quatre
dans le chemin de la fortune, qu'épas bloui
léclat des richesses qu'il voit
par
et croyant dès-lors pouen perspective,
se hâte d'évoir anticiper sur Tavenir,
puiser ses moyens de succès pour s'en
procurer de nouveaux, et se donne,dans
sa médiocrité présente, des jouissances
auxquelles pourrait à peine suffire sa
future opulence?
Et pour peu que l'on considère, Monsieur, T'espèce d'hommes qui passent
dans les colonies, on verra qu'il n'est
guères possible que cela soit autrement
Pauvres, par enmeguentinstafitérs
en perspective,
se hâte d'évoir anticiper sur Tavenir,
puiser ses moyens de succès pour s'en
procurer de nouveaux, et se donne,dans
sa médiocrité présente, des jouissances
auxquelles pourrait à peine suffire sa
future opulence?
Et pour peu que l'on considère, Monsieur, T'espèce d'hommes qui passent
dans les colonies, on verra qu'il n'est
guères possible que cela soit autrement
Pauvres, par enmeguentinstafitérs --- Page 162 ---
Vo Y A G E
gers àl'économie d'un bien dontils n'ont
jamais connu Tusage, d'autant plus avides de jouissances,
sensibles
qu'ils ont été plus
aux privations, très-accessibles
à l'orgueil qui s'empare de toute
de parvenu 2 leur premier besoin espèce
toujours de jouir, et leur
sera
premiérejoussance de s'entourer de tout ce
flattant leur
qui, en
petite vanité, pourra éloigner le souvenir de leur
ne faut
misère; car il
pas croire que dans la lutte qui
s'établit entre
Pamour-propre et l'avarice, la victoire demeure toujours à la
dernière. Plus ils auront senti leur
mière nullité, plus ils se hâteront d'ac- prequérir tout ce, qui donne la considération. Croyez- vous donc que l'on aura
quitté sa patrie 2 affronté les tempêtes
de T'Océan, bravé les feux de la zônetorride, pour venir faire, dans le nouveau monde, un nouveau cours d'économie?
An reste, Monsieur, dans tout ce
j'ai dit
que
précédemment, ce n'est que contre Pabus que je réclame. Je n'ignore --- Page 163 ---
15I
A SAIXT-Doxtxest.
le crédit est une chose égalopas que
au débiteur et au
ment avantageuse
créancier, lorsqu'il a pour objet une entreprise utile, et dont, en dernier résultat, le bénéfice excède les intérêts. Je
n'ignore pas que le crédit est l'âme du
et le comerce l'âme des
commerce 2
Je sàis qu'il faut bien
sociétés policées. entre les bénéfices et
que la proportion
soit
toules intérêts de Pemprunt ne
pas
ici, puisqu'en effet des
jours cultivateurs rompue y ont fait et y font encore
de grandes fortunes. Mais, outre que ces
fortunes n'ont pas toujours été faites à
l'aide du commerce et de son crédit, il
n'en restera pas moins vrai queles exempabergameatoanreres communs quel'on ne.j pense, et qu'icicomme
ailleurs, il faut, pour atteindre à une
certaine prospérité, joindre beaucoup de
bonheur à beaucoup de sagesse. Ce qu'it
a à-la-fois de plaisant et de ridicule,
y c'est le sérieux avec lequel, le commerçant fonde ses droits àla reconnaissance
du colon, sur ce qu'il n'exige de lui au-
son crédit, il
n'en restera pas moins vrai queles exempabergameatoanreres communs quel'on ne.j pense, et qu'icicomme
ailleurs, il faut, pour atteindre à une
certaine prospérité, joindre beaucoup de
bonheur à beaucoup de sagesse. Ce qu'it
a à-la-fois de plaisant et de ridicule,
y c'est le sérieux avec lequel, le commerçant fonde ses droits àla reconnaissance
du colon, sur ce qu'il n'exige de lui au- --- Page 164 ---
15z
VoYAG E
cun intérêt pour les -avances
dans le cas de lui faire. Il
qu'il est
d'usage de n'en
est en effet
transactions
stipuler aucun dans les
qui ont lieu entre le commnerce et les habitans. Mais
novice en affaires
quel est le
tout le secret de qui ne sache pas que
cette
sité, se borne à
prétenduegénéro-
.dans le
comprendre Pintérêt
principal, et n'est dès-lors
misérable subterfuge derrière
qu'on
préteur croit se mettre à labri du lequel le
che d'usure,
reproJ'ai, Monsieur, assigné le
des premières récoltes
produit
au paiement des
dettes, car il n'est pas moins vrai ici
qu'ailleurs que qui paie ses dettes s'enrichit. Cette précaution
le nonveau colon de n'empéchera pas
dait de
prélever sur ce proquoi se loger plus commodément
qu'il n'a pu le faire dans
procéder à la con: truction Torigine; de
soutes, moulins,
des glacis,
bler, et
cases, etc.; de se meud'agquérir des nègres domestiques, article très-cher dans la
à laquelle
dépénse
Passujétit sa position; car, s'il --- Page 165 ---
A SAIKT-DOwIXGUE
outre Tembarras
les tire de SOJI atelier,
de les former au service de sa maison,
le tràvail dun nègre étant estimé de
douze à quinze tents livres, chacun de
une somme de
ses esclaves représente
le fond de
40 à 50,000 franes prise sur
fortune,et s'il les achète tout formés,
sa
celui. qui les lui
ii est à présumer que
d'y
vend sur le même pied, n'oublie pas
les frais d'éducation. Il lui sera
joindre
aux deux derniers
difficile de pourvoir
articles avec moins de 30 à 40,000
francs. vérité, lorsqu'il en est là, il peut
A la
dire établi, et fonder de justes espése
l'avenir. Mais observez que
rances sur
c'està-dire, à
pour arriver à ce point,
cotté
la quatrième année, il lui en aura
de 40 à 50,000 livres, non-compris à20,000 francs dont il reste débipeu-près Pachat de ses dix premiers
teur pour
leur
cst
nègres ; et que si par
moyen,il câà défricher et planter cent
parvenu
les travaux de Tentrereaux de terre,
ticn de la récolte vont désormais exigor
'està-dire, à
pour arriver à ce point,
cotté
la quatrième année, il lui en aura
de 40 à 50,000 livres, non-compris à20,000 francs dont il reste débipeu-près Pachat de ses dix premiers
teur pour
leur
cst
nègres ; et que si par
moyen,il câà défricher et planter cent
parvenu
les travaux de Tentrereaux de terre,
ticn de la récolte vont désormais exigor --- Page 166 ---
VoYAG E
un nombre bien plus considérable
claves, et demandent
d'eslui un nouveau
par conséquent de
peutguères
déboursé, que lon ne
estimer
livres.
au-desousderon,oco
Sur dix Earopéens qui s'établissent
Saint-Domingue,
à
-neront dans
sept au moins retourils croiront leur patrie du moment où
pouvoir y vivre danslaisance.
Ceux dont les caractères
pugnent
ou les goûts réassez aux mceurs coloniales
desirer de n'avoir plus rien de
pour
avec les colonies,
commun
acquéreur solide, lorsqu'ils trouvent un
vendent leur
ou à termes, Ou
propriété
faut
comptant; mais il ne
pas croire, Moinsieur,q qu'ici comme
chez nous, le prix d'une terre se calcule
sur son revenu , ni qu'elle se vende
conséquence. Je crois vous en avoir dit en
la raison.
D'autres, 2 jaloux de se conserver une propriété préciense, confient la
gestion de leurs biens à un
quel on donne un traitement gérant auune part dans le
fixe, ou
produit, et se
uil procureur chargé de le surveiller. nomment --- Page 167 ---
A SAXT-Dourxeut,
C'est s'exposer à bien des embarras;
car, si le gérant n'est pas le plus probe
des hommes, Mrinbairmeilceuehou
pêchera de faire sa propre fortune aux
dépends de celle de son commettant.Vous
bien aussi que le choix d'un propensez offre de grandes diflicultés; car,
cureur
dans la classe de voS
si vous le prenez
celie des habiégaux, c'est-à-dire, dans
allaires ne Jai permettans, ses propres
attentront de donner aux vôtres qu'une
tion bien superficielle; et si vous vous
adressez à un homine de loi, à un procureur de fait et de profesion 2 quoiqu'il
vous
y ait des honnéles gens par-tout,
connaissez le vicux préjugé contre cette
classe d'hommes, et dès-lors il ne serait
imposible que vos intérêts ne se
pas
fort mal-de la collusion qui
trouvassent s'établir entre le procureur et
pourrait J'en appelle à Texpérience de
le gérant.
résidens en
la plupart des propriétaires
Europe. Qnant 'à moi, Monsieur, placé
entre le choix de mesures qui toutes ont
leurs inconvéniens, je pense que celle
aissez le vicux préjugé contre cette
classe d'hommes, et dès-lors il ne serait
imposible que vos intérêts ne se
pas
fort mal-de la collusion qui
trouvassent s'établir entre le procureur et
pourrait J'en appelle à Texpérience de
le gérant.
résidens en
la plupart des propriétaires
Europe. Qnant 'à moi, Monsieur, placé
entre le choix de mesures qui toutes ont
leurs inconvéniens, je pense que celle --- Page 168 ---
v56
VoTAG E
de donner au
produit des
gérant une part dans le
biens qu'il
moins
adgiinistre, a au
Tavantage de Tattacher,
propre intérêt, à leur
par son
conservation. --- Page 169 ---
157,
A SAIYT-DOMINeUE
LETTRE, XXX V.
Au Port-au-Prince. Juillet, 1790.
UN heureux hasard m'a, Monsieur,
en arrivant ici, fait trouver un vaisseau
qui met demain à la voile, et que je
charge de nies dernières lettres. Je ne
sais trop odje serailorsqu'elles vous parviendront, mais ce ne sera certainement
à Saint-Doiningue - 2 car je m'empas
moi-mêie dans trois jours.
barqué Le desir de connaître avec plus de
détail T'espace compris entre les deux
côtes du Sud et de POuest, m'ayant déterminé à prendre un chemin différent,
mais beauconp moins praticable que la
route ordinatire,Fenvoyais imes équipages
d'avance, et je partis à cheval suivi du
même nègre qui m'avait accompagné à
mon premier voyage.
rendre
Je m'étais arrangé pour me
d'une traite à Léogane ; et rien ne m'en
eût empèché, si un orage survenu dans --- Page 170 ---
VorAG EE
Faprès-midi n'eût tout-à-cottp grossi les
torrens que j'avais à traverser, de
à me faire perdre
façon
chercher le
beaucoup de tems à
longs de leurs bords des
oi je ne risquais pas de me
gués
d'être entraîné
noyer ou
par Timpétuositéde leurs
courans.
La nuit me sarprit au milieu de
déserts, pereéjusqu'aux
ces
os, réduitàlimpossibilité d'atteindre mon but avant le
jour, et'i nos chevaux, si exténués de fàtigue, ct de faim, que je m'étais
à les laisser paitre dans la
décidé
yanne, et à passer la nuit à première saquelque arbre.
l'ombre de
Cetterésolution: ailigea beaucoupmon
nègre qui,à Papproche de l'orage et des
ténèbres, m'avait plus d'une fois montré
dans Téloignement dès habitations
il me garantissait
oùt
queje serais le bien
venu, mais où je refusai toujours de
rendre, dans la crainte. d'y
Ine
nouvelles raisons de
trouver de
déplorer la décadeucedehopitaliteas
Ne
Saint-Domingue.s
croyez-vous pas, Monsieur, que ce
qui,à Papproche de l'orage et des
ténèbres, m'avait plus d'une fois montré
dans Téloignement dès habitations
il me garantissait
oùt
queje serais le bien
venu, mais où je refusai toujours de
rendre, dans la crainte. d'y
Ine
nouvelles raisons de
trouver de
déplorer la décadeucedehopitaliteas
Ne
Saint-Domingue.s
croyez-vous pas, Monsieur, que ce --- Page 171 ---
A SAIXT-DONINGeT E. 159
sera un assez beau texte pour éloquence
demon panégyriste, que de pouvoir dire
un jour: ( Il estimait tellement ses contemporains, qu'il porta souvent la délicatewejssqu'amieux aimero croire àleurs
vertus sur parole, qu'à s'en assurer par
lui-même >.
En furetant de droite et de gauche
pour trouver un emplacement favorable
à Pexécution de mon projet, je fus toutà-coup frappé d'une clarté sur laquelle
C'était la lumière d'une
je me dirigeai.
petile plantation appartenant à un procureur de Léogane, et dans laquelle je
"trouvai une négresse ménagère 2 qui
exerça envers moi une hospitalité beaucoup plus attentive que je ne l'aurais
trouvée chez bien des blancs.
peut-étre
Comme je n'avais pas même une chemise de rechange avec moi, la nécessité de faire sécher tout ce que j'avais
sur le corps, m'eût réduit à passer le
reste de la soirée dans le parfait élat
d'innocence de notre premier père, si la
bonne négresse ne fut venue ausecours --- Page 172 ---
V O YAG E
de ma pudeur avec une vieille paire de
pantoulles, une veste sans manches
qui composait toutela
garde-robe champêtre du propriétaire 2 et un vienx
jupon à elle, dont je me ceignis les
reins.
Cefut dans ce costume d'amazone
je me mis à table auprès d'un
quegrand feu,
pendant que la hégresse, 2 qui m'avait
préparé à souper, m'arrangeait un lit
dans lequelj'aurais dormi moins profondément que je fis, si je m'étais laissé
troubler par les
C
inquiétude que devait
me donner Fopinion où l'on est dans ce
pays-ci, que les pluies y sont mortelles
lorsqu'elles surprennent le voyageur au
point de pénétrer jusqu'à la peau. Je
veux bien croire que leur effet naturel
étant. de répercuter la transpiration
cela peut avoir des suites facheuses. ,
Mais il me semble que pour en prévenir
lec suites, il suflit de rétablir cette transpiration le plutôt possible, ce qui, dans
un climat tel que celui-ci, n'est pas une
chose très-diflicile.
Je
, que les pluies y sont mortelles
lorsqu'elles surprennent le voyageur au
point de pénétrer jusqu'à la peau. Je
veux bien croire que leur effet naturel
étant. de répercuter la transpiration
cela peut avoir des suites facheuses. ,
Mais il me semble que pour en prévenir
lec suites, il suflit de rétablir cette transpiration le plutôt possible, ce qui, dans
un climat tel que celui-ci, n'est pas une
chose très-diflicile.
Je --- Page 173 ---
16I
'A SAIRT-DONINCUE
n'attendis pas le jour pour me reJe
un tems aussi.beau
mettre en route par veille.
été vilain la
Aprèsdeux
quilavait
lc revers
heures de marche : f'atteignis
qui verse sur la plaine,
des montagnes terminé par la mer: , et
dont T'aspect, 7
formait, du
animé par le soleil levant, le voyais, un
point de vue élevé d'où je
spectacle charmant.
trouvai
Descendu dans cette plaine > je
de
du chemin un grand nombre
le long
autrement dit Crabes de
Tourlouroux, établis à l'orifice du trou
terre; lesquels, retraite, semblent être
qui leur sert de le frais, et se retirent
là pour y prendre
en faisant
des voyagenrs,
à Tapproche tenailles, comme pour aver*
sonner leurs
de T'ennetir le voisinage de Tapproche douteux,
paraisse assez
mi. Quoiquilme
qu'ils aient
s'il est vrai, comme on ledit; Drake, je
mangé vifle célebre François
ces
convaincu que
me suis cependant habitent de préfsanimaux carnivores
ils
rence les environs des cimetières,dont
dévorent les cadavres, ce qui cependant
II --- Page 174 ---
Vor AG E
n'empéche pas les nègres. d'en
autant qu'ils peuvent en
manger
attrapper.
Moins distrait celie fois
fas à m première
que je ne le
sortie des
oi T'hab, ade de ne voir
montagnes, des
des
que
rochers;
précipices, des bois, me faisait
dement parcourir l'ensemble
avisage. toutà-fait
d'un payn'avais fait
nouveau pour moi, je
superbes
qu'appercevoir un amas de
palmistes sifués à la droite du
chemin, et tout-à-fait isolés dans
plaine de douze à treize lietes de une
sur quaire duns sa plus grande long,
A l'aspect de cetle bclle
largeur.
n'a plus besoin de
colonnade, on
SC deinander où les
sculpteurs de T'antiqnité ont pris le
dèle et les
mocoraient proportions de celles qui déles palais des rois et les
des: dieux. Je n'ai
temples
d'ceuvres
point va ces chefdontles seules ruines illustrent
encore la terre qui les
porte; ces débris
Oà dans tout son orgueil git le néant de Thommme;
mais, frappé du caractère de
et de majesté que la nature grandeur
imprime à
deinander où les
sculpteurs de T'antiqnité ont pris le
dèle et les
mocoraient proportions de celles qui déles palais des rois et les
des: dieux. Je n'ai
temples
d'ceuvres
point va ces chefdontles seules ruines illustrent
encore la terre qui les
porte; ces débris
Oà dans tout son orgueil git le néant de Thommme;
mais, frappé du caractère de
et de majesté que la nature grandeur
imprime à --- Page 175 ---
A SAINT-DONIROUR
monumens, je me suis dit:
ses propres
quel est le
quel est le Michel-Ange,
de
Palladio qui oserait entreprendre
bâtir le temple anquel cette colonnade
servirait de péristile (1)?
Jaitrouvéamon arrivée ici, monsieur,
deux choses Samgailniemateelsnne
me rendre dans les Etatsbâtiment pour
les
Unis, et des têtes très-exaltées par
de la révolution. Je suis arrivé
progrès
la Vénus ,fen parAsaint-Doningueaurl
tirai sur la Flore. Ces noms gracieux sont
j'ai trouvé cetteile
d'un bon augure;maisj
de la
atteinte des premiers symptômes
fierrepoltiquequivener sronge,etjelalaisse
(1) Il est si vrai que les arts, même les plus la
puisent tous leurs principes dans
compliqués, les trois architectesqui ont construit,
nature, que
Balbek, l'autre celui de Palmire,
Pun le templede
se sont exacG le troisième la colonade du Louvre, lordre de
tement rencontrés dans le nombre et
de décoration, quoiqu'aucun des trois
cette espèce connaissance de l'ouvrage des deux
n'eàt aucune
voyage en Syrie et er
autres. Voyez Volney 2
Egypte, lome 2, chapitre 30.
*
II --- Page 176 ---
x64
VorAC E
dans les premières convulsions du délire.
