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cAcquired woith tbe assistance oftbe
Alie Sapinlk Moans
Fund
JOHN CARTER BROWN LIBRARY
: --- Page 3 --- --- Page 4 ---
te - L --- Page 5 ---
TRAITE
DE
LA FIEVRE JAUNE. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
TRAITÉ
DE
LAFIÈVRE JAUNE,
OUVRAGE
COURONNÉ PAR LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE BRUXELLES,
ET ADOPTÉ PAR LE MINISTRE DE LA MARINEFOUR LES COLONIES
FRANÇAISES 5
Par LoUIS CAILLIOT,
Docteur en médecine Médecin en chef de la marine au port
de Cherbourg 7 ancien Médecin en chef des armées navales,
de la Société médicale de Paris, de celle des sciences et
arts de Strasbourg, de celle de médecine de Bruxelles,
a
A PARIS,
Chez Miqutcaos-Manvis, Libraire, rue de l'Ecole
de anédecine, no 9, vis-à-vis celle Hautefeuille.
DE L'IMPRIM ERIE DE CRAPELET.
1815. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
Paris, le ier juillet 1814.
MONSEIGNEUR,
Au moment de rentrer en posséssion de nOS Colonies
des Antilles, wous avez pensé cuxc moyens de prévenir
et de traiter apec plus de succes une maladie funeste
aux Européens dans ces climats, la Fievre jaune. Yous
avez désiré qu'il soit fait une instruction propre le donner
aux Médecins de la marine 2 dans les Colonies > des
notions positibes sur. les symptômes et les causes de cette
Fieure, et sur Temploi des remèdes que T'eapérience a
montrés les plus efficaces pour la guérisondes maladies.
Votre intention, Monseigneur, a étéremplie : la Société
de Médecine de Bruxelles avait établi sur ce. sujet une
série de questions 2 en proposant zn prix ce Pauteur qui
les aurait le. mieux traitées. Le Mémoire couronné est
celui de M. Cailliot, Pun des Médecins en chef de votre
département : SOn travail ne rend pas seulement compte
des observations qu'ila afaites en traitant lui-même cette
muladie ; iyafait entrer en même temps tout ce que
les Médecins les plus éclairés ont écrit de plus judicieux
sur cette matiere. On peut donc regarder son ouvrage
comme un recueil complet et comme une instruction trèsdétaillée qui embrasse tout ce qu'il importe de connaitre
sur les phénomènes, 2 les causes et le traitement curatif
et préservatif de la Fièpre jaune, Il a fallu Un temps --- Page 10 ---
toutes ces recherches, pour rasconsidérable pourfaire
et Poccasion est pressante.
sembler tous ces documens,
a Votre Excellence
J'ai donc Phonneur de proposer
décider
sera acheté, aux. frais du Département
de
quil
d'ezemplaires du
de la Marine, U12 nombre suffisant la Fièvre jaune,
Traité de M. le docteurCailliot, sur de la Direction
seront déposés dans les bureaux
et qu'ils
étre distribués aux Médecins et Chidès Colonies, pour
destinés a naviguer ou l servir
rurgiens de la marine
dans les Antilles.
le
respect 2
J'ai Phonneur d'étre, avec plus prefond
Monseigneur',
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
IInupecteur-général de service de santé de la marine 2
Signé KFRAUDREN.
Au bas est écrit de la main de son Excellence:
Approuvé pour cent exemplaires, 7
> Signé MALOUET s.
Pour copie conforme,
NS Le Directeur de PAdministration des Colonies,
LAREINTY:
rurgiens de la marine
dans les Antilles.
le
respect 2
J'ai Phonneur d'étre, avec plus prefond
Monseigneur',
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
IInupecteur-général de service de santé de la marine 2
Signé KFRAUDREN.
Au bas est écrit de la main de son Excellence:
Approuvé pour cent exemplaires, 7
> Signé MALOUET s.
Pour copie conforme,
NS Le Directeur de PAdministration des Colonies,
LAREINTY: --- Page 11 ---
QUESTIONS
Proposées parla Sociétédemédeciue de Bruxelles.
1°. QUELLE est la nature et la cause de la
maladie conue sous le nom de Fièvre jaune ?
2°. Quels sont les symptômes qui caractérisent
essentieltemnent-cette fièvre P
5°. La jaunisse et le vomissement noir doivent-ils
être regardés comme des symptômes essentiels
ou caractéristiques de cette maladie, ou seulement comme des symptômes accidentels?
4. Cette fièvre est-elle contagieuse?
5". Quels sont les moyens de s'en garantir?
6°. Quels sont les moyens curatifs les plus eficaces P
Si je n'y puis atteindre, heureux d'en approcher.
Andrieux.
L --- Page 12 ---
PRIX
DÉCERNÉ PAR LA SoCIÉTÉ DE MÉDECINE DE BAUXELLES,
Extrait des Délibérations de la Société.
par la Société, dans sa
Le Prix a été adjugé
Louis Cailliot de
séance du 5 novembre, à M.
chef
Médecin en
Baugé, Docteur en médecine,
de PEscaut, Membre de plusieurs
de T'escadre
Sociétés savantes.
cette maladie à
M. Cailliot, qui avait vu
contrées de
et dans les diverses
Saint-Domiugue oùl elle sévit d'ordinaire avec le
TAmérique,
l'avait observée dans le
plus de fureur, qui
traité lessix
midi de T'Espagne, a panfaitement Il n'a rien
membres de la question proposée.
exarendre son travail complet;
épargné pour malades de tout ce quia trait
men au lit des
les
lecture de tous
ouvrages qui
à cette fièvre;
avec des hommes inen ont parlé; entretiens
diverses
traitée en
régions;
struits quilavaient
recueilli
réflexions profondes sur ce qu'ilavait
à
fléau, tout a été mis
touchant ce terrible
contribution par ce savant médecin.
rien
membres de la question proposée.
exarendre son travail complet;
épargné pour malades de tout ce quia trait
men au lit des
les
lecture de tous
ouvrages qui
à cette fièvre;
avec des hommes inen ont parlé; entretiens
diverses
traitée en
régions;
struits quilavaient
recueilli
réflexions profondes sur ce qu'ilavait
à
fléau, tout a été mis
touchant ce terrible
contribution par ce savant médecin. --- Page 13 ---
.PRIX DÉCERNE.
iij
Société regrette beancoup de n'avoir pas
La
seconde médaille, qu'elle
eu à distribuer une
Mémoire
aurait offerte à l'auteur d'un autre
épigraphe : Queque ipse miserportant pour
est plein d'érudirima widi, etc. Ce Mémoire
la fièvre
tion et de recherches savantes sur
une saine logique,
jaune. Il se distingue par
il est
doctrine médicale très-pure ;
par une
fleuri, offrant dans toutes ses
écrit d'un style
intérêt. A très-peu de
parties le plus grand
vient d'être dit de
choses près, tout ce qui
Tauteurdul Mémoire onarmonnépatiogpliaguer
de celui-ci. Néanmoins, il contient
a T'auteur
trop nombreuses, 2
des digressions peut-être
sont
il est vrai, étrangères au sujet
qui ne
pas,
toujours avec lui
proposé, mais qui.n'ont pas
immédiat, et qui n'auraient pas
un rapport travail d'être couronné, si le
empèché son
n'avait pas concouru. La
Mémoire précédent l'auteur se fit connaitre
Société désirerait que
lui donner un témoignage
afin qu'elle pût
de sa haute estime et du prix qu'elle
public
attache à son travail.
Mémoires
Les auteurs de plusieurs autres
ont droit à des éloges. L'un de ces Mémoires,
épigraphe : Auctorem neminem
portant pour
etc. est l'écrit d'un praticien sage,
sequar,
éloigné
éclairé, exempt de toute prévention, --- Page 14 ---
iv
PRIX DÉCERNÉ.
il est écrit d'un bon style, et
de tout système;
plein d'une : saine logique.
: Concedendum
Un autre, sous Tépigraphe
l'ordre et
etc. dans lequel règnent
est aliquid,
des preuves
la clarté, fournit à chaque page
du savoir et de la sagacité de son auteur, qui
voyagé dans les climats ravagés
a long-temps
par la fièvre jaune.
épigraUn troisième Mémoire, ayant pour
edocti, etc. annonce
phe : Morbos dignoscimus
auteur des talens distingués.
dans son
portant en tête :
Un, quatrième Mémoire,
mention hoMulta in modo rei, mérite une
norable de la Société. Elle ne passera pas sous
Dissertation qui lui a été adressée
silence une
docteur-médecin dans le Calpar M. Denis,
qui avait annoncé
vados. Ce jeune praticieh, d'entrer en lice,
n'avoir pas lamour propre
nomoffre le fruit de ses recherches
nous
Son ouvrage prouve
breuses et tresinstructives.
de
de science et d'érudition que
qu'il a autant
modestie.
reconnaissante doit des remerLa Société
et Brassier, officiers
ciemens à MM. Chappe
santé en chef de l'armée d'Espagne, pour
de
de lui faire passer des
le soin qu'ils ont pris
précieuses qu'ils ont eux-mêmes
observations
autres, pleines de mérecueillies, et quelques
ous
Son ouvrage prouve
breuses et tresinstructives.
de
de science et d'érudition que
qu'il a autant
modestie.
reconnaissante doit des remerLa Société
et Brassier, officiers
ciemens à MM. Chappe
santé en chef de l'armée d'Espagne, pour
de
de lui faire passer des
le soin qu'ils ont pris
précieuses qu'ils ont eux-mêmes
observations
autres, pleines de mérecueillies, et quelques --- Page 15 ---
PRIX DÉCERNÉ.
V
rite, qu'ils ont reçues de leurs collaborateurs
MM. Martel ct Peysson, médecins ordinaires
dans la même armée, sur la fièvre jaune qui
a ravagé le midi de l'Espagne aux années 1811
et 1812. Ces observations ont fournibeaucoup
de lumières à la Société, et l'ont aidée dans
les jugemens qu'elle a portés sur les Mémoires
qui lui étaient parvenus.
Déclaré conforme au jugement de la Société,
Signé, CURTET, secrétaire-général. --- Page 16 ---
TABLE
ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES,
IxmODUCTION. But, plan, etc.. Page I
CHAPITRE PREMIER. DESCRIPTION CÉNÉRALE DE LA FIÈVRE
JAUNE. Nos L Ses noms, d'oi ils sont tirés. II. Climats et saisons où elle se manifeste.. II
III. Sujets qui en sont le plus ordinairement
attaqués
IV. Epargne-t-elle ceux qui déjà en ont étéaffectés? ibid. V. Tempérament
qui y. sont les plus
VI. Deux périodes bien
disposés. distinçtes à observer dans
son cours. VII. Son début et sa marche. ibid. VIII. Progrès, réunion des
symptômes adynamiques et ataxiques.. IX. Variétés, qui présentent des
différences peu
importantes. X. Marche excessivement
rapide 3 terminaison
promptement facheuse.. CHAPITRE II. OBSERYATIONS PARTICULIÈRES
XI, XII, XIII, XIV et XV. Observations recueillies à bord des vaisseaux.. --- Page 17 ---
TABLE. vij
CHAPITRE III. NOTICE HISTORIQUE,
NoXVI, Premières notions positives très-récentes. Page 33
XVII. Maladies observées par les pères Labat,
Dutertre, etc.:
XVIII. Maladies avec lesquelles elle a d'abord été
confondue . XIX. Son examen au Mexique. Opinion de Clavigero, opposée à celle de M. de Humboldt. 38
XX. Cette maladie considérée entre les tropiques,
sous la ligne, etc.. XXI. Vue aux États-Unis, aux Antilles; ; preuves
qu'elle n'y a pas pris naissance, , qu'elle
y était rare lors de nos premiers établissemens. XXII. Opinions des médecins de l'Amérique septentrionale sur son importation et sa nature contagieuse. XXIII et XXIV. Etait-elle connue des médecins
grecs P Quelles sont celles qui s'y rapportent ?.. CHAPITRE IV. PRENIÈRE QUESTION. Quelle est la nature et la cause de la maladie connue sous le nom de Fièvre jaune?. XXV. Vues générales
ibid
XXVI. Ordres de fièvres auxquelles elle appartient. --- Page 18 ---
viij
TABI L E. Nos XXVII. Cequenous entendonsp
pari fièvre bilieuse. Analogie. XXVIII,
Comparaison de la fièvre jaune avec les
fièvres bilieuses.
APITRE IV. PRENIÈRE QUESTION. Quelle est la nature et la cause de la maladie connue sous le nom de Fièvre jaune?. XXV. Vues générales
ibid
XXVI. Ordres de fièvres auxquelles elle appartient. --- Page 18 ---
viij
TABI L E. Nos XXVII. Cequenous entendonsp
pari fièvre bilieuse. Analogie. XXVIII,
Comparaison de la fièvre jaune avec les
fièvres bilieuses. XXIX et XXX, Celles-ci
les
examinées dans toutes
parties du monde.. XXXI, Autres preuves déduites de
grand nombre de
l'opinion d'un
praticiens.. XXXII. Lacune entre la fièvre bilieuse
tense etla
la plus infiévrejaune. Marche des symptômes.et leur dépendance mutuelle. XXXIII, Vues générales. Influence
d'un
sur les autres.. système
XXXIV. L'intensité des accidens
cette
qui signalent
maladie, n'en change pas la nature. 83
XXXV et XXXVI, Preuves tirées de T'examen.des
symptômes. XXXVII et XXXVIILTS
peuvent tous se
porter à la lésion profonde des rapgastriques. organes
XXXIX, Causes de cette lésion
- 88
; leur manière
d'agir. XL. Suppression des urines; d'où
dépend-elle?.. XLI, Circonstances où il est impossible
l'ordre indiqué dans la
d'observer
accidens qui semblent marchefapide des
XLII.
ves tirées de T'examen.des
symptômes. XXXVII et XXXVIILTS
peuvent tous se
porter à la lésion profonde des rapgastriques. organes
XXXIX, Causes de cette lésion
- 88
; leur manière
d'agir. XL. Suppression des urines; d'où
dépend-elle?.. XLI, Circonstances où il est impossible
l'ordre indiqué dans la
d'observer
accidens qui semblent marchefapide des
XLII. Durée de
se confondre. cette fièvre. XLIII, Autre
IOI
analogie avec les fièvres
XLIV. bilienises.. 103
Causes, tant générales que
XLV: La chaleur tient le
particulières. 104
premier rang. Preuves. 109 --- Page 19 ---
TABL E.
IX
Nos XLVI, XLVII, LXVHIet XLIX. Autres preuves,
tirées des différentes stations des troupes
dans les Antilles, du retourdesvaiseans,
des lieux où elle s'est mnontrée en Europe, etc..
Page I1I
L. De l'humidité. Influe-t-elle beaucoup sur son
développement?.
LI. L'humidité nc joue pas un si grand rôle que la
chaleur. Preuves..
LII et LIII. Ce n'est pas nier son influence 2 mais
l'apprécier.
LIV. Elle ne se miontre guère que sur les bords de
la mer..
LV. Existe-t-il un miasme particulier sui generis
qui lui donne naissance?.
LVI. Causes particulières prédisposantes. Tempépéramént.
LVII. Sexe. LVIII. Age. LIX. Manière de vivre,
régime, LX. Etat de l'âme.
LXI. De I'habitude. Son importance dans les phénomèves de la vie..
LXII, Influence qu'apporte la différence des températures sur cette maladie.
LXIII. Manière d'agir de Ces différentes causes.. 148
LXIV. De la lumière et de la chaleur.
LXV. Effets de l'excitation des organes sur les
fluides qu'ils secrètent
LXVI. Hypothèse sur l'action de la chaleur et
sur. la cause de la fièvre jaune.
LXVII. Terminaison.
LXVIII. Pronostic. Rapprechement avec des sentences, d'Hippocrate,
--- Page 20 ---
TABLE.
X
cadavérique. Conséquence qu'on
No LXIX. Autopsie
en déduit.
LXX. Convalescence. Résumé,.
CHAPITRE V.
DEUXIÈXE QUESTION.
essenQuels sont les symptômes qui caractérisent
tiellement cette fièvre P..
LXXI. Nécessité d'une température élevée.
ibid.
LXXII. Symptômes les plus constans..
ibid.
LXXIIL Autres communs à d'autres maladies... 174
CHAPITRE VI.
TROISIÈNE QUESTION.
noir doivent-ils être
La jaunisse et le vomissement
essen--
regardés comme des symptômes
de cette malatiels ou caractéristiques
die, ou seulement commedes symptômes
accidentels 2.
s.
LXXIV: Examen de cette question 2 résolue par
ibid.
ce qui précède.
CHAPITRE VII
QUATRIÈNE QUESTION.
Cette fièvre est-elle contagieuse P
LXXV. Difficulté de résoudre cette question.
Pourquoi?.
Opinions différentes des médecins à ce
LXXVI.
sujet.
issement
essen--
regardés comme des symptômes
de cette malatiels ou caractéristiques
die, ou seulement commedes symptômes
accidentels 2.
s.
LXXIV: Examen de cette question 2 résolue par
ibid.
ce qui précède.
CHAPITRE VII
QUATRIÈNE QUESTION.
Cette fièvre est-elle contagieuse P
LXXV. Difficulté de résoudre cette question.
Pourquoi?.
Opinions différentes des médecins à ce
LXXVI.
sujet. --- Page 21 ---
TAI BLE.
xj
Nos LXXVII. Questions préliminaires dont il aurait
fallu donner la solution..
LXXVIII. Fixer ses idées sur ce qu'on entend par
contagion..
LXXIX. Elle est contagieuse; faits qui le prouibid.
vent.
LXXX. Début, marche des maladies les plus
contagieuses.
1go
LXXXI. Raisons appuyées de faits pour combattre l'opinion contraire.
IXXXI,LXXXHI et LXXXIV. Autres preuves
puisées dans différens pays on elle a paru. 193
LXXXV. Opinion de M. de Humboldt..
LXXXVI. Faits concluans, recueillis à bord des
vaisseaux.".
LXXXVII et LXXXVIIL. Autres non moins positifs, tirés des différents lieux.
LXXXIX. Examen de cette fièvre au Mexique.. 208
XC, Opinion admise aux Etats-Unis. Sur quoi
elle est fondée.
XCI. Son analogie avecl les maladies pestilentielles. 214
XCII. Examen des objections contraires.
XCIII et XCIV. Dispositions nécessaires pour
contracter les maladies contagieuses.
XCV. Son développement spontané.
XCVI. Ses retours au Mexique.
XCVII. Existe-t-il un gaz animal, une vapeur
spécifique ?..
XCVIII. Les maladies les plus contagicuses ont
dà d'abord
du climat, ou de
/
dépendre
causes locales e
XCIX. N'est-elle qu'épidémique?) Parallèle... 235 --- Page 22 ---
TABLE.
xij
objections spéNoC a ct CI. Réponses à plusieurs
cieuses.
tirées des autorités. RéCII. Antres objections
ponses..
CIIE. Faux raisonnement, réfuté.
CIV. Résumé..
CHAPITRE VIII.
CINQUIÈRE QUESTION.
Queis sont les moyens de s'en garantir?
s59
CV. Vues générales.
avant Fembarquement, penCVI. Précautions
dant la traversée.
CVII. Aclimater insensiblement Ies troapes.
CVIII. Choix des hommes destinés aux Colonies.
CIX. Casernes..
CX. Régime des nouveanx débarqués.
fricCXI, CXIL. Soins qu'exige la peau > bains *
tions $ embrocations, etc.
CXIII. Amusemens.
CXIV: De la saignée 7 comme moyen -prophi275
lactique -
indiquées.
CXV. Insuffisance des précautions
CXVI. De TIsolement.
etc.
CXVIL. De T'emploi du gaz acide muriatique,
Tenue des salles.
ies.
CIX. Casernes..
CX. Régime des nouveanx débarqués.
fricCXI, CXIL. Soins qu'exige la peau > bains *
tions $ embrocations, etc.
CXIII. Amusemens.
CXIV: De la saignée 7 comme moyen -prophi275
lactique -
indiquées.
CXV. Insuffisance des précautions
CXVI. De TIsolement.
etc.
CXVIL. De T'emploi du gaz acide muriatique,
Tenue des salles. --- Page 23 ---
TABLE.
xilj
CHAPITAE IX.
SIXIÈME QUESTION.
Quels sont les moyens curatifs les plus efficaces P
N* CXVIIL Considérations générales sur le traitement..
CXIX. Eile réciamela médecine la plus énergique. 288
CXX, CXXI, CXXII, CXXIII, CXXIV,
CXXV, CXXVI, CXXVII, CXXVIII
et CXXIX. Examen raisonné des divers
moyens employés pour la combattre 2
tels que le mercure, les vomitifs, les purgatifs, les vésicatoires, les acides minéraux, le quinquina, l'opium, la saignée, etc.
CXXX. Méthode vulgaire adoptée par les mulàtresses..
31%
CXXXL Indications à remplir.
CXXXII. Moyens appropriés aux différentes périodes de la maladie.
3:6
CXXXIII. Régime des convalescens. Précautions
pour prévenir des rechàtes.
3e2
FIN DE LA TABLE. --- Page 24 --- --- Page 25 ---
INTRODUCTION.
Cest un spectacle intéressant et digne de
fixer l'attention des sages, que la bonne direction imprimée aux esprits par les Sociétés savantes et le but d'utilité de leurs travaux. On
a renoncé aux questions physiologiques oiseuses, qui ont trop long-lemps fait retentir
les écoles; convaincu que tantqu'on s'est borné
à imaginer des systemes, à chercher des explications', la science est restée stationnaire, et
que les plus profondes méditations à ce sujet
n'ont souvent servi qu'à dévoiler notre faiblesse.
Pour découvrir quelques vérités, et faire des
progrés réels, la médecine a donc dû changer
de marche : ce ne' sont plus des hypothéses
qu'on demande ; ce sont des expériences, des
faits dont on puisse faire d'atilesapplications
à la connaissance et au traitement des maladies.
La Société de médecine de Bruxelles vient
de donner une nouvelle preuve de l'excellent
esprit qui la dirige, en proposant, poursujet
de prix, un point de pratique trés-intéressant,
et trop peu approfondi, malgré la multitude
I
, la médecine a donc dû changer
de marche : ce ne' sont plus des hypothéses
qu'on demande ; ce sont des expériences, des
faits dont on puisse faire d'atilesapplications
à la connaissance et au traitement des maladies.
La Société de médecine de Bruxelles vient
de donner une nouvelle preuve de l'excellent
esprit qui la dirige, en proposant, poursujet
de prix, un point de pratique trés-intéressant,
et trop peu approfondi, malgré la multitude
I --- Page 26 ---
INTRODUCTIOX
de thèses,
de mémoires 2 de dissertations, depuis une
d'opuscules, dont il a été T'objet
sein de
douzaine d'années; elle a pensé, qu'au sinon
nous étions,
ces richesses apparentes,
au moins très-embarrassés
pauvres en effet, faire
tant d'opinions
quant au choix à
parmi
solide sur
diverses, pour asseoir un jugement fortement conplusieurs points importans et
testés, relatifs à cette maladie. au milieu de
Comment ne le serait-on pas
multitude de faits en apparence opposés,
cette
se sont succédées avec une
d'hypothèses, qui
cette fièvre est
étonnante rapidité depuis que a fixé l'attendevenue plus fréquente et qu'elle
manquer
Ce désaccord ne peut
tion générale? l'incertitude dans lesprit de ceux
de jeter de
d'observer par euxqui n'ont pas été à portée
veulent
mêmes cette maladie, et qui caractère, pourtant sur ses
être fixés sur son véritable
causes et sur son traitement. des ouvrages publiés
Je crois. que T'examen à Tétude clinique, prousur ce sujet, comparé
et d'analoplus de ressemblance le
vera qu'il ya
ne pense
gie dans les faits principaux.quion que consolante,
setenkaeailnains que la plupart des conpuisqw'elle démontre
dépendent des
tradictions qu'on y rencontre,
trouvés les
différentes oi se sont
eirconstances --- Page 27 ---
-3
INTRODUCTION.
observateurs, des variétés que présente la maladie, etc.
Il reste pourtant encore plusieurs questions
intérêt à discuter, et pour la
du plus grand
nombre
solution desquelles il y a un grand
n'ont besoin que d'être soide matériaux qui
gneusement examinés 2 appréciés , comparés
entre eux et avec l'observation pratique : cet
conduira nécessairement à une conexamen exacte de cette effrayante maladie,
naissance
de laquelle découlera, comme conséquence
immédiate, une méthode curative plus directe
et plus heureuse.
C'est pour remplir cet objet important,
était utile d'appeler l'attention des pratiqu'il
observé cette fièvre dans les difciens qui ont
férens pays où elle a exercé ses ravages 2 qui
ont suivre sa marche, ses progrès, son dépu ont été à même de la considérer dans
clin, qui
dans
tous ses états, sous toutes ses formes,
avec toutes ses nuances et ses
tous ses dégrés >
complications ; c'est d'eux seuls qu'on peut
espérer une solution satisfaisante du problème
proposé par la Société.
Je me suis trouvé dans les eirconstances particulières les plus propres à m'éclairer sur tout
est relatif à cette
et à me
ce qui
question,
mettre dans le cas de Tapprofondir.
pu ont été à même de la considérer dans
clin, qui
dans
tous ses états, sous toutes ses formes,
avec toutes ses nuances et ses
tous ses dégrés >
complications ; c'est d'eux seuls qu'on peut
espérer une solution satisfaisante du problème
proposé par la Société.
Je me suis trouvé dans les eirconstances particulières les plus propres à m'éclairer sur tout
est relatif à cette
et à me
ce qui
question,
mettre dans le cas de Tapprofondir. --- Page 28 ---
INTRODUCTION.
lorsque la fièvre
J'étais à Saint-Domingue
l'étucommença à s'y manifester; je pus
jaune
la prendre, pour ainsi
dier dans son début,
: de redire, au berceau, suivre ses progrès
chargé
tourà Brest, je fus pendant long-temps
delavisitesanitatredeal bâtimens qui revenaient
afin de statuer sur la néalors des colonies, 2
cessité et la durée de la quarantaine à laquelle
directement des
on devait les assujétir , je pris
des
revenaient de TAmérique,
médecins qui
de ceux des
chirurgiens-majors des vaisseaux,
tous les renseignemens qu'ils purent
régimens,
toutes les obtous les rapports,
me procurer;
adressés au conservations; tous les journaux
commuseil de santé de la marine, me furent
de
niqués lorsque je m'occupai spécialement où
maladie; c'était en l'an 9, époque
cette
ni aussi bien, ni aussi géuéraleelle n'était
l'est aujourd'hui, ce qui
ment connue qu'elle
préfet maritime,
détermina le conseillerdétat,
mémoire.
la publication de mon
à ordonner
voyages, et un
Depuis cette époque, plusieurs
du monde
séjour dans les différentes parties
fièvre sévit avec le plus de fureur,
où cette
États-Unis, et dans les proaux Antilles, aux
m'ont mis
vinces méridionales de FEspagne,
d'aude Tobserver de nouveau, avec
à même
jen avais déjà fait
tant plus.dattention que --- Page 29 ---
INTRODUCTION.
de mes. méditations. Je n'ai
l'objet particulier occasions favorables dans
négligé aucune des
accroitre
lesquelles je me suis trouvé, 2 pour
tant par la fréquentation des
mes lumières,
société des hommes inmalades, que par la
struits. Tous les ouvrages quejai pu me procu;
qui ont
rer, et même Ies opinions populaires
mis
ordinairement un fond de vérité, ont été
à contribution.
demanderaient,
Mes nombreux matériaux
être utilement employés, une main plus
pour
exercée
la mienne; ; ils ne
habile et plus
que
l'imperfecferont peut-étre que mieux- sentir
et combien il est éloigné
tion de mon travail,
d'attendre des resde ce qu'on serait en droit
sources que] j'avais à ma disposition.
R Si je suis entré dans tous ces détails préliminaires, c'est afin qu'on ne soit pas surpris
semblerait être
de me voir traiter un sujet qui
dont il
épuisé, d'après la multiplicité d'écrits
il s'en trouve
a été l'objet, et parmi lesquels
des médecins rede forts bons, composés par
les talens
commandables, dont j'estime autant
leur personne; mais outreles faits
quej'honore
rassemnombreux et pen connus que j'avais
blés, et dont la publication peut paraitre
intéressante, jai surtout été encouragé dans
Tapplication que j'ai faite
mon entreprise par
épuisé, d'après la multiplicité d'écrits
il s'en trouve
a été l'objet, et parmi lesquels
des médecins rede forts bons, composés par
les talens
commandables, dont j'estime autant
leur personne; mais outreles faits
quej'honore
rassemnombreux et pen connus que j'avais
blés, et dont la publication peut paraitre
intéressante, jai surtout été encouragé dans
Tapplication que j'ai faite
mon entreprise par --- Page 30 ---
INTRODUOTION.
de ces deux vers de notre inimitable fabuliste:
Ce champ ne se peut pas tellement moissonner,
Que les derniers venus n'y trouvent à glaner.
c'est donc moins dans l'esSi j'entre en lice,
flatteuse d'obtenir la palme proposée
pérance
T'honneur
la Société célèbre à laquelle j'ai
par
lui témoid'adresser mon travail, que pour
fais de son
gner le cas tout particulier que je
jugement, et le prix que] je mets à son suffrage.
Réunir les faits observés, les coordonner,
rapprocher ceux qui ont de T'analogie, les emà découvrir des vérités nouvelles, en
ployer
à la connaissance et à la guéfaire Tapplication
c'est dans
rison des maladies peu connues ;
des
médicales la tâche que
l'examen
questions
celui qui, se dévouantà la pradoit s'imposer
autant
est
dé cette science, 2 veut,
qu'il
tique
-
c'est
concourir à ses véritables progrés;
en lui,
suis
et à laquelle
aussi celle que je me
imposée,
je m'efforcerai d'être fidèle.
La médecine ne peut se laver du reproche
souvent répété d'être une science puretrop
sur des
ment conjecturale, qu'en s'appuyant
faits certains et irrécusables, en rejetant tous
les systèmes et les doctrines qui ne sont que
le fruit de Timagination.
points de controSi j'insiste sur quelques --- Page 31 ---
INTRODUOTION.
c'est afin de ne laisser aucun doute dans
verse,
de les dissil'esprit de mes juges ; jacheverai
per à l'aide des faits.
Mes assertions seront appuyées d'autorités a
d'observations puisées dans les
irrécusables, ,
estimés, ou dans
écrits des médecins les plus
des rapports non moins anthentiques.
la
HTEET
les exemples sont la source plus
pratiques, féconde et la plus précieuse de
sûre, la plus
T'analyse,
l'instruction. C'est par l'observation;1
la discussion des faits particuliers et leur'i rapl'on parvient à asseoir, sur
prochement, que
le caractère
des bases fixes.et inébranlables,
des maladies nouvelles, et à établir des préceptes de thérapeutique lumineux,a appropriés
aux différens cas.
Toutes les fois que je ne me trouverai pas
d'accord avec des auteurs distingués, et lorsque
obanatismngantiealibe. pour
je m'étayerai
conappuyer mon sentiment ou en déduiredes
générales; je préférerai celles des,
séquences miennes , afin
ne soit pas
autres aux
qu'on
de
les fais ployer à mes
tenté
supposer que je
vues ; car sans croire tout à fait, avec Zimmerdes autres soitquelmann (1), quelespérience
* (i) Traité de l'Expérience en inédecine, t. 1, p. 142.
alibe. pour
je m'étayerai
conappuyer mon sentiment ou en déduiredes
générales; je préférerai celles des,
séquences miennes , afin
ne soit pas
autres aux
qu'on
de
les fais ployer à mes
tenté
supposer que je
vues ; car sans croire tout à fait, avec Zimmerdes autres soitquelmann (1), quelespérience
* (i) Traité de l'Expérience en inédecine, t. 1, p. 142. --- Page 32 ---
INTRODUCTTON
quefois préférable à la
cas quenous avons eu lieu nôtre, même dans les
je ne puis
d'observer souvent;
decin, m'empécher de penser,. avec ce, mé-
> dl'événemens philosophe,s EE, que le détaile d'une suite
bien
> instructif que la vue.des analysés, peut être aussi
tout lorsqu'il s'agit
choses mémess, surcomme ici, de fixer, non
sealemneatdapréss formément
sa propre autorité,
à T'expérience
mais convacillantes, sur diverses générale, les idées
et, pratiques.
questions théoriques
Je citerai les 'sources où j'ai
mettre mes lecteurs en élat de puisé, pour
titude de mes
vérifier l'exacune. érudition citationss à
et non pour étaler
tendre, et,
laquelle je suis loin de
qui ne
préde vie et mes occupations. sallie.guere avec mon genre
Si dans,le cours de ce Mémoire
quelques conjectures sur,la
je, hazarde
phénoménes
cause de certains
tion, elles seront. morbifiques.et sur leur explicadéduites des
physiologiques les plus
connaissances)
de ne rien avancer
exactes ; je m'efforeerai.
directe. de l'analyse quinesoit la conséquence
viens dailleurs, attentive des faits. Je prédimportance
que.je n'ya attache pas
les explications qu'on ne doiten mettre à toates plus
quoi. que je sois théoriques de cette. nature,
loin.de les regarder
comme --- Page 33 ---
INTRODUCTION.
absolument inutiles
; je pense que l'étude
profondie et la comparaison des faits, doit apduire à des résultats
condéduire des
généraux dont on peut
fixer le caractère principes lumineux, tant pour
tirerdes
des maladies, que pour en
conséquences pratiques plus ou moins
générales.Se priverdecette
donc bien mal à
ressource, ce serait
propos ramener la
sous le joug et les-entraves de
médecine
l'aveugle
risme, borner son essor sous le
empytexte d'arrêter ses écarts. Ne spécieux prédans les
donnons point
extrêmes; si l'on a trop abusé des
explications, au moins n'interdisons
recherches qui peuvent
pas le
Suivant les
y conduire.
sages avis delillustre Chancelier
d'Angleterre (1), qui veut que (
> prêtes de la
fidèles internature, nous
> et des expériences, la
déduisions des faits
> et des axiomes,
counaissance des causes
pour être
> veaux faits et à de nouvelles conduitsà denouL'énoncé des questions
expériences. ))
dans lequel elles
proposées et l'ordre
se trouvent
de base à la division de
placées, serviront
Je
ce mémoire.
commencerai par le tableau général de
maladie; je donnerai ensuite
la
toires particulières ; il devient quelques hisinutile de les
(1) Bacon de Verulam. Nov. Org. Sc. Aph.
117.
des causes
pour être
> veaux faits et à de nouvelles conduitsà denouL'énoncé des questions
expériences. ))
dans lequel elles
proposées et l'ordre
se trouvent
de base à la division de
placées, serviront
Je
ce mémoire.
commencerai par le tableau général de
maladie; je donnerai ensuite
la
toires particulières ; il devient quelques hisinutile de les
(1) Bacon de Verulam. Nov. Org. Sc. Aph.
117. --- Page 34 ---
INTRODUCTION.
puisqu'on en trouve dans tous les
multiplier
à
mémoires publiés et qu'elles se ressemblent
de chose près; celles que je rapporterai
peu
à bord des vaisseaux; elles
ont été recueillies
cette fièvre est parserviront à prouver que
tout la même.
sur
Je passerai ensuite à un aperçu rapide
de cette maladie. Cette
l'origine et Tancienineté
intimément avec
notice historique se lie trop
la question sur la contagion, pour que je
d'en faire mention.
puisse me dispenser --- Page 35 ---
TRAITÉ
DE
LA FIEVRE JAUNE.
CHAPITRE PREMIER.
DESCRIPTION GÉNBRALE
No I.
Lx fièvre jaune a reçu différens noms. Les
colons francais la nomment malde Siam ou fièvre
de Siam ; les Espagnols et les Anglais ont eu
égard à la couleur noirâtre de la matiére rejetée
par le vomissement, etl'ont appelée les premiers
vomito pricto 2 et ceux-ci black womitting 7 vomissement noir 2 ou encore the yellow fever ;
les Allemandsla nomment die pest des okzidents,
les Italiens febbre gialla americana. C'estla fièvre
jaune maligne des Indes occidentales de Makiltrick (1), la fièvre bilieuse, maligne, jaune, de
#
(r), Dissert. de Febre mal. bilios. Amer. Edit. de Baldinger, t.I. --- Page 36 ---
TRAITÉ
Moultrie (z); la fièvre rémittente,
pays chauds, de Lind
2 bilieuse des
(2); la fièvre
tique, de Mosely; la tritéophie
gastro-hépaSauivage (5), dont
d'Amérique, de
ila, je crois, 2 puisé la description dans un mémoire de
decin à' "Charlestown
Linning (4), médans la Caroline.
Cullen et d'autres auteurs
icterodes (5). Le docteur Tappellent typlus
qu'on la nommât
Bally (6) voudrait
fièvre
les habitans des Etats-Unis miasmatique ataxique :
la désignent
remment sous le titre de fièvre des lacs, indifféfever ou de fèvre jaune
, lake
dénomination
; c'est cette dernière
qui a généralement prévalu. Les
naturels de T'Amérique méridionale la confondent 'souvent au rapport de
Chappe (7) avec le
saltaza-hualte, fièvre maligne
qui, depuis plusieurs
trés-dangereuse
siècles, revient
quement dans la vallée de Mexico,
périodiet qui, sui-
(1), Select.'Opuseuil med, Méme Collect.
(2) Traité des Maladies des
chauds.
Européens dans les pays
(3) Nosologie méthod, , t. 2, pag. 506 et
(4) Journal de Méd., année 1758, deuxième 593.
(5) Élémens de Méd, prat. trad. de M.
partie;
p:" 56.
Bosquillon , t. I 9
(6) Journal des Officiers de santé de
no 1, an XI.
Saint-Domingue,
(7) Voyage de Chappe.
Collect.
(2) Traité des Maladies des
chauds.
Européens dans les pays
(3) Nosologie méthod, , t. 2, pag. 506 et
(4) Journal de Méd., année 1758, deuxième 593.
(5) Élémens de Méd, prat. trad. de M.
partie;
p:" 56.
Bosquillon , t. I 9
(6) Journal des Officiers de santé de
no 1, an XI.
Saint-Domingue,
(7) Voyage de Chappe. --- Page 37 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
vant M. Humbolt (1), força, il y a plusieurs
siècles, les peuplades de cette partie du Nouveau Continent à émigrer de leur pays pour fuir
ce fléau destructeur.
No II.
La fièvre jaune est une maladie qui parait
particulière aux climats chauds des deux Amériques.
Elle ne se montre que l'été dans les régions
tempérées ; elle revient annuellement depuis
1795 dans plusieurs villes maritimes des EtatsUnis, jusque vers le 430 degré de latitude septentrionale. Cette maladie a fait de grands ravages dans nos colonies.
Elle semble endémique le long de la côte
orientale du Mexique 2 particulièrement à la
Vera-Crux. Dans cette partie du Nouveau-Monde
elle est bornée au littoral, ne s'étendant jamais
fort loin dans l'intérieur des terres.
N" III.
Cette maladie n'affecte pas également tous
ceux qui sont soumis à l'influence de ses causes ;
elle attaque les Européens qui n'ont pas séjourné
dans ces climats brilans; elle épargne ordinai-
(1) Essai politique sur la Nouvelle- Espagne, t. 4. @ --- Page 38 ---
TRAITÉ
rement les anciens colons et ceux qui,
long séjour , s'y sont acclimatés,
par un
delà des tropiques où les naturels excepté auhabitans n'en
et les anciens
sont pas plus exemipts que les
étrangers, ainsi qu'on peut s'en convaincre
Etats-Unis, et comme l'on s'en est assuré aux
Espagne et à Livourne.
en
Les nègres n'en sont
aux Antilles; mais ils semblent presque jamais attaqués
rogative dans
perdre cette prél'Amérique
en a vu succomber
septentrionale : Carey
bade
une quinzaine, tant à la Barqu'à Philadelphie (1). Plusieurs ont
à
Norfolk. Un médecin de
péri
d'une infirmerie
Charlestown, 7 chargé
perdu
considérable,m'a dit en avoir
plusieurs en 1799 et 1800. Pendant mon
séjour dans cette ville, quoique la fièvre
y regnat, il ne lui en mourut
jaune
aucun,
No IV.
Cette maladie n'attaque ordinairement
fois le même individu les
qu'une
aux Antilles et en
exemples contraires
Espagne, sont
ne pas être regardés
trop rares pour
loi générale.
comme des exceptions à la
Plusieurs de ceux que j'ai vu
comme ayant succombé à une seconde citer,
maladie,
(r) Description of the malignant Fever of Philadelplia,
1794.,by Carey,
y regnat, il ne lui en mourut
jaune
aucun,
No IV.
Cette maladie n'attaque ordinairement
fois le même individu les
qu'une
aux Antilles et en
exemples contraires
Espagne, sont
ne pas être regardés
trop rares pour
loi générale.
comme des exceptions à la
Plusieurs de ceux que j'ai vu
comme ayant succombé à une seconde citer,
maladie,
(r) Description of the malignant Fever of Philadelplia,
1794.,by Carey, --- Page 39 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
tels que MM. Fouperine 2 chirurgien de première classe de la marine 2 et le chirnrgienmajor de la 26° demi-brigade n'étaient pas parfaitement rétablis lorsqu'ils ont fait une rechtte.
J'en ai vu plusieurs retomber après plus d'un
mois d'une. fausse convalescence 2 pendant laquelle il était toujours resté un état de langueur
et de malaise qui présageait l'événement.
No V.
Les hommes d'un tempérament bilieux ou
sanguin, ceux d'une forte constitution, en sont
plutôt et plus gravement affectés que les sujets
faibles et pituiteux, plutôt encore que les femmes et les enfans : ces derniers y résistaient le
mieux.
No VI.
Ilya ordinairement dans la fèvre jaune deux
périodes bien marquées , aussi faciles à distinà connaître ; la première,
guer 1 qu'importantes
caractérisée. par T'excitation générale du système
au
de simuler un instant
sanguin, 2 portée
point
des fièvres inflammatoires, et l'irritation des organes gastriques ; la seconde 2 par le développement des symptômes nerveux et putrides.
Plusieurs médecins ont admis un troisième temps
comme dans la plupart des maladies aigués, mais
il est toujours confondu avec les deux autres.
& --- Page 40 ---
TRAITÉ
La division
qu'ont cru devoir établir
auteurs,
quelques
jaunes, l'une quireconnsisent deux sortes de fièvres
non
partielle et contagieuise, et l'autre
N'est-ce contagieuse , est-elle bien mieux
pas toujours la même maladie, fondée?
caractère, à quelques
le même
nentà des circonstances nuances près qui tienLa marche, les
purement accidentelles?
sont-ils
symptômes, 2 la
pas semblables? A quoi bon terminaison ne
distinction qui n'existe
une inutile
maladie
pas dans la
> et qui n'est d'aucun
nature de la
pratique ?
secours dans la
No VII.
Dans le plus grand,nombre
débute tout à
des cas cette fièvre
sensible,
coup, sans aucun signe
par une
précurseur
ou sans frisson 5 par céphalalgie un
susorbitaire, avec
accablement
compagné de prostration des
subit, acleurs dans les
de
:
lombes
forées, douavec chaleur à la
, plus vives vers T'épigastre,
goût, vomissertient, peau, agitation, nauisées, débouche séche;
annimce, yeux
amére, face
conjonctive rouges > sensiblesi, 2. larmoyanis
maladie
injectée. Lorsque la
,'
est moins rapide,
marché de la
ces
préedlés, un ou deux jours symptômes sont
lassitudes, des courbatures, d'avance, par des
mertume de la bouche,
linappétence, l'aTenduit niuquenx et
au, agitation, nauisées, débouche séche;
annimce, yeux
amére, face
conjonctive rouges > sensiblesi, 2. larmoyanis
maladie
injectée. Lorsque la
,'
est moins rapide,
marché de la
ces
préedlés, un ou deux jours symptômes sont
lassitudes, des courbatures, d'avance, par des
mertume de la bouche,
linappétence, l'aTenduit niuquenx et --- Page 41 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
altération, frissons qui
janngtre de la langue, 1
des bouffées de cha-.
alternent quelquefois avec des craintes sinisleur, souvent de la tristesse,
étendues,
tres, sueurs grasses plus ou moins
souvent de la sécheresse à la peau, pouls
plus
quelquefois plein et développé. Dans
dursserré, linvasion de la maladie les douleurs épigastticèdent d'abord un instant aux premiers
ques 2
spontaniés suivis par fois d'une révomissemens
mission assez sensible. 1
cette maladie s'est annoncée de maLorsque
méprendre, et qu'elle a
nière à ne pouvoir sly
déjà fait des progrès, les symptômes prennent
graduellement plus d'intensité ; la céphalalgie
devient insupportable, les yeux plus sensibles,
vomissemens répétés et pénibles 2e 9
douloureux ; d'anxiété, d'ardeur dans le phaaccompagnés sentiment de constriction dans l'estomac,
rinx,
etdéchirantes vers cette région,
douleurs aigués
brolante, sèche ; elle est commegun foyer
peau
s'accumule et augmente sous la
où la chalenr
n'inLe thermomètre
main qu'on y applique.
à cette
dique pas un accroissement proportionné
sensation. Le pouls présente 7 comme nous l'avons indiqué, de grandes variétés; il est généralementfort, plein dans l'invasion, plus rarement
petit, par fois dur 7 concentré : hémorragies
nazales suivies ordinairement d'un peu de sou2 --- Page 42 ---
TRAITÉ
lagement ; teinte jaune de la conjonctive, des
ailes du nez, des lévres; constipation ou diarrhéc bilieuse, urines peu abondantes, 7 limpides
safranées, parfois épaisses, trouou légèrement sédimenteuses. Dans, cette période de la
bles,
fièvre jaune, il n'est pas rare d'observer un peu
de' rémission, quoique la fièvre soit continué.
No VII.
le
Tels sont les symptômes qui signalent premier stade de cette maladie, dont la durée ne
s'étend pas au-delà de trois," quatre, etauplus cin
La couleur
FE
d'autres d'un caractère plus ficheux.
ictériqué devient plus foncée, les vomissemens
laissent peu de calme, les matières rejetées par
de
et verdâtres qu'elles étaient,
cette voie, jaunes
une teinte bruner et noire avec l'appaprennent
elles ressemblent à du marc de f
rence poisseuse :
alcafé délayé, ou à de la suie. Les déjections
vines ont souvent le même aspects on trouve,
dans l'un et l'autre cas, des stries sanguinolentes:
accablés
les douleurs déles malades sont
par
chirantes de l'épigastre, par celles du front, par
la chaleur. mordicante qui les oppresse ; ils sont
et d'inquiédans un état d'anxiété, d'agitation
tude pénible. .
C'est alors qu'une multitude d'épiphénomènes
ou à de la suie. Les déjections
vines ont souvent le même aspects on trouve,
dans l'un et l'autre cas, des stries sanguinolentes:
accablés
les douleurs déles malades sont
par
chirantes de l'épigastre, par celles du front, par
la chaleur. mordicante qui les oppresse ; ils sont
et d'inquiédans un état d'anxiété, d'agitation
tude pénible. .
C'est alors qu'une multitude d'épiphénomènes --- Page 43 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
19.
T'affection primitive, qu'on
viennent compliquer
des
dans les tendons, 2
aperçoit des soubresants
des muscles de la
mouvemens convulsifs partiels
des extrémités ; langue aride, noire,
face, de ceux
d'une croûte épaisse, pouls
couverte quelquefois si l'artère était vide, avec
petit, serré, comme dans cette périodé avandesintermittences; ; c'est
survient quelquefois
cée de la fièvre jaune qu'il
les in-.
passives par les narines,
des hémorragies
Ja bouche et une sorte d'hématemèse;
testins 2
plus ou moins étendues. Un
taches pétéchiales
des
constant, c'est la suppression
symptôme La vessie n'en contient pas, comme on
urines.
de la sonde; le
s'en est assuré parlintroduction fétide. La peau
peu qu'on en obtient est brune,
devient d'un jaune plombé; les. malades ne peuils
vent conserver les plus legéresgouvertures, état
dans un
restent en supmation, quelquefois délirante; les
comateux ou dans une agitation
la face plombée', terreuse ;
yeux sont ternes,
hoquet.
froid aux extrémités, sueurs partielles,
Mort du six au huit, rarement après ce terme,
mais souvent platôt.
-
Quand les phénomènes morbifiques, qui anla
se manifestent d'une manoncent putridité,
nière : bien prononcée, les douleurs épigastriques
leventre se météorise,
diminuent ordinairement,
cet
une issue funeste, lorsqu'à
ce qui présage
état se joint la prostration des forces. --- Page 44 ---
TRAITÉ
à voir accumuler sur
Qu'on ne s'atténde pas
même individu la réunion de tous les symple,
ils ne
tômes,dont - sj'ai fait l'énumération; mais
nécessaires pour constater l'existence de
sont pas il suffit de la présence des principaux,
la maladie;
caractérisde ceux qu'on peut regarder comme
tiques, pour fixer son altention.
No IX.
sous un asCettefièvre se présente quelquefois
différent, et T'ordre succenaflesguptomes
pect
svenonsdelindiquer;
Srspatafommndgisecae
elle s'annonce chez un pétit nombre de, sujets
sans vomissemens,
par un coma profond presque
d'autres
mais avec suffusion ictérique ; chez
?
une sorte de frénésie Oil avec un appareil
avec
Ces variétés accidentelles tieninflammatbire.
à linfluence
nent à l'âge ou au tempéranment, tel
localités
font dominer tel ou
sympdes
qui
le docteur Jacktôme, comme l'avait remarqué
dans les différentes stations de troupes
son (1)
comme
anglaises dans l'ile de Saint-Dowingne,
suis assuré. Ainsi l'exaltation du système
je m'en
cas portée au point
vasculaire est dans quelques
c'est ce
de simuler les fièvres inflammatoires;
out line of the history and cure of the Fever
(1) An
jallow; etc. by Robert Jachson.
ou
sympdes
qui
le docteur Jacktôme, comme l'avait remarqué
dans les différentes stations de troupes
son (1)
comme
anglaises dans l'ile de Saint-Dowingne,
suis assuré. Ainsi l'exaltation du système
je m'en
cas portée au point
vasculaire est dans quelques
c'est ce
de simuler les fièvres inflammatoires;
out line of the history and cure of the Fever
(1) An
jallow; etc. by Robert Jachson. --- Page 45 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
qui avait engagé Devèze à la ranger parmi les
inflammatoires putrides. Celle de Lisynoques
vourne, à ce que dit Dufour (1), débutait avec
tous les signes d'une fièvre gastrique ; chez
d'autres le caractère nerveux s'associe presque
dès l'invasion à cette dernière; il est d'antres
circonstances ou le génic putride parait l'emporter, surtout dans l'état de la maladie. Le docteur
Gilbert (2) a presque toujours VIL le caractère
gastrique dominant; en sorte qu'on ne ponvait,
sans prévention, méconnaitre une véritable fièvre
bilieuse. C'est ainsi qu'elle s'est montrée à mon
observation et à celle de la plupart des médecins
qui, dans ces derniers temps, ont eu de fréquentes occasions de l'étudier aux colonics, en
Espagne et à bord des vaisseaux.
Les anomalies que nous avons indiquées 2 donnent rarement lieu à dès différences essentielles
dans son ee caractére, ellcs en modifient seulement
la forme; mais toujours le premier stade, celui
que l'on peut regarder comnme générateur des
autres, est le même; ne variant que dans son intensité et sa durée. Il n'y a donc rien qui puisse
(1)Histoire'dela Maladie régnante à Livourne en 1804,
P. 32, etc.
(2) Histoire médicale de l'armée française à Saint-Domingue 2 etc. --- Page 46 ---
TRATTÉ
justifier les espèces admises par M.
Je n'ai pas fait mention des
Savaresy (1).
anthrax, des éruptions'cutanées, ni même des affections des
inguinales observées
glandes
par quelques
lesquelles, sans un examen attentif, praticiens,
imposer au. point de faire confondre Peuvent en
avecla peste du levant,
cette flévre
cins l'ont fait;
comme quelques médemention
je n'en ai pas, dis-je, fait une
exceptions particulière; parce que : ce : sont des
qu'il saflit d'indiquer sans is'y arrêter
dayantage.
No X.
Si.nous considérons
- dans les circonstances maintenant la fièvre jaune
oùt elle ai une, marche heureusement; assez rares,
tend avec une rapidité trés-alarmante; où elle
effrayanteà une
son ficheuse, dans les cas où
terminaible, par son.
presque sembla-
.danger, aux fièvres.
les plus meurtrières, elle laissé pestilenticlles
entre l'instant de son invasion. peu d'intervalle C
inort; où l'on voit tous les
et celui de la
symptômes
nous avons énumérés se succéder; graves que
se confondre avec une rapidité s'enchainer, 1
dont rien ne peat ralentir la
désespérante ,
marche; oi les ac-
(1) Del la Fièvre jaune en général , et
celle qui a régné à la
particulièrement de
Martinique en 1803 ct 1804.
son invasion. peu d'intervalle C
inort; où l'on voit tous les
et celui de la
symptômes
nous avons énumérés se succéder; graves que
se confondre avec une rapidité s'enchainer, 1
dont rien ne peat ralentir la
désespérante ,
marche; oi les ac-
(1) Del la Fièvre jaune en général , et
celle qui a régné à la
particulièrement de
Martinique en 1803 ct 1804. --- Page 47 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
cidens lés plus funestes, 2 tels que le vomissement
noir, la jaunisse, la cardialgie,-la frénésie, le
délire; où le coma , les convulsions, la prostration des forces, las suppression des urines se manifestent dès son début; où toutes les propriétés
vitales sont troublées, les forces nerveuses altérées
; où T'harmonie qui doit exister
> perverties;
entre les différentes parties du systênre vivant est
rompue. : si, dis-je, nous la considérons dans cet
état facheux; ; nous la yerrons se terminer par la
mort dans l'espace de quarante-huit; trente-six,
vingt-quatre heures 2 et même avec plus de rapidité; car. en Espagne on en a vu périr en huit ou
dix heures, et passer. presque subitement de la
plus. florissante santé à la mort (4)-
Les exemples de cette terminaison si promptement mortelle sont très-rares au Mexique, aux.
Antilles et aux Etats-Unis. Je n'ai pas eu occasion de' rencontrer un seul cas où la niort ait eu
lieu dans moins de vingt-quatre heures.
A la Pointe-à-Pitre, ile de la Guadeloupe,
cette maladie se déclara avec toute la série.de
symptômes ficheux que nous avons mentionnés;
malgré ce danger, il était rare. , comme l'observa
M. l'Haridon, officier de santé entrelenu de Ja
(1) Berthe, Précis historique de la Maladie qui a régné
en Andalousie 2 P. 79:
- --- Page 48 ---
: 24
TRAITE,
marine, qu'on mourèt avant trente ou trente-six
heures. Plusieurs marins des vaisseaux Aigle,
Ie Dignay-Trouin, le Zdlé, le Mont-Blanc; chez
lesquels elle se présentait avec cet appareil foravant le second ou le
midable, ne périrent guère
troisième jour:
-
9s Dans cette variété de la fièvre: jaune, on est
soudain frappé sans signes précurseurs apparens,
de douleurs frontales et épigastriques intolérables : ces dernières et' celles de l'cesophagé, sont
de simuler Thydrophobie; à ce
portées au point
la chaleur est bràque rapporte M. Bally (1),,
la bouche
lante', les vomissemens continuels,
sèche , le soifinextingnible, la peau jaune : supd'urine, agitation, délire, 2 coma, hépression dévoiement, convulsions, hoquet; etc.
morragie,
les vomissemens continuels ct
Les déjections, abdominales, donnent par fois à
les -douleurs
d'un cholera morbus.
cette maladie l'apparence
(1): Journal des Officiérs' de: santé de Saint-Domingue.
Ventose an XI, p. 12. 7
.11
ifinextingnible, la peau jaune : supd'urine, agitation, délire, 2 coma, hépression dévoiement, convulsions, hoquet; etc.
morragie,
les vomissemens continuels ct
Les déjections, abdominales, donnent par fois à
les -douleurs
d'un cholera morbus.
cette maladie l'apparence
(1): Journal des Officiérs' de: santé de Saint-Domingue.
Ventose an XI, p. 12. 7
.11 --- Page 49 ---
-
DE LA FIÈVRE JAUNE.
CHAPITRE II.
OBSERVATIONS PARTICULIÈRES
No XI.
Uxn matelot du vaisseau le Héros (M.Roy, officier de santé entrelenu de première classe au
port de Rochefort, cn était le chirurgien-major),
stationné dans la rade du Cap, est saisi tout à
coup d'un malaise général de céphalalgie susorbitaire, de douleurs sourdes dans.les membres,
extrêmement vives vers T'épigastre. Ce marin,
âgé de vingt-trois ans, d'une bonne constitution,
avait passé la journée auprès d'un de SCS camarades malade. Le soir il sentit sa bouche un peu
sèche, avec amertume, nausées et, altération; il
se coucha plutôt que de coutume, dormit passablement jusqu'à deux heures, où il fut réveillé
par un frisson"à peine sensible,, accompagné de
lassitude, de céphalalgie, de cardialgie, nausées,
vomissémens d'une matière d'abord d'un jaune
verdâtre, puis brune, glaireuse, poisseuse ; ces
accidens firent des progrès si rapides, que ce
malheureux était prét. à jeter les haut-cris, lors- --- Page 50 ---
26 e
TRAITÉ
qu'il vint à six heures réclamer
les secours du.
chirargien-mugjor. jauneàlaf
Déjà il avait une forte
face, bouche mauvaise,
teinte
pouls vite, dar et-serrés
amère, anxiétés,
altération, vomissemens langue jaune et sèche, ,
Potion calmante
fréquens, urines rares.
brocations émollientes acidulée, boisson laxative, enlavement émollient anodines sur T'abdomen,
râtre, suivied'ans qui procure une selle noisoulagement
lequel tous les accidens
momentané, après
les boissons sont
prirent plus d'itensité:
presqu'aussitôr réjettées par'le vomissement
a recours aux qu'avalées, erentiaitiésmestgion
antispasmiodiques Jes
ques, aux potions
pluis énergipied, aux sinapismes: antiéimétiques, aux bains de
la maladie ; le ventre rien n'arrête le cours de
suppriment. Vésicatoires se météorise, les urines Se
mens de matières bilieuses aux jambes, vomissedans'les idées pendantla
noirdtres, désordre
semens revinrent à
nuit: le matinles vomissensibilité de
desintervalles plus éloignés,
des forces, face T'épigastre moins vive, prostration
coucher en
terreuse, plombée,y yeux ternes,
:
supination,
foncée, froid aux extrémités, carpologic, jaunisse plas
Taprésemidis, mort le soir du convulsions dans
quarante hieurès de maladie. isecondjour, aprés
pendantla
noirdtres, désordre
semens revinrent à
nuit: le matinles vomissensibilité de
desintervalles plus éloignés,
des forces, face T'épigastre moins vive, prostration
coucher en
terreuse, plombée,y yeux ternes,
:
supination,
foncée, froid aux extrémités, carpologic, jaunisse plas
Taprésemidis, mort le soir du convulsions dans
quarante hieurès de maladie. isecondjour, aprés --- Page 51 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
a
No XII.
Un matelot de la frégaté la Didon, (1 M. le
docteur Chapel en était chirurgien-major ), est
saisi, sur les huit heures du soir; de nausées 3
de vomissemens avec. un sentiment de chaleur
tres-incommode dans le creux de l'estomac, 9
douleurs de tête, 7 bouche sèche, peau sèche
dur ct"serré, langue
et bràlante, pouls petit,
jaunâtre dans le centre 2 rouge sur les bords,
animés, sensibles à la lumière,
yeux rouges 7
Ce marin
teinte jaune des lèvres et des tempes.
dit qu'il avait été altéré dans la journéc, sans
L'administration des calmans, des adouappétit. cissans est sans aucun succès 5 les vomissemens
deviennent plus fréquens, plus douloureux, les
matières rejetées par cette voie, 2 d'abord jannâtres, ne tardent pas à devenir brunes, mélées
de stries sangninolentes; la plus légère pression
sur l'abdomen est douloureuse , respiration pénible, agitation, suppression d'urine, point de
selles, délire ; vésicatoires aux jambes ; toutes
les boissons sont promptement vomies avec des
efforts douloureux; peau sèche, brûlante, sueurs
au front, hoquet: , ictère foncé. Mort à quatre
ou cinq heures 7 vingt heures après l'invasion
manifeste de la fièvre. --- Page 52 ---
TRAITÉ
Rapportons deux exemples
moins prompte.
d'upe marche
No XIII,
M. David, enseigue de vaisseau
gate la Comete, stationnée
sur la fré-
(M. le docteur
dans la rade du Cap
mière classels Sper, oflicier de sinté de premajor ), jeune entreter, homme
en élait chirurgienquatre ans 2 d'une forte tres-replet; âgé de vingtpérament
constitation, d'an temdesa
sanguin, se plaignit le premier
maladie de lassitude dans les
jour
céphalalgies surorbitaires
membress, de
lité dans les yeux, douleurs tres-violentes, sensibigastre, 3 Jangue humide.
de reins el de l'épijaunâire, chaleur à la 7 couverte d'un. énduit
soif. Limonade
peau, , pouls fort et plein,
Deuzième tartarisée, pédiluvés , lavement:
mens spontanés. jour. Envies de vomir 2: vomisserendre
Vingt grains
une grande
dlipécaenanba-fone
sans
quantité de matière:
procurer un grand
liliense;
urines rares > ventre douloureux: soulagement, agitation 5
Potion
camphrée ," embrocations
nitrée ;
sur le ventre: 3 lavement huilensessi anodlines,
. , Troisieme jouri
émollient, ertes 20
douleurs frontales Coinmencement de
et
jaunisse;
chaleur brâlante, épignatiquesnplos vivesi;
grès lents, epais suceessifs quelqués vonissemens : ; prodei la aialadic; cata-
re douloureux: soulagement, agitation 5
Potion
camphrée ," embrocations
nitrée ;
sur le ventre: 3 lavement huilensessi anodlines,
. , Troisieme jouri
émollient, ertes 20
douleurs frontales Coinmencement de
et
jaunisse;
chaleur brâlante, épignatiquesnplos vivesi;
grès lents, epais suceessifs quelqués vonissemens : ; prodei la aialadic; cata- --- Page 53 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
plasme sur la région épigastrique ; quinquina
camphré, acidulé, vin généreux, 2 lavement,acidulé.
Quatrième jour. Suppression presque totale
des urines, 7 intensité plus grande des mêmes
symptômes. Mêmes moyens ; lavemens de quinquina avec le camphre et T'opium.
Cinquième jour. Vomissemens hoirs, yeux ternes, , ictère plus foncé, déjections alvines noires,
peau sèche, délire , spasme ; sinapisnes.
Sixième jour. Traits altérés, prostration des
forces, 3 face cadavéreuse, convulsions, hoquets,
perte de connaissance ; mort dans la soirée.
Cette frégate a perdu plus de vingt-cinq hommes
semblables.
avec ces symptômes parfaitement
No XIV.
Un jeune homme, appartenant au vaisseau le
Héros est saisi, après un court frisson, d'envies
deavomir, d'un resserrement douloureux dans,
le creux de l'estomac 2 avec des douleurs frontales, extrémement vives ; visage coloré, yeux
rouges, larmoyans 2 peau sèche, bouche amère,
inappétence, langue jaunâtre couverte d'un enduit muqueux, ponls fort et plein. Pelite saiguée
du bras, suivie de l'administration d'une limonade émétisée, qui procure d'aboudantes éva- --- Page 54 ---
TRAITÉ
cuations par haut et par bas ; diminution de la
fiérne, remission le soir et la nuit.
Deuzième jour. Bouche amère,
missemens dans la matinée,
2 sèche , VOtoux, douleurs
gastriques et frontales,
épipas de sellcs
peau sèchel, brilante;
2 urines rares, safranées;
laxatives acidulées
boissons
7 lavemens émolliens, potion
tempérante acidalée.
Troisième jour. Chaleur brûlante à la
vomissemens de matières noires
peau 2
ques vertiges, pouls petit,
2 jaunisse quelprogrès des accidens. Potion serré, irnégulier 7
sinthe ; l'eau de menthe
avec le sel d'abet le syrop de
décoction de quinquina
diacode,
vésicatoires
camphrée et alkoolisée,
aux jambes.
Quatrième jour. Même état ; le soir
selles abondantes d'une odeur
plusieurs
tion des douleurs, ictère
infecte, diminution des forces,
plus foncé 7 prostrasomnolence. Vésicatoire aux
cuisses, sinapismes ; vin.généreux, quinquina.
