--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Jabit Carter arown
thountl Libsiny llmoeraty --- Page 3 --- --- Page 4 ---
SDUNDE BY SANCORSKIS & SUTCLIFFELONDOR --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 ---
218l
conz --- Page 9 ---
VOYAGE
A
SAINT-DOMINGUE. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
VOYAGE
A
SAINT-DOMINGUE,
PENDANT LES ANNÉES
1788, 1789 et 1790;
PARLEBARON: DE W IMPI F F E N:
TOME PREMIER
Les voyages sont bons, non pour rapporter
seulemeatcombiende, pas a Sancta-Rotonda,
ou la richesse des caleçons de la signora
Livia, mais pour frotter et limer notre
cervelle contre celle d'autrui.
MONTAIGNE.
A PARIS,
Chez COCHERIS, Imprimeur - Libraire, cloitre
Saint-Benoll,n".352, Section des Thermes.
AX CINQUIÈME DE LA REFUELIQUE. (1797, vieux atyle), --- Page 12 --- --- Page 13 ---
A V 1 I S
DES EDITEURS
LA traduction anglaise de cet
Ouvrage a obtenu à Londres, depuis plusic urs mois, le plus brillant
succès. Il importe peu aux lecteurs
de savoir pourquoi elle a été publice
avant T'original, et de connaitre les
circonstances qui ontamené cet évéinoui dâns les Annement presque
nales de la littérature. Nous nous
bornerons à leur apprendre que
nous avons été assez heuretx pour
les sauver de la traduction d'uné
traduction, en parvenant à nous
procurer le manuscrit original que
nous publions aujourd'hui.
a --- Page 14 ---
Il était difficile de le faire
dans un tems oi il fut
paraitre
C'est à Tinstant où le
plus utile.
nies va se.
sort des colole Tambeau fixer, où Ton va porter
neouvres
de la vérité sur les mades hommes qui les ont
diévastés, où la moindre
peut nous les faire
erreur
bon citoyen doit perdre, que tout
tourner ses regards s'emmpresser de
et malheurenses
vers CCS riches
çais qui veut contrées. Tout frannitre
intervenir d'une mad'une quelconque dans la
des
décision
tantes
questions les plus
qui aient
impore
J: our nos diverses occupé jusqu'a ce
être jaloux de
législatures, doit
données qui
recueillir toutes les
solution du penvent lui faciliter la
veront
probléme. Ils en trouet
beancoup dans cet
absiraction faite de
Ouvrages
nions politiques
quelques opiétrangères au sujet, --- Page 15 ---
2j
à la chose
tous céux qui s'intéressent
publique ne dédaigneront pas les
obscrvations, aussi neuves que multipliées, d'un homme auquel on ne
saurait refuscr les plus grands talens
etlejugement le plus sain.
Nous" osons même croire que
emprunter
nos législateurs pourront
quelque chose du plan que T'auteur
propose, dans son, Post-Scriptum: 2
Tamélioration du sort des COpour
lonies.
Iy aurait f
sans doute beaucoup
d'observations à faire sur cette intéressante production ; mais nous
n'en entreprenons point Textrait,
et nous voulons encore moins faire
une préface: Nous : ne- pouvons cepéndant nous dispenser de dire que
assure à son auteur la
ce voyage d'excellent écrivain, en
réputation
mème tems que celle de profond
T'auteur
propose, dans son, Post-Scriptum: 2
Tamélioration du sort des COpour
lonies.
Iy aurait f
sans doute beaucoup
d'observations à faire sur cette intéressante production ; mais nous
n'en entreprenons point Textrait,
et nous voulons encore moins faire
une préface: Nous : ne- pouvons cepéndant nous dispenser de dire que
assure à son auteur la
ce voyage d'excellent écrivain, en
réputation
mème tems que celle de profond --- Page 16 ---
jo
penseur. Son style est
élégant, toujours
pur, correct;
On y retrouve à adapté au sujet.
brillant ct cette
chaque page CC
alque Jucctum, facilité, ce molle
naissait (qu'on auxquels on reconpardonne cette exLrwanidanpnieta)) de Vhomme
la touche
de cour,
C'est ce qui nous a
braver la éensure
déterminés à
la liberté illimitée des partistns de
n'inroquérons
des noirs. Nous
elle
pas sans succès contre
Tappui de Thomme
de Thomme de
impartial,
Tami des lettres, goût, et sur-tout de --- Page 17 ---
F
ARISA
VOYAGE
SAINT-DOMINGUE
LETTRE PRENIE R E.
Au Hovre-de-grace- Juillet, 1788.
JEne m'étais :
point trompé, monsieur;
en vous disant qu'il ne fallait pas bientôt désespérer que la fortune ne m'offrit
de
occasion d'étendre, par
une nouvelle
pratiques, ,le peu
nouvelles expériences
tant
de lumières que jfai déjà.acquises,
partics de notre planète,
sur quelques
morale et
que sur Texistence politique, qui Phaphysique des différens peuples
bitent. Je crois, à dire vrai, cette science fort
nécessaire à notre bonheur; mais,
peu
I --- Page 18 ---
VorA G E
lorsque le hasard nous offre
de Tacquérir, je crois
les moyens
tort de la négliger.
que nous avons
Si elle
pas plus heureux,
ne'nous rend
nous rendre
elle peut du mnoins
plus modestes.
Elle nous rendrait
utiles si,
certainement trèsquoiqu'en dise
talent de bien observer Sénèque au
ses observations
et de ne tirer de
que des
justes, on joignait le
conséquenices
à Findocile
pouvoir d'inspirer,
destie nécessaire ignorance, le degré dè moest des vérités pour comprendre qu'il
d'expérience
choquer la routine de
qui, pourgés de
Pusage, les préjhThabitude, ou les
éducation trop
principes d'une y
lamème, que plus circonserite, ne sont, parles bornes de la Propres à étendré,a avec
sphère dans
végète, 2 les moyens d'être laquelle elle
c'est-a-dire, plus
plus sociale,
aux autres (r). nécessaire et plus utile
(1) Voyez sa seconde lettre à
(2) C C'est soltise et
Lucilius.
que de penser que l'on fiblesse, dit Charont,
doitcroire et vivre par-
# --- Page 19 ---
A
SAISTDOXINGUE
Et tel ne fut pas,
monsieur, ce bon
jésuile , qui, pris et traité par T'amiral
Anson avec tous les égards dàs au malbeur, aiina mieux se faire interdire et
chasser de son ordre
à
2 que de continuer
précher la maxime : hors
point de salut. Sa gratitude del'église,
exagérée; mais
pouvait être
ce n'est point perdre ses
pas que d'apprendre, en
ne point damner son
voyageant, à
bienfaiteur
Le navire sur lequel je
uile , qui, pris et traité par T'amiral
Anson avec tous les égards dàs au malbeur, aiina mieux se faire interdire et
chasser de son ordre
à
2 que de continuer
précher la maxime : hors
point de salut. Sa gratitude del'église,
exagérée; mais
pouvait être
ce n'est point perdre ses
pas que d'apprendre, en
ne point damner son
voyageant, à
bienfaiteur
Le navire sur lequel je se nomme la Vénus ; le m'embarque
capitaine qui
tout comme en son village.
Le sot
barbarie ce qui n'est pas de son goût et appelle
semble que nous n'avons autre
usage > et
vérité et de la raison,
touche de la
et usances du
où que l'exemple des opinions
pays
nous sommes >,
(1)
SAGESSE. Liv. 2. Chap. II.
jésuite n'était Yoyage autour du Monde, tome 2. Ce
sûrement pas du diocèse d'un certain
arclievéque de Lima qui, passant en
le navire du capitaine Guiot,
Europe sur
le squelelte d'un
lequel avait à bord
squelette à lai Patagon, parvint à faire jeter ce
c'étaient les merpendantt tune tempête,
OS dece Payeri qui la leur disantque altirait.
(Voyez Dissertation sur
Pdmérique, 20 parf,
I * --- Page 20 ---
Vo Y A G E
le commande est ce même
dont le nom a si souvent HI. Coftin,
gazettes pendant la dernière paru dans.les
qui mérita la distinction
guerre 1 et
cevoir une épée de la main flatteuse de reJe seraile seul
du roi.
passager'à bord , et je
n'enseraique micux.
un peu variée soit Quoiqu'une société
un vaissan
plus nécessaire sur
sirare der trouver, que par-tout ailleurs, il est
qui
chez l'espèce de gens
nariguent, les qualités dont
monie sociale se
Tharplutôt me féliciter compose, que je dois
d'être senl.
que me plaindre
Sije me
i. piqnais d'une exactitude
vile,Taurais des excuses à
serne vous avoir
vous faire de
voyage de Caën pas ici. d'abord parlé de mon
- Jepartis de cette
première ville sur un
du
fait
dlealenteratutaen
terrain,, 2 si
arpenterbien
courir. Fa
j'avais voulu le laisser
apres toutes les juniens
instinct pressentait
que son
Je dinai à
une, lieue à la ronde.
Cujes, 2 où je
indemptable monture
troquai mon
* i
contre un bidetde --- Page 21 ---
A SMNT-DONINGEE
poste, dant jeus bien de la peine à ranimer la vigueur à Paide du même instrument avec lequel je domptais les passions de son fougueux prédecesseur,mes
éperons.
La marée étant haute, je fus obligé
de faire plusieurs lieues dans l'ean jusqu'àla sangle, etde courirafrane étrier
sur FOcéan. Cette circonstance nem'empécha pas' d'admirer la richesse etla
beauté du pays que je laissai SIr ma
droite, en avançant vers le Hâvre.
Si les badauts quiy viennent de Paris,
afin de ponvoir dire le reste de leurs
jours qu'ils ont va la mer, le vaste
Océan, prolongeaient leur course jusqu'ici, ils jouiraient du moins d'un des
plusbesusspeetacies que la nature puisse
ofirir : celui d'une chaîne de côtaux,
oùt Yon trouve à chaque pas de ces sites .
délicieux, que les Anglais nomment TOmantics; où la campagne, embellie de
tout ce que Tart, la cuiture, un luxe
€
raisonnable ponmtsjsdietdesharpues
naturels, n'ofire que des tableaux d'ais
Océan, prolongeaient leur course jusqu'ici, ils jouiraient du moins d'un des
plusbesusspeetacies que la nature puisse
ofirir : celui d'une chaîne de côtaux,
oùt Yon trouve à chaque pas de ces sites .
délicieux, que les Anglais nomment TOmantics; où la campagne, embellie de
tout ce que Tart, la cuiture, un luxe
€
raisonnable ponmtsjsdietdesharpues
naturels, n'ofire que des tableaux d'ais --- Page 22 --- VOTA G E
sance,de paix, de
plus doux contraste bonheur, et forme le
d'un sombre
avec celte plainé
sévère
azur 2 dont le coup-d'il
mnensité et.monotone, est l'image de
sans
limcelle du
bornes, dans le
combat et de la
calme;
anarchie des passions,
tumultuense
On
dans la
fait, au port du
tempête.
vaux qui le rendront Hâvre, des tracommode. Ils
plus vaste et
du
ne sont pas,
plus
genre de ceux de
monsieur,
portent le caractère de Cherbeurg, car ils
lité
sagesse et d'utiqaidistingue les
merce, plus
entreprises du comchir,
occupé du soin de
que de la vanité de
s'enritandis que les autres, paraître riche;
échelle de grandeur calculés sur une
poser à faux
, qui pourrait bien
7 ne seront
maisqu'un monument
peut-étre jadela
laquelle on les a
légèreté avec
La ville du Hâvre entrepris,
posée
n'est
que d'une seule
presque commée, si bruyante,
rue, mais si anisoin de voir la
que l'on n'a pas beest dans
mer pour savoir
un port, Des
que l'on
légions de péro- --- Page 23 ---
A SAIXT-Dosixeot.
de toutes les parties du monde,
quets
de toutes les coude toutes les tailles, 2
bouleurs, suspendus aux portes , aux
tiques, aux fenêtres de tous les étages,
sifflent, chantent,. crient, baparlent,
Les
billent comme des
piès
pilains oiseaux!me disait mon hôtesse,
j'écontais depuis une heure; jé pouque
fussent tous aufond de la
drais qu'ils
si vous
mer!-Ahin madame, pensai-je,
éticz.donc comme eux dans une cage.
Sile vent le permet, nous mettrons à
la voile demain. Le tems est beau 7 la
saison favorable, et.le navire commode,
petit. M. Cottin unit à la répuquoique d'un excellent homme de mer,
tation
brave. II
celle d'étre,aussi prudent que
sait que le courage, voisin de Pimprudence, est aussi dangereux aux gens de
son état, que la sagesse qui dégénère en
timidité : en voilà assez pour r'assurer
mes amis contre la menace du protant pa la.cruche à P'eau.
verbe., 2
saison favorable, et.le navire commode,
petit. M. Cottin unit à la répuquoique d'un excellent homme de mer,
tation
brave. II
celle d'étre,aussi prudent que
sait que le courage, voisin de Pimprudence, est aussi dangereux aux gens de
son état, que la sagesse qui dégénère en
timidité : en voilà assez pour r'assurer
mes amis contre la menace du protant pa la.cruche à P'eau.
verbe., 2 --- Page 24 ---
Vox Y A G C
LETTRE II
Inmer Aost, 1988.
Noes mimes à Ja voile
dernier, monsieur;
le 29 du mois
nous jota,
; une brise favorable
en deux -fois vingtLeures, hors de la
quatre
un vent un peu
Manche, et 2 sans
balotta pendant trop frais, 2 qui nous
Perfide golfe de quelques jours dans le
rions jusqu'ici Gascogne, nous, n'autrariétés qui rendent éprouvé aucune dés consi
Tétat
périlleux et si pénible. denavigateur
Notre principale
plas grand plaisir, scenpation, notre
voir favorisés
après celui de nous
par le plns beau tems
muegohtetiapeede,
2 a
qui joint Putilité à ampsementaolile,
permettant de
Fagréable, 2 en nous
frais, la volaille suppléer, et la
par du-poissoin
viande sallée
onsedégoite plus vilesur
2 dont
Outre des Thons, rmermuailleuns
des
Dorades, des
Bonites 2 des
Dauphins, nous avons pris --- Page 25 ---
A SANT-DONTReUE
de poisson que Ton nomme
une espèce elles vont comme les predes Folles;
délicates,
iniers 2 par bandes, sont plus
mais Oll les rencontre plus rarement,
la facilité de les
peut-être parce que T'espèce dans ces
prendre en a diminué
parrages. heures de calme nous perQuelques
inirent de prendre hier deux Requins.
hisser à bord le
Ilfallat un pallant pour était armée de
premier dont la guenle
cinq rangées de dents.
les anciens marins ont
Ce poisson que
d'où
baptisé du nom sinistre de Requin,
dérive son nom moderne 2 est le tygre
Son extrême voracité lui fait
de la mer.
attoindre,
dévorer tout ce qu'il peut
même le fer. Aussi aurait-il déjà dépois-,
si son instinct de vorasonné T'Océan,
cité n'était balancé par ses yeux placés,
non à la partie antégieure 2 mais aux
deux côtés de sa tête large" "et platte, ce
lui
ni de voir, ni de
qui ne
permet
enfin,
la
chasser en ligne directe ;
7 par
forme de sa gueule, laquelle. ouverte
.
attoindre,
dévorer tout ce qu'il peut
même le fer. Aussi aurait-il déjà dépois-,
si son instinct de vorasonné T'Océan,
cité n'était balancé par ses yeux placés,
non à la partie antégieure 2 mais aux
deux côtés de sa tête large" "et platte, ce
lui
ni de voir, ni de
qui ne
permet
enfin,
la
chasser en ligne directe ;
7 par
forme de sa gueule, laquelle. ouverte --- Page 26 ---
IO
Vor. A G E
sous la tête, le force à
saisir sa proie. La chair se netourner ponr
être le mêt favori
humaine paraît
infeste-t-il
de cet ogre ; aussi
navires qui particulitrement la route des
transportent
Amétique les
d'Afrique en
il meurt
cargaisons de nègres dont
ne fant donc toujours un grand nombre, Il
pas
ceux de nos
donter 2 monsieur, que
le
politiques qui plaident
commerce, de la traite
Pour
des
n'oppartiennent à
noirs 2
Ce
Fespèce des
que ce
Requins.
et ce
poisson a de
quiprouves avec quel soin particulier la.
,
supplée à la
nature
tés, c'est privation de certaines facul.
qu'il est
pagné de deux constamment accomque l'on
ou trois petits
avoir
nomme Pilotes. Ils poissons
établi leur domicile
paraissent
sa tête, où ils se
sur le haut de
la substance qu'ils nourrisent, dit-on, de
C'est delà qu'ils pompent de sa peau.
partent
pour diriger sa course successivement
une certaine distance 2 en nageant à
rare de prendre
devant lui. Il est
un
en même tems
Requin sans prendre
ses Pilotes, qui, au'mou
de deux constamment accomque l'on
ou trois petits
avoir
nomme Pilotes. Ils poissons
établi leur domicile
paraissent
sa tête, où ils se
sur le haut de
la substance qu'ils nourrisent, dit-on, de
C'est delà qu'ils pompent de sa peau.
partent
pour diriger sa course successivement
une certaine distance 2 en nageant à
rare de prendre
devant lui. Il est
un
en même tems
Requin sans prendre
ses Pilotes, qui, au'mou --- Page 27 ---
II
A SAINT-DoxrRest
vement extraordinaire qu'il fait 2 vont
reprendre leur poste. Voilà des parasites
bien. fidèles à leur hôte.
Pendant que je raisonnais avec le
capitainé sur l'excès de férocité, ou de
dans le Requin 2 est sans
voracité qui, 2
doute le produit de ses besoins et la connaturelle d'une loi générale et
séquence nécessaire, destinée à prévenir les suites
delamulliplication infinie des différentes
espèces du règne ichtyologique nos
mnatelots se préparaient à nous donner
de l'instinct de méchanceté
une preuve
l'homme des augratuite qui distingue
tres animaux.
lune des extréAprès avoir amarré
mités d'une corde à une barrique vide
et bien calfatée de manière à ce que
, l'autre bout
l'eau ne pût y pénétrer
fut, à l'aide d'un noend-coulant, passé
à la queue du Requin, opération assez
difficile par la force extraordinaire dont
est douée cette partie de son corps, avec
laquelle il porte des coups si terribles,
fait non pas trembler la mer,
qu'il
--- Page 28 ---
Vo Y, A G E
comme le dit niaisement le
THistoire généraledes
rédacteur de
le pont des plus forts Voyages (1), mais
crève ensuite les
navires. Cn lai
on le jète à la yeux, et, dans cet état,
mer.
C'est en effet un
ment singulier
spectacle barbarefait
que celui des
en tous sens
efforts qu'il
Feau, soit
2 soit pour pénétter
toujours pour s'élaneer dans Pair, et
rammené à la surface
parle poids de lab
liquide
On destina son nhariguegilysauojetits
quoique la chair pemumakacihremanor du
fade. et blafard
Requin, d'un blanc
gonit fétide et
2 soût imprégaée d'un
d'une odeur d'urine.
Mais,
yreneemeleunatelanr Je
nei
crois, dit un de nos plus mangent pas?
sun.oseladinbiterei, anciens voyatrainé.par les cendres, bouillisgrillé,
grègues dans leurs dents , laisserait ses
: 4 la pêche succédait (2).
cainie qui
la chasse. Le
permet aux oiseanx de dis-
(t) Tome 2, chap. 5.
(2) Journal d'un
Tome 2,
Voyage aux Indes orientales,
unatelanr Je
nei
crois, dit un de nos plus mangent pas?
sun.oseladinbiterei, anciens voyatrainé.par les cendres, bouillisgrillé,
grègues dans leurs dents , laisserait ses
: 4 la pêche succédait (2).
cainie qui
la chasse. Le
permet aux oiseanx de dis-
(t) Tome 2, chap. 5.
(2) Journal d'un
Tome 2,
Voyage aux Indes orientales, --- Page 29 ---
A SAINT-Dowiseur
tinguer le poisson' à une plus grande
profondenr; et Je voisinage d'un navire.
cetlernier aime, non pour le plaisir
que
deux pieds sans
de voir des animauzà
mais parce que- la nouveanté
plumes ,
le calme et, le navire
de Pobjet Tattire ;
beauavaient assemblé autour de-nous
nos maîtres et nos ri:
coup d'oiseaux, 2
vaux dans Part de la pêche.
Nous en tuâines plusieurs 2 uniques
exercer notre adresse 2 car
ment. pour
sèche et filandrèuse
leur chair noire;
pour : qui n'est pas
est immangeable
dévoré de la faim.
oiseaux sont
Les plus curienx de ces
et le Paille-en- Cul , ou
la Frégatte
nomFlèche-en-Cal, quie les Espagnols
Robo-de-Jiunco, Queue de Jonc,
ment
: par deux
et: qui mérite ce sobriquet
tellement accolées, qu'elles paraist
plumes n'en faire qu'une , et qui forment
sent
Le
est Paigle' de
sa
quene
premier
(r) On peut voir la description plus déiaillée
nommé aussi Toiscai-di-Troda Paille-en-cal? LHistoire d'in Voyage aux iles
pitie ; dans
Malouines. Tome 2, chap. 20. --- Page 30 ---
Vor*o E
l'Océan ; il a la taille, les
vol sublime de ce roi des formes, le
l'autre, et la Frégatte
airs. L'un et
nent presque
surtonts, Se tientance qu'il est toujours à une telle disvoir les tirer Rextréniementrare à
de pouMais
une portée
un oiseau
raisonnable.
pas à trouver
que je ne m'attendais
de hibou. Si en mer, c'est une espèce
celui-ci, en longs
semens,ne traine
gémispas, chez les
point sa roirssiln'a
dont son confrère matelots 2 la réputation
femmes des
jouit chez les vieilles
triste et
deux sexes, celle d'être le
ila du moins prophétique la
organe de la mort,
figure,
turne, le vol furtif et T'existence nocseau de Pallas
silencieux de loiroux: Je
; on lé nomme ici Poipense bien qu'il est
naturalistes sous un nom
connu des
plus sonore,
plus noble et
a
Une question qui se
même à la vue de tous présente d'ellel'on trouve à deux,
ces'oiseaux que
cents lieues de toute quelquefois à trois
part, vont y
terre, qui, la plupasser la nuit; et qui cer-
ane de la mort,
figure,
turne, le vol furtif et T'existence nocseau de Pallas
silencieux de loiroux: Je
; on lé nomme ici Poipense bien qu'il est
naturalistes sous un nom
connu des
plus sonore,
plus noble et
a
Une question qui se
même à la vue de tous présente d'ellel'on trouve à deux,
ces'oiseaux que
cents lieues de toute quelquefois à trois
part, vont y
terre, qui, la plupasser la nuit; et qui cer- --- Page 31 ---
15.
A Sirsr-DONiXGUE
tainement y font leur ponte (1), c'est
de savoir comment ils retrouvent leur
gite; car, outre que l'espace qu'ils ont à
traverser n'offre aucun point de remarà diriger leur vol, il est
que propre
le seul orimpossible de. supposer que
gane de la vue les guide à une pareille
distance. Dire qu'ils se règlent sur le
cours du soleil, ne résout point la question, car Io.1 ilyad desjours où cet astre ne
paroit point; 2o.jeles ai vu souvent voler
et nager autour de nous long tems après
30, commentle soleil, qui
son çoucher;
varie dans son cours d'un solstice à lautre, peut-il leur servir de boussole permanente? Soyons.del bonne-foi; ce mystère de la nature confond T'esprit; car 3
l'instinct que nous prètons aux bêtes >
me semble un mot beaucoup plus propre
(I) Les Brasiliens prétendent que l'oiseau
nommé Calcamar ne quitte jamais les flots 2
où il. dépose même ses ceufs. It est,je crois 3
permis, de douter d'un fait qui n'a pour garant
que la croyance vulgaire > et que contredisent
toutes les loix de la nature. --- Page 32 ---
Vo Y A G E
à nous sauver l'aven denotrei ignorance,
qu'à expliquer Pusage d'une faculté qui
nous manque,
yh
LETTRE --- Page 33 ---
A SAINT-Doxiseuk.
LETTRE 00 III
En mer. Septembre, 1788.
Monsieur 2 les aniPivs j'ohserve, 2
font ici
maux, poissons oùl volatils; qui
de notre société, plus je leur
une partie
humaine des raptrouve avec l'espèce
ports qui seraient très-propres à tempérer son orgucil, si elle voulait se rappeller que la seule faculté qui la distingne,celle de la réflexion,nes sert presque
jamais qu'à la rendre plus malheureuse
et plus méchante.
n'est-il
le
Mais, dit-on, Thomme
pas
seul être doué du degré d'intelligence
nécessaire pour vivre en société? Le seul
qui aye reçu le don sublime de communiquer avec Dieu par la pensée? Et nous
le Cas-.
aussi, vous répondrontrAbeille,
tor, la Fourmi, nous vivons en sociétés,
moins tracasmais en sociétés beaucoup
sières que les vôtres; et quant à la communication dont vous parlez, 2 nous ne
%
.
n'est-il
le
Mais, dit-on, Thomme
pas
seul être doué du degré d'intelligence
nécessaire pour vivre en société? Le seul
qui aye reçu le don sublime de communiquer avec Dieu par la pensée? Et nous
le Cas-.
aussi, vous répondrontrAbeille,
tor, la Fourmi, nous vivons en sociétés,
moins tracasmais en sociétés beaucoup
sières que les vôtres; et quant à la communication dont vous parlez, 2 nous ne
% --- Page 34 ---
VOYAC E
voyons pas que, depuis sept mille ans
qu'elle dure, elle vous ait encore
ni meilleurs, ni plus
rendus
JI me faudrait plus sages, de
ou pour employer le mot connaissance,
d'ignorance de Thistoire propre, moins
différentes
naturelle des
espèces de poissons, et de
T'ornythologie marine
parler
2 pour vous en
donc à pertinemment : je me bornerai
quelques apperçus.
Le poisson que l'on rencontre le
fréquemment est le marsouin
plus
bandes
qui va
2 que l'on trouve,
par
sous toutes les
a-pen-près,
tingue een deux latitudes, et qui se discspèces; le Marsouin
prement dit, et le Moine. Il est proconnu. sur nos côtes,
trop
de plus grands détails. pour entrer dans
tendent
Les marins préqu'il dirige toujours sa
au vent, et moi qui me
course
ces sortes
plais à vérifier
d'observations, je vous
que sur vingt
assure
dix-neuf fausses! expériences,J'en ai trouvé
Il résulte à l'égard de la
que lon nomme
Proscellaria,
vulgairemeut Aleyon; --- Page 35 ---
A SAINTDOXINOUE
ou POiseau de tempête,
ou Sattanique,
Martinet
et qui ressemble beaucoup au
terre un
tout aussi faux. On
de
préjugé
leregarde comme le précurseur des ora-
(1). Cependant, je n'ai jamais vu
ges
justifier cette opinion dans
Texpérienee
aucune des latitudes que j'ai parcourues
du nord au sud, de l'est à l'ouest. Ce
qui peut y avoir donné lieu, c'est que
cet oiseau pêche, sans doute, avec plus
et
de succès par un tems plus orageux
sombre, que sous un ciel serein.
de
La Baleine me pardonnera-t-elle
Pavoir nommée la première, car
ne si la pas taille donne le rang, elle a un droit
incontestable au premier?
Elle est ici, à T'intelligence près, ce
TÉléphant est sur terre, le plus grand,
quel
(I) Voyez Bougainville 7 Voyage au cur du
Monde tome I chapitre 8 Il est encore plus
étonnant 2 de trouver ce préjugé cousacré dans
les Études de la Nature 2 ouvrage qu'on lit avec
trop de fruit et d'intérêt, pour ne pas regretter
trouver des erreurs. Voyez le tome 2, étude
d'y
X; 7 page 229.
2 *
, à T'intelligence près, ce
TÉléphant est sur terre, le plus grand,
quel
(I) Voyez Bougainville 7 Voyage au cur du
Monde tome I chapitre 8 Il est encore plus
étonnant 2 de trouver ce préjugé cousacré dans
les Études de la Nature 2 ouvrage qu'on lit avec
trop de fruit et d'intérêt, pour ne pas regretter
trouver des erreurs. Voyez le tome 2, étude
d'y
X; 7 page 229.
2 * --- Page 36 ---
VOTAG E
et sans-doute le plus fort des
son élément. Elle
étres * de
différentés
se distingue aussi en
espèces, , dont la
se trouve dans les
plus grande
habiteyo
mers du nord. Elle
comme le
Marsouin, tous les climats, car on la rencontre
pôles jusqu'à Péquateur.
depuis les
On a fait beancoup de contes
taille de ce poisson,
sur la
commerce
plus précienx au
par son huile et ses
que PEléphant qui n'a
fanons 2
archevéque
que son ivoire. Un
d'Upsal, entr'antres,
avoir vu une Baleine d'une
assure
truosité, que le seul orbite telle monsyeux pouvait contenir
dun de ses
assis(1);
vingt hommes
quoique celle qui
nas fut déjà d'une taille escamotta Josupérieure à laj plus grande prodigieusement
Baleine conmême un pied de
on
FCMMASESSE
celle du
diamètre,
voit que
être
prophête de Ninive ne devait
qu'un goujon, comparée à celle de
Farcheveque Hiperboréen.
(I) Histoire naturelle des règions
nales,livrear,
Septentrio- --- Page 37 ---
UE.
2I
A SAENR-Domryet
Le Souflleur se rencontre aussi fréquemment que la Baleine, à l'espèce de
laquelle il,a appartient. Le jet d'eau quil
,le! fait reconlance perpendiculairement,
noître de très-loin.
Si dans les jeux de votre adolescence
on vous a fait rachetér un gage par un
baiser, pour avoir levé le doigt à pois*
vole, faites-vous le rendre: on a
son
abusé de votre jeunesse. 2: . car, non-seulement il y a des poissons volans, mais
on les trouve en très-grand. nombrei aux
environs des tropiques. Le terme moyen
de leur taille est celui de la grande sardine (1), et c'est, de tous les poissons
de mer, le plus délicat à mon goat, que
atissi prendre pour terme
vous pouvez
moyen. Mais il est en même-temsle. plus
malheureux, car il ne semble avoir reçu
(2) Mais il est absolument faux, comme le
disent le doctéur Dellon et l'abbé de Choisy 3
que Ton en voye de la grosseur d'un hareng.
Voyez Relalion d'un Voyage aux Indes-Orientale 7 tome I, chapilre 2; et Journaldu Voyags
de Siam, page 30,
mon goat, que
atissi prendre pour terme
vous pouvez
moyen. Mais il est en même-temsle. plus
malheureux, car il ne semble avoir reçu
(2) Mais il est absolument faux, comme le
disent le doctéur Dellon et l'abbé de Choisy 3
que Ton en voye de la grosseur d'un hareng.
Voyez Relalion d'un Voyage aux Indes-Orientale 7 tome I, chapilre 2; et Journaldu Voyags
de Siam, page 30, --- Page 38 ---
Vo: Y A G E
la faculté
poissons d'échapper aux poursuites des
qui nagent mieux
que pour devenir la
que lui,
proye des
lorsque léminence du
oiseaux, 2
à prendre son vol.
danger le force
des troupes eutières Il arrive même que
s'abattre sur le
poursuivies viennent
trouvent une pont des navires, où ils
bare
inhospitalité tout
que la haine de leurs
aussibarmis. Leurs ailes
voraces ennenant dans l'air délicates ne les soutevent un certain qu'autant qu'elles consersauroient
degré d'humidité, ils ne
portée de Metomechnanelanedid fusil
d'une
Aussi, Monsieur,
ble, auquel une faculté semblables au faide plus ne donne
(1) Voyez la
THistoire d'un description de ce poisson dans
tome I, chapitre Foyage aux iles
le nomme
I, où Tauteur, don alatuines; ,
Pernetly,
quila la faculté irescimproprement wiamphibie, parce
Pour qu'un animal desélancerl hors de son élément.
phibie, il faut qu'il quelconque soit réputé ammentanément la terre puisse, non pas quitter moou l'eau, mais habiter,
lautre,
"scaaanirant --- Page 39 ---
A SAIS-DONINOTE
nouveau droit à la haine
souvent qu'un
trouvent, dans
du fort, ces infortunés
même dont les a doués la nal'avantage
de
ture, une nouvelle source
perséeutions et de dangers.
sinde Tanimal
Je ne vous parle point
les marins nomment Galere,
gulier que
les naturalistes. Holoture, quin'est.disentni
et dont il faut
ils, ni plante, poisson,
derniers.
chercherla description chez ces
La contrariété des vents ou des couforce quelquefois les navires qui
rans,
Antilles, à ranger les Açores
vont aux
Il n'est alors point rare de
d'assez près.
voir des oiseaux de terre, emportés par
le vent, sej jetter sur les vaisseaux comme
de port. J'ai été témioin
dans une espèce
les
qu'ils n'y sont pas mieux reçus que
volans, et que si Phabitude de
poissons hommes les a rendus assez mévoir des
fians pour éviter de se laisser prendre,
ils n'échappent à ce danger que pour
périr d'une mort lente, lorsque Tépuisement de leurs forces ne leur permet plus
de se soutenir en Pair.
portés par
le vent, sej jetter sur les vaisseaux comme
de port. J'ai été témioin
dans une espèce
les
qu'ils n'y sont pas mieux reçus que
volans, et que si Phabitude de
poissons hommes les a rendus assez mévoir des
fians pour éviter de se laisser prendre,
ils n'échappent à ce danger que pour
périr d'une mort lente, lorsque Tépuisement de leurs forces ne leur permet plus
de se soutenir en Pair. --- Page 40 ---
Vorad DE
Le voisinage des Açores,
par Gonsalve
, découvertes
Vello, m'a
des mille ef une fables
rappellé une
royageurs
débitées par les
2 indépendamment des
proquo de leurs éditeurs,
quiraissances
qui, sans condu ton le nautiqses, 2 écrivent par fois,
plus grave les plus
absurdités,
pitoyables
La fable
statue
dont.je parle est celle de la
Cuervo équestre trouvée dans l'isle de
011, Corro. Elle était,
coaverte d'un
dit-on,
tenant de la main mianteau, la tête nue, ,
son
gauche la bride de
cheval, et
cident
montrantdela droite l'oc-
(2).
Sid ce conte futinventé
T'opiniâtre incrédulité
pour ébranler
des raisons à
de ceux qui, pour
possibilité de eux. connues 2 niaient la
l'existence d'un
monde. 2 cela prouve une triste nouveau
c'est que l'on ne
vérité:
triomphe de l'espèce
d'ignorance, qui ne croit qu'aux vérités
(1) Histoire générale des
livre I, chapitre I.
Voyages 7 tome I, --- Page 41 ---
A SNN-Dostryeer,
triviales ol aux miracles, qu'en prenant
le masque et le langage delimposture.
Venons à Pabsurdité,
Towtson, dit PHistoire générale des
Voyages (1), après avoir perdu toutcs
à soa mât 7L72 pieu
ses voiles, suspendit
alisle
bonnet, avec lequel.il se conduisit
de Wight.
vieux bonnet était
Or, monsieur, ce
une vieille bonnette 2 c'est-à-dire, une
voile que, dans le beau teins 5 lon ajoute
autres
un boute - hors,
anx
moyennant s'adaptc à une
ou une petite vergue qui
des xergues'majeures.
est
Je- ne vous dis, rien du tems, qui
très-beau. Notre traversée sera
toujours
assez longue > mais elle sera très-douce,
et, jespère, exempte des contrariétés
de l'état de marin, font un métier
qui,
de forçat. La parfaiteharmoniee qui règne :
à bord, , jointe au bon esprit d'y varier
contribuentàn nous faire
nos occupations,
(1) Histoire générale des Voyages, tome 2,
livre2, chapitre.
vous dis, rien du tems, qui
très-beau. Notre traversée sera
toujours
assez longue > mais elle sera très-douce,
et, jespère, exempte des contrariétés
de l'état de marin, font un métier
qui,
de forçat. La parfaiteharmoniee qui règne :
à bord, , jointe au bon esprit d'y varier
contribuentàn nous faire
nos occupations,
(1) Histoire générale des Voyages, tome 2,
livre2, chapitre. --- Page 42 ---
VOrAG G E
avancer, sans impatience,
notre course,
vers le but de
M. Cottin
tamment ses matelots, occupe consafin d'éviter les
conséquences de Poisiveté,
neste au bon ordre. Les
toujours fuuns font de l'étouppe, 3 d'autres du fil carré;
raccomodent les voiles
d'autres
cables, etc. ces
2 épicent les
pénible. Ils
travaux n'ont rien de
se font en
une tente qui met les chanlant, sous
du soleil. Je
ouvriers à l'abri
me plais à les partager. Je
disloque de vieux bouts de
vos belles dames
corde, comme
et
parlilent des brins
sije suis destiné à
d'or;
de mes
ne pas rapporter
voyages tout le fruit
espère, j'aurai du moins
que j'en
des noeuds en
appris à faire
cul-de-poule.
Nous avons fait, au
pique, la cérémonie passage du trodu
profanes
baptême des
c'est-à-dire, de ceux qui
(r) On peut voir les détails de cette
longuement décrite dans le
cérémonie,
aux iles Malouines, dont chapitre 2 du Fayage
les anciens qui n'avaient Tauteur observe que
point de boussole et --- Page 43 ---
A SAivr-Doxrseut
l'avaient point passé encore: , mais
ne
de 2 de
avec la mesuré d'ordre 2 d'égards
les plaisirs démodération, sans laquelle
génèrent en peines. et les jeux en combats. La Jecture, une partie de piquet,
dans laquelle M. Cottin n'oublie pas son
ancien métier de Corsaire ; Phistoire de
et
quelques événemens tres-singuliers
de la vie de ce brave
très - intéressans
remplissent les vides de la jourmarin,
née, et prolongent même nos conversations jusque bien avant dans la nuit.
ne s'écartaient poin! des côtes dans leurs
qui
voyages, ne connuren! pas la céréplus longs bizarre du batéme. N'est-il, pas en effet.
m-nie.
cette cérémonie, q:i
tres-exiraordinaire que
relativement
dérive d'une institution moderne,
des
à l'existeuce des Tyriens 3 des Phéniciens,
Carthaginois, n'aye point été pratiquée par ces
Les désordres auxquels T'abus dé
mavigateurs? a douné lieu, l'ont faite défendre
cette singerie vaisseaux de la marine royale. IL est
sur les
celte caricature
même fort extraordinaire que
ait
ridicule d'un sacrement d'institution divine,
été jamais tolérée chez des chrétiens.
d'une institution moderne,
des
à l'existeuce des Tyriens 3 des Phéniciens,
Carthaginois, n'aye point été pratiquée par ces
Les désordres auxquels T'abus dé
mavigateurs? a douné lieu, l'ont faite défendre
cette singerie vaisseaux de la marine royale. IL est
sur les
celte caricature
même fort extraordinaire que
ait
ridicule d'un sacrement d'institution divine,
été jamais tolérée chez des chrétiens. --- Page 44 ---
E
28.
Vorae E
LETTRE IV.
Jacmel, ile Saint - Domtrgue.
Octsbre, 1788.
Jom à terre
sieur,ct certes je depuis huit jours, monme sentir. aucuin n'avais pas tort de ne
ver. Quel pays'quelles empressement d'y arriMais, comne
maeursiquelsued
je ne suis
pour céder, sans
plus assez jeune
de Ia première résistance, à T'empire
résolu à un
impresston, je me
de laiser. parti ( que je crois sage; celui suis
appeile la s'émousser cerque
pointe de
Montaigne
mtrir, par un noviciat térengeti, de
afin de
de silence et
quelques mois
que
dobaervations,
je dois porter des
lejugettent
moeurs., du pays.
hommes 2 des
: Je veux, s'il est possible,
père, éviter les deux
et je Iessur. lesquels la
principanx écueils
plupart des
échouent, 2 Texagération 1
et voyageurs
Je n'irai done
T'étourderic,
point, jugeant comme --- Page 45 ---
A SATXT-Doxisess.
eux du tout sur une partie, tracer hardiment le portrait d'un peuple sur queltraits d'une wciaé.pcindrchlesme
ques
dans un individu, et poser en principe
toutes les.femmes à Rome portent
que
(1), parce que jaurai vu de
perruque cheveux à la charmante Rosafaux
linde. ( On a dès long-tems remarqué,
dans les voyageurs, une affectation particulière à vanter le théâtre de leurs
dit M.de Volney et j'esvoyages > 2
père encore échapper à ce reproche.
En attendant, 2 je vous rendrai compte
de la manière dont s'est terminé le miena
(1) Letlres sur PIlalie, par M. le président du
Paly, tome 2, lettre-87. On trouve une autre
preuve de cette légèreté de jugement, moins
excusable clez une nation plus réfléchie, dans
le Voyage autourdu Monde, parl'amiral Anson,
tome 3, livre 3, chapitre 9; oû le rédacteur nC
fait
difficulté de juger de la probité et des
pas de tous les habitans du vaste empire de
moeurs la Chine, d'après quelques friponneries des habitans de Macao.
tome 2,
(1) Voyage en Syrie et en igypte,
chapitre 18.
ement, moins
excusable clez une nation plus réfléchie, dans
le Voyage autourdu Monde, parl'amiral Anson,
tome 3, livre 3, chapitre 9; oû le rédacteur nC
fait
difficulté de juger de la probité et des
pas de tous les habitans du vaste empire de
moeurs la Chine, d'après quelques friponneries des habitans de Macao.
tome 2,
(1) Voyage en Syrie et en igypte,
chapitre 18. --- Page 46 ---
VorAG G E
La consfance du beau tems
permis.de prendre,
nous ayant
hauteur, M. Cottin presque chaque jour,
aucun
me dit le 24, que Si
événenient
nait à la traverse, extraordinaire ne vedemain
nous verrions, le lenavant midi, la Désirade, ce
eut ea effet lieu vers dix heures
qui
tin ; et c'est, depuis
du maseul exemple
que je navigue, le
d'un rapport aussi exact
entre l'observation de la latitude et
m esnre du lok, si sujette à
la
que la seule manière d'estimer erreur, quoila route,
lorque l'absence du soleil interdit Pusage' du quart decercle ou de l'octant.
J'arrivais dans un monde
celte seule' pensée m'eût
nouveau, et
attentif à observer
déjà rendu trèsla chaine des isles
que nous allions longer sur les deux
bords, quand même le plaisir de
la terre, plaisir dont un
revoir
peut connaître le
navigateur seul
constamment
charme, n'y eût pas
attaché mes regards.
Nousvimes
gauche, la
ucewhensndetanrmate
couvrit Désirade, que Colomb ne déqu'ason second voyage;que des --- Page 47 ---
A SAINT-DONIsGUE.
3r
mal instruits prétendent ingfographes
colons
habitée, et qui nourrit quelques
cultivent un peu de café et de
qui y
nous
coton. Ensuite, la Guadeloupe. , que
accostâmes assez près pour y distinguer
les habitations éparses sur la côte.
Nous laissâmes sur la droite, et Mont-
: n'être qu'une seule
serrat 2 qui parait
montagne, dont le talus rapide est peu
susceptible de culture; et la grande isle
de Cuba, dont le nom vous rappellera
ceux de milord Axminster, de l'intéde la bonne madame
ressante Fanny 2
Riding, et de l'abbé Prévost, leur père.
Un incident, qui pouvait nous devenir
fatal, pensa me priver du plaisir d'en
voir davantage.
Nousapprochions de Saint-Domingue,
dont M. Cottin voulait reconnaître la
occidentale. La beauté de la nuit
pointe
Vers
m'avait engagé à rester sur le pont.
minuit, étant à la poulène, je crus voir
chose de sombre et de grique quelque
sâtre interrompait la ligne de Thorison.
A force de fixer cet objet, je reconnus
qui pouvait nous devenir
fatal, pensa me priver du plaisir d'en
voir davantage.
Nousapprochions de Saint-Domingue,
dont M. Cottin voulait reconnaître la
occidentale. La beauté de la nuit
pointe
Vers
m'avait engagé à rester sur le pont.
minuit, étant à la poulène, je crus voir
chose de sombre et de grique quelque
sâtre interrompait la ligne de Thorison.
A force de fixer cet objet, je reconnus --- Page 48 ---
VoivAiG E
ue c'élait une terre basse,
que, portant assez de
et je jugeai
bonne brise, nous
voiles, avec une
de lieue à courir. n'avions pius un quart
Sans rien
témoigner à
quart ni aux matelots, l'officier de
le capitaine,
je fus réveiller
Sa présence que je conduisis à Favant,
prise:
d'esprit fat égale â sa surlarguez vîte les
me dit-il; puis,
écoutes à stribord,
timonier, il
arrachant la barre au
commanda de
bord, et nous arrivànes.. brasser bastems, monsieur,
Et il était
à deux encablures' car nous n'étions plas
était la petite isle de cette terre, , qui
en cas de
deSaoma,sur laguelle,
trouvé que naufrage du
7 nous : n'eussions
sable.
Cette rencontre
de reconnaisance nousdonnant un point
vâmes au
positif, snous nous élelarge, et je fus mc
pour quelques heures,
coucher
Nous. avions la côte
méridionale de
Saint-Doningues réveil.La
en pleine vue à mon
brise,
apportait le confus quivenait de terre,nous
muélange des émanations
en cas de
deSaoma,sur laguelle,
trouvé que naufrage du
7 nous : n'eussions
sable.
Cette rencontre
de reconnaisance nousdonnant un point
vâmes au
positif, snous nous élelarge, et je fus mc
pour quelques heures,
coucher
Nous. avions la côte
méridionale de
Saint-Doningues réveil.La
en pleine vue à mon
brise,
apportait le confus quivenait de terre,nous
muélange des émanations --- Page 49 ---
A SAINT-DONINGUE
tions de tous les aromates, parini lesquels lodorat distinguait le suave parfum de T'acacia-buisson.
La voilà donc, me dis-je, cette terre;
échantillon' (I) d'un nouce premier
dont la découverte dut
veau monde 2
combler Colomb d'une joie d'autant plus
qu'elle le tirait tout-à-coup de la
pure,
foule des avanturiers téméraires 2 pour
lélever au rangdes plus grands hommes!
Jamais entreprise plus hardie n'avait décidé une aussi grande question. Aussi;
quel moment ! Quel triomphe pour l'aHéritiers de
miral et ses compagnons!
la puissance de Dieu, continuateurs de
ils achevaient la création!
son ouvrage, sait dire
des faits: il fant
L/histoire ne
que
se transporter en esprit parmi eux, pour
se peindre leur étonnement, pour en-
(1) Quoique Colomb eût découvert précédemment , cest-à-dire,le 12 octobre 1492, l'ile
de Guanahami , ou Sansalvador , une des Lucayes, jer me permets cette espèce de transposition,
parce que Saint-Domingue fut la première oû les
Européens firent un établissement,
--- Page 50 ---
VoYAGE E
tendre les cris de leur
voir T'expression d'un allégresse, pour
réspect succéder
tendre et' religieux
regards de la aux inquiets et sombres
ment et de la haine méfance, du décourageces hommes
douloureuse. Comme
, avides de terre, dirent
dévorerdesyeux ce solinconnu,
ductions nouvelles,
ces progére Comme cette nature étranaggrandir leur l'aspect de cet isle dut
nion decelui chef, même dans l'opitentative dont d'entr'ensqui, rebuté d'uné
dence, disait l'audace étonnait sa prucourtisans de aussi naguères, avec les
FEscurial : Rien de plus
diverse (1)Ilfautavoir une idée bien fausse de
dans laquelle cette vue dut Tespèce
pour dire, comme les compilateurs les jetter,
gencrale des
de T'Histoire
pitre I, que la Yoyoges, , tome Io, livre I, chapremière fois que les
débarquérent sur le nouveau
Espagnols
sèrent lumblement la terre. Ils la monde, ils baitransport, dit avec beaucoup baisèrent avec
blance Tauteur de T'Histoire plus de vraisémque et de
de PAsie, de PApi
rAmérique, tome 13.
vue dut Tespèce
pour dire, comme les compilateurs les jetter,
gencrale des
de T'Histoire
pitre I, que la Yoyoges, , tome Io, livre I, chapremière fois que les
débarquérent sur le nouveau
Espagnols
sèrent lumblement la terre. Ils la monde, ils baitransport, dit avec beaucoup baisèrent avec
blance Tauteur de T'Histoire plus de vraisémque et de
de PAsie, de PApi
rAmérique, tome 13. --- Page 51 ---
A SAINT-DowiNoug
fou que cette entreprise
à son
(1); mais qui,
retour, ne dira pas comme
rien de plus
eux,
simple, car il voudra en
partager la gloire comme il en a
les périls.
partagé
Ce fat le dimanche
l'on vit Saint-I
- 1492, que
lable influence Domingue ; et l'incalcude cette
révolution qu'elle
découverte, la a
merce,1 la
produisit dans le compolitique, les opinions de lEurope 2 doivent rendre ce jour à
célèbre dans les fastes de
jamais
Mais,
son histoire.
2 quel contraste,
les
monsieur, dans
conséquences des principes
parles différentes
adoptés
furent dirigés
puissances, selon qu'ils
par l'esprit de
ou celui de conquête
commerce
(2)! L'un n'appor-
(1) Colomb offrit d'abord ses services
Juan, roi de Portugal, qui les refusa. à dom
voyage qu'il fit à la cour de ce
Dans un
retour d'Amérique, en 1493, les prince à son
seillèrent à leur maitre de le faire courtisans conoffrirent même de l'assassiner.
périr, et lui
(2) Le desir de perfectionner la
du globe a donné
connaissance
naissance à une nouvelle
3 * --- Page 52 ---
VoYAG E
tait au nouveau monde
des arts, des
que des vices,
tait
besoins; l'autre lui
Tesclavage et la mnort. A la voix apporpremier , je vois le Batave
du
Jancer de ses lagunes,
indigent s'6et; par son économe parconrir le globe;
dustrie,
et persévérante incouvrir ses marais des
des deux
richesses
mités de la mondes, en fondant aux extréterre des colonies
dues, 2 plus riches,
plus étenla métropole;
plus populeuses que
tandis que FEspagnol dépeuple ses belles provinces,
dépeupler les Antilles, le pour aller
Pérou, et bâtir de
Mexique 2 le
nières (1) sur Jes débris pauvres du
capuciriche empire
sorle d'ambition, celle des découvertes.