Ni l'assemblée coloniale, ni le
neur, monsieur de Peyniers, gouverraissent dans les
ne me paprincipes que les circonstances exigent, Si l'une donne
d'étendue au pouvoir dont elle se trouve trop
investie, Tautre, mal conseillé
jeune homme
par un
plus ardent que sage (1),
déploye tonr-à-tour une roideur et une
faiblesse, qui ne peuvent qu'enhardir les
factieux ou rebuter les gens sages. Je ne
vois qu'un moyen de sauver la colonie,
c'est que la révolution s'y opère
par ceux
(I) Le chevalier de Mauduit, colonel du
ment du Port-au-Prince, officier
régide
plein de zèle et
courage, qui avait servia avec distinction dans
l'armée de
Rochambehu, en Amérique mais
beaucomp trop ardent et privé de
lui eût été si nécessaire dans la Texpériencequi
où il se frouvait. Il fut massacré position ditlicile
après, par les inêmes soldats
quelque tems e
dissipé T'assemblée
aveclequelsilavait
même
coloniale, et au sein de cette
assemblée au milien de laquelle il était
venu chercher un asyle contre la fureur de
: soldats.
ses
hu, en Amérique mais
beaucomp trop ardent et privé de
lui eût été si nécessaire dans la Texpériencequi
où il se frouvait. Il fut massacré position ditlicile
après, par les inêmes soldats
quelque tems e
dissipé T'assemblée
aveclequelsilavait
même
coloniale, et au sein de cette
assemblée au milien de laquelle il était
venu chercher un asyle contre la fureur de
: soldats.
ses --- Page 177 ---
'A SAINT-DONINGUE
même qui vondraient inutilement en retarder les progrès. Ils ne penvent plus
l'arrêter, mais ils peuvent encore la diriger. (:) La mnasse des colons, les commerçans, tous les employés sde P'administration ont un égal intérêt à mnaintenic
lordre. Ils se réuniront avec empressedéjouer les tément au gouverneur pour
nébreuses intrigues des malveillans qui
travaillent à soulever les gens de couleur
et les nègres. Ces coupables perturbades émisteurs sont, à n'en pointdouier,
saires secrets de la secte connue sous le
des noirs. Que veulent donc
nom d'amis
ces gens-là? Et, en supposant qu'ils parviennent à faire triompher leurs prin-
(1) Il en élait de même dans la métropole, oit
la cour a fait la même fautequeles administrateurs n'eût
Rien, dans T'orgine,
de Saint-Domingue. de
la révolution ; mais
été plus facile que diriger
on ne vit pas plutôt ce torrent prêt à déborder 9
lieu de lui creuser un large et profond ca a
qu'au
fidèle aux principes de la vieille
nal, on voulut,
des cours, Tui opposer unz
et triviale hydraulique
digue, et tout fut submergé. --- Page 178 ---
166.
VorA G E
-cipes, quel avantage se promeltent-lsde
Jeur victoire? Serait-cel Pabolition de l'esclavage? mais il est prouvé
nerait la ruine des colonies, qu'elle ameet comment
cetter ruine, quientrainera celle du commercemnétropoliain, 2 peut-elleintéresser
lebonheur etles habitans dela Métropole?
Pense-t-on peut-être faire cesser la consommation des denrées coloniales
avec
Tesclavage qui les produit? Il faut bien
peu connaitre le pouvoir de T'habitude
tournée en besoin, pour se bercer d'une
pareille chimère. Quel nom faut-il donc
doniner à la
politiqueabeurde, au civisme
extravagant, à Phumanité barbare
pour soustraire queljues Africains à qui,
esclavage que Ton peut adoucir
un
damnent la France à
> coninmense du
perdre la somme
nuniéraire avec lequel il
faudra, à l'avenir, solder à
mêines denrécs qu'il venait l'étrangerces acheter
elle. N'est-ce donc rien
chez'
que deux cent
cinquante à trois cent millions que les
colonies versent annuellement dans le
commerce de la Métropole, où ils font
bare
pour soustraire queljues Africains à qui,
esclavage que Ton peut adoucir
un
damnent la France à
> coninmense du
perdre la somme
nuniéraire avec lequel il
faudra, à l'avenir, solder à
mêines denrécs qu'il venait l'étrangerces acheter
elle. N'est-ce donc rien
chez'
que deux cent
cinquante à trois cent millions que les
colonies versent annuellement dans le
commerce de la Métropole, où ils font --- Page 179 ---
A SAXT-DOnieUr,
vivre de cinq à six millions d'individus?
Je vois avec peinc, monsieur, que elesprit de vertige a déja faitde tels progrès
table même,
parmi les habitans, qu'a
entourés de mulâtres et de nègres, ils se
permettent. , sur la liberté, des discuseu
ET
les esclaves des habitations voisines,
commerce avec ceux de la ville, rapporteront chez eux et commtenteront à leur
manièreles propos qu'ils auront entendu.
< Si ces blancs ne sont libres que d'audiront-ils, qu'étaient-ils donc
jourd'hui,
comme nous? >) Et
hier? des esclaves
d'être témoin des condieu me préserve
discuter
séquences de ce raisonnement!
les droits de Phomme devant de pareils
hommes, qu'est ce autre chose que leur
le pouvoir réside dans la
apprendre la que force dans le nombre?
force, et
monsieur, savoir mon
Voulez-vous,
dernier mot sur ce pays-ci? c'est que. 2
japprends à connaître les hommes
plus Thabitent, plus: je me félicite de le
qui
J'y étais venu avec la noble amquitter. --- Page 180 ---
Vor A G E.
bition de ne m'occuper
de ma fortune
uniquement que
5 mais, destiné à être
maitre, par conséquent à avoir des
claves, j'ai vu, dans la nécéssitéde esavec eux, celle de les étudier
vivre
connaître, etje
pour les
d'estime
parsaveci cbeaucoup moins
pour les uns, et de pitié pour les
autres. Quand on est ce que sont la
part des
pludes
habitans, on est fait pour avoir
esclaves:q quand on est ce que sont la
plupart des esclaves, On est fait
l'être : tout le monde est ici à
pour
sa place.
--- Page 181 ---
169.
A SAINT-DONINeUE
LETTRE XXXVL
JE ne m'attendais guères > Monsieur,
les derniers instans de mon séjour à
que
dûsseut ètre marqués
Saint - Domingue
événementdonttisuer pouvaitin'y
parun
long-tems que je n'aurais
retenir plus
à-propos de ne
voulu, si je n'avais jugé
prendre aucune partactive dans une querelleoi Téxagération dominait également
des deux côtés; non que je ne me fusse
prété avec bien du plaisir à contribuer
de toutes mes forces aux succès de toute
eut pu ramener la conentreprise 2 qui
après plusieurs
corde ; mais voyant,
jours d'attente 2 que rien ne se décidait,
avoir débuté par une préet, qu'après irréfléchie, on ne prenait aucipitation
cune mesure prompte et vigoureuse pour
la soutenir, je me suis embarqué le IO'
soir, et nous avons mis à la voile une
au
heure après.
Je laisse aux gazettes 5 aux rapports
des deux partis le soin de vous instruire
pu ramener la conentreprise 2 qui
après plusieurs
corde ; mais voyant,
jours d'attente 2 que rien ne se décidait,
avoir débuté par une préet, qu'après irréfléchie, on ne prenait aucipitation
cune mesure prompte et vigoureuse pour
la soutenir, je me suis embarqué le IO'
soir, et nous avons mis à la voile une
au
heure après.
Je laisse aux gazettes 5 aux rapports
des deux partis le soin de vous instruire --- Page 182 ---
I70
VoYA G E
de ce qui s'est passé,ct
comme un très-mauvais queje regarde
futur de la colonie
présage du sort
(1).
Quels que soient,
qui ont déterminé Monsieur, 2 les motifs
la conduite
des deux
respéctive
partis, tous deux ont manqué
de'prudence et de modération,
blée coloniale,en
l'assemarmé, les allures prenant le costume
sinistres d'une,
ration ténébreuse ; le
conspine lui opposant
gouvernement, en
que la force armée et des
voies-de-faitq quin'ont
dre le sang; tandis aboutiquarépane
-
cienne inflaence, que, fort de son ande l'opinion
et du voeu bien prononcé de publique,
tous-les honnétes-gens, il lui eut été si facile de dissiper, sans coup-férir,tne assemblée
sa mauvaise
que
composition, son mnauvais
esprit, ses mesures hostiles avaient
privée du secours de
déjà
Topinion 7 généraleseadectuneretrendinut) démarche
(z) On peut voir, dans l'ouvrage iutitulé :
sastre de
Debon propliète, Sunt-Domirgue, que jenai dtéque trop --- Page 183 ---
A SAINT-DONINGUE 171
sage et ferme qui tendrait à maintenir
lordre et le repos.
la force
Mallieurensement, Monsieur,
cc bientutélaire dont on devaitattendre
éléfait s'est trouvé composée de deux
mens dontla combinaison n'ajamais produit
des malheurs ; d'une part Pinque tâtonnante dans celui qui
certitude
d'arbégaye des ordres; de T'autre, trop
deur et de confiance dans celui qui les
sollicite avec plus de chaleur que de réflexion, et les exécute avec plus d'impétuosité que de prudence. à la cocarde
La préférence donnée
être
blanche sur la tricolore nep pouvait
très-méritoire dans celuiqui la regarque
l'enseigne de son dévonedait come
qu'il eut joiat
ment; mais. 2 en supposant
condescendance à cet égard
à quelque déclaration de maintenir à tout
la ferme
prix Pordre que de coupables pertubateurs troublaient, je ne doute nullement
qu'un acle de complaisance, qui dès-lors
être regardé comme une
ne pouvait plus
preuve de faiblesse, n'eutproduitlemesil-
ritoire dans celuiqui la regarque
l'enseigne de son dévonedait come
qu'il eut joiat
ment; mais. 2 en supposant
condescendance à cet égard
à quelque déclaration de maintenir à tout
la ferme
prix Pordre que de coupables pertubateurs troublaient, je ne doute nullement
qu'un acle de complaisance, qui dès-lors
être regardé comme une
ne pouvait plus
preuve de faiblesse, n'eutproduitlemesil- --- Page 184 ---
VorAG E
leur effet, en ôtant à ses ennemis la
source de calomnier
ressuile des
ses intentions. La
événemens décidera si mon
opinion est bien ou mal fondée.
Croiriez-vous que, réveillé en sursaut
par le confus mélange de cris
tueux, d'interpellations
tumulmissemens
vagues, 2 de g6sourds, enttemèlés du
tis des armes
clique1 de coups de fusil et de
canon; croiriez-vous qu'au milieu du désordre, accru par. les ténèbres de la
d'une ville dont une
nuit,
au-devant du
partie se précipite
tandis
danger qu'elle veut fuir, 2
que Tautre 2 immobile de
conserve à peine ce qu'il faut de
peur, 2
d'esprit pour se cacher
présence
e
gu'un
; croiriez z- vous
coupable sourire ait
à
mes lèvres en voyant certains échappé
dès long-tems réroltés de
hommes,
trésors de
ne pas unir aux
Topulence les faibles
tives qui consolent la noblesse de prérogsvrelé; qui par-tout ont été les sa pauà attiser le feu d'un incendie, premiers
après avoir consumé des biens lequel,
fantastiques, ne tardera pas à en dévorer dè --- Page 185 ---
A SATNT-DontxeUr
substanciels ; croiriez - vous, dis-je,
plus
ces fervents
que j'aie souri en voyant
de Pégalité et de la liberte,
promoteurs
pour des protremblans aujourd'hui
priétés plus solides que ne le sont de vains
titres d'honneur, se juindreal'arisreera
encore sauver leurs
tie 1 qui pouvait
des mains de
magasins et leurs créances
Tégalité de fortune et de la liberté de
prendre !
J'ignore si cette première leçon renplus sage et la
dra désormais Tégoisme
dans le
la vanité plus modeste; mais, 2
nécessiteraient le
cas oùt les événemens
sacrifice d'une victime, il n'y aurait pas
grand mal que. les ravages de la flamme >
allumée par les prêtres de Plutus,se bornassent à lincendie de son temple.
Quoiqu'il en arrive 2 Monsieur > j'ai
laissé Passemblée législative dispersée à
de canon, en fuite 2 etc; le poucoups.
trop exécutif et assez emvoir un peu victoire incertain sur ce
barrassé de sa
qu'il doit faire pour en justifier la nécessité et en recueillir le fruit, le public
grand mal que. les ravages de la flamme >
allumée par les prêtres de Plutus,se bornassent à lincendie de son temple.
Quoiqu'il en arrive 2 Monsieur > j'ai
laissé Passemblée législative dispersée à
de canon, en fuite 2 etc; le poucoups.
trop exécutif et assez emvoir un peu victoire incertain sur ce
barrassé de sa
qu'il doit faire pour en justifier la nécessité et en recueillir le fruit, le public --- Page 186 ---
Vo Y A G E
dans l'état de stupeur et
succède aux commotions dineeritudequi
mon ami le
violentes ; et
voir sauvé commerçe, très-satisfait d'ases magasins et
du soin de les mettre hors de trèsoccupé
des afteintes du
la portée
à moi,
peuple souverain. Quant
j'emporte sur
une opinion qui n'est Saint-Doningue
le monde : c'est
pas celle de tout
que P'arbre de la liberté
m'y parait une production si
à toutes les convenances
étrangère
parierais qu'iln'y réussira locales, que je
L'arbre-i-pain.
pas mieux que
Quoique la paix publique
ment restaurée, eut
, passable.
m'arrêter
pi me permettre de
assez long-tems au
Prince pour aller faire, dans la Port-auplaine du
Cul-de-Sac, ane excursion
tais pousser le plus loin que je compqu'il me serait
posible, monsieur Lynham
de la Flore
2 capitaine
5 m'a temoigné un tel empressement deiquitter ce
que sa
rivage 2 quoicargaison ne fut pas
que 3 dans Pincertitude de conplette
chez un autre les mêmes
retrouver
convenances --- Page 187 ---
A SAIXT-DOHI#GUE.
m'ofire son navire, sa société, et.
que
me suis décidé à
nos arrangemens 2 je
partir avec lui.
Je me suis donc rendu à bord le IO
vers minuit, et nous avons appareillé
avec la brise du malin, qui, cn quel:
ques heures 2 nous a mis au large , laisGonave à bas-bord. Lelensant l'inculte
demain nous longeâmes sur stribord les
Lucayes, dontquelqucs-nmesme m'ont pas
aussi inhabitables 1
qu'on le dit. Elles
paru
à la vérité d'eau et de bois;
manquent
mais avec des pluies régulières et desciternes, on suppléc àla première de CeS
privations. Celle du bois' cst plus diflicileà rempiacer ; mais, outre que la stérarement à l'inrilité indigène oppose
dustrie de Phomme un obstacle invincible (1), la proximité de Saint-Domin-
(r) Je citerai en exemple la Gueldre Prussienne, Hollandaise, Autrichienne, etc., oi, en
*793,jai vûles mêmes bruyères quej'avais laissé
parfaitement stériles en 1776, couvertes de bois
Or, il est prouvé
parla egrindannndeiabdlanre
outre que la stérarement à l'inrilité indigène oppose
dustrie de Phomme un obstacle invincible (1), la proximité de Saint-Domin-
(r) Je citerai en exemple la Gueldre Prussienne, Hollandaise, Autrichienne, etc., oi, en
*793,jai vûles mêmes bruyères quej'avais laissé
parfaitement stériles en 1776, couvertes de bois
Or, il est prouvé
parla egrindannndeiabdlanre --- Page 188 ---
Vor A G E
gue permettrait de subvenir à une
tion que le climat rend
privapeu sensible, et
je ne doute pas que si jamais cette isle
se peuplait au point que sa
eut besoin de s'épandre
population
au de-hors, l'industrie 5 toujours plus ingénieuse
bardie, plus active de
, plus
Témigration, ferait
certainement aux Lucayes ce qu'elle a
fait ailleurs. Ilya, Monsieur, dans tout
homme, que sa destinée
une terre nouvelle
transplante sur
cule
et vierge 2 un véhid'intelligence et d'activité sur lequel
on doit compter 2 et qui peut tout lors
qu'il est secondé par une bonne administration : ce véhicule est le sentiment
de la propriété, lequel est à notre existence civile ce que la conscience de
vertus est à notre existence
nos
c'est-à-dire
morale 5
2 Tappui sur lequel se fonde
le sentiment de notre
C'est lui qui, dans
propre dignité,
presque tout le nouqu'une terre qui produit un chêne ou un
peut également produire une gerbe de bled sapin, et un
boisseau de pomme-de-terre.
Feau --- Page 189 ---
A SAIXTDONINGVE
veau monde , ct sur-tout dans la partie
des hordes de
où je vais , a transformé
inmalfaiteurs paresseux, de vagabonds
soucians > en une race d'hommes sages,
probes, et laborienx.
Monsieur igabim.amelepijkalue
range très-bien 2 se flatte que nous ne
plus de dix à douze jours
serons guères
à nous rendre à Norfokl. Le vent comà varier; Thorizon se
mence cependant
charge de nuages orageux ; - la mer se
creuse; enfin, des signes 2 auxqaels je
m'annonne crois pas me méprendre
la Vircent que nous n'atteindrons pas
ginie ni aussi-tôt, ni iansitranqillement
qu'onl'espère. Mes conducteurs en savent
certainement plus que moi à cet égard;
souvent vu
mais, dans ce genre là, j'ai
la prescience des marins les plus habiles
que de tous les hommes
en défaut, parce les plus sujets à sacriils sont peut-être
les leçons de
fier aux illusions de.l'espoir
Texpérience. La mienne m'a appris que,
dix
et avaries' 2 la moitié
sur
naufrages
être attribuée ou à Fimprudence
peut
--- Page 190 ---
Voy. A G E
des gens de mer, ou à Téconomie de
mateurs, qui proportionnent
ar:
les équipages à la force des rarement
dans ce cas, de deux
havires, et
méraire
capitaines, Pun'té2 l'autre prudent 2 le premier
perdra des mâts, des voiles, des
des vaisseanx; le second,
hommes,
de plus précieux
quelque chose
rien
au comnerce, et dont
ne compense la perte, le
e
parable + TIS,
tems, l'irré-
Téconomie de
mateurs, qui proportionnent
ar:
les équipages à la force des rarement
dans ce cas, de deux
havires, et
méraire
capitaines, Pun'té2 l'autre prudent 2 le premier
perdra des mâts, des voiles, des
des vaisseanx; le second,
hommes,
de plus précieux
quelque chose
rien
au comnerce, et dont
ne compense la perte, le
e
parable + TIS,
tems, l'irré- --- Page 191 ---
A SAINT-DONINGUE, 179
LETTRE XXXVIL
En mer. Juillel, 1790.
In a pensé m'en arriver comme à la
pauvre Cassandre, Nonsieurisieuben
prophétiser, on n'a fait que rire de mes
prédictions, et cependant nous ne devons notre salut qu'àla solidité de notre
navire.
