--- Page 1 --- --- Page 2 ---
e
-
FO
G
3olm Carter Broton.
R --- Page 3 ---
--- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
TR AIT É
DE LA CULTU RE
DU N OPAL,
ET DEPEDUCATIO N
DE LA COCHENILLE
Dans les Colonies Françaifes de lAmérique 5
PRÉCÉDÉ D'UN
VOYAGE A GUAXACA.
SECONDE: PARTIE
* Orné de figures coloriées, repréfentant aul naturel
la Cochenille, le Nopal , G autres objets relatifs. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
E
T R AIT
R E
LA CULTS
DE
DU NOPAL,
N
T DE
PEDUCATIO
A E2
LA
COCHENILLE
DE
Dans les Colonies Françaifes de PAmérigues
PRÉCÉDÉ D'UN
VOYAGE A GUAXACA,
Avocat en Parlement;
PAR M. THIERY DE MENONVILLE, Très-Chrétienne.
Botanifte de Sa Majefté
des Notes 6 des Obfervations
Auguel on a ajouté une Préface,
avec des figures coloriées.
relatives à la culture de la Cochenille,
des Philadelphes
LE tout recueilli & publié par le & Cercle côte St. Domingue,
établi au Cap-Français, ifle
AU CAP-FRANÇAIS,
Libraire de Monfeigneur
Chez la veuve HERBAULT, & du Cercle des Philadelphes.
le Général,
à PARIS, 9
le jeune, Libraire, rue St. Jacques!
Chez DELALAIN,
& à B O R D E A U X,
Libraire, rue de la Chapelle St. Jean:
Chez BERGERET,
PAA A aa
de
MDCCLXXXVIL --- Page 10 ---
Non ubi hibernos nebulofus imbres
Aufer adyexit properatgue torrens.
L. A. SENEC. med. act. Ch. V.
a a 2
C --- Page 11 ---
N
E
T R AIT
DE LA de CULTURE
DU NOPAL,
ET DE FÉDUCATION
DE LA COCHENILLE
LIVRE PREMIER
CHAPITRE Ier,
Des cadles en général.
LEs caêtes font un genre de plante très-nombreux, auffi particulier à l'Amérique que les
meqembrianthende (I) à l'Afrique, les entherri-
(r) Polyandria penfagyn,
R iv
V.
a a 2
C --- Page 11 ---
N
E
T R AIT
DE LA de CULTURE
DU NOPAL,
ET DE FÉDUCATION
DE LA COCHENILLE
LIVRE PREMIER
CHAPITRE Ier,
Des cadles en général.
LEs caêtes font un genre de plante très-nombreux, auffi particulier à l'Amérique que les
meqembrianthende (I) à l'Afrique, les entherri-
(r) Polyandria penfagyn,
R iv --- Page 12 ---
TRAITÉ
mènes à
DE LA CULTURE
un Pivot IEurope, très
Cette plante
-profond & des pouffe eit terre
prémorées &
racines
facc de la terre trainantes à un pouce de fbreufes, la
tirant far le
; elles font d'une couleur firde diverfes jaune; les plantes font d'un grife
la
mances felon les
verd
fubfance en eft
diverfès cfpèces ;
d'un pouce dans les très-tendre, charnue &
un bois très-dur
jeunes
elle épaiffe
eft
dans les anciens. plantss
devient
pleine d'une sève
Cette fubftance
vafe quelquefois de la mucilaginenfe, qui s'extraopaque & farineufe, blanche plante comme une gomme
promptement, & fe diffout ou jaune, fe durcit
mais n'ef ni fi vilqueufe comme la gomme,
tiges s'élévent en arbres 7 ni fi tenace ; leurs
ceflive d'autres tiges
par la naiffance ficfi ditinétement
fortant les unes des
qu'elles
autres,
articles; mais T'apparente femblent jointes par
s'oblitère avec l'age de la folution de continuité
articles di@paroiffent
plante , & tous ces
ties, au point que lcs par articles l'aceroifement des parprimés, quoique naiffant de
des caétes comautres, fe
l'aiffelle les uns des
d'arbre fir remplifent 7 s'arrondilfent en
trace de leur lequel on ne voit plus la moindre tronc
ni de la pofition naiflance, de leur forme
il eft de
des uns à
primitive,
CCS arbres qui
l'égard des
fir une hauteur de
ont fix pieds de autres; tour
De quelque
trente à quarante.
premier
forme que foient CCs articles
coup-d'eil, ils paroiffent les
au
feuilles de
-
-
fir remplifent 7 s'arrondilfent en
trace de leur lequel on ne voit plus la moindre tronc
ni de la pofition naiflance, de leur forme
il eft de
des uns à
primitive,
CCS arbres qui
l'égard des
fir une hauteur de
ont fix pieds de autres; tour
De quelque
trente à quarante.
premier
forme que foient CCs articles
coup-d'eil, ils paroiffent les
au
feuilles de
-
- --- Page 13 ---
DU NOPA L.
la plante; ils n'en font cependant que les tiges
ou les branches.
cilindriCes branches naiffantes en bourgeons
ques dans les caétes opuntia portent avec efles,
dans ces derniers, pendant un ou deux mois des
folioles coniques, courbes, d'une ou deux lignes
de haut, difpofées en quinconce fur des lignes
parallèles. A l'aiffelle de ces folioles 2 également
femées, fur les deux côtés de l'article comprimé , fe trouve plaçé un faifceau de foics
innombrables, fubfiftantes, fragiles,plus ou moins
faillantes. Autour de ce faifceau l'on voit dans
tous les caétes comprimés, felon qu'ils font plus
ou moins cultivés, une, deux, trois, & même
douze épines de différentes couleurs 2 felon les
différentes efpèces de caétes, longues depuis fix
jufqu'à trente lignes 2 aigues & folides comme
des aiguilles d'acier, très-dangereufes par leur
piquûre, & difpofées en rofe ou en houpe. C'eft
de leur centre & de celui du faifceau de foie
paroit fortir indiféremment la fleur ou le
que bourgeon fuivant, qui fert à continuer la tige.
C'eft fans doute pour en préferver le fommet
extrémement tendre dans lequel les fourmis fc
plaifent à fucer la sève de la plante, que l'auteur de la nature a placé ces défenfes. Ce faifceau ferré de foies brûlantes & nombreufes,.
repouffe les atteintes des plus petits infectes 5
les grandes épines protègent la plante contre de
plus grands ennemis; mais en y faifant atten-
continuer la tige.
C'eft fans doute pour en préferver le fommet
extrémement tendre dans lequel les fourmis fc
plaifent à fucer la sève de la plante, que l'auteur de la nature a placé ces défenfes. Ce faifceau ferré de foies brûlantes & nombreufes,.
repouffe les atteintes des plus petits infectes 5
les grandes épines protègent la plante contre de
plus grands ennemis; mais en y faifant atten- --- Page 14 ---
TRAITÉ DE LA
CULTURE
tion, on voit que ces foies en
que le fommet des
faifcean ne font
ou des bourgeons épines axillaires des fleurs
fous ces points
futurs, qui font déjà en abrégé
ou vingt épines quinconciaux de la
armés de deux, trois
sève
ces faifceaux de foie feront précédente, à
& que
la sève fivante qui
leur tour, lors de
l'office des épines mettra le bourgeon dehors,
arrangement des qui exiftent déjà. C'eft cet
plante, joint à la forme gemmes ovée quinconciales de la
qui a fait donner
des articles
au premicr abord applatis, le
peuple 2 le nom de
par
bas
On reconnoît les raquette aux caétes opuntia,
faifceaux de foie dans folioles le coniques, les mêmes
mémes épines fur le calice même ordre avec les
fieurs de ces caétes
des fleurs de plu5 quand fes folioles
applaties en écailles &
font
le pizahiaha, On1 ne trouve perfiftantes, comme dans
de foies, ni
point de faifceaux
manger le d'épines 5 c'eft ce qui permet de
comme on vient pitahiaha de fans le peler 5 les fleurs
remment de tous les l'entrevoir, naiflent indiféfortent du fommet d'un points quinconciaux, elles
foies & épines
calice armé de mêmes
que les bourgeons; ; eiles font
blanches, 2 rouges, jaunes 2 couleur de
lin, pourpre, feu, cramoifi, felon
gris de
efpèces; ellcs ont
les différentes
depuis deux lignes
pouces de grandeur. Les
julqu'a fix
fois au nombre de dix, petales fout quelquedies, ovées,
douze, dix-huit, arrouoblongues, lacinices, acuminées,
calice armé de mêmes
que les bourgeons; ; eiles font
blanches, 2 rouges, jaunes 2 couleur de
lin, pourpre, feu, cramoifi, felon
gris de
efpèces; ellcs ont
les différentes
depuis deux lignes
pouces de grandeur. Les
julqu'a fix
fois au nombre de dix, petales fout quelquedies, ovées,
douze, dix-huit, arrouoblongues, lacinices, acuminées, 6 X 0 --- Page 15 ---
D U NoP A L.
quelquefois très - ouvertes, d'autres fois conniventes & fermées 2 à travers lefquelles pafient
le piftil & les étamines, qui les firpaffent en
ou font quelquefois moindres. Les
longueur étamines 2 font par centaine : on en a compté
trois y cent. Les filamens y font filiformes,
jufqu'à
accouplés, l'anthère eft oblongue &
quelquefois
double du filament. Le
jaune de la grofleur
forme de clou dont la
figmate eft quelquefois en
tête feroitfendue en trois, fix ou plufieurs parties.
Toutes les parties de la fleur tombant, il ne
refte que le calice qui contient le germe 5 ce
calice fe métamorphofe en baie oblongue, ovale,
fouvent ronde comme une pommc, unie, loculaire
d'une pulpe 2 qui lors de fa
2 remplie
rouge, cramoilie,
maturité eft blanche, jaune,
violette couleur de
grife ou verte 7
pourpre,
felon les différentes efpèces de caétes. Quelquefois cette baie s'ouvre en trois ou quatre parties comme la baie du Sumida, & laiffe tomber
fa pulpe. D'autres fois elle pourrit ou fe defsèche avec une infinité de femences réniformes,
& nichées dans cette pulpe. Les plus groffes de
femences font de la grandeur des ientilles;
ces elles font couvertes d'une écorce noire, brune
cruftacéc 1 croquante fous
ou fauve, friable, l'écaille d'huitre 7 & remplie
la dent comme
Les Indiens font une
d'une farine' très-blanche.
de
bouillie avec les femences d'une efpèce
caôtes, après en avoir mangé le fruit.
& nichées dans cette pulpe. Les plus groffes de
femences font de la grandeur des ientilles;
ces elles font couvertes d'une écorce noire, brune
cruftacéc 1 croquante fous
ou fauve, friable, l'écaille d'huitre 7 & remplie
la dent comme
Les Indiens font une
d'une farine' très-blanche.
de
bouillie avec les femences d'une efpèce
caôtes, après en avoir mangé le fruit. --- Page 16 ---
a
TRAITÉ DE LA
Dans quelques
CULTURE
fleur étant
e/pèces de caétes
la
croitre
tombée, le calice au opintia,
en baie
lieu de s'acs'allonge 8x
fommet, & devient une tige fans s'applatit par fon
fruit. Dans une autre elpèce
femences, 2 ni
plaine du cul-de-fac de
commune dans la
s'accroit en baie, murit Saint-Domingue, le calice
femences, 2 & de tous les avec fa pulpe 8x fes
naiffent de neuvelles
points de lai furface
des gemmes du
tiges qui font le produit
y font contenues. calice, & non des femences qui
Linneus a compris & réuni fous
qu'il nomme cadles (1), les
un feul genre
nefore nomme milocadus
plantes que TourJufteu nomme cereus ( opuntia , celles que
Dillenius nomme tuna cierge &
) > celles que
nomme perefchia : il a 2 divifé celles que Plumier
de feétions qu'il y a de formes ce genre en autant
gulièrement différentes
extérieures finfont fi diftemblables, ; ces formes extérieures
la première vue
qu'on Pourroit à peine à
puiffent appartenir s'imaginer que ces feétions
de la fruélification au même genre 2 fi la loi
de diverfes
qu'on lit dans chaque
toutes
feStions, ne les lioit
efpèce
par un caraétère univerfel néceffairement
effentiels & fimilaires ; mais
de rapports
toutes dans une feule famille en les raffemblant
rique, il leur a confervé par un nom généà chacune dans leur
() Nofandria monogyn.
ent appartenir s'imaginer que ces feétions
de la fruélification au même genre 2 fi la loi
de diverfes
qu'on lit dans chaque
toutes
feStions, ne les lioit
efpèce
par un caraétère univerfel néceffairement
effentiels & fimilaires ; mais
de rapports
toutes dans une feule famille en les raffemblant
rique, il leur a confervé par un nom généà chacune dans leur
() Nofandria monogyn. --- Page 17 ---
D U Nop A L.
fedtion, le nom fpécifique des auteurs ci-deffus;
c'eft pourquoi il a divifé fon genre de caêtes
en hériffon, melons cactes, en cierges, cierges
anguleux droits, cierges anguleux ou ronds,
rampans 2 & en opuntia comprimés à articles
prolifères.
Les melons caétes font des petits caétes anguleux, d'une forme fphérique ? ovale ou cilindrique, qui s'élèvent depuis quatre pouces jufqu'à
un pied & demi au plus, tel eft le melocadlus
nobilis vu au Mexique, il a fix à huit pouces
de diamètre : ils font ou canelés en fpirale oul
mamelonnés, mais très-hériffés d'épines de foie
brulantes, embarraffées dans un duvet ou coton
très-fin, tel eft le caête mamillaire de la plaine
du cul-de-fac de Saint-Domingue, qui femble
fortir de terre en groupe, comme les truffes,
de la groffeur d'une pomme ordinaire : ils donnent des fruits oblongs de la groffeur d'une
grofeille rouge ou du fruit du cormier. Le fruit dn
mamillaire eft auffi délicat que difficile à recueillir
& à tirer d'entre fes tubercules couronnés d'épines & de foies brûlantes : on en fait des tartres
au Mexique, comme avec des raifins de Corinthe.
Les caétes anguleux droits, nommés cierges
par Juffieu, font cannelés en ligne verticale.
Quelquefois les angles des cannelures font crenelés ; c'eft toujours fur ces angles faillans que
font difpofées les gemmes d'oit part latéralement lc bourgeon des fleurs ou des fruits,
fes tubercules couronnés d'épines & de foies brûlantes : on en fait des tartres
au Mexique, comme avec des raifins de Corinthe.
Les caétes anguleux droits, nommés cierges
par Juffieu, font cannelés en ligne verticale.
Quelquefois les angles des cannelures font crenelés ; c'eft toujours fur ces angles faillans que
font difpofées les gemmes d'oit part latéralement lc bourgeon des fleurs ou des fruits, --- Page 18 ---
TRAITÉ DE LA
du milien d'un faifceau
CULTURE
lantes; c'eft ce que le d'épines & de foies brunomme torche; c'eft la peuple de Saint-Domingue
ces cierges qui eft le vrai plus grande efpèce de
s'élève fur une fèche d'un cierge du Perou ; il
mètre, jufqu'à
pied & demi de diade-là partent quinze ou vingt pieds de haut;
articles fur lefquels horifontalement en rayons, 2 des
culairement,
d'autres s'élèvent
comme les Alambeaux perpendijufqu'à la hauteur de
d'un luftre,
& s'étendent fiir vingt-cing à trente
verd
un efpace de foixante. pieds 7
glaugue & la fimétrie des
Le
arbre fait un fpectacle
branches de cet
mieux l'air d'un
fingulier, & lui donne
d'un cierge, quoique magnifique candelabre que
reflemble à, un
chacune de fes branches
font de couleur de flambean de poingt ; les fleurs
la groffeur d'un cerife, très - vif, les fruits de
ger, mais
gros ceuf, & très-bons à
caufe de on ne peut les cueillir fir
manfes horribles
l'arbre à
auffi facilement
épines 2 ni le détacher
à attendre
que le pitahicha ; On eft
que ce fruit s'ouvre: alors,
réduit
pas prévenu par les oifeaux
fi l'on n'eft
moment de la chûte de
qui guétent le
puife dans le fruit
cette manne > on la
chée au bout d'une avec une cuillère enmandes chercheurs de gaule ; c'cft la nourriture
ne pouvant rapporter pitahiaha ni
pendant le jour, >
jufqu'à la maifon, ils la conferver cette pulpe
par là les pitahiahas
mangent & éparguent
qu'ils vendent.
a
prévenu par les oifeaux
fi l'on n'eft
moment de la chûte de
qui guétent le
puife dans le fruit
cette manne > on la
chée au bout d'une avec une cuillère enmandes chercheurs de gaule ; c'cft la nourriture
ne pouvant rapporter pitahiaha ni
pendant le jour, >
jufqu'à la maifon, ils la conferver cette pulpe
par là les pitahiahas
mangent & éparguent
qu'ils vendent.
a --- Page 19 ---
D U NOPAI L.
Lc pitahiaha eft auffi cannelé, moins gros 2
moins haut & moins diffus, moins épineux; mais
il eft fuffifamment garni d'épines; il eft moins
branchu, mais d'un verd plus fombre que. les
les fleurs font d'une couleur de cerife
précédens; vive; le fruitbrun en dehors eft del la groffeurd'un
petit ceuf, rempli d'une pulpe cramoifie, d'tin
mais qui a autant de
goût acide, agréable 2
de
degrés de faveur que de différens degrés
maturité : on le cueille avec un panier emmanché au bout d'une gaule, dans le fond duquel
on le fait tomber en le touchant légèrement; il
n'eft point couvert d'épines, ni de foies piquantes comme les autres, mais de quelques folioles
perfiftantes de fon calice. Il n'eft
fquammeufes, de fruit plus délicieux dans les contrées
point de Theguacan & Guazaca ; il feroit honneur
aux tables en France.
Une troifième efpèce de cierges droits anguleux eft dans la plaine du fac de Saint-Dominappelée pareillement par les colons torches;
gue, il reffemble beaucoup par fon port, au pitahiaha.
le fruit eft d'un beau
La fleur en eft blanche,
d'une
jaune d'or, de la grandeur & de la forme
de reinette, rempli d'une pulpe blanche
pomme très-fraiche, mais affez infipide, 2 dans laquelle eft
Hoyée une innombrable quantité de femences
noires.
font également articulés,
Les cierges rampans
anguleux, crénelés, cilindriques, mamelonnés 3
port, au pitahiaha.
le fruit eft d'un beau
La fleur en eft blanche,
d'une
jaune d'or, de la grandeur & de la forme
de reinette, rempli d'une pulpe blanche
pomme très-fraiche, mais affez infipide, 2 dans laquelle eft
Hoyée une innombrable quantité de femences
noires.
font également articulés,
Les cierges rampans
anguleux, crénelés, cilindriques, mamelonnés 3 --- Page 20 ---
TRAITÉ DE LA
plus ou moins anguleux,
CULTURÉ
xique & à
épineux: il en eft au MeCampêche une efpèce à tige
triangulaire ou
crénelée,
très-vif, peu quadrangulaire, d'un vert naiffant
& les haies, épineufe, dont les qui s'élève fur les arbres
fant ont des pétales fleurs d'un blanc éblouif
d'un demi pied; le fruit très-étroits, eft de frangés, longs
la forme d'une poire de
la groffeur & de
rouge de cerife en
martin fec, l'écorce eft
couleur de
dehors, & la pulpe eft de
pourpre en
au plus flrpportable, dedans; le fruit eft tout
délices à
quoique l'on le mange avec
dans nne Campéche, ville fi
mais cela eft pardonnable
pauvre.
Enfin, une cinquième efpèce eft le caéte
flagelliforme, qui croît
cierge
troncs d'arbres, & s'élève parafitiquement dans
fiir les
plaine du Cul-de-Sac. Ses
les haies de la
cilindriques, très - épineufes, tiges articulées fout
comme le gros bout d'un fouet rondes & groffes
fleurs font d'une couleur de cerife de pofte; fes
des caétes rampans ne s'élève
très-vive, aucun
ils rampent en fe foutenant par foi-même, mais
arbuftes s'élèvent à
fiur les buiflons; les
quinze & vingt pieds de haut.
Avant de quitter ce qui
anguleux, on doit avertir concerne les caêtes
der le nombre de leurs que l'on ne peut regartère invariable &
angles comme un caracefpéces, parce
propre à en déterminer les
que l'on a vu dans les
efpèces ce nombre d'angles varier
mêmes
dans les unes, 9
à
a
mais
arbuftes s'élèvent à
fiur les buiflons; les
quinze & vingt pieds de haut.
Avant de quitter ce qui
anguleux, on doit avertir concerne les caêtes
der le nombre de leurs que l'on ne peut regartère invariable &
angles comme un caracefpéces, parce
propre à en déterminer les
que l'on a vu dans les
efpèces ce nombre d'angles varier
mêmes
dans les unes, 9
à
a --- Page 21 ---
DU NOPA L.
à trois, à cinq, & dans d'autres de cinq à quatorze & quinze.
Tous les cactes hériffois 2 melons 2 caftes, 2
cierges anguleux, droits ou rampans, 2 font articulés, & tous cies artielcs font prolifères ; un
feul mis en terre, ou pour mieux dire, un feul
gemme d'un article mis en terre reproduit Lili
article: il paroit de-là qu'il étoit inutile de caractérifer les opunitia comprimés par l'épithète de
prolifère.
à articles proLes cactes opuntia comprimés
levés &
lifères, font des caêtes dont les articles
applatis ne font ni crênelés ni friés; mais ces
articles oblongs ovales, cunéiformes ou en forme
de feuilles de pourpier, naiffent les uns des autres ; ils font quelquefois de Tépaillear d'un pouce
& demi, de quatorze lignes au moins dans les
plus petites efpèces. Les feuilles ont au moins
fix pouces de long, fur trois ou quatre de large;
dans les plus grandes, on les voit dè trente poufur douze, quinze & dix-huit de
ces de long
large, & deux pouces d'épaiffeur quelquefois.
Dans les articles quiont quelquefois quinze pouces
de large au fommet, tandis que leur bafe n'eft
que d'un pouce de diamètre pendant T'adolefcence, cetté bafe s'accroit paralielement all fommet, la furface plane fc remplit & prend une
forme cilindrique, & dans l'age avancé, tous les
articles font tellement réunis, qu'ils ne forment
plus qu'un feul tronc parfaitement cilindrique
S
d'épaiffeur quelquefois.
Dans les articles quiont quelquefois quinze pouces
de large au fommet, tandis que leur bafe n'eft
que d'un pouce de diamètre pendant T'adolefcence, cetté bafe s'accroit paralielement all fommet, la furface plane fc remplit & prend une
forme cilindrique, & dans l'age avancé, tous les
articles font tellement réunis, qu'ils ne forment
plus qu'un feul tronc parfaitement cilindrique
S --- Page 22 ---
u
TRAITÉ DE LA
fir
CULTURE
lequel on n'apperçoit plus
eft une efpèce
d'articulation; il
Mexique.
rampante de ces opuntia au
Cette feétion de caéte eft
breufe que la
encore plus nomraifon
précédente; fi Linnée fe
que celle-ci foit décrite
plaint avec
O1l peut affurer que la
peu exaétement,
eft encore plus
defcription des opuntia
que pour les incomplète, il
tant pour le nombre
formes; en eft au
elpèces très- différentes de
Mexique trente
par les botaniftes
toutes celles décrites
ni la liberté de les connus : on n'a eu ni le temps
les emporter dans décrire, ni les moyens de
feille au botanifte un voyage très-rapide. On conêtre
qui fera affez heureux
de voir envoyé en ce pays avec une
pour
& d'agir, d'y entrer
pleine liberté
Honduras, & de
par le golfe de
reprendrele chemin Pénétrer de la jufqu'à Guatimala, de
& Theguacan; arrivé Vera-Cruxy par Guaxaca,
vers Mexico,
en cette ville de tourner
la
paffer à Chapuléo, & de-là
mer du find au nord-oueft
côtoyer
Californie; il auroit lieu de décrire jufqu'au golfe de
les caétes, & feroit certain de parfaitement
richeffes infinies en plantes
rapporter des
nique,
inconnues à la botaLes opuntia font connus en France
'niom & fous ceux de
fous ce
crapaudine, figuier d'Inde. raquette, de cardafle, de
Une efpèce eft le tuna de
que TEfpugnol de. Vera-C Dillenius; c'eft celle
Crux nomme tanas 3
ety
fe de
les caétes, & feroit certain de parfaitement
richeffes infinies en plantes
rapporter des
nique,
inconnues à la botaLes opuntia font connus en France
'niom & fous ceux de
fous ce
crapaudine, figuier d'Inde. raquette, de cardafle, de
Une efpèce eft le tuna de
que TEfpugnol de. Vera-C Dillenius; c'eft celle
Crux nomme tanas 3
ety --- Page 23 ---
DU No P A L.
le colon de Saint-Domingue appelle
eelle que des bords de mer; il s'élève rarement
raquette fes articles font folides, épais, rigides,
en arbre; clair tirant fur le vert-d'eau, & en
d'un verd
fes épines font
forme de feuille de pourpier; le fruit d'une écorce
jaunes, la corolle perfiftante;, en forme de figues 5
verte & rouge eft allongé rempli d'une pulpe
de la groffeur d'un petit ceuf, fait des
des
on en
gelées,
pourpre, peu fapide: on en colore les confitures
liqueurs, des firops;
& les liqueurs.
efpèce connue à
Le perefchia eft une feconde de
de tortue 2
Saint-Domingue fous le nom patte
Môle S. Nicolas, & dans la plaine
il exifte au dé S. Dominguc; il eft très-épidu Cul-de-Sac de trois ou quatre ans, élévé en
neux, & à l'âge le font infiniment moins; mais
arbre, fes articles
épouvantables; ces
le tronc refte armé d'épines longues que celles dut
épines font blanches, plus Ses articles font
tuna, & plus nombreufes. différens fens 5 l'épiderme en
oblongs, fléchis en
les fleurs font de couleur
eft tuberculé, inégal;
ronde de la
aurore; le fruit devient une pomme
clair
d'une pomme d'apis, d'un vert
groffeur écorce coréacée, qui ne s'ouvre point en
d'une
la pulpe en eft d'un blanc grisâtre 2
tombant,
agréable au goût, on ne lui cond'un acide peu
noit aucun ufage.
efpèce à artiIl en eft une troifième grande les
s'élèvent eil
cles en forme ovée, dont
tiges Si ij
aurore; le fruit devient une pomme
clair
d'une pomme d'apis, d'un vert
groffeur écorce coréacée, qui ne s'ouvre point en
d'une
la pulpe en eft d'un blanc grisâtre 2
tombant,
agréable au goût, on ne lui cond'un acide peu
noit aucun ufage.
efpèce à artiIl en eft une troifième grande les
s'élèvent eil
cles en forme ovée, dont
tiges Si ij --- Page 24 ---
TRAITÉ DE LA
arbrés, fès
CULTURE
chofes
gemmes étant rarement armés
que de leurs foies, &
d'autres
trois épines courtes, Ses fleurs d'ue, deux OuE
font jaunes de paille, le fruit à pétales ouverts
d'un ceuf, fa pulpe
eft de la groffeur
ble, fon écorce eft qui fe mange cft affez agréaappellent
jaune : c'eft ce que les colons
raquette cfpagnole.
On en a apporté une
Campéche, que l'on
quatrième efpèce de
Antilles, pour cn avoir foupçonne commine aus
main d'un ingénicur
vul la peinture de la
ce cacte
qui a fervi à
a les articles
laMartininues
épines à chaque
peu armés, d'une ou deux
out rarement, ils font gemme, les jeunes articles en
parfaitement
oblongs, avec l'écorce, &
fant dans les liffes, d'un vert fombre & très-lniles jeunes adultes, & d'un vert clair dans
articles
articles, il s'accroît en
ont depuis fix jufqu'à
arbres; ces
haut, fir trois & neuf de
quinze pouces de
des pétales connivens,
large; fes fleurs font
fur le
couleur d'une cerife tirant
pourpre, très-vif. Le piftil eft
par un ftigmate jaune, fouffre & fendu terminé
pièces, furpaffant les pétales avec les en fis
Son fruit de la groffeur d'un ceuf de étamines.
tronqué au fommet eft
pigeon &
fang; la pulpe eft de la même creux, de couleur de
a peu de faveur, & a l'inconvénient couleur. Ce fruit
d'autres d'être armé de foies
comme bien
lent quand O1l les touche.
bralantes qui défo.
On n'a pas pour objet ticid'énumérer. & d'écrire
pièces, furpaffant les pétales avec les en fis
Son fruit de la groffeur d'un ceuf de étamines.
tronqué au fommet eft
pigeon &
fang; la pulpe eft de la même creux, de couleur de
a peu de faveur, & a l'inconvénient couleur. Ce fruit
d'autres d'être armé de foies
comme bien
lent quand O1l les touche.
bralantes qui défo.
On n'a pas pour objet ticid'énumérer. & d'écrire --- Page 25 ---
DU NOPA A L.
toutes les efpèces données par Linnaus, & démontrées dans l'école de botanique du jardin du
roi à Paris; cela eft inutile & impofible, parce
qu'elles font infufifamment décrites dans Linnaus, & qu'on ne peut pas plus, à l'aide de fes
defcriptions, reconnoître ces plantes exotiques
lorfqu'on les revait dans leur patrie, qu'il n'eft
poflible d'y reconnoître celles que l'on a vues au
jardin du roi, oui elles ne peuvent être cultivées
avec l'aifance qu'elles exigent, pour acquérir un
développement fuffifant, & ces traits énergiques
de caraétère qui féparent une efpèce d'une autre,
que d'ailleurs y fleuriffant & les fruits y
parce mûriffant rarement, on perd les fignalemens lcs
plus précieux de la plante.
On n'efquifle ici les defcriptions de quelquespour les mieux
unes des plus vulgaires, que
retracer à la mémoire des habitans de la métropole & de la colonie qui les ont vues, 2 & pour
en donner une notion fuffifante à ceux qui ne
les ayant jamais vues, feront tentés de les voir
& de fe les procurer, pour s'inftruire du but que
l'on a en les décrivant.
On ajoutera donc feulement pour des raifons
évidentes, une fixième efpèce, vue dans l'intérieur des terres du Mexique, depuis Theguacan
jufqu'à Guaxaca, qui eft la dominante dans les
champs, que l'on appellera nopal fiveftre; il s'élève
en buiffon de dix-huit & vingt pieds de haut :
fes articles font arrondis au fommet en forme de
S iij
uire du but que
l'on a en les décrivant.
On ajoutera donc feulement pour des raifons
évidentes, une fixième efpèce, vue dans l'intérieur des terres du Mexique, depuis Theguacan
jufqu'à Guaxaca, qui eft la dominante dans les
champs, que l'on appellera nopal fiveftre; il s'élève
en buiffon de dix-huit & vingt pieds de haut :
fes articles font arrondis au fommet en forme de
S iij --- Page 26 ---
TRAITE DE LA
feuilles de
CULTURE
de
pourpier, & ils ont dix ou quinze
grandeur fur fept & dix
de
pouces
tes les gemmes font armées pouces de
largeur; tounombre quelquefois de douze rofes d'épines, au
blanches, courtes, qui
ou quinze épines
les autres, & empéchent s'entrelaffent les uncs dans
doigts fur la furface de abfolument de porter les
blanchâtre ou
l'article, qui eft d'un vert
même article, jaunâtre; les fleurs font fur le
fois far la méme quelquefois de trois couleurs à la
rofe, &
feuille, pourpre, couleur de
gris-de-lin ou lilas. Les
très-ouvertes, le fruit qui
pétales en font
une noix, de couleur de ficcède eft gros comme
plants que j'avois ont fang peu agréable, Les
la
pourri en mer
traverfée, avec des pitahiahas.
pendant
La feptième
apportée, C'eft efpèce le
vue au Mexique en a été
il n'a été vu nulle nopal des jardins du
& les bois de
part ailleurs dans les Mevique;
remps de fleurir ce à pays. Ce nopal n'a pas champs eu le
a été dépècé fans fin, Saint-Domingue, parce qu'il
que les
pour le multiplier à mefure
Une huitième gemmes ont produit de nouveaux articles.
tille à
efpèce nommée le nopal de Caf
des environs Guaxaca, a été apportée de cette ville &
avec le vrai nopal: elle
contredit la plus belle
eft fans
parce qu'elie eft la plus cfpèce des opuntia, tant
julqu'à trente pouces de grande, haut fes articles ayant
vingt, qu'à caufe de fa belle fir une largeur de
glaugue damaffé, On dit couleur, d'un verr
que les fruits en font
articles.
tille à
efpèce nommée le nopal de Caf
des environs Guaxaca, a été apportée de cette ville &
avec le vrai nopal: elle
contredit la plus belle
eft fans
parce qu'elie eft la plus cfpèce des opuntia, tant
julqu'à trente pouces de grande, haut fes articles ayant
vingt, qu'à caufe de fa belle fir une largeur de
glaugue damaffé, On dit couleur, d'un verr
que les fruits en font --- Page 27 ---
DU NO P A L.
délicieus, ni eux ni leurs fleurs n'ont été vus
préfent; elle efta appelée nopal de Caftille,
jufqu'à excellence, parce que tout ce qui vient de
par Caftille eft excellent, & que tout ce quieft excellent doit être de Caftille ou porter le furnom de
&
Caftille; tant ce peuple, long-temps poffeffeur l'exde TAmérique, ,à
habitant avec l'Arragonnois
cft habiclufion des autres provinces d'Efpagne,
tué à une haute idée de fa patric.
On croit en pofféder une nouvelle efpèce que
&
confondue avec
l'on a rapportée,
long-temps étoit jeune, &
les vrais nopals pendant qu'elle
fans caraétère bien faillant, à moins que ce ne
foit toujours le nopal de Caftille auquel elle reffemble beaucoup, & qu'elle n'en eut été féparée
accident, pendant les embarras du voyage
par
de terre & de la navigation.
fera
effentiellement dans cet
Il ne
queftion
ouvrage que de ces trois dernières efpèces,
en paffant de la troifième efpèce ci-deffits, appelée
vulgairement à Saint-Domingue raquette cfpagnole : avant de détailler ces trois efpèces particulières, il faut terminer ce chapitre par quelobfervations fur l'ufage des caétes.
ques Le bois de cactes cierges ou caêtes opuntia
humide;
arborefcens eft fpongieux, long-temps
quand il eft coupé ou renverfé par accident,
il fe pourrit avant d'être fec, & il ne refte de
partics foiides que les nervures qui étoient devebois, & qui pour lors ne font plus que le
mes
S iv
iller ces trois efpèces particulières, il faut terminer ce chapitre par quelobfervations fur l'ufage des caétes.
ques Le bois de cactes cierges ou caêtes opuntia
humide;
arborefcens eft fpongieux, long-temps
quand il eft coupé ou renverfé par accident,
il fe pourrit avant d'être fec, & il ne refte de
partics foiides que les nervures qui étoient devebois, & qui pour lors ne font plus que le
mes
S iv --- Page 28 ---
: A D 4
TRAITÉ DE LA CULTURE
fquelette informe de la plante, impropre à tout
ufage de charpente ou de menuiferie; On
dans la plaine du Cul-de-Sac
le
veut
perefchia foit un bois très-folide que
tronc des
vérifé
; cela doit être
avant d'être cru.
On voit le peuple françois, colon de SaintDomingue, blanc, nègre ou mulâtre, chirurgien,
médecin, Oil femmelette, engloyerindiftindement
tontes efpèces d'opuntia qu'ils ont macérées dans
le feu ou bouillies dans de l'eau, en
en lavement, en fyrop, en bien des cataplafime,
ces oppofées: : l'ufage de ces
circonfantrop univerfel.
plantes me paroît
On mange le fruit de la plupart au
& à Campéche; on n'a que les moins Mexique
dans la colonie de Saint-Domingue;
diftingués
célébrés.
ils y font peu
L'Indien du Mexique mange non-feulement lcs
fruits de tous les caétes, mnais il met les bourgeons des fleurs ou des articles dans fa marmite
quand ils ont un pouce Qu deux de hauteur.
On vend fir le marché de Guaxaca des
articles d'opuntia, longs de fix & huit jeunes
Jarges de deux ou trois, cuits à l'eau, pouces, qui fe
mangent en manière d'afperges avec une fauce
blanche, au vinaigre & à Thuile, ou avec les
fauces faites avec le piment, & la baie du folanum lycoperficon (r).
(1) Pentaudria monogyn.
D oe --- Page 29 ---
D 0 N O P A L.
CHAPITRE II
relativement au but
De la propriété des cades,
de cet ouvrage.
l'on ait donnée à
QUELQUATTEKTION que fur les melons cactes,
chercher des cochenilles
on n'en a pas
fur les cierges droits & rampans, nourriffent plufieurs
vu jufqu'à préfent, quoiqu'ils
fortes d'infeêtes.
à Vera - Crux la
Mais on' voit conftamment de Dillenius 7 dit
cochenille filveftre fur le tunas Tintérieur des
les Efpagnols. Dans
zanas par
jufqu'à Guaxaca, on
terres depuis Theguacan filveftre habiter fur l'efvoit la même cochenille ci-deffus fous le nom de
pèce d'opuntia défignée
abondance 2
nopal filveftre; 5 elle y eft en telle tombent en
qu'elle fait périr les articles, qui
les infeétes. Partout ou ce nopal
pourriture avec
la cochenille , il a toujours
fc trouve habité par fon vert tire fur lc jaune : c'eft
un port malade;
on ne le voit
peut-étre la raifon pour laquelle attaquant toujamais s'élever en arbre; l'infecte
les plus
jours les articles fupérieurs ? comme de l'ampliforce cette plante à prendre
jeunes,
latéralement en buiffon.
tude, & à s'étendre
habite le caête peref
La cochenille filveftre
chia, dit patte de tortue, au môle Saint-Nicolas,
lc jaune : c'eft
un port malade;
on ne le voit
peut-étre la raifon pour laquelle attaquant toujamais s'élever en arbre; l'infecte
les plus
jours les articles fupérieurs ? comme de l'ampliforce cette plante à prendre
jeunes,
latéralement en buiffon.
tude, & à s'étendre
habite le caête peref
La cochenille filveftre
chia, dit patte de tortue, au môle Saint-Nicolas, --- Page 30 ---
a
TRAITÉ DE LA
& dans le fond de Ia
CULTURE
les revers du petit côteau plaine du Cul-de-Sac fur
Quoique le tuna de
dont elle eft bordée.
des bords de
Dillenius, dit
mer fe
raquette, 2
Çes deux parties,
trouve également dans
par la cochenille cependant il eft abandonné
chia 5 le
flveftre, qui préfère le
perefchia eft furnommé
perefpar le peuple, parce
patte de tortue
oblongs font
que ces diférens articles
les uns à
toujours droits, rigides, & ont
ticale
l'égard des autres une
ou perpendiculaire,
fituation verQuoique la cochenille filveftre
opuntia 9 jamais elle n'y
habite ces deux
en fi grande quantité abonde 2 ni ne pullule
La cochenille
que fir le nopal filveftre.
l'opuntia apporté de filveftre habite avec fuccès
très-belle &
Campéche, elle y devient
mère
très-groffe, mais elle ne
pas en autant de places
s'y agglofilveftre. Cet
que fur le nopal
pouvoir nourrir opuntia la
a encore le mérite de
ce foit à
cochenille fine, &
quatre cent pour cent de quoique
comparaifon du vrai nopal des
perte en
que, on lui doit beaucoup
jardins du Mexiquand on manque des
d'égards, parce que
entretien, c'ef-a-dire, premiers pour femer en
on fe fert
pour conferver du plant,
fervir pour avastageufement la
de celui-ci. S'en
ou pour mieux récolte, dire
ce feroit une pure
fervir à récolter une folie; il peut
perte
la flvefire, fi
cependant
autres moins épineux,
on manquoit des
, on lui doit beaucoup
jardins du Mexiquand on manque des
d'égards, parce que
entretien, c'ef-a-dire, premiers pour femer en
on fe fert
pour conferver du plant,
fervir pour avastageufement la
de celui-ci. S'en
ou pour mieux récolte, dire
ce feroit une pure
fervir à récolter une folie; il peut
perte
la flvefire, fi
cependant
autres moins épineux,
on manquoit des --- Page 31 ---
D.U NoP A L.
Après le nopal filveftre, lopuntia qui nourrit
abondance la cochele mieux & en plus grande
nille filveftre, c'eft celui que l'on appelle raquette
efpagnole à Saint-Domingue ; elle y pullule telpeu que l'on néglige de la
lement, que pour
recueillir chaque deux mois, les articles pourrif
fent, tombent, & la plante en eft ruinée; l'infeête s'y plait tellement qu'il habite également
les articles vieux o1 jeunes 5 il n'a pas été
tous de comparer lequel de ces deux opuntia
poffible nourrit le mieux les cochenilles filveftres, parce
le nopal filveftre apporté du Mexique a
péri que en mer. Cela eft d'ailleurs indifférent, parce
dans la culture on doit abfolument rejeter
que le nopal de filveftre pour les raifons qu'on en
donnera.
la nourriffent infiniment micux
Mais ceux qui
des
que tous les précédens, font le vrai nopal
jardins du Mexique 2 & le nopal de Caftille.
La cochenille filveftre y devient prefqu'auffi
la cochenille fine; elle y eft moins
groffe que
fiur les autres efpèces de caétes;
cotonneufe que
ce coton y eft moins tenace, il y eft plus lâche,
plus diffus que fur toutes les efpèces de caétes
fur lefquels il - forme un matelat ferré, rembourré, qui protège l'infeéte contre la pluie (1).
(1) Non-fenlement le coton qui enveloppe mais la il lui cochenille fert de,
ilveftre protége l'infeéte contre la pluie,
refufant ccttc
défenfe çontre les fourmis. La nature en
eft moins tenace, il y eft plus lâche,
plus diffus que fur toutes les efpèces de caétes
fur lefquels il - forme un matelat ferré, rembourré, qui protège l'infeéte contre la pluie (1).
(1) Non-fenlement le coton qui enveloppe mais la il lui cochenille fert de,
ilveftre protége l'infeéte contre la pluie,
refufant ccttc
défenfe çontre les fourmis. La nature en --- Page 32 ---
a
TRAITÉ DE LA CULTURE
Sur le même nopal il devient un flocon
& léger comme la neige, & il eft
clair
autour de Tinfecte,
pendant tout
comme une légère toile
d'araignée, mais bien plus fin.
Pour faire voir d'un feul coup-d'meil l'utilité
de chacun des caôtes
a parlé jufqu'ici,
opuntia connus dont on
la
par rapport à l'éducation de
cochenille, car il en eft peut-être
elpèces qui peuvent la nourrir, il fuffit vingt de autres
ranger par ordre, felon le degré de leurs
les
bien conftatées par de longues
vertus,
obfervations, en
commençant par les moindres, & finiffant
les meilleurs.
par
On mettra au plus bas de l'échelle le
ou raquette des bords de mer : après lui zuna le
perefchia ou patte de tortue 5 enfuite
de Campêche; enfuite le nopal
l'opuntia
l'opuntia dit
filveftre, puis
raquette efpagnole; enfin le vrai
nopal des jardins du Mexique, & au
haut
le nopal de Caftille.
plus
Il eft prouvé par expériences,
la
que couleur
rouge, violette, jaune O1l blanche, , des
des différens
fruits
opuntia ne fert ni ne nuit à la
couleur de Ia cochenille qui fe nourrit fur
caltes, & n'eft pas une caufe, ni un indice ces de
leur aptitude plus ou moins grande à nourrir
cet infeête.
armure à la cochenille fine, lui a donné pour la
corfelet plus ferré: cependant la
garantir un
qui fervent aufli à éloigner les infedes. cochenille fine a des foies
em R
, , des
des différens
fruits
opuntia ne fert ni ne nuit à la
couleur de Ia cochenille qui fe nourrit fur
caltes, & n'eft pas une caufe, ni un indice ces de
leur aptitude plus ou moins grande à nourrir
cet infeête.
armure à la cochenille fine, lui a donné pour la
corfelet plus ferré: cependant la
garantir un
qui fervent aufli à éloigner les infedes. cochenille fine a des foies
em R --- Page 33 ---
DU N OP A L.
Après avoir rangé ces opuntia dans l'ordre
des degrés de leur aptitude à nourrir la cochenille filveftre, il faut encore en faire un triage,
& les difpofer felon leur facilité à fe laiffer
Pour entendre ceci, il faut favoir
approcher. les
font épineux, les uns plus
que tous
opuntia
la piquûre de leurs
que les autres 5 quoique
elle eft très-douépines ne foit pâs venimeufe,
loureufc, très-incommode. Il eft de ces opuntia;
tels que Ia patte de tortue dans fon adolefcence;
& le nopal filveftre à tout àge 2 dont on ne
abfolument toucher la furface fans fe bleffer;
peut
comme
Jeurs épines difpofées en chauffe-trape,
de
les pieux de plufieurs rangs de chevaux
frife s'entrecroifent fur l'article, tandis que les
en avant : quelque chargés
autres s'allongent
qu'ils foient de cochenille filveftre, On ne peut
ia recueillir qu'avec des épingles ou des petites
pincettes, & le plus habile ouvrier n'en feroit
c'eft-à-dire, qu'il ne
pas deux onces par jour,
gagneroit au plus que deux cfcalins ou réales,
pendant qu'un autre ouvrier pourroit recueillir
trois ou quatre livres de cet infeête par jour fur
des opuntia moins épineux, & confequemment
trente-fix, réales au moins, prix de cette
gagner denrée à Guaxaca même, ce qui équivaut par
la valeur de la piaftre en cette ville à quaranteneuf efcalins" & demi, antrement à trente-neuf
livres deux fols fix deniers monnoie de la colonie
françoife de Saint-Domingue. Ceci bien entendu,
illir
trois ou quatre livres de cet infeête par jour fur
des opuntia moins épineux, & confequemment
trente-fix, réales au moins, prix de cette
gagner denrée à Guaxaca même, ce qui équivaut par
la valeur de la piaftre en cette ville à quaranteneuf efcalins" & demi, antrement à trente-neuf
livres deux fols fix deniers monnoie de la colonie
françoife de Saint-Domingue. Ceci bien entendu, --- Page 34 ---
-
#
TRAITÉ DE LA
il eft évident
CULTURE
nille à bénéfice que l'on ne peut cultiver la coche:
que fur les opuntia les
épineux : il faut donc
moins
tuna ou la raquette des bords abfolument rejeter le
chia & le nopal filveftre
de mer, le peref
plus féroce de
du Mexique qui eft le
l'opuntia de
tous, il ne reftera plus
le vrai
Campéche, la raquette
que
nopal, & le
efpagnole,
auffi dans cet ordre nopal de Caftille ; c'eft
cochenille à défaut que l'on doit les femer de
donc fi les nopals les uns des autres 5 ainfi
T'opuntia de Campêche manquent, O11 fe fervira de
on conçoit
pour femer la
qu'il n'eft
cochenille;
cochenille filveftre; la queftion ici que de la
relativement à l'éducation propriété des cactes opuntia
fera la matière du
de la cochenille fine
chapitre fuivant.
CHAPITRE IIL
Des cacles propres d nourrir la
cochenille Fne.
Quaxo les opuntia épineux
en abondance la cochenille pourroient nourrir
portent à les exclure de
fine, 2 les raifons qui
nille filveftre fuffiroient Téducation de la cochefer l'éducation de la également pour leur refunature de leur sève & cochenille la
fine ; mais la
ricure de leur écorce fe
conformation extécette éducation.
refufent elles-mèmes à
L'expérience a appris que les --- Page 35 ---
D-U NOPA L.
petits des mères cochenilles placées fir le tuna
naiffent, mais y périffent. La même chofe eft
y
fur les perefchia. De paarrivée conftamment
reilles épreuves faites fur la raquette efpagnole,
le mêmne fuccès 5 on dit àont eu à-peu-près
de dix
peu-près, car des nombreufes générations
mères cochenilles qui ont été placées plufieurs
fois, deux ou trois femelles font reftées vivantes, mais ont toujours langui, & n'ont pu s'accroître jufqu'à la même grandeur qu'acquéroient
leurs femblables fur les nopals. Tout le refte
périt en dix jours de temps 5 ainfi, quoique cette
efpèce d'opuntia ne foit pas plus épineux que
les jnopals, elle ne peut fervir à l'éducation de
la cochenille fine. On pourroit le regretter vu
la beauté de ce caôte, la facilité avec laquelle
il s'accroît promptement ; la grandeur volumineufe de fes articles fi propres à loger de nombreux cffaims & à donner une ample & riche
récolte, & furtout parce qu'il eft déjà affez
commun dans la colonie de Saint- - Domingue
pour fuffire à former des pépinières 3 mais heureufement on fera bientôt confolé de fon inutilité par la culture du nopal de Caftille apporté
du Mexique ; celui-ci eft aufli grand, aufli beau
& auffi prompt à croître 2 & il a en outre
T'avantage de nourrir la cochenille fine trèsabondamment. L'opuntia de Campêche, moins avantageux dans
la culture de la cochenille filveftre que la raquette
Domingue
pour fuffire à former des pépinières 3 mais heureufement on fera bientôt confolé de fon inutilité par la culture du nopal de Caftille apporté
du Mexique ; celui-ci eft aufli grand, aufli beau
& auffi prompt à croître 2 & il a en outre
T'avantage de nourrir la cochenille fine trèsabondamment. L'opuntia de Campêche, moins avantageux dans
la culture de la cochenille filveftre que la raquette --- Page 36 ---
a
TRAITÉ D.E LA
elpagnole
CULTURE
fes articles parce font qu'il eft plus petit, parce que
fuperficie entière moins vaftes, & parce que la
cochenille
ne fe couvre pas également de
filveftre, a un mérite effentiel
dédommage bien de fes
qui le
nourrir la cochenille fine imperfections. Il peut
riences Ont prouvé
: trois années d'expépeu il eft vrai, mais cette vérité; il en nourrit
quoit, la récolte de fi toute autre efpèce manabondante, cette denréc cochenille feroit moins
on en auroit; il y a
feroit plus chère, mais
trois quarts des toujours la moitié, fouvent les
petites cochenilles fines
périffent, rle refte réuflit à s'y
qui y
à s'y accroître
fixer, à fe
finon en totalité,
nourrir,
grande partie, au point où
2 du moins en
fine far les vrais
s'accroit la cochenille
quelquefois deux nopals. La cochenille y eft
y eft généralement mois & demi à croître; elle
nopal, mais
plus petite que fur le vrai
défaut des quoiqu'on ne doive s'en fervir qu'à
pour la recommander nopals, , quoiqu'on n'en parle pas
ture 5 on doit
& la vanter dans la culreconnoitre
a d'un fervice effentiel rendu T'obligation qu'on lui
traverfée ; les nopals
pendant une longue
riffoient : tous les apportés du Mexique pourle nombre des infeétes jours on en jetoit à la mer ;
couroit rifque de diminuer apportés avec la plante
de s'anéantir faute
en proportion 2 oui
fement à Campêche d'aliment; on toucha heurcuon l'effaya 5 la tentative 2 On y trouva ce caéte,
fut heureufe, il défraya
les
ligation qu'on lui
traverfée ; les nopals
pendant une longue
riffoient : tous les apportés du Mexique pourle nombre des infeétes jours on en jetoit à la mer ;
couroit rifque de diminuer apportés avec la plante
de s'anéantir faute
en proportion 2 oui
fement à Campêche d'aliment; on toucha heurcuon l'effaya 5 la tentative 2 On y trouva ce caéte,
fut heureufe, il défraya
les --- Page 37 ---
D U NOPAL
28g
les cochenilles pendant le refte du voyage &
même depuis trois ans qu'il eft arrivé à terre 2
on lui a continué l'agrément de remplir un fi
bon office 7 pendant que le chétif refte des vrais
nopals du Mexique, échappé des dangers d'une
mavigation de trois mois 2 s'eft refait de fes fatis'eft multiplié & a profpéré. C'eft à cet
gues 5
de Saint-Doopuntia que la colonie françoife,
mingue doit maintenant l'avantage de pofféder
le vrai nopal & la cochenille fine. Il eft plus
probable que fans fon fecours tout étoit
perdu, que
& qu'une longue, pénible & hafardeufe
entreprife échouoit.
Quiconque entreprendra la_culture de la
éochenille fine fans avoir déjà une pépinière
fuffifante de vrais nopals du Mexique 5 pourra
la nourfir fur l'opuntia de Campêche 2 qui lui
fera délivré en attendant que le nopal qu'on lui
fournira foit multiplié 2 & de l'âge qui fera
prefcrit pour lui confier la nourriture de la cochenille fine. C'eft cette forte de culture de la
cochenille fine far l'opuntia de Campéche que
l'on doit appeler culture à femer ou à entretenir, 2
parce qu'en effet, la multiplication de l'infeéte
va tout au plus à un tiers au-delà de l'entretien
du nombre dans lequel on le sème.
I --- Page 38 ---
a #
TRAITÉ DE LA
CULTURE
CHAPITRE IV.
Du ropal,
I. ya deux efpèces d'opuntia
nopal au Mexique, l'un eft celui que l'on nomme
nomment fimplement
que les Indiens
nomment
nopal, l'autre eft celui
nopal de Cafille, Ces deux qu'ils
esiftent aétucllement à
efpèces
ce
Tout qui eft connu Saint-Domingue. de
ces nopals
préfent, 7 quant au caraétère de la
jugqu'a
réduit à la forme extérieure
plante., fe,
tiges, parce que l'on n'a
des racines & des
ni fes fruits. On ne s'hafardera pas encore Vu fes fleurs
ce quie quelques auteurs ont
pas de rapporter
d'être démenti par les faits dit, tant par crainte
que les defcriptions
poftérieurs, que parce
pas avec ce que l'on qu'ils a Ont données ne cadrent
Indiens. Les botanifles appris de la bouche des
ne s'accordent
eux dans les deferiptions de
pas entre
donnant une forme ovée, ces plantes , T'un
arrondie aux articles.
l'autre une forme
des fleurs couleur de Quelques - uns attribuent
fang à ces
que les Indiens affurent
la plantes, pendant
On décrira
que fleur eft pourpre.
du
fimplement les racines & les
nopal. On traitera enfitite de fa
tiges
puis de fa culture.
propriété,
Le nopal eft un caéte opuntia à articles
com;
deferiptions de
pas entre
donnant une forme ovée, ces plantes , T'un
arrondie aux articles.
l'autre une forme
des fleurs couleur de Quelques - uns attribuent
fang à ces
que les Indiens affurent
la plantes, pendant
On décrira
que fleur eft pourpre.
du
fimplement les racines & les
nopal. On traitera enfitite de fa
tiges
puis de fa culture.
propriété,
Le nopal eft un caéte opuntia à articles
com; --- Page 39 ---
DU NOPA L.
fes racines font d'un gris cendré tirant
primés;
elles deviennent ligneufes avec
fur le jaune; 5
ou perl'age: il y en a toujours une pivotante clles font
pendiculaire, d'autres horifontales 5
tendres dans les jeunes
rondes 2 prémorcées 2 dans les adultes.
plants, & ligneufes
arbres droits
La tige des nopals s'élève en
des autres opuntia; fes articles
comme la plupart
ovale: ; ils ont depuis
font d'une forme oblongue,
fur cing
dix jufqu'à dix-huit pouces de longueur,
ou neuf de large 2 & un pouce & demi ou
environ d'épaiffeur. Quand la plante a acquis
lécorce des articles
tout fon développement,
très-légeoffre une farface douce au toucher,
8i très-finement veloutée, dans les artirement cles d'un an ou de fix mois. Elle eft d'un vert
fombre dans les adultes, & d'un vert clair &
luifant dans les jeunes. Les gemmes font armées
d'une ou deux ou trois épines au tronc de la
plante, dont une eft plus grande que la feconde,
& celle-ci plus grande que la troifième quand
il y en a trois: quand il n'y en a que deux,
T'une eft toujours plus grande que l'autre, ces
épines font grandes d'un pouce au plus, groffes
d'un feizième de ligne à la baze 7 ligneufes, 2
folides, très-aignés & poignantes : ce qui diftinopuntia non épineux, tels que celui de
gue e
& le nopal
Campêche 2 les raquettes efpagnoles
de Caftille de ceux qui le font, n'eft donc pas
le défaut abfolu d'épines, mais fimplement la
T 11
re, ces
épines font grandes d'un pouce au plus, groffes
d'un feizième de ligne à la baze 7 ligneufes, 2
folides, très-aignés & poignantes : ce qui diftinopuntia non épineux, tels que celui de
gue e
& le nopal
Campêche 2 les raquettes efpagnoles
de Caftille de ceux qui le font, n'eft donc pas
le défaut abfolu d'épines, mais fimplement la
T 11 --- Page 40 ---
a
TRAITÉ DE LA
moindre
CULTURE
quantité & leur
feulement qu'il n'y a
grandeur, c'eft-à-dire
neufès & quelques épines que quelques gemmes épiCes épines font toujours rares fir ces gemmes.
breufes & plus fortes fir plus le grandes 2 plus nomches anciennes
tronc & aux branans 5 car alors elles jufqu'à T'age de deux ou trois
ment plus d'une ou difparoiflat, deux
on voit rarejeunes articles ; fouvent il épines courtes fur les.
tout 2 mais quand il s'y
n'y en a point du
rien moins qu'innocentes, en trouve, elles ne font
les autres 5 au
carelles bieffent comme
garnies de
refte, les gemmes font
faifceaux de foies rouffes toujours
comme tous les autres
brôlantes
au nivean de l'écorce opuntia. Ces foies font
& feize mois, elles dans les articles d'un an
dangereufes,
font plus incommodes
fubtilement quand on les touche elles
que
dans les doigts & les
entrent
comme elles font crenelées de
mains ; &
barbes des épis
même que les
jours plus avant d'orge, 2 elles s'infinuent toument
d'elles-mémes à chaque
quand on les néglige. La
mouvefuppure & tombe en efcarre
partie bleffée
contre l'incommodité de
; le grand remède
peut les tirer avec les ces foies, fi on ne
doigts, ce qui eft
dhificile, parce qu'étant
affez
pent fouvent & reftent tres-fragiles elles romc'eft de frotter
en partie dans kachair
Par ce moyen la légèrement de fif la bleffure.
la douleur, > & Ia démangenilon ceffe 2 ainfi que
fippuration ne la fiut pas, --- Page 41 ---
D U NOPA L.
CHAPITRE V.
Du nopal de Caftille.
Tour ce qui vient d'être dit des foies & des
épines du nopal convient également au nopal
de Caftille. Ses racines font les mêmes que celles
du nopal & de la même couleur; il devient
arbre comme lui, mais il en diffère cffentiellement dans les tiges. Ses articles font plus grands; ;
fur douze
il en eft de trente pouces de longueur
& quinze de large. Ils reffemblent très-bien à
leur forme arrondie au fommet
une raquette par de
ils font d'un vert
comme la feuille pourpier,
d'eau très-clair & très-gai; cette couleur eft
une efpèce de damaffé comme celui des prunes
rouges & brunes : le doigt l'efface en le touchant dans les articles de fix mois ou un an 2
mais non pas dans les plus âgés. Le port de cette
plante eft fplendide : aucun terme ne peut mieux
peindre la vivacité 2 la magnificence de la végétation l'abondance, la grandeur, 2 le dévelop2 de fes articles 5 en un mot on ne conpement
noît pas de plus bel opuntia.
Cette efpèce de nopal ne vient pas de Caftille,
comme fon nom femble nous l'indiquer 7 mais
furnommé ainfi à caufe de fa beauté, &
on Ta firnom n'a
lui être donné que par les
ce
pu
T iij
peindre la vivacité 2 la magnificence de la végétation l'abondance, la grandeur, 2 le dévelop2 de fes articles 5 en un mot on ne conpement
noît pas de plus bel opuntia.
Cette efpèce de nopal ne vient pas de Caftille,
comme fon nom femble nous l'indiquer 7 mais
furnommé ainfi à caufe de fa beauté, &
on Ta firnom n'a
lui être donné que par les
ce
pu
T iij --- Page 42 ---
e
TRAITÉ DE LA CULTURE
Caftillans. On ne peut rien dire de fes fleurs
& de fes fruits, qui n'ont point été vus. C'eft
très-cortainement une efpèce Parfaitement diftinête du nopal : a-t-elle les mêmes propriétés
que celui-ci à l'égard de la cochenille fine ? Les
Indiens l'affurent
douté
pofitivement ; nous ên avions
foit d'après des expériences faites en mer 7
que la circonfance ne fût point favorable &
que l'extrême jeunefle du plant qui n'avoit
deux articles n'y convint point ; foit enfin que
s'y foit pris avec peu d'adreffe
qu'on
cochenilles
2 peu de petites
s'y fisérent, & y réuffirent mais
on eft bien affuré
;
riences
maintenant, après fix expéférence confécutives, , qu'il n'y a point de dif.
entre la récolte de la cochenille fiir cette
efpèce, à celle faite fir le nopai.