à-peu-près les mêmes
Elle a
autres pourles peuples conséquences que les deux
les seuls habitans de etenparatlemnets la terre de
ou nouvelle Hollande, ont eû le Van-Diemen, bon
s
rejetler avec mépris des présens
esprit de
que faire, et qui ne leur eussent dontilsn'avaient donné
nouvaux besoins. Voyez Nouveau
que de
merdu. Sud, page 29.
Voyage à la
(1) Je sais que les moines du
servent pas mieux le voeu de Mexique n'obpauvreté que les
les seuls habitans de etenparatlemnets la terre de
ou nouvelle Hollande, ont eû le Van-Diemen, bon
s
rejetler avec mépris des présens
esprit de
que faire, et qui ne leur eussent dontilsn'avaient donné
nouvaux besoins. Voyez Nouveau
que de
merdu. Sud, page 29.
Voyage à la
(1) Je sais que les moines du
servent pas mieux le voeu de Mexique n'obpauvreté que les --- Page 53 ---
A SAINT-Doxrseur.
de Montesuma... 2
AhfTimngination la
plus froide recule d'horreur devant la
gloire de Cortez et de ses
successeurs,
quand on songe qu'elle a couté vingt
millions d'hommes à ces malheureuses
contrées (1)! ( Et quels biens, dit Montesquieu, les Espagnols ne pouvaient-ils
pas faire aux Mexicains ! Ils avaient à
leur donner une religion douce, ils leur
apportèrent une superstition
ils auraient
farieuse ;
pu rendre libres les
et ils rendirent -esclaves
esclaves,
libres. Ils
les hommes
bus
pouvaient les éclairer sur l'ades sacrifices humains
; au lieu de
autres; mais la sompluosité des églises,
des monastères, le luxe du
T'opulence
pas plus à la culture, la véritable clergé, ne suppléent
richesse des colonies,
la
base de la
à leur
que luxire des moines
population. Le Pérou a beau produire de
Tor, il ne sera vraiment riche que lorsqu'il
duira des hommes et des récollès. On
prodans la seule ville de Mexico, vingt-neuf compte,
d'hommes et vingt-deux de filles,
couvens
(I) Carjaval se vantait, au moment de
d'avoir à lui seul massacré vingt mille Indiens. mouriry --- Page 54 ---
VorAc E
cela, ils les exterminèrent. Je
jamais fini, sije voulais
n'aurais
biens
raconter tous les
qu'ils ne firent pas : et tous les
maux qu'ils firent (*) >.
(1) De L'Espril des Loix, livre IO,
chapitre 4. --- Page 55 ---
39.
A SAINT-DONINOUE
LETTRE V.
Jacmel. Octobre, 1788.
Jz reprends , monsieur 1 sans aucun
la suite- de ma dernière
préambule 1
lettre. 7:
la nouveauté
Lai variété des aspects 2
des formes sous lesquelles. .une végétation
rapide développe, sous un ciel brôlant,
inconnus. aux Zônes
des productions
temnpérées ; cette terre, dont aucune
le silence. dont auvoix n'interrompait
cune trace de culture ni d'habitation
troublait la solitude, - attachèrent
ne
long-tems mes yeux et ma pensée.
sont devenus les hommes doux:
Que
Phabitaient ? Répondez,
et paisibles qui
Européens : où sont-ils ? Tant que vous
n'avez trouvé chez eux que les vertus
de Phospitalité, yous vous êtes contentés
d'en faire vos esclaves 2 n'est-ce pas ?
Mais du moment oùt vous vites que,
€
pait
cune trace de culture ni d'habitation
troublait la solitude, - attachèrent
ne
long-tems mes yeux et ma pensée.
sont devenus les hommes doux:
Que
Phabitaient ? Répondez,
et paisibles qui
Européens : où sont-ils ? Tant que vous
n'avez trouvé chez eux que les vertus
de Phospitalité, yous vous êtes contentés
d'en faire vos esclaves 2 n'est-ce pas ?
Mais du moment oùt vous vites que,
€ --- Page 56 --- Vorie E
frappés des excès de
quente et barbare
votre inconséde l'amonr à la haine, turpitude,ilsy passaient
au mépris,
et de
miner, vous vous êtes hâtés Tadoration
comme des bêtes
d'exter.
hommes qui vous
féroces, des
des dieux. Envain aviient reçus comme
tems effacera ce crime espérez-vous qute les
des hommes; ; il existe de la inémoire
mhonument
sur ce
(a) , dont le
rivager un'
avec ses flots,
nom, confondu
souvenir dei 3 roule à la
le
vos fureurs. postérité
Telles furent,
lavhl
pensées
monsicur,
que n'inspira
lexpremières
Domingue. Vons ne les laivue de. Saintj'espère 2 àvéc les
confondrez pas,
enthousiasine, factice. déclarhations d'un.
la découverte de
La question , si
regardée comme Tamérique doit êtrel
diciable à
seastageinaon préjudécidée ; mais TEaropei, celle n'est point. encore
le bonheur des
de son influence sur
habitans de cette partie
(1) La rivière du massacre.
Li --- Page 57 ---
A SAINT-Domisctt
mnonde ne Pest que trop
du nouveau
le fait : ils n'existent plus (1).
par
le véritable nom de SaintL'ancien,
FranDomingue, n'est pas trop connu.
Coréal dit que les natarels la nomçois
Haiti, Cipanga (2).
mnaient Quisqueia,
Peut-être ces noms sont-ils moins ceux
des différentes
de l'isle entière, 2 que
leurs
parties où les indigènes avaient
établissemens. Les Espagnols la nommaient d'abord Isabella (3), et la nomRéflexions sui la, colouic de Saint-
(1) Voyez
2. Un seul Cacique
Domingue, tomne I, chapitre Nord-Est de San-Doétait parvem à former, au oi il avait réuni quatre
mingo, un établissement
sous
mille de ses compatriotes, qu'il gouvernait autre
le titre de Cacique de Pilelde Staili, sans
dépendance que celle d'uppellerdesesi jugemens
à l'audience royale. Mais, en 1718, cet établissement ne contenait déjà plus que quatre-vingt à
quatre-vingt dix individus des deax sexes.
Relalions des Payages > elc., tome I *
(2)
chapitre I."
de Ferdinand Cortes, elc.s
(3) Correspondance
lettre I.
ses compatriotes, qu'il gouvernait autre
le titre de Cacique de Pilelde Staili, sans
dépendance que celle d'uppellerdesesi jugemens
à l'audience royale. Mais, en 1718, cet établissement ne contenait déjà plus que quatre-vingt à
quatre-vingt dix individus des deax sexes.
Relalions des Payages > elc., tome I *
(2)
chapitre I."
de Ferdinand Cortes, elc.s
(3) Correspondance
lettre I. --- Page 58 ---
Vor A G E:
ment encore
ainsi
aujourdhui
que tous les
Hlispagnola,
àl
peuples
T'exception des seuls
navigateurs,
fondant le nom de Français, qui conDomingo,
la capitale Sanet gardé avec celui de Pisle, ont
Thabitude de
pris
Domingue (r).
l'appeller SaintJe reprends la suite de
gation.
nofre naviSoit
négligence des
que des courans
timoniers 3 soit
fait dériver,
inconnus nous eussent
trée de la nous nous tronvâmes
nuit tellement
àl'encôte à
afalés sur
pic, 3 vers
une
vière de Naiba, T'embouchure de la rià-c
que nous restâmes
coup sans vent
toutsans fond
pour nous en tirer, et
mettre la pour y jetter T'ancre. Il fallut
afin de chaloupe et le canot à la
nous remorquer.
mer
(I) L'Histoire
le récit de la fondation générale des Fayages termine
livre I, chapitre
de cetté ville, tome
I, par un
Io,
donnable, en ajoutant qu'elle quiproquo imparla suile , sous le nom de
était devenue dans
des phuifortauantes
SJi-Danngue, une
colbnieuhungabes --- Page 59 ---
43.
A SAINT-Doxiveve
la rivière de Naiba
Je vis avec plaisir
de
ou Neiva, une des plus considérables
s'acheminer vers
Saint - Domingue 2
et
l'Océan à travers une large vallée 2
de son embouchure,
se diviser,au-desus
forment un
en plusieurs canaux qui
rien
emnp-Reitnbeagnéstle Cependant
cette belle contrée soit ni
n'annonce que
cultivée, ni habitée , et c'est dommage,
doute
l'on trouve ailleurs un
car je
que
varié
local qui offre à-la-fois un sol plus
à la culture, et plus de ressources d'agrément et d'utilité au cultivateur 9.
lequel le voisinage d'une rivière
pour navigable est toujours un grand avantage, en ce que la voie d'eau simplifie,
accélère et facilite le transport des
denrées.
Le cours de cette rivière semble, monformer une
sieur 1 2 tracé exprès pour
barrière naturelle entre les possessions
françaises ct espagnoles. C'estainsiqu'en
avaient d'abord jugé les commissaires.
francais, chargés de la démarcation des
limites. Mais les raisonnemens sonores
voisinage d'une rivière
pour navigable est toujours un grand avantage, en ce que la voie d'eau simplifie,
accélère et facilite le transport des
denrées.
Le cours de cette rivière semble, monformer une
sieur 1 2 tracé exprès pour
barrière naturelle entre les possessions
françaises ct espagnoles. C'estainsiqu'en
avaient d'abord jugé les commissaires.
francais, chargés de la démarcation des
limites. Mais les raisonnemens sonores --- Page 60 ---
des
VorAo E
commissaires
dérent, dit-on,
espagnols en déciperdit un. terrain autrement, et la France
FEspagne, > qui le laisse précieux 2 sans que
gagné autre chose
en friche,y ait
territoire de sa
que de resserrer le
chose, sans
voisine : c'est quelque
doute; mais
depuis long-tems
FEspagne parait
force d'un état avoir oublié que la
dépend mnoins de son
de
dentianioritoniln
Ce qu'il y a dei plus que sa population.
cela , c'est que dès extraordinaire en
rivière de Naiba
1698, cette même
les
était nommée,
lettres patentes
2 dans
compagnie de
pour Térection de la
formant avec
>
SaincDoningte
Hmites
let Cap de
comne
de la côte du Sud. Tiberon les
La Sunt-Doningue
finiment plus vaste, Espagnole estinarosée
plus fertile,
que la Frangaise.
mienx
trouve en général
Mais on J
et trop de moiries. trop peu d'industrie
que leurs terres
Je suis
sont bien tris-persuadé
revenus bien
cultivées, leurs
ont
administrés. Les
toujours été de bons
moines
économes et des --- Page 61 ---
A SAINT-DONIxeUE
entivastenintéligensin maisjobserverai
des usufraitiers célibataires 2 traque
fixe de succes-,
vaillant pour un nombre
scurs,et non pour une postéritéillimitée,
s'attacheront moins à étendre qu'à perleur culture. C'est déjà un
fectionner
bien, sans doutel ; mais c'est un grand
mal, un mal dont l'intérêt du gouvernement souffre plus que tout autre, que
dans les colonies sur-tout,
der multiplier 2
entravent la popudes établissement qui
les délation (1),et, par contre-coup 2 linfrichemens, c'ost-à-dire, la culture,
dustrie, le commerce, etc.
,monsieur, qu'ily aitàSaintSupposons," mille moines. Substituez
Domingue cinq d'hommes mariés ; il en
leur autant
dans vingt ans 2 ces
résultera que 2
Espagnole élait,
(1) Celle de Saint-Domingue cent dix inde dix-luit mille quatre
en 1717,
quatre à cine
dividus, mème en y comprenant était employée
cents français, dont de une la parlie côte; et lon assure que
au cabolage le long
et Tindustrie
depuis cette époque, la population
n'ont reçu aucun accroissement.
il en
leur autant
dans vingt ans 2 ces
résultera que 2
Espagnole élait,
(1) Celle de Saint-Domingue cent dix inde dix-luit mille quatre
en 1717,
quatre à cine
dividus, mème en y comprenant était employée
cents français, dont de une la parlie côte; et lon assure que
au cabolage le long
et Tindustrie
depuis cette époque, la population
n'ont reçu aucun accroissement. --- Page 62 ---
Vor A G E
cinq mille moines
une
seront remplacés
population de
par
mille individus
trente à quarante
défrichant
recueillant et Payant à
2 plantant 3
de dix piastres
Pétat , à raison
deux millions par tête (1), au-de-là de
que cette somme tournois. Je veux encore
frais d'unea
soit absorbée par les
administration
plus étendue; alors il nécessairement
au souverain
resterait
5 comme
toujours
- produit de ses droits, bénélice net, le
tion des denrées
tant sur l'importaportation des coloniales, que sur l'exvilège
marchandises, 2 dont le prid'approvisionner les
partient incontentabilenent colonies ap.
poles, chargées du soin
aux métrode les
c'estd-dire, de les
défeudre,
Depuis
conserver,
nous
Matbhajuquatie
longeâmes une côte d'Altavela,
aspect triste et sévère. inégale et d'un
étendue,
Dans toute
je ne vis pas la moindre cette
trace
(z) Unet
elle n'cst elelleimpolition rien dans
serait forte en
quantité de terrain les colonies, où une Europe;
a une valeur
égala
centuple, --- Page 63 ---
A SANT-DONiNGUE
natude culture. Les colons espagnols,
rellement paresseux et sobres 2 se centoud'élever des troupeaux dont le lait
tent
les nourrit, et de planter du tabac, qu'ils
fument étendus dans un haiac suspendu
à deux arbres. Les plus actifs font, avec
un commerce assez lanles Français,
lequel les
guissant 2 de bétail, parmi
chevaux, connus sous le nom de Bayahondros, sont l'article le plus cher 1 et
de Tasso, 7 ou Porc Fumé. C'est eux 2
sans doute 2 qui fournissent aujourdhui
au commerce de l'Europe l'excellent
tabac connu sous le nom de Saint2
à
les habitans de
Domingue; car peine
la partie française en cultivent-ils assez
pour leur usage particulier.
Altavela àla portée
Nous rangeâmes
Cette isle n'est qu'un rocher
du pistolet.
vertes, et
parsemé de quelques places
en atténdant qu'un solitaire, d'une
qui,
bien déterminée, vienne y bâtir
vocation
sert de retraite à une
son hermitage 1
une granded gemnthtesegmastate l'on
Il est bon de la reconhaitre lorsque
; car peine
la partie française en cultivent-ils assez
pour leur usage particulier.
Altavela àla portée
Nous rangeâmes
Cette isle n'est qu'un rocher
du pistolet.
vertes, et
parsemé de quelques places
en atténdant qu'un solitaire, d'une
qui,
bien déterminée, vienne y bâtir
vocation
sert de retraite à une
son hermitage 1
une granded gemnthtesegmastate l'on
Il est bon de la reconhaitre lorsque --- Page 64 ---
VoyAG E
veut aferrer dans la
Domingueyce
partie sud de Saintelle se voit de qui n'est pas difficile, car
d'un vaisscau très-loin, sous la forme
du
de toutes ses
premier rang chargé
doute, fait voiles, ce qui lui a, sans
nom dAlia-Fela. donner par les Espagnols le
Il ne sera pas hors de
sieur, d'ohserver
propos, monnaissance est
que ce point de reconcôtières des très-mnal placé sur les cartes
sées
Antilles, 2 récemment drespardesofliciers dela marine
Non-contens d'avoir vérifié
Royale,
celle dont monsieur
P'erreur sur
ainsi
Cottin fait
que sur le routier de
usage,
nous fuunes curieux de
dAprès,
cienne carte de
consulter une anj'achetai au hasard Saint-Domingue à
> que
Caen, et nous y trouvâmes mnon passage à
d'Altavela déterminée
la position
faite exantitude.
avec la plus parparesse, Tétourderie, Quant on pense que la
Tinexactitule des ofliciers linsoucianse, 2 ou
confie une mission
auxquels on
celle de la
ausiimnportante que
reconnaissunce et du relevement --- Page 65 ---
A SArT-Dowixevz
ment des côtes
2 peut coûter la vie à
beaucoup de leurs semblables,
convenir
2 il faut
que le gouverhement est ou
bien malheureux de se voir réduit à
choix de sujets si
un
fiance
peu dignes de sa con.
2 ou bien coupable de laccorder
aussilégèrementi àdes houmesincapables
d'y répondre. Bourgainville,
quoique du
corps, se récrie lui- même contre
abus, et dit ouvertement
cet
que les cartes
françaises de l'Inde sont plus
à faire perdre les navires proprés
guider (r).
qu'à les
Après que l'on a doublé cette
la
isle,
fréquence des habitations
voit le long de la côte,
que l'ona passé de la partie
indique que l'on
Espagnole à la partie
Française. Le 3r, vers neuf heures du
matin, nous étions par le travers de la
baye de Jacmel. La brise s'étant
du
levée
large 2 nous y donnâmes, et je dé.
barquai encore avant midi.
(1) Voyage autour du Monde, tome
pitre 7.
2, cha4
la
isle,
fréquence des habitations
voit le long de la côte,
que l'ona passé de la partie
indique que l'on
Espagnole à la partie
Française. Le 3r, vers neuf heures du
matin, nous étions par le travers de la
baye de Jacmel. La brise s'étant
du
levée
large 2 nous y donnâmes, et je dé.
barquai encore avant midi.
(1) Voyage autour du Monde, tome
pitre 7.
2, cha4 --- Page 66 ---
VorAGE
LETTRE VI
Jacmel. Féorier, 1789.
Crnes sera
ci, Monsieur, pas encore dans cette lettrehabitans de que je vous parlerai des
point à précipiter Sunt-Domingne. Je n'aime
tout
mon
lorsqu'il ne doit
jugement, surrable que je le voudrais pas être aussi favoquels j'étais, sans
à ceux pour lessement prévenu. doute, trop avantageuVous ne trouverez donc ici
perçu général et
qu'an apsais pas encore dans préparatoire, car je ne
ferai part de mes
quel ordre je vous
pays précédera les observations, et si le
habitans
habsitans, ou si les
m'occuperai précéderont le pays, ou sije
des
alternativement de l'un
autres, ce qui paroît
et
blable.
assez vraisemJer n'ai du reste
que je ne le fais ici, jamais mieux comptis
Tinfluence du climat, jusqu'on peut aller
L'espéce de relà- --- Page 67 ---
A SAIXT-DONINGUE
chement que l'excessive chaleur produit
surles organes ,agit avecle même empire
facultés morales: on est tout aussi
sur les
; le moinparesseux à penser qu'à agir
dre travail est une fatigue; la moindre
contention d'esprit un travail. D'après
cela, vous devez vous attendre à me
trouver aussi peu desuite dans les idées,
de méthode dans l'art de les rendre.
que
objet fera naitre une
A mesure qu'un Técrirai, si j'eni ai la force, s
pensée, je
car tout travail assidu, toute application suivie est sévèrement proscrite du
régime colonial. d .
Pensez-vous, Monsieur, que ce soit Pimprudence de s'y
soustraire qui faitpériricit itant de monde?
C'est ce que nous verrons.
Par-tout ailleurs T'espèce humaine se
divise en deux classes.
La première, et la plus nombreuse,
celle du peuple proprement dit, simple,
crédule et grossière, n'a guères que les
vices qui dérivent nécessairement de
l'état social, où tous voudroient que
chacun n'agit que pour tous, et oû,
4 *
ce soit Pimprudence de s'y
soustraire qui faitpériricit itant de monde?
C'est ce que nous verrons.
Par-tout ailleurs T'espèce humaine se
divise en deux classes.
La première, et la plus nombreuse,
celle du peuple proprement dit, simple,
crédule et grossière, n'a guères que les
vices qui dérivent nécessairement de
l'état social, où tous voudroient que
chacun n'agit que pour tous, et oû,
4 * --- Page 68 ---
5z
Vor AG E
dans le fait, chacun n'agit
Ses vertus sont celles du que pour soi,
c'est-à-dire,
dernier ordre;
celles qui, plutôt innées
qu'acquises, n'exigent, dans leur
aucun des sacrilices qui
usage,
grand caractère à la vertu. impriinent un SI
La seconde classe, et la moins
breuse, est celle de Phomme
nomtingue du peuple
la
qui,se dispar naissance, léducation, la fortune, les emplois, le
ou le degré d'esprit qui
savoir,
équivaut à ces
avantages, en rendant celui qui les
sède tour-à-tour agréable,
posutile, nécessaire, ou redoutable aux autres. Souple,
facile, éclairé, bon par faiblesse et méchant par calcul, Tarement
quelquefois frippon,
dupe 7 et
chez lui et des
on trouve à-là-fois
vertus dont l'éclat excite
Tadmiration ou T'envie,ctdes vices dont
l'immoralité se dérobe sous-les charmes
de Tamabilité ou le vernis des
Cette division n'a point'lien ici. grâces.
en verrez la raison, Io, dans le dénom- Vous
brement des différentes classes
ment la population;
qui for2°, dansluniformité --- Page 69 ---
A SATNT-DoMireUE,
de principes et de moeurs que nécessite
social, dans lequel on ne connait
un état
des maîtres
que deux classes distinctes,
et des esclaves.
Outre
cette uniformité dans les
que
qui lient ou divisent les memrapports
bres d'ane société, doit être regardée
en ce qu'elle précomme avantageuse,
vient les' effets, toujours désastreux 2
d'uue inégalité de plus, ajoutée à celles
dérivent nécessairement de l'état
qui
social et de la nature humaine (1),ello
(1) Rien ne nuit plus à une bonne cause que
de la défendre par de mauvaises raisons, et c'est
fort mal raisonner que dc dire, comme le font
certains enthousiastes, , que la nature elle-mêmo
nous donne le modèle de linégalité sociale dans
Tinégalité physique et morale des individus; car,
être conséquent, il faudrait donc aussi que
pour
assujelti àun cerlain nombre de maux,
Thomme, suitenécessaire de son organisation,y ajoulat toutes
les maladies cui dérivent de son intemnpérence,
ou de tout autre abus de ses facultés physiques,
Ce n'est pas parce quily a des nains et des géans,
des forts et des faibles, des V'estris et des cul-dejatte,quil doit y. avoir des grands et des petils,
et morale des individus; car,
être conséquent, il faudrait donc aussi que
pour
assujelti àun cerlain nombre de maux,
Thomme, suitenécessaire de son organisation,y ajoulat toutes
les maladies cui dérivent de son intemnpérence,
ou de tout autre abus de ses facultés physiques,
Ce n'est pas parce quily a des nains et des géans,
des forts et des faibles, des V'estris et des cul-dejatte,quil doit y. avoir des grands et des petils, --- Page 70 ---
VoY A G E
réduitetsimplifielese observations d'après
lesquelles on peut tracerle caractère d'un
peuple.
Mais, comme il faut toujours
certain nonbre de préjugés bizarres qu'an imprime le sceau de la folie sur tout ce
a rapport à l'espèce humaine, c'est qui ici
la couleur de la peau qui, dans toutes
les nuances du blanc au noir, tient lieu
des distinctions du rang, du mérite, de
la naissance, des
la
honneurs, et même de
fortune; de sorte qu'un. nègre, dût-il
prouver sa descendance directe du roi
nègre qui vint adorer Jésus- Christ dans
la crêche; dût il joindre aut génie d'une
clest parce que les distinctions qui font les
et les autres sont inévilables, et
uns
égalité dans ce genre, est aussi qu'une parfaite
parfaite égalité de fortune, chimériguoquume de
Parez aux abas de la chose, 1
mérite , etc.
les, mais ne vGus privez pas contre-balancez- du seul
d'émulation qui reste au
moyen
occasions très-rares où légisinteur, hors les
thousiasme
lellervescence et l'ensuppléent momentanément à ce vigoureux ressort, --- Page 71 ---
A
SATNT-Dowrreur
intelligence céleste, tout l'or que renferment les entrailles de la terre ne
jamais aux yeux du plus chétif, , du sera
pauvre, 2 du plus sot, du dernier plus des
blancs, que le dernier des hommcs,
vil esclave, un noir.
un
Il a des parens à la côte : telle est,
Monsieur, T'expression par laquelle on
manifeste son mépris, pour peu Gue l'on
soupçonne qu'une seule goutte de
africain ait filtré dans les veines sang
d'an
blanc; et Ia force du préjugé est telle,
qu'il faut un efiort de raison et de cou- 2
rage, pour oser contracter avec lui P'espèce de société familière qui
l'égalité,
suppose
Vous voyez donc que le cahos de prétentions qu'embrouille ailleurs la diversité des rangs, est aisément débrouillé
ici. En Europe, la connaissance des dif
férens degrés d'égards, de considération,
d'estime plus ou moins sentie, de respect plus ou moins profond, est une
science qui exige une étude particulière;
et comme l'extérieur ne répond pas tou-
ser contracter avec lui P'espèce de société familière qui
l'égalité,
suppose
Vous voyez donc que le cahos de prétentions qu'embrouille ailleurs la diversité des rangs, est aisément débrouillé
ici. En Europe, la connaissance des dif
férens degrés d'égards, de considération,
d'estime plus ou moins sentie, de respect plus ou moins profond, est une
science qui exige une étude particulière;
et comme l'extérieur ne répond pas tou- --- Page 72 ---
Voxa G E
jours au titre,il faut un tactbien
bien sûir, un grand usage du monde exercé,
savoir distinguer, à point
pour
patricien du
nommé, lc
vilain, etc, prolétaire, le noble du
Ici, au contraire, il ne faut
que des yeux pour savoir ranger
individu dans l'ordre
chaque
tient.
auquel il apparAinsi vous
savez, 2 sans que
vous le dise, que,depnis le
personne
investi du pouvoir et décoré gouverneur, 9
du roi, jnsqu'au
des ordres
fripon, qui, des
res de Murseille,
galeapporte ici l'empreinte
fiétrissante que la main du bourreau imprima sur son omoplate, tous les blancs
J sont pairs,
Ce respect pour la
conme tant d'autres couleur, 2 qui 2
serait qu'une solise conventions 2 ne
aux yeux de la raison, est cependant la loi
palladium
suprême., le
anquel tient la destinée des
colonies: cela est peut-être
à dire, mais ceia est
très-ridicule
peut étre
ainsi, et cela ne
fait, dans autrement, la
parce que l'on a
fondation de ces colonies, --- Page 73 ---
'A SAIKT-DextNewz 57
une faute qui a nécessité tous les autres
vices de leur éfablissement.
Pour intéresser lavidité des
riches, on
a donné une telle étendue aux concessions, que chacune, en prenant le café
pour terme moyen, peut aisément produire un revenu.net de cinquante mille
francs (1). Mais, comme un homme
seul ne saurait ni défricher,ni
ni récolter une étendue de deux planter,
cents
câreaux de terre, je ne sais quel génie
infernal imagina de faire cultiver FAmériquc par des Africains (2).
(1) Une concession est de deux cents careaux.
Comme le café ne réussit très-bien que dans les
montagnes, il faut toujours supposer un
du
terrain incultivable, et en
quart
assignaut ull autre
quart pour ce que T'on nomme. sacannes, c'est-àdire, paturages, , pour Templacement de Thabitation et de ses dépendan.ces, etc. il en résulte
qu'il reste centcâreaux. à melireen valeur:
câreau produit un millier de
chaque
gafe,cequidonnea à
peu-près cent pistoles de revenu. On verra ailleurs ce qu'il faut déduire de cette somme
les frais de cullure, etc.
pour
(2) Qui croirait que ce fut un prêre, le plus
humain, le plus sensible de tous ceux qui ayent
placement de Thabitation et de ses dépendan.ces, etc. il en résulte
qu'il reste centcâreaux. à melireen valeur:
câreau produit un millier de
chaque
gafe,cequidonnea à
peu-près cent pistoles de revenu. On verra ailleurs ce qu'il faut déduire de cette somme
les frais de cullure, etc.
pour
(2) Qui croirait que ce fut un prêre, le plus
humain, le plus sensible de tous ceux qui ayent --- Page 74 ---
VovA G E
Un abus en entraîne
trop grande étendue
un aufre. Ala
dés, on ajouta
des terrains concébientôt celui
au même
d'accorder
quile
individu, et en dépit de la loi
défend, deux, trois et
tre concessions, suivant
jusqu'à quarecommandé
que l'on est ou
tégé
par les ministres, ou
par les administrateurs
prolonie, dont ce
de la COla culture
procédé doit retarder et
et la
n'y a point de population, en ce qu'il
che qu'on le propriétaire, quelque risuppose, qui le soit assez
pour entreprendre
sieurs habitations. d'établirà-la-fois pluPour éluder
on se fait
la loi,
expédier le titre d'une
cession vacante, sousle
conou de tout autre
nom d'un parent
quidam, et le
nement, quiasentile besoin d'une gouverloi, reste insensible à la nécessité bonne
faire observer. La
de la
négligence, ou plutôt
jamais pénétré dans les Indes, le
de Chiappo, le vertueux Las-Casas célèbre évêque
proposa et fit adopter cette idée,
enfin, qui
ses chers Indiens un
pour sauver à
point échappé,
esclavage auquel ils n'ont --- Page 75 ---
A SATNT-Doxrxouz
le désordre, à cet égard, va même si
loin, que des terres ; déjà concédées,
mais. tout-à-fait abandonnées des
propriétaires, par Fimpuissance de les cultiver, ont été reconcédées à d'autres
ets sont devenues ainsi un objet de litige >
entre l'ancien et le nouveau possesseur.
On avait encore cru pourvoir à cet inconvénient par la loi qui réunit au domaineune concession à Tégarddelaquelle
le propriétaire n'a pas rempli, dans le
terme fixé, les engagemens qui lui en
assurent la possession, tels qu'une certaine mesure de terre cultivée par ul
certain nombre de nègres, etc. mais il
en est de cela, Monsieur, comme du
reste ; c'est-à-dire 2 que cet acte d'une
justice rigoureuse, mais nécessaire, n'atteint presque jamais que le colon obscur et dénué de protection.
Supposons actuellement que lon eût
réduit la mesure des concessions à vingt
câreaux, pour la culture desquels les
bras d'une pauvre famille européenne
eussent suffi; il en résulterait que la,
par ul
certain nombre de nègres, etc. mais il
en est de cela, Monsieur, comme du
reste ; c'est-à-dire 2 que cet acte d'une
justice rigoureuse, mais nécessaire, n'atteint presque jamais que le colon obscur et dénué de protection.
Supposons actuellement que lon eût
réduit la mesure des concessions à vingt
câreaux, pour la culture desquels les
bras d'une pauvre famille européenne
eussent suffi; il en résulterait que la, --- Page 76 ---
Vor A G E
même étendue de terre sur
voit aujourd'hni
laquelle on
gres,
végéter quelques nèporterait et nourrirait
individus, et il n'y a aucun quatre-vingts doute
cette terre ne fut
que
tivée
beaucoup mieux culpar dix propriérairés résidens,
par celui qui, à deux mille lieues de que
possessions, n'a d'autres
ses
et de la fidélité
garants du soin
avec lesquelles elies sont
régies, que Tintelligence d'un économe
ignorant, ou la probité d'un
pon. Les Anglais ont suivi
gérant frià la Barbade,
cette méthode
et cette isle est, en proportion de son étenduc, la
riche
la plus peuplée des colonies plus
et
Si donc, d'après Tobecrvation anglaises.
de Labat, il est vrai
judicieuse
bre des blancs
que c'est le nomqui fait la force des COlonies, il faut ausci convenir,
voyageur, que le nombre des avec ce
peut être composé
blancs ne
nomme les
que de ce que l'on
petits habitans.
Je me hâte, Monsieur, de détruire
seule objection
la
mal instruits, spécieuse que des gens
ou de mauvaise foi, peu: --- Page 77 ---
A SAINT-Doxrxoux
vent opposer à ce mode de population,
linsalubrité dn climat. -
Je réponds d'abord que cette insalus
brité consiste beaucoup plus dans le défaut de régime, dans les excès auxquels
les Européens s'abandonnent
en arrivant
ici, que dans le vice du climat, Je dis
que c'estleur intempérance quileur rend
la température si fatale,
Je réponds en sccond lieu, que les
miers cultivateurs de
preceux
Saint-Domingne,
qui,dans l'origine, faisaient
font aujourd'hui les nègres, étaient ceque
que lon nommait alors des engagés, ce
trente-six mois, à raison des trois ou
annéequ'ib.iengagraitnt à servir un habitant; qu'il y a ici des sous-divisions de
concessions cultivées par des blancs, lesquels vivent dans une honnête
et ces preuves de faits Sunt des aisance,
mens sans replique.
arguLes Européens
ont, 2 je le sais, 2 plus de
peine a se faire au climat; un travail
forcé les tuerait
n'en est
infailliblement; mais il
pas mnoins vrai que dix blancs
qu'ib.iengagraitnt à servir un habitant; qu'il y a ici des sous-divisions de
concessions cultivées par des blancs, lesquels vivent dans une honnête
et ces preuves de faits Sunt des aisance,
mens sans replique.
arguLes Européens
ont, 2 je le sais, 2 plus de
peine a se faire au climat; un travail
forcé les tuerait
n'en est
infailliblement; mais il
pas mnoins vrai que dix blancs --- Page 78 ---
6z
VOYAG - E
aclimatés feront, sans abuser de Jeur
force, Touvrage de cent nègres,
qu'ils le feront avec plus de volonté, parce
avec plus d'intelligence,
par conséquent
avec plus de fruit. Il est démontré
Texpérience de tous les siècles et de tou- par
tes les nations, que l'ouvrage des esclaves, quoiqu'il ne coûte en apparence
que les frais de leur
nourriture, est le
plus cher de tous en dernière
L'homme
analyse.
qui ne peut acquérir de propriété, n'aura jamais d'autre intérêt
de manger le plus, et de travailler que le
moins possible (r). Les colons qui prétendent le contraire,
sont, ou des
seux, ou des sots, Ou des
paresMoi, je vous parle
imposteurs.
d'après ma, propré
expérience 2 et je n'ai certainement ni
l'usage, ni le degré de vigueur
les travaux
qu'exigent
agraires >. A La chaleur et
le peu de salubrité dont les
Européens
de (I) la Smih,Recherches: sur la nature et les causes
richesse des nations, tome 2, livre 3,
chapitre 2, --- Page 79 ---
A SAINT-Dowixevz
couvrent leur inaction dans les
dit zin voyageur estimable et bon colonies,
vateur, n'est que le prétexte de la obser- faiblesse où sont parvenus des hommes
intempérans, débauchés, et
vains
ou trop sensuels
trop
des mains
pour continuer le travail
(1)>.
D'ailleurs,
misérable Monsieur, 2 que signifie cette
objection du climat? La
lation blanche ne
popuici
peut-elle se soutenir
que par des émigrans
est-il défendu
d'Europe? Y
aux femmes d'y faire des
enfans, et a-t-on jamais entendu dire
lair de sa patrie
tué
que
aye
un créole?
Ayons des moeurs à
que les colons, usés Saint-Doingue;
par un libertinage
crapuleux , au liea de ces concubines
noires, 2 plombées 2
les abrutissent
jaunes, 3 livides, qui
etles dupent, épousent des
femmes de leur couleur 2 et bientôt cé
pays offrira, à l'oeil de
aspect tout différent. Tobservateur, un
(r) Voyage autour du Monde, par M, de
Pages, tome I.
Ayons des moeurs à
que les colons, usés Saint-Doingue;
par un libertinage
crapuleux , au liea de ces concubines
noires, 2 plombées 2
les abrutissent
jaunes, 3 livides, qui
etles dupent, épousent des
femmes de leur couleur 2 et bientôt cé
pays offrira, à l'oeil de
aspect tout différent. Tobservateur, un
(r) Voyage autour du Monde, par M, de
Pages, tome I. --- Page 80 ---
VoyA G E
a
LETTRE VIL
Jacmel, Mars, 178g.
Moxe
opinion sutr T'esclavage des
ne peut pas être équivoque
nègres
monsieur. Je
pour vous,
me suis assez clairement
expliqué à ce sujet dans une dcs lettres
que je vous écrivais du Cap-de-BonneEspérance
Vous savez donc quej'ai toujours
tagé, commej je partage encore.
partimens de
2 les senceux de nos écrivans qui
réclament contre le trafic infâme
nous fesons à la côte d'Afrique.
que
Mais en rendant hommage à la
de leurs motifs
pureté
2 je me perniettrai deux
observations : c'est d'abord
les
teurs qui ont écrit sur -qué
auT'esclavage des
nègres, 2 d'après des rapports
exagerés
(1) Le manuscrit de ces lettres est
avec d'autre papiers, dans un dépôt d'oit demeuré 3
si je pourrai jamais les tirer,
j'gnore
OII --- Page 81 ---
A SAINT-DOsIwGUE E.
ou faux, et sans pouvoir juger
même ni de Pespèce d'hommes par euxquelle ils plaident, ni de leur pour ladans l'état
existence
d'esclavage 2 ont
mérité le reproche de n'avoir justement
combattu
que par de vaines
dont les
déclamations, un abus
avantages compensent les défauts; j'observerai 2 en second lieu,
toute démarche de ce genre devant avoir que
un but d'utilité commune, il est
reux, mnême illicite, de soulever dangenion contre un ordre de choses Topitéressela sûreté et la fortune
quiinsans offrir en même-tems un publiques, remede infaillible à un mal 'nécessaire. Nous n'avions pas besoin de ces messieurs
savoir quc T'esclavage est une chose pour
odieuse. Que
leur
diesient-IkarEiealape
soigne
santé, s'il ne leur offrait, qui
dans un épanchement de leur bile
lantropique, pour tout
phides invectives contre soulagement, le mal
que
consume?
qui les
Notre siècle n'est malheureusement
que trop fertile en réformateurs
politi5
infaillible à un mal 'nécessaire. Nous n'avions pas besoin de ces messieurs
savoir quc T'esclavage est une chose pour
odieuse. Que
leur
diesient-IkarEiealape
soigne
santé, s'il ne leur offrait, qui
dans un épanchement de leur bile
lantropique, pour tout
phides invectives contre soulagement, le mal
que
consume?
qui les
Notre siècle n'est malheureusement
que trop fertile en réformateurs
politi5 --- Page 82 ---
VorA G E
ques (), qui se hâtent de démolir
un
édlificeirrégulier, sansa avoir nilest talens
ni les matériaux nécessaires
construire
pour le resur un plan mieux ordonné,
Un seul raisonnement bien
répondra à tout,
simple
Vos colonies, telles qu'elles
peuvent plus exister
sont, ne
c'est une vérité
sans Tesclavage :
le
affreuse à dire ; mais
danger de la méconnaître
traîner les plus terribles
peut enfaut donc
conséquences. Il
cer
ou
maintenirfesclatoge renonaux colonies ; et comme dix-huit à
vingt mille blancs ne sauraient
quatre cent-soixante mille
contenir
ment
nègres autreque par la force de l'opinion le
seul garant de l'existence des
tout ce qui tend à la
premiers,
attentat
détruire, est un
contre la société,
En vain les turbulens amis des
cherchent-ils à étayer leur
Noirs
doctrine de
(1) Il en sera d'eux comme des réformaleurs
religieux; ils produiront beaucoup de
crimes, de malheurs, de discordes, haines, de
par l'indifférence.
qui finiront --- Page 83 ---
A SAT-Doxrseug
hors les Carolines et la
tm
connaît aucune des
Virginie, on ne
de nombreux
cultures qui exigent
atteliers. Dans le reste
ces états, le nombre des
de
duit à si peu de- chose esclaves se réde les
2 il est si facile
suppléer par des
blancs;ils y sontélevés avec domestiques tant
traités avec tant d'humanité, desoin,
loi qui les
que si la
émancipe à un certain
ne produit aucun effet
àge,
sur la fortune des maîtres, désavantageux
autre chose au bonheur elle n'ajoute
que la satisfaction de
des esclaves,
vice forcé
remplacer un serpar un service
Enfin, les
volontaire.
future
Etats-Unis, 2 en proscrivant la
importation des
méme-tems
nègres 2 ont en
pourvu à ce
la
ne souffrit point de cette que culture
que nos anti-nègriers fassent proscription;
qu'ils substituent à leur
de même,
des loix positives,
vain bavardage
des
des mesures
moyens eflicaces,
les amis sages; enun mot, qu'ils
des Noirs sans être les soyent
des blancs,
ennemis
5 *
Etats-Unis, 2 en proscrivant la
importation des
méme-tems
nègres 2 ont en
pourvu à ce
la
ne souffrit point de cette que culture
que nos anti-nègriers fassent proscription;
qu'ils substituent à leur
de même,
des loix positives,
vain bavardage
des
des mesures
moyens eflicaces,
les amis sages; enun mot, qu'ils
des Noirs sans être les soyent
des blancs,
ennemis
5 * --- Page 84 ---
Vorio E
Je vous ai représenté
Tesclavage et la
l'abolition de
nies comme
conservation des colonature de la incompatibles, chose
2 non par Ja
par les obstacles en elle-méme, mais
que lintérêt
apporterait
personnel
mesure, à l'aide infailiblement de
à la seule
parvenir à la
laquelle on pourrait
première
Cette mesure n'est rien opération.
nouveau partage des
moins qu'an
vourez qu'il n'en faut terres, et vous m'afaire partir contre moi pas davantage pour
de proscription.
un cri universel
ciel m'a
Cependant comme le
tère, surlaquelle les
Smettnaareet
titude ne
clameurs de la muld'abord produisent aucun effet, je dirai
n'est
que du moment où la chose
pas impossible 2 je ne vois
pourquoi elle ne serait
pas
et elleneserait rien
pas proposable,
moins
puisqu'en conservant qu'impossible,
au propriétaire
auqueljoterai les deux tiers de
cession 2 un droit
sa conpartic démembrée d'hipothèque sur la
le maître de
,je le laisserais encore
choisir entre un rembour- --- Page 85 ---
A SAINT-Doxrxeer
sement successif ou une redevance.proportiounéeau prix du fond, Pan ou Pautre
déterminé par des arbitres et des experts.
Sans doute qu'une pareille
exigerait le concours et des sacrifices opération du
gouvernement; idée
mais j'ai une trop haute
de sa sagesse et de sa bienfaisance
pour ne pas être persuadé qu'il ferait
également servir ses trésors et son
voir au succès de cette
poutation
espèce d'ampupolitique; car 2
que celui qui vient commentsupposer de
trésors et sa
prodigner et ses
puissance pour soustraire
gleterre. 2
Ri
balancerait à opérer, dans ses
propres domaines 9 une révolation
Phumanité, Sa gloire, son
que
sollicitent
intérélmeune,
également ?
Voilà mon rêve fini, monsicur
reviens à mon texte.
; je
N'imaginez pas que je prétende ni
justifier l'esclavage 2 ni dissimuler les
maux qu'il engendre nécessairement.
ne connais point de
Je
corruption morale
plus contraire aux
mceurs, aux lumières
ait à opérer, dans ses
propres domaines 9 une révolation
Phumanité, Sa gloire, son
que
sollicitent
intérélmeune,
également ?
Voilà mon rêve fini, monsicur
reviens à mon texte.
; je
N'imaginez pas que je prétende ni
justifier l'esclavage 2 ni dissimuler les
maux qu'il engendre nécessairement.
ne connais point de
Je
corruption morale
plus contraire aux
mceurs, aux lumières --- Page 86 ---
VoYAG E
qui les
purilient, edeucisent, je dirai aux vertus qui les
subordination si méue à l'esprit de
mnonarchique; nécessaire dans un état
Tusage du pouvoirle car:, comment celui que
à n'en reconnaître plus illinitéhabitue
aucun, se pliera-t-il
comment le
sa
cuesint-reiemser
volonté?
prince, qui ne despole dit se soumettra-t-il au
lons, quantlui ne jamais que nous pouPeul-étre eut-on ditjamais queje veux?
séquences de ce
pà prévenir les congenre d'insociabilité
déléguant, au chefmilitaired
en
une plénitude de
dela colonie,
pit en imposer à pouvoir dont l'énergie
naturel aux colons T'esprit d'indépendance
ausezraisonnable, ; mais la crainte,
bien ou mal fondéc, qu'iln'en abusat; celle,
habile et ambitienx qu'un gouverneur
deceméme esprit ne profitât un jour
le joug de la
pour leurfaire secouer
métropole, fit
l'expédient de subordonner imagincr
autres les pouvoirs,
les uns aux
verneur 7 le conseil, c'est-a-dire, et
le gousorte que ces autorités, lintendant; de
toujours rivales --- Page 87 ---
A SAIXT-Doxrxeus.
et jamais
d'accord, pour ne citer
seul exemple de la nullité de leur qu'un
fluence sur les volontés
inne sont pas même encore particulières,
mettre
parvenues à
en vigueur un seul article du
Code Noir (1).
Que font donc là toutes ces
me demanderez
autorités,
vous, monsieur ? moins
de mal qu'elles ne pourraient, et
moins de bien. Chaque
encore
administrateur,
calculantsur) l'incertitude de sa passagère
existence, laisse au hasard le soin de la
félicité publique 2 et songe à sa
fortune 7 car on n'a pas oublié ici propre
Galvam, 2 le seul des vices-roi des Indes que
qui n'emporta de son gouvernement
l'estime etl'amour des peuples,
que
à son retour en
netrouva,
Portugal, que lc mépris
(1) La manie de l'esprit fait débiter bien des
mable sotises. On ne conçoit pas que Fauteur, , si estid'ailleurs, des institutions
osé dire, tome. I, chapitre 5,
poliliques, ait
briqua ce code, dul avoir Vâme que celui quifede l'encre.
noire comme
qui n'emporta de son gouvernement
l'estime etl'amour des peuples,
que
à son retour en
netrouva,
Portugal, que lc mépris
(1) La manie de l'esprit fait débiter bien des
mable sotises. On ne conçoit pas que Fauteur, , si estid'ailleurs, des institutions
osé dire, tome. I, chapitre 5,
poliliques, ait
briqua ce code, dul avoir Vâme que celui quifede l'encre.
noire comme --- Page 88 --- VorAc E
et la misère (z). De tels
vraient bien
exemples de:
àl honorer, apprendre aux souverains
vertus qui sont plus qu'ils ne le font, des
les plus sûrs
garans de
le. pouvoir qui les
gouverne.
FRSEEPOE
J'ai dit que je regardais
comme pernicieux
l'esclavage
lunières,
aux moeurs et aux
Si, lorsque je vous
que détail, des différentes parlerai avec quelforment la
classes qui
mingue, je population de Saint - Dochant à
puis triompher de mon pendansles Findulgence, 2 je ne trouverai,
moeurs de ses
de preuves à
habitans, quetrop
et
lappui de cette
sije vous disais, en
assertion;
Tédueation, d'accord attendaut, qu'ici
loin de préter à la avec la nature,
jeunesse un appui
(1) La justice veut que je
Juan de
à nomme encore dom
toute fortune Casiro,qui, sa mort, , ne laissa
à Thôpital. que trois réaux. Galvam mourut pour
n'a pas été perdue, Quelle leçon pour ses pareils ! elle --- Page 89 ---
ASAINY-Dowrseer 73
contre Tinfluence du climat; loin de retarderle progrès du développement
rapide de ses facultés ; loin d'en préve- trop
nir Finévitable épuisement la
sans relâche de Padolescence 2 à la pousse
décrépitude; qu'eile ne laisse pas mêmc aux
jours de l'innocence le tems de se colorer du fard de la prudence; que la jeunesse et l'âge mûr y. languissent
ment privés; ; l'une, de l'éclat de sa égale- fraiAraebcanndermeriemy s;lautre,
de T'ascendant que la sagesse, l'expérience, le calme des passions lui assurent;
et qu'enfin, de Talliage révollant de tous
les ridicules de Pignorance et de la sotise
à prétentions, avec tous les vices d'une
immoralité, qui n'a pas même la séduction pour excuse. 2 résulte un composé
qui présente Phumiliant tableau de Phumanité, 7 parvenue à son dernier période
de dégénération; ; alors, monsieur,
tagé entre le doute,
parPindignation et le
mépris, peut-être m'accuscerez-vons de
calomnier à-la-fois et Phomme et la na
ture; et vous n'aurez raison,
qu'en me
étentions, avec tous les vices d'une
immoralité, qui n'a pas même la séduction pour excuse. 2 résulte un composé
qui présente Phumiliant tableau de Phumanité, 7 parvenue à son dernier période
de dégénération; ; alors, monsieur,
tagé entre le doute,
parPindignation et le
mépris, peut-être m'accuscerez-vons de
calomnier à-la-fois et Phomme et la na
ture; et vous n'aurez raison,
qu'en me --- Page 90 ---
VOYAG E
smpposant assez injuste pour ne pas savoir faire les exceptions
toute règle
que réclame
générale.
i --- Page 91 ---
A SAINY-DoxINeur
75.
LETTRE VIIL
Jacmel. Mars, 178g.
Sm fallait, monsieur
2 commencer le
dénombrement des différentes classes
d'habitans par la meillenre, il ne serait
pas impossible que celle qui se trouve
être la première dans l'ordre
devint la dernière.
établi, ne
Ce n'est pas là, jele sais, ce
tendent les colons
que préque l'on rencontre en
Europe. Aussi exagérés dans
de leur supériorité,
l'opinion
que dans l'énumération des prétendus délices
quent
qui marchaque instant de leur vie
une jouissance, selon eux, le noir est par ici
au blanc ce que la brute stupide est à
l'ange de lumière.
Que, dans un pays où l'esclavage nécessite une ligne de démarcation bien
prononcée entre le maître
et l'esclave, dont la soumission tout-puissant doit
illimitée, les blancs
être
ayent cherchéàren- --- Page 92 ---
VoxA A G E
forcer de tous les préjugés
T'opinion deleur
favorables
est tout
suptématie, c'est ce qui
simple. Mais que des honmes,
auxquels il faut au moins
conscience de leur
supposer la
viennent à croire imperfection, parloir
sériensement, età voupersuader aux autres , qu'une prétention , qui n'est pas même
de
louvrage
surdité Tamour-propre 2 puisse justifier P'abde celles qu'ils fondent
couleur ds leur
sur la
d'autant
peau, c'est ce qui est
plus absurde, qu'en raisonnant
d'après Jeurs principes, il faudrait
le Provençal basané, et
que
teint olivâtre,
TEspagnol au
inférieure à celle s'avouassent du
d'une nature
Suédois; et, s'il est Hollandais ou du
peut en
vrai, comme on ne
à
douter, que Dieu fit
son
Phomme
image, ne devons-nous
pecter, dans la couleur
pas resle rapport qui, des-lors, mémedesnègres,
sairement entre le
existe nécesvrage ?
créateur et son ouMais, quele préjugé de la cotleur subsiste 2 puisqu'il est nécessaire
; autant
celle s'avouassent du
d'une nature
Suédois; et, s'il est Hollandais ou du
peut en
vrai, comme on ne
à
douter, que Dieu fit
son
Phomme
image, ne devons-nous
pecter, dans la couleur
pas resle rapport qui, des-lors, mémedesnègres,
sairement entre le
existe nécesvrage ?
créateur et son ouMais, quele préjugé de la cotleur subsiste 2 puisqu'il est nécessaire
; autant --- Page 93 ---
A SAINT-Dowrxeen
vaut celui-là qu'un autre. Cependant,
que ceux qui le réclament se persuadent
bien qu'il ne les garantira des dangers
qui menacent tout imposteur démasqué,
qu'autant que l'illusioni aura pour
les deux vertus dont l'on aime à faire appui le
partage des
la
imaforenatnckponimure,
justice et la bonté,
Je passe à lénumération des différentes classes qui forment la population
totale de
Saint-Domingue, en observant
que l'on n'y trouve plus un seul individu descendant des indigènes que les
Européens y trouvèrent.
