--- Page 1 --- --- Page 2 ---
@
R de
C
<
9 - oi
- 4r ) F 0:
Joln Cartrr
Braton. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
HTC.
D.2.
1o
Axeet 2 Jd S
Oupter
nsl
Porrr la
Pari 1- dupal. o Gampliet --- Page 5 ---
-
Y1 Areers Juestsueton autinree. Pésis 1825.
2.athaire cle la Kigilante
3.Pradt: Conieyres cle Panaua.. l, 1825
4.Opmuon ole u elo dharbous
f, -1826
*S.dur Lludemenlé des Quueer
Colour.de dr howdigre.Nautz 1828.
* 6.dur Cydepeudance de BauitC om ungue
:
Ram.1826
Y.Faih relateh a - la traure cles
Mois
A
* 8.Puitiow cles honemer de
Couleur de lu uuvtruig ue IL 1828
*9. ravif geuwal des dmum de
Qouome der Gveum Unir
-1826
*10 appendite an denovres des
habirans 904 Colouib Fraucairen 1828
1L(Re meme que le wyo 5)
* Poib.Qm. Yova * -
n --- Page 6 ---
--- Page 7 ---
SUR LINDEPENDANCE
DE
SAINT-DOMINGUE,
ET SUR LINDEMNITE
DUE AUX ANCIENS HABITANTS DE CETTE COLONIE. --- Page 8 ---
IMPRIMERIE DE C. J. TROUVE,
rue des Filles-Salnt-Thom, n. r2. --- Page 9 ---
6.
SUR LINDÉPENDANCE
DE
SAINT-DOMIMOUE,
ET SUR LINDEMNITÉ
DUE AUX ANCIENS HABITANTS DE CETTE COLONIE.
(ARTICLES EXTRAITS DE L'ARISTARQUE FRANCAIS.)
a
A PARIS,
C.J. Trouvé, Imprimeur-Libraire, rue des Filles-SaintThomas, no 12.
CHEZ PONTHIEU, Libraire, Palais-Royal, galerie de bois.
DELAUNAY, Libraire, Palais-Royal, galerie de bois.
1826. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
SUR LINDÉPENDANCE
DE
SAINT-DOMINGUE,
ET SUR LINDEMNITÉ
DUE AUX ANCIENS HABITANTS DE CETTE GOLONIE.
PREMIER ARTICLE.: Du7 mars 1826.
M: Pardessus vient de faire son rapport àr la
Chambre des Députés, sur le projet de loi relatif
à la répartition. de l'indemnité de cent cinquante
destinée aux anciens colons de Saintmillions
Domingue.
de la discussion qui va
La haute importance
donne
s'ouvrir, aToccasion de ce rapport, nous
le droit, comme à tous les Français, disons-le
même, nous impose le dévoir de publier notre
opinion, pour peu que nous nous flattions de
répandre la lumière sur un sujet dont les
pouvoir. du
de loi n'ont peut-être pas reauteurs
projet
'indemnité de cent cinquante
destinée aux anciens colons de Saintmillions
Domingue.
de la discussion qui va
La haute importance
donne
s'ouvrir, aToccasion de ce rapport, nous
le droit, comme à tous les Français, disons-le
même, nous impose le dévoir de publier notre
opinion, pour peu que nous nous flattions de
répandre la lumière sur un sujet dont les
pouvoir. du
de loi n'ont peut-être pas reauteurs
projet --- Page 12 ---
connu toute la gravité.
marcher en éclaireurs Hâtons- nous donc de
où bientôt
dans la carrière
nous serons suivis par les orateurs épineuse,
plus distingués des deux
les
si nous parvenons à bien Chambres, : heureux,
paux
déterminer les'
points sur lesquels doit
princià indiquer de justes motifs porter le débat, et
Nous
de décision!
traiterons successivement les
questions suivantes: :
quatre
Io. La mesure qui a été prise
dépendance denotre
pour établir l'incolonie de,
étoit-elle autorisée par la forme. Saint-Domsingue, actuelle
vernement de TEut?
du Gon2°, Convenoit-il de reconnoître
dance?
cette indépen5-.Qucls pourront en être les résultats?
4°. Dans tous les cas, a-t-on fait en
anciens colons, ce
fayeur des
respect pour la
qu'exigeaient la justice et le
propriété?
Nous ne nous dissimulons
de ces
pas, quel la première
questions est d'une extrême délicatesse,
puisqu'il s'agit de rechercher si la Charte
titutionnelle qui nous fut
à
çonsla restauration, n'a
octroyée l'époque de
limites l'exercice. pas restreint dans certaines
de la prérogative
tamment en ce qui concerne la faculté royale, nor
une portion queleonquedu
d'aliénee
A Dieu ne plaise
territoire du royaume.
qu'on puisse nous supposer Pin- --- Page 13 ---
les droits de souveraine puisiention de contester
de notre monarchie
fondateur
sance quelauguste
réservés pourlui-
"ral-su-ent-esenne
ainsi
même et pour ses successeurs' ! Mais, placés,
sous l'empire de la Charte,
que nous le sommes,
d'obéir, devonsà laquelle nous; avons fait serment
n'efregarder comme illusoires et comme
nous,
conséquence, les concessions qui
traînant aucune
l'autorité souont été volontairement faites par de cette auinvestir d'une partie
veraine, pour
de PÉtat? Pouvons-nous
torité les grands corps
S. M. Charles X, ce prince loyal
présumer que
veuille aud'honneur, ce roi-chevalier,
et plein méconnoitre la maxime du droit franjourd'hui
ne vaut? Non, sans
çais : Donner et retenir
lieu de croire que
doute... Eh bien! si nous avons
à l'égard de Saint-Domingue
la mesure prise
Ja forme actuelle du Goun'étoit pas autorisée par
convaincus,.
vernement; si nous nous. sommes,
que, dans cette circonstance,
par nos méditations, été
au-delà de ses
la prérogative royale a
portée
limites constitutionnelles, 7 ne pourrions-nous,
de respect au Roi, démontrer au
sans manquer Chambres que les ministres qui ont
public et aux
sC sont écartés de
conseillé et exécuté la mesure dit, et nous ne
leur devoir? Nous avons souvent
répéter que les fautes des ministres
saurions trop
du monarque: un roi.
ne font jamais mal penser
itations, été
au-delà de ses
la prérogative royale a
portée
limites constitutionnelles, 7 ne pourrions-nous,
de respect au Roi, démontrer au
sans manquer Chambres que les ministres qui ont
public et aux
sC sont écartés de
conseillé et exécuté la mesure dit, et nous ne
leur devoir? Nous avons souvent
répéter que les fautes des ministres
saurions trop
du monarque: un roi.
ne font jamais mal penser --- Page 14 ---
peut être trompé, sa religion
mais ce n'est jamais
peut être surprise; ;
l'erteur,
sciemment qu'il tombe dans
parce qu'il n'a d'autre intérêt
que l'amour de son
en vue
règne.
peuple. et T'honneur de son
Après cette déclaration sincère
de nos sentiments,
et solennelle
matière.
ne craignons plus d'entrer en
Organes fidèles de T'opinion
exprimâmes avec quelque chaleur royaliste , nous
dont toute la France fut saisie le l'étonnement
jour où le MoanchumsanreRees etl'exécution
du 17 ayril 1825,
que cette ordonnance
cevoir à
venoit de reSaint-Domingue. Nous dîmes
gardoitg généralement cette
qu'on recomme portant
opération du ministére
établi
une atteinte intolérable à l'ordre
pour la coopération des trois
voirs de lEtat à certains
grands pouveraine, qui,
actes de l'autorité soud'après la Charte
ne dépendoient plus
constitutionnelle,
tive royale. Nous dîmes uniquement de Ia prérogaDomingue élant
que la colonie de Saintune
de France, ne pouvoit partieintégranteda royaume
consentement
cesser de l'être que du
exprès des
et par l'effet d'une décision propriétaires du sol,
entière; décision
émanée de la France
qui devoit étre rendue
remment par le Roi et par les Chambres, concujouissant Cn comniun du droit de comme
faire des --- Page 15 ---
cette nature au nom de la France. Nous
actes de
faudra voir comment le ministère
ajoutimes : c Il
des Chambres,
essaiera, dans la prochaine session
déterde justifier une niesure si extraordinaire, insu
et à leur
minée sans leur participation,
la session de 1825! > Tous les autres
pendant
de l'influence ministéjournaux indépendants
observations.
rielle firent à peu près les mêmes
sait
Dès-lors; M. de Villèle, que toutle monde
bien avoir été le promoteur de cette entreprise
M. de Villèle, disons-nous, dut se
inconsidérée, suffisamment averti qu'il ne pourroit 4
tenir pour
devant les Cliambres dans"
éviter une explication
il a éprouvé
la session de 1826 : et probablement
embarras pour s'y préparer; car comquelque
faits afin de, retarder la
bien d'efforts n'a-t-il pas
réunion des Chambres?
b
voici le moment de l'exQuoi qu'il en soit,
élective; et déjà
plication devant la Chambre
à la
avons'
voir, par ce qui s'est passé
nous
pu
laconisme
séance du II février (1), avec quel
de
M. de Villèle s'est exprimé sur la question
le projet de
la prérogative royale, en présentant
de T'indemnité. < Mesloi relatif à la répartition
a
sieurs, a-t-il dit, le sort de Saint-Domingue
royale du 17 avrit
été fixé par l'ordonnance
Voir
du 12 février dernier.
()
PAristarque /
qui s'est passé
nous
pu
laconisme
séance du II février (1), avec quel
de
M. de Villèle s'est exprimé sur la question
le projet de
la prérogative royale, en présentant
de T'indemnité. < Mesloi relatif à la répartition
a
sieurs, a-t-il dit, le sort de Saint-Domingue
royale du 17 avrit
été fixé par l'ordonnance
Voir
du 12 février dernier.
()
PAristarque / --- Page 16 ---
dernier. Cette ordonnance
ments commerciaux
stipule des arrangepaiement d'une indemnité avantageux au pays, et le
faveur des anciens
de 150 millions en
colons, en même
conserve aux habitants actuels
temps qu'elle
leur Gouvernement. Dans
lindépendance de
Roi a usé de son droit de cette circonstance, le
rendre des ordonnances faire des trailés, et de
de rEtat. >>
nécessaires à la stireté
Ainsi, d'après ce
il
de question à discuter langage, ne peut y ayoir
les
: le ministre
termes les plus positifs,
déclare, dans
de son droit de faire des
que le Roi a usé
consommée : les Chambres traités, etc. L'affaire est
cuper que sous le
ne doivent s'en OCtions législatives rapport de quelques disposila
concernant les règles à fixer
répartition de l'indemnité.
pour
Il paroit pourtant que la
pour l'examen du
de commission nommée
la prérogative
projet
loi n'a pas considéré
royale comme étant hors
tion, et que cette question
de, quesmais que la majorité s'est
y a été débatue,
favorable à la
prononcée dans un sens
conseil
prétention de M. le
des ministres.
président du
La même
question Va donc s'élever
ment dans la discussion
nécessairequ'un plus
générale : il faut espérer
loir
grand foyer de lumières fera
un avis plus conforme
prévaaux vrais principes. --- Page 17 ---
d'exCe sont ces principes que nous entreprenons
réfutant le rapport de M. Pardessus,
poser, en
fort distingué
de Droit commercial,
professeur
mais qui ne nous paroit pas une
sans contredit,
matière de Droit public
autorité d'égale force en
et de Droit des gens.
une observation
commence par
- M., Pardessus
car elle tend à
dont nous devons lui savoir gré;
lui
la majesté royale d'un outrage que
venger
dans son ignorance des profaisoit M. de Villele,
traité l'acte
tocoles de la diplomatie, en appelant
révoltés
Tindépendance des nègres
qui proclame
Un tel acte, dit M. le rapde Saint-Domingue. C
dans le
n'a été et n'a pu être ce que,
porteur, usuel de Ja diplomatie, on appelle un
langage
d'égalà égal.. Emtraité. Un traité n'a lieu que
fiacheuse
seroit porter la plus
ployer celte forme,
et de la léalleinte aux droits de la souveraineté
de
donc, malgré l'expression
gitimité. s Ainsi
M. de Villèle, qui, dans cette circonstance, montré si
d'autres, s'est
comme dans beaucoup Thonneur du trône, Yorpeu jaloux de ménager 1825 n'est pas un traité.
donnance du 17 avril
être la qualiMais cet acte, quelle que puisse
exclusivefication qui lui convienne, entroit-il
royale?
mendasmalsatoibastionse dela prérogative
T'oppinion del M.Par.
Oui,sil fants'en raporterà
insi
M. de Villèle, qui, dans cette circonstance, montré si
d'autres, s'est
comme dans beaucoup Thonneur du trône, Yorpeu jaloux de ménager 1825 n'est pas un traité.
donnance du 17 avril
être la qualiMais cet acte, quelle que puisse
exclusivefication qui lui convienne, entroit-il
royale?
mendasmalsatoibastionse dela prérogative
T'oppinion del M.Par.
Oui,sil fants'en raporterà --- Page 18 ---
dessus, et aux raisonnements
fnde.
sur lesquels il la
Ici, rendons-lui grâce encore
d'une autre aberration
d'avoir faitjustice
Villèle, Suivant
bien étrange de M. de
S. M. Charles ce ministre, le droit
X de disposer,
qu'avoit
de la colonie de
par. ordonnance,
connu et
se
Saine-Domingue,
consacré par l'article
trouve requi porte : C Les colonies
73 de la Charte
et des réglements
seront régies par des lois
disoit M. de Villèle, particuliers., Vous voyez bien,
colonies en dehors de la que cet article place les
c'est au Roi seul
Chartes par conséquent,
qu'il
leur sort La fausseté appartient de décider de
d'une
a été suffisamment
telle conséquence
démontrée
naux qui ne sont pas à la solde par tous les jourpar les auteurs de
de la trésorerie, et
T'attention
plusieurs écrits qui ont frappé
publique.
ver que les colonies Bornons-nous à faire obserCharte toutes les ne sont point en dehors de la
leur existence fois.qu'il s'agit de statuer sur
politique, comme
grantes du royaume. L'article
parties intéM.de
75,
Villèle, ne se
invoqué par
tion intérieure de
rapporte qu'à l'administraces colonies. Les
seront régies par des lois
mots : ce elles
et des
culiers, S loin d'établir le réglements partiT'excluent
droit d'aliénation,
implicitement; car iln'ya plus Jieu de --- Page 19 ---
colonies, s,quand
cédées à une autre puisciass-salesmire
elles ont été vendues,
A'cet égard,
sance, ou déclarées indépendantes. du droit civil :
il : en est du droit public comme de la loi le poudans ce dernier, le tuteur a reçu
: or,
d'administrer les biens de son pupille
voir
d'administrer
peut-il prétendre que le pouvoir conseil de famille
celui d'aliéner? Le
comprenne
les imseul la faculté de vendre ou d'échanger
a
dans des cas d'absolue némeubles d'un mineur, T'exercer, faut-il qu'il y.
cessité, et encore, pour
Ce-n'est donc pas
soit autorisé par les tribunaux.
s'est. abstenu
raison que M. Pardessus
sans juste
l'article 73 de la Charte.
de prendre pour appui
même Charte, - sur
C'est sur l'article 14 de cette
de
le droit commun,. sur les usages constants
monarchie, qu'il établit les principes
l'ancienne
la majorité de la commissions'est
d'après lesquels
prononcée.