Cinquième jour. Progrès des
blement des membres,
accidens; ; trempesanteur de têle, vomis:
semens noirs, suppressions d'urine,
déjections
involontaires, etc,
Sixième jour. Réfroidissement des
face terreuse, plombée,
extrémités,
hoquet, couvulsions
yeux ternes, affaissement. Mort le soir.
Ce'vaisseau a perdu plus de cinquante hommes
ismes ; vin.généreux, quinquina.
Cinquième jour. Progrès des
blement des membres,
accidens; ; trempesanteur de têle, vomis:
semens noirs, suppressions d'urine,
déjections
involontaires, etc,
Sixième jour. Réfroidissement des
face terreuse, plombée,
extrémités,
hoquet, couvulsions
yeux ternes, affaissement. Mort le soir.
Ce'vaisseau a perdu plus de cinquante hommes --- Page 55 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
la maladie a suivi. la même marche.
chez lesquels
est mort un grand nombre sur le Jemmapes >
Il en
PUniony le
le Duquesne, WAigle, le Foudroyant,
semblables; ils ont
Zelé, avec des symptômes
succombé du 5 au 7 savoir , cent et quelques sur
sur le Fondroyant, cinVAigle, quatre-vingtsept
quante-deux sur PUnion, etc.
la fièvre /
Ce sont les caractères avec Jesquels
s'est manifestée dans nos colonies..
jaune seule a
observation de réussite.
Une
No XV.
Lichard, matelot sur la frégate la Comète,
de
fut saisi de maux de reins, de
âgé
27 ans,
accomdouleurs sus-o orbitaires et épigastriques,
d'amertume dans la bouche ; face rouge,
pagnées
sèche, langue saburrale, jaunâtre,
animée, peau
vomissemens spontanés,
pouls fort et plein,
ensuite d'exassuivis d'abord de soulagement,
dans les douleurs. Saignée du bras, pépération
limonade citrique émétisée :
diluves, lavement,
mieux le soir.
chaleur forte, quelDeuxième jour. Agitation,
vomissemens, teinte jaune des tégumens,
ques
à la saignée près, potion antimêmes moyens,
spasmodique.
Progrès des accidens, urinés
Troisième jour.
douleurs abdominales plus fortes, langue
rares , --- Page 56 ---
TRAITE
sèche, grande altération, constipation.
cations émollientes, anodines
Embromens
sur le ventre, laveémolliens: : mêmes moyens.
Quatrième jour. Langue noirâtre, taches pétéchiales, soabresants dans les tendons,
coucher en supination,
faiblesse,
valle: Vésicatoires, vertiges, délire par interquinquina camphré
calme dans la nuit.
alkoolisé:
Cinquième jour. Peu de changemens, face
reuse, faiblesse; deux selles le soir
ternasale.
; hémorragic
Sixième jour. Langue
vomissemens
humectée, cessation des -
et des douleurs
crétion d'urines troubles,
épigastriques, explusieurs selles
d'une couleur foncée;
bilieuses.
Septième jour.-Malgré la prostration des
la langue s'humecte, les urines
forces
n'est plus tendu,. la
coulent, le ventre
peau est moins séche, le
pouls se reléve.
Huitième jour. Le mieux se soutient,
reprend de sa souplesse. Le malade
la.pean
à entrer en pleine convalescence ne tarde pas
et à se rétablir.
épigastriques, explusieurs selles
d'une couleur foncée;
bilieuses.
Septième jour.-Malgré la prostration des
la langue s'humecte, les urines
forces
n'est plus tendu,. la
coulent, le ventre
peau est moins séche, le
pouls se reléve.
Huitième jour. Le mieux se soutient,
reprend de sa souplesse. Le malade
la.pean
à entrer en pleine convalescence ne tarde pas
et à se rétablir. --- Page 57 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
CHAPITRE III,
HISTORIQUE.
No,XVI.
Laconnaissance de la fièvre jaune est assez récente. Elle ne parait pas aller au-delà de la première moitié du siècle précédent; c'est dans cet
espacede temps que nous en avons eu des notions
positives et des descriptions assez exactes. En remontant à une époque plus reculée, OD ne trouve
rien de satisfaisant 7 aucunes données fixes et positives d'après lesquelles on puisse fixer son opinion.
C'est. dans les ouvrages de Rouppe (1),de
Lind (2), de Pouppé-Desportes (5), dans le
Mémoire de Lining, déjà cité, et dans le Traité
des maladies de Pringle (4), qui en a parlé
d'après les manuscrits des docteurs Huck, lequel
(2) De Morbis navigantium, p. 68 et suivantes.
(2) Essai sur les Maladies des Européens dans les pays
shauds, t. 1.
(3) Histoire des Maladies de Saint-Domingue.
(4) Maladies des Armées, t. I, p. 358.
--- Page 58 ---
TRAITÉ
tant à la Jamaique qu'à
avait fait un long séjour ,
qu'on en trouve uchisla Nouvelle-Angleterre,
et qu'on
toire assez complète et satisfaisante, c'cst donc là
peut en prendre une bonne idée :
ait
chercher quoiqu'elle
qu'il faut d'abordallerla
de
été évidemment connue avant la pablication
mais Thistoire bien faite d'une maladie
ceslivres :
postérieure à celle de son
peut être de beaucoup
développement.
No. XVII.
Labat qui visita attentivement nos CoLe père
assez réculé et voisin de
lonies, dans un temps
maladiequiy
son berceau, , en 1693, parle d'une
et dont il futl lui-même atteint. Les symp
réguait
et
décrit, ont effectômes qu'il a éprouvés qu'il
avec la première
tivement un peu d'analogie
période de la fièvre jaune.
mal
Elle commençait, (( dit-il, par un grand
reins, suivi d'une grosse fièvre
) de tête et des
d'une chaleur bràlante, avec un déborde-.
)) et
de
)
Notre voyageur
) ment de bile ou sang (1):
cette
YOriflamme avait gagné
assure quelenavirel
la relâche qu'il y fit
maladie au Brésil, pendant
de Sian ; ce fut lui qui la répandit
en revenant
aux iles de l'Amérique, par le
(1) Nouveau Voyage
R. P. Labat, t. 6, édit. in2-12,
àlante, avec un déborde-.
)) et
de
)
Notre voyageur
) ment de bile ou sang (1):
cette
YOriflamme avait gagné
assure quelenavirel
la relâche qu'il y fit
maladie au Brésil, pendant
de Sian ; ce fut lui qui la répandit
en revenant
aux iles de l'Amérique, par le
(1) Nouveau Voyage
R. P. Labat, t. 6, édit. in2-12, --- Page 59 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
d'abord chez les Français, ensuite
aux Antilles,
Quelques autres
chez les Anglais et les Hollandais.
pensent qu'elle a d'abord élé portée
personnes
de la Martinique, en 1689,
au fort Saint-Pierre
franl'arrivée de vaisseaux
peu de temps après
çais revenant de Siam.
celui de
Ces récits s'accordent assez bien avec
(1), médecin portugais 2
Jean Ferreyra-de-Rosa
observa à Olinda au Brésil, l'épiqui, en 1647,
les
fit
démie qui, dans cette année et
suivantes,
périr un grand nombre de ses compatriotes, peu
la conquête qu'ils firent de Ferde temps après
nambuc.
Dans le même temps, à peu près, elle se
montra à la Barbade, en 169r; on T'y nomma
fièvre de Kendale, parce qu'on croyait qu'elle y
avait élé introduite par des vaisseaux venant de
Fernambuc, ohilrégnaitune maladie épidémique
semblable; elle y fut apportée de nouveau en
1725, par le vaisseau le Linn.
Le père Dutertre (2), missionnaire apostolique, qui vécut dans les iles de la Martinique,
Saint-Criatople,depuis 1640jusla Guadeloupe,
qu'en 1648, donne des aperçus assez exacts sur
(:) Trattado da Constituiçao de Fernambuco, em Lisboa 1694.
(2) Histoire générale des Antilles, t. I, p. 422. --- Page 60 ---
TRAITÉ
le climat et sur une fièvre assez
commune, mais
peu meurtrière et sans jaunisse. Il ne fait d'abord
mention d'aucune fièvre
des Indes
analogue au typhus-flava
occidentales: ; mais en 1648, il se manifesta, dit-il, une maladic analogue à la
quiemporta plus d'un tiers des
peste 7
dix-huit mois
habitans, ) pendant
velle
qu'elle y régna ; elle y était nouet venue par un bâtiment dont
en était attaqué. Il est diffieile;
l'équipage
tion informe
d'après la relaqui nous reste, de savoir si c'élait
la fièvre jaune,
A
Saint-Domingue, on pensait
cette
généralement
que
maladie avait été
riait
importée; on ne vaque sur le lieu de son origine. Les
faisaient venir de Siam d'oit Jui
uns la
venait le nom
par lequel on la désignait, d'autres
croyaient
nous la tenions des Espagnols.
que
Feu M. Dupré, ancien chirurgien
de la marine, m'a dit, en me
consultant
remettant quelques notes Sur cette maladie, que se trouvant
Cap-Français en
au
- 1745et1748, il eut occasion de
ly observer pour la première fois : on la
dait comme nouvelle et introduite
regarpar des vaisseaux de
depuis peu
guerre espagnols. Ce récit,
est conforme à ce que rapporte Pouppé-Desporles (1), qui exerçait à Saint-Domingue, où il
(1) Ouvrage cité,
dit, en me
consultant
remettant quelques notes Sur cette maladie, que se trouvant
Cap-Français en
au
- 1745et1748, il eut occasion de
ly observer pour la première fois : on la
dait comme nouvelle et introduite
regarpar des vaisseaux de
depuis peu
guerre espagnols. Ce récit,
est conforme à ce que rapporte Pouppé-Desporles (1), qui exerçait à Saint-Domingue, où il
(1) Ouvrage cité, --- Page 61 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE,
mourut cette même année 1748. Cet estimable
praticien observa cette fièvre pendant la relâche
que fit, dans cette ile, l'escadre de don
qui venait du
Navarro,
Mexique; ce fut elle
cette funeste contagion. 4
qui répandit
N. XVIII,
La fièvre jaune, et celle qu'on nommait
à
Saint-Domingue fièvre de Siam, sont-elles les
mêmes ? Il est certain
decins de
que plusieurs anciens mécette colonie y trouvaient de la
rence;
diffédernière Pouppé-Desportes est de ce nombre, Cette
carractères s'annonce ordinairement àvec tous les
d'une fièvre adynamique
et conserve,
trés-intense,
sionomie'
pendant toute sa durée , cette phyquidevrait empécher de
et de la confondre
s'y méprendre,
avec la fièvre
doute que cette distinction
jaune ; sans
très-sensible,
n'est pas toujours
puisque plusieurs
par cru devoir l'admettre.
praticiens n'ont
Il paraît que la maladie du père Labat
dont on trouve des traces dans les
et celle
visitèrent PAmérique à cette
voyageurs qui
chait davantage de la fièvre de époque, Siam
s'approjaune.
que Ja fièvre
On peut toujours conclure de ce
venons de
que nous
rapporter, 2 que cette dernière mala- --- Page 62 ---
TRAITÉ
ladie élait généralement
regardée comme
gère aux Antilles, seulement
étranlien de son
on variait sur le
origine. Nous
nion pareille aux Etats-Unis, retrouyerons une opiNo XIX,
Le vomito prieto semble
long de la côte orientale du endémique tout le
Mexique; il revient
annnellenient, et surtont à la
une époque reculée
Vera-Crux, depuis
terminer
qu'il est assez difficile de déavec précision.
ses côtes en 1679, dit Dampière (), qui visita
malsain, et
que Tair y élait déjà trèspresque aussi funeste aux
qu'aux étrangers; aussi
indigenes
partie de T'Amérique regardait-on, dit-il, cette
L'Abbé
comme un tombeau.
toire du Mexique, Calvigero (2) assure 7 dans son hisque cette
est manifestée la
funeste maladie s'y
opinion,
première fois en 1725. Cette
quoiqu'elle soit appnyée de
antorités, n'en parait pas mieux
plusieurs
boldt (5). Il la trouve
fondéeàM. Humconservées
contraire aux traditions
parmi les habitans de la
qui ne savent dans quel
Vern-Crux,
temps elle a commencé.
(1) Voyage autour du Monde 3 t. 1.
(2) Storia de Messico, , t. 1, p. 177.
(3) Essai politique sur la
Mauvell-Epagne, t. 4.
'elle soit appnyée de
antorités, n'en parait pas mieux
plusieurs
boldt (5). Il la trouve
fondéeàM. Humconservées
contraire aux traditions
parmi les habitans de la
qui ne savent dans quel
Vern-Crux,
temps elle a commencé.
(1) Voyage autour du Monde 3 t. 1.
(2) Storia de Messico, , t. 1, p. 177.
(3) Essai politique sur la
Mauvell-Epagne, t. 4. --- Page 63 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
aux documens sur lesquels pourrait s'équant
célèbre
obtayer M. Clavigere, notre
voyageur
serve, avec raison, qu'on ne saurait en trouver,
d'authentiques dans T'Amérique méridionale audelà de quarante-cinq à cinquante-cinq ans, encore faut-il en prendre un soin tout particulier
ce
à l'abri des
pour les mettre, pendant
temps,
termittes et desautres insectes quiles détruisent
mais Thistorien du
avec une stirprenanterapidité;
Mexique a fort bien pu trouver dans les archives
d'Espagne en Europe les preuves de son assertion.
M: Humboldt ajoute, pour démontrer que la
fièvrejaune est plus ancienne que ne le dit Claviplusieurs villes ont été abandonnées
gère, de leurs que habitans vers la fin du seizième siècle, 1
se soustraire aux épidémies meurtrières qui
pour moissonnaient tous les Européens ; mais rien
y
clairement que la maladie qui força
ne prouve
établisseà s'éloigner de plusieurs des premiers
mens formés dans ces climats, fût le vomito 7
décrit et connu depuis ce temps, , lequel se montre
toujours et par-tout avec, les mêmes caractères.
différemment, c'est
Ce qui me porte à penser
l'époque récente à laquelle cette maladie a reçu
d'un
le nom souslequelonla désigne, pris
symptôme dominant : c'est dans le commencenient
du siècle précédent. Si alors elle n'avait pas eu --- Page 64 ---
TRAITÉ
quelque chose de particulier
en admettant
qui
s'en serait
qu'elle ne fit pas fisdclatention;
pas même
nouvelle, on ne
le nom qu'elle
occupé, on lui aurait laissé
portait.
Pourquoi, si elle élait aussi
prétend, n'a-t-clle reçu
ancienne qu'on le
une dénonination
etrca-sighificative, tirée
propre
(vomito prieto),
d'unsymptôme
que bien tard? Ne
principal
pas autorisés à penser
sommes-nons
aimposée est à
que T'époque oit on la lui
à étre
peu près celle où elle a
connue; ; elle paraissait
commencé
reedesureimaladiar
nouvelle et difféon ne voulait pas la confondre régnantes saveclesquelles
qu'on ne la trouvait
par le nom, puispossible encore
pas semblable. Il est trèsvilles,
que Tinsalubrité de
comme celle qui existait où certaines
d'hui le village de la
est aujourAntigua, ait forcé de
abandonner, sans que ce fàt la fièvre
les
Entteemnen.tejeerder
jaune qui
Cabello est encore aussi Panama et de Portoqu'il l'était
funeste aux
ily a plus d'un
étrangers
ait
siècte,
jamais vu le vomito.
quoiqu'on n'y
Les relations des
tout imparfaites
voyageurs de ces temps-la,
I'histoire des
qu'elles sont, relativement à
ils ont parlé, maladies, avaient prouvent que celles dont
janne 3 mais elles des rapports avec la fièvre
tité,
.sont loin d'établir liden-
Cabello est encore aussi Panama et de Portoqu'il l'était
funeste aux
ily a plus d'un
étrangers
ait
siècte,
jamais vu le vomito.
quoiqu'on n'y
Les relations des
tout imparfaites
voyageurs de ces temps-la,
I'histoire des
qu'elles sont, relativement à
ils ont parlé, maladies, avaient prouvent que celles dont
janne 3 mais elles des rapports avec la fièvre
tité,
.sont loin d'établir liden- --- Page 65 ---
DE LA FIÈVRE JA UNE.
Ulloa (1), en parlant des maladies
les Européens sont exposés à leur arrivée auxquelles
Inde-Oecidentales,
aux
rapporte, d'après
généralc des habitans,
le
T'opinion
tingue bien de
que vonito qu'il distoutes les autres fiévres, élait
connu avant 1729. Cen'est
inà cette époque
que postéricurement
qu'il s'est montré à Guayaquil, à
Sainte-Marthe, à Carthagène et ailleurs.
La première description
maladie fut
espagnole de celte
donnée, à ce que dit le docteur Luzuriaga, par J. Gastel Bondo; elle ne remonte
même pas à une époque tout à fait aussi
lée. (1).
recuAujourd'huil la fièvre jaune est regardée comme
endénique, du
sur une partie de la côte orientale
Mexique. C'est au moins ce
peutinférer
des précieuses
qu'on
recherches de M.
dit qu'elle revient
Humiboldt, qui
presque chaque année, à la
Vera-Crux, vers le mois de juin elle
toute sa force dans les mois
;
acquiert
tembre,
d'août et de seppour disparaître dans ceux de
et janvier. C'est la saison des
décembre
pêtes du nord.11 est
pluies et des temgénéralement
y observait moins souvent
reconnu-qu'on
autrefois cette
qu'on ne le fait maintenant.
fièvre 2,
(*) Voyage,t t1, p. 149 et suivantes.
(1). Luzuriaga. De la Calentura
biliosa, t. I.
toute sa force dans les mois
;
acquiert
tembre,
d'août et de seppour disparaître dans ceux de
et janvier. C'est la saison des
décembre
pêtes du nord.11 est
pluies et des temgénéralement
y observait moins souvent
reconnu-qu'on
autrefois cette
qu'on ne le fait maintenant.
fièvre 2,
(*) Voyage,t t1, p. 149 et suivantes.
(1). Luzuriaga. De la Calentura
biliosa, t. I. --- Page 66 ---
TRAITÉ
No XX.
De la Vera-Crux et des autres
orientale du
points de la côte
à la
Mexique, 2 la fièvre jaune est
Havane, 2 dans l'ile de Cube, située à passée
du golle du
l'entrée
Mexique, et où viennent
rement relâcher
nécessaivaisseaux
> avant de passer en
espaghols
Europe , les
partis des
sions continentales de
différentes possesnaturalisée à la
celte nation. Après s'être
Havane, la fiévrejaune a dà
rapidement aux colonies et à la Nouvelle- passer
terre, oi elle a été bien observée
Angleintrodaction dans
en 1752, Son
celte partie de
rien de
TAmériqne, n'a
nier surprenantetne peut être une raison
son origine étrangère, Le
pour
babitans avec
commerce de ses
ceux des Antilles, ne
quer de les exposer à
pouvait mancontracter les maladies
auxquelles ces derniers étaient sujets.
Cette fièvre ne s'est pas bornée au NouveauMonde, elle a porté ses ravages
parties méridionales
jusque dans les
à
de l'Europe. Elle a d'abord
paru Cadix en 1751, d'après le rapport des historiens espagnols de la fièvre jaune
(1): : c'était
de (1) Foyez Crisis epidemica que se padecio en esta ciudad
Malaga ên el ano de 1741, par don Nicolao
Rezano. Dissertation medica sobre la
Frans,
ligna contagiose que regno en Cadix, el ano Calentura de I
mael doctor don PedroMaria, Gonzalez
800 , per
etfillalba, t. 2,p.113, --- Page 67 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
Je seul port où les vaisseaux espagnols pussent
aborder; elle s'y est montrée quatre fois jusqu'en 1764, où elle fit de si grands ravages, 2 ct
toujours sa naissance a coincidé avec Y'arrivée de
navires sur Jesquels on a trouvé des personnes
qui en élaient attaquées 7 et acquis la certitude
que d'autres étaient mortes à bord.
Elle a aussi régné à Malaga en 1741, où clle
fit périr dix mille personnes; elley fut portée par
des éurangers venant de P'Amérique, auxquels il
fut permis de débarquer avec leurs effets, quoimalades. Si elle
qu'il y eàt parmi eux plusicurs
ne tirait pas son origine des possessions espagnoles, cette nation aurait-elle été la seule às'en
anssi
ressentir en Europe ; ne l'aurait-on pas
bien rencontrée en Portugal et dans IItalie, oût
il fait aussi chaud qu'à Cadix? Pourquoi cette
ville quijouissait du privilège exclusifde recevoir
les bâtimens partis de la Vera- Crux et de la Havane, en a-t-elle é1é seule et à plusieurs reprises
attaquée ? Cela milite, je crois, en faveur de
T'origine que nous lui assignons. Il en est des
maladies comme des autres productions du sol:
chaque pays a une disposition à en produire de
particulières, comme il en a une à donner naissance à certains végétaux, à favoriser leur développement. C'est ainsi que la peste semble tirer
son origine de T'Afrique; ; la lépre, Ia petite vé-
en a-t-elle é1é seule et à plusieurs reprises
attaquée ? Cela milite, je crois, en faveur de
T'origine que nous lui assignons. Il en est des
maladies comme des autres productions du sol:
chaque pays a une disposition à en produire de
particulières, comme il en a une à donner naissance à certains végétaux, à favoriser leur développement. C'est ainsi que la peste semble tirer
son origine de T'Afrique; ; la lépre, Ia petite vé- --- Page 68 ---
TRAITÉ
role et la rougeole ont pris naissance
syphilis en
en Asie; la
de
Amérique; la plique en
méme la fièvre
Pologne, etc.;
la
jaune a fort bien pu naître sur
et
où
odacwriemuledilienipe,
où elle revient
elles'estmontrée
aiuellement,
No XXI
Ceux des médecins des États-Unis
gardent pas la fièvre Jaune
qui ne recordentà
comme indigéne, s'acdans
peu préssuel'époquede son
leur pays ; ils pensent
apparition
portée dans la
qu'elle fut d'abord
l'amiral
Virginie en 1699 par l'escadre del
Nevill, venant des Antilles à Philaldelphie, en 1699, par un navire venant de la
bade à Charlestown dans la"
Barpour reparaître d'une manière même année 2
1732; mais il n'en est
de plus générale vers
origine : ici les avis
pas
même sur son
sont partagés.
Les uns pensent qu'elle leur vient de TAfique; les autres, et c'est le plus grand
disent la tenir des Antilles et du
nonibre,
elle a été apportée
Mexique d'oi
voie de la
et introduite chez eux par la
des
contagion 3 c'est au moins le résultat
recherches de MM. Carey, Rlesk, Makiltrick et surtout Currie (1).
(1) Journal général de méd, tome 24,
vantes.
page 125 et'sui- --- Page 69 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
Ce qui est bien démontré anjourd'hui, c'est
qu'elle s'est développée à peu près à la même
époque dans différentes villes des États-Unis,
où depuis ce temps - 'elle revient avec assez de
régularité. Ainsi à Philadelphie elle a d'abord
paru en 1741, puis en 1747, et successivement;
quelques personnes croient pourtant qu'elle y
avait été observée en 1699. Cette dernière assertion n'est pas suflisamment constatée.
Sa première apparition à New-Yorck, 2 date
de 1745; celle de Norfolk en Virginie de 1741,
celle de New-Haven dans le Connecticut de1743.
Elle s'est déclarée à Charlestown, dans la Caroline en 1732, puis en 1759. On dit aussi qu'elle
y avait fait de grands ravages en 1699. La maladic qu'on y observa dans cette année était
regardée comme une véritable peste 2 ce qui
porte à douter que ce fut la fièvre jaune.
Observons que c'cst dans le temps, où incontestablement elle s'est manifestée dans plusieurs
villes de P'Amérique septentrionale 2 que nous
etmes, en 1742 et les années suivantes contrè .
l'Angleterre, une guerre aussi longue que désastreuse pour notre marine, dans laquelle les angloaméricains prirent une part aussi active que le
permettait leur position. La fièvre jaune était
déjà assez commune aux Antilles 7 pour qu'on
fit exposé à l'y contracter facilement, comme
cst dans le temps, où incontestablement elle s'est manifestée dans plusieurs
villes de P'Amérique septentrionale 2 que nous
etmes, en 1742 et les années suivantes contrè .
l'Angleterre, une guerre aussi longue que désastreuse pour notre marine, dans laquelle les angloaméricains prirent une part aussi active que le
permettait leur position. La fièvre jaune était
déjà assez commune aux Antilles 7 pour qu'on
fit exposé à l'y contracter facilement, comme --- Page 70 ---
TRAITÉ
le remarque Pringle, d'après Je docteur
dont il fait un
Huck
grand cas. (( Elle est, diti
mune aux naturels aussi bien
il, commais les
qu'aux étrangers;
nouveau - venus se tronvent
une espèce
exposés à
différente, ou plutdt à un
différent de la même maladie,
degré
On*la
par des vomissemens noirs, mais
distingue
par la couleur jaune de la
principalement
peau (r). N'est-ce
aux communications plus
pas
fréquentes de la Nouvelle-Angleterre avec les Antilles,
par cet état de guerre, qu'il faut attribuer occasionnées
pagation ? Aussi depuis lors la maladie sa propas cessé de reparaitre après des intervalles n'a-t-clle
ou moins longs, Elle se montre d'abord
plus
dans le
voisinage des lieux oùt les bâtimens
venant des Antilles sont mouillés; elle suspects
dans le
se répand
voisinage, avant de
tiers les plus éloignés. Les parvenir aux quarsalubrité
mêmes causes d'inauxquelles on l'attribue aujourd'hui
n'existaient-elles pas autrefois, et même à un
plus haut degré? Est-il survenu
quelques changemens 3
dans T'atmosphère ? S'est-il formé de
nouveaux laes, de nouveaux marais ? Les circonstances locales ne sont-elles pas les mêmes ?
Comment enfin, si elle n'était
pas nouvelle vers
(1) Pringle, Ouvrage cité, t, I, page 35g. --- Page 71 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
1752, et si elle n'a pas été tout récemment importée en 1795, a-t-elle alors fixé l'attention
d'une manière toute particulière, et a-t-elle été
distinguée des fièvres rémittentes bilieuses Ordinaires avec lesquelles on veut la confondre,
sans admettre aucune différence 7 quoique ces
dernières fièvres existassent, et fussent parfaitement connues avant elle ? Si elle n'était pas
récente en 1795, ne s'est-elle pas montrée avec
de nouveaux caractères, qui ne permettent pas
de la confondre avec les maladies qui existaient ?
A quelles causes peut-on raisonnablement attribuer anesemblahle métamorphose dont on ne
trouve aucun exemple 2 tandis qu'en admettant
l'importation 7 sur l'existence de laquelle nous
espérons ne laisser aucun doute, tout s'explique
facilement. Maintenant la Havaue et les ports
des Etats-Unis s'accusent mutuellemept de se
transmettre ce fléau. Il est vraisemblable que
c'est de la première de ces villes, ou immédiatement du Mexique, que les Américains l'ont
reçue. A présent que le germe existe, il s'y développe et se répand avec plus ou moins de
force, suivant l'élévation de la température et
d'autres circonstances locales que nous indiquerons ailleurs.
L'auteur d'uue lettre adressée aux éditeurs
s'accusent mutuellemept de se
transmettre ce fléau. Il est vraisemblable que
c'est de la première de ces villes, ou immédiatement du Mexique, que les Américains l'ont
reçue. A présent que le germe existe, il s'y développe et se répand avec plus ou moins de
force, suivant l'élévation de la température et
d'autres circonstances locales que nous indiquerons ailleurs.
L'auteur d'uue lettre adressée aux éditeurs --- Page 72 ---
TRAITÉ
du Medical and
que la fièvre philosophical register (r) prouve
jaune a élé importée,
contagieuse et. qu'il faut établir
qu'elle est
pour s'en garantir. Il s'élève des quarantaines
la logique de ceux de
avec raison contre
embrassé l'opinion
ses compatriotes qui ont
qu'elle est
contraire, et qui, en assurant
indigène, , non importée et non
tagieuse 7 recommandent
contions
pourtant des précaurlispendieuses et
son introduction,
génantes pour prévenir
Si depuis 1795 cette maladie
d'activité aux
a acquis plus
plus
Etats-Unis, si elle y est devenue
dangereuse, , plus
rait
générale, si elle y
anpuellement et
repatemps elle s'est montrée régulièrement, si depuis ce
nos colonies, c'est
avec tant de fureur dans
sément celle où
que cette époque est précivolutionnaires de commencérent les troubles réce malbeureux
cèrent un grand nombre
pays 2 qui forles uns à la
d'habitans à se réfingier,
Hayane, les autres à la NouvelleAngleterre, pour éviter la fureur
nègres. Ces malheureux
sanguinaire des
colons
États-Unis, 2 avec les débris de leur portèrent aux
germe des maladies
fortune 2 le
Ces
particulières aux colonies.
migrations, 7 les communications
fréquentes
(1) Annales de Littérat. médic,
février 1811.
étrang. par Kluiskens,
à se réfingier,
Hayane, les autres à la NouvelleAngleterre, pour éviter la fureur
nègres. Ces malheureux
sanguinaire des
colons
États-Unis, 2 avec les débris de leur portèrent aux
germe des maladies
fortune 2 le
Ces
particulières aux colonies.
migrations, 7 les communications
fréquentes
(1) Annales de Littérat. médic,
février 1811.
étrang. par Kluiskens, --- Page 73 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE,
qu'elles établirent entre les deux
rent
pays multiplièconsidérablement les occasions
aussileplus sgrand daonbrede-Aaéricsins, dinfection;
tendu,
sat-ilprécommel'exprime M. Valentin
(
avait été apportée des Antilles à
(1), qu'elle
les réfugiés
Philadelphie par
s'est fait duCap-Français. Partout où la maladie
sentir dans les années
sonnes prévenues
suivantes, 2 les peren faveur de cette
toujours cru en découvrir la
idée, 2 ont
vaisseaux
source dans les
nouvellement arrivés des lieux où régnait la fièvre jaune, 2 ou dans
de leur
quelques articles
cargaison 7 parce que des hommes de
l'équipage en ont été les premières
qu'elle a souvent commencé à
victimes, et
ley voisinage du lieu où les
se maniferter dans
mouillés >. Leur manière navires suspects étaient
de voir me parait assez
judicieuse et exempte de
Le docteur Dalmas
prévention.
(2) convient aussi
le
système de
que
Fimportation a été
sieurs médecins distingués
adopté par pludes
ont prétendu que cette maladie Etats-Unis, qui
Antilles. Ces autorités
leur venait des
paraissent d'autant
respectables, qu'elles s'étayent de faits bien, plus
pres à faire pencher la balance
proen leur faveur.
(1) Traité de la Fièvre jaune, etc.
page 83.
(2) Recherches histor. et méd. sur la Fièvre
page 41.
jaune, 2
--- Page 74 ---
TRAITÉ
Elle éclata à Philadelphie à la mi-juillet
dans une auberge sur le quai, près de l'endroit 1795,
se trouvaient deux vaisseaux sur
où
lesquels il y avait
plusieurs passagers malades. Elle s'accrut
ment pour cessér à la' fin d'octobre,
rapideenlevé
aprés avoir
quatre mille personnes.
Elle fut portée à Néwhaven
au mois de juin
1794, par un bâtiment venant de la
Les médecins de cette ville
Martinique.
existait
assurent qu'il n'en
aucun vestige avant l'arrivée de ce nayire.
Le brick le Zéphire, venant du
la répandit, en 1795, à New-Yorck, Port-an-Prince, à
et à Norfolk.
Baltimore
Elle futintroduite à Charlestown
un vaisseau parti de la
en 1796, , par
Havane, où elle existait; il
en est de méme de tous les aàtres ports dès
Unis où elle s'est maniféstée la
Etatsa pu voir de quelle manière
prémiére fois : on
elley élait
comnme l'a démontré le docteur Currie parvenue 2
Le retour de béaucoup de colons (r).
court intérvalle de paix, la
pendant le
grande quantité de
troupes envoyées dans nos iles, sous les ordres
du capitaine-général Leclerc, furent autant de
causes qui étendirent encore les rapports de PAmérique septentrionale avec les
999 -
Antilles, et four-
(1) Consultez son ouvrage, ou le Journal
méd. t. 24,p. 49général de
Currie parvenue 2
Le retour de béaucoup de colons (r).
court intérvalle de paix, la
pendant le
grande quantité de
troupes envoyées dans nos iles, sous les ordres
du capitaine-général Leclerc, furent autant de
causes qui étendirent encore les rapports de PAmérique septentrionale avec les
999 -
Antilles, et four-
(1) Consultez son ouvrage, ou le Journal
méd. t. 24,p. 49général de --- Page 75 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE,
5r
nirent un nouvel aliment ài la fièvre
ne s éjait jamais montrée d'une
jaune , qui
sastreusel.
manière aussi dé
, pas méme pendant le
les Anglais à
séjour que firent
Saint-Doningué 7 en 1794, oit ils
perdirenen@somoins, plus de douze mille
Tous les malheurs attachés à la
hommes.
età la guerre étrangère
guerre civile
dans.
, ne pouvaient
un pays comme celui-la, de donner mahquer 2
d'activité à la maladie. Il étaiti
pltis
Américains, qui seuls, faisaient impossible le
que les
s'en réssentissent
commeree ; ne
répandre dans
pas;' et ne contribuassent à la
depuis
leurs villes maritimes : aussi est-ce
1793 qu'elle ne manque pas
et qu'elle s'est déclarée dans
d'y reparaitre
qui 1 n'en avaient
plusieàrs contrées
pas encore éprouvé la moindre
atteinte; comme à
tol; dans
Baltimore, en 17643 a BrisTe"Rhode-sland, en
à
en 1796. Le docteur Chisholm 1795; Boston,
ga'elle s'est manifestée à la
nous apprend
Elle y fat apportée
le
Grenade én 1793.
par navire le
nant de Baulam; ; elle s'est ensuite Hauhey, ve.'
les autres - iles.
répandue dans
Objeetern-t-on, à
nous
T'opinion que
embrassons, 1 sur l'origine et le
cienneté de cette fièvre,
peu d'an
muniquer
qu'elle aurait dà se coni
plutôt aux autres iles, dès
même oulon a
l'instant
semens
commencéay y former des établis:
et à avoir des relations
avec le Mexique.
; elle s'est ensuite Hauhey, ve.'
les autres - iles.
répandue dans
Objeetern-t-on, à
nous
T'opinion que
embrassons, 1 sur l'origine et le
cienneté de cette fièvre,
peu d'an
muniquer
qu'elle aurait dà se coni
plutôt aux autres iles, dès
même oulon a
l'instant
semens
commencéay y former des établis:
et à avoir des relations
avec le Mexique. --- Page 76 ---
TRAITÉ:
J'observe 1°, que les premiers aventuriers
furent s'établir dans l'Amérique,
qui
part, des Espaguols et des
étaient, la pluPortugais,
fatigues et à la misère
endurcisaux
>: venant,du midi de
rope et par conséquent moins
l'Eufâchenx du climat des
exposés aux effets
2°. Ils étaient
tropiques ;
en petit nombre et
tassés dans les villes ;
jamais enlonies
depuis même que nos COvoyaient fleurir et
prospérer leur 1 commerce, ceux quis'y rendaient arrivant
n'offraient poirt à la fièvre
isolément;
jaune assèz d'alimens
pour T'entretenir, la répandre, et luii Limprimer le:
caractère contagieux qu'elle a pris dans ces derniers temps 5
3°, Chaque particulier
19) in
pouvait
ment prendre pour sa conservation, individuelle- des
tions impraticables
précauarmée
pendant la guerres sur une
considérable;
4°. Les premiers habitans n'avaient
meures fixes et ne restaient
pas de dele
pas constaunment.dans
littoral, qui est. la partie la plus chaude, la
insalubre, et la seule oùt règne la fièvre plus
attirés plus par le désir de s'enrichir janne;
ment en découvrant de l'or,
promptelent du commerce
que par-le secours
et de T'agriculture; ils se.
rent
fixèpréférablement sur des plateaux élevés et
tres-salubres, ou la température s'éloignait
peu --- Page 77 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
de leur patrie. Le père Labat (1) dit
de celle
Saint-Dopendant son séjour'à
( qu'il observa, chasseurs
vivaient dans les
les
qui
mingue 2 que
de maladie ; l'exerbois étaient les seuls exempts
font, Tair frais qu'ils respirent, concice qu'ils
et leur santé. Ils doivent
servent leur embonpoint
dans les
bien prendre garde quand ils viennent
bourgs, de n'y pas faire un long séjour; ))
5.Ceshonmes étaient la plupart, ainsi que les
boucaniers et les flibustiers 1 des aventuriers enrudes fatigues 2 habitués aux pridurcis aux plus
les
dont
vations, à braver la mort et tous
dangers
ils étaient environnés'; moins susceptibles par
délétères
conséquent de céder aux impressions
du climat ;
prenait
précautions que
6°. Enfin, > lesgrandes interdire laccès de ses
la cour d'Espagne, poir
la fièvre
possessions aux étrangers, empêchait
jaunede se répandre d'une manière trop générale
dans les iles voisines; l'union de cette cour avec
la France et les Etats-Unis, dans la guerre de
l'indépendance de ces derniers, la
1778, pour relâcher de la sévérité de ses ordonforça de se
l'entrée de
nances prohibitives, 2 et de permettre
vaisseaux alliés dans ses ports d'Améquelques surtout à la Havane, leur principal arsenal
rique,
(1) Nouveau Voyage, etc. t. 7, page 208.
ans les iles voisines; l'union de cette cour avec
la France et les Etats-Unis, dans la guerre de
l'indépendance de ces derniers, la
1778, pour relâcher de la sévérité de ses ordonforça de se
l'entrée de
nances prohibitives, 2 et de permettre
vaisseaux alliés dans ses ports d'Améquelques surtout à la Havane, leur principal arsenal
rique,
(1) Nouveau Voyage, etc. t. 7, page 208. --- Page 78 ---
TRAITÉ
maritime, oi ikyi avait précisément
coupde fiévres
alors beaurégimens espagnols jaunes, puisqu'en 1780, sur sept
on y.en perdit trois envoyés dans l'ile de Cabe, ,
en trés-peu de
E
temps (1).
No XXII.
wLes médecins des Etats-Unis
cette fièvre s'est développée
qui crayent que
leur pays pensent. avec
spontanément dans
de
raison, d'aprésT'antorité
Sydenham, et surtout
germe de maladies nouvelles T'observation, que lel
dans une contrée
peut se manifester
tagion, Ces médecins sasyancirdiéapronté par concelte fièvre et les trouvent de Tanalogie entre
les Indiens cuivrés épidémies qui, règoent parmi
celles-ci
de' l'intérieur du
impriment bien à la
pays (2): :
en sont
peau de ceux qui
attaqués, une teinte
suflit pas pour établir l'identité jaune, mais elle ne
fièvre jaune, elle ressemble
entre elle et la
maliaza hualt, dont nous
bien davantage au
s'annoncent par des
avons parlé; tôutes deux
tres
vomissemens de sang et d'anhésorragies par le nez, la bouche, les
testins, Ces
insymptôuies sont communs entre les
(r) Collection de Voyages anciens et
du; mondestiz, page 200.
modernes autour
(2) Stubbius efirthe un
tras
1804.
malignant Fever, page 12, --- Page 79 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
dans toutes les fièvres très-aiguès ;
tropiques,
aux nacelle-ci parait être un typhus particulier
des
élevées des
turels de la race cuivrée
régions
ce caractère est opposé à celui
deux Amériques;
fièvre
est d'épargner de préféde la
jaune, qui
les
T'autre prend naissance et se
rence
naturels;
une zône froide oit le thermomètre
propage.sous
ordinairement à douze
centigrade se maintient
comme surl le plateau central du Mexique,
degrés,
cents toises auqui se trouve à douze ou quinze
dessus du niveau de la mer, hauteur à laquelle
n'arrive jamais la fièvre jaune, que le froid fait
disparaitre.
qu'a tracée UlD'après l'histoire incomplète
loa (à) de cette maladie, qu'il regarde comme
élevées des Cordillères, ce
indigène aux régions
doit être une fièvre ataso-adynamique:
à la Louisiane, fait par M. RoDans un voyage:
détaillée sur
bin (2), on trouve une notice assez
la
effectivement de
une maladie qui se rapproche
difrapports, et qui en
fièvre jaune par quelques
nombre d'autres.
fère par un plus grand
médecin franJ'ai vu souvent à Charlestown un
(4) Noticias Americanas 1 page 200.
dans l'intérieur de la Lauisiane et de la Flo-
(2) Voyage
les années 1802, 1803 et 1804,
ride occidentale , pendant
t. 1, p. 140 et suivantes.
notice assez
la
effectivement de
une maladie qui se rapproche
difrapports, et qui en
fièvre jaune par quelques
nombre d'autres.
fère par un plus grand
médecin franJ'ai vu souvent à Charlestown un
(4) Noticias Americanas 1 page 200.
dans l'intérieur de la Lauisiane et de la Flo-
(2) Voyage
les années 1802, 1803 et 1804,
ride occidentale , pendant
t. 1, p. 140 et suivantes. --- Page 80 ---
TRAITÉ
çais élablidepais
m'a assuré
long-temps dans cette ville,
que cette maladie
qui
ila avait eu de fréquentes
différait du vomito:
toutes deux.
occasions de les observer
Plusicurs docteurs des
différence,
Etats-Unis nient
2 et ajoutent de plus
cette
jaune de leur
que la fièvre
des Antilles pays n'est pas la même
et du Mexiqne. Les
que celle
comme moi, ont été à
personnes qui,
et l'autre, sont
portée d'observer l'une
convaincues de leur
ouvrages de MM.
identité.Les
Valentin,
Devèze, Rush,
Dalmas, etc. ne
Makiltick,
moindre doute à ce
peuvent pas Jaisser le
les plus incrédules. sujet, et doivent convaincre
No XXIIL.
La fièvre
aujourd'hui, jaune, telle que nous l'observons
trouve-t-on était-elle connue des
des traces dans leurs Anciens ? En
pocrate en a-t-il parlé?
ouvrages ? HipQuelques médecins
j'ignore sur quel
avancent , â la vérité
fondement, et
autorité, que la fièvre
d'après quelle
jaune a été
Nubie, en
observée en
côtes orientales Abysinie, en Egypte, 2 le
des
de la mer
long
Grècé (1). Jé n'ai rien
Rouge et même en
trouvé dans les relations
(r) Fatentin, Mémoire cité, page 60. --- Page 81 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
ni dans les ouvrages de médecine
des voyageurs, assertion. Le docteur Coray (4)
qui justifit cette
du Traité
dit, dans une note de sa traductiori
qu'on trouve dans
des Airs, etc. d'Hippocrate,
de maladies
le Sennaar des hommes attaqués
du foie et de fièvre jaune. C'est dans le voyage
du chevalier Bruce que ce savant helléniste a
idée. J'ailu avec attention le tableau
pris cette
célèbre nous a tracé de la maque ce voyageur
communément dans ce
ladie qui règne le plus
fut la même
pays-là, et jen'ai pas trouvé que ce
la fièvre jaune. On rencontre effectivement
que
contrées des fièvres ardentes, et des
dans ces
diffèrent assez de
fièvres ardentes putrides , qui
qu'on ne doive pas
celle qui nous occupe pour
les confondre.
aussi d'une maladie qui,
M. Larrey (2) parle
après la bataille d'Héliopolis 7 vint compliquer
toutes les plaies d'armes à feu, et qui
presque
dit-il, beaucoup d'analogie avec la
présentait,
3 mais on y reconnaît
fièvre jaune d'Amérique
fièvre
que M. Larrey
une
gainro-adyaanique,
regarde et désigne ailleurs sous le titre de Fièvre
bilieuse d'accord avec le
putride et remittente
,
docteur Witman.
(1) Traité des Airs 2 des Eaux, etc, t. 2, page 34.
(2) Mémoires de chirurg. militaire, t. 2, pages 18 eta5.
entait,
3 mais on y reconnaît
fièvre jaune d'Amérique
fièvre
que M. Larrey
une
gainro-adyaanique,
regarde et désigne ailleurs sous le titre de Fièvre
bilieuse d'accord avec le
putride et remittente
,
docteur Witman.
(1) Traité des Airs 2 des Eaux, etc, t. 2, page 34.
(2) Mémoires de chirurg. militaire, t. 2, pages 18 eta5. --- Page 82 ---
TRAITÉ
Si cette fiévre existait,
dans les lieux
comme on l'avance,
que nous venons
lesquels nous avons
d'indliquer, avec
toujours eu des relations fréquentes > elle se serait
midi de
communiquée dans le
T'Europe, ainsi que la peste. On
pas été si long-temps à s'en
n'aurait
comnaitre, et.
ressentir et' à la bien
cette connaissance ne nous
pas venue de TAmérique
serait
les
et,par des navigateurs,
voyageurs qui ont tant de fois
gypte, , la Grèce et l'Asie
parcouru T'Ede la répandre
n'auraient pas manqué
ou au moins d'en parler.
i Quelques médecins, 3 le docteur Marcus
par exemple 7 professeur à
(1),
gu'il était très-probable
Bamberg, ont écrit
tielle qui
que la maladie pestilenravagea Athènes pendant la guerre du
Péloponnèse était semblable à la fièyre
comme le prouvent, disent-ils,
jaune 2
rapportés
les symptômes
par Tbucydide. Les maladies
ont bien quelques
trés-graves
tact ; mais c'est mal rapports, à
des points de conpropos torturer les faits
pour y découvrir des analogies
pas, que de croire
qui n'existent
dont on, s'occupe. rencontrer par tout l'objet
al Si, comme je suis disposé à le
fièvre jaune est
croire 5 la
originaire et particulière aux
(1) Traité de la Fièvre jaune, etc. Annales de
médic. étrang. août
Littérat.
18ro, page 72 et suivantes. --- Page 83 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
du Nouveau Continent, la
régions équatoriales àla connaissance qu'ont pu en
question rélative
avoir les anciens.est résolue.
pas, avoir observé épidémiqueIls ne pouvaient
n'acquiert toute. sa vioment une maladie qui
chez des hommes,
lence qu'entré les tropiques et
l'oceux qui avaient si rarement
non acclimatés,
des maladies étrangères à
casion de contracter
de celles qui naissent d'un changeleur climat,
subit de zône. Voyageant peu et en petit
ment
forcés de suivre lentement les côles * 3
nombre,
de vue, ils avaient le temps de
sans-les perdre
leur cons'acclimater insensilblement, sans que
stitution s'altérât.
les commmnications
Dans ces temps reculés,
avec les Indes Orientales, 2 où T'on retrouve' 2
l'attestent Lind ei Bontius, des maladies
comme à la fièvre jaune, étaient rares et difanalogues
ficiles : les mêmes personnes n'entreprenaient allaient à
ce long et pénible trajet ;' elles
pas"
distance chercher des objets de
une certaine
de plus loin
commerce que d'autres apportaient
et ainsi successivement.
3t i
C
se rendre d'Europe aux Indes, il fallait,
a Pour
côtoyé la Méditerranée
après avoir péniblement
traverser une. partie de J'Egypte 1 gagner la mer
Rouge, la parcourir dans toute son étendue pour
arriver
le détroit de Babel-Mandel dans
2 par
trajet ;' elles
pas"
distance chercher des objets de
une certaine
de plus loin
commerce que d'autres apportaient
et ainsi successivement.
3t i
C
se rendre d'Europe aux Indes, il fallait,
a Pour
côtoyé la Méditerranée
après avoir péniblement
traverser une. partie de J'Egypte 1 gagner la mer
Rouge, la parcourir dans toute son étendue pour
arriver
le détroit de Babel-Mandel dans
2 par --- Page 84 ---
TRAITÉ
celle des Indes. Pendant le
longue
cours de cette
navigation; qui durait trois ans
avait le temps de s'habituer
(1), on
veau
lentement au nouclimat, sans avoir à redouter son influence
fâcheuse.
-No XXIV.
Des monumens
bistoriques nous
que les armées des Grecs et des apprennent
rent beaucoup à souffrir
Romains eutoup à coup et en masse, lorsqu'elles furent s
pays plus chauds
le transplantées dans des
que leur ; elles furent. attaguées d'épidémies, de fièvres ardentes,
trides, 2
2 puladies très-meurtrières; ; ce sont les seules maauxquelles on ait trouvé des
le vomito qui a
rapports avec
régué en Espagne, à
et dans nos colonies.
Livourne
C'est ainsi que trois cent soixante
nwmesehumdefhnilan,
ans avant
général
qui faisait, pendant les grandes chaleurs carthaginois,
le siége de
de l'été,
Syracuse, 3 fut en partie détruite
une semblable épidémie
par
La maladie qui, plusieurs années
événement, avait fait
avant cet
périr, sous les murs d'Agri-
() Consultez l'Histoire
et surtout le Voyage de Bruce philosoph. et polit, de Raynal,
en Abyssinie, etc.
(2) Diodor. Sicul. lib. 14, t. I. --- Page 85 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
6x
de l'armée qui en faisait le siége,
gente une partie même caractère, et tenir à des
paraissait avoir) le
semblables, quoique l'armée et le peuplé
causes
mal à propos à la violation des
T'attribuassent lon avait détruits pour entourer
tombeaux que
la place. l'invasion des Gaulois dans PItalie,
Lors de
chef
et de la
sous la conduite de leur
Brennus,
de Rome 1 leur arniée fut presque entièprise détruite; dit Tite-Live (1), par une épirement
historien, à la
démie due, 3 suivant cet élégant
différence des climats.
Les hommes de cette nation accoutumés à une
froide et humide, étaient tourmentés
température
et mouraient comme
par une chaleur suffocante,
des troupeaux attaqués d'une épizootie.
L'armée romaine, sous les ordres du consul
eut aussi beaucoup à souffrir dans
Marcellus, 1
maladie
Tite-Live (2) regarde
Syracuse d'une
que
dépendre de la
comme la peste; elle paraissait
grande chaleur.
se
De ce que nous avons dit, ne peut-on pas
croire autorisé à conclure, 1°. que la connaissance de la fièvre jaune, 1 telle que nous l'avons
beaucoup au-delà d'un
décrite 1 ne remonte pas
e
(1) Hist. lib. 5, cap. 48.
(2) Ibid, cap. 49.
regarde
Syracuse d'une
que
dépendre de la
comme la peste; elle paraissait
grande chaleur.
se
De ce que nous avons dit, ne peut-on pas
croire autorisé à conclure, 1°. que la connaissance de la fièvre jaune, 1 telle que nous l'avons
beaucoup au-delà d'un
décrite 1 ne remonte pas
e
(1) Hist. lib. 5, cap. 48.
(2) Ibid, cap. 49. --- Page 86 ---
TRAITÉ
sièclesis 2 qu'ellé est
d'ou. elle a élét
originaire du Mexiques
Cube.,
tfansportée; d'abord à
3 et, ensuite : aux Antilles
Iile-de
Uhis; 39.ic
et aux Étans
qu'elle à
les Espagnols
étéintroduite en Europier par
qui en ont éléles
pendant long-temps les seuls
premiers', et
se présenteravec les mêmes attaqués; 4". qu'ellé
les maladies de lai
caractères, et t que
Gréce, de-l'Egypte, avec-less
guelles on l'a
comparée, en différent; 5"enfin;
que,telle:o que nous
connue des anciens ? l'observonsyielle étaitiin:
tr. A11.
ser
iteip 35
:
arth
Aauaronon T:. 306s b E3
wrdes aop t alio sbiont
Janimnoa
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1C Simbb --- Page 87 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
CHAPITRE IV..
PREMIERE QUESTION.
Quelles sont la Nature et la Cause de la maladie
connue sous le nom de Fièvre jaune ?
No XXV. -
-
Tour système pathologique, bien ordonné;
doit reposer surla connaissance des phénoménes
morbifiques, qui accompagnent les dérangemens
de-nos organes, 7 les lésions dans les fonctions et
dans les propriétés vitales, sans quoi; ses résultats ne présentent qu'errenr et incertitude:
L'éiude de ces phénoniènes conduit à la découverte de l'organe lésé, à l'espèce de lésion,
d'où découle le caractère de la maladie et l'indication curative; cette connaissance est la seule
à lequelle nons devions prétendre, puisque les
recherches, qui ont pour objet l'essence méme
de.la maladie, sa nature intime, ses causes pre,
mières, sont aussi oiseuses qu'inutiles.
Nos moyens investigateurs ne peuvent nous
dévoiler la nature intime des objets que nous
soumettons à nos recherches, que par les phé:
ésion,
d'où découle le caractère de la maladie et l'indication curative; cette connaissance est la seule
à lequelle nons devions prétendre, puisque les
recherches, qui ont pour objet l'essence méme
de.la maladie, sa nature intime, ses causes pre,
mières, sont aussi oiseuses qu'inutiles.
Nos moyens investigateurs ne peuvent nous
dévoiler la nature intime des objets que nous
soumettons à nos recherches, que par les phé: --- Page 88 ---
TRAITÉ
nomènes observables
leur nature ou leur que présentent ces objets;
essence ne peut donc être
pour nous, 2 comme l'a dit Buffon,
de ces
que l'ensemble
phénomènes; ; c'est dans ce sens
tends cette première partie de la
que j'enjy répondrai.
question et que
No XXVI.
La fièvre jaune n'est point une maladie
elle présente des symptômes
simple;
qui
évidemment à plusieurs ordres de appartiennent fièvres
voir, aux fièvres
: sabilieuses, 3
aux fièvres
méatingo-gastrigues,
fièvres
malignes > ataziques, et enfin aux
putrides, adynamiques.
Nous prouverons que les symptômes de ces
deux derniers ordres ne sont pas
ne sont point essentiels, qu'ils doivent primitis,qu'ils
gardés comme l'effet de l'irritation
être redélétère des
violente et
organes gastriques, qui constitue
essentiellemént lal maladie.
51 Sans doute, dans létat actuel de la
il est impossible de fixer
science,
cette
l'époque précise oà
complication a lieu ; mais elle n'en est'
pas moins réelle. -
Malgré l'accord qui règne dans. les observa- 5
tions, qui ont pour objet la fièvre jauney
leur
malgré
nombre ; leur.uniformité, l'assentiment des
médecins àuy
reconnaître, comme. dominans, --- Page 89 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE,
les symptômes incontestablement bilieux, les aCcidens qui surviennent dans Ja seconde période
la leur ont fait inéconnaître ; s'ils avaient analysé,
dans un grand nombre de circonstances, les
signes d'ataxie et d'adynamie qu'elle présente
ordinairenent, ils n'eussent pas tardé à se convaincre qu'ils'ne sont que consécutifs. , et peuvent être regardés comme les suites naturelles et
assez ordinaires de l'irritation profonde et morbifique fixée sur l'estomac, comme nous espérons le démontrer,
No XXVIL
Commençons par fixer l'idée que nous attachons à cette dénomination, fièvre bilieuse. Nous
entendons par-là, avecl'auteur de la Nosographie
philosophique, celle qui, est caractérisée par les
symptômes qui annoncent l'irritation de la membrane interne des organes gastriques, quels que
soient son degré et sa cause : que cette fièvre
dépende 7 comme D'a indiqué Galien, comme
Stoll s'est efforcé de le prouver 2 de l'accumulation et de l'acrimonie de la bile absorbée, ou
de l'action irritante de cette humeur , c'est ce
qu'il importe assez pei d'examiner pour le moment; il nous suffit de faire sentir que la fièvre
jaune est une fièvre méningo-gastrique 3 portée
--- Page 90 ---
TRAITÉ
au plus haut degré, dont elle soit susceptible
ainsi que le prouvera
D'a indiqué Galien, comme
Stoll s'est efforcé de le prouver 2 de l'accumulation et de l'acrimonie de la bile absorbée, ou
de l'action irritante de cette humeur , c'est ce
qu'il importe assez pei d'examiner pour le moment; il nous suffit de faire sentir que la fièvre
jaune est une fièvre méningo-gastrique 3 portée
--- Page 90 ---
TRAITÉ
au plus haut degré, dont elle soit susceptible
ainsi que le prouvera 1°. L'examen
comparatif que nous allons faire
de cette fièvre observée dans les différens climats, et rapprochée de la fièvre jaune;
2°. La nature des
symptômes 2 leur marche
successive et leur dépendance mutuelle; ;
5°. La durée de cette maladie ;
4°. Ses causes, 2 tant générales -
lières
que particu-
;
5°. Leur manière d'agir;
6°. Son pronostic;
7°. L'autopsie cadavérique, etc, ;
8°, La convalescence.
1°. Examen de la Fièvre jaune, comparée à la
Fièvre bilieuse.
No XXVIII,
La fièvre jaune, avons-nous dit, n'est dans
le principe qu'une fièvre méningo - gastrique
contagieuse, d'un très-mauvais caractère : c'est
au moins, d'après nos classifications nosographiques, celle avec laquelle elle a le plus de
ports, > car la nature ne les a point ainsi classées rapet divisées ; elle ne fait que des individus.
Ne nous en laissons point
imposer par son --- Page 91 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
invasion subite, sa gravité 00 , la rapidité de Sa
funeste, ses complicamarche, sa terminaison
avec
d'autres
et surtout
tions avec
maladies,
la
nerveux : ne sait-on pas que
les symptômes
d'une infinité de
fièvre bilieuse est susceptible
lédepuis l'embarras gastrique le, plus
nuances
Tirritation la plus violente, prompger, 7 jusqu'à
l'altération
des
tement suivie de
gangréneuse
comme T'observa Sydenbam
organes gastriques, 3
de 1669 7
dans le cholera - morbus épidémique
Stoll et Finck Tont constaté dans quelcomme
ques fièvres bilieuses.
L'expérience apprend, comme le remarque
fièvre essentielle -susM. Barbier (1), qu'une
surtout dâns les
cite toujours à son début, et
fluxionnaires
climats chauds, 7 des mouvemens
sur différens points de l'économie
qui se, portent semblent marquer cette fièvre :
viyante, et qui brillans la figure rouge et aniles yeux vifs et
mée, les hémorragies nasales, Tengourdissement
des membres 2 etc., ne sont-ils pas le
passager d'une concentration locale de vitalité, 2
produit
considérable du sang dans ces
d'un afflux plus
diverses parties? (( Or, quand l'air est sec et trèsil se forme des Aluxions sanguines :
> chaud,
à la thérapeutique, t. 1,
(1) Traité d'hygiène appliqué
p. 102.
ux vifs et
mée, les hémorragies nasales, Tengourdissement
des membres 2 etc., ne sont-ils pas le
passager d'une concentration locale de vitalité, 2
produit
considérable du sang dans ces
d'un afflux plus
diverses parties? (( Or, quand l'air est sec et trèsil se forme des Aluxions sanguines :
> chaud,
à la thérapeutique, t. 1,
(1) Traité d'hygiène appliqué
p. 102. --- Page 92 ---
TRAITÉ
sur le foie et les organes gastri-
> analogues
A
) quies ).
No XXIX.
du nord au sud,Ton
Qu'on porte ses regards
ces * fièvres devenir d'autant plus
verra partout
davantage de l'équagraves qu'on s'approche
assez rares dans les parties septentrionales
teur 5
ordinairede TEurope, où elles ne paraissent
nous
été ; plus communes chez
ment qu'en
encore très-intenses,
elles n'y sont pourtant pas
deviennent davantage dans nos départeelles le
elles prennent en Italie 2 et
mens méridionaux,
la remarque de
surtout en Espagne 2 d'après
les
plus insidieux 2 qui
Piquer 7 un caractère
avec- lesquelles
rapproche des fièvres malignes
: en Grèce et en Egypte,
elles se compliquent
intensité plus grande
elles acquièrent encore une
elles ont tous les'
qui les rend souvent fanestes ;
enfin, dans
caractères du causus des anciens ;
dans T'Ales Indes orientales et occidentales,
de
au plus haut point
frique, elles parviennent
sans chanmalignité édont elles sont susceptibles, méconnaissade caractère; et sans devenir
ger bles à Toeil du pratricien exercé.
Pinel avance avec raison, ( que
Le professeur
un
même dans nos climats septentrionaux,
>)
des
de
chaud et sec,
emportemens
> temps --- Page 93 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
immodérés, I'abus de
D colère, des exereices
produire ces espeuvent
) liqueurs.aleooliques
mais elles n'y attei-
)) pèces de fièvres (1) >;
elles parvien
guent jamais le dégré auxquelles
entre les tropiques 7 et ne sont jamais
nent
la fièvre jaune ; elles en
contagieuses comme
le même auteur (2),
différent encore, ajoute moindre des organes
> par une affection bien
>.
à la région épigastrique
> qui correspondent
pendant que j'étais
J'ai moi-même observé, Saint-Mandrié près
chargé du service de Thôpital
Toulon, dans l'été de l'an 7, que beaucoup.de
Bas-Bretons de l'escadre de l'amiral Bruix, dans
semblables à celles indiquées 2
des circonstances
de fièvres bilieuses assez dangéfurent attaqués
le
reuses; il est vrai qu'il faisait fort chaud,que
chez eux, était à trèsvin, dont ils sont privé
immodérement.
bas prix, et qu'ils s'y liyraient
de
Tissot a aussi remarqué, dans T'épidémie
dés symptômes putrides et
Lausanne en 1755,
nerveux (5) assez constans.
fièvres biLind et Pringle considèrent nos
lieuses estivales et automnales comme le premier degré de la fièvre jaune.
(*) Nosograph. physiol. t. I , p. 55, 40 édition,
(2) Même ouvrage. 2 page 139.
anno 1755.
(3) Historia epidemia bilio. Lausanensis,
qué, dans T'épidémie
dés symptômes putrides et
Lausanne en 1755,
nerveux (5) assez constans.
fièvres biLind et Pringle considèrent nos
lieuses estivales et automnales comme le premier degré de la fièvre jaune.
(*) Nosograph. physiol. t. I , p. 55, 40 édition,
(2) Même ouvrage. 2 page 139.
anno 1755.
(3) Historia epidemia bilio. Lausanensis, --- Page 94 ---
TRAITÉ
Le docteur Berthe
(1) a embrassé cette
et lui a donné plus de
idée,
n'est
développement; si elle
pas exacte, au moins s'approche-t-elle
beaiteoup de la vérité.
Les ouvrages de Lancisi, ceux de
tout récemment celui du
Torti, et
docteur Franck (2),
prouventjusqu'sime certain
rapprochemens. On
pointlajustesse de ces
dans la
assure mémeavoir vu mourir
campagne de Rome des hommes
plusieurs des symptômes de la fièvre
avec
L'épidémie qui fut si fatale à l'Italie jaune (5).
était une fièvre bilieuse
en 1528,
putride qui
guait souvent de
s'accompajaunisse et de vomissemens.
Prosper Alpin (4) décrit une fièvre ardente
bilieuse assez commune en Egypte, déterminée
pas les vents brilans qui ont
serts arides de la Nubie
passé sur les déet de la
fièvre a plusieurs
Thébaide; cette
signes qui lui sont
avec celle dont nous traitons.
communs
Le docteur Béguerie
(5) a décrit la maladie,
(1) Précis historique de la Maladie qui a
dalousie.
régné en An-
(2) De curandis hom. morbis, t. 1.
(3) Journ. génér. de méd. t.. 40, février 1811.
(4) De Medicina Egyp. lib. 1 5 cap. 13, etc, 4
(5) Histoire de la Fièvre qui a régné sur la flotille française, etc. Montpellier a 1 S06; --- Page 95 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
dont fut affectée la flottille française sortie en
l'an IO du port de Tarente pour se rendre au
cap Français : elle avait beaucoup d'analogie
avec la fièvre jaune, , cependant moins grave 2
ait enlevé
moins rapide que celle-ci, quoiqu'elle
plusieurs malades en moins de cinq jours.
Elle débutait par une constriction douloureuse
vers l'estomac, accompagnée de vomissemens bilieux, poracés ou brunâtres , avec soif, chaleur,
jaunisse ; mais cette fièvre n'acquite toute son
intensité qu'en approchant des tropiques, ce qui
fait dire à l'auteur qu'elle serait devenue désastreuse, si la traversée eût été de longue durée.
Ila a pu distinguer, dit-il (page 21), C les nuances
) par lesquelles elle passa en s'approchant des
> tropiques pour devenir ce que les praticiens
). Après avoir établi le
> appellent fièvre jaune
parallèle entre ces deux maladies 7 M. Béguerie
est conduit'à cctte conclusion (page 85); < que
fièvre
a obseryée est la fièvre
> la
bilieuse, qu'il
> jaune, moins la maliguité et la faculté contamoins deux circon-
) gieuse >, c'est à dire, 2
stances qu'il regardait comme accidentelles et accessoires à toutes les maladies, dont elles ne
changent point la nature.
