--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Jabur Carter Broli
Cibrary
Brount Hniversity
KNOWLTON 1935
A --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
VOYAGES
D'UN
NATURALISTE, --- Page 6 ---
DE
LÉDITEUR.
AVIS
t
D'Ux
les VOYAGES
Lorsque jannonçal que six volumesins", 2
etc. formeroient les manuserits
Narenatisne, encore examiné
de
je n'avois point
pu juger
ni en conséquence d'après la
de TAuteur, c'est pourquoi,
leur étendue ;
dont-le Discours prélimivariélé des matières
cri pouvoir statuer
naire donne Tespos,fatoils le but de PAuteur étant
six volumes; : mais
un récit soutenu,
sur
son Lecteur par
2 et
d'intéreser
des répélitions
la monotonie
il a
d'éloigner
prolixes et inutiles,
d'éviter des phrases nénmoins les mêmes maà trois
cru, en employant réduire ses Yoyages
si
tériaux , devoir
d'un tiers plus gros que
volumes, 7 qui seront
à six. Cette nouvelle
Tédition ent été continuée ddiesteyq'anxe charmes
mesure cend'antsmgles
ce Làvre réunira
action sans lenteur,
de toutes les
d'une
à la portée
de devenir
Favantage
fortunes.
de 45 planches tant
Prix des 5 Yolumes enrichis de beaucoup de tableaus:
doubles, et
simples que
noir;
3o1 fr. fig. en vélin colorices;
50 1 figures
vélin.
72 - fig. et texte papior --- Page 7 --- --- Page 8 ---
- -
NOVeTa Fage 163.
TRONTISvICE
€
-
S
des Phylaums.
Cabanes et Tehrple
A
AAN --- Page 9 ---
VOYAGES
D'UN
NATURALISTE,
ET SES OBSERVATIONS
FAITES sur les trois règnes de la Nature, dans
plusieurs ports de mer français, en Espagne, au
continent de l'Amérique septentrionale, à SaintYago de Cuba, et à St.- Domingue, où l'Auteur
devenu le prisonnier de 40,000 Noirs révoltés,
et par suite mis en liberté par une. colonne de
l'armée française, donne des délails circonstanciés
surlexpédition du général - Leclerc;
Dprès à S. Ex. Mgr. le Comte DE LACÉPÈDE, 2
Grand Chancelier de Ia Légion d'Honneur, mcmbre du Sénat,
de linstitut, etc.
PAR M. E. DESCOURTILZ,
Ex- Médecin Naturaliste du Gouvernement, et Fondateur
du Lycée Colonial à St.-Domingue.
Multa latent in majestate Naturce!
PLINE, Hist. nat. Pram.
TOME PREMIER.
PARIS.
DUFART, PÈRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR.
180g.
ÉPÈDE, 2
Grand Chancelier de Ia Légion d'Honneur, mcmbre du Sénat,
de linstitut, etc.
PAR M. E. DESCOURTILZ,
Ex- Médecin Naturaliste du Gouvernement, et Fondateur
du Lycée Colonial à St.-Domingue.
Multa latent in majestate Naturce!
PLINE, Hist. nat. Pram.
TOME PREMIER.
PARIS.
DUFART, PÈRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR.
180g. --- Page 10 ---
ont été
exemplaires de cet Onvrage afin d'en
Deux
impériale,
à la Bibliothèque
des lois,
déposés
sous la protection
mettre la propriété
de PAuteur.
exemplaire sera signé
et chaque
Doroustl --- Page 11 ---
A. S, Ex. Msr. LE COMTE
DE LACÉPÈDE,
Grand Chancelier de la Légion d'Honneur,
Membre du Sénat, de PInstitut, etc.
MONSEIGNEUR,
CoarnE c'est aux grands Génies qu'il
appartient dep protéger les talens naissans,
de sourire à leur essor, et de les encourager par Pindulgence, jai reçu avec
enthousiasme les éloges dont vous avez
daigné honorer mes essais.
La faveur de votre protection, Monwigneur,nienharditéprésenteritiprésenteriforns
EXCELLEXCE, Z72 Ouvrage dont la
Dédicace exprime bien foiblement le voeu
de mon coeur.
En rendant Un juste hommage à votre
science profonde, Monseigneur, ne suis-je
point Pécho de Pimmortel Buffon?.
et votre nom célèbre n'est-il pas déjà --- Page 12 ---
Ouvrage ont été
de cet
afin d'en
Deux exemplaires
impériale,
à la Bibliothèque
des lois,
déposés
sous la protection
mettre la propriété
de PAuteur.
exemplaire sera signé
et chaque
Donoced --- Page 13 ---
A. S. Ex. Mer. LE COMTE
DE LACÉPEDE,
Grand Chancelier de la Légion d'Honneur,
Membre du Sénat, de l'Institut, etc.
MONSEIGNEUR,
CoxME c'est aux grands Génies qu'il
appartient de protéger les talens naissans,
de sourire à leur essor, et de les encourager par Pindulgence, j'ai reçu avec
enthousiasme les éloges dont vous avez
daigné honorer mes essais.
La faveur de votre protection, Monseigne,nienharditiépndseuteraPornr:
EXCELLEXCE, zn Ouvrage dont la
Dédicace exprime bien foiblement le voeu
de mon coeur.
En rendant un juste hommage à votre
scienceprofonde, Monseigneur, ne suis-je
point lécho de Pimmortel Buffon?.
et votre nom célébre n'est-il pas déja --- Page 14 ---
*
de PHistoire
courormé dans les fastes
naturelle ?.
EXCELLENCES sej plaise
Quoique VOTRE mérite, quoigutelle
à ignorer sOn vrai
aux éloges qui
cherche à se soustrairé
taire la voix
lui sont dus, peut-elle Ainsi faire Pon voit dans
de la Renommée?
violette se cacher
nos /
bosquets Phumble mais sOn coloris et son
sous le feuillage, toujours à notre vue
parfum la décèlent
et à notre odorat.
que je mocCest donc de ma gloire
VOTRE
Monseignaur, en suppliant Dédicace de
cupe, EXCELLENCE dagréer la
des
Ouvrage, comme un témoignage
cet
dont elle na cessé de mhonorer.
bontés
respect.,
Je suis avec le plus profond
MONSEIGNEUR,
EXCELLENCE
DEVOTRE
et très-obéissant
Le très-humble
serviteur,
DESCOUNTILZ
AV
la décèlent
et à notre odorat.
que je mocCest donc de ma gloire
VOTRE
Monseignaur, en suppliant Dédicace de
cupe, EXCELLENCE dagréer la
des
Ouvrage, comme un témoignage
cet
dont elle na cessé de mhonorer.
bontés
respect.,
Je suis avec le plus profond
MONSEIGNEUR,
EXCELLENCE
DEVOTRE
et très-obéissant
Le très-humble
serviteur,
DESCOUNTILZ
AV --- Page 15 ---
DISCOURS PRELININAIRE:
Hower être
privilégié de la
incontestable d'une Puissance Nature, preuve
d'cuvre
inlinie, cheforgueilleux de la
au destin qui t'a fait roi de création, rends grace
tous lieux les merveilles FUnivers; admire en
toi; témoin
d'un Monde formé pour
adore le
anguste du passé et du
Génie suprême ni l'a doné de présent, facultés
intelleotnelles, parcours l'espace au moyen du
pouvoir inconcevable de ton
par-tout tu feras des pauses d'extase imagination;
l'Ouvrier
en faveur de
cution qui en a conçu le plan, et de son exési admirablement coordonnée
tout, C'est une
dans son
en voyant le obligation que tu as contractée
celuide
jour. Qnel plus doux devoir
la reconnoissance
que
tecte de l'Univers !
envers le grand ArchiSoulève d'une main confiante et
le rideau que les Buffon, Linnaeus, respectueuse
Lacépède,
Daubenton,
du
Sonnini, etc. ont placé à la porte
temple qu'ils ont consacré à la Nature
pénétrant dans son sanctuaire, Parcours
en
plus circonscrit (1) dont le
l'édifice
peintre fidèle, le
() Le Muséum d'Histoire naturelle de Paris, --- Page 16 ---
DISCOURS
et
vij
fondemens,
Pline français posa les premiors à la vue du tableant
dis-moi si tu es insensible ressources infinies
des
imposant et majestuenx
du Créateur.
collection, qui n'a pas le
Dans cette riche
d'émionvoir tes
droit de fixer ton attention,
éprouves
regarda7àhlaisu
et
sre.dencbanerien rends-en grace à la Nature, ( Il
ce doux état ,
:
avec
ument.e-anters intellecl
écric-loi
qu'une vérité pure,
c'est
)) n'est pent-être sans idées contraires,
) tuelle, simple Dieu et > !
de
voûtes de cet
)) Texistence
tes yeux aux
Soit que tu élèves
tu les fixes devant
monnment, soit que
la multiauguste
tu les promènes autour,
toi, soit que
étonnera ta pensée, éblouira -
plicité des objets vain tous ces êtres qui ont
toujours ta vue; en de la formation du Monde,
existé, ces témoins attention. En vain l'imaginaréclameront-ils ton
embrasser tout,
tion la plus active voudroit-elle immensité paralyse
Cette sublime
et raisonner.
le génie ; on voit, on admire,
les sens, suspend le silence le plus profond, un
on se tait; mais
deviennent Thommage
éioquent recueillement offrir à P'Auteur de
le plus
qu'on puisse
tant de
le
des
EROIE
toujours dans repos,
lci tu vois pour ontété tyrans d'espéces
habitans de T'onde qui
-ils ton
embrasser tout,
tion la plus active voudroit-elle immensité paralyse
Cette sublime
et raisonner.
le génie ; on voit, on admire,
les sens, suspend le silence le plus profond, un
on se tait; mais
deviennent Thommage
éioquent recueillement offrir à P'Auteur de
le plus
qu'on puisse
tant de
le
des
EROIE
toujours dans repos,
lci tu vois pour ontété tyrans d'espéces
habitans de T'onde qui --- Page 17 ---
PRELIMINAIRE.
1X
plus foibles (1), placés près de leurs victimes
fières de leur néant, et semblant insulter à leur
impuissanternemi. Là, des reptiles, ou utiles (2)
ou dangereux (3), dont la vue ne peut plus
inspirer de frayeur, mais qui retracent à
l'observateur lc souvenir de leur ancienne existence.
De ce côté, l'étonnante variété des richesses
végétales, la combinaison à linfini de contexture, de nuances dans les hois et dans les
écorces; les formes bizarres et régulières des
fruits et des semences des quatre parties du
Monde, qui proclament la toute-puissance du
Génie créateur par leurs modifications souvent
indéfinies et toujours nouvelles.
De celui-ci, des corps dont l'existence semble
moins reconnue 7 quoique cependant organisés (4),louent l'homme de son industrie (5),
ou l'accusent de son ambition (6). Plus loin,
les ornemens de la couronne des
monarques 2
ou les parures brillantes de l'opulence (7).Ac côté,
(1) Les squames, etc..
(2) Les tortues.
(5) Les serpens et crocodiles.
(4) Les métaux.
(5) Le fer, le plomb, etc..
(6) L'or, l'argent.
(7) Le diamant et les pierres précieuses. --- Page 18 ---
DISCOURS
les arts
X
dont
plus communes
des produetions le plus avantagenx (). la
savent tirer le parti
propres à récréer
Veut-on des objets plus
supéricures la
trouvera dans les galerics
vue? on intéressante de quadrupedes vivipares. habiréunion
leurs mocurs et leurs
On consultera pour
de la Nature; on intertudes, le fidèle interprète les découvertes plus rérogera également pour
Sonnini; et graces à
centes, un Lacépède (2), un historien qui sicge
de Pillustre
une
ces continuateurs
on complétera
au temple de Timmortalité, qu'elle se modifie
étude d'autant plus attrayante attachante par son agréable
à Tinfini, el devient
pourretrou.
sariae.(nsinera à Gconsidérerleliont caractère fier,
en lui le roi des animaux, au
ver
ce noble ennemi,
franc el généreux; on préférera féroce par caractère;
cruel par besoin, au tigre ravageant, immoet sanguinaire par habitude, lors même que sa
lant de sa dent menrtrière, 2
de détruire
pour le seul plaisir
de
faim est apaisce,
palpitans, ou
et de s'entourer de lambeaux
jaspes, marbres, gypse, chaux, de etc... tenir la
() Agales
a été reconnu digne
,et la
(2) G Lacépede
elle lui fut confiée,
plume de Buffon, dit Sonnini;e solennel >. (Voyez le .
postérilé cunfirme ce jugement naturelle générale et
premier volume de THistoire de Buffon, rédigée par
particulière, par Leclerc
C. S. Sonnini.)
A
aspes, marbres, gypse, chaux, de etc... tenir la
() Agales
a été reconnu digne
,et la
(2) G Lacépede
elle lui fut confiée,
plume de Buffon, dit Sonnini;e solennel >. (Voyez le .
postérilé cunfirme ce jugement naturelle générale et
premier volume de THistoire de Buffon, rédigée par
particulière, par Leclerc
C. S. Sonnini.)
A --- Page 19 ---
PRELININAIRE
cadavres et d'ossemens dontl lay vue seule
xj
sa voracité, et semble lui demanderde rappelle
victimes.
nouvelles
On examinera avec plus d'inérédlindnstrious
éléphant, l'atile chameau, , le cheval,
scrviteurs fidèles et soumis
l'âne, ces
Thomme, dont ils
aux volontés de
quiils obéissent partagent les travaux, et à
flatté de la robe volontiers. L'oeil sera également
sveltes du
élégante du zébre, des formes
cerf, de Fantilope, de la
se rappellera avec intérêt les
gazelle. On
renard comme
ruses du loup, du
tyrans 3 du
du
comme victimes, cherchant lièvre, à
lapin >
ingénieux chasseurs; les
échapper à ces
écureuil; la
gentillesses de l'adroit
souplesse et
de
tateur de
Tintelligence
PimiThomme, du singe dont les
sont si variées. Enfin,
espèces
moment sur les
après s'être arrêté un
offre moins
autres espèces dont la vie privée
de détails
des
communs, on donnera
éloges ou des soupirs aux vrais amis de
T'homme, aux chiens 2 dont les races sont
tant multipliées.
aussi
Cette galerie a-t-elle élé suffisamment
minée? on trouve dans la suivante la
exacomplète des formes,
réunion
coloris lustré
l'élégance des
le
et inimitable,
robes,
rable, ces nuances
ce vernis inaltéirrisées et
se trouvent que sur la
chatoyantes qui ne
palette de la Nature, et
ou des soupirs aux vrais amis de
T'homme, aux chiens 2 dont les races sont
tant multipliées.
aussi
Cette galerie a-t-elle élé suffisamment
minée? on trouve dans la suivante la
exacomplète des formes,
réunion
coloris lustré
l'élégance des
le
et inimitable,
robes,
rable, ces nuances
ce vernis inaltéirrisées et
se trouvent que sur la
chatoyantes qui ne
palette de la Nature, et --- Page 20 ---
DISCOURS
x1)
aux colibris, 2 aux
qu'elle s'est plueà prodiguer oiscaux, qui tous
oiseaux mouches et aux autres
l'espèce.
brillent d'un éclat qui en distingne
aux
On y voit aussi les papillons le dispnter et le
la richesse de la parure
oiscaux pour
enfin les insectes et les mabrillant du coloris;
curieux que les Cuvier,
drepores annoncent au
les Hauys 2 les
* les Lamark, les Desfontaines,
les Fanjas
Bernard de Jussieu, les Geoffroy,
pour
etc. n'ont rien négligé
de Saint-Fond, du fondateur de ce monument
remplir les vues du Dieu de PUnivers.
élevé à la gloire
pénêtre sous cette
Combien Phomme qui
d'admiration
doit être ému
la
voûte imposante,
Et que ces témoins de
et de reconnoissancell
comGrandeur suprême doivent paissamment impulsions de
battre dans Timpie les sourdes
l'incertitude ou 'de l'athéisme!
, voir la
Croit-on, après cette contemplation; Si lon quitte
de la Nature?
fin des merveilles
pénétrer sous un dôme
cet édifice, c'est pour
donil'oil
plus élevé, plus vaste, plus imposant, Fimmensité 2
embrasser ou pénétrer
et
ne peut
dimensions sont inconnues,
dont les justes
à toût ce qui
donne vie à tout ce qui végète,
d'une
qui
cela encore que, plein
respire; c'est pour aime à aller respirer sous le
noble émotion, on
les autres arbres élégans
cèdre antique et sous
AAM
ôme
cet édifice, c'est pour
donil'oil
plus élevé, plus vaste, plus imposant, Fimmensité 2
embrasser ou pénétrer
et
ne peut
dimensions sont inconnues,
dont les justes
à toût ce qui
donne vie à tout ce qui végète,
d'une
qui
cela encore que, plein
respire; c'est pour aime à aller respirer sous le
noble émotion, on
les autres arbres élégans
cèdre antique et sous
AAM --- Page 21 ---
PRELIMINAIRE
xiij
et curieux, pour s'y livrer à des réflexions ton--
jours pures, et douces à perpétuer. En effet
celte extase, qui agrandit l'ame et qui l'élève
au dessus des passions humaines, est une muette
adoration, un culte en quelque sorte que l'on
rend à la Divinité; car l'esprit la retrouve sans
cesse dans la multitude
de
prodigieuse
ses
ceuvres.
L'étude de la Nature est immense (1),inépuisable et toujours nouvelle. Ses détails variés, la
magie des ses attraits appellent mémel'atiention
l'intérêt de ces hommes oiseux
la
et
que fortune accable ; mais malheur à eux, s'ils sontinsensibles
aux charmes de Pharmonie des prés ou des bois,
des ruisseaux ou des vallons! Malheur le
plus beau des sentimens est éteint en eux; et
(t) La Nature offre tous les jours à l'observateur
de nouvelles merveilles, et son étude depuis tant de
siècles n'est encore qu'une ébauche imparfaite. Pour
établir une échelle de démarcation entre le gramen
et l'arbre de nos forêts, dans
Taigle altier et l'agile roitelet, dans Tornithologie les
entre
entre le lion ou l'éléphant et la musaraigue, quadrupèdes il a fallu,
pour éviter la confusion : composer des nomenclatures. < Les divisions en genres et espèces, dit
Sonnini, sont autant de jalons plantés de distance
en distance qui procurent à notre esprit du
mnent, à notre imagination des
soulagemémoire du soutien
auxiliaires, et à notre
>. --- Page 22 ---
DISCOURS
xiv
ils portent par-tout
matériellement organisés,
aux autres. Que
un ennui qu'ils font partager
émue par la
d'une ame qui n'est point du
penser
feuilles
printems.,
stirprise des premières aidée d'une rosée bienfaiqu'une nuit douce,
des diamans
sante, a fait éclorre déjà parées
accens de
humides de la Nature? Si les premiers fanvette
Philomèle ou de sa voisine constante,la sile chant
babillarde, de cette rivale audacieuse, des airs, si celui
soutenu de l'alouette au milieu merle au milieu des
plus aigu de la grive ou du celui
du cousi
égayant
bocages de son parc,
04 l'agréable
cou sans cesse en mouvement, et mêmele simple
sszouillement del T'hirondelle, courtisant avec ardeur
patois du moineau franc, n'intéressent point
la femelle qu'il convoite 2 les douceurs de Ja vie
Yopulent, que lui servent digne d'habiter au
champétre? 1l n'est point et: d'en savourer
milieu de la simple Nature, semnlbsaumoes,dérohdes
à son réveilles exhalaisonse ou des bois par un
à mille fleurs des prairies
zéphyr badin.
peut-être une partialité
On me reprochera
on s'élevera contre
je suis loin de nier,
fait et
que enthousiasme poup une étude qui
mon
depuis les revers
mon bonheur et ma consolation mais que Thomme
dont la fortune m'a accablé; lui-même, et il apmalheureux se consulte
:
AN
nlbsaumoes,dérohdes
à son réveilles exhalaisonse ou des bois par un
à mille fleurs des prairies
zéphyr badin.
peut-être une partialité
On me reprochera
on s'élevera contre
je suis loin de nier,
fait et
que enthousiasme poup une étude qui
mon
depuis les revers
mon bonheur et ma consolation mais que Thomme
dont la fortune m'a accablé; lui-même, et il apmalheureux se consulte
:
AN --- Page 23 ---
PRELIMINATRE.
XV
comme moi, à s'abimer sans réserve
prendra,
daus le sein d'un Dieu qui n'a jamais repoussé
créature chérie : ainsi le voyageur, fatigué
sa
aime à se
par un chemin apre et raboteux,
oit il
reposer au pied d'une fontaine ombragée,
doit trouver la fraicheur, et oublier, en buvant
le feu bralant qui le
à celte source pure,
dévoroit.
d'écrire le résultat de mes obEn projetant faites dans des pays déjà connus, ily
servations
à prétèndre ne donner
eût eu de la présomption
considérant
des choses nouvelles; mais en
que
innombrable des productions de
la' multitude
modifications sous lcsIa Nature, les diverses
le même objet, j'ai
quelles on peut peindre
peintre
repris courage en réfléchissant qu'un
obtenir d'une seule tête, d'après la position
peut
dessins produits par la
du modèle, plusieurs
du
d'où le
variété de : ses contours, et
point
buste est envisagé..
eu
D'ailleurs l'étude de la Nature a toujours
raison
de cette bonne mère des
siportoe
de cet amour, obtenir
toujours
faveurs qu'elle n'accorde souvent pas
osent consulter sa fécondité avec
à ceux qui
dont le seul esprit est,
indifférence, ou ceux
des innovations cabalistiques, de rapporter
par
la découverte des merveilles qui,
à eux-mêmes --- Page 24 ---
DISCOURS
xvj
point aux yeux des
parce qu'elles n'éclatent
moins dans le
prolanes, n'en existent pas
oûr d'un pas
réservoir commun de la Nature,
C'est en
hardi ils ont osé les surprendre. cacher
plus
veulent
vain que ces êtres présomptueux où tout contemplateur
T'existence d'une retraile
d'un livre où tout aspirant peut
peut pénétrer 5 des vues sages et pardes prinliresile est mu par
On peut dire avec Buffon:
cipes philosopliques. de létude de la Nature suppose,
( Que l'amour
qui paroissent
dans V'esprit, deux qualités
)
vues d'un génie ardent
) opposées ; les grandes
d'ceil, et les
embrasse tout d'un coup
> qui
d'un instinct laborieux qui
attentions
)) petites
seul
). J'ai éprouvé
qu'à un
point
) ne s'attache
ces deux mouvemens à
d'i une manière distincte oùt toutes les producla vue de pays inconnus devenoient nouvelles pour
tions de la Nature
moi, et où tous les individus quil'emblisent pour me
venoient éblouir mes yenx étonnés, facultés
bientôt dans une extase oit mes saisi de ce
jeter
Mais bientôt
devenoient impuissantes.
à PAuteur de
noble, désir de rendre hommage
et
intention étoit écoutée 2
ces merveilles 2 mon
susceptible d'emétoit de nouveau
mon esprit
détails. Telle est la pasbrasser ces intéressans
entrainé vers
sion dominante qui m'a toujours
cette étude chérie.
Naturellement
TAALE
és
bientôt dans une extase oit mes saisi de ce
jeter
Mais bientôt
devenoient impuissantes.
à PAuteur de
noble, désir de rendre hommage
et
intention étoit écoutée 2
ces merveilles 2 mon
susceptible d'emétoit de nouveau
mon esprit
détails. Telle est la pasbrasser ces intéressans
entrainé vers
sion dominante qui m'a toujours
cette étude chérie.
Naturellement
TAALE --- Page 25 ---
PRELIMINAIRE
Naturellement enclin
xvij
genre, il me restoit, aux observations de ce
de diverses
après l'examen rigoureux
collections d'Histoire
établir des objets de
naturelle, à
comparaison entre lal
vivante et la Nature
à
Nature
imposteur veut en vain morte, laquelle un art
fraicheur. Ces
conserver les graces et la
et fort
préparations, d'ailleurs fort utiles
intéressantes, ne peuyent supporter le
parallèle, et elles sont, malgré les
P'art, si éloignées de la
ressources de
que je dirai
perfection et de la vie,
avec
( Nos livres sur I'Histoire Bnwandin-deSdatPene :
)) le
naturelle n'en
roman, et nos
le
sontque
Les
cabinetsque tombeau ).
voyages devinrent donc
de mes désirs. Ils m'offroient P'anique objet
server en grand, et d'admirer l'occasion d'obde la Nature dans l'immense la magnificence
ratures des
variété des tempéclimats, et de leurs
spéciales. Les
productions
T'agréable,
voyages, en réunissant Putile à
truisentyils épurent nos moeurs et nous insnous apprennent à
nos
pouvoir rapprécier
connoiseanccs, et ils
à persuader l'observateur parviennent souvent
de
ses recherches, et
limperfection de
teur, mais
qu'il est non point invenseulement l'ouvrier adroit du
Architecte de l'Univers.
grand
Tout le monde lit avec
les
Ils concourent à l'instruction plaisir
voyages.
TOME I.
de la jeunesse;
--- Page 26 ---
DISCOURS
délasxviij
c'est un
Tétude n'en est point applicante, des occupations
sorte après
sement en quelque
qui s'instruit en
plus sérieuses ; et heureux
voyas'afnusant! car, en laissant au courageux nouvelles,
le soin de tracer des routes
de ses
geur
sans peine et sans fatigue cueillir des
on profite découvertes, et c'est alors
heureuses
roses sans épines.
avec un nouvel intérêt à
On apprend toujours
les coutumes des
connoitre les lois, les moeurs , comparaisons,
étrangers pour établirdes
des leçons
peuples
mettre à profit
réfuter des systêmes, 9
dans ces lectures, des
souvent utiles. On acquiert
qui conduisent
topographiques
de
connoissances à la science utile et agréable
insensiblement
cMoi, dit Sonnini,
universelle.
la Géographie
no. 312. 1808.) qui
de PEurope,
de
) (Courrier serai le doyen des voyageurs ai
) bientôt
de FEurope, moi qui
) France, et pent-être de ma vie à visiter les
) passé quinze années
que je ne
partics de la Terresjavoue
et me
) quatre point de lecture quiminstrise
à
)) connois
celle des voyages; j'aime
) plaise autant que relations des autres ce que je
dans les
et
)) trouver
moi-méme,
) n'ai pu observer ou apprendre ne m'est plus
dans leurs entreprises, ce qu'il
)
d'exécuter (1) ).
2 permis
aux
est sur le point d'ajouter
() Ce savant profond
all
que je ne
partics de la Terresjavoue
et me
) quatre point de lecture quiminstrise
à
)) connois
celle des voyages; j'aime
) plaise autant que relations des autres ce que je
dans les
et
)) trouver
moi-méme,
) n'ai pu observer ou apprendre ne m'est plus
dans leurs entreprises, ce qu'il
)
d'exécuter (1) ).
2 permis
aux
est sur le point d'ajouter
() Ce savant profond
all --- Page 27 ---
PRÉLININATRE
Les arts etla science doivent
xix
vateur zélé
trop à cet obserpour que ses sectatenrs
point un systême à la
n'adoptent
se livre volontiers.
propagation duquel on
Nous répéterons
d'après lui : ( Qu'on aime à suivre le également
) dans ses courses
voyageur
lointaines, à
) compagnon par la
devenir son
))
pensée, 2 à s'associer à ses
dangers; on s'intéresse vivement à son
) on partage ses peines, ses fatigues,
sort,.
)) etl'ons'enorgueillt de
ses plaisirs,
ses succès. Les
) des voyageurs offrent
relations
en
) de variété; les événemens général beaucoup
)
y sont mélés aux
observations, et les accidens, les
)) viennent tourà tour afliger l'ame aventures
) égayer la narration
des
sensible, ,ou
) rien d'imaginaire; par
récits qui n'ont
on y
) qu'inspire le roman, rencontretoutfatrait
)) T'histoire
2 joint à la vérité de
)).
Onvoitd'aprés
il me tardoit de cetteprofession def foi, combien
mettre en pratique la théorie
que J'avois acquise. Il falloit voir
et revoir souvent
beaucoup,
les
pour ne point m'égarer dans
conjectures, pour éviter le labyrinthe de la
différens Voyages dont il a enrichi les
un nouvel ouvrage en ce genre
bibliothèques,
intérêt, et formera le
qui sera du plus grand
Anacharsis dans l'ancienne pendant du Voyage du jeune
Grèce.
2 * --- Page 28 ---
DISCOURS
des
IX
d'aoquérir faisoit
science. Aussi l'espoir et comme le mystère
plaisirs de mes peines;
mon travail
excite naturellement la curiosité, raison des difficultés
d'assiduité en recherches, et des
augmentoit
dans mes
que jéprouvois
pour mes nomenclatures.
doutes qisdlevoienty
exemple,jela croyois
En cucillant une fleur, par de ses formes, de
classée par la seule inspection calice, lorsque Y'examen
sa corolle ou de son
la reportoit dans une
des étamines et du pistil
à acquérir, mais
autre classe. Nonvelle gloire rendoit souvent douqu'une cruelle incertitude combien souvent tu me fus
teuse. 01 Linnaus! de transmettre ton nom à
ntile! et qu'il est juste foible dette qu'aoquitte
la postérité! Cest une
de PHistoire naenvers toi un des amateurs
turelle.
tes immortels
Combien de fois, en consnltant et de quelle utilité
derte.jeiabreigee émon travail; Tordre de mes découtes lecons ont été poar sonlager ma mémoirelLa
veres,autantquep pour
de ta méthode réunit
merveilleuse concordance étrangers entr'eux,
des objets qui paroissent attention soutenue finit
et pouriant en qui une
incontestables. La
par découvrir des rapports notre imagination,
Nature moins restreinte que des chemins différens,
arrive au. même but par
notre inteldésole et trouble
dont la recherche
.jeiabreigee émon travail; Tordre de mes découtes lecons ont été poar sonlager ma mémoirelLa
veres,autantquep pour
de ta méthode réunit
merveilleuse concordance étrangers entr'eux,
des objets qui paroissent attention soutenue finit
et pouriant en qui une
incontestables. La
par découvrir des rapports notre imagination,
Nature moins restreinte que des chemins différens,
arrive au. même but par
notre inteldésole et trouble
dont la recherche --- Page 29 ---
PRELIMIRATRE.
xxj
ligence; ; mais, loin de nous trouver humiliés de
ce défaut de pénétration, que cetle incapacité
soit pour nous le motiflouable d'un hommage
respectueux envers PÉtre des êtres, moteur de
ces merveilles, et pour qui les problèmes n'existent pas. Multa latent in majestate Naturce !
( Que de merveilles nous sont cachées dans la
)) Nature>! Mais revenons au motif quim'a fait
rassembler les observations faites pendant le
cours de mes voyages.
Je devois publier séparément, après les avoir
soumis à l'approbation de PInstitut, plusieurs
ouvrages que j'ai depuis réunis au journal de
mes voyages, et que j'offre au public sous le
titre des Voyages d'un Naturaliste , et
ses Observations faites sur les trois règnes
de la Nature, etc. (1). La relation. de ces
Voyages qui comprend trois gros volumes, au
lieu de six petits, ainsi que l'annonça lepremier
(1) Quelqu'un peu versé dans l'étude de I'Histoire
naturelle, et ne considérant que le mot, 2 me reprochoit
ce titre en prétendant qu'on ne devoit point désigner
les trois règnes de la Nature; ; cette objection est d'autant
plus mal fondée que tous les jours un naturaliste écrit
ses voyages, mais qu'il parle sans ordre de matières,
et souvent ne classe point ses observations, ou qu'elles
n'embrassent point les trois règnes de la Nature: --- Page 30 ---
DISCOURS
xxij
ornée de planches, de sujets
Prospectus 2 est
ainsi classée :
nouveaux, et elle est
mon'
à M. Desdunes - Lachicotte, faites
J'expose
mes observations
hôte à Saint-Domingue, la nature 7 du sol , sur les proen Normandie sur
jy ai parcourus, 2 sur
ductions des pays que des habitans; et pour ne
les moeurs et lindustrie
un récit monotone
point fatiguer le lecteur par le conduis au Hâvre,
et des relations stériles, je
qui bormilieu des campagnes pittoresques
la
au
et dont je lui donne
dent la grande route 7
description la plus exacte,
écrire senlement
Comme cunaiearaedoipoiond devoir choisir mon lecpour les savans, 2 j'ai cru in'ontjamais voyagé,
personnes qui
teur] parmilesp
narration utile et agréable.
afin de lui rendre ma
par-tout, dans
C'est pourquoi il m'accompagne
je lui
des campagnes;
mes courses au milieu
beautés dela Nataresjeleramène étonnefaisadmirerles)
ou, saisi d'un
sur le rivage de la mer, admire et se tait.
ment respectueux, 2 il s'élèvent en son ame, à la
Plusieurs pensées
qui lui paroit sans fin;
vue d'un horizon humide
pour se conil frémit pour le maedetasecrhardi leurs brisans,
fieraux flotsquil Tépouvantent par il adniire le
redoutables;
et qui lui paroissent la construction de ces
gépie de Phomme dans
découverte
flottantes, et Pétonnante
demeures
V
et se tait.
ment respectueux, 2 il s'élèvent en son ame, à la
Plusieurs pensées
qui lui paroit sans fin;
vue d'un horizon humide
pour se conil frémit pour le maedetasecrhardi leurs brisans,
fieraux flotsquil Tépouvantent par il adniire le
redoutables;
et qui lui paroissent la construction de ces
gépie de Phomme dans
découverte
flottantes, et Pétonnante
demeures
V --- Page 31 ---
PRELININATRE.
xxii)
au moyen de laquelle on est parvenu à les diarriver d'un
à l'autre,
rigeravolonté, 2 pour
pôle
en traversant des écueils sans nombre et une
route uniforme, et qui ne laisse apercevoir les
traces d'aucun voyageur.
En parcourant les rochers du rivage, je rends
mon compagnon témoin de la libéralité du Créateur envers ses créatures. A deux époques de la
journée, le pauvre se transporte en ces lieux 2
enrichi par des présens que le Ciel lui envoie; il
ramasse en abondance du poisson, des crustacées
les flots ont rejetés pour lui de leur
que
sein; il en nourrit sa famille, ses enfans, etsouvent même, au moyen d'une mesure qu'une
main prodigue a comblée, il peut en vendre une
partie qui lui devient superflue par l'espoir
d'une nouvelle marée. Je fais part de quelques
observations relatives aux pêches de la rade, et
aux ruses qu'emploient les crustacées, pour se
soustraire aux piéges de leurs persécuteurs.
J'ai occasion, au retour de ces promenades
instructives, d'examiner plus à loisir les objets
dont je donne la description. Je me suis particulièrement attaché à la rendre aimable, afin de
captiver mon lecteur. ( On regrettera toujours,
) dit M. Salgues, de quitter d'agréables relachercher chez
> tions qui nous enchantent, pour
) les secs et arides nomenclateurs, cette partie --- Page 32 ---
DISCOURS
xxiv
à la science ce que la
) technique 2 qui est
et à la, poésie, ce
est à l'éloquence
) Grammaire
à Thomme animé. Si vous
)) que le squelette est il faut mêler quelques
) voulez m'instruire, 2
) charmes à vos leçons )). devoir de me conforJe me suis donc fait un
heureux, sijai
mer à d'aussi sages principes; tout le monde
suivi cette route agréable que
aime à parcourir!
de mon récit,
Afin de détruire la monotonie je traite, je
et de diversifier les objets que la
du
détails sur
position
donne quelques
bombardérent plusieurs
Hàvre, que les Anglais
fois pendant mon séjour.
les fruits de mes promenades
J'offre également
du Hâvre, de Hond'observations aux environs
soin la
donne avec le plus grand
fleur, et je
des sites enchantours comdescription exacte climat, tels que la côte des
muns dans ce beau
côte de Grace.
Ormeaux, celle d'Egonville,etla
anecJ'ai aussi occasion de citer quelques
proprcs à piquer la curiosité;
dotes particnlières, collections d'Histoire natuje décris plusieurs lecteur dans les agréables
relle; je promène mon négociant. De là, je le
vergers de M. Poulet,
étudier avec moi les
conduis à Honfleur pour y
admirer les
moeurs - et coutumes du pays, y
effets de la marée montante, y prendre
curieux
als
,etla
anecJ'ai aussi occasion de citer quelques
proprcs à piquer la curiosité;
dotes particnlières, collections d'Histoire natuje décris plusieurs lecteur dans les agréables
relle; je promène mon négociant. De là, je le
vergers de M. Poulet,
étudier avec moi les
conduis à Honfleur pour y
admirer les
moeurs - et coutumes du pays, y
effets de la marée montante, y prendre
curieux
als --- Page 33 ---
PRELIINATRE
part sur le gazon à un divertissement XXV
pêtre, etyjouir d'un tableau
chambon père fété
attendrissant d'un
par ses enfans.
Mais comme les effets naissent des
mon journal me rappelle le funeste contrastes,
mois de septembre de cette année. équinoxe du
Ce fidèle dé-.
positaire me fournit les détailsaffreux de
inouis qui désolèrent, à cette
ravages
teuse, 2 le Hâvre et ses environs. époque Et calamicalme succède
comme le
les joûtes
toujours aux tempêtes, je raconte
qui se font sur l'eau en certains
de fete, je décris celle des
jours
canots armés, de vigoureux rameurs, celle du fameux mât de
Cocagne. Enfin, aprèsla description de
poissons de la rade, ne
quelques
pouvant trouver
sage sur un bâtiment, je renonce
le pasment au projet de
pour
moen
oùt m'embarquer, etj je retourne
Gatinais, je trouve à observer chez mon
père le caractère aimable et intéressant
fouine devenue familière.
d'une
Je m'y livre alternativement: à un travail
nuile', sur la culture du safran de cette
plus
et quoique cette plante bulbeuse ait été province;
avec détails par l'illustre
décrite
ajouter à son mémoire Dahamel, je trouve à
surtout des dessins
mes observations, ct
l'histoire de
fidèles qui manquoient à
cette plante si précieuse au commerce, lesquelles planches servent mieux --- Page 34 ---
DISCOURS
xxvj
et les plus
Tinuligence, que les meilleures faire à ce
descriptions que Pon peut
exactes
sujet.
idées générales 7 je considère
Après quelques
de son importation
le safran depuis l'époque donne la description ;
dans le Gàtinais, et j'en existe entre cette plante
j'établis la différence qui lequel les fraudeurs
utile et le colchique 2 avec
sa culture, et
savent le sophistiquer; findique les caractères auxle terrain qui lui est propre; les bons oignons, la'
quels on doit reconnoitre et la température qui
différence de leur robe,
leur convient.
manière de préparer la
Je fais connoitre la
à laquelle se
lui destine, et Tépoque
est le
terre qu'on
désigne le tems qui
font les labours; je
et les moyens à emplus propice au plantage,
et les disposer
préparer les oignons,
ployer pour
à une prompte végétation.
de ces oignons, et
Je décris le développement les animaux qui les
leur floraison; je dénonce meurtrière détruit en
ravagent, et dont la dent du diligent cultiles espérances
un moment
vateur.
travaux de la seconde et
Je passe ensuite aux
comprennent T'arrade la troisième années 2 qui
en fait. Arrive
chis des oigrions, et Pusage qu'on
préparer les oignons,
ployer pour
à une prompte végétation.
de ces oignons, et
Je décris le développement les animaux qui les
leur floraison; je dénonce meurtrière détruit en
ravagent, et dont la dent du diligent cultiles espérances
un moment
vateur.
travaux de la seconde et
Je passe ensuite aux
comprennent T'arrade la troisième années 2 qui
en fait. Arrive
chis des oigrions, et Pusage qu'on --- Page 35 ---
PRELININATRE
le moment de la récolte de
xxvij
intéressante
cette fleur autant
du
pour les sens. , que sous le rapport
produit qu'on en retire.Je décris avec soin sa
cueillette, son épluchage, sa
produit. annuel
dessication, et le
qu'on obtient de
reconnoît les qualités
celuiauquel on
exigées.
Je rends compte des maladies
l'oignon est en but, telles que le auxquelles
tacon et la mort.
fausset 3 le
Je développe les propriétés du safran
béchique, histériqueet
comme
emménagogues, diaphorétique, cordial, alexitère, céphalique et ophtalmique; comme stomachique,
minatif et
hépatique, cardétersif; enfin comme résolutif,
anodin et assoupissant.
Jei le considère enfin sous le rapport des
et j'évalue les frais de culture d'un
arts, 9
terre à safran. Ce mémoire
arpent de
notes additionnelles
est terminé par des
sur sa culture, et des détails
historiques.
Je me rends ensuite à Paris d'où fais
pour
je
route
Bordeaux, en exposant mes observations
faites pendant la route. Arrivé à Bordeaux,
j'étudie les moeurs el coutumes des habitans de
cette ville ; puis embarqué à bord du vaisseau
anglo-américain P'Adrastus,
7 i'y écris mes remarques sur les usages bizarres et peu sensuels --- Page 36 ---
DISCOURS
xxvilj
(1).Après
des naturels del la Nouedlie-Anglaerre et attendu
reconnu le Plati-de-Blaie,
avoir
et les passagers pour
long-tems le capitaine
pour la tour de
mettre à la voile, on appareille
Cordouan.
au fait de la naviPour mettre mon néophyte
mouvemens
je linstruis des principanx point sous
gation,
je ne passe
du bord; c'est pourquoi de vent que nous esle silence un fort coup
d'avoir occasion
suyâmes au deonquenent,afia mancenvres qui se font
de lui citer les diverses
dont il
aux dangers
pour soustraire un vaissean je lui raconte divers
est menacé par la tempée; douteux quelquefois pour
faits extraordioaires,
les avis d'un cen-
()Jai reçu avec reconnoissance de parler souvent de
seur distingué qui me reprocha mais je crois devoir
moi et de nos repas du bord, le
et qu'en ma
Jui observer ici que je suis voyageur, fidèle de ce
dois un compte
qualité d'observateur, 2 je senti. Car quel héros pouvois-je le
quejai vu, éprouvé, n'est moi ne suis-je point
meltre en jeu, si ce
du bord, ils sont sur un
natrateur? Quant aux repas différens de ceux qu'on prend
bâtiment américain,si
me faire connoitre
à terre, que le lecteur ne lui; peut et que la principale
des usages nouveaux traversées pour est, dansloisiveté qu'on
occupation dans les
sans raison, ou de songer
éprouve, de se quereller doit suivre. J'en appelle
même à table , au repas qui qui se sont embarquées.
a cet égard aux personnes
VAL
du bord, ils sont sur un
natrateur? Quant aux repas différens de ceux qu'on prend
bâtiment américain,si
me faire connoitre
à terre, que le lecteur ne lui; peut et que la principale
des usages nouveaux traversées pour est, dansloisiveté qu'on
occupation dans les
sans raison, ou de songer
éprouve, de se quereller doit suivre. J'en appelle
même à table , au repas qui qui se sont embarquées.
a cet égard aux personnes
VAL --- Page 37 ---
PRELIMINAIRE
xxix
ceux qui n'ont pas voyagé, mais dont on rencontre de fréquens exemples.
Ne me contentant point de restreindre mon
journal à des observations météorologiques, je
donne à connoitre le genre de vie qu'on mêne
sur un vaisseau dans un voyage de long cours,
les plaisirs qu'on sait s'y créer, les' amusemens
que chacun imagine pour éloigner P'ennui, suite
inévitable de la monotonie.
En parcourant le vaisseau pour visiter les
lignes qu'on laisse d la traine, j'aperçois de
gros poissons, , et aussitôt d'appeler mon néophyte pour les lui faire examiner , et lui faire
part de mes réflexions à leur égard ; tout en
l'entretenant sur ce point, le vent souffle, et la
mer moutonne sous le poids et les bonds d'une
troupe de souffleurs quej j'aperçois à Phorizon.
Une autre fois, c'est une bande nombreuse et
fugitive d'adroits poissons volans qui quittent
leur élément pour tromper la dorade dans sa
poursuite acharnée.
Une dispute s'élève, et je me vois forcé d'en
- et d'entrer dans d'autres détails qui ne
parler, 2
paroissent superflus qu'à ceux qui les connoissent, mais qui font partie de Phistoire d'une
traversée. Ces anecdotes souvent piquantes ne
délassent-elles pas quelquefois le lecteur, trop
souvent ennuyé d'un journal où il n'est question --- Page 38 ---
DISCOURS
XXX
pluie et vent, brume
que de beau tems , observations monotones et
épaisse, et d'antres
doit point regarder
minutieuses 2 qu'on ne
capables de captiver un lecteur? dont
comme
du Tropique,
Je raconte le baptême attendoit le récit avec
surtout
mon néophyte
qui cherche à s'insT'impatience de quelqu'un intérêt à la punition
truire; il prend également indiseiplinés 5 il
exercée contre les matelots trombes de mer, etjasur les
me questionne
sur ce point en découvrant
chève de T'entretenir
Phorizon le phare de
à
terre , et apercevant
Charies-Town.
avec moi mon néophyte, et
Je fais débarquer
de la ville pour en
je le promène dans les rues les moeurs de ses
connoitre les usages, et étudier
et des
parler des quakers
habitans; il a entendu
qui existe
méthodistes: : je lui établis la différence
de
s'est bien pénétré
entie ces sectes; et lorsqu'il le vois encore renotions instructives, je
ces
désirer une autre étude.
venir, et semblant lis dans ses yeux son désir
Je l'examine, et je
au milieu des camla Nature
d'aller contempler établir des comparaisons 2 y
pagnes, pour
oiseaux qu'il veut condonner. la chasse aux
désire conserver 7
qu'il
noître, aux papillons
dont je dois grossir
faire la recherche des plantes
tson butin,
mais, tout en augmentants
son herbier;
ces
désirer une autre étude.
venir, et semblant lis dans ses yeux son désir
Je l'examine, et je
au milieu des camla Nature
d'aller contempler établir des comparaisons 2 y
pagnes, pour
oiseaux qu'il veut condonner. la chasse aux
désire conserver 7
qu'il
noître, aux papillons
dont je dois grossir
faire la recherche des plantes
tson butin,
mais, tout en augmentants
son herbier; --- Page 39 ---
PRELININAIRE
jel lui trace avec fidélité les tableaux
xxxj
plus
des sites les
pittoresques, le genre de ces campagnes
primitives, et les endroits destinés à la
amusement favori des
course 9
Anglo-Américains.
Au retour, je lui fais connoître un
du Canada, qui,
sauvage
comptant sur les droits de
Phospitalité, est entré familièrement dans
maison oùt je me trouvois,
une
qu'une chaleur
pour apaiser la soif
excessive a fait naître en lui.
J'entretiens aussi ce lecteur des autres
ductions du pays, utiles aux
proau
arts, et favorables
commerce, telles quel'arbre dcire, P'érable
a sucre, etc. ; et tout en lui rappelant
anecdotes sur les moeurs des bons habitans plusieurs
ces pays fortunés, je lui parle d'un
de
la Caroline, artiste
sauvage de
sans art, mais
rare faveur de la
qui, par une
l'huile
Nature, a composé et peint à
un tableau dans lequel il s'est
senté au milieu de ses
repréDésirant de l'instruire campagnes.
bonne
2 et profitant de sa
volonté,je conduis mon
des endroits qu'il n'a
néophyte dans
excursion
point encore visité. Une
de
ornithologique devient d'abord le but
notre promenade ; mais après avoir fait
une ample collection d'oiseaux
lui, je trouve et saisis l'occasion nouveaux pour
examiner
de lui faire
un boiciningna qu'un particulier de
Charles'Town conserve depuis
lui donner à
long-tems, sans
manger, --- Page 40 ---
DISCOURS
xxxij
létude des productions
Loin d'avoir épuisé besoin de voyager sous
naturelles du pays, le
sur une
climats nous fait embarquer
est
d'autres
dont le capitaine
godlette anglo-anutricaine, de ses mceurs et la loyauté
digne, par la pureté
au tems du monde
de vivre
de ses actions,
primitif.
Pile de Cubes ; et
Nous faisons voile vers
avoir prodigus
bon capitaine, après nous
la
notre
tout ce qui pouvoit nous
pendant la traversée
la générosité jusqu'à
rendre agréable, poussa à terre des logemens
nous choisir secrétement
étroites que nous
commodes que les cabanes
plus
avions à son bord:
des côtes arides de
Je donne la description
d'abord
de Cuba, et mon néophyte, sourit
T'entrée
tableaux peu simables,
attristé par ces
de la baie de Saint-Yago,
à celle de Pintérieur
riche et le plus
offre le paysage le plus
qui
piltoresque.
étant venu à notre renUn pilote espagnol Yoccasion d'étudier ses
contre 7 nous fournit
sur les moeurs
de le questionner ile. Après nous
manjeres,'et
de cette
et usages des habitans lieu de stireté, nous
avoir fait mouiller en
escaladons une
pied à terre,. et nous
mettons
de laquelle
richement boisée, au sommet
côte
du fort qui
la maison du commandant
se trouve
protége
A
toresque.
étant venu à notre renUn pilote espagnol Yoccasion d'étudier ses
contre 7 nous fournit
sur les moeurs
de le questionner ile. Après nous
manjeres,'et
de cette
et usages des habitans lieu de stireté, nous
avoir fait mouiller en
escaladons une
pied à terre,. et nous
mettons
de laquelle
richement boisée, au sommet
côte
du fort qui
la maison du commandant
se trouve
protége
A --- Page 41 ---
PRELIMINATRE
protége la baie, et dont les batteries
xxxiij
midables.
sont forAprés une réception aussi honnête
geante, nous descendons la
qu'oblià notre bord
côte, et remontons
pour faire"voile vers
qui se trouve au fond de la baie, Saint-Yago,
Il tarde à mon néophyte de
l'intérieur de la ville; aussi
me voir visiter
à coeur que de le satisfaire, n'ayant rien de plus
et je parcours les
je mets pied à terre,
rues de
les moeurs. les
Saint.Yago, j'étudie
usages de ces
quelques notions intéressantes Espagnols, et
fruit de mes observations,
deviennent le
répéter à mon
que je me plais à
néophyte qui attend mon
avec impatience.
retour
En admirant les ressources
fournit cette ile pour les besoins de précieuses la
que
quelques courses
vie, je fais
ornithologiques que j'ai soin
d'entro-méler de parties de
aux insectes et
pêche, et de chasse
Je
aux papillons de cette ile.
reviens dans la ville, où j'étudie
le caractère des
avec soin
des
padres 3 et où je prends note
cérémonies.
religicuses qui se
pendant la semaine Sainte et le jourde pratiquent
Le besoin de nous rendre à
Pâques.
me fait profiter d'une fréle Ssint-Domingue,
embarcation qui
transporte au milieu des flots écumans m'y
mer en furie : enfin,
de la
TOME I.
après une tempête hor3 --- Page 42 ---
DISCOURS.
tel est le
xsxiv
à S.incDoningne;
rible,ie débarque
Volime.
sommaire de mon premier second Volame, et
Si le lecteur ouvre mon dans mes olservations,
daigne me suivre
m'y
qu'il
débarquer. à SsincDoningue,
il me verra
capables de minstruire, le
entonrer de personnes
sur
donner des renseignenens comme
et de me
et Thistoire du pays; à laclimat, les lieux, c'est la première étude
il me semble que
me fais raconter par
quelle on doive se livrer,je l'histoire de File d'Haili,
ancien colon
Colomb
un
par Chiristophe nous ont
depuis sa découverte les traditions
jusquià nos jours, que
de ces vérités, je
transmise. Alors, pénétré d'intérêt; ici je
le pays avec plus
heureux, ces
parcours milieu d'un peuple
autoretrouve au
leur
qui ne connoisoicnt
faire
bons caciques
et s'en servoient pour
rité que de nom, le bonheur et la confiance;
planer autour d'eux
de ces insulaires
1, je crois voir des groupes des libéralités de la
atendre leur existence à un dur et pénible
Nature, sans s'astreindre
des pécheurs,
travail; parmi eux se trouvent les plus agés vaquent
tandis que
des chassours,
elle
soins de l'intérieur.
fête célébre?
aux Arrive-ton à l'époque d'une
n'hochômée; car ces peuples leur dien
est sincérement seulement des lèvres
noroient pas
AA
1, je crois voir des groupes des libéralités de la
atendre leur existence à un dur et pénible
Nature, sans s'astreindre
des pécheurs,
travail; parmi eux se trouvent les plus agés vaquent
tandis que
des chassours,
elle
soins de l'intérieur.
fête célébre?
aux Arrive-ton à l'époque d'une
n'hochômée; car ces peuples leur dien
est sincérement seulement des lèvres
noroient pas
AA --- Page 43 ---
PRELIMINAIRE
XXXV
imaginaire, mais par leurs actions; ; et si
ques ridicules, ordinaires à ces tems
quelprésidoient aux cérémonics
reculés,
être indulgent
religieuses, il faut
inventés
pour ces détails accessoires
par Tinexpérience et la bonhomie
ces peuples,
de
des
auxquels on pourroit répondre
cérémonies de nos jours non moins ab- par
surdes, quoique consacrées
par des
policés : au reste, 2 le principal motif dans peuples
pieuses réunions des insulaires
les
adorer un objet dont ils
d'Haiti, étoit d'y
connoissoient la
sance sans pouvoir la
puisenvers le
comprendre, et c'est
de lal
soleil, ame et source sacrée des trésors
Nature, qu'ils devenoient
qui ils offroient leurs
respectueux, , et à
plus purs
Comme de tout tems l'esprit hommages.
fanatisme a subtilisé les
trompeur du
il
coeurs foibles ou
confians, se trouva à Haiti, dès son état trop
mitif, des êtres plus astucieux
primun des
que le cominsulaires, et qui, par un intérêt
sonnel, inspirèrent une terreur
à pernaturels débonnaires
panique ces
pour en obtenir des honneurs, des rangs et de la fortune; c'est
une secte s'éleva, et commença à
pourquoi
un langage
prophétiser en
la crédulité mystique et barbare, et abusant de
du peuple, elle lui fit voir ce
n'existoit point, et fascinant Jeurs
qui
midés, elle
regards intis'annonça en rapport direct avec un
3 * --- Page 44 ---
DISCOURS
xxxvj (
dont elle osa se déclarer
dieu qu'elle créa, et confiance absolue, un
linterprete. De là une hommes adroits auxaniversel pour ces
le nom de
respect naturels d'Haii donnèrent
quels les
indiens.
assobutios 3 ou prétres leur parti, les butios
Afin de grossir suprême ceux des Indiens
cièrent à leurautorité des principes conformes
ils reconnarent
deux
en qui
afin d'opposer au pouple
aux leurs; et
convenable de revêtir
freins puissans 1 ils crurent civile, subordonnéo
derniers d'une antorité
de la divinité.
ces nénmoins à celle des ministres et leur dénomDe là la division des peuplades de chels pour les goubrement; de là Pélection
nom
donna unssimenealen
on
verner 2 auxquels
de caciques.
de ces gouvernemens
J'indique le partage
intérieure, leurs
indiens; je décris leur délicieuse paix
existence au
mceurs douces, leur ravissantes et embellies
milieu de campagnes comme le bonheur tient à
par leur union 3 mais rien, dit Florian, le fait
de chose, et qu'un fortunées, vivant au
peu évanouir, ces peuplades troublées, dispersées,
comble deleurs voenx,sont de nations féroces
anéanties par la corruption éviter le joug, êt dans les
dont elles ne peuvent confiance trop avengle les
piéges desquelles une donne alors des détails histoJe
fait précipiter.
AA
milieu de campagnes comme le bonheur tient à
par leur union 3 mais rien, dit Florian, le fait
de chose, et qu'un fortunées, vivant au
peu évanouir, ces peuplades troublées, dispersées,
comble deleurs voenx,sont de nations féroces
anéanties par la corruption éviter le joug, êt dans les
dont elles ne peuvent confiance trop avengle les
piéges desquelles une donne alors des détails histoJe
fait précipiter.
AA --- Page 45 ---
"PRÉLININAIRE
xxxvij
la découverte de l'ile d'Haiti par
riques sur
innocente des malChristophe Colomb, cause
en ont fait le séjour du crime,
heurs qui depuis
et comme ces
de Pambition et des attentats;
néanmoins
détails, quoique connus, 2 intéressent
de
qui les ignore, il me presse
mon néophyte
relative à T'expédition de
continuer mon histoire
demande comment
Christophe Colomb: il me
des
aussi bon a pu laisser commettre
un homme révoltans. Il frémit avec moi 2 en
crimes aussi
lui
traversant la rivière, des massacres qui
rapd'amertume, et lui
pellent des souvenirs pleins larmes; car il est
font répandre même quelques
sensible. Bientôt, en continuant mon récit, nous
les lieux signalés par des événemens
parcourons
il
avec douleur
transmis à la postérité ; apprend
de
Colomb, protecteur
la mort
Christophe
cela même
infortuné des bons insulaires 2 et par
de
devenu la victime de l'envie et de T'ambition
altérés par la soif de l'or et du
ses successeurs
sang.
Bovadilla et Ovando sucIl voit avec regret
d'une
céder à Christophe Colomb, et gémit
autorité despotique et féroce qui semble proIndiens la malheureuse destinée qui
noncer aux
En vain Ferdinand, par un
leur est réservée.
arrêthumain, vent arrêter les exploitshomiciles
des tigres Bovadilla et Ovando;
et sanglans --- Page 46 ---
'
DISCOURS
xxxviij
ni celle de leur moni la voix de la Nature, faire entendre à ces coeurs
narque ne peuvent se
leur route dans
pervers et ulcérés : ils tracent des corps foibles
milieu des cadavres ou
vieilPile au
enfans et des
des fommes,des
de For!..
et palpitans,
Del'or!
lards qu'ils ont fait massacrer. et rien ne peut étouller
voilà leurs cris" de rage, font donc supplicier tout
ces cris impérieux; ; ils
ce métal
servir à leur procurer
des
ce qui ne peut
par des crimes,
funeste qu'ils retirent, d'une terre qui semble reentrailles fécondes
gretter de s'être entr'onverte. intestines s'élèvent parmi
Enfin des divisions
de Christophe
de l'expédition
les Espagnols
général des Indiens
Colomb, après le massacre ont à leur tour à comd'Haiti, et ces Européens
des forbans sans
battre des ennémis puissans, projets d'une
de semblables
aveu, et mus par
enfin les flibnstiers dont
ambition démesurée,
et la vie privée.
je fais connoître les moeurs
bien lonables,
Métant aperçu à des soupirs l'ame de mon
ces récits fatigans ont attristé
que
chercheà délasser son imagination,
néophyte, , je
d'une belle campagne;
au milieu
de son
en V'entrainant
subitement, létat
mais comme y arrivant
d'en apprécier les
coeur ne lui permettroit point
d'en respirer
beautés, d'en saisir les nuances, d'abord au milieu
les parfums, je le conduis
%e
aperçu à des soupirs l'ame de mon
ces récits fatigans ont attristé
que
chercheà délasser son imagination,
néophyte, , je
d'une belle campagne;
au milieu
de son
en V'entrainant
subitement, létat
mais comme y arrivant
d'en apprécier les
coeur ne lui permettroit point
d'en respirer
beautés, d'en saisir les nuances, d'abord au milieu
les parfums, je le conduis
%e --- Page 47 ---
PRELIMINAIRE
xxxix
d'une Nature déserte oit je donne le tems à ses
pensées de s'adoucir, et après avoir côtoyé et
visité la hatte aride de mon hôte, M. DesdunesLachicotte, je conduis mon néophyte au lagon
Peinier, appelé cirque des Bambous, oà la
Nature est parée de tous ses charmes, et où elle
se montre dans tout son éclat aux yeux de
l'amateur passionné.
La vue d'une riante verdure harmonise
bientôt tout son être, sensible désormais aux
parfums de ces fleurs qui bientôt égayent son
imagination; mais comme une transition subite
de la douleur au plaisir seroit un contraste trop
pénible, je conduis mon néophyte sous dcs
abandonnés et célèbres, l'un par les
ajoupas
soupirs d'un amant malheureux et l'autre par
sa consécration à l'amour paternel. Enfin, après
les dernières larmes données aux plus touchans
souvenirs,je permets à mon néophyte de s'abandonner à la contemplation.
Cet être sensible, toujours reporté par son
coeur à désirer quelques notices sur les anciens
habitans du pays, m'engage à lui parler au
moins du colon européen qui a succédé à PIndien insulaire, et des troubles long-tems perpétués de la conquête d'Haiti. Jc cherche à
satisfaire sa juste curiosité par le parallèle du
colou modeste et du colon ambitieux. Jc lui --- Page 48 ---
DISCOURS
XL a
qui m'ont
transmets ensuite les renseignemens le caractère des
été donnés par mon hôte les sur. moeurs et usages
créoles de nos jours, sur
de cette nouvelle génération.
et mon néoJ'ouvre ensuite mon journal, la nature du
lit mes observations sur
phyte y
et après quelques
climat de Saint-Domingue; je le fais voyager
remarques météorologiques,
dans ma
Pinstruire. Il m'accompagne
moi à
pour
il est aussi ardent que
route du Cap;
choses nouvelles squis'ofirent
saisir et admirer les
les airs les oiseaux et les
Il suit dans
à ses yeux.
les insectes et les reptiles;
sur la terre,
coeur reconnoispapillons,
et son
il étudie la végétation, des ressources qu'offre
à la vue
sant s'attendrit
milieu des déserts.
la Nature, même au
les habitations les
Nous nous arrêtons sur
et nous mettons
plus dignes de nos remarques, TEtable
à la
nombre celle de
appartenant
de ce
celle de MM. Rosfamille Rowignol-Desdunes,
entourées par
et Descahaux,
qui is'y
signol-Grammont
de palmiers
des colonnades imposantes
au milieu de
élèvent avec grace et majesté
de ces
de citronniers
porsisantfineralle
haies
arbres.
le bourg des Gonaives,
Après avoir reconnu observationss surla nature
etys avoir fait quelques
et sur les moeurs des
du sol, sur ses productions
VENL
de MM. Rosfamille Rowignol-Desdunes,
entourées par
et Descahaux,
qui is'y
signol-Grammont
de palmiers
des colonnades imposantes
au milieu de
élèvent avec grace et majesté
de ces
de citronniers
porsisantfineralle
haies
arbres.
le bourg des Gonaives,
Après avoir reconnu observationss surla nature
etys avoir fait quelques
et sur les moeurs des
du sol, sur ses productions
VENL --- Page 49 ---
PRÉLIMINAIRE
xj
continuons notre route au milieu 4
habitans, nous
latitude
d'une richeNature quidonne une ample
les sites devenant de
à notre contemplation;
la diversité de leur
plus en plus pittoresques par
à mon néoexposition, je ne plais à les décrire
qui, ainsi ue moi, en fait son profit.
phyte
sur la montagne des
Il jette un regard inquiet
doit franchir au milieu d'écueils
Escaliers, qu'il
Mais il est déet de rochers âpres ct roulans.
à la
dommagé de ses fatigues et de ses peines,
du bourg enchanteur de Plaisance, qu'il
vue rencontre au revers de ce morne rocaillenx.
Il traverse avec moi la rivière du Limbet,
dont les eaux basses et limpides bouillonnent
à leur rencontre de rochers posés çà et là au
lit.
d'antres remilien de son
Enfin, après
marques, nous arrivons au Cap.
dans la ville
Jel'engage à ne point me suivre
les premicrs jours qui seront consacrés
€ pendant
Mais mon néophyte,
à mes affaires personnelles.
s'est intéqui a l'ame grande et le coeur hon,
me
et ne veut plus me
ressé à ce qui
regarde, chez M. Roume,
quitter; je le conduis donc
homme insagent du Gouvernement français,
truit, et avec lequel on ne peut que profiter;
m'appelant àl'Artimais des affaires imprévues
devenu mon
bonite, mon néophyte, qui est
formant le
ombre, y retourne avcc moi, en --- Page 50 ---
DISCOURS
xLij
pour y tirer parti
projet de revenir au Cap, Roume sur l'Histoire
de M.
des entretiens
naturelle.
après avoir donné
De retour aux Gonaives, affaires qai m'y ont
soins aux
tannerie
mes premiers
à une
appelé, ,je conduis mon néophyte enchanteur. C'est
située au milieu d'un bocage
reçois de Toussinslonveren rentrant que je
mis injustement
ture la levéc des séquestres
au Portfais un voyage
sur nos habitationsje entrer de suite en possession.
au-Prince pour
les chefs noirs de T'arTour à tour trompé par
les offres perfides
rondissement, et leurré par
confiance trop
faccorde une
de nos nègres 2
lieu de me repentir 5
dont j'ai
prématurée, 2 fixé sur notre habitation.
domiétant à peine néanmoins à une passion
Je m'y livre
en ces lieux favorisés
nante, à la chasse, qui
Néanmoins,
offre tous les agrémens en ce genre. affermécs, et
de grandes propriétés
nous
posesseurs tonchons point les revenus,
dont nous ne
universelle; et c'est
vivons dans une pénurie néophyte quejaime à
le bonheur de mon
des choses hupour
Pinstabilité
lui faire apprécier
de la prédestination.
maines, etla bizarrerie
de cette
infortune,jen'en
Résigné au milien
de la Nature, et c'est
bénis pas moins PAuteur
amères, que
consoler de ces épreuves
pour me
posesseurs tonchons point les revenus,
dont nous ne
universelle; et c'est
vivons dans une pénurie néophyte quejaime à
le bonheur de mon
des choses hupour
Pinstabilité
lui faire apprécier
de la prédestination.
maines, etla bizarrerie
de cette
infortune,jen'en
Résigné au milien
de la Nature, et c'est
bénis pas moins PAuteur
amères, que
consoler de ces épreuves
pour me --- Page 51 ---
PRÉLININAIRE
XLUj
mes exercices. Je décrisle site pittoje reprends
coloniale, observée alt
resque d'une fabrique Je cache derrière moi
milieu du Grand-Ilet.
secrétement à
mon néophyte, et il prend part
l'entretien que j'ai avec des solitaires que la vue
d'un nouvel être auroit pu intimider. Le bon
Isidore, Pun d'eux, me conduit à sa bananerie,
dans une feuille fraiche de
y étanche ma soif
ensuite les
Il déplore
cette plante précieuse.
ravages de Tépizootie de sa hatte.
Je retourne sur Phabitation pour visiter
Rossignol, situé dans les bas
le beau verger
trouve le propriétaire en
de PArtibonite, ctj'y
humaines.
but, ainsi que moi, aux vicissitudes beau trait
Je fais admirer à mon néophyte un
d'hospitalité de M. Desdunes-Lachicote, qni
nous raconte les dangers auxquels il a étéexposé,
blanc, au milieu des noirs révoltés et
comme
ennemis de sa couleur.
Je propose à mon néophyte une seconde promenade au lagon Peinier, et nous y découvrons
nouvelle inscription érotique. Je l'emmène
une
du Gros-Morne, pour en
le lendemain au bourg
mon
connoitre le climat, et j'ai lieu, pendant
de lui faire le parallèle de
séjour en ce canton,
milieu des mornes où
l'existence qu'on mène au
celle de la
la température est salutaire, ayec --- Page 52 ---
-
DiscoURs
XLiv
anéantit les facultés au
plaine, oà la chaleur
lieu deles vivifier.
séjour sur PhabitaAprès ce voyage, un long d'y étudier les
tion de PÉtable me permet
dont la
des animanx de toute espèce,
moeurs embellit ce séjour , et c'est en melivrant à
présence
à leur
que je trouve
avec ardeur
chasses poursuite, qn'on peut Jeur faire,
décrirelesdiverses
aller cheret les pêches qu'on y pratique pour milieu de
cher les habitans de Ponde jusqu'au
leur retraite.
je cite à cet égard ne
Les observations que
car elles"
des répétitions plagiaires,
sont point
Un voyageur seul peut
me sont personuelles. des moeurs d'animaux
parler avec certitude
Aussi Thistoire que
qu'il étudie journellement. et n'a aucun rapport
j'en offre est nouvelle,
dont le nom seul
avec la description de sujet le plaisir de mon
étoit connu.J J'ai eu soin, pour arides et SCOlecteur, d'éviter des deseriptions baroques et scienhérissées de termes
lastiques, seroient déplacés dans un voyage,
ifiques qui
un ennui involontaire,
et remplaceroient, par auteur doit chercher
l'intérêt soutenu qu'un
à inspirer.
un ouvrage insDésirant faire de ces Voyages
mes
tructif, je répète à mon néophyte jnsqu'a transmis
olservations mentalesjet aprislulavoirt
pal
ides et SCOlecteur, d'éviter des deseriptions baroques et scienhérissées de termes
lastiques, seroient déplacés dans un voyage,
ifiques qui
un ennui involontaire,
et remplaceroient, par auteur doit chercher
l'intérêt soutenu qu'un
à inspirer.
un ouvrage insDésirant faire de ces Voyages
mes
tructif, je répète à mon néophyte jnsqu'a transmis
olservations mentalesjet aprislulavoirt
pal --- Page 53 ---
PRELININAIRE
des détails
XLY
intéressans sur la guerre du
suscitée par Toussaint -
Sud,
noirs
Louverture, chef des
3 contre Rigaud , général en chef des
hommes de couleur, j'arrive
l'étude des haras de
successivement à
Saint-Domingue, où les
pratiques, 3 en raison du climat, diffèrent de
celles d'Europe. Je donne des
les
renseignemens sur
bours-équiors , sur les chevaux
sur les batards
d'allure,
anglais, sur les hattiers magoigaons,aurfélucation des chevaux
sur la castration des
peautres,
poulains; les précautions à
prendre pour leur éviter le tétanos dans
taine circonstance de leur vie
cerherbes nuisibles dont
; j'indique les
les pâturages sont
souvent infestés.
trop
Je relate- et soumets quelques observations
sur la puissance fécondatrice des
perfection des
étalons, sur la
races, sur les inconvéniens des
pâturages humides pour les
police
poulains, sur la
qu'exercent les étalons envers leurs
mens, sur limitation de ces
jules bours -
dispositions par
équiors, sur les mulets de SaintDomingue, et enfin sur la nature des
connues dans cette ile.
épizooties
Mon néophyte se rappelant du joli
animal dont je donne le dessin
petit
Ième
(page 41 du
volume), me demande de nouvelles
sur les cabrits
notes
domestiques, sur les maladics --- Page 54 ---
* DISCOURS
xLvj
sont assujettis; quels
auxquelles ces quadropèdes
qui
les remèdes à opposer aux épizooties en
sont
Je termine mon récit
en désolent T'espéce. des cabrits, à la qualité
lui disant qu'à Putilité
le cochon
de leur chair, on pent comparer fait dans l'ile une
appelé toriquin, 2 dont on
grande consommation.
occupations,
Bientôt je quitte ces paisibles
des
au milieu
faire voyager mon néophyte
boulepour
ensuite sur un sol
orages,! le transporter
de terre; je l'égare,
versé par les tremblemens
au milieu
avoir échappé à ces désastres,
ouraaprès
oùt il est en but aux
d'autres campagnes il essuie avec moi les ravages
gans. Plus loin
d'un débordement.
je fais succéder les
A ces fléaux de la Nature, de la plaine, oit
inconvéniens qu'ollre le séjour
les
araignées
Pon a à redouter les scorpions, crabes, les bêtes à
à cul ronge, les araignées les tiques et les autres
mille pieds, les chiques,
moins iminsectes sinon tous venimeux, 2 au
portuns.
à mon néophyte des
Je fais aussi part occasion de répéter sur
expériences quejai eu
de Saintles lézards et les autres reptiles est exposé le
Domingue; des dangers auxquels végétaux qui se
botaniste au milieu des poisons
ne plus
communément. Mais, pour
rencontrent
à cul ronge, les araignées les tiques et les autres
mille pieds, les chiques,
moins iminsectes sinon tous venimeux, 2 au
portuns.
à mon néophyte des
Je fais aussi part occasion de répéter sur
expériences quejai eu
de Saintles lézards et les autres reptiles est exposé le
Domingue; des dangers auxquels végétaux qui se
botaniste au milieu des poisons
ne plus
communément. Mais, pour
rencontrent --- Page 55 ---
PRELIMINAIRE
alarmer mon
xLvij
néophyte, je cesse de lui
les inconvéniens de
retracer
l'ile, et je lui en fais
cier ensuite les rares avantages. Je lui appréen conséquencel le tableau des
soumets
ressources qu'ollire
St.-Domingue, sous le rapport des
des manufactures
subsistances;
qui y sont établies, ou
pourroit y établir,
qu'on
2 d'autres avantages qu'on
pourroit retirer dé la cochenille, des
soie, des épices, des laines et des abeilles. vers à
Je conduis ensuite mon
d'un
néophyte au milieu
jardin, et il reconnoitavec moi qu'on
adapter les charrues à la culture coloniale. Je peut
rends témoins des récoltes du riz, de celle du le
coton, du sucre, du café, de l'abattis des bois
propres aux constructions et à la teinture.
Quelques petitsvoyages domment.ieuidenouvelles observations sur les usages de la
sur les chasses du
colonie,
marée.
pays, et sur les raz de
Mon néophyte me suit un autre
habitations
jour sur les
Guyot et Robuste, puis à SaintMarc, chez M. Tussac,oû il admire
belle. Flore des.
avec moila
Antilles, à laquelle ce
Jiste travaille depuis
zélénaturasaisit
quinze ans; ; c'est alors
avec empressement le double
qu'il
faire la route du
avantage de
Cap avec M. Tnssac, et
revoir M. Roume. Cc
d'y
voyage devient instructif --- Page 56 ---
DISCOURS
xiviij
qui ont peine alors à
en raison des remarques de trois observateurs. -
échapper aux regards conduis. mon néophyte au
Arrivé au Cap, je
des Pères, d'ou
de botanique de Phôpital
la
jardin
enthousinsme
avec un juste
il contemple rade. Je le mène ensuite à l'agence
position de la
le faire présenter avec
du gouvernement, pour naturalistes qui y sont
moi par M. Roume aux nous annoncent chez
attachés, et qui à leur tour d'un cabinet d'hisM. Daubertés, possesseur réunies toutes les
toire naturelle oû se trouvént les côtes de Saintfournissent
coquilles que
de
riches en ce genre production. trouve
Domingue,"
les Gonaives, où je
Je repars pour
aux monts
Tordre de me rendre surle-champ de la situation de ces
donner l'état
Cibao, pour
exploitées. Quelle joie pour
mines anciennement n'avoit encore pu faire aucun
mon néophyte, qui
essai minéralogique !
trouvons à joindre
Dans le voyage, nous
tout en eflleuTatile à T'agréable; : c'est pourquoi Nature semble
rant les rochers mdallgpueqpuela nous admirons la
vouloir retenir dans son sein,
et
de tous les sites de la partie espaguole, du
beauté
de la chaîne des montagnes
T'immensité
les anciennes minières
Cibao. Nous visitons
immémorial. Ce
comblées depuis un tems
que.je
collection de minéraux
voyage, 2 et une
parvicus
MANL
atile à T'agréable; : c'est pourquoi Nature semble
rant les rochers mdallgpueqpuela nous admirons la
vouloir retenir dans son sein,
et
de tous les sites de la partie espaguole, du
beauté
de la chaîne des montagnes
T'immensité
les anciennes minières
Cibao. Nous visitons
immémorial. Ce
comblées depuis un tems
que.je
collection de minéraux
voyage, 2 et une
parvicus
MANL --- Page 57 ---
PRELININAIRE
parviens à me
xLix
d'offrir
former', me donnent les
aux minéralogistes les tableaux moyens de
géologie de Saint-Domingue,
la
que je fais précéderd'instructions: sur la manière dont les naturels
d'Haiti, et par suite lcs captifs espagnols
toient les mines, 2 et comment
exploiles orpailleurs
encore aujourd'hui
le sableaurifere recueillent, au moyen de scbiles,
Nous
que charrient plusieurs rivières.
de
quittons ce théâtre devenu le
tant de malheureux Indiens
tombeau
pas dans la
2 pour porter nos
campagne 2 avec l'intention
surprendre F'Espagnol
d'y
suivre dans
simple et paisible, de le
l'intérieur de son
et
jouir avec lui d'une paix délicicuse ménage,
d'y
passion ne vient troubler.
qu'aucune
Je saisis au retour l'occasion d'entretenir
néophyte, 2 des salines de la partie
mon
de celles de la partie
espagnole, et
sous des voûtes
française ; je le conduis
sombres
la
et où au milien de
quiinspiront terreur,
de belles stalactites grottes pittoresques il admire
énorme les
mehaçant de leur poids
stalagmites mamelonnées
ont déjà formées;je Tintroduisaumilieu. qu'elles
plus
d'antres
redoutables, et où des feux souterrains
conspirent pour ébranler la
de ses flammes
terre, etl'embraser
des soufrières dévorantes : c'est après l'examen
que se terminent nos courses
minéralogiques.
- De retour à PArtibonite,
TOME I,
mon néophyte veut
--- Page 58 ---
DISGOUIS
L
et les vexations que
partager mes contraridtés envers les propriéy
alors
les noirs exercoient milieu de ces traverses
taires blancs. C'est au Huin, dépaté en France
que Tadjudantgésérai
vient prendre mes
par Tosesattemnenuns de 7 PEtable oà il sait
dépéches sur Phabitation
en notre. préet menace,
nous faire respecter, de toute la rigueur des lois,
sence 5 nos noirs leur insubordination.
s'ils persistent dans
m'emmène avec lui au
Cet ollicier-général
la route me recomPort-au-Prince, et pendant c'est à cette faveur que
mande à tous ses amis :
de la Croixdus l'analyse des sources puantes
je
des-Bouquots
et m'emmene
à son départ,
R
il veut que Fassiste reçois de ToussaintLour
avec lui; c'ostl là que je
devoit protéger mes
le saufconduit qui
verture d'Histoire naturellé:
des
courses
anecdotes sur T'originalité de SaintQuelques caractère des coloris
matelots, sur le
réflexions sur la situation
Domingue; quelques la fidélité d'un chien ; un
du pays; un trait de Tatachement d' un aras ; un
autre qui prouve
enfin une notice sur les
de piété Gliale;
Yolume de
exemple
terminent le second
eaux de Boines,
mes Voyages.
les campagnes habitées,
Soudain je quitte
au scin d'une
conduire mon - néophyte verdure glace
pour
dont la sombre
nature sauvage,
le
réflexions sur la situation
Domingue; quelques la fidélité d'un chien ; un
du pays; un trait de Tatachement d' un aras ; un
autre qui prouve
enfin une notice sur les
de piété Gliale;
Yolume de
exemple
terminent le second
eaux de Boines,
mes Voyages.
les campagnes habitées,
Soudain je quitte
au scin d'une
conduire mon - néophyte verdure glace
pour
dont la sombre
nature sauvage, --- Page 59 ---
PRELININAIRE
les sens de terreur, et
Lj
inspire une sombre mélancolie. Il frémit avec moi du morne silence
qui attriste ces lieux déserts, et il ne l'entend
interrompre que par des rugissemens sourds
qui, sans être bruyans et tonitrueux, alarment
Pimagination. Bientôt il voit s'élancer du milieu d'épines un monstre hideux qui le
de sa fureur; ce monstre est le Crocodile menace
de
Saint-Domingue, 5 qu'on y appelle
et
dont l'histoire
Caiman,
commence le troisième Yolume
de mes Foyages.
Je n'entrerai dans aucun détail sur le sommaire des treize chapitres qui
mémoire; il me suffira de dire composent ce
retiré toute la
que j'en ai
partie anatomique, étrangère au'
récit d'un voyageur. 2 et dont je réserve la
blication pour les savans et les
pume suis
anatomistes: : je
principalement attaché dans cet Ouvrage à décrire les moeurs du Caîman avec
titude, et à raconter plusieurs faits qui furent exac- le
fruit de.mes observations.
Je donne connoissance à mon néophyte, des
préludes de l'amour du reptile ; je lui
quelques détails sur son
expose
accouplement, et sur
l'age auquel il peut produire; et à la faveur de
nos promenades réitérées, je lui fais remarquer
successivement les soins du màle et de la femelle
avant et après la ponte.
Bientôt mon curieux néophyte déterre avec
4 * --- Page 60 ---
DISCOURS
d'en
zij
et impatient
moi les ceufs de ces reptiles, il les ouvre pour
connoitre le développement, , sous cette envelaposition du reptile
examiner
Ioppe crétacéc.
et des ohservations
Une étude constante, des détails sur ses
imultiplices nous fournissent
le reptile, et
sur les ruses qu'emploic olfactif.
moeurs,
de son organe
dans cette
sur la perfection trouye trop d'intérêt
à lui
Mon néophyte
m'ongager
contemplation pour ne pas de plus près le
d'examiner
fournir les moyens
d'attaquer
amphilbies il me propose pour le diterrible
profite de son ardeur
aux
Fanimal, et je
chasses qu'on fait
riger dans les diverses n'y trouve] pas tonjours
Caimans : mon néophyte désir de s'instruire le fait
mais le
qui se
de Tagrément,
les difficuliés
surmonter avec courage
auxquels on est
et les dangers
Armé de
rencontrent,
périlleuses.
de
exposé dans ces attaques
de toulles
il se méie à Tapproche
ennemi;
prudence, recèlent un dangereux tient sur la
roseaux qui
chassour se
c'est pourquoi notre prêtà faire feu au moindre
défensive, ct toujours
souvent brave imdu Caiman qui
mouvement plusieurs décharges, vonlant mettre
punément Mon néophyte est stndieux,et avec moi à
tous les instans qu'il passe tous les soirs
à profit
il me propose
nous
Sainc-Domingue,
dans laquelle
nocturne,
de la nuit,
une promenade à la faveur des ombres
pourrons,
aux qui
chassour se
c'est pourquoi notre prêtà faire feu au moindre
défensive, ct toujours
souvent brave imdu Caiman qui
mouvement plusieurs décharges, vonlant mettre
punément Mon néophyte est stndieux,et avec moi à
tous les instans qu'il passe tous les soirs
à profit
il me propose
nous
Sainc-Domingue,
dans laquelle
nocturne,
de la nuit,
une promenade à la faveur des ombres
pourrons, --- Page 61 ---
PRELIMINAIRE
assister aux rassemblemens des
L11j
y faire connoiire, et
nègres,sans nous
étudier par ce moyen les
moeurs des habitans de Guinée
qui ont été
transportés à Saint-Domingue.
Ce projet nous réussit, et nous
cessivement des
procura sucrenseignemens exacts sur les
Dunkos et les Aradas, amans
et
jaloux empoisonneurs ; sur ceux de Fida, , dont les
femmes tatouées sont néanmoins
malgré cette mutilation; sur les nègres coquettes
sur ceux si cruels
d'Essa,
d'Urba, sur ceux dAmina
qui croient à la
Métempsycose, et parmi lesquels on voit des mères éperdues, le
6 Nature! des mères dénaturées
dirai-je?
enfans
porter sur Jeurs
une main homicide, pour les dérober à la
honte de T'esclavage!
Les négres Ibos nous présentent des moeurs
plus douces, et des exemples d'un amour
tant et sincère; vient ensuite l'étude des consde Beurnon, sévères observateurs de nègres
leurs
principes pieux et favorables à la pudeur
parmi eux, est regardée comme la
qui,
vertu des femmes.
première
Nous remarquons que les nègres Mozambiques professent la religion catholique
leur
a été communiquée
les
qui
par Portugais; mais
se rencontre parmi ces Africains
qu'il
une secte de
vaudoux, espèce de convulsionnaires, dont les
principes religieux sont diamétralement
à ceux des Mozambiques devenus
opposés
catholiques.
ables à la pudeur
parmi eux, est regardée comme la
qui,
vertu des femmes.
première
Nous remarquons que les nègres Mozambiques professent la religion catholique
leur
a été communiquée
les
qui
par Portugais; mais
se rencontre parmi ces Africains
qu'il
une secte de
vaudoux, espèce de convulsionnaires, dont les
principes religieux sont diamétralement
à ceux des Mozambiques devenus
opposés
catholiques. --- Page 62 ---
. DISCOURS
Liv
des nègres que nous obserUn, autre groupe
nocturnes , nous
yons dans ces rassemblemens
des rois de
fournit des détails sur la sépulture
de cette
sur la barbarie des nègres
Dahomet,
; sur la coquetnation envers leurs prisonniers
qui porte
naturelle aux femmes,et
terie toujours
avec excès;
celles de Dahomet à se parlumer moeurs et
d'autres faits relatifs aux
enfin sur
de P'Afrique.
