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* The John Carter Brown Library
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do
Brown University
Purchased from the
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Louisa D. Sharpe MetcalfFund
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TAB LE AU
DE LA SITUATION ACTUELLE
DES COLONIES,
PRÉSENTE
A L'ASSEMBLEE NATIONALE, --- Page 8 ---
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TAB L E AU
MIS SOUS LES YEUX
DE LASSEMBLÉE NATIONALE,
DE LA SITUATION ACTUELLE
DES COLONIES,
Et de la nécessité pressante d'y rétablir le calme.
MESSIEURS,
LORSQUE vous avez tracé les élémens de
la législation de l'empire français, vous n'avez pas cru qu'ils fussent également applicables à toutes les parties qui le composent
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ou quiy correspondent; ; et, en décrétantqu'il
n'y avoit lieu à la Jormation dun comité COlonial, vous avez reconnu que les colonies
avoient le droit de faire elles - mêmes leur
constitution. Celle de Saint-Domingue, qui
doit être maintenant assemblée, se livre à ce
travail important : bientôt sans doute ses
députés le présenteront à la sanction de la
métropole; et cet acte solennel consolidera à
jamais une union d'où résultera leur prospérité mutuelle,
Mais, en attendant ce jour desiré de tous
les bons citoyens, il est des maux pressans
dont l'idée seule effraie l'imagination, dont
les suites seroient incalculables, et que votre
sagesse, nous osons dire plus," que votre justice peut et doit prévenir.
Vous connoissez, MESSIEURS, cette doctrine répandue par quelques hommes qui.ne
paroissent animés que des plus purs motifs.
Mais la vertu et Thumanité ont aussi quelquefois leur fanatisme, et il est d'autant plus --- Page 11 ---
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se
sous les couleurs
dangereux. 5 qu'il
présente
de ce qu'il y a de plus respectable sur la
terre. Le choix du moment a dû favoriser
leur entreprise ; et c'est lorsque le mot de
liberté est dans toutes les bouches et retentit
dans tous les coeurs, qu'on a cru deyoir soldes Nèliciter avec ankewrTalfanchisenent
gres et l'abolition de la Traite. Votre opinion, MESSIEURS, est surement déja fixée
sur cette grande question, ou du moins vous
avez suspenda un jugement qui doit être
éclairé par les réclamations des Colons et du
Commerce. Qu'il nous soit permis cependant
de relever quelques contradictions palpables
danslesystême de nos adyersaires, adoptépar
écrivains très-connus. Il est en effet
quelques
bien extraordinaire que les mêmes écrivains
Taffranchissement des Nègres et
qui proposent
l'abolition de la Traite, conseillent en même
labandon des Colonies, et veulent ou
temps
la France renonce absolument à toute
que
liaison avec elles (car il en est qui vont jusque-là), ou qu'elle se borne à les considérer
( non plus comme des provinces asservies,
Aiij
adoptépar
écrivains très-connus. Il est en effet
quelques
bien extraordinaire que les mêmes écrivains
Taffranchissement des Nègres et
qui proposent
l'abolition de la Traite, conseillent en même
labandon des Colonies, et veulent ou
temps
la France renonce absolument à toute
que
liaison avec elles (car il en est qui vont jusque-là), ou qu'elle se borne à les considérer
( non plus comme des provinces asservies,
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< mais comme des états amis, protégés, si
< l'on veut, mais étrangers et séparés. >5
Il seroit trop long 5 MESSIEURS, et ce
n'est pas icile lieu de réfuter des idées si contraires aux vrais intérêts de la
France, 9 et
dont les députés des villes maritimes sauront
bien faire sentir toutes les inconséquences.