Nous étions depuis deux jours dans
Pespèce de calme orageux dont je vous
ai parlé, Des nuagess sombres s'entâssaient
dans toute la circonférence de Phorison.
Déjà des roulemens sourds et prolongés
du tonnerre fesaient retentir ces masses
immobiles setténébreuses, que sillonaient
de longs éclairs d'un feu pâlc. Aucun
soufle d'air n'indiquait de quiel parlie du
globe son ressort dilaté imprimérait enfin le motivement à cette scène imposante. Jamais tempête ne présenta un
spectacle plus effrayant qite ne Pétait
celui d'un caline qui joigaait tous les
12 * --- Page 192 ---
VorA G E
symptômes dela fureurà limobilité de la
mort. Chacun de nous le contemplait
avec une morne et silencieuse inquiétude, Iorsque 2 vers onze- heures de la
nuit, le ciel parut s'éclaircir dans le SudOtiest, d'où le vent partit
comme si
tout-à-coup,
une main invisible eut levé la
soupape qui le tenait captif.
Nous fimes notre route, d'abord avec
précaution > ensuite avec assez de courage pour joindre à la misaine et aux huniers, 2 la grande voile 2 les SOcS et l'artimont.
Quoique je jugeâsse que c'était se
livrer avec un peu trop de confiance à
un vent dontle brusque début mne paraissait suspect, monsieur
Lynham me donnant l'exemple 7 je fus me coucher
comme lui, et, comme lui,je me serais
peut-être endormi, si la violence avec
laquelle les
a
vagues brisaient le long des
flancs du navire, ne m'avait averti que la
mer croissait avec le vent.
J'avais reconnu notre second pour un
deceshommes auxquels une insouciance
iance à
un vent dontle brusque début mne paraissait suspect, monsieur
Lynham me donnant l'exemple 7 je fus me coucher
comme lui, et, comme lui,je me serais
peut-être endormi, si la violence avec
laquelle les
a
vagues brisaient le long des
flancs du navire, ne m'avait averti que la
mer croissait avec le vent.
J'avais reconnu notre second pour un
deceshommes auxquels une insouciance --- Page 193 ---
A SAIXT-DONINGUE
irréfléchie tient lieu de courage, et dont
la théorie se bornait àl la routine
toute
elle-ménie très-bord'une expérience
d'activité à
née. Poussé par une espèce
de molaquelle je ne puis guères prôter
tif plus noble que Finquiétude, je montai sur le pont.ww. Quiel fut ma surprise
trouver tout le monde dans la plus
d'y
du début le.
parfaite sécurité au milieu
mieux prononeé de la plus vigoureuse
et nos matelots occupés à histempête,
commie si
ser gaiement les perroquets,
ineussions vogné sous la paisible
nous
fluence des vents alysés!
Bon Dieu ! Monsieur, dis-je au second,
étendu sur le banc de
nonchalamment
quart,aquois songez-vous de portertantde
voiles
un pareil tems? ? Ce n'est rien,
par
Moi,
me dit-il, sans se déranger.
quijugeai descendis
que c'était beaucoup trop 2 je
pour'avertir le capitaine qui dormait,et
j'eus assez de peine à réveiller. Mais
que
pendant qu'il inhailabegerjaedige
sais à le suivre,.un affreux craquement
fit
tous deux vers l'escanous
précipiter --- Page 194 ---
18z
Vor A G DE
lier IlétaitroptandtUnt
engouffré dans son étroit torrentd'eau,
rejetta lun et T'autre
passage 7. nous
bre de
au fond de la champoupe.
Revenus de notre premier étourdissement, nous nous élancâmes
le
en luttant avec la fureur sur pont,
du
contre les vagues
désespoir
qui nous assaillaient.
Quel spectacle I - nos deux
de toutes leurs voiles et mâts,'chargés
raze du pont, l'autre rompus, l'un à
dela hune,
sous le chouquet
tenaient le Daviretellement
assnjéti sous l'eau, qu'à peine
atteindre le plat-bord
pâmes-nous
dunette et le
opposé. entre la
du.vaisseau passe-avant, la seule partie
qui ne fnt pas submergée, et
auquel je m'altachai par le milien du
corps avec la première drisse
mne tomba sons la main,
rompue qui
Desept matelots, y compris l'imprétard, aideràserrerl 10
les
SroLROCa
de lavesgne
voiles, étaittombé
s'était
dugeand hunier sur le pont,
depeu-près cassé'les reins. Un
tre avait eu la main droite
aufracassée; U12
pas submergée, et
auquel je m'altachai par le milien du
corps avec la première drisse
mne tomba sons la main,
rompue qui
Desept matelots, y compris l'imprétard, aideràserrerl 10
les
SroLROCa
de lavesgne
voiles, étaittombé
s'était
dugeand hunier sur le pont,
depeu-près cassé'les reins. Un
tre avait eu la main droite
aufracassée; U12 --- Page 195 ---
A SAINT-DONTKOUE
troisième, occupé à serrer le petit peravait été précipité à la mer avéc
roquet, les mâts. Il ne nous restait donc que
hommes... Mais quels homes!
quatre
et le sang-froid ne
Jamais Fintrépidité
firent autant de prodiges de courage,
de force, de présence d'esprit! A peine
la rapidité avec laquelle se succédaient
d'eau, sous lesles énormes montagnes
abiquelles nous étions à chaque instant
laissaient-elle le moment de
més, nous
reprendre haleine et de nous secouer >
nos matelots saisissaient cet instant
que lucide pour rompre à coups de hache
les manceuvres qui attachaient Pédifice
de la mâture au corps du navire. Nous
d'une demie-heure dans le
fimes plus
sombre et.douteux crépuscule qui sépare
la vie de la mort, comme l'aube d'un
ténébreux sépare les incertainesjour clartés de Paurore des ombres de la
nuit.
ma faiblesse, MonIl faut que j'avoue
du soin
sieur,ne me fiant pas tout-à-fait
de notre salut à nos forces ordinaires 2 --- Page 196 ---
VOYAG E
je crus devoir recourir à
dont l'intervention
une puissance
fut toujours efficace.
M'adressant doac à
nonçai tout haut le léquipage, je protribuer
voeu...
de lui disJa
un sac de piastres que je tenais à
main, si ses efforts parvenaient à
sanver, et l'on redoubla
nous
d'ardeur.
Enfin 2 la Flore, quele poids de sa mâture brisée
rassée de assujétissait sous l'eau, débarses débris, se redressa par secousses, et reprit son à-plomb.
Ce moment que nous attendions
une espèce de terreur
avec
certes était bien
religieuse, ei qui
pour nous le moment
supréme, fut le signal de notre
d'un sentiment
salut, et
la
plus doux que celui de
joie, car la joie a des accens, et
n'avions que. des Jarmes. Ce fut alors nous
lement que je m'apperçus
seuenveloppé des
que quelgu'un
pans d'une large redingotte que j'avais endossée à la
nait mes deux jambes fortement hâte, tesées. Ce
embrasquelqu'un était un gros singe
qui, parvenu à rompre, au fort du danger, la corde qui T'attachait sur la du-
doux que celui de
joie, car la joie a des accens, et
n'avions que. des Jarmes. Ce fut alors nous
lement que je m'apperçus
seuenveloppé des
que quelgu'un
pans d'une large redingotte que j'avais endossée à la
nait mes deux jambes fortement hâte, tesées. Ce
embrasquelqu'un était un gros singe
qui, parvenu à rompre, au fort du danger, la corde qui T'attachait sur la du- --- Page 197 ---
A SAINTDONISCUE
s'était réfugié près de moi. Ainsi,
nette,
d'asyle à un malbeuje servais encore
plus aucun
reux, quand je n'en voyais
pour moi-même!
Jasqueslà on ne s'était point apperçu
manquit personne ; mais en
qu'il nous
notre
faisant T'appel nominal, on vit que
matelot manquait, et ce fut
plus jeune
alors seulement que lon se rappella qu'il
devait être tombé à la mer avec le perserrait. On courut le long
roquet qu'il
à la fin on
du bord avec des porte-voix;
en entendit une qui répondaittranquillement:J'am coming.je niens.j'arriee.Ce
homme vigoureux: s'était fortement
jeune
débris de la mâture, et se dé
retenu aux
avec tant de force et de
battit, teavailla
d'esprit,que dedébris en débris,
présence
surle pont, où vous
il arriva, en effet,
fut le bien-venu.
ne doutez pas qu'il
nous
Il s'en fallait de beaucoup que
fussions alors dans un état prospère e;mais
étions sauvés pour Je moment; et 2
nous
Texpression d'un voyacomme d'après
les malleureux ne sont pas dif
geur, --- Page 198 ---
Vor A G E
ficiles en espéraices
mes celle denous
(1), noirs conçdtirer
rien n'annonçdt
dallaine,quoique
dussent
que le vent et la mer
se calmer de sitôt; et sur quoi
pensez-vous que se fondât notre
Sur ce qui fait le
espoir ?
nous n'avions
désespoir des autres :
plus rien à perdre,
Après nous être assurés,
des pompes; que le
par Pusage
plus d'eau
navire ne fesait pas
notre
qu'à Tordinaire,ce qui, dans
malheur, était une
aussi rare qufheurease;
circonstance
çon da mit de misaine réduits au tronture, le vent n'avait pour toute mâsurnous, desorte
plus aucune prise
tilles,
qu'en clouant les écoude
nous pouvions, comme la famille
Noé, renfermés dans notre
braver toutes les fugeurs de FOcéen. arche,
fut aussi par-là
Ce
que nous terminaines les
travaux, que je pourrais bien
les combats d'une nuit aussi
appeller
désastreuse, et pendant
longuc que
laguclieje répé
(1) Naufrage et avantures de Pierre Viaud,
, desorte
plus aucune prise
tilles,
qu'en clouant les écoude
nous pouvions, comme la famille
Noé, renfermés dans notre
braver toutes les fugeurs de FOcéen. arche,
fut aussi par-là
Ce
que nous terminaines les
travaux, que je pourrais bien
les combats d'une nuit aussi
appeller
désastreuse, et pendant
longuc que
laguclieje répé
(1) Naufrage et avantures de Pierre Viaud, --- Page 199 ---
A SAINT-DoxiNeUR
tai plus d'anc fois ce vers de.j je nc sais
quel poëte:
voille!
O! quela nuit est longue à la douleur qui
Le jour nous ramena du calme plutôt que nons ne l'attendions, et avec Iui
le moyen de repècher ceux des débris
de notre grément que la mer n'avait
point cmportés, tels que le grand foc,
cordages, la vergue de misaine
quelques avec sa voile. et sa hune que lon parvint à replacer, à la vérité, avec des
efforts inouis 2 mais assez solidement
pouvoir nous soutenir à la cape
pour
sous la misaine.
Malleureusement les navires qui ne
destinés aux voyages de long
sont pas
de mâts
cours, sont rarement pourvus
et de voiles de rechange. Le nôtre était
dans ce cas. Lorsque, le sur-lendemain
de notre désastre, il fut queation d'aviser
de réparer nos pertes, il ne
aux moyens
trouva dans la soûle à voiies qu'un
se
grand perroquet, une étaye, quelques
cordaaunes de toile en pièce, quelques
ct surlepont un seulmat de hune
ges, --- Page 200 ---
Vor A G E
Je vous épargnerai, Monsietr, la longue énumération des ressources
tre industrie nous
que nosuggéra. Le récit des
périls. de Thomme luttant contre la
ture, Tadversité et la mort,
nade son semblable
peut obtenir
dès
un intérêt qui cesse
qu'il n'a plus à lui offrir que le détail des travaux de son intelligence.
J'abrége donc, en disant que le mât de
hune, emboîté dans le tronçon dugrand
mât,nouse en lint lieu; que le grand
roquet > élargi et renforcé
pertoile
avec de la
neuve , remplaça la grande voile;
quelon rétablit le SOC et la voile d'étaie;
queles. draps de mon lit servirent à faire
un hunier porté par un mât
d'un faisceau de lattes invendues composé
à SaintDomingue : qu'avec ma couverture et
celle de M.
Lynham, on parvint à faire
un tape-cul au bâton de pavillon, et
moyennant cette voilure
que, 2
recherchée
un peu moins
que celle du vaisseau de
Cléopâtre, nous fumes, à notre grande
satisfaction, en état de filer trois à
tre nceuds par un vent modéré, qua-
d'un faisceau de lattes invendues composé
à SaintDomingue : qu'avec ma couverture et
celle de M.
Lynham, on parvint à faire
un tape-cul au bâton de pavillon, et
moyennant cette voilure
que, 2
recherchée
un peu moins
que celle du vaisseau de
Cléopâtre, nous fumes, à notre grande
satisfaction, en état de filer trois à
tre nceuds par un vent modéré, qua- --- Page 201 ---
A SAINT-Doxixevs
Notre estime ne nous met plus qu'àà deux cents licaes de terre.
peu-près
plusieurs navires,
Nous avons rencontré
doute
qui, de loin, nous prenant sans
quelque chébec barbaresque, sont
pour
reconaître ; mais après s'être
venus nous
assurés qu'au lieu d'être des forbans 2
nous n'étions que des malheureux, ni
notre pavillon en berne, ni nos coups
de détresse, n'ont pu les engager à nous
offrir les secours dont nous avions besoin.
L'un. d'eux est arrivé sur nous jusqu'à
la portée de la voix, et a viré de bord
sans seulement daignernous répondre
A ce lâche et dur égoisme, vous reconnoîtrez, Monsienr, les dignes instrumens
T'avarice
les soudoye. Si M. Lynde
qui
moi;
hâm n'eût pas été plus sage que
eussions, à laide de nos quatre canous
à ce dur Pharisien toute
nons, envoyé
avions à bord.
la mitraille que nous
Comme la cruauté est toujours lâche,
doute
notre audace ne lui
je ne
pas que
eût fait donner à lâ peur ce qu'ilrefusait
à Thumapité, et peat-être avais-je rai- --- Page 202 ---
VOTAGE
son, car enfin le vent contraire
nous obliger à battire la mer
peut
réduire aux plus affreuses jusqu'à nous
moindre vent forcé
extrémités; le
enlever
peut encore nous
pièceà pièce notrefrêle
et que deviendrons-nous
voilure,
alors? --- Page 203 ---
'A SAIXT-DoxINGUE 19K
RAX Nowr
L ETTI R E XXXVIIL
Nerfollen Virginie. Aoll, 1790.
O N dirait, Monsienr, que, par-tout où
j'arrive, il se tronve des navires en station pour recevoir et vous porter mes
lettres. J'en ai rencontré ici trois qui
retournent incessamment en France, où
ils reporient, à peu de choses près, la
même cargaison qu'ils ont apporté. Je
vous dirai une autre fois d'ou provient
dans les spéculations du
ce mécompte
conmerce français; pour anjourd'hui,
j'ai à vous achever le récit de notre
malencontreuse traversée.
Plus heureux que nous n'avions lieu
de Tespérer, le vent, toujours modéré
ct favorable, nous permit de faire, sans
interruption, usage de toutes nos voiles.
Nous en eines sur-tout besoin pour frande deux à trois
chir un courant, large
lieues, d'unerapidité extraordinairegqui,
sortant du golfe du Mexique, croise le
ations du
ce mécompte
conmerce français; pour anjourd'hui,
j'ai à vous achever le récit de notre
malencontreuse traversée.
Plus heureux que nous n'avions lieu
de Tespérer, le vent, toujours modéré
ct favorable, nous permit de faire, sans
interruption, usage de toutes nos voiles.
Nous en eines sur-tout besoin pour frande deux à trois
chir un courant, large
lieues, d'unerapidité extraordinairegqui,
sortant du golfe du Mexique, croise le --- Page 204 ---
Vor A G E
canal de Bahama, et dont la direction
diamétralement opposée au vent, produisait une mer courte et
clapotteuse, 2
qui fatiguait notre navire au point que
si nous eussions eu des mâts de hune,je
suis persuadé que la violence et la continuité du tantage les eût amenés sur le
pont.
Nous eûmes besoin de sept à huit heures pour traverser en diagonale cette espèce de
P
torrent, car il en a la rapidité
et lei murmure, et je ne connais point. de
contraste plus pénible que celui d'éprou:
ver, sous un ciel serein, et avec un vent
favorable, tous les désagrémens de la navigation la plus laboricuse. Il ne serait
impossible,
pas
Monsieur, que le navire qui
ferait la même route avec le vent dans
la même direction que le courant,
peu que son conducteur manquât pour des
connaissances
nécessaires, 2 ne trouvât
au bout de vingt-quatre heures un mécompte d'autant plus étrange dans son
estime, que l'accord du vent et de la
maréel lui
irendantlexistencede. cette dernière
désagrémens de la navigation la plus laboricuse. Il ne serait
impossible,
pas
Monsieur, que le navire qui
ferait la même route avec le vent dans
la même direction que le courant,
peu que son conducteur manquât pour des
connaissances
nécessaires, 2 ne trouvât
au bout de vingt-quatre heures un mécompte d'autant plus étrange dans son
estime, que l'accord du vent et de la
maréel lui
irendantlexistencede. cette dernière --- Page 205 ---
A SAIT-Doxtseus.
il ne songerait iême
nière insensible,
pas à' 'calculer sa dérive.
Malgré les observations de beaucoup
très-instruits, - je suis porté à
de marins
croire que nous n'avons encore qu'une
théorietoes-imparfite des courans.Aussi,
marchands ne mannos navigateurs deleurattribuerles nomquent-ilasjamais
résultent de leur nébreuses erreurs qui
Cette
gligence ou de leur incapacité.
théorie est cependant d'une extrême imets si l'usage et Thabitude d'obportance,
donner quelque crédit
server ponvaient je dirais que M. de Saintà mon opinion,
déciPierre me semble avoir fait un pas
sif dans la carrière de la nature, en attribuant à la fonte périodique des glaces
polaires la source des courans, que ses
adversaires vont, avec beaucoup moins
chercher danslalune.
de vraisemblance,
Aujourd'hui que,grâces au systémesimet lumineux de l'auteur des Études
ple
Texpérience n'a plus bede la Nature,
soin de s'élancer dans les astres pour y
chercher lacause d'un effet qu'elle a
--- Page 206 ---
VOYAG E
sous les yeux, il faut
pourra enfin nous donner espérér qu'elle
raisonnable d'un
une solution
résolu, contribuera problême qui, bien
à
art bien funeste
perfectionner un
moindre
sans doute, mais où la
erreur peutavoirles
rables conséquences.
plus déploCe qui rend la
ges du nouvean navigation de ces paramonde
un tenis obscur ou forcé, dangereuse par
abaissement des
c'est Textréme
est tel
terres de la Virginie. Il
qu'à deux lieues en iner on distingue les pins dont le
sans voir le sol
rivage est bordé,
qui les porte, de
qu'on les dirait
sorte
milieu de
plantés dans l'eau, au
de
POcéan, ce qui forme un
vue tres-singulier. Delà vient point
n'use nulle part autant
que l'on
caution
qu'ici de la préd'envoyer des
devant des navires pilotes-côtiers anpart
attendus, et nulle
aussi, pas même en
n'ai vu ces sortes
Angleterre, je
mieux, ni plus
d'emharcations, 2 ni
élégamment
C'est bien d'elles
constraites.
qu'clles
que lon peut dire
naviguent comme des poissons,
tres-singulier. Delà vient point
n'use nulle part autant
que l'on
caution
qu'ici de la préd'envoyer des
devant des navires pilotes-côtiers anpart
attendus, et nulle
aussi, pas même en
n'ai vu ces sortes
Angleterre, je
mieux, ni plus
d'emharcations, 2 ni
élégamment
C'est bien d'elles
constraites.
qu'clles
que lon peut dire
naviguent comme des poissons, --- Page 207 ---
A SAINT-DoxrxevE.