Mais s'il eft aufi propre à l'éducation de la
cochenille que le nopal, 2 comment les Indiens
ne l'employent-ils pas indifféremment?
n'en ont-ils pas des jardins
Pourquoi
à moitié ou
plantés en entier cu
pour le quart ? Cette plante leur
feroit-elle connue nouvellement ? 8z par cette
raifon le peuple toujours efclave de Thabitude
n'auroit-il encore pu abandonner l'ancienne
tine de planter le nopal, & hafarder à
roucelle-ci
employer
ducation uniquement, Ou par partic égale, à l'éde la cochenille ? Ce qu'ilya de bien
affiré, c'eft que l'on n'a point vu de nopaerie
plantée en entier, ni pour moitié. 2 ni pour le
quart du nopal de Caftille, Partout depuis Té-
peuple toujours efclave de Thabitude
n'auroit-il encore pu abandonner l'ancienne
tine de planter le nopal, & hafarder à
roucelle-ci
employer
ducation uniquement, Ou par partic égale, à l'éde la cochenille ? Ce qu'ilya de bien
affiré, c'eft que l'on n'a point vu de nopaerie
plantée en entier, ni pour moitié. 2 ni pour le
quart du nopal de Caftille, Partout depuis Té- --- Page 43 ---
D U NOPAL
jufqu'à Guaxaca, on a vu des nopals
guahacan de cochenille ou déjà récoltés 5 mais on
chargés
de Caftille qui en fut
n'a point vu de nopal
3 on a
chargé, ou fur leque! O1l en eut récolté;
dans
tous les jardins quelques plants
vu
prefque
certainement les Indiens
de nopal de Caftille que
la
cultivent pour le fruit, mais non pas pour
culture. y
Le temps & les obfervations ou les
fans doute la manière
réflexions apprendront
mais
de concilier ces contradiétions apparentes,
s'en tieudra là quant à préfent, & tout ce
on l'on dira déformais en traitant de la proque & de la culture du nopal, devra s'enpriété
de celle du nopal de Caftille
tendre également
de
ce traité répétitions.
afin de ne pas fircharger
de la defcription
Avant de quitter le chapitre
décrire
du nopal', il eft bon d'avertir que pour
les caêtes opuntia exaétement par leurs tiges 7
il ne fuffit pas de prendre le premier article venu de
caraétérifer la plante 5 car fur un plant
pour oblong, ovale par exemple, il fe trouvera
nopal
des articles elliptiques ou à-peu-près
quelquefois
ou triangulaires, ou ovés.
ronds, ou cunéiformes 2
Qui voit une feuille de chêne 2 voit à-peu-près
la forme de toutes les feuilles d'un même arbre;
il n'en eft pas de même des articles des nopals 7
qu'il s'y trouve quantité d'articles qui ont
parce
différentes de la forme
des formes accidentelles Quand donc on veut donner
générale des autres.
il faut réunir menune idée-exaête des articles 2
T iv --- Page 44 ---
*
TRAITÉ DE LA CULTURE
talement les articles qui ont une forme
ment femblable, & fi leur nombre
exadtefeulement cclui de quelques formes furpaffe, nonmais encore celui de toutes les colleétions particulières,
ticulières de formes
parlà que l'on devra choifir accidentelles, 2 ce fera ceux-
& l'attibuer
pour en décrire la forme
défaut
fpécialement à la plante, C'eft ce
d'attention, > où limpofibilité de
cette attention, qui fait que l'on ne
donner
pas les caétes aux deferiptions
reconnoît
plufieurs auteurs qui n'ont
qu'en ont faites
& qui ne les ont décrites point vu les plantes,
cidentelle de T'article
que fur la forme acqu'on leur a
non fr la forme de la
apporté, &
articles.
majeure partie de ces
CHAPITRE VI
Propritté du nopal,
LA véritable & la plus eflenticlle
nopal connue au
propriété du
cochenille fine Mexique, eft de nourrir la
& plus abondamment plus aifement, plus sêrement
d'opuntia,
qu'aucune autre eipèce
C'eft auffi la feule fous
tant de le confidérer
laquelle il eft
dire qu'il la
dans ce traité : on impor-,
pofsède dans un1 degré
peut
toutes les petites cochenilles
éminent. De
qui fortent des
lle
nopal connue au
propriété du
cochenille fine Mexique, eft de nourrir la
& plus abondamment plus aifement, plus sêrement
d'opuntia,
qu'aucune autre eipèce
C'eft auffi la feule fous
tant de le confidérer
laquelle il eft
dire qu'il la
dans ce traité : on impor-,
pofsède dans un1 degré
peut
toutes les petites cochenilles
éminent. De
qui fortent des --- Page 45 ---
DU Nop A L.
lits pofés fur un nopal, & qui
avant que la violence du
penvent s'y fixer
accident les en
vent ou quelqu'autre
communément deux précipitent, iln'en manque pas
que cet infeête
ou trois par centaine; dès
lécorce de la a inféré fa petite trompe dans
qui font ainfi plante, ily eft fixé, & de ceux
fixés, on en voit
par centaine ne pas
rarement trois
fement que la nature parvenir au degré d'accroif
fexe. Eft-ce la
a fixé à chacun dans fon
feéte trouvent à facilité fe
que les pattes de l'inveloutée de l'écorce cramponner des
dans la furface
qui lui donne cette
articles du vrai nopal
poli & la liffure de propriété ? C'eft ce que le
& principalement
l'opuntia de
du nopal de Caftillé Campêche,
contredire 7 car ces opuntia font
femble
glabres & polis, & cependant le parfaitement
pétue feulement la cochenille
premier perl'autre la nourrit à
fine, tandis que
voir récolter; eft-ce foifon, de manière à la
ment
la qualité de la sève pouqui fuffit pour attacher l'infeéte feuleplante? C'eft ce que paroit me
à cette
de Campêche, quile nourrit confirmer l'opuntia
doute la qualité de fa fiubftance peu, parce que fans
gnée de celle du vrai
eft plus éloiCaftille ne Ia nourrit nopal ; & le nopal de
que la quantité de la abondamment fienne
que parce
plus rapprochée. Les Indiens
en eft peut-être
dre de vraifemblable à
n'ont rien pu répon.
obfervé qui put l'éclaircir cette queftion ; on n'a rien
: on s'eft borné fim-
mer l'opuntia
doute la qualité de fa fiubftance peu, parce que fans
gnée de celle du vrai
eft plus éloiCaftille ne Ia nourrit nopal ; & le nopal de
que la quantité de la abondamment fienne
que parce
plus rapprochée. Les Indiens
en eft peut-être
dre de vraifemblable à
n'ont rien pu répon.
obfervé qui put l'éclaircir cette queftion ; on n'a rien
: on s'eft borné fim- --- Page 46 ---
à298
TRAITÉ DE LA
plement à
CULTURE
été
multiplier la plante autant
pofible, & l'infede autant
qu'il a
faire pour ne pas le
qu'il étoit nécef
Ja quantité de nopal perdre, en attendant que
davantage. Le
permit de le multiplier
être même le hafard, temps d'étudlier à loifir, peutplus de lumières fir répandront dans la fiite
toujours peu aux
une queftion qui importe
ample pépinière de cultivateurs qui auront une
Tattention, ou
nopal, & qui ne doit fixer
lofophes & des piquer la curiofité que des phimême ordre feroit naturaliftes. Une queftion du
une efpèce
de fàvoir fi le nopal eft
ne l'a vu nulle d'opuntia naturel au Mexique ? On
elle eft une
part dans les campagnes, ou fi
pure variété obtenue par la
puifqu'on ne l'a trouvé
culture,
Cette quefion,
que dans les jardins ?
comme on le voit, doit étre
indifférente au but de cet
affez
d'ailleurs réfolue
ouvrage, & paroit
l'une & l'autre par les affertions qui frivent
conclure la
pofition : cependant on ne peut
négative de l'un &
Tautre, parce qu'on n'a
T'affirmative de
T'Amérique, ce qui feroit pas parcouru toute
la jufteffe de la
néceffaire pour affiurer:
eft une elpèce diftinéte confequence 3 car fi le nopal
efpèces fe perdent moins & caraétérifée 2 les
rentrent fouvent dans les que les variétés, qui
que l'on trouvât cette cfpéces;il feroit pofible
ignoré du vafte
cfpèce dans quelque coin
qu'autre
empire du Mexique, foit chez quelpeuple dont le Mexique l'auroit
reçu,
la
néceffaire pour affiurer:
eft une elpèce diftinéte confequence 3 car fi le nopal
efpèces fe perdent moins & caraétérifée 2 les
rentrent fouvent dans les que les variétés, qui
que l'on trouvât cette cfpéces;il feroit pofible
ignoré du vafte
cfpèce dans quelque coin
qu'autre
empire du Mexique, foit chez quelpeuple dont le Mexique l'auroit
reçu, --- Page 47 ---
DU Nop A L.
L'origine des arts chez chaque
dans la nuit des
peuple fe perd
indique une ancienne temps. L'nfage de ces arts
a été précédée
habitude, & cette habitude
par des
des tentatives
expériences infinies, par
contrariées
toujours nombreufes, toujours
l'ignorance 2 de toujours la
foumifes à tout ce que
le joug & le multitude, l'envie des rivaux,
ufage contraire pouvoir des préjugés 2 ou un
Un art
Peuvent jeter d'entraves au génie.
quelconque eft donc
preuve de T'antiquité d'un
toujours une
sède. Si lc
eft
peuple qui le pofnopal
une variété obtenue
la
culture, c'eft l'effort même de
par
qui prouve l'antiquité du
cette culture
on l'a trouvé, On voit
peuple chez lequel
Mexicain trouvant
clairement comment le
fir le nopal
par-tout la cochenille filveftre
mier abord la beauté filveftre a pu éprouver du prede la teinture
duit, être excité à la récolter & s'en qu'elle promais fi le vrai nopal eft
tenir là; ;
pas une efpèce primitive une variété & non
temps infini & attribuer > il faut accorder uI1l
connoiffances aux Mexicains une grande quantité de
au miftère de la
qui l'ont arraché
fi clairement
nature; & l'on n'apperçoit pas
qu'on
que ce peuple foit auffi
veut le perfinader : & fi on lui moderne dénie
long temps, & cet acquis de
ce
qualité de peuple moderne,
connoiffance en
antérieur, 2 il faudroit au renouvelléd'ung moins
peuple
les connoiffances
accorder que
qu'il a eues de la propriété
quantité de
au miftère de la
qui l'ont arraché
fi clairement
nature; & l'on n'apperçoit pas
qu'on
que ce peuple foit auffi
veut le perfinader : & fi on lui moderne dénie
long temps, & cet acquis de
ce
qualité de peuple moderne,
connoiffance en
antérieur, 2 il faudroit au renouvelléd'ung moins
peuple
les connoiffances
accorder que
qu'il a eues de la propriété --- Page 48 ---
TRAITÉ DE LA
des nopals & de l'éducation CULTURE
eft une conquéte faite
de la cochenille
& un refte de
fir quelqu'autre nation 7
fauvé du
Théritage de fes pères
naufrage des
qu'il a
cncore bien plus loin fiécles; ce qui reculeroit
nopal & de l'éducation T'origine de la culture du
à qui il
de la cochenille, laifant
appartient de traiter ces
matières; il faut rentrer dans
intéreflantes
expofe, & ajouter
fi
celles que l'on
tement propre à que le nopal eft parfail'ef infiniment éduquer la cochenille finc, il
velre 5 & c'eft plus à éduquer la cochenille filfur le nopal
perd en partie la ténacité
que cet infeête
fon coton : c'eft fir le
& la quantité de
grandeur double de celle nopal qu'il acquiert une
opuntia quand il refte qu'il a far les autres
la nature 5 c'eft fixr le abandonné aux foins de
vres Indiens qui font de nopal la
que les plus pauc'eft fir le
cochenille la sément:
qui voudra nopal que le colon de
faire toute l'année de SaincDomingne la
fivefie, devra la femer : il
cochenille
paraifon à faire
n'y a mulle compour la groffeur 2 & foit pour la quantité, foit
que nourriffent les la qualité de la cochenille
nourrit le nopal & opuntia, celle
entre celle que
autres efpèces dont on
que produifent les
fabfidiairement.
ne doit fc fervir
Il faudra donc
que
tiplier à l'infini le s'appliquer à cultiver & mulpourra s'en paffer, nopal, & à mefire que l'on
abandonner les autres efpèces --- Page 49 ---
D U Nop A L.
dont on a déjà parlé pour l'éducation
3or
nille fireftre, & ie fe fervir
de Ia cochedu nopal; mais en attendant pour celle-ci que
au point fififant à
qu'il foit multiplié
veftre, il convient de défrayer fe fervir la cochenille flla raquette efpagnole & de
pour celle-ci de
pêche, & de ne donner le l'opuntia de Camnille fine. Par ce
nopal qu'à la cochefaire en même moyen le cultivateur pourra
pourroit fans ces temps, & plutôt qu'il ne le
filveftre & de la auxiliaires, de la cochenille
cochenille finc.
CHAPITRE VIL
De la nopalerie,
Le terrain dans
pour y recueillir de lequel la
on cultive les nopals
cochenille fineou
s'appelle au Mexique
filveftre,
ver dans l'art de
nopalerie, On doit conferfi beau, quoique cette francifé culture ce nom qui ef
nopalerie
du terme
2 qui dérive avec grâce du efpagnol
nopal, nom purement
nom propre
doit être bien fermée mexicain. Une nopalerie
finon d'une bonne
de murailles s'il fe peut:
non dans la crainte paliffade ou d'une haie vive,
qu'aucun animal en mange (r)
(r) Les chiens mangent le
un dégat dangereux dans une jeune nopal, & ils penvent faire
nopaleric.
, quoique cette francifé culture ce nom qui ef
nopalerie
du terme
2 qui dérive avec grâce du efpagnol
nopal, nom purement
nom propre
doit être bien fermée mexicain. Une nopalerie
finon d'une bonne
de murailles s'il fe peut:
non dans la crainte paliffade ou d'une haie vive,
qu'aucun animal en mange (r)
(r) Les chiens mangent le
un dégat dangereux dans une jeune nopal, & ils penvent faire
nopaleric. --- Page 50 ---
TRAITÉ DE LA
les plants. On ne
CULTURE
drupèdes aucun
connoît aux grands quadaas la crainte goût pour cet aliment; mais
pour quelqu'autre qu'en y entrant par hafard ou
plants & ue renverfent caufe, ils ne foulent les jeunes
n'eft pas moins
les ariciens : & ce qui
crouler une récolte dommageable, de
qu'ils ne faffent
courfes, par des
cochenille dans leurs
qués aux nopals. mouvemens violens communiUne nopalerie d'un
demi, eft fufifante arpent ou d'un arpent &
l'attention d'un feul indien pour exercer les forces &
Jannée, & lui-même
pendant fix mois de
dans une culture de y fuffire. On n'a pas VII
palerie qui eût plus de quarante deux lieues, une 110.
grandes que l'on ait vues & arpens ; les plus
font celles d'un nègre
les micux teaues
Guaxaca, & celle d'un libre à huit lieues de
le fauxbourg de cette autre nègre libre dans
nopaleries étoit de deux ville. La première de ces
d'un arpent & demi: voilà arpens , & la feconde
leur donner pour les
l'étendue que l'on peut
d'un feul homme
proportionner aux travaux
intelligent &
pas néceffaire qu'il foit
actif, car il n'eft
Si la
robufte,
nopalerie eft fermée de
forte de clôture recélant
murailles, cette
les haies > il fuffira de tenir moins d'infeétes que
de quatre pieds de la
les plants éloignés
fermée de haies, il fera muraille; mais fi elle eft
nopals foient féparés d'elles avantageux que les
par une allée de dix,
elligent &
pas néceffaire qu'il foit
actif, car il n'eft
Si la
robufte,
nopalerie eft fermée de
forte de clôture recélant
murailles, cette
les haies > il fuffira de tenir moins d'infeétes que
de quatre pieds de la
les plants éloignés
fermée de haies, il fera muraille; mais fi elle eft
nopals foient féparés d'elles avantageux que les
par une allée de dix, --- Page 51 ---
DI U NOFAL
pieds de large, 2 qui régnera tout
entre la haie & les nopals.
autour du jardin
la figure du terrain dune Quelle que puiffe étre
diriger la plantation ef e nopalerie, il faut en
tirées du nord au fiud fur ouef, par des lignes
en alignement
lefquelles On plantera
qu'une face de perpendiculaire à l'eft, de
tia ont
nopal ( car tous les caétes manière
toujours deux faces fur
opunjeure partic de leurs articles lefquelles la mal'expolition du foleil levant font difpofés) ait
l'autre l'expofition du même des équinoxes, 2 &
plante les
foleil couchant.
nopals en
On
nopalerie. Dans le pépinière ou à demeure en
diftance de deux pieds premier cas, on donne une
l'autre
entre chaque
cas, On les plante à
plant 5 dans
tance les uns des autres fir des fix pieds de dif
à fix pieds
lignes
également de diftance,
paralièles,
ter en quinconce ou en
On peut planindiférent, mais
quarré fimple 2 cela eft
grâce poffible à comme on doit donner le
durable,
une plantation fi
plus de
7 il faut s'afiervir à
précieufe & fi
de ces dimpofitious.
l'une oul à l'autre
On aura foin de ne laiffer
d'une nopalerie afin
aucun arbre à l'eft
premiers rayons du > foleil qu'elle reçoive tous les
grande importance
levant, ce qui eft d'une
cochenilles,
pour la marche des
qui aiment fortir du nid
petites
pour aller fe fixer fur la
à cette heure
nairement le vent n'eft plante 2 parce qu'ordipas encore fort. On abattra pas encore levé ou n'eft
de même les arbres
On aura foin de ne laiffer
d'une nopalerie afin
aucun arbre à l'eft
premiers rayons du > foleil qu'elle reçoive tous les
grande importance
levant, ce qui eft d'une
cochenilles,
pour la marche des
qui aiment fortir du nid
petites
pour aller fe fixer fur la
à cette heure
nairement le vent n'eft plante 2 parce qu'ordipas encore fort. On abattra pas encore levé ou n'eft
de même les arbres --- Page 52 ---
TRAITÉ DE LA
à vingt toifes aul moins
CULTURE
nord de la
au fud, à l'oueft, & au
l'ombre de nopalerie , parce qu'il eft certain
font
l'après midi & T'abri du vent
que
favorables à la cochenille,
d'oueft
immondices des feuilles des
Cependant les
enfin tous les infeétes
branches sèches &
grands arbres
nuifibles qui habitent les
& nuifent
génent une nopalerie, la
aux cochenilles, dont elles faliffent $
ennemis ou même les attirent,
recèlent les
raifon que l'on aura foin
C'eft pour cette
lerie tous débris d'animaux d'écarter de la nopapour éloigner de-là les
ou végétaux, tant
en vivent
rats & les fourmis
2 que pour ne laiffer
qui
commode à certaines mouches
aucune place
y dépofer leurs ceufs. En
ou- phalènes pour
doit être encore
un mot, une nopaleric
digo, furtout
plus propre qu'un jardin d'inC'eft dans
pendant la faifon de la
fois
cette vue que l'on doit fercler récolte.
pendant les pluies, &
deux
poflible pendant la faifon des quatre fois s'il eft
(r) vrai temps
fècs qui eft Thiver,
mis de cet infeéte d'élever la cochenille ; les enneune nopalerie
précieux ne trouvant dans
à T'ceil
aucune retraite pour fe
vigilant du maître, fe
fouftraire
s'ils ne le font pas 7 il eft aifé logent de ailleurs, ou
On pardonnera
les exterminer.
fans tendre de toile, aux araignées qui courent
ainfi qu'à celles qui tendent
favorable (t) Il faut obferver que ce ne fera
dans Ja partie dn nord de St. pas la faifon la plus
Domingue.
leurs
ieux ne trouvant dans
à T'ceil
aucune retraite pour fe
vigilant du maître, fe
fouftraire
s'ils ne le font pas 7 il eft aifé logent de ailleurs, ou
On pardonnera
les exterminer.
fans tendre de toile, aux araignées qui courent
ainfi qu'à celles qui tendent
favorable (t) Il faut obferver que ce ne fera
dans Ja partie dn nord de St. pas la faifon la plus
Domingue.
leurs --- Page 53 ---
DU NOPAL
1 305,
leurs filets autour des nopals 7 quoique cela
puiffe avoir un coup-d'ceil défagréable. 1°. Parce
qu'aucune araignée ne mange dc cochenille. 2°.
Parce que les groffes araignées mangent les
ravets ennemis du nopal. 3°. Parce que celles
qui tendent des filets y prennent les papillons, 7
les phalènes, les teignes, les mouches, & d'autres infectes nuifibles par leurs vers ou chenilles.
4°. Enfin, parce que les fils d'araignée tendus
d'une branche à l'autre fervent de route aux
petites cochenilles, 7 pour fe porter de leur nid
par le chemin le plus court à l'endroit qui
leur convient le mieux, & fouvent fur un nopal
voifin, oû il n'y en a pas affez. Parce qu'enfin,
les toiles d'araiguées empêchent les fourmis de
paffer outre, de molefter les groffes cochenilles,
de dévorer les petites, & quelquefois de manger
les mères dans les nids, aullitôt qu'elles font
mnortes 3 car ilyen a une certaine efpèce qui
dévore ces infeêtes vivans.
Le terrain d'une nopalerie doit être naturellement fec, & ne recevoir d'autres eaux que
celles du ciel, un fol marécageux, uligineux. 2
plein d'eaux vives qui fourdent d'eaux croupiffantes, ne convient nullement pour une nopalerie. Le terrain de la nopalerie fera nivelé s'il
eft poffible, afin que les eaux n'y féjournent pas,
ou qu'elles n'en entraînent pas les terres par
lcs ravines qu'elles fe creufent quand leur pente
n'ett pas également rapportée fur la furface d'un
V
du ciel, un fol marécageux, uligineux. 2
plein d'eaux vives qui fourdent d'eaux croupiffantes, ne convient nullement pour une nopalerie. Le terrain de la nopalerie fera nivelé s'il
eft poffible, afin que les eaux n'y féjournent pas,
ou qu'elles n'en entraînent pas les terres par
lcs ravines qu'elles fe creufent quand leur pente
n'ett pas également rapportée fur la furface d'un
V --- Page 54 ---
TRAITÉ DE LA
terrain : telles font les belles CULTURE
plaine de Guaxaca.
nopaleries de la
Si on étoit forcé d'établir fir
côteau, il feroit
la Pente d'un
fent mélécs d'une avantageux que les terres fufou de cailloux
certaine quantité de
qui foutinflent
pierres
entre lefquelles les
ces terres, &
racines pour réfifter nopals jetaflent de fortes
Toutes fortes de aux coups de vents,
leufes,
terres argileufes,
talqueufes ou remplies de
graveou
cailloux,
maigres 2 conviennent à une
grafles
ncpal y réuffit d-peu-près
nopalerie 3 le
pourtant affurer que les terres également; On peut
Guaxaca font
aux environs de
ment y réuflit excellentes, mieux
le nopal naturelleon ne négligera
que dans d'autres : ainfi
dans un moindre pas un bon terrain pour établir
plus le
: plus la terre eft
nopal doit y faire de
bonne, 7
fequemment y être plutôt
progrès, & concochenille. Une des fituations en état de nourrir Ja
pour une nopalerie, c'eft
les plus agréables
contre les violences du d'avoir de grands abris
brife d'eft, toujours
vent de nord & de la
dans l'isle
plus forte que celle
Saint. - Domingue
d'ouett
provinces de Guaxaca,
comme dans les
parallèles. C'eft
comprifes entre les mêmes
montagnes les pour cela que les
des
vallons & les
gorges
cette brife ne peut exercer fa culs-de-facs, o
places excellentes
furie, font des
remarqué que les pour les nopaleries : on a
cochenilles de la
montague
vent de nord & de la
dans l'isle
plus forte que celle
Saint. - Domingue
d'ouett
provinces de Guaxaca,
comme dans les
parallèles. C'eft
comprifes entre les mêmes
montagnes les pour cela que les
des
vallons & les
gorges
cette brife ne peut exercer fa culs-de-facs, o
places excellentes
furie, font des
remarqué que les pour les nopaleries : on a
cochenilles de la
montague --- Page 55 ---
DU NOPA A L.
Étoient plus groffes que celles de la plaine de
Guaxaca; les raifons qui font défirer cette fituatiou font : 1°. Pour que les petites cochenilles
fortant du nid ne foient point emportées de
deffius le nopal avant qu'elles aient pu sy fixer.
2°. Afin que la cochenille déjà avancée en âge
ne foit pas tourmentée & moleftée par la violence du vent qui les agite, & les empêche de
s'accroitre 2 foit en les defséchant, foit en diftendant leur trompe.
Après l'avantage de l'abri pour la fituation du
terrain d'une nopalerie, il en eft un également
intéreffant, c'eft le degré de température del'air;
une température de feize degrés au- deffus de la
congélation du thermemètre de Bourbon, à quatre heures du matin, pendant le mois de Mai a
été obfervée pendant huit jours dans les gorges
& les plaines de Guaxaca; or l'on ne peut douter qu'elle ne foit préférable à toute autre, puifc'eft de cette province que l'on tire la plus
que belle cochenille de tout le Mexique 5 cependant
de dix-neuf degrés à la même
une température les mêmes mois, dans les bords
heure pendant
de mer de la colonie de Saint-Domingue, dans
la partie la plus brûlante de cette isle, & peutêtre de toute l'Amérique, le Port-au-l Prince,
n'exclut pas la culture de la cochenille, puifqu'elle y réuffit, & que les petits éclos ne perdent que trois par cent de leur nombre; mais
afin que perfonne ne foit induit en erreur à cet
V ij
uf degrés à la même
une température les mêmes mois, dans les bords
heure pendant
de mer de la colonie de Saint-Domingue, dans
la partie la plus brûlante de cette isle, & peutêtre de toute l'Amérique, le Port-au-l Prince,
n'exclut pas la culture de la cochenille, puifqu'elle y réuffit, & que les petits éclos ne perdent que trois par cent de leur nombre; mais
afin que perfonne ne foit induit en erreur à cet
V ij --- Page 56 ---
TRAITE DE LA
égard, il faut
CULTURE
d'un fixième avouer que la cochenille y cft
dant la
plus petite qu'à Guaxaca; $ ceperitage de cet critique ne doit prendre nul avanvenu dans l'idée aveu, parce que 1°. jamais il n'eft
bords de la
d'établir cette culture fur les
feule néceilité mer, des mais au Port-au-Prince, où la
faire des effais; 2°. moyens de vivre a forcé de
colonie autant de parce qu'il eft dans cette
oit l'on peut établir températures la
d'air différentes
que de nombres
culture de la cochenille,
felon l'élévation depuis neuf jufqu'à
des terres
vingt-cing,
feulement
que l'on habite, ou
Téloignement des
trent la chaleur dans les
foyers qui concende prouver qu'un
plaines ; ce qui achève
y Préjudicier
pareil degré de chaleur ne peut
cette température cflentiellement, du
c'eft que malgré
le
matin à Guaxaca, à
thermomètre de Bourbon s'eft trouvé
midi
quatre degrés" de chaleur
à vingtmois de Mai, de même ordinaire pendant le
Port-au-Prince
qu'il a été obfervé au
Il eft
pendant le même mois.
trés-important que les
placées dans une
nopaleries foient
à quatre heures température du
d'air de feize
il eft
matin dans le mois de degrés,
encore infiniment plus
Mai;
foit affife fous un ciel
intéreffant qu'elle
T'hiver, ou s'il eft parfaitement fec pendant
foient
pluvieux & que les pluies
périodiques, il eft
noître parfaitement le retour trés-avantageux de con-
& leur fin. Si ces périodes
de ces périodes,
laiffent un intervalle
à quatre heures température du
d'air de feize
il eft
matin dans le mois de degrés,
encore infiniment plus
Mai;
foit affife fous un ciel
intéreffant qu'elle
T'hiver, ou s'il eft parfaitement fec pendant
foient
pluvieux & que les pluies
périodiques, il eft
noître parfaitement le retour trés-avantageux de con-
& leur fin. Si ces périodes
de ces périodes,
laiffent un intervalle --- Page 57 ---
D U NOPA L.
de deux mois de féchereffe entre leur fin & leur
le territoire fitué fous un tel ciel fera
retour,
s'il eft
irrégupropre à une nopalerie;
pluvieux
lièrement, & d'une irrégularité conftante, il faut
abandonner ce territoire; il faut encore diftinfont des petites
guer fi ces pluies irrégulières
pluies douces & paffagères comme en Europe,
ou même des brumes & des brouillards; en co
cas il ne faut pas abandonner la partie; mais
fi ces pluies irrégulières-font des orages, des ouragans (1), de ces redoutables pluies qui tombent
en torrent, & dont les gouttes font autant de
fracas & même de dommages que les grèles d'Europe, il faut fuir & porter les nopals & la
la récolte de
cochenille ailleurs, parce qu'alors
la cochenille feroit très - incertaine & peu produétive : on en verra les raifons dans T'éducationt
de la cochenille filveftre. Voici donc l'ordre de
féchereffe du ciel, fous lequel on doit choifir le
territoire propre à affiurer la culture des nopals.
On doit regarder comme le plus bas degré d'aptitude, un ciel qui verfe irrégulièrement des pluies
&
durables, depuis le mois
même légères peu
faire
d'O8tobre jufqu'au mois de Mai: on peut y
de Ia cochenille, mais f ces pluies tombent au
moment des femailles, il eft dangereux qu'elles
(1) Les orages, les ouragans ne font point conftans dans de -
auçune partic de la colonie 3 on en épronve cependant
très-violens, mais dans dcs temps indéterminés.
V iij
uies
&
durables, depuis le mois
même légères peu
faire
d'O8tobre jufqu'au mois de Mai: on peut y
de Ia cochenille, mais f ces pluies tombent au
moment des femailles, il eft dangereux qu'elles
(1) Les orages, les ouragans ne font point conftans dans de -
auçune partic de la colonie 3 on en épronve cependant
très-violens, mais dans dcs temps indéterminés.
V iij --- Page 58 ---
TRAITÉ DE LA
ne faffent
CULTURE
cochenilles périr un ticrs ou moitié des
: vient enfiite le ciel
nouvelles
vert de brouillards & de
nébuleux couque le précédent,
brume; il vaut micux
qu'il répand ne
parce que les gouttes d'eau
cochenilles
peuvent tuer par leur
les
vu
le encore jeunes, & ne les poids
que foleil dans le climat de glacent pas,
gue paroit tous les jours de l'année. Saint-DominAprès un ciel
qui eft pluvieux brumeux, l'on doit préférer celui
valle affuré de deux régulierement, mois
& laiffe un interPériode de
de féchereffe entre
pluie; On préférera de
chaque
qui pendant l'hiver donne
même celui
fécherefle à celui
deux intervalles de
on doit
qui n'en donne
préférer à tous
qu'un; enfin
dant les fix mois de ceux-ci, le ciel qui penpluies; fi ce n'eft
T'hiver ne répand aucunes
Janvier; tel eft un ou deux petits grains en
les provinces de confamment le ciel de toutes
du Cul-de-Sac de Guaxaca & celui de la plaine
les années
S.Domingue, obferré pendant
ticuliers affirent 1777, 1778 & 1779. Plufienrs
l'hiver dans les qu'ii ne pleut jamais pendant parquartiers d'Acquin (x) du fond du
(r) M. Gauché, notre
de l'alkali fixe, du
affocié au
a
nuits dans la plaine du tartre, à l'air libre Fort-de-Paix, pendant expofé
en deliquinm, Des feuilles Pork-kPiment: de
: il n'eft point plnfieurs tombé
ras pris la moindre
papier expofées de même n'ont
vir à Phiftoire onzième humidité. du
Voyez fon mémoire pour ferFanalife des caux thermales quartior de du Port-d-Piment, avec
Boynes.
e, du
affocié au
a
nuits dans la plaine du tartre, à l'air libre Fort-de-Paix, pendant expofé
en deliquinm, Des feuilles Pork-kPiment: de
: il n'eft point plnfieurs tombé
ras pris la moindre
papier expofées de même n'ont
vir à Phiftoire onzième humidité. du
Voyez fon mémoire pour ferFanalife des caux thermales quartior de du Port-d-Piment, avec
Boynes. --- Page 59 ---
DU NOP A L.
31E
Cul-de-Sac, & de la Défolée, près de l'Artiboinieux
la culture de la cochenite : tant
pour favorifées du ciel à cet
nille, ce font des terres
indemnifer les
égard; & cette culture peut y
où une
poffeffeurs des terres, de limpoflibilité
telle féchereffe les met d'entreprendre toute
autre On culture. ajoute même qu'il y a tout au plus trois
mois de pluie dans ces quartiers pendant toute
l'année. Si ce fait de la plus haute importance à
conftater étoit vrai 2 il s'enfuivroit que l'on
faire quatre récoltes affurées de cochepourroit
T'année, & que ces parties de la
nille pendant
l'emportecolonie françoife de Saint-Domingus
roient même à cet égard fur toutes les provinde Guaxaca. Ces parties de la colonie pources
feules fournir la métropole de cette
roient toutes
précieufe denrée (I).
C'eft donc effentiellement & uniquement pour
l'intérêt du public, qu'il a été demandé à tous
les colons dans le No. 3 du fiapplément des affiches américaines du 18 Janvier 1780, un jourdes
nal ficcinét, ou mémoire météorologique
pluies de toute cette année, dans tous les quartiers de l'isle. On avoit principalement en vue
de s'inftruire de ces faits, & de pouvoir défigner
aux colons les territoires les plus
par ce moyen à la culture du nopal, & à Téducafavorables
(1) Voyez cct avis dans la préface,
V iv
. 3 du fiapplément des affiches américaines du 18 Janvier 1780, un jourdes
nal ficcinét, ou mémoire météorologique
pluies de toute cette année, dans tous les quartiers de l'isle. On avoit principalement en vue
de s'inftruire de ces faits, & de pouvoir défigner
aux colons les territoires les plus
par ce moyen à la culture du nopal, & à Téducafavorables
(1) Voyez cct avis dans la préface,
V iv --- Page 60 ---
TRALTÉ DE LA
tion de la cochenille.
CULTURE
kabitant éclairé,
Inftruit de ces motifs , tout
fes propres lumières pourra déformais s'affurer
zude de fes
du plus ou du moins par
terres à une
d'aptiTout ce qui vient d'être nopalerie,
pérature du ciel que de la dit, tant de la temzne nopalerie, doit s'entendre féchereffe requife pour
nopalerie pour la cochenille uniquement d'une
de la filveftre
fine; la
de
n'exige pas à beaucoup nopalerie
précautions, on pourra l'affeoir
près tant
plaines les plus
dans toutes les
diftinétion
bralantes, à
d'un ciel
Saint-Domingue fans
des faifons de la plus ou moins pluvieux, &
pourra recueillir de fécherefle la
& des pluies: on y
dant toute T'année,
cochenille filvefire penquantité dans la faifon cependant en moins grande
féchereffe,
des pluies que dans la
L'habitant qui voudra
filveftre & de la cochenille récolter de la cochenille
deux plantations de
fine, fera pour cela
une efpèce d'infecte, nopal, l'une deftinée
ces plantations
&cl'autre pourl'autre pour
ches
feront à la
efpèce:
au moins l'une de diftance de cent perou deux carreaux de terre T'autre, féparées par uil
tés d'arbres ou
s'il eft
fi le terrain tout au moins de cannes poflible, à
planle
permet, ou enfin de ficre(r),
mahys ou de
(t) Nous ne confeillons
dans la crainte d'attirer les pas de planter des cannes à
vations font un ennemi redoutable fourmis, gui d'après 110S fiucre, obferdans une nopalerie,
ou deux carreaux de terre T'autre, féparées par uil
tés d'arbres ou
s'il eft
fi le terrain tout au moins de cannes poflible, à
planle
permet, ou enfin de ficre(r),
mahys ou de
(t) Nous ne confeillons
dans la crainte d'attirer les pas de planter des cannes à
vations font un ennemi redoutable fourmis, gui d'après 110S fiucre, obferdans une nopalerie, --- Page 61 ---
DU NOP A L.
petit mil, & fi l'on ne peut faire autrement, par
de manière que fi la lardes halliers ou buiffons,
elles foient toutes
geur du terrain le permet,
deux ef & oueft fur les mêmes lignes, & au
même vent; il donnera la droite autrement le
fud à la cochenille filveftre, & la gauche ou le
nord à la cochenille finc : fi fon terrain n'eft pas
affez large pour comporter cette difpofition, &
fa longueur étant ef & ouef l'on foit obligé
que
au vent Tune de l'aude planter ces nopaleries
comme il
tre; alors, en obfervant de les féparer
a déja été dit par une diftance de cent perches
l'on mettra la nopalerie deftinée à la
au moins,
deftinée
cochenille fine, au vent de la nopalerie
à Ia cochenille filveftre: O11 rendra ci-après de
bonnes raifons d'un arrangement fi bifarre en
apparence. Les Indiens 2 il eft vrai, ne prennent
pas toutes ces précautions, mais on ne doit pas
copier fervilement leurs modèles dans ce qu'ils ont
de vicieux; c'eft peu d'imiter dans les arts utiles
& agréables, il faut encore furpaffer quand on le
peut. Le négliger eft un défaut qui met l'imitateur au-deffous de fon modèle, parce que cette
négligence l'inculpe d'ineptie & de pareffe tout
à la fois, --- Page 62 ---
TRAITÉ DE LA
CULTURE
CHAPITRE VIIL
Culture du nopal.
I n'ef guères de
tal qui exigent moins plantes de
dans le règne végéplus facilement de
culture & fc multiplient
femble
bouturcs que les
que plus on les néglige &
nopals. Il
fiflent ; en effèt, un article
mieux ils réuf-
& laiffé fir terre
de pérefchia, tombé
s'eft élevé à dix auprès de la haye d'un jardin
temps, & a donné pieds de hauteur en un1 an de
voit des tunas mis plus de trente articles : on
arides, far une fablière quelquefois dans des terres
cher le
fous le toît, pour boucroître & pafage aux rats > pouffer des racines,
cependant produire des articles & des fleurs 2
comme ces
(1);
fois le
fingularités font
produit de circonftances
quelqueinconmues, 2 On ne les prendra
heureufes &
culture & de la manière de pas pour règle de
donnera rien au hafard dans des multiplier; on ne
importantes 7 & l'on faivra ce
opérations fi
tiquer chez les cultivateurs, que l'on a vu pradans des expériences
& ce qui a réuffi
pais quatre ans 5 tout particulières, ce
répétées de.
que l'on dira de la
(r) Cela démontre que l'air contient
coopèrent à la nutrition & aul
des principes
a len probablement pour les développement des plantes: : cela qui
fons pluvienfes.
plantes graffes & dans les fai-
l'on faivra ce
opérations fi
tiquer chez les cultivateurs, que l'on a vu pradans des expériences
& ce qui a réuffi
pais quatre ans 5 tout particulières, ce
répétées de.
que l'on dira de la
(r) Cela démontre que l'air contient
coopèrent à la nutrition & aul
des principes
a len probablement pour les développement des plantes: : cela qui
fons pluvienfes.
plantes graffes & dans les fai- --- Page 63 ---
D U NOP A L.
manière de planter & multiplier les nopals, devra
s'entendre également de la raquette efpagnole &
de T'opuntia de Campêche.
trouvé un terAprès que le cultivateur aura
rain qui réuniffe le plus grand nombre des quaexigées dans le chapitre précélités effentielles, l'aura clos le mieux que fes
dent ; après qu'il
quand enfin
facultés & la terre le permettront,
les
il l'aura nivelé, s'il y a lieu, & pris toutes
précautions indiquées contre la putréfagion des
& le ravage des eaux coueaux croupiffantes
la noparantes, il ne lui reftera plus qu'à planter
fans
Jerie. S'il veut faire de la cochenille filveftre
avoir encore de nopal, ilplantera en raquette efpade
de la manière
gnole & en opuntia
Campêche
ci-après.
de
il doit le planter
S'il n'a que peu
nopal,
en pépinière pour le multiplier promptement 7
plutôt que de le planter à demeure pour y femer
de la cochenille fine : s'il a beaucoup de nopal
& qu'il veuille éduquer en même temps la cochenilie fine & la cochenille filvefire, il plantera
des nopals pour la cochenille fine, & des raquet-
& des
pour la cochenille
tes efpagnoles
opuntia
filveftre.
Enfin, s'il y a des nopals fiuflifamment pour
faire une nopaleric de cochenille fine, & une
de cochenille filveftre, il le fera ; & dans tous
les cas, voici les procédés qu'il fivra.
On préparera les terres pendant la féchereffe
chenille filvefire, il plantera
des nopals pour la cochenille fine, & des raquet-
& des
pour la cochenille
tes efpagnoles
opuntia
filveftre.
Enfin, s'il y a des nopals fiuflifamment pour
faire une nopaleric de cochenille fine, & une
de cochenille filveftre, il le fera ; & dans tous
les cas, voici les procédés qu'il fivra.
On préparera les terres pendant la féchereffe --- Page 64 ---
316 TRAITÉ
DE LA
qui précède les
CULTURE
dant le
pluies du
temps de la féchereffe printemps, 2 ou penpluies de l'automne. Si le
qui précède les
lerie eft rempli
terrain de la
d'arbres & de
nopacoupera pas, mais on les
buiflons, on ne les
cinant exaétement
arrachera, en les déraches & feuilles hors ; on emportera troncs, branbriler, & les laiffer de la nopalerie pour les
le feu trop violent qu'ils pourrir ailleurs, parce que
brâloit fur place, cuiroit donneroient, fi on les
roit en brique : une
la terre 2 & la durcipeut s'impregner
terre réduite à ce terme ne
che convenable d'engrais, ni donner une
n'eft
aux racines des
courempli que
plantes (r). S'il
ces herbes au d'herbes, on arrachera toutes
petites &
couteau en déracinant les
coupant les
plus
terres 5 on les étendra plus grandes entre deux
quand elles feront bien pour fécher au foleil, >
fir plufieurs
sèches on les
lignes de deux ou
arrangera
Jarge, & d'un demi pied
trois pieds de
fant foigneufement
d'épailleur, & ramaf.
feuilles on les brôlera avec elles tous les débris des
majeure partie des femences 3 cela extirpe déjà la
dues fir la terre, Le feu qu'elles ont répandoux & momentané
colonie (1) Le procédé de la
pour nettoyer les terrains combuftion eft adopté dans la
peut étre nuifible pour les
que l'on veut
mais il eft utile pour les terres légères & planter il
d'ailleurs on a foin de ne terres argileufes & Ablonnenfes, :
rafraichic par des pluies, planter que lorfque la compactes terre a été
es fir la terre, Le feu qu'elles ont répandoux & momentané
colonie (1) Le procédé de la
pour nettoyer les terrains combuftion eft adopté dans la
peut étre nuifible pour les
que l'on veut
mais il eft utile pour les terres légères & planter il
d'ailleurs on a foin de ne terres argileufes & Ablonnenfes, :
rafraichic par des pluies, planter que lorfque la compactes terre a été --- Page 65 ---
DU NOPA L.
donneront les légers débris de ces plantes
que
nuire à la furface de la terre végétale 5
ne peut
leurs cendres des fels qui
& ils y laiffent avec
peuvent la bonifier. Le terrain ainfi nettoyé, on
le défoncera avec la bêche ou louchet s'il eft
pofible 3 finon, s'il eft trop pierreux, on aura
foin d'en ôter toutes les pierres un peu groffes, 7
& on le défoncera à un pied de hauteur avec la
houë,
foin de bien ranger les terres à
mefure 2 ayant qu'on les remue en brifant les mottes.
Par le moyen de ce défoncement de terre 2 O11
précipite au fond le refte des femences des plantes
qui étoient à la furface 5 elles y pourriffent, >
lancer leurs
hors de terre.
ou ne peuvent
germes
Les terres étant préparées de la forte, O11
paffera le rateau deffus pour les bien dreffer, enfuite on prendra tout autour de la nopalerie les
allées qui la féparent des clôtures 5 enfin, on la
partagera en deux ou quatre carreaux par une ou
deux alléeaquifecroiféront, 9 faciliteront lepaffage,
le rendront libre, feront naturellement des divifions de travail, & contribueront à la beauté du
coup-d'aeil. Les allées étant dreffées 2 on tirera
dans chaque divifion des ligues du nord au fud pour
mettre les plants. Ces lignes feront un foflé de
demi pied de profondeur, & d'un pied de larOn rejettera toutes les terres du foflé du
geur. côté de l'ef. S'il s'agit d'une pépinière, il faut
le terrain en foit parfaitement nivelé, &
que
lc bord en talus tout
que les terres relevées par
aeil. Les allées étant dreffées 2 on tirera
dans chaque divifion des ligues du nord au fud pour
mettre les plants. Ces lignes feront un foflé de
demi pied de profondeur, & d'un pied de larOn rejettera toutes les terres du foflé du
geur. côté de l'ef. S'il s'agit d'une pépinière, il faut
le terrain en foit parfaitement nivelé, &
que
lc bord en talus tout
que les terres relevées par --- Page 66 ---
TRAITÉ DE LA
autour de la
CULTURE
filtrer
pepinière, obligent les eaux de fe
& découvrir intérieurement, & les empéchent
les racines, dont
deraviner
les terres dans Jeur
eiles emporteroient
cours pour les laiffer
découvertes, & deffécher
enfiite
On plantera alors
par T'ardeur du foleil.
nopals à deux en quarré ou en quinconce les
fir des lignes pieds de difance l'un de l'autre
nière, fi l'on parallèles 5 fi lon plante en
plante à demeure
pépilerie, CIl placera les nopals
pour une nopaconce. 9 à fix pieds de diflance en quarré ou en quinfir des lignes
les uns des autres
foflés comme parallèles : ces lignes feront des
On
on a déjà VuI ci-deffiss.
plante toujours un mois
ron avant le folftice d'été
& demi ou envila raifon en
& d'hiver à Guaxaca:
font alors
paroit bonne ; comme les sèves
citée
épuifees, la plante n'eft
par l'action de la faifon
point follibourgeons 5 elle ne refte
de pouffer fes
elle employe en racines pas oifive pour cela;
point en bourgeons. Ces ce qu'elle ne dépenfe
parent un accroiffement de racines mémes lui préque quand la nature en
forces, de manière
loppe tous les
amour ranime & dévctembre
germes moins vivement en
2 mais plus
Sepnopals font
précifément en Mars, les
explofion, & les
cent de toutes parts
bourgeons s'élann'arriveroit
fi avec impétuofité 3 ce qui
noxes,
pas, O1l plantoit avant les
dans le parce que la plante n'auroit
équi:
repos une fi grande
pas acquis
provifion de sève,
en
forces, de manière
loppe tous les
amour ranime & dévctembre
germes moins vivement en
2 mais plus
Sepnopals font
précifément en Mars, les
explofion, & les
cent de toutes parts
bourgeons s'élann'arriveroit
fi avec impétuofité 3 ce qui
noxes,
pas, O1l plantoit avant les
dans le parce que la plante n'auroit
équi:
repos une fi grande
pas acquis
provifion de sève, --- Page 67 ---
D U NOP A L.
parce qu' elle auroit pouffé moins de racines.
Les nopals que l'on prend pour le plant des
nopaleries à demeure doivent être compofés de
deux articles, l'un au-deffus de l'autre, jamais
de trois : le troifième tomberoit 8 pourriroit
(1). Ces articles font pris depuis le fommet de
la tige jufqu'aux racines. Les plus voifins des
racines font ordinairement les plus puiffans à
pouffer en terre; leurs racines étant plus groffes,
ils donnent des bourgeons plus grands & plus
promptemerit.
caffer, ni arracher
On ne doit pas rompre,
les. articles deflinés au plant; il faut les couper
proprement avec le couteau au point d'interfeétion qui fe trouve à T'articulation entre deux
articles : il en réfulte deux bons effets, le
premier que la plante reftante fur laquelle on a
pris le plant cicatrife mieux & plus promptement fa bleffure, comme cela arrive au piant
lui-même : cela n'a rien de défeétueux ni de
choquant à Pail 5 fecondement on évite les
maladies que le tiraillement des nervures, & la
lacération de la fubitance charnue caufent infailliblement.
conftante que plus les
Il eft d'expérience
ils
articles que l'on plante font grands > plus
(1) Cela n'arrive pas toujours Il eft défavantageux de
planter dans le temps de la Aoraifon 2 parce que les plantes
fourniffent des Aeurs avant de donner des bourgeons, & cela
en retarde le développement.
évite les
maladies que le tiraillement des nervures, & la
lacération de la fubitance charnue caufent infailliblement.
conftante que plus les
Il eft d'expérience
ils
articles que l'on plante font grands > plus
(1) Cela n'arrive pas toujours Il eft défavantageux de
planter dans le temps de la Aoraifon 2 parce que les plantes
fourniffent des Aeurs avant de donner des bourgeons, & cela
en retarde le développement. --- Page 68 ---
TRAITÉ DE LA
donnent de
CULTURE
manière
bourgeons & de beaux
que fi un article étoit
articles, de
parties, dont on mettroit chacune coupé en quatre
articles qui en naîtroient
en terre, les
moitié de la
ne feroient jamais
quarts; il eft vrai grandeur de celui dont ils font les
la sève fivante que les articles qui naiffent de
gros, jufqu'à-ce font toujours de plus en plus
grandeur confiante, qu'ils aient atteint le terme de
cela même eft un alligné à leur efpèce; mais
tiges étant trop inconvénient, car alors les
moindre coup de puiffantes pour le tronc 2 le
les
vent ou une pluie violente
déracinent, & il faut
cela juftifie la précaution replanter de nouveau: :
ne planter que de grands que l'on prefcrit de
certain & prévenu
articles. Un naturalifte
plante eft feule
que chaque gemme de la
croiroit
capable de fournir une bouture,
en en divifant multiplier l'article rapidement un plant de nopal
qu'ily a de gemmes: il en autant de boutons
partie à en obtenir des réufliroit pour la majeure
bourgeons feroient petits, bourgeons ; mais ces
& ordinairement chétifs, cilindriques, 2 (patulés,
que ces cilindres &
jufqu'à la sève fuivante,
des articles d'une forme fpatules donneroient alors
grandeur au-deffous de régulière, mais d'une
droit qu'à la troifième sève Tordinaire; il n'obtienpour la grandeur & la forme des à plants analogues
les auroit tirés; alors le
celui duquel il
le tronc, la plante fe poids des tiges emporte
déracine, & le naturalifte
eit
(patulés,
que ces cilindres &
jufqu'à la sève fuivante,
des articles d'une forme fpatules donneroient alors
grandeur au-deffous de régulière, mais d'une
droit qu'à la troifième sève Tordinaire; il n'obtienpour la grandeur & la forme des à plants analogues
les auroit tirés; alors le
celui duquel il
le tronc, la plante fe poids des tiges emporte
déracine, & le naturalifte
eit --- Page 69 ---
DU NOP A Ls
32t
eft obligé de recommencer la plantation; ; pendant que. le jardinier inftruit par lexpérience 5
s'il a peu de plants de nopals à mettre en pépinière, compofera chacun d'un article entier qu'il
fe gardera bien de divifer 5 fa nopalerie fera
bien moins nombreufe en individus, mais en
revanche chacun donnera deux ou trois articles
femblables à lui dès la première sève; dans la
feconde, les articles qui naiffent des précédens auront acquis la grandeur ordinaire que
leur a fixé la nature; chacun de ces plants aura
un tronc proportionné à fa tige, & le jardinier
laiffera le naturalifte derrière lui occupé à replanter un nombre d'articles toujours inoins gros 5
& fouvent moindre que le fien, quoiqu'ils aient
l'un & l'autre commencé avec la même quantité. Ainfi il eft un terme que l'avidité doit
craindre de franchir, & la nature plus lente dans
fes opérations que les progrès de l'art, eft touf
jours plus fage & affure des ficcès plus certains.
Quand TIndien de Guaxaca plante une nopalerie à deméure, il place ordinairement dans
chaque foffe deux plants & même quelquefois
trois
de deux articles chacun 2 foit
7 compofés
afin que la nopalerie foit garnie plus promptement, foit enfin qu'en cas d'accident les uns
fuppléent aux autres. Sauf à arracher les fuperflus par la fuite; quand le nopal fera aufli multiplié à Saint-Domingue qu'il T'eft à Guaxaca,
on pourra en agir de la forte : d'icià ce temps,
X
dans
chaque foffe deux plants & même quelquefois
trois
de deux articles chacun 2 foit
7 compofés
afin que la nopalerie foit garnie plus promptement, foit enfin qu'en cas d'accident les uns
fuppléent aux autres. Sauf à arracher les fuperflus par la fuite; quand le nopal fera aufli multiplié à Saint-Domingue qu'il T'eft à Guaxaca,
on pourra en agir de la forte : d'icià ce temps,
X --- Page 70 ---
TRAITÉ DE LA
il fuffira de mettre
CULTURE
On place
un plant dans chaque foffe,
folle de manière obliquement ces articles dans la
tout entier fir la que l'un foit toujours à plat
l'autre au moins terre, & que la moitié de
naifon du plant en à forte, de façon que l'incliangie très-aigu, & T'ouef à
forme avec le fol un
on couvre l'article
l'ef uIn angle très-obrus ;
deux pouces de celle couché à plat fir la terre de
y remet les
qui eft tirée du foflé, O2
terres, & on les
peut couvrir la plante de
applanit 2 on ne
précaution : pour peu qu'elle terre avec trop de
de terre elle pourrit
foit trop chargée
il vaut mieux
ou languit long - temps
trop. Ce
pécher par en mettre moins 2
que l'on dit ici des caétes
que
pliquer avec peu
peut s'aptoutes fortes de d'exceptions généralement à
plantes ouI herbes de
Domingue 2 par-tout oi la terre
Saintou compaéte.
eft argileufe
Il paroît indifférent
pofé dans la terre foit aux Indiens gue T'article
can, O11 n'en penfe y
couché de plat ou de
que les plants pofés de pas de méme : on a vérifé
latéraux à droite & à can pouffoient dès pirots
horifonrzlement &
ganche 2 mais toujours
res 9 ce qui n'affiujettit rarement des perpendiculaifituation aflez fixe;
pas le plant dans lne
eft couché de
aul lien que quand Farticle
article en-deffous plat, il fort de la moitié de
u12 puiffant
cet
laire; ce qui joint aux racines Pivot perpendicuhorilontales de
me : on a vérifé
latéraux à droite & à can pouffoient dès pirots
horifonrzlement &
ganche 2 mais toujours
res 9 ce qui n'affiujettit rarement des perpendiculaifituation aflez fixe;
pas le plant dans lne
eft couché de
aul lien que quand Farticle
article en-deffous plat, il fort de la moitié de
u12 puiffant
cet
laire; ce qui joint aux racines Pivot perpendicuhorilontales de --- Page 71 ---
DU NOPAI Lo
Zroite & de gauche , donne une affiette inébranlable au plant, & capable de braver les
vents & les pluies d'avalaffe. C'eft la raifon
laqueile dans les plantations en pépinières
pour ou l'on ne met qu'un article 7 on le pofe à plat
dans un foffé de trois pouces de profondeur 2
une
de terre fur le milieu
& on jette
poignée
de la feuille. On a effayé fi les plants mis en
verticalement réufiroient mieux : ils ne
terre réufliffent pas fi bien 5 on a effayé s'ils réufliroient mieux la face de l'article plantée à angle
obtus au couchant & aigu au levant 7 ils ne
réuffiffent pas f bien; on a effayé fi une pépinière abritéc à "ef,réuffiroit mieux qu'une abritée
a l'ouef, & l'avantage eft demeuré à cette dernière. Enfn l'on a effayé s'il étoit plus avantade l'abriter au fiad que de l'abriter au nord,
geux
été
également: dans le prinle fuccès a
partagé
où le foleil parcourt les fignes feptentrionaux temps, du zodiaque 2 la pépinière abritée au
&
l'automne, oùt
fnd a eu l'avantage,
pendant
la
le foleil parcourt les fignes méridionaux,
pépinièse abritée au nord a repris l'afcendant;
il faut donc conclure que dans les trois dernièabritées 2 T'afpeêt du foleil levant
res pofitions
le plant (1). Les
eft une faveur fingulière pour
(1) Nous croyons que dans la partie du nord de & cette fud
colonie, il conviendroit de former un rideau au nord
couvrir les plantes & les défendre, ainfi que la coche.
nille, pour de la violence des vents de ces parties.
X ij -
a repris l'afcendant;
il faut donc conclure que dans les trois dernièabritées 2 T'afpeêt du foleil levant
res pofitions
le plant (1). Les
eft une faveur fingulière pour
(1) Nous croyons que dans la partie du nord de & cette fud
colonie, il conviendroit de former un rideau au nord
couvrir les plantes & les défendre, ainfi que la coche.
nille, pour de la violence des vents de ces parties.
X ij - --- Page 72 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
articles qui ont porté & nourri
la cochenille ne doivent
récemment de
ils pourriroient : c'eft une point être plantés,
coûter cher, lorfqu'arrivant expérience qui a penfé
mltiplier trop
du Mexique, on voulut
les articles qui avoient impatiemment les nopals : tous
dant le
& nourri la cochenille penvoyage, 2
qui furent imprudemment
piontéspourrirent.
On a depuis répété cette
fité, &
expérience par curiol'événement a été le méme;
ment l'on conçoit ce
voici comde la plante font vuides phénomène. Les utricules
&
On fépare CCs articles
épuifées de sève; fi
les
pour les mettre en
rameaux ne charient plus de sève dans terre,
utricules, qui ne font plus
ces
avant que de nouvelles racines remplies que d'air,
porter de nouveaux fics; l'action puiffent y faire
ils font pleins en
de l'air dont
grène gagne & la corrompt les parois, la gances faits c'eft plante périt; ce qui confirme
que quelques articles
échappé étoient vuides,
qui ont
chenille avoit vécu; a;lécorces précifément oùr une COenfiite delféchée
sly eft d'abord
: une nouvelle écorce pourrie,
trée deflous.
s'eft monSi pour obtenir de beaux nopals dans
nière, on y met des engrais, il faut une pépiu fimier moitié de beuf &
que ce foit
ou de mulet, parfaitement
moitié de cheval
C1l pur terreau : il faut alors confommé, le bien & réduit
ia torre; mais hors ces cas, les
méler avec
Indiens' affurent
chée
sly eft d'abord
: une nouvelle écorce pourrie,
trée deflous.
s'eft monSi pour obtenir de beaux nopals dans
nière, on y met des engrais, il faut une pépiu fimier moitié de beuf &
que ce foit
ou de mulet, parfaitement
moitié de cheval
C1l pur terreau : il faut alors confommé, le bien & réduit
ia torre; mais hors ces cas, les
méler avec
Indiens' affurent --- Page 73 ---
DU NOPAT L.
d'engrais dans les nopaquils ne mettent jamais
le famier y
icries; ; il faut les imiter, parce que les rats, les
attireroit trop d'animaux, tels que
&
les léfards, lcs fcarabées, les fourmis
fouris,
les ravets 2 8c.
comme on l'a prefLes nopals étant plantés
toutes les
crit, il faut avoir foin de farcler après
jufqu'à ce que l'on les sème en cochepluies,
tenir une nopalerie trop pronille; on ne peut
mais la
prement, on en a peu vu de telles,
& la malpropreté du maître ne peuvent
pareffe excufe
les difciples; il ne doit y
être une
pour forte d'infeête dans une nopaavoir qu'une feule
lerie, c'eft la cochenille; tous les autres, quel.
qu'ils foient, y font dès-lors fufpedts,
qu'innocens
T'araignée exceptée; or fi on laiffe empoiforiner
d'herbes étrangères, outre que les'
la nopalerie
les herbes fuffofemences s'y perpétuent, que
& gênent les grands 7
quent les jeunes la plants, retraite & la pâture de mille
ces herbes font
infeêtes pernicieux.
nouvellement
On ne doit farcler une nopalerie
le couteau (1) à la main; 011 coupe
plantéc que
entre deux terrcs,
toutes les herbes étrangères,
laif-
& O1l les jette vite déhors, afin qu'elles nc
arracher les jennes herbes à la main, ou
(1) On pent La houe & la béche font incommodes
employer la gratte. à manier dans une nopaleric, &: on ne pouz.