La première est, comme de raison, la
classe blanche. Elle comprend le'
verneur 2 l'intendant 2 tous les gouquelconques du
agens
gouvernement, le
tous les propriétaires
clergé,
résidens 2 les économes, les
procureurs, ) les gérans deceux
qui ne résident point, les négocians, les
soldats, les pacotilleurs,les ouvriers;
fin, toute la race des industrieux, enles nègres noinment petits
que
blancs, et
que la misère,! la honte, Pinconduite, le --- Page 94 ---
VorA G E
désespoir, ou l'espoir de faire
amènent dans le pays du monde fortune,
vie animale est
où la
l'industrie
au plus haut prix , oùt
a le moins de
les arts sont le moins
débouchés, où
en honneur, et oùt
Tindignité avec laquelle leurs
seurs ont abusé de l'ancienne prédéceset célèbre
hospitalité des colonies 2 a rendu les
bitans assez circonspects
haadmettre chez
pour ne plus
eux que des
nom connu, oil munis de bonnes gens dun
de recommandation.
lettres
Ce fut, monsieur, sur leurs
tations,
représen-
? relativement à la facilité
laquelle des avanturiers de
avec
passaient
toute espèce
d'Europe dans les colonies,
quela cour donna un réglement
jétit tout
à
qui assule
passager se présenter avec
capitaine et un
de l'amirauté du répondant, au bureau
port où il
Mais cette loi sage s'élude, s'embarque.
les autres,
comme toutes
parce que peu de
se refusent à faire ce
capitaines
passer
que l'on appelle
par-dessus le bord, le premier
quidam qui trouve l'art d'intéresser
leur
d'Europe dans les colonies,
quela cour donna un réglement
jétit tout
à
qui assule
passager se présenter avec
capitaine et un
de l'amirauté du répondant, au bureau
port où il
Mais cette loi sage s'élude, s'embarque.
les autres,
comme toutes
parce que peu de
se refusent à faire ce
capitaines
passer
que l'on appelle
par-dessus le bord, le premier
quidam qui trouve l'art d'intéresser
leur --- Page 95 ---
A SAINT-DoxivevE
pitié,ot le moyen de tenter leur avarice
par une légère rétribution. Quel que soit
le motif qui détermine une semblable
action, elle n'en est pas moins en mêmetemps et une contravention à la loi, et
une espèce de vol, puisque le
ne peut se nourrir
passager
la
que sur les vivres de
cargaison, 2 par conséquent aux frais
des armateurs. Mais ce n'est pas d'aujourdhui que les agens du commerce
trouvent, dans les principes qui le dirigent, la justification de ceux par lesquels ils se croyent dispensés de compter
très-exactement avec la probité,
La seconde classe est celle des mulâtres, quarterons,
demi-quarterons ou
métis, et tout ce que l'on nomme
de couleur (1), dans laquelle
gens
je com-
(r) Voicile tableau exact de couleur. Lel
et la négresse produisent le mulâtre, le blanc
et la négresse le grif, le blanc et Ia , mulâtre
quarteron, le blanc et la quarteronne mulâtresse le
le
le blanc et la tierceronne lé
lierceron,
la métisse le mamelouc.
métis, le blanc et --- Page 96 ---
Bo
Vox Ac E
prends les mulâtres
ciers ou vivant
propriétaires fonque les
d'industrie et libres, ainsi
mâles et domestiques libres ou esclaves,
trice de femelles; car ici la loi, protecde
T'opinion, défend à tout blanc
dérogerà la dignité de sa
se faisant servir
couleur, en
Dans
par un blanc.
à l'age de T'origine, tout mulâtre était libre
loi de T'état, vingt-quatre ans. , non par une
nime des
mhais par la volonté unaplus
colons; et cela était d'autant
sage, que l'extrêmie
entre le nombre des blancs disproportion
noirs, exigeait
et celui des
que les
un appui des mulâtres. premiers se fissent
les représentations
Cependant, sur
dontPusage dene pas
desteluentommen
sang, dérangeait les vendre leur propre
une déclaration
calculs, le roi, par
esclaves tous les donnée en 1674, rendit
enfans d'une
j'observe que si, à la honte esclave; et
péens, une loi du
des Eurolégislateur
lit, en vouant leur
qui les avivage, est observée postérité à l'esclarigoureuse
par eux avec la plus
éxactitude, il n'en est pas de
même
desteluentommen
sang, dérangeait les vendre leur propre
une déclaration
calculs, le roi, par
esclaves tous les donnée en 1674, rendit
enfans d'une
j'observe que si, à la honte esclave; et
péens, une loi du
des Eurolégislateur
lit, en vouant leur
qui les avivage, est observée postérité à l'esclarigoureuse
par eux avec la plus
éxactitude, il n'en est pas de
même --- Page 97 ---
A
SANT-DoNIseen, Sr
même de celle quivent expressément
tont maitre donne à chacun de
que
claves deux livres ct demideviande ses essalée
par semainc.
La classe noire est la
c'est
celle des nègres libres et dernière;
qui sont en petit nombre, propriétaires, et des
esclaves, soit Créoles.,
nègres
dans la
c'està-dire, nés
colonie; soit Bossales, ou importés de PAfrique.
Quoiquily ait une grande distance de
lindividu libre à Pesclave,
les
2 pour éviter
sous-divisions, les distinctions minutieuses, j'ai cru devoir préférer la division colorée, comme la plus
il fant encore' observer
simple; car,
que les: nègres ou
négresses, non plus que les mulâtres ou
mulatresses, en acquérant la liberté,
n'en restent pas moins dans un état d'abjection qui, outre qu'il les rend inhabiles à exercer aucune charge
leur défend encore de contracter publique,
les blancs une société assez
avec
intime, non
pour ne pas coucher, mais pour ne
manger avec eux. Que j'aille voir pas un --- Page 98 ---
8z
Vox A G E
mulâtre riche, il m'appellera
et-non maitre,
monsieur,
Tappellerai
comme les autres ; je
donnera
112072 ami, mon cher; il me
à diner; mais dans la
il n'osera
règle,
moi.
pas se. mettre à table avec
Telle est, Monsieur,1 la division totale.
Chacune de ces trois classes a ensuite
nuances, telles que celles
ses
du teint,
qui, en dépit
séparent le gouverneur desautres blancs, le mulâtre et le nègre
le mulâtre et le nègre
libre,
Les
esclave, etc.
ménagemens forcés auxquels le
préjugé de la couleur donne lieu,
pour les habitans, deux
ont,
en compensent le
avantages qui
le
ridicule; ils rendent
gouvernement plus circonspect dans
les actes arbitraires de son autorité; ils
donnent aux colons un caractère d'indépendance et de fierté, dans lequel des
administrateurs despotes ont, plus d'une
fois, trouvé une résistance tellement
invincible, qu'en dernier lieu la
:
été forcée de
cour a
rappeller un
auquiel T'habitude de jouer le gouvernenr Nabab dans ,
ont,
en compensent le
avantages qui
le
ridicule; ils rendent
gouvernement plus circonspect dans
les actes arbitraires de son autorité; ils
donnent aux colons un caractère d'indépendance et de fierté, dans lequel des
administrateurs despotes ont, plus d'une
fois, trouvé une résistance tellement
invincible, qu'en dernier lieu la
:
été forcée de
cour a
rappeller un
auquiel T'habitude de jouer le gouvernenr Nabab dans , --- Page 99 ---
A SAIXT-DowrNoug
l'Inde, fesait chaque
les bornes de
jour transgresser
son pouvoir
La conséquence naturelle de
de choses qui existe ici, est
l'ordre
que les titres
Bonund@gusogsiailearsa sont
des véhicules
tour-à-tour
de discordes, d'émulation, de rivalités,
qui inspirent tant
et de prétentions
d'orgueil
tion et d'envie aux uns, tant d'ambiaux autres,
tous devant le titre de blanc. disparaissent
sur votre
C'est donc
peau, quelque flétrie
soit, et non sur votre
qu'elle
que vermoulu qu'il parchenin, quelmesurent les
puisse être, que se
procédés de savoir
Ainsi, la vanité, qui ailleurs
vivre.
se tourmente, se retourne
tracasse,
en tant de façons, pour en imposer au public et
per le tribut d'égards
usurdroits de la naissance, qu'il paye aux
peines et son tems.
perdrait ici ses
Chacune des différentes classes des habitansde
le
Saint-Domingued a, comme vous
pensezbien,un esprit, une
tre plus ou moins
manière d'émoins
rapprochées, plus Oul
adatete.esigunareidr d'an6 * --- Page 100 ---
VOrA G E
tantmoins à ce quelon roit ailleurs,quele
climat,ler régime, les moeurs,les besoins,
les travaux, lec degré de
dépendance réciproque, n'établissent entre les individus
que des relations ou faibles ; oud'un
tout différent de celles qui lient genre
les membres d'une même
aillenrs
société,
Ce serait pent-être l'occasion d'entrer
dans quelques détails à cet égard; mais,
comme l'étude de Thomme moral
beaucoup plus de suite et
exige
que celle de son existence d'expérience
Tinfluence du climat
civile; comme
vivre,
et d'une façon de
tout-à-fait étrangère à la nôtre
agit nécessaitement sur son caractère; 2
enfin, comme une méthode
me conduirait à
trop servile
une monotonie fatiguante, je pense qu'il est sage de ne
Point hêter mon jugement, et de ne
accunuler, surun seul point, des obser- pas
vations-qui, pour offrir un résultat satisfaisant, doivent être celui de la
raison, du tems, et de
compaPar exemple,
l'expérience.
Monsieur, ce qui
pera tout voyageur qui arriye ici frapavec
caractère; 2
enfin, comme une méthode
me conduirait à
trop servile
une monotonie fatiguante, je pense qu'il est sage de ne
Point hêter mon jugement, et de ne
accunuler, surun seul point, des obser- pas
vations-qui, pour offrir un résultat satisfaisant, doivent être celui de la
raison, du tems, et de
compaPar exemple,
l'expérience.
Monsieur, ce qui
pera tout voyageur qui arriye ici frapavec --- Page 101 ---
A
SAINT-Dowivees.
S5
Ta faculté de réfléchir, c'est
que, malgré
lermppertedurigur,de. coulcir,et dun
intérêt commun, les blancs vénus d'Enrope et les blancs créoles forment.deux
nouvelles classes qui, moyennant leurs
prétentions réciproques, laissent entre
elles une distance que le besoin seul les
engage à franchir. Les premiers,
plus
mnaniérés, 2 plus polis, plus
usages du monde, affectent rompus aux
une
sur les autres
les supériorité qui ne contribue point à
rapprocher. Cependant, si les créoles
se ménageaient plas qu'ils ne font daus
T'usage précoce des femnnncs; s'ils cultivaient avec plus de soin des dispositions
extraordinaires à exceller dans tous les
exercices du corps; si une éducation
soignée secondait la facilité naturelle plus
leur esprit 2 il est hors de doute de
n'ayant à lutter ni contre
que
du climat sous lequel ils sont Tinsuffisance nés, ni
tre les habitudes d'un
de
condiffère, à tant
genre
vie qui
d'égards, de celui
un Européen est obligé de se soumettre auquel
en arrivant ici, tout Favantage serait do --- Page 102 ---
VOTAC E
leur côté, Il ne manque absolument
créole qne le genre d'esprit
au
nécessaire
pour savoir user 2 sans en abuser, des
facultés qu'il-doit à la nature. --- Page 103 ---
A SAINT-DONINeUs
LETTRE IX.
Jacmel. Arril, 178g.
Deruis huit mois que je suis ici,
Monsieur, , je ne vous ai encore parlé ni
de la ville de Jacmel, ni de Phabitation
que mon hôte vient d'acquérir, et où je
n'ai encore fait que des courses.
Les opinions sont partagées sur l'origine de Jacmel, que les uns prétendent
avoir déjà subsisté, lors de larrivée des
Européens, sous le nom d'raquimo, et
que d'autres font dériver de Fespagnol
Jacques de Mélo, qui en fut le premier
habitant.
Quoiqu'il en soit, cet espagnol ne se
doutait guères, en élcvant son humble
ajoupa (1) aul fond dune petite baie,
qu'un jour son nom se métamorphiose-
(r)On nomme: ainsil'espèce dehutte en
OL de"cabane oùt se logent les colons feuille,
mencent à défricher une concession, qui com-
que d'autres font dériver de Fespagnol
Jacques de Mélo, qui en fut le premier
habitant.
Quoiqu'il en soit, cet espagnol ne se
doutait guères, en élcvant son humble
ajoupa (1) aul fond dune petite baie,
qu'un jour son nom se métamorphiose-
(r)On nomme: ainsil'espèce dehutte en
OL de"cabane oùt se logent les colons feuille,
mencent à défricher une concession, qui com- --- Page 104 ---
VorAG E
rait cn celui de Jacmel, et sa hutte
une ville commérçante,
eh
chef-lieu de trois
port de mer 2
dence d'une
paroisses, et la résimandant
sénéchaussée, 2 d'un commilitaire, etc. C'est ainsi
Didon posait les fondemens de
que
sans inaginer qu'elle bâtissait Carthage, la rivale
de Rome,
Quand j'honore Jacmel du nom de
ville, il ne faut pas, Monsieur,
cette expression à la
prendre
une centaine de
lettre, car jamais
baraques de planches
répandues sil la gréve, oul
sur le talus ct le pisteau d'un éparpillées
rocailleux
monticnle
, n'ont constitué ce que l'on
nomme une ville,et c'est
Texception du
pourtant, à
de toutes cclles Cap-Frangnis, de
Fhistoire
seul
Ssint-Doningne, Un
particulier riche a ei Paudace de
bâtir ici en pierres une maison
au risque de la voir crouleri passable,
tremblement de terre.
au premier
Quoi qu'il en soit, ceta amas
de cases, (c'est ainsi
lon irrégulier
ici une maison ) intersécté que
nomme
par quelques --- Page 105 ---
A SirxgDowrsàus.
lacunes de verdure, forme, en arrivant
de la mer, 171l coup - d'ocil assez pittoresque.
Une baie très-sûre dans la belle saison, un bon monillage, des défrichemens
qui ont beaneoup accru la culture de ce
quartier,y attirent tousles ans une vingi
fainedenavires quiy trouventleur chargement en sucres, café et coton 3 car,
quoique Monsieur Raynal donne au quartier de Jacmel soixante-deux
ries et point de sucrerie
indigote-
(r),jer puis vous
assurer que l'on J en compte trois en
plein rapport, et pas une indigoterie.
Le soin extrème qu'exige la manipalation de Tindigo, son succès toujours incertain, le risque de perdre en 1111 moment le froit dun long travail, ont décidé les colons à abandonner cette culture précaire. Ony a en revanche beaucoup étendu celle du café, moins lucra-
(1) Histoire philosoplique et politique des établissemens et. du commerce des Européens dans
les Indes, tome 7.
en compte trois en
plein rapport, et pas une indigoterie.
Le soin extrème qu'exige la manipalation de Tindigo, son succès toujours incertain, le risque de perdre en 1111 moment le froit dun long travail, ont décidé les colons à abandonner cette culture précaire. Ony a en revanche beaucoup étendu celle du café, moins lucra-
(1) Histoire philosoplique et politique des établissemens et. du commerce des Européens dans
les Indes, tome 7. --- Page 106 ---
go
Vo Y AG E
tive que celle du sucre, mais
moins de vicissitudes
sujetfe à
plus
et moins chère ;
dispendieuse que celle du
mais plus stire et soutenant
coton >
prix.
mieux son
La culture du quartier de Jacmel
Susceptible d'un
est
rable,
accroissement considécar, quoique tout le terrain
soit concédé,il s'en faut
en
en valeur, et
qu'il soit tout
existante
encore plus que la culture
soit au degré de
oùt
l'on- pourrait la
perfection
bien, Monsieur, porter ; et vous voyez
quecela ne serait
si, en donnant aux concessions point,
moindre étendue 2 on et
une
nombre des habitans,
multiplié le
diocres
Les propriétés mésont toujotirsles mieux
ne fut-ce que par la seule raison cultivées,
l'oeil du maître les embrasse
que
ment (1). ( Les trop grandes plus aisépossessions
(I) <Il est en Angleterre et en Ecosse
grandes terres qui, depuis Tanarchie
quelques
restées constaminent dans la main féodale, des sont
familles.
mêmes
Comparez ces grandes possessions avee --- Page 107 ---
A SAINT-Doxrseor
9r
frappent la terre de stérilité; ce sont les
petits héritages qui sont les mieux cultivés (r): >.
Parmi les mille et une causes
travent les
qui enprogrès-de la culture, et enchaînent l'industrie des habitans, il en
est trois principales: la
les nègres, le haut
capitation sur
prix auquel le commerce de Francea porté cette marchandise, et les frais énormes de Ce
l'on
nomme la justice.
que
L'auteur de T'Histoire
philosoplique
et politique, en énumérant les avantages qui naîtraient du transport de Pimposition par têtes de nègres sur la denrée
les petites propriétés du voisinage, et à Taspect
négligé des premières, comme à laspect florissant des secondes, vous serez convaincu, sans
avoir besoin d'aucun antreraisommemeut,
des propriétés aussi étendues sont défavorables combien
la culture >. Recherches sur la nature
à
causes de la richesse des nations
et les
chapitre.2.
2 tome2,1 livre.3,
(1) Mably, de la législation ou principes des
Loix, tome I, livre 2, chapitre I.
à Taspect
négligé des premières, comme à laspect florissant des secondes, vous serez convaincu, sans
avoir besoin d'aucun antreraisommemeut,
des propriétés aussi étendues sont défavorables combien
la culture >. Recherches sur la nature
à
causes de la richesse des nations
et les
chapitre.2.
2 tome2,1 livre.3,
(1) Mably, de la législation ou principes des
Loix, tome I, livre 2, chapitre I. --- Page 108 ---
Vor A G E
gu'ils cultivent, n'a démontré
ticle vice de cct impôt.
qu'en pargrave
L'objet est assez
pour exiger un
ne laisse rien à
développement qui
de la
répondre aux partisans
capitation.
Si un nombre égal de noirs, disentils, produit une égale quantité de denrées 2 Passiète de Tinpôt sur les
sur T'autre, ne devieht-elle
uns ou
rente ?
pas indifféCe sophisme ne peut séduire que des
ignorans.
Supposons, 2 Monsieur 2 que j'achète
aujourdhui dix noirs, la loi
de les déclarer
m'ordonne
demain, et je suis inposé en conséquence. Supposons
ce qui n'arrive que trop
encore, 2
sur
fréquemment,
que
ces dix noirs il en meure deux
avant d'avoir pu les employer à aucun
travail, le Roi n'y perd rien, sans
mais celui qui taxe mes ouvriers doute,
son du produit d'un
en raiouvrage qu'ils n'ont
pas fait, produit avec lequel je
le payer, ne commet-il
puis sèul
criante, en ajoutant à pas la uneinjustice
perte que je --- Page 109 ---
A SAINT-Dosrseux.
subis, un surcroit d'imposition
peut
qu'il ne
exiger que sur lintérêt d'un capital
que jai perdn? Et, d'ailleurs, imposer
mon nègre, qu'est-ce autre chose qu'ajouter au prix de son achat la valeur de
l'imposition P Or, plus les nègres seront
chers, moins je serai en état d'en acheter; moins de nègres, moins de culture;
moins de calture, moins de denréc. Renversons le dilemme : moins les nègres
seront chers, plus je serai en état d'en
acheter; plus de nègres donneront
de culture, plus de culture donnera plus
de denrées..
Au nom de notre inté- plus
rêt commun, imposez donc la denrée.
< Si, dit un auteur moderne et
célèbre
justement
2 T'entrepreneur d'une grande
manufacture qui employe mille livres
sterlings à Pentretien de ses machines,
pouvait réduire cette dépense à la moitié, il cmployerait naturellement
les
cinq cents livres épargnées à l'achat
d'nne plus grande quantité de matières,
qu'ii ferait travailler par un plus grand
nombre d'ouvriers. La manufacture
pro-
z donc la denrée.
< Si, dit un auteur moderne et
célèbre
justement
2 T'entrepreneur d'une grande
manufacture qui employe mille livres
sterlings à Pentretien de ses machines,
pouvait réduire cette dépense à la moitié, il cmployerait naturellement
les
cinq cents livres épargnées à l'achat
d'nne plus grande quantité de matières,
qu'ii ferait travailler par un plus grand
nombre d'ouvriers. La manufacture
pro- --- Page 110 ---
VOYAG E
duirait donc anmellement
viage 2 et la société entière plus d'ourait plus
en recueilledejonisances (z) >. Lorsqu'un
gouvernement juge nécessaire
T'exportation des farines,
d'imposer
si,a au lieu de taxer le sac à que dirait-on
portait cette
tant, il transdes moulins imposition sur les roues
moudre ?
qui auraient servi à les
Une autre
mode
conséquence de ce vicieux
d'imposition, est que
pour en éluder le
Thahitant,
ses déclarations; fardeau, fait de fausber ses
que la facilité de déronègres aux recherches du
ête à celui-ci tout
fisc,.
la fidélité, et
moyen d'en vérifier
que, tout-à-la-fois
par son avidité, et ridicule
odieux
puissance à
par son imréprimer la fraude, le
vernement habitue ainsi le colon gouhaine du
à la
loix.
législatcur, et au mépris des
(1) M. Smitb, recherches sur la
causes de la richesse des
nature et les
chapitrez.
nalions, tome 2, livre 2, --- Page 111 ---
A SAIXT-DOMxOUr
J'espère, Monsieur 2 que Timportance
du sujet justifiera Pétendue avec laquelle
intéresse à-laj'ai traité une question qui
fois le. souverain, les colons, le comconséquemment le bien commun
merce;
ne
des colonies et de la métropole, qui
oublier
travaille à sa
doit jamais
qu'elle
fortune, en assurant la prospé-.
propre
rité des premières.
lettre les deux
Je renvoie à une autre
objets, non moins importans, du prix
des nègres et des frais de justice, et je
termine celle-ci par une observation qui
me paroit de la plus haute importance, 2
quoiqu'elle n'ait qu'tin rapport indirect
avec ce qui précède.
Le prix des nègres croît chaque jour
Un nègre:
avec une effrayante rapidité.
de
de choix qui se paye aujourd'hui près
mille écus, n'en cottait que cent il y a
cent ans (1).Si le prix de la denrée qu'ils
cultivent suivait la même progression, il
(1) Voyez les Foyages du sieur Le Maire,
page 73. --- Page 112 ---
Vor AG E
n'y aurait point de mal. Mais cette
position n'est point
supque dans beaucoup admissible, 2 parce
d'états, 2 dans ceux
sur-tout qui ne reçoivent les productions
des colonies que de la seconde ou troisième main, les
de
gouvernemens effrayés
l'exportation de numéraire que le
prix, toujours croissant, de ces denrécs
occasionne, 2 prennent les mesures les
plus justes et les plus efficaces
modérer la
pour en
consommation.
Sur qui retombera, à la longue, la
perte qui doit résulter d'une.
tion très-sensible entre les frais disproporbénéfice de la
et le
culture? sur le'cultivateur.
D'oû provient ce mal? Comment le
prévenir?
Je dirai d'oi le mal
au remède, c'est au provient; quant
gouvernement et
non à moi à le trouver,
La nature a une marche invariable;
elle balance d'après des proportions
nous pouvons bien altérer
que
mais dont nous ne
quelqufois,
pouvons jamais détruire
ulter d'une.
tion très-sensible entre les frais disproporbénéfice de la
et le
culture? sur le'cultivateur.
D'oû provient ce mal? Comment le
prévenir?
Je dirai d'oi le mal
au remède, c'est au provient; quant
gouvernement et
non à moi à le trouver,
La nature a une marche invariable;
elle balance d'après des proportions
nous pouvons bien altérer
que
mais dont nous ne
quelqufois,
pouvons jamais détruire --- Page 113 ---
A 84147-Doxrkeuz
fruire le principe, les
placemens,
pertes par les remles
c'est-à-dire, 2 les morts par
naissances, , de façon à Ce que la terre
ait toujours, a-peu-près, le même
bre d'habitans. Ce n'est
nomnos crimes,
pas sa faute si
nos passions, nos folies dérangent ce bel ordre, et si notre
rice arrache dix habitans à
avapour en transporter
une contrée
autre.
un de plus dans une
Cest là cependant cel que fait le
merce des nègres. La
comtraordinaire d'hommes consommation eXcasionne
que la traite OCsur les côtes
rivale de la
d'afrique, digne
peste,y a produit une telle
dépopulation, que, pour y trouver des
esclaves, il faut aujourd'hui
mille lieues dans les terres. envoyer à
Que le prix du minéral se soit
à mesure que la mine s'est
accru
ce quiest tout
épuisée, c'est
sible de
simple; ;mais qu'il soit posmaintenir une juste
entre deux objets
proportion
prix de l'un croît d'échange, 2 dont le
toujours
en raison de sa rarcté
croissante, tandis que Ia con7 --- Page 114 ---
VoYAG E
sommation , nécessairément
Tautre, a déjà
bornée de
porté.son
mum qu'il peut. atteindre, prix au maxisnathénatiquement
c'est ce qui est
Il faut donc
impossible.
n'est peut-être prévoir une époque qui
cessation totale du pas éloignée, celle de la
car de deux choses commerce des negres;
de s'en
l'une: ou la difliculté
point de procurer réduire les portera leur prix. au
sance d'en
colonies à FimpuisPAfrique, acheter, où les peuples de
éclairés par
frappés d'une
Tespérience et
nace
d'un
dépopulation qui les neanéantissement total,
ceront décidément à ce
renonconséquence de ces
commerce. La
la même. Il est deucsuppositions est
réalisent point tôt impossible qu'elles ne se
pas que l'on
ou tard, etje ne vois
fet
s'occupe à en prévenir Pef
néeessaire, la. ruine des colonies.
calcul fait en 1775,
Un
laps de deux cent prouve que, dans u2
transporté dans les quarante ans 2 on a
millions de
colonies plus de dix
nègres.
mêmes colonies
Aujourdhui, ces
en demandent au-dela
. Il est deucsuppositions est
réalisent point tôt impossible qu'elles ne se
pas que l'on
ou tard, etje ne vois
fet
s'occupe à en prévenir Pef
néeessaire, la. ruine des colonies.
calcul fait en 1775,
Un
laps de deux cent prouve que, dans u2
transporté dans les quarante ans 2 on a
millions de
colonies plus de dix
nègres.
mêmes colonies
Aujourdhui, ces
en demandent au-dela --- Page 115 ---
A SAIYT-DoxiNoeg
de cent mille
par année; et si lon veut
ajouter à ce. nombre ceux qui
dans les guerres.
périssent
lieu, dans
auxquelles la traite donne
le passage de la mer, par les
maladies, par les naufrages
voltes on
2 dans les ré-
,
trouvera qu'il faut doubler ce
nombre, ce qui, pour un laps de trente
années, porte l'exédent de
à six millions
consommation
s'il est
d'individus, et je demande
possible quela population del'Afrique ne soit pas bientôt épaisée?
--- Page 116 ---
IOO
Vor A'G E
LETTRE X.
Jacmel. Avril, 1789.
Lus
noirs, conséquiences du prix excessif des
2 relativement à Pultérieure
périté des
pros-,
colonies 2 n'ont,
pas besoin d'être détaillées monsieur, 2.
senties. J'ignore si je serai dans pour le être
revenir encore
cas d'y
; en attendant
dirai ce qui m'arrive à
2 je vous
ce sujet..
lly a un peu plus de quatre mois
frappé du peu de parti que les
que,
tirent de leur
habitans
cherla
terre,] je crus devoir chersource de cétteespèce de
autre part que dans leur
torpeur
et l'on m'indiqua la cherté insouciance,
D'autres recherches
des nègres.
m'apprirent
l'anglais des isles voisines vendait que
terlope, à raison de douze
en incent francs, le même
et quatorze
ici deux mille
noir que Pon paye
Vaincu
sept-ou huit cents livres.
par les prières de quelques
colons, je me chargeai de
rédiger et de --- Page 117 ---
A
SAX-Dowrxeus. TOI
faire remettre, an ministredela
un mémoire dans lequel
marine,
je demandais
P'introduction de quatre mille nègres interlopes 2 ct comme je prévoyais l'objection du préjudiceque cet acte debienfaisance causerait au commerce métropolitain, je m'attachai à démontrer
devait lui être indiférent
qu'il
ailleurs ce
que j'achetâsse
qué je ne puis pas acheter de
lui, à raison d'un prix qui excède
moyens ; que ce qu'il, pourrait
mes
sur ces quatre mille
gagner
nègres ,. et qu'ilne
gagne pas 2 puisqu'il ne les vend
serait plus que compensé
le point,
fice sur le produit du travail par. de bénémuille ouvriers de plus;
quatre
quesed'après ces
considérations, 2 il était de Pintérêt bien
entendu du commerce
de
jouir d'une
français
se réperte fictive qui devenait
pour lui la source d'un gain réel
qu'enfin, c'était encore à lui
; et
drait le bénéfice de
que reviencette utile
tion 2 puisqu'elle ne pouvait être spéculaqu'avec les fonds des
faite
çais,
commerçans fran-
atre
quesed'après ces
considérations, 2 il était de Pintérêt bien
entendu du commerce
de
jouir d'une
français
se réperte fictive qui devenait
pour lui la source d'un gain réel
qu'enfin, c'était encore à lui
; et
drait le bénéfice de
que reviencette utile
tion 2 puisqu'elle ne pouvait être spéculaqu'avec les fonds des
faite
çais,
commerçans fran- --- Page 118 ---
IOZ
VOTAG E
La réponse du ministre
eut beaucoup desiré
porfe : qu'il
vues ; qu'il en sentait condesrendre à mes
mais qu'il
tout Tavantage,
montable y voyait un obstacle insurdans les réclamations du
merce. .
!
comOn ne conçoit pas.
gouvernement,
2 monsieur 2 que le
qu'il faut toujours
poser animé de l'amour da
supne protége pas plus
bien public,
térêt de Phabitant qu'il ne le fail l'indu commerce
contre les usurpations
toutes les fois 2 car il y a usurpalion
que l'on détruit
qui doit exister dans tout
réquilibre
change,en ne
commerce d'6-
-le prix de ma denrée permettant pas de hausser
portion
dans la même prola votre. que Un vons augmentez le prix de
exemple suflira.
Pour éviter les caleuls de
je dirai que le cultivateur fractions,
y a dix ans
vendait ; il
2 la livre de café
son de cinq sols
à rai2 aul commerce
payait en nègres, à raison de
qui le
livres la pièce. Le
cinq cent
en 1700, de six
prix d'un nègre était
cents livres, celui d'une --- Page 119 ---
A
SAIXT-Doxrgeur 1c3
négresse quatre cent cinquante. Aujotrd'hui, le plus haut prix du café est de
dix-huit à vingt sols, cclui d'un
de deux mille cinq à deux mille nègre huit
cents livres. Ainsi, pendant que le cultivateur a tout au plus quatruplé SOI
prix, le conmerçant, qui,
la
pour suivre
proportion et maintenir la balance,
devait égalenent
au moins
quatrupler le sien, l'a
quintraplé, et se permet, par
conséquent; Pusurpation d'un
en sus.
cinquième
Passons à la justice dont je ne vous
dirai qu'un mot; car, lorseue yous saurez
que le tribunal deJacmel,
sénéchal , d'un lieutenant composé de
d'un
deux procureurs du roi,
juge, 2 de
d'un
de quatre couiseillers
greflier,
2 quatre ou cinq
procureurs, et autanto d'huissiers,
année comnune, an-delà de
colte,
mille livres aux habitans de' quatré cent
sort
son petit res2 vous comprendrez pourquoi la
culture des terres
majeure
languit 2 pourquoi la
partie des habitans, qui doivent
toujours plus qu'ils n'out, végète dans
d'un
deux procureurs du roi,
juge, 2 de
d'un
de quatre couiseillers
greflier,
2 quatre ou cinq
procureurs, et autanto d'huissiers,
année comnune, an-delà de
colte,
mille livres aux habitans de' quatré cent
sort
son petit res2 vous comprendrez pourquoi la
culture des terres
majeure
languit 2 pourquoi la
partie des habitans, qui doivent
toujours plus qu'ils n'out, végète dans --- Page 120 ---
Vori G E
la misère, la crapule, l'inertie,
assez inutile de
et il sera
vous en dire
àmoins quilnevous
davantage,
savoir
parut nécessaire de
que les juges siègent ici en habit
court, lépée au côté, et que
vu F'extrême chaleur du
Thémis,
de lépais bandeau
climat, 9 au lieu
qu'elle porte
y joue son
ailleurs,
colin-matillardavee une
légère et
gaze
Croyez, transparente sur les yeux.
au reste, que, dans
des frais de
l'estimation
justice 2 loin
suis resté au-dessous
d'exngérer, , je
connais
de la vérité, car je
icitelluissier auquel son exploitagea valu jusqu'à soixante mille
dans ce que ces messieurs
livres,
bonnes années.
nomment les
Ne me supposez cependant
injuste, monsieur,
pas assez
pour vouloir
au commerce sa part d'influence disputer
mal-aisc habituel et
sur le
C'est
général des colons.
un tour d'adresse dont il est
de ne pas lui dérober Phonneur juste
anquel vous ne comprendriez
2 mais
ne me chargeinderasuibauniriend rien,sije
cissemens nécessaires.
éclair- --- Page 121 ---
A
SAINT-Doxixeur 105
Il faut reprendre les choses de
haut.
plus
(
Ledadbermeadncodasder furent
faits aux frais des partienliers: chacune
le pronveclairemment par son
Ce n'est donc ni la
histoire(r).
politique 1e ni
prévoyance, 2 ni la
2 Phumanité des souverains
qui les ont fondées 2 et celle dé SaintDomingue surtout ; c'est le hazard. Des
français, chassés
les
deSaint-Christopie par
Espagnols, avec d'autres avanturiers
de leur nation
2 auxquels se joignirent
quelques anglais 2 trouvèrent la côte
s'y établirent
DameEasNC
en fa7,ethirentlassuche
des flibustiers 2 de ces hommes dont
T'audace à entreprendre , et la prodigiense valeur dans P'exécution, réduisent
à des jeux d'enfans même les plus fabuleuxexploits des demi-dieux dela Mythologie, etdontla férocitéfits
deleurs chef, Monbars surnommerun
P'Esterminateur.
(I) Recherches sur les Ejals-Unis
page I18.
d'Amérique,
établirent
DameEasNC
en fa7,ethirentlassuche
des flibustiers 2 de ces hommes dont
T'audace à entreprendre , et la prodigiense valeur dans P'exécution, réduisent
à des jeux d'enfans même les plus fabuleuxexploits des demi-dieux dela Mythologie, etdontla férocitéfits
deleurs chef, Monbars surnommerun
P'Esterminateur.
(I) Recherches sur les Ejals-Unis
page I18.
d'Amérique, --- Page 122 ---
I06
Vor A G E
Fatigués de leur vagabonde et périlleuse existence
hommes
3 quelques - llis de ces
extraordinaires, la plupart anglais,se
dont ils
etmenaceure
avaient, en 1630, fait leur place
d'armes, après ena avoir chassé vingt-cinq
où ils se
Eenedirie
joignirent aux boucaniers
espèce de chasseurs dont la vie errante 2
et précaire servit aux flibustiers de transsition, 2 pour passer de l'état de navigateurs et de soldats i cclui de cultivateurs.
(1) D'abord occupée parles
sous les ordres de Willis. Un Anglais, en 1638,
nommé Levasselir,
les ingénieur français,
avait pris, avec le titre après de en avoir chassés, y
d'un despote; il fut assassiné prince, les mnauières
neveux, lorsque la Torlue' par deux de ses
du chevalier de
passa sous lcs ordres
Espagnols,
Fontenny, qui lal rendit aux
quand un troisiène dvauturier, Deschamps du Rausset, la leur enleva, en
la vendre, cinq ans après,à la
1660, pour
Indes. Voyez Labat,
compagnie des
Erangaises de
nouveau Voyage aux iles
P.4mérique, tome 5, chapitre 6. --- Page 123 ---
A SANT-DONINEUE
I07
Deux besoins qui réuniront toujours
les hommes en sociétés, le besoin de
Pordre et celui de se
minérent
perpétuer, 2 déterces nouveaux habitans à demander un chefet des femmes. On leur
envoya pour chef d'abord
et peu après Bertrand
Duparquet,
d'Ogeron de la
Bouère, 2 gentilhomme Angevin
arriva le 6 juin 1665
, qui y
(1). Il eut pour
successcurs Ducasse et PATnage, et le
choixde ces hommes,
digues en effet de
commander aux autres, prouve que les
gouvernemens ne se trompent pas toujours dans celui des individus
ils transmettent
auxquels
une partie de leur
voir.
pou-
(r) < Homme à Tépreuve de la
UII listorien moderne, doux
forlune, dit
patient, éclairé
et ferme, habile et
tude de vivre par des malheurs et par Thabiavec ce peuple féroce
-
ce peuple, estimé des hommes ; chéri de
des gens de bien, et néamnoins d'état comme
T'opinon que l'on avait, sinon de supérienr à
moins de son génie
sa verlu, du
Lisie, de
>. Histoire Généraie de
PAfrique el de Pamérique, tome 14.
une, dit
patient, éclairé
et ferme, habile et
tude de vivre par des malheurs et par Thabiavec ce peuple féroce
-
ce peuple, estimé des hommes ; chéri de
des gens de bien, et néamnoins d'état comme
T'opinon que l'on avait, sinon de supérienr à
moins de son génie
sa verlu, du
Lisie, de
>. Histoire Généraie de
PAfrique el de Pamérique, tome 14. --- Page 124 ---
Vox A G E
Le choix des femmes était moins diflicileàfaire. La Francene
alors de filles
manquait point
mnodestes, dont la pauvres 2 laborieuses" 2
douceur et
4 même eussent
lingénuité
poli, 2 eussent épuré des
mceurs plus dépravées
Que
que corrompues.
fit-on, monsieur ? on leur
des catins de la Salpétrière,
envoya
ramassées dans la
des salopes
effrontées
boue , des gaupes
2 dont il est étonnant que les
mceurs 7 aussi dissolues que le
ne se soient pas plus perpétuées langage,
n'ont fait chez leur
qu'elles
fait dire à
postérité; ce qui a
un voyageur 2 aussi sévère
que véridique, CC qu'excepté quelques
familles de marchands
dans les
qui se son établis
colonies 2 et y ont mené leurs
femmes et un domestique sage et
on ne fait pas lort à tout le reste réglé, des
isles, en les comparant à Rome
les premiers fondateurs
7 dont
n'étaient qu'un
ramas confus de brigands et de
conduits par deux bâtards
putains,
(r) >.
(t) Journal d'un Voyage aux Indes
tome 3.
Orientales, --- Page 125 ---
A SAIYT-DoNrNeUr
A peine
IC9
d'Ogeron eut-ilp porté sa colonie
de quatre à quinze cents habitans
Poflicieux
2 qué
commerce, en vertu desonp privilège exclusif,
d'affamer
c'est-à-dire, 2 du pouvoir
les colonies (1), profitant de
Tindifférence du ministère
vel
pour ce nouétablisement, offrit de lui vendre
à crédit, ce que l'autre aurait dû lui
donner 2 les avances nécessaires
commencer les
pour
défrichemens. Le
de ces avances
prix
le
fat, comme on peut bien
croire, calculé sur lincertitude et les
retards d'un remboursement qui n'avait
quedes récoltesfutures
Les récoltes vinrent, pourhypothèque. mais
colons se
sans que les
libérassent; car, , si l'ambition
(r) Cette compagnie, qui commençade
les colonies dès 1649, n'eût d'abord exploiter
rante-cinq mille livres de fonds. Je demande que quasi, avec une mise dehors aussi
permis dentreprendre
modique 7 il est
clusifd'une
Taprovisioniemment ex-.
colons? colonie, sans se proposer d'épuiser les
aussi, fit-elle des horreurs
le premier germe de la haine des qui ont seié
commerce métropolitain,
colons pour le
ie, qui commençade
les colonies dès 1649, n'eût d'abord exploiter
rante-cinq mille livres de fonds. Je demande que quasi, avec une mise dehors aussi
permis dentreprendre
modique 7 il est
clusifd'une
Taprovisioniemment ex-.
colons? colonie, sans se proposer d'épuiser les
aussi, fit-elle des horreurs
le premier germe de la haine des qui ont seié
commerce métropolitain,
colons pour le --- Page 126 ---
VOYA G E
IIO
culture fit naîfre de noud'étendre ieur
bien fondé d'asveaux besoins 2 l'espoir Pacheteur au venservir de plus en plus très facile sur le
deur, rendit le dernier
crédit dont P'autre avait besoin.
tcommerçantautj joindre
Bientôtladroito
du
de nécessité les bagatelles
aux objets
accueillies par la
luxe, toujours bien
Le même
vanité qui se foure par-tout. haches et des
avec des
navire apportait
des bonnets pour
houes pour leshommes,
pour les
Ies mères, et des vertugadins à la jeune
filles. On persuada sans peine doré réfléglace a câdre
créole qu'une
fidélement son joli
chissait bien plus d'une fontaine, et
visage que le cristal
ingénne et le
voilà comme Tignorance fesaient payer,
crédule amour-F propre
de leur valeur (1), dessuperau. centuple
à une Créole, qui n'était
(1) Jai vu vendre
à faire des dupes
point une sotte, et plus disposée
c'est-àqu'à Têtre, au prix de cin[ portugnises, de pendans
dire, trois cent trente livres, une paire trente francs.
d'oreilles en or, qui ne pesaient de pas laj plus coupable
Pour se disculper du reproche --- Page 127 ---
A SAINT-Dowixeur
III
fluités devenues
nécessaires; tandis que
P'astucieux
marehand, qui sait assez de
métaphysique pour ne pas ignorer que le
débiteur ne dispute guères avec son créancier, mettait lui même le
prix aux denréesqu'il
ivonlaitbiemprendre en
et acquerrait ainsi sur la colonie échange,
lon peut vraiment
ce que
appeller domaine réel.
Abgpsidbrerprmasipresyma d'oppression, le commerce en ajouta trois autres.
usure, on vous dit que l'incertitude des
tions commerciales, les
spéculafrages, les avaries, le fret, Lanquerontes, le
les nauvaleurs, les longs
coulage, 2 les noncrédits, ne permettent pas au
commerce de horner ses bénéfices au taux de
l'intérêt que la loi autorise. Fort bien; ;
comme il n'est pas inoui qu'an
niais,
risé parinfortume,soit
négociant, , favoparvenu à gagnerc quelques
millions, sans éprouver aucun de ces
et même
accidens,
faire, indegendamment des perles qu'il a pu
je demande s'il n'est pas tenu de rembourser à chacun de ses acheteurs le surfait
daique qu'il a ajouté au prix légal de sa mar- juchandise ; et si quelqu'un a jamais eu connaissance d'un pareil trait de probité, je le scmme
d'en nommer l'auteur.
it
négociant, , favoparvenu à gagnerc quelques
millions, sans éprouver aucun de ces
et même
accidens,
faire, indegendamment des perles qu'il a pu
je demande s'il n'est pas tenu de rembourser à chacun de ses acheteurs le surfait
daique qu'il a ajouté au prix légal de sa mar- juchandise ; et si quelqu'un a jamais eu connaissance d'un pareil trait de probité, je le scmme
d'en nommer l'auteur. --- Page 128 ---
II2
Vo Y A G E
Io; Le droit d'approvisionner
sivement-les colonies.
exclu2°, Celui d'en exporter seul les
ductions.
pro30, Une loi qui interdit
la faculté de
aux habitans
manufacturer le
de le tenir dans la'nécessité coton,afin
un prix
d'acheter, à
extravagant , des toiles
a soin de choisir dans les
que l'on
plus mauvaises
qualités, afin d'en hâter la
tion; car, ce n'est, pas le tout consomma- de
cer n'est pas le tout de vendre vendre,
qui s'en tiendrait là
cher, celui
ne passerait
pour un sot. Le négociant
que
lence,ou qui du
par excelmoins se croit tel, doit
encore vendre aussi mauvais
sible 7 afin de vendre
que posOui, 2 le commerce
plus souvent.
d'or, qui le
érigerait une statue
disputerait au colosse de
Rhodes, à celui qui
ver l'art de
parviendrait à trouet des
composer des toiles de verre
draps de porcelaine.
pour donner le
plus,
trtdetees
fection à la théoric dernier degré de perde son despotisme
sur
par excelmoins se croit tel, doit
encore vendre aussi mauvais
sible 7 afin de vendre
que posOui, 2 le commerce
plus souvent.
d'or, qui le
érigerait une statue
disputerait au colosse de
Rhodes, à celui qui
ver l'art de
parviendrait à trouet des
composer des toiles de verre
draps de porcelaine.
pour donner le
plus,
trtdetees
fection à la théoric dernier degré de perde son despotisme
sur --- Page 129 ---
A
SAINT-Dosrkeus 113
sur les colonies,
lège exclusif
que d'ajouter au privide les approvisionner
farines 2 le privilège exclusif
en
le pain, d'y moudre le
d'y cuire
café, etc.
Quelle est donc, en dernière
le véritable
analyse,
rapport entre le
çant et le colon? A Dieu
commerj'indique celui qui
ne plaise que G
dupe et le
peut exister entre la
clave
fripon, entre le tyran et l'es-
(1). Je vois la chose sous
de vue plus honnête,
un point
(1). Voyez, à cesujet,
de
Réfezions surla colonié
36 saint-Domingues et
tome I,
37. C Le commergant chapitre 2, pages
teur, chapitre 3,
français, ajoute l'auzèle et de
page 54, rempli d'abord de
des desirs du complaisancn, , et volant au-devant
richissaient, devint cultivateur, 2 dont les travaux T'enaprès quelques succès dur, exigeant et impérieux
qui
qu'ils n'auraient dû
Ténorgueilliren, lorsBientôt il ne considéra que redoubler son ardeur.
une
plus la colonie que
propriété dont les productions
comme
exclusivement destinées,
lui étaient
voulait bien y mettre. Ardent moyenant le prix qu'il
soins pressans du
à abuser des bepar la pénurie des cultivateur, objets de occasionnés, soit
première nécessité,
--- Page 130 ---
II4
Viorac E
Le commerce de France
table
est le véripropriétaire de
les colons ne sont
Saint-Domingue;
au plus ce
que ses fermiers, tout
que les Romains
coloni partiarii,
nommaient
colons
et cela est si vrai, le partageants; ;
doute si peu, que Phabitant commerçant en
rien,s'il en existe de tels qui ne doit
comptant, qui peut attendre (1), qui paye
currence des acheteurs
que la conlui
d'exiger un prix raisonnable Permette
de sa récolte, devient la bête noire
merce; car,messieurs
du comdiront, et vous le
lesi négocians vous
que le bénéfice croirez si vous voulez,
sur la denrée
portent des colonies,
qu'ils excouvrant à peine
soit par le malheur des
rarement de manifester circonstances, il manqua
norante et une avarice une inflexibilité déshonête et respectablé
qui fesait d'un élat honde tous les états. par ses résultats, le plus vil
(I) On sent bien qu'il faut
grands propriétaires, qui, excepter quelques
leurs posseisions, niles n'ayant jamais vu ni
étre comaplés au nombre colonies, ne doivent pas
des habitans.
ouvrant à peine
soit par le malheur des
rarement de manifester circonstances, il manqua
norante et une avarice une inflexibilité déshonête et respectablé
qui fesait d'un élat honde tous les états. par ses résultats, le plus vil
(I) On sent bien qu'il faut
grands propriétaires, qui, excepter quelques
leurs posseisions, niles n'ayant jamais vu ni
étre comaplés au nombre colonies, ne doivent pas
des habitans. --- Page 131 ---
A
SANT-Dowrkeug II5
les frais
ils
d'armement, ne se retrouvent
que sur celui qu'ils ne font pas
disent-ils encore 2 sur les marchandises toujours,
qu'ils y portent; ; et, en
qui portait la balle il
attendant, tel
bâtir un
y a vingt ans, fait
palais et marie sa fille à un duc.
Mais, depuis que nos beaux
sont transformés
esprits se
en économistes,
que nos grands seigneurss
depus
conversations
s'encanaillent,
chures
2 ouvrages sérieux 7 brofrivoles, théâtres,
des éloges du
2 tout retentit
fondamentale commerce: c'est la pierre
de la monarchie, c'est le
père nourricier du royaume
premier, le plus noble, le
7 c'est le
états. Il faut
plus utile des
toge du
que l'épée du guerrier, la
sénateur. , le sceptre des rois
mmême, s'inclinent devant le caducée de
mercure !.
J'honore
honnête
5 monsieur, un
tout honnête commerçant , comme j'estime
homme; ; mais
est difficile de
j'avoue qu'il
partager
lorsque Pon voit de près Tengouement, le
ricier: il ne faut
père nourqu'avoir assisté quelquefois à ses comptes
2 pour se con8. * --- Page 132 ---
VOYAG E
vainere que la devise de ce générenx
bienfaiteurdu genrelumain est, comme
celle de tant d'autres, le bien
après 12072 intérét. Je ne citerai public, 2
fait qui peint le commerce
qu'u
Le sucre brut
au naturel.
qui, en 1682, se vendait
de quatorze à quinze francs le
tomba en 1713 à cinq ou six, et quintal, ce fut
le moment que la compagnie du Sénégal
choisit. pour porter les esclaves à un
prix excessif. On la dit avant moi: c La
destinée des colonies était de servir de
jouet aux caprices, 2 de pâture aux' besoins, de proie à Pavidité de leur métropole, de son fisc, de ses traitans de 5
ses marchands, de ses
compagnies, de
ses intrigans accrédités (1): D.