Celle qui nous accosta la première,
dans la matinée du 30 Juillet, était commandée par un nègre... Etrange renversement de principes pour un homme
arrive de Suint-Domingue! ! Nous le
retinmes qui
afin de piloter entre les caps
Charles et Henry, ainsi baplisés par le
célèbre Jean Smith, surnommé le Navigateur par excellence. Ces deux caps,
découverts précédemment, en mai 1607,
par le capitaine Neurport 7 forment
Pentrée de la baie Chésaptak, par 37
degrés de latitude, le premier au nord,
le second au sud. Ils sont séparés par un
canal de dix-huit millesde large au milieu
duquel nous mouillâmes vers cinq heures
du soir, le Jussant, renlorcé par le dégorgement des eaux de plusieurs rivières,
qui seraient des fleuves en Europe, ne
point de gagner Nornous permettant
folk avant le retour de la marée.
Un retard qui nous condamnait à passer encore une nuit en mer, ne convenait pas plus à M. Lynham qu'à moi.
En conséquence,nous nous fîmes mettre
13 * --- Page 208 ---
VorAG E
à terre sur la plage du
Textrémité de
cap Charles, à
l'espèce de presqu'isle
formentla Delaware au
que
nord, et la Chésapéak au sud.
C'est en vérité,
délicieux
Monsieur, un bien
spectacle pour desa arrivans de
Saint-Domingue, que celui de cette terre
henreuse!Je ne mne lassais point de comparer les tristes habitations
de
que je venais
quitter, avec ces maisons
et propres, éparses dans des élégantes
verdoyantes; le ton d'aisance campagnes
qui,dans cette partie du nouveau générale
semble avoir tari la source des monde,
et des crimes de
malheurs
tendue
Tancien, avec la préopulence de celui dont
le plus doux est de quitter la T'espoir
le porte et le nourrit. J'essaierais terre qui
ment de vous peindre l'état de
vainedans
béatitude
Jequel je me sentais comme abimé
en côtoyant ce rivage au déclin d'un
beau jour : cela est au-dessus du
de Phomme; mais si , dans ce pouvoir
moment,
guelqu'un m'eit proposé de me rembarquer pour aller seulement à dix lieues
avec la préopulence de celui dont
le plus doux est de quitter la T'espoir
le porte et le nourrit. J'essaierais terre qui
ment de vous peindre l'état de
vainedans
béatitude
Jequel je me sentais comme abimé
en côtoyant ce rivage au déclin d'un
beau jour : cela est au-dessus du
de Phomme; mais si , dans ce pouvoir
moment,
guelqu'un m'eit proposé de me rembarquer pour aller seulement à dix lieues --- Page 209 ---
A SATNT-DoxixeUt
de-là chercher autant de toisons d'or
a de feuilles aux arbres de la
quily
certainement reColchide, je n'eusse
pondu à sa proposition que par le SOILrire du mépris. Peu s'en fallutmeme ques
ne prononçasse du
dans ce moment, je
fond de mon coeur le serment dene plus
quilter cettc terre, quel que soit le soct
que la fortune m'y prépare.
Obligés à quelques détours pour passer à gué des criques sans. ponts, nous
n'arrivâmes à Hampton qu'à la nuit.
C'est un village composé, 2 comme tous
de
ceux de PAmérique septentriona'e',
et de fort joiies maisons.
rues alignées
attendant Pheure
Nousyprimes le thé en
du départ d'un bâteau passager qai deNorfolk, distante
vait nous transporterà
d'une soixantaine de milles.
Nous nous embarquânes et partimes
entre sept et huit heures. Le vent nous
fut d'abord favorable; mais un orage qui
se forma sur la côte, nous ayant laissé
en calme, M. Lynham, auquel
presque
la rive droite
il tardait d'arriver. 2 gagna --- Page 210 ---
Vor A G E
de Jams. River dans une petite
nous suivait à la
jole qui
du chemin
traine, et fit le reste
à pied.
Je n'avais pour tous
compagnons de
voyage, que trois matelots et un juif,
qui prit le parti dese coucher et de dorinir. Après une heure de calme,
l'orage
qui nous avait pris notre
rendit, mais
vent, nous le
avec usure; et quoiqu'il fit
plier les deax longs mâts qui
deux grandes voiles
portaient
ammena
carrées, on ne les
pas d'un pouce 3 pendant
le patron me narrait fort en détail Phis- que
- toire de plusieurs barques
sienne,
pareilles à la
qui avaient péri dans le même
trajet, pour ne s'être pas assez méfié des
vents de cette côte. C'était
Tauditoire dont
un avis à
je profitai en
au pied d'un des mâts,
m'asseyant
la main, prêt à
mon couteau à
couper la drisse si je
m'appercevais que le vent forçât un
trop.
peu
Ni les coups redoublés du
ni le fumulte des
tonnerre,
vagues ne purent déterminernotie fils de Jacob à venir nous
pour ne s'être pas assez méfié des
vents de cette côte. C'était
Tauditoire dont
un avis à
je profitai en
au pied d'un des mâts,
m'asseyant
la main, prêt à
mon couteau à
couper la drisse si je
m'appercevais que le vent forçât un
trop.
peu
Ni les coups redoublés du
ni le fumulte des
tonnerre,
vagues ne purent déterminernotie fils de Jacob à venir nous --- Page 211 ---
A SAINT-DONINeUR 199
joindre. On avait beau Téveiller, il se
rendormait toujours. Sila sécurité dans
le danger est le fruit de T'expérience,
il ne faut pas douter que ce rejeton
d'Israël ne se fit trouvé avec Moise.au
passage de la mer rouge.
A une heure après minuit, nous arrivâmes à Norfolk. Je trouvai sur le port
M. Lynham etson frère,ui avaient eu
Thonuéteté de me préparer un lit chez
eux. Mais, comptant me reposer ici
quelques jours, je me suis logé à Pauberge, où j'ai reçu CC matin la visite de
M. Oster, vice-consul de France , au
moment oû je sortais pour aller le voir,
ct chez Jequel j'ai diné avec Messieurs
Lynham.
assez
ville lorsNorfolk sera une
jolie
ruines qui
qu'elle aura réparé quelques
de
attestent encore ce qu'elle a souffert
lauévolution, La tradition, qui nous apprend qu'ellese nommhstt.Pouhuton dans
la laungue des sauvagés 2 prouve qu'elle
était un ancien établissement d'un penple
qui,dans celte position,ne pouvailguères --- Page 212 ---
VoYAG E
étre que pécheur. Elle est
chef-lieu d'un
aujourd'hui ile
l'état de
comté de son nom dans
Virginie. Environnée de sables
et de
lagunes, qui ne la rendent
habitation très-saine
pas une
ne se fût certainement pendant Tété, elle
jamais élevée au
point où elle est,si sa position, favorable au commerce, n'en avait fait P'entrepôt de eelui de toute la basse Virginie.
J'ai eu avec M. Oster une longue et
très-instructive conversation qui fera le
sujet de ma première lettre. --- Page 213 ---
20I
A SAINT-DOHINGUE
WSR LJ 217 snt
LETTRE XXXIX
Notfolk. loût,1790.
Moxsieun Oster, qui 3 joint beaucoup.
et d'honnéteté à toutes
de complisance nécessaires à son état,
les connaissances
sur les
a bien voulu me communiquer, la France et
relations commerciaies de
des Etats-Unis, un mémoire qu'il a envoyé au ministère.
Ce mémpoire contient des observations
tresjudicieuses, des détails très-instruetifs, des vues très- étendues; mais j'ai
prédit à son auteur qu'ii resterait sans
effet, parce que le ministère français est
encore-loin de comprendre ies rapports
depuis la découverie des deux Indes,
qui, lient lc commerce d'un état à son gourapports sur jesquels il est
vernement;
très-essentiel de ne se pas tromper,dont
TAngleterre seule parait avoir approfondi la nature ; et que la France et la
Hollande me semblent avoir également
endues; mais j'ai
prédit à son auteur qu'ii resterait sans
effet, parce que le ministère français est
encore-loin de comprendre ies rapports
depuis la découverie des deux Indes,
qui, lient lc commerce d'un état à son gourapports sur jesquels il est
vernement;
très-essentiel de ne se pas tromper,dont
TAngleterre seule parait avoir approfondi la nature ; et que la France et la
Hollande me semblent avoir également --- Page 214 ---
VorAG E
méconnu, Pune en
merce à la
sacrifiant-le compuissance, c'est-à-dire, la
prospérité dei ses
force militaire; établissemens à leur
Tétendue
l'antre, en immolant à
et à l'activité du
les précautions de force et de commerce 2
Nous
sûreté.
avons, Monsieur, vous et moi,
regretté plus d'une fois
dans le nombre
ensemble ' que,
des bureauz qui comnposent les divers
départemens de l'administration, il n'y en ait pas un
cialement chargé de l'examen
spédes
jets; et mes, regrets se sont
proà la lecture du mémoire
renouvellés
de M. Oster(r).
(r) Il est assez curieux d'observer
que Mirabeau père écrivait, il y a aujourdhui de
ans: : c Il n'est rien de si fou que la plus trente
nep puisse' regarder commes sagesse. Unlems raisonhumaine
où l'ou verra des buréaux dont les fonctions viendra
raient êlre exprimées par ce titre :
pourla dévastation ). Le fils n'a pas mal Iribunal.de coniribué
préparer Paccomplissement de la
à
père, et le comité de salut
prédiction du
je crois, pas mal à un tribunal public de ne ressemble,
Voyez Pdmi des Iommes, tome dévastation.
I, chapitre 3. --- Page 215 ---
A SAIXT-DONINGUE
Sclon ce consul, la France a perdu
occasion unique de substituer ici
une
à celui de TAngleterre à
son commerce
Elle avail alors
Tépoque dela révolution.
de
sur sa rivale le prodigieux avantage
fournir aux Etats-Unis les prinpouvoir articies, tels que les draps 2 les
cipaux toiles, les vins, etc. d'une qualité supéau-dessous de celui
rieure 2 et à un prix
Fincertides Anglais. Mais, retenus par
tude du succès de la révolution, par
Timpossibilité d'offrir aux Américains le
même crédit qu'ils trouvaient chez les
se. sont bornés
Anglais, nos commerçans
à quelques essais timides, à quelques enjoints à des combivois partiels, 2 qui,
étaient en -
naisons fausses, 2 parce qu'elles
contraste avec les préjugés, les habitudes, les goûts des premiers, les ontréciproquement dégoités d'un commerce,
dont la permanence ne pouivait être
achetée du côté des Français que par
des sacrifices chers et multipliés.
Aussi, la paix n'eut-elle pas plutôt
rétabli la communication entre l'an-
essais timides, à quelques enjoints à des combivois partiels, 2 qui,
étaient en -
naisons fausses, 2 parce qu'elles
contraste avec les préjugés, les habitudes, les goûts des premiers, les ontréciproquement dégoités d'un commerce,
dont la permanence ne pouivait être
achetée du côté des Français que par
des sacrifices chers et multipliés.
Aussi, la paix n'eut-elle pas plutôt
rétabli la communication entre l'an- --- Page 216 ---
VOTAG E
cienne métropole et ses anciennes colonies, que TAngleterre, loin de
ses vieilles créances,
réclamer
> s'empressa
un nouveau crédit à. ses
d'offriz
dès-lors tout fut dit
débiteurs, et
A
pour la France.
cette considération
majeure, il faut,
Monsieur, en joindre
non-moins
quelques - unes
importantes : c'est d'abord
que les négocians
français ne se sont
pas plutôt cru les maitres de faire ici le
commerce sans concurrence,
haussé le prix et altéréla
qu'ils ont
qualité de leurs
marchandises. Spéculant ensuite
non-moins d'étourderie
aveç
que
plus sur les ressources
d'avidité,
offrir
que semblait leur
l'industrie française
simplicité des
2 que sur la
moeurs d'an peuple trop
sage pour satisfaire ê ses fantaisies avant
d'avoir pourva à ses besoias, ils lui ont
porté beaucoup de ces bagateiles de luxe
et de goût, qui n'ont pas plus trouvé
d'acquéreurs que d'admirateurs ; d'ou a
résulté le triple déficit des frais d'armement, des marchandises qu'ila fallu donner à perte ou remporter; et
enfin, du --- Page 217 ---
A
SAINT-DoNiNeUE
devaient produire des rebénéfice que
desquels on avait
Tachat
tours > pour
des cargaisons invencompté sur le prix
dues.
des raisons -
Mais 2 indépendamment des moyens et
prises dans T'insuffisance du commerce
les erreurs de spéculation
toutfrançais , il est des considérations et de
de la politique
à-fait indépendantes toujours aux AnTintérêt qui assureront
exclusif,
à-peu-près
glais le commerce,
sont,
Etats-Unis. Ces considérations
des
lieu, T'espèce de consanguien premier
ensuite lesmémes 2
nité des deux peuples;
les mêmes
la même langue,
religions les 2 mêmes goûts, etc.
mceurs,
Monsieur, comme
Je regarde donc 2
générale
Popinion
une hérésie politique,
mortel
la France a porté un coup de TAnque
et à ja puissance
au commerce
(1) et en opérant
gleterre, en préparant
Ce fut le duc de Cnoiseuil qui, non-seule-
(1)
del'Amé:
ma a's pripaatiasureciond la certimentennçil, J'ai acquis dans ce pays
rique Anglaiie.
.
mceurs,
Monsieur, comme
Je regarde donc 2
générale
Popinion
une hérésie politique,
mortel
la France a porté un coup de TAnque
et à ja puissance
au commerce
(1) et en opérant
gleterre, en préparant
Ce fut le duc de Cnoiseuil qui, non-seule-
(1)
del'Amé:
ma a's pripaatiasureciond la certimentennçil, J'ai acquis dans ce pays
rique Anglaiie. --- Page 218 ---
Vor A G E
Tindépendance de PAmérique. A la vé.
rité,le ministère
droit de
anglais y a perdu le
disposer des emplois civils et
militaires, , de percevoir des droits
suffisaient à peine aux frais de l'adminis- qui
tration, delever des troupes dont iln'a
plusbesoin depuis la cession du Canada,
des matelots dont il
dont il
peut se passer, 2 ou
voudra pourra toujours disposer quand il
les payer. Mais quel est l'effet le
plus généralement attendu de
dance des Etats-Unis?
Findépenun sensibleaccroissement de population,
culture',
d'étendue, et de
et chaque jour Texpérience
tifie cet espoir. Mais
jusquei en sera la conséquence ? Que la, consommation
mnanufactures
des
etdelindustrie de
suivra nécessairement ici les PEurope
la culture et de la
progrès de
population , jusqu'a
tude que dès 1766, ilavait envoyé à
le baron de Kalbe
Philsielphie
pour y sonder et préparer les
esprits. Cei ministre ne prévoyait guère
ainsi les fondemens de la révolution qu'il jetait
Et voilà comme la fortune se plait à confondre.les framçaise.w
profonds calculs de la sublime politique des cours! --- Page 219 ---
A SATKY-DoxINGUE
encoretrés-doignée, olagriPépoque,
rendront à l'inculiure. et le commerce
de la
dustrie et aux arts le sur-ahondant
comme j'ai dit les raisons
population yet,
conservera
pour lesquelles PAngleterre exclusifdes
nécessairement le commerce
derEtats-Unis, c'est donc clle qui, en
au lieu de tout perdre,
nière analyse 7 à la révolution dans laaura tout gagné
rnine. Je dis plus,
quelle on a cru voir sa
la chance
Monsieur, je dis que si jamais
des
politiques ammenait
des révolutions
Pexisévénemens qui compromuissent trouverait
tence de Tàngleterre 2 elle
de ses
nécessairement , dans Talliance
anciennes colonies, taslesemoorsettar
dont elle aurait besoin pour con
sistance
dans la balance de PEuserver son poids
qni ne lui
rope,et que le même pays,
et des
donnait autrefois que des matelots
lui donnerait alors des armées et
soldats,
des escadres.
si lon voulait prendre
Sans doute que
celui que dicpour règle de son jugenient des deux natent à quelques individus
2 elle
de ses
nécessairement , dans Talliance
anciennes colonies, taslesemoorsettar
dont elle aurait besoin pour con
sistance
dans la balance de PEuserver son poids
qni ne lui
rope,et que le même pays,
et des
donnait autrefois que des matelots
lui donnerait alors des armées et
soldats,
des escadres.
si lon voulait prendre
Sans doute que
celui que dicpour règle de son jugenient des deux natent à quelques individus --- Page 220 ---
Vor A G E
tions deshaines
personnelles(s)et lesouvenir des discordes civiles, jamais l'Angleterre et PAmérique ne seront unies
d'un lien sincère. Mais ces sortes d'affections meurent avec celui dont elles
constituent passagérement Pexistence. Il
faut regarder les peuples comme des lutteurs à gages 2 dont l'animosité ne survit
point au combat; et le sage, quisait faire
abstraction des causes accidentelles
perce d'un ceil assuré le
nuage que les
préjugés du moment élèvent entre lui
et l'ordre nécessaire des choses.
A la vérité 2 Monsieur, on se
et l'on parviendra à faire ici directement prépare
le commerce avec la Chine, et, par conséquent, à priverla
Grande-Bretagne du
bénélice de cette branche de son importation. Il fallait qu'il fut considérable,si
(1) On peut voirune preuve
faux
et calomnieux
desjugemens
que Tinjustice dicte à l'esprit de
parti dans la traduction d'un ouvrage
deux volumes, intitulé : journal d'un anglais en
dans Pintérieur de PAmerique
voyagefait
par un oflicier anglais.