-
coutumes de ces peuples
à Pautre, nous
d'un ajoupa
En nous glissant
des Crépéens , et des
apercevons des Akréens, autour du feu, et
rassemblés
Assianthéens, boucaner Pépi de maïs qu'ils
occupés. à y faire nourriture. Nous apprenons
préferent à toute
nation sontidolâtres,
d'ensqueleanigres de leur
dans les circonsqu'ils consultent leurs fétiches la
et les chetances critiques; qu'ils ont peau d'un art
diversement colorés par le secours
leur
veux
d'eux rappelle à ses camarades
grossier: : un
les flots avant de livrer une
coutume de conjurer heureux ou un fàcheux prébataille, etde tirer un
des vagues qu'on
du calme ou du courroux
sage
naif décrit avec Texacva consalter. Cet orateur
sur la scène, les
titude de celui qui se reporte
la préet de leurs soldats;
armures des généraux
des
derniers à l'égard prisonniers
caution de ces
le combat. 1 adopte,
qui seront faits dans
pratiquent
Crépéen, la coutume que
bacomme
d'enfouir leur argent avant la
ces peuples
livrer. Bientôt quittant les
taille qu'ils ont à
a
Texacva consalter. Cet orateur
sur la scène, les
titude de celui qui se reporte
la préet de leurs soldats;
armures des généraux
des
derniers à l'égard prisonniers
caution de ces
le combat. 1 adopte,
qui seront faits dans
pratiquent
Crépéen, la coutume que
bacomme
d'enfouir leur argent avant la
ces peuples
livrer. Bientôt quittant les
taille qu'ils ont à
a --- Page 63 ---
PRELIMINAIRE
horreurs de la
LV
guerre, ce fidèle
secours d'une mémoire
narrateur, au
tous ceux de son
prodigieuse, 2 naturelle à
pations
pays, se reporte à des occuplus douces, et décrit les chasses et les
péches auxquelles se livrent généralement
Akréens, 2 les
et
les
Crépéens, 3
les Assianthéens
pendant la majeure partie de la journée. Il termine son récit par quelques instructions
tives aux moeurs des Popéens
relaenvers leurs supérieurs.
trés-cérémonienx
A; peine avons-nous quitté cette
de pouvoir se reporter par. la société,joyeuse
qu'elle regrette,
pensée en un pays
de
que nous observons un groupe
Phylanis, nouveaux Juifs, et dont la
est de mener une vie errante. Ces
destinée
modestes Africains, simples dans leurs moeurs,
de nombreux
9 voyagentavec
plapes des troupeaux,et fournissent aux peupays qu'ils parconrent, un
et pur, que leur
laitage gras
loyanté ne leur permettroit
d'altérer au moyen d'un liquide
pas
admirons l'union intime
étranger. Nous
de ces nègres bons et
caressans, 2 et regrettons que ces qualités aient
dégénérées depuis qu'ils ont connu des peuples
policés. L'un des Phylanis présent,
Palpha (r)
() Grand prétre et sacrificateur. Ce brave
d'une douceur
benjamin
angélique, et comme vieillard,
recevoir avec résignation les insultes de
habitué à
pervers, me fit don par suite de tablettes jeunes de nègres
bambou,sur lesquelles il traça àlaided't
taches de
due,
Tunebaguettefenetdereacrecompoace de jus de citron el des siliques
peuples
policés. L'un des Phylanis présent,
Palpha (r)
() Grand prétre et sacrificateur. Ce brave
d'une douceur
benjamin
angélique, et comme vieillard,
recevoir avec résignation les insultes de
habitué à
pervers, me fit don par suite de tablettes jeunes de nègres
bambou,sur lesquelles il traça àlaided't
taches de
due,
Tunebaguettefenetdereacrecompoace de jus de citron el des siliques --- Page 64 ---
DISCOURS
Lvj
octogénaire, appritàs ,
ses
deleur secte, et vicillard
ceux de sa religion
enfans qui l'entouroient, que de la paix et de la
vivoient en Guinée au milieu
une puniqu'on y infligeoit
au
bonne intelligence; enfans qui manquoient
tion exemplaire vicillards; aux
que leur religion avoit
respect dû aux
avec celle desJuils; en effet,
- beaucoup de rapport
mobile, il parle
après avoir décrit leur temple dans les jours de
des cérémonies qui s'observent du bélier qui a lieu au
fête, et du sacrifice
en commémoration
fameuxj jour dAudebiché,
du sacrifice dAbraham. d'autant plus de regrets la
Nous quittons avec Phylanis, que mon néophyte
rénnion des bons
avec indignation pluet moi, nous surprenons de' Diabon, cruels et
sieurs aveux de nègres autant que par caractère.
féroces par habitude immolent à leurs dieux, d'après
Ces monstres
les étrangers qu'ils
le conseil de leurs préures, tandis qu'ils tolèrent
terres,
enmensentperleun l'assassinat de leurs pareils.
parmi eux
plus heureux en proNous ne sommes pas
nous renlongeant notre marche 2 puisque nègres, qui
une assemblée de Congos
controns réunir. en eux tous les vices coutrairesà
semblent
queje regrette bien
les
de sa religion
écrites dans
d'acacia 7 dogmes Europe. Ceslignes
der crarairpamppenteren à notre usage, offroient des caractères
le sens. opposé tres-variés, et tres-curienx.
hiéroglyphiquest
heureux en proNous ne sommes pas
nous renlongeant notre marche 2 puisque nègres, qui
une assemblée de Congos
controns réunir. en eux tous les vices coutrairesà
semblent
queje regrette bien
les
de sa religion
écrites dans
d'acacia 7 dogmes Europe. Ceslignes
der crarairpamppenteren à notre usage, offroient des caractères
le sens. opposé tres-variés, et tres-curienx.
hiéroglyphiquest --- Page 65 ---
PRELIMINATRE
Lvij
société. Néanmoins nous nous cachons avec
la
du cercle de ces Guinéens,
soin à quelques pas
concernent
pour entendre plusieurs anecdotesqui
cette peuplade rustre et cruelle.
Enfin, après avoir recueilli des instructions
à faire connoitre la secte des vaudoux,
propres
ridicules, par ses
fameuse par ses opérations
menaces diaboprédictions emphatiques et ses
les
nous terminons nos observations sur
liques,
des Guinéens transportés à
moeurs et coutumes l'histoire des nègres nés
Saiut-Domingue, par
le
dans cette colonie. Suivent immédiatement
dénombremente ahdmmr-peacintee
le résultat des nuances) produites par lés comet
blancs avec les nègres.
binaisons du mélangedes)
Je dois autant à l'attachement que me porte
désir de l'instruire de la
mon néophyte, qu'au
révolution du pays, les détails de ma captivité;
un récit qui ne m'eût été que peret comme
sonnel, n'eût point servi à son instruction,je
à la cour de ToussaintTintroduis premièrement connoitre le caractère
Louverture, etje lui fais
de ce chef africain, et celui non
impérieux
du substitut de ses pouvoirs,
moins entreprenant
arbide Dessalines enfin. Je rappelle l'empire
traire des noirs avant l'arrivée du CapitaineGénéralLeelore,jel lui fournis des anecdotes sur
et sur son
le règne de Toausaint-Lau.ertarc, hiérarchie de
projet d'indépendance. 2 qu'une
pouvoirs fit conjecturer long-tems auparayant.
ce chef africain, et celui non
impérieux
du substitut de ses pouvoirs,
moins entreprenant
arbide Dessalines enfin. Je rappelle l'empire
traire des noirs avant l'arrivée du CapitaineGénéralLeelore,jel lui fournis des anecdotes sur
et sur son
le règne de Toausaint-Lau.ertarc, hiérarchie de
projet d'indépendance. 2 qu'une
pouvoirs fit conjecturer long-tems auparayant. --- Page 66 ---
- DISCOURS
lal
L.viij
les prenves.de
Je retrace à mon néophyte
et
entre
Todsainelonvertore
rivalité existante
fidèle au Gouvernement
M. Roume, agent même, en but aux vexafrançais, et par cela
les moeurs de la
tions du prenier; je dépeins mêle à mon récit des
du chef noir, et je
cour
secrètes de la vie privée de Toussaint
anecdotes
qui me sont our
Louverture et de Dessalines 7 les principaux
ou dont jai connu
personnelles,
acteurs.
Capderendre
et ordonne le massacre
TaatemmssraousC
Ja colonie indépendante, dans le cas de s'opposer
de tous ceux qui seroient
Il sacrifie son
de ses vastes projets.
à P'exécution
commandant la partie
neveu Moyse, général
quelques réflexions
du nord, pour s'être permis
faveur de la
Tindépendance. 9 et en
contre
métropole.
de T'arrivée de Texpédition
Dessalines instruit
qu'il fait
une correspondance
française, par
bourg de la Petite-Riintercepter, se rend au
les soldats
oà il harangue
vière de PArtibonite, Bientôt les blancs devienrient
et les cultivateurs.
leur tête est mise à prix;
la couleur prosorite, et arrête tous les blancs, et
leCap est incendié, on
Ces détails toujours.
on ordonne leur massacre. trouvent très-circotispénibles à répéter, se Volume, et ma plume
tanciés dans le troisième
de nouyeau des
en ce moment refuse de tracer
horreurs aussi révoltantes !
à il harangue
vière de PArtibonite, Bientôt les blancs devienrient
et les cultivateurs.
leur tête est mise à prix;
la couleur prosorite, et arrête tous les blancs, et
leCap est incendié, on
Ces détails toujours.
on ordonne leur massacre. trouvent très-circotispénibles à répéter, se Volume, et ma plume
tanciés dans le troisième
de nouyeau des
en ce moment refuse de tracer
horreurs aussi révoltantes ! --- Page 67 ---
PRELIMINATKE
Je n'air rien omis dans le récit de
Lix
persécutions contre les blancs
ces barbares
suis rappelé, comme
; parce que je me
un auteur
) les hommes et. les enfans
moderne, ( que
) des aventures
se plaisent aux récits
lamentables : les
> nibles et périlleux, les
voyages pé-
) les catastrophes
longues souffrances,
2 sont des sources de
) pour celuiqui lit ou qui
plaisir
) est malheureux,
écoute; plus le héros
plus le lecteur est
)) le mérite littéraire
satisfait:
est
nul
)) sortes
presque
dans ces
d'ouvrages )), En effet, j'ai souvent
connu que les voyages
ren'intéressent
purement scientifiques
tandis
qu'un petit nombre de lecteurs,
que ces mêmes voyages variés
anecdotes , sont à la portée de tout le par des
monde.
Ony verra à combien dej
et si je dois bénir la
périls j'aiété exposé,
Protection invisible dont la
tonte-puissance prévalut
et se plut tant de fois à toujours sur le crime, 9
de mes barbares
déjoeeleprojatinueaeds
ennemis, Ah! dans
ma juste reconnoissance
l'excès de
avecJoad :
je m'écriois souvent
Sait. Celui aussi qui met des un frein à Ja fareur des flots
Je Soumis avec respect méchans à sa arrêter volonté les complots.
crains Dieu, cher Abner, > et sainte,
-
n'ai point d'autre crainte!
En effet, une confiance absolue
des destins, m'a
en l'Anteur
souvent fait
mort sans pâlir, tandis
contempler la
touroient,
que les athées qui m'enversoient des larmes et se
désespoir. Quelles étoient
livroient au
leurs ressources, 2 et
mis avec respect méchans à sa arrêter volonté les complots.
crains Dieu, cher Abner, > et sainte,
-
n'ai point d'autre crainte!
En effet, une confiance absolue
des destins, m'a
en l'Anteur
souvent fait
mort sans pâlir, tandis
contempler la
touroient,
que les athées qui m'enversoient des larmes et se
désespoir. Quelles étoient
livroient au
leurs ressources, 2 et --- Page 68 ---
DISCOURS
Lx
soutien en ces momens calaquel étoit leur
miteux
au théatre sanglant
JP'arrache mon néophyte de la Peite-liviere;
des massacres du bourg existant parmiracle,
T'emmener avec moi,
oû Ton
pour
des Cahaux,
dans les hautes montagnes ambulances de Tarméo
confie la direction des
me
capuif au milieu des grandeurs
noire, Toujours
dénué de tout, malgré une
dont on m'a revêtu, devoit me croire le dispenabondance dont on
smalheureux, elsuissans
sater,jetrained edesjours de negres qui ontjuré
cesse exposé aux poignards
me tendent
onteeleneatdes
ma mort, et qui
ils doivent m'immoler:
piéges dans lesquels
d'une liberté
cahshenieasaemhet
Dovanti jouir
de la Crdte-i-Pierrot, oit
au fort trop fameux faire sauter avec la pouT'ordre est donné de me
qui veildrière. C'est là que la Toute-Poissance des merveilles, et
loit sur moi, se signala par sauf aux feux croisés
sain et
sut me soustraire dans ma, fuite vers T'armée
dirigés sur moi
françnise.
n'étoient point les derCes dangers imminens
et rendu au milien
niers qui m'étoient réservés, jy retrouve des
des Français mes compatriotes, moi tous les ressorts de
contre
noirs quiexercent
et malgré mes préla plus affreuse vengeance, ! Mes ennemis
cautions, je suis empoisonné
reprenois le
et ma santé étant rétablic,je
punis ,
observationss
de mes
grtitnesueemareds,
cours
nise.
n'étoient point les derCes dangers imminens
et rendu au milien
niers qui m'étoient réservés, jy retrouve des
des Français mes compatriotes, moi tous les ressorts de
contre
noirs quiexercent
et malgré mes préla plus affreuse vengeance, ! Mes ennemis
cautions, je suis empoisonné
reprenois le
et ma santé étant rétablic,je
punis ,
observationss
de mes
grtitnesueemareds,
cours --- Page 69 ---
PRELININATRE
Lxj
nouvel orage politique commença à
lorsqu'un
chef de Tétatgronder. Le général Thouvenot,
ami et protecteur des arts, 2
major - général,
la France, afin de
ordonne mon départ pour
d'une nouvelle
à Pabri
mettre nos manuscrits
moment oùt lecanon
insurrection, etqui éclata au
se fit entendre; nos voiles comde notre départ
l'attaque du
mençoient à peine à s'enfler que
fut mis
Port-au-Prince eut lieu, et que le feu y
de toutes parts.
ainsi que moi avec
Mon néophyte quitta
un aussi beau pays, et encore nouveau
regret
mais il se consola par
pour les observateurs, le reste de son voyage.
P'espoir de mettre à profit
Lelasarlnouservit; car au lieu de débarquerà
Toulon, lieu de notre destination, les Anglais
donné la chasse, 2 nous fimes connous ayant
rade de Cadix, avec
traints de mouiller en la
flatteur de traverser I'Espagne dans sou
l'espoir
nous rendrei à Paris.
plus grand diamètre, ,1 pour
prescrite aux
Après une quarantaine toujours
n'ai
qui arrivent des pays chauds, je
passagers
de faire connoitre au
rien de plus pressé que
l'intéstudieux néophyte qui m'accompagne, ?
rieur de Cadix; nous en visitons aussi les envifaisons
remarques sur les
rons ; nous y
plusieurs
et
un
moeurs et usages des habitans, 7
après
assez long séjour pour bien connoitre ce pays,
nous nous mettons en route pour Madrid.
PAndalousie, la Manche
En traversant
arrivent des pays chauds, je
passagers
de faire connoitre au
rien de plus pressé que
l'intéstudieux néophyte qui m'accompagne, ?
rieur de Cadix; nous en visitons aussi les envifaisons
remarques sur les
rons ; nous y
plusieurs
et
un
moeurs et usages des habitans, 7
après
assez long séjour pour bien connoitre ce pays,
nous nous mettons en route pour Madrid.
PAndalousie, la Manche
En traversant --- Page 70 ---
DISCOURS
LNij
et la
les exploits de Don Quichotte,
célebre par
nous faisons des rémarques
Castille-Nowwelle. la nature du climat, et sur
fort intéressantes sur
qui habitent ces
les habitudes des Espagnols
donne asile
contrées. La ville de Madrid nous le mieux
certain tenis que nous employons
un
possible en observations.
cette ville, et nous prolongeons
Nous quittons
Vieilleen traversantla
nos études sur PEspagne,
Nous arrivons au
Castille et la Biscaye (1). sur la Bidassoa,
passage du pont de limites jeté
français ou,
sur le territoire
et nous pénétrons naturel aux coeurs sensibles 2
par un sentiment émotion en retronvant une
yéprouvai unedonce
Enfin,après
je croyois ne plus srevoir.
patrie que
les
et les moeurs
des détails curieux sur
usages environs de Bordes habitans des Landes des
de visiter,
événement nous oblige
deaux qu'un
à Paris oi je fais mes adieux
nous nous rendons
l'espoir qu'il se rappelà mon méophyte,avec
c'est la seule
de nos entretiens;
lera quelquelois
topographiques un
(1) J'ai ajouté aux descriptions la carte d'Espagne s
tableaui aitinéraire qui remplacera
des pays qule
devenant inutile pour la connoissance colonne de ce tableau
javois à parcourir.Ia première
la seconde
donne des instructions géographiques, troisième, le voyageur voit
indique les lieux, et dansla
doit choisir de préféd'un coup d'oeil les posades qu'il tems à connoitre les prorence, et apprend en même
ductions du pays indiqué,
W
descriptions la carte d'Espagne s
tableaui aitinéraire qui remplacera
des pays qule
devenant inutile pour la connoissance colonne de ce tableau
javois à parcourir.Ia première
la seconde
donne des instructions géographiques, troisième, le voyageur voit
indique les lieux, et dansla
doit choisir de préféd'un coup d'oeil les posades qu'il tems à connoitre les prorence, et apprend en même
ductions du pays indiqué,
W --- Page 71 ---
PRELIMINAIRE
récompense
Lxiij
soins
que j'exige de lui pour tous les
que j'ai donnés à son instruction. Mon
tems, dansces voyages,
de I'Histoire
étoitconsacréaux progrès
naturelle, et j'ai cherché
imiter le travail de l'abeille
par là à
désir que de
qui n'a d'autre
déposer son butin dans la ruche
commune.
J'ai tâché de, rassembler et de décrire
le plus d'exactitude
avec
possible, les
et dignes d'être
objets variés
remarqués dans mes différens
voyages, et j'ai toujours vu avec des
admirateurs Çes
yeux
chels-d'ceuvres de la Nature,
danslespoirdef faire partager à mes lecteurs
juste enthousiasme pour leur divin Auteur. mon
J'aidi, comme principalhérose de ces
tracer mon histoire, ( Car on aime voyages, à
)) de soi, dit
parler
Montaigne, et ceux
) le plus amèrement les
qui censurent
) privés du talent
écrivains à ce sujet,
d'écrire,
) les sociétés de leurs
occupent sans cesse
))
principes et de leurs
actions), ( On doit à cet égard, dit
) s'honorer des critiques,
Gresset,
) profiter de ses
mépriser les satires,
demanderai
fautes, et faire mieux ). Je
donc grace pour quelques termes
françisés qui m'ont paru mieux rendre le
de la chose, et mon intention semble
sens
cette licence, Je ne serai point
justifier
serai vrai, et mes récits
disert, mais je
seront comme ceux des
voyageurs devroient toujours l'être.
J'ai cru devoir ajouter dans le cours de ma --- Page 72 ---
DISCOURS, etc.
Lxiv
instructives demandées par
narration, des notes point fait de voyages sur
des personnes qui in'ont forcé de répéter avec quelque
mer; ce qui m'a
déjà connues.
modification des descriptions étrangère à THistoire
On tronvera peut-être sur la musique? mais
naturelle une digression sensible à ses doucenrs?.!
quin'est plus ou moins
mêmes, dit Gresset,
les animaux
le pouple
( Interrogeons le peuple ailé des airs, forêts et
) interrogeons le penple fngitif des
à
) muet des ondes,
se montreront sensibles
des rochers, et tous
la
)
maintenant
(1) )). Consulions et'
nous
) Tharmonie
raisonnables,
pour
classe des êtres
de la simple Nature,
rapprocher. davantage d'une nourrice quicherche
choisissons le tableau
parviendraendormir son enfant au berceau;y les pleurs
à
apsiseratidll
t-elle avec des menaces2...
Ses chants
nourrisson en le grondants.1
de son
le calmer en berçant mollement
seuls sauront
Tel Teuirpemnerstiabe
sonimagination pure.
de Pharmonie!
intéresser et être
Enfin yai voulu instruire, c'est ce que T'avenir
ntile, y suis-je parvenu? sijai acquis des droits
Heureux,
me prouvers. de mes lecteurs 1
à Tindulgence
discours de Gresset sur les
() Voyes le savant
pouvoirs de Tharmonie.
YOYAGES
mer en berçant mollement
seuls sauront
Tel Teuirpemnerstiabe
sonimagination pure.
de Pharmonie!
intéresser et être
Enfin yai voulu instruire, c'est ce que T'avenir
ntile, y suis-je parvenu? sijai acquis des droits
Heureux,
me prouvers. de mes lecteurs 1
à Tindulgence
discours de Gresset sur les
() Voyes le savant
pouvoirs de Tharmonie.
YOYAGES --- Page 73 ---
VOYAGES
D'UN
NATURALISTE.
*
Amis un orage: violent
d'eau
lorsque les gouttes
commençoient à filtrer moins
ment du chaume de notre
précipitammoutons, sortant de leur retraite; alors que les
bondir en cherchant
abri, commençoient à
leur pâture, le ciel
reprenant son azur
épuré
sourd
éblonissant, et le
ne s'annonçant plus
tonnerre
M. Desdunes
qu'au lointain,
Lachicotte, oncle de mon épouse,
(r) Ces orages sont connus dans les
nom de travade ou tornado. Ces
Antilles, sous le
sont toujours
pluies des pays chauds
quoique paroissant accompagnées de tonnerre. Le ciel,
serein, laisse
àl'est un petit nuage noir porteur pourtant de la apercevoir
éclairs. Ce nuage amoncelé s'étend
foudre et des
voir; alors s'élève un tourbillon de lorsquil doit pleutinent le firmament s'obscurcit. poussière, et inconnues, et le' tonnerre se fait entendre. L'éclair sillonne les
ciel eutr'ouvertes
Les cataractes du
s il tombe une pluie
pendant lespace de deux heures
abondante
temps Thorizon s'éclaircit, et le ciel environ; après lequel
TOME I.
reprend son azur.
B --- Page 74 ---
VOYAGES
me
à Ssint-Domingne,
et notre bon hospitalier suivant des yeux un couple
voyant soupirer en
chercha à me distraire
de pigeons en amour, , qui agitoit alors mon
d'une pensée accablante calmer mon impatience, et
coeur. Ainsi, pour
un récit, il me pria, au
sonlager mes maux par lui portois, de lui raconnom del'amitié que je
d'un voyage
événemens remarquahles auprès du
ter tousles entrepris, pour débattre devenue
que jJavois
intérêts de sa famille, Tétat cruel
Sirant lui avoir dépeint
da miennc. Après père aul moment d'une sépad'un époux et d'un dternelle,jes commençai ainsi 2
ration, peut-être
à Taide de mon journal. à quatre heures du
Vendredi 25 mai 1798, Après avoir étroitewatin, il fallut se séparer. la. jeune épouse qui
serré sur mon coeur
aller
ment chère,j je la quitai en silence, pour à la vue
m'étoit
une fois avant mon départ, enfant, à pcine
ancorejouiri
de notre bel
une
du sommeil paisille
jambes en Pair,
agé de six mois. Les les petites bords de son berceau, 2
main appuyée sur considérai quelques insTantre surl Toreller,je dû à une ame anssi pure.
tans Tétat de repos teintanimédes plus fraiches"
Qrgeutleauisel entr'ouvertel laissant échapcouleurs, sa bouche
sjoutoient encore
respiration,
per une paisible Je ne voulois point troublor
à mes justes regrets. J
a
jambes en Pair,
agé de six mois. Les les petites bords de son berceau, 2
main appuyée sur considérai quelques insTantre surl Toreller,je dû à une ame anssi pure.
tans Tétat de repos teintanimédes plus fraiches"
Qrgeutleauisel entr'ouvertel laissant échapcouleurs, sa bouche
sjoutoient encore
respiration,
per une paisible Je ne voulois point troublor
à mes justes regrets. J
a --- Page 75 ---
D'UN NATURALISTE
son sommeil, et je ne pouvois me résoudre à 19 le
quitter, sans le serrer encore une fois dans mes
bras paternels. Je cédai à mon doux
mais avec tant de modération
le penchant,
fant ne se réveilla
que pauyre enpas.
La mère de mon épouse et moi, nous montâmes en voiture, où j'entendis ayec peine les
conversations bruyantes des voyageurs. Leurs
plaisanteries grossières me fatiguoient, car
tois attendri. Bientôt hors des barrières jédes
Champe-Elisces,nous, arrivâmes à Neuilly, dont,
pour Ja seconde fois, T'admirai la hardiesse du
pont. Nous traversâmes le Pecq et Saint-Germain-en-Laye,au. milieu d'une affluence considé.
rable de peuple; c'étoit un jour de marché.
Ayant d'arriver à
droite de la
Meulan, 2 nous vîmes à
grande route une pente
garnie de vignes, pièces dé blé,
escarpée
mineuses et fourragéres. En sortantde plantes: légule
cette ville,
paysage change tout à coup; ; il devient
riant, et, son axpectplusagréable. La rive plus
offre un pays de plate forme, orné de gauche
naturelles, que baigne la. Seine
prairies
serpentante, , et
et.qu'ombragent de longues allées de saules,qui
réfléchissent leurs rameaux déliés dans l'onde
du fleuve. De hauts monts. hérissés de rochers
escarpés bordent aussi l'horizon lointain. Quelques cliaumières éparses çà et là diversifient Ja
B2
rive plus
offre un pays de plate forme, orné de gauche
naturelles, que baigne la. Seine
prairies
serpentante, , et
et.qu'ombragent de longues allées de saules,qui
réfléchissent leurs rameaux déliés dans l'onde
du fleuve. De hauts monts. hérissés de rochers
escarpés bordent aussi l'horizon lointain. Quelques cliaumières éparses çà et là diversifient Ja
B2 --- Page 76 ---
YOYAGES
On voit aux environs de ces
nature du paysage.
cerisiers, amandiers,
habitations fortunées, dont lcs rameaux et la verdure
ormes et noyers,
contrastent élégamment
difléremment nuancés
dont ils relévent Ia
avec Témail de la prairie leur couleur uniforme.
bigarrure et l'éclat par
réduits
On remarque aussi sur ces côteauxdes dont Yasau milién d'un bois sombre,
du
paisibles
cette volupté
pect charma ma mélancolie, côteaux moins boisée
malheur. La rive de cès
à la chèvre
de
à la lourge génisse,
sert pâture
ainsi qu'au paisible agneau,
légère ct lascive, autourdes Jomasiteadefmil
qu'on voit brouter
Quelques
aprementoakeadieaeat
lage nouveau. enrichi d'une source précieuse
aussi le côteau
le bord de la route, et qui
qui se trouve sur.
mousse.
bord d'un fossé,le jaune palissant.
ETOEEINTE
Ici, sur le
s'étcint auprès de la pade la funeste tithymale de la vive couleur du
querette bigarrée , et,
d'un tapis
Fa
au milieu
ceau. Là,Taperçois, s'élever une belle lampsane 2
verdure uniforme,
une douce allégorie.
qui prête à monimagination suivent les ondulations purpuiBientôt mes yeux
fixe mes regards
rines d'un sainfoin en fleur,qui
et mes pensées.
de Mantes, est sec, 7
Le paysage, én sortant P'aspect gracieux de
sérieux et aride. Il n'a plus
, et,
d'un tapis
Fa
au milieu
ceau. Là,Taperçois, s'élever une belle lampsane 2
verdure uniforme,
une douce allégorie.
qui prête à monimagination suivent les ondulations purpuiBientôt mes yeux
fixe mes regards
rines d'un sainfoin en fleur,qui
et mes pensées.
de Mantes, est sec, 7
Le paysage, én sortant P'aspect gracieux de
sérieux et aride. Il n'a plus --- Page 77 ---
D'UN NATUR ALISTE,
colui desenvirons de
Meulan. 1l a cependant ses
beautés, et offie à la vue de vastes
blé et un riche viguoble. En
champs de
admire un
quittant Boulé, OlL
de la
pays élégamment boisé. A la
route, un côteai y offre les taillis les ganche
agréables, tandis qu'àla droite, s'élève
plus
couvert de hautes futaies. La Seine un parc
murs du château, et la rive du fleuve baigne les
mée deg gros tétards de saules.
est parseAprès le dîner que nous fimes à
nous voyageâmes
Bonnières,
de belles
pendant une heure, en voyant
prairies où la paguerette, T'adonis, les
renonctiles, Reparpnne.forala,es
,
plantes champêtres étalent leurs tantd'antres
leurs. Lay rive opposée de la brillantes coude bocages
Seine est bordée
l'ormeau touffus, où lon voit le charme et
unir leurs
avec ceux de
rameaux, et les confondre
l'épais coudrier.
Ony remarque les sentiers
de toute
parsemés de fleurs
espèce; ; Phumble
la
et. le lierre
pervenche, vipérine
terrestre en font
line escarpée offre à l'oeil du F'ornement. La coldes carrières
curieux spectateur
distinctes de ouvertes,divisées par couches bieu
les bancs
marne, d'argile et de silex, dont
forment des stries de toutes
Un sentier étroit, obstrué
couleurs.
par les
pousses et tiges des haies
nouvelles
las sommité, et
d'aubépine, conduit à
perfectionne ce ravissant tablean.
B S
arpée offre à l'oeil du F'ornement. La coldes carrières
curieux spectateur
distinctes de ouvertes,divisées par couches bieu
les bancs
marne, d'argile et de silex, dont
forment des stries de toutes
Un sentier étroit, obstrué
couleurs.
par les
pousses et tiges des haies
nouvelles
las sommité, et
d'aubépine, conduit à
perfectionne ce ravissant tablean.
B S --- Page 78 ---
YOYAGES
la
de cet intéressant séjour, que
Au milien
onde à peine frémissante,
Seine baigne de son
de terre qui forment
des languettes
se dessinent
garnies de marsaults,
des péninsules amplement
Non loin de ces
coudriers et osiers sauvages. distingne, au milieu de
réduits silencioux yon
constmnits en osier,
T'eau, des rets de pécheurs irréguliers, détruisent
et qui,par leurs contours liquide qui en ce
la monotonie, de cette glace murmure.
lieu semble y couler sans font plaisif à voir.
Les environs de Vernon se trouvent en amLes rejets des bois qui
offrent, par
de Gaillon,
phitheatre en sortant
un coup, d'oeil imleur éiendué considérable, à la sommite par une
posant, et sont renforcés futaie. C'est là que Ton
large bordure de haute des plantations de poicommence à rencontrer dont on fait le cidre,
riers et de pommiers et strstelisante.
cette liqueur agréahle de Vaudreuil, se trouvé
En arrivant au pont
un site enà droite dans une vallée subdivise profonde en deux branchantenr. La Seine s'y
avoir formé par
après
ches qui se rejoignent, ie tapissée d'un beau
une
Sa
leur embrassement ile décrit un ovale régulier: et
gazon. Cette
de iarsaults dispersés çà
rive est bordée
et négligeintment plantés.
-là en grand nombre,
vergers entourés
On rencontre de superbes --- Page 79 ---
D'UN NATURALISTE
de haies vives. C'est là que le cultivateur
aux pieds le genet
foule .
éclatant, tandis que d'une
main il cueille des fruits qui servent à étancher sa soiffet calmer ses besoins.
Ala gauche du pont de
Vaudreuil, l'art veut
ennoblir la nature en lui prélant ses ciseaux
et la conformant à des régularités.
Un vaste château
trop austères.
s'y trouve environné de
et antiques allées quiy aboutissent
Jongues
De hauts frênes
en tous sens.
composent et dessinent ces COlonnes, dont le couronnement
verdoyant et delié
est véritablement imposant.
On y cultive la gaude (1), plante pyramidale,
quidonne une teinture jaunedu plus bel éclat,ct
dont on fait des envois considérablesàl
On remarque dans ces
des l'étranger.
parages
acres de terre
plantés de chardons à foulons pour les manufactures voisines de draps d'Elbanfet-de Louviers.
Ony cultive en plein champ des asperges, artichaux, oignons, et autres plantes potagères. On
traverse ensuite la forêt du Pont-de-l'Arche,
plantée de hêtres en grande partie : elle a près de
sept mille arpens.
Nous repartimes de Rouen samedi 26 mai, à
(i) Reseda luteola foliis
integris. Linn. 645.
simplicibus, 9. lanceolatis,
B el
draps d'Elbanfet-de Louviers.
Ony cultive en plein champ des asperges, artichaux, oignons, et autres plantes potagères. On
traverse ensuite la forêt du Pont-de-l'Arche,
plantée de hêtres en grande partie : elle a près de
sept mille arpens.
Nous repartimes de Rouen samedi 26 mai, à
(i) Reseda luteola foliis
integris. Linn. 645.
simplicibus, 9. lanceolatis,
B el --- Page 80 ---
VOYAGES
24:
Cest une ville assez.
cinq heures du matin (t).
par ses.
mais bien située 7 et agréable
mal bâtie,
intéressante par SOIX
promenades publiques ;
des
et
commence à voir
goélettes
port, oû l'on
La' grande route 1
autres bâtimens de cabotage.
au Havre,
sortant de la ville pour se rendre
en
d'ormos non élagués.
estplantée de doublesalléesd
cham-.
riveraines de la routesont
9 Les campagnes
côté un. coupd'wil
pêtres, et offrent de chaque
On wvoit à gauche de grasses prairies
différent:
la Seine. De Pantre,
traversées.et: arrosées par: ornée de beaux vergers.,
une colline très-haute
maisons de
féconds, et d'agréables
de potagers
plaisance.
la forêt de la Valette, trèsNous traversâmes.
des assassinats qui
dangéreuse par la fréquence arrivâmes à Barentin,
s'y. commettent. Nous.
delà de Rouen. Il est
village à quatre lieues au
de la Normandie, est la
() Cette ville, capitale hommes, parmi lesquels
patrie de plusicurs grands Thomas Corneille, Jouvenet,
Pierre et
oll compte
Fontenelle et autres. Ony remarque les
Nicolas Lémery, qui souvre pour laisser passer
un pont de bateaux de cette ville que sont les eaux
vaisseaux. C'est auprès
à 24 lieues sud - ouest
minérales de Saint - Paul,
42 nord par ouest
d'Amiens, 68 nord-est de Rennes, 28 nord-ouest de
d'Orléans, 41 nord-est du Mans, Lat. 49 deg- 26, 43.
Paris, long. 18 deg. 452 20.
remarque les
Nicolas Lémery, qui souvre pour laisser passer
un pont de bateaux de cette ville que sont les eaux
vaisseaux. C'est auprès
à 24 lieues sud - ouest
minérales de Saint - Paul,
42 nord par ouest
d'Amiens, 68 nord-est de Rennes, 28 nord-ouest de
d'Orléans, 41 nord-est du Mans, Lat. 49 deg- 26, 43.
Paris, long. 18 deg. 452 20. --- Page 81 ---
D'UN NATURALISTE
situé dans un fond richement
25.
de collines rapides. On
boisé, et entouré
y voit de belles
tions de poiriers et pommiers pour le cidre. planta- On
cultivedans ce pays, pour prairicsa artificiclles, du
tréfle au lieu de sainfoin. On
belles cochoiscs,
y remarque de
parées avec une propreté
devroit être enviée du reste de toutes les
qui
de la campagne.
femmes
Nous passâmes dans Yvetot,
merçant, oà se trouvent plusieurs bourg comdchors en sont variés
tuileries. Les
en plantations d'arbres
propres à la construction. On y voit
dc cochoises en grand costume, ,la
beaucoup
pées à filer du coton
les
plupart occuRouen. On échardonne pour
manufactures de
les blés dans cC
avec des pinces en bois trés-longues,
pays,
plates à leur base. Dej jeunes
larges et
près de leur
sagneaux bondissant
mére, et des génisses suivant à
lents les vaches qui les ont
pas
richesse des
nourries, font la
propidesireyenfomsmend
rages de ces lieux. Nous y vîmes unnombre despâtudigieux d'élèves.
proPlus loin, la grande route traverse une futaie
de cinq rangs d'arbres de front, de
toises de
quatre cents
longueur, et égale de chaque côté du
chemin. Ces voûtes romantiques
bien précieux
le
portent un abri
chaussée
pour voyageur fatigué. Cette
dépend d'un château nommé Nanc- 4 --- Page 82 ---
VOYAGES
teau. Les puits ont cent
profondeur, d'après le
vingt-cing pieds de
la marine qui voyageoit rapportd'un ingénieur de
Bolbec est traversé avec nous.
prend sa source
par un courant d'eau
près de la
qui
espèce de canal sert à faire grande route. Cette
Il est utile
tourner les moulins.
et
également aux teinturiers,
manufcturiers d'indicnne,
tannenrs
Le grand chemin
deuxl lienes du Havre,se d'Arfleur, village situé à
éntre deux
trouve dans un crenx,
sance parlaitement amphithéitres de maisons de plaipétite chaumière boisés. Dans ce pays, la
hautes futaies a son parc qui en
plus
contournent
dépend. De
maine, tandis que les arbres Textérieur du domaraude et au
fruitiers sujets à la
sont attenans à la pillage s ornent
et
maison du
Tinéniour,
une plus parfaite
propridtaire, pour
sont bâties en silex surveillance. Les maisons y
crépis qui les unit. ne concassé, de sorte que le
caillou, il semble voir cachant pas la teinte du
poudingue.
des murs construits en
Nonsapprochionsd du Hàvre
nous rencontrâmes des
de Grâce, lorsque
meubles et autres
voitures chargées de
tans qui, fuyant leurs effets, et des groupes d'habileur salutdans] la fuite. maisons, alloient chercher
marchant les
L'enfance etladolescence
premiers, avoient,
malgré cette
le
caillou, il semble voir cachant pas la teinte du
poudingue.
des murs construits en
Nonsapprochionsd du Hàvre
nous rencontrâmes des
de Grâce, lorsque
meubles et autres
voitures chargées de
tans qui, fuyant leurs effets, et des groupes d'habileur salutdans] la fuite. maisons, alloient chercher
marchant les
L'enfance etladolescence
premiers, avoient,
malgré cette --- Page 83 ---
D'UN NATURALISTE
calamité, la physionomic de
viril qni les suivoit hâtoit lè T'enjonement;l l'age
pas en sanglotant,
tandis que les vieillards s'efforçoient des suivre en
silence leurs enfans, leurs amis qu'ils ont vu
naitre. On nous apprit que les Anglais se
soient à bombarder la ville.
dispoLe lendemain de mon arrivée au Hâvre (le
dimanche 27 mai 1798), je sortis l'après-midi
pour me transporter sur le rivage de la mer. Je
goutai son eau pour la première fois. La marée
commençoit à remonter, 3 et jeta sur les galels
une quantité considérable d'étoiles de mer, de
varechs etdei fucus, que mes yeux avides convois
tèrent bientôt pour ma collection d'histoire naturelle.
Nous aperçûmes à régrét que le nombre des
vaisseaux de la station anglaise étoit
ce qui nécessairement devoit
augmenté, 2
prolonger l'embargo, etne permettoit plus
du départ de deux goélettes d'ontrevoirlépoque
surPune desquelles
anglo-américaines,
j'espérois un passage. Je fus
consoléde ce contre-tems, lorsquej'appris que le
capitaine de la Julienne ne vonloit point révéler
aux passagers le lieu de sa destination, et
celui de Ia Sophie, de peur d'être inquiété que
les Anglais, ne vouloit recevoir à son bord par
des anglo-américains. Vous n'avez donc que
parti à prendre, continua le commissaire qu'un
prin- --- Page 84 ---
VOYAGES
anqueljavois été recommandé
cipaldela marine, c'est de retourner à Paris, et
par le ministre, Bordeaux, ohi il vient d'ar-
-d'en repartir pour neutres qui n'y feront pas
river deux vaisseaux malgré ce nouvel espoir,
long séjour. Cependant, à celui de nous embarnous ne pâmes renoncer
quer au Hàvre.
leur station opiniatre en. la
Les Anglisspar les courses des pécheurs, nous
rade, empéchant
des limandes et
ne pames manger encore que d'autant plus cette
des homards. Je regrettois
mon pincoau,
pénurie, que je bràlois d'essayer conseillé pour Pindont l'emploi m'avoit été
térêt de mon journal.
du mardi 29 mai, de
Je fis, toute la journée obtenir un passage sur
nouvelles tentatives pour
la douleur de
le vaisseau la Sophie; mais j'eus
je re--
démarches vaines. Cependant
voir mes
en examinant la Sophie,
grettaimoinse ce passage
:
les
brick tellement petit et: incommode pour
qu'à peine pouvoit-on se promener
passagers, tant il étoit embarrassé d'ustensiles
sur le pont,
On m'apprit en outre
propres à la navigation.
la
serions fort mal nourris pendant
que nous y
tous ces inconvéniens soient
traversée. Quoique
au bonheur
pour celui qui aspire
smpportables
cependant il fallut se résid'un prompt retour,
et renoncer à ce nouveau projet.
gner,
petit et: incommode pour
qu'à peine pouvoit-on se promener
passagers, tant il étoit embarrassé d'ustensiles
sur le pont,
On m'apprit en outre
propres à la navigation.
la
serions fort mal nourris pendant
que nous y
tous ces inconvéniens soient
traversée. Quoique
au bonheur
pour celui qui aspire
smpportables
cependant il fallut se résid'un prompt retour,
et renoncer à ce nouveau projet.
gner, --- Page 85 ---
D'UN NATURALISTE
Le soir, j'acceptai l'offre
sister au départ de deux
qu'on me fit d'assaisis avec
frégates françaises. Je
empressement ce spectacle nouveau'
pour moi. Comme on détendoit les
homme tomba à la
voiles, un
plus,
mer; déjà on ne le voyoit
lorsqu'une embarcation qui vole à son
secours le réchappe eàl'instant. Je
la contenance noble
visavec plaisir
et imposante de ces
qui d'abord sortirent lentement des bassins frégates,
Hàvre. Leur démarche
du
faisoit fendre
encore peu assurée leur
l'onde calme tranquillement et sans résistance
et sans écume, qui pressoit mollement leurs flancs. Leur mouvement
sensible à l'oeil, mais bientôt
étoità peine
elles arrivèrent en
pleine mer, et les flots mugissans
à les
commencèrent
presser, et à se rassembler en
autour d'elles. Bientôt ces masses montagnes
guéres si tranquilles dans leur énormes, naforme,
mouvement unicommencèrent: à être poussées fortement
par le vent, et voguantavec
célérité, elles
pérent bientôt aux yeux des nombreux échaptateurs.
specOn nous dit le lendemain
ces deux frégates avoient été que probablement
croiseurs
rencontrées par les
anglais, qui ne quittoient pas les parages voisins; car on entendit de terre, depuis
Heslesredemsitjsepean On'
- neuf, un feu roulant,
ne connoissoit point encore les résultats de --- Page 86 ---
YOYAGES
Curieux de découvrir en pleine
ce combat naval:
dirigeai mes pas vers les
mer nos frégates,) et je dans mon cheminje côtoyai
Hharesdelal Hève,
d'abord deux frégates
la mer agitée. J'aperçus une au Havre,lorsqui sembloient en ramener de terre fit virer les
qu'une bordée de la batterie en un clin d'ceil,
quidisparurent
trois batimens, le fou le mieux nourri jusqu'à
en continnant
sans qu'on ait pu
deux heures de Tapris-midi, combat.
connoitre l'issue de ce nouveau très-profond,
Je revins. par un chemin creux
étroite et
en pente tortucuse, 2
cet
site romantique Le soleil ne pouvoit échauffer
tros-sombre.
rafraichi parlesi fontaines qui
endroit, sans cesse
de divers espèces de
les bords garnis.
en arrosent
dont le feuillage élégant
géranium et de fougère, du moindre vent. La
cède avec, grace au soufle
parties de"
triste armoise occupe. aussi quelques rencontre un
au. milieu duquel on
ce terrain,
en ressif, qui se trouve
donjon, bàti sur. un mur dans une palissade de
enterré .et confondu
sureaux.
chemin enchanteur à SaintOn-arrive par. ce
lieue du Hàvre, qui
Adresse, villgesituéas une oû. l'on rencontre pars'étend vers, la mer,et de Jarges bardannes,
tout des, fontaines bordées del'odorant marrube,
de Pélégant arrete-hocuf, et de la mauve parpurine.
de T'ache ombellifere
trouve
donjon, bàti sur. un mur dans une palissade de
enterré .et confondu
sureaux.
chemin enchanteur à SaintOn-arrive par. ce
lieue du Hàvre, qui
Adresse, villgesituéas une oû. l'on rencontre pars'étend vers, la mer,et de Jarges bardannes,
tout des, fontaines bordées del'odorant marrube,
de Pélégant arrete-hocuf, et de la mauve parpurine.
de T'ache ombellifere --- Page 87 ---
D'UN NATURALISTE
Les habitans de ce
pécheurs.
pays sont presque tous
Nous apprimes que les deux belles
la sortie desquelles
frégates, à
contré les
j'avois assisté, ayant renAnglais, se battirent pendant douze
heures avec eux. La vaillance éprouvée du
capitainePeuvrieux, qui les commandoit, fate
mise à l'épreuve. Déjà tout couvert de blessures encore
honorables, il réunit à sa grande valeur les
lités de bon marin. Il ne voulut
quapas amener
pavillon,mais sa frégate hors de combat, criblée
par-les boulets et faisant de leau, fut échouer
sur le rivage d'Yves.
On nous servit des chevrettes
des
plies (2). Cedernier est un
(I)-et
Ordont Parête
poissonlong et étroit,
supérieure de la mâchoire, dentelée en scie de méme
que Tinférieure, est
beancoup plus longue que cette dernière. Ce
poisson est tres-délicat; ses arêtes qui sont en
petitnombresont d'un beauvert d'aigue marine.
L'après-midi, je fis le tour des bassins du Hâvre
avec le commissaire de la marine, qui m'annonça: que.] pour la sureté des vaisseaux
neutres, 2
(I):Ou salicoque, ou botquet; gibba squilla. Petit
crustacé de mer, armé d'une grande corne au front.
(2) Esoce orphie; esox bellona, Lacépède, tom;
pl. VII, no. I.
V, --- Page 88 ---
VOYAGES
incendie en cas de bombaret crainte de lcur
faire
à Honfleur.
dement, il alloit les
passer
bâtiment
Cette nouvelle m'afligea, parce quele de nous embarnous avions le projet
sur lequel
dans ce départ.
quer étoit compris
toute la soirée beaucoup"
Je me donnai encore
départ. J'allois
de mouvement pour assurernotred accabler de questions
de vaisseau en vaissean puis enfin je repris ma
étoient à bord,
ceux qui
vers le rivage. Une flotte
promenade ordinaire
lefortdesSavenlle,
anglaise étoit aux prisesavec Le feu qui comassiégeoit vivement.
faisoit encore
qu'elle à six heures du soir se
mença
minuit. Non loin dela rivedul Hâvre,
entendre à
d'horreur étoit. contemplée
cette belle scène
Chaque coup sourd du
par tous les habitans. anéantissoit, faisoit palcanon, chaque bordée
ctiamis, qui, du
piter] le coeur des pères, parens
leur
Hemtlzeemainente
rivageconsidérante Ciel pour les combattans qui
des voeux au
étoient chers.
j'allai sur le bord de Ja
Le lendemain matin,) veille duroit encore; ; mais
mer. Le feu de la
quel le fort avoit,
avec satisfaction
nous apprimes
de malàl la station qu'il
par ses ripostes, fait plus
ne lui ena avoit été fait. à trois mâts faisant voile
J'aperçus un vaissean bâtiment de la Nouvellevers le port. Cétoit un
Angleterre, 2
des voeux au
étoient chers.
j'allai sur le bord de Ja
Le lendemain matin,) veille duroit encore; ; mais
mer. Le feu de la
quel le fort avoit,
avec satisfaction
nous apprimes
de malàl la station qu'il
par ses ripostes, fait plus
ne lui ena avoit été fait. à trois mâts faisant voile
J'aperçus un vaissean bâtiment de la Nouvellevers le port. Cétoit un
Angleterre, 2 --- Page 89 ---
D'UN NATURALISTE
Angleterre., 9 dont on signala le pavillon. On
envoya une trentaine de chaloupes pour le haler,
car-la marée étoit basse. Il venoit de Philadelphie, et il étoit chargé de riz et, de tabac.
J'appris du epHtetaeletedmeguidots tadressé
à M. Delabaie, négociant au Hâvre. Il me fixa
l'époque de son départ, mais ne put me dire
s'il se chargeroit de passagers. Je conçus donc
le projet de m'adresser à M.
bâtiment
Delahaie, car ce
nous convenoit infiniment mieux
les deux autres prêts à mettre à la voile. que Ce
négociant me laissa dans la même incertitude,
attachée aux événemens de guerre.
Fatigué du séjour de la ville, je voulus visiter
les environs du Hâvre. Après avoir examiné les
remparts que baigne la mer, j'allai chercher la
solitude versla côte des Ormeaux, ainsi nommée
par la grande quantité d'ormes qu'on voit
s'élever. On aperçoit de cette côte la Seine y
fondre ses eaux douees à l'onde salée de la conOn y cultve des pommes de terre, non mer.
butées
comme dans le Gatinais, mais par sillons
liers. On les façonne avec une mare à manche régutrès-long, de sorte que les cultivateurs ne travaillent point dans cette posture fatigante, inséparable de la forme raccourcie
que Pon
dans le Gatinais, où les habitans ont dans pratique leurs
travaux le corps courbé jusqu'à terre.
ToME I,
C --- Page 90 ---
FOYAGES
douce:
étages
La côte disposée en plusieurs de diverses galeries.
ment inclinés, est formée
artificielles
des prairics
Dans le bas on remarque entremélées de pièces de terre
Juzerne,
à mien trèfle,
;
et
blé
plantes légumsinenses des parcs qui
en lin,
les portes d'entrée
Dans
côte, se trouvent de cet endroit charmant.
fort la décoration
s'élévent les bâtimens
les galerics smpérieures bàtis, et qu'ombrade plaisance dlégamment silencieuses. Les murs de
gent des futaies artistement construits; ils sont
clôture en sont
transversales diversement
composés de lignes à bair ou quartz imparfait en
nnancées : le grès
au dessus du niforme la base, ets'élève un siley peu noirs font la seveau de terrain; de gros
de deux rangs
conde couche, qui est surmontée
et ainsi
posées à platlune sur Fautre,
la
de briques
récrée lPeeil, ctimite
de suite. Cet assemblago bàties dans ce genre
mosaiqué: Les maisons réguliers et mieux choisis.
ofrentdedesimaglaer beautédeces climats,
J'admirois: avec extasela fommes ignorantes me
lorsqu'un groupe de
Sapprochèrent
prendre des descriptions,
Vonvoyant)
me traitant de conspirateur.
de moi, en
d'ent été
convainere de mon innocence,
loir-les
fatigante et insupportable:
augmenter leur caquet le plus sage; je le suivis,
me taire étoit le parti
et m'éloignai en silence.
choisis.
ofrentdedesimaglaer beautédeces climats,
J'admirois: avec extasela fommes ignorantes me
lorsqu'un groupe de
Sapprochèrent
prendre des descriptions,
Vonvoyant)
me traitant de conspirateur.
de moi, en
d'ent été
convainere de mon innocence,
loir-les
fatigante et insupportable:
augmenter leur caquet le plus sage; je le suivis,
me taire étoit le parti
et m'éloignai en silence. --- Page 91 ---
D'UN NATURALISTE
Onnes sauroit trop élever la beauté
champêtres, où la nature
de ces sites
généreuse étale
prodigalité ses riches
avec
midale du marronnier parures. La fleur pyrapommes-roses
d'Inde et les massifs de
y composent un ensemble
agréable. Le chant du
trèspour leurs aufs les coucou, faisant trembler
rompit leur doux petits hôtes des bois, interbientôt le chantre du gazouillement; il disparut, et
robant au
bocage, 2 lei rossignol, se défouillage où ils'étoit
son silence pour célébrer
réfugié, sortitde
Pheureuse
son ennemi, et ranima la nature
absence de
présence de cet oiseau de mauvais attristée par la
On voit çà et là, sur le
angure,
montagne, des pavillons de penchant de cette
uns couverts en ardoises,etless toutes formes, 2 les
Ces derniers,
autres en chaumes
pour mieux
nature qui les environne sympathiser avec la
symétrie la
7 n'ont pas l'austère
2 parfaite régularité des
mais ils me plaisent infiniment
premiers 5
milieu d'un bocage. Il me semble davantage au
une paisible cabane où tout
voir en eux
le droit d'aller
voyageur fatigué a
asile hospitalier prendre du repos, et choisir cet
de l'air'et
pour se mettre
des
calabridesijures
Le
intempéries de la saison.
chant des oiseaux fut encore
un instant. Le chant des
interrompu
peutletroublerz..
oiseaux eh ! qui
Une meute de chiens courans
C: 2
milieu d'un bocage. Il me semble davantage au
une paisible cabane où tout
voir en eux
le droit d'aller
voyageur fatigué a
asile hospitalier prendre du repos, et choisir cet
de l'air'et
pour se mettre
des
calabridesijures
Le
intempéries de la saison.
chant des oiseaux fut encore
un instant. Le chant des
interrompu
peutletroublerz..
oiseaux eh ! qui
Une meute de chiens courans
C: 2 --- Page 92 ---
YOYAGES
du
le ramenèrent près
acharnés après un lapin ,
carjfenqui le tira, mais sans succès;
d'archasseur
les chiens redoubler
tendis au mot tayau; avec plaisir cet cxercice
deur. Je me rappelois
si attrayant pour moi.
au sommet du côtean,
Je choisis, pourarriver Il estt trés-serré, creux,
un chemin qniyconduit.)
des riverains
Les possesions
à pic et tortueux:
7 non sculement par
sontàl Pabri des malfiteurs encore par des haies
la hauteur du ressif, mais
Tortie et le
ou la ronce cruelle,
vives et épaisses, autantde sûrs moyens deles
mûrier sauvage sont
écarter.
oà je restai en. extase,
Je parvins au sommet,
s'ollroit disPétendue de pays qui
que
en admirant à ma vue. Je remmgpoadahont bas de ce
sinctement route qui se trouve au
des carla grande
rive opposée
côteau si élevé, a pour
sillons 7 et des
de terre disposés en longs
ce sont des
reaux couronnés de sanles. Plus loin, des bêtes
prés
onvoit paitre
c'est la Seine qui charrie tranEnfin
msatats
à cornes.
unisable graveleux, son onde
qillement, sur
côté du fleuve est un côblanchaire : del'autre
mais. plus
moins élevé que le premier,
teau
moins garni d'habitations,
ginéralenent boisé ; solitaire. Cest] la côte de
et par. conséquent plas
se trouve le pays
Grace, anl bas de laquelle soleil dorer par les
d'Honflew. Je voyois le
Enfin
msatats
à cornes.
unisable graveleux, son onde
qillement, sur
côté du fleuve est un côblanchaire : del'autre
mais. plus
moins élevé que le premier,
teau
moins garni d'habitations,
ginéralenent boisé ; solitaire. Cest] la côte de
et par. conséquent plas
se trouve le pays
Grace, anl bas de laquelle soleil dorer par les
d'Honflew. Je voyois le --- Page 93 ---
D'UN NATURALISTE
reflets des sa brillante
de
lumière, une. large carrière
marne, dont la couverture, formée de
d'un vert uniforme, relevoit
gazon
blancheur de
encore mieux la
cette terre.
. De la côte oû je me trouvois,
plus de douze lieues
on découvre à
en mer, et très-distinctement, les objets qui semblent
quoique la superficie de l'Océan offre rapprochés 2
un brouillard da à son évaporation
toujours .
On trouve dans ces bois
continuelle.
beaucoup de houx,
dujonc marin et des fougères.
Au delà du sommet de ce côteau
un genre plus sérieux. De
se dessine
voine, de blé et de pois à longues pièces d'ace sol fertile, et
brebis, recouvrent
les
promettent au Jaboureur
a cultivées une récolte riche et abondante. qui
Cette côte n'offre aucune fontaine, l'eau
trouvoit
ne s'y
qu'à une profondeur excessive; mais
la beauté du site dédommage
peine
amplement de la
qu'on est obligé de prendre, en allantla
puiser au bas de la montagne,
En cueillant de la véronique mile,
sortir à mes côtés une fauvette
je vis
inquiète : elle
s'échappa avec précipitation du milieu d'une
toufle de coudriers où elle avoit ses petits. Cette
bonne mèrc,
connoissant sa foiblesse
se contentoit de
relative,
voltiger autour de moi, en
exhalantdes cris plaintifs, comme pour implorer
C 3 --- Page 94 ---
VOYAGES
fauvette à tire
Jc m'dloignai, et la
du
ma pitié.
domaine, recéleur
d'ailes regagna son petit
frait de ses amours.
au jeune enfant
Le jour suivant, en songeant
recevoir
quitté, désolé de ne point
que j'avois
fallai promener mes rèveries,
de ses nouvelles,
à tout ce que je renconet répéter mes plaintes opposées à la côte que
trois dans les prairies
se trouvent au
j'avois foulé la veille, et qui
d'arriver au
delà de la vieille rivière, avant
Ces prés
village appelé le Nouwveau-Monde. assez sombres pour
pou ombragés n'étoient trouvai pas au milieu des trouma tristésse. Je me hier de la côte, mais ce
peaux que je voyois
fixer mon imaspectacle pittloresque ne ponvoit augmentoit mes
gination. Le chant des bergers redoubloit mon
souffrances, la vue des enfans
que dans
Néprouvant de soulagement
chagrin.
,je fuyois jusqu'au
la concentration et la solitude,
à Penvi sur
chant des oiseaux qui gsnotilloient désirois que les
la lisière du bocage. Je ne
Inquiet, prèplaintifs de la tourterelle.
accens
bruit une oreille attentive, je
tant au moindre
d'une merluce à qui un
profitai du malheur
pour gémir
venoit d'enlever ses petits,
pâtre
avec elle.
delà du village du NonveauJe me trouvai aul
étroit oà le jour pénètre
Monde, dans un chemin
i sur
chant des oiseaux qui gsnotilloient désirois que les
la lisière du bocage. Je ne
Inquiet, prèplaintifs de la tourterelle.
accens
bruit une oreille attentive, je
tant au moindre
d'une merluce à qui un
profitai du malheur
pour gémir
venoit d'enlever ses petits,
pâtre
avec elle.
delà du village du NonveauJe me trouvai aul
étroit oà le jour pénètre
Monde, dans un chemin --- Page 95 ---
D'UN NATURALISTE
à peine. Il est bordé d'e ormeaux et de sycomores
sur un terrain plus élevé,sembloieut
qui,plantés
ravin solitaire. Ces arbres
m'enterrer dans ce
dont Pécorce est
enlacés de haies épaisses, et
revêtue d'unlierre grimpant, sont si touffus,que
distinguer Pintérieur du bocage.
je ne ponvois
rencontrai fort heureuseUne brèche, que je
sombres,
vergers
eeuenhisgnmwrelents
Je pénéoà lon met paitre de jeunes poulains. m'asclos de buissons, et je
trai dans un verger
Ces vergers, 7
sisàT'ombre d'un gros pommier.
multipliés pourla richesse setTudhedesiabitnns
sont contigus les uns aux
de la Normandie,
l'enlacement de
autres, , et très-solitaires par
leur sol,
leur verdure. Les prés qui tapissent laisse en
servent de pâture aux animaux qu'on y
brouter le fourrage sans cesse renaissant.
paix
leurs rameaux,
Eandimntbostenyersecked champêtre et
rendent ce réduit on ne peut plus
ait près
très-isolé 7 quoique chaque propriétaire ensevelie dans les
de son enclos sa chaumière charmes, ormes et
épais branchages de frênes,
Aux haies des entourages se marient
sureaux.
au milieu çà et la, pour leur
des arbres plantés
parlaite impénétrabilité.
rentrer
Je regagnnila côte des Ormeaux pour
Hàvre. Je pris tousinouveaux chemins pour
au
un sentier au bas d'un
moi. Il est, entr'autres,
C 4
7 quoique chaque propriétaire ensevelie dans les
de son enclos sa chaumière charmes, ormes et
épais branchages de frênes,
Aux haies des entourages se marient
sureaux.
au milieu çà et la, pour leur
des arbres plantés
parlaite impénétrabilité.
rentrer
Je regagnnila côte des Ormeaux pour
Hàvre. Je pris tousinouveaux chemins pour
au
un sentier au bas d'un
moi. Il est, entr'autres,
C 4 --- Page 96 ---
VOYAGES
dont rien ne peut
taillis en pente 2 à mi-côtc, naturelle. Il est sombre,
exprimer la rusticité
et sa seule approclic
sonteux pour les timides,
premier pas 2
les fait trembler. Il semble qu'au perdre la vie ; on
détour, on doity
au premier
cache un assassin. Cest
craint en un motquilnee
long d'un
sentier étroit et tortueux,
un simple
plus bas de cinq pieds
quart de lieue environ,
qui en font
la plantation de jeunes peupliers
que
Tornement et T'ombrage. parcourois la côte
La soirée étant belle, je
madame R.,
d'Egouville lorsque je rencontrai au devant de
qui étoit venue
ma belle-mère,
Assis tous les
Temspenkeersatentie
moi.
considérantilavsaeces
demarronniers d'Inde,
déja au momentohentrele
duedes smers,aspirant
bienaffreux, sous Fauspice
ciel et des goulires
nous devions voguer
faisant du Roi du Monde,
et perdrede vue
sur la plaine liquide de FOcéan,
de laquelle
cette terre chérie, dans une partie rendent la vie
résident tous les objets qui nous notre retour, et
intéressante, nous combinâmcs de cette conde nous rappeler
nous promimes de la toufle d'arbres qui inous ombraversation, enfin de toute la côte,si nous revenions le
geoient,
il nous sembloit déjasgoiter
par le Hàvre:
porter,
plaisir indicible que nous épronveronsà nos roattérant au retour de notre voyage,
en
laquelle
cette terre chérie, dans une partie rendent la vie
résident tous les objets qui nous notre retour, et
intéressante, nous combinâmcs de cette conde nous rappeler
nous promimes de la toufle d'arbres qui inous ombraversation, enfin de toute la côte,si nous revenions le
geoient,
il nous sembloit déjasgoiter
par le Hàvre:
porter,
plaisir indicible que nous épronveronsà nos roattérant au retour de notre voyage,
en --- Page 97 ---
D'UN NATURALISTE
gards avides vers cet endroit témoin de
souhaits et de nos désirs.
nos
Le lendemain samedi 16 juin, voulant connoitre parfaitement les environs du Hàvre, je
cherchai à me perdre dans la
de récoltes
campagne couverte
qui cachent, par leur multiplicité et
leur abondance, les chemins à la vue.. Jevoulois
mettre à l'épreuve les remarques
prises
que j'avois
précédemment pour
sentiers. Je ne me trompai reconnofirejusqn'aux
dans
point, et marchant
tous les sens, 2 je me trouvai enfin où
avois conçu le projet.
j'en
Après avoir parcouru sinueusement la côte
d'Egouville, avoir côtoyé tous ses vergers, ses
ormoies et maisons de plaisance, je me rendis
par un chemin creux dans la vallée où est situé
le charmant
de
A
village
Saint-Adresse,
2 dont j'ai
déjà parlé. Je le traversai dans une partie
m'étoit
qui ne
pas encore connue, et j'assistai à la récolte du lin. Je sortis ensuite de ce
foncement
profond enpar des landes de bruyères, de joncs
marins, de fougéres; et parvenu au sommet de
T'élévation, je découvris avec plaisir l'endroit
que je cherchois: c'étoitla
pointedolallève, oiz
sont situés les deux phares. J'en demandai l'entrée qui,moyennant un. legrasline,s'osjpmais
refusée. Je me proposai de Paugmenter, afin
d'y voir le cabinet d'histoire naturelle
qu'on --- Page 98 ---
VOYAGES
beau, mais hélas! quelle
m'avoit dit être assez
fut ma surprisel. étroit, chambre à coucher
Dans un galetas
remplis de
de la fille du gardien, se trouvent roulés du Havre,
poussière quelques cailloux offrent les cristalà Pinfini. Les uns
mal
multipliés
communes et les plus
lisations les plus
des sédimens calcaires 2
choisies 2 les autres
dans Tintérieurdesceux-ci des géodes cassées, la présence d'une
quelles on reconnoit à peine
calcédoine imparfaite. Jej passe à Tornithologie, dans le
'trouvant plus rien de remarquable.
ne
règne minéral.
déplumés, et ridiculement
Quatre oiseaux
sont couchés sur le
empaillés dans le principe, main salutaire les
ventre, et attendent qu'une en cet état, aux
délivre de la honte de paroitre, de les voir aussi
d'un publie mécontent
yeux
maltraités. nattes de chanvre qui garnissent,
De grosses
mette en ceuvre,
en attendant que le tisserandles
le règne
les tablettes inférieures 2 composent
végétal.
Jui-même n'ayant pu, par pénuLe plancher
on y voit accroric, être garni d'objetseurieux,
desséchées,
chés des OS de morue, des carapaces des fouets de bois et
seules pièces dichtyologie; mais qui ont la haute
de cordes communes 2
nattes de chanvre qui garnissent,
De grosses
mette en ceuvre,
en attendant que le tisserandles
le règne
les tablettes inférieures 2 composent
végétal.
Jui-même n'ayant pu, par pénuLe plancher
on y voit accroric, être garni d'objetseurieux,
desséchées,
chés des OS de morue, des carapaces des fouets de bois et
seules pièces dichtyologie; mais qui ont la haute
de cordes communes 2 --- Page 99 ---
D'UN NATURALISTE
prérogative d'être tressés par les nègres.
dans un petit coin sont les plus beaux Enfin,
ainsi placés strement, afin d'être examinés morceanx
derniers. Le premier de ces deux
les
objets
ne montre qu'avec surprise, est un
qu'on
de sa tête, et dont le corps mal serpent privé
voir la
préparé laisse
paille que sa peau recouvre. Il a à peu
près cinq pieds de longueur, ct est gros seulement comme une de nos fortes
les démonstrateurs le
anguilles; ; mais
regardent d'une grosseur
monstrueuse. La secoride pièce 2 non moins
intéressante par son état délabré, est un caiman
sipetit, qu'à peine né, on a eu la barbarie de lui
arracher les entrailles, et de lui laisser le ventre
ouvert, comme on le voit encore à présent
à la faveur de laquelle incision
on aperçoit une
baguette qui tient sa peau tendue. Ila à
près quatre pouces
peu
d'épaiseur, sur vingt de
longueur, 2 la queue comprise! quel monstre
Fatigué de ma complaisance, , je sortis en haussant les épaules, et me rappelant l'axiome de
Bernardin de Saint-Picrre, sur les cabinets d'histoire naturelle : (( Ou la nature est
(. l'art est animé )).
morte, ou
Le même conducteur me fit monter aux
phares établis dans deux tours séparées l'une
de l'autre. Leur nombre les distingue de celui
de Dieppe, ayec lequel souvent, dans l'obscurité
Fatigué de ma complaisance, , je sortis en haussant les épaules, et me rappelant l'axiome de
Bernardin de Saint-Picrre, sur les cabinets d'histoire naturelle : (( Ou la nature est
(. l'art est animé )).
morte, ou
Le même conducteur me fit monter aux
phares établis dans deux tours séparées l'une
de l'autre. Leur nombre les distingue de celui
de Dieppe, ayec lequel souvent, dans l'obscurité --- Page 100 ---
VOXAGES
le confondoient lorsdes nuits, les navigateurs On arrive à la lanterne
que le phare étoit seul.
dans cette lanterne,
par cent quatre marches 3
sont pratiqués
garnie de glaces trés-épaisses, de réverbères trèscirculairement deux rangs
leur préparation
gros, et qui se meuvent pour cric
baisse ou
au moyen d'un
que
journalière,
vis de
car les réverélève à volonté une
rappel; Chaque fanala
bères sont fixés à un cylindre: fumée
s'en
mèches; et comme la
qui
quarante.
quantité, que bientôt,
dégage est en si grande
raréfiant Tair, 2
si elle n'avoit point d'issue en lcs fanaux 3 on a
à étcindre
elle parviendroit de la voûte qui a la forme
placé au sommet
deux tuyaux de tôle qui
d'un cône renversé,
fumée.
servent de conducteurs à la
les bords de
Au retour des phares, , je côtoyai
à
netirée du matin, et qui commençoit
Ja mer
avoit laissé sur le sable, sillonné
remonter. Elle
ondulations, des étoiles de
par chacune de ses
On y
et (2) et des fucus en quantité.
mer (r)
Victor Poulet m'en procura une, fortrare en
(1) M.
crois peu connue; j'en offre la
ces parages, et que je rère.), sous le titre, Stella marina
figure (pl. rère., fig.
fimbriata.
medio alba, et circum roseo
composée
() Lespèce appelée Astérie lobes falciforme, fendus en dessous suide cinc rayons égaux ou chacun de ses rayons Jarge à sa
vant leur longueur, a
(r)
Victor Poulet m'en procura une, fortrare en
(1) M.
crois peu connue; j'en offre la
ces parages, et que je rère.), sous le titre, Stella marina
figure (pl. rère., fig.
fimbriata.
medio alba, et circum roseo
composée
() Lespèce appelée Astérie lobes falciforme, fendus en dessous suide cinc rayons égaux ou chacun de ses rayons Jarge à sa
vant leur longueur, a --- Page 101 ---
D'UN NATURALISTE.
rencontroit aussi des amas de vermiculites
dénotoientla présence de
qui
veilleux
polypes, ces vers merqui se reproduisent de leurs
tronçons. Tont le monde sait qu'en
propres
de ces vers filiformes en
coupant utr
vingt ou trente morceaux, de chacun il renaît à l'instant
semblable au
un ver
la même.
premier, et dontlorganisntion est
Je m'approchai des rets de pécheurs
les examiner. C'est une enceinte de
pour
recouvertes de pousse-pieds. Elles sont perches
et assujéties dans des amas de pierres retenues
qui forment
une espèce de chaussée, revêtue elle-même de
varechs'de toute espèce, et de petits glands de
mer. La disposition des pieux oit sont attachés
les filets, a la forme d'un croissant
fermé, mais dont lc manche est
presque
marée
très-long. La
montante- pousse vers ce
nomme
piège qu'on
fourrée 3 les poissons et coquillages
trouvant une ligne droite, la suivent
qui
s'embarrasser dans les détours du pour mieux
arrivent dans
filet, car ils
l'intérieur; et la mer, en se retibase, et qui s'étrécit vers le bout. Elle est d'un
chamois, bordée de violet (pl. rère.,
rouge.
l'astérie falciforme des vers echinodermes fig. 2) : c'est
clopédie, par ordre desmatières. Elle est
de T'Encyau Hâvre. On les confond souvent très-commune
pendroides,
avec les scolo- --- Page 102 ---
VOYAGES
alors dans très-peu d'eau que le
rant,1 les laisse
bonde, afin
pêcheur vient faire écouler par'unel
car s'il
de sa proie;
de s'emparer promptement à force de tournoiemens,
tardoit,lesp prisonniers, l'issue qui leur servit
parviendroients à retrouver
à
d'entrée, et les crustacés surtout gagneroient
s'y mettre en sûreté
pas précipités la mer, pour
jusqu'à la nouvelle marée.
outre les objets
Je trouvai dans ces pierres,
cancres
donifaiparlé, unelune (),beaucoupde qui ont
de toute espèce et de diverse grosseur,
soin de se retirer avec assez de odlerité,lorquils aussi méfians
aperçoivent un être vivant. Ils sont crustacés sont
T'araignée terrestre, dont ces
que
aux habitudes et moeurs;
les dignes soeurs quant
terrestres,'
mais ces crabes diffèrent des araignées
formes extérieures propres au séjour
par des
la nature leur a destiné. Leur
tumaltueux que
calcaire estdure et propre
carapace ou enveloppe frottemens des flots, quiles
à résister aux durs
de leurs
écraseroient dans le roulis impétueux animaux
écumantes, si le corps de ces
volutes
0 Sagesse
et sans appui.
étoit compressible laisses des
de ton
divine ! Par-tout tu
preuves
inconcevable profondeur!
Zeus Faber. (Lin.)
(1) Cest le Zée Forgeron,
Lacépède, tom, IV, pag. 570.
rottemens des flots, quiles
à résister aux durs
de leurs
écraseroient dans le roulis impétueux animaux
écumantes, si le corps de ces
volutes
0 Sagesse
et sans appui.
étoit compressible laisses des
de ton
divine ! Par-tout tu
preuves
inconcevable profondeur!
Zeus Faber. (Lin.)
(1) Cest le Zée Forgeron,
Lacépède, tom, IV, pag. 570. --- Page 103 ---
D'UN NATURALISTE
Ces crabes
apercevant un ennemi, commencent par fuir; mais, si leur fuite est
lente, que leurs mouvemens ne soient trop
assez précipités, elles s'enfoncent dans le point
et cherchent à disparoitre ainsi
sable,
leur
aux regards de
persécuteur. Quelquefois on les
alors se voyant sans ressource, elles aperçoit;
mêmes au devant de
vont ellesàlepincer deleurs P'agresseur, 2 et cherchent
en
marchant de côté.. senaillesmeurtrières, toujours
Je trouvai aussi beancoup de lépas, espèce de
coquille univalve, le plus souvent recouverte de
pousse-pieds. Il y en avoit de toute
mais leur drap marin, à la
grosseur, 2
empéché de bien
première vue, m'a
examiner les sous -divisions
dans lesquelles on les range d'après leurs formes
et couleurs. Ce
coquillage convexe a la base
tres-évasée, il n'est point uni à sa surface, mais
ciselé de stries, de
profondeurs et d'anfractuosités relatives à l'espèce.
J'aperçus aussi des anémones de
de variétés (E). C'est un animal
beancoup
zoophyte, quia
(2) Ce zoophyte, de l'ordre des vers
est
très-bien décrit par Valmont Bomare, mollusques, dans
tionnaire raisonné d'histoire naturelle.
son Dicl'Actinie de M.
C'est l'Actinia,
Bruguiere, docteur en
teur de cette partie des vers mollusques médecine, de
atpédie, par ordre de matières,
lEncyclo-
étés (E). C'est un animal
beancoup
zoophyte, quia
(2) Ce zoophyte, de l'ordre des vers
est
très-bien décrit par Valmont Bomare, mollusques, dans
tionnaire raisonné d'histoire naturelle.
son Dicl'Actinie de M.
C'est l'Actinia,
Bruguiere, docteur en
teur de cette partie des vers mollusques médecine, de
atpédie, par ordre de matières,
lEncyclo- --- Page 104 ---
VOYAGES
48.
net à sa base. Cet anila forme d'un sein coupé
et cailcohésion aux pierres
mal s'adhère par
ainsi, comme
loux les moins en vue, et tilyreste
de
sur Farbre, aux dépens
une plante parasite différence près que T'anémone
qui elle vit, àla
que. pour y attendre
ainsi implantée
ne demeure
deux
dont elle peut se passer pendant
sa proie,
Ta certifié M. Lefebvre, conans, ainsi que me
en a contrôleur de la marine en ce pays, qui ce laps de
dans de Peau de mer pendant
servé
en a retirées encore vivantes.
tems, et quiles
molle
L/anémone de mer a une consistance beauon la
en sort
:
Quand
presse,ile
la
et (lasque. dont clle ure apparemment toute
coup d'eait
J'en vis de la grosseur du poucc,
partienutrive.
L/anémone au
d'autres infiniment plus grosses.
le sommet
mouvement des vagues se dilate par étale toute sa
elle s'étend et
de sa convexité,
fleurs radiéesl'on nomme
beanté. Coquedanalest
pour saisir la
l'anémone les emploie
autant de
Reurons, dont elle se nourrit : ce sont
avoir
proic Enfin,je revins chez mon hôte,après
bras.
mon ame ces merveilles tous
admiré de toute
à tant
renaissantes, et qui échappent
les jours
de regards indifférens.
a'Honfleur,qu'on
d'un passager
: Ayant appris
alloit sous quatre
bàtiment porteur de dépêches,
mettre à la voile pour la Nouvelle-Angle- terre,
jours
autant de
Reurons, dont elle se nourrit : ce sont
avoir
proic Enfin,je revins chez mon hôte,après
bras.
mon ame ces merveilles tous
admiré de toute
à tant
renaissantes, et qui échappent
les jours
de regards indifférens.
a'Honfleur,qu'on
d'un passager
: Ayant appris
alloit sous quatre
bàtiment porteur de dépêches,
mettre à la voile pour la Nouvelle-Angle- terre,
jours --- Page 105 ---
D'UN NATURALISTE,
terre, et que ses provisions étoient
présentai chez M. Poupel,
faites,je me
marine, pour le prier de commissaire de la
recommandation,
mettre à exécution la
de s'intéresser
que lui avoit faite le ministre
à notre départ. Il me
son aménité habituelle, mais
reçut avec
d'apprendre la cessation
j'eus la douleur
généralement
de ses fonctions. Il est
frir de
regretté, et lui-méme
ne plus être utile à sa
paroit souf.
Nous nous
patrie.
embarquimes à onze
matin, ma belle-mère
heures du
d'Honfleur. La
et moi, sur le
mer étoit
passager
lottés avec
houleuse, les flots balimpétnosité se
s'être soulevés et brisés blanchissoient, après
soit derrière lui
vers le sloupe,
un sillon d'écume.
quilaisdans le passage
On remarques
eaux de la Seine d'Houfleur, à
qu'à la jonction des
celles de la
la
partie des passagers
mer, majeure
nausées,des maux de éprouvent incontinent des
de
ccenr,
soulagement à Tincommodité etenlinn'obtiement
le mal de mer,
qu'on nomme
les tintemens
qu'aprés avoir vomi. Aussitôt
d'oreilles et les
cessent, comarpercnclantoment étourdissemens
a cela de particulier,
Cettetraversée
naviguant depuis que mêmed'anciensr marins
fait le voyage des quinze Indes et vingt-ans, et qui ont
incommodité de la
sans éprouver aucune
mer, se plaignoient aux flots
dolegiomsueoqui les
ToME I.
rendoitousmalades.
D
emens
qu'aprés avoir vomi. Aussitôt
d'oreilles et les
cessent, comarpercnclantoment étourdissemens
a cela de particulier,
Cettetraversée
naviguant depuis que mêmed'anciensr marins
fait le voyage des quinze Indes et vingt-ans, et qui ont
incommodité de la
sans éprouver aucune
mer, se plaignoient aux flots
dolegiomsueoqui les
ToME I.
rendoitousmalades.
D --- Page 106 ---
VOYAGES
traversée de trois lieues ER
Nous fimes cctte
ChevalBlane, chez
ane
ereetdocenadineaee Cadeadlergyedenter
Sesentepmements rade,et est elleurée par
par sa asituation,beniela de tous les haidenrpiseivends le
les pavillons
Nous y avions sans cesse
Hàvre à Honfleur.
de notre appartement.
flux et reflux à observer renaissantes est majesQue le bruitde ces vagues Tune de Tautre, elles
tueux ! Souvent séparées
comme des
et voltigent
semblent se pourstivre, milieu del'eau même
brisous sur le sable, qu'au
heures, pour
elles ont laisséà sec il y a quelques trouve devans
la masse d'eau qui se
les
rejoindre
merveille digne de la nature,
eux. Par une
tels que les mouettes, goésoiseaux aquatiques,
des instans ou le sable
lands et autres, profitent
de la fatigue de
est à découvert pour s'y reposer chasse aux petits crabes,
Jeurnatation, et faire la
marins, quivenlent
chevrettes et autreserustacés recherches en s'enseveleurs
en vain échappera lesable ; ils ne peuvent se soustraire
Jissant dans
qui iles dévorent
de ces tyransvolauls,
aux yeux
sans pitié.
témoins de nos fenêtres d'un
Nous fimes intéressant pour les voyageurs 7
spectacle bien
onté émoussé
cehabitans du pays 2 quoique
Sttncctams
la curiosité des d'entr'eux ne se lassent point
pendant beancoup --- Page 107 ---
D'UN NATURALISTE,
St
de l'admirer. A la marée
montante, nous distinguames à une tres-grande distance, du côté
du Hàvre, une trentaine de petits points noirs
séparés, lesquels, en grossissant à leur
approche, nous firent reconnoître une escadre de
barques de pêcheurs poussée avec la rapidité de
l'éclair par le torrent des flots de la marée montante. Chacune de ces barques se rendoit à diverses destinations, mais leur commune habitude est de ne point se séparer jusqu'à la hauteur
d'Honfleur, d'oi la division prend la direction
qui lui convient. L'oeil à peine pouvoit suivre
cette flotille dans sa course légère et précipitée.
Notre contemplation fut interrompue par les
cris d'un jeune enfant qu'un groupe de
fit entrer à l'hôtel. A peine âgée de six peuple
cette jolie créature jouoit avec un de ses cama- ans,
rades qui le fit tomber à la mer. La
d'être
grondé par son père électrisa les
peur
trices de cet
puissances moenfant, au point qu'il gagna seul,
sans secours et je ne sais comment, l'escalier
de pierre par lequel on descend à bord des
bâtimens.
Ce jeune enfant étourdi par sa chute, autant
que par le concours de spectateurs qui lui faisoient mille questions à la fois, ne pouvoit s'exprimer de manière à donner des renseignemens
D 2
mer. La
d'être
grondé par son père électrisa les
peur
trices de cet
puissances moenfant, au point qu'il gagna seul,
sans secours et je ne sais comment, l'escalier
de pierre par lequel on descend à bord des
bâtimens.
Ce jeune enfant étourdi par sa chute, autant
que par le concours de spectateurs qui lui faisoient mille questions à la fois, ne pouvoit s'exprimer de manière à donner des renseignemens
D 2 --- Page 108 ---
VOYAGES
I1
le nom de ses père et mère.
convenables sur
cependant il n'excita
n'étoit connu de personne, de nos hôtes, qui lui
moins la compasion
désintéressés.
pas
les soins les plus
personne
prodiguirent) les portes, de peur que
Ils fermérent
de leur bonne ceuvre,
n'entrât et ne fit témoin n'être qu'an devoir
qu'ils disoient eux-mêmes allumer un grand feu pour
bien doux. Ils firent
tout mouillé. Ils le
réchanffer) Penfant transi et
le plus blanc
de vétement : le linge chaud avec
changérent On lui fit avaler du vin
fut choisi.
car il avoit perdu connoisbeaucoup de peine, de
faites aux
puis, à force
questions allèrent
sance ;
fut reconnu. Nos hôtes
voisins, 2 l'enfant
afin qu'elle
la mère sur cet événement, de peur
préparer
son fils sur-le-cliamp,
des
ne grondit pas révolution qui pouroitavoir
d'une nouvelle
graces aux soins
suites funestes. Cependant, lc petit espièglo qui
qui lui furent prodigués d'eau 2 de mer, la vomit
avoit avalé beaucoup avoir pris le vin chaud.
heureusement après
Ia situation de la
Il est inutile de dépeindre de son enfant.
qui vint à la renconure
que
mère 2
et en
elle embrassa
nmeees
Tremblante fils avoit échappé au danger, Dieu lui avoit
son
Têtre foible que
avoir
avec transport
; et après
conservé si niracaleusement
qui
qui lui furent prodigués d'eau 2 de mer, la vomit
avoit avalé beaucoup avoir pris le vin chaud.
heureusement après
Ia situation de la
Il est inutile de dépeindre de son enfant.
qui vint à la renconure
que
mère 2
et en
elle embrassa
nmeees
Tremblante fils avoit échappé au danger, Dieu lui avoit
son
Têtre foible que
avoir
avec transport
; et après
conservé si niracaleusement --- Page 109 ---
D'UN NATURALISTE
combléde remercimens lcs hôtes
quis s'en défendoient, cette bonne mère
Dien
partit avec son enfant
enveloppé dans une couverture.
Ayant appris dans la journée que le
que nous cherclions nous avoit
capitaine
étoit au Hâvre
croisé, et qu'il @
primes le parti de pour vingt-quatre heures, nous
T'attendre; et
notre ennui, nous allâmes
pour charmer
les beantés de la côte de T'après-diner admirer
Grace, ainsi appelée,
parce qu'à son sommet est établie une
célébre dans le pays par l'afluence de chapelle
qu'elle attire des quatre coins de la voyageurs
est vouée à Notre-Dame de
terre, Elle
marins après de longs
Graccs, Tous les
frages
voyages,ou hors des nauauxquels ils ont échappé, viennent
plirleurvoeu: aux pieds del la mère du
remdu monde. Quelques
Rédempteur
jours
venu un matelot
auparavant, il étoit
qui, 2 seul ayant
manière miracnleuse à un
échappé d'une
se vouant au moment de naufrage certain, en
vaisseau à Notre-Dame de l'immersion de son.
en pélerinage visiter les lieux Grace,promitd'aller
sacrés,
qui lui sont consipar sa puissante intercession il
de l'Arbitre des destins
obtenoit
compagnons étoicnt
une existence dont scs
sévère observateur déjà privés. Cet homme,
pieds
d'un voeu si solennel, fit a
cing cents lieucs pour
sacra.le souvenir de sa délivrance Faccomplir, et conpar un tablean.
D 3
de son.
en pélerinage visiter les lieux Grace,promitd'aller
sacrés,
qui lui sont consipar sa puissante intercession il
de l'Arbitre des destins
obtenoit
compagnons étoicnt
une existence dont scs
sévère observateur déjà privés. Cet homme,
pieds
d'un voeu si solennel, fit a
cing cents lieucs pour
sacra.le souvenir de sa délivrance Faccomplir, et conpar un tablean.
D 3 --- Page 110 ---
YOYAGES
à la suite de tant d'antres
historique qu'il plaça
qui en font T'ornement. de dentclles à Honfleur.
On fait beancoup sont occupées la majeure
Toutes les femmes y
de tambours, 7
du jour; les unes se servent. tiennent sur
partie
pelottes qu'elles
d'antres de grosses
Jeurs genoux. à bord du brick la Sophia, oit
Nous allames
qui nous yattendoil,
trouvâmes le capitaine
d'insnous
un thé avec beancoup comet nous proposa avec une affabilitépeu
tances. I nous reçut
et nous fit Tollre
mune aux angloaméritanins, la traversée, si lc
pendant
à son
de sa complaisanco à ce qu'il nous prit flots
consul consentoit
donc encore sur les
bord. Nous voguimes
de l'incortitude.
dans leurs sorties par
inquictés
Les pécheurs la station anglaise, laiseoient
les bàtimens de
désolante. Cependans une pénurie
les marchés
curienx, je m'aperçus
dant, comme voyageur d'oublier la disette, etfusai
qu'il est un moyen
satisfaire ma fantaisie."
du grand mobile pour turbot (1), trnite saumoSoudain,jex vis arriver
maximus, Linn ;
(1) Ou Rhombe, , Pleuronectes corpore aspero, Arted.,
Pleuronectes oculis sinistris, maximus asper, non squamosus la 2
Gronov.; Rhombus
Turbol et Bret; et dans
Willnghb. : en Angleterre, suivant Valnont: Bomare.
Normandie, Bertonneau,
atisfaire ma fantaisie."
du grand mobile pour turbot (1), trnite saumoSoudain,jex vis arriver
maximus, Linn ;
(1) Ou Rhombe, , Pleuronectes corpore aspero, Arted.,
Pleuronectes oculis sinistris, maximus asper, non squamosus la 2
Gronov.; Rhombus
Turbol et Bret; et dans
Willnghb. : en Angleterre, suivant Valnont: Bomare.
Normandie, Bertonneau, --- Page 111 ---
DUN NATURALISTE
née (1), éperlans (2), soles (3), huitres et chevreltes. La volaille à Houfleury
nous y bûmes de très-mauvais cidre esthorsdepris:
servit, je crois, pour nous forcer à demander qu'on nous
vin vieux de
du
Biondeaux, qui coite beaucoup plus
cher, etqui par conséquent remplissoit mieux les
vues de Phôte. Les fruits y sont délicieux. Rien
n'égale le parfum de ceux récoltés sur les
et quiy reçoivent l'action bienfaisante
côtes,
du soleil. Les abricots
des rayons
d'une
qu'on nous servit étoient
saveur incomparablement plus délicate et
plus embaumée que ceux trop vantés de
de Montreuil même.
Pariset
On me donna des graines de melons. On sait
(r) Salmo lacustris, Lin.; salmo caudâ
maculis solum
bifurca,
Arted.; salmo caudâ nigris, 3 sulco longitudinali ventris,
sub bifurca, maxillis
lateribus et capite maculis minulis,
sequalibus,
Gronov.; Trutta lncustris,Jonston, nigris crebris,
salmonata; Parvus salmo,
Willughb; Trutta
dorso et capite dilutè ex viridi Charl.; Trutta dentata, 2
culis nigris undique et in pinnâ ccerulescentibus, maKlein : en Angleterre,
adiposi adspersa,
magne, Torel.
Salmon - Trout; eu Alle-
(2) Osmerus eperlanus.