& dangercufes
à mutiler le plant.
roit le faire qu'en s'expofant
X iij
(1) à la main; 011 coupe
plantéc que
entre deux terrcs,
toutes les herbes étrangères,
laif-
& O1l les jette vite déhors, afin qu'elles nc
arracher les jennes herbes à la main, ou
(1) On pent La houe & la béche font incommodes
employer la gratte. à manier dans une nopaleric, &: on ne pouz.
& dangercufes
à mutiler le plant.
roit le faire qu'en s'expofant
X iij --- Page 74 ---
TRAITÉ DE LA
fent point leurs femences CULTURE
effet, il ne faut jamais
fur place, Pour cet
grandes; on doit bien fe attendre qu'elles foient
béche ou de la houè, garder de fe fervir de la
trop mordans couperoient parce quie ces infrumens
qui s'étendent au loin à les racines des nopals,
profondeur.
un peuce au plus de
Quand les nopals font en état
cochenille, 9 on peut les farcler d'être femés de
petite houé avant la
avec une trèsde manière qu'une femaille, & un mois après;
moins quatre fois nopalerie doit étre farclée au
bien fe garder de farcler pendant T'année, mais il faur
prête d'être récoltée,
lorfque la cochenille eft
vement peut la faire parce que le moindre moude le faire il faut farcler crouler; ou s'il eft néceffaire
il arrive des fécherefles avec le couteau. Quand
jours pendant l'été, de plus de quatre cu
d'arrofer la
on arrofe; il ef très-utile cinq
de T'arrofoir, pépinière de
de nopal avec la pomme
lement de fix à manière huit
à tremper la terre feuqu'en retirent les
lignes. Le principal fruit
medées &
plants, c'ef par fes tiges hugeons fortir, rafraichies: : on voit alors les
plus
ceux qui font fortis
bourvite; à plus forte raifon, croifent encore
utilemen: pendant les
pent-on T'arrofer
ver, une fois chaque huit longues féchercfles de Phigues fechereffes, qui durent jours. Pendant les lonles articles
fix mois à
fupérieurs de nopal font Guaxaca,
Sétris, & ceux qui nourriffent
queiquefois
les cochenilles
ons fortir, rafraichies: : on voit alors les
plus
ceux qui font fortis
bourvite; à plus forte raifon, croifent encore
utilemen: pendant les
pent-on T'arrofer
ver, une fois chaque huit longues féchercfles de Phigues fechereffes, qui durent jours. Pendant les lonles articles
fix mois à
fupérieurs de nopal font Guaxaca,
Sétris, & ceux qui nourriffent
queiquefois
les cochenilles --- Page 75 ---
DU No P A L.
(1). Il femble qu'il feroit utile
ridés & épuifés
l'eau dans une nopalerie
alors de pouvoir mettre
deux ou trois
fur les racines des plants, pendant
feulement, & l'en retirer fur le champ,
minutes
d'une nopalerie nivelée : 011
tel feroit Tavantage
ficcès, l'on peut abfoVa effayé en petit avec Mais fi cela eft utile à la
lument s'en difpenfer.
le lui refuplante fans nuire à l'infege, pourquoi
les
fer? Or cela lui eft utile, car il n'y a que lui
fupéricures qui tombent fur elle qui
pluies
font tort.
8 entretenue comme
La nopalerie étant plantée
il vient d'être prefcrit, les plants croiffent promp- de
tement 3 on les laiffe parvenir à la grandeur
à cinq pieds & demi, fix pieds au plus 7
quatre arrivent à cette taille en deux ans de temps: 5
ils
ont été plantés,
inais dix-huit mois après qu'ils
8c
ils font déjà en état de recevoir la cochenille
on les sème. à les femer pendant fix ans :
On continue
rendre ferc'eft le temps qu'une nopalerie peut arrache tous
vice. Au bout de fix ans, oll en
les nopals & on les recèpe de leurs branches,
les
à un picd & demi de terre.
ou on
recèpe qui eft toujours le plus expéCe dernier procédé
qu'une nopaditif paroit le moins utile, parce mauvaife grâce, &
lerie de cette forte a toujours
les vicilles
cft plus mal propre. Secondement
() Nous avons vérifié ces obfervations. X iv --- Page 76 ---
TRAITÉ DE LA
fouches & les troncs de
CULTURE
coupd'infeÉtes
cesp plantes récèlent beauil eft confant nuifibles : en troifième licu, comme
tant plus qu'eile qu'une eft plante fe perfectionne d'audans le genre des caétes, plantée fouvent 2 fiurtout
ler des nombreufes
qu'on n'a pu dépouilrations répétées à T'infini, épines (1) que par ces opéce manège, laj plante s'abrutit il paroit que faute de.
fi on l'abandonne
& redevient agrefte,
caraétère (2). trop long-temps à fon propre
CHAPITRE IX
Des maladiur, des
ennemis, G des autres atcidens
du nopal,
L n'eft aucune de
des ennemis & des toutes les maladies, ancuns
fent ruiner
accidens du
une nopalerie bien nopal qui puif
plants ou même quelques établie. Quelques
fouffrir & périr; mais cela eft articles peuvent en
rare, le dommage
obfervations, () Cette affertian mérite d'étre vérifiée
(2) On
par de nouvelles
fucrerie, en peut faifant difpofer des une nopalerie en pièces comme
on s'affirera un revenu plantations fitccellives &
une
qu'il feroit
perpétuel & conitant. Nous annuelles :
de Novembre, avantageux dans la de planter une nopaleric au croyons
pouvoir la femer en Mai, partie du nord de cette isle, Mois
des piuies.
qui eft lc temps de la ceflation pour
vérifiée
(2) On
par de nouvelles
fucrerie, en peut faifant difpofer des une nopalerie en pièces comme
on s'affirera un revenu plantations fitccellives &
une
qu'il feroit
perpétuel & conitant. Nous annuelles :
de Novembre, avantageux dans la de planter une nopaleric au croyons
pouvoir la femer en Mai, partie du nord de cette isle, Mois
des piuies.
qui eft lc temps de la ceflation pour --- Page 77 ---
DU N OP A L.
complet comme dans les cottonnen'eft jamais
les chenilles dévorent
ries & les indigotteries, que
en une nuit ou deux. fortes de maladies auxOn a découvert trois
aucunes ne font conquelles le nopal eft fujet;
de nopal à
tagieufes, ou ne paffent d'un plant
2°. la
l'autre 5 1°, la pourriture ou gangrène 5
diffolution 5 3°. la gomme : toutes ces maladies
les parties qui
font locales, , & en retranchant
fauve le
fouffert
du vif, Ol1
ont
jufq'au-delà
refte de la plante 7 & on peut en profiter. du foir
La pourriture ou gangrène fe manifefte
une tache noire & fphacéleufe
au lendemain par
ou moins
ronde, à la furface des articles 2 plus enlève
Si l'on
grande, plus ou moins profonde. intéricure pourrit
cette tache noire, la fubftance s'étend & corrompt
quelquefois & la pourriture
aufli il s'y forme
le refte de l'article : quelquefois
tombe
efcarre
& la pourriture
un
naturellement, faut
attendre l'évéd'elle-même : mais il ne
pas
malade
il-vaut mieux fcarifier la partie
nement 5
du vif
tout de fuite, en enlevant jufqu'au-delà l'article
tout ce qui eft corrompu 2 dût-on percer
de part en part, 2 ou en couper la plus furtout grande trèspartie; le vrai nopal du Mexique eft
fujet à cette maladie.
fubite de
La diffolution eft une décompofition
foit
fubftance intérieure de la plante,
toute la
dès long-temps, 7 ou qu'elle
qu'elle foit préparéc
infinifoit l'effet fubit d'une caufe momentanée,
qui eft corrompu 2 dût-on percer
de part en part, 2 ou en couper la plus furtout grande trèspartie; le vrai nopal du Mexique eft
fujet à cette maladie.
fubite de
La diffolution eft une décompofition
foit
fubftance intérieure de la plante,
toute la
dès long-temps, 7 ou qu'elle
qu'elle foit préparéc
infinifoit l'effet fubit d'une caufe momentanée, --- Page 78 ---
TRAITÉ DE LA
ment adtive. Un article
CULTURE
quelquefois le tronc feul ou de une branche entière 7
de fanté apparent oà il
la plante, d'un état
de temps à la
étoit, pafe en une heure
tant d'auparavant putréfaétion. la
Vous aviez vu l'inf
fante , vous la
plante bien verdoyante & luifordide
voyez un infiant
2 l'éclat de l'écorce
après d'un jaune
avec une épingle, l'eau a difparu 5 fondez-la
tranchez-la avec un
en coule en abondance;
parenchyme pourri; couteau, il n'eft vous voyez toutle
que la fearification
pas d'autre remède
chez
jufqu'at-delà du vif; tranfont impitoyablement, fi le tronc & les racines
& afieaes, enlevez le tout, 2 changez la
de remplacez ce plant par un autre.
terre
Campêche eft
L'opuntia
maladie. La gomme particulitrement eft
firjet à cette
des nopals; elle fe manifefte une troifième maladie
ou fe fait
ainfi; la partie par
fans que la T'écoulement fe tumélie, fe gonfle
rées 5 il fe fubfance forme ou la couleur foient alté- 2
grandeur
une crevaffe d'un
fe
plus ou moins, une
pouce de
fige en larmes comme
liqueur en découle,
opaque, jaune dans les une gomme farincufe, 2
nopal de Caftille, Ceux-ci nopals, 2 blanche dans le
maladie 2 peut-étre
font très-fajets à cette
gourmandes de cette parce que les racines trep
reufe prennent
plante extrémement
n'en
plus de fubftance
vigoupeuvent dépenfer
que les articles
dans les utricules de la cette sève s'accumulant
ea fortir par des voies plante fait effort pour
extraordinaires. On a. re-
2
nopal de Caftille, Ceux-ci nopals, 2 blanche dans le
maladie 2 peut-étre
font très-fajets à cette
gourmandes de cette parce que les racines trep
reufe prennent
plante extrémement
n'en
plus de fubftance
vigoupeuvent dépenfer
que les articles
dans les utricules de la cette sève s'accumulant
ea fortir par des voies plante fait effort pour
extraordinaires. On a. re- --- Page 79 ---
D U N o P A L.
fuivant les canaux danslefquels elle eft
marqué, en
sève eft blanchâtre comme du
amaffée, que cette fluide
la sève, qui eft
lait, épaiffe & moins
que
Ef-ce cette
ordinairement limpide & coulante.
ou font-ce des fucs mal digérés?
sève corrompue? fubftancé différente de la sève,
ER-ce enfin une
la
excès
de la plante, ou corrupun
d'embonpoint fes fluides ? Le remède eft encore la
tion de
du vif, c'eft-à-dire des
fcarification jufqu'au-delà
ou l'on diftingue cette liqueur en fibf
canaux
&
des canaux.
tance laiteufe , épaiffe jailliffante
C'eft furtout aux pépinières d'un commençant
ces maladies font funeftes 2 elles retardent
que
Heureufement qu'elles font
toujours fes progrès.
& dans les nopaleries elles ne portent
rares,
atteinte fenfible 5 On n'en parle que
jamais une
contre les allarmes
pour prévenir le cultivateur
pourroit concevoir en voyant fa pépinière
qu'il
attaquée.
font les maladies du nopal conVoilà quelles
on voit que l'on en parle
nues jufqu'à préfent;
enfeimoins pour en craindre les fuites que pour
à ne pas les craindre, en un mot 7 pour
gner dire tout ce que l'on doit & ce que l'on peut dire
des nopals ; car quelles que foient ces maladies 3
n'en eft attaqué dans toutes fes
jamais un plant
article ou deux tout au plus
parties à la fois 5 un
font affeétés. Si c'eft au fommet de la tige on
la jette bas 2 & le refte fe portera bien & continuera de remplir fa deftination 5 fi c'eft au
craindre, en un mot 7 pour
gner dire tout ce que l'on doit & ce que l'on peut dire
des nopals ; car quelles que foient ces maladies 3
n'en eft attaqué dans toutes fes
jamais un plant
article ou deux tout au plus
parties à la fois 5 un
font affeétés. Si c'eft au fommet de la tige on
la jette bas 2 & le refte fe portera bien & continuera de remplir fa deftination 5 fi c'eft au --- Page 80 ---
TRAITÉ DE LA
milieu d'une branche
CULTURE
porte de part & d'autre ou d'un tronc, on les emfipérieures font
jufu'au vif: les
ce qui refte au bas faines, on peut les
parties
fi c'eft
repouffe des
replanter 5
le
entre les racines & le bourgeons. Enfin,
tronc, on arrache les
tronc 2 011 coupe
on a lieu de
racines, & comme alors
on la
fifpeéler la qualité de la
change en la
terre
en
jetant & mettant
place; on y
de l'autre
du nopal, c'eft le replante les tiges
cas le plus
fapérieures
suilfible, & c'eft
cxrene, le plus
le plus rarement. heureufement celui qui arrive
Les ennemis du
tables. Les torts nopal ne font pas plus redouuniverfels. Le qu'ils lui font ne font
ronger les
premier eft le
jamais
nopals
rat, On l'a VIl
trémité de la difette, jeunes ou vieux pendant l'exThiver, & cela n'eft cefhd-dire, au cceur de
encore c'eft dans
arrivé que deux
ferré une caiffe de une chambre où on fois, avoit
& ce rat avoit fa nopal pour des
chambre : on n'a portée dans un expériences, nid de
pas Vu ce
cette
champ ou en plein
dommage en plein
détruire cet ennemi air; les méthodes
nombreufes
font trop
pour
on en laiffe le pour que perfonne communes, les
trop
s'en
choix à qui croira ignore, &
plaindre ou de les
avoir lieu de
Le fecond
redouter.
nopal font ennemi dont les délits
mieux
plus nombreux, plus
contre le
conftatés que ceux du
fréquens &
rat, c'eft le bletia
cette
champ ou en plein
dommage en plein
détruire cet ennemi air; les méthodes
nombreufes
font trop
pour
on en laiffe le pour que perfonne communes, les
trop
s'en
choix à qui croira ignore, &
plaindre ou de les
avoir lieu de
Le fecond
redouter.
nopal font ennemi dont les délits
mieux
plus nombreux, plus
contre le
conftatés que ceux du
fréquens &
rat, c'eft le bletia --- Page 81 ---
DU NOPA A L.
tucifuga de Linnéus , nommé le ravet dans les
il fe trouve dans les nopals 2
colonies : quand
il
les maice qui arrive rarement 2 car préfère
fons, les ruines, les débris des corps végétaux,
& fur-tout des animaux, les vieilles haies ou
mazures, oùt il y a toujours à paitre pour cet
infeéte défolateur, qui s'accommode de tout ;
il ronge les jeunes bourgeons des articles 8
laiffeles adultes: fil'on n'avoit pas dans l'araignée
chaffereffe furnommée venatoria par Linneus 2 un
ennemi adtif, vigilant de nuit & de jour, & furtout avide à lui oppofer avec fuccès (elle failit
ravet & le dévore);fi encore lc
le plus gros
dommage étoit fréquent & même confidérable,
de mettre des jattes d'un orifice
on confeilleroit demi
de fyrop de fucre non
étroit, à
remplies
aigri fous quelques nopals 5 le ravet préféreroit
le fyrop, & y en eut-il mille fur un plant, tous
courroient & s'y noyeroient (1)- Le troifième
y eft plus nuifible que les deux précédens, c'eft
la larve d'une phalène que lonn'a pas encore vu;
c'eft une petite chenille jaune, tranfparente &
fans poil, de la groffeur d'une plume de perdrix;
elle fe place toujours environ au milieu du bourde l'article naiffant, à couvert d'une galerie
geon de toile qu'elle file à mefure qu'elle pait la furface tendre du bourgeon 2 quand le bourgeon eft
(1) On emploie ce moyen dans les colombiers, dans les
poulailliers, & il réulit fortbien.
n'a pas encore vu;
c'eft une petite chenille jaune, tranfparente &
fans poil, de la groffeur d'une plume de perdrix;
elle fe place toujours environ au milieu du bourde l'article naiffant, à couvert d'une galerie
geon de toile qu'elle file à mefure qu'elle pait la furface tendre du bourgeon 2 quand le bourgeon eft
(1) On emploie ce moyen dans les colombiers, dans les
poulailliers, & il réulit fortbien. --- Page 82 ---
TRAITÉ DE LA CULTURB
développé en articles. La larve creufe
travers l'écorce & pénètre dans la un trou à
charnuc, qu'elle
fubftance
dévore, en confervant
comme les parois de fon
l'écorce
truit la moitié d'un
logement; une feule dérecevoir tout fon article, avant qu'il ait pu
à la toile qu'elle file accroiffements on la reconnoit
dans
toujours avant de
l'article, à la tranfparence de
pénétrer
el'enebleffe pas l'épiderme;
l'article, dont
a ouillie jaune
cnfin, les excrémens
répandus fur
3 3 il ne faut
l'article la décèioir &
pas négliger de la chercher
matin, & de l'écrafer en la
fon repaire; dans une
tirant de
elle fe
Pépinière qui eft en
trouve très - communément far
sève,
opuntia & les nopals
tous les
comme les
(1); ce dernier ennemi eft
précédens, moins dangereux
nopalerie, que pour une pépinière,
pour une
plus à celle-ci
mais il nuit
eft fait mention qu'à aucune des autres dont il
ici.
Enfin, le quatrième ennemi du nopal eft
coccus; ce n'eft pas celui que Linnaus
Un
coccus hefperidum, parce qu'il eft infiniment appelle
grand que celui dont on parle, ni celui plus
fiurnomme coccus avenidum, a
qu'il
plus grand, parce que fon mâle parce qu'il eft encore
parce que Ia larve dont fe
n'a point d'aîles;
couleur de
couvre la femelle eft
plus petit pourpre, les
celui que l'on a en vue eft
que
deux
fon
cies ailes, fa larve eft jaune. précédeus,
mâle a
(t)Aeuslavons vue fur le pérefchia ou patte de tortue,
fiurnomme coccus avenidum, a
qu'il
plus grand, parce que fon mâle parce qu'il eft encore
parce que Ia larve dont fe
n'a point d'aîles;
couleur de
couvre la femelle eft
plus petit pourpre, les
celui que l'on a en vue eft
que
deux
fon
cies ailes, fa larve eft jaune. précédeus,
mâle a
(t)Aeuslavons vue fur le pérefchia ou patte de tortue, --- Page 83 ---
DU NOPAL
On l'appellera donc coccus de l'opuntia, tant
le diftinguer des deux autres, que parce
pour ne l'a vu habiter nulle part que fur l'opunqu'on
décrira ni la femelle ni le mâle par
tia. On ne
car le mâle eft pref
des caraétères fpécifiques; ;
mais feulequr'imperceptible à la vue fimple 2
faire
ment par des traits qui font fenfibles pour
c'eft un infeéte & non une malaremarquer l'écorce que de la plante, comme on pourroit
die de
le croire au premier coup-d'ail.
Les articles du nopal font donc quelquefois
couverts de petits points jaunes, ces points s'augmentent en un mois de temps en forme orbicudont le centre eft élevé en pointe noire
léc,
anciens boucliers ronds des
comme les targes ou
troupes légères 5 cette targe s'accroit jufqu'au doudiamètre d'un quart de ligne, & s'élève d'un
deffous une petite maffe
zième; vous appercevez
informe de matière verte, il faut une bonne loupe
voir que c'eft une femelle de coccus (1).
pour Parmi le nombre infini de ces targes, vous appercevez de petits cilindres jaunes 2 longs d'une
douzième de ligne, d'un diamètre proportionné:
obfervez-les pendant un mois environ depuis leur
naiffance, tous les matins au foleil levant; au
bout de ce temps vous verrez avec une bonne
(1) Il paroit gue la maladie dont M. Thiery parle ici
eft une gallinfedte. M. le Fevre des Hayes notre affocié en de
a chfervé dans certaines faifons fur plufieurs efpèces
raquettes,
unes 2 longs d'une
douzième de ligne, d'un diamètre proportionné:
obfervez-les pendant un mois environ depuis leur
naiffance, tous les matins au foleil levant; au
bout de ce temps vous verrez avec une bonne
(1) Il paroit gue la maladie dont M. Thiery parle ici
eft une gallinfedte. M. le Fevre des Hayes notre affocié en de
a chfervé dans certaines faifons fur plufieurs efpèces
raquettes, --- Page 84 ---
TRAITÉ DE LA
loupe fortir de ce fourreau CULTURE
petit infeéte couvert de deux cilindrique u trésvées; on n'apperçoit rien de aîles jaunâtres élecope : le cuitivateur n'a
plus fans microf
davamage. Le nombre pas befoin d'en favoir
furface d'une demi
de ces infeétes fir une
on en a compté huit ligne étonne Timagination :
femelles a l'air d'être cent; un article couvert de
groflière, jaunâtre; velouté comme une pomme
nombre de ces infeétes l'écorce difparoit fous le
méconnoitre,
: on ne pourra jamais les
lerie: ; fitôt quand O11 lcs verra dans une
qu'on les appercevra dans la nopaquantité, on prendra une
moindre
en frottera les articles éponge & de l'eau, on
& faire tomber les
fortement, pour écrafer
qui eft dedans & targes & les cilindres, & CC
afec une autre deffous; on lave enfuite la plante
l'on a dans une éponge, baie
& de l'autre cau que
nière, les progrèsne fontj diférente 5 de cette mapargne béaucoup d'ouvrage, jamais grands & O1l s'énégligeoit
immanquable
pendant un mois cctte
fil'on
nopal qui eft attaqué de cet
opération. Le
deux mois de temps couvert infecte, s'en trouve en
qu'aux extrémités des
depuis les racines juf
ment que l'écorce, d'un tiges; il en fouffre tellepâle. Le fecond inconvénient verdvif palfe à un jaune
qu'il fe répand tellement
de cet infeéte c'eft
que les cochenilles
firrlécorce de la
n'y peuvent
plante,
pour y inférer leur
trouver place
fixées, clles
trompe, s'il y en a déja de
lenguiffent & périllent;
enfin, fans
avoir
uf
ment que l'écorce, d'un tiges; il en fouffre tellepâle. Le fecond inconvénient verdvif palfe à un jaune
qu'il fe répand tellement
de cet infeéte c'eft
que les cochenilles
firrlécorce de la
n'y peuvent
plante,
pour y inférer leur
trouver place
fixées, clles
trompe, s'il y en a déja de
lenguiffent & périllent;
enfin, fans
avoir --- Page 85 ---
D U N OFA Le
atteint leur grandeur 5 cet infeéte n'attaavoir
nopals; mais n'y eut-il
que jamais que. quelques fur mille qui en fullent attaqués,
que dix nopals laiffer que de les en purger radion ne doit pas
l'on y perd la femaille, &
calement, parce que
sèche & fix
livres de cochenille
au moins quatre outre les nopals que la nourrimois de récolte, incommodes & innombrables
ture de ces hôtes de temps., au point de les
épuife en deux mois
la pourriture & la
faire périr entièrement par les uns après les autres.
chûte de tous les articles, ennemi n'épouvante pas
Que la crainte de cet
nouvelle furcharge
le cultivateur par T'afpect d'une fafle attention 2 cet
d'ouvrage. Pour peu qu'il y d'une matinée de
infecte ne lui caufera pas il plus doit favoir que toutes
travail par mois, mais
font fujets à
les efpèces de nopals & d'opuntia
cette incommodité.
font leur renverfement
Les accidens des nopals arrive par les vents ou par
ou déracinement qui
a été planté d'un
les pluies. Quand un nopal
les
petit ou trop foible 2
premiers
article trop
font tous cylindriques : les
articles qu'il pouffe beaux font fpatulés. Sur
meilleurs ou les plus d'autres articles qui réprens'élèvent
ces cylindres forme de leur efpèce : mais croiffant
nent la
les uns fur les autres 2 juftoujours de grandeur
celle qui leur eft affec.
qu'à cc qu'ils aient acquis foible. S'il furvient un grand
tée, le tronc refte
yent, ils font déracinés.
Y
font tous cylindriques : les
articles qu'il pouffe beaux font fpatulés. Sur
meilleurs ou les plus d'autres articles qui réprens'élèvent
ces cylindres forme de leur efpèce : mais croiffant
nent la
les uns fur les autres 2 juftoujours de grandeur
celle qui leur eft affec.
qu'à cc qu'ils aient acquis foible. S'il furvient un grand
tée, le tronc refte
yent, ils font déracinés.
Y --- Page 86 ---
S38
TRAITÉ DE LA CULTURE
On remédie à ce malheur en replantant les
grands articles da nopal renverfé, Pour l'éviter plus i
faut s'aftreindre
il a été prefcrit, ferupuleufement à planter comme
Quoiqu'un nopal ait été planté dans toutes les
règles, s'il fitrvient une pluie d'avalaffe telles
celles fi fréquentes en Amérique
que
la terre eft bientôt
pendant l'été 7
pied, de
détrempée en bouillie à ul1
profondeur 5 alors fi ces nopals n'ont
pas encore pouffé un puiffant pivot & des
nes horifontales qui les attachent
racide cables, fi leurs tiges font
comme autant
vents furieux qui
trop difinfes, 2 les
renverfent
accompagnent ces pluies les
promptement ; cela arrive plus fréquemment fiur les revers des côteaux que fur les
fiurfaces plattes. Ce malheur eft
remède eft fimple,
très-rare : le
mais à l'inftant
gardez-vous de le replanter 2
pieux dépouillés de que l'orage ceffe 2 prenez deux
plus grands
les leur écorce, d'un pied & demi
qu'un nègre foutiendra que
nopals renverfés : pendant
dans fes
le nopal redreffé, engagez
branches la tête d'un des
fa pointe des racines, & enfoncez-le pieux 7 écartez
& demi en terre : faites-en de même d'un pied
côté de la plante. Au bout de fix
de l'autre
eft plus folidement enraciné
mois ce nopal
on peut lui ôter ces tuteurs. qu'aucun autre, &c
La gréle eft rare en Amérique.
on n'en a vu tomber dans la
Depuis cing ans
plaine qu'une feule --- Page 87 ---
D U NOP A E.
fois, le IS mai 1778; (1) elle étoit de la groffeur
d'une piaftre. Cela nuit fans contredit aux jeunes
articles, mais iln'ya rienày y faire que de jeter bas
les jeunes articles qui auront été bleffés : le dommage que cela peut caufer eft de retarder quelquefois les progrès de la plante de moitié du produit d'une demi sève.
(r) Nous avons eu dans le même temps au cap un femblable
phénoméne.
X 2 --- Page 88 ---
T RAIT E
De la culture du Nopal & de léducation
de la Cochenille.
SECONDE PARTIE.
LIVRE SECON D.
D E L'ÉDUCATION
De la Cochenille,
PR E M I È R E SECTIO N.
CHAPITRE Ier,
Des coccus.
SUIvANT
Lampride 2 Martial & Pline
le mot coccus fignifioit la couleur T'ancien,
nous appelons écarlatte, & la graine rouge fclon que
dont O1l tiroit cette couleur. Il paroît démontré eux
lifte par plufieurs paffages de Pline 2 que ce naturacroyoit avec le vulgaire 2 que le coccus
l'on tiroit de la Galatie & des
que
précieux de tous,
Gaules, le plus
de Gnide & enfin 2 celui celui de d'Efpagne, 2 d'Afrique 2
Sardaigne, le moins
appelons écarlatte, & la graine rouge fclon que
dont O1l tiroit cette couleur. Il paroît démontré eux
lifte par plufieurs paffages de Pline 2 que ce naturacroyoit avec le vulgaire 2 que le coccus
l'on tiroit de la Galatie & des
que
précieux de tous,
Gaules, le plus
de Gnide & enfin 2 celui celui de d'Efpagne, 2 d'Afrique 2
Sardaigne, le moins --- Page 89 ---
DU NOPA L.
fruit d'un arbre :
eftimé entr'eux étoit un grain,
mt dicadit-il, Galatia rubrum granum 7
coccum,
Ec. chap. XLI. de tingendis
mus in terrefribus 7
has ejus dotes iler
ametheis', lib. 9- omnes tamen Hoc primoque ceu
folo provocat cocco granum. ilicis chap. VIII.
feapus fruticis parve aguifolia ailleurs, 7
il prefde cachrye & COCCO grano, lib. 16 ; la même couleur
crit le coccus de Gnide, qui a
brilant
le coccus ordinaire 2 & a un goût
&
que
contre le cours de ventre
comme le poivre 2
dans le
le poifou de la cigué. On l'adminiftroit bouche en le
pain afin qu'il ne brôlât point la qu'il ait parlé
mangeant. On n'a vu nulle part animale (1);
du coccus comme d'une fubftance & mieux vu, Linle Pline fuédois qui a plus vu
s'élève jufdans fon fyftême de la nature,
naeus,
jette de-là le coupqu'au plus haut des cieux 2
fur les trois
d'ceil perçant 8 rapide de l'aigle des êtres connus
règnes, , embraffe T'univerfalité
les révèle
préfent, en pénètre les miftères,
jufqu'à
& trace avec un burin également.
à Tunivers 2
le caraétère propre
concis & inéfaçable
grave 2
dans les vraies limites que le
de chaque genre
dans le chapitre IV du livre 24 de Thiftoire
(1) Voyez de Pline : il dit en parlant du coccus du celerrime chéne,
naturelle
89 Afia naftens
ef anitens gentts ex Eo in Atticufere ideo fcolecion vocant. On voit
dn vermiculum Je mutans quod éloigné de la vérité; mais lesplus
que Pline n'étoit pas fort le chemin de l'obfervation font fotpetites diftances dans
vent difficiles à franchir,
Y iij
24 de Thiftoire
(1) Voyez de Pline : il dit en parlant du coccus du celerrime chéne,
naturelle
89 Afia naftens
ef anitens gentts ex Eo in Atticufere ideo fcolecion vocant. On voit
dn vermiculum Je mutans quod éloigné de la vérité; mais lesplus
que Pline n'étoit pas fort le chemin de l'obfervation font fotpetites diftances dans
vent difficiles à franchir,
Y iij --- Page 90 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
Créateur leur a aflignées (I), Linnacus, auffi incapable que fon fiècle d'une erreur
retenu le nom de coccus, & s'eft fervi femblable, du même a
terme pour défigner cette famille d'infeêtes hé
miptères, dont la tête n'eft qu'un point à la fir
facc de la poitrinc, dont l'abdomen eft terminé
de petites foies, & dont la femelle eft deftituée par
d'ailes, tandis que le mâle n'en a que deux élevées;
fiite vingt-deux efpèces d'infeêtes fe font vues tout de
rangées dans leur ordre par la définition géné
rique qu'il en a donnée, & par un bonheur affez
fingulier : dans leur nombre. 2 fe trouve
ce coccus pris par les anciens &
d'abord
même
par Pline luipour une graine 7 une produétion végétale
nommée après lui par le peuple kermès,
d'écarlatte : c'eft le coccus
2 graine
coccus
ilicis, c'eft-à-dire le
delyenfe ou du chêne vert enfuite
coccus de Pologne
le
les racines du
2 autre infedte qui habite fur
une couleur feeleranthus (2) vivace, 2 & donne
pourpre 5 enfin le coccus du caéte
coccinellifère qui eft la cochenille. Trois
d'infeêtes du même
efpèces
fuperbes
genre, qui donnent les plus
couleurs depuis le cramoifi jufqu'à
couleur du feu, & que l'auteur des chofes
la
avoir voulu relever aux yeux des
femble
ees qualités précieufes autant qu'il hommes par
paroit les avoir
(r) Voyez l'éloge de M. Linneus, dans
la fociété royale de médecine.
les mémoires do
(2) Poligonam, Polonicum, Cocciferup,
pèces
fuperbes
genre, qui donnent les plus
couleurs depuis le cramoifi jufqu'à
couleur du feu, & que l'auteur des chofes
la
avoir voulu relever aux yeux des
femble
ees qualités précieufes autant qu'il hommes par
paroit les avoir
(r) Voyez l'éloge de M. Linneus, dans
la fociété royale de médecine.
les mémoires do
(2) Poligonam, Polonicum, Cocciferup, --- Page 91 ---
D U NOPAL.
T'extérieur fale, abjeét, informe &
ravalées. par
imperceptible qu'il leur a donné.
Outre les vingt-deux efpèces dont on parle 7
comme on le dit dans le premicr
on en a trouvé,
aux caêtes comlivre 2 une efpèce particulière il en eft d'autres
primés, furnommés opuntia 5
fur le miefpèces fur le theobroma (1) guaquma, 8 divers autres
mofa, les calfia ,Fpula alezandrina
Les
arbres de T'Amérique inconnus en Europe. le
croiroient d'après
colons de Saint-Domingue
Nicolfor & d'autres qu'ils
père Labat 2 Plumier,
mais cette opiavoient la cochenille du Mexique ; fondée fur des
nion n'étoit qu'une préfomption auteurs n'ont point
fauffes obfervations 2 car ces n'avoient pas vue ?
parlé de la cochenille, qu'ils
fur
mais du coccus aptère qui fe trouve
plufieurs
efpèces d'arbres.
& T'indiférence du
Comment juftifier la pareffe
colon de Saint-Domingue ? Il étoit fortement peravoit de la cochenille dans la COfuadé qu'il y
confidérable de cette
lonie 2 il favoit le prix
de fe F'approprier
denrée, & il ne fe foucioit pas
de la cochela culture ; il favoit qu'ily avoit
par
pas fi c'étoit de la
nille, & il ne s'inquiétoit
filveftre : s'il
cochenille fine ou de la cochenille
de fe procurer la première en attenétoit poffible
Enfin il croyoit voir
dant de récolter la feconde.
inutile de
& montroit avec confiance le coccus
(1) Orme de St. Domingue.
Y iv
il ne fe foucioit pas
de la cochela culture ; il favoit qu'ily avoit
par
pas fi c'étoit de la
nille, & il ne s'inquiétoit
filveftre : s'il
cochenille fine ou de la cochenille
de fe procurer la première en attenétoit poffible
Enfin il croyoit voir
dant de récolter la feconde.
inutile de
& montroit avec confiance le coccus
(1) Orme de St. Domingue.
Y iv --- Page 92 ---
TRAITÉ DE LA
fes arbres (1),
CULTURE
& il ne favoit comme la cochenille
même habiter pas que celle-ci ne vériable;
fir le
ces arbres, & qu'au lieu pouvoit de pas
les opuntia guazuma, elle ne pouvoit vivre vivre
; enfin, il favoit
que fur
cochenille, mais il ne favoit qu'il avoit de la
en parloit comme s'il l'eut où elle étoit, & il
fi.
CHAPITRE II
D: la cochenille
LA
en général.
cochenille eft-elle ainfi
blance avec la coccinelle, nommée de fa reffemdifférent des
infeéte coléoptère bien
z-elle
coccus, ou bien la coccinelle
nutif elle-méme été nommée ainfi
n'ales trés-apparent du mot
par un dimicontours de fa forme coccuss que parce que
reffembler, quoique très hémifphérique la font
femelle du
imparfittement, avec
n'a-t-il été coccus; ou enfin le nom de
la
fères
donné au coccus des caétes cochenille
qu'à caufe d'une
coccinell
qui habite fir le même efpèce de coccinelle noire
caéte ? Cela eft affez
() Il eft rare que l'on
un paysoi les terres font dans tente des cultures
donc pas étonnant
la plus grande nouvelles dans
habitations, n'ait que le colon, 1 riche par le valenr:il n'eft
avoit défigné regardé jufgu'a préfent l'infede produit de fes
objet de curiofité. pour étre de la cochenille,
qu'on Iui
que comme ia
ce de coccinelle noire
caéte ? Cela eft affez
() Il eft rare que l'on
un paysoi les terres font dans tente des cultures
donc pas étonnant
la plus grande nouvelles dans
habitations, n'ait que le colon, 1 riche par le valenr:il n'eft
avoit défigné regardé jufgu'a préfent l'infede produit de fes
objet de curiofité. pour étre de la cochenille,
qu'on Iui
que comme ia --- Page 93 ---
DU NOPA L.
vraifemblable, & en ce cas, cochenille équivaut
à coccus du caôte qui porte la coccinelle. Ces
étimologies paroiffent vaines ; mais comme dans
l'ordre des connoiffances humaines, les idées font
attachées aux mots, & qu'il cft bien moins de
d'idées de chofes, dans la langue d'un
mots que inftruit, il eft bon de connoître les radipeuple
idée étant liée à une autre 9
caux, 2 parce qu'une
même fait naître une
fert de fignal, en réveille ou
troifième.
Il paroît que les naturaliftes n'ont connu juf
qu'à préfent que la cochenille filveftre, puifqu'ils
n'ont décrit que celle-là, tandis que les cultivateurs, les négocians, les teinturiers en connoiffent différentes fortes, & principalement la
cochenille finc.
Les naturaliftes qui ont parlé de cet infeête
auroient-ils regardé la cochenille fine comme
variété de la filveftre? Mais cette
une fimple différences fi nombreufes, fi intévariété a des
exact
rcffantes, qu'on pouvoit en tenir un compte
& la rapporter comme variété 5 c'eft ce dont
on fera convaincu.
N'y auroit-il que la cochenille filveftre qui
leur feroit parvenue vive en état d'être décrite?
vraifemblable : mais en la
C'eft cC qui paroit
fine
voyant & la comparant avec la cochenille
l'on vend chez les droguiftes 2 comment
que ont-ils
être contens de leur travail, ces deux
pu
denrées paroiffant G différentes?
& la rapporter comme variété 5 c'eft ce dont
on fera convaincu.
N'y auroit-il que la cochenille filveftre qui
leur feroit parvenue vive en état d'être décrite?
vraifemblable : mais en la
C'eft cC qui paroit
fine
voyant & la comparant avec la cochenille
l'on vend chez les droguiftes 2 comment
que ont-ils
être contens de leur travail, ces deux
pu
denrées paroiffant G différentes? --- Page 94 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
De quelque manière
d'abord
qu'il en foit, il faut voir
ce que c'eft que la cochenille en
ral. C'eft un coccus qui habite le caéte génénellifère, la femelle
coccidu
a le corps applati du côté
ventre; elle eft
qui eft rayé
hémifphérique par le dos,
par des rides tranfverfales,
aboutiffent au ventre
2 qui
la
par une double marge dont
fipérieure eft moins
eft d'un brun
grande, toute la peau
fombre. Sa bouche n'eft qu'un
point fubulé qui fort du milieu du
a fix petits pieds bruns
thorax, elle
d'ailes. Le mâle
(1) très-courts, & point
leur
a le corps alongé 7 d'une courouge foncé 2 couvert de deux ailes horifontalement abaiffées & un peu croifées fur le
dos, il a deux petites antennes à la tête, moindre
d'un tiers que fon corps,
deux
2 l'abdomen eft terminé
par
foies poftiques, auffi
Ics anternes; il a également fix divergentes que
grands
pieds, mais plusque ceux de la femelle, il n'a
lII1
vol continu, mais il
pas
voltige en fautant trèsrarement (2) : on appelle au Mexique la coche-
(1) Les pieds des jeunes cochenilles ont la méme
que Jeur corps, qui eft d'un rouge clair : les couleur de
jeunes cOCcuS font bruns.
pieds
(2) La defcription que l'autenr a donnée cft trop infhffifante
pour que nous ayons cru être difpenfés dl'en donner une
plus exaéte : mais en ajoutant au travail de M.
nous ne prétendons pas diminuer fon mérite Thiery,
eroyons devoir produire l'excufe qu'il nous fournit 9 Ini-même, & nous
Jufqu'à préfent, dit-il, mes moyens ne m'ont
d'avoir un microfcope; 5 je n'ai obfervé qu'à l'ceil pas nud, permis Ainfi
cft trop infhffifante
pour que nous ayons cru être difpenfés dl'en donner une
plus exaéte : mais en ajoutant au travail de M.
nous ne prétendons pas diminuer fon mérite Thiery,
eroyons devoir produire l'excufe qu'il nous fournit 9 Ini-même, & nous
Jufqu'à préfent, dit-il, mes moyens ne m'ont
d'avoir un microfcope; 5 je n'ai obfervé qu'à l'ceil pas nud, permis Ainfi --- Page 95 ---
DU NOP A L.
nille grana en efpagnol. Ce nom lui eft évidemde l'erreur originelle des anciens, .
ment continué
la
qui croyoient que cet infecte étoit un grain,
produétion d'un végétal. /
deux fortes de cocheOn récolte au Mexique
nille, la fine & la filveftre ; on commencera
à parler de la filveftre, enfuite on traitera de la
fine, comme fi c'étoient deux efpèces très-dif
les mieux défigner aux cultivatinêtes, 7 pour examiner enfuite fi elles font
teurs 7 fauf à
ou fi l'une
réellement deux efpèces féparécs 2
n'eft qu'une variété de l'autre, & en ce dernier
quelle eft celle qui eft l'efpèce primitive
cas, de la cochenille fine, ou enfin s'ily y a d'autres
variétés de la cochenille filveftre.
CHAPITR) E IIL
De la cochenille filvefire.
La cochenille filveftre fe nomme grana filveftra
nom purement efpagnol : on n'a
au Mexique,
lui donnoient les Mexicains,
pu favoir quel nom
tant celui-là a prévalu chez TIndien par T'ufage:
c'eft elle que l'on croit habiter naturellement le
nopal filveftre & le tunas au Mexique, & que
je ne dirai rien de la ftrusture extérienre, ni de l'organifation interne de l'infedte déjà décrite par quelques auteurs, --- Page 96 ---
TRAITÉ DE LA
CULTURE
nous avons vu fir les
tortue à
pérefchia ou la patte de
ment dans Saint-Domingue ; on les trouve égaledans les l'intérieur des terres & fur les côtes,
clairiers des forêts, fur le bord des chemins, ou dans les favannes sèches
auffi dans les
: on la cultive
jardins au Mexique fur les vrais
nopals non épincux. Le mâle & la
cet infeéte font fi
femelle de
différens
différens d'eux - mémes en
périodes de leur vic,
en
une notion précife &
que pour donner
exaéte, il faut, en les
décrivant, les fiivre depuis leur naiffance
qu'à leur mort.
juf
L'avortement ou le part ordinaire des mères
cochenilles prouvent
filveftres font
également que les petites
la mère,
toutes contenues dans le fein de
chacune fous la forme d'aeufs,
nés par l'ombilic les uns après les
enchaiplacenta commun,
autres à un
collier de
2 comme un petit chapelet ou
grains.
Dans T'avortement le chapelet fort tout
& tous les ceufs
entier,
périffent avec la mère,
quelquefois lcs deux ou trois
excepté
éclofent; mais quand
premières, qui
terme fixé par la
l'accouchement arrive au
nature, ce chapelet défile
par grain, peu-à-peu : la mère paroit alors grain vivipare; 5 les petits venant au jour laiffent fans
au paffage de la vulve
doute
ils étoient
l'enveloppe dans laquelle
fortent
contenus fous la forme d'aeufs, 2 &
fous la forme d'animaux vivans,
tement bien organifés; ils font alors de la parfaigrof
, qui
terme fixé par la
l'accouchement arrive au
nature, ce chapelet défile
par grain, peu-à-peu : la mère paroit alors grain vivipare; 5 les petits venant au jour laiffent fans
au paffage de la vulve
doute
ils étoient
l'enveloppe dans laquelle
fortent
contenus fous la forme d'aeufs, 2 &
fous la forme d'animaux vivans,
tement bien organifés; ils font alors de la parfaigrof --- Page 97 ---
DU NOPA L.
le mâle eft moins
feur de la tête d'un camion;
il paroit plus
gros d'un tiers que la femelle 3
& moins
fes foies font très - courtes
alongé ;
chez la femelle 2 qui en a
nombreufes que la double marge qui termine
douze paires fir Peil nud ne peut pas les
le dos au ventre :
ou du
5 il faut un microfcope
voir parfaitement;
en cet état, ils refmoins une bonne loupe 5
& fur le dos
fous le ventre de la mère,
tent
ils font
deux ou trois jours; queiquefois
pendant
en forme d'une petite
fufpendus fous l'abdomen,
furtout
de raifin pendant huit jours,
ils
grappe
des orages ou des pluies (1);
quand il y a
chaleur de la mère, & vivent
fe réchauffent à la
l'ombilic
de fa fubftance 2 en attendant plus que loin : enfin,
defféché leur permette d'aller
le
cordon foit defféché 7 ou que
foit que ce
faim ait acquis la force de
petit preffé par la
fans différer fur la
zompre ce lien', il court
les femelles marplante : c'eft la feule fois que de leur vie, & c'eft
chent pendant tout le cours
une
le mâle, qui ne marche
la première pour
de fon fourreau le
feconde fois qu'en fortant
la femelle. Arrijour de fon accouplement avec
infedtes reftent en groupes fous le
(1) Il paroit que ces dans les temps de pluie & des orages. 2
ventre de leur mère
la violence du vent & delapluic,
pour avoir un abri contre
fe réchauffer par la
gni les entraineroit, plutôt doit que être pour pour enx un agent inchaleur de la mère, qui
perceptible.
la première pour
de fon fourreau le
feconde fois qu'en fortant
la femelle. Arrijour de fon accouplement avec
infedtes reftent en groupes fous le
(1) Il paroit que ces dans les temps de pluie & des orages. 2
ventre de leur mère
la violence du vent & delapluic,
pour avoir un abri contre
fe réchauffer par la
gni les entraineroit, plutôt doit que être pour pour enx un agent inchaleur de la mère, qui
perceptible. --- Page 98 ---
TRAITÉ DE LA
vés fur les articles du
CULTURE
ou le fuivant au plus nopal dès le méme jout
revers de T'article
tard, ils fe fixent fir les
& que l'inflinét qui leur convient le
fans doute leur fait
mieux,
sûrement 5 ils préferent à
choifir plus
articles des deux sèves
tous les autres les
gent ceux de la
précédentes, & néglichoifir
préfente; on les voit furtout
la page préférablement de T'article
à toute autre fituation
pour éviter les
qui regarde Touen
fiirtout la
coups de vents de fud-oup,
force de la brife
nord-ep, &
lement
d'ef,
régulière & violente dans toujours la
égaGuaxaca, ouverte à
&
vallée de
& au fud par deux l'orient, chaînes refferrée au nord
manière que quand la
de montagnes, de
à l'age d'un
cochenille eft parvenue
mois, la
nue d'infeétes
nopalerie eft
au levant &
à-peu-près
tandis que du côté du
paroît verdoyante,
toute blanche, &
couchant elle paroît
de farine; mais les comme poudrée de fine fleur
lef font toujours articles qui font abrités à
fur chaque page, & également la
chargés d'infeétes
plus groffe que celle cochenille en eft toujours
Les jeunes cochenilles expofée à l'eft & à l'oueft.
du nopal, en
fe fixent fur les articles
Ce bec eft-il y inférant leur bec dans
un point
l'écorce.
tant de la tête de T'animal, fimplement fubulé, partrine? Ou eft-ce un
enfoncé dans fa poitrompe? C'eft ce corps tubuleux en forme de
dont on ne peut qu'on ne fait pas encore : ce
douter, c'eft qu'il eft de la lon-,
cochenilles expofée à l'eft & à l'oueft.
du nopal, en
fe fixent fur les articles
Ce bec eft-il y inférant leur bec dans
un point
l'écorce.
tant de la tête de T'animal, fimplement fubulé, partrine? Ou eft-ce un
enfoncé dans fa poitrompe? C'eft ce corps tubuleux en forme de
dont on ne peut qu'on ne fait pas encore : ce
douter, c'eft qu'il eft de la lon-, --- Page 99 ---
DU NOPAL
diamètre du corps de la femelle; à
gueur du
moins gros que le fil du
quel âge que ce foit, avec le même bruit &
vers à foie; il fe rompt
ou feulement
le même effort; une fois rompu fans qu'il lui foit
détendu, la cochenille meurt
& d'inférer
pofible de fe rattacher par les pieds, dans la plante;
de nouveau cette forte de trompe
la femelle
c'eft au moyen de cette trompe rend que enfuite par
en fuce le fuc gommeux, qu'elle fous la forme d'une
labdomen en excrément, remplie de férofité blanpetite boule véficulaire,
felon les difche, orangée, ou jaune, ou rouge, elle a fartoute la
férentes efpèces ou variétés (1): foie infiniment fin &
furface du corps un coton ou &
fes mouvevifqueux dont elle fe couvre,
que excepté fous
mens étendent tout autour d'elle, dégagé du
le thorax: quant au mâle, à peine
moins
a-t-il inféré une trompe
cordon ombilical,
croiroit
fe forme
grande fur la plante, on
qu'il
d'un
fourreau cotonneux & poudreux,
un petit
d'une forme cylindrique ou même
tiffu très-fin,
à l'aide de fa
le fommet duquel
conique 2 par
fufpendu à la plante, mais ce
trompe il paroit
T'accroiffement de la
fourreau prétendu n'eft que & dont il fe dégage
peau avec laquelle il eft né,
il pafle,
peu-à-peu; c'eft une larve dans laquelle
de
:
dans un maillot, le temps
comme enveloppé
la parfaite
fon enfance & de fa jeuneffe, jufqu'à
() Et fuivant les différentes époques de fon exiftence.
ufpendu à la plante, mais ce
trompe il paroit
T'accroiffement de la
fourreau prétendu n'eft que & dont il fe dégage
peau avec laquelle il eft né,
il pafle,
peu-à-peu; c'eft une larve dans laquelle
de
:
dans un maillot, le temps
comme enveloppé
la parfaite
fon enfance & de fa jeuneffe, jufqu'à
() Et fuivant les différentes époques de fon exiftence. --- Page 100 ---
TRAITE DE LA
puberté, qui arrivetrente
CULTURE
alors, fortant à
jours après fa naiffance;
dépouille
reculons de ce mafque 2 qu'il
d'une jolie entièrement, il paroit fous la forme
foncé, tirant petite fir mouche, couleur de feu trèsantennes moindres le pourpre, ayant de petites
refte du
d'un tiers de longueur
le
corps, & deux foies
que
domen qui font aufli grandes poftiques à l'abeft orné de deux petites
que fon corps : il
aîles blanches abaiflées
heni@amlencur, & fe croifant
dos; c'eft dans cet atour
légèrement furle
lant par T'élégance de fa nuptial, également gal'élégance de fa couleur, forme, & brillant par
en fautant à la hauteur de qu'il s'élance & voltige
cher fa femelle. Le choix fix pouces pour cherraffer
il
ne paroit pas l'embarbeaucoup, tourne autour d'une
l'acofte, la flatte quelques
femelle,
gauche, monte fir fon inflans, à droite &à
par lui marquer fa
dos, Tattaque, & finit
Ics oifeaux; le tendreffe à la manière de tous
mariage
ronné des mirthes de confommé, l'époux coufous leur poids,
l'amour, peut-être accablé
dans tinl
paffe de l'excès de la
à la
repos éternel, le même jour, volupté
méme heure. A combien de femelles fouvent
peut-il fuffire? c'eft ce qu'on
le mâle
mieux demander
ignore; il vaudroit
femelle? On la voit combien faut-il de mâles à la
remplacer les morts
vivans, non pas tous les
par les
fois entre le foleil levant jours, mais plufieurs
Huit
& midi,
jours après que la cochenille a inféré fa
trompe 2
, le même jour, volupté
méme heure. A combien de femelles fouvent
peut-il fuffire? c'eft ce qu'on
le mâle
mieux demander
ignore; il vaudroit
femelle? On la voit combien faut-il de mâles à la
remplacer les morts
vivans, non pas tous les
par les
fois entre le foleil levant jours, mais plufieurs
Huit
& midi,
jours après que la cochenille a inféré fa
trompe 2 --- Page 101 ---
DU NOPA Ls
& s'eft fixée fur la plante, les foies
trompe,
de fon dos font bordées augdont les marges
auffi en nombre,
mentent de grandeur, peut-étre
alors on
car le dos en paroit aufli couvert;
a
de
flocons blancs qu'il y
voit autant
petits
féparés des
de femelles cochenilles, les uns font
quelquefois une centaine font grouppés
autres,
plus rien, finon que
enfemble: ; on n'y diftingue
augmentent de
ces flocons féparés en grouppe des infectes; le
volume à proportion de Tâge contracte une telle
coton dont ils font couverts faifant effort pour
adhérence à la planite, qu'en
du coton dont
détacher la cochenille, une partie
eile eft couverte refte fur la place.
fa naiffance, la femelle eft
Trente jours après
lors
état d'être fécondée ; elle a acquis pour
en
ordinaire 5 l'approche du
le tiers de fa grandeur
la voit s'émouvoir trois
mâle lui eft très-fenfible, onl
careffes, après
ou quatre fois à fes premières immobile, & fe laifle
quoi elle refte parfaitement le temps de la gefimpregner fort facilement: 5
dans les dix
tation eft encore de trente jours & 5 atteint moipremiers elle croit promptement,
tié de la grandeur d'un pois de jardin.
moins qu'il n'y ait un retard occafionné
A
tel feroit le défaut du mâle
par quelquaccidens, de la puberté des femelles 5
au jour nommé leur
la veille, le jour ou
les femelles font
part lune. Si elles font nées
le lendemain de la pleine
Z
dans les dix
tation eft encore de trente jours & 5 atteint moipremiers elle croit promptement,
tié de la grandeur d'un pois de jardin.
moins qu'il n'y ait un retard occafionné
A
tel feroit le défaut du mâle
par quelquaccidens, de la puberté des femelles 5
au jour nommé leur
la veille, le jour ou
les femelles font
part lune. Si elles font nées
le lendemain de la pleine
Z --- Page 102 ---
TRAITÉ DE LA
dans la nouvelle lune
CULTURE
lufeconde nouvelle lune 5 eiles mettent bas dans
Le jour de
fuivante.
à la nature le Taccouchement, même
la femelle paie
mâle, en mourant le tribut que lui a payé le
vie du mâle n'eft
jour de fcs nôces; ainfi la
de la femelle de que de trente jours, & celle
lutions complettes foixante; de
c'eft-à-dire deux révole fein des
lune. Le mâle expire dans
prolongée d'un plaifirs, la femelle dont la vie eft
velle
mois périt dans la douleur
preuve de la
: noublie dans l'ordre compenfation univerfelle étaLa
phifique (1).
fa trompe cochenillemile dans la ou femelle après avoir inféré
plante ne peut, plus l'en retirez
Dontsanent, de quelque
quand elle veut fuir à
ennemi qu'elle fent, tel l'approche
que les teignes ou phalènes de
par exemple
fe diftend, le poids de fon fruêteurs. Sa trompe
fes pieds > qui tirés de leur corps entraîne alors
plus y rentrer 2 la cochenille place ne peuvent
par fa trompe à la
demeure fupendue
fe défsèche &
place où elle l'a
fi cette
périt dans un jour cu inferée,
la
trompe fe rompt, l'extrémité deux ; ou
plante, l'infeée tombe &
refe dans
On voit par-la
meurt encore
il n'eft
que paffé l'inftant de fa plutôt.
pas poffible de
naillance,
d'une plante à une autre transférer les cochenilles
5 & que fi par exemple
obfervations (t) Cette induétion ne nous paroit
fafffantes pour étre admife. point appuyée fur des
dans un jour cu inferée,
la
trompe fe rompt, l'extrémité deux ; ou
plante, l'infeée tombe &
refe dans
On voit par-la
meurt encore
il n'eft
que paffé l'inftant de fa plutôt.
pas poffible de
naillance,
d'une plante à une autre transférer les cochenilles
5 & que fi par exemple
obfervations (t) Cette induétion ne nous paroit
fafffantes pour étre admife. point appuyée fur des --- Page 103 ---
DU NOPA L:
im nopal mouroit, tous les infeêtes doivent périr
également avec lui, quand la pourriture ou la
defficcation s'en emparent, 2 moment auquel la
cochenille périt auffi & refte fur le fquelette de
la plante en fe defféchant avec lui.
S'il y avoit dans. un jardin à cent pas l'un de
l'autre deux nopals fur l'un defquels on eut placé
des cochenilles filveftres fans en avoir mis fur
deux mois
T'autre, il ne feroit pas étonnant,
ou même quelquefois quinze jours après d'en voir
fur le dernier 2 foit que l'infedte s'y foit porté
par Tinftinét, foit que le vent ou quelqu'autres
infectes l'yaient tranfporté (1).Ce fait eft confirmé
qu'il n'eft plus permis de
par tant d'expériences
raifon &
douter de fa vérité, C'eft par cette
parcet infeéte mélé à la cochenille fine ruine
ce que
ci-deffus dans le chacelle-ci, que l'on a prefcrit
pitre VII du premier livre, d'établir la nopalerie
de cochenille fine au nord à cent perches de diftance de la cochenille filveftre, 2 ou fi on ne peut
faire autrement, de les placer au vent à pareille
diftance.
filveftre une fois pofée fur le
La cochenille
perpétueroit fans aucun autre foin, &
nopal s'y
jufqu'à fatiguer & épuiferla plante,
y multiplieroitj
& tomberoient tous
dont les articles pourriroient
(1) Les petites cochenilles peuvent non-feulement être tranfportées parle vent ou par quelques infeétes comme les fourmis 3
mais elles penvent paffer d'un pied de nopal à un autre par
Jes fils d'araignées 2 qui leur fervent de conduéteurs. a
Z ij
pétueroit fans aucun autre foin, &
nopal s'y
jufqu'à fatiguer & épuiferla plante,
y multiplieroitj
& tomberoient tous
dont les articles pourriroient
(1) Les petites cochenilles peuvent non-feulement être tranfportées parle vent ou par quelques infeétes comme les fourmis 3
mais elles penvent paffer d'un pied de nopal à un autre par
Jes fils d'araignées 2 qui leur fervent de conduéteurs. a
Z ij --- Page 104 ---
TRAITE DE LA
les us après les
CULTURE
recueillir
autres, fi Oil n'avoit foin de la
dans les chaques deux mois. Mille
champs & dans les
expériences
vations de culture & celles jardins, les obferà elle-méme
de la nature livrée
après l'avoir recueillie prouvent ces faits; quand même
nouveau, > les premiers on ne la femeroit pas de
s'échappent
nouveaux nés des
toujours en
petits
1 perpétuer
nombre fuffifant
ffamment T'efpèce 7 & il en refteroit encore pour y
pour anéantir le nopal
fifaprès, & en ce cas on n'obtiendroit quatre mois
vrai, une récolte fufifante
pas, il eft
mais Oil en auroit une abondante deux mois après, >
quatre mois. L'art
au bout de ces
au bout de deux apprend à s'en procurer une
on auroit après mois, & à méprifer celle dont
nature, En effet, quatre la mois obligation à Ia fimple
la forte eft toujours cochenille qu'elle accorde de
l'on obtient par la femaille plus petite que celle que
premier cas 2 les petits ne s'écartent 2 parce que dans le
mère, fe grouppent autour
guère de la
les uns les
&
d'elle, 2 fe génent
obligés de autress fe
ce qui eft de pire, font
fubftance
contenter d'une place
par le long féjour de leur épuifée de
Cet épuifement eft tel,
propre mère.
cochenille mère a vécu , que la place Où une
d'une ligne de
pendant deux mois fe cave
demi pouce 3 profondeur > & du diamétre d'un
& reflemble limpreffion à celle
qu'elle y laiffe eft jaune
corps mol 3 il en réfulte d'une la boule dure fur un
maladie & la ruine
d'une place
par le long féjour de leur épuifée de
Cet épuifement eft tel,
propre mère.
cochenille mère a vécu , que la place Où une
d'une ligne de
pendant deux mois fe cave
demi pouce 3 profondeur > & du diamétre d'un
& reflemble limpreffion à celle
qu'elle y laiffe eft jaune
corps mol 3 il en réfulte d'une la boule dure fur un
maladie & la ruine --- Page 105 ---
DU NOPA L.
la perte d'une généde la plante en cette partie, cochenilles, & l'imration ou récolte de petites
poffibilité d'une récolte fuivante. de Tinfeête,
Pour obvier à la dégénération belle
T'entretenir au contraire dans une
qua- la
pour même la
5 pour éviter
lité 8
perfeBtionner
il faut toujours proportionner
ruine du plant 2
& compenfer les
la quantité qu'il peut porter deux 2 mois & récoltant
récoltes en femant chaque faut récolter radicaleà pareils termes : mais il
du coton que l'in-
& nettoyer la plante
ment, 7 laiffe en la frotant avec un linge mouillé
fcête y
7 Par ce moyen on la purge aufli
qui T'enlève (1). chrifalides des infeétes deftrucdes eeufs & des
cachés dans le coton de
s'être
teurs qui peuvent
auffi 2 la cochenille
la cochenille. Par ce moyen qualité donne une
femée étant de la meilleure
fo
belle génération 2 & cette génération n'ont
plus
fur les parties des plantes qui
place à part
celles qui font fatipas été épuifées pendant que
guées tempèrent leur vigueur. à femer chaque
Il faut tellement s'attacher mieux perdre une rédeux mois, qu'il vaudroit
de laiffer des
colte ou deux mois de temps que
mois
infeêtes fur la plante, qui pourroient quatre 1°,
donner uue ample récolte 2 parce que
après
néceffaire que le linge foit mouillé, on
(1) Il n'eft pas enlever la paitie cotomneufe, & la partie
peut fans cela
cochenilles écralies qui attirercient
colorante de quelques
les fourmis.