ces trois points de conExaminons rapidement
troverse.
citons l'article 14 de la Charte,
Et d'abord,
ainsi conçu :
de PEtat, com:
c Le Roi est le chef suprême
déclare la
mandeles forces de terrc et de mer,
de
fait les traités de paix, d'alliance et
guerre,
nomme à tous les emplois d'adminiscommerce,
les
et ordonet fait réglements
tration publique,
d'après lesquels
prononcée.
ces trois points de conExaminons rapidement
troverse.
citons l'article 14 de la Charte,
Et d'abord,
ainsi conçu :
de PEtat, com:
c Le Roi est le chef suprême
déclare la
mandeles forces de terrc et de mer,
de
fait les traités de paix, d'alliance et
guerre,
nomme à tous les emplois d'adminiscommerce,
les
et ordonet fait réglements
tration publique, --- Page 20 ---
nances nécessaires pour l'exécution
sûreté de l'Etat. >
des lois et la
M. Pardessus pense avec la
article, par lequel le Rois'est commission que cét
traités de paix, d'allianice réservé de faire les
et de
que les réglements et
commerce, , ainsi
ordonnances
pourla streté de PEtat,
nécessaires
ledroit de vendre, céder emporte nécessairement
tion
ou abandonner une
quelconque du territoire
porprovince, soit une colonie. français, soit uné
M. Pardessus
Il nous semble
se trompe. Ne parlons
que
donnance du 17 avil1825
pas de l'oravec les révoltés dè
comme d'un traité fait
moins faut-il bien
Saint-Domingue; mais au
a l'effet d'un
convénir que cetté ordonnance
brement
traité, puisiju'elle opère le
d'une partie du
dénemdomnance, qui,
royaume. Or, cêtte ofsidérée
d'après Son effet, doit être conla
commé un traité, excède les bornes. de
prérogative royale, en ce
nation et
qu'elle contient talié
démembrement. Aux térmés de
ticle14 de la Charte, le Roi
l'armais la levée
peut faire la guerre;
extraordinaire des
subsides nécessaires
hommes, et les
aux frais de cette
peuvent avoir lieu
guerre, ne
par les trois
qu'en vértu d'une loi rendue
récemment pouvoirs : c'est ce qué nous avons Vur
à l'occasion de la
De même le Roi
guerre d'Espagne:
péut faire la paix
juge nécessaire; il peut la faire
lorsqu'il la
sans la participa --- Page 21 ---
Chambres, si elle est avantageuse à l'E
tion des
chose à sa pnissance,
tat, si elle ajoute quelque
de
si elle impose aux vaincus le sacrifice quelque
d'argent : au contraire, si cette paix
forte somme des ennemis, si elle ne pent s'obest à T'avantage
dela cession d'une ou de plusieurs
tenir qu'au prix
rétribution considérable en
provinces, , ou d'une
la
elle ne peut se conclure sans particiargent;
des Chambres. Pour qu'il
pation ou la ratification
l'article invoén fat autrement, il faudroit que
portit ces mots : C Le Roi fait la guerré et
qué
sacrifices qu'il
la paix à sa wotonté, quelques
en covter à PEtat. >> Ce pouvoir illimité,
puisse
ét dans sa bonté, i'en a
le Roi, dans sa sagesse
voulu, et nous osons dire que ses prédécespoint
toujours sous l'ancienne
seuts n'én jouirent pas
monarchie.
peut être tiré du droit
Arrivons au principe qui
commun des nations.
M. le
ne paroit pas
Sur ce point,
rapporteur
consulté des publicistes; il n'én indique
avoir
montré favorable à son opinion.
aucun qui se soit
Ceux quenousp
rmtagmase
souverain absolu a seul le droit de décider par,
lui-même des conditions de la paix, bien qu'elles
soient onéreuses, à ses sujets; ; ils déclarent que ce
dont l'audroit n'appartient pas aux souverains
commun des nations.
M. le
ne paroit pas
Sur ce point,
rapporteur
consulté des publicistes; il n'én indique
avoir
montré favorable à son opinion.
aucun qui se soit
Ceux quenousp
rmtagmase
souverain absolu a seul le droit de décider par,
lui-même des conditions de la paix, bien qu'elles
soient onéreuses, à ses sujets; ; ils déclarent que ce
dont l'audroit n'appartient pas aux souverains --- Page 22 ---
torité est limitée par les lois
l'Etat.
fondamentales de
Grotius
s'exprime ainsi : ( Les rois
possèdent pas la souveraineté
qui ne
moine, mais à titre
comme un patriplupart de ceux.
d'usufruit, tels que sont la
qui
vent aliéner
irignentaujourethui, ne peupar aucun traité, ni la
entière, ni aucune de ses
souveraincté
neté entière
parties La souveraine sauroit être valablement
sans un consentement de tout le
aliénée
députés de chaque
peuple, ou des
province quile
et qui forment ce qu'on
représentent,
royaume. Mais
appelle les états du
quand il s'agit de
quelque partie du
T'aliénation de
royaume, il faut un double
consentement, savoir, celui de tout le
peuple, et celui de la
corps du
l'on
province ou de la ville
veut aliéner,
que
chée
laquelle ne peut êure détamalgré elle du corps avec lequel elle
unie (1 0 >)
étoit
Vattel dit : ( Quand une puissance
le pouvoir de faire la
limitée a
accorder
paix, comme elle ne peut
d'elle-même toute sorte de
ceux qui voudront traiter
conditions,
doivent
sèrement avec elle,
exiger que le traité de paix soit
par la nation, ou par la
approuvé
accomplir les conditions. puissance qui peut en
> Et, à l'appui de cette
(r) Droit de la guerre et de la paiz, liv. 3.
étoit
Vattel dit : ( Quand une puissance
le pouvoir de faire la
limitée a
accorder
paix, comme elle ne peut
d'elle-même toute sorte de
ceux qui voudront traiter
conditions,
doivent
sèrement avec elle,
exiger que le traité de paix soit
par la nation, ou par la
approuvé
accomplir les conditions. puissance qui peut en
> Et, à l'appui de cette
(r) Droit de la guerre et de la paiz, liv. 3. --- Page 23 ---
observation, il cite un exemple mémorable, dont
avec d'autant plus d'avannous nous emparons
histoire.
qu'il l'a trouvé dans notre propre
tage,
roi de France, après la malheureuse
Françoist",
de Charlesbataille de Pavie, étoit prisonnier
recouvrer sa liberté, il s'engagea,
Quint; pour
à céder le duché de
par le traité de Madrid,
L'empereur, sur la foi de cet engaBourgogne.
mais
le laissa rentrer dans son royaume;
gement,
d'exécuter le traité, les états
lorsqu'ilfut question
refusèrent de s'y
de la province de Bourgogne
à Cosoumettre, et les états-généraux, convoqués
déclarèrent tout d'une voix que l'autorité
gnac,
démembrer la
du roi ne s'étendoit pas jusqu'a
fut annullé :
couronne; en conséquence, , le traité
étant contraire à la loi fondamentale du
comme
ajoute Vattel, il
royaume. CC Et véritablement,
avoit été fait sans pouvoirs suflisants (1).>
Enfin, nous avons à répondre sur la troisième
M.Pardessus, c'est-à-dire, sur
raison alléguéepar
suivant lui, des
l'autorisation qui résulteroit,
constants de Pancienne monarchie.
usages
venons de dire plus haut que nos
Déjà nous
monarchie, ne jouirent pas
rois, sous l'ancienne
du droit exclusif de régler les conditions
toujours
onéreux
leurs sujets.
d'un traité de paix
pour
(*) Droit des gens, liv. I el4.
--- Page 24 ---
L'exemple de ce qui arriva du temps de François I suflit pour preuve. Nous
pouvons aller
plus loin, et soutenir que jamais nos rois n'eurentce droit, parce quejamais leur
ne fut absolu par sa nature. Si, gouvernement dans les
derniers
deux
siècles, on vit quelques cessions de
vinces ou de colonies faites sans la
prodes corpsquiauroient da
participation
intervenir, ce ne
par une sorte d'empiétement de la
futque
royale, et par l'effet des moyens
prérogative
ployés par les ministres de telle quelconques emou telle époque,
pour empécher la désapprobation des
se manifester. C'est
peuples de
faisons
encore avec Vattel que nous
cette observation. Ce Remarquons, dit-il,
que, dans le cas d'une nécessité
pressante, telle
quel'imposent lcs événements d'une
heureuse, les aliénations
guerre malque fait le prince
sauver le reste de l'Etat, sont censées
pour
et ratifiées par le seul silence de la nation, approuvées
qu'elle n'a point conservé, dans la forme du lorsGouvernement, quelque moyen aisé et ordinaire de
donner son consentement exprès Les étatsgénéraux sont abolis en France, par
et
par le consentemént tacité de la nation. non-usage Lors donc
que ce royaume se trouve
c'est au Roi
seul de juger des sacrifices pressé,
acheter la
qu'il peut faire pour
paix, et ses ennemis traitent solidement avec lui. > On voit bien que Vattel admet
'elle n'a point conservé, dans la forme du lorsGouvernement, quelque moyen aisé et ordinaire de
donner son consentement exprès Les étatsgénéraux sont abolis en France, par
et
par le consentemént tacité de la nation. non-usage Lors donc
que ce royaume se trouve
c'est au Roi
seul de juger des sacrifices pressé,
acheter la
qu'il peut faire pour
paix, et ses ennemis traitent solidement avec lui. > On voit bien que Vattel admet --- Page 25 ---
l'espèce de droit résultant du consentement tacite;
toutefois, il ne l'admet qued dans des circonstances
et Jorsque le salut de l'Etat se trouve
très-graves,
Au surplus, depuis la
véritablement compromis.
de la Charte constitutionnelle, cette
publication
recevoir aucune application : la
doctrine ne peut
son
France est rentrée dans la faculté d'exprimer
d'une manière expresse; les étatsconsentement
doivent être
générus, d'est-à-dire les Chambres,
consultés, et doivent parler pour elle.
Mais quels sont donc les faits historiques qui,
suivant M: Pardessus, prouveroient les usages
de Pancienne monarchie? Il a parlé
constants
de l'Acadie en 1713, de celle du
de la cession
Canada et de la Louisiane en 1965.
La cession de T'Acadie Quel triste souvenir
vient-on nous rappeler ce fut une des stipulations du honteux traité d'Utrecht, souscrit au
de Louis XIV, alors accablé de revers sur
nom
carrière. Quelles en
la fin de sa longue et gloricuse
furent les conséquences? la ruine et l'extermination de tous les fidèles colons qui avoient fondé cet
établissement. Les Anglais, une fois maîtres du
s'emparèrent violemment de toutcs les propays;
en masse la population
priétés, et déportèrént
française, qui, réfugiée à Brest, à Nantes, à
Lorient, à La Rochelle, à Rochefort, à Bordeaux,
entièrement de maladies et de mifinit par périr
2. --- Page 26 ---
sère; sans autre consolation que celle de laisser
ses ossements sur le sol de la mere-patrie !
La cession du Canada et de la Louisianel...
Faute énorme des ministres de Louis XV..
N'est-ce pas de cette époque que date l'affoiblissement de notre marine et de notre puissance
loniale, jadis si imposante, et la funeste'
codérance de l'Angleterre ?: Et
prépond'ailleurs, cette
époque ne fut-elle pas signalée aussi par les
fureurs sanguinaires, que le trop fameux Oreilly
exerça sur les, habitants de la Louisiane,
bles, hélasld'avoir, dans lesein deleurs coupafamilles,
exprimé par des larmes le regret de n'être plus
Français?
Il.faut convenir.que ces exemples ont été malhenreusement choisis. Nous devons craindre
qu'ils.ne soient d'un ficheux augure pour les
suites de la mesure prise à l'égard de Saint-Domingue.
M. Pardessus, sans doute pour donner plus de
force aux précédentes citations, les
d'un autre fait historique, puisé, dit-il, accompagne dans les
annales d'un peuple ches leguel la puissance
royale est bien plus limitée qu'en France. Ce
fait est, la reconnoissance de
l'indépendance des
Etats-Unis par S. M. B., en 1783. Voilà encore
une citation qui nous semble d'une extrême
maladresse, puisqu'elle prouve contre l'opinion
ardessus, sans doute pour donner plus de
force aux précédentes citations, les
d'un autre fait historique, puisé, dit-il, accompagne dans les
annales d'un peuple ches leguel la puissance
royale est bien plus limitée qu'en France. Ce
fait est, la reconnoissance de
l'indépendance des
Etats-Unis par S. M. B., en 1783. Voilà encore
une citation qui nous semble d'une extrême
maladresse, puisqu'elle prouve contre l'opinion --- Page 27 ---
veut faire adopter. par la
que M. le rapporteur
souter
Chambre, et en faveur de celle que-nous
queleroi
nons. Cel n'est pasde sa pleiné: autorité reconnoitve.lind'Angleterre George III: pouvoit
des Eiats-Unis, et faire aux insurgés
dépendance
jusque-là
l'abandon du vaste territoire possédé
A51991805501 1, S314 d1
par la métropole.
ontledroitde conclure
re Les rois d'Angleterre
traitésde paix et d'alliance; mais ils ne peuvent
des
traités aucune: C des possessions
aliéner par ces
du parlesans. le consentement
de la couronne,
liv.
dans
Droit des gens 2
4.)wEtx
ment. (Vattel,
des Etats-Unis fut conle fait, l'indépendance
td'Angleterre.
sentier parz run acte du parlement
sur cette:
a-t-il maintenant à conclure
Qu'y
nous venons de discuter?
premièrei question que
conclusioni sera tont-a-fait . opposée à celle
Notre
a! mih 28 une 23103 :1
de M. le rapporteur.
à
M. le rapporteur a dit : c; La mesure prise
n'a élé que l'exercice
l'égard de Saint-Domingue
droit inhérent àla prérogative, royale : par
d'un
cette mesure: ne. doit pas être souconséquent,
des Chambres, à et, les mimise à la ratification
dans le, cas
nistres quil'ont conseilléel ne sont pas
dans
de venir demander aux Chambres ce ques
on est convenu d'aplel langage parlementaire;
peler un billidtindemité. 2, --- Page 28 ---
Nous disons : c La mesure dont il
prisc et exécutée, selon
s'agit a été
l'expression de
sans pouvoirs sufisants 5 par
Vattel;
moins pour la conservation conséquent, et au
des
doit être soumise à la ratification principes, elle
des
et les ministres,
Chambres,
besoin
qui en sont responsables, ont
d'un bill d'indemnité.
Mais le bill d'indemnité ne doit être accordé
aux ministres que dans lercas o,
examen de notre seconde
après un mûr
question, les Chambres
reconnoitroient lai nécessité et la convenanced'une
telle mesure.
DEUXIÈME ARTICLE.
Du 13 mars 1826.
