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3labit Cnter Broin
Libraru
Brnnt Huirersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
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T R AIT É
DES FIEYRES
DE L'ISLE
DE S-DOM TINGUE,
Avec un Mémoire fur les
avantages
qu'il y auroit à changer la nourriture
des Gens de mer.
NOUVELLE ÉDITION.
Par M. POISSONNIER DESPEARIERES,
Écuyer, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, ancien
Médecin ordinaire du Roi, Médecin de la Grande Chancellerie Ur de la Généralité de Paris, Infpedteur général
adjoint des Hopitaux de la Marine er des Colonies,
Cenfeur royal, de l'Académie de Dijon, er de la Société
toyale de Médecine.
A PARI S,
DE L'IMPRIMERIE ROYALE.
M. DCC LXXX, --- Page 8 --- --- Page 9 ---
A MONSEIGNEUR
LE 2e DUC DE CHOISEUL,
PAIR DE FRANCE, CHEVALIER DES
ORDRES'DU RoI ET DE LA TOISON
D'OR, COLONEL GÉNÉRAL DES
SUISSES ET GRISONS,EIEUTENANT
GÉNÉRAL DES ARMÉES D.U RoI,
GOUVERNEUR ET LIEUTENANT
GÉNÉRAL DE LA PROVINCE DE
TOURAINE, MINISTRE ET SECRÉTAIRE D'ÉTAT DE LA GUBRRE ET
DELA MARINE.,
Moxsziexzur.
C'EST avec reconnoifance dy admiration que la France vous voit touE
occupé de fon bonheur.
a ij --- Page 10 ---
vj
Perfuadé que les richefès font devenues la balance du pouvoir des Etats,
vous penfez, farieufement à faire feurir
toutes les branches du Coinmerce
s'étoient fétries pendant la
qui
guerre.
Vos vues ne Jê bornent pas à l'enceinte du Royaume : elles embrafent
lUnivers. Nos Colonies
s ces fources
fécondes de tréfors, excitent votre zéle.
Comme la population eft la bafe de
leurs
profpérités 9 vous m'avez ordonné
d'écrire fur la Fièvre qui attaque les
Européens à
Saint-Domingue : maladie
que j'ai eu occafion de connoitre er de
traiter pendant un fejour de plufieurs
années.
Je fuis trop heureux, MONSEL
GNEUR,que vous mayez, fourni une
occafion de fervir la Patrie 9 er de
excitent votre zéle.
Comme la population eft la bafe de
leurs
profpérités 9 vous m'avez ordonné
d'écrire fur la Fièvre qui attaque les
Européens à
Saint-Domingue : maladie
que j'ai eu occafion de connoitre er de
traiter pendant un fejour de plufieurs
années.
Je fuis trop heureux, MONSEL
GNEUR,que vous mayez, fourni une
occafion de fervir la Patrie 9 er de --- Page 11 ---
vit
posvoir > par Ce foible hommage p
rendrepublique ma vénération pour cette
fupériorité, 3 cette étendue d'efprit, dr
cette fermeté d'ame, qui fixent fur
wous les yeux de toute PEurope.
Je fuis, avec un profond refpect,
MOxSEIGNEUR,
Votre très - humble &
très-obéiffant ferviteur,
POISSONNIER DESPERRIERES. --- Page 12 --- --- Page 13 ---
1X
AVERTISSEMENT
Qvorqur la Nature foit
la même, elle fe
par-tout
préfente fous une
multitude de jours divers : ce n'eft
elle qui change, ce font fes
pas
opérations
qui varient.
L'économie animale eft à
la même dans tous les hommes. peu-près
différences
Quelles
néanmoins dans la diflection
des fujets pris dans une même Nation,
déméle pas un Anatomifte
ne
foit dans les OS, les mufcles, Philofophe, les nerfs;
foit dans les
vaiffeaux, 2 les vifcères, leurs
fonctions, & dans les fibres même ! Ces
différences font bien autrement
mées fous les divers climats.
expriCes nuances différenticlles
s bien
théorie aperçues, auroient peut-être donné une
fûre de la Yariation des maladies --- Page 14 ---
x
AVEATISSEMENT,
dans les individus. On auroit pu affeoir,
d'après l'obfervation 3 une méthode
précife pour varier les traitemens.
Pour s'élever au - deffus de la fphère
étroite des obfervations 1 d , un Médecin
éclairé doit remonter jufqu'à la caufe
& immenfe des variétés : , le:
unique
rôle dans
climat ; il joue le plus grand
le phyfique.
d'apprécier tous les
Il conviendroit
d'action du chaud & dufroid chez
degrés
& dans les différens
les divers Peuples,
individus, furla circulation 9 la nutrition;
fécrétions, les excrétions, felon les
les
les fexes, & pendant les
différens âges,
voyages de long cours.
C'eften partie desqualités communes
des climats qu'il faudroit
& particulières
&
faire dériver les maladies générales
Un Praticien éclairé ne
éndémiques.
de foin les
fauroit calculer avec trop.
degrés de froid & de chaud, & les autres
uples,
individus, furla circulation 9 la nutrition;
fécrétions, les excrétions, felon les
les
les fexes, & pendant les
différens âges,
voyages de long cours.
C'eften partie desqualités communes
des climats qu'il faudroit
& particulières
&
faire dériver les maladies générales
Un Praticien éclairé ne
éndémiques.
de foin les
fauroit calculer avec trop.
degrés de froid & de chaud, & les autres --- Page 15 ---
AYERTISSEMENT.
xj
changemens qui arrivent dans l'atmofphère. Cette dernière eft le thermomètre fur lequel il doit tenir éternellementles yeux fixés; le fage,le profond
Hippocrate, fon fidèle difciple Sydenham, & le divin Boërhaave, ne l'ont
jamais perdu de vue.
Ces fortes d'attentions font encore
plus néceffaires dans Univers moderne
que dansl'ancien. Aujourd'huile Commerce a ouvert toutes les barrières du
monde, qui femble s'être étendu à proportion de nos befoins ; &l'on peut dire,
dans un fens propre , que l'homme eft
habitant de l"Univers.
II feroit à fouhaiter, pour la confervation du genre humain, que tous les
Médecins répandus fur la furface de
notre globe; fiffent circuler leurs obfervations : de toutes ces recherches particulières > il réfulteroit un centre de
lumière: --- Page 16 ---
xij AVERTISSEMENT
Ilferoit auffi dela adernireimportance
d'obferver férieufement le
le
diagnoftic &
pronoflic des maladies
de déméler avec jufteffe les endémiques, vraies indications des fauffes; de décider la curation
d'apresl'expérience, & non
des idées
d'après
fyftématiques ; de ne point
foumettre les faits aux principes, mais
d'établir les principes fur les faits.
On devroit fe fouvenir
la fonélion de Socrate que, comme
étoit fur-tout
d'accoucher les efprits, celle d'un
Praticien judicieux eft, fi je puis
m'exprimer de la forte, d'accoucher
la Nature, obfletrix Natura,
Si les Médecins de nos Colonies
modernes avoient pris pour guide la
méthode quej'aîtracée, l'Afrique, l'Alie
& l'Amérique n'auroient
tantde millions
pas englouti
d'hommes qui ont trouvé .
la mort dans des régions où ils cherchoient la fortune: --- Page 17 ---
AFERTISSENENT. xiij
C'eftd'après ces principes déja pofés,
qu'exerçant la Médecine à Saint-Domingue - , j'ai apprécié l'action du climat
fur les Européens pendant le trajet, à
leur arrivée & pendant leur féjour dans
cette Ifle.
J'ai auffi réfléchi férieufement fur la
maladie régnante en cette partie del'Amérique, fur fon commencement, fon
progrès 2 fon caractère commun &
propre.
C'eft pourquoi je me crois autorifé à
prefcrire des règles pour fon traitement,
& un régime propre à s'en préferver.
J'ofe dire que ces règles m'ont été
didtées par l'obfervation, & confirmées
par des fuccès fréquens & foutenus.
J'efpère que cet Ouvrage fera de
quelqu'utilité, non-feulement aux Médecins & aux Colons deflinés
pour
Saint - Domingue, mais encore à tous
les Européens qui paffent dans les
je me crois autorifé à
prefcrire des règles pour fon traitement,
& un régime propre à s'en préferver.
J'ofe dire que ces règles m'ont été
didtées par l'obfervation, & confirmées
par des fuccès fréquens & foutenus.
J'efpère que cet Ouvrage fera de
quelqu'utilité, non-feulement aux Médecins & aux Colons deflinés
pour
Saint - Domingue, mais encore à tous
les Européens qui paffent dans les --- Page 18 ---
xiy AVERTISSEMENT
pays chauds; il nes'agit que de modifier
l'application de mes principes.
L'Europe pourra bannir d'avance fes
vaines terreurs pour les tranfmigrations
lointaines: outre que les Iffles qui étoient
mal - faines dans les
ont comme
commencemens >
changé de nature par les
exploitations immenfes
dans les
qu'on y a faites
forêts, & que la main Divine
a placé les remèdes à côté du
y
mal,
me flatte de montrer dans
je
ce petit Traité,
que f'homme eft de s par le
animal flexible,
régime 3 un
3 qui fe plie aifément à
tous les climats.
D'ailleurs, > les maladies
étant une fois bien
endémiques
connues &- bien
traitées, elles ceffent d'être abfolument
dangereufes. On peut dire que les contrées quife rapprochent de
bien moins
laLigne, font
de maladies redoutables par ces fortes
que par
de
ceux
l'inexpérience
qui n'y ont point pratiqué la
Médecine, --- Page 19 ---
ATERTIS#ENENT.
xp
Je me croirois trop récompenfé de
mon travail, fi j'avois réuffi à répandre
du jour fur une matière, qui jufqu'ici
a été enveloppée de ténèbres, & à fubftituer une théorie & une pratique éclairée
à une routine aveugle. C'eft bien mériter de l'humanité 2 3 que d'écrire pour
la confervation des hommes.
M --- Page 20 ---
xvj
TABL E
eft contenu dans ce
De ce qui
Volume.
Txarri des Fièyres de LINe de Saint.Domingue.
page I
qu'ily auroit de changer
Mémoire fir les avantages
IIO
la nourriture des Gens de mer .
for le Difeours de M. Pringle.. 245
Obfervations,
TRAITÉ --- Page 21 ---
TRAITÉ
DES FIEVRES
DE LISLE
DE S-DOMINGUE
QUAND on fait réflexion
que f'économie
animale fubfifte par le jufte accord des folides
& des fluides, & que le corps humain a fes
poids & fes leviers, on eft forcé de le regarder
comme une machine hydraulique.
Quand On
confidère, 2 de plus, que par fes befoins ou
fes fens, il tient à tous les élémens, à toutes
les productions de la Nature, & que tout
I'Univers femble pefer fur fui, on fent la
nécellitépour un Médecin de connoître l'adlion
des objets extérieurs fur le mécanifme de la
conflitution phyfique de T'homme.
A
on eft forcé de le regarder
comme une machine hydraulique.
Quand On
confidère, 2 de plus, que par fes befoins ou
fes fens, il tient à tous les élémens, à toutes
les productions de la Nature, & que tout
I'Univers femble pefer fur fui, on fent la
nécellitépour un Médecin de connoître l'adlion
des objets extérieurs fur le mécanifme de la
conflitution phyfique de T'homme.
A --- Page 22 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES,
Ieurs
Comme ces objets, & par conféquent dire
varient felon les climats, on peut
adions
forte autant de mondes
qu'il y a en quelque
qu'ils habitent
particuliers pour les hommes,
de régions différentes. fur-tout entr'eux par
Les climats diffèrent
occafionnés
de chaud & de froid,
les degrés
d'eft d'après
par leur fituation topographique: vais diriger mès
ce dernier principe que je
dans le double objet que je me propofe;
vues
de maladies ceux qui
favoir, de préferver
& de les guérir
paffent à Saint-1 Domingue,
dans le cas où ils en feroient attaqués.
fins, il faut appréPour remplir ces deux
fur toute
cier les effets que doit produire
ledegré de chaud quirègne
T'économieanimalel
elle s'étend du 17:
dans l'ile dont il s'agit:
les
e
de latitude; ainfi
grandes
au 20. degré
dilater méceffairement les
chaleurs doivent y
vifcères; l'action du
fibres, les vaiffeaux, Ies
des fibres
coeur & Ia réaélion des extrémités le
donc avoir moins de force ; fang
doivent
de fon réfervoir & y revenir
doit être chaffé
des liqueurs
avec moins de rapidité. L'équilibre Par le même
aura de Ia peine à fe maintenir. --- Page 23 ---
DE SAINT-DONINGUR
principe, les pores de la peau feront plus
ouverts, & par conféquent les tranfpirations
plus abondantes. Le fang & Ia lymphe doivent
être privés de leurs parties les plus fubtiles
& les plus tenues; & par-là même les folides,
étant moins lubréfiés, feront très-fufceptibles
d'érétifime.
Les parois de l'eftomac ayant peu d'élaflicité, & Ie fuc gaftrique ayant plus d'adtion,
il n'y aura que les parties les plus déliées des
alimens qui en feront extraites: par Ieurs faces
prefque infenfibles, elles feront
à s'appliquer fur les fibres & à peu les propres
Le fuc nerveux ne
nourrir.
pourra auffi qu'y avoir
une vivacité extraordinaire. De-là la foibleffe habituelle aux habitans de l'ile; le
repos même les accable : de - là encore leur
extrême fenfibilité caufée par Tépanouiffement
des houpes nerveufes expofées à la moindre
adtion; enfin c'eft dans cette conflitution
qu'il faut chercher la caufe & de l'impérieux
attrait qu'ils ont pour la volupté & de la
violence des autres paffions qui les dominent.
On voit qu'on pourroit juger du caraétère
des Nations par les différens climats. Tant
Aij
le
repos même les accable : de - là encore leur
extrême fenfibilité caufée par Tépanouiffement
des houpes nerveufes expofées à la moindre
adtion; enfin c'eft dans cette conflitution
qu'il faut chercher la caufe & de l'impérieux
attrait qu'ils ont pour la volupté & de la
violence des autres paffions qui les dominent.
On voit qu'on pourroit juger du caraétère
des Nations par les différens climats. Tant
Aij --- Page 24 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
& le moral font
il eft vrai que le phyfique
qui
liés par des noeuds prefque imperceptibles
n'échappent point au Philofophe! feulement fur le corps
Le climat n'agit pas
forte de plante,
de Thomme, qui eft une
fur les
mais. encore. fur des objets extérieurs,
dont il fe nourrit & fur l'air qu'il
mets
refpire.
beauLes alimens ont à Saint-Domingue
effentielle & peu de fucs nourricoup d'huile
à Ia fubtilité du
ciers, ce qui doit ajouter
nuire à la nutrition & augmenter
fuc nerveux,
Térétifme.
refpire ne doit
L'air embrafé qu'on y
du fang
foiblement le paffage
faciliter que
l'air extérieur, par la même
par le poumon;
allez Ia furface
raifon, ne fauroit comprimer fuffifamment les
du corps 2 ni rafraichir
affez
ni les réduire en un
petit
liquides,
raréfaction confidérable
volume; d'oû une
humeurs. Les pardans le fang & les autres
dans
fulfureufes dont l'air eft chargé
ticules
confpirent encore à agacer,
Pile dont ils'agit,
& à les
à irriter les membranes du poumon
faire entrer en érétifme. --- Page 25 ---
DE SAINT-DORINGUL
5.
Les inconvéniens de ce climat font infiniment moins dangereux pour les Naturels du
pays que pour des François accoutumés à un
air tempéré, à des alimens pleins de fucs
nourriciers & à des mouvemens forts &
continus. Quand, par les degrés de latitude,
on mefure le degré du chaud de Ia France,
& qu'on le compare avec celui de l'ile de
Saint-Domingue , on trouve que la chaleur
de celle-ci eft au moins de 2 à 4 *; chaleur
qui paroit d'autant plus exceffive qu'elle eft
prefque continuelle. Qu'on juge, d'après
l'impreffion forte du climat, des rifques
doivent courir des hommes nouvellement que
tranfportés dans cette Colonie. Cette impreffion cependant eft toujours relative à Ia difference de la température du pays où ils vivoient
antérieurement.
II n'eft pas hors de propos d'obferver
que
* On ne veut pas dire par-là que la chaleur de
Saint-Domingue foit pendant toute l'année deux fois
plus forte qu'en France, où l'on obferve que dans
certainsjours de l'été le Thermomètre monte auffi haut
gu'à Saint-Domingue, mais ce n'eft que pour quelques heures ; au lieu que dans cette Ifle les
font continuelles & plus foutenues.
chaleurs y
A iij
vivoient
antérieurement.
II n'eft pas hors de propos d'obferver
que
* On ne veut pas dire par-là que la chaleur de
Saint-Domingue foit pendant toute l'année deux fois
plus forte qu'en France, où l'on obferve que dans
certainsjours de l'été le Thermomètre monte auffi haut
gu'à Saint-Domingue, mais ce n'eft que pour quelques heures ; au lieu que dans cette Ifle les
font continuelles & plus foutenues.
chaleurs y
A iij --- Page 26 ---
TRAITÉ DES FTÈVRES
feroit
à Saint-Domingue
le chaud qui règne
de Ia Nature n'y
fi l'Auteur
infupportable, mais les brifes de PEA & de
avoit pourvu :
le
rOueft, qui foufflent périodiquement abondantes de
matin & le foir, & Ies rofées
Ces
l'ardeur du climat.
Ia nuit tempèrent entraînent elles - mêmes
reffources naturelles
bien des inconvéniens.
attaquées de
J'ai vu plufieurs perfonnes
d'opthalmies confidérables pour
rhumatifmes,
de Thumidité de la
ne s'être pas garanties
paralytiques pour
nuit, & d'autres entièrement
air.
expofées à dormir la nuit en plein
s'être
établis, 1. que chaque
II fuit des principes
& endémiques ;
climat a fes maladies propres eft ici
Que dans celui dont il
queftion,
arrivés font fujets à la fièvre
les nouveaux
d'Hippocrate &
ardente, ou au vrai caufos diffère dans fon
à une fièvre particulière qui fon état & fon
commencement, fon progrès,
communément
déclin, de celles qui règnent
affez
elle fe rapproche néanmoins
en Europe;
être regardée
de Ia fièvre ardente pour pouvoir
de cette maladie.
comme un diminutif
caraétérifent
Les principaux fymptômes qui --- Page 27 ---
SAINT-DAMINGUR
DE
ie véritable caufos (qui n'eft pas une maladie
dans les régions tempérées. de l'Eufréquente
Hippocrate, Galien,
rope) font, d'après
Arétée, Boëthaave, &c. une chaleur prefque
bràlante qu'on fent en touchant le malade:
elle n'eft pas la même dans toutes les parties
du corps; car elle eft exceflive dans les parties
néceffaires à la vie, pendant que la chaleur
eft fouvent modérée & que le
des extrémités
fentir. Dans
froid même sy fait quelquefois
T'air
fort du poumon eft
cette fièvre,
qui
d'une chaleur outrée ; la peau, les narines,
la bouche & la langue font d'une féchereffe
la refpiration eft denfe, difficile &
extrême;
la langue eft sèche, jaune, noire,
prompte;,
bralée & raboteufe. La foif eft inextinguible
& ceffe fouvent tout-à-coup: des douleurs
dans la région du diaphragme & dans celle
des lombes fe font fentir. Les urines font
rouges : on a du dégoût pour les alimens,
des naufées, des vomiffemens, des anxiétés,
des inquiétudes & une laffitude très-grande.
Les malades font attaqués d'une petite toux;
ils ont Ia voix glapifante & aigué. La douleur
de tête eft violente; le délire & la phrénéfie
A iv
des douleurs
dans la région du diaphragme & dans celle
des lombes fe font fentir. Les urines font
rouges : on a du dégoût pour les alimens,
des naufées, des vomiffemens, des anxiétés,
des inquiétudes & une laffitude très-grande.
Les malades font attaqués d'une petite toux;
ils ont Ia voix glapifante & aigué. La douleur
de tête eft violente; le délire & la phrénéfie
A iv --- Page 28 ---
TRAITÉ DES FIEYRES
furviennent fouvent; les yeux font larmoyans s;
des
l'infomnie, les convulfions : & fur-tout
redoublemens de fièvre dans les jours impairs,
achèvent de défigner Ia vraie fèvre ardente.
Ia font reconVoilà les fymptômes qui
& ils font les mêmes à
noître en Europe,
Ssint-Domingue, excepté que la température
du climat les rend encore plus redoutables.
qui font trèsLa plupart de ces fymptômes,
cette fièvre eft une
graves, font préfumer que
laiffe
maladie des plus aigués, & qu'elle ne
Médecins que
de temps pour l'appliaux
peu effet, les malades qui
cation des remèdes: en
périffent affez fouvent avant
en font attaqués
le
& ne paffent jamais
le quatrième jour, la maladie ne fe termine
feptième à moins que
demande donc
favorablement. Cette maladie
connoiffance exaéte des caufes qui Ia proune
& trèsduifent, & des fecours très-prompts
efficaces de Ia part du Médecin: d'où l'on
conclure que cette fièvre qui attaque
peut
tranfplantés dans les climats
les Européens
mérite, à caufe de
chauds de l'Amérique,
l'accoml'extrême violence des fymptômes qui
& dans
pagnent, 2 une attention particulière --- Page 29 ---
DE SAINTNDONINGUE.
le choix des moyens de guérir & dans le
temps de les employer.
Tous les Auteurs anciens & modernes : reconcaufesde la fièvre ardente le trop
noiffent pour
travail, les Iongs voyages d , Ia chaleur du
grand
tempsfupportée, T'ufage
foleil,lafoiftroplong
des remèdes & des alimens échauffans, celui
& des aromates, les
des liqueurs fpiritueufes
veilles, l'acte vénérien trop fouvent répété,
la fatigue immodérée, &c. fur-tout lorfque
c'eft en été que ces caufes agiffent.
Ce font - là, il eft vrai, les caufes qui
donnent lieu à la fèvre ardente en Europe;
les Européens y font
mais à Saint-Domingue
fouvent Ies
furpris de cette maladie fans que
caufes dont nous venons de parler y entrent
rien. I ne faut 'cependant pas penfer,
pour
Arétée,
d'après cela, qu'Hippocrate, 2 Galien,
Boèrhaave, Fracaffini & les autres Auteurs,
fe foient trompés dans l'expofition des caufes
de la fièvre ardente; iI n'y en a réellement pas
d'autres
celles qu'ils ont reconnues, & Ia
que
à la fièvre ardente
difpofition prochaine qu'ont
à S."
ne fait que
ceux qui paffent
Domingue,
démontrer combien ces Auteurs ont examiné
ate, 2 Galien,
Boèrhaave, Fracaffini & les autres Auteurs,
fe foient trompés dans l'expofition des caufes
de la fièvre ardente; iI n'y en a réellement pas
d'autres
celles qu'ils ont reconnues, & Ia
que
à la fièvre ardente
difpofition prochaine qu'ont
à S."
ne fait que
ceux qui paffent
Domingue,
démontrer combien ces Auteurs ont examiné --- Page 30 ---
IO
TRAITÉ DES FIÈYRES
de près cette maladie & fes caufes. En
la chaleur du climat de
effet,
elle feule ce
le Saint-Domingue fait
que
trop grand travail, les
fatigues immodérées, l'expofition à la chaleur
du foleil dans l'été, l'aéte vénérien
&c. font en
répété,
Europe; je veux dire que les
/ nouveaux habitans de cette Ifle, à caufe de la
chaleur de l'air, font dans la difpofition
chaine àla fièvre ardente,
procomme ceux
en France s'adonneroient à des exercices qui
violens & trop long-temps foutenus, trop
roient de longs
dans
qui fevoyages
cette. faifon, &c.
Il convient d'obferver que fi les Européens
tranfportés à Saint-Domingue, font affez imprudens & affez téméraires
à l'action des caufes
pour s'expofer
qui produifent la fièvre
ardente en Europe, ils feront prefque farement attaqués de cette cruelle maladie. J'expoferai dans ce petit Traité les principaux
moyens de s'en préferver, & j'indiquerai la
manière de la traiter, & de dérober à la mort
cette foule d'Européens qui en étoient les
victimes. Heureux fi je puis éclairer & guider
la pratique de ceux qui fe deftinent par état
au foulagement de fHumanité! mais avant --- Page 31 ---
DE SAX7-DeNIRGEE
II
d'entrer dans le détail des
moyens auxquels
on peut recourir pour préferver de cette
maladie ceux qui pafferont par la fuite à SaintDomingue, & avant de prefcrire les remèdes
qu'il faut employer dans le traitement,
minerai les effets de l'air fur
j'exas
& le défordre qui doit fe faire nos liquides,
dans l'économie animale, lorfqu'on paffe d'un air tempéré dans un air plus chaud; & cela afin de
découvrir la part que la chaleur du climat
peut avoir dans la produdlion de l'efpèce de
fièvre ardente qui attaque fouvent ceux
arrivent nouvellement à
qui
Saint.Domingue.
L'Auteur de la Nature s'eft fervi
notre confervation d'une manière
pour
& de l'air extérieur
admirable,
de
qui nous enveloppe, &
celui qui entre dans nds poumons. Le
premier & le fecond tendent à produire le
méme effet. L'air eft particulièrement defliné
à rafraichir les liquides, &
folides;
par conféquent les
fi
lerafraichilfement des liquides tient de
près à notre exiftence,
rions
que nous ne pourpas fubfifter long-temps, fi nos liqueurs
n'étoient pas continuellement rafraichies dans
la méme proportion
qu'elles s'échauffent par
poumons. Le
premier & le fecond tendent à produire le
méme effet. L'air eft particulièrement defliné
à rafraichir les liquides, &
folides;
par conféquent les
fi
lerafraichilfement des liquides tient de
près à notre exiftence,
rions
que nous ne pourpas fubfifter long-temps, fi nos liqueurs
n'étoient pas continuellement rafraichies dans
la méme proportion
qu'elles s'échauffent par --- Page 32 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
la circulation. Pour remonter
je confidérerai le fang
aux principes,
partant du ventricule
gauche, & j'examinerai les différentes
fications qu'il
modiéprouve avant d'être rendu au
même ventricule.
Le fang fort du ventricule
coeur; il parcourt les aortes & gauche du
diftributions: les
toutes leurs
contractions
a à effuier pendant fon
multipliées qu'il
cours de circulation,
l'échauffent
néceffairement: fa chaleur
mentée le raréfie, & lui fait prendre
augvolume, de forte
les
plus de
que
vaiffeaux artériels
qui le reçoivent, doivent croître
depuis le coeur
en diamètre
jufqu'à leurs divifions;
dire que la fomme du diamètre
je veux
artères
de toutes les
qui partent des aortes & de leurs divifions, doit étre plus grande que le diamètre
delagrofe aorte qui fort du ventricule
Cela eft hors de doute, &
gauche.
tout le monde
en convient. Le fang étant
mités des artères, s'il
parvenu aux extrédans les vaiffeaux
continuoit à s'échauffer
bientôt
qu'il parcourt, nous ferions
détruits; mais la Nature y a
:
le fang eft repris par les veines
pourvu
que les artères,
plus nombreufes
parce qu'elles reçoivent un --- Page 33 ---
DE SAIXT-DONINGPE
fang plus raréfié, qui occupe plus d'efpace :
les veines rampent en grande partie fous les
tégumens ; l'air extérieur qui nous environne,
infiniment plus froid que nos liqueurs, les
frappe prefque immédiatement. Par ce moyen,
le fang qui les parcourt, commence à perdre
de la chaleur acquife dans fa circulation; mais
ce n'eft que dans le poumon que le rafraichiffement fi néceffaire à nos liqueurs pour
que la circulation fe répète fans défordre, eft
achevé, & cela eft fi néceffaire, que fi le
rafraichiffement des liqueurss'opéroit en entier
par l'air extérieur qui nous environne, nous
ferions très-expofés à périr : en effet, l'air
extérieur peut d'autant moins opérer lui feul
le rafiaichiffement des liqueurs, que fi dans
un temps froid, les liqueurs perdoient par
l'action de l'air qui nous environne, la chaleur
qu'elles ont acquife dans leur circulation, il
faudroit, pour que l'animal fubfiftat longtemps, > que ce degré de froid ne variât point :
car s'il augmentoit, les liqueurs fe coaguleroient; & s'il diminuoit, les liqueurs fe raréfieroient au point que la circulation ne fe
feroit pas librement : c'eft pourquoi l'Auteur
, que fi dans
un temps froid, les liqueurs perdoient par
l'action de l'air qui nous environne, la chaleur
qu'elles ont acquife dans leur circulation, il
faudroit, pour que l'animal fubfiftat longtemps, > que ce degré de froid ne variât point :
car s'il augmentoit, les liqueurs fe coaguleroient; & s'il diminuoit, les liqueurs fe raréfieroient au point que la circulation ne fe
feroit pas librement : c'eft pourquoi l'Auteur --- Page 34 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
s'eft fervi d'un medium, le
de la Nature
tantôt moins
poumon, & il a tantôt plus,
felon que l'air qui agit fur Ia furface
à faire,
eft plus ou moins froid, &
de nos corps,
font plus ou moins violens.
que nos exercices
le froid eft grand, &
Par exemple, lorfque
fommes dans un état de tranquillité,
que nous
eft
inutile, & les
la refpiration nous
prefque
les
font fort petites & fort Ientes;
infpirations
ne fe dilatent que trèsvéficules pulmonaires
& par ce moyen, les vaiffeaux pulmopeu,
fur les parois de ces véfinaires qui rampent
furface à
cules, ne préfentent qu'une petite
dans
l'air. De-là le fang eft moins rafraichi
parce que, dans cette circonftance,
lepoumon,
la fraicheur T,
l'air extérieur avoit opéré par
partie du rafraichiffement
la plus grande
du fang.
l'air qui nous
Le contraire arrive lorfque
environne eft chaud, ou lorfque nous faifons
d'exercice; le fang ne perdant dans
beaucoup
les veines de la fuperficie du corps que peu
relativement à celle qu'il avoit
de chaleur,
le
acquife dans fon çours de circulation,
à faire pour que le fang
poumon a beaucoup --- Page 35 ---
DE SAIRT-DONINGUE
15,
qui parcourt ce vifcère ne foit tranfmis au
ventricule gauche qu'avec le même degré
de chaleur qu'il avoit lorfqu'il en eft forti;
anffi dans ces cas les infpirations font grandes
& fréquentes, les véficules pulmonaires fe
dilatent autant qu'il eft poffible, & elles font,
par leur dilatation, que les divifions des
vaiffeaux pulmonaires préfentent une trèsgrande furface à l'air qui entre dans les
poumons, & qui, ayant toujours, par rapport
au fang, une fraîcheur relative affez grande,
parvient à le rafraîchir efficacement dans les
diftributions des vaiffeaux pulmonaires ; de
forte qu'on peut dire ici que ce qui n'a pas
été fait par I l'air extérieur s'exécute par le
moyen de celui qui entre dans les poumons.
Le ventricule droit du coeur, plus grand
que le gauche, la fruéture du poumon, les
véficules qui entrent dans fa compofition, les
artères pulmonaires, plus grandes & plus nombreufes que les veines, (ce qui ne fe rencontre
que dans le poumon) les divifions infiniment
muitipliées des vaiffeaux pulmonaires, & leur
diftribution fur les véficules, tout enfin nous
annonce que le fang eft rafraichi dans le
qui entre dans les poumons.
Le ventricule droit du coeur, plus grand
que le gauche, la fruéture du poumon, les
véficules qui entrent dans fa compofition, les
artères pulmonaires, plus grandes & plus nombreufes que les veines, (ce qui ne fe rencontre
que dans le poumon) les divifions infiniment
muitipliées des vaiffeaux pulmonaires, & leur
diftribution fur les véficules, tout enfin nous
annonce que le fang eft rafraichi dans le --- Page 36 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
effet, lorfque l'air remplit les
poumon: : en
les diftributions multivéficules pulmonaires,
fur Ieurs
pliées des vaiffeaux qui rampent
font ifolées pour lors, & préfentent
parois
furface fi multipliée, que le fang
à l'air une
rafraichi
qu'elles contiennent ne peut qu'être f'air dans le
inflantanée de
par la préfence
rafraichi doit néceffaipoumon. Ce liquide d'efpace, & c'eft pourrement occuper moins
les veines pulmonaires font plus petites
quoi
&
le ventricule gauche
que les artères,
que
droit; c'eft
eft moins grand que le ventricule
auffi
cela que le fang eft plus rouge
pour vermeil dans les veines pulmonaires
& plus les artères; mais ce n'eft pas ici le
que dans
comment T'air, en rafrailieu d'expliquer lui reftitue Ia couleur rouge
chiffantle fang, ,
qu'il avoit perdue dans fa circulation.
donc conclure de ce qui vient
L'on peut
fommes
dans
d'être dit que nous ne
plongés contil'air qu'afin que nos liqueurs foient
nuellement rafraichies à proportion qu'elles
s'échaufient dans nos vaiffeaux, - & que le
rafraîchiffement du fang commence à s'opérer
dans les veines & s'achève dans le poumon;
de --- Page 37 ---
DE SAINT-DONINGEE
de forte qu'on peut dire, que, dans l'état
naturel & de fanté, le fang qui fort du
ventricule gauche, après avoir paffé dans
toutes les diftributions des artères & des
veines, & avoir été expofé à l'action de l'air
froid dans le poumon 3 eft rendu à ce méme
ventricule avec le degré de chaleur qu'il avoit
lorfqu'il en eft forti.
Cela s'exécute tant que nous ne faifons
que des exercices modérés, & que par la température du climat dans lequel nous fommes,
l'air extérieur qui nous environne & celui
nous refpirons peuvent faire
que
perdre au fang
qui circule dans nos vaiffeaux autant de chaleur qu'il en avoit acquis dans fa circulation;
mais lorfque nos exercices font trop violens,
ou lorfque l'air dans lequel nous fommes
plongés & celui qui entre dans nos
ne peuvent ( lors même
les poumons, >
que
infpirations
font auffi grandes & auffi fréquentes qu'elles
fauroient l'être ) opérer en entier le rafraichiffement du fang, que de troubles,
de défordres ne doit-il
que
pas fe paffer dans
l'économie animale ! En effet, le fang qui
revient de toutes les parties du corps par les
B
ou lorfque l'air dans lequel nous fommes
plongés & celui qui entre dans nos
ne peuvent ( lors même
les poumons, >
que
infpirations
font auffi grandes & auffi fréquentes qu'elles
fauroient l'être ) opérer en entier le rafraichiffement du fang, que de troubles,
de défordres ne doit-il
que
pas fe paffer dans
l'économie animale ! En effet, le fang qui
revient de toutes les parties du corps par les
B --- Page 38 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
au ventricule droit,
veines & qui eft porté
rafraichi dans le
fufffamment
n'étant pas
réduit à un affez
poumon 2 ne fe trouve pas paffer en entier
petit volume pour qu'il puiffe
gauche; de
ventricule au ventricule
de ce
contraction le ventricule
façon qu'à chaque
fe trouveront
droit & les artères pulmonaires
n'aura
de Ia portion du fang qui
furchargés
faute d'être rafraichie, & qui,
pas pu paffer
foit, engagera très-promppour petite qu'elle
droit & fur-tout les
tement le ventricule
artères pulmonaires.
difficile
Alors Ia refpiration fera prompte,
les
denfe, & fera la même que celle que
&
décrite fous le nom de re/piratio
Auteurs ont ér cita; mais ce ne font pas
denfa, anhelofa
La portion du fang
Tà tous les défordres.
dans le
du ventricule gauche
qui aura paffé droit, &x qui ( foit par l'action
ventricule
foit par l'action de celui
de l'air extérieur,
dans les véficules pulqui aura été introduit fufffamment rafraimonaires) n'aura pas été
gauche
chie pour être tranfmife au ventricule qu'elle en
dans le même degré de fraicheur
étoit fortie lors de fa circulation antérieure, --- Page 39 ---
DE SAINT-DONINGUE
portera plus de chaleur qu'auparavant dans les
parties où elle fera diftribuée. Cette chaleur
augmentera encore dansia circulation fuivante,
parce que l'air extérieur & celui qui eft infpiré
étant toujours infuffifans pour faire
fang fa chaleur acquife, il fera perdre au
plus chaud
dans la deuxième circulation que dans Ia
mière, & ainfi de fuite. Par ce
prechaleur
moyen, la
pourra augmenter au point que la
peau deviendra brélante & que l'air qui fortira
du poumon fera d'une chaleur outrée.
On voit déjà par les défordres dont
viens de parler ( & qui font ceux qui doivent je
fe paffer loriqu'on s'adonne à des exercices
trop violens ou qu'on eft expofé à un air
trop chaud) que les liqueurs doivent tendre
à l'alkalefcence & à la pourriture; mais dans
le temps même que tous ces défordres fe
paffent, le fang doit, par une fuite néceffaire,
demeurer plus de temps à faire fon tour de
circulation, & être expofé à un plus grand
nombre de contractions du coeur & des vaiffeaux que dans l'état naturel: en effet, le
fang n'étant pas fuffifamment rafraichi
pour
paffer en entier du ventricule droit dans le
B ij
à l'alkalefcence & à la pourriture; mais dans
le temps même que tous ces défordres fe
paffent, le fang doit, par une fuite néceffaire,
demeurer plus de temps à faire fon tour de
circulation, & être expofé à un plus grand
nombre de contractions du coeur & des vaiffeaux que dans l'état naturel: en effet, le
fang n'étant pas fuffifamment rafraichi
pour
paffer en entier du ventricule droit dans le
B ij --- Page 40 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
ventricule fe
ventricule gauche €, ce premier
engorgé;
néceffairement
trouve par ce moyen
s'en reffentir, &, à
les veines caves doivent
rendent;
toutes les veines quis'y
la longue, les artères éprouvent une cerde forte que
dans les veines.
taine réfiflance à fe dégorger doivent dans ce
Les veines-caves elles-mémes
difficulté
tranfmettre qu'avec une
cas ne
portent à T'oreillette
extrême le fang qu'elles
malgré les
droite du coeur, ce qui fait que, des artères,
du coeur &
contalionmuliplicesd
gauche, d'oà il
il ne revient au ventricule de temps plus
étoit forti, qu'après un efpace Je n'entends
dans létat de fanté.
long que
dire que les liquides foient
cependant pas mouvement: : je penfe feuledans un moindre
d'un endroit à un autre
ment que leur paffage T'ordinaire, mais que
eft moins prompt qu'à
eft
de trufion qu'ils éprouvent
le mouvement
De-là plufieurs caufes
beaucoup plus grand.
de la décomde la raréfaction des liqueurs,
& de l'altération qu'elles éprouvent.
pofition
admis deux caufes propres
Quoique j'aie défordres dans l'économie
à produire tous ces chaleur de l'air & les
animale : favoir, la --- Page 41 ---
DE SAINT-DONINGUE 21
exercices violens; l'Auteur de Ia Nature a
veillé. à notre confervation de la part des
exercices. La laffitude & la fatigue qui en
réfultent & qui font une fuite néceffaire &
de l'épuifement des efprits animaux & de Ia
raréfaction des liqueurs qui compriment les
nerfs, empéchent les hommes, malgré eux,
de pouffer les exercices affez loin pour leur
être ordinairement nuifibles. D'ailleurs les
élémens même font néceffités à concourir à.
notre confervation dans cette circonftance. La
fraîcheur de l'air, relativement à nous,' croit
à proportion de nos exercices; car, lorfque
nous courons, nous échauffons fucceffivement un nombre confidérable de maffes d'air
qui nous rafraichiffent & que nous n'aurions
pas échauffées fi nous étions demeurés tranquilles, parce que cela feroit inutile
lors. Nous ne
pour
pouvons pas non plus faire
aucun mouvement qui.augmente notre chaleur, fans que nous ne renouvelions continuellement l'air qui nous environne, ce
fait que les exercices confidérables 2
qui
font rarement nuifibles, fi on les fait dans un air froid
ou tempéré; mais dans les temps de grande
B iij
iffent & que nous n'aurions
pas échauffées fi nous étions demeurés tranquilles, parce que cela feroit inutile
lors. Nous ne
pour
pouvons pas non plus faire
aucun mouvement qui.augmente notre chaleur, fans que nous ne renouvelions continuellement l'air qui nous environne, ce
fait que les exercices confidérables 2
qui
font rarement nuifibles, fi on les fait dans un air froid
ou tempéré; mais dans les temps de grande
B iij --- Page 42 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
voit affez fouvent périr des perchaleur, on
forcent T'exercice, comme
fonnes lorfqu'elles
le concours de
les Coureurs, &c. parce que
ref-
& de celui qu'ils
l'air qui les environne
faifon
fuffifant dans cette
pour
pirent n'eft pas
confidérableempécher que le fang n'engorge oreillettes du
droit, les
ment le ventricule
&
la
même côté & les veines - caves,
que
& fa trop grande
raréfaction de ce liquide
ou les
affluence vers ces parties ne faffe rompre
l'oreillette droite, ainfi qu'on
veines-caves, ou moins f une mort fubite ne
T'a vu arriver. Du
forcent les exercices dans
fait pas périr ceuxqui & à l'ardeur du foleil, ils
les grandes chaleurs
d'une fièvre ardente
font fouvent attaqués
& de laquelle ils
qui leur laiffe peu de répit,
périffent en peu de jours.
l'action
Si PAuteur de Ia Nature a néceffité
lors
des élémens pour notre confervation, il nous a
des exercices & du travail auxquels l'aétion
affujettis, il n'a pas de même néceffité
des hommes
des élémens pour Ia confervation lefquels ils
paffent dans des climats pour
qui
nés. L'air dans ces climats agit
ne font pas
les Ioix générales- de
fur nos corps fuivant- --- Page 43 ---
DE SAINT-DemiNcur
T'Univers, & ne changera pas, fans
fa façon d'agir pour des étres
doute, s
qui lui font
étrangers: ces régions ont des
des
animaux & des plantes
hommes,
confervation & la
pour l'exiflence, la
les
propagation defquels il faut
que
qualités de l'air foient telles
qu'il a.
que celles
D'oà l'on peut conclure que, la
ne faifant rien ou
Nature
hommes
prefque rien pour les
qui paffent d'un climat
dans
un pays tres-chaud,1 l'Art doit avoir tempéré
à faire pour militer contre les
beaucoup
élémens &
préferver) les hommesdes effets
pour
mêmes élémens; mais, ficeft à pernicieuxdeces PArt
néceffairement
qu'il faut
des
recourir pour la confervation
hommes tranfplantés dans nos
combien n'eft-il
Colonies,
connoiffe
pas important que le Médecin
la véritable aclion de l'air fur les
fluides & fur les folides du
comment &
corps humain,
&
pourquoi il produit des défordres,
quels font ceux auxquels il
lieu lorfqu'on
peut donner
paffe d'un air
dans
air plus chaud?
tempéré
un
Tout ce que j'ai dit jufqu'tci eft
conduire à cette connoiffance. fi
pour
effentielle &
B iy
-il
Colonies,
connoiffe
pas important que le Médecin
la véritable aclion de l'air fur les
fluides & fur les folides du
comment &
corps humain,
&
pourquoi il produit des défordres,
quels font ceux auxquels il
lieu lorfqu'on
peut donner
paffe d'un air
dans
air plus chaud?
tempéré
un
Tout ce que j'ai dit jufqu'tci eft
conduire à cette connoiffance. fi
pour
effentielle &
B iy --- Page 44 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
faire fentir l'utilité; mais auffi peutpour en
Médecin rempli de ces conon affurer qu'un étudie la Nature &x qui fait
noiffances, qui
de maladies,
ja matière Médicale, préfervera
fimples & aifées, une
par des précautions
aftreindre.
partie de ceux qui voudront s'y
la
J'ofe plus dire, c'eft qu'il confervera
feront attaqués des nialaplupart de ceux qui
connoiffant
dies les plus aigués, parce qu'en de l'air & le
exaétement leurs caufes, l'adtion
Ia chaleur du climat dans les
rôle que joue
conformément
maladies, il n'agira jamais que
elleindications de Ia maladie prife en
aux
qui T'accompagnent,
même, des fymptômes
éloide la caufe qui Y'entretient & des caufes
lui ont donné Iieu. II ne fera donc
gnées qui
ont
comme nombre de ceux qui jufqu'ici
pas
des hommes à
eu foin de la confervation
Saint-Domingue, (f on en excepte quelques
ont
de la célébrité )
Médecins qui y
acquis
maladie, ni
fans connoiffance ni de la
qui,
concourent fouvent à
de fa caufe phyfique,
la perte des malades par des remèdes employés
mal-à-propos & à contre-temps.
Trois ans de féjour dans cette ile m'ont --- Page 45 ---
DE SAINT-DoN. I N GUE.
mis dans le Cas d'examiner
traitement des maladies
combien peu le
y eft
&
combien peu la plupart de ceux méthodique,
quiles traitent
font en état de connoître & de
les caufes qui les produifent. Une combattre
quelquefois bonne, mais fouvent pratique,
leur tient lieu de tout. Les fuccès meurtrière,
conftans
que j'ai eus en traitant, fuivant les loix
la faine Médecine, les malades
de
tombés entre les mains,
qui me font
& les obfervations
particulières que j'ai faites fur les maladies de
ce pays, ne me laiffent nullement douter
la Médecine ne puiffe y être faite avec beau- que
coup de fuccès, lorfqu'elle y fera exercée
par un Médecin intelligent & verfé dans
toutes les connoiffances
que cette Science
exige.
Après avoir expofé en précis les effets
l'air produit fur les fluides & fur les
que
du corps humain, les défordres
folides
dans l'économie
qui fe, paffent
des
animale, lorfque nous failons
exercicés trop violens & que nous
d'un air tempéré dans un air fort
paffons
faut,
faire
chaud, il
pour
aux maladies dont font attaqués les nouveaux venus à
Saint-Domingue,
Science
exige.
Après avoir expofé en précis les effets
l'air produit fur les fluides & fur les
que
du corps humain, les défordres
folides
dans l'économie
qui fe, paffent
des
animale, lorfque nous failons
exercicés trop violens & que nous
d'un air tempéré dans un air fort
paffons
faut,
faire
chaud, il
pour
aux maladies dont font attaqués les nouveaux venus à
Saint-Domingue, --- Page 46 ---
TRAITÉ DES FIÈVR ES
des principes que nous
une application jufte
examiner:
avons pofés,
chaleur du climat doit pro1. Ce que la
nouvellement tranfduire fur ceux qui font
fi les accidens
dans cette ile, & voir
plantés
ils font fujets dans
& les maladies auxquels
de Ieur arrivée, peuvent
les premiers temps fondement à la température
être attribués avec
de l'air:
fur les autres caufes qui
2.9 Réfléchir
aux maladonner lieu ou concourir
peuvent
dies dont ils font attaqués:
Indiquer les précautions à prendre
3."
d'après une connoiffance
pour s'en garantir ,
:
fare des caufes qui les produifent métho4" Expofer Ia manière de traiter
maladies de ce
diquement les deux principales
relativement à l'efpèce
pays : & cela toujours
à la violence des
de maladie, à Ia nature,
& à la caufe
fymptômes qui F'accompagnent
connue de cette même maladie.
La chaleur qui règne à Saint-Domingue
étant à celle qui règne en France comme
examinons naturellement l'état
4 font à 2,
font
dans lequel doivent fe trouver ceux qui --- Page 47 ---
DE SAINT-DSNIRCUE
27,
tranfportés de France dans cette ile. Nos
liqueurs s'échauffent plus ou moins dans leur
circulation à raifon des particules
moins maffives qui les
plus ou
conflituent, & l'air
qui nous environne les
leur
rafraichit à raifon - de
fraîcheur relative plus ou moins
Or en France on fait ufage de fubftances grande,
chargées de fucs nourriciers & qui contiennent
beaucoup de particules maflives
à oppofer aux folides une réaction tres-propres
qui fait
naître une chaleur
chiffement
proportionnée au rafraique porte dans nos liqueurs l'air
ambiant & l'air refpiré. Ce qui arrive
les François en Europe fe paffe à Saint- pour
Domingue à l'égard de ceux qui l'habitent
depuis long-temps. Par la nature des alimens
dont on ufe dans cette ile, par la
quantité
qu'on en prend & par la diminution de
laction organique des fibres & des
les liqueurs ne s'échauffent
vaiffeaux,
que dans la même
proportion qu'elles peuvent être rafraichies;
de forte qu'on peut dire que dans
pays le fang des hommes
chaque
qui les
qui y font nés &
habitent, n'eft fufceptible de
de chaleur dans fon
prendre
cours de circulation,
la nature des alimens
dont on ufe dans cette ile, par la
quantité
qu'on en prend & par la diminution de
laction organique des fibres & des
les liqueurs ne s'échauffent
vaiffeaux,
que dans la même
proportion qu'elles peuvent être rafraichies;
de forte qu'on peut dire que dans
pays le fang des hommes
chaque
qui les
qui y font nés &
habitent, n'eft fufceptible de
de chaleur dans fon
prendre
cours de circulation, --- Page 48 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
qu'autant que l'air extérieur qui les
& qu'ils refpirent peut lui en faire enveloppe
du moins lorfqu'ils ufent des alimens perdre,
au pays.
propres
Mais, avant de jouir des prérogatives
la Nature accorde aux anciens
que
avant que les folides & les fluides habitans, &
de ceux
qui paffent dans un autre climat aient
des changemens qui les rendent tels éprouvé
doivent être
qu'ils
pour que l'action de l'air ne
faffe que maintenir un jufte équilibre
les folides & les fluides, ils
entre
à
ont des dangers
courir; & c'eft pour en faire connoître la
caufe, pour les rendre moindres,
prévenir, & pour les combattre
pour les
pris un Ouvrage qui m'a
quej'ai entreconfervation des
paru utile pour la
hommes qu'on enverra ou
qui iront à Saint-Domingue.
Lorfqu'une perfonne qui a abandonné un
climat tempéré eft arrivée dans cette ile, l'air
extérieur & l'air intérieur
fraîcheur
n'ayant pas affez de
relative pour rafraîchir fes liquides
qui circulent dans fes vaiffeaux, &
les
réduire au même volume
pour
le
qu'tls avoient dans
temps que cette perfonne vivoit dans un --- Page 49 ---
DE
air
RAINT-DeWINCOE
plus froid, les liquides doivent
rement fe raréfier & produire
néceflaiune compreffion
par ce moyen
fur les nerfs
générale plus ou moins forte
& fur les fibres
de-là une laflitude
mufculaires ;
L'air
plus ou moins grande.
chiffement quienvironne faifant peu pour le rafrai.
du fang, celui qui entre dans le
poumon a beaucoup à faire; les
par conféquent, doivent être infpirations,
& plus fréquentes
ff
plus grandes
que on les faifoit
un air tempéré; mais,
dans
comme elles ne font
pas toujours ce qu'il faudroit
temps même du
faire, dans le
fouvent
repos, 3 la refpiration eft
difficile, & elle doit l'être
davantage pour peu qu'on faffe
encore
L'air ambiant & celui
d'exercice.
rafraichiffant
qui eft infpiré ne
fant
pas affez le fang & ne le réduipas en affez petit volume
celui qui fort du ventricule pour que tout
chaque
droit puiffe, à
contraction, paffer daas le ventricule
gauche, il fe fera
dans les artères
peu-à-peu un engorgement
pulmonaires, dans le ventricule
droit, dans les veines-caves &
dans les veines de toutes les fuccelfivemnent
II naîtra de-là
parties du corps.
une elpèce d'étouffement, des
as en affez petit volume
celui qui fort du ventricule pour que tout
chaque
droit puiffe, à
contraction, paffer daas le ventricule
gauche, il fe fera
dans les artères
peu-à-peu un engorgement
pulmonaires, dans le ventricule
droit, dans les veines-caves &
dans les veines de toutes les fuccelfivemnent
II naîtra de-là
parties du corps.
une elpèce d'étouffement, des --- Page 50 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
abattement extrême, &c.
anxiétés, 9 un
être
Mais le défordre peut encore
pouffé
loin; le ventricule droit ne fe dégorgeant
plus
entier dans les artères pulmonaires,
pas en
j'ai dites, les veines-caves
par les raifons que
doivent, faute de fe
fupérieure & inférieure
être très-diftendues, de même que
dégorger,
aboutiffent: par contoutes Ies veines qui y
&
féquent les jugulaires internes & externes
toutes les branches veineufes qui concourent
former, feront dans un état de dilataà les
les artères carotides ne pouvant pas
tion;
librement à caufe de
non plus fe dégorger
de Ia part des
la réfiflance qu'elles éprouvent
elles s'engorgeront auffi,
veines trop remplies,
fe communiquera jufqu'au
& cet engorgement
plus
dont les contractions
ventricule gauche,
la chaleur
fréquentes augmenteront encore
De ce défordre dans la circudes liquides. réfultera des maux de tête violens,
lation, il
&c. Le même
le délire, la frénéfie, le coma,
défordre fe paffera du côté de la veine-cave
inférieure & des veines qui y aboutiffent,
elles feront toutes très - diftendues ; les
les veines gaflriques,
veines diaphragmatiques, --- Page 51 ---
DE SAINT-DORINGUE
hépatiques, la veine-porte, &c.
3r
ne fe
geant pas avec facilité, elles fouffriront dégordiftenfion qui produira des accidens
une
des naufées, des douleurs dans la diférens,
diaphragme, du foie, & dans région du
lombaires.
les régions
La raréfaction des liquides étant
portée à un certain point, les
même
ront fe rompre, & donner lieu à veines des pourragies quelquefois mortelles &
hémorfalutaires. On juge bien que dans quelquefois
les liqueurs étant très-raréfiées,
cet état
n'étant
& leur chaleur
pas modérée
liqueurs
fuffamment, ces mémes
acquerront de T'acrimonie,
à fe décompofer & à tomber
tendront
& en pourriture:
en alkalefcence
pour lors, le
veux entrera en érétifme; il fyftème nerdans prefque tous les
y aura pafme
tion, pour ainfi dire, couloirs, plus de fécréinflammation
défordres fans nombre,
générale, chaleur acrimonieufe,
excellive, &c. le fang méme
contractions
malgré les
n'aura
multipliées du coeur & des artères,
qu'un mouvement progreflif fort lent,
pendant que fon mouvement de trufion
tres-.confidérable. II ne
fera
pourra pas en effet
ème nerdans prefque tous les
y aura pafme
tion, pour ainfi dire, couloirs, plus de fécréinflammation
défordres fans nombre,
générale, chaleur acrimonieufe,
excellive, &c. le fang méme
contractions
malgré les
n'aura
multipliées du coeur & des artères,
qu'un mouvement progreflif fort lent,
pendant que fon mouvement de trufion
tres-.confidérable. II ne
fera
pourra pas en effet --- Page 52 ---
32 TRAITÉ DES FIÈYRES
avoir, dans ce cas, un mouvement de
greffion fort rapide, puifque toutes les veines pro-
& le ventricule droit, ne fe dégorgent
qu'avec
une difficulté prefque infurmontable. Toutes
les humeurs étant confondues & mélées
la maffe rouge du fang, elles enfileront avec.
rarement feules les couloirs par où elles doivent
fe filtrer. Voilà ce à quoi on eft expofé
quand on paffe d'un air froid ou tempéré
dans un air très-chaud.
Lorfque les défordres qui fe paffent dans
l'économie animale font tels que ceux
je viens de décrire, on eft fârement dans que le
plus mauvais état poffible, & il eft à préfumer
que fi tout ce qui a été expofé ci-devant
s'opéroit dans un efpace de temps fort court,
on feroit attaqué d'une maladie qui l'emporteroit fur la fièvre ardente ordinaire. Cette
fièvre peut cependant être envifagée fous
ce point de vue, s & les feuls effets d'un
climat trop chaud peuvent la produire, ou du
moins doivent-ils fouvent donner lieu à une
maladie moindre qui reconnoît fes mémes
caufes & qui peut étre regardée comme
diminutif de la fièvre ardente. S'il
un
y a des
perfonnes --- Page 53 ---
DE 34INT-DONINGUE
perfonnes fur lefquelles les effets d'un air
trop chaud, paroiffent ne produire aucun
défordre remarquable, il ne faut
cela les perdre de vue, & on
les pas pour
peut regarder
comme dans une difpofition prochaine à la
fièvre ardente. On doit même fe méfier
elles de toutes les caufes qui donnent pour
à cette maladie en Europe, tels font les lieu
cices
exertrop long-temps foutenus, la courfe,
les excès de
liqueurs 2 l'adle vénérien répété
trop fouvent, les veilles, l'expofition à l'ardeur du foleil.
C'eft gratuitement , dira-t-on,
attribuez à l'air la
que vous
qualité de rafraichir le
fang de fa manière que vous fe dites; c'eft
une fuppofition que vous faites,
lorfque vous
annoncez que fi l'on paffe d'un air froid ou
tempéré dans un air très-chaud, il arrive dahs
l'économie animale tous les défordres dont
vous faites f'énumération:
des
donnez-nous-en
exemples.
Tout ce que reffentent la plupart des nouveaux arrivés à Saint-Domingue,
faitement bien à ce que j'ai dit devoir répond pararriver
aux perfonnes qui pafferoient d'un endroit
C
ofition que vous faites,
lorfque vous
annoncez que fi l'on paffe d'un air froid ou
tempéré dans un air très-chaud, il arrive dahs
l'économie animale tous les défordres dont
vous faites f'énumération:
des
donnez-nous-en
exemples.
Tout ce que reffentent la plupart des nouveaux arrivés à Saint-Domingue,
faitement bien à ce que j'ai dit devoir répond pararriver
aux perfonnes qui pafferoient d'un endroit
C --- Page 54 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
endroit plus chaud;,car peu
tempéré dans un
arrivés dans cette ile, ils
de jours après être
pas avec la
Yappétit, ils ne refpirent
perdent facilité qu'ils refpiroient en France,
même
ils font
infpirations font plus grandes;
leurs
mal à la tête, aux reins, &c.
fujets à avoir
éprouvent les mêmes
& on peut dire qu'ils
feroit paffer
indifpolitions que. ceux qu'on
dans un air très-chaud: or,
d'un air tempéré
identité d'accidens, je
comme il y a ici
l'identité des caufesfuis autorifé à conclure
qu'il eft connu
J'y fuis d'autant plus autorifé,
eft infiniment
que l'air de Saint-Domingue
mais, pour
chaud que celui de France;
plus
les difficultés, rapportons
répondre à toutes fur des animaux qu'on
des expériences faites très-chauds, & voyons
expofe dans des endroits
notre
leur arrive infirme ou appuie
f ce qui
théorie.
éprouvés les animaux
Les accidens qu'ont
confur lefqueis Oll a fait ces expériences, Quand
firment tout ce qui a été dit ci-devant. auffi
à un degré de chaleur
on les expole
qui circulent dans
grand que celui des liquides
deviennent
leurs vaifeaux, leurs infpirations --- Page 55 ---
DE SAINT-DONINGEL
fortes, fréquentes & difficiles; ils ont les yeux
vifs & larmoyans ; ils haletent bientôt &
tardent pas à périr dans un état de fuffocation ne
accompagnée d'accidens graves. La chaleur de
ces animaux augmente infiniment, la langue
leur fort de la bouche & ils rendent
falive qui exhale une odeur
une
infupportable.