Z iij
deux mois, qu'il vaudroit
de laiffer des
colte ou deux mois de temps que
mois
infeêtes fur la plante, qui pourroient quatre 1°,
donner uue ample récolte 2 parce que
après
néceffaire que le linge foit mouillé, on
(1) Il n'eft pas enlever la paitie cotomneufe, & la partie
peut fans cela
cochenilles écralies qui attirercient
colorante de quelques
les fourmis.
Z iij --- Page 106 ---
TRAITÉ DE LA
le plant fe
CULTURE
ces deux
repofercit & fe repareroit
mois; 2°, parce
pendant
en le femant, la récolte qu'au bout de ce temps,
meilleure qualité & plus feroit toujours d'une
la nature faule pourroit abondante que celle que
accorder.
CHAPITRE IV.
De réducation de la cochenille
I feroit
Flvepre.
dans le traité impofmible, de la comme on l'a déjà apperçu
la cochenille filveftre culture dur nopal, de récolter
épineux dont i
à bénéfice fir les
habile
a été fait mention opuntia
ouvrier n'en peut recueillir 5 le plus
defféchées par
à
deux onces
la tirer d'entre jour, caufe de la difficulté de
même ouvrier
les épines, & cependant le
par jour,
peut en rendre trois livres
quand il la récolte far
sèches
jardin. Il y a long-temps
le nopal de
pris cette vérité,
que lIndien a comqui croît naturellement puifqu'il a abandonné celle
pour la nourrir fir le fir les opuatia épineux,
mais outre F'avantage vrai nopal de jardin ;
cueillir facilement fans fe qu'il acquiert de la redire à pleine main, il eft bleffer, & pour ainfi
nille filveftre s'eft
certain que la cochele nopal par la
elle-méme perfectionnée fir
velles
multiplicité des récoltes des
femailles, & par la bonté même noude Ia
llement puifqu'il a abandonné celle
pour la nourrir fir le fir les opuatia épineux,
mais outre F'avantage vrai nopal de jardin ;
cueillir facilement fans fe qu'il acquiert de la redire à pleine main, il eft bleffer, & pour ainfi
nille filveftre s'eft
certain que la cochele nopal par la
elle-méme perfectionnée fir
velles
multiplicité des récoltes des
femailles, & par la bonté même noude Ia --- Page 107 ---
D U NOP A L.
elle perd beaucoup de la
plante fur laquelle tenacité de fon coton 2 &
quantité & de la
de moitié qu'on
devient conftamment plus groffe
dans les
ne la voit fiur les opuntia épineux, 2
bois & les campagnes (1): : on remarque qu'elle
grouppée fur ces derniers que
eft toujours plus
où elle fe répand
finr le nopal des jardins,
& trouve
plus également 2 plus diftinêtement,
plus de place propre. à la nourrir; peut-étre
ainfi que parce que
même ne fe fépare-t-elle
du nopal lui contoutes les parties de T'article
au lieu que fur les autres
viennent également 2
avantageufes
opuntia, il y a des parties plus
les autres 3 c'eft dans ces endroits
les unes que
s'accumulent, & alors elles
où les cochenilles
fortes oppriment
fc preffent, fe génent ; les plus
refte
les plus foibles : la moitié des infeêtes y
chétive & miférable, fans que l'autre
toujours
beaucoup : cela n'arrive pas fir
moitié y gague chacune fe place à part pour vivre
le nopal, ou
commodément.
recueillir facilement beauIl faut donc pour
l'éduquer fur des
coup de cochenille filveftre,
Ce
l'auteur dit ici paroit contradiétoire avec cc
(1) que le
précédent, que fi la cochenille
gwil a dit dans chapitre
dans laquelle on cultive la
filveftre gagnoit une nopalerie cette dernière. Il femble que f
cochenille fne 2 elle détruifoit
d'être aflimilée à la
la cochenille Glveftre eft fufceptible
devroit
cochenille fine par la culture, fa comimmnication étre une caufe de
accélérer fon perfecionnement & ne pas
deftruction paur la cochenille fine.
Z. iv
la cochenille
gwil a dit dans chapitre
dans laquelle on cultive la
filveftre gagnoit une nopalerie cette dernière. Il femble que f
cochenille fne 2 elle détruifoit
d'être aflimilée à la
la cochenille Glveftre eft fufceptible
devroit
cochenille fine par la culture, fa comimmnication étre une caufe de
accélérer fon perfecionnement & ne pas
deftruction paur la cochenille fine.
Z. iv --- Page 108 ---
TRAITÉ DE LA
opuntia moins
CULTURE
épineux
on les trouve dans les bois que ceux fir lefquels
Il faut donc
& les
nille filveftre pour recueillir la plus belle campagnes. cochefois l'année
qu'il foit pollible, la femer fix
pour en faire autant de
parce que l'infcêe fe
récoltes (1);
fépare plus néceffairement répand bien mieux, & fe
que quand il naît
quand il eft femé,
ou au voifinage de naturellement fa
fur la plante
fera multiplié dans les mère : quand le nopal
de fournir à la nourriture isles françoifes, au point
& de la cochenille
de la cochenille fine
donner toute autre filvefire, il faudra abanfemer que fir le forte d'opuntia, & ne la
moment de richefle nopal: : en attendant que ce
tropole foit arrivé, pour les colons & la méquer fir les opuntia on pourra la femer & l'édude
raquette c/pagnole.
Campéche, 2 & fur la
des D'après isles ce que l'on vient de dire, le
françoifes de
colou
fable d'avoir négligé de l'Amérique paroît excu-
& l'efpèce de la cochenille s'inftruire fir T'origine
fur la manière d'en tirer qu'il poffédoit, &
noifant pas la plante qui parti; car ne connille, ni les procédés de convenoit à la cochequalité & la petite
culture, 2 la mauvaife
auroit tirée d'entre quantité de cochenille
les épines de la
qu'il
patte de
à la (t) conftitution L'auteur paroit avoir oublié que cela eft
des faifons. Voycz le chapitre, fuxbordonns
origine
fur la manière d'en tirer qu'il poffédoit, &
noifant pas la plante qui parti; car ne connille, ni les procédés de convenoit à la cochequalité & la petite
culture, 2 la mauvaife
auroit tirée d'entre quantité de cochenille
les épines de la
qu'il
patte de
à la (t) conftitution L'auteur paroit avoir oublié que cela eft
des faifons. Voycz le chapitre, fuxbordonns --- Page 109 ---
D U NOP A L.
auroient étéinfiffifantes pour
tortue ou pérefchia,
& n'y trouvant
T'indemnifer de fes travaux,
branche de
nul bénéfice il eut abandonné cette
& ii fe fut peut-être
culture & de commerce,
qui auroit
établi contre cette culture un préjugé
certains que des inftructions
nui aux avantages
Il falloit donc
fiubféquentes pouvoient procurer.
de cette richefle indigène
pour tirer avanitage
des expériences & des
que l'on poffédoit, que
les moyens, &
obfervations puffent en indiquer étudier chez
il falloit enfin le courage d'aller de la cochel'étranger l'origine & l'éducation
nille filveftre, & quand on n'en eut pas rapla cochenille fine comme on l'a fait, quand
porté
fe fût réduit à favoir
tout le fruit du voyage filveftre dans les coloniesfaire de la cochenille
l'objet de ce voyage
françoifes, on croit que & qu'il n'eut pas été
eut été affez important,
fait.
inutile de le faire & de l'avoir
CHAFITRE V.
De la manière de femer la cochenille filveftre.
Ox dit femer en T'air, femer une plante, mais
dit
femer un infeête: il eft évident
on ne
pas
tient encore de l'erreur ou
que cette exprefion
la cochenille étoit une
l'on étoit anciennement que
comme
graine; mais quoiqu'elle foit vicieufe,
ez important,
fait.
inutile de le faire & de l'avoir
CHAFITRE V.
De la manière de femer la cochenille filveftre.
Ox dit femer en T'air, femer une plante, mais
dit
femer un infeête: il eft évident
on ne
pas
tient encore de l'erreur ou
que cette exprefion
la cochenille étoit une
l'on étoit anciennement que
comme
graine; mais quoiqu'elle foit vicieufe, --- Page 110 ---
362, TRAITÉ DE LA CULTURE
elle eft ufitée chez l'Indien &
l'on ne pourroit la
TEfpagnol, & que
phrafe qui jetteroit de remplacer la
que par une périon la
géne dans le
:
gardera il fuffit de
difcours,
de la cochenille, c'eft
prévenir que femer
nids, afin
pofer des mères dans des
leur
qu'en plaçant ces nids fur un nopal
génération fe répande, fe fixe &
fur cette plante.
s'accroifle
Dix-huit mois après que la
plantée, comme
nopalerie a été
on l'a enfeigné dans le livre
précédent, elle eft en état de nourrir & d'éduquer la cochenille
coup sûr dans
filveftre; on peut la femer à
Tefpérance d'une récolte immanquable; mais on ne peut guère femer
Oétobre & Novembre
qu'en
Afin
(1).
que l'âge des nopals coincide au
de la faifon la plus favorable de
moment
nille, il faut que la
femer la cochemois d'Avril
nopalerie.ait été plantée au
ou de Mai de l'annéc
parce moyen elle fe trouvera en état d'être précédente ;
dix-huit mois après, dans le moment le
femée
rable; car les récoltes d'hiver
plus favoci-après font les
comme on le dira
plus avantageufes; & f Onl
plantoit une nopalerie en Oétobre ou
l'année firivante la
Novembre,
roit qu'une année nopalerie à ce terme n'aud'age, il faudroit attendre juf
() Cette faifon ne feroit pas la plus favorable
parce que c'eft cclle dans laquelle les plnics
an Cap,
mencent à paroitre. L'autcur écrivoit
du nord comau Port-au-Prince.
font les
comme on le dira
plus avantageufes; & f Onl
plantoit une nopalerie en Oétobre ou
l'année firivante la
Novembre,
roit qu'une année nopalerie à ce terme n'aud'age, il faudroit attendre juf
() Cette faifon ne feroit pas la plus favorable
parce que c'eft cclle dans laquelle les plnics
an Cap,
mencent à paroitre. L'autcur écrivoit
du nord comau Port-au-Prince. --- Page 111 ---
DU NOPAL
mois d'Avril fuivant pour femer, faifon
qu'au
mois
moins favorable; cu fi on attendoit jufqu'au
fix mois de récolte;
d'Oétobre fuivant, on perdroit
il faut que
ainfi pour obvier à ces inconvéniens, même en
foit plantée en Mai ou
la nopaleric
Avril.
cft poffible femer les cocheIl faut autant qu'il
effet avoir foin
nilles en pleine lune, & pour cet
de deux pleines-lunes auparavant 2
de préparer, cochenilles en état de faire leurs petits
des mères
un tour de main
à cette phafe: on peut par
des
retarder la fécondation & l'accouchement
femelles de quelques jours, & par ce moyen 2
quand le moment de leur part s'eft trop éloigné infenfidu temps des pleines lunes, l'y ramener Le
blement en deux ou trois générations.
preconfifte à ne prendre fur le nopal
mier procédé
accouchent les dernières 5 car
que les mères qui
éclocomme il y a toujours des pareffeufes qui cellesfent huit jours après les autres, en femant
de
encore que les pareffeufes
ci, 8 n'en prenant
quinze jours,
leur génération, on aura déjà gagné
& ainfi de fuite.
confifte à ôter après l'imLe fecond procédé
& même la
le foleil aux femelles,
pregnation ordinaire, ce qui fe fait en les femant
chaleur
l'on tient
fur des nopals plantés en caiffe, que
huit
alors dans, une chambre fraiche fept ou
jours après cet artifice.
c'eft de tuer tous
Enfin, le troifième procédé
'en prenant
quinze jours,
leur génération, on aura déjà gagné
& ainfi de fuite.
confifte à ôter après l'imLe fecond procédé
& même la
le foleil aux femelles,
pregnation ordinaire, ce qui fe fait en les femant
chaleur
l'on tient
fur des nopals plantés en caiffe, que
huit
alors dans, une chambre fraiche fept ou
jours après cet artifice.
c'eft de tuer tous
Enfin, le troifième procédé --- Page 112 ---
TRAITÉ DE LA
lcs mâles qui feroient fur
CULTURE
une chambre froide,
un nopal en caiffe, dans
donner d'autres
avant leur puberté, & n'en
la leur;
aux femelles que huit jours
par ce moyen on ramène
après
toutes les femelles à faire
fans fe géner
premiers jours de la
leur part dans les
On sème les
pleine lune.
faits exprès, La cochenilles filveftres dans des nids
des feuilles de matière de ces nids eft le pétiole
jeunes
palmier, cocos, dit cocotier; les
vulgaire palmiers ne fe dépouillent de ce
le
appelle leur feuille,
que
que cette feuille eft defféchée, que long-temps après
feuille, ou pour
le pétiole de cette
la queue de cette s'exprimer comme le vulgaire,
embraffe
feuille eft
la tige du
amplericante, ou
il eft dur, luifant, palmier: : tant qu'il eft vert,
inflexible,
quand il eft fec, la pluie le
ligneux, mais
parenchime,
pourrit & confome le
ties; alors T'épiderme, & détruit toutes les
on ne voit plus qu'un
parfibres plus ou moins groffes, d'une triple tifli de
reffemblant à de la filaffe,
couleur rouffe,
fés les unes fir les
croifées en fens oppofeuille de palmifte autres; chaque queue de
deux
peut donner une firface
pieds en quarré; on la
de
quarrés de deux
découpe en petits
plus groffes fibres pouces chacun, On en tire les
Oul nervures qui font les
inflexibles, cela forme une étoffe claire
plus
dant épaiffe pour faire lcs nids des
& cepenquand cette étoffe eft encore
cochenilles :
intlexible, on la fait macérer trop verte ou trop
dans l'eau pendant
; chaque queue de
deux
peut donner une firface
pieds en quarré; on la
de
quarrés de deux
découpe en petits
plus groffes fibres pouces chacun, On en tire les
Oul nervures qui font les
inflexibles, cela forme une étoffe claire
plus
dant épaiffe pour faire lcs nids des
& cepenquand cette étoffe eft encore
cochenilles :
intlexible, on la fait macérer trop verte ou trop
dans l'eau pendant --- Page 113 ---
DU NOP A L,
après quoi on la sèche &
fept ou huit jours,
on la bat, jufqu'à 20 ce que fans être défaflemblées
les fibres ayent l'air d'une bourfe, & pour lors
on l'emploie.
Tout l'artifice de ces nids fe réduit à prendre
chaque morceau quarré de cette étoffe découles
angles, on les
pée; on en raffemble
quatre
où
lie fortement; cela forme une petite poche
l'ou voit des ouvertures par lefquelles on met
les mères cochenilles, & qui permettent aux
petits de fortir : ces nids peuvent fervir cinquante
fois en ayant la précaution de les nettoyer
7 de s'en fervir, chaque fois, & de les jeter
avant
tuer les infeêtes
dans de l'eau bouillante pour
être
nuifibles, ou les ceufs qui pourroient s'y
& être reftés, les fécher enfuite & lcs
logés
y
renouer.
Plus" l'étoffe de ces nids fans être trop claire,
ou ferrée, ou inflexible, a d'épaiffeur 2 meilleure
elle eft; quand elle eft trop mince il faut en
deux ou trois doubles; la raifon de ccla
mettre
chaleur du foleil peut
eft, que la trop grande
faire avorter les mères qui font dedans, ce qui
beaucoup de petits: quand l'étoffe eft bien
perd
& cependant lâche, claire & flexible,
épaifle,
réfifte au foleil par fon
en même temps admet qu'elle le courant de l'air, qui en
épaiffeur, elle
l'ardeur, elle divife aufli la pluie, qui
tempère
nuire ni aux petits ni à
par ce moyen ne peut
peut
eft, que la trop grande
faire avorter les mères qui font dedans, ce qui
beaucoup de petits: quand l'étoffe eft bien
perd
& cependant lâche, claire & flexible,
épaifle,
réfifte au foleil par fon
en même temps admet qu'elle le courant de l'air, qui en
épaiffeur, elle
l'ardeur, elle divife aufli la pluie, qui
tempère
nuire ni aux petits ni à
par ce moyen ne peut --- Page 114 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
la mère: On ne connoit pas de meilleure matiére
pour cet effet (1).
On doit femer dès le grand matin au
point du jour, par ce moyen les petits qui premier font
déjà écios, fous le fein ou fuur le dos des mères
que l'on cueille pour femer, ne font point
dus, & font les premiers à
pernairement
peupler; comme ordice font les plus forts, ils donnent de
meilleures
avoir des générations ;pour cet effet donc, il faut
nids préparés dès la veille, & n'avoir
qu'à mettre les mères dedans : le jour que l'or
sème, on prend les mères qui accouchent (ce
qu'on apperçoit à un ou deux petits, qui font
pendans à leur abdomen), & celles qui font les
plus prêtes d'accoucher, ce dont on
leur extrême
juge par
grofleur; on en met quatre, huit,
douze, feize: : 1°. felon la quantité des nids
l'on doit placer: so. felon la fécondité des mères: que
3°. felon la quantité des mères, dont
difpofer: 4°. felon le nombre des
on peut
articles de nopals
l'on
nopals Oit des
que
a à femer: ainfi un
nopal qui ne feroit compofé que de deux articles
ne peut comporter que deux Ou quatre mères au
(r) Comme il ne faut pas que le cultivateur
raflé à faire des nids, par la difficulté ou
foit embarde fe procurer des pétioles de palmier coco, par il l'impofibilité cft
le prévenir qu'il peut employer pour faire
bon de
de paille ou de fil, d'un tiffit lâche, & ces nids une étoffe
petites cochenilles de s'échapper pour fe qui permette aux
nopal,
répandre fur lc
er que deux Ou quatre mères au
(r) Comme il ne faut pas que le cultivateur
raflé à faire des nids, par la difficulté ou
foit embarde fe procurer des pétioles de palmier coco, par il l'impofibilité cft
le prévenir qu'il peut employer pour faire
bon de
de paille ou de fil, d'un tiffit lâche, & ces nids une étoffe
petites cochenilles de s'échapper pour fe qui permette aux
nopal,
répandre fur lc --- Page 115 ---
DU NOP A L.
plus, pour n'être pas fatigué par leur trop nombreufe génération : on peut fe fervir de ce prinproportion dans les femailles; & par
cipe pour
feroit compofé de
conféquent, un nopal qui
çent articles (ily en a qui en ont cent cinquante)
comporter deux ou trois ou quatre cent
peut
diftribuées par quatre en cent
mères au plus,
nids, ou par huit en cinquante nids, ou par
nids; de manière qu'un nid
feize en vingt-cing l'aiffelle d'une branche de
de feize foit placé à
branche
huit articles, & un nid de huit à une
compofée au moins de quatre articles, & un nid
de quatre fous une branche de deux articles. On
croit qu'il ne faut pas trop multiplier les nids,
ni trop diminuer le nombre des mères mifes en
nids, & cependant repartir les nids le plus également poffible; ainfi on croit qu'il vaut mieux
faire les nids de huit mères, afin que le nombre
des nids étant plus grand, l'infeéte foit mieux
diftribué, & ne les pas faire d'une moindre quantité, afin que le travail de la femaille foit moins
minutieux, & marche plus rapidement. Les Indiens n'y mettent pas tant de finelle, mais ce
ne feroit pas avoir une grande fomme d'intelligence & de prévoyance, que de n'en avoir qu'autant qu'eux : quelqu'ancien & perfeétionné que
foit leur art, la routine & la pareffe ont probablement introduit des abus dans leur culture, &
c'eni uft un grand de perdre des mères cochenilles parl'inutilité de leur génération, trop group- --- Page 116 ---
TRAITE DE LA
pée & amoncelée
CULTURE
quand le nid eft alexcès, ce qui arrive toujours
fe fitivent à la trace trop & gros, parce que les petits
uns des autres.
s'établiffent trop près les
On doit préférer & choifir les
mères les plus groffes à
cochenilles
mettre dans les nids
toutes autres pour les
les petits font
5 T'expérience prouve
plus forts, & la
que
ample & plus certaine.
récolte plus
Quand on a mis le nombre
mères dans un nid, quand
fuffifant des
bre de nids firffifans
on a rempli un nomil faut
pour la femaille du jour
lever du promptement foleil s'il placer ces nids avant le 5
branlablement le nid eft poffible ; on place inéà
en l'inférant de force T'aiffelle des branches,
avec line on deux
entr'elles, ou en T'y fixant
angles raflemblés du épines dont l'une attache les
nid à
ce nid, qui par ce
T'autre, un côté de
fur les articles des moyen a une fituation inclinée
du nid doit
nopals. L'extérieur du fond
la chaleur modérée toujours être expofé au foleil, dont
les à quitter le. nid. excite les jeunes cochenilavoir un foin tout
Par cette raifon on doit
la face du nopal particulier de placer les nids fir
garde
qui regarde T'orient, &
que ces nids ne foient abrités prendre
article qui leur dérobe les
par aucun
foleil levant,
premières faveurs du
On piacera les nids à
& demi de terre à la commencer à un pied
naiffance de toutes les
branches,
au foleil, dont
les à quitter le. nid. excite les jeunes cochenilavoir un foin tout
Par cette raifon on doit
la face du nopal particulier de placer les nids fir
garde
qui regarde T'orient, &
que ces nids ne foient abrités prendre
article qui leur dérobe les
par aucun
foleil levant,
premières faveurs du
On piacera les nids à
& demi de terre à la commencer à un pied
naiffance de toutes les
branches, --- Page 117 ---
DU NOPA L.
toujours & finiffant à
branches, , en montant
de
l'article penultième ou même antépénultième
chaque branche ; fi les aiffelles des branches ne
font
commodes pour affeoir les nids, il vaut
mieux pas les fixer avec des épines fur une face
d'article (1).
Cela fait, la cochenille eft femée : on conçoit
qu'il faut s'il eft pofible qu'une nopalerie foit
femée en un jour ou deux, ou même trois au
plus, afin que la récolte fe puiffe faire fimultanément; cela diminue la répétition des opérations, car il faut favoir qu'il n'en coûte pas
2 de temps & de foins pour préparer &
plus fécher cent livres de cochenilles, que pour une
feule.
dont la cochenille filveftre eft
Le coton
air dans la camentouré lui fait braver en plein
pagne les orages. S'il en périt quelques-unes 2
refte
aflez non-feulement pour la
il en
toujours mais même pour la recueillir : ainfi
perpéruer, 7
non-feulement on la femera pendant tout T'hiver,
faifon des fecs, mais aufli pendant l'été,
ou la
la faifon des pluics ; les récoltes
c'eft-à-dire,
on doit s'y attendre;
feront moins abondantes,
mais elles feront affez avantageufes pour mériter
d'être faites.
(1) Ce procédé a Tinconvénient de produire la gomme. S
qui fuivant notre auteur eft une maladie. Voyez dans notre
journal le procédé que l'on peut fubftituer.
Aa --- Page 118 ---
TRAITÉ DE
Le coton dont la LAJCULTURE
entouré la met en état cochenille de
filveftre eft
l'extrême ardeur du
braver également
apperçu qu'il ait nui à foleil; la on ne s'eft jamais
croît
cochenille filveftre
(pontanément, & qui
qui
au
réuflit
Port-au-Prince, ce qui fait
parfaitement
réuffiroit encore mieux dans les préfiumer qu'elle
de la colonie, où de l'aveu
autres partics
la chaleur eft bien
de tout le monde,
plus tempéréc,
CHAPITRE VI
De la manière de recueillir
la cochenille Rlrepre.
Le jour de la récolte de la
eft le véritable jour du
cochenille filveftre
triomphe de cette
d'exploitation 5 elle eft au-deffus de
forte
autres connues dans
toutes les
de l'avancer : pour s'en Tunivers, on ne craint pas
les yeux fur les récoltes convainere, les
que l'on jette
les plus intéreffantes
plus précieufès &
raifins, des olives, des ; celles des grains, des
gots, des caffés, des cannes à ficre, des indichanvres, des lins, des rocoux, des tabacs 2 des
des fruits de toutes
légumecs, des fourages,
fente les travaux efpèces; 5 que l'on fe reprépénibles, durables,
difpendieux, enfin le temps
émormes,
ont employés à les
que l'art & la nature
barras, T'encombrement préparer; les fardeaux, l'emde toutes ces récoltes,
ots, des caffés, des cannes à ficre, des indichanvres, des lins, des rocoux, des tabacs 2 des
des fruits de toutes
légumecs, des fourages,
fente les travaux efpèces; 5 que l'on fe reprépénibles, durables,
difpendieux, enfin le temps
émormes,
ont employés à les
que l'art & la nature
barras, T'encombrement préparer; les fardeaux, l'emde toutes ces récoltes, --- Page 119 ---
D U NOPA Lo
37*
fa précipitation avec laquelle O1l eft forcé de
les faire quelquefois pour n'en pas perdre la
totalité ou partie : que l'on penfe aux opérations également pénibles 2 aux manipulations
nombreufes & délicates qu'exigent la plupart
d'entr'elles, après qu'elles ont été féparées du
fein de la terre ; que l'on compare leurs produits, leurs prix avec celui de la cochenille (1)
filveftre, & la fimplicité de l'opération par
& on la
à être
laquelle on la recueille
prépare
gardée des fiécles entiers 2 & l'on fera forcé
d'avouer qu'il n'eft point de récolte fi facile >
fi
difpendieufe à préparer 7 à faire & à
garder peu : on récolte cent livres de cochenilles
le matin & le foir, on les vend ; voilà comme
cela fe fait.
Deux mois après que la cochenille a été femée,
mois
que l'on a vu,
un
après jour pout jour
les mâles accouplés avec les femelles, pafer
de la jouiffance au néant, O1l voit fortir quelpetites cochenilles du fein de leurs mères;
ques voilà le moinent de la récolte générale : ne le
afin que les petites cochenilles
manquez pas 2 elles-mèmes, ce
eft en pure'
ne fe sèment pas
qui
perte; car en nettoyant les nopals on fait périr
(1) Il femble que l'auteur n'ait pas prévu que le prix
de la cochenille baifferoit néceffairement fi la culture étoit
adoptée dans les colonies françoifes, par la raifon que l'augmentation de quantité d'une denrée fait néceffairement dimisuer fa valeur.
Aa 1 ij
chenilles
manquez pas 2 elles-mèmes, ce
eft en pure'
ne fe sèment pas
qui
perte; car en nettoyant les nopals on fait périr
(1) Il femble que l'auteur n'ait pas prévu que le prix
de la cochenille baifferoit néceffairement fi la culture étoit
adoptée dans les colonies françoifes, par la raifon que l'augmentation de quantité d'une denrée fait néceffairement dimisuer fa valeur.
Aa 1 ij --- Page 120 ---
TRAITÉ DE LA
les jeunes cochenilles
CULTURE
maturément.
qui fe font répanducs préDès le matin à l'aube du
la nopalerie ; On1 raffemble jour on entre dans
rens, voifins, efclaves,
pour cela amis 7 paenfans,
toute la famille, femmes,
vieillards, ce doit être
>
une partie de
un jour de féte,
tout lemonde eft plaifir ; perfonne n'eft de
chacun
propre à cette cueillette trop >
armé d'un plat, d'un
legère,
d'un linceul
panier Ol même
d'un couteau lattachéaus reins par les quatre
long de fix
coins,
dont le tranchant
pouces, 7 large de deux,
celui d'un
émouffé & arrondi comme
ni incifer la couteau de toilette ne puiffe
du
plante ni l'infeéte ; on paffe la couper
couteau, que l'on tient de la
lame
entre l'écorce du nopal & les main droite 2
nilles dont il eft couvert
rofes de, cachemain gauche qui les
5 elles tombent dans la
a un plat, un
place dans le linceul ; fi on
fous le couteau bafin, un panier, O1l les
pour recevoir les
préfente
détache. Un enfant de dix
cochenilles qu'il
colter dix livres
ans peut ainfi en répar jour, qui étant tuées
delfichés, en produifent au
&
& demi marchandes 3 il faut moins trois livres
de terre & d'ordure
ramaffer le moins
On travaille ainfi qu'il eft poffible,
& à ce moment 0O11 tue jufqu'à la neufheures du matin,
ou l'on travaille toute la cochenille fi l'on veut,
à tucr au lendemain
journée, & l'on attend
quantité, Soit
pour en avoir une plus
que l'on tue en petite
grande
quantité Qu
és, en produifent au
&
& demi marchandes 3 il faut moins trois livres
de terre & d'ordure
ramaffer le moins
On travaille ainfi qu'il eft poffible,
& à ce moment 0O11 tue jufqu'à la neufheures du matin,
ou l'on travaille toute la cochenille fi l'on veut,
à tucr au lendemain
journée, & l'on attend
quantité, Soit
pour en avoir une plus
que l'on tue en petite
grande
quantité Qu --- Page 121 ---
D U NOP A L.
voici comme l'on doit s'y prendre.
en grande dix 2 livres de cochenille crué 7 ayez une
Pour
de deux pieds de diamètre 2
baye Ou un baquet
étendez une
& d'un pied de haut tout au plus 5
les
ferpillière ou torchon dedans, de manière que
fortent dul baquet; cela fait, étendez fur cette
coins
dix livres de cochenilles, ayant foin,
ferpillière
grouppées en
comme elles font ordinairement
rofes, de divifer avec les doigts les plus gros
recouvrez-les d'un autre torchon ou
grouppes 2
deffus avec des
ferpillière que vous affujettirez les foulève pas.
petits cailloux, pour qu'on ne bouillante toute
Cela fait vous avez de l'eau
vous jetez deffus auflitôt, jufqu'à-ce
prête que
la ferpillière fupéqu'elle couvre laiffez entièrement ainfi le tout pendant une 7
rieure 2 vous
cela ne peut nuire : il
deux & trois minutes, l'eau n'a pas le temps de
n'y a rien à craindre;
font
&
diffoudre les infectes, s'ils ne
broyés, Elle a
la chaleur ne peut les briler, les calciner, elle n'en ôte
ne fert qu'à les tuer uniquement, 2
effenmême felon les apparences aucunes facilite parties l'évatielles que le phlegme dont elle
poration, caril eft prouvé par vingt expériences,
çochenille tuée par une bleffure quelqu'une
difficilement & plus lenteconque sèche plus
bouillante. On les retire
ment qu'une tuée à l'eau
l'eau (1).
de-là après avoir décanté ou écoulé
Çette eaul et toujours plus ou moins colorée, & u
(t)
Aa iij
enmême felon les apparences aucunes facilite parties l'évatielles que le phlegme dont elle
poration, caril eft prouvé par vingt expériences,
çochenille tuée par une bleffure quelqu'une
difficilement & plus lenteconque sèche plus
bouillante. On les retire
ment qu'une tuée à l'eau
l'eau (1).
de-là après avoir décanté ou écoulé
Çette eaul et toujours plus ou moins colorée, & u
(t)
Aa iij --- Page 122 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
On les étend fort clairement fur
des
une table, Out.
planches, ou dans des baffins
d'airain ou de
fer.blane, ce qui au foleil, à l'abri d'un vent
violent, vaut beaucoup mieux. Elles sèchent
la journée, en ayant foin de les
dans
remuer à la main à midi, afin
retourner &
ties humides au foleil. Pendant d'expofer les pardes ouvriers tuent de l'autre
cette opération
F'eau bouillante
cochenille dans de
continuent de que l'on prépare exprès, &
même jufqu'à ce qu'il
rien à faire. On croit
n'y ait plus
qu'il eft avantagenx
tout eft tué & defféché dans
quand
un jour de les
expofer encore une fois le lendemain au
afin de les deffécher plus
foleil,
l'efprit
parfaitement, & d'avoir
tranquille fur leur defliccation
cela ne colite
c'eft
abfolue ;
rien,
une chofe dont on
peut fe paffer à la rigueur, mais
pratiquer
que l'on doit
pour n'avoir ricn à fe reprocher ni
craindre de T'humidité ou de la
Dix perfonnes
corruption (r).
peuvent ainfi en deux jours
préparer pour deux cent livres de
>
filvefres fans fe fatiguer.
cochenilles
S'il eft quelque manière
la cochenille
avantageufe de tuer
filveftre, c'eft l'eau bouillante; les
plaques de fer chaud, ni le
four, ne font ni fi
eft impoffible que cela foit autrement; mais on ne
apprécier les petites pertes inévitables dans
doit pas
ture en grand.
unc manufac-
(t) L'anteur ne paroit pas prévoir les variations
qui peuvent apporter des contrariétés dans ces du temps
opérations.
illes
S'il eft quelque manière
la cochenille
avantageufe de tuer
filveftre, c'eft l'eau bouillante; les
plaques de fer chaud, ni le
four, ne font ni fi
eft impoffible que cela foit autrement; mais on ne
apprécier les petites pertes inévitables dans
doit pas
ture en grand.
unc manufac-
(t) L'anteur ne paroit pas prévoir les variations
qui peuvent apporter des contrariétés dans ces du temps
opérations. --- Page 123 ---
DU Niop A L.
ni fi certains, & font bien plus dancommodes,
que leur chaleur ne pouvant pénégereux, parce
à la fois, il eft à
trer promptement cochenilles partout les plus à découvert
craindre que les
celles qui font en
ne fe calcinent, tandis que
recevoir la
grumeaux nc peuvent même encore
faffifante pour les étouffer ou les tuer.
chaleur
eft la feule
On croit que la méthodé indiquée
préparer la cochenille filveftre 3
praticable pour
d'autres pour la
on n'en a. pas vu pratiquer celle-ci eft bien
cochenille fine, & cependant
n'ef
plus propre à les fouffrir, parce qu'elle
grumelée; chaque infeéte étant parfaitejamais ifolé d'avec un autre, n'ayant aucun coton
ment
au lieu que
qui puiffe lui donner d'adhérence,
filveftres recueillies font toujours
les cochenilles
8 même
grouppées, par deux, trois, ou quatre
vingt ou trente.
filveftre eft tuée, defféQuand la cochenille
dans des
chée, on peut la garder des fiécles (1)
dans
boëtes de cèdres, ou de pin marin 9 ou
de cuir de beeuf bien coufues. On
des fanéges
un tiers
la vend à Guaxaca même 2 toujours elle fuit le
moins que la cochenille fine, dont
cette graine n'a qu'un an 7
(t) I1 faut noter que quand eft blaffarde, & quand elle en a
ia teinture qu'elle rend fa vertu ; de forte que pour l'avoir
quatre 1 clle a perdu
ni jeune ni vicille. V. hiftoire
bonne, il ne la faut prendre chap. LXI, tradudion du
naturelle de C. Plin. 2 liv. IX,
Sieur Antoine du Piney.
Aa iv
moins que la cochenille fine, dont
cette graine n'a qu'un an 7
(t) I1 faut noter que quand eft blaffarde, & quand elle en a
ia teinture qu'elle rend fa vertu ; de forte que pour l'avoir
quatre 1 clle a perdu
ni jeune ni vicille. V. hiftoire
bonne, il ne la faut prendre chap. LXI, tradudion du
naturelle de C. Plin. 2 liv. IX,
Sieur Antoine du Piney.
Aa iv --- Page 124 ---
376 TRAITÉ DE LA
prix en cette
CULTURE
vaut vingt
proportion. Si la cochenille fine
gourdes quatre réales qui font trois
2 c'ef-à-dire,
piaftres
nos colonies à quinze livres trente-trois efcalins de
de France, alors la cochenille douze fols, argent
réales, ou deux piaftres
filveftre vaut feize
ou dix livres neuf fols gourdes de nos colonies,
Après que l'on a récolté argent de France.
il faut nettoyer
la cochenille filveftre,
un linge que l'on foigncufement le nopal avec
pour en frotter affez trempe fort les fouvent dans l'eau 2
articles du nopal.
CHAPITRE VIL
De Lutitiol, de riducation G
nille Rtvefre dans la colonie 2 récolte de la cocheDomingue,
frangoife de SaintQur l'on ne s'imagine
cochenille filvefire
pas que le prix de la
cochenille fine, foit 2 moindre que celui de la
de fa couleur à celle une prenve de
feroit dans
de la cochenille Tinferiorité fine.
cheroit
une erreur décourageante
On
de
probablement de fe livrer qui empé.
cette précieufe denrée.
à la culture
ne difère de la cachenille La cochenille filveftre
dont elle eft couverte
fine que par le cotou
& abforbe
5 cela
une partie de la augmente fon poids
plus grande quantité de couleur 3 il faut une
cochenille filveftre que --- Page 125 ---
DU NOPA L:
de cochenille fine pour opérer le même effet 2
& avec. juftice en
& c'eft ce qui nécellairement fait à quel point de
diminue le prix 5 mais qui
s'élever cette
fureté de qualité, de perfection peut
?
produétion cultivée avec foin & intelligence Si le
Qui fait quel prix elle pourra acquérir ?
réduit en ferme la vente de cette
roi d'Efpagne
d'Amérique, comme
denrée daus fes poffefions
fera la valeur
on en a le projet, qui fait quelle
viendra
de la cochenille filveftre quand celle qui
de
fuffire aux befoins
de nos poffeflions pourra
& quand on pourra charger
nos mannfaétures, des droits fur Timportation
impunément l'étranger
de cette denrée ?
néceffaire
Mais fi la cochenille eft abfolument
fi
à la métropole 2 fi l'exportation en eft facile, bénéle débit en eft affuré , en un mot s'ily a du
fice à la cultiver ; enfin fi la récolte en eft certaine & affurée, toute autre confidération doit
s'évanouir, & un homme fenfé aimera autant
faire de la cochenille filveftre que de la cochenille
fine. Cctte denrée eft effentiellement utile & même
néceffaire aux manufaôtures de la métropole 5
celaeftprouvé par l'ufage des teinturiers, qui emploient la cochenille filveftre: eau grand & bon teint,
& par le commerce que nos négocians en font.
Son exploitation eft facile, on a pu s'en convaincre
l'expofé que l'on a fait. Enfin il y
hénéfice par à la réçolter. Quelle mife dehors
a du
iellement utile & même
néceffaire aux manufaôtures de la métropole 5
celaeftprouvé par l'ufage des teinturiers, qui emploient la cochenille filveftre: eau grand & bon teint,
& par le commerce que nos négocians en font.
Son exploitation eft facile, on a pu s'en convaincre
l'expofé que l'on a fait. Enfin il y
hénéfice par à la réçolter. Quelle mife dehors
a du --- Page 126 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
y a-t-il à faire pour les établiffemens
culture? aucune. Quelles
de cette
fier? les plus mauvaifes, terres peut-on y facrifes. Quels nègres
excepté les marécageufoibles, les
peut-on y employer ? les plus
infirmes, les
grofles, les enfans.
vieillards, 7 les femmes
t-il à faire ? fercler Quels travaux grofliers y anopalerie ; tout nègre au couteau les herbes de la
travaux
eft capable de cela.
y a-t- il à faire quand les
Quels
mères font leur part? les
cochenilles
les
prendre, les mettre
nids, 2 les attacher fur le
dans
cochenille femée; la
nopal 2 voilà la
boniliante, l'étendre recueillir, la tuer dans l'eau
voilà tout le
au foleil pour la faire fécher,
travail, & il n'a rien de
Chaque récolte on peut tirer cent pénible.
cochenille filveftre d'un
livres de
mife en nopalerie,
carreau & demi de terre
ligent,
cultivée par un nègre intelqui aura au-deffous de lui
tre
trois ou
nègrillons 5 on fait trois
quadant les fecs, & trois foibles grandes récoltes penles pluies. Suppofé
le
récoltes pendant
terre ainfi cultivée que
carreau & demi de
livres de cochenille ne donne que deux cent
deux mille livres; sèche par an, c'eft toujours
c'eft
5 qu'il n'en donne
cent'
un produit net de mille livres que
livres,
France par an : un carreau & demi
cours de
en fucreric n'en
de bonnet terre
toute autre mife dehors. produit pas plus & exige une
On doit ajouter que lc nègre & fes
n'ont pas un mois d'ouvrage à faire dans nègrillons la
nopa-
deux cent
deux mille livres; sèche par an, c'eft toujours
c'eft
5 qu'il n'en donne
cent'
un produit net de mille livres que
livres,
France par an : un carreau & demi
cours de
en fucreric n'en
de bonnet terre
toute autre mife dehors. produit pas plus & exige une
On doit ajouter que lc nègre & fes
n'ont pas un mois d'ouvrage à faire dans nègrillons la
nopa- --- Page 127 ---
D U NOPAL
deux mois que la cochenille exige
Terie pendant récoltée 5 les fix autres mois retompour être
peut les
bent donc tout à profit au maître, qui
employer dans d'autres travaux (1):
la culture de la cocheEnfin, on peut regarder
nille filveftre comme très-avantageufe, parce que
fes récoltes fe font toute l'année 2 parce qu'elles
font toujours certaines 7 parce que le produit de
récoltes fupplée au défaut de la récolte de
ces" cochenille fine ; la cochenille filveftre eft donc
la
le cultivateur une reffource 2 une indempour
le, confommanité ; elle l'eft pareillement pour fe paffer de
teur 2' qui peut bien à la rigueur abfolument fe
cochenille finc, mais il ne peut
paffer de cochenille filveftre.
MexiIln'y a que les plus pauvres Indiens au cochequi cultivent la cochenille filveftre, la
que nille fine eft l'entreprife des plus riches : pourla première? C'eft
quoi les pauvres cultivent-ils moins de foins', & le proque fa culture exige
duit eft moins incertain 3 ils ne font pas obligés
d'acheter la femence de la cochenille, (on explicela veut dire 2 en'traitant de la
quera ce que
Enfin les malhéurs funeftes qui
cochenille fine).
fine n'influent en rien ou
ruinent la cochenille
Nous croyons qu'il cft effentiel qu'un atelier foit
(1)
toute T'année, comme
occupé dans une mannfactures. nopalerie pendant Cela dépend de la difpofition
dans les antres & de l'étendue de terre que l'on aura à
de fes plantations
çultiver.
2 en'traitant de la
quera ce que
Enfin les malhéurs funeftes qui
cochenille fine).
fine n'influent en rien ou
ruinent la cochenille
Nous croyons qu'il cft effentiel qu'un atelier foit
(1)
toute T'année, comme
occupé dans une mannfactures. nopalerie pendant Cela dépend de la difpofition
dans les antres & de l'étendue de terre que l'on aura à
de fes plantations
çultiver. --- Page 128 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
que très-peu fur la cochenille filveftre
Indien perd
dans
: le riche
beaucoup
ces
il
perdre; le pauvre ne perd rien malheurs, du
peut
rien à perdre : voilà
tout 7 il n'a
aux mêmes rifques pourquoi il ne s'expofe pas
(1).
Les récoltes de la cochenille
rées dans la colonie
filveftre font affugue. 1". Parce
françoife de Saint - Domincochenille
qu'en tout temps O1l y trouve la
fe
filveftre, qui habite naturellement &
multiplie fr les
tue; il n'eft
pérefchia, ou pattes de torpeut-être aucune Partie de
ohiln'y en ait. 2°, Parce qu'en lui donnant l'isle
nourriture une plante infiniment
pour
geufe pour la
plus avantaperfeationner, développer , la multiplier & la
d'une récolte O1l acquiert une certitude de plus
autant de degrés avantageufe. de
3°. Parce qu'il eft
Domingue
de température d'air à Saintjufu'à
que
nombres, depuis vingt -
neuf, en redefcendant
cing
& que l'on a vu cet infecte habiter jufqu'à la glace >
mingue des territoires où la
à Saint-Dotucllement de vingt à
chaleur eft habicomme On1 l'a-vu habiter vingt-cing degrés à midi,
toires où la chaleur
au Mexique des terrivarie tous les jours
neufdegrés à minuit pendan:
depuis
& vingt-cinq à midi; enfin la Thiver, jufqu'à vinge
récolte eft d'aumier (1) On voit par ce chapitre, 2 que M. J. n'eft
uille filveftre. qui ait parlé des avantages de la culture de pas la le cochea pres
1 l'a-vu habiter vingt-cing degrés à midi,
toires où la chaleur
au Mexique des terrivarie tous les jours
neufdegrés à minuit pendan:
depuis
& vingt-cinq à midi; enfin la Thiver, jufqu'à vinge
récolte eft d'aumier (1) On voit par ce chapitre, 2 que M. J. n'eft
uille filveftre. qui ait parlé des avantages de la culture de pas la le cochea pres --- Page 129 ---
D U NOPA L.
affurée, que l'on en a fait l'expérience
tant plus
voudra la répéter
pendant trois ans : quiconque fuivant les règles
fera en état de le faire 7 &
prefcrites dans ce traité.
d'habiLa colonie fe peuple de plus en plus
de
fans reffource, que l'indigence y amène
tans France dans l'efpoir de s'y enrichir; les grandes
les meilleures terres, c'eftcultures ont envahi
le
à-dire, celles qui font arrofées ou arrofables;
& celui des cultivanombre des terres diminue,
teurs augmente: : qui a-t-il de plus avantageux
l'induftrie de cette nouvelle
que de fiuppléer par
culture à la rareté des terres? Elle en exige peu,
être
fur les plus mauvaifes:
elle peut arrivant pratiquée de France n'a pas de capitaux
le nouvel
autre culture, & il en
pour entreprendre une befoin
celle-là,
faut, mais il n'en a pas
pour
ne
blanc délicat 8 d'unc foible complexion
un bécher la terre, 2 la fouiller comme un nègre,
peut
une fois établie (1), le blanc
mais la nopalerie fouiller ni de bécher, & il
n'a pas befoin recueillir de
fans fin de la cochenille
peut femer &
enfn tout
filveftre fans s'épuifer de fatigue 5
ifolé, foible de conftitution,
homme pauvre 2
faire de la cochenille filveffans capitaux, pourra
baile eftimation,
tre, en mettant tout à la plus
L'entretien d'une nopaleric n'eft pas pénible, mais il
(i)
de Tétablir, & c'eft CC que l'auteur parois
l'eft davantage
avoir oublié en cet cndroit. --- Page 130 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
autant qu'il en faut pour le nourrir à mille écus
de penfion, > monnoie de la colonie,
bien d'économes en
par an. Comdes
gagnent bien moins, font
travaux plus rudes, & font chez autrui!
L'homme robufte accoutumé aux travaux de la
campagne en France en pourra faire trois fois
autant, mais peut-il fonger à faire un
revenu avec fes feuls
pareil
bras, en ficre,
coton, café, cacao, ou tabac ? S'il eft indigo,
qui connoifle la douceur de vivre des quelqu'un fruits de
fon travail manuel, de ne pas s'obérer de
de ne contraéter aucune
dettes,
noiffànce dont tant de faux obligation de reconbienfaiteurs
enfin de ne pas expofer de grands
abufent,
grandes
capitaux à de
révolutions; cet homme cultivera de la
cochenille filveftre & même de la fine s'il lui
plaît, en fitivant les règles que nous lui avons
indiquées.
connoifle la douceur de vivre des quelqu'un fruits de
fon travail manuel, de ne pas s'obérer de
de ne contraéter aucune
dettes,
noiffànce dont tant de faux obligation de reconbienfaiteurs
enfin de ne pas expofer de grands
abufent,
grandes
capitaux à de
révolutions; cet homme cultivera de la
cochenille filveftre & même de la fine s'il lui
plaît, en fitivant les règles que nous lui avons
indiquées. --- Page 131 ---
DE
LEDUCATION
De la Cochenille fine.
SECTION.
SECONDE
CHAPITRE Ier,
De la cochenille fine.
différence du prix de la cochenille fine, fuf- &
LA
filveftre indique
de celui de la cochenille l'une de ces denrées
fifamment quelle fupériorité l'autre, & invite le cultivaa naturellement fur
la cochenille finc, ou
teur du nopal à préférer de conftance que la cocheà T'éduquer avec autant
nille filveftre. femblable de naiffance 7 d'accroiffeA terme individus de la cochenille fine font toument, les
que ceux de la filvefjours du double plus de gros folidité dans les couleurs
tre; fi celle-ci a plus
d'éclat & de brilqu'elle donne, celle-là a plus
les artiftes qui
lant : voilà de quoi conviennent lui affurera conftamT'emploient 7 voilà ce qui
le
univerfel, ce qui en procurera
ment un ufage
fa culture.
débit, & encouragera
celui qui
De deux nopals de pareille grandeur, donnera toujours
fera chargé de cochenille fine --- Page 132 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
au moins un tiers plus de poids de cette denrée,
que celui qui fera chargé de cochenille filveftre,
parce que les ccchenilles du premier font plus
groffes, parce qu'il peut loger un plus grand nombre de cochenilles fines que l'autre de cochenilles filveftres.
La cochenille fine fc nomme au
les Indiens & par les Efpagnols Mexique 2 par
à-dire graine fine. Elle fert 2 grana fna, c'eft
dans la
dans la médecine 5
teinture, & à la peinture, quand elle eft
employée dans le carmin, C'eft avec elle que l'on
compofe les couleurs les plus fines & les plus
brillantes de la teinture 7 depuis Je cramoif juf
qu'à la couleur de feu la plus vive : fon ulage,
la univerfellement répandu chez tous les peuples de
terre qui cultivent les arts, affure à cette produétion un débit qui varie peu dans le prix; & fi
on réuffit à les éduquer dans les colonies françoifes 2 les colons doivent cfpérer que la leur
obtiendra de la patrie la préférence fur celle
l'on eft obligé d'acheter de l'étranger. Il a que
été
déjà
conllaté, par une expérience faite par M.
Macquier (1), que celle du crà du Port-au-Prince
ne cédoit en rien à celle du
&
étoit auffi parfaite : il refteà Mexique, qu'elie
& par des effais en grand, prouver eft par ce traité,
qu'il
auffi facile &
avantageux de Ia récolrer à
Mexique.
Saint-Domingue qu'au
(:) Fameux chimifte françois,
La
que
été
déjà
conllaté, par une expérience faite par M.
Macquier (1), que celle du crà du Port-au-Prince
ne cédoit en rien à celle du
&
étoit auffi parfaite : il refteà Mexique, qu'elie
& par des effais en grand, prouver eft par ce traité,
qu'il
auffi facile &
avantageux de Ia récolrer à
Mexique.
Saint-Domingue qu'au
(:) Fameux chimifte françois,
La --- Page 133 ---
D U NOPA A L.
La cochenille fine étant conformée & organifée
dc même, naiffant de la même manière, croiffant
dans les mêmes périodes, & achevant fon cours
dans les mêmes termes que la cochenille filveftre 9 on n'en donneroit pas une defcription particulière, fi des différences effentielles dans les
dans l'extérieur, n'obligeoient de la démceurs 7
après avoir vu de la
peindre aux lecteurs, qui,
tenir
cochenille filveftre, ne fauroient à quoi is'en
fi en leur montrant la
au premier coup-d'ail, ils n'en connoiffoient pas les ca-,
cochenille fine,
raêtères fpécifiques.
dans
On ne voit la cochenille fine nulle part
les campagnes & les forêts du Mexique 3 elle
n'habite que les cazes & les jardins des Indiens
qui la récoltent.
accouchent de la même
Les femelles cochenilles
manière que les cochenilles filveftres, deux mois
après leur naiffance 2 trente jours après leurs
Elles
alors de la groffeur d'un
noces.
paroiffent
petit pois de France, un peu alongées, le corps
applati du côté du ventre & de l'abdomen 2 le
dos convexe 2 rayé par des rides tranfverfales 2
qui aboutiffent au ventre par une double marge
fr laquelle on voit douze petites foies dans
les jeunes 2 qui difparoiffent dans les adultes,
auxquelles il n'en refte que quelques-unes à l'extrémité de l'abdomen. Elles femblent blanches au
mais dépouillées de la poupremier coup-d'ceil,
dre blanche qui les couvre, elles font d'un brun
Bb
le
dos convexe 2 rayé par des rides tranfverfales 2
qui aboutiffent au ventre par une double marge
fr laquelle on voit douze petites foies dans
les jeunes 2 qui difparoiffent dans les adultes,
auxquelles il n'en refte que quelques-unes à l'extrémité de l'abdomen. Elles femblent blanches au
mais dépouillées de la poupremier coup-d'ceil,
dre blanche qui les couvre, elles font d'un brun
Bb --- Page 134 ---
TRAITÉ DE LA
CULTURE
très-foncés elles ont fix petites
perceptibles, enfoncées dans les pattes prefqu'imcorps., ainfi que leur tête
rides de leur
la poitrine.
Oll leur bec Teft dans
Les petits font contenus dans le
mère, attachés comme les
ventre de la
1111 placenta
grains d'un chapelet à
loppe d'un ceuf. commun, fous la forme & l'enveIls meurent pour
cette forme quand leur mère
l'ordinaire fous
dépouillent au paffage de la vulve avorte, mais ils fe
alors on les voit
en naiffant, &
femelles avec parfaitement bien organifés. Les
connoître le toutes leurs foies font faciles à re-
; mâle qui en a
ment : la femelle eft
moins, l'eft égaletête
le
groffe comme une petite
d'épingle 2
mâle eft moindre du double
quelquefois ils reftent deux ou trois
inère pendus à fon abdomen
jours avec la
comme une petite
2 tous enfemble
& fous fon
grappe, 9 ou épars fir fon dos
ventre 2 julqu'à ce que preffés par la
faim, ayant affez de force
don ombilical, ils courent fe pour rompre le corQuoique l'on eût dit dans placer fir les nopals.
cette matière,
un mémoire écrit fur
que les petites cochenilles
paflbient pas d'un nopal fir un
ne
perçu le contraire
autre, on a apbranches de deux depuis; cela arrive quand les
nopals fe touchent, Oli
éloiguées de deux ou trois
quand
par des fils de toile
pieds, elles font liées
petites cochenilles d'araignée, Ona vu alors les
fe
fur
courir fir ces fils, chercher à
placer
un autre plan que celui fur
lequel
,
un mémoire écrit fur
que les petites cochenilles
paflbient pas d'un nopal fir un
ne
perçu le contraire
autre, on a apbranches de deux depuis; cela arrive quand les
nopals fe touchent, Oli
éloiguées de deux ou trois
quand
par des fils de toile
pieds, elles font liées
petites cochenilles d'araignée, Ona vu alors les
fe
fur
courir fir ces fils, chercher à
placer
un autre plan que celui fur
lequel --- Page 135 ---
D U NOPA L.
eiles font nées 5 elles fe fixent avec leurs pattes
insèrent dans Técorce
& avec leur trompe, qu'elles tard le jour fuivant.
dès le même jour 2 au plus
elles périffent
Leur trompe rompue ou diftendue 2 & ne peude même que la cochenille filveftre 7 avec fruit
vent pas plus qu'elle être tranfportées inférées, fur une
de la plante oà elles font déjà
d'appliautre. Elles femblent mettre encore plus on les
cation à choifir leur place fur les nopals: des articles à :
voit éviter foigneufement l'afpeét
fe fixer
lef, chercher les meilleurs abris pour & éviter la
fur la page tournée à Touep-fud-oueh, nord & de nord-ef, & furviolence des vents de
plus forte que celle
tout la brife d'ef toujours la mère débarraffée de
d'ouef. Pendant ce temps
fes petits périt promptement. la femelle met bas
Dix jours après la naiffance, de petites foies, &
fa robe bordée & frangée blanche très-fine,
paroit fe couvrir d'une poudre : alors elle ref
au toucher
& prefqr'impalpable
de la
femble à ces grains de poudre échappés & tombés par
houpe à poudrer du perruquier, d'abord mélés indifinéteterre. Les mâles font
mais après dix jours 5
ment avec les femelles,
, qui eft réelils fe forment un fourreau cilindrique, à mefure
dont ils fe défendent
lement une larve,
reftant cachés jufqu'à leur
qu'ils grandilient, en les mâles de la cochenille
puberté 1 ainfi que
iilveftre. Ce fourreau eft un cilindre à-peu-près
couvert de poudre bianche : c'eft par
conique,
Bb-ij
font
mais après dix jours 5
ment avec les femelles,
, qui eft réelils fe forment un fourreau cilindrique, à mefure
dont ils fe défendent
lement une larve,
reftant cachés jufqu'à leur
qu'ils grandilient, en les mâles de la cochenille
puberté 1 ainfi que
iilveftre. Ce fourreau eft un cilindre à-peu-près
couvert de poudre bianche : c'eft par
conique,
Bb-ij --- Page 136 ---
388 TRAITÉ DE LA
leur trompe qu'ils demeurent CULTURE
à la plante,
attachés & pendans
L'économic de la nature
la cochenille fine de
paroit avoir couvert
graffe, pour la
cette poudre blanche &
pluie ordinaire préferver de T'humidité d'une
dont les gouttes roulent petite
poudre fans pouvoir mouiller
fur cette
elle a armé la cochenille Tinfeête, comme
épais, également tenace & filveftre d'un coton
d'une pluie plus violente fin, contre les chocs
La grande diférence (1).
nille filveftre & la cochenille extérieure entre la cocheégalement blanches, c'eft
fine, qui paroiffent
nille fine, malgré la
que le corps de Ia coches'apperçoity
poudre dont il eft
à peine la filveftre parfaitement bien, au lieu que couvert, l'on voit
cochenille filveftre qui eft enveloppée de coton, La
eft donc
cochenille fine farineufe cotonneufe, 2 & la
toujours du double plus Oll poudreufe, mais
Vingt ou vingt-cing groffe que la filveftre.
la femelle cochenille fe jours après fa naiffance 7
robe enl la tirant de l'abdomen dépouille encore de fa
formité qu'elle a avec lc mâle ou thorax, confon fourrean : cela
qui fort ainfi de
l'autre font fous une indique larve. bien que l'un &
lement fe fait
Ce fecond dépouill'infeête, foit toujours dans au péril de la vie de
que
les mouvemens qu'il fait
(r) Ce n'eft pas la raifon la
ce gue 19uS avons dit dans une plus iote probable. Voyez ci-deffus
fir ce fijet,
encore de fa
formité qu'elle a avec lc mâle ou thorax, confon fourrean : cela
qui fort ainfi de
l'autre font fous une indique larve. bien que l'un &
lement fe fait
Ce fecond dépouill'infeête, foit toujours dans au péril de la vie de
que
les mouvemens qu'il fait
(r) Ce n'eft pas la raifon la
ce gue 19uS avons dit dans une plus iote probable. Voyez ci-deffus
fir ce fijet, --- Page 137 ---
DU NOP A L.
il rompe fa trompe, 2 ou qu'il
pour fe débarraffer
du thorax par cette robe
foit étouffé au paffage ainfi dépouillée paroit
trop étroite; la femelle
fuivant elle eft
d'un brun clair, mais le jour qu'elle occupe
déjà poudrée à blanc, & la place diamètre de deux
eft tràcée en cercle blanc du après elle eft
lignes 5 trois ou quatre jours
dans l'appale mâle fort de fon fourreau
nubile. 7
décrit à l'article de la cochenille
reil nuptial
fine eft parfiiveftre, le mâle de la cochenille de la filveftre, il
faitement femblable au mâle
qui eft double 7
n'en diffère que par fa groffeur & les mêmes careffes
il employe le même art il les exprime de la
pour faire agréer fes feux, champétre 2 amor
même manière que l'amant plus tempérant que
omnibus idem 5 il n'eft pas
lui, auffi finit-il de même. d'être dit du période
On voit par ce qui vient fines vivent & meudans lequel les cochenilles celui dans lequel les cocherent, qu'il eft égal à
leurs deftinées, que
nilles filveftres rempliffent celle -ci fix générations
la première a comme
les recueillir penpar an, & que l'on pourroit
trop violentes
dant toute T'année, fi les pluies
leur mul-
& n'exterminoient pas
ne dérangeoient
tiplication.
femble ici le lieu d'examiner la
Ce feroit il
fine eft une efpèce
queftion 2 fi la cochenille filveftre, ou fi l'une
différente de la cochenille
& quelle eft
variété de l'autre,
n'eft qu'une
Bb iij
ueillir penpar an, & que l'on pourroit
trop violentes
dant toute T'année, fi les pluies
leur mul-
& n'exterminoient pas
ne dérangeoient
tiplication.
femble ici le lieu d'examiner la
Ce feroit il
fine eft une efpèce
queftion 2 fi la cochenille filveftre, ou fi l'une
différente de la cochenille
& quelle eft
variété de l'autre,
n'eft qu'une
Bb iij --- Page 138 ---
TRAITÉ DE LA
l'efpèce
CULTURE
primitive ? On a paru décider
queftion, en traitant d'abord de la
cette
filveftre, & l'on pouvoit inférer
cochenille
regarde comme l'efpèce
de-là qu'on la
fe hafardera pas de
primitive, mais on ne
fi délicate : on fe prononcer fir une queftion
contentera de
plement des faits, qui obfervés rapporter fimpourroient mettre les naturaliftes fréquemment
prononcer : on a vu
en état de
la cochenille fine s'unir plufieurs fois les mâles de
nille
aux femelles de la coche.
fois filveftre; on a trouvé, en fouillant
aux racines des nopals à trois plufieurs
terre, des grouppes de la cochenille potices de
(il étoit impofible que la fine
filveftre;
tant elle étoit
s'y fit réfugiée
s'étoient abrités éloignée fous le venr) ). Ces
dans les cavités
grouppes
elles étoient moins
des racines 5
fine, mais elles
groffes que la cochenille
filveftre, & ce l'étoient plus que la cochenille
qui eft digne d'une
particulière, elles n'étoient
attention
coton, ni de foies ; eiles n'étoient point couvertes de
poudreufès Ou farineufes, mais
pas non plus
foient pas éloignées de
elles ne paroif
faits la queftion
l'étre; On joindra à ces
étoit l'efpèce
fivante : fi la cochenille fine
primitive, pourquoi
pas ailleurs,
n'exifteroit-elle
ou à-peu-près indépendamment de la culture telle
a-t-il plufieurs qu'on la voit dans les jardins ? Y
variétés de
que la diverfe conleur de cochenille ? C'eft ce
de fampçonner. Ceux de leurs la excrémens permet
cochenille du Mexi-
l'étre; On joindra à ces
étoit l'efpèce
fivante : fi la cochenille fine
primitive, pourquoi
pas ailleurs,
n'exifteroit-elle
ou à-peu-près indépendamment de la culture telle
a-t-il plufieurs qu'on la voit dans les jardins ? Y
variétés de
que la diverfe conleur de cochenille ? C'eft ce
de fampçonner. Ceux de leurs la excrémens permet
cochenille du Mexi- --- Page 139 ---
DU NOPAL
font bruns 5 ceux de la cochenille de Saintque
font jaunes; ces excrémens ont conDomingue
quoique l'on ait placé fucfervé cette couleur,
de cochenille fur le
ceffivement deux efpèces
ultémême nopal : on n'a fait nulle expérience rejeter ces
rieure fur les preuves qui fembloient intéreffans en
faits , parce que des foins dans plus la fuite l'ouvrage
ont empéché : ce fera
du hafard & du loifir.