Plus nous approfondissons le sujet à la discussion duquel nous avons cru devoir prendre
plus nous sommes frappés de l'intérêt immense part,
qui s'y rattache. Vainement le ministère s'étoit
flatté de borner cette discussion au
men' des articles du
simple exaprojet de loi. Nous disions
bien, dans notre premier article, qu'il n'avoit
pas mesuré toute l'étenduedu terrain oûlecombat
alloit s'engager. Les discours très-remarquables
qui viennent d'être prononcés à la Ghambre
des députés nous font augurer que les mandataires des diverses parties du
royaume ne se lais-
ache. Vainement le ministère s'étoit
flatté de borner cette discussion au
men' des articles du
simple exaprojet de loi. Nous disions
bien, dans notre premier article, qu'il n'avoit
pas mesuré toute l'étenduedu terrain oûlecombat
alloit s'engager. Les discours très-remarquables
qui viennent d'être prononcés à la Ghambre
des députés nous font augurer que les mandataires des diverses parties du
royaume ne se lais- --- Page 29 ---
au piége caché sous le projet
seront pas prendre
du conseil des ministres.
de loi de -M. le président
M. de Villèle,
compris que
Ils ont parfaitement l'ordonnance du 17: ayril 1825,
en parlant de
dans les attricomme d'un acte incontestablement comme d'un
butions de la prérogative royale,
de la resd'ailleurs sous la sauvegarde
acte placé
ministres qui l'ont conseillé et
ponsabilité des
disons-nous, que, M. dc
exécuté; ils ont compris,
vouloit compromettrel leur propre responVillèle
à
surla réparsabilité, en les amenant prononcer
consétition de l'indemnité, qui n'est qu'une
du 17 avril, sans conquence de T'ordonnance
à la
tester la validité de cette ordonmance,quant: d'un
au fond. Si cette ruse, digne
forme et quant
réussir à M. de Villèle, il.en.
Mazarin, pouvoit l'avenir de la France, un prérésulteroit, pour
ce ministre luicédent des plus. funestes, que
pas de
même et ses successeurs ne manqueroient fois
valoir comme droit, toutes les
qu'ils
faire
de Thonneur et des possesvoudroient trafiquer
sions de la monarchie.
y
Que MM. les députés des départements
donc bien garde. En effet , nous
prennent
venons de dire que leur propre responisabilité seroit
nous ajoutons qu'elle
seroit compromise;
se
seule compromise ; car les ministres , qui leur
offrent la
croient tout permis lorsqu'ils --- Page 30 ---
pour, garant de leur
conduite, ont su
sent la rendre tout-à-fait
jusqu'a présoit déclarée eri
illusoire, bien qu'elle
de la Charte, principe par les articles 55 et 56
Au contraire, la
rale
responsabilité modesdéputés envers leurs commettants
être éludée : il ne faut pas de loi ni de ne peut
pour lui donner de l'eflicacité.
réglement
C'est bien
cas de rappeler un
ici le
passage du beau discours
qu'improvisa, dans la session de 1823, M. le
quis de Cambon (député de la
marsur la nécessité de ne
Haute-Garonne),
faite
pas accorder, sans une parconnoissance de cause, le bill
que les ministres vouloient
d'indemnité
obtenir pour les dépenses extraordinaires de l'armée
C Les ministres craignent
d'Espagne.
que
> votre décision ne fasse
Tajournement de
>> de
peser sur eux une sorte
responsabilité morale; mais la :
> des Députés n'a-t-elle
Chambre
pas aussi sa
>> lité morale à
responsabiménager? Doit-elle,
>> les ministres, braver
plus que
>
J'ignore combien
l'opinion publique ?
de temps un
> la braver
ministère peut
mais
ne
>)
de dire impunément;
je
crains pas
que la Chambre ne le
> seul instant; et le
peut pas un
jour où elle auroit
> la confiance
perdu
publique, elle ne
>> rien pour le bien de l'Etat. La pourroit plus
J tend,
France nous enMessieurs; il ne faut
)) dire
pas qu'elle puisse
que nous avons vu le mal, et que nous
l'opinion publique ?
de temps un
> la braver
ministère peut
mais
ne
>)
de dire impunément;
je
crains pas
que la Chambre ne le
> seul instant; et le
peut pas un
jour où elle auroit
> la confiance
perdu
publique, elle ne
>> rien pour le bien de l'Etat. La pourroit plus
J tend,
France nous enMessieurs; il ne faut
)) dire
pas qu'elle puisse
que nous avons vu le mal, et que nous --- Page 31 ---
fermé les
Or, dans la circonslance
> avons
yeux.>
de rien moins que
actuelle, et lorsqu'il ne s'agit
denoslibertés publiques , auxquelles on OSC porter
atteinte, quels sont les députés qui consentiroient
à encourir la disgrice de leurs départements respeetifs2.. Cette pensée, n'en doutons pas, soutiendra leur énergic dans la suite des débats, et
de voter sur T'ensemble du
surtout au moment
projet de loi. Une autre considération doit préserleur conscience. royaliste :
ver de tout scrupule
si honol'objet de la discussion qu'ils soutiennent
rablement n'est pas de faire révoquer l'ordondu avril 1825; aucun d'eux ne vondroit :
nance
nous sommes loin
T'entreprendre, et nous-mêmes
denous exprimer dans ce sens. La. volonté de notre
Monarque chéri a été surprise, ainsi que nous
l'avoir démontré; mais cette volonté s'est
croyons
manifestée à la face du monde entier : par
le trône, par égard pour le caracrespect pour de l'excellent Prince qui l'octère personnel
la France doit s'y soumettre. Les Chamcupe,
feront
ce
firent les états-géndbres ne
pas
que
d'autres
raux sous François I:i d'autres temps,
est donc notre but?, et que
moeurs.
Quel
demandent les orateurs qui viennent d'être entendus contre lej projet de loi? Nous demandons
tous que les ministres qui ont conseillé, contrel'ordonnance du 17 avril, n'ohsigné et exécuté --- Page 32 ---
tiennent point de bill d'indemnité,
demeure convaincue
sila Chambre
pendamment du vice que cetieondonnance, indéforme, doit
sous d'autres
être blâmée
rapports.
Ces observations nous ramènent
à l'examen
naturellement
que nous nous sommes
nous entrons dans celui de notre
proposé, . et
tion : te Convenoit-il de
deuxième quesdance de
reconnoître l'indépenSaint-Domingue?
Nous ne balançons pas à déclarer
prise à cet égard nous
quela mesure
blessant tout à la fois paroit blâmable, comme
celui du souverain; notre honneur national et
bien entendus de la comme contraire aux intérêts
France, de
mémedceux de
PEurope, et
été arrêtée
IAmérique; enfin,
sans nécessité absolue, commeayant seule
qui pourroit la justifier.
raison
En ce qui touche
les
T'honneur, ce point
Français ont
surlequel
lité,
toujours eu tant de
cet apanage héréditaire dont
susceptibide nos Rois ne se laissa
l'auguste race
accepterions
jamais dépouiller, nous
pour jugede notre proposition M. le
rapporteur lui-même, sil vouloit bien
en bonne
y réfléchir.
à faire conseience; car il reconnoit etse plait.
remarquer que, Cc pendant
nos Rois n'ont jamais été réduits quinze siècles,
reconnoître
à la néeessité de
l'entière et absolue indépendance de
sujets-soulevés contre leur autorité; > il convient
uste race
accepterions
jamais dépouiller, nous
pour jugede notre proposition M. le
rapporteur lui-même, sil vouloit bien
en bonne
y réfléchir.
à faire conseience; car il reconnoit etse plait.
remarquer que, Cc pendant
nos Rois n'ont jamais été réduits quinze siècles,
reconnoître
à la néeessité de
l'entière et absolue indépendance de
sujets-soulevés contre leur autorité; > il convient --- Page 33 ---
du 17 avril 1825 nous en
que c Fordonnance
offre le premier exemple."
sousera-ce si l'on considère que ces sujets
Que
est reconnuc, ne sont
levés, dont Vindépendance
du
les blancs, propriétaires
pas les Européens,
mais les nègres esclaves
sol de Saint-Domingue, de leurs maîtres, dont
les assassins
ou affranchis,
chacun vient peut-êure,
Une tête à la main, d'obtenir son salaire
Les biens qu'ils ont
Et quel est ce salaire?..
familles
arrachés par violence aux malheurenses améliorés sous
françaises qui les avoient acquis et
et de
de la métropole, de sa puissance
la garantie
Pardessus avoit pu trouver dans
ses lois Si M.
faits seml'histoire ancienne et moderne quelques soin de les
blables à celui-là, il auroit eu grand
atténuer du moins l'ignominie: nous
citer pour en
frappante!
citcrons
rendront plus
en
quila
mémoire,
se présente à notre
Le premier qui
ce qui connous nous bornons, pour
et auquel
anciens, est celui des
cerne Thistoire des peuples révolte des esclaves
résultats dont fut suivie la
de la Campanie contre. les Romains.
c'est-à-dire, à une
L'an 74 avant Jésus-Christ, des divisions inépoque où Rome, déchirée par
la lutte entestines, ne soutenoit qu'avec peine --- Page 34 ---
gagée en Espagne contre
doce contre Mithridate, Sertorius, et én CappaSpartacus, un esclave, un vil gladiateur;
osa former le projet de rendre
de la
sa, çaste: maitresse
Campanie, ct des'y maintenir en étal d'indépendance. Echappé, lui
trentième, de
Lentulus, son maître, il SC vit bientôt
chez
d'une bande considérable.
à la tête
marcher d'abord
Les troupes qu'on fit
contre lui furent
sicurs reprises. Il fallut lui
battues à pluentières, qu'il battit
opposer des armées
des
encore. Cette guerre, dile
Esclaves, dura quatre. ans.
pha successivement de
Spartacus triomdeux consuls et del
préteurs; il s'avançoit enfin
trois
cette extrémité, dans
sur Rome... Dans
romain
ce périlimminent, le sénat
désespéra-t-il du salut de l'Etai?
recours à la voie. honteuse
Eut-il
Offrit-il à
des négociations ?
Spartacus de lui labandonner la.
panie, et de rconnoîtreson
Camle commandement
indépendance? Nou:
donnéà
d'une nouvelle armée fut
un homme de tête et de
à Marcus Licinius
grand courage,
Crassus, Ce général
Spartacus près du Vésuve; il lui livra attcignit
et remporta une première
bataille,
ensuite,
victoire; ille repoussa
l'épée dans lcs reins,
de PItalic. LA, vaincu
jusqu'à l'extrémité
dans le combat décisif,
treson
Camle commandement
indépendance? Nou:
donnéà
d'une nouvelle armée fut
un homme de tête et de
à Marcus Licinius
grand courage,
Crassus, Ce général
Spartacus près du Vésuve; il lui livra attcignit
et remporta une première
bataille,
ensuite,
victoire; ille repoussa
l'épée dans lcs reins,
de PItalic. LA, vaincu
jusqu'à l'extrémité
dans le combat décisif, --- Page 35 ---
périt, les armes ài la main, avec quaSpartacus
C'est ainsi qu'on traite
rantc mille des siens...
noirs, libres ou esavéc les rebelles, blancs ou
claves
rapprochés de nos -
Passons à des exemples plus
jours.
nègres esclaves de la Guiane
Vers 1788, les
contre leurs maîtres;
hollandaise se soulevèrent
ou qu'ils
qu'ils massacrèrent en grande partic,
Les
pour éviter la mort.
forcèrent à s'embarquer
cette révolte imgarnisons, trop foibles contre
quelques
prévue, purent à peine garder pendant Vindépenleirs
fortifiées ; et déjà
mois
positions
établie de fait. Cette
dance des insurgés paroissoit
la métropole?
indépendance fut-elle reconnue par.
fut
de Hollande
Noni: dès que le Gouvernement
il eninformé de ce qui se passoit en Amérique,
escadre et des troupes, ct il reprit posvoya une
malgré toutes les difficultés
session de sa colonié,
nature du climat.
qu'oppositla
du trône des Bourbons
En 1800, T'usurpateur
pour faire
profita d'un moment de paix générale révoltés de
entrer sous son obéissance les nègres
Tout le
notre belle colonie de Saint-Domingue. menamonde peut se rappeler la proclamation senle
qui fut publiée à ce sujet, et qui
çante
l'effet d'une armée. Trente mille
devoit produire
points; n'éhommes, mis à terre sur différents --- Page 36 ---
prouvèrent qu'une foible
cctte. époque, la France résistance. Si, depuis
session de
a encore perdu la posSaint-Domingue, il faut attribuer
malheur, non pas à la difliculté
ce
en temps ordinaire,
des'y maintenir
dans son discours
comme l'a dit M. Sébastiani
à
du IO de ce mois, mais,
l'exaspération qu'excitérent
d'abord,
raux de Buonaparte
plusieurs des génépar leurs cruautés,
rapines, ct la perfidie de Jeur
leurs
conduite envers
Toussiuclouvenure, en second
ture de la paix d'Amiens,
lieu, à la rupfaire passer des renforts qui ne permit plus de
Ala même
et des munitions.
la Guadeloupe, époque, une révolte des nègres de
après avoir élé contenue
sept mois par des mesures de
pendant
que pussent prendre les
prudence, les seules
habitants
futréprimée
propriétaires,
ral Richopance, militairement, et punie parle géné
mille hommes de qu'envoya Bnonaparte avec six
De tels exemples troupes.
nous
mis sous les yeux des paroissent mériter d'être
Mais
Chambres.
prouvons maintenant
du 17 avril blesse les intérêts que l'ordonnance
de la
TEurope, et même de
France, de
En ce qui concerne TAmérique. la
commerce précaire
France, croit-on qu'un
de son ancienne avec les nègres indépendants
avantages?
colonie, lui procure de grands
Quels objets d'échange fourniront-ils
les troupes.
nous
mis sous les yeux des paroissent mériter d'être
Mais
Chambres.
prouvons maintenant
du 17 avril blesse les intérêts que l'ordonnance
de la
TEurope, et même de
France, de
En ce qui concerne TAmérique. la
commerce précaire
France, croit-on qu'un
de son ancienne avec les nègres indépendants
avantages?
colonie, lui procure de grands
Quels objets d'échange fourniront-ils --- Page 37 ---
De Vargent!.. Nous savons bien
à nos négociants?1
nous sommes obliqu'ils en manquent, pnisque
dè la
gés de leur préter le premier cinquième
indemnité, et de le leur prêter pour
prétendue
Du sucre, du café, du coton, devingt-cing ans.
ou
lindigol... Ils n'en ont déjà plus
presque
la culture des terres va s'affoiblissant d'une
plus:1
Les
livrés à eux-mêmes,
année à l'antre.
nègres,
: la
retombent dans leur indolence originaire
affaire de leur vie est de dormir le jour;
grande
bamboula
la nuit; et quand
de danser le
pendant
la satisilleur suffit, pour
la faim se fait sentir,
viennent sans
faire, de quelques bananes qui
Bientôt cenx de la république
qu'ilss'en occupent.