Voilà un colon 2 disais-je ces jours
passés à un capitaine marchand,
après VOS comptes réglés, reste
qui,
votre débiteur d'une
encore
somme assez forte.
Comment vous
déterminez-vous à lui
(r) Histoire générale de PAsie, de
ede tamérigueytome 15,
VAfrique
, de son fisc, de ses traitans de 5
ses marchands, de ses
compagnies, de
ses intrigans accrédités (1): D.
Voilà un colon 2 disais-je ces jours
passés à un capitaine marchand,
après VOS comptes réglés, reste
qui,
votre débiteur d'une
encore
somme assez forte.
Comment vous
déterminez-vous à lui
(r) Histoire générale de PAsie, de
ede tamérigueytome 15,
VAfrique --- Page 133 ---
A SAINT-Dowixeug.
faire un nouvean crédit? A Dieu
II7
ne plaise
qu'il se libère, merépondit lemarchand!
Ne voyez-vous pas que Findulgence dont
j'use envers lui pour ce qu'il me doit,
mn'assuresa récolte de l'année
et mé l'assure au prix
prochaine,
que je jugerai à
propos d'y mnettre moi-même,
moyennant cette espèce de parce que
dance de sa part, il est sûr condescén- de
chez moi un nouveau crédit tronver
noveaux besoins
pour ses
diez
Oh! si vous ententantsoit peu l'art
verriez
dunégociant, vous
qu'il est plutôt un commerce de
bons procédés que detout
autrechosel Et
cependant,
de tous
seuncdateakiersmnes
les gens instruits, à l'avidité impolitique et barbare des premières
pagnies de
comcommerce, et entr'autres de
celle connue sous le nom de
royale de
compagnie
créée
Saint-Domingue ou du Sud,
en 1698, que l'on attribue létat
de langueur dans laquelle cette colonie
fut, jusqu'au moment de sa
d'une association de
dissolution,
marchands
revêlue de toutes les
qui,
prérogatives de la --- Page 134 ---
VorAG E
souveraineté, et fidèle à l'eprit du
merce 2 n'avait pas manqué de comprendre dans ses calculs de
comvente de tous les
bénéfice, la
taires.
emplois civils et mili- --- Page 135 ---
I19
A SAXT-DONtNeU.
LETTRE XI.
Jacmel. Mai,178g.
LA longueur de mes dernières lettres
m'effraye, monsieur; mais à mesure que
connaissance locale du pays,
f'acquiersla
les observations se
la matière s'étend,
multiplient, ses succèdent, senchainent,
laissent
toujours le maitre
et ne me
pas
de m'arrêter où je voudrais.
Vous ne lirez dans aucun des voyaqui ont écrit sur Saint-Domingue,
geurs
dans mes lettres.
ce que vous trouverez tontle monde, il faut
A force de flatter
à
la plupart
bien plaire quelqu'un n;auesi," dans celte inécrivent-ils beaucoup plus
dans celle d'instruire. Moi,
tention que
assez à Pune ou à l'autre
qui ne tiens pas
leur sacrifier la
de ces prétentions. , pour
vois,
vérité, jécris pour dire ce que je
ce qui me semble
ce qui me paraitbien, mnieux. Je conmal, ce qui pourrait être
tinue donc comme jai commencé.
à
la plupart
bien plaire quelqu'un n;auesi," dans celte inécrivent-ils beaucoup plus
dans celle d'instruire. Moi,
tention que
assez à Pune ou à l'autre
qui ne tiens pas
leur sacrifier la
de ces prétentions. , pour
vois,
vérité, jécris pour dire ce que je
ce qui me semble
ce qui me paraitbien, mnieux. Je conmal, ce qui pourrait être
tinue donc comme jai commencé. --- Page 136 ---
En
Vorao E
mel supposant que le quartier de Jac.
périté parvienne dont il un jour au point de
rait plus aisé est susceptible, rien ne prosle séjour le que de faire de celte ville selubre.
plus agréable et le
plus saDéjà les habitans,
ambition louable,
stimulés par cette
une
ontfivenirde France
éohae.Cesta-dire, les
préparés pour en
matériaux tout
du plateau, où viendront construireune au centre
rues
aboutir
que les principales. fondemens On ne fera sur les quatre lieux
L'érection
et la
de ce
charpente.
donner une haute idéede monument doit vous
lons de notre
la piété des COpendant
paroisse. Ne
pas qu'elle aille craignez cezèle, qui dégénère
jamais
se plaît
en fanatisme. jusqu'au
aux licua
Celuiqui
diment entrer dans infréquentés les
peutharDomingue, ili n'y
églises de Saintde Tautel usés
trouvera pas les degrés
En avant par. la prière,
de la façade du
gnera une esplanade
temple réprolongée jusqu'a la plantée d'arbres, et
naissance du talus --- Page 137 ---
A
SANT-Dowixeez 121
de la montague, d'où l'on
seul regard,
pourra, d'un
embrasser la baye, lcs terres
adjacentes, et la pleine mer.
Linconvénient d'aller puiser l'eau
sert à la consomination dans
qui
à un quart de lieu à l'ouest une rivière
a donné l'idée de
de la ville,
de
construire, au centre
l'esplanade projettée 2 une fontaine
publique,otll'ean. arrivera des montagnes
voisines, au moyen d'un canal dont la
construction ne sera pas très-coûteuse.
Tel est le projet.
lentement le
Sils'exécute, ce sera
; bien , vous le savez
va jamais qu'à pas de Tortue. En 2 ne
dant, il serait assez raisonnable attende s'occuper d'un projet, non moins utile et
moins dispendieux.
>
L'éloignement de la rivière force les
habitans à détourner Jeurs
travail plus utile,
nègres d'un
pour charrier de
dont les bains, , si nécessaires l'eau,
dans ce
pays-ci,augmeatent de beaucoup la consommation.
La rivière. 2 ou le torrent de la Goss
seline 2 dirige son cours perpendicu:
dant, il serait assez raisonnable attende s'occuper d'un projet, non moins utile et
moins dispendieux.
>
L'éloignement de la rivière force les
habitans à détourner Jeurs
travail plus utile,
nègres d'un
pour charrier de
dont les bains, , si nécessaires l'eau,
dans ce
pays-ci,augmeatent de beaucoup la consommation.
La rivière. 2 ou le torrent de la Goss
seline 2 dirige son cours perpendicu: --- Page 138 ---
V OY A G E
vers la
lairement du pied des montagnes elle
distance de Jacmel,
mer. A quelque
sa direction
forme un coude et change
rivière,
aller se réunir à la grande
pour
embouchure.
non/ loin de son
de lui creuser
Quoi de plus simple que de T'angle du
lit, en partant
un nouveau
droite jusqu'an port?
coude 2 en ligne
ln'oppose
Cette opération, al laquellelesols l'eau à la
ammnènerait
aucun obtacle 2
entrainerait
porte de toutes les maisons,
indont la corruption
les immondices, 2
dont on
formerait un canal,
fecte Fair,
les bords d'un ou de
pourrait planier d'orangers, et cette planplusieurs rangs le double avantage de
tation offrirait
ct de soulager
rafraichir Tatmosphère, de n'errer que sur un
la vue, fatiguée
poudreax.
sol aride, bralant et
que
combattre ce projet
On ne peut
celle de son par une seule objection la ville bâtie sur
inutilité, en supposant à cela que la
-
le côteau. Je répondrai
facilité du
ReaMmrem
vaisseaux,
Netmushniinded --- Page 139 ---
A SAINT-DoNixeur 123
exigeant que les capitaines continuent
à avoir leur magasins et leurs logemens
au bord de la mer 2 nécessiteront toujours une ville basse, que. l'on nommera,
si l'on veut, le
le
port, 2
quartier marchand, et qui, pour offrir un air plus
frais, 2 un aspect plus riant
2 n'en sera
que plus fréquenté par les acheteurs,
Engagé comme je le suis, monsienr,
dans la carrière des
lité de militaire
projets, en ma qua2 je ne saurais me dispenser de vous faire part des
de défense dont je crois Jacmel dispositions
susceptible. Il faut d'abord en établir la né.
cessité,
Saint. - Domhingue n'a aucune place
d'armes sur la côte du Sud. Quelque
difficile que soit le pays,avec du secret
et de la célérité 2 un ennemi
effectuant
actif, en
une descente sur cette côte,
se'sera rendu maitre des défilés et dela 2
erétedesmontagsesila aura prisderevers
et Léogane et le Port-au-Prince, avant
que l'on,ait pu rassembler assez de 2 forces
pour s'opposer à ses progtès. Que cette
d'armes sur la côte du Sud. Quelque
difficile que soit le pays,avec du secret
et de la célérité 2 un ennemi
effectuant
actif, en
une descente sur cette côte,
se'sera rendu maitre des défilés et dela 2
erétedesmontagsesila aura prisderevers
et Léogane et le Port-au-Prince, avant
que l'on,ait pu rassembler assez de 2 forces
pour s'opposer à ses progtès. Que cette --- Page 140 ---
Vox A G E
une escadre
attaque soit secondée par le Port-auqui bloquerait et menacerait
reste
Prince par mer 1 et cette place des
avec le reste
sans communication de secours.
quartiers, sans espoir
sur la
Il est donc essentiel d'avoir d'où 2 lon
côte du Sud, un point fortifié, ou les vaispuisse surveiller Pennemi 2
croiseurs trouvent, en cas de'néseaûx
et qui serve de point
cessité, un asyle 2
'de la
à la milice chargée
de ralliement
défense des côtes.
faut pour remJacmel a tout ce qu'il
des terres
plir cet objet. Le prolongement à PEst et à
forment la baye offre., 2
qui
très-propres à y.
FOuest, des positions mêne des forts
construire des batteries, Au centre du
dont le feu se croiserait. mamelon parafond de la baye, est un
sont bâties
lellograme et isolé, sur lequel
maisons. Ce point
T'église et quelques
à recevoir
serait d'autant plus, propre qu'il peut
fortification régulière 2
-
une casematté, et que, n'étant ni trop.
être
bas il laisse pcu de prise
élevé ni trop
--- Page 141 ---
A SAINT-DoNIseuE 125
au feu de l'ennemi, tandis que le sien
se combinerait, sans obstacle, avec celui
des forts de la rade. Si, à ces moyens de
défense. 2 on voulait joindre un
retranché, pourl lequellelocalne: camp
point, je croirais cette partie de manque l'isle à
l'abri de toute invasion.
La manie de se distinguer par des
opinions 2 que l'on croit neuves parcequ'elles sont extraordinaires
, a, depuis
quelque tems. 2 donné naissance à une
secte militaire qui, avec beaucoup de
théorie et de talens, mais
peu d'expérience, se déclare hautement contre le
systême des places fortes, Il est tout
simple que le desir de faire prévaloir
son opinion lui ait fait exagérer les imperfections et dissimuler les
du systême qu'eile combat. avantages
La véritable défensive des frontières
consiste, dit-eile, dans Part des positions.
Qui en doute ? Mais si cet art
peut en -
appeller un autre à son secours. 2 et si
la combinaison de ces deux arts réunis
doubie les moyens de résistance,
pour-
contre le
systême des places fortes, Il est tout
simple que le desir de faire prévaloir
son opinion lui ait fait exagérer les imperfections et dissimuler les
du systême qu'eile combat. avantages
La véritable défensive des frontières
consiste, dit-eile, dans Part des positions.
Qui en doute ? Mais si cet art
peut en -
appeller un autre à son secours. 2 et si
la combinaison de ces deux arts réunis
doubie les moyens de résistance,
pour- --- Page 142 ---
VorAG E
quoi les séparer ?
couper le bras gauche Faudra-t-il me faire
demon adversaire, qui pare les coups
avec le bras droit parce ?
que je Fattaque
rejetons décidément Nadoptons et ne
Cest aux
aucun systême.
du terrain circonstances à décider
et à la nature
être ou n'être
si une frontière doit
Je dis donc pas fortifiée,
obstacles de tous que si un rivage, où des
quement sur une genres forcent le débarpeut d'autant moins étendue déterminée,
des forteresses,
se passer du secours
distribués
que ces points de
avec art,
défense,
rementl la divisiondes entraînent nécessaià plus forte raison forces de F'ennemi;
ces moyens de
doit-on faire usage de
dans une rade résistance et de
ou dans un protection
-
Rassurez- - vous
port.
2 monsieur; ;
:
sold#, je n'étendrai
quoique
zaisonnemens militaires. pas plus loin mes
ce que l'on
Sinsimprouver
à ce
fait, j'ai révé un
que l'on pourrait
moment
bonheur et la streté
faire pour le
canton.
des habitans de ce --- Page 143 ---
A SAIXT-DoxiveuE
LETTRE XIL
Jacmel, Mai, 1789.
Jar résolu,
une de mes monsieur, de vous décrire
la
journées; ; ce sera la manière
plussimple de vous
pour toutes
donner,-une fois
façon de vivre 2 une idée sommaire de la
à
ce que l'on nomme Saist-Domingue, dans
une ville.
Lorsque les poètes américains
chanter une beauté
ont à
vermeille ils
fraîche,
brillante,
rassés à trouver doivent êfre fort embardes
n'y a point ici d'aurore. comparaisons, caril
sur une sphère vous
Un coup-d'ail
mène,
expliquera ce
> de même que celui de phénoleur que renvoye F'astre
la chaleur assez sensible
de la nuit, chabattre mon
pour m'obliger à raje m'asseois chapeau sur m es yeux
ou que je mne
lorsque
clair de lalune...
promène au
boup
Ilyat toujours eû beandu soleil. d'inconvéniens à vivre trop près
aisons, caril
sur une sphère vous
Un coup-d'ail
mène,
expliquera ce
> de même que celui de phénoleur que renvoye F'astre
la chaleur assez sensible
de la nuit, chabattre mon
pour m'obliger à raje m'asseois chapeau sur m es yeux
ou que je mne
lorsque
clair de lalune...
promène au
boup
Ilyat toujours eû beandu soleil. d'inconvéniens à vivre trop près --- Page 144 ---
Vox À GE
Pour celui-là, il n'y a pas moyen
eut-on toutes les neiges
d'y'penser, car,
tous leurs glaçons
des Alpes sur la tête,
qui,
est le téméraire
dans le coeur 2 quel
de latitude mérià 18 degrés 20 minutes
de
dionale, eserait soutenir un regard
son belastre ?
donc
la rose. Ce
II ne nous reste
qué
c'est
qui vous surprendra 1 peut-être,
croît aussi belle 2. aussi fraîche 2
qu'clle
qu'en
aussi purpurine à Saint-Domingue
Mais hélas! elle y passe encore
Europe. vite! Aussi, de tous les préceptes de
plus
galanterie > que nous nomT'ingénieuse
. amour > n'en est-il aucun plus
merons
observé ici que le hâtereligieusement
toi de jouir.
point de crépuscule, $
Ainsi, Monsieur,
d'entrepoint d'aube paresseuse 2 point replie
de nuit qui
chien et loup, point
à la
lentement ses voiles. Tout se passe
le jour sort de la nuit comme
hâte;
de Jupiter : c'est le
Pallas du cerveau
création.
du moment de la
Quelle
fiatlux
et rien qui supplée
belle heure perdue!
à --- Page 145 ---
A SAINT-DONxeux.
à sa
privation, en rappellant du moins
sun souvenir ! Les claquemens de fouets,
les cris élouffés, les gémissemens
des
sourds
nègres, qui ne voyent naître le jour
que pour le maudire
2. qui ne sont rappellés au sentiment de leur existence
que par des sensations douloureuses
voilà ce qui remplace le chant du ;
matinal. C'est aux accords de cette mé- coq
lodie infernale que je fus tiré de mon
premier sommeil à
Saint-Domingue. Je
tressautai 2 je m'écriai, je crus me réveiller au fond du Tartare entre Ixion
et Prométhée... ctj'étais chez des chrétiens, chez les adoreurs d'un Dieu
qui mourut pour mettre un terme aux
douleurs de celui quisouffrait. L'habitude a déjà aflaibli P'effet de la première
impression , elle ne m'y rendra jamais
insensible.
Une promenade d'une heure me sert
à dissiper l'anxiété où ne jette ce triste
réveil. Je rentre pour voir une
de nègres
troupe
etdenégresses, 3 appuyés contre
le mur 2 ou accroupis sur leurs talons,
adoreurs d'un Dieu
qui mourut pour mettre un terme aux
douleurs de celui quisouffrait. L'habitude a déjà aflaibli P'effet de la première
impression , elle ne m'y rendra jamais
insensible.
Une promenade d'une heure me sert
à dissiper l'anxiété où ne jette ce triste
réveil. Je rentre pour voir une
de nègres
troupe
etdenégresses, 3 appuyés contre
le mur 2 ou accroupis sur leurs talons, --- Page 146 ---
*30
VorA A G E
attendre, en bailfant, que la main du
maître sonne l'heure du travail à grands
coups d'arçeau (1) sur leurs
sur leurs
fesses, ou
épaules; car, vous
riez pas, et il m'a fallu six mois n'imaginerience pour m'en convaincre, d'expé.
des nègres qu'il faut
qu'il y a
absolument battre
pour les mettre en mouvement.
est la véritable clef.de
L'arçean
cette espèce de
montre. Sijavais voulu m'en
au ténroignage dcs maîtres, rapporter
cherché la
je n'aurais
cause de cette singulière dispesition des esclaves. , que dans leur
resse et leur inertie naturelle.
paregardant de
Mais en y
plus près, j'ai cru voir
ces dispositions étaient
que
merveilleusement
secondécs par l'inertie et la paresse des
maîtres, qui, pourla plupart,
du degré de raison et
dépouirvus
d'indulgence néces:
saires pour savoir que l'on n'extirpe les
-
vices de l'éducation qu'à force de
fience et de tems, trouvent la méthode pa-
(i), On' appelle ainsi une espèce de fouet à
minche court.
--- Page 147 ---
A
SANT-Dexiseve., 13r
de battre beaucoup plus commode
celle d'instruire. De-là vient,
que
rompu à ce mode de
qu'une fois
vient
correction, il deimpossible de rien obtenir du nègre
autrement que par la rigueur. Je me suis
obstiné, pendant des mois entiers,
n'employer envers ceux
à
que la patience, la
qui me servent,
même.
douceur, les bienfaits
Tout a été inutile, le pli était
pris. Il ne m'est resté de tous
mes soins
quelalternative de me
ou d'avoir recours à scrvirmoi-mème,
-
On
Pargeau.
déjerine vers huit heures,
des habitans est de
L'usage
de la viande et des fruits manger à ce repas
reste guères aux oisifs
du pays. Il ne
d'autre ressource
pour remplir Pintervalle entre le
et le diner, que
déjeûné
d'écrire, ou de lire, ou
des'ennuyer : c'est la mienne. Les
se
autres
promènent, 2 causent quand ilsont
que chose à se dire, ou s'ennuyent. quelqui ont des affaires sortent
Ceux
ou pour aller s'ennuyér ailleurs. poury vaquer,
aul bain vers
J'entre
tre à table. midi,Jen sors pour memetBeaucoup de gens ont T'habi9 *
et le diner, que
déjeûné
d'écrire, ou de lire, ou
des'ennuyer : c'est la mienne. Les
se
autres
promènent, 2 causent quand ilsont
que chose à se dire, ou s'ennuyent. quelqui ont des affaires sortent
Ceux
ou pour aller s'ennuyér ailleurs. poury vaquer,
aul bain vers
J'entre
tre à table. midi,Jen sors pour memetBeaucoup de gens ont T'habi9 * --- Page 148 ---
Vox A G E
tude de dormir après le dîner.
manière assez commode de
C'est une
ennui. Je n'ai
charmer son
pas voulu
nuits de douze heures F'adopter; des
longues. Je me
sont bien assez
je
promène dans la galerie,
converse, quand je trouve à qui
je lis, ou je m'ennuye.
parler,
La partie du jour, depuis dix
du matin jusqu'à trois heures
heures
serait
après midi,
lève insupportable, si la brise
et cesse
qui se
d-peu-près à ces
ne venait
heures-la,
F
D'oà
tempérer l'excès de la chaleur.
vient ce vent?
t-il le matin de tel rumb Pourquoi soufflcautre?
et le soir d'un
Cherchez, Monsieur
théorie des
: dans la
vents, ce que
Pour moi, je m'en tiens lanteuren à la
dit.
théorie de
-
me
Tignorance, ,je
pas, pendant
Borneajouir, et n'irai
quela brise
-
m'échauffer le
â me raffraichit,
elle
sang chercher ni d'oùt
vient, ni où elle va,
Mais, me direz-vous,
cette galerie dont vous qu'est-ce que
à-l'heure? C'est
me parliez toutd'une
me demander le
case américaine.
plan --- Page 149 ---
A SAINT-DONTRGUE,
d'uneétendue arbitraire,
Un cârélong,
cloisons mitoyennes.
est partagé pardeux trois divisionsl'éOn donne à chacunedest
Celleducentenduempuefonjugea; propos. vaste. On
la plus
tre est ordinairement veut ,les deux autres en
sous-divise, si Pon
chambres. Une ou deux galeplusieurs
avant del'une ou des deux
ries règnent en
ouvertes, ou sont ferfaces. Elles restent
mais
mées par des jalousies à coulisses,
seulement à partir de la hauteur d'appui.
L'une est la salle à mnanger, l'autre le
quand on ne veut
salon de compagnic,
tenir dans celui dumilieu. Lesgale- I
pas se
d'une certaine étendue, se
ries des cases
dont les uns
terminent par des cabinets,
d'oflice; de buffets, ou de gardeservent
autres de chambre à coucher,
meuble, les
ordinairement aux étranque lon destine
gers.
la crainte des tremblemens
Long-tems borné les maisons au rez-dede terre a
à y ajouter un
chaussée. On commence
Les murs sont formés de poteaux
étage.
espacés, recouverts
équarris, également
'une certaine étendue, se
ries des cases
dont les uns
terminent par des cabinets,
d'oflice; de buffets, ou de gardeservent
autres de chambre à coucher,
meuble, les
ordinairement aux étranque lon destine
gers.
la crainte des tremblemens
Long-tems borné les maisons au rez-dede terre a
à y ajouter un
chaussée. On commence
Les murs sont formés de poteaux
étage.
espacés, recouverts
équarris, également --- Page 150 ---
VOYAG E
en-dehors de
planches, ou légérement
entre-maçonés, à
Il y a bien des
ces maisons, mais il
fenêtres
vitres.. La
n'y a point de
la chaleur réverbération du verrer rendrait
insupportable. On y
par des jalousies, ou des chassis supplée
vas, qui, en brisant les
de canetrop ardent
rayons d'un jour
2 ne laisseraient pénétrer
qu'une lumière très-douce dans l'intérieur des cases, si on avait
faire teindre
l'esprit de le
en verd. C'est à
sonne n'a encore songé, La
quoi peretla violence des
même raison
que les toîts ne soient ouragans, 2 empêchent
ou d'ardoises. La
couverts de tniles
légèreté de leur charpente ne supporterait pas un pareil
deau. On les remplace
farC'est une
par des issentes.
à
petite planche d'un bois
laquelle on donne la forme
léger
veut.
que Ton
Voilà la maison du riche. Les
n'ont que la même division
autres
mais point de maçonerie
intérieure,
point des galerie, point de entre-poteax,
de jalousies,
cabinets, point
pas même de plancher. On --- Page 151 ---
A SAFMT-Doanxeus, 135
marche sur un aire qui fourmille d'insectes, on couche sous le toit, On a des volets pour fenêtres. Le vent, le soleil,la
poussière, la pluie, une inombrable mnultitude de fourmis pénètrent de toutes
parts à travers l'intervalle qu'on laisse à
dessein entre les planches qui forment
le revêtement extérieur. La nuit
on ouvre tout. Alors des légions de venue, Scarabéesailés, de Maringouins, et d'autresinsectes volans, se précipitent dans les maisons attirés par léclat des lumières qu'ils
éteindraient bientôt, sion n'avait la précaution de les tenir sous des verrines,
c'est-à-dire, de grandes cloches ou cônes
de verre.
Si une architecture plus intelligente
n'a pas encore apporté ici Part qui varie
les formes et multiplie les aisances,
trouve tout aussi pen, dans F'ameuble- ony
ment des maisons riches,le gotit, si préférable à la maguilicence. Elles ont toujours des tapisseries de damas et des baguettes dorées. Ces tapisserics de damas
mc paraissent ici ce que serpient,
a eR
'est-à-dire, de grandes cloches ou cônes
de verre.
Si une architecture plus intelligente
n'a pas encore apporté ici Part qui varie
les formes et multiplie les aisances,
trouve tout aussi pen, dans F'ameuble- ony
ment des maisons riches,le gotit, si préférable à la maguilicence. Elles ont toujours des tapisseries de damas et des baguettes dorées. Ces tapisserics de damas
mc paraissent ici ce que serpient,
a eR --- Page 152 ---
Vor A GE
Norvige, des habits de gase au mois de
janvier. Le gout,
bien
Monsieur, est encore I
créole cnedei&umatDoningut et le gout
n'est pas le bon gout, il sent
peu le boucan (1).
un
Les cuisines ne tiennent
sons. La
point aux mainégligence des nègres rendrait
leur adhérence trop
isole à une
dangereuse. On les
des
portée raisonnable. La masse
habitans des villes n'a même
de cuisine. On fait du feu et l'on point
en plein air.
fricasse
Les tables sont assez mal servies.
qui fait le fond des
Ce
repas, la viande de
boucheric, est mativaise; la
volaille, à
(1) On appellait ainsi, dans
micile des chasseurs
l'origine, le dod'homme à
boucaniers. L'espèce
disparu, mais les noms ont
comme on, peut le voir sur une carte de Saint- resté,
Domingue, oit l'on trouve beaucoup de
etde trous,telsque le trou magol, le sale boucans
Ces dénominations basses et triviales Irou, etc.
quelle espèce d'hommes la colonie doit proivent à
sance. Il est encore en
de
sa naismot boucaner
usage
se servir du
pour rôlir. --- Page 153 ---
A SATST-DoxrNeur.
P'exception de la
meilleure.
pintade s n'est guères
Le porc est excellent, et le
gibier,ui consiste en cochon marron ou
sauvageet en ramiers, 2 est très-cher et difficile à se procurer. Le poisson de mer
n'abonde
point, et se réduit à trois ou
quatre, espèces; celui de rivière est
rare encore.
plus
Vous voyez donc,
ton
Monsieur, 2 que Plane serait point admis à faire aux COlons de Saint-Domingue lereproche
fesait aux habitans de la Sicile, qu'il
qu'ils
mangent comme s'ils n'avaient qu'une
heure à vivre, et bâtissent comme s'ils
ne devaient jamais mourir.
Pour les légunies,
quand on sait les
cultiver, on les mange ici
mais point aussi
meilleurs, 2
variés; 2 ni en aussi
grandeabondance qu'en Europe. Le
fournit une espèce d'épinards et du pays
baud, dont on fait ces calalouz si vantés gompar les créoles, et qui sont en effet un
excellent met. On y joint aussi le bourgeon du bois-patate, du
Tail.:
piment et de
ient jamais mourir.
Pour les légunies,
quand on sait les
cultiver, on les mange ici
mais point aussi
meilleurs, 2
variés; 2 ni en aussi
grandeabondance qu'en Europe. Le
fournit une espèce d'épinards et du pays
baud, dont on fait ces calalouz si vantés gompar les créoles, et qui sont en effet un
excellent met. On y joint aussi le bourgeon du bois-patate, du
Tail.:
piment et de --- Page 154 ---
VoyAG E
Mais rien n'égale le
pour le goût et la délicatesse. choux-palmiste
Malheureusement, il n'y a point d'autre
de le cueillir que de
moyen
le pied, et cet arbre, couper T'arbre par
est une des richesses très-long à croître,
de Thabitant. C'est
d'après ce procédé, dont quelques
geurs ont rendu compte,
voyaver la nécessité,
sans en motipouvoir
que Montesquieu a cru
le
-
comparer despote au
qui abat T'arbre
sauvage
Vous
pour en avoir le fruit
voyez, Monsieur, combien la comparaison porte à faux.
Les créolesnemep
de passer sous silence pardonnersientpoint
caraibe, la
ligname,le choux
patate, et leur chère banane
sut-tout. Ce fruit, dont tous les
geurs donnent la
voyadescription, est
à
mun à PAsie, à TAfrique et à PAméri- comque méridionale. C'est la véritable
de ces trois parties du monde. Les mane
tans de Madère ne doutent
habibanane ne soit le célèbre fruit point que la
défendu
(1) De TEsprit des Loix, livre 4; chapitre --- Page 155 ---
A SAiST-DowrNeug
de la Genèse. Ce
c'est
qu'il y a de certain,
qu'elle a, par sa forme, une singulière analogie avec celui dont la
mandise d'Eve nous fait payer si cher gour- la
digestion. Aussi, la Minerve libertine des
Ovides de la colonie, ramène-t-elle,
souvent qu'ellele peut, la banane, aussi
objet dec comparaison dans leurs comme
toujourst un peulicencieux, mais couplets,
naiveté et de
pleins de
graces.
Le menu da maître d'hôtel doit
avoir paru assez long. Je vous
vous
pour Tigname, la patafe le renvoye
raibe à Thistoire
*
choux-canaturelle et aux voyageurs. Je me contehterai
d'observer
simplement
trois
que ce qui prouve que ces
productions ne sont point
nes, à Saint Domingue,
indigègens le
comme bien des
croyent, c'est qu'on ne les rencontre jamais dans les parties encore incultes, à l'exception d'une sorte
sauvage que l'on trouve assez d'igname
La
rarement,
tels Dakeso@hervatismncoanteats aux fruits,
que l'ananas l'orangedouce, 2
la
tille, l'avocat, etc.. Lesseulsarbres sapofruitiers
qui prouve que ces
productions ne sont point
nes, à Saint Domingue,
indigègens le
comme bien des
croyent, c'est qu'on ne les rencontre jamais dans les parties encore incultes, à l'exception d'une sorte
sauvage que l'on trouve assez d'igname
La
rarement,
tels Dakeso@hervatismncoanteats aux fruits,
que l'ananas l'orangedouce, 2
la
tille, l'avocat, etc.. Lesseulsarbres sapofruitiers --- Page 156 ---
VOYAG B
que l'on trouve dans les bois, sont le
goyavier ou gouyavier,
et le citronier, dont le T'oranger fruit de la amer, 3
seur d'un oeuf de pigeon est plein gros- de
suc.
-
/ --- Page 157 ---
A SAXT-Doxixevs
LETTRE XIIL
Jacmel. Mai, 1789.
Ju coupé ma journée en deux, mon - 1
sieur, afin qu'elle vous parût un peu
moins longue qu'à moi.
J'ai laissé les autres dormant et moi
lisant. Ils séveillent, , je quitte mon livre,
etl'onpasselereste de Tapresmidi comme
ce que les rayons du
on peut, jusqu'à
soleil,moins) Popoatauierematet
du retour de la brise 2. qui
de profiter
de se lever vers cinq
manque rarement du soir, mais non pas avec
ou six hcures
lui assignent
le degré d'exactitude que
des
voyageurs, , car ily a
jours
quelques
tout-à-fait.
où elle s'absente
Cette heure est celle de la promenade,
sur-tout des visites. Je préfère autant
et
Tune aux autres.
sans
que je peux
j'ai plus besoin de mardoute parce que
l'un et l'autre de
cher que de parler :
Lheure
ces plaisirs a ses inconvéniens. --- Page 158 ---
Vor A G E
où lon sort est aussi celle de la
nade des Maringouins.
prome:
s'estfait une
Cetinsecte 2 qui
grande
toute
réputation dans
toire de PAmérique la
, dit Tauteur de l'hisférence
Louisiane (1), se jète de
sur les nouveaux
présang moins
venus, dont le
appauvri, leur
une pâture plus délicate. offre, dit-on,
le notifde cette
Quel que soit
trêmement à préférence, elle est excharge à ceux qui Fobfiennent, et qui, quoiqu'ils fassent
sauraient
, ne
fide animal, échapper au dard de ce
Il faut être
per-
-
à-dire, avoir
acclimaté, ,c'estpassé six mnois au moins à
Saint-Doningue, de
pour être
ce fléau.
débarrassé
Il faudrait
de tems
a-peu-près le même espace
que lon pour s'acclimater au ton de ce
nomme la société, si l'on
vait ici avec l'espoir de la
arriqu'on l'a laissée en
trouver telle
Europe. Comme tout
lemonde est
de le
habitant, on a la prétention
derenir; il est tout simple
chaque
(1) Tome 2, chapitre 4.
ce fléau.
débarrassé
Il faudrait
de tems
a-peu-près le même espace
que lon pour s'acclimater au ton de ce
nomme la société, si l'on
vait ici avec l'espoir de la
arriqu'on l'a laissée en
trouver telle
Europe. Comme tout
lemonde est
de le
habitant, on a la prétention
derenir; il est tout simple
chaque
(1) Tome 2, chapitre 4. --- Page 159 ---
A SAINT-Dowixeez
cun parle de ce qui Pintéresse;
que l'on n'a
de sorte
de
pas plutôt cessé de
ses
parler
nègres, 2 de son coton, de son
sucre, de son café, que l'on
ton, sucre, café, nègres. Toutes reparle COversations
les concommencent, se
finissent et recommencent soutiennent,
l'étranger qui
par-là. Pour
jet de s'instruire débarque ici avec le pron'est plus
promptement 3 rien
avantageux. Il est rare que les
opinions s'accordent ; il arrive même
d'entendre déraisonner des deux
mais comme le choc de deux côtés;
fait quelquefois jaillir une vérité, erreurs
vateur attentif en profite.
P'obserVous vous imaginez bien aussi
chacun apporte là sa dose de
que
tions; mais, sur quoi la
prétendée ? Sur l'étendue de croyez-vous fonSur les
ses possessions?
progrès que la culture doit à ses
lumières, à ses découvertes? ? Sur la considération dont sa conduite le fait
parmi ses voisins ? Non,
jouir
bien sur
monsieur; mais
Pespèce de denrée qui fait son
revenu; de sorte que le cultivateur cafe- --- Page 160 ---
Vox A G E
tier ne manque pas de rendre
vateur cotonnier le
au cultile
dédain avec
culivateurs o
lequel
den nègres entre aussi
eetsnhens.tanantel
le degré de
pour beaucoup dans
considération
permis de
auquel il est
nègres, prétendre. On compte ici
comme en Hollande,
par
d'or.lla cent, il a deuz
par tonnes
centsnigrest ! c'est tout cents,il a trois
rien ajouter à cet
dire : on ne peut
Le
éloge.
mélange des sexes , qui
un des premiers
fait ailleurs
charmes de la
a
lorsqu'aucun n'nsurpe le
société
l'autre, n'ajoute ici rien à caractère de
Les femmes
son agrément.
les créoles Européenest ne voyent guères
que pour se
sur-tout
moquer d'elles,
lorsqu'elles n'ont
en France; ; celles-ci
pas été élevées
dans les autres
ne voyent guères
-
que des
que les hommes,
bégueules; tandis
a
rement, et chez les qui ne trouvent que radegré de sensibilité premières sur-tont,le
sepiquent, les]
dont les mulâtresses
la décadence lsisentsfnirentre de
elles sur
la
l'ancienne courtoisie, et
dépravation des goûts de notre
sexe.
La
'ont
en France; ; celles-ci
pas été élevées
dans les autres
ne voyent guères
-
que des
que les hommes,
bégueules; tandis
a
rement, et chez les qui ne trouvent que radegré de sensibilité premières sur-tont,le
sepiquent, les]
dont les mulâtresses
la décadence lsisentsfnirentre de
elles sur
la
l'ancienne courtoisie, et
dépravation des goûts de notre
sexe.
La --- Page 161 ---
A SAIXT-Doxixeus
La langueur que cette monotone manière d'être jete dans le commerce de
la vie, n'est corrigée ni
par linstruction, ni par les talens, ni même
le
goût de la lecture. Des colons, par
disculper de leur
pour se
ignorance, ont eu la
mauvaise foi de débiter en France
était impossible de conserver des qu'il
à
livres
Saint-Domingue, On a eu la bonté de
les croire; des écrivains se sont
sés de débiter cette sotise
empreschose fort
comme une
extraordinaire; et moi, monsieur 2 je vous dis qu'il n'y a d'extraordinaire en cela que la facilité avec laquelle on a cru à ce mensonge.
J'ai ici des livres brochés et reliés,
sont aussi iintacts que le premier
qui
mon arrivée. Il est vrai
jour de
que j'en ai
mnais c'est une attention qu'il faut soin;
avoir
par-tout, car par-tout les livres que l'on
abandonne dans le coin
poudreux de
quelque galetas, en proie à la
et à Phamidité,
poussière
finissent, comme ici,
par devenir la proie des vers. Enfin, ici
comme par-tout, la véritable manière de
IO --- Page 162 ---
T46
Vor A G E
conserver des livres, c'est de les lire. De
quel geure d'ailleurs
soient ceux
pensez - vous -que
que l'on y apporte?
la Ravaudeuse est un des plus décents. Margot
Croyez que, quelquenégligées que soient
ces productions du vice crapuleux, elles
sont encore moins dévorées des vers
leurs lecteurs, par la corruption
que
engendrent.
qu'elles
C'est ordinairement après le coucher
du soleil, qu'ont lieu chez les
de
couleur ces danses où les femmes gens
tout déployentune
surtellejustesse
une telle précision de mouvement d'oreille,
telle volubilité de reins,
2 une
peut-il saisir
qu'à peine l'oeil
tif
quelques nuances du
et rapide
fugidéveloppement de leurs
grâces lascives.
Le gragement et la chicca tiennent
le premier
rang parmi ces danses,
l'on, peut véritablement
que
ractère. Jamais la
appeller de Catendit de
volupté en action ne
piège plus séducteur à l'avide
amour du plaisir. Aussi, danser chicca,
est-illebonheur suprème; etje confesse,
qu'à peine l'oeil
tif
quelques nuances du
et rapide
fugidéveloppement de leurs
grâces lascives.
Le gragement et la chicca tiennent
le premier
rang parmi ces danses,
l'on, peut véritablement
que
ractère. Jamais la
appeller de Catendit de
volupté en action ne
piège plus séducteur à l'avide
amour du plaisir. Aussi, danser chicca,
est-illebonheur suprème; etje confesse, --- Page 163 ---
A SAIXT-DONINGUE
avec beaucoup de confusion,
térité de nes
que T'ausprincipes ne va pas
m'interdire ce singulier
jusqu'a
les fois que je suis à
spectacle toutes
portée de le voir.
Lorchestre est composé d'un ou deux
violons, 2 bien supérieurs pour le talent
qu'exige leur emploi, àla
de
râcleurs
plupart nos
Européens. Ils ont encore sur
ceux-ci T'avantage de n'être pas les instrumens passifs du plaisir des
ils entrent sil bien
autres; car
danslesens de la
que la partie de leur
chose,
frétille, dans
corps qui est assise,
un accord
pied qui bat la mesure etl parfait, le bras avec le
duit Parchet.
qui conCes mulâtresses qui dansent
et dont on vous fait des
siabien,
portraits si séduisants,sontl les plus ferventes
de la Vénus Américaine,
prétresses
de la
EHes ont fait
volupté une espèce d'art mécanique, qu'elles ont portéà son dernier
de perfection. L'Aretin
point
d'elles
ne serait auprès
qu'un écolier ignare et
Leur taille est, en général, pudibond,
leurs formes bien
grande;
moulées; leurs mouIO * --- Page 164 ---
VoY A G E
à force de souplesse.
vemens dégingondés
du salElies joignent à Tinflammabilité
une pétulence de desirs qui, au
pêtre,
leur fait
mépris de toute considération 2
atteindre, dévorer le plaisir, 2
poursnivre, flamme d'incendie dévore son
comme la
hors de-là, ces mêmes
aliment;tandis que,!
avec
bacchantes 7 qui se pertageraient
malheureux
furearles restes palpitansdu
la
semblent avoir à peine
Orphée
leurs membres et d'arforce de trainer
ticuler lears paroles.
Ce sont elles qui sont les ménagères,
c'est-à-dire, lorsque leur âge le permet,
entitre de la plupart des
les concubines
Elles ont de Tintelliblineectlitalaires Téconomie du ménage; assez
gence dans
s'attacher inde sensibilité morale pour
variablementà un hommè, etune grande
bontéde coeur. Plus d'un Européen,abanconfrères, ,a trouvé
donné de ses égoistes
tendre, de
chez elles les soins de la plus
Voyez la fin du quatrième Chant des
(1)
Georgiques de Virgile.
upart des
les concubines
Elles ont de Tintelliblineectlitalaires Téconomie du ménage; assez
gence dans
s'attacher inde sensibilité morale pour
variablementà un hommè, etune grande
bontéde coeur. Plus d'un Européen,abanconfrères, ,a trouvé
donné de ses égoistes
tendre, de
chez elles les soins de la plus
Voyez la fin du quatrième Chant des
(1)
Georgiques de Virgile. --- Page 165 ---
A SAINT-DONIROUE
la plus constante, de la plus
humanité, sans
généren-a
quils'y soit mêlé éd'autre
sentiment que celui de la bienfaisance.
Leur conversation est insipide dès
qu'elle cesse d'être libertine , et c'est
moins leur faute que celle des hommes
qui les fréquentent. Capables de tous ies
procédés d'un sentiment délicat,
être ne leur manque-t-il
peuttablement
pour être véritruction aimables, que le degré d'insnécessaire pour savoir
au profit de l'esprit et du
tourner
surabondance
coeur, 2 celfe
de-sensibitité dont elles
abusent, faute desavoirenv varier
Je m'en rapporte à cet égard à Pusitge.
portent, dans leur
ceux qui
connerçe avec. elles,
assez de discernement pour étre en
de les juger. Quant à moi, jaroue état
cet égard je suis obligé de m'en
qu'à
ter au témoiguage d'antrni.
rapporSi la beauté peut se passer del la.f fraicheur, de l'éclat, du coloris de la
tion, il y a de belles mulatresses. carnaen trouve cependant
On
des
peu qui.joignent à
yeux régulièrement beaux, lexpres- --- Page 166 ---
r5o
Vo Y A G E
sion qui-les rend plus beaux encore ; et
si elles rachètent cette privation
belles
par de
dents,comment suppléer au
pre des lèwres, aux charmes de pourau
détails,
contraste des nuances
- l'aimable incarnat
qui, depuis
dont le front de la
pudeur ingénue se colore, jusqu'à l'intéressante pâleur qui trahit la profonde
sensibilité d'une affection douloureuse,
sont une source intarrissable de beautés!
Les mulâtresses sont adroites
2 mais
paresseuses. Celles qui joignent l'ordre à
(
Eoormrommam
fortune. Elles emploieront un mois
tier à coudre une chemise, mais
enla perfection de la couture.
ce sera
lel luxe,il
Elles aiment
porte
à
témoignage àleur beauté;
mais il faut se méfer de l'enthousiasme
avec lequel on exagère leur magnificence. Leur
-
coëffure favorite est un mouchoir des Indes qu'elles nouent
de la tête. Le parti qu'elles tirent autour
chiffon est
de ce
incroyable, et fait le désespoir des Earopéennes qui veulent les
initer, et qui ne voyent
pas qu'il est
luxe,il
Elles aiment
porte
à
témoignage àleur beauté;
mais il faut se méfer de l'enthousiasme
avec lequel on exagère leur magnificence. Leur
-
coëffure favorite est un mouchoir des Indes qu'elles nouent
de la tête. Le parti qu'elles tirent autour
chiffon est
de ce
incroyable, et fait le désespoir des Earopéennes qui veulent les
initer, et qui ne voyent
pas qu'il est --- Page 167 ---
A
SAYT-Dowrworg r5r
impossibleq queles couleurs dures et tranchantes, faites pour animer le teint monotone et livide des
mulâtresses, ne
contrastent pas d'une manière trop
noncée avec l'albâtre et les roses. Elles proont lc gout assez sur dans le choix des
étoffes dont elles
s'habillent, ou des bijoux dont elles se parent. , et qui,
le plus grand
pour
nombre, se réduisent à des
pendans d'oreille d'or pur ou émaillé,
Une plus grande recherche dans leur
toilette ne conviendrait point à leur
nonchalance.
Si ce portrait diffère deceux
avez vu ailleurs
que vous
2 souvenez- - vous, Monsieur, que je le crayonne sur les lieux,
que le modèle est devant moi et
n'ai ni le talent, ni l'ambition 2
que je
de beaux
de faire
portraits de fantaisie.
Je pars dans quelques jours pour aller
m'établir sur une habitation où je trouverai un nouvel ordre de choses. Mon
goût pour la campagne et la solitude
me fesait attendre avec
moment de
impatience le
pouvoir m'y livrer tout en- --- Page 168 ---
15z
VOYAG E
tier. L'habitation où je vais a été jusqu'ici négligée dans tous les points, ce
qui offre, 2 à mon industrie, 2 un vaste
champ pour les expériences qui aideront
beaucoup à rectifier ce que j'ai déjà acquis de connaissances théoriques.
a --- Page 169 ---
A SAINTDONINOUE 153
2RM AA Ler
LETTRE XIV.
Au Désert, Juillet, 178g:
Jarbient fardé à vous écrire, Monsieur,
depuismat transplantation dans le Désert,
car c'est ainsi que j'ai nommé le lien
que
j'habite;a aussi, ai-je tant de choses à vous
dire, que je ne sais par où conmencer,
Nous partimes de Jacnel, madame
de L*** 2 sa fille, 2 et la nourrice en voiture ; trois négresses, un nègre, un négrillon à pied, et moi à cheval.
Nous suivimes pendant une lieue et
demie le vallon étroit et sinueux à travers lequel court le torrent qui donne
son nom au quartier de la Gosseline.
Cette espace offre tantôt des hnbitations,
dont aucune 2 à une sucrerie près, n'est
d'un revenu considérable; tantôt des bois
couronnnés de rochers, et rarement interrompus par quelques pâturages,
l'on nomme iei des Savanes.
que
ègre, un négrillon à pied, et moi à cheval.
Nous suivimes pendant une lieue et
demie le vallon étroit et sinueux à travers lequel court le torrent qui donne
son nom au quartier de la Gosseline.
Cette espace offre tantôt des hnbitations,
dont aucune 2 à une sucrerie près, n'est
d'un revenu considérable; tantôt des bois
couronnnés de rochers, et rarement interrompus par quelques pâturages,
l'on nomme iei des Savanes.
que --- Page 170 ---
VoYAG E,
Si cette étendue de pays était habitée
comme elle devrait lêtre, et queles
priétaires sussent
protageux
le
profiter des sites avanque
terrain leur offre
placer leur manoir, il est
pour y
vec tant-soit-peu
certain qu'ader la nature d'intelligence à secon9 T'aspect en serait tout
autrement agréable.
Cette négligence provient d'abord d'un
défaut de goit 2 assez commun chez les
habitans de la
vice, dont
campagne, ainsi que d'un
nature.
on ne saurait trop définir la
2 mais qui fait qu'au lieu de citoyens, 3 il n'y a à
des
Saint-Domingue que
passagers 2 plus accupés à se
parer les moyens d'en sortir,
précurer ceux d'y
qu'à se prodouce,
passer une vie agréable et
Ce vice, 2 ce mauvais esprit, qui heureusement n'est pas celui de toutes les
colonies, 2 fera à jamais de celle-ci
séjour d'autant plus désagréable,
un
privations,lesd
que les
désagrémens de tous genres,
auxquels le climat et
tent les
T'esclavage soumethabitans, ne sont-compensés par --- Page 171 ---
A
SAINT-Dowiseuz 155
aucune des ressources
procurea ailleursle
d'agrément que
A peine
commerce delasociété.
2 dans la partie que
se connait-on' entre voisins. jhabite,
tions rarement
Des prétenjalousies de fondées, ou ridicules; ; des
core ; des démélés fortune, plus ridicules end'abornemens
surpation de
2 d'upoint exister terrain, > qui ne devraient
si messieurs les
que Ton paye cependant arpenteurs,
savaient ou fesaient
très-cher
mieux leur
enfin, des dégâts causés
métier;
ou les bestiaux,
par les nègres
entretiennent une mésintelligence, ou tout au moins une
qui inderdit une
tiédeur
proque, 2 et comme communication il
récitriste que le solitaire n'y a rien de si
par gott, ni rien de qui ne l'est point
celui dont rien ne
plus exigeant que
il ne faut
justifie les prétentions,
pas s'étonner
bou reste dans sa
que chaque hi.
tant d'insociabilité mâsure, ni qu'il règne
aussi
chez des hommes
peu sociables.
(1) Lampentage d'une concession
nairement à près de mille écus.
revient ordi-
2 et comme communication il
récitriste que le solitaire n'y a rien de si
par gott, ni rien de qui ne l'est point
celui dont rien ne
plus exigeant que
il ne faut
justifie les prétentions,
pas s'étonner
bou reste dans sa
que chaque hi.
tant d'insociabilité mâsure, ni qu'il règne
aussi
chez des hommes
peu sociables.
(1) Lampentage d'une concession
nairement à près de mille écus.
revient ordi- --- Page 172 ---
VorA G E
Cela n'était pas de même
L'orqu'un nouveau
autrefois.
quartier sétablisait,
l'éloignement des ports 2 la rareté des
habitans, le plaisir de revoir des
patriotes 2 le souvenir des
comTon avait reçu des
secours que
autres,
entre les établis et les
formaient, 2
commerce de
établissans, 2 un
procédés, d'ou naissait un
degré de liaison,
curiosité
2 dont le besoin et la
bitude fesaient la bâse 2 et que Phabicimentait,
C'est alors que régnait ici cette hospitalité célébre,
quien avaient disparue avec les causes
fondéle besoin. Les
ont bien changé de face à
choses
Dans les quartiers
cet égard.
anciennement
on ne va plus au-devant de établis,
arrive avec
celui qui
lempressement de la
on ne le
joie;
-
reçoit plus avec la franche
cordialité des vieux tems. Entre
voisins même, si l'on se voit
proches
ne se cherche plus. Si vous encore, on
vous reçoit, on ne vous accueille voyagez, on
Si vous avez besoin de chevaux plus.
continuer votre route
2 pour
2 on attend que --- Page 173 ---
A SAINT-Doxixeur.
vous les demandiez, on trouve des prétextes à un refus on vous les offrait
autrefois! on sera.fort aise de vous voir
arriver, 2 mais on sera charmé de vous
voir partir.
Je vous ai indiqué, Monsieur, une des
causes de cette révolution ; les autres
ne sont pas difliciles à deviner, quand
on sait combien la fortune influe sur les
moeurs, , et combien il est rare de trouver
de'la sensibilité pour des besoins que l'on
n'éprouve pas.