CHAPITRE II.
De riducation de la cochenille fine.
la cochenille finc uniquement
I faut éduquer
du Mexique 5 elle peut il
fur le nopal de jardin
fur l'opuntia
eft vrai s'entretenir & fe perpétuer
multimais jamais elle ne s'y
de Campêche,
d'indemnifer le
pliera, non-feulement au point
mais
cultivateur de fes peines par une récolte, de
de
alimenter une nopalcrie
même
pouvoir
femer. On ne doit la
mères cochenilles pour y quand les nopals manfemer fur cet opuntia que
qu'ils aient
abfolument, ou en attendant
queront après quoi il faut abandonner] l'opuntia
multiplié,
8 ne femer que far les nopals.
de Campéche, 2
fine cft une variété de la
Si la cochenille il eft plus probable qu'elle
cochenille filveftre, de fon coton, & n'eft parne s'eft dépouillée
Bb iv --- Page 140 ---
392. TRAITÉ DE LA CULTURE
venue au degré de la grandeur qu'elle
force d'avoir été femée,
a, qu'à
du nopal,
que par la nourriture
qu'elle a préféré à toutes les autres
efpèces, 2 & que parce qu'elle a
été
refferrée & nourrie à
toujours
faifon des pluies ; il
couvert pendant la
concours de
ne faut pas fouveat le
tant de caufes réunics
une variété dans le
pour opérer
une feule fiiffit
geare animal ou végétal ;
trois enfemble quelquefois : à plus forte raifon
cune
également puiffantes, dont chapeut avoir produit la belle
de
cochenille que l'on récolte
efpèce
Si l'on doit cette belle au Mexique (r),
il faut dans
cochenille à ces caufes,
perpétuer,
l'éducation de cet infeéte les
fi l'on ne veut rifquer en les
geant de voir cette belle
néglirentrer dans
efpèce de cochenille
fortie
l'efpèce commune, dont elle
par art ou par hafard.
eft
Il y aura donc trois chofès à faire
lement dans la culture de la cochenille effentiella femer des plus belles &
fine; 1°,de
cochenilles que l'on
plus groffes mères
ration
puiffe avoir à chaque
; 2°, de ne la femer
fur
génébons nopals; 3°. de la retirer que
les beaux &
des pluies à couvert dans
pendant la faifon
une cafc, ou dans le
(r) Nous avons comparé la
a été envoyée du Mole fur le cochenille filveftre qui nous
cultivons dans notre
pérefchia, avec celle que nous
cotonnenfe.
jardin, l'une & l'antre étoit égalemcnt
iffe avoir à chaque
; 2°, de ne la femer
fur
génébons nopals; 3°. de la retirer que
les beaux &
des pluies à couvert dans
pendant la faifon
une cafc, ou dans le
(r) Nous avons comparé la
a été envoyée du Mole fur le cochenille filveftre qui nous
cultivons dans notre
pérefchia, avec celle que nous
cotonnenfe.
jardin, l'une & l'antre étoit égalemcnt --- Page 141 ---
DU NOPA A L.
jufqu'au retour de la
féminaire, & l'y multiplier
air.
féchereffe, pour la femer en plein
de la
Par une raifon qui eft la conféquence
par laquelle on la regardc comme une
fippolition variété obtenue de la cochenille filveftre,
belle
fe
de lui permettre de la
il faudra bien
garler
chez
communication avec cette mère groffière,
laquelle elle pourroit par les accouplemens
dont l'art l'a faite fortir ;
revenir au point
l'on veut que dans
c'eft fur cette raifon que
Onl les éloiT'établiffement de deux nopaleries,
donde cent perches T'une de l'autre 2 en
gne
du vent à la cochenille fine. C'eft
nant l'avantage fiiveftres
fe répandent au loin,
afin que les
à qui l'aide du vent, ne puiffent
ou en marchant ou
la cochenille fine 7
revenir abatardir de nouveau
honteufes &
par des méfalliances également
raineufes.
bien d'imiter la bétife & la
On fe gardera
de quelques nègres du Mexique, quelon
pareffe femer la cochenille fine & la filveftre cona vu
fur le même nopal, ce qui ne tend qu'à
fufément dégénérer la cochenille fine, fans que pour
faire
devienne
belle. En effet,
cela la filveftre en
plus
les cochenilles filveftres font de quelques
comme
&
toujours
jours plus précoces, 2
principalement habitent le
beaucoup plus fécondes, & qu'elles
fines
nopal toute l'année, les petites cochenilles
font toujours fiffoquées par l'innombrable quantiré des filveftres, ou fi elles font plus fortes que
érer la cochenille fine, fans que pour
faire
devienne
belle. En effet,
cela la filveftre en
plus
les cochenilles filveftres font de quelques
comme
&
toujours
jours plus précoces, 2
principalement habitent le
beaucoup plus fécondes, & qu'elles
fines
nopal toute l'année, les petites cochenilles
font toujours fiffoquées par l'innombrable quantiré des filveftres, ou fi elles font plus fortes que --- Page 142 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
ces dernières, bientôt la filveftre étendant
coton autour d'elles, les
fon
leur
remue, les chaffe de
place, ou les étouffè; mais à coup sûr,
plus vorace que la fine, la filveftre lui bien
toute la nourriture de
enlève
manière que
maigre & chétive, fi elle TIe pourrit toujours
ravant, la cochenille fine fe trouve lors pas de aupa- l'accouchement de la filveftre au même point de
deur où clle étoit huit jours après fa
granDès que la cochenille filveftre
naiffance.
une nopalerie où l'on cultive la a pénétré dans
elle y pullule, & l'on eft
cochenille fine,
entiers à la détruire. C'eft quelquefois deux mois
vous avez bien vifité
un poifon, une galle;
tout, en écrafant
petit flocon blanc que vous
chaque
dant quinze
voyez paroitre penjours, vous croiriez être
de tout, & avoir détruit cet
débarraffe
ques mères vous ont
ennemi, mais quelles racines de
échappé en fc cachant fous
VOS plantes, & elles produifent une
nouvelle génération qu'il faut recommencer à
détruire : heureux encore fi vous
à
de temps & de patience à
parvenez force
tout à fait.
vous en débarraffer
La cochenille fine fouffre
& du défaut de
fi également du trop
chaleur; elle eft toujours moins
groile dans les plaines de Guaxaca que dans les
montagnes, c'eft à la grande chaleur de la
qu'il faut
plaine
l'attribuer; ; à midi an mois de
le thermomètre de Bourbon
Mai,
cinq degrés au-deffus
y montoit à vingtde la glace, chaleur égale
ez force
tout à fait.
vous en débarraffer
La cochenille fine fouffre
& du défaut de
fi également du trop
chaleur; elle eft toujours moins
groile dans les plaines de Guaxaca que dans les
montagnes, c'eft à la grande chaleur de la
qu'il faut
plaine
l'attribuer; ; à midi an mois de
le thermomètre de Bourbon
Mai,
cinq degrés au-deffus
y montoit à vingtde la glace, chaleur égale --- Page 143 ---
DU NOPA A L.
où quelquefois pourà celle du Port-au-Prince, degrés; il paroit jufte
tant il s'élève à vingt-cinq cochenille finc que l'on
d'inférer de-là, que la
feroit encore de quelferoit au Port-au-Prince, celle des plaines de
que chofe plus petite que
Guaxaca. froid lui porte une même atteinte 1
Le grand
de croître, en la fixant
& la tue ou l'empéche
mais il eft plus facile
au terme où il l'a fiurprife ; chaleur; voici l'exdy remédier qu'à l'exceflive fe font avifés : ils ont
pédient dont les Indiens
de crotin de chetoujours une grande provifion quand ils ont quelvaux ou de mulets bien fec;
le froid
raifon de croire que la nuit fuivante
que
le thermomètre à huit degrés aufera defcendre
ils répandent ce crotin
deffus de la congélation,
l'allument. Le feu
fec fous les nopals, & ils
échauffe
doux qui en fort en fumée s'enflamme, & diffipe
très-lentement les nopals, dilate Tair,
la nuit, & le froid ne nuit
T'humidité pendant
s'en.trouve
point à la cochenille, qui au contraire
micux (1)-
auffi éloigné
En prenant un nombre moyen
fes extrêmes de la chaleur de vingt - cinq
par
de celle de huit, on trouvera douze
degrés que la
d'air, qui parcourra
& vingt, & température
uniformément de minuit à midi ces huit degrés,
contribne fans donte à détruire Içs
(1) Cette opération un petit avantage.
infedtes, & ce n'eft pas
qui au contraire
micux (1)-
auffi éloigné
En prenant un nombre moyen
fes extrêmes de la chaleur de vingt - cinq
par
de celle de huit, on trouvera douze
degrés que la
d'air, qui parcourra
& vingt, & température
uniformément de minuit à midi ces huit degrés,
contribne fans donte à détruire Içs
(1) Cette opération un petit avantage.
infedtes, & ce n'eft pas --- Page 144 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
fera fans contredit la
à cultiver la
température la plus propre
cochenille. Cette
commune dans
température eft
nie de S.
beaucoup de territoires de la caloDomingue,
fi
un ciel conftamment joignez-y vous pouvez
Thiver, &
fec pendant fix mois de
vous aurez le climat le plus favorable
qu'il foit poflible d'imaginer
la cochenille fine.
pour l'éducation de
On éduque en plein air au
la
nille fine,
Mexique cochedepuis lc I5 du mois d'Oétobre juf
qu'au IS du mois de Mars
trois fois & on la récolte environ; on la sème
temps, Ia dernière
trois fois pendant ce
Mai; s'il
récolte fe fait quelquefois en
n'y pleuvoit pas pendant toute
comme On prétend
l'année, 2
y feroit fix récoltes que cela eft en Egypte, on
étoit
de cochenille fine. Enfin s'il
vrai, comme plufieurs colons l'afiurent
qu'il y eut des cantons dans la colonie
il ne plut que pendant trois mois
(I) oùt
cours de
dans tout le
l'annéc, on pourroit efpérer d'y faire
quatre récoltes de cochenilles fines, & on devroit
établir principalement dans ces endroits.
On ne doit femer la cochenille fine
des nopals âgés de dis-huit mois
que fur
pour femer en Oétobre il faut au moins; ainfi
plantés au mois de Mai
qu'ils ayent été
ou Avril de l'année pré-
(t) Le Môle, 2 & furtout le
la Défolée, aux
Port-à-Piment, les plaines de
cultures de la colonie, Gonaives, ne peuvent entretenir les grandes
on devroit
établir principalement dans ces endroits.
On ne doit femer la cochenille fine
des nopals âgés de dis-huit mois
que fur
pour femer en Oétobre il faut au moins; ainfi
plantés au mois de Mai
qu'ils ayent été
ou Avril de l'année pré-
(t) Le Môle, 2 & furtout le
la Défolée, aux
Port-à-Piment, les plaines de
cultures de la colonie, Gonaives, ne peuvent entretenir les grandes --- Page 145 ---
D U N.o P A Li
aédente, fans cela on fatigue inutilement Ia plante,
Les récoltes ne font jamais fi abondantes, &
même les fuivantes le font moins que les premières (1).
on sème
Il faut avoir un foin particulier quand
qui vient d'être récolté, de ne pofer
un nopal dans les parties qui n'ont pas nourri
les nids que
la dernière récolte, & fi
de cochenilles dans
nourri également de manière
toutes en avoient
il faudroit lui laiffer
que la plante parit fatiguée,
un mois de repos avant de la femer de nouveau :
on a dit, & on ne craint point de tomber dans
les répétitions en le redifant unc feconde fois, qu'il
- faut avoir un foin particulier de tenir la nopalerie propre, & de bien nettoyer le nopal chaque
fois que l'on a récolté.
On ajoutera qu'il ne faut jamais laiffer une
nopalerie de cochenille fine fe femer d'elle-méme,
les cochenilles dégénèrent de grandeur, & on
s'expole à n'avoir qu'une demi récolte, & à fatiexcellivement les articles, parce que les
guer fuivant toujours les mères ne s'éloignent que
petits de l'endroit oùt elles ont vécu, & ou elles
peu
la
de leurs trompes des
ont ouvert par ponétion
fources de sèves que les petits fentent bien, puif
qu'ils s'aglomèrent tout autour, 2 & par ce moyen
épuifent les branches & les font périr avant la
récolte.
(1) On plantera au contraire au Cap, enl Oétobre ou
Novembre, pour pouvoir femer en Mars ou en Avril. --- Page 146 ---
TRAITE DE LA
CULTURE
CHAPITRE III
De la femaille de la cochenille
Aussrror
Fne.
que les pluies de
& que l'on pourra s'affurer l'automne auront
plus craindre,
qu'il n'y en a
R:
au
2 cela arrive vers le I5
Mexique, & au même
d'Oétobre
on
temps d-peu-près au
fine
pourra
Tenaapines
en plein air, en
femer la cochenille
cet effet la pleine lune obfervant d'attendre pour
tarder, car s'il
s fi elle ne doit
attendre, il
y avoit plus de huit
pas
ne faudroit
jours à
précieux que celui de la pas perdre un temps fi
On
féchereffe,
prendra dans les femaines
queftion dans le chapitre
dont il eff
mères cochenilles
fuivant, les plus groffes
quelques petits éclos; , auxquelles on verra déjà
chaque nid, fait de la on en mettra huit dans
même manière
même matière & de la
femer la cochenille que ceux dont on fe fert
du jour on les
filveftre, & dès le point pour
tant un nid pour placera les fur les nopals, en metque branche bien articles à T'aiffelle de chafond du nid tourné alfujettie avec une épine, le
fes ouvertures
au foleil levant, &
vers T'article fir
une'de
jettira, en obfervant de
lequel on l'affil'origine des brauches
ne placer les nids à
qu'à uu pied & demi de
ceux dont on fe fert
du jour on les
filveftre, & dès le point pour
tant un nid pour placera les fur les nopals, en metque branche bien articles à T'aiffelle de chafond du nid tourné alfujettie avec une épine, le
fes ouvertures
au foleil levant, &
vers T'article fir
une'de
jettira, en obfervant de
lequel on l'affil'origine des brauches
ne placer les nids à
qu'à uu pied & demi de --- Page 147 ---
D'U NOPA A L.
& qui ne foient abrités du foleil levant
terre,
par aucun autre article.
cochenille
La femaille d'une nopalerie de
fine doit être finie en deux jours tout au plus,
afin que la récolte puiffe être faite 7 ainfi que
la defficcation, en auffi peu de temps 5 c'eft pour
cette raifon que les nids doivent être toujours
faits trois jours auparavant, 2 & les mères doivent être mifes dedans T'après-midi de la veille,
ou de grand matin le jour de la femaille.
On ignore fi l'on sème trois fois dans les
de Guaxaca pendant Phiver 5 on eft
provinces porté à croire que non. Les auteurs difent que
la feconde récolte eft toujours moindre de groffeur que la première; & la troifième moindre
la feconde 5 ce qui prouve que la récolte
que feconde n'eft que le fruit des premières petites
cochenilles nées & échappées lors de la récolte;
mais ce que l'on a vu à Guaxaca prouve le
contraire. La belle nopalerie du nègre libre,
ou l'on acheta la cochenille vive 7 étant en ce
moment à la veille de la troifième récoltc, tous
les plants & tous les articles des plants étoient
uniformément chargés, à ne pouvoir toucher un
article fans écrafer les cochenilles de la plus
belle groffeur que l'on ait encore vue: 5 la grof
feur & légalité de la répartition des cochenilles fur tous les plants & les articles prouvent
avoit été femée; celle de
que cette nopalerie del Rey étoit dans le même
Paicalde de Saint-Juan
moment à la veille de la troifième récoltc, tous
les plants & tous les articles des plants étoient
uniformément chargés, à ne pouvoir toucher un
article fans écrafer les cochenilles de la plus
belle groffeur que l'on ait encore vue: 5 la grof
feur & légalité de la répartition des cochenilles fur tous les plants & les articles prouvent
avoit été femée; celle de
que cette nopalerie del Rey étoit dans le même
Paicalde de Saint-Juan --- Page 148 ---
ACo
TRAITÉ DE LA CULTURE
état; ainfi on doit croire
fois,. .& filon ne sème que l'on sème trois
crité de la deuxième & pas trois fois, la médiode la troifième
prouve que l'on doit femer trois
récolte
quand On laiffe la cochenille
fois, puifqme,
même, elle donne de
fine fe femer elleHuit jours après la moindres récoltes.
ou quinze
femaille de la
deffus
jours au plus tard, il faut cochenille, retirer
tous les nopals femés les mères
de
nilles qui font dans les
cochenids,
épines, ne laiffer rien fur le
emporter les
& l'économie l'exigent
nopal; la propreté
laiffant
: la propreté,
ces nids fir les plants, ils parce qu'en
repaire pour] les infeétes'
feroient un
parce que les mères dellméteurs; T'économie,
fein creux, ne font cochenilles, pour avoir le
elles contiennent point à rejeter pour cela 5
encore beaucoup de
colorantes; mais comine en fortant
parties
elles ne font pas sèches,
des nids
mortes 2 il faut les
, quoiqu'elles foient
comme il fera dit paffer à l'eau bouillante 9
promptement & les ci-après, pour les faire fécher
de récolte.
vendre avec la cochenille
Trois ou quatre jours après la
voit ordinairement toutes les
femaille, On
les placées &
petites cochenildu
répandues fir toute la fiurface
nopal; en huit jours de
nopals blanchir
temps, on voit les
mères n'étant infenfiblement, mais toutes lcs
moins
pas également prêtes à
à
qu'on ne lcs ait choifies du méine pondre,
Age
&c
faire fécher
de récolte.
vendre avec la cochenille
Trois ou quatre jours après la
voit ordinairement toutes les
femaille, On
les placées &
petites cochenildu
répandues fir toute la fiurface
nopal; en huit jours de
nopals blanchir
temps, on voit les
mères n'étant infenfiblement, mais toutes lcs
moins
pas également prêtes à
à
qu'on ne lcs ait choifies du méine pondre,
Age
&c --- Page 149 ---
DU NOPA L.
& au même point, comme par exemple; quand
celles à l'abdomen defquelles
on ne prend que
cochenilles : il arrive
on voit des jeunes petites
encore pondu
que les plus tardives n'ont pas
alors
bout de huit jours, il faut attendre
au
enlever les nids que l'on ne foit
& ne pas
les
doivent être finis.
bien affuré que tous
parts
n'ont pas
Il y a des femelles cochenilles laiffent qui
de
encore été fécondées, & qui ne
pas les
à-peu-près à la mêine grandeur que
parvenir
alors en vain leur
cochenilles mères; on attend
clles vivent plus long-temps fur les nopals
ponte, mères cochenilles qui meurent après le
que les
après qu'elles
part; elles vivent encore long-temps
la vue ?
font féparées du nopal & trompent faut donc
qu'on les croit mères; il
pour
parce
être trompé, ne prendre que des mères
ne pas y
voit des
pour femer.
auxquelles on
où petits, l'on voit les cochenilles
C'eft du moment
ou du moins une
éclorre,, que foir & matin,
doit jeter
le maître de la nopalerie
fois par jour, général fur les nopals 7 afin que
un coup-d'ail
ennemis, il les détruife
s'il n'y a que quelques
il
& que s'il y en a beaucoup,
lui - même,
travail
les cherordonne à l'inftant un
pour
la
vilites doivent continuer jufqu'à
cher 3 ces
les faire tous les
récolte, & s'il ne pouvoit faire chaque deux
jours, il doit du moins les
gênant ni
jours, cela ne doit point paroitre fucrerie qui eft
afferviflant; un propriétaire de
Cc
is, il les détruife
s'il n'y a que quelques
il
& que s'il y en a beaucoup,
lui - même,
travail
les cherordonne à l'inftant un
pour
la
vilites doivent continuer jufqu'à
cher 3 ces
les faire tous les
récolte, & s'il ne pouvoit faire chaque deux
jours, il doit du moins les
gênant ni
jours, cela ne doit point paroitre fucrerie qui eft
afferviflant; un propriétaire de
Cc --- Page 150 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
fage, fait tous les jours le tour de fon
la vilite de fes établiffemens
habitation,
vifite que l'on confeille
& bâtimens. La
ne fera pour lui
au cultivateur du nopal,
du
qu'une promenade comme celle
ficrier, 2 c'eft le devoir de
térét qui doit la prefcrire à l'un l'état, c'eft l'inSi on imitoit fervilement
comme à l'autre.
de la femaille étant
l'Indien, le temps
il arriveroit
toujours celui de la récolte,
que ces deux travaux coincidant
enfemble, pourroient jeter de la
dans des opérations qui exigent de précipitation la
lité & de la réflexion, il en réfulteroit tranquilde la perte de temps & des
au moins
nouveaux nés, 2 parce qu'avant meilleurs de
infeétes
feroit obligé de femer
récolter, on
premières cochenilles 2 puifque fans cela les
roient elles-mémes faifant leur part fe sème5 mais comment femer fi les
nopals ne font pas nettoyés, &
nettoyer s'ils ne font pas récoltés ? comment &
les
qu'ils foient récoltés, & que l'on n'ait fuppofé
zoyer, il faut qu'on facrifie les
qu'à netfont déjà placées 5 il feroit plus générations qui
prendre les mères cochenilles
prudent de
dans les
2 & les mettre
nids, en attendant que la récolte & le
nettoyement foient finis, comme cela fe
chez lIndien, qui les sème enfitite
pratique
un autre
: mais il y a
inconvénient, c'eft que les petites cochenilles, qui éclofent tous les jours,
nid & fe fauvent, enforte
fortent du
meilleures
que l'on perd les
avant que les nids puiffent être placés
chenilles
prudent de
dans les
2 & les mettre
nids, en attendant que la récolte & le
nettoyement foient finis, comme cela fe
chez lIndien, qui les sème enfitite
pratique
un autre
: mais il y a
inconvénient, c'eft que les petites cochenilles, qui éclofent tous les jours,
nid & fe fauvent, enforte
fortent du
meilleures
que l'on perd les
avant que les nids puiffent être placés --- Page 151 ---
D U NOPAL
Pour obvier à tous ces inconfar les nopals.
de conftruire un féminaire
véniens, on imagine
des femences
dans lequel on prendra, & on aura
récolter
toujours prêtes. Par ce moyen on pourra
le
nettoyer auflitôt & prendre avec
à l'aife,
des mères cochenilles dans le fémimême loifir femer la nopalerie de nouveau, après
naire pour
qui ruineroit la récolte;
le malheur d'une pluie
excellence de
enfin il fera le confervateur par
fine dans la colonie 9
l'efpèce de cochenille
couverts de nattes
comme les cazes & les nopals
par TIndien, le font au Mexique.
CHAPITRE IV.
Du feminaire de la cochenille finé.
Os appellera ainfi le lieu dans lequel on garIa faifon pluvieufe 2
dera des nopals pendant
l'efpèce
femer des mères qui perpétuent
pour y
fines
retour de la faides cochenilles
7 jufqu'au
qu'à
fon sèche. Quelques hiftoriens rapportent caffent les
Tapproche des pluies 2 les Indiens font des cochebranches de nopal fur lefquelles
& les
les ferrent dans les maifons
nilles ; qu'ils
gardent jufqu'aux fécherefles. ordinairement cinq à
Il eft certain qu'il y a dans les contrées du
fix mois de pluies par an
la cocheMexique, de même qu'à St. Domingue;
Cc ij
'au
qu'à
fon sèche. Quelques hiftoriens rapportent caffent les
Tapproche des pluies 2 les Indiens font des cochebranches de nopal fur lefquelles
& les
les ferrent dans les maifons
nilles ; qu'ils
gardent jufqu'aux fécherefles. ordinairement cinq à
Il eft certain qu'il y a dans les contrées du
fix mois de pluies par an
la cocheMexique, de même qu'à St. Domingue;
Cc ij --- Page 152 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
nille fine faifant fes petits dans le
deux mois, il y a trois
terme de
nilles en fix mois de
générations de cochetemps ; cela eft inconteftable; n'y eût-il que deux mères
fur les branches de nopal
cochenilles
maifon 2 la première
que l'on met à la
déjà très-nombreufe, génération qui furvient eff
hiftoriens,
quoique fi l'on en croit les
chaque mère cochenille
cent petits ; la deuxième
produit trois
dix-huit cent mille
génération fera de
peut concevoir
petites cochenilles : on ne
que les branches du
nourrir un tel nombre d'infeétes nopal puiffent
épuifécs & fans pourrir
fans être
arriveroit même
promptement ; car cela
aux branches qui
aux plantes, fi elles fe trouvoient tiendroient
trop grand nombre d'infeétes. Nous chargées d'un
donc nous perfuader qu'une branche ne pouvons
puiffe vivre fix mois entiers dans
de nopal
fut-elle même chargée d'aucun
une cafe, ne
néceffairement
infeétc. Il faut
fippléer à cette
nous paroît
opération, qui
des cochenilles infififante, en diminuant le nombre
de
qui firchargeroient la branche
nopal, ou en renouvellant à
tion de cocheniiles les
chaque généranopals par d'autres
frais, ce qui peut très-bien réuflir. On
plus
tend point nier les
ne préfaits, on ne cherche
éclaircir; on a appris que cela fe
qu'à les
mais on n'a pas appris de la bouche des pratiquoit 7
les détails que l'on
Indiens
pour & contre
foupçonne ici, Voici des faits
cette méthode : le nègre libre
en renouvellant à
tion de cocheniiles les
chaque généranopals par d'autres
frais, ce qui peut très-bien réuflir. On
plus
tend point nier les
ne préfaits, on ne cherche
éclaircir; on a appris que cela fe
qu'à les
mais on n'a pas appris de la bouche des pratiquoit 7
les détails que l'on
Indiens
pour & contre
foupçonne ici, Voici des faits
cette méthode : le nègre libre --- Page 153 ---
D U NOPA L.
chez lequel on acheta dans le faux-bourg de las
Bueltas à Guazaca, de la cochenille vive ftr des
branches de nopal vif, avoit le long de la haie
de fon jardin & des murs de fes cazes 2 cing
fix
branches de nopal, rompues à
ou
grofles
trois pieds de haut, fur lefquelles on vit quelques
cochenilles femelles fort groffes; on lui demanda
à quel ufage il deftinoit ces branches, il répondit
indiredtement que c'étoit des mères cochenilles;
au
Mai environ, à la veille de la
on étoit
du nègre n'étoit
dernière récolte; la nopalerie
encore récoltée, on étoit à la veille des pluies;
pas on a cru inférer de-là 8 avec raifon, que ces
branches de nopal ainfi rangées contre fa haie
& fes murs, n'étoient là que pour profiter toujours du beau temps, en attendant que la pluie
forçât de les rentrer à la cafe pour Ies garder 7
&s'en fervir pendant les pluies à nourrir la cochenille fine, jufqu'au retour des fecs; on n'a fait
aucune autre queftion à ce nègre pour ne pas fe
faire foupçonner, parce que l'on étoit dans une
ville ; on fut plus familier avec l'alcalde de Saint
Juan del Rey. On lui demanda comment il gardoit la cochenille pendant les pluies ? il répondit
c'étoit dans la cafe; on en ufa auffi libreque
on
dans fa nopalement avec un Indien: voyoit
rie récoltée deux ou trois nopals encore affez
chargés de cochenilles 3 on lui demanda comment
il pouvoit conferver fes cochenilles pendant l'hiver? il répondit en montrant du doigt les nopals.
Cc iij
'alcalde de Saint
Juan del Rey. On lui demanda comment il gardoit la cochenille pendant les pluies ? il répondit
c'étoit dans la cafe; on en ufa auffi libreque
on
dans fa nopalement avec un Indien: voyoit
rie récoltée deux ou trois nopals encore affez
chargés de cochenilles 3 on lui demanda comment
il pouvoit conferver fes cochenilles pendant l'hiver? il répondit en montrant du doigt les nopals.
Cc iij --- Page 154 ---
TRAITÉ DE L. A
Se
CULTURE
tapen con petales, ce qui
on les couvre avec une fignific mot pour mot;
natte.
II paroit également vrai
teurs fe fervent de cette que quelques cultivadernière
que d'autres adoptent & fiivent la méthode, &
mais avec des additions
première,
les procédés.
que l'on foupçonne dans
De quelque méthode que l'on fe ferve dans
Mexique, on ne prétend point
le
eft créé une troilième
l'imiter, on s'en
& n'a
qui a les avantages des
deux,
aucun de leurs
de nourrir à couvert fir des inconvéniens; c'eft
vivans &
plants de
enracinés en pleine
nopals
nille fine pendant
terre, de la cochependant tous les fecs toutes les pluies, & même
imaginé & éprouvé : voici ce que l'on a déjà
avec fuccès en petit.
On conftruira un hangar de
long fur vingt-cinq de
cinquante pieds de
hangar fera élevé en
large 2 le toît de ce
dos-d'âne de fix
lattes, au lieu d'être couvertes de
pieds; fes
fentes, feront couvertes de
tuiles ou d'ef
groffe toile bien
chaflis volans 2 de
dedans, quiy feront goudronnéc en dehors & en
ou des gonds, fir attachés avec des charnières
lefquels ils
petits côtés nord & fud du
rouleront ; les
pignons, feront revêtus hangar, qui feront fes
leur hauteur; les
de planches dans toute
feront ceux de face, grands côtés ef & ouep qui
chés à trois pieds de feront également bien planhauteur depuis terre 2 &
chaflis volans 2 de
dedans, quiy feront goudronnéc en dehors & en
ou des gonds, fir attachés avec des charnières
lefquels ils
petits côtés nord & fud du
rouleront ; les
pignons, feront revêtus hangar, qui feront fes
leur hauteur; les
de planches dans toute
feront ceux de face, grands côtés ef & ouep qui
chés à trois pieds de feront également bien planhauteur depuis terre 2 & --- Page 155 ---
DU NOPA L.
du toît jufques fur ces planches, fe baifferont
des nattes dans les cas exprimés ci-après. fur ler
On aura foin de placer ce féminaire
niveau le plus élevé, & de faire des rigoles d'un
pied & demi en quarré tout à l'entour, avec pente
Pécoulement des eaux du toit; ccla fait,
pour béchera les terres du dedans du hangar, on
on
& on les divifera en fix lignes à la
les rangera trois
des parois, & de tous
diftance de
pieds
fur lefquels on
côtés, & les uns des autres 2
à l'eft des nopals
plantera perpendiculairement
d'un an ou dix-huit mois en racines; un hangar
de cinquante pieds de long, & de vingt-quatre
contenir quatre-vingt-quatre plants.
del large, ,1 peut
la faiOn laiffera les nopals ainfi plantés pendant deux
découverts de leurs challis
fon des pluies,
les nopals foient
mois entiers, jufqu'à ce que
les femera
bien repris & enracinés, après quoi on
tiers de cochenilles fines: fi c'eft penpour dant un les fecs, on les laiffera découverts.
On aura foin de procurer toujours du travail
dans les environs à un nègre gardeur, 2 pour qu'il ne
de Thangar, & le veille nuit & jour
s'éloigne pas des
afin que la pluie tomdurant la faifon
pluies,
bant, il ferme les chaffis, & abatte les nattes 2
il ouvre &
& que le beau temps reparoiffant, donner de l'air
relève les uns & les autres, pour
& du foleil aux plants. Pendant les fecs cn
enlever les chaflis & tenir le féminaire
pourroit
fans danger; mais comme c'eft un
à découvert
Cc iv
& jour
s'éloigne pas des
afin que la pluie tomdurant la faifon
pluies,
bant, il ferme les chaffis, & abatte les nattes 2
il ouvre &
& que le beau temps reparoiffant, donner de l'air
relève les uns & les autres, pour
& du foleil aux plants. Pendant les fecs cn
enlever les chaflis & tenir le féminaire
pourroit
fans danger; mais comme c'eft un
à découvert
Cc iv --- Page 156 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
corps de réferve qui doit fervir de
tre tous les accidens,
reffource cort-"
nilles fines dans la
pour perpétuer les cochevolans reftent colonie, il faut que les chaflis
ils foient y
toujours, afin qu'à tout hafard
prêts à fervir & défendre le
contre tant d'accidens imprévus,
féminaire
On ne fémera jamais à la fois que le tiers du
féminaire, ainfi les deux premières
récoltées, on les nettoyera & onl les laiffera lignes étant
fer, pendant que les deux fuivantes feront repo-
& ainfi de fiite en
femées,
On arrofera une fois recommençant, feulement,
jours ou trois femaines, le
chaque quinze
le bec de l'arrofoir;
pied des nopals avec
féminaire
on aura foin de tenir le
très-propre,
A l'aide d'un établiffement fi
fi fimple 2 on pourra
peu coûteux &
mois, y trouver des mèrcs toujours 2 chaque deux
fance pour femer dix
cochenilles en fuffil'on conçoit aifément carreaux de nopalerie, &
fera pas perdu, & que ce qui en reftera ne
C'eft
méritera bien d'être récolté.
dans le par cette méthode que l'on a prétendu,
premier mémoire donné fur cette
que l'on enfeigneroit à faire de la matière,
fine pendant toute l'année
cochenille
voudra doubler,
: l'habitant aifé qui
tripler ou quadrupler un pareil
établiffement, fera conf@equemment
plus de cochenille sèche
quatre fois
vouloit femer le féminaire chaque deux mois. S'il
ne lui confeille
eil entier, ce qu'on
pas > il en feroit douze livres
ier mémoire donné fur cette
que l'on enfeigneroit à faire de la matière,
fine pendant toute l'année
cochenille
voudra doubler,
: l'habitant aifé qui
tripler ou quadrupler un pareil
établiffement, fera conf@equemment
plus de cochenille sèche
quatre fois
vouloit femer le féminaire chaque deux mois. S'il
ne lui confeille
eil entier, ce qu'on
pas > il en feroit douze livres --- Page 157 ---
D U NOPA L.
deux mois ; mais il peut en femer les
chaque
qu'un tiers foit déjà âgé
deux tiers 7 de manière
l'on fémera l'autre.
d'un mois: 2 au moment que
deux tiers du
il aura toujours
Par ce moyen,
pendant que le troiféminaire en cochenille, de deux mois, & cela
fième fe repofera l'efpace de quatre livres par
donneroit un produit net livres par an, cela eft
mois, & de quarante-huit
payer les fraix
bien fuffifant, fans contredit, pour & les journées du
d'entretien de l'établiffement
utilement,
nègre, qui d'ailleurs peut être occupé les mères pour
& on a encore en pur bénéfice air, & même
alimenter la nopaleric en plein
en vendre à fes voifins.
des
pour
être étonné de voir vendre
On pourra
à fes voifins : cela ne doit
mères cochenilles
fe fait à Guaxaca (1).
pas fiurprendre, ce trafic
dans fes jarTout le monde ne garde pas
mères
dins ou dans fa maifon des cochenilles
le retour des fecs 3 il arrive que ceux qui
pour
les voyent périr par leur négligence,
en gardent
que ce foit, il n'importe:
ou par quelqu'accident on a femé de trop bonne
fouvent même quand il furvient encore une pluie
heure la nopalerie, la famille eft perdue; cepentrop violente; toute
On vend dans la colonie la graine d'indigo, c'eft un de
(1)
affez important : il y a des gens
objet de commerce
qui ne font pas d'autres
conleur & des petits proprictaires
revenus,
leur négligence,
en gardent
que ce foit, il n'importe:
ou par quelqu'accident on a femé de trop bonne
fouvent même quand il furvient encore une pluie
heure la nopalerie, la famille eft perdue; cepentrop violente; toute
On vend dans la colonie la graine d'indigo, c'eft un de
(1)
affez important : il y a des gens
objet de commerce
qui ne font pas d'autres
conleur & des petits proprictaires
revenus, --- Page 158 ---
TRAITÉ DE LA
dant il faut
CULTURE
profiter du temps, & fe
refemer de
hâter de
n'a plus de nouveau; fémences mais comment faire ff l'on
fon voifin.
? On n'en emprunte pas à
Tout le monde s'eft accordé à
acheter les mères
vendre & à
donc, & on les
cochenilles : on les achette
la livre de
achette fort cher dans leurs
ces nids coûte
nids;
& dix piaftres
quelquefois cinq, fix,
marchandife
gourdes felon Ia rareté de la
& le befoin de l'acheteur
Indiens vont les uns chez les
: les
quelquefois ces nids, à
autres, chercher
quarante licues, & ils font vingt-cinq, trente ou
au bout de cette
encore bons à femer
exige (I).
marche, & du temps qu'elle
On a entrevu très-clairement
Indiens des
que ce font les
vendent les mères montagnes qui font ce trafic, &
cochenilles aux Indiens de la
plaine ; on a même compris
la
des montagnes étant
que
cochenille
celle de la
toujours plus groffe que
fe
plaine > les Indiens de la
foucioient pas de femer la
plaine ne
leur, & qu'ils la
(t) Nons avons gardé pendant trois
boëte, des mères cochenilles
femaines dans une
fivement, & qui ont produit qui ont fait leur part fuccef
très-vivans,
pendant ce temps des
fait eft d'autant quoiqu'elles ne priffent aucune nourriture. petits Ce
fouffert deux irrorations plus fingulier que cette cochenille avoit
chalenr, ce qui prouve d'eau à plus de foixante degrés de
tuer cet infeéte.
que l'ezu doit étre bouillante pour --- Page 159 ---
DU NOPA L..
41E
fois chaque année par des
renouvelloient une
femences de la montagne. l'utilité parfaite &
On voit donc clairement féminaire dans chaque
la néceffité abfolue d'un fentir auffi quel avannopalerie 3 mais on doit fur la manière de coutage cette invention a- le
& la découvrir la cochenille dans
jardin, fa caze par
vrir tous les jours, ou d'embarraffer de mères qui
des branches de nopal, couvertes fortes d'accidens,
peuvent être ruinées par mille doit autant de foins
& auxquels après tout on feroit forcé d'en donner
& d'attention que l'on tirer le même revenu;
fans en
à un féminaire, obtiendra la préférence chez tous
on croit qu'elle
les cultivateurs aifés.
le féminaire
Il faut renouveller de plants
chaque trois ans.
CHAPITRE V.
la manière de recueillir la cochenille fine..
De
recueillir la cochenille fine immédiateI faut
avant qu'elle faffe fon part, 7 c'eft-à-dire,
ment
l'on voit fur quelques nopals quelauffitôt que cochenilles qui font leurs petits :
ques mères deux mois jour pour jour après qu'elles
cela arrive
faut veiller cet inftant & le
ont été femées; il
qu'on n'en profite, parce
faifir. Rien n'empéche
la manière de recueillir la cochenille fine..
De
recueillir la cochenille fine immédiateI faut
avant qu'elle faffe fon part, 7 c'eft-à-dire,
ment
l'on voit fur quelques nopals quelauffitôt que cochenilles qui font leurs petits :
ques mères deux mois jour pour jour après qu'elles
cela arrive
faut veiller cet inftant & le
ont été femées; il
qu'on n'en profite, parce
faifir. Rien n'empéche --- Page 160 ---
TRAITÉ DE LA
que l'on voit le foleil
CULTURE
à Saint-I Domingue. tous les jours de l'année
toujours fereines
Les matinées font
au
prefque
VII dix jours
Port-au-Princes On n'a pas
d'obfervations d'exception en quatre ans de
lieu
; mais ces exceptions n'ont temps
pendant T'hiver, où les
pas
jours belles, On
matinées font touibretent, & les peut donc toujours en difpofer
cochenille fine.
confacrer à la récolte de la
Il faut récolter
raifons
avant fon part, pour deux
mères étant tres-effentielless la première, c'eft que les
de poids & de recueillics à cette époque ont pius
parties
que petit infeête, ceuf colorantes, puifque chamême comme fà
ou animal, eft colorant luiaccoucher en entier, mère, & que fi Oil la laiffoit
qu'un coffre également 2 fon corps ne feroit plus
rant; ce qui feroit
léger & vuide, peu colobien
une perte bien palpable &
dommageables la
fi on laifloit les mères deuxième raifon, c'eft que
les petits feroient
accoucher fixr les nopals,
& la feroient
trop nombreux far la
périr en périffant
plante,
pour la plus grande
eux - mêmes
Le jour de la récolte partie,
doit étre un jour de fête de la cochenille finc
n'eft point de récolte fi
& d'alégreffe (1); il
tout Tunivers; il n'en précieufe & fi belle dans
eft point de fi aifée à
(r) Toutes lcs récoltes des colonies font
rapport, mais c'eft la main de la
d'un très-grand
gaicté veut étre libre,
triftelle qui les fait, la
la plus grande
eux - mêmes
Le jour de la récolte partie,
doit étre un jour de fête de la cochenille finc
n'eft point de récolte fi
& d'alégreffe (1); il
tout Tunivers; il n'en précieufe & fi belle dans
eft point de fi aifée à
(r) Toutes lcs récoltes des colonies font
rapport, mais c'eft la main de la
d'un très-grand
gaicté veut étre libre,
triftelle qui les fait, la --- Page 161 ---
DU NOPAL
ni de moins mal propre, ni de moins
faire, 2
la
n'a aucune odeur
embarraffante; car cochenille
dégoûtante ou défagréable, ni aucune qualité
malfaifante 5 il n'en eft point dont les travaux
fe terminent fi promptement, & dont le produit
foit fi affuré : O1l peut dire que recueillir de la
cochenille, c'eft recueillir de l'or, tant l'intervalle qui fépare la vente de la cueillette eft
court : un homme peut recueillir vingt livres
de cochenille crue dans fa journée fans fe bleffer,
fans fe géner, fans s'efforcer, pour ainfi dire en
fe jouant. Pour terminer promptement la cueilJette, toute la famille doit y travailler; il eft
fix
intelligentes ne récoltent
rare que
perfonnes
matinée.
une nopalerie d'in arpent dans une
On la commence dès le premier point du jour;
éviter l'ardeur du foleil, après neuf heures;
pour chacun eft armé de la main gauche, d'un panier
de paille, d'un tiffu ferré, ou d'un bafin creux
de fer blanc ou d'airain, dont un des bords
foit taillé & formé comme le tour du col d'un
plat à barbe, afin d'engager dans cette échanla
étroite des articles des nopals 3
crure partie
alors de la main droite avec un couteau long
& large dont le tranchant émouffé ne puiffe
entre les articles & la
incifer, en le paffant
celle-ci dans le baffin,
cochenille, on fait tomber
foigneufement celles qui s'écartent
en ramaffant
récoltée doit
& tombent à terre. La nopalerie
être nettoyée à l'inftant avec une éponge ou
chanla
étroite des articles des nopals 3
crure partie
alors de la main droite avec un couteau long
& large dont le tranchant émouffé ne puiffe
entre les articles & la
incifer, en le paffant
celle-ci dans le baffin,
cochenille, on fait tomber
foigneufement celles qui s'écartent
en ramaffant
récoltée doit
& tombent à terre. La nopalerie
être nettoyée à l'inftant avec une éponge ou --- Page 162 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
un torchon, que l'on trempe fouvent dans l'eatr
pour enlever la poudre graffe & blanche
refte en tas où les cochenilles ont vécu
qui
Pendant
(1).
que l'on récolte la cochenille fine
dans la nopalerie, on prépare de l'eau bouillante à la maifon dans plufieurs chaudières.
mefure que l'on ramaffe
A
linfeate, on le tue dans
cette eau bouillante & on le met au foleil de
la manière fuivante ; on a des tamis faits de
cannevas ou de groffes ferpillières, dont le tambour foit couvert du même cannevas ou
lière felon leur
ferpillivres de
grandeur; on met cinq ou fix
cochenille fine dedans 5 on ferme le
tambour ; on met le tamis dans une baie de
même diamêtre au moins, & à l'inftant on verfe
de l'eau bouillante fur le tamis,
jettit dans la baie
que l'on affijufqu'au-deffius des bords, de
manière qu'il trempe en entier dans l'eau Oli
le laiffe en cet état depuis vingt fecondes 3
deux ou trois minutes; après l'avoir agité jufqu'a dans"
l'eau ull inftant, pour faire paffer la terre qui
pourroit être avec les cochenilles
de
7 on le tire
l'eau, on le renverfe fur une table garnie de
bords en tiroirs : on expofe la cochenille
foleil le plus ardent, on l'y étend très-légère- aut
ment, on la retourne à midi, on la remanie
(r) Ces règles étant les mémes que celles qui ont été
prefcrites pour recueillir la cochenille filveftre, il femble
que l'auteur auroit pu fe difpenfer de les répéter.
7 on le tire
l'eau, on le renverfe fur une table garnie de
bords en tiroirs : on expofe la cochenille
foleil le plus ardent, on l'y étend très-légère- aut
ment, on la retourne à midi, on la remanie
(r) Ces règles étant les mémes que celles qui ont été
prefcrites pour recueillir la cochenille filveftre, il femble
que l'auteur auroit pu fe difpenfer de les répéter. --- Page 163 ---
D U NOPA L.
féparer quelques infectes qui auroient pu
pour fe coller enfemble, & on la change de place le
foir; fi on en a fait cent livres le matin, on la
vend le foir, fi l'on veut, car elle n'a pas befoin
d'autre préparation.
La cochenille faite en petite quantité promptement, fans avoir été vuidée, revuidée, tranfvaféc, fecouée, balottée, par des voyages &
des ventes en crà, doit avoir lair jafpée, c'eftà-dire, avoir la couleur d'un gris tirant fur le
pourpre ; elle a ce gris parce que n'étant pas
tourmentée & froiffée, elle ne peut perdre tout
à
fa poudre blanche 5 il lui en refte toucoup
couleur veinée de
jours un peu 5 elle a cette
qu'en la
pourpre, parce qu'il n'eft pas pollible
recueillant on n'en écrafe quelques - unes, qui
étant enfiite mifes avec les autres dans l'eau
bouillante teignent cette eau, & colorent le
refte d'une légère teinte rofe ou pourpre.
On croit la cochenille fine fiuffifamment defféchée, quand elle a eu à propos un foleil
ardent depuis neuf heures du matin jufqu'à quatre
heures du foir; on reconnoit qu'elle eft bieri
quand les graines fonnent comme lc
sèche, de bled fur la table ou les planches fur lefgrain
les laiffe tomber; alors elle eft marquelles on
chande; c'eft ainfi qu'on l'achette : cependant pour
d'efprit à cet égard,
une plus parfaite tranquilité
folcil
on fera bien de la repréfenter au grand
dix heures du matin
encore une fois, depuis
du foir; on reconnoit qu'elle eft bieri
quand les graines fonnent comme lc
sèche, de bled fur la table ou les planches fur lefgrain
les laiffe tomber; alors elle eft marquelles on
chande; c'eft ainfi qu'on l'achette : cependant pour
d'efprit à cet égard,
une plus parfaite tranquilité
folcil
on fera bien de la repréfenter au grand
dix heures du matin
encore une fois, depuis --- Page 164 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
jufqu'à deux heures après midi; quoiqu'elle exige
moins cette précaution que la cochenille filveftre,
qui, enveloppée dans fon coton 3 sèche plus
difficilement : 011 ne doit rien négliger
s'affurer une récolte fi précieufe.
pour
Quand la cochenille eft parfaitement sèche,
fi on veut la conferver, il eft bon de la mettre 2
dans des' boëtes de cèdre 2 en tiroirs comme
ceux des apothicaires : fi on la vend, il fuffit
de la mettre dans des fanègues ou facs de cuir
de beeuf faits exprès.
Mais il ne faut pas oublier quand elle
de la paffer avec une forte de crible affez séche,
large
pour laiffer paffer les cochenilles, mais qui puiffe
arrêter les bourres & cotons des larves des
mâles, que l'on ne peut s'empécher de récolter
avec la cochenille. Pour aller
à
plus vite, on met
part ces bourres, parce qu'il s'y trouve toujours des petites cochenilles engagées,
faut
qu'il ne
pas perdre; & elles fe vendent ou féparément, > ou avec la cochenille filveftre.
On fera fans doute firpris que dans la récolte
des cochenilles filveftres & des cochenilles
il ne foit jamais queftion que des cochenilles fines,
femelles & jamais des mâles; on ne voit même
dans la vente que des cochenilles fernelles chez
les marchands 2 & jamais on n'y voit des mâles
quoiqu'ils foient colorans 2 quoiqu'ils puiffent
donner une teinture exquife. Que deviennent-ils,
demandera-t-on 3 Ils font ordinairement en fi
petit --- Page 165 ---
NOPAL
DU
ils
des femelles,
petit nombre en comparaifon n'a point la cinquan:
font fi légers : un mâle d'une femelle 5 ils
tième partie de la folidité fourmis s'en faififmeurent fi fubitement 2 les
dans leur
fent, & l'enfeveliffent fi promptement bien habile pour en
cellier, qu'il faudroit être
jour. Il n'y
recueillir un demi gros pefant par dans une
être pas une demi-once
en a peutOn doit juger d'après
nopalerie de quatre arpens. la plus attentive n'a
ces faits , que l'économic fi peu important.
pas de prife par un produit
CHAPITRE VI.
& des ennemis de la cochenilie fine.
Des maladies
maladie à la cochenille
Ox ne connoit aucune
filveftre, à
qu'à la cochenille
fine, non plus veuille nommer ainfi la peine
moins que l'on ne
fe débarraffer pour la
que la première a de qui lui coûte fouvent
feconde fois de fa larve,
de remédier
la vie; mais il n'y a aucun faire moyen le facrifice fans
à cet accident : il faut en
lon éprouve en
regrets, car le dommage que deux à cent. Il
pareil cas 2 n'eft pas comme de la cochenille;
n'en eft pas ainfi des ennemis à en traiter, pour
on a remis jufqu'à préfent
ceux qui nifent
faire voir du même coup-d'ceil Dd
coûte fouvent
feconde fois de fa larve,
de remédier
la vie; mais il n'y a aucun faire moyen le facrifice fans
à cet accident : il faut en
lon éprouve en
regrets, car le dommage que deux à cent. Il
pareil cas 2 n'eft pas comme de la cochenille;
n'en eft pas ainfi des ennemis à en traiter, pour
on a remis jufqu'à préfent
ceux qui nifent
faire voir du même coup-d'ceil Dd --- Page 166 ---
TRAITÉ DE LA
à la cochenille
CULTURE
fine, &
nuifent à la cochenille particulièrement ceux qui
- Le premier de
filveftre,
méme, firrl
ces ennemis eft natif du
lequel on éduque les
nopal
une coccinelle nommée
cochenilles, c'eft
cadli
par Linnaeus coccinella
feéte coccinelliferi: le
: c'cft une efpèce de cet
que vulgaire
indes petits
appelle en quelques
baufs, en d'autres des
endroits
eft hémifphérique,
margueriues ; il
fixr le dos, de la applati par le ventre, convexe
couvertes d'une groffeur d'un pois, fes aîles font
que l'on confond coleoptère ou cuiraffe convexe
raffe eft noire, avec elle; cette forte de cuiavec un grand point
orangé, fir chacune; il eft
rond, jaune
tre, Les Indiens le
très-aifé à reconnoifent 5 il faut en faire cherchent la
avec foin & l'écralever du foleil;
chaffe le matin avant le
froid, il ne
parce qu'alors, engourdi par le
ment; mais fi peut le foleil s'envoler, on le faifit facileapprocher, il éventre eft levé il ne fe laiffe pas
nilles, il leur fice les ordinairement les cochecommun à Guazaca,
entrailles ; il eft trèsque l'on eft à
mais On ne l'a pas vu depuis
Saint-Domingues il attaque &
également aux deux efpèces de
nuit
Le deuxième eft une chenille cochenilles,
groffe comme une plume de
d'un gris fale,
gueur d'un Pouce au plus, corbeau, de la lonla larve d'un
qui eft certainement
plus redautable phalène; des c'eft le plus cruel & le
il fe trâme
ennemis de la
une toile légère
cochenille;
pour lui fervir de
On ne l'a pas vu depuis
Saint-Domingues il attaque &
également aux deux efpèces de
nuit
Le deuxième eft une chenille cochenilles,
groffe comme une plume de
d'un gris fale,
gueur d'un Pouce au plus, corbeau, de la lonla larve d'un
qui eft certainement
plus redautable phalène; des c'eft le plus cruel & le
il fe trâme
ennemis de la
une toile légère
cochenille;
pour lui fervir de --- Page 167 ---
DU NOPAL
4ig
fur T'article du nopal : fous cet abri il
galerie
tranchée
laçuelle il arrive à la
creufe une dans les par rangs les plus épais des
fape, jufques
l'abcochenilles, qu'il maffacre en leur rongeant
deffous, il leur fuce le fang, & leur
domen par
fain & entier
laiffe le refte du corps qui paroît
mais qui fe defsèche 8 fe cave
Je premier jour,
le véritable tigre
lc lendemain; c'eft un fleau,
de la cochenille, il en tue par douzaines en unt
de
il détruit toute une
jour, & en peu
temps il faut fonder avec une
famille: 5 pour le découvrir
toiles
épingle ou une épine toutes les petites
l'on voit fur un article chargé de cochénille;
que enlève la toile, il paroît dans fa tranchée
on
il s'irrite, s'agite, & fe laiffe
tout tomber enfanglanté, tout de fuite à terre en fe tortillant; ne
tuez-le feulement, il faut le garder,
lécrafez pas, & le vendre avec la cochenille, il
le deffécher,
coûte fi
en eft tout farci, & il n'y en a point qui
cher au cultivateur.
les
que l'on
On a purgé de cet infecte
nopals
de Guaxaca, on ne l'a pas revu depuis
a rapporté
(1); il eft d'autant plus danà Saint-Domingue
du dommage que par
gereux qu'on ne s'apperçoit
c'eft-àles cadavres defféchés de fes viétimes,
quand ie mal eft déja confommé, 2 il attadire,
la cochenille filveftre & la cocheque également
(t) Nous l'avons vu particulièrement fur la raquette efpagnole, dans notre jardin du Cap.
Ddi ij
ne l'a pas revu depuis
a rapporté
(1); il eft d'autant plus danà Saint-Domingue
du dommage que par
gereux qu'on ne s'apperçoit
c'eft-àles cadavres defféchés de fes viétimes,
quand ie mal eft déja confommé, 2 il attadire,
la cochenille filveftre & la cocheque également
(t) Nous l'avons vu particulièrement fur la raquette efpagnole, dans notre jardin du Cap.
Ddi ij --- Page 168 ---
420 TRAITÉ DE LA CULTURE
nille fine, mais il défole la
ment, parce qu'on l'y découvre première plus sfreque parmi la fecondc.
moins facilement
Le troifème qu'on avoit
une araignée eft une teigne, repréfenté dont
comme
couvre de petits brins de
la larve fe
moulure de bois elle paille, de fciure ou verfemence de
eft groffe corme une
fufpeôte, poirée, fans forme, elle a Tair peu
quand elle marche Oll ne s'en
pas, mais elle eft auffi cruelle
défieroit
ci-deffus,
que la chenille
feêtes
quoiqu'elle ne détruife pas tant
en huit jours que celle-ci
d'inelle leur ronge l'extrémité de
en un feul; ;
le refte du corps; on l'a trouvée F'abdomen, à
puis
gue, rarement il eft vrai, mais il Saint-Dominla veiller moins aflidûment
ne faut.pas
grands indices
pour cela : un des
menacent les qu'elle, ou la phalène ci - deffus,
les-ci fe mouvoir, cochenilles, c'eft d'appercevoir cel-
& rompre leur
fuir, ce figne cft infaillible; cherchez trompe pour
ment, vous trouverez leurs ennemis attentiveattaque les cochenilles
: celui - ci
filveftres de même
fines, on le tue en l'écrafant.
queles
Le quatrième ennemi des cochenilles
coccus de l'opuntia
eft le
du
que l'on a décrit dans
nopal, au chapitre des ennemis de letraité
plante: quand un nopal eft
cette
infestes encore
empoifonné de ces
aggrandiffent petits, à mefure que les femelles
leurs targes & font la
paflent fous les pieds de la cochenille tortue, elles
fine , &
tue en l'écrafant.
queles
Le quatrième ennemi des cochenilles
coccus de l'opuntia
eft le
du
que l'on a décrit dans
nopal, au chapitre des ennemis de letraité
plante: quand un nopal eft
cette
infestes encore
empoifonné de ces
aggrandiffent petits, à mefure que les femelles
leurs targes & font la
paflent fous les pieds de la cochenille tortue, elles
fine , & --- Page 169 ---
DU N OPAL L.
étranglent fa trompe en la refferrant de toutes
la cochenille tombe fouvent 2 ou languit
parts, & fe defféche : le remède eft de facrifier toutes
nettoyer le coccus avant la
les cochenilles cochenille pour
fine, afin qu'il n'infeéte
récolte de la
émigrations
pas fes voifins par les nombreufes raclant la
de fes progénitures; on le nettoye en
forteplante avec ui couteau, en la frottant
ment enfite avec une éponge fouvent mouillée
dans l'eau, & en la lavant enfuite avec une autre
éponge trempée dans de l'autre eau.