On ne peut pas s'empécher de reconnoître
pour caufe de ces accidens la chaleur de l'air
dans lequel ils font plongés. L'air chaud
qu'ils
refpirent ne réduifant pas à un petit volume
le fang qui paffe par le poumon, & cet air,
de même que celui qui les environne
faifant rien
3 ne
perdre aux liquides de la chaleur
qu'ils acquièrent en circulant , il faudra néceffairement que ces animaux éprouvent tous les
accidens de la fuffocation & que leurs humeurs
répandent une odeur fétide, fuite de la chaleur
outrée quidécompofe leshumeurs & qui donne
lieu à la formation d'un alkali volatil.
La fuffocation naîtra de ce qu'il ne paffera
par le poumon qulune partie du fang
le ventricule droit chaffe à chaque
que
dans les artères
pulfation
pulmonaires. En effet, pour
que tout le fang qui fort du ventricule droit
C ij
que leurs humeurs
répandent une odeur fétide, fuite de la chaleur
outrée quidécompofe leshumeurs & qui donne
lieu à la formation d'un alkali volatil.
La fuffocation naîtra de ce qu'il ne paffera
par le poumon qulune partie du fang
le ventricule droit chaffe à chaque
que
dans les artères
pulfation
pulmonaires. En effet, pour
que tout le fang qui fort du ventricule droit
C ij --- Page 56 ---
TRAITÉ DES FTÈYRES
il faudroit nécefpit paffer par le poumon,
dimicette maffe de liquides
fairement que
dans tous les vaiffeaux du
nuât de volume
T'action de l'air froid
poumon fur lefquels c'eft-à-dire, fur les divipeut fe faire fentir,
fur celles des artères
fions des veines 2 comme
eft.
Or, lorfqu'un animal
expofé
palmonaires.
le fang du ventricule
à un. air très-chaud,
entier dans le vendroit,qui, pour paffer en
devoit diminuer de volume,
tricule gauche, foumis à l'adlion d'un air froid
n'étant plus
à remplir cette vue, ne paffera qu'en
propre
& le
partie dans les vaiffeaux pulmonaires,
en peu de temps le ventricule
refle engorgera
conftituera
droit & les veines-caves, ce qui
l'état de fuffocation.
des humeurs aura lieu , parce
La putridité
fang quifefera porté du ventriculedroit
quele
n'ayant rien perdu
dans le ventricule gauche,
le
de fa chaleur lors de fon paffage par
& étant obligé de fubir de noupoumon, circulations, il acquerra une chaleur
velles
& qui fera
qui ira toujours en augmentant les humeurs
bientôt pouffée au point que
jufqu'à
fufceptibles de putridité alkaliferont --- Page 57 ---
DE SAIST-DeRTRCEt
37,
répandre une puanteur confidérable.
Dans ce
Cas , l'air qui fort du poumon de ces animaux
eft trés-chaud, & un thermomètre placé dans
leur bouche lorfqu'ils
fuffoquent, a fait remarquer que leur corps acquiert un degré de
chaleur fort au-deffus de celle qui leur eft
naturelle.
On peutjuger, d'après cela, combien il eft
néceffaire que le fang foit continueilement
fraichi & réduit à un plus petit volume, rapar l'air environnant,
tant
dans le
que par celui qui entre
poumon, & combien il eft
de paffer
dangereux
promptement d'un air tempéré dans
un climat très-chaud. On eft, ileft vrai, bien
éloignié d'éprouver, en arrivant à Saint-Do:
mingue, les accidens des animaux fur
les épreuves, dont je viens de
lefquels
été faites,
parler, ont
parce qu'il s'en faut infiniment
qu'il n'y ait entre l'air que nous re(pirons &
celui de
Saint-Domingue; , une différence auffi
grande que celle qu'ily a entre l'air
roient naturellement
que refpices animaux & celui
auquel on les a expofés.
Cependant, à éxaminer les chofes à la
rigueur, des animaux expofés à un air auffi
C iij
quels
été faites,
parler, ont
parce qu'il s'en faut infiniment
qu'il n'y ait entre l'air que nous re(pirons &
celui de
Saint-Domingue; , une différence auffi
grande que celle qu'ily a entre l'air
roient naturellement
que refpices animaux & celui
auquel on les a expofés.
Cependant, à éxaminer les chofes à la
rigueur, des animaux expofés à un air auffi
C iij --- Page 58 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
l'ai dit ci-deffus, ont les fympchaud que je
rapid'une fièvre ardente qui parcourt
tômes
& qui fait périr
dement tous fes périodes,
Car fi
de temps fort court.
dans un efpace
chaleur exceffive,
l'on y fait attention il y a
anxiété, &c.
difficulté très-grande de refpirer,
hommes
doute
que, fi des
& je .ne
point
ils ne reffenétoient expofés à ces épreuves,
les accitiffent dans un degré fupérieur tous ardente. On
la fèvre
dens qui accompagnent
s'il n'y avoit pas
même préfamer que,
peut
différence entre l'air dans lequel
une fi grande
celui dans lequel on le
un animal vit, &
dont nous
tous les accidens,
tranfporteroit,
que peu-à-peu,
avons parlé, n'augmenteroient dans 24, 36 ou
& ne le feroient périr que
felon le degré de chaleur qu'auroit
48 heures,
feroit
Je crois
T'air dans lequel il
plongé.
a été
conclure d'après tout ce qui
pouvoir
chaleur de l'air de Saint - Dodit, que la
donner lieu à Ia fièvre
mingue peut feule
font fujets ceux qui paffent
ardente à laquelle
ile; que fi elle ne
de France dans cette
donnera naifcette maladie, elle
produit pas
moins vive quin'en fera
fance à une fièvre --- Page 59 ---
DE SAINT- DONINGUE
qu'an diminutif; & qu'enfin fi la
climat n'occafionne ni l'une ni
nature du
maladies, elle laiffera
l'autre de ces
pendant long-temps ceux
qui y font tranfportés, dans une difpofition
prochaine à la fèvre ardente, &c. I
bien d'autres caufes qui
y 2
peuvent concourir à
produire la fièvre ardente & les fièvres
lui font fubordonnées; mais
qui
Ces caufes font
toujours fecondées par la chaleur du
& elles font les mémes
climat 2
Europe donnent
que celles qui en
lieu à cette fièvre :
les exercices trop violens &
favoir,
trop long-temps
foutenus, les veilles, l'ufage des
fpirituenfes, &c.
liqueurs
Je confidérerai donc tous fes
débarqués à Saint-Domingue
nouveaux
à être attaqués de la fièvre
comme préts
fièvre
ardente ou d'une
qui eft moins dangereufe, qui n'en eft
qu'un diminutif, & dont je parlerai
la
fuite; ou bien je les regarderai
par
que des difpofitions
comme n'ayant
plus ou moins
à ces deux fièvres. La caufe
prochaines
agit dans ce Cas ( la chaleur du principale climat qui
connue, de même
) étant
que fa manière d'agir,
j'infifterai fur les précautions
qu'il y a à
C iv
qui eft moins dangereufe, qui n'en eft
qu'un diminutif, & dont je parlerai
la
fuite; ou bien je les regarderai
par
que des difpofitions
comme n'ayant
plus ou moins
à ces deux fièvres. La caufe
prochaines
agit dans ce Cas ( la chaleur du principale climat qui
connue, de même
) étant
que fa manière d'agir,
j'infifterai fur les précautions
qu'il y a à
C iv --- Page 60 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
combattre &
prendre pour diminuer, pour
détruire cette difpofition relativement
pour à Ia caufe qui l'a produite & qui l'entretient,
&jindiquerai les moyens auxquels un Médecin
doit avoir recours pour traiter méthodique-
& avec fuccès les fièvres qui attaquent
ment
venus à Saint-Domingue.
les nouveauxLes précautions qu'on doit prendre pour
combattre & pour détruire Ia difpofition que
arrivent à Saint-Domingue ont à
ceux qui
deux temps difféla fièvre ardente, regardent
celui du voyage & celui du premier
rens 2
s'étendent
féjour dans l'ile, & ces précautions
fur Ia quantité & fur la qualité
pardiculièrementt alimens & des boiffons dont on ufera;
des
mieux
fur l'exercice qu'on prendra, ou, pour
convenable des fix chofes
dire, fur l'ufage
naturelles. Or quelle indication principale
non
2 c'eft
a-t-on à remplir dans cette circonftance
modérer I'action des folides, de diminuer
de
des humeurs & de les priver des
Ia maffe
les rendent le plus
particules maffives qui
lorfd'échauffement; afin que,
fufceptibles
les
qu'on eft arrivé à Saint - Domingue,
yaiffeaux ne foient remplis que de fucs qui, --- Page 61 ---
DE SAINT-DONINCUE
par la nature des parties
conflituent,
intégrantes qui les
n'acquièrent dans leur cours de
circulation qu'un degré de chaleur qui
aifément être tempéré par la fraicheur pourra
de l'air environnant & de celui relative
refpire.
qu'on y
La Nature prévient P'Art dans
conflance; l'action des folides
cette cirs'affoiblit
on paffe dans les
quand
pays chauds, & T'appétit
diminue, parce qu'il faut néceffairement
les liquides de l'homme
que
quivit dans ces
ne foient fournis
de
climats
que
peu de
maflives; c'eft pourquoi la Nature, particules
mère,
cette fage
de fes pour nous empécher de nous écarter
vues & de travailler à notre deftruélion,
change l'appétit des hommes à raifon de leur
befoin, je veux dire que le befoin de nourriture varie en proportion de la chaleur des
lieux que nous habitons : en effet, ce befoin
eft moindre dans les pays chauds
les pays froids. On
que dans
de France
aura donc pour ceux qui
iront à
point de
Saint-Domingue ce double
vue à remplir, de modérer
des folides & de diminuer
l'action
denfité des
le volume & la
liquides.
'appétit des hommes à raifon de leur
befoin, je veux dire que le befoin de nourriture varie en proportion de la chaleur des
lieux que nous habitons : en effet, ce befoin
eft moindre dans les pays chauds
les pays froids. On
que dans
de France
aura donc pour ceux qui
iront à
point de
Saint-Domingue ce double
vue à remplir, de modérer
des folides & de diminuer
l'action
denfité des
le volume & la
liquides. --- Page 62 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
doit tâcher de remplir une partie de
On
&
le
indications avant le départ
pendant
ces
Pour en venir à bout, il eft à propos
voyage.
à Saint-Domingue
que tous ceux qui paffent
fur-tout
fe faffent faigner une fois ou deux,
de difpofition à la
s'il y a en eux beaucoup
Ieur
pléthore fanguine; & pour peu que
l'exiger, ils ne fauroient rien
état paroiffe
de fe
avant leur
faire de mieux que
purger
prifes, on
départ. Ces premières précautions de fe laver
obfervera, pendant la traverfée,
bouche tous les matins à jeun avec de l'eau
la
& un peu de vinaigre.
d'affaifonner avec
On aura auffi l'attention
Ies légumes & une partie de la
du vinaigre
Au lever du
viande dont on fe nourrira.
foleil, il faudra venir fur le pont & ne refler
le moins qu'il fera
pendant la journée que
feroit encore
poflible dans T'entrepont; il
très-utile de s'exercer fans fe fatiguer.
convient de changer de linge le plus
II
& on ne prendra jamais
fouvent qu'on peut,
ait été longune nouvelle chemife fans qu'elle
& qu'elle n'ait été
temps expofée au foleil,
bien féchée & frottée auparavant.
- --- Page 63 ---
DE SAINT- DOMINGUE, 43
On fe couchera de bonne heure, & on
fe lèvera avec l'aurore; & à fuppofer qu'on
d'être pendant la nuit fur le pont,
fàt obligé
ilefteffentiel d'avoir toujours Ia tête couverte;
& fi l'on y couche, il faut avoir la précaution de fe couvrir le corps, Ia tête &
les yeux.
le climat chaud,
Dès qu'on aura gagné
de
boira
de l'eau acidulée avec
on
aJa Joif
la crême de tartre diffoute en quantité convede cette
nable *. Chaque perfonne pourra
manière faire la confommation de deux gros
Cette boiffon
de crême de tartre par jour.
produira le double avantage de rafraîchir légèrement & de tenir le ventre libre.
Tulage des
On ne fe permettra point
fpiritueufes; iln'y a que le vin pris
liqueurs
modérée, dont l'ufage ne fera
en quantité
pas interdit.
d'embarquer avec
II ne faut pas négliger
d'autres
foi une bonne quantité de choux ou
confits dans le vinaigre : on en
légumes
* Quoique la crême de tartre ne foit pas tenue
dans l'eau froide, elle ne laiffe pas
en diffolution
acidité fenfible.
de lui communiquer une
fpiritueufes; iln'y a que le vin pris
liqueurs
modérée, dont l'ufage ne fera
en quantité
pas interdit.
d'embarquer avec
II ne faut pas négliger
d'autres
foi une bonne quantité de choux ou
confits dans le vinaigre : on en
légumes
* Quoique la crême de tartre ne foit pas tenue
dans l'eau froide, elle ne laiffe pas
en diffolution
acidité fenfible.
de lui communiquer une --- Page 64 ---
44 TRAITÉ DES FIÈVRES
mangera le matin & le foir, & méme
de la viande : cette forte de
avec
très-bonne
nourriture eft
quand on paffe dans les
chauds.
climats
La propreté eft fur-tout
lorfque
recommandée
FEquipage ou les Paffagers font fort
nombreux; mais une chofe à laquelle il faut
faire beaucoup d'attention,
des boiffons un
independamment
modérer
peu acidules, c'eft de fe
fur fa quantité des alimens
prendra; il faudroit même fe faire qu'on
de violence fur cet
un peu
article, 2 & je vais dire
pourquoi.
L'appétit ( par une caufe qui infirme les
principes que j'ai pofés; favoir,
diminue
que l'appétit
lorfqu'on va dans les
fe foutient fur
pays chauds )
mer s & augmente méme
quelquefois, quoiqu'on navige dans des
qui, à caufe de leur fituation
lieux
doivent étre infiniment
topographique,
plns chauds que celui
qu'on a abandonné; mais
ici une réflexion, & l'on qu'on me permette
premier afpect,
verra que ce qui, au
paroit infirmer notre
ne fait qu'en prouver la bonté.
théorie,
Quand on eft fur mer, on eft plongé dans --- Page 65 ---
DE SAIST:DANINGUL
une atmofphère plus denfe & imprégnée
d'acides marins : par cette raifon, elle doit
beaucoup nous rafraichir, & entretenir l'action des folides, &
exiger que nous fourniffions à nos fucs affez de particules maffives
pour qu'il s'excite dans nos humeurs une
chaleur proportionnelle au rafraichiffement
qu'elles éprouvent de Ia part du fluide environnant: je dis encore que dans le temps qu'on
eft fur un Vaiffeau, l'air peut avoir à votre
égard une fraîcheur relative, telle
fi
que
vous étiez dans un pays tempéré, lors méme
que vous n'êtes pas fort éloigné de la Ligne;
car il faut confidérer que fi le Vaiffeau fait
beaucoup de chemin, vous rafraichiffez fucceflivement des maffes d'air différentes, &
vous vous trouvez dans la même fituation
d'un Coureur qui traverfe l'air rapidement:
mais, comme dans ce cas il n'y a fouvent
de votre part aucune action mufculaire, aucune caufe de chaleur qui réponde au rafraichiffement que porte fur vous l'air à travers
lequel vous paffez, il arrive que cet air eft
froid relativement à vous; de forte qu'il fe
paffe fur VOS folides & fur VOS fluides ce qui
des maffes d'air différentes, &
vous vous trouvez dans la même fituation
d'un Coureur qui traverfe l'air rapidement:
mais, comme dans ce cas il n'y a fouvent
de votre part aucune action mufculaire, aucune caufe de chaleur qui réponde au rafraichiffement que porte fur vous l'air à travers
lequel vous paffez, il arrive que cet air eft
froid relativement à vous; de forte qu'il fe
paffe fur VOS folides & fur VOS fluides ce qui --- Page 66 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
fi vous étiez dans un pays temfe pafferoit
fe foutient,
péré; c'eft ce qui fait que l'appétit
aifément, & que, tandis que
que Yon refpire
on n'eft pas dans un
le Vaiffeau fait route, celui dans lequel on fe
accablement pareil à
eft
lorfqu'il fait calme ou lorfqu'on
trouve
arrivé à terre.
bien eft cependant un
Ce qui paroit un
débarquent dans
rapport à ceux qui
mal, par chaud; car , ainfi que je l'ai dit,
un pays
aucun défordre dans
qu'il ne fe paffe
pour
animale, iI faut que, dans un pays
i'économie
du corps humain foient
chaud, les liquides
maffives & que
fournis de peu de particules affoiblie. Or, dès que
foit
A
T'adtion des folides
a fait le palfage
fortez d'un Vaifleau qui
vous
vos folides & vos fluides
en peu de temps, dans l'état où il faudroit
ne fe trouvent pas
fanté; car, par la
qu'ils fuffent pour votre
traverfé l'air
rapidité avec laquelle vous avez
Ia
trajet, ce fluide, en tempérant
dans votre
exigé
chaleur des folides, a néceffairement auffi nutrivous fiffiez ufage de fubftances
dans
que
auffi
quantité que
tives, & en
grande
un climat tempéré. --- Page 67 ---
DE SAINT-DewrNceE
Mais peu de temps après
47,
à terre, vous éprouvez
que vous êtes
un
vous n'êtes plus tranfporté changement fubit,
différentes maffes d'air
avec rapidité dans
qui vous
ou du moins, fi vous f'êtes, rafraichifent,
dépens d'une action
ce n'eft qu'aux
mentant en
mufculaire qui, en
vous la chaleur, demande augfraicheur relative plus
une
dans le Vaiffeau
grande, au lieu
vous aviez ces maffes multi- que
plices d'air qui vous touchoient &
1 rafraichiffoient, fans
qui vous
part aucune adlion
qu'il y eût de votre
à
mufculaire qui concouràt
augmenter votre chaleur propre. Vous
trouvez donc comme fi vous
vous
ment d'un endroit
paffiez promptebeaucoup
tempéré dans un endroit
fucs
plus chaud, vous y êtes avec des
qui font chargés de particules auffi
groffières qu'il faut qu'elles le foient dans
Pays tempéré, & T'action de.
un
encore auffi forte
vOs folides eft
vous
que l'exigeoit le climat
venez de quitter.
que
Lorfqu'on arrive avec ces
un pays chaud, iI n'eft
difpofitions dans
paffe des défordres pas étonnant qu'il fe
male. Les
dans l'économie anipremiers qui s'annoncent font la
font chargés de particules auffi
groffières qu'il faut qu'elles le foient dans
Pays tempéré, & T'action de.
un
encore auffi forte
vOs folides eft
vous
que l'exigeoit le climat
venez de quitter.
que
Lorfqu'on arrive avec ces
un pays chaud, iI n'eft
difpofitions dans
paffe des défordres pas étonnant qu'il fe
male. Les
dans l'économie anipremiers qui s'annoncent font la --- Page 68 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
unelaffitude extrême,
raréfaction desliquides,
un peu gênée, perte d'appétit,
la refpiration &c. Or, comme ces raccidens
mal de tête,
à craindre à raifon de
font plus ou moins des folides & de Ia plus
T'action plus forte
maffe des fluides, il faut, autant qu'on
grande
pendant la traverfée de fubfle peut, vivre.
fournies de fucs nourritances médiocrement
& lutter
ciers, telles que font Ies végétaux,
de
même contre fon appétit. L'obfervation
eft de Ia plus grande importance
ce précepte veulent ne pas courir le rifque
pour ceux qui
arrivant à Saintd'une maladie très-grave en
Domingue.
dans cette ile,
Dès qu'on fera débarqué
faudra
perdre de vue Ies précautions
il ne
pas les maladies qui attaquent
à prendre contre
& il faut les attendre
les nouveaux arrivés,
feroit
effroi. Pour les éviter, ce qui
fans
diminuer les accidens
rare, ou au moins pour
les accompagnent 2 on pourra 2 après
qui
de repos, fe faire faigner une
quelques jours
deux fois au plus. II ne
fois feulement ou
une
faut pas s'en tenir aux feules faignées; d'avoir
qu'il importe
attention particulière
dans --- Page 69 ---
DE SAXT-DUNINGUE
dans les premiers temps, c'eft de
fobrement & de ne faire aucun
manger
ufage des
liqueurs fpiritueufes. L'on ne s'expofera point
à l'ardeur du foleil; les exercices
Oll fe livrera feront toujours
auxquels
très-modérés;
les veilles & la trop grande application d'efprit
ne peuvent qu'être nuifibles. On prendra avec
fuccès le. bain de rivière. On'fe nourrira de
végétaux plutôt que d'animaux. On mangera
quelques oranges, & la meilleure boiffon dont
on puiffe ufer fera une légère limonade, On
s'abfliendra du commerce des femmes & furtout de celui des Négreffes, & on fecouchera
de bonne heure, la tête couverte & jamais
à l'air. S'iln'ef pas poffible d'éviter la maladie
du pays par ces précautions, du moins peut-on
être moralement farque, fil'on en eft attaqué,
les fuites n'en feront pas auffi dangereufes.
Mais fi, malgré toutes les précautions
j'ai indiquées, ou faute de les avoir prifes, que
une perfonne tombe dans un accablement
extrême; fi elle a mal à Ia tête, une difficulté de refpirer, des douleurs dans tous les
membres & particulièrement dans la région
des lombes; fi Ia fièvre eft confidérable &
D
être moralement farque, fil'on en eft attaqué,
les fuites n'en feront pas auffi dangereufes.
Mais fi, malgré toutes les précautions
j'ai indiquées, ou faute de les avoir prifes, que
une perfonne tombe dans un accablement
extrême; fi elle a mal à Ia tête, une difficulté de refpirer, des douleurs dans tous les
membres & particulièrement dans la région
des lombes; fi Ia fièvre eft confidérable &
D --- Page 70 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
5°
de foif, de fueur & d'une
accompagnée
fi tousces accidens acquièchaleur très-grande;
d'intenfité; fi la
beaucoup
rent promptement
bralante, & la foif
chaleur fur-tout devient
naufées & des
fi l'on a des
inextinguible;
bilieufe ou porracée;
vomiffemens de matière
fi une
devient noire & âpre,
fi Ia langue
du diaphragme
douleur vive dans la région
firla chaleur des extrémités
fe fait fentir,
à celle dans laquelle fe
n'eft pas comparable & la tête, fi quelquefois
trouvent le tronc
froides: fi l'infont
même ces extrémités
délire obfcur, &
fomnie, la frénéfie, un
fait T'énumédont j'ai
les autres fymptômes
de ce petit
ration dans le commencement
la vraie
fe trouvent de la partie,
Ouvrage,
d'Hippocrate,
fièvre ardente ou le vrai caufos
fe trouve.caradérifée.
beaucoup de
Cette fièvre parcourt avec
de
tous fes degrés ; le temps
promptitude
dure peu : elle eft quelquefon augmentation
le deuxième jour,
fois dans fon état avant
avant le
& les malades peuvent en périr fecours
troifième fi on ne leur donne pas les
d'oà
& les plus efficaces;
les plus prompts --- Page 71 ---
DE SAIXT-DONINGUE
5r
l'on peut conclure qu'il eft de la plus
grande importance pour ceux qui paffent ou
qui font envoyés à Saint - Domingue, que les
Médecins ou Chirurgiens qui les traitent,
connoiffent les véritables caufcs de cette maladie, & le traitement qui lui convient, d'autant plus qu'il faut fe décider promptement
fur le choix des moyens curatoires, & qu'on
n'a pas de temps à perdre dans l'application
des remèdes.
D'après ce que j'ai dit fur les effets
l'air produit fur nos folides & fur nos fluides, que
& fur ce qui doit arriver à des hommes
tranfportés d'un climat tempéré dans un
pays
chaud, on connoit la principale caufe de la
fièvre ardente dè
Saint-Domingue. Ily en a
cependant encore d'autres quiméritent l'attention du Médecin ; c'eft un exercice immodéré,
la courfe à l'ardeur du foleil, l'excès des
liqueurs ipiritueufes, l'adte vénérien trop fouvent répété, &c. Qu'on me permette d'expofer ici que cette dernière caufe trop fouvent
ordinaire, demande dans le traitement de la
fièvre ardente qui fuccède à un excès dans ce
genre, beaucoup de circonfpedtion dans l'ufage
D ij
éritent l'attention du Médecin ; c'eft un exercice immodéré,
la courfe à l'ardeur du foleil, l'excès des
liqueurs ipiritueufes, l'adte vénérien trop fouvent répété, &c. Qu'on me permette d'expofer ici que cette dernière caufe trop fouvent
ordinaire, demande dans le traitement de la
fièvre ardente qui fuccède à un excès dans ce
genre, beaucoup de circonfpedtion dans l'ufage
D ij --- Page 72 ---
DES FIÈYRES
52 TRAITÉ
cette
remèdes les mieux indiqués pour
des
maladie.
caufes ne font encore que des
Toutes ces
& éloignées de la fièvre
caufes predifpofantes
c'eft
ardente. Une caufe plus prochaine, faifant
d'une matière irritante, qui
T'action érétifme tout le fyftème vafculeux,
entrer en
multipliés dans Ia circudes embarras
produit
dans tous les couloirs;
lation, des crifpations prefque générale qui
de-là une inflammation
les plus néceffaires
attaque fur-tott les organes Péconomie animale :
pour Y'entretien de
le foie, le
favoir, le cerveau, le poumon, inteltins; mais
l'eftomac & les
diaphragme,
de reconnoître une
quoiqu'on foit obligé
de la fièvre
matière âcre pour caufe prochaine cette même
auffi.que
ardente, on conçoit
des caufes prematière n'eft que le produit En effet, Ia
mières, des caufes éloignées. immodérés,
chaleur du climat, les exercices raréfient les
Tufage des liqueurs fpiritueufes,
l'air
oure-mefure, les échauffent:
liquides
les
pas aflez, elles
environnant ne
tempérant (fur-tout lorfconfervent pendant long-temps
de ces caufes ont agi enfemble)
que plufieurs --- Page 73 ---
DE SAINT-DONINGES
une chaleur & un volume qui ne Ieur eft
pas ordinaire. Les contractions du coeur &
des artères fe multiplient; & les liquides, à
caufe de leur grande raréfaction, ne pouvant
couler affez promptement par le poumon 2
ce vifcère s'engorge un peu, de même que
le ventricule droit, les veines-caves & toutes
les autres veines qui s'y rendent. Tous les
vaiffeaux fe dilatent, & pour-lors les partics
les plus féreufes du fang fe diflipent par les
tuyaux excrétoires, & produifent une fueur
d'expreffion. Les humeurs étant moins noyées,
fouffrent plus de frottement, s'échauffent
davantage par la méme raifon, & peuvent
prendre un degré d'acrimonie confidérable,
fur-tout celles qui font le plus fufceptibles
de s'alkalifer, comme Ia bile.
- Oriln'ef pas furprenant que cette humeur,
ayant changé de nature & circulant avec le
fang , agace & picotte les merbranes, les
vaiffeaux, les nerfs, & faffe naître un érétifme
général qui produira bientôt une infiammation
dans les
principaux vifcères, une chaleur acrimonieufe à la peau & tous les accidens dont
i'ai fait l'énumération.
D Lg
alkalifer, comme Ia bile.
- Oriln'ef pas furprenant que cette humeur,
ayant changé de nature & circulant avec le
fang , agace & picotte les merbranes, les
vaiffeaux, les nerfs, & faffe naître un érétifme
général qui produira bientôt une infiammation
dans les
principaux vifcères, une chaleur acrimonieufe à la peau & tous les accidens dont
i'ai fait l'énumération.
D Lg --- Page 74 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
dira-t-on, l'adle vénérien
Mais comment, naiffance à une matière
répété donnera-t-il
acrimonieufe propre à être la caufe prochaine
de la fièvre ardente : Pour concevoir l'effet
vénérien dans ce cas, il faut faire
de l'aéle
les climats chauds les huattention que dans
des
meurs de ceux qui y font venus
pays
oà.lon fe nourrit de fubftances
tempérés
alkalefcentes & un peu
animales, fontt toujours
acrimonieufes. Or, d'après cette difpofition
elles n'attendent que l'occadans les humeurs, 2
Ieur acrifion favorable pour faire entrer par
le
vafculeux & nerveux
monie tout
fyftème
érétifme, &wcette occafion fe préfente
en
évacuations de liqueur fémiaprès les grandes
dans les humeurs
nale qui, tant qu'elle rentroit
acrimonie
modéroit leur
en fuffifante quantité,
& tenoit
de façon à la rendre impuiffante,
fort
les vaiffeaux dans un état de foupleffe
éloigné de T'érétifme.
Les dangers de cette maladie font tonjours
à raifon
très-grands ; ils varient cependant
& du
du fexe, de T'age, du tempérament
concours des caufes qui la font naitre.
Toutes chofes égales d'ailleurs, les femmes --- Page 75 ---
DE SAINT-DBNINGUE
courent moins de rifques que les
les accidens chez elles font
hommes;
toujours moins
graves, & elles font méme
cette maladie,
peu fajettes à
parce qu'ayant la fibre plus
molle, l'aétion organique de Ieurs vaiffeaux eft
moins forte, & ils font plus extenfibles.
cette raifon, la chaleur, Ia
Par
raréfaclion du
fang doivent être plus modérées & la
des vaifleaux
rupture
plus rare.
Par rapport à lage, les périls de la fèvre
ardente différent
les
beaucoup ; car les enfans &
jeunes gens qui ont encore la fibre molle,
qui ont les vaiffeaux fouples & dont le diamètre peut encore augmenter fans craindre de
rupture, échappent affez fouvent de cette
maladie, lorfqu'on leur faità tempsles remèdes
convenables; les perfonnes agées, par la raifon
du contraire, fuccombent
aux aceidens de cette fièvre. prefque toujours
Le tempérament fera varier Ies
de cette fièvre; ils feront
dangers
malade eft d'un
très-grands fi le
tempérament bilieux ou fanguin, & ils feront moindres s'il eft d'un
tempérament flegmatique.
Cette fièvre fera d'autant plus redoutable,
D iv
venables; les perfonnes agées, par la raifon
du contraire, fuccombent
aux aceidens de cette fièvre. prefque toujours
Le tempérament fera varier Ies
de cette fièvre; ils feront
dangers
malade eft d'un
très-grands fi le
tempérament bilieux ou fanguin, & ils feront moindres s'il eft d'un
tempérament flegmatique.
Cette fièvre fera d'autant plus redoutable,
D iv --- Page 76 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
l'aule concours des caufes éloignées qui
que
fera
En effet,
ront fait naitre
plus grand.
tout-à la-fois la chaleur du climat, un
fi c'eft
immodéré & l'excès dans les plaifirs
exercice
le malade
de l'amour qui l'aient produite,
de.
grands rifques que fi I'une
courra
plus feules avoit occafionné Ia made ces caufes
à raifon de
ladie. Le danger variera encore
caufe féparément, lorfqu'il n'y en
chaque
exemple,
aura qu'une feule qui aura agi: par
furvient à
il y a plus à craindre lorfqu'elle
la fuite d'un épuifement avec Ies femmes que
fi c'eft à la fuite d'une autre caufe.
Ona deux indications principales à remplir
dans Ia curation de cette maladie : La première, de faire ceffer Pérétifme, en produifant
relâchement dans les folides; & la feconde,
un diminuer la maffe & le volume des
de
liquides.
il
Pour fatisfaire à ces deux indications,
n'a rien de mieux à faire
fembleroit qu'on
que de faigner coup fur coup; cependant,
la faignée foit un bon remède dans
quoique
cette maladie, il ne faut pas tirer beaucoup
&
a fait voir que les
de fang:
l'expérience --- Page 77 ---
DE SAIXT-DONINGUE 57
multiplices n'ont pas de fuccès. Les
faignées
de matière bilieufe
naufées & les vomiffemens
faire penfer que la
& porracée pourroient
les
Nature indique l'ufage des émétiques ;
inftruites feroient tentées de
perfonnes peu fueurs dans lefquelles les malades
regarder les
dans le premier ou le
font quelquefois
deuxième jour, comme une indication pour
il faut bien fe garder
les remedesfudorifiques:
de mettre en ufage & les émétiques & les
fudorifiques. Dans ce cas, ils font très-fouvent
mortels; les vomiffemens viennent prefque
toujours d'irritation & rarement de plénitude;
dans
les fueurs font toujours fymptomatiques :
les premiers temps, & elles ne font jamais
critiques, excepté qu'elles ne furviennent
après le quatrième jour. L'ufage des purgatifs
les cordiaux & les narcoeft très-pernicieux;
tiques, quels que foient les accidens qui
paroiffent les exiger, doivent être profcrits
du traitement. II vaut mieux ne rien faire,
de fe permettre des chofes inutiles ou
nuifibles. que
C'eft déjà beaucoup en Médecine
de favoir ce qu'il faut éviter; mais que
que
Peu de
faire, dira-t-on, dans cette maladie!
atrième jour. L'ufage des purgatifs
les cordiaux & les narcoeft très-pernicieux;
tiques, quels que foient les accidens qui
paroiffent les exiger, doivent être profcrits
du traitement. II vaut mieux ne rien faire,
de fe permettre des chofes inutiles ou
nuifibles. que
C'eft déjà beaucoup en Médecine
de favoir ce qu'il faut éviter; mais que
que
Peu de
faire, dira-t-on, dans cette maladie! --- Page 78 ---
TRAITÉ DES FIÈYRES
attendre la crife de la Nature,
chofe; il faut
dévoiement bilieux :
& cette crife eft un
la feule voie de dépuration que
c'eft prefque
ne faut-il pas la troubler
la Nature ait, encore
même favodes remèdes qui fembleroient
par
crife. On n'abandonnera cependant
rifer cette
Nature à elle - même dans
pas tout-à-fait la
cette maladie 1
cette circonflance; car quoique
fecours
de remedes,il ya quelques
exige peu
fans crainte, & voici
qu'on peut tenter
conduire dans cette
comment on doit fe
maladie.
du climat de
A *caufe de la température
raréfaction
Saint-Domingue & de Ia grande
fera le premier ou le fecond
du fang, on
feulement, fans avoir égard
jour deux faignées
fueurs; il n'y a que
& aux
au vomiffement
puiffe empécher
le dévoiement bilieux qui
fera boire
de mettre ce remède en ufage: on
fera
le malade, & fa boiffon
copieufenent
comme l'eau
adouciffante & rafraîchiffante,
de
nitrée ou quelque apozème
de poulet
boiffons acidulées feront
même nature. Les
qu'elles
données à grandes dofes, pourvu
elles tempèrent un peu la
foient légères: --- Page 79 ---
DE SAINT-DOMIxGOL
foif du malade, modèrent
l'acrimonie de Ia
bile, & peuvent produire du côté du foie,
une efpèce de relâchement propre à feconder
la crife, qui eft l'écoulement de la bile: : les
acides végétaux délayés dans une grande
tité d'eau, peuvent encore,
quan2 en rencontrant
quelques particules de bile alkalifée,
unir
& lâcher doucement le
s'y
ventre. Ces remèdes
doivent être mis en ufage avec d'autant
de fireté, que la chaleur du climat eft plus
confidérable. Les acides
plus
qui conviennent le
mieux, font ceux de l'orange, du limon &
de l'ananas; ; il n'y a pas de pincement & de
crifpation à appréhender de ces acides, lorfqu'ils font fuffifamment noyés.
Pendant que le malade
ainfi
dire,
s'inondera, pour
l'intérieur avec de l'eau de poulet
émulfionnée & un peu
nitrée, 2 avec quelque
apozème adouciffant & acidulé par le
du fuc d'orange, de limon
moyen
lui fera
ou d'ananas, on
prendre, pendant le même temps, des
lavemens quatre à cinq fois le
décocion de feuilles
jour avec la
de raquettes ou de quelqu'autre plante émolliente, à
un
laquelle on joint
gros ou deux de criftal minéral. Les
ionnée & un peu
nitrée, 2 avec quelque
apozème adouciffant & acidulé par le
du fuc d'orange, de limon
moyen
lui fera
ou d'ananas, on
prendre, pendant le même temps, des
lavemens quatre à cinq fois le
décocion de feuilles
jour avec la
de raquettes ou de quelqu'autre plante émolliente, à
un
laquelle on joint
gros ou deux de criftal minéral. Les --- Page 80 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
émollientes à l'extérieur, fur le
applications
feront utiles;
ventre, fur les hypocondres,
faire auffi des embrocations d'huile
on pourra
& fi Ia Nature
d'olive récente fur ces parties,
à l'aide de ces fecours, à opérer
parvient,
une évacuation de
vers le quatrième jour
& l'on
matière bilieufe, la crife eft bonne,
le malade eft fauvé : c'eft dans
peut croire que
aider la Nature,
ce moment-ci qu'on peut
faire prendre au malade un purqu'on peut
fe le
léger; encore faut-il ne jamais
gatif
tôt, fur-tout lorfqu'on voit
permettre trop
qu'elle a
que Ia Nature fait bien l'ouvrage c'eft Ia
commencé. Je l'ai dit, je le répète,
crife la plus ordinaire, elle eft même prefque
faille attendre, & qui foit falula feule qu'il
furvient affez fouvent des hémortaire: : il
furviennent
ragies dans cette fièvre ; mais elles
oû elles font peu
avant le quatrième jour,"
les malades
confidérables, & par cette raifon
Ces hémors'en trouvent rarement foulagés.
cependant être quelquefois une
ragies peuvent
l'évacuation
crife heureufe; mais c'eft lorfque
fe fait par les narines, &
eft grande, qu'elle
feulement.
le quatrième ou le cinquième jour --- Page 81 ---
DE SAINT-DONINGUE
6r
On peut en dire autant des fueurs;
qu'elles tendent au foulagement du malade, pour
il faut qu'elles foient copieufes,qu'elles
pas lieu avant le temps indiqué, & n'aient
foient précédées par la molleffe du qu'elles
pouls, ce
qui annonce la chute de l'érétifme.
II feroit à fouhaiter que les malades
vinffent jufqu'au temps où la Nature fait par. fa
crife; mais ce qu'ily y a de ficheux, c'eft
la plupart de ceux qui font attaqués de que
maladie meurent avant le
cette
guériffent d'ordinaire
quatrième jour. Ils
lorfqu'ils vont jufqu'au
feptième. Voilà à peu-près ce qu'on
dire
fur le traitement d'une maladie
peut
fe voit
très-grave qui
quelquefois à
reufement elle
Saint-Domingue; heun'y eft pas fi commune
la maladie dont je vais faire la defcription. que
Outre la fièvre ardente, ceux
de France à
qui paffent
à
Saint-Domingue y font
une autre efpèce de fièvre qui s'annonce fujets
à peu-près pari les mémes fymptômes
térifent le caufos; il
qui caracde différence
n'y a (pour ainfi dire)
entre Ces deux maladies,
ce que dans cette dernière fièvre les qu'en
ne font pas tout-à-fait a
accidens
dangereux que dans
que
Outre la fièvre ardente, ceux
de France à
qui paffent
à
Saint-Domingue y font
une autre efpèce de fièvre qui s'annonce fujets
à peu-près pari les mémes fymptômes
térifent le caufos; il
qui caracde différence
n'y a (pour ainfi dire)
entre Ces deux maladies,
ce que dans cette dernière fièvre les qu'en
ne font pas tout-à-fait a
accidens
dangereux que dans --- Page 82 ---
62 TRAITÉ DESFIÈYRES
la fèvre ardente; de forte qu'on peut Ta
façon comme un dimiregarder en quelque
fièvre ardente
nutif du caufas ou comme une
bâtarde. Les nouveaux venus à Saint-Dofont prefque affurés d'être attaqués
mingue maladie; mais elle eft plus ou moins
de cette
& des accidens
funefte à raifon des fymptômes
IIs font quelquefois trèsqui F'accompagnent.
ils le font affez
confidérables, & quelquefois
ne laiffer entrevoir aucun danger.
peu pour
jufqu'au neuCette maladie va ordinairement
Ie
vième jour & ne paffe prefque jamais
treizième ou le quinzième. Son plus grand
c'eft dans
danger eft du quatre au feptième;
intervalle
les malades périffent le plus
cet
que
nombre, &
fouvent. Ils ne font pas en petit
de ceux qui les traitent;
cela par T'impéritie
affurer, d'après ma propre expécar je puis
mourroient de
rience, que peu de perfonnes
méthodicette maladie, fi on les traitoit
quement. La maladie dont il eft queftion s'annonce
d'abord par un mal de tête, par des douleurs
des Iombes; un friffon fe fait
dans la région
dans le même temps : on
quelquefois fentir --- Page 83 ---
'D'E SAINT-DORINGUE
d'une laffitude extrême & dans un accaeft
blement très-grand ; le malade a une cfpèce
difficulté de refpirer; il eft altéré; Ia fièvre
de
bientôt ttrès-forte; Ia chaleur
furvient & elleeft
& parvient en peu de temps à un
augmente
auffi fort que dans Ia fièvre
degré prefque
touchant
ardente; toujours eft-il certain qu'en
malades, à peine peut-on tenir la main fur
les
voueux; Ia foif augmente au point qu'ils
boire, le ventre devient
droient toujours
tendu & douloureux; on éprouve une douleur
& il furvient des
vers le cartilage xiphoide,
bilieufe
naufées & un vomiffement de matière
porracée.
Ileft furprenant de voir avec quelle promptitude tous ces accidens fe fuccèdent & combien
de temps ils mettent pour acquérir beaupeu d'intenfité. Douze, dix-huit heures ou
coup
fuffifent pour que tous ces
un jour au plus
les
fymptômes foient à leur dernier période:
deviennent enfuite un peu rouges &
yeux
les urines font blanches, les. malarmoyans, délire obfcur & font dans des
lades ont un
continuelles; Ia
anxiétés & des inquiétudes
devient sèche, d'un rouge vif & rarelangue
érir beaupeu d'intenfité. Douze, dix-huit heures ou
coup
fuffifent pour que tous ces
un jour au plus
les
fymptômes foient à leur dernier période:
deviennent enfuite un peu rouges &
yeux
les urines font blanches, les. malarmoyans, délire obfcur & font dans des
lades ont un
continuelles; Ia
anxiétés & des inquiétudes
devient sèche, d'un rouge vif & rarelangue --- Page 84 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
moins que Ia maladie ne tourne
ment noire,à
ordinairement
mal. Le troifième jour il y a
; le pouls depuis le comun redoublement
& fort; il baiffe quelmencement eft ample
& devient
quefois un peu le quatrième jour
fuccède
fouvent convulfif. Le coma
même
à cet état du pouls; pour Iors
promptement
danger, &
le malade eft dans un très-grand
le
ordinairement le cinquième ou
il meurt
fixième jour.
fi le malade
Mais fi le pouls fe foutient,
tombe
dans le coma le quatrième ou
ne
pas
fe
on peut efpérer qu'il
le cinquième jour,
une
fera une crife favorable: c'eft quelquefois
copieufe
fueur abondante ou une hémorragie
narines, mais plus fouvent une évapar les
les felles qui fait ceffer
cuation bilieufe par
La crife fe fait
les dangers de la maladie.
& elle n'eft jamais
toujours les jours impairs,
falutaire fi elle arrive avant le cinquième jour; ;
c'eft à quoi iI faut avoir fpécialement attende cette maladie, afin
tion dans le traitement
fes
troubler la Nature dans
opéde ne pas
rations.
l'on voit; tient de
Cette maladie, comme
fort --- Page 85 ---
DE S418T-DONINGUE 65
fort prèsà la fièvre ardente ; ce n'eft cependant
que lorfque les accidens font
portés au plus
haut degré, & cela n'arrive
pas toujours ;
car il n'eft pas rare de voir que cette fièvre
approche plus de la fynoque que du
de forte qu'on peut dire
caufes;
que cette maladie
garde un milieu entre la fynoque & la-f fièvre
ardente, & qu'elle tient tantôt à l'une &
tantôt à T'autre, fuivant le plus ou moins
d'intenfité des accidens qui
l'accompagment ;
mais dans le temps même que tous les
tômes
fympqui la caraétérifent font les plus graves,
elle diffère toujours de la fièvre ardente,
I.° en ce que dans celle-ci les extrémités font
quelquefois froides, & que dans celle-là elles
ne le font jamais ; 2.° en ce que le coma
furvient dans la fièvre dont nous parlons, &
qu'il eft très-rarement un accident de Ia fièvre
ardente; 3. en ce que, dans la fièvre
la langue devient fort
ardente,
promptement noire &
apre, &que dans celle dont il eft ici queftion,
elle ne noircit que lorfque la maladie eft mal
traitée : 4.° enfin elle diffère encore de la
fièvre ardente en ce que ceux qui font attaqués de cette dernière maladie meurent du
E
vre dont nous parlons, &
qu'il eft très-rarement un accident de Ia fièvre
ardente; 3. en ce que, dans la fièvre
la langue devient fort
ardente,
promptement noire &
apre, &que dans celle dont il eft ici queftion,
elle ne noircit que lorfque la maladie eft mal
traitée : 4.° enfin elle diffère encore de la
fièvre ardente en ce que ceux qui font attaqués de cette dernière maladie meurent du
E --- Page 86 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
& que l'autre ne fait
trois au quatrième,
jour.
jamais périr avant le cinquième mêmes caufes
Cette maladie reconnoit Ies
fièvre ardente.
quej'ai dit devoir occalionnerla
ici la
s'empécher dé confidérer
On ne peut
comme
chaleur qui règne à Saint-Domingue maladie,
le principal agent qui produit cette
de voir quelpuifque c'eft un phérromène
fe fouftraire à la fièvre dont je parle;
qu'uu
caufe prédifmais ce n'eft cependant qu'une feule & qui
pofante qui n'agit pas toujours de caufes
exige quelquefois un concours
Ia
il faut fouvent que
fecondaires: en effet,
l'ardeur du
fatigue, les exercices immodérés, r'excès dans
foleil à laquelle on s'expofe, vénérien fe
l'ufage des liqueurs & dans l'adle
à la chaleur ordinaire de l'air pour.
joignent lieu à Ia' fèvre dont il eft ici queflion,
donner
Ia chaleur de l'air foit
ou bien il faut que
extrême, comme elle l'eft à Saint-Domingue
Juin, Juillet & Août, ou enfin
les mois-de
faifons de l'année,
il faut que, dans Ies autres
de rOueft
les brifes réglées de PEt &
quelques jours:
viennent à manquer pendant
des
auffi eft-ce dans ce temps-là ou après
-. --- Page 87 ---
DE SAINT-Dox TINCUE. 67,
exercices & des excès que les nouveaux venus
font attaqués de cette maladie.
La fièvre dont je parle pouvant être
regardée comme une fièvre ardente bâtarde,
on n'a ( pour concevoir comment les caufes
que je lui affigne peuvent la produire ) qu'à
fe rappeler ce qui a été dit ci-devant fur les
effets de l'air en général & fur ceux que ce
fluide, lorfqu'il eft chaud, peut produire fur
les liquides du corps humain, de même
les exercices immodérés, les veilles, &c. que
Mais toutes ces caufes nel font encore.
des caufes éloiguées qui, de même
dans que
que
la fièvre ardente, donnent lieu au développement d'une matière âcre, ou plutôt qui
rendent la bile affez acrimonieufe pour faire
entrer en érétilme le fyftème nerveux & vafculeux. Les humeurs de ceux qui vont de
France à
(
Saint-Domingue - comme jel l'ai déjà
dit) doivent, dans un pays très-chaud, tendre
un peu à l'alkalefcence, I.à caufe de la nature
maffive des parties intégrantes qui les conf
tituent & qui, par cette raifon, les rendent
plus fufceptibles de s'échauffer; 2.° à caufe
de l'efpèce d'aliment dont ils ont fait ufage
Eij
vafculeux. Les humeurs de ceux qui vont de
France à
(
Saint-Domingue - comme jel l'ai déjà
dit) doivent, dans un pays très-chaud, tendre
un peu à l'alkalefcence, I.à caufe de la nature
maffive des parties intégrantes qui les conf
tituent & qui, par cette raifon, les rendent
plus fufceptibles de s'échauffer; 2.° à caufe
de l'efpèce d'aliment dont ils ont fait ufage
Eij --- Page 88 ---
TRAITÉ DES FIEVRES
d'alkalefcence,
Fiance: or, fi à ces caufes
en
la chaleur de l'air, la nature des
qui font
d'aliment dont on s'eft nourri,
fucs & l'efpèce
de Ia chaleur du nouon joint T'augmentation habite, les exercices immoveau climat qu'on
& les fueurs abondérés, les Iongs voyages fuite néceffaire &
dantes qui en font une véhicule dont il a
qui privent Ie fang d'un
féparébefoin: fi, dis-je, ces caufes agiffent
les
toutes enfemble, on verra que
ment ou
d'alkalefcence doivent
fucs les plus fufceptibles La bile étant celle de
devenir acrimonieux. Y'acrimonie peut le plus
nos humeurs dont
très-court,
augmenter dans un efpace de temps
qu'elle devient âcre pendant
il eft à préfumer
agiffent, & que c'eft
que les caufes éloignées
par
elle qui, en parcourant
partialitrement les voies de la circulation 2 agace, 9
ia fuite
& les nerfs & produit un
irrite les vaiffeaux
donne bientôt lieu à
érétifime général qui
les accidens qui
cette maladie & à tous
intenfité
Mais, foit moindre
Y'accompagnent. éloignées qui agiffent, foit
dans les caufes
dans les humeurs, la
moindre 'épaiffifement
que
bile ne devient pas fi acrimonicufe --- Page 89 ---
'DE SA1NT-DewiNGer 69
lorlqu'elle produit la fièvre ardente; ou bien,
fi elle acquiert autant d'acrimonie que dans
le caufas, il faut néceffairement qu'il y ait
de la part du fyftème vafculeux & nerveux
moins de difpofition à l'érétifme.
Les fymptômes effrayans qui accompagnent
cette maladie font affez voir que ceux qui
en font attaqués doivent courir des dangers,
& la mort de nombre de malades en eft une
preuve bien certaine : cependant il faut convenir ( & c'eft toujours f'expérience qui me
fait parler de la forte ) que le péril vient autant
du mauvais traitement que de la maladie prife
en elle-méme. Mais à confidérer cette fièvre,
fans avoir égard au traitement, elle laiffe
entrevoir des rifques pius ou moins grands
de la fièvre ardente par la gravité des fymptômes & des accidens qui Faccompagnent &
à raifon du fexe, de l'age, du tempérament
& du concours des caufes éloignées quilont
produite.,
Si les fymptômes qui caraétérifent cette
maladie font à peu-près auffi graves que ceux
qui font reconnoître Ia vraie fièvre ardente,
on doit trembler pour les malades; mais f
E iij
moins grands
de la fièvre ardente par la gravité des fymptômes & des accidens qui Faccompagnent &
à raifon du fexe, de l'age, du tempérament
& du concours des caufes éloignées quilont
produite.,
Si les fymptômes qui caraétérifent cette
maladie font à peu-près auffi graves que ceux
qui font reconnoître Ia vraie fièvre ardente,
on doit trembler pour les malades; mais f
E iij --- Page 90 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
de violence des fymptômes rapproche
le peu
elle n'eft
cette maladie de la fynoque fimple,
redoutable; fi le vomiffement, la douleur
pas
du diaphragme, du ventre, &c.
dans la région reftent dans le même état s
augmentent ou
S; fi les autres
malgré les remèdes indiqués
violence
accidens fe foutiennent dans leur
jour, & fi enfin le malade
après le quatrième
tombe dans le coma, il eft dans un danger
très-grand.
Quant au fexé, à T'age, au tempérament
concours des caufes qui peuvent pro-
& au
maladie, on a dit, en parlant de
duire cette
les
la fièvre ardente - , quels étoient
rifques
relatifs à tous ces objets.
fàcheufe;
Cette maladie, en général, eft
far, il faut
& pour en porter un pronoftic
confidérer qu'il n'y a qu'une crife qui puiffe
ce feront des
Ia terminer avantageufement;
copieufe
fueurs abondantes, une hémorragie
les narines ou une évacuation de bile par
par
Ces évacuations cependant, qui emles felles.
ne font avantrès-fouvent la maladie,
portent
elles font abondantes &
tageufes que quand
&
elles furviennent un jour impair
quand --- Page 91 ---
DE SAINT-DONINGER
le quatrième. Si elles arrivent avant ce
après elles font affez ordinairement fuivies
temps,
que ces excrétions préde la mort 2 parce
d'une irritation
maturées ne font que Feffet
haut
& jamais elles ne
portée au plus
degré,
font le produit d'une bonne coction.
C'eft ici oùt la doélrine des Anciens fur
les crifes, doit être le guide de la conduite
Médecin, afin que les défordres & les
du
dans le moment des crifes,
accidens plus graves
lui faffent
faire des remèdes à contrene
pas
un mauvais
temps, & afin qu'il ne porte pas
fondé feulement fur des accidens
pronoftic,
Mais parmi les
& des défordres paffagers.
voies que la Nature fe ménage pour expulfer
qui lui nuifent, c'eft la
les matières étrangères
Ia
voie des felles qui eft la plus commune,
avantageufe & la plus fàre. Si dans cette
plus maladie il furvient le cinquième ou le feptième
écoulement de matière bilieufe, fi
jour un
une fueur
cette évacuation eft précédée par
de
affez confidérable, qui annonce Ia chute
T'érétifme, on eft prefque affuré que le malade
le traitement foit
en relevera pourvu que
on fe
méthodique. Le bon état dans lequel
E iv
ufe & la plus fàre. Si dans cette
plus maladie il furvient le cinquième ou le feptième
écoulement de matière bilieufe, fi
jour un
une fueur
cette évacuation eft précédée par
de
affez confidérable, qui annonce Ia chute
T'érétifme, on eft prefque affuré que le malade
le traitement foit
en relevera pourvu que
on fe
méthodique. Le bon état dans lequel
E iv --- Page 92 ---
72 TRAITÉ'DES FLÈVRES
trouve après les évacuations
dantes, & qui ne furviennent critiques, abonrément, fait qu'on péut
pas prématuconfolant
le
porter un pronoftic
pour
malade.
II1 feroit inutile de s'étendre
cette fièvre, fur fes caufes, fur davantage fur
qui
les accidens
Taccompagnent, fur les dangers
courent ceux qu'elle attaque, & fur le que
ou mauvais pronoftic
bon
La maladie eft affez qu'on peut en porter.
confondra forement connue, & on ne la
le pays où elle
pas avec une autre dans
règne.
Ce qui intéreffe de plus près les
c'eft la curation, c'eft le
malades,
dique, c'eft
traitement méthod'expofer les moyens
mettre en ufage
qu'il faut
pour guérir prefque
tous ceux qui éprouvent
firement
fouvent
une malàdie affez
mortelle; voilà mon
&
vais tâcher de le
but,
je
remplir.
Les indications
font de faire ceffer que cette maladie préfente 3
l'érétifme, de diminuer
T'épaifffement des humeurs, de modérer
Taétion des folides, de
excellive, & d'adoucir tempérer la chaleur
& des humeurs.
T'acrimonie de la bile
Ces indications pourroient --- Page 93 ---
DE SAINT-Deixcen
être réduites à deux : favoir, de faire
T'érétifme, & d'adoucir l'acrimonie tomber
des humeurs, puifqu'en fatisfaifant à ces deux indications, on fatisfait également à toutes les
autres.
On remplira ces deux indications
pales, & toutes celles qui leur font fubor- princidonnées, par les faignées du bras
moins multiplices,
les
plus ou
& acidulées,
par
boiffons délayantes
par les lavemens émolliens, &
enfin par des purgatifs donnés dans des
convenables. Le traitement,
temps
n'efl pas fort étendu & comme on voit,
fort difficile; c'eft
cependant de la jufte application de la
quantité de moyens que je viens
petite
que dépend la confervation des d'indiquer,
fuffit donc
malades; il
d'expofer ici l'ordre
doit
fuivre dans la curation d'une maladie qu'on
traitée avec le plus grand fuccès. que j'ai
Pendant le premier & le fecond
de
la maladie, lorfque le mal de
jour
leurs dans les
tête, les doureins , dans la région du diaphragme font confidérables, lorfque le
eft tendu &
ventre
eft
douloureux, & que la chaleur
extréme, lorfque la foif eft preffante, &
l'ordre
doit
fuivre dans la curation d'une maladie qu'on
traitée avec le plus grand fuccès. que j'ai
Pendant le premier & le fecond
de
la maladie, lorfque le mal de
jour
leurs dans les
tête, les doureins , dans la région du diaphragme font confidérables, lorfque le
eft tendu &
ventre
eft
douloureux, & que la chaleur
extréme, lorfque la foif eft preffante, & --- Page 94 ---
74 TRAITÉ DES FIÈYRES
qu'il y a fueurs, naufées &
d'humeur
vomiffement
porracée, &c. il faut faire des
faignées de deux palettes
de jeter le malade dans feulement, de peur
un élat
& de trop grande foibleffe; d'affaiffement
faut les multiplier
mais auffi, iI
ces deux
jufqu'à cinq ou fix dans
les
premiers jours, en obfervant de
rapprocher, lorfque les accidens
ront, & cela fans avoir
l'exigeau vomiffement.