(3) Pleuronectes solea, Linn. Pleuronectes maxillà
superiore longiore, oculis à
squamis utrinque asperis, sinistrà, 2 corpore oblongo,
Willughb., etc.
Arted.; Buglossus seu solea,
D 4
undique et in pinnâ ccerulescentibus, maKlein : en Angleterre,
adiposi adspersa,
magne, Torel.
Salmon - Trout; eu Alle-
(2) Osmerus eperlanus.
(3) Pleuronectes solea, Linn. Pleuronectes maxillà
superiore longiore, oculis à
squamis utrinque asperis, sinistrà, 2 corpore oblongo,
Willughb., etc.
Arted.; Buglossus seu solea,
D 4 --- Page 112 ---
VOYAGES
d'Honfleur jouissent d'une
que ces productions et elle est bien acquise. Lair
haute répntation,
donne à ces
alimente leur végétation
pur.qui
à laquelle ne peuvent pas
fruits une supériorité dans les clapiers des enviprétendre ceux venus Je vis chez.M.I Lelievre, anronsde la Capitale.
un de ces melons pecien capitaine de vaisseaul, il étoit savoureux et
sant trente-deux livres 5
néanexquis; quelques-uns de cette grosseur, trois louis, et
moins rare, furent vendus jusqu'à Le prix compour la Capitale.
de suitedépéchés ordinaires est depuis trois jus-.
mun des melons
mais jai.eu occasion
qu'à six et sept francs,
toutes proportions
d'observer que les petits, inférieure à ceux
gardées, sont d'une qualité
d'une plus belle espèce. le Hàvre le 23juin,
Nous repartimes pour trois
à Honfleur;
résidence de
jours
après une
de la marée de cinq heures du'
nous profitâmes
de fraicheur dans
matin, espérant avoir plus
et ennuyeuse
traversée, mais elle fatlongue
notre
bordées qu'il fallut courir;
par les fréquentes devint si contraire. que nous
en un mot, le vent trois heures devant la rade,
louvoyâmes pendant
sans pouvoir entrer. beancoup d'égards par le
Je fus reçu avec de la marine, à quifallai
pouveau commissaire
mes félicitations, 11
faire ma visite ct présenter --- Page 113 ---
D'UN NATURALISTE,
m'engaga à aller voir le contrôleur de
chez
ce corps,
lequeljfaurois, me dit-il, à examiner un
assez beau cabinet d'histoire naturelle.
présentai
Je me
donc, sous, les auspices de M.
chez M. Lefebvre. Combien
Leroi,
ensemble les charmes
nous appréciâmes
irrésistibles de P'histoire
naturelle, superbe science, lorsqu'elle
le contemplateur à la source de
ramène
autant
ces merveilles,
qu'elle est futile lorsqu'on la restreint à
classer, d'aprésdessystémes connuset
les échantillons des
combattus,
dont l'être
chefs-d'ceuvres de la nature,
la
qui réfléchit ne peut et ne doit voir
pompeuse structure, qu'en versant des larmes
d'admiration etde reconnojssance.
Le cabinet fut ouvert, et M. Lefebvre
mença sa démonstration
la
comIl me présenta
par
conchyliologie.
tels que le scalata quelques coquillages assez rares,
de bénitier de
(1),1oeuf(a), la griffe, espèce
Saint-Sulpice (3),lerateaudes iles
(r) Coquille univalve de la famille des vis. Elle
composée de sept spirales, Ou orbes. Les
est
communes dans le Golfe adriatique, dit M. petites sout
ville; aussi ces coquillages
Dargenles recherchent
rares, parce. que les Indiens
ne sont-ils estimés pour leurs ornemens les plus précieux,
de hauteur.
que quand ils ont plus d'un pouce
(2) Testacé du genre des porcelaines.
(5) Coquille de la famille des Peigues.
ille univalve de la famille des vis. Elle
composée de sept spirales, Ou orbes. Les
est
communes dans le Golfe adriatique, dit M. petites sout
ville; aussi ces coquillages
Dargenles recherchent
rares, parce. que les Indiens
ne sont-ils estimés pour leurs ornemens les plus précieux,
de hauteur.
que quand ils ont plus d'un pouce
(2) Testacé du genre des porcelaines.
(5) Coquille de la famille des Peigues. --- Page 114 ---
VOYAGES
(0plncomrenmataien
Scechelles (0),lemartean sont en petitnombre;
pic,etc.1 Les madrépores y remarquai un superhe
mais bien conservés; jy Tabrotanoile,ler millet (4),
pincean(3),mnt tres-bel
quelques reptiles,
d'assez bolles pétrifications, caîman, le serpent devin,
tels que crocodile,
conservé damefempat-desin:is
ct un caméléon
d'oiseaux, parmi lestrouvai aussi un groupe frégate (5), de petites
quels se voyoient une de Bohème (6), un courli
perruches, le jaseur
J'examinai aussi une
rouge d'Amérique (7)-
et quelques poissons
très-belle pointe de Narval,
(8), la
de mer, tels que le coffre triangulaire la bandroie
courto-épine (9), la lune (10),
Coquille bivalve du genre des huîtres.
(i)
mallei forme, espèce d'huitre appelée
(2) Ostreum les Hollandais.
Crucific par
zoophite ressemblant en
(5) Penicillus marinus, des peintres.
quelque sorte aux pinceaux.
(4) Madrepore.
major; apus rostro adunco 5
(5) Hirundo marina
Barr.
(6) Garrulus boëmicus.
() Ou flamand.
(8) Ostracion tricornis.
(9) Diodon Attinga, Linné.
(1o) Tetraodon mola, Linné. --- Page 115 ---
D'UN NATURALISTE
petite (1), le long nez, espèce de
M. Lefebvre possède
requin (2);
surtout beaucoup de plusierserdfloabillemens de sauvages,
et
carquois, leurs flèches
ainsiquedes
Ce naturaliste
empoisonnées.
tion de
venoit de recevoir une collecpeaux d'oiseaux de lile, de la
ainsi que des insectes et de fort beaux Trinité,
La richesse des couleurs de
papillons.
velle
ces derniers renoumon admiration pour ces merveilles si communes dans la nature. Qu'il est beau de voir
qu'une poussière aussi subtile que celle
couvre les ailes
qui relégers
transparentes et friables de ces
volatils, soit susceptible de se maintenir
ainsi rangée
délicats
parnuances;e et que des atomes aussi
soient revêtus d'un coloris aussi cons--
tantdanslese sespécesqu'ilest dlégant, tandis
moindre contact tout est
qu'au
figures,
confondu, et que les
naguères agréables par la diversité de
leurs conleurs, rentrent en un instant dans le
néant d'oit Dieu les a tirés!
Je reconnus beaucoupde papillons semblables
à ceux de France, tels que celui du
navet, le nacré, la bellechou, du
dame, la petite-tortuc,
(I) Tachée, Lophius Histrio, Linné.
(2) Espèce de chien de mer, qui a
te nageoire derrière
pour caractère
tempes, et
l'anus, sans avoir les trous des
nn pli de chaque côté de la queue,
le
néant d'oit Dieu les a tirés!
Je reconnus beaucoupde papillons semblables
à ceux de France, tels que celui du
navet, le nacré, la bellechou, du
dame, la petite-tortuc,
(I) Tachée, Lophius Histrio, Linné.
(2) Espèce de chien de mer, qui a
te nageoire derrière
pour caractère
tempes, et
l'anus, sans avoir les trous des
nn pli de chaque côté de la queue, --- Page 116 ---
VOYAGES a
Go
le
2 etc. Dans les
seambeesTyretronail
le citron
dermeste,les scorpion,
nemettenkelepmae.led
etc. Dans les
les scolopendres et les capricornes,
et
je remarquai un paresseux (1),
quadrapédes
priape de baleine.
dans les célacés un très-beau
remità un autre jonrlinspection
M. Lefebvre
de recevoir, parce que
des oiseaux qwilivenoit déballées.
les caisses n'étoient point
chez un Hambourgeois,
J'allai déjedner
rencontré en
M. Randon de Lucenay, quej'avois
de reJoge,et qui youlut bien noffrirdesleures Mlaccomplitsz
commandation pour Philadelphic.
puisunclatitude bien généreuse,
promesse. avec
marquoit: tau négociant
quessans me connotitre,ili de m'avancer les fonds
auquel il m'adressoit, besoin, et que dès ce modont je pourrois avoir
avenus pour son
ment il les regardoit comme
commun aux
Ce procédé délicat est
compte.
ordre, etjai eu occasion pendant
amis de notre
d'une fois de
del me féliciter plus
mes voyages
association.
faire. partie de cette respectable très-agréable, et
On nous servit un breuvage donna la comdont M. Randon de Lucenay me
ou animal à figure
() Cest un antropomorphe, animaux en didactyles,
humaine. On divise ces
en tridactyles 3
c'est à dire, pourvus de deux doigts; de trois ou ciuq.
et pentadactyles, ou pourvus --- Page 117 ---
D'UN NATURALISTE
position que voici : dans une pinte d'eau
Gr
Jante, on jette un quarteron environ de bouild'hieble (1) et aitant de sucre. L'infusion graines
combinée, on passe le tout au
bien
avec expression, et l'on
traversd'unlinge,
sirop pourpre qu'on laisse obientdecemdanger un
on ajoute
refroidir, et auquel
tedent-louesiedeuindtr Bordeaux.
FPEEEE
del
EEE Randon
Lucenay,afin d'ajouter encore à la bonne réception de son mari, sortit avec lui dans le
terre, pour m'y composer suivant
parleur pays,
l'usage de
malgrél'ardeur du soleil, un
qu'ils vinrent m'offrir. Je sortis confus de bouquet
leurs hounêtetés.
toutes
Je fus le lendemain matin chez M.
qui m'avoit attendu pour faire l'ouverture Lefebvre,
caisse. Le premier oiseau
de sa
rappela la richessedes qui frappa ma vue,me
toit un' colibri d'une moyens du Créateur. Cédes plus vives
tres-petite taille, et habillé
couleurs. Quel merveille que ce
plumage! quel vernis inaltérable
pennes dorées! quels reflets
recouvre ces
ondulations
chatoyans, quelles
diversesOn ne distingue
cet assemblage le composé des
point dans
qui les implanta dèsleur état de couleurs. Celui
molécules orga-
(2) Sambucus Ebulus. Linn, 586,
éateur. Cédes plus vives
tres-petite taille, et habillé
couleurs. Quel merveille que ce
plumage! quel vernis inaltérable
pennes dorées! quels reflets
recouvre ces
ondulations
chatoyans, quelles
diversesOn ne distingue
cet assemblage le composé des
point dans
qui les implanta dèsleur état de couleurs. Celui
molécules orga-
(2) Sambucus Ebulus. Linn, 586, --- Page 118 ---
VOYAGES
recoursala molette, et àl l'essai
niques, n'a point
un éclat si brildesnuances. Le vernisquidomer couleurs (versi colores)
detontes
lant aux] plumes charmans; n'a point à redouter
de ces oiseaux l'écaille, que Thumidiéleds.
qu'une sécheresse altère l'éclat, ou que le froissement
truise, n'en
Il n'estancunel prédivise ce qui est inséparable. rendre à la vue le
humaine qui puisse
oû
paration scintillant de la gorge de cet oiseau,
velouté
Stopase,lerulis, T'hyacinthe,
setronreatrdnsalat
l'émeraude et le saphir. dont le blanc pur du
Je vis un autre oiscaut,
une étroite ligne
plumage n'est altéré que par
Cétoit un
sert de cravate à Toiseau.
est
noire qui
espèce, dont la grosseur
crabier de petite
et son bec sont
celle de notre pluvier; ses pattes
d'un rose vif.
ensuite des gorges de
M. Lefebvre développa réunion de couleurs disgros-bec. Quelle belle
comme dans le comtinctes! Ce ne sont plus, chatoyans et irisés.
posé du colibri, des reflets
incommenfécond du Créateur est trop
Ce,
Le génic
à Pinfini.
surable pour nc pas se multiplier présentent des
sont des touffes de plunes éclatantes. qui
On y voit
taches de diverses teintes le noir de jayet près le
briller suocessivement à côté du jaune vif, puis une
blanc éblonissant, bordant la tache plus foncée;
trace orangée.
, chatoyans et irisés.
posé du colibri, des reflets
incommenfécond du Créateur est trop
Ce,
Le génic
à Pinfini.
surable pour nc pas se multiplier présentent des
sont des touffes de plunes éclatantes. qui
On y voit
taches de diverses teintes le noir de jayet près le
briller suocessivement à côté du jaune vif, puis une
blanc éblonissant, bordant la tache plus foncée;
trace orangée. --- Page 119 ---
D'UN NATURALISTE
cufin le rouge de feu
couronnant cette réunion
maguifique et inimitable.
M. Lefebvre passa à une infinité d'antres
pèces toutes dillérentes. Les oiseanx de
estyrans du foible, sont parés de couleurs proie,
et repoussent bientôt les regards
sombres,
doux éclat de
qui préferentle
Tinnocence; il semble qu'on soit
plus intéressé à la vue deleurs victimes.
J'assistai laprès-midi à une péche du
bien intéressante
rivage
pour l'observateur déiste.
Lorsque, deux fois le jour, la marée se
elle laisse sur le sable à découvert
retire;
interstices de
ou dans les
rocs caverneux, 2 des
qui n'ont pu être entraînés
le coquillages
gesse infinie ! 6 libéralité par reflux, 6 Sala que les habitans
journalière ! c'est
viennent réclamer pauvres des ports de mer
de P'Auteur de la nature une
subsistance, dont l'étonnant bienfait n'a
été interrompu. Ce Père des pères ordonne jamais
flots de jeter deux fois le
aux
d'eux homards,
jour, et repousser loin
crevettes, crabes, étrilles, tourteaux, poissons, etc., qu'il destine à ceux
ses enfans accablés d'indigencé.
de
à la voix de son puissant
Forcée d'obér
maître, la mer
exactement ses rivages. On voit des parsème familles
entièresn marquées au coin del l'infortune,
leur repas d'un reflux
attendre
secourable, et trouver --- Page 120 ---
VOYAGES
nourriture qu'elles n'ont *
dans ces lieux une
qu'à ramasser.
cueillette -
de varechs, qu'ils
D'autres font une
cendres le sel de
bralent : pour obtenir dés
soude.
fourrée d'un pécheur occupé à
En visitant la
reflux, il m'ollrit un
ramasser le produit du
ét féroce par
par sa forme,
animal tres-singulier de la rocaille, il est Teffroi
ses moeurs. Tyran
etc., et en détrnit une
des homards, crabes, succion. C'est une espèce
grande. quantité par: la
vulgairenient chade séche, qu'on appelle
trouille (t). [Planche II.]
semblable à
Cet animal est d'une consistance charnue et cartilacelle de la raie, c'est à dire,
Sa tête: est armée de huit ramifications
gineuse.
dont M. De Lamarck
(1) Cest le poulyres Octopus, charnu, obtus infédonne T'analyse suivante : Corps très-petit, corps contenu
rieurement 2 osselet dorsal, bouche terminale faite en bec
dans un sac non ailé;
de huit bras égaux
de perroquet, et entourée
Le poulpe
de ventouses sessiles et sans griffes.
munis
le calmar, loligo, dont le corps
donne ainsi que membranes ou, ailes; une liqueur
est pourvu de contre ses ennemis. Il rejette aussi
noire qu'il lance
lui donne cette conleur lorsune humeur rouge qui arrive en cet élat à tous les
quil est cuit, ce qui
poissons mous.
qui
dans un sac non ailé;
de huit bras égaux
de perroquet, et entourée
Le poulpe
de ventouses sessiles et sans griffes.
munis
le calmar, loligo, dont le corps
donne ainsi que membranes ou, ailes; une liqueur
est pourvu de contre ses ennemis. Il rejette aussi
noire qu'il lance
lui donne cette conleur lorsune humeur rouge qui arrive en cet élat à tous les
quil est cuit, ce qui
poissons mous.
qui --- Page 121 ---
-
Poulpe Octopus, uppelle enfmiremenr Chatrouille
au Huore). --- Page 122 --- --- Page 123 ---
D'UN NATURALISTE
qui lui servent de bras
proie. Ses yeux sont
pour s'emparer de sa
remplacée
des
saillans, et sa bonche est
par
cavités
ses bras, au
multipliées au long de
cion
moyen desquelles il opère une sucparlaite, et fait
appropriés, le
arriver, par des canaux
sang que doit élaborer
mac. Ses viscères sont renfermés
son estoqui elle-méme est
dans une poche
autre qui lui
contenue, et roule dans une
sert de tégument extérieur.
chatrouille est
La
de ses
trés-irrascible, et sait se venger
agresseurs ; c'est pourquoi,
l'inquiète, et qu'elle se voit dans
lorsqu'on
de se soustraire aux
Timpossibilité
elle lui
agaceries de son perséeuteur,
témoigne'son désir de
lançant avec vivacité
vengeance, en lui
blable à
une matière noire seml'encre, et qui peut même, au
ys suppléer (1); mais je le
besoin,
dernière extrémité
répête, ce n'est qu'ala
que la chatrouille
moyen de défense.
emploie ce
. La chatrouille
nante, à l'aide de nage avec une agilité étondifficile à être
ses huit bras, ce qui la rend
de
saisie dans l'eau, Il est
se baigner dans les
dangereux,
parages qu'elle fréquente,
(r) C'est de cette liqueur qu'on obtient
couleur noirâtre qu'on met,
la sepin,
en bâtons comme l'encre de particalièrement la
à Rome,
plus douce à la vue.
Chine, et qui est
TOME I.
E
nante, à l'aide de nage avec une agilité étondifficile à être
ses huit bras, ce qui la rend
de
saisie dans l'eau, Il est
se baigner dans les
dangereux,
parages qu'elle fréquente,
(r) C'est de cette liqueur qu'on obtient
couleur noirâtre qu'on met,
la sepin,
en bâtons comme l'encre de particalièrement la
à Rome,
plus douce à la vue.
Chine, et qui est
TOME I.
E --- Page 124 ---
VOYAGES saisir une jambe, et à y
ear elle est prompte à
affoiblit prompte1
une succion qui
lorsque
commencer difficile de s'en déharrasser d'inment. 1I est
est établie, à moins
de cohésion
la
en deux.
Tadhésion Peffet du vide en coupant naturaliste du
terrompre Tabbé Dienuémarre, célèbre foibles cris en se
M.
entendit un jour de
au bruit, et
Hàvre,
vers le rivage; il court animaux,
promenant enfant ceint parun de ces
un
péchicurs
apercoit ne pouvoit se octartaserLasp les renet dontil les tuer, à mesure qu'ils
ont soin de ils font une grande consommation la
contrent; car
sensilblement
et diminuent
de coquillages,
avec
récolte de ces jonrialiers. juillet, conmoissance
Je fis, le mardi 17
des beaux arts. L'un,
deux jeunes gens, amateurs d'une expéilition aux ilcs
M. Villain 0 1 arrivoit Saint-Thomss et PuerTénerilfes la Trinité, les ordres du capitaine
dirigée et sous
torico
Villain avoit aécompagné plusicurs
Baudin. M.
le gonvensement pour
naturalistes, envoyés par naturelles de ces pays,
les productions
utiles.
recueillir à leur retour des observations du
et fournir
Poulet, fils d'un armateur des
Le sccond, M. beau non d'ami, et qui,à
Havre, digne du
ét mnispierpighit
talens distinigués en peinture une modestie rare.
un bon coeitr, 2 et surtout proposé d'enrichiràn mon
Comme je m'étois --- Page 125 ---
D'UN NATURALISTE
retour mes cabinets d'histoire
G7
ductions recneillies dans
naturelle de
costumes annexés à
mes voyages, et Pz
voulutbien
mes journans, M. Poulet
guider au laivis mes
novices,t tandisqueM. Villain pinceaux encore
l'art d'empailler les oiseaux. perfectioima I1
enmoi
pommade
se servoit d'une
conservatrice, dont Pusage
gereux par les poisons subtils
étoitdancomposé; je la remplaçai
qui en font le
quej j'imaginai, et
donc par une autre
résulats; la voici: dontj'obtins les plus heurenx
PONNADE
COXSERYATRICE
Pour tout corps
corruptible du règne animal.
Huile essentielle de
Huile d'olive.
térébenthine .
I.
Chaux vive en
3 V.
Sel d'alun en poudre .
5 V.
poudre subtile
Camphre dissous in alcohol.
5 IV.
Aloès succotrin
3 IV.
.
3 V.
Herbesaromatiquese en poudresubtile.
Pug.-1.
J'avois des chances à
essuyer. Je pouvois être courir, des pertes à
ma collection
réduit à
par la pénurie
interrompre
Le besoin éveille le
d'objets nécessaires.
procurer'au Havre des génie, et ne pouvant me
oiscaux
jyeux d'émail pour les
que je me proposois
d'empailler, je crus
E 2
.
.
3 V.
Herbesaromatiquese en poudresubtile.
Pug.-1.
J'avois des chances à
essuyer. Je pouvois être courir, des pertes à
ma collection
réduit à
par la pénurie
interrompre
Le besoin éveille le
d'objets nécessaires.
procurer'au Havre des génie, et ne pouvant me
oiscaux
jyeux d'émail pour les
que je me proposois
d'empailler, je crus
E 2 --- Page 126 ---
VOYAGES
ati
d'autres, exécutés
devoir les remplacer par de diverses couleurs.
de cire à cacheter
du crabier,
moyen
pour obtenir les yeux
de cire
Par exemple,
à un bâton
une épingle
et non
on présente
au feu d'une bougie,
jaune, emflammée
on en détache
d'une chandelle qui la noireiroit; de la grosseur de
pour avoir une masse
arrondie se .
assez,
veut imiter. Cetle pâte
douToeil qu'on
ayant soin de tourner
forme d'elle-même,
dans le sens
Yépingle entre ses doigts
cement
le globe a acquis sa perfechorizontal. Lorsque
quoi,on ajoute
tion, on le laisse refroidirjapres dans le milieu del'orbite.
de cire noire
un point
résineuse se convexe d'elle-même, de l'oiCette goutte
la visière de Toeil
et
et imite parfaitement
l'épingle,
Cet ceil achevé, on retourne
seau.
Fautre extrémité; après quoi,
on en fait autant àl
le milieu, et on a une
le laiton par
on coupe d'yeux. e
couleur, on se
paire
d'une seule
la
Quant aux yeux
de cire noire de
contente d'enduire T'épingle chenevis. On présente
d'un grain de
sphère,
grosseur flamme de la bougie cette petite
près dela
s'arrondit, pourvu qu'on
qui par la chaleur
entre ses doigts, etqu'on
tourne un peu Tépingle verre d'eau froide qui
la plonge anssitôt dans un
toutes
en fixant et resserrant
conserve sa formc,
ses parties.
yeux
de cire noire de
contente d'enduire T'épingle chenevis. On présente
d'un grain de
sphère,
grosseur flamme de la bougie cette petite
près dela
s'arrondit, pourvu qu'on
qui par la chaleur
entre ses doigts, etqu'on
tourne un peu Tépingle verre d'eau froide qui
la plonge anssitôt dans un
toutes
en fixant et resserrant
conserve sa formc,
ses parties. --- Page 127 ---
D'UN NATURALISTE
La journée du 20 juillet fut consacrée
une partie de chasse
à faire
avec M. Randon de Lu4
cenay. Nous côtoyâmes la mer jusques à
qui est distant du Hâvre de
Arfleur,
Nous étions à la
sept quarts de. lieue,
poursuite d'oiseaux de
lorsqu'il nous arriva une singulière
mer,
Fatigués de l'excessive
aventure.
bâtiment
chaleur, et apercevant un
assez considérable que nous
pour une auberge, nous résolimes primes
halte, et.de nous
d'y faire
y rafraichir, Ce bâtiment
un magasin à poudre, dans
étoit.
commit
lequel la sentinelle
Fimprudence de nous laisser
armés de nos fusils. A
pénétrer,
chefdu
peine, en présence du
poste, on s'empara de nous, etl'on
désarma, comme agens de la station
nous
Cependant, ne.voulant point être
anglaise.
en butte aux menaces de
plus long-tems
ployai mon sauf-conduitet nos gardiens, 2 je défàveur
ma commission, à la
desquels on nous rendit la
nous avoir accordé des
liberté, après
blâmé de notre imprudence. rafraichissemens 2 et
En retournantaul Hâvre, la marée étant
nous trouvâmes beaucoup de hérons. basse,
un, et plusieurs alouettes de
J'en tuai
contre par bandes
mer qu'on rensur le bord des
dans les prairies voisines du
ruisseanx,
Je montai le soir à la côte rivage.
présentai à la maison de
d'Egouville, et me
campagne de M. Poulet,
E 3
notre imprudence. rafraichissemens 2 et
En retournantaul Hâvre, la marée étant
nous trouvâmes beaucoup de hérons. basse,
un, et plusieurs alouettes de
J'en tuai
contre par bandes
mer qu'on rensur le bord des
dans les prairies voisines du
ruisseanx,
Je montai le soir à la côte rivage.
présentai à la maison de
d'Egouville, et me
campagne de M. Poulet,
E 3 --- Page 128 ---
VOYAGES
de faire commoissance avecile
ohrjons Phonneur
son.age, qu'estipar
pére, + autant respectable moralité. Je fus touché de
mable par sa sévère
cesse lun de Pautre
Tunion qui rapprochie sans frères étant musiciens,
les cinc enlans. Les deux
Texéention desfimes quelques trios, après
nous
dans lintérieur
quels on proposa une promenade agréable par son
du jardin. Cette labitation, couverts sombres; est
antique verdure et ses
par un pavillon
sembellie à une des'extrémités de lecture et de concert.
d'été, qui sert de salle
la rade, de manière à
el domine
Il est hexagone, commode observatoire pour
en former le plus
le peintre et le marin. de très - beaux dessins
Après avoir admiré
je me disposai à desfaits parM. Poulet fils ainé, futen vain que je voulus
cendre la côte, mais ce
et fils, en me compartir senl 1;IM. Peulet père
jusques
vinrent me reconduire
blant d'amitiés, précisément au coup de canon
à moitié chemin,
anglaise. Onsaitque c'est
de retraite dela station les marins en station, de
par
un nsage pratiqué
au lever et au coucher
tirer un coup de canon
il semble indiquer
du soleil. Ens slnantraurore, à Tapproche de la
Theure du travail, commemuit il annonce un repos prochain. Poulet fils ainé, étant
Le samedi 4: août, M.
de son père à aller
venu nous inviter de la part --- Page 129 ---
D'UN NATURALISTE
sliwerlelendionsimalse
7*
côte,J'allai le recondnire,
etnousi nousé
tant
pourMendeabiroleptngarip
je rencontrai un pécheur à qui j'achetai,
moyennantune; somme
trés-modique, unassez bel
esturgeon, ainsi qu'un turbot et des crabes,
Nous ramassâmes ensuite des étoiles-de
lépas, à la faveur de la marée
mer, des
despyrites martiales
basse, ainsi que
beauté, demême cloisonnées sdela plus sgrande
que l'espèce de ludus helmon1ii(t).Je revins, chargé de trésors
le naturaliste
précieux pour
contemplateur.
Ledimanche matin 5 août, nous montâmesla
coted'Egouville pour allerdiner chez M.I
dont la campagne solitaire offre les Poulet,
vue les plus
points de
le Kiost, d'oi pittoresques. On nous reçut dans.-
l'on découvre la pleinemer. à
peu de distance. Nous restâmes
arèssidérer cette immense étendue long-temsà conjours les ordres de la
qui suit tous les
les linites
lui nature, et jamais ne passe
qui
ont été fixées. Nous admi- /
malheurenx qui se
F
heur de
prive spontanément du bonmettre toute sa confiance en celui
ne trompe que par des bienfaits.
qui
(): Pierre pesante, ordinairement
de cloisons spatheuses,
calcaire, traverséa
qui lui donne une surface 2 pyriteuses ou séléniteuses; ; ce
compartimens
composée d'angles et de
polygones.
E 4
es
lui nature, et jamais ne passe
qui
ont été fixées. Nous admi- /
malheurenx qui se
F
heur de
prive spontanément du bonmettre toute sa confiance en celui
ne trompe que par des bienfaits.
qui
(): Pierre pesante, ordinairement
de cloisons spatheuses,
calcaire, traverséa
qui lui donne une surface 2 pyriteuses ou séléniteuses; ; ce
compartimens
composée d'angles et de
polygones.
E 4 --- Page 130 ---
TOYAGES
de72* fames recus comme nous l'avions avec
Nous
amitié et franchise, et point
mandé, avec cérémonie qui altère le plaisir
cette fastuense
Le bon papa M. Poulet,
d'être à la campagne.
montra son petit dovêtu sclon, la saison, nous à T'agréable. On yvoit,
maine qui réunit Tutile charmillos qui dtablissent un
au milieus d'épaisses delongues allées de pomdouble murde clôture,
le cidre, et qui
très-touffuse dont on obtient
miers
de leur cime donnent beancoup
par la réunion
sur des tapisde gazon, 7
d'ombre. C'est au centre; la maison. Plus loin,
qu'ony voitpafirela vacliede qui s'eloignent de
c'est une bande de cannetons la verdure. Au bout
leur vivier, pour aller paitrel on pénêtre dans de
de chaque allée de poiriers,
consacrées à
tresijolies tonnelles de charmilles
Elies
ou à la méditation.
T'amitié, à lalecture rayonsdu soleil, et même
Loetetnscanhienser clarté duj jour, qu'on ayprends Isouvent,
à lagrande des repas frugaux et champétres.
entre famille,
par Funion des cin
Le nôtre fut tresagréahle jusque dans la moindre
enfans qui ont entreux, de la plus pure amitié.
chose, lcs prévenances du père et de la mère,
On oublie juoquaitage sensibilité folâtrer avec leurs
qu'on y voit avec
chers enfans.
Tapresnidi à
Le lendemain, nous Poulet passâmes fils ainé et moi; il
Honfleur, M. Charles --- Page 131 ---
D'UN NATURALISTE.
me présenta chez M. Lelievre, commandant
anciennement les bâtimens de son père,
nous reçut avec affabilité. Il nous fit voir ayant qui
lc souper ses melonnières, desquelles il fait une
assez belle spéculation par sa
avec la Capitale.
correspondance
Nous repartimes le vendredi matin,aprésavoir I
pris plusieurs vues de Honfleur (r). Nous eûmes
à notre retourà diner la famille Poulet, à
nous ménagions le coup d'oeil d'une
qui
eut lieu sous nos fenêtres.
joûte qui
Au milieu de frégates couvertes d'un
on
peuple
immense,
ouvrit dans le bassin une
entre six bateaux destinés à rivaliser
joûte
devitesse dansun trajet à parcourir. Les entr'eux nacelles
deux pardeux, et élégamment ornées,
sous P'effort de six vaillans
voguoient
rameurs yêtus de
blanc, et ceints d'écharpes de laine écarlate:
Le but de la jonte étoit de doubler, dans
T'impétuosité de la course, un arc de
posé au milieu du bassin, sur deux bateaux. triomphe Les
aspirans étoient encouragés par une musique
guerrière qui stimuloit leur ardeur. Le signal du
départ étoit annoncé par un coup de canon. La
colonne d'air à peine ébranlée, on voyoit dans
chaque nacelle six rameurs brusquer à l'envi,
(1) Je ne puis les ajouter à ce
élé brûlées à Saint-Domingue. recueil; elles ont
é au milieu du bassin, sur deux bateaux. triomphe Les
aspirans étoient encouragés par une musique
guerrière qui stimuloit leur ardeur. Le signal du
départ étoit annoncé par un coup de canon. La
colonne d'air à peine ébranlée, on voyoit dans
chaque nacelle six rameurs brusquer à l'envi,
(1) Je ne puis les ajouter à ce
élé brûlées à Saint-Domingue. recueil; elles ont --- Page 132 ---
VOYAGES
unanime, ayant à leur tête un
leur monvement
d'une lance garniede
patron commandant.munid le
Il étoit
rubans,et près de Jui, porte-étendart.
permisaux]
ce choc leur marche
eahtsticin
lances, et d'entraver par
rapide.
furent reçus avec joie et apLes vainqueurs
des
qui leur avoient
plandisemens: et parés
prix miliend'un cortège
évédécernés,ils passérent au fanfares et des salves
nombreux,au bruit des,
d'artillerie. lancer la frégate la Valeurense.
Nous vimes de hache du Ber qui la reteDégagée à coups msijestensement) Ponde du
noit,elle entr'ouvrit et écumoit en blanchissant
bassin, qui frémissoit
sous son pesant fardeau. de là avec :
intérêt linstinct
J'observai près chien barbet, quia su profiter
merveillenx d'un
éducation. Un niaitre
des soins donnés à son. d'un outil qui étoit
couvreur, ayant besoin très-haute, envoya son chien
aubas d'une échelle animal intelligent le rapporta,
Jui chercher. Cet
les échelons avec rapidité.
nous
en montant 18 aont, la famille Poulet
Le samedi
d'Honileur, qui fut acceptée.
proposa une partie fut très-courte et fort heureuse,
Notre traversée
de la navigation sur nos
quant aux influences fames reçus chez M. Letempéramens. Nous --- Page 133 ---
D'UN NATURALISTE
lievre, dont j'ai déjà
naturelle à
parlé avec celte affabilité
T'homme de bien, franc et
On
eut pour nous toutes sortes de
loyal.
nous
bontés, et pour
dédommager de la privation de chasse imposée par une délense récente, on forma le
projet, pour le lendemain, d'un
champêtre au milien d'un
repas
verger.
Le soir, en visitant tlejardin,j je fus puni dema
curiosité qui me porta à faire la
baics du bois Gentil
dégustation des
(r). Leur saveur âcre et
caustiqne me causa une cuisson semblable à
celle produite par le poivre de Guinée. Cette
exaspération dure l'espace de douze heures.
Le dimanche 19 août, nouspartimes de
matin, comme il est d'usage dans
grand
une partie de
campagne,à0inde jouirdes agrémens que la simplicité y fait éclorre, et qui sont les délices de
Tbomme simple, Notre marche étoit
par la qnantité de
imposante
petite
personnes composant notre
caravane.
() Daphne mezereum, Linné 50g. Cet
dome des baies ovales semblables à celles du arbuste
mais contenant un suc
myrte,
en mérissant. Prises à trèscaustique : elles rougissent
douleurs d'entrailles
l'intérieur, elles causent des
diarrhées. On les insupportables, accompagnées de
àla destruction des emploie dans Jes appâts qu'on destine
nomènes de la
bétes puantes; ; et, par un des phésont point
nature, les oiseaux qui en mangent n'en
incommnodés.
ales semblables à celles du arbuste
mais contenant un suc
myrte,
en mérissant. Prises à trèscaustique : elles rougissent
douleurs d'entrailles
l'intérieur, elles causent des
diarrhées. On les insupportables, accompagnées de
àla destruction des emploie dans Jes appâts qu'on destine
nomènes de la
bétes puantes; ; et, par un des phésont point
nature, les oiseaux qui en mangent n'en
incommnodés. --- Page 134 ---
VOYAGES
à linstar d'une partie de la
L'avant - garde,
sobre et honteux,
société, montée surl'animal munie de parasols
ou sur des clievaux,s s'étant d'un soleil briaffoiblir la réverbération
pour
ainsi
les autres la montagne,
lant, suivoit
qne étoit oubliée par Pesnon sans fatigue, mais qui
poir d'un plaisir complet. les héros de cette
L'alégresse accompagnoit chemin faisant, des sites
fête. Nous tronvâmes,
les croquis, enfin
délicieux dont nous prenions
si isolée, qu'Honfleur
une route si champêtre,
comme
- environs peuvent être regardés
et ses
et de Phomme de gont.
le pays du peintre à la cour de la ferme (r) par
Nous arrivâmes
rossentimes
chemins si sombres, que nous y
des
malgré la grande chaleur du
de la fraicheur;,
le calme, qui les
jour, et tant silencieux que
n'étoit
tout être sensible,
fait rechercher par
cris
de la cavalinterrompu que par les
joyeux
cade et des piétons.
bancs placés près
Une table simple, quelques de la cour, et sous
d'une chaumière au milien
élevés, et
d'énormes pommiers peu
le couvert
chargées de fruits se recourdont les branches
appelle les vergers clos de
(1) Cest ainsi qu'on
çà et là de rushaies, au milieu desquels se trouvent
tiques chaumières. --- Page 135 ---
D'UN NATURALISTE.
boient vers la terre, furent les
ratifs de notre délicieux
premiers prépafroides, l'amitié
repas. Quelques pièces
qui les présentoit, la contrainte
qui en étoit bannie,
2 toutes ces
attachées au séjour des champs, prérogativés
core au doux plaisir de se voir réunis. ajoutoient enconvive, de sa place et sans même Chaque
debout,
se tenir
pouvoit cueillir des fruits au dessus de
sa têtc. Ce qui rendoit cette halte plus intéressante encore, et rapprochoit ce repas de celui
de P'homme naturel, c'est qu'à quelques
de
nous, on voyoit chevaux, boeufs,
pas
uns étendus sur
les
moutons, les
lherbe,
autres la
et autour d'eux, pèle-méle, des outils broutant,
toires. Voilà de véritables fêtes
aranon point celles
champêtres, et
parisiennes, , qui n'en ont le
nom que parce qu'on y trouve quelques
landes de
guirverdure, mais régularisées
et déponrvues des graces de la
par T'art,
La gaieté etla simplicitédes nature.,
bientôt
assistans attirèrent
autour de nous la lourde
et
mére; les oiseaux
génisse sa
domestiques, le dinde et ses
petits ramassoient avec soin les miettes de
tandis que de jeunes porcs accouroient pain,
dissant
en bonentr'eux, et se disputant les débris de
notre table. Ces spectacle où l'homme
ne sait trouver rien de charmant, étoit corrompu délicieux
pourmoi, et parfaitement conformeàr mes goûts.
èrent
autour de nous la lourde
et
mére; les oiseaux
génisse sa
domestiques, le dinde et ses
petits ramassoient avec soin les miettes de
tandis que de jeunes porcs accouroient pain,
dissant
en bonentr'eux, et se disputant les débris de
notre table. Ces spectacle où l'homme
ne sait trouver rien de charmant, étoit corrompu délicieux
pourmoi, et parfaitement conformeàr mes goûts. --- Page 136 ---
VOYAGES
formier égayérent la converDeux enfans du
naturelles. Je pensois,
sation, par leurs saillies
de ton enfance!
6 mon fils, au premier langage un
de mupartics de barres, 2
peu
Quelques
fimes sur le gazon en nous
sique que nous
du corps des pommiers,
servant pour pupitres
la mélodie fut
alloient terminer la fête, lorsque Nous nous
interrompue par le bruit du canon.
la
vers la mer, et nous aperçimes les
portâmes
vivement aux prises avec
station anglaise duHàvre, qu'ils assiégeoient
défensés rédoutables hieure. Le feu étoit roulant
depuis plus d'unei
n'attendoit pas Pautre;
et si nourri, qu'un coup des deux partis. Nous
et il y. avoit réplique belle horreur, et trèsfàmes témoins de cette
aucun ris
bien placés pour en admirer, sans funestes. Le
les ellets, s'ils étoient moins
que,
pasà nos regards
feu de chaque coupa'échappoity
l'issue du
de connoitre
attentifs, et inquiets tourbillonnante de la poudre
combat. La fumée
des batteries de
évaporée formoit au dessus
le vent se
muages, qui bientôt agités par
petits
à Fathmosphère.
pour se confondre
dissipoient
avec majesté 2
Le bruit des bordées mugissant lécho de notre côte,
la vérité de
et appelant
de crainte et d'amerremplissoit nos esprits
tume.
cet effrayant spectacle pour
Nous quittâmes --- Page 137 ---
D'UN NATURALISTE
aller dans notre
et du
salledeenluremangerde,
lait caillé préparé
pain,
Jarge et grosse terrine
proprement dans une
la plupart à ce
communc, Debouts pour
ronnâmes
repas pris à la hâte, nous coula fête par un retour au frais, et
guidés pas le clair de lune qui laissoit
la libéralité du Créateur, qui s'est
admirer
complu à former
veritablement
7 pour le contemplateur, les
chemins, pittoresques qui nous
à Honfleur.
conduisirent:
Nous repartimes le lundi matin,
visité les moulins à cidre,
après.avoir
composés de deux
Lej de
écrou."
bmomaamma
jus
ces fruits tombe dans une met
blable à celle du pressoir à vin, d'oà il semdans des poinçons destinés à le recevoir. découle
Nous arrivâmes pourle diner chez M.
oùt on nous servit des huttres de la Poulet,
Jarges que trois couvrent une
Héve, SI
excellentes. Je
assiette; elles sont
sus de M. Poulet, qui en envoyoit autrefois à Paris à des amis,
huitre rendue à sa destination
que chaque
livres.
revenoit à trois
Le soir,s'éleva un orage qui me retint à coucher à la côte. Il se renouvela trois
fois, et dura.
dis-huitheuros,s sans
dicontinseretsodsilbfira en
aucune manière: : ile étoit si effrayant, qued'après
lerapport des anciens de la ville, onn'enéprouva
. Poulet, qui en envoyoit autrefois à Paris à des amis,
huitre rendue à sa destination
que chaque
livres.
revenoit à trois
Le soir,s'éleva un orage qui me retint à coucher à la côte. Il se renouvela trois
fois, et dura.
dis-huitheuros,s sans
dicontinseretsodsilbfira en
aucune manière: : ile étoit si effrayant, qued'après
lerapport des anciens de la ville, onn'enéprouva --- Page 138 ---
VOYAGES
redonblés etrépétés) spar
jamais de tel. Les coups
trembler la maison
les écltos de la côte faisoient
tomba en une
Le tonnerre
la
qui nous réfugioit. surdes: affhtsde canon, sur
infinité d'endroits,
au Hivre, sur des pomfontaine du grand quai
sur des masures qui
miers qui furent fracassés, dans leurs fondemens,
furent ébranlées jusques sonvritavecp peine pourl le
enfin dans la mer, qui
recevoir.
nous fames témoins
Le samedi 25 août, enfans, à M. Poulet
d'une fète donnée par ses
à T'époque
et relative à son élargissement
de
père, terreur. Les jeunes gens me prièrent et
de la
afin d'intéresser la fête,
faire quelques vers,
Y'occasion de prouver.
je me félicitai de trouver famille respectable:
à cette
ma recomnoissance couplet chanté en sanglotant,
Ala fin de chaque
sur la tête du bon papa,
on posoit une couronne et chaque acteur attablanchie par les années,
Je ne pus tenir à
choit à son habit une pensée.
avec
et f'admirai
cette scène attendrissante : filiale. Le père,
émotion cet exemple de douces piété larmes du senun torrent des
en versant
etm'ouvrants son sein,
timent, vint m'embrasser, il me remercia par
sans pouvoir articuler,
je venois de lui
estes des beaux momens que
aire passer.
la fête par une partie de
Nous complétimes
chasse --- Page 139 ---
D'UN NATURALISTE
chasse où nous fimes des
dont nous revinmes courbés prodiges d'adresse, et
gibier.
sous le faix denotre
A notre
retour, nous fimes témoins
punition infligée à deux marins
d'ane
ordres qui leur avoient été
rebelles aux
supérieurs. Cette sorte de transmis par leurs
calle humide. Elle
punition s'appelle la
quien est le
consiste, au coup de canon
signal, à précipiter du haut
vergue dans la mer le patient attaché
d'une
culairement à une corde,
perpendizontalement d'un
comme on le faithoriAp
lièvre qu'on met à la broche.
peineplongé dans l'eau, on l'en retire
tement en le hissant à bord. Ils
prompque la contrariétéd'étrém
n'éprouvérent
en été. Au
mouillés, si ç'en est une
les deux reste, pour se consoler
déserteurs allèrent aussitôt mutuellement,
le vin le Souvenir de leur
noyer dans
vrèrent tous deux.
ignominie, et s'eniLe lundi IO
le bord de la septembre, en me promenant sur
trois bâtimens mer, j'aperçus les tristes débris de
vage, n'ayant qui venoient d'échouer sur le ripu résister à
treuse de Téquinoxe. Je
Fintempérie désaspour considérer de
m'avançai sur la jetée
reur. Unnavirer plus près ce spectacle d'horétoit
partagé, les tonnes de
en partie chargé
cidredontil
que de petites
voguant sur les flots, tandis
barques alloient à leur
ToxE I,
rencontre;
F
les tristes débris de
vage, n'ayant qui venoient d'échouer sur le ripu résister à
treuse de Téquinoxe. Je
Fintempérie désaspour considérer de
m'avançai sur la jetée
reur. Unnavirer plus près ce spectacle d'horétoit
partagé, les tonnes de
en partie chargé
cidredontil
que de petites
voguant sur les flots, tandis
barques alloient à leur
ToxE I,
rencontre;
F --- Page 140 ---
YOYAGES
8z
déplorant son triste sort;
le maitre du bâtiment excitérent en moi une pitié bier
ees tristes eflets
moins intéressés à cette
naturelle. Les matelots perdu, et oubliant le
perte, réparoient le temps leur avoit pas permis de
danger passé qui nourriture, ne
ils se disputoient
prendre aucune
complétoit la cargaison du
entr'eux du fruitqui mordre avec voracité
navire. On les voyoit augrédes eaux, tout
dans des pommes flottantes s'emparer des effets dux
pour
entre
en plongeant leur pesanteur retenoit,
batiment, que
deux lames.
n'étoient que les prélimninines
Ces désastres
qui s'annonça
des suites de ce funeste équinoxe, effrayans. Un temps
sous les caractères les plus
et ter--
un vent impétueux
sombre et Ingubre, épais, puis suiccesivenent
xible, un brouillard
d'un
rapide, tous ces avani-coureurs de la
une pluic
annonçoient la tristesse dans
facheux événement n'étant plus en streté
nature. Les vaisseaux
dans leurs oscildonnoient à craindre,
L/Onde
le port,
qu'ils ne fussent brisés. ordres
lations forcées,
la première fois aux
saléc, rebelle pour
jetée avec fracas,
de son Maitre, franchissoitla volutes écumantes les
sous ses
étoient
et engloutissoit rade. Tous les lieux
maisons de la
altières se promenoient
inondés, et les vagues ellet furieux, dans les
onpuiliemeant,spral leur
onnoient à craindre,
L/Onde
le port,
qu'ils ne fussent brisés. ordres
lations forcées,
la première fois aux
saléc, rebelle pour
jetée avec fracas,
de son Maitre, franchissoitla volutes écumantes les
sous ses
étoient
et engloutissoit rade. Tous les lieux
maisons de la
altières se promenoient
inondés, et les vagues ellet furieux, dans les
onpuiliemeant,spral leur --- Page 141 ---
D'UN
rues
NATERALISTE
du Hàvre. Les habitans
et là, portoient sur leur afligés, courante çà
preinte de l'inquiétude.
visage abattu l'emmarcher à pieds
On étoit obligé, pour
égarées qui à l'aventure secs, de profiter de' planches
de l'eau.
voguoient sur la surface
Je fus du nombre des
sidérer cette belle scène curieux, etj'allai controp impérieux
d'horreur. Le vent étant
tien sur les pour pouvoir se tenir sans soudigues, on se
pièces de bois de
cramponnoit à des
stables. C'est là
marine, ou autres objets
que je vis de très-loin
mer s'avanceravec
en pleine
orgucil des montagnes d'eau,
venir
sepemsenckenittees
enfin se briser contre les ascension ondulée,
nous trouvions, etparleurs
digues où nous
merger, sans qu'une course époudrins nous subtaire, tant leur vélocité
pàt nous être saluLe tonnerre qui
s'attachoit à nos pas.
doit sans éclairs, malgré le temps froid gronTimpiété, la
qui ne pouvoit se taire, l'eau des coupable impiété
sant de beaucoup leur
bassins dépasinconnus
nivean, tous ces lleaux,
même, jusqu'alors, me firent rentrer en moireconnoitre la foiblesse
plaindre les êtres téméraires
lumaine, 2 et
à la Puissance divine,
qui osent insulter
elets de sa
qui dirige à son gré les
vengeance.
Les maisons mal assujéties
trembloient dans
F 2 --- Page 142 ---
YOYAGES
Le verre. même ne pourant
leurs fondemens.
fouguenses, voloit par
résister à ces éruptions
chaque pas, et meéclatsTardoises se détachoità incisive et funeste.
nacoitle passant de sa chute victimes : dix mateLa mort aussi frappa des tonchoient à la rade,
lots condnisant un sloupe d'avoir échappé au danger
et se falicitoient déjà
depuis leur départ.
éminent qui les poursnivoit
aussi dans
habitans surla jetée les croyojent
à
Les
de vent fit faire capot
le port, lorsqu'un coup
se mit à nager,
Tout Téquipage
dont
Tembarcation.
la furie des vagues
mais ne put dompter
et après avoir vainemarins étientlej jouet;
ces
effort contre les flots, perdant
ment lutté avec
ellirayés parles cris de pitié
halcine, et d'ailleurs de leur péril sans poudes spectatours, jugeant
tant la mer, étoit fuvoirleur porter de secours,
Il ne resta d'eux
rieuse, ils furent tous engloutis. aux assistans
dix chapeaux qui rappeloient
qui
que
envers des familles éplorées
leurs devoirs
On vit long-tems
perdoient leurs protecteurs. leurs forces, déen perdant
vers
ces malheureux, contraires, s'avançant
chirés par des lames encoreleurs) bras impuisune montasune,leere
de, la terre un sesans vers le ciel, et implorer donner.
cours qu'on ne put leur
ses limites,
en dépassant
La mer vagabonde aller ravager les champs
les franchit aussi pour
qui
que
envers des familles éplorées
leurs devoirs
On vit long-tems
perdoient leurs protecteurs. leurs forces, déen perdant
vers
ces malheureux, contraires, s'avançant
chirés par des lames encoreleurs) bras impuisune montasune,leere
de, la terre un sesans vers le ciel, et implorer donner.
cours qu'on ne put leur
ses limites,
en dépassant
La mer vagabonde aller ravager les champs
les franchit aussi pour --- Page 143 ---
D'UN NATURALISTE
caltivés, et dans lc retour
de ses vagues
impétueux et brusque
lieu de ses mugissantes, elle entraina au migoullres et loin du rivage, soixante
moutons, leur parc qui fut déraciné,
berger qui pourtant eut la force de etlep pauvre
terre à la nage. Le reste fut
regagner la
ait paru aucun vestige.
perdu, sans qu'il en
Le soir du troisième
J'allai m'asseoir
jour, quel contraste !
surle bord de la mer
calme, et tout-à-fait revenue de
devenue
templai avec enthousiasme
sa furie. Je condorant une
le coucher du soleil
partie des flots
soulevés comme le matin Irémissans, et non
alors très-doux. Le ciel par le vent qui étoit
lonné
azuré n'étoit plus sil-.
d'éclairs, un calme parfait
au tumulte des flots,
avoit succédé
etlessens
un repos nécessairecles
rassurés gottoient
leur
fleurs flétries
fraicheur, et le chant des
reprenoient
le retour du beau tems. En oiseaux célébroit
terrible puissance de
réfléchissant sur la
j'étois
l'Auteur de la
pénétré de ses bienfaits
nature,
qui
beaucomp sa juste colère,
dépassent de
de la pêche
lorsque je vis revenir
quantité de petites
tant, selon leur coutume,
barques rapporn'estj jamais ralentie, Je
une abondance qui
lités du reflux
profitai aussi des libéradérable de
pour ramasser une quantité consiproductions marines,p pormilesquelles.
F3 --- Page 144 ---
TOYAGES
sertulaires (1), le
les zoophytes
dense trouvèrent
vert (3),etia
fongipore rameux (),lefueus
drite violette (4)-
événement bien remarJ'appris. le soir un d'Honfleur le premier jour
quable, arrivé près condamne ceux qui rede léquinoxe, et qui
Au milieu
fusent de croire à la prédestination. de la jetée du
en fureur on aperçut
des vagues ville un bâtiment qui paroissoit si
port de cette
danger. La mer étoit
être dans le plus grand d'ailleurs très-officioux,
houleuse quel les marins
de le sauver, et la
reconnoissant Timposililhé chavirer enx-mômes, refupresque certitude de
mais s'y décidérent
sérent tà la premièrei instance," unanime des habitans.
enfin d'après le voeu
devant le Dieu
avoir fléchi le genou
Après
avoir imploré sa protection
des mers 1 après
semljarquérent :
puissante, ces hommengenéronss
M. Pallas, docteur en
(1) L'espèce appelée, de mer. par
médecine, la cuscute
marine à Polipier.
(2) Cest une production Yordre des cryplogames, dest
(5) Plante marine de fruits dans Taisselle ou rétendue et
à dire, cachant leurs elles végètent au fond de la mer,
de leurs feuilles : leurs formes, différentes dénoprennent, d'après
minations.
de fucus.
(4) Cest- une espèce
cteur en
(1) L'espèce appelée, de mer. par
médecine, la cuscute
marine à Polipier.
(2) Cest une production Yordre des cryplogames, dest
(5) Plante marine de fruits dans Taisselle ou rétendue et
à dire, cachant leurs elles végètent au fond de la mer,
de leurs feuilles : leurs formes, différentes dénoprennent, d'après
minations.
de fucus.
(4) Cest- une espèce --- Page 145 ---
D'UN NATURALISTE
dans une godleue, un canot
la secousse des
n'ayaut pu soutenir
vagues sans être
et
volèrent au secours des
englouti,
tour d'eux sombroient naufragés, tandis qu'anbarques, à la vize de leurs des pécheurs et leurs
enfans réduits
feinmes et de leurs
au désespoir.
Tous les spectateurs formoient des
la réussite de cette
voeux pour
suivoient des
entreprise périlleuse, 2 et
yeux chaque Jame, si
que le bâtiment
inconstante,
devoir être
paroissoit à chaque instant
englouti. Mais le cièl
résolution : ils arrivérent
protégeoit leur
plus de
au bâtiment quin'avoit
hors de conducteurs. Il paroit que le voyant
manceuvre, les matelots se seront
qués sur la chaloupe
risplus entendu
qui aura coulé, car on n'a
parler d'eux.
Ne pouvant ramener ce bâtiment
membré dans la crainte
tout défuneste, soit
qu'il ne leur devienne
par un choc violent, soit
masse qu'il falloit traîner, ils lel
par sa
au hasard, et reprirent route claisérenvogur
Tout à coup ils entendirent pour Honfleur.
des cris perçans
homme quoiqu'étoulltés, et aperçurent ! ! !
un
échevelé luttant contre les
à perdre courage.
flots, et prêt
Les marins allèrent à lui, et eurent
de lui sauver la vie, Cet
le bonbeur
voir hors de péril,
homme, si étonné de se
avoit perdu la parole, Cc ne
F 4
--- Page 146 ---
VOYAGES
instans de repos quialeir
fut qu'aprés quelques contre les flots, et luttoit
dit qu'il combattoit
heures de tems, et que
avec la mort depuis cin
avoient péri avec
quatre de ses compagnons chaviré., Quelle prédesleur chaloupe quiavoit
tination mervillense !
on nous servit à
Le samedi 22 septembre, 2 d'une délicatesse
diner des lamprillons (I)
(2), les plus
extrême, et des poires de Pambroise et de la grosbeaux fruits que j'aie jamais yu,
seur d'une bouteille. milieu d'une fête, les matelots
L'apres-midi au
singulière.. Un mât
furent appelés à une joûte rendre glissant sortoit
enduit de suif pour le
d'un vaisseau. Au
horizontalement du sabord
dont la prise
bout étoit arboré un drapeau, Ge mât (3) étoit
devenoit le signal de la victoire.
afin que les
au dessus de Yeau,
à douze pieds
de mal.
athlètes ne se fissent pas
d'antres plus avant
Les uns au premier. pas, leur équilibre sur un
ne pouvant conserver tomboient de toutes les posieylindre si glissant,
aussitôt, puistions dans l'eau, et reparoissosients
marinus, Linné; ou la Prycka.
(1) Petromyzon
autumnali suavissimo, in
(2) Pyrus sativa, Tourn. fructu Inst. 619.
ore liquesente,
(6) Appelé mdt de Cocagne.
issent pas
d'antres plus avant
Les uns au premier. pas, leur équilibre sur un
ne pouvant conserver tomboient de toutes les posieylindre si glissant,
aussitôt, puistions dans l'eau, et reparoissosients
marinus, Linné; ou la Prycka.
(1) Petromyzon
autumnali suavissimo, in
(2) Pyrus sativa, Tourn. fructu Inst. 619.
ore liquesente,
(6) Appelé mdt de Cocagne. --- Page 147 --- --- Page 148 ---
E
l --- Page 149 ---
D'UN NATURALISTE
qu'ils étoient tous plongeurs. D'antres à denx 8g
pas du drapeau chianceloient, et au lieu de la
Seps.bfeehnb.ihint,
en plongeant au fond de
cacherleurhonto
plus loin,
T'éau, et reparoissant
sembloient y laisser jusqu'au
de leur inaptitude.
souvenir
lly en eut un cependant
heureux que les autres; 5 tremblant
plus
mais ne se pressant pas, il atteignit d'abord,
tant de peines, le détacha du
T'objet de
dans l'espace fier de
cable, le lança
sa victoire, et
noblement dans l'eau, puis
plongea
de son
reparut avec le signe
triomphe au milieu d'applaudissemens
mniverel,. et d'une musique guerrière
célébra son adresse." On termina la fête
qui
combat naval et une
par un
prise de place, dont descente, 2 enfin par une
lcs
on fitl la fiction pour exercer
troupes.
Un de mes pécheurs habitués
dessiner plusieurs
m'apporta pour
poissons de mer au nombre
desquels se trouvoient, , le crapaud (1), Ic co1gre (2),lorphie (3). Dans l'estomac du
premier
(r) Scorpcena horrida, Linné, Ce
aussi volumineuse que le
poisson a la tête
fig. 2).
corps. (Tome Ier., pl. 4,
(2) Murena conger, Linné, Poisson
anguilliforme.
apode et
(5) Ce poisson appelé aiguillelte en
aussi nommé bélone. On le péche depuis Bretagne, est
marsjusqu'en
lorphie (3). Dans l'estomac du
premier
(r) Scorpcena horrida, Linné, Ce
aussi volumineuse que le
poisson a la tête
fig. 2).
corps. (Tome Ier., pl. 4,
(2) Murena conger, Linné, Poisson
anguilliforme.
apode et
(5) Ce poisson appelé aiguillelte en
aussi nommé bélone. On le péche depuis Bretagne, est
marsjusqu'en --- Page 150 ---
VOYAGES
crabes entiers à moitié dije trouvai de petits
crevettes (1).
gérés, et dans le congre plusieurs des espèces au
Ainsi ces animaux destructeurs la même loi, et sont
dessous d'eux, subissent
requin qui
dévorés cux-mêmes par le premier aussile rouget (9),
les rencontre. J'y remarquai
par
trés-délicat, et tris-reconnoisable aux
poisson
tèle; la loche de mer (3)
la structure de sa
Ce même pécheur
reflets dorés et brillans. chez lui deux poism'engagea à aller examiner
Le premier
sons trop gros pour être transportés. de la famille des chiens
étoit une roussette (4)
au moyen de fouanes
juin, à la clarté des flambeaux,
ou dards en râteaux. franche ou chevrelte, ou salicoque,
(1) La crevette
crustacé de mer plus menu
Gibba squilla, est un petit cuire comme les écrevisses.
que la squille que Ton fait Linné.
(2) Mullus barbatus, marine. Gobius aphya , Linné;
(5) Ou aphye
Bellon.; Gobius uncialis,
Aphua cebites, Willughb., ossiculorum septemdecim. 1,
Pinnâ dorsi secunda,
Arted.
chat marin ayant une nageoire derrière
(4) Ou
Par une prévoyance
Tanus, et des trous aux tempes. vorace ne fait que
admirable de la nature, cette espèce portée. Elle attaque
neuf à treize petits à chaque est affamée. Sa chair
jusques aux pécheurs lorsquelle leur peau teinte en vert
a le goit de musc. Cest avec fait le galluchat dont les
ou autre couleur, que se
gainiers font un grand usage.
orsi secunda,
Arted.
chat marin ayant une nageoire derrière
(4) Ou
Par une prévoyance
Tanus, et des trous aux tempes. vorace ne fait que
admirable de la nature, cette espèce portée. Elle attaque
neuf à treize petits à chaque est affamée. Sa chair
jusques aux pécheurs lorsquelle leur peau teinte en vert
a le goit de musc. Cest avec fait le galluchat dont les
ou autre couleur, que se
gainiers font un grand usage. --- Page 151 ---
D'UN NATURALISTE
de mer, à peau rude et sans
la
de
écailles; et l'autre,
taupe mer (1), animal de six pieds et
de longueur,
demi
ayant trois rangées de dents, et
pesant deux cents livres. Ccs poissons dont la
chair est peu estimée se vendent aux
gens encore assez cher; enfin la mustelle pauyres
(2).
J'augmentai le soir ma collection de
en allant sous la Héve y attendre l'instant poissons
marée. Je rapportai le
de la
maquereau (3), poisson
très-connu et trés-recherché
pour sa délicatesse;
lasquille-mante, dont on
le
faitheaucoupdee cas
coquet (5), intéressant par la variété de (4);
couleurs changeantes. Plusricheen
ses
sa veur, 2 le coquet cache sous des dehors parure qu'en
brillans
(1) Cenom lui est donné au Hâvre les
c'est un chien demer (pl.
par pécheurs;
semblance avec le
5) qui a beaucoup de restrès-grand de
ordre des matières, planc. 7, fig. TEncyclopédie, 19, à la différence par
cependant que la taupe de mer n'a sur les côtés
quatre évents ou boutonnières
que
nageoires dorsales.
(Expiracula) et deux
(2) Mustela vulgaris, Rondel.,
mustella, 2 Linné; Gadus dorso
Willughb.; Gadus
ad pinnam dorsi
dipterygio, sulco magno
primam, ore
à Venise, Donzelina,
cirrato,Arted., Gronov.;
Wistle-fish.
sorge marina; en Angleterre,
(5) Scombrus, scomber, Linné.
(4) Squilla marina.
(5) Poisson du genre du clupe,
acula) et deux
(2) Mustela vulgaris, Rondel.,
mustella, 2 Linné; Gadus dorso
Willughb.; Gadus
ad pinnam dorsi
dipterygio, sulco magno
primam, ore
à Venise, Donzelina,
cirrato,Arted., Gronov.;
Wistle-fish.
sorge marina; en Angleterre,
(5) Scombrus, scomber, Linné.
(4) Squilla marina.
(5) Poisson du genre du clupe, --- Page 152 ---
VOYAGES
Le chien de mer (1), poisson
une chair insipide.
les menuisiers; il
dont la peau est employée par
Le bar (2),
se vend à vil prix aux pauvres gens. La lune (3)
font grand cas.
dont les gourmets chacun de ses flancs, au milieu
qui porte sur
de Tépine dorsale, une
à peu près et au dessous brun vert de la forme de la
tache circulaire d' un
Ce disque est,
est à son plein.
lune lorsqu'elle de l'astre nocturné 2 environné
ainsi que celui
pâle, qui Téclaire et
d'un cercle d'un jaune
tache. On
nettement la principale
dessine plus
immense de petites
voit çà et là une quantité
aux étoiles.
marques que l'on peut comparer délicate; sa
vielle (4), dont la chair est peu
La
merveilleux de nuances
robe est un assemblage Le coloris en est éclatant,
ctde dessins différens.
plusieurs des couet on y admire sans mélange
dont les caractères particuliers sont,
(:) Le griset
de chaque côté, et une
six évents ou boutonnières
seule nageoire dorsale.
les gourmels.
(2) Poisson recherché par
(5) Zeus faber.
du genre du labre.
(4) Ou tanche de mer, poisson rostro sursûm reflexo 2
Labrus tinca, Linn. Labrus Arted.; Turdus duodecaudi in extremo circulari, Vielle, Gesner, Rondel.;
cimus, in provincia vulgô Tinea marina venetis, WilTurdus vulgatisimus, Wrase, Old-wife et Gwrach.
lughb, : en Angleterre, --- Page 153 ---
D'UN NATURALISTE
leurs primitives. Enfin le lièvre
pl. 4, no. I).
(t tome Ier.,
J'étois occupé à dessiner ces divers
lorsqu'on vint m'apprendre
poissons,
pour moi d'espoir de
qu'il n'étoit plus
partir par le Hivre, et
qu'on me conseilloit de profiter d'un
taire qui alloit faire voile de Bordeaux parlemenCharles-Twn. Il fallut se décider à
pour
projet, et comme je pouvois
changer de
ques jours,
disposer de quelj'allai au sein de ma
un tems, dont moitié fut consacrée lamilley à
passer
un ouvrage qui m'avoit été demandé commencer
culture du
sur la
été accueilli safran, et qui depuis mon retour a
avec indulgence par PInstitut, aux
lumières de
quijsieulhometrde) le
J'eus également occasion d'observer soumettre.
privée dont je dois parler ici, bien une fouine
ce récit ne pourra qu'intéresser le lecteur. persuadé que
un tems, dont moitié fut consacrée lamilley à
passer
un ouvrage qui m'avoit été demandé commencer
culture du
sur la
été accueilli safran, et qui depuis mon retour a
avec indulgence par PInstitut, aux
lumières de
quijsieulhometrde) le
J'eus également occasion d'observer soumettre.
privée dont je dois parler ici, bien une fouine
ce récit ne pourra qu'intéresser le lecteur. persuadé que --- Page 154 ---
VOYAGES
VIE PRIVÉE
DE FOLLETTE.
Cr n'estp plus de Panimal carnassier, méfiant, du
évitant les regards des hommes,
farouche, basses-cours et des colombiers dont
tyran des
habitudes; plus
jai à décrier les sanguinaires lindividu dont je veux
soumis et plus doux,
caressant et attaché principaparler est affable,
de la maison oi il reçoit
lement aux personnes excitant dans ses folâtres
Thospitalité. Badin,
Carlin à réexercices, il force le phlegmatique
dessus 3
pondre à ses jeux, 3 en sautant par enfin lui segrimpant, lui léchant le museau, mieux le sortir
couant les oreilles comme A pour cela près de quelques
de sa foideindillerence. reçoit toujours en bonne
coups de pattes qu'il
le chat) lui-même à
part,sans riposter, il décide
qui le rend si
quitter cette torpeur engourdie
à
et Poblige partager
maussade à un certain àge,
sa gaieté.
devient inutile
La fouine dontla description cet animal à tête
parce qu'elle est trop connue, --- Page 155 ---
a
a
$
-
E
-
-
- --- Page 156 --- --- Page 157 ---
4 2
D'UN NATURALISTE
fine et triangulaire, au
aux jambes
corps souple et alongé,
tres-courtes, à l'oeil
vif
et rusé, à queue noire et touffie pénétrant,
contraster avec le brun-gris cendré pour de mieux
au bond léger,
sa robe,
galope ou saute
ne marche. Pourvue
plutôt qu'elle
d'ongles très-aigus, elle
grimpe avec facilité le long des
chercherà exercer son
murs, et va
les
empire dévastateur dans
basses-cours ou colombiers, dontla plus
ouverture assure un accès certain à cet animal petite
souple, et qui s'alonge à volonté, Mais
que dans l'obscurité
la
ce n'est
marche, Ses
que
fouine se met en
nuit
sanglantes exécutions se font la
lorsqne tout repose, et que son oeil n'a
plus à redouter célui delhomme.
C'est un très-bon chasseur, point
elle n'en a guère la patience
d'affit, car
mais par surprise. Le bruit comme le chiat,
incursions, lui fait
qui accompagne ses
la modération,
souvent tort; elle n'a point
ni la prudence de la
du putois; que lui
belette et
agile, et peut impunément importe?.
elle est
attendant
braver le danger. En
ces risques à courir, la voilà dans le
poulailler qui reconnoit sa proie,
miséricorde, pille, mange les ceufs étrangle dont elle sans
particulièrement fort avide; n'a de
est
les ages, ni pour les
pitié ni pour
théàtre de
sexes; inonde de sang le
son carnage, et entraine au loin une
que lui
belette et
agile, et peut impunément importe?.
elle est
attendant
braver le danger. En
ces risques à courir, la voilà dans le
poulailler qui reconnoit sa proie,
miséricorde, pille, mange les ceufs étrangle dont elle sans
particulièrement fort avide; n'a de
est
les ages, ni pour les
pitié ni pour
théàtre de
sexes; inonde de sang le
son carnage, et entraine au loin une --- Page 158 ---
VOYAGES
dont elle cesse le transpartic de ses victimes,
et dès les premiers
du jour,
port aux approches entend dans la maison. Elle
mouvemens qu'elle dans les greniers si c'est
se retire alors en paix
victoire,
jouit du prix de sa cruelle
Thiver, cty
le monceau de ses
avec joie
en contemplant
victimes. I
fauves de rapine, elle a loComme les bêtes
d'été. Ainsi Thiver,
d'hiver et logement
gement
des basses-cours et descolombiers
étantla terreur
complet, l'été, elle
oi elle exerce un ravage
habite, le tyran
devient, dans les bois qu'elle
ailées et des
puissant et féroce des peuplades Poiseau sur ses
quadrupedles. Elle surprend famille éteintel..
ceufs!..
et voila toute une elle les dépeuple
Fglementoflesde garennes, et même des vieux
dés lapereaux, 2
en peudetems
au gite, et sur lesquels
lapins qu'elle surprend
avec opiniâtrets
clles'dlance en sy cramponnant
l'entjère effusion de leur sang.
jusqu'à lui donne la chasse au basset, quoique
Si on
le chien, elle ne se
plus agile et plus légère que
et saitfort bien,
fie pas a la rapiditéde sa course,
et tromper
échapper au lancer,
par prudence,
de terre dans un
en s'élancant
les poursuites
le train à ses perarbre creux pour faire perdre
retraite, en se
délantdecettes
sécuteurs, ou bien,à
Des chiens arrivent au
branchant dans un arbre.
pied,
basset, quoique
Si on
le chien, elle ne se
plus agile et plus légère que
et saitfort bien,
fie pas a la rapiditéde sa course,
et tromper
échapper au lancer,
par prudence,
de terre dans un
en s'élancant
les poursuites
le train à ses perarbre creux pour faire perdre
retraite, en se
délantdecettes
sécuteurs, ou bien,à
Des chiens arrivent au
branchant dans un arbre.
pied, --- Page 159 ---
D'UN NATURALISTE
pied, mais elle insulte à leur
semble les mépriser, les
impuisance,
jusqu'à ce que le
nargue avec dédain,
aboiemens redoublés chasseur, de
accourant aux
sa
son tour et de son
meute, la punisse à
manque de
sa témérité. Si le
de prévoyance, et de
coup
feu n'a fait
blesser, et que les chiens fondent
que la
la déchirer, elle les mord
sur elle pour
avec
et s'élance sur
fureur, se défendant
eux
extrémité avec le même
jusqu'à la dernière
trépidité.
courage et la mémeinVoila donc un animal en liberté,
cible, vengeur du plus léger
2 très-irrasmême en certains cas ; eh bien outrage, !
agresseur
la fouine à qui un célèbre
quile croiroit?
familiarité, cet animal
naturaliste refuse la
le plier, et
tyran par caractère a su
graces de ses provoque par Ses caresses les bonnes
maîtres. Le chien
ami fidèle et sensible,
lni-méme, cet
d'aflection
ne témoigne pas
que cette fouine dont
plus
qui est âgée de quatre
j'écris la vie, et
Vage de six mois. Elle ans, et apprivoisée depuis
dusinge
n'a pointlarrière trahison
queladomesticité
quer; insensible aux
captives ne faitquer emaschatiment,il n'aime caresses, n'obéissant qu'au
tion de gourmandise. son maître quej par spéculan'a
Cette fouine au
pas besoin du ton
contraire,
le quadrumane
impératifnécessaire envers
TOME I, pour s'en faire obéir; celui de la
G
six mois. Elle ans, et apprivoisée depuis
dusinge
n'a pointlarrière trahison
queladomesticité
quer; insensible aux
captives ne faitquer emaschatiment,il n'aime caresses, n'obéissant qu'au
tion de gourmandise. son maître quej par spéculan'a
Cette fouine au
pas besoin du ton
contraire,
le quadrumane
impératifnécessaire envers
TOME I, pour s'en faire obéir; celui de la
G --- Page 160 ---
VOYAGES
At
mieux avec ses principes.
doucenr coîncide
elle accourt sur-le-champ
seul mot de Follelle, fidèle et le plus attentifà
comme le chien le plus Si c'est un étranger, elle
la voix quila appelée.
de sesintentions, , et
le flaire, cherche à s'assurer elle le lèche douse les rendre favorables,
retourne
pour
d'abords dsolandomeripuiser s'assurer de
cementsans
comme pour
à lun de ses babitués, crainte se livrer à Pinconnn.
lui si elle peut sans
crainte de refus, elle
Qu'il Tappelle-alors alimensqu'alle sans
avoit d'abord
yvole, et roçoitdes étrangère. Elle les mange
refusés de sa main fait mille singeries 2 vonlant
devant lui, et
et lui indiquer sa reconpar là lc remercier, ensuite retrouver ses maitres;
noissance. Elle va redouble de caresses, 2 qu'elle
c'est alors qu'clle
qu'ils sont plus
affecte même de leur prouver manières aimables
par ces
de
aimés encorosvonioni moindre soupcon jalousic.
dissiper jusqu'au traits suivans, que Valmont
On verra parles
tôt, d'après Buffon, sur
Bomare a prononcé trop
le caractère de cet animal. jemne, s'apprivoise
( La fouine, ditil, mais prise elle ne s'attache pas
)) à un certain point, assez sauvage epourqu'or
) et demeure toujours enchainée. M. de Buffon
la tenir
plusieurs
)) seitobisedel
s'est échappée
)) en a élevé une qui
fois, elle nc
fois de sa chaine : les premières
)) --- Page 161 ---
D'UN NATURALISTE
)) s'cloignoit guère et revenoit au bout
)) ques heures, mais sans
de quel-
)) sans attachement
marquer de la joie,
2 doit cependant à pour personne; elle deman-
) chien. Peu à
manger comme le chat et le
peu elle fit des
)) longues, et enfin ne revint absences plus
)) alors un an et demi,
plus. Elle avoit
) quel la nature avoit àge apparemment aupris le
) Bullon. Elle
dessus, dit M. de
) donnoit, à mangeoit de tout ce qu'on lui
l'exception de la salade
) herbes. On a remarqué
et des
)) quemment, qu'elle dormoit qu'elle buvoit fré-
)) jours de suite, qu'elle
quelquefois deux
)) trois jours sans dormir, étoit aussi deux ou
) étoit toujours dans
9 et que pour lors elle
> Tout ceci
un mouvement continuel.
suppose un animal
)) jaloux de sa liberté. Les
agile, éveillé,
) chent toujours à
vieilles fouines eher-
)) autre nourriture mordre, et refusent toute
Je vais
que la chair crue )).
tions
commenter une partie de ces
par d'autres.
observaNous avions remarqué
point
que Follette n'aime
l'eselavage, et que le moindre
est le symbole,
lien qui en
linquiète et la tourmente; c'est
pourquoi dans les premiers
parfaitement libre dans
jours on la laissa
busa
les chambres. Elle
point de notre
n'ajour qu'après avoir confiance, si ce n'est un
volé un perdreau dans ma
G2
chair crue )).
tions
commenter une partie de ces
par d'autres.
observaNous avions remarqué
point
que Follette n'aime
l'eselavage, et que le moindre
est le symbole,
lien qui en
linquiète et la tourmente; c'est
pourquoi dans les premiers
parfaitement libre dans
jours on la laissa
busa
les chambres. Elle
point de notre
n'ajour qu'après avoir confiance, si ce n'est un
volé un perdreau dans ma
G2 --- Page 162 ---
FOYAGES
sentiment de Pobjet de. son pencarnasière, le
dit sorement d'aller
chant naturel lui ayant elle s'éloignoit déjà
au loin sa rapine,
fit
manger
lorsqu'uin passant quilui nos
fière de sa proie, Elle se déroba bientôtà
peur la lui fit làcher. de respirer un air libre la
regards, et Tivresse fois sourde à nos voix.:
rendit pour cette
universelle. Tous
Plus de Follette 1 Désolation ,mais ou pentdela maison sont sur pied, Oà laisetelle
les gens avoir été, se demande-ton? a-t-elle renelle
Peut-être
les traces de son, passage?
la guider dans
contré un frère, une soeur Son pour pied léger a déjà
sa marche incertaine? les toits, et Pon n'entend
franchi les murs sourd et
du grelot de son collier.
plus le bruit trop
attaché plutôt une
Pourquoi ne lui avoir pas. n'avoir pas prévu
sonnette, se disoit-on?
depelite
événement? La consternation elle, elle
un semblable
il sembloit qu'avec
venoit genérale;
de la maison.
emportoit tous les seeiensécolies, agrémens
deusjoursde
Déjà deuxjourss
en vain le tambour
deuil, deux jours de regrets; à tout le village : un des
la fuite
en avoit publié
qu'une fouine quiparoit
habitans vient annoncer cris, se promene sur
inquiète et pousse de vient petits de long en large, sans
oi elleva et
Nos,enson toit, vouloir changer de destination. rendus à
sembler
alertes, sontles premiers
#ans, les plus
seeiensécolies, agrémens
deusjoursde
Déjà deuxjourss
en vain le tambour
deuil, deux jours de regrets; à tout le village : un des
la fuite
en avoit publié
qu'une fouine quiparoit
habitans vient annoncer cris, se promene sur
inquiète et pousse de vient petits de long en large, sans
oi elleva et
Nos,enson toit, vouloir changer de destination. rendus à
sembler
alertes, sontles premiers
#ans, les plus --- Page 163 ---
IOI
D'UN NATURALISTE
Follette avoit déjà enla maison du villageois.
encore pari.
tendu leur voix qu'ils n'avoient pas
cherchant de tous côtés à reconnoitre
Agitée,
fut sa joie
d'oà venoient ces sons chéris, quello bienfaiteurs ! Le
dès qu'elle reconnut ses jeunes élan vers eux;
trait n'est pas] plus prompt que son de Téclair,.
lc toit avec la rapidité
elle a parcouru
une
partis'élance vers les enfans, et par
plainte
culière
elle leur técabraanmat
aux circonstances d'attendrissement, de les revoir
alternativement le plaisir
moigne
et sautant d'une
en les léchant sans repos, manifester toute
épaule à Yautre pour mieux
retrouvé ses
l'ivresse qu'elle ressentoit d'avoir
Voila,je crois,des peeuvesd'is.
deux petitsamis.
de joie et de sensibilité.
térêt, d'attachement, fortbien Pheure du repas arriver,.
Follette sent
du jour oi
et comme ce sont les trois époques
est,
et qu'elle
elle est admise en pleine société, la réclame dès
très-sensible à cette faveur, elle
de la cloche en se présentantau
le premier coup
oùt elle est en pleine litreillage de son angar, désir
un petit cri
berté. Elle manifeste son
par
tarde.
en murmure si on
plaintif qui se change incontestable d' une familiaà lui ouvrir, preuve
quoique grondant
rité volontaire. Cependant, ressentiment, et sa
fort, elle ne conserve aucun
s'évanouit aussitôt qu'on se présentepour
colèrc
G 3
elle
de la cloche en se présentantau
le premier coup
oùt elle est en pleine litreillage de son angar, désir
un petit cri
berté. Elle manifeste son
par
tarde.
en murmure si on
plaintif qui se change incontestable d' une familiaà lui ouvrir, preuve
quoique grondant
rité volontaire. Cependant, ressentiment, et sa
fort, elle ne conserve aucun
s'évanouit aussitôt qu'on se présentepour
colèrc
G 3 --- Page 164 ---
VOYAGES
loin de chercher à mordre, elle
la prendre; et etlèches eson libératenr.A peine
joue incontinent, la salle à manger dont elle a
introduite dans
s'assurer des locafait le tour pour
en aussi
prestement
sa joie de se trouver
lités, elle témoigne premièrement à Carlin, son
bonne compagnie, l'excite, et en redoublant, sa
favori ; le caresse,
cet abord glacial
gaieté semble lui reprocher
amicales;
si peu digne de ses démonstrations à peu, réfléchit en
enfin, Carlin s'animant peu aussi, se prête à tous
Jaillant qu'il faut jouer
se huchant sur son,
les caprices de Follette, qui, maisimi lèche les
dos, se laisse ainsi promener, 7 pour se mettre
oreillcs, ou lui cherche les puces (Tom. Ie, 1 pl.V.)
au niveau de sa complaisance. connoissance avec les
Elle renouvelle ensuite
le plus
aussi badins, et en reçoit
chats, pas
de grilles, qu'elle supporte
souvent des coups Un seul est son ami, et se
sans se revancher.
elle, et faire assaut de
plait à mignarder avec la tropaimable Folgentillesses ; mais Follette,
plus de
de Favis général, , a toujours délicatesse,
lette,
de souplesse, plus de
graces, 1 plus
forcées où le chat, toujours
etjamais les culbutes cherche à blesser, ne sondans son caractère,
geant plus qu'il joue: comme le chien, elle
Répondant à la' voix
lui permet,
s'élance sur la table dès qu'on
, et faire assaut de
plait à mignarder avec la tropaimable Folgentillesses ; mais Follette,
plus de
de Favis général, , a toujours délicatesse,
lette,
de souplesse, plus de
graces, 1 plus
forcées où le chat, toujours
etjamais les culbutes cherche à blesser, ne sondans son caractère,
geant plus qu'il joue: comme le chien, elle
Répondant à la' voix
lui permet,
s'élance sur la table dès qu'on --- Page 165 ---
NATURALISTE
D'UN
dans Jintervalle des plats avec une
ct passe
Elle n'a
dextérité et une vitessc surprenante. alimen's elle
de réserve pour certains
;
point
mais elle affecte des préférences
mange de tout,
dont elle est très-friande.
pour certains mets passionnément le laitage,
Par exemple, elleaime sucré. Le riz au lait, les
surtout lorsqu'il est
les
chocolat et autres, 9
crépes,
crêmes au café,
Un morceau
gaufres et sucreries en général.
lui étant présenté, 2 on pourroit par
de sucre
et obtenir
la faire suivre par-tout,
ce moyen
Lécherplus
mémedess sempitoatompenisailienetl
doucement, annonce plus ou moins
ou moins
moins de reconnoissance.
d'affection, plus ou
tendre en bouElle aime beaucoup le pain
à la crême
les fruits, le fromage
lettes, les noix, 2
la viande, le
qu'elle lape surtout avec avidité;
lessaucesd de toute espèce; leslégumes,
poisson, 9
cardons, salsifis et
comme haricots, épinards,
son goût et son
autres, lui sont bons, etsatisfont récemment assaiappétit. Elle mange des salades
romaine,
telles que laitue,
sonnées ou confites,
sauvage, céleri et
cresson, escarole, chicorée
antres; enfin elle est omnivore.
la rhuFollette a un goût particulier pour infusion
barbe; il y en avoit sur une table, d'abord en
avec
à
elle s'élança
dans un pot T'eau; introduire le museau, et
empressement pour y
G 4
assaiappétit. Elle mange des salades
romaine,
telles que laitue,
sonnées ou confites,
sauvage, céleri et
cresson, escarole, chicorée
antres; enfin elle est omnivore.
la rhuFollette a un goût particulier pour infusion
barbe; il y en avoit sur une table, d'abord en
avec
à
elle s'élança
dans un pot T'eau; introduire le museau, et
empressement pour y
G 4 --- Page 166 ---
VOYAGES
on la laissa faire pour s'assurer
boire à même;
T'ayant repoussée,
de ce caprice singulier: puis
remontant
elle revint toujours à la charge, de
adroitement et avec célérité le nouet
linge
à l'aide de ses pattes de
qui la renfermoit,
singe,surelles
devant, set etement,afesmgledes de se fàcher pour
de derrière. On fut obligé
importune 2
T'empécher d'être plus long-tems dont elle est fort
et de lui montrer le fouet
craintive.
très-bien de Fusage des
Follette s'accommode
mais elle aime à
trois services, elle mange peu, d'une assiette à
goiter. de tous les plats. Sautant intéressée à chaque
T'autre, elle rend une visite
elle le lèche
convive; et pour salut d'abord,
assiette
d'être autorisée à choisir dans son
afin
Elle attire
lui être agréable.
tout ce qui peut
qu'elle a choisi, ou le
avec sa patte le morceau le
et fait
sans déplacer,
mange tout bonnement
son écot.
ensuite des culbutes pour payer
le potage qu'elle lape fort lestement,
Après
et entremets ; suce fort
elle mange ragotts
finit par crodélicatement les petits OS qu'elle
lui donne:
moudre et avaler. Quand on
mille
quer, du raisin, elle en témoigne sa joie par
le
gentillesses qu'on
gentillesses en mangeant, des
et qui in'ont
aime à fixer et à suivre
yeux, la maussade
Tinconyénient de rencontrer
point
le potage qu'elle lape fort lestement,
Après
et entremets ; suce fort
elle mange ragotts
finit par crodélicatement les petits OS qu'elle
lui donne:
moudre et avaler. Quand on
mille
quer, du raisin, elle en témoigne sa joie par
le
gentillesses qu'on
gentillesses en mangeant, des
et qui in'ont
aime à fixer et à suivre
yeux, la maussade
Tinconyénient de rencontrer
point --- Page 167 ---
D'UN NATURALISTE
et hideuse figure du singe, imitateur
IOS
lence.
par excelFollette est si bonne de caractère
laisse retirer de la mâchoire
qu'elle se
-
lc
en trituration,
le
manger 2 même
retraite et
par
grave Carlin qui bat en
T'emporte
tout sans rumeur de trepbulegeatiguement, le
part et d'autre. Souvent
méme,devenue
du mêmc
plusaudacieuse,elle paie Carlin
front, qui par représaille use
elle de la même douceur.
envers
troublée dans
Quand elle n'est
sa mastication, elle s'en
pas
avec grace, mâchant
acquitte
très-vite, et toujours aux
écontes, non point tant par crainte
suite de son caractère
que par une
vigilant et sensible.
mets est un-de ceux qu'elle
Sile
préfère, elle le
prond sur un autre ton; ce n'est
ceur d'habitude
plus cette doupour les alimens
mais elle gronde d'un ton de
ordinaires, 3
un cri aigu et
colère, et a parfois
trés-fort, sans méchanceté
pourtant, quand bien même on voudroit lui
ravir. Son intention n'cst que de faire
Elle lape pour boire,
peur.
bine ou lèvre
parce qu'elle a la bainférieure moins longue que la
supérieure.