& dernier ennemi eft la fouLe cinquième
qu'elle eft friande de
ris: les Indiens prétendent touche rarement à la
cochenilles fines 2 elle
filveftre à caufe du coton dont elle eft couverte,
lui embarrafferoit les dents; s'il eft vrai
& qui
on ne s'en eft pas
qu'elle aime cet infecte, mais il eft mille
apperçu à Saint-I Domingue,
c'eft
de fe débarraffer de cet ennemi,
moyens du cultivateur de choifir le plus certain 5
l'affaire
eft un chat dans une nole moins convenable
faire tomber les
qu'il pourroit
palerie 2 parce
cochenilles.
traitent
'Au refte, femblable aux médecins, qui
les maladies les plus légères
toujours gravement elles étoient mortelles, Cil ne prétend
comme fi
des craintes chipas allarmer le cultivateur par il doit le prenmériques. On lui dit ce qui eft,
ni le bien
dre au pied de la lettre, on n'exagère fes défirs &
ni lc mal pour animer ou attiédir
Dd iij
roit
palerie 2 parce
cochenilles.
traitent
'Au refte, femblable aux médecins, qui
les maladies les plus légères
toujours gravement elles étoient mortelles, Cil ne prétend
comme fi
des craintes chipas allarmer le cultivateur par il doit le prenmériques. On lui dit ce qui eft,
ni le bien
dre au pied de la lettre, on n'exagère fes défirs &
ni lc mal pour animer ou attiédir
Dd iij --- Page 170 ---
TRAITÉ DE LA
fes
CULTURE
efpérancess on doitlavertir
les précautions les plus
feulement qu'avec
faite tous les matins dans légères, après une vifite
aucun de ces ennemis
une nopalcrie, ili n'eft
de dommage.
quipuiffey cauferbeaucomp
CHAPITKE VII
De l'accident Ze plus fiunefe à la
cochenille,
UAND les hiftoriens parlent des grands
qu'éprouvent les riches Indiens
malheurs
cochenille, 2 iis ne difent
en cultivant la
malheurs, on a long-temps pas quels font ces
voient étre; on ne fe feroit cherché quels y pouCe qui eft un bonheur
guère imaginé que
biens de la
pour Ia majeure partie des
ruine des terre, eut pu être la caufe de la
cident le Indiens; c'eft cependant clle; c'eft l'acplus redoutable & lè plus
auquel foit fujette l'éducation de
irréparable
on a déjà dû le preffentir &
la cochenille,
le cours de ce traité: ; les deux l'entrevoir dans tout
que l'on a mis à la tête du
vers de Ssnèque
a détourné le fens
livre, & deiquels oOn
laquelle l'auteur les propre de comparaifon, dans
pofition applicable place pour en faire une
la cochenille,
au traité de l'éducation pro- de
eumpendium de l'indiquent : cet épigraphe eft le
tout le traité de la
Cenfeurs indifcrets,
cochenille.
que la vanité de paroitre
entrevoir dans tout
que l'on a mis à la tête du
vers de Ssnèque
a détourné le fens
livre, & deiquels oOn
laquelle l'auteur les propre de comparaifon, dans
pofition applicable place pour en faire une
la cochenille,
au traité de l'éducation pro- de
eumpendium de l'indiquent : cet épigraphe eft le
tout le traité de la
Cenfeurs indifcrets,
cochenille.
que la vanité de paroitre --- Page 171 ---
DU NOPA L.
la démangeaifon de parler plufavoir tout, que
& d'inftruire
tôt que le défir de vous inftruire
téméfemblables précipite dans des jugemens
vos
faifeurs de réputation, dont les voix
raires; vous,
& foulèvent les nuages
ftentoriques provoquent
pour ou coli-
& les vapeurs des préjugés publiés
tre les établiffemens que vous voulez-accréditer qui
renverfer, laiffez-là toutes les objeétions
ou
pénétration, & de
font forties de votre profonde enfin à votre tour ;
VOS calculs infinis, écoutez l'endroit où vous devez
prenez la férule, voici
frapper, fur lequel vous devez vous appéfantir;
voici l'objedion la plus redoutable que vous puif
élèvent de la cochenille 5
fiez faire à ceux qui
dans VOS calculs,
c'eft la pluie: : elle n'entroit pas
s'en doute bien, comment faire une objedtion
on
fi triviale? Il vaut bien
d'une chofe fi commune, des
au loin 9
mieux aller chercher
fuppofitions aifément.
pour qu'on ne puiffe vous contredire
La pluie fera aufli redoutable au Port-au- MexiPrince qu'à Guazaca : elle empêche au
fine
les Indiens de récolter la cochenille
que
l'année, c'eft elle auffi qui ruine
pendant toute quand ils ont femé de trop bonne
leurs récoltes,
c'eft elle qui les ruine quand
heure en Oéobre;
c'eft clle enfin
ils ont femé trop tard en Avril; hiver, quand la
qui dans le cours de quelque
ordinaires,
nature fait exception à fcs règles
auquand par exemple un nuage perd Téquilibre faccage,
deffus d'un territoire femé de cochenille,
Dd iv
l'année, c'eft elle auffi qui ruine
pendant toute quand ils ont femé de trop bonne
leurs récoltes,
c'eft elle qui les ruine quand
heure en Oéobre;
c'eft clle enfin
ils ont femé trop tard en Avril; hiver, quand la
qui dans le cours de quelque
ordinaires,
nature fait exception à fcs règles
auquand par exemple un nuage perd Téquilibre faccage,
deffus d'un territoire femé de cochenille,
Dd iv --- Page 172 ---
424 TRAITÉ DE LA
ruine & entraine la
CULTURE
chaine 7 quelquefois récolte queiquefois proefpérances & la fortune éloignée, des
& avec elle les
font les grands malheurs Indiens; voilà quels
en a pas
qu'ils éprouvent,
d'en
d'autres, on défie
ilny
nommer un
qui que ce foit
mais feulement feul, non pas plus
Pour le
auffi ruineux.
défifireux,
faire
noiffent pas T'Amérique comprendre à ceux qui ne continguer quatre fortes de méridionale, il faut dif.
lentes dont les
pluies. 1°, Les pluies
reffemblent à une gouttes brume infiniment petites & rares
ni à la cochenille
: ces pluies ne nuifent
fine; elles ne durent filveftre, ni à la cochenille
à Saint-Domingue. jamais plus de deux jours
Les pluies
ordinaires de douces, comme celles des pluies
groffes que la TEurope, brume dont les gouttes font
& tombent plus vite, mais plus
perpendicalairement vents
fans être
: on n'en a point vu durer chaflées par les
quatre heures; la cochenille
plus de vingtpoint, la cochenille fine filveftre n'en fouffre
mais elle Ia
en eft incommodée
mois.
fmpporte quand elle eft âgéc d'un 2
Après cela il y a les
dont les gouttes groffes grains : c'eft une pluie
pluies
comme celles de
à
d'Europe 2 tombent
n10S
Timprovife, fans être en perpondienlairement
par aucun vent, & durent apparence chaffées
plus ou moins avec
un quart - d'heure
violence, la cochenille fine
mais elle Ia
en eft incommodée
mois.
fmpporte quand elle eft âgéc d'un 2
Après cela il y a les
dont les gouttes groffes grains : c'eft une pluie
pluies
comme celles de
à
d'Europe 2 tombent
n10S
Timprovife, fans être en perpondienlairement
par aucun vent, & durent apparence chaffées
plus ou moins avec
un quart - d'heure
violence, la cochenille fine --- Page 173 ---
DU NOP A L.
le poids de ces gouttes
ne les fupporte pas 2
mais la
d'eau la fait tomber ou la meurtrit, eft
filveftre les fupporte & n'en
que
cochenille
légèrement incommodée (1).
a encorc les avalaffes ou orages
Enfin I il y
& chaffont mélés d'éclairs, de tonnerres,
qui
fés par le vent avec une violence incomparable femble être
à tout ce qu'on connoit : l'eau
verfée du ciel comme d'une cataracte; les gouttes
tombent avec un fracas plus épouvantable elies que
celui de nos horribles grèles d'Europe 5
fout le même ravage fur les jeunes plantes la
boréales que l'on élève dans les jardins;
cochenille filveftre en eft endommagéc, & totaquand elle n'a qu'un mois d'age;
lement perdue,
préte
quand elle eft plus avancée, 2 par exemple
récoltée, elle n'en eft pas ruinée pour
d'étre
l'entraîner & l'emporter,
ccla, la pluic ne peut
mais il faut la récolter le lendemain, parce
celle qui eft tuée par le poids de l'eau
que
pourriroit promptement. ans on n'a pas encore vu une
Depuis cinqg
l'on
une avapluie d'orage, ou ce que
appelle
pendant tout T'hiver; OIF
laffe à Saint-Domingue,
douce durer
a vu une feule fois une pluie
y
heures, & être fuivie d'une brume
vingt-quatre
(1) Les pluies d'orage qui tombent avec force détachent font
filveftre les pluies du nord qui
aufli la cochenille durent fouvent plufieurs jours de fuite
très-lourdes, & qui doivent être funeftes à la cochenille.
Jans la partic du Cap,
tout T'hiver; OIF
laffe à Saint-Domingue,
douce durer
a vu une feule fois une pluie
y
heures, & être fuivie d'une brume
vingt-quatre
(1) Les pluies d'orage qui tombent avec force détachent font
filveftre les pluies du nord qui
aufli la cochenille durent fouvent plufieurs jours de fuite
très-lourdes, & qui doivent être funeftes à la cochenille.
Jans la partic du Cap, --- Page 174 ---
426 TRAITÉ DE LA
de deux
CULTURE
lune de jours : ces pluies tombent à la
le
Janvier; c'eft ce que l'on
nouvelle
pays pluies du petit mil
appelle dans
ni durables, ni violentes. 5 mais elles ne font
parfaitement fec,
Le refte de T'hiver eft
très - fouvent
comme ce qui a
ces pluies de
précédé, &
ou font fi infenfibles
petit mil
n'abattent
& fi peu durables, manquent
donc
pas même la
qu'elles
pas être queftion d'elles poullière, 2 il ne peut
obftacle à la culture des
ici comme d'un
S'il ne s'agit
cochenilles,
des groffes
uniquement que des
pluies & des
grains, ou
pluies finiffent en
avalaffes, ces fortes de
qu'en
Oétobre, & ne
Avril; tout l'efpace
recommencent
jeur fin & leur
qu'elles laiflent entre
facré à l'éducation renouvellement de la
peut être controis récoltes complettes. cochenille; cela facilite
On ne parle ici que des
du
pluies du territoire
par Port-au.Prince, foi même de on n'a encore pu
ce qui fe paffe
s'inftruire
colonic, & fi ce que l'on
ailleurs dans la
il eft des
en rapporte eft
quartiers où l'on
vrai,
ou cing récoltes de
pourroit faire quatre
cochenilles fines
Comment une récolte de
par an.
elle être ruinée
cochenille fine
Le voici :
par un grain ou par une avalaffe? peutOctobre de quand on a femé la
trop bonne
nopalerie en
dernier orage, la récolte heure, il fiurvient un
quand elle n'eft pas aflez eft perdue en entier,
quand les cochenilles font avancée, & en partie
agéos, par exemple,
ou cing récoltes de
pourroit faire quatre
cochenilles fines
Comment une récolte de
par an.
elle être ruinée
cochenille fine
Le voici :
par un grain ou par une avalaffe? peutOctobre de quand on a femé la
trop bonne
nopalerie en
dernier orage, la récolte heure, il fiurvient un
quand elle n'eft pas aflez eft perdue en entier,
quand les cochenilles font avancée, & en partie
agéos, par exemple, --- Page 175 ---
DU NOPAL L.
de fix femaines : la même chofe arrive quand
tard en Mars, s'il furvient une
on a femé trop
avalaffe.
malheur affez étrange &
Enfin, quand par un
nopalerie
un nuage crêve fur une
très-rare 2 féchereffes de T'hiver, en tous ces
pendant les eft-il fans reffource, la perte eft-elle
cas, le mal
complette? Non.
nouQuand un grain fond fur une nopalerie
vellement femée, de trois femaines par exemple,
reffource eft de femer
tout eft perdu; Tunique
de temps;
de nouveau bien vite fans perdre
dans le féminaire des mères prêtes
on a toujours
qu'un retard
à être femées, & l'on n'éprouve
de trois femaines. Si vous êtes au commencement des fecs cela ne doit pas vous décourager, de femvous n'avez plus rien à craindre
puifque
êtes au milieu des fecs vous
blable. Si vous
bonne récolte;
encore efpérer de faire une
pouvez
êtes à la fin, il eft inutile de faire
mais fi vous femaille qui feroit en pure perte.
une nouvelle
âgées
Quand un grain furprend vos cochenilles alors
ou fix femaines ou même plus ,
de cinq
vous faites promptement
tout n'eft pas perdu 5
infectes n'ont que la
une demi récolte; car ces
& vous femez.
moitié de leur groffeur ordinaire 9 de temps 5
encore tout de fiite fans perdre
le refte
vous n'avez perdu que quinze jours, de la petite
étant compenfé par le produit faite. Aindi T'on
récolte forcée que vous avez --- Page 176 ---
428 TRAITÉ DE LA
voit que les pluies font
CULTURE
reufes pour la
d'autant inoins
en âge.
cochenille, qu'elle eft plus avancéc dangeCHAPITRE
VIIL
Comparaifon du dommage
cochenille, avec celui que caufe la'pluic à la
fene à d'autres cultures, que d'autres accidens cauQQUAND une récolte de
trentième jour,
eft cochenille eft ruinée au
le cultivateur d'une quelle
la perte qu'éprouve
rerre? Il a perdu un nopalerie mois
d'un carreau de
livre & demi ou deux de temps, plus une
crues prife dans fon
livres de cochenilles
nées de nègrillons feminaire, plus quatre jourmais
pour la femer; voilà
la chenille Tindigotier, qui voit ruiner fon
tout :
du foir au
herbe par
cent écus de femences, & lendernain, perd pour
de travaux de fes
quelquefois mille écus
de fes c/pérances. nègres, La outre la perte fiétive
planteur de coton; 5 c'eft même chofe arrive au
feu paffe dans une Pièce de encore pire quand le
préte de mirir, elle eft couchée cannes, ou lorfque
ouragan : la pluie n'a donc
à terre par un
neux pour le cultivateur du rien de plus ruipour le fuicrier, la chenille nopal, que le feu
le cotonnier 5 elle n'ef
pour lindigotier 8x
pas plus ordinaire que
ive
planteur de coton; 5 c'eft même chofe arrive au
feu paffe dans une Pièce de encore pire quand le
préte de mirir, elle eft couchée cannes, ou lorfque
ouragan : la pluie n'a donc
à terre par un
neux pour le cultivateur du rien de plus ruipour le fuicrier, la chenille nopal, que le feu
le cotonnier 5 elle n'ef
pour lindigotier 8x
pas plus ordinaire que --- Page 177 ---
DU NOP A L.
ces fléaux ; mais ces fléaux découragent-ils le
lindigotier &clecotonnier? Non :la crainte
fucrier, extraordinaires ne doit donc pas arrêter
des pluies
le cultivateur du nopal.
toutes
Mais fuppofons pour un moment que
ces cultures aient un fuccès heureux; ; comparez
leurs fardeaux, leurs encombreleurs travaux, les mifes dehors & leurs bénéfices $
mens 7
le caffetier fait fécher une
avec quelle peine
avilit.
denrée que la concurrence ou une guerre
Voyez quelle troupe de nègres il faut pour
farcler, pour récolter, pour fécher, pour écrafer,
tirer le caffé : il faut beaucoup de chepour de mulets, pour charger pour mille écus
vaux 2
tandis que l'on voit arriver
de marchandife lieues 5 dans les terres, un cultivade cinquante
trois
teur de nopal, qui porte au marché pour
louis d'or de cochenille fur un feul mulet :
cent
énormes ne faut-il pas pour faire
quels capitaus cent milliers de fucre? quels capipar exemple culture, quelies opérations, quelles
taux, quelle
faire la valeur
manipulations ne faut-il pas pour Il n'en faut
de trois cent louis d'or en,indigo?
sûrement pas autant pour cultiver la cocheaille;
feroit infilter le leéteur & fe défier
mais ce
de pouffer les comparaide fa pénétration, que
fons & les détails plus loin, --- Page 178 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
CHAPITRE IX.
L'éducation de la cochenille
fera utile a la colanie
françoife de St. Domingue.
Pour fpéculer
prife de culture avantageufement & de
dans une entred'être doué
commerce 2 c'eft pen
avoir
d'intelligence & de raifon, il faut
acquis une fomme de
au-deffus du
connoiffances de faits
conftatés dont vulgaire : c'eft de ces faits bien
raifonnemens on fe fert pour principe de fes
or ces faits & pour bafe de la
ne fe vérifient
fpéculation 5
& les obfervations fir les que par les voyages
Ceux
lieux.
qui ont objecté contre l'utilité
culture de la cochenille à
de la
Le prix de la main-d'auvre Saint-Domingue. 1°,
cherté de leur nourriture
des nègres. 2°, La
bien inftruits,
& entretien, étoient-ils
Indiens vivoient quand à
ils ont prétendu que les
prix de leur journée meilleur étoit compte, & que le
nègres françois ?
plus bas que celui des
La piaftre gourde elpagnole
de Plata dans la colonie
vaut onze réales
Domingue ; elle en vaut neuf françoife à
de Saintelle n'a cours que pour huit à la la Havanne 7
Cruz, Guazaca & toute l'audience nouvelle Vera-
& de Mexico,
de Guatimala
La main-d'auvre des Indiens dans le
Mexique
que les
prix de leur journée meilleur étoit compte, & que le
nègres françois ?
plus bas que celui des
La piaftre gourde elpagnole
de Plata dans la colonie
vaut onze réales
Domingue ; elle en vaut neuf françoife à
de Saintelle n'a cours que pour huit à la la Havanne 7
Cruz, Guazaca & toute l'audience nouvelle Vera-
& de Mexico,
de Guatimala
La main-d'auvre des Indiens dans le
Mexique --- Page 179 ---
DU N o P A L.
ou la proximité des
varie felon Téloignement
pas de celle de
grandes villes; on ne parlera
mais on1 parMerico, que Fon ne connoit pas; & que l'on a
lera de ce que l'on connoît 2 La main-d'aeuvre
vu dans le fond des provinces.
pour T'exdes Indiens commandés en corvée, des Caftillans,
ploitation & le fervice des terres
la maineft de deux réales de Plata; ainfi à payer deur réales de
d'ceuvre des Indiens de Guazaca de les payer
Plata, c'eft la même chofe que
ou de la
trois réales de Plata à la Havanne ,
réales moins un tiers au Port-aupayer quatre
Prince. obferver ici que la corvée eft une
Il faut
& que le
charge impofée par le vainqueur,
falaire
qu'il accorde au vaincu pour
prix apparent eft une gràce 2 une condition
de fon onvrage rendu le maître, 2 & non une condont il s'eft
a donc donné par la
ventiont libre; le vainqueur moins qu'il a pu, On fait
raifon du plus fort le
des corvées font modicombien les rétributions
encore qu'elles
ques même en France; cela prouve alimentaires 9
font confidérées que comme
ne
le corvéable n'ait point de prétexte
afin que
raifonnable de ne pas travailler.
apparent ou
cuiPoit-au-Prince, un nègre perruquier,
Au
fe loue par mois quarantefinier, domeftique,
gourdes, qui font
cinq livres ou cinq piaftres Plata, c'eft-à-dire un
réales de
cinquante-cint de deux réales de Plata par jour:
peu moins
font confidérées que comme
ne
le corvéable n'ait point de prétexte
afin que
raifonnable de ne pas travailler.
apparent ou
cuiPoit-au-Prince, un nègre perruquier,
Au
fe loue par mois quarantefinier, domeftique,
gourdes, qui font
cinq livres ou cinq piaftres Plata, c'eft-à-dire un
réales de
cinquante-cint de deux réales de Plata par jour:
peu moins --- Page 180 ---
TRAITÉ DE LA CULTURE
ajoutez-y une demi réale de Plata
riture, ce fera deux réales &
pour fa nournègre de ferme
demi par jour. Un
livres
pour jardin fe paye trois
par an : ce n'eft
cent
par jour, fuppofons-la pas une réale de Plata
ajoutons-y une demi réale pourtant d'une réale, &
coûtera une réale & demi pour fa nourriture, il
voilà donc fon falaire
par jour au locataire:
compris fà nourriture,à fixé au plus haut prix >
On fait
une réale & demi par
que dans les cas de
jour.
dommages intérêts & de reftitution liquidation, de
arrêts du confeil
de fruits, les
quelquefois
fupérieur du Port-au-Prince ont
adjugé quatre réales de
jour au maître légitime de
Plata par
font des cas de
l'efclave 5 mais ce
trat armé de l'autorité rigueur, dans lefquels le magif
le détenteur; &
de la loi févit contre
peine contre
ce prix liquidé fi haut eft une
d'ailleurs
l'injuftice de celui qui fuccombe
cela dépend des circonftances
cipalement des talens d'un
& prinqu'il ya des cuifiniers
nègre; car On avoue
par mois, mais il
qui fc louent cent livres
d'oeuvre d'un nègre ne s'agit ici que de la main
une réale & demie de de jardin, qui a été fixce à
Plata.
On voit par cet expofé fidelle,
peut démentir, que la main que perfonne ne
chère au Port-an-Prince
d'aeuvre eft moins
les vivres foient à meilleur qu'à Guaxnca, quoique
qu'au Port-au-Prince,
compte à Guazace
La taxe de IIndien le plus
pauvre à Guaxaca
eft
d'un nègre ne s'agit ici que de la main
une réale & demie de de jardin, qui a été fixce à
Plata.
On voit par cet expofé fidelle,
peut démentir, que la main que perfonne ne
chère au Port-an-Prince
d'aeuvre eft moins
les vivres foient à meilleur qu'à Guaxnca, quoique
qu'au Port-au-Prince,
compte à Guazace
La taxe de IIndien le plus
pauvre à Guaxaca
eft --- Page 181 ---
DU No PA L.
Les ordonnances leur
eft celle des topith (1).
lieues:
adjugent une réale de Plata par quatre Thumanité
ils peuvent gagner deux réales, mais fe bor-
& la reconnoilfance des voyageurs ne
mais
là. L'efpagnol eft orgueilleux,
nent jamais
l'avarice & la fordidité fi
perfonne ne lui impute
exalté ;
oppofces à la hauteur de fon caraêtère
toujours au moins quatre
mais un topith gagne
quand il travaille: or 2
réales de Plata par jour
Unzopitk
eft-ce un topith qui fait de la cochenille?
il eft
eft l'homme de peine de la communauté,
l'alguazil né des alcaldes, & fon gain n'eft pas
des poftes, il a des rétribuborné aux courfes
Le topith
tions de la commune où il demeure. miféraeft cependant toujours l'homme le plus
ble de la commune; cela eft paffé en expreffion
malheureuz comme un topith. Mais
proverbiale;
n'eft
lui qui fait de la
on le répète, ce
point
cochenille.
chez de pauvres InOn a mangé quelquefois
diens, on a fait maigre chère chez quelques-uns, 2
d'excellenmais on en a trouvé qui mangeoient des cultites volailles, & ceux-là n'étoient pas
des
vateurs de cochenille ; la nourriture commune
Indiens font des galètes de mahys, mais ils ont
la viande ou des volailles, & ils ne manou de le fruit des caêtes que par plaifir & par
gent
quatre réales Ol1
goit. Dès qu'un topith gagnc
(1) Couricr de pofte.
Ec
chez quelques-uns, 2
d'excellenmais on en a trouvé qui mangeoient des cultites volailles, & ceux-là n'étoient pas
des
vateurs de cochenille ; la nourriture commune
Indiens font des galètes de mahys, mais ils ont
la viande ou des volailles, & ils ne manou de le fruit des caêtes que par plaifir & par
gent
quatre réales Ol1
goit. Dès qu'un topith gagnc
(1) Couricr de pofte.
Ec --- Page 182 ---
TRAITÉ DE
feulement deux
LACULTURE
poulet avec fes par jour, il peut manger un
rordillas,
coûte qu'une réale, & parce qu'un poulet ne
dis qu'il coûte deux & trois quelquefois moins, tanPort-au-Prince. Or s'il
réales de Plata au
réale & pour une demi mange un poulet d'une
pain efpagnol
réale de tordillas, ou de
colat, fa nourriture par jour, ians compter fon chochère que celle du eft bien meilleure & plus
Quelle eft la nègre (r).
Domingue? C'eft nourriture du nègre à Saintnane 2 la caffave T'igname, : on
la pattate 2 la bademeftique
ne donne à un
qu'tne demie-réale
nègre
fortes de neurriture
pour acheter ces
plus baffe au
: or 2 une demic-réale eft
qu'à Guaxaca, Port-au-Prince de trente pour cent
le vingt-deuxième puifqu'au de Port-au-Prince elle eft
Guaxaca elle eft le la piaitre gourde, & qu'à
qui eft
feizième, Ainf
ce
faux, un
quand,
Guazaca
Indien, un homme
ne vivroit
libre de
Plata par jour, fa qu'à une demi - réale de
réellement
nourriture feroit plus chère
que celle d'un nègre de la
françoife de Saint-Domingue,
colonie
Mais la nourriture de deux
pas à une demi-réale
nègres ne revient
Domingue,
au cultivateur de Saintparce qu'il n'y a que dans les villes
(1) Il fant fumpoferque l'Indien
l'élève lui-méme, & qu'il n'eft qui mange de la volaille
Pacheter: les nègres de la colonie pas font dans la néceffité de
dans le méme ças.
de la
françoife de Saint-Domingue,
colonie
Mais la nourriture de deux
pas à une demi-réale
nègres ne revient
Domingue,
au cultivateur de Saintparce qu'il n'y a que dans les villes
(1) Il fant fumpoferque l'Indien
l'élève lui-méme, & qu'il n'eft qui mange de la volaille
Pacheter: les nègres de la colonie pas font dans la néceffité de
dans le méme ças. --- Page 183 ---
D U NOPA L.
oi l'on donne de l'argent aux nègres domeftipour vivre, & que les nègres cultivateurs
ques font nourris en général avec les vivres que le
fol produit.
Il eft donc démontré que le nègre de Saint
Domingue vit à infiniment meilleur compte
chez fon maître que IIndien libre de Guaxaca
le plus miférable; le prix de fa main-d'ceuvre
eft encore plus bas.
Mais pourquoi établir une comparaifon entre
le pauvre Indien libre & le nègre efclave de
le prix de la nourriture
Saint-Domingue 9 pour
à deffein de recher-
& celui de la main d'euvre,
cher fi l'on peut foutenir la concurrence avec
les Efpaguols dans l'éducation de la cochenille
fine ?
de
C'eft P'Indien aifé (car il n'y en a pas
riche); c'eft T'Indien propriétaire de terre qui
cultive la cochenille, & non pas celui qui
ramaffe des pitahiaha, ou qui marche devant
des chevaux de pofte.
du
à cultiver
L'Indien libre & aifé a
profit
la cochenille. Ce n'eft pas le tout, le gouverneurde province, le gouverneur de viile, ,l'aicalde
major, fon lieutenant, TIndien ou le nègre, 7
alcalde ordinaire, ont même du profit à T'acheter,
à la monopolifer du cultivatear par des avances
ufuraires & perfices, & parderachmsprémsmnatns la
ils la revendent enfuite aux négocians, qui
Ee ij --- Page 184 ---
DE'LA CULTURE
436 TRAITÉ
de regiftre, 8 c'eft
chargent fur les vaiffeaux de cette denrée.
qui fait hauffer le prix
de lIndien, s'il
ce
feroit donc le profit
fur le
Quel
lui-même la cochenille
pouvoit mettre comme il la met à Guaxaca? celui
marché de Cadix,
au-deffous de
beaucoup
en
Il feroit toujours faire le colon françois 7 qui, de
que pourra de la cochenille, aura marchands l'avantage de
exploitant lui-méme aux navires
la vendre
fa nation.
l'auteur d'une entreprife d'en
On voit rarement le fruit qu'il a droit
utile en tirer tout
la culture du nopal
efpérer. Celui qui propofe cochenille aux çolons de
8 Véducation de la fait bien, il ne s'eft pas
le
Saint - Domingue fe promet pas pour lui perabufe, 8 il ne
qu'il pourroit
fonnellement tous les avantages manière de vivre, fon
tirer. Son âge, fa
de toutes efpéen le mettent trop au-deffous
à Thonneur
état, de fortune 5 mais il prétend utile, &
rances enfeigné une chofe réellement
qu'il
d'avoir obtenir à jufte titre cet honneur, difant fidelc'eft pour
rien diffimuler, en
a cru devoir ne obfervé; c'eft-là le feul homlement ce qu'il a
homme doit à lui-même
mage que Thomnête
& au public.
FIN,
fa
de toutes efpéen le mettent trop au-deffous
à Thonneur
état, de fortune 5 mais il prétend utile, &
rances enfeigné une chofe réellement
qu'il
d'avoir obtenir à jufte titre cet honneur, difant fidelc'eft pour
rien diffimuler, en
a cru devoir ne obfervé; c'eft-là le feul homlement ce qu'il a
homme doit à lui-même
mage que Thomnête
& au public.
FIN, --- Page 185 ---
ENR
SUPPLEM
AU VOYAGE
DE GUAXACA,
les lacunes recouvrées après PimCONTENANT
68 8146, la,
pre/fion 7 indiguées aux 8 pages la feconde par deux
première par une note >
jetteront
lignes de points; 5 fuivies de Notes, endroits qui de ce
un plus grand jour fur plufeurs
Voyage.
Avocat au
PAR M. THIERY DE MENONVILLE; de S. M. T.C.
Parlement, Botanifte --- Page 186 --- --- Page 187 ---
AVERTISSEMENT
LA defcription de Vera-Crux 2 commençant par ces mots : jai dit combien, ligne
&c. quife trouve imprimée pag. 62,
28 du premier volume, & tout ce quiluit, 68
jufquau départ d'Orifava, volume doit Étre
du même
FRerhi
ligne I 5
: le Ledleur voudra
comme tres-imparfaite
infiniment plus
bien sen tenir à celle-ci,
[Auteur a
& à laquelle
fatisfaifante 3 attention.
porté toute Jon
SUPPLEMENT
'AU VOYAGE DE GUAXACA:
ville eft fituée dans le Golfe du tion Defcrip? deVei
Cme fir les bords de la mer, dans ra-Crux,
Mexique, fablonneule & ftérile. Pasla
une plaine
A --- Page 188 ---
moindre
Vox A G is
fid, des culture marais n'embellit fès dchors; ; at?
rendre très-mal infects contribuent à la
fables arides, où faine j au nord, parmi des
recueillir le-fel tous les jours on pouroit
le chemin du concret, à leur fiarface eft
fept à huit lieucs Mexique les qui fiit pendant
l'oueft, des dunes de bords de la mer. A
les flots ne laiffent voir fable apportées fir
arbres les plus élevés. que la fommité des
A mefure que cc fable,
vents de l'eft & du nord, amoncelé fe
par les
eft de nouveau chaffé
déffèche > il
& jetté en avant, foit dans par les mémes vents,
d'en couvrir toutes les la ville, au point
les terres, d'ot provient maifons, foit dans
dont elle cft formée. l'enceinte des dunes
fable qu'excitent
Les tourbillons de ce
nord, troublent quelques fois les vents du
la refpiration. fouvent la vue, & coupent
Par delà cette plaine fablonneufe
montagnes qui
& les
bois remplis T'environnent, de bétes
on trouve des
prairies couvertes de fravagoss & des
Vera-Crux eft bâtie troupeaux. en
le grand diamétre
demi cercle, dont
fes, eft le bord de qui a fix ou fept cents toid'un fimple
la mer. Elle eft ceinte
mur ou parapet de fix pieds de
vent la vue, & coupent
Par delà cette plaine fablonneufe
montagnes qui
& les
bois remplis T'environnent, de bétes
on trouve des
prairies couvertes de fravagoss & des
Vera-Crux eft bâtie troupeaux. en
le grand diamétre
demi cercle, dont
fes, eft le bord de qui a fix ou fept cents toid'un fimple
la mer. Elle eft ceinte
mur ou parapet de fix pieds de --- Page 189 ---
A Gu AX A C A.
d'une 3
haut, fr trois de large, farmonté mauvais
de pieux de bois de fer en
palifade
eft flanqué de diftance à autre
état. Ce mur baltions, ou tours quarrées de
de fix mauvais haut, fir vingt de flanc 5
douze pieds de terraliées, les autres vuides,
quelques-unes
ni aucuns defans foflés, ni bords contrefcarpe, de la mer au fud-elt,
hors. Sur les
de la ville, font deux re-
& au nord-oneft mieux dire, deux baftions
doutes , ou pour
les autres, avec
terralfes plus réguliers que
en batterie.
& quelques canons
un cavalier
fe trouve couverte par le
Tentrée du port
feu de ces deux baftions.
à chaux
Toute la ville eft bâtie en pierre,
le
& à fable, d'une excellente maconnetie des madre- 2
moellon qu'on y emploie étant
à la
tirés du fond de la mer 5 quant
pores de taille on l'a tire de Campèche.
pierre
trompé fans doute par
M. l'Abbé Raynal, lui a fournis fuir cette
les Mémoires qu'on étoit bâtie en bois 2
ville,. a écrit qu'elle affuré du contraire par
mais je 'me fuis bien
à quifai mon-
& les Ingénieurs
mnes yeux,
de Thiftoire Philofophigue 2
tré le pallage certifié qu'ils ne connoiffbient
m'ont encore
bâtie en boisdans toute la
pas une feulemaifon
dire qu'elle ait été
ville : on ne peut pas
Aij --- Page 190 ---
Vo x Ac Y
autrefois ainfi bâtie, &
trompé quelques
que c'eft Ce qui a
maifons de Majorats voyageurs, 3 car j'ai vu vingt
nes depuis plus de (: I ) tombées en ruitous les murs font cinquante ans, 2 & dont
j'imagine que ce
en les maçonnerie ; mais
erreur fi
qui
a induits dans une
balcons de confequente bois,
2 c'eft la vue de ces
lourds &
gnent tout au-tour des
maflifs, qui rela Havanne 2 ce
maifons, comme à
regards, & leur qui aura fixé d'abord leurs
fons étoient de bois. aura fait dire que les maiElles ne font ni plus
élégantes, qu'à la Havanne, régulieres, ni plus
y font plus vaftes & mieux > mais les rues
font alignées,
percées; elles
loux, bien
parfaitement pavées en cailnivellées, &
ce qui contribue à leur bien entretenues, >
donne une meilleure
propreté, & leur
Il n'y a d'édifices grace.
Eglifes; femblables à remarquables celles de
que les
elles font ornées de
la Havanne,
comme les maifons beauicoup de
d'argenterie,
meubles de la Chine: : c'eft porcelaines, là
& de
tout le luxe,
perpéruiré, (1) Biens nobles fubfitués de mâles
en mâlesa
bien entretenues, >
donne une meilleure
propreté, & leur
Il n'y a d'édifices grace.
Eglifes; femblables à remarquables celles de
que les
elles font ornées de
la Havanne,
comme les maifons beauicoup de
d'argenterie,
meubles de la Chine: : c'eft porcelaines, là
& de
tout le luxe,
perpéruiré, (1) Biens nobles fubfitués de mâles
en mâlesa --- Page 191 ---
A G U A X A C A.
eft 5
X du refte, la fobriété des habitants
fe nourriffent prefp'uniquement
telle qu'ils
de chocolat & de confitures. celle de MaVera-Crux a trois portes, & celle 2 de Mexico.
delline, celle d'Oriffava
très-petitegatElle n'a pour habitants qu'une
les naviganifon,l les agents du nombre gouvernement, de négociants 2 ou
teurs & un certain
la vanille,
plutôt de commiffionnaires pour
être
l'anis & la cochenille, qui ne peuvent le principal
exportés que par les gallions 2 d'Europe fe
commerce des marchandifes celui du fer que
faifant à Xalappa, excepté
tout cela
T'on vient charger à Vera-Crux; de fept ou huit
peut former une population excepté le gouvermille ames 3 cependant, 2 & les - officiers de
neur, Tadminiftrateur
de monde à
terre & de mer, il y a peu
voir
hauts &
Les hommes font généralement eft le caraêtere de
fers, foit parce que tel richefles, dans un
la nation, foit que leurs fi
prix ( 1),
où l'or eft d'un
grand
pays
à Vera-Crux fept à huit maifons de
(1) Iy, dans a chacune defquelles on pourroit trouver
'commérce ,
un million de pelos-fortes,
A iij --- Page 192 ---
leur ait fait Vor A G E
Ils entendent aflicher ce ton de
fort bien le
fmpériorité
là, comme ailleurs, 9 leur commerce 2 mais
& leurs faperftitions
indolence naturelle
pour le travail une averfion acquifes 2 leur donnent
On leur voit fans ceffe des infiurmontable.
reliquaires aux bras & au chapelets, des
fons font remplies de
col, leurs maide faints
flatues, &
2 & ils paffent leur vie d'images
tigues de dévotion.
en praLes femmes vivent retirées dans les
partements d'enhaut pour éviter la
apétrangers ; cependant il ef aifé de vue des
voir qu'elles feroient plus acceffibles
maris leur en laiffoient la
fi fortent, c'eit en
liberté. Si elles
remarqué à la
voiture, comme je l'ai
ont point font Havanne, & celles qui n'en
mante de foie qui couvertes les
d'une grande
aux pieds, & n'a
enveloppe de la tête
du côté droit,
qu'une où
petite ouverture,
duire. Dans par
elles voient à fe conT'intérieur des
portent fur leurs chemifes maifons, elles ne
de foie lacé d'un trait d'or gu'un petit corfèt
tout l'art de leur coeffure ou d'argent, 3 &
leurs cheveux noués
confite à porter
de leurs tétes. Avec d'un ruban au-deffus
elle ne laiflent
un ajuftement fi fimpie,
pas d'avoir. une chaine d'or
'une où
petite ouverture,
duire. Dans par
elles voient à fe conT'intérieur des
portent fur leurs chemifes maifons, elles ne
de foie lacé d'un trait d'or gu'un petit corfèt
tout l'art de leur coeffure ou d'argent, 3 &
leurs cheveux noués
confite à porter
de leurs tétes. Avec d'un ruban au-deffus
elle ne laiflent
un ajuftement fi fimpie,
pas d'avoir. une chaine d'or --- Page 193 ---
A G U A X A C A.
Ru tour du col, des bracelets du même mé-
& les émeraudes les plus
tal aux poignets,
; tant il eft vrai que
précieufes aux oreilles;
la mode & le goût du luxe ne connoiffent
de regle ! En général le fexe n'elt pas
point beau dans cette Ville 2 avec les plus riches
il manque de graces & de goût 2
parures, & malgré fa retenue apparente, il eft trèsporté au libertinage.
féjour font
Les feuls divernif@ementsdece de caffé oûi les honnêtes
la neogerie, efpece
prendre des glaces,
gens fe raffemblent fimulacres pour de courfe de taureaux
& quelques
qu'on ne veuille
pour le bas peuple > àmoins
les proceffions & flagellations
y comprendre
temps auquel j'arrivai
de la femaine fainte,
à Vera-Crux.,
cette femaine le bruit
Vingt fois pendant
à
fenêtre.
des chaines me fit courir ma
Quel
trifte fpeétacle ! tantôt c'étoit un pénitent
habillé en femme 2 juppes & corps de toile
de lin, couleur ardoife, les bras étendus &
attachés fixement dans une fituation horifontale 1 le dos & les épaules chargés de
fept vieilles épées, telles que celles qui fervent d'enfeigne à nos fourbiffeurs, & dont
les pointes raffemblées dans un bourlet lui
portoient fur le coccis 2 les pieds chargés
A iv --- Page 194 ---
de chaines
Vo Y A G E
& de boulons; dans cet
le pénitent parcouroit à pas lents toute attirail, la
ville , & faifoit fes
4 L'inflant
ftations à chaque Églife,
mafque auffi d'après habillé fé préfentoit un autre
mouffeline blanche
en femme, 2 mais en
un mouchoir fir le 2 nu jufqu'à la ceintures
mais les mains libres, fein, les fers aux pieds,
un Crucifix, & dans la tenant droite dans la gauche
cipline dont il fe déchiroit une rude dif
cent pas, en cent
les épaules de
coup le fang ruifleler pas 5 on voyoit à chaque
la belle
fur fes reins & teindre
juppe blanche falbalaffée.
En huit jours j'ai compté plus de
vingts mafcarades femblables.
quatreà voir; Les proceflions ne font pas plus agréables
chaque chapelle a fon Saint
en cire, de grandeur naturelle, dont figuré
eft effrayant, & qu'elle fait porter fir l'afpect des
brancards par huit hommes qui fè
ils font toujours habillés en
relayent;
pe 7 le corfet & le malque pareils: femme, lajupdire , en toile de lin
c'eft-dnent cet emploi à tel gris-ardoife. Ils tienmontrent tout le
honneur, qu'ils fe
le lendemain, dans jour 2 même la veille &
ce ridicule accoutrement.
Parmi tant de procellions, il en eft une
qui merite d'être diftinguée par fon objet
>
des
brancards par huit hommes qui fè
ils font toujours habillés en
relayent;
pe 7 le corfet & le malque pareils: femme, lajupdire , en toile de lin
c'eft-dnent cet emploi à tel gris-ardoife. Ils tienmontrent tout le
honneur, qu'ils fe
le lendemain, dans jour 2 même la veille &
ce ridicule accoutrement.
Parmi tant de procellions, il en eft une
qui merite d'être diftinguée par fon objet
> --- Page 195 ---
'A G U A X AC A:
de 5
d'une fondation
elle a lieu à l'occafion deftinées à marier chaque
fix mille piaftres
& nubiles;
année quatre jeunes filles pauvres le choix
mais par un abus trop ordinaire d'intrigue, 1.
foutombe anjourd'hui, à force
fois fur
vent fur les plus aifées; ; & quelques & tandis que
des enfans de fept à huit ans;
des fondateurs de cette pieufe
Tintention
de
la mifere, &
inflitution a été
foulager
de famille
d'infpirer à ces nouvelles meres
leur
T'efprit de religion & de modeftie de la qui céréconvient; il femble que le but lidée du luxe,
monie foit de leur donner
les conduit
& le goût de la frivolité ; on voitures, couà l'Églife dans des fuperbes d'or ou d'argent ,
vertes de robes de drap de perles & de
de dentelles magnifiques 2 les femmes opudiamans les plus riches, que de leur prêter 2 à
lentes fe font un plaifir Un
ou
l'envi les unes des autres. hommes Écuyer, les plus
efpecc de parrain 1 l'un des donne la main &
qualifiés de la ville, 2 leur
à la procefles conduit comme en triomphe On fit durant
fion qui fuit labénédiction, de deux années,
mon féjour la proclamation huit élues il y en avoit fept
mais en vérité de
fervantes.
dont je n'aurois pas voulu pour diftance de
En,face de Vera-Crux, à une
i les unes des autres. hommes Écuyer, les plus
efpecc de parrain 1 l'un des donne la main &
qualifiés de la ville, 2 leur
à la procefles conduit comme en triomphe On fit durant
fion qui fuit labénédiction, de deux années,
mon féjour la proclamation huit élues il y en avoit fept
mais en vérité de
fervantes.
dont je n'aurois pas voulu pour diftance de
En,face de Vera-Crux, à une --- Page 196 ---
To
Vor Ac E
quatre cents toifes, eft un iflet, fir
eft bâti le château de Saint
lequel
qui la couvre & la défend Jean-d'Ulloa le
fes batteries
par
feu de
fa premiere : ce fort 2 long - temps après
par des fortifications conftrustion , a été renforcé
plus
un quarré
régulicres; c'eft
long,, compofé de quatre grands
baftions & de trois demi-lunes,
avec contref
Carpe 2 foffés, chemin couvert
glacis, du fud-oueft à
2 paliffades &
l'iflet, quis'accroit T'ouefl-nord-ouef, ol
des fables
dejourenj jour, accumule
2 des coquillages & des madrefiffifant, pores; au fud, le port forme un fofle bien
demi cable puifque du la Capitane mouille à un
rempart, qui a trente-cinq à
quarante pieds dehaut.
pêcher le
Néanmoins, pour emdébarquement &
canots à couvert du
Iapproche des
la courtine qui eft canon, on fraizoit toute
des deux baltions nue, ainfi que les flancs
pieux d'un bois dur qui font fur le port, de
& noir comme
qui, éguifés & fortant d'un pied & demi Tébene,
deffus de l'eau
auplus près, qu'à la 7 portée empécheront de la
d'approcher
Ilya trois cents pieces de moufquetterie.
douze, jufqu'à trente-fix livres canon, de balles. depuis
place n'eft cependant pas imprenable,
La
les refcifs qui la bordent d'un côté malgré & lc
--- Page 197 ---
A G U A X A € A. été con- IX
la défend de l'autre ; &j'ai d'cil
Fort qui
par un coup
firmé dans cette opinion François avec qui je
échappé à un Ingénieur Tout en foutenant la
conferois fr ce fijet.
les yeux vers le
place imprenable, il jettoit effet une paffe beaufiud-eft, ou fe trouve en
& dans
plus courte. que la principale, feroient
çoup
affaillans ne
laquelle les vaiffeaux
à l'artillerie des
pas expofes fi long-temps le fort du fud-eft,
ouvrages qui couronnent
même mouiller
& pourroient
au nord-oueft, refte des anciennes fortifous la courtine, fort élevé, & dont le feu
fications 2 ouvrage cette raifon inutile.
deviendroit par
de la hauteur de foixante
Une tourquarrée
ou baftion du
yiedean-dafts du rempart, le port, toute la
fud-elt, domine la ville, & fert à faire les firade, & les environs,
la Capitane de
gnaux. qui font répétés par
étage eft
port. J'y fais monté 5 au eft premier établie. une. batune terraffe far laquelle de bronze de vingtterie de quatre pieces
avec un corps de
livres de balles 2
eft
quatre garde de dix hommes 5 aul dernier les étage demifentinelle qui ielkrelevée toutes
une
donne avis de ce qu'elle voit 2
heures , elle
vérifiéparle caporal,
& c'eltd'après cetavis, les Sgmaulayanoit
que celuicci.ordonne
5 au eft premier établie. une. batune terraffe far laquelle de bronze de vingtterie de quatre pieces
avec un corps de
livres de balles 2
eft
quatre garde de dix hommes 5 aul dernier les étage demifentinelle qui ielkrelevée toutes
une
donne avis de ce qu'elle voit 2
heures , elle
vérifiéparle caporal,
& c'eltd'après cetavis, les Sgmaulayanoit
que celuicci.ordonne --- Page 198 ---
I2
alors
Vo Y AG E
qu'un bataillon en garnifon S
compagnie d'artillerie, &
, avec une
çats employés aux travaux environ du mille for
Le port de Vera-Crux
Roi.
chiteni,, & liflet fir eft fermé par ce
Quarante à foixante
lequel il eft bâti.
cent marchands,
vaiffeaux de guerre > &
tre, 3 & dix brafles. peuvent Les y mouiller fr quanent depuis lifle des refcifs quil'environ-
& au nord-eft,
Sacrifices au fid-eft
en fareté
rompent le flot, & on eft
par tous ces vents. Mais y
depuis
eft ouverte, & les nords,
plage
HREEEE
terribles, ont fouvent déradé fur-tout, des
qui font
les ontj jettés à la côte. C'ef navires, &
cette rade, la feule au refte de pourtant dans
fe, qu'arrivent tous les
tout le Goldu
Mexique, 2 & c'eft d'elle spprovifionnements
l'Europe les métaux & denrécs que partent pour
échange par ces vaftes contrées. donnés en
Vue du côté du
la
très-jolie apparence. château, Elle
Ville a une
naturelle qui fert de a au fad une prairie
dans la faifon des
promenade, excepté
inondée
pluies, car alors elle
à huit par un ruifleau qui forme un
eft
cents toifés de la ville,
marais
de l'eau; mais
& lui fournit
fource vive
comme ce n'eft point une
> mais feulement la filtration --- Page 199 ---
A Gux X A C x: raffem- 13
des dunes voifines 2 qui fe
des eaux
2 ces eaux
blent dans un étang marécageux, & on leur
ne font ni fraiches, ni agréables, du château. Cepréfere celle des citernes de fec, ce qui forme
pendant dans le temps
la filtration fe
les trois quarts de l'année 2
& l'on
profondeur,
fait à une plus grande à la ville par un aqueduc
conduit ces eaux
en maçonnerie. le ruifleau ait peu d'eau, il ne
Quoique
des Caimants de fept à
laiffe pas de nourrir ai reconnu plufieurs
huit pieds de long 2 j'en
dans
fois la pifte, &j'en ai vu même plonger
mais ils ne font pas dangereux.
le marais 2
fauxbourg
Vera-Crux n'a qu'un très-petit des jeux
où font deux chapelles 2
all fud-eft,
jardins, mais les jarde boule & quelques culture & fans ornemens :
dins y font fans
quelques choux palquelques ciroueillers,
fonttousles arbres
miftes, quelques cocotiers,
des melias
utiles:un bombax à fleurs rouges, & blancs
& des plumerias rouges, jaunes cela rend K
font les feuls arbres agréables : fiftérile,
villefi trifte, &lui donne un afpeÉt
la
du fad, qui fert de renque fans prairie carroffes, & dont la verdure
dez-vous aux Vera-Crux feroit le féjour le
recrée la vue 7
Funivers. Heureufement
plus ennuyeux de
cocotiers,
des melias
utiles:un bombax à fleurs rouges, & blancs
& des plumerias rouges, jaunes cela rend K
font les feuls arbres agréables : fiftérile,
villefi trifte, &lui donne un afpeÉt
la
du fad, qui fert de renque fans prairie carroffes, & dont la verdure
dez-vous aux Vera-Crux feroit le féjour le
recrée la vue 7
Funivers. Heureufement
plus ennuyeux de --- Page 200 ---
auffi la nature VoTA G E
végétal, a-t'elle peu brillante dans le regne
paré
tes fes richeffes
leregne animal de toufont
; la ville & les campagnes
le chant peupléesd'oileaux, dont les couleurs &
plus
rejotiffent l'oreille & les yeux, le
Vera-Crux agréblement font du monde; les rues de
brable de trois peuplées d'une foule innomelpeces de pies,
noires; ; la plus petite eft auffi parfaitement
femillante, 2 auffi
groffe, auffi
bruyante & moins nombreufe, 2 mais moins
neaux de
incommode que nos moideur & France; de
; la feconde eft de la
la couleur de nos
granreflemblance eft à s'y
merles, la
eft celle que lon
tromper; la troifieme
bouts de tabac c'eft nomme dans nos colonies
Toutes ces efpeces une font efpece de perroquet.
lieres' & divertiffiantes extrémement famidivers : elles
par leurs mouvements
des
n'attaquent point les femences
fientes plantes, de & ne vivent que d'infeétes & de
de
chevaux, de mulets,
ces trois efpeces ef celle &c.Au-deffus du
fi bien décrite par M.
vielturaura
cet animal femble
Jaquin ; le nom de
pendant c'eft le plus infpirer lâche la terreur 5 cedes oifeaux de
& le plus flupide
de Ce qui a
proie il eft 2 & il n'attaque rien
lct d'Inde vie;
de la taille d'un
, il lui reflemble
poufingulierement --- Page 201 ---
A G U A X A C A.
is
& fatête nue, couverte
par fa couleurbrune caronculée, & n'a qu'aud'une peau prefque qu'il en faut pour voler, &
tant de courage
dans les cuifines, qui
enporter un morceau ouvertes & à plein
font prefque toujours il fe met en vedette
air : pour y parvenir, plus perfonne ; alors
jnfqu'a ce quil ne voye & leger par une
il entre d'un vol rapide & fort par P'autre 2 en
porte, ou une fenêtre, qu'il aura trouvé à fa
enlevant le morceau le plus affuré & leplus
portée. Son domaine
les boucheries
abondant eft dans les égouts 2
fois par-
& la campagne 5 on le voit quelque avec les
la chair d'un mulet mort,
tager chiens, quand ceux-ci ne font pas trop affa- le
& veulent bien fouffrir le partage ;
més,
( c'eft le nom que les Indiens
Tropillot
Vautour) mange fans ceffe,
donnentà notre
il dort fxr la cha-
& quand il eft raflafié
lorfrogne, ou à côté, & ne la quitte que arrivé de
qu'il ne refte que les OS. Il m'eft
chevoir le matin un mulet mort dans foir un le.
& de n'en retrouver le
que
min 2
cependant je n'avois pas vu furle
fquelette moindre 2
trace d'un chien, iln'avoit
fable la
la proie des Vautours :
donc pu être que
qu'à peine fe décet animal eft fi familier, chemin, mais il eftfi
tourne-t-il de votre
te que arrivé de
qu'il ne refte que les OS. Il m'eft
chevoir le matin un mulet mort dans foir un le.
& de n'en retrouver le
que
min 2
cependant je n'avois pas vu furle
fquelette moindre 2
trace d'un chien, iln'avoit
fable la
la proie des Vautours :
donc pu être que
qu'à peine fe décet animal eft fi familier, chemin, mais il eftfi
tourne-t-il de votre --- Page 202 ---
Vo Y A G E
peureux, que quand il eft pris, ilvomitàlinc -
tant : c'cft une reflource pour fon ennemic
la Fregate, efpeçe de Pélican.
Le Tropillot fe prend facilement, & s'64
leve peu de terre, & l'odeur d'un morceaux
de viande femble lui ôter la force de
fiuir : fi cependant on le pourfizit, tout
qu'il peut faire > eft de fe réfoudre à courir, ce
& on l'attrape aifément à la courfe : les cuifiniers & les enfans en font alors leur
on attache fortement à fes aîles un grelot jouct;
une veflie, ou un grand ruban, & on le >
relache > car les Efpagnols ne font pas deftruéteurs comme nous; 7 & fi Vera - Crux
étoit peuplé de François, onn'y verroit bientôt plus d'oifeaux ; ceux-ci femblent avoir
pris des Efpagnols le tomar fol. Il faut
les voir aux premiers rayons du
haut d'un arbre 2 ou d'un clocher, foleil, étendre au
facceflivement & fimultanement leurs ailes,
refter quelque temps dans cette attitude
fe réchauffer, s'élever enfiuite à midi pour
ner en troupe fir la ville, & cacher 2 plaainfi dire le ciel à tous les
pour
Surles bords de la mer, yeux. plane fans ceffe
une efpece de Larut 2. qui a le port & le vol
de la beccaffine, mais de moitié plus
& d'une couleur gris cendré & bleu petite,
; qu'un
temporal --- Page 203 ---
A G U A X A c A: chaffe dans 17
temporal approche, qu'un requin moindres
des milliers de poillons
le port,
fe jettent hors de leau, 9
que nos Goujons tomber à fec fur le rivage; c'eft
& vont fait beau voir le Lavus plonger
alors qu'il
fe relever de
avec la rapidité de l'éclair,, pendant plus
méme, & continuer cet exercice decompd'un quart hemmaelonene d'un feul de ces
ter le nombre des irruptions
en
oifillons , & j'en ai compté quatre-vingts fa trop grande
fept minutes 5 il eft vral que fouvent manquer
pétulance lui fait le plus
adroit, c'eft
fa proie : oû il fe montre fans plus mettre fon corps
à enlever les poiffons
entierement dans leau. font les tantalus do
Les Onocrates qui quieft fon Pelican,
Linnée & le grand gofier & de Canards de toute
une troupe de fou les bouées & les beaupré
efpece, font fur font dans le port.
des navires qui
une foule de Platalées, ,
Dans les terres, fortes de Cigognes, autant
trois à quatre
& de Poules d'eau,
d'efpeces de Plongeons grandes du double que
des Becallines plus les ruiffeaux & les males nôtres, peuplent
rais ( I ).
la
de ce, oifeaux,on m'a affuré
(2) Malgré richeffe
F
B
ées & les beaupré
efpece, font fur font dans le port.
des navires qui
une foule de Platalées, ,
Dans les terres, fortes de Cigognes, autant
trois à quatre
& de Poules d'eau,
d'efpeces de Plongeons grandes du double que
des Becallines plus les ruiffeaux & les males nôtres, peuplent
rais ( I ).
la
de ce, oifeaux,on m'a affuré
(2) Malgré richeffe
F
B --- Page 204 ---
x8
Les
Voy Y A G E
d'Érourneau prairies font couvertes d'une efpece
épaules & la parfaitement moitié des noir, > avec les
fang.
ailes couleur de
Sur les hayes & les
mâles & femelles
buiffons, les Ciris
elpeces également paroiffent former trois
des couleurs qu'il rares; le mâle par la beauté
& la femelle
raffemble fir fon
par T'habit bleu
plumage,
en été, & le manteau gris
qu'elle porte
vre en hyver ; le Cardinal dont elle fe coupur & plus brillant
d'un rouge plus
dont le
que celui de la Louifiane
ni fi varié ramage n'eftà la vérité nifi
que celui du
fayant,
a le timbre auffi éclatant Roflignol, &
mais qui
Alouette de la grandeur & de auffi la fier; une
Loriot, mais plus belle &
couleur duz
que la nôtre 5 des Toucans dont chantant mieux
marré de jaune & de noir eft le bec chatout leur
plus long
corps 2 depuis la tête
que
queue ; des Trochiles de toutes jufqu'a la
& de toutes les
les couleurs
en l'air & chantant grandeurs 2 lun s'élevant
comme notre Alouette,
que le paye de
portoit
Tabafco, au fud de
bvauré. tinint 97 ce genre par Vera-Cru,Tens la yariéte & la
/ --- Page 205 ---
A G U A X A C A.
ayant] la tête& le'ventre, qu'il préfente toujours aux fpeétateurs 2 d'une couleur écar-,
latc; un autre du plus beau bleu célefte.
Dans les bois une efpece de Perdrix;
grande comme nos Pintades, & chamarrée à
peu près de même ; une autre efpece qui des
n'eft pas plus groffe que nos Cailles 3
Crax de deux efpeces à crête & jabot, couleur de cire ? aufli grands que nos poulets
d'Inde, vrais morceaux de Roi ; de petites Peruches vertes 2 de la taille de nos
Moineaux ; des Aras ou Arara-Caugas 3 des
Ferognets-Amsonch verds & jaunes; ; quade Tourterelles 2 au rang deftre efpeces eft celle que les Colons de Saintquelles
Domingue appellent ortolans. de Vaches & de
Dans les forêts, quantité
de
Taureaux prefque fauvages 3 une efpece
Lapin plus petite que la nôtre, mais encore
plus nombreufc ; uine efpece de Biches &
de Cerfs de deux pieds de haut, fi comla chair s'en vend au marché
mune réales 2 que feulement la livre ; beaucoup de
trois Tortues de terre ; des Crabes gros comme
dans les maifons"8
la tête 2 qui penétrent
autre
montent jufqu'au grénier ; une
lieu efpece de
rouge, 3 & qui, fi on l'approche, au étcnd
fuir, fc dreffe fur deux pattes &
les
Bij
Biches &
de Cerfs de deux pieds de haut, fi comla chair s'en vend au marché
mune réales 2 que feulement la livre ; beaucoup de
trois Tortues de terre ; des Crabes gros comme
dans les maifons"8
la tête 2 qui penétrent
autre
montent jufqu'au grénier ; une
lieu efpece de
rouge, 3 & qui, fi on l'approche, au étcnd
fuir, fc dreffe fur deux pattes &
les
Bij --- Page 206 ---
Vor AG 2
autres ; une forte d'Ecureuil
terent cendré & plus grand brun; parfaf_!
des Iguans ou Lezards de deux que le nôtre ;
& de dix pouces de
pieds de long
circonference,
exquis pour ceux quin'ont point de morceau maladies
vénériennes.
Dans la mer enfin, le poiffon le plus dé
licieux, & au plus bas prix.