Je viens de faire un écart qui m'a jeté
hors de, ma route; revenons-y.
Lorsque nous fimes arrivés au pied
des
montagnes, 2 le chemin étantimpraticable pour une voiture, madame doL***
monta à cheval,
2 et Ies enfans furent alternativement portés par-les négresses.
L'ensemble de ces montagnes ne
met rien de flatteur
propar-tout où elles ne
sont pas couvertes de bois ; leur pente
rapide est revêlue d'un tuf grisâtre
annonce. , dit-on 2 qu'clles renferment qui
des métaux
Ainsi, ces métaux cor-
2 le chemin étantimpraticable pour une voiture, madame doL***
monta à cheval,
2 et Ies enfans furent alternativement portés par-les négresses.
L'ensemble de ces montagnes ne
met rien de flatteur
propar-tout où elles ne
sont pas couvertes de bois ; leur pente
rapide est revêlue d'un tuf grisâtre
annonce. , dit-on 2 qu'clles renferment qui
des métaux
Ainsi, ces métaux cor- --- Page 174 ---
VOTAG E
rupleurs déroreat jusqu'à la surface
la terre qui les recèle! Le
de
richesses se manifeste
signe de nos
le coffre-fort
par la stérilité, et
de la nature ressemble
celui de l'avare ! Il est bien
à
naire de voir un auteur tel extraordi.
des Etudes de la
que celui
Nature. disputer aux
montagnes de
le triste
Ssint-Domingue
-
arantage de renfermer des mines d'or.
Ce qu'ily a de certain,
2,Etude
dit-il, tome
IO, page 244,c'est que gudnd
Christophe Colomb découvrit les Antilles, il trouva bien chez leurs insulaires de Fordemausaise
renait du
aloi, qui procommerce qu'ils avaient
apec les habitans de la
mais il n'y en avait
terre-ferme, s
dans leur
point de mines
territoire. (ue M. de SaintPierre consulte
il
Thistoire: verra qu'à
-
Saint-Domingue seule on a tiré 3 des
-
mines de Cibas, plus d'or qu'il
a aujourd'hui en circulation
n'y en
dans toute
T'Europe : et comment
peuples qui ataient de supposer que des
pareilles mines
sous la main, : et chez
lesquels on n'a --- Page 175 ---
A SAINT-DONINeUE
pas trouvé une nacelle au moment de la
découverte, eussent été chercher leur
or sur la terre-ferme ?
Ce ton de couleur désastreux,
Pentassement
joint à
confus et bizarre de ces
masses
de
incohérentes, 2 leur donne un air
désordre et de vestuté qui n'offre
la triste image de la ruine et du chaos. que
Cette partie du nouveau monde a l'air
si vieille 3 qu'en supposant que le
tême de Thalès pût ra-onnablementend sysmettre 2 je ne balancerais pas à
noncer que Suint-Domingue
proprécéda de
quelques siècles les autres
T'Océan.
productions de
Du pied de la
montagne au Désert,
on compte à-peu-près une lieue que l'on
fait en rampant autour de ses
par un chemin très-étroit, sinuosités, 2
mal
2 mal dirigé 2
entretenu, qui suspend par fois, le
voyageursurlebord d'un abîne, mais où
l'on trouve quelques points de
bragés oùt la
repos omcatavanereprenaiti haleine.
L'arrivée au Désert ne nous offrit rien
de séduisant. Un glacis à sécher le café,
à-peu-près une lieue que l'on
fait en rampant autour de ses
par un chemin très-étroit, sinuosités, 2
mal
2 mal dirigé 2
entretenu, qui suspend par fois, le
voyageursurlebord d'un abîne, mais où
l'on trouve quelques points de
bragés oùt la
repos omcatavanereprenaiti haleine.
L'arrivée au Désert ne nous offrit rien
de séduisant. Un glacis à sécher le café, --- Page 176 ---
VoY A G E
un moulin à grager, une grand'ease qui
tombe en ruine, deux autres, tout aussi
dont Tune sert de cuisine et
caduques,
à Téconome; un
la seconde de logement
four-à-chaux, un vestige de jardin, 2 un
branlant sur les quatre pilliers
pigeonier
le tout entassé au
qui le supportent,
ordre sans
hasard, sans choix, sans
combinaison, dans un entonnoir qui n'a
seule échappée de vue ; voilà 2
qu'une
dessinée
Monsieur, celle de notre séjour
une douzaine
d'après nature ; ajoutez-y
le dosde huttes de nègres perchées sur
dâne d'une des arêtes de la montagne,
et le tableau sera complet.
Noustrouvàmesies solde la grand'case,
dont vous connaissez déjà la distribution. :
tellement miné par les rats, que l'on y
ebemgmhesj-me-lntnul le dépaver,
et combler cet abîme avec des terres
rapportées. Madame de L*** 2 accoutumée à Télégante aisance de Paris 2
prévenue de Pétat où elle trouquoique
avait de
verait sa maison de campagne,
la peine à retenir ses larmes à la vue de
T'espèce --- Page 177 ---
A Sus7-Dowrsevr
T'espéce de Thébaide
16:
biter. (
qu'elie allait haRasurezavoos, lui
pas la baguette
dis-je: je n'ai
d'Armide;
arbres, de Feau, des
mais,arecdes
tion deSaint
bras, et la végétapas ce désert Domingne,s si je ne change
du moins le
en Elysée, , j'en rendrai
séjour
Une faute
sapportable >.
tans. qui
commune à tous les habid'abattre commencent tous
à s'établir, est
tour de leur les bois à cent toises attainsi en proie étabiuoment, à la
lequel reste
et de la réverbération doubleaction du solcil
dépouillée de tout
d'une terre qui,
renvoyer une chaleur abri, ne tarde pas à
calotte d'an four
égale à celle de la
alumé,
On
justifie ce
comme toutes les autres mal-gdroit procédé,
de mauvaiscs
balourdises, par
port des matériaux raisons: on dit que le transfaut se servir dé étant tres-pénible, il
main : on dit
ceux que l'on a sous la
gans rendraient que les ravages des ouradangereux,
le voisinage des arbres
etc. Vous voyez bien,
sieur, que l'ane de ces
Monraisons n'est que
II
de la
alumé,
On
justifie ce
comme toutes les autres mal-gdroit procédé,
de mauvaiscs
balourdises, par
port des matériaux raisons: on dit que le transfaut se servir dé étant tres-pénible, il
main : on dit
ceux que l'on a sous la
gans rendraient que les ravages des ouradangereux,
le voisinage des arbres
etc. Vous voyez bien,
sieur, que l'ane de ces
Monraisons n'est que
II --- Page 178 ---
16z
VOTAC E
l'excuse de la
paresse oll de l'imprévoyance; T'autre celle de la sotise
que , pour préserver les bâtimens 2 puisdanger de la chite des
du
de
arbres, il suflirait
mesurer sur leur élévation la distance à laquelle on peut les laisser subsister.
Le jour de mon arrivée ici
avec plaisir qu'un très-bel
j'avais vu
Avocatier
avait échappé à la hache des
(1)
barbares,
précisément dans un endroit que la nature du terrain et le voisinage de l'eau
rendait tres-propre à être embelli,
aucun frais qu'un peu de travail. Le sans lendemain, à mon réveil, le premier objet
me frappa, fut cet arbre
qui
gissant tout de
son long dans la poussière. Je
dénoncer ce crime à Péconome.. courus
c'était lui qui Pavait ordonné! La dépouille de mon bel arbre allait servir à
former T'entourage d'un terrain destinéà
Voyez la description de cet arbre et de son
fruit dans le nouveau
de
Voyage aux iles Frangaises
Saint-Dombigue, tome I, clapitre 14.. --- Page 179 ---
A
8A1S7-Dexrseur 163
un parc
à deux pourleschevaux.. cents
etilyavait, a
n'en
pas delà, plus de bois qu'il
faudrait pour construire une
Je vous cite cet
llotte!.
Tappui de ce
exemple pour venir à
quej je disais.
On avait envoyé ici une assez
quantitédevolilles de toutes les grande
A notre arrivée
espèces;
2 nous ne trouvâmes
presque rien. Les
suites n'ont civilisés dindons, que les jéqu'à leur corps défendant, se sont hâtés de
bois; ; les poules
regagner lcs
intelligence,
2 abandonnées à leur
s'étaient dispersées dans les
caffiers où elles
vaient, où elles pondaient, où elles couceufs, leurs
couchaient, et où leurs
Ja
poussins, et elles, étaient
proie des nègres, des rats et des couleuvres, > ainsi que les canards.
'Lorsque je fis mes
cet égard à
représentations à
raisons
Téconome, il me donna pour
que c'était
soin de la volaille Fusage 2 et que le
détournerait
ou une
un nègre
négresse, 2 c'est-à-dire,
ôterait à des travaux
2 qu'il les
luirépondis
plus essentiels, Je
qu'il fallait
corriger un mauII *
et des couleuvres, > ainsi que les canards.
'Lorsque je fis mes
cet égard à
représentations à
raisons
Téconome, il me donna pour
que c'était
soin de la volaille Fusage 2 et que le
détournerait
ou une
un nègre
négresse, 2 c'est-à-dire,
ôterait à des travaux
2 qu'il les
luirépondis
plus essentiels, Je
qu'il fallait
corriger un mauII * --- Page 180 ---
x54
Vor A G E
vais usage par un bon; qu'avec un semblable régime, nous finirions pari mourir
de faimn
le but essensiel du travail
2 que était de nous faire vivre avant
des nègres
de nous enrichir, etc.
désordre. Je
Je inis donc ordre à ce
réparai moi-même un vieux poulailler
la nuit toute la
je fis enlever pendant
de
jy renfermai Tespace
volaille 2 que
s'est trèsquelques jours. La basse-cour
les
dont la ponte n'est
accrue; ;
poules,
couvent
presque jamais interrompue, 2
deux ou trois fois par an ; nous sommes
pourvus et d'oeufs et de
abondamment
commence à compoulets ; T'économe raison, et je lis dans
prendre que j'avais
satisfaite des coqs 2 qu'ils
la contenance d'avoir pris, sur moi lc
me savent gré T'ordre et de maintenir la
soin d'établir
dans leur sérail.
police auxélèves dclas sociétédeJésus,
Quant
de friandise, dont
-
par un raflinement
-
vous ne' m'auriez pas cru susceptible,je la
les ai laissé dans les bois, parce que
bonifie leur chair. Lorsque
vie sauvage --- Page 181 ---
A
I
SAINT-Dowixcer 165
nous voulons en manger un > je prends
mon, fusil, je vais à la chasse, et je
porte un coq-d'inde
rap2 comme on rapporte ailleurs un coq de Buyère ou une
perdrix;
Le délâbrement du colombier a aussi
rallumé mnon ancienne passion pour cette
branche de T'économie rurale. J'ai volé
au secours des amis de ma
Je leur ai
jeunesse.
prodigué tous les soins qu'exigent la propreté et la salubrité de leur
domaine, 2 et je me siis livré à ce travail
avec tout l'intérêt attaché à une
pation qui réveillait en moi des OCcunirs bien chers.
souve- --- Page 182 ---
VoYA G E
LETTRE XV.
Au Désert. Aoil, 1789.
Si ma propre satisfation pouvait me
dicter un voeu qui ne s'accordât pas
voulu,Monavec votrebonheur,Paurais
sieur,que vous eussiez étéici à la réception de votre paquet, pour juger du plaisir qu'il m'a fait. Le jour de son arrivée
fut solemnisé comme un jour de fête; ;
les nègres du travail, on
on dispensa de viande salée, de morue et
les régala
d'eau-de-vie. On leur permit de danser
qu'aucun d'eux se douun calenda,sans
tât que c'était à des lettres de Parisqu'ils
devaient tout cela. Aussi, pour satisfaire
:
votre curiosité 2 vais-je consacrer ma
journée à vous parler d'eux.
a
Vous n'osez point me reprocher de
l'avoir
encore fait, et vous avez
-
ne
pas
séraison. Assez de gens ont cru qu'un
jour de quelques mois suffisait pour les
connaître. Ils ont, d'après cela, entrepris
calenda,sans
tât que c'était à des lettres de Parisqu'ils
devaient tout cela. Aussi, pour satisfaire
:
votre curiosité 2 vais-je consacrer ma
journée à vous parler d'eux.
a
Vous n'osez point me reprocher de
l'avoir
encore fait, et vous avez
-
ne
pas
séraison. Assez de gens ont cru qu'un
jour de quelques mois suffisait pour les
connaître. Ils ont, d'après cela, entrepris --- Page 183 ---
A SAINT-Dowiweur.
de tracer leur portrait avec un ton d'assurance qui en impose même à celui
a vécu des années entières
qui
au milicu de
cettee espèce d'hommes, (
àla vérité, comme
un bucheron vit au milien des forêts,
sans voir autre chose que du bois dans
les différentes espèces d'arbres qui les
composentCependant, les moins étourdis de ces
peintres ont distingué le nègre Africain
du créole, et cette distinction, absolument nécessaire, annonce au moins du
jugement.
C'est du premier que je m'occuperai,
c'est là le véritable nègre. L'autre n'est
que le singe noir et malin de son maître,
dont il ne copie guères que les vices.
Esclave, que feroit-il des vertus d'un
homme?
( Abominables chrétiens, s'écrie Voltaire! les nègres que vous vendez douze
cent francs, valent douze cent fois mieux
que vous (*) > !
(1) CEueres complettes, tome 58, lettre 124. --- Page 184 ---
Vox A G E
Si cette exagération n'est pas la seule,
elleestbien certainementla plus exagérée
det toutes celles que Pon doità la bilieuse
humanité de ce grand et vilain homme.
Le nègre, Monsieur, est beaucoup
plus difficile à définir que lon ne pense.
Pour le faire avec succès, il faudrait
Pavoir étudié dans les différens périodes
de sa vie; savoir, s'il était en Afrique
libre ou serf, riche ou pauvre, chasseur,
agriculteur, artisan, pêcheur, pasteur,
prétre, artiste ou guerrier.
Il faudrait l'avoir vu dans sa patrie,
Pavoir suivi
dans ses propres foyera;
dans les habitudes de sa vie privée, au
sein de sa famille, sons l'action du goudes loix, des usages, de la
vernement,
:
religion,des préjugés de son pays. Savoir
-
quelles étaient ses relations, ses goûts,
ses travaux, ses plaisirs eb
-
son régime,
ses peines.
son état
a
Il fandrait alors comparer
-
présent à son- existençe passée; observer
Finfluence de sa transplantation sur. son
tempérament, 2 sur ses idées, sur son
vie privée, au
sein de sa famille, sons l'action du goudes loix, des usages, de la
vernement,
:
religion,des préjugés de son pays. Savoir
-
quelles étaient ses relations, ses goûts,
ses travaux, ses plaisirs eb
-
son régime,
ses peines.
son état
a
Il fandrait alors comparer
-
présent à son- existençe passée; observer
Finfluence de sa transplantation sur. son
tempérament, 2 sur ses idées, sur son --- Page 185 ---
A SAIST-DONINCUL
humeur, sur le degré de sensibilité
il est susceptible.
dont
Il faudrait encore
appartient à
distinguer ce qui
ractère
l'espèce en général du caparticulier de Pindividu.
s'il a laissé dans son
Savoir
mère, une
pays un père, une
amis. Il faut compagne, des enfans, des
fondir
étudier, connaitre, approtitude limpression d'être
que fait surlui la cerlieux qui lont arraché pour toujours aux
aiait.
vu naître, à tout ce qu'il
Entia, Monsieur, si on veut
juger sur les règles les moins
le
il faut, ce me semble,
fautives,
parer Thomne de la absolument s6Thomme, de la nature circonstance de
tion.
ct de l'éducaJe crois cette tâche
plir; je doute qu'ellé trés-difieilearem.
je suis très-sur
l'aye jamais été, et
par moi,
qu'eile ne le sera point
quipense déjà
ouvrage au-dessus de entreprendre un
hasardant
mes forces, en ne
qu'une simple ésquisse.
Cequi prouveraitquele
mieux connu de ses
nègre n'est pas
panégyristes que de --- Page 186 ---
Vox AG E
170,
c'est Textrême disparate
ses détracteurs,
chez
Il est toujours
de leurs jugemens.
chez l'autre.
Tun tout ce qu'il n'est pas
faculté,
Il suffit que Pun lui refuse une
l'autre la lui accorune vertu, pour que
de sentendre.
de. Ce n'est pas le moyen
sans
Les habitans qui vivent avec eux,
de les connaitre, les cons'embarrasser
mieux que celui qui se charge
naissent
la raison quils ne
de les définir, par
du tout
comme lui,
jugent pas 2
Ne craignez
sur
quelques exceptions. mondongue
pas qu'ils achètent un
un
un ibbo pour
pour un sénégalais,
arrada.
comne nous, 2
Le nègre est à-peu-près toutes les modibon on méchant, avec
deux extrèfications. qui nuancent ces celles de la names. Ses passions sont
sans amour 2
ture brute: il est laxurieux
délicatesse. La femme
et gonrmand sans instrument de plain'est pour lui qu'un il lui est assez in-
-
sir: Quand il a faim,
de chadifférent de manger un morceau
ou
un crapaud,
rogne, ou un poulet,
, 2
Le nègre est à-peu-près toutes les modibon on méchant, avec
deux extrèfications. qui nuancent ces celles de la names. Ses passions sont
sans amour 2
ture brute: il est laxurieux
délicatesse. La femme
et gonrmand sans instrument de plain'est pour lui qu'un il lui est assez in-
-
sir: Quand il a faim,
de chadifférent de manger un morceau
ou
un crapaud,
rogne, ou un poulet, --- Page 187 ---
A SAIXT-Doxrxeuz
une pintade (1). Ilest paressenx,
qu'il a peu de l'espèce de besoins parce le
travail satisfait, et
que
qu'il ne conçoit ou
ne veut concevoir, ni la nécessité de travailler pour nous 2 ni la justice de le
faire, sansautrerétribution.
de fouet.
que des coups
Il aime le repos, non pour en jouir à
notre manière, non pour retrouver dans
le calme les jouissances mnorales
qu'interrompt l'activité physique, mais
ne rien
pour
faire, car ne rien faire a tou-
(I) Les sauvages de l'Amérique n'ont pas le
goût plus délicat. C Je les ai và, dit
masser des chats et des chiens
Lebeau, raavait jelté dans la rue. Un jour poarris que l'on
vis un Huron
entr'autres, 7 je
charger sur ses épaules un cochon
mort de maladie, et qui coimencait à infecter
T'air de sa puanteur; ils avalent des
entières; ilsi font sécherlesintestins des grenouilles
sans les vider, et y trouvent, , en les clievreuils
le même goût que. nous trouvons à ceux mangeant, des bécasses >. Avantures du sieur Lebeau
chapitre 25.
3 tome 2, --- Page 188 ---
Vox A G E
jours été la première
peuples de la
passion de tous les
Il
zône-torride (r).
ne sait ni former, ni
savoir pourquoi,
rompre, sans
ces liaisons
tes qui n'ont
insignifiande leur
Pour objet et pour garans
durée; que Tintérétou la convenance du moment.
Il n'aime ni ne hait
mais
habituellement,
lorsqu'il fait l'un ou l'autre, c'est
avec frénésie. Quelques-uns ontle
tère tour-à-tour bas et vain,
çaracdur, féroce et timide du
souple et
despôte, OuI de
a
l'esclave. Ils couvent las
l'exhalent en menaces. Mais vengeance, ou
voir ces lanceurs de foudre à voulez-vons
Montrez-lenr Ja
vos pieds? ?
pointe d'une aiguille.
Les nègres ne sont généralement ni
(I) Je pourrais ajouter : de tous les penples
esclaves, quelque climatqutils
les paysans Russes, qui
habitent, tels que
les jours de fètes dans leurs passent comamunément
devant la porle de leur maison, podles ou debout
pour eux une espèce de plaisir loisiveté étant
sances dela volupté, Voyez
égale aux jouisChappes
Voyage en Siberie, tome I, page 316. d'duteroche,
généralement ni
(I) Je pourrais ajouter : de tous les penples
esclaves, quelque climatqutils
les paysans Russes, qui
habitent, tels que
les jours de fètes dans leurs passent comamunément
devant la porle de leur maison, podles ou debout
pour eux une espèce de plaisir loisiveté étant
sances dela volupté, Voyez
égale aux jouisChappes
Voyage en Siberie, tome I, page 316. d'duteroche, --- Page 189 ---
A Saxxr-Dowrweuz.
disinlbs.nifas.mip perfides. On trouve
été quelquefais sparmi eux un fripon qui aura
en.Afrique, ou médecin, ou
ou sorcier, et c'est alors un homme prêtre,
dangereux.
trèsIl faut, dans la manière
duire, leur
de les conimposer des devoirs
ples, des loix
très-simjétir avec
très-claires, et les y assubeaucoup
avec une extrême d'exactitude, mnais
gence n'est
justice, car l'indulpour eux que de la
Finjustice un défaut
faiblesse;
voque leur haine dejugement qui provoulu faire,
ou leur mépris. J'ai
expériences.q par moi-mème, plusieurs
vainci
quim'ont parfaitement condelajustese de cette observation.
Soitqu'ils n'ayent que des idées
ou confuses sur le tien et le
fausses
que le défaut de
mien; soit
méconnaitre le prospérité leur en fasse
droit; soit
sent que létat
qu'ils suppodans l'état de d'esclavageles fait rentrer
sont
nature, oùr tous les biens
communs, la plupart des
sont voleurs.
nègres
L Comme tous les hommes dont la
reli: --- Page 190 ---
Vor. A G E
gion se
tieuses, ils
nehunagedhpepratigniers
n'ont nulle idée d'une supersmorale
seresinenelic-Coqrumn nègre a debon,
appartient tout à la nature La
négligence C
des habitans à
coupable
principes
Pinstruire des
simples et
fondamentaux du
christianisme, le laisse vivre, vieillir
mourir dans son ignorance
et
on en a rassemblé
natale. Quand
un certain nombre
onlesmène à léglise,sans
où ils vont, Un
qu'ils sachent
qu'ils sachent prêtre les baptise sans
voilà
ce qu'on leur fait, et les
chrétiens (r). Le résultat le
plus
(1) Ceci pourrait paraitre
bouche d'un profane tel
suspect dans la
plus curieux et plus satisfaisant que moigil sera donc
un missionnaire célèbre.
d'entendre parler
claves ( Lorsgue Fapprends qu'il est arrivé des
dans T20n quartier, dit le
esvais les voir. , cije dommence père Labat, Je
Jaire le signe de la croix
par leur Jaire
main, elpuisje
, en conduisant leur
comme
lefizis moi-même sur
pour en prendre possession leurfront
Jesus-Christ et de son eglise. Ie au n20m de
comprend rien à ce que
nègre qui ne
ais, oupre de grands
je.fais ni d ce queje
yeuzetparait loul interdits.
quartier, dit le
esvais les voir. , cije dommence père Labat, Je
Jaire le signe de la croix
par leur Jaire
main, elpuisje
, en conduisant leur
comme
lefizis moi-même sur
pour en prendre possession leurfront
Jesus-Christ et de son eglise. Ie au n20m de
comprend rien à ce que
nègre qui ne
ais, oupre de grands
je.fais ni d ce queje
yeuzetparait loul interdits. --- Page 191 ---
A
clair de
Sar-Dowiseus
cette cérémonie
Ieur
est, pour eux,
nègre changement de nom. On dit
Mazimbo qu'il
au
mais Eustache. Ses s'appellera désormés à chanter
organes, accoutuet
une langue
douce, se refusent à harmonieuse
ce mot barbare; il
lexpression de
qu'on le lui
Toublic à mesure
répète, et
flige de ne plus
Pinfortuné s'af.
nom dont
s'entendre nommer du
Tappellait sa mnère!
que toutes les. fois
J'observe
entr'eux, ils
que les nègres sont
ne se servent
nom de baptôme.
jamais deleur
gueil que leur
Malgré T'espèce d'orneur d'être
inspire 2 dit-on, Phoncevoir
chrétiens; j'ai cru
que ceux qui affectent m'appercher un certain
d'y attaprix, le font plus dans
Le missionnaire convient
nègres 5 ( n'entendent
ensuite que les
apprend, que neferait pas. plus ce quon leur
Faurait appris de
272 perroquet d qui On
lui faire naitre
même, , et que cela pourrait
suré par ces paroles quelque du scrapule, s'il n'était ras Setjumenta salvabis domine. prophète roi, homines --- Page 192 ---
Vox A G E
l'intention de plaire à leur maitre. que
par aucun autre motif.
Ilvous paraitra tout simple, Monsieur,
le nègre s'occupe peu de Pavenir.
que
lui promettre? Aussi sa préQue peutil
au-delà de
voyance n'atteint-elle guères
vue. Ce n'est qu'à force de tems et
sa
l'on parvient à lui
de persévérance, que
de culpersuader qu'il est de son intérêt
tiver son jardin, et de conserver, pour
s'en.couvrir la nuit, le vêtement qu'il
jete le jour.
singuCe qui parait en même-tems
c'est que, sensible
lier et contradictoire,
frénésie, il supporte
au plaisir jusqu'àla
le ferait croire insenavec un calme qui
sible, la plus. cuisante douleur. Les apdu châtiment semblent lui faire
prêts de mal qué le châtiment même. Le
plus
il chante en
nègre chante en dansant,
travaillant, il chanteen mourant (1). Nous
A
(1) On croit, en Europe, et plus encore dans
les colonies, que cet usage de mourir en.chantant
est particulier aux nègres. Les voyageurs nous
bravons
le ferait croire insenavec un calme qui
sible, la plus. cuisante douleur. Les apdu châtiment semblent lui faire
prêts de mal qué le châtiment même. Le
plus
il chante en
nègre chante en dansant,
travaillant, il chanteen mourant (1). Nous
A
(1) On croit, en Europe, et plus encore dans
les colonies, que cet usage de mourir en.chantant
est particulier aux nègres. Les voyageurs nous
bravons --- Page 193 ---
A Sarsr-Dowesces
brarons la mort, lui la
son' camarade
nargue. Lorsque
est
expire,il nie dit
il
mori; ce mot parait n'avoir point,
aucun sens: Il dit: ly
pour lui
allé, il est parti.
allé, il s'en est
primer tient à Cette manière de s'exil retourne dans T'opinion qu'en mourant
détermine
sa patrie, préjugé qui
plus dun nègre à se
pour arriver plus vite chez
pendre 2
rait-ce si, à son indifférence lui. Que secet hommne
pour la vie,
joignait lcs vertus
pose le mépris de la mort!
que supdisentla même close des
Tautre Amérique. Ils font indigênes de Tune et de
centenaire, , prisp
mieux; ; un Onontagué
du comte de Fontennc, sparunpartide sauvagesaux ordres
qu'on lui fesait souffrir, endurait les tourmens
égalité d'aàme, dignes... avec un courage, une
sauvage 1 ennuyé de ses d'un Iroquois, Un
quelques coups de
harangues, lui donna
dit
couteau. ( Je te
TOnontagué, mais tu aurais bien remercie,
mourir par le feu. Français,
da me faire
souffrir; et vous,
apprenez de moi à
ce que vous devez sanvages faire
, souvenez-vous de
même élat que moi, quand vous serez dans le
Histoire de
Septentrionate, tome 3, letire
PAmérique
7.
--- Page 194 ---
VOYAGE
Passé un certain age, les nègres
raissent tenir peu aux liens du
paa quelque-tems que le hasard sang. Ily
qu'après une longue séparation, permit
retrouvait son fils dans l'attelier un père
sous les yeux. Cette
que j'ai
rencontre imprévue
n'occasionna, de part ni d'autre, ni surprise, ni émotion, ni mouvemens
tiques. Le père et le fils se sont pathévés comme deux
retrouVll quelque
voyageurs qui se seraient
part.
On compte parmi les nègres de bons
et de mauvais, d'exscellens et de détestables sujets. Des dispositions
favorables, les
plus ou moins
rendent plus ou moins
propres à recevoir un certain degré de
poli et d'instruction.
créole,
L'exemple du nègre
capable d'acquérir tous les
toutes les
talens,
vertus 2 lorsqu'il trouve dans
son inaître des soins et un
suivre, prouve que Pinfériorité modèle à
des Afri-
-
cains est, à bien des égards,
de leur éducation. C'est donc Touvrage
principe que de dire avec
outrer le
l'esclavage exclut toute
Aristote, que
espèce de vertu;
'instruction.
créole,
L'exemple du nègre
capable d'acquérir tous les
toutes les
talens,
vertus 2 lorsqu'il trouve dans
son inaître des soins et un
suivre, prouve que Pinfériorité modèle à
des Afri-
-
cains est, à bien des égards,
de leur éducation. C'est donc Touvrage
principe que de dire avec
outrer le
l'esclavage exclut toute
Aristote, que
espèce de vertu; --- Page 195 ---
A
comme
Sust-Dourer
c'est abuser de la faculté
sonnement que de
du raidans la légère différenee prétendre trouver
distingue le nègre du
physique qui
invincible à ce
blanc, un obstacle
que le premier
jamais au degré
atteigne
fection dont T'autre d'intelligence et de perJene vous avais est susceptible.
imparfaite et
promis qu'une esquisse
avoir tenu rapide, Monsieur; je crois
parole. Vous
mon nègre, dessiné surle trouverez que
une scrapuleuse
nud, mais avec
des
fidélité,
à
égards, de celui
diffère, bien
célèbres ont paré de que des écrivains
leur éloguence.
tous les charmes de
Cela est dans
messieurs ont, du haut de l'ordre. Ces
montré à
leur théâtre,
TEurope un nègre (1),
(1) Voyez le
qu'ils
Ze Negre
roman, en trois
n'avait comme iy a peu de volames,intitulc: Blancs.
pas besoin de donner
Lauteur
sa préface 7 qu'il n'avait
a entendre, 2 dans
nègres 7 ni habité les colonies. jamais vécu avec les
d'ailleurs très-intéresant,
Son
de
7 fourmille ouvrage,
conire-sens, qui prouvent
d'erreurs, 3
nègres, non plus que le
qu'il ne connaît les
usages des colonies, régime, les mceurs, les
quej par oui-dire,
12 * --- Page 196 ---
Vo Y A G E
n'avaientjamais vu que desyenx delimagination, un pmeerisgatnemaigeunes
je vous montre celui de la nature et des
colonies.
-
- --- Page 197 ---
A
18r
SAXT-Dowrseer
LETTRE XVI
Au Désert, Septembre. 178g.
Tour a ses inçonvéniens,
même les choses qui
Monsieur,
J être sujetes. De devraient le moins
gence avec
ce nombre est lindulde mes lettres laquelle vous avez lu celles
le départ des qui étaient arrivées avant
à
vôtres, car elle
vous
m'enhardit
observations commaniquer la suite de mes
le
avec la même
même abandon
confiance,
mérite,
qui en fait tout le
Si elles ne vous instruisent
serviront du moins à
pas, elles
un mnoment où la vous distraire dans
une espèce d'arène France est devenue
dans
cents législateurs
laquelle douze
cents mille
> secondés de douze
politiques,
cun, à voix haute et proclament chacipes sur lesquels il distincte, les prinl'avenir fondés le entend que soient à
liberté de sa patrie. gouvernement et la
mérite,
qui en fait tout le
Si elles ne vous instruisent
serviront du moins à
pas, elles
un mnoment où la vous distraire dans
une espèce d'arène France est devenue
dans
cents législateurs
laquelle douze
cents mille
> secondés de douze
politiques,
cun, à voix haute et proclament chacipes sur lesquels il distincte, les prinl'avenir fondés le entend que soient à
liberté de sa patrie. gouvernement et la --- Page 198 ---
18z
VorAG E
Vous Vous rappellez
tems oi, du fond de 2 peut-être, 2 le
communiquais
TAfrique 2 je vous
quelques idées
ces spéculations
relatives à
pour moi le
sublimes ? Quel a été
duisant
résultat de cet ingrat et sétravail? Que de toutes les missions auxquelles un homme raisonnable
peut se voir destiné, la plus
plus périlleuse, la plus inutile diffieile, la
tems, est celle de donner
en mêmeaux fous,
de la raison
hommes. c'est-à-dire, de sages loix aux
J'ai donc renoncé, et
à m'immiscer dans les pour toujours,
gislation,
mystères de la lédans la parce que tout me confirme
pensée qu'il en est de nous
des animaux,
comme
qu'il ne faut pas vouloir
assujétir indistinctement à un régime
exclusif; et je redis encore avec le
del'antiquité : C J'aime
sage
des enfans, que des
mieuxjouer avec
gouverner des hommes
corrompus >.
Toutefois, en ma qualité de
je vous dirai: Prenez
jardinier,
lever la terre
garde à ne pas enavec les racines des plantes --- Page 199 ---
A
SArst-Dowrxeuz
que vous voulez
riez de
extirper : vous
semer vos nouvelles loix risquesable infertile ou sur le tuf
sur le
comme voyageur
aride. Et,
pas tout d'avoir de , j'ajouterai : Cen'est
qu'une
belles théories, il fant
grande variété longue expérience ait mntri une
sir de ne
d'observations, 2 pour être
tion
pas se tromper dans
de principes, d'aufant Tapplicasans, qu'ils paraissent
plus séduitant plus
nonveaux ; d'audangereux, 2 qu'ils sonta abstraits.
Souvenez-vous que Phomme le
lèbre par Pétendue de
plus céet la
ses connaissances
profondeur de sa
que Lock, chargé de donner mnétaphyeique des
2*
Caroline, ne lui donna
loixala
législation aussi
qu'un plan de
cule. Croyez impraticable que ridiT'espèce humaine sur-tout que c'est faire à
gereux,
un honnenr bien danque de la supposer assez
nable ou assez
raisonbesoin d'être sage pour n'avoir plus
gouvernée
ou comme un enfant, comme une folle
nier
Voila mon dermnénage. mot.apreslequel je retourne à mon
Que si vous
répugnez aux dé-
Caroline, ne lui donna
loixala
législation aussi
qu'un plan de
cule. Croyez impraticable que ridiT'espèce humaine sur-tout que c'est faire à
gereux,
un honnenr bien danque de la supposer assez
nable ou assez
raisonbesoin d'être sage pour n'avoir plus
gouvernée
ou comme un enfant, comme une folle
nier
Voila mon dermnénage. mot.apreslequel je retourne à mon
Que si vous
répugnez aux dé- --- Page 200 ---
Vor A G E
tails champétres,
commejefaisais usez-en 2 Monsieur 2
je trouvais de la dansimajeunesse morale
lorsque
sautez quelques
dans les romans; ;
feuillets.
un lait
d'une
oraaiahenaiee
excellente
et
assez grande abondance qualité,
en
de prendre, sur la
pour permettre
nalière,
consommation
de quoi avoir un peu de jouret de fromage frais.
beurre
Mais, comment faire du beurre et du
fromage sans barattes est sans fories?
Comme Robinson faisait des habits
aiguilles et sans fil.
sans
Le procédé
physique est
on secoue la crême dans tres-simple;
verre
lIII bocal de
jusqu'à ce que le mouvement ait
séparé les parties grasses des Deux Ou trois
fluides.
fraîche
lavages dans de P'eau
achèvent de donner aux
mières la consistance dont elles
presoin pour se former
ont beLa
en masse.
manipulation du fromage fut
difficile, viz le manque d'une forme plus
terre, ou toutau moins de
de
jonc. J'y sup- --- Page 201 ---
A
8AIst-Dosrveux
pléai un sac de canevas dont le
msiptenn,ainsiqner
fond est
cercles assujétis Touverture,p par deux
trémités de deux chacun aux quatre ex-
: La nature
bâtons croisés,
du
du terrain et Pabondance
pâturage m'avaient fait desirer
pouvoirjoindredes chèvres à
de
Je me faisais une fête de
nos vaches,
dans les bois,
les voir courir
errer de
cipice, de rocher
précipice en prédans les longs
en rocher; se prendre
filamens de
débarrasser de
lianes, et se
longues
là, en suspendant à leurs
lantes cornés les touffes de leurs bril
fleurs. Mais,
cun
l'observation
obstacle ne les
qu'aurépandre dans les empécheraient de se
de grands
caffiers, et d'y canser
ravages,
cer Que de
m'obligea d'y renon.
dévore!
jouissance ce cruel intérêt
J'avais
apporté assez de
gumes et de fleurs
graines de 16tout le jardin. Il fallut pour pouvoir semer
deux
commencer
opérationsi 1
par
ignlière dont indispensables : la forme
passer, et
aucun Potager ne peut sC
Tameublisement de la lerre,
se
de grands
caffiers, et d'y canser
ravages,
cer Que de
m'obligea d'y renon.
dévore!
jouissance ce cruel intérêt
J'avais
apporté assez de
gumes et de fleurs
graines de 16tout le jardin. Il fallut pour pouvoir semer
deux
commencer
opérationsi 1
par
ignlière dont indispensables : la forme
passer, et
aucun Potager ne peut sC
Tameublisement de la lerre, --- Page 202 ---
Vor A G E
beaucoup frop compacte et trop
pour le genre de
grasse
était destinée à
productions qu'elle
porter. Mais ne m'étant
pourvu quede pelles et de houes,jesentis
bientôtla privation du plus
des instrumens
indispensable
de celui
aratoires > ou du moins
qui est à la culture des
ce quele peigne està la toilette jardins
femmes,
des jolies
c'est-d-dire, d'un
et
parvins, non sans peine, rateau; je
maudit cent fois les
non sans avoir
cation
détracteurs de l'édud'Emile,ient fabriqner
bons que mauvais.
deux, tant
Presque tout a réussi au-delà de
espérances. Des légumes
mes
étrangers à Saint-I
> jusqu'alors
et crû, ainsi
Doiningue, ont germé
que Toseille, le persil, le
serpolet et le cresson. Nous
des pelits pois
mangeons
presque toute lannée. Des
Meurs,jusqu'alorsi sinconnues à ces régions
defeu,le
sareise,flyacinthe, le
Thumble violette même
réséda,
parfiuné les
ont embelli et
bordures de mes
Au lieu du buis qui borde si câreaux.
VOS
tristement
plates-bandes, on emploie ici lipé- --- Page 203 ---
A SAINT-Doxrweus
cacuanha, dont les tiges d'un
mant, ne servent
verd charavide des
point d'asyle à la race
insectes. Il est vrai
pide
que la ravégétation, qui fait
ter les plantes à
croître et monresemer
vue d'uil, oblige de les
plus souvent; il est vrai
rapidité ne laissant
que cette
tems des se
point à la graine lc
veller
former, on est réduit à renousans cesse les semences; ; il est
encore que tous mes soins
vrai
la fleur du melon et de la pour sauver
vages des
vigne des racependant fourmis,ont élé perdus. Ilfaut
observer que ce fléau n'est
local, car Saint-Domingue
que
que pendant toute l'année, produit, presraisin, et de délicieux
d'assez bon
s'il est vrai,
melons. Jene sais
n'est
comme On me l'a dit, qu'il
permis-d'y culliver la
treille ; que si un habitant vigne qu'en
quelques
osait planter
ceps en plein
le
merce est en droit de les champ, lui
comet que l'on est par
arracher;
ne boire ici
du conséquent réduit à
d'autant
que
vin, que Pon peut
plus hardiment
crà; 5 que s'il
appeller de son
échappe à la falsification
ons. Jene sais
n'est
comme On me l'a dit, qu'il
permis-d'y culliver la
treille ; que si un habitant vigne qu'en
quelques
osait planter
ceps en plein
le
merce est en droit de les champ, lui
comet que l'on est par
arracher;
ne boire ici
du conséquent réduit à
d'autant
que
vin, que Pon peut
plus hardiment
crà; 5 que s'il
appeller de son
échappe à la falsification --- Page 204 ---
x88
VorA G E
dans les magasins de la
rare que la même
métropole, il est
quantité de gros vin
d'Anjou ou de Prorence,p partide-là
deux barriques,
dans
n'arrive ici dans
sous le nom justement
trois,
deaux
célèbre de Bor-
(1).
Les artichauts viennent ici excellens
beaucoup plus
et
tout
gros qu'en France, surlorque l'on a lattention de les
tersurles
planhauteurs,aur nord, etàl'ombre.
Les asperges ne demandent
le
soin qu'on leur donne
que même
font
ailleurs , et ne se
pas attendre aussi long-tems. J'avais fait un essai de
pommes de terre,
(r) La fureur de m'instruire en
me pousse par-tout où Pon fait voyageant, qui
m'a permis de découvrir
quelque chose, 3
que le miracle de la
multiplication du vinse fait
différemment en mer
-
qu'aux noces de Cana. C'est ordinairement
la calle que le capitaine, secondé
dans
affidés, procède à celte
de quelques
pour cela un
opération. On choisit
gros tems, où chacun est
se tenir coi à son
supposé
Bacchus,
poste 3 car les mystères de
comme ceux de la bonne
peuvent se célébrer que loin de l'oeil Déesse, des ne
fanes.
pro- --- Page 205 ---
A Sux-Dowrseus
quiont peu
choisi le sol
eusse
fueribiogusigejelaure
léger qu'elles aiment,
qu'élles ont été entièrement
parce
La patate est plus nourrissante, négligées,
répondu les colons
m'ont
de lui adjoindre la anxquels jai proposé
C'ost-i-dire,
pomme de terre.
lajaune
Monsieur, que la palate, et
sur-tout, étant plus
plus grasse, pèse davantage filandreuse,
et se digère plus
surl'estomae,
je crois la
laborieusement. Mais
pomme de terre
plus saine. Sielle est moins infiniment
suppléezà àla
nourrissante,
avantage que la
Ranepehgmabnatmeni
de
patate ait sur la
terre, est un parfum agréable pomme
dera toujours
qui plaiLes cultures puissamment pour elle.
mieux réussi à Enropéenues Saintqui ont le
celles du mil ou millet, Domingue, sont
et du mais (1),
(I) Il faut que le mais soit une des
cultures que les Earopéens
premières
les Antilles; ; car 3 dès 1522, ayent introduit dans
le mais Fait en
3 Cortez disait que
meilleurque celui des Amerique iles. un pain beauc oup
nand-Cortez avec l'empereur Correspondance de FerCharles F, lettre 2,
réussi à Enropéenues Saintqui ont le
celles du mil ou millet, Domingue, sont
et du mais (1),
(I) Il faut que le mais soit une des
cultures que les Earopéens
premières
les Antilles; ; car 3 dès 1522, ayent introduit dans
le mais Fait en
3 Cortez disait que
meilleurque celui des Amerique iles. un pain beauc oup
nand-Cortez avec l'empereur Correspondance de FerCharles F, lettre 2, --- Page 206 ---
I9O
VoYACI E
que vous connaîtrez mieux
de bled de Turquie.
sous le nom
croît d'une beauté Ce dernier sur-tout
extraordinaire. On le
mange en épi avant sa
sous la cendre, et il est maturité, rôti
en farine, on le
très-bon. Réduit
ou au lait, et il mange est en bouillie à l'eau
excellent.
en faire tout ce que les
On peut
Normands font de leur Bretons et les
Les fourages qui
sarasin.
ture des
servent à la nourribestiaux, , sont le
c'est-à-dire, la tige etles feuilles bois-patate, de
>
a
racine; celle du
mil
cette
-
de Guinée
petit
en verd,Therbe
? et les têtes de la canne à
sucre, qu'il faut mettre au
par la propriété
premierrang,
qui s'en nourrissent. d'engraisser les animaux
et tendre des
La verdure douce
ture de ces deux champs consacrés à la culdernières
un contraste tont-à-fait espèces, forme
verd plus sombre des aimable avec le
caffiers.
bois et sur-tout des
Que pensez-vous de tout ceci, Monsieur? Ne vous semble-t-il
un chapitre de la
pas avoir lu
Maison Rustique? --- Page 207 ---
A
J'ai
SANT-Dokiseer
autrefois entendu
I9I
seau, comme une chose reprocherà de
Rousles détails sur léconomie mauvais gotit,
domestique de la maison de champêtre et
dirait-on donc de ma
Clarens. Que
ment connaîtrez-vous lettre ? Mais, comsi, comme tant
Saint-Doningue,
de purs objets de d'autres, je me borne à
merce ? et
politique et de comfausses que qu'ajoutant l'on
à toutes les idées
vousdonne
a déjà sur ce
des exceptions
pays-ci,je
générales; et, le tablean pour des règles
de queique
de Thabitation
dèle de toutes opulent les sucrier, pour le moDieu encore
autres ? Eh ! plut à
riches
que le séjour de tous
misérables ressemblàt
ces
ils ne seraient
au désert!
Fambition pas sans cessebalottés
de
entre
point, et T'embarras paraitre ce qu'ils ne sont
tendu faste qu'ils
d'accorder le présources insuflisantes étalent, avec des resOn a, en
pour le soutenir!
Europe,
lonie n'est habitée Topinion que la COnaires
que par des millionuniquement
faire servir leur occupés du soin de
iminense fortune à va-
misérables ressemblàt
ces
ils ne seraient
au désert!
Fambition pas sans cessebalottés
de
entre
point, et T'embarras paraitre ce qu'ils ne sont
tendu faste qu'ils
d'accorder le présources insuflisantes étalent, avec des resOn a, en
pour le soutenir!
Europe,
lonie n'est habitée Topinion que la COnaires
que par des millionuniquement
faire servir leur occupés du soin de
iminense fortune à va- --- Page 208 ---
VOYA G E
rier,a multiplier leurs plaisirs. Croyez,
Monsieur, qu'il n'existe aucun pays oit
les fortunes particulières soient moins
solides, et oûle soin de les préserverdes
vicissitudes du hasard, troable autant les
jouissances dont elles peuvent être la
source.Jamais richesse et bonheur n'ont
été moins synonymes qu'ils ne le sont ici.
-
-
LETTRE --- Page 209 ---
A SAIXT-Doxiverz.
LETTRE XVIL
Au Désert, Septembre.
178g.
UNp préjugé
mi les gens à demi commun en Europe, , parsienr, que le riz ne se instraits, est, Monpère que dans les
cuitive et ne prosque Si vous
terrains inondés ();
denrée
ditesà un Français que
croît ici sur les plus hautes cette
tagnes, il vous rira au
mondemi
nez, parce que. ses
connaissances ne lui ont
qu'on lecultive de la même pas appris
la Louisiane
manière dans
(2).
Le grenadier et le
bien naturalisés
figuier se sont trèsici, de même
bergine et la taumate des
que l'alpays méri-
(I) Voyez à ce sujet le
Orieniales, par Grose,
Foyage aux Indes
Journal du Voyage de chapitre 5, ainsi que le
(2) Histoire de la Siam, pages 230 et 273
pitre 13.
Louisiane, tome I, cha13 --- Page 210 ---
VOTAG E
dionaux. Mais toutes ces petites cultures
d'agrément sont négligées par les neuf
dixièmes des habitans, à un point incroyable. L'oranger même
ment le degré de soins y reçoit rarequ'il demande
pour s'amcliorer, ou du moins ne
dégénérer. Rien
pas
facile
de cependant ne serait plus
que
se procurer des graines de
Malthe ou des plants de Portugal; de
propager ici ces deux espèces, àTexclusion de. toutes les
aux Antilles la
autres, et d'avoir
rides.
pomme d'or des HespéCe long, mais imparfait dénombrement de plantes
Saint-1
étrangères au sol de
Domingue, s vous fera faire une
question fort
simplerque produisait donc
cette isle avant Tarrivée des
Rien 2 Monsieur 2 ou
Européens?
cherchece
presque rien. Je
qui pouvait faire le fond dela
nourrilure des indigines, et je ne trouve
dans le' règue animal que des caîmans
très-rares, des crabes de terre ou tourlouroux; des conleuvres, des lézards,et
qnes oiseaux; ; car les rats mêmes, quel- dont
fort
simplerque produisait donc
cette isle avant Tarrivée des
Rien 2 Monsieur 2 ou
Européens?
cherchece
presque rien. Je
qui pouvait faire le fond dela
nourrilure des indigines, et je ne trouve
dans le' règue animal que des caîmans
très-rares, des crabes de terre ou tourlouroux; des conleuvres, des lézards,et
qnes oiseaux; ; car les rats mêmes, quel- dont --- Page 211 ---
A
le
cst
SANNT-DONINOER
pays si
sont des émigrans extraondinairement peuplé,
Le régne
d'Europe (1).
végétal n'offre
berbes, gaelques
que quelques
racines,
quelques mauvais fruits, quelquesbaies,
de l'ananas et de la
, à T'exception
doucent surpasse celle sapotille 5 dont la
connus en Europe, de tous les fruits
goûte d'autant
mais dont On se décrois
plus aisément, et
pas ccs deux
je ne
tions
dernières
indigènes de
produccitron,
Saint-Dentingne. Le
espèce, dunetibepetite, mais très-bonne
ronne l'orange amère ,
-
2 - et peut-étre le Tigname mas'il n'a pas
choux Caraibe,
éteimporté des
Joignez la
Isles-da-Vent.
les rivières pêche, sur des côtes et dans
très-peu
poissonrieuses, à ces
(r) Ils ont
mais encore le non-sculement peuplé les
du nouveau Pérou, et sans-doute tout. Antilles, le
dans leur monde. Les Indiens les
reste
la mer. langue Ococha, cest-d-dire, nomment
la
Voyez T'Histoire de la
venus de
Conguéle du Pérou, par Décowverte et de
tome I, livre 3,
Augustin de
chapitre 2.