Septentrionale 2.
l'on --- Page 221 ---
A SAIN*DOxIxeUE. ferT'on doit en juger- par Topiniatre Anle gouernenient
mcté avec laquelle
Timpôt sur le
glais a voulu maintenir voit qu'il a mieux
thé, et lorsque l'on
et risaimé fairela dépense d'une guerre de rien
quer de perdre rAmérique , outre que que la
relâcher de ses droits. Mais
doit
ne
pas
volonté d'un gouvernement une raison
plus être regardée comme arbitraires de son
d'état, que les actes
je présume
comme des loix,
pouvoir
américain, ne pouvant
que le commerce
suffire au besoin
encore de long-tems celui de T'Anglede la consommation toujours ,
une partie,
terre en conservera subità ce seulégard,
et que la perte qu'il
parle bénéfice
d'obsur
cohmm.cemmtaueter
continue à faire
beaucoup
qu'il
et d'une consommajets de manufacture
toujours l'art
tion à laquelle elle trouvera
de pourvoir seule. résolution de ne plus
Malgré ma belle nécessité absolue,
tenter, à moins d'une
suis arrangé
le hasard des mers, je me qui va diaméricain
avec un capitaine
--- Page 222 ---
BI0
Vor A G E
rectement à Philadelphie. Meseffets sont
déjà'à bord, et je compte
ce soir et
m'embarquer
mettre à la voile cette nuit,
ets de manufacture
toujours l'art
tion à laquelle elle trouvera
de pourvoir seule. résolution de ne plus
Malgré ma belle nécessité absolue,
tenter, à moins d'une
suis arrangé
le hasard des mers, je me qui va diaméricain
avec un capitaine
--- Page 222 ---
BI0
Vor A G E
rectement à Philadelphie. Meseffets sont
déjà'à bord, et je compte
ce soir et
m'embarquer
mettre à la voile cette nuit, --- Page 223 ---
2IT
A SAINT-DOxixoUE
LETTRE XL.
Norfolk. Septembre 3 1790.
Monsieur, ne nous
Lr vent contraire; de mnettre à la voile
ayant pas permis
une nuit à bord,
hier, après avoir passé
Syham, qui
je suis venu voir Monsieur laquelle mon
m'afait une] proposition absolument par
changé.
itinéraire se trouve
avec laquelle il
Ayant frété une barque lui-même une partie de
veut transporter
il m'a fait,
à Alexandrie,
sa cargaison
des instances dont
pour Tacrompagner,
iln'avait pas besoin.
sur
J'ai donc laissé mes équipages moi que
VAmbricain, et n'ai gardéavec
nécessaire pour un voyage
ce qui m'est
de huit jours.
convient d'auCe nouvel arrangement
me fera
à ma curiosité, 2 qu'il
tant plus
que je n'aurais peutparcourir un pays lui.
être jamais vu sans
14 * --- Page 224 ---
VorAc E
Nous naviguerons dans la
le long des terres de la
Chésapéak
Maryland,
Virginie et du
towmak jusqu'à T'embouchure du Po-
; remontant ensuite ce fleuve
jusqu'à Alexandrie, je me rendrai
Annapolis et Baltimore à
par
Si je fais un détour de Philadelphie,
taines de
quelques cenmilles, je substitue du moins à
un voyage de mer ennuyenx,
pas sans
etqui n'est
danger avec des inconnus, une
navigalion douce et agréable avec un
homme sociable 2 et que je pourrai fatiguer de questions sans crainte
de sa complaisance."
d'abuser
Je me garderai bien,
vous donner encore
Monsieur, de
nouveau
mon opinion sur le
L'effet peuple avec.lequel je vais vivre,
de la premitreinmpression
peut-être, ici tout différent de serait,
a été à
ce qu'il
rien Saint-Domingue, car je ne vois
encore qui dérkente la prévention
favorable avec laquelle j'y suis arrivé,
A la vérité,ce que l'on nomme vulgairement les maurs,my paraît à quelques égards dans line contradiction sin- --- Page 225 ---
A SAINT-DONIsGUE
avecnotre politesse Européenne.
gulière
exemple, il y a deux jours,
J'étais, par
Le
table d'hôte assez nombreuse.
à une
droite laissa échapper
çonvive assis à ma
anxquels la
des soupirs
de sa poitrine
ne me permet
délicatesse de notre langue
J'eusse
nom véritable.
pas de donnerleur
un accident , ou
regardé cela comme
à un
comme une licence pardonnable été
vicillard, s'il n'eût successivement confrères,
imité par la plupart de-ses fonction avec
qui tous vaquaient à cette décontenancer la
une gravité qui pensa
mettaient
mienne On eût dit qu'ils y
TéHeureusement que
de la prétention.
d'éolipyles se
vacuation de ces espèces
; Tallais
borna au seul organe supérieur telle- habime livrer aux pensées qu'une lorsque j'en
tude devait me suggérer 2 donna une
fus distrait par un usage qui à mes rétournure toute différente
flexions.
à boire, lorsJe venais de demander
Donl de
je vis arriver un large
au
que
le domestique présenta
punch que
y
TéHeureusement que
de la prétention.
d'éolipyles se
vacuation de ces espèces
; Tallais
borna au seul organe supérieur telle- habime livrer aux pensées qu'une lorsque j'en
tude devait me suggérer 2 donna une
fus distrait par un usage qui à mes rétournure toute différente
flexions.
à boire, lorsJe venais de demander
Donl de
je vis arriver un large
au
que
le domestique présenta
punch que --- Page 226 ---
Voy A G E
doyen des convives. Celui-ci but à même,
et passa à son voisin le vase, qui fit ainsi
le tour de la table. Quelque
je fusse à cet
étranger que
usage, i'y bus avec respect, Monsieur, comme dans la coupe
hospitalière de P'antiquité, Chez nous
gens délicats et souvent aussi
au physique qu'au
corrompus
moral, une pareille
coutume serait aussi dangereuse que ridicule; mais ici, chez un peuple sain de
corps et d'esprit, elle est le témoignage
d'une confiance trop rare, pour ne pas
aimer en elle la précieuse simplicité de
mceurs dont elle rappelle le souvenir.
Prêt à m'enfoncer dans le continent
dunouvesumonde, je vais étrequelquetems sans retrouver l'occasion de vous
écrire. Jen'en serai pas plus oisif
cela, car, lorsque l'on aime à motiver pour
ses jugemens et à se rendre compte de
ses jouissances 3 jouir et observer deviennent aussi des occupations, Si nos
jugemens dépendent beaucoup de la
bonne ou mauvaise disposition de notre
esprit, je sens que le mien ne futjamais --- Page 227 ---
'A SANT-DoNigevE
plus près de la prévention. Je tâcherai
cependant de l'éviter, et je Tespère d'aufaut, ce me semble, être
tant plus, qu'ilf
je
né avec une force d'imagination que
voir, dans les habitans
n'ai point, pour
de ce nouvel empire - 2 plus que des
hommes qui ont su conserver des mours
des désordres d'une répures au milieu
le
volution, et n'ont point permis que
avec lequel ils ont défendu leurs
courage lenthousiasme avec lequel ils
droits, et
ont conquis leur liberté, dégénérassent
l'autre en férocité, et
l'un en fanatisme,
Puisse la
certes c'est déjà beaucoup.
Monsieur, dire un jour la
postérité chose , de vous ! On le croit ici,
même
parce que Ton juge assez généralement
des autres par soi-même, et que Pamourdes Américains se coiplait dans
propre
la pensée d'avoir été vos premiersmaitres
dans le double art de ravir la, foudre all
ciel et le sceptre aux tyrans (1). Mais
(I)Onsait quelfenthousiasme a inscrit ce vers
ous e poitrait de Frank l. Feu avant se mort;
postérité chose , de vous ! On le croit ici,
même
parce que Ton juge assez généralement
des autres par soi-même, et que Pamourdes Américains se coiplait dans
propre
la pensée d'avoir été vos premiersmaitres
dans le double art de ravir la, foudre all
ciel et le sceptre aux tyrans (1). Mais
(I)Onsait quelfenthousiasme a inscrit ce vers
ous e poitrait de Frank l. Feu avant se mort; --- Page 228 ---
VOYAc E
pour peu que l'on compare les institu.
tions, les moeurs, lesprit des deux
ples, on le desire plus
peuqu'on ne l'espère.
quelqu'un lui parlait de la révolution
parait en France : II Faut à la
qui se préFrance, dit cè
grandhomme, des réformes
le remède serail
etpointde révolution;
pire que le mal.
FI N. --- Page 229 ---
A Sirwr-Doxiveve.
TU M.
FOST-SCRIPT
Français parait auLEgouvernement sérieusenient du soin
jourd'hui s'occuper
et
de rétablir l'ordre à Saint-I Doningne, code ramener dans cette matheureuse fondèrent son
lonie, avec les cultures qui
celle du
cu plutôt
ancienne prospérité,
un ordre de
commerce métropolitaiu 2
choses tolérable.
dont
C'est se vouer à une entreprise si lon
je regarde T'exécution impossihle, unique de
ne saisit pas celte occaiion
par
revenir sur Terreur fon limentale entrava
laquelle lancien gouvernement des Antilles : erJla-population blanche
Tintroduclion
reur d'oà naquirent, avec
tous les
tous les maux,
de l'esclavage,
d'un érablissement
vices qui dérivent Pénorme disproporcivil, dans lequel
les maitres et les
entre
tion numérique
d'autres
asclaves, ne laisse aux premiers 15 --- Page 230 ---
Vo Y AG E
moyens de police et de sireté, que ceux
dont T'abus, impossible à
rendant odieuse la force prévenir, en
faut
sur laquelle il
nécessairement les fonder, amène,
avec d'inévitables révolutions, les
qui détruisent, en moins d'unc année, orages
Touvrage de plusieurs
siècles; car, c'est
une vérité que Texpérieneé a
les ruines de tous les
gravé sur
la nature des sociétés empires, que, si
humaines veut
le grand nombre soit
que
elle
gouverné par le
petit,
ne veut pas que la partie soit
plus que le tozl; que lefaible écrase le
fore, c'est-à-dire, que le petit nombre
opprime le grand.
En vain des hoimes honnèfes,
égarés par l'amour du bien
mais
foris de Texpérience
méme, et
qu'ils peuvent avoir
puisée dans del longues méditationsj
à unel longue résidence,
jointes
croyent-ils avoir
trouvé, dans l'abolition totale, partielle,
ou successive de Fesclavage, le secret de
rendre les colonies à leur ancien état de
splendeur. Je prédis hardiment
demi
que ce
moyen, cette mesure timide, ne
fes,
égarés par l'amour du bien
mais
foris de Texpérience
méme, et
qu'ils peuvent avoir
puisée dans del longues méditationsj
à unel longue résidence,
jointes
croyent-ils avoir
trouvé, dans l'abolition totale, partielle,
ou successive de Fesclavage, le secret de
rendre les colonies à leur ancien état de
splendeur. Je prédis hardiment
demi
que ce
moyen, cette mesure timide, ne --- Page 231 ---
A SATxT-Doxiyous
conduira jamais à leur bnt, parce
les
absurde et chiméqu'il est évidemment rattacher à Tordre,
rique de prétendre la force, deux cent
autrement que par
atouslesexeès
mille esclaves accoutumés
du désor.Jre, el qui dès-lors ne penvent subord'autre idée de police, , ni de
avoir
liées
dination, que celles nécessairement
à la force qui, à leurs yeux, consistera
comme autrefois,
désormais, non plus,
de Tinteligenee,mais
dans la supériorité
dans celle du nombre.
à bien des
Et si, dans V'ancien ct,
tres-vicieux système, il était,
égards,
imposcommeje le crois, physiquement
sible de donner au nègre des moeurs qni
de la surveildispensnssent son maitre dont le soin
lance active et rigoureuse, lui fesait un
même de sa conservation concevratriste et malheureux devoir,
toutt-on qu'il soil possible d'émanciper
d'hommes que 2
à-coup une génération
n'avaient
ni la nairsance, ni Téducation dedroits
formés pour cette combinaison et de sout.
et de devoirs, d'indépendance 15 * --- Page 232 ---
VoxAG E
mission, qui constitue la vraie liberté,
eux qui, d'après ce qu'ilsont vu, doivent
nécessairement la confondre avec la licence la plus effrénée? - Eti jele deman-le,
comment ces hommes accoutumés à l'anarchie, au pillage, auxinussacres, consentiront-ils à redevenir d'impassibles
esclaves? Comment ces esclaves, tout-àcoup transformés en d'inexorables
tyrans, se résoudront-ils a n'être plus que
les journaliers ou les aveugles instrumens
de la fortune d'un maître qu'on leur
prit à mépriser et à vaincre? Comunent apdes mains qui, hier encore
2 lançaient la
foudre, reprendront-elles l'usagedesi instrumens agricoles ? Comment
dra-t il, méme
reprenconditionellement, les
fers du fils, cet esclave dont la
rage a
prolongé Fagonie du père dans
vantables tortures?
d'épouLa métropole, long tems indifférente
au sort des colons, conmence du moins
à s'intéresser à celui des colonies. On
entrevoit que ceux qui ont prétendu y
établir la liberté, en exterminant les
ront-elles l'usagedesi instrumens agricoles ? Comment
dra-t il, méme
reprenconditionellement, les
fers du fils, cet esclave dont la
rage a
prolongé Fagonie du père dans
vantables tortures?
d'épouLa métropole, long tems indifférente
au sort des colons, conmence du moins
à s'intéresser à celui des colonies. On
entrevoit que ceux qui ont prétendu y
établir la liberté, en exterminant les --- Page 233 ---
2ZI
'A SAFKr-DONINeUE
hommes libres pour leur substituer les
esclaves, n'étaient que d'extravagans,
dont les efd'attroces désorganisateurs,
grande égaforts n'ont produit qu'une
lité de misère. Des idées. , à tous égards
plus justes, succèdent anx exagérations
d'un enthonsiasme sincère, ou d'une hypocrisie de pattiotisme, qui, josqs'à ce
ont fait beancoup de dupes, de
jonr, victimes, de fripons, sans faire un seul
heureux. On commence enfin à s'apperressusciter la populacevoir que, pour
dans
tion, ragriculture et le commerce
des contrées que la guerre extérieure
dévastées, il faut
et civile ont également
des
autre chose que des proclamations,
décrets, des proconsuls et des soldats.
D'accord sur le principe, on ne diffère donc plus que sur les moyens; mais,
de la Grèce et de
si les républicains
liberté de leur
Rome n'ont jamais cru la
compromise, parce que les terres
patrie étaient cultivées, et les citoyens sery vis par des esclaves > on conçoit qu'il
n'en est pas de même de la république --- Page 234 ---
Vor AG E
française, oà l'on pense que la présence
d'un seul
honune, privé du droit de
voter dans les assemblées
c'est-à-dire, de la faculté de vendre primaires,
suffrage à un sot cu à un coquin, souil- son
lerait le sol de la liberié, et
mettrait
compronécessairement la sûreté publique; car, ( nous voulons la liberté,
disait le 2I Janvier 1789,
Mirabeau, et
nous aspirons anx derniers degrés de la
licence; nous voulons la liberté, et nous
n'avons pas les premiers principes de la
discipline >.
Je suis loin de contester
français le droit,
at peuple
qu'il a si chèrement
acquis, d'être libre; encore moins ; de
blâmer T'extrême délicatesse
qui lui fezaitpréferer le dégott dese nourrir d'absynthe, au crime de manger du
eultivé par laynain d'un, esclave. sucre
Toutefois, en supposant qu'on voulat
en effet conserver les
savoir
la
colonies, on doit
que culture et la
des denrées
nanufacture
qu'elles péoduisent, exigent
que des aieliers nombreux
soient, sous
; de
blâmer T'extrême délicatesse
qui lui fezaitpréferer le dégott dese nourrir d'absynthe, au crime de manger du
eultivé par laynain d'un, esclave. sucre
Toutefois, en supposant qu'on voulat
en effet conserver les
savoir
la
colonies, on doit
que culture et la
des denrées
nanufacture
qu'elles péoduisent, exigent
que des aieliers nombreux
soient, sous --- Page 235 ---
A SAIXT-Bomixesr
d'un.seul, soumis à des
Ia-s surveillance
et tellement
travaux non-interrompus,
forcés, qu'il est nécessaire de les assujétir
à la plus sévère police. Mais, comment
arriverace but? En intéressant, dit-on,
des ouvriers libres dans le bénéfice que
de
leur travail vandra au propriétaire
manufacture qu'il feront valoir, du
la
ces ouvriers
sol qu'ils eultiverqt..et
qu'il
libres seront ces mêmes nègres
fallait nourrir à la main, par la raison
SLF dix, on en trouvait à peine un
que,
et d'activité
doué du degré d'intelligenée
nécessaires pour planter - 2 cultiver, 2 et
recueillir leur propre subsistance!
De denx choses Pune : mes nègres seront à Pavenir de simples journaliers,
de disposer de leur tems et de
maitres fixerleur salaire; ou ils seront mes associés, sinon dans la propriété, du moins
dans le parlage du produit, ct, par condes frais de cultare de ma terre.
séquent,
Dansle premier cas, je ne puis compsccours de leurs
1er sur Tindiepensable conviendra ade
bras, qu'autant qu'il leur --- Page 236 ---
VorA G E
travailler. Eux seulsr réglerontla
mesure,
Pépoque, le genre des travaux;
nant un léger surcroit de salaire, moyenenvieux voisin ni'enlevera
mon
leurs au
mes travailmoment du sarclage ou de la
récolte, etc.
Dansle second cas, je deviens T'homme
d'affaires, le commis de mes nègres. II
faudra tenir avec euxun compte à livre
onvert, 'eur soumettre les états de dépenve et de recette. Il faudra consulter
mies associfs, prendre leur avis, disculer avec eux sur les avantages ou les
inconvéniens de telle ou telle culture,
sur les
a
defrichemens, sur les améliorations, sur la nécessité des
dépenses en
remplaccmeus, acquisitions
tions, elc.surle
2 réparaprix quiilfaudra mettre
à notre denrée, sur la nature et T'étendue des engngemens
tracter
que je puis conavec le commerce, elc.
Or, si parmi les habitans les plus
lanthropes de la colonie, il s'en trouve phi211 seul pour lequel l'une ou l'antre de
ces suppositions n'est paslecomble de la
améliorations, sur la nécessité des
dépenses en
remplaccmeus, acquisitions
tions, elc.surle
2 réparaprix quiilfaudra mettre
à notre denrée, sur la nature et T'étendue des engngemens
tracter
que je puis conavec le commerce, elc.
Or, si parmi les habitans les plus
lanthropes de la colonie, il s'en trouve phi211 seul pour lequel l'une ou l'antre de
ces suppositions n'est paslecomble de la --- Page 237 ---
A SANT-Doxivert.
folie et de Pa'surdité, je cousens moimême à passer pour 11i1 fou.