Telles font les richefles
quées dans cette
que j'ai remarqu'une faifon, & terre, oà
où je ne fizis reflé
celle des affaires
par cette raifon & par
loient, je n'ai importantes qui m'y appelfont les objets pu en voir davantage : tels
naturalifte,
dignes de la curiofité d'un
Ie
&x faits pour rendre
féjour de Vera-Crux.
intéreffant
Quoique le Général m'ait affiré
pays avoit des ferpens à
que le
ai vu ni dans les bois, ni formettes, dans
je n'en
mais les Maringouins, les
les marais 9
Karapattes vous
Mouftiques & les
ayez le malheur de afliegent frotter de toutes parts ;
une branche
avec VOS habits
d'arbre, de buiffon ou
ques herbes, vous en êtes à l'inftant
quellasrobe du Centaure
couvert;
de
Neffus, ce fatal préfent
& Déjanire, 7 n'eut pas un effet plus
plus cruel que l'affreufe
prompt
qu'excite la morfure de cet infecte, démangeaifon
qui pé- --- Page 207 ---
A G U A 1 X A C A.
zr
hètre a Tinftant à travers la laine & la foie ;
les Efpagnols n'ont pu s'en garantir qu'avec
de cuir d'Oriflava qu'ils metdes pantalons dans des bottes, & ils ne fehatent fardent encore à pafler les bois que dans les grandes
routes. Ce qu'il y a de fingulier, c'eft n'eft que
cette efpece de teigne ou poux de bois
fr les bords de la mer; on
habituée que dans les terres à dix lieues
n'en trouve plus
beaucoup à
de Vera-Crux 5 j'ai eu d'abord
fouffrir. Trois ou quatre fois dans mes
en
j'étois obligé de me décourfes botaniques
& de les racler
chauffer cuifles & jambes, enlever la plus
avec un couteau pour en
grande partie ; arrivé au logis,je me dépouil-
& je jettois toutes mes
lois promptement & j'en avois pour deux'
hardes dans l'eau,
à
avec un
heures à me laver & m'éplucher botanilte,
canif; c'elt un vrai fleau pour un du jardin
'c'eft le dragon multiplié à l'infini
des Hefperides. mois & demi que j'étois à
Ily avoit un
pas
Vera-Crux; & ce temps ne m'auroit
fi je n'avois pas nourri au fond
paru long,
défir impatient de pénetrer
demon ame un
enfin au comble de
plus loin, & d'arriver
mes voeux fecrets.
cependant
perdu
Tout ce délai ne fut
pas
B iij
eft le dragon multiplié à l'infini
des Hefperides. mois & demi que j'étois à
Ily avoit un
pas
Vera-Crux; & ce temps ne m'auroit
fi je n'avois pas nourri au fond
paru long,
défir impatient de pénetrer
demon ame un
enfin au comble de
plus loin, & d'arriver
mes voeux fecrets.
cependant
perdu
Tout ce délai ne fut
pas
B iij --- Page 208 ---
Vo Y A G E
pour mes deffeins, je prétois l'oreille à
je faifois quelques
tout,,
niere
queftions, , mais d'une mad'autre indiftrente, intérét
& fans paroître y mettre,
que la fimple
je vins à bout, fans la moindre curiofité 3 ainfi
de concevoir comment je
indiferetions
fin mon entreprife.
pourrois mettre à
Un jour que je faifois à M. de
tableau de la richefle de
Ferfen le
commerce de nos
nos cultures & du:
fi. nous avions de Colonies, la
il me demanda.
pondis indifferemment Cochenille; je lui ré-,
répondit-il,
que oui; eh!
mélé de
avec une forte d'étonnement, quoi,
dépit: les François
nous Ôter cette branche de veulent-ils donc
quoi non s lui
2 commerce? Pourcroyez-vous des dis-je , en raillant ! Vous
tiez feuls ce beau étres privilégiés qui mériquel
préfent de la
quartier de
nature?Dans
t-on 2 Au fond des Saint-Domingue la cultiverance : Car ayant déjà Negres, dis-je, , avec affirjene crus pas devoir commencé à mentir, 3
pas fi bien dire tergiverfersje ne croyois
tence de la Cochenille, 2 au moins pour l'exifmameslongnlyeirdehe & je ne me doutois.
tre au Mole Saint-Nicols, Cochenille-Silvef.
ménager des reffources
mais jevoulois me
défiance 2 fi jamais on contre la fiurprife & la
me voyoit en emporter. --- Page 209 ---
X Gu A X A C A:
fois le Major del la flotte 2 qui
Une autre
de me faire voirdela
W'avoit toujours promis Vera-Crux,mer meCochenille aux cenvironsde &plein de condelaprairic,
nallapromenaded dans fes rares lumieres 2 il me montra
fiance
les Efpagnols appellent
fir un caéte que
une efpece
tunas pour de la Cochenille,
enveloppée de coton blanc 2 qui
de chenille
le ver du phalêne defn'eft autre chofe que infeête dont j'ai eu
truéteur du précieux à purger mes Nopals;
depuis tant de peine
ce fût là de la
jel lui niai abfolument mal-adreffe que
du précepCochenille, & cette
erreur toute oppoteur m'entraina dans une contre la vérité,
fée, ce fut de me perfiuader, de Cochenille aux enquil n'y avoit point & de m'ôter l'idée de
virons de Vera-Crux, recherche.
pouffer plus loin ma
fans doute de
Le Major ne manqua pas s'étoit paffe à
raconter à D. Ulloa ce qui lendemain étant
cette promenade 2 car le il me demanda
allé diner chez ce Général , de la Cochenille:
fi je n'avois pas vu la veille
quelque
je foupçonnai dans cette queftion je crus m'apperpiège 7 d'autant mieux que dans la glace d'une
cevoir qu'il me regardoit ilfe faifoit accommotoilette devant laquelle
mon trouble n'a
der, & certes, fi cela eft 3
B 1V
Ulloa ce qui lendemain étant
cette promenade 2 car le il me demanda
allé diner chez ce Général , de la Cochenille:
fi je n'avois pas vu la veille
quelque
je foupçonnai dans cette queftion je crus m'apperpiège 7 d'autant mieux que dans la glace d'une
cevoir qu'il me regardoit ilfe faifoit accommotoilette devant laquelle
mon trouble n'a
der, & certes, fi cela eft 3
B 1V --- Page 210 ---
Vo Y A G E
pu lui échappersj'effayai cependant de mieus
compofer mon vifage, je lui dis que ce que:
j'avois vu n'étoit point de la Cochenille
mais un ver, > que les vers étoient apodes, &
que celui qu'on m'avoit montré avoit le
corps alongé & cylindrique 3 que la Cochenille au contraire avoit des pattes & un
corps hémifphérique 2 ou qu'il falloit
au feu Linneus, Pierre Gaza & Hernandez, jeter
naturaliftes Efpagnols, qui tous l'avoient
décrite de cette maniere.
Echappé de ce danger je me vis prêt à
tomber dans un autre : pendant le dîner le
Général de la flotte m'offrit de me faire
agréer par le Vice-Roi du Mexique, en
de botanifte, pour fervir fur une flotte qualité
l'on devoit équiper àAcapuleo
faire que
découvertes au nord-oueft de pour la Californie des
il me promettoit de me faire obtenir
;
vet du Roi
un bred'Epagne avec deux mille piaftres
d'appointements &milleune fois payées
mon porte-mantean; il fè faifoit fort de pour tout
cela, & me propofoit de me préfenter incef
famment au Vice-Roi à Mexico, où ild devoit
fe rendre ; ainfi je ne pouvois manquer
partenir à un Monarque à titre de botanifte: d'apje ne me laiffai point éblouir par tant d'avantages, celui de fervir ma Patrie, l'efpoir de --- Page 211 ---
A G U A X A € A:
contre les
lui être utile me prémuniffoit
offres feduifantesde D. Ulloa. Je le remerciai
fans affeétation & dans dédain; il
cependant mais
lui répondis que n'ayant
me preffa 2
# injuftice dans ma Patrie,
éprouvé ni tort,
en droit de la quitter >
je ne me croyois pas du Roi de France, 2 je ne
& qu'étant né fujet
du moins, vendre
pouvois, fans fapermiffion
fervices à un autre Prince 5 j'ajoutai
mes d'ailleurs je n'avois fait aucune difpolique tion relative à une femblable entreprife, &
je ne pouvois me réfoudre à jetter une
que famille entiere & un pere dont j'étois tendrement aimé dans le chagrin de ne favoir
devenu, ou ce que je devien-:
ce que j'étois
qu'il infiftoit avec plus
drois; ;enfin voyant cherchai & je parvins
de chaleur encore ? je
fur d'autres
à détourner la converfation
objets. Elle tomba fir lherbe du Paraguai , je
rien
à la defcription
ne pus
comprendre c'étoit la feuille
qu'on m'en donna, finon que
d'un arbre. Je demandai malignement au Géfivul'exceflive confommation de cette
néral, herbe il n'y avoit pas d'impôt fixr fa vente 5
il me répondit en riant 2 que cela Cochenille venoit,
& voulant toujours remettre la
de_la
fir le tapis, il ajouta que lai vente
du Paraguai , je
rien
à la defcription
ne pus
comprendre c'étoit la feuille
qu'on m'en donna, finon que
d'un arbre. Je demandai malignement au Géfivul'exceflive confommation de cette
néral, herbe il n'y avoit pas d'impôt fixr fa vente 5
il me répondit en riant 2 que cela Cochenille venoit,
& voulant toujours remettre la
de_la
fir le tapis, il ajouta que lai vente --- Page 212 ---
Cochenille Vor A C E
au Mexique alloit être
Ce feul mot me ft treffaillir, afferméc
déformais fur mes gardes.
mais j'étois
Je ne fais fi le Général me gardoit
que rancune 2 mais quelques
quelaffeêta de parler de la
jours après ib
plus grand mépris il botanique , avec le
ment on pouvoit ; faire ne concevoit pas complantes, & s'il
des colleétions de
de
avoit eu le plus bel herbier
de le l'univers, il n'auroit pas fait difficulté
jetter au feu. Surpris d'une fi brufque
incartade, je le regardai attentivement
lui répondis avec feu :
& je
j'avois le malheur de que quant à moi
mathématiques,àl
n'entendre rien aux
mais
T'aftronomie, à la marine
que s'il me tomboit entre les
s
livre qui traitât de
mains un
ces, 2 loin: de le quelqu'une de ces fcienferverois
jetter au feu, je le conpour quelqu'autre précieufement pour mes enfans, our
cier
qui fauroit mieux
que moi; je ne vis point
l'appréUlloa fit offenfé de la fermeté que de Dom
réponfe, & j'ai
cetteT'Efagnol,
remarqué en général que
quoique naturellement fier &
orgueilleux, 2 méprife ceux qui n'ont pas le
courage de penfer, ou de
la hardieffe ou la fermeté
s'exprimer avec
cependant tirer de cette convenables. Je dûs
aventure une con- --- Page 213 ---
A G UA X A C A:
fequence aflez affligeante, c'eft que le Général, quoique d'ailleurs je n'euffe encore
m'en
n'avoit pour moi 2
ell qu'à
louer,
ni toute l'eftime, ni toute la confiance que je
défirer de lui infpirer, & que je ne
pouvois devois moi-mêne compter fur lui, qu'avec
beaucoup de réferve.
J'étois encore moins raffiuré, lorfque E
me rappellois le propos d'un Capitaine chéz ler
haut-bord, qui, dinant un jour
lieugénéral, avoua naturellement, qu'étant
tenant de vaiffeau, il avoit été donné avec
un autre de fes camarades pour dans compagnon' fa route
de voyage à l'abbé Chappe,
de Vera-Crux à Mexico, en apparence pour
lui faire honneur, mais dans.la vérité pour:
Tobferver, & l'empécher de vifiter les oude la forterefle de Pirotté; près de
vrages Xallappa, à laquelle on travailloit: je concluois delà, qu'à plus forte raifon, moi
qui étois venu fans paffe-port de la Cour,
j'avois auflimes efpions ; ce ne pouvoit être
mes ingénieurs 2 je ne- les voyois pas
que fans inquiétude obferver tout , & faretertout dans ma chambre: cependant lorf-.
par
réfléchiflois que je n'avois confié mon:
que je
de mes papiers
dellein à perfonne, qu'aucununi
ne pouvoit. me trahir, je me raffarois
tois venu fans paffe-port de la Cour,
j'avois auflimes efpions ; ce ne pouvoit être
mes ingénieurs 2 je ne- les voyois pas
que fans inquiétude obferver tout , & faretertout dans ma chambre: cependant lorf-.
par
réfléchiflois que je n'avois confié mon:
que je
de mes papiers
dellein à perfonne, qu'aucununi
ne pouvoit. me trahir, je me raffarois --- Page 214 ---
Vo Y AG E
peu;je paffoisméme des
bles avec mes efpions, je momentsaffeza agréa
& leur témoignois
lesvoyois fouvent,
tachement & de confiance. toujours beaucoup d'atIls me parlerent beaucoup de l'abbé
pe-de-Haute-Roche fervations
; ils avoient fait des Chap- obfimultanées &
dans la Sonore,
correfpondantes
l'on y ft contre 5 les pèndant l'expédition que
obfervoit en Californie fauvages, le
tandis qu'il
fir le difque du foleil.
paflage de Venus.
eft La fi venue des favants dans ce trifte
pays
remarquable 3 elle y caufe tant d'admiration, moire
qu'elle fe conferve dans la mépar tradition, & y fait
me lapparition des
époque comviennent obferver. Un corps céleftes qu'ils y
que je rencontrai à la Marquis Péruvien 2
que par M. de la
Havanne, ne juroit
la vérité
Condamine ; il étoit dans
Péruviens; généralement aimé & regretté des
mais D. Ulloa
celaà des mérites qui puffent n'attribuoit lui faire pas
coup d'honneur, il me dit
beau-.
Jocofo, un homme à bons que c'étoit un
toit les Péruviens
mors, qui flat-:
jufqu'à
capter leur amitié & s'attirer l'adulation, de la pour
dération, qu'au fond c'étoit un
confiplein de toutes fortes de
efprit fou,
prétentions & fa --- Page 215 ---
A GUA X A C A;
défir de la gloire ; il m'acrifiant tout au
la
de fe faire
jouta qu'il avoit eu petitelle les régles d'une
donner par M. de Juffieu l'aide de laquelle
defeription botanique,, à & privé M. de
il avoit décrit le Quina 2
Jullieu de T'honneur de cette découverte,
qui étoit de fon diftriét. de m'affurer de la
Je faifis cette occafion fait M. de la Condamine
vérité du récit que
du meurtre de Segniergues, fur lequelj'avois
toujours eu quelque doute,je quellionnaibeau qu'ilme dit:
coup D.Ulloa fur cef fait; voicice bourgeoife
s'amouracha d'une
Segniergues TAlcade du lieu avoit une proavec laquelle
il fut aimé & beaucoup;
meffe de mariage,
fa paflion, il
mais tant d'amour ayant épuife
fa reconcrut ne pouvoir mieux témoigner cherchant &
noiflance à fa maîtreffe, qu'en l'Alcade 5 les Efrenouer fon mariage avec auffi délicats fr ce
pagnols font au moins l'Alcade ne voupoint, que les François 5
lut plus en entendre parler 2 Segniergues inde ire.
voulut y employer la violence vint à un
Pour fon malheur, Segniergues dans la loge oùr étoit
combat de taureaux,
où le fpectacle
fa maîtrefle, 2 au moment l'Alcade donnoit
alloit commencer, & où
des ordres pour faire fortir de l'arêne tous
uffi délicats fr ce
pagnols font au moins l'Alcade ne voupoint, que les François 5
lut plus en entendre parler 2 Segniergues inde ire.
voulut y employer la violence vint à un
Pour fon malheur, Segniergues dans la loge oùr étoit
combat de taureaux,
où le fpectacle
fa maîtrefle, 2 au moment l'Alcade donnoit
alloit commencer, & où
des ordres pour faire fortir de l'arêne tous --- Page 216 ---
Vor A G E
les mafques. Le pere de la maitreffe de Se.
gniergues s'étant obftiné à refter, reçut quelques bourades, il cria ; fà fille de la
ou elle étoit, ayant diftingué fà
loge
mon pere qu'on maltraite,
voix, c'eft
fe tordant les
& s'écria-t'elle en
gnes de la
mains,
avec tous les fidéfolation . . e à ces mots, Segniergues, en vrai D.
l'épée à la main dans la Quichotte, recouffe, il 7 s'élança
faire jour, il pouffe d'eftoc & de taille, veut le fe
nombre des Alguafils augmente, le peuple
s'attroupe, le trouble s'accroît, & dans ce
tumulte, quoique lP'Alcade ne donnât
tres ordres que d'arrêter
d'au- il
affommé. Il
Segniergues, fut
n'y a dans cette aventure rien
que de vraifemblable & de fondé fur la
tulence de nos François, & far la
péd'un chirurgien, qui, ébloui par jaétance les
heureux débuts, & les plus brillans ficcès, plus
s'imaginoit être en droit de donner le tort
aux Péruviens, jufques dans leurs propres
foyers. D. Ulloa m'affira qu'au refte il n'y
avoit que M. de la Condamine qui fut capable de fuivre le procès qui firvint à cette
occalion. Il me raconta auffilaventure de la
mauvaife nuit paffée fir le
M. de la Condamine, qui
Pichinca, par
féparé de la bande, & enfin par gloriole s'étoit
égaré, & com- --- Page 217 ---
A G U A X A C A:
3r
ime il le railla le matin, quand il arriva au
zendez-vous, tranfi, mouillé, morfondu, eh! bien
& mourant de faim, en lui difant, belle &
M. de la Condamine , voilà une
ample matiere pour votre journal. tomba fur
Une autre fois la converfation avoit conla duchefle de Pompadour, qu'il affectueufe
nue en France 5 à la maniere qu'il devoit
dont il m'en parla, j'imaginai avoit obtenues
à fon crédit les graces qu'il
en Efpagne.
davantage 7 ce
Mais ce qui m'interrella l'affaire de la
fut ce qu'il me dit touchant put me paroiNouvelle Orléans; quoiqu'il les faits d'une
tre intéreffé à me raconter de celle dont quelmaniere toute différente
la naiveté
enthoufiaftes en ont parlé,
ques
les indignes
avec laquelle il me rapporta le peu d'intraitements qu'il eut à elfiuyer, mit dans fes récits
térêt & de vivacité qu'il
ne fut 3
que la révolution
me perfiuaderent
que le fruit de l'incomme il me T'affiroit,
& qu'elle
conduite & de l'imprudence e
des
fut foufflée & attifée par la cupidité Colonie.
adminiftrateurs de cette
principaux
les Efpagnols en tirerent
La vengeance que feulement aux plaintes
ne fut pas accordée
la punition de
de D. Ulloa, clle ne fut que
êt & de vivacité qu'il
ne fut 3
que la révolution
me perfiuaderent
que le fruit de l'incomme il me T'affiroit,
& qu'elle
conduite & de l'imprudence e
des
fut foufflée & attifée par la cupidité Colonie.
adminiftrateurs de cette
principaux
les Efpagnols en tirerent
La vengeance que feulement aux plaintes
ne fut pas accordée
la punition de
de D. Ulloa, clle ne fut que --- Page 218 ---
Voxa G E
ce qu'on regardoit comme le crime de
bellion, & qu'un autre peuple
re3
être étendue fir un plus grand auroit peutcoupables. Le Général
nombre de
peuple avoit eu un jufte convenoit que le
aliéné par Louis XV, mais chagrin de fè voir
lui, Gouverneur, étoit la il demandoit fi
grin, ce qu'il y
caufe de ce chale Roi d'Efpagne pouvoit, & qu'y pouvoit
fait d'être obligé lui-mème, de fe
aflez peu fatisble
contenter d'un fi foiil, dedonmsgements que le malheur ce n'étoit, ajoutoitfalloit accufèr,
des circonflances qu'il
loi de la
on devoit fè foumettre à la
Roi
nécellité, & fur-tout à celle d'un
mais puiffant renduc 7 qui après tout ne la leur a jani dure, ni amere. J'ai entendiz
beaucoup crier contre D. Ulloa,
tous les fijets de
cependant
duifoient à l'accufer mécontentement d'une
fe rédans fa conduite,
familiarité bafle
2 & d'une vile
rie dans fon
mefquinele
domeftique ; mais on n'a
pu taxer juftement d'aycune
jamais
d'aucune cruauté, 3 il fut réellement injuftice, ni
veau de Ia fable, fon extrême
le foliméprifer & chaffer; Orelly patience le fit
la Cigogne.
vint, qui fut
du Quelque plaifir que je priffe à ces récits
Général, je ne perdois pas de vue mon
objet 3 --- Page 219 ---
A G U A X A C A.
33 &c
voyois fouvent D. Athenas,
objet; je
Efpagnols : 8
D. Lobo, deux aufli Négocians affidûment que parce
je ne les voyois dans le cas d'y entendre
que j'étois chofes plus relatives à mes deffeins.
parler de
j'étois chez le premier, avec
Un jour que Français, je le vis examiner
mon Ingénieur
je demandai, fans
des paquets de vanille ; l'a tiroit : on me
affectation, 2 d'où on
à
répondit qu'elle venoit de Guadalajara, qui
foixante lieues del, ou de Guaxaca,
étoit à cent, & que c'étoient les Indiens
en
ilsparlerent enfuite de la
quilly cultivoient: n'étoit pas moi, comme l'on
cochenille : ce avois amené ce fijet de
penfe bien, qui
j'appris que
converfation, mais j'en profitai;
lon tiroit de Guaxaca., 2
la cochenille que celle de Tlafcala, ou de
étoit plus belle que
décida tout de fuite
Guadalajara, cela me
à Guaxaca;j'en
à me rendre préferablement
décifiavois deux autres raifons également
de
dans 'un pays
ves: la premiere 2 que
beaucoup
pleine culture 7 je m'inftruirois
de tout ce qui concernoit
mieux qu'ailleurs la feconde, parce que cette
la cochenille;
fi fréquentée que celle de
route n'étant pas étoit celle de Tlafcala & de
Mexico, qui
facile de m'y
Guadalajara, il me feroit plus
C
à me rendre préferablement
décifiavois deux autres raifons également
de
dans 'un pays
ves: la premiere 2 que
beaucoup
pleine culture 7 je m'inftruirois
de tout ce qui concernoit
mieux qu'ailleurs la feconde, parce que cette
la cochenille;
fi fréquentée que celle de
route n'étant pas étoit celle de Tlafcala & de
Mexico, qui
facile de m'y
Guadalajara, il me feroit plus
C --- Page 220 ---
VoxA A G E
dérober aux voleurs & aux curieux. Il eft
certain, en effet, que réfolu comrhe
de faire le voyage, quand même je n'aurois j'étois
pas obtenu de paffeport, & en dépit de tous
les Vices-Rois du monde, j'avois bien moins
à craindre d'être découvert dans la route de
Guaxaca, où l'on ne me foupçonneroit
que dans celle de Mexico, la feule ville pas,
digne d'être vue 5 la feule pour laquelle
j'euffe demandé un paffeport > où l'on me
feroit chercher fur le moindre indice de
départ.
Ainfi bien refolu, fi
port pour Mexico de n'en j'obtenois faire un paffepour Guixaca, dont j'avois
ufage que
adroitement la route d'un
appris affez
fervi l'ancien
Français qui avoit
Vice-Roi, j'attendois avec impatience une réponfé aux trois mémoires
j'avois adreffés fiacceffivement
que
du Mexique
au Vice-Roi
défiré
2 pour obtenir Ce pafféport fi
(1), & n'allois plus gueres chez D.
Ulloa que pour en favoir de nouvelles.
Enfin le mercredi trente Mai, il m'an-
(r) Les Efpagnols eux-mêmes de
monde qu'ils arrivent à Vera-Crux, ne quelque partie du
pour entrer au Mexique 2 fans un peuvent du en fortir
Roi,
paileport Vices --- Page 221 ---
A GUA A X A C A.
tres-froidement avant le diner qu'il
nonça avoit reçu la réponfe de D.. Bukarelly (1),
& qu'il lui marquoit nettement ne pouvoir
m'accorder de paffeport, yu ma qualité
qui minterdifoit l'entrée du fad'étranger
à moins que je n'euffe des
meux Reino 2
de la Cour d'Efpagne. Je
ordres particuliers
fenfibilité bien moinreçus ce coup avec une
celle que j'éprouvois
dre en apparence, que dinai véritablement
intérieurement, & je
fort mal, quoique je, mangeaffe beaucoup
fans m'en apercevoir :le Général ne manqua
de me demander ce que j'allois faire 3 je
pas.
d'être tout confolé & réfolu à defeignis
en France & à les
mander ces paffeports ou à les aller chercher
attendre à vera-Crux,
maisj'avois.
moi-même fi l'on me congédioit;
de ce
déjà pris mon parti dans la fippofition Ulloa étoit
qui m'arrivoit. Comme Dom
allez
brouillé avec le Gouverneur , je penfai
celui-ci n'auroit point conjuftement du que refus du Vice-Roi, & je me
noiffance
décidai à lui demander un paffeport particu-
(1) Quelque déplaifant qu'ait toujours été de nour bornes moi
le nom de ce Seigneur , je le donne ici pour
raifons qu'on pos erta fentir: on lappelloit y Excellentifionis urfta teniente
Senor Beato Fraile D. Antonio Bukarelli
General de Lor Reinor de Nueba Elpaniana. Cij
it point conjuftement du que refus du Vice-Roi, & je me
noiffance
décidai à lui demander un paffeport particu-
(1) Quelque déplaifant qu'ait toujours été de nour bornes moi
le nom de ce Seigneur , je le donne ici pour
raifons qu'on pos erta fentir: on lappelloit y Excellentifionis urfta teniente
Senor Beato Fraile D. Antonio Bukarelli
General de Lor Reinor de Nueba Elpaniana. Cij --- Page 222 ---
VOYAG E
lier pour Oriffava qui étoit dans fon distriét, & à environ quarante lieues de VeraCrux. Al'aide de ce paffeport, auquel je
propofois de donner une petite extenfion me de
foixante lieues , j'efperois me gliffer
Guaxaca ; mais mon ame s'avouoit à jufqu'à
ce voeu fecret 5 à combien plus forte peine
le diffimulois-je à tout autre.
raifon
Jc vais donc trouver M. de
lui taifant le refus
Ferfen, 7 &
que je venois
je lui peins l'impatience
d'efliyer,
que j'avois
au Mexique, mais en méme-temps le d'aller
de tant de lenteurs, & je lui
dégoût
me croirois fort heureux
avoue que je
fij'obtenois feulement la permiffion d'aller herborifer fir le
volcan d'Oriffava: il m'interompt & s'offre
de la meilleure grace du monde à l'aller folliciter lui-même du Gouverneur 5 je faute à
fon cou; 2 je P'embraffe avec affection & lui
fais porter le foir, pour lui exprimer
gratitude, quelques livres qu'il m'avoit ma
défirer.
paru
Je le revis le
il avoit diné
chez le Gouverneur lendemain, &
avoit obtenu le
paffeport. Le famedi il me l'apporta bien
conditionné ; je lui cachai la plus
partie de mes tranfports de
grande
connut toute l'importance peur qu'il reque j'attachois à --- Page 223 ---
G U A X i C A
A
n'en recherchât Ies motifs.
'ce papier & qu'il dimanche fe pafla en prépaLe lendemnain dinai chez le Général pour qu'il
ratifs, &je rien de mes projets.
ne foupçonnât devois louer des chevaux &
Le lundi je
mardi. Ce jour même 2
partir le lendemain leve avec une joie traice fatal lundi, je me
je ne m'étois jamais
treffe & une gaicté que de Ferfen chercher
fentie; je vais chez M.
Oriflava;
des lettres de recommandation chez pour moi où je
j'y dejelne & je rentre
m'occupe à faire mes préparatifs. entrer dans ma
Tout-à-coup je vois habit bleu, la COchambre un homme en
effouflé & avoit
carde rouge 5 il étoit tout
étoit fombre
l'air furieux, égaré, fon regard il s'annonce
& finiftre ; dès qu'il peut parler,
& m'orpour le Secrétaire du Gouverneur, le Roi, de lui
donne en Caftillan, 2 de par Gouverneur avoit
remettre le palleport que Ces le mots 2 que je ne
confié à M. de Ferfèn.
moi un coup
compris que trop 2 furent terraflé pour ! Je rougis, je
de foudre dont je fus
avoir le temps
palis, &je crus devoir, pour rien entendre
2 feindre de ne
de me remettre difoit , mais il me répéta tant
à ce qu'il me
al fenor D.Francijco
IASTERTE
gobernador intreguo
Ciij
alleport que Ces le mots 2 que je ne
confié à M. de Ferfèn.
moi un coup
compris que trop 2 furent terraflé pour ! Je rougis, je
de foudre dont je fus
avoir le temps
palis, &je crus devoir, pour rien entendre
2 feindre de ne
de me remettre difoit , mais il me répéta tant
à ce qu'il me
al fenor D.Francijco
IASTERTE
gobernador intreguo
Ciij --- Page 224 ---
38 de
Vor A G E
Ferfen, de qu'il ne me parut plus qu'il y eût
moyen faire la fourde oreille: alors
geant tout-à-coup de vifage & affeétant changaiécgracieux, comme fije
un air
comprendre , je lui dis
commençoisà le
d'abufer des graces du que je firis incapable
& je lui remets le papel Seigneur-Gauvemeur, fi
priant de lui préfenter
défiré, en le
remercimens.
mes refpects & mes
Je voulus engager le Secrétaire à fe
fer, mais il s'en
repoavoit ordre de excufa, en m'affitrant
ne s'arrêter nulle
qu'il
Ce qu'il eût rapporté
part jufqu'à
fenfe de reparoitre devant mon paffeport, & dérepréfenter.
fon Maitre fàns le
Je compris à ces mots qu'il y avoit
que violent orage allumé fur ma
queldiffimulant
tête, mais
l'air de la toujours, plus
je lui demandai avec
pouvoient étre les grande motifs indifférence 2 quels
fi fabit dans les fentimens d'un changement
Il me répondit que la pofte de du Gouverneur.
apporté des ordres du Vice-Roi Ce jour avoit
cernoient, & en
qui me converbalement
confequence il me fignifia
défenfe, 2 de par le Roi & le
Gouverneur, 2 de fortir de la banlieue
Vera-Crux.
de
Je courus chez M. de Ferfen,
je ne --- Page 225 ---
A GA X A C A.
marchois pas, 2 je volois, je ne voyois rien,
je n'entendois rien, je ne pus lui raconter
qu'à la hâte & par des mots entrecoupés ma
funefte aventure, 2 &je le conjurai tout de
fite de me mener chez le Gouverneur pour
tirer cette affaire au clair: nous nous y rendîmes : celui-ci très-content d'avoir ratrapé
fon papel 8x qui n'y voyoit pas plus loin,
fort honnêtement, mais il me réime reçut lordre
fon Secrétaire m'avoit intimé
téra
que fortir de la banlieue 2 forcé,
de ne point des ordres
: M. de
me dit-il, par
fupérieurs difant
fij'en
Ferfen le plaifanta en lui
que
les
avois cru fes confeils, il auroit trouvé
oiféaux dénichés ; puis il lui demanda plus
férieufement, quelles pouvoient être les raifons d'une défenfe fi févère : fir ccla D.
Palacio nous mentra la lettre du Vice-Roi
motivée fur un délibéré de l'audience royale
du
du Mexique I 2 d'après les conclufions
Frocureur-General, qui s'appuyoit entr'autreschofes fur la crainte de découvriràl'étrangerles riches cultures du pays. Icile coeurme
battit fi violemment que je n'entendis plus
rien, finon l'ordre contraire exprimé en ces
de
in fit tierra
termes : pero
Negrelfac qui lifoit le tout
fur lequel le Gouverneur,
encore davan-,
fort pefamment, s'appefantit
Civ
ès les conclufions
Frocureur-General, qui s'appuyoit entr'autreschofes fur la crainte de découvriràl'étrangerles riches cultures du pays. Icile coeurme
battit fi violemment que je n'entendis plus
rien, finon l'ordre contraire exprimé en ces
de
in fit tierra
termes : pero
Negrelfac qui lifoit le tout
fur lequel le Gouverneur,
encore davan-,
fort pefamment, s'appefantit
Civ --- Page 226 ---
V O Y A G E
tage, en le relifant jufqu'àtroist fois, &
montrant écrit fir la lettre : enfin il lui me le
enjoint avec rigueur d'être préfent à étoit
embarquement, d'en dreffer
mon
& d'en certifier le Vice-Roi procès-verbal,
donc de vive voix l'ordre de lui 3 il m'ajouta
mêmea avis de mon départ, & du donner moilequel je m'embarquerois
Navire fir
après quoi il
; je le lui promis 9
mille excufès & me congédia, en me faifant
mille amitiés : il alla
me nommer
jufqu'à
fus
fà hijomio, mon fils, mais je ne
pas dupe.
Sorti de chez lui, je quittai
M. de Ferfen dans la
brufquement
moi la mort dans le rue, 7 & remontai chez
je m'affeyois
coeur :je me promenois,
2 je me balançois
dans mon hamac,
violemment
tête
2 au point de me
la
contre les lambris de ma
frapper
cune lueur de confolation
chambre; autrer dans mon coeur
ne pouvoit pénévoix haute,
3 je me difois en vain à
pour tâcher de m'entendre
me diftraire : calme-toi infenfé,
& de
fenfé, ayez pitiéde
tu
3 pauvre inCrux,
toi,
es encore à Vera2 voilà bien du chemin de fait!
voila encore..
Oui, mais
t'y
douleur, tu en es
tu en reprenoit ma
& tu en partiras fans chafle, rien
vas partir,
projet de
emporter ! Ton
quatre ans entiers eft échoué dans --- Page 227 ---
A G U A X A C A.
4t
le port même'; quatre ans font perdus pour
l'état que ton goût avoit choifi, pour l'efpoir de fortune que ton imagination avoit
embraffe, les fecours de ta famille 2 les
bienfaits du Roi font vainement, & follement
dans une affaire endiflipés; tu fiuccombes
de tes
treprife contre l'avis de ton pere,
amis 2 de tout le monde ; depuis quatre ans
elle ne t'a fait rencontrer fous tes pas que
des alarmes 2 des chagrins 2 des mortifications, des travaux, des dangersde tout genre:
oh ! quel fruit tu en retires! tu t'es engagé
témérairement vis-à-vis du Miniftre ; quel
pourras-tu lui rendre ? Tu t'es ridicompte culement vanté à tes amis 5 que pourras-tu
leur dire ?. . La honte, Thumiliation, le
ridicule &le mépris vont pleuvoir far toi de
&
comble de défefpoir
toutes parts,
pour à
& les Efpagnols
la chofe reftera faire, la cochenille !
conferveront exclufivement
& tu ne meurs pas de douleur ? :.. Quoi!
l'on ne peut donc pas mourir de douleur?
Je paflai toute la matinée dans ces affiréflexions, & dans les plus vives agigeantes avalant plus de trois pintes de limotations,
5 le moindre
nade, mais ne pouvant manger;
aliment m'auroit étouffe.
Enfin, fatigué 5 excédé du poids de tant
la chofe reftera faire, la cochenille !
conferveront exclufivement
& tu ne meurs pas de douleur ? :.. Quoi!
l'on ne peut donc pas mourir de douleur?
Je paflai toute la matinée dans ces affiréflexions, & dans les plus vives agigeantes avalant plus de trois pintes de limotations,
5 le moindre
nade, mais ne pouvant manger;
aliment m'auroit étouffe.
Enfin, fatigué 5 excédé du poids de tant --- Page 228 ---
de 42
V O Y A G E
peines, mon ame ft un dernier effort
s'endécharger;àf force de répéter ZIL es encore pour"
alera-Cna, le-point fondamental d'un
projet défefperé fè préfenta à ma vue
je calculai que ne m'ayant point été fixé égarée; de
jour pour mon départ, & n'y
de Navire prét à appareiller de ayant de point
plus
trois
femaines, - je pouvois achever en
un voyage à la dérobée; il faut, quinze jourspénétrer dans le
me dis-je,
faut abfolument royaume fans palleport, il
chercher:
emporter Ce que je fiis venu
de
enflammé par cette idée, la crainte
ne pouvoir la réalifer me
d'une
fueur froide Gelanolevene Bollon glaçoit
mais ce trait de lumiere étoit venu m'éclairer lefpirutis
& rendre à mon ceeur quelque
ne fongeai plus qu'à dégroffir tranquillitésje mon
à
en diftribuer les détails ; je fortis projet, lc foir
pour prendre lair, & je fus àla Neogerie où
je regalai mes ingénieurs; ils me féliciterent
de me trouver confolé de l'aventure du
tin; je le leur laiffai croire, &
maretirai chez
je me
moi, ob, fans
je
paffai la nuit à revoir mon plan, fouper, à retran-,
cher, , ajouter changer, calculer le
ble &
probal'avenir, 2 enfin je m'endormis 2
trois heures de fommeil rafraichirent &,
fang 2 mirent plus de netteté dans mon, mes --- Page 229 ---
A Gu A X AC A:
idées & à la clarté du, jour je vis avec
;
qu'il n'y avoit rien à changer
etonnement
fpéculées pendant la nuit 2
aux difpofitions
étoit forcée : malum
parce que ma pofition mutari nequit, a dit
ef conflium quod le redis auffi, mais vaineTacire. Je me
rien de mieux, & il
ment 5 je n'entrevis revenir fans ficcès,
falloit s'y réfoudre, ou
affreux
dernier
me fembloit plus
& ce
parti
à ma raifon
que la mort : c'eft ce qui juftifia
la témérité de mon entreprife. moins fàDépart
Je me levai le mardi un peu
pour Guala veille, mais aflez cependant xaca.
tisfait que
de fang-froid le maximum
pour envifager
courir; le pis
des dangers que je pouvois fi j'étois arrété,
qui pouvoit m'arriver ramené 2
pieds & mains
c'étoit de me voir & enfermé au fort, ou
liés à Vera-Crux,
far la capitane, , jufqu'à mon embarquement; comme
& enfin de manquer mon objet,
le
je le manquois en n'entreprenant pas
voyage.
confirmoit donc dans mes derTout réfolutions. me
Ce n'eit pas que je me
nieres diffimulaffe tous les obftacles.
Premierement il falloit un miracle, pour
dans une fi longue route, fur laquelle
que
une foule de lanciers, 2 defétoit répandue
à Vera-Crux,
far la capitane, , jufqu'à mon embarquement; comme
& enfin de manquer mon objet,
le
je le manquois en n'entreprenant pas
voyage.
confirmoit donc dans mes derTout réfolutions. me
Ce n'eit pas que je me
nieres diffimulaffe tous les obftacles.
Premierement il falloit un miracle, pour
dans une fi longue route, fur laquelle
que
une foule de lanciers, 2 defétoit répandue --- Page 230 ---
44.
tinés à arrêter Foric les
E
gers', il ne s'en trouvât déferteurs & les étrans
mandât mon paffeport. pas un quime dctillan, Secondement, & ni le je n'étois pas vêtu en Cafme permettoient temps, ni ma bourfe, ne
nient, qui
d'obvier à cet inconvéger, &
me défignoit comme un étranm'expofoit à être envifagé de
près qu'un autre.
plus
Troifiemement, & cet
tre dans le
inconvénient renla langue Caftillane. précédent, je ne parlois pas bien
la
Quriemements j'ignorois
route > & ce n'étoit qu'avec abfolument
tes de ménagemens
toutes forquelle porte je devois que fortir. j'avois pu favoir par
Enfin, il falloit partir à
dans
climat, dans une faifon & pied, des fables un
vorants, 2 fàns linge, fans
déhabits de
provifion, fans
rechange, fans livres, fans
mens pour voyager avec fruit, & inftrulir des morceaux d'hiftoire
recueilVoici comme j'efpérois de naturelle.
convéniens ; je voyagerai à parer à ces inà
pied, me dis-je
nifte moi-méme, en qualité de médecin botaétabli à Vera-Crux, &
des herbes
qui cherche,
rai l'air de pour compofer des remèdes; j'aume promener, plutôt que de --- Page 231 ---
A Gu A X A C A.
je n'irai loger que chez les plus
voyager 2 Indiens, dans les endroits écartés
pauvres des routes, comme fi je m'étois égaré 3 je
tournerai toutes les villes, hameaux & villages hors defquels je pourrai paffer, ou je
n'y pafferai que de nuit; je ferai Catalan de
nation, frontieres de France 3 ce qui explije parle bon Français, &
quera pourquoi
mauvais Caftillan; je me mettrai toujours
proprement 2 & me parerai de quelques bijoux 5 j'affeéterai un air toujours gracieux, 3
& de bonne humeur, je payerai toujours bien
généreufement. Avec cela il y auroit
du malheur fi l'on me prenoit pour un étranger 7 ou un déferteur. fait
petites
Enfin après avoir
quelques
provifions pour les befoins les plus urgents 2
comme, un grand chapeau 2 une retefille, un
rofaire que je crus indifpenfable, &c., &
m'étant précautionné de trois cents gourdes
définitiou environ en quadruples; j'arrétai
vement mon départ pour la nuit du vendredi
fuivant. En attendant je vis mes amis & mes connoiffancesà wsfiemmopainalifenhees qué
j'allois paffer le temps qui me reftoit chez
Madame de Boutilloz à Madelline.
Le vendredi je dinai chez le Général, à
tefille, un
rofaire que je crus indifpenfable, &c., &
m'étant précautionné de trois cents gourdes
définitiou environ en quadruples; j'arrétai
vement mon départ pour la nuit du vendredi
fuivant. En attendant je vis mes amis & mes connoiffancesà wsfiemmopainalifenhees qué
j'allois paffer le temps qui me reftoit chez
Madame de Boutilloz à Madelline.
Le vendredi je dinai chez le Général, à --- Page 232 ---
V o Y A G E
qui je racontai la petite fiupercherie que j'avois faite au Gouvemeur, il en rit beaucoup
& m'affira que fi je m'étois hâté de
avec fon pafféport, il n'en feroit rien arrivé. partir
Je paffai le refte du jour avec les Ingénieurs 2 & je me retirai à fept heures chez
moi pour me recueillirg quelques momens avec
l'entreprife.
Ce fat à neufheures, après avoir bien enfermé tous mes effers, que je fortis comme
unhomme quiva faire une fimple promenade.
J'arrive bientôt au rempart, je l'efcalade
&1 me voilà hors dela ville.
Premiere
Je marchai d'abord à grands
dans
journée. fables à la lueur des étoiles, mais pas
les
un grand
vent ayant effacé toutes les traces du chemin, & le ciel s'étant couvert de
jer me trouvai bientôt égaré à plus d'une nuages lieue >
de la ville:j'allois 2 je revenois fiar mes pas,
j'écoutois le chant des coqs,j je calculois la
pofition des feux que je voyois, le tout envain : quoique j'euffe parcouruvingt fois ces
environs 2 la nuit, qui colore tous les objets
de la même ombre, changeoit à mes yeux
les points de ralliement que ma mémoire
voit me fuggérer; je grimpai d'énormes BCR
tes de fable 2 les unes folides, les autres
mouvantesjufqu'l épuifement; enfin l'inquié- --- Page 233 ---
A Gu A X A C A.
tude & la fatigue me déciderent à rentrer
l'embarras étoit de la retrouà la ville ;
plus les feux 3 j'en
ver , carje n'en voyois toifes,j'y courus,
découvris un à trois cents
c'étoit la cabane d'un Negre libre que j'avois
5 je lui dis que je
vu dans mon voifinage tdeMadelline, ilme
m'étois égaré en revenanto chemin, &je fusl bien furpris
remitdanslebon
de lieue au fad de
de me, trouver à un quart croyois à T'oueft;
la ville, tandis que je m'en
& rentrai
j'efcaladai de rechef le rempart & encore
chez moi, exceflivement fatigué,
plus affligé de ce mauvais début. de linge >
Cependant après avoir hamac, changé où je trouvai
je me jettai far mon fommeil auffi doux que
un repos, 8c un lendemain à trois heures du
néceffaires 5 le
la feconde fois de chez
matin ije fortis pour encore les murs de la ville;
moi, j'efcaladai me rompre le cou 5 &
cette fois je penfai
voilà D. Quichotte en campagne. conferJe marchois avec précaution pour
le chemin; mais ce jour là dirigeant
ver
entrop ma courfe au nord, je manquai
core la grande route 2 & m'égarai encore
durant une heure dans les fables: cependant
reconn l'étoile de l'épi de la Vierge,
ayant MMars & Saturne, qui étoient déjà au cou-
j'efcaladai me rompre le cou 5 &
cette fois je penfai
voilà D. Quichotte en campagne. conferJe marchois avec précaution pour
le chemin; mais ce jour là dirigeant
ver
entrop ma courfe au nord, je manquai
core la grande route 2 & m'égarai encore
durant une heure dans les fables: cependant
reconn l'étoile de l'épi de la Vierge,
ayant MMars & Saturne, qui étoient déjà au cou- --- Page 234 ---
Voy A G E
chant, je courus à l'oueft
quatre heures du matin, jufqu'au jour : a
de la campagne qui alloient j'entendis les gens
me guidai fir leur voix, & au marché, je
à cent pas de diftance,
longeai la route
vu. Enfin au lever de pour l'aurore n'en être pas
s'étant trouvé
le chemin
d'y
percer une forêt, je fus obligé
rentrer, mais j'avois la précaution de
ralentir ma marche, toutes les fois
j'apercevois quelques Indiens
que
Efpagnols, & je la redoublois Negres, ou
lorfqu'ils étoient paffés. Ad cing heures vivement à ma
montre je me trouvai hors de la
à
deux lieues & demie de
forêt,
chemins fe partageoient, nouvel Vera-Crux; les
j'aperçus un muletier qui conduifoit embarras;
vingt mulets; je le
cent
dence; il me dit venir queftionnai de Guaxaca, avec pruchemin de Monte-Calabaca,
par le
tra, en me difànt
2 qu'il me mnonla veille
que c'étoit fa journée de
; bon, dis-je en moi-même , j'irai
coucher à Moute-Calabaca; puis m'étant
éloigné en dandinant, jufqu'à ce que je fiffe
hors de fà vue, j'enfilai la route avec une
telle viteffe 2 qu'à onze heures j'avois fait
neuf lieues d'Allemagne.
J'avois pris un verre d'eau-de-vie & un
bifcuit, dans une taverne qui borde le grand
chemin,
journée de
; bon, dis-je en moi-même , j'irai
coucher à Moute-Calabaca; puis m'étant
éloigné en dandinant, jufqu'à ce que je fiffe
hors de fà vue, j'enfilai la route avec une
telle viteffe 2 qu'à onze heures j'avois fait
neuf lieues d'Allemagne.
J'avois pris un verre d'eau-de-vie & un
bifcuit, dans une taverne qui borde le grand
chemin, --- Page 235 ---
A GUA X A C A. foutenu 49
chemin & la forêt : cela m'avoit
neufheures, la foif me fuffoquoit;
jufqu'à
favanne, couje marchois dans une plaine des bofquets,
pée de diftance en diftance par
de Ceidemimola cornigera, de bombax, la terre
fort rares, 2
ba, de figuiers/avages, étions à la fin de
étoit nue, parce que nous des chaleurs sèches
Thyver, c'elt-a-dire, les 1 plantes, & que les
qui bralent toutes
les Hlammes
hattiers avoient confumé faire place par à la nou--
Therbe sèche, pour
allez
velle: c'étoit à la vérité un fpeétacle de la
moi, que de voir déjà
agréable pour
les montagnes d'Alvorado
plaine où j'étois,
& les SierrarOriffava à T'oueft,
au fad,
formant un rempart
Léonar au nord-oueft,
l'efpace de cent
naturel, qui fe prolonge j'efpérois bientôt
cinquante lieues, & que de chaud, &
franchir; mais je foif mourois dévorante : je renconj'éprouvois une
avec deux cents cintrai deux muletiers 2
de me donmulets, je les conjurai
quante
de lor; ils me répondiner de l'eau pour
point d'eau 5 mais
rent qu'ils ne vendoient d'eux détachoit de laren même temps Pun
bouteille, & me
çon de fa felle une pleine même fort à mona aife,
la préfenta, je bus,
bourfe; mais eux
& enfuite je tirai ma
D --- Page 236 ---
VOYAG E
ayant piqué des deux, me dirent Bai
con dios, Dieu vous conduife.
ufted
Je continuai ma courfe; à onze heures
ma foif fè ralluma plus fort
crus voir une chaumiere, que jamais, je
qu'un de
, mais ce n'étoit
ces monumens Mexicains, dont
je trouvai plufieurs fur ma route, élevé en
terre, en forme de pyramide , de trentecinq à quarante pieds de haut, fixr vingt de
bafe, reffemblant parfaitement à nos glacieres 3 je regardois en vain de tous mes
yeux 2 je ne voyois d'habitations qu'à
de fix lieues au nord : le moyen de fortir plus
de ma route pour aller chercher fi loin des
fecours. Je n'étois point fatigué, le chemin
étoit beau, mais la foif me
je crus avoir fait une excellente tourmentoit;
en démélant dans les haziers découverte,
concombre
une efpece de
fphérique; cela elt infipide, me
difois-je, mais cela eft aqueux & rafraichif
fant; ; j'y courus, j'en cueillis, je mordis
même e
e L'effet de la foudre n'eft
plus. fibit: je me crus empoifonné; je trou- pas
vai dans ce fruit fpongieux & fec, une amertume chaude & corrofive, qui redoubla
l'ardeur de ma foif, comme du fouffre &x
du bitume enflammeroient un brafier. Ah!
ridicule botanifte,
m'écriai-je, tu croyois
courus, j'en cueillis, je mordis
même e
e L'effet de la foudre n'eft
plus. fibit: je me crus empoifonné; je trou- pas
vai dans ce fruit fpongieux & fec, une amertume chaude & corrofive, qui redoubla
l'ardeur de ma foif, comme du fouffre &x
du bitume enflammeroient un brafier. Ah!
ridicule botanifte,
m'écriai-je, tu croyois --- Page 237 ---
A Gu A X A C A.
? ceci sr
donc toutes les coloquintes les petites efpéces. La
t'apprendra à mieux femblable étudier à nos melons
groflsur du fruit, m'en avoit en effet imde france 7 ronds, donc quelqu'autte remède
pofé; ;je cherchai défaltérer; je vis des fruits d'un
pour me nommé tunas par les Efpagnols; c'eit
cacte >
de raquete de Saint-Domingue: 5
une fruits efpece font rouges 5 j'en pris deux ou
fes
& les dévorai; ils adoutrois, je les pelai,
je
l'ardeur que jéprouvois;
cirent beaucoup
far d'autres, & j'en
me jettai avidement
une trentaine; mais
mangeai fuccellivement fans doute pas pelé bien exactene les ayant foies bralantes me firent en
ment, leurs
horriblement la langue &
un inftant enfler & je me vis fur le point d'éles levres, continuois cependant ma route,
touffer. Je
perfonne. Quelques fois
& je ne rencontrois les feuilles, je croyois enle zéphir agitant cafcades d'eaux éloignées, ou le
tendre des d'un ruiffeau : comme je prêtois
murmure à cette douce mélodie, 2 le temps
l'oreille
calme, je n'entendois plus rien,
redevenoit
à tomber dans le défefpoir.
& j'étois prêt l'aftre du jour, déjà élevé de
Cependant degrés au deffus de Phorifon,
quatre-vingts dardoit fes feux mille fois refléchis par
me
Dij --- Page 238 ---
V O Y A G E
le foyer de la plaine bralante que je.p parcouroisjen'avoisqu'tnt foiblevent demerau dos:
devant moi une vafte plaine de
lieues de profondeur ne me préfentoit vingt-quatre
de hautes montagnes à
il fem- que
bloit que toute la nature fesrémiteé; fut
tre moi. Je crus un moment conjurée contoit de chaume bien
diftinguer un
defliné; je doublai le
pas; mais après trois quarts de lieue, me
trouvant dans un petit bofquet, & ne voyant
, plus rien, je crus m'être abufé, & 2 pour
cette fois, je perdis patience. Je m'arrétai,
& ayant regardé foigneufement autour d'un
bombax, silnly avoit ni ferpent, ni moustiques, je me couchai à fon ombre ; je
dormis environ deux heures ; le foleil étoit
au-delà du méridien, je me levai, & me
remis triftement en marche : mais 6 joie
inefpérée ! à peine avois-je fait un quart de
lieue, que je vis bien diftinétement cette
maifon. que j'avois déjà cru apercevoir;
elle étoit encore à trois cents toifes, fur
le fommet d'un coteau, au bord de la riviere de Jamapa 3 je ne fis qu'un faut juf
ques là; la vue de cette belle riviere m'enchanta, je me ferois volontiers précipité
dedans. J'entrai dans' la cabane à trois heures après midi, l'hôte étoit un pâtre, je le
ue, que je vis bien diftinétement cette
maifon. que j'avois déjà cru apercevoir;
elle étoit encore à trois cents toifes, fur
le fommet d'un coteau, au bord de la riviere de Jamapa 3 je ne fis qu'un faut juf
ques là; la vue de cette belle riviere m'enchanta, je me ferois volontiers précipité
dedans. J'entrai dans' la cabane à trois heures après midi, l'hôte étoit un pâtre, je le --- Page 239 ---
A G U A X Ac A: Thôteffe, 53
conjurai tout de fuite, ainfi que
por
donner à boire & à manger,
de me ils le firent avec tout T'empreffement
Dios :
une pinte
poflible: je bus fuccellivement & autant de limod'eau, deux pintes de lait, aile & une cuifle
nade, & je dévorai ceufs une frais avant que de
de dinde, & trois
de leurs queltions :
répondre à la moindre fi. j'étois Caftillan ;
le pâtre me demanda
médecin Cataje lui répondis que j'étois à votre démarche,
lan. Je laijugé, reprit-il, autres Européens 2
vous emjambez, les vous Créoles : voilà comment
bien mieux que
près de la nature lobceux qui font plus comme il me parut
fervent bien mieux; je le payai, & feicurieux & raifonneur, mal de tête , j'allai me jetgnant un grand
oi je m'enter fur une claye de branchage, je lui donnai me
dormis. Quatre réales bénédictions. que
yalurent quatre mille
je ne
Je dormis fi tranquillement, du
du lenheures
Ttadira
m'éveillai qu'à trois devoit faire jour qu'à quatre
demain; il ne
laiffai
que de partir,
heures, mais je ne
pas
de peur de
& fans dire adieu à mes hôtes,
les éveiller.
du coteau jufqu'au bord de
Je defcendis
d'abord embarraffe
la riviere 3 je me trouvai
Diij --- Page 240 ---
Vorict E
pour la paffer 5 mais m'étant
c'eft celle de Madelline
rappellé que
branches, & qu'elle n'eft 9 divifée en deux
me déshabillois pour la pas profonde, je
quand
traverfer à
toifes plus j'aperçus un long canot plat à pied, vingt
hiausje fautai
viron à la main, je piquai dedans, &, l'abord;je ne trouvai
droit à l'autre
firr une largeur de que trois pieds de fond,
terre j'éveillai
cent toifes: en fautant à
un chien qui
perçus un negre qui me
aboys, & j'aune haye : je lui demandai regardoit par-deffus
payoit pour le paffage ; une
combien on
cela étant,
réale, me dit-il;
la moi donc, repris-je, en
donne
>
plaifintant,
ouvrage : il fe rabattit puifque je viens de faire ton
der, mais je lui
à ne rien me demanJ'évitai
payai toujours fa réale.
frayeur. en Cet endroit une
Le véritable
premiere
l'appris à mon
paflage 2 comme je
s'y trouve un retour, eft plus bas, & il
un piquet de lanciers corps-de-garde d'employés &
vraie route me fauva ainfi : mon ignorance de la
bre d'interrogats.
d'un grand nomCette riviere paffée, je ne devois
trouver qu'à feize lieues de là.
plus en
ma route
Je continuai
mais doux gaiement & faciles par de fentiers étroits,
:je ne vis pas une feule
mon
paflage 2 comme je
s'y trouve un retour, eft plus bas, & il
un piquet de lanciers corps-de-garde d'employés &
vraie route me fauva ainfi : mon ignorance de la
bre d'interrogats.
d'un grand nomCette riviere paffée, je ne devois
trouver qu'à feize lieues de là.
plus en
ma route
Je continuai
mais doux gaiement & faciles par de fentiers étroits,
:je ne vis pas une feule --- Page 241 ---
'A Gu A X A C A:
humaine pendant plus de fix lieues,
figure
volontiers cru feul dans la
& je me ferois
vu quantité de lapins
nature , fije n'euffe pas fe jouoient fur mes
très-peu farouches qui
aufli beaux: : plus
pas. On voit peu de deferts
terre franche,
dela moitié eitun fond debonnet & propre à
tantôt jaune 2 tantôt noire mais 7 qui relte en
d'excellentes cultures 7 du matin j'avois enfavannes. A fix heures d'Inde à ma droite, ce qui
tendu des poulets
j'étois près de quelm'avoit fait penfer que heures j'en vis une
que habitation ; vers fept herbes sèches &c
douzaine fortir de quelques un bruit épous'envoler à mes pieds fut avec fi brufque : & leur
vantable; leur vol
je fus convaincu que
fuite fi lointaine, dindons que fauvages : un quart
c'étoient des deux autres s'envolerent à
d'heure après, moi, puis trois autres à ma
cent pas de
acheva de me perfuader que
gauche, ce qui
indienne 2 ou du moins
c'étoit une production naturalifés dans le pays, &
qu'ils s'étoient affranchis de l'efclavage dos'y étoient
meflique.
du matin je me vis à porA neufheures
Rancho, (efpèce de
tée de ce qu'on appelle une vieille negreffe
cantine ) jy trouvai mais ni pain 2 ni
curieufe & effrontée 2
Div --- Page 242 ---
Vo Y AG E
viande, ni ceufs, ni eau-de-vie 3 il fallut
me contenter d'un plat d'haricots durs & mal
fricaflés, & d'un morceau de
vois apporté de Vera-Crux: pain que j'acaution ! Je me fis du
heureufe prétaffia pour boiflon, & je ponche avec du
viron trois heures fir
repofai enfiite enune claye de
en forme de châlit.
bamboux,
A une heure après midi je me remis en
route; le ciel étoit couvert de nuages &
la brife fraiches j'avois franchi le matin 2
cinq arroyo 2 ravines ou ruiffeaux
traverfai encore douze dans l'après midi. j'en
de fi ennuyeux & de fi fatiguant à caufe Rien des
troncs d'arbres, quartiers de rocs ou cailloux
monftrueux dont ils font embarraffés. J'étois
un peu dédommagé par la variété des
que jy rencontrois : je vis un mimofia plantes
faitement femblable parla feuille &le pargrenadier, desjuccasd de
port au
des fougeres
foixantepiedsde haut,
droite mais fingulières 5 un arum à tige
baffe, à feuille palmée
d'une grande beauté, mais fi pincatifide,
racine pefoit dix livres; des gros 2 qu'une
des amarillis, &c. J'y trouvai auffi polyanthes des che- 2
Vaux fauvages & indomptés, & rarement de
l'eau.
Enfin j'arrivai à Monte-Calabaca fir les
au
des fougeres
foixantepiedsde haut,
droite mais fingulières 5 un arum à tige
baffe, à feuille palmée
d'une grande beauté, mais fi pincatifide,
racine pefoit dix livres; des gros 2 qu'une
des amarillis, &c. J'y trouvai auffi polyanthes des che- 2
Vaux fauvages & indomptés, & rarement de
l'eau.
Enfin j'arrivai à Monte-Calabaca fir les --- Page 243 ---
'A Gu A X A C-A:
heures du foir, très-fatigué. La crainte
cing
& de ne point trouver de fitôt
de m'égarer
à m'arrêter en
d'autre gite,, me détermina
ce
ce lieu. J'avois cru trouver un village, l'on éleve
n'étoit qu'un rancho ou hatte, ou
&
des vaches & du bétail,
des chevaux, feme autre chofe que du mahys
ou l'on ne
des hommes & des anipour la nourriture
de trois
maux. Ces ranchos font compofés
miférables cafes ; la terre qui en
ou quatre
fois un domairie de
dépend, eft quelques
dans lequel
dix à vingt-cinq lieues quarrécs, trois ou
errent une centaine de chevaux 2 centaines
quatre cents moutons, étoit & quelques confidérable ; le
de vaches: celui-ci
metis,
métayer Caftillan, ou tout au moins d'une
étoit un homme de foixante ans 2 & d'un
belle figure, honnête, mais grave,
dur:
caraétere, à ce qu'il me parut 2 un peu
il
je l'abordai, je lui demandai le couvert 5
en me prévenant qu'il ne teme l'accorda,
n'avoit ni pain 2
noit point auberge, qu'il
mais
ni viande, ni vin, ni eau-de-vie;
étoit à mon
e
du refte tout ce qu'il avoit
manvice ; je lui demandai fix ceufs que je font
geai avec des tordillas. Ces tordillas cuits dans
des gâteaux faits avec du mahys,
une eau oùi l'on jette une pincéc de chaux --- Page 244 ---
Vor Ac E
vive pour en attendrir l'écorce: on le lave
enfiite, puis on l'écrafc avec une pierre
dix-huit cylindrique fir une autre pierre quarréc de
pouces de long, far dix de
foutenue fir trois pieds;
large 2
miere
après cette premains opération > on le pétrit avec les
2 on l'arrondit, & On l'aplatit à
de quatre lignes d'épaifleur; ; O11 le fait cuire
nouveau fiar une plaque de
de fer, on le
&
terre, Ol
tes ce pain eft retourne, fait. Il eft en deux minumais très-bon
toujours infipide,
pour l'eftomach; jamais indigefte, & en aucun temps il ne m'a incommodé : dans une maifon oà
deux femmes, &
ilnya
cinq ou fix
ne
hommes, E
premieres
font occupées, foir & matin,
qu'à faire des tordillas; il en faut bien
ou fix pour chaque
& cela cinq
garde point pour le lendemain. repas,
ne fe
Mon hôte, qui me parut avoir été militaire, & qui, comme je l'appris
étoit réellement un de ces lanciers depuis,
redoutois fi fort, me fembla un vieux que rei- je
tre fort retord, par les queftions qu'il me
fit; mais comme indubitablement
tout l'air d'un médecin, il fut forcé j'avois de le
croire. Cependant il me refufà obftinément
un cheval pour le lendemain; ; je me croyois
Mon hôte, qui me parut avoir été militaire, & qui, comme je l'appris
étoit réellement un de ces lanciers depuis,
redoutois fi fort, me fembla un vieux que rei- je
tre fort retord, par les queftions qu'il me
fit; mais comme indubitablement
tout l'air d'un médecin, il fut forcé j'avois de le
croire. Cependant il me refufà obftinément
un cheval pour le lendemain; ; je me croyois --- Page 245 ---
A Gu AX A C A:
hafarder de
affez loin de Vera - Crux pour
donner cet allégement; il fallut encore
me
je voulus lui payer fon foum'en paffer ;
Je donnaialors
per, il le refufa également.
réales à fa femme, , ou concubine,
quatre
favoir s'ils étoient mariés; ils
car je ne pus
foule d'enfans. Ma géavoient du refte une
nérofité me valut pour la nuit la jouiffance
d'un grand manteau, jadis bleu, & devenu
vétufté, dans lequel je m'enveblanc, par
frr une natte à terre,
loppai,& me couchai
fans cette faveur
dans un hangard voifin: :
de froid, car
je courois rifque de mourir
à peine fus-je retiré, qu'il tomba une deces
pluies terribles, que l'on nomme à SaintDomingue avalaffe, & dont les gouttes font
aufli groffes, & font plus de bruit dans leur
la plus redoutable grèle d'Euchute, le que bruit étoit affreux, l'eau chaffée
rope :
comme autant de pom-'
par le vent perçoit
du
de la
pes, à travers les jours
clayonage il femcafe; en un inftant tout fut inondé;
bloit que la nue fut crevée fur nous 5 ce
temps me fit faire les plus triftes réflexions. ride torrents & de
Dans un pays coupé devoit être fiivi de
vieres 2 fi cet orage
- je
beaucoup d'autres, comment pourrois le
voyager, far-tout à mon retour 2 avec --- Page 246 ---
60.