égard aux fueurs &
Les fueurs, dans ce
font
temps,
fymptomatiques, & il faut bien fe
de garde de les exciter
donner
même que le
par aucun moyen, de
vomiffement, qui eft
une irritation dans
produit par
l'eftomac, & par l'état de
phlogofe & d'érétifme dans
fe trouve. II eft aifé de
lequel ce vifcère
l'eflomac fouffre
concevoir comment
irritation
irritation, & comment cette
peut produire des naufées & des
vomiffemens. Les humeurs étant très-acrimonieufes dans cette maladie, & la bile étant
alkalefcente par les raifons que j'ai déjà
portées, on ne doit pas être furpris
rapvital participe à T'efpèce
que l'elprit
reffent le
d'acrimonie dont fe
liquide duquel iI eft féparé dans le
cerveau. Or, d'après cette vérité à laquelle --- Page 95 ---
GUE. 75
DE SAINT-DONING
fe refufer, il eft naturel de penfer
on ne peut
les nerfs du plexus
que le fluide qui parcourt
participant à l'acrimonie générale
galtrique, humeurs, irritera les tuniques de l'eftomac,
des
lieu à des naufées & à des vomiffe-
& donnera
de T'efprit vital ne fera pas
mens. L'acrimonie
étant de
ici le feul agent; Ie fuc gaftrique
même nature que les autres liquides, iI conPirritation & fes effets;
courra à augmenter
abondance de
mais ce ne fera pas dans une
crudités contenues dans les premières voies,
faudra chercher la caufe des' naufées &x
qu'il
ni dans les remèdes vomides vomiffemens :
des fecours: car
tifs qu'il faudra chercher
l'érétifme
bien loin de faire ceffer l'irritation,
de l'eftomac, les émétiques ne
& la phlogofe
les défordres ; c'eft
peuvent qu'augmenter de remède doit être abfopourquoi ce genre
de cette maladie.
lument profcrit du traitement
En effet, rien ne m'a paru fi côndamnable
l'émétique ; auffi fuis-je
& fi pernicieux que
fait,
très-convaincu que T'ufage qu'on en
cantons de l'ile, eft la caufe de
dans certains
ceux
la mort de plufieurs malades, parce que
l'emploient, faute d'être inftruits, croient
qui
ède doit être abfopourquoi ce genre
de cette maladie.
lument profcrit du traitement
En effet, rien ne m'a paru fi côndamnable
l'émétique ; auffi fuis-je
& fi pernicieux que
fait,
très-convaincu que T'ufage qu'on en
cantons de l'ile, eft la caufe de
dans certains
ceux
la mort de plufieurs malades, parce que
l'emploient, faute d'être inftruits, croient
qui --- Page 96 ---
76 TRAITÉ DES FIÈVRES
que les naufées & les vomiffemens indiquent
la néceffité de recourir à ce remède. Le
vomiffement même, bien loin d'être une
contre-indication à la faignée, eft précifément
ce qui doit guider le Médecin : il fera faigner
tant que le vomiffement durera, & dès qu'il
fera ceffé ( ce qui arrive ordinairement après
trois, quatre ou cinç petites faignées) on
fatisfait à l'indication de faire
aura en, partie
tomber l'érétifme. La faignée eft réellement
un excellent moyen pour produire cet effet,
& le figne le plus certain qu'on puiffe avoir
de fon efficacité dans ce cas, c'eft Ia ceffation
du vomiffement. Le Médecin fera encore
parvenu par ce feul fecours à diminuer l'épaiffiffement des humeurs, à tempérer Ia chaleur,
& à modérer l'aétion des folides.
Mais fi je dis qu'il faut faigner, je veux
ce foit toujours du bras, & jamais du
que
ait de tenfion dans le
pied pour peu qu'il y
bas-ventre, parce que, conjointement avec
la douleur qu'on y fent & celle que le malade
fouffre dans les environs du diaphragme, cette
tenfion ne laiffe eomsipelundeaprentise
de l'ufage de cette faignée; elle doit être en --- Page 97 ---
DE
-
SAINT-DWwINCER
effet d'autant plus
77.
qu'elle
préjudiciable pour lors,
augmente la phlogofe dans les vifcères
contenus dans l'abdomen : c'eft
un mauvais point de
encore ici
de
pratique de la
ceux qui voient les malades à
plupart
Saint-Domingue; le mal de tête leur en
faignent du pied & les malades impofe, ils
ne voient pas
la
périffent. Ils
que
douleur de tête n'eft
ordinairement que fymptomatique & que le
fiége principal de la maladie eft
toujours du côté du
prefque
bas-ventre; du foie, du
diaphragme & de
l'eftomac, ce - qui eft une
contre-indication manifefte à cette
en effet, fi l'on confidère
faignée;
fort
Ia
que le fang qui
par faphène, étant enlevé à la veinecave inférieure, ne fait que diminuer le
vement progreffif du fang qui
mouveine, on verra que cette même parcourt cette
d'une
veine, privée
portion de fang qui devoit lui être
tranfmife & de la force pulfative
da le pouffer
qui auroit
jufqu'au coeur, ne fe
pas dans l'oreillette droite du
dégorgest
même facilité
coeur avec la
qu'auparavant, à caufe de la
plus grande réfiflance qu'elle rencontre de
la part de la veine-cave defcendante
dont Ia
verra que cette même parcourt cette
d'une
veine, privée
portion de fang qui devoit lui être
tranfmife & de la force pulfative
da le pouffer
qui auroit
jufqu'au coeur, ne fe
pas dans l'oreillette droite du
dégorgest
même facilité
coeur avec la
qu'auparavant, à caufe de la
plus grande réfiflance qu'elle rencontre de
la part de la veine-cave defcendante
dont Ia --- Page 98 ---
78 TRAITÉ DES FIÈVRES
force pulfative n'aura pas varié: or les veines
émulgentes 2 gaftriques, mézéraiques,
tiques, &c. qui fe rendent
hépaimmédiatement ou
médiatement dans la veine-cave
ne devront trouver ( par le afcendante, de
moyen
la
faignée du pied ) qu'une difficulté plus
à sy dégorger. Pour lors, bien Ioin de grande
duire, dans les parties d'oices veines
proviennent,
une révulfion propre à en diminuer la tenfion
& la phlogofe, on y occalionnera une
de dérivation
efpèce
qui ne pourra qu'augmenter
l'engorgement & le défordre,
rendant le
2 & cela en
retour du fang plus difficile par la
veine-cave afcendante. II n'y a qu'une circonftance où la faignée du pied doive être
pratiquée 5 c'eft lorfque le mal de tête eft
violent fans qu'il y ait ni douleur ni tenfior
dans le bas-ventre, dans les
dans la région du
hypocondres &
diaphragme; mais il faut
convenir que cette circonftance eft bien rare.
Dès qu'on aura fait ceffer le vomiffement,
les boiffons qui étoient un fecours
inutile, feront mifes en
prefque
ufage avec fuccès:
dans cette vue on fera boire
le malade d'un apozème fait copieufement
avec les plantes --- Page 99 ---
DE SAXT-DewiNcer
79.
adouciffantes du pays, & pour le rendre un
peu tempérant & rafraichiffant, on yjoindra du.
nitre purifiéà petite dofe; mais par-deffus tout
on fera ufage d'une légère limonade faite avec
le limon, l'orange fauvage & particulièrement
avec l'ananas. Le malade fera réduit,
pour
toute nourriture à l'éau de poulet émulfionnée
avec les femences froides. Par tous ces
moyens
on détrempera le fang, , on tempèrera la chaleur
des liquides & on modèrera l'acrimonie de
la bile. Pendant tout ce temps, le malade
prendra quatre fois par jour une prife de
poudre faite avec fix grains de nitre purifié
& deux grains de camphre, & boira par-deffus
un verre de limonade ou d'eau de Poulet.
Les Iavemens ne feront pas non plus
négligés; on en fera prendre quatre ou cinq
par jour, & ils feront faits; les premiers
jours, 2
avec la feule décoction de raquette; & dès
que l'érétifme fera un peu tombé, on ajoutera
fur chaque lavement un gros & demi de
cryftal minéral, & on en continuera conftamment l'ufage jufqu'à ce qu'il n'y ait plus
de danger ; mais on diminuera leur nombre
fuivant qu'ils paroîtront moins utiles.
; on en fera prendre quatre ou cinq
par jour, & ils feront faits; les premiers
jours, 2
avec la feule décoction de raquette; & dès
que l'érétifme fera un peu tombé, on ajoutera
fur chaque lavement un gros & demi de
cryftal minéral, & on en continuera conftamment l'ufage jufqu'à ce qu'il n'y ait plus
de danger ; mais on diminuera leur nombre
fuivant qu'ils paroîtront moins utiles. --- Page 100 ---
80 TRAITÉ DES FIÈVRES
avoir fait faigner fufifamment les
Après & les avoir mis à l'ufage de l'eau de
malades
nourriture & à celui de
poulet pour toute adouciffant nitré ou de Ia
quelque apozème
limonade légère pour boiffon, on attendra
termine prefque toujours la
Ia crife; ce qui
maladic,ce font des déjedtions bilieufes annonune fueur affez abondante & prefque
cées par
mou & égal.
générale & par un pouls fouple,
Le refte du traitement fe dirige relativement
d'évacuation qui fe fait.
à T'efpèce
Ia fièvre diminue &
Lorfqu'on voit que
les accidens baiffent après ces déjections
que
il faut laiffer agir la Nature & ne
bilieufes,
Ce
fe preffer de donnerdes purgatifs.
pas trop
la difparition de Ia fièvre
ne fera guère qu'à
de remèdes;
qu'on aura recours à ce genre
avec une décoction d'une once
on purgera
demi-once
de quinquina à laquelle on ajoute
Cette décoclion fe prend
de fel d'Epfoin.
verres, à des diftances plus
en trois ou quatre
l'effet. On s'en
ou moins grândes, feloh
s'ils
tiendra même aux deux premiers verres,
évacuation fuffifante; car il
produifent une
doit éviter dans
eft bon d'obferver ici qu'on
ce --- Page 101 ---
DE SAINT-DONINGUE
8r
cepays-la les grândes évacuations par les
Le remede
felles.
que je propofe eft un purgatif
tonique qui réuflit à merveille, Il
en purgeant, l'action des folides
foutient,
la maladie & par les faignées. On affoiblie par
jamais
ne doit donc
purger autrement dans la
de la maladie & pendant la
terminaifon
convalefcence.
Si après le quatrième jour il furvenoit
hémorragie par le nez qui fit ceffer la
une
violence des accidens, il faudroit grande
infifler fur l'ufage du
toujours
camphre & du
employer les boiffons délignées
nitre,
donner des lavemens & ne fe déciderà ci-devant,
que lorfque la fièvre fera beaucoup purger
Pour lors on aura recours
diminuée.
purgatif qui eft la feule médecine au quinquina
permettra
dont on fe
f'ulage.
On fuivrale méme ordre ffi une
dante furvient dans le
fucurabonceffer les
temps convenable & fait
dangers de la maladie; la limonade
légère, les lavemens, &c. feront
& on attendra que la fièvre foit continués,
ou que la Nature
très-légère
de matière
f'indique par une évacuation
bilieufe pour recourir au purgatif
indiqué,
F
permettra
dont on fe
f'ulage.
On fuivrale méme ordre ffi une
dante furvient dans le
fucurabonceffer les
temps convenable & fait
dangers de la maladie; la limonade
légère, les lavemens, &c. feront
& on attendra que la fièvre foit continués,
ou que la Nature
très-légère
de matière
f'indique par une évacuation
bilieufe pour recourir au purgatif
indiqué,
F --- Page 102 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
feuls font fouvent infuf
de Tous ces moyens
de cette fièvre; car,
fifans dans le traitement adminiftrés, l'affaifmalgré les fecours le mieux
les
fi confidérable que
fement eft quelquefois dans le coma, avant que la
malades tombent
accident
mérite
crife foit venue. C'eft un
qui trèsd'attention, & il eft même
beaucoup
afin de le parer. Un
effentiel de Ie prévoir
de
fon
qui fuit
près
Médecin intelligent,
lorfque
malade, fait, à ne pas s'y tromper, s'annonce
furvenir. Cet accident
le coma veut
baiffe & qui devient conpar un pouls qui
le malade dans cet
vulfif. Quand on trouve
faut
héfiter, les véficatoires
état, il ne
pas
Iors: les épaules,
font un remède affuré pour
interne
les bras, Ies gras des jambes & la partie
ils
cuiffes feront les endroits fur lefquels
des
mais, pour qu'ils opèrent
feront appliqués; il eft utile que les emplâtres
efficacement,
On les lève
foient grands & bien chargés.
leur effet, & on fait
après qu'ils ont produit frais ou de l'onguent
fuppurer avec du beurre
des
fuppuratif auquel on peut même ajouter fuirécemment,
cantharides mifes en poudre
abondante.
vant la néceffité d'une fuppuration --- Page 103 ---
DE SA1XT-DONINGUL 83
Pendant l'ufage des véficatoires, 2 le malade
boira copieufement, de peur que les cantharides ne portent à la veffie, & on continuera
l'ufage des autres fecours quiont été preferits.
Par ce moyen on peut prévenir le coma
qui eft toujours un accident grave & qu'il
eft plus aifé de combattre dans fon principe
que forfqu'il dure depuis quelques heures ; du
moins, fi les véficatoires n'empéchent
pas
cette efpèce de léthargie, lors même qu'ils
ont été appliqués avant que cet accident foit
furvenu, ils en diminuent firement la durée
& le fommeil n'eft jamais fort profond. L'expérience m'a fait voir qu'ils ne manquoient
jamais leur effet dans ce cas. II n'en eft
de même lorfque les malades font dans le fom- pas
meil léthargique, pour avoir négligé l'application des véficatoires dans le temps que le
pouls convullifen indiquoit la néceffité, alors
l'action dece remède peut fouvent étreinutile,
fi cet accident fubfifte depuis quelques heures.
Cependant on ne doit pas défefpérer des
malades, mais il ne faut pas perdre de temps;
les véficatoires doivent pour lors être appliqués fur plufieurs endroits à la fois; & afin
F'ij
pas
meil léthargique, pour avoir négligé l'application des véficatoires dans le temps que le
pouls convullifen indiquoit la néceffité, alors
l'action dece remède peut fouvent étreinutile,
fi cet accident fubfifte depuis quelques heures.
Cependant on ne doit pas défefpérer des
malades, mais il ne faut pas perdre de temps;
les véficatoires doivent pour lors être appliqués fur plufieurs endroits à la fois; & afin
F'ij --- Page 104 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
efficacité,on fera de grands
qu'ils agiffent avec
de beaucoup
emplâtres & ils feront chargés
de cantharides.
donner au
C'eft dans ce cas-ci qu'on peut
malade des cordiaux fimulans propresàrelever
des nerfs &x l'action orgaun peu le fentiment & cela afin de favorifer
nique des vaiffeaux,
font le feul moyen
l'action des vélicatoires qui
auquel il faille recourir.
tout l'effet
Si leur application ne fait pas
Iaiffe
attendre, le malade ne
qu'on doit en mais fi l'on eft parvenu par
aucun efpoir;
on peut bien augurer
ce moyen à le réveiller,
fe tenir en garde
pour lui. I faut cependant
on fait
Ia rechute : dans cette vue,
contre
les véficatoires en les
beaucoup fuppurer
faupondre
avec le bafalicum qu'on
panfant
entretenir
quelquefois de cantharides 2 pour
les
la fuppuration, felon que
& augmenter
circonflances l'exigent. eft
on attend
Dès que cet accident
paré,
la
crife avec d'autant plus de fécurité, que
la
fe fait & qu'on entretient eft
fuppuration qui
termine affez fouvent
une crife artificielle qui
d'aucune autre
la maladie fans le fecours --- Page 105 ---
DE SAINT-DemiNcer
excrétion fenfible. Les véficatoires
font d'autant mieux indiqués ici, que le coma
furvient dépend d'un relâchement
qui
fyftème
dans. le
nerveux, de l'affaiffement & de l'état
d'atonie dans lefquels tombent les vaiffeaux,
tant par rapport à la grande raréfadion des
liquides qui les ont diftendus outre-mefure
pendant long-temps , que par rapport aux
faignées multipliées qu'on a été obligé de faire
au malade. L'épuifement des efprits animaux
entre fans doute encore
les caufes
pour beaucoup dans
qui produifent le coma.
Dans ce cas, par l'irritation que les cantharides portent far fes houpes nerveufes, elles
réveillent le fentiment, foutiennent
chancelante des folides, & la
T'action
furvient entraîne
fuppuration qui
une portion de I'humeur
âcre qui avoit donné lieu à la maladie; mais,
pendant que la fuppuration tend à diminuer
les. dangers de cette fièvre, les autres
ne doivent pas être
les moyens
négligés :
boiffons
copieufes acidulées, les lavemens. adoucifans
& légérement
nitre, &c.
purgatifs 2 le camphre - 3 le
feront employés, & on aura recours
aux purgatifs auffitôt que les évacuations
Oi
F ilj
donné lieu à la maladie; mais,
pendant que la fuppuration tend à diminuer
les. dangers de cette fièvre, les autres
ne doivent pas être
les moyens
négligés :
boiffons
copieufes acidulées, les lavemens. adoucifans
& légérement
nitre, &c.
purgatifs 2 le camphre - 3 le
feront employés, & on aura recours
aux purgatifs auffitôt que les évacuations
Oi
F ilj --- Page 106 ---
86 TRAITÉ DES FIÈVRES
la diminution de Ia fièvre indiqueront qu'ils
être mis en ufage fans crainte.. II y
peuvent ceci à obferver dans le traitement
a encore
de cette maladie; c'eft de ne prefque pas
les malades, de leur tenir le tronc
couvrir
lit & prefque droit; c'eft de
élevé dans leur
chambre & même de
renouveler l'air de la
le rafraichir par quelque moyen.
Voila la méthode curative que j'ai fuivie
fuccès; elle réuffiroit fans
avec le plus grand
dans
doute auffi-bien dans d'autres mains que
les miennes; du moins fuis-je affuré qu'elle
eft fondée en raifon & qu'elle eft conforme
l'on
à Ia 1e faine Médecine ; mais que
faigne J
du pied dans cette maladie, parce qu'il y a
douleur de tête ; qu'on donne l'émétique,
vomiffement de matière bilieufe
parce quilya
de
danc'eft ce qu'il y a
plus
ou porracée,
dont une
font des fautes groffières
gereux,ce infinité de malades ont été Ies malheureufes
viétimes.
les
& en
Les cordiaux, 2
diaphorétiques,
tous les remèdes échauffans font trèsgénéral
maladie où il ne faut
pernicieux dans une
la
tempérer, & empécher, en modérant
que --- Page 107 ---
SAINT- DoNINGUE 87.
DE
des humeurs & Ia violence des accifougue
la,Nature ne fuccombe avant que
dens, que
doivent
la crife ne furvienne. Les narcotiques
être encore proferits, parce que dans cette maJadie On attend une crife, & que les narcotiques
la fufpendroient ou la détourneroient.
Le danger de la maladie étant paffé, iI
de la convalefcence. Pour la
faut s'occuper
rendre courte, le malade fera nourri avec
au riz, avec des alimens
des potages légers
farineux fermentés; iI mangera de la volaille,
des compotes, &c. Les rechutes dans ce pays,
font autant & plus à craindre que la maladie:
il faut pour Tes éviter, fe
c'eft pourquoi
des alimens
ménager beaucoup fur la quantité
On mangera peu le foir, &
qu'on prendra. viande. Les oeufs frais, qui en
jamais de
des
France font une partie de Ia nourriture
font fouvent indigeftes à Saintconvalefcens,
modéré du vin de BorDomingue. L'ufage
foutenir & fortifier
deaux eft excellent pour
dans la
l'action de l'eftomac. II fera utile
convalefcence de purger de temps en temps.
de fe coucher de
avec le quinquina purgatif,
très-bonne heure, de fe lever matin pour
F iy
Les oeufs frais, qui en
jamais de
des
France font une partie de Ia nourriture
font fouvent indigeftes à Saintconvalefcens,
modéré du vin de BorDomingue. L'ufage
foutenir & fortifier
deaux eft excellent pour
dans la
l'action de l'eftomac. II fera utile
convalefcence de purger de temps en temps.
de fe coucher de
avec le quinquina purgatif,
très-bonne heure, de fe lever matin pour
F iy --- Page 108 ---
TRAITÉ DES FIÈVRES
lair, & de s'abftenir des femmes :
prendre fur-tout le convalefcent montera à cheval
mais
le matin pendant deux heures, il ira habiter
endroit élevé, découvert, & où le vent
un fouffle le plus : il évitera de fe livrer trop
tôt à des exercices un peu fatigans, & iI ne
s'expofera point à l'ardeur du foleil.
Dès que les nouveaux venus à Saint-Domingue ont échappé aux dangers de cette
fièvre, ils n'y font plus fujets,à moins qu'après
avoir abandonné cette ile pour aller vivre dans
ils
reviennent longun pays tempéré,
n'y
après; ils fe portent même ordinairetemps
qu'ils faffent un bon ufage
ment bien, pourvu
des fix chofes non naturelles, & en général on
peut dire que ceux qui font nés dans le pays,
& ceux qui l'habitent depuis quelques années,
jouiffent d'une fanté pour le moins auffr
y
conftante qu'en Europe. On ne connoit pas
même dans cette ile plufieurs indifpofitions
auxquelles on eft expofé en France. Il a n'y a
qu'un petit nombre de maladies qui règnent
à Saint * Domingue, & dont le traitement
fera prefque toujours heureux dans des mains
habiles. --- Page 109 ---
DE SAINT- DOMINGUE. 89
On peut donc dire avec raifon que Ia
maladie, dont je viens de parler, produit dans
l'économie animale un défordre qui tourne
à l'avantage du malade lorfqu'ii échappe au
danger; en effet, cette maladie caufe un tel
changement dans les folides & les fluides, que
les uns ont par la fuite une action moins
forte fur les liquides, & que les autres ayant
été renouvelés, pour ainfi dire, n'offrent aux
folides qu'une réaction modérée, ce qui entretient un équilibre parfait,
a --- Page 110 ---
OBSERVATIONS
Sur le Traitement des Fièvres
de Saint- Domingue.
Arrès 2 avoir donné une Théorie raifonnée
de la fièvre de Saint t- Bomingue qui attaque
venus, & après avoir expofé
les nouveaux
doit fuivre dans
le plan méthodique qu'on
de cette maladie, il me paroit
le traitement
obfervations
très-utile d'ajouter ici quelques
tout-à-la-fois, & Ia bonté du
qui prouvent
& les dangers qu'il
traitement que j'indique,
y a à courir pour ceux qui s'en écartent.
Première Obfervation.
de
de CalftelEN d 1749, au mois Juin,M.
ancien Capitaine dans le régiment de
pers,
d'environ quarante-cinq ans s
Chartres, âgé
fut attaqué fubitement d'une Iaffitude extrême,
d'un mal de tête violent,, avec douleur dans
les reins & dans les membres, naufées, vomiffemens de matière bilieufe porracée, chaleur
ardente à la peau, fèvre très-aigue, foif
cartent.
Première Obfervation.
de
de CalftelEN d 1749, au mois Juin,M.
ancien Capitaine dans le régiment de
pers,
d'environ quarante-cinq ans s
Chartres, âgé
fut attaqué fubitement d'une Iaffitude extrême,
d'un mal de tête violent,, avec douleur dans
les reins & dans les membres, naufées, vomiffemens de matière bilieufe porracée, chaleur
ardente à la peau, fèvre très-aigue, foif --- Page 111 ---
91,
extrême & tous les autres fymptômes qui
caraétérifent la fièvre à laquelle les nouveaux
font fujets. Le
venus à Saint - Domingue
foutinrent
fecond jour, tous les accidens fe
même plus d'intenfité; il y eut un
& prirent
très-fort le troifième jour, de
redoublement
e; le feptième, il y
même que le cinquième
mais il fut trèseut auffi un redoublement,
fut
même Ia coction
modéré, & ce jour-là
de matière biannoncée par une évacuation dès le huitième
lieufepar les felles; il fut purgé
avec le quinquina purgatif, parce que
jour
Le dixième jour,
la fièvre étoit très-légère.
fut
il n'y en eut plus & la convalefcence
prompte.
on le voit, a fuivi
Cette maladie, 2 comme
la
exactement tous fes types; mais, foit que
maladie tint plutôt à Ia fynoque qu'à la fauffe
ainfi qu'on pouvoit le préfièvre ardente,
le
fumer, foit que les remèdes aient prévenu
n'a
eu lieu & les véficoma ; cet accident
pas
Voici en
catoires n'ont point été appliqués.
confifta tout le traitement : le Malade
quoi
le
& le fecond jour jufqu'à
fut faigné premier
fix fois, malgré les naufées &x les vomiffemens --- Page 112 ---
92 Olfervations fur les Fièvres
qui cefsèrent par ce feul moyen; je lui
enfuite boire copieufement d'une
fis
limonade; il fut mis à l'eau de très-légère
toute nourriture ; on lui donna tous poulet les pour
deux lavemens adouciffans. J'évitai
jours
fement de faire ufage de remèdes foigneu-
& purgatif: je n'eus recours à émétiques
que lorfque la coclion
ces derniers
évacuation de matière s'annonça par une
bilieufe;
ainfi que je le prefcris dans le pour lors,
T'Ouvrage, je purgeai le Malade corps de
quinquina
avec le
purgatif, pour les raifons
ai données.
que j'en
Seconde Oifervation.
QUOIQUE la méthode curative
prefcris pour cette forte de maladie foit que je la
feule qu'il faille fuivre, iI y a cependant des
circonftances où il faut s'en écarter à certains
égards. En voici un exemple: M. de SaintSimon, habitant de la plaine de
d'un
Léogane,
tempérament un peu ufé & âgé d'environ
cinquante ans 2- fut attaqué de l'efpèee de
fièvre que j'ai délignée fous le nom de
fièvre ardente : Ntous les:
faufa
fymptômes qui
, iI y a cependant des
circonftances où il faut s'en écarter à certains
égards. En voici un exemple: M. de SaintSimon, habitant de la plaine de
d'un
Léogane,
tempérament un peu ufé & âgé d'environ
cinquante ans 2- fut attaqué de l'efpèee de
fièvre que j'ai délignée fous le nom de
fièvre ardente : Ntous les:
faufa
fymptômes qui --- Page 113 ---
de Saint- Domingue.
caractérifent cette maladie furent
bientôt
pouffésau dernier degré,& dès le premier jour
il tomba dans le coma. Je le trouvai dans
état, le pouls étoit petit, ondulant, cet
& à
peine fe réveilloit - il pour répondre
queftions qu'on lui faifoit. Dès le
aux
même je lui fis appliquer les vélicatoires moment
les épaules : ils firent leur effet; le
fur
ranima & le malade revint de fon pouls fe
ment.
Pour lors je me propofai de affoupiffe- fuivre le
plan curatoire que j'indique: je lui fis faire
trois petites faignées dans l'efpace de trente
heures ; il but copieufement d'une
limonade & il prit trois fois dans la légère
un, bol fait avec deux grains de
journée
fix grains de nitre
camphre &
; on Iui donna tous les
jours deux lavemens & la diète fut obfervée
d'une manière convenable; ily eut des redoublemens le troifième & le cinquième
de
la maladie: je fis fuppurer
jour
abondamment les
véficatoires & j'attendis avec patience le
temps où la Nature indiqueroit la néceffité
de recourir aux purgatifs. Dès le feptième
jour il y eut une évacuation bilieufe
les
felles; le huitième je purgeai le Malade par
aveç --- Page 114 ---
Obfervations fur les Fièvres
le quinquina & le fel
fèvre le
d'Epfom ; & il fut fans
onzième jour.
II faut obferver que cet exemple eft
preuve bien certaine que, dans quelque une
que le coma furvienne, il ne faut
temps
d'appliquer les
pas héfiter
le
véficatoires; ils font en effet
meilleur moyen auquel on puiffe recourir
pour produire dans cette maladie une
ration avantageufe.
dépuTroijfème Obfervation.
M. DE GALLOCHOT,
chelois, fut
Capitaine Roattaqué, en 1750, de la
de
fièvre
Saint-Domingue avec tous les
qui Ia caradtérifent & dont j'ai fait fymptômes
ration : on lui fit,
l'énumépar mon ordre, quatre
petites faignées dans les deux premiers
les naufées & les vomiffemens
jours;
les boiflons délayantes
dilparurent;
& le nitre, les
acidulées, le camphre
lavemens adouciffans
mis en ufage jufqu'au
furent
maladie. Ce
feptième jour de Ia
jour le redoublement fut trèsfort, mais auffi dès cet inflant la crife fut
décidée. II parut une fueur univerfelle
fut fuivie d'une évacuation
qui
bilieufe; je me
vomiffemens
jours;
les boiflons délayantes
dilparurent;
& le nitre, les
acidulées, le camphre
lavemens adouciffans
mis en ufage jufqu'au
furent
maladie. Ce
feptième jour de Ia
jour le redoublement fut trèsfort, mais auffi dès cet inflant la crife fut
décidée. II parut une fueur univerfelle
fut fuivie d'une évacuation
qui
bilieufe; je me --- Page 115 ---
de Saint - Domingue,
déterminai alors à le
purger d'autant plus
volontiers que la fièvre étoit très-modérée &
qu'il y avoit une indication manifefte
l'application d'un remède
pour
fervis dans
purgatif Je me
ce cas, comme dans les autres,
de Ia décodlion d'une once de
dans laquelle je fis fondre une demi-once quinquina
fel d'Epfom; le malade fut bientôt
de
hors de
danger & Ia convalefcence fut
II faut avouer que le Malade prompte. dont il
ici queflion n'a pas eu cette fièvre dans eft le
dernier degré de violence, & qu'il n'eft
tombé dans le coma ; mais M. Gallochot pas
déjà fait huit ou dix
avoit
voyages en Amérique,
&sy trouvoit par conféquent avec un tempérament un peu fait à ce climat.
Quatrième Obfervation.
EN 1750, un Marchand arrivé depuis fix
mois, demeurant dans la grande rue de
Léogane, 2 fut attaqué de la maladie ordinaire
aux nouveaux venus. Les fymptômes & les
accidens qui faccompagnèrent furent trèsgraves: je ne fus appelé que le fixième
& pour lors je le trouvai dans le jour,
coma --- Page 116 ---
Obfervations Jur les Fièvres
quinze heures. Malgré le peu d'efpédepuis
de le tirer d'un état fi
rance que j'avois
entrevoir encore une
dangereux 5 je crus
fis
reffource dans les véficatoires ; je lui en
de larges emplàtres fur Ies
auffitôt appliquer
Les véficatoires firent
épaules & aux cuiffes.
leur effet; mais ce ne fut que vingt-quatre
le malade revint de l'efpèce
heures après que
où il étoit. Dès-lors j'augurai
de léthargie
des
bien pour lui; iI fit un ufage copieux
acidulées & on Iui donna
boiffons légèrement &c. La fièvre fut trèsquelques lavemens,
de la
modérée par Ia fuite, & l'abondance
à laquelle les véficatoires donfuppuration
eut bientôt
nèrent lieu, & que j'entretenois,
fait ceffer cette fièvre & les accidens qui en
étoient la fuite. J'eus recours pour lors au
dont j'ordonne T'ufage ; je le fis
purgatif trois fois au Malade & il fut prompprendre
tement rétabli.
quelavoit été le traitement qu'on
J'ignore
l'euffe vu; je fais
lui avoit fait avant que je
feulement qu'il avoit été purgé le quatrième
une eau de caffe. Cet exemple eft
jour avec
bien certaine du bon effet des
une preuve
véficatoires
ient la fuite. J'eus recours pour lors au
dont j'ordonne T'ufage ; je le fis
purgatif trois fois au Malade & il fut prompprendre
tement rétabli.
quelavoit été le traitement qu'on
J'ignore
l'euffe vu; je fais
lui avoit fait avant que je
feulement qu'il avoit été purgé le quatrième
une eau de caffe. Cet exemple eft
jour avec
bien certaine du bon effet des
une preuve
véficatoires --- Page 117 ---
de Saint - Domingue.
97.
véficatoires dans cette maladie lorfqu'elle eft
accompagnée du coma, & fait voir tout ce
qu'on peut aitendre de cette efpèce de
remède.
Cinquième Obfervation.
EN 1750, un Commis de M." Ché &
Michel ayant été attaqué de la même maladie
que ceux dontje viens de parler, je fus mandé
pour le voir le huitième jour de la fièvre: les
accidens avoient été jufque-Ih affez médiocres
pour ne pas laiffer entrevoir beaucoup de
danger; il n'étoit pas même tombé dans le
coma, & il y avoit tout à efpérer pour lui;
amais, ce malade ayant été purgé le jour
je le vis & avant qu'il y eût une indication que
qui annonçât qu'on pourroit fans crainte
recouririce genre de remède, tous les accidens
fe renouvelèrent avec beaucoup de violence,
& la Nature, fatiguée par plufieurs jours de
maladie, fuccomba dès le foir même.
On peut conclure de cet exemple que les
remèdes purgatifs ne doivent fe donner dans
cette maladie qu'avec beaucoup de circonfpection, & qu'il y a tout à craindre de leur
G --- Page 118 ---
Olfervations fur les Fièvres
98.
tant que la fièvre
ufage, f on les emploie
des évaeft encore un peu vive & tant que fueur
bilieufes, précédées d'une
cuations
annoncent la chute de l'érécopieufe, qui
entrevoir de fûreté à
tifme, ne laiffent pas Ceci mérite Ia plus
employer les purgatifs.
de l'efpèce
attention dans le traitement
grande dontj
& les fautes commifes
de fièvre
je parle,
à Saint-Doà cet égard font fi fréquentés
revenir
mingue, que je crois ne pas pouvoir
fouvent fur cet objet; on peut cependant
trop
la médecine que ce malade
ne pas regarder feule caufe de fa mort, il y en
prit comme
eut uné autre qui ne fut que foupconnée, veille
c'eft d'avoir careffé une Négreffe Ia
du jour qu'il fut purgé.
Sixième Obfervation.
hommedela Rochelle, demeurant
UNjeune
Négociant à Léogane,
chez M. Delaumont,
s
arrivé à Saint-Domingue
& nouvellement de tête affez vif, avec des inquiéeut un mal
la fièvre
tudes & un mal-aife inexprimable; devint
joignit bientôt, la chaleur du corps
sy
les extrémités reftoient
brûlante pendant que
du jour qu'il fut purgé.
Sixième Obfervation.
hommedela Rochelle, demeurant
UNjeune
Négociant à Léogane,
chez M. Delaumont,
s
arrivé à Saint-Domingue
& nouvellement de tête affez vif, avec des inquiéeut un mal
la fièvre
tudes & un mal-aife inexprimable; devint
joignit bientôt, la chaleur du corps
sy
les extrémités reftoient
brûlante pendant que --- Page 119 ---
de Saint- Domingue.
froides; le malade avoit
boiffons
une foif que les
ne pouvoient pas tempérer, & la
relpiration étoit un peu difficile. Les
les vomiffemens de matière
naufées,
quantité & des
verdâtre en petite
autres boiffons qu'on lui
donnoit, une douleur vive dans les reins
dans la région du diaphragme
&
le nombre des
augmentoient
fymptômes; les yeux
vifs & un peu rouges ; il y avoit étoient
& des anxiétés continuelles
infomnie
: la
noire & raboteufe dès le fecond langue fut
y eut une
jour, & il
hémorragie par le nez peu
ce malade éprouva dans le
copieufe:
plus haut
tous les fymptômes & tous les
degré
accompagnent la vraie fièvre
accidens qui
Je vis le malade le
ardente.
matinée,
lendemain dans Iz
c'eft-à-dire, environ quinze heures
après que Ia maladie eut commencé;
faire deux
je lui fis
faignées dans le jour &
lui
ordonnai pour boilfon ordinaire
je
limonade: il prit
une légère
quelques lavemens
ciffans. Le lendemain il fut
adoutroifième fois; mais,
faigné pour la
déjedtions
malgré ces fecours, les
furent
trième
fanguinolentes, & le
jour il mourut après avoir rendu guapar
G ij --- Page 120 ---
fur les Fièvres
fioô
Olfervations
quantité de fang noiles felles une copieufe
ratre & d'une puanteur extrême.
Cette fièvre s'annonce par des fymptômes
fi effrayans, & les accidens qui l'accompagnent
parviennent en fi peu de temps au dernier
de violence, que ( comme cette obferdegré
le malade eft enlevé avant
vation le prouve )
de faire &
le Médecin ait eu le temps
que
de remèdes. C'eft à raifon
de tenter beaucoup
de
de la violence de cette maladie & du peu
qu'elle laiffe pour l'application des
temps
à s'oppofer aux défordres
moyens propres dans l'économie animale, que
qui fe paffent
traité de la fièvre
tous les Auteurs qui ont
ardente la regardent comme une des plus
maladies qu'on connoiffe; & à cet
dangereufes il faut avouer de bonne foi que les
égard
exemples de guérifon font affez rares, maisauffi
il faut convenir que cette maladie n'eft pas fort
même dans les régions chaudes de
commune, & qu'elle eft encore infiniment
I'Amérique,
moins fréquente dans les pays tempérés.
Septième Obfervation.
UN jeune homme de Moulins, recommandé
ent comme une des plus
maladies qu'on connoiffe; & à cet
dangereufes il faut avouer de bonne foi que les
égard
exemples de guérifon font affez rares, maisauffi
il faut convenir que cette maladie n'eft pas fort
même dans les régions chaudes de
commune, & qu'elle eft encore infiniment
I'Amérique,
moins fréquente dans les pays tempérés.
Septième Obfervation.
UN jeune homme de Moulins, recommandé --- Page 121 ---
de Saint - Domingue.
TOF
à M.. Beudet, tomba malade huit
jours
après fon arrivée à Saint-Domingue. Dès le
premier jour il eut tous les fymptômes qui
défignent l'efpèce de fièvre qui attaque les
nouveaux venus dans cette fle. La chaleur
étoit très-grande & la foif confidérable; il
étoit dans des fueurs continuelles; iI avoit
des naufées & il rendoit par le vomiffement
un peu d'humeur verdâtre. Le malade, outre
un mal de tête, avoit le ventre un
tendu
& douloureux; il fut faigné deux peu fois du
bras & une fois du pied par celui qui le
voyoit; & dès le troifième jour, le Chirurgien, prenant le vomiffement qui fubfiftoit
pour une indication qui annonçoit fa néceffité
de recourir à l'émétique, lui fit prendre du
tartre flibié dans le temps de la violence des
accidens:jenes vis le maladequecejourli même;
tous les accidens avoient encore été aggravés
par Pufage d'un remède de cette nature; une
faignée du bras que je fis faire devintinutile, &
le malade mourut dès le foir même.
Cet exemple n'eft pas le. feul que j'aie
de cette mauvaife méthode de traiter les
malades, en leur failant prendre de l'émétique,
G ij --- Page 122 ---
Obfervations Jur les Fièvres
difent ceux qui l'emploient, parce
& cela,
d'humeur
le malade vomit un peu
que
mais auffi de tous ceux à
bilieufe porracée;
de remède, on
qui on a adminiftré ce genre
à Ia
n'en voit prefque point qui échappent
mort; & s'il y en a quelques-uns qui s'en
avoir pris de l'émétique, c'eft
tirent, après
la maladie prife en elle-même ne préfente
que
& encore arrive-t-il
abfolument aucun danger,
dans ces cas, l'irritation - , qui eft la fuite
que, remède fait périr Ie malade ou Iui fait
de ce
courir les plus grands rifques.
Huitième Olfervation.
Douillart me fit mander le
MADAME
à
troifième jour pour une maladie pareille
viens de décrire: elle avoit déjà.
celle que je
la fis faigner
été faignée trois fois du bras; je
avoient été
une quatrième ; les redoublemens
le vomiffément perfiftoit & les
très-violens,
le
fueurs étoient exceflives, de même que
Toutes ces confidérations
refte des fymptômes.
fur les faijinfiftai
ne me retinrent point:
du bras, tart
gnées; j'en fis encore faire trois
le cinquième jour de la
le quatrième que
celle que je
la fis faigner
été faignée trois fois du bras; je
avoient été
une quatrième ; les redoublemens
le vomiffément perfiftoit & les
très-violens,
le
fueurs étoient exceflives, de même que
Toutes ces confidérations
refte des fymptômes.
fur les faijinfiftai
ne me retinrent point:
du bras, tart
gnées; j'en fis encore faire trois
le cinquième jour de la
le quatrième que --- Page 123 ---
de Saint - Domingue.
1O3
maladie; j'ordonnai les boiffons
délayantes acidulées, > la limonade légère en grande
elle prit quatre fois par jour un bol quantité; fait
fix grains de nitre & deux grains de
avec
& on lui donna tous les jours deux camphre,
lavemens adouciflans. Le
ou trois
vomifement ceffa le
quatrième jour, les fueurs furent moins abondantes, 2 le coma ne furvint point,
quelques
petites déjedtions s'annoncèrent le
& tous les accidens diminuérent feptième,
infenfible:
ment; elle fut purgée le neuvième
comme je le
&
jour,
prefcris, 2
le dixième il
eut plus de. fièvre.
n'y
II faut obferver que, par les raifons
j'en ai données dans le temps, les femmes que
courent moins de rifques dans cette maladic
que les hommes.
Neuvième Obfervation.
LE fils de M. Boiflonnière, habitant
du
Port-au-Prince, âgé d'environ dix-huit
& étant depuis un mois de retour de France ans,
où il avoit demeuré
plufieurs années, fut
attaqué de la maladie des nouveaux
La fièvre fut
venus.
très-aigué, la chaleur, la foif,
G iv --- Page 124 ---
104 Obfervations fur les Fièvres
le mal-aife étoient pouffés à l'extrême;
avoit des naufées & de
; il y
la fueur étoit abondante, petits vomiffemens;
la
& tous les fymptômes
refpiration gênée,
maladie furent
qui caradlérifent cette
très-graves.
Les deux premiers
fix
jours , je lui fis faire
petites faignées du bras; les fueurs furent
calmées & le vomiffement ceffa
je recommandai
par ce moyen ;
une diète exadte &
copieux des boiffons
fufage
les bols de
légèrement acidulées;.
camphre & de nitre furent employés ; mais, malgré tous ces fecours,
dés le quatrième jour des notions
j'eus
que le coma alloit furvenir. Une certaines
termittence
efpèce d'inque je reconnus dans le
jointe à de légers mouvemens
pouls,
convullifs,
m'annonçoit cet accident. Dans l'inftant méme
je fis appliquer au malade de larges
véficatoires fur les épaules; ils furent emplâtres
dix heures aprés ; la douleur
levés
nèrent
qu'ils occafionpendant leur action empécha l'affoupiffement commençant. Ce remède
les plus grands effets ; la
produifit
abondante; je la fis entretenir fuppuration fut
foin de faire boire
&j'eus toujours
copicufement le malade,
l'inftant méme
je fis appliquer au malade de larges
véficatoires fur les épaules; ils furent emplâtres
dix heures aprés ; la douleur
levés
nèrent
qu'ils occafionpendant leur action empécha l'affoupiffement commençant. Ce remède
les plus grands effets ; la
produifit
abondante; je la fis entretenir fuppuration fut
foin de faire boire
&j'eus toujours
copicufement le malade, --- Page 125 ---
de Saint- Domingue.
Les accidens diminuérent
que la fièvre
peu-à-peu, de méme
qui me permit de le
le
huitième jour. Elle fut entièrement purger
le dixième : je le purgeai
diflipée
pendant fa
encore deux fois
convalefcence, & le
fut bientôt parfait.
rétabliffement
Dixieme Obfervation.
MADAME Morinière, habitante du Culde-fac, nouvellement de retour de France
elle avoit demeuré dix
où
la fièvre ordinaire
ans, fut affaillic de
à ceux qui quittent un
pays tempéré pour paffer à
Le mal de tête, la
Saint-Domingue.
dans la
chaleur, 2 la foif, la douleur
région des lombes & la fièvre furent
extrémes.Ilyeute dès lep
& des petits vomiffemens premierjourdes naufées
les fueurs étoient
d'humeur verdâtre;
fe faifoit
confidérables, la refpiration
avec peine & le ventre étoit
& douloureux
tendu
accidens
lorfqu'on le touchoit. Tous ces
caufe de prirent la foible beaucoup d'intenfité, tant à
conftitution de la malade,
que par rapport à la répugnance qu'elle avoit
pour la petite quantité de remèdes
traitement de cette maladie.
qu'exige le --- Page 126 ---
fur les Fièvres
106 Obfervations
recontrer dans le vomifJe ne crus point
à
fement & les fueurs une contre-indication
crus que ces accidens
la faignée ; au contraire,je
la néceffité; c'eft pourquoi
m'en indiquoient
fois du bras les deux
je Ia fis faigner quatre
boiffon
premiers jours, & j'ordonnai pour
limonade légère ; je recommandai Ies
une
adouciffans & quatre fois par jour
Iavemens
le
& le nitre.
T'ufage d'un bol avec camphre
Mais fa répugnance ft qu'elle n'ufa pas exactement de ce remède; la fièvre continua d'être
très - vivé ; le coma ne furvint cependant
malgré la violence des redoublemens
point, furent très-forts fur-tout les jours impairs.
qui
fut accompagné d'un
Celui du feptième jour
néanmal-aife & d'un accablement extrême;
la fièvre & les accidens
moins dès ce moment
commencèrent à fe modérer; quelques petites
bilieufes furvinrent, & la malade
déjedtions
le onzième jour. Je la
fut hors de danger
& le fel
purgeai enfuite avec le quinquina
Cette purgation fut répétée & elle
d'Epfom.
de bons effets dans Ja conproduifit tonjours
qu'elle ne l'eft
valefcence qui fut plus longue
communément dans cette maladie.
les accidens
moins dès ce moment
commencèrent à fe modérer; quelques petites
bilieufes furvinrent, & la malade
déjedtions
le onzième jour. Je la
fut hors de danger
& le fel
purgeai enfuite avec le quinquina
Cette purgation fut répétée & elle
d'Epfom.
de bons effets dans Ja conproduifit tonjours
qu'elle ne l'eft
valefcence qui fut plus longue
communément dans cette maladie. --- Page 127 ---
de Saint - Domingue.
Onzième Obfervation, >
MADENOISELLE Leger, belle-foeur de
M. de Saint-Simon, reffentit dans un degré
violent tous les fymptômes & accidens qui
caraétérifent la fièvre qui attaque communément les nouveaux venus à
Le mal de tête étoit infupportable, Saint-Domingue.
& la foif étoient
la chaleur
très-grandes; il y avoit des
fueurs abondantes, des naufées, des vomiffemens, douleurs dans les régions
les redoublemens furent
lombaires;
très - forts, & ils
étoient effrayans les jours impairs. Elle fut
faignée fix fois dans les deux premiers
les boiffons & les autres remèdes jours;
furent,.
pendant le cours de cette maladie, les mémes
que ceux quej'indique pour le traitement de
cette fièvre; le coma n'eut pas lieu; la fievré
& les accidens diminuerent
le huitième
peu-à-peu environi
jour, temps auquel il
à furvenir quelques évacuations commença
les felles; le
bilieufes par
purgatif ordinaire fut mis en
ufage & Ia guérifon fut
prompte.
Douzième Obfervation.
UN Commis de M. de la Haye, Négociant --- Page 128 ---
108 Olfervations Jur les Filvres
à
Léogane, 2 fut attaqué de
de
à laquelle font
T'efpèce
fèvre
communément
Européens qui paffent à Saint- expofés les
les fymptômes & les accidens Domingue:
degré de violence affez
parvinrent à un
fort & les
mens étoient très-orageux,
redoubleLa méthode curative
employée; les
que je prefcris fut
accidens
feptième jour de la maladie, diminuèrent, & le
bien
faire
ilfe trouvoit affez
pour
préfumer qu'il pourroit être
purgé le lendemain. Le
du matin, je fus
huitième, à Ia vifite
s'étoient
furpris de voir que les accidens
renouvelés & que la fièvre étoit
vive pour; permettre de lui faire
trop
cine. A la chute du
prendre médemourut. Je fus alors redoublement le malade
donné du
que fa Négreffe lui avoit
vin la veilfe, à trois différentes
ce qui fut la feule caufe de fa
fois 2
On voit en effet,
mort.
caufes
d'après ce que j'ai dit des
éloignées & prochaines de cette
& des défordres qui fe
maladie
mie animale,
paffent dans l'éconoque les liqueurs fpiritueufes ne
peuvent jamais être prifes
qu'il y a de la fièvre : le vin, impunément tant
dir, ne convient
comme je l'ai
que dans la convalefcence,
qui fut la feule caufe de fa
fois 2
On voit en effet,
mort.
caufes
d'après ce que j'ai dit des
éloignées & prochaines de cette
& des défordres qui fe
maladie
mie animale,
paffent dans l'éconoque les liqueurs fpiritueufes ne
peuvent jamais être prifes
qu'il y a de la fièvre : le vin, impunément tant
dir, ne convient
comme je l'ai
que dans la convalefcence, --- Page 129 ---
de Saint- Domingue.
IO9
encore faut-il toujours être modéré fur la
quantité qu'on en prend.
Je pourrois citer un plus grand nombre
d'exemples pour faire valoir la bonté de la
méthode curative que j'ai employée dans cette
maladie; mais ils me paroiffent d'autant plus
inutiles ici, que cette fièvre étant toujours
à peu-près la méme, je ne pourrois m'empécher de retomber dans des répétitions
ennuyeufes. Les Obfervations que je viens de
rapporter, me, paroiffent d'ailleurs fuffifantes
pour affermir les Praticiens dans la conduite
qu'ils doivent tenir. Ce fera à eux à apporter
dans le traitement Ies variétés que des circonftances particulières pourroient exiger. --- Page 130 ---
IIO
M É M OIRE
auroit à changer
Sur les avantages qu'ily
la nourriture des Gens de mer.
JEcrois avoir prouvé dans mon Traité
Maladies des Gens de mer, que les
des
dont les Matelots font ufage font
falaifons
caufes du fcorbut & des
une des principales
Le
maladies qui les affligent.
plus
autres nombre des Médecins, des Chirurgiens
grand
de cette vérité, & les Officiers
font pénétrés
convaincus ; mais il
de Marine en paroiffent
de l'ancien
refle encore quelques partifans
&
-qu'il faut convaincre de l'utilité
régime
de Ia nourriture végétale.
des avantages
de fe roidir
II eft du devoir d'un Citoyen
tous les obftacles- qu'il rencontre à
contre
il doit fur-tout le montrer aux
faire le bien ;
leurs mains le
Hommes qui tiennent entre
fort des Peuples & des Euts, à ces Hommes
au-deffus du petit intérêt qui divife les
qui,
factions acharnées les unes
Particuliers en
fainement
contre les autres, jugent toujours --- Page 131 ---
des objets qu'on Ieur
III
préfente & les font
tourner à Tavantage général. C'eft
m'engage à donner un
ce qui
quej'ai dit ailleurs fur précis, tant de ce
l'excellence du régime
végétal pour les Marins, que des nouvelles
obfervations qui me font
voie des correfpondances parvenues par la
que j'ai
avec des Médecins de la Marine entretenues
plufieurs
& avec
Chirurgiens des Vaiffeaux
fuivi cet objetavec une attention
qui ont
& cela fuivant l'intention d'un fcrupuleufe,
n'a pas befoin de mon
Miniftre qui
tâcher de rendre
éloge. Mais, pour
ce Mémoire tout-à-la-fois
utile & intéreffant, il convient, fans
de commencer
doute,
par une courte analyfe des
produits des fubftances animales &
afin de pouvoir tirer,
végétales,
fourniffent, des
d'après ceux qu'elles
conféquences propres à déterminer, avec connoiffance de caufe, le
de l'une ou de l'autre de
choix
tivement
ces fubftances relaaux circonflances.
Les végétaux & les animaux font
des mêmes
compofés
principes, leur agrégation & leur
atténuation, dans Ces deux règnes, font feulement différentes. On eft forcé de convenir
végétales,
fourniffent, des
d'après ceux qu'elles
conféquences propres à déterminer, avec connoiffance de caufe, le
de l'une ou de l'autre de
choix
tivement
ces fubftances relaaux circonflances.
Les végétaux & les animaux font
des mêmes
compofés
principes, leur agrégation & leur
atténuation, dans Ces deux règnes, font feulement différentes. On eft forcé de convenir --- Page 132 ---
NOURRIT U R E
H12
Ies animaux qui ne vivent que de végéque
doivent leur accroiffement & leur
taux ne
matériaux fournis par cette
exiftence qu'aux
d'alimens; ; mais ces matériaux fubiffent
efpèce
une circudans le corps de l'animal, pendant
d'une chaleur à
lation adtive accompagnée
ils n'étoient point foumis dans le
laquelle
des fruits, dans le tiffu des
parenchyme
une atténuation
plantes, &c. une élaboration,
qui tend à leur ôter leur première agrégation,
à les défunir & à les rendre au réfervoir
ifolés, ils
à une nou-
-
général d'ou,
repaffent
qui les met dans le cas de
velle agrégation
d'un nouvel individu;
fervir à la compofition
les élémens,
car que l'on ne s'imagine pas que
parmi lefquels on ne, peut raifonnablement
que le feu, l'eau & la terre, puiffent
compter.
conftitutifs des
jamais former les principes
compofent les trois règnes, 2
fubftances qui
affociation, fans une agrégation prélifans une
dans fes
minaire qui, variant à l'infini
rapports,
donne autant de différens principessquil y a
différentes. Ces élémens, dans les
d'efpèces
plus près du
plantes, dans les végétaux,
de leur agrégation, ont un plus
moment
grand --- Page 133 ---
DES GENS DE M E R.
grand degré de cohérence, d'affinité
II3)
ils forment des principes
entr'eux;
les individus fur
plus fixes, quoique
fouvent
lefquels On les obferve foient
très-fréles & de peu de
feul alkali fixe des
durée ; le
pas de nature,
végétaux qui ne change
quoique pouffé au plus
feu, nous en fournit la
grand
Mais que ces mêmes preuve.
végétaux
plantes, ces mêmes
qui ne donnoient d'abord, dans la
diftillation, qu'un elprit acide,
effentielle; & dans
qu'une huile
fixe, aient
fincinération, un alkali
porté dans l'intérieur d'un
des matériaux
animaf
à tous
principes qui donnoient lieu
ces produits; alors tout change de
fice,'ce fera en vain, que dans la
on attendra un efprit acide,
difillation
tielle, &
dans
une huile effenque
l'incinération on
un alkali fixe: tous les
cherchera
produits feront
on aura un alkali volatil,
changés,
une huile
reumatique fétide, & à
empycrétacée & fixe
T'incinération la terre
la confiftance qui avoit fervi à donner de
fice animal. aux différentes pièces de l'édiQu'on abandonne ces
à leur mouvement
fubftances
fermentation
fpontané, au lieu de la
piritueufe ou acide que donnent
H
un alkali fixe: tous les
cherchera
produits feront
on aura un alkali volatil,
changés,
une huile
reumatique fétide, & à
empycrétacée & fixe
T'incinération la terre
la confiftance qui avoit fervi à donner de
fice animal. aux différentes pièces de l'édiQu'on abandonne ces
à leur mouvement
fubftances
fermentation
fpontané, au lieu de la
piritueufe ou acide que donnent
H --- Page 134 ---
NOURRITURE
elles donnent une fermentation
les végétaux, eft le dernier terme de la décomputride qui
celui qui les attend tôt ou tard,
pofition,
fauroient échapper. On voit
& auquel ils ne
de matécette différence dans les produits
que
font effentiellement les mêmes, eft
riaux, qui
ont éprouvée en
le fruit de l'atténuation qu'ils
dans les filières de Y'animal, & que
paffant
des Élémens qui forment ces
l'agrégation n'eft plus Ia même qu'elle étoit
matériaux, tiffu de la plante dont r'animal s'eft
dans le
eft une
à cet
:
nourri; ce que je dis
égard
la Chimie moderne a mife dans
vérité que
évidence : il eft pareillement
la plus grande
eft animal, dans la
évident que tout ce qui
décompofition qui rend au magafin général
qu'il y avoit puifés, foit imméles matériaux
paffe par cet
diatement, foit médiatement;
état que nous nommons pourriture , fermentation putride.
maladies
attaquent
Mais que font les
qui
humain, finon cette fermentation
le corps
fontanticipée! Les fèvres putrides S malignes,
chofe! Le fcorbut, cette maladie
elles autre
f terrible, & qui fait tant de ravages parmi --- Page 135 ---
DES GENS DE MER,
les Marins, ne nous offre-t-il
-IIS
caractères d'une diffolution
pas tous les
marche plus lente
putride, dont Ia
que dans les maladies
que je viens de citer, eft due à des
vives
j'ai amplement difcutées dans
caufes que
maladies des Gens de
mon Traité des
mer ! L'art du
dans ces cas, doit donc tendre
Médecin
à prévenir & à écarter
elfentiellement
cette
putride. Des expériences
fermentation
heureufes &
en développant la caufe de cette
répétées
nous ont mis fur la voie des fermentation,
à la combattre. Macbride moyens propres
Difertations
& les Auteurs des
qui ont concouru pour le Prix
propofé en 1768 par l'Académie de
Jur les
Dijon,
anti-foptiques - tendent tous à
que les fubltances animales
prouver
cet état de diffolution
ne tombent dans
putride où nous les
voyons promptement paffer lorfqu'elles font
dans un eridroit chaud &
à leur mouvement
humide,abandonnées
l'air fixe qui entroit fpontané, que parce que
dans leur
fe développe , s'échappe, & laiffe compofition,
principes conflitutif dans
les autres
eux,
un tel rapport entre
qu'il en naît néceffairement ce
nommons pourriture
que nous
A qui eft l'état où ceffe
H ij
nous les
voyons promptement paffer lorfqu'elles font
dans un eridroit chaud &
à leur mouvement
humide,abandonnées
l'air fixe qui entroit fpontané, que parce que
dans leur
fe développe , s'échappe, & laiffe compofition,
principes conflitutif dans
les autres
eux,
un tel rapport entre
qu'il en naît néceffairement ce
nommons pourriture
que nous
A qui eft l'état où ceffe
H ij --- Page 136 ---
i16
NOURRTTURE
de ces mêmes principes, & où
T'agrégation leur eft rendue. L'on voit effectila liberté
de
très - confidérable
vement une quantité
matière, qui ( à part les particules qu'elle
qu'elle entraîne avec elle ) a toutes
charrie,
de l'air qui conftitue l'atmoles propriétés
des fubftances qui fe putréfphère, s'échappe lieu de douter que c'eft
fient, & il n'y a pas
de
perte que la pourriture
-
à une pareille eft dûe; mais contenoient-elles
ces fubftances
un air fixe! Qu'entendbien véritablement
recon-:
ce mot : à quelle propriété
on par
quels en font les caraétères
noît-on ce principe! diffère-t-il de l'air vuldiftinctifs ! En quoi
! &c. Que répondre à ces queflions,
gaire la folution ne feroit cependant point
dont à Ia théorie de Ia putréfidtion! :
inutile
c'eft un
L'air n'eft point un principe,
vifible, le feu, l'eau & la terre
agrégé
Le
même eft
méritent feuls ce nom.
premier réfide le
excellence, 2 en lui
Ie principe par
les deux autres n'ont
mouvement & la vie,
eux-mêmes que l'inertie. L'air que nous
par
n'eft autre chofe, felon un Auteur
connoiffons
avoir bien vu cet objet, qu'un
qui me paroit --- Page 137 ---
DES GENS D E MER. 117
de feu & d'eau; d'après cela, nous
compofé
animales,
dire que les fubftances
pouvons
même les plus dures,
comme les végétales,
naturel
contiennent point dans Ieur état
ne
d'air fixe, d'air principe qui ne nous préfente
aucune idée, mais bien des matériaux propres
à donner, par une agrégation particulière,
l'exiftence à un compofé fenfible que nous
air, & ces matériaux font le feu
nommons
dans les différens
& l'eau dont la préfence
individus ne fauroit être conteftée. Mais auquel :
deux
eft dûe la confervation
de ces
principes
L'attrides fubflances végétales ou animales!
Non, fans doute,
buerons - nous à f'eau!
le moyen le plus efficace de les
puifque
fans entraîner
conferver eft de les en priver,
dont j'ai fait
ja perte du principe précieux torréfie, le
mention. Les graines que l'on
l'on cuit deux fois, la viande. à
pain que
de fon. humidité
laquelle on enlève une partie
la foumettant à l'action du feu, nous
en
l'eau eft bien éloi:
prouvent au moins que
des
confervateur
gnée d'être un principe
corps.
telle
nous Is
L'eau, du moins .
que.