> appellent fièvre jaune
parallèle entre ces deux maladies 7 M. Béguerie
est conduit'à cctte conclusion (page 85); < que
fièvre
a obseryée est la fièvre
> la
bilieuse, qu'il
> jaune, moins la maliguité et la faculté contamoins deux circon-
) gieuse >, c'est à dire, 2
stances qu'il regardait comme accidentelles et accessoires à toutes les maladies, dont elles ne
changent point la nature. --- Page 96 ---
TRAITÉ
N" XXX.
En nous'
approchant encore
T'égmateur, , nous verrons les
davantage 'de
augmenter,à
fièvres bilieuses
proportion,
blance avec la fièvre d'intensité et de ressempendant quelques jaune, en conservant ceI Il règne à Bassora différences essentielles.
dant les mois
et dans ses environs,
de juillet et
penbiliensés qui font
d'août, des fièvres
périr dans
qui en- sont atteints
peu de jours ceux
M. Haasnaer
(1).
une fièvre qu'il > voyageur hollandais, décrit
observa
ott elle revient
près de Manlipatam,
ordinairement
qui a de
chaque année, et
> La chaleur Tanalogie avec celle dont nous
est
traitons.
> dans les veines insnpportable ) le sang bout
)) lon ressent de gonflées, la peau se dessèche,
> dévoré d'une violens maux de téte, l'on est
Peyre (5) fait mention soifardente, etc. (2)>. M. dela
térise de bilieuse-putride d'une fièvre qu'il carac-
; elle règne dans le
(*) Nonvean Voyage de
duit de litalien, pag.
Constantiriople à Bassora, tra191 et 201.
(2) Voyage dans la
dans l'ile de
Péninsule occidendale de IInde
Ceylan, t. 3.
et
(3) Mém. de la Société
et 1778; Hist, p. 318. royale de médecine, ann. 1777 --- Page 97 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
royaume de
Mélinde en Afrique ; elle est
ticulièrement marquée par l'irritation du
pargastrique.
système
A quelque distance du cap de
rance, 2 dans l'intérieur des terres, Bonne-Espé.
attacué de fièvres ardentes
2 l'on y est
bilieuses très-dangereuses. Si nous en croyons Levaillant
lui
et plusieurs des Hottentots
(1),
dans son excursion chez les qui T'accompagnaient
quérent d'y succomber.
Houzouanas, > manM. Hallé dit, dans sa
de
> que (2), ( qu'en mettant topographie à
T'Afri-
> pres à Thumidité
part les effets pro-
>
observée dans ces différentes
températures > il résultera
les
> générales
que
maladies
propres à ces climats, sont
) ladies bilieuses
des maqui ne diffèrent
> dégré, et ce dégré est
que par le
> tensité de la chaleur
proportionnel à lin-
> : Ainsi,
bas, ( on aura une infinité de ajoute-t-il plus
> fièvre bilieuse tierce la
nuances entre la
> ardente la plus
plus simple, et la fièvre
compliquée de
> vomissemens et d'évacuations jaunisse, de
> tômatiques )). N'est-ce
bilieuses sympprincipaux
pas là le tableau des
symptômes de la fièvre jaune,
(*) Second Voyage dans
page 68.
l'intérieur de l'Afrique, t. 3,
(2) Encyclopédie méthod. article
Afrique.
èvre bilieuse tierce la
nuances entre la
> ardente la plus
plus simple, et la fièvre
compliquée de
> vomissemens et d'évacuations jaunisse, de
> tômatiques )). N'est-ce
bilieuses sympprincipaux
pas là le tableau des
symptômes de la fièvre jaune,
(*) Second Voyage dans
page 68.
l'intérieur de l'Afrique, t. 3,
(2) Encyclopédie méthod. article
Afrique. --- Page 98 ---
TRAITÉ
Le docteur Rollin (r), qui dans la malheureuse expédition de M. de Lapérouse, était chirurgien-major de la frégate montée
lèbre
par ce cénavigateur, dit que les maladies les
redoutables pour les habitans de la
plus
sont (
des fièvres ardentes
Californie,
>
lilienses, dont le
développement est si violent qu'il est rare
) les individus qui en sont alteints
la que
) d'y résister >.
ayent force
M. le docteur Campel
dant
(2) a observé, penun séjour de dix-huit ans sous la zone
torride, qu'à Cayenne, 2 il règne des fièvres malignes qui n'attaquent que les nouveaux débarqués, et auxquelles les personnes fortes et bilieuses sont plus sujettes que les autres; elles ont
leur source dans les premières voies ; c'est, dit
ce médecin, un amas de bile verte, noirâtre,
érngineuse, dont la présence irrite sans cesse les
parties sur lesquelles elle est placée 3 quelques
personnes regardent même ces
fièvres, 2 mais à
tort, comme la fièvre jaune.
Batavia, regardé avec raison comme un des
lieux les plus malsains du monde, est chaque
(1) Voyage de Lapérouse, etc. t. 4, page 64.
(2) Traité des Maladies des pays chauds, page 84 et
nivantes. --- Page 99 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
désolé
des maladies putrides et bilieuannée
par
ses mortelles.
fièvre
avec toutes celles
L'analogie de la
janne
est d'antant-nieux
que nous venons d'indiquer,
les observe dans un pays plus
marquée, qu'on
dans
moins humide; celles qai irègnent
chaud et
des lieux marécageux,
cesdernières régions - près
Cayenne et Madagascar se rapcomme à Batavia,
fièvres
et des
davantage des
putrides
prochent,
fièvres rémittentes atsmaivesnpeeidnue
elles ont
que du womito, avec lequel pourtant
été confondues, ce qui n'a pas. peu
quelquefois
les idées sur ce dernier.
contribué à embrouiller
forteLorsque la fièvre jaune sévissait le plus
débarqués les anciens
ment contre les nouveaux
bilieuses doucolons étaient attaqués de fièvres
par fois,
bles tierces 3 ces dernières prenaient caractère de la prechez les nouveaux arrivés, le
dans le démière, et souvent on les confondait
beaucoup d'analogie à cette
but, ce qui prouve
époque de la maladie.
No XXXI.
L'autorité de tous les praticiens qui ont observé la fièvre jaune, vient à T'appui de mon opie
caractère éminemment gastrique ;
nion sur son
existe à des degrés plus
car ils conviennent qu'il
toujours à la
ou moins marqués , mais cherchant
les nouveaux arrivés, le
dans le démière, et souvent on les confondait
beaucoup d'analogie à cette
but, ce qui prouve
époque de la maladie.
No XXXI.
L'autorité de tous les praticiens qui ont observé la fièvre jaune, vient à T'appui de mon opie
caractère éminemment gastrique ;
nion sur son
existe à des degrés plus
car ils conviennent qu'il
toujours à la
ou moins marqués , mais cherchant --- Page 100 ---
TRAITE
rapporter aux. fiévres que nous avons
ment sous les yeux,
habituellequi 1 les ont
ilsytrouvent des symptômes
dans
engagés à lui assigner une autre
nos classifications
place
pas assez réfléchi à la méthodiques. Ils n'ont
différence
climat dans la nature des
qu'apporte le
observation
mêmes maladies : cette
n'avait pourtant pas échappé à la
sagacité de Le Roy - (1); il dit,
> sporadiques
que, (( les fièvres
aigués, des différens
)) frent des variétés
climats of-
> clair
trés-considérables : il est
qu'il y a un vice radical dans tous
> livres qui les
nos
suppose faussement les
) partout, ce qui peut être la
mêmes
) grandes erreurs
source des plus
>. C'est ce quia
sieurs auteurs
trompé pluqui ont traité de la fièvre jaune;
aussin'ont-ils eu égard qu'à sa seconde
et à sa terminaison
période
ficheuse, deux circonstances
qui semblent effectivement
fièvres
l'éloigner de nos
gastriques; mais ils s'accordent dans
point, c'estd d'y reconnaître
ce
pour caractère
cipal une affection bilieuse
prin-
; ainsi, Moultrik (2),
Carey (3), Makiltrick (4), Miller
(5), 2 Luzuria-
(1) Mélange de physiol. et de médecine,
moire sur les fièvres , page 223.
premier Mé-
(2) Ouvrage cité.
(3) Mémoire cité,
(4) Mémoire cité,
(5) Histoire de la Fièvre jaune de New-Yorck.
naître
ce
pour caractère
cipal une affection bilieuse
prin-
; ainsi, Moultrik (2),
Carey (3), Makiltrick (4), Miller
(5), 2 Luzuria-
(1) Mélange de physiol. et de médecine,
moire sur les fièvres , page 223.
premier Mé-
(2) Ouvrage cité.
(3) Mémoire cité,
(4) Mémoire cité,
(5) Histoire de la Fièvre jaune de New-Yorck. --- Page 101 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
la
comme une fièvre bilieuse
da (1), regardent
Desporte (5) la ranmaligne. Selle (2), Pouppé
bilieudans la classe des fièvres rémittentes
gent
M. Chevalier trouve
ses malignes V et putrides.
bilieuses automqu'eile ne diffère de nos fièvres
M. Renaud,
nales que par sa malignité (4).
docteur
et celles du
d'après ses observations
unea afleetiongastrique
Arcjula, N 7 la regarde comme
reconnait
pestilentielle (5); M. Berthe (6) y
irritation vive de l'estomac tenant à une
une
érysipélateuse, et à une diathèse biphlogose
Jieuse.
des
ancien inspecteur
M. Poissonnier (7),
vérihôpitaux de la marine, dit que c'est une
dans laquelle les vomissetable fièvre bilieuse 7
viennent toujours de Firritation, et raremens
M. Gilbert se demande si
ment de plénitude.
des fièvres bicette fièvre est bien distincte
Il
ensuite, qu'ily a tout lieu
lieuses (8)? ajoute
c'est le maximum des fièvres rede croire que
(r) Mémoire cité.
(2) Pyréthol. méthod. page 249.
(3) Ouvrage cité.
(4) Lettres sur les Maladies de Saint-Domingue-
(5) Journal général de médecine. Ventôse an XI.
(6) Ouvrage cité.
(7) Fièvres de Saint-Domingue, page 77.
(8) Histoire médlicale de l'armée de Saint Domingue. --- Page 102 ---
TRAITÉ
mittentes bilieuses. Elle a toujours
par M. Valentin (1)
étéconsidérée
sur les systèmes
comme exerçant ses effets
gastrique et
sur le genre nerveux
hépatique, par suite
naître le caractère ; mais n'est-ce pas y recondire,
que nous lui
comme le faitce médecin assignons; quede
(( que l'irritation
instruit (P. 179),
>
augmentéc dans les organes
épigastriques, les vomissemens
)) Tictère la caractérisent
opiniâtres et
M. Humbolt la
spécialement >.
virus
regarde comme le produit d'un
suigeneris qui participe à la fois des
gastriques et des fièvres
fièvres
Les
ataxo-adynamiques.
symptômes de la première période
cent, dit M. Marcus
annonun dérangement
(2), une affection spéciale,
dans
la seconde,
lesorganes digestifs, ct dans
une lésion du systéme,
irritable; ailleprs (p. 160) le même sanguin et
vient que tous les signes
auteur contence d'une inflammation prouvent d'abordl'exisdes intestins
sourde de l'estomac,
grèles et du système
genre d'inflanmation
hépatique,
qui narche
vers la gangrène. Comment
rapidement
langage aussi positif, émetire peut-on, après un
une opinion diffé-
(4) Traité de la Fièvre jaune
(2) Ann, de littérat.
d'Amérique, 2 page 174.
pag. 155 et 172.
médecine étrangère. Août 1810,
ordl'exisdes intestins
sourde de l'estomac,
grèles et du système
genre d'inflanmation
hépatique,
qui narche
vers la gangrène. Comment
rapidement
langage aussi positif, émetire peut-on, après un
une opinion diffé-
(4) Traité de la Fièvre jaune
(2) Ann, de littérat.
d'Amérique, 2 page 174.
pag. 155 et 172.
médecine étrangère. Août 1810, --- Page 103 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
s'écarter de la véritable route dans larente, et
quelle on avait déjàm arché?
de la
En admettant pour caractère principal
Tirritation de Ja membrane interne
fièvre jaune,
on se
de l'estomac ct des parties adjacentes 7
rendra facilementraison des premiers symptômes
tels
les douleurs
qui signalent son invasion 2
que
état de
paraissent dues à un
dans l'épigastre, qui
elles sont exaspérées par une
phlogose, 2 puisqu'
ordinairement
légère pression, ce qui n'a pas
lieu dans les douleurs spasmodiques, et que la
leur succède, terminaison propre aux
gangrène
Les vomissemens bilieux 2
violentes irritations.
noirâtres, les hémorthagies nazales sont autant
de symptômes de cette phlogose.
Aux autorités et aux faits cités, pour prouver
le génie bilieux de cette fièvre 2 ajoutons, afin
de fortifier notre manière de voir 1 1°, que le
les douleurs
malaise, les frissons, Tinappétence,
del l'épigastre, celles des lombes, la teinte jaune
des yeux, de la langue, l'amertume de la bouche,
la sécheresse de la peau: 7 les nausées 2 les vomissignalent l'insemens et autres symptômes qui
vasion et la marche de celte maladie lui sont
communs avec la fièvre méningo - gastrique ;
malgré les épiphénomènes qui sur2°. que 2
fièvre
Pobviennent dans le cours de la
jaune,
comme dans toutes les
servation prouve qu'ici, --- Page 104 ---
TRAITÉ
l'affection principale ne perd
lésions profondes,
la maladie
jamais son caractère primitif. Lorsque
rétrograde, que le sujet revient par la convalescence à son état naturel, les accidens étrangers
à disparatre, et la maladie
sont les premiers
Cette conversion est
reprend son type primitif. durée de la faiblesse
bien sensible, la longue
étaient le
des organes digestifs prouve qu'ils
siége de la maladie.
Pourquoi donc plusieurs auteurs 2 lorsqu'il
s'agit de la classer, se mettent-ils en opposition
la description qu'ils en ont eux - mêmes
avec
ils n'ont égard qu'à sOnT
donnée ? c'est qu'alors
second temps.
No XXXII.
dans) Tétatactueldes nos connaisSans doute que
qu'il reste encore
sances 7 on trouvera peut-être la fièvre bilieuse trèsune lacune à remplir entre
Peut-être
intense et la fièvre jaune d'Amérique.
découvrira-t-on par la suite des intermédiaires
comblant cet intervalle, établiront uné
qui, en
entre des objets qui ne paraisliaison sensible
Si nous avions
sent différer que du plus au moins.
les fièvres des différens climats, des ouvrages
sur
exacts
ceux que nous
aussi détaillés et aussi
que serions bient
avons sur celles de l'Europe 2 nous
avancés dans cette recherche.
une d'Amérique.
découvrira-t-on par la suite des intermédiaires
comblant cet intervalle, établiront uné
qui, en
entre des objets qui ne paraisliaison sensible
Si nous avions
sent différer que du plus au moins.
les fièvres des différens climats, des ouvrages
sur
exacts
ceux que nous
aussi détaillés et aussi
que serions bient
avons sur celles de l'Europe 2 nous
avancés dans cette recherche. --- Page 105 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE,
29. Marche des symptômes et leur dépendance
mutuelle.
donné par Baldinger,
V En suivant T'exemple
si heureuse application des conqui a fait une
à T'explication des
naissances physiologiques
dès maladies, , nous arriverons plus
phénomènes
caractère de'la fièvre janne:
sûrement au véritable
s'endécouvrirons comment les symptômes
nous
comment ils dépendent
chainent, , se succèdent;
les uns des autres, et quels sont ceux qui idoivent
être regardés comme essentiels (a).
les plénomenes
: Il est impossible d'expliquer
-
leurs rapports
pathologiques, 7 autrement que pair
de ressemblance ou de succession € avec d'autres
phénomènes mieux comus , ou parla'sympathie
des
sujet sur lequel nous n'avons pas
organes 7
de: donuées fixes."
de l'économie
Chiacan des grands systêmes
:
d:
(a) Non qu'il soit tres-facile de déméler cet enchainement. Rien ne peut nous apprendre d'une manière posi-
*
un phénomene en suit nétive, a dit Burtkes j ponrquoi
decessairement et conslaiment un autre ; laidifficulté
une multitude de symptômrs
vient plus grandelorsquilya
avec des complications plus ou moins nombreuses.
Discours
* Nouveaux Elémers de la Science de THomne,
prélim. page 6.
--- Page 106 ---
TRAITÉ
animale est sujet à des maladies
qui se
particulières
comnauniquent plus ou moins
de l'un à Tautre; suivant
rapidement
tions de.
T'importance des fonccelui.qui est lésé,le nombre
de ses rapports : ces lésions
etl'étendue
tives out secondaires
peuvent être primiqu'elles sont
: c'est des premières 5 lorsvives et profondes, que
communément les
dépendent
et les formes déterminées -beseceseeoigen
Les
que prend la maladie.
orgaries. ayant entre eux des rapports, des
connexions plus ou moins immédittes,
de l'un se communique à
l'affection
du trouble.
Tautre, elle y produit
C'est.ainsi, qu'à la faveur dela
pathie bien
symetla,t
connue, , qui: existe entre l'estomac
tête, entre l'estomae et,les
ceux-ci etla:s sécrétion de
tégumens, entre
Tarine; ; on
qu'à un certain point, se rendre raison peut, jus:
cipaux phénomènes
des prinpathologiques de la fièvre
jaune,:tels que le vomissemnent, la
la suffusion ictérique, la
céphalalgie,
Les plus importans à suppressiondiurine, étdier de
etc.
pour arriver au siége principal de ces la rapports,
sont ceux qui indiquent la, dépendance maladie, 2
des symptômes ; car les phénoménes mutuelle
quésy comme tous les autres faits de la pathologitiennent lun à l'autre par une suite
nature >
rapports
continue de
diflicile de nécessaires.qu'il est essentiel, mais trèspouvoir distinguer.
e
Sarcone a très-
,
Les plus importans à suppressiondiurine, étdier de
etc.
pour arriver au siége principal de ces la rapports,
sont ceux qui indiquent la, dépendance maladie, 2
des symptômes ; car les phénoménes mutuelle
quésy comme tous les autres faits de la pathologitiennent lun à l'autre par une suite
nature >
rapports
continue de
diflicile de nécessaires.qu'il est essentiel, mais trèspouvoir distinguer.
e
Sarcone a très- --- Page 107 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
bien exprimé cette idée.en disant qu'en médedans les autres branches de la
cine, comme
une chaine d'obphysique, 2 les faits présentent
successifs qui dépendent l'un de l'autre, et
jets
d'originé à de nouveaux faits (1).
qui servent
No XXXIV.
Que la nature et l'intensité des accidens de
la fièvre jaune, qui se sapprochent souvent de
éeux résultant de l'empoisonnement par des substances minérales, ne nous trompent pas sur leur
cause et sur Ja nature de la maladie. Le professeur Chaussier (2), dit avoir vu la dégénéres
cence spontanée et accidentellé des humeurs 5
dans quelques aflections bilieuses; dopner nais*
sance à des symptômes tels qu'on les croyait lé
résultat de T'empoisohnemient: ( La fièvre jaune
dit-on dans le mêmé opuscule, de toutes
) est;
)) Jes maladies qu'on a décrites; celle qui pro-
> duit les altérations organiques les - plus analo-
(1) Sarcone , Istor. ragionat. deuxième Partie, page 34T.
<" Ini medicina, , comc nel resto de grandi affari della
> natura, tutto è una calena di successivi offeti, ciascuno
> de quali, siccome da un altro dipende, cosi quasi sempre
> ad un altro sérve di origine. >
(2) Consaltations méd. lég. publ. par M. Chaussier.
Paris, an X. --- Page 108 ---
TRAITÉ
) gues à celles observées chez un homme
) empoisonné par le sublimé (1)
mort
médecins
>. Tous les
qui ont traité des fièvres bilieuses
trés-intenses dans les climats chands ont dû être
frappés de cette ressemblance.
M. Dalmas, qui regarde la fièvre jauve
éminemment
comme
nerveuse, 2 convient pourtant
s'il est une affection générale. à
que
laquelle on puisse
bannyoinceuaredaganim, del'estomac(3).
No XXXV.
Le dégoût, Tinappétence les nausées, la s6crétion augmentée de la bile, des fluides muqueux et pancréatiques, sont le résultat de l'irritation deala.tunique interne de l'estomac de
T'exaltation de la sensibilité
contractilité
organique et de sa
insensible ; les vomissemens , le
sentiment de constriction qu'on
éprouve dans
cet,organe, > les douleurs déchirantes vers cette
région, , prouyent laugmentation de la sensibilité animale, de l'irritabilité et l'aberration
de
toutes les proprictés vitales.
Nous verrons tous les symptômes se lier inti-
(1) Consultations méd, lég. publ. par M. Chaussier,
page 40.
(2) Recherches sur la Fièvre jaune, p. 16, Dalmas.
éprouve dans
cet,organe, > les douleurs déchirantes vers cette
région, , prouyent laugmentation de la sensibilité animale, de l'irritabilité et l'aberration
de
toutes les proprictés vitales.
Nous verrons tous les symptômes se lier inti-
(1) Consultations méd, lég. publ. par M. Chaussier,
page 40.
(2) Recherches sur la Fièvre jaune, p. 16, Dalmas. --- Page 109 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
mément à la lésion profonde des organes gastriainsi les céphalalgies sus-orbitaires sont
ques ;
assez constant de l'irritaun effet sympathique
tion de lestomac.
Le professeur Richerand (1) a rémarqué ( que
la fièvre bilieuse l'accompagne d'un mal de e
> têle atroce il a cela de particulier ,lqui le
>)
;
de celui qui a lieu
> fera toujours distinguer
dans les fièvres inflammatoires ; c'est que son
>
à la
antérieure de la téte, dans
)) siège est
partie
des orbitess. Cette
>) la région frontale au-dessus
irritation de l'estomac est si violente; si rapide
etsi délétère, qu'elle suflit pour déterminer dans
moins de quarante-huit heures une inflammation
gangréneuse, capable d'altérer profondément le
tissu de la tunique interne de ce viscère comme
le démontre l'autopsie cadavérique.
pareil désordre,
Ne soyons pas surpris qu'un
aussi sensible, dont les reladans un organe
tions sont si étendues, transmis au cerveau par
le système nerveux; cause un grand trouble dans
les fonclions auxquelles présile ce dernier organe ; c'est ce trouble qui-ai fait regarder , par
quelques. médecins, cette maladie comme essenticllement nerveuse ; il serait effeetivement difli-
() Mém. de la Soc. méd. d'émul. 7 Recherches sur les
fièvres bilieuses, deuxième année, page 35. --- Page 110 ---
TRAITÉ
cile, comme-le remarque M. Dalmase (1), de
se rendre raison de cette multitude d'accidens
divers dont la réunion semble
impossible, sans
supposer une altération profonde du principe
vital résidant dans les nerfs ; mais cette altération
n'est pas ordinairement simultanée avec celle de
l'estomac : cette dernière précède le désordre
de l'encéphale.,
Les médecins de tous les âges ont été
de l'influence
frappés
remarquable qu'exerce l'estomac
sur le cerveau. L'un de ceux qui, dans ces derniers temps, a fait le plus d'honneurà la médecine. par l'heureux emploi des connaissances
philosophiques et médicales à l'étude de l'homme
moral, Cabanis (2), a dit ( que de tous les
)). nes essentiels, le cerveau, considéré orgacomme
>) réservoir commun de la sensibilité, parait être
). celui qui partage le plus vivement et le plus
) promptement, toutes les dispositions de l'esto-
)) mac, toutes lesimpregsions que ce viscère est
> susceptible de recevoir )) . Stoll (5), dont l'autorité est d'un si grand poids lorsqu'il s'agit d'observation, ( a remarqué que dans les fiéyres bi-
(1) Mémoire cité, , page II.
(2) Rapport du Physique et du Moral de
t. 2, page 508.
THomme,
(3) Méd. prat. t. 2, page 8g.
) promptement, toutes les dispositions de l'esto-
)) mac, toutes lesimpregsions que ce viscère est
> susceptible de recevoir )) . Stoll (5), dont l'autorité est d'un si grand poids lorsqu'il s'agit d'observation, ( a remarqué que dans les fiéyres bi-
(1) Mémoire cité, , page II.
(2) Rapport du Physique et du Moral de
t. 2, page 508.
THomme,
(3) Méd. prat. t. 2, page 8g. --- Page 111 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
lieuses les affections de la tête, provenant du
>
étaient plus
) vice de l'estomac et desintestins, celles qui
) graves et plus douloureuses que
luipar un vice du cerveau
> étaient produites
médecin dit qu'ily a un.
> même ). Ailleurs ce
toutes les
mal de tête qui accompagne presque malade
sa
maladies biljeuses; il semble au
que
Le même auteur et Sydentête va se fendre (1)-
d'un embarras
ham ont vu la frénésie dépendre
vomitifs
gastrique, et céder à Tadministration des
suivis d'une évacuation de bile abondante.
No XXXVI.
la stupeur, la
Le délire, la somnolence,
le trouble
crainte T'abattement, les convulsions,
de la
dans les organes des sens, les aberrations
et tous les açcidens nerveux qui ne
sensibilité,
la fin du premier et
se manifestent guère qu'à stade de cette malaplus souvent dans le second
die, sont le produit de la réaction del'encéphale
aussi
autres
et probablement
sur les
systèmes, directe de la cause irritante sur
Teffet de l'actjon
les nerfs de l'estomac.
a
de la fièvre jaune iln'y
Dans cette période
entre les difféplus de concert, plus d'harmonie
du scersont sous l'influence,
rentes parties qui
(:) Méd. prat. t. 1, page 26. --- Page 112 ---
TRAITÉ
veau, plus de centre d'action ;. le ressort
glait leurs mouvemens
qui résordre fait
une fois dérangé, le dédes progrès rapides.
1 Le principe vital qui sert de lien
soutien à toutes nos parties,
commun, de
à l'action des
qui tend à s'opposer
agens destructeurs, est sans
sans point d'appui; aussi cette
force et
ce degré, offre-t-elle
maladie, arrivée à
sition
l'exemple d'une décompoprompte.
Ces signes d'une malignité
point ne se montrent
portée au plus haut
très-avancée.
que lorsque la maladie est
Cette observation que toutle
a fhite, paraît aussi avoir
monde
four
fixél'attention de M. Du-
(1).
No XXXVII,
La faiblesse et l'irrégularité du
chies les
pouls, 2 lès pétésignes 2 de hémorragies passives 2 et tous les
patridité dont nous avons fait mention,
indiquent une atteinte' grave portée à l'irritabilité
musculaire et à l'action du système
Ces
sanguin,
symptômes ne se manifestent
ment que dans la seconde
ordinairepériode de cette maladiern'indiquentils pas un affaiblissement
ral de' la vie organique et de la force
génépeuvent-ils
être
môtrice ? ne
pas
regardés comme des effets
(1) Histdire de la Maladie régnante à
Livourne en 1804.
grave portée à l'irritabilité
musculaire et à l'action du système
Ces
sanguin,
symptômes ne se manifestent
ment que dans la seconde
ordinairepériode de cette maladiern'indiquentils pas un affaiblissement
ral de' la vie organique et de la force
génépeuvent-ils
être
môtrice ? ne
pas
regardés comme des effets
(1) Histdire de la Maladie régnante à
Livourne en 1804. --- Page 113 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
8g.
de lirritation morbifique de l'esassez ordinaires
tomac; clle suffit pour déterminer en moins de
vingt-quatre et trente-six heures la gangrène dans
la membrane interne de ce viscère. (( Tout andit Marcus
un venin morbifique si
> nonce,
(1),
dans quelques instans agir sur
) subtil, qu'il peut
animale. L'élément de cette
)) toute Téconomie
être absorbé avec une égale
> contagion parait
) facilité par la peau etl'estomac. ))
Le docteur Fordyce (2), dans sa troisième
dissertation sur les fièvres; remarque que beaucoup de ces maladies sont à tort qualifiées de
ne le sont pas essentielleputrides 2 puisqu'elles
ment, et qu'elles ne le deviennent que parl'effet
des progrès naturels de la maladie et par suite deT'affiblissement de lirritabilité musculaire. J'ai
souvent remarqué que la gangrène extérieure
survenue à la suite des plaies, donnait lieu à la
plus grande partie des symptômes adynamiques.
La pratique de la médecine prouve journellement quela putridité se joint à un grand nombre
de maladies, qu'elle les complique, les modifie,
sans en changer Tessence primitive 7 qui s'en
trouve seulement altérée ;c'est un nouvel élé-
(1) Third. Dissertation on Fever.
(2) Annales de Littérat. méd. tome II. Juillet 1810,
page 14. --- Page 114 ---
TRAITÉ
ment ajouté à l'affection
pourtant qui semblent
principale ; il en est
caractère; cette
dégénérer entièrement de:
conversion s'observe plus
culièrement dans les fiévres
partiprés la remarque de Stoll bilieuses, qui, d'adisposition à devenir
(t), ont une grande
biliforme plus
putrides, 7 quand la matière
intimément abondante, plus âcre, mélée
au sang, n'est pas évacuée
plus
couloirs convenables. La même
par les
exprimée àl'Aph, 5ro.
opinion se trouve
Pringle (2), après avoir décrit la fievre des
hôpitaux; dit (( qu'il ne faut pas étre
) trouver ses signes et son pronostic surpris de
> d'autres
communs à
Riéres, lorsqu'elles sont
> parce que si elle dure
avancées 2
> les humeurs, affecte long-temps le
elle corrompt
>) à peu près de la même cerveau et les nerfs, 2
manière
)) tirent leur origine de l'infection que celles qui
en soit der cette explication,
>. Quoi qu'il
ticien si justement célébre, ce que dit ce pras'applique àla fièvre
jaune, laquelle parvenue à son
à d'autres symaptômes
apogée s'associe
dres
qui dépendent des désorqu'elle a produits.
Il est si vrai que la putridité n'est
symptôme essentiel à la fièvre
pas un
jaune, qu'on a
(1) Stoll, Aphor. p. 363.
(2) Ouvrage cité, t2ir p. 106,
si justement célébre, ce que dit ce pras'applique àla fièvre
jaune, laquelle parvenue à son
à d'autres symaptômes
apogée s'associe
dres
qui dépendent des désorqu'elle a produits.
Il est si vrai que la putridité n'est
symptôme essentiel à la fièvre
pas un
jaune, qu'on a
(1) Stoll, Aphor. p. 363.
(2) Ouvrage cité, t2ir p. 106, --- Page 115 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
9T
observé cette maladie dans la baie de la Cul sans
qu'ily en eût la moindre trace ; que M. Gilbert
en a rencontré bien des exemples au Cap; que
M. Lassus, chirurgien en chefà Santo-Domingo,
m'a assuré que pendant qu'il était dans la partie
française de cette fle, c'était presque toujours
caractérisent T'adysans aucuns des signes qui
namie qu'elle s'était offerte à son observation,
surtout hors des hôpitaux.
La génération des maladies 2 l'influence morbifique d'un système altéré sur tous les autres 7
est encore enveloppée de trop de ténèbres pour
que nous puissions être bien fixés sur la manière
dont l'affection se transmet de Tun à l'autre, sur
les circonstances qui favorisent cette transmission
et le temps nécessaire pour qu'elle ait lieu.
No XXXVIIL
Ces accidens peuvent-ils encore être' considérés comme dépendant de l'irritation des organes gastriques ? L'action du plus important de
ces organes sur l'économie ne tient pas seulement
aux effets nutritifs dans lesquels pourtant il joue
rôle, ellé
de
le principal
dépend primitivement
sa sensibilité particuliere 2 de ses nombreuses
sympathies.
L'affection nerveuse la plus légére et la plus --- Page 116 ---
TRAITE
fiugitive de
tous les bons Tesiomae, a dit Cabanis (r) d'après
résoudre à l'instant observateurs, suflit souvent
C
les forces
pour
ne peut. guère se concevoir motries, ce qui
l'action nerveuse-aussi
qu'à la faveur de
qu'incounue dans
prompte dans ses
d'agit.
sa, nature et dans sa manière effets,
Lrestomac a'de tous
élé
lun des organes sur temps
regardé comme
gieux exercent
lequel les. miasmes contadoute; parce préférablement leur action ; saus
de-la vie
gu'il est un des
et de la sensibilité, principaux foyers
presionables et le plus
lun des plus imatmosplériques,
exposé aux influences
On nes saurait douter
ne semblent avoir
que certaines contagions
le systémé digestif, une telle préférence marquée pour
de certains typhus
que célle de la
fièvre jaune, tandis avec ou sans pétéchies, peste, de la
tégumiens comme les que d'autres se portent aux
fiévres
sentielles,
exanthématiques esLes
latrougeole, la scarlatinc ctla variole.
des matières vomissemens, , quelle que soit la nattre
bien évidemment réjetées par cette voie,
de Tirritation
dépendent
tat, de plénitudé; les stries
plutôt que del'é.
y remarque tieunent àla même sanguinolentes qu'on
causc. Ceux qui
() Oufrage cité, page 570.
aux
fiévres
sentielles,
exanthématiques esLes
latrougeole, la scarlatinc ctla variole.
des matières vomissemens, , quelle que soit la nattre
bien évidemment réjetées par cette voie,
de Tirritation
dépendent
tat, de plénitudé; les stries
plutôt que del'é.
y remarque tieunent àla même sanguinolentes qu'on
causc. Ceux qui
() Oufrage cité, page 570. --- Page 117 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
accident est fréquent à la suite de
savent que cet
surpris de le
Tempoisonuement, ne seront pas
voir ici (a).
No XXXIX.
être la cause immédiate d'une semQuelle peute
? Quand
blable irritation des organes gastriques
la découvrir, 2 son exisnous ne pourrions pas
: il - n'en setence n'en serait pas moins prouvée
moins démontré par l'expérience de tous
rait pas
le professeur Le
les temps, comme l'a remarqué
dans d'auRoy (1), qu'elle se représente souyent
plaisir, long-temps après avoir livré
(a)F'sitrouveave) de
dans T'ouvrage du
mon Mémoire à la Société médecine,
miennes. Ce
docteur Thomassin * , des idées semblables auxi
de
pense aussi, et répète dans vingt endreits
praticien
123, 130, 162, 178, dans sa pré-.
son livre, pages
ou la base de la fièvre jaune
face, etc. que le principe
qui étend
est une phlogose du système gastro-hépatique, et
exerce sur
aux parties voisines 1 qui
ses irradialions
influence
analogue à celle
l'économie animale une
générale
toutes les phlegmasies fortes et meurque produisent L'auteur dit, à la page.3, xque la fièvre. bilieuse,
trières.
ne sont qu'une même
> la fièvre ardente et la fièvrejaune,
ne diffère que par son intensité ).
>1 maladie, qui
1804; sur la fièvre jaune
Sur la fièvre de Livoarne de
d'Amérique, etc,
dans les maladies aigués, pegea t
(:) Du Pronostic
suivantes.
ies fortes et meurque produisent L'auteur dit, à la page.3, xque la fièvre. bilieuse,
trières.
ne sont qu'une même
> la fièvre ardente et la fièvrejaune,
ne diffère que par son intensité ).
>1 maladie, qui
1804; sur la fièvre jaune
Sur la fièvre de Livoarne de
d'Amérique, etc,
dans les maladies aigués, pegea t
(:) Du Pronostic
suivantes. --- Page 118 ---
TRAITÉ
tres fiévrés pestilentielles
ordinaire de voir les
contagieuses, Il est fort
causes
maladies porter leur
déterminantes.de ces
tomac ; mais
impression funeste sur l'esquelle est dans la fièvre
cause la plus vraisemblable de
jaune la
Stoll dit (1),
la
cette irritation ?
que matière bilieuse
) venir mortelle de différentes
peut de-
> enflammant l'estomac
manières; soit en
et les intesting sur les
" parois desquels elle
s'épanche, soit
) cune inflammation
sans qu'au-.
> d'une sorte de
précède, en les affectant
gangrène ou de
)) flammation produite
sphacèle; l'in.
) vraisemblablement par cette bile âcre est
d'une espèce
)) maligne bien différente de
particulière et
> appeler
celle que lon doit
bénigne, et qui guérit
) les saignées, les émolliens
aisément par
Le professeur
et les délayans >.
bile, observe
Dumas (2), en parlant de la
que celle qui-est âcre, irrite fortement les parties qu'elle touche,
développe les.accidens
7 et qu'elle y
Le même
nerveux les plus terribles.
praticien assure 2 dans un autre
ouvrage (5), que son influence sur l'estomac
telle, que son excès suffit
est
pour y produire une
(:) Ouvrage cité, page 122.
(2) Princ. de physiol. t. a 4, page 58y.
(3) Doctrine générale des Maladies
chroniqres, , p.425. --- Page 119 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
g5
vive irritation et même un genre particulier d'inflammations.
Hildenbrand (r) attribue le passage si commun
des fièvres bilieuses à létat patride et nerveux, 2
avec ces deux ordres de
ou leur complication de la bile dans les secondes
fièvres, à Pabsorption
voies. De toutes nos humeurs, dit Zimmerman,
la bile est la plus susceptible de dépravation,
surtout dans l'été ; on sait, ajoute-til, qu'elle
devient si acrimonieuse, 2 si pénétrante ; qu'ello
fait dans le corps tout l'effet d'un poison ; effectivement il en résulte des inflammations, des ulcères, lai gangrène (2). Si la bile n'est pas plus
dit Pringle"
elle est au
abondante en été,
(5), dans les
moins plus disposée à la corruption. que
autres saisons:
g
de la bile, les
Sans parler particulièrement
humeurs de lestomac sont susceptibles d'acquérir un tel degré de dépravation que Morgagni (4)
des sujets chez lesquels le voi misa irencontré
occasionnait des érosions
sement de cesimatiéres
à T'oesophage. Le même auteur rapporte (5)-que
a) Du Typhus contagieux, traduit par Guseis p:94:
(2) Traité de da Dyssent. pàr Ziminerman, s page 43 et
suivantes.
(3) Pringle 3 ouvrage cité, page 142, t. 1.
(4) De sedibus et causis morbor. epist. 59,n°21.
(5) Ibid. numéros 17 et 18.
de cesimatiéres
à T'oesophage. Le même auteur rapporte (5)-que
a) Du Typhus contagieux, traduit par Guseis p:94:
(2) Traité de da Dyssent. pàr Ziminerman, s page 43 et
suivantes.
(3) Pringle 3 ouvrage cité, page 142, t. 1.
(4) De sedibus et causis morbor. epist. 59,n°21.
(5) Ibid. numéros 17 et 18. --- Page 120 ---
TRAITÉ
deux pigeons légérement blessés
touri imprégné de la bile d'un par. un bismortd'uuefièvre
jeune. homme
tierceavec convulsion,
et qu'un coq qui avait avalé de la.mie périrent,
trempée dans ce. suc, périt-aussi
de: pain
vulsions.
dans les. conIl fant quelquefois si peu de
tomac de*Thomme .
chose dans l'espour y produire de grands
désordres, que nous ne devons pas être
de l'état dans
surpris
lequel on lei trouve sur-les cadavres sdes sujets morts de là fièvre
jaune. Potir
prouver sa grande susceptibilité, Boerhaave cite
T'expérience de Bellini, qui a vu un demi-grain
de jaunes d'oeuf pourri produire des s-éblouissemens, des vertigesy des angoisses
enfin tous les symptômes de
inexprimnables;
févres-nervenses.
Les matières jaunes:
set'moires rendues a par le
vomissement à ontei beaucoup: d'analogie aveci : la
biles elles sont huileuses 5 poisseuses; surtout
Horsque la maladie a fait ides. progrés ;ielles laisw
sent sur-le linge-des taches presquelindélcbiles; A
"exposées au Y feu:elles
du
dégagent
gaz i hydrogène sulfuré. Des expériences directes
pronvent
qu'elles contienment 2 une: matièren
d'autres produits semblables à ceux résineuses et
de
qu'on olstient
l'analyse de la bile (1):
fon rino
poisseuses; surtout
Horsque la maladie a fait ides. progrés ;ielles laisw
sent sur-le linge-des taches presquelindélcbiles; A
"exposées au Y feu:elles
du
dégagent
gaz i hydrogène sulfuré. Des expériences directes
pronvent
qu'elles contienment 2 une: matièren
d'autres produits semblables à ceux résineuses et
de
qu'on olstient
l'analyse de la bile (1):
fon rino STYaO
() Stubbius efirthe, ou Malign. Fever, > CITC page 3r --- Page 121 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
Ces faits suffisent pour prouver les altérations
nuisibles dont la bile est susceptible, les suites
fàcheuses que peut avoir son séjour dans l'estoc'est au moins la conséquenée assez natumac ;
relle qu'il est permis d'en tirer.
Lajaunisse, commel'ont remarqué Bontins(r)
toutes les malaet Lind (2), complique presque
dies aiguès, des climats situés entrelestropiques,
d'activité, où elle parait
où la bile acquiert plus
abondance.
secrétée en plus grande
L'irritation des organes gastriques, qui en est
à T'excrétion libre de cette
la.suite, s'oppose
détermine dans
humeur 2 par le spasme qu'elle
ses canaux ; d'oit son absorption par les symipathiques et la teinte jaune de toutes les parties ou
ils sont répandus.
No XL.
diminution dans la sécrétion des urines est
La
diffinerveux aussi constant que
un phénomène
cile à expliquer 2 soit qu'on ait recours 2 pour
s'en rendre compte, à une aberration de la senc'est un fait assez obscur lui-même
sibilité, 2 mais
l'avons
rien ; soit, comme nous
qui - n'explique
(r). Bortius, de Medicin. Indo.
(2) Lind, Essai sur les Maladies des Européens dans les
pays chauds.
--- Page 122 ---
TRAITÉ
indiqué, qu'on la fasse dépendre de l'influence
des tégumens sur les reins et la fonction à laquelle ils sont destinés; il est certain
que la peau est souvent dans un état de pourtant
resse et de chaleur qui interdit
séchetoutes ses fonctions, et qu'il y a dans d'autres cas une
piration excessivement
transabondante, qui donnerait
une explication naturelle de la diminution
la sécrétion des urines.
dans
L'on sait que dans l'ordre naturel et le
ordinsire, les reins semblent être des
plus
qui peuvent suppléer
organes
jusqu'à un certain
aux fonctions de la
point
peau 2 ce qui
ces organes des
suppose dans
rapports plus ou moins
dont l'existence suffit
éloignés
facile à
pour rendre ce pliénomène
concevoir. Il le devient encore davantage dans les cas où il y a des sueurs
et continuelles.
copieuses
Ce que nous venons de dire sur la
considérée comme l'un des
suppression,
symptômes caractéristiques de la fièvre
jauney ajoute un dégré de
probabilité de plus à notre opinion sur la nature
bilieuse de cette maladie. On sait
dans
les fièvres de cet ordre
que
toutes
ce symptôme est
et qu'il ne varie, que par le dégré.
constant
ne me lasse pas de
Stoll, que je
citer, parce que son
est un recueil de faits
ouvrage
(
précieux 2 assure qu'un
sigue auquel il savait distinguer les fiévres
gas-
oute un dégré de
probabilité de plus à notre opinion sur la nature
bilieuse de cette maladie. On sait
dans
les fièvres de cet ordre
que
toutes
ce symptôme est
et qu'il ne varie, que par le dégré.
constant
ne me lasse pas de
Stoll, que je
citer, parce que son
est un recueil de faits
ouvrage
(
précieux 2 assure qu'un
sigue auquel il savait distinguer les fiévres
gas- --- Page 123 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
les autres lui manquaient, c'é-
> triques lorsque
) taient des urines en petite quantité d'un jaune
très-foncé >. L'indication tirée de leur cou-
))
(1)
edansla fièvre jaune,
leur seraitsouvent trompeused
où elles sont très-variables plus ordinairement
limpides dans le début, et chargées, brunâtres
vers la fin.
L'exercice de la médecine prouve que cette
limpidité des urines s'observe également au commencement des fièvres bilieuses comme l'ont remarqué Houiller (2), Duret (5), Grimaud (4)
et d'autres médecins de réputation.
La couleur foncée des urines que nous avons
notée comme propre à l'état et au déclin de
cette fièvre 7 est quelquefois assez forte pour
imprimer aux linges sur lesquels elle tombe une
teinte safranée.
M. Fourcroy (5) avait, il y a long-temps 1
trouvé, en traitant par l'alcool, le résidu d'urines
semblables rendues dans une fièvre bilieuse, une
(1) Stoll, ouvrage cité, t. 1, P. 50.
(2) Oper. pract.
(3) Annot. cap. de Ict.
(4)" Traité des Fièvres,t. 2, page 244-
(5) Mém. de la Société royale de médecine, pour les
années 1782 et 1783, première Partie , page 488. --- Page 124 ---
TOO
TRAITÉ
matière résineuse d'un brun verdâtre,
celle qu'on obtient de
pareille à
l'analyse de la bile.
L'exactitude de ces résultats, sur
avait élevé des doutes,
lesquels on
a été confirmée par les
expériences de M. Clarion (1) chef de la
macie impériale.
pharNo XLI,
L'on doit être porté à conclure que la
de cette maladie, l'ordre dans
marche
lequel se
pent ses symptômes, la
dévelopsignalent
nature de ceux qui
son invasion 7 leur rapidité, leur intensité, leur ressemblance avec la
vent une irritation
gasirite - , prouprofonde et délétère, fixée
principalement sur la membrane
l'estomac. Le
muquense de
spasme* de cet
les
semens
organe, 7
vomisrépétés en épuisant, par des efforts
tiles et déréglés, ce qui reste de force
inuen altère encore' la
nerveuse
source, et achève de
le
trouble, la débilité dans
jeter
toutes les parties du
système vivant, d'interrompre T'harmonie etl'accord qui doit régner entre elles.
A ce désordre, effel de l'irritation
peuvent se
rapporter, 2 comme nous avons tâché de le
prou-
(1) Journ. de méd. chirurg.
an XII.
pharmac. t. IO, messidor
inuen altère encore' la
nerveuse
source, et achève de
le
trouble, la débilité dans
jeter
toutes les parties du
système vivant, d'interrompre T'harmonie etl'accord qui doit régner entre elles.
A ce désordre, effel de l'irritation
peuvent se
rapporter, 2 comme nous avons tâché de le
prou-
(1) Journ. de méd. chirurg.
an XII.
pharmac. t. IO, messidor --- Page 125 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
JOI
tous les autres accidens qui viennent comver ,
le tableau.
pliquer cette fièvre et en masquer
L'époque la plus ordinaire de leur manifestation
justifie ma manière de les envisager.
bien
dissimule
pas que, dans
Je ne
pourtant
un
des circonstances, , la fièvre jaune ne présente
exemples de l'économie animale
des nombreux
pathologidans lequel on voit les phénomènes
en
s'entrelacer, se croiser , se confondre
ques
alternativement effet
quelque sorte, et devenir
clairement celui
et cause 7 sans pouvoir déméler
la condont un ou plusieurs autres ne sont que
le dire en passéquence. Ce qui prouve 7 pour
sant, la liaison des fonctions, leur dépendance isomutuelle et la difficulté de considérer trop
lément les lésions des divers systèmes.
No XLII.
5°. Durée de cette fièvre.
La durée de la fièvre jaune se rapproche beaude celle des fièvres bilieuses. Dans Ie plus
coup nombr'e de cas elle se juge du 7 au 9, ragrand
11. Lorsqu'elle a une
rement elle va jusqu'au
d'inet qu'elle laisse peu
marche très-rapide, l'instant de son invasion et celui
tervalle entre
de rapports
de la mort, alors clle a beaucoup
climats
le cholera morbus qui, dans nos
avec
périr dans vingt-quatre heures,
fait quelquefois --- Page 126 ---
TRATTE
comme j'en ai vu trois
Pinel le
exemples. Le professeur
range parmi les embarras
La rapidité plus grande de la gastriques.
Join de daruire'anslogie
fièvre jaune est
entre elle et la fièvre
que nous avons trouvée
bilieuse
La nature se montre
trés-intense.
active entre les
plus énergique et plus
ductive
tropiques ; cette énergie
ne se borne pas aux
protend aux animaux dont les plantes, elle s'6fortes, plus grandes,
espèces sont plus
plus
sent plus rapidement.
vigoureuses et croisLa destruction des êtres vivans
avec une activité
s'y opère aussi
accroissement. proportionnée à celle de leur
La nature pressée
avec célérité afin de
d'agir détruit
ment; l'homme est reproduire plus promptelois; ; elles ne se bornent soumis à l'influence de ses
nomènes de la vie dans
pas à régler les phé
sident aussi
l'état de
elles
au
sonté,
prédes phénomènes développement et à Ja marche
pathologiques. J'ai
surpris de là rapidité des
toujours été
maladies dans
mats, et de la lenteur des
ces cliL'observation des
convalescences.
maladies
nent dans les
aiguès qui survientemps secs et
teur Barbier
chauds, dit le doc-
(1), prouye qu'elles ont une marche
$
(a) Traitéd'Hygiène
page 100,
appliquée à la hempearinse,ts,
nes développement et à Ja marche
pathologiques. J'ai
surpris de là rapidité des
toujours été
maladies dans
mats, et de la lenteur des
ces cliL'observation des
convalescences.
maladies
nent dans les
aiguès qui survientemps secs et
teur Barbier
chauds, dit le doc-
(1), prouye qu'elles ont une marche
$
(a) Traitéd'Hygiène
page 100,
appliquée à la hempearinse,ts, --- Page 127 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
très-rapide ; elles offrent au moment de leur
invasion un appareil menaçant de symptômes
(C Les médecins nouvellement arrivés
graves.
les climats chauds, ajoute-t-il plus bas, 2
>) dans
désont
de la violence avec laquelle
>)
frappés
et de la
de leur
> butent les maladies,
rapidité
>> marche ).
La fièvre jaune d'Espagne parcourait pourtant
ses différentes périodes avec une promptitude
celle
lui observe
aussi grande au moins que
qu'on
en Amérique.
No XLIIL.
Les mouvemens de la vie dans l'état maladif
seraient sans doute assujétis à des loisà peu près
le sont dans l'ordre naaussi régulières qu'elles
turel, sion neles troublait pas dans leur marche,
si on n'en intervertissait pas la direction.
Nous ne connaissons pas encore assez les premières de ces lois et les modifications dont elles
dans les différens climats, pour
sont susceptibles
nécesl'ensemble des conditions
bien apprécier
saires et sous l'influence desquelles le trouble
ou
pénêtre dans nos organes 2 modifie, abrège
prolonge la durée de la maladic. Nous ne pouvons savoir à quoi attribuer toutes les anomalies
surviennent dans la fièvre jaune, et qui peuqui
son caractère sans la dénaturer.
vent masquer --- Page 128 ---
TRAITÉ
Les mêmes variéiés.sfobservent dans les maladies bilieuses.
Iln'y en a peut-être pas une autre, dit Stoll,
C qui ise plaise à des variations aussi
> qui se modifient d'autant
multipliées,
de/manières, étant
> d'un caractère vraiment
prothéiforme (1) >, et
ailleurs ( on voit clairement,
>) qui précède, combien
d'après tout ce
la famille des maladies
> bilieuses est étenduc, combien leurs variations
) et leur complication avec d'autres sont multi-
> pliées >. Qnarin (2) dit aussi que le caractère
insidieux leur est propre; ; il n'ya pas de
un peu exercé qui n'ait eu occasion de praticien
naûtre leur
reconfréquence, et sous combien d'aspects
différens elles se montrent dans la
Selle (5) en a aussi fait la
pratique,
remarque,
No xLIv,
2°. Scs causes, tant générales
que particulières.
L'importance de l'étude des causes des maladies a é16 bien appréciée
par tous les
qui ont obtenu l'estime de leurs'
praticiens
contemporains
(1) Stoll, Aphor. 305 et 3,5.
(2) Traité des Fièvres, etc. par J.
page 3.
Quarin, t. 2,
(3) Rud. pyrétol. méth. p. 1o8.
LIv,
2°. Scs causes, tant générales
que particulières.
L'importance de l'étude des causes des maladies a é16 bien appréciée
par tous les
qui ont obtenu l'estime de leurs'
praticiens
contemporains
(1) Stoll, Aphor. 305 et 3,5.
(2) Traité des Fièvres, etc. par J.
page 3.
Quarin, t. 2,
(3) Rud. pyrétol. méth. p. 1o8. --- Page 129 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
et mérité celle de la postérité; ; celles dontje
vais m'entretenir sont les causes essentielles ou
matériclles, les seules dont un médecin sage
doive s'occuper sérieusement, celles qui conduisent à la connaissance approfoudie des macuratifs; celles qu'il n'est
ladies et aux moyens
despas permis d'ignorer, et sans T'appréciation
quelles on risque souvent de. s'égarer. Le judicieux, Zimmerman (+) a dit, qu'un médecin qui
ne connait pasles causes des maladies 2 ou qui ne
peut, au moins avec une certaine probabilité, en
déterminer la nature, n'est pas capable de les
guérir.
Celles auxquelles on a attribué la fièvre jaune
sont "en très-grand nombre; nous allons les parcourir snccessivemient afin de fixer la part que
chacune d'elles peut avoir à son développement.
Ces causes sont générales, locales ou individuelles prédisposantes et efficientes';, sans nous
astreindre à parcourir cette division scolastique.
Nous tâcherons de ne rien omettre d'intéressant.
Cette maladie peut nattre spontanément, ou
par voie de contagion 3 il ne sera pas ici question
de cette dernière cause 3 je me borne à l'indiquer.
La chaleur tient incontestablenient le premicr
(1) Traité de l'Expérience en médecine, t. 2, P, 3. --- Page 130 ---
TRAITÉ
rang parmi les causes
maladic. Son influence prédisposantes de cette
maladies bilieuses
sur la production des
observateur
n'avait, pas échappé au
des médecins de
génie
nulle part elle n'est aussi
Tantiquité ; mais
évidente que dans la fièvre bien marquée 2 aussi
Elle a pris naissance
jaune.
et le 25° dégré de latitude au Mexique , entre le IO
Brésil vers les 12 et 15€ septentrionale, et au
ridionale ; elle fut
dégré de latitude mécontrées et aux Antilles. long-temps bornée à ces
médecins
Maintenant quelques
23€
prétendent qu'elle s'étend
dégré de latitude sud
depuis le
tude nord. M.
jusqu'an 46€ de latiplus récentes Humbolt, d'après des recherches
et
limites moins trés-cxactes, 2 la restreint a des
étendues. Elle va dans
septentrionale jusqu'à
T'Amérique
les 420
Boston; qui se trouve
2'1r" et même un
par
il y fait fort chaud dans
peu au-dela; mais
l'été.
C'est sous le ciel bralant de la
que cette maladie est
zône torride
revient annuellement fréquente; c'est là qu'elle
; c'est là
qu'elle est endémique,
qu'on peut dire
la saison chaude et
puisqu'elle réparaît avec
que la considère
cesse avec elle; ; c'est ainsi
le professeur Le Roy (1).
(t) Mél. de phys, et de méd.
Fiévres aigues, page 221.
premier Mémoire sur les,
C'est sous le ciel bralant de la
que cette maladie est
zône torride
revient annuellement fréquente; c'est là qu'elle
; c'est là
qu'elle est endémique,
qu'on peut dire
la saison chaude et
puisqu'elle réparaît avec
que la considère
cesse avec elle; ; c'est ainsi
le professeur Le Roy (1).
(t) Mél. de phys, et de méd.
Fiévres aigues, page 221.
premier Mémoire sur les, --- Page 131 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
située par les 19Ir 52"
A la Vera-Crux,
où le vomito a fait
de latitude septentrionale, autre lieu du monde,
plus de ravages qu'en aucun
d'une
les chaleurs sont excessives, les environs
extrême, couverts d'un sable mouvant
aridité
dans différens endroits; ;ily forme
quis'amoncèle monticules de douze à quinze mètres
des petits
réfléchissent une chaleur
de hauteur , lesquels thermomètre centigrade
si considérable, que, le
les mois de juillet
enfoncé dans ce sable pendant
50°:
d'aoàt s'élève, dit M. Humbolt, de 48°à
et aussi la saison où la fièvre jaune est dans
C'est
toute sa force.
liaison bien sensible entre
Ily a partout une
les variations de
la marche de cette maladie et
naître
atmosphérique. On la voit
la température
les vents de S. E. qui forà la Vera - Crus avec
successiment l'été de ces climats, s'accroitre
les
diminuer quand
vement avec
chaleurs, pour
Thiver
les tempêtes du nord, qui en forment
entièrement lorsque le therapprochent; cesser au-dessus de 23 ou 24o. Si les
momètre se tient
la
brises du N. E. soufflent plus long. temps 7
maladie arrive plus tard et est moins dangereusc;
a lieu si ce sont les vents de S. E.
le contraire
Ces derniers souflent depuis mars jusqu'en septembre. S'ils continuent au-delà de ce terme 2 --- Page 132 ---
TRAITÉ
la fevrejaune dure plus
fois
long-temps et
ne disparait pas.
quelqueElle semble bornée aux rivages de la
sans jamais s'étendre à une
mer ;
grande distance dans
l'intérieur des terres. Conme le sol va
en s'élevant, la température s'abaisse tonjours
tionnellenent, aussi ne troave-t-on propor--
fièvre au-delà de douze à
pas cette
dessus du
quinze cents mêtres auniveau de la mer; il semble', comme
l'a judicicusement remarqué M. Humbolt,
y ait là une sorte de limite ou de barrière qu'il
ne peut franchir.
qu'elle
Cette différence ne
chissant
surprendra pas en réfléqu'un sol bas, à l'abri d'une partie des
vents par les élévations qui
ordinairement
T'environnent, est
travaillé par des chaleurs étouffantes, tandis que les montagnes qui sont audessus du niveau de tout ce qui les
outre la température moin's élevée
entoure,
rafraichies
7 sont encore
par les vents qui y abondent de tous
côtés sans obstacles.
Les habitans da grand plateau du
où la température est de 16 à
au-dessus Mexique,
17°
de
zéro, et où elle baisse quelquefois
de la
jusqu'an point
congélation, n'y ont jamais eu la fièvre
jaune, quoiqu'ils soient par la latitude de la
Vera- Crux ; car Mexico se trouve par les
19°, 2
entoure,
rafraichies
7 sont encore
par les vents qui y abondent de tous
côtés sans obstacles.
Les habitans da grand plateau du
où la température est de 16 à
au-dessus Mexique,
17°
de
zéro, et où elle baisse quelquefois
de la
jusqu'an point
congélation, n'y ont jamais eu la fièvre
jaune, quoiqu'ils soient par la latitude de la
Vera- Crux ; car Mexico se trouve par les
19°, 2 --- Page 133 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
IO9
Lorsqu'ils descendent du plateau pour
a5,50".
venir dans le littoral, ils y sont plus exposés
que ces derniers cn
que les Européens, 7 parce
latitudes
lentement et graduellepent aux
passant
souffrent moins que ceux chez lesaustrales en
et dans
quels ce changement se fait brusquement
quelques heures.
No XLV.
La ville du Cap, ile Saint-Domingue, où cette
fièvre fut si funeste ; est située par lcs 19", 46',
50" de latitude N : ilyf fait une chalenr dévorante,
l'on respire un air étouffant; elle avait en outre
y
résultat inévitable de l'indes causes locales,
de
cendie de cette grande ville et des malheurs
dut contribuer à lui donner
la guerre 2 ce qui
ue
plus d'intensité.
de l'armée du
M. Trabuc, chirurgien en chef
observé
Tan 1I', la
général Leclerc, 2 a
qu'en
maladie fut moins générale et moins dangereuse
à cause des brises et
que l'année précédente, 7
l'atmosdes pluies fréquentes qui rafraichirent
phère; le thermomètre se maintint de5à50 plus
bas qu'en l'an 10
Elle avait commencé dans les, mnois de nies-
(1)Journal des Officiers de santé de Saint Domingue,
Floréal , page 175 ; et prairial, 2 page 238. --- Page 134 ---
IIO
TRAITÉ
sidor et thermidor, sous l'influence
rature sèche et tres-élevée.
d'une tempé.
M. Repey, oflicier de santé,
marine, observa à la
entretenu, de la
15°, 59 de latitude Guadeloupe, située par les
trés-meurtrière,
N, oùt. cette maladie a été
ractère moins
qu'elle dimhinua et. prit un cadont
facheux Jorsque les' brises de
on élait privé depuis
TO.,
nérent la fraicheur
long-temps, rame-
(1).
L'on s'est aussi convaincu
qu'elle suivait,
aux Etats- Unis
le nombre de pour son intensité, comme
ceux qui en étaient
pour
progrès de la chaleur. Il résulte attaqués, les
observations du docteur
cependant des
semaines, oùt T'élévation Carey (2), que les
du
le plus considérable,
tbermomètre a été
oùt il est périle
n'ont pas toujours été celles
plus de monde. Les
si persuadés de cette influence
babitans sont
doutent les feux de la canicule, nuisible qu'ils revoeux étaient exaucés,
, ct que si leurs
cette saison serait
tement remplacée par le froid
les prompde ce fléau:
qui
affranchit
(:) Repey, Dissertation
Montpellier, 1807.
inaug. sur Ia Fièvre jaune.
(2) Descript, of the malignant Fever of
Philadelp. 1794.
plus de monde. Les
si persuadés de cette influence
babitans sont
doutent les feux de la canicule, nuisible qu'ils revoeux étaient exaucés,
, ct que si leurs
cette saison serait
tement remplacée par le froid
les prompde ce fléau:
qui
affranchit
(:) Repey, Dissertation
Montpellier, 1807.
inaug. sur Ia Fièvre jaune.
(2) Descript, of the malignant Fever of
Philadelp. 1794. --- Page 135 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
II1
No XLVI.
Lorsque la fièvre jaune a paru épidémiquedans notre hé
ment sous des zones tempérées
été
c'est toujours après y avoir
apmisphère,
que sous
portée ; elle ne s'y est développée e c'est
d'une température bràlante :
linfluence
circonstances que celle qui
dans de semblables
manifestée. Depuis
ravagea Cadix en 1800 s'est
T'Andamai
les pluies cessérent dans
le 20
que
farent toujours en auglousie 2 les chaleurs
mentant.
moitié de juillet le thermoDans la première
à 85°, et dans
mètre de Farhenheit se maintint
il s'éleva au-dessus de 87. Dans
le mois suivant
outre un vent sec et
le mois d'août il régnait en
chaud, dont les habitans de Cadix souffrirent
pendant quarante jours ; ils en étaient
beaucoup
dit don Francisco Amleo (1), qu'ils
si accablés,
dans le bain; c'est
ne trouvaient de calme que
fut
dans ce même temps que la fièvre jaune y
Elle s'est étendue à
introduite et s'y répandit.
Malaga et à Séville dans des circonstances semblables.
Précis histor. de la Maladie qui a régné en Anda-
(1)
lousie en 1800. --- Page 136 ---
TRAITÉ
La chaleur, dit aussi M. Palloni, dans la description qu'il nous a donnée de
Livourne, 2 fat la principale
T'épidémie de
cause de son développement (1).
No XLVIL
La petite ile de la
de
Tortue, séparée de eclle
Saint-Domingne par un étroit canal, distante
du Cap de quatre ou cinq lieues, fut
quelques temps exempte de la fièvre 2
pendant
tant par son isolement
jaune, auque parce qu'elle est trèsboisée, et journellement rafraichie par des brises
qui y rendent la chaleur moins incommode
sur la grande terre.
que
Des recherchies exactes prouyent que les brises
sont devenues rares dans les parties de SaintDomingue,, de la Martinique et de nos autres
colonies, dont la cime des mornes a 6l6,
d'imprévoyans Européens, dépouillée des forêts par
qui les couronnaient, , qui arrétaient les
aspiraient les vapeurs, servaient de
unes,
à Phunidité; aussi le sol est-il conductenrs
y
devenu
aride, 2 les maladies bilieuses
plus
plus
comme l'a remarqué M. Moreau de St. fréquentes
Méry (2).
(*) Palloni sulla malathia febrile dominante in Livorne, 1804.
(2) Description de la partic française de Saint-Do.
mingue, t. 2.
couronnaient, , qui arrétaient les
aspiraient les vapeurs, servaient de
unes,
à Phunidité; aussi le sol est-il conductenrs
y
devenu
aride, 2 les maladies bilieuses
plus
plus
comme l'a remarqué M. Moreau de St. fréquentes
Méry (2).