Zarate,
13 * --- Page 212 ---
VOYAC E
faibles ressources 2 et vous demanderez
encore de quoivivaient les habitans d'un
pays que lon nous peint comine extraordinairement peuplé; car, à en croire
la forfanterie espagnole, jamais aucune
contrée de la terre n'a dû l'être comme
Saint-Domingue. 1 , au moment de la déColomb 2 marchant
couverte, 2 puisque
contre Manicate,un des Caciques del'isle,
le trouva dans la plaine de Véga-Réal
à la tête de cent mille combattans, tandis que les calonls les plus raisonnables
sa
originaire qu'a
ne portent population
douze cent vingtmille individus, desorte
si l'on l'on y ajoute quarante à cinque
furent
quante mille indigènes 2 qui y
transportés des isles Lucayes,avec ce qui
pouvait être né, à compter du jour de
découverte
moment de son
sa
jusqu'au
entière dépopulation, il se trouvera que
a
les conquérans du nouveau monde n'ont
seule isle de Sainta
exterminé, dans la
deux millions
-
Domingue qu'à-peu-près
d'hommcs, dont la plupart ont péri par
le travail des mines, ou , d'après le té-
qui y
transportés des isles Lucayes,avec ce qui
pouvait être né, à compter du jour de
découverte
moment de son
sa
jusqu'au
entière dépopulation, il se trouvera que
a
les conquérans du nouveau monde n'ont
seule isle de Sainta
exterminé, dans la
deux millions
-
Domingue qu'à-peu-près
d'hommcs, dont la plupart ont péri par
le travail des mines, ou , d'après le té- --- Page 213 ---
A SA8s-Dourseen
moignage du voyageur
Bossu ils
a fait et
Sinetomabiegotins
fait encore
inaladieyqui
parmi
tant de
nous, , sous le nom de ravage
Naples 3 mal Frangais,
mal de
vons, et cela
etc. Nous sapar un auteur
que dans la séule isle de
espagnol,
quante famille d'un seul Cuba 2 cindirent en un seuljour
village se penà la tyrannie
pour se soustraire
Peut-être Espagnole (2).
me
sieur ,
est
deniandereevots,
quel
le
Monchargé d'introduice spéculateur qui s'est
font de tels
ici ces rats, qui y
ravages,
de mil
qu'an vaste
ou de mais est
champ
dévoré par enx en une quelquefois
lorsquil-se trouve
nuit, sur-tout
des bois,
situé sur la lisière
> où ces animaux sont
grand nombre
en si
sentiers aussi 2 qu'ils J ont tracé des
baitus que ceux qui tra-
- (1) Nouveau
tome I, leltre Foyage I.
aux Indes Occidentales
(2) Hieoire de la
live I, chapitre IO, Conguéte de la Floride, 9 --- Page 214 ---
Vor A G E
versent nos campagnes? Il faut avoir
bité un port de mer
halution de
pour trouver la SOce problème.
A peine le constructeur a-t-il
à la quille du navire les
atfaché
carcasse,
membres de la
avant même qu'elle soit entièrement revêtue de son premier doublage 2 que déjà les rats s'y
On le lance, et ils se gardent établissent,
bien de désemparer; mais de quioi
mnoment où il est
viventilsjusqu'au
que la nuit est
approvisionné P Des
à la
venue, ilsg gaguent la terre
nage 2 mangent pour vingt- quatre
heures, et reiournent à bord. Ceux
peuvent s'introduire dans les
qui
magasins à bled, hérissent leur greniers ou
roulent dans le
poil, se
grain, en saisissant
ce qu'ils peurent 2 et partent avec leur tout
cargaison. Mais,par où rentrent-ils,ainsi
chargés, dans le navire, lorsqu'il
point à quai? par les sabords, le n'cst
des cables qui passent
les
long
d'ot ils se répandent dans par
écubiers 2
les soutes,
la calle, dans
entre les cloisons et le doublage 2 ou désormais sans soins
pour
poil, se
grain, en saisissant
ce qu'ils peurent 2 et partent avec leur tout
cargaison. Mais,par où rentrent-ils,ainsi
chargés, dans le navire, lorsqu'il
point à quai? par les sabords, le n'cst
des cables qui passent
les
long
d'ot ils se répandent dans par
écubiers 2
les soutes,
la calle, dans
entre les cloisons et le doublage 2 ou désormais sans soins
pour --- Page 215 ---
A SAINT-Doxixeur.
Tavenir, , sans plus s'embarasser 199
grifle de leur ennemi
de,la
du climat, ils
que de linilence
voguent,
au point de devenir le vivent, puillalent
et la terreur des
lléau des tarins
chats.
Un instinct soutenu
binaisons
par tant de comde
intelligentes, a quelque chose
ils trèsétonnant; ; mais la manière
se procurent les vivres les
dont
cals de la cargaison,
plus déliprenante
est bien plus surlettre
encore. Je terminerai ma
par un fait queje tire d'un ancien
voyageur.
( On s'appercevait
tems qu'il manquait depuis quelqué
ceufs dans un baril
tous les jours des
et
où on les avait
qui était renfermé
serrés,
sous clef. Six
sonnes, au nombre desquelles
percommandant du
était le
cune
vaissean 2 firent chapercer 2 avec une vrille de char.
pentier, la cloison du réduit'ou
renfermés les. ceufs, et voici
étaient
avons vu >.
ce que nous
( Trois gros rats qui se sont
du baril où étaient les
approchés
ceufs. Ce baril --- Page 216 ---
YOrA G E
est à demi vide. L'un est descendu
dans, un autre s'est mis
deet P'autre estresté
sur le bord,,
n'avons
enbas en dehors. Nous
point vu celui qui était dans le
baril; mais, un moment
qui était au haut
après, >' celui
chose
a paru tenir quelque
en se retirant du dedans où il
s'était baissé. Celui qui était resté
dehors,a monté sur lcs cercles,
en
puyé sur les pattes de derrière ct, apÉlevé, et a pris dans sa
, s'est
que chose
gucule ce quelen hant que celui qui était sur le bord
lâché tenait. Celui-ci, après lui avoir
prise 2 a replongé dans le
a encore tiré à lui
baril, et
a été aussi repris quelque chose 7 qui
les cercles
par celui qui était sur
en debors. On a pour lors
reconnu que c'était la
et, à la troisième tirade queue d'un rat,
a paru tenant
2 le rat voleur
L
le dos
entre ses pattes u1 ceuf,
appuyécontre le dedans du
et la tête en bas. Ses deux
baril,
l'ont mis en équilibre
camarades
sur le dos
sur le bord du baril. Celui
appuyé
bas la repris
la
qui était en
par queue, et celui qui
en debors. On a pour lors
reconnu que c'était la
et, à la troisième tirade queue d'un rat,
a paru tenant
2 le rat voleur
L
le dos
entre ses pattes u1 ceuf,
appuyécontre le dedans du
et la tête en bas. Ses deux
baril,
l'ont mis en équilibre
camarades
sur le dos
sur le bord du baril. Celui
appuyé
bas la repris
la
qui était en
par queue, et celui qui --- Page 217 ---
A
SAINT-DOxINGU UE.
était en haut le retenait
20I
et Pun et
par une oreille,
l'autre, le souienant etle
doisant, par les deux
concendant
extrémtés, et despeu-à-peu, et de cerele
cercle,ils Pont doucement
cn
toujours sur le dos
mis abas, lui
dit, Posé sur son , lauf, comme j'ai
pattes. Ils Pont ainsi ventre entre ses quatre
un vide, entre la
trainé jusques sous
du, vaisseau
cloison et le
où nous les avons doublage
vue (1) >.
perdu de
Ce qui m'eut pour le moins
téressé que le
autant inTouf, c'est, spectacle de la capture de
du se faire le Monsieur, 2 la manière donta
partage.
nous être certain qu'il Toujours pouvonsni contestations
n'aura occasionné
ni voies de fait entre des
conquérans égaux en droits et en
sance.
puisIl est du reste
les Tats se
incroyable à quel point
multiplient dans les
ges de mer. Je me
longs voyarappelle qu'à mon re-
(r) Journal d'un
tales, tome 2.
royage aux Indes Orien- --- Page 218 ---
V O Y A G E
tour du
chats
2 les
Cae-dcloemneEipimee
n'osaient plus descendre dans l'en--
tre-pont. Quoique 2 à force de surveillance et de pièges, nous
détruire
parvinssions à en
beaucoup, 2 tous nos efforts ne
balançaient pas la crue
leur population.
journalière de
Lorsque les choses
sont à ce point, - 2 il ne reste d'autre en
source 2 pour en purger le navire resdele décharger
2 que
jusqu'au lest,
est arrivé au port, de bien fermer lorsquelon
les
à
toutes
à fond écoutilles;, de
une près, 2 et de faire,
calle,avec dela paille
nn feu dont la fumée les force à humide,
leurs retraites, et à gagner lécoutille quitter
verte, où ils arrivent à moitié
ouoù l'on assomme
ivres , et
vent
tous ceux qui ne troupas le moyen de se jeter à la mer. --- Page 219 ---
A
SAIXT-DONINGUE
LETTRE XVIIL
Au Désert. Nopembre, 178g.
Vousanria,
de la vie
Monsieur, une fansseidée
siez
que je mène ici 2 si vous
que mes travaux se bornent à la penveillance de la basse-conr
surcolombier, à la culture 2 au soin du
du jardin, à la
surintendance de la cuisine, età la maind'oeuvre de la marcarerie. J'ai
mon
étendu
-contribuer département sur tout ce qui
à embellir à
peut
solitude.
2 égayer notre
Maj première
dans une étendue entreprise a étéd d'élargir,
pas, , le chemin de quatre à cinq cents
voirune
qui conduitici, afin d'avail, promenade de plein-pied. Ce traque j'ai faitseul et avec T'activité
singulièrement
si
extérieur
contrastante avec mon
2 m'a colité d'autant.
fatigues, qu'il me fallait
plus de
vif, et déplacer
couper dans le
plusieurs blocs considé.
.
2 égayer notre
Maj première
dans une étendue entreprise a étéd d'élargir,
pas, , le chemin de quatre à cinq cents
voirune
qui conduitici, afin d'avail, promenade de plein-pied. Ce traque j'ai faitseul et avec T'activité
singulièrement
si
extérieur
contrastante avec mon
2 m'a colité d'autant.
fatigues, qu'il me fallait
plus de
vif, et déplacer
couper dans le
plusieurs blocs considé. --- Page 220 ---
VorAG G K
rables de rocher, sans autre
celui d'une
secours quie
dont
mauvaisehoue, et d'un levier;
Tusage m'al bien appris à calculerles
forces.
Lorsqu'après delongs
venu à ammener et à effortsiétais parces masses sur le bord de suspendre la
une de
pellismadamedeto",
ravine,Tapcipiter. D'un
pour la voir précoupdep piedjela mettais en
mouvement, , et je Jui disais :
comme ce grand disgracié entraîne regardez
Juidans sa chatelesfaibles
avec
avaient attaché leurs racines arbrisenusqui à
nous avons quelques
ses pieds: :
ailleurs.
foisvalamémechose
Deux
fontaines, - T'une au fond du demicercle danslequel létablissement
fermé, T'antre à
est renbarrière
gauche en dehors de la
par laquelle on y entre, donnent
naissance à deux ruisseaux, dont le
mier, après quelques détours, formait prepetit marais d'out il resortait
un
pant à angle droit et minant le 2 en coupour se jeter dans le ravin. Lautre, chemin,
en échappant à sa source, occasionnait tout --- Page 221 ---
A
tzn
SAIxT-Dowrkeex.
lieu second du cloaque, en s'infiltrant au mimême chemin où il se
Mon premier soin fut de
perdait.
fossé d'une largeur
creuser un
lune du premier proportionnée au VClongueur du marais, ruisseau, dans toute la
ration, se trouva qui, par cetle opérie charmante, changée en une praiextirpant les que j'embellis encore en
qui la
plantes rudes et grossières
des déparaient, pour leur
plants d'ananas, dont la substituer
prée et divergente
gerbe pourbelle ponime d'or, , surmontée dune
ronne de verdure, que termine une coucoration.
est une véritable déJ'avais conçu un projetambitieux
Texécution daquel il fallait
pour
dre les deux ruisseaux
d'abord joinrais. Cette
à la sortie du mamon plan offrait jonction opérée, le reste de
encore de terribles
ficultés, mais
dif
tables. La crainte belonweretpetimentr
d'échouer et
desurprendre, mef firent
l'espoir
garderle silence.
Silélévation des fontaines
grande facilité
donnaitune
pour lécoulement des
ambitieux
Texécution daquel il fallait
pour
dre les deux ruisseaux
d'abord joinrais. Cette
à la sortie du mamon plan offrait jonction opérée, le reste de
encore de terribles
ficultés, mais
dif
tables. La crainte belonweretpetimentr
d'échouer et
desurprendre, mef firent
l'espoir
garderle silence.
Silélévation des fontaines
grande facilité
donnaitune
pour lécoulement des --- Page 222 ---
2c6
VOrAG E
eaux, le sol haché et poreux à
lequel il fallait les condaire, travers
des obstacles
présentait
effrayans à vaincre, Je les
vainquis tous à force d'essais, de
vérance et d'industrie ; ils
persémémne-Troceasion de
devinrent
quelques
mens auxquels je n'avais d'abord embellissesongé, en me donnant la facilité de pas
nager quelques cascades,et si
medes principes les
l'ignorance
plussimples
lique me fit faire bien des fautes, delhydranfaute
chaque
m'apprenait à en éviterune
c'est ainsi que se forma l'art.
autre:
Au bout de huit jours, les deux
seaux réunis et guidés à travers le ruismin par un canal solide et
cheT'aide de quelques
régulier, à
ties et comme
pierres plates assujévin, formèrent, suspendues au bord du rasous un dôme de
taillé dans un. massif de
verdure,
chiite-qui,
bambous, 2 une
jointe au muriure des cascatilles, rompant enfin et pour
lc long silence de notre solitude, toujours
tout-à-coup
frappa
les échos d'étonnement et de joie, et
qui la répétaient, et madame --- Page 223 ---
A
de
SAINR-DONIREUE
L à laquelle javais voulu 207
ger cette
ménasance. surprise, , ou plutôt cette jouisC'est là que nous passons
de la journée, elle à
une partie
Jire, sa filleà barbotter travailler, moi à
avec sa chemise
dans leruisseau,
sein de la nature, pour tout vêtement, au
de
Pamitié, Cette vie, Finnocence, et de
laisse
occupée et
pas,
paisible,ne
charmes, toute Monsieur, que d'avoir ses
paraître après insipide qu'elle doit vous
ailleurs. Il
celle que j'ai menée
voûte de y a loin, sans doute, de la
bambous sous
pose, au plafond doré, laquelle je relambris de
aux magniques
n'aguères dans Fappartement le
que j'occupais
compter les brillans palais des Rois, sans
imagination
tableaux dont mon
tout cela a tapissait alors ma carrière...
péri dans un
en perdant jusqu'à
nanfrage; mais,
servé un bien
Tespérance, jai conde ce qui me impérissable; reste.
l'art dejouir
En attendant qu'une suite de
que je ne puis exécuter
travaux,
qu'insensible-
bris de
aux magniques
n'aguères dans Fappartement le
que j'occupais
compter les brillans palais des Rois, sans
imagination
tableaux dont mon
tout cela a tapissait alors ma carrière...
péri dans un
en perdant jusqu'à
nanfrage; mais,
servé un bien
Tespérance, jai conde ce qui me impérissable; reste.
l'art dejouir
En attendant qu'une suite de
que je ne puis exécuter
travaux,
qu'insensible- --- Page 224 ---
V.o Y A G E
ment, me permette d'ajonter à ce qui
est fait les embellissemens de détail dont
le local est susceptible, j'ai planté, à la
suite du jardin, une allée d'avocatiers,
prolongera son ombre jusques sur le
qui
chemin. Le revers du côteau qui porte
les cases à nègres, et au pied duquel est
située la prairie, 1 n'offre aujourd'hui que
quelques cafliers languissans, , quelques
arbres clair-semés. J'en augmenterai le
nombre, je le couvrirai d'arbustes et de
buissons, tels que le pimentier verd et
le grenadier, le citronier, lodo:
rouge, rant acacia. Le noir sapin y contrastera
le franchipanier rose et blanc; à
avec
dont la tige,
côté du charmant papayet,
légére et moins ambitieuse que la
plus
colonne du palmiste, gagne en grâces
Poeil
en majesté lorsque
ce qu'elle perd
la compare à celle de son majestueux
rival, brillera la reine des fleurs, et la
la rose. Au lieu
a
fleur de tous les climats,
-
du chemin roide et raboteux par lequel
descendent à Phabitation, un
les nègres
sentier large et doux parcourra ce bocage 2
et,
légére et moins ambitieuse que la
plus
colonne du palmiste, gagne en grâces
Poeil
en majesté lorsque
ce qu'elle perd
la compare à celle de son majestueux
rival, brillera la reine des fleurs, et la
la rose. Au lieu
a
fleur de tous les climats,
-
du chemin roide et raboteux par lequel
descendent à Phabitation, un
les nègres
sentier large et doux parcourra ce bocage 2 --- Page 225 ---
A
cage, où
Sarr-Downseee
les lianes,
2og
suspendront leurs. dirigées avec art,
branches de
. touffes colorées aux
Poranger, du
Facajou, du calebassier, sampale, de
si le riche
du canificier; et
européen
de sa fortune à voir consacre une partie
jardins
dégénérer dans SCS
letulipier ouler magnolia del
rique > pourquoi ne
lAmé.
sentiment plus actif satisferai-je et
pas un
celui de la curiosité,
plus doux que
quelques arbres de en naturalisant ici
vous,
mon pays? GroyezMonsieur, que
sentiment moins
Téprouverais un
vif, en retrouvant à
Saint-Domingue le tremble
leau de nos bois,
ou le boujeune Potaveri,
que le fût celui du
des arbres d'O-Taiti en"revoyant en France
Si
(1)?
dont l'expérience à
de ses
peine un sur mille prédécesseurs,
réaliser assez de fortune
parvenait à
rir infirme et vieux
pour aller moupas été une leçon dans-sa patrie, n'eût
perdue pour le predes (I) Voyez la fin du chant second
Jardias,par M, Delisle,
du poëme
--- Page 226 ---
Vo Y A G E
ici ses tabernacles; $1 la
mnier qui planta
sotise de sacrifier des plaisirs réels et présens à T'ambition de se procurer un jour
incertaines et factices,
des jouissances honnête homme le deeût permis à cet
d'intelligence nécessaire pour savoir
gré le besoin de faire fortune n'exclut
que
celui de vivre heureux: en
pas tonjours
d'enattendant qu'on lait faite; au lieu
terrer sa case dans le trou oùt elle est
aujourdhui, il l'eût bâtie sur le plateau
Pon trouve à droite en sortant de
que
Phabitation.
C'est le but ordinaire de nos promej'ai rendu le chemin
nades depuis que
praticable. Lià, un horizon également
étendu, varié, rompu par des masses de
rochers, Oul des sommets de montagnes,
offre à gauche la baie de Jacmel en
plein, les gorges ténébreuses du vallon
de.ses
de la Gosseline, quelques-unes
-
et la montagne
-
habitations, , un torrent,
de la Selle; à droite, un des quartiers) sles
plus cultivés de Tisle, des mornes moins
apres, de larges vallécs, des rivières qui
étendu, varié, rompu par des masses de
rochers, Oul des sommets de montagnes,
offre à gauche la baie de Jacmel en
plein, les gorges ténébreuses du vallon
de.ses
de la Gosseline, quelques-unes
-
et la montagne
-
habitations, , un torrent,
de la Selle; à droite, un des quartiers) sles
plus cultivés de Tisle, des mornes moins
apres, de larges vallécs, des rivières qui --- Page 227 ---
A
2II
SasrDowiseut
serpentent, des établisemens
ches, plus
plus rifréquens, et enfin la mer
Léogane et l'isle de la Gonave.
de
Voilà le terme de nos
de nos regrets, celui de courses, l'objet
nir. C'est-là
nos projets à vela nuit
que nous attendons souvent
fermer pour revenir à pas lents nous
dans notre tombean,
rensais-je hier au déclin du
Voyez, dide L*** combien
jour à madame
les
se plaignant de leur hommes, tout en
rien faire
existence, ne. savent
Voici la pour l'étendre et T'embellir.
plus belle des
ot les larmes du
heures, c'est celle
couler avec sa malbeureux cessent de
embrâsé
sueur , où le ciel moins
permet de
pur et plus frais. respirer un air plus
n'est-elle frappée Pourquoi mon oreille
cord de cette
que du cri aigre et disdu
troupe de
croassement. de l'immonde perroquets, ou
qui gémit au fond del la
crapeau
la cloche de
ravine? Pourquoi
Langelus
pas, dans chaque
n'anmonce-t-elle
amènele repos? habitation, que la nuit
du chien fidèle Pourquoi les aboiemens
ne m'avertisent-ils
pas
14 * --- Page 228 ---
Vor AG E
que je puis dormir en paix sur la foi
sa vigilance?
dé
Pourquoi, au lieu de cette
voix isolée qui fuit et se perd dans les ténebres, aulien du sourd et monotone
tom que ce nègre
tomproduit en
un corps sans résonnance,n frappant sur
le son du
n'entens-je pas
galoubet ou de la flite champêtre se marier à la voix juste et douce
des négresses, et marquer les
de cette troupe
pas légersd'esclaves,
oublient
en
qui
dansant etles travaux du jour, et ceux
qui les attendent à leur réveil?
-
Tout cela
/
sont des
disent les
balivernes, 2 vous
gens sages qui ont leurs entrailles dans leur gousset, et leursl
oreilles encore
longues
plus près de
de la tête ! Nous
Tesprit que
sommes venus à SaintDomingue pour y faire fortune, et non
pour voir sauter des nègres,on entendre
rouler des cascades. La prévoyance
ordonne de vivre, non pour le
nous
inais pour l'avenir.
présent,
Eh bien! gardez, prudens économes
de Pavenir, gardez,
votre
pour en couronner
cercueil, le peu de fleurs dont vous
oreilles encore
longues
plus près de
de la tête ! Nous
Tesprit que
sommes venus à SaintDomingue pour y faire fortune, et non
pour voir sauter des nègres,on entendre
rouler des cascades. La prévoyance
ordonne de vivre, non pour le
nous
inais pour l'avenir.
présent,
Eh bien! gardez, prudens économes
de Pavenir, gardez,
votre
pour en couronner
cercueil, le peu de fleurs dont vous --- Page 229 ---
A
SAwr-Doniseug
pourriez semer votre
que des revers, trop scarriere.3lais,lore
auront réduits
fréquens ici, nous
des consolations vous et moi à chercher
mnesses de la ailleurs que dans les promoins
fortune, ne venez pas du
difs et empoisonner, par VOS regrets tarjai
superflus 2 des
SuL rendre
jouissances que
prices,
indépendantes de ses caEt que l'on n'aille
m'opposer le
pas, Monsieur,
par la mauvaise sophisme Si souvent rebattu
à notre bonheur foi, qu'il est indifférent
dans le
de jouir dans le passé,
je
présent, ou dans Favenir,
répondrai que l'une de ces
car
n'exgluant nécossairement
manières
autres, rien ne
aucune des
jouissances du m'empêche d'allier les
du
présent avec les
passé 2 ou les
souvenirs
C Quelle misère, espérances de Tavenir.
quelle
que notre opulence, profonde misère
moderne, quand elle s'écrie un voyageur
bles du
nous rend
>
bonheur'(a). Il en sera incapa-
(1) Leltres sur
toujoars
seconde partie, lettre quelgues parties de la Suisse,
II. --- Page 230 ---
VorAC E
de la cupidité.jamais
possède,
richedecequ'elle
toujours pauvre de ce
desire (1), et
qu'elle
que l'on nomme prévoyance, comme de l'avarice
qui se dé
guise en économie, et dont tout le mérite consiste dans P'art de vivre
pour mourir riche.
pauvre
En attendant que cette manie devienne
aussilanôtre, nous avons augmenténotre
basse-cour de quatre paires de pintades
grises etblanches,et de deux Hocos mâle
et femelle. Le premier de ces
la délicatesse de sa chair,
oiseaux,
voix de
sa vivaeité, sa
trompette, ses nombreuses couvées, tout cela vous est connu, et anime
singulièrement unchabitationl
parvient à l'y fixer (2).
lorsquel'on
Le Hoco, ou Oco,ou.Occo
(3),trans-
(1) L'ami des Hommes, tome
(2) Voyez une
I, chapitre I.
tres-exacte des
description très- détaillée et
dans le
diflérentes espèces de Pintades,
Recucil d'Observations
tome I, chapitre IO.
Curieuses, etc.
(3) On peut voir une description
plette de cet oiseau dans le Journal plus comdu Yayoge
(2).
lorsquel'on
Le Hoco, ou Oco,ou.Occo
(3),trans-
(1) L'ami des Hommes, tome
(2) Voyez une
I, chapitre I.
tres-exacte des
description très- détaillée et
dans le
diflérentes espèces de Pintades,
Recucil d'Observations
tome I, chapitre IO.
Curieuses, etc.
(3) On peut voir une description
plette de cet oiseau dans le Journal plus comdu Yayoge --- Page 231 ---
A SAINT-Dowixeur.
porté ici de
Mexique, Cayenne, et originaire du
avec un plumage d'un beau
noir, excepté l'estomac ot il est
et une huppe d'un beau
blanc, 2
fort, plus haut
Ic jaune, est plus
lier, mais d'une que telle paon, plus familet de deux
le lâcheté qu'un poubétise,
jours fait fuir, d'une telle
gueil, le quindépendemment Dindon
de son orà côté de lui. peut se croire un Aigle
Rien n'annonce
couple imbécile
que le
songe à se
n'y a pas de mal
la
perpétuer. Il
quelquefois
que race des sots soit
frappée de stérilité,
En relisant ma lettre, je
sieur, qu'elle est une
trouve, Monrapsodie. Pour lui véritable et longue
tère, je prendrai conserver ce caracmodité
occasion d'une incomdontje me suis défait en
tant à la manière du
me traidire un mot de ses maladies pays, pour vous
decine, et, avant
et de sa méveut que les
tout, sur le préjugé qui
gens d'une complexion faiJait à la mer du Sud apec. les
Raveuau de Lnsan,p page 41. Aubustiers, , par --- Page 232 ---
Vox A G E
ble et délicate résistent mieux
d'une constitution
que ceux
robuste, à
du climat. Mais,
Pinfluence
les
2 pourquoi cela? Parce
que
premicrs, sans cesse avertis du
danger, par leur faiblesse
même,se ménagent, et que les autres, pleins d'une
confiance aveugle dans leur
abusent. Il en est de cela
force, en
fortune: ce n'est
comme de la
pas l'économe médiocrité, c'est la prodigue opulence
ruine.
qui se
Sans doute que les
lieux et sanguins
tempéramens bileurs,
sont, ici plus qu'ailsujets aux nraladies
la fermentation des
produites par
sement des
humeurs ou l'épuifluides, qui amène
vrissement du sang. Mais la nature Tappaule remède à côté du mal. On
a placé
dans les pays très-chauds; mange peu
des acides en permet
Pabondance
mais modéré, Ils
Pusage habituel,
le
épurent et rafraicbissent
sang, ils divisent et facilitent l'évacuation des humeurs; et si les
mens
tempérasanguins sont plos assujétis
d'antres aux maladies
que
inllammutoires,
vrissement du sang. Mais la nature Tappaule remède à côté du mal. On
a placé
dans les pays très-chauds; mange peu
des acides en permet
Pabondance
mais modéré, Ils
Pusage habituel,
le
épurent et rafraicbissent
sang, ils divisent et facilitent l'évacuation des humeurs; et si les
mens
tempérasanguins sont plos assujétis
d'antres aux maladies
que
inllammutoires, --- Page 233 ---
'A SAIXT-DOMINGUE.
moins vite épuiils sont anssi beancoup
ainsi dire,
sés par une transpiration,l pour
savent
Ceux des colons qui
interrompue.
le climat press'assujétir au régime que très-avancé, surcrit, atteignent un âge
habitent les montagnes,
tout lorsqu'ils
la chaleur
parce que l'airy est plus pur, 2 fois acclimoins excessive, et qu'une
ici aucune des mamatés, on ne connait
dans Pabonladies qui ont leur source
des humeurs.
dance et T'engorgement
Si je dois en croire mon expériences subsil faut éviter les nourritures trop
et sur-tout T'abus des liqueurs
tantielles,
doute, nécessaire de
fortes. Il est, sans
d'humidité
rendre au sang ce qu'il perd
avoir
Mais, sans
la transpiration.
Cor-
. par
à la balance du docteur
recours
l'on ait appris à
naro, pour peu que
2 on connaîtra,
juger son tempérament. absorbe et ce qu'il
a-peu-près, ce qu'il
tems de mon
exige. Dans les premiers
je
séjour ici, un habitant chez lequel
vivais beaucoup , m'avait persuadé que
Pusage de l'eau pure y était infinimens --- Page 234 ---
VOYAG E
préférable à celui du vin; javais
ment adopté sa
pieusem'étant
méthode, jusqu'à ce que
apperçu que le nouveau docteur
Sangrado dérogeait
son principe lorsqu'il prodigiensement buvait
à
tres,j'aicomprise
chez les ausques'il proscrivaitlusage
mémemodérédu vin, cela ne devait s'entendre quede celui quel l'on eût
sa table, et je
pul boireà
repris mon
naire.
régime ordiL'action du moral sur le
nécessairement plus active physique,
mat ot l'influence
sous un clid'une circulation
rapide sur des sens dont la faiblesse plus
pose que peu de résistance, les
n'opfacilement, demande
exaspère
soin tout
que l'on évite avec
ce qui peut, en les
donner aux
irritant,
de force et organes une "surabondance
d'activité qui ne tarde pas à
fatiguer leur énergie.
C'est dans la siodigeneedecenalutine
précepte, qu'il faut chercher la
des épuisemens
cause
tuent de bonne rapides et précoces qui
un degré de
heure, ou réduisent àt
faiblesse, assez semblable à
exaspère
soin tout
que l'on évite avec
ce qui peut, en les
donner aux
irritant,
de force et organes une "surabondance
d'activité qui ne tarde pas à
fatiguer leur énergie.
C'est dans la siodigeneedecenalutine
précepte, qu'il faut chercher la
des épuisemens
cause
tuent de bonne rapides et précoces qui
un degré de
heure, ou réduisent àt
faiblesse, assez semblable à --- Page 235 ---
E. 219
A SATSE-DONISCUE
des
une partie
la mort ou à T'imbécilité,
habitans de Saint-Domingne. bains froids oul tièJe pense que des nourriture saine et
des tout au plus, une douces de tems
légère, des évacuations modéré, 2 2e des
à autres, un monvement à distraire qu'à
travaux plus propres,
tout ce que
sont a-peu-près
occuper 2
y conserver un peu
lon peut faire pour arrive à un certain
de santé, lorsqu'on y
Chaque colon est ordinairement dont la
âge.
pharmacie,
pourvu d'une petite rhubarbe composent
manne,les sels, la
de Jui-même le
le fonds. Le pays offre
dont une
tamarin et la feuille du cassier, d'une orange
simple infusion, avec lejus aussi bien que
amère, suffit pour purger
composée.
la potion la plus savamment
le
espèces de lianes produisent beauQuelques
mais il faut se méfer
même effet;
qui est anssi par fois
coup d'un purgatif;
Les
très-subtil et très-violent.
un poison
que trop bien celles
nègres ne connaissent
Leur malqui ont cette fatale propriété.
a fait
expérience, à cet égard,
heureuse --- Page 236 ---
VOYAG E
plus d'une Locuste dans un pays où les
moeurs publiques ne laissent nécessairement aucun enpire à la religion. --- Page 237 ---
A SAINE-DONISGUE
XIX
LETTRE
Au Désert. Décembre, 1789:
Jep
bien comme vous, Monsieur,
pense
des terres est un objet trop
que la culture
jetter un coupimportant pour ne pas
d'oeil sur celle de ce pays-ci.
je ne
la première en rang,
Quoique
de celle du sucre 2
vous parlerai point
à portée de la
parce que je ne suis point
dans tous
la connaitre
suivre assez pour seulement fait une quesses détails. J'ai
n'a trop su que rétion à laquelle on
pourquoi, travailpondre. J'ai demandé
la terre
obligé de sillonnerl
lant en plaine,
assez grand nombre de
et d'entretenir un ou de mulets, pour
boufs, de chevaux,
le transport
le charroi des cannes, pour
pas à
de la denrée, etc. on ne sillons préférait à lahoue;
Pusage de faire tracer les simple et plus exTusage infiniment plus
qui non-seupéditifde la charrue, usage le nombre
lement réduirait de beaucoup
'ai demandé
la terre
obligé de sillonnerl
lant en plaine,
assez grand nombre de
et d'entretenir un ou de mulets, pour
boufs, de chevaux,
le transport
le charroi des cannes, pour
pas à
de la denrée, etc. on ne sillons préférait à lahoue;
Pusage de faire tracer les simple et plus exTusage infiniment plus
qui non-seupéditifde la charrue, usage le nombre
lement réduirait de beaucoup --- Page 238 ---
VoxA G E
des nègres que cette culture exige aujourd'hui, mais produirait encore la double
économie d'un capital considérable
d'un mobilier très-cher,
et
souvent ruineux
parles vicissitudes auxquelles a
il est sujet,
puisque, à l'inverse de ce que l'on voit
ailleurs,1 la fortune du cultivateur
icib
repose
beaucoup plus sur ce mobilier même,
quesur le fonds qu'il fait valoir?
Je sais bien à qui la pensée d'uneinnovation d'autant plus
à substituer des bêtes Larbare,qu'elle à
tend
des hommes,
ferait jetter les hauts-cris. Mais,si
T'hunneur d'être sucrier,
j'avais
j'avoue
sourd aux réclamations du
que 3
xénete
généreux Proqui, en reconnaissance des nègres
que mes travaux détruisent, se
de peupler mon sérail de beautés charge Africaines, rien ne m'empécherait de faire
tous les essais que je croirais
à
fixer mes doutes sur les
propres
l'une ou de l'autre méthode. avantages de
Lehazard,laroutine, une intelligence
très-bornée, ont long-tems présidé à la
culture du café, qui ne date ici que de --- Page 239 ---
A SAINT-DoxtvoUE
de la destruction des ca1715, époque
depuis quelquet tems
caoyers. Ce n'est que d'entasser les pieds
qu'à Pancien usage
Tusage
des cafiers sans ordre, a succédé
raisonnable de donner aux plantaplus
celle du quintions une forme régulière, la plus avanta=
conce, sans contredit offre à l'air une cirgeuse, en ce qu'elle
égale, qu'elle
culation plus libre et plus
néceslaisse entre les plans la distance à l'auque Tun ne nuise point
saire pour
abrège et facilite
tre,enfin en ce qu'elle et les sarclages.
également et la récolte
de les étêter
méthode
à
Naajgnuresla
cinq pieds,alin
à la hauteur de quatre
concentrée
d'obtenir par une sève plus
grande
inférieure, une plus
dans la tige
n'abrège pas leur duquantité de fruit,
comparéeàprorée. C'estàl Texpérience (1); maismalnoncer sur cette' question
voudront plus de détails
(1) Les curieux qui lire, s'ils en ont la pasur le café, n'ont qu'à
tience :
Alpin, publié en1593.
1o, Le traitédeProspere
concentrée
d'obtenir par une sève plus
grande
inférieure, une plus
dans la tige
n'abrège pas leur duquantité de fruit,
comparéeàprorée. C'estàl Texpérience (1); maismalnoncer sur cette' question
voudront plus de détails
(1) Les curieux qui lire, s'ils en ont la pasur le café, n'ont qu'à
tience :
Alpin, publié en1593.
1o, Le traitédeProspere --- Page 240 ---
V 0 Y A G E
de la culture da
gré les imperfections
café, on estime qu'elle donne aujour29, Un autre Traié du m ême auteur, de la
médecine des Egyptiens.
3°.Les observations et les' notes de Veslingius,
en 1638.
Un troisième Traité de Fauste Nairon,
4°.
en 1671.
Traité de Philippe Silvestre
50. Un quatrième
Dufour, en 1684.
Nicolas de
60, Un cinquième Traité, par
Blégny, en 1687.
du
7°. Une lettre sur l'origine et les progrès
café, par Antoine Galland, en 1699.
Et enfn le Traité Historique de l'origine et
du café, que lon trouve à la suite
-
du progrès de PArabie Heureuse, imprimé en
d'un Voyage
1715.
Déselieux,
Ce fut, comme on sait, monsieur
général des Antilles françaises, qui
gouverneur
de cafier, et qui, dans
y porta le premier pied
de sacrifier la
une disette d'eau, eût le courage
moitié de la sienne à la conservalion de son précieux arbuste. L'espagnol Piétro Della Vela est
un de ceux qui a le plus' vaillament combattu
pour prouver que le Nepenthe d'Homère n'était
autre chose que du café. Sans doute que les dieux
ae le prenaient pas sans sucre.
d'hui
qui
gouverneur
de cafier, et qui, dans
y porta le premier pied
de sacrifier la
une disette d'eau, eût le courage
moitié de la sienne à la conservalion de son précieux arbuste. L'espagnol Piétro Della Vela est
un de ceux qui a le plus' vaillament combattu
pour prouver que le Nepenthe d'Homère n'était
autre chose que du café. Sans doute que les dieux
ae le prenaient pas sans sucre.
d'hui --- Page 241 ---
o25
A KArer-Dosrseue
connune, un produit de
dhui, annéc
80,000,000. culture Ia plus attrayante ponr
La
de y'enrichir que
Phomme moins jaloux
celle
pressé de jouir, est, sans contredit,
Elle est moins lucrative que
du coton.
moins atten--
elle se fait
les antres,mais moins de bras, moins
dre, elle demande
etc. àmoins de bâtimens,
de travaux,
lui convienpeu-près tous les terrains
celui
quoiqu'il y en ait, tel que
nent,
où il acquiert une qualité
des Gonaives, à redouter 1o. de cersupérieure. Il a
2°, des
tains vents qui brilent sa fleur;
la dévorent ; 3o, la concurpapillons qui
du Levant et delInde,
rence des cotons moins de vogue qui ifait
et enfin leplus ou
quelquedraps ou de ses
Letabermtitses
fois la manufactaredeses
toule cultivateur,
toiles, et décourage le débit d'une denrée
jours incertain suIT
toujourssire
dontla récolten'est pas
de Cotonier dans
() Voyez la description iles Malouines, 2
YHistoire d'un Voyage au
toue I 7 chupitre 5.
--- Page 242 ---
Vov A G E
des notions
Je: n'ai sur l'indigo que
très-vagues. Je ne connais point d'habitant qui le cultive, et j'ai vu quelques
habitations où Pon y a renoncé. Je vous
en ai dit la raison dans ma neuvième
lettre.
Jeur fraicheur, 2 la
Leur hauteur 2
beauté du fruit des cacaotiers ou cafont regretter au gens de goût
caoyers 7
renoncé à cette
que lon ait également
culture. Quant à la casse 2 au rocou, au
au bois de Brésil,
tabac, au gingembre,
à peine ces objets, qui étaient, il y a
cent ans, la principale et presque la seule
ressource de Saint-Douingue, y sontils
connus de nom 2 depuis que lony cultive
le coton, le sucre et le café.
On-a, Monsieur, établi au Cap-Franacadémie d'agriculture, à laçais une
des observations
quelle on doit une partie
utiles qui ont amélioré Part de la culture.
Mais réduite à donner des conseils et à
des essais que personne n'est
proposer.
ct
elle
tenté de faire à ses risques périls,
n'atteindra le but de son institulion que
sontils
connus de nom 2 depuis que lony cultive
le coton, le sucre et le café.
On-a, Monsieur, établi au Cap-Franacadémie d'agriculture, à laçais une
des observations
quelle on doit une partie
utiles qui ont amélioré Part de la culture.
Mais réduite à donner des conseils et à
des essais que personne n'est
proposer.
ct
elle
tenté de faire à ses risques périls,
n'atteindra le but de son institulion que --- Page 243 ---
A SAINT-DOxisoUr de
se chargera
lorsque le gouvernenent
cette dépense.
les progrès
C'est ainsi qpe,monobatant terres a fait ici depuis
que la culture des
encore un abus;
vingt ans, jy remarque dans les sarclages ,la
celui d'employer,
il arriveque
houe au lieu delamain;doà terres; ne tardent
lesruines, demeuréesen
tandis
pas à reproduire de nouveauxjets, l'attention
qu'en les arrachant, avec. herbes ne soient
de le faire avantque les
montées en graines 2 on parviendrait Cest, en
àen extirper T'espèce.
peut-être mauvais calcul que de préfégénéral, un méthodela plusexpéditive,
rertoujoursla
jamais regarder
vu que l'on ne peut qu'il fantrefaire
comme fait un ouvrage
sans cesse. Monsieur, seraitilà là-propos
Peut-étre, consacrât, sous le nom d'habix
que lon
un terrain particulier assez
tation dul Roi,
être susceptible
vaste 2 assez varié pour
de toutes les cultures. Là, Texpérienee;
chargéede
Unumneemnanatane
auraient de défees
rectifierait ce qu'elles
15.* --- Page 244 ---
V - O Y A G E
tueux, petfactonneraitce qui serait susceptible de létre, tenterait de
essais,etc.
nouveaux
On fait dans ce moment
riences de ce genre dans le quelquesexpé. jardin du Roi
au Port-au-Prince. Mais, . cer n'estni dans
un jardin, ni sur quelques plants isolés
que ces expériences peuvent se faire avec
un succès démontré. Les soins
homme intelligent et laborieux qu'un
à une plante nouvelle,
prodigue
faire
peuvent bicn la
prospérer sur un sol
a
que l'on soit autorisé à conclure unique, sans
exemplequesa
de cet
en
Acuhureneoudrademine
grand. Cette réflexion semble n'avoir
point échappé aux
qu'ils viennent
admninistratcurs,puis
de faire distribuer
sieurs plants de girofliers à
plubitans. Il a. péri chez les quelques haréussir chez
uns, je Pai vu
d'autres;l la question
donc douteuse
restera
fait
jusqu'à ce que l'on ait
en grand des expériences qui la décident.
On parle aussi de transplanter
tilles le
aux Anrima, 2 ou Tarbre-à-pain des isles
chappé aux
qu'ils viennent
admninistratcurs,puis
de faire distribuer
sieurs plants de girofliers à
plubitans. Il a. péri chez les quelques haréussir chez
uns, je Pai vu
d'autres;l la question
donc douteuse
restera
fait
jusqu'à ce que l'on ait
en grand des expériences qui la décident.
On parle aussi de transplanter
tilles le
aux Anrima, 2 ou Tarbre-à-pain des isles --- Page 245 ---
A
SAiNT-Doxiseus
du Sud (1). Maisy trouverade la mer
? Mais : résisterat-il le sol de sa patrie surtout au comt-il aux ouragans 5 et
le plus terplus dévastateur que
merce,
rible ouragan ?
vous avez déjà
Les connaissances que à celles que ma
jointes
sur ce pays-ei,
ont du
à pu y ajouter, existe
eorrespondance
qu'il n'y
vous faire comprendre
du
d'industric. Ce supplénent banni :
que peu de. tous les arts en a été
les
premier
dont voici
plusieurs raisons 7
par principales :
quatre
de goût des habitans pour
I°. Le pen des arts qui appartienles productions secondaire,
nent à cette classe bras qui produit
2,°, La rareté des
?
cherté de la main-douvre.
Pextrème
le com30, L'attention avec laquelle mênie
merce décrie, entrave, atténuer présente son intout ce qui pourrait moins nécessaire.
fluence, en le rendant
S
du Rima dans le
(1) Voyez la descriplion dat Sud, page. 187Nouveau Voyoge d la mer --- Page 246 ---
VOYA G E
4°. L'apathie qui, sous un ciel brûlant laisse ignorer aux hommes une
foule 2 de besoins dont la satisfaction 2 cn
devenant une,source de jonissance pour
le riche, ouvre une vaste carrière à lindustrie du pauvre.
Tousles meubles de nécessité, d'agrément 2 ou de luxe, sont apportés de
France tout faits, dans un pays quioffre
au menuisier, au tourneur, 2 à Pébéniste
les différentes espèces d'acajou, le mancenillier, etc. Le commerce achète ces
bois à vil prix, les fait travailler à bon
marché, et revend ici, à raison de six
francs, le même pied de planche qu'il
aachetésixsols." Vous conviendrez, Monsieur
c'est porter le droit de com-
> que
mission un peu haut.
Qwarrive-cildeli? Que parmi les habitans qui font ce que l'on appelle trèsimproprement un bois neuf,c c'est-à-dire,
qui abattent les arbres d'une certaine
étendue de pays pour en cultiver le sol,
infiniment peu usent de la précaution
d'extraire et de conserver les bois pré-
même pied de planche qu'il
aachetésixsols." Vous conviendrez, Monsieur
c'est porter le droit de com-
> que
mission un peu haut.
Qwarrive-cildeli? Que parmi les habitans qui font ce que l'on appelle trèsimproprement un bois neuf,c c'est-à-dire,
qui abattent les arbres d'une certaine
étendue de pays pour en cultiver le sol,
infiniment peu usent de la précaution
d'extraire et de conserver les bois pré- --- Page 247 ---
A SAIXT-DOwiNGUE aux flamavant de livrer Tabatis
cieux,
ainsi de véritables
mes, qui dévorent
trésors.
unetrès
On trouve à Saint-Doningne Il est donc à
belle espèce dc fougere. ferait du verre, qui
présumer que. l'on y
supérieure
d'une qualité
serait peut-être
les terres offriraient
à celui d'Europe ;
matière toute
de même à la patric une
et quant
nouvelle à mettre en oenvre, et Tétoursait combien la mal-adresse
on
augmente et renchérit
derie des nègres de ces deux objets de
la consommation
que l'innécessité, on déplore
essai
prémière n'ait ,encore fait aucun
dustrie
à un prix moins
pour se lès procurer
ruineux.
le pitre
n'a jusqu'ici su employer
et
- On
licols
les chevaux
qu'à faire des
pour blanc éblouissant,
les âncs. Son fil, d'un,
plus souple et
plus fort que le chanvre, les remplacemoins cassant que le crin, dans une partie
rait avantageusement de tissu et de corde auxdes ouvrages
ces deux matières.
quels on emploie --- Page 248 ---
VorA G E
Il se fait ici, mais en petité
deschapeaux
quantité,
delutanier, qui sont; plus 16gersquelesr
s'échauffer à
cotmctessamerecuense
Tardear du soleil, ou de se
corrompre en pompant tour-à-tour la
poussière et Phumidité, Il scrait donc
bon d'en élendre
riennent mieux Fusage, vu qu'ils conmoins chers
au climat 2 et seraient
etp plus durablesquele feutre.
Le
-
palma-christi, que les naturalistes
nomment ricinus Américanus
raibes carapat, et les
2 les Capillerilla, est
habitans du Pérou
fend
la
un arbuste dont on prédes que feuille, appliquée sur le sein
nourrices, provoque le lait.
quel degré de confiance
Jignore
à cette propriété,
on peut accorder
le fruit
mais il est certain que
ou la semence du
donne une huile fort douce palma-christi I
indépendamment des
7 laquelle,
quels
autres usages auxavec succès aux
memnns
enfans tourmentés de
colique, ou sujets aux convulsions
(1).
(1) Voici la façon de faire cette
fait cuire le fruit
huile: : C On
legérement, on lexpose deux
gré de confiance
Jignore
à cette propriété,
on peut accorder
le fruit
mais il est certain que
ou la semence du
donne une huile fort douce palma-christi I
indépendamment des
7 laquelle,
quels
autres usages auxavec succès aux
memnns
enfans tourmentés de
colique, ou sujets aux convulsions
(1).
(1) Voici la façon de faire cette
fait cuire le fruit
huile: : C On
legérement, on lexpose deux --- Page 249 ---
A
glier-Doxrxous.
mulâtresses font avec quelques
Les
Tananas, etc,
fruits,tels que le citron,
parce que
desconfitures assez gossières, réduisant au
la cherté du sucre rafiné les
pas de
à la mélasse, ne permet
sirop ou
de finesse et de
leur donner le degré
de
des liqueurs
bonté qui, à Pexemple
grande
leur assureraitune
la Martinique, débit rapide.
réputation ct un
métiers font ici
Un seul art et deux
à la.forles exercent
parvenir ceux qui
pas séduire
tune, lorsqu'ils ne se laissent habitans. L'un
T'ambition de devenir
; les
par
terrible de la médecine
€
est l'art
métiers de maçon 1 et celui
autres 2 les
sur-tout.
de charpentier
on le pile jusqu'à le
ou trois jours au soleil, cette pâte daus T'eau,
réduire en pâte; on délaye d'eau sur deux mesures
versant deux mesures on fait bouillir le tout.
de fruit qu'on a pilé, et On la tire avec une cuilQuant Thnile surnage, On lave ensuite le sélère, Ou par inclinalion. et T'on en tire encore ua
diment dans Teau, dtobservations curieuses, elc.
pen d'huile. Recueil
tome I, chapitre 21. --- Page 250 ---
Vor
AG E
Vous pensez bien,
faut chercher ni chezles Monsieur, qu'il ne
antres un certain
uns, ni chez les
telligence. Un
degréde savoir et d'inCôme,
ignorant disciple de Saintpetit chirurgien
être qu'an bien
denavire, ne peut
un pays où Part mauvais médecin, 2 dans
joigne une étude d'Esculape veutque l'on
tout-à-fait
des conaissances
nouvelle, et
dues,àu
botaniques très-étenune; pratique déjà très-exercée.
La
chose, maçonnerie se borne à si peu de
que ce
-
métier ne
-
les talens d'un
demande que
a
M. Cottin
manceuvre très-ordinaire.
en avait passé un de cette espèce dont toute la science
savoir
se bornait à
gâcher du mortier. II est
d'hui
aujour-
-
fait le propriétaire Monsieur de deux nègres s et
La
tout comme un autre,
lins construction des cases et des mouexige quelque chose de plus du charpentier.
Depuislouverture du
avec les
commerce
ici des
il arrive
EosttintadAméripe,
carcasses de maisons construites
avec plus de soin, et bien moins chères
que celle que l'on fait sur les lieux. Mais,
savoir
se bornait à
gâcher du mortier. II est
d'hui
aujour-
-
fait le propriétaire Monsieur de deux nègres s et
La
tout comme un autre,
lins construction des cases et des mouexige quelque chose de plus du charpentier.
Depuislouverture du
avec les
commerce
ici des
il arrive
EosttintadAméripe,
carcasses de maisons construites
avec plus de soin, et bien moins chères
que celle que l'on fait sur les lieux. Mais, --- Page 251 ---
A
SAIXT-DONiNeUE
ils'en faut de beancoup que Pon à
comme
des bois d'une qualité égale
y employe
je pense que cette
ceux de ce paysci, la préférence aux
considération assurera
concurrence
ouvriers français, dès quela
à mieux
les forcera à baisser de prix, et à dévetravailler leur matériaux 2
dans
lopper plus de goût et d'intelligence
la construction.
jel'ai pu, des déJsiahrégérautante quej n'aurais peuttailsinsipides etauxquelsje les
que
étrejamais songé sans
questions qu'auenn
faites. Sans doute
vous me
nécessairement un cerclimat n'exclut
mnais, placée entre
tain degré d'industrie;
dont elle
Tagriculture et le commerce, et le lien, il lui
le produit
est tonr-a-tour s'étendre et prospérer 2 un
faut , pour
et de liberté;
degré d'encouragethent fait que languir. L'insans lequel elle ne
du pauvre; 5:
dustrie est le seul patrimoine dans des bornes
l'orsqu'on Ja circonserit
ou on la
étroites 2 on Tanéantit,
trop
par des moyens illicites,
fueeasuppléer,
dont on la prive.
aux) retbarcenéegtine --- Page 252 ---
Vo Y A * E
LETTRE XX.