Mais il nous importe de vous observer
s'il est prouvé que la France doit laisser que les
Colonies libres et indépendantes S, c'est le
comble de Pinjustice et de la démence
, de
lui proposer en même temps l'affranchissement des Negres; c'est-à-dire, de dépouiller,
de mutilerles Colonies, en y renonçant: ; ainsi
qu'un Général ravage les
champs qu'il est
forcé de livrer à lennemi. Qu'en vain,
pour
se justifier et atténuer leurs
torts, ces écrivains, abandonnant depuis peu l'idée de l'affranchissement, se rabattent sur celle de l'abolition; ils n'en sont pas moins coupables
d'avoir cherchéà entraîner, à égarer l'opinion
publique sur le premier objet 5 en semant
leurs principes et leurs conseils avec tant de --- Page 13 ---
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profusion, qu'ils ont pénétré parmi les Negres, qui déja réclament la liberté à haute
voix et avec menaces. Qu'à l'égard de la
Traite, leurs idées non moins fausses et danmanquent également le but de l'ingereuses
térêt national, et celui d'humanité qu'ils se
proposent : 1°. en ce qu'ils ne feroient que
transporterdans des mains étrangères ce qu'ils
enlèveroient à la France; ; 2°.en ce qu'indépendamment des réglemens sages, qui écloront à coup sûr du sein des assemblées coloniales, sur l'objet intéressant de la nourriture
et du traitement des Nègres, un des plus sûrs
moyens d'améliorer leur sort, est d'en augmenter le nombre et de renforcer les ateliers , ce qui rendra la somme du travail
proportionément plus légère pour chaque individu. Que de la publicité des principes
erronés et incendiaires de ces écrivains, il
résulte, pour les colonies, une atteinte portée à leur crédit et à leurs cultures; pour le
commerce, la crainte de perdre, en tout ou
en partie, une créance sur elles de plus de
300 millions, et une diminution sensible dans
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sort, est d'en augmenter le nombre et de renforcer les ateliers , ce qui rendra la somme du travail
proportionément plus légère pour chaque individu. Que de la publicité des principes
erronés et incendiaires de ces écrivains, il
résulte, pour les colonies, une atteinte portée à leur crédit et à leurs cultures; pour le
commerce, la crainte de perdre, en tout ou
en partie, une créance sur elles de plus de
300 millions, et une diminution sensible dans
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la navigation; pour
le-royaume en
la suspension du travail de
général,
plusieurs millions
dhommes, que les Colonies seules mettént
en activité; pour la France, sous le rapport
politique, l'extinction de-l la marine
la perte d'un numéraire
royale,
immense, 2 l'accroissement de puissance des peuples voisins et
rivaux : enfin, s'il est vrai que tant de maux
ne puissent être envisagés que dans le lointain, il en est plusieurs qui menacent
têtes dès à présent, et qui sont le tristé fruit nos
de ces conseils perfides ou indiscrets.
Vous le savez, MEssiEURs, des avantcoureurs effrayans annoncent dans toutes les
Colonies françoises un embrâsement prochain
et terrible, ou plutôt il y a éclaté par-tout;
et peut-être, étouffé dans sa naissance ne tardera-t-il pas à reparoître. Une inquiétude,
une terreur universelle suspendent toutes les
affaires, tous les armemens dâns nos
et multiplient le nombre des ouvriers ports, 7
sans
travail, au milieu d'une saison rigoureuse,
et dans un moment de crise, oùt cette foule --- Page 15 ---
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de bras oisifs doit faire trembler. Les malheureux Colons répandus en France, et privés des avances que leur refuse le commerce
à lapproche de Torage, sont suspendus entre
le desir de voler au secours de leurs familles
et de leurs compatriotes dont les cris les appellent, et la crainte de n'arriver à la vue de
leurs foyers, que pour en contempler l'embrâsement, entendre les dernierrgénissemens
de leurs frères,et peut-être devenir les témoins de la destruction totale de ces Colonies
jadis si florissantes.
Non, MESSIEURS, vous ne permettrez
point que ces scènes désastreuses se réalisent.
Vous êtes hommes,et vous ne laisscrez point
égorger VOS semblables. Vous êtes justes, et
vous. nous conserverez nos propriétés. Vous
êtes Francais, et vous estimerez, vous défendrez vous - mêmes ces Colons si lâchement
persécutés, Si indignement calomniés, en qui
le patriotisme, lattachement à la France a
l'emportent sur tout autre sentiment, et qui,
sollicités par des émissaires ennemis, par des
reuses se réalisent.