(*) Palloni sulla malathia febrile dominante in Livorne, 1804.
(2) Description de la partic française de Saint-Do.
mingue, t. 2. --- Page 137 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
étendu entre les tropiques le pré:
On a trop
le sanitrès-sage de déboiser un pays pour
cepte
faut respecter les sommets des
fier. C'est là qu'il
à être privé des
monts , sil'on ne veut s'exposer ruisseaux qui vont
brises , des fontaines et des
la salubrité
la fraicheur, la fertilité et.
porter
dansles plaines. à T'instant de leur débarqueLes troupes; , qui
furent de suite placées
ment dans ces régions 2
à l'abri
des
et isolées, se trouvèrent
sur
mornes,
Un fort détachement de la
de la fièvre jaune.
arrivée à la
cantonnée, à son
66° demibrigade
des bananiers, n'y
Guadeloupe , sur le morne
tant qu'il conserva cette posiperdit personne
avec la ville.
tion, et qu'il communiqua peu fait la même reDon Francisco Balmis (1) a
dans I'ile de Cube. Ceux qui se tiennent
marque
la durée de l'épidémie,
sur les mornes pendant
sont épargnés. fortunés des États-Unis prévienLes habitans
des
nent la maladie en se retirant à T'approche
chaleurs dans leurs maisons de camgrandes
pagne.
(:) Epidémie d'Espagne , p. 163.
--- Page 138 ---
TRAITÉ
No XLVIII.
Les vaisseaux mouillés dans la rade du
dont la
Cap,
température est de 3 à 6°moins élevée
que celle de la ville, 2 étaient exempts de la
ladie taht qu'on reténait les
maet qu'on rendait les
équipages à bord,
commanications difficiles.
Cet avantage n'était pas dû seulement àla température moins élevée, ainsi que nous le dirons
ailleurs.
Les vaisséaux de guerre qui partaient des
lonies pour repasser en Europe avec des hommes COattaqués de fièvre jaune la voyaient diminuer à
mesure quel'on s'élevait dans le nord pour chercher les vents variables. Elle cessait entièremedt
à la hautenr de Terre-Neuve. Le Héros , le
le Foudroyant,
Zélé,
TAigle, etc. perdirent les colonies à cette hauteur, vers le 48€ dégré de latitude, de vingt-cing à soixante-dix hommes
pendant que dans le reste de la traversée, 7
est au moin's aussi longue, il en mourait à 2 qui
quatre ou cinq, excepté pourtant dans
peine
circonstances où les retours ont eu lieu quelques dans le
temps des plus grandes chaleurs de T'été;
la maladie ne s'était pas entiérement
lorsque
approchant de nos côtes, elle
éteinte, en
velle
prenait une nouactivité, 2 se communiquait à ceux
l'ayaient pas encore eue ; c'est en. s'entretenant qui ne
moin's aussi longue, il en mourait à 2 qui
quatre ou cinq, excepté pourtant dans
peine
circonstances où les retours ont eu lieu quelques dans le
temps des plus grandes chaleurs de T'été;
la maladie ne s'était pas entiérement
lorsque
approchant de nos côtes, elle
éteinte, en
velle
prenait une nouactivité, 2 se communiquait à ceux
l'ayaient pas encore eue ; c'est en. s'entretenant qui ne --- Page 139 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
une nouvelle force aux attéainsi, et ên prenant arrivée dans la rade de Brest,
rages, qu'elle est
dans le
oà elle a fait périr plusieurs personnes tous les
lazaret qu'on avait établi pour recevoir
malades venant des Antilles.
bien encore que la fièvre jaune
Ce qui prouve
chaude
dans une température
ne se propage que
ne s'est pas montrée en
et calme, c'est qu'elle
de contrées qui
quoiqu'il y.ait peu
Angleterre, trouvées plus exposées depuis notre
s'y soient Lind avait fait la même remarque à
révolution. dont il était chargé près Portsmouth.
Phopital
de fièvre jaune étaient 2
Les malades attaqués
à leur retour
sans aucun danger, 2 débarqués
d'eux
d'Amérique à la fin de l'automne, et aucun
ne répandit la maladie.
No XLIX.
de la chaleur sur la marche et le
L'influence de cette fièvre n'est pas moins
développement
où elle disparait
bien marquée aux États-Unis,
suivante,
avec l'été,pour ne revenir quelannée
au bout d'un temps plus long,.
et quelquefois dans la saison chaude ; on l'a même
nais toujours les mois. où elle est dans toute sa
vue, pendant beaucoup de son activité et cesser
force , perdre l'effet des vents de N.E.;c'cst
entièrement par --- Page 140 ---
TRAITÉ
à l'excès de la chaleur, dit M. Dalmas
binée avec l'altération de l'air
; (a) comqu'il faut rapporter la naissance atmosphérique 7
la fièvre
et ile retour de
jaune dans les zones tempérées, oùt elle
acquiert, suivant lui, un caractère
qu'elle n'a pas aux Antilles et sous la épidémique
ride ; il pense que la raison de
zone, tortient à
ce phénomène
Tair-atmosphériquey qui doit être
comme l'agent principal de sa
regardé
et qui étant moins vicié aux iles, communication,
cette différence.
est la cause de
Mais peut-il l'être nulle
part aux
autant
États-Unis,
qu'il l'était au Cap après l'incendie de
cette ville, où toules les causes d'insalubrité
trouvaient réunies ? au contraire, il
se
aucune à Cadix
, n'en existait
2 lorsqu'elle s'y est manifestée
avec tant de violence.
Le docteur
Warren, qui avait fait un
séjour à la Barbade, la plus saine,
long
de toutes les Antilles, dit, dans le Traité peut-être 7
nous a laissé sur la fièvre
qu'il
toujours introduite
jaune, qu'elle y. fut
n'aurait
par importation 2 et ga'on
pu en soupçonner d'autre cause
qu'on n'y trouve ni-lacs,
2 puis2 ni marais 2 ni aucune
source de miasmes
putrides; que l'air y est très-
(4) Recherches histor. et médicales sur la Fièvre
pag. 24 et 30.
jaune,
Traité peut-être 7
nous a laissé sur la fièvre
qu'il
toujours introduite
jaune, qu'elle y. fut
n'aurait
par importation 2 et ga'on
pu en soupçonner d'autre cause
qu'on n'y trouve ni-lacs,
2 puis2 ni marais 2 ni aucune
source de miasmes
putrides; que l'air y est très-
(4) Recherches histor. et médicales sur la Fièvre
pag. 24 et 30.
jaune, --- Page 141 ---
JAUNE.
DE LA FIÈVRE
cela
en faveur de son importation,
pur: :
prouve aussi que les vapeurs marémais cela démontre
inntiles à son dévecageuses et T'humidité sont
Si elles jouaient un aussi grand rôle
loppement.
les vingtqu'on le prétend, conment pendant
trente années qui ont précédé 1795,
cinq ou
États-Unis, quoine s'en est-on pas ressentiaux
d'insalubrité fussent en plus grand
queles causes
dernière époque - 7 où Thynombre qu'à cette
? aussi la
giène publique a'été perfectionnée caractère
dyssenterie et les fièvres d'un manvais
sont-elles devenues' bien plus rares qu'autrefois,
le vomito est plus commun ; enfin,
tandis que
bornée aux villes
pourquoi s'est-elle long-temps
commerciales, et ne s'étend-elle qu'à une petite
des bords de la mer ? Les mêmes causes
distance
existent dans Tintérieur des terres.
d'insalubrité
No L.
T'humidité, réunies
La'chaleur 7 mais surtout
s'émiasmes des marais et aux vapeurs qui
aux
matières animales et végétales en pu
lèvent des
les
tréfaction, ont pourtant été regardées 3 par
comme les causes unimédécins des États-Uhis,
niques de la fièvre jaune.
de la chaIls ont été jusqu'à nier l'influence
leur, regardée par eux comme une cause accesThumidité et les vapeurs
soire et secondaire, --- Page 142 ---
r'18
TRAITE
en étant la cause principale. Cette
comme beancoup. d'autres,
opinion a été,
sans un examen
, adoptée et répétée
plus
assez réfléchi; ; peut-être est-elle
vraisemblable le long des côtes de P'Amé.
rique septentrionale, où différentes
cales favorisent Ja
causes lotrides; mais dans génération des fiévres puces lieux-là amnéme, la
jaune ne s'y montre que dans les saisons fièvre
chaudes et les plus sèches,
les plus
est étouffante et
, lorsque T'atmosphère
d'une
tranquille. C'est sous l'influence
semblable
l'a vue naitre à température que M. Valentin (1)
précédée
Norfolck en 1795; elle avait été
d'une chaleur excessive, de
sécheresses 1 sans aucune ventilation, grandes
suivante elle reparut dans la même L'année
des symaptômes moins
ville avec,
pas aussi meurtriène alarmans ; elle n'y fut
même
, et pourtant, , ajoute le
auteur, ( cette année fut si
2) que les terres basses et tout le
pluvieuse,
)) inondés.n.
plat pays furent
Enlin, etc'est toujours le
lentin que
lémoignagede M. Va-.
j'invoque, ? l'un de ceux
nu grand rôle à Thumidité
qui font jouer
marais, dans la
et aux miasmes des.
production de cette
praticien ajoute -qu'en
la malndic, ce
1797 sécheresse fut
siremarquable et tellement constante
pendant les
() Traité de la Fièvre jaune, etc. page 85 et
suivantés.
pays furent
Enlin, etc'est toujours le
lentin que
lémoignagede M. Va-.
j'invoque, ? l'un de ceux
nu grand rôle à Thumidité
qui font jouer
marais, dans la
et aux miasmes des.
production de cette
praticien ajoute -qu'en
la malndic, ce
1797 sécheresse fut
siremarquable et tellement constante
pendant les
() Traité de la Fièvre jaune, etc. page 85 et
suivantés. --- Page 143 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
mois de juillet, août, septembre et octobre ; que
nous eûmes la plus grande difficulté à nous procurer de l'eau, toutes les pompes étant à sec; les
chaleurs élaient excessives, et semblablesà celles
de la zone torride ; la fièvre jaune se déclara épidémiquement avec fureur , et offrit des symptômes plus malins et plus insidieux que les années
précédentes. > N'est-ce pas là une preuve irréfragable de la part très-grande qu'ont la chaleur
etl la séclieresse dans la production de cette fièvre,
de disparnitre à l'arrivée
qui ne manque jamais
des pluies ?
de lintenCc quia le plus contribué à donner
sité à la dernière épidémie du Cap est, suivant
M. Gilbert, la température extraordinairement
plusieurs mois. Cette
sèche qui a régné pendant
de
remarque n'avait pas échappé à l'observation
Pouppé-Desportes; il avait observé que la saison
des pluies avait élé suivie, dans les années 1735
d'une sécheresse extrême, avec des
et 1754,
fat excessivement
vents de sud; la fièvre jaune
meurtrière jusqu'en 1738, que la température
devint très-modérée. Le nombre des malades
diminua, et: ils guérirent presque tous. Ala vérité quelques brumes, et de légéres pluies, suivies de chaleurs très-fortes, paraissent donner
plus d'activité à la fièvre jaune, et faire dominer
les symptômes adynamiques.
esse extrême, avec des
et 1754,
fat excessivement
vents de sud; la fièvre jaune
meurtrière jusqu'en 1738, que la température
devint très-modérée. Le nombre des malades
diminua, et: ils guérirent presque tous. Ala vérité quelques brumes, et de légéres pluies, suivies de chaleurs très-fortes, paraissent donner
plus d'activité à la fièvre jaune, et faire dominer
les symptômes adynamiques. --- Page 144 ---
TRAITÉ
Le voisinage des marais
effets; mais
produit les mêmes
plusieurs de ces
taient pas dans des lieux oùt circonstances la
n'exisgénérale et
maladie a été trésdroits où tres-dangereuse; et dans
on ne l'a jamais
d'autres enréunies au plus baut dégré. observée, elles sont
avant 1795, dans plusieurs N'eststnien-elles pas
oif on n'avait
villes des Etats-Unis
jamais vu cette
moyens de salubrité étaient fevreset où les
jourd'hui? Elle
plus négligés
y revient néanmoins
gu'anliéremento idepuisestitecpoque,
assez régue
putrides et la dyssenterie,
quoique les fièvres
tion
maladies à la
desquelles les miasmes qui is'élévent produc
stagnantes et de la
des eanx
ganisés,
décomposition des
, contribuent
corps Orment plus rares
benticoup, , y soient infiniétaient
qu'autrefois.Si ces mêmes causes
susceptibles de faire naftre la
comme on le prétend; clle'
nbvrejanne,
jourd'hui
y serait plus rare auqu'alors : c'est le
i Sans doute
contraire.
qu'après une
-
resse considérables
chaleur et une séched'hanidité
, il reste : encore
dissoute dans'
beaucoup
dans'le voisinage de la mer. Tatmosplère, On
surtout
près de la
a remarqué
ligne, 2 Tévaporation est
qu'anpartout ailleurs (1).
plus forte que
(1) Cotte, Leçons élémentaires de
mie, etc. p: 164 et suiv.;
physique, d'astronode médec, ann, 1784-1,85, Mémoire de la Société royale
première Partie, page 204.
dissoute dans'
beaucoup
dans'le voisinage de la mer. Tatmosplère, On
surtout
près de la
a remarqué
ligne, 2 Tévaporation est
qu'anpartout ailleurs (1).
plus forte que
(1) Cotte, Leçons élémentaires de
mie, etc. p: 164 et suiv.;
physique, d'astronode médec, ann, 1784-1,85, Mémoire de la Société royale
première Partie, page 204. --- Page 145 ---
JAUNE.
DE LA FIÈVRE
les
que cette humidité et
Il est vraisemblable
la décomémanations maréengeuses produites par
exaldes matières végétales et animales
position
de chaleur,. entrent pour
tées par un haut dégré
physiques que
beaucoup dans les changemens
des nouclimat introduit dans Torganisation
ce'
T'humidité atmosphérique est
veaux habitans ; car
l'on s'avance davantage
d'autant plas grandc que
M. Péron,
comme T'a démontré
vers Téquateur, 2
aux Terres
naturaliste de la dernière espédition
australes. Ce laborieux zoologiste, enlevé trop
naturelles', dont il eût peut être
tôt aux sciences
sous la
reculé les bornes, , avait constaté que,
Thygromètre se soutient presque toujours
ligne,
extrême; mais si Vhumidité
à Pétat de saturation
aussi efliet les efiluves des marais contribuaient
de la
la chaleur à la génération
cacement que
comme. elle le
fièvre jaune, loin de disparaitre
fait dans la saison des pluies, 7 elle devrait acquédans les lieux marirplus d'intensité 7 se montrer
d'auoù on observe
récageux et très-insalubres,
beaucoup.
tres maladies graves qui en diffèrent
chaleur
la
influence de la
Pour nier grande
de cette fièvre, on a étéjusdans la production
n'était jamais une cause
qu'à dire qu'elle seule
en
de maladie, et qu'elle ne coutribuait presqué
rien à la formation de la fièvre jaune.
moins
ces propositions D'e est pas
La premièrede --- Page 146 ---
TRAITÉ
inexacte que Tautre; elle est démentie
maladies dangereuses
par les
les ardeurs du soleil que produisent en,Egypte
et les vents bràlans du désert, par celles auxquelles les mémes
nent lieu, à la pointe méridionale causes donen
de
et
Abyssinie dans les déserts de T'Afrique,
ily a si peu d'humidité
T'Arabie, où
de se
que les cadavres, loin
putréfier > se dessèchent et se
en quelque sorte. Thevenot
momifient
Bassora, à la suite des
(1) rapporte qu'à
T'élé, on voit
chaleurs étouffantes de
violens
beaucoup de personnes saisies de
maux de tête et de
avoir dormi au grand air. convulsions, pour
Tout le monde connaît les suites si
tement mortelles du vent bralant du prompnommé Femoun, que le chevalier
désert,
a si bien peint et
il
Bruce (2) nous
auquel fut
Sans aller chercher des
exposé,
mats lointains et
exemples dans les clisous des Jatitudes
t-on pas remarqué en Europe
élevées, n'apestilentielles avaient
que des maladies
chauds,
paru dans des étés secs et
sans qu'on pàt les altribuer à
causes (5) qu'à cette chaleur sèche.
d'autres
(1) Voyage au Levant, page 3r3.
(2) Voyage aux Sources du Nil, étc, tom. 4, p. 630.
(3) Diemer Brorek de Pest, lib, 1, cap. 8.
des Jatitudes
t-on pas remarqué en Europe
élevées, n'apestilentielles avaient
que des maladies
chauds,
paru dans des étés secs et
sans qu'on pàt les altribuer à
causes (5) qu'à cette chaleur sèche.
d'autres
(1) Voyage au Levant, page 3r3.
(2) Voyage aux Sources du Nil, étc, tom. 4, p. 630.
(3) Diemer Brorek de Pest, lib, 1, cap. 8. --- Page 147 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
Les anciens, si justes appréciateurs des phénomènes de la nature connaissaient bien les effets
fâcheux de cette chaleur dévorante.
Sirius ardor 9
Ille sitim morbosque ferens mortalibus agris,
Nascitur, et levo contristat lumine ccelum.
No LI.
favorise
la naissance
La chaleur
singulièrement
et la marche des maladies contagieuses. Samoedans la peste de Moscow,
lowitz (1) a remarqué,
les cuisiniers 7 les orfevres, les boulangers, 3
que
état , sont forcés de rester
ét tous ceux qui, par
près du feu, en furent les premiers attaqués.
Par opposition, on a observé aux États-Unis,
les hommes qui vivent habituellement au
que
s'élèvent des matières animilieu des vapeurs qui
males même altérées 7 tels que les bouchers,
les
les fabricans de
les tanneurs 7
corroyeurs,
chandelles, de savon 7 etc. sont exempts de la
fièvre jaune, quoique plus exposés aux fièvres
putrides ; ce sont effectivement les professions
disposent le plus fortement. Ambroise
qni y.
Paré avait déjà remarqué, dans la peste qui régpa
() Mémoire sur la Peste qui, en 1771 $ ravagea l'empire de Russie. --- Page 148 ---
TRAITÉ
à Paris en 1565, que les maisons
celles des
des tanneurs,
Si la fièvre corroyeurs eurent moins à souffrir.
semblables, jaune et la fièvre putride étaient
rentes
elles n'auraient pas de causes
; ce qui favorise l'action de
difféposerait pas au
l'une ne s'ophommes
développement de l'autre. Les
occupés aux professions
indiquées n'en seraient
que nous avons
Plusieurs des
pas exempts,
quoique
pays placés sous
très-chauds et assez
T'équateur 7
pendant regardés
humides, sont ceterre, lorsqu'ils comme les plus sains de la
sont, comme le Tunkin, la Cochinchine, le royaume de
parties de l'Asie
Camboge et d'autres
pluies habitnelles méridionale, rafraîchis par des
tions de
; c'est le résultat des observadifférens
sionnaires
voyageurs et de plutsieurs misséjour dans dignes de foi, qui ont fait un
ces climats
long
convaincre
les
(1), et qui ont. pu se
leur, sanifient que
pluies, en modérant la chaces régions brûlantes.
(2) Consultez l'état actuel du
Bissachère , et publié par
Tunkin, par M. de la
(La Relation de Pierre Galignani, t.' 2. Paris, an XII.
1659,
Lambert dans la
publ, en 1666, par
Cochinchine, en
de Barrowdans la même Bourgers, missionnaire); Voyage
Mtalte-Brun.
partie. Paris, 1807 , traduct. de
uies, en modérant la chaces régions brûlantes.
(2) Consultez l'état actuel du
Bissachère , et publié par
Tunkin, par M. de la
(La Relation de Pierre Galignani, t.' 2. Paris, an XII.
1659,
Lambert dans la
publ, en 1666, par
Cochinchine, en
de Barrowdans la même Bourgers, missionnaire); Voyage
Mtalte-Brun.
partie. Paris, 1807 , traduct. de --- Page 149 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LII.
Je ne prétends pas nier l'influence pernicieuse
de l'humidité réunie aux miasmes des marais 2
exaltée par une grande chaleur ; je serais démenti parl'espérience. Ces causes peuvent bien,
dans quelques parties de la Nouvelle-Angleterre,
faire dominer le caractère putride, mais ce n'est
qu'accidentellement, puisque la fièvre jaune peut
exister et existe effectivement sans elles; si elles
jouaient un rôle aussi important qu'on l'assure,
observerait-on plus tôt cette fièvre à
pourquoi
Malaga, à Cadix, dans un climat sec et aride 2
des marais,Pontins, oui il ne fait guère
qu'autour
le thermomètre monte à
moins chaud, puisque
25 et24°, et d'où s'élèvent des vapeurs funestes
à ceux qui les respirent le soir ? Comment n'en
rencontre-t-on pas dans les iles de la Zélande,
regardées à juste titre comme l'un des lieux les
plus malsains de l'Europe, celle de Walcheren
où l'on voit beaucoup de marais coupés d'une
multitude de canaux 7 de fossés remplis d'eau
stagnantes et de matières végétales en décomposition, d'oû naissent des émanations qui corrompént promptement l'air qu'on y respire, danslaquelle les chaleurs des mois d'août, de septembre et d'octobre sont plus fortes vers le milieu de la journée, que dans le midi dela France, --- Page 150 ---
TRAITÉ -
et où régnent des fièvres d'un
qui ne ressemblent
mauvais caractére,
diffèrent même
point à la fièvre jaune ? elles
très-intenses. beaucoup des fièvres bilieuses
Pendant cinq ans de séjour dans
n'ai eu que peu d'occasion
cette ile, je
nières fièvres franches
d'observer ces derqui m'écaient
et simples 5 les rapports
envoyés chaque mois par les chirurgiens-majors me prouvaient
rares.
qu'elles y étaient
Jamais on n'a dit que les
T'humidité donnassent
vapeurs des marais et
fiévres
particulièrement lien aux
que c'était méoiogo-gastriques, le
et nous avons prouvé
caractère de.la fièvre
Les grandes crues du Nil
jaune.
tans de cette contrée,
sont, pour les habiF'abondance, mais
non-seulement le gage de
causus y est d'autant encore celui de la santé, Le
la sécheresse
plus grave que la chaleur et
dans la saison y sont plus fortes; ce n'est
oir elles règnent, que les maladies que
gastriques dominent (t).
No LIII.
Si maintenant nous
les
portons nos regards entre
tropiques, nous verrons les endroits où
cette
(:) Encyclop. méthod, article méd,
Afrique 3 par Halié,
mais
non-seulement le gage de
causus y est d'autant encore celui de la santé, Le
la sécheresse
plus grave que la chaleur et
dans la saison y sont plus fortes; ce n'est
oir elles règnent, que les maladies que
gastriques dominent (t).
No LIII.
Si maintenant nous
les
portons nos regards entre
tropiques, nous verrons les endroits où
cette
(:) Encyclop. méthod, article méd,
Afrique 3 par Halié, --- Page 151 ---
JAUNE.
DE LA EIÈVRE
chaude et humide jouit de toute son
constitution
où elle exerce toute sa force, afligés
énergie,
de la fièvre jaune, comme
fréquemment t, non
constitution la faisait
cela devrait être si cette
mais d'autres maladies tres-daugereuses
naître,
on ne peut la confondre.
avec lesquelles
les 6°, 12' de latiA Batavia, ville située par
de canaux
tude sud, et coupée d'une mulitude
des
de la moitié
remplis d'eaux stagnantes , plus l'année, à des GièEuropéens succombent dans
rémittentes, à des fièvres putridés
vres putrides
malignes, etc.
en est exempte,
La Schdecidiaudedavenisges moins humide que la côte
quoiqu'elle ne soit pas
des
dit M. Humboldt,
orientale. On y rencontre,
A
trés-dangereuses.
fièvres gastro-adynamiques
par des
Acapulco les habitans sont tourmentés embrasé
fréquens; ; ils respirent un air
ouragans
putrides qui s'exhaet vicié par les émanations
dont l'eau croupissante
lent des mares voisines,
année et laisse à nu la vase; 3
disparait chaque
innombrable quandans laquelle pourrissent une
tité de poissons et d'insectes.
éèvent sont si
Les vapeurs olivâtres qui s'en
le soleil a de la peine à les traverser
épaisscs, que
on n'y a jamais vu
et à les dissiper ; cependant
orientale. Ily
le vomito, si commun sur la côte --- Page 152 ---
TRAITÉ
règne des fièvres biblioso-putrides
les étrangers.
qui attaquent
Je pourrais multiplier les exemples
mais je crois que ceux-ci suflisent analogues;
que l'on fait jouer un
pour prouver
dité et aux
trop grand rôle à l'humimiasmes des marais, dans la
tion de la fièvre jaune.
produc1 Ç'est toujours dans les climats
l'influence d'une
chauds et sous
constitution sèche et
qu'elle s'est
bralante,
apogée.
manifestée et qu'elle a atteint son
M. Coray (1) dit", à la
où le chevalier Bruce
vérité, 2 qu'au Sennaar.
climat chaud
a fait un assez long :
et
scjour,
mais
humide, on y trouve la fièvre
jaune;
je ne l'ai pas bien reconnue
relation de ce célèbre
dans, la
tant insisté sur
voyageur. Si nous avons
ce point, c'est que nous
sons qu'on ne saurait trop
penmultiplier les faits
lorsquils'agit de détruire des erreurs
accréditées,
No LIV.
Mais enfin n'y a-t-il pas dans
causes directes de celte
T'atmophère des
fiévre; si elles existent,
quelles sont-elles?Les vapeurs qui s'élèvent
bords de la mer n'en
des
contiennent-elles pas le
(2) Hippoc. Traité des Airs, etc. t, 2, page 34.
saurait trop
penmultiplier les faits
lorsquils'agit de détruire des erreurs
accréditées,
No LIV.
Mais enfin n'y a-t-il pas dans
causes directes de celte
T'atmophère des
fiévre; si elles existent,
quelles sont-elles?Les vapeurs qui s'élèvent
bords de la mer n'en
des
contiennent-elles pas le
(2) Hippoc. Traité des Airs, etc. t, 2, page 34. --- Page 153 ---
DE LA FIBVRE.TAUNE.
germe ? Il est constant que dans tous les lieux
où elle s'est montrée jusqu'à présent, aux Antilles, aux Etats-Unis, au Mexique, en Espagne, elle s'est toujours bornée au littoral, ne
s'étendant pas au-delà de quinze à vingt lieues
dans l'intérieur des terres. M. Volney (*) prétend l'avoir rencontrée à une plus grande distance dans l'intérieur de l'Amérique septentrionale, sur les bords du lac Erie; mais ce voyageur
célèbre n'a-t-il pas été trompé par quelques rapports qui ne suffisent pas pour établir lidentité.
D'ailleurs ce lac et plusieurs autres qui sont
dans son voisinage, sont si étendus, qu'en retrouvant la fièvre jaune sur ses rives, cela n'infirmerait pas cC que nous avons dit de ses dispositions à ne se montrer que sur les bords de
la mer.
Il parait certain que les affections bilieuses et
les calculs biliaires sont plus communs, 2 (abstraction faite de toute autre cause particulière), sur
le rivage de la mer et des grands lacs; c'est au
moins le résultat des observations de M. Imbert (2), consignées dans les actes de Leipsick.
() Tableau du Sol de l'Amérique septentrionale $ t. 2,
p. 310.
(2) Comment, Leipsick, t, 7,1 p. 28.
--- Page 154 ---
TRAITE
Zimmerman (x) assure également
qui habitent à Venise sur les bords des que ceux
et ceux qui demeurent dans le
canaux,
mer
voisinage de la
Caspienne, sont sujets à la jaunisse et à des
maladies bilieuses, La même
remarqué a été faite
par Chardin (2), relativement aux fièvres si communes sur les rives du golfe Persique.
En partant d'une constitution chaude et humide, le savant Coray (3) dit, dans ses notes
sur Hippocrate, qu'elle tend à altérer la bile et
à donner lieu àla
tout le système putdidiugbilieuse; (( c'est surhépatique qui parait être l'origine et quidevientle foyer principal des maladies.
C'est-là que régnent les hépatiques et la fièvre
jaune. )
Le docteur Rush (4) observe que les fièvres
bilieuses sont devenues plus
fréquentes en Pensylvanie qu'elles ne l'étaient autrefois. Il attribue
ce changement: à l'établissement des étangs, des
moulins, et à-la destruction des forêts.
Quel rapport peut-il y avoir entre ces affec-
(1)Traité de l'Expérience en médecine, t. 2, P. 3g4.
(2) Voyage en Perse, etc. t.) 5, p. 297.
(3) Transact. de la Société philosoph. de
t. 2.
Philadelphie,
(4) Traité d'Hippocrate, des Airs, des Eaux, etc. t.
p. 34.
2,
des
moulins, et à-la destruction des forêts.
Quel rapport peut-il y avoir entre ces affec-
(1)Traité de l'Expérience en médecine, t. 2, P. 3g4.
(2) Voyage en Perse, etc. t.) 5, p. 297.
(3) Transact. de la Société philosoph. de
t. 2.
Philadelphie,
(4) Traité d'Hippocrate, des Airs, des Eaux, etc. t.
p. 34.
2, --- Page 155 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
a5:
tions gastriquese le trouble dans la sécrétion de
Ja bile et les vapeurs qui s'élèvent de la mer ?
Est-ce une cause analogue qui, sous les tropiques fait naître la fièvre jaune ?
Ces vapeurs associées aux miasmes qui s'élè
vent du rivage de la mer et du sein de la terre 2
fortement échauffées par un soleil brulant, contiennent-elles le germe de cette fièvre? Les expériences et toutes les tentatives que l'on a faites
à ce sujet, n'ont donné aucun résultat satisfaisant.
NOLV.
La nature des miasmes, ces corpuscules invisibles qui altèrent l'atmosphère que nous respirons 7 sans que nos sens puissent les apercevoir, que la plysique expérimentale etla chimie
moderne n'ont encore pu saisir 7 dont les plus
Jaborieux investigateurs de la nature ne peuvent
même démontrer l'existenee; leur nature, disje, nous est inconnue. MM. Humboldt et GayLussac ont expérimenté qu'un air en apparence
très-pur, occasionne quelquefois des maladies
fâcheuses. MM. Thenard et Dapuytren ont démontré que deux millièmes d'bydrogène sulfuré,
suffisent pour asphixier un chien' qui les respire. Tous les eudyomètres imaginés jusqu'a ce
jour, pour connaître la pureté de Tair, nous in- --- Page 156 ---
TRAITÉ
diquent seulementles proportions d'oxigène
contient; mais c'est-là le point le moins qu'il
tant à connaître
imporpour l'histoire des maladies.
Les autres instrumens nous font connaître
qualités physiques et nous laissent dans
ses
rance
une ignocomplète sur l'existence et la nature des
émanations nombreuses qui l'altérent,
l'air Ie plus infect,
puisque
pris au coucher du soleil
les marais Pontins et celui du sommet
sur
n'ont pas offert de différences
des Alpes,
sensibles.
Ce résultat inattendu auquel Cavendish fut
duit par ses ingénieuses
conexpériences, 2 nous ôte
pour long-temps l'espoir d'être fixé sur les causes
générales de l'insalubrité,
Arrétons-nous là, où le flambean de
rience ne peut nous éclairer.
l'expéPassons maintenant aux causes
individuelles
particulières et
qui paraissent favoriser le
pement de cette maladie :
dévelopElles peuyent se rapporter
A. Au tempérament; >
B. Au sexe ;
C. Alage ;
D. A la manière de vivre;
E. A l'état de l'âme; ;
F. AThabitude.
rales de l'insalubrité,
Arrétons-nous là, où le flambean de
rience ne peut nous éclairer.
l'expéPassons maintenant aux causes
individuelles
particulières et
qui paraissent favoriser le
pement de cette maladie :
dévelopElles peuyent se rapporter
A. Au tempérament; >
B. Au sexe ;
C. Alage ;
D. A la manière de vivre;
E. A l'état de l'âme; ;
F. AThabitude. --- Page 157 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LVI
A. L'observation de tousles temps apprend que
tel ou tel tempérament influc plus ou moins sur
la production de certaines maladies ; elle prouve
que les sujets chez lesquels la fibre vivante réunit
la force à la sensibilité et où elle est susceptible
d'une réaction vive et continue, sont ceux qui
ressentent le plus promptement, et avec énergic
les effets des miasmes contagieux.
On a reconnu que les hommes robustes, ceux
d'un tempérament sanguin, les bilieux, chez
lesquels le foie et les organes de la génération
exercent une grande influence sur les autres systèmes , étaient plus tôt et plus gravement aflectés
par la fièvre jaune, que ceux d'une constitution
lympathique 3 plus tôt encore que les personnes
affaiblies.
Ili ne faut pas donner trop d'extension à cette
proposition, si l'on nc veut étre démenti par
Texpérience.
C'est une erreur de croire que tous ceux qui
ont une blenorrhagie 2 un cautère ou un ulcère
en seront exempts, je me suis plusieurs fois convaincu du contraire.
Il parait qu'en général ils résistent plus longtemps à l'épidémie des colonies avant d'en être
atteints. Cette observation est conforme à cclle --- Page 158 ---
TRAITÉ
de Zacutus Luzinatus (1),de Sennert (2), d'Eumuller(5),de Diemerbrosek (4) erdefiep-ddeir(S)
qui ont constaté que dans les maladies contagieuses, les pestes et mêmes les épizooties, les
hommes et les animaux auxquels on a pratiqué
des exutoires en sont souvent à l'abri.
La différence qu'on remarque entre l'intensité
de la fièvre jaune, chez le bilieux et chez le
pituiteux, ne dépend-elle pas de ce que chez
le
premier, 3 la bile est plus active et secrétée
en plus grande quantité ?.
Les anciens colons doivent l'avantage d'en
être exempts à T'acclimatement, dont l'effet est
de changer la constitution. Les forces digestives
et les forces motrices s'énervent, le
ment
tempéraprimitif s'altère pour faire place à un tempérament lymphatico-nerveux
ils
acquis, aussi sontassez généralement mous, étiolés, sans énergie et trés-irritables.
(1)Opera. prax. Hist. lib. 4, cap. 27 : page 605.
(2) Opera. de febr. lib, 4, cap. 5, t. 1; p. 18ro.
(3) Opera, med, coll. pract. sect. 15, cap. 12, t, 2.
(4) Traité de la Peste, livre 2, chap. 8.
(5) Moyens curatifs et préservatifs contre les maladies
pestilentielles des bêtes à cornes, t. 1,p. 6o.
lib. 4, cap. 27 : page 605.
(2) Opera. de febr. lib, 4, cap. 5, t. 1; p. 18ro.
(3) Opera, med, coll. pract. sect. 15, cap. 12, t, 2.
(4) Traité de la Peste, livre 2, chap. 8.
(5) Moyens curatifs et préservatifs contre les maladies
pestilentielles des bêtes à cornes, t. 1,p. 6o. --- Page 159 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LVII.
B. Les fenmes, dont la constitution se rapproche assez decelle que nous indiquons, comme
propre aux anciens colons , sont un peu moins
exposées à cette maladie , il en meurt proportionnellement moins. M. Hunboldt assure que
celles qui débarquent à la Vera-Crux, ou qui
descendent du plateau central du Mexique courent moins de danger que les hommes. La même
remarque a été faite dans nos colonies ; elle s'est
vérifiée d'une manière plus générale dans l'épidémie d'Espagne ; ainsi à Cadix, en 1800, > sur
5810 morts, il n'y eut que 1577 femmes. A
Séville 2 sur 11013, 1 il y en avait 3672, et partout où la fièvre jaune a paru, le nombre des
femmes attaquées de cette maladie, a été moins
considérable.
Cook (1) et Barrow (2), l'auteur du voyage de
lord Macarteney 7 ont aussi remarqué que les
fièvres malignes de Batavia étaient moins funestes
aux femmes qu'aux hommes.
(1): Premier Voyage autour du monde.
(2) Voyage en Chine, t. 2, page 59. --- Page 160 ---
TRAITÉ
No LVIII,
C. Ce que nous venons de dire, de la prérogative dont jouissent les femmes d'être un
moins disposées à contracter la fièvre
peu
jaune 2
s'applique encore avec plus d'exactitude aux
enfans qui ont un tempérament analogue à celui
du sexe, et dont le
foie, malgré son volume
relatif plus considérable, n'a qu'une très-petite
partie de l'influence qu'il exercera avec
l'ensemble des fonctions.
l'âge sur
de
Quelle que soit la cause'
cette différence, il est bien certain
perdions, proportion
que nous
gardée, moins de'mousses
et de novices que de matelots,
No LIX,
D. L'influence du régime sur la formation de
cette maladie ne peut être révoquée en doute.
On a toujours vu ceux qui se livraient sans retenue à l'usage immodéré des liqueurs
tueuses, des fruits du pays succomber spiri2
plus
promptement que ceux qui usaient avec modération de bons alimens. L'abus des nourritures
échauffantes, salées, fumées, fortement
des huileux et de toutes les substances épicées,
irritantes,
dont on est obligé de se servir pendant la traversée, y dispose puissamment, Cette nourriture est encore plus propre à favoriser la forma-
vu ceux qui se livraient sans retenue à l'usage immodéré des liqueurs
tueuses, des fruits du pays succomber spiri2
plus
promptement que ceux qui usaient avec modération de bons alimens. L'abus des nourritures
échauffantes, salées, fumées, fortement
des huileux et de toutes les substances épicées,
irritantes,
dont on est obligé de se servir pendant la traversée, y dispose puissamment, Cette nourriture est encore plus propre à favoriser la forma- --- Page 161 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
tion de cette maladie dans les pays méridionaux.
Les anciens avaient remarqué que l'usage des
échauffans introduisait dans les
alimens_salés et
d'acrimonie; c'est pour
humeurs un grand degré
cette raison que T'éléphantiasis 2 maladie presque
faisaient un
inconnue aux anciens scythes 2 qui
à
de lait, n'élait si fréquente
grand usage
ses habitans se nourAlexandrie que parce que
de
habituellement de diverses espèces
rissaient
salaisons, fortement épicées (1).
Ici T'analogie tirée de l'anatomie pathologique
viendrait, s'il était nécessaire, à T'appui
comparée assertion. La bile s'épaissit chez Ics
de notre
frais.
animaux qui sont privés de végétaux
Glisson (2) est le premier qui ait fait mention
concrétions biliaires que l'on
des nombreuses
sèche dans
Phiver et la saison
trouve pendant "vésicule du fiel des, boeufs, qui
le foie et la
échauffantes, telles
sont réduits aux nourritures
Ces faits sont
que le foin, l'avoine, Ia paille, etc.
maintenant connus des bouchers qui savent que
c'est du mois de novembre à celui de mars que
l'on rencontre ces calculs chez les ruminans 5
passé ce temps on n'y en trouve plus, lorsque
(1) Galen. .de curat. ad Glaucon , lib. 2 ,t. 4,1 page 219.
(2) Glisson, Oper. anot. hepat. cap. 7, t. 2. --- Page 162 ---
TRAITÉ
ces animaux vont paitre l'herbe fraiche
pour eux un doux laxatif.
qui est
Les. eaux saumâtres que l'on boit dans
terrains bas, près de l'équateur où l'eau
les
est plus salée, où celle des lacs
de mer
contient une grande
et des fleuves
l'observa
quantité de sel, où comme
Thévenot (t) dans l'Arabie et
sora il suffit de creuser à deux
à Basde l'eau salée : ces
brasses pour, avoir
eaux, dis-je, ne
pas entrer pour quelque chose dans la peuvent-elles
de cette fidvre,
production
dans le
puisqu'elle ne se monire que
voisinage de la mer ?
L'excès des boissons rafratchissantes
les limonades, les
telles que
d'inconvéniens. orangeades n'est pas exempt
L'abus des plaisirs
tout ce qui tend à favoriser la vénériens, et
ganes gastriques, facilite le
débilité des ormarche de la. fiévre
développeient et la
jaune.
No LX.
E. Une cause
prédisposante assez
cette fiévre, c'est la
énergique de
tristes
crainte et toutes les
qui agissent avec
passions
transplantés loin de
énergie sur des hommes
leur patrie, de leur famille,
(r) Suite du Voyage au Levant,
Shaw, Voyage en Barbarie, etc. page3ro. In-4o. Voyez
française.
t. 1, P. 295 2 traduction
développeient et la
jaune.
No LX.
E. Une cause
prédisposante assez
cette fiévre, c'est la
énergique de
tristes
crainte et toutes les
qui agissent avec
passions
transplantés loin de
énergie sur des hommes
leur patrie, de leur famille,
(r) Suite du Voyage au Levant,
Shaw, Voyage en Barbarie, etc. page3ro. In-4o. Voyez
française.
t. 1, P. 295 2 traduction --- Page 163 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
dont ils sont séparés par le vaste océan, qui
semble, en leur ôtant l'espérance de les revoir 2
faire naître la nostalgie. Cette maladie, dont les
effels débilitans sont d'affaiblir les propriétés vi-:
leur im-,
tales, de porter plus particnlièrement
sur T'irritabilité musculaire, 2 d'occapression
dans l'organe cutané,
sionner un resserrement
humeurs
et la concentration des forces et des
de la circonférence au centre ; ce dernier phénomène, si bien, apprécié par la Case et Bordeu,
n'avait
échappé à T'oeil observateur de Bichat.
pas
affectait
J'esJl a dit (( que la peur
primitivement
> tomac comme le prouve le resserrement que
l'on
alors dans cette région (:) ). Je
>
éprouve
en est au moins
crois que le système hépatique.
aussi promptement et plus fortement troublé,
simulianément sur tout le systéme
ou qu'elle agit
l'ictère succède
gastrique - 7 ne sait-on pas que
quelquefois, à un violent accès de, colère, à un
chagrin vif et cuisant, à des peines cachées 7 à
une terreur profonde, etc.
On remarque dans toutes les épidémies que
eeux qui redoutent le plus d'en être attaqués,
sont ceux qui y succombent les premiers, malgré
(1) Bichat, Recherches physiol. sur la vie et la mort,
page 79- --- Page 164 ---
TRAITÉ
les précautions qu'ils
traire.
prennent pour s'y sousRivière, en s'exagérant cette influence de la
crainte, assure que dans la peste de
elle contribua
Leipsick
beaucoup à la
Il est
propager.
certain'que dan's nos colonies la
et surtout celle de contracter
frayeur,
aura été funeste à
la fièvre jaune,
plusieurs de ceux qui étaient
obligés de s'approcher des
ner leurs soins
hôpitaux, et de donaux malades; par
est probable
opposition il
rétablissement que plusieurs malades ont dà leur
partie leur
plus prompt, et peut-étre en
guérison à leur translation à bord
moment du départ, et à
au
dans peu les
l'espérance de revoir
objets de leurs affections.
No LXI,
F. Les différentes causes
nous venons de faire
prédisposantes, dont
tellement
T'énumération, ne sont pas
particulières à la fiévre
ne puissent convenir à d'autres jaune, qu'elles
Elles sont ordinairement
maladies.
une modification
sans effets si, par
sujets
particulière des organes 2 les
qui y sont exposés n'ont été en
sorte disposés à recevoir leur
quelque
sible; ou s'ils
impression nuiy sont devenus insensibles
l'effet de Thabitude, c'est
par
par cette dernière rai-
, ne sont pas
particulières à la fiévre
ne puissent convenir à d'autres jaune, qu'elles
Elles sont ordinairement
maladies.
une modification
sans effets si, par
sujets
particulière des organes 2 les
qui y sont exposés n'ont été en
sorte disposés à recevoir leur
quelque
sible; ou s'ils
impression nuiy sont devenus insensibles
l'effet de Thabitude, c'est
par
par cette dernière rai- --- Page 165 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
nombre des cas, les"
son que, dans le plus grand bravent
colons la
impunénégres et les anciens
ment.
du privilège de vivre et de se
L'homme jouit
mais il achète
sous toutes les latitudes;
pérpétuer
faculté au prix de sa santé, et ne
d'abord cette
dans son temavoir éprouvé
la recouvre qu'après
des modifiéations
pérament, dans ses organes, 2
et dont le
sans troublé,
qui ne s'opèrent jamais succombe pas, est de le
résultat, lorsqu'il n'y
nouvelordre
mettre sans danger en rapportavecles c'cst ce qui
de choses dans lequel il va vivre ;
constitue T'acclimatement.
lieux où nous
Qu'importe alorslinsalubritédesl rend nulles toutes
vivons 2 le long séjour en
tellement qu'on
les impressions 2 ou les affaiblit
pas, tant est grand, sur Torgane s'en aperçoit
irrésistible du temps
nisation vivante, l'empire
c'est ce
fait dire à Hippoet de Thabitude;
quia incommodé des choses
crate, ( qu'on était moins
accouon est depuis long-temps
> auxquelles
nuisibles, que de celles
> tumé , quoique plus
> dont on n'a pas T'habitude >
derrestreint l'influence de cette
Bichat a trop
illa fait, à la vie
nière, en la bornant, , comme
animale; elle modifie également la plus grande
(1) Hippocr. Aphor. lib. 2, n°50. --- Page 166 ---
TRAITÉ
partie des fonctions qui président à la vie
nique; ellé semble nous soustraire
Organature
aux lois de la
pour nous assujétir aux siennes..
C'est à elle que nous devous
de vivre
Tinappréciable
avantage
sous les latitudes les
posées, de braver
plus opM. Alibert,
impunément, comme l'a dit
Tinsalubritédes saisons,
des
,linclémence
élémens, 3 le souffle impur des vents
et les miasmes
délétères,
corrupteurs quis'élèvent sous nos
pieds et planent sans cesse sur notre tête. .
Cette faculté
elle la même relativementàlat fièvre jaune, estpour celui qui se trouve dans un
autre pays que le sien et dans
ladie règne ? Se
lequel cette maconserve-t-elle
est certain que les habitans de long-temps? la
Il
Vera a-Crax,
qui restent sans danger dans leur ville
pendant
T'épidémie, , sont exposés à la contracter s'ils
à la Havane ou dans une autre
vont
colonie, et réciproquement de ces derniers s'ils vont à la VeraCrux,
J'ai long-temps douté de l'exactitude de
fait, lors-même qu'il m'était assuré
ce
decin qui avait exercé
par un méde Cube. Il
plusieurs années dans l'ile
ne fallait rien moins, pour lever mes
doutes à cet égard, que l'autorité de M. Humboldt, étayée de celle de M. Michaux
(1) et de
(1)1 Voyage à l'orient des mouts
Alleghanys 2 page 10.
iers s'ils vont à la VeraCrux,
J'ai long-temps douté de l'exactitude de
fait, lors-même qu'il m'était assuré
ce
decin qui avait exercé
par un méde Cube. Il
plusieurs années dans l'ile
ne fallait rien moins, pour lever mes
doutes à cet égard, que l'autorité de M. Humboldt, étayée de celle de M. Michaux
(1) et de
(1)1 Voyage à l'orient des mouts
Alleghanys 2 page 10. --- Page 167 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE:
14 @
celle de M: Robin (1), qui ont fait des remaranalogues. Le docteur Pugnet (2) a aussi
ques
les habitans de Sainte-Lucie, qui
constaté que
vont dans les iles voisines, sont exposés à contracterla fièvre jaune, dont ils sont exempts chez
eux.
Dans toutes les villes de l'Amérique septentrionale, les habitans aisés sont obligés, pour s'y
soustraire, de se retirer dans leurs maisons de
mais s'ils reviennent à la ville avant
campagne ;
de
la maladie ait cessé, ils courent plus
que
abandonnée.
danger que s'ils ne l'avaient pas
Cependant, parmi les anciens colons français
réfugiés aux Etats-Unis, ily a eu peu de victimes
de la fièvre jaune, quoiqu'ils ne prissent aucunes
précautions pour l'éviter. 2 comme le disent
MM. Valentin et Dalmas.
No LXII.
Un phénomène bien digue d'attention 2 relativement à cette maladie, 7 dont je ne sache pourmédecin ait fait mention, c'est
tant pas qu'aucun
(4) Voyage dans l'intérieur de la Louisiane et de là
Floride, t. I 2 page 166.
(2) Recherches sur les fièvres d'un mauvais caractère,
p. 346. --- Page 168 ---
TRAITÉ
qu'elle ne devient générale et n'attaque indistinctement tous les habitans d'une contrée,
delà des tropiques, oùt son caractère
qu'ann'est plus guère contesté.
contagieux
En examinant comparativement le climat et les
grands phénoménes
météorologiques sous l'une
et l'autre de ces latitudes, peut-être découvrirons-nous la raison de cette différence? Alors
nous aurons fait un pas de plus dans la recherche
des causes générales de cette fièvre.
Entre les tropiques et sous la zone torride, oû,
comme l'ont remarqué plusieurs physiciens et
dernièrement M. Humboldt, la
varie que de quelques degrés, température ne
excepté sur les
montagnes, où la pression barométrique, les
courans électriques, les pluies, les orages, les
marées, la direction des vents 2 et où tous les
autres phénomènes météorologiques se succèdent
avec une immuable uniformité pendant toute une
saison, sans que cet ordre de
succession, 9 aussi
constantqvinaliérable, ssitjauintronbiecomme
ill'est dans nos. climats tempérés.
L'homme ainsi habitué à des
impressions semblables, toujours uniformes pendant six mois et
à une
température qui ne varie que de quelques
degrés, supporte difficilement les moindres variations dans l'atmosphère s'il s'éloigue de chez
éorologiques se succèdent
avec une immuable uniformité pendant toute une
saison, sans que cet ordre de
succession, 9 aussi
constantqvinaliérable, ssitjauintronbiecomme
ill'est dans nos. climats tempérés.
L'homme ainsi habitué à des
impressions semblables, toujours uniformes pendant six mois et
à une
température qui ne varie que de quelques
degrés, supporte difficilement les moindres variations dans l'atmosphère s'il s'éloigue de chez --- Page 169 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
restant il a peu à redouter des
lui, tandis qu'en y
il est accoutumé.
chaleurs anxquelles
faut attriC'est sans doute à cette cause qu'il
les habitans de la Verabuer la facilité qu'ont
vont à la
Crux, à contracter le vomito lorsqu'ils
leur
suffit pour accroitre
Havane. Ce changement
impresionnabiliué. des hommes de ces contrées
La susceptibilité
dont la
.
température
Guayaquil,
est telle, qu'à
entre 28 et 32 degrés,
se maintient constamment
baisse jusqu'à
les habitans se plaignent lorsqu'elle
24 degrés.
seraient nuls pour un haDes changemens qui
chez eux
bitant des zones tempérées, produisent
sensibles : est-ce à la suppression
des altérations
faut les attribuer ?
subite de la transpiration qu'il
été et dans
L'on sait depuis Sanctorius (1), qu'en
cette suppression a de bien plus
les pays chauds,
dans Phiver et dans les
grands inconvéniens que
Le refroidissement
régions froides ou tempérées.
méest
par plusieurs
-
de T'organe cutané regardé eflicientes de la
decins, comme une des causes
il doit agir avec plus d'énergie sur
fièvre jaune;
ouverts
des hommes dont les pores sont toujours
très-abondante, 2 qui doivent
et la transpiration
non-seulementau chanrésister,
en s'éloiguant,
Sanctorius, medic. stat. sect. 2, Aph. 35.
(1)
EO --- Page 170 ---
TRAITÉ
genent de température, mais encore
sionsnouvelles dues à la différence aux impresdes circumfusa.
DanslAmérique septentrionale, commeà Philadelphie, New-Yorck, l'on voit
été presqu'aussi chaud
succéder à un
(le thermométre
que celui des Antilles,
hiver
s'y maintient à 24 degrés) un
qui approche de celui da nord de
mnagne : à Cadix et à Malaga la chaleur l'Allene s'éloigne guère de 22 à
de l'été
froid de l'hiver
24 degrés, mais le
est souvent assez
que le mereure desceade
rigoureux pour
zéro,, CC qui donne
jusqu'au-dessous de
toujours une
20 à 24 degrés, au
différence de
saison. Celle de moins, entre l'une et l'autre
5 à 6
nos colonies ne va pasau-delà de
degrés ; celle du
moindre. N'est-ce
Mexique est encore
pas à cette uniformité d'impressions que les nègres, les colons, les
tans de:la côte du Mexique,
habid'être
doivent
exempts de la fièvre jaune, maladie lavantage
naire à leur
tandis
ordiEtats-Unis, où pays, 2
qu'en Europe et aux
Ion peut tla regarder comme
tique, il succède aux chaleurs de
exotrès-piquant quisemble
de l'été, un froid
de ses
retremper la constitution
habitans, et les rendre
contracter?,
susceptibles de la
Les mutations opérées dans
male par ces grandes variétés de l'économie anisont cause de la susceptibilité des température,
individus de
naire à leur
tandis
ordiEtats-Unis, où pays, 2
qu'en Europe et aux
Ion peut tla regarder comme
tique, il succède aux chaleurs de
exotrès-piquant quisemble
de l'été, un froid
de ses
retremper la constitution
habitans, et les rendre
contracter?,
susceptibles de la
Les mutations opérées dans
male par ces grandes variétés de l'économie anisont cause de la susceptibilité des température,
individus de --- Page 171 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
à contracter de nouveau cette fièvre.
ces régions,
vivantes qui étaient dans un
Toutes les parties
recouvrent par
état d'inertie et de relâchement,
du froid,leur vigueur tosuite de T'impression
à
mais aussi une constitution toute prête
nique,
fàcheuse d'une tempérarecevoir Timpression
ture élevée.
à P'altération lente et
Chaque hiver s'oppose
continuelle qui résulte d'une chaleur forte et permanente.
Cette fièvre, une fois introduite dans un pays,
devient d'autant plus générale et plus funeste
moins d'uniformité dans la tempéraqu'il y a
entre les
ture, et une différence plus grande
saisons.
comme aux Antilles, quelque
Au Mexique,
nuisible
soit la chaleur et les autres causes
d'insalubrité, que on cesse d'y être sensible par l'effet
de T'habitude.
comme dans l'Amérique sepEn Espagne, -
considérable
tentrionale, où ily a une différence
entre l'une et l'autre saison, nos organes conserqui les dispose à convent une susceptibilité
tracter des maladies, à la production et au dévedesquelles la chaleur a la plus grande
loppement
part. --- Page 172 ---
TRAITÉ
N° LXIII.
5°. Manière d'agir de ces différentes Causes.
Essayons de déterminer de quelle manière la
chaleur, que nous regardons comme la principale de ces causes, agit dans la production de
cette fiévre, en observant qu'il faut faire autant
d'attention à Ia durée de son application qu'à
son intensité, et qu'on ne doit pas attribuer isolément la fièvre jaune à telle ou telle de ces
causes. C'est la combinaison de plusicurs d'entre
elles qui forme le véritable point de vue sous
lequel nous devons les considérer.
La chaleur parait indispensable à la génération
et à la propagation des miasmes contagieux ; le
froid leur est contraire, il les anéantit tout-àfait, s'il est considérable. Le calorique dispose
le corps à recevoir la matière contagieuse ; il
augmente son activité, favorise son expansion,
la met en mouvement, la porte à se répandre
et à se propager ; aussi se communique-t-elle
promptement en été et dans les climats méridionaux : cette disposition est surtout évidente
pour la fièvre jaune, qui, pour son développement, exige une température plus élevée.
leur est contraire, il les anéantit tout-àfait, s'il est considérable. Le calorique dispose
le corps à recevoir la matière contagieuse ; il
augmente son activité, favorise son expansion,
la met en mouvement, la porte à se répandre
et à se propager ; aussi se communique-t-elle
promptement en été et dans les climats méridionaux : cette disposition est surtout évidente
pour la fièvre jaune, qui, pour son développement, exige une température plus élevée. --- Page 173 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LXIV.
lumière contribue-t-elle à sa formation?
La
considérée comme une de ses
Peut-elle être
? Cette question ne peut être d'une grande
causes
utilité.
sait
la lumière et le calorique agisL'on
que
dans une multitude
sent simultanément, et que
et
leurs effets sont semblables
de circonstances
comme la démontrélun
doivent se confondre,
de nos' plus grands chimistes
de
très-distingué, 2 le comte
Un observateur
Rumford (2), qui a fait du calorique l'objet parattribue les changeticulier de ses recherches,
dans les corps exposés aux rayons
mens opérés l'action seule du calorique et non à
solaires, à
comme d'autres
avec la lumière 7
sa combinaison
physiciens le pensent. On ne peut cependant
douter qu'elle n'en exerce une très-évidente sur
indépendamment de la chales corps organisés,
si elles durent un peu de
leur ; l'une et l'autre,
ou si elles ont beaucoup d'intensité, occatemps
sionnent, chez ceux qui n'y sont pas accoutumés,
une débilité cxcessive.
(1). Bertholet, Statique chimique >. t. I > page 133.
(2) Mémoire sur la Chaleur. Paris, an XIII. --- Page 174 ---
TRAITÉ
M. John Howship (r) a vu à Minorque, de
jeunes soldats, nouvellement arrivés
terre, tomber tout à coup dans les
d'Angleblés par la chaleur du soleil.
rangs, accaL'insolation peut donnerlieu, d'après
à une sorte d'apoplexie solaire. Derham Selle(a),
dans sa Théologie physique, que le 8 juillet rapporte 1807
la chaleur fut si forte qu'elle fit
dans
périr
une
province d'Angleterre plusieurs moissonneurs et
méme des boeufs.
La chaleur paraît d'abord agir sur tout le
tème, ainsi qu'une puissance stimulante, dont sysles effets ne tardent pas à jeter la force motrice
dans Tépuisement, comme le prouvait la faiblesse, 2 le tremblement des memhres, la
de ces jennes militaires et de ces cultivateurs pâleur
qui restaient plusieurs jours dans un état de
langueur, lorsqu'ils n'avaient pas succombé tout
à coup.
* L'effet simultané de la Jumière et du calorique, sur l'européen arrivant entre les tropiques,
est d'exciter d'abord les propriétés vitales, de
précipiter la respiration, d'activer la circulation;
(1) Réflexions et Observations concernant la chaleur
solaire, Annales de littérature médic. Kluishens, mars 18:r.
(2) Pyrétolog. page 138.
n'avaient pas succombé tout
à coup.
* L'effet simultané de la Jumière et du calorique, sur l'européen arrivant entre les tropiques,
est d'exciter d'abord les propriétés vitales, de
précipiter la respiration, d'activer la circulation;
(1) Réflexions et Observations concernant la chaleur
solaire, Annales de littérature médic. Kluishens, mars 18:r.
(2) Pyrétolog. page 138. --- Page 175 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
15r
mais surtout celle du système capillaireee que
la vitesse du pouls, la rougeur êt la turprouge
In
des
l'organe cutané 2 le gonflement
gescence'de
veines 4. extérieures, etc:
'constamSi la chaleur continue, les forces
et disséminées au dehors', ne peument appelées T'énergie qui nait de Jeur concenvent acquérir
balancement alternatif
tration, et par fois de leurl
entre le centre et la circonférence. -
librément il
Pour que la respiration se fasse
donnée dairatmosphérique
faut qu'une quantité
e
déterminé;
pénètre les poumons dans un temps
nous respirons est très-rarifié par
si celui que
rare', il en entre donc
la chaleur, 2 ildévient plus de temps; et pour
moins dans le même espace
les respirations
que Téquilibre se maintienne, qui les rénd
doivent être plus fréquentes,,cc
pénibles.
de Tinfluenée des climats
Un autre produit relâchement des solides; la
chauds, c'estile
elle perd son
fibre musculaire semble s'alonger,
son énergie; la peau ne
ressort, son irritabilité,
de la tonicité, si
conserve qu'une petite partie
devcnue
nécessaire à l'exercice de ses fonctions,
éprouve dans le commenpar lirritation qu'elle
les
Taboutissant vers lequel se dirigent
cement lés humeurs et le torrent des oscillaforces,
de
tions : cette vicieuse direction s'accompagne --- Page 176 ---
TRAITÉ -
sueurs.continuelles et trés-abondantes, lesquelles
ne tardent. pas, à épuiser les nouveaux arrivés;
cet épuisement contribue encore à les
le moindre travail, la plus
accroître:
légère fatigue les rend
excessives; le repos absolu, et le.sommeil ne les
suspendent même pas entièrement. Tous les fluides semblent abandonner le centre
à la
pour se porter.
circonférence, oû ilse fait une exhalation
considérable aux dépens de toutes les autres
sécrétions qui diminuent, proportionnellement.
Ces
phénomènes. sont suivis de faiblesse d'estomac, d'inappétence, et d'un commencement
d'irritation dans ce viscère., tant par ces différentes causes I que par le défaut de
ce qui augmente Ténergie des
sérosité,
bilieux.
sucs gastriques et
Le divin, vieillard a fait cette
l'influence des climats
remarque sur
chauds; il dit ( que la
> partie la, plus aqueuse et. la; plus ténue du
> et de la bilerse, consume et
sang
>
qu'il n'en reste
> que la partie la plus épaisse et la
âcre
>)
plus
:
or, une pareille disposition des humeurs
> duit ces maladies > 3 il vient de parler de fièvres proardentes et d'affections mélancoliques
De tous ces accidens découlent les (1).
mauvaises
(1) Hippocrate 9 des airs, des eaux et des
trad.
de Coray, P. 61, no 67.
lieux,
ilerse, consume et
sang
>
qu'il n'en reste
> que la partie la plus épaisse et la
âcre
>)
plus
:
or, une pareille disposition des humeurs
> duit ces maladies > 3 il vient de parler de fièvres proardentes et d'affections mélancoliques
De tous ces accidens découlent les (1).
mauvaises
(1) Hippocrate 9 des airs, des eaux et des
trad.
de Coray, P. 61, no 67.
lieux, --- Page 177 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
font
la nutrition et Tassimilation se
digestions ;
bien élaboré, la respiramal, le chylen'est lavons pas
dit, est moins libre,
tion, comme nous hématose incomplète, sang
moins étendue, d'oà
d'où encore
moins excitant;
moins oxigéné,
et les excrétions, 7
trouble dans les sécrétions
caranimalisées, 7
humeurs mal élaborées, , peu
grande du sang. Le système pulbonisation plus
avec le foie à débarmonaire destiné peut-être
ayant
cet excès de carbone,
rasser ce fluide.de
le.f foie acquière un surpeu d'action, il faut que
sécrétion plus
croît d'énergie d'où résulte une
stimuconsidérable de bile et des qualités plus
lantes dans cette humeur:
dit le docLorsque le fluide atmosphérique, 2
Barbier
reste < sec et chaud, les mateur
(1),
dominantes. Les
)) ladies bilieuses deviennent
annoncent un
qui les caractérisent
> symptômes
vitales de l'apdes propriétés
> développement
sanguine
et une congestion
> pareil hépatique
Aussi le foie est-il
> formée sur cette partie. la sécrétion de la
>) dans une sorte d'orgasme 7
bile
active et excessivement abondanten;
>)
plus
spontanées. L'effet
il's'en fait des évacnations
sur
d'une* grande chaleur produit peut - être
animales des effets
les sécrétions et excrétions
(1) Ouvrage cité, t. I, page 102. --- Page 178 ---
TRAITÉ
analogues à ceux qu'elle opère sur les sucs des
végétaux. On a remarqué que lorsque l'air est
sec et chaud la proportion des principes volatils
résineux et extractifs augmente considérablement, les mêmes plantes aromatiques
donnent
qui
alors beaucoup d'huile essentielle en fourniraient peu si l'air était humide et froid.
No LXV, A
Les faits les plus certains et les observations
les plus mulipliées nous ont appris que l'action
augmentée des organes accroît aussi proportionnellement l'énergie et l'activité des fluides qu'ils
élaborent, qu'elle les dispose à des altérations
plus promptes et dénature l'ordre de leur influence sur le systéme, et qu'à son dour l'extrême vitalité de ces humeurs ou l'excès des
qualités qui leur, sont propres,, augmente la sensibilité des organes et leur action, laquelle se
trouve toujours relative à l'énergie de leurs stimulans. Cette disposition explique la fréqaence
des maladies bilieuses dans les pays chauds et la
naissance de la fièvre jaune entre les
ses
tropiques,
ravages dans les saisons chaudes chez les
sujets qui ne 'sont pas habitués à cette température.
l'extrême vitalité de ces humeurs ou l'excès des
qualités qui leur, sont propres,, augmente la sensibilité des organes et leur action, laquelle se
trouve toujours relative à l'énergie de leurs stimulans. Cette disposition explique la fréqaence
des maladies bilieuses dans les pays chauds et la
naissance de la fièvre jaune entre les
ses
tropiques,
ravages dans les saisons chaudes chez les
sujets qui ne 'sont pas habitués à cette température. --- Page 179 ---
JAUNE.