Au Désert. Jangier.
1790.
ILaut,
de deux Monsienr, vous rendre compte
même courses que j'ai faites dans la
semaine, L'une est une
un
visite à
habitant,Tautre une partie de chasse
ancochonamaron, ou sauvage,
peu qu'on laisse de liberté à car, pour
il
cet animal
domestique où il
2 échappe dans les bois,
reprend la forme,
s
caractère du
3 les moeurs, le
sanglier,
Monsieur Baudouin
>
nous partimes avant le Téconome, etz moi,
à trois lieues d'ici,
jour pour aller,
seline, dîner chez
au fond de la Gosbitant de ce
monsieur son père,1 baquartier.
Après
le chemin avoirquitté au pied des mornes
de Jacmel au Désert,
fimes obligés de
nous
et nos bas dans mnettre nos souliers
monter,
nos poches 7 et-de repieds nus 2 et l'espace d'une
lieue, la rivière, comme le chemin
le
ome, etz moi,
à trois lieues d'ici,
jour pour aller,
seline, dîner chez
au fond de la Gosbitant de ce
monsieur son père,1 baquartier.
Après
le chemin avoirquitté au pied des mornes
de Jacmel au Désert,
fimes obligés de
nous
et nos bas dans mnettre nos souliers
monter,
nos poches 7 et-de repieds nus 2 et l'espace d'une
lieue, la rivière, comme le chemin
le --- Page 253 ---
A SAANT-DOWINGUE
doux et le plus commode, quoique
plus
submergé dans quelques
lesable, à peine fois si bralant que nous
parties 2 fut par courir comme sur des
étions obliges d'y
charbons allumés. silencienses que nous traLes gorges
de nouvelles esversâmes m'offrirent d'arbustes., de plantes,
pèces darbres,
celui
et de fleurs. Parmi les premiers,
le plus fut le mapou >
qui me frappa
de tous les -
contredit le plus gros
sans
comme j'en doute, et comme
arbres, si,
de Lussan,il est vrai que
le dit Ravenau
d'un seul tronc
firent,
ses compagnons
jusqu'à
un canot qui portait
de mapou,
quatre vingts homes (1).
qu'une
Quelle que soit la résistance du vent,
à T'action
pareille masse oppose le dernier ouj'en vis un déraciné par
toutefois si
ragan. On se tromperait force de ces vents
Ton voulait juger dela
à terre.
taille desarbres squilsjetenta (
qui
parlat
je n'ai trouvé à Phumus
Nulle part
Sud,
Journal du FoyogeJait à la mer du
(:)
etc., page 95. --- Page 254 ---
VOTAC E
recouvre le fond de
roche, de sable, de
coquillage,ou de pierre àchaux des SaintDomingue 2 plus de deux à trois
de profondeur. Aussi
pieds
plus
les racines des
gros arbres 2 au lieu de
de se diriger
pivoter ou
elles toutes dans diagonalement 2 courent
une direction tellement
horizontale, qu'elles
partie à découvert rampent en grande
terre. Ce
sur la surface de la
qui les distingue encore des
espèces de nos. climats
tige droite et lisse
> c'est que leur
des branches
ne commence à pousser
que vers le
tout au plas aux deux tiers sommet, ou
teur, de sorte
de leur hauqui
que, sans les sous-bois
garnissent les invervales,
une forêt
ressemblerait.ici à un vaste amas de
lonnes
COsupportant un dôme de verdure.
une grande
Bntuepetaeucent
différence entre la crête et le talus des
montagnes, et le fond des
plaines. On ne se fait
gorges ou les
qui couvrent les
jour dans les bois
à la main;
hauteurs que la hache
; on parcourt les autres sans
rencontrer que peu ou point d'obstacles,
garnissent les invervales,
une forêt
ressemblerait.ici à un vaste amas de
lonnes
COsupportant un dôme de verdure.
une grande
Bntuepetaeucent
différence entre la crête et le talus des
montagnes, et le fond des
plaines. On ne se fait
gorges ou les
qui couvrent les
jour dans les bois
à la main;
hauteurs que la hache
; on parcourt les autres sans
rencontrer que peu ou point d'obstacles, --- Page 255 ---
A SAIT-Dowisovs.
différence de végétalion aussi sen-.
Une
distances si rapprochées, prosible à des
tres-agréable dans les
duit une variété lieu. L'un est le séjour
parties où elle a
Pautre est
sauvage 9
de la misanthropic mélancolie. Cette
Tasyle de la douce
semble, que
différence prouve , ce me d'élévation,
Texposition, les divers degrés
dusol sur-tontinfluent, pour
et la nature
la latitude sur le
le moins, autant que de la terre. C'est
genre des productions assez étudié ccttc copour n'avoir point
locales que Pon
operation des causes chez ceux des satrouve tant d'erreurs
les obserjaloux de ramener
vans qui,
un prinvations les plus scontradictoiresàt reconnaître
e,s'obatinent à ne
cipe unique,
végétacause à la ditlérence,de
d'autre
du climat. Qu'ilsnous
tion, quelinfluence
le royaume
disent donc alors pourquoi
des
qui n'est séparé
de Cachemire 2 de l'Asie que par une
autres contrées
diffère, cepenceinture de montagnes, 2
de
elles, par les productions
dant avec
le voyageur croita
son sol, au point que --- Page 256 ---
$4b
VOYAG E
enyarrivant, se retrouver dans sa patrie;
pourquoi dans la partie de la Corée,
située, comme la province de TIsle de
France, par. 45 degrés de latitude, Phiver
est déjà si rigourenx dès le commencement du mois de septembre 2 que l'on
est obligé d'y prendre des pelisses? Qu'ils
nous disent pourquoi à Astracan 2 qui
n'est que par le 470., le froid est tel
pendant deux mois de l'année, 2 le
que
les traîneaux les plus forteVolga porte
ment chargés Qu'ils nous disentpourquoi à Quito, staceinaméliatement sous
la ligne, le froid et le chaud y sont teltoute
lement tempérés 2 que, pendant
l'année, les arbres ne cessent d'étre alternativement chargés de fruits, de fenilles
et de fleurs (2). Enfin 2 pourquoi ; au té-
(1) Chantreau, Voyage en Russie, tome I, chapitre 15. citerai
les trois exemples suivans
a
(2)Je ne
que secondaires. C Le vent
-
de l'influence des causes
qui pendant iout l'hiver vient du Nord et passe
sur les terres glacées de la nourelle Zemble:
seud le pays arrosé par TOby et loute la Sybérie
moignage
ement chargés de fruits, de fenilles
et de fleurs (2). Enfin 2 pourquoi ; au té-
(1) Chantreau, Voyage en Russie, tome I, chapitre 15. citerai
les trois exemples suivans
a
(2)Je ne
que secondaires. C Le vent
-
de l'influence des causes
qui pendant iout l'hiver vient du Nord et passe
sur les terres glacées de la nourelle Zemble:
seud le pays arrosé par TOby et loute la Sybérie
moignage --- Page 257 ---
A
SAIXT-DexiNGUE
de Zarate, la difmoignage d'Augustin
de l'air est siférence de la température
Tobolsk même, qui està 57 degrés,
si froids qu'à
fruitiers,tandis qu'en Saède,
iln'y a point d'arbres même à de plus hautes latitudes,
à Stockholm, et
et des légumes. Celte
on a des arbres fruitiers comme on T'a crà, de
différence ne vient pas, est moins froide que
ce que la mer de Laponie
la terre de la
celle du détroit, , ou de ce que celle de la Lanouvelle Zemble T'est plus que
la mer Balde ce que
ponie, mais uniquement Bothnie adoucissent un peu
tique et le golfe de
au lieu qu'en
des vents de Nord,
la rigueur
tempérer Tactivité
Sybérie il n'y ai rien qui puisse Naturelle, tome 2.
Histoire
du froid >. Bufon, d'Athènes et sur-tout son
la ville
C Quoique
leur posilion sur le globe
territoirer répondent par de TEspagne, cepen-.
aux parlies méridionales de cet air si doux et
dant, on ny a jamais joui les habitans du royaume
si tempéré que respirent
de Valence.
le continent de la Grèce, 1 les
En général, 2 dans
et les étés d'une chahivers sont tres-rigoureux existe un rapport désans quil y
leur excessive,
des saisons et jélévation
terminé entre la nature
lieux >: Redu pôle ou la latitude respecivedes tome 1,5x
phitosoghiques sur les Grecs,
cherches
--- Page 258 ---
VOxAG E
grande ati Pérou d'un lieu à un autre 1
qu'il arrive souvent que les gens qui sont
la
souffrent 1 un froid
sur
montagne y
extrême, 2 et qu'il y gèle et neige bien
fort, pendant que ceux qui sont dans la
plaine, à deux lieues de-là seulement,
cherchent des remèdes contre la grande
et excessive chaleur (1). Convenons 2
Monsieur, qu'une vaste lecture et la vie
sédentaire font bien des faux savans..
Je suis convaincu que, malgré les travaux et les recherches de quelqués botanistes français 3 il n'y a pas encore une
seule branche de Thistoire naturelle de
absolument sur les degrés de
x Cc n'est pas
de froid et de chaud
latitude qu'on doit juger ceux
d'un pays. La nature du sol, la position des monplusicurs causes externes influent teltagnes,.ct la
quele froid est souvent
lement sur teinpérature,
plus vifet plus long en Piémont, dans le Milanais
et dans la partie Septentrionale de TItalie, qu'en
France >. Voyage en Ilalie 2 par M. Duclos,
page 5.
Hisloire de la découperle et de la conquéle
du (1) Pérou, tome 2, livre 7, chapitre 6.
d'un pays. La nature du sol, la position des monplusicurs causes externes influent teltagnes,.ct la
quele froid est souvent
lement sur teinpérature,
plus vifet plus long en Piémont, dans le Milanais
et dans la partie Septentrionale de TItalie, qu'en
France >. Voyage en Ilalie 2 par M. Duclos,
page 5.
Hisloire de la découperle et de la conquéle
du (1) Pérou, tome 2, livre 7, chapitre 6. --- Page 259 ---
A SAINT-Dowisour
parfaitement connue.
Saint-Domingue naturaliste voyageur, 2
Ce ne sera ni un curieux qui la completteni un habitant
bientôt de santé,
teront. L'un manquera
Pantren'aura
et de tems ;
dep persévérance
nil Pusage, ni la pasni lés connaissances, d'élude exige. Cette
sion que ce genre réservée au gouvernegloire utile serait cela d'autre intérêt
ment, et n'eut-il en
, il aucelui d'étendre son inflnence,
que
bien simple d'y parvenir
rait un moyen
d'une habitation du
par Tétablissement
et rassemRoi, oùl l'on transplanterait toutes celles des
blerait successivement du règne végétal
indigènes
productions
d'être connues 2 pour
qui mériteraient leur beauté, ou les proleur rareté, , ou
ajouterait
priétés dont la connaissance
découvertes à la botanique,
de nouvelles
si nécessaire à la
si utile à la chimie,
médecine.
rendus à Phabitation de
Nous fûmes
vers neuf heures.
monsieur Baudouin attendus, nous trouComme nous étions
et ce secours,
vâmes le déjeuné prêt,
16 * --- Page 260 ---
VOYA G E
très-nécessaire à un homme qui, pour
la première fois de sa vie, venait de
faire trois lieues pieds nus 1 arrivait trèsà-propos.
Je trouvai dans monsieur et madame
Baudouin des gens d'un excellent sens
et dont la conversation me fut très-instructive. Leur réception amicaleet franche,Taisance aveclaquelleil Ime firentles
honneurs de leur maison ; leur empressement à me la rendre agréable;la complaisance avec laquelle ils répondaient à
mes questions 2 à mes observations, à
mes critiques même 2 me rappellaient
l'ancienne bonhommie 2 la vieille hospitalité de Saint-Domingue.
Je parcourus leur habitation dans
toutes ses parties. Comme elle était sur
un pied différent de celles que j'avais vu
ailleurs, je demandais la raison de tout,
à l'amet je vis avec plaisir, qu'étrangers
bition d'aller mourir ailleurs que sur la
terre qui les avait nourris, Timperfection de quelques branches de la culture,
de quelques détails del'économie domes-
même 2 me rappellaient
l'ancienne bonhommie 2 la vieille hospitalité de Saint-Domingue.
Je parcourus leur habitation dans
toutes ses parties. Comme elle était sur
un pied différent de celles que j'avais vu
ailleurs, je demandais la raison de tout,
à l'amet je vis avec plaisir, qu'étrangers
bition d'aller mourir ailleurs que sur la
terre qui les avait nourris, Timperfection de quelques branches de la culture,
de quelques détails del'économie domes- --- Page 261 ---
I NG UE. 245
A SAINT-Do3
del la négligence
tiqne, prorensientinoined
de
que de la modération
des habitans,
de
vivre
leurs desirs. Nous avons
quoi Bauhonnêtement , me disait monsieur
vieillesse ponr
douin; ; tourmenteraijema queje n'ai jamais
me donner une aisance
besoin pour
connue, et dont je n'ai pas
bienlaisser quelque
vireheureux?ilfanutt
chose à faire à nos enfans.
L/habitation est située dans une gorge
trèsmais dans une position
assez étroite,
la première
Je vis là, pour
pittoresque.
un des plus
fois , le génipa ou sablier, Iltire son nom
beaux arbres des Antilles.
ne
dont aucune description
de son fruit,
idée
C'est
vous donner rune
juste.
pourrait
de sablièrd'une forme
en éffet un espèce
un dont je
J'en apporiai
très-agréable.
et dont je ne me
me sers aujourd'hui, vil que cette proservirai pas long-tems 2 machine a cela
duction 2 ce fruit, cette éclate et se brise
de particulier, qu'elle semblable à celle
avec une explosion moment où on s'y attend
d'un pétard; au
le moins. --- Page 262 ---
VoY A G E
La cause de cet effet singulier n'appartient point à T'usage d'y mettre du
comme le croyent quelques persable 2
de matusonnes, 2 mais à un certain degré
rité, puisqu'il a lieu même pendant que
à l'arbre.
le fruit est encore suspendu
Nous retournâmes au Désert par un
chemin différent , mais à peu-près de
la même manière que nous étions venus.
J'eus besoin de quelques jours de repos,
tant pour me remettre des fatigues de
de me préparer à
cette course 3 qu'afin
Téconome
la chasse d'un sanglier, dont
avait reconnu les allures, et auiquel il
avait tendu un piège dont il se promettait beaucoup de succès.
Lejour désigné pour cette expédition $
montai de - très bonne heure à lenje droit oût les nègres s'étaient rendus pour
le travail, afin de prendre avec moi mon
jaffectionne pour sa
ami Mazimbo, que
douceur de
gaité, sa bonne volonté 2 'la
et son attachement pour
son caractère,
hasard
Laoue. Un heureux
sa compagne
de sauver la vie à cette
m'ayant permis
piège dont il se promettait beaucoup de succès.
Lejour désigné pour cette expédition $
montai de - très bonne heure à lenje droit oût les nègres s'étaient rendus pour
le travail, afin de prendre avec moi mon
jaffectionne pour sa
ami Mazimbo, que
douceur de
gaité, sa bonne volonté 2 'la
et son attachement pour
son caractère,
hasard
Laoue. Un heureux
sa compagne
de sauver la vie à cette
m'ayant permis --- Page 263 ---
A
bonne
Sarsr-Dowrsees.
et intelligente
l'an et l'autre
négresse, ils en ont
qu'il ne tiendrait conçu un tel attachement,
réconnaissancc qu'à moi de porter leur
vouement,
jusqu'an plus aveugle déJe trouvai Mazimbo
manche de sa houe, fixant appuyé sur le
sifThorizon
d'an ccil
prêt à s'enflammer
penmiers rayons du jour.
des preMazimbo, lui dis-je? Que fais-tu là;
Pays moi ly là,
Que regardes-tn?
lc bras vers le soleil me dit-il, en étendant
quelques larmes ronler levant, et je vis
Pays moi ly là aussi, sur sa paupière.
T'espérance de le revoir pensai-je, mais jai
pauvre nègre, tu ne un jour, et toi,
tien - Sais-tu tirer, reverras jamais le
maitre, moi
Mazimbo ?- Oui,
là ta houe, connais, - Eh bien,
chasse.
2 et viens avec moi quittes à la
L'économe arriva sur ces
avec un second fusil dont entrefaites
zimbo, qui,
j'armai Made
transporté de cette
confiance, se tourne
preuve
Laoue qui lui sourit, fièrement vers
laisse couler 212 --- Page 264 ---
VoYA G E
regard de supériorité sur ses camarades
travaillans, et ne pense déjà plus ni au
soleil, ni à son pays.
Nous avions une bonne demie lieue à
faire dans une contrée hachée de précipices et couvertes de bois presque impénétrables, pour arriver au fond d'une
espèce d'abîme. Mazimbo, 2 le fusil en
bandouillière, la hache à la main, nous
précédait et nous débarrassait d'une partie de lianes qui obstruaient le chemin.
Nous allions marchant, sautant, ramGraces aux avis de
pant, ou glissant.
M. Baudouin, qui veillait sur ma marche, j'évitai plusieurs fois de me déchirer les mains en voulantme retenir à une
sortedebuisson qui porte une large épine
aussi tranchante qu'un rasoir.
Parvenus à lahauteur où nous devions
trouver l'énnemi, nous nous séparâmes
Penvironner et Passaillir à-la-fois.
pour
Mais, soit qu'il nous eutéventés,soitquil
fût alors occupé ailleurs, nous ne trouvâmesquel'empreiate encore fraiche deson
dans un endroit marécageux où il
corps
en voulantme retenir à une
sortedebuisson qui porte une large épine
aussi tranchante qu'un rasoir.
Parvenus à lahauteur où nous devions
trouver l'énnemi, nous nous séparâmes
Penvironner et Passaillir à-la-fois.
pour
Mais, soit qu'il nous eutéventés,soitquil
fût alors occupé ailleurs, nous ne trouvâmesquel'empreiate encore fraiche deson
dans un endroit marécageux où il
corps --- Page 265 ---
A
SAIXT-Doxiseuz
de Téconomes
s'était vautré. Le piège encore tendu. A
placé tout à côté, était des pinces, ce
par la largeur
cn juger doitêtre une bète monstrueuse.
sanglier
à la trace;
Nouslesuivimes quelquetems bois et le manque de
mais le fourré des
àlespérance
chiens nous firent renoncer
de le joindre. fut moins pénible, parce
Notre retour
et que les
le chemin était frayé,
à esque
rapides sont plus faciles
montagnes descendre.
calader qu'à
Monsieur, 2 le sanTuera qui voudra, Cet essai m'a, pourja
glier de Calydon. de la chasse de Saint-Domais, dégoité
le gibier se réduit au
mingue, où tout
sauvage, aul
cochon-marron, ,àla pintade et à quelramier qui ne fait que passer, la tourteautres oiseaux, tels que
de nos
ques à-peu-près de la grandeur bécassirelle,
commune, des
cailles, et assez
presque
assez rares, des perroquets
nes
Toiseau palmiste
impossibles à joindre,et
dont on vante Texcellence. le plus curieux de
Celui que je serais --- Page 266 ---
VOrAG E
me procurer, mort ou vif, serait
oiseau-mouche
un
que je guète depuis
tems; mais ce petit animal
longavec une telle rapidité,
tourbillonne
trême attention
que la plus CXsuffit à peine pour
percevoir, sans qu'il soit jamais
F'apde le
possible
distinguer, et encore moins de le
saisir au tiré.
Ily a encore ici quelques autres
ces d'oiseaux dont l'un est
espèles habitans, du
honoré, par
nom de rossignol, à
son d'un
rairamage assez doux; bien
rent de celui dont il
diffénemi du silence
usurpe le nom > enet de l'onibre, il ne se
perche que sur le sommet des
et ne chante que dans le milieu arbres, 2
C'est mal
du jour.
écouté.
prendre son tems pour êtreSije me suis fait une loi
de ne tirer aucun de ces
sévère
pagnons de notre solitude, aimables comche déclaré
j'ai en revanune guerre à mort aux couleuvres, que l'on prétend n'être
dangereuses
pas fort
2 mais qui n'en sont
moins des hôtesses
pas
deviendraient
désagréables, et qui
très-familières si on les to- --- Page 267 ---
A
SAINT-DoxrNeer 25F
lérait. Elles diffèrent de
puis la taille
grandeur decommune des nôtres,
qu'à un pied de diamètre. Cette jusest, dit-on, la plus rare etla moins espèce
faisante. Elle s'établit
maldans les
assez volontiers
de la magasins, où Pon n'est pas fâché
voir, en ce que mortelle ennemie
des rats, elle ne tarde pas à en
tous les lieux qu'elle
purger
fréquente.
Neer 25F
lérait. Elles diffèrent de
puis la taille
grandeur decommune des nôtres,
qu'à un pied de diamètre. Cette jusest, dit-on, la plus rare etla moins espèce
faisante. Elle s'établit
maldans les
assez volontiers
de la magasins, où Pon n'est pas fâché
voir, en ce que mortelle ennemie
des rats, elle ne tarde pas à en
tous les lieux qu'elle
purger
fréquente. --- Page 268 ---
VoraG E
LETTRE XXI
Au Désert. Février,
1790.
Iuyh,
Monsieur, des gens
suffit de mnettre le
auxquels il
étranger,
pied dans un pays
pour se croire
ver tout étrange.
obligés d'y troulaquelle des
De-lilesngérations avec
de
voyageurs parlent des pluies
ne Saint-Domingue, tombent
, qui, à les en croire,
fait
du ciel que par torrens. Le
estquiln'ly pleut guères que par
ges, et que ces soi-disantes
oran'ont rien qui les
cataractes
du même
distinguent des pluies
genre que l'on voit
La: nature qui parait suivreici par-tout.
beaucoup plus constant
un ordres
ble leur avoir
qu'ailleurs, semble, et lon n'a assigné nne époque invariaraison de
pas de peine à trouver la
cette dilférence,
sidère que la
quand on conproximité du grand
teur des saisons, doit
régulade la zône torride assujétir le climat
uniforme
à une marche plus
qu'elle ne peut Pêtre aux lieux --- Page 269 ---
A
oû soné
SAINT-DOEIRGUE
néoignementatténes son
comme l'ordre et la
influence,
vent del'antoritéda soumission qui dériPrince
s'alterent et se
tout-puisant,
son
corrompent à mesure
pouvoiragit à une distance
que
gnée de sa source.
plus éloiPresque toujours
tonnerre, les
accompagnées de
de quelques pluies ne durent jamais plus
de Fannée, heures; pendant une
elles sont
partie
rosées
supplées par des
Vous extraondinairemenl abondantes,
de la comprenez marche
aussi que ce que je dis
doit pas être entendu régulière des saisons, ne
rigoureux, Une
dans le sens le plus
sécheresse fatale
quelquefois le cultivatenr
désole
la saison humide,
pendant toute
juillet jusqu'en
c'est-id-dire, depuis
pluies extraordinaires octobre, tandis que des
l'époque de la sécheresse, provoquent, à
inattendue et ruineusc. 2 une végétation
toutes les parties du Tous les climats,
sujettes à
globe sont de même
quelques
moins rares aux loix exceptions plus ou
ture. Aucune latitude générales de la nane paraît soumise
cultivatenr
désole
la saison humide,
pendant toute
juillet jusqu'en
c'est-id-dire, depuis
pluies extraordinaires octobre, tandis que des
l'époque de la sécheresse, provoquent, à
inattendue et ruineusc. 2 une végétation
toutes les parties du Tous les climats,
sujettes à
globe sont de même
quelques
moins rares aux loix exceptions plus ou
ture. Aucune latitude générales de la nane paraît soumise --- Page 270 ---
VOrA G E
invariables que celle du
à des règles plus
ceDelta, où il ne pleut jamais en été;
pendant, en 1761, il y tomba une telle
quantité d'eau, que la plupart des villadont les maiges de la basse Egypte 2
fusons ne sont bâtics qu'en terre , y
ainsi dire 2 dissous par la
rent , pour
pluie (1). différence de T'humide au sec est
Cette
ici les saipresque la seule qui distingue
Comme le cours diurne du soleil
sons.
heures en deux
divise les vingt-quatre
de jour et de
parties à-peu-près égales
annuelle ne produit
nuit, sa révolution
insende même qu'une variété presque
sible dans la température. Je pense celes causes locales ont, à
pendant que influence tout aussi marcet égard, une
de rotation du
quée que le nyouvement
globe (2), c'est-à-dire, que la différence
(1) Voyage en Syrieet en igypte: parML.C.F.
Volney, tome I, chap. 4.
assertion, le cin-
(2) Voyez, à Teppeide cette
quième chapitre du Toyage cuteur du Monde, 7
Georges Anson, tom. 2; liv.2, Iere. parlie
par --- Page 271 ---
A
de climat
Saat-Dowrseee
tient aufant au local
saison; de sorte
qu'à la
la chaleur
que, dans les
sera plus sensible plaines,
qu'elle nel l'est en été dans les en hiver
tandis qu'ici les chaleurs de montagnes,
procheront
l'été se rapverdes
davantage des froids de
plaines, silon
Phyle degré de
peutappeller froid
respirer plus température à son
qui permet de
de prendre,
aise, ou, tout au plus,
un costume après le coucher du soleil,
etle pantalon moins léger que la chemise
pendant le
de toile dont on étoit vêtu
jour.
Je suis, Monsieur,
qu'ici,comme
très-porté à croire
hommes,
par-tout, les travaux
en dépouillant la terre
des
qui la couvraient, et
des bois
une évaporation
en provoquantainsi
ties salines,
extraordinaire des paraqueuses et
nourrissent la
métalliques qui
végétation et servent à
développer une plus grande
germes 7 ont ,
quantité de
altéré son
nonseulement beaucoap
principe, mais ont
produit une révolution
encore
climat.
notoire dans" - le
a
les travaux
en dépouillant la terre
des
qui la couvraient, et
des bois
une évaporation
en provoquantainsi
ties salines,
extraordinaire des paraqueuses et
nourrissent la
métalliques qui
végétation et servent à
développer une plus grande
germes 7 ont ,
quantité de
altéré son
nonseulement beaucoap
principe, mais ont
produit une révolution
encore
climat.
notoire dans" - le
a --- Page 272 ---
VOYAG E
Avantageuse à certains égards, cette
révolution est devenue fatale à la fertilitédes terres,du moment où les cultivateurs ont porté la hache dans la partie
des bois qui, placés comme des pompes
aspirantes sur les crêtes des côteaux et
les sommets des montagnes, y entretiendans de vastes réservoirs, et les
nent,
et celles des ruissources des fontaines,
de leurs flancs (1)-
seaux qui s'échappent
défricheurs
J'ai vu de ces impitoyables
amèrement la perte de la seule
déplorer
désaltérait leur famille etleurs
source qui
douter
c'était à leur
nègres, 2 sans se
que
imprudence qu'ils devaient cette
propre
privation subite, cette perte irréparable
par-tout ailleurs, mais qui, par une combinaison singulière de bien et de mal, se
(1) Il y a bien un réglement qui veut que
chaque propriétaire laisse subsister cent pas en
carré de bois à bâtir; mais, outre quil n'est pas
mieux observé que tant d'autres, il ne pare pas
d'une manière assez positive au mal qu'il devrait
prévenir.
trouve --- Page 273 ---
A Saxs-Dexrvter
trouve quelquefois
rée par les suites du abondemment répamême
qui est ici, à raison de
phénomnène
de ses' effets, la
sa fréquence et
l'espèce
terreur et le fléau de
humaine, les
terre.
tremblensens de
En conséquience d'une
simple, tris-estinable, curiosité trèspeut condaire à des mnémnelorsqutelle
découvertas
beaucoup de savans
utiles 3
ché à Pénétrer les physiciens ont cherces comnotions causes naturelles 'de
mnens, le feu, l'air souterraines. Trois élétour
et Feah, ont,
2 fondé la base de
tour-àtêmes,
différens sysJe me garderai bien,
prononcer entre les
Monsieur, 2 de
ou les
ignistes, les airistes
si
aquistes, tel quel
j'étais appeilé à dire Pynhagore,msis,
je
cequeren
déclarerais bardiment
pense, 3
tort, en ce que là manie de qu'ils ont tous
leur fait
ssetématiser
rations de
les
costamment-redine
la nature à Un
opéclusif, tandis que je ne vois prineipe, exson pour ne pas convenir
aucune raique différentes
IT
ou les
ignistes, les airistes
si
aquistes, tel quel
j'étais appeilé à dire Pynhagore,msis,
je
cequeren
déclarerais bardiment
pense, 3
tort, en ce que là manie de qu'ils ont tous
leur fait
ssetématiser
rations de
les
costamment-redine
la nature à Un
opéclusif, tandis que je ne vois prineipe, exson pour ne pas convenir
aucune raique différentes
IT --- Page 274 ---
VOYAG E
très-bien concourir à Ia
causes pouvant
il
production d'un seul et même effet,
est d'autant plus clairement démontré
que deux de ces trois principes agissent
ici avec une force égale et nécessaire 2
anéantisque si un pouvoir surnaturel
sait tout-à-coup celui des trois qui est
le ressort des autres, c'est-à-dire, lair 2
l'eauetle feu, resteraient également sans :
action, sans mouvement, sans influence: :
rien, selon moi, ne démontre emieux laccord des trois élémens,soit dans les éruptions volcaniques. - soit dans les tremblemens de terre, que lobservation que Ies
volcans de TAmérique Méridionale, tel
celui de Cotopaxi au Pérou, ont
que
d'eau et de feu;
vomi une égale quantité
une éruption du volcan
que ( pendant
torrent d'eau
de TEtna, un immense
bouillante sortit du grand cratère de la
montagne, et se répandit en un instant
sur la base, en renversant et détruisant
tout cequ'il rencontre dans sa course
la même chose eût lieu lors d'une
que
irruption du Vésuve 0 2 le sièclc der- --- Page 275 ---
A
nier
Sarss-Downseee
(1)>; que dans le
terre qui, en 1692,
tremblement de
lie de la
bouleversa une pard'eau s'élancer Jamaique, on vit des torrens
entr'ouverts
du flanc et du
des
sommet
l'on peut d'autant montagnes; effets que
fluence des
moins disputer à l'indeslesplus élevées marées, que, dans les latituon obscrve
au Kamtchatka méme,
tout à
que c'est aux
celles du
équinoxes, SITplus fortes marées, printems, époques des
de terre sont les
que les tremblenmens
plus
Parmi les
fréquens (2).
observations
imposant phénomène auxquelles cet
est une d'après
donne lieu, il en
laquelle on pourrait
COII-
(I) Brydonc,
tome I, lettre 6. Voyage en Sicile et à Malthe,
(2) Voyez THisloire et
chalka, 7 par M.
Descriptimn dukamtpage 58. Lauteur Kracheanimolord, lome 2,
consigne,
volune, une observation page 40 du même
de ce queje dis
qui vient trop àl
Kamtchatka lon pour ne pas la citer : c'est lappui
sommets méme de trospe toujours des lacs sur qu'au les
loules les
aupararantjette de la
montagnes qui ont
Junée et des Rammess
17 *
et
chalka, 7 par M.
Descriptimn dukamtpage 58. Lauteur Kracheanimolord, lome 2,
consigne,
volune, une observation page 40 du même
de ce queje dis
qui vient trop àl
Kamtchatka lon pour ne pas la citer : c'est lappui
sommets méme de trospe toujours des lacs sur qu'au les
loules les
aupararantjette de la
montagnes qui ont
Junée et des Rammess
17 * --- Page 276 ---
VoT A G E
clure qu'il devait être inconnu, jusqu'à
un certain point, à la haute antiquité ;
ele seul mouvement des sourcar, quoique ébranlât TUnivers, il est
cils de Jupiter
à Timale seulqui semble avoir échappé
gination vive et brillante d'un peuple
chez lequel la philosophie la plus abs.
traite, la plus savante physique même,
personnifiaient et rerêtaient d'un voile
allégoriqae tout ce qui appartenait au
raste domaine de la nature et des arts,
depuis le vent impalpable 2 jusqu'aux
rochers d'Atlas; depuis Amphion qui
bâtit des murailles avec les vibrations
de lair, c'est-à-dire, arec TPharmonie,
Thalés qui fait naître de Técume
jusqu'à YAlma-Vénus de'l Eucrèce, oul
des flots
et
T'amour avec la beauté qui linspire,
la rie avec Pamour.
Faute d'une dissertation assez sayante
fiser votre opinion sur la cause des
pour tremblemens de terre 2 je veux; 2 Monvous faire part de quelques obsieur,
wraisomablablement, ont
servations qui,
échappé à la plupart de mes prédéces- --- Page 277 ---
A
26r
Sarwr-Dowreeeg
seurs,etj je dis
quem'étant vraisemblablement , parce
le plus tard imposé la loit de ne lire,
que je pourrais, les que
geurs qui ont particuliterement voyaécrit sur
Saint-Domingue comme
2 afin de n'être
tant d'antres, Técho de
pas, 2
vanciers, , jignore si
mes deles mêmes observations. aucun d'eux a fait
De quatre tremblemnens
jai déjà survécu,
de ferre que
midi, Le vent,
trois ont eu lieu vers
qu'il fût, cessait quelque fort ou modéré
motion
tout-à-coup. Une complus ou moins
quait cette pause,
prononcée marçait à soufller , et la brise recommendeces
imuméliatement. Chacune
res
troiscommotionsad été,
après, suivie d'une
douzeheutiment d'une
espèce de ressenmnoins forie secousse qui m'a parue
sensible
que la première, mais
pour me réveiller en
assez
Le long de la côte du Sad sursaut,
verture ou caverne dans
est une oupénètre
laquellé la mer
jusqu'a une
et que l'on nomme le distance inconnue, 2
fois que la terre doit gouffre, Chaque
trombler, il part
,
après, suivie d'une
douzeheutiment d'une
espèce de ressenmnoins forie secousse qui m'a parue
sensible
que la première, mais
pour me réveiller en
assez
Le long de la côte du Sad sursaut,
verture ou caverne dans
est une oupénètre
laquellé la mer
jusqu'a une
et que l'on nomme le distance inconnue, 2
fois que la terre doit gouffre, Chaque
trombler, il part --- Page 278 ---
26z
VOYAG E
de-làun mugissementsourdet; profondqui
porte au loinla mnenace et Peffroi. Graces
on s'estihaté
àl Tompresonegtaneclequel
d'exterminer la race des indigènes de
cetteisle, o11 ne connaitde ses mceurs et de
ses opinionsmorales et religienses 2 que ce
que le besoin de justifier sa destruction
calomniesàs ses bourreaux.
a pu dicterde
éclairés de
Mais, si les peuples les plus
devant les chêla terre se prosternaient
nes de Dodone, ou l'antre de Trophon'eûtnius,Tignorant et timideAmnéricain
il pas été bien excusable de rendre un
culte de terreur à cet organe de la destruction, et d'adorer, comme Phabitant
de la nouvelle Zélande, celui qui secoue
la terre ?
Je vous ai dit des faits, Monsieur, je
laisse à votre sagacité à en tirer les conséquences qui vous paraîtront les plus
propresà fonder un systême raisonnable
sur la cause des tremblemens de terre,
revenir à ceux de leurs effets qu'il
pour
désastreux,
faut compter parnilesmoinse
celui de tarir subitement une source 3 --- Page 279 ---
A
SAIsT-Dexrserr.
d'engloutir
dis qu'ailleurs tont-à-comp ils
un torrent, tanou creusent
fontjaillir une fontaine,
un nouveau lit au
qu'ils ont déplacé,
ruisscau
S'il ne faut pas ranger ici
des inconvéniens
au nombre
totale des bois attachés à T'extraction
2 dans les défrichemens
nouveaux, la crainte
de bois de construction demanquer un jour
sile climat
et de chauffage;
permet d'y
ger au principe
dérogersans danmais avoir moins qu'un pays ne doit jad'un
mais plus d'un tiers cinquième, ni jacependant vu
en forêts, vous avez
d'utilité
qu'il est une considération
directe qui devrait
suspendre la cognée du
quelquefois
si, privé de toute
cultivateur. Que
sible aux beautés espèce de gout, insende la nature
tre, son coeur et son
chizmpè.
esprit demeurent
Cenlementinacreutbier sentiment, le
l'un à tout autre
dération
sccond à tout autre consique ceux de son
dirai que cet intérêt
intérêt, je lui
une loi de ne
même lui faisant
négliger,
instrumens de sa fortune rolativementanx
2 aucun des
fois
si, privé de toute
cultivateur. Que
sible aux beautés espèce de gout, insende la nature
tre, son coeur et son
chizmpè.
esprit demeurent
Cenlementinacreutbier sentiment, le
l'un à tout autre
dération
sccond à tout autre consique ceux de son
dirai que cet intérêt
intérêt, je lui
une loi de ne
même lui faisant
négliger,
instrumens de sa fortune rolativementanx
2 aucun des --- Page 280 ---
VOYAG E
moyens qui peuvent contribuer à Ieur
bien-être, à leur conservation, à leur
existence, au bonheur qui la prolonge,
l'intelligence la plus bornée lui prescrit
de laisser subsister, de distance en distancé, dans ses jardins (1), quelques
beaux arbres, quelques bouquets de bois
dinent toujours en
où ses nègres 2 qui
plein champ, iraient faire en commun
leurs repas, et trouveraient, à Pombre
des bois qu'ils aiment, et le repos qu'ils
n'aiment pas moins, et de nouvelles forces pour un nouveau travail.
Les trois misérables objections quelon
peut m'opposer ne mériteraient même
d'être notées, si elles ne servaient de
pas
à la portée de T'esprit de celui
mesure
qui les fait.
Ces massifs de bois que vous proposez,
diton, ne fussent-ils que de trois ou quaqu'on
tre arbres,et quelque peumultipliés
non-seulement
les suppose, occuperaient
(1) C'est ainsi que lon nomme à Saint-Domingue toute espèce de terre en valeur. --- Page 281 ---
A
SArNr-DoNrNeus 265
un terrain précieux, ils seroient
lement nuisibles,
non-seules
par l'ombre dont ils
veraient couvriraient, aux plants qui SC trousur leur lisière, mais ils offriraiente cncore au nègre fainéant un
de
appas
repos, 2 in asyle où il échapperait
quelquefois à la vigilance de ses surveil.
lans, et déroberait ainsi à votre
quelques minutes de travail.
fortune
Je conçois toute
objections
Pimportance de ces
2 mais j'avoue que
ne
sens pas le courage de
je
me
sement les deux
combattre sérientroisiène
premières; quand à la
point offrir 2 en convenant qu'il ne faut
d'abuser
aul paresseux les occasions
de ce penchant de la
te le demande, avide
nature,je
à toià te
colon, est-ce bien
plaindre du nègre Ab! la
nonchalance avec laquelle il travaille à
t'enrichir, est encore loin de la
avec laquelle tu travaille àle
paresse
reux! A Dieu ne plaise
rendre heule droit d'accumuler que je te conteste
sueurs et le
dans tes coffres les
sang de ces malleureux
noirs; mais du moins daigne
queiquefois --- Page 282 ---
VOYA AG E
te mettre à leur place, ose juger de la
pesanteur du joug que tu leur imposes
par limpatience avec laquelle tu supportes celui de tes propres loix, et, dans
les momens où l'espoir d'accroître un
Eas
jour la masse de tes jouissances, peut
seultep preserire quelques privations,daigne encore le rappeller que, par-tout
où sa vue peut atteindre, et dans l'avenir, comme dans le présent, ton nègre
ne voit, n'entend toujours que ces deux
mots terribles, toujours etjamais.
joug que tu leur imposes
par limpatience avec laquelle tu supportes celui de tes propres loix, et, dans
les momens où l'espoir d'accroître un
Eas
jour la masse de tes jouissances, peut
seultep preserire quelques privations,daigne encore le rappeller que, par-tout
où sa vue peut atteindre, et dans l'avenir, comme dans le présent, ton nègre
ne voit, n'entend toujours que ces deux
mots terribles, toujours etjamais. --- Page 283 ---
E. 267
A SAINT-DONIsGUS
N
XXIL
LETTRE
Jacmol. Mars, 1799.
Monsieur,
du PortanPrince,
Jnaved
engagé à Taccomoù mon hôte m'avait
jc crois
pagner, et, si je ne me trompe, assez d'obavoir ramassé dans ce voyage lettres.
pour deux nonvelles
servations
de Jacmel à cheval,
- Nous partines
charpentier de
suivis d'un seul nègre, élevâmes aut
son métier, et que nous -1 palfrenier
agrado de valet-de-chambrepour le voyage.
fut chez un haNotre première oublié pause le nom, oit nous:
bitant, dont j'ai
reçut avec plas de
dinâmes, et qui nous avait Fait Moncérémonie que ne m'en
survenu à
sieur Bandouin. Un orage détermina à
Theure du départ, nous
coucher chez lui.
sentir leur exisQue ceux qui, pour de vivre daus les autence, ont besoin --- Page 284 ---
208,
VorAG E
tres, ef cenx qui
d'apathie, ou de la manquent du degré
cessaire
mesure de raison népour se suffire à
ceux encore qui
eux-mémés, et
la vie
répugnent aux soins de
dent bien domestique, de
que ceux-là se garcertaines
devenir jamais habitans de
contrées de Saint. -
Quant à moi,
Domingue,
seul
qui ne suis jamais moins
que lorsqueje suis seul; moi
par expérience, que l'on
quisais,
un désert,
peut vivre dans
des
pourvu que l'on sache s'y créer
occupations analogues à ses
s'y faire des habitudes
goûts, 2
caractère; moi j'ai
conformés à son
parfaitement
que, malgré Fisolement total, compris
profonde solitude de
malgré la
ce séjour, son
priétaire pouraity
prole scraVivreheurenx, comme
toujours tout honne
l'expérience des hommes,
qui, avec
ration des desirs,
avec la modé-.
agricole,
avec le goût de la vie
saura se réduire à seconder la
nature, et à jouir de ce
peller ni le luxe des
qu'ila, sans apniles
arts,niles chimères,
prétentions de Ia vanité dans
de la simplicité et de la
l'asyle
paix.
taire pouraity
prole scraVivreheurenx, comme
toujours tout honne
l'expérience des hommes,
qui, avec
ration des desirs,
avec la modé-.
agricole,
avec le goût de la vie
saura se réduire à seconder la
nature, et à jouir de ce
peller ni le luxe des
qu'ila, sans apniles
arts,niles chimères,
prétentions de Ia vanité dans
de la simplicité et de la
l'asyle
paix. --- Page 285 ---
A SArer-Dowrwees
Lc chant du
26g
val , dirigeant coq nous retrouva àchepar le chemin notre route sur Leogane
fait
que le gouvernement a
Létendue pratiquer dans cette partic de Pisle.
squ'il parcourt est en
pen habitée , de sorte
général
geâmes presque
que nous voyapassant
toujours dans les bois, 2
deux 2 repassant à gué jusqu'à
fois 2 dans l'espace de
vingtheures 2 la rivière
quelques
brables
qui, après d'inomJacmel, détours, va se jeterdans la mer à
Il s'en faut que le
versâmes,
pays que nous tradépouillé 2 quelque rude qu'il fut, soit
des
de tout agrément ; car, Si une
principales beautés du
dans le contraste de la
paysage est
avec la nature
nature 'cultivée
de détail
brute, 2 il est des beantés
et de caractère qui
appartiénmentexelosivementz à
ne trouve
celle-ci, et quelon
que dans les pays de montagnes, où elles naissent à
la variété des
chaquepas de
aspects et des formes, des
gradations de la lumière et des
du cours, tantôt ralenti,
ombres,
tantôt plus ra- --- Page 286 ---
VoY A G E
pide des eaux. Mais, ce que vous croirez
difficilement, Monsieur, d'un pays aussi
riche par sa culture et son numéraire,
c'est que de deux espèces d'habitations
l'on rencontre de tems à autre dans
que
Pune n'offre que le tableau
ces déserts,
de linertie dans la misére, l'autre celui
de la négligence et du désordre de la
en contraste avec les prépauvreté 2
tentions del'opulence dirigée parleplus
mauvais gout. C'est ainsi que vous rencontrerez une voiture élégante traînée
des chevaux ou des mulets de coupar
leur différentes, inégaux de tailles,avec
des cordes pour traits, couvertes d'un
harnoissale, et conduits par un postillon
chamaré d'or et les pieds nude.
Nous arrivâmes chez monsieur Denis
à neuf heures. Je trouvai dans cet habitant 2 qui a passé une partie de sa
jeunesse en France, plus d'instruction
que en'en ont ordinairement ses confrères.
Un jardin bien entretenu, une bibliothèque assez bien choisie, le plan bien
entendu sur lequel il se propose de re-
des cordes pour traits, couvertes d'un
harnoissale, et conduits par un postillon
chamaré d'or et les pieds nude.
Nous arrivâmes chez monsieur Denis
à neuf heures. Je trouvai dans cet habitant 2 qui a passé une partie de sa
jeunesse en France, plus d'instruction
que en'en ont ordinairement ses confrères.
Un jardin bien entretenu, une bibliothèque assez bien choisie, le plan bien
entendu sur lequel il se propose de re- --- Page 287 ---
A
bâtir sa
Saxs-Doxisees
27E
nues, maison, et d'en orner les aveme
versation de procurérentavec lui une concourses
quelques heures et quelques
agréables.
Unet tres-jolie créolé du
par hasard, contribner voisinage vint,
d'un diner
aux agrémens
sible de le , aussi bon qu'il était posdonner à des hôtes
dus, et pendant
inattencoup du
lequel on parla beaumonsieur nouvean plan d'habitation de
sine
Denis, tandis que la belle voiparaissait uniquement
les détails d'un
absorbée dans
plan de
toutelasubtilité deses campagne, dont
me déroberle
manceuvres ne put
hôte.
but, 2 la conquête de notre
Dès queles soleil, plus incliné
xizon, nous permit de
vers l'horoute, nous partimes continuer notre
chez madame
pour aller coucher
ment est situé Fauchet 2 dont T'établisla route de
assez près de la mer sur
Léogane.
Quoique son
cotonière
habitation ne soit
assez insignifiante
qu'une
sont aujoard'hui
2 comme le
toutes celles qu'une --- Page 288 ---
VOYAG E
longue culture a épuisé , elle est d'un
rapport considérable par toutes les reséconomie intelligente sait
sources qu'une
tirer de ee que l'on nomme les pivres 7
tels que les légumes 2 les fruits, les fourages, le bois, le bétail, la basse-cour,
etc, lorsque Ton se trouve à la portée
d'un port ou d'une rade foraine.
Ces sortes d'établissemens n'ont sans
doute pas l'éclat d'unesucrerie, ou d'une
caféyère opulente ; mais, 2 à Pavantage
d'exiger un mobilier infiniment moins
cher; leur rapport, fondé sur des besoins
in-interrompus de première nécessité,
indépendant du despotisme et des, capridu
celui de donner
ces
commerce, joint
d'autant plus solide,
un revenu journalier
Pinqu'ici le propriétaire ne voit point
térêt d'une dette énorme, ou le desir de
se soustraire à d'onéreux engagemens 2
absorber, avec le produit de sa culture
de
et le fruit de ses travaux, Tespérance
sa fortune à venir.
Nous trouvâmes: madame Fauchet trop
occupée des détails et du tracas de son
ménage,
ui de donner
ces
commerce, joint
d'autant plus solide,
un revenu journalier
Pinqu'ici le propriétaire ne voit point
térêt d'une dette énorme, ou le desir de
se soustraire à d'onéreux engagemens 2
absorber, avec le produit de sa culture
de
et le fruit de ses travaux, Tespérance
sa fortune à venir.
Nous trouvâmes: madame Fauchet trop
occupée des détails et du tracas de son
ménage, --- Page 289 ---
A S0srDewiere
ménage, pour attendre
d'attention
d'elle le
que des voyageurs
degté
geans eussent pu lui
plus exidemnander.
intention, en arrivant
Notre
chez elle, avait
étédylaisser nos montures
retour, et de lui
jusqu'à notre
tique
demander, selon l'anusage, une voiture et des
pour nous rendre à
chevaux
voiture n'élait
Léogane. Mais sa
postillon était point en état, son négré
course, C'est chez malade, et ses mulets en
j'ai itrouvé la seule cette habirante que
cenillier
table de bois de manbien à tous que les j'aye encore vu, Ja défie
arts, réunissant tous
cfforts, de rien faire d'aussi
leurs
Graces à
beau.
dans les T'usage de lâcherles chevaux
savannes, à la difficulté de
reprendre, et à la
les
toujours plus pressés paresse des nègres
d'arriver
tir, nous ne pumes
que de parqu'assez tard dans la monter à cheval
pendant assez-tôt
matinée, mnais ceLéogane, dans le pour aller diner à
les indigènes de l'isle voisinage de laquelle
blisemens sous le avaient deux étanom dFaguana ct
--- Page 290 ---
VOYAG E
de Xaragua, lieu devenu célèbre
l'atrocité d'une horde
par
d'Espagnols qui,
dans un repas queleur donnait la
due Reine Anacoana,
prétenaprès avoir Vu brûler vifs létranglèrent, et dans la salle
même, du festin, les Caciques
avait invités à cette fête.
qu'elle
La ville de Léogane, à
de
tance de la mer, et
peu
discomposée de
rues aboutissant à une grande quelques
rée, était autrefois la résidence place quarverneurs; elle ne serait
des goudésert, sans un mouillage aujourd'huiqu'an qui
navires d'y charger les
permît aux
cultive dans la
sucres que l'on
donne
plaine à laquelle elle
son nom.
Nous reçûmes un accueil honnête, et
trouvâmes un bon diner chez Messicurs
Schéridan et Gatchair, négocians,
la voiture et les chevaux
dont
se trouvèrent
heureusement en état de nous
au
conduire
Port-an-Prince, où nous
à nuit close.
arrivâmes
Le Fort-au-Princel.m.
connu en France des
Quand on a
colons, et sur-tout
donne
plaine à laquelle elle
son nom.