Un jour au dessert, elle nous donna la
médie. Après avoir visité tous les
COavoir
plats, et en
mangé ce qui lui plaisoit (car on la laisse
agir à son aise), elle arriva à
une assiettée de
ourtant, quand bien même on voudroit lui
ravir. Son intention n'cst que de faire
Elle lape pour boire,
peur.
bine ou lèvre
parce qu'elle a la bainférieure moins longue que la
supérieure.
Un jour au dessert, elle nous donna la
médie. Après avoir visité tous les
COavoir
plats, et en
mangé ce qui lui plaisoit (car on la laisse
agir à son aise), elle arriva à
une assiettée de --- Page 168 ---
VOYAGES
crat
comme elle en est tres-friande,on les
de noix;
Comment va-t-elle
qa'elle alloit en manger.
en les frapdisoit Tun; ce ne sera point le
casser,
avec une pierre , comme singe,
pantà terre ou
toutes les conjectures;
disoit Fautre; elle trompa
toutes ces noix,
avoir ôté une à une
elle
et après
boule dans Tassiette oùt
clle se coucha en
bien tranquille, puis
resta plusieurs momens
ait fait le
sans qu'on
s'échappant en sursant
qu'elle avoit
moindre monvement, on s'aperçut
berceau oèr son extrême
uriné dans ce nouveau
de rester plus
ne lui permettoit pas
propreté
long-tems.
on veut la rentrer dans
Lorsqu'après les repas
et cesse
elle prévoit cette contrariété,
sa loge,
T'appelle avec plus
d'accourir à la voix qui
afin d'intéde contume; mais,
d'instance que
met Carlin à sa poursuite,
resser Taction, on
à la coiffer; on
qui, tout en jonant, parvient La pauvre Follette
va la prendre alors sans peine. celui
s'en empare,
à
qui
désoléc fait ses adieux confuse d'être éloignée
le lèche, et paroit toute
Prossentant: sa captivtéeprochise,
de la société.
de ce qu'on lui offre,
elle ne veut plus manger et tant elle aime la
tant elle a le coeur gros,
A peine la
la solitude.
et craint
qu'elle
compagnie, retraite est-elle ouverte 2
porte de sa
celui
porte, et cour!
s'élance des bras de
quila --- Page 169 ---
D'UN NATURALISTE
cacher sa honte dans son foin d'ou elle
roit plus à ses yeux. Elle
ne repas'y recouvre si
qu'on ne peut plus retrouver le même bien,
lui a servi
trou qui
d'entrée, 2 et quoiqn'inquiète
caractère, elle se laisse approcher, bercer par
ce foin, défiant au chercheur le
dans
d'être plus rusé
plus habile
qu'elle, 3 et étonnée
d'être enfin découverte. Alors elle
toujours
se reconnoût
vaincue, et se laisse prendre sans remuer..
Il paroît que se mettre en
roulant sur elle et
boule, en se
un
jouant avec sa queue, est
de ses grands amusemens, 3 car on la voit
presque toujours occupée à ces exercices, même
lorsqu'elle est seule : elle entreméle alors
ses pattes, linge, papier et tout ce qui se trouve avec
auprès d'elle, , afin de se rendre invisible,
bliant que son mouvement la décèle
outoujours.
Je l'ai examinée plusicurs fois dans
où je la voyois, soit
sa loge,
dormir, ou jouer, ou se
baiguer, ce qui l'éloigne bien du caractére
moral des chats. Elle fait des bonds très-vifs
tour du vase qui contient l'eau,
auy trempe une
patte, puis Tantre, enfin d'un saut la voilà
dedans, d'un autre dehors, , se secouant, et
nant mille élans plus gracieux les
preautres.
uns que les
ATexemple du chat, elle joue avec la souris
soit
sa loge,
dormir, ou jouer, ou se
baiguer, ce qui l'éloigne bien du caractére
moral des chats. Elle fait des bonds très-vifs
tour du vase qui contient l'eau,
auy trempe une
patte, puis Tantre, enfin d'un saut la voilà
dedans, d'un autre dehors, , se secouant, et
nant mille élans plus gracieux les
preautres.
uns que les
ATexemple du chat, elle joue avec la souris --- Page 170 ---
VOYAGES
anssi cuelle quece
qu'elles a prise,maiss sn'est point donne millè morts
tyran domestique qui lui lui laissant et ravispar ses jeux perfides 2 de en la vie. Follette comsant tour à tour l'espoir le coup de dent, et
mence à lui appliquer comme elle le feroit
après sa mort joue avec, Elle sait fort bien distinde tout autre objet.
d'un morceau
lui présente
guer un doigt qu'on
le mâche doucede chair, car elle le lèche, la bascule, mais
jouer et en faisant
ment pour
ne mord jamais.
marche le nez
La fonine, ainsi que le renard, même avant .
aussi distingue-t-elle,
au vent;
dans le salon quand il y a un
d'être introduite
Elle devient plus timide,
étranger parmi nous. de ses gentillesses 5 car
et est alors plus avare Tintrigue au point, dès
cette arrivée imprévue
de la faire tenir
son entrée dans Tappartement, sur ses pattes de
long-tems debout, appuyée le nouveau visage, en.
derrière, pour examiner
mieux fixer son
penchant F'oreille comme pour
aucun des mouvemens.
attention, et ne perdre
ses habitudes.
bientôt ellereprend
de Tinconnu;
corridor dont
Livrée à, elle-même dans un
elle sut
étoient fermés,
1ous les appartemens
gratta, ct
distinguer la porte de la maitresse,
ce
lui eût ouvert;
ce qu'on
se plaignit jusqu'à --- Page 171 ---
D'UN NATURALISTE.
qui détermine une familiarité
I09
taire, et nullement contrainte. purement volonCe qui prouve qu'elle n'agit point matériellement, et qu'elle sait fort bien
les
de la maison, c'est
dans distinguer gens
que
un grand cercle de
beaucoup de dames toutes
s'étant cachée
parées, sa maîtresse
parmi la société, Follette ne fut
pas un seul instant la dupe de cette
elle alla droit à elle sans être
supercherie;
ses caresses, lui
appelée, redoubla
sauroit la
annonçant que par-tout elle
reconnoitre, et lui témoigner son attachement pour elle. En vain voulut-on
des
déplacemens réitérés, par l'absence même par de sa
maitresse, chercher à surprendre son instinct
etlemettre en défaut, lesdéplacemens devenoient
inutiles à la
faisoit
reconnoissance, et l'absence ne
que lui causer de vives inquiétudes et la
plus sèche froideur. Elle étoit taciturne, déploroit son malheur, tapiesous quelque fauteuil,
et y restoit constamment
l'être
jusqu'au retour de
qu'elle chérissoit. Sa. présence ranimant
àl l'instant sa gaieté et sa confiance, elle sortoit
de son état taciturne pour aller témoigner à
maîtresse sa joie de la voir de retour.
sa
Follette aime-beaticoup à se tenir sur la tête
de ses privilégiés, elle yI reste immobile quelques
instans, 2 ayant la forme d'un
dont
casque
sa
restoit constamment
l'être
jusqu'au retour de
qu'elle chérissoit. Sa. présence ranimant
àl l'instant sa gaieté et sa confiance, elle sortoit
de son état taciturne pour aller témoigner à
maîtresse sa joie de la voir de retour.
sa
Follette aime-beaticoup à se tenir sur la tête
de ses privilégiés, elle yI reste immobile quelques
instans, 2 ayant la forme d'un
dont
casque
sa --- Page 172 ---
VOYAGES
IIO forme la crinière. Elle passe ainsi d'une
quene
etlorsqu'elle est vis-à-vis le cordon
têteàl'autre, elle s'élance; et quoique susde la sonnette,
et très-petit, elle se retient au gland.
pendu
fois
lui causant probaLe son une
produit,
elle s'y laisse pendre
blement quelque plaisir,
et fait autour du cordon vingt tours de passeoccasionner de nouvelles secousses,
passe pour
et produire de nouveaux sons.
Follette quitte bientôt ce genre d'amusement,
en un clin d'oeil au plus haut des
et grimpe
jalousies, d'ou elle rodesceudavecla 1
plus grande
adresse. Quelquefois de l'endroit le plus élevé
à la manière des chats, à se laisser
elle se plait,
tomber sur ses pattes, par un mouvement sponfait
à son corps le centre de
tané qui
prendre
gravité.
telle
forme aisément
Sa souplesse est
qu'elle
un noeud de son corps. Elle se moule plusieurs
des barreaux d'une chaise, avec une
fois autour
Poeil peut à peine suivre
telle promptitude que
diversifiant son
ses mouvemens. D'autre fois,
elle
exercice pour nous le rendre plus agréable,
les
et cache sa tête sous sa queue
écarte jambes,
à faire croire que
quila recouvre, de manière
boule. Au moindre bruit elle change
c'est une
subitement
tout à coup de position, et se trouve
à
Alors qu'elle est ainsi disposée
sur ses pattes. --- Page 173 ---
D'UN NATURALISTE
lolàtrer, ellc
IIT
provoque, et agace les animaux
quand ils ne veulent pas jouer
dessus les chats, les
9 saute, repasse
moins ils donnent chiens, jusqu'à ce qu'au
signe de joie ou de mécontentement. Elle ne se rebute pas, et tâche
de
plus douces caresses, en léchant
par
les intéresser en sa faveur.
par exemple, de
Soit curiosité, soit un hasard qui
un
mouvement,
produisitce
jour qu'elle trouva le fortepiano ouvert, elle toucha plusieurs
sautant à chacun des sons, elle
notes 7 et
petit
se plut à faire ce
manège assez de tems pour faire croire
qu'elle y prenoit plaisir. Une corde vint à
elle fit un bond très-haut, mais
casser,
Elle voulut seulement chercher sans s'effrayer.
à découvrir
cause de ce bruit imprévu. Elle
la
pattes sur la table, mais
grattoit avec ses
craignant
avec tant de vitesse que
pour le poli de l'acajou, etjugeant les
résultats de T'expérience de Follette
pour nous 2 on prit la liberté de trop discrets
plus loin. Elle revint aussitôt l'envoyer jouer
détourner de ce
; mais, pour la
projet, on lui présenta un morceau de sucre qui mit fin à ses observations.
Sa conduite humble et douce envers
mestique chargé du soin de lever les un doqu'elle fait toujours dans la même
ordures
suivantlusage,
place, et qui,
commençoit à s'en lasser, et la
T'expérience de Follette
pour nous 2 on prit la liberté de trop discrets
plus loin. Elle revint aussitôt l'envoyer jouer
détourner de ce
; mais, pour la
projet, on lui présenta un morceau de sucre qui mit fin à ses observations.
Sa conduite humble et douce envers
mestique chargé du soin de lever les un doqu'elle fait toujours dans la même
ordures
suivantlusage,
place, et qui,
commençoit à s'en lasser, et la --- Page 174 ---
VOYAGES
I12
nous fit voir qu'elle n'est pas
traitoit durement,
de préférence, 2
Elle le reconnoissoit
rancuneuse.
dès qu'il approchoit
sautoit sur ses épaules
sembloit
senlement un peu lorsqu'il
de
grondoit
ne se rappelant que trop
Vouloir la prendre,
oubliantle mal passé,
ses étreintes cruelles; le puis désarmer et distraire sa
elle le léchoit, pour
laisse
lui sushumeur. Elle se
par
mauvaise
et balancer, 2 puis rependre par la queue, autour de son bras, enmonte d'une secousse
jouant avec lui.
cruelle
la vimes un jour dans une
perNous
la chasse aux bois;
plexité : j'allois partir pour les miens entrant
d'autres chiens courans que Follette, qu'ils n'asubitement, et apercevant
donnant de la
vue, s'élancent en
voient jamais
rusée et prudente se précivoix; mais celle-ci
sans craindre
pite sous le poële oil elle se tapit, de les mettre
leur fureur : nous eûmes le tems
et de les faire retirer. La pauvre petite
en lesse,
bientôt de son repaire, et, à sa
Follette sortit
vint par ses caresses remanière accontumée, combien elle nous avoit
doublées annoncer Pavoir échappée à un danger
d'obligation de
battoit encore.
aussi éminent. Son coeur
les
ces faits historiques, que
On voit, par de la fouine, mitigées par
alfections sauvages
ce --- Page 175 ---
D'UN NATURALISTE
I13
T'éducation, la rendent trés-snsceptible
privoisement. Quelle différence de Follette d'aplicée, ou de Follette
poprimitivement
!
Inquiète et méfiante, on tente en sauvage
ce dernier cas, de la surprendre
vain, dans
pour peu qu'elle entende
même à l'affit,
Nous n'avons
respirer.
qu'elle
remarqué chez Follette, 2 lorsjoue avec des animaux de sexe
aucun signe de prurit; et dans sa
dillérent,
tive, même au milieu de ses plus vives pétulance acelle ne se permet aucun acte de lubricité, caresses,
Jai dit plus haut que Follette, à la vue d'un
étred'ans sexedillérent, n'éprouvoit
ou du moins qu'elle n'en
aucun désir,
Timpression,
manifestoit point
n'avoit
parce qu'encore trop jeune, elle
pas éprouvé les besoins de la nature
les titillations du rut; mais
dans
l'expérience
convaincu que Follette étoit un très-beau m'ayant
mâle, je m'appliquai à le suivre dans et bon
mouvemens, et à l'étudier dansles
tous ses
première passion. Unj jour donc progrès de sa
à table, c'étoit vers le 18
que nous étions
chambre
mars, une femme de
qui probablement étoit dans un tems
critique ou autrement, vint à passer dans la
salleà manger;1 Follette la suivitàlap
ce qu'elle eut ouvert la porte du piste,jusqu'a corridor
conduisoit à
qui
T'appartement où elle avoit affaire,
ToxE I.
H
dansles
tous ses
première passion. Unj jour donc progrès de sa
à table, c'étoit vers le 18
que nous étions
chambre
mars, une femme de
qui probablement étoit dans un tems
critique ou autrement, vint à passer dans la
salleà manger;1 Follette la suivitàlap
ce qu'elle eut ouvert la porte du piste,jusqu'a corridor
conduisoit à
qui
T'appartement où elle avoit affaire,
ToxE I.
H --- Page 176 ---
VOYAGES
x14
de
des caresses multiplicées
Elle se dégageoit
Pôtant de dessus
T'amoureux perséenteur,' et, dans la salle pour
elle voulut le jeter
son épaulc,
mais elle n'eut
se dérober à son importunité;
Follette s'est
le tems de fermer la porte, que
veut
pas
et, sansla mordre, ne
élancésouss ses jopons,
interdite
la quitter : la femme de chambre
plus
Tindiscret d'une main trop
veut repousser
rebuté, il la mordit
* hardie, puisque se voyant tellement enfin que mon
à- plusieurs reprises, faire lâcher prise, fat mordu
pére,qui voulutlui
très-sérieuse. Que
lui-même d'une manière
ruisseloit et crioit vengeance; :
faire? Le sang
caractère de Follette parloit
mais le souvenir du
les murmures
encore en sa faveur, et appaisoit
bruit
accourus au
pour
des autres domestiques
des secours à la femme de chambre, qui
porter évanonic. Sa vie lui fut accordée, aux
s'étoit
de le priver de la cause de sa fureur;
conditions
ifut exécuité le lendemain sans quelanimal
ce qui
s'étant laissé prendre, et n'ayant
poussât un cri,
contre ses mutimême cherché à se venger
pas
s'étoiente écoulés, que Follette
lateurs. Trois jours
la nourriture, et
tapic dans un coin refusoit
Paccusoit
n'osoit plus reparoitre en cet état; on
fad'avance d'être devenue farouche. Follette
soupçon ! Enfin elle
rouche! : quel injuste
le lendemain sans quelanimal
ce qui
s'étant laissé prendre, et n'ayant
poussât un cri,
contre ses mutimême cherché à se venger
pas
s'étoiente écoulés, que Follette
lateurs. Trois jours
la nourriture, et
tapic dans un coin refusoit
Paccusoit
n'osoit plus reparoitre en cet état; on
fad'avance d'être devenue farouche. Follette
soupçon ! Enfin elle
rouche! : quel injuste --- Page 177 ---
-
D'UN NATURALISTE
sortit de prison, mais si
IIS
perdu son
hionteuse, qu'elle avoit
enjouement, et marchoit
en traînant
devant nous
fit oublier lentement sa queue. Elle répara et
plus familière son escapade en se montrant bien
et plus
enfin de tous ses
propre, s'étant corrigée
délauts, au point
lement, sans qu'il soit besoin de la qu'actuelclos, et d'aller la chercheraux
tenir en lieu
on lui ouvre seulement
heures de repas,
Elle fait le tour de la
la porte de sa cabane.
pour arriver à la salle cour, à traverse un corridor
même route lorsqu'il
manger, et reprend la
s'agit de lui
sans qu'il soit besoin de lui donner congé,
ducteur. Enfin ellc est
assurer un condomesticité
parvenue à un degré de
complet,
L'aimable Follette, comme on le
en moi, à qui on eut la barbarie voit, a trouvé
pour la
de la sacrifier
peindre et la disséquer ensuite,
panégyriste zélé; mais ses moeurs
2 un
instinct
adoucies, son
développé sans contrainte, la
digne d'être observéc et
rendoient
donc point d'en avoir fait connue;j je ne mc repens
avoir conservé la vie.
Tapologie, et de lui
Je m'arrête
cependant à ces
vant pas prévoir des
détails, ne pourenaissantes. Le plus sincère particularités sans cesse
faire de son
dloge qu'on puisse
amabilité, est d'assurer
que pluH 2 --- Page 178 ---
VOYAGES, etc.
d'une fortune tres-ordinaire
sieurs personnes craint de nous en offrir vingt-cing et
n'ont pas
briguant les agrémens toumême trente louis,
récréative.
jours nouveaux de sa société
et craignant
del Follette,
C'est: assez m'occuper
le lecplus long récit cesse d'intéresser
qu'un
de la culture du Safran.
teur,) je vais parler --- Page 179 ---
CULTURE
DU
SAFRAN
DU GATINAIS. --- Page 180 --- --- Page 181 ---
AVANT-PROPOS
- -
à mon
Juwralleisa
Traité des Plantes
usuelles de Saint-Domingue,
lorsqu'un
zélé partisan de l'agriculture m'observa
qu'il n'y avoit rien de complet sur l'Histoire naturelle du Safran, et que toutes
les instructions publiées sur sa nature,
sa culture et son utilité, étoient disséminées dans divers Ouvragesquin'etoient
point à la portée de tout le monde. Sur
l'avis pressant que cet
Agronome me
donna de rassembler les matériaux
épars dans les Écrits immortels de
Duhamel, et autres Auteurs qui ont
traité cette plante bulbeuse, de réunir
tout ce qui en a été dit, d'y ajouter
mes observations
particulières, et surtout des planches caractéristiques
que
H 4
étoient disséminées dans divers Ouvragesquin'etoient
point à la portée de tout le monde. Sur
l'avis pressant que cet
Agronome me
donna de rassembler les matériaux
épars dans les Écrits immortels de
Duhamel, et autres Auteurs qui ont
traité cette plante bulbeuse, de réunir
tout ce qui en a été dit, d'y ajouter
mes observations
particulières, et surtout des planches caractéristiques
que
H 4 --- Page 182 ---
AVANT-PROFOS
cités,
Jaissent à désirer les Ouvrages
servent de complément
et qui pourtant
du Safran, je me
naturelle
à PHistoire
et j'ai fait mon
mis de suite à Yeeuvre, Code des Sapossible pour que nion
suffisamment ceux qui
franiers instruise
auront à le consulter.
Préfet du départeMonsieur Pieyre,
*
lieu de ma résidence
ment du Loiret,
entretient
et où cette plante précieuse M. Pieyre,
considérable,
un commerce
de tout CC
ami des arts, et protecteur bien de ses
au
qui peut contribuer bonté e
de sourire
Administrés, eut la,
à ne point
et m'engagea
à mon travail,
manuscrit
un
laisser en porte-feuille
et à
intéressant pour les Agriculteurs, l'aréservér exclusivement
ne pas me
dont la publicité
vantage d'un Manuel
devenir d'une utilité générale.
pouvoit
après ce.
Quelle fut ma satisfaction --- Page 183 ---
AVANT-PROPOS
I2I
premier suffrage, lorsqu'ayant eu l'honneur de le soumettre aux lumières de
l'illustre Lacépède, je reçus unev nouvelle approbation de sa modestie
encourageante, avec conseil de le soumettre à la sanction impartiale de P'Institut national, centre et foyer des connoissances humaines; même indulgence
pour mon travail de la part des Commissaires chargés de l'examiner, et d'en
faire le rapport à la Classe des sciences
physiques et mathématiques, lesquels
s'expriment ainsi :
( Nous devons à La Rochefoucault,
) Duhamel et
Lataille-Desessarts, 2 la
) connoissance des procédés employés
) en France pour cultiver, récolter et
)) dessécher le Safran, article,
comme
)) on sait, d'une assez grande
)
importance dans la balance de notre com-
) merce. --- Page 184 ---
AYANT-PROPOS
qui habite le canton
) Mr. Descourtilz,
vous
cultive le plus le Safran,
) où on
culture un Mémoire
) a remis sur sa
dont vous
de planches,
) accompagné
con-.
désiré que nous prissions
>. avez
Mémoire est rédigé
Ce
) noissance.
et il satisfait à
) avec ordre et clarté,
son
désire de savoir sur
)) ce qu'on
)) objet, etc. ))
plus à
je ne balançai
Dès ce moment
timide inmon Mémoire, et ma
publier
caractère d'une récertitude prenant le
fondée, je me décidai à Poffrir,
solution
sousles auspices de M.Pieyre,
au Public,
qui voulut
Préfet de mon département,
d'en accepter
bien me faire Phonneur
la dédicace.
re et clarté,
son
désire de savoir sur
)) ce qu'on
)) objet, etc. ))
plus à
je ne balançai
Dès ce moment
timide inmon Mémoire, et ma
publier
caractère d'une récertitude prenant le
fondée, je me décidai à Poffrir,
solution
sousles auspices de M.Pieyre,
au Public,
qui voulut
Préfet de mon département,
d'en accepter
bien me faire Phonneur
la dédicace. --- Page 185 ---
CULTURE
DU SAFRAN
DU GATINAIS
(1).
-
Iotts GÉNÉRALES. La
du Safran
propagation de la culture
depuis quelques années,
tion des spéculateurs. Il n'est
méritel'attenteur journalier, dans le
point un agriculGatinais
fasse des sacrifices
surtout, qui ne
tirer l'essence des pécuniaires et manuels pour
soins exigeans
la culture de cette
que demande
plante lucrative.
aisé et propriétaire
L'homme
y consacre une
son
portion de
son
S
emirereerett
soulager
datdemisére,sep prive, économise
à un prix considérable les
ctaflerme
genre de culture. Il
terres propres à ce
est bientôt au niveau de ses
allaires, par F'avantage qu'il en retire.
(t) J'avois dédié ce Traité au Préfet du
ment oi est située la terre de
départedes circonstances
mon père, lorsque
manuscrits
m'obligèrent de réunir tous
au journal de mes
mes
ce magistrat de vouloir bien voyages. Je prie donc
de mes regrets et de ma
trouver ici Texpression
reconnoissance, --- Page 186 ---
VOYAGES
en grand
Cetteenlture, qui ne peutavoiclien est
beaucoup de bras, partiparce qu'elle exige
dans les pays peuplés;
culièrement en vigueur
donc être tentée awantageusement
elle ne peut
de famille laborieux, qui
que par des pères
manière ntile tous les
trouvent à occuper d'une
car elle assujétit
individus qui la composent; ;
à celui
détails minutieux, seuls possibles
à des
: c'est assez
qui y trouve un intérêt personnel bourgeois doit
faire connoitre que Phabitant
spéculation
exclure desesprojets ceteimportantes
qui lui deviendroit trop dispendieuse. d'agriLe célèbre Duhamel, dans ses Elémens détails sur la
culture, entre dans beaucoup de mais des obculture de cette plante bulbeuse; sur la nature de
servations particulières tant
de le
sur Tutilité et F'inconvénient
Foignon, que
côté, la facilité où jétois,
d'un autre
des jourperpétuer; dans le Gatinais les travaux
en suivant
des dessins pour
naliers, d'ajouter au mémoire
toutes ces.
rien laisser à désirer au lecteur;
les
ne
m'ont déterminé à suivre
considérations
ct à recueillir
traces d'un aussi bon modèle, éclappeesila rapidité
aprésluiles particularités observateur. Quelques
du vol de ce savant
un des
furent également
réflexions politiques
points qui m'y décidérent:
Duhamel. Pline;
Je vais suivre dans sson plan,
naliers, d'ajouter au mémoire
toutes ces.
rien laisser à désirer au lecteur;
les
ne
m'ont déterminé à suivre
considérations
ct à recueillir
traces d'un aussi bon modèle, éclappeesila rapidité
aprésluiles particularités observateur. Quelques
du vol de ce savant
un des
furent également
réflexions politiques
points qui m'y décidérent:
Duhamel. Pline;
Je vais suivre dans sson plan, --- Page 187 ---
D'UN NATURALISTE
dit-il, fait mention du Salrand'Afrique, decelui
de Sicile, de celuid'Asie;n maisi
la culturede
ilignoroit encore
celui des Gaules. -
La Rochefoncault,qui. a écritau siècledérnier
sur. le Safran cultivé dans F'Augonmois, dito qu'il
y en avoit peu dans cette province avant 1520;
mais que Jes"habitans déjà reconnoissoient tout
l'avantage de sa culture, d'après le produit lucratifdes récoltes des bonnes aunéesyquipayoient
largement la valeur du fonds de la terre.
IMPORTATION DU SAFRAN DANS LE GATINAIS.
Si lon en croit nos vieillards du Gatinais, le
Safran ya été transporté, et sa culture tentée 2
un seigneur de Boines, qui l'apporta d'Avignon. par
Quoi qu'il en soit, ils conviennent unanimement
que sa culture y est recherchée de mémoire
d'homme. Elle y faisoit de sensibles progrès
depuis la destruction du gibier, malgréla
de bras ; mais ce produit
pénurie
bientôt de l'être antant,
avantageux cessera
si, comme autrefois, les
safraniers sont obligés d'entourer leur terrain,
puisqu'à cette époque les échalas sont, indépendamment d'un prix exorbitant, d'un entretien
dispendieux. Est-ce un mal pour l'intérêt des
autres cultures Pourtant le seul
de celle du Safran, est qu'elle détourne désavantage beaucoup de bras j ce qui nécessairement fait un --- Page 188 ---
VOYAGES
déficit en raison de la pénurie dans laquelle on
s'en trouve, Safran du Catinais est estimé supéricur à
Le
-caorte
lemagne,d d'ltalie, et même de la Normandie,ete.
Aussi les négocians en ce genre ont-ils soin de
méler avec lui celui d'une qualité inférieure, qui
s'empreint bientôt de son odeur pénétrante,et le
décharge du réhaut desa couleur. Cette supériorité paroitroit venir de ce qu'on ne fume point
dans le Gatinais les terres à Safran.
DESCRIPTION DU SAFRAN.Je transcrisici la description de Duhamel, qui ne peut être faite plus
exactement.
Mathiole,dicil,ar nommé cette plante crocum;
Jeani Bauhin et Dodonée l'ont appelée crocus ;
Garpar Bauhin, dans son Pinax, et Tournefort
l'ontappelée crocus sativus ; enfin Park, et Ray
Histoire des
lui ont donné le
dans son
plantes,
nom de crocus sativus autumnalis. Cette
plante, ainsi que sespistils dewéchés,sontcommus
sous le nom de Safran. C'est celui
en français,
de médecine, et
prescrit dans les Dispensaires
les habitans du Nord.
tant recherché par
Le Safran (planche VI) est une plante
bulbeuse. Sa bulbe ou oignon est solide et
charnue. Celles qui sont bien formées ont.en-
ui ont donné le
dans son
plantes,
nom de crocus sativus autumnalis. Cette
plante, ainsi que sespistils dewéchés,sontcommus
sous le nom de Safran. C'est celui
en français,
de médecine, et
prescrit dans les Dispensaires
les habitans du Nord.
tant recherché par
Le Safran (planche VI) est une plante
bulbeuse. Sa bulbe ou oignon est solide et
charnue. Celles qui sont bien formées ont.en- --- Page 189 --- --- Page 190 ---
à
3.
a
-
.3.la Mort. 4Sclérote desSafi
1. Maladie du Fausset. 2.leFansset. --- Page 191 ---
D'UN NATURALISTE
viron, non point sculementr un
sur un pouce et demi de lautenr, poucedediamêtre
Duhamel, mais au moins le double. comme dit
aplatie en dessous et en
Elle est
enfoncementi
desus; on y. voit un
placée la
peu près semblable à celui où est
queue d'unc pomme,
tig. gère ).
(Planche IX,
La substance de cet oignon est
plusieurs enveloppes
recouverte de
formées
séches, de couleur
par un nombre de filamens
fauve,,
lelement les uns aux autres
posés paral-
: cès enveloppes se
nommentla robe de V'oignon. (Planche
Dans une cavité
VI, b).
partie
qui est au milieu, et à la
supérieure de l'oignon (planche IX,
figo V, aa), on aperçoit
deux
Pyramides de couleur fauve une,
ou trois
fig.
et brillante
IV, aa); et sur les côtés du même (pl.JX,
on en voit encore de plus petites
oignon,
fig. IV, bb) : c'est de ces endroits (planche IX,
regarder comme des boutons,
qu'on peut
les feuilles, les
qu'on voit sortir
fleurs, et même les caieux et
quand on enlève les enveloppes
;
fig. IV,) qui forment
coniques (pl. IX,
un mamelon de même ces bontons, on aperçoit
suivant sa
figure, qui, étant coupé
longueur, 7 paroit être un
contenu dans le
petit oignon
dimens de la
gros, et qui renferme les ruLe
plante. (Planche IX, fig. VII,
corps de la bulbe (pl. IX,
aa).
fig. VI et vn)
les caieux et
quand on enlève les enveloppes
;
fig. IV,) qui forment
coniques (pl. IX,
un mamelon de même ces bontons, on aperçoit
suivant sa
figure, qui, étant coupé
longueur, 7 paroit être un
contenu dans le
petit oignon
dimens de la
gros, et qui renferme les ruLe
plante. (Planche IX, fig. VII,
corps de la bulbe (pl. IX,
aa).
fig. VI et vn) --- Page 192 ---
VOYAGES
être d'une subsconpé en différens sens, , paroit semblable à la chair
tance uniforme 7 et assez
d'une pomme. :
les pluies
Dans le mois de septembre, quand
commencent à humecter la terre,
d'automne racines de la base de la bulbe
sortent les
dont je viens
(planche VI, dd); les mamelons;
à
s'alongent, et la fleur commence
de parler,
des
de
de la robe ou
enveloppes
se dégager
l'oignon. (Planche IX, fig. II):
coiffe
Le bouton de la fleur enveloppé d'une
la
MErns
et porté sur un pédicule, s'élève pour gagner
de la terre; à mesure que le pédicule
superficie
se dégage de sa coille, et se
s' alonge, ce bouton
ovale (pl. IX,
montre sous la forme d'un corps
pouce et demi ou deux pouces,
fig.m),longd'unp diamètre est de cing à six lignes; il est
dont le
un tuyau
supporté comme sur un pédicule par
de
VI,) qui a au plus une ligne
(planche
la
inférieure de la
diamètre. Ce tuyau est paitie
du terrain
fleur, et cette fleur s'élève au dessus
d'environ deux pouces. de la fleur s'évase conCette partie fistuleuse le haut, oil elle se divise en
sidérablement par
rassemblées forment
six grandes partiesq qui étant
avons
le bouton (planche VI, g) dont nous des
ensuite les unes
parlé, Elles se séparent
autres
(planche
la
inférieure de la
diamètre. Ce tuyau est paitie
du terrain
fleur, et cette fleur s'élève au dessus
d'environ deux pouces. de la fleur s'évase conCette partie fistuleuse le haut, oil elle se divise en
sidérablement par
rassemblées forment
six grandes partiesq qui étant
avons
le bouton (planche VI, g) dont nous des
ensuite les unes
parlé, Elles se séparent
autres --- Page 193 --- --- Page 194 --- I
Analyse du Safran; demi- Crandeur naturelle --- Page 195 ---
-
D'UN NATURALISTE
autres (le), elles
est épanouie
s'écartent, et quand la fleur
(iet *), chaque découpure
paroit un grand pétale ovale, de sorte (ZIZ2)
fleur ressemble alors à
que cette
pointue par le bas. Comme une la petite tulipe fort
fleur est d'un gris de lin violet couleur de cette
fort tendre, les
champs qui en sont garnis sont
vue. Souvent la fleur
agréables à la
alors dix et même douze est bessone, et porte.
des
pétales, et le nombre
stigmates, qui angmente en même
tion, a quatre, cinq et jusqu'à six fléches. proporTrois de ces
découpures sont un
grandes. .que les trois
elles
peu plus
deux pouces de
autres;
ont environ
longueur 2 sur un
Jargeur : on aperçoit dans
pouce de
fleur, des étamines
l'intérieur de la
(planche VII, 666)
prennent leur origine des
qui
fleur; ces étamines
découpures de la
blanchâtre
sont composées d'un filet
qui porte un sommet
à six lignes, formé de deux,
long de cinc
s'ouvrant suivant leur
capsules qui, en
poussière d'un jaune très-vif. longueur, répandent une
Le pistil planche VII, a ) est composé d'un
embryon (c) )sur lequel repose la fleur
ovale, et a environ un
: il est
il est supporté
demi-pouce de longueur;
par un filet qui part de la bulbe
méme, et qui enfile toute la longueur du
cule (d) qui est fistuleux. Cet
pédiToxE I.
embryon qui est
I
ssière d'un jaune très-vif. longueur, répandent une
Le pistil planche VII, a ) est composé d'un
embryon (c) )sur lequel repose la fleur
ovale, et a environ un
: il est
il est supporté
demi-pouce de longueur;
par un filet qui part de la bulbe
méme, et qui enfile toute la longueur du
cule (d) qui est fistuleux. Cet
pédiToxE I.
embryon qui est
I --- Page 196 ---
VOYAGES
devient, quand la fleur
d'une forme triangulaire,
renferune capsule à trois loges qui
est passée,
semences, rondes : le style qui est
ment plusieurs enfile la partie étroite de la fleur (f),et
unique, il s'est élevé dans le disque de quatre à
quand
il se divise en trois grands stigcinqlignes,
à dix-huit lignos de longueur.
mates de quinze
(a) est blanc,les stig-
(Planche VII, g). Le style
ils sont assez
mates sont d'un rouge vif et brillant;
du
excéder un peu les échancrures
longs pour
menus à leur origine que
pétale. Ils sont plus
des cannevers leur extrémité oal Ton remarque
fines. On verra dans la suite que ce
lures assez
fournissent seuls la partie
sont ces stigmates qui
vraiment utile du Safran.
dans le tems de la
Sil'on arrache un oignon
voit les feuilles de cette plante depuis
fleur, on
huit
VI,
le nombre de deux jusqu'à
(planche
figure II, b) qui.sont renmm, et planche IX,
la fleur.
fermées par les mêmes enveloppes que
très-
(Planche VI, e, et planche IX, c). Elles sont
d'un vertfoncé, ,et ont
étroites, pointuesglabres,d de dessus une ligne
dans toute leur longucur
la fleur est
blanchâtre. Peu de tems après que
feuilles sortent de terre (pl. VIII);
passée, ces
de leur
elles sont à la fin de Phiver, période
longues d'un ou deux pieds.
accroissement, 2
une cspèce de petite gouttière;
Elles représentent
, et planche IX, c). Elles sont
d'un vertfoncé, ,et ont
étroites, pointuesglabres,d de dessus une ligne
dans toute leur longucur
la fleur est
blanchâtre. Peu de tems après que
feuilles sortent de terre (pl. VIII);
passée, ces
de leur
elles sont à la fin de Phiver, période
longues d'un ou deux pieds.
accroissement, 2
une cspèce de petite gouttière;
Elles représentent --- Page 197 ---
D'UN. NATURALISTE.
car elles sont creusées en
en dessous une arête. desns,etellesfporment La
qui est en terre, est
partie des feuilles
de terre est d'un jaunâtre; celle qui est hors
champs de Safran vert éclatant, de sorte que les
couverts d'une paroissent pendant toutPhiver
très-belle verdure. Ces
jaunissent au
feuilles
desséchent : on printems, les arrache et peu à peu elles se
tout l'été, les champs de Safran alors; et, pendant
bien culivés, semblent être
que lon voit
végétation.
dénués de toute
Les petits mamelons de la troisième
(planche VII,aa) attachés
année
de la seconde
dessus les oignons
débris deloignon (bb), eux-mêmes végétant dés
épuisé dela
et qui ont donné naissance première année(e),
feuilles, grossissent
à aux fleurs et aux
Toignon qui les
peu peu pendant Thiver :
devient aride à porte se fane, se dessèche, et
font des
mesure que les nouvelles bulbes
qu'au printems progrès (planche VIII, c); de sorte
nouveaux
on. trouve deux, trois ou quatre
Tancien, oiguons implantés sur les débris de
qui est presqu'anéanti. C'est
port à cette multiplication
par raptrois en trois années de
qu'on est obligé de
les diviser.
relever les oignons pour
On voit, par ce qui vient d'être
dit, qu'on
--- Page 198 ---
VOYAGES
établir pour le caractère du Safran,d'avoir,
peut
de calice, une coille membraneuse
en place d'nne seule pièce. Lej pétale est unique;
composée le bas il forme un tuyau menu qui se divise
par à son extrémité en six grands segmens ovales.
dans Vintérieur trois grandes étaOn' aperçoit
leur origine du péuale, et
mines qui prennent
les découqui sont beaucoup plus courtes que formées de
du pétale. Ces. étamines sont
pures
et de sommets composés de deux
filets menus
dans lesquelles la poussière
capsules longues,
fécondante est renfermée.
oblong,
a Le pistil est formé d'un embryon
filamentenx qui s'élève à la hauteur
d'un style
larges
des étamines, et de trois stigmates plus suileur extrémité que par la base, et striés
par
vant leur longueur.
à trois
L'embryon devient une capsule
loges,
semences arrondies.
qui renferme plusieurs
(No. I).
du Safran d'après le chevaOr toute Panalyse
réduit à
lier Lamark, dans sa Flore française,se disfaire connoître qu'il a les Aeurs distinctes,
bissexuelles, pétalées; que son ovaire est
jointes,
la corolle en est polypétale,
sous la corolle; que
la fleur a trois étacomposéc de six pétales; que
la corolle est régulière et symémines, que
ies.
qui renferme plusieurs
(No. I).
du Safran d'après le chevaOr toute Panalyse
réduit à
lier Lamark, dans sa Flore française,se disfaire connoître qu'il a les Aeurs distinctes,
bissexuelles, pétalées; que son ovaire est
jointes,
la corolle en est polypétale,
sous la corolle; que
la fleur a trois étacomposéc de six pétales; que
la corolle est régulière et symémines, que --- Page 199 --- --- Page 200 ---
4.1 f. 33
3.
ED
ruturelle. 3.La Carthane
1. Le Colchique.
canpohrne --- Page 201 ---
/
D'UN NATURALISTE
trique, que les trois stigmates
et quine recouvrent
sont gréles, roulés
point les étamines
CULTURE DU SAFRAN. Je TERRAIN
reprends mon récit.
QUI LUI EST PROPRE. Les terres
menbleson glaisenses; ; lesgrouettos
fines,
toutépierrées, sont celles les
noires, surla végétation du Safran,
plus convenables à
les terres
qui ne se plait pas dans
trop fortes, dans les sables ni
terrains humides.
dans les
de fond. Il pullule Mhabwaeteznirenes
plus
une terre noire, légère où avantageusement les
dans
que par-tout ailleurs ont
oignons plus gros
jusqu'à deux pouces de
(") La différence qui existe entre le
colchique d'automne qui lui est.
Safran, et le
forme extérieure (planche
comparable pour la
tères génériques
XI), se réduit aux caracovaire chargé de suivans trois : fleur liliacée, ayant un seul
dont le tube nait
slyles, la corolle fort iongue,
tige plate,
immédiatement de la racine 5 une
spath d'oi comprimée et striée dans sa longueur; un
chaque fleur séchappent deux et quelquefois trois
composée de trois
tiges;
non réunis, terminés par trois
pistils distincts et
et de six
stigmates peu
damines, en quoi le
apparens,
Safran qui n'en est pourvu
colchique de
diffère du
qui fleurit en automne
que trois. Cette plante
paroit qu'au printems avant son feuillage, qui ne
feuilles semblables à celles suivant, au nombre de quatre
dans les
du lis blanc, se
et dans d'autres Pre, on l'appelle dans le Gatinais trouve
endroits mort aux chiens.
ailleau,
I3
s et
et de six
stigmates peu
damines, en quoi le
apparens,
Safran qui n'en est pourvu
colchique de
diffère du
qui fleurit en automne
que trois. Cette plante
paroit qu'au printems avant son feuillage, qui ne
feuilles semblables à celles suivant, au nombre de quatre
dans les
du lis blanc, se
et dans d'autres Pre, on l'appelle dans le Gatinais trouve
endroits mort aux chiens.
ailleau,
I3 --- Page 202 ---
VOYAGES
etbien nourris. Mais,'
diamètre et sontvigoureux favorise la perfection de
si cette espèce de terre
beaucoup
T'oignon," une terre Srotalaredévcloppel deviennent plus
plus de fleurs, qui d'ailleurs (N.2).
belles aux dépens de l'oignon.
OIGNONS. On remarque égaloQUALITÉ DES
dans le même terrain
ment, dit Duhamel, qué d'oiguons; les uns
deux espèces
les
se renconirent donnent plus de caieax;
larges et aplatis
plus de fleurs. On a vu
autres arrondis donnent
trois germes et onze
sur un senl de ces derniers, tous les ans 2 et c'est le
fleurs. L'oignon meurt remplace. Il se noue donc
nouvéau caieu qui ile
et à sa parfaite crue 5
vers le mois de décembre, dontil a tiré toute
laisse sous lui l'ancier oignon
la substance.
ROBES. Il est des oignons
DIFFERERCE DANS LES
d'autres dont
dont tla robe est de couleur fauve; de cette teinte
successivement
la nuance passe
brun foncé; cela paroit
foible au rouge, et rouge
de l'oignon, et
n'indluer en rien sur la qualité des veines de
différence semble dépendre
cette
étét tirés. Souvent un seul oignon
jerred'oui ils ont
donne dix caieux.
Le faux dégel et
TENPÉRATURE CONVERABLE. tris-contrairés au Safran.
la grande gelée sont
de cette: année,
En 1789,
dnalinerarigoureisa --- Page 203 ---
-
D'UN NATURALASTE.
les oignons
gelérent, et leur
frit aucun
multiplication n'ofavantage; en sorte
pour
cette perte
que,
réparer
peine à
considérable, on eut beaucoup de
trouver de quoireplanter. (N.3).
PRÉPARATION DE LA TERRE. On donne trois
façons à la terre qu'on destine
sert de houes
au Safran. On se
ou de mares,
les
des différens
d'après
usages
fouette la
pays; on laboure, ou plutôt on
terre jusqu'à neufà dix pouces de
fondeur, de. manière à la rendre
proque le terrain
plus poreuse
de
quil'environne, dont elle dépasse
beaucoup le niveau. On a soin de la rendre
pour ainsi dire
grumeleuse, et même
lenté, à force de
pulvérulépierrer et de
n'est pas que de petites
l'émotter. Ce
grosseur d'une
pierres, jusque de la
noix, nuiroient
à la sortie de la tige du Safran, prodigieusement
végétative lui en fait
puisque la force
coup plus
souvent déranger de beaufortes, mais ce sont des
qu'on a soin de
effortsinutiles
beaucoup
luiépargner. Une motte lui fait
plus detort en ce qu'elleest
divisible, et qu'elle adhère à ses
plus
(No.4).
parties latérales.
ÉroQuE DES) LABOURS. La première
appelle hiverner ou le
façon qu'on
pays, se donne depuis la marage 2 suivant les
Martin
Saint-André, la Saintjusqu'à Noël.
I 4
, mais ce sont des
qu'on a soin de
effortsinutiles
beaucoup
luiépargner. Une motte lui fait
plus detort en ce qu'elleest
divisible, et qu'elle adhère à ses
plus
(No.4).
parties latérales.
ÉroQuE DES) LABOURS. La première
appelle hiverner ou le
façon qu'on
pays, se donne depuis la marage 2 suivant les
Martin
Saint-André, la Saintjusqu'à Noël.
I 4 --- Page 204 ---
LYOYAGES
seconde
appelle biner ou
La
façon qu'on
rafraichir les terres, dans toutlemois d'avril, ou
tard dans le commencement de mai.
au plus troisième façon qu'on nomme recoulerou
La
se donneà la veille du plantage (No.5).
rebiner,
LE PLANTAGE a lieu de la mi-juillet jusqu'au
d'après les dispositions plus ou
8 septembre, favorables de la saison. On ne fume point
moins
la terre en Gatinais, comme dans PAngoumois,
de brebis, boeufs et cheavec le fumier pourri
lorsvaux,n'exdluant que celuide porcs; mais,
le terrain cst une fois préparé et planté, il
que
dedélensesou branches
est piquéansquatrecoins
doit s'absd'épines qui servent à indiquer qu'on
tenir de marcher dessus, ne connoissant point,
avantla sortie des fleurs, la direction des sillons
dont Fintervalle sert anx safraniers à
parallèles
à poser leurs pieds pendant la cueillette.
Lors donc que la terre est bien ameublie et
bien disposée par trois bons labours, on plante
les oignons comme il suit : le cultivateur ouvre
sur une des rives du terrain, une tranchée ou
sillon de sept pouces de profondeur dans toute
la longueur du champ 5 une femme ou enfant le
suit,et range à mesure au fond de la tranchée 2
les oignons sur leur base, à un pouce les uns des
autres. Au bout du rayage le mareur en ouvre
autre à six
de distance, et jette à
un
pouces --- Page 205 ---
L
D'UN NATURALISTE
mesurela terre du second
sillon,pour comblerle
premier, et recouvrir les
alors sous six pouces de oignonsquise terre. La
trouvent
tude des safraniers dans la
grande habivrage, fait
direction de cet ouqu'ils ne. se serventjamais de cordeau
pour la plantation, et cependant les raies
trouvent toutes régulièrement
SC
donne un trés-joli
parallèles; ce qui
coup.d'oil, à
de
sortie des fleurs.
l'époque
la
Des cultivateurs plantent leur Safran aussitôt
qu'il est arraché, et.croyent devoir à cette
tique une plus belle floraison : d'autres praarraché les
qui ont
oignons en juillet ne les replantent
qu'en septemabre,parced qu'ils
ainsi desséchés, ils sont moins prétendentqu'étant à
Comme nous ne
sujets se pourrir.
voyons point, dit
pourquoi les oignons pourriroient Dohamel,
mière année
les
plutôt la prequ'on met en terre
et la troisième,
quela seconde
nous, inclinerions pour la
tique des premiers. Cette réflexion
pranaturelle,
est tonte
2 et des safraniers versés dans cette
culture, que j'ai questionné sur ce point, sont
pleinement de l'avis de Duhamel,
remarques dont ils m'ont fait
d'après Ieurs
PRÉPARATION
part, (No. 6).
robent
DES OIGNONS. Les uns ne dépoint le Safran ; d'autres dépouillent
l'oignon de cette enveloppe au moins inutile,
parce qu'alors.i ils sont plus à même de découvrir
ion
pranaturelle,
est tonte
2 et des safraniers versés dans cette
culture, que j'ai questionné sur ce point, sont
pleinement de l'avis de Duhamel,
remarques dont ils m'ont fait
d'après Ieurs
PRÉPARATION
part, (No. 6).
robent
DES OIGNONS. Les uns ne dépoint le Safran ; d'autres dépouillent
l'oignon de cette enveloppe au moins inutile,
parce qu'alors.i ils sont plus à même de découvrir --- Page 206 ---
VOYAGES
dans les moins
la mort ou carie, de Pextirper sans remède,
gangrenés 2 et de rejeten ceux
en combien faits pour désoler une plantation maladie pestià leurs voisins cette
maniquant
lentielle.
aRabe-aahestniais
QuoiqueLal
autant de caieux qui s'y
les gros oignons en
le nombre, néanrencontrent pour multjplier méthode abanmoins on n'obtient par cette
des rejetons
délaissée, que
donnée, cette pratique
une petite
imparfaits; et lon préfere en général et bien
quantité d'oignons 2 bons 2 parfaits d'une qualité
constitués, à une plus grande
médiocre et inférieure.
DES OIGNONS. Un tems calme,
DÉVELOPPENENTI développe de Poignon du
serein et sans pluie,
nombre ; et
Safran des racines en assez grand d'automne ont
dès que les premièrés bientôt pluies poindre la flcur.
pénétré la terre, on voit les sillons , une légère
On donne alors , entre
de
façon de deux pouces au plus profondeur avec
évitant bien de couper les fleurs naissantes
la houe ou la mare.
FLORAISON. Cest vers les premiers jours
d'une grande surveillance
d'octobre, époque
les fleurs sortent de
parmi les safraniers, que
activité pour les
terre. Les bras sont tous en --- Page 207 ---
D'UN NATURALISTE
recueillir, et ne leur point donner le tems de
trop. s'évaporer. Le développement s'opère
quelquefois si subitement, que celui
vient
de passer dans un sillon n'est
qui
bout de la pièce,
point arrivé au
qu'il est obligé de
de nouveau les mêmes raies
parcourir
fleurs écloses
pour y cueillir les
depuis son passage. (No, 7).
Les feuilles (planche VIII, eeee)
après la floraison, et recouvrent la paroissent
dant Phiver, d'un
terre, pentapis vert qui plait à la
et qui devient le gite des lièvres si la safranière vue,
n'est point entourée. C'est alors qu'ils font beaucomp de dommages, car leur dent meurtrière
suspend la végétation, et empêche le
pement de l'oignon.
dévelopANIMAUX NUISIBLES. Les lièvres et les
ne sont pas les seuls animaux à
lapins
craindre; les
taupes qui fouillent des souterrains, les rendent
praticables aux rats, mulots et souris, qui sont
très-friands des oignons; c'est pourquoi les
safranières situées près des maisons sont le plus
souvent endommagées.
Ce fenillage éteint sa verdeur sous l'influence
du soleil du printems ; c'est
de mai,
alors, vers la fin
qu'on l'arrache pour le faire
et le donner P'hiver suivant
sécher,
sont fort friandes. Ces
aux vaches qui en
feuilles cèdent facilement
aux rats, mulots et souris, qui sont
très-friands des oignons; c'est pourquoi les
safranières situées près des maisons sont le plus
souvent endommagées.
Ce fenillage éteint sa verdeur sous l'influence
du soleil du printems ; c'est
de mai,
alors, vers la fin
qu'on l'arrache pour le faire
et le donner P'hiver suivant
sécher,
sont fort friandes. Ces
aux vaches qui en
feuilles cèdent facilement --- Page 208 ---
VOYAGES
la base prés loiguon en étant déjà
à la main,
décomposée (No. 8).
Vers la miTnavAUX DE LA SECONDE ANNÉE.
la
environ, on donne au même champ
juin
de trois à quatre
première façon ou raclage,
à la
La seconde sC donne
pouces de profondeur. c'est vers la fin de sepfin du mois d'août, et
qui n'est
tembre que se donne la troisième,
sarclée de deux pouces de profondeur.
qu'une
TROISIÈME ANNÉE. Les mêmes
TRAVAUX DE LA
trois
de culture ont lieu pendant
dispositions
eteen'estquala quatrième,
années consécutives,
ardans les mois de juin, juillet et août, qu'on
rache les oignons.
On se sert de la
ARRACHIS DES OIGNONS.
découvrir, dans chaque rangée 2
mare pour
la plus grande précaution ;
les oignons avec
on : établit la tranchée un peu
c'est ponrquoi
où ils ont été posés. Le
au devant de la place
les déterrent, et
mareur est suivi d'enfans qui
Lherbe s'arrache à la fin de mai, lorsqu'elle Elle est
() On la laisse faner, puis on la ramasse. la
sèche.
vaches, et ajoute à la quantité et à
convient aux
Larpent fournit environ soixante
bonté del leur laitage.
année, et cent gerbes
gerbes de dix livres la première jours suffisent à un
les deux années suivantes. Quatre botteler le fourrage
ouvrier pour arracher, faner et
d'un arpent de Safran. --- Page 209 ---
D'UN NATURALISTE
les transportent dans des
champ, où ils les mettent paniers au bout du
six semaines.
en tas reposer environ
D'autres les replantent
sitôt après avoir été arrachés. Ceux-ci presqu'ausrobent; ceux-là
les déconservent leur
comme nous l'avons déjà
enveloppe qui,
inutile.
observé, est au moins
UsAGE Qu'oN FAIT DES OIGNONS.
dans le même champ
Cen'estp plus
ces oignons à Safran que ils peuvent se replanter
séjour trisannuel
;
ont épuisé par leur
tout le suc nourricier du terrain, qui ne peut être propre à une semblable
culture qu'aprés un repos de
ans. On emblave
quinze ou vingt
Safran
ordinairement les arrachis de
en avoine mélée avec du
quand ces plantes ont exercé la sainfoin, et
neufans, on y plante ordinairement terre pendant
ou bien de
de la vigne,
Porge, puis du froment. Duhamel
observe que l'intervalle de vingt ans seroit bien
moinslong,sil l'on étoitdanslusage de
ces terres épuisées en les
restaurer
vation fut de tout
fumant; mais l'innotems proscrite parles
:
ensorte qu'on ne peut résoudre d'une paysans
positive cette probabilité.
manière
Ce'n'est point la première année
la
a épuisé en faveur des.
que terre
sucs nourriciers,
oignons une partie de ses
elle en possédoit bien au deli
deleursbesoinsausi, ne premantquelhiabitude
étoitdanslusage de
ces terres épuisées en les
restaurer
vation fut de tout
fumant; mais l'innotems proscrite parles
:
ensorte qu'on ne peut résoudre d'une paysans
positive cette probabilité.
manière
Ce'n'est point la première année
la
a épuisé en faveur des.
que terre
sucs nourriciers,
oignons une partie de ses
elle en possédoit bien au deli
deleursbesoinsausi, ne premantquelhiabitude --- Page 210 ---
VOYAGES
T42
ils donnent moins
de son influence végétative,
où les oignons
de fleurs que T'année suivante, Ce n'est que la
à se multiplier.
ont commencé
la récolte moins abondante,
troisième année que. annoncent que la terre a
les fleurs plus grélcs,
Fon a bien soin
besoin de repos. C'est pourquoi
année.
d'arracher les oignons dans la quatrième Pardes caïeux est telle, que
La multiplication
produit en oignons
rachis d'un demi-arpent
de quoi planter un arpent et plus. six boisseaux
La Rochefoucault annonce que
treize en deux ans, et que cinq
en ont produit
vingt en quatre ans.
boisseaux en ont produit
des hivers si fuOnSERVATIONS. La rigueur
sont
nestes au Safran est la cause que les oignons dans
aussi profondément en terre; car,
plantés
Pon n'auroit point à redouter Pinun pays où
de les mettre à
fluence des gelces, il suffiroit
pouces sous terre.
trois ou au plus quatre
Un grand
REMARQUES SUR LA TENPÉRATURE.
hale,depuisle premier juinjusqu'au vingt-cing,
récolte abondante. Quand il pleut
annonce une
de Safran à la récolte
en juillet et août, on a peu
suivante.
SAFRAN. Un automne beau, scc
RÉCOLTE DU
des fleurs du
et chaud protége le développement venteuse, trop
Safran, tandis que cette saison,
en ralentit la floraison:
pluvicuse et froide,
SUR LA TENPÉRATURE.
hale,depuisle premier juinjusqu'au vingt-cing,
récolte abondante. Quand il pleut
annonce une
de Safran à la récolte
en juillet et août, on a peu
suivante.
SAFRAN. Un automne beau, scc
RÉCOLTE DU
des fleurs du
et chaud protége le développement venteuse, trop
Safran, tandis que cette saison,
en ralentit la floraison:
pluvicuse et froide, --- Page 211 ---
D'UN NATURALISTE
Ainsi, si vers la fin du mois de
tems chaud est
septembre le
accompagné de
les fleurs se forment et
pluies douces,
leur
pointent à vue d'oeil, et
parfaite sortie n'attend même point le
du soleil qui les a vu naitre. Le
déclin
du diligent
matin, au réveil
cultivateur, les champs, comme
recouverts d'un tapis gris de lin violet, lui
annoncent Tabondance, sourient à son
et promettent de récompenser
trayail,
peines et son labeur. Mais c'est largement ses
où cette culture
l'époque aussi
exige sa plus grande
voilà les derniers soins qu'elle
vigilance j
pas de
nécessite : il n'a
repos,, pour ainsi dire, à espérer soit le
jour, tems de la cueillette, soit la nuit destinée
à éplucher les fleurs. Malgré toute cette sollicitude, ils sont souvent contrariés
récolte, et à la veille d'une
pendant cette
que la fécondité semble leur complette abondance
malheureux journaliers
promettre. Ces
leura abondance
éprouvent des pertes de
même; car, pendant la
un gros vent souvent meurtrit les
cucillette,
pluie les pourrit, C'est
fleurs, et une
la mêine récolte
ce qu'on a éprouvé dans
en 1805, olaprès un semblable
fléau, c'est à dire les fleurs d'abord
par le vent, ensuite pourries
contusées
qui en contrariérent la
par une forte pluic
cucillette, les
se gardoient au plus
fleurs ne
de bras
que cing heures, et faute
pour les éplucher en si peu de tems, --- Page 212 ---
VOYAGES
en raison de ceque cette récolte se rencontra avec
celle de la vendange tardive, on en perdit une
grande quantité qu'on fut obligé de jeter, sans
le moindre espoir d'aucune spéculation.
CoURS DU PRIX DU SAFRAN. Cette disette empêcha le Safran de monter. Comme il tire sa
valeur de son abondance, et qu'en général plus
il est rare, moins il est cher,il ne valut donc au
commencement de 1806 que de 42 à 50 liv.,
tandis que les années précédentes oit il y en eut
il valut
96 liv. et même
en abondance,
jusqu'à
cent francs la livre. C'est une remarque assez
particulière. La cause qui en est toute simple,
provient de ce que plus les récoltes sont abondantes, plus les levées en sont recherchées,
il y a donc spéet l'exportation considérable;
culation et concurrence de la pari des commerçans; cê qui tourne toujours au profit du
vendeur.
Lorsqu'il arrive des années où les fleurs se
succèdent graducllement, on a bien le tems de
tout ramasser et de tout éplucher, parce qu'alors les vendages finies, les safraniers n'ont plus
d'autre soin que celui de cette récolte. En cette
même année de 1806, les 5 et 6janvier, je vis
dans le Gatinais, des fleurs en
ramasser encore,
Echilleuses,
qonhahenkepeeiseakel Boesse,
Boines, Bouilly, Vrigny et Bouzonville; fleurs
de
, on a bien le tems de
tout ramasser et de tout éplucher, parce qu'alors les vendages finies, les safraniers n'ont plus
d'autre soin que celui de cette récolte. En cette
même année de 1806, les 5 et 6janvier, je vis
dans le Gatinais, des fleurs en
ramasser encore,
Echilleuses,
qonhahenkepeeiseakel Boesse,
Boines, Bouilly, Vrigny et Bouzonville; fleurs
de --- Page 213 ---
-
D'UN
de caïeux
NATURALISTE
écloses après les
dont la sortic fut favorisée premières gclées, et
moins rigoureux.
par un intervalle
Dans une année ordinaire, la
environ trois semaines. Les
Aeuraison dure
on récolte peu, les huit
huit prémiers jours
jours suivans
ment, ce qu'on appelle la
abondamniers ne sont
force; et les huit derglaner,
employés, pour ainsi dire, qu'à
DESCRIPTION DE LA CUEILLETTE.
femmes et enfans, les paniers
Hommes, 2
tres. instrumens que lcs
aux bras, sans aufois le jour aux
ongles, vont plusieurs
safranières dans la
fleur, et seulement deux fois
force de la
avantla rosée, et le'soir
par jour; le matin
et les huit derniers.
dans les huit premiers
sillon, et pour cueillir Chacun d'eux prend son
plus commodément
endommager les fleurs qui n'ont
sans
paru, ils posent chaque
point encore
ouintervalles latéraux pied dans les rangées
Paide des
de la raie des fleurs, età
ongles, ils coupent le
queue de la fleur aun niveaudel la pédoncule ou
bien au' dessous de son bassin terre, c'està dire
une poignée, ils la
: quand ils en ont
pendu à leur autre déposent dans le panier susterrain
bras. Si la grandeur du
comporte, pour cette
chacun son panier, les hommes cueillette, plus que
qu'ilsremplisent,er
ont des hottes
ToxE I. setindépendaument, ils ontau
K --- Page 214 ---
VOYAGES
un âne, avec de vastes paniers
bout du champ
bien plusg sgrande
qui sorventà en transporterune)
quantité.
Les fleurs qui ne sont
EPLUCHAGE DU SAFRAN.
eu
et en quiiln'y a point
pas encore épanouies,
de principg odorant,
ou très-peu de déperdition
1l faut les
sont aussi les plus faciles à éplucher. très-vite.
car elles passent
eueillir promptement, et la bonne qualité des
D'après la fraicheur
fleurs du matin, on doit croire qu'elles poussent
dans la nuit que dans tout autre tems.
bien plus
la fleur, de rompre
On a soin, en rompant milieu; car en restant,il
aussi lepistil qui est au
Sa
T'oignon, en lui communiquant
feroit pourrir
décomposition.
de fleurs pour les éplucher
Lorsqu'on a trop
étend le
sur un
une seule séance, on
surplus
en
de
les conserver d'un
plancher, afin
pouvoir
point
à Pautre; car elles ne pourrissent
jour
en 1805, au bout de cinc
chaque année comme
néanmoins avoir bien
heures decucillette. Il faut
les laisser en tas, autrement
soin de ne point
et deviennent
elles s'échauffent, s'amollissent,
la secincommodes aux éplucheuses pour
plus
de chansons ! que de contes dans ces
tion. Que
! Tous les éplucheurs, auréunions villageoises
à mesure à Ia masse
tour d'une table, prennent
pistil
des fleurs posées au milieu, en détachentle
anmoins avoir bien
heures decucillette. Il faut
les laisser en tas, autrement
soin de ne point
et deviennent
elles s'échauffent, s'amollissent,
la secincommodes aux éplucheuses pour
plus
de chansons ! que de contes dans ces
tion. Que
! Tous les éplucheurs, auréunions villageoises
à mesure à Ia masse
tour d'une table, prennent
pistil
des fleurs posées au milieu, en détachentle --- Page 215 ---
D'UN
de chacune
NATURALISTE
en pesant sur le
l'ongle gauche 3 et retirent les pédoncule avec
flèches de la main droite,
stigmates ou
rompues et séparées du après qu'elles ont été
Chacun met en tas devant pistil par cette section.
stigmates du; pistil, et
lui les Réches, ou
et lcs étamines
jette sous la tablela corolle
comme inutiles.
diligence, et souvent les
Ily a assaut de
meilleurs
acquièrent une double
travailleurs
leurs amantes.
réputation auprès de
Les plus adroits
éplucheurs
très-peu au dessous de la
coupent le pistil
par ce moyen au rebut trifureation, et laissent
ou style (lig.
avec la corolle la base,
n'ayant ni odeur ni
sa
coulcur, ôte
Mhanieentete
qualité. Les marchands
au Safran de
voir un peu de ce blanc; cependant aiment à
point frelatéles
qui annonce qu'on n'a
la
Safranavec du safranum.
présence
Souvent
quisen moisissent d'étamines, ou rognures de
et
pétales
odeur au Safran, suffisent tcommuniquent une mauvaise
prix. Chaque éplucheur pour en diminuer le
Safran vert par
peut faire sa livre de
vert
jour, et il en faut cing
pour une livre de sec. (No,
livres de
Les gros safraniers ne
9).
leurs enfans à éplucher pouvant suffire avec
louent des bras
seuls leurs
pour le tems de la revenus,
paient ou à laj
récolte, et
journée ou au poids. Dans certains
K 2
tcommuniquent une mauvaise
prix. Chaque éplucheur pour en diminuer le
Safran vert par
peut faire sa livre de
vert
jour, et il en faut cing
pour une livre de sec. (No,
livres de
Les gros safraniers ne
9).
leurs enfans à éplucher pouvant suffire avec
louent des bras
seuls leurs
pour le tems de la revenus,
paient ou à laj
récolte, et
journée ou au poids. Dans certains
K 2 --- Page 216 ---
VOYAGES
chaque livre
pays on donne de 5à6sous les pour tems où les bras
de Safran vert, mais dans de
à 50 sous 3 en
sont rares 2 le prix va
jusqu'à 6 francs.
1806 on exigea
A mesure que le
DESSICATION DU SAFRAN.
on l'expose à trois ou quatre
Safran est épluché, charbon couvert de cendres
pouces au dessus de
chaudes, sur un tamis de crin, pourl'ydessécher comme
Jentement.
le
Beroerenseertemine
bien, enlèveroit tout principe
on le conçoit On le remue de tems en tems, à
odorant volatil.
ou
La fuméeledécolorec
mesure qu'il se dessèche.
plutôt altère sa couleur. (No. IO). manteaux de
se fait sous des
Cette opération
malgré toutes les précaucheminée; car T'odeur,
moindre dissipations que lon prend pour sa à incommoder
s'exhale encore de manière
tion,
dans la chambre. Lexpérience
ceux qui restent malheureusement prouvé le
n'en a que trop
d'un garçon droguiste qui
danger, par la. mort
à Safran. Si cette
s'étoit endormi sur un sac
modérée est favorable aux filles attaquées
odeur
couleurs, elle devient dande chlorose ou pâles
exemples;
gereuse, comme jen ai vu plusieurs à qui élle
femmes récemment accouchées,
aux
cessèrent bientôt dès
occasionna des pertes qui
de ces accidens.
fait détourner la cause
que j'eus
fait dessécher le Safran
Il est des pays où on --- Page 217 ---
D'UN NATURALISTE
dans des terrines;
maisnécesenirement
et même l'usage
le vernis,
lui faire
auquel ces vases ont servi, doit
contracter un gout et une odeur
rables.
défavoLorsque le Safran est
entièrement
parfaitement sec ct
dépourvu de son
met dans des boîtes fermant humidité, on le
d'autres négligent cette utile herméfiquements
renferment dans des
précaution, et le
sacs de toile seprée, et
lorsqu'on est prêt à le vendre, les hommes
peu de foi l'exposent à Thumidité
de
peser davantage.
pour le faire
PRopUIT ANNUEL, La première année
arpent produit de quatre à cinq livres de 5 un
sec; mais la seconde et la
Safrau
de quinze à
troisième, il en donne
vingt, et même vingt-cing.
QUALITÉS EXIGÉES DU SAFRAN. Le Safran
réputé bon, lorsqu'il est bien
est
rouge vif pourpré,
sec, d'un beau
de
sans mélange d'étamines ou
pétales, et surtout lorsqu'il n'est
phistiqué avec du safranum. Celui point SO=
est d'une qualité si
du Gatinais
des paysans
supérieure, que les hardes
qui en ont épluchéetserré dansleurs
armpires, en sont empreintes plus de six mois
après. On profite de cette vertu
pour l'allier et le mélanger communicative
qualité inférieure
avec celui d'une
et inodore, (No. I1).
K-3
pétales, et surtout lorsqu'il n'est
phistiqué avec du safranum. Celui point SO=
est d'une qualité si
du Gatinais
des paysans
supérieure, que les hardes
qui en ont épluchéetserré dansleurs
armpires, en sont empreintes plus de six mois
après. On profite de cette vertu
pour l'allier et le mélanger communicative
qualité inférieure
avec celui d'une
et inodore, (No. I1).
K-3 --- Page 218 ---
VOYAGES
MALADIES DES OIGNONS. On reconnoit trois
maladies sujettes à attaquer les oignons des Safran,
savoir ; 1, le fausset, 20. le tacon, et 30.la
mort.
du GatiLe fausset ou tuette ( expression
creuse en forme de
nais) est une excroissance
du caïeu. On l'aptube qui se développe près
pelle ainsi, à cause desa forme grèle et conique.
(Planche IX, fig. Ire. a, et fig- n). Devenant
pourl'oignon, le fausset vità ses dépens,
parasite
Cette
nuit
sa
et altère
substance.
déperdition
conséquent à la formation des caieux, et en
pard diminue le nombre par-tout oùt il se rencontre.
Cette maladie fort heureusement se propage
très-peu; et dans un quartier de terre à Safran,
oû existent cent soixante boisseaux, à mille
oignons environ par boisseau, on rencontre au
plus cent oignons qui en soient attaqués. Il paroitque cette maladie dérive du taconé, etqu'elle
les oignons frappés de cette dern'attaque que Duhamel croit le fausset égalenière infirmité.
ment produit par le taconé.
est
CAUSE. Le fausset, dit cet observateur,
unes surabondance de séve qui occaproduit par
anévrismale.
sionne une espèce de tumeur
inconREMÈDE. Le seul moyen d'obvier à cet
vénient est P'extirpation de ce tube, si P'oignon
n'est point trop gâté. --- Page 219 ---
D'UN NATURALISTE I
LE TACON (Planche X,
pèce d'ulcère
fig. III.) Est une esqui attaque la partie bulbeuse de
T'oignon, et jamais ses enveloppes.
mois de mai esthumide,
Quand le
cette espèce de carie ou
putréfaction se développe et fait de plus
progrés, surtout dans les terres
rapides
rains secs etp pierreux,
glaises. Les tersujets. Le tacon
ou grouettes, y sont moins
ou bistre
s'annonce par une tache brune
qui se convertit bientôt en ulcère rongeur, lequel décomposant chaque jour,
corrosion, la substance de Foignon,
par
la circonférence au centre. Le
parvient de
taqué, décide de la mort
coeur une fois atdel'oignon. (No.12).
CAUSE. Il paroit que le tacon, ou
vient d'une surabondance d'humidité, taconé,proREMÈDE. Le seul cst l'amputation des
corrompucs. Onlaisse
parties
peut le replanter. deuciaerioigompuiton
La Rochefoucault veut qu'on plante à
tousleso oignons attaqués etrendus
part
que l'année suivante ils seront sains,assurant
guéris. Cette précaution
presque tous
la tendance à la
me paroit inutile, car si
corruption n'existe
des oignons restaurés
pas parmi
de cette
après avoir eu un principe
carie, à plus forte raison ne doit-on
craindre
point
l'épidémie au milieu
sains et
sous bien constitués.
d'oignons
K 4
o oignons attaqués etrendus
part
que l'année suivante ils seront sains,assurant
guéris. Cette précaution
presque tous
la tendance à la
me paroit inutile, car si
corruption n'existe
des oignons restaurés
pas parmi
de cette
après avoir eu un principe
carie, à plus forte raison ne doit-on
craindre
point
l'épidémie au milieu
sains et
sous bien constitués.
d'oignons
K 4 --- Page 220 ---
VOYAGES
LA MORT (PlanchelX,fig. III.) Se reconnois
à des symptômes incontestables; c'est une maladie contagieuse qui fait les plus grands ravages.
Jusqu'ici la cause n'en est point reconnue indulaabeelgndlkasaendes de Duhamel, que je
citerai plus bas. Cequ'ilya de certain, c'est que
passé la mi-mai, l'oignon an'estplus sousl'empire
de la mort; il ne la redoute qu'an moment du
développement du germe, c'est à dire depuis la
pousse des premières lignes jusqu'au premier
pouce; alors il est sauvé, plus de danger pour
lui: cependant, s'il en a été menacé, ilne donne
T'automne suivant qu'une fleur pâle, fréle, languissante; pourtant il produit ses caieux pour
Pannée suivante.
La mortfrappe; premièrementl la robe,elle perd
revêtir des habits de
alors sa couleur gaie pour
deuil; une couleur violet-noir est celle qui succèdc à la première d'un jaune cendré; elle hé
de
risse toutes côtes ou bandes transversales
pelits filamens apres, rouges, qui non seulement
attaquentles voisins,mais même traversentd'une
raie à l'autre. (Planche IX, fig. III, ad. aa).
La robe (bb) ou enveloppe étantdéjà détruite,
la mort est bientôt aux prises avec l'oignon
décompose, dont elle consomme à son
qu'elle
toute la substance. Son empire
funeste passage
pardes manques
ne s'annonce que tropsfrement --- Page 221 ---
-
DUN NATURALISTE
dans les terrains,d des
espaces dégarnis de verdure; car les feuilles, dès le principe de
maladie,
cette
jaunissent et se dessèchent les
mières, comme tirant leur entretien du prede l'oignon qui est déjà détérioré.
centre
désole tous ses
Bientôt il
tagion
voisins, et les infeçte de sa conde
mortifère, devenant le noyau et le
cette épidémie dévastatrice. Ilsuffit
foyer
oignon gâté
d'un seul
six et même huit pour ravager en un an au moins
de
pieds de diamètre. Les
cette épidémie ne s'arrêtent qu'à la progrès
du Safran, c'est à dire à son
pousse
pement végétatif; cette
premier dévelopLe soleil aussi
éruption lui rend la vie.
purifie ces oignons
ils
sont pas gâtés sans ressource.
quand
ne
Une remarque confirmée
prouve que toute terre à Safran par l'expérience
sur laquelle
rampc, avant les façons, de la vrille ou
liseron, annonce
petit
qu'il n'y a pas d'oignons de
morts; car la mort fait périr ces
qu'elle
plantes, tandis
n'attaque pas les ponceaux, > ou pavots'
rouges. (No. 13).
CAUSE. Elle n'est provoquée ni
ni mousse, ni plantes
par: insectes,
inconnue.
parasites : elle est encore
REMÈDE. Iln'est donc point d'autre
d'empêcher la progression des
moyen
mort, qu'en
ravages de la
interceptant toute communication
ons de
morts; car la mort fait périr ces
qu'elle
plantes, tandis
n'attaque pas les ponceaux, > ou pavots'
rouges. (No. 13).
CAUSE. Elle n'est provoquée ni
ni mousse, ni plantes
par: insectes,
inconnue.
parasites : elle est encore
REMÈDE. Iln'est donc point d'autre
d'empêcher la progression des
moyen
mort, qu'en
ravages de la
interceptant toute communication --- Page 222 ---
VOYAGES
circonvoisins par des tranchées
avec les oignons
terrain maudit la
cirenlaires, rejetant sur le
seule suffiroit pour
terre de ces tranchées, qui
étant déjà empreinte de ce
porter la désolation,
tel qu'au bout
vice préjudiciable et contagieux,
le
de quinze et même vingt ans, il produiroit
même effet sur des oignons sains qu'on viendroit
à planter dans le même terrain, primitivement
théâtre de la mort.
des
Ce qu'il y a de particulier, c'est que où il
de terre plantées dans un terrain
pommes avoit eu de la mort, ont été retirées pourries.
y La maladie ne vient donc point d'un corps
mais bien de l'influence commuétranger,
la désorganisation de
niquée à la terre par
l'oignon. Voyons ce qu'en dit Duhamel.
OBSERVATIONS. Duhamel a observé plusieurs
états différens d'après les progrès de cette épidémie. Les oignons du noyau, par exemple,
étoient totalement détruits; leurs envedit-il,
de
loppes d'un brun terreux ; une quantité
glanduleux d'un rouge obscur de la groscorps
le
de l'oignon réduit en
seur de fèves;
corps
la
substance terreuse 2 oùt lon ne voyoit que
trace des fibres de la bulbe.
moins
Les oignons de la circonférence les
attaqués de la maladie n'avoient d'autre marque
filets violets qui
de la contagion que quelques --- Page 223 ---
D'UN NATURALISTE.
traversoient les membranes de leurs
Quelques autres avoient sur leurs tégumens.
entre les lames qui les forment, tégumens On
quelques
glanduleux, et oni n'apercevoit surles
corps
de ces oignons
enveloppes
Les
que quelques taches violettes.
oignons qui étoient à la partic
c'est à dire entre le centre et la
moyenne, 2
endroits infectés
circonférencedes
de maladie;
2 étoient dans un état mitoyer
mais la terre étoit entièrement
versée par des filets violets
traaisés à rompre,
extrémemeutddiés et
Comme je ne trouvois ces
et ces filets violets
corps glanduleux
je
quedans les endroits infectés,
du soupçonnai qu'ils pouvoient être la
ou
moins l'efletde la maladie. Ces
cause,
leux ressemblent à de
corps glandusuperficie
petites truffes, mais leur
celle
est velue; leur grosseur n'excède
d'une noisette (planche VIII,
pas
ont l'odeur du
fig. IV) : ils
reux; les uns champignon, sont
avec R un retour teradhérens aux oiguons de
Safran, et les autres en sont
à trois
éloignés de deux
pouces.
Les filets sont ordinairement d'un fil fin et de
couleur violette, velus comme les
corps
-
leux;
glanduquelques uns s'étendent d'une
à
T'antre, d'qutres vont
glande
des
s'insérerentreles tégumens
oignons, se partagent en plusieurs ramifica.
tions, et pénètrent jusqu'au corps de la bulbe,
fran, et les autres en sont
à trois
éloignés de deux
pouces.
Les filets sont ordinairement d'un fil fin et de
couleur violette, velus comme les
corps
-
leux;
glanduquelques uns s'étendent d'une
à
T'antre, d'qutres vont
glande
des
s'insérerentreles tégumens
oignons, se partagent en plusieurs ramifica.
tions, et pénètrent jusqu'au corps de la bulbe, --- Page 224 ---
VOYAGES
sensiblement y entrer. Ils forment
sans paroitre
d'anastomoses et
dans cette route une infinité
dedivisions, et sont parsemés de petit noeuds ou
qui ne paroissent être autre chose
ganglions, amas de laine qui recouvreles corps glanqu'un
duleux et les filets.
continue
Ces observations m'ont fait penser,
tubercules sontdes plantes paDuhamel, queles nourrissent de la substance de
rasites qui se
les truffes, se multl'oignon, et qui, comme
dans Pintérieur de Ia terre, sans se mon
plient
trer à la superficie.
de truffe se
Il paroit certain que cette espèce
de
du Safran, puisnourrit aux dépens Poignon
ses enveloppes, et s'atque ses racines pénètrent substance qui dépérit à protachent à sa propre
racines font sur
portion du progrès que ces
Toignon. Si lon joint à ceci une, autre observation,
cette maladie fait presque tous ses
qui est, que
les trois mois du printems, je
progrès pendant
ne crois pas qu'on puisse douter que cette plante
parasite (*)n'en soitl la véritable cause, puisque
c'est en cette saison que les racines végétent et
s'étendent le plus. Pour m'assurerde ce fait,jai
(*) Cette plante parasite est aujourd'hui très-bien
Bulliard, histoire des champignons,
connue. Voyez --- Page 225 ---
D'UN NATURALISTE
planté quelques tubercules de la mort dans des
pots ouj'avois planté dela terre saine deso
de différentes
oignons
fleurs; en un an de tems, ces tubercules se sont multipliés dans ces pots, et ont
attaqué les oignons que j'y avois plantés. J'ai
depuis ce tems-là trouvé cette même plante
rasite qui faisoitler même
pade
dommageà des hiëbles,
l'arrête-boeuf, à des plants d'asperges,etc..
Cette petite truffe se nourrit, comme on le
voit, de plusieurs plantes d'espèces fort différentes. Elle n'attaque point les plantes annuelles,
ni celles qui n'ont leurs racines qu'à la
ficie de la terre. Mais, d'un autre
superobservations
côté, mes
détruisent tout le merveilleux de la
maladie dont il est question : il est naturel
cette plante parasite s'étende circulairement que
page 8r. Cest la sclerote des Safrans de Persoon,
synopsie 119.
Cette plante parasite, dit Bulliard, est la
des espèces de ce genre; c'est aussi la seule plus qui ait petite de
véritables racines : elle s'attache particulièrement
bulbes du Safran cultivé dont elle s'approprie la subs- aux
tance, et qu'elle fait périr promptement : aussi est-elle
connue des Cultivateurs sous le nom de mort du
Ily en a de diverses grosseurs. Leur chair est Safran.
rouge en dedans comme en dehors, et la ferme, chair
paroit formée de petites écailles
vrement, ainsi qu'on le voit placées en recougrossie par la loupe,
planc. IX, fig. IV,
particulièrement
bulbes du Safran cultivé dont elle s'approprie la subs- aux
tance, et qu'elle fait périr promptement : aussi est-elle
connue des Cultivateurs sous le nom de mort du
Ily en a de diverses grosseurs. Leur chair est Safran.
rouge en dedans comme en dehors, et la ferme, chair
paroit formée de petites écailles
vrement, ainsi qu'on le voit placées en recougrossie par la loupe,
planc. IX, fig. IV, --- Page 226 ---
a
VOYAGES
des
malades, puis qu'elle fait
autour
oignons
Palongement de ses racines, et
ses progrès par
tubercules. Si
par la production de nouveaux
malade, ou une pellée de terre
un oignon
c'est
établit la maladie dans un champ sain,
transporte en même tems la plante
qu'on y
ainsi dire,
contagieuse : tout cela se passe, pour
cette
ne se manifeste
en secret, puisque
plante
point au dehors. On parvient à arrêter ses
progrès par une tranchée, parce qu'on empêche
les racines meurtrières de s'étendre; et c'est en
eflet le seul moyen que Pon puisse employer
empêcher que cette maladie mortelle ne
pour
gagne tout un champ de Safran.
PROPRIÉTÉS DU SAFRAN.
LE SAFRAN CONSIDÉRÉ SOUS LE RAPPORT DE
LA MÉDECINE, des vertus en grand nombre;
il est,
Béchique, hystérique, diaphorétique, cordial, céphalique, ophtalmique, stomachique,
carminatif, détersif, résolutif et assoupissant, etc.
Nous allons P'examiner snécinctement sur
à un très-haut
toutes ces qualités, qu'il possède
degré.
COMME BÉCHIQUE. C'est un bon expectorant,
dans l'asthme humide et
et recommandable --- Page 227 ---
D'UN NATURALISTE.
convulsif, ainsi que dans les embarras du 159
mon. Rivière ordonne avec succès
poutiques un scrupule de Safran
aux asthmaJayé dans du
en poudre dévin; et Boyle, dans la méme
maladie, le prescrit en poudre ou en
la dose de 8 à IO
pilules, à
de
grains, avec un peu de
violette, le soir en se couchant.
sirop
Infusé dans du lait, on le donne aveca
en petite dose dans les affections du avantage
s'il n'y a point complication
poumon,
crachement de
d'hémoptysie ou
sang; car il exciteroit certainement une hémorragie pernicieuse
vertu irritante et ses principes
3 par sa
huileux,
volatils, àcres,
le
aromatiques et salins, qui enflamment
sang, liquéfiant les humeurs, échauffent
et l'autre, et les rendent acrimonieux. l'un
cette vertu contraire en ce
C'est
cas, qui le rend :
secommandabiledansles suppressions des
surtout en le combinant avec des
règles,
de Mars.
préparations
COMME HYSTÉRIQUE ET
meti infuser une pincée dans ENNÉNAGOGUE, les
On en
nagogues
liqueurs emmé-
> bouillons ou boissons
infusions
ordinaires,
théiformes, contre la
ou
rose. Il provoque donc
jaunisse chloretardées
puissamment les règles
ou suspendues 2 ou coulant
lentement.
trop
Lorsque les lochies vont mal, on l'administre
Mars.
préparations
COMME HYSTÉRIQUE ET
meti infuser une pincée dans ENNÉNAGOGUE, les
On en
nagogues
liqueurs emmé-
> bouillons ou boissons
infusions
ordinaires,
théiformes, contre la
ou
rose. Il provoque donc
jaunisse chloretardées
puissamment les règles
ou suspendues 2 ou coulant
lentement.
trop
Lorsque les lochies vont mal, on l'administre --- Page 228 ---
VOYAGES
1Go
également, il enlèvelac cause de ce retard,comme
et calme en même tems tous les acapéritif, cidens à craindre, comme nervin.
Dans les maladies
COMME DIAPHORÉTIQUE.
est besoin de
hypocondriaques 3 et lorsqu'il
à la peau, comme dans les fiévres éruppousser malignes, la petite vérole, la rougeole,
tives,
miliaires, lorsque T'éruption a peine
les fièvres
a affection
à se faire, que la tête se prend, qu'ily
le
cérébrale, et coma, alors on ler mêle avec
camphre, et il devientsudorifique.
mélé à
On Tordonne comme diaphorétique,
la squine, dans la goutte et les rhumatismes.
COMME CORDIAL ET ALEXITERE. Onl'emploie
d'avantage dans les maladies
avec beaucoup
pestilentielles et putrides. (No, 14).
du
Dans les affections
COMME CÉPHALIQUE. des maladies du genre
cerveau, et la plupart
de mouvemens
nerveux qui sont accompagnées
anodin.
convulsifs, contre lesquelsilagito commea
OPHTALNIQUE. On méle sa teinture
COMME
dans lés collyres
à Peau de rose et de plantain
préserver les yeux des influences
preserits, pour
ainsi que de la
funestes de la petite vérole,
chassie. On le mêle à des huiles douces, pour faireun
liniment dont on frotte les yeux dans la pelite
afin de les conserver. Un
vérole confluente,
certain --- Page 229 ---
D'UN NATURALISTE
certain praticien heureux le faisoit
16r
de la crême
infuser dans
jusqu'à ce qu'elle: ait pris la
et en frottoit le visage dans la
teinture,
empécher qu'elle ne cavât petite vérole pour
trop.
COMME STONACHIQUE. Le Safran
de l'élixir de
est la base
les estomacs froids, garus, puissant remède pour
seux. Danslesc
foibles, 2 délicats et paresla dose est d'une coliques venteuses et indigestions,
autant d'eau.
cuillerée mélée avec deux fois
Il est à observer
que ce remède échauffant
prodigieusement, il faut savoir en modérer
l'usage. Le Safran est
scuba
également la base
2 liqueur stomachique.
du
COMME HÉPATIQUE. Le Safran est
avec succès pour. lever les obstructions ordonné
COMME
du foie.
CARMINATIF, Il pousse
flatuosités.
puissamment les
CoxME DÉTERSIF, On l'emploie dans les
garismes résolutifs, lorsque les effets de
garnancie sont lents, ou
T'esquiamygdales; alors
qu'il y a obstruction aux
avec le safran, le ces gargarismes se préparent
lait, les figues
véronique mâle, la brunelle etla grasses 5 la
Pour l'extinction de voix pervenche.
succès le reméde suivant
on prescrit avec
de Safran, faites
: Prenez une pincée
bouillir dans un poisson de
TOME I,
L
ets de
garnancie sont lents, ou
T'esquiamygdales; alors
qu'il y a obstruction aux
avec le safran, le ces gargarismes se préparent
lait, les figues
véronique mâle, la brunelle etla grasses 5 la
Pour l'extinction de voix pervenche.
succès le reméde suivant
on prescrit avec
de Safran, faites
: Prenez une pincée
bouillir dans un poisson de
TOME I,
L --- Page 230 ---
VOYAGES
au malade, le plus
lait, et le faites prendre
chaud possible.