DE LA FIÈVRE
No LXVI
de ire classe,
Un officier de santé, entretenu,
donné
de Rochefort, M. Brochot (1) a
au port
assez ingénicuse
dans sa thèse une explication climats chauds
les
des changemens que produisent
influence sur
humaine, et de leur
sur l'espèce de la fièvre jaune : la quantité
la production
donné est moindre
d'air inspiré dans un temps
moins d'oxisous les tropiques, par conséquent du sang étant
gène absorhé, la décarbonisation d'air inspiré
en raison directe de cette quantité
c'est à
doit aussi être moindre sous Téquatenr ;.
Ja
Brochot attribue
cet excès de carbone que-M.
ils
fièvre jaune. Si les nègres en sont exempts, leur
a
dit-il, cet avantage à la couleur de
doivent, absorbe, avec la lumière, le calorique
peau, qui
et l'oxigene.
d'Herschel ont effecLes belles expériences
lumineux étaient
tivement prouvé que les rayons
L'union de ces deus
conducteurs du calorique:
fluides est si intime qu'il est encore douteux 4
de physiciens, s'ils ne forment
pour beaucoup
confondu par plu:
pas un seul et même corps,
Considérations générales sur quelques maladies par-
(1)
marins
M. Brochot. Monipellier >
ticulières aux
s par
an 1811. --- Page 180 ---
TRAITÉ
sieurs propriétés
ainsi
communes. La peau devient
pour eux un organe oxigénant
laire, qui
supplémenmaintient remplace en partie les poumons et
les fonctions dans
mêmes nègres
l'équilibre. Ces
transplantés au nord
sujets aux maladies
deviennent
d'un excès
inflammatoires dépendant
d'oxigène.
Outre les erreurs dans
de
lesquelles on risque
tomber,en faisant des
reuses des lois
applications trop rigouanimale,
plysico-chimiques à l'économie
les
ily en a ici une contre les
plus modernes de la
principes
ces : il résulte des
première de ces scienMM. Leslie
expériences récentes faites
(2) et Rumford
par
(2) sur le
qu'un. a corps noir placé dans
calorique,
dont la
une atmosphère 2
température est plus basse
émet plus de
que la sienne,
calorique qu'il n'en absorbe
échanges sont à son
24 les
se trouve le nègre désavantage; ; c'est le cas ou
transplanté dans les
lequel, loin d'avoir plus
pays froids,
pothèse de ce jeune
d'oxigène, d'après Thyen perdre
médecin, devrait au contraire
par celte voie ; c'est par cette
que les vêtemens noirs sont
raison
et à
plus froids, en hiver
l'ombre, 2 que les blancs. Ce dernier fait
(1) Traité élémentaire de phys.
(2) Rumford, Mém.
par Haiy, t. I,] p. IIE.
sur la Chaleur. Paris, an XIII,
,
pothèse de ce jeune
d'oxigène, d'après Thyen perdre
médecin, devrait au contraire
par celte voie ; c'est par cette
que les vêtemens noirs sont
raison
et à
plus froids, en hiver
l'ombre, 2 que les blancs. Ce dernier fait
(1) Traité élémentaire de phys.
(2) Rumford, Mém.
par Haiy, t. I,] p. IIE.
sur la Chaleur. Paris, an XIII, --- Page 181 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
15y
toute contraire à
conduirait à une conséquence
l'accomcelle que M. Brochot en déduit pour
moder à son hypothèse:
plus de caloPuisque les corps noirs perdent
devraient
rique qu'ils n'en absorbent, les nègres
être dans le nord sujets . à des maladies dépendant du défaut d'oxigène ; car d'après le raisonils en perdent par T'organe
nement rapporté,
absorbent par cette voie
cutané, 2 tandis qu'ils en
toutes
dans les pays méridionaux ; mais comme
déduites des lois physiques que
les conjectures expliquer les phénomènes paY'on propose pour
sont
ingénicuses 2
plus
thologiques 2 quoiqu'assez
on est
ou moins vagues et peu satisfaisantes 7
bien libre de choisir ou d'en imaginer de nouvelles.
dit de T'influence du temCe que nous avons de la manière de vivre sur
pérament, de l'âge,
besoin
la production de la fièvre jaune, n'a pas
d'autre explication.
No LXVII.
6°. Sa terminaison.
les maladies 2
Pour traiter méthodiquement
les bien connaitre, et pour être en
comme pour
il est nécessaire de
état d'asseoir son pronostic,
manières elles se terminent
savoir de quelles --- Page 182 ---
TRAITÉ
lorsque la nature est abandonnée à
et quelle est leur solution
all-mine,
avantageuse.
spontaitée la plus
Lorsque la fièvre jaune a une issue
c'est le plus ordinairement
heureuse,
modérée de matières
par une diarrhée
bilieuses qui survient
au 7, ou du 7. au 9 avec
du 5
générale à la peau urines rémission, moitéur
>
plus
L'ictère qui commence' à
abondantes.
même époque,
se dissiper à cette
présage une guérison
Une abondante excrétion
prochaine.
d'urine épaisse et
sédimenteuse est un signe favorable;
ment juge seul cette maladie.
qui rare -
Les sueurs sont quelquefois
la maladie n'est
critiques, lorsque
surviennent
pas tres-grave > et
le
lorsqu'elles
quatrième ou le septiéme
qu'elles s'accompagnent de
jour 2
chaleur diminue et que la fièvre soulagement, que la
C'estainsi
est moins forte.
que se terminait celle observée à
de plusieurs bâtimens dans la baie de
bord
mais il faut se défier de
la Cul ;
cette évacuation
a des symptômes
s'il y
abondante
adynamiques, 2 si elle est
ou partielle.
trop
Les hémorragies qui surviennent dès le début
procurent quelquefois du soulagement, mais
gent rarement et encore d'une manière
juplèté. Unedes terminaisonsles
incommais la plus rare, est celle
plus avantagenses,
qui a lieu par des érup-
dans la baie de
bord
mais il faut se défier de
la Cul ;
cette évacuation
a des symptômes
s'il y
abondante
adynamiques, 2 si elle est
ou partielle.
trop
Les hémorragies qui surviennent dès le début
procurent quelquefois du soulagement, mais
gent rarement et encore d'une manière
juplèté. Unedes terminaisonsles
incommais la plus rare, est celle
plus avantagenses,
qui a lieu par des érup- --- Page 183 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
tions cutanées, par des espèces de furoncles ou
des dépôts superficicls ; il est rare dans ce cas
les malades soient exposés à des rechutes.
que
est
sûre sans être plus
La convalescence
plus
longue.
No LXVIII.
7°. Pronostic.
Cette partieimportante de la science médicale,
celle qui caractérise plus particulièrement le
grand médecin, cette sorte de divination qui,
par les leçons du passé, 2 lui apprend ce qu'il doit
craindre ou ce qu'il peut espérer de l'avenir, et
lui fait d'avance annoncer ce qui sera par ce qui
a déjà été, mérite bien que nous en fassions
mention. J'y insisterai avec d'autant plus de
plaisir, que j'ai été à portée de faire des remarques qui prouvent T'exactitude rare et l'éternelle
vérité de plusieurs.sentences du vieillard de Cos.
L'on me pardonnera d'en citer quelques-umes, 2
en les rapprochant des observations récemment
faites sur la fièvre jaune ; t'est prétér un nouvel
appui à l'exactitude de ces dernières.
Cette fièvre parait soumise à l'influence des
comme le démontre la lecture
jours critiques, 2
des observations particulières, desquelles il résulte b
que, dans les cas les plus ordinaires, elle
se juge du 5 au 7, ou du 7 au 9. --- Page 184 ---
TRAITÉ
Le pronostic à porter, d'une maladie
fait
qui a
périr au Cap les cing sixièmes de ceux
en étaient
qui
attaqués, 2 qui enleva dans une saison
les trois quarts de l'armée anglaise
2 qui sur trois
mille sept cents hommes de troupes débarquées
à la Guadeloupe sous les ordres du capitainegénéral Richepense, 2 en moissonna deux mille
neuf cents, qui à Cadix en 1800 enlevait vingt
malades sur cent, quarante en 1804, le mêie
nombre à Xérès, et soixante pour cent à Séville
en 1801, qui fait ordinairement périr dans moins
de sept Jours 7 quelquefois en soixante heures
et même dans SIX ou sept, comme le
M. Berthe (r); ; le pronostic d'une
rapporte
parcille maladie, dis-je, ne peut qu'être très-facheux, quoiqu'elle ne se présente pas partout avec un caractère aussi alarmant,
Dans T'hopital Saint-Jean-de-Dieu à la VeraCrux, sur vingt-sept mille neuf cent vingt-deux
malades entrés dans un espace de tamps assez
long il n'en est mort que cing mille six cent
cinquante-sept. Il est vrai qu'ils n'étaient
pas
tous atteints de fièvre jaune.
La proportion des morts est plus considérable 1
dans Ia Pensylvanie et Ia Virginie ; elle l'est en-
(:) Ouvrage cité, page 79.
'hopital Saint-Jean-de-Dieu à la VeraCrux, sur vingt-sept mille neuf cent vingt-deux
malades entrés dans un espace de tamps assez
long il n'en est mort que cing mille six cent
cinquante-sept. Il est vrai qu'ils n'étaient
pas
tous atteints de fièvre jaune.
La proportion des morts est plus considérable 1
dans Ia Pensylvanie et Ia Virginie ; elle l'est en-
(:) Ouvrage cité, page 79. --- Page 185 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
dans la Caroline, surtout
core bien"davantage M. Michaux (1)rapporte que
pour les étrangers. arrivée à Charlestown en
dans l'annce de son
moururent : (elle
1802 les qnatre-cinquièmes
j'y étais).
aussi funeste pendant que
n'élait pas
L'altération profonde des organes gastriques
maladie extrêmement dangereuse 2
rend cette
comme le remarque
parce que la nature ne peut,
et siexciter le concours puissant
Barthez (2) 1
vitales d'un organe si impora
multané des forces
concours
tant, dont la puissance est altérée,
opérer la solution de la maladie.
nécessaire pour
facheux, qu'il
Le prônostic est d'autant plus
d'ornombre de fonctions et
y a un plus grand
des
nuisilésés; que l'action
puissances
ganes
et
le sujet
bles et délétères a été plus forte, que
long-temps soumis à laction des causes
aété plus
prédisposantes. violentes douleurs de tête, à celles
Lorsqu'aux
lesquelles débute la fièvre
de T'épigastre par celles des reins avec des yeux
jaune, se joignent
est plus court ; mais,
enflammés, le premier degré
les malades courent un plus grand danger.
maladies
s'annoncent par de très-.
(( Les
qui
() Onvrage cité, page 9 et suiv.
(2) Nouv. élém. de la Science de I'Homme.
--- Page 186 ---
TRAITÉ
> vives douleurs de reins sont
2 gereuses (*) )).
extrêmement danLes vomissemens qui n'étaient
soulagement élaient d'un
pas suivis' de
facheux présage (a).
Lorsqu'elles débutent par le vomissement de
matières noircs suivies ou
quet, les malades vont
accompagnées de horarement jusqu'au second
jour, et ne passent pas le troisième
Les déjections noires
(6).
-sont du plus mauvais
2 poisseuses, féides,
cement. M.
présage dans le commenDalmas (2) n'en a jamais
aux Étts-Unis, soit à
vu,, soit
à ce
Saint-Domingue, échapper
symptôme joint à la suppression d'urine
La suppression subite de la diarrhée
(c).
troisième
; vers le
vais
ou,quatriène jour , est du plus mauangare 3 elle est souvént suivie d'un état
(1) Coaques, sect, 3,n6.
(a) Le vomissement qui tourmente
lade, 7 sans lui procurer aucun
inutilement le maet symptomatique. Le Roi, Pronos. soulagement, est nuisible
()Tout vomissement; noir
page 154.
Coaq. sect. 3,1 numéros
est un signe des plus fàcheux,
enflammés,
14 et 16. Le hoquet et les
après le
yeux
augure. Aphor. 3, sect. vomissement; 6
sont d'un mauvais
et 7, no 59.
(2) Mém, cité, page 76.
(c) Les déjections les plus funestes sont les noires.
notions, no 52. Coaq. sect, 3; no 384.
Pré-
Coaq. sect. 3,1 numéros
est un signe des plus fàcheux,
enflammés,
14 et 16. Le hoquet et les
après le
yeux
augure. Aphor. 3, sect. vomissement; 6
sont d'un mauvais
et 7, no 59.
(2) Mém, cité, page 76.
(c) Les déjections les plus funestes sont les noires.
notions, no 52. Coaq. sect, 3; no 384.
Pré- --- Page 187 ---
DE LA FIÈYRE JAUNE.
comateux ou de délire. Une fausse.apparence de
bien-être, venu presque. subitement sans avoir été
préparé, n'annonce. rien que de très-facheux, 2
dans le cours ou vers la fin de la première période (a);c'est un calme trompeur et perfide.
On y était souvent trompé dans le commenceLe
du vaisseau le Héros
ment.
chirurgien-major
perdit ainsi plusieurs malades qu'il avait cru hors
de danger. Les selles crues, qui ne procurent
le danger; leur
pas de, soulagement aggravent
suppression subite n'est pas moins facheuse. J'ai
observé, dans celte maladie, que des organes ;
qui ont des fonctions analogues, ou qui doivent
tendre simultanément à ine fin commune, 7 romla mutuelle dépendance qui les lie et agispent
ce
tousent dans un sens inverse;
qui présage
jours une issué fàcheuse.
Ceux au contraire qui sont entre eux dans
une espèce d'antagonisme et qui doivent successivement et alternativement entrer en fonctions,
d'après la doctrine de T'Antagonisme , si bien
apprécice par Metzger (1), intervertissent cet
ordre, et l'équilibre est totalement rompu entre
les principaux systèmes.
(a)Ne vous fiez pas au mieux qui arrive sans cause mamifeste. Aphor. 27, sect. 2; et Coaq. sect. I ,n 26.
() Adversaria med. de antag. nature solemnit. --- Page 188 ---
TRAITÉ
La. diminution dans la sécrétion des
leur suppression totale,
urines ou
a eu lieu chez tous ceux
qui sont morts (a).
L'état comateux doit inspirer de
mes; il est difficile d'en retirer justes alartrouvent
ceux qui
plongés, et il est rare qu'ils
s'y
bent pas.
n'y succomLes sueurs générales avec chaleur et
ment n'annoncent rien de ficheux soulagesueurs froides et
; mais les
partielles sont un
funeste (b).
présage
L'hémorragie nasale qui survient
ment dans la première
spontanépériode de la fièvre
jaune, n'est, quoiqu'ait dit Stahl (r) de cette
évaenation, que très-rarement salutaire. Celle
qui arrive dans la seconde période
est
tonjours un signe fâcheux (c).
presque
Lorsque la jaunisse se manifeste dès l'invasion, c'est un signe funeste (a).
(a) La suppression d'urine, dans les
est d'un présage fàcheux.
maladies aigués,
Coaq. sect. 3, n°3 306.
(L) Gruner a remarqué que les sueurs froides,
dépendent pas d'un état
sont
qui ne
grène qui présage la mort nerveux,
un signe de ganprochaine. Semeiotica
gicce 2 P. 11.
patholo-
(r) Colleg. casuale, cap. I.
(c) Lhémorragie nasale qui ne procure pas de
ment, et un symptôme grave. Aphor.
V soulage-
(c) La jaunisse qui
7, n"g.
accompagne les fièvres aigués, est
les sueurs froides,
dépendent pas d'un état
sont
qui ne
grène qui présage la mort nerveux,
un signe de ganprochaine. Semeiotica
gicce 2 P. 11.
patholo-
(r) Colleg. casuale, cap. I.
(c) Lhémorragie nasale qui ne procure pas de
ment, et un symptôme grave. Aphor.
V soulage-
(c) La jaunisse qui
7, n"g.
accompagne les fièvres aigués, est --- Page 189 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE:
sinistres
del'esprit
Les terreurs
quis'emparent
des malades élaient d'un mauvais augure.
de l'invasion
Ceux qui dans les premiers jours
de l'idée qu'ils n'y surfurent vivement frappés
vivraient
ont rarément échappé au danger
pas,
qu'ils redoutaient (a).
les agitations convulsives et parLe hoquet,
annonçaient une fin peu éloitielles desi membres
gnée (D).
quelquefois la mort de peu
L'aphonie précède
d'instans (c)..
devait avoir une issue fuLorsque la fièvre
les malades
avant le septième
neste,
périssaient
jour; passé cette époque, l'on pouvait concevoir
fondées. Stoll (1) fait la même
des espérances
d'un très-fàcheux augure, lorsqu'elle parait dans le temps
de crudité avant le septième jour, à mnoins qu'il ne sursoit par'les selles, soit par les urines > ou
vienne un flux,
Aphor. 62 et 64,
un saignement de nez très-abondant.
sect. 4.
toutes les maladies aiguës, les idées tristes et
(a) Dans
danger. Sect. 3, no 1oS.
affligeantes indiquent un grand
Coaq.
sont infiniment plus dangerenses
(0) Les convulsions la fin des maladies aigués, que dans
dans le fort ou vers
lc commencement. Coaq. sect. 2, no I.
Lorsqu'un malade affaibli perd la parole, c'est un
indice (e) de mort. Coag. sect. 1, numéros 346 et 348.
(s)Aphor, 483. --- Page 190 ---
TRAITÉ
remarqué relativement- au causus qui fait souvent périr au troisième ou au
s'éténd
quatriéme jour, et
rarement au-delà du septiéme.
No LXIX.
Autopsie cadayérique.
L'autopsie cadavérique confirme encore notre
opinion sur la nature de cette fièvre. Constamment l'on a trouvé la membrane interne de l'estomac et celle du-duodénum d'un
moins foncé
rouge plus ou
avec des' laches brunes
ses et. quelquefois de l'érosion; enfin, gangreneutraces d'une irritation
toutes les
vive et profonde. Son aspect se rapproche de l'état dans lequel elle
présente à la suite de T'empoisonnement
se
par les substances minérales.
produit
Cette analogie est si frappante sur quelques
cadavres, qu'elle a fait dire à plusieurs médecins
de Philadelplie et de New-York, que l'effet de
l'arsenic ou du poison le plus âcre ne serait
plus considérable (1).
pas
Tout le monde s'accorde à
désordre
y reconnaître un
produit par l'inflammation et la
grène de la tunique interne de l'estomac. ganL'on
rencontre dans les fièvres bilieuses trés-intenses
(1) Yalentin, Traité de la Fièvre jaune, page 180.
ins
de Philadelplie et de New-York, que l'effet de
l'arsenic ou du poison le plus âcre ne serait
plus considérable (1).
pas
Tout le monde s'accorde à
désordre
y reconnaître un
produit par l'inflammation et la
grène de la tunique interne de l'estomac. ganL'on
rencontre dans les fièvres bilieuses trés-intenses
(1) Yalentin, Traité de la Fièvre jaune, page 180. --- Page 191 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
des lésions semde nos régions septentrionalés
blables (1). Stoll en avait été frappé , et il les
attribuait, comme nous l'avons rapporté, à la
quantité et à la qualité irrritante de la bile.
Forestus, Sennert, Spigel, Bianchi, Vandermonde et autres rapportent des exemples de
sujets morts à la suite de fièvres bilieuses et sur
le cadavre desquels on a trouvé la tunique interne de l'estomac noire et gangrenée.
L'intérieur de l'estomac contient un liquide
brunâtre ou d'une couleur approchante, queld'autres fois fluide, mélé de
quefois poisseux,
flocons bruns; ; chez d'autres sujets , l'on renà du marc de café
contre une matière semblable
délayé ou tenace.
La vésicule du fiel est par fois remplie de bile
noire,
les vomissemens fréépaisse,
7 malgré
quens 5 souvent elle est vide. Rien de constant
dans l'état du foie; il est assez ordinairement
engorgé et phlogosé 1 quelquefois en suppuration. Je.n'ai pas trouvé de différence sensible
sur plusieurs autres cadavres.
Le cerveau n'offre le plus souvent aucune
espèce de lésion au moins apparente. On rencontre pourtant quelquefois de légères traces
(1) Médee. prat. t. 1, p. 174. --- Page 192 ---
TRAITE
d'inflammation avec engorgement des sinus et
des veines du plexus choroide.
L'épanchement séreux et sanguinolent trouvé
à l'ouverture du crâne d'un
personnage important, se présente assez rarement (1), et chez ce
malade il en avait imposé pendant les trois ou
quatre premiers jours pour une fièvre lente nerveuse.
La vessie urinaire est toujours dans un état
de vacuité, resserrée sur elle-méme, renfermant
une petite quantité d'urine noirâtre,
lente, présentant, à sa face interne, des sanguinode
traces
phlogose, surtout vers son bas-fond.
La putréfaction s'empare promptement des
cadavres, mais cette circonstance est à peu près
générale dans les pays chauds, surtout entre les
tropiques, lorsque la mort n'est pas accidentelle.
Remarquons, 2 avant de terminer cet
1°. que les taches gangreneuses de la membrane article, 3
muqueuse de l'estoniac et'des intestins ne ressemble point à celles quel'on observe sur le cadavre des hommes morts de fièvre adynamique.
Celles-ci sont ordinairement extérieures, elles
ont un aspect tout différent, 2°, Que la lésion
() Moniteur du 17 nivôse an II,
les
tropiques, lorsque la mort n'est pas accidentelle.
Remarquons, 2 avant de terminer cet
1°. que les taches gangreneuses de la membrane article, 3
muqueuse de l'estoniac et'des intestins ne ressemble point à celles quel'on observe sur le cadavre des hommes morts de fièvre adynamique.
Celles-ci sont ordinairement extérieures, elles
ont un aspect tout différent, 2°, Que la lésion
() Moniteur du 17 nivôse an II, --- Page 193 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
s'accorde avec les sympdes organes gastriques 5°. Enfin qu'il est comtômes de la maladic.
des
de ne trouver sur le cadavre
sujets
mun
fièvre
, aucun rapport entre
morts de
ataxique
et les
T'altération organique , lorsqu'il y en a,
observés pendant la
dérangemens morbifiques
durée de la maladie.
No LXX,
9". Convalescence.
encore dans l'examen et la
Nous trouverons
de nouvelles preuves
durée de la convalescence,
les cirdu génie bilieux de cette fièvre; toutes
tendentàl la prolonger, à la rendre
constances qui
trouvent réunis ici. L'aflaiblissement
pénible se
l'effet de la chaleur
du système gastrique 2 par
et eflicientes,
et des autres causes prédisposantes
l'irril'action délétère des miasmes,
telles que
les sueurs, etc., sont autant
tation de l'estomac,
des
l'état de langueur
de causes qui prolongent
restaient-ils
fonctions ; aussi les convalescens
d'ivresse, dans un état de malaise;
dans une sorte
les forces reviennent lentement.
laissent quelquefois des ulLes vésicatoires
suit,
cères difficiles à cicatriser. La convalescence
inverse
le retour à la santé, la même
en sens
pour
marche que la maladic. --- Page 194 ---
TRAITÉ
Les symptômes ataxiques
ceux qui
et'adynamiques sont
disparaissent les premiers.
Les organes digestifs, qui ont été les
affectés, sont aussi les derniers à
premiers
ceux. qui méritent toute
se rétablir, et
l'attention du médecin.
Jaiva des personnes, après
dè
avoir des digestions
plus cinq mois,
une telle
laborienses et pénibles, et
dans le régime susceptilbilité, que les plus légers écarts
provoquaient le vomissement.
Après avoir tracé T'histoire générale
jaune, donné quelques
dela fièvre
observations
indiqué son origine, et avoir été particulières,
conduit à la détermination de successivenient
I".par l'examen
son caractère ,
que j'en ai fait dans les
pays où elle s'est
différens
avec les maladies présentée, et sa comparaison
des
qui lui ressemblent ou qui ont
l'examen rapports avec elles ; 2°, par la nature et
analytique et comparatif de chacun des
sympômes qui la distinguent; 5°.
4°. par sa terminaison
par sa durée;
6°. par la
; 5°, par son pronostic;
des cadavres convalescence 3 7°. par l'ouverture
7 qui,achève de confirmer
tère éminemment
le caracgastrique,
nous lui avons assigné..
particulier 2 que
lades J'aurais pu m'étayer encore du goit des maponr les substances acides., de
qu'ily a entre le traitement qui réussit T'analogie le
dans le début de la fièvre
mieux
jaune, et celui que
5°, par son pronostic;
des cadavres convalescence 3 7°. par l'ouverture
7 qui,achève de confirmer
tère éminemment
le caracgastrique,
nous lui avons assigné..
particulier 2 que
lades J'aurais pu m'étayer encore du goit des maponr les substances acides., de
qu'ily a entre le traitement qui réussit T'analogie le
dans le début de la fièvre
mieux
jaune, et celui que --- Page 195 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
17I
l'on recommande dans les fièvres bilieuses ; mais
comme il en sera question plus bas, je me dispense d'en parler 7 ct crois avoir satisfait, autant
que le permet l'état actuel de nos connaissances,
au premier point de la qàestion proposée et avoir
fait un grand pas pour la solution des autres. --- Page 196 ---
TRAITÉ
CHAPITRE V.
DEUXIÈME QUESTION.
Quels sont les Symptômes qui caractérisent
essentiellement cette Fièvre?
No LXXI
AvaxTd de les indiquer,
avons dit que le caractère de rappellons que nous
cette fièvre est de
ne pouvoir. se développer qu'à une température
très-élevée, de disparaître lorsque celle-ci s'abaisse, de ne pas s'écarter des rivages de la
d'épargner les
mer. 7
personnes qui èn ont été atteintes.
et celles qui ont fait un séjour aux colonies. Si à
ces données, sur l'exactitude desquelles on
compter, on ajoute les traits principaux du peut
bleau que nous avons tracé,
ta-
> on aura tous ses
signes distinctifs.
No LXXII.
Les symptômes les plus constans, ceux qu'on
observe partout à des degrés plus ou moins intenses, que j'ai tonjours rencontrés, mais
tous à la fois surle même
pas
malade, etsur le compte --- Page 197 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
desquels les nombreux rapports qui me sont parvenus s'accordent, ainsi que les 5 ouvrages publiés sur cette matière.
Ces symptômes sont : 1°. la céphalalgie sus-orbitaire ; elle se borne ordinairement au lieu
indiqué par son nom.
Cesymptomen'est pas tellement propre à cette
maladie qu'on ne l'observe dans plusieurs autres
affections 2 mais alors il est accompagné d'autres
phénomènes qui empêchent de s'y méprendre et
de confondre des lésions différentes 2 parce
qu'elles ont quelques points de contact ; 2°. les
douleurs épigastriques 3 le siège de celles-ci est
mnoins limité mais non moins constant, elles s'6tendent souvent jusqu'aux hypocondres, mais la
sensibilité est plus vive dans T'épigastre ; 3°. les
vomissemens sont les signes le plus constant ; ils
se présentent sous trois états ; dans le premier 2
ce sont des douleurs modérées avec quelques
nausées et de légers vomissemens ; dans le
second, ils sont immodérés et donnent lieu à des
évacuations cholériques abondantes et promptement pernicieuses; ; le troisième est caractérisé
par une irritation excessive, des douleurs intolérables et des efforts inutiles, sans rien rejeler
quelques niatières brunes: ; 4. la couleur
que
brune des matières rendues par le vomissement;
mais souvent elles sont jaunes,. verdâtres, etc. ;
quelques
nausées et de légers vomissemens ; dans le
second, ils sont immodérés et donnent lieu à des
évacuations cholériques abondantes et promptement pernicieuses; ; le troisième est caractérisé
par une irritation excessive, des douleurs intolérables et des efforts inutiles, sans rien rejeler
quelques niatières brunes: ; 4. la couleur
que
brune des matières rendues par le vomissement;
mais souvent elles sont jaunes,. verdâtres, etc. ; --- Page 198 ---
TRAITÉ
5°. si la jaunisse n'existe pas
au
est-il si rare de ne
la
toujours, 2
moins
la
pas rencontrer, qu'on peut
regarder comme un signe des plus certains :
quelquefois il n'ya qu'une légère teinte, bornée
à la cornée, le plus ordinairemrnt elle est bien
distincte ; plus rarement la peau est d'un jaune
brun, elle ressemble à la jaunisse qui, suivant
les anciens, avait son siége dans la rate, d'oi le
nom de melas-icterus
splexitius, par lequel ils la
désignaient; 6°. les selles loin d'être incolores,
comme dans la jaunisse essentielle, sont brunâtres, et même tout à fait noires et fétides ;
la suppression d'urines accompagnée de tension 7".
dans la région hypogastrique, est Tun des
tômes les moins variables.
sympNo LXXIIL
L'enduit muqueux et jaunâtre de la langue;
qu'on observe ordinairement, est commun à une
multitude de maladies.
La sécheresse de cette partie, celle de la
la chaleur brûlante le long du
peau,
pharynx et de
P'oesophage, ont lieu chez beaucoup de malades;
mais ces signes ne sont ni constansui particuliers
à cette fièvre.
La rongeur de la face et des yeux manque rarement, mais on la retrouvedans des fiéyres trèsdifférentes de celle-ci, --- Page 199 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE
Les autres signes tirés de l'état du pouls, de
eelui de la respiration, des selles et de la couleur
des urines, et des lésions de la sensibilité et
de l'irritabilité, n'ont rien de bien particulier
dans Ja fièvre et ne peuyent être regardés comme
signes caractéristiques. La résolution presque totale des forces, la fétidité des excrétions alvines,
les hémorragies passives, les taches péléchiales,
les convulsions et le coma qui se présentent souvent dans la troisieme période de cette maladie;
annoncent évidemment l'adynamie et l'ataxie ;
mais ne constituent pas la fièvre jaune qui existe
sans eux et dont ils ne sont qu'une complication,
èvre et ne peuyent être regardés comme
signes caractéristiques. La résolution presque totale des forces, la fétidité des excrétions alvines,
les hémorragies passives, les taches péléchiales,
les convulsions et le coma qui se présentent souvent dans la troisieme période de cette maladie;
annoncent évidemment l'adynamie et l'ataxie ;
mais ne constituent pas la fièvre jaune qui existe
sans eux et dont ils ne sont qu'une complication, --- Page 200 ---
TRAITÉ
CHAPITRE VI
TROISIEME
QUESTION.
La Jaunisse et le Fomissement
étre regardés
noir, doivent-ils
comme des symptômes essentiels
caractéristiques de cette maladie,
OI
comme des symptômes
ou seulement
accidentels?
No LXXIV.
Novs avons à peu prés résolu cette
en décriyant la fièvre
question
nature et de
jaune, en traitant de sa
ses symptômes
Avouons pourtant que les signes caractéristiques.
donnés comme essentiels,
que nous avons
la rigueur de
ne sont pas tous 7 dans
T'expression, des signes
moniques.
pathognoLes seuls qui paraissent mériter
la jaunisse, le vomissement
ce titre, sont
noir, 2 la suppression
d'urines; encore ne faut-il pas
cette
prendre à la lettre
considèrent expression', 2 quoique ce soit ainsi que les
la plus grande partie des médecins
dautres, en plus petit nombre à la
;
regardent pas la jaunisse et le
vérité, ne
comme signes
vomissement noir
pathoguomoniques : ils objectent
.
pathognoLes seuls qui paraissent mériter
la jaunisse, le vomissement
ce titre, sont
noir, 2 la suppression
d'urines; encore ne faut-il pas
cette
prendre à la lettre
considèrent expression', 2 quoique ce soit ainsi que les
la plus grande partie des médecins
dautres, en plus petit nombre à la
;
regardent pas la jaunisse et le
vérité, ne
comme signes
vomissement noir
pathoguomoniques : ils objectent --- Page 201 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
que cette fièvre existe quelquefois sans cux; ; mais
ces exceptions sont si rares qu'elles ne doivent
pas infirmer le principe qui fait regarder ces
symptômes comme essentiels et comme indispensablement attachés à l'irritation particulière sui
generis de l'estomac 2 irritation qui forme, 2 suivant nous 2 le caractère essentiel de la fièvre
jaune, (a).
Nous observons que ce n'est ni la présence ni
l'absence d'un ou deux signes, , pris isolément,
qui doit nous nuettre en état de statuer sur l'existence ou la non existence d'une maladie interne,
de la nature de celle-ci.
C'est de leur réunion, du concours de la plupart de ceux que nous avons indiqués, qu'on
doit déduire son caractère et la place qu'elle doit
occuper dans une classification méthodique. Agir
autrement, ce serait s'exposer à commettre des
(a)Je sens bien dans quelle erreur l'on risque de tomber,
en voulant rattacher une multitude dé phénoménes
pathologiques qui se lient et s'enchainent, comme je l'ai
indiqué, et finissent par être tour à tour effet et cause, à
un seul et unique principe; mais l'examen des corps organisés et les lois qui régissent les corps
inorganiques, ne
nous prouvent-elles pas la fécondité, de la nature 7 par le
petit nombre de causes premières 1 d'où dépendent une
innombrabk quantité d'effets?
--- Page 202 ---
TRAITE -
méprises 2 et se priver d'une partie des ressources
que fournit la séméiotique.
J'observerai à ce sujet que les maladies
rarement isolées, et distinctes dans la
sont
comme nous les
nature ,
séparons avec une rigoureuse
précision dans nos livres 3 elles ne penvent
plus se caractériser dans tous les
non
deux
cas par un ou
symptômes, abstraction faite de tous les
autres; il faut leur réunion
bonne
pour en prendre une
idée; c'est une des raisons qui doivent
faire préférer les
descriptions aux définitions
toujours extrémement imparfaites.
Le professeur Le Roy a dit, en parlant des
fièvres malignes qu'on ne pouvait les reconnaître qu'à l'ensemble des signes qui annoncent
un danger manifeste, et qu'il était inutile d'en.
chercher de pathognomoniques.
Cette assertion est généralement exacte ; elle
prouve que cet excellent praticien sentait
est des maladies qu'on ne
qu'il
peut caractériser
un ou deux de leurs symptômes. Cette vérité par
surtout applicable à la maladie qui nous
est
M. Valentin (1) assure qu'il a vu mourir occupe. de la
(:) Ouvrage cité, second Mémoire sur les fiévres
page 28r.
aigués,
(2) Ouvrage cité, page 170.
assertion est généralement exacte ; elle
prouve que cet excellent praticien sentait
est des maladies qu'on ne
qu'il
peut caractériser
un ou deux de leurs symptômes. Cette vérité par
surtout applicable à la maladie qui nous
est
M. Valentin (1) assure qu'il a vu mourir occupe. de la
(:) Ouvrage cité, second Mémoire sur les fiévres
page 28r.
aigués,
(2) Ouvrage cité, page 170. --- Page 203 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
fièvre jaune des malades qui n'avaient de jaune
et même d'autres sans la
que la sclérotique 2
mais qui avaient eu
mnoindre nuance jaunâtre
des vomissemens. Ces exceptions sont fort rares; 2
il suffit qu'elles aient existé pour prouver que
n'est ni dans le vomissement noir, ni dans la
ce
ni dans la suppression d'usuffusion ictérique,
trouver le caracrines 2 2 pris isolément, qu'il faut
de cette
tère propre, 2 le signe pathognomonique
se préfièvre, , puisque ces phénomènes peuvent
dans d'autres maladies, et que
senter séparément
Jeur existence n'a pas toujours été bien constatée
dans tous les cas de fièvre jaune ; c'est donc,
encore, la réunion, Tensemble
nous Je répétons
fait l'énumérades symptômes dont nous avons
qui doit nous faire connaître cette maladie.
tion; --- Page 204 ---
"TRAITE
CHAPITRE VII.
QUATRIÈME QUESTION.
Cetie fièvre est-elle contagieuse P
No LXXV.
Cert question de fait, qui semblerait devoir
être aussi facile à résoudre qu'elle parait simple
au premier aperçu, est pourtant devenue d'une
solution extrémement embarrassante.
L'expérience," qui sur les points les plus contestés, ramène ordinairement les
esprits aux
mêmes sentimens et fait cesser toutes les discussions, a été invoquée pour soutenir des opinions diamétralement
opposées 2 tant ilest quelquefois difficile de savoir en profiter, et d'étudier la nature sans interpréter son
langage au
gré de nos vues particuliéres.
Pourquoi CC problème d'un si grand intérêt
est-il resté jusqu'ici insoluble? C'est
parce qu'on
n'a jamais été fixé sur ce qu'on devait entendre
par contagion, sur la véritable acception de ce
mot, toujours pris dans un sens plus ou moins --- Page 205 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
limité; c'est que les données en ont élé trop
vagues; c'est que les conditions n'enn'ont jamais
été toutes prises en considération, ce quila fait
jusqu'ici rester indéterminé et dans un état d'incertitude qui semble autoriser plusieurs solutions
opposées, également bonnes en apparence, lorsqu'on néglige plusieurs considérations importantes, mais en effet très-défectuenses, lorsqu'on
veut faire attention à toutes les conditions propres à l'éclairer.
No LXXVI.
Si nous en croyons
Blanc,
Lind,
2 Hillary, 2
Chisholm, Wright, Linning, Curry, Makiltrick,
Girtaner, Rush, Cullen, Berthe, Pugnet, Marcus, elle est éminemment contagiense. En nous
en rapportant à ce qu'ont dit Moultrie, Hutchinson, Deveze, Valentin, Dalmas
2 Smith,
Savaresy, ) Bally, nouslui refuserons ce caractère.
D'autres médecins ont cru pouvoir concilier
les deux opinions, en disant qu'elle n'était pas
essentiellement contagieuse, mais susceptible de
le devenir; c'est celle qu'ont adoptée MM. Gilbert, Clarck, 2 Humboldt.et autres. Cette divergence 1 relativement à un point de fait, tient à
notre ignorance sur la nature des maladies contagieuses, , sur les différentes espèces de contagions 2 sur le contagium 2 ou les miasmes conta-
, nouslui refuserons ce caractère.
D'autres médecins ont cru pouvoir concilier
les deux opinions, en disant qu'elle n'était pas
essentiellement contagieuse, mais susceptible de
le devenir; c'est celle qu'ont adoptée MM. Gilbert, Clarck, 2 Humboldt.et autres. Cette divergence 1 relativement à un point de fait, tient à
notre ignorance sur la nature des maladies contagieuses, , sur les différentes espèces de contagions 2 sur le contagium 2 ou les miasmes conta- --- Page 206 ---
TRAITÉ
Bieux, sur Jeur mode de communication
n'existerait pas, sil'on eût fixé d'abord
; elle
cision l'idée qu'on attachait
avec prési on l'eàt pris dans
au mot contagion 2
une acception plus
qu'on ne le fait ordinairement,
générale
applicable
comme s'il n'était
qu'aux fièvres pestilentielles du levant; ; mais ici, plus que dans aucune autre
tion
quespathologique, on a commencé par
et conclure avant d'avoir rassemblé raisonner
réuni tous les motifs de la
les faits et
mauvaise manière de
conclusion. Cette
ticuliére à ceux
philosopher, n'est pas parqui ont agité la question
à la contagion de la fièvre
relative
sente dans toutes les
jaune 3 elle se reprédécs
maladies que l'on a regarcomme contagieuses.
Nous serions plus avancés
que nous ne le
sommes, sur ce sujet important, si ceux
l'ont traité avaient été bien pénétrés de qui
grande vérité énoncée
cette
par Condillac
((
)) la.source de nos erreurs est dans que
) oùt nous sommes de raisonner
T'habitude
sur les choses
> dont noûs n'avons pas d'idées,
>.n'avons
, ou dont nous
que des idées mal déterminées..
Tout ce que l'on a dit contre la contagion de
Ja fièvre jaune, c'est
toujours en la comparant
(1). Essai sur l'origine des connaissances humaines
page 232,
> --- Page 207 ---
DE TA FIÈVRE JAUNE.
comme s'il n'y avait pas d'autres maà la peste, 3
comme si celles qui
ladies fébriles contagieuses,
essentiellement n'étaient pas
ne le paraissent pas
circonsusceptibles de le devenir dans quelques
stances ainsi que T'expérience le prouve; car 2
2 les maladies les plus éminemment conenfin,
commencé par se dévetagieuses n'ont-elles pas
spontanément d'une manière 'endémique,
Jopper
chez les premières
épidémique ou sporadique
qui en ont été affectées, sans le secours
personnes
de contact. Ce qui est arrivé une
d'aucune espèce
se renouveler ? N'est-on pas
fois ne peut-il pas
cerdisposé à le présumer 2 en se rappelant qué
taines maladies contagieuses ont disparu ou abancontrée
faire place à d'autres ?
donné une
pour autrefois si commune est
C'est ainsi que la lépre
regardée
devenue endmarsrenctagalia,
dans le seizième siècle commé contagieuse par
de cette
le simple contact, ne se" propage plus
manière et avec autant de facilité. L'apparition
Italie des fièvres
et miliaires ne
en
pétéchiales
Fracastor
d'audate, si nous en croyons
(1).et
d'une
récente et bien
tres médecins, que
époque
connue ; c'est en 1505 et en 1528 qu'elles furent
observées la première fois.. Quelques médecins
(1) De Morbis contagiosis 2 lib. 2, cap. 6.
et avec autant de facilité. L'apparition
Italie des fièvres
et miliaires ne
en
pétéchiales
Fracastor
d'audate, si nous en croyons
(1).et
d'une
récente et bien
tres médecins, que
époque
connue ; c'est en 1505 et en 1528 qu'elles furent
observées la première fois.. Quelques médecins
(1) De Morbis contagiosis 2 lib. 2, cap. 6. --- Page 208 ---
TRAITÉ
regardent ces fiévres comme un
cêntes (1).
peu plus réNo LXXVII
Ce caractère contagieux estil tellement
rent à quelques maladies,
inhéaltéré, modifié
qu'il ne puisse étre
maladie
ou même tout-à-fait détruit? Une
clle
coptagieuse dans un climat ne
pas cesser del'être dans un
peutver des changemens
autre, ou éprouqui la rendent
méconnaissable ?
presque
N'a-t-on pas une preuve des altérations
vérses que le climat produit dans les
di-,
en comparant le silbens des Ecossais maladies,
du Canada, le scherlievo
2 la maladie
le docteur Bagneris
observé depuis peu par
dans les provinces
nes (2), avec la maladie vénérienne Illyrienavons journellement sou's les
que nous
allections,
yeux ? Ces trois
quoiqu'elles appartiennent à la
philis, en différent, non-seulement
sysymptômes, par Ieur marche,
par plusieurs
la manière dont elles
mais encore par
se propagent.
Ne faut-il pas, dans la plupart des
dispositions individuelles
cas, des
pour contracter les
(*) Fanton de antiquit. et progr.
miliar. virgine, naturâ.
miliarium allioni de
(2). Journal général de médec. 1.42,pag. 3 et suivantes. --- Page 209 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
maladies les plus manifestement contagieuses,
la rougeole et la petite
comme on l'observe pour fois dans la vie? Ne
vérole, que lon n'a qu'une
qui
sait-on pas que de plusieurs jeunes gens
dans le même instant, voir
auront élé, presque
contracté la
une fille infectée, 7 les uns auront
les autres ne s'en seront pas
vérole pendant que combien de temps les miasressentis ? Pendant
la faculté de se
conservent-ils
mes contagieux
communiquer ?
peuvent-ils rester sur notre corps,
Combien
avoir été déposés, 2 sans s'y développer?
après y
de Téconomie viQuelles sont les conditions
? Leur acvante, favorable à ce développement
à une grande distance du foyer
tion s'étend-elle
dont ils prennent naissance ?
intéresLa solution de toutes ces questions
Société royale
santes, sur lesquelles-lancienne
Tattention.
de médecine avait inutilement appelé
de Tart, rendrait cette partie de notre
des gens
qu'ont entre elles
travail plus facile par T'analogie
ni ne
les diverses contagions; ; mais ne pouvant,
devant entrer dans tous les détails qu'elles exime bornerai à extraire d'un mégeraient , je
composé sur ce sujet, ce
moire inédit que j'ai
asseoir ma
1 qui me paraitra indispensable pour
du Promarche dans la solution de cette partie
gramme.
médecine avait inutilement appelé
de Tart, rendrait cette partie de notre
des gens
qu'ont entre elles
travail plus facile par T'analogie
ni ne
les diverses contagions; ; mais ne pouvant,
devant entrer dans tous les détails qu'elles exime bornerai à extraire d'un mégeraient , je
composé sur ce sujet, ce
moire inédit que j'ai
asseoir ma
1 qui me paraitra indispensable pour
du Promarche dans la solution de cette partie
gramme. --- Page 210 ---
TRAITE
L'on ne saurait prendre trop de précautions
lorsqu'il s'agit d'un point fortenient contesté et
que l'on combat une opinion qui compte de
nombreux partisans.
No LXXVIII
Le mot contagion porte avec lui l'idée d'un
a germe qui, transmis d'un sujet malade à un sujet
sain, 7 communique à celui-ci la même affection,
soit que d'après T'étymologie du mot, il soit parvenu par contact immédiat, ou - par une voie
moins directe.
Lesmaladies contagieuses sont donc celles qui
ont la faculté de se transmettre d'un sujet maJade à un individu sain favorablement disposé
pour les recevoir, et dont les miasmes peuvent
se trànsporter à des distances plus ou moins
éloignées, sans perdre la faculté de se reproduire en se communiquant,
Si la fiévre jaune réunit ces conditions, elle
doit être regardée comme contagieuse. Commençons par l'examen des faits.
No LXXIX.
Lind (1), qui la rangeait dans cette classe
dit, pour le prouver. > que les habits d'un jeune 2
(1) Essai sur les maladies des Européens dans les pays
chauds, pag. 177 et suivantes. --- Page 211 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
àl la Barbade furent
homme mort delafiévrejaune
à Philadelphie: A l'ouverture que l'on fit
portés
de sa malle, au moment même de sa réception,
contractèrent la
toutes les personnes présentes
ensuite de proche en
maladie qui se propagea
proche à un grand nombre' d'autres habitans.
Dans le mois d'avril de l'année suivante, 2 dit
la cessation totale de
le même auteur, après
étaient
- deux
qui
l'épidémic
gardes-malades,
dans la même chambre, 7 en furent attaqués.
Aprèsd'exactest srecherches on reconmutqa'clles
avaient recélé des effets.appartenans à des hommes morts de.la fièvre jaune.
dont le
Celle qui régna à Cadix en 1764,
même auteur nous a transmis Thistoire, était
éminemment contagieuse pour tous ceux qui
n'avaient
été aux Antilles : le bâtiment qui
pas venait de T'Amérique 2 il avait perdu
l'y apporta
la traversée : le capitaine n'en
du monde pendant
ditrien
ne pas être assujéti à la quarantaine.
pour
ar
le cabaret où les
La maladie commença par
matelots étaient logés, de la aux maisons voisines
Ia classe indigente ; elle fut près
occupées par
d'un mois bornée à ce quartier avant de s'étendre
dans le voisinage.
-
était à Cadix lorsque
Le docteur Aréjula, 7 qui
celle de 1800 s'y est manifestée; dit qu'elle y
avait été apportée.
pas être assujéti à la quarantaine.
pour
ar
le cabaret où les
La maladie commença par
matelots étaient logés, de la aux maisons voisines
Ia classe indigente ; elle fut près
occupées par
d'un mois bornée à ce quartier avant de s'étendre
dans le voisinage.
-
était à Cadix lorsque
Le docteur Aréjula, 7 qui
celle de 1800 s'y est manifestée; dit qu'elle y
avait été apportée. --- Page 212 ---
TRAITÉ
C'est aussi ce qu'assure le docteur
de Séville (:) : ce dernier
Souerampe
mença
ajoute qu'elle compar un quartier
telots, et qu'ensuite elle trés-fréquenté des mase
de la ville.
communiqua au reste
M. Berthe reconnaît à cette fièvre
contagieuse trés-active,
une faculté
les causes locales
indépendante de toutes
qui pouvaient exister
cette ville.
dans
S'ilen était autrement, si elle n'avait été
pidémpique, comme on l'a prétendu,
qu'6les personnes qni ne sortirent
de comment
sons s'en seraient-elles
pas
leurs maipréservées ? Comment un
régiment de dragons tout entier en aurait-il élé
exempt par l'effet seul de l'isolément et d'une
séquestration sévère (2).
Comment, pendant le temps qu'elle
nait les habitans de
moissonSidonia,
Malaga, ceux de Médinapetite ville
soustraire
voisine, parvinrentils à s'y
pendant tout le lemps qu'ils eurent la
précaution de tenir les portés de la ville.fermée
Lorsqu'ils furent'
?
obligés de se relâcher de cette
sévérité, la maladies'y 1 manifesta avec assez de fu-
(): Recueil périodique de la Société de méd.
et t. 10, page 254.
t.9, P. 268;
(2) Journal de médec. chirurg.
an XL,
pharm, etc. Ventose, --- Page 213 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
faire périr sept cent cinquante malareur, pour y mille; mais grâce aux sages mesures
des sur douze
éclaile
et às sa vigilance
adoptées par gouverneur Pexécution; il est parvenu
rée, pour en surveiller
Commentles
àla restreindre à un seul quartier
Cordoue," ,moins salubres queCadix,
villes d'Eaja,
ces mêmes prés'en seraient-elles préservées par
cautions ? Comment jusqu'ici ne s'est-elle mondans des lieux où des vaisseaux l'ont
trée que
où elle régnait? Celles de
apportée des contrées
furent
Malaga et de Gibraltar, en 1800 et 1805,
introduites par des bâtimens venant d'Amérique;
celle de Livourne, en 1804, par un navire parti
d'Espagne, etc.
fut
Celle qui désola Cadix en 1800,
apportée
le bâtiment sur lequel M. Valientès, intenpar
repassa en, Europe. Il est
dant de la Havane,
dernière ville
constant qu'elle régnait dans cette
lors du départ de cet administrateur, 2 et qu'elle
aux États-Unis ou il relâcha ;
existait également
se commuiln'èst pas moins bien prouvé qu'elle
niquia à T'équipage de la corvette le Dauphin, sur
laquelle il élait embarqué; que rendu à Cadix,
T'intendant, fuThôtel et le quartier qu'habitait
rent les lieux où elle commença à se montrer :
(:) Recueil périodique de la Société, etc. t. 41;P. 31g.
:
2 et qu'elle
aux États-Unis ou il relâcha ;
existait également
se commuiln'èst pas moins bien prouvé qu'elle
niquia à T'équipage de la corvette le Dauphin, sur
laquelle il élait embarqué; que rendu à Cadix,
T'intendant, fuThôtel et le quartier qu'habitait
rent les lieux où elle commença à se montrer :
(:) Recueil périodique de la Société, etc. t. 41;P. 31g.
: --- Page 214 ---
1go
TRAITÉ
d'autres croient gu'elle fut
apportée par un vaisseau américain qui déposa ses marchandises dans
un magasin, rue de Sopranis, d'où elle se répandit, après avoir fait périr les ouvriers
travaillaient et les habitans du
quiy
voisinage. Si l'on
diffère sur. le nom du bâtiment, on est d'accord
sur l'origine étrangère de cette fièvre et sur tous
les autres points, 7 c'est l'essentiel.
No LXXX.
N'a-t. elle pas 2 quant à son
développement, sa
marche, sa
propagation, 7 son danger , tous les
caractères contagienx ? Si l'on en doute, qu'on
porte ses regards sur les registres
dans tous
mortuaires,
les lieux oùt elle a régné; l'on verra
qu'à Cadix, sur 48,520 malades, il en est mort
9:977; ; à Séville, sur 76,000, 20,000 périrent;
à Xérès, sur 50,000 il en succomba
La
12,000.
proportion des morts ne fut guère moindre
à Livourne, à Malaga, etc. Sur 164 malades
trés à Thôpital
enSaint-Jacques, dans la première
de ces deux villes, 56 moururent en quelques
jours. -
Au milieu de cette dépopulation
les personnes riches
effrayante, 1
qui purent rester dans leurs
maisons sans aucune espèce de communication
avec les malades, en furent exemptes, On ne mit --- Page 215 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
I9I
voisines à l'abri de ce fléau dévastateur,
les villes
cordon de troupes pour inqu'en établissant un
avécles lieuxinfeetés,
terdire les communications daus les fièvres pestilencomme on le pratiqué les résultats avantageux
tielles; cette mesure eut lorsqu'on ne la prit pas
qu'on s'en promettait, ainsi les maladies épidémitrop tard. Borne-t-on
Peut-on les isoler ? non.
ques?
No LXXXI
éclairée que le Gouvernement
La commission
exaniner cette
français envoya en 1805, pour comme essenmaladie, ne la regarde pourtant pas
avait
tiellement contagieuse mais comme ily forobservations positives qui militaient trop
des
de la contagion; ; ( elle a dit
tement en faveur
dans les lieux où elle
l'était seulement
> qu'elle
carila été prouvé par des
> exerçait ses ravages,
infectées
nombreux, que des personnes
) faits
la maladie dans les
communiqué
> h'avaient pas
retirées
oùt elless ss'étaient
(a)w.Jelecrois
> villages Toutesles fois quel'on prenait desprésans peine.
le. faire pour
cautions,e etl'on éuittropintéressca
de MM. Bally, Duméril et
() Elle était composée
Nysten.
la
de la fèvre jaune. Bally.
(2) Opinion sur cortagion
, que des personnes
) faits
la maladie dans les
communiqué
> h'avaient pas
retirées
oùt elless ss'étaient
(a)w.Jelecrois
> villages Toutesles fois quel'on prenait desprésans peine.
le. faire pour
cautions,e etl'on éuittropintéressca
de MM. Bally, Duméril et
() Elle était composée
Nysten.
la
de la fèvre jaune. Bally.
(2) Opinion sur cortagion --- Page 216 ---
TRAITÉ
y manquer volontairement, la maladie nese communiquait pas ; mais quand on les a omises elle
s'est propagée dans le voisinage : d'ailleurs
sont là que des observations
ce ne
vent infirmer les faits
négatives qui ne peupositifs que nous avons cités
et ceux que nousr rapporterons encore., Les mêmes
exceptions se représentent dans les maladies
tilentielles Jes plus évidentes ; il n'en faut donc pesrien conclure contre le caractère
la fièvre
contagieux de
jaune, avouée même des membres de
cette commission, 2 avec une restriction à la vérité un peu subtile; car en'le bornant, ainsi
le fhit, aux lieux où cette
qu'on
maladie est dans toute
sa force, où elle exerce tous ses ravages, c'est
laisser, je crois, beaucoup de vague, puisqu'avant
d'êtré parvenue? à ce point oul'on
est
convient.qu'elle
contagieuse 2 elle a dû commencer sur un
petit nombre d'individus quil'ont
à d'autres, et ainsi snecessivement communiquée elle
est devenue générale sans avoir acquis de nouvelles
propriétés. Tout le monde ne peut en être attaqué àla fois, dans le même instant; il faut
ait un
qu'elle
commeticement, qu'elle s'accroisse et se
propage. Pour se communiquer du premier au
second, cela n'en suppose pas moins'la faculté
contagieuse que si c'était au dix millième. Je ne
nie pas qu'au bout d'un certain lemps elle ne
s'accroisse, 7 parce que les médecins, les chirur.
venue générale sans avoir acquis de nouvelles
propriétés. Tout le monde ne peut en être attaqué àla fois, dans le même instant; il faut
ait un
qu'elle
commeticement, qu'elle s'accroisse et se
propage. Pour se communiquer du premier au
second, cela n'en suppose pas moins'la faculté
contagieuse que si c'était au dix millième. Je ne
nie pas qu'au bout d'un certain lemps elle ne
s'accroisse, 7 parce que les médecins, les chirur. --- Page 217 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
ig5
giens, les savans, les effets des malades, contribuent à la transporter d'un lieu dans un autre.
des foyers d'ou elle
Les hôpitaux deviennent
se.répand et dans lesquels elle peut acquérir plus
de virulence, mais non changer de caractère.
No LXXXIL
J'ai trouvé dans toute T'Espagne la nature contagieuse de cette fièvre, avouée et reconnue par
le' Gouvernement comme par les médecins qui,
d'un commun accord la regardent comme étrangère à leurpays, et croient quelleyadfapportée
est
par la voie de la conet qu'elle s'y propagée
tagion (t).
en
En revenant des Etats-Unis en Europe,
1806, je débarquai à Bilbao : nous fumes tous
soumis à une quarantaine qui me parut extrêmement désagréable : autant pour en abréger la
durée que pour mon instruction, 7 je fis valoir
auprès du médecin qui présidaitla conmission de
santé, que j'avais connu à Cadix, toutes les raisons favorables à la non contagion ; il répondit
d'abord
la rigueur des
à tous mes argumens 1
par
d
ordonnances qu'il ne ponvait enfreindre, ensuite
iljustifia cet excès de précautions par une multi-
(*) Consultez l'ouvrage du docteur Rezano , cité plus
haut, et celui de MM. Gonzalez et Fillalba.
--- Page 218 ---
TRAITÉ
tude de faits concluans
qui ne souffraient
d'objections : tout ce que je pus
pas
de son obligeance
obtenir, plus
que par conviction, > ce fut
d'abréger la quarantaine des passagers de
vingt
jours, parce que nous n'avions pas de
encore cette faveur ne s'étendit-elle malades,
page'et à sa cargaison.
pas à l'équiJ'ailu, dans un Rapport présenté à son Excellence le duc de Dalmatie,
trième corps de l'armée commandant le quaciers de santé
d'Espagne, par les ofliprincipaux de ce
(
) maladie qui vient de
corps, que la
se manifester dans
> royaume de Murcie, est la fièvre
le
)) est éminenment
jaune, qu'elle
contagieuse, > qu'elle
>) tous les ages,. tous les
attaque
> le riche ni le
sexes, n'épargue ni
pauvre. )
) La contagion a été portée à Véra
>) Rodrigue, qui est mort le
de
par don
jour son
>> elle s'est rapidement
arrivée;
propagée dans divers
> quartiers de la ville, et, du 29 septembre
>) qu'au 25 octubre, ily a eu' trois cent soixante- jus-
)) onze malades )) (1).
(r) Moniteur du mercredi, 25 déceibre, an 1811.
iche ni le
sexes, n'épargue ni
pauvre. )
) La contagion a été portée à Véra
>) Rodrigue, qui est mort le
de
par don
jour son
>> elle s'est rapidement
arrivée;
propagée dans divers
> quartiers de la ville, et, du 29 septembre
>) qu'au 25 octubre, ily a eu' trois cent soixante- jus-
)) onze malades )) (1).
(r) Moniteur du mercredi, 25 déceibre, an 1811. --- Page 219 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LXXXIIL
l'épidémie de Livourne, dit le docPendant
aucun
teur Palloni (1),les habitans quin'eurent
les
infectées, ceux qui .
contact avec
personnes
où la fièvre
pas dans les quartiers
*
ne pénétrérent
furent
Les
s'était déjà développéc, en
garantis. à
navires venant de cette ville furent assujétis
Marseille à une quarantaine rigoureuse ; par
T'heureux effet des précautions sanitaires, sur
lexécution desquelles on ne se relâcha pas, la
quelques permaladie ne se communiqua qu'à
allèrent à bord frauduleusement,
sonnes qui
No LXXXIV.
La ville de Brest, située beaucoup plus au
nord
Cadix, par les 48° 25' 14'de latitude,
que
des
non
du
a pourtant eu
preuves
équivoques
caractère contagieux de-la fièvre jaune. Lorsque
maladie était dans toute sa force au Cap,
cette revenait beaucoup de vaisseaux à Brest,
et qu'il
des douanes fut placé à bord de l'un
un employé
du morde pendant
de ceux qui avaient perdu
à
la traversée ; pendant le temps de son séjour
bord, cethomme, pour s'opposer au débarque-
() Mémoire cité sur la fièvre de Livourne, an 1804. --- Page 220 ---
TRAITÉ
ment frauduleux de différentes
marchandises
coloniales, se coucha dans leur
contracta une fièvre
voisinage : il J
moins
jaune dont il mourut dans
de trois jours. M.
chefde la marine, avait Duret, chirurgien en
faire
vu le malade; il en fit
l'ouverture sous ses yeux, et l'on trouva
toutes les traces que laisse après elle cette fièvre.
Deux,autres employés dans les mêmes circonstances furent également attaqués de la maladie
des colonies; ; elle eut chez Tun d'eux
aussi funeste
une issue
que chezle précédent; il succomba
le cinquième jour; l'autre fut plus heureux, il
en réchappa ; tous les deux furent traités
MM. Pichon, second médecin de la
par
marine, et
Rouchemont, oflicier de santé,
seconde classe,
entretenu, , de
qui avaient été à même de constater" l'identité qu'ily y avait entre leur
et la fièvre jaune des colonies.
maladie
Il y en eut plusieurs autres
zaret établi
exemples au Lasur l'ile de
dans la rade
de
Trébéron,
Brest; nul doute que les sages mesures
posées par le çonseil de santé de
proT'exécution
ce port, dont
stricte fut ordonnée par le conseiller
d'état, préfet maritime, n'aient contribué à
venir son introdnction dans cette
prela France.
partie de
vre jaune des colonies.
maladie
Il y en eut plusieurs autres
zaret établi
exemples au Lasur l'ile de
dans la rade
de
Trébéron,
Brest; nul doute que les sages mesures
posées par le çonseil de santé de
proT'exécution
ce port, dont
stricte fut ordonnée par le conseiller
d'état, préfet maritime, n'aient contribué à
venir son introdnction dans cette
prela France.
partie de --- Page 221 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LXXXV.
de cette fièvre,
M. Humboldt, 2 en parlant
d'une manière non équivoque. Il ass'exprime
son caractère
sure, ( qu'entre les tropiques
universellemeut
)) non contagieux est presque caractère est déjà
aux États-Unis, ce
> reconnu;
Faculté de médecine de Phila-
) contesté par Ja
médecins particuliers.
> delphie et par quelques
comme en Es-
> Enfin, en avançant au N. E.,
nous trouvons la fièvre jaune indubita-
> pagne,
(*) >. Cette dernière as-
) blement contagiense
de contradicteurs;
sertion ne trouve plus guère
atténuèr les conséquences qu'on est
mais droit pour d'en tirer en faveur de notre opinion
en
la maladie d'Espagne n'est pas -
on objecte que
qu'elle
la même que la fièvre jaune d'mérique,
funeste
est plus dangereuse et plus promptement dernière
qu'au Mexique et aux colonies : cette
d'exactitude quant aux coloobjection manque
l'invasion de
nies ; ne sait-on pas d'ailleurs qué
toutes les maladies contagieuses, qui arrivent
dans un pays nouveau, est toujours désastreuse,
qu'elle ne l'est dans celui d'oi
et beaucoup plus
ces mialadies tirent leur originc?
(1) Journal général de médecine, mars 1811,t. 40. --- Page 222 ---
198 -
TRAITÉ
La petite vérole n'a-t-elle
dans les
pas été plus funeste
pays oùt nous l'avons portée,
l'était chez nous; n'en est-il
qu'elle ne
plusieurs
pas de même de
autres maladies contagieuses ?
Nous allons examiner si, à bord des
nous Ie trouverons pas de nouvelles vaisseaux,
caractère
preuves du
contagieux de cette maladie;
surtout à la mer 2 que l'on pent tenir c'est-là,
exact de tout ce qui s'introduit,
un compte
même de suivre
à
que l'on est à
pas pas les traces de la contagion, 2 que l'on peut observer son
son
introduction,
développement et sa propogation, sans
cune cause étrangère
qu'au-
, aucun contact
lier, puissent obscurcir
particuettroublercesr recherches,
Owen (1) a trés-judicieusement
toutes les fois que des maladies remarqué que
s'étaient manifestées à bord des vaisseaux contagieuses
reconnu facilement. qu'elles
on avait
tées du
y avaient été appordehors, 2 et de quelle mauière elles
étaient introduites et
s'y
propagées. Ensuite nous la
considérerons aux Antilles, et nous ferons voir
que la proposition de M. Humbolde, relative
sa non contagion entre les
à
tropiques, n'est pas
rigoureusement exacte. Nous
de
n'émetronsqu'avee
beaticoup défiançe une opinion différente de
celle de ce savant observateur.
() Dissert. inàng. de contagione.
appordehors, 2 et de quelle mauière elles
étaient introduites et
s'y
propagées. Ensuite nous la
considérerons aux Antilles, et nous ferons voir
que la proposition de M. Humbolde, relative
sa non contagion entre les
à
tropiques, n'est pas
rigoureusement exacte. Nous
de
n'émetronsqu'avee
beaticoup défiançe une opinion différente de
celle de ce savant observateur.