étoient à la côte
d'Haiti redeviendront ce qu'ils
à moins qu'une traite de blancs ne
de Guinée,
fournir des cultivateurs; et
s'établisse pour'leur
P'arrière-pensée de nos philanc'est peut-être
tropes !
qui
On voit donc que les spéculateurs français
avec leurs navires chargés
iront à Saint-Domingue;
trouveront
des produits de nos manufactures, , n'y
et qu'après déux ou trois
qu'un foible débouché,
forcés de chercher
voyages en perte, ils seront
leur profit ailleurs.
réau
contraire, Saint-Domingue
Supposons, , état de colonie française, ct repeutablie dans son --- Page 38 ---
plée par les anciens propriétaires,
enfants ou autres héritiers
par leurs
: quel aliment alors
pour le commerce de la
d'années,
métropole,qui, cn peu
remonteroitan degréde
d'où
la révolution l'a fait descendre! prospérité
Et qu'on ne dise
pas que c'étoit une chose
démontrerons
impossible : nous en
tout à l'heure la possibilité,
L'ordonnance du 17 avril blesse encore les
intérêts de la France, en ce qu'elle la rend
ponsable envers les anciens colons de l'indem- resnité. stipulée en leur faveur, si le
de la république d'Haiti, qui s'est gouvernement
engagéà
cette indemnité, vient à faire
payer
banqueroute, Quelle
garantie offre aux colons la prévoyance de
ministres pour la solvabilité, et même nos
la durée d'un tel
pour
gonvernêment? Deviendrat-il plus solvable qu'il ne l'est
aujourd'hui?
Qiantà sa durée, qui oseroit en répondre?
Nos ministres préserveront-ils le
et son sénat d'une
président Boyer
insurrection soudaine, qui
peut changer la forme actuelle de ce
nement, et ramener le farouche
gouverdespotisme d'un
nègre semblable à Dessalinés ou à
Eh bien ! soit dans le cas de la
Christophe?
banqueroute du
mulitreBoyer, soit dans le cas de sa supplantation
par un nouveau despote nègre qui refuseroit de
payer l'indemnité, la France seroit tenue de ce
le
et son sénat d'une
président Boyer
insurrection soudaine, qui
peut changer la forme actuelle de ce
nement, et ramener le farouche
gouverdespotisme d'un
nègre semblable à Dessalinés ou à
Eh bien ! soit dans le cas de la
Christophe?
banqueroute du
mulitreBoyer, soit dans le cas de sa supplantation
par un nouveau despote nègre qui refuseroit de
payer l'indemnité, la France seroit tenue de ce --- Page 39 ---
paiement, si les Chambres, par un consentement
tacite, ratifioient les stipulations de
eaprès ou
/
l'ordonnance du 17 avril.
cette ordonnance
Sous un troisième rapport,
intérêls nationaux. On a beau dire que
blesse nos
empécher
des précautions ont été prises pour
que
indépendants de Saintles nègres et mulâtres
n'entretiennent des communications
Domingue
la
la Guadeloupe et Cayenne;
avec Martinique,
alarme s'est répandue
il est de fait qu'une juste
trois colonies françaises, dès qu'on y a
dans ces
de la mission remplie à Saintreçu la nouvellé
il est de fait que
Domingue par M. de Makau;
d'agitation d'un sinistre augure
des symptâmes
effectivement
s'ys sont manifestés. Empéchera-t-on
mulâtres
entre les nègres et
les communications
deces mêmes colonies et ceux de Saint-Domingue?
Et quand on les empêcheroit, ne suffit-il pas
des uns 7 pour
qu'on ait reconnu l'indépendance
rendre
les autres travaillent sourdement à se
que
De là des complots
eux-mêmes indlépendants?..
échouéront plus d'une fois pout-étre; mais
qui
aussi par mettre en défaut
qui finiront peut-être
des COla surveillance; de là le découragement
lons, la crainte de compromettre leur existence
et celle de leurs familles, s'ils ne prennent pasle
d'abandonner enfin des iles malheureuses;
parti de
et de dégoits de tout genre les
où tant dangers
--- Page 40 ---
ont accablés depuis
trente-cing ans... Triste
avenir-à prédire sans doute; mais s'il se réalise,.
la France aura perdu toutes sés colonies d'Amérique !:.
C'est par la même considération
que nous trouvons l'ordonnance attentatoire aux intérêts des
nations de T'Europe, qui,avec la France,
sèdent quelques iles dans l'archipel des Antilles, posnous voulons dire l'Espagne,
PAngleterre, les
Pays-Bas, le Danemarck et la Suède. En effet, les
habitants de toutes cesiles vont rester dans un état
perpétuel d'inquiétude; leurs établissements scront tôt ou tard détruits par la torche incen.
diaire des esclaves révoltés, ou du moins:ces éta-.
blissements dépériront par l'effet de la
2 des ateliers, qui, de temps à autre,
désertion
trouverontle
moyen de passer à Saint-Domingue,
a
Quantauxintéréts del'Amérique continentale,
ils sont également blessés par l'ordonnance du
17 avril.-Ily a des nègres esclaves dans
toutes les parties de ce vaste continent : eroit-on presque
que' l'indépendance accordée à ceux de SaintDomingue ne va pas aussi les pousser à la révolte?
Les Américains blancs, originaires de FEurope,
qui anjourd'hui veulent rompre avec leurs métropoles respectives, ne veulent pourtant pas que
-ly-adoepilpmehemeal poureux-mémes
profite à leurs esclaves.
nance du
17 avril.-Ily a des nègres esclaves dans
toutes les parties de ce vaste continent : eroit-on presque
que' l'indépendance accordée à ceux de SaintDomingue ne va pas aussi les pousser à la révolte?
Les Américains blancs, originaires de FEurope,
qui anjourd'hui veulent rompre avec leurs métropoles respectives, ne veulent pourtant pas que
-ly-adoepilpmehemeal poureux-mémes
profite à leurs esclaves. --- Page 41 ---
des observations qui précèdent,
Quelques-unes
les bornes
auroientbesoin adedercdopememtimak
feuille nous arrêtent. Dans, le peu d'esde cette
la raison de penpace qui nous reste, exposons nécessité absolue dere;
ser qu'il n'y avoit pas
de Saintdes nègres
connoitre Pindépendance contraire, ,r la reprise de cette
Domingue; qu'au
de
diflicolonie. pouvoit s'opérer sans
grandes
cultés, et: qu'ensuite nous aurions pu la conserver et lui rendre à peu près son ancienne prospérité: air
00 R
M, lei président du conseil des ministres, et
M. le rapporteur, de la commission sontiennent
qu'ily avoit nécessité absolue, parce que. depuis
Saint-Domingue jonit d'une indé-.
long-temps
pendance de fait, et qu'on l'en. a laissé jouir
paisiblement, depuis la restauration; parce que
la chance dc la guerre auroit beaucoup de danà.une si graude distance, et sous le. ciel.
gers
bralant des tropiques; 5 et encore parce qu'une
telle expédition coûteroit beaucoup d'argent.
Sur l'espèce de mpyen de prescription résultant de la jouissance de: fait, nous: répondons
matière civile, quand il s'agit du droit de
qu'en propriété, la prescription, ne s'acquiert que par
dans le droit
il n'y a
trente ans; que,
politique,
de
de prescription en' faveur de la révolte et
pas
dans le droil criminel, il n'y
l'usurpation ; que,
3. --- Page 42 ---
a pas de prescription non plus en faveur de l'assassinat et de l'incendie.
Mais, au reste, ici la
prescription trentenaire, a été interrompnc
l'expédition de
par
Buonaparte en 1800, et par l'occupation plus ou moins
suivie.
longue qui s'en est
Sur la jouissance paisible depuis la restauration, nous répondons que les fautes des précédens ministères nc peuvent pas autoriser le
ministère actuel à en commettre de plus
encore. Il; y a dix ans que nous serions graves
en
possession de Saint-Domingue: si les ministres de
S. M. Louis XVIII, immédiatement
après la
première restauration, avoient profité, pour
reprendre cette colonie , de l'enthousiasme
dont la France fut saisie, de la terreur
s'empara des ennemis de la
qui
légitimité, et du.
besoin qu'éprouvoit l'ancienne armée de conserver son activité. S'ils avoient profité de ces
inappréciables avantages, comme Buonaparte
profita dela paix d'Amiens, non-seulement
nous
serions cn possession de Saint-Domingue, mais
encore nous eussions peut-être évité la catastrophe des cent-jours, et la perte de trois milliards qui en futlerésultat.
Sur les chances de la guerre, nous disons
le calcul de M. de Villèle à cet égard n'est que
pas français. C'est un calcul renouvelé de 1822 :
oient profité de ces
inappréciables avantages, comme Buonaparte
profita dela paix d'Amiens, non-seulement
nous
serions cn possession de Saint-Domingue, mais
encore nous eussions peut-être évité la catastrophe des cent-jours, et la perte de trois milliards qui en futlerésultat.
Sur les chances de la guerre, nous disons
le calcul de M. de Villèle à cet égard n'est que
pas français. C'est un calcul renouvelé de 1822 : --- Page 43 ---
alors M. de Villèle ne voulait
Ja
pagne II n'avoit
pas guerre d'Es:
des soldats
pas deviné ce que pouvoient
français sous la conduite
bon!.. Aujourd'hui
d'un Bour-.
trouver
ipeucebreildosteqr'on, puisse
parmi. tous nos généraux, un
Leclerc,un
Crassus, ; un
Richepance La distance
sépare de
qui nous
Saint-Domingue n'est pas un
nous l'avons déjà franchie
obstacle,
plus d'une fois;
n'est que de 18oolieues, I
etles
elle
Anglaiscombattent
actuellement à qhatre mille lieues de Jeur métropole. L'insalubrité du climat ne sauroit
nous effrayer : ne fut-elle
non plus
généreux
pas surmontée par. les
fondateurs.de. toutes nos colonies, et
par tant de milliers d'hommes
dées pour. la, France,
qui les ont gardiverses
ou quiles ont reprises à
époques?
Surla considération des
dépenses et frais d'une
expéditicn, notre réponse sera qu'il
une bonne fois, se détermineray valoit.mieux,
bord les cent, cinquante
employer d'ala France, ddéfaut
millions dont on grève
de paiement de
par le président Boyer.
l'indemnité
Nous ajouterons qu'une
de capitalistes avoit offert compagnie puissante
les frais de cetle
de se charger de tous
construction de expédition, et même de la retoutes les manufactures
de Saint-Domingue,
ruinées
tions
moyennant cerlaines condiqui ne pouvoient étre
qu'avantagenses à la --- Page 44 ---
France et aux colons. Pourquoi ces offres ontelles été dédaignées? N'est-ce point
vouloit que la compagnie fit valoir parce qu'on
dans le trois pour cent P
ses' capitaux
*7 Ainsi donc point de nécessité absolue
puisse justifier les ministres d'avoir conseillé qui
exécuté l'ordonnance du 17 avril.
:fi et
Nous terminerons; en démontrant qu'une 'ex- 1
pédition conduite avec vigueur et'avec prudence
tout à la fois, ne pouvoit manquer de' réussir,
au grand avantage de notre pays, des colons de
Saint-Domingue; de nos autres iles; des
sances européennes ci-dessus indiquées; etenfin puisde l'Amérique eontinentale elle-méme. 1:t:1 1a9
Dans l'état ot les choses sont placées
donnance du
avril,
par l'or17
l'Espague perd incontestablement la partieade
Saint-Domingue qui lui
appartenoit, comme la France perd l'auire partie. 1
Or; il ed't été facile d'obtenir de' S. M: Ferdi-:
nand VII la cession de cette' partié espagnole,
puisqu'une expédition: projetée de" la" part' de
S. M. Charles X auroit eu pour résultat infaillible, quant à TEspagne; de contribuer puis-
'samment alui garantir' la' conservation delile de
Caba, la'plus grande des Antilles, et de PortoRicco, autre colonie de' beaucoup'
l'une et' l'autre menacées
d'impbrtance, >
'sans cesse parle voisinage des indépendants de Saint-Domingue, Sup-
,
puisqu'une expédition: projetée de" la" part' de
S. M. Charles X auroit eu pour résultat infaillible, quant à TEspagne; de contribuer puis-
'samment alui garantir' la' conservation delile de
Caba, la'plus grande des Antilles, et de PortoRicco, autre colonie de' beaucoup'
l'une et' l'autre menacées
d'impbrtance, >
'sans cesse parle voisinage des indépendants de Saint-Domingue, Sup- --- Page 45 ---
la cession dont il s'agit nous eût
posons donc que
bien même elle ne Teût élé
été accordéc., 71 quand
ulté1 sous la condition d'une rétrocession
que
de SaincDominguedese
Henreralonfespéhitiol mllemcnt liasardeuse.
noitextrémement facile et
dans les enL'armée française pouvoit débarquer presqu'ile de
dans.Ja
virons de Santo-Domingo,
à l'extrémité
Samana, et sur d'autres points,
fort éloipoints.
orientale de la partie espaguole, division de cetle
gnés de.la partie française. Une
sur une division de l'escadre,
armée pouvoit, immédiatement telle, ou telle ville
aller attaquer
la prendre et s'y établir.
de la partic. française, falloit
avec, proAu.méme instant il
répaudre lelansage, écrite dans.
fusion une] proclamation
l'oubli du, passé,
gage: des Bourbons, promettant
à tout nègre.
garantissant sur la, parole royale;
la lirentreroit dans le devoir,
ou mulâtre qui
la confirmation de son
berté, s'il étoit né esclaye,
militaire, etc. L'effet d'une telleiproclamagrade
des forces de terre: et de
tion, joint à l'appareil
le
auroit été, de faire éclater sur-le-champ
mer,
entre les nègres ou hommes de coumésaccord.
de réfléchir au bien-être qu'ils
leur capables
notre domination, et
trouveroient à rentrer sous
l'antorité du roi.
ceux qui voudroient braver" Ferdinand de BerCommel Je disoit M. le comte.
dans la séance du 8 de ce mois, on pent
thier, --- Page 46 ---
être assuré que plus de 500,000 hommes,
dire les deux tiers de la
c'est-àpopnlation, se seroient
prononcés pour nous, et
facilités
nosaurionserdegnade
pour nous mettre en possession successivement de toutes les villes et forteresses.
pendant une croisière de bâtiments
Ceété établie autour de l'ile
légers auroit
état de
entière, déclarée en
blocus, pour ôter aux révoltés
rants toute possibilité. de recevoir du persévévivres et des munitions.
dehors des
doute
Nous ne faisons aucun
que, par ce moyer-et par des mouvements
militaires bien combinés, on ne les eût
forcés de capituler à des conditions
bientôt
l'exception
douces, et à.
peut-être de quelques
se fussent réfugiés dans les
centaines. qui
mornesi inaccessilles,
pour y vivre en sauvages, comme on
tout temps à la
en a vu de
Jamaique, au- sommet des montagnes Bleues.
Saint-Domingue une fois rentrée ainsi sous la
puissance de S. M. Charles X, il falloit
les offres de la
accepter
compagnie-dont nous avons:
quant aux moyens d'y relever les
parlé,
et quant à ceux d'y cultiver les manufactures;
terres, il falloit
prendre pour exemple ce que firent les
de la Guadeloupe
habitants
de la
pendant presque tout le temps
révolution, après le décret qui abolissoit
l'esclavage. Les nègres de la Guadeloupe demenrèrent attachés anx
habitations, non comme es-.