H iij
en priver,
dont j'ai fait
ja perte du principe précieux torréfie, le
mention. Les graines que l'on
l'on cuit deux fois, la viande. à
pain que
de fon. humidité
laquelle on enlève une partie
la foumettant à l'action du feu, nous
en
l'eau eft bien éloi:
prouvent au moins que
des
confervateur
gnée d'être un principe
corps.
telle
nous Is
L'eau, du moins .
que.
H iij --- Page 138 ---
NOURRITURE
connoiffons, ne fauroit être extraite des fubftances qui paroiffent à nos yeux prefque
indeftructibles.
L'air fixe ne fauroit être ce principe conferqu'on le confidèreroit comme
vateur qu'autant
difféminées dans l'intédes particules de feu
rieur des corps, unies avec les particules d'eau
former ce fluide
qui lui font contigués, pour
vifible que: nous appelons air ; mais, comme
viént de le voir, l'eau ne doit entrer
on
qu'on
rien dans Ia vertu antifeptique
pour attribue à l'air fixe; cette vertu doit être
fur le
de la matière du feu:
toute
compte
la
ne s'empare des fubftances
car pourriture
defquelles nous voyons s'échapper fpontanément beaucoup d'air, que parce que, par
le fluide confervateur ne fe
cette émanation,
trouve plus alors dans Ia proportion requife
empêcher la diffolution ou plutôt l'inpour
entrent dans
cohérence des autres principes qui
d'où l'on
la compofition de ces fubftances;
pourroit dire que l'art de conferver les corps
vivans, ce qui eft notre but, ne confifteroit
fuffifante
qu'à favoir y entretenir une quantité
de matière du feu, ou plutôt à favoir fournir --- Page 139 ---
DES GENS DE MER,
à cette matière des affociés
II9
chainer, à fixer
propres à l'enautant qu'il le faut cet être
prefque incoércible; il y a grande
que nous ne trouverions que cela apparence dans
fubftances que nous reconnoiffons
ces
feptiques à un degré éminent. Si pour antinous
nos facultés
permettoient de voir d'une manière
inflrudtive le rapport des matériaux
conftituent & la manière dont ils font qui. les
fi le raifonnement ou le hafard,
agrégés;
beaucoup fervi les
qui ont déjà
Médecins modernes
la découverte des
dans
faire
antifeptiques, leur font
encore quelques pas dans cette utile &
brillante carrière, les maladies
cruelles, fi meurtrières
putrides, fi
dans la claffe de celles jufqu'ici, rentreront
dontl'Art fe joue, parce
qu'il connoît des méthodes fires de les furmonter. C'eft à peu-près le terme où
en fommes à l'égard du fcorbut,
nous
autrefois fi cruelle, fi
cette maladie
homicide; les obfervations conflantes des Médecins
qui ont fuivi
attentivement fa marche ont mis dans le câs
de prononcer d'une manière
fur les caufes
affirmative, tant
principales que fur les caufes
auxiliaires du fcorbut; le rapport de Çes.
H iv
de les furmonter. C'eft à peu-près le terme où
en fommes à l'égard du fcorbut,
nous
autrefois fi cruelle, fi
cette maladie
homicide; les obfervations conflantes des Médecins
qui ont fuivi
attentivement fa marche ont mis dans le câs
de prononcer d'une manière
fur les caufes
affirmative, tant
principales que fur les caufes
auxiliaires du fcorbut; le rapport de Çes.
H iv --- Page 140 ---
NOURRITURE
(120
caufes, leurs effets ont été mieux connus s
indications curatives ont été mieux failies,
les
des remèdes, devenu méthodique
& I'emploi
laiffe
de champ libre à
& raifonné , ne
plus
fcorbut
l'empyrifme & à Fignorance. Le
n'eft autre chofe qu'une maladie
cependant
dont le traitement bien déveputride, iente,
à
loppé doit conduire tout naturellement
des
vives & ardentes ; c'eft ce
celui
putrides
les faits
dont on fera aifément convaincu par
tendront
contenus dans ce Mémoire, 2 faits qui
à
& Ia néceffité de la profcription
tous prouver
la durée
de ces fubftances animales pendant
maladies, & l'efficacité de T'ufage des
des
mais, comme le fcorbut
fubftances végétales;
& celle qui fait le plus
eft la plus fréquente
de
les Matelots, les caufes
de ravage parmi
de nos
cette. maladie feront le premier objet
réflexions.
Caufes du Scorbut.
fur les
QUOIQUE, dans mon Ouvrage
Maladies des Gens de mer, j'aie rangé parmi
caufes du fcorbut, I'ufage
les principales
font de viandes
habituel que les Matelots
falées, la néceffité où ils fe trouvent fouvent --- Page 141 ---
DES GENS DE MER.
12I
d'ufer de mauvais bifcuit, de boire de
l'eau corrompue, &c. je n'ai cependant
accordé à ces caufes ( quelqu'actives
pas
qu'elles
foient ) la faculté de donner nailfance
maladie,
à cette -
je croyois qu'illeurfilloit le concours
de l'air humide de la mer ou tout au moins
T'habitation de climats humides ; j'avois
garant de mon opinion plufieurs faits pour
prouvoient que des Equipages abfolument qui
nourris de falaifons pendant un
temps trèsconfidérable, avoient échappé à cette maladie,
& je me croyois d'autant mieux fondé à
reconnoître pour caufe principale de fon
apparition parmi les Marins l'humidité & la
fraicheur de l'élément qu'ils habitent,
bon nombre d'entr'eux,
> que
vivant d'alimens frais,
avoient été affectés en très-peu de temps du
fcorbut en naviguant ou en fe tenant en
flation dans des climats froids & dans des
mers brumeufes; mais plus de faits & plus
de réflexions m'ont mis dans le cas d'accorder,
dans la production du fcorbut
de
beaucoup plus
part que je ne l'avois fait à l'ufage des
falaifons & des autres alimens
plus ou moins
,
bon nombre d'entr'eux,
> que
vivant d'alimens frais,
avoient été affectés en très-peu de temps du
fcorbut en naviguant ou en fe tenant en
flation dans des climats froids & dans des
mers brumeufes; mais plus de faits & plus
de réflexions m'ont mis dans le cas d'accorder,
dans la production du fcorbut
de
beaucoup plus
part que je ne l'avois fait à l'ufage des
falaifons & des autres alimens
plus ou moins --- Page 142 ---
NOURRITURE
altérés dont vivent les Marins. A ces caufes
principales que l'on joigne les auxiliaires que
j'ai amplement détaillées ailleurs, 3 l'air putréfié
de l'entrepont que les Matelots refpirent , les
émanationis infectes qui s'élèvent du fond de
defquelles ils font
cale & aux impreffions
expofés, Ia prompttude avec laquelle ils
fans précaution & fouvent fans vêtepaffent
ment de T'habitation chaude de T'entrepont
très-froid qui règne fur le
à l'air quelquefois
pont, &c. & l'on aura une réunion d'agens
très-propres à faire naitre promptement le
fcorbut parmi les Équipages: auffi eft-ce ce
qui eft arrivé toutes les fois que ce concours
de caufes a eu lieu ; mais, en affignant aux
fubftances dont on nourrit Ies Matelots Ia
première place parmi ces caufes, je dois au
moins de courtes réflexions fur Ieur manière
d'agir dans une maladie dont la nature ne
fauroit être trop connue.
Le fcorbut eft une maladie putride, chronique, dont la marche, quoique fouvent affez
rapide, ne nous laiffe cependant jamais apercecaraétérifent les
voir ces accidens marqués qui --- Page 143 ---
DES GENS DE M ER.
putrides vives * > tous les fymptômes
annoncent fon exiftence & fes
qui
à l'appui de cette vérité, l'on progrès venant
voit que les
antifeptiques de quelque part que nous les
tirions, font des moyens indiqués, foit
prévenir, foit pour guérir cette maladie, pour &
qu'au contraire, 2 tout de qui peut favorifer
& hâter la putréfadtion de nos humeurs, doit
être écarté & profcrit comme très-oppofé
but que l'on fe propofe d'atteindre.
au
D'après cela, les Gens de l'art les moins
inftruits chercheront-ils dans l'ufage des fubf.
tances animales des fecours contre le fcorbut!
Ne reconnoitront - ils pas au contraire dans
cette efpèce d'aliment la propriété de faire
naître cette maladie & de la
perpétuer 2 lorfqu'ils réfléchiront que ces fubflances tendent
toutes à une décompofition putride,
moins
plus ou
prompte, ce qui eft une fuite nécef-
* Celles qui méritent
prefque
vraiment ce nom, > tuent
toujours en peu de jours, pendant que celles
que nous appelons ordinairement Fièvres putrides,
malignes, & qui durent quatorze, vingt-deux,
huit jours & plus, font fouvent
vingttout au moins font-elles mixtes. inflammatoires, ou
fubflances tendent
toutes à une décompofition putride,
moins
plus ou
prompte, ce qui eft une fuite nécef-
* Celles qui méritent
prefque
vraiment ce nom, > tuent
toujours en peu de jours, pendant que celles
que nous appelons ordinairement Fièvres putrides,
malignes, & qui durent quatorze, vingt-deux,
huit jours & plus, font fouvent
vingttout au moins font-elles mixtes. inflammatoires, ou --- Page 144 ---
'124
NOURRITURE
d'air principe *
faire de Ia petite quantité
contiennent; que fera-ce donc fi ces
qu'elles
fubftances animales ont déjà acquis quelques
d'altération' N'entraineront - elles pas
degrés
dans un efpace de temps plus ou moins long,
diffolution
des humeurs qui fait
cette
putride
le caractère diftinétif du fcorbut! Celles que
l'on affigne aux Matelots, ne font-elles pas
déjà à demi dépravées! car que lon ne.s'y
trompe pas, le fel & tous Ies autres moyens
Ia confervation des poiffons,
employés pour
des fubftances animales qui ont fait jufqu'a
préfent Ia bafe de leur nourriture, peuvent
bien ralentir la marche de la décompofition
putride qui les attend : mais ils ne fauroient
la fufpendre, c'eft une vérité trop connue
Nos
qu'elle ait befoin - de preuves.
pour
entretenues
humeurs étant continuellement
n'y aït
* J'adopte ici l'expreffion reçue, quoiqu'il
plus d'air principe dans les corps, qu'il n'y a
pas de véritable foufre dans certaines pyrites, quoiqu'il
veux dire, quoiqu'elles cony foit en puiffance, je
& le phlogiftiennent réeflement F'acide vitriolique mais dont la
tique, propres à lui donner naiffance,
combinaifon qui doit en faire du foufre, n'a pas
encore lieu. --- Page 145 ---
DES GENS DE M ER. 125
Ies alimens dont nous faifons
& réparées par
néceffairement influer fur
ufage, ils doivent
&
l'on conçoive que
ces humeurs,
quoique
la bonne difpofition des organes de la digeftion
dans certains individus, l'exercice modéré,le
Ia
le mélange de quelques aliclimat, gaieté,
mens tirés d'un autre règne, peuvent changer
les réfultats naturels des fubflances animales
altérées, dont on fe feroit nourri, il n'en
déjà
moins vrai que Ia chair des animaux
eft pas
le dernier degré de
atteint très-promptement feroit ridicule d'y avoir
pitréfidtion, & qu'il
dans une maladie où tout annonce une
recours
dans les humeurs.
diffolution putride faudra-t-il donc tenir
Quelle conduite
Celle
le bon fens
pendant cette maladie!
que
celle
eft indiquée par T'évidence
montre >
qui
de
celle.
des principes que nous yenons pofer,
le hafard, un inftinét heureux nous ont
que
dontl'efficacitéaété prouvée
fouvent tracée,&
feroit inutile de les
par tant de faits s qu'il
remettre fous les yeux,fi une routine aveugle
fouvent I'empire de Ia raifon;
ne balançoit pas
le
à
fubftituez, autant que vous
pourrez,
fubftances animales des végétaux, des
ces
fer,
le hafard, un inftinét heureux nous ont
que
dontl'efficacitéaété prouvée
fouvent tracée,&
feroit inutile de les
par tant de faits s qu'il
remettre fous les yeux,fi une routine aveugle
fouvent I'empire de Ia raifon;
ne balançoit pas
le
à
fubftituez, autant que vous
pourrez,
fubftances animales des végétaux, des
ces --- Page 146 ---
NOUARITURE
farineux, des fruits doux & acidules, &
verrez difparoitre cette maladie. Peut-on vous
un exemple plus frappant de ce
voir
que ce qui arriva au fiége de quejannonce, Thorn
Suédois, où plus de fix mille
par les
fermés dans la Place &
Saxons rend'Habitans
plufieurs milliers
périrent du fcorbut pendant
mois que dura ce fiége, tandis
les cinq
que
Afliégeans, 2 expofés aux mêmes influences de la
faifon, à des trayaux auffi pénibles
Affiégés, furent abfolument
que les
maladie! on trouve bientôt exempts dé cette
différence:
la caufe de cette
: Les Saxons qui défendoient Thorn
& la plupart de fes habitans furent
de vivre de falaifons; les
obligés
traire, maîtres de la
Suédois, au confaifon,
campagne dans la belle
furent toujours pouryus de
-& de vivres frais;
légumes
car, quoique je dife ailleurs
que la ceffation des alarmes continuelles
la Garnifon & des
de
Habitans, & la facilité
qu'ils eurent aprés la prife de la ville, de fe
loger dans des endroits plus chauds &
fecs que ceux qu'ils habitoient
plus
fiége, entrèrent
pendant le
pour quelque chofe dans la
difparition prefque fubite de cette maladie, --- Page 147 ---
DESGENS DE M ER.
on ne peut cependant difconvenir
différent dans lequel fe trouvèrent que l'état
geans & les
les AffiéAfliégés ne foit dû à la
de leur nourriture,
différence
s puifqu'auffitôt qu'on
introduire dans la ville des alimens
put
des légumes, le fcorbut
frais &
difparut.
Uneautre preuve inconteflable
des viandes falées
que T'ufage
peut être regardé
une des caufes les plus actives du comme
c'eft que, parmi les malheureux fcorbut,
avoir fait
qui, après
naufrage 9 pafsérent T'hiver en
Groënland,ou parmi ceux que l'on
y aller
paya pour
enfuite, 9 ceux qui ne vécurent
de falaifons moururent
que
tous du fcorbut,
pendant que ceux au contraire qui
fait naufrage, & qui,
avoient
fecours, furent
manquant de tout
obligés, pour
s'expofer, en chaffant, à
fubfifter, 2 de
la faifon, &
toute la rigueur de
& de
qui ne vécurent que de racines
gibier, furent trouvés bien
retour de la belle faifon.
portans au
Nous devons au doéteur Lind * le
fuit & qui vient
fait qui
merveilleufement à F'appui de
* Traité du Scorbut, t, 1,p.128,
quant de tout
obligés, pour
s'expofer, en chaffant, à
fubfifter, 2 de
la faifon, &
toute la rigueur de
& de
qui ne vécurent que de racines
gibier, furent trouvés bien
retour de la belle faifon.
portans au
Nous devons au doéteur Lind * le
fuit & qui vient
fait qui
merveilleufement à F'appui de
* Traité du Scorbut, t, 1,p.128, --- Page 148 ---
r28
NOURRITURE
fentiment. Le Capitaine du vaiffeau Anmon
obtenir de mettreà
gloisle Guernezeyn n'ayant pu
foixante-dix fcorbutiques dont plufieurs
terre
dernier
de la maladie,
étoient parvenus au
degré
ils fe rétablirentà bord par le feul changement
de nourriture & principalement par T'ufage
abondant des végétaux frais. Cet évènement,
de douter de l'efficacité
qui ne permet pas
du fcorbut,
du régime végétal pour Ia guérifon
d'autant plus frappant, que Lind luiparoit
avoit point de ventimême obferve qu'il n'y
avoit tout
-
lateur dans le Vaiffeau, & qu'ily
lieu de croire qu'on n'avoit pas été bien
attentifà ce qui concernoit Ia propreté parmi
un fi grand nombre de malades.
le Journal de
On voit également par
Saint-Yves, Chirurgien du vaiffeau Anglois
guérit à la mer, pendant
le Dragon *, qu'il
de trente
une faifon froide & pluvieufe, plus
à bord de (on Bâtiment, & cela
fcorbutiques d'une orange & d'une ou deux
au moyen
faifoit diftribuer tous les jours
pommes qu'il
mangeoient
à chacun de fes malades qui
* Traité du Scorbut, P. 129 2 Jiiv.
d'ailleurs --- Page 149 ---
DES GENS DE MER.
d'ailleurs des foupes faites avec le
les navets. La guérifon de
mouton &
ces
efl d'autant plus évidempent fcorbutiques
nourriture
l'ouvrage de la
végétale, que le Capitaine
commandant le vaiffeau le
George,
Salifbrry en
ayant eu plus de quatre-vingts
1746,
à fon bord fur près de trois
fcorbutiques
hommes qui compofoient cents cinquante
n'en
fon Equipage, il
put guérir aucun à Ia mer ni
arréter les progrès du mal,
même.
fit diftribuer tous les
quoiqu'il leur
fraiche & du bouillon jours de la viande
fait avec le.
& la volaille.
mouton
Lorlque les Flottes Angloifes
réunies à celles des Hollandois, étoient
croifoient de conferve dans la
& qu'ils
l'Amiral
mer Balrique,
Wager obferva que les
Anglois avoient le fcorbut à
Equipages
tandis
un haut degré,
que cette maladie étoit à peine fenfible
parmi les Hollandois, ce
attribua avec raifon à
que cet Officier
crofite
quelques repas de chouxque les Hollandois donnoient de
à autre à leurs
temps
Equipages, &
de quelques
fur-touti l'ufage
de
Oranges qu'on leur diftribuoit
temps en temps, & dont les Vaiffeaux
I
is avoient le fcorbut à
Equipages
tandis
un haut degré,
que cette maladie étoit à peine fenfible
parmi les Hollandois, ce
attribua avec raifon à
que cet Officier
crofite
quelques repas de chouxque les Hollandois donnoient de
à autre à leurs
temps
Equipages, &
de quelques
fur-touti l'ufage
de
Oranges qu'on leur diftribuoit
temps en temps, & dont les Vaiffeaux
I --- Page 150 ---
NOURRITURE
avant Ieur départ
s'étoient approvilionnés
de Livourne.
de
concluant en
Peut-on rien voir
plus
faveur du régime végétal, comme moyen
&
du fcorbut, que ce
curatoire
préfervatif
croiarriva à l'Amiral Ofborn dans une
qui
Cadix ! fon Équipage étant
fière devant
réduit à l'état le plus trifte par la grande
de Matelots qui étoient attaqués de
quantité
il fe vit forcé de relàcher à
cette maladie,
de
Vado; mais le pays étant couvert
neige,
de jours dans la
il ne
refter que peu
:
put il fe contenta d'embarquer une quanrelache;
confidérable d'oranges & de citrons qu'il
tité
ville; malgré le temps qui
trouva dans cette
très-rude
la croifière qu'il reprit;
fut
pendant fruits, tous les fcorpar T'ufage feul de ces
fcorbut étoit
butiques, tant ceux chez qui le
du troifième degré,
parvenu au commencement
où cette maladie étoit à un période
que ceux
à fe rétablir à
moins fàcheux, parvinrent
bord *.
des faits que nous
Joignons à T'appui
* M. Lind, tome 1, page 169. --- Page 151 ---
DES GENS DE MER,
venons de citer ce qui arriva
miers Vaiffeaux
aux quatre preAnglois qui firent le
des Indes Orientales : trois de
voyage
furent fi maltraités du
ces Vaiffeaux
arrivée ils
fcorbut, qu'à leur
purent à peine jeter T'ancre, &
qu'ils feroient peut-être péris fans le fecours
que leur préta le
duquel iI y avoit Commandant, à bord
trés-peu de malades,
que cet Officier ayant fait
parce
quelques bouteilles de fuc de provifion de
donnoit tous les matins à
limon, il en
cuillerées à chacun de
jeun deux ou trois
fes
ce feul fecours, il en guérit fcorbutiques : par
plufieurs,
tous les autres & les mit dans le
foulagea
nuer le fervice de la
Cas de contimanceuvre.
D'après de tels faits, que l'on
muliplier s'ils n'entrainoient
pourroit
conviétion, fera-t-il
pas avec eux la
nourriture
permis de douter que la
joue un grand rôle, foit
occafionner, foit
pour
méconnoitre
pour guérir le fcorbut?
l'influence des alimens dans ce
cas,c'eft vouloir renoncer à
nous garderons
T'évidence; nous
cependant bien de mettre
toujours fur le compte du régime animal feul
T'apparition du fcorbut & des autres maladies
Iij
fera-t-il
pas avec eux la
nourriture
permis de douter que la
joue un grand rôle, foit
occafionner, foit
pour
méconnoitre
pour guérir le fcorbut?
l'influence des alimens dans ce
cas,c'eft vouloir renoncer à
nous garderons
T'évidence; nous
cependant bien de mettre
toujours fur le compte du régime animal feul
T'apparition du fcorbut & des autres maladies
Iij --- Page 152 ---
NOURRITURE
dans les Efcadres, nous favons
qui règnent
variables
nombre de circonflances
trop que favorifer les mauvais effets de ce
peuvent les affoiblir, & même quelquefois
régime ou
réflexions
les anéantir abfolument. Quelques
vont nous fervirà prouver
nées sdel'expérience,
cette vérité.
favorifer
De toutes les caufes qui peuverit
défordres occafionnés par la nourriture
les'
par l'ufage, des
animale, & particulièrement
plus
falaifons, il n'y en a aucune qui agiffe
T'air froid & humide & l'air
puilfamment que l'air froid & humide donne
chaud & humide :
volontiers naiffance aux maladies putrides
plus
le fcorbut; l'air chaud &
chroniques, tel que
communécaufe plus
humide, au contraire,
vives; & s'il eft
ment les maladies putrides
des
vifibles du fcorbut,
quelquefois un
agens
fe rencontre que dans les circonftances
cela ne
font affectés de cette
où les individus qui fouffert fon atteinte ou
maladie, avoient déjà
maladies antéétoient affoiblis par quelques circonftance les
rieures : & encore dans cette
qu'ils fe
du fcorbut font fi rapides,
progrès
forte des putrides
xapprochent en quelque --- Page 153 ---
DES GENSDE MER
vives. L'hiftoire da
133.
ravage que fit le fcorbut
dans les Equipages de l'Amiral Anfon,
de fon départ du Mexique
lors
pour Taenian, &
ce que l'on obferve
journellement dans nos
Hépitaux de Marine, fervira de
ce que je viens d'établir.
preuve à
Cet Amiral rapporte qu'ayant
grande partie de fon monde
perdu une
par le fcorbut,
en moins de quatre mois qu'il mit à fe rendre
d'Angleterre à l'ile Jean Fernandez, &
le refte de fon
tout
Equipage en ayant été vivement attaqué, cette cruelle maladie affaillit
une feconde fois fes
femaines
Equipages, & cela fix
après qu'ils eurent quitté Ia côte du
Mexique, oà tout le monde s'étoit rétabli
avant le départ par le fecours des
& des provifions
végétaux
fraiches: C nous fumes, dit-il,
d'autant plus étonnés de cet
nous avions penfé
évènement, que C
que la violence de cette C
maladie, quinous avoit fi fort maltraités dans
les climats fraids, ne
C
les climats chauds reparoîtroit point dans a
où nous allions
mais le ravage
naviguer;
a quefitalorslefcorbut nouscon- (
vainquit de la fauffetéde cette
avoit cru auffi
conjedture. On K
généralement que l'abondance K
I ij
ous avions penfé
évènement, que C
que la violence de cette C
maladie, quinous avoit fi fort maltraités dans
les climats fraids, ne
C
les climats chauds reparoîtroit point dans a
où nous allions
mais le ravage
naviguer;
a quefitalorslefcorbut nouscon- (
vainquit de la fauffetéde cette
avoit cru auffi
conjedture. On K
généralement que l'abondance K
I ij --- Page 154 ---
NOURRITURE
fraiches, c'eft t-às d'eau & de provifions
dont nous
dire du cochon & de la volaille,
>
à Payla, devoit nous
> nous étions pourvus
cela, tous
nous prenions, outre
> garantir;
de poiffons :
une
quantité
> les jours
grande
plu-
& comme Ia faifon fut extrêmement
>
eumes de l'eau en abondance;
A vieufe, nous
des
cet avantage, malgrél'ufage
> mais malgré
l'on diftribuoit aux
> viandes fraiches que
frais dont fe
malgré les poiffons
> malades,
TÉquipage, les fcorbufouvent
5 nourriffoit
mieux, & la ma-
> tiques ne s'en trouvèrent pas
> Iadie alla toujours en
saugmentanh.quiquon
l'attention de tenir les
> eût en même temps
renouveler l'air
& de
> Vaiffeaux propres
furent rendus
les
dès qu'ils
> d'entre ponts;mais
trouvèrent dans
S à Toenian, les fruits qu'ils
étoient
ceux qui
> cette ile, & particulièrement
bout
leur furent fi falutaires, qu'au
S acides,
de malades qui
> de huit jours il y eut peu
fans Faide de
fuffent en état de marcher
> ne
perfonne >.
combien, dans quelques
On voit par-là
eft
circonftances, l'air chaud & humide propre
de l'activité aux cautres caufes
à communiquer --- Page 155 ---
DES GENS DE M ER.
du fcorbut ; mais il eft fur-tout un des prinqui occafionnent les maladies
cipaux agens
putrides & aigués qui enlèvent un fi grand
nombre de Gens de mer chez toutes les
On rend aifément
Nations commerçantes.
raifon des fuites funeftes de cet état de l'atmofphère : l'air ayant alors moins de mobilité,
moins de refforts, toutes
& par conféquent
dans
Jes émanations animales reftent fufpendues
des foyers qui les fourniffent; : ces
le voilinage
émanations n'étant point chaffées par les vents, 2
& difperfées dans une maffe très-étendue d'air,
ou combinées avec des principes qui changent
de leurs droits, tendent
leur nature,J jouiffent
les
de plus en plus à l'état de putridité qui
attend, & dès-lors ces émanations errantes
fur les fubftances animales, foit
réagiffent
fe trouvent dans
mortes, foit vivantes, qui
Ieurs fphères d'aclivité, & accélèrent T'efpèce
de compofition qui Ieur eft propre; joignez
à cela que la chaleur, ,en raréfiant nos liqueurs,
tend à défunir les principes & force le reffort
des folides, ce qui arrive d'autant plus prompPhumidité fe réuniffant à la
tement, que,
affoibli, & vous
chaleur, leur tilu s'en trouve
I iv'
, foit vivantes, qui
Ieurs fphères d'aclivité, & accélèrent T'efpèce
de compofition qui Ieur eft propre; joignez
à cela que la chaleur, ,en raréfiant nos liqueurs,
tend à défunir les principes & force le reffort
des folides, ce qui arrive d'autant plus prompPhumidité fe réuniffant à la
tement, que,
affoibli, & vous
chaleur, leur tilu s'en trouve
I iv' --- Page 156 ---
NOURRITURE
nouvelle caufe du changement qui
aurez une
humain.
doits'opérer dans les liqueursdu corps
eft fans doute tel, qu'elles ne
Ce changement
à retenir dans une quantité
font plus propres
cet air fixe, ou plutôt le principal
requife
fuide qui le conflitue & qu'on peut regarder
le lien commun & le confervateur
comme
animale; dès-lors une
de toute la machine
la
tendance marquée de ces liqueurs vers
L'humidité de l'air en diminuant,
pourriture.
infendans le même temps, la tranfpiration
de cette matière excréfible, une portion
mentielle refle dans les voies de la circulation,
& concourt encore à augmenter) le défordre.
Mais, je le répète, la difpofition chaude
& humide de l'atmofphère, qui eft très-propre
à donner de l'activité aux caufes prochaines
ne devient une
des maladies putrides aigués,
caufe de fcorbut que pour les individus qui
été affoiblis par des maladies antéont déjà
arriva fur la Flotte de P'Amiral
rieures; ce qui
Anfon, nous en a déjà fourni un exemple,
en trouverons un nouveau dans ce
& nous
de Breft en
qu'on obferva dans les hôpitaux
L'été
été fort pluvicux dans.
1759 :
ayant --- Page 157 ---
DES GENSDE M ER.
cette ville, le fcorbut fut beauicoup
cômmun qu'à l'ordinaire
plus
de
parmi les malades
I'Hôpital, & l'on remarqua que c'étoient
les bleffés chez qui il fe manifefloit plus tôt
& chez lefquels il faifoit les progrès les
rapides; les moindres plaies
plus
peu de temps de la plus
y devenoient en
grande
celles fur-tout qui avoifinoient conféquence; les
bientôt fuiviesd'unec
OS étoient
carie qui devenoit fouvent
mortelle, & dont on ne retardoit les
progrès
que par l'application du feu, aidé du fuc des
plantes anti-fcorbutiques que leur faifoit diftribuer chaque jour M. Duval, ancien Chirurgien-major de cet Hôpital; mais
étoit difficile
s comme il
d'obtenir des
une
Entrepreneurs
quantité fuffifante de ces végétaux
fournir, & affez d'air fixe afin de
pour
réparer Ia
perte qu'en entraînoit une pareille conftitution de l'air de P'Hôpital, & affez de
capables de donner aux humeurs
principes
fition propre à retenir
cette difpofluide
fuffifamment de ce
confervateur, s la guérifon de ces malheureux fcorbutiques étoit d'autant plus lente,
qu'ils confommoient
de
davantage de Ia ration
viande qui leur étoit accordée, Cet habile
Ia
perte qu'en entraînoit une pareille conftitution de l'air de P'Hôpital, & affez de
capables de donner aux humeurs
principes
fition propre à retenir
cette difpofluide
fuffifamment de ce
confervateur, s la guérifon de ces malheureux fcorbutiques étoit d'autant plus lente,
qu'ils confommoient
de
davantage de Ia ration
viande qui leur étoit accordée, Cet habile --- Page 158 ---
NOURRITURE
Chirurgien étoit fi perfuadé de cette vérité,
T'ufage des fubflances animales eft un
que véritable obflacle à la guérifon du fcorbut,
retranchoit à fes bleffés la plus grande
qu'il de la ration de viande,. & qu'il recompartie
mandoit à ceux que leurs facultés permettoient
de fe nourrir eil ville, de fortir promptement
de I'Hopital & de vivre principalement de
légumes : leur guérifon étoit auffi fire que
prompte. obfervé
les fcorbutiques périfLind a
que
foient miférablement à Gibraltar, quoiqu'ils
euffent de bon bouillon fait avec la viande
l'air de terre * :
fraiche & qu'ils refpiraffent
non-feulement on a fait la même obfervation
dans les hôpitaux de Breft & de Rochefort,
encore reconnu
Ia plupart des
mais on a
que
malades & des bleffés qui féjournoient un
certain temps dans ces lieux, y gagnoient le
fcorbut qu'ils n'avoient pas en y entrant.
Ce qui eft prouvé par le procès-verbal des
fcorbutiques, qui ont été foumis par ordre
de la Cour, en 1771, aux épreuves du
M. Lind, tome 1, page 239. --- Page 159 ---
DES GENS DE M ER.
dans T'hôpital de Breft fous les
régime végétal
de tous les Médecins & Chirurgiens
yeux
ont été les témoins de leur
de la Marine qui
à
guérifon ; mais ce qu'il y a, d'important
obferver, c'eft que ce fuccès fe foutient dans
où plus de foixante fcorbutiques
cet Hopital, du Vaiffeau le Berryer, y ont été
provenant
mois, quoique plurétablis il y a quelques
& en particulier M. Malet,
fieurs perfonnes,
foin,
Médecin de la Marine, qui en a pris
affuré
s'étoit relâché fur la quanm'ait
qu'on
de donner
tité de légumes qu'on étoit convenu
de viande, & qu'on avoit fubftitué
en place
confeillé,
au plan- de nourriture que j'avois
malde mauvaifes tablettes de bouillon, auffi
rendent le riz & les autres
faines, qu'elles
légumes, auxquels ont les joint, dégoûtans.
Si d'après des faits auffi bien conftatés, il
eft vrai de dire que la nature de l'air des
femble avoir la plus grande part à
Hopitaux
du fcorbut qui s'y manifefte
la production
moins certain que
fi fouvent, il n'en eft pas
feule faire difpala nourriture végétale peut
même où
roitre cette maladie dans le lieu
naiffance, & rendre impuiffans Içs
elle a pris
, dégoûtans.
Si d'après des faits auffi bien conftatés, il
eft vrai de dire que la nature de l'air des
femble avoir la plus grande part à
Hopitaux
du fcorbut qui s'y manifefte
la production
moins certain que
fi fouvent, il n'en eft pas
feule faire difpala nourriture végétale peut
même où
roitre cette maladie dans le lieu
naiffance, & rendre impuiffans Içs
elle a pris --- Page 160 ---
(140
NOURRITURE
effets d'un air auffi mal-fain. Le détail de
quelques nouveaux faits va faire connoitre
de plus en plus cette vérité.
M. Fournier, Médecin de la Marine au
de Breft, ayant trouvé en entrant de
port
fervice à THôpital au mois de Juin 1771,
près de foixante fcorbutiques parmi le nombre
des malades qui étoient confiés à fes foins,
& étant perfuadé que le feul moyen de les
rétablir, étoit de fubftituer T'ufage des végé
taux à la nourriture animale, qu'il regardoit
comme une caufe perpétuelle de putridité qui
la maladie, exigea des Sceurs de
aggravoit
fità
THôpital, fur les repréfentations qu'il
M. PIntendant, qu'ily eût une chaudière particulière établie pour les fcorbutiques, qui
furent réunis dans une même falle pour y
être traités plus firement. II obtint le retranchement de la plus grande partie de la viande
fraiche qu'on devoit Ieur diftribuer, & il Ia
ft remplacer par des légumes frais de toute
efpèce, dont partie étoit mife au pot, & l'autre
portion fe diftribuoit uniquement affaifonnée
du
II faifoit donner à ces fcoravec
vinaigre.
butiques pour leur fouper, au lieu de viande, --- Page 161 ---
DES GENS DE M E R.
du riz, ou des pruneaux
avec leur ration de
vin, & de Thydromel pour boiflon
Cette méthode eut un fuccès fi commune,
qu'en moins d'un mois
marqué,
malades fortirent
vingt-neuf de fes
de THôpital parfaitement
guéris, & tous les autres avoient déjà
par ce régime un foulagement
éprouvé
Comme il feroit
confidérable.
trop long de faire
de l'état de chacun de ces
l'expofé
que de leur traitement, fcorbutiques, ainfi
choifir dans le
je me contenterai de
grand nombre des faits
m'a fourni, trois exemples de
qu'on
le détail mérite d'être
guérifon, dont
du Public.
mis fous les yeux
Le premier, nommé Auguflin
âgé d'environ foixante
Fréron,
ans, entré à PHôpital
pour une fièvre continue, avoit été
à la. fuite de cette maladie du
attaqué
mieux caraétérifé, ainfi
fcorbut le
Médecin le
que l'expofé de ce
prouve. ( Cette maladie, dit-il,
loin d'avoir cédé aux remèdes ordinaires
au régime animal ufité à
& (
fait
I'Hopital, n'avoit C
qu'augmenter, au point que je trouvai (
en entrant de fervice ce malade réduit
l'état le plus affreux; il avoit
à C
les jambes C
caraétérifé, ainfi
fcorbut le
Médecin le
que l'expofé de ce
prouve. ( Cette maladie, dit-il,
loin d'avoir cédé aux remèdes ordinaires
au régime animal ufité à
& (
fait
I'Hopital, n'avoit C
qu'augmenter, au point que je trouvai (
en entrant de fervice ce malade réduit
l'état le plus affreux; il avoit
à C
les jambes C --- Page 162 ---
NOURRITURE
> & les cuiffes prodigieufement gorgées,
& couvertes de taches fcorbutiques;
> dures,
reffentoient auffi de Ia maladie,
> les bras fe
maltraités
D mais ils étoient infiniment moins
inférieures : le ventre
> que les extrémités
à
étoit élevé, bouffi, & on commençoit
> fentir un amas d'eau, une petite toux
>y
un pouls foible &
> sèche & continuelle;
urines
cet état: les
> inégal accompagnoit
bourbeufes & le ventre paref-
> étoient
accidens étoient joints à
> feux. Tous ces
malheureux
> une fi grande foibleffe, que ce
fe retourner dans fon lit
> ne pouvoit pas
étoit
aide : l'engorgement des gencives
> fans
lui laiffoient à peine la liberté
> tel, qu'elles
il étoit tourparoles;
> d'articuler quelques
cruelles
fur-tout Ia nuit, de douleurs
D menté,
dans tous les membres, de façon qu'il n'y
>
un. inftant de repos pour cet in-
> avoit pas
dans cet état une
> fortuné, qui éprouvoit
& furhorreur extrême
le bouillon,
>
pour
> tout pour la viande.
malade
de
un pareil
>> Défefpérant
guérir
celui
un
auffi mal-fain que
7 dans
Hôpital
M. Fournier,
2 de Breft, je crus, continue --- Page 163 ---
DES GENS DE MER,
devoir chercher pour lui au moins
moyens de foulagement. Dans
quelques C
cette vue,jes
commençai par exclure de fon régime
efpèce de viande & même la
toute C
des
foupe; le riz, C
pruneaux, du creffon en falade,
avec la ration de vin, la feule
furent, C
à laquelle je joignis
nourriture, C
foit
pour boiffon ordinaire, (E
une légère limonade préparée
crême de tartre & le fucre,
avec la C
dromel le
foit de T'hy- (
matin, en lui faifant
par la fuite quelques
prendre >>
fon
onces de miel avec a
pain : par ce feul régime, aidé de
gargarifines
(
appropriés à l'état de la
& de quelques fomentations
bouche (
les cuiffes & furl les
aromatiques, fur (C
jambes,j'eus
de voir, en moins d'un mois de lafatisfaction (
touslesa accidens diminués
traitement, , C
meil étoit
demoitié. Le fom- (
revenu, & le malade qui ne
voit fe retourner dans fon Iit
pou- (
fecours, marchoit
qu'avec du C
Médecin
déjà avec des béquilles >. Ce
ajoutoit que le malade alloit de
en mieux, &
mieux
qu'il ne doutoit pas que fi celut
qui entroit de fervice après lui,
les mêmes foins à ce malade, il
continuoit
en état de fortir de
ne fût bientôt
T'Hôpital.
, & le malade qui ne
voit fe retourner dans fon Iit
pou- (
fecours, marchoit
qu'avec du C
Médecin
déjà avec des béquilles >. Ce
ajoutoit que le malade alloit de
en mieux, &
mieux
qu'il ne doutoit pas que fi celut
qui entroit de fervice après lui,
les mêmes foins à ce malade, il
continuoit
en état de fortir de
ne fût bientôt
T'Hôpital. --- Page 164 ---
NOURRITURE
(144
homme de
Le fecond, nommé**, , jeune
étoit arrivé avec la chaîne de
vingt-fix ans,
fa force & fa vigueur,
1770. Sa jeuneffe,
Servant
engagétent à le faire entrer pour
avant que d'avoir été expofé
dans THopital,
du
du
& à la nourriture.
aux fatigues
port
malgré cela, & quoique ce jeune
bagne; vécût de viande fraiche, qu'il eût
homme
&
le fervice des madu vin, du pain,
que
laiffa
Iades lui fit faire de l'exercice, il ne
du fcorbut dès Ies premiers
pas d'être attaqué maladie s'étoit manifeftée
jours de Juin : cette
douleurs dans
une laffitude générale & des
par
elles devinrent cedémateufes, &
les jambes; de taches livides; les gencives
fe couvrirent
Ce
pendant le même temps.
s'engorgérent
les progrès de
Médecin arrêta promptement
&
entièrement ce Forçat par
ce mal,
guérit
frais, du riz &
le fimple ufage des végétaux
de
d'une foupe où il y entroit beaucoup
deftinés pareillement aux autres fcorlégumes
que fur la fin de
butiques, ne lui ayant permis
joindre un peu de viande.
fa guérifon d'y
à la
Le troifième devenu fcorbutique
maladie qu'il avoit eue à
fuite d'une longue
THopital, --- Page 165 ---
DES GENS DE MER.
T'Hopital, étoit couvert de taches
145)
fesjambesétoientt fort
fcorbutiques
épuife,qu'il
gorgées, & il étoit fi fort
fon
pouvoit à peine fe remuer
lit. C Mon intention
dans
M.
n'étoit pas, dit
Fournier, vu fa grande foibleffe, de lui
retrancher abfolument la viande
C
sy vit forcé par les inflances du ;> mais il
cette efpèce de nourriture
malade, auquel
qu'elle lui occafionnoit des répugnoit fi fort,
pefanteurs d'eftomac,
vomiffemens & des
chaque fois
en goûter: il fe réduilit donc qu'il vouloit
manger que du riz, des
aifément à ne
faire ufage des mêmes végétaux frais, & à
malades. A la fin du mois, boiflons que les autres
entièrement
ilfe trouva prefque
rétabli, & il fut un des
qui fortirent de THôpital le mois
premiers
fuivant.
Quoique les nouvelles obfervations
viens de
que je
rapporter, 2 prouvent de plus en
que f'humidité de l'air, la chaleur & fa plus
altération, entrent pour
légère
duction du fcorbut
beaucoup dans la
en favorifantles
proque la nourriture animale donne à difpofitions
die, il n'en eft pas moins
cette mala-
& humide,
certain que l'air froid
auquel les Marins font fi fouvent
expofés, eft auffi une des principales caufes
qui
K
, 2 prouvent de plus en
que f'humidité de l'air, la chaleur & fa plus
altération, entrent pour
légère
duction du fcorbut
beaucoup dans la
en favorifantles
proque la nourriture animale donne à difpofitions
die, il n'en eft pas moins
cette mala-
& humide,
certain que l'air froid
auquel les Marins font fi fouvent
expofés, eft auffi une des principales caufes
qui
K --- Page 166 ---
NOURRITURE
dérerminent fon apparition. La promptitude
laquelle le fcorbut fe montre quelquefois
avec
conflitution de l'atmofphère, a
pendant cette
-
lieu de paroitre d'autant plus étonnante, que
dele froid fembleroit au premier coup-d'oeil
être le corredlif de la putréfaction, & être
voir
à arrêter les proun des agens les plus propres
du fcorbut. Le contraire arrive cependant,
grès de faits ont prouvé cette vérité, qu'au
& tant
il a fallu chercher dans la
lieu de la contredire,
manière d'agir de cette caufe, l'explication
qui ceffe de mériter ce nom 9
d'un phénomène
foit
fur l'influence
dès qu'on réfléchic tant
peu
doit avoir dans les opérations de l'éconoque
air froid & humide, au milieu
mie animale un
pendant un certain
duquel fe trouvent plongés manière de vivre
des Matelots, dont Ia
temps
font connues. Je ne peux
& les imprudences
rien faire de mieux que de répéter ce que j'ai
dans mon Traité des Maladies
dit à cet égard
des Gens de Mer, P- 37 38.
à la
L'air froid & humide étant appliqué
fuperficie du corps, y diminue la tranfpiration
données; pour lors la
par les raifons que j'ai
eft
férofité qui en eft le produit, & qui
plus --- Page 167 ---
DES GENS DE M ER,
chargée de fels, étant
l'ordinaire dans les
de plus flagnante qu'à
plus d'acrimonie pores la peau, y acquiert
la plus
par l'évaporation de la partie
ténue; elle produit en
un léger érétifme dans tous les conféquence
en fe refferrant,
pores, > qui
empéchent que I'humeur
tranfpiratoire qui fe préfente à leur
ne puiffe y être introduite
orifice,
en auffi
quantité qu'auparavant.
grande
devoit
Alors la férofité
fournir à. cette évacuation,
qui
trop de réfiftance de Ia part de la trouvant
tinue fa route dans les artères peau, coneft rapportée dans les voies de fanguines, &
où elle exerce fon action fur
la circulation
doivent être délivrés de fa les liquides, quis
Cette
préfence.
liqueur, felon la marche
de Ia Nature dans toutes fes
uniforme
peut pas demeurer
opérations, ne
état. Les
long-temps dans le même
ofcillations répétées des vaiffeaux
agiffent fur tous les liquides, tendent
qui
mouvement mécanique à donner à par un
des humeurs leur
chacune
produiront
élaboration propre; elles
un effet oppofé fur
avoit déjà reçu cette élaboration celle-ci, qui
elle
fi falutaire;
acquerra de l'acrimonie par leur aclion
K ij
peut pas demeurer
opérations, ne
état. Les
long-temps dans le même
ofcillations répétées des vaiffeaux
agiffent fur tous les liquides, tendent
qui
mouvement mécanique à donner à par un
des humeurs leur
chacune
produiront
élaboration propre; elles
un effet oppofé fur
avoit déjà reçu cette élaboration celle-ci, qui
elle
fi falutaire;
acquerra de l'acrimonie par leur aclion
K ij --- Page 168 ---
NOURRITURE
continuée, & elle fera bientôt
trop long-temps les autres humeurs; ce qui
confondue avec
Thumeur
arrivera d'autant plus aifément, que
le moyen du fel dont elle
tranfpiratoire a, par
d'analogie avec les
eft aiguifée, beaucoup
& ils ne
autres fucs, ils en feront pénétrés, les féferont bientôt avec elle qu'un tout,
crétions ne fe feront plus fans mélange, parce
les fucs étant confondus & diffous
que tous férofité, ils entraîneront toujours,
dans cette
fécrélors de leur filtration dans un organe
d'autres fucs avec lefquels ils auront
toire,
degré de cohérence qu'il ne
pris un plus grand
s'exécute dans
faut, pour que cette fonction
de
T'ordre naturel. Les circulations répétées
excrémentielle, & la rentrée
cette humeur
de cette
continuelle d'une nouvelle quantité
promptement la
même humeur, porteront
diffolution
dépravation au point qu'il) y aura
du fang; ce qui ife fera d'autant plus
complette
humeur circulera plus
aifément, que cette vaiffeaux fans être comlong-temps dans les
feule
d'accidens 'naîtront de cette
battue. Que
humeccaufe! La peau n'étant prefque point sèche;
elle fera aride &
tée parla tranfpiration, --- Page 169 ---
DES GENS DE A1 ER.
le fang étant diffous & âcre,
des vaiffeaux
paffera facilement
qui lui font propres, dans
d'autres, qui ne doivent pas naturellement
l'admettre; il viendra à bout d'en
quelques-uns, & produira
corroder
par-là des hémorragies trés-dangereufes. Les différentes
meurs dont ie fang eft
huront
compofé, ne fe
pasdans les organes fécréteurs
fépareles filtrer; & elles
qui doivent
grand nombre de circulations parviendront par un plus
tion putride,
à une dépravamalade
qui fera commune au
le
aura I'haleine
fang;
altérations
puanta, & s'il fe fait des
les
dans quelques parties de fon
chairs environnantes fourniront corps,
il en exhalera fouvent
du fang,
une odeur
preuve certaine de Ia putridité & de Ia fétide, s
tion du fang. Les urines n'auront
diffoluqui leur eft ordinaire;
pas la qualité
gées non-feulement
elfes feront plus charde fel, mais encore d'autres
principes. La férofité qui doit former
urines, étant mélée
Ies
fang, par le
de plus intimement avec le
s'én féparera peu
confiftance qu'ila, ne
entraîneront pas fans mélange. Les urines
les matières graffes du
aurent acquis un
fang qui
peu d'analogic avec elles;
K iij
eft ordinaire;
pas la qualité
gées non-feulement
elfes feront plus charde fel, mais encore d'autres
principes. La férofité qui doit former
urines, étant mélée
Ies
fang, par le
de plus intimement avec le
s'én féparera peu
confiftance qu'ila, ne
entraîneront pas fans mélange. Les urines
les matières graffes du
aurent acquis un
fang qui
peu d'analogic avec elles;
K iij --- Page 170 ---
NOURRITURE
de fels
le moyen de Ia grande quantité
par
contiennent; quelques particules même
qu'elles
les fuivre dans
purement fanguines, pourront
des urines très-colorées,
leur route, &produire
rouges, huileufes, & toujours
quelquefois
que l'attétrès-promptes à fe putréfier , parce
de leurs principes, par
nuation plus grande
du terme
l'action des vaiffeaux les rapproche
qui eft celui de toutes les
de la putréfadion,
elles feront fans doute
fubflances animales;
parce que les tuyaux exen petite quantité,
dans certaines
crétoires des reins pourront,
l'acricirconftances, être un peu refferrés par
monie de P'humeur qui les parcourt.
Le fluide des nerfs, quelle que foit fa naà la dépravation générale, ne
ture, participant
quantité dans le cerfe féparera qu'en petite
bien d'autres humeurs strop long-temps
veau,ou
diminueattenuées, ayant pu s'allier avec lui,
ront fon action & fon énergie, ou peut-être,
eft
vraifemblable, ce fluide conce qui
plus
fervateur & précieux que nous ne connoiffons
dans Ie
fes effets, ne trouvant plus
que par
attenuées la difpofition propre
liqueurs trop
léconomie animale en affez
à le retenir dans --- Page 171 ---
DES GENS DE MER.
grande quantité
15I
pour y entretenir la vie
s'échappera en tendant à s'affocier
fuffifante quantité d'eau
avec une
pofé
l'on
pour former un comque
croit avoir été auparavant de
lair fixe; les liqueurs
de
à en ferrer & unir les privées ce lien deftiné
moins vite à Ia
parties, tendront plus ou
donc
diffolation; ce fluide étant
en moindre quantité dans les nerfs, dans
les vaiffeaux, dans les mufcles, &c. il
abattement,
y aura
colie, &c. les engourdifement, pareffe, mélanmufcles auront un mouvement
fouvent géné & même
par de pareils effets
douloureux, &c. C'eft
que peuts'annoncer l'adlion
trop long-temps continuée d'un air froid &
humide fur des individus, où cette aclion
a
feroit point corrigée par des alimens
ne
médicamens
ou des
propres à l'anéantir ou à diminuer fon intenfité. Mais quelle
foit
tivité de cette caufe,
que
l'acm'avoient
que nombre de faits
déterminé à regarder conime feule
capable de faire naître le fcorbut, elle
prefque toujours befoin des caufes
a
auxiliaires
pour donner fieu à cette maladie, & la
cipale de ces caufes eft certainement prindes falaifons. Dans la
l'ufage
températuré froide &
K iv
uer fon intenfité. Mais quelle
foit
tivité de cette caufe,
que
l'acm'avoient
que nombre de faits
déterminé à regarder conime feule
capable de faire naître le fcorbut, elle
prefque toujours befoin des caufes
a
auxiliaires
pour donner fieu à cette maladie, & la
cipale de ces caufes eft certainement prindes falaifons. Dans la
l'ufage
températuré froide &
K iv --- Page 172 ---
NOURRITURE
I152
bien
humide de l'atmofphère, les perfonnes
conftituées qui ufent d'alimens frais, fournis
fucculens, font expofées aux
de principes
inflammatoires, dans la
atteintes des maladies
defquelles la faignée eft un des recuration
mèdes les plus efficaces; ; mais on voit rarele fcorbut fe manifefter alors dans cette
ment d'individus : les fels dont eft chargée
claffe
dont l'excrétion eft
Phumeur tranfpiratoire,
diminuée, refoulés dans la maffe des humeurs,
vivement des folides très-irriaiguillonnent
tables, & donnent lieu aux maladies vives,
chez les Matelots, vivant de fatandis que
laifons, les folides habitués déjà à la préfence
d'un fel combiné avec la partie rance des
animaux dont ils fe font nourris, ne trouvent
dans Ia portion de tranfpiration fupprimée par
l'aétion de l'air froid & humide, qu'un agent
de même nature que le premier; fon intenfité
fur des foainfi augmentée, ne portant que
lides accoutumés à une pareille impreffion.,
les détermine moins volontiers à ces ofcillations fortes qui caraétérifent la fièvre: mais
ce nouvel agent ne refte pas pour cela fans
effet; ilagit fur les fluides & les difpofe à cet --- Page 173 ---
DES GENS DE MER.
état futur de difolution
fcorbut
qui caraélérife le
parvenu à fon dernier degré. Voilà
pourquoi il eft très-effentiel de ne rien
de ce qui peut favorifer la
omettre
les Matelots. Auffi
tranfpiration chez
défaut de vêtemens a-t-on remarqué que le
étoit une des caufes de
l'apparition du fcorbut dans les climats
c'eft ce dont on ne
froids,
voyant
peut pas douter, en
que parmi des
à la même
Equipages qui étoient
nourriture, les perfonnes
étoient les mieux vêtues, étoient
qui
ment celles que le fcorbut
ordinaireaffectoit le plus tard.
épargnoit ou
Les Obfervations de M.
à
de
Pringle viennent
T'appui
ce que j'ai avancé des différens
produits de Phumeur de la tranfpiration
primée fur des individus
fup-
& d'alimens
nourris de viande
frais, & fur ceux qui font
de falaifons
ufage
effet,
pour principale nourriture. En
cet habile Médecin a remarqué
lorique les troupes Angloifes entroient que
campagne dans une faifon froide &
en
elles étoient
pluvieufe,
attaquées de maladies
inflammatoires. La dernière
purement
firent dans le Brabant campagne qu'elles
en 1748 ayant
us
fup-
& d'alimens
nourris de viande
frais, & fur ceux qui font
de falaifons
ufage
effet,
pour principale nourriture. En
cet habile Médecin a remarqué
lorique les troupes Angloifes entroient que
campagne dans une faifon froide &
en
elles étoient
pluvieufe,
attaquées de maladies
inflammatoires. La dernière
purement
firent dans le Brabant campagne qu'elles
en 1748 ayant --- Page 174 ---
NOURRITU R E
debonnel heure, & le temps ayant été
commencé
froid & humide pendant près de fix femaines,
les foldats beaucoup de fièvres
il régna parmi
de
inflammatoires & de fluxions
poitrine.
la
de 1745, la pluie & le
Dans campagne
dans
froid auxquels les foldats furent expofés,
où ils étoient bien nourris, leur
un temps
violentes & des, points de
occafionna des toux
accompagnés de fièvres & d'embarras
côté, ,
la
tellement marqués dans les poumons, que
évidemmement indiquée;
faignée paroiffoit
terminer
auffli ce feul remède fuffifoit-il pour
la maladie.
PEC
Lind, au contraire, a remarqué que
de I'Amiral Martin, croifant dans la
cadre
faifon
& froide
Manche pendant une
pluvieufe
fix femaines feulement, eut parmi fes
depuis
nourris de falaifons à l'ordinaire,
Equipages,
tous fes
un dixième de fcorbutiques, quoique
de
Matelots fuffent en bon état lors du départ
Plimouth, & que l'on fût en droit d'efpérer
la bonne nourriture & Ies végétaux frais
que
avoient fait ufage dans le Port,
dont ils
d'une invafion auffi
euffent dû les. garantir
prompte de la part de cette maladie. --- Page 175 ---
DES GENS DE MER,
Voudra-t-on mettre fur le compte de l'air
de la mer la différence dans les maladies
ont régné pendant une température
qui
la même! &
qui étoit
mécomnoîtra-t-on ici l'influence
de la nourriture dans la production de maladies
d'un caraélère fi oppofé? Pour écarter
doute fur ce point, ne fuffit-il
de
tout
ce qui arriva aux malheureux de pas rappeler
dont j'ai déjà parlé ailleurs,
Groënland,
fcorbut
qui périrent du
au milieu d'abondantes
falées, pendant
provifions
que ceux qui, faute d'alimens
de cette efpèce, furent obligés de vivre de
leur chaffe & de racines, & de
toute la rigueur de la faifon, fe
fupporter
confervérent
en bonne fanté! mais, pour ne rien laiffer à
defirer fur ce fujet, ajoutons à ces
ce que l'on a obfervé parmi les
exemples
Equipages de
quelques Vaiffeaux, dont les uns ont
des hivers entiers dans des rades
paffé
mais vivant de viande
plus falubres,
& de poiffons falés,
& l'on verra, par
doit
l'évènement, ce que l'on
penfer fur la néceffité de
les alimens de cette
fupprimer
efpèce, de la nourriture
des Matelots.
En 1756, douze Vaiffeaux de
guerre ayant
exemples
Equipages de
quelques Vaiffeaux, dont les uns ont
des hivers entiers dans des rades
paffé
mais vivant de viande
plus falubres,
& de poiffons falés,
& l'on verra, par
doit
l'évènement, ce que l'on
penfer fur la néceffité de
les alimens de cette
fupprimer
efpèce, de la nourriture
des Matelots.
En 1756, douze Vaiffeaux de
guerre ayant --- Page 176 ---
NOURRITURE
demeuré près d'un an dans la rade de Breft,
où ils pafferent la plus grande partie de l'hiver,
les Matelots n'ufant point de falaifons, &
n'ayant de légumes frais que ceux qu'ils fe
eux-mémes & à Ieurs frais, le
procuroient
évènement
fcorbut ne fe manifefta point;
d'autant plus frappant que le climat de Breft
eft fort pluvieux, & Ia rade d'autant plus mal
faine pendant I'hiver, que le mouillage étant
fort éloigné de la ville, les gens de canots &
de chaloupes qui vont & viennent continuelbeaucoup & effuient fans
lement, fatiguent
ceffe le mauvais temps 2 ce qui occafionna,
à Ia vérité, parmi eux, des fluxions de poitrine, d'autres maladies aigués, mais point
de (corbut. PEfcadre de M. le Comte de
En 1759,
Vaiffeaux & de
Blenac, compofée de fept
Frégates, ayant été contrainte de paffer
quatre
rade
la mauvaife faifon,
deux mois en
pendant
& cela par Ia force & la durée des vents de
Sud-oueft, qui font toujours accompagnés
de pluie dans ce climat, & ces Vaiffeaux ayant
à bord, outre Ieur Équipage nombreux, beaufièvres.
coup de traupes de tranfport, quelques --- Page 177 ---
DES GENS DE MER.
catharreufes, rémittentes, des
157,
trides, furent les maladies continues pun'y eut
régnantes, & il
que peu de fcorbutiques; fi
maladie attaqua dans la fuite &
cette
Matelots, ce ne fut
Soldats &
mer,
qu'après avoir tenu la
&xauxapproches de
Sainc-Domingue, les
Equipages ayant vécu de falaifons
traverfée, un ou deux jours de
pendant la
alors
pluie fuffirent
pour que nombre de
commun des Equipages
gens parmi le
fcorbut.
fuffent atteints du
Si l'on compare ces faits avec les
tions contenues dans les
obfervaJournaux
on fera d'autant plus
Anglois,
perfuadé de
que nous accordons à certains
T'influence
production du
alimens dans la
fourniffent
fcorbut, que ces obfervations
T'exemple d'Equipages de
Vaiffeaux de cette nation,
plufieurs
dans la rade de
vivant de falaifons
îles
Gibraltar & dans celle des
d'Hières, être en moins d'un
malgré l'influence de l'air de
mois, &
traités du
terre, très-malfcorbur*, 2 & cependant la
entre le climat de Breft dans la
différence
mauvaife faifon,
* Lind, tome 1.