() Dissert. inàng. de contagione. --- Page 223 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No LXXXVI
cn Europe au mois
Le Màrs, qui repassait
de vendémiaire an XII, avec cent cinquante
convalescens de la fièvre jaune et quelques mafut
et conduit à la Jamaique ; on lui
lades, 2
pris
mit un nouvel équipage pour le conduire en Angleterre avec tous ses convalescens.: au bout de
huit jours de navigation deux des prisonniers
furent altaqués de fièvre jaune, l'un mourut
l'autre le buitième. La male cinquième jour,
à léquipage et fit périr
ladie se communiqua
plus de quarante hommes, tandis que tous les
passagers en furent exempts, probablement parce
la plupart avaientidéjà payé le tribut.
que La corvette la Mutine ou la Badine (je ne me
rappelle plus laquelle), avait été destinée àtransdans différens points de Tile Saint-Domingue porter des troupes, parni lesquelles il y avait
dès malades. L'équipage de cette corvette ne
tarda pas à être attaqué de la fièvre jaune, prestout succomba : on .fut forcé de le renouque
veler plusieurs fois, et enfin de renoncer queltemps à ce bâtiment pour le faire blanchir
ques
et sanifier.
A bord da Mont- Blane, mouillé en rade du
Cap, un blessé couché, malgré les représentations du chirurgien-major, 7 dans le voisinage --- Page 224 ---
TRAITÉ
d'un homme attaqué de la fièvre
la
tracte et meurt le troisième
jaune, conelle
jour. Dès ce moment
se répandit à bord.
Un soldat de la Foudroyante
soins
, qui donnait des
au tonnelier 3 son ami, ne tarda pas d'en'
être atteint; le mousse quilesservait eut le méme
sort, ainsi que les autres personnes de la cambuse, dans laquelle couchait ce tonnelier.
Nal partle caractère
.contagieux ne s'est montré d'une manière aussi évidente qu'à bord des
vaisseaux le Dugay-Trouin, le Héros,
le
Zélé
Tligle,
et IUnion.
Les bâtimens qui eurent le moins de nalades
furent ceux qui purent se dispenscr d'envoyer
les équipages à terre, ou au moins qui rendaient
la communication rare et diflicile. Cenx, qui ne
firent, qu'un court séjour aux colonies 2 et qui
purent l'interdire, en totalité n'en eurent aucun.
C'est à des précautions semblables que la Diligente et d'autres bâtimens durent l'avantage
d'en être exempts : les frégates la Comète et la
Fraternité jouirent du même bonheur pendant
un assez long séjour au Cap, jusqu'au moment
oi elles reçurent l'ordre de transporter des troupes dans d'autres parties de la colonie; ily avait
parmi elles des malades qui répandirent la contagion à bord.
La Comete transporta des convalescens du Cap
.
C'est à des précautions semblables que la Diligente et d'autres bâtimens durent l'avantage
d'en être exempts : les frégates la Comète et la
Fraternité jouirent du même bonheur pendant
un assez long séjour au Cap, jusqu'au moment
oi elles reçurent l'ordre de transporter des troupes dans d'autres parties de la colonie; ily avait
parmi elles des malades qui répandirent la contagion à bord.
La Comete transporta des convalescens du Cap --- Page 225 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
dans l'ile de la Tortue, distante de quatre ou cing
firent à bord comlieues ; le court séjour qu'ils
T'épidémie ; dont cette frégate ne s'6muniqua
tait pas encore ressentie.
était depuis huit
Le vaisseau le Dugay-Trouin
mois à Saint-T Domingue, sans que la fièvre jaune
fàt manifestée ; il n'avait pas encore perdu
s'y
l'amiral Latouche-Tréun seul homme, lorsque
le chosit
ville, charmé de la santé de Téquipage, 2
ce qui nécessita avec
pour y placer son pavillon, fréquentes et presla terre des communications
tarda
à
continuelles; la contagion ne
pas s'y.
que
de trois cents
manifester , et à emporter plus L'exactitude
hommes dans moins d'an mois (1).
m'a été attestée par M. Leloup, ancien
de ce fait
Saint-Berchirurgien-major, employé à lhôpital
nard, auquel j'en dois plusieurs autres que je
vais rapporter.
la
la PoursuiPendant qu'il était sur
frégate
stationnée au môle Saint-Nicolas, 2 Fun
vante, le
salubre de lile, ,. il y avâit plus
des points plus
était
de trois mois quel'equipage de cette frégate
dans la colonie et jouissait de la meilleure santé;
les habitans du môle, ainsi que la garnison 2
(i) Dissertation sur la fèvre jaune. Paris, 1804, par
M. Prépetit, page 26. --- Page 226 ---
TRAITE
n'avaient pas encore eu la plus légère trace de
T'épidémie, lorsque vers la fin de juillet 1800
on évacua, des hôpitaux du Cap,
malades
quinze cents
et convalescens sur ceux du môle; l'équipage de cette frégate aida à leur transport.
Un matelot qui avait porté un aspirant
presque
mourant, tomba gravement malade le soir même
à ihuit heures, et périt le sur-lendemain
les
avec tous
symptômes de la fièvre jaune.
Dans moins de huit jours il y en avait plus de
soixante sur les cadres : le
fut
chjrurgien-major ne
pas plus épargné; elle se répandit dès ce
moment et progressivement parmi la garnison et
les habitans. M. Arrau, médecin de Thopital
militaire, qui revenait d'Égypte, reconnut son
caractère contagieux, et peut constater sa transmission dans ler commencement; 5 il y suceomba
lui-même après avoir échappé à la peste. A la
fin d'août, la frégate la Franchise vint au môle;
M. Pin,
chirurgien-major 2 s'empressa de-venir
voir son collègue et son ami M. Leloup qui
avait la fièvre jaune; ; il passa quelque témps dans
sa chambre ; ily fut pris de
et
céphalalgie ,
par
suite", de tous les symptômes de
l'épidémie auxquels il succomba le quatrième jour.
Le vaisseau sur lequel se trouvait M.
Fauchon, 2
ancien chirtirgien-miajor, entretenu, de la marine
au port de Brest, revenait en France après avoir
son collègue et son ami M. Leloup qui
avait la fièvre jaune; ; il passa quelque témps dans
sa chambre ; ily fut pris de
et
céphalalgie ,
par
suite", de tous les symptômes de
l'épidémie auxquels il succomba le quatrième jour.
Le vaisseau sur lequel se trouvait M.
Fauchon, 2
ancien chirtirgien-miajor, entretenu, de la marine
au port de Brest, revenait en France après avoir --- Page 227 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
beaucoup de monde au Cap et pendant sa
perdu
arrivé à la hauteur du cap Finistère,
traverséc :
sortait
il prit un' grand bâtiment marchand qui
de la Méditerranée, et dont tout T'équipage se
portait bien ; peu de jours après avoir été capturé, et qu'on y eut mis du monde, l'épidémie
se manifesta à bord, et enleva presque tout son
ancien équipage.
SaintLors de l'expédition des Anglais contre
il y avait dans le Port-an-Priuce
Domingue 2
dont ilss'emplusieurs navires richement chargés
des plus grands et des plus
parèrent ; quarante
être
beaux furent montés par des Anglais pour
conduits à la Jamaique; le calme les retint queltemps dans le port; , et tous les hommes
ques
sur cette flotte moururent ouL furent
embarqués moins malades; on les renvoya à leur
plus ou
bord, où ils répandirent la contagion.
Dans une traversée très-courte. 7 pour se rendre
il en
encore un très-grand
à la Jamaique, 7
périt
nombre. L'un des navires ne se serait peut-être
jamais rendu à sa destination, ayant perdu une
partie de son équipage 2 et ceux qui restaient
étant hors d'état de manceuvrer, s'il n'eàt été
négrier
des noirs
rencontréparun
3 quiluienvoya
et quelques autres personnes > qui périrent pres.
que tous.
Les frégates anglaises la Thétis et le Hussard, --- Page 228 ---
TRAITE
s'emparérent, 2 le 16 mars 1795, sous le
la
cap de
Virginie , d'un navire français venu de la Guadeloupe ; il était désolé
gate le
par T'épidémie. La fréHussard, qui avait amariné le bâtiment et
pris Téquipage, en fut infecté; ; ce qui la
d'aller relâcher à
força
Halifax, oùr M. Wilson, chirurgien-major, mit à terre
lades de la fièvre jaune
quatre-vingt-trois male
(1). Des quatorze bommes
que Hussard plaça sur sa prise, neuf
avant leur arrivée à Halifax.
périrent
Qu'opposeraient à cette masse de faits ceux
qui prétendentquel la fièvre jaunen'esto
effluves qui s'élèvent des eaux
dnequ'aux
stagnantes et des
marécages situés dans les climats chauds?
No LXXXVIL
L'ile de la Guadeloupelne s'était
ressentie de Tépidémie
pas encore
qui dévastait déjà SaintDomingue, lorsque la frégate la Clorinde,
diée de cette dernière ile
expéde deux cents
avec un détachement
grenadiers de la cinquante-sisième
demi-brigade, sous les ordres du général Boudet,
débarqua à la Pointre-à-Pitre.
Parmi les passagers, neufétaient atteints de la
fièvre jaune; ils furent mis à
T'hôpital, 7 et dans
(1) Dissertation citée de M, Prépetit,
18 et
vantes.
page
sui-
la Clorinde,
diée de cette dernière ile
expéde deux cents
avec un détachement
grenadiers de la cinquante-sisième
demi-brigade, sous les ordres du général Boudet,
débarqua à la Pointre-à-Pitre.
Parmi les passagers, neufétaient atteints de la
fièvre jaune; ils furent mis à
T'hôpital, 7 et dans
(1) Dissertation citée de M, Prépetit,
18 et
vantes.
page
sui- --- Page 229 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
s'élevait à plus
moins de vingt jours leur nombre
de cent.
qui communiquérent
La plupart des persounes
eurent le même
de cette frégate
avec l'équipage
chirurgien-major d'une autre
sort. M. Rouvier, ,
commission pour refrégate, fut nommé d'une
de
pouvaient être les çauses
chercher quelles
si la mauvaise qualité
cette maladie, et s'assurer
il fut, le lendedes vivres n'y contribuait pas :
quoivisite, saisi de la fièvre jaune,
main de sa
d'un mois, ses soins
qu'il domât, depuis plus
avoir été inmalades de Phôpital sans en
aux
disposé.
Tépidémie s'étenA compter de cette époque,
de imalignité
un caractère
dit avec une rapiditéet
à cinq cents fiévreux
tel que, sur quatre cents
jour.
de trente à cinquante par
T'on en perdait
venus sur la CloDes deux cents grenadiers
bout de deux
rinde, il n'en restait pas huit au hommes commois, et des trois mille sept cents
mandés par le capitaine - général Richepense, dans les
deux mille neuf cents
il en mourut
officier-général en
quatre premiers mois ; cette
fut lui-même victime.
No LXXXVIIL
des hôpitats périssait
Tout ce quis'approchait alarmante. Sur vingtavec une rapidité vraiment --- Page 230 ---
TRAITÉ
sept ofliciers de santé employés dans T'hôpital il
en mourut vingt dans le mois de thermidor,
dant que ceux qui étaient attachés aux
penrégimens
et qui n'étaient exposés qu'à l'intempérie du climat, ne succombaient pas, à beaucoup près,
en. aussi grand nombre, A quoi tient cette différence ?sice n'est aux miasmes
contagieux accumulés, concentrés dans l'hôpital, et qui par l'effet
de cette concentration, acquiérent plus d'énergie
et ont une sphère d'activité plus étendue et plus
vive.
La même différence s'observait au Cap entre
la mortalité des officiers de santé employés dans
les hôpitaux et ceux qui restaient aux corps. La
proportion des morts a été bien plus grande
parmi les chirurgiens de l'armée que parmi les
autres employés. Leshôpitaux étaient aux champs
d'honneur, 2 plus dangereux et plus sûrement funestes pour eux, que l'ennemi pour nos soldats.
Sur soixante-dix officiers de santé débarqués
au Cap, 2 le 5 frimaire 3 la moitié périt dans moins'
de deux mois (1). On les voyait se succéder avec
une effrayante rapidité au lit des malades,
Je répéterai en faveur de la contagion, un fait
dont j'ai déjà fait mention relativement à un détachement de la 66
demi-brigade, placé sur des
(1)Journal des Officiers de santé de Saint-Domingue.
Sur soixante-dix officiers de santé débarqués
au Cap, 2 le 5 frimaire 3 la moitié périt dans moins'
de deux mois (1). On les voyait se succéder avec
une effrayante rapidité au lit des malades,
Je répéterai en faveur de la contagion, un fait
dont j'ai déjà fait mention relativement à un détachement de la 66
demi-brigade, placé sur des
(1)Journal des Officiers de santé de Saint-Domingue. --- Page 231 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
où il conserva sa santé tant qu'on le laissa
mornes
lui
de s'en
dans ce poste et qu'on ne
permit pas
mais une révolte ayant eu lieu au bourg
écarter; ;
rétablir et mainSaint-Anne, on Ty envoya pour
la maladie
tenir la tranquillité; ils y contractèrent
règnante et périrent en partie.
Le docteur Balmis a fait la même remarque
dans'l'ile de Cube (1).
les nouIl est certain, qu'à Saint-Domingne, 2 malades
qui s'éloignaient des
veaux débarqués
retirer à la campagne 2 en
et qui pouvaient se
étaient beaucoup moins maltraités.
Les iles des Saintes, voisines de la Guadefurent exemptes de l'épidémie jusqu'au
loupe, oàl legénéral Ernouffe y envoya, d'après
moment de. M. Amic, médecin en chef de
le conseil
stationnée à la'
la colonie, la 26° demi-brigade
de
Basse-Terre où elle perdit considérablement
monde. Ce corps porta avec lui le germe de la
maladie dans cette ile,laquelle avant son arrivée,
était
ressentie; elle s'y propagea rapine s'en
pas
ailleurs sous les latidement, comme. par-tout
tudes élevées.
fut
à la Havanne
La frégate la Libre
envoyée
dans le temps où la fièvre se trouvait dans toute
il
avait pas un 1 seul malade à son
sa force; n'y
(4) Epidémie d'Espagne, page 163. --- Page 232 ---
TRAITE
arrivée : la contagion ne tarda pas à s'y manifester avec le caractère le plus fâcheux, età faire
périr près de quatre- - vingts hommes de Téquipage de cette frégate en moins de deux mois.
No LXXXIX.
L'éxamen de cette fièvre sur les côtes orientales du Mexique paraût avoir fourni des
mens victorieux aux partisans de la non conta- argugion.
1 Elle est regardée comme
endémique sur le
littoral. Il est certain, comme nous l'avons dit,
qu'elle y revient tous les ans et qu'elle ne s'étend
pas au-delà d'une certaine hauteur, à-laquelle
elle semble bornée par un cordon" ou une sorte
de limite qu'elle ne peut franchir. M. Humboldt,
qui a fait cette renfarque, observe que c'est à
cette même hauteur que s'arrêtent les chênes
méxicains quine peuvent végéter ct croître dans
une température plus élevée, favorable au développement du womito-prieto. Notre célèbre
voyageur 2 pour prouver que cette maladie est due à
l'influence du climat, particulièrement à l'insalubrité de la Vera-Crux, et non à l'action'du contagium, cite les faits suivans.
Les personnes qui viennent de l'intérieur du
Mexique pour s'embarquer à la Vera-Crux sont
dans Tusage, lorsque l'épidémie est dans toute
ter ct croître dans
une température plus élevée, favorable au développement du womito-prieto. Notre célèbre
voyageur 2 pour prouver que cette maladie est due à
l'influence du climat, particulièrement à l'insalubrité de la Vera-Crux, et non à l'action'du contagium, cite les faits suivans.
Les personnes qui viennent de l'intérieur du
Mexique pour s'embarquer à la Vera-Crux sont
dans Tusage, lorsque l'épidémie est dans toute --- Page 233 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
de séjourner. à Xalapa ou dans: son
sa force,
Tinsalabrité des bords de
voisinage pour éviter
du départ des: navires
la mer jusqu'au moment
doivent les transporter en Europe 55 lorsqu'il
qui
mettent en route à la fraicheur
est arrivé ils se
la Verade la nuit, dans une litière, 3 traversent du jour
arrêter, arrivent à la pointe
Crux sans s'y
à l'instant dans un canot
au port, s'embarquent. môle
les porter, à bord.
qui les atlend au
pour
inusont quelquefois
Toutes ces précautions
les
rare de voir ceux' qui
pren:
tiles; iln'est pas
attaqués de la fièvre jaune,
nent être néanmoins
1 tar
de temps aprèsi leur départ. 209
peu
aussi naturel, dansicette. circonN'est.il ipas
la maladie aux miasmes exisstance, d'attribuer
dans lé
bord d'un vaisseau qui a séjourné
4 tants à
que d'admettre
port oà il a pris son, chargement, excessivement
dans T'atmosphère une matière suflit de respirer un
subtile et trés-active., qu'il
l'on sait que
instant pour en être infecté, lorsque de leur foyer et
les vapeurs délétères éloignées perdent. de leur
disséminées dans T'aumosphère
d'autres
contraire les étoffes et
action, et qu'au
conducteurs du consubstances 2 sontd'excellents rester un certain
tagium 3 qui is'y attache et peuty
temps sans perdre ses propriétés? a
M. Humboldt a si bien senti que Texplication
donne devait paraitre aussi plausible que.
que je
--- Page 234 ---
TRAITÉ
la sienne, qu'il-ne
( ces faits
manque pas d'ajouter que
paraissent au premier
> en faveur du systéme
abord, parler
> la fiévre jaune
d'après lequel on regarde
comme
* les zones ) ; mais il croit contagieuse sous toutes
que ceux' qui arrivent
y répondre en disant
rendre dans l'inétieur d'Europe et qui, pour se
dur Mexique; prennent
pourtraverser la Vera-Crux, lès mêmes
tions, n'en sont pas toujours
précauRemarquons d'abord
exempts.
qu'il
assez rares
s'agit d'exceptions
, dont on ne doit pas
séquence générale. D
déduire une conN'est-il pas aussi vraisemblable,
ques personnes contractent aussi la lorsque quelpour avoir traversé
fièvre jaune,
litière bien
rapidement la ville dans une
close, de Tattribuer à un
$
ticulier soit avec les effets de la
contact parquelqu'un qui aura été
litière, ou avec
de la regarder
auprès des malades, quie
comme l'effet de Tinfluence atmos:
phérique dans un passage aussi court ?
bien qu'elle y contribue
je crois
faut étre plus
pour beancomp; mais il
long-temps exposé à son action
pour s'en ressentir,
Enfin, depuis 1776jusquen
ladie n'avait
1794, cette mapas paru à la
C
> n'avait pas eu un seul Vera-Crux; il n'y en
> dix-huit ans, dit M. exemple pendant ces
Humboldt,
> cençours des
quoique le
Européens et des Mexicains ve-
ien qu'elle y contribue
je crois
faut étre plus
pour beancomp; mais il
long-temps exposé à son action
pour s'en ressentir,
Enfin, depuis 1776jusquen
ladie n'avait
1794, cette mapas paru à la
C
> n'avait pas eu un seul Vera-Crux; il n'y en
> dix-huit ans, dit M. exemple pendant ces
Humboldt,
> cençours des
quoique le
Européens et des Mexicains ve- --- Page 235 ---
DE LA PIÈVRE JAUNE,
de l'intérieur fàt considérable, et que
> nant
acclimatés 1 se livrassent aux
> les matelots, non
aujourd'huis.
5 mêmes excès qu'on leur reproche
l'aavantageux était produit par
Ce changement
mesures de police et de
doption de différentes
salubrité mises à exécution ên 1775.
la continuation
Son' retour en 1794, malgré
coincide avec l'arrivée
des mêmes précantions,
le vaisseai Elde trois bâtimens de guerre,
la frégate la Yénus et l'hourque Santa
mino,
avaient touché à Porto-Rico, oùl le
Fibiana, qui
encore le caractère
womito régnait: N'est-ce pas
Est-il
et la marche d'une maladie contagieuse?
de la méconnaitre? Ne
possible sans prévention
doit-on pas être surpris que notre savant voyade l'identité de cette maladie
geur, 2 en convenant
cette
avec celle quia régné en Espague, regarde
et refuse ce caracdernière comme contagieuse
tère à Tautre? Elle ne l'est pas effectivement au
même degré, elle ne l'est pas non plus pour les
douter
anciens habitans ; mais on ne peut guère
qu'elle ne le soit pour les étrangers.
No XC.
de cette fièvre est peu
La nature contagieuse
r'Université
contestée aux États-Unis depuis que
de médecine de Philadelphie s'est prononcée de --- Page 236 ---
TRAITE
:
manière à ne pas laisser le moindre doute
sentiment.
sur son
Les magistrats ont depuis
des précautions
Jong - temps pris
le gouvernement tresedispendieuses, tant pour
que pour les
sont l'érablissement
particuliers; tels
des-Lazaeets,
mentàde longues
l'assujétissetout, commerce. Quaratsisenyln.eantion de
I1 m'est
EHL 136 9rg
pas isupposable que des.
éclairés 7 prudens, gui.devaient veiller magistrats
rêts de deurs, administrés
aux intécomme à ceux du.
vernement, se.fmssent-ainsi. constitués
gouinutiles.cteussent;
en frais
jetéTialarmep pour des craintes
chimériques et. mal fonddesy, sils niavaiént
quis la certitude de Entilité des
ac+
téesi
précautions itco!
:
adopsrlls étaient
naoypon ao UDN
congaincts.que, celleiquirse.n
festa. à Portsmonth, en7 1798, dansilero maniplus sain., 3 où depuis loug-tempsil quartier le
cune espéce de maladie, o on, n'existaitants
la fièvre
Mayaitjamais eu
jauneysy, montra imméliatemént
l'arrivée d'un vaisseau, venant de la
après
sur lequel un homne élait mort dans Martinique, la
versée et un autre arriva très-malade. Elle tramença par attaquer les habitans 'de la maison com- du
propriétaire du vaisseau, d'ou elle s'étendit
maisons voisines.
aux
une espéce de maladie, o on, n'existaitants
la fièvre
Mayaitjamais eu
jauneysy, montra imméliatemént
l'arrivée d'un vaisseau, venant de la
après
sur lequel un homne élait mort dans Martinique, la
versée et un autre arriva très-malade. Elle tramença par attaquer les habitans 'de la maison com- du
propriétaire du vaisseau, d'ou elle s'étendit
maisons voisines.
aux --- Page 237 ---
JAUNE.
DE LA FIÈVRE
la même année à PhilaElle fut introduite
il
'le navire Ladébera, sur lequel y
delphie par
attaqués de fièvre jaune, qui
avait deux matelots
et
contractée, T'un au Port-au-Prince
T'avaient
lesquels
l'autre à Jérémie, ile Ssint-Domingue, de T'éà plusieurs personnes
la commiuniquérent
Ce vaisseau 2 par une
quipage qui en moururent.
une quadéclaration, ne fut 'assujéti qu'à
fausse
la maladie
rantaine de dix jours, et répandit
qui furent à bord.
parmi les personnes
de fièvre janne
Il n'y avait aucune apparence le vaisseau le Sally ly
à New-Bury-Port lorsque
arrivée. Je pourrépandit cin jours après son d'autres faits semrais rapporter une multitude
la sagesse des magistrats,
blables qui prouvent
qu'ils ont adopet la nécessité des précautions
tées.
les personnes riches qui,
Il est certain que,
abandonnent la
de Tépidémic,
aux approches
à la campagne. pendant toute
ville pour se retirer
à moins
en sont - rarement atteintes
sa durée,
tôt.
qu'ellesn'y reviennent trop:
le
assez court suflit, comme rapUn séjour
leuir faire contracter.
porte M. Dalmas (1).pourial trois observations
Ce' médecin cite pour preuves
en favour desla contagion,
bien concluantes
(1) Mémoire cité, p. 37 et suivantes. Or --- Page 238 ---
TRAITÉ
quoiqu'il ait embrassé l'opinion contraire et
qu'il convienne, avec plusieurs praticiens des
Etats- - Unis, MM. Caldwel de Philadelphie
Smith de
New-Yorck, 2 les éditeurs du Medical
repository de son analogie avec la peste;
mais il ne sait ( quel jugement porter sur ces
/ > deux maladies, dont l'identité semble prouvée
> Par quelques symptômes en les considérant
> sous le rapport de leurs causes, de leur mar-
> che, de leur traitement >. (Page 60.)
Ceux qui ont été à portée de suivre avec soin
Tapparition et la marche de la fièvre jaune à
Saint-Domingue en l'an 10, assurent qu'elle fut
apportée au Cap par des bâtimens étrangers (2).
No XCI.
Si-cette fièvre a étéaussi funeste à bord des vaisseaux, lors même qu'elle n'y avait été apportée
que par un ou deux individus, n'est-ce pas encore une nouvelle preuve de son caractère contagienx , parce que la difficulté de maintenir
une. grande propriété dans le voisinage des malades, la nécessité de se servir des mêmes effets,
() Yolume 4: , page 400.
(2) Journal des Officiers de Saint-Domingue. Floréal,
an XI, page 16g.
ette fièvre a étéaussi funeste à bord des vaisseaux, lors même qu'elle n'y avait été apportée
que par un ou deux individus, n'est-ce pas encore une nouvelle preuve de son caractère contagienx , parce que la difficulté de maintenir
une. grande propriété dans le voisinage des malades, la nécessité de se servir des mêmes effets,
() Yolume 4: , page 400.
(2) Journal des Officiers de Saint-Domingue. Floréal,
an XI, page 16g. --- Page 239 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
matelas, etc., Timposilbilté
tels que couvertes, aussi souvent qu'il le faude changer de linge
malades du reste de
drait, celle d'isoler les
indispensables
Téquipage - , les communications
doivent
sont autant de causes qui
entre eux,
les maladies contagieuses
contribuer à propager
sur les bâtimens:
notre faveur se déduit
Un autre argument en
exempt de cette
de l'avantage qu'on a d'être
et de son anafièvre quand on en a été affecté,
fébriles 7
logie avec les maladies contagieuses
détruire toute disposition
dont T'existence paraît
fois.
à les contracter une seconde
et caractéristiC'est un des traits principaux
ques de la fièvre jaune. Palloni (1), qui s'inoL'exemple du docteur
ses doigts
lui-même cette maladie en mettant
cula
Tintérieur de sa bouinfectés en contact avec inflammation au gosier,
che, d'ou résulta une
le contagium ;
dans le lieu même où fut placé
d'un assez
dis-je, peut-il paraitre
cet exemple,
de notre sentiment pour
grand poids en faveur
être rapporté ?
(1) Mémoire cité. --- Page 240 ---
T-TRAITE
:1 nograi'f
No XCII.
Lup
Pour, ne laisser, s'il,est possible,
sur ce sujet
aucun doute
important qui ,a fourni, 2
tant de discussions
de
matière à
allons
et
controverses, nous
passer, en; revue les principales objections
que I'on fait aux partisans de la
nous.efforcant
contagion, en
d'y répondre.
On a dit que cette fiévre n'était
pas contagiense,, parce. qu'elle. n'attaque que les Européens, qu'elle épargne une classe nombreuse
d'individus, les, colons aux Antilles et aux Mexique, et partout les nègres, tandis
les
ladies Pestilentielles
que
man'épargnent
moins que ce ne soit individaellement. personne, 2 à
Plusieurs de ces, objections ne sont, pas, exactes,
puisque les habitans des
de la; Vera Crux,
Etats-Unis, ceux même
qui se transportent dans d'au-.
tres colonies., n'en sont pas exempts.,
Il parait, même que dans: son origine aux Antilles elle n'était pas, ) comme à-présent.exclusivement affectée aux nouveaux habitans ; alors
elle ne variait, comme nous l'avons rapporté
d'aprés Pringle, que par son intensité et la
dité de sa marche.
rapiLes negres ne sont pas toujours épargnés.
M. Valentin (1) dit, qu'à Norfolk en 1800
(1) Ouvrage cité.
d'au-.
tres colonies., n'en sont pas exempts.,
Il parait, même que dans: son origine aux Antilles elle n'était pas, ) comme à-présent.exclusivement affectée aux nouveaux habitans ; alors
elle ne variait, comme nous l'avons rapporté
d'aprés Pringle, que par son intensité et la
dité de sa marche.
rapiLes negres ne sont pas toujours épargnés.
M. Valentin (1) dit, qu'à Norfolk en 1800
(1) Ouvrage cité. --- Page 241 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
à Charlstown en 1799, et en 1800 il en est mort
plusieurs. L'on m'a assuré, dans cette dernière
toutes les fois que l'épidémie y deville, que
n'en succombe
vient générale, il est rare qu'il
un nombre plus ou moins considérable. Tout
pas le monde sait qu'en Espagne et à Livourne elle
n'épargnait que les anciens colons récemment
arrivés d'Amérique.
No XCIII.
certaine habitude,
L'expérience prouvequ'une
lentement et graduellement acquise 2 de recevoir
limpression des miasmes nuisibles , contribue
beaucoup à garantir de leur influence. La fièvre
janne confirme ce résultat général.
Ily a dans l'histoire des maladies contagienses
multitude d'exemples qui démontrent qu'on
une
au milien des pestiférés ; on
a vécu sans danger
chez
les voit en Moldavie se promener ou rester
comme sans crainte de la
eux, sans précautions
part de ceux qui les soiguent.
Bildenbrand (1) a Vll la fièvre pestilentielle
sur les frontières de la Turquie ne consister que
avec douleurs abdonidans une légère stupeur
nales, dont la durée n'allait pas au-delà de quatorze jours.
(1) Du typhus contag. p. 113. --- Page 242 ---
TRAITÉ
Dans les pestes les plus meurtrières, il
toujours un certain nombre de
y a
n'en sont jamais atteintes.
personnes qui
Aucun dès treize médecins
envoyés par l'im-.
pératrice des Russies à Moscow, dans celle
ravagea cette ville en 1771, ne contracta la qui
Jadie,
maquoiqu'elle y fût trés -
puisqu'elle enleva
faneste,
155,299 individus (1).
Les médecins qui se rendirent à Marseille,
par ordre du régent en 1720, furent aussi heureux. Le noble dévouement du prélat de cetle
ville ne lui fut pas funeste.
Le zèle dussi ardent, quoique moins
de M. le comte de
chef
connu,
Langeron, 2
d'escadre,
celui de l'échevin Estelle et de quelques autres.
magistrats n'eut aucun inconvénient
leur
santé.
pour
L'absence totale de précantions de la part des
Turcs pour se mettre à l'abri de la peste devrait
avoir entièrement dépeuplé
Çonstantinople depuis le temps que dure leur incurie à cet
et que cette maladie y revient
égard,
chaque année.
La population est cependant toujours la mme,
ce qui ne devrait pas avoir lieu si elle élait aussi
contagieuse et meurtrière pour eux, qu'elle l'est
pour nous en Europe.
(1) Mém. sur la peste, par Samoitowitz.
de la part des
Turcs pour se mettre à l'abri de la peste devrait
avoir entièrement dépeuplé
Çonstantinople depuis le temps que dure leur incurie à cet
et que cette maladie y revient
égard,
chaque année.
La population est cependant toujours la mme,
ce qui ne devrait pas avoir lieu si elle élait aussi
contagieuse et meurtrière pour eux, qu'elle l'est
pour nous en Europe.
(1) Mém. sur la peste, par Samoitowitz. --- Page 243 ---
FIÈVRE JAUNE.
F
DE LA
déqui, en 1270,
La maladie pestilentielle près de T'ancienne
truisit sur les côtes d'Afrique,
enleva ce
l'armée de Louis IX, qui
haCarthage, et Tun de ses fils, épargnait les
bon prince
moins les soldats d'Omar et
bitans du pays ; au
à Tunis, en farent
Muley Moztania, souverain moissonnait ceux qui
exempts 2 tandis qu'elle
étaient dans le camp de Saint-Louis.
une fièvre contagieuse,
On a vu en Angleterre
nation que, si T'on
tellement particulière à celte
non-seulecroit les bistoriens', elle attaquait
en
s'étaient retirés à la campagne,
ment ceux qui
Ecosse, en Hollande
mais encore les réfugiés en
cite ce fait le rapet en France. Freind (1) qui dans la peste de
proche d'un analogue arrivé
Constantinople en 545.
d'une peste qui
Sennert fait aussi mention
laquelle les Français,
ravagea TItalie, et pendant
dans les lieux
les Anglais, restèrent sans danger
*
qu'elle désolait. anciens colons et les nègres
De ce que les
Teffet de Thabitude, à
sont ordinairement, par il n'en faut donc rien
l'abri de la fièvre jaune; ;
puisconclure contre son caractère contagieux, dans
les mêmes phénomènes se représentent
que
(1)Ouvrage cité, page 140. --- Page 244 ---
TRAITÉ
des maladies
auxquelles on ne conteste pas cette
propriété.
No XCIV,
Pour que l'action morbifique d'une'
contagieuse quelconque
matiére
sur un
puisse exercer ses effets
corps en santé, il faut à celui-ci des
ditions
conparticulières;, une certaine
des dispositions
capacité 7 ou
l'infection n'a individuelles, sans lesquelles
pas lieu ; c'est ce que le docteur
Hildenbrand appelle dispositions nécessaires
Cette sorte de
(1).
prédisposition ou
favorise l'introduction
d'opportunité
et le développement du
contagium ; sans elle son action serait nulle
comme la semence placée dans
saison et dans un
une mauvaise
champ non préparé ne
rien ; cette
produit
coniparaison, 2 qu'avait établie Menuret (2) entre les germes
semences
morbifiques et les
végétales, n'est pas seulement ingénieuse, elle a un fond de vérité, L'essence
uns et des autres nous est aussi
des
leur manière
inconnue que
d'agir : nous savons que la graine
(1) Histoire de la médec. part. III, > page 64.
(2) Essai sur l'influence de l'air dans les maladies contagieuses, Mémoire couronné par la Soc.
en 1781.
royale de médec.
morbifiques et les
végétales, n'est pas seulement ingénieuse, elle a un fond de vérité, L'essence
uns et des autres nous est aussi
des
leur manière
inconnue que
d'agir : nous savons que la graine
(1) Histoire de la médec. part. III, > page 64.
(2) Essai sur l'influence de l'air dans les maladies contagieuses, Mémoire couronné par la Soc.
en 1781.
royale de médec. --- Page 245 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
d'un végétal pour naitre et se multiplier a besoin
d'être placée dans' un terrain et dans un temps
à favoriser. sa germination, De même le
propre contagium a aussi besoin pour pouvoir se reproduire d'être appliqué à un corps convenablement
disposé afin de s'y transformer; après des modifications successives et un. travail organique intérieur en une matière semblable susceptible de
se reproduire en. se communiquant.
La nécessité de cette prédisposition est prouvée, comme l'indique M. Dumas (1)-par une
multitude d'exemples', tant pour. les maladies
les maladies chroniques. Les
aigués que pour
qu'un
miasmes contagieux n'ont done eux-mêmes
effet subordonné aux dispositions particulières
où le corps se, trouve dans le moment de:leur
application. Van-Swiéten (2), après Pringle,
Bartholin et autres praticiens, assure que outre
la contagion il. faut encore des causes prédisposantes pour que la maladie se développe..
(1) Malad. chron. page 478.
(2) Van -Swiéten, Comment. *in Aphorism. Boerrh,
page 1380. --- Page 246 ---
TRAITÉ
No XCV.
On ne manquera pas-de citer des
fièvre jaune paraît s'être
cas oùt la
sujets
manifestée chez des
presque isolés; de manière
cile de découvrir
qu'il est diffice qui porte à
comment elle J est parvenue ;
penser qu'elle peut partout se développer sans le secours de la
ponds que ces faits négatifs, coutagion; je réne sont pas bien constatés; en petit nombre, 3
le scraient, ils
mais que quand ils
peut naître
Prouveraient tout au plus qu'elle
spontanément, ce dont nous
tons pas pour les climats situés
ne douques ; mais on sait
les
entre les tropis'attachent
que
miasmes
aux étoffes, qu'ils
contagieux
ner un temps dont on n'a
peuvent y séjouret être portés à d'assez pas déterminé la durée,
perdre de leur
grandes distances, sans
énergie ; s'ils sont mis en
avec une personne favorablement
contact
leur
disposée pour
développement , il pourra avoir lieu sans
qu'on puisse savoir d'oà vient la maladie, à
quelle ils auront donné naissance.
lamême la fièvre
La peste et
jaune nous en fournissent
sieurs exemples.
pluC'est un fait prouvé par
T'expérience, dit Marcus (1),quele miasme de la
fierejaune, comme
(1) Recherches sur la fièvre jaune, par Marcus, profes-
favorablement
contact
leur
disposée pour
développement , il pourra avoir lieu sans
qu'on puisse savoir d'oà vient la maladie, à
quelle ils auront donné naissance.
lamême la fièvre
La peste et
jaune nous en fournissent
sieurs exemples.
pluC'est un fait prouvé par
T'expérience, dit Marcus (1),quele miasme de la
fierejaune, comme
(1) Recherches sur la fièvre jaune, par Marcus, profes- --- Page 247 ---
DE LA FIÈVRE TAUNE.
inactif
rester caché et
celui de la peste, 7 peut
ce que les cirplusieurs années, jusqu'à
pendant
à volatiliser le contagium, 2
constances propres
corps à son absorption.
surviennent et disposentle
malade, surtout
Il est probable que chaque
est environné
dans les maladies contagieuses 7
ou moins
particulière plus
d'une atmosphère
de la maladie contaétendue, suivant la nature e
gieuse, son intensité.
1 que
J'ai entendu dire à plusieurs personnes affecté de
du lit d'un malade
placées tout près
tardé à éprouver
elles n'avaient pas
fièvre jaune,
dont elles étaient exemptes
des maux de tête
distance. Je n'ai jamais
placées à une plus grande
mais le
moi, fait de semblables remarques, ressenti dans
pour
fois
docteur le Roy a plusieurs douleurs de tête
moins d'un quart d'heure, des
près des mas'approchait
assez fortes, 2 lorsqu'il
de fièvres malignes.
lades attaqués
de Thistoire
et impartial
L'examen approfondi
villes oû
maladie, dans les différentes
de cette
"Tait connaitre les
elle a commencé à se montrer,
mis
et les mensonges
détours, les faux-fuyants
et les capitaines
les propriétaires
en usage par
Annales de littérat. médic.
seur de médecine à Bamberg;
étrang. t. II, page 64. --- Page 248 ---
TRAITÉ
d esnaires marchands
>- pour cacher les morts
qu'ils ont, perdus pendant le voyage, afin de
soustraire à la quarantaine qui
se
quelquefois
produit un retard
trés-pr@judiciable à leurs intérêts.
Cette cause peut cacher l'origine de cette
fièvre, de manière à ce qu'on l'attribue à la seule
influence du climat ou à des causes locales.
No XCVI.
Y'on a nié sa nature contagieuse
Mexique elle revient
, parce qu'au
mêmes
avec trop de constance aux
époques, pour n'y être pas
commne endémique,
regardée
qu'aux colonies elle est épidémique, et que, tenant à l'influence générale du
climat, iln'ya pas besoin de recourirà celle d'un
miasme particulier pour expliquer sa formation
et sa propagation : en admettant comme
vées, ces dernières
proucisément des
propositions, qui sont prépoints contestés, n'en faudrait-il
encore rien' conclure en faveur de la non contagion, car il cst des maladies
endémiques et
épiléniques qui sont bien évideniment contagicuses.
C Les maladies les plus contagieuses elles-mémes
sont, dans leur marche comme dans leur
propagation, jusqu'à un certain point, soumises
aux influences
atmosphériques, comme l'avait
tant comme
vées, ces dernières
proucisément des
propositions, qui sont prépoints contestés, n'en faudrait-il
encore rien' conclure en faveur de la non contagion, car il cst des maladies
endémiques et
épiléniques qui sont bien évideniment contagicuses.
C Les maladies les plus contagieuses elles-mémes
sont, dans leur marche comme dans leur
propagation, jusqu'à un certain point, soumises
aux influences
atmosphériques, comme l'avait --- Page 249 ---
FI-VRE JAUNE.
DE LA
de Marobservé Richard Méad: (1)5 ainsi la peste
diminuait subitement à une
seille,. en- 1720,
reparaitre dans une
époque de l'année, 2 pour,
fois dans Alais,
elle cessa deux ou trois
antre,s
évisuccessivement, ce qui prouve
et reparut
Poilroux
après Sauvager,
demment, dit M.
(2),
entretenue par la constitution
qu'elle était autant
son caractère contagieux 3 cepende l'air, que par
d'une chose contra
dant on part: de-là, comme comment une mac
se demander
dictoire , pour
de
, qui n'est pas contagteuse
ladie endémique devenir ? Comment se fait ce
le
sa nature, peut
comme impossible?
changement, qu'on regarde
raison, cela
s'en rendre
Quand on ne pourrait la vérité du fait, si elle
importerait assez peu à.
observations analoétait bien constatée, si des
militaient encore en sa faveur (a). Effectigues
Méad, Dissert. de pestifer. contagionis natura.
(:)
maladies chroniques, couronné par la
(2) Mém. sur les
15. Paris, 1812.
Société de Montpellier 2 page
de
(a) Nous ne sommes pas assez affranchis en médecine,
de ne croire que les choses que nous, ne pouvons
la manie
celles
notre
expliquer, et de révoquer en doute
quipassent devait être
intelligence, comme si tel ou tel phénomène
nié parce que ses causes échappent à nos. recherches. les,
de
sommes si éloignés de connaitre tous agens
e Nous dit le célèbre Laplace * 2 qu'il serait peu phi-
> la nature, a
XII. In-h.
*Théorie analyt. des probabilités, etç. Paris 3 an 15
ons
la manie
celles
notre
expliquer, et de révoquer en doute
quipassent devait être
intelligence, comme si tel ou tel phénomène
nié parce que ses causes échappent à nos. recherches. les,
de
sommes si éloignés de connaitre tous agens
e Nous dit le célèbre Laplace * 2 qu'il serait peu phi-
> la nature, a
XII. In-h.
*Théorie analyt. des probabilités, etç. Paris 3 an 15 --- Page 250 ---
TRAITÉ
vement, l'histoire de la médecine et l'expérience
journalière, prouvent que dans plusieurs circonstances et par l'influence réunie du climat, de la
saison, des localités , des dispositions individuelles, > les maladies
épidémiques sont devenues
contagieuses.
Pourquoi
répugner 7 a dit Mahon (1), à croire
qu'un virus Particulier puisse s'engendrer dans
un pays, 2 à une certaine époque, et par l'effet de
causes le plus souvent inappréciables, mais dont
> losophique de nier l'existence des
D
ment parce qu'ils sont inexplicables phénomènes, dans l'état actuel unique-
> nos connaissances. Seulement nous devons les. examiner de
> avec une attention d'autant plus scrupuleuse qu'il
> plus difficile de les admettre ; et c'est ici
parait
> des probabilités devient,
que l'analyse
indispensable pour déterminer
> jusqu'à quel point il faut multiplier les observations et
wles expériences. >)
Ily a long-temps que le sceptique Montaigne a cherché à
nous mettre en garde contre ce désir ambitieux, plus nuisible qu'avantageux aux progrès des sciences ; lorsqu'il
dit C qu'il voyait souvent les hommes aux faits qu'on leur
> propose , s'amuser plus volontiers à en chercher la raison
> qu'à en chercher la vérité ; ils laissent là les choses, et
> s'amusent à traiter les causes.
> Les effets nous touchent, mais les moyens nullea ment *>
* Essais de Montaigne, , 1.3, ch. 2.
(4) Hist. de la médec. clin. P. 231. --- Page 251 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
est facile à concevoir, lorsque
la possibilité
le prouvent : elle peut
d'autres faits analogues
au
donc être endémique et très-peu contagieuse
Mexique et acquérir ce dernier caractère. l'action de
de
Parmi les maladies dépendantes
d'autres
il en.est de contagieuses et
ces causes 1
le devenir.
qui ne le sont pas 2 mais qui peuvent d'exemLa pratique ne nous présente que trop
conversion dans les fièvres des priples de cette
vaisseaux et des hôpitaux.
sons, dans celle des
semblable,
Zimmerman (1): a fait une remarque
épidémiques, qui ie
dans quelques dysenteries
Faccumalation
devinrent contagieuses que par
dans un espace
des malades etleurrappychenent
très-resserré.
J'ai été à portée d'eh vérifier l'exactitude penl'hiver de Tan II. (179+), dans la division
dant
dont jéais chirurgien
du général Desboureaux,
devant
cette division était baruquée
en chef;
nombre de dyMayence; ; nous eàmes un grand
qui prirent, dans le seul et mativais
senteries,
fut affecté pour hôpital, dans le
local qui nous
vraiment
village d'Ohéringshem, un caractère
aux
contagieux, 2 qui se conmsniguktropidenecat dans le voiblessés et aux autres malades placés
sinage, tandis que ces mêmes hommes répartis
(1) Traité de la dysent. p. 319 et 330.
dyMayence; ; nous eàmes un grand
qui prirent, dans le seul et mativais
senteries,
fut affecté pour hôpital, dans le
local qui nous
vraiment
village d'Ohéringshem, un caractère
aux
contagieux, 2 qui se conmsniguktropidenecat dans le voiblessés et aux autres malades placés
sinage, tandis que ces mêmes hommes répartis
(1) Traité de la dysent. p. 319 et 330. --- Page 252 --- TRAITÉ
en petit nombre dans les hôpitaus
mieux aérés de
plus vastes et
hem
Binguen, Creutznack, Soubrenet autres , placés sous les derrières de l'armée, ne le communiquaient pas à ceux
couchaient dans les mêmes *
qui
salles., ce qui semble
prouver que les maladies
contagieuses ou non
contagienses de leur nature
caractère des
, peuvent tenir ce
circonstances particulières où se
trouvent les malades, de leur rapprochement
plus ou moins grand, de l'emplacement des hôpitaux 2 etc. C'est la manière de voir du docteur
Valentin (1) qui conçoit tres-bien, ( en
> de la fièvre jaune, qu'une maladie
parlant
qui in'est
)) contagieuse dans T'origine, le devient
pas
> fois consécntivement ainsi
quelqueque je l'ai exposé, n
NXCVIL,
Tous les praticiens ont élé à même de se convaincre que les vapeurs qui s'élèvent du
humain, même dans l'état de santé, à plus' corps forle
raison dans celui de maladie, abstraction faite
de la diminution
d'oxigenc, sont funestes à ceux
qui les respirent, 7 beaucoup plus, je
celles qui émanent de la
pense 1 que
décomposition
des matières animales
putride
; car 2 sans adopter entiè-
(1) Mémoire cité, page 27. --- Page 253 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
du
idées un peu paradoxales
rement quelgjues
Tinomité des miasmes,
docteur Chisholm (1),sur
doit convenir que
animales, on
des substances s'élévent du corps des malades
les vapeurs qui
le prouver, je ne
sont plus dangercuses : pour si souvent cilée des -
répiéterai pas T'observation dans une étroité prison
soldats anglais, enfermés
d'Oxford, etc.
celle des assises
-au' Bengale,
miasmes animaux qui ont
Callen dit que-les
acquiérent une
séjourné dans un lieu peu aéré,
sur, le
telle virulence , que s'ilsis sont appliqués une maid'une homme sain, ilsproduisent
ccorips
Cette assertion, qu'il
Jadie très - contagiense.
comme leifrait der sa longue expérience,
donne
exacte ? ATV 19 Mil
-est-elle parfaitement admettre, avec les auteurs de
odoI Dévons - nous
comme causes de
l'Essai sur la contagion (2)39
animal,
un gaz
toutes les maladies contagieuses.,
le docparticulière 7- que
une vapeur spécifique
oxide d'azote, que
teur Mitchill croit être un gaz
qu'aucune
lon est antorisé à sonpconner. , l'existence quoi
? On
expérience directe" n'en prouve
de penser avec Sydenham 2
ne pent s'empécher *
() Ann. de liitérat. méd. étrang. no 74-1811.
par MMI. Cattel, Gardet,
(3) Essai sur la comtagion,
p. 259.
7- que
une vapeur spécifique
oxide d'azote, que
teur Mitchill croit être un gaz
qu'aucune
lon est antorisé à sonpconner. , l'existence quoi
? On
expérience directe" n'en prouve
de penser avec Sydenham 2
ne pent s'empécher *
() Ann. de liitérat. méd. étrang. no 74-1811.
par MMI. Cattel, Gardet,
(3) Essai sur la comtagion,
p. 259. --- Page 254 ---
TRAITÉ
qu'il existe réellement un gaz produit de l'animalisation, d'un travail organique etv vital particulier,
sans' lequèl bil-n'y a pas.de germe de contagion.
N'est-cep pas pouravoir outré ce principe del'animalisation-du contagium, que Kircher a imaginé
les animacules comme causes de la contagion ?
Hypothèse que parait avoir adoptée Linnée (1).
Un grand nombre de faits, dans l'examen desquels je ne dois pas entrer 2 : me portent à regarder
les miasmes contagieux comme un produit
ticulier de la vitalité dans l'état
parpathologique, ou
comme le résultat d'une élaboration particulière
des organes malades. Ce qui appuie ma manière
de.voir, c'est: que l'air insalubre des marais les
plus infects, que l'on ne peut respirer impunément pendant un temps très-court, ne, s'attache
jamais aux: vêtemens.et aux effets qui sont exposés
à son contact, de manière à pouvoir produire,
au bout de.tres-peu-de temps, une maladie semblable à celle qu'il occasionne à ceux quile respirent sur les lieux, tandis que ces mémes malades réunis dans un petit espace, peuvent
devenir , pour ceux qui les approchent, commie
pour les étoffes de laine, de coton, des foyers
(1) Amenit. acad. V. 5; Dissert. 82; Exanthemata
viva. --- Page 255 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
s'exhale pour s'attacher et être
d'ou le contagium
la maladie à ceux
porté au loin, et communiquer
qui sont exposés à son contact. matières animales
des
Les vapeurs quis'dlévent sont concentrées 1
lorsqu'elles
en patréfaction,
; nais les
donnent lieu à des fièvres adynamiques la faculté
effets qui y sont exposés n'ont jamais conserver
de produire cette maladie; ils penvent inconodeur désagréable > mais c'est le seul
une
aient pour la santé.
vénient qu'ils
chimistes,
L'opinion de l'un de nos plus grands
autant par Tautorité de son
n'ajoute-telle pas 2
ingénieuses,
nom, que par quelques expériences de plus à notre manière
un trait de vraisemblance
spontané de la
de considérer le développement
la condensation
contagion. Ce savant pense que
del'azote en est la cause ; c'est une sur-azotation
animaux les plus subtils (1).
des principes
de celle
Si cette hypothèse , qui se rapproche
se vérifiait 2 l'on ne serait plus surde Mitchill,
de maladies contagienses
pris de rencontrer plus
toutes
dans les pays chauds oût elles ont presque
naissance et d'oà nous vient encore la peste ;
pris
la rougeole, la petite vérole, la
d'oii la lépre,
où les.solides et les
syphilis tirent leur origine ;
%
Moyens de désinfecter l'air, par M. Guytone-Morvreat's
()
p. 246.
che
se vérifiait 2 l'on ne serait plus surde Mitchill,
de maladies contagienses
pris de rencontrer plus
toutes
dans les pays chauds oût elles ont presque
naissance et d'oà nous vient encore la peste ;
pris
la rougeole, la petite vérole, la
d'oii la lépre,
où les.solides et les
syphilis tirent leur origine ;
%
Moyens de désinfecter l'air, par M. Guytone-Morvreat's
()
p. 246. --- Page 256 ---
TRAITE 0 3: .
fluides sont plus animalisés, la proportion dl'azote, dit-on, plus considérable. 9
S'il était permis de itirer quelquesinductions
des expérienices curieuses de M. Nysten (a), sur
les qualités de:lair rospiré danis différentes maladies, lon trouverait qu'elles semblent appuyer
Fopinion de M, Guyton. M. Nysten rai reconnu
cetteaugmentation d'azote dans-lesifièvres adynaSoasdeta-aiwgarea Lesurines
etd'autrese excrétions contenaient 4 uneplusgrande
proportion de matière animale dans lune et
Tautre maladie.
XCVITI,
Da
*
RT
Nous, nous sommes un peurécartés de
lion;
la.ques:
revenons-y en remarquant qusl ne répugne
pas de. croire que la fièvre. jaune, n'ait puj primi:
tivement et ne puisse encore dépendre de lin:
fluence du climat, sans qu'on mne doive, rien en
inférer contre" son caractère contagieux. : elle ne
devait pas reconnaitre d'autres causçs., chez les
prenières personnes qui 'en furent attaquées au
Mexique.
* 3 a On sait- que dansles lieux où une maladie conlagieuse a une fois régué avéc un caractère gés
néral, , elle peut éclater de nouveau, 2 quand les
(1) Recher. de physiol. et de chimie, p. 193. --- Page 257 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
'II y a
circonstances se renouvellent.
mêmes
bien des médecins qui penpourtaut maintenant
disent que celte prosent le contraire, ct qai
créer un principe
priété du corps vivant de se
externe,
sans'ancune comminnication
contagienx,
de nombreuses
T'analogie'et par
est déméntie'par
la
2 la
observations : ainsi la peste, 2
gonorrhiée
la variole, la scarlatine 1 2 Thydrophorougeole,
toujours. par combie, nous viennent presque
assez
munication; ; mais enfin ilya des exceptions
fréquentes.
No XCIX.
On a dit que la fèvre janne était épidémique
3 mais comme l'observe judiet non contagiense
une erreur funeste
cieusement M.Gasc (1), kipar
à'la thiéorie de la contagion, on a trop' : 'souvent
>)
épidémiques avec
les constitutions
) confoudu
ét souvent on a nié
2). lesit fievrgs contagieuses, existait réellement. >)
a la contagion.1 lorsqu'elle
que 4oLes différentes causes, tant générales la fièvre
notis avons attribué
cales, auxquelles
réunies et
jatine, n'ont-elles pas pu se trouver Thiflnenee
acquérir assez' d'émergieporasimber
2 : et pour qu'on soit porté
des miasmies contagieux
trés-attentifyqu'ils
às croire, à moins d'unexamen
:
() Du Typhus cont, disc. pretim,
la contagion.1 lorsqu'elle
que 4oLes différentes causes, tant générales la fièvre
notis avons attribué
cales, auxquelles
réunies et
jatine, n'ont-elles pas pu se trouver Thiflnenee
acquérir assez' d'émergieporasimber
2 : et pour qu'on soit porté
des miasmies contagieux
trés-attentifyqu'ils
às croire, à moins d'unexamen
:
() Du Typhus cont, disc. pretim, --- Page 258 ---
TRAITÉ
n'y contribuent pas., Quand cette fièvre serait
épidémique, elle n'en serait pas moins
gicuse. Ne sait-on pas que lorsque les
contaépidémies
prennent un caractère
il n'est
rare de les voir devenir tres-grave,
pas
l'attestent Graut,
contagieuses, comme
Pringle et Hildenbrand, et
comme l'expérience le démontre, surtout dans
les hôpitaux et les prisons.
Enfin, un court parallèle entre les maladies
épidémiques proprement dites, et
prouvera que la fièvre jaune
contagieuses, >
dernières.
appartient à ces
L'épidémie attaque indistinctement les habitans d'une ville ou d'une contrée soumises à l'influence générale des causes qui la
La fièvre jaune épargne ordinairement produisent.
tilles les anciens
aux Ancolons, les nègres et tous ceux
qui en ont été atteints.
L'épidémie peut revenir plusieurg années de
suite chez les mémes
elle
individus,
est plus
meurtrière, plus générale dans son
elle va successivement
invasion,
en diminuant : c'est le
contraire pour Ia fièvre jaune ; celle-ci peut étre
resserrée, 2 bornée à un quartier, on peut l'éviter
en restant chez soi, sans aucune communication
avecl'extérieur, rien de semblable dans les épidémies ; ces dernières impriment bien le même
cachet à toutes les maladies
réguantes; mais elles --- Page 259 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
et si uniforsont loin d'être aussi parfaitement maladies fébriles
mément semblables que les d'un même miasme;
contagicuses qui dépendent infiniment plus de ravages
ces dernières font
entassés, qui ne peuchez les pauvres, qui isont emploient souvent
de linge, qui
vent changer
servi aux personnes mortes
les effets qui ont chez les gens aisés; c'est
de la maladie, que observé dans la fièvre jaune
aussi ce que l'on a
dans cclle de Livourne.
d'Espagne,
meurtrières
Les épidémies ne sont pasaussi
une marche si promptement
et n'ont jamais
ne soient contagieuses.
funeste à moins qu'elles démarcation qui doit
Jusqu'ici la ligne de
et celles
exister entre les maladies contagieuses n'a pas été assez
qu'on nomme constitutionelles leur influence récibien tracée, non plus que n'ont pas assez bien
proque. Les pathologistes différentes sources morapprécié et comparé ces
d'assigner
bifiques, pour qu'il me soit possible à chactine
le caractère propre
avec précision d'ailleurs m'écarter trop de mon
d'elle, ce serait
sujet.
No C.
le
N'objectera-t-on pas encore que, 2 d'après Gévre,
que Y'assigue à celte
caractère gastrique
leur influence récibien tracée, non plus que n'ont pas assez bien
proque. Les pathologistes différentes sources morapprécié et comparé ces
d'assigner
bifiques, pour qu'il me soit possible à chactine
le caractère propre
avec précision d'ailleurs m'écarter trop de mon
d'elle, ce serait
sujet.
No C.
le
N'objectera-t-on pas encore que, 2 d'après Gévre,
que Y'assigue à celte
caractère gastrique --- Page 260 ---
TRAITÉ
elle ne peut, être, rangée dans, la classe des
maladies contagieuses ?
J'ai dit que ce n'était pas une fièvre
el que l'irritation des organes.
simple
forme, un.des.traits
gastriques qui.en
principaux età laquelle
vaient se rapporter tous les. autres
pouavait un caractère spécifique,
symptômes,
quila
un peu de celle de nos climats
distinguait
laquelle néanmoins
septentrionaux;
peut devenir
comme l'a entrevu
contagiense,
Pringle, et comme l'observa
Einke.(1) dans celle qui régnait dans le Teklembourg, en Westphalie, dans l'année
Elle débulait souvent, surtout dans la classe 1776.
indigente, par une sorte de contagion,
In'est pas plus difficile de concevoir cette
phlogose da systeme gastro ait hépatique comme
dépendante d'un miasme délétère qui
à nos sens 7: que beaucoup d'autres inflammations échappe
.internes dont les causes nous sont incopnues;
il né faût pas même préter à cet agent nuisible
une manière d'agjr différente de celle des autres
causes morbiliques.
uNor
La maladie observée par M. Larrey en Egypte,
décrite sous le nom de fièvre jaune, laquelle
compliquait les plaies d'armes à feu, était une
(1) De Morbis biliosis. --- Page 261 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
rémittente accompagnée de mafièvre bilieuse
le docleur Witlignité, ainsi que le reconnait récllement conman 3 mais il parait qu'elle était
elle
tagieuse. La manière prompte avec laquelle de lé+
déclarait chez. les individus qui, avec
se
dans le lit de ceux
géres blessures, passaient
de 4
qui en étaient morts ou qui s'approchuient à M. Larceux qui en étaient attaqués, persuada
rey qu'elle était contagieuse (1). même armée, a
M. Balme (2), médecin à la
émis une opinion à peu près pareille.
caracD'ailleurs la contagion forme-t-elle un
essentiel et bien distinct entre les maladies?
tère
des fièvres ne sont-elles pas suscepLa plupart devenir? Celles qui se ressemblent
tibles de le
céssentdans ce seul point,
en tout, excepté
? Ne péuventelles pour cela d'être identifiques
cette faculté? S'il en était ainsi,
elles pas acquérir autorisé à la regarder comme
ne serait-on pas accidentelle, qui ne change pas
une circonstance
la nature de la maladie?
là le sentiment de quelques
N'est-ce pas
toutes les fièvres
médecins qui assurent que
mauvais caractère des pays chauds et pad'un
de devenir contagieuses?
lustres sont susceptibles
(1) Mém. de chirurg. milit. t. 2, P. 22.
(2) De Etiologia generali contagii, P- 43.
ir autorisé à la regarder comme
ne serait-on pas accidentelle, qui ne change pas
une circonstance
la nature de la maladie?
là le sentiment de quelques
N'est-ce pas
toutes les fièvres
médecins qui assurent que
mauvais caractère des pays chauds et pad'un
de devenir contagieuses?
lustres sont susceptibles
(1) Mém. de chirurg. milit. t. 2, P. 22.
(2) De Etiologia generali contagii, P- 43. --- Page 262 ---
TRAITE
M. Rasnel (1) cite, pour appuyer cette asser
tion, l'exemple des fièvres de plusieurs parties
de l'Italie,
Il suit de ce que nous venons de dire que
l'objection tirée du caractère bilieax que nous
avons assigné à cette fiévre ne prouve rien
coutre sa susceptibilité à devenir contagiense,
CI.
Les variétés peu nombreuses qu'elle présente
ne prouvent pas davantage. Les mêmes miasmes
ne peuvent en effet produire des maladies de
nature différente; mais les circonstances locales
ouindividuelles sont dans le cas d'y apporter des
modifications.
La peste en a offert des exemples bien frappans dans les divers aspects sous lesquels elle
s'est montrée à l'observation des derniers médecins français qui. ont séjourné en Egypte.
Jamais la fièvre jaune n'a présenté autant de
différence.
(1) Mémoire sur l'influence des marais et des étangs,
p. 170. --- Page 263 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No CII.
dernière objection se tire de l'autorité
Une
médecins distingués, qui ne rede plusieurs
contagieuse.
gardent pas cette fièvre comme
n'aMais dans la peste de Marseille, en 1720,
médecins,
de la plus
t-on pas vu des
2 jouissant
et d'un mérite non contesté,
haute considération
? tels que MM. Chinier son caractère contagieux
Deidier, Chicoineau, Verny, etc. (1).
rac,
observons,
Avant de réfuter cette objection
maxime de politique universellement
1°. qu'une
sans doute, de
admise, dans le but très-louable,
les citoyens, de maintenir la tranquilrassurer
le
le
lité, est de cacher, autant qu'on
peut,
véritable caractère des maladies de cette nature.
n'était
cette raison on aurait lieu
Si ce
pas
méd'être surpris de la logique de quelques
decins des États-Unis, qui disent que la fièvre
jaune est indigène, non contagieuse > qu'elle
été importée, et qu'elle ne
n'est et n'a jamais
même pas l'être; mais qu'il faut néanmoins
peut
s'opposer à
prendre toutes les précautions pour
son introduction et à sa propagation, entretenir
établir des quarantaines, faire
des Lazarets,
(1) Foyez le Journal des savans des années 1721 et
1772; mois de mars, mai, etc.
qui disent que la fièvre
jaune est indigène, non contagieuse > qu'elle
été importée, et qu'elle ne
n'est et n'a jamais
même pas l'être; mais qu'il faut néanmoins
peut
s'opposer à
prendre toutes les précautions pour
son introduction et à sa propagation, entretenir
établir des quarantaines, faire
des Lazarets,
(1) Foyez le Journal des savans des années 1721 et
1772; mois de mars, mai, etc. --- Page 264 ---
TRAITÉ
éprouver de grandes pertes et de
au commerce,
longs retards
, pour prévenir un mal
qui ne peut avoir lieu; certe un
imaginaire
nement suppose des motifs
pareil raison -
péchent de dévoiler la vérité. particuliers qui em2°, Que la. lecture attentive, des
l'on nie l'existence de la
ouvrages oit
jaune
contagion de la; fièvre
prouve qu'ily a
tion: dans ces
toujours quelque : restricnégations : elles. ne sont,
lues, et ces mêmes
pas. absoobservations,
ouvrages renferment des
concluntesen faveur, de
contraire.
F'opinion
5°.Que les vérités les moins
d'être universellement
contestées, avant
grandes
admises, ont éprouvé de
de fortes coatradictions, et ont eu. à surmonter
pris
oppositions. Ne soyons donc pas surque. l'on. révoque en doute le caractère
tagieux de cette
conmérite de Stoll fièvre, 2 lorsqu'un médecin du
cles
a nié, contre l'autorité des
et des exemples malheurensenient
sié
breux, celui de la peste.
trop nomLes expressions de ce praticien célèbre
laissent pas le plus petit
ne
)) rait la
doute : ( celui qui iniecontagion même de la
)) lui
peste, celui
assignerait un caractère
qui
)) mun, , qui s'appliquerait
épidémique cole /.