, il falloit
les offres de la
accepter
compagnie-dont nous avons:
quant aux moyens d'y relever les
parlé,
et quant à ceux d'y cultiver les manufactures;
terres, il falloit
prendre pour exemple ce que firent les
de la Guadeloupe
habitants
de la
pendant presque tout le temps
révolution, après le décret qui abolissoit
l'esclavage. Les nègres de la Guadeloupe demenrèrent attachés anx
habitations, non comme es-. --- Page 47 ---
ouvriets volontaires : une
claves, mais comme
travail leur étoit donnée
partie du produit de leur
usage,
à titre de solde; et encore, suivantl'ancien les
étoient secourus dans leurs besoins par proils
dans leurs maladies. Une
priétaires, et soignés
à la philan:
telle condition n'a rien de contraire
tropie. Un tel résultat de T'expédition assuroit pour
la tranquillité des Antilles: :
bien long-temps n'étoit plus; au milieu des
Saint-1 Dominguecomme
autresiles, comme un foyer de désordres,
volcan
à vomir au loin la L
le cratère d'un
prêt
Nous jouissions en paix 7
lave d'une éruption!
des
de l'Europe,
ainsi que les autres puissances
nous laisse encore le changement
ressources que
colonial. L'Amérique
survenu dans le système
troncontinentale étoit intéressée à ne pas nous
qui lui assuroit à ellebler dans cette jouissance
d'alarmes sur le
même une existence exempte
soit
maintienné
compte de ses esclaves,
qu'elleles
adoncir
, soitqu'elle en vienneà
en étatd'esclavage,
graduellement leur- condition.
TROISIÈME ARTICLE. - Du 30 mars 1826.
La Chambre des Députés vient d'adopter le
la
de l'inprojet de loi concernant
répartition
avril
l'ordonnance du 17
demnité stipulée par
colons de Saint
1825, en faveur des anciens --- Page 48 ---
Dominguc; elle vient de l'adopter
fester autrement
sans manique par l'autorité. de la raison,
l'improbation qui,selon nous, devoit
de la marche
faire justice
inconstitutionnelle suivie
ministère sous. la responsabilité
par le
cette ordonnance du
duquel futrendue
France,
17 avril, et préserver la
pour les temps à venir, d'un
excès
semblable
de.ponuvoir. :
C'est le 20 mars 1826
DN
conseil des
que M. le président du
ministres vient d'obtenir ce nouveau
triomphe de, ses sophismes et de ses fausses
ceptions Kingt mars - jour
conNe suffit-il. pas d'une
de-malheur
telle * rencontre 1 de dates
pour faire présager tout ce que la mesure
été prise à.l'égard de
qui a
trainer de funestes Saint-Domingne pent, CllAh ! du moins conséquences Ret
trouvons un;
notre pays ne reste pas,a
moyen pour que
volonté d'un
jamais asservi sous la
ministère inhabile ou
tionné! ce
mal-intenChambre, moyen ne dépend * plus que de la
des, Pairs, et le seul que les nobles
puissent convenablement
pairs
le pensons, de
employer, seroit, nous
de loi
n'adopter, à leur tour, le
sur l'indemnité,
projet
duit il'article
qu'après y avoir introChambre
additionnel quil a été rejeté à la
des
( Im
Députis,artielecongue en ces termes:
présente loi ne pourra préjudicier, à l'aveniret dans aucun cas 5 au-j principef fondamental
et le seul que les nobles
puissent convenablement
pairs
le pensons, de
employer, seroit, nous
de loi
n'adopter, à leur tour, le
sur l'indemnité,
projet
duit il'article
qu'après y avoir introChambre
additionnel quil a été rejeté à la
des
( Im
Députis,artielecongue en ces termes:
présente loi ne pourra préjudicier, à l'aveniret dans aucun cas 5 au-j principef fondamental --- Page 49 ---
du territoire français, autréde l'inaliénabilité
des Chambres." onid
ment que par le concours observer que cet article
osl M: de Villèle a fait a-t-ilidit;l les iministres
étoit inutile; parce que, S. M.la mesure qui fait
du Roi, en proposant à
n'onti pas
de l'ordonnance du 1:7 avril;
le sujet
d'établir un antécédent dont on
eu l'intention
des prinpat abuser par la suite; au préjudice constifondamentaux-de notre monarchier
cipes
pas ici de rechercher
tutionnelle. I1 me"s s'agit
Fintention des ministres; ils'agitde
quelle a'élé
d'ania antécédent : qui existera
prévoir le danger
Y'article dont
de fait; et la meilleure preuve que c'est le soin' que
n'est pas inutile,
nous parlons
de lc faire rejeter:
M. de Villèle a pris
à la Chambre
:
Adressons-nous doncaujourdhui
demaudonslui; au nom de laFrance
des Pairs;
de notre avenir; espérons
alarmée, une garantie
quis'y, trouvent
queles véritables hommesd'Etat, dans l'autre Chambre,
en plus grand nombre que
d'ailleurs,nous
sauront mieux nous entendre-Là, calchlée d'an'avons pas à craindre une majorité Chambre,
vance parles
amnbsrevgui-damathseved
et n'ont pas mauqué de-dire; suivant
pouvoient
M. Corbière : C Sur trois
la naive expression-de
deux cent
cent quinze votants 3 nous en comptons i nous, s
quaratite-c cinq qui sont nécessairement la main
par les raisons que chacun sairyreridont
ous
sauront mieux nous entendre-Là, calchlée d'an'avons pas à craindre une majorité Chambre,
vance parles
amnbsrevgui-damathseved
et n'ont pas mauqué de-dire; suivant
pouvoient
M. Corbière : C Sur trois
la naive expression-de
deux cent
cent quinze votants 3 nous en comptons i nous, s
quaratite-c cinq qui sont nécessairement la main
par les raisons que chacun sairyreridont --- Page 50 ---
docile lâche, au
blanche
signal accoutunié, - la
ou la boule
boule
noire. >)
térielle ne sauroit
L'influence minisoà est
atcindreàl@léatiour,
placée la Chambre des
politique
français, l'honneur
Pairs : Phonneur
voilà les
du trône, l'intérêt de
seules considérations
l'Etai,
valoir!
qui puissent y préC'est avec un aussi. puissant motif de
que nous. allons.continuer
confiance
d'attaque
l'exposé de nos
contre l'ordonnance
moyens
1825, considérée
royale du 17 avril
sabilité
sous le rapport de la
des ministres quil'ont
responsignée.
proposée et contreDéjà nous avons démontré,
cipes du droit public,
d'après les prinque Tindépendance de
Saint-Domingue ne pouvoit être
le concours des
proclamée sans
leur ratification. Chambres, 9 ou du moins sans
feuille
Resserrés dans les limites d'une
quotidienne, nous nous étions
sur. ce premier point; mais
peu étendu
des raisons décisives
nous avions donné
grande force de
qui, depuis, ont acquis une
conviction parles
qu'elles ont reçus à la tribune del développements la Chambre
Députés. Il nous. est permis de
des
doute, d'avoir pris l'initiative nous féliciter, sans
de si hauteimportance,
sur une question
opinion confirmée
lorsque nous voyons notre
par les mémorables discours :
qui onl élé prononcés. --- Page 51 ---
second lieu, nous avons fait voir que la
En
de SaintDomingue
déclaration del l'indépendance
pour la France, ni justiliée
u'étoit ni honorable
par la nécessité.
troisième question :
Voici maintenant notre
de
seront les résultats de l'indépendance
a Quels
Saint-Domingue?
S'ilfauts'en rapporteràl la sagesse,a auxlumières
de M. le président du conseil
ct à la prévoyance
nous
des ministres, ces résultats ne peuvent que
sous quelque point de vue
être très-avantageux,
qu'on veuille les examiner.
de
Malheureusement nous ne manquons pas
surl lesquelles il faudra poursérieuses oljections,
dans le cours dcs détant que S. Exc. s'explique Chambre des Pairs.
bats qui s'éleveront à la
Première Objection.
de
M. dc Villèle a dit que l'indépendance
assure la tranquillité des autres
Saint-Domingue
Notre article du
oolonies qui nous restent.
réfuté
13 mars nous semble avoir suffisamment de faux'
Pnissions-nons n'être que
cette assertion.
nous soutenons, au contraire,
prophètes, 2 lorsque
rend inl'indépendance de Saint-Domingue
que
colonies Mais
faillible la ruine de nos autres
et
seroit-il autrement? Les nègres
comment en
que l'indépendance
assure la tranquillité des autres
Saint-Domingue
Notre article du
oolonies qui nous restent.
réfuté
13 mars nous semble avoir suffisamment de faux'
Pnissions-nons n'être que
cette assertion.
nous soutenons, au contraire,
prophètes, 2 lorsque
rend inl'indépendance de Saint-Domingue
que
colonies Mais
faillible la ruine de nos autres
et
seroit-il autrement? Les nègres
comment en --- Page 52 ---
mulàures de la Martinique; de la
et de Cayenne ne voient-ils
Guadeloupe
de ceux de
pas que la révolte
Saint-Domingue a fini par procurerà.
ceux-cil l'indépendance? Un tel exemplen'éoit-il
pas le plus sûr véhicule pour les
mêmes à la révolte?. -
pousser euxM. de Villèle,
Rassurez-vons, dit encore
nous venons de renforcer les
nisons des îles pour lesquelles vous
garmontrez tant
d'inquiétude.
Nous
répondons : Mais vous:
avez donc vu comme nous le danger? Et si
convenez que ce danger n'est
vous
pas une chimère,
croyez- vous que vos précautions seront toujours.
eflicaces? Croyez-vous qu'elles
du
et
déruirontlegerme
mal, qu'elles garantiront les colons de ce
découragement dont nous avons fait pressentir les
tristes effets ?
Deuzième Objection.
A entendre M. de Villèle,
l'indépendance de
Saint-Domingue doit être
notre
tres-avantageuse pour
commerce extérieur, en ce qu'elle lui
cure un débouché considérable des
pronotre sol et de nos manufactures. produits de
Hélas! nous prévoyons bien plutôt
sera de cette
qu'il en
promesse comme des espérances
M. de Villèle présentoit
que
aux Chambres pour --- Page 53 ---
de loi sur la conversion
faire adopter soIl projet
Les spéculations sur le, trois pourr
des rentes!
et
devoient enrichir tous les capitalistes,
cent
eux-mêmes : elles ont ruiné tout le
les convertis
cosmomonde, excepté peut-être les banquiers
le conseil privé de M. de
polites qui composent
Villèle !
assurer que les négociants.
Oui, nous pouvons
commerce avec
français ne gagneront pas plus au
de
Ja république d'Haiti, que Jes.. capitalistes
sur le trois
Paris n'ont gagné aux spéculations
cent. Nous leur avons déjà démontré, par
pour
notre article du 13 mars, que Saint-Domingne,
état
n'offre que peu de resdans son
actuel,
sources soit sous le rapport de la consommation
,
faire des produits de notre sol et de
qui peut s'y
le
des. dennos manufactures, > soit sous rapport
rées à en exporter, soit sous celui des paiements
en argent. 35311 3:11
les indéAllons plus loin, et soutenons que
de Saint - Domingue, fussent - ils des
pendants
encoreles anciens colons, dans
blancs, fussent-ils
notre çommerce avec eux
toute leuraprospérité,
n'en auroit pas plus d'avantage pour nons,d'après
l'ordonnance du 17 avril 1825. Sur ce point,
à . l'attention de nos
nous nous recommandons
d'Etat. 1
lecleurs, négociants ou hommes
L'ordonnance du 17 avril, accorde l'iudépen-
ils des
pendants
encoreles anciens colons, dans
blancs, fussent-ils
notre çommerce avec eux
toute leuraprospérité,
n'en auroit pas plus d'avantage pour nons,d'après
l'ordonnance du 17 avril 1825. Sur ce point,
à . l'attention de nos
nous nous recommandons
d'Etat. 1
lecleurs, négociants ou hommes
L'ordonnance du 17 avril, accorde l'iudépen- --- Page 54 ---
dance aux habitants actuels
sous la
deSaint-Domingue,
condition que les ports de cetle ile
ront ouverts à toutes les nations, mais
segaisons
que les carapportées par des navires
paieront que la moitié des droits français ne
quels seront soumises les
d'entrée auxcargaisons des navires
étrangers. Parexemple, telle nature de marchandise payera 6 P. 100 du prix de facture, si ellc
est apportée par des navires étrangers; la méme.
nature de marchandise, venue sur bâtiment
français, ne payera que 3 p. 10O. Que résulterat-il de la?
D'un côté, cette mesure n'empéchera
étrangers d'envoyer à
pas les
Saint-Domingue toutes les
marchandises qu'ils pourront y vendre à plus bas
prix que nous, malgré la différence du droit
d'entrée.
D'un autre côté, les indépendants de SaintDomingue n'acheteront certainement
les
marchandises qui leur seront laissées que
bas prix
au plus
possible, et celles qui ne pourront soutenir la concurrence resteront invendues.
Or, nos négociants et nos hommes d'Etat
n'ignorent pas que, de tout temps, Ja concurrence avec les étrangers, pour le commerce des
colonies, nous a fait perdre les avantages de ce
commerce. Voilà pourquoi,
sédons des
depuis que nous poscolonies, les ordonnances de nos rois
certainement
les
marchandises qui leur seront laissées que
bas prix
au plus
possible, et celles qui ne pourront soutenir la concurrence resteront invendues.
Or, nos négociants et nos hommes d'Etat
n'ignorent pas que, de tout temps, Ja concurrence avec les étrangers, pour le commerce des
colonies, nous a fait perdre les avantages de ce
commerce. Voilà pourquoi,
sédons des
depuis que nous poscolonies, les ordonnances de nos rois --- Page 55 ---
et la correspondance de leurs ministres
jours prescrit aux
ont toudes marchandises gouverneurs la. prohibition
le Recueil des étrangères. (On peut consulter
lois de
Moreau de St.
Saint-Domingue, par
Méry, et le Code de la Martinique.) Pour ne parler que du temps
l'expérience la plus récente,
présent,
restauration', nous démontre acquise depuis la
que les Anglais, les
Anglo-Américains, les Danois, les Suédois
Hollandais donnent à
et les
toutes
Saint-Domingue
les marchandises
presque
ter, pour des
que nous pouvons y porprix qui sont de 15à5 50 cent
dessous de nos prix. Le détail de
P.
autration nous meneroit
cette démonstrop loin; bornons-nous à
indiquer un article tout-à-fait
dans un
spécial, inséré
les
ouvrage périodique que nous avons sous
yeux (Annales maritimes et
née 1820, cahier no
coloniales, anvantes). M. le
2 et 5, page 149 et suiministre de la marine, sous les
auspices duquel se publie cet
peut-être inutilenent
ouvrage, en a
aidé la
M. le président du conseil.
prévoyance: de
Ainsi, d'après ce que nous venons de
comment veut-on que les
dire,
même avec une légère
négociants français,
d'entrée,
bonification sur les droits
soutiennent à
currence des
Saint-Domingue la conétrangers? Ils ne
dre leurs cargaisons
pourroient y venavec quelque bénifice,quau
--- Page 56 ---
moyen d'un commerce exclusif, que ne souffriroient pas les autres puissances, dans l'étatactuel
des choses, et auquel; d'ailleurs, Jes indépendants de cette ile n'auroient pas voulu se soumettre. Les négociants frauçais ne feront donc
point d'expéditions pour
Saint-Domingue; ou
bien, s'ils se hasardent à en courir les chances,
ils ne tarderont point à se repentir d'avoir
l'illusion de M. de Villèle,
partagé
comme les
teurs
de la bourse de Paris gémissent
spéculaaujourd'hui
des'être laissé prendre à Tappat du trois
pourcent,
malgréles
dans.
--ri
le temps, avec tant d'autres écrivains de
l'opposition.
Troisième oljection.
Beaucoup de cargaisons à transporter; dit
encore M.de Villèle; par conséquent,
de mouvement dans nos ports,
beaucoup de
beauconp navires qui trouveront du fret, beaucoup de matelots qui gagneront leur vie : donc, avantage immense pour notre marine!