, que ces obfervations
T'exemple d'Equipages de
Vaiffeaux de cette nation,
plufieurs
dans la rade de
vivant de falaifons
îles
Gibraltar & dans celle des
d'Hières, être en moins d'un
malgré l'influence de l'air de
mois, &
traités du
terre, très-malfcorbur*, 2 & cependant la
entre le climat de Breft dans la
différence
mauvaife faifon,
* Lind, tome 1. --- Page 178 ---
NOURRITURE
des flations dont je viens de parler,
& celui
derniers.
eft tout à F'avantage de ces
connoître
Si tant d'exemples réunis font
combien T'ufage des falaifons
évidemment faveur aux autres caufes qui déterminent
prête
il n'en eft pas moins vrai que I'hule fcorbut,
favorifant le relâchement
midité de l'air, en
des folides & le croupiffement des liqueurs,
concourir à aider & à étendre
ne peut que
introduit dans nos
T'effet du ferment putride
tant à
la mauvaife nourriture,
liqueurs par
caufe de la diflipation du principe précieux,
fous le nom d'air fixe, que cette confconnu
entraine, que parce
titution de T'atmofphère
s'oppofe à l'évaporation de ce que
qu'elle
contenoient de plus putride, &
les humeurs
diminuant l'infenfible
cela en empéchant ou en
C'eft même en partant de ce printranfpiration. l'on trouvera la raifon pourquoi OnI
cipe, que
entiers, quoique vivant de
a vu des Équipages
mais croifant
falaifons depuis plufieurs mois,
fcorbut,
dans de beaux parages, être exempts du
d'autres Équipages vivant fous un
pendant que
étoient en moins de
ciel nébuleux & humide,
fix femaines ravagés par cette maladie. --- Page 179 ---
DES GENS DE MER.
Dans le premier cas, les Vaiffeaux 159
trouvant dans un air moins humide,
fe
mer étant moins
& la
litéà
orageufe, on a plus de facientretenir Ia. propreté dans ces
& à renouveler l'air du lieu
Bâtimens
Matelots. II réfulte
qu'habitent les
encore de cet état de
Tatmofphère, s que la tranfpiration fe faifant
beaucoup mieux, nos humeurs fe
plus aifément de ce qu'elles
débarraffant
plus putride, de plus atténué, contiennent de
qui eft le lieu commun des
& ce principe
différentes parties
quiconflituent nos humeurs, fe
plus lentement,
diflipant alors
viandes falées, T'ufage du poiffon & des
ne doit pas offrir le
réfultat que dans l'état
méme
fphère.
oppofé de l'atmoL'exercice, la manière d'être vétu
influent d'une façon marquée fur
qui
tranfpiration, font encore des
l'infenfible
qui réduifent ou
agens auxiliaires,
caufes
augmentent l'intenfité des
principales du fcorbut, &
éloignent ou en accélèrent les
qui en
Par cette raifon que les Officiers atteintes. C'eft
qui font logés dans les
des Vaiffeaux
& les mieux
lieux les plus fains
acrés, qui font le moins expofés
fluent d'une façon marquée fur
qui
tranfpiration, font encore des
l'infenfible
qui réduifent ou
agens auxiliaires,
caufes
augmentent l'intenfité des
principales du fcorbut, &
éloignent ou en accélèrent les
qui en
Par cette raifon que les Officiers atteintes. C'eft
qui font logés dans les
des Vaiffeaux
& les mieux
lieux les plus fains
acrés, qui font le moins expofés --- Page 180 ---
NOURRITURE
de l'air, tant par Ia nature
aux intempéries
la bonté de leurs
de Ieur fervice, que par
les
vêtemens, qui font nourris de viandes
ont de bon pain & du vin
plus fraiches, qui
boiffon, font prefque
de Bordeaux pour
moins
à l'abri du fcorbut, ou font au
toujours
les derniers; mais ils
ceux qui l'éprouvent
n'en font pas pour cela toujours exempts.
long-temps froide & humide,
Une atmofphère
elie l'eft fouvent à la mer, ayant peu
comme
favorife chez eux comme chez
de reffort,
d'une partie de
les Matelots, Ia diffipation
l'air fixe qui fe dégage de nos parties; ou
état de l'air énerve-t-il l'action de
bien cet
l'infenfible tranfpiration
ce principe précieux, déchet chez eux, &
fouffre auffi alors un
ils contraétent à la longue des difpopar - Ià
fauroient être efficafitions au fcorbut, qui ne
leur manière de vivre:
cement combattues par
foient d'une meilleurs alimens
car quoique
dont les Matelots font
leure qualité que ceux
bafe
ufage, leur nourriture a toujours pour
viandes
ne font pas toujours de bonne
des
qui
de
& auxquelles ils joignent très-peu
qualité,
nourriture étant effentiellement
légumes; cette
putrefcible, --- Page 181 ---
DESGENS DE M ER, 16r)
putrefcible, & ne fourniffant
à la réparation de
pas fuffifamment
ce fluide principe
perdent à la mer, il doit fe faire
qu'ils
nion infenfible dans les
une défu-
&
parties de leurs folides
une décompofition fourde dans leurs
liqueurs, laquelle s'annoncera
nution
par une dimimarquée dans les forces, & une fauffe
apparence d'embonpoint qui fe
de jours aprés deur arrivée à
difipe peu
doit leur faire connoitre
terre; ce qui
qu'ils ne font
exempts des atteintes du fcorbut;
pas
vient fans
de-là leur
doute, ce defir & cet appétit violent
pour les fruits & les légumes de
Peut-on méconnoitre
toute efpèce.
cet inflinét, cette
tion de Ia Nature
fa
attencomment des Gens pour confervation; &
de l'art placés dans les
ports, peuvent-ils fans
de la néceffité
rougir, ne pas convenir
Gens
de. changer la nourriture des
de mer, lorfqu'on a de pareils témoignages à leur oppofer!
Si f'on,fe rappelle ce
plus haut,
que nous avons dit
des
pour prouver que le relâichement
parties folides 2 & le croupifement des
liqueurs entraînoient nécelfairementà
leur
lalongue
décompofition, on concevra facilemient
L
fans
de la néceffité
rougir, ne pas convenir
Gens
de. changer la nourriture des
de mer, lorfqu'on a de pareils témoignages à leur oppofer!
Si f'on,fe rappelle ce
plus haut,
que nous avons dit
des
pour prouver que le relâichement
parties folides 2 & le croupifement des
liqueurs entraînoient nécelfairementà
leur
lalongue
décompofition, on concevra facilemient
L --- Page 182 ---
NOURRITURE
les Gens pareffeux qui vivent dans
comment
& dont la nourriture a pour
un air humide,
animales, & plus particubafe les fubftances
de
les falaifons fans aucun mélange
lièrement frais, font plus tôt près du fcorbut,
végétaux
mènent une vie plus active; en.
que ceux qui
ce font toujours les
effet, on a remarqué que
fuccombent les
Matelots les plus fainéans qui
à cette maladie, tandis que ceux qui
premiers
hautes, qui font
font deftinés aux manceuvres
abri dans le
fans aucun
toujours en exercice,
s'en trouvent encore exempts
mauvais temps,
maladie fait déjà beaucoup
à Tépoque où cette
des Matelots.
de ravages parmi le commun
inftruit,
Auffi rOfficier, que l'expérience a
fait que le gros des Équipages a en
& qui
que de fatigues,
général plus de temps derepos
dans
jamais l'occalion del'occupér
ne manquera
Ies
de tranquillité, en multipliant
ces temps
de manceuvres
branlebas & les changemens
des danfes
jour, & en lui procurant
pendantle
Ia nuit eft arrivée; mais
& des jeux Iorfque
des Matelots eft une
fi la trop grande inaction
concourt le plus fréquemment
des caufes qui
l'action la plus
à favorifer celles qui ont --- Page 183 ---
DES GENS DE M ER,
marquée dans la produdion du
cependant convenir
fcorbut, il faut
jamais plus funefte que le repos ne devient
fuccède à des
aux Matelots, que lorfqu'il
durent
travaux pénibles & forcés
depuis un certain
qui
répétent fouvent,
temps, ou qui fe
étant
parce que l'atonie des folides
grande & fubite, & les
meurs fe trouvant
principes des hude cette tranfition plus exaltés, il doit naître
forcé à celui de fubite de l'état de travail
bien. plus confidérables repos parfait, des accidens
caution de ne les faire que lorfqu'on a la préTunà l'autre de ces états. paffer que Par degré de
que c'eft à la fuite des Auffi 2-t-on obfervé
Equipages, qui
grands travaux que les
tés, tomboient jufque-là s'étoient bien pori
leur étoit
tout-d-coup malades, dès
permis de fe livrer
qu'il
repos, ce - qui doit faire fentir entièrement au
d'éviter les extrêmes, fi
la néceflité
les Matelots
l'on veut conferver
en fanté.
Les liqueurs ardentes dont
les Gens de
abufent fouvent
mer, ont
parmi eux de fi grands quelquefois produit
rangées
accidens, qu'on les a
les
avecfondemento dans la claffe des
plus propres à occalionner des
caufes
maladies
L ij
de fe livrer
qu'il
repos, ce - qui doit faire fentir entièrement au
d'éviter les extrêmes, fi
la néceflité
les Matelots
l'on veut conferver
en fanté.
Les liqueurs ardentes dont
les Gens de
abufent fouvent
mer, ont
parmi eux de fi grands quelquefois produit
rangées
accidens, qu'on les a
les
avecfondemento dans la claffe des
plus propres à occalionner des
caufes
maladies
L ij --- Page 184 ---
NOURRITURE
l'on obferve fur-tout
très-graves; c'eft ce que
où le vil prix du tafia permet
en Amérique, d'en faire des excès; T'ufage de
aux Matelots caufe, parmi les plus robuftes,
cette liqueur ardente qui les fait périr en peu de
une fèvre
T'abus de cette liqueur ne
jours, pendant que
affoiblis, ou dans
produit parmi les hommes
la cachexie
climat froid & humide, que
un
On peut en voir un exemple
fcorbutique.
Eller. Cet Auteur dit
frappant, rapporté par
lequel il étoit,
rÉquipage du Batimentfur
que
dans un climat froid, ayant
& qui naviguoit
pendant les fètes
voulu fe régaler d'eau-de-vie
bien
lEquipage qui s'étoit
porté
de Noël,
éfubitement du fcorbut,
jufqu'alors, fut attaqué
avoir fait excès de cette boiffon.
pour
ChirurgienM. Fremin 2 anciennement
obfervé
major de l'ile de Gorée, a également
ile,
le fcorbut qui eft fréquent dans cette
que
Ia faifon des pluies, qui attaque feupendant
font ufage de viandes falées,
Iément ceux qui
fur deux Soldats
avoit fait des progrès fi rapides
fe fuffent
bien portans en apparence avant qu'ils fous péu
ennivrés d'eau-de-vie, qu'ils périrent
&
de jours couverts de taches fcorbutiques, --- Page 185 ---
DES GENS DE MER,
enflés confidérabiement.
Cette liqueur
fuivant les expériences de
qui,
Macbride, contient
très-peu de ce principe qu'il nomme air
& qui empêche
fixe,
qu'il ne fe dégage
des fubflances dont On fenourrit, librement
hâte d'autant
plus aifément la putréfadlion de
nos humeurs,
qu'elle en augmente
*
extraordinairement le
mouvement . Cette violente
agitation doit
* Le principe igné, fublitué à l'air
par Macbride, , quoiqu'il n'exifte rien dans fixe, adopté
animale qui puiffe mériter ce
T'économie
l'idée que nous devons
nom 3 au moins d'après
H eft vrai,
nous former de l'air;
en grande quantité dans les fetrouve,
ritueufes; mais ce principe confervateur liqueurs piun aflocié qu'il ne quitte
y eft uni avec
à
pas facilement, il cherche
s'échapper aveç Iui, & dans fa fortie
encore des particules de même
il entraîne
à la maffe générale des
nature, qui, fouftraites
fufceptibles de putridité humeurs,: :les rendent plus
qu'auparzvant.
Pour que la matière du feu devienne
confervateur, en pénétrant dans Ies voies de principe
Jation, il faut qu'elle abandonne
la circuavec lefquels elle étoit unie
aifément les liquides
font notre
dans les fubflances qui
nourriture; ce qui fuppofe
trouve plus
toujours qu'elle
qu'elle abandonne, d'analogie avec nos fucs, qu'avec ceux
ou dans les
de forte que fi dans les alimens
liquides dont nous failons
ulage, ce
L iij
, en pénétrant dans Ies voies de principe
Jation, il faut qu'elle abandonne
la circuavec lefquels elle étoit unie
aifément les liquides
font notre
dans les fubflances qui
nourriture; ce qui fuppofe
trouve plus
toujours qu'elle
qu'elle abandonne, d'analogie avec nos fucs, qu'avec ceux
ou dans les
de forte que fi dans les alimens
liquides dont nous failons
ulage, ce
L iij --- Page 186 ---
NOURRITURE
tendre à défunir les parties qui Ies compofent,
la partie aérienne qui les con-
& à dégager
tandis que
fervoit, & qui n'eft pas réparée,
dont le ton a été brufquement
Tes folides,
ardente,
forcé par V'effet de cette liqueur
enfuite dans une atonie qui ne peut
tombent
& favorifer de plus
qu'augmenter le défordre,
de la maladie, ainfi que
en plus les progrès
nous venons de l'obferver.
Si la matière du feu eft le principe cimendépend l'état fain de nos corps
tant duquel
l'inférer
dont il eft le lien, ainfi qu'on peut
qui s'empare de CEs mêmes
de Ia corruption
combiné avec un affocié avec lequel
principe fe trouve
aucun de nos fucs,
il ait plus d'analogie qu'avec
a été admis
eux qu'il
alors c'eft en pure perte pour
c'eft un
dans les voies générales de ia circulation, de le
:
ennemi qui a ruiné P'édifice au lieu
réparer
de la matière du feuintroduite auparavant,
une portion
& laiffe Ies liqueurs
prend la route de la périphérie, d'autant plus près de
du corps humain dans un état
contiennent moins
la décompofition parfaite, le lien qu'elles de tous les matériaux
de ce principe qui eft
être
conftituent ces liqueurs'; ce principe paroit
qui
le fluide nerveux qui porte par-tout
le fluide animal,
le mouvement & la vie. --- Page 187 ---
DES GENS DE MER. 167,
corps, dès que ce principe s'en
ne doit plus être étonné
dégage, on
que les caufes
je viens de
que
détailler, 9 concourent toutes
ou moins à produire le fcorbut,
plus
eft aucune qui ne favorife l'action puifqu'iln'en du
ferment
putride apporté dans les humeurs par la mauvaife nourriture ordinaire aux Matelots,
qui ne donne lieu à la
ou
diflipation du fluide
qui confervoit ces humeurs dans leur état
naturel. Toutes ces vérités font mifes dans le
plus grand jour par Macbride, quii a fait voir
par des expériences auffif
l'on
fmplesquing@nicufes,
que
pouvoit rétablir des morceaux de
viandes putréfiés en les expofant à la
des fabftances actu en fermentation. vapeur
Que fe
dégage-t-il alors de ces fubflances ! de l'air
chargé d'un certain gas fpiritueux ou acefcent.
Mais qu'eft-ce que cet air, fi ce n'eft, comme
je l'ai déjà dit, un compofé de féu &
dont le premier des
d'eau,
dans les
principes trouve à faire
fucs des fubftances animales
font
dans le
qui
voilinage une nouvelle combinaifon
qui les rend à leur premier état, ehn faifant
dilparoitre celui de dépravation dans
ils
lequel
commençoient à tomber par la perte qu'is
L iv
qu'eft-ce que cet air, fi ce n'eft, comme
je l'ai déjà dit, un compofé de féu &
dont le premier des
d'eau,
dans les
principes trouve à faire
fucs des fubftances animales
font
dans le
qui
voilinage une nouvelle combinaifon
qui les rend à leur premier état, ehn faifant
dilparoitre celui de dépravation dans
ils
lequel
commençoient à tomber par la perte qu'is
L iv --- Page 188 ---
Nou U RRIT UR E
avoient faite d'un principe analogue; mais cette
combinaifon ne fauroit durer longnouvelle
& la putridité doit bientôt reparoitre,
temps, fournit
un nouveau fluide conSil'on ne
pas
fervateur qui remplace celui qui s'échappe
continuellement ; notre confervation perpétuée n'eft que Phiftoire de CC que nous voyons
dans les expériences de Macbride.
viens de dire, on ne doit
D'après ce que je
être étonné de voir le fcorbut, quelies
plus
caufes
céder au
qu'en foient les
apparentes,
de
des
frais, puifque
feul régime
végétaux
les alimens dont nous pouvons faire ufage,
tous
fermente plus prompteil n'en eft aucun qui
&x
fourniffe plus d'air, & par
ment,
qui
de Ia matière du feu qui
conféquent plus
dans fa compofition ; mais en même
entre
rétabliffent à Ia faveur
temps que les végétaux
folides relachés,
d'un pareil agent le ton des
de
par - là V'altération
& qu'ils corrigent
les fucs favonneux
quelques humeurs diffoutes;
de nourriture abonde,
dont cette efpèce
tenace &
divifent & attènuent la lymphé
formoit de toutes parts des
glutineufe qui
mifcible aux autres
embarras, Ia rendent plus --- Page 189 ---
GENS DE M E R. 169
DES
fucs dont elle vient alors d'augmenter la
confiftance: ce n'eft cependant pas toujours
de la matière du feu introduite
par la quantité
l'on parvient à faire
dans I1OS humeurs, que
eft
; il
difparoitre les fymptômes fcorbutiques
où dénué des fucs
des cas, par exemple 2
frais,
favonneux que contiennent cesvégétaux
ne trouvant parmi nos fucs aucuns
ce principe à le retenir, & agiffant par fa
liens propres
fur les folides,
vertu fortifiante & tonique
c'eft
accélérer encore la diffolution:
pourroit
cette manière d'agir, que
fans doute d'après
chauds, tous les
tous les anti - fcorbutiques
alkalis volatils qu'on emploie avec fuccès dans
temps du fcorbut où il y a épaifles premiers
fiffement, font dangereux, Jorfque parvenu
les humeurs font dans
à fon troifième période,
un état de diffolution très-marqué, pendant
fi l'adlion de ce principe
qu'à cette époque,
émouffée
fa comactif fe trouve un peu
par huileufes
binaifon avec des fubftances falines,
& terreufes, propres à en faire un corps mu-
& favonneux, tant foit peu éguillonqueux
d'une manière évidente à la
nant; ils'oppofe
&
à
diffolution ultérieure des fucs, parvient
ifième période,
un état de diffolution très-marqué, pendant
fi l'adlion de ce principe
qu'à cette époque,
émouffée
fa comactif fe trouve un peu
par huileufes
binaifon avec des fubftances falines,
& terreufes, propres à en faire un corps mu-
& favonneux, tant foit peu éguillonqueux
d'une manière évidente à la
nant; ils'oppofe
&
à
diffolution ultérieure des fucs, parvient --- Page 190 ---
(170
NOURRITURE
les folides au ton naturel
ramener par degrés
qui fait la fanté.
Le quinquina 2 par exemple, qui contient
beaucoup de ce principe confervateur, qui le
laiffe échapper dès fon entrée dans les premières
voies, eft fans contredit le plus excellent antinous connoiffions; iI répare aiféputride que
les
ment Ia perte abondante de ce principe que
caufes de putridité occalionnent, & foutenant
l'action des folides, il
par fa vertu tonique
empêche la circulation de languir, prévient
le croupiffement & la défunion des
par-là T'épaiffifement de la lymphe, & par
liqueurs,
conféquent le fcorbut ; mais il ne faut pas
que ce remède foit appliqué indifféremment
à toutes les époques de la maladie. S'il y a
obftruction, féparation de la lymphe, & épaiffiffement de cette humeur, on conçoit que la
du
ne peut alors
vertu aftringente
quinquina
Tépaifffement des fucs embarqu'augmenter
raffés dans des filières étroites, & aggraver cet
accident de la maladie, lequel ne peut être
le
favonneux & apédétruit que par principe
ritif des végétaux dont I'nfage doit toujours
précéder celui du quinquina, ou lui être allié --- Page 191 ---
DES GENS DE M E R. 17I
avec fûreté dans Ie traifi l'on veut procéder
paroit
tement du fcorbut. Si le quinquina
convenir à Pétat d'épaiffiffement des
ne pas
devoir agir efficacement
liqueurs, il paroit
dans le dernier degré de la maladie, lorfque
les fucs font diffous, que le fang n'a plus
tous
que cette
de confiftance ; / le principe igné
écorce contient, en s'infinuant avec la partie
faline dont elle eft abondamment pourvue.
interftices des fojufque dans les plus petits
& des humeurs diffoutes en
lides relâchés,
qu'il Iremonte
rallie les parties, en même temps
l'adtion
de la fibre dont
le ton organique
fur les liquides,
venant à fe ranimer, réagit
des
& les met dans le cas de fe débarraffer
les plus putrides, dont il procure
particules
l'expulfion au-dehors.
On voit, par ce que je viens de dire, tant
confervateur
fur les propriétés de ce principe
celle du
que- je crois être igné 2 que far
favonneux & apéritif des végétaux,
principe combien Macbride a eu tort de tout accorder
nomme air fixé, & de vouloir réà ce qu'il
nombre de
futer tout ce qai a été avoué par
faits tonchant la vertu fondante des fucs dts
-dehors.
On voit, par ce que je viens de dire, tant
confervateur
fur les propriétés de ce principe
celle du
que- je crois être igné 2 que far
favonneux & apéritif des végétaux,
principe combien Macbride a eu tort de tout accorder
nomme air fixé, & de vouloir réà ce qu'il
nombre de
futer tout ce qai a été avoué par
faits tonchant la vertu fondante des fucs dts --- Page 192 ---
NOURRITURE
#72
végétaux : vertu qu'il rejette comme incompatible à fon opinion; tandis que rien ne fert
plus à la confirmer & à rendre raifon pourquoi Ia nourriture végétale a feule la propriété
de convenir dans tous les états du fcorbut,
l'exiflence
guérit fans autres fecours, malgré
& l'intenfité de toutes les autres caufes qui,
la nourriture, paroiffent avoir {e plus de
après
à la production de cette maladie; ce qui
part
les Obfervations de tous les
eft prouvé par
fcorbut, &
Maitres de l'Art qui ont fuivi le
par celles que renferme ce Mémoire.
D'après Ia nature connue du fcorbut, & le
développement des caufes qui la produifent;
d'après les faits que j'ai rapportés en preuve de
l'efficacité du régime végétal dans la curation
de cette maladie, iln'eft plus permis de douter
qu'on ne puiffe lej prévenir, & même le guérir,
foit dans Ies Hopitaux, foit dans les Vaiffeaux
qui font en pleine mer, en retranchant la plus
grande partie de Ia viande, ,& même en la profcrivant totalement dans certains Cas, pour lui
fubfituer des végétaux frais; mais peut-on
attendre la même efficacité de l'ufage des léfarineux fecs? Quoique cette dernière
gumes --- Page 193 ---
DES GENS DE M ER.
nourriture foit un peu moins efficace
que celle
que fourniffent les végétaux frais, on ne
voit rien faire de plus
pouclaffe d'hommes
avantageux pour cette
que de fubflituer aux falaifons dont on les nourrit ordinairement,
les
légumes farineux, & le plus que l'on peut de
végétaux confits; car quoique ces fubflances
foient dans le fcorbut d'un degré d'efficacité
inférieur aux végétaux frais, elles
adminiftrées convenablement,
peuvent,
non-feulement
arrêter fes progrès de cette maladie,
encore la guérir, & fournir
3 mais
fanté la
aux Matelors en
nourriture la plus faine
puiffe leur procurer à la
que l'on
mer, & la feule
qui foit en état de les foutenir dans leurs
vaux pénibles. Peut - on attendre le méme traavantage du boeuf & du poiffon, fur-tout falét
ces fubftances ne portent - elles pas dans les
humeurs des individus
qui en ufent habituels
lement, le germe des maladies les plus def.
trudlives!
Je- pourrois me contenter,
l'efficacité des
pour prouver
végétaux farineux, de
aux faits nombreux
renvoyer
confignés dans un Mémoire
imprimé par ordre du
Gouvernement au
le méme traavantage du boeuf & du poiffon, fur-tout falét
ces fubftances ne portent - elles pas dans les
humeurs des individus
qui en ufent habituels
lement, le germe des maladies les plus def.
trudlives!
Je- pourrois me contenter,
l'efficacité des
pour prouver
végétaux farineux, de
aux faits nombreux
renvoyer
confignés dans un Mémoire
imprimé par ordre du
Gouvernement au --- Page 194 ---
NOURRITURE
de 17715 mais comme il y
commencement
- uns de conteftés, je me
en a eu quelques
l'on ne
bornerai à ne rappeler que ceux que
en doute , & auxquels je
fauroit révoquer
à forcer le
joindrai de nouveaux faits propres
jufque dans fon dernier retranchepréjugé
efpérer avec tous les
ment; mais puis-je
de
de conviction que j'emploirai,
moyens
les effets de l'envie de
parvenir à étouffer
tête de l'Art dans
quelques gens placés à la
de France, qui n'ofant fe
le premier port
utile
montrer ni écrire contre une révolution
ils font honteux de n'avoir point
à laquelle
fourdement
concouru, n'intriguent pas moins
écarter & empécher fon heureufe influence! pour
Quand on veut le bien & qu'on le
craint
le grand jour , des
fait, on ne
pas
de Ia médémarches cachées annoncent ou
l'on eft de la
chanceté, ou la conviction-où
contre ceux
foibleffe des armes qu'on emploie
Qu'ils oppofent à mes raifonqu'on attaque.
des raifonnemens & aux faits que j'articule
fi Ieur
nemens & des faits contradictoires,
Ieur en a fourni, & l'on verra en
expérience
de quel côté eft Ia vérité
dernière analyfe, --- Page 195 ---
DES GENS DEMER.
& la bonne doctrine;
tant qu'ils ne
pas une pareille conduite,J'ofe
tiendront
de la Marine de regarder
prier Meffieurs
defline,
leur affertion clancomme un defefpoir de caufe,
Quand j'afure que les fubflances
font fufceptibles de
animales
putréfaction, &
ne perdent pas cette difpofition
qu'elles
nos alimens ; je ne dis rien
en devenant
des Médecins.
qui ne foit connu,
Quand j'annonce que les légumes farineux pofsèdent à un très-haut
la vertu
degré
anti-putride, mon affertion
triviale pour tous ceux
devient
fléchi fur les
qui ont un peu ré.
produits des
ont Ià les Ouvrages de
végétaux, ou qui
les Differtations
Pringle, de Macbride,
fur les anti-feptiques
concouru pour le Prixde l'Académie qui ont
en 1768, &c.
de Dijon
Onp peutinférer de ces expériences,
tous ces farineux font
I. que
la
de
anti-feptiques, 2. o
digeltion ces fubflances
que
plus
&
peut être rendue
fieile,
leur propriété anti-putride
plus efficace, en leur reflituant
quantité du
une certaine
par la maturité corps muqueux qu'ils ont perdu
& le
s'accorde avec les
defièchement; ce qui
expériences de Mayer, qui
Onp peutinférer de ces expériences,
tous ces farineux font
I. que
la
de
anti-feptiques, 2. o
digeltion ces fubflances
que
plus
&
peut être rendue
fieile,
leur propriété anti-putride
plus efficace, en leur reflituant
quantité du
une certaine
par la maturité corps muqueux qu'ils ont perdu
& le
s'accorde avec les
defièchement; ce qui
expériences de Mayer, qui --- Page 196 ---
NOUARITURE
les farineux de Ieur
privant
a remarqué qu'en il ne Ieur reftoit plus qu'une
partie amidonnée, indiffoluble à tout autre menfmatière tenace,
femblable en cela à
true qu'au corps acide ;
& comme elle, n'étant plus
notre lymphe, de la fermentation putride;
fafceptible que
cette matière dont
ce qui doit faire regarder
aniabondent les farineux, comme une partie
très-nourriffante e, qui a befoin d'être
malifée
de matière vraialliée à une certaine quantité
en rendre
végétale & acefcente qui puiffe
ment
facile, & augmenter la vertu
la diffolution plus
anti- putride de ces farineux.
certain
En effet, fi l'on triture pendant un
certaine quantité de farine d'orge ou
temps une du miel ou du fucre dans les prode riz avec
avoir féché
convenables, & qu'après
portions
le
dans Y'eau, il s'y
ce mélange, on
jette
n'aura
rien
fondra alors avec facilité, &
plus
Ce procédé qui donne les moyens
de gluant.
de cette claffe aux
d'adminiftrer les farineux
foibles, fait connoître en
eftomacs les plus
l'on doit faire
même-temps tout le cas que
des tablettes & de l'extrait d'orge imaginés
ce digne citoyen que
par M. de Chamouffet,
la --- Page 197 ---
DES GENS DE MER.
la France a perdu, & qui mérite
177,
de l'humanité à l'intérêt de
les regrets
facrifié fa fortune & fes
laquelle il avoit
farineux feront
veilles; ces extraits
plus grand
toujours fiubflitués avec le
dans
avantage aux bouillons de viande
toutes les maladies putrides, foit
foit chroniques.
vives,
La partie amidonnée & la
des farineux,
partie tenace
fufceptibles de deux
tations différentes,
fermenle cas de
nous mettent encore dans
prononcer pourquoi, à titre d'antifeptiques, les végétaux méritent de
la préférence fur les farineux,
beaucoup
foient infiniment
quoique ceux-ci
plus nourriflans
& pourquoi Ies farineux font que ceux-là,
fifans
fouvent infuf.
pour remédier à 1'acrimonie
fois portée à certain
putride une
ne leur allie,
degré, à moins qu'on
comme je viens de le
une certaine quantité de matière
dire,
acefcente, tels que le miel, le fucre végétale
ques plantes fraiches en
ou quelT'ofeille,
conferve, telles que
le
foignon, le choux, T'ail, & même
piment ou le poivre long, lefquels étant
préparés convenablement,
affez
peuvent fe garder
long-temps à la mer, & remplir, étant
M
'on
comme je viens de le
une certaine quantité de matière
dire,
acefcente, tels que le miel, le fucre végétale
ques plantes fraiches en
ou quelT'ofeille,
conferve, telles que
le
foignon, le choux, T'ail, & même
piment ou le poivre long, lefquels étant
préparés convenablement,
affez
peuvent fe garder
long-temps à la mer, & remplir, étant
M --- Page 198 ---
NOURRIT U R E
#78
la double intention que
zéunis aux farineux,
le fcorbut & de
l'on fe propole, de guérir
rétablir les forces de ceux qui en auront été
attaqués; ce que Ia drèche, quelque fraiche
qu'elle foit, ne peut opérer qu'imparfite:
ment, parce qu'elle n'a pu par fa préparation
acquérir la quantité de corps favonnenx qui
reffembler aux végétaux
lui manque pour
employés à la faire,
frais, & que les grains
de
perdu par la germination une. partie
ayant
il ne peut leur refter
leur principe igné,
frais,
d'autre reffemblance avec les légumes
la propriété que: la farine d'orge acquiert
que
; de pouvoir fermenter
par cette préparation; eux, & de fe digérer
promptement comme
être de quel
avec. plus de facilité, ce qui peut
dans certaines maladies, mais qui
que. avantage fauroit être un dans, le traitement du
n'er
qu'on voudra joindre à la
fcorbut, qu'autant
ou de la caffodrèche.du miel de bonne qualité
pade., ce qui en formera alors un aliment
doux, favonneux, d'autant plus anti-feptique,
la caffonade & le miel contenant plus
que.
ignés employés à la confection
de principes
du. corps muqueux qui les. conftitue prefque --- Page 199 ---
DES GENS DE M ER,
én totalité,cest fubftances
à la propriété
ne peuvent qu'ajouter
anti-putride des
les rapprocher de l'efficacité des farineux, &
d'oà l'on
végtaux frais;
peut conclure que Macbride n'a
pas eu raifon de tirer de la promptitude
laquelle la drèche fermente,
avec
fon efficacité dans le fcorbut; une preuve de
d'ailleurs n'avoir
il me paroît
pas fait affez d'attention
la quantité d'air qu'elle fournit,
à
pas tenu compte du
& n'avoir
principe favonneux
tenu dans les végétaux récens,
conprincipe fans
lequel on ne fauroit expliquer la
des accidens du fcorbut
difparition
qui dérivent de
fiffement & de la vifcofité de la
l'épaifa
ces fucs favonneux combattent lymphe, que
L'on convient
avec efficacité
généralement que rien ne feroit
plus avantageux pour les Gens de
de pouvoir les nourrir
mér, qué
avecdes
au moins en partié
végétaux frais; maisdans
où fon eft de
Timpofibilité
pouvoir les conferver affez
long-temps en mer, , & d'en fournir les
Vaiffeaux en affez grande quantité, il faut
feur fopplécr les végétaux fecs, les
&c. Ceux-ci, quoique
farineuxy
degré inférieur
anti-fcorbutiques à un
aux végétaux frais, ne laiffent
M ij
au moins en partié
végétaux frais; maisdans
où fon eft de
Timpofibilité
pouvoir les conferver affez
long-temps en mer, , & d'en fournir les
Vaiffeaux en affez grande quantité, il faut
feur fopplécr les végétaux fecs, les
&c. Ceux-ci, quoique
farineuxy
degré inférieur
anti-fcorbutiques à un
aux végétaux frais, ne laiffent
M ij --- Page 200 ---
NOURRITURE
de combattre efficacement le
pas cependant
eft prouvé par nombre d
fcorbut, ainfi qu'il
de faits dont iI n'eft pas permis de douter. la
M. Hocquart commandant
En 1757,
ft plufieurs croifières trèsfrégate la Dryade, côtes de Salé : ce Bâtiment refta
longues fur les
d'un an armé avec le nême Equipage:
près
& ceux qui jouiffoient d'une /
tous les malades,
néanmoins des
bonne fanté, à l'exception
mois, furent prefque entièrement
premiers
du riz dont on s'étoit approvinourris avec
& cette nourriture fut
fionné en Efpagne;
ne perdit
fi falutaire, que le Commandant
feul homme de ceux qui compofoient
pas un
de fon Bâtiment.
T'Équipage Marnieres commandant, en 1758,
M. de WAchille; M. le comte de Graffe,
le vaiffeau & M. Dumas la frégate la Syrame;
le Ziphir;
tenu des croifières trèsces Bâtimens ayant
tous leurs
devant l'ile Sainte-Hélène,
longues furent attaqués du fcorbutà un trèsEquipages les Maîtres même, & quelques
haut degré;
exempts. On relâcha
Officiers n'en furent pas
à la baie des Saints; mais ces Vaiffeaux ayant
d'en partir avant que les Équipages
été obligés --- Page 201 ---
DES GENS DE MER. 18r
fuffent rétablis, & les viandes
manquant entièrement, on fut obligé de
riz
s'approvifionner de
pour retourner en France : cette feule
nourriture rendit la fanté aux
la
Equipages,
malgré longueur de la traverfée
dans une faifon avancée.
entreprife
En1759,/Efcadre de M. le Comte d'Aché
manquant de provifion de toute
les
efpèce, tous
Equipages ne fubfiftèrent,
trois mois, qu'avec du riz cuit à pendant l'eau près de
fans autre
affaifonnement. Le vin, le bifcuit, la farine &
les falaifons manquoient
Matelots furent
abfolument, & les
réduits à l'eau & à une trèspetite quantité d'eau-de-vie de riz :
cela, M. le Breton,
malgré
Chirurgien-major, &
plufieurs autrçs perfonnes de I'Efcadre, ont
affuré que les Equipages ne s'étoient
reffentis de cette difette
pas
apparente, &
un peu de répugnance
qu'à
avoient
près que les Matelots
d'abord montrée pour cette nourriture
fade, on ne pouvoit rien dire
fon
qui ae fût à
avantage.
En 1764, M. de Linière commandant
retour le vaiffeau le Salomon, armé à Roche- en
fort, & deftiné pour aller à la Nouvelle-France,
M iij
ne s'étoient
reffentis de cette difette
pas
apparente, &
un peu de répugnance
qu'à
avoient
près que les Matelots
d'abord montrée pour cette nourriture
fade, on ne pouvoit rien dire
fon
qui ae fût à
avantage.
En 1764, M. de Linière commandant
retour le vaiffeau le Salomon, armé à Roche- en
fort, & deftiné pour aller à la Nouvelle-France,
M iij --- Page 202 ---
h8z
NOURRITURE
fut attaqué, pendant Ia trafon Équipage
verfé,de diverfes maladies, & principalement
du fcorbut. Les approvifionnemens ordinaires
les malades ayant manqué, on fut obligé
pour
avec du riz : ils fe
de les nourrir uniquement
& fi bien, qu'ils
rétablirent promptement
tous le fervice du Vaiffeau jufqu'à
reprirent
leur arrivée à la Nouvelle-Orléans.
En 1764, M. le Comte de Braquemonh,
commandant la Frégate Ia Terpficore, ayant
croifières très-longues fur Ia côte de
tenu des
de fes Matelots les plus parefSalé, plufieurs
du fcorbut; la plupart
feux, furent attaqués
d'entr'eux avoient non-feulement les gencives
fongueufes, livides & engorgées, mais encore
aedémateufes & couvertes de petites
les jambes
Chirurgien dans cette
taches; M. Herlin,
& à
Frégate, propofa à M. de Braquemonh
de Baracé, Capitaine en fecond, de faire
M.
ces Malades, & de les
un plat particulier pour farineux, en leur renourrir uniquement de
la
tranchant Ia viande falée, & même encore
viande fraiche accordée aux autres malades du
Vaiffeau : le riz affaifonné avec le fucre, des
des fèves blanches accommodées en
pruncaux, --- Page 203 ---
DESGENSIDE ME R.
18;
falade, une petite dofe de vin de choix, furent
les feuls alimens qu'on leur
permit, & ils
eurent pour boiffon ordinaire de l'eau la
pure, battue avec quelques
plus
onces de miel.
Par ce feul régime, fecondé d'un
convenable de la part de ces
exercice
qu'on.ne difpenfa de travailler fur fcorbutiques le
dans les temps de pluie &
pont que
pendant la nuits
par l'attention qu'on eut de les loger fur le
gaillard d'arrière, dans l'endroit le plus aéré
du Vaiffeau, ils
à la
guérirent tous parfaitement
mer; & ce qu'il y a de remarquable
c'eft que les gens auxquels on fit
ce régime pendant les relâches, interrompre
pour les faire
jouir des rafraichiffemens en viande &
légumes frais accordés au refte de
en
fans
TEquipage,
reprirent
murmure, quoiqu'en bonné
fanté, la nourriture végétale du bord dés
qu'on remit en mer : ce régime lès entretint
dans un fi bon état, qu'aucun d'eux
tomba malade
ne rependant le refte de la campagne,
quoiqu'ils euffent repris entièrement leur fervice, pendant que plufieurs autres Matelots
qui avoient été exempts du fcorbut dans Ies
premières croifières, vivant de falaifons à
M iv
ure, quoiqu'en bonné
fanté, la nourriture végétale du bord dés
qu'on remit en mer : ce régime lès entretint
dans un fi bon état, qu'aucun d'eux
tomba malade
ne rependant le refte de la campagne,
quoiqu'ils euffent repris entièrement leur fervice, pendant que plufieurs autres Matelots
qui avoient été exempts du fcorbut dans Ies
premières croifières, vivant de falaifons à
M iv --- Page 204 ---
n84
NOURRITURE
T'ordinaire, furent vivement attaqués de cette
maladie dont ils guérirent auffi à la mer, à
la faveur du régime fuivi par les premiers
fcorbutiques. Ils revinrent en France aufli
le refte de TÉquipage; de
bien portant que
trois cents hommes dont il étoit compofé,
il n'en périt pas un feul pendant une camde fept mois, dont fix furent paffés
pagne
à la mer.
En 1765, M. Dazile, ancien Chirurgiende l'ile Maurice, fut chargé du foin
major
de plus de quatre cents malades ou convalefcens provenans de Cayenne, & qui furent
embarqués fur le vaiffeau 'Eléphant 3 pour
être tranfportés en France. Ce Chirurgien
le parti de nourrir tous ces individus de
prit
principalement de riz & de gruau, 9
végétaux,
& de leur faire diftribuer de temps en temps
quelques oranges & autres fruits du pays,
dont on s'étoit approvifionné à Cayenne;
cette nourriture, aidée du changement de
climat, produifit un fi bon effet, que M. Dazile
feul homme dans une trane perdit qu'un
verfée de foixante-treize jours, , encore étoit-ce
malheureux, qui s'étant gliffé
un Paffager --- Page 205 ---
DESGENSDE MER.
à bord fans permiflion, fe trouva dans
état de pourriture fi confidérable,
un
le
que lorfque
Chirurgien le vit, il avoit la moitié du
vifage gangréné : à ces faits, déjà très-concluans pour le régime végétal, ajoutons-en
de plus récens qui concourent encore d'une
manière évidente à prouver fon efficacité
lans des cas où il eft impoffible de la mc.
coanoitre.
M.Martel, de Nantes, ayant armé,
le Vaiffeau le Droyard
en1767,
fon
pour F'Inde, mit tout
Equipage à l'ufage du riz & des fubftances
légumineufes, dont il s'étoit abondamment
pourvu par mon confeil : malgré le mauvais
temps qu'il effuya à la mer pendant
mois,
il relâcha à f'lfle-de-France fans fept
avoir
un feul
perdu
homme, 3 & même fans avoir eu aucun
malade à fon bord, quoique fon
de cent
Equipage fûàt
vingt hommes; évènement unique &
jufque-là fans exemple. Les Vaiffeaux de la
Compagnie des Indes, le Comte
&le
d'Argufn
Bertyer, arivés le méme mois dans la même
Ifle, & qui n'avoient tenu la mer
mois, mirent cent
que cinq
les
quatre-vingts malades dans
Hôpitaux, , & en perdirent quarante : à
bord, quoique fon
de cent
Equipage fûàt
vingt hommes; évènement unique &
jufque-là fans exemple. Les Vaiffeaux de la
Compagnie des Indes, le Comte
&le
d'Argufn
Bertyer, arivés le méme mois dans la même
Ifle, & qui n'avoient tenu la mer
mois, mirent cent
que cinq
les
quatre-vingts malades dans
Hôpitaux, , & en perdirent quarante : à --- Page 206 ---
NOURRITURE
quelie autre caufe qu'aux falaifons peut - on
attribuer cette énorme différence dans le fort
divers
Les Bâtimens de la
de ces
Équipages!
Compagnie avoient été approvifionnés felon
l'ancienne méthode.
En 1770, la Cour ayant ordonné de faire
Tépreuve des végétaux farineux dans le traitement des maladies des Gens de mer, la Frégate
du Roi (TEchsfe) fut choifie pour cet effai,
& l'on eut la fatisfaction d'apprendre que plus
de trente Matelots, , pris de maladies plus ou
à la mer fans qu'on
moins graves, guérirent
un feul. Dans le nombre, on doit
en perdit
dit
remarquer le nommé Thomas Guichard,
le Gras, âgé de trente ans, cet homme qui
fut embarqué à l'entrée de la nuit la veille du
départ du port de Breft, fortoit des prifons
auparavant, & il avoit paffé plufieurs mois dans
les Hopitaux; fon vifage étoit bouffi, fes gencives faignantes, fes jambes & fes jarrets étoient
durs & gorgés, couverts de taches fcorbutiques, & il ne pouvoit fe traîner qu'à l'aide
de béquilles. M. le Chevalier de Mervey 2 qui
étoit de garde lorfque ce malheureux arriva,
& M. de Vaucouleur, qui l'avoit également --- Page 207 ---
DESGENS DE M E R.
dès le foirmême à M. Herlin,
vu, en parlèrent
& fur le compte qu'il en
qui vifita le malade;
d'effayer
il lui fit réponfe
rendit au Capitaine,
redreffer les
fi le nouveau régime pourroit
auffi
& faire une
jambes de ce fcorbutique,
belle cure.
faire établir un
M. Herlin commença par
malade, dans la partie deflinée au gros
lità ce
sèche & la
des Équipages la plus aérée, 9 la plus
des cuilines & du feu; il le mit
plus voiline
nourriture, à T'ufage du riz,
pour principale le fucre, & aromatifé avec un
affaifonné avec
le
de canclle, il y joignit des pruneaux
peu
onces de miel pour fon déjetfoir, & quelques ordinaire de vin & de pain
ner, il eut la ration
de l'eau de
frais, & pour boiffon ordinaire,
dans
la cucurbite diftillée depuis quelquesjours,
laquelle on faifoit fondre une certaine quantité
de miel. Pendant les quinze premiers jours le
fut fi mauvais, fi plavieux & fi froid,
temps malade forcé de refler dans fon lit,
que le
le
n'éprouva que très-peu de foulagement;
étoit conftipé, étoit feulement
ventre, qui
moins
devenu plus libre, & ily y avoit un peu
de bouffiffure, mais la dureté des jarrets & des
,
laquelle on faifoit fondre une certaine quantité
de miel. Pendant les quinze premiers jours le
fut fi mauvais, fi plavieux & fi froid,
temps malade forcé de refler dans fon lit,
que le
le
n'éprouva que très-peu de foulagement;
étoit conftipé, étoit feulement
ventre, qui
moins
devenu plus libre, & ily y avoit un peu
de bouffiffure, mais la dureté des jarrets & des --- Page 208 ---
NOURRITU R E
jambes paroiffoit être reftée au même point.
Le temps étant devenu plus doux, le Chirurobligea ce fcorbutique à fe trainér fur
gien
le pont & à faire le plus d'exercice poffible en
plein air. En moins de huit jours-les jarrets &
les jambes fe dégorgèrent, les taches de livides
qu'elles étoient, devinrent jaunes & fe diffipeu-à-peu, le cours de ventre fe mit de
pèrent
la partie, & ce fcorbutique, de bourfouflé
qu'il étoit, devint fec; mais loin que cette
maigreur diminuât fes forces, elles allèrent
toujours en augmentant, ainfi que fon appétit.
Le cours de ventre s'étant enfuite rallenti de
lui-même, on joignit à Ia boiffon miellée une
légère teinture de rhubarbe &x de quinquina,
quiy mit entièrement fin; par ces feuls fecours
la guérifon de ce malade fut fi prompte & fi
complète, que dix jours avant l'arrivée de ce
Vaiffeau au Fort-Royal, ce Matelot faifoit le
fervice fur le pont toute la journée, tandis
qu'il pouvoit à peine fe traîner avec des béquilles lorfqu'il fut embarqué. Cet homme eft
revenu en France vigoureux & bien portant,
quoiqu'il ait continué à la mer la nourriture
végétale, à cela près des quinze premiers jours --- Page 209 ---
DES GENS DE MER.
de la traverfée pourrevenir en France,
lefquels ayant voulu fe mettre à la nourriture pendant
ordinaire, il reffentit dans tous les membres
des laffitudes & des douleurs; mais elles
rurent
difpabientôtaprés qu'il eut repris fon régime
végétal ordinaire.
Sur la fin de 1771, le Roi ayant ordonné
l'armement de huit Bâtimens, tant Flâtes
Frégates, M. de Ruis ne voulant
que
de
pas heurter
frontlepréjugé, quoique perfuadéd'ailleurs
de l'avantage qu'ily auroità changer la nourriture des Matelots, crut devoir retrancher
des approvifionnemens ordinaires,
de boeuf falé, toute la morue & la un quart
qui furent remplacés par les végétaux farineux; fardine,
on changea auffi endirmetsinfigeptins
propofé, le régime des malades; les légumes
farineux avec de l'ofeille & des oignons confits
pour affaifonnement , furent fubftitués au
mouton; on accorda, le foir, des
cuits avec un peu de caffonade; & à pruneaux
au lieu de beurre, des confitures; déjeûner,
fubvenir à des Cas
enfin, pour
particuliers, on avoit embarqué quelques volailles, dont la diftribution
devoit fe faire à raifon d'une
pour fept
les légumes
farineux avec de l'ofeille & des oignons confits
pour affaifonnement , furent fubftitués au
mouton; on accorda, le foir, des
cuits avec un peu de caffonade; & à pruneaux
au lieu de beurre, des confitures; déjeûner,
fubvenir à des Cas
enfin, pour
particuliers, on avoit embarqué quelques volailles, dont la diftribution
devoit fe faire à raifon d'une
pour fept --- Page 210 ---
NOURRITURE
la ration de pain ordinaire, & le
malades, avec
Ces
fut demandé de bonne qualité.
vin, qui
légers qu'ils fuffent ,
changemens 2 quelque
l'on
produilfirent un fi bon effet, que quoique
embarqué d'ofeille & d'oignons
n'eut point
tous les comptes
confits pour les gens en fanté,
rendus au Miniftre ont étéfavorables au régime
adopté.
même
le Journal de plufieurs
On voit
par
non-feulement ils n'ont eu
Chirurgiens, que
de malades à la mer, quelque
que très-peu été leur traverfée, mais encore
longue qu'ait
tandis que TÉqu'il ne leur eft mort perfonne
étoit à ce régime; c'eft ce que j'ai eu
quipage
fur lejournal de M.Fabre;
occafion de vérifier
de VEtile, & fur celui tenu par
Chirurgien
fur Hirondelle, com
M. Duret, embarqué
dernier Chimandée par M. de Kerfaint: ce
de
fait mention dans fon Journal
rurgien ne
malades qu'il a eus, foit
mer, que de neuf
&
aller à P'Amérique
dans la traverfée pour
les fix
revenir en France, foit pendant
pour
a fait à la Martinique :
mois de ftation qu'il
nombre,
doit-on remarquer dans ce
encore
qu'il comprend trois bleflés. --- Page 211 ---
DES GENS DE M E R.
19I
Lesasprovifonnemens de la Flore,
dée par M. Verdun de la Crene, commanmêmes que ceux des Bâtimens
ayant été les
précédens, mais
n'y ayant eu fur cette Frégate qu'un
falaifons, & le repas de morue
quart de
gens bien
fupprimé, les
portantn'ayant eu d'ailleurs
ni oignons ajoutés à leur
niofeille,
fervé que fa miflion
nourriture; on a obayant duré près d'un
pendant lequel ce Vaiffeau
an,
de
a.changé fouvent
température & de climat; le fcorbut
manifefté chez les Matelots,
s'eft
chez qui cette maladie
fans que ceux
certain degré, aient
étoit parvenue à un
les farineux
pu être guéris à la mer par
feuls; ce qui ne feroit; fans
pas arrivé, fi l'on eût
doute;
celui de l'ofeille
pu affocier à leur ufage
confite, & cela, en quantité
convenable; mais ce
pour les malades
cxbefoeenavewnentbamat
s'étant, fur la fin de la campagne, trouvégité, 2 parce qu'elle avoit été mal
préparée, on fe trouva privé du
des fecours
plus efficace
qu'on eût pu
maladie. Les Matelots eimployercontre cette
ne fe rétablirent
tement que dans les. relaches,
parfaibeaucoup de végétaux frais
par Fufage de
fraiche & de bonne
alliés à de laviande
qualité.
enavewnentbamat
s'étant, fur la fin de la campagne, trouvégité, 2 parce qu'elle avoit été mal
préparée, on fe trouva privé du
des fecours
plus efficace
qu'on eût pu
maladie. Les Matelots eimployercontre cette
ne fe rétablirent
tement que dans les. relaches,
parfaibeaucoup de végétaux frais
par Fufage de
fraiche & de bonne
alliés à de laviande
qualité. --- Page 212 ---
NOURRITURE
T'armement de l'Efcadre du Roi,
En1772,
fourni
commandée par M. d'Orvilliers, ayant
à M. de Ruis, l'occalion de faire continuer
du régime végétal, tant fur
les expériences
les Matelots en fanté que fur les malades;
Intendant connoiffant de plus en plus
cet
à la confervation des
combien il importoit
Matelots de les amener infenfiblement à une
manière de vivre plus falutaire pour eux;
cette fois de réduire à moitié
prit le parti pour
outre la morue. & la
la ration de boeuf falé,
fardine dont Ia fuppreffion fut abfolue; il
adopta au moins ce plan pour les Bâtimens
étoient les plus confidérables
de l'Efcadre qui
icontenoient le plus de monde; il fuppléa
& qui
des légumes fari.
aux falaifons fupprimées par
tels que le riz, les féves & les pois,
neux,
affaifonnement, beau-
&cilfitembarquer, pour
d'ofeille confite, & une certaine quantité
coup
d'oignons.
Desalimens de cette nature, & Ia précaution
d'en ordonner Ia diftribution de manière que
la viande falée qui étoit accordée eaux Matelots,
cuite & mangée avec des légu1 étoit toujours
de voir entrer les
mes, il a eu la fatisfaction
Équipages --- Page 213 ---
DES CENSDE M. ER.
Equipages de ces Vaiffeaux dans
état qu'ils n'étoient à l'inflant de un meilleur
II eft vrai que la
leur départ.
& n'ayant duré
campagne ayant été douce,
que trois mois, pendant
quels iln'y a prefque pas eu de
leftemps, les caufes de
pluie ni de gros
Tintempérie
putridité qui dérivent de
qui règne
ont dû céder aifément ordinairement à Ia mer,
au régime
adopté; mais ce qui eft fur-tout légumineux à
de ce régime, c'eft
favantage
fuivi dans les Bâtimens que malgré qu'il ait été
dans la mauvaife
qui avoient été armés
maines plus tôt faifon, un mois ou fix feque les autres qui avoient les
Equipages les plus nombreux, & dans
il y avoit beaucoup de malades
lefquels
à ce nouveau régime, ils
avant de paffer
que ceux des
n'ont pas plus fouffert
Bâtimens de moindre
qui avoient armé plus tard, dont grandeur
pages moins nombreux &
les Equidépart n'avojent
plus fains lors du
pas été mis à ce
qui établit un avantage
régime; ce
pour peu qu'on veuille marqué en fa faveur,
prés ; mais rien
examiner la chofe de
cette vérité,
ne peut prouver davantage
que la guérifon de plufieurs fcorbutigueso opérée à la merp par l'exadteobfervance
N
avoient armé plus tard, dont grandeur
pages moins nombreux &
les Equidépart n'avojent
plus fains lors du
pas été mis à ce
qui établit un avantage
régime; ce
pour peu qu'on veuille marqué en fa faveur,
prés ; mais rien
examiner la chofe de
cette vérité,
ne peut prouver davantage
que la guérifon de plufieurs fcorbutigueso opérée à la merp par l'exadteobfervance
N --- Page 214 ---
a NOURRITURE
fous les yeux & par les
"du régime végétal, Chandon &x Vives le jeune, >
foins de M."
ordinaires du départous deux Chirurgiens
tement de Rochefort.
embarqué fur le Vaiffeau THipLe premier avoir fait mention dans fon
popatame, après TÉquipage de ce Vaiffeau s'étoit
Journal,quel accommodé de la nourriture végétale,
très-bien
les repas de légumes au boeuf
& qu'il préféroit
fourni une infinité de
falé, & après avoir
évidemment, que
détails qui prouvent tous
qu'utile
nourriture a été auffi agréable
cette
que les gens du Vaifaux Matelots, rapporte
tellement fouffert
feau où il étoit, avoient
qu'en moins de cinq jours
dans Y'armement,
de Rochefort à
qu'ils mirent pour fe rendre de falaifons, il
Breft, lÉquipage vivant alors
dont deux
cinq malades,
eut au plat vingttrajet, & que Ies
moururent dans ce court
de
en arrivant à PHôpital
autres tranfportés
Ia majeure partie;
Breft, y moururent pour
dit M.
différence aujourdhui,
a Quelle
arrivons à Breft, après
> Chandon, nous
trois mois, nous
> avoir tenu Ia mer pendant & il ne nous refte
> n'avons perdu perfonne > --- Page 215 ---
DES GENS DE MER.
pas un feul malade à mettre à
195,
Les maladies qui
THopitalls
l'Efcadre de M.
ravagérent, en 1757,
Dubois de la Mothe, &
commencèrent à régner fur les
qui
Duc de Bougegne & le
Vaiffeaux le
M. Chandon
Glorieux, dans lequel
étoit armé en fecond,
le même caraétère
avoient
que celles qui fe font
cées au commencement de la
annonles deux Vaiffeaux
campagne dans
elles avoient
HHippepotane & le Fier,
également paru dans le trajet de
Rochefort à Breft, l'armement des
autres s'étoit fait dans la
uns & des
poque de leur
même faifon, & l'édépart remonte au même
< Quelle différence
mois.