Nous reçûmes un accueil honnête, et
trouvâmes un bon diner chez Messicurs
Schéridan et Gatchair, négocians,
la voiture et les chevaux
dont
se trouvèrent
heureusement en état de nous
au
conduire
Port-an-Prince, où nous
à nuit close.
arrivâmes
Le Fort-au-Princel.m.
connu en France des
Quand on a
colons, et sur-tout --- Page 291 ---
'A SATRT-Dowiseor. du
descolons créoles, on n'approche résidence pas de
devenu la
Port-au-Prince, la capitale du pays de
tous les pouvoirs, riche, le plus fertile enl
la terre le plus du luxe et de la volupté,
délices,! le trône
la
le secret frémissement,
sans éprouver anxiété qui précède Faddonce ct vague
à Tenthousiasme..
miration et prépare deux rangs de cabaEnfin, jarrive entre
poudreuse, que
nes, roulant tsuruneaire cherchant envain
Pon nomme rue, et
de barraques de
Persépolis dans un amas
plancies. Monsieur; , Mimagination la
Je défic,
de résister au premicrplus voleanique
surprise. Stupéfait,
cffet d'une parcille
où nous
je demande à mon compagnon
sans
sommes ? Au Port-au-Prince Paris dans le faudoute comme on est à
verrez
Saint- Marceau?- 1 Vous
bourg
cela demain.
malgré mon empresseLe lendemain,
dix henres du
ment à précéder le soleil, cherchant encore. s
matin me surprirent Port-auc-Pyinee, Ic Pota
dans le'véritable: --- Page 292 ---
V OY A G E
au-Pince (:) des Américains, sans pouvoir le rencontrer. Je trouvai bien, de
tems-en-tems, quelques. cases plus vastes, plus ornées que les autres. Un édifice en pierre, isolé, et assez régulier,
n'annonça bien la résidence du gouveriieur. Je visbienune placede marchéque
Fintendant actuel, M. Barbé deMarbois,
vient de décorer de deux fontaines d'un
mais inaborbon gout d'architecture,
dables parles ordures dontles nègres, qui
viennent y puiser de Pean,ne cessent de
souiller les avenues. A la suile de cettc
place, sur un tertre qui la domine, je
vis encore une petite esplanade plantée
de queiques. allées de jeunes arbres,avec
un bassin à jet d'eau au milicu,' et destinée à servir de terrasse à la nouvelle
intendance que l'on projeité de bâtir.
Mais tont cela, en supposant des rues
régulières, constituerait à peine
plus
ordre
une de ncs villes du troisième
tout cela est Pouvrage de M. de Mar-
(1) Manière de prononcer des créoles,
vis encore une petite esplanade plantée
de queiques. allées de jeunes arbres,avec
un bassin à jet d'eau au milicu,' et destinée à servir de terrasse à la nouvelle
intendance que l'on projeité de bâtir.
Mais tont cela, en supposant des rues
régulières, constituerait à peine
plus
ordre
une de ncs villes du troisième
tout cela est Pouvrage de M. de Mar-
(1) Manière de prononcer des créoles, --- Page 293 ---
A SATNT-DoxrNeUs.
bois et de deux ou trois années, ,et: prouve
les Amérieains ont VIL et voyent
que
actuel, comme
encore le Port-au-Prince Jérusalem céles Hébreux voyaient la
lestc dans la vieille Jérusalem.
Que la présence du gouvernement,
la résidence des corps administrateurs,
une garnison, un port, un
un spectacle,
entretiennent tau
entrepôt decommerce, ,
Bontan.teiselecentrer de touteslesaffai-
,de
res,le - rendezvousde touslesintrigans, I
tous les chercheurs de fortune, une acque lon ne trouve
tivité, uin mouvemént
dans toutes les villes de la colonie,
pas
mais il n'en sera. 4
cela est tout simple;
différenmoins vrai qu'à quelques
pas
la
ces aux mceurs 2 au costuime près,
qui se préscate le plus nacomparaison turellement à la vue de cette ville, est
tartare, tel que les
celle d'un camp
la
le décrivent, et qu'aveé
voyageurs volonté dé se prêter à Tillunicilleure
réclame
sion,avec tontelintulgencoques homne
la prévention patriotique, tout
raisonnable iue saura gré de mettre un --- Page 294 ---
Vo Y A € G E
terme aux
mensonges, aux
avec lesquelles la bêtise et exagérations la
foi ell imposent à
mauvaise
Je dinai
Tinexpérience.
ce jour-là chez M. de Marbois, où je me retrouvai
heures en Europe.
pour quelques
Cet administrateur,
et son mérite
que ses services
place qu'il
personnel ont porté à la
occupe,s se propose de publier
incessamment un compte rendu, dont
vous ferai
je
passer un exemplaire qui
pléra à tout ce que je ne vous ai supdit sur la
point
population 2 T'économie
que, les relations comnerciales politiet les autres détails de
,laj police
Tadministration.
Malgré les travaux publics, les embellissemens utiles, les améliorations
saires que l'on doit à M. de
néceslui reproche d'être
Marbois, on
plus ministériel que
patriote, plus courtisan
fiscal
quecitoyen,plus
qu'administrateur, et les deux
miers noms commencent à
preconsistance
prendre une
voudrait
dangereuse pour celui qui
fonder ses
pect
prétentions au respublic sur d'autres titres. --- Page 295 ---
279.
'A SAINT-DoxiweVE,
Si le compte rendu de M. de Marbois
est le fruit de ce reproche, s'il a pour
but de confondre les fripons qu'il suril fait
veille, 3 les sang-sues auxquelles
de
rendre gorge, la meilleure manière
répondre aux clameurs des uns. 2 aux
calomnies des autres, sera de prouver,
les faits, que, sans nuire aux intépar rêts
le souverain confie à son zèle,
que
accru
son administration a sensiblement
la prospérité de.I la colonie.
Fin du Tome premier.
ce reproche, s'il a pour
but de confondre les fripons qu'il suril fait
veille, 3 les sang-sues auxquelles
de
rendre gorge, la meilleure manière
répondre aux clameurs des uns. 2 aux
calomnies des autres, sera de prouver,
les faits, que, sans nuire aux intépar rêts
le souverain confie à son zèle,
que
accru
son administration a sensiblement
la prospérité de.I la colonie.
Fin du Tome premier. --- Page 296 --- --- Page 297 ---
T A B L
E
DES
M A TIE
R E S
CONTENUES
DANS CE
VOLUME
A
As BEILLE vitensociétése
Atornemens. Querelles nechenmeRie 17
donnent lieu.
fréquentes
.
auxquelles ils
Academie d'agriculture établie à . .
Son inutilité, à défaut de SencDoningue
pour des expérieneces, moyens pécuniaires
sacrer unehabitation 227. - Projet de condont le gonvernement entièreà des expériences,
Jardin des Plantes du ferait les frais, ibid.-
sant.
Port-an-Prince insuftiAdminitrateurs
. 228
leur forlune. Pourquoi. uniguement occupés du soin de
richisentpas. Conseils Méprisés s'ils ne s'enI
auxsouverains. a 75
--- Page 298 ---
$82
TABLE
Africains méprisés, eux et leurs descendans,
quel que soit leur mérile. - e
d 55
Agrément. Travaux d'agrément entrepris et exécutés au Désert par le voyageur seul. e 203
Ajoupa Ce que c'est. Notes. .
. . 87
Allavela, côte inégale et inhabitée depuis l'embouchure de Naiba jusqu'à celte ile, 46. -
Relraite des oiseaux aquatiques, 47.-Origine
de son nom mal placée dansles cartes,quoique
un
de recoanaissance. . . 48
ce soit poiut
Ameublement. Le goût n'y préside point. Les
des riches sont tous tendus en
appariemens
Damas : e
* .
de leur docirine. Sa
Amis des noirs. Dangers
même des
fausseté démonirée par Texemple
Différences essentielles entre la
États-Unis.
et celle
culture de TAaérqu-Sepienrionale
de nos colonies. e .
.
e 66
Anacoana, reine du pays. Sort que la cruauté
espagnole lui ft subir. . *
. . 274
Ananas. Doule si FAnanas et la Sapotille sont
ndigènes . a
e e -
. 195
Animauz.Leurs rapports avecTepicchumdine,
à tempérer leur orgueil. e e 17
propres
réprimé
Arbilraire (P) serait vigourensement avoir
les colons. Gonverneur rappellé pour
par
8a
voulu jouer le Nabab. e
. Sort que la cruauté
espagnole lui ft subir. . *
. . 274
Ananas. Doule si FAnanas et la Sapotille sont
ndigènes . a
e e -
. 195
Animauz.Leurs rapports avecTepicchumdine,
à tempérer leur orgueil. e e 17
propres
réprimé
Arbilraire (P) serait vigourensement avoir
les colons. Gonverneur rappellé pour
par
8a
voulu jouer le Nabab. e --- Page 299 ---
DESMATIRRES
Arbres. On les abat à cent toises autour des étaInconvéniens qui sont la suite de
blissemens.
161. 1 LHumus, , n'ayant guères
ce procédé,
leurs racines courent diagonade profondeur, f
lieu de
238. 1 Ce qui
lement, au
pivoter,
les distingue de ceuxde nos climats. - 238
Arceau, espèce de fouet dont on se sert pour
frapper les nègres. . .
e -
font
fort cher, et font mal
Arpenteurs se
payer
leur métier. : e
. . . e 155
Artichauls excellens : et plus gros qu'en
e
e
Frahce. . . .
plulôt venues qu'en France, et n'exiAsperges
plus de culture. -
. - 188
gent pas
Aurore. Point d'aurore à Saint-Domingue.
très-communs à Saint-Domingue.
Avanluriers
de navires. Inutilité
Avarice des capitaines
abordes loix faites pour les empécher d'y
der :
B
e
e 219
Bains froids.Leurutilité.
en
espèces; se trouve
Baleine se divise plusieurs
depuis les Pôles jusqu'à PÉquateur. Exagérations sur la taille de ce poisson. Précieux au
commerce par son huile et ses fanons. 20
19 * --- Page 300 ---
TAI BI L E
Banane. Exellerce de ce fruit. Regardé par les
habitaus de Madère comme le fruit déferdu.
Ressemble à la pomme. €
e - 139
Baptême des prolanes. On plonge dans Peau
les marins qui n'ont pas encore passé la
27.--Cetie cérémonie défendue à bord
ligne, des vaisseaux de guerre 1 28. ow Aveux, du
père Tabat. sur Tinutilité d'expliquer aux
nègres le. mystères de la religion 5 que le
baptème n'est pour eux qu'une cérémonie qui
leur procure un nouveau nom;quils regreitent
leurancien. -
.
. .
. 174
Barbade, la plus riche des colonies anglaises.
Pourquoi .
Habitation de M. Baudouin mieux
Baudouin. les autres. Réception amicale. Bon
tenue que
Mad. Baudouin. Situation de
esprit de M. et
cette habitation. Tres-pit.oresque. . . 243
noin des chevaux dans la partie
Baya-Hondros,
espaignole.. . : . . - . . . .
Berlrand. d'Ogeron, chef des flibustiers, envoyé
le goavernemen". Son portrait. . 107
par
Beurre. Procédé pour le faire sans' baralte. 184
Blancs. Ils sont tous égaux à St-Domingue, 56 1
Leur nombre fait la force des colonies. Quil
serait à desirer qu'ils fussent la plupart
petits habitans, 59 et 60.- Parties du terrain
ondros,
espaignole.. . : . . - . . . .
Berlrand. d'Ogeron, chef des flibustiers, envoyé
le goavernemen". Son portrait. . 107
par
Beurre. Procédé pour le faire sans' baralte. 184
Blancs. Ils sont tous égaux à St-Domingue, 56 1
Leur nombre fait la force des colonies. Quil
serait à desirer qu'ils fussent la plupart
petits habitans, 59 et 60.- Parties du terrain --- Page 301 ---
DES NATTÈRES.
culivéespardes blancs avec mcch,6t.-Dix
font
de cent
blaucs acclimnatés
T'ouvrage
nègres, 62. 1 Blanc ne peut se faireservir
par un blanc. .
e e
Bois. Lesplus Sremaueloen-artes Po:rquoi 1 n'y
croissent à Saint-Domingue.
sont pas mis en cuvre, 230. - Leur destruction. Effets de cette destracion . 255. Inconvéniens de leur destruction totale, 263.
en en laissant
- Avantages qu'un retirerait
dishaquelques bo iquets dans les enceintes
aux
des
bitat ons, 264 - Réponse
oljections
partisaas dusystème contraire .
e 265
Bossales noirs. Ce que c'est. a
Boncheries. La viande en est mauvaise. . 136
Ce
c'est. Nécessaire con re Puxcès de
Brise.
que
inconnies, 132. - Son
la chaleur. Ses causes
retour moins régulier que ne Paffiri nt certains yoyageurs, 141. - Maque quelque-
.
fois : P
C
avait réuni dans Tilede Staiti 4000
Cacique (un)
établissement
des ses compatrioles. En1718, cet
reste de la popalaréduit à 90 individus,seul
tion indigène. N les -
- e
e e 4K
Beauté de cetarbre et
Cacaoliers ou Cacaovers.
de son fruit, Sa culture abandounée, ainsi que --- Page 302 ---
TA B L E
celle de la Casse, du Gingembre, du- Rocou
et du bois de Brésil. Pourquoi. .
e 225
Café. Manière del le cultiver. Atnéliorations dont
Auteurs qui ont traité de
elle serait susceptible.
223,
produit. e 225
celte culture,
224.-Sont
Caën. Route de Caén au Hàvre, remarquable
richesse du pays, et ses sites romanpar,la
tiques . .
:
e
e .
Calalour. Excellent mets. Sa composition. 137
Calender. Danse des nègres. On la leur permet
de
. o - e
aux jours réjouissance.
Caraibe (choux) importé des Isles-du-Vent. 195
de maisons arrivent toutes taillées des
Carcasses
États-Unis.) Raisons de croire qu'on préférerait
celles faites sur les lieux par des ouvriers
français. : . . . . . e . .
. 235
Description d'une case américaine. PourCase:
en bois, 133. -
quoi elles sont construites
à la
Celles des pauvres ouvertes au vent,
maltitude d'insectes. . e 135
pluie et à une
Procédé pour
Cassier. Ses feuilles soni purgarives.
en faire usage. .
e
-
Castors vivent entr'eux plus paisiblement gue
les hommes. . .
-
excessive
sur le mnoral comme sur
Chaleur
agit
.
lephysique. . . .
prospéreraient à Saint-1 Domingue
Charpentiers
evorquelpeztalons.
à la
Celles des pauvres ouvertes au vent,
maltitude d'insectes. . e 135
pluie et à une
Procédé pour
Cassier. Ses feuilles soni purgarives.
en faire usage. .
e
-
Castors vivent entr'eux plus paisiblement gue
les hommes. . .
-
excessive
sur le mnoral comme sur
Chaleur
agit
.
lephysique. . . .
prospéreraient à Saint-1 Domingue
Charpentiers
evorquelpeztalons. --- Page 303 ---
DES MATIERES,
Chasse du cochon
tigues
marron ou suvage.246.. Fa
Son auxquelles cette chasse
peu de
expose,248..
Cherbwurg. Travaux succès, e . . .
lalégèreté
de ce port, Monmnens de
Chevres causcraient avéelaquelle OIl lesaentrepris 6
fiers.
des dégats dans les Ca-
-
Chou palmiste. Rien
Sotreeenin
abattre T'arbre n'igale Sal délicalesse. Il faut
seté d'une
pour en cueillir fe fruit. Faucomparaison de
Cibas.Mines d'or
Montespaieu, 138
Classes différentes très-riches. . -
- 158
des habitans de
mingue. La première, dans
Saint-Ddtrouverait la dernière s'ill fallait l'ordre établi, se
la
-
meilleare, 75. Classe commencer par
individus elle est
blanche, D, quels
conde classe,gensdec composée, 77 et 78.-Seclasse, les noirs, cuuieur, 79. Troisième
classes .
81.-Nunnces de ces
. .
.
trois
Code noir. Que les autorités
: . 82
un seul article en
n'ont p en meltre
auteur estimable. vigueur. Mal jugé par un
Colomb découvre -
-
lile de Saint. TAmérique, et bieutôt après
compagnons Dom'ngue. Transports de ses
lorsquils y
Colombier. Branche essentielle débarquent, . 3;
rale. Soins qu'il
de Téconomic ruexige, --- Page 304 ---
TABI L E
Colons. Combien il est difficile de les
au gouvernement.
soumettra
Moyens employés pour
et
nkepkssnbtaten
71.-Leur vanité mal fondée, Peueflicaces,7o
dureté envers les nègres.
76. Leur
Appel à leur
nité . a
humaCommerce
:
-
plus occupé de s'enrichir
raître riche, 6. - Le
que de panouvean monde, des commerce apporle au
besoins, 35.-Loix vices, des arts et des
de la
en sa fayeur. Destructives
prospérité
pations, 102.. Crédits coloniale, 7 IOI, Ses usurpourles metiredans quilfaitaux cultivateurs
portation des
sa dépendance, IIO.. --Imobjetsdelnxe.
àlme paire de pendans Peixscandalaurema
d'ore'lle, IIO
aur notes.- - - Trois
et suiv.
accordés, II2..
Priodéscopeuithient
disés qu'il fournit, Nntemeindementemt
Vériablepropriairer ude-S-atepariaumn 13.-
Ses fortunes rapides riestuDuninemnte lui facilitent
maisons puissantes. Eloges outrés Talliance des
les économistesà cette; profession. prodigués par
-
justevaleur.
Réduilsàleur
e
-
Compagnie chargée avec privilège
ner la colonie. Modicité de d'approvisionexercées envers les habitans. ses fonds, Usures
Complezion.
. .
I09
Pourquoi l'on pense
que les gensdune complexion .
délicate généraleument
résistent
-
Ses fortunes rapides riestuDuninemnte lui facilitent
maisons puissantes. Eloges outrés Talliance des
les économistesà cette; profession. prodigués par
-
justevaleur.
Réduilsàleur
e
-
Compagnie chargée avec privilège
ner la colonie. Modicité de d'approvisionexercées envers les habitans. ses fonds, Usures
Complezion.
. .
I09
Pourquoi l'on pense
que les gensdune complexion .
délicate généraleument
résistent --- Page 305 ---
DESNATIÈRES
mieux au climat ? Lauleur
combat
jugé. . .
ce préConcessions. Leur élendue,
Pourquoi cullivées
leur prodait moyen,
trop grande étendue par des noirs, 57.- Leur
population.
nuit à la culiure et à la
Chaque individu n'en
qu'une seule. Comme
peat oblenir
Coufitures
on élude la loi. . 58
altirer de grossièrement la
faites. Moyens de leur
répulation et un débit rapide. 233
Considération. Tient
nègres, comme uiniguement an nombre des
d'or.
en Hollande à celui des tonnes
Cenversations ne roulent
le cotou et Tindigo. que surlesucre,le café,
touie pour le
Avanlage de celle monos'instruire nouveau débarqué qui
.
desire de
Cog. Son chiant
. -
de fouels,e: les remplacé par les claquemens
Cortez. Sa
gémissemens. .
gloire fait frémir d'horreur.
Corvo ou Cuervo, statue
: 36
dans cette' ile. Absurdité équestre elrouvée, dit-on,
but, : .
de ce conte. Son
Ccion. Sa cullure, la
.
dispendieuse. Ce plus attrayante et la moins
Collin, armatéur qu'ila à redonter. -
main du roi,4- distingné, reçoit une épée de la
Fait régner le plus Courageux et prucent, 7.
grand ordre à son bord, 25. --- Page 306 ---
TABLE
Occupe continuellement ses matelots. 26
Couleur Gens de couleur, quoiquelibres, restent
Manière d'ètre des blancs à
dans l'abjeclion.
Celle de
leur égard, et vice versi, 81 1
la peau dans ses nuance di blanc au noir,
seule échelle des distinctions de rang, 54Rispect pour la couleur palladium des
colonies, 56-Gens de CO ileur. Individus
comprissous celte deignation.dexmstrk 79
Peu dangereuses. TrèsCoulerpres tres-grosses.
fainilières. Incommodes aillears que dans les
magasins oû elles détruisent les rats. e 251
Créoles. Lair de leur patrie ne saurait leur ètre
funeste 7 63- Créoles noirs. Ce que c'est,8r
Auraient lavantage sur les blancs venus
ma'gré Texcellence de l'éducad'Europe ,
tion de ces derniers, s'ils savaient user sans
abuser des dons qu'ils ont reçus de la nature.
Discussion sur ce sujet. .
- * .. 84
Crépuscule. Point de crépuscule à Saint-Domin128
gue. -
familles de celte ile se pendent
Cuba. Cinquante
en un seul jour. - -
e 197
des maisons à cause de la négliCuisines séparées
o
des nègres. La masse des habilans des
gence villes prépare ses vivres en plein air. . 136
davantage si elle
Cullure. Qui'elle prospérerait
était confiée aux Européens. Quil serait pos-
épuscule. Point de crépuscule à Saint-Domin128
gue. -
familles de celte ile se pendent
Cuba. Cinquante
en un seul jour. - -
e 197
des maisons à cause de la négliCuisines séparées
o
des nègres. La masse des habilans des
gence villes prépare ses vivres en plein air. . 136
davantage si elle
Cullure. Qui'elle prospérerait
était confiée aux Européens. Quil serait pos- --- Page 307 ---
DES MATIERES.
53.-Culawbesleelese-eri
entièrement négligécs. 194
tures d'agrément
D.
le coucher du soleil. Les
Danses ont lieu après
de leur mafemines y excellent. Descriplion
nière de danser. - . -
. 146
Ambition des découvertes. Ses fiDécouvertes.
nesles effets -
.
Réfutation des opinions de la secte
Défense.
le systême des places
militaire qui rejete
fortes . - .
-
:
de viande et de fruits du pays,
Déieâner composé Ton fait ensuite. : . 13x
son heure, ce que
dissous par les pluies de 1761. Preuve que
Dolta
des exceptions à ses
la nalure admet par-tout
loix générales . a e . . -
Cet habitant plus instruit quê
Denis. (Monsieur)
agréable entre Tauteur
les aulres. Conversation
lai.
assez bien ordonné. -
et
Repas
la côte de GuiDépopulation effrayante sur
e
* . - 97
née . . : .
de cette habitaDésert. Description de la case
madame
160. Sensation douloureuse de
tion,
SO1I mauvais étal. - . ibid
L en voyant
ile inmal-à-propos cilée comme une
Desirade
3x
e
habitéc. e --- Page 308 ---
T ABL E
Diété'ique. (régime) Qiel est celuiquiconvient
216-A
le meax adx nouveaux débarqués,
tous les habitans. . . 217
Dindons civilisés à leur corps derendant,163Leur chair se bon'fie dans les lois. . . 165
(Saint-) très-peuplée lors de la conDomingne
quête des Espagnols. .
e - 196
E
Education. Tablean frappant des vices de Péducaton de Saint-Domingne. Ses suites fmestes.
Immeralité profonde des habitans de cette
contrée. . .
- . -
.
Égalité que la nature ne nous dunne point. Le
modèle de linigalité sociale, aur notes. 53
Eglise apportéd de France à Juciel toute
Saiatpréparée, 120. - - Peu fréquentées à
Dom'ngue . -
. .
- :
Engng's,011 trente-six mois Premierscailiearmure
des colonies. Fesarent ce que font aujourd'hui
les nègres.. .
.
- - 6I
Epuisemens. Carises des épuisemens précoces
d'une partie des habitans de Saint - Do-
: e
-
mingue. . . 2
Esclaves. Leur ouvrage le plus cher de tous.
Pourquoi. . .
2 . . 9 e 62
actueldeschoses,
Esclavage. Q'iliam,dansléta
le maintenir, ou renoncer aux colonies. 66.
Moyens progressifs de l'abolir, Nouveau
les nègres.. .
.
- - 6I
Epuisemens. Carises des épuisemens précoces
d'une partie des habitans de Saint - Do-
: e
-
mingue. . . 2
Esclaves. Leur ouvrage le plus cher de tous.
Pourquoi. . .
2 . . 9 e 62
actueldeschoses,
Esclavage. Q'iliam,dansléta
le maintenir, ou renoncer aux colonies. 66.
Moyens progressifs de l'abolir, Nouveau --- Page 309 ---
DESNATIFRES
des terres. Obstacles quy oppssera
parlage
68. -
Eamaiettn
morale contiaire aulx mocirs, 7
Corraption
verlus, à la subordinaanx lumières, aux
tion. .
e
. . .
dépeuplent leur pays pourd dépenpler
Espaghols
36. - Leur
ensuile le nouveau inoude 7
Se nouris-ent. de la't. Ne cultivent
paresse.
tabac connu sous le nom de
que T'excellent
cruautés dans le
Saint-Domingne, 4---Leurse
moude. Deux, millions d'hommes
nouveau la mort dans la seule ile de Saintleurdoivent
Domingae . . - à -
e . - 196
humaine divisée par-tout ailleurs en deux
Espèce
dit, et Thomme
claises, le peu;le proprement
à
distingné par sa naissance et son éducation, 2
ne Te.t qu'en maitres et en
Saint-Domnirgue
esclaves - -
-
e
Études de la Nature. Erreur relative au Priscontenue dans cel estimable ou-p.
cellaria, ;
. o 19
vrage . e
F
Habitation de cette dame.
Tauchel (madame).
nomme
Son plus fort revenu vient de ce qu'on
de ces sories d'établ'sles orpres. Avuntages mais plus solides que
semens. Moins brillans,
les sucreries et caleyères.
. a71
aitres et en
Saint-Domnirgue
esclaves - -
-
e
Études de la Nature. Erreur relative au Priscontenue dans cel estimable ou-p.
cellaria, ;
. o 19
vrage . e
F
Habitation de cette dame.
Tauchel (madame).
nomme
Son plus fort revenu vient de ce qu'on
de ces sories d'établ'sles orpres. Avuntages mais plus solides que
semens. Moins brillans,
les sucreries et caleyères.
. a71 --- Page 310 ---
TABL E
Femmes. Premières femmes
Domingue,
envoyées à Sainta
choisies dans tout ce
de plus
qu'ily'avait
Fleurs. Le crapuleux. . -
. . . 108
Narcisse, le Réséda,
la Violelte,
THyacinthe et
à
peuvent étre cultivés avec succès
Saint-Domingue. a
Flibustiers
e 186
7 premiers fondateurs de la SaintDomingue française, I04. Leur prodigieuse
valeur, et leur férocité, Ic5. Se
aux
réunissent
boucaniers, I06. - Demandent
ES
eldes
un chef
femmes. e -
Foréls. On ne sy fait jour
. la
I07
main.
que
hache à la
. .
Forlunes particulières
lonies. Erreur des très-peu solides aux COEuropéens à ce sujel. I9I
Pougère (belle espèce de) très-commune."
23r
Eourrages. Les plus nourissans sont le petit
Therbe de Guinée, Les' têtes de la
mil,
sucre. . . -
canne à
Ercgate, Aigle de la .
e
Igo
tuer
mer, 13. -
: -
Difficile à
. - e
Fromage.
Procédépourle faire sans formes.
Fruits. Qucls sont les fruits
indigènes à SaintDomingue. e
- e 13g
G
Galère,ou Holoturc:1 Ni plante, ni
Galyam meurt àl
poisson. 23
Thôpital, Ses vertus. Notes,
--- Page 311 ---
DES MATIERES.
Casergne. Golfe de Gascogne
gateurs, 8.-Poissonse
redonté des navi
que l'on y pêche. 9
Gibier, cher el difficile à se
qu'en Ramiers et en Cochons procurer. Ne consiste
Gosseline
sauvages. 137
(torrent de la) facile à
Moyens de lui faire
détourner.
traverser la ville
Jacmel. e
de
H
Habilans. Faux calcul des babitans
Domingue, qui se
de Saintde la vie, dans privent de
l'esy
toulesogrémens
incertaine,
oir d'une fortune
212- Contraste entre toujours
goit et leurs
leur pen de
prétentions à
Hipre. Travaux
Topulence. e 270
et plus
pour rendre le port plus vaste
commode, 6.
muns et très-img ortuns. Perroquets très-comHistoire naturelle de
.
fement rcnnue, Au Saint-Domingue imparfaiservée la gloire utile gouvernement de lui
seul est réprogrès. Comment.
faire faired de
-
grands
Honorifiques (titres)
.
Manc.
disparaissent devant
. - .
le titre
Hropitalitésic célèbre
. 83
Pourquoi,
autrefois. Nulle
78. Disparne
aujourd'lui.
en avaient iondé le besoin. avec les causes qui
-
0 2 156
lle de
.
fement rcnnue, Au Saint-Domingue imparfaiservée la gloire utile gouvernement de lui
seul est réprogrès. Comment.
faire faired de
-
grands
Honorifiques (titres)
.
Manc.
disparaissent devant
. - .
le titre
Hropitalitésic célèbre
. 83
Pourquoi,
autrefois. Nulle
78. Disparne
aujourd'lui.
en avaient iondé le besoin. avec les causes qui
-
0 2 156 --- Page 312 ---
T ABL E
Huissier. Lucres énormes des gens. de celie:
profession.
I
Son indocilité. Moyens de la rendre
Ignorance.
plus sociale -
Sa cultare abandonnée à Jaemel, et
Indig".
pourquoi . e e
. 89
Industrie. Moyens de la faire prospérer dans les
colonies . . e . : -
Inégalité. D'ou elle provient. Quelssont sesavaniuxntes. 53
tages. Qaidautparerasenhasi.d
Insalubrité. Celle du climat, moins funestes aux
Européens que leur intempérance. . . 61
Insociobililé. Vice général des habitans de SaintDomingue. Ses causes, ses effets. : . 154
Impôt. Produit supposé d'un impôt par tête dans
la partie Espaguole de SainuDomingie,4Injustice de son assiète par téte de negre.
Réponse aux objections des partisans de ce
sysleme, 92 et 93-1 Nécessilé d'imposer la
denrée, AhersRedts
derce mode vicieux dimposition.
Irecacuonha très-propre à faire des bordures, sa
tgrseumaatjamaincagle aux insectes. 187
Issenles. Ce que c'est. Leur utilité. . . 134
Jacmel
partie Espaguole de SainuDomingie,4Injustice de son assiète par téte de negre.
Réponse aux objections des partisans de ce
sysleme, 92 et 93-1 Nécessilé d'imposer la
denrée, AhersRedts
derce mode vicieux dimposition.
Irecacuonha très-propre à faire des bordures, sa
tgrseumaatjamaincagle aux insectes. 187
Issenles. Ce que c'est. Leur utilité. . . 134
Jacmel --- Page 313 ---
DES MATIERES.
J
Jacmel. Son origine. Sa sitation.
mens publics, 87 et 88.-
Ses établiseCommerce de ce
Erreurde M, Rugynal.
E Causes de ses
quartier. Sa culture, go.-
sité de fortifier peu de progrès, ,7 9r.-]
Co point de Tile de Nécess
mingie, 124.-Facilité
Suint-Dod'y réussir et
dexécution .
mayens
Jésuite sauvé par Tauniral
.
125 -
sance . -
Anson. Sa recounaisJournée de
. e
Ce
qiie Ton.y Sain-Dominge, Façon de vivredans.
Jours àcpeu-près nomime les villes, .
Juan de Castro égaux aux nuits. : o
tune
(dom) ne laisse pour
que trois réaux. dux
toule forJustice. Ses frais excessift, notes. .
des habitans, I03.-
causes de la pauvreté
e
Aialalminiarce.
L.
I04
Las-Casas. Le plus humain des
adopter Tesclavage des noirs,
prétres fait
tage pour les Indiens. Aux sans aucun avanLatanier propre à faire des noles. .
peu
chapcaux. Son
commun. .
- .
usage
Lrgislateurs. Donze cents
23z
cent milles politiques,p législateurs, et douze
voix une constitulion prepoaniclacimnalane
pour la
Ligunes meilleurs, mais moins France. . 18r
rope,
variés qu'en Eu137-Presque tous ceux
I
d'Europe, tels
--- Page 314 ---
T A B L E
quel'oseille, lei persil, le serpolet et le cresson,
peuvent s'y transplanter. e
e 186
Route de Jacmiel à Léogane, 267.-
Léngane.
exercée
Description de cette ville. Hospitalité
par deux de ses habitans. o
Lianes. Leurs qualités purgatives et vénéneuses.
Quil faut s'en méfier.
.
de Lima fait jetter à la mer
Lima. Larchevèque
une temle squelette d'un Patagon, pendant
pête. Aun notes. . . . .
. . .
Lipres. Erreur de ceux qui croyent qu'il est impossible de les conserver à Saint-Domingue.
Mensongei inventé parl les Créoles pour excuser
leur ignorance, et répélé par des écrivains
e 145
crédules - e . -
Locuste. Célèbre empoisonneuse . e
Loix. Donner de sages loix aux hommes. La
périlleuse et la plus inulile des misplus
sions.
o - . . : . -
e 182
chargé de donner des loix à la Caroline,
Ioke, lui donna qu'un plan de législation ridicule
ne et impraticable . . -
. - e 183
Lumières. On est forcédelest tenir sous des cloches
les
des scarabées ailés
de verre pour préserver
et des maringouins. . - e . e - . 135
Sa chaleur assez sensible pour fatiguer la -
Eune.
yue :
a - :
e 127
misplus
sions.
o - . . : . -
e 182
chargé de donner des loix à la Caroline,
Ioke, lui donna qu'un plan de législation ridicule
ne et impraticable . . -
. - e 183
Lumières. On est forcédelest tenir sous des cloches
les
des scarabées ailés
de verre pour préserver
et des maringouins. . - e . e - . 135
Sa chaleur assez sensible pour fatiguer la -
Eune.
yue :
a - :
e 127 --- Page 315 ---
DES M. TATIERES
M
Irès*
1 mnais rèsemployéset
Nagonotrisnoladtois,
bien payés. . : . . .
de TopiMoyens qu'ils ont de s'assurer
Maitres.
esclaves, employés par Tautenr
nioni de leurs
-
du voyage. -
- e des cultures euroMais et Millet. Sont celles réussi en Amépéennes qui ont le mieux
Igi
rique . . - : :
Ses ravages dans
Mal de Naples, Ou malf français.
monde. .
. . . - . 197
le nouveau
de cet arbre. ExaGrosseur prodigieuse
Mapou.
. .
. o 238
des voyageurs
gérations
de préférence sir les nouMaringuoins se jetient
six mois de
venus. Ce n'est qu'après
veaux
est à Tabri de ses incommodes
séjour qu'on
- . 143
morsures : . : * -
Va
en deux espèces.
Marsouin (le) se distingue point sa course au
bandes: Ne dirige
par
. e e . .
- .
vent .
rivière du massacre, monument
afassacre. La
:
.
de la férocité des Espagnols. le choix de leurs
peu délicats dans
- I2
Malelots
e e .
. - .
mels. - -
chéri de l'anteur du voyage.
Mazinbo , nègre
caractère. Sa fierté
Principaux traits de son aller à la chasse
quand il reçoit un fusil pour
Attachement de sa compagne
avec son maitre.
20 * --- Page 316 ---
T ABLE
Fraye un chemin à son maitre à traLaoue.
vetsdesbrouisailles.
.
. .
Profession abandonnée à des ignorans.
Médecine.) plus de talens qu'en Europe. ConExigerail
duirait à une fortune rapide. .
Melon. Ses feurs et celles de la vigne difficiles
du' ravage des fourmis.
e 187
à préserver
Usage des habitans de dormir après
Méridienne.
. . .
le diner. .
Meubles. Tous ceux de nécessité et d'agrément
de France (ous fabriqués. 230
sont apportés
Texterminateur, Tun des chefs des AMonbars
. 104
bustiers. : - -
Imposibilité d'y voyager en voiMiontagnes. femues même obligée: de monter
ture. Les
desmines d'or. Réfutaà cheval. Contiennent Bernardin de Si. Pierre à
tion de Terreur de
158-Leur air plus pur. . 217
cet égard,
Son jugement sur la conduite des
Montesquieu.
Espagnols dans le Méxique. .
Monleruma. Les débris de son riche empire sout
couverts de capucinières. .
Mcuche (Oiseau) dillicile à distinguer, iinpossible del le saisir au tiré. .
. 250
Muldtres. Libres à 24 ans dans le principe.
à Taffranchissement par un édit de
Assujeltis
obuervé.Pourquoi. 80
1674, religieusemnent
jugement sur la conduite des
Montesquieu.
Espagnols dans le Méxique. .
Monleruma. Les débris de son riche empire sout
couverts de capucinières. .
Mcuche (Oiseau) dillicile à distinguer, iinpossible del le saisir au tiré. .
. 250
Muldtres. Libres à 24 ans dans le principe.
à Taffranchissement par un édit de
Assujeltis
obuervé.Pourquoi. 80
1674, religieusemnent --- Page 317 ---
DES MATIRRES.
Leurs talens pour la danse- Ont
Muldtresses.
Lélégance
fait de la volupté un art mécanique. d'ètre. Leurs
de leurs (ormes. Leur manière
Sont adroites et paresvices, leurs qualités.
Leur coëffure. Leur toilette. . . 147,
seuses.
N
Neiva, une des rivières les plus conNaiba ou de l'ile. Ses bords inhabités. Semble
sidérables
espagnoles
destinée à séparer les possessions
en
Vénalité des commissaires
et françaises.
décideantrement. .
a
Leur prix accru dans une proportion
Nigres.
celui des denrées
effrayante, 95.-Sans que
-Leur raait suivi la même progression. . 96.
de croire qu'on ne pourra
reté, 93.-Raisons
97. - Inertie
bientôt plus s'en procurer 7 trouvent plus
des maitres, , qui
et paresse
les frapper que de les inscommode de
fant absolument
truire, 130.-Il en est quil
ibid.
battre pour les mettre en mnouvement, insenS'accontument aux coups et deviennent
sibles à la doucenr et aux hienfaits, africain 131.
Très-difliciles à connaitre. Le nègre
le
nègre; le créule n'est que
est le véritable
son
des vices de
maitre, 167.-Qus
singe
entré dans les détails
personne n'est encore définir cette espèce
nécessaires pour bien --- Page 318 ---
T A BLE
qui devraient
d'hommes. Nationeprélininsisese mieux connu
l'élude, 168. - Pas
en précéder
170.
en général, 170,171.
Paescarrmamd
- Portrait du nègre
médecins,
Ceux qui ont été en Arique
sorciers, tres-dangereux, ibid. 1
prêtres ou
conduire, ibid.-La plupart
Manière de les
idée d'une morale convoleurs, ibid. 1 Nulle
idée de
ventionnelle , 172. Nont aucune insensibles
Tavenir. Sensible: au plaisir, ilssonti Simaà la douleur, 176. Narguent la mort.
mourant retourner dans leur paginent en
de leur constance à
trie, 17-Exemple noles, ibid. Sont
braver les tourmens, aun doués d'autant d'insusceplibles d'éducation, et
telligence que les Européens, 178, 179.-
Connaissent toutes les plantes véméneuses: Que
cetescienceleurai facilité de grands crinies, 219,
danslavenir comme
2a-Teuriontdliylerable dansleprésent - -
. . . -
. 266
trafic infàme. Que leurs amis ont
Noirs. Leur faveur, sans les connaitre, non
écrit en leur
dans lélat d'esclaplus que leur existence
vage. .
mer très-udroits à la pêche, difficiles
Oiseauzde
13.- Comment
àtuer,trbosmauvais à manger,
leurs nids quand ils ont fait leur
ils retrpavent
2a-Teuriontdliylerable dansleprésent - -
. . . -
. 266
trafic infàme. Que leurs amis ont
Noirs. Leur faveur, sans les connaitre, non
écrit en leur
dans lélat d'esclaplus que leur existence
vage. .
mer très-udroits à la pêche, difficiles
Oiseauzde
13.- Comment
àtuer,trbosmauvais à manger,
leurs nids quand ils ont fait leur
ils retrpavent --- Page 319 ---
DES MATIERES.
dela nature, ibid.
ponte en mer, 15.Mystère vent loin des terres,
Oiscaux emportés parle
sur les vaisseaux, n'y trouvent
se réfugient
23.-Oiséaux de Saint-Dopoint d'hospitalité,
mingue. Leur nomenclature. . .
la sûrelé
Opinion. Seule force qui puisse garantir
des blancs dans les colonies. e e
e 66
Oranger mal cultivé à Saint-Domingue. - 194
Orchestres composés d'un ou deux violons.
Prennent part aux dansès par leurs mouve-
- 147,
inens -
.
P
Description de cet
paitreraleavicdhreeeh
oiseau :
e e e o
Ses différens noms. Propriétés de
Palma-Christi.
cixsemnateenda
Palate.Sa tige sert à nourirles bestiaux. . 190
Irès-peu abondante, e ..
e e 196
Péche
blanc
Pitre. Son fil plus fort que le chanvre.D'un 231
-éblouissant. A quoi il serait propre. - *
Ekagérations des voyageurs sur ce sujet.
Pluies.
orages. N'ont rien qui les
Ne tombent que par
duingsedemplucedeceg genreSantirdsregikes
Pourquoi. Ne durent que quelques heures, 252
Manquent quelque-fois. .
ibid
et 253.
des
Poëtes embarassés à trouver
comparai- --- Page 320 ---
T A BL E
sons, 127.--Leurs couplets un peul
*,
mais pleins de naiveté et de
licencieux,
Poiroux. Espèce de hibou de grâces, . 139
Pois, On mange à
mer. .
pois
Saint-Domningue des petits
presque toute l'année. .
Poisson-volant de la taille de la
. 186
Erreurdu docteur
grande sardine.
Dellon et delabbé de
à ce sujet.
Choisy
Tres-commun vers les Tropiques.
Très-délicat au goût, 21.-Ne peut
son vol au-delà d'une
prolonger
N'est
portée de fusil, 22.-
point amphibie. Aux notes. .
ibid
Population. Qu'eile peut se. soutenir sans les
émigrans d Earope, si.leshabitansse mariaient
et avaient des mceurs.
Porc (le) est excellent.
Porl-au Prince,
.
.
- 137
les
capitale du pays, séjour detoiites
autorités. Surprise de Tauteur du
Différence entre ce qa'il voit et ce. qu'il voyage: avait
entendn dire par les colons créoles.
tion de cette ville.
DescripMensonges et exagérations
contred'ts' e
.
Poules Pondent toule
.
Ou trois fo's
Tannée, et couvent déux
p an. .
Productions de Tile en très-petit nombre 164
Tarrivée des
avant
Promerade
E.ropéens.
- 194
impossible avant six heurés du,
soir. -
Propriétés.
-
- 142
Toujours mieux cultivées quand elles
sont inédiocres . e
9a
DescripMensonges et exagérations
contred'ts' e
.
Poules Pondent toule
.
Ou trois fo's
Tannée, et couvent déux
p an. .
Productions de Tile en très-petit nombre 164
Tarrivée des
avant
Promerade
E.ropéens.
- 194
impossible avant six heurés du,
soir. -
Propriétés.
-
- 142
Toujours mieux cultivées quand elles
sont inédiocres . e
9a --- Page 321 ---
DES M IATIÈRES.
Ppuredinascvulglicasnt. alcyon sallanique, ou
des
P'oiseau del lempéle, N'est pointle précurseur
orages,
R
- Commenti Is
Rals émigrans d'Europe 2 195. monde. Rase sont peuplès dans le nouveau
quilayéansent. Lrursruses
vages épouvantables les meilleurs vivres de la
pour sappropricr
en purger les nacargaison. Moyens pour
vires.
:
- e : .
- 197
coupal-le des ingénieu's
Relèrement. Négligence de celui des côles. Suites
qui ont élé charges
funestes qu'elle peut entrainer. .
Requin. Sa voracité.Sa forine, 9. - Anthropo10.-Ses pilotes, ibid.-Jen barbare
phage, des iatelols. Ils mangent sa chair, 12.-
Ebranle le pont des navires. * . . . ibid
des ilesde la mer du Sud.
Rima, ou arbreà pain
AnPourra-t-il se transplanteravec: succès aux
. .
. . 229
tilles? -
hautes moutagrres.
Ris. Croit sur les plus
Preures. * e .
a .
e 193
aussi fraiche, qu'en France, mais
Rose aussibelle,
duremoins. . .
les
Tres-aboudantes, et remplacent
Rosées.
de Tannse. : 253
pluies pendant une parlie
Rossignol. En quoi le esdintegreissiets 250
Domingue dilère du noire. . --- Page 322 ---
TABI L E
Route de Jacmel àut désert. Bords du torrent de
les sites en
la Gosseline peu habités, quoique
soient agréables. -
e
a 154
S
Sablier. Description de cet arbre singulier et de
son fruit . e
- .
. 245
Saint-Domingues Quisqueia, Haiti, Eipanga s
nom des parties de Tile oû les indigènes avaient
Les Espagnols la nomleurs établissemens.
mèrent Isabella, du tems'del la découverte, 42.
Quiproquo de l'auteur de THistoire générale
des Voyages, ibid. aux notes. La partie esplus fertile que la française. Les
paguole
de
Sa
moines, causes de son peu
rapport.
population et son industrie n'ont reçu aucun
accroissement. -
.
- .
Saisons. La différence du tems humide au sec
rest la seule qui les distingue. -
Saona, petite ile oit l'on ne trouverait aucume
Le navire est
ressource en cas de naufrage.
e
près d'y échouer. -
Sapannes. Ce que c'est. Notes. . . . . 57
Sapans. Une vaste lecture et la vie sédentaire .
font les faux savans. .
Méthode défectueuse suivie à SaintSarclage.
Domingue pour le Sarclage. Nouveaux moyens
227.
proposés P
la seule qui les distingue. -
Saona, petite ile oit l'on ne trouverait aucume
Le navire est
ressource en cas de naufrage.
e
près d'y échouer. -
Sapannes. Ce que c'est. Notes. . . . . 57
Sapans. Une vaste lecture et la vie sédentaire .
font les faux savans. .
Méthode défectueuse suivie à SaintSarclage.
Domingue pour le Sarclage. Nouveaux moyens
227.
proposés P --- Page 323 ---
DES MATIERES.
n'ajoule rien à Tagrément
Se.res. Leur mélange
des
des socictés. Les Européennes se moquent
femmes créoles, qui le. leur rendent, 144. -
Les unes et les autres sont abandonnéos des
mulâtresses. ibid
Sommmpiesyei@realoue
et très-maussade. . . 143
Société très-insipide
Solilaire. (vie) Ses charmes. Moyens delarcndre
o
agréable. + -
e
Précieuse, même sur mer. .
S.litude.
Soufleurlance T'eau pebesiremesArer 2I
tient à Tespèce de la Baleine. . . .
destruction des bois, 256. -
Sourccs taries parla tremblémens de terre, 257.
Reproduites parles
. 262
Taries par le même phénomène.
Invitation aux sucriers d'employer les
Sucreries.
de leurs cannes à sucre.,
bocufs à la culture
de
font penclier Tauteur en faveur
Raisons qui
cetle méthode.
.
T
13G
Tables. Fort mal servies. -
très-rares à S.fat-Domingne. . e 145
Talens
Manière de lemTamarin, purgatif indigène.
ployer : : .
- .
-
du com* 219
Tass, Oil porc fumé. Objet priacipal
des Espagnols avec les Français. 47
merce
Causes locales influent surla temnTempévature.
des bois y a
péruture, 255. 1 La destruction --- Page 324 ---
TA B L E
apporté. de grands changemens aux Antillest
Avantages et désavaniages de cette révolufion + - . . o - .
- . : 256
Torlue. (Tile de la) Levasseur en chasse les
avec le tire
Anglais en 1638, et; y prend pied
de. prince. En 1660, du Rosset, autreavantrier, la vend à la compagn'e des Indes. I06
Tosglson- Abaurdité de.la.fahle qui fait naviguer
ce voyageur à T'aide de son bonnet. Expli25
cation. : o
o
Tienblemens de terre. Leurs causes. Examen des
différens systemes des savans. Opinion de
Fauteur, 257 et 258. - Phénomène inconnu
à la haute antiquité, 200. - Observations de
trémblemens de lerre dont
Tauteur sur quatre
il a été témoin, 262. 1 Leurs effets. -
V
Yan-Diemen. Habitanade Van-Diemen repoussent les pré-ens des Européens. .
Tégétal. (le règue) n'offre que très-peu de resla vie, si 8n le resserre dans le
sources pour
cercle des plantes indigènes. . . . . 195
yiadintion.Treeur-dee eesrorvslastemndsare
cause à la différence de végélation, que Tinfluence du climat. Suite d'observations con23g
traires à ce systême: -
Habitanade Van-Diemen repoussent les pré-ens des Européens. .
Tégétal. (le règue) n'offre que très-peu de resla vie, si 8n le resserre dans le
sources pour
cercle des plantes indigènes. . . . . 195
yiadintion.Treeur-dee eesrorvslastemndsare
cause à la différence de végélation, que Tinfluence du climat. Suite d'observations con23g
traires à ce systême: - --- Page 325 ---
a a
DES MATIÈRES.
Ferreries. Raisons de croire
avec succès à
quil s'en Crallirait
Ticillards seraient SinkDonningne. - .
23r
jérissait aul régime tris-communs, si l'on sassuqui convient au
Pourguoi :
climat.
Figne réussit à
cultiver autrement Saiu-Domingue, Défense de T'y
Pin falsifié
qu'en treille. .
quand it arrive en
qui et comment, Notes,
Amérique. Par
déré très-utile. Conseil 188.. Son usage moce
intéressé d'un
sujet, .
colon à
Fitres rendraient la chalear
nière dy suppléer.
insupportable. MaYolaille. La Pintade
.
celle d'Earope, 13;.-U excepiée, est inférieure à -
coarir.
Usage de la laisser
Inconvésiens -
e
aenhentsmeailie
o 163
par celle de gueljues mceursdlune nation
exemples à Tappui de celte individus. Plusicurs
assertion. e 28
X
Xarangua, lieu devenu celebre
dune horde espagnole,
par Patrocité
Reine du
glée,eic.. -
pays étran274
Y
Foguana. Dans le voisinage de
elalblisement des
Léogane. Ancien
Bin de la
indigenes. : .
e 273
labie du premier zolume, --- Page 326 ---
ERRATA du premier volume.
Pag, 2 ligne 20 lnusgeanhersormcyose
73 ligne 8 prudence, lisez: : pudeur.
23 sa dissolution, lisez : la dis217 ligne
solulion.
277 ligne 17 différences aux moeurs i
ajoutez une virgule après
diférences.
o --- Page 327 ---
ha --- Page 328 ---
a --- Page 329 --- --- Page 330 --- --- Page 331 ---
At
E797
W 757V
V. 1 --- Page 332 --- --- Page 333 --- --- Page 334 ---