RÉSOLUTIF ET ANODIN. On P'emploie
COMME
Vinflammation des
lorsqu'il s'agit d'apaiser
dans
tumeurs, de la goutte et des rhumatismes, de lait
de mie de pain et
qu'on
les cataplasmes
mais à plus forte dose, lorsordonne à ce sujet;
dures et
s'agit de résoudre des tumeurs
qu'il
squirreuses.
Le Safran, reENFIN COMME ASSOUPISSANT. n'est qu'anoconnu narcotique par expérience, dose; et ce qu'il
din et assoupissant pris à petite estimé comme
de
c'est qu'il est
y a particulier, correctif de Popium. Pris ert trop
le meilleur
à la dose de trois gros, par
grande quantité,
de tête, ensuite
exemple, il cause la pesanteur
puis des ris immodérés et convulsifs
le sommeil,
qui se terminent par la mort.
habituel, quoique d'une
NoTA. Son usage
très-amère, le rend moins pernicieux;
saveur Polonais dans leurs alimens en mettent
car les
aucun réjusqu'à une once, sans en éprouver est pour
facheux. Le Safran, en un mot,
sultat
est pour les Turcs,.
les Polonais ce que l'opium
de le
graduellement arrivent au point
qui
prendre impunément.
contractée, en user
-
On peut, sans habitude --- Page 231 ---
D'UN NATURALISTE
quelquefois sans danger à la dose d'un
jusqu'à un scrupule et demi,
scrupule
ly a des pays où on le méle
en Italie, on en met dans la
avec le pain :
les ragoûts. On
soupe et dans tous
dans ce
pourroit cependant s'en abstenir
utile
pays chaud, où son usage n'est
comme dans les pays froids.
point
On tire, par des procédés
ture et l'extrait de Safran climiques, la teinmédecins
; mais beaucoup de
ou en
préferent son usage en substance
infusion, à ces
d'ailleurs sont moins préparations de l'art qui
les campagnes,
faciles à se procurer dans
On demandera
sagement
peut-être pourquoi le Safran
administré, est
et pourquoi à forte dose nervin,anti-comalif, il
sions, et devient si funeste? excite des convul-:
tionnaine raisonné
L'auteur du Diccale offre la
et universel de matière médisolution de ce problême. C'est
apparemment, dit-il, qu'à dose
couler modérément
modérée il fait
forte dose, il
l'esprit animal; au lieu qu'à
esprits.
occasionne un flux immodéré des
Les stigmates de Safran, dit M.
pandent une odeur
Vogel, rémeil,
suave, provoquent le somà la joie. égayentlespeit, Schulz,
et excitent les jeunes gens
niment les
prael. in disp. br. 236. Ils raesprits, suivant M, Pringle, Trans.
L 2
érément
modérée il fait
forte dose, il
l'esprit animal; au lieu qu'à
esprits.
occasionne un flux immodéré des
Les stigmates de Safran, dit M.
pandent une odeur
Vogel, rémeil,
suave, provoquent le somà la joie. égayentlespeit, Schulz,
et excitent les jeunes gens
niment les
prael. in disp. br. 236. Ils raesprits, suivant M, Pringle, Trans.
L 2 --- Page 232 ---
VOYAGES
résistent fortement à la putréfaction :
philos.; et
les douleurs
ils rendent Purine rouge, apaisent
des
procurent l'écoulement
et les convulsions;
modèrent la
favorisent Taccouchement,
règles, 2 mais il faut éviter de les prescrire à trop
toux;
ils deviennent un poison. On a des
forte dose,
leurs mauvais effets;
abservations qui prouvent Prax. adm., lib. III,
dans Zacut de Portugal,
observ. 30,
observ. 144; dans Borell., lib. IV,
dans Stenzel., de Anod. virt. ven. S. XXXIV.
55;
Comm. Norimb. 1735, pag. 220 7
On lit in
de Salran avalée avoit
qu'une cuillerée entière
énorme, et avoit
occasionné un vomissement
considérable
fait rendre ensuite une quantité
Amatus de Portugal, curat. med.,
de vers.
crocolog-, ont
cent. V, pag. 71, et Hertodt,
le Safran communiquoit sa couleur
observé que
brutes. Réduit en
aux fétus des hommes et des
des
et répandu sur les excoriations
poudre,
suivant Baeumler.
enfans, il les guérit,
découvert
le
C'est dans ce siècle qu'on a
que
contenoit une huile éthérée ? mais en
Safran
petite quantité.
entre dans la théLe Safran, dit Chomel,
dans Pélixir de propriété de paracelse,
riaque,
dans les tablettes de
dans Pélixir de garus, 2
d'hiarSafran de mars composées 2 la poudre
la confection d'hyacinthe,
rbodon, le mithridat, --- Page 233 ---
D'UN NATURALISTE
T'hiéraprica de Galien, les
phre, les pillules
trochisques de camla
dorées, et dans les
pour gonorrhée de Charas.
pillules
LE SAFRAN CONSIDÉRÉ
SOUS LE RAPPORT
DESARTS.
PROPRE AUX AMIDONNIERS. On peut faire
très-bel amidon avec
de
le
l'oignon de
prix en seroit trop cher
la Salran; mais
gnons qu'on seroit
par quantité d'oiobligé de se
cette manipulation à laquelle il procurer pour
de renoncer.
est plus sage
PROPRE AUX PEINTRES ET TEINTURIERS.
stigmates de Safran fournissent
Les
ture, mais
une belle teindispendieuse et diflicile à fixer. Les
peintres et architectes T'emploient
des plans etl'aquarelle.
pour le lavis
PROPRE AUX CONFISEURS ET DANS LES
Il entre dans les crêmes, les
OFFICES.
pastilles,
gaufres, les biscuits,
conserves, scubac, etc.
Sous LE RAPPORT DE L'INTÉRÉT
L'INTÉRET
PUBLIC ET DE
PARTICULIER, la culture du Safran est
également importante.
Sous LE RAPPORT DE L'INTÉRET PUBLIC.
qu'elle fournit une branche de
Parce
étendue, dont
commerce assez
l'objet est entièrement
tation. Il se consomme en France d'exporau plus la
L 3
les
OFFICES.
pastilles,
gaufres, les biscuits,
conserves, scubac, etc.
Sous LE RAPPORT DE L'INTÉRÉT
L'INTÉRET
PUBLIC ET DE
PARTICULIER, la culture du Safran est
également importante.
Sous LE RAPPORT DE L'INTÉRET PUBLIC.
qu'elle fournit une branche de
Parce
étendue, dont
commerce assez
l'objet est entièrement
tation. Il se consomme en France d'exporau plus la
L 3 --- Page 234 ---
VOYAGES
millième partie du Safran qui s'y récolte aux
usages indiqués plus haut.
Sous LE RAPPORT DE L'INTÉRET PARTICULIER.
Parce qu'elle est extrémèment avantageuse pour
locataire du
le cultivateur et le propriétaire
terrain, ainsi qu'on le voit d'après le tableau
suivant.
succède ordinairement dans le
Au Safran
Gatinais le sainfoin. Ce gramen, trouvant une
terre meuble préparée par de fréquens et profonds labours, pousse des racines étendues qui
en trois ou quatre années non seulement lui
rendent, mais même accroissent sa fécondité
l'engrais qu'clles procurent; au point qu'on
par
trois moissons de blé conséy récolte jusqu'à
Ainsi
cutives, sans repos et sans autre engrais.
de terre consacrée à cette culture
une pièce
abonproduit en neuf ou dix ans trois récoltes
dantes en blé, trois ou quatre récoltes de sainmoins
à trois récoltes de
foin, au
équivalentes
blé de mars, et en outre trois récoltes de Safran,
de manière que les récoltes de Safran sont tout
T'excédant du produit net.
FRAIS DE CULTURE D'UN ARPENT DE TERRE
A SAFRAN PENDANT TROIS ANS.
L'arpent de terre à Safran loué Pun dans
Pautre 80*, 2 au lieu de 12# environ pour cul- --- Page 235 ---
D'UN NATURALISTE
ture ordinaire, est payé,
pour trois années de
jouissance . .
Ilfutpourl le plantage 640 boisseaux 240 #
d'oignons, qui font 160 mines, à
souslel boisseau
vingt
contenantenviron: mille
oignons . e
Contribution à 9 tt par arpent lun
dans l'autre .
Frais de cueillette et
d'épluchage, à
supposerqu'on: aitbesoin dejournaliers,
pour cinquante-cing livres de Safran en
trois ans, à quarante sous la livre
.
IIO
Totaldesd débourséspour troisannées
de récolte .
I0I7 t
PRODUIT DE TROIS RÉCOLTES DE SAFRAN.
La première récolte donnant
environ.
5 tb
La
La arenaseopmelainegense 25
Btrcisinsypredaitmiyes, 25
Font..
55 ib
Les
cinquante-cing livres de Safran
sec, l'une dans l'autre à
5ot, font.. 2750 #t
Voilà lc fonds de la terre
pour le safranier
triplé en une année
propriétaire, On voit, d'après
L 4
ÉCOLTES DE SAFRAN.
La première récolte donnant
environ.
5 tb
La
La arenaseopmelainegense 25
Btrcisinsypredaitmiyes, 25
Font..
55 ib
Les
cinquante-cing livres de Safran
sec, l'une dans l'autre à
5ot, font.. 2750 #t
Voilà lc fonds de la terre
pour le safranier
triplé en une année
propriétaire, On voit, d'après
L 4 --- Page 236 ---
are a VOYAGES
n'est point d'exploitation dont
cet exposé, qu'il
à celle du
le bénéfice puisse être comparé.à
Safran. Le propriétaire locataire des terrains
qui sont propres à cette culture, participe aussi
qui en résultent; caril les estime
aux avantages huitfois aussi chers ques'ils étoient
généralement
en culture ordinaire. --- Page 237 ---
D'UN NATURALISTE
NOTES.
(No. I) Las graines contenues dans
M. Delataille- -
l'ovaire, dit
dans le
Desessarts, ne mûrissent point assez
Gatinais; c'est pourquoi on en
Ia
colte pour la multiplication de
néglige réqu'on la régénère au moyen des l'espèce, caieux dont d'autant plus
loppement est plus
le dévesensible, et Taccroissement
prompt. Cependant, si l'on veut par disette
plus
avoir recours à ce moyen, on laisse une d'oignons
champ de Safran sans en cueillir la
partie du
mois après sa
fleur, et deux
dessous de Tovaire, défloraison, on coupe le pédicule au
qui forme une capsule
qui renferme le fruit. On la fait sécher triangulaire
la semer ensuite. On arrache les
au soleil pour
cette graine trente mois après oignons provenus de
ils rapportent
qu'ils ont ét6 semés, et
presque toujours la même année.
(No, 2) Le seul engrais convenable aux
ainsi que l'observe M,
safranières,
marc de raisin que l'on, étend Delataille-Dessarts, sur. le
c'est le
le premier labour. On
sol, un mois avant
préserve l'oignon de prétend que cette sorte d'engrais
moins
ses maladies habituelles, ou du
qu'il en devient le palliatif. Cest à tort
même observateur dit que les terres à blé et que ce
la vigne vient d'être
celles où
nables aux
arrachée, ne sont pas trop conveplantations de Safran; puisque rien n'est
, étend Delataille-Dessarts, sur. le
c'est le
le premier labour. On
sol, un mois avant
préserve l'oignon de prétend que cette sorte d'engrais
moins
ses maladies habituelles, ou du
qu'il en devient le palliatif. Cest à tort
même observateur dit que les terres à blé et que ce
la vigne vient d'être
celles où
nables aux
arrachée, ne sont pas trop conveplantations de Safran; puisque rien n'est --- Page 238 ---
VOYAGES
recevoir cette plante bulbeuse qu'un
plus propre à
de chenevis.
arrachis de vignes ou
les fleurs et
(No. 5) Plus on plante creux, et plus moins la gelée
les tiges sont belles et vigoureuses, et le froid
le
sur les oignons. Il faut que
passe
a d'empire
qu'il gèle à sept pouces de prodixième degré, pour
être défavofondeur. Les faux dégels seuls peuvent entre deux
rables aux oignons en ce qu'en les plaçant de tems.
glaces, ils se fendent et pourrissent en peu
gèlent plutôt que les nouveaux,
Les vieux oignons
de leurs caieux supérieurs
parce que la proéminence
les rehaussent par an
el reffortànmuel de la végétation bientôt presqu'à la
de huit à neuflignes, et les portent
superficie de la terre.
on
(No, 4) Le sol préparé à recevoir les oignons,
les dérobe et on les expose au soleil pendant quelques et les
Thumidité superficielle,
jours, pour en absorber!
de jaillet.
planter ensuite dès le commencement
Le recoulage, façon qui se donne au com-
(No. 5)
est destiné à enlever les
mencement de septembre,
d'un terns bien
berbes; c'est pourquoi il faut profiter tems humide,
cette opération 3 car, par un
sec pour
la Aleur de sortir.
il se fait des mottes qui empéchent
donnent une
Les safraniers les plus expérimentés le terrain en
versla mi-août. Ils disposent
autre façon
de hauteur exposés
billons de quatre à cinq pouces rabattent. Outre que la
au midi, et après un mois les
des influences
elle reçoit
terre est plus ameublie, communique ensuite par
bénignes du soleil, qu'elle
renferme en son
intus-susception aux oignons qu'elle de Thumidité consein, et les dégage par sa porosité funeste aux oignons.
traire, dont la concentration est
la mi-août. Ils disposent
autre façon
de hauteur exposés
billons de quatre à cinq pouces rabattent. Outre que la
au midi, et après un mois les
des influences
elle reçoit
terre est plus ameublie, communique ensuite par
bénignes du soleil, qu'elle
renferme en son
intus-susception aux oignons qu'elle de Thumidité consein, et les dégage par sa porosité funeste aux oignons.
traire, dont la concentration est --- Page 239 ---
- 0
D'UN NATURALISTE
(No,6) L'opération du plantage
I7I
six jours par
peut se faire en
arpent, avec deux
I2 oignons pour meubler
personnes. Il faut
145,200 oignons
un pied carré; ; ce qui fait
ce qui fait environ par quartier, et 580,800 par
1260 oignons
arpent;
seau, et 5040 par mine. On
épluchés par boisun quartier, et I16
emploie 29 mines pour
pour un arpent.
(No, 7) La supériorité des fleurs du
Gatinais, sur celles de la
Safran du
portions de 8 à IO, c'est Beauce, à dire sont dans les pro8000 flèches par livre de Safran que l'on comptera
et I0OO flèches de Safran
vert du Gatinais,
quantité.
de Beauce pour égale
(No. 8) Les taupes ne mangent
les
mais pratiquent des
pas
oignons,
très-friands.
passages aux mulots qui en sont
La diminution du gibier est bien favorable
safraniers, qui n'ont plus alors besoin de
aux
terrain. Il falloit
clorre leur
soixante-quinze bottes de
par : d'arpent de terre, ce qui fait trois charniers
pour un arpent. Le charnier vaut de
cents bottes
francs les vingt-cinq
dix-huit à vingt
bottes, ce qui fait deux
quarante francs pour entourer un
centoutre douze journées d'un homme arpent de Safran,
planter le charnier.
pour appointer et
Les petits
sont aussi des scolopendres 9 ou bétes à mille pieds,
animaux
particulièrement
dévastateurs, et s'atlachent
aux racines de Toignon.
(No.9) Il faut à peu près huit
arpent de Safran. On doit leur
éplucheurs par
point travailler ayant les
recommander de ne
tile qu'ils jettent
pieds dans le déchet inuordinairement sous la table, autre-
le charnier.
pour appointer et
Les petits
sont aussi des scolopendres 9 ou bétes à mille pieds,
animaux
particulièrement
dévastateurs, et s'atlachent
aux racines de Toignon.
(No.9) Il faut à peu près huit
arpent de Safran. On doit leur
éplucheurs par
point travailler ayant les
recommander de ne
tile qu'ils jettent
pieds dans le déchet inuordinairement sous la table, autre- --- Page 240 ---
VOYAGES
ment ils sont attaqués d'enflure. C'est ainsi qu'il
arrive aux emballeurs par la poussière des étamines.
Il faut éviter d'éplucher le Safran recueilli par
un tems de pluie, car il fait des flèches une pâte
qui en détériore la qualité.
(No. IO) Lorsque le dessus du Safran blanchit,
étant sur le tamis, c'est qu'il est assez sec d'un côté;
alors on le retourne. Quand il se brise au toucher,
c'est preuve que la dessication est parfaite. On le
met alors hors de T'humidité entre deux papiers, 2
êt non du linge qui la conserve.
Certains paysans mettent quelques gouttes d'huile
dans leur boite, et le remuent ; cela lui donne un
vif, mais lui ôte de son parfum et de
rouge plus
de la dessication doit être
son velouté. L'opération
lente. Il faut éviter la fumée et un trop grand feu.
Trois quarts d'heure suffisent pour sécher une livrede
vert; il faut deux poiuçons de charbon pour faire
sécher cent livres de Safran.
La vapeur concentrée fait enfler les yeux.
(No. II) Le Safran d'Asie, surtout celui du
Mont-Liban, rivalise seul le Safran du Gatinais,
réputé le meilleur de tous 2 soit par les soins de sa
culture soit par la qualité identique du terrain.
Viennent s après les Safrans de Portugal, d'Espagne,
d'Italie, du Comtat d'Avignon, du Languedoc et du
Quercy; enfin le dernier, pour la qualité, est celui
de Normandie.
Lorsqu'il s'agit d'emballer le Safran pour le faire
à T'Etranger, on doit observer que plus il-est
pressé passer. dans les sacs, , et moins il est susceptible de
tous 2 soit par les soins de sa
culture soit par la qualité identique du terrain.
Viennent s après les Safrans de Portugal, d'Espagne,
d'Italie, du Comtat d'Avignon, du Languedoc et du
Quercy; enfin le dernier, pour la qualité, est celui
de Normandie.
Lorsqu'il s'agit d'emballer le Safran pour le faire
à T'Etranger, on doit observer que plus il-est
pressé passer. dans les sacs, , et moins il est susceptible de --- Page 241 ---
D'UN NATURALISTE
s'évaporèr. D'autres le mettent dans des
clos et enduits extérietrement
barils bien
de
Le Safran expédié pour les goudron,
recouvroit d'huile dans des boîtes Grandes - Indes, se
de
tenant on l'emballe dans des
fer-blanc; mainchêne,
caisses de bois de
rieurement hermétiquement d'un
rejointes, et garnies intédouble papier qui retient Thumidité
ambiante, et attire celle superflue
cette caisse dans une
; puis on met
autre, et le Safran
son parfum, et est alors recherché des arrive avec
On payeaux commissionnaires
Indiens.
pour le double
vingt-quatre francs,
quintal.
emballage en toile, d'un ballot d'un
Plus deux : pour Tos de
-
les frais de
commission, outre
transport et les droits d'exportation.
Souvent les marchands de Safran le
avec du carthame (1). Le carthame sophistiquent
chardon par les caractères
diffère du
distinctifs
une espèce de chardon à fleurs
suivans : c'est
chaque est
flosculeuses, dont
trois
semblable, 2 et porte un style divisé en
flèches, qui ne différent des
du
qu'en ce qu'elles ne sont
stigmates Safran
blanc, qu'elles sont
pas portées par un filet
aplaties et
plus petites, plus courtes, moins
sans odeur. (Planche XI,
On le
fig. III).
sophistique aussi en faisant
flèches et du sablon fin
bouillir des
qui se colle et adhère aux
(1) Le carthame oflieinal; carthamus
Carthamus foliis ovatis
tinctorius, Linnée,
Dict. No, 1. Gars. Vol. integris serrato - aculeatis. Lin. Mill.
flore croceo. 7 Tourn. 457. Cnicus 5, t. 75. Carthamus oflicinarum
narum. Banh. Pin. 578.
sativus S. Carthamus officiRaj. Hist. 302. No, 1. Cnicus Carthamus sive cnicus. J. B. 5,79
Cnicus S. Carthamus, Dod. vulgaris. Clus. Hist.2, p-152.
yulgairement lc Safran
Pempt. 362. Lob. Ic,
batard, (Pl. XI.).
2,D.19;
, t. 75. Carthamus oflicinarum
narum. Banh. Pin. 578.
sativus S. Carthamus officiRaj. Hist. 302. No, 1. Cnicus Carthamus sive cnicus. J. B. 5,79
Cnicus S. Carthamus, Dod. vulgaris. Clus. Hist.2, p-152.
yulgairement lc Safran
Pempt. 362. Lob. Ic,
batard, (Pl. XI.).
2,D.19; --- Page 242 ---
VOYAGES
s'en détache à mesure qu'il se
fleurs, mais qui
dessèche.
méler du fildela même
Une autre manière est d'y
est facile à reconcouleur, mais cette sophistication
la souplesse des brins, comparstivement
noître par
des véritables flèches. Les frauà l'état de friabilité
avec un peu de vermillon
deurs. le ressassent encore frande est punie des galères.
dans un sac, mais cette
le tacon, et ne pas
(No. 12) Il faut extraire
en sont infectés.
s'exposer à planter des caieux qui du tacon, en les
souvent les oignons
On guérit
jours dans du marc de
mettant pendant quelques Thumidité superflue.
raisin sec qui en pompe parle de Temporte-pièce
M. Delataille-Desesatte, de deux cilyndres mobiles
des jardiniers, composé les oignons taconés, mais
enlever
et rentrans, 9 pour
ne pas couper les
il faut tant de précautions pour
cette pratique
oignons latéraux et circonvoisins que des journaliers
êlre mise en usage que par
ne peut
adroits et intelligens.
de la mort, comme
(No, 15) L'oignon frappé
déM. Delataille-Desesarts,
Yobserve avec justice et converti en déliquium
composé à son centre,
pétri d'une
infect et visqueux, est ordinairement couleur rousse.
terre glatte et grasse qui prend sa
adhérens aux oignons frappés
Les corps glanduleux
velus et d'une
de la mort, sont durs, compactes, substance- est composée
couleur pourpre foncé. Leur ont le tissu et la contexde petits poils serrés, et qui
ture de Tétoffe du chapeau. la mort en ce que c'est une
Le tacon diffère de
et que les oignons
carie sèche que fuyent les insectes,
ousse.
terre glatte et grasse qui prend sa
adhérens aux oignons frappés
Les corps glanduleux
velus et d'une
de la mort, sont durs, compactes, substance- est composée
couleur pourpre foncé. Leur ont le tissu et la contexde petits poils serrés, et qui
ture de Tétoffe du chapeau. la mort en ce que c'est une
Le tacon diffère de
et que les oignons
carie sèche que fuyent les insectes, --- Page 243 ---
D'UN
en
NATURALISTE
qui meurent sont altaqués d'une
moulure ou poudre assez
espèce de verrobe de Toignon
grossière, aul lieu que la
plus en son sein frappé de la mort ne renferme
très-humide,
qu'une décomposition bulbeuse
visqueuse,infecte,
M. Delataille-Desesart
etremplie d'insectes.
avoir découvert
la
observe à tort qu'il croit
occasionnée
que
maladie de la mort étoit
trouve dans par un principe de putréfaction
quelques veines de
qui se
profondeur. Les raisons
teire; et à certaine
qu'il
plus on enterre ces oignons, allègue sont, I°, que
maladie; 20, que des
plus ils sont sujets à la
prise dans un endroit oi oignons mis dans de la terre
la gagnent pas si I'on a eu régnoit soin de cette maladie, ne
terre au soleil pendant
faire sécher celte
périssent bientôt sans cette quelques jours, et qu'ils y
l'influence de Thumidité
précaution, preuve de
Il s'ensuit de là
superflue, et non de la terre;
que l'influence
aux oignons de Safran, de la aqueuse si funeste
moins humide d'une année
température plus ou
pelée la mort; et
dépend la maladie apdité à une certaine que l'oignon trouve plus d'humiqui est bientôt desséchée profondeur qu'à la superficie
que Thumidité reste
par l'air et le soleil, tandis.
moyenne, qui est le permanente à la profondeur
séjour des
30, Ajoute M. Delataille, oignons.
naux où on enterre le Safran à dans les pays méridiocette maladie
moins de
y est à peine
profondeur,
ravages que dans les terres connue, et ny fait des
(donc que c'est Thumidité naturellement humides
de profondeur,
permanente à six pouces
qui végètent et fleurissent expérience confirmée par les oignons
sur des cheminées sans le
profondeur
séjour des
30, Ajoute M. Delataille, oignons.
naux où on enterre le Safran à dans les pays méridiocette maladie
moins de
y est à peine
profondeur,
ravages que dans les terres connue, et ny fait des
(donc que c'est Thumidité naturellement humides
de profondeur,
permanente à six pouces
qui végètent et fleurissent expérience confirmée par les oignons
sur des cheminées sans le --- Page 244 ---
VOYAGES
arrosement ni de terre), il n'est donc
secours d'aucun
d'une
besoin à la terre que de garantir l'oignon
seulement autour
sécheresse infertile, en entretenant
existe
de fraicheur. La comparaison
de lui u peu
années sèches.
dans les années pluvieuses et les
Une
encore de l'induction de mon assertion,
preuve doit
attribuer cette maladie à des
c'est qu'on ne
pas
veines de terre ;c'est que, d'après M. Delataille, S.III,
52, les oignons de Safran étant un peu séchés
page
enlever les principes de putréfaction
et essuyés pour
et étant ensuite
dont ils pourroient être couverts,
avec des oignons sains, ils ne leur commuplantés
niquent point la maladie.
terre infectée de mort, dont on aura
4°. Qu'une
soin les corps glanduleux 2
ôté avec le plus grand
des oignons sans
et dans laquelle on aura planté
la maladie,
l'avoir fait sécher, leur communiquera
découvrir aucune trace de ces corps
sans pourtant
tubéroides ou
glanduleux, etc.; que ces prétendues
adhérentes aux côtés de loignon, >
truffes sont toujours
n'en découvre aucune au
aui dessous, et que lon
dessus.
des années
Ces corps glanduleux se conservent
il
entières en terre, sains et sans se décomposer 5
mémeque les insectes ne les recherchent pas.
paroit
de la mort nourrissent deux
Les oignons altaqués
d'artison ou ver dessiespèces d'insectes; une espèce
de
cateur et de petits scolopendres. Les. premiers,
d'un grain de blé, sont d'un blanc transla grosseur
une couleur pourpre
parent Thiver, et acquièrent
Tété. Leur tête, armée de deux cornes; 2 a toujours
couleur. Leur corps est armé de six pattes. Ils
cette
déposent
de la mort nourrissent deux
Les oignons altaqués
d'artison ou ver dessiespèces d'insectes; une espèce
de
cateur et de petits scolopendres. Les. premiers,
d'un grain de blé, sont d'un blanc transla grosseur
une couleur pourpre
parent Thiver, et acquièrent
Tété. Leur tête, armée de deux cornes; 2 a toujours
couleur. Leur corps est armé de six pattes. Ils
cette
déposent --- Page 245 ---
a
D'UN NATURALISTE
déposent leurs ceufs en nombre infini
rieur de l'oignon malade.
dans l'intéde mars, et les
Ces ceufs éclosent au mois
l'oignon
petits qui en sortent, vivent de
putréfié dont ils
Ils passent ensuite dans la provoquent la, corruption.
humide, et finissent
partie saine, si elle est
midité et ces insectes par la corrompre aussi. L/hu-
(No. 14) C'est sont donc la cause dela mort.
est précieux
le un puissant cordial, et son
pour mal de mer
usage
en prend un scrupule infusé
qu'il modère. On
de Madère ou
dans un verre de vin
pendant le tems d'Espugne le matin, 2 autant le
que cette incommodité. dure. soir,
Notes
historiques sur le Safran,
IM.
d'après
belatuite-Drasurt,
Des traditions anciennes
"Tyriens et les Sydoniens nous apprennent que les
en jaune doré l'étoffe dont Temployoient pour peindre
pour faire les voiles des
on se servoit en Asie
déroboient aux yeux les nouvelles mariées, qui se
surtout pendant la
premiers jours du
cérémonie
mariage,
voient aussi pour leurs
nuptiale. Ils s'en sermédecine. Ils tiroient parfums, les alimens et la
Liban, où l'on en
alors leur Safran du Montfleuve Eleuthère, cultivoit, surtout sur les bords dui
Les
nommé parles Romains
Tyriens levoient encore leurs
Vallania.
cie, oi, d'après le rapport de
Safrans en Cilitroisième livre de son
Quint-Curce dans le
Histoire, il croissoit en
abondance, qu'il a donné son
telle
la ville de Coryce. Cette
nom à la forêt et à
Romains entretenoient ville éloit considérables les
port, et tous les
toujoars une flotte dans son
TonE I,
ans, en automne, on y célébroit
M
leurs
Vallania.
cie, oi, d'après le rapport de
Safrans en Cilitroisième livre de son
Quint-Curce dans le
Histoire, il croissoit en
abondance, qu'il a donné son
telle
la ville de Coryce. Cette
nom à la forêt et à
Romains entretenoient ville éloit considérables les
port, et tous les
toujoars une flotte dans son
TonE I,
ans, en automne, on y célébroit
M --- Page 246 ---
VOYAGES:
Les-prêtres et sacrificales noces du dieu Bacchus. fleurs de Safran.
teun's étoient couronnés de
dans
Les Egyptiens et les Hébreux Temployoient chanté dans
leurs alimens. Homère et Virgile l'on Les prétres en
des feux de P'Aurore.
leur description tête dans le temple de Vénus.
ornoient leur
anciens nous disent qu'on
Les auteurs et poëtes dans les sacrifices, les specfaisoit usage du Safran
on le faisoit infuser
tacles et. les festins. Pour cela,
des
Taspersion des temples 2
dans de Yeau pour
théâtres et salles de festins.
à table de
Pline rapporte que lon se couronnoit neutralisoit les vapeurs
cette fleur ; que son évaporation buvoient du Safran
au vin, et que les Cybarites débauche de Bacchus ou de
avant de se livrer à la
Vénus.
les femmes et les petits
A Rome les aruspices,
de chaussures et
de bonnets. 7
maîtres ne portoient couleur de Safran; d'où ils nomd'habits que de la
crocota; de là,
mèrent cet habillement complet, Cicéron et Ovide
suivant Plaule, Tadjectif crotarius :
attestent les mémes assertions.
pendant
Les Grecs Temployoient aussi , quoique des
long-tems ils y aient substitué, à cause
guerres ou
Tholocrysson
et du défaut de communication, qui fournit une
rose de Calabre, espèce déglantier
d'un jaune
de laquelle on obtient une teinture
graine
doré. --- Page 247 ---
D'UN NATURALISTE
DÉPART POUR
BORDEAUX.
Lissrasr du départ de
parlementaire, devant P'Adrastus, vaisseau
mettre, à la voile
Charles-Tomn, étant
pour
seconde fois du sein fixé, de je m'arrachai une
rendis à Paris pour faire ma famille, et me
Nous
route vers Bordeaux,
partimes de la Capitale
heures du matin,
vers les sept
par un brouillard
qui me dispensera
trés-épais
jusqu'à Blois de
lieuxquer nous avons
décrire les
Orléans, Baugenci, mereemeinbuege et Blois où
dans une auberge de
nous couchâmes
mais bien peu digne de beaucoup la haute d'apparence, 2
lui donne la trompeuse
réputation que
renommée. Ces villes,
à mes
Halbenemeaitentiens
actives observations. produitde enouveau
Le lendemain 27 octobre,
à Amboise,
nous déjetniamds
village situé sur les bords
Loire, et au milieu du
de la
pêtre et le plus
paysage le plus chamTours, dont la beauté pittoresque, Nous dinâmes à
des
ment renommée. La
environs est si justoprodigalité les richesses nature, de quiy déploie avec
la végétation, lui a
M 2.
actives observations. produitde enouveau
Le lendemain 27 octobre,
à Amboise,
nous déjetniamds
village situé sur les bords
Loire, et au milieu du
de la
pêtre et le plus
paysage le plus chamTours, dont la beauté pittoresque, Nous dinâmes à
des
ment renommée. La
environs est si justoprodigalité les richesses nature, de quiy déploie avec
la végétation, lui a
M 2. --- Page 248 ---
VOTAGES
t80
de
de la France. On
1 fait donner le nom jardin la droite de la grande
voit à Pentrée de la ville,àl
le superbe couvent de Noirmoutier 2
route,
Pétendue de ses bâtimens, oh
immense par
les ouvriers nécessaires aux
étoient logés tous
édifice.
accidentelles de ce superbe
réparations
où nous
Nous couchâmes à Sainte-Maure,
assez violent, malgré
essuyimes un orage
Parrière-saison.
dont la
dinâmes à Châtelleraud,
Le 28,nous
recherchée. A peine descoutellerie délicate est
vis seul assailli de
cendu de voiture, 1 je me
crioient contiplus de vingt marchandes qui m'offrant chanuellement à mes oreilles, en
fois. J'étois
douzaine de couteaux à la'
cune une
de ces instances réisi excédé et tant étourdi
ne sachant
térées par un commun intérêt, leur que fis voir un
comment m'en débarrasser 7 je
Peurentcouteau qui me suffisoit. A peine
et
marchande sauta dessus,
elles vu, qu'une
sans attendre mon
l'arracha de mes mains,
Je
aller le faire repasser.
approbation 2 pour
et je fus obligé de me
fis courir après ellc, le rendit. Cependant
fàcher pour qu'elle me
exciter
fougue, imaginée pour
cette première
à la vue de tant d'espèces
l'envie des voyageurs
choisis au moins
différentes, étant passée 2 j'en
un de mon goût: --- Page 249 ---
D'UN NATURALISTE.
Nous soupâmes à Poitiers
18t
la suppression des
3 ville déserte par
y entretenoient
nombreux monastères qui
grande
un commerce vivant, et une
Nous etmes consommation. Ony vit à bon marché.
la curiosité d'y demander
blanc paillé qui est assez bon. Il
du vin
On choisit dans de vieilles
se fait ainsi:
raisin
vignes le plus
qui, sur toutes
doit
beau
à la rosée du
choses,
étre-cueili
Jever du soleil. matin, et s'il se peut, avant le
le
On en élend une couche sur
pressoir 2 et on la recouyre d'un lit de
surmonté lui-même d'un autre lit de paille,
ainsi de suite,
raisin, 2
connu suffisant. jusqu'à ce que le marc soit reOn exprime
légérement cette
ligueurpreniseqwion entonne
mis en bouteille au mois de
aussitôt. Ce vin,
qualité si parfaite
mars, acquiert une
pays pour du vin de qu'on le fait passer dans le
trop
Champagne, titre peut-être
avantageux, mais qualité qu'on
légérement modifier
pourroit
les procédés décrits. lorsqu'il a été préparé par
On n'achète dans ce
de la
le soir. Alors on entend pays des
moutarde que
sangles de
hommes ceints de
cuir, 2 et portant de grands
pousser dans les rues un certain cri
Pots 2
recounoitre.
qui les fait
Le 29, nous passâmes le matin
semarquable par ses belles
par Manles,
praicies. Le village
M 3.
roit
les procédés décrits. lorsqu'il a été préparé par
On n'achète dans ce
de la
le soir. Alors on entend pays des
moutarde que
sangles de
hommes ceints de
cuir, 2 et portant de grands
pousser dans les rues un certain cri
Pots 2
recounoitre.
qui les fait
Le 29, nous passâmes le matin
semarquable par ses belles
par Manles,
praicies. Le village
M 3. --- Page 250 ---
-
VOYAGES
recouverts de
est affreux quant aux batimens,
dont la pesanteur
tuiles semi- eylindriques;
la
les toits de manière à en fatiguer
charge
Cet usage a de plus Finconvénient
charpente. les passans à être blessés par la chute
d'exposer tuiles retenues par de grosses pierres
de ces
pour faire poids,
posées au bord des couvertures
vent. L'usage
et qui tombent au premier coupde
de ces toits est sii invétéré, que les maisons qu'on
sont revêtnes de ces masses COy batit encore
la Charente, offre à
lorées. Ce village qu'arrosé
de
entrée un très-joli coup d'oeil par petites
son
oseraies qui se trouvent au milieu
flettes ou
village,
de cette rivière. Le terrain, en sortantdu
qu'à peine on aperçoit la couleur
est si pierreux
Cest Tà oit Ton voit comrousse de la terre.
rémis par un joug
mencer-le labour des boeufs,
Souvent ils
qui leur tient Ia tête en réspect. bouvièrs stisont guidés par un enfant. Les
mulent leur ardeur au moyen d'un aiguillon
bâton. Ils ont avec
fiché au bout d'un très-long
indolens unlangage tout particulier.
ces animaux
boeufs est Jente. Souvent Or
La marche de ces
très-étroites.
les voit traîner des charrettes
forêt de marAprès avoir traversé une belle
trèsronniers, , nous dinâmes à Bullec, pays
sillons le mais, ou
giboyeux. On y cultive par
blé de Turquie.
'un aiguillon
bâton. Ils ont avec
fiché au bout d'un très-long
indolens unlangage tout particulier.
ces animaux
boeufs est Jente. Souvent Or
La marche de ces
très-étroites.
les voit traîner des charrettes
forêt de marAprès avoir traversé une belle
trèsronniers, , nous dinâmes à Bullec, pays
sillons le mais, ou
giboyeux. On y cultive par
blé de Turquie. --- Page 251 ---
D'UN NATURALISTE
Nous soupâmes à
nommé par les truffes Angouléme, terrain reest située sur
qu'il produit. La ville
une éminence
ne pûmes
trés-élevée. Nous
y entrer. 2 parce qu'il étoit
tard; c'est pourquoi nous couchâmes
trop
faubourgs.
dans ses
Le 30, nous dinâmes à
volailles ont une
Barbezieux, 2 dont les
réputation bien
en sortant de cet endroit
méritée. C'est
chemins si manvais,
que. commencèrent les
Bordeaux. Il falloit que nous eûmes jusqu'à
tirer d'un mauvais arriver à Boisverd, et nous
pas da à la
cette partie de la grande
négligence de
rivé la veille
le
route. L'accident argence et par
renversement d'une dili5
dans laquelle deux malhetreux
voyageurs furent mutilés
traverser les Bourgeons 3 nous obligea : de
de dix chevat ux,
des ventes au moyen
qui
de peine encore à enlever eurentinéanmoins des
beaucoup
diligence. Enfin, après de
mauvais pas notre
longues
arrivâmes à Chevancean
peines, 7 nous
est extrémement
pour y souper. Cc pays
libre comme dans giloyeux, et la chasse y est
les environs de Bordeaux.
J'y aurois acheté un chien braque de
race, mais la longueur de notre
superbe
remettre au retour cette
voyage me fit
maître n'en avoit
acquisition, 2 si son
pas disposé.
Le 31, nous commençimes à voir de belles
M 4 --- Page 252 ---
VOYAGES
Nous dinàmes
forêts de pins près de Carvagnac. d'horribles cheà Cusac, après avoir rencontré
traverser
mins. On nous! fitembarquer: alors pour
la Dordogne, et arriver à Saint-André. le rer, noNous conchâmes à la Bastide, et
Bordeaux au delà du rivage
vembre apercevant
à huitheuresdm
de la Garonne, nousla passâmes
Cette ville
matin, et entràmes enfin à Bordeaux. très-comsituée sur les bords de la Garonne, est
Le
et n'a rien des villes de province.
merçante,
est exorbitant, car les
prix des comestibles y
dans le choix
Bordelais qui sont très-recherchés chèreà leurs
de leurs alimens, y font faire bonne
hôtes. le bord de la Caronne qui donne mouilSur
briques et autres
lage à des sloops, 7 goélettes 2
vaste enceinte
bEahnseneamire dans le genre de celles
sont situées des galeries habitées de même par
du Palais-Royal à Paris, etl
de toute espèce; cet établissement
des marchands
Les Bordelais sont gais,
se nomme bourse.
s'y
Les ventes publiques
galans et somptueux.
On y admire la
font au son des trompettes.
structure de la superbe salle de spectacles.
Lelendemain de notrearrivée,jourd des Morts,
avoir fait venir deshuitres vertes (1),trisaprès
Pour donner aux huitres la couleur verte,
(1)
par
du Palais-Royal à Paris, etl
de toute espèce; cet établissement
des marchands
Les Bordelais sont gais,
se nomme bourse.
s'y
Les ventes publiques
galans et somptueux.
On y admire la
font au son des trompettes.
structure de la superbe salle de spectacles.
Lelendemain de notrearrivée,jourd des Morts,
avoir fait venir deshuitres vertes (1),trisaprès
Pour donner aux huitres la couleur verte,
(1) --- Page 253 ---
D'UN NATURALISTE
communes en ce pays, nous allâmes entendre
l'organiste de l'église
talent
Saint-Dominique, dont le
supérieur et la composition élégante tirérent le meilleur parti poasibledel'cxollent,
d'orgue qui décore ce temple. Les cérémonies jeu
du culte religieux s'y font avec beaucoup de décence, et même avec somptuosité. Il avoit
encore au milieu de la
nef
y
qui avoit servi, ainsi grande
un mausolée
que tous les attributs
ornoient les piliers et le
qui
mémoire des
portique, à célébrer la
défunts.
La rigueur de la saison fut encore
produire des roses
les
obligée de
pour
petits maîtres du
cours, et des fraises pour les gourmets. On
nous
dit Valmont - Bomare, les
les
le long des bords de la mer pécheurs dans
enferment
de trois
desfosses profondes
pieds, qui ne sont inondées
marées hautes à la nouvelle et
que par les
sant des espèces d'écluses
où pleine lune, y laisce qu'elle soit abaissée de par
l'eau reflue jusqu'à
dissent, soit par la qualité du moitié, Ces fosses verespèce de petite mousse
terrain,*soit par une
le fond, ou
qui en tapisse les parois et
connue; et dans par quelqu'autre cause qui nous est inhuitres
Tespace de trois à quatre jours, les
qui y ont été enfermées, commencent
prendre une nuance verte. Mais,
leur
à
tems de devenir extrémement pour
donner le
tion de les y laisser
vertes, on a l'attenou deux mois.
séjourner pendant six semaines
é, Ces fosses verespèce de petite mousse
terrain,*soit par une
le fond, ou
qui en tapisse les parois et
connue; et dans par quelqu'autre cause qui nous est inhuitres
Tespace de trois à quatre jours, les
qui y ont été enfermées, commencent
prendre une nuance verte. Mais,
leur
à
tems de devenir extrémement pour
donner le
tion de les y laisser
vertes, on a l'attenou deux mois.
séjourner pendant six semaines --- Page 254 ---
VOYAGES
servit d'excellentes figues noires, et des raisins
de Malvoisie qui sont très-doux et très-délicats.
novembre, nous nous fimes conduire à
Le 7
dansl'aprés-midi
bordde PAdrastus, d'ouje pris
vues des bords de la Garonne. La parquelques
du bâtiment mouillé en rivière
faite tranquillité
avec tous leurs
me permit d'observer ces côtes
détails.
fut servi à
et nous en fit
Le diner
l'anglaise,
désirer de semblables pour toute la traversée ;
mais, hélas! l'arrivée du reste despassagers supsur-le-champ pcette abondance avec laquelle
prima
on flatta d'abord nos espérances.
Juché dans mon cadre, non sans risque,puis
montant, je me froissai vivement la
qu'en y
accoutumé à une. retraite
jambe, n'étant point
aussi peu spacieuse; je m'y livrois au sommeil
lorsqu'un vent terrible s'éleva, et confondantson
aux cris des rats qui jouoient et
murmure dans l'intérieur du bâtiment, me tira
conroient
et me permit de me
de mon assoupissement,
livrer à de singulières réflexions.
de
Les anglo-américains font un grand usage
toute espèce d'alimens ;
thé, ils en prennentavec
de
bols à
c'est pourquoi ils en boivent
pleins facileurs repas. Cet usage est doux, et on peut
habituer; mais quitter du bon pain
Jement s'y
etvermonlu,
blancdeParis, pour un biscuitdur --- Page 255 ---
D'UN NATURALISTE.
c'est en vérité céder à la raison
affaires. Comme il falloit
elalurgence des
convéniens de la
plier sous tous les intraversée, je pris
mon parti.
facilement
Un alarmiste, car il s'en trouve
vint nous dire avec frayeur
dans par-tout,
passagers de la dernière que
les soixante
mort onze
traversée, 9 il en étoit
sur ce bâtiment qui ne devoit
être encore très-sain, nous observoit point
cet être
pusillanime; que les uns n'avoient
survivre
à une dose inconsidérée
pu
demoiselles à peine à la fleur d'opium; de leur que deux
également enlevées,
âge furent
à leurs
par une fièvre épidémique,
parens inconsolables; qu'un autre
sager trop folàtre sur le pont, oùt, disoit pascompagnon de
notre
nouvel
voyage, on a sans cesse quelque
accident à redouter, n'apercevant
les écoutilles ouvertes (1), tomba à fond de point
se cassa trcis côtes, et mourut
de
cale,
sa blessure.
peu jours après
Le premier pilote côtier, ayant reçu des
du capitaine de
ordres
T'Adrastus, fit lever
et
mettre le cap sur Pouillac: L'onde l'ancre,
conduisoit
douce nous
sans tangage ni roulis,
pilot8 eut des craintes
le
2 lorsque lc
pour sort du bâtiment
du (r) Ouverture du tillac pour descendre dans le fond
vaisseau.
cis côtes, et mourut
de
cale,
sa blessure.
peu jours après
Le premier pilote côtier, ayant reçu des
du capitaine de
ordres
T'Adrastus, fit lever
et
mettre le cap sur Pouillac: L'onde l'ancre,
conduisoit
douce nous
sans tangage ni roulis,
pilot8 eut des craintes
le
2 lorsque lc
pour sort du bâtiment
du (r) Ouverture du tillac pour descendre dans le fond
vaisseau. --- Page 256 ---
288VOYAGES
prêt à toucher sur un banc de sable, que nous
eûmes pourtant le bonheur d'éviter.
Nous côtoyâmes une péninsule qu'on appelle
Paté de Blaie, à cause de sa forme aplatic.
C'est un château fort ou tous les navires armés
vont déposer leurs canons avant d'arriver à Bordeaux. Cette forteresse peut faire feu sur ceux ci,
en cas de refus ou de résistance, et empécher de
continuer leur marche hostile.
Le samedi 9 novembre, le pilote continnant
Pouillac,.
son sbeamnslemrned
bourg situé à dix lieucs de Bordeaux. On nous
apprit un événement bien extraordinaire ary
récemment. Un
de corsaire
rivé tout
capitaine
étant descendu à terre pendant le désarmement
de son brick, avoit auprès de sa cheminée deux
barils de poudre qu'il s' occupoit à dessécher
partiellement. Un de ses matelots entre dans
cette chambre, et lui fait apercevoir son extrême
imprudence. A poine eut-il parlé, que le feu
à la
produisit une
se communiquant
poudre,
explosion fulminante qui fit sauter la maison.
Le
matelot fut écrasé en voulant fuir
pauvre la
tandis que le capitaine se Mbuva
vers porte, accroché
ses habits à un
transporté et
par
chevron qui n'avoit été que brisé et démembré.
Ce dernier existe encore, et nous fit examines. --- Page 257 ---
D'UN NATURALISTE
la seule cicatrice,
singulier eflet d'une heureuse
prédestination.
Le dimanche IO novembre, le capitaine de
I'Adrastus n'étant point encore rendu à
il falloit bien
bord,
l'attendre, et s'accoutumer au
genre de vie tout-à-fait singulier des
américains. J'avoue qu'il étoit tout anglopour moi, au lieu de soupe, de
nouvéau
bouillon clair dans
prendre du
de pain. Let thé, le vin lequel on émiette un peu
et le chocolat se buvoient
alternativement au diner. Ce mélange
je n'étois point accoutumé n'affecta
auquel
ma
aucunement
santé,
cependant
Le licutenant nous raconta Phistoire d'un
matelot de son bord qui, devenu
tentoit de rentrer au nombre de déserteur,
après avoir voulu
l'équipage,
Voici le fait.
perdre ce même bâtiment.
nuit,
Jonn', c'étoit son nom, vint de
accompagné de plusieurs
à
bord de P'Adrastus, dans le dessein complices, de
de la cassette renfermantles
s'emparer
La horde
papiers du bâtiment.
révoltée, rencontrant le second
taine et le lieutepant, leur cherchèrent capivaises
de mauraisons, et les
violence
frappérent avec tant de
qu'ils les laissèrent évanouis tous
deux. Jomn', étant au fait des localités du les
ment, descendit chercher la
bâtila trouvant point, il
cassette; mais, ne
s'éloigna tout confus de
les
s'emparer
La horde
papiers du bâtiment.
révoltée, rencontrant le second
taine et le lieutepant, leur cherchèrent capivaises
de mauraisons, et les
violence
frappérent avec tant de
qu'ils les laissèrent évanouis tous
deux. Jomn', étant au fait des localités du les
ment, descendit chercher la
bâtila trouvant point, il
cassette; mais, ne
s'éloigna tout confus de --- Page 258 ---
VOXAGES
évanouis. Ce matelot
voir ses beaux projets
infidèle avoit été séduit par un corsaire qui n'eût
manqué de prendreà son départ TAdrastus,
pas
privé de ses papiers.
visiter
Toujours attendant le capitaine, 2 j'allai
mouillé près de
en canot un corsaire élégant
nous, et où nous fames parfaitemnent accueillis,
C'étoit un
grace au passager qui m'y présenta.
ami intime du capitaine qui, après nous avoir
salué d'un coup de canon, vint à terre avec nous
à Pouillac. 1l n'est point de village plus boueux
et plus mal lenu que cette petite ville,qui n'offre
rien au curieux de remarquable que ses bornes
de stéatite (1) verte.
Le soir à minuit, tous les passagers arrivèrent
le
Ce fut une entrée curieuse
avec
capitaine.
avoit
un observateur. Le tems pluvieux
pour
tous les nouveaux sujets de
mis à T'épreuve
Neptune. Il étoit plaisant d'entendre les uns
apostropher la nature de son intempérie ; les
autres cherchant à réprimer en groguant le
continuel de dames qui, à peine arrivées
caquet
absolu
à bord, vouloient s'assurer un empire
dans les bonnes graces de leurs compagnons de
leurs
voyage. Les unes affairées, chargeoient
() La stéatite ou speckstein est une pierre argilouse, aussi douce au toucher que grasse à la vue. --- Page 259 ---
D'UN NATURALISTE
complaisans de mettre ordre à leurs
I9I
croyant être d'un grand
ballots, et
en tempétant de
secours, se contentoient
présider debout à
de leurs énormes
F'arrangement
paquets.
D'autres allégées par la fortune, et
pas besoin de vérifier une
n'ayant
roient dans le sommeil nomenclature, désioublier
du sort, et leur envie jalouse. Une l'inconstanco
heurter contre
autre vint se.
une cabane basse et humide,
qu'elle accusoit le capitaine d'avoir réservé à
T'honnête indigence. A cette vue, ne pouvant
plus contenir ses transports de colère,
se leva en fureur, frappa des pieds, refusa l'afiligée
semblable loge, en demanda une
une
suite de T'exigence
autre; et par
le sexe féminin
qui accompagne toujours
sans éducation, proposa de faire
déguerpir les hommes de-la grande chambre
pour se Tapproprier; mais cela étant
ticable, puisque cet endroit étoit la salle impra- de
réunion, nous fames conservés à notre
Ilme tardoit bien à moi, tranquille dans poste.
lit, de voir cesser tous ces débats, de calmer mon
sens, d'arrêter mes éclats, et de reprendre mes
sommeil trop-tôt
un
T'heure de la
interrompu. Sur mon avis,
retraite fut décidée, et
se retira, non sans quelques
chacun
capitaine indifférent
murmures. Le
des
et bon, rioit en estropiant
réponses françaises, et agaçoit encore Phu-
, tranquille dans poste.
lit, de voir cesser tous ces débats, de calmer mon
sens, d'arrêter mes éclats, et de reprendre mes
sommeil trop-tôt
un
T'heure de la
interrompu. Sur mon avis,
retraite fut décidée, et
se retira, non sans quelques
chacun
capitaine indifférent
murmures. Le
des
et bon, rioit en estropiant
réponses françaises, et agaçoit encore Phu- --- Page 260 ---
VOYAGES
19>
de ces dames en colère, en
meur atrabilaire
plaisantant sur leur mauvaise rencontre. Cependant il étoit tard, etchacun pensa à aller prendre
du repos. samedi 16 novembre, ce jour tant
Enfin le
Dès la
du jour on leva
désiré arriva.
pointe
de
vers la tour
l'ancre, 2 et nous appareillâmes
portée
Cordouan. Comme nous nous trouvionsàp
commandaitenvoya
du bâtiment stationnaire,le
s'assurer de la
des officiers à notre bord pour
véracité de notre expédition, et gracc à un pasami intime delun des officiers,la visite ne
sager,
Enfin vers le soir, après le coufut pas longue.
abandonna à notre
cher du soleil,1 le pilote nous
surveillance avec le meilleur vent possible, capable, en un mot, de nous, éloigner en bien peu
de tems des côtes dangereuses. Nous gagnâmes
bien
et filàmes dès notre
lel large
promptement,
fait trois
départ jusqu'à neuf noeuds, ce qui
Jicues à Pheure. On mesurela distance qu'on peut
un certain tems donné, en calculant
parcouriren
appelé
la marche d'un instrument comparatif,
lock. Il"est composé d'une planche triangulaire
qu'on rend pesante au moyen de plomb coulé.
La corde qui y est attachée, et qu'on laisse filer
Pécoulemènt du sable de
rapidement pendant
nouée dedistance en disT'horloge à minutes, est
Aussitôt
la
de sable est
tance.
que
quantité
écoulée, --- Page 261 ---
-
D'UN
écoulée,
NATURALISTE.
on crie stopp,
alors on retient
qui veut dire
en même tems la
arrétez;
compte combien il a filé de
corde, et l'on
dant ce. laps de tems ainsi
toises de corde pencette manceuvre
déterminé.
vaisseau.
que l'on calcule la Cestd'aprés marche
du
Nous sortimes le soir, du
la Gascogne; mais la nuit golfe dangereux de
débutans en navigation. fut terrible pour les
Dimanche
du
ignovembre, vers les
matin, nous éprouvâmes
quatre heures
violent qu'il cassa uneécoute un coup de vent si
du mât
(r) et la vergue (2)
deperroquet (3). La
par ce contre-tems
secousse
notre
qu'éprouva
vint rompre le silence de vaissean, le bruit qui.
quelques passagers,
la nuit, les cris de
etdu
sur le pont, cria
capitaine qui s'élançant
mal-adroitement,
sauve qui
(*) Cordage fourchu
tendues.
qui sert à tenir les voiles
(2) Les vergues sont des
et arrondies, attachées
pièces de bois
tenir les voiles.
en travers du mât longues
pour sou-
(5) Ce petit mât est arboré
autres mâts. Les hunes,
sur les hunes des
des espèces de guérites comme on le sait, sont
où se tiennent les
placées au haut des mâls,
découvrir de loiu. gabiers ou matelots chargés de
TOME I.
N
les voiles
(2) Les vergues sont des
et arrondies, attachées
pièces de bois
tenir les voiles.
en travers du mât longues
pour sou-
(5) Ce petit mât est arboré
autres mâts. Les hunes,
sur les hunes des
des espèces de guérites comme on le sait, sont
où se tiennent les
placées au haut des mâls,
découvrir de loiu. gabiers ou matelots chargés de
TOME I.
N --- Page 262 ---
e
VOYAGES
perdus! toute cette rumeur
peut, nous sommes
sembla obomenfin,
nos pensées,
efalarmant Les'cris du désespoir se faisoient
brer la nature.
les femmes
déjà entendre de part et d'autre;
vinrent
nosdames onbliant leur pudeur,
mêmes,
consulter dans le négligé
près de nos lits, nous
lopluscomplet; et secouant tnotresoupisemsenty
sur les dangers présens.
nous interrogérent
elles
dc notre sang-froid,
Bientôt se plaignant
monter
avecp plus sde douceurde
nous supplioient
desinformations. On
sur le pont pour y prendre à moi, comme le plus
s'adressa le plus souvent
le
de la chambre de nos dames; et,
à portée
c'est en cherchant à leur
dirai-je avec regret, m'informant, sur le pont
être agréable, qu'en
actuelle, je me
tres-glissant, de notre position
d'ophite
laissai tomber sur une coupe superbe qui fut
provenant du mont Vésuve,
serpentin,
de
brisée. Jel la regrettai comme pièce précieuse notre
et comme vase utile dans
mon cabinet,
je consolai, du mieux postraversée. Cependant
sible, les timides nautilites.
Ponde en
La mer apaisa son courroux ;
blanchissant n'étoit plus que moutonneuse, 2
falioit
un tribut à Neptune, et je
mais il
payer
qui, sans être danfus accablé de ce mal-aise
dans
les
gereux, fait tant soulfrir, et
lequel les
meilleurs toniques ne peuvent empécher --- Page 263 ---
D'UN
sonisenes, NATERALISTE
qui seuls
soulngement.
procurent un
Le lundi matin
prompt
largue, ce qui nous novembre, il venta'
route ; mais le vent obligea de faire fausse petit
heures, six à nous filâmes le s'étant élevé sur les dix
sept noeuds.
reste de la
Le mardi
journée de
loin un bâtiment 19 oveaireyton
faisoit une
mreland; apergtimes de
pimes
route opposée à la mais, comme il
de plusieurs communiquer avec lai. nôtre, nous ne
Le
heures, nous filâmes Après un calme
mercredi 20
trois noeuds,
amena le vent novembre, la brise du
six à sept nceuds. nord-oucst qui nous fit matin
porta un
Un témoin oculaire filer de
le voici : fitdigne, d'être cité
me rapPendant une
par sa
prés des haubans
tempête un matelot singularite,
cordages,
(1), occupé à
étoit
couvrir le lorsqu'une grosse lame larguer des
la mer
bitiment
qui vint
; mais, à
l'emporta avec elle
une autre vague peine tombé, il est relevé dans
replaça le matelot qui croisa la
par
lement
à son poste. première, Il
2 et qui
contusions. évanoui, et en fut quitte tomba seupour quelques
à raffermir (r) Les haubans sont de
les hunes. les mâts, et d'échelles gros cordages qui servent
pour monter dans
N 2
la mer
bitiment
qui vint
; mais, à
l'emporta avec elle
une autre vague peine tombé, il est relevé dans
replaça le matelot qui croisa la
par
lement
à son poste. première, Il
2 et qui
contusions. évanoui, et en fut quitte tomba seupour quelques
à raffermir (r) Les haubans sont de
les hunes. les mâts, et d'échelles gros cordages qui servent
pour monter dans
N 2 --- Page 264 ---
VOYAGES
le batiment mal
Le jeudi 21 novembre, étoit le jouet de toutes
Testé et sans chargement, étant trop violenté
les lames. Le gouvernail, éloit amarré. Les
qu'on pit le diriger,"
pour à moitié déchirées, les cordages dispersés
voiles
le
les passagers et
sans ordre sur
pont, que
à
avoient abandonné poar se calfeutrer
matelots
laissoient notre bâtiment au gré
fond de cale,
d'une horrible tempête que nous éprouvâmes silence
hauteur des iles Madères. Le morne
à la
n'étoit interqui régnoit sur les gaillards (r), des vagues
que par la chute tonitrneuse
rompu
écraser avec fracas. J'étois
qui venoient s'y
curieux de voir la mer en courrouxsTarrivai belle
tôtsurle pont pour être témoin d'une
assez
fort.heurensenent, ne
scène d'horreur qui,
La violence des
dura pas plus de cinq minutes.
suffodéchainés m'ôtant la respiration 2 je
vents
obligé de me couvrir d'un mouquois, et fus
Je ne, laissai à découchoir la moitié du visage.
la puissance
vert, que les yeux pour contempler homme fort,
de cet élément irrité. Le capitaine,
se tenir debout de se cramponner
forcé pour
aux
m'y
Setmimneluperecee
haubans,
d'horreur. Notre gros
à notre aise ce spectacle
élévation sur le tillac, à la proue
(1) C'est- une
et à la poupe. --- Page 265 ---
/
D'UN NATURALISTE
vaisseau soulevé comme
bouleversoit dans
une paille légère, se
horrible causé
tous les sens avec un fracas
la rencontre des par le mugissement des flots, et
par les malles Donteilles et assiettes broyées
sorties de leurs
lame contraire
taquets (1). Une
qui cassa le petit hunier du mât
dartimon, pensa nous cotter. la
navire versé sur le côté
vie; et notre
bande de la moitié
par ce choc, faisoit de la
pénétroit dans
du pont, au point que P'eau
Nous étions
l'intérieur par les écontilles.
pendant ce moment
le
capitaine et moi,
critique,
gouffre
suspendus au dessus du
qui nous eût
siles mains
engloutis sans
nous eussent
ressource,
oir j'atteignis,
manquées. Au moment
la
pour descendre à la
première marche de l'escalier, chambre,
vaissean devoir être
je crus le
tagnes d'eau, dont la englouti voûte sous quatre monme déroboit le
resscrrée et contigué
chute
firmament, et qui dans leur
des ellrayante inondérent le pont et une
cabanes, en élevant de suite
leur partie
sement notre vaisseau à unel
par
affaisLecield'uni noir
hauteur prodigieuse.
grisâtre, entrecoupé de queliques
(1) Les taquets sont
bois cloués au plancher quatre petits morceaux de
les malles, de manière.à enclavant fux quaitre angles
par le roulis du vaisseau, ne pouvoir être ébranlées
N 3
des ellrayante inondérent le pont et une
cabanes, en élevant de suite
leur partie
sement notre vaisseau à unel
par
affaisLecield'uni noir
hauteur prodigieuse.
grisâtre, entrecoupé de queliques
(1) Les taquets sont
bois cloués au plancher quatre petits morceaux de
les malles, de manière.à enclavant fux quaitre angles
par le roulis du vaisseau, ne pouvoir être ébranlées
N 3 --- Page 266 ---
VOYAGES
taches lilas et aurore sur un fond bleu foncé,
offroit le plus riche coupd'oil, tandis que sur
les flancs du navire venoient s'abimer ces lames
fières dont T'approche majestueuse inspiroit
véritablement 2
une certaine crainte mêlée de
La base tourbillomante en étoit d'un
respect. bleu noir, le haut del'angle d'un vert clair
gros
sommité
d'époud'émeraude, et la
panachée
drinséblouissans. Camaugentemsleawwe
çoient en un mot avec la noble contenance d'un
vainqueur.
n'étoient point curieux
Tous les passagers
d'observer, et sur le pont humide et glissant On
des navigatéurs exercés qui,
ne rencontroit que
de
ne
malgré leur grande habitude
voguer. 7
laissoient pas sonvent que de faire des glissades
de toute la largeur du bâtiment, lorsque le
roulis étoit immodéré. Les chiens et antres anirester un instant debout
maux ne pouvoient
tête
sans rouler. Ils étoient mornes, 7 et leur
baissée annonçoit leur mal-aise. Les cages à
résister aux lames, sortoient
ponles, ne pouvant
les vOde leurs taquets, et alloient, pele-mele
lailles culbutées et estropiées, se promener sur
le pont. On voulut rendre au timonnier le gouoùt il.étoit
vernail, mais mdans T'impossibilité
encore la direction, il appela à
d'en prendre
matelots afin de lutter avec la
son secours des --- Page 267 ---
/
D'UN NATURALISTE.
barre contre les : flots
écumans.
encore soulevés et
Les passagers étoient la plupart dans leurs
cadres, attachés avec des cordes, de
être jetés dehors parle roulis.
peur d'en
Le
général causé par le
craquement
pente, offrant
disloquement de la charun bruit lent et
et les oreilles et
criard, fatiguoit
se joignoit le bruit T'imagination. A ce léger son
des tables
malles
renversées, de
détachées, 9 des bonteilles entières
cassées qui à chaque lame éloient
O1l
vivacité vers le côté
roulécs avec
tableau d'un
opposé du bâtiment. Ce
désordre complet
et leur arrachoit des larmes ellirayoit Jestuns,
dérision d'autres
que tournoient en
riantà
voyagéurs plus rassurés, et
gorge déployée pour opérer un
Enfin, les uns
contraste.
tandis
mangeoient de bon
que les autres attaqués du mal appétit, de
vomissoient à leurs
mer,
des contorsions
côtés, avec des efforts et
de rire. Telle accompagnées souvent d'éclats
est la vie intérieure
sur un bâtiment,
qu'on mène
Le vendredi 22 novembre, Ics
mencèrent à apaiser leur
vagues comdiminua
le
furie, et le vent
pour malheur d'un mouton
fut
mené en
qui
triomphe au cook (1), pour être S
(t) Cuisinier.
N 4
ient à leurs
mer,
des contorsions
côtés, avec des efforts et
de rire. Telle accompagnées souvent d'éclats
est la vie intérieure
sur un bâtiment,
qu'on mène
Le vendredi 22 novembre, Ics
mencèrent à apaiser leur
vagues comdiminua
le
furie, et le vent
pour malheur d'un mouton
fut
mené en
qui
triomphe au cook (1), pour être S
(t) Cuisinier.
N 4 --- Page 268 ---
VOXAGES
égorgé après qu'on lui eut fait Taire le tour
du bâtiment. On s'amuse à bord oùt les plaisirs
sont rares, de la moindre chose, et ce fut une
fête pour l'équipage de harceler dans sa marche
timide-le pauvre agneau, 7 et d'exciter contre
cette victime l'aboiement de deux chiens.
Le samedi 23 novembre, nous eûmes un
vent contraire qui nous donna de la grèle. Nous
filâmes quatre noéuds le reste de la journée.
Le dimanche 24, le tems serein et un air
frais nous donnèrent vent grandlarguesqui nous
fit filer huit noends. Le lever du soleil fut imposant par le rideau d'or et de pourpre qui le
montra dans tout son éclat. En général, les
reconnoissent le firmament d'un coloris
peintres
plus riche sur mer que sur terre.
Les amateurs de la pêche commencèrênt à
préparer leurs lignes et leurs foenes (1). Les
Iigrmysrakeadalaeneonet garnisd'appat, furent
mises à la traine. Nous aperçimes bientôt un
(1) La foëue est une espèce de trident qu'on lance
sur les poissons d'une certaine grosseur. L/animal
atteint et blessé, clierche à fuir, à plonger, pour
se soustraire au fer meurtrier qui Ta percé ; mais on
laisse filer la corde autant qu'il en est nécessaire
pour qu'en se débattaut, le poisson s'affoiblisse
en perdant SO11 sang. --- Page 269 ---
:
D'UN NATURALISTE
carret (r) et une bonite
fois ne voulurent
(2), mais qui cette
Le lundi 25 point mordre à la grappe.
les vents alisés, novembre, dont
nous entrâmes dans
pérature
la douce et agréable temrétablit bientôt tous ceux de nos compagnons de voyage, qui avoient été
mal de mer. La plaine
atteints du
comme
liquide, non soulevée
auparavant, Osoit à
et l'on pouvoit
peine moutonner, 2
comparer l'Océan à une de nos
de profondeur les
FREEAE
flexibles
poissons y" exercer leurs
nageoires.
Pour prévenir les inconvéniens de
on occupa, 2 hors du service des
l'oisiveté, >
matelots à raccommoder les
manceuvres, 2 les
les cables, à faire du fil
voiles, à restaurer
les vieux bouts
carré, enfin à
de corde
disloquer
l'étoupe, si utileà bord
pour en parfiler de
Le mardi
d'un vaisseau.
26novembre, les
qui se trouvoient à la
provisions fraiches
étant
disposition du capitaine
consommées, on vit commencer. les disputes, et, scommeventreafamén's,
plusicurs d'entre nous oublioient pointd'oreilles,
toute bien-
(r) Testudo caretla pedibus pinni formis,
palmarum plantarumque
unguibus
serrati, Linn.
binis, testi ovatâ acuté
(2) Poisson commun dans la mer
parable au maquercau pour le goût Atlantique, et la couleur, com-
ant
disposition du capitaine
consommées, on vit commencer. les disputes, et, scommeventreafamén's,
plusicurs d'entre nous oublioient pointd'oreilles,
toute bien-
(r) Testudo caretla pedibus pinni formis,
palmarum plantarumque
unguibus
serrati, Linn.
binis, testi ovatâ acuté
(2) Poisson commun dans la mer
parable au maquercau pour le goût Atlantique, et la couleur, com- --- Page 270 ---
VOYAGES
séance, regardant comme la première, de ne
point se laisser mourir defaim.Nosr rations ayant
été diminuées, on se disputoit les vivres avec
humeur, et le besoin faisant oublier raux galantins leurs prévenances et leurs soins envers les
tous les bornes de
dames, ils passèrent presque
la retenue et de la complaisance, pour se prode nourriture que le
curer quelque supplément
beau sexe ne fut pas même invité de partager.
Nous avions parmi les passagers, de ces êtres
fléaux des sociétés, tristes et porniimmoraux, de la débauche la plus vile, et de
cieux organes
condamnable. On fut obligé
l'irréligion la plus
de leur imposer silence, en raison des jeunes
personnes que nous avions à bord.
Nous éprouvions un calme plat; la chaleur
tandis qu'en Europe, à la
étoit insupportable,
même heure, nos amis s'entretenoient, peut-être
au coin d'un bon feu, des jours de notre voyage.
Lc mercredi 27, des matelots pour avoir une
récompense, attachèrent, selon la coutume, un
passager qui voulut, pour la première fois, monter sur les haubans. Les cordes qui Ty retinrent
furent déliées que lorsqu'il eut satisfait à sa
ne
rançon.
à
oreilles (1), et.
Nous primes un thon Jongues
Linné. Poisson qui pèse jus-
@) Scomber thynnus,
qu'à cent livres. --- Page 271 ---
-
D'UN NATURALISTE
nous le vimes
engagé par le
tant plus de plaisir
hameçon avec d'auvivres
que nous étions réduits à des
salés, et que cette douce
pouvoit que flatter notre
perspective ne
venoit pour nous
sensualité; ce jour dene
une fête à laquelle la sobriété
présida point : on ne pouvoit
après d'aussi grandes
trop l'exiger
d'entre nous laissa privations,e etle plus frugal
mandise. On
apercevoir un peu de gourbouillon et nous servit de ce poisson au court
en friture.
Jeudi 28
bâtiment le novembre, nous vîmes près der notre
poisson soleil
diton, pour les
(,dontfinulehomne,
deux louis la livre. rhumntismes, se vend jusqu'à
Vendredi 29 novembre, nous
tour de notre batiment des bancs aperçâmes auculeux
de varech vésipique. (2), vulgairement appelé raisin du troassezbeau (Planche XII, fig. II, tom. Ier.), et un
vélin (tom. ier., pl: XII, fig. rre.) (3).
(1) Le poisson soleil, appelé
les
sunfish, n'est autre chose que la lune par. de Anglais
poisson d'argent; Tetraodon mola, Linné, mer 2 ou
(2) Fucus vesiculosus, Linné, 1626.
(5) On appelle ainsi un ver
des Méduses, et qui
mollusque du genre
par
porte un venin avec lui;
confondre corruption, 2 le nom de vélin. Il ne faut delà, le
avec la velette ou
pas
une coquille
toile, nom donné à
la surface de voilière,qui la Méditerrance. flotte communément sur
'argent; Tetraodon mola, Linné, mer 2 ou
(2) Fucus vesiculosus, Linné, 1626.
(5) On appelle ainsi un ver
des Méduses, et qui
mollusque du genre
par
porte un venin avec lui;
confondre corruption, 2 le nom de vélin. Il ne faut delà, le
avec la velette ou
pas
une coquille
toile, nom donné à
la surface de voilière,qui la Méditerrance. flotte communément sur --- Page 272 ---
VOYAGES
Samedi 30 novembre, nous' éprouvâmes du
calme le matin, accompagné d' une pluie douce
Nous
vers midi un assez
et thermale.
aperçûmes
souflleur. Ce cétacé, du genre des baleines,
gros ainsi nommé, parce que de son souffle il fait
est
deux colonnes d'eau consijaillir par ses évents
dérables. a
Il est bien vrai de dire que l'oisiveté est la
mère de tous les vices. C'est par elle que la
médisance établit à bord son règne désastrenx
mordant.
linnocence n'est point à Pabri
et
Là,1
l'adudes traits envenimés de limposture et de
lation, landis que la débauche et la perfidie'se
couvrent du légér duvet de la douceur pour
mieux assurer leurs coups projetés.
Le dimanche rer, décembre, des cris se firent
entendre de grand matin sur le pont, et me
réveillèrent. C'étoit une dorade qu'on venoit de
prendre, et qui étoit entourée d'une partic des
avides, par besoin, des bons morpassagers
leur alégresse
ceaux, et qui ne purent modérer
Le
à la vue d'une aussi intéressante capture.
péché capital de la gourmandise nous tourune dispute à la distrimentoit tant, qu'ilyeut
bution des parts, en raison d'une partialité.
Il étoit risible de voir: les regards de, tout le
cercle tournés vers le commissaire de notre
banquet frugal, suivre tous ses mouvemens dans --- Page 273 ---
D'UN NATURALISTE
la répartition de la dorade. Je
comparer cette muette
ne puis mieux
singe
attention qu'à celle d'un
auquel on fait gagner,
la
un fruit ou autre objet
par patience,
en le lui
digne de sa friandise,
présentant, puis le retirant, et le
trompant ainsi jusqu'à
gentillesses.
l'épuisement de ses
Notre vaisselle diminuoit
chaque jour
l'emportement des convives, qui
par
souvent leur colèrc et leur
assouvissoient
pauvre faience. Aussi
dépit en frappantla.
se servir de
voyoit - on la plupart
écornés;
morceaux d'assiettes et de verres
; mais tous ces légers inconvéniens
fussent oubliés à
se
Fapparution de bons
nous avions appris à ne plus connoître. mets que
venir du pain, ce riche trésor de la
Le soudonnoit tant de désirs
nature, nous
qu'avec
qu'on n'osoit en parler
projet d'en manger jusqu'à satiété
premier abordage; car on ne nous
au
que du vieux biscuit moisi
distribuoit
Ces galettes servoient
et rongé de vers.
de repaires aux araignées
qu'on avaloit sQuvent sans attention,
gloutonnerie précipitoit les
tant la
mastication.
mouyemens de la'
Leau verte et pourrie, n'étant
n'offroit qu'une saveur infecte
poirt filtrée,
le séjour bourbeux de
et dégontante, et
pieds, dont
petits insectes à mille
nos dames surtout avoient horreur.
distribuoit
Ces galettes servoient
et rongé de vers.
de repaires aux araignées
qu'on avaloit sQuvent sans attention,
gloutonnerie précipitoit les
tant la
mastication.
mouyemens de la'
Leau verte et pourrie, n'étant
n'offroit qu'une saveur infecte
poirt filtrée,
le séjour bourbeux de
et dégontante, et
pieds, dont
petits insectes à mille
nos dames surtout avoient horreur. --- Page 274 ---
VOYAGES
rance
avoit déjà fait pluLa viande salée et
qui
de différentes
et affironté tant
sieurs traversées, tellement gâtée, fétide et
températures étoit
léquipage la refusoit ; mais,
décomposée, que douceur et notre extrême suborcomme notre
on nous la faisoit
dination étoient reconnues. 2
d'une noix
bouchées de la grosseur
passer par
soupe, dont elle servoit
dans une pâtée appelée. doublement engraissé par les
àfaire le bouillon
rencontroit. Ce potage
vers corrompus qu'on y
de cette eau, cette
en un mot étoit un composé Cependant nous
charogne et ce biscuit émietté.
nourris
de manière à être bien
avions payé
vouéal la discrétion
sans la foiblesse du capitaine table avec lui, se
seuls faisant
de négocians qui,
réservoient tous nos bons morceaux.
Pourtant on nous régaloit quelquelois, , pour à
Puniformité du service, avec des pois
détruire
dans de l'eait,
brebis bouillis tout simplement elfervescenca
de crainte que le beurre ne causât
délabré, en le surchargeanit
dans notre estomac
de bile, et le forçant de rendre un comestible, indisdontde célèbre cook avoit réellement et etl les
besoin pour faire les coulis
pensablement beurre de messieurs nos gouvernans 2
rôties au
de six, savoir, trois
qui étoient au nombre
de vaisseaux
négocians , et trois capitaines
marchands. - e --- Page 275 ---
D'UN
Ces rusés NATURALISTE 207
premier jour personnages de notre
se coalisérent dès le
comme anciens
traversde, et comnoissant,
employer envers uavigateurs, les subterfoges à
refusé d'être de d'innocons passagers, avoient
uommer commissaires nos tables, et s'étoient fait
liqueurs et vivres de afin de se réserver les
coffre de réserve, dont choix, et d'en garnir le
avoit seul la clef.
le nègre du capitaine
Cette usurpation étoit
les
outrée 3 puisque tous
indiquée msmasretatgrenes à la masse la
pour être
somme
toute la traversée; également nourris pendant
le droit de réclamer cependant nous n'avions pas
qu'on fat incommodé aucune provision; et soit
tout potage que de la ou non, on n'avoit pour
changer, des pois et de soupe la et des pois, et pour
vions encore avec
soupe que nous recerésignation, tout en humant
Tederenbaumeede mets denos
qui avoient soin de dîner
commissaires,
prendre plus librement leur avant nous, afin de
Un jour
café,
cependant, la
pagnon de notre infortune patience d'un comendurer plus long-tems de échappa. Il ne put
Il épioit ces scènes
semblables vexations.
fureur, il alla prendre scandaleuses, et plein de
et ses amis,
sur le fait le
qui faisoient bombance capitaine
dessert, notre Jiqueur et notre
avec notre
café, On le mo-
soin de dîner
commissaires,
prendre plus librement leur avant nous, afin de
Un jour
café,
cependant, la
pagnon de notre infortune patience d'un comendurer plus long-tems de échappa. Il ne put
Il épioit ces scènes
semblables vexations.
fureur, il alla prendre scandaleuses, et plein de
et ses amis,
sur le fait le
qui faisoient bombance capitaine
dessert, notre Jiqueur et notre
avec notre
café, On le mo- --- Page 276 ---
VOYAGES
du capitaine prenant
lesta, et les cinq partisans haut,
que le
un ton mielleux, dirent assez individu pour à bord
capitaine l'entendit, qu'aucun droit d'insulter le capid'un bâtiment n'avoitle
avoit.senl la police, et un pouvoir
taine, qui
et les passagers 2 au
illimité sur son équipage la haute police, et
point qu'il pouvoit exercer
à ses ordres.
faire jeter à la mer tout réfractaire
et notre
Nous trouvâmes ce réglement atroce; criminelle
député, observant que cette mesure et de la
étoit contraire aux lois de Phonneur
à une nouvelle harangue,
justice, se préparoit silence, en le renvoyant
lorsqu'on lui imposa
comme un écolicr honteux!. : eûmes bon vent le
Le lundi 2 décembre, ,nous bonne route; le
matin, et filàmes six noeuds en
donna du
soir, survint une petite pluie qui nous flambeau
calme. Eclairé dans mes réveries parle
c'est à la faveur de sa pâle clarté, que
dela nuit,
petit recueil
J'esquissai les nuits de ma traversée,
de réflexions morales.
diversifiai mes occuMardi 3 décembre., je
inspations en composant un quatuor exécutâmes pour
à
trumens à cordes, et- que nous
bord.
donc
Pourquoi toujours se paindre?Vantons
aujourd'hui les faveurs de nos gouvernans, 9
Nous
à leur complaisance.
et rendons justice
eûmes
que
dela nuit,
petit recueil
J'esquissai les nuits de ma traversée,
de réflexions morales.
diversifiai mes occuMardi 3 décembre., je
inspations en composant un quatuor exécutâmes pour
à
trumens à cordes, et- que nous
bord.
donc
Pourquoi toujours se paindre?Vantons
aujourd'hui les faveurs de nos gouvernans, 9
Nous
à leur complaisance.
et rendons justice
eûmes --- Page 277 ---
D'UN
eimes au moins NATERALISTE de
plus est, comme cette mauvaise
de terre à discrétion. erenriniegnnlt, soupe, des et qui
shrement
Nos commisaires pommes
nous
shesrer, par cette
vouloient
nouvelle consentirions à
amedioration, si
route; Car il y eut à
d'une
iaetenmete
surnbondanee, convives
et l'on nous notre table de la
dessert. denotre banquet, servit, pour douze
Quel excès de
quatre anchois et du
Mercredi 5
générosiué!
força le
décembre,
capitaine de faire T'excessive chaleur
laquelle il étoit impossible mettre la tente,
Nous tnâmes
de rester surle sans
mit la
plusieurs
pont,
mais chaloupe à la mer paillis-en-cul (r). On
on ne put en pour. les aller
autres étant déjà
rapporter que chercher,
mage du mâle trop loin du
deux, les
celui de la ne differe du blanc bitiment, Le plutaches noires femelle, qu'en ce éblouisant de
huileuse
de plus sur le dos. qu'il a quelques
et peu estimée.
Leur chair est
Tout périt dans la
voyant notre énorme nature, me
vaisseau fendre disois-je, en
() Le
avec fierté
en-cu, ou paille-en-cul, oiseau des ou
de Linné, Oiseau Tropiques, pill-emnquere, phaëton ou fétuvigateurs leur entrée palmipède, qui annonce cethereus,
nourrissent de
sous la zone
aux nades mers.
poissons qu'ils
torride. Ils se
enlèvent à la surface
Tour I,
--- Page 278 ---
VOYAGES
tontpérit, excepté T'ame
les vagues mugissantes;
aussi peu solide
Notre charpente,
de Phomme!
doit également un jour
que celle de notre navire, du tems. Les tempêtes
succomber sous le poids
force matérielle,
la résistance de sa
éprouvent sommes le triste jouet des passionsa
comme nous
briser; la mort ensevelit avec
Un écueil peut le
de justes réflexions
elle toutes nos passions. Que
à
faire ainsi à bord lorsqu'abandonmé
on peut
au dessus d'abimes sans
sa destinée, on vogue
fond !
je tronvai à mon réveil
Le jeudi 6 décembre,j
rongées par les
les peaux de mes pailles-en-cul la tête
toute
Le mâle surtout avoit
presque du
rats.
avec du soin, ily avoit
mangée; cependant,
à les réparer.
remède, aussi m'occupai-je soir huit noeuds, avec
Nous filâmes jusqu'au
un roulis insupportable. aussibonner route, aussi
Vendrstizdecembres
d'une
mais la vue quoiqvianéreseante
bon vent;
volans (S), ne put
de poissons
le
qisntinéimmenses
dans lequel me jeta
me tirer de Yaflaissement
me devenoit
indifirentpetla
mal de mer. Tout
volitans, Linné. Le
(1) Muge volant. Exocetus va dormir dehors, parce
mot ezocetus veut dire qui avoit la faculté d'aller
qu'on croyoit que ce poisson
dormir sur le rivage.
reseante
bon vent;
volans (S), ne put
de poissons
le
qisntinéimmenses
dans lequel me jeta
me tirer de Yaflaissement
me devenoit
indifirentpetla
mal de mer. Tout
volitans, Linné. Le
(1) Muge volant. Exocetus va dormir dehors, parce
mot ezocetus veut dire qui avoit la faculté d'aller
qu'on croyoit que ce poisson
dormir sur le rivage. --- Page 279 ---
DUN
pature
NATURALISTE
pour quelques momens
tous ses charmes. Le seul
perdit à mes yeux
pu apporter un
souvenir de L. L. eàt
doulourenses. repos bienfaisant à ces anxiétés
Samedi 8
bonne heure décembre, la mer
à moutonner,
commença de
aperçut les
2 c'est à dire
flots, en se
qu'on
Se blauchir, et former brisant mutuellement,
des
compare en ce cas à la blancheur époudrins que l'on
Tont
de la
en examinant des
neige.
doient autour de notre pailles-en-cul qui ropoissons volans
bitiment, ainsi que des
juré, la dorade, poursuivis par leur ennemi
son (I), dont la robe nous en primes une. Ce poispar le pinceau le
élégante ne peut être imitée
plus habile,
de
lorsqu'il est hors de
change couleur
l'eau; et à mesure. qu'il
(r) Sparus aurata, Linné, Ce
Spare qui, dans
poisson du
poisson de la l'eau, est sans contredit le genre du
vétu d'or
mer, 2 paroit, entre deux plus beau
sur un fond vert
lnmes, TCet est meilleur
azuré, Il aime le
en été qu'en hiver.
chaud,
blanche, un peu sèche, mais
Sa chair est
C'est le plus léger de tous les ferme et de bon goût,
poursuit sa proie avec tant
poissons, La dorade
vent elle se
dachamemeut,
précipite sur un
que souadapté un corps et des ailes, hamneçon auquel on a
volant dont elle est
pour imiter le poisson
très-friande.
0 2
est meilleur
azuré, Il aime le
en été qu'en hiver.
chaud,
blanche, un peu sèche, mais
Sa chair est
C'est le plus léger de tous les ferme et de bon goût,
poursuit sa proie avec tant
poissons, La dorade
vent elle se
dachamemeut,
précipite sur un
que souadapté un corps et des ailes, hamneçon auquel on a
volant dont elle est
pour imiter le poisson
très-friande.