On conviendra du moins qu'il serait
inoui que des hommes, dijà corrompus
dit M.
par le seul fait dePeselarage, ion
SceeinepnrC
claire, ni sur réten lue du droit de propriété, ni sur celui decité,ni surles dewoirsquimposeles titre de citoj en quien
dérive,n atntesimimare
loiu de ne voir dans la liberté que le
droit defaire tout ce que les loix permettent (1), n'y ont vu jusqu'ici que
le pouvoir de laire tout ce qu'elles dé.
fendent; ; il serait, dis-je, inpossible de
qu'an sein des turpitudes, des
supposer
des crimes, des excès de a
usurpations,
tous genres. d'une longue et sanglante
anarchie, des honmes violemment portés de l'esclavage au dernier terme de-la
licence, aient puisé, dans un chaos de
conflagration ct de boncherie, l'aveugle
soumission aux loix, Tesprit d'ordre et
(r) De l'esprit des loix, liv.x1, chap. 3. --- Page 238 ---
Vo
YAG E
de paix, les affections douces, les vertuts
donestiques qui par-tout caractérisent
le bon, le vrai
citoyen, eti qui seules
pourraient nous garantir qu'ils reprendront, avec les travaux, les moeurs et
les habitudes de la vie agricole.
Telest cependant le véritable état des
choses - à
Saint-Doningue; et je. dirai
encore, qu'à moins dPaltribuer à la révolution française la propriété d'avoir
changé toutes les loix de la
il
est impossible que cela soit autrement. nature,
La question n'est donc plus de savoir
si la population ci-devant esclave doit
aujourd'hui appartenir à la classe des
citoyens libres et propriétaires; ;car, dans
tous les cas, cette métamorphose enttaincrait pour la métropole la perte des
colonies, et dès-lorsilserait à-la-fois trèssage et très-économique de les abandonner à elles-mêmes. Ce qu'ils'agit de décider est : si dans la supposition où lon
proscrirait, avec la traite des
leur
nègres 2
transplantation, à titre d'esclaves,
dans les Antiles françaises, il serait
pos-
propriétaires; ;car, dans
tous les cas, cette métamorphose enttaincrait pour la métropole la perte des
colonies, et dès-lorsilserait à-la-fois trèssage et très-économique de les abandonner à elles-mêmes. Ce qu'ils'agit de décider est : si dans la supposition où lon
proscrirait, avec la traite des
leur
nègres 2
transplantation, à titre d'esclaves,
dans les Antiles françaises, il serait
pos- --- Page 239 ---
A SANT-DOMYveUE territoriale,
sible d'y établir une division qui permit d'y
et un mode de population cultures; etc'est
continuer les anciennes impraticable, si
ce que je ne crois recourir pas à la seule opél'on veut d'abord
à la mesure
ration vraiment politique, qu'elle pent
qui, toute extraordinaire la senle sur
paraitre, est cependant
esfonder quelque
laqueile on puisse
poir.
partage des terres..
Un nouveau
la clameur univerA ce mot.Tentenda la violation du plus
selle s'élever contre
Tusurpation de
sacré des droits, contre c'est du milien de
la proprièrél Et cri
la France que part ce
gfnérall.. ramené aux
Mais je citerai au francnis, et de Tinjuste,
véritables notions du juste Romaine, ou ce
Tancienne république aussi sacré quit
droit était, je pense, nouvelle République
peut Têtre dans la
la loi ordonfrançaise, et oû cependant des terres, ,toutes
nait un nonveau partage d'une trop grande
les Tois que la pauvreté
faisait
population de non propriétaires --- Page 240 ---
Vox A 1e G E
redoutcr au sénatles
copséquences d'une
trop grande disproportion de fortune.
Le souverain, quelquil fut, n'ajamais
renoncé en France au domaine réet du
sol des colonies; et ce qui le
c'est qu'au droit de
prouve 2
disposer des terres
non-coneédées, le roi a' toujours
celui de
joint
réunir an domaine, etcellesdont
le dernier propriétaire mourait
sans héritier naturels, et les concessions intestât
à Tégard desquelles la renonciation du
propriétaire était présumée, toutes les
fois qu'il n'avait pas rempli, dans le
terme fixé, les conditions qui lui
assuraient la propriété,
en
Or, personne en France ne me disputera que la nation n'ait succédé
droits de souveraineté du
aux
roi, et qu'elle
ne soit la maitresse de les
revendiquer
surleterritoire des enlanies,dyordonner
en conséquence un nouveau partage des
terres, d'y établir un nouveau systême
de population, et d'y rédaire la mesure
des propriétés territoriales, de façon à
"ompanMatontangs
qui lui
assuraient la propriété,
en
Or, personne en France ne me disputera que la nation n'ait succédé
droits de souveraineté du
aux
roi, et qu'elle
ne soit la maitresse de les
revendiquer
surleterritoire des enlanies,dyordonner
en conséquence un nouveau partage des
terres, d'y établir un nouveau systême
de population, et d'y rédaire la mesure
des propriétés territoriales, de façon à
"ompanMatontangs --- Page 241 ---
A SAINT-Dewiverr
en 1788 quinze
zqui, je Euppose 2 portait fonciers ou planteurs
mille proprictaires
dédi S (1), en nourrirait
proprenient
sormais 45,000.
ici que
On conçoit que je ne puisoflfir Tensemble ct les
les bases d'un plan dont discutés dans un
être
détails pourraient
assistés de quelcomité d'habitans sages, car il faudrait
ques légistes instruits, ce plan un noucesirmeataiagerse
veau systême de loix. mode et la mesure
1o, Pour régler le
terrides proprietés
du démembrement
toriales. Sserrétendue et Tespèce des
2°, Pour
le nonveau proprietaire
engagemens que
avec Panserait dansle cas de contracter
retrancher de l'ancienne popu-
() Si lon veut soldats, les eraployés civils et
lation blanche, les lesnigocians, les ouvriers,
miltaires > les prètres, les
les pacoles femmnes, les enfans 2 enfin économes, lout ce qui n'élait
tilleurs, les avanturiers, dit, cest beaucoup si a
pas cullivatenr s'élevail proprement à 15,000 blancs.
la population --- Page 242 ---
VoYA G K
cien, de façon à ce qu'ils ne se convertissent pas en une source de discordes
.ct de contestations judiciaires,
30, Pour assurer a-la-fois, soit
remboursement actuel
par un
ou successif, soit
par une redevance fixe, en numéraire
Oii en denrée, à P'un le prix de sa
priété aliénée, à T'autre la
proclusive, la jouissance
possession exvelle
paisible de sa noupropricté; enfin, pour statuerd'une
façen précise et claire sur tout ce qui
pourrait avoir rapport aux droits d'aliénotion et de retrait,
Que ce plan de partage ait des inconvéniens, c'est ce qui est tout simple;
gu'ii soit possible de
Fattaqner par des
abjections, c'est ce qui est plus simple
encore. Que l'on me démontre qu'il est
snjet à quelques abus, j'en
consiens; je
(apbugblihreinbnedyr à condition
renoncer, mais
que lon m'offrira dans P'ordre social une institution
qui soit inacessible aux abus. quelconque
Quant aux inconvéniens, je réponds
que je n'en connais point qui puissent
tout simple;
gu'ii soit possible de
Fattaqner par des
abjections, c'est ce qui est plus simple
encore. Que l'on me démontre qu'il est
snjet à quelques abus, j'en
consiens; je
(apbugblihreinbnedyr à condition
renoncer, mais
que lon m'offrira dans P'ordre social une institution
qui soit inacessible aux abus. quelconque
Quant aux inconvéniens, je réponds
que je n'en connais point qui puissent --- Page 243 ---
23r
A SAINT-DONIRGUE
contre'balaneer la très-urgente nécessitéderétablir Pordre ASiint-Domingue,
et les anciens propriétaires dans leurs
qu'après avoir été dépouilpossessions;
avoir végété
lés, chassés, proserits;après
les
ou en France, ou
ou dans Etals-Unis,
en Anglelerre 2 ou à Stint-Domingue
même, dans la douleur, l'abandon et la
miseresquel que soit le sacrifice que vous
lenrimpsdierasjoantlui, vousles verrez
accourir à leurs anciens foyers, du moment où ils auront la certitude de pouvoir, à quelque prix que ce soit,y jouir
le premier des
et de Tindépendance;
biens, etdur repos 2 la plus douce desjouiset d'un bien-être qui neleurest desances,
étranger;s sisur-tout, vous
venu que trop
leurgarantissiez: un dédommagement que
plosieurs, du moins jaime à le penser,
trouveront déjà dans le seul espoir que
le sacrifice qu'ils feront à la nécessité
tournera au profit du bien général.
Pour éviter de longs détails, j'aurai
recours à un exemple qu'il faut prendre
dans Pespèce de culture qui ticnt le mi- --- Page 244 ---
VorAo E
lieu entre la plus riche et la moins Iucrative.
Ainsi, en supposant que ma
me
caféyère
renduit, en 1789, soixante mille
livres de revenu net, le tiers ne m'en
vaudraplus que vingt, ,auxquelles il faut
ajoater la redevance sur les deux tiers
alicnés, à raison du dixième.Jeme trouverais donc, seloa ce caleul, et après
une ruine, que je n'ai que trop souvent
présumée totale; après avoiré épuisé tout
ce que la froile pitié de Négoisme, linde la
Sratsreersaodt
prospérité; enfin tout ce quel'abandon,la misère, le désespoir ont de cruel
et d'humiliant, je me
avec
retrouverais,disje,
25,000 ou 26,000 livres de rentes,
plus heureux, si je suis sage, et certainement plus riche que je ne l'étais avec
63,000 liv., que je ne l'eusse été précé-
-
demment avec un million.
Quant aux objections, voici, je crois,
les principales. Je les exposerai dans tous
leurs détails et sous le jour le
plus avanfageux.
Première
espoir ont de cruel
et d'humiliant, je me
avec
retrouverais,disje,
25,000 ou 26,000 livres de rentes,
plus heureux, si je suis sage, et certainement plus riche que je ne l'étais avec
63,000 liv., que je ne l'eusse été précé-
-
demment avec un million.
Quant aux objections, voici, je crois,
les principales. Je les exposerai dans tous
leurs détails et sous le jour le
plus avanfageux.
Première --- Page 245 ---
A SAINT-DoxrseUE.
Premièré objection.
la révolution a réduit
L'état dansleque!
la fortune et lcs établissemens des plus
leur rend les secours
riches planteurs,
pécuniaires actuels d'autant plus nécesle seul remplacenent du mo>
saires, que
bilier d'une habitation exige une preconsidérable (t). Dans
mière dépense
quelqueclasse que vous preniez les 30,000
nouveaux colons, aucun, peut-être, ne
assez riche
solder à l'ancien
sera
pour
le prix du tiers d'une conpropriétaire
valeur ou, dans Thicession déjà en
ce remboursement se fit par
pothèse que
redevance annuelle en numéraire
une
subvenir du moins
ou en denrée, pour
(1), On me dira que l'on peut avoir recours au
crédit; mais il n'existe point de crédit sans confiance, et comme la nature des besoins du colon
fonder son crédit que sur ses relations
ne peut
métropolitain, ce dernier se
avec le commerce à-peu-près nul, il ne peut
trouvant aujourd'hui
de confiance,
subsister entre eux aucune espèce
par conséquent aucune relation d'intérêt.
--- Page 246 ---
VOYAG; E
aux frais d'un mobilier et d'uri établissement nouveau.
Deuxième objection.
Celui d'une
sucrerie, ou ses réparations, ou son simple entretien, demandent,
proportionellement, une dépense
plus ou moins
considérable; ses coûteux
et vastes édifices, le nombre de bras
qu'elleexige, les accessoires du mobilier
et del la main-d'oeuvre en outils,bestiaux,
ustensiles de transport, etc, ne peuvent
point se partager.II faut eafin, pour subveniraux fraisd'exploitation etdemanufacture de Ia plus simple
sucrerie, et
pouvoir compter sur un bénéfice honnête, cultiver la canne sur une étendue
de terre, au moins des deux tiers
vaste quela nouvelle mesure: assignée plus
aux
concessions, elc.
Troisième objection.
Dans l'état où la guerre, l'émigration
ct le régime de la terreur ont réduit la
population dela république, où prendre --- Page 247 ---
A SAINT-DONINGUE
les 30,000 nouveaux colons qu'il faudra
porterà Saint-Domingue, poury triplerleD'ailleurs, ce
nombre des propriétaires?
elad.gmuratucheqen senlindividua
carreaux de terre,
environ soixante-sept
leur donne à peine le huitième de ce
subSCrEs
de la génération noire actuellement
sistante?
Voici mes réponses.
1°. La justice, Phumanité, et même
la politique de ceux qui gouvernent aula France, leur font un devoir
jourd'hui
millionsà r'ouvrir
de consacrer quelques
une des principales sources du commerce
et de la richesse nationale, en donnant,
ne fut-ce que par une avance rembourmalheureux habitans de Saintsable, aux
dans
Domingue, la faculté de relever,
l'édifice de son anJeur patrie adoptive,
Mais, dût même cette
cienne prospérité.
avance se convertir en un don absolu,
en un sacrifice réel, ne pourrait-on pas
ou comme une espèce de
le regarder 2
offrande exrestitution, ou comme une
16 *
du commerce
et de la richesse nationale, en donnant,
ne fut-ce que par une avance rembourmalheureux habitans de Saintsable, aux
dans
Domingue, la faculté de relever,
l'édifice de son anJeur patrie adoptive,
Mais, dût même cette
cienne prospérité.
avance se convertir en un don absolu,
en un sacrifice réel, ne pourrait-on pas
ou comme une espèce de
le regarder 2
offrande exrestitution, ou comme une
16 * --- Page 248 ---
VorAG E
piatoire offerte aux mânes des victimes
que T'exagération de quelques principes
philantropiques immola au nom de l'humanité?
2°, Je rends hommage à la solidité
des objections que l'on peut faire contre
le morcellement d'une sucrerie
sieurs
en plupropriétés ; mais j'observe qu'en
tolérant qu'elle demeure celle d'un
il pourrait en résulter
seul,
Pinconvénient
grave d'établir entre les planteurs des
colonies une inégalité de
menerait la plus
fortunequi amdangereuse des aristocraties, celles des richesses
(1),et dé-
(1) Si Ton m'objecie que l'état florissant de la
colonie, avant la révolation,
la plus contrastante inégalitéde prouve que même
un obstacleà la prospérité d'un fortune n'est point
Ié en ce genre est une
pays 3 que légaextravagance du délire
démocralique, etc, je réponds d'abord que ce
est bon dans une
qui
ment d'être tel dans monarchie, une
cesse nécessaireque je raisoune ici, dans démocratie la
parfaite, , et
France restera telle. Qaant à suppo-ition que la
je. n'ignore cerlaînement légalitéde fortune,
pas ce qu'elle a d'ab- --- Page 249 ---
A SAINT-DONTNeUE
truirait ainsi tous les rapports d'unité,
toutes les relations d'égalité.
Nous avons, dans nos manufactures, 2
dans nos. sociétés de commerce 2 des
subsistantes qu'il est possible
preuves
bo3mas2ares
le compte de
masse de propriétés pour
plusieurs. On voit tous les jours trois ou
héritiers exploiter ou faire exploi:
quatre
une sucrerie, sans que
ter en commun
d'usufruit et de procette communauté
à l'intérêt
prieté nuise en aucunemanière
d'aucun. Enfin, les inconvéniens inséparables de toute sociétédece genre ne peuvent point entrer en comparaison avec
dangereuses qu'elle doit
les conséquences
aura souprévenir, lorsque le législatenr
; mais, comme il n'est pas
surde et de chimérique
Tinégilitéen
moins vraique, pourereineviable,l cetle fatalité
ce genre n'eu est pas moins un mal,
mépris des précaationsqi
ne jastifiepaemienxle progrès, que le sentiment
peuvent en retarderles n'excuse les Turcs de leur nédelaj prédestination des ravages de la peste:
gligence à se garantir
aura souprévenir, lorsque le législatenr
; mais, comme il n'est pas
surde et de chimérique
Tinégilitéen
moins vraique, pourereineviable,l cetle fatalité
ce genre n'eu est pas moins un mal,
mépris des précaationsqi
ne jastifiepaemienxle progrès, que le sentiment
peuvent en retarderles n'excuse les Turcs de leur nédelaj prédestination des ravages de la peste:
gligence à se garantir --- Page 250 ---
VorAG E
mis cetfe branche de l'économie
à des loix claires et
sociale
précises,
La troisième objection renferme à elle
seule trois questions qu'il importe de résoudre.
Io, Où prendre les 30,000 colons
faudra envoyer à Saint-Domingue? qu'il
2°, Ce nombre, ajouté au
éiens, suffira-t-ilàla
15,000 anculture?
30, Que ferez-vous de la
noire
génération
sctuellenentanbaistame?
Comme il y a lieu de croire
la
République française, amie de la que
de l'union, , de la
paix,
concorde, 9 ne SC propose pas d'éterniser une guerre, qu'elle
n'a commencée que pour établir ce
personne ne lui conteste plus, il est im- que
possible de supposer qu'elle veuille,
tems de paix, conserver
2 en
plus de troupes
qu'il ne lui en faudra
places
pour garnir ses
fortes, et convrir celles de ses
frontières qui pourraient être exposées
à une invasion subite.
La réduction que cd systême nécessitera dans ses armées, mettra donc à la
au5 --- Page 251 ---
'A SAIXT-DONINOUE
disposition du gouvernément, non pas
trente, mais, s'il le faut, cent mille
hommes forts, actifs, accoutumés aux
fatigues, aux dangers, aux privations,
sans autre talent que celui de gagner
des batailles ; dégouités d'une guerre
qui ne leur a encore valu que des lauriers, des blessures, des promesses,et
d'avoir bien mérité de Ia
Fassurance
patrie ; hommes avides d'espérances,
toujours prêts à entreprendre, qui, au
premier signal, s'embarqueront pour
Saint-Domingue sur la seule invitation
dugouvernement, et dontlempressement
redoublera, quand ils sauront que c'est
pour y devenir, de panvressnldatsquils
étaient, de riches propriétaires.
Telle est l'idée mère. C'est au gouvernement à la méditer, à la modifier sur
les considérations que la nature d'une
telle entreprise, ses détails, ses gradations, les circonstances Iocales offrentà
méditation. Je
à la seconde obsa
passe
jection.
les colonies étaient tculDans Torigine,l
lempressement
redoublera, quand ils sauront que c'est
pour y devenir, de panvressnldatsquils
étaient, de riches propriétaires.