Chandon, dès les cependant, remarque M.
de Breft, la maladie premiers jours du départ (
dans les Vaiffeaux
ne fit que s'accroitre C
le Duc de
Glorieux, tandis
Bourgogne & le <
qu'elle.a ceffé
tôt dans les
prelque auffi- <
Vaiffeaux de M:
que les
d'Orvilliers, & C
des
convalefcens, loin d'être fujets à C
rechutes, fe font parfaitement retablis
par le fecours. du régime
C
attentions de
végétal & par ies C
rendre l'air toute elpèce qu'on eut pour C
pur & falubre dans
du Bâtiment! auffi
l'intérieur a
n'ai-je eu, ajoute ce C
N ij
que auffi- <
Vaiffeaux de M:
que les
d'Orvilliers, & C
des
convalefcens, loin d'être fujets à C
rechutes, fe font parfaitement retablis
par le fecours. du régime
C
attentions de
végétal & par ies C
rendre l'air toute elpèce qu'on eut pour C
pur & falubre dans
du Bâtiment! auffi
l'intérieur a
n'ai-je eu, ajoute ce C
N ij --- Page 216 ---
NOURRITURE
très-peu de malades, parmi
> Chirurgien, que fcorbutiques, qui le font
a lefquels quatre
de Ia camdès le commencement
5 devenus
à la mer fans autre
> pagne, & que j'ai guéris
abfolue,
Ia nourriture végétale
> remède que
de T'hydromel & de
> fecondée par l'ufage
la crême de tartre
> la boiffon préparée avec
malades, deux
& le fucre. > De ces quatre
Lefel
Charpentiers: favoir, lesnommés
étoient
& deux Soldats, dont lun
& Ribardiere;
Dubois, qui font
nommé Berlin & Y'autre
fans avoir fait ufage,
rentrés bien portans, nide viandes fraiches,
pendant leur maladie,
bien
frais: ce quieft une preuve
ni de végétaux
en quelque
évidente que ces végétaux peuvent fecs, &
forte être fuppléés par les légumes
ceux-ci aidés par des moyens qu'on peut
que
peuvent être regardés
aifément fe procurer,
mais voici une
comme des antifcorbutiques:
de leur efficacité.
nouvelle preuve
de
M. Vives le jeune, Chirurgien-major
Tourterelle, après s'être plaint
la Frégate la
de FEfcadre du peu
avec tous les Chirurgiens
dans la
d'attention que T'on avoit apportée avoir tiré du
préparation de T'ofeille, affure --- Page 217 ---
DES GENS DE MM E. R,
régime végétal tel que je l'avois confeillé, 197
très-bon parti pour le rétablifement de ua
les malades, & il ajoute qu'à la faveur de tous
tégime, il a guéri à la mer trois
ce
fans s'être fervi de l'extrait
fcorbutiques,
par M. de Courcelles
d'ofeille introduit
malades,
pour le régime des
lequel ne peut être rendu par cette
addition, ainfi que le démontre ce
que plus defagréable, moins falubre, Chirurgien,
pendieux, & plus fufceptible
plus dif
des fourniffeurs;
d'abus de la part
mais en parlant de trois fcorbutiques guéris, il ne comprend pas dans ce
nombre M. de Laftre
marine,
Diagat, Garde de Ia
embarqué fur la même Frégate. Cet
Officier, d'une fanté fort délicate,
jambes enfler quelques
voyant fes
du
jours après le
port, en parla au
départ
Chirurgien qui, les lut
ayant vifités, les trouva couvertes de
mais ce fymptôme
taches;
but, n'étoit
tres-caradériflique du fcorchez
pas le feul qui fe manifeftât alors
ce malade: il avoit les
gueufes & ulcérées, il
gencives fondans les
reffentoit des douleurs
d'eftomac articulations, & éprouvoit des maux
affez confidérables. M. Vives,
fulté, ayant cru voir dans le
conrégime végéral
N iij
de
mais ce fymptôme
taches;
but, n'étoit
tres-caradériflique du fcorchez
pas le feul qui fe manifeftât alors
ce malade: il avoit les
gueufes & ulcérées, il
gencives fondans les
reffentoit des douleurs
d'eftomac articulations, & éprouvoit des maux
affez confidérables. M. Vives,
fulté, ayant cru voir dans le
conrégime végéral
N iij --- Page 218 ---
NOURRITURE
à combattre tous ces acciun moyen propre
malade,
avoir
dens, le confeilla au
qui après
abfolument T'ufage de la viande, ne fe
ceffé
lui fourpermit plus avec les légumes qu'on
niffoit, qu'un peu. de foupe graffe chargée
d'ofeille: malgré cette conduite,
de beaucoup
étoit, tous les fymptômes
toute fage qu'elle
augmentérent encore dans les premiers jours,
des extrémités devint extrême,
Y'engorgement même le tronc; mais au bout d'un
& gagna
dans ce régime, les
mois de perfévérance
l'enflure fe
accidens diminuèrent peuapeu,
les taches s'effacérent, les gencives
diffipa,
l'eftomac fe rétablit, & cet
fe raffermirent,
Officier fe trouva auffi alerte quinze jours
avant la rentrée dans le port, ques'il n'avoit
de maladie; il étoit même. fi
point effuyé
perfuadé de fa parfaite guérifon, quelorfqu'on
voulut lui dire que fon fcorbut n'étoit que
pallié, il fe mit à rire en affirmant lui-même
fon. entière guérifon.
Le premier fcorbutique de l'Équipage,
Gedeon Maffon, Matelot, âgé de
nommé
ulcérées,
vingt-un ans, avoit les gencives
faignantes & fort gorgées, les. extrémités --- Page 219 ---
DES GENS D,E ME R.
199:
inférieures cedémateufes couvertes de.taches,,
les articulations du genou douloureufes &,
&
gorgées,
nommé Jean Pallié, àgé de
Le fecond,
trente-deux ans, avoit également les gencives,
tuméfiées & faignantes, Ies extrémités inférieures, & les genoux durs, enflés, douloude quelques taches.
reux & parfemés
appelé Louis,
Le troifième fcorbutique,
Soldat, age de trente-fix ans, avoit les,
Pagé,
elles étoient
gencives en très - mauvais état,
livides & très - fenfibles., & il
fongueufes, outre cela des douleurs très-vives
éprouvoit
dans toutes les articulations, & particulières
ment dans les genoux;, ces trois fcorbutiques,
l'étoient même devenus qu'à la fuite
qui ne intermittentes qu'ils avoient effuyées,
de fièvres
ont été guéris à Ia mer par le régime végétal
le pfus ftrict, puifqu'on ne leur a pas. permis. :
de manger une feule fois de la viande, encore
moins de faire ufage des tablettes de bouillons
de M. de Courcelles, que M." Meftier, Chandon, le Coat, Vives, &. même M. Auffray,
ont condamnées d'une voix unanime.
On voit facilement par les faits que je vieps
:
N iv
ont été guéris à Ia mer par le régime végétal
le pfus ftrict, puifqu'on ne leur a pas. permis. :
de manger une feule fois de la viande, encore
moins de faire ufage des tablettes de bouillons
de M. de Courcelles, que M." Meftier, Chandon, le Coat, Vives, &. même M. Auffray,
ont condamnées d'une voix unanime.
On voit facilement par les faits que je vieps
:
N iv --- Page 220 ---
NOURRITURE
de rapporter, que non-feulement les végétaux
frais guériffentle fcorbut à la mer; mais encore
les farineux fecs, quoique infiniment inféque
étant préparés
rieurs aux premiers, peuvent,
convenablement, approcher de leur efficacité.
Si Boérhaave, & quelques autres Auteurs ont
penfer différemment, c'eft qu'Hs ont
paru confondu le vrai fcorbut qui eft une maladie
effentièllement putride, avec -
les
chronique les
humorals qui
obftructions,
engorgemens
naiffent de l'ufage de certains firineux groffiers, tels que les pois & lès fèves, chez
certaines perfonnes, qui fans faire beaucoup
d'exercice, & fans les affaifonner convenablement, 2
en font leur principale nourriture. Boëthaave avoit bien fenti cette différence qui lui
fit admettre un fcorbut acide, dont - les progrès
font infiniment plus lents que ceux du fcorbut
putide mais l'on ne peut s'empécher de voir
grand Bocrhaave a confondu fous le
::
queje
deux maladies effenmême nom générique
concevoir
tiéllement différentes; carcomment
YE le fcorbut philfe être produit par une
que
généralement
nourriture acefcehte, lorqu'ilef
prouvé par :o des Eis,que Ies plus phiffans --- Page 221 ---
DES GENSDE MER. 20f
remedes de cetter maladie font tirés des
qui ont le plus d'acidité, &
les végétux
méme les plus
que
farineux
groffiers, deviennent par la
fermentation qui Ieur eft propre, les corredtifs
de la putréfaction qui s'emipare des matières
animales abandonnées à leur mouvement
tané. Cette propriété antiputride des
fponétoit connue dès le temps
farineux,
ordornoit
d'Hippocrate, il les
au lieu dès bouillons de viande
dans les maladiés où fa putridité étoit
& il en augmentoit l'efficacité
marquée;
du vinaigre & du miel.
par Faddition
part des malades
L'horreur que la pluont alors pour la viande, &
pour ce qui n'eft pas acide ou aquéux, avoie
fans doute déterminé la conduite de
de la Médecine. Ce
ce Prince
méme ff
dégoût, dont je fuis moifouvént le témoin, & qui fe rencontre encore plus fortement chez les
de
mer, prefque toujours attaqiés de maladies gens
putrides, & auxquels on ne peut fournir à
mer que des viandesé du bouillon de
la.
qualité, ou de mauvaifes tablettés mauvaifé
faciles à
de viande
s'altérer, & quivalent encore
ce dégoût,
moins;
bien il étoit dis-je, ne prouve-t-il pas comintéreffant de changer l'ancienné
émoin, & qui fe rencontre encore plus fortement chez les
de
mer, prefque toujours attaqiés de maladies gens
putrides, & auxquels on ne peut fournir à
mer que des viandesé du bouillon de
la.
qualité, ou de mauvaifes tablettés mauvaifé
faciles à
de viande
s'altérer, & quivalent encore
ce dégoût,
moins;
bien il étoit dis-je, ne prouve-t-il pas comintéreffant de changer l'ancienné --- Page 222 ---
NOURRITURE
les malades à Ia mer, de
méthode de nourrir
lui fubfituer le régime que j'ai propofé, &
quicon.ifte en ce qui fuit pour chaque convaétat d'avoir Ia portion entière ?
lefcent en
Ia ration de pain, une once de.
A déjedné,
fi
confitures, & un quart de vin de Bordeaux,
convalefcent ordinaire. Si c'eft un
c'eft un
de vin cuit.
fcorbutique, une pareille quantité
la foupe préparée avec le riz,
A diner,
de poule avec un oignon pour
un feptième & l'ofeille confite, un quart
affaifonnement
de vin & le pain à l'ordinaire.
alternativement trois onces
Le foir à foupé,
onces de riz ou de pruneaux
d'orge, quatre
ou bien l'orge ou le
cuits avec la caffonade,
aromatifé avec la canelle, le gingembre
riz
mufcade, & Ia ration ordinaire de
ou la noix
pain & de vin.
II feroit encore effentiel qu'on embarquât
outre les objets de confommation, tant pour
les convalefcens, &x même
les malades que pour
de
les Matelots en fanté, une certaine quantité
fuc de railin bien cuit; c'eft un excellent antifcorbutique, dont je ne faurois affez recom-,.
&qu'il eft facile
snadarbigponi@oamemste --- Page 223 ---
DES GENS DE MER. 203
à vil prix : on pourroit dans
de fe procurer
les Robs de
les Colonies, y fuppléer par
d'oranges, ou à Ieur défaut, par un
citrons, de crême de tartre & de fucre, aumélange
quelques grains de réfine
quel on joindroit
de gaiac.
doivent être affuQuant au régime auquel
la
ceux des malades, dont l'état exige
jétis
de farine
diète; on peut affurer qu'une partie
d'orge ou de riz, légèrement rôtie au four
fur feize parties d'eau, fuffira pour le bouillon
dont ils devroient faire ufage, mais on y ajoutera un peu de caffonade & un peu d'ofeille
confite; fi l'efpèce de maladie exige encore
diète
fevère, on rendra les décoctions
une
plus les
& lorfque ces maplus légères en
paffant;
foit chaleur
Iadies feront de celles où il y a,
ardente, foit des fignes de putridité manifefte,
on ne fauroit mieux faire que d'ajouter un
de vinaigre à ces bouillons de végétaux;
peu
& lorfque le malade entrera en convalefcence,
la difparition des fignes de putridité, il
après
à l'ufage de l'orge ou du riz
pourra paffer
affaifonné avec l'ofeille
cuit avec la volaille,
M. de
ou l'oignon & un clou de gerofle.
ité manifefte,
on ne fauroit mieux faire que d'ajouter un
de vinaigre à ces bouillons de végétaux;
peu
& lorfque le malade entrera en convalefcence,
la difparition des fignes de putridité, il
après
à l'ufage de l'orge ou du riz
pourra paffer
affaifonné avec l'ofeille
cuit avec la volaille,
M. de
ou l'oignon & un clou de gerofle. --- Page 224 ---
NOURRITURE
Courcelles, Médecin de [a Marine à Breft,
qui a été forcé d'adopter en partie les chanje viens de propofer, afin de
gemens que éntrer dans les vues d'un Miniftre &
paroitre
dont l'adminiftration étoit
d'un Intendant,
marquée au coin de la bienfaifance, n'a pas cru
devoir admettre ces changemens fans réferve;
il a voulu y mettre du fien; des tablettes de
bouillon déteftables à tous égards ont enrichi
le régime des malades; l'oignon a été préféré
ce foit certainement la
à l'ofeille, quoique
nourriture Ia plus agréable & Ia plus avantaaux Matelots. Sur quoi font fondées
geufe fes raifons de préférence ? Pourquoi encore
dans fon Inftruétion imprimée à Breft en
après avoir recommandé dans les"cas
1772, malades feroient gardés à bord, ou
où Ies
des Vaiffeaux, à
traités par Ies Chirurgiens
à Ia
terre campés fous des tentes, de joindre
viande fraîche beaucoup de légumes de toutes
efpèces, fait-il Ia Jage cr judicieufe remarque,
qu'il eft bien entendu que fi ces malades font
ils obferveront le
envoyés aux Hôpitaux,
régime ufité dans Ces fortes de Maifons! Que
les principes de ce Médecin étoient variables! --- Page 225 ---
DESGENSDE MER. 205
Ou la précaution qu'il exigeoit des Chirurgiens, de joindre beaucoup de légumes à la
viande deftinée aux malades traités à bord
à terre fous des tentes, étoit effentielle
ou
à leur
guérifon, ou elle ne l'étoit pas; fi elle l'étoit,
comme M. de Courcelles a eu plufieurs
fions des'en convaincre,
OCcamandoit-il
pourquoi ne la recompas en faveur des pauvres malheureux qu'on eft obligé de tranfporter dans les
Hopitaux! Étoient-ils alors moins dignes de fa
snionesmifindnrigel les fcorbutiques
dépofés dans çes maifons, y périffent, faute de
s'écarter à leur égard d'une routine dont
tous les jours les
on voit
pernicieux effets, pendant
qu'on peut avec les moyens les plus fimples les
rendre à leur famille & les conferver à PErat!
Ce Médecin qui a été le témoin des funeftes
ravages du fcorbut parmi les Matelots
de cette maladie, & foumis à l'ancien attaqués
dans P'hôpital de Breft, où il leur rendoit régime des
foins, avoit-il oublié que le nouveau
les légumes fubftitués aux viandes, &c. régime, avoient
rendu fous fes yeux dans cette même Maifon,
la fanté à tous les fcorbutiques
qu'on y avoit
le témoin des funeftes
ravages du fcorbut parmi les Matelots
de cette maladie, & foumis à l'ancien attaqués
dans P'hôpital de Breft, où il leur rendoit régime des
foins, avoit-il oublié que le nouveau
les légumes fubftitués aux viandes, &c. régime, avoient
rendu fous fes yeux dans cette même Maifon,
la fanté à tous les fcorbutiques
qu'on y avoit --- Page 226 ---
NOURRITURE
lors même qu'ils étoient affeclés gravereçus,
des faits qui auroient dû le
ment * , & après
voulu T'être ? Par
convaincre, s'il avoit
motifa - t-il été retenu dans une rouquel
lors même qu'il paroiftine condamnable,
Étoit-ce complaifoit vouloir s'en dégager!
des Hopitaux!
fance pour les Entrepreneurs
calculateur;
En ce cas, il eût été mauvais
du nouveau plan ne pouvoit
T'adoption
tourner qu'à leur profit.
feulement dans le cas de. -
Mais ce n'eft pas
mérite la préfcorbut, que le régime végétal
les
fur la nourriture fournie par
férence animales; on ne doit pas balancer
fubflances
malignes,
fur le choix dans les fièvres putrides,
les maladies les plus ordinaires aux
gui Jmnt
le raifonnement à cet égard,
Gens de mer :
ainfi
d'accord avec l'expérience,
eft par - tout
qu'on l'a déjà vu.
ci-devant du fuccès étonnant
* Voyezce que jai'dit Médecin de la Marine à Breft,
qu'a eu M. Fournier,
dans le traitement
& Confrère de M. de Courcelles,
les végétaux
des Scorbutiques les plus défefpérés, par animale.
frais & Ia fouftradion de toute nourriture --- Page 227 ---
DES GENS DE M ER.
L'on voit par-là que les farineux
207,
une partie du régime
qui font
végétal; font d'autant
moins contre-indiqués dans les maladies des
Gens de mer, 2 que celles-ci tiennent
plus ou moins de la putridité. Ce toujours
encore raffurer fur
qui doit
l'ufage de ces fubftances
chez les Matelots, c'eft qu'on a remarqué
tandis que toutes les autres facultés de que
chine
lafmss'affoibliffoient, les organes digeflifs confervent leur vigueur, ce qui a lieu plus particulièrement dans le fcorbut & à Ia fuite des
fièvres putrides. Dans ces cas,.les fucs
fe reffentent de l'altération
digeftifs
ils fourniffent à la
putride générale,
digeftion un ferment plus
puiffant, plus actif, qui devient alors plus
néceffaire; ; la maladie ayant fait plus de
dans les liqueurs, elles ont plus de befoin ravages de
matériaux réparateurs d'une certaine tenacité,
& qui par conféquent foient éloignés
qu'il eft poffible, de la décompofition autant
à laquelle ils ne fauroient
putride
ou plus tard, dès
échapper plus tôt
admis dans
qu'ils ont été une fois
les filières animales. Auffi a-t-on
remarqué que les perfonnes qui fe trouvent
le mieux de la nourriture
végétale, font
befoin ravages de
matériaux réparateurs d'une certaine tenacité,
& qui par conféquent foient éloignés
qu'il eft poffible, de la décompofition autant
à laquelle ils ne fauroient
putride
ou plus tard, dès
échapper plus tôt
admis dans
qu'ils ont été une fois
les filières animales. Auffi a-t-on
remarqué que les perfonnes qui fe trouvent
le mieux de la nourriture
végétale, font --- Page 228 ---
NOURRITURE
celles qui ont des difpofitions au fcorbut,
bien celles qui failant beaucoup d'exerou
confidérablement, ont
cice, & qui perdant
fourniffe des
befoin d'une nourriture qui
difficiles à s'altérer , à fe défunir,
principes fufceptibles d'une prompte diffipation ;
& peu
végétale eft fi
de-là vient que la nourriture
avantageufe, tant pour conferver les Matelots
les rétablir des maladies
en fanté, que pour
qu'ils auront effuyées.
des fubftances animales avec
Si un mélange
de végétaux, paroit fournir Ia nourbeaucoup
riture la plus convenable aux gensquifeportent
bien, qui font peu d'exercice, qui vivent dans
air falubre & dans un climat tempéré; il
un
tout-à fait de même de celle qui
n'en eft pas
dont les
convient aux gens de Ia campagne 2
travaux font pénibles ,& fur-tout aux Matelots
font fans ceffe environnés de caufe de corqui
bien loin de leur
ruption. Un pareil mélange,
être abfolument néceffaire, peut au contraire,
nuifible, & cela, dans les
leur être quelquefois
caufes
déteroù l'intenfité des
qui
cas fur-tout
minent Ia putridité à la mer fera augmentée:
alors bien loin de recommander ce mélange,
>
il --- Page 229 ---
-
DES GENS DE 11 ER.
il feroit fort utile que le
Capitaine fit
cher toute efpèce de viandes
retranfalées, &
augmentit la ration des farineux & des
qu'if
confits. Une certaine
légumes
quantité de vin cuit feroit
d'autant plus falutaire dans ces circonflances,
qu'en relevant le ton des folides abattus
augmenteroit par fon
9 il
corps muqueux trèsimprégné de ce fluide confervateur,
nommé
improprement air fixe, l'eficacité du
régime
végétal; au défaut de cette liqueur, rien n'en
remplaceroit mieux l'effet, fur-tout dans les
climats du Nord, que f'ufage du café en
petite
quantité; ces denrées font à fi bon
dans
nos Colonies, & on en a vu de fi bonseffets, prix
qu'on ne fauroit trop en recommander
vifionnement dans les
T'approNavigations de
cours, & lorfque l'on craint de
long
légumes confits.
manquer de
En vain voudroit-on objedter que les farineux ne font pas affez nourriffans, &
nourriture pour la plus grande
que la
partie
ne fauroit fuffireà un Matelot
végétale,
dans cet état de
pouri l'entretenir
vigueur qu'exigent les manoeuvres auxquelles il eft deftiné. Une pareille
objedtion- tombe d'elle-méme, dès
qu'on
O
long
légumes confits.
manquer de
En vain voudroit-on objedter que les farineux ne font pas affez nourriffans, &
nourriture pour la plus grande
que la
partie
ne fauroit fuffireà un Matelot
végétale,
dans cet état de
pouri l'entretenir
vigueur qu'exigent les manoeuvres auxquelles il eft deftiné. Une pareille
objedtion- tombe d'elle-méme, dès
qu'on
O --- Page 230 ---
NOURRITU RE
réfléchit qu'il n'eft pas ici queftion de choifir
fur toutes les efpèces d'alimens poffibles, On eft
dans fon choix, & ils'agit de le faire
reftreint
tomber fur celles des fubftances dont on peut
fournir aifément des Vaiffeaux, qui peuvent
fe conferver affez long-temps pour des voyages
de long cours, & qui méritent la préférence
qu'on faifoit
far l'efpèce d'approvilfionnement
la fubfiftance des Equipages, dans l'impour
de leur fournir de la viande fraiche,
poffibilité des végétaux frais en affez grande
& fur-tout
quantité. Les légumes fecs, quoiqu'inférieurs
en vertu à ceuxici, les.farineux qui contiennent
mêmes
ne doivent-i ils pas l'emles
principes,
fur les falaifons dont Ies pernicieuxeffets
porter
lors même qu'i's ne feroient pas
font connus,
des fubflances animales
plus nourriffans que
altérées! Seroit-il raifonnable de préférer
déja
& aide à guérir
à une nourriture qui prévient
des maladies très- graves, celle qui contribue
le plus à les faire naitre! un évènement frapje tiens de M. le Chevalier Fouquet,
pant que été le témoin à bord du Vaiffeau le
qui en a
à
fur cet objet
Caribou, eft bien propre porter
ia convidtion dans tous les efprits. Cet Oficier --- Page 231 ---
DES GENS DE MER,
2II
général, dont le témoignage mérite d'être
pecté, a vu fon Vaiffeau,
ref
l'Efcadre de M. le Duc 2 faifant partie de
d'Anville, fauvé
vingt Soldats de Marine qui s'étoient
par
du fcorbut, fi univerfel dans
garantis
cette
pours'être privés, autant
Efcadre, 2
par économie
goit, de toute falaifon, &
que par
que de légumes fecs, de
pour n'avoir vécu
ordinaire de
bifcuit, avec la ration
vin, & la foupe de lEquipage.
Ajoutons à cet exemple que les farineux
contiennent en abondance tous les
qu'on retrouve dans ie chile; leur ptincipes
feule en efl difficile faute d'avoir extraction
fermentation
éprouvé une
fur
primitives qui donne plus de
eux aux fucs digeftifs; ilr réfulte, il efl prife
de-la, quechez des fujets où ces fucsn'auroient vrai,
pas beaucoup d'énergie, ou feroient fort éloignés de l'état d'alkalefcence,
nourriture
cette elpèce de
continuée pourroit donner lieu aux
maladies délignées par Boërhaave, de morbis
/pontaneis ex acido humore : mais chez les Matelots qui font de l'exercice , dont les fucs
digeftifs, ainfi que les humeurs dont ils font
extraits ont prefque toujours
marquée à
une tendance
Talkalefcence, l'extradtion des
ij
ient fort éloignés de l'état d'alkalefcence,
nourriture
cette elpèce de
continuée pourroit donner lieu aux
maladies délignées par Boërhaave, de morbis
/pontaneis ex acido humore : mais chez les Matelots qui font de l'exercice , dont les fucs
digeftifs, ainfi que les humeurs dont ils font
extraits ont prefque toujours
marquée à
une tendance
Talkalefcence, l'extradtion des
ij --- Page 232 ---
NOURRITURE
scontenusdanslest farineux,
peitadipealimenoiresc
& la difpolife fait aifément & promptement, acide fpontion qu'ils ont à une fermentation bien loin
tanée dès qu'ils font dans l'eftomac,
inconvénient qu'on doive craindre,
d'être un
dqit rechereft au contraire un avantage qu'on
T'ufage continué des farineux puiffe
cher. Que
Citoyens des
être nuifible aux tranquilles
ennemis
Villes, aux gens oilis & pareffeux, mais il
perfonne n'en doute,
de l'exercice,
à des tral'être aux gens occupés
ne peut pas
chez lefquels
vaux, à des exercices pénibles,
l'ofcillamufculaires accélèrent
les mouvemens & des artères, & hâtent la protion du coeur
fa trufion, &
greffion du fang, augmentent cet état d'alamènent par-là plus promptement
à la
kalefcence, ou plutôt cette difpofition
eft le dernier terme où tendent
putridité qui
les nourritures végéIes huméurs animales ;
tales tenaces & acefcentes, ne deviennent-elles indimême alors la feule efpèce d'alimens
pas
toujours attentive à la conquée par la Nature,
aux ofcillations
fervation des êtres! N'eft-ce pas
enfans,
du fyftème artériel des
très-fréquentes furprenante, &à leur propenfion
à leuractivité --- Page 233 ---
DES GENS DE M ER. 213
tous Ies exercices qui augmentent encore
pour
la force & la viteffe de ces ofcillations, qu'ils
doivent la faculté de digérer les alimens les plus
& les plus indigeftes; ; cette bouillie,
groflers T'ufage de laquelle on s'élève avec tant
contre
bien d'autres défordres
de raifon, produiroit
fans cette
que ceux que nous lui reprochons,
fréquente des vaiffeaux des enfans, 9
ofcillation
inclination active qui leur. eft
& fans cette
faudroit bien fe garder de
naturelle, & qu'il
elle eft chez eux un befoin qut
réprimer;
néceffaire; qu'ils font
devient d'autant plus
acefcens:
nfage d'alimens plus groffiers & plus
Si l'on confidère encore que les fubftances
abondamment pourvues d'une fubfarineufes,
&
quis s'épaiflit au
flance muqueufe glutineufe
bien
feu, & qui, par-là, a une reffemblance
Ia
animale, l'on voit
marquée avec
lymphe
faculté
qu'ils doiventjouirà un haut degrédela
nutritive, & dès-lors l'on ne fauroit balancer
fur le choix des alimens que l'on doit accorder
des Vaiffeaux fans renoncer à
aux Équipages
Peut-on d'ailleurs ignorer que
tout principe.
fermentés, font
les farineux, même les non
la bafe de la nourriture de la plupart des
O iij
animale, l'on voit
marquée avec
lymphe
faculté
qu'ils doiventjouirà un haut degrédela
nutritive, & dès-lors l'on ne fauroit balancer
fur le choix des alimens que l'on doit accorder
des Vaiffeaux fans renoncer à
aux Équipages
Peut-on d'ailleurs ignorer que
tout principe.
fermentés, font
les farineux, même les non
la bafe de la nourriture de la plupart des
O iij --- Page 234 ---
NOURRITUR E
hommes qui peuplent PUnivers! ? N'y a-t-il pas
des contrées entières en France où les payfans,
à cela près d'un peu de lard de temps en temps,
fe nourriffent
de farine de blé noir,
ne
que
de pois, de féves, de pommes de terre 2 ou
de châtaignes.
La force & Ia vigueur du peuple Auvergnat
& Limofin font connues, & cependant ils ne
que de farineux. Les
vivent, en grande partie,
dans
Corfes, ce Peuplerobufte ne vit prefque,
de châtaignes & de fruits;
fes montagnes, que
de leurs Villes,
in'y a guère que les habitans
les côtes maritimes, qui
& ceux qui avoifinent
&x de
font dans T'habitude de vivre de viande
Les Brachmanes, ces anciens Philopoiffon.
fleuriffoient dans FInde, lorffophes qui
ne vivent
qu'Alexandre y fit fon expédition,
encoreaujourd'hui que de végétaux; les Habitans du Brefil ne fe nourriffoient autrefois que
de blé, de mai, de fucre & de fruits; Ieur
ftature étoit très-haute, & à cent ans l'on en
d'auffi robufles que peuvent l'être nos
voyoit
à foixante. On fait d'ailleurs par
Européens
anciens Pères ne vivoient
la tradition 1, que nos
avant
de fruits, & que l'on ne chaffa pas
que --- Page 235 ---
DES GENS DE M ER.
Tubalcain;
Afclépiade de Cypre placeau
de Pigmalion i'époque du premier
temps
viandes, & il dit que les
ufage des
Sarcophages étoient
regardés comme dés fcélérats.
Les pois, fuivant M. Geoffroile Médecin,
foumifent une bonnenourriture, & conviennent en tout temps 3 principalement aux jeuncs
gens;j j'en ai indiqué la raifon; Ray ajoute
les poids verds mangés cruds
que
contraétéle
par ceux qui ont
fcorbut,leurfont fortconvenables.
Ifiodore, L XVII, affure que les fèvesont été
le premier légume dont les hommes ont fait
ufage. Pline dit auffi qu'elles étoient fort'eftimécschiezlesanciens) Latins. Mendinusp.rar,
rapporte qu'il a connu un homme qui, dans la
cherté des vivres, a nourri fes enfans
ment de féves cuites à l'eau fimple, & uniqueavoient la meilleure fanté & les plus belles qu'ils
leurs du monde. Que dirons-nous enfin de couanciens Anachorètes
nos
les
chrétiens, qui, pour fuir
plus cruels fupplices, fe retiroient dans les
déferts, où ne vivant que d'herbes, de racines
& de légumes, ils
parvenoient au plus grand
âge. Lorfque Pythagore défendit de
de baeuf & de quelques autres
manger
animaux, il cita
3 iv
é & les plus belles qu'ils
leurs du monde. Que dirons-nous enfin de couanciens Anachorètes
nos
les
chrétiens, qui, pour fuir
plus cruels fupplices, fe retiroient dans les
déferts, où ne vivant que d'herbes, de racines
& de légumes, ils
parvenoient au plus grand
âge. Lorfque Pythagore défendit de
de baeuf & de quelques autres
manger
animaux, il cita
3 iv --- Page 236 ---
NOURRITURE
les temps les plus reculés; qu'on examine d'ailleurs les organes de la digeftion de I'homme, la
& la capacité de fes inteftins , on ne
longueur
de le regarder comme étant
pourra s'empécher
deftiné à vivre de végétaux.
principalement
Les animaux, queleur inftinét porte à préférer
ont, comme Thomme, les
cette nourriture,
très-repliés, & des tuinteftins vaftes, Iongs,
mufculeufes très-foibles, tandis qu'au
niques
carnaciers ont le canal
contraire, les animaux
inteftinal court, étroit, & doué d'une aétion
de fibres
d'autant plus forte, qu'ilel'empruntent
mufculaires très-nombreufes, qui entrent dans
des tuniques de ce canal, afin
la compofition
font la
dans ces animaux, les viandes qui
que, bafe de leur nourriture, ne féjournent pas trop
Jong-temps dans leurs organes.
Je fais, à la vérité, qu'à ne confidérer que
de I'homme, ainfi que la manière
les mâchoires
fondont il vit, on pourroit le regarder avec
& fait par
dement comme un animal omnivore,
vivre dans tous les climats,
conféquent pour
d'alimens; mais tout ce que
& de toute efpice
c'eft
l'on pourroit conclure de cet examen 3
dents canines
que l'homme n'ayant que quatre --- Page 237 ---
DES GENS DE M ER. 217
nombre de trente-deux, qui arment les
fer le
il s'enfuit toujours qu'il étoit
deux mâchoires, Nature à fe nourrir plus fpécialedeftiné par la
fur-tout de farineux, ainfi
mentdevégétaux, 2 &
le nombre de fes-dents
quileft démontré par
dans les climats froids,ainfi que
molaires; que où l'air eft en même temps fec, &
dans ceux
facilité, la putréfidion
peut fe renouveleravec
des fubftances qui
s'emparant plus difficilement hommes & les anien font fufceptibles, les
de
vivre fans grand danger,
maux peuvent de
falé pendant un
viande, & même
poiffon
eft réduite en
certain temps; cette poffibilité & fur-tout
fait dans les montagnes d'Écoffe,
beftiaux
où les hommes & les
en Groënland,
defféché, fans
vivent pendant T'hiver de poiffon
dans
bien incommodés, tandis que
en paroitre
font conftamles climats chauds, dans ceux qui
menthumidesd & fur-tout tmaréageus,Thomme
fauroit fe nourrir de viande & de
le plus fain ne
au fcorbut ou à
poiffon falés, fans être expofé
fud'autant plus
des maladies épidémiques,
T'infhrument;
neftes, que la putréfaétion en eft
raifonde-là vient cet inflinét fupérieur à tout
T'homme à préférer, dans
nement, qui porte
climats chauds, dans ceux qui
menthumidesd & fur-tout tmaréageus,Thomme
fauroit fe nourrir de viande & de
le plus fain ne
au fcorbut ou à
poiffon falés, fans être expofé
fud'autant plus
des maladies épidémiques,
T'infhrument;
neftes, que la putréfaétion en eft
raifonde-là vient cet inflinét fupérieur à tout
T'homme à préférer, dans
nement, qui porte --- Page 238 ---
NOURRITUR E
ces climats, Ia nourriture végétaleà toutea autre;
mais le defir, cet appétit pour les végétaux eft
toujours le même chez Ies Marins, parce que
dans le climat où ils naviguent, ils font prefque
toujours dans un air humide qui a peu dereffort;
l'atmofphère dans laquelle ils vivent eft même
d'autant plus mal-faine dans les 'climats froids,
les occafions de renouveler l'air des calles
que
fe
rarement à caufe
& des entreponts préfentant
des mauvais temps, ils font dans le cas de refpiau moins
la plus grande partie de
rer,
pendant
la journée, un air chargé de vapeurs aqueufes
qui tiennent beaucoup de parties animales putréfiées en fufpenfion; on fait trop ce que peut
produire un pareil agent 2 pour ne pas voir
entraine aufli Ia néceffité de nourrir les
qu'il
fur-tout
Matelots principalement de végétaux,
à la mer, & que c'eft le feul moyen de les
préferver de ces maladies putrides graves qui
fo t un f grand ravage parmi eux.
Si l'on en croit ce qui a été publié en
Angleterre, & tiré des réponfes faites aux
mille -
Communes; fur cent quatre-vingt-cinq
hommes qui ont été levés dans ce Royaume
le fervice de mer pendant la dernière
pour --- Page 239 ---
DES GENS DE M E R.
plus de cent mille ont péri de maladies;
guerre, fe rappelle Ies ravages affreux qu'elles
& fl'on
dans les Efcadres de
ont faits, principalement & Dubois de la
M." d'Anville, d'Antin
de motifs
Mothe, n'a-t-on pas une réunion
d'héfitér à changer
qui ne doit plus permettre nourrir les Matelots
l'ancienne manière de
dont
à la mer, poury y fubftituer une nourriture
les végétaux faffent la plus grande partie!
d'entretenir les Equipages en fanté,
Le but
le fcorbut & Ies autres
de prévenir parmi eux celui enfin de les guérir
maladies putrides, &
moins
de ces cruelles maladies, peut : être au
fera rempli par un régime
ent très-grande partie,
on ne
végétal approprié aux circonflances;
ce
j'ai dit jufqu'ici:
fauroit en douter après que nombre de fruits
mais comme parmi le grand
qui
& de légumes, foit farineux ou autres,
efficacement à la confervapeuvent concourir il eft des raifons de préfétion des Matelots,
le choix, il
rence qui doivent en déterminer font d'un
faudra y avoir égard ; ceux qui
approvifiomnementt facile & moins difpendieux,
d'une confervation aifée, d'un goût agréable
feront ceux dont il faudra
aux Matelots, 7
de fruits
mais comme parmi le grand
qui
& de légumes, foit farineux ou autres,
efficacement à la confervapeuvent concourir il eft des raifons de préfétion des Matelots,
le choix, il
rence qui doivent en déterminer font d'un
faudra y avoir égard ; ceux qui
approvifiomnementt facile & moins difpendieux,
d'une confervation aifée, d'un goût agréable
feront ceux dont il faudra
aux Matelots, 7 --- Page 240 ---
NOURRITURE
fur-tout fe pourvoir, en négligeant ceux qui
degrés d'efficacité de plus, entraiavec quelques
foit
de
neroient, foit trop de dépenfes,
trop
foin; on eft forcé malgré foi, de facrifier
chofe aux circonftances; mais on ne
quelque
doit rien négliger pour compenfer ces facrifices
des précautions dont on eft les maîtres.
par L'ofeille, par exemple, venant par - tout.
abondamment, & fon ufage étant aufli falutaire
aux Matelots, l'on ne devra rien
qu'agréable
fuffiéparguer pour s'en procurer une quantité
fante, & veiller principalement avec la plus
févère exactitude à ce qu'elle foit préparée
& de façon qu'elle puiffe fe conavec foin,
de long cours; on en
ferver dans les voyages
affez
des retours de campagnes
a vu qui, après
altération;
longues, n'avoit éprouvé aucune
eft arrivé une fois doit arriver cent:
ce qui
de l'attention que l'on apporte
tout dépend
dans Ia préparation; c'eft un point capital d'approvifionnement fur lequel j'infifte d'autant
les Equipages de P'Efcadre complus, que
dernière
M. d'Orvilliers,
mandée l'année
par
confite, à
préféroient la foupe avec l'ofeille
celle dans laquelie on mettoit quantité de --- Page 241 ---
DES GENS DE M ER. 221
frais
Ieur apportoit de terre dans
choux
qu'on
fait dont la preuve eft
les relâches; c'eft un
Chandon,
dans le Journal de M.
confignée
& attefté- des
Chirurgien de THippepatame, tiens auffi de
Officiers de ce Vailfeau; ; je
commandant cette Efcadre,
r'Officier général
montoit étoit
l'Équipage du Vaiffeau qu'il
que
de la foupe affaifonnée avec l'ofeille,
fi content
de Roi; la même préfcqu'il T'appeloit foupe M." Meftier, le Coat
rence a été obfervée par
& Vives le jeune, tous trois Chirurgiensfur les Vaiffeaux de T'Efcadre. Avec
majors
en faveur d'un légume
de pareils témoignages
dans toutes les
dont l'efficacité eft reconnue
maladies des Gens de mer, ne redoublera-ton
foin
le préparer de façon à le
pas de
pour
n'eft-il
conferver long-t temps! cet objet
pas
être le fujet d'un prix
affez important pour
tel que celuiaccordé par TÉtat au Programme
ci: Trouver le meyen de preéparerpaur la mer toute
de ligunes, oik foient compris le choux,
Jorte
le rit, les pois, les faves ér
les oignons, Lofeille,
leurs proles lentilles, de façon que Jans perdre
paifenfe conferver le plus long-temps
priàds,Hs
polflle fans aluération. Avec une récompenfe
être le fujet d'un prix
affez important pour
tel que celuiaccordé par TÉtat au Programme
ci: Trouver le meyen de preéparerpaur la mer toute
de ligunes, oik foient compris le choux,
Jorte
le rit, les pois, les faves ér
les oignons, Lofeille,
leurs proles lentilles, de façon que Jans perdre
paifenfe conferver le plus long-temps
priàds,Hs
polflle fans aluération. Avec une récompenfe --- Page 242 ---
NOURRITURE
proportionnée à T'avantage qui réfulteroit
de Ia folution de cette queflion, ce feroit un
bienfait digne du Monarque françois & du
Miniftre de la Marine: comment une queflion
auffi utile & qui tourne auffi directement à
T'avantage d'une portion d'hommes fi précicufe
à TÉut, a-t-elle pu échapper à la fagacité de
toutes les Académies inflituées pour le progrés
des Sciences & des Arts! On peut fans incontoutes les profondeurs de la
vénient, ignorer
théorie de la Lune, la caufe de la pefanteur
des corps, celle de l'afcenfion des liquides audeffus de leur niveau dans les tuyaux capillaires,
d'un des côtés
celle de T'incommenfurabilité
d'unquarré avec fa diagonale, le moyen même
de déterminer exaétement les longitudes en
mer, &c. &c. mais combien de viétimes ne
nous a pas coûté notre ignorance fur un point
qui n'a befoin que d'être propofé, pour être
éclairci à la fatisfaction de tous ceux qui s'intéreffent à la promulgation de ce qui eft utile!
L'obfervation que je viens de faire, nous
fournit la preuve que ce qui eft le plus utile,
eft rarement l'objet de nos recherches; la conduite des hommes de tous les fiècles &.de --- Page 243 ---
DES GENS DE M ER,
tous les pays, a été fi uniforme à
qu'elle a perdu le droit de nous
cet égard,
qu'un Chirurgien,
étonner; mais
embarqué dans l'Efcadre
que je viens de citer, malgré le
unanime des Officiers de cette témoignage
autres Chirurgiens
Efcadre, des
fatisfaction
qui s'y trouvoient, & la
qu'éprouvoient les
toutes les fois
Equipages,
que f'ofeille confite
dans leur repas, veuille donner
entroit
un aliment auffi falutaire,
l'exclufion à
les choux
pour lui fubflituer
préparés, c'eft ce quelon ne devoit
pas attendre. Nous recommandons
ment les choux auffi-bien
certainefaut varier les
que lui, parce qu'il
formité
moyens, & éloigner cette uniqui eft fouvent la fource du
mais M. Auffray ignoreroit-il
dégoft:
acides, telles
que les plantes
de leur
que l'ofeille, independammerit /
plus grand agrément, ont encore
f'avantage de furpaffer en efficacité
autres légumes, foit
tous les
pour prévenir le
ou le guérir, foit
fcorbut
maladies
pour combattre les autres
putrides? ce qu'il dità cet
dans
fon Mémoire
égard
préfenté à l'Académie de
rine le I. Oétobre
Mafumer
c'eft
1772, me feroit préque
une méprife, fi ce Mémoire
grand agrément, ont encore
f'avantage de furpaffer en efficacité
autres légumes, foit
tous les
pour prévenir le
ou le guérir, foit
fcorbut
maladies
pour combattre les autres
putrides? ce qu'il dità cet
dans
fon Mémoire
égard
préfenté à l'Académie de
rine le I. Oétobre
Mafumer
c'eft
1772, me feroit préque
une méprife, fi ce Mémoire --- Page 244 ---
NOURRITURE
d'autres inconféquences :
ne nous offroit pas
ilp propofe les fucs aigres de citrons, ilapprouve
accordé par I'Ordonnance aux
le vinaigre il veut même qu'on en étende
Equipages,
mettre dans la foupe des
l'ufage jufqu'à en
malades, il eft alors dans les bons principes;
doivent
lui faire donner l'exclumais ils ne
pas
fe feroit
fion à l'ofeille. Seroit-ce parce qu'elle
trouvée gâtée dans quelques pots qu'illa profcriroit : Ce feroit une raifon fuffifante fi un
entraînoit l'impoffibilité de la
pareil exemple
mais il s'en faut
confervation de ce légume,
puiffe en conclure rien
de beaucoup qu'on
de tel.
Une des inconféquences les plus frappantes
deM.Auffiay,cel qu'aprésavoir dit, comme
Lind, qu'il a tranfcrit mot pour mot, que les
falaifons n'étoient que des caufes auxiliaires du
fournir
fcorbut, &qu'ellesé 6 étoient peu propresà
nourriture capable de réparer les pertes du
une
être convenu avec tous les Auteurs
corps; après
efficace pour furmonter
que rien n'étoit plus
acides des
cette maladie putride, que les
végétaux, ilne craint pas de préfenter les fubflances
farineufes non fermentées, & qui
végétales
confervent --- Page 245 ---
DES GENS DE MER
confervent leur caraclère acide
fecondes
julque dans les
voies, comme une nourriture plus
putrefcible que les viandes falées qu'il leur
fère; la prévention va méme
préoublier
jufqu'à lui faire
tout principe. Cette acidité
damne dans les végétaux
qu'il cond'être
farineux, bien loin
nuifible, ne peut que devenir avantageufe aux Gens de mer, deftinés à des
pénibles, & fans ceffe environnés de travaux
caufes de
corruption qui altèrent leurs humeurs en enlevant, ou peut - être en éloiguant ce
confervateur, qui ne fauroit leur être principe reftitué
affez abondamment par des viandes fans fucs à
demi
corrompues, ou qui n'étant
que d'une fermentation
fufceptibles
putride, ne peuvent
qu'augmenter cette dilpofition dont la fermentation acide naturelle aux farineux
le corredtif. Auffi Pringle
devient
viande gâtée mêlée
a-t-ilobfervé que la
fubftances
avec une certaine dofe de
farineufes non fermentées, & à un
degré de chaleur convenable,
continuoit à fe
corrompre dans les premiers
les acides que renferment les momens, maisque
loppant
la
farineux fe dévepar fermentation, bien loin que la
pourriture de la viande allât en
augmentant,
P
tif. Auffi Pringle
devient
viande gâtée mêlée
a-t-ilobfervé que la
fubftances
avec une certaine dofe de
farineufes non fermentées, & à un
degré de chaleur convenable,
continuoit à fe
corrompre dans les premiers
les acides que renferment les momens, maisque
loppant
la
farineux fe dévepar fermentation, bien loin que la
pourriture de la viande allât en
augmentant,
P --- Page 246 ---
NOURRITURE
elle ceffoit, au contraire 3 entièrement ; les
fe préfentent avec les vémêmes phénomènes
frais, mais d'une manière plus prompte
gétaux efficace, d'oà leur vient la préférence
& plus
accorder fur les farineux dans
qu'on doit leur
traitement du fcorbut. Mais en conclura-t-on
le
qu'ils ont plus de part à la
avec M. Auffray,
les
des humeurs chez les Marins, que
putridité
viandes falées d'oà elles tirent fpécialement
naiffance, Iorfque tout prouve que les fariévidemmentla vertu de Ia comneux pofsèdent lui-même, dont le témoignage eft
battre! Lind
étoit fi
fi fouvent invoqué par ce Chirurgien,
confeille dans
perfuadé de cette vérité, qu'il
endroits de fon Ouvrage, les farineux
plufieurs
à fes Malades, & ilne craint pas
les plus légers
d'avoine,
de dire qu'avec de Ia bouillie d'orge,
de choux-croûte, on auroit pu fauver
& un peu l'Amiral Anfon des ravages affreux
l'Efcadre de
que le fcorbut fit parmi fes Équipages.
M. Murray, Chirurgien Anglois, rapporte
qu'il a nourrià Ia mer avec fuccès, un fcorbu
le riz & le fagou. Woald 2
tique avec l'orge,
d'une
de très-bons effets dans le fcorbut,
vu
avec le gruau & le fucre;
nourriture préparée --- Page 247 ---
DES GENS DE M E R. 227
n'efl-ce pasà la vie fobre des anciens
à la privation des viandes falées Romains,
qui n'étoient
pas en ufage parmi eux, & à la
fommation
grande conqu'ils failfoient des végétaux & du
vinaigre, que l'on dut attribuer l'abfence du
fcorbut dans Ieurs légious, pendant le
qu'elles demeurérent en
temps
quartier en
& dans les endroits
Pannonic,
marécageux des Gaules !
Quoique la plupart des fubflances farineufes
non fermentées, fe digèrent
difficilement, &
que Boèrhaave ait fait le dénombrement des
maladies qui peuvent naître d'un acide
tané, il en faut feulement conclure
fponde ces légumes qui contribuent fans que lufage
la force & à la vigueur de
doute à
nos Campagnards,
parce qu'ils fourniffent des principes qui réfiftent à une trop prompte
qu'ils remédient
diflipation, &
naiffent de leurs abondamment aux pertes qui
travaux forcés, ne doivent
point être, ainfi que je l'ai déjà dit plus haut,
la nourriture ordinaire des habitans des villes
qui vivent dans T'inaction; & par Ia même
raifon, nos Payfans ainfi que nos
ne foutiendroient
Matelots,
pas leurs pénibles
tions, s'ils étoient réduits à ne vivre occupa- des
que
P ij
qu'ils remédient
diflipation, &
naiffent de leurs abondamment aux pertes qui
travaux forcés, ne doivent
point être, ainfi que je l'ai déjà dit plus haut,
la nourriture ordinaire des habitans des villes
qui vivent dans T'inaction; & par Ia même
raifon, nos Payfans ainfi que nos
ne foutiendroient
Matelots,
pas leurs pénibles
tions, s'ils étoient réduits à ne vivre occupa- des
que
P ij --- Page 248 ---
NOURRITURE
fuffifent à
alimens légers & fucculens, qui
notre fubliftance, & qui font proportioninés
à la force de nos organes digeflifs.
Comment, après des faits qui ne peuvent
de, perfonne, M. Auffray ne
être ignorés d'avancer dans fon Mémoire, que
craint-il pas
font
ni à réparer les
les farineux ne
propres, entretenir en
forces des Matelots, ni à les,
fanté! & comment encore ofe-t-il apporter en
preuvel'Equipage de la Belle-poule, qui ayant
de cinq mois à cette nourriture
été plus
& rentré dans le Port, fans avoir
ftrictement, feul homme, & n'ayant mis que
perdu un
Pun qui étoit un
deux malades à THôpital,
& l'autre un vénérien !
ancien poitrinaire,
fait-il
mention
Pourquoi M. Auffray ne
pas
dans lequel étoit tombé
de l'état d'épuifement
fur laquelle on a
TÉquipage de Ia Didaigneufe
fuivi Ie régime végétal : il étoit le Chirurgien
En cette qualité feroit-il fâché
de ce Bâtiment.
trois mois de mer,
d'être rentré à Breft, après
& de n'avoir
fans avoir perdu un feulhomme, hommes à
envoyer en arrivant que deux
pu
encore I'un n'y entra-t-il que par
T'Hôpital,
& lautre en fortit le lendemain!
un accident, --- Page 249 ---
DES GENS DE M E R.
Que M. Auffray en appelle à la bonne foi
des gens éclairés pour prononcer fi les falaifons
méritent ou non la préférence fur les fubftances
légumineufes, il n'y a là rien que de raifonnable:jelinvoque commelui, cette
mais avec la certitude
bonnefoi,
donnée à fon
que l'exclufion fera
régime favori, autrement ces
gens éclairés ne le feroient guére; il ne craint
ni de fournir contre lui des
foupçons d'incapacité dans un art auffi important
le
ni de citer en, faveur de fon que fien,
autorités qui lai font direétement opinion, des
telle eft cette citation
contraires;
en marge de fon Mémoire, où il annonce
que Lind, tome 1,
page 118erfrin failant mention de
de l'amiral
l'Efcadro
Martin, dit ( qu'il avoit eu Ia
dixième partie de fes
fcorbut
Equipages afligée du C
en moins de fix femaines de
dans la Manche, &
croifière (C
que cet évènement avoit 6
eu lieu, quoique cette Efcadre fit
de végétaux frais
pourvue (
la Manche
pendant fa croifière. dans CC.
>. Cette dernière réfiexion,
du crû de M. Auffray,
toute
moins à Lind,
appartient d'autant
continuation qu'en parlant, page 12 0, par
de cette même Efeadre, il dis
PAnij
moins de fix femaines de
dans la Manche, &
croifière (C
que cet évènement avoit 6
eu lieu, quoique cette Efcadre fit
de végétaux frais
pourvue (
la Manche
pendant fa croifière. dans CC.
>. Cette dernière réfiexion,
du crû de M. Auffray,
toute
moins à Lind,
appartient d'autant
continuation qu'en parlant, page 12 0, par
de cette même Efeadre, il dis
PAnij --- Page 250 ---
NOURRIT! U R E
230 cette maladie ne fut pas uniquement OCcaC que
défaut de la nourriture végétale
> fionnée parle
de temps >. Eft-cependant un fi court efpace
Martin
F'Efcadre de T'amiral
là Ia preuve que
frais à Ia mer!le
étoit pourvue de végétaux
mais M.
contraire n'étoit - il pas évident!
ne s'en tient pas-I là, il obferve, ce
Auffray
fuite de la fauffe citation que je
qui eft une
foit l'efficacité
viens de relever , que quelle que
frais dans le traitement du fcorbut,
des végétaux
inefficaces, tandis que les
ils feront toujours
de ces fubfcaufes conjointes à la privation
affligeront les Équipages; il faut n'avoir
tances, Ià Lind pour ofer avancer une pareille
pas
puifque cet Auteur renferme
propofition,
exemples détaillés du conplus de cinquante
traire, & que lui-même appelé journellement
fon fervice, a tous les jours
à PHépital pour
du
fous les yeux des exemples de guérifons
fcorbut, dans le lieu même où la plupart l'ont
gagné,g guérifons qui ines'opèrent quedepuisque
M. de Courcelles avoit été forcé de convenir
de Ia néceffité de
par un certificat authentique
retrancher de Ia nourriture des fcorbutiques,
Ja moitié de leur ration de viande fraiche, --- Page 251 ---
DES GENS DE M ER. 231
pour être remplacée par des végétaux frais
& du riz. Mais ce n'eft pas dans le feuli
Hopital de Breft, où ce changement de
régime opère d'une manière fi efficace chez
les malheureux fcorbutiques. M. Lainé, Chirurgien à Rochefort, affuré que depuis
l'ufage des végétaux eft introduit dans que
cet
Hôpital, on a confervé au Roi plus de
cents hommes, qui y feroient morts fans quinze
fecours, & il cite
ce
plufieurs cures très - inté.
reffantes.
M. Auffray n'a pas été heureux
ni dans les
jufqu'ici,
raifonnemens, ni dans leur
cation; il ne le fera guère plus dans fes Obfer- applivations fur l'Efcadre du Roi, commandée
M.
par
d'Orvilliers : ( de douze Vaiffeaux, dit-il,
qui la compofoient, fix ayant fuivi
vifionnement
f'appro- C
ancien, & les fix autres ayant <
obfervé le régime végétal ordonné
par la C
Cour, on nes'eft point aperçu
ait' été plus
quelefcorbut C
commun dans les premiers
C
dans les derniers, foumis aux
que
affaifonnemens C
avec l'ofeille >. Cette Obfervation mérite
d'autant plus d'attention, que M. de Courcelles, dans le rapport du Mémoire de
P iy
nement
f'appro- C
ancien, & les fix autres ayant <
obfervé le régime végétal ordonné
par la C
Cour, on nes'eft point aperçu
ait' été plus
quelefcorbut C
commun dans les premiers
C
dans les derniers, foumis aux
que
affaifonnemens C
avec l'ofeille >. Cette Obfervation mérite
d'autant plus d'attention, que M. de Courcelles, dans le rapport du Mémoire de
P iy --- Page 252 ---
Nou RRITURE
M. Auffray qu'il a donné à l'Académie, ajoute
que non - feulement il n'y a
cette remarque,
nombre de malades
pas eu un plus grand
fuivant l'ancien
parmi les Équipages nourris
dans les autres foumis au régime
pied, que
M. Auffray auroit encore
végétal; mais que
ajouter qu'il ne s'en étoit pas non plus
pu montré de plus graves dans les uns que dans les
Vaiffeaux de 'Efcadre. Voilà déjà
autres
ilnyaqu'uninlant,
M.Auffiayqui préféroit,
farineux, convaineu
les falaifons aux légumes
qu'au moins cette
par fa propre expérience, fondée; mais M. de
préférence n'étoit point
forte
Courcelles, en renchériffant en quelque
fur lopinion de fon Difciple, mérite d'autant
mieux que l'on relève fon Obfervation, que
des Journaux des
ce Médecin, Dépofitaire
Chirurgiens, ne fauroit ignorer que ces expéété faites fur
riences du régime végétal ayant
les Bâtimens les plus confidérables de l'Efcadre,
contenoient le plus de monde, CeS
& qui
chofes
d'ailleurs S,
Bâtimens, toutes
égales
auroient dà avoir plus de malades que les
Vaiffeaux plus petits; ce qui de l'aveu de
Meffieurs n'étant pas arrivé, forme déjà
ces --- Page 253 ---
DESGENS DE M E R.
réel: mais ce qui montre de la
un avantage
rendu, c'eft que
partialité dans le compte
il l'étoit,
M. de Courcelles, inftruit comme
fur
nombre de Vaiffeaux
que le plus grand
avoient
lefquels on a fuivi le régime végétal,
tôt
été armés un niois ou fix femaines plus faifon,
[es autres, &x dans la mauvaife
que
vérité fous filence; il en fait autant
paffe cette
contenue à Ia
de l'Obfervation importante,
de M. Chandon: ce Chirurfin du Journal
obferve ce
gien, dont le mérite eft connu, moins de
j'ai déjà dit ailleurs, qu'en
que
Vaiffeaux de la
cinq jours que les premiers
mirent pour
divifion de Rochefort,
première
de
fe rendre à Breft, ils eurent beaucoup
particulier Ie vaiffeau P'Hippomalades; qu'en
de
à la
potame n'en eut pas moins
vingt-cinq
fois à I'Infirmerie ,- dont deux moururent
les autres tranfpendant ce court trajet; que
à THôpital,y y périrent en plus grande
portés
quelle difirence, s'écrie
partie : aujourd'hui
arrivons à Bref
ce même Chirurgien, nous
avoir
avoir tenu trois mois la mer fans
eprès
homme, e Jans avoir un feul
perdu un feul
préfenté
malade à mettre satHlipual,slseoky
inq
fois à I'Infirmerie ,- dont deux moururent
les autres tranfpendant ce court trajet; que
à THôpital,y y périrent en plus grande
portés
quelle difirence, s'écrie
partie : aujourd'hui
arrivons à Bref
ce même Chirurgien, nous
avoir
avoir tenu trois mois la mer fans
eprès
homme, e Jans avoir un feul
perdu un feul
préfenté
malade à mettre satHlipual,slseoky --- Page 254 ---
NoUR RIT U R E
Obfervation auffi favorable à l'anquelque
cien régime, M." de Courcelles & Auffray
Fauroient- ils fupprimée .
Ce Médecin qui a dû prendre foin du grand
nombre de Malades qui font provenus de Ia
première divifion des Vaiffeaux de Rochefort,
n'a pas été au moins furchargé de ceux fournis
les Bâtimens fur lefquels le régime végétal
par
n'a pas été fuivi, puifqu'ils n'en avoient pas,
à Ieur arrivée de Breft; de paou très-pen,
reilles circonftances auroient mérité une note
de la part d'un homme impartial, mais il ne I'z
crue néceffaire; auroit-il craint qu'on eàt
pas mis fur fon compte, les évènemens malheureux
qui ont été la fuite des maladies qui régnoient
dans les Vaiffeaux de Ia première divifion, Iors
de Ieur arrivée à Breft! Ses fuccès étoient trop
connus dans cette ville, & fa réputationy étoit
trop bien établie, pour qu'on l'accufât d'avoir
manqué de talens dans le traitement des MaIades del I'Hôpital confiés à fes foins.