Vous êtes hommes,et vous ne laisscrez point
égorger VOS semblables. Vous êtes justes, et
vous. nous conserverez nos propriétés. Vous
êtes Francais, et vous estimerez, vous défendrez vous - mêmes ces Colons si lâchement
persécutés, Si indignement calomniés, en qui
le patriotisme, lattachement à la France a
l'emportent sur tout autre sentiment, et qui,
sollicités par des émissaires ennemis, par des --- Page 16 ---
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écrivains égarés ou pervers, par des circonstances pressantes, exposés au danger extrême
de perdre et leurs biens et la vie, tournent
encore leurs derniers regards vers la France,
lui tendent leurs mains suppliantes, et lui
crient : Nos coeurs sont Français, toujours
Francais Mais si, délaissés, dédaignés,
repoussés, les Colons, à la vue. d'un pavillon
étranger, cédoient au sentiment si naturel de
leur conservation, à qui faudrait-il s'en prendre? Serait-ce à eux, ou aux mauvais citoyens
qui auroient préparé une telle révolution favorable à nos seuls ennemis, et si fatale à la
France ? Dans quelle classe faudrait-il chercher et punir des assassins, et des traîtres à
la patrie?
Un mot, MESSIEURS, un:seul mot, et vous
rassurerez les Colons réduits S. au désespoir;
vous dissiperez les alarmes du commerce; les
travaux renaîtront dans nos ports; ; les mers serontbientôt couvertes du payillon français; les
manufactures se relèveront ; les sources pré
cieuscsdefabondance reprendront leur cours, --- Page 17 ---
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et fertiliseront ce beau royaume, comblé des
dons de la nature, et qui ne demande que des
lois sages, et la proscription de tout systême
insensé ou destructeur.
Un mot, MESSIEURS, un seul mot, ct
vous permettrez aux Colons d'être Frànçais;
vous leur permettrez de verser, dans le sein
du royaume, des trésors quiy portent partout le mouvement et la vie; vous leur permettrez d'enrichirune patrie qu'ils aimeroient
encore. , même après avoir été forcés de l'abjurer. Loin de l'éteindre, vous ranimerez en
eux ce sentiment vif et inexprimable quis
dans le coeur des infortunés habitans du Canada, de l'Acadie et de la Lonisiane,survivoit
encore aux revers de la France.
Enfin, MESSIEURS, vous prononcerez
hautement que loin d'adopter l'idée de l'affranchissement des Nègres, de l'abolition de
la Traite et celle de l'abandon des Colonies,
la France, 3 instruite, pénétrée de tous les
avantages qu'elle en recueille, resserre les
dans le coeur des infortunés habitans du Canada, de l'Acadie et de la Lonisiane,survivoit
encore aux revers de la France.
Enfin, MESSIEURS, vous prononcerez
hautement que loin d'adopter l'idée de l'affranchissement des Nègres, de l'abolition de
la Traite et celle de l'abandon des Colonies,
la France, 3 instruite, pénétrée de tous les
avantages qu'elle en recueille, resserre les --- Page 18 ---
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liens qui les unissent depuis près de deux
siècles ; mais qu'elle leur laisse le soin de
rédiger leur constitution, et d'ordonner leur
régime intérieur s en se réservant le juste
droit de le sanctionner, et de régler, de concert avec elles, les lois commerciales qui
doivent assurer à la métropole le prix de la
protection qu'elle leur donne.
En conséquence, MESSIEURS, vous décréterez que, d'après des nouvelles alarmantes reçues des Colonies françaises, S. M. sera
suppliée d'employerles moyens qu'elle jugera
çonvenables, pour y rétablir l'ordre qu'on a
tenté d'y troubler, et d'y faire faire, en son
nom, 2 une proclamation qui détruise l'effet
des faux bruits, que des esprits inquiets ont
eu la coupable témérité d'y répandre.
Alors, MESSIEURS, les projets de tous
nos ennemis seront confondus : les Colons et
le commerce se livreront avec courage et
confiance à leurs entreprises et à leurs cultures, sous la sauve-garde des lois conserva- --- Page 19 ---
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trices de l'ordre et du pouvoir exécutif, prêt
à le maintenir dans toute sa vigueur, et sous
les auspices d'un Roi dont le nom toujours
cher à des Français, et toujours respecté des
Nègres dans les Colonies 2 y rappelle à lui
seul l'idée imposante de la force publique.
Paris, 28 décembre 1789. --- Page 20 ---
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