)) qui n'agirait
égalementà tous, 2 Djais
pas sur tous, 7 qui ferait
)) cette cause de la saison, de la dépendre
constitution
breux, celui de la peste.
trop nomLes expressions de ce praticien célèbre
laissent pas le plus petit
ne
)) rait la
doute : ( celui qui iniecontagion même de la
)) lui
peste, celui
assignerait un caractère
qui
)) mun, , qui s'appliquerait
épidémique cole /.
)) qui n'agirait
égalementà tous, 2 Djais
pas sur tous, 7 qui ferait
)) cette cause de la saison, de la dépendre
constitution --- Page 265 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
plutôt que d'un ballot delaine,
> atmosphérique,
avancerait un
mais en même temps 2
))
paradoxe;
service il
vérité importante et quel
)) quelle
)) rendrait (1) ).
recommandable,
Ce praticien, si justement
bornes
s'est-il
laissé entraîner au-delà des
ne
pas
l'influence trop
de la rigoureuse observation, par
dontil
grande qu'il attribuait aux constitutions, heuavait fait une étude si approfondie et de si
à la connaissance et au traireuses applications
tement des maladies?
Le docteur Assalini (2) qui, tout récemment
observer la peste dans les lieux oit
encore, a pu
elle revient chaque année, adopte cette manière
de voir.
rien' conclure contre notre senIl ne faut donc
des autorités respectables qui lui sont
timent,
que outre les faits qui T'apcontraires 2 parce
faveur un nombre
puient, il compte en sa
plus
considérable de médecins 1 non moins célebres, 7
indépendamment de ceux dont j'ai déjà fait une
mention particulière.
Je citerai Gullen (5) et son savant commen.
(1) Médec. prat. deuxième part. P: 232.
(2) Observation sur la peste, $ le flux dysentérique,
Paris, an IX.
(3) Médec. prat. t. t.
--- Page 266 ---
TRAITÉ
tatêur, le Collége des médecins de Philadelphie (1), celui de P'Académie de médecine
Madrid, une association récenté des
de
médecins de
premiers
Londres, formée par lordre du
roi, sous le titre de Bureax de Santé.
de cetté Société est d'éclairer le
L'objet
anglais sur les meilleurs
gouvernement
l'introduction dès
moyèns de prévenir
maladies
arrêter les
contagieuses et d'en
progrès; ellé a publié, à cet
différens rapports traduits
le
effet,
noir
par
docteur Mau-
(2), dans lesquels ellé range la fièvre
Parmi les maladies contagicusés
jaune
; c'est
nion de M. Sédillot, qui l'a comparée anssilopi- à la
( avec Jaquelle elle a de Tanalogic, elle peste,
) fréquemment les villes maritimes des aflige
>
EtatsUnis et des iles, elle a épouvanté
5) et lorsqu'elle a désolé Cadix,
TEurope,
) croyait bien à l'abri d'un
Malaga, on' se
pareil fléau conta-
) gieux. ))
Le célébre professetr Hildenbrand (5) classe
aussi celte maladie à côté de la peste, parmi les
typhus malins éninemment contagiéux
assertion, appuyée
: cette
du'suffrage de son traduc-
(r) Recueil périod, de la Société de médecine,
18r1.
Février,
(2) Même journal. Juillet, 1811.
(3) Ouvrage cité, page S 18.
il fléau conta-
) gieux. ))
Le célébre professetr Hildenbrand (5) classe
aussi celte maladie à côté de la peste, parmi les
typhus malins éninemment contagiéux
assertion, appuyée
: cette
du'suffrage de son traduc-
(r) Recueil périod, de la Société de médecine,
18r1.
Février,
(2) Même journal. Juillet, 1811.
(3) Ouvrage cité, page S 18. --- Page 267 ---
DE LA PIÈVRE JAUNE.
dans vingt endioits de
teur, se. trouve répétée
propres à
son ouvrage , avec des développemeus
lever bien des doutes. la fièvre jaune est si faGiannini (1) dit ( que
communicable par le seul contact,
> cilement
personmé qui en
y quil n'est plus aujourd'hui
il la
doute ). Et ailleurs, ton. 2, pag. 99,
>
place à côté de la fièvre pestilentielle:
docteur Rubini (2), sans nier Tiufluence
Le
et'la marche
de la chaleur sur le développement qu'elle a ube
de la fièvre jaune,' croit néanmoins
origine miasmatique.
la regardait aussi
Le professeur Tourtelle (5)
de
une maladie contagieuse : en parlant
comme
des côtes du Mexique, il dit
la partie inférieure
fièvres bilieuses rémit-
(C qu'on y est exposé à dès
et
qui y sont très-conta-
) tentes intermitténtès
> gieuses. )
Cibat, médecin de la
Le docteur don' Antonio
de Madrid, a fait beaucoup de recherches
cour
et la mantère dont se propage la
sur l'origine il était à portée d'avoir les renseifièvre jaune;
(x)1 De la nature de la fièvre, t. 2,P. 134.
Riflessioni sul le fcbri chiamate gialé e sui con-
(2)
tag., etc. P. 78.
(3) Élémens d'hygiène, t. I, P. 1g2. --- Page 268 ---
TRAITE
gnemens les plus positifs: il affirme que celle
dont fut aflligée Cadix, en 1750 et 1800, celle de
Malaga, en 1741 l'et 1803, avaient étéimportées;
qu'elles s'étaient d'abordmanifesées dans les cabarets etles maisons fréquentées par les marins;
il ajoute gue celle qui règna à Malaga, en 1803,
parut éteinte pendant le froid de
Thiver, pour
reparaître avec plus de violence en 1804. Les
seuls moyens de l'éçarter
-
> dit-il, sont Tisolement,
la séquestration sévère, les cordons de troupe, les
lazarets, etc. (4).
Je puis encore m'étayer du témoignage de
sieurs médecins de la marine et des colonies, pluqui ont fait de cette maladie le sujet de leurs
recherches. Je crois qu'on doit attacher du prix
à leur opinion, comme à celle de tous les praticiens qui,se sont bornésà exposer les faits, sans.
avoir aucun système à soutenir.
M. le Fort, dans la dissertation
Ja
inaugurale sur.
contagion, s'efforce de prouver par des faits,
la nature contagieuse de la fièvre jaune (2).
M. le docteur Regnaud, officier de
santé, entretenu, de première classe, parvient au même
(1) Memorias sobre la calentura amarilla
Mem. I.
contagiosa 1,
(2) Dissert, sur les maladies contag. Paris, 1806.
système à soutenir.
M. le Fort, dans la dissertation
Ja
inaugurale sur.
contagion, s'efforce de prouver par des faits,
la nature contagieuse de la fièvre jaune (2).
M. le docteur Regnaud, officier de
santé, entretenu, de première classe, parvient au même
(1) Memorias sobre la calentura amarilla
Mem. I.
contagiosa 1,
(2) Dissert, sur les maladies contag. Paris, 1806. --- Page 269 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
bien concluantes (1)-
but à l'aide d'obserxations
avec beauM. Prépetit (2) a aussi développé
de clarté ses vues à cet égard; ; il les a apcoup
nombre de faits bien propres
puyées d'un grand
contagieux de
à militer en faveur du caractère
ceux
cette fièvre : aussi est-il entraîné .contre suiqui le révoquent en doute > aux conclusions
trop rigoureuses. ( On
vantes', qui me semblent
idée semblable
dit-il, qu'une
>> ne peut penser, la tête d'un homme éclairé,
> ait pu entrer dans
dans les lieux où cette
> s'ils'est surtout trouvé
)) maladie a exercé ses ravages >.
faits
M. Gilbert, après avoir rapporté des
pour
et contre 2 n'ose prononcer.
fortement la
Les personnes qui nient le plus
contagton de cette fièvre; ne peuvent s'empéle nombre et Pévidence des
cher 2 entrainées par distinctions et des restrictions
faits, d'établir des
lour emplus ou moins subtiles, qui prouvent Ainsile docbarras pour faire accorder les faits.
Valentin
se demande si elle est contateur
(5)
n'est
à la manière des
gieuse, et dit que ce
pas
des obserautres épidémies. Après avoir rapporté
points d'hygiène navale, Paris,
(1) Essai sur quelques
1810.
(2) Dissertation citée. Paris , 1804.
(3) Mémoire cité, page 92. --- Page 270 ---
TRAITÉ
vations pour ct contre, il ajonte (
ne
) suit pas de ce qu'elle ne
qu'il
s'en
peut se
> Par le contact, , comme Ia peste. commnniquer
> qu'cllenepuisse
2 par exemple,
produire cet
>
effetdanscertsines
circonstances >; c'est à peu près tout ce
me proposais de prouver.
queje
M. Dalmas (1) tient un langage
lorsqu'il convient
peu différent,
que dans les endroits où tout
concourt à lui donner un grand degré
il est impossible de
d'énergie,
méconnaître son caractère
épidémi-contagieux; ; puis il ajoute : (( que si une
> maladie est réputée contagieuse
> un foyer, quoiquehornédaus parce qu'elle a
ses
d'où
)) clle se
limites,
répand, des causes puissaptes qui l'ali-
> mentent, une énergie prodigieuse qui atteint
)) toutes les personnes renfermées dans le cercle
) de son aclivité, et qu'il est
,
impossible.d'éviter
) autrement queparla fuite; on ne pourra se dis-
> penser de le donner à la fièvre
jaune, quels
>) que soient d'ailleurs le véhicule et les
>
moyens
qui servent à la propager. ) Peut-on rien dire
de plus positifen faveur de la
contagion ? ce sont
pourtant là les propres expressions de deux de
ses plus célébres antagonistes. Ne doit-on
être surpris de voir le même auteur
pas
assurer
ne
faut pas la considérer comme une maladie qu'il
() Mémoire cité, page 29-
fièvre
jaune, quels
>) que soient d'ailleurs le véhicule et les
>
moyens
qui servent à la propager. ) Peut-on rien dire
de plus positifen faveur de la
contagion ? ce sont
pourtant là les propres expressions de deux de
ses plus célébres antagonistes. Ne doit-on
être surpris de voir le même auteur
pas
assurer
ne
faut pas la considérer comme une maladie qu'il
() Mémoire cité, page 29- --- Page 271 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
susceptible d'être transportée d'un
sppradique
qu'il faut
lieu à un autre? Il croit, au contraire,
atlachée aux
la regarder comme essentiellement cela les pays
lieux où elle se manifeste ; d'après
de la
n'ont pas chez eux les causes capables
qui
rien à craindre
développer 2 n'ont ordinairement
Livourne 7 Cadix, Malaga 2
de son voisinage.
été des siècles sans avoir
Séville , etc. ont donc
à favoriser son développeles causes propres
avec les navires sur
ment; elles y sont arrivées
de fièvre
lesquels ily avait des hommes attaqués
jaune.
Le nom même de fièvre miaunatigue-ataxige sembledevoir lui donner M. Bally nc
qu'a cru
d'un miasme, d'une matière
t-il pas porter l'idée
subtile contagieuse. observateur, qui a donné
Jackson, très-bon
de cette maladic, conune excellente description
vient tacitement de sa nature contagieuse, par
a cru devoir lui donner de fièvre
le nom qu'il
des Indes occidentales, 2 et
endémiqué contagieuse
il
connue
pour qu'on ne s'y trompe pas ajonte,
sous le nom defièvre jaune (1).
An out line of the history and cure of the fever en-
(1)
the contagious fever
demic and contagious more éxpressely Jachsor.
of sails ships and hospitals : etc. by R. --- Page 272 ---
TRAITÉ
No CIII.
Il est temps de terminer cet article
long. Sijai tant insisté sur
déjà trop
cette question, c'est
qu'elle m'a paru du plus grand
intérêt, et
jai cru remplir les vues de la Société
que
former au
et me conProgramme, en m'efforçant de
tous les nuages
dissiper
quillobscurcisasient. J'aurai mal e
rempli mon objet et je serai bien trompé si je
parviens pas 5 non que je pense
n'y
encore donner licu à de
qu'elle ne puisse
en raisonnant
longs débats, surtout
comme le font encore
médecins et particulièremens
quelques
aux Etats-Unis,
lorsqu'on leur oppose que cette fièvre a toujours
commencé à se déclarer dans le
vaisseau arrivant d'un
voisinage d'un
maladie
port infecté sur lequel la
s'était montrée ; qu'elle a commencé
dans les lieux otil a déposé sa
asévi sur ceux qui ont
cargaison; qu'elle
communiqué avec ce bâtiment : la réponse est
que, d'après ces faits et
ceux dont j'ai fait mention, 2 on aurait tort de
croire qu'elle est contagieuse et qu'elle a étéimportée; puisqu'elle n'est pas importable et
ne faut que de la vase ou un tas d'ordure qu'il à la
portéd du vaisseau 2 pour trouver Sa véritable
cause , et comme il est toujours facile d'en rencontrer dans tousles ports, on peut prévoir qu'en
raisonnant ainsi, la discussion sera interminable;
avec ce bâtiment : la réponse est
que, d'après ces faits et
ceux dont j'ai fait mention, 2 on aurait tort de
croire qu'elle est contagieuse et qu'elle a étéimportée; puisqu'elle n'est pas importable et
ne faut que de la vase ou un tas d'ordure qu'il à la
portéd du vaisseau 2 pour trouver Sa véritable
cause , et comme il est toujours facile d'en rencontrer dans tousles ports, on peut prévoir qu'en
raisonnant ainsi, la discussion sera interminable; --- Page 273 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
qu'il est imjen'en resterai pas moins convaincu
se
non prévenu, de ne pas
posible, à un esprit
preuves
nombre et à la solidité-des
rendre au
quej j'ai réunies.
No CIV.
maladie qui
Je me résume, en répétant qu'une
constans dans ses symptôoffre des phénomènes
dans ses terminaimes, dans sa marche, comme
les individus en contact
PEER
dans la vie, qui attaque affectés ,.qui se comavec ceux qui en sont déjà
l'on peut éviter
munique de Tun à T'autre, que
désole,
s'isolant dans les lieux même qu'elle
en
les
: et tous
dont les muédecins 2
garedes-malades: les
des hôpitaux, sont preceux quiapprochent s'étend à toute une famille
mières victimes ; qui
été
scul de ses membres en a
atteint;
lorsqu'un
à des distances plus ou moins
qui se transmet.
eux-mêmes ou
soit
les malades
éloignées, 7
par
suivre la
leurs effets , dont on peut presque
par
ceux qui
trace, d'après la route qu'ont parcourue
cette maladie, dis-je, est conlont propagée,
tagieuse.
le moindre doute; lorsqu'on
Doit-il rester
elle
est masait, qu'érrangere à un pays,
s'y
l'arnifestée tout-à-conp, inmédiatement après
bâtiment, parti d'une contrée oit clle
rivée d'un --- Page 274 ---
TRAITÉ
faisait de grands ravages, en sorte que l'époque
de son développement, coincide trop directement avec l'entrée de ce
navire, pour qu'on ne se
croie pas autorisé à penser que c'est lui qui l'a
apportée : s'il est avéré que plusieurs
de
personnes
Téquipage en ont été attaquées pendant la
traversée, et qu'elle a commencé à se montrer
dans le quartier même où elles étaient
d'oà elle s'est ensuite étendue
logées :
en SC propageant
successivement d'un guartier à l'autre.Jer répète
qu'une semblable maladie est contagieuse, et
qu'elle ne perdra pas ce caractère
dans certains
> parce que
pays, une classe plus ou moins
nombreuse s'en trouvera exempte, tant par
T'effet de T'habitude que par d'autres circonstances dépendantes de l'influence du climat;
parce qu'elle ecesse dans l'hiver d'être transmissible; parce qu'ilestquelques exemples, pas encore
bien constalés, de personnes infectées et trèsmalades, , quin'ont pas communiqué la contagion
dans le lieu où elles s'étaient retirées.
Les mêmes phénomènes se présentent dans
d'autres typhus etmême dans la peste 2 sans qu'on
ait pour cela élevé des doutes sur sa nature contagieuse ; ce ne sont. d'ailleurs là que des exceptions aux lois générales a comme l'économie animale en offre de nombreux exemples.
C'est surioutyeiatirement à la fièvre jaune que
ées et trèsmalades, , quin'ont pas communiqué la contagion
dans le lieu où elles s'étaient retirées.
Les mêmes phénomènes se présentent dans
d'autres typhus etmême dans la peste 2 sans qu'on
ait pour cela élevé des doutes sur sa nature contagieuse ; ce ne sont. d'ailleurs là que des exceptions aux lois générales a comme l'économie animale en offre de nombreux exemples.
C'est surioutyeiatirement à la fièvre jaune que --- Page 275 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
dans
lon sent la vérité de l'assertion contenue dit-
: C il est certaines maladies,
T'Encyclopédie
sans le
le peuple croit contagieuses
> on, que doute, niais que les médecins jugent
) moindre
sans avoir assez douté >.
)) non contagieuses 2
ailleurs où cette
Aux Etats-Unis, et partout
montrée, non seulement le peuple,
fièvre s'est
éclairée de la nation, le
mais encore la partie
la regardent
Gouvernement; 2 les magistrats 3
comme contagieuse.
les Antilles comLes Européens quihabitaient
élever de doute à ce sujet.
mençaient à ne pas
admise aujourC'estl'opinion universellement à Livourne et dans
d'hui dans toute T'Espagne ,
manifestée.
de la France où elle s'est
les parties
c'est un préjugé
M'objectera-t-on encore que
la
né de Tignorance 7 accrédité par
populaire,
est trop général, top
crainte ? Je réponds qu'il
et
le
bien fondé pour n'être pas respecté, pour vraie
je m'étayerai d'une pensée aussi
prouver
de Ia vieillesse d'un grand
que bien exprimée
homme :
La voix du monde entier est-eile un préjugé? d'irène.
VOLTAIRE, tragédie --- Page 276 ---
TRAITÉ
CHAPITRE VIII.
CINQUIÈME QUESTION.
Quels sont les moyens de s'en garantir?
N° CV.
J. ne crois
pas qu'il soit nécessaire, pour
répondre à cette question, de passer en revue
tous les moyens qu'on a conseillés
venir l'introduction des diverses
pour précontagions;
me bornerai à parler de ceux' qui sont relatifs je à
la fièvre jaune et qui ont surtout
la conservation des
pour objet
nouveaux débarqués entre
les tropiques ; je serai néanmois forcé de
peler des préceptes généraux
l'on
rapdans d'autres
que
trouve
onvrages 1 parce qa'ils sont
cables à toutes les espèces de contagions. En applinéral, puisque la chaleur de
gél'atmosphère a une
grande part au développement de la fièvre
il faut autant que possible soustraire jaune,
ceux qui
s'avancent vers l'équateur à l'influence de cette
cause et à toutes celles que nous avons indiquées
comme propres à favoriser la naissance et Ja marche de ceite fièvre.
que
trouve
onvrages 1 parce qa'ils sont
cables à toutes les espèces de contagions. En applinéral, puisque la chaleur de
gél'atmosphère a une
grande part au développement de la fièvre
il faut autant que possible soustraire jaune,
ceux qui
s'avancent vers l'équateur à l'influence de cette
cause et à toutes celles que nous avons indiquées
comme propres à favoriser la naissance et Ja marche de ceite fièvre. --- Page 277 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
propres à se gaLes moyens prophilactiques
rantir de cette maladie sont généraux ou particuliers. Les premiers ont pour objetla conserou d'un grand nombre d'invation.des troupes
transplantés à la fois dans nos colonies;
dividus
Les
ils sont du ressort de T'hygiène pablique.
les précautions individuelles,
seconds regardent
dans ces climats, tant
qu'il est bon de prendre
diminuer
prévenir cette maladie.que pour
pour les effets fàcheux de la température. Ceux-ciap-
; les uns et les aupartiennent tà Thygiene privée;
à
doivent varier suivant qu'on les applique
tres individus
n'ont point encore été exposés
des
qui
de la fièvre
à l'action des causes productives
sont soumis. Dans le prejaune, ou qui déjà y
à labri de ces causes
mier cas 2 il faut se mettre
atténuant
en les écartant, en s'en éloignant ou en
leurs effets.
Dansle second, , l'on doit s'opposer à leurdéveainsi dire, avorter la
loppement et faire, pour
réside
maladie; ceux-ci conviennent, lorsqu'on
dans les lieux oû la contagion existe et qu'on
commence à s'en ressentir ; mais comment s'en
le moment opportun
assurer et pouvoir distinguer
la prévenir, puisqu' l'elie débute quelquefois
pour
Ilfaudrait connaîtreles signes précursubitement?
de cette fièvre; étudier les sujets avant, son
seurs
manifeste, afin de connaitre les phénoinvasion --- Page 278 ---
TRAITÉ
mènes qui T'annoncent, s'il en existe dans le
plus grand nonbre des cas, ce qui me semble
douteux, Les autres précautions doivent être
employées avant le départ, pendant lai traversée et
lorsqu'on s'approche des endroits oùr elle règne.
No CVI.
Nos soins ne doivent pas se bornér à
que où les troupes arriveront dans les lépo- colonies. Pour s'en promettre du succès, nous
devons au contraire, avant
T'embarquement et
pendant la traversée, prendre toutes les précantions sanitaires capables de diminuer les effets
fâcheux du clinat brûlant dans
lequel on va
passer, et de l'entassement d'un grand nombre
d'individus réunis sur les vaisseaux dans un trèspetit espace. Il est reconnu que tout local dans
lequel des hommes, même bien
portans, sont
accumulés, peut devénir tellement insalubre
qu'il ne tarde pas à s'y développer des typhus
d'un mauvais caractère qui deviennent contagieux et ne tardent pas à se communiquer à
ceux qui approchent de l'air vicié de ce local,
lequel conserve dans ses parois des miasmes
délétères qui peuvent se manifester aprés un
temps plus ou moins long. Le régime, en
nant ce mot dans toutel'élendue de
predoit nous
Tacception,
aider à remplir cet objet. N'exerce-til
alubre
qu'il ne tarde pas à s'y développer des typhus
d'un mauvais caractère qui deviennent contagieux et ne tardent pas à se communiquer à
ceux qui approchent de l'air vicié de ce local,
lequel conserve dans ses parois des miasmes
délétères qui peuvent se manifester aprés un
temps plus ou moins long. Le régime, en
nant ce mot dans toutel'élendue de
predoit nous
Tacception,
aider à remplir cet objet. N'exerce-til --- Page 279 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
influence sur'la mapas à la longue une grande l'action de nos organes ?
nière de sentir et sur
des modificaleur faire éprouver
Ne peutil pas
moins suceptibles d'être
tions qui les rendront
causes générales,
T'action de ceriaines
excités par
Il sérait
lai chaleur, Phumidité, 7 etc.?
telles qué
que" des bommes
avantageux de n'embarquer veiller à ce qu'ils n'aient
sains et bien portans 2
les pourvoir d'une
maladie de peau ;
aucune
pour qu'ils puisquantité de linge assez grande,
toujours
sonvent et se maintenif
sent en changer
les entasser sur le même
très-propres ; ne pas
des tropidiminuer, en approchant
bàtiment;
de viande salée 2 pour y subques, là ration
dès alimens mnoins
stituer, s'il était possible,
di
dé
échaoffans, du riz, , gruau,
âcres, moins
et de T'oseille conla fécule de ponmiede-terre minutietse surveilfite, etc.; exercer Ja plus relatif à la propreté;
tout ce qui ést
lance , pour
à se laver tout le corps au
assujétir les passagers
semaine, avec l'eau
moins une fois ou deux par
possible;
de la mer ; les occuper autant nécessaire que pour enTexercice est non-sculement insensible, il fatretenir à bord la transpiration
favorise le
cilite le jeu et l'action dés organes des 2 hameurs
alternatif des forces ét
mouvement
ce balancement
du céntre à la circonférence;
et les effets
salutaire prévient leur concentration --- Page 280 ---
TRAITÉ
fâcheux auxquels elle donne lieu. On ne laissera
pas coucher les passagers dans le faux-pont : on
évitera avec les mémes soins de les faire rester
sur les gaillards pendant le temps calme et les
grandes chaleurs; on entretiendra
parmi-eux et
tout Téquipage, la ugaité, en favorisant leurs
jeux, et les amusemens si nécessaires dans les
campagnes de long cours.
Il serait avantageux de partir
de
d'Europe ,
manière à ne pas arriver aux Antilles dans la
saison la plus chaude: cette attention,
la cour
2 prise par
d'Espagne pour le renouvellement de la
garnison de la Vera-Crux, devrait servird'exemple.
à toutes les nations qui font passer des troupes
dans les pays lointains. Ils commenceraient à
s'acclimater avant la mauvaise saison, et auraient
moins à la redouter que s'ils n'eussent fait aucun
séjour dans le pays.
No CVII.
L'une des premières et des plus importantes
précautions , serait de placer les nouveaux arrivés dans les parties les plus saines et les plus
élevées de lile, afin qu'ils pussent s'habituer
insensiblement à ce climat sans que leur constitution en souffrit; il y aurait une différence
moins grande et moins prompte dans la température. Il est difficile en effet, que l'économie
ient
moins à la redouter que s'ils n'eussent fait aucun
séjour dans le pays.
No CVII.
L'une des premières et des plus importantes
précautions , serait de placer les nouveaux arrivés dans les parties les plus saines et les plus
élevées de lile, afin qu'ils pussent s'habituer
insensiblement à ce climat sans que leur constitution en souffrit; il y aurait une différence
moins grande et moins prompte dans la température. Il est difficile en effet, que l'économie --- Page 281 ---
LÀ FIÈVRE JAUNE.
DE
sans altération des changemens,
animale supporte
en soit plus
brusques, , sans que son organisation amat saltus.
Natura non
ou moins dérangée.
nous donnons
du conseil que
Les avantages
est arrivé aux Anglais
sont prouvés par ce qui du Cap de Bonne-Esdepuis qu'ils sont maîtres
dit
Avant qu'il fut en leur possession, 9
pérauce.
partie des troupes
Barrow (1), la plus grande
: périsqu'on envoyait aux Indes,
quropéennes,
après leur débarquement,
saient peu de temps
bilieuses putrides trèsou faisaient des fièvres
hors de
qui les mettaient pourlong-temps
graves,
qu'on les fait séjourner un temps
service. Depuis
dont le
assez long au Cap de Bonne-Espérance, fort sain, ou
très-chaud, est
climat , quoique fruits d'Europe, ils s'y acclimûrissent tous les
moins de
avec beaucoup
matent et supportent,
des côtes
T'insalubrité de quelques parties
danger,1
C'est en partie à
de l'Inde et de la mer Rouge.
était
le lord' Macarteney 7 qui
cette cause 2 que
attribue la prise de Seringonverneur du Cap,
de Mysore;
et la destruction de l'empire
deux
gapatnam
envoyer un renfort de
parce qu'on put
, sous les
mille hommes de troupes européennes, furent
Baird, lesquels
ordres du major-général
Voyage dans la partie méridionale de
(1) Nouveau de PAfrique, t. 1, p. 198 à 202.
l'intérieur
--- Page 282 ---
TRAITÉ
menés de suite à lénnemi,
pas de malades. Ils s'étaient parce quiln'y avait
acclimatés au Cap.
No CVIII.
S'il était possible.de choisir
destine aux colonies, la
ceux que l'on
accordée
préférence devrait être
aux habitans des parties méridionales
du Royaume, qui ont moins de peine à
habituer. Aussitôt leur
s'y
les faire conduire
débarquement on devrait
sur les mornes, , Qu l'on
eu la précaution d'installer des
aurait
Sans doute
logemens sains.
qu'il serait préférable,
familiariser
pour se
graduellement et sans
climat des colonies
danger au
) d'avoir des bâtinens
mouillés à une certaine distance de flottans,
quels serviraient de
terre 2 lestrois
caserne pendant les deux ou
premiers mois et surtout pendant la
vaise saison : l'on a expérimenté
maules grandes chaleurs, la
que pendant
de 4, 5à 6° plus basse température du bord était
qu'à terre.
Le docteur Lind
servations
rapporte une multitude d'obles
qui prouvent que, ', dans les régions
plus insalubres de T'Afrique et de
les hommes embarqués qui s'abstenaient T'Amérique,
à terre conservaient leur
d'aller
fisait d'y
santé, tandis qu'il sufpasser une journée, même deux ou
trois heures le soir, ponr en revenir .malade,
Cette mesure aurait encore le grand
avantage
du bord était
qu'à terre.
Le docteur Lind
servations
rapporte une multitude d'obles
qui prouvent que, ', dans les régions
plus insalubres de T'Afrique et de
les hommes embarqués qui s'abstenaient T'Amérique,
à terre conservaient leur
d'aller
fisait d'y
santé, tandis qu'il sufpasser une journée, même deux ou
trois heures le soir, ponr en revenir .malade,
Cette mesure aurait encore le grand
avantage --- Page 283 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
arrivés, autant qu'il serait
de tenir les nouveaux
de la contagion
nécessaire, éloignés des foyers
si nuisibles sous ces
et des excès en tout genre,
au début
latitudes. On les enverrait à Phôpital
eût pris un cade leur maladie et avant qu'elle
salle
Ils seraient placés dans une
ractère grave.
de fièvre
s'ily avait des symptômes
particulière
*
jaune.
(1) tous récemment chargée,
La Commission
d'exathiner
S. E.le ministre de la guerre,
par
des iles de la Zélande,
les causes de T'insalabrité
comment on pourrait en prévenir,
et. d'indiquer
atténuer les effets, conseille
ou. du moins en
T'embarquement des troupes penavec raison,
comme le meilleur
dant la saison des fièvres,
de l'esde les en préserver. L'exemple
moyen
sous les ordres de l'amiral
cadre de TEscaut,
stationnée dans les mêmes parages 7
Missiessy,
de malades qu'elle n'en
qui n'avait guère plus
saines celui,
aurait eu dans les rades les plus
;
ancien encore-, rapporté par Pringle (a),
plus
Elle était composée de MII. les généraux Chamber-
(:)
Sabathier, colonel du génie ; Thenard 3
lach et Gily ;
du service
membre de linstitut; Desgenettes 3 inspecteur
de santé, etc.
l'escadre de l'amiral
(a) Ce médecin dit C qu'en 1747, saison était à l'ancre
pendant la mauvaise
e > Mitchill, qui --- Page 284 ---
TRAITÉ
prouve la sagesse de celte mesure
encore plus nécessaire
2 qui serait
Antilles.
et plus eflicace dans les
No CIX, : : d
Les casernes doivent être bien aérées,
placées sur des lieux élevés,
vastes,
du nord et à l'abri de
exposées aux vents
sées de manière
ceux du sud, ou dispoà recevoir les brises journalières
qui viennent de la mer; ; entourées d'une
de galerie converte,
espèce
darder
qui empéclie le soleil de
directement ses rayôns dans
des chambres, Ces sortes de
l'intérieur
dansplusieurs colonies
galeries, en usage
menades
espaguoles,servente dej
ct de lieux de récréation
proaux militaires,
pendant l'instant des pluies et des grandes chaleurs
qui sont si funestes dans le milieu de la
Il ne doit pas leur être permis de sortir journée. à
époque pendant la première année, ainsi cette
la chute du jour,
qu'à
parce que sous les
les vapeurs et les différens miasmes tropiques,
élevés
la
qui ont été
par chaleur du soleil,
privés, aux ap-
>> dans le canal, entre l'ile Zuid-Beveland et celle
D cheren, où la maladie parut avec lant de
de Waltrouva attaquée ni de la fièvre ni de la violence, ne se
au milieu de cette contagion elle
dysenterie ; et
>> faite *. D
2 jouit d'une santé par-
* Maladies des armées, t. 1, p. 118.
tropiques,
élevés
la
qui ont été
par chaleur du soleil,
privés, aux ap-
>> dans le canal, entre l'ile Zuid-Beveland et celle
D cheren, où la maladie parut avec lant de
de Waltrouva attaquée ni de la fièvre ni de la violence, ne se
au milieu de cette contagion elle
dysenterie ; et
>> faite *. D
2 jouit d'une santé par-
* Maladies des armées, t. 1, p. 118. --- Page 285 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
du calorique qui lcs tenait
proches de la nuit,
à l'état de gaz, retombent et viennent
suspendus
aux bouches absorse présenter en abondance
des membranes
bantes de T'organe culané et
favorablement disposées
garo-polnsonsires, 3
pour leur livrer passage.
très-élevées;
Que les chambres soient vastes ,
les militaires n'y seront pas trop rapprochés, de l'air et
T'inévitable altération
afin de prévenir
Ils
la chaleur incommode qu'ils y éprouveraient:
couehés au moins à deux pieds
seront toujours
sera souvent renouau-dessusdu sol; ; leur paille le soir à la nuit sans
velée; ils ne sortiront jamais
être bien vêtus.
entouLes casernes seront, s'il est possible,
rangées d'arbres,
rées d'une ou une plusieurs
d'humidité,
assez éloignés pour n'y pas entretenir fraicheur
mais pourtant en état d'y procurer une
les
vivifier et pusalutaire entre tropiques, pour
exhalent
rifier T'atmosphère par l'air vital qu'ils
le jour et au soleil. Les travaux de plupendant
sieursphysiciens modernes ont pronveluitilitedes
la salubrité de l'atmosphère (1);
végétaux pour
de Changeuz dans le Jour-
(1) Consultes les expériences
811; Sennebier,
nal de phys. de T'abbé Rosier, t. 6, P:
sur
Physiol. végét. t. 3,p. 184; le Mém. d'Hassenfrats
le même sujet; Annales de chimie. Juin, 1792. --- Page 286 ---
TRAITÉ
mais ce qui n'est guère que de pur
nos zones tempérées devient agrément sous
sable nécessité
d'une indispensous la zone torride. Les anciens
qui portaient une Si grande attention à tout
qui avait pour objet la conservation des
ce
faisaient mettre dansles grandes chaleurs troupes 2
des branches d'arbres
del'été,
pour y entretenir la mouillées, sur les tentes 2
fraicheur
tant qu'il dépend de
(1)..lmitons, autaire.
nous, cctte pratique saluUn moyen recomandé.autant
que pour combattre les maladics pour des prévenir
régions
équatoriales, et surtout la fièvre jaune, c'est le
changement d'habitation. On
de la mauvaise :
peut, à Tapproche
saison, placer les
dans
des lieux oùt elles seront moins troupes
fluence fâcheuse du climat.
exposées à l'inCe déplacement seul
est avantageux par la petite secousse imprimée à
l'économie sairaheaterm
physiques aul milieu desquelles les hommes
trouvent, Les effets immédiats et
se
prodaits par ce simple
trés-importans,
qu'un médecin éclairé changement, prouvent.
auxiliaire
peut en tirer parti comme
des autres moyens que fournit la thérapeutique. Cette ressource n'a pas élé négligée
() Fegèce , de re mil, lib. 3, cap, 2.
secousse imprimée à
l'économie sairaheaterm
physiques aul milieu desquelles les hommes
trouvent, Les effets immédiats et
se
prodaits par ce simple
trés-importans,
qu'un médecin éclairé changement, prouvent.
auxiliaire
peut en tirer parti comme
des autres moyens que fournit la thérapeutique. Cette ressource n'a pas élé négligée
() Fegèce , de re mil, lib. 3, cap, 2. --- Page 287 ---
FIÈVRE JAUNE,
DE LA
M. le Blond (1), qui rapporte plusieurs guepar
par ce seul moyen.
risons opérées
-No CX.
qui, dans nos
La sobriété et la tempérauce
vertu
ne semblent qu'une
climats septentrionautx
s'écarter sans un
dont on peut
de préroyance;
sont absolument négrand danger pour T'instant, celui
enfreint
dans les colonies :
quiles
cessaires
à en être la victime.
ne tarde pas
T'obsérvaLe médecin doit en recommander
le moraliste,
tion avec autant de rigueur que
d'autres,
comme dans beancoup
(en ce point,
) ,car Jes effets
leurs ministères se confondent)
et des excès quelconfàcheux de T'intempérance l'instant out on les
ques, se manifestent presqu'à
de se
commis, en sorte qu'il est impossible
a
méprendre sur leur cause.
arrivant
que ceux qui, en
Il est d'observation s'abstiennent de manger beaudans ces climats ,
saine et
de fruits, qui ont une nourriture
coup
qui penvent faire un usage modéré
substantielle,
mieux que ceux qui
du vin, du café, se portent
Il
tout à fait ou qui en abusent.
en sont privés
Observations sur la fièvre jaune et sur les maladics
(1)
des tropiques. --- Page 288 ---
TRAITÉ
n'y: a guère moins d'inconvéniens à
sans
s'abandonner
modération, au plaisir de boire une grande
quantité de limonade,
boissons
d'orangeade, et d'autres
rafraichissantes qui tendent à débiliter
l'estomac. Il ne faut jamais perdre de
la prescription du
vue., dans
veaux
régime convenable aux noudébarqués entre les tropiques, la
de sontenir et
nécessité
affaibli
fortifier cet organe extrémement
par l'excitation continuelle du
cutané et les grandes
système
Un des moyens de combattre transpirations.
cause
eflicacement cette
prédisposante des maladies des
chauds, serait de faire
pays
grandes
prendre pendant les
chaleurs, tous lçs matins, aux
une ration d'alcool au
troupes, 2
mâcher
quinquina, ét de leur faire
une substance
C'est à cette attention, aromatique et irritante.
velé des
à l'usage souvent renoubains, aux frictions avec T'huile de
que M. Péron attribuait l'avantage
cOco >
naturels de l'ile de Timor, d'être qu'avaient les
dysenterie qui enleva
exempts d'une
beaucoup de
de l'expédition des Terres-Australes, personnes
ceux des
puisque
étrangers qui se mirent à mâcher du
betel et qui adoptèrent ces mêmes usages, n'en
furent point attaqués.
souvent renoubains, aux frictions avec T'huile de
que M. Péron attribuait l'avantage
cOco >
naturels de l'ile de Timor, d'être qu'avaient les
dysenterie qui enleva
exempts d'une
beaucoup de
de l'expédition des Terres-Australes, personnes
ceux des
puisque
étrangers qui se mirent à mâcher du
betel et qui adoptèrent ces mêmes usages, n'en
furent point attaqués. --- Page 289 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
No CXI.
l'organe cutané ne
On ne saurait douter que
lesquelles s'insoit l'une des principales voies par et sur lequel
troduisent les miasmes délétères ,
c'est aussi
d'abord Tinfluence du climat;
s'exerce
à notre portée, sur lequel
celui qui est le plus
C'est donc
agir immédiatement.
nous pouvons
nos regards et diriger
vers lui qu'il faut porter
nos moyens préservatils. regardent le refoulement
Plusieurs médecins l'insensible Mranspiration 1,
et la diminution de
déterminantes
comme une des principales disent-ils, causes vers le coude la fièvre jaune. C'est,
le plus ordinairecher du soleil, qu'elle frappe dans la journée
ment ceux qui ont été exposés
presque
chaleur étouffante, et qui restent
à une
nus à la fraicheur du soir. doivent conserver, 7
Les nouveaux débarqués
mois de
pendant les trois ou quatre premiers vêtemens à peu
leur séjour aux Antilles, des
usage
semblables à ceux dont ils faisaient
près
est surtout nécesCette précaution
en Europe.
le soir ou qu'on est forcé de
saire lorsqu'on sort
il faut être
des nuits dehors. Dans ce cas,
passer
habillé, particulièresèchement et chaudement lieux voisins des eaux
habite des
ment lorsqu'on
stagnantes et des marécages. --- Page 290 ---
TRAITÉ
Les bains de mer froids doivent tenir un
rang
distingué parmi les moyens prophylactiques, ils
rafraichissent la peau , calment son inritation,
angmentent sa force tonique et ralentisentlemou.
vement centrifuge, qui faitrefluer les humeurs du
centreà la circonférence, diminuent la transpiration et la faiblesse des organes intérieurs et leur
susceptibilité, L'expérience prouve que ceux qui
en font un grand usage, , sont moins sujets aux
maladies des régions équatoriales, 2 etparticulièrement à la fièvre jaune, dontils sont moins
tement attaqués et à laquelle ils résistent promp- mieux.
Le docteur Curie, de Liverpool, est parvenu,
à l'aide des lotions et de l'immersion à l'eau
froide, à arrêter le développement des fièvres
malignes, après la manifestatiou des premiers
accidens.
Je crois avoir lu dans les lettres de
Savary 2
qu'au Caire et dans d'autres villes
d'Egypte, 2 les
porteurs d'eau sont presque tous exempts de la
peste, parce qu'ils sont sans cesse mouillés par
l'eau qu'ils portent dans des
sur leur dos.
e
outres,
Le même voyageur rapporte qu'un capitaine
de navire fut guéri de la peste en recevant sur
le tillac de son bâtiment, où il était élendu, une
rosée abondante et fraiche.
Gianniniregarde les bains et les affusions d'eau
froide, commel'un des meilleurs moyens de pré-
eurs d'eau sont presque tous exempts de la
peste, parce qu'ils sont sans cesse mouillés par
l'eau qu'ils portent dans des
sur leur dos.
e
outres,
Le même voyageur rapporte qu'un capitaine
de navire fut guéri de la peste en recevant sur
le tillac de son bâtiment, où il était élendu, une
rosée abondante et fraiche.
Gianniniregarde les bains et les affusions d'eau
froide, commel'un des meilleurs moyens de pré- --- Page 291 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
si l'on s'en sert aux plus
venir la fièvre jaune,
de la moindre
légers symptômes, à T'apparence
aciindisposition. On pourrait avantagensement lotions.
duler l'eau destinée aux bains et aux virus de
acidifiant décompose le
Le principe
henreuses qu'on
la fièvre jaune. Les expériences
récemendroits, et tout
a faites dans plusieurs
Pour moi,
ment à Livourne, en sont la preuve. fréquentes
je crois que c'est autant aux lotions constitution, que
d'eau froide, qu'à ma forte
au
de me coriserver en santé,
j'ai dû l'avantage menrtrières ; aussi au plus
milieu d'épidémies
je n'étais pas à
léger petit mal de tête, lorsque
me faisais
dans T'eau, je
portée de me plonger
pieds, et
des lotions depuis la tête jusqu'aux conservé
je m'cn suis bien trouvé. J'ai
toujours
n'en doute pas, a pu contricet usage, qui 2 jer
maladies graves qui
buer à me préserver des
oùt
me suis
dans différens lieux
je
règnaient
/ trouvé.
est avanLorsqu'on a été exposé à la pluie, 2 il
dans l'eau de mer ou de s'en
tageux de se plonger
cette pratique
faire des lotions par tout le corps 5
dans T'Afrique àvec beaucoup
est mise en usage
Lind, Adande succès, à ce que rapportent
d'autres personnes ; elle est surtout
son (1) et
() Voyage au Sénégal, p. 56, --- Page 292 ---
TRAITÉ"
nécessaire aux Antilles s, à la suite des pluies
d'orage.
Il est donc
:
important d'assujétir Jes militaires
à se baigner régulièrement dans l'eau de mer,
>
quand on est à portée de le faire : nous reviendrons sur Tusage de l'eau froide, en parlant du
traitement curatif.
No CXII,
Nous devrions, dans les pays chauds, àl'exemple des anciens, faire succéder aux bains de trèslégères frictions sèches avec une flanelle, ensuite
des embrocations huileuses ou d'une autre substance capable à la fois, de diminuer un peu l'absorption et l'exhalation cutanées. Ce moyen parraît, jusqn'à un certain point, propre à mettre
la peau à l'abri des effets fâcheux d'une température élevée, à lui redonner de la souplesse,
asopposerifabsorption des miasmes contagieux.
Le chancelier Bacon regrettait beaucoup que
l'on eût renoncé de son temps, à cet usage si
commun et si avantageux aux anciens peuples de
la Grèce et de Rome.
Le professeur Hallé (r) en recommande l'emploi dans les climats chauds : ce conseil salutaire
avait été déjà donné avec des considérations sur
(r). Encyclop. méthod. de médec. t. I , p. 351.
se,
asopposerifabsorption des miasmes contagieux.
Le chancelier Bacon regrettait beaucoup que
l'on eût renoncé de son temps, à cet usage si
commun et si avantageux aux anciens peuples de
la Grèce et de Rome.
Le professeur Hallé (r) en recommande l'emploi dans les climats chauds : ce conseil salutaire
avait été déjà donné avec des considérations sur
(r). Encyclop. méthod. de médec. t. I , p. 351. --- Page 293 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
26g
s'en promettre 3 dans
les bons effets qu'on peut
à la Faculté de
une thèse présentée en 1778,
médecine de Paris.
l'on fait
Buchan assure que le reproche que
de
la transaux frictions huileuses, 2
supprimer fondé qu'on ne le
piration, est beaucoup moins
, et que les inconvéniens
croit communément,
sont nuls
paraissent attachés à leur usage,
qui
comme il l'a éprouvé sur Jui-même.
en s'opM. Pelletan (1) pense que ce n'est pas
sont
à la transpiration que ces frictions
posant
mais parce que T'huile acquérant
avantageuses,
celle de la
un degré de chaleur qui surpasse
insensible, facilite la vaporisation
transpiration
sans cela, se condende cette humeur, laquelle
où elle se réunirait en goutteserait sur la peau
nuisible. Quoilettes 1 et par là deviendrait surleur manière
qu'il len soit de cette explication
de Sanc-
-
aux observations
d'agir 7 opposées
de Galien (3), les
torius (2) et aux remarques
moins
bons effets de ces frictions n'en sont pas
constatés daus différentes circonstances, 2 partiles sujets qui sont exposés à
culièrement pour
l'action des miasmes contagieux.
(1) Clin. chirurg. t. 2 2 p. 268.
(2) Stati. Aphor. 122.
med. facultaté, cap. 24.
(3) Galien, lib. 2 ; de simpl. --- Page 294 ---
TRAITÉ
Quelques voyageurs rapportent que les
chands d'huile dans les villes de
marpeste revient
l'Orient, où la.
c'est
annuellement, , en sont
ce qui en sauraintroduitfusge exempts;
parties de T'Égypte.
dans plusieurs
Celse, en traçant le traitement des fièvres
tilentielles, avait déjà fait mention 'des
peshuileuses, comme d'un bon
onctions
Les médecins
moyen. (1).
français se sont
assurés que les embrocations d'huile dernièrement
un assez bon préservatif
fraiche sont
ladie. Il
contre cette funeste mane semblerait pas même devoir être
permis de douter de leur ellicacité,
moyen curatif, en s'en rapportant
comme
par M. le baron
aux faits cités
Desgenettes : c'est une
adoptée et suivie depuis long-temps dans pratique
Les succès que semble avoir oblenus TOrient. le
Louis de Pavie,
frère
chapelain et agent de Phopital
Saint-Antoine, à Smyrne, ont tellement
nans 2 que., dans un siècle moins
surpreauraient
éclairé, ils
pu passer pour. miraculeux.
Son traitement consistait
M. de Châteaubriant
principalement, dit
(1), ( à faire des frictions
) huileuses , à envelopper les malades dan's
) chemise imbibée d'huile
une
2 et presque tous
(1): De med. lib. 3, cap. 7-
(2) Itinéraire de Paris à Jérasalem,.2,p. 25.
2 que., dans un siècle moins
surpreauraient
éclairé, ils
pu passer pour. miraculeux.
Son traitement consistait
M. de Châteaubriant
principalement, dit
(1), ( à faire des frictions
) huileuses , à envelopper les malades dan's
) chemise imbibée d'huile
une
2 et presque tous
(1): De med. lib. 3, cap. 7-
(2) Itinéraire de Paris à Jérasalem,.2,p. 25. --- Page 295 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
). D'un autre côté, le docteur
> guérissaient
accélèrent leur perte.
Pugnet (:) pense qu'elles
mêmes frictions ont été, dit-on,
Enfin, ces.
la
elleemployées avec succès contre fièvrejaune
Sheus, médecin danois
même (2), d'abord, par
faisait faire
à l'ile de Sainte-Croix. Ce praticien
universelles avec T'huile d'olive : ses
des frictions
soldats
premiers essais furent faits sur plusieurs
dit avoir guéris dans moins
de la garnison, qu'il
de quarante-huit heures.
SaintDon Juan Arias, médecin de Thôpital
succès du
Charles à Carthagène, - instruit des
ent recours aux mêmes pro-,
docteur danois, 2
soumit à
qu'il
cédés; sur soixante-dis-hommes la surface du
trois frictions par jour, sur toute
quelques autres moyens incorps, en yjoignant
diqués, peu de temps après, tous guérirent,
deux. Le même médecin a répété ses
excepté
malades
de fièvre
expériences sur cent
attaqués
qui lui furent envoyés dans 'un état si
jaune,
avancé, que cinq moururent en route et deuxle
Jlendemain de leur entrée à Thôpital , mais tous
fussent très-males autres guérirent 2 quoiqu'ils
lades lorsqu'ils y furent reçus.
Recherches sur les fièvres d'un mauvais caractère,
(1)
a
D. 346. Luzuriaga de la calentura biliosa, t. 2, P. 227.
(2) --- Page 296 ---
TRAITÉ
Le 28 mars 1803, quarante recrues arrivées
sur une frégate venant de Cadix, furent
à T'hôpital, elles
portées
étsientattaquées de fièvre
elles furent toutes
jaune;
soumises au méme traitement
et rétablies en très-peu de temps. Le docteur
Arrias invoqua le témoignage de MM. don Manuel, Joseph Davilla et Julien Sudea,
seurs de
profeschirurgie ; tous deux ont attesté par
serment , la vérité de ces guérisons (1).
Malgré toutes ces observations, en apparence
assez concluantes, je pense néanmoins, d'après
d'autres faits, que c'est surtout et seulement
comme moyen prophylactique qu'il faut les employer chez les nouveaux arrivés aux colonies,
et que les cas où elles ont réussi ne sont point
assez bien déterminés pour y avoir recours,
La nature semble
elle-même nous inviter à
adopter généralement cet usage pour les Européens qui vont sous la ligne, par le soin qu'elle
a pris d'enduire la peau des nègres d'une matière huileuse particulière; c'est sans doute un
présent qu'elle leur a fait, pour les mettre-à
l'abri de l'action dévorante des feux du midi, Un
instinct conservateur, 2 guide plus assuré que les
théories, a porté les peuplades des différens archipels de la mer du Sid, à adopter cette prati-
(1) Sur la fièvre jaune, : par M. Prépetit, P. 21.
la peau des nègres d'une matière huileuse particulière; c'est sans doute un
présent qu'elle leur a fait, pour les mettre-à
l'abri de l'action dévorante des feux du midi, Un
instinct conservateur, 2 guide plus assuré que les
théories, a porté les peuplades des différens archipels de la mer du Sid, à adopter cette prati-
(1) Sur la fièvre jaune, : par M. Prépetit, P. 21. --- Page 297 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE:
à imiter les procédés de la nature, 2 en se
que et
la
colorée de difféfrottant le corps avec graisse
rens animaux (t).
commandé par
Ce qui était dans le principe
plusieurs
le besoin, est devenu depuis, pour
une sorte d'ornement. Nous rede ces nations 2
chez les Hottentrouvons les mêmes coutumes
civilisés.
tots et chez d'autres peuples peu
de
L'effet de cet enduit coloré n'est-il pas de
mécaniquenient les pores
boucher presque
de s'opposer par-là à une transpiration
la peau,
de diminuer la faculté - qu'a
trop abondante, réfléchir le calorique et de
l'organe cutané de
proportionnel du pouproduire un accroissement
diminution
voir émissif et conséquenment une
la chaleur et dans les effets délétères qui
dans
Cette dernière explication, que je
en résultent?
d'examen 1 parce que je
hasarde sans beaucoup
toutes celles de
n'y attache pas plus de prix qu'à
ce genre qui ne sont pas déduites immédiatement
mêmes de l'homme vivant,
des phénomènes
de
elle soit conforme aux principes phyquoiqu'
résultats des expériences de M. Rumsique et aux
ford (2). sur la chaleur.
Consultez les Voyages de Bougainville, Cook, La
Pérouse, (1) Vancouver, etc.
(2) Mém. sur la chaleur. Paris, an X1E(854),p-43. 18 --- Page 298 ---
TRAITÉ,
No CXIII,
Une attention importapte, c'est d'entretenir
la gaieté parmi les nouveaux arrivés, d'éloigner
tout ce qui pourrait rappeler avec regret le souvenir de la métropole, baunir autant
que possible la tristesse, la crainte de la maladie, et
toutes les affections mélancoliques essentiellement débilitantes, dont l'effet est de favoriser
l'absorption et le développement des miasmes
contagieux.
Si par état, l'on est forcé de vivre au milieu
des malades et de la contagion, il faut chercher
à accroitré l'énergie du système, afin de maintenir les forces physiques et morales dans un
état propre à éluder son action. Dans toutes les
pestes et les épidémies les plus meurtrières, on
a remarqué que la contagion frappe impitoyablement ceux qui la redoutent, qu'elle moissonne
les hommes timides qui prennent des précautions, tandis qu'elle épargue ceux qui la bravent:
C'est à cette heureuse disposition que les médecins courageux doivent l'inappréciable avantage
de conserver quelquefois leur santé, au milieu
des épidémies les plus meurtrières, et des malades entassés dans les hôpitaux auxquels ils
prodiguent leurs soins sans crainte, conme sans
la contagion frappe impitoyablement ceux qui la redoutent, qu'elle moissonne
les hommes timides qui prennent des précautions, tandis qu'elle épargue ceux qui la bravent:
C'est à cette heureuse disposition que les médecins courageux doivent l'inappréciable avantage
de conserver quelquefois leur santé, au milieu
des épidémies les plus meurtrières, et des malades entassés dans les hôpitaux auxquels ils
prodiguent leurs soins sans crainte, conme sans --- Page 299 ---
JAUNE.
DE LA FIÈVRE
Cet heureux privilège est la digne
précaution. de leur noble dévouement.
récompense
modération des plaisirs de
Il faut user avec
de débilité pour les or--
Vénus ; c'est une cause
funeste
gastriques, qui est promptement
ganes colonies. J'ai eu plusieurs fois occasion
dans nos
du fait rapporté
de me convaincre de T'exactitude avait remarqué
Diemer Broëch. Cc médecin
par
les nouveaux
que, dans une fièvre pestilentielle,
et plus dangemariés étaient plus promptement
les autres
reusement attaqués de la peste 2 que
ceux
individus.) Ila été bien prouvé qu'au Cap, climat
entraîiner à T'excitation du
qui se Jaissaient
avait de s'y procurer des
et à la facilité qu'on
à la fèvre
femmes, succombérent les premiers
jaune.
No CXIV.
devons-nous penser des saighées prophiyQue
les anciens médecins
lactiques, conseillées par
arrivans,
des colonies, , à la plupart des nouveaux
les habitans, comme un préservatif
regardées par
les maladies particulières à
indispensable contre
Sans doute, qu'on a beaucoup trop
ces climats?
et étendu les cas où elles
exagéré leurs avantages
succès 3 mais est-il
peuvent être employées avec
sans exraisonnable de les rejeter absolument,
comme sans, examen ? Ne doit-on pas
ception 2
d --- Page 300 ---
TRAITÉ
avoir égard à l'usage presque universel où sont
les médecins et les habitans des Antilles de les
Fecommander? Si cette pratique générale ne doit
pas nous décider en faveur de ce moyen, au
moins ne peut-elle être un titre de proscription.
Il en est souvent des usages
populaires comme
des adages; ils ont un fond de vérité qu'il ne
faut pas mépriser.
L'expérience, contre Jaquelle viénnent se briser les théories les plus séduisantes, semble
avoir prononcé en faveur de cette pratique
chez les sujets d'un tempérament sanguin athlé- 2
tique et chez ceux d'une constitution biliososanguine. Tout récemment encore ou a eu des
preuves de ses avantages, malgré la répugnance
que les médecins actuels ont 'à y recourrir.
M. François (1),a attaché à l'armée de SaintDomingue, rzpportelobaervation de deux jeunes
gens de Bordeaux, qui, pour se préserver de la
fièvre jaune, se firent tous les deux
saigner 2
purger avec la crème de tartre et lé tamarin; ils
n'en furent pas exempts, mais ils réchappèrent.
Le jésuite Joseph Guimella (2) a fait des
(t) Observ. et Réflex. sur la fièvre jaune de SaintDomingue. Germinal, an: XI.
(2) Hist. de l'Orénoque,"t trad. franç, t. I , P. 257.
pour se préserver de la
fièvre jaune, se firent tous les deux
saigner 2
purger avec la crème de tartre et lé tamarin; ils
n'en furent pas exempts, mais ils réchappèrent.
Le jésuite Joseph Guimella (2) a fait des
(t) Observ. et Réflex. sur la fièvre jaune de SaintDomingue. Germinal, an: XI.
(2) Hist. de l'Orénoque,"t trad. franç, t. I , P. 257. --- Page 301 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
viennent à T'appai de ce que
observations qui
de
disons sur la possibilité des avantages
nous
dans quelques
la saignée comme prophylaetique
les Indiens
circonstances. Ce moine rapporte que
de s'inoiser , avant les grandes
sont dans l'usage
front avec des dents
chaleurs , les tempes et le
afin de prodnire un dégorgement
de poissons, 7
Peffort fluxionnaire du sang
salutaire qui prévient accidens qui en sont la suite.
vers la têle etles
dans des circonLa même contume se retrouve chez les habitans
stances à peu près semblables
des iles de la mer du Sud.
dont l'autorité si respectable
M. Hallé (1),
n'est
d'ailleurs, a d'autant plus de poids qu'il
partisan outré de la saignée,
rien moins qu'un
avantages pour,
dit,aussi qu'elle a de très-grands
de
pendant le premier temps
les pléthoriques,
chauds.
leur séjour dans les pays
(2), Pouppé- Desportes (5) et d'autres
Bajon
moins distingués en ont constaté
praticiens non
de diminuer,
les bons effets. Il est avantageux
chez les Européens qui passent aux colonies,
Encyclop. méthod. art. Afrique , t. I, p. 355.
()
servir à THistoire de Cayenne et de la
(2) Mém. pour
Guyane, t. I, P. 34 et suivantes.
(3) Ouvrage cité. --- Page 302 ---
TRAITÉ
cette surabondance de sàng et d'humeurs
entrent
qui
si facilement en turgescence sous linfluence d'une température très-élevée ct qui
disposent aux maladies propres à ces régions
bràlantes ; aussi les sujets un peu affaiblis sontils plus facilement acclimatés. *
J'ai vu presque tous les blessés que nous eûmes
à la prise du Port-de-Paix, fle Saint-Domingue,
rester pendant assez long-temps à Thopital de
la Providence , au Cap, sans contracter la fièvre
jaune, quoique déjà elle commençât à y faire
d'assez grands ravages. Ont-ils dà cet avantage
au sang qu'ils avaient perdu, ou au nouvel ordre
de choses introduit par la fièvre vulnéraire qui
précède les grandes suppurations, ou à la suppuration elle-même ? Ce sont sans doute quelques
exemples semblables, qui auront accrédité l'opinion, que ceux qui avaient quelques blessures
ou un écoulement purulent,-en étaient
exempts; ;
mais d'autres faits, en plus grand nombre, 2 ont
infirmé l'exactitude de cette dernière assertion
et: les conséquences qu'on en tirait.
Il parait néanmoins certain gue pour quelques
individus, les saignées modérées peuvent être
salutaires. Sans doute, il faut bien se garder
d'en abuser comme de tous les moyens débilitans, ainsi qu'on le faisait dans les colonies
espagnoles, et trop souvent dans les nôtres ; ce
exempts; ;
mais d'autres faits, en plus grand nombre, 2 ont
infirmé l'exactitude de cette dernière assertion
et: les conséquences qu'on en tirait.
Il parait néanmoins certain gue pour quelques
individus, les saignées modérées peuvent être
salutaires. Sans doute, il faut bien se garder
d'en abuser comme de tous les moyens débilitans, ainsi qu'on le faisait dans les colonies
espagnoles, et trop souvent dans les nôtres ; ce --- Page 303 ---
LA FIÈVRE JAUNE.
DE
observé
qui devenait, comme l'a judiciensement
des
une cause prédisposante
le docteur Gilbert,
deux excès qu'il faut
fièvres jannes. Ce sont
attention à la détoute son
évitér , en portant
la
doit être emtermination des cas oùt saignée
ciret n'en user qu'avec une grande
ployée ,
conspection.
T'nsage de fumer et de
Iln'y a pas jusqu'à
comme
micdherdantsequesite eu ses partisans,
moyen prophylaetique.
No CXV.
avonons-le de bonne foi, toutes les préMais
venons d'indiquer 2 sans doute
cautions que nous
les maladies comindispensables pour prévenir
il
chauds des Antilles, sont,
munes aux climats
insuflisantes confaut en convenir, trop souvent
et
lorsqu'elle est générale
tre la fièvre jaune,
les lieux où elle sévit
qu'on est forcé d'habiter isoler le malade et
avec force. On doit alors
contre
toutes les précautions employées
prendre
et dont on a fait derles maladies pestilentielles
nièrement un * si heureux usage en Espagne,
contre la fièvre jaune.
sur
Ce sont là les moyens prophylactiques
T'eflicacité desquels on peut le plus compter. --- Page 304 ---
TRAITÉ
No CXVI.
Comme la contagion n'exerce son action
une petite distance, il
qu'à
7 suffira d'éviter le contact
avec les malades. L'on tiendra
consignés ceux
qui ont été en commubication avec
les
assujétira à des mesures: sanitaires telles eux; on
que celles
pratiqnées dans les Lazarets.
Il faut tâcher d'avoir plusieurs hôpitaux, bien
préférables à un seul, qui devient un foyer de
contagion ; qu'ils soient situés à mi-côté, hors
de la ville, dans une exposition
des cours vastes entourées avantageuse, avec
Salles soient
d'arbres; que les
spacieuses; -.
élevées, bien aérées;
que les lits ne soient pas trop rapprochés;
sous aucun prétexte, on n'y entasse
que
jamais un
grand nombre d'hommes; ; que ceux qui par état
sont appelés à passer leur vie au milieu des
lades,
ma2. pour leur porter du secours et des consolations, soient consultés sur le placement, la
disposition des salles, et tous les moyens de
salubrité 3 surtout dans ces climats lointains où
trop souvent la cupidité et l'ignorance président
à tous ces arrangenens, 2 où l'objet dont on s'occupe le moins, estl'avantage des malades; tandis
qu'il faudrait y apporter plus de soin et une surveillance plus active qu'ailleurs.
Que les médecins prennent eux-mémes des
ours et des consolations, soient consultés sur le placement, la
disposition des salles, et tous les moyens de
salubrité 3 surtout dans ces climats lointains où
trop souvent la cupidité et l'ignorance président
à tous ces arrangenens, 2 où l'objet dont on s'occupe le moins, estl'avantage des malades; tandis
qu'il faudrait y apporter plus de soin et une surveillance plus active qu'ailleurs.
Que les médecins prennent eux-mémes des --- Page 305 ---
FIÈVRE JAUNE.
28t
DE LA
aient 'un surtout de toile ou
précautions 7 qu'ils
touchent pas les
de taffetas gommé, qu'ils ne
leurs mains sont en sueur 2
malades lorsque
sans avoir pris
qu'ils n'entrent pas dans T'hôpital
une boisson tonique.
de ces salles, on
dans la plupart
: En entrant
chargé de e
respire avec peine un air étouffant,
y
malfaisantes, de miasmes délétéres, , qui
vapeurs
de la contagion chez tous ceux
portent le germe
qui les respirent.
hôpitaux de ces réC'est bien dans quelques
oû
brolantes, mal placés, mal distribués,
gions
d'bysouvent encore les premiers préceptes
trop
sont négligéss
giène, les plus indispensables,
de la vérité du tableau, qu'a
que l'on est frappé
de ces asiles
tracé l'abbé Delille, de plusieurs
était
on croirait" qu'il
consacrés aux. malheurs;
lorsles lieux, dans le fort de Tépidémic,
sur
qu'il a dit :
Là, sont amoncelés, dans des murs dévorans,
Les vivans sur les morts 2 les morts sur les mourans.
Là, d'impures vapeurs la vie environnée
Par un air corrompu languit empoisonnée.
Là, le long de ce lit où gémit le malheur 9,
Victime du secours, plus que de la douleur, etc.
PITIk,Chant II. --- Page 306 ---
TRAITÉ
No CXVII.