Quoique ce queje viens de dire du Mémoire
de M. Auffray, & du rapport qu'en a fait
M. de Courcelles, foit plus que fuffifant pour
prouver Ia partialité de leurs Auteurs, je ne --- Page 255 ---
DES GENS D E M E R. 235
m'empécher de tranfcrire
faurois cependant
mérite bien d'être
une de leurs réflexions, qui
objet
de Vart; & qui a pour
Hàe des perfonnes
donné de paffer
de critiquer le confeil quej'ai rendre la conles légumes à T'étuve, pour en
de les
facile. C Par cette manière
fervation plus
non-feulement ils C
dit M. Auffray,
préparer,
mais ils tombent C
cuifent imparfitement, dans la détérioration, le C
encore dès l'inftant
contiennent (
peu de parties effentielles qu'elles
elles e
fe trouvant diffipées par la chaleur 2
qu'un corps terreux qui in- <
n'offrent plus
dans nos humeurs; ; >
vifque la généralité
dit
& M. de Courcelles, dans fon rapport,
affez d'accord dans
que tout le monde a paru
four fe
Y'Efcadre, que les légumes paffés au
mal. Ce Médecin auroit-il pâ donner
cuifoient
en entre les mains
une pareille affertion, ayant Auroit-il adopté enles preuves du contraire! Élève, fur les effets percore la théorie de fon
on
nicieux qu'il attribuoit à cette préparation;
croiroit volontiers, s'iln'eut pas été informé
le
étoient
les Journaux des Chirurgiens qui
par
étoient revêtus du témoientre fes mains, & qui
celui
de M"I les Officiers, & fur-tout par
gnage
mains
une pareille affertion, ayant Auroit-il adopté enles preuves du contraire! Élève, fur les effets percore la théorie de fon
on
nicieux qu'il attribuoit à cette préparation;
croiroit volontiers, s'iln'eut pas été informé
le
étoient
les Journaux des Chirurgiens qui
par
étoient revêtus du témoientre fes mains, & qui
celui
de M"I les Officiers, & fur-tout par
gnage --- Page 256 ---
NOURRITUR E
de M. Chandon, que tous les légumes embarqués dans l'Efcadre, quoique paffés au four, fe
font bien cuits, & ont paru très-bonsaux: Équipages, ,à l'exception de Ia plus grande partie des
pois qui furent trouvés de mauvaife qualité dans
les magafins. M. le Grain, Lieutenant en piedde
THiypoputame,sen aperçut très-bien, il voulut
les refufer; cependant, comme il n'y en avoit
point d'autres,il fallut prendre ceux-là; mais ce
qui prouve fans replique ce que j'avance, c'eft
qu'on a trouvé dans Hippepotame, une petite
partie de pois meilleure que les autres 2 lefquels
fe font trèsbien cuits, & qui iont été jugés excellens, quoiqu'ilseuffent paffé à l'étuve, & qu'ils
n'aient été employés qu'à Ia fin de la campagne.
M. de Courcelles ne devoit pas ignorer ces
faits, il étoit fur les lieux, Ies Journaux des
Chirurgiens qui les conflatoient, étoient entre
fes mains; d'ailleurs, pour prononcer fur un
point d'hygiène auffi fimple que celui qui nous
occupoit, il ne falloit que les premiers élémens
de l'art. Ila avoit été un temps oà M. de Courcelles rendoit plus de juftice à mes principes ;
voici comme ce Médecin m'écrivoitau fujet de
mon Traité des Maladies des Gens de mer. --- Page 257 ---
DES GENS DE MER,
237,
LETTRE de M. de Courcelles
à M.
Defpérieres, en date du 22
Juillet 1707.
C Monfeigneur! rle Duc de Pralin m'a adreffé,
Monfieur & très-honoré Confrère,
un exem- (
plaire de votre Traité des Maladies des
de mer; le
Gens C
peu que vous m'aviez fait l'amitié C
de m'en lire chez vous, m'avoit
prévenu C
tres-avantagenfement, & me l'avoit fait at- (C
tendre avec impatience. Mais depuis
l'ai Id à tête repofée &
que je C
avec attention, C
m'en fuis fait une idée fort
je
bonne
fupérieure à la <
opinion quej'en avois conçue. On - ne <
peut mieux faifir les vraies caufes des
dies des Marins
mala- C
que vous l'avez fait, & les C
préfenter avec plus de clarté & de
ni en déduire plus
folidité, (
conféquemment une mé- (
thode curative bien raifonnée & fondée fur
C
l'expérience. Telle eft, mon cher
l'idée
Confrère, (
queje me fuis faite de votre
& je ne doute
Ouvrage, (
pas qu'il ne faffe la même C
impreffion fur tous ceux qui le liront, pour <
peu qu'ils connoiffent la mer, & ce que <
c'eft qu'un Vaiffeau & la vie des
Marins. (
ité, (
conféquemment une mé- (
thode curative bien raifonnée & fondée fur
C
l'expérience. Telle eft, mon cher
l'idée
Confrère, (
queje me fuis faite de votre
& je ne doute
Ouvrage, (
pas qu'il ne faffe la même C
impreffion fur tous ceux qui le liront, pour <
peu qu'ils connoiffent la mer, & ce que <
c'eft qu'un Vaiffeau & la vie des
Marins. ( --- Page 258 ---
NoUR RITURE
le Duc
ai écrit fur ce ton à Monfeigneur
> J'en
recommande fort de veiller
> del Praflin, qui me
à reti-
> à ce que nos Chirurgiens S 'appliquent
de votre Ouvrage toute l'utilité qu'il
> rer
trouveront des principes lumi-
> préfente. Ilsy
traiter métho-
& des règles stires pour
> neux
des
&
les maladies
Equipages,
> diquement
Je vois déjà avec plaifir,
> pour les prévenir.
diftribué des exem-
> que ceux à qui l'on a
Monfeigneur le Duc a envoyés
> plaires que
avidité, & les autres em-
> ici, le lifent avec
Libraire
fournir, dès que notre
> preffésàs'en
exemplaires que je
> aura. reçu les cinquante
à Paris. Lorf-
> lui ai confeillé de demander
de m'en
l'auront tous, je me propofe
> qu'ils
d'un Livre claffique que je
> fervir comme
en faire
Iong - temps, pour
> defirois depuis
conférences, & leur
> le fujet de quelques
les
les endroits qui pourroient
> expliquer
>> embarraffer.
que
Rien n'eft mieux, ni plus judicieux
>
que vous propofez
s les moyens préfervatifs fort à defirer que tous
> vers Ia fn : il feroit
& voul'utilité,
> les Officiers en compriffent exécution; car
tenir la main à leur
> luffent --- Page 259 ---
DES GENS DE M ER,
c'eftd'euxp principalement
Ily en aura certainement queletout dépend. (
conformeront
plufieurs qui s'y <
jours
volontiers, mais ily en a tou- C
quelques-uns qui regardent
innovation onéreufe &
comme C
s'écarte de la routine. inutile, tout ce qui C
bien
Inya que des ordres C
précis qui puiffent les faire
Le chapitre des
exécuter. C
befliaux de toute
un point bien délicat. I
elpèce eft (
de la
feroit, fans doute, (
plus grande importance de faire
grand retranchement
un <
étant moins
; le parc à moutons <
étendu, donneroit
à lÉquipage, &
plus d'efpace C
l'infedtion feroit
mais hoc opus, hic labor, il
moindre : C
établir des
y a des ordres pour C
ventilateurs à bord de tous les C
Vaiffeaux; j'en ai fait établir fur
on n'en a fait aucun
plufieurs,
dans le
ufage, ni à la mer, ni C
port; il eft plus aifé de fronder
innovations, que d'en fentirl'utilité,
ces C
Mais
&c. &c. C
que votre Traité opère une
tion falutaire ou
révolu- C
non, le préfent
faites au Public, &
que vous a
Monfieur & cher fur-tout aux Marins, <
que favorablement Confrère, ne peut être a
accueilli de tous
fauront
ceuxqui C
T'apprécier. En mon
particulier, je C
plus aifé de fronder
innovations, que d'en fentirl'utilité,
ces C
Mais
&c. &c. C
que votre Traité opère une
tion falutaire ou
révolu- C
non, le préfent
faites au Public, &
que vous a
Monfieur & cher fur-tout aux Marins, <
que favorablement Confrère, ne peut être a
accueilli de tous
fauront
ceuxqui C
T'apprécier. En mon
particulier, je C --- Page 260 ---
NOURRITURE
affez vous en marquer ma reconnoifne puis
fans flatterie tout
> fance, ni vous témoigner
j'en fais. Je faifis avec grand plaifir
> le Cas que
combien les
occalion de vous marquer
5 cette
d'amitié dont vous m'avez comblé
> marques
préfentes, veuillez
> à Paris, me font toujours
Ies continuer, & agréer les proteftations
> me
le plus dévoué, & de la
> de l'attachement
j'ai I'honinfinie avec laquelle
> reconnoiffance
> neur d'étre, >
Monfieur & très-cher Confrère,
Votre très-humble & trèsobéiffant ferviteur,
Signé DE COURCELLES.
de Courcelles faifoit, comme l'on voit,
M.
l'éloge des moyens que je propofois
en 1767, confervation de Ia fanté des Marins;
pour la
alors, étoit-ce parce
s'il changeoit de langage
ces
T'expérience lui avoit appris que
que
auffi efficaces qu'ils lui
moyens n'étoient pas
eft une,
avoient paru 2 Mais T'expérience
toujours le même langage,
elle doit parler
dans les mêmes
quand Ia Nature eft interrogée circonflances. --- Page 261 ---
DES GENS DE M E R. 241
circonflances. Ilef peu de
fe louent des fuccès
Chirurgiens qui ne
qu'ils ont eus en fuivant
dansletraitemente des
dans cet
Mudbderdontjfentocape
Ouvrage, le plan & les moyens de
curation que je propofe.
M. Coquerel, Chirurgien & Démonftrateur à Quimper, anciennement
la Marine au port de Breft,
Chirurgien de
de M. de Ruis,
envoyé par ordre
en Mars 1772, à Concarneau, , poury fuivre une fièvre putride
qui, en trois jours, vénoit d'y enlever maligne,
cinq perfonries, n'a eu, felon Ce
écrit vingtméme, qu'à fuivre les
qu'il
luipréceptes que j'ai donnés
relativement à cette maladie, dans mon Traité
des Maladies des Gens de mer,
tous ceux auxquels il a donné fes foins. pour fauver
Quant au régime végétal dont on a
fait
des effais très-heureux fur les
déjà
Roi & dans les
Vaiffeaux du
Hôpitaux, je ferois de ce
Mémoire un volume complet, fi je voulois
faire ufage de tous les
fuftragesquife réuniffent
en fa faveur; c'eft au temps à prouver de
en plus fa fupériorité, & à fixer
plus
irrévocablement le rang qu'il doit tenir parmi les
propres, & à conferver la fanté des moyens
Marins,
Q
déjà
Roi & dans les
Vaiffeaux du
Hôpitaux, je ferois de ce
Mémoire un volume complet, fi je voulois
faire ufage de tous les
fuftragesquife réuniffent
en fa faveur; c'eft au temps à prouver de
en plus fa fupériorité, & à fixer
plus
irrévocablement le rang qu'il doit tenir parmi les
propres, & à conferver la fanté des moyens
Marins,
Q --- Page 262 ---
242 NOURRITURE, drc.
& à concourir à leur guérifon dans les maIadies auxquelles ils font Ie plus expofés.
Son fort eft déjà affuré auprès des perfonnes
inftruites, qui, pefant tout au poids de la
raifon, n'ont aucun refpect pour l'habitude
& les préjugés, lorfqu'ils portent fur des principes ruineux démentis par des faits conflans.
K
B --- Page 263 ---
OBSERVATIONS
SUR LE DISCOURS
DE M. PRINGLE,
Qui termine la Relation des Voyages
de M. Coor;
Liics à la Société Royale de Médecine:
Qij --- Page 264 --- --- Page 265 ---
OBSERVATIONS
Sur le Difcours de M. PRINGLE.
MESSIEURS,
AVANT que les bienfaits du Gouvernement
m'euffent attaché au département de la Marine,
j'avois fait de la confervation des Matelots
un des premiers objets de mes études & de
mon travail. En 1767, j'eus I'honneur d'offrir
à l'Académie des Sciences, un Traité des maladies des Gens de mer, & cet ouvrage obtint
T'approbation & les éloges de cette favante
Compagnie: : jy développai, je crois, avec
affez d'exactitude & de netteté, les caufes &
la nature du fcorbut, cette maladie funefle
qui dévore les Marins, & qui peut-être a plus
coûté à la population de
le
merce n'aa ajouté à fa
F'Europe que compuiflance & à fes richeffes.
J'y raffemblai tous les moyens connus de
prévenir cette maladie ou de la détruire;
en ajoutai d'autres
jly
que mes réfexions & l'exPérience m'avoient fournis.
Q ilj --- Page 266 ---
246 Obfervations Jur le Difcours
folliciter
Depuis cette époque jentsiceffide
réforme dans le régime & Ia nourriture
une
des Matelots, & mes efforts ont été encouragés
dont le zèle éclairé s'eft
par des Miniftres,
utiles à T'État &
empreffé de faifir des vues
T'humanité. C'eft d'après leurs vues & leurs
à
dans différens temps,
ordres que j'ai publié
de
deux Mémoires déjà connus de la plupart
&
T'honneur de
vous, Meffieurs, s
que j'ai
remettre fous Vos yeux.
doctrine falutaire cheminoit
Tandis qu'une
mieux
Ientement en France, & que pour
filence à P'habitude & à la routine,
impofer
la foumettoit à
la fageffe du Gouvernement
ailleurs
elle obtenoit
des épreuves particulières,
les fuccès les plus éclatans *.
Cook, célèbre Navigateur
Le capitaine
Anglois, a dû au régime & aux précautions
rend Ia juftice la mieux fondée
* Toute la France
Miniftre qui, dans
aux grandes & utiles vues du il eft
s'eft
de la Marine dont
chargé,
le département
& de fuccès de tout ce
occupé avec tant de gloire ancienne force , principalequi pouvoit lui rendre fon contribuer à la conferment de tout ce qui devoit
à l'État,
vation des Marins, ces hommes fi précieux
Anglois, a dû au régime & aux précautions
rend Ia juftice la mieux fondée
* Toute la France
Miniftre qui, dans
aux grandes & utiles vues du il eft
s'eft
de la Marine dont
chargé,
le département
& de fuccès de tout ce
occupé avec tant de gloire ancienne force , principalequi pouvoit lui rendre fon contribuer à la conferment de tout ce qui devoit
à l'État,
vation des Marins, ces hommes fi précieux --- Page 267 ---
de M. Pringle.
que j'avois indiqués, la confervation de la
totalité de fon Equipage, dans le cours d'un
des voyages les plus longs & les plus périlleux
qu'on ait encore entrepris fous les climats les
plus différens, & dans des parages fameux
la deftrudtion des Européens.
par
La Société royale de Londres, a cru devoir
couronner l'heureux emploi des connoiffances
acquifes par la Médecine, & M. Pringle,
Préfident de cette Société, l'a fait valoir
beaucoup de précifion & de netteté dans avec
Difcours qui termine la relation du
un
de
ce Capitaine.
voyage
Quoique Ia publication de mon Ouvrage
établiffe en ma faveur une date bien conflatée,
quoique moi-même j'en aie remis un exemplaire à M. Pringle dans le premier
fità Paris avec M. Francklin, voyage qu'il
conféquent
long temps par
avant le départ du capitaine Cook;
quoiqu'enfin j'euffe peut - être dû m'attendre
à me trouver au moins cité dans le Difcours
du Préfident de la Société
royale, je ne viens
point, Mellieurs, former ici uane réclamation
qui n'auroit d'autre avantage que de fatisfaire
mon amour-propre. Le petit intéréts'évanouic
Q iv --- Page 268 ---
248 Obfervations fur le Difcours
devant l'intérêt de T'humanité: que P'Art faffe
des progrès; que nos citoyens doivent à nos
veilles la fanté, & PÉtat fes richeffes, puifqu'il
n'en eft point fans des citoyens, cette récomfuffit à nos veeux, & nous confole de
penfe
l'oubli & du filence de nos contemporains;
tels font mes fentimens, tels font les vôtres,
fans aucun retour fur foi-même.
Je vais rapprocher mes principes, ma médes principes de la
thode & mes exprefilions,
méthode fuivie par M. Cook & des expreffions
uniquement pour conflater la
de M. Pringle,
arrêter fur
marche de la Médecine, & pour
auffieffentiel les regards d'une Société
un objet
doit fon exiftence au defir d'être utile,
qui
le devenir infiniment, en donnant
& qui peut
confiftance à des découvertes
de l'appui & de la
falutaires, fouvent perdues S, parce qu'elles
font entourées ni de partifans, ni de
ne
protedteurs.
dit M. Pringle, des
C Où trouvera-t-on,
aient mieux réufli que celles
> tentatives qui
Cook! fon Mémoire expofe
> du capitaine
dix-huit
avec cent
> les moyens par lefquels
> hommes, il a fait un voyage de trois ans
confiftance à des découvertes
de l'appui & de la
falutaires, fouvent perdues S, parce qu'elles
font entourées ni de partifans, ni de
ne
protedteurs.
dit M. Pringle, des
C Où trouvera-t-on,
aient mieux réufli que celles
> tentatives qui
Cook! fon Mémoire expofe
> du capitaine
dix-huit
avec cent
> les moyens par lefquels
> hommes, il a fait un voyage de trois ans --- Page 269 ---
de M. Pringle.
& dix-huit jours dans tous les climats
le 52. C degré Nord jufqu'au
depuis (
fans
71. degréSud, (
perdre plus d'un homme de
& ce qui ajoute un nouveau
maladie; C
prix aux obfer. C
vations importantes du capitaine Cook, fes t
précautions font fort fimples. Je
à ceux qui s'occupent le plus de demanderai bills
C
mortalité, fi dans le climat le
de C.
parmi les hommes de la
plus fain & f
meilleure
C
ont
fanté,ils
jamais trouvé fi peu de morts dans le C
même efpace de temps b
Page 489 de mon Traité des maladies
aes Gens de mer, j'ai fait la même réflexion
d'après un exempleapeu-prés
expofé les
fembilablesayant
foins du capitaine Pallifer
préferver fon
de
pour
Equipage
toutes maladies
pendant la guerre de 1744,
réfultat d'une
j'ai ajouté: ( le
conduite fi fage & fi bien a
raifonnée, fut que dans l'efpace de
nois que dura fon
quatorze (
feul homme
voyage, ilnep perdit qu'un C
de cent foixante qui
c
foient fon
compoEquipage: encore cet homme e
mourut-il dans le traitement de la maladie G
vénérienne. II n'y a pas de
d'un pareil nombre
village peuplé a
d'hommesquin'en perde a
davantage dans le même intervalle de
temps >. --- Page 270 ---
Olfervations Jur le Difcours
raffemblé dans des Mémoires
D'ailleurs, j'ai
fur la Nourriture des Gens de Mer,
imprimés
de cette nature. On voit les
mille exemples
le
la Frégate la
Vaiffeaux VAchille,
Liphire,
Syrène & Ia Dryade, Ia Terpficore, l'Efcadre
entière de M. le Comte d'Aché; en 1759, le
Salomon, enfin Ie Drayard, Voyez ci-delfus,
180 erfuiv. braver impunément la mer
pages
végétal, croifer dans T'Inde,
avec le régime
&c. &c. fans perdre
fur les côtes de Salé,
feul homme. IIn'eft donc pas étonnant que
un
fon
avec. les
M. Cook ait confervé
Équipage
mêmes moyens.
enfuite le contrafte qui :
M. Pringle expofe actuelles & celles des
eft entre les navigations
anciens temps; il rappelle le premier voyage
Tétabliffement de la Compagnie
entrepris pour des Indes, paffe en revue les ÉquiAngloife
le fcorbut, s'arrête fur
pages emportés par
de l'amiral Anfon
T'expédition malheureufe
les ravages de cette maladie, la plus
& peint Gens de mer. Le docte Préfident
fatale aux attribuer à M. Cook le bonheur
femble ainfi
Je lui avois fourni
des nouvelles navigations.
fur l'effiouvrir les yeux
ce cadre, ou, pour
démontrer
cacité du régime végétal, & pour
le fcorbut, s'arrête fur
pages emportés par
de l'amiral Anfon
T'expédition malheureufe
les ravages de cette maladie, la plus
& peint Gens de mer. Le docte Préfident
fatale aux attribuer à M. Cook le bonheur
femble ainfi
Je lui avois fourni
des nouvelles navigations.
fur l'effiouvrir les yeux
ce cadre, ou, pour
démontrer
cacité du régime végétal, & pour --- Page 271 ---
de MA. Pringle.
fon
25F
excellence, j'ai comparé également les
premières navigations à celles de nos jours.
J'ai rappelé ce qui étoit arrivé aux
premiers Vaiftaux Anglois quifirent le quatre
des Indes Orientales;
voyage
comment, depuis, les"
Flottes Angloifes avoient été maltraitées
le fcorbut dans la Baltique, tandis
par
des Hollandois
que celles
qui croifoient de conferve
avec elles, en ont été prefque entièrement
préfervées; comment l'Amiral Ofborn
cette maladie à bord de fon Vaiffeau. diffipa Je
m'étois également étendu fur l'expédition de
l'Amiral Anfon, ci-deffus
de mon Mémoire,
page 130 erfvis.
ainfi que fur celle de lEf
cadre de M. Dubois de la Mothe,
en 1767,
tandisqu'au moyen du régime végétal Ie fcorbut
ceffoit fur les Vaiffeaux de M. d'Orvilliers.
M. Pringle reconnoît deux fortes de fcorbut, lun de terre, l'autre de mer. A cela
nous marchons toujours fur la méme près,
mais malgré fon autorité, je perfifte ligne;
à croire que le fcorbut eft la même maladie toujours fur
la mer & fur la terre, & que la prodigieufe
variété que l'on remarque dans fes
a
les feuls faitattribuerà
fymptômes,
desmaladiedifierentes --- Page 272 ---
Olfervations Jur le Difcours
vous répéter ce que j'ai
Je ne puis que des Maladies des Gens de
dit dans mon Traité
68: C l'identité des caufes qui promer, page fcorbut dans des régions & des
> duifent le
en
climats différens, ne permet pas qu'on
>
La divifion
de diverfes efpèces.
> reconnoiffe
certains Auteurs en ont faite en fcorbut
> que
& fcorbut de mer, me paroit fri-
> de terre
vole, > & je l'ai prouvé.
n'y a
M. Pringle : C l'opinion reçue qu'il
totalement libres d'af
> guère de conflitutions eft fi peu vraie,
S feétions fcorbutiques,
ceux
Ies Matelots ou parmi
> qu'excepté parmi femblable à la leur, &
> qui mènent une vie
des
parmi ceux qui mangent
> particulièrement
fur-tout s'ils vivent
D alimens falés ou pourris,
c'eft
dans un air fale, j'ai lieu de croire que
> des maladies les moins fréquentes. a
une
finon de même, du moins la même
J'ai dit,
457de mon Traité: e Sila purichofe,page de l'air & la propreté font fi effen-
> fication
des Équipages,
> tielles pour la confervation
combien
venois de le pronver,
> ainfi que je
des alimens ne doivent-
> la nature erla qualité
fur la fanté des
> elles pas avoir d'influence
fale, j'ai lieu de croire que
> des maladies les moins fréquentes. a
une
finon de même, du moins la même
J'ai dit,
457de mon Traité: e Sila purichofe,page de l'air & la propreté font fi effen-
> fication
des Équipages,
> tielles pour la confervation
combien
venois de le pronver,
> ainfi que je
des alimens ne doivent-
> la nature erla qualité
fur la fanté des
> elles pas avoir d'influence --- Page 273 ---
de M. Pringle,
Matelots! C Page 48g: C
la
Quoique puri- <
fication delair, lefoin delapropreré e le choix C
des alimens, J foient les principaux
de
prévenir les maladies
moyens C
qui afligent les Équi- C
pages, &c. & dans mon Mémoire,
ci-deffus t
page IIO. Je crois avoir prouvé dans
Traité des Maladies des Gens de
mon C
lesfalaifons dont les
mer, que a
la
Matelosfont ufage, font C
principale caufe du fcorbut & des
maladies qui les affligent;
autres (
les caufes
que l'on joigne <
auxiliaires que j'ai amplement dé- (
taillées ailleurs, l'air putréfié de
que les Matelots
l'entre-pont (
refpirent, 1 les émanations C
infectes qui is'élèvent du fond de cale, &
impreffions
aux <
defquelles ils font expofés, la C
promptitude avec laquelle ils paffent fans c
précaution, & fouvent fans vêtement, de (
T'habitude chaude de
T'entre-p pont, à l'air C
quelquefois très-froid qui règne fur le C
pont, &c; l'on aura une réunion
très-p propres à faire naître
d'agens C
fcorbut
promptement le (
parmi les Equipagess ce quieft arrivé C
toutes les fois que ce concours a eu lieu >.
M. Pringle : C J'ai foumis cette
(on a vu que c'eft auffi Ia mienne
opinion
) au juge- < --- Page 274 ---
Obfervations Jur le Difcours
de Ia Société Royale de Londres, ily
> ment
années. Je vous dis alors, contre
> a plufieurs
l'air de la mer n'eft
> l'opinion commune, que
eft
la caufe du fcorbut ( tant qu'elle
> pas
doute)
pendant les plus
>> feule, fans
puifque
er
la
la ventilation
> longs voyages, 2 propreté,
de cette
> les provijfions frdiches préfervoient
d'un Vailfeau, & que
> maladie TEquipage
les
les côtes où il n'y a pas de marécages,
> fur
à cette indifpo-
> habitans ne font pas fujets
refpirent l'air de Ia mer >.
fition, quoiqu'ils
N'eft ce pas là ce qu'on a Ià précédemment
cité de mon Ouvrage à la
dans ce que j'ai
de l'air, érc.
485! Quoique la purification
page
du même
Encore une autre preuve, page 63
eft
Traité : ( II y a des pays oà le fcorbut
mais dès que Yon réféchit far
> endémique; il eft vifible que toutes les
> leur fuation,
font
requifes pour le produire, y
> conditions
réunies. Ces pays font fioids,
> fréquemment
de rivières >.
remplis de marais, A d'ttangs,
faut
ai - je encore dit à la
C II
rewarquer,
Jcorbut
même Ouvrage, quelfile
> page 67du
dans les villes
> eft une maladie prefqu'inconmue
à
comme à Toulon, à Gènes,
> maritimes,
uation,
font
requifes pour le produire, y
> conditions
réunies. Ces pays font fioids,
> fréquemment
de rivières >.
remplis de marais, A d'ttangs,
faut
ai - je encore dit à la
C II
rewarquer,
Jcorbut
même Ouvrage, quelfile
> page 67du
dans les villes
> eft une maladie prefqu'inconmue
à
comme à Toulon, à Gènes,
> maritimes, --- Page 275 ---
de M. Pringle,
Livourne, &
fpécialement à Venife
une ville toute coupée de
qui eft C
canaux, c'eft
C
ces villes font fituées dans des climats
que
où les
chauds C
vapeurs aqueufes font aifément éle- (
vées & difperfées dans l'air; c'eft
Habitans,
que les C
comme onl l'obferve dans toute C
l'Italie, fe nourriffent
& d'autres
par préférence de riz (
fubflances végétales >. Le Dodte
Préfident fuit toujours de près le Médecin
François.
M. Pringle : C Je remarquerai
viandes falées fe
que les
pourriffent en effet
C
un certain temps, quoiqu'elles reflent après
geables à caufe du fel;
le
man- a
que fel ordinaire (
qui paffe pour un des meilleurs
contre la
préfervatifs C
corruption, n'eft qu'un
ordinaire lors méme
préfervatif C
grande
qu'on en met une C
quantité, & que, fi l'on en met (C
auffi peu que dans nos viandes fraiches à
table ou dans nos viandes falées, il
C
la
hâte (
putréfaction, au lieu de
l'empécher >.
J'avois dit à peu - près la même chofe,
dans mon Mémoire ci-devant,
a Les Gens de lArt les
page 123. -
moins infruits
chercheront-ils dans l'ufage des
fublances R --- Page 276 ---
Olfervations fur le Difcours
fecours contre le fcorbut : Ne
des
> animales,
au contraire dans cette
> reconnoîtront-ils pas
de faire naître
d'aliment, la propriété
> efpèce maladie & de la perpétuer, lorfqu'ils
o cette
fubftances tendent toutes
> réfléchiront que ces
plus ou moins
putride
> à une décompolition
animales que l'on
! Les fubflances
> prompte! Matelots, ne font - elles pas à
> afligne aux
? Car, que l'on ne s'y trompe
> demi-a dépravées
le
tous les autres mayens employés
> pas, felé
bien retarder
leur confervation, peuvent
> pour
pixtride qui
marche de la décompofition
> la
fauroient la fufpendre:
> les attend; : mais ils ne
ait
une vérité trop connue pour qu'elle
> c'eft
befoin de preuves >.
fur
croit qu'on s'eft trompé
M. Pringle
du Nord
la caufe du fcorbut chez les peuples
habitent les environs
& fur-tout chez ceux qui
: ( Dans les longs & rigoureux
de la Baltique
dit-il, les troupeaux
> hivers de ces contrées,
fubde
peuvent à peine
> privés
paturages,
de les tuer
les habitans font obligés
> fifter,
& de les faler pour
> à la fin de T'automne,
de fix mois. Cette nourriture putride
> plus
& à laquelle
fi long-temps,
> qu'ils prennent
les
environs
& fur-tout chez ceux qui
: ( Dans les longs & rigoureux
de la Baltique
dit-il, les troupeaux
> hivers de ces contrées,
fubde
peuvent à peine
> privés
paturages,
de les tuer
les habitans font obligés
> fifter,
& de les faler pour
> à la fin de T'automne,
de fix mois. Cette nourriture putride
> plus
& à laquelle
fi long-temps,
> qu'ils prennent
les --- Page 277 ---
de M. Pringle.
les habitans du Sud ne Jont
(ce que j'ai dit en parlant des pas riduits,
dionaux), femble étre la caufe pays Méri- C
de cette maladie. >
principalene
attribué en grande Nai-je pas également
partie aux faloifoms,
on l'a vu plus haut, les
du
comme
M.
ravages fcorbut!
Pringle: ( Si on réfléchit
Nord, le bas
que dans le
légumes
peuple n'a prefque point de <
ou de fruits, & tres-peu de
fermentées T'hiver, &
liqueurs (
des maifons
qu'il habite fouvent C
il eft aifé de humides, fales & mal aérées; ; <
à la même concevoir pourquoi il eft fujet <
maladie que les Gens de
tandis que d'autres Nations fous
mer, C
latitude, mais
une méme (
différente,
qui vivent d'une manière C
s'en préfervent. 2
J'ai répété à chaque
de
que la conflitution
page
mon Traité,
eft
fivide ér humide de
une des
l'air
principales caufes du
que les caufes auxiliaires
fcorbut, &
font les alimens de
mauvaife qualité, les Jalaifons furboifons
tout, les
comompues, la malpropreté,
la trop grande inadlion Oul le
Thumidité,
C Si le fcorbut,
tarailexcaff. &c.
trier
ai-je ajouté, eft moins meuraujourd'hui & plus rare
(obfervation C
R --- Page 278 ---
Olfervations fur le Difcours
dans le Difcours de
> qu'on va retrouver les peuples du Nord,
e ) chez,
> M. Pringle
en Danemarck,
en Hongrie,
> en Hollande,
de T'Allemagne,
Ruffie & dans une partie
> en
eft devenu plus
c'eft que l'air. qui y règne
l'écoulement des eaux (je prie
> falubre par de fe fouvenir de cette phrafe
> le Lecteur
s'eft bien fouvenu), par
> dont M. Pringle
&
les faignées
des terres, par
> le défrichement dans les pays où ils étoient
> faites aux marais
de P'Archiceft que le goût
> communs;
chez les Nations,
> tedlure s'étant répandu été mieux clioifie,
des maijons a
> la pefition
été plus aérés & plus
ont
> les appartemens
la manière de viyre eff
fecs, def qu'enfn
communément de
> changée : on ufe plus
qui font
non fpiritueufes
> Sgunrifmenies aliment & remède. > Plus bas:
tout-à-la fois
doivent auffi être rangées
villes
< Lesgrandes
de l'air
les lieux où la température
> parmi
hiver, à difpofer au fcorbut
> eft très-propre en
dans des
bas
fur - tout qui loge
> le
peuple
à peine,
chambres bafesoi la lumière pénètre
>
de mauvais alimens, & qui ne
> qui n'a que
boiffon. >
peut fe procurer du vin pour
tout-à-la fois
doivent auffi être rangées
villes
< Lesgrandes
de l'air
les lieux où la température
> parmi
hiver, à difpofer au fcorbut
> eft très-propre en
dans des
bas
fur - tout qui loge
> le
peuple
à peine,
chambres bafesoi la lumière pénètre
>
de mauvais alimens, & qui ne
> qui n'a que
boiffon. >
peut fe procurer du vin pour --- Page 279 ---
de M. Pringle,
On voit ici conformité d'idées, de
& prefque d'expreffions. J'invite principes
à relire ce quej je viens de citer le Lecteur
ment des terres, fur la
fur le défriches
pofition &
ment des maifons, & il
l'embellifferéflexion de M.
y retrouvera cette
Pringle: ( Permettez - moi,
Meflieurs, de
remarquer en paffant
progrès de
que lese
tagriculture, - du jardinage e des C
autres arts delavie,e en étendant leur influence
jufqu'aux parties les plus éloignées de l'Eu- C
rope Bejulqu'au plus bas peuple,
a
à diminuer
commencent C
dans les climats fenfiblemene cette maladie; même C
ot elle étoit jadis
répandue. >
plus <
M. Pringle: ( On a affuré que les hommes
qui vivent fur lescôtesde la mer,
fcorbutiques, fans
deviennent (
mais je n'en ai manger de viandes falées; C
excepté dans
jamais connu d'exemple, &
ceux qui refpirvient un air ma- C
ricageux ou putride ( I ce que j'avois
comme on l'a vu plus haut ), d'ailleurs dit, C
nefaijoient point d'exereice
quis
trop grande inaction
(j'avois dit : las
du
eft une caufe auxiliaire <
fcorbut ) & ne mangeoient ni fruits ni
légumes frais ; car alors les humeurs
C
fe C
R ij --- Page 280 ---
260 Olfervations fur le Difcours
de la même manière, mais non
> corrompent
celles des Gens
> pas au même degré que
de mer. >
extrait fidèle de
Tout cela eft encore un
mille endroits de mon Traité: par- tout j'ai
recommandé Vexercice, les fruits, les ligumes
& j'ai défendu les
frais, les ligueursfemmentées,
les
falaifons: j'ai dit qu'on pouvoit vivre fur
deyenir
J'ai
côtes de la mer fans
fcorbutique.
démontré dans mon Ouvrage, dans deux
après, Putilité, la néceflité
Mémoires publiés
même du régime végétal fur mer.
M.Pringle: C Ainfi dans la dernière guerre,
le château de Sifinghuft, au comté
> lorfque
François,
> de Kent, fut rempli de prifonniers
fcorbut fe manifefta parmi eux, quoiqu'on
> le
eût
fervi de viandes falées en
> ne leur
pas
-
on leur donnoit chaque jour
> Angleterre; viande fraiche &x du pain, mais fans
> de la
ou fans
Outre le manque
> légumes
végétaux.
du.
on obferva que les cours
> de légumes,
les
étoient fales & trop pleines,
> Château humides à caufe du foffé qui les
>) chambres
accordé aux
> environnoit, & que l'efpace
l'air, étoit fi petit
> prifonniers pour prendre
donnoit chaque jour
> Angleterre; viande fraiche &x du pain, mais fans
> de la
ou fans
Outre le manque
> légumes
végétaux.
du.
on obferva que les cours
> de légumes,
les
étoient fales & trop pleines,
> Château humides à caufe du foffé qui les
>) chambres
accordé aux
> environnoit, & que l'efpace
l'air, étoit fi petit
> prifonniers pour prendre --- Page 281 ---
de M. Pringle.
& fi bourbeux dans les
26r
temps de
gu'ils fortoient rarement,
pluie,
fentations du
D'après les repré. C
donner
Chirurgien I 2 on permit de K
aux prifonniers des racines & des <
légumes, & de placer les malades dans
village voifin & fur un terrein
un (
pouvoient
fec, où ilssc
prendre l'air & marcher; à
de ces remèdes, ils recouvrèrent
l'aide.
tement Ia fanté, Le même
tous promp- C
prit en outre que, dans les Chirurgien m'ap- C
baffes & les plus humides parties les plus C
vivoient
de ce Comté oit C
quelques hommes de fa
on voyoit de
profeffion,
affecdtions
temps en temps de petites.
feorbutiques chez le bas.
& fur - tout chez ceux
peuple,
T'hiver de Iard falé, fans qui vivoient tout CC
fanslégumes & fans autres liqueurs fermentées, <
fruits que
pommes. >) Ce
quelques <
qu'il y a de fingulier, c'eft
j'avois auffi dans mon
que
exemple femblable à Ouvrage rapporté UI
vient
celui que M. Pringle
d'expofer à nos yeux.
G Pendant les derniers
Oaylit.pugrjer
mois du
de
par les Suédois, il tomba
fiége Thorn
& quoique le défaut de beaucoyp de pluie *.C
végétaux
a dit le manque )
(M. Pringle C
puiffe étre compté dans <
R ifj --- Page 282 ---
fur le Difcours
262 Olfervations
une des caufes principales qui
> ce Cas, pour fcorbut
les foldats de
> firent naître le
parmi
& les habitans, on ne peut
> la garnifon
eut Thumidité à
la part qu'y
> méconnoitre
expofes. Si auffitôt après la
> laquelle ils furent
l'entrée des végétaux
> capitulation, & dès que
tarda
à
fut libre, le fcorbut 12
pas
> récens y
ceffation fut autant dûe à la
> dhifpareiure, fa
les foldats & les habitans
2 faculté qu'eurent
fecs e chauds,
retirer dans des endroits
> defe
végétale qui leur fut procurée. >
qilala nourriture
le
Plus loin : K La violence avec laquelle
Impériale en Hongrie
> fcorbut travageal'arméclr
être attribuée
> près de Cronftat, ne peut dans le camp, tant
thumiditéqui régnoit
> qui'à
continuelles qui tombèrent,
> à caufe des plies
des marais
du voifnage des étangs,
> qu'à caufe
& des forêts dont
> dont le pays ept rempli,
à l'air
eft couvert, qui ne permettent pas
> il
affez loin les vapeurs aqueufes
> de difperfer
dont il fe charge. D Aux pages ge.gz0g3
feroit à fouhaiter que l'on ne couchât pas
e I
ni dans les rez de-chauffée,
> dans les fouterrains
Onnefauroitt trop
font thumides
> lorfqu'ils
de s'abitenir d'un long ufage
> recommander
êts dont
> dont le pays ept rempli,
à l'air
eft couvert, qui ne permettent pas
> il
affez loin les vapeurs aqueufes
> de difperfer
dont il fe charge. D Aux pages ge.gz0g3
feroit à fouhaiter que l'on ne couchât pas
e I
ni dans les rez de-chauffée,
> dans les fouterrains
Onnefauroitt trop
font thumides
> lorfqu'ils
de s'abitenir d'un long ufage
> recommander --- Page 283 ---
de M. Pringle:
263:
de viandes falées er
funées... e tout ce que C
je viens de dire, peut s'appliquer aux
Jonnes qui habitent des endroits
pér- (
maricageux,
couverts de bois er remplis
détangs, erc. C
Elles doivent loger dans des
Élevés, aèrés
appaitemens C
drfees, ér fe nourrir d'alimens C:
frais e de liqueurs bien farmentées; mais fi c:
toutes les précautions que
roiffent
j'indique, pa- &
infuffifantes, on a un moyen prefque C
fûr qu'on peut toujours fe
procurer fur C
terre: c'eft celui de : changer
d'habitation. CI
On peut aller dans un pays
plus fec, plus <
élevé, plus Jain, oit les cmufes pridifrofantes c
du fcorbut n'exiflent
prefque jamais : c'eft C
ainfi que les Anglois attaqués de cette ce:
maladie, quittent leur ile pour venir habiter tC
les provinces méridionales de France oi il C
pleut rarement, & où par conféquent les (
marais, 3 les étangs er les brouillards
moins.
fent <:
fréquens. >
M. Pringle : < Je fuis perfuadé
minant les
qu'en exadifférens anti - fcorbutiques qui C
ont été approuvés & adoptés
dernièrement, <
on trouvera que, quoiqu'ils puiffent varier C
dans la manière d'opérer, ils contribuent 6
R iv --- Page 284 ---
Obfervations fur le Difcours
tous à corriger ou prévenir la
S cependant
foit de l'air dans les parties du
> putréfadion,
fermées, foit des viandes,
> Vaiffeau les plus
des lits & du
> foit de Peau, des vêtemens,
lui-méme. L'examen des principaux
> corps
& des autres moyens em-
> anti-fcorbutiques,
Cook, a donné
> ployés par le Capitaine
&
un nouveau poids à cette idée,
> peut-étre raifon de
de méditer fur ces
> ce fera une
plus
branche
7 afin de perfedtionner cette
> principes,
importante de la Médecine. >
idées,on les trouve
Cette idée, ou plutôtcesi
de mon Traité fur Ies Maladies
à chaque page
& dans les Mémoires qui
des Gens de mer,
l'ont fuivi. Ci-devant, page 123, j'ai
voit
les
de
C
dit : On
que
anti-feptiques, font des
que nous les tirions,
> quelque part
pour,
>
Joit
mayens indiqués, pour prévenir.foit
le
; & qu'au contraire, tout ce
> guérir frorbut
de
ér hâterla putrifaction
> qui peutfmonfer doit être écarté & profcrit
> nos humeurs,
but
l'on fe
> comme très - oppofé au
que
d'atteindre. > Page 410 de mon
propofe
également parlé des moyens qui
Traité, j'avois
eontribuent à corriger ou prévenir la puréfabtien
indiqués, pour prévenir.foit
le
; & qu'au contraire, tout ce
> guérir frorbut
de
ér hâterla putrifaction
> qui peutfmonfer doit être écarté & profcrit
> nos humeurs,
but
l'on fe
> comme très - oppofé au
que
d'atteindre. > Page 410 de mon
propofe
également parlé des moyens qui
Traité, j'avois
eontribuent à corriger ou prévenir la puréfabtien --- Page 285 ---
de M. Pringle.
de Tairdans les parties du
mées;
Vailean les plus fer
page 448 delaprepret édu Vaifeau erde
rEquipage; page 457 de la nauriture,
455 & 456, des lits, des) hamacs, des
pages
enfin de leau, depuis la
vêtemens;
page 475 jufqu'à la
page 481. La phrafe de M. Pringle n'eft
donc que le fommaire de tous ces articles
j'ai difcutés avec foin.
que
M. Pringle : ( Le Capitaine Cook
mence par la drêche fa lifte des
comil dit qu'il en faifoit un mout provifions : C
en
doux & qu'il C
donnoità ceux quiavoient des
manifefles de fcorbut & à
fymptômes C
foient le plus
ceux quiy paroif- C
fujets : il le préfère à Ia bière, C
& le regarde comme un des meilleurs
fcorbutiques
anti- C
que la Médecine ait encore C
trouvé. >
D'abord la vertu de Ia dréche étoit
depuis
connue
long-temps. Macbride en a fait
en beaucoup d'endroits
l'cloge
ici
; ainfi M. Cook n'a
que le mérite d'avoir fuivi un confeil
peut être très-bon. Je n'ai eu garde d'oublier qui
la drêche dans mes Ouvrages fur les maladies
des Gens de mer; mais j'ai été, & je fuis, d'un
avis un peu oppofé à ceux de Macbride & de
che étoit
depuis
connue
long-temps. Macbride en a fait
en beaucoup d'endroits
l'cloge
ici
; ainfi M. Cook n'a
que le mérite d'avoir fuivi un confeil
peut être très-bon. Je n'ai eu garde d'oublier qui
la drêche dans mes Ouvrages fur les maladies
des Gens de mer; mais j'ai été, & je fuis, d'un
avis un peu oppofé à ceux de Macbride & de --- Page 286 ---
Jur le Difcours
266 Obfervations
M. Cook. J'ai prouvé ou effayé de prouver
eft des cas où la drêche n'eft pas auffi
qu'il
Je prie
bonne que la bière aux fcorbutiques.
de
mes raifons ; je vais lui
le leéteur
pefer
dans un
rappeler ce que j'ai dit à ce fujet,
de mes Mémoires.
tenace
amidonnée & Ia partie
( La partie
de deux fermentafufceptibles
> des farineux,
dans
tions différentes, nous mettent encore
>
à titre d'anti-
> le cas de prononcer pourquoi, de beaucoup
les végétaux méritent
> feptiques,
ceuxfur les farineux, quoique
> la préférence
nourriffans que
> ci foient infiniment plus
font fou-
&
les farineux
> ceux-là; pourquoi
infuffifans pour remédier à l'acrimonie
> vent
à certain degré ; à
> putride une fois portée
viens
moins
ne leur allie, comme je
>
qu'on
de matière
5 de le dire, une certaine quantité le fucre
acefcente, telle que le miel,
> végétale
fraiches en conferve,
> ou quelques plantes
le chou, r'ail,
> telle que l'ofeille, l'oignon,
Iefquels
> & même le piment ou poivre-long,
fe
convenablement, peuvent
> étant préparés
&
affez
à la mer, remplir,
> garder
fong-temps
a étant réunis aux farineux, la doubleintention
--- Page 287 ---
de M. Pringle.
de guérir le fcorbut & (
que l'on fe propofe,
en auront C
de rétablir les forces de ceux qui
la drêche, quelque <
été attaqués; ce que
qu'im- C
fraiche qu'elle foit, ne peut opérer
qu'elle n'a pu; par fa C
parfitement, , parce
de corps C
acquérir la quantité
préparation,
pour reffembler C
favonneux qui lui manque,
employés C
frais, & que les grains
aux végétaux
la germination une C
à Ia faire ayant perdu par
leur C
de leur principe igné, il ne peut
partie
reffemblance avec les légumes C
refter d'autre
la farine d'orge <
frais, que la propriété que
de pouvoir (
acquiert par cette préparation,
& de (
fermenter promptement comme eux,
de facilité; ce qui peut (
fe digérer avec plus
dans certaines ma- C
être de quelque avantage
dans le C
ladies, mais qui n'en fauroit être un
c
traitement du fcorbut, qu'autant qu'on vouà la drêche du miel de bonne C
dra joindre
ce qui en for- C
qualité ou de Ia caffonade;
d'antant C
mera un aliment doux, favonneux, & le C
la caffonade
plus anti-i feptiques, que
de
K
miel contenant plus d'air fixe ou principe
à Ia confedion du corps mu- C
igné employé
en totalité, <
queux qui les conftitue prefque
but, qu'autant qu'on vouà la drêche du miel de bonne C
dra joindre
ce qui en for- C
qualité ou de Ia caffonade;
d'antant C
mera un aliment doux, favonneux, & le C
la caffonade
plus anti-i feptiques, que
de
K
miel contenant plus d'air fixe ou principe
à Ia confedion du corps mu- C
igné employé
en totalité, <
queux qui les conftitue prefque --- Page 288 ---
268 Obfervations Jur le Difcours
à la
> ces fubftances ne peuvent qu'ajouter
des farineux & les
> propriété anti-putride
de l'efficacité des végétaux frais;
> rapprocher
Macbride n'a
5 d'où l'on peut conclure que
eu raifon de tirer de la promptitude avec
> pas
de
> laquelle la drêche fermente, une preuve
efficacité dans le fcorbut. II me paroit
> fon
fait affez d'attention à
> d'ailleurs n'avoir pas
d'air
fournit, & n'avoir
> la quantité
qu'elle
du
favonneux
> pas tenu compte
principe
dans les
récens, principe
> contenu
végétaux
on ne fauroit expliquer la difpa-
> fans lequel
dérivent
> rition des accidens du fcorbut, qui
& de la vifcofité de la
> de l'épaififement
ces fucs favonneux combattent
> lymphe que
avec efficacité. > On voit que ce n'eft pas
fans raifon que j'ai rejeté Ia drêche dans cerl'admettre dans d'autres.
tains cas, pour
M. Pringle: ( L'air fixe, fi: falutaire à l'éco-
> nomie animale, eft en plus ou moins grande
dans toutes les liqueurs en fermen-
> quantité
dès
> tation, & il s'oppofe à la putréfadtion
> que Ie travail ou le mouvement intérieur
commence. >
Cohodlgleaseufigeseder principeque --- Page 289 ---
de M. Pringle,
tôt, c'eft le même
CORtERLOLUE
J'avois
principe autrement préfenté:
dit : (C La pourriture ne
fubflances d'où
s'empare des
nous voyons
s'échapper beaucoup
(pontanément C
par cette émanation, d'air, que parce que, (C
le fuide
fe trouve plus alors dans la cenfervateur ne (
quife
proportion re- C
pour empécher la dafptrtion ou
lincohérence des autres
plutôt C
dans la
principes qui entrent (C
compofition de ces fubflances, d'oà
l'on pourroit conclure
C
les
que l'art de coferver C
corps vivans, ce qui eft notre but,
confifteroit qu'à
ne (C
favoiry entretenir une guan- (
titéfuffante de matière de
favoir
feu, ou plutôt à C
fournir à cette matière des affociés
presà l'enchaîner, à fixer autant
pro- (
cet être
qu'il lefaut, (
prefque incoércible. II y a grande C
apparence que nous ne trouverions
dans ces fubflances
que cela (
que nous reconnoiffons <
pour anti-feptiques à un
M.
degré éminent. >
Pringle: C L'air fixeabonde dans
& iln'y a peut-être
de
slevin,
qui en foit plus
pas fubftance végétale (C
&
remplie que le jus de raifin; R
comme le vin a un goût
le mettre au
agréable, il faut ec
premier rang parmi les anti- (
ne trouverions
dans ces fubflances
que cela (
que nous reconnoiffons <
pour anti-feptiques à un
M.
degré éminent. >
Pringle: C L'air fixeabonde dans
& iln'y a peut-être
de
slevin,
qui en foit plus
pas fubftance végétale (C
&
remplie que le jus de raifin; R
comme le vin a un goût
le mettre au
agréable, il faut ec
premier rang parmi les anti- ( --- Page 290 ---
Obfervations far le Difcours
Le cidre & les autres produc-
> fcorbutiques.
tions vineufes
tire des fruits, font
>
qu'on
bonnes, ainfi que les différentes
> également
de bière. II Ieft à defirer que Ia petite
> efpèces
fe renouvelle
> bière, cet excellent breuvage,
en mer.>
de mon Traité Ies
On lit à chaque page
mêmes chofes, fouvent les mêmes expreflions.
Etideftus.pegeze-: : Ilferoite effentielqu'on
outre les objets de confommaC embarquat,
tant
les malades que pour les con-
> tion,
pour
& même les Matelots en fanté, une
> valefcens,
certaine
éde ftc de raifin bien cuit. C'efa
>
quantité
fauexcellent
dont je ne
D un
anti-fcorbutique
rois affez recommander Taprovifionnement >
: C L'ufage du vin produit de bons
le rendre plus actif &
> efets. On peut
. plus
à s'oppofer au fcorbut, en y faifant
> propre
de
2 infufer une certaine quantité
quinquina:
écorce eft le meilleur des anti-fcorbu-
> cette
boutiques. > Page 1010102:0 Quelques
teilles de vin diftribuées à propos, une plus
>
quantité de légumes, &c. ferviroient
D grande
bien à éloigner la difpoli-
> admirablement
tion que les Matelots auroient au fcorbut. > --- Page 291 ---
de M. Pringle.
C Les mauvais alimens dont
271)
les
font ufage, étant une caufe auxiliaire Matelots
l'énergie eft tres-grande, rien
dont (C
utile que d'en changer la
ne feroit plus (
alors Z172 excellent
qualité. Le vin efl C
dans
antidote; on doit en donner (
ce cas aux Matelots : cefh un
2172 tonique, 2172 anti-forbutique refaurant,
merveilleux. P
Poge 141: ( Je recommande les
citrons, les pommes, les
oranges, les
vinette, les fucs de
grofeilles, l'épine- (
ces fmits,fie en nature, (C
Joit épaifis & édulcorés avec le fucre, le moit
des vin cuit, le cidre,le vin, la bière,
(
très-acidule & édulcoré
le punch (
fucre.
avec le miel ou le C
> Plus loin : ( On donnera à
malade, par repas, un demi-fetier de chaque
vin, foit fimple, foit compofé
bon (
ou une demi-I bouteille
avecles amers, (C
de bière.
du cidre,
L'ujage (
fur-tout, fera excellent dans
momens. >
ces
J'aidit: Alors, dansce cas, dansces
dans ces cinconflanees,
momens,
dans le fcorbut
parce que je diflingue
fait varier
trois périodes; c'eft ce qui m'a
les alimens & les boiffons
le changement de période. M.
fuivant
cru devoir me fuivre dans
Pringle n'a pas
ces difinclions, &
bière.
du cidre,
L'ujage (
fur-tout, fera excellent dans
momens. >
ces
J'aidit: Alors, dansce cas, dansces
dans ces cinconflanees,
momens,
dans le fcorbut
parce que je diflingue
fait varier
trois périodes; c'eft ce qui m'a
les alimens & les boiffons
le changement de période. M.
fuivant
cru devoir me fuivre dans
Pringle n'a pas
ces difinclions, & --- Page 292 ---
272 Otfervations Jur le Difcours
fans doute il a penfé qu'une fimple analyfe
n'avoit pas befoin de tant de précifion. Page
482,ai dit encore : Ce Levin e/l très-favorable
> aux Matelots, ainfi que les autres liqueurs
> fermentées, telles que la bière, le cidre, erc.
> Le vin fur-tout eft un flomachique d'un ufage
> néceffaire à des gens qui fe nourriffent d'ali-
> mens groffiers, qui vivent fur un élément
> humide. Mais ce n'eft pas affez que le vin ne
> foit pas gâté, il faut encore qu'il foit un. peu
tel
exemple, le vin de
> vigoureux, qu'eft, par
> Bordeaux. Page I 03 : Les fucs de grofeille,
> de citron, d'orange, e ceux des autresfruits
> aigrelets, épailis au bain-marie, ér confervés
> dans des bouteilles exadtement bouchies.Iomt
> de lap plus grande utilité pour, prévenirle fcorbut.
> On pourroit en faire prendre à tout l'Équi-
> page une cuillerée le matin dans 2472 verre de
> vin ou de bière. Et plus loin : Le cidre cr la
> bière fome de bons anti-feorbutiques; lapremière
> de ces boiffons fur- tout, a toujours produit
dans cetie maladie;d'oi l'on
> d'excellens efets
> doit conclure qu'on ne fauroit trop recom-
> mander aux Capitaines d'en faire embarquer
La bière bienfaite,
> une quantité convenable.
chargée --- Page 293 ---
de M. Pringle,
chargée de houblon, eft une
mentée qui fortifie,
liqueur fer- C
qui nourrit, & qui, en C
même - temps, contient des principes trèspropres à prévenir le fcorbut érale combattre. C
C On' pourroit encore faire
>
bière
une efpèce de
particulière & très-falutaire aux
de mer, en faifant infufer dans la
Gens C
du grain dont elle eft compofée, décoction C
tité convenable de
une quan- C
quinquina ou
& en y laiffant Ces fubftances dans d'abfinthe, le
de fa fermentation. On
temps C
vertu
connoît trop Ia C
anti-feptique & flomachique de ces C
ingrédiens, pour ne pas fentir
d'une pareille addition.
toutlavantage C
>
M. Pringle s'étend beaucoup fur la
duguas des
fabrique
Ruffes,quin'ed autre chofequ'une
liqueur mitoyenne entre le moût & la petite
bière; ce qu'iln'a fait, peut-étre, qu'à l'imitation de ce qu'on vient de lire fur
bière
l'efpèce de
que je propofe. ( II femble,
dans la fabrique
dit-il, que
accroît la
decequas, la farine de feigle <
fermentation & ajoute
fixe, puifque la dréche feule
plus d'air C
produire fitôt
ne pourroit pas <
une liqueur auffi acide & auffi C
vive, & il eft probable
que lorfqu'on <
S
'imitation de ce qu'on vient de lire fur
bière
l'efpèce de
que je propofe. ( II femble,
dans la fabrique
dit-il, que
accroît la
decequas, la farine de feigle <
fermentation & ajoute
fixe, puifque la dréche feule
plus d'air C
produire fitôt
ne pourroit pas <
une liqueur auffi acide & auffi C
vive, & il eft probable
que lorfqu'on <
S --- Page 294 ---
Olfervations faur le Difcours
> donnera aux autres grains un degré conve-
> nable de fermentation, ils acquerront plus
ou moins la même qualité. > Ce n'eft encore
Ià qu'une conféquence de ce que j'ai écrit
ci- deffus, pages II 6, 117, 118 e168,
fur la fermentation des grains. II faudroit raples quatre pages entières. A Ia dernière
porter on lit: C On ne doit pas être étonné de voir
> le fcorbut céder au feul régime des végétaux
de tous les alimens ii n'en eft
> frais, pnifque
ér qui
> aucun qui fermente plus promptement
>fourniffe plus d'air, & par confèquent plus de
du feu
entre dans fa compofi-
> matière
qui
tion, &c. >
M. Pringle : C D'après ce que m'a dit un
> Officierde Marine, ami du Capitaine Cook,
> je penfe du moins que l'avoine produiroit
> cet effet. Cet Officier croifant fur un grand
au, commencement de la dernière
> Vaiffeau,
> guerre, & le fcorbut fe manifeftant parmi
> lEquipage, il fongeià une efpèce de nour-
> riture dont il avoit vu faire ufage dans
&iljugea
> quelques campagnes d'Angleterre,
feroit très-utile. On remplit de
> qu'elle lui
> gruau d'avoine LiI vafe de bois; on y verle --- Page 295 ---
de M. Pringle.
de l'eau chaude, & l'infufion
(
qu'à ce que la liqueur
continue juf <
commence à devenir <
aigrelette; On tire enfuite de l'eau du
de bois, & on la fait cuire
vafe ce
tance d'une
jufqu'à la confif. c
gelée. Il prépara du
de
cette manière, & il en fit fervir gruau
C
chambrées. Iladoucit
dans les <
& il ajouta un
de dabordaveedufucre, C
peu
vin de France.
affuré qu'en prenant de ce
Ilm'a C
nant de viandes
gruau & s'abfte- C
falées 2 fes
guérirent tous fans fortir du fcorbutiques C
cet expédient lui réuffit dans Vailfemu; que C
dans toutes fes
re voyage & C
autres campagnes durant la (
guerre, & qu'il ne fut obligé
aucun de fes malades à
d'envoyer C
cela n'eft
terre. > Rien de tout
difficile à croire, J'ai dit en
fix endroits
cinq Ou
beaucoup de bien de ce
parce que j'avois auffi l'expérience
gruau,
I eft vrai que je n'ai
pour moi.
de le faire. Je
pas donné la manière
m'étois contenté de
bons efets fur la
vanerfes
de
Thngian.fel CEliphant,8
rapporter, ci- devant page 22 6 de mon
Mémoire, qu'un
la mer avec
Chirurgien avoit nourri à
fuccès, un
avec
le
fcorbutique
gruau, le riz & le
Lorge,
fagou. ( Voald a vu,
S ij
que je n'ai
pour moi.
de le faire. Je
pas donné la manière
m'étois contenté de
bons efets fur la
vanerfes
de
Thngian.fel CEliphant,8
rapporter, ci- devant page 22 6 de mon
Mémoire, qu'un
la mer avec
Chirurgien avoit nourri à
fuccès, un
avec
le
fcorbutique
gruau, le riz & le
Lorge,
fagou. ( Voald a vu,
S ij --- Page 296 ---
Obfervations fur le Difcours
de très-bons efets dans lo
> ai-je ajouté,
d'une nourriture préparée avec le gruau
feordut.
N'eft-ce pas à la vie fobre des
> er le fucre.