0 2 --- Page 280 ---
VOYAGES
S12
se
approche de sa mort, les teintes"s'alérent, s'efs'éclipsent, enfin finissent par
confondent,
d'une manière bienr
facer prespr'entirenent successivement par une
sensible, en passant Ce poisson ne nous étant
infinité de nuances. il fut servi à la table des goupoint destiné,
de docteur du bord,
vernans qui, en ma qualité
à moi seul une tranche.
en envoyèront chaleur excessive, il y eut un défi
Malgré la
Ils'agissoit de
entre le capitaine et un passager.
avec le fusil, une balle dans une planche
mettre, haut des hunes. Tous deux novices
placée au
ils
a
dans Part de tirer au blanc, n'approchèrent des
même
du but. Quel fut Pétounement
pas
lorsqu'ils nous virent, un
Anglo-Américains, traverser cette même planche
Nantais et moi,
sur' Ia charge de notre
avec une chandelle posée
de balle de plomb! !
fusil, en guise
de grand
Dimanche 9 décembre, on m'appela
quivoltigeoient
matin poartrerdapilsesal dessus de notre bâtiment. J'en
stupidement au
dans
tirai deux que] je blessai, et quitomibérent leur
d'un troisième qui, inquiet sur
l'eau près
de les faire voler en se dontriste sort, essayoit
exemple; mais ils ne purent y parnant pour
tirés, étant dans
venir. Je regrettai de les,avoir
cette fois, d'aller les chercher
T'imposilbiliué,
à cause du gros tems. --- Page 281 ---
DUN
Lundi IO
NATURALISTE
décembre,
sieurs
ayant calme
passagers voulurent,
plat, pluiosupportable, se
par une chaleur
adroits
baigner à la mer. Les
plongérent à des
plus
rables ; mais la vue d'un profondeurs considé.
bande
requin
joyeuse, et arrêta leur
dissipa leur
exercice salutaire, On mit la ardeur pour cet
alin
chaloupe à la mer,
arrêtée dans sa marche
mais, 2
du
par des bancs
coaae
tropique > elle ne
de raisins
varcchs étoient
put le rejoindre. Ces
toute espèce, remplis de petits
de
qui trouvoient
poissons
nourriture, et un refnge probablement leur
marines:
dans ces plantes
Nous edmes vers midi une
et le
brise assez
capitaine, en prenant hauteur légére,
annonça que nous étions à
nous
tropique.
vingt Jieues du
Cependant soit mauvaise
excès de table, notre
disposition, soit par
violente
capitaine
indigestion, Il m'appela deitumalaledtine
bacchique (2),'et là,
dans le cabinet
aprés avoir fait
l'éloge de
soleil (r) Cest mesurer avec un
sous Thorizon, à midi, octant lélévation du
tient un huitième de cercle, L'octant ou secteur con-
(2) C'est ainsi
c'est à dire 450,
de nos commissaires. que nous appelions la salle à
manger
0 3
violente
capitaine
indigestion, Il m'appela deitumalaledtine
bacchique (2),'et là,
dans le cabinet
aprés avoir fait
l'éloge de
soleil (r) Cest mesurer avec un
sous Thorizon, à midi, octant lélévation du
tient un huitième de cercle, L'octant ou secteur con-
(2) C'est ainsi
c'est à dire 450,
de nos commissaires. que nous appelions la salle à
manger
0 3 --- Page 282 ---
VOYAGES
complaisance, avoir su me dismon extrême
il
à
tinguer des autres passagers, m'engagea
prendrele punch tous les jours à pareille heure,
l'avenir, Jorsque je
si cela m'étoita agréable;qu'à
il
me rendre à son invitation,
ne pourrois
le bol
n'eiveroitodsnmnoins) par son nègre
qu'il
Je le remerciai en acceptant son
me destinoit.
ollire, dans l'intention d'être utile aux autres
passagers.
Mardi II décembre, un de nos six gouvers
immoral au dernier
nans, M. V 2 homme
des
degré, faisant ses délices du tourment
fatiguant nos oreilles tout le jour de
autres,
obscènes et du triste récit de ses
chansons
sans ménager Ja pudeur des dames;
prouesses, ennemi de Tharmonie musicale,
M. V*x*, 2
athée enfin, et jaloux de nous voir prendre
plaisir à exécuter les quatuors concertans que
favois composés, résolut de nous troubler, et
clin()ponrfrapper
percabiposenipuelge dessus de nos têtes, il desà coups redoublés au
cendit lui-même avec effronterie auprèsdenous,
muni de deux quarts vides qu'il frappoit à tour
de bras de deux énormes marteaux. Nous ne lui
cédâmes en rien, et continuâmes, sans prétendre
(1) Calfater, c'est garnir de poix et d'étoupes les
fentes d'un vaisseau. --- Page 283 ---
a
DUN NATURALISTE.
d'antres charmes que celui de méy trouver
dc sa sorte. Honteux de notre
priser. un homme
de céder, et se retira
résistance, il fut obligé
furieux de se voir ainsi joué. Cette gentillesse
très-vive explication, où tous
donna lieu à une
leur véritable
les gouvernans firent apprécier
coaliinextricable jusqu'alors. Ils se
caractère,
sérent entr'eux, en jurant
desoppseralavcnir
nous fissions de la musique qui finissoit
à ce que
les suites
par lcs étourdir. Le capitaine craignant afin de
de cette altercation, 9 eut la prudence,
le
contenter tout le monde, de nous assigner
nous livrer à nos doux exercices.
atin pour
fut
L'ordre de police à cet égard ponctuellement
exécuté. sordides spéculateurs (1) employoient,
Nos
le réste de la journée à calaprès leurs orgics,
et l'avarice
culer le produit de leurs cargaisons; ;
à être troublée dans ses opérations
n'aime point
mystéricuses. décembre nous eûmes une mer
Mercredi 12
à
houleuse, et un mauvais vent qui nous obligea
faire fausse route.
deux
Jeudi 13 décembre, nous aperçâmes
de ce nombre MM. P.
de
(1) J'excepte Tamabilité du caractère étoit entièBordeaux, dont
des autres marins.
rement opposée à la rusticité
0 4
; ;
à être troublée dans ses opérations
n'aime point
mystéricuses. décembre nous eûmes une mer
Mercredi 12
à
houleuse, et un mauvais vent qui nous obligea
faire fausse route.
deux
Jeudi 13 décembre, nous aperçâmes
de ce nombre MM. P.
de
(1) J'excepte Tamabilité du caractère étoit entièBordeaux, dont
des autres marins.
rement opposée à la rusticité
0 4 --- Page 284 ---
VOYAGES
bâtimens allant à la pêche de Ia baleine. La
chaleur excessive et l'agitation des flots s'opposèrent à nos réunions pour la musique, au
grand contentemént de notre antagoniste.
de malMême diner, on plutôt supplément
propreté avec intention ; nous trouvâmes des
cheveux en quantité dans tous les plats qui nous
furent servis. On s'en prit au cook qui s'excusa,
et nous fimes obligés, faute d'antres alimens,
cheveux
de manger les propres] J bouchées que ces
enveloppoient, età qui ils avoient communiqué
certains autres) mélanges encore plus dégontans.
Le soir, la mer étant moins rude, les maentr'eux des danses de
telots se proposèrent
caractère. Comme ils étoient tous de nations
différentes, les uns sautoient comme les Turcs,
d'autres comme les Russes; ceux-ci prenoient
le
le genre allemand, et ceux-là adoptoient
rite anglais. Ces pas exécutés au son de cris
aigus, formoient une cacophonie qui nous
recréa, à défaut d'une plus douce harmonie.
Vendredi 14 décembre,il plut abondamment
pendant toute la journée, et nous ne filâmes que
six noeuds.
Samedi 15 décembre, nous etmes le vent
debout, c'est à dire absolument contraire.
Dimanche 16, la nuit fut périlleuse, mais
au danger; ct malgré le roulis
nous échappâmes --- Page 285 ---
- -
D'UN
et a le tangage NATURALISTE 217
fois huit noeuds. (1), nous filâmes sept et quelque.
Lundi 17 décembre, le roulis
éprouver toute la matinée.
se fit encore
On
déjetiners, vu la pénurie des
supprima nos
nous ne faisions plus
vivres;en sorte que
le soir à quatre heures. qu'un trés-matyais repas
à cette nouvelle
Il fallut bien se résigner
dep procédés délicats injustice, ne Pouvant attendre
d'aussi
que nos gouvernans,
égoistes personnages
Nous aperçhmes autour du
quantité
bâtiment
- Cet oiseau considérable d'oiseaux de
une
iln'est est celui que Brisson
tempête (2).
pas plus gros que
appelle le pétrel;
et c'est le plus petit de Thirondelle
tous les
d'Earope,
oiseau, dit Mauduit,
pualmipedes. Cet
pétrels, la rigueur affronte, des
comme les autres
avance aux plus grandes mers glacées, et s'y
instinct qui l'avertit de hauteurs; mais, soit
sensations plus fines
son peu de force, soit
du même
sque collesdesautres
genre, il est le
oiseaux
premier à prévoir les
(t) Le tangage est
seau de Tarrière à loscillation fatigante du vais-
(2) Cest le
Tavant, et de lavant à
laria avis; pétrel de Brisson, Pl. enl. Tarrière.
Plautys minimus
995. Procelsupérieur du corps est
procellarius. Le
vant de la tête sont d'un noirâtre, linférieur et plumage le decendré brun.
sque collesdesautres
genre, il est le
oiseaux
premier à prévoir les
(t) Le tangage est
seau de Tarrière à loscillation fatigante du vais-
(2) Cest le
Tavant, et de lavant à
laria avis; pétrel de Brisson, Pl. enl. Tarrière.
Plautys minimus
995. Procelsupérieur du corps est
procellarius. Le
vant de la tête sont d'un noirâtre, linférieur et plumage le decendré brun. --- Page 286 ---
VOYAGES
à chercher un abri contre léur
tempêtes, et
luia fait donner
violence: c'est cet avantage qui
d'oiseau de tempête. Lorsque les naule nom
du Danemark, qhi sont
tonniers, surtout ceux
ces
très-habitués au phénomène que présentent
animaux indicateurs; lors, dit Mauduit, que
marins
la mer étant calme, ces
les
voyent,
dans le siloiseaux se réunir, voler en troupes
lage du vaisseau, sous son abri, ils se regardent
assurés d'être bientôt exposés à un gros
comme
tarde
en effet à succéder
tems, qui ne
jamais
à Tapparition des petits pétrels.
des vents
Mardi 18 décembre, la contrariété
nous obligea de faire fausse route.
Mercredi 19, nous apeginrandeganlianine sur les
du côté des Bermudes, un corsaire, puis
qui nous accosta.
dix heures, un bâtimentnentre
lavoir attendu en panne (1), notre capiAprès
et il résulta de ces questions
taine Tinterrogca,
jours de Philaqu'il étoit parti depuis quatorze à cause d'une
delphie, qu'il laissa dans le deuil
maladie épidémique qui venoit d'enlever quatre
Nous
à son bord pour
mille ames.
envoyâmes
(1) Mettre un bâtiment en panne, c'est contreba- met
lancer avec les voiles la puisance du vent à qu'on rester en
en opposition; ce qui oblige le bâtiment
place. --- Page 287 ---
- D'UN NATURALISTE
obtenir des
provisions, et j'eus le regret de'
pouvoir lui faire remettre une lettre
ne
prète, en cas de sa destination
queje tenois
nous apprimes qu'il alloit à l'ile pour. France; mais
filàmes, le reste du jour, six noeuds Cayenne. Nous
route, On ne sauroit croire
en- bonne
sent, dans une traversée, de quel plaisir on resveau visage : il semble rencontrer un noufasse naître
que cette satisfaction
l'espérance d'une plus
arrivée,
prompte
Jeudi 20 décembre, au milieu de la chaleur
insoutenable qu'on éprouve sous la ligne, je
soufoisdeubismentded
forcé, comme
eseincommolit,éane
médecin, d'aller dans les
visiter les nombreux malades
soutes
tous les jours;
quej'avois à voir
cependant le désir de
Phumanité
soulager
souffrante, me fit surmonter tout
obstacle, et je m'efforcai de répondre à la
fiance qui m'étoit accordée.
conNos gouvernans vivoient dans
nous, victimes de notre
P'abondance; et
étions dénués de tout. Le subordination, nous
secouer celte
tems étoit arrivé de
décidaqu'ont torpetrengourdies et notre conseil
oi, après le
eeatiseinnnee
coucherdusoleil, on va
sur le pont, une descente
prendrel'air
miers comestibles
pour enlever les prequ'on
Le besoin
pourroit y rencontrer.
seul, et non point un désir de ven-
ous, victimes de notre
P'abondance; et
étions dénués de tout. Le subordination, nous
secouer celte
tems étoit arrivé de
décidaqu'ont torpetrengourdies et notre conseil
oi, après le
eeatiseinnnee
coucherdusoleil, on va
sur le pont, une descente
prendrel'air
miers comestibles
pour enlever les prequ'on
Le besoin
pourroit y rencontrer.
seul, et non point un désir de ven- --- Page 288 ---
VOYAGES
devoit conduire nos pas en ce magasin, 2
geance, de nos
et fermé à notre soutrésor
oppresseurs,
plesse abusée. Trois jeunes gens d'entre nous,
privés déjà par de longs jetnes de la fraicheurde
leur àge, au cou roide et décharné, au visage
abattn,furent choisis pour exécuter notre projet.
donc eussions-nous retardé le moment
Pourquoi
quidevoitnouss assurer une toute autre existence?
S'agissoit-il d'un larcin? n'étoit-ce point de nos
provisions dont nous allions nous empapropres rer? On s'y décida. Les uns faisant sentinelles et
en commission sur le pont ceux des
renvoyant
présentoientàla chambre,d'autres
mousses quise
le
ouvroient la trappe, tandis que
pourvoyenr
lumière tâtoit dans Pobscurité parmi le
sans
la chandelle; mais au tact, il savoit disbeurre,
nous convenir,
tinguer les objets qui pouvoient
et en' remplissoit ses poches. Un jour pourtant
de P'avant-poste donnèrent le,
que nos sentinelles
d'une
signal de retraite, un de nos envoyés
voulut néanmoins, avant de
taille gigantesque
remonter, utiliser sa démarche, mais plonge son
bras..
au milieu d'un baril debeurre rance,
et l'en retire dans un état infect! Cependant,
digne de notre confiance, il ne perd pas la carte;
sa
il se précipite sur les
et pour réparer méprise,
reconnoit
provisions de nos gouvernans qu'il
trop tard, etrapporte une quantité de pruneaux, --- Page 289 ---
D'UN NATURALISTE
noisettes, figues, et, le
d'anisette qui servit à boire dirai-je, unep epomponelle
nos tyrans.
à la conversion de
Nous avions
Cancer, et la veille, passé le matin le tropique du
préparérent la cérémonie selon Fusage, les matelots
Cette coutume consiste du baptéme de mer.
de moutons
(1) à habiller
un matelot
de peaux
sépulcrale, de
qui a une voix forte et
sur sa tête des répandre ensuite sur ses bras et
maintenues
plumes de volaille
par du gondron, dont qui y sont
corps sont enduites. Cet
ces parties du
monte,sans être
acteur ainsi disposé ,
et c'est du haut des aperçu, au
rieusedel
airs qu'ilimite Hlenlentdedimen la voix
navigateurs Neptune, qui itonne contre les
impé.
à ses lois. Les qui ne se sont pas encore néophytes
la
vieux marins
conformés
cause des nouveaux
cherchent à plaider
des sacrifices
voyageurs, et promettent
) erie Neptune, propitistoires, oi,
(( A demain, leur
D serontavec moi
s'ils ne sont
Le lendemain au fond des eaux convertis, ) !
ils
tune revêtu dumême de grand matin, le vieux
de ses
costume, mais
Nepdron quatre anges enduits's
saccompagné
etc dep
sculement de gouplamesyparottaup plus shautdul
hunier,
(i) Je décris cette cérémonie
point voyagé,
pour ceux qui n'ont
Neptune, propitistoires, oi,
(( A demain, leur
D serontavec moi
s'ils ne sont
Le lendemain au fond des eaux convertis, ) !
ils
tune revêtu dumême de grand matin, le vieux
de ses
costume, mais
Nepdron quatre anges enduits's
saccompagné
etc dep
sculement de gouplamesyparottaup plus shautdul
hunier,
(i) Je décris cette cérémonie
point voyagé,
pour ceux qui n'ont --- Page 290 ---
S
VOYAGES
.222
etdemande d'une voix menaçante siles néophytes
sont dans de bonnes dispositions; ; on lui répond
que oui: ( Qu'ils s'avancent, s'écrio-tilal'aide
etquejesache 's'ils sontdignes
)) d'un porte-voix,
>! On les place en-
) d'être soumis à mon empire
semble, puis les anciens marins s'éloignent en
cercle autour d'eux. Tout à coup une averse
affreuse tombe sur leur tête; et voilà le baptême
de mer auquel aucun passager ne peut se soustraire lorsqu'il est en bonne santé, à moins de
récompenser largement les matelots qui aspirent
à ce bénéfice.
chaleurs
Vendredi 21 décembre, les grandes
du tropique nous ôtant beaucoup de vent, nous
trois nocuds. La mer calme me
ne filàmes que
avecdeux habitans dul Hautpermit un entretien
Languedoc, vrais dans leurs descriptions, sij'en
leur franchise. lls me firent un pompeux
juge par
enchanteur, dont les environs
éloge d'un village
belle Nature
délicieux offrent aux amateursdela
des retraites assurées contre le tourbillon du
monde. Ce villages'appelle Mazanet, et est situé
prèsde la ville de Castres, département de Tarn
et Gironde. Les rues de cet endroitsontbombces
à leur milieu, et protègent, par leur pente riveTécoulement de ruisseaux
raine des maisons,
dans
d'une eau vive et pure qui prend sa source
lesmontagnes voisines, qui en sont arrosées. La
rent aux amateursdela
des retraites assurées contre le tourbillon du
monde. Ce villages'appelle Mazanet, et est situé
prèsde la ville de Castres, département de Tarn
et Gironde. Les rues de cet endroitsontbombces
à leur milieu, et protègent, par leur pente riveTécoulement de ruisseaux
raine des maisons,
dans
d'une eau vive et pure qui prend sa source
lesmontagnes voisines, qui en sont arrosées. La --- Page 291 --- --- Page 292 ---
4.2.
CXT:
N
-
A
-
E
E
SS ac
Cibriel
Tlialie vulf Galise.serzaphite delontre derMlolwyu --- Page 293 ---
MUN-NATERALISTE
nature s'est complue, me disoient ces Languedociens, à parer ces fertiles côteaux. L'hommeami
dans le silence des bois, à
de la paix, trouve,
ne
ses
La chasse et la pêche
contenter
gouts.
fruits
laissent rien à désirer. Les vivres et les
y
abondance, qu'on les achète à
sont en si grande
touche à leur
bas prix. Pour donner la dernière
récit attrayant, ils me firent la description d'nne
maison de arimee
entotrée de fontaines, que dans chaque apparrobinets qui, dans
tement se trouvent plusicurs
lété, sont d'un grand avantage pouryentrotenir
fraicheur naturelle et bienfaisante. L'office
une
la cuisine font usage de celte eau
même et
limpide.
de l'eau de mer pour
Un matelot, en puisant
le
recueillit dans son seau une galavèr pont,
de
lère (1) (tom. 1er., pl. XIIL.) qu'il s'empressa
T'animal donne
m'apporter. Son corps auquel
formes à volonté, en le dilatant ou le
diverses
ou
est un mollusque du
- (1) La galère
frégate
sur les côtes
des holothures qui se rencontre
genre
et plus souvent en pleine mer. On
de TAmérique, aussi vélette ou vessie de mer 2 et moucien
Tappelle dit Valmont - Bomare. Lorsqu'on la renau Brésil,
on doit infailliblement s'altendre
contre sur ces côtes,
thalia des mollusques
à une tempête. Cest la thalie,
de TEncyclopédie, par ordre de matières.
La galère
frégate
sur les côtes
des holothures qui se rencontre
genre
et plus souvent en pleine mer. On
de TAmérique, aussi vélette ou vessie de mer 2 et moucien
Tappelle dit Valmont - Bomare. Lorsqu'on la renau Brésil,
on doit infailliblement s'altendre
contre sur ces côtes,
thalia des mollusques
à une tempête. Cest la thalie,
de TEncyclopédie, par ordre de matières. --- Page 294 ---
a
VOYAGES
concentrant, est transparent et formé de memremplies d'air
branes minces et cartilagineuses,
soutiennent surleau, etle font flotter sur
quile
du vent et des flots. On n'aperçoit
l'onde au gré
ni viscère. Il
à cet holothure aucune ouverture
smnbisememiatbrmihe conformation,
à une vessie de carpe dont il diffère cependant
il
en ce qu'au sommet de sa partie longitudinale
est surmonté d'une crête, ou large bandelette
nageoires dorgaufrée et striée, qui remplaceles
sales des poissons, et qui sert de voilure à cet
Laissant apercevoir la moitié
animal singulier.
de son corps hors de l'eau, sur laquelle il vogue
et aux ondulations de qui il
tranquillement, s'abandonne, il est muni pour leste, depuis une
des extrémités jusques vers le milieu du corpsdessous, de suçoirs sans nombre, longs et filien
réunion composent un poids
formcs, qui parleur
beaucoup plus volumineux que le restedu corps.
et riche parles
Toute cette chevelureglutineuse,
la
couleurs bleue, rose > lilas et nacrée qui
décorent, traîne dans l'eau, et adhère puissamsolides lorsque l'animal en renment aux corps
contre. Les deux extrémités de la galère ressemblentà
fait mouvoir à linstardes
deux seins quel'animal
leur donner
phalènes. Ces deux tettins,sije puis
sont d'un bleu azur. Quelques
celte expression;
muscles --- Page 295 ---
D'UN
muscles
NATERALISTE
des parties carilngineus, de
utiles à la
Tanimal,
contraction
rieure que j'ai déjà tapissent la crête supédorsale des
comparée à la
lisière rose poissons. Elle est frangée nageoire
La
glacée de nacre,
d'une
galère porte avec elle un
tique et si pénétrant,
poison si causchée, 2 l'on ressent
qu'à peine l'a-t-on
jusque là
une cuisson
touque l'enflure
qui en est'
inepportable,
accompagnée
le résultat, est
suites funestes, d'inflammation. Pour
une
on écrase sur la prévenir ses
gousse d'ail, ou, ce qui
partie oflensée
recouvre de linges imbibés vaut mieux, on la
étendu d'eau, qui neutralise d'alkali volatil fluor
eflets de ce venin. On
promptement les
si subtil et si
prétend que ce
* dénature la chair corrupteur 2 qu'il
poison est
des
décompose et
sans pour cela les faire poissons qui en ont mangé,
J'aperçus
mourir.
près du gouvernail
iutéressant par ses
un poisson bien
ou poisson condncteur. couleurs; c'est le pilote (1),
quemment sous
Il-se rencontre fiépouces de
l'équateur. Il a de
à
couleur long, sur un de
cinq six
brunâtre avec
largeur. Il est d'une
donne beaticoup de
reflets dorés, ce
les nuances. Il
rapport avec la
quilui
est ceint dans sa
tanche pour
longueur de sept
() Gasterosteus ductor,
ToNE I.
Liuné
P
isson condncteur. couleurs; c'est le pilote (1),
quemment sous
Il-se rencontre fiépouces de
l'équateur. Il a de
à
couleur long, sur un de
cinq six
brunâtre avec
largeur. Il est d'une
donne beaticoup de
reflets dorés, ce
les nuances. Il
rapport avec la
quilui
est ceint dans sa
tanche pour
longueur de sept
() Gasterosteus ductor,
ToNE I.
Liuné
P --- Page 296 ---
TOYAGES
226.
transversales noires. On l'appelle pilote,
bandes
il accompagne le vaisparce quw'ordinairement indiquer la route à tenir. On le
seau, et semble
le requin, avec lequel il a,
voit aussi devancer
dit-on, des rapports intéréssés.
Dimanche 23 décembre, nous filâmes quatre
noeuds avéc vent arrière. Nous rencontrâmes un
Il étoit à la
bàtiment allant à Saint-Thomas.
(1) depuis son départ de Philadelphie.
cape
ce pavillon sembloit promettreAnglo-américain,
sûreté et protection à un de ses compatriotes.
d'amples provisions, et nous en étions
Il avoit
sous les auspices du beau
dém@se'espoargudi,
toujours honoré
sentiment d'humanité presque de venir à notre sesur mer, nous le priâmes barbarie de profiter
cours. Le capitaine eut la
détresse
nous faire payer une paire
de notre
pour
Nous etmes hon
de dindes, six gourdes (9).
noeuds.
la nuit, et filâmes six
vent pendant
comme nous avions
Lundi 24 décembre,
barils de
acheté du capitaine inconnu quelques
Meltre à la cape, c'est ne se servir que vent de
()
le gouvernail sous le
la grande voile, portant vaisseau à la dérive, et ne poin:
pour laisser aller le
nombre de voiles, à
Texposer, avec un plus grand de le faire sombrer.
une-résistance souvent capable vaut 1o5 sous de notre
(2) La piastre gourde
monnoie.
à --- Page 297 ---
D'UN
on
NATURALISTE
farine,
voulut la mettre
pourquoi les dames,
en ceuvre 5 c'est
dans la
comme plus
propreté, se
recherchées
en pains; mais
chargérent de la convertir
farine contenoit on nous avoit trompé, et cette
de
trés-pen de
pois et du
froment,
noir,
sable, ce qui nous donna beaucomp
bien gommeux et terreux. Il falloit un pain
inauvais, puisqu'avcc
qu'il fat
vorant nous lui préférames notre appetit débua ce défaut à la
le biscuit. On attricette farine une trituration; et pour rétablir à
la destina à faire réputation des
bien éventuelle, on
beignets. Ils furent
déestables,ets ne
trouvés
le but qu'on s'étoit remplisant en aucune manière
agréablement notre proposé, de flatter plus
nome se
palais. Enfin,
reposant pour quelques Tespritgastrodésespéra de pouvoir
momens, on
Précieux comestible. employer avec fruit ce
Mardi 25 décembre,
vent assez violent. Nos nous etmes un coup de
directeurs étoient
Rrancs-macons, dissection
et m'avoient invité à
tous
d'un bon dinde
partager la
de la Saint-Jean.
farci, tuéen
Le
Thonneur
intestins fatigués
dirai-je sans honte! mes
réjouissoient
par des mets
déjà de reprendre grossiers, se
habitudes, et, dans leurs
leurs douces
refusoient les rations tramsportsimmoléends,
avec inpatience Pheure communes. J'attendois
du dimer; mais je ne
P 2-
ité à
tous
d'un bon dinde
partager la
de la Saint-Jean.
farci, tuéen
Le
Thonneur
intestins fatigués
dirai-je sans honte! mes
réjouissoient
par des mets
déjà de reprendre grossiers, se
habitudes, et, dans leurs
leurs douces
refusoient les rations tramsportsimmoléends,
avec inpatience Pheure communes. J'attendois
du dimer; mais je ne
P 2- --- Page 298 ---
VOYAGES
ne fus appelé
sais si on redouta ma censure, je
dessert pour trinquer avec des liqueurs
qu'au
Je refusai séchement, et rede la Martinique.
le
en disant que
montai de suite sur
pont ,
la
j'étois à jeun. Les Sibarites déjà étourdis par
fumée enivrante du Champagne, ne reconnurent
que trop tard leur grossiéreté.
en
La nuit, ils se permirent des plaisanteries, dans la
introduisant secrétement et sans bruit
chambre des dames, deux gros chiens - et un
cochon. Ces pauvres animaux tant rebutés, tant
battus le long du jour, gottant en ce moment
inhabituelle, allèrent se placer dans
une paix
de nos belles dormeuses;
les cabanes, auprès
mais tout à coup un cri de Panimal fangeux
T'alarme au milieu du sexe timide. Deux
jette
enviant
d'entre ces dames, moins épouvantées,
les cabanes hautes, se levèrent en tremblant, ,et
reconnoissant le mauvais tour qu'on leur avoit
voulurent faire déguerpir les chiens; mais
joué,
trouvant bien et mollement couchés,
ceux-ci se
les dents. Il fallut
commencèrent à montrer
de
beaucoup de petites précautions, beaucoup bout
paroles douces pour obtenir d'eux, au
d'une heure d'invitations infructueuses, qu'ils
allassent sur le pont encourir encore les caprices
méchamment à les
du public, qui se plaisoit
n'a rien de
battre, en riant d'un procédé qui
spirituel. --- Page 299 ---
D'UN
Mercredi 26 NATURALISTE
oublier Fincivilié decemhre, pour
à
tainc me
qui m'avoit élé m'engager
sachant amateur
faite, le capime fit cadean d'une
d'histoire naturelle,
de la
boîte faite par les saitvages
de plumes Nomele-Angleere de
Le dehors est formé
former divers pore-épic, dessins. colorées de manière à
écorce fine et d'un
Lintérieur est d'une
jaune orangé.
Le génie
de trouver une gastronome tenta une nouvelle fois
table; c'est
propriété à cette farine détescélébre dans pourquoi P'art
on la livra à un
Ces mets
de faire lc
nègre
chéri des Anglais plum-poudling,
préparation difficile. Il
n'exige point une
d'une certaine
s'agit de réunir: au centre
émondées, des quantité de farine des amandes
et, pour épices, prunes, de la des figues, des raisins,
enferme ce
cannelle et du girofle. On
cuire, pendant mélange dans un linge, et on le met
au feu, jusqu'à quelquos minntes, dans le
humectée
cequela
pot
et cuite.
6nteentsufinmniet
sucre et du vin de Alors, ayec du beurre, du
dont on arrose les Madère, on fait une sauce
tranches du
Jeudi
plam-ponding.
quatre-vingts 27 décembre, nous n'étions
lienes de
qu'à
nous promettoit d'y Ssint-Doningue, et on
Reregsianid@aiche relicher; mais un des dicapitaine à débarquer
P 3
ée
cequela
pot
et cuite.
6nteentsufinmniet
sucre et du vin de Alors, ayec du beurre, du
dont on arrose les Madère, on fait une sauce
tranches du
Jeudi
plam-ponding.
quatre-vingts 27 décembre, nous n'étions
lienes de
qu'à
nous promettoit d'y Ssint-Doningue, et on
Reregsianid@aiche relicher; mais un des dicapitaine à débarquer
P 3 --- Page 300 ---
VOYAGES
éteignit Ja foible lueur de nos
à Charles-Town,
espérances. dinâmes avec de la morue sèche , et
Nous bouillie dans de l'eau, sans beurre ni
seulement
de terre gâtées ou
sauce, et quelques pommes rire. Un coup de
germées qu'on se disputoit sans
l'écoute du grand hunier.
vent rompit
eûmes un mât endomVendredi 28 2 nous
mais nous
le coup de vent de la nuit;
magé par
bonne route. Nous fames
filâmes huit ncends en
Ja pitourmentés pendant notre sommeil par
de marinincommode et douloureuse
are
de ravels (2),
gonins(1), et les traces venimenses
aiment à parcourir le visage ou toute autre
qui
mise à découvert, en y départie du corps
Ces insectes sont de Tespèce du cousin, culex.
()
scarabeus minor domesticus, spadi-
(2) Le ravet;
de blatte; blatta americana,
ceus. Cest une espèce
volant, commun à bord
malè olentissima. Cet insecte
au handes vaisseaux et en Amérique, est semblable est plus
neton privé de ses ailes, mais son corps des ailes,
aplati : le corps des mâles est caché sous Ces intaudis que celui des femelles est à découvert. dans.
tout, et savent pénétrer
sectes nuisibles rongent
laissant des taches
les lieux les mieux fermés, en y Les ravets ont
d'une humeur infecte et caustique. ichneumones et les
pour ennemis puissans les guépes
araignées. --- Page 301 ---
D'UN
NATURALISTE
posant une Jiquenr
23t
germe d'une érosion caustique qui devient lc
Samedi
cuisante.
venger aujourd'hui 29 décembre, 3 nous devions nous
privations
sur unde nos dindes, denos
journalières; et
nous une fête, que l'espoir d'un comme c'étoit pour
pour ajouter plus de solennité à la meilleur repas,
funérailles, 7 on me fit
cérémoniedes
funèbre pour conduire à composer la
une marche
avoir fait faire trois fois le cuisine, 2 après lui
le gros dindon
tour du bitiment,
graissé,
que nous avions si bien enLes commissaires du
desquels j'avois été
banquet, au nombre
visoirement le
nommé, se réservéreut
sang de Tanimal
proposer un mets languedocien
pour en combon. Cestle sang d'une
que je trouvai trèsqu'on met frire avec
ou plusieurs volailles,
de
un peu de
de
T'oignon et de la sarriéte beurre, T'ail,
pour sauce, des jaunes d'euf hachée. On ajoute,
vinaigre (r).
battus dans du
Nous étions à la veille
gereux accident. Un de d'éprouver un dande faim et de soif
nos chiens languissant
brolante,
sous une température aussi
entlessympumes
confirmée. On
premiers d'une rage
prévint les snites fiunestes de
() Ce mets s'appelle
sanguette,
P 4
, T'ail,
pour sauce, des jaunes d'euf hachée. On ajoute,
vinaigre (r).
battus dans du
Nous étions à la veille
gereux accident. Un de d'éprouver un dande faim et de soif
nos chiens languissant
brolante,
sous une température aussi
entlessympumes
confirmée. On
premiers d'une rage
prévint les snites fiunestes de
() Ce mets s'appelle
sanguette,
P 4 --- Page 302 ---
23>
VOYAGES.
celte maladie affreuse, en jetantàlas merl'animal
atteint de Thydrophobie.
midi
Dimanche 30. décembre, il s'éleva vers
un coup de vent si violent, que. quatre bommes
pouvoient à peine diriger la barre. Je n'ai parlé
de la mort du dinde; mais, pour conque
il me suffira de
noître les suites de sa destinée,.
dire que les associés payeurs se. retirérent en
tapinois dans un coin du bâtiment, etmangérent
sans mot dire, et bannissant toute générosité, la
fameuse pièce de résistance qui dispanut en un
Nous ressentimes d'autant mienx les
instant.
douceurs d'un semblable repas, qu'à nos côtés,
de terre et pois faisoient le fonds du
pommes
diner des autres passagers.
deus
Lundi 31 décembre,nous rencontrâmes
bàtimens faisant route pour la Jamaique. On
mit PAdrastus en panne,' et on hissa deux pavillons pour leur donner le signaldupourparier.
Soit crainte ou méfiance, les deux vaisseaux
continuèrent leur route en cherchant à nous
éviter. devrois
sous le silence un trait
Je
passer
Nos did'égoisme qui n'a point d'exemple.
recteurs furent assezinhumains, pour merefuser
un peu de vin que me demandoit un convalescent pour faire une rôtie au sucre.
Mardi Ier. janvier, nous voguions sur les --- Page 303 ---
D'UN NATURALISTE
notre capitaine
flots de Tincertitude, pnisque
plus occupé de son plaisir que de SOII devoir,
exactitude,
ayantnégligéd de prendrelautenraveced
ne connoissoit plus le véritable point.
Nous vimes l'oiscau appelé par les marins
le corsaire. I1 annonce les attérages; ce qui
doubla l'inquiétude de nos mauvais pilotes, qui
aussi près de terre.
ne se croyoient point
fut
et
Mercredi 2 janvier, la nuit
orageuse,
embrasoient Phorizon 5
les éclairs répetés
n'eimes
cependant la mer étoit calme, et nous
de la chaleur. Le matin, nous avions
que
de notre bord un cachalot (1) de
aperçu près
quarante pieds environ.
le lever du soleil
Jeudi 3 janvier, jamais
imposant. Les couleurs
n'ollrit un spectacle plus
amoncelés vers
riches et brillantes des nuages
Thorizon, décoroient de ses plusl sbeaux vêtemens
renaissante. Dans le lointain, une coul'aurore de
oû l'on voyoit le beau jaune
ronne
nuages
et bordé de
le
d'airain marbré,
cnivré, 2 rouge enrichissoit ce tableau rableu noir jaspé, 2
vissant. Pour disque du centre de la couronne,
un ciel d'un beau bleu uniforme
on remarquoit
les couleurs foncées enviet sans tache, que
C'est le plus grand célacé, après la baleine du
()
Groënland.
une coul'aurore de
oû l'on voyoit le beau jaune
ronne
nuages
et bordé de
le
d'airain marbré,
cnivré, 2 rouge enrichissoit ce tableau rableu noir jaspé, 2
vissant. Pour disque du centre de la couronne,
un ciel d'un beau bleu uniforme
on remarquoit
les couleurs foncées enviet sans tache, que
C'est le plus grand célacé, après la baleine du
()
Groënland. --- Page 304 ---
534.
VOYAGES
ronnantes rendoient encoreplus tendre. Quelques
raiés vertes et fauves jaspoient le dessous de ces
vaporeux. Près de Tazur, au milieu
transparens
étoit le croissant de la lune
du nuage cuivreux,
lumirenaissante, tandis que les premiers jets
nenx du soleil sortant de Tonde 2 venoient
dorer et éclairer ce dais merveilleux.
On reconnut à l'eau de mer devenue tiède. 9
étions dans le golfe de Bahama. Son
que nous
être
nous nous
conrant devant nous
favorable,
en félicitâmes.
eurent lieu à
Les fréquentes rumeurs qui
bord depuis le jour de notre embairquement,
souvent occasionné des actions de dépit,
ayant vaisselle se trouvoit si' fort diminuée 2
notre fut obligé de nous servir la soupe dans
qu'on
un plat à barbe.
Vendredi 4 janvier, 2 on sonda sans succès.
de
on détermine la
La sonde, au moyen laquelle
profondeur de l'eau, est un cylindre de plomb,
concave à sa base, qu'on enduit de suif propre
à retenir le sable des rivages. Les bons marins
reconnoissent, à la sculeinspection des particules
arénacées, les parages, oùt ils se trouvent. Pour
s'en servir, on jette à la mer, et on laisse filer
cet instrument attaché à une certaine quantité
de brasses de cordages. Comme ilyavoit erreur
de calcul, nous ne pâmes trouver le fond. --- Page 305 ---
D'UN NATURALISTE.
Isurvint, vers les cinqh Iheureadelapnis-anidi,
de vent si violent qu'on mit le bâtiment
un coup
voiles déchirées, tous les
à la cape. Quelques
roulés à la hâte sur le
cordages en désordre, et
Ce
offroient le spectacle le plus lugubre.
pont,
Adrastus, fendant avec
n'étoit plus Timposant
fierté l'onde écumante; rien d'aussi morne que
Tintérieur d'un gros bâtiment privé de ses voiles,
et devenu le jouet de la tempête.
seule
étoit si
qu'une
- La mer à minuit
grosse, desdames,
lame, après avoir inondé la chambre
entra dans la nôtre, et renversa pars sa commotion
dans sa chute voulant se
un des passagers qui,
cadres déjà ébranlés
retenirà une colonne de nos
le ronlis, fit le petit Samson, et écroula nos
par cabanes. Une autre vague, non moins terrible,
redoublé cet horrible fracas, nous nous
ayant
J'avois déjà disparu aux
crûmes tous perdus.
de me
yeux des spectateurs, qui s'empressèrent les débris
porter des secours, étant enseveli sous
des cabanes, matelas, bouteilles, et surtout
étouflé par le poids énorme du passager qui
couchoit au dessus de moi, et qui, se trouvant
bien, oublioit qu'il en écrasoit un autre.
Samedi5janvier, , la tempête lesalsistoitencore,
et la mer étoits si houleuse que nous fimes obligés
de rester au lit, ne pouvant debout conserver
Téquilibre. On sonda encorc infructueusement;
sous
des cabanes, matelas, bouteilles, et surtout
étouflé par le poids énorme du passager qui
couchoit au dessus de moi, et qui, se trouvant
bien, oublioit qu'il en écrasoit un autre.
Samedi5janvier, , la tempête lesalsistoitencore,
et la mer étoits si houleuse que nous fimes obligés
de rester au lit, ne pouvant debout conserver
Téquilibre. On sonda encorc infructueusement; --- Page 306 ---
a36
VOYAGES
ainsi nous élions sans cesse à la veille de nous
perdre par Finconséquence de notre capitaine
qui oublioit, au milieu des jeux, et son devoir
et les dangers éminens auxquels il nous exposoit
pour avoir négligé le calcul des latitudes.
La tourmente augmenta, etles vents déchaînés
déchirant les voiles, on mit une seconde fois à
la cape. Rien ne pouvoit arrêter les mouvemens
violens et convulsifs du gouvernail; on futobligé
de l'amarrer. Le navire à la merci des flots et
des vents, inondé de vagues sans cesse renaissantes, rouloit dans tous les sens, 2 et sembloit
annoncer une perte prochaine.
Dimanche 6 janvier, la tempête continuoit
sans apaiser sa furie, lorsque, près de notre
bord, nous aperçûmes toutà coupau milieu d'un
brouillard épais un bâtiment à trois mâts, aussi
maltraité quele nôtre, tantôt englouti sous l'onde
amère, tantôtrevomi par ses vagues inconstantes,
et élevé subitement à des hauteurs prodigieuses:
Ce vaisseau, jouet comme PAdrastus de la tempête la plus affreuse, nous fumes réduitsàla perplexité de passer ainsi la nuit sans pouvoirdiriger
le bâtiment, et craignant un choc qui nous eut
fracassé lun ou l'autre. Cependant accablés de
fatigue, nous nous livrions déjà aux douceursdu
premier sommeil lorsqu'une secousse nous fit
tressaillir. Deux flots opposés, heurtantla carène, --- Page 307 ---
D'UN NATURALISTE.
firent sauter le bàtiment si haut qu'il retomba
sur son flanc, et resta dans cette positionincomce
nouvelle
mode et dangereuse,jusqu'à qu'une
hmenenhsitisemeedies) position naturelle.
Lundi 7 janvier, le vent se calma, et la mer
quoiqu'encore grosse, étoit moins redoutable.
Nous revimes le bâtiment à trois mâts, qui nous
accosta sans danger. C'étoit un vaisseau marvenant du nord des Etatschand, sur son leste,
Unis, et faisant même route que nous vers
Charles-Town, où le capitaine vouloit relâcher,
avoir été provoqué par Pun des négoaprès y
cians de notre bord.
J'eus occasion de voir plusieurs trombes (1),
Tipho, aut sipho. La trombe aqueuse est, selon
(1)
un météore extraordinaire qui
Valmont- - Bomare 2 met les vaisseaux en danger, et
paroit sur la mer, qui
dans les tems chauds et
qu'on remarque très-souvent condensée, dont une partic se
secs : c'est une nuée
rapide et circulaire,
trouvant dauns un mouvement causé
deux vents qui
comme autour d'un axe,
par
lun contre
soufflent directement et impélueusement
d'une
Fautre, tombe par son poids, et prend la figure tient
colonne tantôt conique, tantôt cylindrique : elle mal le
toujours en haut par sa base, qui n'imite pas
pavillon d'une trompette. Les trombes sont creuses en
dedans et sans eau ? parce que la force centrifuge Plusieurs
pousse hors du centre Ies parties internes.
parties aqueuses se détachant de la circonférence,
lun contre
soufflent directement et impélueusement
d'une
Fautre, tombe par son poids, et prend la figure tient
colonne tantôt conique, tantôt cylindrique : elle mal le
toujours en haut par sa base, qui n'imite pas
pavillon d'une trompette. Les trombes sont creuses en
dedans et sans eau ? parce que la force centrifuge Plusieurs
pousse hors du centre Ies parties internes.
parties aqueuses se détachant de la circonférence, --- Page 308 ---
VOYAGES
mais fort heurensement assez éloignées denous,
à les redouter.
pour que nous n'ayons point
de les
Nous étions d'ailleurs dans T'impossibilité
dissoudre, et de nous opposer à leurs ravages
tirant contre elles des coups de canons,
en
puisque notre bàtiment n'étoit que parlemenpoint muni de pièces.
taire, et par conséquent
requins
d'artillerie. Nous vimes aussi quatre
dans le sillage de notre bâtiment; mais, filant
huit noeuds, la rapidité de notre course s'opposa
mordissent au hameçon, qui est une
à ce qu'ils
espèce d'émérillon.
A minuit, nous fames réveillés en sursant
de canon qu'un vaisseau tira prés
par un coup
à quelques pas du
de nous. Le boulet passa
timonnier.1lfalloit voir nos spécnlateursd déplorer
des fonds immenses qu'ils avoient à
déja la perte
ils avoient en ce mobord. Jadis satiriques,
Poreille bien basse,et étoient consternés
ment
la
qui tombe tout autour du tourbillon :
forment pluie
est plus fort, la trombe se
lorsque le vent inférieur
obliquement à la
trouve, emportée et est suspendue sourd el mêlé de
nuée; alors ou entend un bruit tombe, il cause
siffleiens. Par-tout où ce tourbillon
quantité
de grandes inondations par la prodigieuse
de
d'eau qu'il répand : il amène même quelquefois affreux.
la grele, et les dégâts qu'il produit sont
PHistoire de FAcudémie, années 1727,
(Consultez
1757 et 1741).
liquement à la
trouve, emportée et est suspendue sourd el mêlé de
nuée; alors ou entend un bruit tombe, il cause
siffleiens. Par-tout où ce tourbillon
quantité
de grandes inondations par la prodigieuse
de
d'eau qu'il répand : il amène même quelquefois affreux.
la grele, et les dégâts qu'il produit sont
PHistoire de FAcudémie, années 1727,
(Consultez
1757 et 1741). --- Page 309 ---
D'UN NATURALISTE,
dans l'embarras des richesses, par la crainte
de trouver un corsaire dans notre agresseur.
vint à
et nous apprimes tous
On en
T'abordage, le bâtiment inconnu
avec un vif intérêt que
de
n'étoit que dénué de vivres, et qu'expédié
Londres, il avoit déjà près de quatre-vingt-dix
de traversée. Le capitaine, nous exposant
jours
harassé
les
la triste situation de son équipage
par
habituelles qu'il avoit essuyées, nous
tempêtes étoit réduit à une ration insuffisante,
apprit qu'il dans la crainte que nous ne lui échapet que, il n'eut
le tems de faire retirer le
pious,
pas
nullement
boulet du canon; que son intention,
hostile, n'étoit que de faire mettre notre bâtiment
Ce vaisseau étoit armé en guerre
en panne.
et marchandises.
trouvâmes enfin terre
Mardi 8 janvier, nous
le beau
à vingt brasses 2 et nous découvrimes XIV),
phare de Charles-Town (tom. rer., planc.
isolément au milieu d'une antique forêt de
situé
il s'élève de plus des
pins, au dessus desquels
trois quarts de sa, hauteur. Nous vîmes voltiger
de notre bâtiment des canards de toute
autour
des chevaliers (2),
espèce, des cormorans (1),
aut Phala crocorax ; oiseaut
(1) Corvus aquaticus,
deux espèces qui se
aquatique, dont on distingue
nourrissent de poissons.
du genre du Bécasseau.
(-) Totanus, oiseau aquatique --- Page 310 ---
VOYAGES
des mouettes (1), des goilands (2), et autres
les attérages. Nous en
oiseaux qui fréquentent
tuâmes plusieurs ; mais ayant vent arrière,
et toutes les voiles étant dehors, nous ne pûmes
mettre la chaloupe à la mer pour les aller
chercher.
côtier vint à notre rencontre dans
Un pilote
nous faire éviter la
sa barque élégante pour
conduisit vis-à-vis de Charlesbarre (3), et nous
de l'EmTown, où nous mouillâmes assez près
après nous être félicité d'avoir été
barcadère,
heureux
échapper aux dangereux
assez
la baie. pour Le
de cette ville peut
rescifs de
port
trois cents voiles,
recevoir en sa rade jusqu'à
et les plus gros navires y entrent en tout tems
avec leur chargement.
Gavia, nom donné à des oiseaux de mer, à
(1)
du genre des goilands, mais moins
pieds palmés,
grands.
T'oca-marina crocalo des Italiens.
(2) Larus 5 c'est
Ils sont sur les rivages
Oiseaux de mer ictyophages. Vintérieur des terres,
ce que les vautours sont pour
destinés à purgerla terre des débris d'animaux morts, 7
entr'eux, avec des cris aigus.
qu'ils se disputent
et souvent
(5) Banc de sable qui barre un port,
écueil. Celle de Charles-Town
devient un dangereux
qu'on y
est renommée par des naufrages fréquens
a essuie.
Mercredi
les rivages
Oiseaux de mer ictyophages. Vintérieur des terres,
ce que les vautours sont pour
destinés à purgerla terre des débris d'animaux morts, 7
entr'eux, avec des cris aigus.
qu'ils se disputent
et souvent
(5) Banc de sable qui barre un port,
écueil. Celle de Charles-Town
devient un dangereux
qu'on y
est renommée par des naufrages fréquens
a essuie.
Mercredi --- Page 311 ---
D'UN
Mercredi
NATERALISTE
9 janvier
24t
TAdrastus,) je descendis > après le visite de
capitale de la
à
Caroline Chenks-Towe, ville
capitaine , afin de
mcrilionale, avec le
Quel fut mon
m'assurer d'mn
d'y trouver de éionnemente dans u; *
logement.
nouvelles
paysinconu,
coutumes et tous
moeurs, de nouvelles
visages
contrerantanto tde négres étrangers, 3 d'y ren-'
que la vue de ces
que de blancs ! J'avoue
Africains
vage, me Gt d'abord
dans Tétat d'osclaTintérieur de la ville le impression. Il règne dans
et les
silencelemieus
et non Angh-Améicsins sérieux
observés
dans les turbulens comme les
par caractère,
rues
Français,
sivement
sablées, la tête
marchent
deux préoccupésdel eleur baissée, et exclud'entr'enx se
commerce.
main
Lorsque
faitavec réserve, rencontrent, un salut de la
vaut en ce_cas à notre maisavecs sincérité, équitrop souvent
accueil allable,
La
politique ().
2 mais
température de Charles-Town
(2) modérée
saluant (1) Quand, dans une
là
refuse la main à une société, une
son inimitié,
autre, elle lui personne déclare en
(2) Cette ville
par
rivières
se trouve au confluent
navigables , la
de deux
d'entrepôt à toutes les Cooper et TAshley, et sert
doivent étre exportées, Productions de la colonie
ToxE I,
qui
Q --- Page 312 ---
VOYAGES
plusieurs variatoute l'année, offre cependant la rend trèstions dans la journée; ce qui changer trois
mal-saine. Il faudroit volontiers
tou moins chaud,
fois le jour de costume naissance plus
à une infinité
inconvénient cui donne
de maladics produites par une transpiration
Nous n'étions qu'au commencement
interceptée.
beaucoup d'arbres
de janvier 1 et cependant verdure et de fleurs. Les
étoient couverts de
etinfichaleurs de l'été y sont insupportables, Saint-Domingue,ois
niment plus accablantesqu'as vient trois fois le jour rafraichir
une brise réglée
Ies miasmes combinés
Fatmosphère, et dissiper
et des exhalaisons
torride,
par une évaporation
souvent morbifiques. le
du pays, et bier
Peu familier avec langage traduction de l'anglais,
néophyte encore dans la
à mes oreilles,
je souffrois d'entendre parler même les cris des
comprendre
sans pouvoir dont les intonations sont variées
marchands.,
à linfini.
sont correctes s
Les rues de Charles-Town d'immondices. On y
mais souvent difficulté remplies sur un sable épais. Les
marche avec
couvertes en bois ou
maisons pour la plupart moins la chaleur que
essentes, qui réverbèrent
Celles
la tuile, sont construites en planches. du goût le
des habitans riches ont des façades
même les cris des
comprendre
sans pouvoir dont les intonations sont variées
marchands.,
à linfini.
sont correctes s
Les rues de Charles-Town d'immondices. On y
mais souvent difficulté remplies sur un sable épais. Les
marche avec
couvertes en bois ou
maisons pour la plupart moins la chaleur que
essentes, qui réverbèrent
Celles
la tuile, sont construites en planches. du goût le
des habitans riches ont des façades --- Page 313 ---
D'UN
plus moderne, à MATURALISTE
et d'un style
colonnes et galerie
élevés sans régulier. Mais ces palais tournante, 2
mière du intaçonnerie, sont, ainsi
modestes
instant pauvre, exposés à être que la chanNous par Tincndie.
détruits en un
traversimes le bel
boncherie, où la viande emplacement de la
surtout bien
me parut fort
nettement
belle, et
propres à T'exoès,
divisée. Les bouchers
scier les Os, afin poussent la
achète soit
que le morceau peationjosel
les
coupé
qu'on leur
et
réguliterement.
tuée jours;, ne font jamais
Ils tuent tous
de la veille,
reparoître la
saler, et de la , ayant la commodité viande
vaisseaux.
mettre en barils
de la
On
pour F'usage des
voit sur chaque cheminée
ménages de turkey-buszand
un ou plusieurs
(4), espèce de vau-
(I)
Brésil, Dinde-buse, de M.
ou Urubus c'est le
187; Buse à figure Brisson, et des
vautour du
et
de paon, dans planches enluminées
Nieremberg lui donnentler Catesby;
Ximénès, celui de
nom d'Aura, Hernande et
cosquauth de la
Tzopiloth ou Tropillot; François
les Brasiliens le Nourale-topase
c'est le
M.
nomme Urubu. Margrave Cet
dit que
Mauduit, se trouve dans
oiseau , dit
FAmcriqe. Les
différentes
Ouroua; les créoles sauvages de la Guiane régions de
chand : on le trouve et les voyageurs
fappellent
Aigle du Cap.
aussi en. Afrique, Iontappeld Kolbe lei Marnomme
-
Q2 2
Tropillot; François
les Brasiliens le Nourale-topase
c'est le
M.
nomme Urubu. Margrave Cet
dit que
Mauduit, se trouve dans
oiseau , dit
FAmcriqe. Les
différentes
Ouroua; les créoles sauvages de la Guiane régions de
chand : on le trouve et les voyageurs
fappellent
Aigle du Cap.
aussi en. Afrique, Iontappeld Kolbe lei Marnomme
-
Q2 2 --- Page 314 ---
VOYAGES
(6),
vulgairement cing paounds
tours appelés T'amende infligée à laudacieux qui
valeur de
Ces oiseaux sont ainsi respectés
'en tueroit un.
rendent en enlevant,
par les services réels qu'ils
les animaux
dans la ville et aux environs, tous ils font leur
morts et débris corruptibles, dont
nourriture. Voit-on une poule expiunique
sur la place
rante; elle ne reste pas long-tems durant le jour
sans être dépecée. Ces oiscaux,
fondent
occupés sans cesse à faire leur tournée,
dislégions, et se disputent la proie qui
par
Les turkey-buzzards sont
paroit en un instant.
tuer volontiers à
si familiers, qu'on pourroit en
désir de me
de bâton. J'avois un grand
coups
mais je n'étois
procurer un de ces animaux ; louis environ
point du tout disposé à payer cinq d'attendre une
d'amende, ce qui m'engagea
occasion favorable.
d'imiter
a ,jalouses
2 Les dames anglo-américaines,
sont à la
les Françaises dans leurs costumes,
des bâtimens arrivant de France, pour en
piste réclamer les modes du jour; et c'est une spécu-
,s'ila des
lation sûre que peut faire un capitaine, J'examinois la
fonds à convertir en pacotille.
detournure d'une de ces dames lorsqu'en
o
négresses
tournant une rue,] je visamespiedsdeux
(2) Environ 120 francs. --- Page 315 ---
€
D'UN NATURALISTE
accroupies, occupées à fumer avec de longs calumets; c'est le cas de dire que ce ne fut pas
pour moi une agréable surprise.
La chaleur étant excessive, et harassés des
courses faites en vain- pour trouver une pension
convenable, nous fames assez heureux pour
rencontrer un Français olbligeantqui,nous: ayant
reconnus pour des compatriotes nouvellement
débarqués, s'offrit d'être notre interprète 7 et
un asile bien famé, et qui nous
nous procura debien honnêtes
c'étoit une
parut tenu par
gens;
américaine. L/hôtesse, Mme, Ramadge,
pension offroit
contraste une taille colossale, avec
pour
et enfantines. Cette
des manières mignones
dame ne savoit quelle contenance garder 2 ni
enfin notre interprète ,
comment s'expliquer ;
qui parloit anglais, 2 nous développa ses intentions.
A peine fàmes-nous installés, qu'un jeune
nègre vint nous offrir des fruits de P'Amérique.
Pour mieux disposer les acheteurs, il les charmoit parl les accens mélodieux de sa voix céleste.
Quoique bien envieux de goûter à ces productions nouvelles pour moi, je pris encore
plus de plaisir à exercer son talent, et à lui faire
répéter un rondeau anglais, original par sa:
lui avoir acheté des bacomposition. Après
bananes, patates, ananas, etc.,
nanes, figues
Q 3
ègre vint nous offrir des fruits de P'Amérique.
Pour mieux disposer les acheteurs, il les charmoit parl les accens mélodieux de sa voix céleste.
Quoique bien envieux de goûter à ces productions nouvelles pour moi, je pris encore
plus de plaisir à exercer son talent, et à lui faire
répéter un rondeau anglais, original par sa:
lui avoir acheté des bacomposition. Après
bananes, patates, ananas, etc.,
nanes, figues
Q 3 --- Page 316 ---
VOYAGES
je le congédiai en le récompensant de manière
à l'encourager.
Je ne pus juger de la bonté de ces fruits
et me réserve d'en
lors de
imparfaits, je
parler
à Saint-Domingue, Je sortis pour
mon séjour l'intérieur de la ville, et je vis que les
connoître
femmes de qualité font le matin leurs courses
à pied. Elles ont une démarche lente et grave 7
et sont suivies d'une ou plusieurs jeunes
négresses.
et aérées; elles
Les voitures sont très-légéres
sont trainées par des chevaux, que des nègres
conduisent. On voit peu de cabriolets, mais des
charabans d'une délicatesse extrême. Les rues
de trottoirs, et d'arbres dont les
sont garnics
avec celles du lilasde
fleurs ont quelque rapport
France. Cet arbre est l'azédarach (1),dont les
branches lisses et droites forment une très-belle
têle.
Les levées du bord de la mer sont construites
et la consommation d'huitres
en ostracites (2),
en ce pays est si grande, qu'on se sert le plus
communément pour bàtir, de chaux d'huitres.
(I)Melia azedarach, foliis bipinnatis, Linné, Voyez
mon Traité des plantes usuelles des Antilles, plantes
assoupissantes.
(2) Ecailles d'huitres devenues fossiles.
ment une très-belle
têle.
Les levées du bord de la mer sont construites
et la consommation d'huitres
en ostracites (2),
en ce pays est si grande, qu'on se sert le plus
communément pour bàtir, de chaux d'huitres.
(I)Melia azedarach, foliis bipinnatis, Linné, Voyez
mon Traité des plantes usuelles des Antilles, plantes
assoupissantes.
(2) Ecailles d'huitres devenues fossiles. --- Page 317 --- --- Page 318 ---
-
-
-
a
I
- --- Page 319 ---
D'UN
En
NATURALISTE. 247
rejoignant notre pension,
convoi d'un nègre. Les
je rencontrai lc
marchoient devant
pleureurs deux à
porté
et derrière le
deux
sur un chariot
corps, qui étoit
cheval. (Tom. Ier., rouge trainé par un seul
En visitant
pl. XV.)
les temples consacrés
derbened,faperig
au service
avoit été
isquela
ineendiée, et qu'on eudbighbendoligne l'avoit
momentamément
nérable
par une grange non remplacée
que les voûtes dorées
moins vécrés aux différens cultes.
des temples consala plus universellement La secte protestante est
religion catholique, celles répandue; cependant la
méthodistes y sont
des quakers (r) et des
également tolérées.
(a) Quaker veut dire trembleur.
fique prit son
Leur secte
révoltés se couvrirent origine e à Tépoque ou les pacidu crime
Anglis
Georges Foxe fut leur
honteux de
biens pour mieux
fondateur. Il avoit régicides.
Les bois
se détacher des jouissances vendu ses
sa nourriture. devenoient son asile, et les
terrestres.
forcé de
Il eut bientôt des fruits sauvages,
se rapprocher des villes, sectateurs, et fut
adopta un costume
où cette société
ment, Cest
simple et dénué de tout
airsi que les poarquoi les galons leur sont
ornedentelles; 3 les manchettes, interdits,
bijoux, comme objets
broderies et
aucun pli. Toutes
superflus; leurs habits n'ont
à charge; c'est déférences extérieures leur sont
égaux. Ils ne reconnoisent pourquoi entr'eux ils se regardent
pas les titres fastueux,
Q 4
adopta un costume
où cette société
ment, Cest
simple et dénué de tout
airsi que les poarquoi les galons leur sont
ornedentelles; 3 les manchettes, interdits,
bijoux, comme objets
broderies et
aucun pli. Toutes
superflus; leurs habits n'ont
à charge; c'est déférences extérieures leur sont
égaux. Ils ne reconnoisent pourquoi entr'eux ils se regardent
pas les titres fastueux,
Q 4 --- Page 320 ---
VOYAGES
Les quakers sont simples dans tous leuts
humains et bienfaisans; 2 ils préchent en
gonts, dans les places et marchés, contre lesclapublic,
Ils sont vêtus de noir, et ont la
vage des nègres.
disent-ils, par F'orgueil de ceux qui les
produits, amnbitionnent, et par bassesse dans ceux qui les défèrent. Ils regardent chez les femmes, la révérence
comme une contrainte avilissante; et dans les hommes;
l'action d'ôter son chapeau comme une bassesse qui
au dessous d'un autre. ( Cest, dit
met Tindividu
des DeuxRaynal, dans son Histoire phylosophique
à soi pour honorer les autres.
Indes, 2 manquer continue le même auteur 2 leur
Porter les armes,
paroissoit un crime. Si c'étoit pour attaquer, on péchoit contre Thumanité; si c'étoit pour se défendre,
contre le Christianisme. Leur évangile
on péchoit
devant
étoit la paix universelle.Ils: ne juroient jamais
les tribunaux. Ils n'ont point de clergé, et tournent
en ridicule nos cérémonies religieuses, prétendant c'est
qu'ils reçoivent immédiatement TEsprit Saint;
lorsqu'ils sont assemblés, le premier qui se
pourquoi,
et'
la parole. Souvent
croit inspiré se lève, prend
le'silence le plus profond. règne en leur assemblée.
irritant le genre nerveux, leur
Cet enthousiasme
de là, le nom de quakers
donne des convulsions ;
les persécuta
qui veut dire trembleur. Cromwel, qui les soldats du
parce - qu'ils cherchoient à dégoûter
métier de la guerre en s'insinuant dans les camps, s
leur religion étoit peut-être la seule dont
avoua que détruire les principes avec des guinées.
on ne put
ond. règne en leur assemblée.
irritant le genre nerveux, leur
Cet enthousiasme
de là, le nom de quakers
donne des convulsions ;
les persécuta
qui veut dire trembleur. Cromwel, qui les soldats du
parce - qu'ils cherchoient à dégoûter
métier de la guerre en s'insinuant dans les camps, s
leur religion étoit peut-être la seule dont
avoua que détruire les principes avec des guinées.
on ne put --- Page 321 ---
D'UN
tête converte de NATURALISTE 249
bords pendans. Les clabauds, ou grands chapeaux à
guerre,. et ne veulent quakers sont ennemis de la
favoriser et
jamais contribner pour
si scrapuleux entretenirced fléau désastreux. Ils
jamais
pour la décence,
sont
recevoir de
qu'ilsne veulent
mêmes où ils sont Javemens, dans les maladies
Le quaker officiant indispensaibles. de
parler, lorsqu'il se croit leur secte se lève pour
In'ya point, dans T'intérieur inspiré del'Esprit Saint.
dauiolpropré au sacrifice;
de leurs temaples,
qu'à.e épurer leur morale ; leur culte ne consiste
la assuré un Anglo-Américain austère, ainsi que me
cherie, s'est introdnit
qui, par superL'orateur,
plusieurs fois
hurlemens pour inviter au silence, parmi eux.
se tait, Les affreux, et à l'instant tout pousse Tanditoire des
quakers ont dans leur
couverte, et croyent à une
temple la tête
eux.
parfaite égalité entre
Cette secte, ennemie des
d'avocats, deux
et. lorsqu'il s'éléve litiges, n'a point
quakers, les parties
un dillérend entre
assemblée, et leur
s'expliquent en pleine
lieu. Lorsqu'un d'eux rapprochement fait
a toujours
autres lui
Inal ses aflaires, les
de rétablir, et
oarntiuatijanes
en cas
sa fortune et sa
soptfbiaslesmoyens
d'une huitième
réputation; mais,
sa mauvaise conduite. faute, ils lalsndomentd --- Page 322 ---
VOYAGES
moraux des quakers sont si
Les principes
les femmes qui ne leur
rigides qu'ils ont, pour
continence.
appartiennent pas, la plus exacte
lorsqu'ils donnent Thospitalitéà
C'est pourquoi, Thomme, la femme, les filles
quelqu'étranger, couchent dans le même lit. Il n'en
et létranger
dont les
est pas de même des Anglo-Américains, de
sont maintenant, dans les ports mer 2
moeurs
qu'en France, depuis que le
aussi dépravées
des relations avec FEucommerce leur a établi
sidans les sociétésdes villes une femme
rope; ; car,
entend prononcer le nom de
rougit lorsqu'elle même de cuisse de poulet,
pied, de jambe, et
demoiselles susouvent à présent les jeunes
bornées par les marins français, s'abandonnent
amant
sait leur plaire. Pourtant
au premier
qui
de
elles traitent leurs intrigues avec beaucoup
leur faute excusée, lorsdiscrétion, et regardent
des ombres du mystère.
qu'elle est enveloppée
meurt, et que
Lorsqu'un Anglo-Américain
sans être marié il a vécu avec une concubine,
les biens du défunt lui sont transmis.
Mort
mort, telle est la loi qui condamne
pour
les assassins, tandis que
seule à cette punition
contraires à la
les autres crimes non moins
vices
société, tels que les viols,les rapts, et autres
sont atteints que par de légères
capitaux, n'y
peines.
pée
meurt, et que
Lorsqu'un Anglo-Américain
sans être marié il a vécu avec une concubine,
les biens du défunt lui sont transmis.
Mort
mort, telle est la loi qui condamne
pour
les assassins, tandis que
seule à cette punition
contraires à la
les autres crimes non moins
vices
société, tels que les viols,les rapts, et autres
sont atteints que par de légères
capitaux, n'y
peines. --- Page 323 ---
D'UN
: Les prisonniers NATURALISTE
25r
à la
sont généreusement traités
malheur, Aonnele-Aeghen et respectés dans leur
saine et
Indépendamment d'une
raisounable, on ne leur
nourriture
produits de leur
retient point les
leur profit.
industrie, qu'on fait vendre à
Il ne fait jamais aussi
qu'à
froid à Charles-Town -
FAmérique Philadelphie, 2 qui se trouve au nord de
glacée de la septentrionalo, Delaware
et oit, sur la rivière
pesant douze
(I), on fit rôtir un boeuf
le cristal, C'est cents, sans creuser et
en cette saison
dissoudre
parties de
qu'on y fait des
déployent leur traineaux, et que les patineurs
rencontre
adresse et leur
y
au milieu de ces
légéreté. On
même 3 de petites
joites, sur la glace
répondre aux besoins guinguettes des
établies pour
de ces jeux divertisans. acteurs et spectateurs
Lest gens riches de
bois sans noeuds, Charles-Townl brolentd'un
sauvage,
appelé l'aigret; c'est le
noyer
On nous servit à
sur une longue
souper chez Mme, Ramadge,
si commun dans iabled'acajou le
bien cirde, du cerf,
pays qu'on en fait boucherie,
(1) Philadelphie,
située à cent vingt appelée ville des Frères,
la Delaware et du milles de la mer, au confluent de est
Schuylkill, --- Page 324 ---
I VOYAGES
du calalou (1), des ignames (2) et des patates (3).
Nous eûmes pour boisson d'assez mauvais cidre,
mais en revanche d'excellent porther ou grosse
bière d'Angleterre, du brandy ou eau de vie,
qu'on mélangeavec trois parties d'eau environ.
Je rencontrai M. R 1 mon parent, qui me,
présenta à son épouse ct à ses enfans, en me
témoignant tout son regretd d'avoir été, par suite:
des révolutions de Saint-Domingue, circonscrit
dans un local qui ne lui permettoit pas de
m'offrir un asile, ainsi qu'à sa soeur ma belle
mère; mais, en qualité de parent et d'amateurde peinture et de musiqne, il me fit promettre
de passer chez lui une partie de mon tems , qu'on.
bien employer au milieu d'une
ne pouvoit que
famille aimable, qui a tant de talens en partage.
On se sert au continent de la monnoie d'EsTous les samedis on lave l'intérieur des
pagne. maisons, et lon frotte avec soin les parquets et
les escaliers garnis, dans les maisons riches, de
tapis précieux, et chez les simples particuliers,
de sablon très-fin qu'on répand avec symétrie,
(1) Mets américain composé de divers herbages,
de volailles et*de crustacés. Voyez sa pius grande
description, article de Saint-. Domingue.
(2et3) Voyez la description de ces productions
dans le Traité des plantes usuelles des Antilles.
pagne. maisons, et lon frotte avec soin les parquets et
les escaliers garnis, dans les maisons riches, de
tapis précieux, et chez les simples particuliers,
de sablon très-fin qu'on répand avec symétrie,
(1) Mets américain composé de divers herbages,
de volailles et*de crustacés. Voyez sa pius grande
description, article de Saint-. Domingue.
(2et3) Voyez la description de ces productions
dans le Traité des plantes usuelles des Antilles. --- Page 325 ---
D'UN
et en
NATURALISTE
traçant différens
est du plus mauvais
dessins. Au
Ces
ton de cracher sur reste,
parquets, etiln'y a
un de
qui puisse se permettre une guères qu'un Français
Mes nouveaux
telle incivilité.
pour la chasse, et parens désirant partageant mon goit
lection des animaux
coopérer à ma colproposèrent
étrangers à
ville.
une partie dans les FEurope, me
Je rapportai de cette
environs de la
logique de très-jolis
excursion ornithoet sombres, où
oiseaux. Ces bois sableux
et odorans s'dileventavec majesté
pagnole
sapins 2 ces réscanx de d'antiques barbe
(1), au travers
esécureuils de plusieurs desquels se jouent les
d'une futaie à
espèces, et quisé balancent
pendantes, T'autre, au secours de ces
semblables à la barbe d'un franges
anachorête; le chant des
vieux
moi, tout me jeta dans oiseaux, nouveau pour
je restai long-tems
une telle surprise,
saint
immobile et
que
respect, en admirant la
Pénétré d'un
source inépuisable
(1) La barbe espagnole,
viscum
ou caragate musciformes
musci ceagyophyllitles, in modum
tenuissimum è ramis arborum 5
candicantibus, flore dependens, foliis pruinae instar
Sloan. Jam, est une trepetalo, semine flamentoso,
cription à la fin de espèce de gui; voyez sa desusuelles,
Touvrage, au Traité des plantes --- Page 326 ---
VOYAGES
des variétés de la nature, et en. bénissant les
ceuvres de mon Dieu.
En parcourantles bois, j'examinai beaucoup
de ces oiseaux, etje tuai sur les haies plusieurs
espèce de moineaux semblables au
sparas (1),
dont
friquet de France ; des rossignols (2),
la voix est très-agréable; des cardinaux (3),qui
se privent très-bien en cage, ct qui sont recherchés pour leur robe éclatante. Le mâle d'un
rouge de feu, a seulement les pennes des ailes
d'un noir de jayet, ainsi que les plumes de la
base du bec. La femelle moins riche en couleurs,
est nuée de ce même vermillon, et d'olivâtre
cendré. Je tuai les deux d'un seul coup de fusil,
et fus enchanté d'une aussi belle capture.
Je rapportai également deux troupiales (4),
ainsi nommés parce qu'ils vivent en société.
(1) Linotte brune d'Edwards; et petit moineau de
Virginie, ainsi nommé par Catesby.
(2) Le rossignol de l'Amérique, d'Edwards ; c'est
le figuier brun, ou grand figuier de la Jamaique, de
M. Brisson.
(5) Le cardinall huppé del l'Amérique septentrionale,
est le gros-bec de Virginie, de Brisson; Coccothraustes
indica cristata, pl. enl. 57- The Brasilian Tanager.
des habitans de la Nouvelle-Angleterre,
(4) Cet oiseau est le Commandeur : Icterus PleroPheeniceus. lla appartient à I'Amérique septentrionale;
ier brun, ou grand figuier de la Jamaique, de
M. Brisson.
(5) Le cardinall huppé del l'Amérique septentrionale,
est le gros-bec de Virginie, de Brisson; Coccothraustes
indica cristata, pl. enl. 57- The Brasilian Tanager.
des habitans de la Nouvelle-Angleterre,
(4) Cet oiseau est le Commandeur : Icterus PleroPheeniceus. lla appartient à I'Amérique septentrionale; --- Page 327 ---
D'UN
NATURALISTE
Quoiqu'on en rencontre des
dans les marais,
bandes nombreuses
approcher. Le
ces oiseaux sont difficiles à
troupiale de la
commandeur, est de la taille Caroline, ou
plumage est d'un noir lustré d'un merle; son
recouvertes,
; ses ailes sont
d'une
viss-visletroclaterd
épaulette d'un
delhumeros,
ses pieds et son bec rouge cramoisi vif et doré;
yeux, dont liris est d'un sont noirs, ainsi que ses.
leurs de la femelle
blanc mat. Les coubeaucoup moins vives. sont plus roussâtres et
dans les
Ces oiseaux
marais, oùt ils
pondent
a la forme d'un tube, établissent leur nid
sur le côté. Il flotte avec une seule
qui
lacé avec la
au gré du vent, et ouverture, est entresommité des
toit. Ces oiseaux sont joncs qui lui servent de
fort
épaulettes vendues
recherchés, et leurs
aux pelletiers, jusqu'à vingt francs le millier
qui en font des
garnitures de
palatines et des
retire ce
spencers ou de robes. Outre
prodnit.de ces
qu'on
également mise à prix, oiscaux, leur téte est
qu'ils exercent dans les par rapport aux ravages
du riz. Ils ne sont
terres où lon a semé
pas seulement
granivores, et
c'est LElourneau à ailes
neau rouge-aile, d'Albin rouges, de Catesby; ; TEtourrouges, de M. Brisson ; et le Troupiale à ailes
Winged Starling, Cales., (pl. enl. 402). T'he Redcar. I, p. 15, t, 15, --- Page 328 ---
VOYAGES
hors des récoltes, de fruits
ils se nourrissent,
ou d'insectes.
Les troupiales vivent entr'eux avec beaucoup
d'accord, et ne se nuisent point dans les détails
Leurs moeurs sociales leur
de leur petit ménage.
font chercher en paix la nourriture de leurs
et souvent dans le même champ on en
petits,
considérable occupés à cette
voit une quantité
mésinrecherche, sans annoncer la moindre
telligence.
les
de
Les troupiales ont en cage
gentillesses
T'étourneau d'Europe, et sont aussi attentils que
lui à recevoir Tinstruction qu'on veut bien leur
donner. M. R mon parent, qui en possédoit
lui donnoit la liberté , et
un très-familier 2
m'engageant à préluder sur mon violon ou sur
le piano, le mélomane ailé venoit à l'instant se
sur ma tête, et ne me quittoit que lorsposer cessoit d'entendre cette mélodie. Il étoit
qu'il
quelques jours après
tellemént familier, que
avoir lié ensemble connoissance, m'apercevant
occupé à dessiner un de ses pareils, il sortit de
autour de moi, puis sur le trousa cage, voltigea
Comme ce dernier
piale qui me servoitdemodèle.
étoit en position, et qu'il avoit toute Fapparence
d'un être vivant 7 l'oiseau familier alla le beccomme pour le tirer de son assoupisqueter,
le trouvant insensible à ses désement; puis
monstrations,
que
avoir lié ensemble connoissance, m'apercevant
occupé à dessiner un de ses pareils, il sortit de
autour de moi, puis sur le trousa cage, voltigea
Comme ce dernier
piale qui me servoitdemodèle.
étoit en position, et qu'il avoit toute Fapparence
d'un être vivant 7 l'oiseau familier alla le beccomme pour le tirer de son assoupisqueter,
le trouvant insensible à ses désement; puis
monstrations, --- Page 329 ---
D'UN
il
NATERALISTE
ionstrations, lui
fit mille
réitéra mille
au
gentillesses, aprés
agaceries, lui
projet de jouer avec lesquelles il
un verre d'eau
lui, et vint se renonça
mes
qui me servoità
poser sur
mencoit pinceanx 3 et sans ma lavergil dérangea
à se
permission
lui soustraire baigner, lorsque je fus
comarrosé. Enfin, mon dessin qu'il avoit obligé de
, je crois pouvoir
déjà tout
exagération, le
le dire
de sa liberté, troupiale est. P'oisean
sans
malgré
conserve le
qui, privé
son esclavage, toute mienx, néanmoins
caractére.
T'amabiliué de son
Nous chimnes,
course
pour dernière pièce de
c'est le d'omilologie, la grivette
notre
mauvis de la
petite grive de
Caroline, de
cnAltsdinuer
d'aune alouette; Catesby; elle est de Brison; la
la
celui du ventre ; leplumnge du dos est grosseur
triangulaires
est blanc tacheté de rousdtre;
ongles sont Drunâtres; le bec, les marques
De
noiriatres.
pieds et les
retour chez M.
son gendre, M. de R*x, il me présenta à
chez lequel on
M , consul
rigide qui défend enfreignit en ma faveur espagnol,
en ce
la loi
trés-sévères, de faire dela pays, sous des
Je me felicitai
musiqueled peines
sion,
d'antant plus de cette dimanche.
enfans gue de je retrouvai dans les transgresM,
Tonr I, Rt**, cette grace concertams, et ce
goût
R
retour chez M.
son gendre, M. de R*x, il me présenta à
chez lequel on
M , consul
rigide qui défend enfreignit en ma faveur espagnol,
en ce
la loi
trés-sévères, de faire dela pays, sous des
Je me felicitai
musiqueled peines
sion,
d'antant plus de cette dimanche.
enfans gue de je retrouvai dans les transgresM,
Tonr I, Rt**, cette grace concertams, et ce
goût
R --- Page 330 ---
VOYAGES
rencontre
parmi les vrais talens:
qu'on ne
que
On exécuta à la première vue un trio-concertant
forte-piano, et cor, de ma com--
pour harpe,
avec une vérité et une précision qui
position,
m'enchantérent. de chez M. R**t, j'aperçus un
En sortant
milieu
je vis un
rassemblement, au
duquel intérêts de
débattoit vivement les
orateur qui
exposés sur un théâtre pour
plusieurs nègres
et
être vendus. C'étoit un quaker philantrope, disoit-il
fidèle obscrvateur de sa loi. ( Peut-on,
des
assimiler des hommes à
)) au peuple étonné,
dans
Que fait-on de plus, lorsque
)) animaux?
d'acheter un cheval, un
)) un marché sil s'agit
ainsi
boeufou un mouton ? L'animal est,
que
)
à la discrétion des acheteurs; , qui
> les nègres,
tournent dans tous les'
)) Pexaminent nu, et le
hommes
Vils usuriers ! ne sont-ils pas
)) sens.
vous ) ! Je ne pus entendre plus
)) comme
moment
long-tems sa harangue, etjeléquitaiau
oà il sembloit plaindre le sort d'une négresse
commise, marcqui, pour une fantequ'elleavoit
ou collier
choit. dans les rues, avec un joug de fer de la
pesant, armé de trois branches
longueur de Favant-bras. distraire de Pennui
Comme je cherchois à me
Saintde ne point trouver de passage pour des bois si
Domingue, je réclamai la solitude
comme
moment
long-tems sa harangue, etjeléquitaiau
oà il sembloit plaindre le sort d'une négresse
commise, marcqui, pour une fantequ'elleavoit
ou collier
choit. dans les rues, avec un joug de fer de la
pesant, armé de trois branches
longueur de Favant-bras. distraire de Pennui
Comme je cherchois à me
Saintde ne point trouver de passage pour des bois si
Domingue, je réclamai la solitude --- Page 331 ---
D'UN
Dienisamte aux
NATERALISTE
des
visites trop mdancoligmes; et pour éviter
avec mon fusil multipliées, , je
vers la
m'scheminai seul
course (r) distante de
sous les premiers sapins,
enentrant
le
Sepceade
Canada (2). Ce geai de beax geai bleu du
trionale est
TAmérique
dont il a néanmoins beaucoup plus petit que le septenrieurs. Il est
tous les caractéres nôtre,
formes
plus svelte, plus
extéque le
élégant dans ses
régulier ést dernier, et Son
huppe
éclatant. Sa tête plumage trèsd'an bean
est ornée d'une
est de cette
bleu; le plumage
bleuâtre,
même couleur,
supérieur
la
tandis que le ventre et Tinférienr le
est
queue sont d'un
dessous de
et le dessus de la blanc éblouissant. Les ailes
quene sont bigarrés de
trmvensalts, ou
barres
et blanc.
zigzags nués de noir,
Le
bleu
geaiblen du Canada
habitudes que notre geai paroftavoir les mémes
d'Europe. Il est, ainsi
(t) Ce cirque, où se
curieux de toutes les rassemblent
à un certain
villes du
annuellement des
de
jour de Tannée, d'un Continent, est peuplé,
spectateurs.
nombre
aux chevaux. Les Ilsagit tdy disputer le prix de immense la
avant d'entrer en coursiers et les jokeis y sorit course
(2) Gracculus lice, et de grands paris sont pesés
enl, 550, The Blue coereleus Canadensis, ouverts.
Jay. Edw., pl, 259. Brisson, pl.
R 2 --- Page 332 ---
VOYAGES
inquiet, tonjours en mouvement,
quecedernier,
un cri aigu
décélant sans cesse sa retraite par
à Fapproche de tout être animé, et
quil pousse
du rassemblement de tous
qui devient le sigual
antourdelui.
ceux de son espèce qui se trouvent
facilement en domesticité, et s'y rend,
Ils'élève
ainsi que le nôtre, très-familier.
la belle pigrièche
Je me procurai également nonpareille (1),
bleue, qu'on appelle dansle pays7 Son bec, ses
à cause de la beauté de sa robe.
sont d'un noir de velours,
pieds et ses ongles
du bleu d'azur du
tout le plumage supérieur
celui du ventre
imartin-pécheur d'Europe, et
d'un rouge safrand très-vif.
touCet oiseau est silencieux; on le rencontre
seul,perché sur des picux, ou al'extrémité
jours
hanteur. Cest de là
de bois sec de moyenne dont il fait sa nourriqu'il épie les moucherons
saisit adroitement en faisant claquer
ture, et qu'il
fréquentés lui sont importuns;
son bec. Leslieux
de société, il
c'est pourquoi, fuyant toute espèce
de
de Thomme, et va loin
disparoit à Tapproche
mettre en sûreté
lui, dans Tépaisseur des bois,
son existence.
, et le pic
Je tuai aussi plusieurs epeiches
The blue Red Breast. Edwards. 1.Pl. 24-Gest
(1)
une espèce de cotinga.
en faisant claquer
ture, et qu'il
fréquentés lui sont importuns;
son bec. Leslieux
de société, il
c'est pourquoi, fuyant toute espèce
de
de Thomme, et va loin
disparoit à Tapproche
mettre en sûreté
lui, dans Tépaisseur des bois,
son existence.
, et le pic
Je tuai aussi plusieurs epeiches
The blue Red Breast. Edwards. 1.Pl. 24-Gest
(1)
une espèce de cotinga. --- Page 333 ---
D'UN
noir à buppe NATURALISTE 26t
de muscles ronge (1). Ces oiseanx, à la faveur
leur langue et thyrolgyoitiens, 3 peuvent darder
etl le faire mouvoir Talonger Deancomp hors du
commune
dans tous les
bec,
aux pics,
sens, propriété
elautres destinésà colibris, .
à
pomper le
otremnemotoden
rassembler sur leur
suc des fleirs,ou
meur visqueuse, les langne enduite d'une hudontces
fourmis et autres insectes
amis de sontomoplagess l'ombre
ssenourrisent.
et du silence,
Cesoiscaux
plaines, ni les jeunes
n'aiment ni les
hantes futaics qu'ils bois; c'est au sein des
qu'ils y creusentles mènent leur vie
plus
blés,
troncs à
de solitaire, et
pour y saisir lesi
coups bec redou.
met en
larvesqueleur
ceufs, dès mouvement, et y déposer ensuite persenssion
Les
qu'ils y ont creusé un trou
leurs
pics Ont le vol court,
cireulaire.
plus souvent sur les arbres rapide eti irrégulier, et
que dans Tair; ils
FRSRCer
le pic-noir () Cest le grand pic-vert à tête
de Virginie, de M. rouge, de
huppé de la
Brisson; le Catesly;
est plus gros Louisime, des pl., enl. 718. Cet pic noir
que notre
oiseau
noirs, son bec dunecouleur pic-noir. Ses pieds sont e
d'or; la huppe qui orne grisitre, l'iris d'un
joues etle cou d'u
sa téte, d'un
jaune
du dos
jaune pâle à
rouge vif; les
marqué d'une tache blanche. relletsdoré le milieu
R 3
son; le Catesly;
est plus gros Louisime, des pl., enl. 718. Cet pic noir
que notre
oiseau
noirs, son bec dunecouleur pic-noir. Ses pieds sont e
d'or; la huppe qui orne grisitre, l'iris d'un
joues etle cou d'u
sa téte, d'un
jaune
du dos
jaune pâle à
rouge vif; les
marqué d'une tache blanche. relletsdoré le milieu
R 3 --- Page 334 ---
VOYAGES
T'aide de leur queue, qui leur sert de point
à
d'appui.
m'avoit empêché de tirer
Un buisson épais
du pays, mais F'ayant yu remiser 9
une perdrix
Cette espèce
elle tomba bientôt en mon pouvoir.
la
est beaucoup plus petite que
de perdrix (1)
sont d'un brun
perdrix grise d'Enrope; ses pieds
son bec et ses' ongles noirs; les plumes
marron;
de taches noires; le
du dos roussâtres piquetées taches blanches, les
derrière du cou marqué de
le
de cette même couleur :
joues et la gorge
de couleur
et rayé
plumage du ventre est
jaune,
transversalement de noir.
Ces perdrix sont si peu farouches qu'on ne
les faire lever sans chien. Elles s'abattent
peut
qu'elles ont commencé à voler,
presqu'ausstôt dans quelque sillon, sous quelque
et se tapissent
buisson.
tonffed'herbe, ou danslépsisseurd'unl chasseur
Je voulus acheter un oppossum d'un
le
venoit de le tuer, mais il refusa de me.
qui
qu'il avoit le projet de le manger.
vendre parce (I), déjà bien connu, a la queue
Ce quadrupède
(1) Perdix noyee Anglice.
de
(2) Cest le Cerigon de Maffée; TOppossum
Catealy,leTlaguazind de Hernandez; le Semi-Vulpes
le Didelphe, Didelphis
de Gesner et d'Aldrovande; de Linné; le Philander de
mammis intra abdomen,
mais il refusa de me.
qui
qu'il avoit le projet de le manger.
vendre parce (I), déjà bien connu, a la queue
Ce quadrupède
(1) Perdix noyee Anglice.
de
(2) Cest le Cerigon de Maffée; TOppossum
Catealy,leTlaguazind de Hernandez; le Semi-Vulpes
le Didelphe, Didelphis
de Gesner et d'Aldrovande; de Linné; le Philander de
mammis intra abdomen, --- Page 335 ---
D'UN
NATURALISTE
trislongue, trainante et
sont remplacés pardes
dénnée de poils qui
hexagone ct placées écxillesblaches def forme
du sariguc à longs régulitrement. Cette femelle
deux pieds de longuenr poils, que je décris, avoit
tinguoit plus
environ : ce quila disdrupédes, c'est particulitrement une
des autres
qui recouvre
poche velue à
quaScs
l'extérieur
préserve ses petits mamelles, de
et dans Jaquelle elle
peureux par caractère, frayeur et de danger; car
lcs épouvante, ils
lorsque le moindre
la mère
se réfugient dans leur bruit
fuit, en
asile et
cher,
emportant ce qu'elle a de plus
La dilatation de cette
OS propres placés au
poche s'opère par deux
ils adhèrent par la base. devantdes Os pubis, auxquels
glandes ou caroneules, Lintéricur est tapissé de
fluide jaunâtre d'abord desquelles traussude un
Todeur du musc par la infect, puis acquiérant
Cés animanx
dessication.
mois
produisent chaque
petits d'ayril, ou au plus tard en
année au
trés-foibles, et qui,
mai, desixà peuf
achèvent leur
selon Mme,
se
tiennent accroissement dans la
Buffon,
attachés aux
poche où ils
snamelles, dés l'instant
M, Brisson ; le Rat des bois du
du nègres de nos iles et de
Brésil; le Manicou des
Tertre; le Cachorro Feuillée; domato le Manitou du père
des Portugais.