Pour combattre diréétément les miasmes
ducteurs de' cette fumeste maladic,
pronous aurions
besoin de découvrir un
moyen qui pût se répandre facilement dans T'atmosphère, qui t. environnât les malades, qui pénétrât les étoffes et
les corps imprégnés dc ces miasmes, afin d'en
neutraliser les effets et de mettre , en augmentant l'énergie vitale, l'économie animale dans le
cas de résister à leur action funeste. S'il est une
substance capable de rempliràla fois cette double
indication, c'ést T'oxigène, dit M. Guiton-Morveau, Ce célèbre chimiste pense que l'emploi de
ses fumigations n'a pas seulement l'avantage de
désinfecter; qu'il prévient encore la contagion
et atténue même les symptômes de la' fièvre
jaune. A Séville; où cette maladie faisait d'effrayans ravages, elles ont obtenu les plus heureux succès.
L'on mandait à M. Gniton-Morveau (a) C que
) c'élait aux fumigations qu'on devait l'extinction
D d'une maladie qui menaçait d'un deuil ge-
> néral, toute la nation ). Les rapports ofliciels
(1)Traité des moyens de désinfecter l'air. Deuxième édit.
Disc. prélim. p. 35.
%
maladie faisait d'effrayans ravages, elles ont obtenu les plus heureux succès.
L'on mandait à M. Gniton-Morveau (a) C que
) c'élait aux fumigations qu'on devait l'extinction
D d'une maladie qui menaçait d'un deuil ge-
> néral, toute la nation ). Les rapports ofliciels
(1)Traité des moyens de désinfecter l'air. Deuxième édit.
Disc. prélim. p. 35.
% --- Page 307 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
étaient dans le
ehvoyés à la cour de Madrid
même sens.
à laide des
Smith parvint aussi à détruire,
contagieuse qui régnait
fumigations 7 T'épidémie
c'est par son
dans les prisons de Winchester;
obtinit Tes
le docteur Meuzies en
conseil que
à bord du vaisseau TUniori, qui
mêmes résultats
réunies des Anglais
servait d'hôpital aux flottes
plus de
dans lequel il se trouvait
et des Russes,
attaquées d'une fièvre
cent cinquante personnes
maligne des prisons (1).
obtient des
En convenant des bons effetsqu'on ai retiré moifumigations, en ajoutant que jen
dois avouer qu'elles
même de grandsavanages.jed
loin de répondre à tous ceux qu'on
sont pourtant
en n'ayant égard
serait en droit de s'en promettre
Elles ont
qu'à ce que nous avons rapporté.
vaisété mises en usage à bord de plusicurs
avec autant de soin que de constance 2
seaux
sensiblement arrêté la maladie, lorssans avoir
quelque temps.
qu'elles'y était manifestée depuis
Si déjà clle existe, tous ceux qui en seront
devront être placés dans des salles parattaqués dans lesquelles on aura pris les plus
ticulières 2
la salubrité. Avant que
grandes précantions pour
Observ. sur les fèvres des prisons, par le docteur
(1)
Odier, de Genève. --- Page 308 ---
TRAITÉ
d'y entrer, comme avant que d'en sortir, on
fera bien laver les malades dans de l'eau acidulée;
ilyaura, s'il est possible, à la sortie de la salle,
un vestibule où les nédecins et les autres
sonnes resteront un instant exposés à la perde l'acide muriatique,
vapeur
qui y sera constamment
en expansion, avant de s'éioigner
dans d'autres salles;. les effets
pour passer
qui auront servi
aux malades seront lavés, parfumés, lorsqu'on
ne croira pas devoir les bràler.
Ce serait m'écarter de mon objet que d'insister
sur les précautions recommandées
nir
pour préveFintroduction et la propagation des maladies
contagieuses; telles que l'établissement des Lazarets, les règles pour la réception, la visite des
bâtimens, des marchandises et des, personnes infectées, etc. Il suffit d'avoir indiqué les préceptes généraux et ceux surtout qui sont applicables à la fièvre jaune. Le reste est étranger à
la Question et se trouve dans différens ouyrages..
objet que d'insister
sur les précautions recommandées
nir
pour préveFintroduction et la propagation des maladies
contagieuses; telles que l'établissement des Lazarets, les règles pour la réception, la visite des
bâtimens, des marchandises et des, personnes infectées, etc. Il suffit d'avoir indiqué les préceptes généraux et ceux surtout qui sont applicables à la fièvre jaune. Le reste est étranger à
la Question et se trouve dans différens ouyrages.. --- Page 309 ---
FIÈVRE JAUNE:
DE LA
CHAPITRE IX.
SIXIÈME QUESTION.
Quels sont les moyens curatifs les plus eficaces?
No CXVIII.
nous n'avons pas de moyens
I. faut avouer que
l'eflicacité desquels on puisse compter, 2
sur
ceux dont on a faitt usage
malgré la multiplicitéde
de la mécontre cette maladie. L'impuissance
decine n'est malheureusement que trop évidente;
est plutôt due à la violence du
cette impuissance
de
mal, qui triomphe de toutes les ressources
ne donne pas les moyens de les
lart, ou qui
qu'à notre ignorance sur sa véritable
employer,
nature.
Le langage que tenait M. François , après
temps de séjour dans nos colonies, à
quelques
confirme cette opila tête d'un grand hôpital,
nion. C J'eus bientôt lieu, dit-il, de m'apercevoir
devenaient inu-
> que toutes mes prescriptions
tiles et
ne me restait que la ressource
>
qu'il
cruelle maladie.
> d'observer le cours de cette
tous les malades arri-
> Il est vrai, que presque --- Page 310 ---
TRAITÉ
> vaient au troisième ou au
> dès-lors la cause
quatrième jour et
morbifique avait
> ravages irréparables
déjà fait des
(1). 2)
Tous les moyens que l'art
cette terrible maladie,
peut opposer à
lorsqu'elle a fait des
grès, ne sauraient la faire
propeuvent-ils
rérograder 2 à peine
suspendre ou modérer son travail désorganisateur, triste vérité que les faits
ment tous les jours, et qui
confirles inductions
doit, en corrigeant
que l'on est
de succès partiels,
trop disposé à tirer
médecins.
borner les prétentions desIl n'est pas étonnant qu'une maladie
que essentiellement le tissu de
qui attaaffecte l'un des systèmes le nos parties; qui
plus essentiel, soit
trés-dangereuse et diflicile à dompter,
voir de l'art se borne ici à
Le pouramener
ment les organes à l'état
insensibleordre n'est
naturel, quand le. déspas trop profond et lorsque leur
organisation intime n'a pas éprouvé de trop fortes
atteintes. Dans ce, dernier cas , ses ressources
sontimpuissantes, elles ne peuvent
la mort.
que retarder
Ne perdons pas de vue une grande vérité
thérapeutique, savoir que les médicamens ne
(1) Journal des Officiers de santé de Saint-Domingue.
à
Le pouramener
ment les organes à l'état
insensibleordre n'est
naturel, quand le. déspas trop profond et lorsque leur
organisation intime n'a pas éprouvé de trop fortes
atteintes. Dans ce, dernier cas , ses ressources
sontimpuissantes, elles ne peuvent
la mort.
que retarder
Ne perdons pas de vue une grande vérité
thérapeutique, savoir que les médicamens ne
(1) Journal des Officiers de santé de Saint-Domingue. --- Page 311 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
doués d'une vertu positive pour désont point
telle maladie. Les avantages qu'on
.truire telle ou
tonjours des
retire de leur emploi dépendent
organiques qu'ils ont d'abord suschangemens
malade, lesquels intervertiscités dans le corps
morbifiques et rasent T'ordre des mouvemens
mais
mènent les fonctions à leur type naturel;
cette mutation favorable puisse avoir
pour que
il faut dans
lieu et que les médicamens agissent,
les
un reste de force d'énergie, et que
organes vitales soient seulement opprimées
les propriétés
elles le sont dans le
et non anéanties comme
vomito.
le traitement de - la fièvre
Ce qui concerne
des erreurs dans
jaune offre un exemple frappant
entrainé,
lesquelles on est prespueiabdablenente méthode
lorsque lon agit sans plan fixe, sans
raisonnée et qu'on s'écarte des vrais principes
doivent servir de guide dans la thérapeutiqui
que. On ne trouve à cet égard qu'incohérence,
incertitude, à quelques moyens près 2 qui n'ont
et
pas encore été appréciés comparativement,
d'examiner de nouveau, 9
qu'il est indispensable doute sur les cas où ils
afin de ne laisser auicun
n'ait
conviennent. Il n'est pas de méthode qui
été tentée et qui n'ait eu ses prôneurs : malgré
aucune d'elle ne s'est
tous ces pompeux éloges,
ençore acquis une supériorité assez grande pour --- Page 312 ---
TRAITE
l'emporter, dans tous les cas 3 sur les autres , 4
aucune d'elle n'a été établie sur des principes
lumineux et d'après des indications
précises, 9
dirigées avec soin, modifiées et appropriées aux
différens cas. C'est pourtant ce qu'il faut faire
pour obtenir des succès.
No CXIX.
D'après le tableau que nous avons tracé de
cette maladie, de T'anéantissement presque total
dans lequel elle jette les forces vitales, de l'impossibilité où se trouve la nature d'agir avec
assez d'énergie pour opérer une solution heureuse, de Tigrégularité, du désordre des mouvemens vitaux, enfin de l'affection profonde et
pernicieuse des organes gastriques, qui en forme
le caractère, l'on se demandera si, dans un tel
bouleversement des fonctions et des propriétés,
c'est à la nature impuissante, accablée, dont les
forces sont altérées dans leurs principes, hors
d'état d'agir, ou n'agissant que dans des vues
contraires à celles qu'on doit se
l'on abandonnera la conduite de proposer la
9 que
maladie, et
si'le médecin doit rester spectateur oisif de ses
mouvemens désordounés, ou bien s'il est préférable qu'ils'empare seul de la direction de la maladie ? N'est-ce pas une de celles qui réclament,
dont les
forces sont altérées dans leurs principes, hors
d'état d'agir, ou n'agissant que dans des vues
contraires à celles qu'on doit se
l'on abandonnera la conduite de proposer la
9 que
maladie, et
si'le médecin doit rester spectateur oisif de ses
mouvemens désordounés, ou bien s'il est préférable qu'ils'empare seul de la direction de la maladie ? N'est-ce pas une de celles qui réclament, --- Page 313 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
sans le moindre doute, la médecine agissante la
plus énergique ?
Qu'attendre de T'expectation tant vantée par
l'école de Staal? Rien.
Lesindications curatives principales sont prestoujours les mêmes, malgré les formes difféque
se présente cette fièvre; ;
rentes sous lesquelles
elles doivent pourtant. entrer pour quelque chose
dans le choix des moyens curatifs. Ce qui mérite
de fixer l'attention du praticien, c'est l'époque
de la maladie; circonstance qui doit apporter des
modifications dans le traitément.
.Dans la revue et T'appréciation que nous allons
faire des différentes méthodes employées, nous
des principaux moyens, de ceux
ne parlerons que
qui ont eu un instant de faveur.
No : CXX.
Le muriate de mercure doux sublimé a joui et
jouit encore d'une certaine vogue, surtout parmi
les médecins anglais et parmi ceux des EtatsUnis.
Les docteurs Rusb, Mitchill, Currie, en ont
donnéjusqu'i.cent. et cent vingtgrains dans trente
trente-six heures, en lui associant le jalap et
ou l'opium. On se servait d'un autre moyen de l'introduire , à la Martinique et dans quelques autres
colonies : on appliquait un vésicatoire à chaque
--- Page 314 ---
2go
TRAITÉ
bras; ; après avoir enlevé l'épiderme la
plaie était
saupoudrée et frictionnée avec le mercure doux.
Ce pansement douloureux se renouvellait deux
fois par jour. Malgré les éloges
bués à ce traitement, les
pompeux attrisoin à
tentatives faites avec
Saint-Domingue, n'ont eu aucun résultat
avantageux, et cette méthode a échoué au flambeau bien dirigé de T'expérience.
No CXXL
Les frictions mercurielles
portées au point de
provoquer la salivation, malgré la juste
ct le nombre de leurs partisans,
célébrité
n'ont pas mieux
soutenu l'épreuve décisive de
fallut
T'expérience ; il
y renoncer après s'être convaineu de leur
danger et de leur insuflisance. Le docteur
de Philadelpbie, rebuté de" l'inutilité de Rush,
autres,
tous les
moyens, crut devoir recourir à
conduit par ce principe, qu'une
celui-là,
irritation
grande et vive
en détruit une faible : les partisans des
mercuriaux disent de plus, que ces
sent d'une espèce de spécificité remédesjouis
sur le foie, pour
dissiper les engorgemens de ce viscère; d'autres
croient quee c'estun moyen d'augmenterla (
quantité
d'oxigène dans l'économie animale, et qu'ainsi ils
doivent être regardés comme de puissans stimulans. De toutes ces hypothèses nous ne
pouvons
vive
en détruit une faible : les partisans des
mercuriaux disent de plus, que ces
sent d'une espèce de spécificité remédesjouis
sur le foie, pour
dissiper les engorgemens de ce viscère; d'autres
croient quee c'estun moyen d'augmenterla (
quantité
d'oxigène dans l'économie animale, et qu'ainsi ils
doivent être regardés comme de puissans stimulans. De toutes ces hypothèses nous ne
pouvons --- Page 315 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
29t
rien conclure à l'avantage de leur emploi dans
le traitement de la fièvre jaune.
Les adoucissans, les émolliens, 3 les rafraichissans, les légers évacuans, employés; soit en
soient inboissons, soit en lavemens, quoiquils
diqués dans la première période, sont presque
toujours inutiles ou d'un trop faible secours :
ce sont des moyens quine sont pas proportionnés
à la gravité de la maladie et sur lesquels on ne
peut compter.
No CXXIL.
L'emploi des vomitifs, si avantageux en Eudans la fièvre bilieuse, ne produit pas les
rope effets
semblerait devoir en attendre, e
bons
qu'on
si l'on n'avait égard qu'au caractère de cette
dans
maladie et aux avantages qu'ils procurent
ces sortes d'affections ; mais en se rappelant qu'il
s'agit ici d'une irritation gastrique portée souvent au plus haut degré dont elle est susceptible,
que le taron ne sera plus surpris d'apprendre
trite de potasse antimonié ne fait qu'ajouter à
l'intensité des accidens ; il augmente le spasme 2
Tirritation, rend les vomissemens plus fréquéns 5
plus douloureux; loin de produire 2 comme dans
une délente salutaire,
nos pays septentrionaux, la sécheresse de la peau et la
il accroltl'orgasme,l
concentration des forces dans le système gastri-
* --- Page 316 ---
TRAITÉ
que. Les secousses qu'il
générales ; elles semblent provoque ne sont pas
bornées à
sur lequel le spasme se concentre l'estomac,
que les efforts du vomissement
d'autant plus
ont été eux-mêmes
plus considérables. Cei n'est pas le cas de
eu pratique le précepte qui dit
le mettre
ment se guérit par le vomissement. que vomisseLe choléra morbus, qui dépend aussi d'une
irritation des organes gastriques, étendue
qu'aux intestins, (maladie,
jusLe Roy(1), de
que le professeur
véritable
Montpeilier, regarde comme une
fièvre bilieuse
par le vomissement
tréssaigué, qui fait crise
et le cours de ventre) serait
également aggravé par l'usage dés vomitifs: Les
seuls cas où ils peuvent être
employés sans aucun
danger et nême avec beacoup
tout-à-fait dans l'invasion,
d'avantage, c'est
avant la manifestation
des accidens, au premier malaise
ritation et les douleurs
2 lorsque l'irn'existent point encore
ou sont trés-légères, que les vomissemiens n'ont
point paru, qu'iln'y a pas beaucoup
c'est alors que les vomitifs
d'érétisme;
conviennent, qu'ils
peuvent tout-à-fait enrayer la marche de la maladie; mais leur emploi
exige une grande pru-
(r) Mélanges de phys. et de méd, Mém. sur les
aigués , 'P. 217.
fièvres
douleurs
2 lorsque l'irn'existent point encore
ou sont trés-légères, que les vomissemiens n'ont
point paru, qu'iln'y a pas beaucoup
c'est alors que les vomitifs
d'érétisme;
conviennent, qu'ils
peuvent tout-à-fait enrayer la marche de la maladie; mais leur emploi
exige une grande pru-
(r) Mélanges de phys. et de méd, Mém. sur les
aigués , 'P. 217.
fièvres --- Page 317 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
de cette classe
dence, et tous les médicamens
à remplir cette
ne sont pas également propres incontestablemérite
indication. L'ipécacuanha
mentla préférence; il fatigue moins les malades,
une irritation aussi vive, laisse
ne produit pas
antimoins d'accablement que les préparations
toniques, il rétablit
moniales ; par ses propriétés
il
le ressort des organes gastriques; c'est quand
dans cette circonstance qu'il a proest employé
administré par Iind et
duit de sil heureux effets,
Cullen.
ces médecins a arrêté toutà coup
Le premierde
Tadministration de l'émétique.
la fèvre jaune par
de
Lind est persuadé, que c'est en expulsant
Pestomac les miasmes contagieux et sans doute
une secousse universelle, en
aussi en imprimant
tend à se
favorisant la solution du spasme qui
les
en intervertisfixer sur
organes gastriques,
sant l'ordre vicieux des mouvemens; en préve:
nant l'irritation ou en la déplaçant lorsqu'elle
commence et qu'elle a encore la mobilité, 2 qui
d'en obtenir une résolution facile.
permet
J'ai vu plusieurs fois le malaise, 2 T'inappétence,
l'anorexie, de légers maux de tête et d'autres
l'on pouvait prendre pour les
symptômes, , que
céder à l'adminisprodromes de la fièvre jaune, 2
tration des vomitifs : je m'en suis toujours bien
trouvé en les employant ainsi dès le début, asso- --- Page 318 ---
TRAITÉ
ciés aux adoucissans légérement laxatifs. Si le
caractère de la fièvre jaune était masqué, le
succès devenait douteux et souvent les accidens
s'exaspéraient.
No CXXIII.
Les purgatifs sont contraires dans l'invasion,
comme dans l'état de cette fièvre; rarement
trouve-t-onfoccasion deles'employer utilement,
même vers son déclin, à moins que la maladie
ne soit parfaitement jugée, et qu'il ne subsiste
des embarras abdominaux; car il est important
d'entretenir la liberté du ventre à la faveur de
lavemens purgatifs; cependant plusieurs médecins anglais renommés, Jackson lui-méme, débutent souvent par ordonner les drastiques les
plus énergiques, tels que le jalap, lé mercure
doux, la scamonée : 2 je les ai vu employer sans
aucun fruit ; je ne crois pas qu'il soit prudent
d'y avoir recours 2 malgré la vogue que leur
avait donnée la pratique de Benjamin Rush. Ce
médecin publia sa méthode en 1795; elle consiste à faire prendre, dès le début, dix grains
de mercure doux et quinze grains de jalap. L'on
réitère jusqu'à ce qu'on ait obtenu cinq à Six
évacuations, après quoil'on tire de dix à quinze
onces de sang : ce traitement est terminé par
l'administration du quinquina et de la serpentaire de Virginie.
2 malgré la vogue que leur
avait donnée la pratique de Benjamin Rush. Ce
médecin publia sa méthode en 1795; elle consiste à faire prendre, dès le début, dix grains
de mercure doux et quinze grains de jalap. L'on
réitère jusqu'à ce qu'on ait obtenu cinq à Six
évacuations, après quoil'on tire de dix à quinze
onces de sang : ce traitement est terminé par
l'administration du quinquina et de la serpentaire de Virginie. --- Page 319 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
No CXXIV.
T'antorité de Lind et celle de MakilMalgré
antorisé à affirmer, d'après ma
trick, je suis
celle de plusieurs autres
propre expérience et
sur les vésipraticiens, qu'il faut peu compter qualité de
catoires, et ne les employer qu'en
ne
J'ai souvent vu leur application
rubéfians.
leur maladie était avancée,
produire, lorsque
la peau ou donner lieu
aucune impression sur
écoulement sanieux,
à un escarre noirâtre avec
sans aucune amélioration. nerveux dominent;
Lorsque les symptômes
il fauty recourir
qu'ilya oppression des forces 2
fois, en
renouveler T'application plusieurs
et en
de vue le reproche que l'on
ne perdant jamais
de diminuer Tirritabilité
fait aux cantharides,
la dissolution des humusculaire et de favoriser
mienx fondés
meurs. Ces reproches sont dans encore les régions temsous la zone torride 7 que
pérées.
sont intoLorsque les douleurs épigastriques tenté de déquelques médecins ont
lérables, l'irritation fixée dans cette région parlapplacer
vésicatoire sur Yabdomen ; cette
plication d'un été heureuse ; il y a dans cette
pratique n'a pas
et une excitation
circonstance une turgescence
employer sans
générale trop considérables pour
danger un semblable moyen.
: --- Page 320 ---
TRAITÉ
L'organe cutané qui réfléchit le mieux les
irradiations sympathiques, est celui sur lequel il
est le plus avantageux d'agir dans le commencement, afin de déplacer l'irritation fixée.sur le
système digestif. Cette pratique est surtout avantageuse 3 lorsqu'il y a des symptômes de malignité avec affection cérébrale ou effort fluxionnaire vers la tête; c'est alors que les vésicatoires
sont indiqués et qu'ils sont utiles.
M. Bally (1), conduit par T'analogie qu'il
croyait trouver entre les effets du venin de la
vipère et ceux des-miasmes délétères
de la fièvre jaune), guidé
(causes
encore par d'autres
considérations, a cru devoir administrer l'ammoniaque à l'intérieur et l'employer extérieurement en frictions, comme il T'avait
élé.
Je ne sache
déjà
pas que ses essais aient eu des résultats favorables ; je ne crois pas même qu'ils
puissent en obtenir. M. Valentin regrette
tant de n'y avoir pas eu recours ; mais je pourque ce n'est qu'en friction ou combiné pense
l'acide
avec
acétique (esprit de Mindererus), qu'il
peut convenir.
(1) Journal des Officiers de santé de Saint-Domingue.
Ventôse, an XI,
frictions, comme il T'avait
élé.
Je ne sache
déjà
pas que ses essais aient eu des résultats favorables ; je ne crois pas même qu'ils
puissent en obtenir. M. Valentin regrette
tant de n'y avoir pas eu recours ; mais je pourque ce n'est qu'en friction ou combiné pense
l'acide
avec
acétique (esprit de Mindererus), qu'il
peut convenir.
(1) Journal des Officiers de santé de Saint-Domingue.
Ventôse, an XI, --- Page 321 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
No CXXV.
tant précouisés par le
Les acides minéraux,
de médocteur Reich, adoptés par Leaucoup
decins des États-Unis, par quelques praticiens
plusieurs Anglais, ne peuvent confrançais, par le second temps de cetle mavenir que dans
dans
ladie, encore faut-il de grandes précautions
Bruce et Hillary en ont fait usage
leur emploi.
ils en mettaient quelavec une sorte de'succès; ;
d'arnica, de serdans inne infusion
ils
ques gouttes
Donnés à forle dose,
pentaire de Virginie.
l'a
la pradeviennent nuisibles 7 comme prouvé
médecins enthousiastes de ce
tique de quelques
qui n'étaient pas
moyen. J'ai vu deux rapports
à
à encourager et qui devaient engager
propres
y renoncer.
administrés à T'intérieur et
Les acides végétaux
frictions,
dès Tinvasion, employés en lotions, en
parfois une amélioration sensible.
produisent
de bonne
Les frictions acides 2 appliquées
heure à toute la surface du corps, pénètrent par
bouches 'des vaisseaux absorles innombrables
atteindre les miasmes enbans; ; elles semblent
avorflottans, les neutraliser, et faire'ainsi
core
ler la maladie.
aniacidifiant altère les substances
Le principe
Les miasmes contagienx;
males qu'il décompose. --- Page 322 ---
298TRAITE
comme l'avait démontré Harrisson pour les virus
varioleux, vaccin, syphilitique, sont
leur
anéantispar
mélange avec les acides. Le principe acidifiant, dit Giannini (1), décompose le
de la fièvre jaune. Les
contagium
expériences heurcuses
qu'on a faites dans plusieurs endroits de l'Espague, , et récemment à Livourne, avec les fumigations acides, en sont la preuve.
M. Palloni, dans lépidémic de Livourhe
employait à la fois des saignées, des
>
des émétiques, des pargatifs, des stinulans,
des boissons délayantes,
sudorifiques,
acidulées, des frictions
sur la région du foie avec la pommade
oxigénée
ou mercurielle, des vésicatoires : quel épouvantable amalgame ! A coup sûr si ses malades ne
guérissaient pas 2 ce ne pouvait être faute de
remèdes ; et lorsqu'il réussissait, il devait être
trés-embarrassé pour fixer la part que chacun
d'eux avait à ses succès.
No CXXVI.
Le quinquina n'est pas avantageux dans le
commencement et même dans le fort de la fièvre
jaune, à moins que les symptômes adynamiques
ne l'emportent de beaucoup sur tous les autres;
(1) Ouvrage cité, t. 2, p. 245.
2 ce ne pouvait être faute de
remèdes ; et lorsqu'il réussissait, il devait être
trés-embarrassé pour fixer la part que chacun
d'eux avait à ses succès.
No CXXVI.
Le quinquina n'est pas avantageux dans le
commencement et même dans le fort de la fièvre
jaune, à moins que les symptômes adynamiques
ne l'emportent de beaucoup sur tous les autres;
(1) Ouvrage cité, t. 2, p. 245. --- Page 323 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
très-souvent, s'il est
et dans ce cas-là mnême,
énéril exige une trop grande
pris en substance,
pour produire
gie des organes de la digestion
partie des
d'heureux effets; aussi la plus grande remèdes
médecins le combinent -ils avec des
T'6la cannelle,
diffusibles, tels que T'opium, conviennent dans les
ther, etc. Ces substances
portée
maladies oii il y a une atteinte profonde elle
à Técorce du Pérou, 2
à la sensibilité : quant
la cessation
d'heureux effets qu'après
ne produit
de Tirritation, 7 lequel contretotale du période aussi actif; de nombreuses
indique un, remède
le moindre doute sur
expériences ne laissent pas
les assoJ'exactitude de cette assertion : malgré
lui
différentes qu'on
ciations et les combinaisons
très-diflicile:
fait subir, Testomac ne peut que
vomissele
; il détermine des
ment supporter
existaient déjà.
mens 2 ou il augmente ceux qui
dès le commencement
M. Valentin l'employait
prélide la maladie 3 sans aucune préparation
lorsquil provoquaitdes selles stropabonminaire;
ajoutait de la gomme kino.
dantes, ce médecin
dominent,
Lorsque les symptômes de putridité
c'est
senlement lorsqu' 'ils sont bien marqués,
ou
faut donner des décoctions de quinalors qu'il
et fortement animées
quina très - rapprochées doute
si l'on cût préavec de T'alcool. Sans
que
et ceux
cisé les cas oit le quinquina a réussi,
- --- Page 324 ---
-
TRAITÉ
ouil a échoué, l'on ne trouverait
position qu'il
pas autant d'opparaît y en avoir entre les résultats
des expériences faites à la Vera-Crux
tentées dans le même but
(1) et celles
aux Antilles et en Espagne (2).
No CXXVII.
L'opium employé avec succès par Bontius
dans la fièvre des Indes orientales,
s
que de mauvais effets dans le
ne produit
de la fièvre
cela
commencement
jaune ;
n'a rien de surprenant
pour ceux qui savent qu'il est
dans les fièvres
très-préjudiciable
méningo-gastriques, en arrétant
et intervertissant les mouvemens
évacuations
nécessaires aux
bilieuses et saburrales ; c'est à cette
propriété qu'il doit les avantages qu'or a retirés
deson usage 7 associé à d'autres substânces, dans
les cas d'irritation violente et de vomissemens
entretenus par le spasme des organes gastriques.
C'est lui qui, au dire de plusieurs
doit occuper le premier rang parmi les médecins, excitans
propres à la combattre et à suspendre le vomissement 7 tant pris intéricurement qu'administré
en embrocations sur l'estomac et le ventre. De
(1) Luzuriaga, ,t. 2,p. 227.
(2) Pugnet, P. 3,6; êt Arejula, P. 150 et 209.
entretenus par le spasme des organes gastriques.
C'est lui qui, au dire de plusieurs
doit occuper le premier rang parmi les médecins, excitans
propres à la combattre et à suspendre le vomissement 7 tant pris intéricurement qu'administré
en embrocations sur l'estomac et le ventre. De
(1) Luzuriaga, ,t. 2,p. 227.
(2) Pugnet, P. 3,6; êt Arejula, P. 150 et 209. --- Page 325 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
dernière manière il produit des bons effets,
cette
d'inconvéniens.
et n'a pas
la
les
A forte dose il augmente céphalalgic,
et l'irritation générale.
douleurs épigastriques
sans
à ces inPlusieurs jeunes médecins, 7
égard
avaient recours à leur arrivée dans
convéniens; ; y
des vieux pratiles colonies. Malgré les conseils
ciens du pays, il fallait du temps et des revers
les faire renoncer à cette pratique funeste.
pour
No CXXVIIL
le caractère connu de cette dangeD'après maladie, l'on conçoit que la saignée, que
reuse
médecins ont eu raison de blâmer, 2 ne
plusieurs
dans la première pépeut être applicable que
ne
riode, et toujours avec ménagement, pour
favoriser le développement des symptômes
pas
mais faut-il y renoncer entièreadynamiques;
milieu à
ment? N'y a-t-il pas un juste
prendre
Fabus
faisaient les médecins des COentre
l'abandon qu'en total dans lequel l'ont laissée
lonies, et
modernes? Sans doute il ne
les jeunes praticiens
al'exemple
faut pas, surtout dans les pays chauds,
toujours auprès de ses
de Botal, se présenter la main mais entre les
malades la lancette à
;
ridiculisés du docteur Sanexcès si justement
a-t-il
grado, et la proscription absolue, n'y
pas
1a
--- Page 326 ---
TRAITÉ
un milieu réclamé par la raison éclairée? C'est
celui qu'il faut adopter.
Ce choix est fondé sur les vrais principes de
l'économie animale, > sur la nature et l'intensité
des accidens qui signalent l'invasion de cette maladie, appuyé sur une longue expérience, laquelle doit, en définitif, l'emporter sur les théories les plus spécieuses. Je n'ignore
pas qu'on
objecte que la tendance de cette fièvre à
namie
T'adyet à Tataxie, doit repousser bien loin
toute idée de moyens débilitans. L'extrême chaleur qui favorise cette
dégénérescence 2 est une
raison : pour rejeter les évacuations sanguines
mais l'irritation générale est si forte, les douleurs ;
sus-orbitaires et celledelépigastre si déchirantes,
les yeux si rouges, la face si animée, la chaleur si
étouffante ; l'état du pouls et des autres fonctions
indiquent si évidemment une exaltation générale
du systôme sanguin avec congestions vers la tête,
les accidens s'accroissent avec tant de rapidité,
qu'iln'y a d'abord que la saignée qui puisse quelquefois en modérer la marche.
Les hémorragies nazales, que la nature détermine spontanément dans cette circonstance
sont ordinairement suivies d'un mieux momen- 3
tané, qui doit à la fois servir de guide et d'encouragement au praticien.
ent si évidemment une exaltation générale
du systôme sanguin avec congestions vers la tête,
les accidens s'accroissent avec tant de rapidité,
qu'iln'y a d'abord que la saignée qui puisse quelquefois en modérer la marche.
Les hémorragies nazales, que la nature détermine spontanément dans cette circonstance
sont ordinairement suivies d'un mieux momen- 3
tané, qui doit à la fois servir de guide et d'encouragement au praticien. --- Page 327 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
Le docteur Palloni (1) a observé plusieurs fois
nazale relevait le pouls,
qu'une forte hémorragie
lorsqu'il élait considérablement: affaibli, et qu'elle
était suivie d'une amélioration notable. lla aussi
abondante hâter une termivu une menstruation
très-avancée.
naison heureuse de la maladie déjà
Les saignées du pied sont surtout avantaelles produisent un relâchement salutaire.
geuses;
que de modérer la
C'est déjà beaucoup gagner,
le
rapidité effrayante de celte fiévre, et d'avoir
de recourir à d'autres moyens, 2 avant que
temps soit tout à fait opprimée. Les scarificala nature
quelquefois un effet
tions'à la nuque produisent
salutaire. Jackson les a employées avec, avantage.
Le caractère de malignité ne doit pas éloigner
toute idée de saignée. L'histoire approfondie des
que les hommesles plus recommaladies 2 prouve forcés
avoir recours dans
mandables ont été
d'y,
des maladies analogues à la fièvre jaune, qui
semblaient devoir la faire proscrire 3 c'est ainsi
dans une fièvre pernicieuse avec céphalalgie
que
Senac
violente, dureté et plénitudedu pouls,
(2)
fut forcé d'en pratiquer plusieurs.
Sarcône (5) a vu des fièvres malignes marquées
(a) Ibid. P. 20.
(2) De nat. feb. intermitt. recond.
(3) Hist. ragio, de mali. Observ. in Napoli, t. I, p.
- --- Page 328 ---
TRAITÉ
par une concentration telle des forces sur les
organes de la poitrine, qu'il fut obligé de faire
saigner.
Le professeur Hildenbrand s'est souvent trouvé
dans l'obligation de recourir à la saignée du pied
dans de véritables typhus ; c'est à ce moyen qu'il
dut lui-même la conservation de ses jours.
Samoilowitz (1), en nous donnant le résultat
de sa grande pratique, n'a pas manqué de faire
remarquer le danger de la saignée dans la peste 5
maisi ila ajoute qu'illa regarde comme très-salutaire
pour ceux qui sont d'une vigoureuse constitutiou, qhi ont des maux de tête très-violens; c'est
dans ces circonstances qu'il s'est bien trouvé de
leur emploi dans le début de la maladie.
M.lebaron Desgenettes s'en est servi avec succès dans des cas semblables, où il a fait saigner
avec avantage, tout au commencement de la maladie, quand l'inflammation était bien violente;
le sujet robuste ; la pléthore gastrique n'arrêtait
pas ; l'on renvoyait le vomitif au lendemain (2).
Prosper Alpin (5) assure qu'autrefois les Égyptiens provoquaient lay terminaison des fièvres ar-
(1) Mém. sur la peste, cité plus haut.
(2) Desgenettes, Hist. méd. de l'armée d'Orient, t. 3,
ch. 2.
(2) De Med. egypt, 1. 3, ch. 2.
e ; la pléthore gastrique n'arrêtait
pas ; l'on renvoyait le vomitif au lendemain (2).
Prosper Alpin (5) assure qu'autrefois les Égyptiens provoquaient lay terminaison des fièvres ar-
(1) Mém. sur la peste, cité plus haut.
(2) Desgenettes, Hist. méd. de l'armée d'Orient, t. 3,
ch. 2.
(2) De Med. egypt, 1. 3, ch. 2. --- Page 329 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
dentes en pratiquant aux jours critiques ; principalement quand il tombait du nez des gouttes
des scarifications autour de cette partie.
de sang,
la fièvre jaune elle-même, 2 il se
Enfin, pour
nombre de
de la saitrouve un grand
partisans.
gnée dans le premier temps de la maladie.
Cullen la conseille dans linvasion; Lind l'a
employée avec avantage; Deveze Pa peut-êtro
prodiguée. M. Dalmas rapporte des cas où
trop il en.a retiré des succès incontestables. Moutric,
d'autres médecins se
Makitrick et beaucoup.
louent de son émploi.
No CXXIX.
Les bains, les immersions, les lotions d'eau
froide,; ont eu et conservent encore avec raison,
je crois, un grand nombre de partisans. Puischaleur excessive tourmente le malade,
qu'ane
l'action du
accélère la circulation, 5 augmente
hépatique, tout ce qui tendra à la dimisystème
nuer sera favorable : c'est sans doute dans ce sens
qu'agit l'eau froide; peut-être aussi le calorique
qu'elle absorbe, cause Ia sensation de fraicheu,
qui paraît si' agréable au malade, et qui produit
un mieux-être réel et momentané, qui milite
beaucoup en sa faveur.
Dans toutes les fièvres ardentes bilieuses, , les
bains, 2 les lotions d'eau froide que j'ai recom20
--- Page 330 ---
TRAITE
mandées, et dont j'ai vu faire usage et obtenir
des succès presque surprenans
plus haute
2 remontent à la
antiquité et tirent leur
des
climats chauds.
origine
Hippocrate faisait
froide dans
brusquement verser de l'eau
quelques fièvres ardentes avec spasme,
Aretée (1), l'un des fondateurs de la médecine
d'observation, conseille, dansles fièvres)
l'eau à la glace acidulée.
bilieuses,
La méthode de Galien"(a) ne s'éloigne
de celle-là; il préconise aussi l'eau
guère
les fièvres ardentes,
froide dans
Dans les maladies bilieuses
trés-intenses de
l'été, les anciens médecins faisaient
mnalades dans les lieux abscurszet
porter les
frais;! ils. les
plaçaient dans des appartemens
vastes 7 exposés
au' nord, dont: ils arrosaient
fréquemmént les
murs et,le plancher. A la faveur de: ce moyen 'on
peut avoir un jair tempéré-qui mette à Tabri des
atteintes de la saison, , et procure un calme salutaire qui favorise la marche natubelle étla.terminaison favorable de la maladie.
Ces
10. AD
précautions sont surtout inportantes pour
la maladie dont.nous parlons,.et entre les tropiques. L'arrosement del'appartément produit une
(r) De Morbis acntis. , lib.. 2, chap. 4.
(2) Méth. medendi, lib. 9, cap. 5:
te à Tabri des
atteintes de la saison, , et procure un calme salutaire qui favorise la marche natubelle étla.terminaison favorable de la maladie.
Ces
10. AD
précautions sont surtout inportantes pour
la maladie dont.nous parlons,.et entre les tropiques. L'arrosement del'appartément produit une
(r) De Morbis acntis. , lib.. 2, chap. 4.
(2) Méth. medendi, lib. 9, cap. 5: --- Page 331 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
fraicheur subite par la vaporisation de.l'eau qui
absorbe beaucoup de calorique.
Chardin (1)" rapporte que les médecins persans
contre la fievre ardente 1 les boissons
prescrivent à
Il ne dut lui-méme le bonà la neige, 2 laglace.
heur d'échapper, sur les-bords du golfe Persique,
maladie semblable, qu'à ces boissons et
à une
aux lotions froides.
Prosper Alpin (2) dit que les médecins égypchaudement leurs malades,
tiens enveloppaient fait des lotions froides et leur
après leur avoir
d'eau à la
avoir fait boire quelques verres
glace.
Kaempfer (5) assure que les Japonais font aussi
de l'eau à la glace dans les
un heureux emploi
fièvres bilieuses.
Delon, Bernier 2 ont aussi été téBontius, 3
moins des effets avantageux.et presque surpreretire , dans les Iudes, des aponans que Pon
Jotions de même
zèmes rafruichissans et des
nature. Ces hédecins voyageurs conviennent que
si la théorie des docteurs de ces parties de PAsie
est dépourvue de raison, leur pratique ne manque
malgré cela, d'une sorte d'intelligence.
pas,
() Chardin 7 t. 9 2 p. 300.
(2) De Medic. Egypt. lib. 4, ,c. 15.
6 (3)" Amoenit t
exot. P. 580, etc.
--- Page 332 ---
TRAITÉ
Lusage d'envelopper les malades dans des couvertures imbibées d'cau froide
entre les
2 est commun
tropiques. On s'en est servi
sement dans la fièvre jaune de Surinam avantageuLe docteur Cirillo,
(r).
> médecin napolitain, a
publié un Mémoire sur les avantages de l'eau
glacée (2).
Même dans nos régions tempérées, l'eau froide
acidnlée 2 les lotions froides
effets dans les fièvres
7 produisent de bons
bilieuses intenses et dans
plusieurs typhus.
J'ai presque toujours trouvé de Ia
aux: malades, dans ces sortes de répugnance
boissons chaudes
cas 2 pour les
; elles produisent un sentiment
d'oppression surJ'estomac; elles favorisent le
missement. Les boissons froides et acidulées vOles malades désirent, prises à 39 petites
que
calment un peu les vomissemeus, modèrent doses;
chaleur.
la
Finck a observé, dans la fièvre bilieuse dont
il nous a laissé la description, que les tisanes
chaudes augmentaient d'une manière sensible les
accidens.
Pringle a retiré dans la fièvre des prisons, de
(1) Grimaud, Traité des Fièvres, t. 5, P. 97.
(2) Abrégé des Transact. philos. de la Soc. royale de
Londres, trad. de Pinel,
, modèrent doses;
chaleur.
la
Finck a observé, dans la fièvre bilieuse dont
il nous a laissé la description, que les tisanes
chaudes augmentaient d'une manière sensible les
accidens.
Pringle a retiré dans la fièvre des prisons, de
(1) Grimaud, Traité des Fièvres, t. 5, P. 97.
(2) Abrégé des Transact. philos. de la Soc. royale de
Londres, trad. de Pinel, --- Page 333 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
avantages du lavage des extrémités, et pargrands
fois du corps entier, 7 avec Foxyerat
tout cè qu'ont dit, dans ces
Je ne rappellerai pas
à l'avantage
derniers temps, Currie et Giannini,
froids.
des immersions, , des lotions et des bains
observations directes qui prouvent
Je passe aux
en leur faveur contre la fièvre jaune.
d'abord, que si cette méthode /
Je remarquerai
semblait devoir
n'a pas eu tout le succès qu'on mains de
même entre les
plus'en promettre,
sieurs médecins instruits qui l'ont préconisée,
tels
Wrigth qui exerçait à la Barbade,
que à la
c'est qu'elle n'était pas
-
Jackson
Jamaique,
n'avait désoumise à des règles fixes, et qu'on
terminé ni les cas où elle est avantageuse, ni
la manière de T'employer, ni les modifications
qu'elle exige, ni sa durée, et que souvent on
des
contraires. Miller et
lui a associé
moyens
chauds
Jackson alternaient quelquefois les bains
et les bains froids.
M. Prat, médecin à T'hôpital du Port-auPrince, fut conduit à l'usage des immersions
froides par l'observation suivante rapportée par
M. Repey (2)-
(1) Pringle, ouvrage cité, t.1,p. 174.
(9) Dissert.. inaug. sur la fièvre jaune. Montpellier 7
1807. --- Page 334 ---
5ro
TRAITÉ
I ( Un malade s'étaht échappé de son lit dans
) le délire, allait se.: précipiter dans un bassin
>. situé au milieu de la:cour, lorsqu'il fut arrêté
> eti conduit dans son lit.
M Prat fit-placer à, côté de lui. une grande
)): bailleip pleine d'eau, avec ordre dely laisser se
)) baigner; il en. profits.effectivenent, et se plonnigen.à plusieurs repriscs dans' son bain; il eut
>.i ensuite une : transpiration très-abondante, et
> guérit >. Ce: succès igattendu, que le hasard
procura, enhardit M. Prat, qui eut de nouveau
recouts. au méfe moyen, qui lui procura. plus
dayaatage que tous: ceux dont il s'était sérvi
jusqu'a céuterénoque. 20
MoBoulet,. médeciniau, Cap,. s'en servit.avec
le niéme bonheuf. Jai vu plusieursi ofliciers.qui
croyaient principalement devoir leur guérison à
ce moyen. IO Rs 21197
-
el Lel doctenr. Fontanges du Port-au-Princeyne
les employa pas moins heureusement, Tl
M.Enmabolde assure, : que Jes médecins instruits du L Mexique lenif domnent. la préférence
sur les: autres, moyens. nots rondo'l g 201 ionl
M. Valentin a expérimenté les bons effets de
limmersion ct des affusions d'cau froide sur
la léte, dans les cas de délire et de céphalalgie;
il est certain q'elles-dinsiouent la, violence des
douleurs et l'effort fluxionnaire qui a lieu vers
M.Enmabolde assure, : que Jes médecins instruits du L Mexique lenif domnent. la préférence
sur les: autres, moyens. nots rondo'l g 201 ionl
M. Valentin a expérimenté les bons effets de
limmersion ct des affusions d'cau froide sur
la léte, dans les cas de délire et de céphalalgie;
il est certain q'elles-dinsiouent la, violence des
douleurs et l'effort fluxionnaire qui a lieu vers --- Page 335 ---
)
FIÈVRE JAUNE:
DE LA
elles calment le spasme et provocette région ;
dans l'invasion,
quent, , lorsqu'on y a eu recours mais il faut indes sueurs générales critiques : lorsque la chasister: sur leur emploi , y revenir
de force, Les vomissemens
leur reparait avec trop
fièvres
dans quelques
obstinés qui se manifestent
l'action du
peruicieuses, et qui rendent inutile
cèdent merveilleusement gli comme
quinquina, 2
des.immersions.
l'assure Giannini (s),-à-Tusage
dans
Je les ai employées
tres-avantagetsement
quelquele délire et le coma 7 qui accompagnent L'amiélioration
fois des fièvres bilioso-malignes.
d'anrésulte de leur usage ne produisit-elle
qui
de retarder un peu la marche de
tre bien que
de diminuer la rapidité
cette funeste maladie ;
de donner le temps
des symptômés facheux, et
sérait ende recourir aux autres moyens, c'en b 5 91
a :: Ga
core un grand.
affusions et des immersions
Pour obtenir des
peut s'en promettre 2
tous les avantages qu'ou dès l'invasion et dans la
il faut y avoir recours dans celle du froid,elles
du chaud, car
période
no:
seraient mortelles.
subitenient dans le
"Si le sujet qu'on plonge :
e à
bain est faible, ily a de grandes précautions, ress'il était tout à coup saisi d'un
prendre;
(1) Ouvrage cité, p. 340. --- Page 336 ---
TRAITE :
serremient considérable et universel, s'il pâlissait, si ses lèvres devenaient livides, il faudrait
l'en retirer promptemient, bien
replacer chaudement
l'essuyer et le
dans son lit. "Pour les
hommes affaiblis, les affusions sont préférables.
Sic'est un sujet d'une forte constitation ; malgré
'horripilation qu'il éprouve en se mettant dans
l'eau, il. faut Ty laisser un instant,e et ne l'en retirer que pour'le mettre entre deux couvertures
de Jaine, le faire essuyer êt frictionnér
le corps.
par tout
No CXXX.
Venons à la méthode vulgaire de traiter. la
fièvre jaune, employée par les mulâtresses de
Saint-Domingue; ; elle se, rapproche de la précédente, avec laquelle elle peut se. combiner,
Cette méthode consiste à frotter toute la surface du corps avec dujus de citron frais, à faire
prendre des cuillerées de ce suç pur, à faire
boire une limonade fortement acidulée, à donner
des lavemens acidulés, des bains légérement
chauds, quelquefois tout-à-fait froids, dans
?,
lesquels on exprime une, assez grande quantité de
citrons et d'oranges amères.
M. Bally (1) rapporte, pour. prouver les, avan-
(r) Journal des Officiers de santé de Saint-Domingus:
Ventose, an XI,
, à faire
prendre des cuillerées de ce suç pur, à faire
boire une limonade fortement acidulée, à donner
des lavemens acidulés, des bains légérement
chauds, quelquefois tout-à-fait froids, dans
?,
lesquels on exprime une, assez grande quantité de
citrons et d'oranges amères.
M. Bally (1) rapporte, pour. prouver les, avan-
(r) Journal des Officiers de santé de Saint-Domingus:
Ventose, an XI, --- Page 337 ---
FIÈYRE JAUNE.
315.
DE LA
une
frictions avec le suc dè citron,
tages des
que je transcrirai
observation assez concluante, oflicier de santé, âgé
à peu près. M. Jomarron, depuis cinquante jours
de vingt-cing ans 2 était soir il fut toutà coup
dans la colonie; quand un
violens : trem:
saisi par les symptômes les plus chaleur, de sueur,
blement universel, suivi de
d'efforts conviolens, ou plutôt
de vomissemens
céphalalgie atroce, yeux
valsifs tres-donloureux; les boissons seniblaient
gonflés, douloureux ; dans Testomac 3 comme si
pénétrer diflicilement arrêtées dans Tesophage par le
elles avaient été
Ce malade fut
spasme de l'orifice cardiaque. corps avec le
frictionné sur toule Thabitude.du aigu génécitron, qui occasiona un picotément
horrisuivi d'une rétention d'urines quifit
ral,
le malade : la sueur fut.favorisée
blementsoufftir d'une limonade fort chaude;
par Padministration
heurès de soifle sommeil survint après quatre
et ne tardèrent
frances, les aceidensdiminnérent
pas à se dissiper.
continnées, le
e Après les frictions long-temps chaudement dans Son lit.
malade est enveloppé
quelquefois. par une
Ce traitement commence
réunir le
saignée du pied; ; c'est celui qui parait
s'en
en sa.faveur. M. François
plus de suffrages
ç'est le moins incerloue beaucoupyet dit que bonne e-heure.
tain lorsqu'on y a recours de --- Page 338 ---
TRAITÉ
M. Moulic (1), chirurgien à la même
la employé avec succès.
armée;
M. Boulet, médecin au, Cap,.avait fini
donner la préférence
par Ini
thodes; c'était
sur. toutes les autres mécelle qui réunissait alors
grand nombre de
leplus
suffrages. M.. Rouvier
sure qu'on s'en servit
(2),a5directeur de
avantageusement sur le
Thopital de la
la
Basse-Terre, ile de
Guadeloupe, sur lun: des
chef de timonerie de lal
employés, sur: le
suite sur d'autres
frégate la Didon, et par
personnes.
Si les résultats satisfaisans
méthode dans les
obtenus par: cette
hôpitaux ne sont ni aussi
nombreux, , ni aussi constans;
tiennent les mulâtresses à la que ceux qu'obdes maisons
campagne, Qu dans
particulières, c'ostqu'il faut,
réussir, renouveler souvent et. avec
pour
les
exactitude
lotions, 2' les frictions, 9 humecter
la bouche des
constamment
malades, et avoirune continuité de
soins, d'attention qu'il. est impossible de
procurer dans les hôpitaux.
se
Est-ce à l'introduction de
citron, qu'il faut
l'oxigène du suc de
traitement
attribuer les bons effets de ce
? Mais les acides minéranx
tiennent aussi le principe
qui conacidifiant, ne produi-
() Méme journal, Germinal, an XI,
(2) Même journal. Floréal, an XI,p.191.
amment
malades, et avoirune continuité de
soins, d'attention qu'il. est impossible de
procurer dans les hôpitaux.
se
Est-ce à l'introduction de
citron, qu'il faut
l'oxigène du suc de
traitement
attribuer les bons effets de ce
? Mais les acides minéranx
tiennent aussi le principe
qui conacidifiant, ne produi-
() Méme journal, Germinal, an XI,
(2) Même journal. Floréal, an XI,p.191. --- Page 339 ---
- -
DE LA FIÈVRE JAUNE.
changemens. Est-ce comme
sent pas les mêmes
et détruisant les
excitant, ou en nentra'jsant éncore de ces dimiasmes contagienx : ou bien
verses manières d'agir ?
No CXXXI
méthodes : que nous venons
Des différentes
quelil n'en est pas qni ne compte
d'exposer 7
revers. Dans pluques succès et de nombreux
rénssi chez un
sieurs cas. les mêmes moyens ont Ne doit-on pas
malade et, échoné chez un autre. dans les résultats,
conclire de celte: opposition
dans Ia
les mêmes moyeus 5 que
en employant
de
a
traitement-applifièvre janue il n'y pas
etqu'il doit être
cable.à toutes les circonstances, l'on : est
le
Tinstant où
appelé,
modifié suivant
intensité, la dominapce
degré de maladie, son
circontels
: et d'autres
de tels ou
symptômes varier les moyens
stances qui idoivent faire un peu
curatifs ? :
à la saine doctrine et aux
Rien n'est sicontraire
systême trop
lois de Torganisation aninmle, qu'un
géméthode thérapeutique trop
exclusif, qu'ane
d'en faire Tapplication à
nérale, lorsqu'il s'agit différences assez sensiune maladie qui offre des
moins avancées
bles, suivant les périodes plus ou
traitera
on la considère. Celui-là
dans lesquelles succès, a dit un bon médecin,
ses malades avec
- --- Page 340 ---
TRAITÉ
qui saura saisirl l'occasion de donner un
qui comptera plus sur une indication reméde;
que sur une prétendue vertu
précise;
dicamens.
spécifique des mnéNo CXXXII,
Lorsqu'on est appelé dans le
là seulement
début, et c'est
que lon peut espérer de
comme l'ont remarqné Deveze
réussir;
et autres, car l'issue
(T), Pugnet (2)
dépend de la
des premiers soins ; le médecin doit promptitude
s'e "emparer de l'esprit de son malade
d'abord
confiance, le
; captiver sa
rassurer, dissiper les terreurs sinistres dont il est tourmenté, lui cacher
danger et faire naître l'espoir consolateur son
d'une
prochaine guérison, , rétablir la tranquillité d'âme
indispensable au succès qu'on veut obtenir. L'indication la plus pressante 2 s'il y a embarras
trique sans douleurs, est d'évacuer
gas
de rétablir l'équilibre
T'estomac,
par une secousse souvent
salutaire; dans cette circonstance,
,
est
Tipécacuanha
avantageux. Si le sujet est jeune; pléthorique, si les céphalalgies sont très-vives, la chaleur excessive 2 les yeux sensibles, injectés, le
(1): Ouvrage cité, p. 36 et 37.
(2) Ouvrage cité, P. 364 et suivantes,
, est d'évacuer
gas
de rétablir l'équilibre
T'estomac,
par une secousse souvent
salutaire; dans cette circonstance,
,
est
Tipécacuanha
avantageux. Si le sujet est jeune; pléthorique, si les céphalalgies sont très-vives, la chaleur excessive 2 les yeux sensibles, injectés, le
(1): Ouvrage cité, p. 36 et 37.
(2) Ouvrage cité, P. 364 et suivantes, --- Page 341 ---
d
DE LA FIÈVRE JAUNE.
on peut avec confianee prati:
pouls dur et plein,
du pied, laréitérer
quer d'abordi lune petite saiguée
les lave*
si elle produit de la rémission, yjoindre
les bains de pieds. Si les vomissemens
mens 7
de dous'ils sont accompagnés
ont commencé,
l'on fera prendre de petites
-leurs dans T'estomac,
récemment exprimé
cuillerées de suc de citron
de sucre. Si la chaleur est forte,
avec très-peu
aux loc'est le cas de recourir aux pédiluves,
aux
tions d'eau acidulées, aux demi-lavemens,
la
avec les tranches de citron;
frictions sur peau chaudement le malade; le
envelopper ensuite
moi+
s'il survient une légère
laisser tranquille,
les accidens reviennent,
teur. Si au contraire
Siles voréitérer T'emploi des mêmes moyens.
de
cèdent
on ajoute au suc
missemens ne
pas,
le sel
le landanum,
citron de l'éther sulfurique,
de dial'eau de menthe- et le sirop
d'absinthe,
prescrivait une potion
code. Le docteur Aréjula
d'opium disd'extrait gommeux
avec vj grains
d'éther suldans
d'éau de fenouil, 3j
sous
3vj
de diacode'; elle modère
farique, et 3j de sirop
Je me
les vomissemens.
et arrête quelquefois
cuillerées d'excelsuis bien trouvé de quelques
fait
lent vin de Madère sec, dans lequel j'avais
de bon quinquina. ' Quand les douleurs
infuser
font sentir vivement, s'ilya conabdominales se
demi-lavemens émolliens
stipation, on donne des
--- Page 342 ---
TRAITÉ
que l'on rend légérement narcotiques. Si les accidens continnent, on peut avec avantage les
aciduler et recourir aux embrocations anodies
et émollientes sur l'épigastre et le 'ventre avec
Thuile d'olive camphrée, T'opium, le musc,le
castoréum. On peut encore combattre les céphalalgics avec l'application de plusieurs sangsues à la tempe , les affusions d'eau froide acidulée sur la têler, les bains froids., les lotions
froides acidulées. Lorsque les symptômes adynamiques se manifestent de bonné heure, s'ils
ont de l'intensité, il faut substitaer aux adoucissans dont nous avons fait mention, les décoctions de quinquina tres-rapprochées, tant en
boissons qu'en- lavemens; celles de serpentaire
de Virginie, les teintures alcooliques de ces
plantes, celles d'Huxam, etc., etc l'écorce du
Pérou en poudre très-fine; si l'estomaclar rejette,
on peut en donner.le double en lavemens; ; faire
usage du camphre en poudre réuni au tartrite
acidule de potasse et au nitrate de potasse; ces
décoctions doivent être acidulées, et alcoolisées.
La difficulté de faire conserver aux malades
les boissons qu'ils prennent, , oblige de les varier
jusqu'à ce qu'on ait rencontré celles que l'estomac peut supporter. > ou que les vomissemens
cessent par la diminution des accidens.. -
Lc symptôme le plus facheux, celui qui s'op-
en poudre réuni au tartrite
acidule de potasse et au nitrate de potasse; ces
décoctions doivent être acidulées, et alcoolisées.
La difficulté de faire conserver aux malades
les boissons qu'ils prennent, , oblige de les varier
jusqu'à ce qu'on ait rencontré celles que l'estomac peut supporter. > ou que les vomissemens
cessent par la diminution des accidens.. -
Lc symptôme le plus facheux, celui qui s'op- --- Page 343 ---
DE LA FIÈVRE JAUNE.
c'estle vomissement,
pose le plus à nos succès,
de faire cesser.
qu'il est trop souvent impossible
a quelL'action d'un vésicatoire sur l'épigastre dans
cet: heureux effet ; mais
quefois produit
n'a-t-elle pas agravé la macombien d'autres cas
ladie?
avec succès dans une fièvre
J'y ai eu recours
dont rien ne modérait
pernicieuse cardialgique,
les vomissemens.
secours de tous ces moyens
Lorsque, malgréles
sans relâche, 2
combinés, alternés et continués
fait des progrès, il faut insister
la fièvre jaune
les changesur le même traitement, ou apporter
des
commandés par la nature et l'intensité
mens
alors
les vésicatoires volans
accidens. C'est
que
leur
on revient aux sinapistrouvent
application; lotions froides et acimes, aux, frictions et.aux
les
dulées à moins: ; que le malade ne puisse
,
derniercas, on se borne à des
soutenir : dans ce:
calmer T'agiaspersions partielles du tronc, pour
révotation modérer'la chaleur et opérer une
lution salutaire.
recourir
Dans cet état de la maladie, on peut
camphrées sur les exaux frictions alcooliques colonne vertébrale et sur
trémités, le long de la
l'épigastre.
de faire
le quinquina en
Si on. tente
preudre, dans le vin ou dans
substance, il faut:le donner --- Page 344 ---
TRAITÉ
une infusion aromatisée, avec un peu de
de kino, de teinture
gomme
thébaique ou d'opium, suivant l'état du sujet; s'il est
c'est
rejeté,
en lavement qu'il faut
T'administrer, essayer l'usage de
son extrait, combiné avec le camphre, l'opium.
Quelqnes praticiens l'ont associé au sulfate d'alumine 5 et se louent de cette combinaison.
On peut; à l'exemple de Jackson,
les bains chands.; l'on retire le malade eniployer
l'action vitale a
lorsqué
étévivementappelée vers la
et on lui fait faire des
peau,
frictions avec des tranches
de citron; c'est encore après la suite du bain
les rubéfians peuyent
que
produire une salutaire révulsion.
La persévérance des vomissemens oblige
que de* *renoncer à toute espèce de
presen' se bornant à
boissons,
quelques cuillerées de sue de
citron avec léther ou lel laudanum; on y substitue
des lavemens
appropriés', 7 dans lesquels on peut
même faire entrer le quinquina en substance.
C'està la sagacité du médecin à faire usage de
toules les ressources de la médecine, à
à combiner les différens
varier,
moyens qui sont à sa
disposition, à les approprier à l'état du malade,
à l'époque de la maladie, en ne perdant
de vue que cette fièvre réclame
janais
impérieusement
la médecine agissante la plus énergique, dirigée,
non contre quelques symptômes
passagers, mais
ina en substance.
C'està la sagacité du médecin à faire usage de
toules les ressources de la médecine, à
à combiner les différens
varier,
moyens qui sont à sa
disposition, à les approprier à l'état du malade,
à l'époque de la maladie, en ne perdant
de vue que cette fièvre réclame
janais
impérieusement
la médecine agissante la plus énergique, dirigée,
non contre quelques symptômes
passagers, mais --- Page 345 ---
JAUNE.
32r
DE LA'FIÈVRE
contre les accidens principaux et d'après des
indications tirées du caractère propre de la maladie, de sa nature, de son intensité.
Une attention importante dans presque toutes
les maladies, entre les tropiques, c'est de maintenir la fraicheur danslappartement des malades,
d'y établir un courant d'air frais qui, s'il ne probien
diminue
cure pas. un soulagement
grand,
l'état d'oppression et.lemal aise qu'ils éprouvent,
les changer aussi souvent de lit que possible.
sixième
Si le malade va jusqu'au cinquième,
et
à cette époque, la
et septième jour 2 qu'arrivé
maladie ses soutienne sans faire deprogrès, c'estun
signe très-favorable qui présage une. terminaison
heureuse, pourvu qu'on soutienne les forces et
l'on favorise les évacuations critiques, non
que
extemporané des sudorifiques, des
par l'emploi
d'autres remèdes
diurétiques, des purgatifs ou
évacuans, qui ne font que tourmenter inutilement ; mais par l'usage bien dirigé des toniques,
des excitans : les vins généreux, , particulierement
de
de Madère et de Porto ; et
ceux Bordeaux,
consoler l'estomac, les décoctions d'orge,
pour
édulcorées et aromatisées. La nature
de riz,
il faut seulement
doit être libre de tous ses actes,
éloigner, autant que possible, les obstacles qui
pourraient s'opposer au déploiement de ses
forces, favoriser la tendance de ses mouvemens,
155 SARE
--- Page 346 ---
TRAITÉ
vers tel ou tel organe, , afin de hâter et de faciliter la crise.
No CXXXIIL.
Lorsque la fièvre est jugée 7 que le sujet
entre en convalescence, les conseils du médecin
lui sont encore nécessaires pour soutenir et fortifier le systéme digestif, dont la faiblesse ne lui
permet qu'imparfaitement l'exercice de ses fonctions; aussiai-je observé. que la débilité résultante
de la maladie, , est bien plus souvent la cause des
rechutes quel les prétendues humeurs morbifiques
restées dans les premières voies.
Les purgatifs que l'on est dans l'usage de
donner pour prévenir les récidives et abréger la
durée de la convalescence, sont loin de mériter
la confiance qu'on leur accordait aux Colonies.
La digestion en est troublée, l'estomac encore
plus affaibli.
C'est dans cette circonstance que le quina est
salutaire, lorsque la sensibilité vive de cette Organe est dissipée, qu'il ne reste plus de tension
dansl'abdomen, quela peau reprend sa souplesse.
L'attention du médecin doit donc se porter
sur le rétablissement des organes digestifs, et sur
les fonctions de l'organe cutané qui sont presque
nulles ; la peau est sèche, terreuse; ; elle a besoin
d'être assouplée, nettoyée 2 par des bains lége-
est
salutaire, lorsque la sensibilité vive de cette Organe est dissipée, qu'il ne reste plus de tension
dansl'abdomen, quela peau reprend sa souplesse.
L'attention du médecin doit donc se porter
sur le rétablissement des organes digestifs, et sur
les fonctions de l'organe cutané qui sont presque
nulles ; la peau est sèche, terreuse; ; elle a besoin
d'être assouplée, nettoyée 2 par des bains lége- --- Page 347 ---
FIÈVRE JAUNE.
DE LA
de s'eux
s'il est possible
rement aromatiques,
dans le
procurer. Les plus grandes précantions
des
régime sont indispensables pour prévenir
rechutes funestes.
mois
des
quatre ou cinq
J'ai vu
jeunes gens,
livrer aux
leur maladie, ne pouvoir se
plus
après écarts dans le régime, sans être exposés
légers
ou à des diarrhées rebelles.
à des vomissemens
dans les cas oit
Avouons de bonne foi, que
où la
cette fièvre a une marche très-rapide, faire que
vaincue, 2 ne peut
nature opprimée,
T'économie animale
d'inutiles efforts, où toute
d'être
nous avons la douleur
- est bouleversée,
d'une prompte désorgales témoins impuissans
triomphe de tous nos moyens > qui
nisation qui
le temps de les
fois même ne donne pas
par
employer.
tard que ce. Mémoire outreJ'ai senti trop
les bornes ordinaires des dissertations
passait
désiré que mes occupations
académiques ; j'aurais
T'abréger,
de le retoucher pour
te
me permissent
d'être plus court,
mais je n'ai pas eu le temps
FIN.
Je 2
à
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Ci58t, --- Page 352 --- --- Page 353 --- --- Page 354 ---