à la privation des viandes
> anciens Romains,
qui n'étoient pas en ufage parmi eux,
> falles
confommation qu'ils faifoient
> & à la grande
l'on doit
de
& de vinaigre, que
>
végétaux l'abfence du fcorbut dans leurs
> attribuer
reftèrent en quartier
> Légions tant qu'elles
maréla Pannonie & dans Ies endroits
> dans
> Plus haut j'avois dit,
cageux des Gaules!
de la bouillie dorge, d'avoine e 22
qu'avec
les
de choux-crodtes, on pouvoit préferver
peu
des ravages du fcorbut. On a vu
Equipages
&
d'ailleurs que fur YAchille, 3 le Zéphir,
d'autres Vaiffeaux, lesfcarbuiguesont
beaucoup
les moyens que j'ai indiqués,
été gubris, par
fans aller à terre.
connût, dit M. Pringle,
C Avant qu'on
la
de l'air fixe contre
putré-
> la puiffance attribuoit la vertu des fruits,
> faction, on
fermentées, à
> des légumes & des liqueurs
lieu
> leur acide, & nous avons toujours
l'acide contribue à produire
> de croire que
enfuite à ceux qui
cet effet >. II répond --- Page 297 ---
de M. Pringle.
prétendentqu'on: des
a fait ufage avec peu de fuccès
acides minéraux qui contiennent
point d'air fixe. II explique
peu ou
de vitriol combat
pourquoi l'Elixir
&
peu efficacement le fcorbut,
propofe l'eau acidulée avec
de
de mer, dans la
l'efprit
fel
feulement
proportion de dix gouttes
l'efprit foible pour une quarte, ou avec de
de vitriol dans la
de treize gouttes pour la méme proportion
de donner à ceux qui font
mefure, &
menacés du fcorbat;
trois-quarts de cette liqueur
Dans mon Traité des
par jour.
de mer,
Maladies des Gens
j'avois auffi donné la manière
tirer parti du vitrial er des acidos
de
Pagerzo 0. de mon
minéraux:
Ouvrage,onlit:e
Auteurs
Plufieurs
qui ont préfumé que le limon, C
l'orange é les autres fruits aigrelsts
Joient at vice
s'oppo- c
fcorbutique par leur acidité,
cru qu'on pouvoit
ont C
ces fubflances
par analogie, fubftituer à C
falutaires, des acides
concentrés,
qui étant C
dofe,
pourroient dans une petite C
communiquer une agréable acidité
une très-grande
à (
que P'Elixir de quantité de boiffon, tel c
vitriol, tant recommandé en C
Angleterre. Si ce moyen avoit
pu remplir ce
S itj
fcorbutique par leur acidité,
cru qu'on pouvoit
ont C
ces fubflances
par analogie, fubftituer à C
falutaires, des acides
concentrés,
qui étant C
dofe,
pourroient dans une petite C
communiquer une agréable acidité
une très-grande
à (
que P'Elixir de quantité de boiffon, tel c
vitriol, tant recommandé en C
Angleterre. Si ce moyen avoit
pu remplir ce
S itj --- Page 298 ---
Olfervations fur le Difcours
lequel on lavoit propofé, il
2 T'objet pour
avantageux, qu'une
>auroit été d'autant plus acide minéral auroit
de cet
> très-petite portion
nomdu fcorbut 1112 Equipage
> fuffi pour guérir. loin
les différentes
> breux. Mais bienque
qu'on a faites, aient prouvé qu'il
> expériences de détruire cette maladie, on a
>> eût la vertu
qu'elle
> eu même occafion de remarquer
manifeftée chez des perfonnes qui,
> s'étoit
affez long, faifoient nfage
> dépuis un temps
d'où l'on peut con-
> de ce faux préfervatif: fon anion avec la partie
c'eft de
> clure que
des fruits, que lacide
2 muqueufe d luileufe
contre
contiennent, tire fon eficacité
> quils
convenir que
II faut cependant
> le Jcorbut.
doit
être entié.
> c'eft un remède qui ne
pas
avéc.
On peut l'empleyer
> rement profcrit.
la
combattre, 12012 pas caufe.
> Juecis pour
faninoncent
mais
du fcorbut qui
>
lesfimptômes bouche. IL arrête T'hémorragie des
> dans la
il fuffit alors de
> gencives & les raffermit:
on
Si cependant
> l'employer en gargari@mes.
on
rien' de mieux en fa difpofition,
> n'avoit
recours. Mais en ce cas
> pourroit y avoir
danis
il faudroit, au lieu de le faire prendre
p --- Page 299 ---
de M. Pringle.
un véhicule purement aqueux, le joindre aux C
alimens mucilagineux dont on nourrit com- C
munément les Matelots. Par
exemple, après C
l'avoir uni à une fuffifante
quantité de C
fucre, &en avoir formé une
de
efpèce corps C
favonneux, on l'incorporeroit exadlement C
avec les pois, les haricots, le riz &x les (
autres légumes que mangent les Matelots. >
A la page 146: C Tant que les efprits de
vitriol, de Jel, de nitre, dulcifiés, ne
feront C
unis à aucun corps qui puiffe lier & enve- <
lopper l'acide, le neutralifer pour ainfi dire K
avec une fubftance graffe, ils
produiront tare- C
ment de bons effets >. M. Pringle n'eft donc
pas le premier qui ait dit que l'acidité des
fruits, des ligunes er des liqueurs farmentées,
contribuoit à écaner la putrifadlinn; ni qui ait
cambattu le premier le peu d'oficacité de l'Elixir
de vitriol quand il efa Jeul; ni enfin qui ait
propefe le premier de le rendre eficace.
M. Pringle : C Si l'air fixe & les acides font
de fi bons préfervatifs contre le
fcorbut, C
pourquoi le Capitaine Cook a-t il employé a
ff peu de rob de limons &
c'eft ainfi
d'oranges! car a
qu'on a appelé les extraits, ou les <
S iv
le peu d'oficacité de l'Elixir
de vitriol quand il efa Jeul; ni enfin qui ait
propefe le premier de le rendre eficace.
M. Pringle : C Si l'air fixe & les acides font
de fi bons préfervatifs contre le
fcorbut, C
pourquoi le Capitaine Cook a-t il employé a
ff peu de rob de limons &
c'eft ainfi
d'oranges! car a
qu'on a appelé les extraits, ou les <
S iv --- Page 300 ---
Jur le Difcours
280 Obfervations
de ces fruits en traitant cette
> fucs épaiffis
maladie. > II en donne la raifon enfuite :
ne doit donc pas s'étonner que le CaC On
la dofe
Cook ne connoiffant pas
> pitaine
& les
vu mande ces jus,
ayant
> convenable
foible
dans tous les effais, ait conçu une
> quer
II eft à propos
> idée de ces anti-fcorbutiques.
été
comme ils avoient
> de remarquer que,
à un très-petit volume par l'évapora-
> réduits
les avoit vrai-
> tion fur le feu, ce procédé
femblablement beaucoupaffoibilis, & qu'avec
>
ils avoient perdu
> Ieurs particules aqueufes,
aériennes, d'où dépend,
> de leurs particules
Ieur qualité anti-feptique.
> en grande partie,
de nouveau ces excel-
> Si donc on effayoit
lens fruits, il feroit plus à propos d'envoyer
>
en caiffes entières,
> à la mer les jus purifiés
il
ce
a été propofé à P'Amirauté,
> fuivant qui
de
années, par un Chirurgien
> y a quelques
Marine, très-habile & très-expérimenté.
> la
faveur des
falu-
> Les témoignages en
qualités
taires de ces acides, font en effet fi nombreux
>
s'il y avoit encore des
> & fi perfualifs, que,
à ceux
de leur peu de fuccès pareils
> exemples
encore cette
> de ce voyage, > je ne croirois pas --- Page 301 ---
de M. Pringle,
28r
raifon fuffifante pour les ôter de la lifle des C
meilleurs
anti-feorbutiques >.
Page 103 de mon Traité,Javois dit:, a Le
fuc de citrons, de
des
grefillia,d'oronges, er ceux C
autres fruits aigrelets épaifts aul bain- (
marie er confervés dans des bouteilles
mant bouchies, font de la plus
exacle- C
grande utilité C
pourprévenir rle feorbut. > Plus loin: C Lesavantages que l'on a tirés de leur Hfage dans les (
circonflances les plus critiques,
tout-à-la-fois
prouvent (
leficacité du fuc de limon ou C
dorange, er la nécefité d'en être
L'Amiral Charles
pourvu, (
Wager fitcefferle fcorbut <
qui affligeoit fon
Equipage, en donnant C
chaque jour à fes Matelots une
limons dont ils
caiffe de (
& dont ils
mangeoient avec profufion, <
mélangeoient le fuc avec de Ia C
biérequileurétoit diftribuée. > Plus bas:. Avec
quelle efeaciténat-on pas
battre le fcorbut,
employé, , pour com- c
quelques cuillerées de Juic de C
limons, prifes deux fois
peu de vin de
par jour avec un e
Malaga & d'eau's
N On confeillera donc
Page 146:
avec affurance,
le fcorbut commence à parvenir à fon troi- quand
fième degré,Jit les fruits, les citrons,
C
les C
urétoit diftribuée. > Plus bas:. Avec
quelle efeaciténat-on pas
battre le fcorbut,
employé, , pour com- c
quelques cuillerées de Juic de C
limons, prifes deux fois
peu de vin de
par jour avec un e
Malaga & d'eau's
N On confeillera donc
Page 146:
avec affurance,
le fcorbut commence à parvenir à fon troi- quand
fième degré,Jit les fruits, les citrons,
C
les C --- Page 302 ---
282 Olfervations fur le Difcours
leur fuc épaiffi, & cela à des
> oranges, , Joit
dofes relatives aux bons effets qu'ils produi-
>
de mon fecond Mémoire: :
ront. > Page 14
croifière devant
Ofborn, étant en
C L'Amiral
de relâcher à Vado,
> Cadix, fe vit forcé
fon
étoit ravagé par le
>
parce que
Équipage
jours de relâche,
> fcorbut. Après quelques
fe
d'embarquer une quantité con-
> il contenta
ér de citrons qu'il trouva
> fidérable d'oranges
dans cette ville. Malgré le temps, quifurtrès
>
les
parvinrent à ferta-
> rude, tous fcorbutiques
les Colonies
blir à bord. >> Page 61: C Dans
au fuc de raifin bien
> on pourroit fuppléer
de limons, doles robs de citrons,
> cuit, par
de
ou à leur défaut, par un mélange
> ranges,
& de fucre, auquel on join-
> crême de tartre
de réfine de gayac. > La
droit quelques grains
différence qu'on trouve ici entre M. Pringle
veut que l'on envoie en mer
& moi,eft qu'il
caiffe entière,
les jus purifiés de ces fruits, en
dans
& que je recommande de Ies y envoyer
des bouteilles exactement bouchées.
Le Capitaine Cook ne croit
M. Pringle:s
de vinaigre
> pas que de grandes provifions f'imagine
> foient aufli néceffaires qu'on --- Page 303 ---
de M. Pringle.
Quoiqu'il ait difribué, en C
communément. de la faurkrout ou choux- C
place de T'acide,
& employé C
dif@renteschambrées
crodtesaux
les ponts, C
le feu pour purifier
principalement
ne fe ferviront C
j'efpère que les Navigateurs afin d'omettre cet <
point de fon autorité du: moins un bon C
article. Le vinaigre fera
falées, & on (
affaifonnement pour les viandes
fuccès, C
l'employer avec
peut quelquefois
des poftes des C
fur-tout dans Jes afperfions
Y'odeur en <
Matelots. II faut remarquer que
fanté, G
aux perfonaes en
eft peu agréable
malades, C.
l'eft corimunémentaux:
maisqu'elle
font entaffés dans un C
far-tout à ceux qui
lieu fale >.
Traité des Maladies des
VW Page 99 de mon
trèsGens de mer ,j'ai dit: c Une précaution C
encore ufer pour
utile dont on pourroit
tentre-pont CPair, feroit de parcourir
purifier
de chaxbons ardens, a
avec un fourneau rempli rien à craindre du C
fait de manière à n'avoir
d'un C
feu, & qui feroit toujours accompagné feroit des (
furveillant exact. Ce feu mobile
flations de diftance en difance; on jetteroit C
enflammés, quelques fubf- (
fur les charbons
Une précaution C
encore ufer pour
utile dont on pourroit
tentre-pont CPair, feroit de parcourir
purifier
de chaxbons ardens, a
avec un fourneau rempli rien à craindre du C
fait de manière à n'avoir
d'un C
feu, & qui feroit toujours accompagné feroit des (
furveillant exact. Ce feu mobile
flations de diftance en difance; on jetteroit C
enflammés, quelques fubf- (
fur les charbons --- Page 304 ---
284 Obfervations Jur le Difcours
réfineufes, telles que Ia réfine de pin,
> tances
commun, l'encens, & même une
> le benjoin
108:
de vinaigre, erc. Page
> petite quantité
> On peut conferver toutes ces fubflances (les
& les
) en les mari-
> choux confits
oignons
nant avec daflerdavinuign, érc. > Page II2:
C L'eficacité du vinaigre, lorfqu'il eff employé
ér mélangé fur-tout avec les
> convenablement,
> fubflances dont on fe nourrit, n'ef point équidans le traitement du
Mais il
>
feorbut.
voque
être com-
>s'en faut beaucoup qu'il puiffe
paré aux fucs des fruits dont j'ai parlé. >
Page 131: < Les cordiaux acidules, les
fermentées, comme la bière, le vin,
> liqueurs
> le vinaigre dans les alimens, erc. peuvent
D auffi trouver place dans la curation du fcorbut
parvenu à Jon premier degré >. Page 444:
( L'ufage des parfums a été fouvent recomT'air, & avec grande
D mandé pour purifier
> raifon. Les réfines brûlées, &c. les graines
> de genièvre, la défiagration de la poudre
> à canon 2 du foufre, les ofperfons de
vinaigre, peuvent être employés avec beaucoup
de fuccès, &c. >
M. Pringle recommande Ia Sour - Kraut --- Page 305 ---
de M. Pringle,
& les choux tant vantés par les Anciens.
En fept ou huit endroits, j'ai recommandé
l'une & ordonné les autres. Ci-deffus,
226 de mon Mémoire, j'ai prefcrit page
de la bouillie
d'avoine
Tulage
d'orge,
& la choucroiite. Page 14 de ce même Mémoire, j'avois
déjà dit: C Lorfque les Flottes
étoient réunies à celles des
Angloifes
Hollandois, & <
qu'elles croifoient de conferve dans la
Baltique, l'Amiral
mer C
Wager obferva que les a
Equipages Anglois avoient le fcorbut à un (
haut degré, tandis que cette maladie
à peine fenfible parmi les
étoit (
que cet Officier attribua Hollandois; ce (
avec raifan à quel G
ques repas de choux- croîte que les
landois donnoient de
Hol- C
temps à autre à leurs <
Equipages, & fur-tout à I'ufage de
quelques (
ceongegrboilnunditibete
221: Je defire qu'on accorde Cidevantipage
un Prix à celui
qui trouveroit le moyen de préparer
la
mer toute forte de légumes où fuffent pour
le chou, les oignons, l'ofeille, &c. de compris
que fans perdre leurs propriétés ils
façon
conferver le plus
puffent fe
long-temps poffible fans altération. Page I 03 de mon Traité, je demande
ufage de
quelques (
ceongegrboilnunditibete
221: Je defire qu'on accorde Cidevantipage
un Prix à celui
qui trouveroit le moyen de préparer
la
mer toute forte de légumes où fuffent pour
le chou, les oignons, l'ofeille, &c. de compris
que fans perdre leurs propriétés ils
façon
conferver le plus
puffent fe
long-temps poffible fans altération. Page I 03 de mon Traité, je demande --- Page 306 ---
Qbfervations Jur le Difcours
les choux confits avec 212
qu'on embarque Page 107 : C Si les Matelots
peu de vinaigre. font moins fujets au fcorbut que
> Hollandois
c'eft qu'ils
de la nation Angloife,
> ceux
scommunément des choux confits
> mangentplus
dans leurs foupes, foit
> er des eignons, foit
nourriffent. >
dans les ragoûts dont ils fe
le creffon, le raifort,
C Page ray.fordonne
&c. les choux. > Page 142:
la moutarde, choux faite avec du bouillon
C Une foupe aux
&c.
de viande fraiche, des oignons,
ferent
>
à emplayer contre le feorbut. >
d'excellens mayens Les chiux dans la
feront
(
fmrype
Page I 160:
des malades. lls
la nourriture
> quelquefois
de leur
retirer quelque foulagement
> pourrent
gfage, érc. >
célèbres MédeM. Pringle: ( Un des plus
de notre fiècle a dénoncé le chou comme
> cins
chofe de vénéneux. Cet Au-
> ayant quelque
de fondement,
> teur croyoit avec auffi peu
le chou étant une plante alkalefcente,
> que
conféquent à la putréfaction,
> & difpofée par
dans le
jamais être employé
> ne pouvoit
la maladie ne vint
> fcorbut, à moins que
acide. Mais les expériences dont j'ai
> d'un --- Page 307 ---
de M, Pringle,
préfenté autrefois le réfultat à la
Société, C
prouvent que ce végétal, ainfi que les
corps fuppofés alkalefcens, eft
autres C
acefcent, & le fcorbut
réellement C
d'acidité,
ne provient jamais (
mais plutôt d'une
de
faction où tendoit, à
elpèce putré- (
claffe mal fondée
ce qu'on croyoit, Ia C
des alkalefcens. >
J'avois déjà réfuté Boërhaave à ce fujet, &
tous ceux qui penfent comme lui.
Voyeq cidevant,page 2 00 de mon
haave
Mémoire: ( Boër.
en admettant 2472 fcorbut
fondu fous le même
acide, a con- C
maladies
nom générique, deux <
effentiellement différentes; Car Com- C
ment concevoir que le fcorbut puife être
par une naurriture acefcente,
produit C
ralement
lorfqu'ileft géné- (
prouvé par des faits que les plus rc
puiffans remèdes de cette maladie Jont tirés des (
vigétaux qui ont le plus
farineux, même les
dacidié,& que les (
la
plus groffiers, deviennent, (
par fermentation qui leur eft
corredtifs de la
propre, les (C
matières
putréfaétion qui s'empare des (
animales
ment
abandonnéesi leur mouve- C
fpontané! >
des exercices
Cidelfus,pages I 2:xQuand
pénibles accélèrent
du coeur & des artères, hâtent l'ofcillation (
la progreflion <
, même les
dacidié,& que les (
la
plus groffiers, deviennent, (
par fermentation qui leur eft
corredtifs de la
propre, les (C
matières
putréfaétion qui s'empare des (
animales
ment
abandonnéesi leur mouve- C
fpontané! >
des exercices
Cidelfus,pages I 2:xQuand
pénibles accélèrent
du coeur & des artères, hâtent l'ofcillation (
la progreflion < --- Page 308 ---
le Difcours'
288 : Obfervations fur
fa trufion & amènent
> du fang, augmentent
état d'alkacel
> par-la plus promptement
à la
ouL plutôt cette difpefiion
putri-
> lefcence, eft le dernier terme où tendent les
> dité,qui
les nourritures végitales,
> liqueurs animales,
deviennent- . elles pas
> tenaces é acefcentes, ne
indialors la feule efpèce d'alimens
> même
quée par la Nature! >3
M. Pringle : C Parmi les dernières provide mer qu'on a découvertes les plus
> fions
entendu
de la foupe
> falubres, chacun a
parler
& le Capitaine Cook en a tiré un
> portative,
durant fon expédition. Ce
> grand avantage
délivré de toute graiffe,
> bouilion concentré,
jeté
une Iongue évaporation,
> & ayant, par
de Ia viande, eft
> les parties les plus putrides colle, & dans
> réduit à la confiftance d'une
endroit fec il fe conferve plufieurs années
> un
&c. Puifque le
> comme les autres colles,
de
Cook obferve qu'au moyen
> Capitaine
mangeoit une
fon Équipage
> cette foupe,
n'en
quantité de légumes qu'ils
5 plus grande
d'ailleurs, on doit convenir
> auroient mangé
là. >
du moins elle a été anti-feptique par
que
recommandé
Page 4 62 de mon Traité,j'ai
l'ufage --- Page 309 ---
de M. Pringle,
Tufage d'un extrait de viandes
Anglois ufent avec fuccès, folides dont les
& qu'ils appellent
ponatille,foupe, ou foupe portative. J'ai fait
plus, j'ai donné les moyens de la rendre
Jalubre, &c'ef peut-être ainfi
plus
Cook l'a donnée à fon
quele Capitaine
dra, ai-je dit,
Equipage: : C Onprende mouton cinq parties de boeuf & une C
: on en coupera fa chair
petits morceaux, en feparant la
par C
pigneufement guon le
graife le plus C
OS de ces animaux & pourra : on écrafera les (
on fera bouillir le
en grande eau, à feu modéré,
tout C
que la viande foit réduite
jufqu'a ce C
cela, coujointement
en marmelade, & C
tité de fel & de
avec une fuffifante quan- (
plantes potagères, &c.
on paffera le bouillon chaud
Alors C
linge un peu ferré, & on le à travers un C
pour enfeparerla
laiffera rfroidir C
graife gui
première
ferafigie. Cette (
le bouillon opération faite, il faudra remettre (
dans la chaudière,
bien nettoyée, & on fera
qu'on aura (
T'humidité
évaporer peu-à-peu (
qui, étant jufqu'a ce qu'on ait un extrait C
refioidi, foit
extrait eft
tis-falide.m Cet (
fufceptible de différens affaifon-s
nemens. On peut y ajouter pendant la
C
T
ferafigie. Cette (
le bouillon opération faite, il faudra remettre (
dans la chaudière,
bien nettoyée, & on fera
qu'on aura (
T'humidité
évaporer peu-à-peu (
qui, étant jufqu'a ce qu'on ait un extrait C
refioidi, foit
extrait eft
tis-falide.m Cet (
fufceptible de différens affaifon-s
nemens. On peut y ajouter pendant la
C
T --- Page 310 ---
Obfervations Jur le Difcours
ébullition, outre les plantes pota5 première
de clou de girofle, de mufcade,
> geres, un peu
&c.
& un peu de poivre concaffc,
5 de'canelle,
doit recevoir par ces
> Le haut goût qu'il
fervir à le
tout-a-la-fois
5 additions > peut
agréable. Chaque
falutaire & plus
> rendre plus
fournit deux onces de parcille
5 livre de viande
de la faire en grand,
5 gelle. II ne s'agiroit que France où les boeufs
5 & dans les Provinces de
once
les moutons fontà bas prix. Chaque
5 &
fait dans l'inftant un bon
> de cette fubftance
d'ailleurs, salière
&c. Ccite gelée,
5 bouillon,
& le procédé par lequel
> très- difcilement,
de placer dans
offre.le moyen
> on T'obtient,
tout ce qu'une grande
> un très- petit efpace
renferme
de boeufs & de moutons
> quantité
nourricières. Sa confervation
5 de particules foins, &c. L'endroit le plus
> exige quelques doit lui être defliné. Cette
5 fec du Vaiffeau
trois ans, tant en
pendant
> gelée sef confervée
chauds, fans éprouver
> mer que dans les pays
la moindre altération >.
Cook ne reM. Pringle : C Le Capitaine
diftribué
> clame ici d'autre mérite que d'avoir
lui avoit
les provifions qu'on
> avec prudence --- Page 311 ---
de M. Pringle.
données; mais il a feul la
mensabfolument
gloire des règle- (C
parler, & des effais nouveauxdontj je vais vous <
qu'il a faits avec
d'après les idées de
fuccès, C
amis >,
quelques-uns de fes C
Ces
dans Reglemens, on en trouvera le
mes fréquentes Obfervations
germe
furla
fidompicher lés Matelots de fe coucher nicef
prendre leur hamac
er de
de les contraindre quand ils Jont mouilltis, en
à fe fecher
M.F Pringle : < Dans le fervice
chaque individu ne peut avoir ordinaire, 9
meil
qu'un fom- (
linterrompu, & quand ils font
ils n'ont pas le temps de fe fécher mouillés, CC.
prendre leur hamac, &c. Je
avant de C
fais
ne diflingue plus un Oflicier
que rien C
de préferver fon
que le foin C
Equipage de
des autres injures du
T'humidité & C
veillé fur le fien
temps. M. Cook a (
avec une humanité
culière, &c. Dans fes
parti- (
Cercle
campagnes, fous le < .
antaréique, s il donnoit à
homme un gros habit de laine,
chaque (
capuchon. Les Matelots
garni d'un C
le
utile pour manceuvrer à la trouvoient fort C
C'eft
pluie, à la neige >.
encore ce que j'avois recommandé
T ij
illé fur le fien
temps. M. Cook a (
avec une humanité
culière, &c. Dans fes
parti- (
Cercle
campagnes, fous le < .
antaréique, s il donnoit à
homme un gros habit de laine,
chaque (
capuchon. Les Matelots
garni d'un C
le
utile pour manceuvrer à la trouvoient fort C
C'eft
pluie, à la neige >.
encore ce que j'avois recommandé
T ij --- Page 312 ---
Olfervations Jur le Difcours
aux Officiers marins, &ce qu'avoit
inflamment
fait,en 1760, M. de Brugnon, quicommanle Vaiffeau du Roi le Diadème, ainfi que
doit
Traité.
de mon
jel'ai dit dans mon
Page 159 d'être
fecond Mémoire on lit: C La manière
infue d'une façon marquée fur
> vêtu, qui
encore 2472 des agens
>
Tinfenfible stranfpiration,efe
Tintenréduifent ou augmentent
> auxiliaires qui
du fcorbut, & qui
> fité des caufes principales accélèrent les atteintes,
> en éloignent ou en
les Officiers de
> & c'eft par cette raifon que dans les lieux les
font logés
> Vaiffeaux qui
dèris,
le moins
ér les plus
quifont
> plus Jains
de l'air, tant par la
>> expofes aux intempéries
la bonté de leurs
> nature de leur fervice que par
à l'abri
erc. font prefque toujours
> vôtemens,
font au moins ceux qui
> du fcorbut, ou
de mon
Téprouvent les derniers. > Page 52
mal
couchent
<
Traité: LesMatelots
équipésqui
de linge pour
>furle tillac, ou qui,nayant pas leurs vêtelaifent fecher fur eux
>. en changer,
deviennent très-promptemené
> mens mouillés,
dans
feorbutiques. D Page 83 : L'obligation
on eft fouvent de tenir les écoutilles
> laquelle
le renouvellement
* fermées, ne permet point --- Page 313 ---
de M. Pringle,
de l'air & la d'iffpation de Phumidité
temps où les travaux
dans un <
qu'endurent les Mate- C
lots, les difpofent
fingulièrement au fcorbut. C
Dans ces circonflances, leurs habits
fichent C
Jouvene fur leur corps : leurs lits er leurs Cou- &
vertures font prefque toujours humides cr quel C
quefois même tout-2-fait mouillés, >
HI faudroit que dans des
Page 97:
humides er
temps froids, - C
plovieux, pendant lefquels i1
<
des
règne
brouillards, 012 ordonnàt aux Matelots de C
fe cowrir de leur mieux pour éviter les
de Phumidité. Les
aiteintes C
Oficiers devroient défendie (
gu'aucun Matelot fe couchât dans Jon
avec
des habits mouillés. Car
hamace
que de pareilles
on comprend la
imprudences diminuent la a
tranfpiration & donnent lieu au défordre <
qu'on voudroit éviter. >.
M. Pringle: : C Une autre
tielle contre la
précaution effenputréfadion, c'eft de tenir C
propres les corps, les vêtemens, fes
& les poftes des Matelots. M.
hamacs'e
Cook m'a C
appris que régulièrement une
femaine
I paffoit
foispar
a
FEquipage en revue, & qu'il exa- C
minoit fi chaque homme avoit
linge, & fi d'ailleurs il
changé de C
avoit la propreté (
T iij
la
précaution effenputréfadion, c'eft de tenir C
propres les corps, les vêtemens, fes
& les poftes des Matelots. M.
hamacs'e
Cook m'a C
appris que régulièrement une
femaine
I paffoit
foispar
a
FEquipage en revue, & qu'il exa- C
minoit fi chaque homme avoit
linge, & fi d'ailleurs il
changé de C
avoit la propreté (
T iij --- Page 314 ---
Olfervations fur le Difceurs
convenable. > On voit bien que M. Cook 1
fait là ce queje demandois a qu'on fit. A chaque
de mon Traité, je recommande aux
page Matelots la prepreté du corps, des hamacs, des
poftes dr des vêtemens. Ona dà s'en convaincre
plufieurs exemples cités précédemment.
par Page 490: : J'ai dit que M. de Brugnon veilMatelot fût affez bien
loit à ce que chaque
de gilets d de chemifes poar quil plit
pourvu
Page 98,j'avois dit : c La
en changer fowvent.
C
d'un Vaiffeau veut que les
> police intérieure aient du linge ér des ha-
> gens de TEquipage
dans le
Après
e1 changer
befain.
> billemens,P pour
ordomer aux
> le mauvais temps, il faudreit
Matelots de changer de linge ér de vêtement. >
C Chaque Matelot, dans 2172 voyage
Page 452:
deyroit avoir au moins double
> de long cOurs,
chemifes, - drc. Dans
> habillement complet.fix
de
er dorage, il ne faidrit
> les temps pluie
Matelats
auroient
>jamdis foufrir que les
qui
. entraffent dans
D été mouillés pendant leurfervice,
de linge.
> leurs hamacs Jans avoir changé
: Les précautions qui concernent
> Page 450:
en
ér de
S la propreté de rEquipage général,
individu en particuliter 7 méritent
> chaque --- Page 315 ---
de M. Pringle.
beatcoup d'attention. Onne fauroit y veiller C
de trop près. Iferoit à fouhaiter, dit M.
de (
Morogues, que l'Officier chargé particu- K
lièrement du détail & de la
difcipline du C
Vaifleau, obligeit les gens de PEquipage à <
changer de linge, afelaver, afe
peigner, érc. C
Enfin, on peut lire tout ce quej'ai écrit fur C
laprepreté du Vaifeau er de
&
l'on
rEquipage, C
verra que le Médecin François avoit C
recommandé tout ce qu'a exécuté depuis le a
Capitaine Anglois. >
M. Pringle : C Jen'ai pas oui dire que Ies
Commandans des Vaiffeaux fe foient encore,
fervis de F'alembic, afin de fe procurer de C
l'eau douce pour laver le linge & les
&-c cependant il eft fir
habits, C
que l'eau de la mer a
ne fe méle pas avec le favon, & que lax
toile humide de faumure ne fe sèche jamais a
parfaitement. >
On lit, page 453 de mon Traité: C Les
Matelotse cmbarquent fi peu de
les laiffent, pour ainfi dire, pourrir chemifesqu'is.e fur leur C
corps, & Jorfqu'ils font obligés
ils n'ont point d'autre reffource delesquitter, de
laver dans l'eau de la mer, à la que traine les.e
dus
T iv
le favon, & que lax
toile humide de faumure ne fe sèche jamais a
parfaitement. >
On lit, page 453 de mon Traité: C Les
Matelotse cmbarquent fi peu de
les laiffent, pour ainfi dire, pourrir chemifesqu'is.e fur leur C
corps, & Jorfqu'ils font obligés
ils n'ont point d'autre reffource delesquitter, de
laver dans l'eau de la mer, à la que traine les.e
dus
T iv --- Page 316 ---
296 Obfervations fur le Difcoars
> Vaiffeau. Je ne prétends pas que cette efpèce
> de leflive foit dangereufe; je dis feulement
> que le linge ne fauroit fécher qul'avec-] peine 2
blanchit mal, & qu'il refte toujours
> qulilfe
vérité,
> Epigskremne-ele-dibe
> ne font pas nuifibles par eux-mémes. Ainfi
> je ne blâmerai pas cette méthode, pourvu
avoir fait
le linge, on le
> qu'après
égoutter
dans l'eau douce
le faire fecher
> trempe
pour
& d'une manière plus parfaite
> plus aifement
l'enlèvement de la partie faline qui y.
> par
de P'humidité. La décou-
> entretient toujours
> verte de M. Poiffonnier lève tout obftacle
la
> à l'exécution de ce confeilfalutaire, par
facilité de fe procurer de l'eau douce. >
M. Pringle 5 C Iln'eft pas befoin de parler
> des hamacs & des lits. Tous les Qfficiers
combien il importe à
> favent aujourd'hui
des
de les tenir fecs
> la fanté
Équipages,
bien
la refpiration de tant
> &
aérés, puifque
a de monde répand dans l'efpace de vingtheures, une humidité funefte fur les
> quatre
baffes du Vaiffeau. M. Cook non
2 parties
les hamacs & les
> content de faire expofer
> lits fur le pont à chaque beau jour, ce --- Page 317 ---
de M. Pringle.
qui eft la méthode ordinaire, avoit foin C
qu'on en aérât toutes les parties. >
Aucune de ces
la
Obfervations, pas méme
dernière, ne m'avoit échappé, quand j'ai
travaillé à mon Traité. Page 98,je demande
qu'on s'occupe à dilffper la trop grande humiditédes endroits oii couchent les Matelots,
aide la circulation de l'air en ouvrant qu'on
les écoutilles, & qu'on porte dés
fouvene le
temps fera paffé, toutes les hardes que mouillées gros
Jur le pont pour les faire fecher le plus
ment pofible : j'ajoute
promptefemblable
que, par une machine
à celle de Sutton, on pourroit
venir à faire
dans
parpaffer
l'entre - pont 2un2 air
chanderfic quiauroit un réfervoir où pomperoit une machine ingénieulement faite.
M. Pringle : C Le Capitaine Cook s'eft
occupé en outre de Ia pureté du Vaiffeau a
lui-même, précaution fans laquelle toutes C
les autres auroient été inutiles. >
On a vu plus haut que j'ai fait un article
à part pour cet objet.
C Mais, dit-il, puifque M. Cook a tiré
de fi grands fecours du feu
fon Bâtiment,
pour purifier <
je tâcherai d'expofer la a
oit une machine ingénieulement faite.
M. Pringle : C Le Capitaine Cook s'eft
occupé en outre de Ia pureté du Vaiffeau a
lui-même, précaution fans laquelle toutes C
les autres auroient été inutiles. >
On a vu plus haut que j'ai fait un article
à part pour cet objet.
C Mais, dit-il, puifque M. Cook a tiré
de fi grands fecours du feu
fon Bâtiment,
pour purifier <
je tâcherai d'expofer la a --- Page 318 ---
Obfervations fur le Difcours
de l'employer plus au long qu'il
D méthode
avoir mis du bois dans
> ne I'a fait. Après
l'allume & on le
à grille, on
5 un fournean
dans toutes les parties
fucceffivement
> porte an-deffous des ponts. Par-tout où
> qui font
s'échauffant
du feu, T'air le plus proche
> ilya
léger, & par fa légéreté il
> devient plus
écoutilles dans l'at-
> s'élève & paffe par les
l'air
L'efpace vide eft rempli par
> mofphère.
& celui-ci s'échauffant
> froid des environs,
fon tour, monte, & eft remplacé par
> à
Ainfi en tenant le feu quel-
> un autre air.
dans chacun des appartemens
2 que temps
chaffe l'air fale & on y en
5) inférieurs, on
introduit du frais. >
auroit
Page 100 de mon Traité: C il n'y
de fi aifé
d'imaginer un fourneau
> rien
que
craindre aucun acciportatifqui ne laifferoit
de
& -
une petite quantité
"> dent,
qui par domneroit lieu à 2172 courant
> charbons ardens,
être
échauferoit, er qui pourroit
> d'air quil
d'un Vaifeau.
> poulfe dans toutes les parties
à corriger, du moins pour
> On parviendroit
de l'airer
les mawvaijes qualités
> un temps,
( Oa tiendia
fon humidité. > Page 358: --- Page 319 ---
de M. Pringle.
l'entre-pant le plus propre pelfible, er on emn- C
ploira tous les moyens capables de remplacer c
Jouvent l'atmelphère gui entoure les malades (
par des mafés d'air quiviendroient du
Et pour cela je propofe à la
dehors. (
des feux
page fuivante C
portatifs. > Page 450: (
laver de temps eil temps l'intérieur du Ifaudreit
Il faudra aufi gratter les
Vaifeau. C
entre-ponts, vipétera
Jouvent cette epération dans les
briler dans lintérieur du
pays chauds,
de
Vaifiax de la graine (C
genibrre, Cr faire quelques
afperftons de C
vinaigre. > Page 437, je propofe, fur le
plan de M. Duhamel, un moyen très-commode de renouveler lair de la cale ér de l'entrepont,r de le purifier: (C C'eft une caiffe de
cuivre exactement fermée de tous les côtés, <e
qui fépareroit la cuifine du
de
de
Capitaine celle (
lEquipage à l'endroit des foyers, &
ferviroit de cloifon. Ily auroità cette quis
de caiffe métallique deux
efpèce C
de la cale viendroit
tuyaux, l'un qui <
rieure de
aboutir à la porte infé- C
Ia
cette caiffe, & l'autre qui de (C
partie fupérieure monteroit tout le
de la cheminée, & la
longs
dépafferoit le plus e
qu'il feroit poffible. Par conféquent, l'aire
ferviroit de cloifon. Ily auroità cette quis
de caiffe métallique deux
efpèce C
de la cale viendroit
tuyaux, l'un qui <
rieure de
aboutir à la porte infé- C
Ia
cette caiffe, & l'autre qui de (C
partie fupérieure monteroit tout le
de la cheminée, & la
longs
dépafferoit le plus e
qu'il feroit poffible. Par conféquent, l'aire --- Page 320 ---
Obfervations Jur le Difcours
tendroit
> qui la rempliveit, 2 pramptement varéfié, J
à
le tuyau fupérieur oit il trou-
> séchapper par
l'air
D veroit moins de rffance , pendant que
viendroit du canal inférieur, feroit forcé
> qui
le vide qui fe feroit continuelle-
> de remplir
< Les
ment dans la caiffe, &c. > Page 420:
les courans d'air produits par
> ventilateurs,
erc.
des fecours qui Je
> l'aëlion du feu,
font
dans les Vaiffeaux. >
préfemtent uparpuifientàr
Cook n'eft donc pas le premier qui
c M.
du
é.à tirer da grands fecours
feu.
> ait fongé
le
les
ni M. Pringle
pre-
> dans
Vaiffeaux,
> mier qui ait fait à ce fujet des remarques
Ils ont trouvé la carrière ouverte,
>> utiles.
& l'ont parcourue fans l'étendre. >
de
M. Pringle: C L'humidité qui provient
d'une multitude d'hommes,
A Ia tranfpiration
conferve en
> & fouvent d'animaux qu'on
oit
& des
qui fortent du puits
> vie,
vapeurs
étant une des
a ilya a le plus de corruption,
Cook s'eft
du fcorbut, M.
> caufes principales
à la chaffer.
> appliqué plus particulièrement
de meilleurs
> II ne pouvoit pas employer
des feux : tandisqu'ils brûloient,
> moyens que
fortement avec
A quelques hommes frottoient --- Page 321 ---
de MM, Pringle.
307)
de la toile, chaque partie de l'intérieur
Vaiffeau qui étoit humide.
du C
bien
(Ce quej'avois C
recommandé, comme on l'a
ils
muplus hau): C
purifioient fur-tout le puits
fe
qui, trou- (
vant dans la partie la plus baffe de la cale,
reçoit toute l'eau des voies & les
qui tombent des viandes
gouttes <
gâtées ou de l'eau (
corrompue. Les vapeurs méphitiques de la C
fentine onti fouvent occafionné la mort
de
fubite (
ceux qui s'en font approchés fans
caution, pour la nettoyer. Le
pré- C
Cook eft venu à
Capitaine C
bout, non -feulement de K
purifier, mais encore de rendre
agréable ce (C
lieu, en y defcendant un pot de fer
a
de feu... Dans un mauvais
rempli
temps, on <
fumigeoit le Vaiffeau avec de la
poudre à c
canon. Quoique cette fumée ne pût pas (
deffécher les parties baffes du Bâtiment, elle
chaffoit feulement l'air
C
corrompu par lex
moyen des efprits acides du foufre & du t
nitre; car le foufre & le nitre
jouiffent C
peut-être d'une forte de fluide aérien
fe dégage alors du feu &
qui (
qui arrête la K
putréfaction. >
On va retrouver toutes ces Obfervations
oudre à c
canon. Quoique cette fumée ne pût pas (
deffécher les parties baffes du Bâtiment, elle
chaffoit feulement l'air
C
corrompu par lex
moyen des efprits acides du foufre & du t
nitre; car le foufre & le nitre
jouiffent C
peut-être d'une forte de fluide aérien
fe dégage alors du feu &
qui (
qui arrête la K
putréfaction. >
On va retrouver toutes ces Obfervations --- Page 322 ---
Obfervations Jur le Difcours
écrit fur cette matière, en
dans ce que j'avois
ou fix endroits de mon Traité, excepté
cinq
réfutée,
de M. Pringle que j'ai
une opinion 61, en ces termes : < Le mauvais air
page
dans les Vaiffeaux, les exha-
> qu'on refpire
s'élèvent du fond de cale, peu-
>> laifons qui
des maladies funeftes;
> vent bien produire
Jeules, elles ne
> mais tant que ces caufes feront
jamais naitre le fcorbut, quoique les
*feront euffent été expofés fort long temps
> Matelots
caufes; d'oà l'on
> à l'action de ces
peuts'écarde
du DoÉteur Pringle, quire
> ter
l'opinion
s'élivent du
> garde les exhalaifons putrides qui
de cale, comme la caufe qui agit le plus
>fond
la produclion du fcorbut. Si
> puifamment pour
de l'air
> cela étoit ainfi, la purification
par
différens moyens connus, par le feu, par la
>
de Sutton, ou d'autres ventilateurs,
> machine
le fcorbut ou en arrêteroit les
> préviendroit &c. Si le fcorbut ne reconnoiffoit
% progrès, telles caufes, il feroit familier parmi
> que de
dans tous les temps, & fur-tout
> les Équipages climats chauds où les vapeurs
> dans tous les
doifont renfermées dans les Vaiffeaux,
> qui
&
être
exaltées, plus pénétrantes,
> vent
plus --- Page 323 ---
de M. Pringle.
par conféquent plus pernicieufes. C'ef ce- C
pendant ce qu'on ne voit pas dès
pleut point dans ces
qu'il ne C
parages. >
J'ai déjà dit que j'avois fouvent prefcrit l'ufage des feux pour purifier l'air: je l'ai prouvé
par une foule de citations. Maintenant
le Leéleur de
je prie
comparer ce que je viens derapporter de M. Pringle, avec ce quej'avois écrit
page 410 de mon Traité; le voici: ( Lorfquel'on confidère le peu defpace 2
teniru f grand nombre d'individus, definéàcon- C
sonnoit à peu près le volume dair er qu'on <
qui doit être C
in/piré e expiré continuellement
fait à quel point il fe
: lorfqu'on C
étéintroduit
corrompt, après avoir C
plufieurs fois dans les
poumons; (
lorfqu'enfin on obferve que le produit de la C
tranfpiration de tant de corps animés
môle
S'y
C
Jans cefe, on voit que celui quon
dans
refpire
C
lentr-pont, ne fauroit être falubre,êc.
à lac cale, onyplace
Quant (
des Matelots,
quelquefois des animaux, (
En cet endroit les
les viandes dans
provifions, C
le/quelles la
leur efa
formentation qui C
prepre, Je fait
continuellemen,
infenfillement, mais C
L
Jone le
répandent des vapeurs qui en C
produit: elles fe mëlent avec celles quie
dans
refpire
C
lentr-pont, ne fauroit être falubre,êc.
à lac cale, onyplace
Quant (
des Matelots,
quelquefois des animaux, (
En cet endroit les
les viandes dans
provifions, C
le/quelles la
leur efa
formentation qui C
prepre, Je fait
continuellemen,
infenfillement, mais C
L
Jone le
répandent des vapeurs qui en C
produit: elles fe mëlent avec celles quie --- Page 324 ---
Obfervations fur le Difcours
des hommes ér des animaux er leur
>fortent
plus d'adtivité. C'eft encore
> communiquent cale oà fe trouve la fentine oi les
> dans la
rafemblent ér qui fe putréfent,
> eaux qui Je
Qu'on
>
une
igedirnisfurmali.ke
répandent ce qui arrive à ceux qui ne font
> en juge par
defcendre; ils ne fauroient
>> pas habitués à y
fent, er ils
lodeur infectée qu'on ny
> fapporter
ér une douleur
272 mal-aife
> éprouyent fouvent de fufecation, qui ne fe
> de tête acampagnde
l'air fur le
qu'ils ont pris
> diffipent qu'après
heures. Page 423:
quelques
D pont pendant
d'air artificiels où
> Établiffons des courans
les courans d'air naturels; il n'y a
> manquent fecret à chercher. Si nous venons
a pas d'autre
des entre-
> à bout despulfrtair corrompu par
vide qulil taifemnaferas Fiurle champ,
> pomu.l
lair extérieur, e ce
> nécefairement rempli par
renouvelé.
Je trouvera rafraichi ér
Page
> fuide La dépravation de l'air par un trop
>> 442:
ce
dans la fentine, J indique afet
> long féjour
les
l'on doit faire pour en prevenir
efets
> que
II faut pomper l'eau, lui en fub-
> pericieux.
quantité de nouvelle,
> ftituer une plus grande & faire ainfi de forts
> Ia laiffer peu féjourner,
&
nécefairement rempli par
renouvelé.
Je trouvera rafraichi ér
Page
> fuide La dépravation de l'air par un trop
>> 442:
ce
dans la fentine, J indique afet
> long féjour
les
l'on doit faire pour en prevenir
efets
> que
II faut pomper l'eau, lui en fub-
> pericieux.
quantité de nouvelle,
> ftituer une plus grande & faire ainfi de forts
> Ia laiffer peu féjourner,
& --- Page 325 ---
de M. Pringle,
& fréquens arrofemens dans le
Quoiqu'it fuffife, en
Vaiffeau, &c. <
renouveler l'air
lui quelque façon, de C
pour
rendre fa
lesrfines brilées, telles quele
falubrité, <
cens, &c. la difagration de la goudron, l'en- C
dufoufe, &c. peuvent être poudre à canon, K
coup de Juccès. L'air
employés avee beau- a
odeur; mais il eft le par lui-méme eft fans C
odeurs bonnes
véhicule de toutes les <
ou mauvaifes. Ainfi
fion ou la combuflien de
Fafper- C.
fulflances difgues,fne puelques-uves de ces C
malignité des
propres à corriger la C
vapeurs infeéles dont l'air
chargé. Les efets du Jmyfie brilé
ef C
Jone
puifans. >> Oà eft donc
très- C
M. Cook ou à M.
ce qui appartient à
M.
Pringle! Achevons.
Pringle : C Parmi les différens
derenouvelerl'air, vous vous attendiez moyens
être, Mellieurs, à entendre
peut- C
lateurdu Dodteur] Hales;
parler du venti- <
je le fuis de l'excellence ; &perfuadécomme <
de cette
vois avec regret une fi belle machine, je <-
donner au Public une idée occafion d'en <
fuccès de
favorable. Si lex
l'expédition de M.
rieur à ce qu'on
Cook, fupé- a
fuffifoit
pouvoit en elpérer, ne a
pas pour juftifier cette omifion,
je <
U --- Page 326 ---
Oifervations fur le Difcours
confrère, le
dirois en faveur de notre digne
>
Hales, que par une fatalité humi-
> Docteur
fi fouvent les décou-
> liante qui accompagne Ia réputation de ce
> vertes les plus utiles,
fermement
eft bien Ioin d'être
> ventilateur
Marine, &c Mais le
> établie dans la
muni d'un autre ven5 Capitaine Cook étoit
II avoit les manches 2 vent, quoi2 tilateur.
dans fon Mémoire, &c.
> qu'il n'en parle pas
confidérable en com-
> Mais leur effet eft peu
Dodteur Hales.
du ventilateur du
> paraifon
les employer dans les vents
5 On ne peut pas
dans les calmes,
> forts, & ils font inutiles
l'air.
a le plus befoin de rafraichir
> lorfqu'on
fe fervir de Pun &x de
> Ne devroit- on pas
l'autre de ces ventilateurs! >
ventilade mon Traité : d Les
ér
de
les
fonulantes
afpirantes
5 terirs,
pompes
autant de mayens de
> difirentes formes 1 font
enfuite de plufieurs
renouveler Pair. > Je parle
Enfin, à la
encore à cela.
machines propres
de toutes
me
425, je dis : C Celle
qui
page
le plus davantages, eff le C
parsit rafembler de M. Hales. > Suit Ia defcription
ventilateur
machine. .Puis j'ajoute :
de cette ingénieufe
5 terirs,
pompes
autant de mayens de
> difirentes formes 1 font
enfuite de plufieurs
renouveler Pair. > Je parle
Enfin, à la
encore à cela.
machines propres
de toutes
me
425, je dis : C Celle
qui
page
le plus davantages, eff le C
parsit rafembler de M. Hales. > Suit Ia defcription
ventilateur
machine. .Puis j'ajoute :
de cette ingénieufe --- Page 327 ---
de M. Pringle.
C Ily: auroit encore d'autres machines à
pofer pour renouveler l'air, telles
pro,
manche
que la <
Danoife, les foufffets à force centri- (
fuge, &c. mais elles ne peuvent
Joutenir le C.
parallile avec le ventilateur de MM. Hales,
quimérite la préférence à tous égards, Cepen- (
dant, comme dans tout ce qui foumet &
l'homme à des foins & à un travail
nalier, fon indolence naturelle eft jour- e
le: plus (
grand obflacle au fuccis des inventions même C
qui leur Jont les plus utiles, on a cherché des <
moyens où l'on pût fe paffer du fecours des.e
Matelots ( réflexion qui a fait naitre celle C
de M. Pringle ). C'eft dans cette vue
<
M. Sutton en Angleterre, & M. Duhamel que
en France, ont penfé dans le même
C
faire fervir l'action du feu
temps à R
au renouvelle- <
ment de l'air dans les Vaiffeaux. > Page
C Le ventilateur de M. Hales a le double 446:
avantage de porter toutes fortes de vapeurs <
dans l'intérieur des Vaiffeaux, & de les <
repomper. >
X
Je le demande à préfent,
lecteurs les
Meffieurs, aux
plus indulgens : M." Pringle &
Cook n'ont-ils pas calqué leur méthode, leurs
U ij --- Page 328 ---
Olfervations far le Difcoars
leurs idées, fur ma méthode, fur
principes,
fur mes idées 3 Affurément il
mes principes, deux hommes écrivant fur
eft poflible que
dif
une même matière, qui n'exige aucune
fe rencontrent par fois dans
cuffion profonde,
leurs idées ; mais qu'un Médecin guidé par
Fobfervation & l'expérience, faffe un Difcours
fur une matière intéreffante pour Phumanité,
établiffe des principes déjà pofés par un autre
Médecin, les appuie des mêmes remarques 2
tire les mêmes conféquences, & cela, fans
en
& copié, c'eft
Favoir lû, médité, approfondi
chofe
II faut néceffairement
une
impofible. écrit le dernier, s'eft
convenir que celui qui a
des
de l'autre. Je vous laiffe
enrichi
dépouilles
à penfer fi, M. Pringle eft dans ce cas, après
vous venez de voir. Je ne citerai
tout ce que
larcin fait
plus qu'un exemple d'un autre petit
de I'Académie des Sciences de Paris
aux M."
qui ont écrit le rapport de mon Ouvrage.
M. Pringle : C On doit beaucoup d'éloges
foins & aux talens de M. Patten, le
> aux
a fi bien
de la
qui
Chirurgien
Réfolution,
le
Cook, car iI faut con3 fecondé Capitaine
s venir que, malgré Ies meilleurs règlemens
Je ne citerai
tout ce que
larcin fait
plus qu'un exemple d'un autre petit
de I'Académie des Sciences de Paris
aux M."
qui ont écrit le rapport de mon Ouvrage.
M. Pringle : C On doit beaucoup d'éloges
foins & aux talens de M. Patten, le
> aux
a fi bien
de la
qui
Chirurgien
Réfolution,
le
Cook, car iI faut con3 fecondé Capitaine
s venir que, malgré Ies meilleurs règlemens --- Page 329 ---
de M, Pringle.
& les meilleures
jours à
provifions, 3 il arrivera tou- C
un nombreux Equipage,
une longue
pendant C
expédition, des accidens
produiront plus ou moins de maladies, qui C
qu'à moins qu'il n'y ait à bord
& C
intelligent verfé dans la
un homme (
fage Commandant
Médecine, le plus C
perdra bien des Matelots C
qu'on auroit pu fauver. >
Page esosder mon Traité, Rapport de
de f'Académie des Sciences de
M."
Paris.
C Ce ne feroit point trop faire
des
pour le bien
Equipages que de n'admettre
Miniftres de fanté fur les
pour
C
hommes qui
Vaiffeaux, que des (
joindroient de
Médecine à la connoiffance l'expérience en (
cette fcience; il faudroit
des principes de C
homme eût étudié
encore que le méme (
exercé à
la Chirurgie, & qu'il fiàt C
en faire les opérations. En un
il feroit néceffaire
mot, (
pour faire le bien autant C
qu'ileft poffible, que celui qu'on
comme Officier de fanté, fit embarque C
temps Médecin &
en méme- (
rendre
Chirurgien, & ce feroit C
un fervice fignalé à l'humanité
de mettre entre les mains des
que (
deflinés à cet état, un Traité Chirurgiens C
méthodique
bien clair & C
qui put les guider firement C --- Page 330 ---
fur le Difcours, erc.
310 Olfervations
de
qu'ils font obligés
> dans les traitemens
façon, fup-
&
pât, en quelque
> faire, qui
la plupart n'ont
> pléer aux connoiffances que
eft
Cequenous difons ici, ceque
D pu acquérir.
de faire, &c. >
M. Defperrières a entrepris
F I N.
les Commifaires de la
RAPPORT de M?"
Société Royale de Midecine.
Royale de Médecine nous a chargés,
La Société
Manufcrit quia été
M. Lorry & moi, d'examiner un
M. Poiffonnier
Jû dans une de fes Affemblées, ordinaires. par
Ce MédeDefperrières, un de fes Affociés
différens ouannées,
cin a publié, il y a quelques Gens de mer & fur la
vrages fur les Maladies des
ont été
leur convient. Ces ouvrages
nourriture qui
ainfi
très-accueillis & ont fait loi en Médecine,
Traités de Lind, de Rouppe, Médecin
que les
Duhamel du Monceau. Les
Hollandois, & de M.
même
Ouvrages de M. Defpenieres T'emportent des vues
fur les premiers, en ce qu'ils contiennent les Malaparticulières & effenticlles pour prévenir fe plaint de
dies des Gens de mer. M. Defperrières Société Royale
Préfident dc la
ce que M. Pringle, de le citer dans le Difcours
de Londres, a oublié
de la Relaen rendant compte
qu'il a prononcé
Cook. Il eft vrai que
sion du voyage du Capitaine
de M. Defpenieres T'emportent des vues
fur les premiers, en ce qu'ils contiennent les Malaparticulières & effenticlles pour prévenir fe plaint de
dies des Gens de mer. M. Defperrières Société Royale
Préfident dc la
ce que M. Pringle, de le citer dans le Difcours
de Londres, a oublié
de la Relaen rendant compte
qu'il a prononcé
Cook. Il eft vrai que
sion du voyage du Capitaine --- Page 331 ---
nous voyons une très-grande conformité 31n
moyens employés par le Capitaine
entre les
que M.
Cook, & ceux
Defperrières a publiés en 1767,
1771, & il paroît que c'eft aux idécs
1770 &
dans l'ouvrage du Médecin
développées
attribuer les fuccès du
François qu'il faut
Capitaine Anglois,
nous penfons que fi M. Pringle n'a Cependant
vrage de M.
pas cité l'ouDefperrières dont il avoit
c'eft que ce n'étoit ni le lieu ni l'inflant connoiffance,
d'un Difcours
; il s'agiffoit
en T'honneur du
c'étoit lui qu'il falloit louer,
Capitaine Cook,
la
puifqu'on fai accordoit
Médaille, & c'eft ce qui a engagé M,
ne citer ni T'ouvrage de M.
Pringle à
de M."* Duhamel, Lind & De(perrières, ni ceux
verons auffi
Rouppe. Nous obferque parmi les moyens employés
Capitaine Cook, ily en a quelques-uns
par le
omis par les Auteurs célèbres
qui ont été
Par exemple, il ne faut
que nous avons cités.
pas oublier le
qu'il a fait dans la diftribution des
changement
& de travail des Matelots.
heures de repos
Avant ce
Matelots Anglois étoient
Capitaine, les
obligés de travailler
heures, & on leur accordoit
quatre
qui étoient fuivies d'un
quatre heures de repos
obferva
nouveau fervice, M. Cook
que leur fommeil étoit
troublé à tout inflant; il
interrompu &
chaque homme eût huit s'arrangea de manière que
de fervice. Ce
heures de repos pour quatre
Ce qui fe paffe Règlement fur les nouveau, > quoiqu'imité de
Vaifeaux
un double
François, procura
avantage, celui d'un fommeil
& fuivi, & le temps néceffaire
tranquille
pour fc fécher avant --- Page 332 ---
69.395
Dec 63
Ieur hamac. Nous penfons que la Société
de prendre
le travaii de M. Defperrières,
ne peut qu'accucillir donner de nouvelles lumières fur
qui ne tend qu'à
Cc 2I Juillet 1778.
CC qu'it nous a enfeigné. LORRY e ANDRY.
Signé
Je certific le préfent Rapport conforme au JugeA Paris, ce 21 Juillet 1778.
de la Compagnie.
Signé Vice-DAZIR, Secrétaire perpéuel
de la Société Reyale de Medecine.
des regiftres de la Société Reyale
EXTRAIT
de Midecine.
LA Société Royale de Médecine ayant entendu
lecture du Rapport avantageux fait par M."* Lorry.
la
qu'elle avoit nommés pour examiner
& Andry,
Mémoire de M. Poiffonnier Defperrières > qui
un
déjà publics
doit fervir de fuite aux ouvrages qu'ila
les Maladies des Gens de mer, la Compagnie
fur
Mémoire digne de fon approbation.
a jugé ce
Signé VIcQA Paris ce 4 Novembre 1779.
D'AZIR, Secrétaire perpéuel.
port avantageux fait par M."* Lorry.
la
qu'elle avoit nommés pour examiner
& Andry,
Mémoire de M. Poiffonnier Defperrières > qui
un
déjà publics
doit fervir de fuite aux ouvrages qu'ila
les Maladies des Gens de mer, la Compagnie
fur
Mémoire digne de fon approbation.
a jugé ce
Signé VIcQA Paris ce 4 Novembre 1779.
D'AZIR, Secrétaire perpéuel. --- Page 333 --- --- Page 334 --- --- Page 335 ---
E780
Pysstd --- Page 336 ---
a
( a a
-
A
- --- Page 337 --- --- Page 338 ---