Vox A G E
butin que j'efpérois recueillir ? Le
leur cheval
meil
pourroit-il me fauver
rocs & les arbres qu'entraînent parmi les
les torrents ? Ceci n'étoit rien prefque tous
confolant; mais ayant tout
moins que
mieux, il ne me reftoit plus arrangé pour le
fier à la
qu'à me conIe
providence : je
nez dans mon manteau m'enfonçai donc
profondément
2 & m'endormis
heures du
jufqu'au lendemain à quatre
matin.
Avec les ombres de la nuit
les noires idées qui m'avoient difparurent
veille, un ciel pur &
affligé la
fraiche, la
ferein, une matinée
riffava, dont perfpeétive des montagnes d'Orje n'étois plus éloigné que de
vingt lieues, leur appendice qui
à
huit lieues, comme un
s'avangoit
& efcarpé, dans tout de rempart inacceflible
contour de cette
plaine, me rejouirent & ranimerent
courage. Depuis Vera-Crux j'avois
mon
marché au fud-oueft; ici les
toujours
font en face de la plaine n'ayant montagnes qui
vertures à l'oueft, le chemin point fléchit d'ouquelques pointes vers le fid.
de
Il eft à remarquer que dans toute
vafte plaine, 2 le cours. des torrents & cette des
rivieres eft du nord-eft, au fid-eft, &
leurs lits, quoique dans un pays fi plat, que
uis Vera-Crux j'avois
mon
marché au fud-oueft; ici les
toujours
font en face de la plaine n'ayant montagnes qui
vertures à l'oueft, le chemin point fléchit d'ouquelques pointes vers le fid.
de
Il eft à remarquer que dans toute
vafte plaine, 2 le cours. des torrents & cette des
rivieres eft du nord-eft, au fid-eft, &
leurs lits, quoique dans un pays fi plat, que --- Page 247 ---
A G U A X A C A.
6r
qu'on le croiroit nivelé 7 ont une profondeur déméfarée : cela vient fans doute de ce'
tous defcendent des montagnes d'Orifque fava, & de ce que les volumes immenfes
de neige fondue, & d'eaux chaudes, qui
roulent du haut de ces montagnes, ont par
leur poids, & à la longue 2 excavé les terres
dans de très-grandes diftances, & fe font
ainfi formé par fuccelffion de temps 2 une
pente qu'ils ne paroiffent pas avoir eue naturellement. la pluie de la nuit eut été efQuoique cependant la terre fablonneufe de
froyable, cantons étoit défféchée depuis fi longces
peine étoit-e elle humeétée à
temps 2 qu'à de
Je trouvai dans
deux pouces profondeur.
route des chênes à feuille ovée,
ma nouvelle
blan-
& légérement dentelée; une amarillis
che que j'ai rapportée ; un polyanthes, dont
les Indiens employent la racine pilée aux
mêmes ufages que le favon, trois grands
de
troupeaux de moutons 1 vingt compagnies
perdrix qui ne font pas plus groffes que nos
cailles, & enfin des lapins fans nombre; j'eus
à traverfer feize arrojo. Le terroir me parut
généralement plus fertile, & d'un meilleur
fondde terre que les jours précédents ; il n'en
eft pas moinsinculte, ni moins défert. --- Page 248 ---
6z
VorA G E
Ad onze heures du matin j'avois fait
licues fans manger, ni boire,
huie
nade quej je fis dans une chaumiere qu'une limotruifoient deux Indiens, les feules que corf
raifonnables que j'euffe rencontrées créatures
Je me trouvai au pied de la premiere alors.
de montagnes 3 mais c'eft peu de Cette chaîne falaife efcarpée à pic, & dont les rochers
font voir à travers les brouffailles
fe
percrues : il femble que la
quiy font
tente de cet immenfe
nature, 2 non confortificr
boulevard, ait voulu
encore l'entrée du Mexique
énorme foffé. Au pied de cette maffe par un
me de rocs 3 coule un fleuve de dix infor- toifes
de large, fi rapide & fi violent, qu'ils'eft
creufé à travers dixcouches de
différentes. 2 un lit de quatre-vingts pieds pierres de
fondeur; c'eft-là qu'il fuit comme un ROCe
pent, dans le fable, en replis
prefque fans murmure 3 mais écumant tortueux, &
rapide comme l'éclair : en y jettant un , caillou, jel'aijugéprofond. de I5 pieds;la vue eft
troublée quand on le regarde d'un misérable
pont de fafcines pourries, fur lequel il faut
le paffer : à l'extrémité de ce pont eft un
rocher qui domine & couvre tellement le
dix pont, que dix hommes pourroient y tenir
régiments en échec; un paffage angu-
, &
rapide comme l'éclair : en y jettant un , caillou, jel'aijugéprofond. de I5 pieds;la vue eft
troublée quand on le regarde d'un misérable
pont de fafcines pourries, fur lequel il faut
le paffer : à l'extrémité de ce pont eft un
rocher qui domine & couvre tellement le
dix pont, que dix hommes pourroient y tenir
régiments en échec; un paffage angu- --- Page 249 ---
A Gu A X A C A:
eft creufé dans le roc
Ieux & en 218728, & par oii l'on ne peut
par où il faut fortir,
& d'ailleurs la
fortir que deux de front, fur la cime y foumoindre artillerie placée
droyeroit toute une armée. bas eft un autre
A une demi lieue plus
onl'anomme
riviere quifejette dans celle-ci,
rio des punta, elle n'eft pasfit profondément du
fur
encaiffée. Je trouvai au bout pont,. à qui on
lequel je la pallai, un E(pagnol, nipain, ,ni
payoit le paffages commeiln'avoit: dinera San Loremno,
vin, je réfolus d'aller trois lieues. Le recequoiqu'il y eut de encore las aquas, de la pluie, je
veur m'avertit & j'en fus puni, la pluie
n'en tins compte
où je fus raillé. La
me ramena au gite 2 mon chemin, & je
pluie ceflée 2 je repris facrerie qui me parut
trouvai bientôt une qu'elle eût de vaites bâtiabandonnée 2 quoi immenfes, 8x des canments 2 des jardins pieds de haut; j'arrivai ennes de quinze
large de cent cinquante
fuite à un torrent,
pieds de profontoifes, & de quarante Ténorme fquelette d'un
deur; je crus voir
T'exprellion,
fleuve mort, qu'on me paffe rendre les idées
c'eft celle qui peut le mieux
fit naître dans mon imagigigantelques que fingulier des rocs 2 des
nation le fpeétacle --- Page 250 ---
Vox A G E
troncs d'arbres épouvantables, des énormes
cailloux de toute couleur, arrondis
long frottement; le tout entaffé pêle par méle. un
Quel afpeét fombre, magnifique & terrible!
toutes ces maffes alors dans le repos & le filence le plus morne 2 avoient eu quelque
temps auparavant un mouvement impétueux,
avoient roulé avec un fracas épouvantable:
quelle avoit donc été l'effiroyable mafle
d'eau qui avoit animé toutes ces machines ?
A peine ai-je pu les franchir à pied fec:
qu'on fé repréfente cette tranchée tortueufe, 2 vafte & profonde, revêtue fur l'un &
l'autre bord d'une futaie également haute,
fombre & filencieufe, & que nos peintres
effayent, s'ils l'ofent, de nous peindre ce
fpectacle fauvage & monftrueux. O Vernet!
toi feul aurois pu, peut-étre, rendre cette
belle horreur.
Ce fut-là que je vis plufieurs paires de
ces beaux perroquets du Bréfil, à queue
en coin, nommés arara canjas, des Amazones, au plumage vert, mélé de jaune jonquille, de la groffeur du perroquet de Guinée, & un oiféau de proie noir &
avec
des plumes rouges au-tour du bec, blanc, de
la groffeur de notre buze.
Le plus excellent fond de terre m'offroit
aufli
belle horreur.
Ce fut-là que je vis plufieurs paires de
ces beaux perroquets du Bréfil, à queue
en coin, nommés arara canjas, des Amazones, au plumage vert, mélé de jaune jonquille, de la groffeur du perroquet de Guinée, & un oiféau de proie noir &
avec
des plumes rouges au-tour du bec, blanc, de
la groffeur de notre buze.
Le plus excellent fond de terre m'offroit
aufli --- Page 251 ---
A GUAX A 00 C A:
abon- 65
auffi
auffi par-tout une végétation mais hélas ! il m'étoit
dante, que variée,
de tant de richefimpoffible de me charger donc la tête baffe en foufes; je marchois
de regarder tant
pirant, & jévitois prefque
former dés
de belles chofes,pour ne pas
voeux inutiles.
fatiguéà 21 San-:
J'arrivai enfin exceflivement eit délicieufe pour un
Lorenzo. L'auberge & elle le y fat véritablement pour
Efpagnol,
honnête, je fus
moi; la maitreffe me parut
quatre ceufs
fervi proprement 5 je mangeai & bus du
frais, un poulet, de bon pain, réfolu d'arrivin de tinto. Je partisa aufli-tôt,
mais à
ver ce jour là à Villa-Cordouas oà j'avois
peine fus-je forti du cimetiere des 1 frangi(paété pour confidérer à plaifir &c. de trente
niers pourpre, rofes, jaunes 2.
:
pieds de haut, que la pluie cabane recommença d'Indien 5je m'étois arrêté fous une avec trois cheen ce moment. paffa un déjà negre vu à la Punta; ;
vaux 2 que ofé j'avois parler au negre devant
je n'avois mais - . devant les Indiens, la néTEfpagnol,
hardi, je lui propocellité me rendant plus de fes chevaux : il confai de me louer un à deux lieues de là, dans
vint de me mener
oublié le nom; je
fon village, dont j'ai:
E --- Page 252 ---
Vor AGE
montai donc fàns bottes, fans
fans manteau ; le
éperons ;
la pluie, s'avifa de negre, pour me parer de
natte
me couvrirla tête
qui me pendoit devant & d'une
comme une
derriere
binfon
dalmatique : non,
ne fat fi
jamais RoNous avions grotefquement fait
habillé !
heure de
affez leftement une
route, lorfque
conduéteur me montre la tout-i-coup mon
un corps-de-garde
guarita : c'étoit
le chemin. Je frémis d'Employés qui barroit
point de pafféport, ils en fongeant que n'ayant
m'arrêter
avoient le droit de
, mais nous en étions
pour fonger à nous
trop près
de mieux que de feindre dérourner;) je ne vis rien
dormi fur mon
d'être à moitié enmort, fi l'on
cheval, & même demi
me forçoit de
de parler. Que j'étois bon de: defcendre, ou
d'inquiétude ! la pluie
prendre tant
fortir, & fans doute de empêcha nos gens de
arrivâmes au village à la nous voir; & nous
accident. Je trouvai
nuit, fàns autre
cier, du pain, duvin, danslaboutique des
d'un épi-
& je me couchai,
ceufs, du' chocolat,
après convention
avec le negre qu'il me conduiroit le faite
main a.Vills-de-Cordoua,
lenderéales.
moyennant treize
J'avois mal dormi; ; à deux heures du
fans doute de empêcha nos gens de
arrivâmes au village à la nous voir; & nous
accident. Je trouvai
nuit, fàns autre
cier, du pain, duvin, danslaboutique des
d'un épi-
& je me couchai,
ceufs, du' chocolat,
après convention
avec le negre qu'il me conduiroit le faite
main a.Vills-de-Cordoua,
lenderéales.
moyennant treize
J'avois mal dormi; ; à deux heures du --- Page 253 ---
A Gu A X A C A.
matin je courus à la cabane du negre
l'éveiller, & hâter notre départ; mais
pour
nous ne plmes partir qu'à
ce fat en vain,
quatre. Nous entrâmes dans la gorge de la premiere chaine des montagnes, par une forêt
immenfé; il paroit qu'il fut un temps ou
jugerent CC paffage de quelles Efpagnols
de lieue en lieue où
que importance;puilique de forts, de redoutes,
trouve des veltiges
fortifications
de retranchements,, & autres défendoient
plus ou moins ruinées 2 qui tranchée de
cette trouée. Cela forme une San-Locurlo,
cent toifes de large. Depuis
fept
Villa-de-Cordous., j'ai compté
jufqu'à
tous bâtis en maçonnerie >
de ces forts 2
refte entier; c'eft à leur
mais dont aucun ne
font bâtis quelplace, ou tout auprès, que
les
ques-uns de ces corps-de-garde, Jamais que je n'ai
Efpagnols appellent guarita. fi odieux & fi
trouvé ces gardes tabacs, monde; dans un
choquants qu'au à nouveau, à fe procurer les prepays où l'on peine
faut-il
par une
miers befoins de la vie,
que
barbarie. atroce 7 une plante indigene, que
la nature feme fous les pas des habitants,
leur confolation, devienne pour eux
pour
& qu'ils ne puiffent fans allarun Aléau,
Ei ij --- Page 254 ---
Vor A G E
mes s'étourdir par fà vapeur narcotiqué;
fur le fentiment de leur peine!
Le fol que nous foulions étoit un fond -
de terre rouge inépuifable 2 &
ment fertile ; jy vis encore une ficrerie fingulière- &
de Canes monftrueufes ; plus loin des
champs de tabac immenfès ; ainfi la > terre
la plus féconde fe trouve entre les mains
d'un peuple parefféux qui in'y cultive qu'une
plante qui ne fauroit nourrir fon cultivateur.
Au bout de quatre lieues nous arrivâmes
à Villa-de-Cordouz. Des
des tours
de nombreux clochers dâmes,
grande ville, 3 & me donnerent m'annoncerent de
une
craintes. Nouvelle guarita aux portes grandes de la
ville ! N'y avoit-il pas de configne contre
moi? N'y avoit-il pas une troupe de lanciers
armés pour me jetter dans les fers Seul
& à pied, j'aurois pu tourner la ville,
comme je me l'étois propofé ; mais faire ce
mouvement devant l'ennemi, faire naître des
foupçons dans l'idée de mon conduéteur,
lui faire une efpece de
ou
à un Africain, à un individu confidence, à lui,
la
de la nation
plus perfide, au fujet le plus aveuglément
dévoué au Roi d'Efpagne ! c'eft Ce
pouvoit m'entrer dans la
qui ne
n'étoit
penfée : le renvoyer
pas plus sûr; je lui fis au contraire
devant l'ennemi, faire naître des
foupçons dans l'idée de mon conduéteur,
lui faire une efpece de
ou
à un Africain, à un individu confidence, à lui,
la
de la nation
plus perfide, au fujet le plus aveuglément
dévoué au Roi d'Efpagne ! c'eft Ce
pouvoit m'entrer dans la
qui ne
n'étoit
penfée : le renvoyer
pas plus sûr; je lui fis au contraire --- Page 255 ---
A G U A X A C A.
d'amitié. J'entrai donc forcément
beaucoup à cheval dans la ville , mais je crus devoir
jouer le même rôle qu'au dernier village:
connoiffois mal les Epagnols! ils ne
que je fi diligens; ils ne me virent point
font pas
fouillerent feulement
de malle 9 ils ne nous
pas. defcendis dans une auberge du fauxJe
tombai fubitement malade ; je
bourg, oà je
fis faire du bouillon 5
me mis au lit, & me
alors je
deux heures,
je me repofai jufqu'à
une
me levai radicalement guéri; ; je mangeai
affez'mauvaife foupe, faite avec de lexcellent
je
mon hôte 2 8 lui ayant
mouton 7
payai de l'Alcade-Major 7 je feidemandé le logis
toute la
gnis de m'y acheminer, & traverfai quelville en longueur ; je n'y rencontrai que
ques negres & indiens. avoir mille toifes
Villa-de-Cordoua peut
les iflets font
en quarré. Quoique ancienne,
2 en jarla plus grande partie
encore 7 pour vers le centre de la ville, oli
dins, excepté
place, comme celle de
fe trouve une grande
trois faces
Vendome à Paris, a entourée far
d'arcadesgothiques ou morefques,ornée d'une
fontaine de bon goût, qui jette un immenfe
volume d'eau délicieufe 3 l'Eglife Major eft
fur la quatrieme face; les rues font pavées 9
Eij --- Page 256 ---
Vox A G :
larges, droites, tirées au cordeau, les mai3
fons pour les trois quarts font bâties en
pierres, , mais les habitans font pauvres. Par,
tout où la nature fait beaucoup pour l'homme, là il fait moins pour elle: accoutumé à
fes bienfaits 2 il contraête une pareffe & uIl
engourdiflement qui. ne lui permettent
de fè prémunir contre fès viciffitudes. La pas
ville eft toute fir un bâton en forme de
plaine, qui n'eft pourtant qu'un coteau,
longé entre deux vallons, bordés chacun pro- de
hautes montagnes, quiformentle
entrer dans le
paffage pour
Mexique : l'ouverture"
avoir trois lieues d'une montagne à
peut
nulle part ailleurs que fir le
l'autre;
platon on ne
peut voir une fi riche & une fi belle végétation, & une fi magnifique matiere de culture : le fond de terre rouge eft de
à dix pieds. Dans les
les
quinze
les
jardins 3
cérifiers, 2
pomiers, les péchers, les abricotiers fè
mélent aux fapotiliers, s aux orangers ; les
fruits des deux mondes y font ainfi réunis;
les hayes font bordées de fureaux, de frênes,
d'une forte de tegetes arborefcent, dont je
n'ai pu me procurer des graines 5 d'une feconde forte de convalvulus arborefcent
dont les fleurs en cloche de huit
>
de long fir trois de large font renverfées, pouces
pomiers, les péchers, les abricotiers fè
mélent aux fapotiliers, s aux orangers ; les
fruits des deux mondes y font ainfi réunis;
les hayes font bordées de fureaux, de frênes,
d'une forte de tegetes arborefcent, dont je
n'ai pu me procurer des graines 5 d'une feconde forte de convalvulus arborefcent
dont les fleurs en cloche de huit
>
de long fir trois de large font renverfées, pouces --- Page 257 ---
A GAA AC A:
71 la-
& oà le limbe termine par de longues
cinies.
plu à midi les chemins
Il avoit beaucoup
décidai cependant à
étoient gliffans 5 je me les
l'empartir à pied pour éviterl chemin queftions; d'Orrifbarras étoit de trouver le
j'en fuivis un
fava, diftante de fept lieues 3
du fauxà tout hafard jufqu'à des l'extrémité indiens qui me rebourg, oà je trouvai
m'étois éloigné
mirent dans la route dont je
d'environ cent pas.
après une heure de
La pluie. me reprit dans ce moment une
marche; je rencontrai deux cents mulets; on avoit
horde de plus de
fous des tentes,
mis leurs charges à couvert dans le grand che-
& pour eux ils paiffoient une tranchée de cent
min 2 qui eft toujours couverte d'un gafon toutoifès d'ouverture, ,
ni ornieres., ni
jours renaiffant t, n'y ayant Vera-Crux 1 jufchemin de voiture, depuis
d'entrer dans
qu'à Theguacan. Je fus obligé où je bus un verre
une cabane d'indiens 2
on fait infufer
de pinas 1 eau dans laquelle & qui vaut bien la
des tranches d'ananas eft 2 bien faite, ilm'en
limonade lorfqu'elle & la pluie finieje repartis.
coûta un réal, lieues de là, je defcendis un raA deux
dans lequelje vis une maiyin très-profond,
E iv --- Page 258 ---
Vory A G E
fon fort folidement bâtie en
de
mais fans cdmble, & abandonnée pierres taille;
long-temps 3 je ne pus juger fi elle avoit depuis été
citadelle, temple ou maifon
les arbres & les haziers
particuliere ;
& ffir les murs m'en percrus tout autour
je remarquai feulement déguifoient le deffein:
de vingt pieds de haut que les murs, encore
d'épaiffeur 3 les fenêtres 2 avoient trois pieds
à celles de nos anciennes étoient femblables
quoi auroit fervi une
Eglifes : mais à
où il ne paroiffoit Églifc le
en cet endroit,
ville ou de village pas ? Ily moindre veftige de
parence que c'étoit
y a donc plus d'apdeftiné à défendre une efpèce de château
tite riviere
un pont bâti fir une
demens
très-rapide qui en baigne les
:
ionc
choifie cependant la fituation étoit mal
&
2 car en pallant la riviere au-deffis
fort, an-delfous, &x on le dominoit on tournoit facilement le
quel il étoit terraffé. du coteau contre lebanes A quelques pas de là, font fept à huit caprès d'une autre riyiere, courant
reillement du nord-oueft ; il y
pace ravin des fureaux & des
avoit dans
beauté finguliere ; à une lieue firénes, d'une
la gauche, & à cent
du plus loin fur
je vis quatre
pas
grand chemin,
monumens mexicains difpofés
le dominoit on tournoit facilement le
quel il étoit terraffé. du coteau contre lebanes A quelques pas de là, font fept à huit caprès d'une autre riyiere, courant
reillement du nord-oueft ; il y
pace ravin des fureaux & des
avoit dans
beauté finguliere ; à une lieue firénes, d'une
la gauche, & à cent
du plus loin fur
je vis quatre
pas
grand chemin,
monumens mexicains difpofés --- Page 259 ---
A Gu A X AC A.
73 de
formant chacun une pyramide
èn quarré 2 toifes de haut, fur dix de bafe: :
terre de fix
culture dans une fi excellente
àu refte,mulle
peu de tabac;
filon en excepte quelque
terre 1
fi gras que fur une peloufe
mais des pâturages
jecomptai ionze
d'environunel lieue en quarré,
chacun.
deplusdefix centsmoutonso
troupeaux
2 mais heureufement
La nuit spprochoit
qui me fervit à
je rencontrai un indien, le bon chemin jufqu'à
me conferver dans
Orriffava. la
& à la nuit je ne fus
Graces à
pluic de la ville 2 ni à une
fouillé, ni à la guérite fir la hauteur près
autre que j'avois trouvée
du ravin. haraffé d'une marche de fept
J'étois
la pluie, & dans de mauvais
lieues faite par
facceffivement dans trois
chemins 3 j'entrai l'on s'excufa de me recevoir,
auberges, oùi
en qualité d'étran-
& d'oh lon me renvoya, efpèce d'hofpice pour
ger, à la cafa réale,,
tout refpeôtable
les voyageurs, dont le nom 2
2 tant
qu'il elt, me caufoit de la répugnance fouvent une
l'ignorance des chofes leur prête
dans une
apparence formidable! ! Enfinj'entrai auberge ;
quatrieme auberge, dite la grande le devant 5
d'épicier en formoit
une boutique étoit une vaite cour environnée
le dedans --- Page 260 ---
V. O Y A G E
d'arcades; qui fervoient de
& bas 7 à quatre corps de corridor, , haut
me préfenta d'abord
logis ; le cafero
de fientes de
une chambre infeétée
regardai
poules qui y juchoient : je le
&
avec indignation, la canne haute
prêt à le frapper s'il ne me logeoit diffé- (r)
remment.
Pour être plus propre
7 l'autre chambre
qu'il me donna n'étoit
uned claye de
pas mieux meublée:
vais banc dont bamboux, une table, un mauun pied étoit pourri, une
porte comme celle d'une
?
ne fermoit
citadelle, mais qui
pas ; voilà le logement que je
tageois avec une volée de chauvefouris: parpour mon fouper quatre
j'eus
der mouton
ceufs, un morceau
délicieux, un plat
raves avec fix feuilles de laitue d'haricots, deux
pain & au vin, je fus obligé de 2 m'en & quant au
à la boutique. Cette
fournir
alors
dépenfe me fit prendre
pour un homme de confidération
j'obtins un matelas moyennant deux
& mon fouper m'en avoit coûté
réales,
quatre,
(I) Il faut obferver qu'aucun
ou aifé, ne tient auberge, elles font Bourgeois honnête ;
par jour à un Cafero, efpece d'homme affermées à tant
nos valets en France, & qu'on traite plus fans vil que
gement,
ména-
ournir
alors
dépenfe me fit prendre
pour un homme de confidération
j'obtins un matelas moyennant deux
& mon fouper m'en avoit coûté
réales,
quatre,
(I) Il faut obferver qu'aucun
ou aifé, ne tient auberge, elles font Bourgeois honnête ;
par jour à un Cafero, efpece d'homme affermées à tant
nos valets en France, & qu'on traite plus fans vil que
gement,
ména- --- Page 261 ---
A G U A X A C A:
dès qu'il fit jour 2 je méLe lendemain,
de connoître au jufte
ditai fir les moyens
de Guaxaca. Après
la route, & la diftance j'entrai dans un
y' avoir bien réfléchi, où je demandai à
couvent de Carmes,
fans
parler au pere Prieur : mes prétentions, le,
doute, étoient trop hautes, on m'envoya
Sous-Prieur; je le jugeai fir la phylionohomme fort rond, à quije poumie, un
je lui dis donc, fous -le
vois me confier ; médecin & botanifte, mon
fecret, qu'étant l'étude de Phiftoire natuoccupation étoit
je voyageois derelle & des plantes ; que
; que
puis trois ans pour m'y perfcétionner fait veu d'aller à
dans une tempête j'avois
Guaxaca,
piedà Nuefra Senora de la Soledaden
fidellement exécuté jufques
ce que j'avois
fentant épuifé de fatigue 3
là, mais que me
de mon embarque-
& preffe par le temps favoir s'il n'y auroit pas
ment 2 je défirois mon voeu & d'achever
moyen d'interpréter
offrant, comme il
mon pélérinage à cheval,
des offrandes
étoit jufte, de racheter 2 par de cette ma-
& des aumônes Wirrégularité avoir favamment difniere de voyager : après Carme convint que je
ferté far ce cas 7 mon prieres ou aumônes 9
pouvois 2 par quelques Senora de la Soledad,
msegtiterenenAurdres
eu & d'achever
moyen d'interpréter
offrant, comme il
mon pélérinage à cheval,
des offrandes
étoit jufte, de racheter 2 par de cette ma-
& des aumônes Wirrégularité avoir favamment difniere de voyager : après Carme convint que je
ferté far ce cas 7 mon prieres ou aumônes 9
pouvois 2 par quelques Senora de la Soledad,
msegtiterenenAurdres --- Page 262 ---
Vov A G E
je lepris firle temps 7 & tirant de mal bourfe
guatre medios d'oro (environ huit louis
je le priai de fe charger de
d'or)
mais il me refufa, en me difant mon offrande, la
étoit trois fois trop forte;j j'eus beau que fomme
ilny eut pas moyen de lui faire rien infifter,
dre, ce qui me déconcerta un
prenefpéré d'obtenir de lui,
peu 2 ayant
quelques petits
pour mon argent,
renfeignemens dont j'avois
befbin; je ne perdis
elpoir - 2 d'après les honnétetés cependant pas tout
fit: il me préfenta en effet à
qu'il me
peres, 2 me fit voir
quatre le
autres
récria d'admiration la-matifon, fir
jardin, fe
diverfes
que je fis de leurs
deferiptions
parfaitement. Enfin plantes, le
qu'ils ignoroient
à
fous-prieur étoit prêt
mander m'échapper s'il 2 lorfque je m'avifai de lui deà
y avoit un couvent de Carmes
Gnaxaca, & quelle pouvoit être la dif
tance de cette ville: cette fois mon
me donna dans le piège, il voulut homtrès-inftruit de ce que je lui
paroître
me donna un itinéraire fi demandois, bien
&
lieue par lieue, village
détaillé 2
Général d'armée auroit par village 3 qu'un
plan d'une
pu s'y fier pour le
puis occafion campagne, de
2 comme j'ai eu dem'en affurer.
Plein d'une véritable joie d'avoir enfin, --- Page 263 ---
A GUAX A C A:
faite 77 à
après une route de quarante lieues
je
alffuré & non fufpect,
tâtons 3 un guide
mais les Carmes vouà partir,
me difpofois me faire voir les pieces haulurent encore maifon; c'eft de-là que j'admites de leur
fituation d'Oriffava. Cette
rai Theureufe
cents toifes de long,
ville a environ dans quinze fa plus grande largeur,
fr cinq cents
propres & bien pavées;
les rues font larges, &
comme le crif
des eaux falutaires
pures mais la fraital y coulent de toutes parts font. , telles que
cheur & la végétation l'on y falfe, le pavé efk
quelque chofe que dans les herbes : il en eft
toujours enchâffé
quoique bâties
de même pour les maifons, font toujours couen maçonnerie 5 elles
virens & de
vertes de mouffes, de femper fa population eft:
fougeres de toute efpece 5
negres ou Inblancs, & de I500
de 3000
confifte dans quelques
diens: fon commerce
&
tanneries dans quelques draperiesgrollterens aux terres
de Vera-Crux
là eft un entrepôt lieu de repos 8 de féjour >
froides; c'eft un
là, les comles caravanes de mulets;
des
par
langue far leprix
miffionnaires prennent & font connoitre
denrées de V'intérieur, 2
La ville eft
celui des denrées d'Europe. d'une licue d'ouverplacée dans un vallon
commerce
&
tanneries dans quelques draperiesgrollterens aux terres
de Vera-Crux
là eft un entrepôt lieu de repos 8 de féjour >
froides; c'eft un
là, les comles caravanes de mulets;
des
par
langue far leprix
miffionnaires prennent & font connoitre
denrées de V'intérieur, 2
La ville eft
celui des denrées d'Europe. d'une licue d'ouverplacée dans un vallon --- Page 264 ---
VoY A G E
ture; on y réunit dans toutes les faifons
les fruits de l'Europe & de l'Amérique
lair y eft doux & vif, d'une
;
délicieufe : à neufheures du matin température le thermometre de Bourbon marquoit douze degrés au deffus de la congélation : elle eft
environnée de montagnes ifolées, qui laif
fent entr'elles autant de petites gorges &
d'ouvertures; les cimes de ces montagnes
font l'effet d'une pyramide de paliffades, &
font couronnées de forêtz, 2 d'une verdure
éclatante &
aiguilles
recréative, 2 leurs pointes en
paroiffent autant de pins., far lef
quels s'éléve fierement le volcan d'Oriffava,
dont les neiges éternelles préfentent dans le
même point de vue le contrafte fingulier de
l'hiyer & de l'été : qu'on fc figure un
de ficre, fon cône tronqué
pain
la ville,
obliquement à
prouve que quand il broloit, l'irruption fe faifoit du côté de la plaine de
Vera-Crux, ce qui fe trouve confirmé
les pierres ponces que j'ai trouvées fir par les
bords du Golfe du
Mexique > aux environs de cette derniere ville, quoiqu'à
de cing lieues d'Oriffava, qui n'a sûrement plus
été bâtie que depuis qu'il eft éteint. Ce
volcan paroît encore la menacer 2 & de
Vera-Crux, quand au matin la plaine étoit --- Page 265 ---
-
A G U A X A C. A:
encore voilée d'ombres épaifles, je me plaifois à voir fà cime déjà rougiffante, comme du
de l'argent, au feu des premiers rayons
foleil. maifon des Carmes bâtie ayec une
La
mafopulence vraiment barbare a 7 quoique
chofe de grand & de noble;
five, quelque
très-propre & bien enelle eft très-gaie,
les plus extravagantretenue ? les peintures de toutes parts 2 mais
tes y font répandues
la vue 5
leurs vives couleurs réjouiflent
eft à l'ordinaire dorée avec un luxe
l'Eglife ridicule, mais on doit y remarquer dans
le fanctuaire un tableau fort extraordinaire: de larpieds de haut, fur douze
il a vingt
T'Affomption de la Vierge, & repréfente voit Marie encore far la terre,
ge : on y
char
à fix
mais montée fur un
fuperbe,
deux Evèques en chappes : 1 & en
roues 2 tiennent une main fiur le moyeu,
mitres,
fix autres font
& de l'autre un Aambeau;
l'attegrimpés fr le montoir des laquais;
lage eft compofe de douze chérubins aux
ailes bleues,. ils font habillés à la Romaine,
avec le bas de faije étendu fur un panier,
en tête, furmonté de panaches >
un cafque
à la maniere des danfeurs
& de chevelures
ils font
del'opéra dans les ballets héroiques,
le moyeu,
mitres,
fix autres font
& de l'autre un Aambeau;
l'attegrimpés fr le montoir des laquais;
lage eft compofe de douze chérubins aux
ailes bleues,. ils font habillés à la Romaine,
avec le bas de faije étendu fur un panier,
en tête, furmonté de panaches >
un cafque
à la maniere des danfeurs
& de chevelures
ils font
del'opéra dans les ballets héroiques, --- Page 266 ---
8o
attelés
Voy A G E
avec des bricoles,
noniers à un affut; Elie fir comme le
nos ca>
cher, un lys à la main,
fiége du COeft prêt à conduire le én guife de fouet,
ple Elifée, à cheval, char, & fon difciAprès avoir ainfi vifité luifert de poftillon.
des Carmes, je partis comblé toute la maifon
tés; mais au milieu de la
de leurs civilident, que je n'avois
rue un nouvel incimon
pas prévu, vint troubler
coeur contentenents je favois ma route
2 excepté le plus effentiel,
par
où je devois fortir; j'ofai
favoir par
mais le fripon de marchand à m'en informer,
fai m'enfeigna une route
quije m'adreffus obligé de revenir fir toute oppofée ; je
le marchand
mes pas 2. je revis
je lui
quifourioit de ma peine, mais
lançai un regard d'indignation
fitrougir & pâlir ; je gagnai ila vraie quile
fortie par un pont fir la petite riviere rue de
baigne les dehors de la
qui
large & qui fert de ville; une rue, fort
jufqu'a la barriere il'entrée fauxbourg, me mena
Ce paffage étoit gardé
d'un autre pont.
lun d'eux. me demanda.oh par des employés ;
que j'allois herborifer,
j'allois; je luidis
Carmes, d'ou je
que j'étois logé chez
à
retournerois inceffamment
de Vera-Crux, tant de
& je l'accablai à mon tour
queftions 2 qu'il fe crut fort honnoré --- Page 267 ---
A G U A X A C A chofeà 8t un
apprendre quelque
noré de pouvoir
eemstteciat
médecin étranger anffifavant alors à quartier dans une
des employés me tira
de piftolets & d'6chambrer remplic de lances, crus arrêté 1 mais
pées 5 pour le coup je la me peur & pour un fpecj'en fas quitte pour à la vérité, mais moins d'une
tacle peu agréable c'étoient leseffets
dangereux pour moi 5
de ce pays - là
mal qu'on dit originaire chefétoit, on ne peut
même, & dont notre
tn régime :
maltraité 5 je lui preferivis de rejoinplus,
d'impatience
après quoi cheminaje 2 nourant le quittai, malgré inftances toutes de
dre mon de fervices 2 & fcs
fes offres chocolat.
prendre le
prendra la peine de reveIci.le Leâleur
page 146, ligne ole
nir au tome Voyage premier, à Guaxaca ,
cinquieme ,
ramaffer quelques
après ces mots 2 pour fuit, qui efpour
plantes : il lira ce marquée qui par deuslignes
ramplir la lacune
de. e
en paffant
C'eft la que Favois rencontré avec moi de culun Doéteur qui, parlant avoit. tranfporté des
dit, qu'on
: ture, me
F
reveIci.le Leâleur
page 146, ligne ole
nir au tome Voyage premier, à Guaxaca ,
cinquieme ,
ramaffer quelques
après ces mots 2 pour fuit, qui efpour
plantes : il lira ce marquée qui par deuslignes
ramplir la lacune
de. e
en paffant
C'eft la que Favois rencontré avec moi de culun Doéteur qui, parlant avoit. tranfporté des
dit, qu'on
: ture, me
F --- Page 268 ---
Vo Y A € E d'y recueilNopals en Caftille pour effayer n'avoit pas
lir de la cochenille, ce qui
fort ferieufement,
réuffi, & il en concluoit nulle part qu'au
qu'on ne pouvoit la cultiver
Cette anecdote, vraie ou fuppofée,
Mexique. certainement bien lieu de m'inquiéter
avoit mais à préfent que j'écris ceci, &
alors ;
le contraire 2 je
queje fais tres-pertinemment de la fotte vanité de cerne peux revenir leur fait généralifer des chotaines gens qui font vraies qu'en particulier.
fes qui ne
heures quand j'entrai à
Il étoit 'onze
acheter de
San-Juan del Rey : TAlcade j'efpérois noir y n'y étant
la cochenille, mais d'attendre le retour de fa
pas, je réfolus elle arriva peu de temps après, je
femme;
tout de fuite, quatre branches
lui demandai, & fans lui donner le temps de
de Nopal,
lui montrai une piaftre, à
la réflexion, je elle fe décida; je lui rela yue de laquelle mille éclairciffemens qui
demandai encore
les comparer
m'avoient échappé, ou dit pour la veille à Guaavec ce qu'on m'avoit far le mélange de la
xaca, principalement filveftre avec la fine ; elle me
Cochenille fouhait, & me laiffa choifir
fatisfit à
Ee
branches de Nopal, que je plaçai
tre
caiffètin.
un cinquieme --- Page 269 ---
Gu A X A C A:
8;
A
avoir mangé un morJe partis , après & remontai la fameufe
ceau, à midi précis, Cofta, en regardant foumontagne de la
je laiffois derriere
vent le beau pays vis que de plantes curieufes !
moi. Combien jy de ne pouvoir les emcombien je regrettai defcendis pourtant de cheporter toutes lje des oignons du Lys St.
val pour arracher Amarillis formaffina J'en
Jacques, ou douzaines avec une peine infi- de
arrachai fix
étoient à un pied
qu'elles
nie 2 parce dans une terre très-forte les 5 %
profondeur, n'avois qu'un petit couteau pour
me
je
le foleil alors au zenith
terrer, & que
1 fes rayons : je trouvai
dardoit à plomb à racine bulbeufe, comme
aufli une violette pris une douzaine : j'arcelle du lys; j'en d'Oxale à racines bulbeufes,
rachai un cent pellatis oratis: j'y pris
foliis oglonatis d'un chardon gros comenfin des femences des fruits d'une forte
me nos artichaux,
& des
d'Aferoliers, de junipenue-fabons. noix.
glands gros comme cherchois nos plus grolles à tromper ainfi
Pendant que je
route, je
T'ennui d'une fi longue
détourné T du
que mon muletier m'avoit leur eft tres-defendu;
min Royal, ce qui colère
une
égouvantable,
je me mis dans
Fij
atis d'un chardon gros comenfin des femences des fruits d'une forte
me nos artichaux,
& des
d'Aferoliers, de junipenue-fabons. noix.
glands gros comme cherchois nos plus grolles à tromper ainfi
Pendant que je
route, je
T'ennui d'une fi longue
détourné T du
que mon muletier m'avoit leur eft tres-defendu;
min Royal, ce qui colère
une
égouvantable,
je me mis dans
Fij --- Page 270 ---
Vor
& je lui promettois Ac E
mer le pour-boire. tout aul moins de fupprimençames à defcendre Cependant nous commauvais, 2 à la vérité, pardes chemins, trèsd'une lieue ; je jugeai mais qui abrégeoiens
duéteur n'avoit
alors que mon con-
& je m'adoucis pas tous les torts du monde,
côte la belle
; je trouvai au bas de la
Sauge à fleur
vois vue à Guaxaca
ponceau, quej'aces, ainfi que d'une 5 j'en pris des femenfaitement belle.
autre à fleur bleuc, pardans Comme j'enfilois un fentier
le roc, j'eus une rencontre étroit, taillé
fante, c'étoit un Indien qui
afféz plaicochons à Gaaxaca; ils étoient conduifoit deux
je m'arrêtai pour les laiffer monflrueux:
me je les confidérois
Paffer; & commarquai qu'ils étoient atenthtement, je rem'empécher de rire : des chauffès; je ne pus
chon, tandis que le efcarpins à un COpieds nuds! Or voici pauvre Indien étoit
étoient affablés; les deux comme les cochons
chacun de leurs pieds fourchus premiers fabots de
châffés dans une petite
étoient ende cuir fort, fi bien botte, à une femelles
tés que l'on eut cru d'abord couftis, fi bien adapnaturel; je cherchois envain la que cela étoit
femblable équipage, il fallut la raifon d'un
demander à --- Page 271 ---
-
GA kAc A.
A il avoit pitié de mon étonnement
TIndien ;
éclats, & me répondit très-
& de mes
que c'étoit pour qu'ils
phlegmatiquenents fatigués : la raifon me parut
ne fuffent point
étoient en effet fi gras,
bonne, les cochons fi pareffeux, que s'ils
ils font naturellement fabots, dans un chemin.de
euffent uféleurs & s'ils fe fuffent bleffès,
vingt-cing lieues, & même feroient reftés
ils auroient maigri, à diner chez M. l'Inen route. Étant depuis
comme il me
tendant de Saint Domingue, duMexique étoient
demandoit fi les chemins de lui citer ce fait,
beaux, il me prit envie état d'en juger; mais
pour le mettre cn beaucoup de monde dont
comme il y avoit
je craignis 2 en raconje n'étois pas connu ,
de paffer
tant une chofe fi extraordinaire,
de lui
un inventeur: je me contentai fort maupour
ils étoient
dire que genéralement
la route
vais 5 & dans la vérité, de quoique Guatimala, & le
que je tenois fut celle des cultures d'une vallée
débouché unique
lieues, je n'ai
de quatre cents quatre-vingts lieues de chemins pratipas trouvé trente
cables pour une voiture lieues de mauvais cheAprès feize grandes chere
&c.
encore ma
peuplade,
mins, Lafuite jerevis au Tome Ior. de page 146.
Ciij
dire que genéralement
la route
vais 5 & dans la vérité, de quoique Guatimala, & le
que je tenois fut celle des cultures d'une vallée
débouché unique
lieues, je n'ai
de quatre cents quatre-vingts lieues de chemins pratipas trouvé trente
cables pour une voiture lieues de mauvais cheAprès feize grandes chere
&c.
encore ma
peuplade,
mins, Lafuite jerevis au Tome Ior. de page 146.
Ciij --- Page 272 ---
ARE
N OTES
A ajouter au Voyage de
M. THIERRY DE Gungara.par
recouvrées après
MAsdeviLit,
joint ici. en forme Limpredlion dé
: On les
avec lindication des Sopplément,
auroient dil étre
pages oi elles
placées.
NOTE. I.
Au journal de mer de fon retour de
péche à Saint Domingue, à la date du CamJuillet 1777, pag. 220,
ces mots perca philadelphica. ligne IO, > après
Perca. Opercula
brana branchioftega fquammofa, radiis.
ferrata 5 memfpinofis.
feptem, corpus pinnis
culis Philadelphica. alteris
Corpus fufcofub rubrum, marofto 2 bipedali variegatum 2 capite & ventre colori
opercula
longitudine 2 pedali latitudine ;
cordata, fquammofa, antica ferrata
2 duobus mucronibus; membrana ? poftica branres; chioftega, nares radiis duobus curvis feptem ; foffula inter napunatis fanguineis afperfim; foraminibus quaque frons
fimum; maxilla fuper
osretrachilésamplif
emarginata; ; duobus denti- --- Page 273 ---
N O T E & S. indè cateri denreliquis. Hinc
maxilla &
bus majoribus confertifimi in utraque
colore
tes fetacei 2 in palato ; palatum-rubtm In
linea arcunata vivido, cancer manibus aequalibus. in aliorum 5
puniceo ftomacho totus repertus fubrotunda ut ventrales raiplius
17: Illa
fexto fpinofo
pinnz peaorales fafciculatis muticis fafeiculatis 7
inerdiis quinque analis decem radiis
brevioribreviore 2
anticis gradatim à priori
mibus 2 tribus alicc; fpinolis & pinna dorfalisindhif, fpinis fimbus quam anterior fpinofa , undecim pollerior
fed pars antica breviore pofteriori, ita ut pars meplicibus 2 fafciculatis inermibus, 2
pinna indi17 radiis
infima fit 5 cauda
dia inter utrafque
vifa, radiis 18 fafciculatis:
IL
date du 23 Juillet1777, lait
Aumimejoumal, 28, après ces mots un
pag. 229, 7 lign. très- blanc.
très-pur &
avoit le diamètre
Un de ces vaiffeaux laétés, 2 dans laquelle j'ai
de mon petit doigt. La les matrice trompes de fallope & 9
vu monatindement dabord le vagin long de quatre étoir très-étroit pouces 2
avoit l'orifice extérieur en
& d'un
demi :
en plis d'une fubltance
calleux 8 froncé peine pouvoit-on y introduire pas
tiflu fi ferré, qu'à doigt, & qu'il ne paroiffoit
de force le petit
E iv
étés, 2 dans laquelle j'ai
de mon petit doigt. La les matrice trompes de fallope & 9
vu monatindement dabord le vagin long de quatre étoir très-étroit pouces 2
avoit l'orifice extérieur en
& d'un
demi :
en plis d'une fubltance
calleux 8 froncé peine pouvoit-on y introduire pas
tiflu fi ferré, qu'à doigt, & qu'il ne paroiffoit
de force le petit
E iv --- Page 274 ---
N O T E
mètre fufceptible d'une plus ample dilatation. Le dia:
duvagin, à
très-dilarable, avoit un
demi; ce vagin aboutiffoit de
pouce &
forte de lèvre en
l'intérieur une
dilatable, & la foupape 2 très-froncée & trèsqu'elle formoit capacité intérieure du canal
paroiffoir avoir le , même moins longue que le vagin 2
table ; au fond fe retrouvoit diamètre, & auffi dilalèvre en foupape, fervant de encore une pareille
receptacle femblable,
porte à un fecond
le premier; enfin
mais un peu plusample que
ily en avoit un troilieme auquel
abouttifboient, trompes de
par une pareille lèvre 2 les deux
gieufe
fallope", d'une fubftance
2 & feméesi intérieurement d'une très-fponinfinie de vaiffeaux 2 dont les uns multitude
laétés ou
paroiffoient
mais repliés limphatiques & croifés les ? les autres fanguins >
forte qu'au premier
uns fur les autres, de
les prendre
coup-d'eil , on auroit pu
millans. L'eftomach pour un amas de vermiffeaux fourpetits poiffons,
de l'animal contenoit des
déjà digérés au
comme un peu trop cuits.
pointdep paroitre
IIL
Au même journal, date du
25 Juillet
1777 Tiburo 7 de pag. 230, lig. 7, après ces mots :
Linnaus,
La defcription de Linnaus quadre avec
genre & l'efpece de cet animal; il avoit environ le --- Page 275 ---
N o T E S.
cinq 89
pieds de long, une nageoire à Tanus du 2 poucinq linéaires au cou pour les bronches col, fes dents
ports mon;i il a une vafte tête & un font large
2 de
à la mâchoire inférieure 7
triangulaires plus tranchanla même largeur, mais & beaucoup d'un pouce de haut ; il
tes que les lancettes T'intérieure eft renverfée fur
en a trois rangées, celles de la mâchoire font fubulées
les gencives 2 dents du brochet, & pareillement
comme les
d'un pouce de haut.
I V.
même date 2 pag.
'Au même journal, après ces mots : au gou
'230, ligne 19,
vernail.
tranfrerfalement de banCe poiffon eft rayé
des noires & de jaunes.
V.
date du 25 Juillet ;
Au même journal, après ces mots: cet
230, ligne 29,
pag. animal efl vivipare.
pouces de
Cet animal avoit dix demi pieds de quatre large du dos au
deux pieds &
long 2 la peau du dos dotpartatemembess
yentre 5
2 pag.
'Au même journal, après ces mots : au gou
'230, ligne 19,
vernail.
tranfrerfalement de banCe poiffon eft rayé
des noires & de jaunes.
V.
date du 25 Juillet ;
Au même journal, après ces mots: cet
230, ligne 29,
pag. animal efl vivipare.
pouces de
Cet animal avoit dix demi pieds de quatre large du dos au
deux pieds &
long 2 la peau du dos dotpartatemembess
yentre 5 --- Page 276 ---
N O T E S. 1
le ventre étoit blanc ; il avoit les
les parties de celui ci-deffus
proportions &
que fes dents de la mâchoire décrit, à l'exception
courbes en defcendant du fommet fupérieure étoient
la gueule mais à lancettes à
au finus de
dentelées à dents de fcie; il
grain d'orge 2 &
de dents à la mâchoire
n'avoitqu'une rangée
férieure ; la tête étoit moins fupérieure & trois à l'inla même forme
large quoique de
aplatie
2 mais plus oblongue & moins
que celle du mâle. Le vagin avoit fix
pouces de diamètre & n'étoit point calleux &
reiTerré, reêtum comme Je l'ai vu dans le Phocene. Le
vagin dans aboutiffoir un
parallelement avec l'orifice du
comme l'anus. cloaque A côté de que la l'on peut regarder
deux mamelons
matrice paroiffoient
que l'on auroit
tes, 2 mais dont l'orifice intérieur pris pour des têla capacité de
aboutiffoir dans
naux
Tabdomen, fans y trouver des caviron glanduleux fix
ou laétés : le vagin avoit enmètre pouces de long fur un plus grand dia-
; au bout il fe féparoit comme en deux
trompes de deux pieds & demi de
fur un
pied de large extrèmement
long,
de chacune étoit rempli d'une diftenfibles; matiere l'orifice
que 3 l'intérieur rempli d'une membrane fpermatigieufe extrêmement fine, attachée dans toute fpon. fa
longueur à la partie intérieure &
la trompe, & remplie d'une infinité fupérieure de
de
chacune pleine d'un ceuf avec fon
célules, &
embrion ou fetus d'un pouce & demi jaune de
un
le jaune de l'oeuf reffembloit affez à
long ;
pale d'ceuf de
mais
un jaune
neufe,
poule 2
la partie mucilagiau lieu d'être blanche
2 étoit d'un jaune
pon. fa
longueur à la partie intérieure &
la trompe, & remplie d'une infinité fupérieure de
de
chacune pleine d'un ceuf avec fon
célules, &
embrion ou fetus d'un pouce & demi jaune de
un
le jaune de l'oeuf reffembloit affez à
long ;
pale d'ceuf de
mais
un jaune
neufe,
poule 2
la partie mucilagiau lieu d'être blanche
2 étoit d'un jaune --- Page 277 ---
N O T E s:
cha- 9I
comme la bile ; il falloit rompre voilà
verdatre
en faire fortir un euf; étoit
que célule pour ovaire 5 la fubftance en
je crois bien un
1 graiC9 limphatique
blanchâtre 1 tranfparente membranes très. faciles à rompre 5
feufe, & les
de compter les ceufs 9
le dégoût m'a empêché vu moins d'une centaine
mais je n'en ai guere pris des foetus & les ai
dans chaque ovaire : j'ai de canne à ficre. Je
mis dans de Teau-de-vie femelles des amphibies ont
ne fais pas fi les il eftcertain, par la diffe@tion,
deuxvagins; mais
qu'elles ont deux ovaires.
V I.
Journal, date du 8 Août 1777,
Au même
après ces mots : nous
pag. 238, ligne 13,
avions eu trois grains.
dont le pluOn prit ce même jour un fon Fol, bec bleu 1, fes
eft brun fans tache 7
facilement
mage ardents
& fe tournant lui donne un reyeux la pointe da bec,ce qui
font chavers odieux fes jambes & fcs pieds
gard
lui 5 rendis la liberté.
mois : je --- Page 278 ---
5x
N O T E
VI II.
Au même journal, date du II Aolt;
le page lavus 241, lig. 25, après ces mots :
de M. Linné,
cefe
Lavus. Roftrum edentulum, reâum, cultrazum, apice fubadunco; mandibula inferior infra
in apicem medio gibba 2 nares lineares, anticè
roftri fitae. Magnitudo
latiores,
pore, > dorfo, abdomine
columba, corcanda nigrefcentes,
aropigio fufco, alae &
cans, linea à bafi roftri capur ad grifeum, frons albibram nigra, palpebra inferior fuperiorem femi-albida. palpeCaput compreffiufeulum; ; roftrum nigrum, bipollicarilongitudine, duobus lineis
culum, cultratum, apice fubaduncum; latum,rediuf
inferior infra apicem gibba ; nares lineares mandibula anticè
latiores, in medio roftri fite;a alei implefco
dali, 27 pinnis , aequales longirudine
biperotundatae I2 aut 13 reétricibus; ; pedes 2 caudae
retradadili, tribus digitis palmatis connexis nigri,
pofticus digitus liber 2 unguiculatus; crura & s
femora tripollicari longitudine.
uf
inferior infra apicem gibba ; nares lineares mandibula anticè
latiores, in medio roftri fite;a alei implefco
dali, 27 pinnis , aequales longirudine
biperotundatae I2 aut 13 reétricibus; ; pedes 2 caudae
retradadili, tribus digitis palmatis connexis nigri,
pofticus digitus liber 2 unguiculatus; crura & s
femora tripollicari longitudine. --- Page 279 ---
-
No T E
VIIL
date du 13 Août ;
Au même journal, après ces mots :
page 242, ligne 4,.
neuds a la minute.
quatre
voile de fortune ;
Nous avons eu toutle r'obfervation jourla
32 degrés 6
vent arriere 2 & par boréale. Les matelots ont
minutes de latitude
leur avidité pour cet
encore pris un Tiburon 5 à lafois, leur pareffe
infâmepoiffon caraétérife il eft facile à prendre 2
& leur mauvais gont; éà des Dorades, poiffon exquis,
& ils l'ont préféré donné plus de peine à pécher :
mais qui leur eût entier en un jour, quoiquit
ils l'ont mangé tout livres.
pesàt plus de trente caudâ ad peâtus, piramidale';
Corpus teres à pedum longum, ad peêtus
conicum 7 quinque maculis duabus, nigris una
unius latum, fulvum dorfalem 9 ultimam 7 altera pone
pone pinnam
caput cordiforme, depreffum $
caudam in tergo 5
laterales; duo foramina
oculiin margine capitis, infra oculos; quinque
lunaria ad apicem capitis
peétorales
foramina lunaria 2 lateralia 7 pinnas reliqui corinter & caput; cutis capitis peétorales, glabra fefquipedali
poris afperrima; pinna
inferiori lacelongae, fémipede latirae 7 margine
rule, bafi auriculatze 2 fubtrigonz. longitudine 2 novem
Pinna dorfalis, pedali
pollicibus lata, trigona.
quinque
lunaria ad apicem capitis
peétorales
foramina lunaria 2 lateralia 7 pinnas reliqui corinter & caput; cutis capitis peétorales, glabra fefquipedali
poris afperrima; pinna
inferiori lacelongae, fémipede latirae 7 margine
rule, bafi auriculatze 2 fubtrigonz. longitudine 2 novem
Pinna dorfalis, pedali
pollicibus lata, trigona. --- Page 280 ---
N
T E S.
adanumhinc & indè fita
Pinna duae ventrales intra ventrem & anum cumquatuor pollicares
appendici carnofo ad unamquamque. altera infra
Pinna duae anales una in dorfo,
illum & caudam appendiculaia..
ventrem s inter
longitudine triangulari lacerà
Cauda bipedali
bali pinnarum
apice penes bini appendentes
ventralium parallela.
I X.
date du 18 Aôut, s
Au même journal,, derniere, après ces mots:
pag. 244, ligne de Linné.
le gafleros-terus
Gafterofterus. Caputleve & breve, membrana
branchioftega radiis7. Corpus ad caudam utrinaculei diftinati ante pinnam
que carinatum ventrales 2
pone peétorales fed
dorfi, pinne
fupra fternum. Corpus ellipticum fquammofumOccidentalis. levibus teétum, turum: ; fafciis tranffquammis
; linea lateralis caudam coriverfalibus argenteis acutiffimis à medio corpore armata;
nans fpinis
oculi aurei, dentes breves
caput leve breve,, inferiori, in fupera nulle &
conferti in maxilla
dorfalibus inter fe uniin palato. Spinis feptem fed à pinna dorfali diftinétis,
tis levi membrana,
fpina dua
feparatis & in foffula recondendis, pinna dorfalis
analis à pinna anali diltinéta analis 5 viginti, venradiis viginti quatuor 2 pinna circa viginti, falcata,
tralis quinque 1 peétorales viginti duo, membrana branoblonga, caudales
chioftega radiis feptem. a --- Page 281 ---
ULuS
SUL
Auu
MATIERES
TABLE DES
dans ce fecond Volume.
Contenues
8 de PeduTRAITÉ de la culture du nopal page 263
cation de la cochenille.
Ib.
CHAP. I. Des cadtes en genéral.
LIVRE 1.
des cades relativeCHAP. II. de la propricté
ment au but de cet ouvrage. à nourrir la
CHAP. III. Des cades propres
cochenille.
.
. 290
CHAP. IV. Du nopal . Caftille.
CHAP. V. Du nopal de du nopal. 296
CHAP. VI. De la propricté . e e 301
CHAP. VII. De la nopalerie. du nopal. 314
CHAP. VIII. De la culture des ennemis & des
CHAP. IX. Des maladies 3
. . 328
autres accidens du nopal. Péducation de
I. De
LIVRE. II. SECTION
la cochenille, .. .
iid
CHAP. I. Des coccus . .
CHAP. II. De la cochenille en général. Flyefre. 347
CHAP- III. De la cochenille de la cochenille
CHAP. IV. De léducation
filvefre.
manière de femer la cocheCHAP. V. De la
nille Rlvefre : . e de recueillir la
CHAP. VI. De la manière
çochenille Alyeftre
G
. De
LIVRE. II. SECTION
la cochenille, .. .
iid
CHAP. I. Des coccus . .
CHAP. II. De la cochenille en général. Flyefre. 347
CHAP- III. De la cochenille de la cochenille
CHAP. IV. De léducation
filvefre.
manière de femer la cocheCHAP. V. De la
nille Rlvefre : . e de recueillir la
CHAP. VI. De la manière
çochenille Alyeftre
G --- Page 282 ---
TABIE DES M A T" I Z R E S.
CHAP. VII. De Tutilité de Leducation
de la cochenille
G récolte
flvefre dans Za colonie
françoife de St. Domingue.
SECTION II. De Téducation
page 376
de la cochenille
fine. . e
CHAP. I. De la cochenillé
0 383
fine .
Ibid.
CwakIL.Defateationt dela
CHAP. III. De" Za
cochenill-fin-39:
femaille de la cochenille
fine. . .
CHAP, IV. Du
-
feminaire de la cochenille
fine. .
CHAP, V. De la manière -
chenille
de recucillir-a coCHAP. VI. De fine. la .
41I
la cochenille matadie G des ennemis de
CHAP. VII. De fine . . -
l'accident Ze plus funefte à la
cochenille .
CHAP. VIII
Comparaifon du dommage que
caufe-la pluie à la cochenille avec celui
que d'autres accidens caufent à d'aurés.
cultures.
CHAP. IX. L'tducation de . la
utile à la colonie
cochenille Jera
françoife de St. Domingue. e
SUPPLÉMENT au Yoyage à
tenant deux Lacunes Guazaca, conrecouvrées après
l'imprefton de "'Ouyrage.
NOTES a ajouter au même
page I
lement recouvrées
Yoyage, 2 pareilaprès limprefion 2 86
Fin de la Table. --- Page 283 ---
a
yefionrel
L.1 .1 lor thovi horlplinstor
-
Auog
loin
s
prote
1 liraeguc --- Page 284 ---
PICH --- Page 285 ---
B
Ad uelhhhi Cokanilic ylimslis 1410" 171
kaspns / yreffee Cimuns auC Mimoype
$
Bc , Hesdbolithudh -
1le e11
frate blins M Giopioe (mne unC Mumnym
-
- de ahory pue / --- Page 286 ---
RPJC --- Page 287 --- --- Page 288 --- --- Page 289 ---
E78
T438t
Y.2
cop.a --- Page 290 --- --- Page 291 --- --- Page 292 ---