R 4
ou au plus tard en
année au
trés-foibles, et qui,
mai, desixà peuf
achèvent leur
selon Mme,
se
tiennent accroissement dans la
Buffon,
attachés aux
poche où ils
snamelles, dés l'instant
M, Brisson ; le Rat des bois du
du nègres de nos iles et de
Brésil; le Manicou des
Tertre; le Cachorro Feuillée; domato le Manitou du père
des Portugais.
R 4 --- Page 336 ---
VOYACES
2 leur premier
de leur naissance prématurée
n'ayant servi, qu'à la conception et au
séjour
développement du foetus.
L'oppossum est si peureux qu'il se Jaisse tuer
est surpris à terre. Il
à coups de baton,lorsqu'il il
sur les
marche très-lentement, mais grimpe
arbres avec assez d'agilité, et c'est là qu'il guette
dont il est très-friand. Il est omnivore,
les oiseaux
de sang, de vers, de reptiles, de
caril se nourrit
de rade feuilles sèches,
patates, et au besoin,
cines OLL d'écorces.
toujours sale, parce que son
Son corps paroit
chair est blanche
poil est toujours en désordre; sa
bonne à manger. Les sauvages du Continent
et
ils font
recherchentà cet efiafopposeun,auquel
une chasse continuelle.
Rien n'est si intéressant, me dit le chassenr
rencontré, que dev voir la conduite de
quejavoiss
idolâtre. Sans
la mère pour ses petits qu'elle
état
elle suit leurs
dès qu'ils sont en
cesse
pas,
de sortir de leur retraite; elleles leche,les expose
lisser et faire :
à la pluie et puis au soleil, pour
de
sécher leur robe; saute devant eux en signe
les engager à l'imiter.
gaicté, 5 et comme pour
Enfin vient le tems oùr ces petits sontabandonnés
Cette séparation s'annonce par de
à eux-mêmes.
fréquentes caresses; on se quitte, les uns pour
dès qu'ils sont en
cesse
pas,
de sortir de leur retraite; elleles leche,les expose
lisser et faire :
à la pluie et puis au soleil, pour
de
sécher leur robe; saute devant eux en signe
les engager à l'imiter.
gaicté, 5 et comme pour
Enfin vient le tems oùr ces petits sontabandonnés
Cette séparation s'annonce par de
à eux-mêmes.
fréquentes caresses; on se quitte, les uns pour --- Page 337 ---
D'UN
reprendre de
NATURALISTE
nouveaux
satisfirean
liens, et les autres
Le
premier besoin d'amour.
pour
dimanche 20
pour une ile située à janvier 2 je m'ombarquai
Aomm.dbundiedeeind trois lieues de Charlesd'oiscaux de la
d'augmenter, ma collection
Nouvelle-A
pendantla traversée des
Angleterre. Je vis
mais le bac n'étant
canards de toute espéce;
ne pouvant le
point à ma disposition, et
à
détourner de sa
T'espoir de me
route, je renonçai
canards qui
procurer diverses espèces de
timent. Je tuai volligeoient autour de notre bàblessai un marsouin pourtant un goéland, et je
ellea atteint, qu'il (t). A peine ma balle l'eutplongca et rougit l'onde
agitée
(r) Le Marsouin ou cochon
mer, appelé aussi le
de mer, ou porc de
des Latins, le Phoceena Sorffeur des wulgaire, est le, Tursio
Téymologie de Marsouin Grecs. Belon fait dériver
meer, mer, et Schwein, de deux mots allemands,
Pourceau de mer; dénomnination pourceau; ce qui veut dire
mnarsouin, par ses
qui convient au
Ariderson, ayant rapports exacts avec le
petit des cétacés, regardé T'a
le Marsouin comme cochon. le plus
guères que six à huit rangé pieds de parmi les baleines. Il n'a
est garnie de dents
longueur. Sa mâchoire
manière à ce qu'en aigués fermant et cylindriques, placées de
dents s'engrènent les
ses deux mâchoires, les
souins nagent à fleur unes dans les autres. Les maicevoir la moitié de leur d'eau, et souvent laissent
corps dans leurs bonds aperrépétés.
. le plus
guères que six à huit rangé pieds de parmi les baleines. Il n'a
est garnie de dents
longueur. Sa mâchoire
manière à ce qu'en aigués fermant et cylindriques, placées de
dents s'engrènent les
ses deux mâchoires, les
souins nagent à fleur unes dans les autres. Les maicevoir la moitié de leur d'eau, et souvent laissent
corps dans leurs bonds aperrépétés. --- Page 338 ---
VOYAGES
sCs mouvemens convulsifs; mais, ne poupar
notre navigation, nous ne convant suspendre
nûmes point les résultats d'un aussi beau coup
de feu.
Nous arrivâmes à notre destination, et nous
mimes pied à terre dans un bois antique et
fourmilloit
sombre, 9 si peu frequenté qu'il
d'oiseaux de toute espèce. Quelle joie jéprouvai
à cette vue ! que de victimes prochainement
immolées ! Les deux premières furent deux
écureuils, dont les habitudes sont totalement
opposées. Le premier (1), appelé le suisse ou
écureuil de terre 7 a plus d'affinité avec les
les habitudes et le carats et surmulots pour
ractère qu'avec les écureuils. Sa peau est marIls se jouent avec agilité sur T'onde, et voguent habiconsidérables. Lorsque les
tuellement par troupes
de leurs navires, ou
marins les voyent approcher
sourd, ils
qu'ils les entendent pousser un mugissement
Les marsouins se
en augurent une prochaine tempête.
nourrissent de maquereaux, harengs, sardines et
autres poissons. On harponne ces petits célacés pour
leur chair qui, quoique peu estimée, fournit un peu
d'huile, et une peau qui étant tannée devient imperméable, et impénétrable, dit-on, aux coups de feu.
C'est l'Ecureuil de terre, d'Edwards et de Ca-
(1)
de
TEcureuil de la
tesby; le Sciurus Listeri,
Ray;
Caroline, de M. Brisson.
, harengs, sardines et
autres poissons. On harponne ces petits célacés pour
leur chair qui, quoique peu estimée, fournit un peu
d'huile, et une peau qui étant tannée devient imperméable, et impénétrable, dit-on, aux coups de feu.
C'est l'Ecureuil de terre, d'Edwards et de Ca-
(1)
de
TEcureuil de la
tesby; le Sciurus Listeri,
Ray;
Caroline, de M. Brisson. --- Page 339 ---
D'UN
NATURALISTE
quée
longitudinalement de
couleur diflérente
quatre bandes de
long de l'épine > savoir s deux brunes le
des flancs. Le dorsale, et deux blanches
et. la recourbe suisse meut à volonté sa près
mais il
sur son dos, ainsi que Técurenil; queue,
grimpe peu dans les
toujours près du trou
arbres, et se tient
et oùt il dépose la
qu'il a pratiqué en terre,
nourriture
ses excursions. Celui
qu'il a obtenne.de
blessé, et dans la
que je tirai n'étoit que
mordit tellement le. rage de son désespoir, il
canon de mon
imprima ses deits
fusil, qu'ily y
m'être méfié de
aigues, et me fit féliciter de
Le
son caractère féroce.
second, nommé le
croyoit bien en sureté
petit-gris (1), se
d'un étang qu'ilavoit en abordant le rivage
de pin, lorsqu'il tomba traversé sur une branche
vis près de là plusieurs en mon pouvoir. J'en
de la
autres se jouer au travers
à un autre; Darbo-espngnole, 2 et s'élancer d'un arbre
quile
l'un, pour échapper à un plus
poursuivoit,afin deluieulever
gros
que dans un de ses élans illaissa unea amande
Ces animaux
tomber à terre.
magasin de prévoyans Ont pour Thiver un
Ils
réserve, où se tiennent
sont plus gros de
leurs petits.
corps que notre écureuil
(r) C'est T'Ecureuil
Sciurus Virginianus, gris O1l noirôtre, de Virginie;
cenereus major, de Ray. --- Page 340 ---
VOYAGES
d'Enrope; les mâles sont d'un poil plus noir,
quoique cendré, que les femelles, et leur queue
flottante est beaucoup mieux garnie. Leur Ca--
ractère est doux, et susceptible de plier à la
domesticité. Ces fissipèdes agiles sont très-difficiles à découvrir, lorsqu'ils sont
protégés par
l'ombrage des sapins 5 car ils suivent tous les
mouvemens du chasseur pour échapper à sa
vue, et se cachent dans la barbe-espagnole, dont
tous les arbres de ces forêts immenses sont
recouverts. Cette espèce de gui dont j'ai déjà
parlé, ests souple, et ressembleau crin, dès qu'on
lui a fait subir une préparation qui le rend
propre à faire des matelas de bord.
Je tuai plus loin un merle gris (1), aussi rusé
que celui de France, mais beaucomp plus petit.
Le plumage de son dos est d'un gris blenâtre,
la gorge blanche, et chaque plume piquetée
d'un point noir; le ventre blanc, les plumes des
ailes noires bordées de cendré, la queue étagée;
le tour des yeux, l'iris, le bec et les pattes d'un
vermillon pur.
J'approchois de marais qu'on m'avoit recom-
(1) Cet oiseau est appelé par les Anglais Tilli;
c'est le merle cendré d'Amérique, de M.
et des pl. enl. 560, fig. I; la grive aux jambes Brisson, 2
de Catesby.
rouges,
ailes noires bordées de cendré, la queue étagée;
le tour des yeux, l'iris, le bec et les pattes d'un
vermillon pur.
J'approchois de marais qu'on m'avoit recom-
(1) Cet oiseau est appelé par les Anglais Tilli;
c'est le merle cendré d'Amérique, de M.
et des pl. enl. 560, fig. I; la grive aux jambes Brisson, 2
de Catesby.
rouges, --- Page 341 ---
D'UN
mandé
NATURALISTE
caîmans d'éviter, parce qu'ils sont
20g
voraces qui
infestés de
de mon petit plomb, n'cussent point été elliayés
à la cime d'un arbre lorsque je vis près de moi,
appelle improprement tres-élevé, un oiseau qu'on
Angleterre (1)-Le
murier à la Nouvellela huppe
plumage supérieur, ainsi
ailes,
qui orne sa tête, et les
que
sont d'un marron
tégumens des
tache noire part dela clair; une large mousT'ocil. Les pennes des Insedubec; ailes
et va rejoindre
et l'iris d'un noir foncé sonti noirâtres. Le bec
pattes. Le ventre est et Justré, ainsi que ses
dessous de sa
blanc, de même que le
est,
queue, dont la
grise, et les plumes
partie supérieure
transversale d'un jaune terminées par une bande
La femelle
pâle.
celui-ci
ne diffère du mâle
a T'extrémité des ailes
qu'en ce que
caroncules chagrinées d'un munie de quatre
seaux volent par
rouge vif. Ces oid'un goût très-délicat. bande, et leur chair est réputée
On trouve à
arbres naturels Charles-Town à
une partie des
pendant
TEurope 3 quelques s-uns ceLe
appartionnents au climatdece
cirier, par exemple
Continent.
(2), qui vientàl lai hauteur
(1) Les habitans de la Nouvellenomment The Bolemian
Angleterre le
(2) Le cirier ou arbre de Chatterer.
sous le nom de
cire, espèce de galé connu
appelée Piment Myriea, royal, n'est cependant pas lespèce --- Page 342 ---
VOYAGES
est tortueux et touffu; il se
de nos amandiers,
plait dans un terrain humide, et se rencontre
fréquemment sur les rivages de la NouvelleAngleterre. Ses feuilles sont étroites, dentelées,
alternes, et recouvertes dé taches dorées dues
à Fextravasion de son suc. Il porte des fleurs
mâles et femelles sur deux individus séparés.
Les premières sont amentacées, chaque écaille
des .chatons renfermant six étamines. Les secondes ont un ovaire bifide qui se convertit en
capsule sphérique d'une consistance asséz
une
d'un cérumen blanc et oncdure, et recouverte
tueux. On cueille en automme ces fruits rassemblés en grappes, et on en retire la cire par
leur immersion en de Peau bouillante. La substance cérumineuse étant détachée des coques,
flotte, surnage ati dessus de l'eau, et on Pen
sépare au moyen d'une écumoire. Etant figée,la
partie extraite est d'un vert glanque; on la fait
fondre plusieurs fois pour la purifier, alors elle
colorée d'un verttendre.
prend une transparence donne environ deux
Une livre de ces graines
onces de cire.
J'observai aussi un érable propre à ce Continent (1).. Cet arbre de moyenne grandenr, qui
(1) C'est le petit Erable-plane ou Erable à sucre ;
Acer saccharinum, Linn.
d'une écumoire. Etant figée,la
partie extraite est d'un vert glanque; on la fait
fondre plusieurs fois pour la purifier, alors elle
colorée d'un verttendre.
prend une transparence donne environ deux
Une livre de ces graines
onces de cire.
J'observai aussi un érable propre à ce Continent (1).. Cet arbre de moyenne grandenr, qui
(1) C'est le petit Erable-plane ou Erable à sucre ;
Acer saccharinum, Linn. --- Page 343 ---
D'UN
croit
NATERALISTE
naturellement dans la
27K
Camda, se plait au bord Pensylvanie des
et au
marie sur Jeur rive le
ruisseaux 5 il
feuillage au
frénisement de son
et
gazouillement de leur
transparente. Il vient
onde.p pure
d'un moyen chéne
rarement à la hauteur
droit, et son écorce d'Europe, Son tronc est
opposés. Ses feuilles lisse. Ses rameaux sont
clles sont
ont] la même
blanchâtres en
position, mais
en cin lobes aigus. Les dessous, et découpées
ont un calice à cing
fleurs, conglomérdes,
divisions, et cinq pétales
A leur
qui
Ammedehmantdieag
centre, s'éléve un
avortents souvent.
en un fruit à deux
pistil qui se change
chacune une seule capsules ailées, et contenant
On
graine.
obtient au mois de
T'incision de
mars, de cet
son écorce s et au :
érable par
tuyau conductenr qui aboutit
moyen d'un
abondant et mielleux,
au centre, un suc
par l'action du feu, donne lequel étant rapproché
purger dans des
un sirop qu'on met
de bouleau,
moules de terre ou d'écorce
pour en obtenir
sement un sucre roux
par le réfroidislivres de ce suc
assez bon. Seize à
jeunes
donnent une livre de dix-sept
arbres fournissent
sucre. Les
dante
une sève
2 mais moins condensée
plus abonvieux, dont T'élaboration
que celle des
I On ne fait qu'unc
est mieux combinée.
incision à chaque arbre,
au
'on met
de bouleau,
moules de terre ou d'écorce
pour en obtenir
sement un sucre roux
par le réfroidislivres de ce suc
assez bon. Seize à
jeunes
donnent une livre de dix-sept
arbres fournissent
sucre. Les
dante
une sève
2 mais moins condensée
plus abonvieux, dont T'élaboration
que celle des
I On ne fait qu'unc
est mieux combinée.
incision à chaque arbre,
au --- Page 344 ---
VOYAGES
les
de l'énerver. Il faut:
bien on court
risques
le coeur de P'arbre soit perforé; car le suc
que
suintementdes fibres ligneuses,
est produitparle
et non point par. les corticales.
Au retour de ma course, j'étois à diner chez
Mme, Ramadge, lorsqu'on vit entrer un sauvage
du Canada, qui se présenta avec la franchise de
Thomme primitif. Il ne connoissoit personne 5
des êtres semblables à lui, il se
mais, voyant
regardoit en famille, et croyoit pouvoir disposer
leur
Il étoit altéré,
de tout ce qui
appartenoit.
satisfaire ce besoin impérieux qu'il
et c'cst pour
à
il
étoit entré, et que, sans parler personne,
prit le premier verre qui se trouva devantl lui,
à boire, sans plus
et se versa tranquillement
T'entouroient.
faire attention aux personnes qui
Il but; et sa soif étanchée, il se disposoit à s'en
aller sans rompre le silence, lorsqu'un quaker
de nos convives le reconnut, et lui parla son
Jangage. Cet homme enchanté de tronver quelil
s'entretenir, lui tendit
qu'un avec qui pouvoit
d'amila main, et lui fit mille démonstrations
tié. Il s'empressa de lui faire voir des bijoux,
dont il venoit de faire l'acquisition en échange
de pelleteries. Ces bijoux consistoient en quatre
d'argent, qu'il destinoit à lui servir
plaques
à l'avantbras, et au
de bracelets qu'il plaçoit
haut de T'humérus, mais seulement dans les
grands
s'entretenir, lui tendit
qu'un avec qui pouvoit
d'amila main, et lui fit mille démonstrations
tié. Il s'empressa de lui faire voir des bijoux,
dont il venoit de faire l'acquisition en échange
de pelleteries. Ces bijoux consistoient en quatre
d'argent, qu'il destinoit à lui servir
plaques
à l'avantbras, et au
de bracelets qu'il plaçoit
haut de T'humérus, mais seulement dans les
grands --- Page 345 ---
D'UN
grands jours de
NATERALISTE
empreint sur
fête. Lair de
il
tous ses traits
liberté étoit
cadenas développa un papier dans enjoués; et bientôt
d'argent qu'il
lequel étoit un petit
nez, en Ini faisant
plaça devant nous à son
déjà troué
traverserlec
dit que c'étoit pour cet usage. Son cartilagedn vomer
on
une marque disinctive interprôte nous
reconnoissoit les
à
Il étoit
grands de sa
laqnelle
de la
nu, et n'avoit de couvert nation.
pudeur. Ses cheveux
que le siége
I'nsage des Nazaréens,
noirs, séparés selon
longner, et flottoient étoient dans toute leur
s'étoit coloré
sur ses larges épaules. Il
du roucou (1). plusieurs Cette parties de la figure
lièrement
coulenr
avec
Ces avec son teint jaune contrastoit olivâtre, singuprète, sauvages qu'un d'eux sont si adeptes, nous dit l'interquatre heures;e etsi apprit le breton en
percent, à chaqne adroits, qu'à ( quarante pas vingt- ils
de six ligues de diamètre. coup de leur flèche, un but
Au dessert du diner
de la
on m'ofrit,selon
Fusage
passa à la
2 des
Nande-Angkena
ronde sur une assiette; cigares qu'on
je rofusaid'en
() Cest T'Achiote,
et Sauvages caraibes, ennatabi, etle
cochehue, des
tinctoria, Tourn., Boerh. Mitella ameridana Iudiens
des plantes usuelles,
Voyez son article, au' maxima Traité
ToxE I.
S
Au dessert du diner
de la
on m'ofrit,selon
Fusage
passa à la
2 des
Nande-Angkena
ronde sur une assiette; cigares qu'on
je rofusaid'en
() Cest T'Achiote,
et Sauvages caraibes, ennatabi, etle
cochehue, des
tinctoria, Tourn., Boerh. Mitella ameridana Iudiens
des plantes usuelles,
Voyez son article, au' maxima Traité
ToxE I.
S --- Page 346 ---
VOYACES
point ma coutume. A
prendre, puisque ce n'étoit femmes se lèvent de
cette époque du repas les
et les hommes, au milieu d'une épaisse
table,
bhoivent à longs traits le Madère
fumée de tabac,
et antres liqueurs.
le diner chez un curieux
On me mena après
collection de peaux
voir une
de ce pays, pour y
Elle seroit précieuse, si
d'oiseaux de la Guiane.
entiers, mais on
d'individus
elle étoit composée
partiesles plus riches
n'en a extrait que quelques
Je vis
en couleur 3 ce qui la rend incomplète.
vivant l'oiseau royal, mâle et femelle(1);le
aussi
plumage
beau canardd'été (2), donl'dégancedu; à tous
richesse du coloris sont supérieurs
et la
Cet oiscau, contre les habiceux de son espèce.
aime à se percher,
tudes de ceux de son genre,
d'oilui vient le nom de canard branchu, que à
auteurs lui ont donné. Il est commun
certains
à la Caroline et à la Virginie : sa
la Louisiane,
en raison d'un goût
chair n'est pastris-estinée,
monde. Valà toutle
de musc qui ne plait point tros-bien ainsi : (( Les
mont-Bomare le décrit
Brisson, pl. enl. 265. C'est la grue panachée
()
d'Afrique, d'Edwards.
Ainsi nommé, par M. Brisson et par d'autres, Loui-
(2) branchu ou beau canard huppé de la
canard
pl enl. g80 le mâle, et g8r la femellesiane, Brisson,
inée,
monde. Valà toutle
de musc qui ne plait point tros-bien ainsi : (( Les
mont-Bomare le décrit
Brisson, pl. enl. 265. C'est la grue panachée
()
d'Afrique, d'Edwards.
Ainsi nommé, par M. Brisson et par d'autres, Loui-
(2) branchu ou beau canard huppé de la
canard
pl enl. g80 le mâle, et g8r la femellesiane, Brisson, --- Page 347 ---
D'UN
> plumes du devant MATERALISTE de la
)) brillant; celles de
têtes sontd'un vertdoré
)) éiroitesete commes T'occiput sont fort
)) par
soyeuses :
longues,
tonfles, les unes
) beau
rdliesentigpees
vert
blanehes, les autres
) éclatant. doré, et les troisièmes d'un d'un
)
Toutes ces toufles
violet
chaque côté, forment
3 parallèles de
)) pend en
une huppe
arrière, et
élégante
) le milieu du
dont la pointe
qui
) sont d'un dos : les jones et le haut tombe sur
beau violet;
du cou
> cou
la gorge ctle
sontblancs; le
)
foncé
dessus du
devantdu
changeant en
corps d'un brun
)) d'un pourpre
vert doré; la
))
vinenx,s seméed
poitrine est
triangalatires;
)
chaque côté
ederacheshisnchs
transversales,
oflire deux
) Tautred'un) 2 T'une d'un noir de bandes
bean
))
blanc; les
velours,
chatoyent le vert
plumes
) sette; l'iris
doré, le bleu et le scapulaires
)
est couleur de
cuivre rol
pières sontd'un
noisette; les
)) est jaune à
rouge fort vif;. le bec en pau-
)) puis
sa base, ensuite d'un
dessus
marqué d'un
ronge
) noiryainsi
peu de blanc; le
vif,
)
que toute la
bout est
peau nue des
)) sont
jambes, les
Asasribsemun
d'un jaune
pieds et les
)) nâtres et les
obscur; les membrancs doigts bru-
)) mage brun ongles noirs. La femelle a le
> et peu
grisitre, unehuppe
plufournie; la
brnne, courte
Le même particulier gorge blanchitre. ))
me (t voir un
serpent à
S 2
de blanc; le
vif,
)
que toute la
bout est
peau nue des
)) sont
jambes, les
Asasribsemun
d'un jaune
pieds et les
)) nâtres et les
obscur; les membrancs doigts bru-
)) mage brun ongles noirs. La femelle a le
> et peu
grisitre, unehuppe
plufournie; la
brnne, courte
Le même particulier gorge blanchitre. ))
me (t voir un
serpent à
S 2 --- Page 348 ---
VOYACES
très-comsonnettes (1), sppelléle boiciningua, milles dans les
mun à soixante ou quatre-vingts neuf mois dans
terrès, et qu'il conservoit depuis
sans luiavoir donné aucune espèce
un tonneau,
voulant savoir jusqn'à quelle
de nourriture,
faim sans mourir.
époqueil pourroit supportèrla
la table
On me le fit apercevoir, en soulevant
qui
recouvroit le tonneau fermé lui-même par un
de fil de fer. A peine nous eut-il retreillage.
des êtres qui vouloient l'inquiéter,
connus pour
et punir notre
qu'il se disposa à nous attaquer,
andace d'avoir troublé son repos. Aussitôt se
reployant en spirale et s'appuyant sur lextréilalloit s'élancer lorsque nous
mité de sa queuc,
ilse
laissâmes tomher la trape, vers laquelle
heurta Pudement en agitant sa cascabelle, ou
sonnette.
dont les moindres blessures
Ce boiciningua,
avoit sept
sont mortelles et Podeur désagréable,
la
pieds de longueur lorsqu'il fut emprisonné;
saillantes, les yeux
tête triangulnire, 9 les narines
étincelans et chatoyans, sa langue très-déliéc,
noire et fourchue; la peau dégammentachetéen
chevrons brisés, les écailles du dos d'une couCestle Boiciningua de Marcgrave, ou Boiquira
(1) Brasiliens; Crotalus horridus, Linn.; Serpens
des
caudisona, americana, Seba.
crotasophora, seu Vipera
antes, les yeux
tête triangulnire, 9 les narines
étincelans et chatoyans, sa langue très-déliéc,
noire et fourchue; la peau dégammentachetéen
chevrons brisés, les écailles du dos d'une couCestle Boiciningua de Marcgrave, ou Boiquira
(1) Brasiliens; Crotalus horridus, Linn.; Serpens
des
caudisona, americana, Seba.
crotasophora, seu Vipera --- Page 349 ---
D'UN
leur
NATURALISTE
d'unj cendréejaunetre, jaune
les plaques
pile. C'est à
abdominales
que se trouve sa sonnette T'extrémité de sa queue
cartilaghens, s'emboitant composée d'anneaux
autres, de substanee
lcs uns dans les
ques, adhérens à la cornéc, sonores et élastiCe serpent est
dernière vertébre du
plus
reptile.
terre. Malheur à
agile dans l'eau que stir
pieds par un tems Timpradent de
qui la foulé aux
allamé; il est terrible pluie, ou lorsqu'il est
tréme mobilité de
alors, et profitant de
et annonce
ses écailles, il les fait l'exparlale période de. sa
bruire,
ciningua est oviparc,
fureur. Le boiTyran de la
mais il multiplie
nature, par une
pen,
supréme, ce
sagesse du Pouvoir
tandis que nos serpent couleuvres ne fait que trois petits,
gereuses
qui ne sont point dandu
meditestinmenkeens Les
boiciningua sont si
blessures
causent la mort
venimeusos 2 qu'elles
minutes, si Fanimal quelquefois est
au bout de peu de
de quelques heures bien irrité, ou
Les
dans un étatplast seulement
Amérienins
stranquille.
de ce poison subtil, proposent, pour la guérison
pent, et de
d'écraser la tête de ce sertres scarifient Tappliquer la
comme emplâtre;
de collinsonia plaie, et font usage de la d'au-
(t), coupée par
racine" e
tronçons, et frite
(:) Vipérine de Virginic,
S 3
de peu de
de quelques heures bien irrité, ou
Les
dans un étatplast seulement
Amérienins
stranquille.
de ce poison subtil, proposent, pour la guérison
pent, et de
d'écraser la tête de ce sertres scarifient Tappliquer la
comme emplâtre;
de collinsonia plaie, et font usage de la d'au-
(t), coupée par
racine" e
tronçons, et frite
(:) Vipérine de Virginic,
S 3 --- Page 350 ---
VOYAGES
dans delhuiled'olives, aiguisée d' une pincée de
sel marin. D'autres recommandent la racine
d'apinel (2) que les sauvages de quelques iles de
P'Amérique nommentyacabani, etles] Français,
apinel, du nom 2 dit Valhont-Bomare, d'un
capitaine de cavalerie qui l'apporta le premier
en Europe. La vertu de cette racine alexitère est
tellement puissante, qju'en la présentant à un
serpent,s'ill la mord, il en périt; quesilon s'en
frotte, et que l'on en mâche, on devient invulnérable, et lon peut en streté prendre ces serpens à la main. Cependant je croirois T'usage
intérieur et extérieur de Falkali volatil fluor
ai
préférable, et d'un secours plus prompt; j'en
vu des effets certains. Le boiciningua a pour
ennemi, dans le règne animal, Jes cochons marrons, qui s'en repaissent sans être incommodés
de leurs blessuresjetdans) le règne végétal, toutes
les plantes alexitères, et prineipalemeanlepaafiot
sauvage, on dictame de Virginie.
On me fit voiraussi un tablean peint àlhuile,
la
d'un jeune sauvage de dixet de composition
huit ans, qui, sans avoir appris, a fait ce chefet le coloris
ceuvre. Le style en est original,
la
tout particilier; mais il se rapproche tant de
Cesanvage
nature,qu'on ne peuts'y: méprendre.
(2) Aristolochia Anguicida, Linn. --- Page 351 ---
D'UN NATURALISTE
sortant du milieu d'une caverne ens'est peint,
bois sombre ct solitaire; il est
foncée dans un
lui recouvre
vêtu d'une peau de chiat-tigre qui
tandis que le reste
seulement les parties nobles,
armé de
de son corps est à nu. Cc héros est
flèches et d'un arc; il se prépare à entrer en
chasse.
Je sortis dans lcs environs de Charles-Town
le dimanche 27 janvier 1799 , et j'y rencontrai
des'tableaux encore dignes dela nature primitive.
d'union qui anime ces habitans forL'esprit
confiance mutuelle dont
tunés leur donne une
être
ils ne sont jamais déçus, et qui ne peut
altérée quepar les principes dégradés d'érangers
s'y avilissent par une conduite outrageante.
J'errois qui
de bois en bois pour augmenter ma
collection, et je traversois une grande route
bordée d'une épaisse forêt de sapins, lorsque
de
au moment
j'aperçus un groupe
voyageurs belle étoile, les uns
de leur réveil. Couchés à la
des sacs d'autres sur des peaux, ils avoient
sur la nuit dans ce lieu agreste, une nuit
passé
à redouter aucun
tranquille et bonne, n'ayant
chatsmême la voracité de quelques
danger, pas
tigres et ours qu'on voit assez communément
danslepays, mais qui ne sont jamais agresseurs.
une anecdote qui prouve leur
Voici à ce sujet
croire à
simidité. Un ami de MR*, n'ayant pa
S -
Couchés à la
des sacs d'autres sur des peaux, ils avoient
sur la nuit dans ce lieu agreste, une nuit
passé
à redouter aucun
tranquille et bonne, n'ayant
chatsmême la voracité de quelques
danger, pas
tigres et ours qu'on voit assez communément
danslepays, mais qui ne sont jamais agresseurs.
une anecdote qui prouve leur
Voici à ce sujet
croire à
simidité. Un ami de MR*, n'ayant pa
S - --- Page 352 ---
VOYAGES
ce naturel doux, si opposé à la nature de ces
ammaux, après avoir aperçu dans un arbre un
undescanons de
ours quiy dioitgrimps,chargeas
son fusil avec de la poudre seulement. Ilajuste
Pours; etl'explosion l'intimida tellement, qu'il
se laissa tomber comme mort du haut de P'arbre,
et
fut transféré
en sorte qu'on l'emmusela, qu'il
à la ville, tout honteux de sa captivité: : mais
S'en
à la
revenons aux voyageurs.
rapportant
fidélité publique, ils avoient leurs chariots dé.
telés, ctl leurs chevaux paissoient tranquillement
de là, abandonnés dans les bois à leur disprès crétion. Je fus témoin du repas frugal des
oyngearsgiparoidendient vivredanslandilleure
intelligence, et burent à la ronde dans la même
coupe.
dansla
remarquai dans les
En rentrant
ville, jer
rues sablées de petites chèvres à cornes droites,
recourbées en arrière 'au sommet, et à poil
court et varié en couleurs, qui me parurent être
une espèce de chamois, ainsi que des vaches
quiy cherchent jour et nuit leur nourriture.
Le soir, selon la coutume du pays, on nous
servit, après le thé, des huitres dont on ne
mange qu'à souper. On m'appritfarrivée d'un
parlementairedes Saint-Domingue, qui publioit,
comme nonvelle du jour, que Toussaint-Louverture, général en chef à Saint-Doningue, --- Page 353 ---
D'UN
vouloit rendre NATURALISTE
28r
tout
celte colonie
gouvernement.
iodépendante de
J'avois formé le projet d'aller 1
tation de M. de Caradeux,
chasser à Phabimilles de
distante de quelques
tuer, ayant Charles-Town, mais je ne pus l'effecappris le départ d'une
Saint-Yago de Cuba, fle
goélette pour
communications avec
espagnole, dont Ics
trés.fréquentes. J'allai voir Siu-Doningte étoient
mas-Payne,
le capitaine,M. Thocondnisità armateur de ce batiment,
son bord. Cet
qui me
me reçut avec Faménité homme doux et franc
agit envers moi avec
qui le caractérise, ct
ment; car il ne me beaueonp de désintéressela moitié de la
demanda pour passage
somme qu'exigcoient
que
pitaines, m'observant
d'autres capartir que sous quelques que nous ne pourrions
parer la voilure de sa jours, ayant à faire réJe profitai du
goélette, la Galatée.
tems qui me restoit à
iCladtarTonn, avec M. de
pour relier ma partie de chasse passer
Caradenx,
sa
qui voulut bien
pirogue et six négres
m'envoyer
porterà sa déliciense rameurs pour me transsolitude et sa position. habitation, célébre par sa
baigue de toutes
C'est une ile que la mer
d'arbres de
parts, et gu'une
tout genre couvre de antique forêt
lencieux ombrage.
son épais et sihieures de
Nousy mouillimes à quatre
Tapresmidiavee une mauvaise
marée,
asse passer
Caradenx,
sa
qui voulut bien
pirogue et six négres
m'envoyer
porterà sa déliciense rameurs pour me transsolitude et sa position. habitation, célébre par sa
baigue de toutes
C'est une ile que la mer
d'arbres de
parts, et gu'une
tout genre couvre de antique forêt
lencieux ombrage.
son épais et sihieures de
Nousy mouillimes à quatre
Tapresmidiavee une mauvaise
marée, --- Page 354 ---
VOYAGES
etcommele vent nous étoit contraire,! les rameurs
redoubloient de courage au milieu de chants
africains.
Nous fimes reçus au sein d'une somptueusé
abondance, etje trouvai chez mon hôte tout ce
charmer la monotonie de la solitude; la
quipent
parfaitement choisie.
liberté et une bibliothèque
M. de Caradeux, flattant mon goût pour Phistoire naturelle, voulut bien s'oflrircomme pilote
HrrTe
Chasseur très-adroit, il se promit aussi de joûter
à qui rapportcroit chaque jour le plus de victimes ; j'acceptai. cette promesse avec reconnoissance, et le lendemain de grand matin, nous
nousmimes en marche avec MM. R M. de
Caradeux, et ses deux fils.
A peine eûmes-nous pénétré sous la voûte odorante de hauts sapins, que mon hôte tua près de
volant
très-rare, me dit-il,
moi un écureuil
(1),
11 étoit de la grosseur d'un rat,
en ces parages.
surmontées
avoit de petites oreilles arrondies, 9
d'un poil roux : les poils de sa moustache étoient
(1) Cest le polatouche; Sciurus volans, Linn. ;
Mus ponticus aut scythicus, Sciurus-ve quem volantem
cogneminant, Gésner ; e Sciurus americanus volans,
Ray; le Flying squirgel des Transact. phil-, ann 1735,
et d'Edwards. (Tom. Ier, pl XVI.) --- Page 355 ---
D'UN
roides et
NATURALISTE
d'un beau
n'étoit pointaussi noir; sa queue trés-garnie
longue que celle de
vulgaire; sa tête arrondie
l'écurcuil
de quatre dents
étoitmunic pardevant
voient
incisives; les
au fond de la
molaires se trougarnies jusqu'aux mâchoire; ses pattes étoient
continnoil
pieds d'une membrane
au long de ses
qui se
quand l'animal est
flancs, en sorte que
mouchoir
étendu, il a le contonr d'un
carré; ces membranes
peut tendre et mouvoir à
minces qu'il
ses pattes, ont la
volonté par l'action de
Tair
propriétéde le
pour qu'il puisse
soutenirassez en
à un antre(
facilementy volerd'un arbre
de quatre (D.L-espatiededeante doigts,
sont pourvues
celles de
garnis d'ongles
derrière, de
conleur
arqués et
cin,
gris
tres-aigus; ; son poil de
celui de la cendré, est presqu'aussi doux
L'écureuil tanpe, et soyeux comme lui.
que
volant a les habitudes de
dEurope, sans pour cela avoir les
celui
suffisans pour le
caractères
classe, puisqu'il dort comprendre sous la même
Presque tout le jour, et ne
(r) Ce n'est pas qu'il
mais la vibration de sa puisse soutenir un long vol,
face de son corps, sans membrane augmentant la suril se trouve en équilibre pour cela ajouter à son poids,
desquels il céderoit au quelques instans, au bout
rencontroit un corps solide point de gravitation, s'il ne
plutôt un saut qu'un vol. pour le recevoir. C'est donc
le
caractères
classe, puisqu'il dort comprendre sous la même
Presque tout le jour, et ne
(r) Ce n'est pas qu'il
mais la vibration de sa puisse soutenir un long vol,
face de son corps, sans membrane augmentant la suril se trouve en équilibre pour cela ajouter à son poids,
desquels il céderoit au quelques instans, au bout
rencontroit un corps solide point de gravitation, s'il ne
plutôt un saut qu'un vol. pour le recevoir. C'est donc --- Page 356 ---
VOYACES
va à la maraude que pendant la nuit. Ils se nourrissent de fruits, d'amandes, et surtout desj jeunes
pousses de pin, du bouleau et de l'érable. Ces
animaux font quatre petits, qui souvent deviennent, ainsi que leurs père et mère, la pâture
d'autres animaux moins indolens qu'eux, des
putois (1) quiles surprennentdans leur
et les
sommeil,
étranglent sans miséricorde.
Ce qui paroitroit rapprocher l'écureuil volant
de la
chauve-souris, ce sont beaucoup de ses
habitudes, et une partie de sa conformation;
la femelle étant pourvue, , ainsi que la chauvesouris, de mamelles destinées à la nourriture de
ses petits; mais, d'autres caractères
l'en
principaux.
éloignant, on a conservé au polatouche le
nom d'écureuil volant.
Le polatouche est susceptible de
on
s'apprivoiser;
en voit même à Charles-Town dans
plusieurs
maisons, où on les nourrit ainsi
d'Enrope, dont
que ceux
pourtant ils n'ont pas les gentillesses,1 leurd caractère étant froid etindifférent.
() Le putois rayé; Putorius striatus. Cestle
ou bête puante de l'Amérique
puant,
zorille. Les habitansd des bords
septentrionale, ou
Mapurita, et les Indiens, Mafutiliqui. derovdnepetspelient M. de Buffon
a classé ce putois rayé parmi les mouffettes, dont il
reconnoît quatre espèces qui sont, le coase ou
patti des Mexicains, le conépate, le
ysquiezorille.
chinche et la
striatus. Cestle
ou bête puante de l'Amérique
puant,
zorille. Les habitansd des bords
septentrionale, ou
Mapurita, et les Indiens, Mafutiliqui. derovdnepetspelient M. de Buffon
a classé ce putois rayé parmi les mouffettes, dont il
reconnoît quatre espèces qui sont, le coase ou
patti des Mexicains, le conépate, le
ysquiezorille.
chinche et la --- Page 357 ---
D'UN
Nous
NATCRALISTE.
rencontràmcs
d'un négre libre et
assez près de là T'ajoupa
du
solitaire, dormant
jour, et employant
la moitié
T'autre
pécher, et à se nourrir
partie à aller
autour de son petit domaine d'huitres dont on voit
coquilles. Ilvit, sans
les monceaux de
la nature, ou ne travaille travailler, des libéralitésde
renouveler ses
que lorsqu'il s'agit de
fumer. La
tengas, et d'acheter du tabac à
position de cet
resque, que je regrettai bien hermitage est si pittosurtout mon crayon
mes pinccaux, et
lequel au moins j'eusse que j'avois oublié, avec
de cette nature
pu prendre l'esquisse
Parmi les
sauvage.
tinguai
oiseaux que je
une
rapportai, je dispiales des bécasse, un choueas, des
bouveraux
trouslodri,tafuveter
2 un robin, 3 un tromiirier, et deux tres-petits edexbe-fert,fsteud du
La bécasse (r) de
oiseaus-mauches.
plus petite
Charles-Town est
que celle
beaucoup
non moins
d'Europe, mais sa chair est
le même. Elle estiméc; le plumage est.
aime les endroits
absolument
mides ; son vol du
solitaires et hubruyant que celui de notre départ n'est point aussi
elle fle à rez-terre
bécasse d'Europe, et
comme la caille. Elle
paroît
- () Cest la bécaisse des
commune à Cayenne. Savannes, pl. enl, 895, si --- Page 358 ---
VOYAGES
peu méfiante; car, m'ayant aperçu de
à ce que j'ai cru
fortloin, 9
remarquer par un premier
crochet qu'elle fit pour m'éviter, après un
second qui lui fit reprendre la même
elle vint s'abattre auprés de
direction,
moi, et se glissa
si bien sous l'herbe, que je ne puis l'y retrouver
de suite. Cependant, après beaucoup de tours et
de recherches, elle me partit, et je la tuai.
Le choucas (r) qui n'est pas plus gros que la
tourterelle, et dont le plumage noir offre des
reflets variés et irisés. Cette espèce de corneille
a des habitudes conformes aux autres oiseaux
de ce genre. Ils volent par troupes ainsi que les
corneilles, adoptent de vieilles masures
retraite, vivent en société avec beancoup d'ac pour
cord ; ont un attachement remarquable
leurs petits
pour
9 qu'ils nourrissent ainsi qu'enx de
grains, de vers ctautres insectes. On les habitue
facilement à la domesticité ; j'en vis un dans les
rues de Charles-Town, si attaché à son maitre
qu'il alloit rejoindre dans les champs ses amis
ou ses frères, y passoit souvent plusieurs
mais fidèle à la
il revenoit jours;
reconnoissance,
toujours. Il aimoit à dérober, ainsi que les oiseaux
de cette classe.
(r) Ou choucaschoucelle, monedula, de ValmontBomare.
vers ctautres insectes. On les habitue
facilement à la domesticité ; j'en vis un dans les
rues de Charles-Town, si attaché à son maitre
qu'il alloit rejoindre dans les champs ses amis
ou ses frères, y passoit souvent plusieurs
mais fidèle à la
il revenoit jours;
reconnoissance,
toujours. Il aimoit à dérober, ainsi que les oiseaux
de cette classe.
(r) Ou choucaschoucelle, monedula, de ValmontBomare. --- Page 359 ---
D'UN
Des
NATURALISTE
bonvereaux (1) violets età bec rond 287
(Cwvohneapserailoqudos
de la
la Louisiane, non
Basctronvoitlegrosbed de
certains
point comme il est décrit
auteurs , mais avec les
par
vans : la téte, la
le
caractères suiqueue d'un noir de gorge, dos et le dessus de la
blanc
velours; un hausse-col d'un.
éblouissant, le ventre
dessous de la queue
fauve-marron, 9 le
l'iris noirs ; les pieds fauve-blanclatre; fauves.
le bec et
noyaux lcs plus durs. Ne Cet oiseau casse les
le carouge de
seroit-ce point plutôt
fig. I?
Cayenne, planche enlum. Go7.
beau
est
Geeterpodenbplamere
gris, ainsi quele
supérieure d'un
velée de taches
dessous du bec; la téte grimage du ventre noires, le poitrail et tout le
le bec
d'un marron clair
plujaune omnbré de noir à son tres-brillant,
ayant de chaque côté de la
extrémité, et
une tache blanche à
mandibule inférieure
pieds gris. Cet oiscau sa base; l'iris noir, et les
il est de la
est d'un manger exquis ;
grosseur de notre
près les mêmes habitudes. litorne, et a à peu
(1) Oiseaux de la classe des bouvreuils.
estimée, (2) Espèce de grive dont la chair
est très- --- Page 360 ---
VOYAGES
Un troglodyte (1), et la fauvette de NewYorck (2), dont le plumage supérieur est d'un
marron clair 7 celui du ventre, blanc tacheté de.
guillemels noirs en cheverons brisés, et disposés
régulierement; ; le bec etlespieds dec couleur cendrée, et l'iris noir.
Plusieurs oiseaux du marier
que j'ai déjà
décrit, enfin deux jolis oiseaux-mouches dont
voici le signalement:le
premier (3) un peu plus
gros queloincau-mouche vulgaire, a la
et
le devant du cou d'un rubis
gorge
éclatant, avec des
reflets d'or; tout le plumage de son dos a des
nuances d'un vert-doré, changeant en cuivre de
rosette: ; celui du ventre est blanchâtre; les ailes
d'un noir-violâtre; ; les pennes latérales de la
queue d'un brun-pourpré, le bec et les
noirs. Cet oiseau est assez commun.
pieds
Le second (4), qui se trouve dans les Antilles,
(1) Oiseaux propres aux deux Continens, regulus
dictus troglodytes.
(2) Ou fauvette tachetée de la Louisiane, pl. enl.
752.
(5) Oiseati-mouche à gorge rouge de la
de M, Brisson; c'est le colibri de
Caroline,
pl. 36, fig. 6; le colibri à
Catesby, tom, III,
gorge rouge d'Edwards.
(4) Oiseau-mouche huppé de
pl. enl.2
ou
Cayeune,
fig. I; colibri huppé d'Edwards,
227,
a la
) Ou fauvette tachetée de la Louisiane, pl. enl.
752.
(5) Oiseati-mouche à gorge rouge de la
de M, Brisson; c'est le colibri de
Caroline,
pl. 36, fig. 6; le colibri à
Catesby, tom, III,
gorge rouge d'Edwards.
(4) Oiseau-mouche huppé de
pl. enl.2
ou
Cayeune,
fig. I; colibri huppé d'Edwards,
227,
a la --- Page 361 ---
D'UN
a la tête surmontée SATERALISTE
à dire, plus élevée d'une huppe à
elle est d'un
an milien quic sur étages, les c'est
vertdoré,
côtés;
loplamage
trèsbrillant et
des reflets de supérieurestd'm
chatoyants
ontrermeite, serenoiritre, avec
dri-brunatre, mais verdâtre Tinferionr est cenpennes sont d'un
Intéraiements ; les
dorés. Son bec est noir-violet, avec des reflets
alênc, et ses pattes n'ont long, , pointu comine une
épingle; elles sont
que. la grosseur d'une
du suc des fleurs d'oà trés-comrtes. Ils se
lisuga. Ces oiseaux leur vient le nom nourrissent de
septentrionale
ne se trouvent à
meldu
que dans la belle Tamérique
printems, , ils courtisent la saison. Favoris
épanouie; mais légers
fleur récemment
de Fune à l'autre ainsi etinconstans,i
que
ilasoligent
putent le larcin. Ces
Tabeille, dont ils dissouvent ils se dérobent oiseaux sont si petits
dans Fintérieur de
aux regards, en
que
duit un bourdonnement certafnes fleurs. Leur pénétrant vol
rouet à filer.
semblable à
prosur
Lorsqu'ils sont
coluid'un
un arbre ou sur
las, ils se
quelques
un pieu voisin, et reposent
Les minutes, puis retournent y restent
aux. fleurs.
Pon en oiseas-monches approche
ne sont pas
méflans, et
sont colères et trés-licilement, mais aussi ils S
mobile de toutes querelleurs.
leurs
Limpatience est le
eutr'eux; et
actions, ils se chamaillent
TOxE I, lorsque la dispute est terminée,
T
--- Page 362 ---
VOYAGES
branche, et
ils vont se percher sur la première
des musencore agités par la colère, l'extension vibrer la tête
du cou leur fait
cles Rléchisseurs minutes. Quand les oiscauxpendant plusicurs d' une fleur, s'ils la trouvent
mouchesapprochente
de leur méprise.
fanée et sans suc, ils se vengent
la
à coups de bec.
en dépeçant
lenmemie
de
L'araignée-crabe est
particulière
charmans oiseaux. Ce tyran hideux qui choisit
ces
des crabes,
retraite des trous pratiqués par
pour
mène une existence
d'oi lui vient son nom,
traine
opposée à ces volatils. Laraignce-erabe loiseansur terre son odieuse vie, tandis que
les nuits et les jours perché O
mouche passe L'insecte sanguinaire en détruit
dans les airs.
à la faveur de ses toiles
néanmoins beaucoup
et
et comme elle est vagabonde,
élastiques 5
de demeure fixe, elle destine
qu'elle n'a point
oiseaux et aux insectes,
aux
ses piéges supérieurs
les animaux
tandis que ceux de terre enveloppent scarabés.1 Il est étonrampans, ou certains autres
nant de voir un tissu aussi léger porter un corps
aussi matériel que celui de l'araignée-crabe (1),
très-friande des ceufs des oiscaux-mouches, qui
ont bien de la peine à les soustraireàleur perfide
() Voyez mes observations faites à Saint-Domingus
sur cet insecte.
aux insectes,
aux
ses piéges supérieurs
les animaux
tandis que ceux de terre enveloppent scarabés.1 Il est étonrampans, ou certains autres
nant de voir un tissu aussi léger porter un corps
aussi matériel que celui de l'araignée-crabe (1),
très-friande des ceufs des oiscaux-mouches, qui
ont bien de la peine à les soustraireàleur perfide
() Voyez mes observations faites à Saint-Domingus
sur cet insecte. --- Page 363 ---
D'UN
ravisseur.
NATURALISTE
nid dans Cesoisennsy placent
29E
une bifurcation cachée ondisirenentlour
islendaisents au dehors
par le
blable au corps de
d'uner ibusse assez feuillage; semconfondre avec son T'arbre, pour qu'on
le
une exostose,
écorce, 2 et le prendre puisse
mou et léger; il Lintérieur n'a
est tapissé d'un duvet pour
contient deux ceufs de qu'un pouce de
de chenevis.
la grosseur d'une diamétre, et
Les ailes des
graine
tigent, s'agitent oisean-mogeha,
peut les fixer, avec tant de vitesse lorsqu'ils vol
on les croit etqu'au milieu d'un vol qu'on ne
que la nature immobiles s'est
dans les airs. On soutenu
mage, le coloris plue à réunir, dans leur diroit
qu'on y retrouve la des pierres précieuses, plulémeraude,
topase, le
puisrobe
, qui, malgré leur saphir, le rubis et
moins éclatante de ces oiseaux, mélange dans la
vernis, distinguer leur feu
laissent néanvif, et leur brillant
Nous revinmes
vâmes bon feu chez chargés M. de de butin, et nous trousplendidement,
Carndenis, qui
pas
puisque dans son
reçoit
vis-a-vis trisspacioenx, se trouvent deux saloin,quis in'est
l'une de T'autre,
cheminées
entiers, quiy entretiennents cucombrées d'arbres
ardent que la plupart de un feu d'autant
Comme on nej pourroit ces bois sont résineux.. plus
point supporter une aussi
T 2 --- Page 364 ---
VOYAGES
d'étachaude ptemdedehemaged
blir dans les appartemens un courant d'air continuel , de faire tenir les croisées et les portes
ouvertes.
recevoità Charles-Tovnanhrit
Pendantqu'ont
T'ambassadeur) Pickny, de retourd'une
du canon
le
dans son
mission importante 2 et que peuple
le trainoit avec enthousiasme dans son
ivresse
avoit à pleurer la perte de
char, une épouse
de famille pressentit sa
son époux. Ce bon père
détourner
mais ne put en
mort tres-prochaine,
d'assister à la fête.
le coup d'après l'ordre précis mal-adroit mit le feu
Canonnier de la milice, un
malheureux bourroit; le coup.
tandis que ce père
Cet homme, triste et
partit, et le mit en pièces.
à femme un
réveur en allant à son poste 2 dit sa
troubla. Cette mère étoit enceinte de
adieu quila
deux mois.
de Tambassadeur Pickny, qui
Le passage
escorte tous les bateaux
avoit occupé avec son
reudre à
du Ferri, nous - empêcha de nous
Charles-Town; c'est pourquoi nous fimes une
seconde partie de chasse. Je tuai d'un seul coup
douze sparas (1). J'eus aussi deux pics ponctués
de taches blanches sur un fond noir.
Le premier a le sinciput et T'occiput d'un
() Linotte brune d'Edwards.
.
de Tambassadeur Pickny, qui
Le passage
escorte tous les bateaux
avoit occupé avec son
reudre à
du Ferri, nous - empêcha de nous
Charles-Town; c'est pourquoi nous fimes une
seconde partie de chasse. Je tuai d'un seul coup
douze sparas (1). J'eus aussi deux pics ponctués
de taches blanches sur un fond noir.
Le premier a le sinciput et T'occiput d'un
() Linotte brune d'Edwards. --- Page 365 ---
D'UN
NATERALISTE
rouge éclatant que
toutes les
partage une bande
ailes
plumes du dos et Ics
grisitre,
grivelées avec symétric de convertures des
zigzag sur un fond
raics noires en
de la quene traversces blanc; les plumes roides
un tuyand'un noir
dans leur longueur
tissent de
foncé, au long ducquel. par
de la même chaque côtd des raies
abounoires. Ce coulenr. Le bec et les transversales
le
pic rayé est à peu près pattes sont
pie-vert d'Enrope.
gros comme
Le second infiniment
la taille n'excède
moins gros, et dont
pas celle de la
bonnière, a le sinciput décoré mésange chartache rouge, circulaire
seulement d'une
du dos d'un
et régulière, les plumes
ponctuées de gris-noiritre, les ailes noires
rondes,
taches blanches
et
et disposées avec autant parfaitement
que cellcs du
de régularité
le bec etl les plumnage de la pintade, Ce
pieds noirs."
pic a
Deux fort jolis petits
le pays
oiseaux,Pun
Le mi-jaune, et l'autre téte-ronge. appelédans
ielet,ale mi-jaune qui est de la grosseur du
plamage supérieur
roiNane-grisitre, la tête
ohsire,Tiaftieur
d'un jaune
surmontée d'une huppe
d'or, entourée de
rabattnes; le bec, les
plumes noires
dessus de la
pattes et l'iris noirs, le
blanc.
queue noirâtre 7 et le dessous
T 3 --- Page 366 ---
VOYAGES
La Téte-Rouge, ainsi nommée
s parceque cet
oiseau a sur le milieu de la tête une toufle de
plumes d'un rouge vermillon éclatant. Le reste
du plumage et les pattes de la même couleur
que le premier, dont il a les habitudes, la stature et la grosseur. Ces deux espèces d'oiseaux
paroissent vivre entr'eux avec beaucoup d'intelligence. On les rencontre toujours près Fun
de Tautre,s'appeler pour partager une larve ou
autre insecte qu'ils cherchent, à l'exemple des
grimpereaux, au long de l'écorce des arbres.
J'ai d'abord cru que cette conformité de plu:
mage annonçoit une même espèce, et je supposois voir dans ces deux intimes amis le mâle
et la femelle; mais je me suis assuré depuis
que dans les femelles de l'un etl'autre individu,
les coulcurs sont seulement moins vives.
Nous rencontrâmes F'ajoupa d'un nègre marron (1), ou plutôt un anas de feuillage, recélant
une peau qui lui servoit de lit, et du tabac. Il
avoit fui à notre approche, ct étoit près de la
en embuscade, espérant se venger de M. de
Caradeux, qui déjà avoit voulu le faire prendre.
(1) Ou fugitif. Lorsqu'un nègre a fait une faute
pour laquelle il craint d'être puni, il abandonne SOIL
maître, et se retire dans les bois où il vit caché, et se
livre souvent alors au désespoir et au brigandage.
de lit, et du tabac. Il
avoit fui à notre approche, ct étoit près de la
en embuscade, espérant se venger de M. de
Caradeux, qui déjà avoit voulu le faire prendre.
(1) Ou fugitif. Lorsqu'un nègre a fait une faute
pour laquelle il craint d'être puni, il abandonne SOIL
maître, et se retire dans les bois où il vit caché, et se
livre souvent alors au désespoir et au brigandage. --- Page 367 ---
D'UN
Ce vil
NATORALISTE
assassin étoit couché dans
de broussailles,
un fossécouvert
lorsque je passai
poursuivant un fort bel écureuil. auprès en
d'un fusil, et
Il étoit armé
il me mit
doueement en
ceairetsee
et trois fois la pierre
joue, tira trois fois,
Caradeux
refusa de faire feu. M. de
qui se trouvoit du côté
pouvoit à peine me
opposé, et qui
espagnole abondoit distinguer, tant la barbosur le peu de valeur en ce bois, me plaisantoit
moi-méme
de mon fusil, tandis
je lui faisois la même
que
lorsqu'il s'écria d'une voix
observation,
mider le coupable :
forte, pour intimon nègre
cMarchons au bruit, c'est
marron! ) Il voulut
traitre étoit trop làche;
s'cchappers le
pétnosité sur lui, nous nous le fondimes avec imlivréà la rigueur des lois. désarmimes, et il fut
Mon hôte vint le soir me
bac, et chemin
recondairejusran
faisant, nous chassimes
J'approchai, sans être vu, d'un
encore,
longues oreilles (1). Je le
grand duc à
d'un arbre très-élevé
tirai, et de la cime
de la
il tomba jusqu'au milieu
hauteur; mais il s'y retint
ses serres et d'une bifurcation. au moyen de
Le corps ren-
(1) Cest le grand duc de Virginie,
réunies en faisceau sous la forme
qui a les plumes
partent de la base du bec,
doreilles, lesquelles
T 4 --- Page 368 ---
VOYAGES
versé,les ailesé étendues,je lecroyoisà moi, etje
le contemplois d'un ceil observateur,
2 Jorsque
ranimant ses forces, 2 eta agitant ses ailes, mouvement que je croyois devoir précéder son
dernicr soupir, il reprit son vol, à mon grand
étonnement, et alla s'abattre, ou plutôt expirer
peu loin de nous dans des marais.
Cet aigle de la nuit, tyran des êtres animés
qui l'environnent, ne peut supporter l'éclat da
jour, et n'exerce son empire que dans les tonèbres. Son cri plaintifinterrompt par intervalle lc
silence de la huit, et annonce aux oiseaux épouvantés la présence de leur destructeur. S'ils.
cèdent àleffroi et qu'ils cherchent à fuir, aussitôt ils deviennent la proie de ses serres aigues.
S'ils restent en repos, ils évitent, au moins pour
cette fois, le déchirement de leurs entrailles;
mais ce n'est qu'un retard, et s'ils ne changent
d'asile, ils deviennent tôt ou tard la victime de
leur ennemivigilant, quise repaitalbondaument
d'oiseaux, de repliles, d'insectes, et même de
mulots dont il ne digére que la partie substantielle, pour en extraire ensuite le poil et les OS
qu'il vomit.
Les grands ducs sont souvent les agresseurs
d'oiscanxdeproie Maneegoileremtapsises
en force, et leurvaleur toujours Jeur fait remporter la victoiro Ils volent le jour à fleur de
ennent tôt ou tard la victime de
leur ennemivigilant, quise repaitalbondaument
d'oiseaux, de repliles, d'insectes, et même de
mulots dont il ne digére que la partie substantielle, pour en extraire ensuite le poil et les OS
qu'il vomit.
Les grands ducs sont souvent les agresseurs
d'oiscanxdeproie Maneegoileremtapsises
en force, et leurvaleur toujours Jeur fait remporter la victoiro Ils volent le jour à fleur de --- Page 369 ---
D'UN
terre et à
NATURALISTE
peu de
lière conformation distance, en raison de la
ils
de leurs
singuont le vol plus
yeux, mais la nuit
dans l'espace,
hardi, et planent légèrement
Enfin, de retour à
mercredi 6 février Charles-Towm, j'appris le
pouvoit mettre à la 1799,que voile
notre bàtiment ne
défavorable. Le lendemain pour cause d'un vent
bourrasqued qui
il y eut en rade une
bàtimens prêts à entrer dans'
rreteem
annonça être à la barre. lls le port, et qu'on
jeter l'ancred
avoiont été foroésd'y
sur les
demisericorde, de peur de
côtes; ces marins
naufrage
dans la douloureuse
passérent toute la nuit
rompit, tant le vent crainte que leur cable ne
mais
étoitviolente et la
heurensement le calme
meragitée;
pête, etles deux bàtimens succéda à la temle port.
vinrent monillerdans
Grebantingeatera
occasion de connoitre une resshsemnatismaojes
la
singulière coutume de
aità heamelic-Aogleenerpe craindre les
jes suppose qu'nn homme
il va
mauvais traitemens d'un autre,
dès tromerlomagistrat, ce
et déclare son
loi, moment, étant sous la
ennemi;
elle ne peut être enfreinte protection de la
qui en est le résultat. Si
sans la punition
donc l'homme
(
fitassurer, reçoitdes coupsdec
quis'est
suspect, ce dernier est tenu à scanmedelhomme des
dommages et --- Page 370 ---
VOYAGES
intérêts; quesi au lieudecanne il s'est servid'un
fouet, il n'est plus assujetti à l'amende, et quele
battu est deplus baffoué et couvert de honte.
Une autre coutume consiste à obéir à la voix
duncontentationdigplaese: LesAnglo.Américains
mettent du luxe jusqu'à embellir le cercueil qui
doit pourriravec eux. Les gens riches le font préparer à une certaine époque de leur vie, et le
placent sous leur lit, ou dans un grenier. Il est
d'un acajou superbe, bien nuancé, bien poli et
recouvert de plaques d'argent sculptées. Un de
ces cercueils coûte ordinairement de eent vingt
piastres gourdes.
Cependant lejour de notre départapprochoit,
et quoique les venits ne fussent point favorables,
nous éprouvâmes leur inconstance, et allâmes
prendre possession de nos cabanes à bord de la
Galatée.
Après avoir passé la nuit auprès du fort, on
leva P'ancre le mardi 12 février, etle pilote nous
ayantquitté avec un excellent vent, nous pronostiqua une très-courte traversée. Nous vimes au
départ cinqg requins acharnés à la poursuite de
notre bâtiment, mais nos lignes n'étant point
encore préparées, nous ne pimes en prendre. Le
bon vent et la marche rapide de la Galatée servirent bien nos désirs.
Il est impossible d'exprimer les attentions du
on
leva P'ancre le mardi 12 février, etle pilote nous
ayantquitté avec un excellent vent, nous pronostiqua une très-courte traversée. Nous vimes au
départ cinqg requins acharnés à la poursuite de
notre bâtiment, mais nos lignes n'étant point
encore préparées, nous ne pimes en prendre. Le
bon vent et la marche rapide de la Galatée servirent bien nos désirs.
Il est impossible d'exprimer les attentions du --- Page 371 ---
D'UN
capitaine
NATURALISTE
mier de F'Adrastus pendant notre mal de mer. Que le 299
de la Galatée étoit perdoit au parallèle! Celui prediguoit toute sorte aux de petits soins, et nous prosans cesse des fruits douceurs. 1l nous offiroit
vin de
secs, des fruits confits
de
Madère, ou bien
oudu
vie de Cognac; il
encore de la bonne cau
faisoit
dames, du thé ou une
préparer, 3 pour les
d'an peu de
limonade cnite
rhum, et
aiguisée
nous n'acceptions
paroissoit offensé lorsque
Le bon
pas.
capitaine
d'un de nos
Paynenons raconta T'histoire
tenoit toujotirs passagers, son compatriote,
seul, et avoit
qui se
yeux fixés sur la mer. Cet continuellement les
recommandable
étranger s'étoit rendu
commun
par un trait de
dans un siècle où l'on bienfaisance peu
l'asage de tous les
préfère à la vertu
cité.
vices, et qui mérite d'être
Dans les tems malheureux
française, oit le blé étoit
de la révolution
disette générale, un inconnu maresoeeadinumoituns
arrêta le soir en
réduitau désespoir,
tremblant, dans
Paris, un particnlier bien
une rue de
la bourse ou la vie,
vêtu, et lui demanda
malheurenx,
( Arrête, lui dit sir
que fais-tu? tu n'es
Fra*;
leurs'Puisc
pas un vo-
(J Parle; confie-moi, sderelanalermererd de son erreur:
de ta pcine? as-tu des poursuit sir Fxxx, 2 le sujet
besoins? pent-être
pour-
le soir en
réduitau désespoir,
tremblant, dans
Paris, un particnlier bien
une rue de
la bourse ou la vie,
vêtu, et lui demanda
malheurenx,
( Arrête, lui dit sir
que fais-tu? tu n'es
Fra*;
leurs'Puisc
pas un vo-
(J Parle; confie-moi, sderelanalermererd de son erreur:
de ta pcine? as-tu des poursuit sir Fxxx, 2 le sujet
besoins? pent-être
pour- --- Page 372 ---
VOYAGES
rai-je cles sonlager )). Le coupable honteux baissant la vue, laissa tomber ses armes et échapper
des-sanglots, en avouant à sir F*** qu'il étoit
garçon cordonnier, 3 et qu'il ne gagnoit pas assez
pour faire subsister ses neuf enfans. Sir F*** 2
voulant s'assurer de la vérité du fait, sC fit conduire par l'indigent chez un boulanger où il
logeoit, et où il reconnutlauuthenticité de l'aveu
du coupable. Sir F*x*, enchanté de l'occasion
qui se présentoit de faire une bonne action,
remit d'abord à l'indigent une pièce d'or pour
le souper de sa famille infortunée, et promit
au père de revenir le Jendemain.
Sir F*Y* tint sa parole, ct acheta une petite
boutique dans laquelle il installa le cordonnier.
Ce don que lui permettoit son opulence, retira
da crime le malheureux père de famille, que
la nécessité força de sortir une seule fois des
bornes de la probité.
On saitqu'au mal de mer snccède ordinairement une faim insatiable; nous nous mimes
donc tous à Poeuvre, et chaque passager voulut
préparer un plat de sa façon. En qualité de
chasseur,) je me réservai pour les salmis, tandis
qu'un colonel, Mr. Stat, nous ft des crêpes
excellentes et trés-délicâtes, Elles avoient pourtant un défaut, c'est que le second capitaine,
buveur renommé, Cn tenant le flacon d'eau
de mer snccède ordinairement une faim insatiable; nous nous mimes
donc tous à Poeuvre, et chaque passager voulut
préparer un plat de sa façon. En qualité de
chasseur,) je me réservai pour les salmis, tandis
qu'un colonel, Mr. Stat, nous ft des crêpes
excellentes et trés-délicâtes, Elles avoient pourtant un défaut, c'est que le second capitaine,
buveur renommé, Cn tenant le flacon d'eau --- Page 373 ---
D'UN
de vie, avoit feint NATURALISTE 3or"
un roulis
davantage dans la pate; à cela pour en verser
tronvâmes fort boncs.
près, 3 nous les
Versla fin du
soleil oh la brise jour, au
se lève momenducoicher du
qu'on avoit envoyé dans surmer, unj
quelques
les hunes jeunemousse
cordages, tomba à Teau. Scs pour parer
cris réla
Rdtentdreomn,
barre du gonvernail, lorsque son pérequi tenoit
devoit la quitter, oublia d'abord incertain s'il
la nature, Des cordes son devoir pour obéir à
firent surmonter
jetées en abondance lui
servirent
T'opposition des
d'échelle, 2 au
flots, et lui
éehmappa à une mort
moyen de quoi il
de l'eau, on voyoitavec certaine. Dès qu'il fat sorti
sexagénaire, croyant à atcondrisecments à
tson père
assurer en pressant peine son bonheur, s'en
son cceur; ivre du fortement son fils contre
trésor qu'il alloit plaisir d'avoir retrouvé le
tour à tour, Leur perdre, il plenroit et
même
union est si
sourioit
cet événement,
grande, qu'avant
de leur tems,
lorsqu'ils étoient
on voyoit
libres
sur le pont auprés de toujours le fils couché
que celui-ci lui racontoit son vieux pére, tandis
ou lui apprenoit
de petites histoires,
souvent interrompics quelques chansons anglaises
unanimes. Tous les
par des cmabrassomens
de part à la délivrance passdgers prirent
de cet intéressant beaucoup
enfant, --- Page 374 ---
VOYAGES
Nous ramassâmes sur le pont un poisson
volant qui y tomba au milieu de son élan, ne
le prolonger. Tout le monde sait que
pouvant
n'ont Ia faculté de voler que tant
ces poissons
qu'ils ont les ailes mouillées; qu'à mesure
qu'elles se sèchent, leur course se rallentit, et
qu'enfin ils tombent comme une masse aussitôt
l'eau s'en est évaporée. C'est à cette chute
que
les dorades les attendent, et les poursuivent
que
s'ils ont eu le bonheur
toujours avec avantage;
d'échapper quelques momens à la poursuite de
leur ennemi juré, ils reprennent un second vol,
en déviant leur direction, ils
et souvent alors,
se délivrent de leur persécuteur.
D'après les calculs sûrs de notre capitaine,
excellent marin, on jugea la terre très-près, et
de
d'aller pendant la nuit
on mit en panne, peur
étoit
faire naufrage sur les côtes. Sa conjecture
vraie; car, au point du jour, ayant repris la
nous
au bout de deux heures.
route,
aperçimes
les iles Caiques.
du
Nous rencontrâmes une goélette venant
Cap, ile de Saint - Domingue, et qui nous
la
tranquillité de la colonie.
assura
parfaite le samedi 23 février, le môle
Nous aperçûmes,
coûta de détourner
Saint - Nicolas : qu'il m'en
la vue de cette 'terre habitée, 7 licu de notre
destination ! Le capitaine lui-même regrettoit,
ous
au bout de deux heures.
route,
aperçimes
les iles Caiques.
du
Nous rencontrâmes une goélette venant
Cap, ile de Saint - Domingue, et qui nous
la
tranquillité de la colonie.
assura
parfaite le samedi 23 février, le môle
Nous aperçûmes,
coûta de détourner
Saint - Nicolas : qu'il m'en
la vue de cette 'terre habitée, 7 licu de notre
destination ! Le capitaine lui-même regrettoit, --- Page 375 ---
D'UN
ainsi que moi, la NATURALISTE 303
Jcs
suispension de
Etats-Unis et la
commerce entre
Stint-Doninge une France; belle car il eût fait à
eargaison; ; c'ost pourquoi il spécnlation sur sa
yeux de désir et de
regardoit, avec des
imposantes et
regret 3 ces
La
majestucuses.
montagnes .
vue d'un bâtiment
côte vers l'ile de Cuba, nous obligea à faire
chose de sinistre. C'est dont labord a
une
quelque
qui se
chaîne de
vue prolongent en tous sens
montagnes
peut s'étendre, et dont la plus loin que la
souvent par des nuages
hauteur est barrée
Ce bâtiment
qui les
étoit un corsaire environnent.
moyer de deux coups de
anglais qui, au
hisser le
canon, nous
pavillon, et
força de
envoya à notre bord d'amener. Le
des passagers. Les
pour fouiller les capitine
deux ofliciers
malles
d'abord à moi, ctje tremblois
s'adressérent
degonvemenentd dont
pour des paquets
mots de goddem
j'étois porteur,
pont.J'eus
you, frantz,
lorsqu'aux
doncl le tems de onlesappelis surle
et de recouvrir ma malle aoistrairecesp
de la franche
principale des attributs paquets,
Les
maçonneric.
inspecteurs anglais
reusement les autres
traitérent plus rigouleurs malles, ils passagers. Ayant fait onvrir
sans
bonleversérent tous les
jusqu'a ménsgement;l Tun d'eux
effets
jeter à la mer un
poussa la vexation
carton rempli de den- --- Page 376 ---
VOYAGES
telles. Ils revenoient à moi, lorsqu'un exprès du
leur ordonna de suscapitiline-commandat
leur visite. Je fis néanmoins un signe
pendre
duquel ils m'emmenérent à leur
à la faveur
bord; ; et après un toast maçonique, le commandant me remit une lettre de recommandation pour les autres croiseurs, par qui sûrement nous serions visités. Jc l'acceptai avec
reconnoissance, et par le charme attaché à cette
institution, oubliant la querelle de nos
sainte
avec des
deux nations, nous nous quittâmes
souhaits de prospérité de part et d'autre. Ce
corsaire s'appeloit le Pélican.
Une heure après 2 nous rencontrânies un
second croiseur, auprès duquel ma lettre de
crédit me fut d'un grand secours, en raison de
ce qu'elle me dispensa de la visite.
la tristesse des attoRien ne peut dépeindre
de l'ile de Cubes. Les montagnes sombres
rages
forment le rivage, ne sont recouet arides qui
de petits buissons
vertes en certaines parties que
Aucune créature animée ne
à peine apparens.
nous
foule ces endroits abandonnés ; cependant
a
aperçûmes au pied de ces masses terrestres un
ses évents jetoit l'eau à
souffleur (1), qui par
Cet animal pisciforme est du genre des cétacés,
etil (1) est muni d'un ou deux évents sur la partie supe-.
une
sont recouet arides qui
de petits buissons
vertes en certaines parties que
Aucune créature animée ne
à peine apparens.
nous
foule ces endroits abandonnés ; cependant
a
aperçûmes au pied de ces masses terrestres un
ses évents jetoit l'eau à
souffleur (1), qui par
Cet animal pisciforme est du genre des cétacés,
etil (1) est muni d'un ou deux évents sur la partie supe-.
une --- Page 377 ---
D'UN
tne bauteur NATERALISTE
soixante
prodigieuse. Il avoit
pieds de
au moins
Nons
longueur.
corsaires rencontrimes dans
anglais gardant Tapris-midi
côtes, et qui dans-leurs sompuletiement cin les
couler à fond tout bâtiment croisières Ont ordre de
pris.
français qu'ils ont
Enfin, après avoir
à côtoyer ces
employé une
monts
partie du jour
tonie, nous
ennuyeux par leur
distant de la aperçrimes le fort de
mononous
ville de deux lienes, Suin-Yago,
faisoit Tapprimos à notre arrivée. ainsi que
nuit, un pilote
Comme il
rencontre dans une
espagnol vint à notre
conduisoit au
pirogue sans voiles,
notre bord, moyen de
Il , qu'il
et promit de pagaies. monta à
nous conduire le lenrieurè de la téte. On en
qui comprennient les distingue de plusienrs
narhwals,
baleines 7 les
espèces
le marsouin Tourque, et le
lépée de mer du cachalots, 2 les
peuvent d'un seul dauphin. Ces poissons Grotnland,
vaisemn, et le
coup de queue faire monstrueux.
leur servent à submerger. Les évents de chavirer un
siége de leur Tinspiration et à
ces célacés
roient
odorat. Ces animanx Texpirations c'est le
pécheurs centainement, ainsi
privés dair
qui ayant
que l'ont
périfilets, les y ont trouvé pris de ces cétacés éprouvé dans des
quelque tems embarrassés asphixiés pour les.avoir leurs
TOME I.
dans les rets.
laissé
V
ent à submerger. Les évents de chavirer un
siége de leur Tinspiration et à
ces célacés
roient
odorat. Ces animanx Texpirations c'est le
pécheurs centainement, ainsi
privés dair
qui ayant
que l'ont
périfilets, les y ont trouvé pris de ces cétacés éprouvé dans des
quelque tems embarrassés asphixiés pour les.avoir leurs
TOME I.
dans les rets.
laissé
V --- Page 378 ---
WOYAGES
demain matin; ; car il falloit obtenir auparavant
du commandant du fort.
la permission
offre
L'entrée de la baie, garnie de forteresses,
coup d'oil : on y voit la nature
an très-joli
denonvellevertonjours en travail, entrc-méler
Sur le même
dare les fenilles dépérissantes.
souvent le bourgcon entre la'
arbre on distinguefleurctlefruit. Lolerdesesialnicerd
la soirée belle et calme. Les
au loin, parfumoit
oiseaux marins cherchoient en tournoyant un
lanuit, et annonçoient la décourefuge pour
des cris plus
verte diun rocher convenable par
Les
quittoient la haute
OIL moins aigus.
pécheurs la ville le fruit de leurs
à
mer pour rapporter
s'occupoient
recherches; d'autres plus diligens
sur.le rivageà choisir leurs poissons, à boucaner
ceux de moindre valeur 2 ou' à étendre leurs
n'étoit interfilets. Enfin 1 le repos de celte soirée
le bruit des vagues, venant se
rompu que par
redontables
garnissent
briser sur les rochers
qui
de la baie de Saint-Yago de
et défendentl'entrée
Cuba. Le rivage, garni,de cabanes de pécheurs
à moitié dérobées sous un, feuillage épais et nué
de diverses coulenrs, contrastoit avec le silence
imposant des mornes et des doubles montagnes
Plantes usuelles des Antilles,
(1)Acacia" vera. Voyez,
Mimosa olens.
Phistoire de cet arbre, à Tarticle
issent
briser sur les rochers
qui
de la baie de Saint-Yago de
et défendentl'entrée
Cuba. Le rivage, garni,de cabanes de pécheurs
à moitié dérobées sous un, feuillage épais et nué
de diverses coulenrs, contrastoit avec le silence
imposant des mornes et des doubles montagnes
Plantes usuelles des Antilles,
(1)Acacia" vera. Voyez,
Mimosa olens.
Phistoire de cet arbre, à Tarticle --- Page 379 ---
D'UN
inhabinées, et oùt
MATURALISTE
élat primitif
la nature est encore
A peine T'ancre
dans son
à potre bord des soldats fat-il jeté, que nous
sommet d'une des
du fortqui se etmes
à
trouve au
demi-nus et couverts montagnes. Tous ces
enivrés; et dans
de lambeaus, envoyés
sentinens, ils lépanchement de leurs s'étoient
Un d'eux
nous pressoient contre tendres
Se ruinoit surtout m'avoit pris
leur coeur.
vêtz d'une en démonstratones en alftetion, et
son costume courte chemise,sas exagérées, veste
> mais
coup de confiance. n'étoit point fait pour ni culotte,
Drasser;
Il vouloit
inspirer.henu.
poussai mais, ayant toute ma abeolument m'emvers l'autre bord : il raison, je le re..
raneune, de boire et me parlant
revint à moi sans
après lui dans espagnol, il me
tumedu pays; je
son verre, selon proposa la
cette offre n'étant n'avois point soif, et
couencore.
point tentante,
d'ailleurs
cherun Cethommer resta
je le refusai
autrer moyen de me quelques instans àchertousa.-coupl le silence, il ôta plaire; puis, rompant
fond désondresone chapeauc couvertdeg dudessus des sa tête en
quelques cigaress
plusienrs de
ognise,eipeitar
ces ssurlesquels se promenoient
Thomme
insectes-qui
extrémités, proprespuis les ayant répugnent tant à
frit de les afin d'établir un michésaux deux
allumer. Je ne pus eemaulin,daor teuiri
cette action
V 2
ta plaire; puis, rompant
fond désondresone chapeauc couvertdeg dudessus des sa tête en
quelques cigaress
plusienrs de
ognise,eipeitar
ces ssurlesquels se promenoient
Thomme
insectes-qui
extrémités, proprespuis les ayant répugnent tant à
frit de les afin d'établir un michésaux deux
allumer. Je ne pus eemaulin,daor teuiri
cette action
V 2 --- Page 380 ---
VOYAGES
dégontante, et lui annonçai mon mécontentede mépris. Ce soldat voyant
ment par un regard
à ses offres
enfin qu'il ne ponvoit rien gagner
intéressées (car il s'agissoit d'une gratification
accepté), me quitta brusquement en
si j'eusse
et murmurant à
frappant la terre de ses pieds 2
toucha
fureur,il
voix basse; 3 puis me fixantavec
dont les Espagnols sont tous armés,
le poignard
et se retira.
au fort pour la
Le lendemain, 2 en montant T'inconcevable
visite de nos papiers, j'admirai
variété de la nature dans ses productions pardiversifiées. Ce n'étoit plus celles d'Europe,
tout
d' Amérique, que nous venions
ni du continent
s'offroient à
de quitter; 3 toutes nouvelles plantes De tous côtés
attendris d'admiration.
mes yeux
inconnus. Jc vis des
je contemplois des objets
celles de France;Yenhirondellos, ce n'étoit plus
le
tendois sur les rochers et dans le feuillage
restois émerveillé de ne
chant des oiseaux, et je
reconnoitre ces nouveaux accens.
point
chemin faisant, quelAprès avoir rencontré,
arrivant de Saintques matelots d' une chaloupe
et être
assis antourd'unl boucan (1),
Domingue,
Endroit où les naturels des Antilles enfument
(:)
aériforme de plantes aromaleur viande à la, vapeur
de goyavier, etctiques, telles que feuilles decitronnier, --- Page 381 ---
D'UN
resté dans T'admiration NATURALISTE 309
rocher caverneux
à la vue d'un
arrivimes
qui leur servoit
énorme
au fort. Nous fames
d'abri, nous
naudant, etj'eus, chez lui, présentés au comdiesobaerrationes
occaision d'y faire
Les maisons des surquelques coutumesdu
aérées, et recouvertes colons de cette fle sont pays. trèsbérent moins la chalenr d'essentes (t) qhi révercune
que la tuile.
à l'eau tapisseric ne
Jamais aude chaux, ni recouvreles murs blanchis
temens. Les
carreaux, Taire des
de terre et Kettres, d'une
à cause des tremblemens apparconeentration
diantinutiles, on ne se sert
incommos,
pays; et ces,ouvertures
Pointde vitres en ce
reaux en
sont closes par des barlets à hob.nronsidrvement tournés, et des
Fextérieur; ce qui idonne à
voconfiguration d'un cloitre. Lair ces croisées la
plus lacilement
circule d'autant
que les quatre murailles danslintérieur de ces
tures tonjours
sont percées maisons,
ni
libres, et que les
d'ouverplafonds, 7 ni greniers,
chambres n'ont
Les res-de-clausce
2 ni étages
pays oi les
sont seuls d'usage supérieurs. dans
vent leurs tremblemens de terre exercent ces
trés-élevées. ravages; malgréo cela, les maisons souDeux femmes
sont
SC présentérent : Pune d'elles
() Tuiles faites avec des
planchès de bois blanc,
V 3
maisons,
ni
libres, et que les
d'ouverplafonds, 7 ni greniers,
chambres n'ont
Les res-de-clausce
2 ni étages
pays oi les
sont seuls d'usage supérieurs. dans
vent leurs tremblemens de terre exercent ces
trés-élevées. ravages; malgréo cela, les maisons souDeux femmes
sont
SC présentérent : Pune d'elles
() Tuiles faites avec des
planchès de bois blanc,
V 3 --- Page 382 ---
VOYAGES
étoit âgée, mais l'autre touchoit à peine à son
troisième lustre. La premièrc, épouse du commandant, avoit les cheveux rigidement relevés
en toupet, et un peigne grossier fixé sur uni
énorme catogant. Elle n'avoit qu'un seul jupon
chemise de
fort découverte, et dont
sur une
gaze
les plislibres n' l'étoient compriméatiparund fichu,
ni par un corset : le sein, par conséquent, flottoit à l'abandon.
La jenne Espagnole vêtue encore plus indén'avoit qu'un bras passé dans sa
cemment, chemise, et laissoit voir tout un côté du buste
a'demi-nu, se servant d'un voile négligemment
quoiqu'artistement jeté sur son épaule, pour
découvrir ou dérober tour à tour des contours
parfaits et dignes des trois Gràces.
On voit dans l'intérieur des maisons, au lieu
de vaisseliers, des bosquets artificiels construits
et qu'on se plait à renouveler lorsen feuillage,
à faner. C'est au centre de cette
qu'il commence
verdure que je distinguai un pot à T'eau, quelvases de cristal, et autres objets nécessaires
ques
pour se rafraichir.
nous avoir fort bien
Le commandant, après
eti fait prendredela limonade, nous expédia
reçus assez tôt pour que nous pussions nous embarà T'heure de la marée : après avoir vogué
quer --- Page 383 ---
D'UN
dans le
NATERALISTE
de
golfe, 2 nous vinmes mouiller
Saint-Xago.
en la rade
Nous
de continuer descendimes à terre, et mon
mes remarques,
projet étant
résultat de mes olservations. voici quel fat le
semble à l'entréc d'un
Chajue maison respilcral. Le premier sonterrain, ou caveau séon aperçoit une
vestibule au fond duquel
et dont le ceintre grandeporte voitée en pierre,
églises, élant
sculpté ressemble à celui des
retiré que les ordinairement plus frais et moins
qu'on y voit les appartemens du fond ; c'est là
le frais
Espaguoles à
sur de longs fauteuils. demi-mucs prendre
Saint-Yago de Cuba est
La chaleur à
Sine-Dosinge,enr plus insupportable qu'à
brise de terre dans ces rstedetintreaption de la
tufblanc et qui
gorges rétrécios, 2 oir un
du soleil.
liniguelavue, réverbére l'action
Il n'est point de pays oit
néral, soit portée aussiloin Tindsence, en géLes enfans à Saint-Yago quedans les Antilles.
sanssiucun
jouentdevant les portes,
ou mulâtresses Adeemerbnreume Les négresses
qui y
jusqu'à la ceinture. Il est fourmillent, sont nues
étatlesfammes
ridicule de voir en cet
pression
agées,qui ne peuventparla comart imposteur. emprunter les secours bienfaisans d'un
A chaque croisée est attachée
la branche de
V 4
Tindsence, en géLes enfans à Saint-Yago quedans les Antilles.
sanssiucun
jouentdevant les portes,
ou mulâtresses Adeemerbnreume Les négresses
qui y
jusqu'à la ceinture. Il est fourmillent, sont nues
étatlesfammes
ridicule de voir en cet
pression
agées,qui ne peuventparla comart imposteur. emprunter les secours bienfaisans d'un
A chaque croisée est attachée
la branche de
V 4 --- Page 384 ---
VOYAGES
dernier dimanche des Rapalmiste bénie au
et
renouvelle tous les ans; ce qui
meaux, qu'on d'oeil lorsque la verdure est
donne un joli coup
encore fraiche.
On
La ville ressemble à un couvent spacieux.
Hgreodrelejsengpusdal shommes,dest padres,
et des moines de toute espècey encore n'est:ce
le matin et le soir, car dans le milieu du
que
sont désertes ; et comme le dit le
jour les rues
à cette heure
proverbeespagnol, on ne rençontre
tantla chaandueque deschiens ou desFrançais,
leur est grande et insupportable.
Olge voit des voitures à l'antique recouvertes
d'un surtout de toile, de peur sûrenient que le
soleiln'en écaille la triste peinture, maisqui doit
faireétouffer les maitres reclus en ces tristescabas.