Telle est l'idée mère. C'est au gouvernement à la méditer, à la modifier sur
les considérations que la nature d'une
telle entreprise, ses détails, ses gradations, les circonstances Iocales offrentà
méditation. Je
à la seconde obsa
passe
jection.
les colonies étaient tculDans Torigine,l --- Page 252 ---
VOYAG E
tivées par des engagés.
viendrait-on
Pourquoi ne repas à uneméthode qui fonda
leur prospérité, et à laquelle lancien
gonvernement, égaré par les
de l'avidité, ne renonça
sophismes
rendu
qu'après en avoir
Tusage impossible par la trop
grande étendue des concessions?
En supposant donc que ehacun des.
30,000 nouveaux propriétaires emmenât
avec lui deux ou trois engagés, ce qui
porterait le nombre des émigrans à
90,000 ou 120,000, on pourra encore
m'objecter que cenombré ne donne que
la moitié de celni que Fassigne à la culture da territoire de Saint-Douingue,
Ma réponse est simple.
Carne me pratesans doute pas le prajet d'extermins 2X 1 IcL popciaticn noire
de Saint - Domingue, Je laisse
ce
moyen révolutionnaire aux partisans de
la secle 2 qui, digne rivale de la mort,
voudrait déji voir la génération vivante
parvenue à lacublimeégalité datombeau.
Si Pon doit en croireles rapports faits
au gouvernement français, beaueoup de --- Page 253 ---
24E
A SATNT-DONTROUE
tous les
nègres ont repris et reprennent 1l ne scles travaux de la culture.
jours
d'en réunirà-peu
rait donc pasi impossible
lon juprès 120,000 sous le régime que
le plus convenable, ,au mamenombre
gera
ou de Créoles qui compod'Européens
blanche, et de
seraient la population
avec
conséquent, disparaître,
faire, par
Pancienne disproportion
les dangers de
maîtres et les esnumérique entre les
metclaves, la nécessité da systôme qui cent
blanc à la discrétion de
tait un
plasabeuede ennègres; ou,ce quietait cent noirs au dessonmettait
core, qui
potisme d'un seul blanc.
du plan
Je conçois que Texéeution
demandersit des déveque je propose discussions beauconp
loppemens 2 des
n'en ai promis
plus étendues. Mais, je
coules bases. Cest à ceux qui, au
que
la mission de législarage d'accepter
les laPexpérience ,
teurs 2 joignent
ceite importante
mières, le génie que
le reste.
fonction suppose I 2 à opérer
- Quand on a pu faire, pour un empire
d'un seul blanc.
du plan
Je conçois que Texéeution
demandersit des déveque je propose discussions beauconp
loppemens 2 des
n'en ai promis
plus étendues. Mais, je
coules bases. Cest à ceux qui, au
que
la mission de législarage d'accepter
les laPexpérience ,
teurs 2 joignent
ceite importante
mières, le génie que
le reste.
fonction suppose I 2 à opérer
- Quand on a pu faire, pour un empire --- Page 254 ---
VoYACE E
tel que la France, des loix dont les
tus et la prospérité de
Verlions dhomes
vingt-cinq milattestent la
ne doit pas être difficile sagesse, il
police et les intérêts de
de régler la
mille individus
deuxà trois cent
tel
sur un petit coin deterre
que Ssint-Domingue,
Je n'insislerai donc
observations
plus que sur deux
essentielles.
L'ancien abus qui permettait à un
habitant de posséder plusieurs
sions, devant cesser, il en résultera concespartage complet d'un territoire
le
plus vaste qu'ilnele
beaucoup :
parait, en calculant
son étendue sur le nombre des
subsistans.
planteurs
Lorsque je propose de porter à SaintDomingue un nombre
nouveaux colons,
quelconque de
cela
je ne prétends
se fasse
pas que
tout-à-coup, mais successivement, et à mesure que les anciens
auront rétabli avec la
l'abondance nécessaire
culture,
pertes et nourrir les pour réparer leurs
survenans
ce qu'ils soient entrés
jusqu'a
en possession, --- Page 255 ---
A SAINT-DomiNeUr
Il est encore deux objections qui, au
coup-d'aeil, paraissent difliciles
premier
l'exécution de mon plan:
à concilier avec
indiviT'une, que le nombre de 265,c00
dus est au-dessous de Fancienne population, qui, de mon propre aveu, ne sutfisait cependant pas aux besoins d'une
culture qui pouvait être plus étendue;
T'autre, que les 120,000 nègres étant inégalement partagés entre les propriétaires
il serait impossible d'en faire
actuels 1
sans violer le
une répartition égale 2
droit de propriété.
Les circonstances ne me permettant
de donner plus d'étendue à ce postpas
je me crois d'autant moins
scriptum.,
avant
obligé de résoudre ces objections
ne me les ait faites, que lon ne
qu'on
sans doute pas sur le noume consultera
Pon croira devel ordre de choses que
voir établir dans les colonies françaises.
dire, c'est que je
Tout ce que je puis
manière sam'engage à répondre d'une
tisfaisante; et que, pour prouver que
assertions me sont dictées par le
pies
endue à ce postpas
je me crois d'autant moins
scriptum.,
avant
obligé de résoudre ces objections
ne me les ait faites, que lon ne
qu'on
sans doute pas sur le noume consultera
Pon croira devel ordre de choses que
voir établir dans les colonies françaises.
dire, c'est que je
Tout ce que je puis
manière sam'engage à répondre d'une
tisfaisante; et que, pour prouver que
assertions me sont dictées par le
pies --- Page 256 ---
VOrAG E
sentiment d'un sincère amour du bien
et la plus intine conviction.,
donner
j'offre de
Fexemple, et de faire sur la concession même dont j'acquis la propriété
en 1789, l'essai du plan
pose.
que je proFin du second et. dernier Volume. --- Page 257 ---
T AB L E
DES
T I E R E S
M IA
CONTEN NUES
DANS CE VOLUME
A
Acarov (meubles d ) très-communs en AnPourquoi ils sont
gleterre ct en Hollande.
rares en France. . . .
.
Pag. labo- 147
Accouchemens ne sont que très-rarement
:
. . . 1o5
rieux et pénibles. subaliernes. Leurs talens pour
Adiministrateurs
ceux de leurs chefs. Les.
senrichir égalent
le courage de les rencolons ont eu souvent
voyer en France. . . - . -
Agricullure (T) n'a pasaux coloniesson plusprécelai de maintenir les honnes
cieux avantage,
élémentaire
moeurs. Pourquoi, 72. - Traité
indispensable. Devrait être fait
d'agriculture
parordreet: Roandhraidapancemamet --- Page 258 ---
TABLÉ
Ambition. Celle des ministres de la
est sans hornes, 91.
religion
Quelle est celle des
colons, .
Amende.
lorsqu'ils
Hrealisid
abusa.ent deleurs
Américains
négresses. . 73
exaltent en France les charmes du
séjour des çolonies, Les maudissent
jour quarid ils les habitent.
chaque
Amis des roirs. Secte. Ses émissaires .
Domingue. Quel
à Saintestson but. De
ils menacent la
quelles pertes
France. :
Anes ont
Ioi
fttrniu
réussi dans les colonies. Ne
sous aucune latitude. Ont cela de dégénèrent
aveclhomme.
commun
Angleterre. Qu'au lieu de tout 0
gagné à la révolution
perdre, elle a tout
Antiguites. Celles du américaine. e
nouveau monde.
Aprrectatomement. Celui de la colonie 9
manqué en 1788, si les étrangers
eut
supplééau
ny avaient
satecemnemetehiaie
Aris d'agrément. Utilité d'en
5g
ture dans les
introduire la culvent
colonies, 79. Motifs qui doirassurerles partisans du syslême deJeanJacques. . e
.
Arts el sciences. Opinion de
a 80
influence, Que celle de
T'auleur sur leur,
Rousseau et de
ques anciens qui Pavaient
quelse prouve rien contre la conçue avant lui,
sierne, 8o. -Los
satecemnemetehiaie
Aris d'agrément. Utilité d'en
5g
ture dans les
introduire la culvent
colonies, 79. Motifs qui doirassurerles partisans du syslême deJeanJacques. . e
.
Arts el sciences. Opinion de
a 80
influence, Que celle de
T'auleur sur leur,
Rousseau et de
ques anciens qui Pavaient
quelse prouve rien contre la conçue avant lui,
sierne, 8o. -Los --- Page 259 ---
DES MATIERES.
plus compliqués puisent
la nature. Notes.
leurs principes dans
Assassinat du
-
e
circonstances sénéchal du petit Goave. Ses
atroces, -
Assembléed
- IOI
Sa mauvaise cwlsnintrexchdesesy pouvoirs, 164.
entre elle et composition. le
Combat d'autorité
gouvernement.
proques. e
e
Torls réciAvarice, Principe le plus
pravation des morurs. dangereux de la déSeul
tirper . e
moyen de Iexa 8g
B
Bains tres-nécessaires
raient des
aux nègres. Les
maladies
préservela mauvaise odeur culanées. Alibliraient
qu'ils exhalent.
Baptëme.
:
Cérémonie du
qu'à l'age de 10 ans. baptéme différée juspart du
Affaire de calcul de
clergé. . e
la
Beaulé, Celle du ciel. Sa
a
I09
constante sérénité,
e
emretarimtilctent
Besoins. Le pays fournit
I20
ment nécessaire à
tout ce qui est absolude première
ceux dela vie, 118. Ceux
nécessité sont en petit nombre
Sunl-Dontingue e -
à
Biezfatsance. Elat des
.
dons ae justice ou de sommes consacrées aux
bienfaisunge, e -09 --- Page 260 ---
TAI B'LE
Bois-Chandelle. Espèce de sapin à la' lueur duquel les nègres. travaillent. Erreur de quelques naturalistes à ce sujet, Notes. . 244
Bonheur. Celui des habitans d'une contrée ne
doit pas être confondu avec sa richesse, 115. -
Celui des, habitans de
Saint-Domingueen: raisori
inverse de leur fortune. .
II7
C
Cafe. Sa culture aujoard'hui la plus en usage. 147
Cap Français bâti en pierre. Son territoire à Tabri
des tremblemens de terre. Mocurs de ses habitans. Les mêmes, à quelques nuânces près,
que celles des autres colons. e . e
Caractère. Celui des habitans de Saint-Domingue. . .
.
e
.
7I
Cases à nègres. Manière dont elles sont placées.
Comment les nègres y sont distribués. Inconvéniens des méthodes suivies. Nouvelles vues
présentées par l'auteur : . .
Cazernement des negres. Ses
obstacle aux courses
avantages comine
vobecamoyatcmane
moyen del les forcer 2u sommeil.
:
Chaperon. Trait de cruauté de cet habitant. IO
Chasteté très-méritoire chez les femmes créoles.
Pourquoi :
Chauves-souris établies à
III
même
Saint-Domingue. De
espèce que les nôtres.
Chine.
les vues
présentées par l'auteur : . .
Cazernement des negres. Ses
obstacle aux courses
avantages comine
vobecamoyatcmane
moyen del les forcer 2u sommeil.
:
Chaperon. Trait de cruauté de cet habitant. IO
Chasteté très-méritoire chez les femmes créoles.
Pourquoi :
Chauves-souris établies à
III
même
Saint-Domingue. De
espèce que les nôtres.
Chine. --- Page 261 ---
DES MATIÈRES.
Les Américnins se préparent et parvienChine.
directement avec elle. 208
drontacommercerd
III
Chinta. (ètre) Cc que c'est. .
Deincommode des insectes.
Chique. Le plits
faire connaitre cet
vouement d'un capucin pour
Seul moye n
insecte aux naturalistes européens.
de s'en délivrer. : : .
l'insarrection
Choiseuil, (leducde ) enpréparant le savoir la révoluaméricaine, préparait sans
: -
- : 206
tion française. .
Morurs de celui de Saint-Domingue.
Clergé.
Exceptions tros-rares, et pour
Corrompues.
revénus et de très-peu de
quoi. Jouit de gros
la crédulité des
considération. Trompe
e
. -
nègres . .
de travailler avec leurs néColons. Rougiraient
de leur faire pargresses, et ne rougissent par Conséquences de cet
leur couche , 73.-
tager
de leurs esclaves, 119- 1abus, 74-Bielaver
tracassières de
des pelites passions
Exempts Pourquoi. .
. . . 135
nos cotteries.
empoisonne trente-sept
Commandeur (un nègre)
I19
esclaves et ruine son maitre. .
français. Alarmes squeleursinspirent
Comnergans Monsieur Duchillau. e
les projets de de France ne fournit aux COCommerce. Celui
57 et 58.
le rebut de ses magasins,
lonies que
et la fraude des droits
Favorise Tinterlope
usure, ibid. -
de douanes par son excessive --- Page 262 ---
T A B L E
Source des vices dontl l'origine nous embarrasse.
Preuves de cette assertion, 53.
français. Ne calcule
Commerce
que son propre intérêt, est
l'oppresseur des colonies, Raisons d'y
les
admettre
étrangers en concurrence 7 60 et 61.-
Jonglerie à T'abri de laquelle il
à Pabri du reproche
veut se meltre
Occasion
irop mérité d'asure, 152
substituer unique perdue par la France de
son commerceàc celui del
dans les Etats-Unis. Dissertation TAngleterre
jet .
à ce su203
Contraintes. Par qui exécutées,
soustraire
Moyens de s'y
:
Conversations. Les
e I4
nègres S'y livrent avec joie
lorsqu'ils sont débarrassés de leur
et y déployent une rectitude de surveillans,
on les croirait
jugement dont
incapables. e
Correction infligée par l'auteur à ses
Effets de sa juste sévérité,
esclaves,
Corruption. Combien il
.
les
est facile de séduire tous
agens du gouvernement. Ce qui les
à la corruption. Qu'il serait facile de expose
les en
garantir. -
.
Coton. Qu'on ferait bien d'en associer la
à celle du caié, en ayant égard à la culture
des terreins que T'une et l'autre
différence
Coucouie, mouche luisante.
exige. . 148
des scarabées.
Appartient à l'espèce
Enfermées en certain nombre
. Combien il
.
les
est facile de séduire tous
agens du gouvernement. Ce qui les
à la corruption. Qu'il serait facile de expose
les en
garantir. -
.
Coton. Qu'on ferait bien d'en associer la
à celle du caié, en ayant égard à la culture
des terreins que T'une et l'autre
différence
Coucouie, mouche luisante.
exige. . 148
des scarabées.
Appartient à l'espèce
Enfermées en certain nombre --- Page 263 ---
DES MATIERES
assez de clarté par
sous un verre, répandent
puisse lire. e
leurs yeux, pour qu'on
Couraht qui croise le canal de Bahama. Sa raRecommandation aux navigateurs de
pidité.
s'en défier et de le bien reconnaitre. e 192
au débiteur et au
Crédit également avantageux
créancier. Balance entre les bénéfices et les
Nécesintérêts du crédit non encore rompue.
sité de ne pas abuser de sa facilité. . 15I
Mauvaise méthode de tenir et porter
Créoles.
des négresses. Sesinleurs enfans, empruntée
convéniens .
e
Cuisine. Seul talent de ménage que les femmes
créoles possèdent, encore n'est-ce que faible-
- à
III
mnent -
D
Inconvéniens de les trop étenDéfrichemens.
tendre. e e
e . e : : e
e 145
Délicatesse. Les nègres en sont susceptibles.
Récit d'une action généreuse. Travail extraordinaire exécuté en deux heures par l'atelier de
T'auteur. :
- . -
- .
Denrées coloniales. Le pouvoir de Thabitude trop
fort pour qu'on puisse s'en passer. : - 160
Dentition se perfectionne sans douleur: . I07
Tableau des dettes actives en faveur des
Delles.
67diverses caisses, depuis x788jasquens791,
--- Page 264 ---
T A B L E
Tableau des dettes passives à la charge des
divèrses caisses, 2 depuis 1788 jusqu'en 1791,67.
Imprudence de ne pas éteindre celles
est forcé de contracter au
qu'on
commencement des
élablissemens. . . .
Dipision. Trois côtes ou départemens forment
celle de
Saint-Domingue.
.
Drake (François), navigateur inangé vif par les
Tourlouroux.
Doutes"sur ce fait. .
Droils de Phomme. Que c'est dans le calme qu'il
faut travailler à les fixer. .
IO2
Duchillau. (le comte) Dernier gouverneur de
Saint-Douningue. Ses vues. Espérances
lon conçoit de son
que
Son intention. administration, 4 et 5.-
d'en ouvrir les ports au comnmnerce des Etats-Unis.Le pourra-t-il.
E
Educalion. Celle qu'on reçoit dans les colonies
n'est propre qu'à donner des vices, 71.
Véritablescerei de léducation morale. N'offrir
que de bons modèles, 75.- Qu'il est ridicule
de faire élever à Paris des jeunes
destinés à passer leurs jours dans lès gens colonies.
Dangers de cet usage," 7-Nulleinaitunons
tenant à T'éducation aux colonies, 79. Né.
cessité d'en fonder des établissemens à SaintDomingue même, 83, 84. - Éducation phy-
dans les colonies
n'est propre qu'à donner des vices, 71.
Véritablescerei de léducation morale. N'offrir
que de bons modèles, 75.- Qu'il est ridicule
de faire élever à Paris des jeunes
destinés à passer leurs jours dans lès gens colonies.
Dangers de cet usage," 7-Nulleinaitunons
tenant à T'éducation aux colonies, 79. Né.
cessité d'en fonder des établissemens à SaintDomingue même, 83, 84. - Éducation phy- --- Page 265 ---
DES M A' TIERES.
morale, Io5.
sique bien mpérieneitisaucationt convenir
ne peut
- - Celle de Saint-Douingue:
de tous les pays. o -
. 107
aux enfans
T) Deux espèces
Egalité. ( ce que c'est. que
d'égalité
d'égalité, 19. - Avanlage de l'espèce
les
entre tolis
qui règne à Saint-Domingue
habitans. :
. - . . - . II7
Objetde spécilation, 86.
Enfansnés lorsmariage. des nattes dès Tàge le
Sont abandonnés sur
à Tâge de
tendre. Commencent à marcher
plus
o . e . . e .
sixmois. .
Ennui commence oùt finit Tespoir. : .
incompatible avec l'égalité de fait, 19.
Esclavage Casespamienmatdaed passer. 20
Sort des esclaves préferable à celui des
Esclaves.
de France, et pourquoi. . : - 46
paysans
sur la
fer chaud qu'on applique
Estampille, 2.
leur imprime le
poitrine des nègres 7 qui
nom de leur maitre, etc. etc. .
. 27
Établissemens de cullure, etc. Tableau de ces
établissemens en 1789, 62. - Comnent se
forment les étahlissememens nouveaux. Quelle
mise de fonds ils exigent. Instructions détaillées à ce sujet. . .
. e . . 141
Élals-Unis. Raisons de croire que les habitans
Anglais
des Etats- Unis préféreront toujoursles. soit
soit pour le commerce,
aux Françuis,
Quelqites
les alliances, 206 et suiv.-
pour
ure, etc. Tableau de ces
établissemens en 1789, 62. - Comnent se
forment les étahlissememens nouveaux. Quelle
mise de fonds ils exigent. Instructions détaillées à ce sujet. . .