Sia nous avons raisonné juste à l'égard des cargaisous, que devient cet avantage promis à notre
marine? Après un très-petit nombre de
voyages
infructueux, les navires seront désarmés, les
matelots seront congédiés, les ouvriers de nos
.de Villèle; par conséquent,
de mouvement dans nos ports,
beaucoup de
beauconp navires qui trouveront du fret, beaucoup de matelots qui gagneront leur vie : donc, avantage immense pour notre marine!
Sia nous avons raisonné juste à l'égard des cargaisous, que devient cet avantage promis à notre
marine? Après un très-petit nombre de
voyages
infructueux, les navires seront désarmés, les
matelots seront congédiés, les ouvriers de nos --- Page 57 ---
ports n'auront plus d'ouvragel...
maritime des Français
Le commérce
quelqueantre voie? La parviendra-fa à s'ouvrir
nous autorise à
politique de M. de Villèle
n'a
répondre : Non... cette
que trop. bien secondé le
politique
ment universel du
système d'envahisse.
dance de toutes les commerce colonies anglais. L'indépennentale, favorisée
de l'Amérique contipar T'Angleterre,
colonies, à nôtre égard, dans la
place ces
que
même situation
bien Saint-Domingue : nos cargaisons
y dureadmisess mais nous
pourront
redoutable concurrence
y trouverons cette
tirer profit. Dans les qui nous empéchera d'en
Echelles du Levant, la GrndesIndes, dans les
tions secrètes
domination ou les négociaplus que des delAngleterre ne nous laissent non
à ce tablean la ressources presque nulles. Ajontons
perspective
peu de colonies qui
del'anéantisement du
maintenant s'il
nous restent, et demandons
y a là
notre marine?
quelque avantage pour
Quelle différence si le
se fàt décidé à reprendre Gouvernement français
mingue par la force des possession de Saint-Dopris sa restanration!.. armes, et s'il eût entrelong-temps l'emploi Alors on eit assuré pour
timents
d'un grand nombre de bâmarchands; et l'activité
marine militaire,
donnée à notre
pard'imposantes par de fréquentes missions,
stations dans des ports à
nous,
4. --- Page 58 ---
n'eàt pas manqué de rendre à notre
.
pavillon une
partic au moins de son ancien lustre:
Quatrième oljection.
M. de Villèle a fait beaucoup de bruit de la
nomination d'une foule d'agents diplomatiques,
consuls, vice - consuls, chanceliers, etc., qui
viennent d'être accrédités auprès de la république d'Haiti, . et qui déjà sont rendus à leur destination.
Ce résultat, nécessaire sans contredit, de l'indépendance de Saint-Domingue, aura-t-il aussi
quelque chose d'avantageux, soit pour la France,
soit du moins pour les diplomates français
ont obtenu T'honneur de ces nominations? qui
Ici, noussommes tentés décroire que M.de Villèle n'a jamais eu , ou bien qu'il a perdu le sentiment de certaines convenances qui vont se trouver grièvement blessées dans la position où il
place les employés dont nous parlons : car ce
sentiment seul devoit suflire, suivant nous,
lui faire rejeter la malheureuse pensée de pour
noître
reconl'indépendance de Saint-Domingue.
Nous pourrions laisser deviner les observations
que nous avons à faire sur la position très-embarrassante où vontêtre nos agents diplomatiques,
accrédités près de la république d'Haiti; mais
du le sentiment de certaines convenances qui vont se trouver grièvement blessées dans la position où il
place les employés dont nous parlons : car ce
sentiment seul devoit suflire, suivant nous,
lui faire rejeter la malheureuse pensée de pour
noître
reconl'indépendance de Saint-Domingue.
Nous pourrions laisser deviner les observations
que nous avons à faire sur la position très-embarrassante où vontêtre nos agents diplomatiques,
accrédités près de la république d'Haiti; mais --- Page 59 ---
M. de Villèle ne devine rien; expliquons-nous, I
donc, et forçons-le de nous comprendre.
Les habitants actuels de Saint-Domingue,
du sol, cn vertu de l'ordonlcs propriétaires
des nègres et
nance du 17 avril, ne sont plus que
mulâtres. Toutes les autorités civiles et milides
sont composées de cette
taires de la république
d'hommes. Nos missionnaires diplomaespèce
des
des Français, compatriotes
tiques sont
blancs,
violemment
des anciens colons massacrés ou
Nous aimons à nous persuader qu'on
expulsés.
choisis parmi ce qui nous reste de
ne les a point
dont la plupart
vieux' révolutionnaires,
Ont su se faire un front qui ne rougit jamais#
Eh bien! qu'on se figure cC qu'ils auront à
d'humiliations et de désagrémens de tout
souffrir
dans un tel pays, dans leurs rapporisjourgenre,
naliers et indispensables avec un Gouvernement
les regardera toujours comme suspects, 2 qui
qui
et
dans les céfera épier leurs démarches, qui,
affectera de compromettre
rémonies publiques,
dès à
leur caractère ! Nous pouvons en juger
préce
nous
il y a quelques
sent par que
rapportions, dansla ville des Cayes
jours, de la réception faite,
sieur
du sud de Saint-Domingue), 5 à un
( partie
de consul
Raguenau qui y débarquoit en qualité --- Page 60 ---
54 *
français, et qui s'est trouvé sans doute
nécessité de tenir un langage
dans la
toujours de la
à
auquel nous aurons
roît
peine nous habituer. Il nous
malheureux dans ses
paguenau. Nous le
missions, ce sieur Rafraterniserà
voyons actuellement obligé de
Saint-Domingue avec des nègres républicains ; nous l'avons vu, pendant nombre
d'annécs, subir, près d'une puissance
que,les avanies du plus vil
barbaresMais ces
despotisme !
agents que nous venons d'envoyer à
Saint-Domingue, sont-ils mariés? ont-ils
fants ? ont-ils emmené
des enleurs filles
avec eux leurs femmes et
Combien alors nous les
davantage Il faudra
plaindrions
dames et demoiselles
nécessairement que ces
relations de
françaises entretiennent des
société avec les dames du
tout avec les femmes des
pays, surdans ces relations, elles principaux chefs. Si,
leur donnera
prennent l'attitude que
naturellement la
leur éducation et de leur
supériorité de
usage du monde, elles
exposeront leurs maris et leurs pères à mille
tions qui ne leur seront
vexamêmes. Si,
pas épargnées à ellesau contraire, elles se.
pour. rester au-dessous d'une
contraignent
de Marmelade
ci-devant duchesse
ou d'une ci-devant comtesse de
Limonade, dans ce cas, quel
de
ter
moyen
toujours une telle contrainte?..
suppormaintenant qu'un chef,
Supposons
nègre ou mulâtre, de-
maris et leurs pères à mille
tions qui ne leur seront
vexamêmes. Si,
pas épargnées à ellesau contraire, elles se.
pour. rester au-dessous d'une
contraignent
de Marmelade
ci-devant duchesse
ou d'une ci-devant comtesse de
Limonade, dans ce cas, quel
de
ter
moyen
toujours une telle contrainte?..
suppormaintenant qu'un chef,
Supposons
nègre ou mulâtre, de- --- Page 61 ---
e
/
la fille d'un consul français :
mande en mariage
Unirel'infortuné père 2 Refusera-t-il?.
que-fera
attirer de grands malheurs sur lui
fus pourroit
abandomera-bil.sa
cl sur sa famille. Fuira-til?
la
place et son état ? Il-n'en aura peut-êure pas
Consentira-til au mélange de son sang
possibilité.
avec le sang africain
sont tous célibataires 9
Etsi ces agents français
contracteront-ils des alliances avec la population
où leurs fonctions les forcent de résidu pays
nos
der? Oublieront-ils les sages ordonnancesde
défendoient ces sortes deanariages? Ils
rois, qui
le frein d'aueune loi-noune seront retenus par
E de quelque
velle; ils s'autoriseront peut-étre
récent ; ils reviendront en Francc,. au
exemple
années, répandre. dans la capibout de quelques
les
le sang méléd'une
tale et dans
départements altérera de plus en
génération qui, à son tour,
plus la pureté de la race des blancs:. 3 9) h 112,
M. de Villèle doit nous avoir
Cen est assez;
compris. * E 1E nf olel 1e 199k
teoh
sur ce point. Nous
Un.dernier mot pourtant
des-humiliavoulons dire quindépendammeint
tions et: des autres inconvénients; graves que. nous
et
venons designalery nos agents diplomatiques
oseront. s'établir à Sainttous les Français aquir
courtiers de
Domingue, comme marchands ou 1
deDamo-"
commerce, y.auront sans cosse.l'épée, --- Page 62 ---
clès sur la tête; c'est-à-dire,
chaqueinstant d'être
qu'ils risqueront à
égorgés dans un mouvement
insurrectionnel. Et plus leur nombre
tera, plus la catastrophe deviendra s'augmenla méfiance à leur égard
probable; car
même
s'augmentera dans la
proportion.
Cinquième objection.
Enfin, il est un autre
devons prévoir
rapport sous lequel nous
que l'indépendance de Saint-Domingue ne peut avoir, pour la France,
fâcheux résultat.
qu'un
M. de Villèle, en présentant à la
des Députés, le II février
Chambre
loi sur la
dernier, son' projet de
répartition de l'indemnité
faveur des anciens
stipulée en
colons, a dit ce
c Lorsque le traité de
qui suit :
Paris, du 30 mars
stipula la restitution
1814,
deplusicurs de nosanciennes
colonies de la part des puissances qui les
doient, rien de semblable
possél'égard de
ne put être conclu à
Saint-Domingue,
n'étoit
voir d'aucune de
qui
au pou-
> connurent
ces puissances; mais C elles reau Roi le droit de
>> autorité lcs habitants de
ramener sous son
cctte
2 par la voie des armes;
colonie, même
; un
> par elles
engagement fut pris
den'y pas mettre obstacle, etc. >)
Nous avions donc le droit bien reconnu de
re-
de semblable
possél'égard de
ne put être conclu à
Saint-Domingue,
n'étoit
voir d'aucune de
qui
au pou-
> connurent
ces puissances; mais C elles reau Roi le droit de
>> autorité lcs habitants de
ramener sous son
cctte
2 par la voie des armes;
colonie, même
; un
> par elles
engagement fut pris
den'y pas mettre obstacle, etc. >)
Nous avions donc le droit bien reconnu de
re- --- Page 63 ---
possession de Saint-Domingue; nous
prendre
aucun obstacle
avions la certitude de n'éprouver
fait?
de la part de TAngleterre... Qu'avons-nous
Nous avons laissé onze années S écouler, sans user
de ce droit. Par cette blâmable temporisation, par
n'exiscet aveu tacite d'une foiblesse qui pourtant
loit que dans le coeurde nos ministres, housavons
ranimé l'audace des révoltés; et ceux-cin'ont pas
Pinsurrection dans d'autres
craint de fomenter
colonies : de là plusieurs complots à la Jamaique,
à la Barbabe etailleurs. Ces complots ont reçu un
commencement d'cxécution ; mais heurensement
laigonvemeursanglaibs ssont] tparvenusileadoufer
S'il en ctt été autrement; si, par exemple,1 la
Jamaique fit devenue à son tour le thétre.du
massacre et de l'incendie, croit-on que l'Angleterre n'eût pas voulu nous rendre responsablos
d'un tel désastre' ? Le Gouvernement britannique
n'eût
de nous dire : C Nous étions
pas manqué
liés par le traité de Paris; à vous seuls appartenoitle droit de soumettre Saint-Domingue par la
force des armes, et de l'empécher de comprola sûreté des colonies d'amettre plus long-temps
lentour : vous nous devez satisfaction et dédomne l'avoir pas fait." > Souvent il
magement pour
n'a fallu qu'un motifleaucoup moins grave pour
une déclaration de guerre. --- Page 64 ---
Voiià ce qui auroit pu arriver,
nant ce que nous voyons dans
Voici mainteNous avons renoncé. à
l'avenir:
netésur
notre droit de souveraimais
Saint-Domingues, X cette ile reste désorindépendante, Eh bien ! le.s
n'en subsiste
sujet d'alarme
colonies des pas moins pour toutes les autres
Antilles; nous
et nous l'avons déjà
pouvons même dire,
prouvé,
celte indépendance
que l'exemple de
plots continueront. augmente] le péril, Les comle Gouvernement Quel parti doit prendre. alors
ses
colonics? A la britannique pour la sûrcté de
qui s'y
première tentative. de révolte
manifestera, ce Gouvernement
déelarera
Saint-Domingue en état de
dira toutes relations
blocus, et nous intersi cela lui
avec elle; peut-être même,
convient, il lui fera la
emparera comme en
guerre, et s'en
1795: alors il vouloit
emparer pour la conserver à la
s'en
d'hui ce sera
Frances aujourpour son propre
Nousréerierone-nouse
compte.
D
stireté? C Vousavez contre une scllemesurede
lesi ministres de
grand tort, nous répondront
S.M.
rendre
britanniquezil vousa plude
Saint-Domingue
mélezdonepluad
indépendante; ; ne vous
vous
sdecoquilareganis,
nous avez déliés des
Quantà nous,
parl le traité de Paris
engagements contractés
: cette république noire nous
déplaisoit et nous
en
inquiétoit; nous l'avons traitéc
pays ennemi, et nous la possédons
aujourd'hui
grand tort, nous répondront
S.M.
rendre
britanniquezil vousa plude
Saint-Domingue
mélezdonepluad
indépendante; ; ne vous
vous
sdecoquilareganis,
nous avez déliés des
Quantà nous,
parl le traité de Paris
engagements contractés
: cette république noire nous
déplaisoit et nous
en
inquiétoit; nous l'avons traitéc
pays ennemi, et nous la possédons
aujourd'hui --- Page 65 ---
droit de conquête. D Déclarerons - nous la
par
Il valoit cent fois
guerre à S. M. britanniqne?..
micuxl la déclarer aux révoltés de Saint-Domingue,
éviter d'étre ainsi dupes de la politique de
pour
M. Canning!.
Une. chose actuellement évidente pour quiréfléchira, c'est.que le projet, mis. à
conque y.
T'ordonnance du 17.avril, nous
exécution par.
seul
vient de Londres. M. Canning a pu
imagide sortir de la géne où le tenoit le
ner ce moyen
de Sainttraitéde Paris. L'idée de l'indépendance
sort de la même source que celle del la
Domingue
que M.de Villèle,
réduction des rentes. Ajoutons
n'a pas,su en prévoir les conséquences 2 s'est
qui
décidéàla proposer comme sienne,
probablement étoit bien aise de donner un gage de
parce, qu'il
dont le parti applaudit à
sa faveur aux libéraux,
la déclaration de l'indépendance de Saint-Doau fond,iet né la blâme.que: sous
mingue, quant
le rapportde la forme.
te Telles sont. nos observations sur les résultats
doitavoir cette mesure. En les publiant, nous
que
flatter
M. de Villèle
ne pouvons guère nous
que.
répondearticle par article; jamais il nes s'engage
y le terrain d'un combat sérieux. Comment asur
dans la séance du 9 mars, au dist-il répondu,
fort
cours de M. le comte de La Bourdonnaye,si
tirés de, l'histoire?
de doctrines et d'exemples --- Page 66 ---
te Défendez donc T'honneur, la
du pays; faites de la
sûreté, l'intérêt
diplomatic, de la
extérieure, avec de semblables
politique
Il nous semble
théories!
queles théories de MM. de La
Bourdonnaye, de
Agier,
Berthier, Hyde de Neuville,
etc., etc., etles nôtres même, valent
que la pratique de M. de Villèle
mieux
fois, nous en
! Encore une
appelons à la Chambre des Pairs.