Le postillon est plus à son aise 5 car les voitures
sont, trainées par un mulet en brancard, sur
lequel est perché un grand dandin dedomestique
de peur de réster les jambes suspendues, 2 se
qui,
comme un singe. Ces voitures vont
tient accroupi
le
Onn'en voit point
rarement plus vite que pas.
d'une autre espèce.
des environs de SaintIl existe dans les forêts
Yago, deux arbres curieux et intéressans par
leur utilité, mais dont les Espagnols ne rétirent
besucoupd'avantage parla négligence qu'ils
pas
Le premier est
apportent à sa reproduction. --- Page 385 ---
D'UN
T'arbre à pain (1); NATURALISTE la
liane (a)àeau (3).
seconde plante est la
L'arbre
très-élevé et dpain branchu; ou artocarpe, est un arbre
aux extrémités des
ses feuilles qui naissent
deux pieds environ, branches, sont Igngues de
chêne. Les fleurs, mâles dentelées comme cellés du
même pied. Les
et femelles, sont sur le
disposées en chatons; premieres les sont amentacées ou
un pistil qui doit être fécondé femelles conticnnent
chatons, et produire un
par le pollen des
seur dela téte, et dont fruitapherkquedelae grosprismes pentagones etl T'enveloppe est formée de
aux autres. Ce fruit thexaédres, contient contiguslest uns
quantité considérable
à Fintéricur une
réunies à un placenta d'amandes ou chataignes
centre, et dont la substance charnu, qui se trouve au
au fruitdu marronnier. On peut être comparée
par rouelles, on les fait
coupe ces châtaigues
sil'ony veut,e en farine. sécher, et on les réduit,
on les mange alors Sionlesal fait cuireau
salé,
avec des ragoûts ou du four,
petit
(1) Ou Rima; Arbor panifera;
Artocarpus, Linné,
Soccus, Rumph.;
(2) Les lianes sont des
aux Antilles,
plantes sarmenteuses
()Akacale; Arum
propres
manans,
scandens, Angustifolium, Aquam
coupe ces châtaigues
sil'ony veut,e en farine. sécher, et on les réduit,
on les mange alors Sionlesal fait cuireau
salé,
avec des ragoûts ou du four,
petit
(1) Ou Rima; Arbor panifera;
Artocarpus, Linné,
Soccus, Rumph.;
(2) Les lianes sont des
aux Antilles,
plantes sarmenteuses
()Akacale; Arum
propres
manans,
scandens, Angustifolium, Aquam --- Page 386 ---
VOYAGES
La liane d eau est commune dans les bois.
il en
Lorsqu'on la coupe transversalement,
découle un suc limpidé utile aux voyageurs
altérés.
de notre bord à décrire la ville de
Je me plus
Saint-Yago. Sur le penchant d'une montagne
sillonnée de ruisseaux limpides 7 à portée de
forêts, de la mer ét d'une rivière poissonnenses 2
s'élèvent des maisons rangées sans symétrie, C'est
de notre goélette offroit au
une échappée qui
bâtimensépars
loin,àlhorizon opposéyquelques Une partie de la
sur un océan mollement agité.
d'oeil. Tôt ou
ville sert de pausean premiér coup
sont
tard les regards retournant sur eux -mêmes,
étomésden'avoir pesdakcueelemure
oùt le datier et les palmistes à feuillages diversenuancés sontiennent avec grace leurs
ment
déliées, 5 balancées par le vent. Quelques
branches
rendentla verdure moins
rochers égarés çà etlàyr
aussi la
monotone. Les bananiers ombragent
plupart des maisons.
On
Le warf ou embarcadère en est très-vivant.
des padres oiseux qui y
le voit fréquenté par
recevoir les
proménent leur ennui, et vont y
hommages des Espagnolsdesd sdeuxsexes, quisont
obligés à leur approche de s'incliner très-profondément, et de leur aller baiser respectuensement chanla main. Sur le bord du rivage ce sont les --- Page 387 ---
D'UN
tiers des
NATERALISTE 315
la rade, charpentiers des objets et calfats des bâtimens de
bouillantes destinées d'artillerie, à
des chaudières
Le transport des
goudronner les cordages.
exportéesy occupeanssi marchandises importées ou
désomuvrés. Auprés d'un unec eqentieifEspegsol
ques pas du bord dela corps de garde, à quelpotence et son échelle lame,a'yr qui
remarquent une
manence, stirement
y demeurent en perteurs. On y retrouve pour des intimider les mal-fai-.
ainsi qu'à Charle-Towa, Turkei-buzards qui,
vres, et y exercent une s'y disputent les cadabrité de Fair. A la droite police qui assure la salureposer sur un tapis de enfin, l'oeil aime à se
prairie montuneuse,t
verdure qu'offre une
et
traversée par un sentier étroit
quelques bêtes à cornes, trois
qui,avec
CMEREEE
let, faittoutel la
cabrits et un musûrement sous ce propriétéd'un espagnol, heureux
son enceinte tout chaumer paisible. Ilt trouve
douce existence. ce qui peut lui assurer dans
Je descendis
une
pagné d'un une seconde fois à terre, accompassager qui parloit
commeanotrebondt d'hôtel,
nous n'avions Tespagnol; et
nous allâmes
pasde maîtrey faire nos
nous-mémes au marché
provisions. En
propreté des boucheries de comparant la
l'extréme
terre, avec la dégoftante Nomell-Angle
négligence qui régne
trouve
douce existence. ce qui peut lui assurer dans
Je descendis
une
pagné d'un une seconde fois à terre, accompassager qui parloit
commeanotrebondt d'hôtel,
nous n'avions Tespagnol; et
nous allâmes
pasde maîtrey faire nos
nous-mémes au marché
provisions. En
propreté des boucheries de comparant la
l'extréme
terre, avec la dégoftante Nomell-Angle
négligence qui régne --- Page 388 ---
VOYAGES
dans celles de Saint-Yago, je me décidai avec I
beaucoupde répugnance àacheter de cetteviande
mal saignéc, couverte de boue et de poussière,
enfin déchirée en lambeaux plutôt que coupée.
Ne comptant pas faire un voyage aussi long
arriver à Saint - Domingue, nos fonds
pour
commençoient à baisser, et ne s'accordoient
guère avec la cherté excessive de tous les COmestibles. L'odeur fétide des négresses marchandes, dont la sueur'infecte arrosoit les provisions, m'invita de plus en plus à me restreindre
à ne manger que des fruits, parmi lesquels nous
rapportâmes des COCOS (1), des mirlitons (2), esde concombres de la famille des cucurbitàpèces
des
(4), des caicées; des ignames (3),
patates
corrosols (7),
mites (5),des ceurnadebseuf0,desc
(t) Nux palmee cocciferse angulosa. Voyez Traité
des plantes usuelles pour ces différentes productions.
(2) Cucumis Anguria, Linn.; Anguria americana,
fructu echinato eduti. Tourn. 107.
(5) Polygonum scandens, hetich americum, thev.5 52;
Dioscorea, pl. ic. II7.
(4) Convolvulus battata.
(5) Fruits du caïmitier pomiforme, Chrysophyllum
caimito, Linn., Plum.
(6) Anona reticulata; Linn. Guanabanus fructu è
(7) Anona muricata, Linn.;
viridi lutescente, molliter aculeato. Plum. --- Page 389 ---
€ <
D'UN
des Ananas
NATURALISTE
jaunes (T), des
sucre (2). Ayant promis d'être Ananas pains de
nonçant sur la bonté des fruits impartial en prode la colonie de
Saint-Doningue, je me tairai
climat, me dit-on, ne les
sur ceux-ci, le
délicieux qu'à
donnant point aussi.
dedonner mon Saint-Domingue avis.
oi je me réserve
Les rues sont garnies, à
de cocoticrs et bananiers Saint-Yago de Cuba,
toujours avec
(3), dont on admire
la stature
intérêt, et le port
élégante. On y
Iuajestuenx, et
pieds de tomates (Q,y rencontre aussi des
ainsi que l'acacia de végétant nnturellement,
l'odeur est si suave, Ssat-Doningwe (5) dont
A mon retour du
nous
marché, il fallut
procurer un logement dans
songer à
payer le capitaine. Nous
la ville, et à
trouvâmes trois
chambresdégaries, eti
petites
tnbemmematripandeiedoet
(1) Ananasf fructu
(2) Ananas maximo pyramidato , carne aureâ, Tourn.
(5) Musa, Plum. fructu conico, Plum.
(4) Tomates, espèce de
rougit en mirissant, disposé solanum, fruit pulpeux
la description, Plantes
par côtes, etdout O1l voit qui
(5) C'est la cassie usuelles des Antilles.
desj
sont jaunes et odorautes, jardiniers. Sesfleurs en homppe
C'est le mimosa olens de propres à la parfumerie,.
quelques auteurs.
, Tourn.
(5) Musa, Plum. fructu conico, Plum.
(4) Tomates, espèce de
rougit en mirissant, disposé solanum, fruit pulpeux
la description, Plantes
par côtes, etdout O1l voit qui
(5) C'est la cassie usuelles des Antilles.
desj
sont jaunes et odorautes, jardiniers. Sesfleurs en homppe
C'est le mimosa olens de propres à la parfumerie,.
quelques auteurs. --- Page 390 ---
VOXAGES
trente-six gourdes par mois (1):
on nousdemanda
Cc prix exorbitant que nous étions dans l'impossilbilité de payer, 3 nous lcs fit refuser, et
demander au bon capitaine Payne la permission
de rester encore quelques jours à son bord; ce
d'un air satisfait.
qu'il I nous accorda
SaintOn nous indiqua une occasion pour
Domingue; mais le propriétaire de la chaloupe
étant malade, et ayant besoin d'argent pour
d'avance son équipage, nous demanda
payer
portugaises (1), dont il exigeoit au
quarante
Comment faire dans
moins la moitié.comptant.
oùt nous étions inconnus ? Nous fimes
un pays
des malheurs que nous
part à. ce capitaine
venions d'éprouver, 2 et lui fimes entrevoir
l'espoir certain de le solder en arrivant à Saintoù la famille R. D. étoit assez
Domingue, 7 connue. A ce nom il versa des
généralement
larmes de reconnoissance,' et déplora sa position
qui le forçoit à être ingrat, envers une famille,
des bienfaits de laquelle il tenoit son bonheur
il se borna à
et son indépendance., Cependant,
des larmes stériles qui ne nous furent d'aucun
maisqui néanmoins nous firent plaisir,
secours, tant il est doux de retrouver à présent dans le
(1) Environ 288 livres, argent des colonies.
(2) Environ 2688 livres, argent des colonies. --- Page 391 ---
-
D'UN
coeur de T'homme NATURALISTE
le beau
31g
recomoisencs.
sentiment de la
Cependant le tems
diminuoient
s'écouloit, et nos fonds
làmes de faire scnsilblement, lorsque nous résopart au
position, de notre nom capitaine Payne de notre
Notre récit toucha
2 et de nos malleurs.
Payne, lui fit même sensiblement le bon Thomas
drissement;
verser des larmes
anssi, non
d'attenne recevoir pour le seulement il consentit à
suffisoient à peine moment aucuns fonds
les plus
pour satisfaire à nos
qui
urgens ; mais il
besoins
jusqu'a nous offrir
poussa la délicatesse
sans nous
un supplément de
de notre connoitre, et il se trouva Giuances,
proposition de
outragé
quelques bijoux; nous déposer en ses mains
loin de lui: ((- Gardez, disant, en les repoussant
) gagné
gardez vOs allires, moi
)) gagné cargaison, bésoin
que je vendre quand moi
)) bons pour votre d'argents vos ellets vous être
patois francisé nous voyage ).- Cette phrase d'un
quelle fut ma joie émut jusqu'aux larmes,et
il me fit un attouchement lorsqu'en lui serrant la main,
aperçu déjà que j'avois maçonniqnel Ils'étoit
de cette société
Lheendimemtane
dans ma malle fraternelle, et avoit reconnu
pluisieurs bijoux
thèse, avoient été déployés qui, par parencroiseur anglais, lePélican. par les officiers du
Enfin, cedévouement
'un
quelle fut ma joie émut jusqu'aux larmes,et
il me fit un attouchement lorsqu'en lui serrant la main,
aperçu déjà que j'avois maçonniqnel Ils'étoit
de cette société
Lheendimemtane
dans ma malle fraternelle, et avoit reconnu
pluisieurs bijoux
thèse, avoient été déployés qui, par parencroiseur anglais, lePélican. par les officiers du
Enfin, cedévouement --- Page 392 ---
VOYAGES
auquel l'avarice commune nous dés
généreux
d'étonfendoit de nous attendre, nous frappa
nement, d'admiration et de reconnoissance.
Le bon Thomas Payne, à qui je ne saurai
dejamais trop exprimer ma gratitude, poussa
cet entretien ses prévenances à l'excès,
puis
offroit sans cesse mille friandises
et nous
franchise
agréables à bord, avec une loyale
?
de sa délicatesse qui paet cette timidité, type
rodtuitersinadredvisewers notre amour propre.
Notre diner de ce jour fut servi plus splenTordinaire; c'est pourquoi Iuididement qu'à
mêmc voulut faire les honneurs de sa table,
nous, à profusion, 1. du vin
et nous versa malgré
achetoit à terre une gourde
de Bordeaux qu'il
avoit de
la bouteille, du Madère, et ce qu'il
plus délicat en liqueurs de la Martinique. La
soirée étant chaude, et notre bon capitaine
de m'être
craignant par sa constitution replète
incommode en couchant avec moi, n'ayant plus
de quart à faire, et par cela même toutes les
cabanes étant occupées, il coucha par terresur
et voulut absolument me laisser
une natte,
sollidormir seul dans. le lit,sans qu'aucune
citation de ma part ait pu affoiblir la résolution
de ce bon péré de famille.
Je descendis le Ier, mars à terre avec le' capitaine, pour y continuer mes remarques. Tout
homme --- Page 393 ---
D'UN
homme passant en NATERALISTE 321
obligé de s'incliner Espagnedevant une
de blesser les lois de profondément, sous église, est
de satisfaire à
la
peine
à
ce saint bienséance, s'il oublie
cet acte extérieur. Il usages on tient
que Tdngolus
en est de méme, beaucoup
rêter tout court soune, dans etl'on est obligé pendant, de
ou de
la rue, silon
s'arsuspendre la
marchoit;
personnes groupées conversation, si
On se découvre
étoient occupées à plusicurs
récite une
alors la téte, on
causer.
qui
prière jusqu'an
s'incline, on
dégage de cette retenue, moment du carrillon
ordinairementl les
Ce moment étonne
Les Espagnols érangers par sa singularité.
marché dans
portent leurs
sèches de latanier une innconte, tissue provisions de
du
nos paniers
(1) tressées 3 elles
feuilles
dans des feuilles d'Europe. On vend de remplacent
n'est
du
looille (2)
guères
banatiers cet
appétisant, et dégoite amalgame à la
vue,
radiata, (t) Appelé Palmier en éventail;
Carnunba, major, Pis. glabra, Plum Palma dactylifera
fera; folio
1658, p. 126; Palma , Gen., Barr. 90;
mato, ou Alittani plicatili, seu
brasiliensis pruni
des Caraibes. fabelliformi, caulice squam-
(2) Espèce de
lentes et de légumes polage composé de viandes diffé.
pauvres gens,
presqu'à sec,
qu'achètent les
Toxe I.
X
ail;
Carnunba, major, Pis. glabra, Plum Palma dactylifera
fera; folio
1658, p. 126; Palma , Gen., Barr. 90;
mato, ou Alittani plicatili, seu
brasiliensis pruni
des Caraibes. fabelliformi, caulice squam-
(2) Espèce de
lentes et de légumes polage composé de viandes diffé.
pauvres gens,
presqu'à sec,
qu'achètent les
Toxe I.
X --- Page 394 ---
32z
VOYAGES
D'autres marchands offrent une pâte, en boules,
de gros millet (I) grillé, et dont les grains sont
agglutinés les uns aux autres par le sirop de
batterie; ceux-ci, des boilles faites de farine de
emais édulcorée par le sirop, et cuites sous les
cendres dans une feuille de bananier. Tous ces
mets plaisent par leur nouveauté, et on admire
en cette innovation le génie inventeur de
Thomme, etla puissance qui Fa créé ; mais que
le pain est préférable!
On vend également en ces marchés des amas
de tassau (2) d'une couleurbrune et désagréable,
provenant de ce que l'animal n'a point été assez
saigné.
Les Espagnols excellent, par exemple, dans
la préparation des confitures sèches; - aussi leurs
pâtes de goyaves sont-elles treis-recherchées,,et
vendues à PEtranger. J'ai décrit ces mets pour
donnerà connoître le peu de sensualité des Espagnols, qai font consister leur luxe à être
couverts d'or; et s'ils ne font aucun sacrifice
diversifier la nature de leurs alimens, ils
pour
() Ou sorgo, sorgum sive melica, Dod., Park. ;
Milium arundinaceum, subrotundo semine nigricante,
Sorgo nominatum, C. B.,, Tourn.; Milium africanum.
(2) Viande coupée en aiguillettes, frottée de jus de
citron et séchée au soleil. --- Page 395 ---
D'UN
NATURALISTE
rapporentlesFruitsadee
wdbhargeraoyg
quoique
Rmenteineeaiete
eimalordomné.
leurs
Liasliommesd
wefpeisincmpbie
soulicrs des boucles d'or adessinc-lagod si
ont à
larges dans leurs
matérielles et si
roient volontiers le dimensions, qu'elles
habits de
double de leurs recouvrides
soie, linon, ou d'étofles pieds. Leurs
boutons du même métal
des Indos, orit
siers, de même que les
non momns groscannes,
pommes de leur longucs
Le plus riche
dans un diner propriétaire de
prié où il
Saint-Xago,
que beaucoup de
m'avoit invité, ainsi
trente personnes Francais, fit servir,
et du chocolat, environ, une copieuse pour
Quel
oille
tronome !
contre-tgms pour un gasUne des
chiercher l'eau incommodités de la ville est
douce à une riviére
d'aller
Saint-Yago de deux
distante de
porte soit dans des licues, et d'oit on la. transdes
mulets, ou bien:dans damosjeamnes portées
par des pirogues.
des touneaux conduits par
Les boeufs dont on se sert
marehandises du port,
pour charrier les
au travers desquels
ont les naseanx
les conduire.
on passe une courroie fendus,
pour
Les
hommes et les femmes
portent au cou de
X 2
d'aller
Saint-Yago de deux
distante de
porte soit dans des licues, et d'oit on la. transdes
mulets, ou bien:dans damosjeamnes portées
par des pirogues.
des touneaux conduits par
Les boeufs dont on se sert
marehandises du port,
pour charrier les
au travers desquels
ont les naseanx
les conduire.
on passe une courroie fendus,
pour
Les
hommes et les femmes
portent au cou de
X 2 --- Page 396 ---
324.
VOYAGES
très-longs chapelets; et les dernières, pour aller
à l'église; sont tenies à un costume religieux,
qui consiste à n'avoir qu'un jupon noir, et un
voilede la même couleur, sous lequel la plupart
n'ont point de corset, etla gorge est découverte.
Cette coquetterie plait, surtout aux jeunes Espagnoles, quiaiment passionnément les hommes,
et surtout les Français, à cause de leurs manières
galantes et aimablesauprès d'ellés, ayant soin de
soulever par méprise ce voile importun, et de
décéler,a aux regards avides deleurs admirateurs,
des appas naissans qu'une tendre émotion soulève, etdont la vue achève bientôt leur conquête.
Les jeunes Espagnoles sont très-libres, et ne
trouvent que du plaisir à sourire aux jeunes
gens, et à les fixer. Je ne puis concevoir que
dans un pays olon se flatte de suivreponctuellement les préceptes de la religion chrétienne,
on tolère cet excès d'indécence et d'irrévérence
pour les lieux saints.
Lesfemmesàl'église: se tiennentaccroupies, ,les
moins riches sur une natte, etles plus distinguées
sur un tapis que porte leurs esclaves. Le peuple
au milieu de P'office, en signe de repentir et par
une humble componction, se frappe la poitrine
à coups redoublés, assez forts enfin pour que
le lieu saint en retentisse.
Nous achetèmes de très-bonnes oranges, de --- Page 397 ---
D'UN
NATURALISTE
Parcahaie, et des sapotilles
325.
exquise et parfumée
(r) que leur sayeur
meilleur fruit des
fait regarder comme le
de la
Antilles, Je me
cassave; on nomme ainsi procuraiaussi
farineux qui sert de pain.
un composé
de la racine de manioc aux nègres : il est tiré
tout le suc, qui est
(2) dont on a
un
exprimé
cher cêtte racine
poison subtil. On faits séau
on la met cuire
fonr;ela après l'avoir]
entre deux
broyée,
et rougies au feu. Ce plaques de fer rondes,
Créoles, se trempe dans les mets tant estimé des
perdre son goit, selon moi sauces, mais ne peut
mot semblable à T'odeur
désagréalle, en un
fut le mortel
d'urine de souris.
assez hardi
Quel
plante vénéneuse aux besoins pour approprier cette
Il faisoit
de ses semblables! !
montant à très-chand, et nous primes, en rebord, un punch
jus de citron (3) qu'on
froid, composé de
de
trouve sur les haies d'entourages,
sirop et de tafia, On
presser ces citrons, et ne
a pour
point se poisser les
(r) Achras, 2
des Garaibes; Linné; Sapota, Plum.; ;
la fin de cet voyez au Traité des plantes Manitambou
ouvrage,
usuelles, à
(2) Voyez ce mot, Traité des
(5) C'est le fruit du
plantes usuclles.
Il est rond, d'un jaune citronnier sauvage des Antilles.
n'est pas plus gros qu'une paille; T'écorce en est lisse : il
moyenne pomme d'apis.
X 3
(r) Achras, 2
des Garaibes; Linné; Sapota, Plum.; ;
la fin de cet voyez au Traité des plantes Manitambou
ouvrage,
usuelles, à
(2) Voyez ce mot, Traité des
(5) C'est le fruit du
plantes usuclles.
Il est rond, d'un jaune citronnier sauvage des Antilles.
n'est pas plus gros qu'une paille; T'écorce en est lisse : il
moyenne pomme d'apis.
X 3 --- Page 398 ---
VOYAGES
mains de Ieurs parties acides et éthérécs une
sur un
machine fort simple qu'on pourroit, I
à
modèle plus grand, faire servir en France
limonades. Ce
T'expression des groseilles pourles
deux
du bois le plus dur, parallèles
sont
plans, fiche à charnière à Pune des
et joints par une
à
faire le levier
extrémités, de manière pouvoir
à l'autre bout. Le plan supérieur est muni, intérieurement vers le. milieu, d'un relief oucabochon circulaire et convexe, destiné à s'emboîter dans une cavité de même capacité qu'oflire
inférieur, la cavité étant perforée de
le plan
Fécoulement du jus de
plusieurs trous pour
met la moitié
citron: Cest dans ce creux qu'on
dessus
d'un citron coupé en deux; puisappuyant
le moule's saillant exprime
la partie supérieure, du citron dont il ne reste
exactement tout le jus
le marc, c'est à dire les pulpes et la
plus que
retrousséc, recouvre le
peau qui, parfaitement
cabochon.
ne suffisoient
Toutes ces petites expériences
m'ôter le désir d'aller m'instruire
point dans les pour bois des environs de la ville, en y çon--
cette nouvelle nature; je priai donc
templant
son
canot à
lc capitaine de me prêter
grand
voiles
aller reconnoitre Jes iles voisines;
pour d'une helle matinée, je me fis
et profitant de deux bons rameurs, puis nous
accompagher
au qui, parfaitement
cabochon.
ne suffisoient
Toutes ces petites expériences
m'ôter le désir d'aller m'instruire
point dans les pour bois des environs de la ville, en y çon--
cette nouvelle nature; je priai donc
templant
son
canot à
lc capitaine de me prêter
grand
voiles
aller reconnoitre Jes iles voisines;
pour d'une helle matinée, je me fis
et profitant de deux bons rameurs, puis nous
accompagher --- Page 399 ---
D'UN NATURALISTE
partimes. La mer éloit
baumé du parfum des calme, et lair pur em-,
aussi le chant des oiseaux flenrs, nous reportoit
dâmes bientôt à
du rivage. Nous aborterre, je
l'onest; et en mellant pieds i
mer,ombragé commencai ma récolte. Le bord de la
étoit couvert idemanghiemsclergise de
d'huitres (1),
Ces
coquilles fossiles et
espèces de mangliers
d'oursins.
toufles, comme les marsauts qui croissent par:
à la hauteur d'environ
d'Earope, s'élévent
leur écorce est d'un vingt à vingt-cing pieds;
plait dans les endroits gris-rougeitre. Cet arbre se
la mer; et son écorce maréengeux du bord de
gliersquiest une
est febrifuge (2). Ce mand'huitres
espèce de palétuvier, est couvert
s'élèvent adhérentes à ses racines
au dessus du terrain oùt il arquées, qui
aussi qu'à cellès de
se reproduit;
d'être
ses branches
biignées dans l'eau de
susceptibles
montante. Les huitres
mer, à la marée
arbres, onen
déposant leur frai sur ces
et qui sont trés-estimées. voitconstammentder touteg grosseur,
Ce manglier se repro-
(r) Appelé par les Indiens
Porlugais Mangue verdadeiro, Cuaparaiba, et par les
table ou sàlé, Selon Nicolson, manglier noir, vériPison, Mangue guaparaiba Candela amerieanagselon
Plumier; Rhizopora de Linné, ; Mangles aquatiqua de
(2) Foyez Traité des plantes usuelles
des Antilles.
X 4
sont trés-estimées. voitconstammentder touteg grosseur,
Ce manglier se repro-
(r) Appelé par les Indiens
Porlugais Mangue verdadeiro, Cuaparaiba, et par les
table ou sàlé, Selon Nicolson, manglier noir, vériPison, Mangue guaparaiba Candela amerieanagselon
Plumier; Rhizopora de Linné, ; Mangles aquatiqua de
(2) Foyez Traité des plantes usuelles
des Antilles.
X 4 --- Page 400 ---
VOYAGES
duitd'une manière remarquable; on voit
des branches latérales une infinité de pendre brins
composés de filamens rassemblés,
lesquels, araivés à terre. , s'y couchent avec le tems,
y
prennent racines que l'humidité provoque; et
forment autantde mangliers qui se perpétuent de
le même manière, Les racines de ces arbres sont
tellement entrelacées qu'elles s'étendent au loin
dans la mer, qu'elles s'opposent à l'abordage
des chaloupes, et servent d'asile à certains
sons
poiset aux crustacés.
Je m'enfonçai dans les bois, et le premier
oiseau que je tuai fut un yapou (1). Tout le
plumage supérieur de cet oiseau est d'un noir
brillant, excepté le croupion, les tégumens de
la queue et des ailes qui sont d'un jaune d'or;
l'iris est d'un beau bleu; la pupille noire, ainsi
que les pieds; le bec d'un jaune plombé. Cet
oiseau qui vole par bandes, est du genre des
troupiales.
Le second bipède que je me procurai, fut un
tangara noir d'Amérique (2), à peu près de la
grosseur du scarlatte, ou cardinal du continent
(I)Cest le cassique jaune du Brésil, des pl.
la pie du Brésil, de Belon, appelée à la Guiane enl.184s par les
Français, Cul-jaune.
(2) Pl, enl. 179, fig. 2. --- Page 401 ---
D'UN
de la
NATURALISTE 329
haut; le
NwellcAoglatens,
bec et les pieds du que j'ai décrit plus
ainsi que tout son plumage, tangara noir sont,
qui le fait appeler
dun beau noir; ce
convertures de ses communément, ailes
négrillon : les
d'une tache blanche.
sont seules
de baies et
Ces oiseaux se nourrissent miarquées
mélodié. d'insectes ils n'ont point de clant
En allant ramasser un
pris voltigeant autour d'un colibri - que j'avois surpant le suc de son
karatas (), et pomprès de moi un nectaire, je vis
assez gros
s'échapper
pus ajuster.
serpent que je ne
Tout en travaillant à
ma
choisipréparer uneagréables colletion, je cherpar quelques pièces de
sur
umpebenntapitine
sa table; mais
gibier dignes de
deux ramiers
je ne pus me procurer figurer
(2). Je les
que
masser des graines de surpris occupés à rafriands. Leur bec
manglier dont ils sont
mité; les jambes rouge est blanc à son extrél'iris est
sont rouges, les ongles
leurs jaune, une membrane blanche gris;
e yeux; le plumage du sommet
entoure
de la téte est
(1) Agave; voyez aux plantes
(2) Ou plutôt
usuelles des Antilles,
Catesby; Columba Pigeon à la couronne
de M. Brisson, Il capite albo, Pigeon de la blanche, de
niche dans les rochers, Jamaique,
mité; les jambes rouge est blanc à son extrél'iris est
sont rouges, les ongles
leurs jaune, une membrane blanche gris;
e yeux; le plumage du sommet
entoure
de la téte est
(1) Agave; voyez aux plantes
(2) Ou plutôt
usuelles des Antilles,
Catesby; Columba Pigeon à la couronne
de M. Brisson, Il capite albo, Pigeon de la blanche, de
niche dans les rochers, Jamaique, --- Page 402 ---
VOYAGES
blanc, entouré d'une bande de couleur pourpre
Le cou chatoye lebleu, le vert, et
à refletsirisés. de rosette; le reste du corps est grisle cuivre
de couleur.
bleu d'ardoise, les ailes et la queue
brune. Ces oiseaux ne sont pas. méfians, car
j'avois tué le premier, que le second ne pensa
même
à s'envoler; il est.vrai que je me
pas
et si peu frétronvois en un endroit sauvage,
lcs hommes, que peut-être cette
quenté par
troublée par leur présolitude ne fut-elle janiais
sence destructive.
deux autres coups une,
Je tuai de mes
(2).
tourte (1), et la tourterelle de la Jamaique
marron
La première a kephanageampertendtiene d'un
cendré rembruni, le front et la poitrine
à reflets violets-dorés; les ailes
pourpre-vineux cà et là de marques, ou écussons
sont tachetécs
sont d'un cendré
d'un noir-violatre; les pennes
étagée et
foncé, bordées de blanc; la queue est
de
variée, des plumes du milieu aux Jatérales,
cendré-brun et de noir; les yeux sont entourés
bleuâtre; l'iris est noir; le bec de
d'une peau
et les
cette même couleur; les pieds rouges, w
ongles bruns.
Cest la tourterelle de la Caroline, pl. enl: 175,
(1)
du Brésil, de Marcgrave;
de Catesby; ou le picacuroba
oiseau commun aux iles Antilles.
(2) PI. enl.174:
du milieu aux Jatérales,
cendré-brun et de noir; les yeux sont entourés
bleuâtre; l'iris est noir; le bec de
d'une peau
et les
cette même couleur; les pieds rouges, w
ongles bruns.
Cest la tourterelle de la Caroline, pl. enl: 175,
(1)
du Brésil, de Marcgrave;
de Catesby; ou le picacuroba
oiseau commun aux iles Antilles.
(2) PI. enl.174: --- Page 403 ---
D'UN
La tourterelle NATURALISTE
33r
de la
trouve mêmeàl lile de Cubes Jamaique 3 et -qu'on
brables, est moins
par troupesinnomà dire de la taille du grosse que la tourte, c'est
pieds sont rouges, le pigeon bisct. Le bec et les
bleu ; sous
dessus de la tête et la
bande
chaque ceil se trouve une gorge
blanchie;l le plumage
petite
ardoiséyetl Tinférieur d'un supérieur marronj'eus pour dernière
brun-vinoux. Enfin,
Je me fatiguai pièce un batimore (t).
faire une meilleur inutilement dans l'espoir de
chasse
est plutôt pénible
qui, dans ces parages,
obligé de marcher qu'amusante, en ce qu'on est
au milicu de halliers
impénéralles, et dont les
presque
l'entrée. On s'égare
épines délendent
gouins (2) dont les souvent à travers des pinet armées de
longues feuilles, dentelées
et punissent pointes aigués, sont
les pas indiscrets. redoutables
repaire des serpens
Leur
qui sont les seuls des centre,
anila (1) Icterus, oiseau du genre des
grosseur du moineau
troupiales. Ilestd de
ponctuée de trois taches franc; la tête est noire et
sont également du noir le blanches; les ailes et la queue
pourtant étant bordéc d'un plus brillant, chaque
dos sont d'un bel
les liseret blanc, le ventre penne et le
sont de couleur orangé; pieds, le bec et les
dame-nnglaise plombée. dans
On appelle cet oiseau petite- ongles
(2) Voyez Plantes certains usuelles, quartiers de Pile. --- Page 404 ---
VOYAGES
sans
maux qui peuvent en rampant y pénétrer
n'est jamais foulé par aucune autre
danger 2
cette plante
espèce animée; aussi emploie-t-on
à faire des entourages qui mettent un
sauvage
Le
domaine à Pabri des maraudeurs.
pingouin
est susceptible de culture, maisilsemaliplieroit
à mesure les jeunes
trop, si on ne détruisoit
pour ne conserver que le centre; car,
pousses
les jeunes plants lèvent
indépendamment que
ils OCirrégulièrement et ne s'alignent point,
infructueusement un terrain qui peut
cupent
être-mieux employé.
beanJe me rendois au canot par un chemin
coupplus agréable, lorsquejaperqus, au milieu
d'une touffe de verdure, un point rose qui fixa
C'étoit un oiseau, au, caractère
mon attention.
tranquille et peu turbulent, qui ne voltige que
à saisir le moucheron dont
le tems nécessaire
ensuite dans
il fait sa nourriture, pour rentrer
le
qu'il chérit. Cet oiseau est le charmant
repos
aux contrées du Nouveautodier (1), commun
du roitelet
Continent. Il est de la grosseur
d'Europe 3 son bec long, 2 droit et aplati horizontalement, ainsi que celui des oiseaux de ce
estbrun-rougeitre: à sa partiesupérieure,
genre,
de terre. Todier de Saint-
(1) Todier, ou perroquet des pl. enl, 585; fig. I et 2.
Domingue, de Brisson,
oiseau est le charmant
repos
aux contrées du Nouveautodier (1), commun
du roitelet
Continent. Il est de la grosseur
d'Europe 3 son bec long, 2 droit et aplati horizontalement, ainsi que celui des oiseaux de ce
estbrun-rougeitre: à sa partiesupérieure,
genre,
de terre. Todier de Saint-
(1) Todier, ou perroquet des pl. enl, 585; fig. I et 2.
Domingue, de Brisson, --- Page 405 ---
D'UN
tandis que l'inférieure NATURALISTE
gris; le coloris du
est rouge; les pieds sont
doux et
plumage est d'un ensemble
dans le élégant; le dos est d'un
mâle, et d'un vertde
vert-blenitro
L'un etl'antre ont la
pré dans la femelle.
vif et nuancé; le gorge et les côtés d'un rose
teint de jaune, plumage inférieur d'un blanc
rose; le dessous avec de des reflets de. couleur de
les
la queue d'un
pennes des ailes et de la jaune-paille;
Tesérieur, et cendrées
queue vertes à
Cet oiseau
en dedans.
et agite
silencieux se tient le bec en
légérement sa
l'air,
au moindre
ide.sinsiqueles colibris,
trou- circulaire étonnement. Il se creuse en terre un
et de
qu'il garnit de mousse de
plumes, où il
coton
avec des
dépose quatre ceufs
marques dorées. Mon
gris,
ayant fait envoler la femelle
coup de fusil
je fus assez heureux
en train de pondre,
iln'ya avoit
pour trouver son nid, mais
que deux ceufs,
Je
passois au dessous d'un
j'aperçus voltiger de branche palmier, lorsque
oiseaux qui im'étoient
en branche deux
c'étoit un palmiste inconnus,je tirai le mâle;
merle est beaucoup (1). Cet oiseau du genre du
doit pas celle delalouette moins gros : sa taille n'excé.
ordinaire;s sa tétenoire
M. "() Pl. enl. 539, fig. I, ou
à
Brisson.
palmiste téte noire de --- Page 406 ---
VOYACES
I
étoit tachée de trois points blancs placés entre
Poeil et la base du bec; son dos étoit d'un vertolivâtre, la gorge et le cou d'un beau blanc;
la poitrine et le plumage inférieur grisâtre tirant
blanc les pieds étoient d'un
cendré.
sur le
;
gris
Jene pus me procurer la femelle, qui me parut,
de chose près, du même plumage.
a très-peit
les arbres
Les oiseaux palmistes fréquentent
leurs nids. On
de ce nom, et y construisent
la
estime leur chair assez délicate 2 mais je
trouvai très-ordinaire. Ils se nourrissent deriz,
de baies et d'insectes.
dans le canot, et
Nons nous embarquâmes
nous nous rendîmes à Saint-Yagode Cuba, avec
la brise du large. Que la nature est prévoyante
inconcevables combinaisons ! Le sol
dans' ses
brûlant de la zone torride ne pourroit, sans un
créature vivante;
amendement, supporteravieuner
c'est ponrquoi, afin de tempérer cette chaleur
étouflante, il s'élève régulièrement soir et matin
deux brises, l'une venant de terre, et Pautre de
mer; leur approche attendue rétablit léquilibre
dans les humeurs, et semble apporter une plus
douce existence.
Les fruits aussi n'y sont pas substanticls
ils seroient contraires avec
comme en Europe;i
licude
cette qualité, en épaississant lalympheaul
la délayer. Ceux de la zone torride n'ont pas
chaleur
étouflante, il s'élève régulièrement soir et matin
deux brises, l'une venant de terre, et Pautre de
mer; leur approche attendue rétablit léquilibre
dans les humeurs, et semble apporter une plus
douce existence.
Les fruits aussi n'y sont pas substanticls
ils seroient contraires avec
comme en Europe;i
licude
cette qualité, en épaississant lalympheaul
la délayer. Ceux de la zone torride n'ont pas --- Page 407 ---
D'UN
les sucs si
NATURALISTE
rapprochés; ils sont
la
aqueux, et contiennent des
pour plupart
et
principes
rfraiglinonsy ou bien ils
élastiques
propres à prévenir la
sont acides et
inllammatoires. C'est corruption, 3 et les maladies
melon
pourquoi les
d'ean', les
corrossols, le
amande
ananas, T'eau du
font le méme, et la caine à sucre coco, son
plus grand plaisir
michée,
a de plus les citrons
quand on a cliaud, On
nades; et comme verts dont on fait des limol'eau, seroit
ce jus, quoique tempéré
l'édulcore trop acide et point
par
avec du sirop de
agréable, on
dans le pays.
batterie si commun
Nousaecostimest la Galatée,
reçut avec son affabilité
oblecapitaine me
sensible au pelit cadot ordinaire. Il fut tréspour faire valoir le
que je lui apportai, et
plus que le
proverbe, la sauce lui coûta
sement
poisson, car il saisit avec
cette occasion
emprestrés-délicat, où le
pour ordonner un diner
Bordeaux, lc
liqueurs de Mme,
Madère, 2 et les
oubliés.
Amphoulx ne furent point
Je descendis le soir à terre
etj'assistai au rosaire.
avec le capitaine,
se fait aux flambeaux C'est une procession qui
simulacre deJ.-C.
tous les-vendredis : un
par quatre
crucifié est porté en
soldats, au milieu
triomphe
mense qui,
d'un peuple imaccompagné d'un violon et d'une --- Page 408 ---
VOYAGES
basse, chante des strophes plaintives. On entend
avec d'autant plus de plaisir cette psalmodic,
les Espagnols en général sont parfaitement
que
la musique; on peut du moins
organisés pour
trois
le croire lorsqu'on a vu, ainsi que moi,
ou même quatre, chanter en parties
€ pauvres
intéresser- les passans à leur
différentes pour
sanctà Trinitate,
sort. Prosanctilferid,pres motifs
varient à
sont ordinairement les
qu'ils
linfini, dans des modulations justes 2 savantes
et tris-harmonienses.
Le dimanche IO mars, nous nous - promenâmes après la messe sur le rivage, oà nous
des bancs de corail blanc
foulâmes aux pieds
oculé et de méandrites. Je visitai une campagne
nouvelle, et les bois des mornes dont la ville
est environnée. Les haies y sont garnies delianes
à réglisse (1) qui font le plus joli effet, tant parla
diversité de leur feuillage' élégant, que par le
coloris brillantdeleurs) petites graines,quifurent
pendant un tems recherchées en Europe pour
faire des ornemens, tels que chaines de
en
montres, colliers, bracelets, etc. Tout en considérant'les nouveautés de cette nature, je fus
surpris d'un étrange étonnement; naguères le
(*) Orobus scandens, Plum. Voyez au Traité.des
plautes usuelles,
fléan
parla
diversité de leur feuillage' élégant, que par le
coloris brillantdeleurs) petites graines,quifurent
pendant un tems recherchées en Europe pour
faire des ornemens, tels que chaines de
en
montres, colliers, bracelets, etc. Tout en considérant'les nouveautés de cette nature, je fus
surpris d'un étrange étonnement; naguères le
(*) Orobus scandens, Plum. Voyez au Traité.des
plautes usuelles,
fléan --- Page 409 ---
A
-
D'UN
NATURALISTE
alors
de échapper à mon
mon plomb
adresse sans être
EEate
lution dans
mortel, il se fit une
frappés
mes systêmes
telle révoque l'oiseau le plus
sanguins et nerveux,
impunément,. Il m'est gros pouvoit me défier
touchant les oiseanx arrivé de tirer à
de ne
les. moins
boute
pas même les
farouches, et
mon coup de
étonner, au point
branches
fusil, ils ne
qu'après
à
où ils étoient
remuoient pas des
me regarder,
perchiés, et
comme
continuoient
adresse. Je ne sus d'abord insultant à ma malà quoi
enchentenent, croire
et c'étoit
attribuer cet
à un
vraiment le cas dé
fusil faussé, sortilége : tantôt je
mais le donnant à croyois mon
que moi, le blanc étoit
tirer à un autre
le plus grand
criblé, et me jetoit dans
si plaisante, éionnement. Enfin la chose
pas de distance que je tirai quatre
étoit
dont
sur ces gros vautours coups à cinq
j'avois d'abord trouvé
familiers,
Town, sans les faire
T'espèce à Charlesauquel ils étoient désemiparer d'un cadavre
inutilement
acharnés.
de
ma poudre etmon Comme j'usois
suspendre mes excursions plomb,jes résolns .
ordre; et je fis route
jusqu'à nouvel
m'attendoit à dîner. vers la Galatéc, oi
e Les
l'on
Espagnoles de
curieuses. J'en trouvai moyen rang sont trésTOME I.
cinq à bord, venues
Y --- Page 410 ---
VOYAGES
visiterle bâtiment, et voir, dirent-elles, les
pour
trouvoient; comme j'en étois
Français qui s'y
avoient des renun, et que je crus qu'elles
seignemens à nous donner,jer parus surles rangs,
grande chambre
etje descendis promptementala
rire aux éclats : quelle fut ma surohj'entendois
cinq jeunes personnes à
prise en apercevant
le cigare à la
demi-nues, les seins à l'abandon,
bouche, faisant beaucoup d'extravagances avec
qui leur servoit de chevalier, et
un padre (1)
elles! Ce ministre
plaisantoit vivement avec
chaussé de bas
vêtu d' une robe de soie noire, et
les
et de souliers violets, et de la même étoffe,
d'une manière vraiment indécente. Un
agaçoit militaire français qui se trouvoit là, demanda
s'il n'étoit père qu'en Jésus-Christ, et
au padre chair ? ( Je le serois bien volontiers,
point en
Puis
répondit-il, avec Pune de ces demoiselles>.
1out à coup il se mit à folâtrer avec Pune des
cinq.
leur ayant offert des rafraichisseLe capitaine elles burent à la ronde, en nous offrantle
mens,
leur servoit à tous. Ces jeunes
seul verre qui
étourdies tinrent beaucoup.de proposlicencieus,
enfin
que nous ne doutions plus de
assez
pour
avoitamenées.
leur caractère, et du motifquiles
() Prêtre espagnol.
uis
répondit-il, avec Pune de ces demoiselles>.
1out à coup il se mit à folâtrer avec Pune des
cinq.
leur ayant offert des rafraichisseLe capitaine elles burent à la ronde, en nous offrantle
mens,
leur servoit à tous. Ces jeunes
seul verre qui
étourdies tinrent beaucoup.de proposlicencieus,
enfin
que nous ne doutions plus de
assez
pour
avoitamenées.
leur caractère, et du motifquiles
() Prêtre espagnol. --- Page 411 ---
-
D'UN
Undenos
NATURALISTE
passagers
33g
lorsque je lui fis sentir commençoit les
à
ces
Senflammer,
nouvellese
dangereuses suites de
Il entra le sconnoisances. soir
loupe pontée
dans la rade une
canou,
3 armée de
petite cha.
dans qui; parmi sept
quelques pièces de
sa croisière, en prises qu'elle avoit faités
quatre
compte une
actionnaires. millions, et qui assure un quilairapporte sort à
Un
tous les
padre ami des
pectable sous tous les Français, studieux et resbord comme
rapports, se présenta à
comoissance, naturaliste; il
et désirant faire
lons des mines m'apportoit des
plusieurs échantil. ma
parmi lesquels je
environs de
gris, un fragment reconnus une mine Sain-Yago, d'argent
malachites
d'aimant naturel,
de roche, couleur soyeuscs, et des prismes de quelques
produisit s'appelle de topaze, La minière cristaux
ordre du roi
Crubs, et s'exploitoit quil les
tage ; mais depuis d'Espagae avec beaucoup d'avan- par
ditil,
plusieurs mois on
nime obligéd'y des
renoncer par
est, me
et qu'on ouvriers quiy sont linsurrection en
unane peut réduire avec grand nombre,
qui se trouventà
le peu de forces
sortent même à Saint-Yago. Lesnègrest mincurs
pour venir assaillir présent les des entrailles de la terre
quittent leur repaire passans, et ces vagabonds
ténébreux pour rendre
Y2 2 --- Page 412 ---
VOYAGES
340 témoin de leurs assassinats; car ils imle jour
et
molent tous ceux qui se présentent,
qu'ils
pouvoir contribuer à leur imposer un
croyent
Cette minière est à si peu de disnouveau joug.
la
faciletance de la ville, que nous distinguions
la
ment de notre bord, et que je pris souvent
fumée de la poudre de ces assassins armés, pour
J'aurois biendésirévisiter, ce
celle des chasseurs.
mais
local sous les auspices de dom. F
comme ilr n'y avoit pas de sureté, et que son caractère sacerdotal ne m'eût pas mis àlabri d'un
certain, je renonçai à ce dessein, en remerpéril néanmoins dom. F*** de ses bontés pour
çiant
moi.
n'étoit point descendu de
Ce savant Espagnol
notre bon capitaine ne nous y
notre bord, que
nous offrit
croyant point assez commodément,
Saintjuqw'anotredépart, encore incertain pour
Domingue, un magasin qu'il avoit loué, pour y
avecla mêmeinvitation
déposer sa marchandise,
bord. Il
de venir prendre nos repas à son
poussa
plus loin la générosité; il loua unenégresse pour
servir et pourvoir à tous les besoins particuliers
de nos dames.
comblés des bontés de sir"
Enfin nous étions
nous vint apprendre
Thomas Payne, lorsqu'on
d'une chaloupe
que Mr. Manet, propriétaire avoit à courir
pontée, oubliant les risques qu'il
mêmeinvitation
déposer sa marchandise,
bord. Il
de venir prendre nos repas à son
poussa
plus loin la générosité; il loua unenégresse pour
servir et pourvoir à tous les besoins particuliers
de nos dames.
comblés des bontés de sir"
Enfin nous étions
nous vint apprendre
Thomas Payne, lorsqu'on
d'une chaloupe
que Mr. Manet, propriétaire avoit à courir
pontée, oubliant les risques qu'il --- Page 413 ---
a
D'UN
en narguant les NATERABISTE
34t
de
Anglais en station devant la
Saint-Yago de
baie
voile pour
Cuba, se disposoit à faire
seulement il Sunt-Domingte Je le vis; et non
de notre consentiti ne recevoir le
passage qu'à
paiement
encore il nous pria d'être Aain-theasingie mais
peu de commodités
indnlgent pour le
bord de son trés-petit que nous rencontrerions à
connoître qne pour batiment, nous fhisant
la
abréger la
traversée, et prévoirle
monotonie de
tristerésultat du mal de dégoût insupportable,
vision de
mer, il avoit fait
en pareille liqueurs et autres doucenrs
procirconstancc.
précieuses
Le secopd
poissons qu'il prit capitaine à la me procura plusieurs
se trouvoient le
ligne, et parmi lesquels
T'épineux (2), l'écureuil stromate gris (1), le baliste
commun dans la rade de de Bonaterre (3), trèsoffre les plus jolies
Saint-Yago, et qui
de
couleurs; le poissor royal
pl. TEncyelopeilie 39, fig,
2 par ordre de matières,
155, dont le dos est d'un
s
beau
() Stromateus
a pour caractères le cinereus, corps , Linné, Poisson apode
les dents aigués.
ovale, glissant, la tête petite, qui
(2) Balistes aculeatus, Linn.
Anthias, (5) Engyclopélie, icht. pl. 135. The
Blne-Strijped
Y31 --- Page 414 ---
VOYAGES
marine, et tout le ventre couleur
vert d'aigue
de rose à reflets nacrés; les nageoires pectorales d'un beau jaune, celles abdominales grisâtres", et les' dorsales vertes 2 et comprenant
douze rayons.
des Rameaux,
Le dimanche 17 mars, jour
chréj'assistai à la cérémonie d'usage parmi les
tiens. Les colons de cette ile, au lieu de buis,
choisissent des branches de palmier, que les
se riches recouvrent de dorure ; la procession
plus solennelle s' observe avec dignité. Cestau retour
fus à bord témoin d'un beau
de Poffice que je
dont
trait d'amour filial. Le jeune mousse,
j'ai
parlé avec tout l'intérêt qu'il a droit d'insdéjà
que son père alloit être disgracié
pirer,apprenant
ivresses, résolut de
à cause de ses fréquentes
se
toucher le coeur du capitaine; c'est pourquoi
dans ses sanglots, il
jetant à ses genoux, noyé
imploroit vivement la grace de son malheureux
ses
père. Les refus ne faisoient qu'augmenter
furent exancées, graces à l'intérêt
instances qui
à lui. A peine cet enfant
que nous prenions s'élança dans les bras de son
eut-il réussi, qu'il
père, en lui prodiguant mille caresses.
Nons jouissions avec ravissement de ce speclorsque des cris plaintils se
tacle attendrissant,
venoit du bord
firent entendre : cette voix qui
desde la lame, étoit celle d'un matelot qui en
faisoient qu'augmenter
furent exancées, graces à l'intérêt
instances qui
à lui. A peine cet enfant
que nous prenions s'élança dans les bras de son
eut-il réussi, qu'il
père, en lui prodiguant mille caresses.
Nons jouissions avec ravissement de ce speclorsque des cris plaintils se
tacle attendrissant,
venoit du bord
firent entendre : cette voix qui
desde la lame, étoit celle d'un matelot qui en --- Page 415 ---
-
D'UN
salant sa viande NATURAIISTE à
nettoyant de toutes l'eau de mer (1), et la
coupée
ses impuretés, eut la
par un requin qui rodoit
main
parages, et avala la main
dans ces
ce pauvre malheureux.
et la ration de
servir
Cet événement devroit
d'exemple aux
ont
nageurs imprudens
dans Tinconséquence des
de se livrer à cet
qui
rades aussi
exercice
Lejendi Saint 21 dangerenses.
mentla yue perspective mars 1799, je pris du bàtisituée au milieu
d'une chaunière:
Cette
des bois, sur une agreste,
position
élévation.
beaucoup de cnchanteresse me plut, et
nombre de plaisir à en mettre la
j'eus
mes dessins. A midi,
copic au
mens, en signe de douleur,
tous les bàtien croix, et pendirent
mirent leurs vergues
c'est un mannequin
le simulacre de Judas :
ventre crevé,
revêtu qu'on représente, le
Le samedi à midi,
l'effigie de
pour mieux humilier
Judas, et couvrir
d'ignominie et de
jusqu'à sa mémoire
cales sèches et
vengeance, on lui donne des
humides, au bruit de
jusqu'à ce que la charpente
Tartillerie,
nisse; à cet andantissement mouillée se désusuccèdent des danses
(r) Tout le monde sait
promptement de la morue que lorsqu'on veut dessaler
on ajoute à l'eau de la
ou toute autre chair salée >
saumure une poignée de sel.
Y 4 --- Page 416 ---
VOYAGES
et des festins. Les Espagnols tiennent beaucoup.
à ce culte extérieur.
J'assitai le jour de Pàques à T'office de la cathédrale, dont par parenthèse l'évèque, qui ne
paroit qu'une fois T'année, a cinq cent mille
gourdes de revenu pour vivre seul, retiré, ne
communiquant avec quique ce soit; vivantsans
faste éxtérieur 7 sans suite, et pourtant dépensant, on ne sait comment; les revenus qui lui
sont alloués. Au milieu du sanctuaire s'élève un
de grandeur
monument pompeux, représentant,
naturelle, la résurrection du Sauvéur. Mais 7
hélas ! tout ce culte extérieur est bien démenti
la nonchalance de la plupart des padres qui
par balbutient, en roupillant, leur office à mots entrecoupés, tandis que les plus jeunes passent en
revue, et convoitent le.cercle des jeunes Espagnolos.
Laprès-midi, la chaloupe pontée sur laquelle
nous avions des projets pour notre traversée de
voulantéprouver la vélocité de
Saint-Domingue,
sa course, se fit
dans la rade par un
poursuivre
corsaire français,le meillenr voilier du port, qui
fit de vains efforts pour l'atteindre. La chaloupe
disparoissoitdeja: à notre vue, etnotrei inquiétude
augmentoit en la voyant s'éloigner , lorsqu'à
notre grande satisfaction nous la vimes bientôt
revenir.
pour notre traversée de
voulantéprouver la vélocité de
Saint-Domingue,
sa course, se fit
dans la rade par un
poursuivre
corsaire français,le meillenr voilier du port, qui
fit de vains efforts pour l'atteindre. La chaloupe
disparoissoitdeja: à notre vue, etnotrei inquiétude
augmentoit en la voyant s'éloigner , lorsqu'à
notre grande satisfaction nous la vimes bientôt
revenir. --- Page 417 ---
R
-
D'UN
Le
NATURALISTE.
capitaine Payne étant
le second faisant moins bien descendu à terre, et
se mit en
la
débnuche, et les matelots polien,Téquipage
promptement avec de l'eau de vie. s'enivrérent
m'ayant pris en amitié, vint
Un d'eux
témoigner combien il
en sanglotant me
républicaint français,aus regrettoit de n'être point
par ces mots : <Moi, grande meinwatjgerulenteadre
plique françaisen, Je
vigueur pourRépu.
de lui, et éviter ne pouvois me débarrasser
d'entendre- ses
entrecoupées de soupirs. En
complaintes
par - tout je le retrouvois vain je le fuyois $
suivoit sans cesse, en
2 ou bien il me
dant il se piqua de roulantsurlep pont. Cepenprouver qu'il étoit homme mon dédain ; ct pour me
un désespoir, et se jeta à la de cour, il feignit
y cacher sa honte, mais mer, non point pour
Comme il n'étoit
pour s'y désenivrer.
perdu la
pas bon nageur, il eut bientôt
dance carte, et avaloit del'ean
en se
salécen abonnon moins ivre débattant, 2 lorsque son camarade,
se
quelui, mais meilleur
plongea en
nageur,
bogd en jouant pirouettant, avec les
et le ramena vers le
de passe-passe. Tous flots, et faisant des tours
voulurent
deux alors
saisir la corde de
unanimement
pouvant monter, ils
Tscalierg mais ne
nouvelle tentative retomboienàleanae
voisins vinrent 2 jusqu'à ce que des chaque
les enlever à l'aide de leur matelots
cha-
se
quelui, mais meilleur
plongea en
nageur,
bogd en jouant pirouettant, avec les
et le ramena vers le
de passe-passe. Tous flots, et faisant des tours
voulurent
deux alors
saisir la corde de
unanimement
pouvant monter, ils
Tscalierg mais ne
nouvelle tentative retomboienàleanae
voisins vinrent 2 jusqu'à ce que des chaque
les enlever à l'aide de leur matelots
cha- --- Page 418 ---
VOYAGES
loupe. A peineles eut-on hissés
replongérent malgré la défense ssurlepont,q du
qu'ils
taine. On,les poursuivit de
second capicette fois entièrement
nouveau; mais, pour
désenivrés, ils
canot; et ne voulant point être
évitoient le
geoient à son approche
repris, ils plonbeaucomp
, et alloient reparoître
plus loin. Enfin, cette scène
que qui divertissoit toute la rade à la burleschiens des autres bâtimens,
vue des
ces plongeurs pour les mordre, qui nageoient vers
du capitaine, qui punit les deux cessa à l'arrivée (
s'être présentés nus devant nos matelots poir
posant del leur faire subiràlenr dames, se proTown la peine
arrivécà Charlesà
portée en pareil cas, qui consiste
suspendre le coupable pendant trois
à
vergue, et àle chasser ensuite
jours une
du bord.
ignominiensement
Un peu après l'équinoxe du
éclairci de ses
printems, le ciel
marins une sécurité nuages sombres, 7 promettant aux
furicux
dans la navigation; les vents
ayant apaisé leur furie
à Thaleine doucedu
pour faire place
là le parfum des
zéphyr, qui promenoit.çà et,
la
fleurs; les oiseaux de merayent
plupartabandonnéla, radedevenue
ceux de terre reprenant leurs douces tranquille;
tations, excités par les charmes de la modulasaison; toute la nature, en un
nouvelle
par. la voix de ses
mot, se félicitant,
créatures, ( du rétablissement de
leur furie
à Thaleine doucedu
pour faire place
là le parfum des
zéphyr, qui promenoit.çà et,
la
fleurs; les oiseaux de merayent
plupartabandonnéla, radedevenue
ceux de terre reprenant leurs douces tranquille;
tations, excités par les charmes de la modulasaison; toute la nature, en un
nouvelle
par. la voix de ses
mot, se félicitant,
créatures, ( du rétablissement de --- Page 419 ---
a
D'UN
son équilibre; le NATURALISTE 347
reillé son bâtiment capitaine Manet ayant
bord de la
pour Sain-Doningue, appa- vint à
pour nous goélette américaine où nous étions
engagerap
seurs
profiterdel'aleenced
anglis, et d'un vent
descroitres-pett de
favorable
en
tination. jours, nous rendroit à notre qui, desLe 28 mars ; après nos adienx
capitaine Payne, qui nous
faits au brave
sement à son bord , et avoitreçu si généreunous déposer
voulut, dans son canot,
lui-mème à notre nouvelle
cation, 2 nous arrivâmes à
embarpontée, dont la
cette petite chalonpe
fragilité eût
que nous. Le bon
intimidé tout autre
aux yeux, après Payne nous quitta, les larmes
nous avoir donné une lettre de
recommandation en cas de; prise
anglais.
parles corsaires
Nepouvanto changer de
barque, tant le pont étoit place sur cette nouvelle
même à T'anere, baignoient encombré, nos pieds
qui sulmergeoit sans cesse dans l'eau de mer
Je considérois
le pont sans rebords.
Domingue,
que nous, arriverions à Saintplusen plus les toujours en déelinant, et perdant de
En effet, je me commodiésd'ung grand bâtiment.
vaissean à trois rappelois que dans P'Adrastus,
scul;quedanslag mâts, j'avois un lit pour moi
goélettela
qu'une cadre pourdeux, Galatés,nonsniavions
etque maintenantfavois --- Page 420 ---
VOYAGES
à combattre ma mollesse, etàl la mettreà une dure
épreuve, en couchant pèle-méle sur des tonneaux
rangés au fond de cale. Ce qui nous fit le plus
de miséricorde, qui,1 loin de
rire, ce futPancre
pouvoir servir de résistance aux flots en casd'un
de tems, eût pu au besoin servir de hamecoup
tant il étoit fréle et léger; les
con aux requins,
solides; et les plus
cordages n'étoient pas plus
de la
destinés à la manceuvre n'étoient que
gros
d'un cordeau à tracer les planches du
grosseur jardinage, et les crampons des haubans formés
seulement de fil de fer appelé carrillon..
Leg gouvernail étoit si petitque sa barrel longue
tout au plus de deux pieds, n'avoit pas besoin,
dans
de la force de sep
comme
PAdrastus,
hommes pour la diriger en cas de gros tems.
La cuisine, qui étoit interrompue à la première
lame, se faisoit sur une moyenne chaudière
remplie de cendres, et qui à la première vague
alla s'assurerdu fond de la mer, emportant ayec
elle notre diner. Les voiles n'étoient que de
serviettes. coupées, suivant leur forme
grandes nécessaire. Je croyois voir marcher sur l'eau
les petits navires de papier que font les jeunes
écoliers. Enfin,il falloit espérer en la proteetion
divine pour se rassurer sur le chapitre des
événemens. Nous partimes donc contens 2
malgré le mal-aise que devoit nécessairement
alla s'assurerdu fond de la mer, emportant ayec
elle notre diner. Les voiles n'étoient que de
serviettes. coupées, suivant leur forme
grandes nécessaire. Je croyois voir marcher sur l'eau
les petits navires de papier que font les jeunes
écoliers. Enfin,il falloit espérer en la proteetion
divine pour se rassurer sur le chapitre des
événemens. Nous partimes donc contens 2
malgré le mal-aise que devoit nécessairement --- Page 421 ---
-
D'UN
NATURALISTE
ociasionnerla turbulence de
couchés les uns sur les
dix-huit passagers,
Avantde sortir du autres.
fit remarquer,
port de
vis-à-vis le Saint-Yago,on me
ressif célébre dans cette magasin à poudre, un
quilui a fait donner le contrée par l'événement
vaux. Ilest
nom de Rocher-des-RE
près du rivage. Il
temmstfeemnener
fut choisi
pourtantassez
Espagnols,p parens,et tous deux pour arène par deux
beauté, On ne sait
épris de la même
sans canot, mais l'excès comment ils y abordèrent
les y conduisit. Une
de leur fureur jalouse
la rade à cette époque, chaloupe ayant disparu de
seront servis, et
on présume qu'ils s'en
couléeà fond, qu'avant le combat ils
avec. l'intention de se
Fauront
plateforme, s'y
une guerreà à mort, Les livtr,surila
sont poignardés
malbeureux
corps
réciproquement, et
ensanglantés ne restérent
leurs
injures de Pair ; car le
qu'une nuit aux
reconnus par un pécheur. lendemain ils furent
Apercevant sur les côtes
rigoles assez droites, j'en cscarpées de larges
me dit que
demandai P'usage. On
fait
Fimpossibilité des charrois
imaginer ce moyen
avoit
sommet
simple de rouler, du
de
delamontagne à
construction et autres Temlborcadére, les bois
abondance ces côteaux riches que fournissoiont en
Nous avions à bord
et fertiles.
d'excellens
marins, et
ils furent
Apercevant sur les côtes
rigoles assez droites, j'en cscarpées de larges
me dit que
demandai P'usage. On
fait
Fimpossibilité des charrois
imaginer ce moyen
avoit
sommet
simple de rouler, du
de
delamontagne à
construction et autres Temlborcadére, les bois
abondance ces côteaux riches que fournissoiont en
Nous avions à bord
et fertiles.
d'excellens
marins, et --- Page 422 ---
VOYAGES
d'intrépides corsaires, qui nous racontèrent les
détails surprenans de la fameuse prise d'un
vaisseau allant aux Indes, que nous vimes entrer.
dans la rade de Saint-Yago, confus de la lâcheté
de ses canonniers, et de l'inexde ses troupes,
périence de ses marins. On fit, nous dirent-ils,
du beaupré de ce bâtiment de sept cents tonneaux, une pirogue que nous armâmes, et avec
laquelle nous avons fait plusicurs prises d'une
haute valeur.
Quantau corsaire vainqueurdus superbe' Trois
Mâts, il étoit si petit, qu'aprés l'abordage on
le hissa, , comme une chaloupe, sur le pontde sa
prise.
est
L'amLe caractère de ces marins original.
bition qui met leur tête à la torture les rend lunatiques, carlun de ceux qui étoient avec nous,
apercevant: avec la longue vue un gros vaisseau à
chaloupe
l'horizon, openikeantiedikvand
à mettre le beaupré surlui, pour tenter T'abordage : ( Et si c'est le Pélican, ce brick anglais si
) bien armé, lui disoit un autre, comment pour11 a au fond de cale
)) rons-nous Pattaquer? y
fusil;
)) mromatnrasreet
ferons des feintes,
lc fou. Mais,
)) nous
répliqua
on verra de près que vos fusils
)) reprit tPautre,
)) n'ontpas de chien, que nous nes sommesqu'uine
de
ctl'on dédaignera de sacri-
> poignée gens,
le Pélican, ce brick anglais si
) bien armé, lui disoit un autre, comment pour11 a au fond de cale
)) rons-nous Pattaquer? y
fusil;
)) mromatnrasreet
ferons des feintes,
lc fou. Mais,
)) nous
répliqua
on verra de près que vos fusils
)) reprit tPautre,
)) n'ontpas de chien, que nous nes sommesqu'uine
de
ctl'on dédaignera de sacri-
> poignée gens, --- Page 423 ---
-
D'UN
) fier pour si NATURALISTE
)) nous rendre peu un coup de canon; il
)) morbleu!
ses prisonniers, Nous faudra
) bré, il s'écria avec fureur le
rendre,
nons coulera
valeureux timAu milieu de ces plutôt !
solcil se cacha dans beaux projcts
T'onde, et à
fatstipres,le
sa disparntion
Sxonbisymsiaqut elle
bientôtnouse I
FCEE
amonçoit une nuit
nue
aderinteontrainey
grosse, il falloit périlleuse, La merdevepoint frémir, en pensant espérer en Dieu pour ne
avoit des licelles
que pour
du fil de
3 pour crampons de cordages, On
nier
fer, et pour ancre de
résistance, 2
fer secours en cas de danger, miséricorde, derqui eût pu servir de
une branche de
quise
hameçon aux
promenoient sur le bâtiment
poissons
pouces au dessous
enfoncéàsix
del'eau, et
marchantdanse cet
par la
etrebnetseiet
Agités
d'autres tourmente, des flots nous violemment
flots, sans
lançoient sur
suite active.
ponvoirécloppers ràl leur
pourQu'ons se figure nos états!
modée par Fair
Mme, R*** ,incompréféra rester sur concentré le
et infect de la cale,
pont, couchée
essuyer, au milicu de ses
dans l'ean, et
mens, les visites réitérées fréquens évanouissequ'on croyoit
de lames
le
devoirfemporter lors Beuisantes, du
Huienststommpaund de
passage,
relorbyetd'alleurs
pourQu'ons se figure nos états!
modée par Fair
Mme, R*** ,incompréféra rester sur concentré le
et infect de la cale,
pont, couchée
essuyer, au milicu de ses
dans l'ean, et
mens, les visites réitérées fréquens évanouissequ'on croyoit
de lames
le
devoirfemporter lors Beuisantes, du
Huienststommpaund de
passage,
relorbyetd'alleurs --- Page 424 ---
VOYAGES
le rendant trop
son état d'humidité permanente
lorsqu'il
glissant pour pouvoir se cramponner babord.
filoit sur ses flancs, tribord ou
crus être
de sommeil,je
- Quantà moi, accablé mais ce fut en vain : le
plus en repos à la cale,
chargé menaçoit de sombrer, pour
batiment trop
toutes les
qu'ilf fit de leau, laquelle,malgré
peu
pénétroit également de toutes parts.
précattions, Pourremédierà rà son flux immodéré, on pompoit
mneseringueplutot qu'avec
continuellenentaveet bâtiment; c'est pourquoi le caune pompe de
de moi
pitaine qui me questionnoit, apprenant à fond de cale
T'introduction constante de Feau
submergé et cinglé par chaque vague,
oû j'étois
les vains efforts des pomse décida, en voyant
C'est
clouerunetoile cirée sur Pécoutille.
piers,à
entendre fermer mon cercueil,
alors que je crus
sortir, en cas d'acn'ayant pas d'autre issue pour désormais calcident , que cette ouverture couché, le ventre
feutrée. Obligé de rester
lever la tête qui
sur des tonneaux, sans pouivoir chaque lame
frappoit le plancher, ayeuglé par
mesuffoquoit en entrantdans ma boucheavec
qui
nageois dans l'eau salée, contraint
violence,je
besoins, sans pouvoir
de satisfaire à mes légers
étatl les
changer de position. Ajontez à ce pénible
miaulemens de deux chatsqui, fuyantl l'eau et en
venoient chercher mes
en rencontrant par-tout,
vêtemens
qui
sur des tonneaux, sans pouivoir chaque lame
frappoit le plancher, ayeuglé par
mesuffoquoit en entrantdans ma boucheavec
qui
nageois dans l'eau salée, contraint
violence,je
besoins, sans pouvoir
de satisfaire à mes légers
étatl les
changer de position. Ajontez à ce pénible
miaulemens de deux chatsqui, fuyantl l'eau et en
venoient chercher mes
en rencontrant par-tout,
vêtemens --- Page 425 ---
E
D'UN
vêtemens
se
MATORALISTE
Pour
en étoient chassés reposer de leur
excitoient del
par de nouvelles frayeur, puis
Il fallut
leur Panidesbmdlenonse lames qui
mir dans pourtant saisir un mienx ellroyalles.
cette situation.
pour m'endor
Enlin, échappés
encore altière dcs eainesdosemneatss la fureur
noyés dans notre barque vagues en courroux; à derniacharnement par des bâtimens légère, poursnivis avec
apengtmes nuit
avec grande
ennemis, nous
orageuse, les premiers joie, au' réveil de cette
Sontoningne téedanst
La mer encore mornes de lile de
tousless sens,
sante,
viodeumemagr
flancs écrasoit, des ses dentrmontomneaere flots
etbruis.
de notre petite
les
geoit à
lunekiadienmes
la moindre emabarcation, 2 qui voltid'abimes profonds secousse, Ainsi, du
sommet de lames nous reparoissions bientôt fond
beau blanc de
convertes
au
tandis
neige, et nons d'époudrins d'un
foc, qu'un gros vaisseau à la côtoyoris la terre, s
de la cherchoit son salut én cape, hormis un
Gonave, de peur
s'dloignant de T'ile
Après lorage, dit-on, d'échonegsurl les ressifs.
ellet, après la plus
vient le bean tems : en
quelle joie je vis ces doulourense des nuits, ,
de la plus riche
montagnes élevées
aved
venoient
serdureties
chargées
Toue nous visiter; et les papillons de lile
I.
oiseaux, par leur
Z
én cape, hormis un
Gonave, de peur
s'dloignant de T'ile
Après lorage, dit-on, d'échonegsurl les ressifs.
ellet, après la plus
vient le bean tems : en
quelle joie je vis ces doulourense des nuits, ,
de la plus riche
montagnes élevées
aved
venoient
serdureties
chargées
Toue nous visiter; et les papillons de lile
I.
oiseaux, par leur
Z --- Page 426 ---
VOYAGES
ramage, 9 nous faisoient oublier le souvenir de
HOS peines. Les grands gosiers (1), les frégates (2),lesc coupeurs d'eau (3),1 les aigrettes (4),
saluant notre) réduitflottant, voligeoientautour,
et nous' accompagnant dans notre course légére,
nous servoient comme de conducteurs. Je fis
graceà cCs hôtes aimables, en faveur de leur bon
accueil.
Une de mes lignes ayant été avalée par un requin de moyenne taille, on profita du moment
oh il rodoit autour de la chaloupc , pour le
faire entrer dans un noeud coulant ; et, par ce
moyen, 3 il fut presque hissé sur le pont; 5 mais
n'étant pris que sous une aile, il fit tant de
mouvemens qu'il glissa, et s'échappa de son
lacet.
Nous éprouvâmes du calme à l'instant de
(1) Ou Onocrotale, ou pélican; Onocrotalus aut
pelicanus.
(2) Hirundo marina major; apus rostro adunco,
Barr., aut fregata; voyez son histoire plus bas, à
Saint-Domingue : c'est un oiseau à pieds palmés, et
du genre du Fou.
(3) Larus rostro incequali; Rhincops de Linneeus;
Plotus, Phalacrocorax, de certains auteurs; ou bec
en ciseaux, Rygchopsalia de Catesby.
(4) Pl. enl, go1, Ardea alba minor, Aldr. Egretta.
Oiseau erratique du genre du héron. --- Page 427 ---
D'UN NATURALISTE.
pénétrer dans la rade du Port-au-Princo;
pourquoinons fimes
; c'est
lieues de la
obligés de mouiller à deux
ville, à l'approche de la nuit, à
cause des dangereux ressils cqui P'environnent.
Je considérai avec
plaisir, 2 dans notre état de
repos 3 la fumée de plusieurs sucreries
les
alarmistes 2 même à Suint-Yago de Cuba, que m'avoient assuré être anéanties.
Fin du. premier Volume. --- Page 428 ---
TABLE
Des matières du Tome premier. : -
Emme DÉDICATOIRE à S. E. Mgr. le grand Chancelier de la Légion d'Honneur. Préface. : L'Auteur fait part-à M. Desdunes Lachicotte, Sor
hôte à Saint-Domingue 7 de ses observations
pendant lc cours de son premier voyage. Description des travats. idem. Départ de Paris. Description pittoresque des campagnes qui awoisinent
la grande route qui conduit au Hâvre de Grace. 19
Arrivée au Hâvre de Grace. Démarches faites pour obtenir un passage. Départ de deux frégates françaises. Promenades d'observations. Description de la chevrette et-de Torphie. 3r
Canonnade du fort Savenelle. Nouvelle incursion dans les campagnes des environs
du Hâvre, et description de la côte des Ormeaux
d'ot lon découvre à l'horizon- la côte de Grace, 2
au bas de laquelle se trouve le pays d'Honfleur.
ée au Hâvre de Grace. Démarches faites pour obtenir un passage. Départ de deux frégates françaises. Promenades d'observations. Description de la chevrette et-de Torphie. 3r
Canonnade du fort Savenelle. Nouvelle incursion dans les campagnes des environs
du Hâvre, et description de la côte des Ormeaux
d'ot lon découvre à l'horizon- la côte de Grace, 2
au bas de laquelle se trouve le pays d'Honfleur. 53
Autre promenade au village appelé le NouveauMonde. Description de la côte d'Egouville. Promenade aux forts de la Héve, et description du
cabinet d'histoire naturelle et des phares. --- Page 429 ---
Retour
TABLE
au Hivre par le rivage. Description Ruses des des parcs ou fourrées des
Des
crabes. pécheurs. 45
Visite lépas à M. et des anémones de mer,
traversée du Poupel, Hâvre commisaire de la
id. Effets curieux de
à Honfleur. marine, et
Anecdotes d'uu la marée montante. Description de la enfant côte qui tomba à la mer. Coutumes du
de Grace. 5r
Visiteàbord dul pays d'Houfleur. Qualité des brick la. Sophia;
Retour
melons
etpoissons de mer. id,
au Hâvre. d'Houfleur. Visite à M. Leroi,
rine. nouvéan commisire
Cabinet d'histoire
de maRéception affable naturelle de M. Lefebvre,
Collection
d'un
id,
Libéralité d'oiseaux de M. Hambourgeois
du Créateur envers Lefebvre. les
6r
Description du poulpe,
pauvres,
Entrevue de MM. Villain
Pommade conservatrice et Poulet. Imitation dyeux d'émail pour tout corps corruptible. 66
Aventure de chasse. pour les oiseaux. Première visite à la côte
négociant et ancien d'Egouville, chez M,
Visite des
armateur,
Poulet,
Sité délicieux parcs ou fourrées. let. de la maison de
7I
campagne de M. PouNouveaus voynges à Honfleur
Retour au Hâvre;
avec. M. Poulel,
id. frégates,
joûte sur Tean entre des Elsainéza
canots de
--- Page 430 ---
TAB L d E. Frégate lancée. Parlie champétre à Honfleur. id. Retour au Hâvre, et orage violent. Un bon père fété par ses enfans. Cale humide. 8r
Désastres qui précédèrent l'équinoxe'des septembre. id,
Détails sur cet équinoxe mémorable. Fin de la tempéte; cueillette de fucus. Anecdote d'un naufragé. id. Du lamprillon. Joûte du mât de cocagne. id. Du crapaud, du congre et de l'orphie. Du rouget, de la loche de mer et de la roussette. De la taupe de mer et de la mustelle. Du maquereau, de la squille mante et du coquet. 92
Ju chien de mer gris, du bar, de la lune, et de la
vielle. id. Du lièvre. Vie privée d'une fouine devenue domestique. 94
Culture du Safran du Gatinais. II8
Avant - propos. Idées générales. Importation du Safran dans le Gatinais. Description du Safran. Différence du Safran et du Colchique. Culture du Safran, et lerrain qui lui est propre. id. Qualité des oignons, différence des robes, et température convenable. Préparation de la terre, époque des labours. Plantage,
Préparation des oignons.
d'une fouine devenue domestique. 94
Culture du Safran du Gatinais. II8
Avant - propos. Idées générales. Importation du Safran dans le Gatinais. Description du Safran. Différence du Safran et du Colchique. Culture du Safran, et lerrain qui lui est propre. id. Qualité des oignons, différence des robes, et température convenable. Préparation de la terre, époque des labours. Plantage,
Préparation des oignons. Développement des oignons, et leur floraison. 158 --- Page 431 ---
s7
TABLE
Animaux qui nuisent au Safran. "Travaux de la deuxième et troisième Page 159
rachis des oiguons. années; arUsage qu'on fait des oignons. Remarques sur la température. Récolle du Safran. Cours du prix du Safran. id. Description de la cueillette,
Epluchage du Safran. Dessication du Safran. Produit annuel,
Qualités exigées du Safran. Maladie des oignons, le fausset. id. Le tacon. La mort,
Propriétés du Safran, comme
151 et 152
Comme hystérique et
béchique. Comme diaphorétique, emménagogue. et ophtalmique. cordial, alexitère, céphalique,
Comme stomachique,
détersif. hépatique, carminatif , et
Comme résolutif,
16r
Le Safran considéré anodin, 3 et assoupissant. Frais de culture d'un sous le rapport des arts. Notes additionnelles arpent de terre à Safran, 166
Notes
sur celte culture. historiques sur le Safran. 169. Départ pour Bordeaux. Description pilloresque de la route. Arrivée à Bordeaux. Embarquement à bord de l'Adrastus. Coutumes des Anglo-dméricains. Reconnoisance de la forteresse
id. et arrivée à Pouillac,
appelée Patéde-Blaie,
--- Page 432 ---
TABLE
Détails surprenans sur une explosion de poudre à
canon. Atlente du capitaine pour mettre à la voile. Son arrivée et celle des passagers. Notre débouquement. Description du Lock. Coup de vent du 17 novembre. id. Evènement d'un matelot ballotté par deux lames er
opposition. T'empête de la hauteur de Madère. Sacrifice du mouton après le gros tems. description de la foêne. Occupations des matelots SOUS les vents alisés. 20 I
Détails sur notre cxistence à bord de l'Adrastus. 202
Du thon à longues oreilles. Du poisson du soleil. id. Du raisin du tropique. id. Vue d'un cétacé appelé souffleur. Prised'une dorade. id. Intempérance, résultat de notre pénurie d'alimens. 204
Nourriture grossière à laquelle nous étions condamnés. Nos plaintes à ce sujet peu écoutées. Remarques sur le paille-en-cul. Du muge volant. De la dorade. 21I
Effets de la percussion de la poudre. Utilité des octants. Caractère d'un anti-mélomane. Nouvelles vexations exercées envers les passagers. 216
Danses de caractère. id. De l'oiseau de tempéte. --- Page 433 ---
atg
TABLE
Rencontre d'un bitiment
36t
Descente dans la Sainte-Barbe. neutre,
Baptême du tropique. id. Conférence sur Mazanet,
22E
De la frégate, , genre des village du Languedoc. . 222
Du poisson appelé pilote.
octants. Caractère d'un anti-mélomane. Nouvelles vexations exercées envers les passagers. 216
Danses de caractère. id. De l'oiseau de tempéte. --- Page 433 ---
atg
TABLE
Rencontre d'un bitiment
36t
Descente dans la Sainte-Barbe. neutre,
Baptême du tropique. id. Conférence sur Mazanet,
22E
De la frégate, , genre des village du Languedoc. . 222
Du poisson appelé pilote. inollusques. Rencontre d'un bitiment. Réunion pour. le Saint-Jean,
Plaisanteries bord. grossières envers les dames
de notre
Cadeau d'une boite faite
Recette da
pari less ssauvages. plam-pouding. Coug de vent du 28 septembre. id. Ocupations du bord,
Mets
23r
Trait languedocien , appelé sanguette. d'égoisme le plus
id. De l'oiseau. appelé le corsaire. révoltant. Description d'un soleil levant. Recomnoisance du golfe de
id,
Surl la sonde des altérages. Bahama. Désastres de notre chambre
id. vent du 4janvier. produjts par un coup de
Sur les trombes de mer. Phare de Charles-Town,
Barre de Charles-Town. Détails sur la ville de
et usages du pays. Charles-Town, et les mocurs
Du Tucbey-buzad,
Observations sur les coutumes du
Découverte d'une pension honnête. pays. Chant d'un jeune nègre. Voitures du pays. id. --- Page 434 ---
TABLE
Cérémonie funéraire. Instructions sur les Quakers. id. Température de Charles-Town. 25r
Le cerf vendu à la boucherie. id. Rencontre de M. R. .:; mon parent. Excursion ornithologique. Des sparas, rossignols, cardinaux el troupiales. 254
Moralité du troupiale. Visite à M. de Morphy, consul espagnol. Harangue philantropique d'un Quaker. Sur le lieu destiné à la course. Sur le geai bleu du Canada. id. Sur la nompareille et les epeiches du pays. Sur la perdrix de la Nouvelle-Angleterre:
Remarques sur l'oppossum. id. Embarquement pour une course d'histoire naturelle. De lécureuil, appelé le suisse. De celui appelé le petit-gris. Du merle gris. De l'oiseau appclé le murier. De l'arbre à cire. id. De l'érable à sucre.
lieu destiné à la course. Sur le geai bleu du Canada. id. Sur la nompareille et les epeiches du pays. Sur la perdrix de la Nouvelle-Angleterre:
Remarques sur l'oppossum. id. Embarquement pour une course d'histoire naturelle. De lécureuil, appelé le suisse. De celui appelé le petit-gris. Du merle gris. De l'oiseau appclé le murier. De l'arbre à cire. id. De l'érable à sucre. Caractère d'un sauvage. Moeurs d'un sauvage de la Caroline, et son adresse. 273
Coutumes anglo-américaines. id. De l'oiseau royal, et du canard d'été. Du boiciningua. Tableau peint par un sauvage. Confiance des Anglo-Américains. Observations sur les ours du pays. Des petites chèvres, appelées Cabrits. id. --- Page 435 ---
: -
a
TABLE
Partie de chasse à Thabitation de M.de
Du polatouche.
6 Caradeux. P.28r
Découverte de Tajoupa d'un vieux
28z
De la bécasse de lAmérique
nègre libre. 285
Du choucas.
septentrionale.
id.
Des bouveraux, et du robin.
Du troglodyte, de la fauvette de
oiseaux-mouches.
New-York, et des
Mort funeste d'un père de famille.
Des sparas et des pies.
Du mi-jaune et de la téte-rouge.
id.
Embuscade d'un nègre marron.
Du duc à longues oreilles.
Coutumes bizarres de la
à
Embarquement bord Nonvelle-Angldterre. de la
capitaine Payne.
goélette la Galatée,
Prévenances de ce nouveau
Beau trait d'humanité d' 'un de capitaine. nos
Trait d'amour paternel.
passagers.
id,
Reconnoissance des iles Caiques, et vue du môle 5or
Nicolas, ile de
SaintVisite du corsaire Saini-Domingue.
anglais le Pélican.
Description des côtes de lile de Cuba.
Rencontre d'un pilote espagnol.
Description de la baie.
Visite de soldats du fort.
Démarches auprès du commandant du
vations.
fort, et obserRemarques sur l'intérieur des
et les costumes.
maisons espagnoles,
Débarquement à Saint-Yago,
moeurs et coutumes du
observations sur les
pays.
--- Page 436 ---
TABLE
De l'arbre à pain, et de la liane à eau. Page 313
Description du Warf.
Et des environs' de la rade.
Observations sur les marchés du' pays.
Prix exorbitant des logemens.
Démarche infructueuse auprès d'un capitaine français
partant pour Saint a Domingue.
id.
Trait généreux de notre bon capitaine Thomas
Payne.
Nouvelles remarques sur les usages des Espagnols. 321
De l'ooille.
id.
Du Tassau, et des conftures sèches.
Coutumes des habitans.
Des sapotilles, du manioc, et des citrons.
Promenade dans unc ile voisine. -
Du manglier.
id.
Du yapou, et du tangara noir d'Amérique.
Du karatas et des ramiers de Cuba.
De la tourte et de la tourterelle.
Du pingouin.
Du todier.
De l'oiseau palmiste.
Remarques sur les fruits et la température.
Observations sur la procession appelée rosaire. 535
Promenade sur le rivage.
Effets singuliers du climat.
Galanterie des padres envers les dames.
Visite de dom > padre' très-instruit.
Nouvelles bontés du capitaine Payne.
Poissons de la rade.
Cérémonies religieuses du dimanche des Rameaux.
--- Page 437 ---
E
TADLE
Accident imprévu.
Cérémonies Joûte
du jeudi Saint et du
des chaloupes.
jour de Pâques. id.
Anecdote de deux matelots
Adieux au capitaine Payne; anglo-américains. 545
Domingue.
notre départ pour SaintDescription Notice
de notre nouveau
sur le rocher des Rivaux, bâtiment.
Coutumes du pays.
Caractère de nos passagers.
id.
Gros tems de la nuit.
Vue de Saint-Domingue
55r
Fin de la Table.
DE
EINPRIMERIE DE J.-L,
rue et Maison des Mathurins, CHANSON,
no IO.
de Pâques. id.
Anecdote de deux matelots
Adieux au capitaine Payne; anglo-américains. 545
Domingue.
notre départ pour SaintDescription Notice
de notre nouveau
sur le rocher des Rivaux, bâtiment.
Coutumes du pays.
Caractère de nos passagers.
id.
Gros tems de la nuit.
Vue de Saint-Domingue
55r
Fin de la Table.
DE
EINPRIMERIE DE J.-L,
rue et Maison des Mathurins, CHANSON,
no IO. --- Page 438 ---
05696-1 --- Page 439 --- --- Page 440 --- --- Page 441 ---
F809
V. I --- Page 442 ---