. e . . 141
Élals-Unis. Raisons de croire que les habitans
Anglais
des Etats- Unis préféreront toujoursles. soit
soit pour le commerce,
aux Françuis,
Quelqites
les alliances, 206 et suiv.-
pour --- Page 266 ---
2 4
TABLE
particularilés sur les moeurs de leurs habitans. - .
Etendue do la partie
française de Saint - Domingue. e
Existence. Sous quel point de
e
visager Texistence
vue il faut endes
Exportalion. Tableau
nègres.
e - 38
de T'exportation de SaintDomingue en 1789. a
e 62
F
Faste. Celui que les Américains étalent
gèrement en France
passade ces charlatans dévoilé, n'estqu'imposture. Secret
Femmes créoles. Leur éducation. e
d'être. Leur vie
Leur manière
les
privée, III. Plus cruelles
que hoimes envers leurs esclaves. Allusion au
despolisme. e e
Fermenlalion passant de la métropole dans les
colonies. . . à . . e -
.
Férocité, Une femme de lile fait
sinier nègre dans
jelter son cuiFéles.
un four brilant. . Io
Qu'on devrait en établir de périodiques
pourles nègres. Jours auxquels il conviendrait
de les fixer. Attachement
résulteraît.
réciproque qui en
e
Peu. On s'en sert pour
.
cendres
déblayer les abattis. Les
fertilisent le sol. .
Formicaleo. Ulilité dont il serait à Saint-Do- 146
mingue, Invitation àlly naturaliser.
:
--- Page 267 ---
DES M TATIÈRES.
Comment il peut se faire que tous les
Fortunes.
fassent d'aussi rapides en
administrateurs en
aucun
rendant des comptes plus exacts qu'en
de Tauteur, 68.-
lieu du monde. Ignorance
à
Fortunès médiocres ont plus d'avantages
qu'en Europe, 118. - VicisSaint-Domingue
les fortunes
situdes auxquelles sont exposées
des habitans. .
. e
e . e
dans I19
Pourmis s'introduisent en si grand nombre
dévorent les vivres. Déles cases, qu'elles
La fourmi
vastent aussi les jardins , 121.
Surméridionale.
appartient à TAmérique
nommée le Roi du Brésil. :
Frandu docleur
Franklin. Mot remarquable
e a 216
klin. Notes.
G
classe il conyient de les
Géranls. Dans quelle
dans le prochoisir. Leur donner une part
la
eux administrés, est
dut des biens par
ont des inconmesure la plus, sage. Toules
véniens. e .
à surveiller Jes
Gouvernement. Son insouciance
moeurs. : e .
. - .
90 2,
Gouverneurs. Leurs perpétuels changemens,
de leur fortune. Obligés de la faire,
Rapidité
Comment et aux déet sous quelles peines.
pensdequi.
ls. Dans quelle
dans le prochoisir. Leur donner une part
la
eux administrés, est
dut des biens par
ont des inconmesure la plus, sage. Toules
véniens. e .
à surveiller Jes
Gouvernement. Son insouciance
moeurs. : e .
. - .
90 2,
Gouverneurs. Leurs perpétuels changemens,
de leur fortune. Obligés de la faire,
Rapidité
Comment et aux déet sous quelles peines.
pensdequi. --- Page 268 ---
TABLI E
H
Hache. (nègres de) Ce qu'on
Leurs
enfend par là.
fonctions. - e
Hébreua.
Regretlent les oignons
justice de Moise.
dEgypte. Incoeur humain.
Qu'il ne connaissait pas le
I2I
I
Impôls. Tableau desproduits de
de la culture.
Timpôr sur ceux
. -
Insectes en très-grand
modes à
nombre et très-incomSaint-Doningie.
Insociabilité. Ce qui détermine
I2I
lons. . .
celle des Co-
.
Interlope. Qu'il est impossible
dans une circonférence
de T'ompêcher
de Suink-Domningue, aussi étendue que celle
Tinterlope pour
54--Ruse employée par
SaintDomingue. séjourner dans les parages de
J
Jardin botanique. Son
de cette instilution fondaleur, I.-Le succès -
utile. Dépend du
caprice ou de
goût, du
Sort à redonier ligmorance d'an seul homme.
pour
Jesuites, Leur
cot-éallisemment. 2
disgrace à la Chine, Noie.
. 91 --- Page 269 ---
DES M TATIERES.
Jusle. (le) et Tinjuste. Idée qu'en ont les nègres.
Confirméc par des faits. e - . :
3B
de) A combien se montent. anJustice. (Frais
nuellement . . .
L.
évaluation du revent d'une StlLabat. Fausse
Labat. Ses erreurs reccrerie par le voyageur
tifiées - . e e : e . .
- . . 23
Lcogane. Auberge tenue par un nègre plus qne
centenaire Ses connaissances Sur les premiers
temp:de la coloniè.
- -
Lézard anoli. Sa beauté,. sa familiarité. Donne
la chasse aux insectes. : .
50.
Liberlé. Convient-il de la rendre aux nàgres,
n'a pas élé élevé pour elle
1 Tout peuple qui
feraient ies
en abuse, ibid. Quel usage en faisons de la,
nègres, ibid. Quel usage nous
nôtre, ibid-Celle promise par la révolution
française s'avance dans les colonies lepoignarl
à la main, IOI.-Ses plus ardens promotears
forcésde se joindre à Taristocratie pour sauver
leurs propriétés. .
- 173
Loi. Expression de la volonté générale. . 42
Quelles pourraient très-facilement être
Lucayes.
- 175
habitées :
. : fondateur du jardin
Luzerne, (le comte de la)
botanique de Saint-Domingue : - e
I
volution
française s'avance dans les colonies lepoignarl
à la main, IOI.-Ses plus ardens promotears
forcésde se joindre à Taristocratie pour sauver
leurs propriétés. .
- 173
Loi. Expression de la volonté générale. . 42
Quelles pourraient très-facilement être
Lucayes.
- 175
habitées :
. : fondateur du jardin
Luzerne, (le comte de la)
botanique de Saint-Domingue : - e
I --- Page 270 ---
TABLE
M
Maillot, Son altirail
Maitres.
supprimé. .
a Io5
Leur imprudence de se permeltre des
discussions sur la liberté devant leurs
claves,
esleur 167.-Queux et leurs esclaves sont à
place à Saint-Domingue.
Maitresses de maison. Trafic infâme
de leurs servantes,
qu'elles font
tems à la
89.-Ce vice établi del tout
baye de tous les
Saints. -
ibid
Mogistrat. Infâme atrocité d'un des
lile, dont Tauteur du
magistrats de
raiscns
voyage fut témoin. Ses
pour taire le nom de ce magistrat.
Marais. Moyens de dessécher celui
II
le Port-au- Prince,
qui aroisine
7.-Que les
de
cette
dépenses
entreprize ne devraient point retenir le
gouvernement. Exemple des Hollandais à
Surinam > Bataria, et dans la Hollande
même . . .
e . e
Marbois. Obligé de s'enfuir.
et M.
Opposilion entre lui
Duch.llan. e
Mariages des nègres. Ontpeu de stabilité,
de les empécher de changer de feumes. Moyens Pré
rogatives à allacher aux mariages.
Mfarion, massacré par des sauvages.
Maronnage. Ce que c'est. Inutilité des
tions que lon prend pour
précaul'emnpécher. e 26 --- Page 271 ---
DES MATIERES. oiseau originaire de TInde. NatuMartin 2. (le)
Délivreles bestiaux des
ralisé a TiledeFrance.1
insectes. e e : . (monsieur de) colonel du régient
Mauduil,
massacré par ses soldats. du Portan-Prince,
Aux noles. . - . -
. . 164
de la
Merrain. Depuis 15 ans T'accroissement
le
doublé T'usage. D'oà on
culture en a
. 59
tire :
-
. celles de leurs
Maurs. Les colous ont adopté
,85 et
esclaves. Faits à T'appui de ce reproche,
suivantes. - Funesles ellets de leur dépraveMauvaises moeurs. Injustice d'en
tion, ibid.-
les femmes. 113
rejetter toujours le tort sur
Morale. Si une morale publique peut suppléer
-
une religion :
SUE
Grande disproportion,
Morts et naissances. tout dans la populalion noire. : très-considé- . Morue. Consommation de la morue
rable. Permission d'en importer accordée aux
des Etats-Unis. ,
. négocians
N
Frivoie et cruelle. . Nation françaisc. attribuer la raoitié à
Naufrages. Qu'on en doit
Timprudence des gens de mer ou à la faiblesse
des équipages. e
-
--- Page 272 ---
260,
TABI L E
Navires, Cruauté de plusieurs
vires, envers des
capilinies de nanaufragés. NVegres.
. Consommation de la morue
rable. Permission d'en importer accordée aux
des Etats-Unis. ,
. négocians
N
Frivoie et cruelle. . Nation françaisc. attribuer la raoitié à
Naufrages. Qu'on en doit
Timprudence des gens de mer ou à la faiblesse
des équipages. e
-
--- Page 272 ---
260,
TABI L E
Navires, Cruauté de plusieurs
vires, envers des
capilinies de nanaufragés. NVegres. Atrocités dont
rendent coupables
quelques habitans se
consommation
enyers eux, 10.-Grande
des nègres. Ont la masse du
sang corrompue. Maladies qu'ils
dans les
contractent
traversées, 22 et 23.-Ruses
ployent les coinmerçans
qu'emles
pour leur donner en
débarquant un embonpoint factice. Précautions à prendre avant de les acheter, 23 et
24.- Mangent avec avidité des
des crapauds, des
coulenvres,
sont les suites de charognes. Maladies qui
ficiles à fixer
ce gout dépravé, 26.. -Dif
lorqu'ils Se sont adonnés ati maronnage. Manière de les punir
repris. Revendus à bas
quand ils sont
pas réclamés. Sottise prix quand ils ne sont
Leur
de les acheter, , 27.-
3t.-Quil imprévoyance, leur malpropreté, 30 et
conviendratt de les rassembler
un seul point, 32.- A vanlages de
sur
thode, ibid.-1
cette méblesse. On Regardent la bonté comme faidoit la remplacer par la pluis scrupuleuse justice,
35.-Reganlent leur
comme inévitable.Prineipe
joug
Plusraisonnables dans
deleursoumitsion. avec notre savoir, lenriguorance que nous
terrenatale
42.-Esclaves dans leuz
Nourrices. . -
Inconvéniens résultans de
ne faire nourrir les enians blancs T'usage de
que par des
négresses . e
--- Page 273 ---
DES MATIERES. Oisiveté. Contribue plus que le climat à renforcer
les allections voluptueuses . . II2
L'auteur,surpris la nuit par l'orage , est
Orage. sa marche. Son embarras. obligé de suspendre
ménaHospitalité que lui donne une négresse
- 158
gere. . -
- . e
à
) vice consul de France
Oster 2 (Monsieur
avec Yauteur du
Norfolk. Son entrevue
voyage. P
(les) Modèles des colonnes qui déPalmistes. les palais des rois. . . 162
corent eutre les nègres et les paysans d'EuParallèle
rope : - e
. e : : besoins 45
Nos paysans soumis à plus de
Paysans. et morales que
et à plus de peines pliysiques
les
45 ct
enre-benibenteds
nègres,
ibid
à force d'èire circouscrite. -
surnomée le chef lieu de PlumaPensilvani,
. : 130
nite.
des rois. . . 162
corent eutre les nègres et les paysans d'EuParallèle
rope : - e
. e : : besoins 45
Nos paysans soumis à plus de
Paysans. et morales que
et à plus de peines pliysiques
les
45 ct
enre-benibenteds
nègres,
ibid
à force d'èire circouscrite. -
surnomée le chef lieu de PlumaPensilvani,
. : 130
nite. a
e . Gouverneur de SaintPeyniers. (Mou-ieur de)
Dominguer Tour-à-tour trop roide ou trop
faible. C. ndait parunjsunebomns . . 164
de gros.e vérole que les nègres ont
Pian. Fspèce
25.- Ne se
commuiquée à leurs mutres, --- Page 274 ---
20z
TABLE E
guérit point radicalement- Recetle
pérer les effels. Aux
pour en temnoles.
ibid
Piloles côtiers. En très-grand
nombre, et trèsingénieusement construits sur les côtes de Virginie -
Pluie
e
. 194
salulaire aux enfans, qu'il est bon d'ylaisser
exposés o
Police. Qu'il est possible d'établir dans les atleliers une police sévère sans être féroce. Expériences faites par l'auteur. Résultats.
Populalion Recensement de celle de Saint-Domingue, tant en blancs qu'en noirs, 53.-Ne
peut s'établir que sur des bases approximatives.
Pourquoi . o
e
e ibid
Port-au-Prince englouti par un tremblement
terre. Ses habitans ont rebâti leurs
de
sur les ruines des anciennes.
maisons
y ont déterminés. Crainte
Raisons qui les
leur ville sur un
qu'ils n'ayent rebâti
sophisme,6.- Causesdelinsalubrilé de lair
qu'ony respire. . -
Préjugé. Celui que tout homme qui respire l'air
des colonies est un Crésus,
diflicile à déraciner,
9 très-laux, mais
seutiel de le détruire. 136-Combien il est esLauteur le combat.
Aux notes. e .
e
Privalions
e . 137
Celle de toute société la plus
porlable de toutes dans les colonies. insupe I19 --- Page 275 ---
DES M. A TIERES.
R
Raison. Sans culture. Instinct brutal et plus féroce
que celui des bêtes. -
Erreur de M. Raynal réfutée par le
Raynal. rendu de M. de Marbois. e
comple
Recette générale. Tableau de la recette générale
desdifférentes estuedeSint-Doninage 67
Regrets. Ceux de Tauteur en quitlant Saint-Domingue. Leur'cause.
. e
Religion. Peut mettre un terme à la dépravation
doit
des moeurs, 90.- - Que le gouvernement
veiller à, ce qu'elle soit maintenue, sans laisser
à ses mninistres les moyens d'opprimer ou
96. 1 Que ses ministres doivent la
d'égarer, ,
prêcher d'ekemple. .
- e e 97
Revenu.S'estimeas Saint-Dominguer parle nombre
des nègres, à raison de 15ooliv. par tête. 27
Révulston/hangalurs L'auteur craint qu'elle ne
soit funeste aux colonies. Maux qu'elle a
agglomérés depuis cinq ans.
Révolutions. Qu'il est plus sage de chercher à les
diriger qu'à ell relarder les progrès. Nules. 165
à la Zône Torride. La
Rezines appartiennent
plupart des arbres à Saint - Domingue en
contiennent beaucoup. .
Ruines du gouvernement de Léogane. 9
par tête. 27
Révulston/hangalurs L'auteur craint qu'elle ne
soit funeste aux colonies. Maux qu'elle a
agglomérés depuis cinq ans.
Révolutions. Qu'il est plus sage de chercher à les
diriger qu'à ell relarder les progrès. Nules. 165
à la Zône Torride. La
Rezines appartiennent
plupart des arbres à Saint - Domingue en
contiennent beaucoup. .
Ruines du gouvernement de Léogane. 9 --- Page 276 ---
TABI L E
S
Sapins. Ne sont point une production
des climats
exclusive
tempérés et des Zônes Boréales.
Aux notes. e -
e
Sauvages. Leur portrait tracé
le
Marion.
par
voyageur
.
Séparalion. Combien elle est cruelle
quitte de vérilables amis.
quand on
Société. Oàlon
.
trouve la solution du
d'une société sans moeurs.
problême
Suicide d'un
o
-
sous-lieutenant de la inaréchaussée
coloniale. Circonstances qui le
Taccompagment.
précédent et
action
Opinion de Tauteur sur celte
en elle-même 3 et sur le
qui en a été le sujet, 13,
personnage
18.- Autre d'un
14, 15, 16, 17 et
habitant. Notes. .
T
Tafia. Ce que c'est. Pris avec modération
un breuvage sain e
est
. -
.
z18
Tempcrament. Agitavec aulant de force dans les
climats du Nord que dans ceux du Midi.
II2
Téthanos. Maladie des enfans des
nègres. 22
Toilelle rarement recherchée. Toute
fard
espèce de
interdite. .
. .
IIO
Tourlourouz, ou crabes de terre.
Habitent de
préférence les environs des cimetières. Dévorent --- Page 277 ---
DES MATIRRES.
cadavres. Sont dévorés à leur tour
vorent les
. 161
parlesnègres. . . . -
e . : ont ét6
État, des sommes qui y
Travauz publics.
desquels dépend la
émployées, 69. Travaux
II9
conservation des fortunes. . e
delacoloniedeSinlTroubles. Premierstroubles
Domingue D :
V
d'une mulâtresse. Elle empoisonns
Yengeance dans un diner auquel elle les indeux époux notes. e . -
. : . e 16
vite. Aux
calcule point sur le reVente. Le prix ne s'en
se dédes habitations dont on veut
venu
e . .
. : 154
faire. . :
.
très-légers, et laissent
Vétemens des femmes
nud. Leur forme. : .
. e 109
jugerlo
de ses terres. Navigation
Virginie. Abaissement
de ses côtes dangereuse, .
Fin de la table du second volume. --- Page 278 ---
ERRATA du sécond polume.
Page 4 ligne 19 séparaient, lisez: : séparaits
68 ligne 7 mène, lisez : mine.
128 ligne 13 d'exilé, lisez : deziler.
Je place la présente édition sous la saupe-garde des loiz
et de la probité des citayens. Je déclare queje poursuiprai
depant les tribunauz tout contrefacteur, distributeur OuE
débitant d'édition contrefaits; j'assure même au cileyen
qui me fera connaitre le contrefacteur, distributeur ou
débitant, la moitié du dédommagement que la loiaccorde.
Paris, ce IO Vendémiaire, l'an sixième de la République
française, une et indivisible.
- -
Cathoti
la probité des citayens. Je déclare queje poursuiprai
depant les tribunauz tout contrefacteur, distributeur OuE
débitant d'édition contrefaits; j'assure même au cileyen
qui me fera connaitre le contrefacteur, distributeur ou
débitant, la moitié du dédommagement que la loiaccorde.
Paris, ce IO Vendémiaire, l'an sixième de la République
française, une et indivisible.
- -
Cathoti --- Page 279 ---
L
a
-
B
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-
A
(
C
A
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-
S
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N
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-
NOMBRE a
$
3 NEGRES. --- Page 280 --- --- Page 281 --- --- Page 282 --- --- Page 283 --- --- Page 284 --- --- Page 285 ---
E797
WSTV
V.2 --- Page 286 --- --- Page 287 --- --- Page 288 ---