QUATRIÈME ARTICLE,
Du 15 avril 1826,
Nous terminerons notre discussion
nance du 17 avril
sur l'ordon1825, et sur le
de
en est la suite,
projet loi qui
par l'examen de cette
question: C. A-t-on fait, à l'égard
quatrième
de
desanciense colons
Saint-Domingue, ce qu'exigeaient la
le respect pour le droit sacré de
justiceet
Question peut-être plus digne propriété?
précédentes, d'exciter
encore que les
l'intérêt de nos
car les malheurs affreux
lecteurs;
tant d'années les colons qui accablent depuis
de
commandent leur
Saint-Domingue, recause à la sollicitude et à la
commisération de tous les coeurs français!
Voyons d'abord si l'on a voulu être
ver's ces infortunés colons.
juste enPour montrer l'intention
il pas fallu les consulter
d'étrejuste, n'auroit-,
avant de traiter avec leurs
spoliateurs, ets'assurer s'ils consentiroient
au sa-
tant d'années les colons qui accablent depuis
de
commandent leur
Saint-Domingue, recause à la sollicitude et à la
commisération de tous les coeurs français!
Voyons d'abord si l'on a voulu être
ver's ces infortunés colons.
juste enPour montrer l'intention
il pas fallu les consulter
d'étrejuste, n'auroit-,
avant de traiter avec leurs
spoliateurs, ets'assurer s'ils consentiroient
au sa- --- Page 67 ---
G1
vonloit leur imposer? N'aucrifice énorme qu'on
fallu appcler les plus mamquantsd'eaiye
roit-il pas
M. de Villèle, pour
eux à ce comité formé par
arbitrairement de leurs propriétés..
disposer
délibéré et arrêlé à leur insu.
Or, tout a été
consuliés;
Non-sculement on ne les a point
lorsque, avertis par la clameur pumais encore,
confiée à M. de
des résultats de la mission
blique
devoir faire des représentaMakau, ils ont cru
Nous avons
tions, on n'en a tenu aucun compte. imprimé de la
entre les mains un exemplaire la Chambre des
qu'ils ont adressée à
de
pétition
il n'ya pàs même eu
Députés, 2 et sur laquelle
M. de Villèle,
rapport; et il est bien certain que à la tribune
dans les discours qu'il a prononeés articulé un
de la Chambre des Députés, n'a pas
les plaintes et sur les réclamations
seul mot sur
des colons.
les a ni consultés, ni
Non-seulement on ne
d'émais encore on a cherché, par
écoutés;
à faire entendre que,
tranges récriminations,
dans le malheur,
s'ils sont aujourd'hui plongés
dont
subir le châtiment des cruautés
c'est pour
dans le temps de leur
ils se rendirent coupables
croiroit? ces récribonne fortune Et, quile
de lui,
viennent de M. de Villèle,
minations
habité une colonie française 3
qui a long-temps
d'un colon, qui
été géreur de la propriété
quia --- Page 68 ---
a fait travailler les nègres
micux
osclaves, et qui sait
que personne à quoi s'en tenir sur les déclamations philosophiques des
goire Cen n'est
Raynal et des Gré
pas sans une extrême
que nous avons lu ce passage du discours surprise
M. de Villèle, inséré dans le
de
1O mars : c Tel est le triste résultat Moniteur du
des discordes
intestines, que les violences appellent les violences; les deux partis aux' priscs en sont bientôt
à n'avoir plus rien à reprocher dont ils
sent être accusés à leur tour. Ge n'est ne puispas'à
àz rappeler - le détail des horreurs dont
nous
mingue fut le thédtreà diverses
Saint-Doépoques! elc.>
Que signific donc ce langage?
- 13
M. de Villele a-t-il voulu parler du
sous lequel vivoient, avant la révolution, régime
, les nègres esclaves, de ce régime snccessivement établi
et perfectionné par les édits de nos rois? Dans ce
cas, nous pourrions lui demander"s'il juge des
traitements que les habitants de Saint-Domingue
exerçoient envers leurs- nègres, par ceux que l'on
put faire subir aux nègres de l'ile de
si, au contraire, il
Bouthon; et
pense que les' habitants de
Saint-Domingue avoient moins d'humanité
ceuxd'und autre colonie, nous lui dirons qu'ilse que
trompe; nous le lui dirons en connoissance de
cause,' nons qui visitâmes C
à
une
Saint-Domingue
époque où lc sage régime du Code noir y
ient envers leurs- nègres, par ceux que l'on
put faire subir aux nègres de l'ile de
si, au contraire, il
Bouthon; et
pense que les' habitants de
Saint-Domingue avoient moins d'humanité
ceuxd'und autre colonie, nous lui dirons qu'ilse que
trompe; nous le lui dirons en connoissance de
cause,' nons qui visitâmes C
à
une
Saint-Domingue
époque où lc sage régime du Code noir y --- Page 69 ---
et qui vines qu'on pouvoit
étoit en honneur,
faire, auxi nègros de tous les habitants Tapplicay
par M. Agier, dans
tion de ce proverbe rappelé
un
son discours du 7 mars : Heureux comme
nègre Galifet.
M. de Villèle a-t-il voulu parler de ce quis'est
depuis da révolution,
passé. à Saint-Domingue enfantés par les décrets
soitau milieu des troubles
nationale, soit, plus tard,après
de la Convention
Buodes troupes envoyées par
le débarquement
barbare dérision
de
naparte? Ce seroit une
que
affreux événements à des hommes
reprocher ces
victimes! Nous n'auqui en furent constamment
celle
est faite
rions d'autre réponse à faire que
qui
colons eux-mêmes dans la pétition ci-dessus
parl les
France avoit déchainé les
mentionnée : (C La
des
vents; et vous voulez rendre responsables
des
ont excités, ceux qui
orages et
tempêtes qu'ils
Examinez
en ont été les déplorables victimes
la triste série des évéavec calme et impartialité
nous ont: accablés, vous verrez que
nements qui
mérite
notre cause est celledu malheur, et qu'elle
dont les écarts et
tout l'intérêt d'une mère-patrie
les fautes nous ont perdus. >
les dispositions de bienveillance
/ Voilà pourtant
du conseil-des
et de justice dont M. le président
lui de
ministres étoit animé, lorsqu'il a pris sur
l'arbitre souverain de la destinée des
se rendre --- Page 70 ---
colons de Saint-Domingue! Mais
il été
peul-être auroitjuste, sans montrer l'intention de l'être
C'est ce qu'il s'agit maintenant d'examiner.
M. de Villèle a
ditquel'indemnité de cent cinquante millions, stipulée en faveur des anciens
colons de Saint-Domingue
par l'ordonnance du
17 avril, représente la valeur actuelle de leurs
propriétés, et le dixième de fancienne-waleur:
Mais d'après quel principe de justice a-t-il fixé
l'indemnité sur une telle base? Parle mot indemnité, on entend nécessairement la réparation du
dommage souffert, l'équivalent de la chose
duc. C'est ainsi qu'on l'entendoit,
per.
par exemple,
lorsqu'il fut question de determiner le montant
de l'indemnité due aux
émigrés, et à d'autres
Françajs dont les biens avoient été révolutionnairement confisqués. A quelques. exceptions
nous
près,
que
sommes loin d'approuver, cette indemnité fut égale à la valeur qu'avoient les biens
au
moment de la dépossession, puisqu'on
base de l'estimation yingt fois le
prit pour
prix des baux
de 1790. Pourquoi donc ne donner aux colons de
Saint-Domingue que le. dixième de l'ancienne
valeur de leurs biens?. N'ont-ils pas à notre justice les mêmes droits que les émigrés? N'ont-ils
pas, commne eux, été ruinés, expropriés de fait
par la révolution? N'ont-ils
versé leur
pas, comme eux,
sang pour la défense des institutions de
base de l'estimation yingt fois le
prit pour
prix des baux
de 1790. Pourquoi donc ne donner aux colons de
Saint-Domingue que le. dixième de l'ancienne
valeur de leurs biens?. N'ont-ils pas à notre justice les mêmes droits que les émigrés? N'ont-ils
pas, commne eux, été ruinés, expropriés de fait
par la révolution? N'ont-ils
versé leur
pas, comme eux,
sang pour la défense des institutions de --- Page 71 ---
Pourquoi donc cetle différence dans
la monarchie?
différence! car
Et quelle
le dédommsgement..
enfin le dixième accordé aux colons de Saint-Dola justice de M. de Villèle, réduit
mingue par
comparaison, aux deux
leur indemnité, par
réservés sur celle
wingtièmes de retenue qu'ils'est
des émigrés...
démontrons
sera-ce maintenant, si nous
. Que
millions dont M. de Vilqué les cent cinquante
SC
lèle veut que les colons de Saint-Domingue
même pas le dixième
contentent, , ne représentent
cet
de l'ancienne valeur de leurs biens, et qu'à
il s'est trompé de plus de moitié? Nous
égard. besoin de chiffres pour cette démonstraaurons les chiffres ne sont pas des fleurs d'élotion :
de convaincre
quence; mais ils ont l'avantage
les yeux, et tous les faux rail'esprit en frappant
sonnemens cèderit à leur pouvoir.
On lit dans la pétition des colons de Saintla valeur de leurs propriétés fonDomingue que
milliards. Peutcières s'élévoit à près de quatre
aura-t-elle paru exagerée :
être cette évaluation,
d'assurer qu'elle est aunous ne craignons pas
nous
dessous de la réalité; et, pour le prouver,
allons faire ici le calcul dont le rédacteur de la
pétition s'est dispensé, parce que sans doute il ne
qu'on pàt élever de contestation sur
croyoit pas
une chose si facile à vérifier.
--- Page 72 ---
Il y avoit dans la partie française de
SaintDomingue, en 1790, neuf mille habitations
que les propriétaires exploitoient
genres de culture. Ces habitations par divers
étoient d'une
importance plus ou moins considérable, selon l'étendue des terres, la grandeur des batiments, la
nature des usines, le nombre des
lets, bêtes à
chevaux, mucornes, etc. Celles du premier
les sucreries, formoient la masse
rang,
richesse des. colons
principale de la
: la moindre d'entre elles ne
s'estimoit pas au-dessous de 500,000
citoit beancoup
fr.; on en
qui représentoient un capital de
26 et 3,000,000 fr.,
indépendamment du prix des
nègres esclaves. Venoient ensuite les
caféteries,
indigoteries, cotonneries, etc. : celles-ci valoient
de 100,000 à 1,000,000 fr. Prenons
pour terme
moyen la somme de 300,000 fr., comme valeur
de chacune de ces neuf mille
habitations, nous
aurons une somme totale de
2,700,000,000 fr., ci. . . . 2,700,000,000 fr.
A la même époque, on
comptoit dans cette.coloniesix
cent mille nègres ou mulâtres. Faisons une large part à
l'affranchissement : ne compA reporter... 2,700,000,000 fr.
ons
pour terme
moyen la somme de 300,000 fr., comme valeur
de chacune de ces neuf mille
habitations, nous
aurons une somme totale de
2,700,000,000 fr., ci. . . . 2,700,000,000 fr.
A la même époque, on
comptoit dans cette.coloniesix
cent mille nègres ou mulâtres. Faisons une large part à
l'affranchissement : ne compA reporter... 2,700,000,000 fr. --- Page 73 ---
Ci-contre.. 2,700,000,000 fr.
tons que cinq cent mille esclaves. Ces esclaves, de tout
age, figuroient sur les inventaires des ptopriétés pour des
sommes proportionnées aux
services qu'ils pouvoient rendré, depuis 500 fr. jusqu'à 4
et 5,0001 f.: : 2,000f f. pris pour
terme moyen nous donneront
un total de 1,000,000,000 fr.
e e 1,000,000,000
ci. .
Passons aux maisons des
villesetdes) bourgs. Leurnombre n'étoit pas au-dessous de
trente mille ; mais retranchons-en cinq mille, comme
appartenant aux C4 affranchis :
il en restera ving-cinq mille.
Presque toutes ces maisons
étoient fort belles, età laplu110
part tenoient de vastes maga-
-
sins : nous ne les porterons
certainement pas à leur juste
valeur, en neles estimant.qu'à
fr.
A reporter... 3,700,000,000
5. --- Page 74 ---
D'autre part... 3,700,000,000 fr.
raison de 25,000 fr. chacune,
terme moyen; ; ce qui ajoute
à la mnasse déjà. calculéc
625,000,000, fr., ci.
625,000,000
Total. e 4,525,000,000 fr.
Ainsi la valeur des propriétés foncières des
ciens colons dc
anSaint-Domingue se montoit à
quatre milliards trois cent vingt-cing millions.
Le revenu de cet énorme
luant
capital, 9 en l'évaau taux ordinaire du produit des immeubles dans nos colonies, c'est-à-dire à
7 et démi
pour 100, devoit étre de 575,000,000 fr.; mais
n'en parlons ici qu'à raison de 5
évaluation
pour
: cette
damner@t.a.6,a5o,00 fr.
On voit donc que les 150,000,000 fr. de M. de
Villèle, loin de représenter le dixième de l'ancienne valeur des biens-fonds dont les colons de
Saint-Domingue restent expropriés, ne
tent
représenqu'à peu près les deux tiers d'une année de
revenu, à 5 pour 100; ce qui ne fait, pas même un
vingtième du capital!.
M.de Villèle se trompe encore bien plus, lorsqu'il dit que ces 150,000,000 fr. représentent la
que les 150,000,000 fr. de M. de
Villèle, loin de représenter le dixième de l'ancienne valeur des biens-fonds dont les colons de
Saint-Domingue restent expropriés, ne
tent
représenqu'à peu près les deux tiers d'une année de
revenu, à 5 pour 100; ce qui ne fait, pas même un
vingtième du capital!.
M.de Villèle se trompe encore bien plus, lorsqu'il dit que ces 150,000,000 fr. représentent la --- Page 75 ---
6g
actuelle des biens-fonds que possédoient
valeur
La valeur
autrefoisles colons de Saint-Domingue. estimée
actuelle de ces propriétés ne peut pas valeurt: être
elle .
au-dessous du tiers de l'ancienne
estimée à près de moitié;
pourroit être justement
partie des anciens
ear il reste le sol, une grande
d'haou moins grand
esclaves, un nombre plus
toutes les
bitations encore en rapport, et presque seulement
des villes et bourgs. Or,le tiers
maisons
seroit de 1.441,666,666 fr.
de l'ancienne valeur
fr.
l'indemnité de 150,000,000
Ce qu'on appelle
le dixième de la'
donc guère que
ne représente
150,000,000 fr. ne font
valenr actuelle, puisque
le dixième de 1,500,000,000 fr.
que
le résultat de notre raisonnement par
Tel. est
qu'on puisse
chiffres, et nous ne craignons pas
l'exactitude.
en contesterl
de demander quelle
Dès-lors, il nous est permis
est donc
donc la justice de M.de Villèle, quel
est
droit sacré de propriéué2.. Les
son respect pourle
du sol et des élaanciens colons, propriétaires
indemnisés
blissements de Saint-Domingue, sont
une misérable somme qui
de leurs pertes par
d'une année!
autrefois ne faisoit pas leur revenu
du
Les esclaves révoltés deviennent propridtaires
établissements, en payant
même sol et des mêmcs
le trentième
le dixcième de leur valeur actuelle, Phistoire desancienne valeur Jamais
de leur
pourle
du sol et des élaanciens colons, propriétaires
indemnisés
blissements de Saint-Domingue, sont
une misérable somme qui
de leurs pertes par
d'une année!
autrefois ne faisoit pas leur revenu
du
Les esclaves révoltés deviennent propridtaires
établissements, en payant
même sol et des mêmcs
le trentième
le dixcième de leur valeur actuelle, Phistoire desancienne valeur Jamais
de leur --- Page 76 ---
peuples civilisés moutra-t-elle
semblable violation de
l'exemple d'une
tous les
neur et d'équité
sentiments d'honMais, dit M. de Villèle,
qu'on fit de
que vouliez-vous donc
plus en faveur des colons de
Domingue Ces colons
Saint-
(e Levez des impôts,
diront-i ils au Roi:
marcher des
équipez des flottes, faites
Propriété
armées; car nous avons un droit de
méconnu dans telle
vous y avez des droits de
partie du globe :
ezercer, afin
souveraineté, allez les
mêmes
que nous puissions exercer
ceux qui nous intéressent
nous-.
Lès colons n'auroient
(4). >>
un tel
pas l'icrévérence de tenir
diroient langage en s'adressant au Roi; mais
très -
ils
comme ils le disent respectueusement à Sa Majesté,
tition
aux Chambres dans
: c Sire, nous avions fondé
leur p6de
la bellc colonie
Saint-Domingue, et nous l'avions
sous la protection de la France. ensuite placéc
notre industrie l'élevèrent
Nos capitaux et
splendeur
bientôt à un degré de
qu'il est rare de voir les
maines atteindre dans
choses hucourt. La
un laps de temps aussi
la
marine, le commerce et l'industrie de
France; ses villes
sa population
maritines, ses manufactures,
même, tout éprouvoit
viviliaute de ce nouveau
l'influence
véhicule, ajouté-à tous
(1) Discours de M. de Villèle, Moniteur du
10 mars.
rent
Nos capitaux et
splendeur
bientôt à un degré de
qu'il est rare de voir les
maines atteindre dans
choses hucourt. La
un laps de temps aussi
la
marine, le commerce et l'industrie de
France; ses villes
sa population
maritines, ses manufactures,
même, tout éprouvoit
viviliaute de ce nouveau
l'influence
véhicule, ajouté-à tous
(1) Discours de M. de Villèle, Moniteur du
10 mars. --- Page 77 ---
déjà la
de prospérité que possédoit
les moyens
de 1789 a frappé
méré-patic.-o La révolution
la France et SaintDominguel..
des mêmcs coups
de 1814 a replacé la léL'heureuse restauration
nous devions nous
gitimité sur le trône. Dès-lors, redeviendroit à notre
flatter que T'autorité royale
comme elle l'étoit
égard uneantorité protectrice, traité de Paris sembloit
avant la révolution; et le Votre Majesté, dans
nous, le promettre.. Sire, aujourd'hui qu'il est
sa haute sagesse, ,. juge-telle les révoltés de Saint-Doimpossible de 'soumettre
Nous subirons,
la force des armes?
mingue par
terrible conséquence de l'abansans murmurer,lat
droits de souveraineté;
don que vous faites de voS
Mais,
Nousabandonnerons: nos droitsde propriété.
de Votre Majesté a senti que,
pnisque le coeur indemnité nous étoit due, nous
dans ce cas, une
l'insuffisance de cclle quc
osons réclamer contre
vos ministres nous offrent. >
des considéraOr, nous croyons avoir présenté
des cent
sur l'insuffisance
tions assez frappantes
indemnité aux
millions offerts comme
cinquante
anciens colons de Saint-Domingue. indemnité n'est
Mais, objecte-t-on, si cette
n'a pas
de 150, millions, c'est parce qu'il
du
que
d'obtenir une plus forte somme
été possible
d'Haiti.
de la république
gouvernement éloit donc la néccssité de traiter avec
Eh! où --- Page 78 ---
cette république, et de lui concéder
dance, à des conditionssi
f'indépentimes propriétaires du
onéreuses pour les légisol et des
notre ancienne colonie?
étublissements de
M. de Villèle répond
17 avril 1825 a été
que T'ordonnance du
l'immense
rendue en considération de
avantage quedoit
le nouveau
procureràla France
commerce qui va
et la république
s'établir entre elle
indépendante d'Haiti.
Si cet avantage est
suppose M. de Villele, véritablement tel que le
pas de voter des
la France ne manquera
remerciments à
nistre quile lui aura
T'habile micolons de
procuré; mais les anciens
de se
Saint-Domingue n'ont-ils pas le droit
plaindre de ce même
fait une abnégation
ministre, lorsqu'ii
complète de leurs
pour ne s'occuper que de ecux de la intérêts, 2
trie?
mère-paNous avons fait. yoir
cet avantage
quelle est l'illusion de
promis à la France :
fiera notre incrédulité,
l'avenir justidans l'erreur, il
Tontelois, si nous étions
faudroit d'autant
noitre le droit que les colons
mieux reçonont de se
Or, ils se
plaindre.
plaignent en effet; et,
comme incontestable le
admettant
doit trouver dans le
profit que la France
publique d'Haiti, commerce ouvert avec la révoici en quels termes ils s'ex-
l'illusion de
promis à la France :
fiera notre incrédulité,
l'avenir justidans l'erreur, il
Tontelois, si nous étions
faudroit d'autant
noitre le droit que les colons
mieux reçonont de se
Or, ils se
plaindre.
plaignent en effet; et,
comme incontestable le
admettant
doit trouver dans le
profit que la France
publique d'Haiti, commerce ouvert avec la révoici en quels termes ils s'ex- --- Page 79 ---
à la Chambre des
priment dans leur pétition
soufMossieurs,
: (
Soufftirez-vous,
Députés
froidement et sans commisération
> frirez-vous
dernières espérances v et
la
de nos
> que
perte d'une classe de vos concitoyens
22 l'expropriation les frais d'un traitéqui, rouseules
> acquittent France toutes les. sources de sa:
> vrant à la
une guerre entre
termine encore
32 prospérité,
colonie? Au milieu des
> elle et son ancienne
affluer dans VOS
richesses qui vont
> nouyelles
les plus
dans vos provinces
2 ports, se répandre
la population au tra-
> éloignées, et en appeler
verrez-vous
à l'industrie et au bonheur,
) vail,
larmes et notre misère? et
> d'un ceil sec nos
à votre
dissimuler à votrejustice,
> pourriez-vous
la mort seule, si vous
délitatesse, que
>) propre
termineroit l'inà leur secours,
> ne veniez pas
de ces
de ceux que lon dépossède
> digence
vont être desterres, dont les produits
> mêmes
et qui y
à
VOS ressources,
>> tinés
augmenter
à
légalement et prix d'argent
s avoient placé
fertilisent encore?
> les bras africains qui les
et il ne
vous êtes Français,
> Ah! Messieurs,
à T'honcroire à la générosité,
> faudroit plus
de
si vous ne vous empressiez
N neur français,
en vous les incon-
> réparer autant qu'il est
si
et les suites d'une disposition pro-
>. vénients --- Page 80 ---
>> fitable à la France, mais
33 nous (1)! D
si funeste pour
Les malheureux colons
la même
adressent aujourd'hui
plainteà la Chambre
jurent les nobles Pairs de héréditaire; ils con-
( en rejetant
venir à leur secours, 9
provisoirement le
> la répartition de
projet de loi sur
l'indemnité de
> en suppliant le Roi de
150 millions,
vouloir
> à ses ministres de
bien ordonner
>
soumettre aux Chambres une
proposition s pour qu'il soit
> France à l'insuflisance
supplés par la
) 150 millions
de cette indemnité de
que Sa Majesté a
> bitants actuels de
imposée aux ha-
> des anciens colons Saint-Domingue, en fayeur
(2). >>
Nous ne craignons pas de
mêmes cette cause à toute recommander la
nousnobles Pairs. Il ne
sollicitude des
ni d'opposition
s'agit point d'esprit de parti,
systématique à
nistres; il s'agit de
l'égard/des mijustice et
s'agit de l'honneur de
d'humanité, il
Hélas! les
notre pays
s'efforcent
ministres et leurs aveugles amis
de faire entendre au Roi
les
sultats de Pordonnance
que
rédu 17 avril immortali-
(:) Pétition des colons de
des Députés, pages 16 et Saint-Domingue à la Chambre
(2) Ibid. page 20.
17.
s'agit de
l'égard/des mijustice et
s'agit de l'honneur de
d'humanité, il
Hélas! les
notre pays
s'efforcent
ministres et leurs aveugles amis
de faire entendre au Roi
les
sultats de Pordonnance
que
rédu 17 avril immortali-
(:) Pétition des colons de
des Députés, pages 16 et Saint-Domingue à la Chambre
(2) Ibid. page 20.
17. --- Page 81 ---
et lui mériteront les bénédicseront son règne, entier Tel est, sans aucun
tions du monde
chéri; sa
doute, le voeu de notre Monarque
!
âme est avide d'une belle renommée
grande
i
Si l'inflexible hisSi pourtant on le trompoit!
devoit
du sceau de Timprobation
toire
marquer
Si les justes docet acte de son gouvernement!
finissoient
léances des colons de Saint-Domingue
étouffer le concert d'éloges que font entendre
par
flatteurs
en ce moment quelques
de démontrer que ces doléances
- Mais achevons
les colons ne
ne, sont que trop fondées, et que
vrai, quand ils exposent qu'ils
disent que trop
et que la mort
sont entièrement. expropriés,
les
seule, si lon. ne vient à leur secours, pourra
mettre à Vabri de la plus profonde misère.
choses l'une : ou les'
: Il arrivera de deux
150 millions promis par le gonvemnementd'llant
et, dans ce cas, les colons
ne seront pas payés,
d'Haiti
ne toucheront rien ; ou. le gouvernement
et, dans ce cas encore,
remplira son engagement,
Ce dilemme
les' colons n'auront rien à toucher.
étrange; mais nous nous ferons
peut paraitre
facilement comprendre.
:
toutes les
En premier lieu, nous dirons que
faire croire que le
probabilités se réunissent pour
les 150 milgouvernement d'Haiti ne paiera jamais --- Page 82 ---
lions. Nous avons déjà parlé dans
articledu peu de stabilité d'un
un précédent
tel
qui peut être renversé d'un gouvernement,
par une révolution
moment à l'autre
duit. Mais,
semblable à celle qui l'a proquand le président
quatre ans encore en paisible
Boyer vivrait
autorité précaire,
jouissance de son
tions de T'ordonnance pourra-t-il remplir les condidu 17 avril? Ces
sont de payer les 150 millions
conditions
dans
cing années, et par cinquième
l'espace de
Chaqueeinqnième,
d'année en année.
formant une sommede
lions, doit être versé à Paris,
5omildépots et
dans la caisse des
lannée
consignations, le 51 décembre de.
échue. Or, la première échéance
le 31 décembre 1825
arrivoit
1826, et les 30
: nous sommes au 15.avril
millions de cette
nes sont pas encore versés à la premièreéchénnen
caisse des dépôts et
consignations! Le président Boyer n'a
gent : à la bonne heure; mais
point d'arplus tard? Il
en aura-t-il un peu
l'emprunt
empruntera : soit encore ; mais
qu'il a voulu faire pour se procurer les
premiers 301 millions, n'a pas réussi,
la faveur dont M de Villèle
malgré toule
a soutenu cette
ration; et dès-lors
opéque faut-il
tres emprunts qui suivront
augurer des auBoyer n'a donc ni
celui-là? Le mulâtre
argent ni crédit! Peu lui importe : avec des promesses il a fait
son indépendance.. Mais la chambre proclamer
des com-
: soit encore ; mais
qu'il a voulu faire pour se procurer les
premiers 301 millions, n'a pas réussi,
la faveur dont M de Villèle
malgré toule
a soutenu cette
ration; et dès-lors
opéque faut-il
tres emprunts qui suivront
augurer des auBoyer n'a donc ni
celui-là? Le mulâtre
argent ni crédit! Peu lui importe : avec des promesses il a fait
son indépendance.. Mais la chambre proclamer
des com- --- Page 83 ---
lc sénat d'Haiti vicnnent de recon;
munes et
la dette de 150
noître par des actes solennels Peut-être avant
millions. Belle garantie vraiment! d'Haiti ni sénat
six mois, il n'y aura dans l'ile
des communes; et d'ailleurs, quels
ni chambre
auront-ils de faire valoir cette
moyens les colons les colons ne peuvent pas esgarantie Enfin,
le paiement des
pérer, à ce qu'il paroit, que
la France.
150 millions leur soit garanti par
avions d'abord pensé que cette espérance
Nous
mais M. de Villèle a eu grand soin
leur restoit;
discours que la stipulade déclarer dans ses
de Pindemnité a payer par le gouvernement
tion
de la part de
d'Haiti, étoit sans aucune garanitie
dispose de la propriété
la France, qui pourtant
même lés avoir
des colons arbitrairement, et sans
souconsultés... Ainsi donc, nous avons raisonde
rien, si le
tenir que les colons ne touchéront
mulâtré Boyer leur fait banqueroute.
En second lieu, veut-on que cette banqueà craindre? Veut - on même
route ne soit pas
déjà versés
considérer lcs 150 millions comme Fort bien!
ala caisse des dépots et consignations?
dans cette hypomais nous allons prouver que.
colons,
rien non plus aux
thèse, il ne reviendroit
seroient absorbés par
parce que les 150 millions
les réclamations de leurs créanciers. --- Page 84 ---
Ici, ce que nous dirons ne sera qu'une conséquence de ce qui a été dit plus haut surl'erreur
considérable commise par M. de Villèle dansl'évaluation qu'il lui a plu de faire de l'ancienne
valeur des biens-fonds de Saint-Domingue.
Si les 150 millions
dixième de
représentoient en effet le
cette ancienne valeur, il y auroit une
sorté de justice à réduire, comme on l'a fait,
dixième les droits que les créanciers
au
exercer > par oppositions, sur le montant pourront de l'indemnité allouée à chaque colon.
Etablissons pourexemple le compteifsireentre
un colon qui avoit une fortune de deux
et ses créanciers, dont les titres
millions,
se monteroient
ensemble à un million. Ce colon recevroit
comme indemnité, à raison du dixième de
sa
fortune, une somme de deux cent
mille francs, ci.
200,000 fr.
Les créanciers toucheroient, dans
la même
proportion, .
100,000 fr.
Par conséquent, il resteroit au
débiteur. -
100,000 fr.
Mais, comme il résulte de nos précédents
calculs que les colons n'auront guère au-delà
d'un trentième de l'ancienne valeur de leurs
. Ce colon recevroit
comme indemnité, à raison du dixième de
sa
fortune, une somme de deux cent
mille francs, ci.
200,000 fr.
Les créanciers toucheroient, dans
la même
proportion, .
100,000 fr.
Par conséquent, il resteroit au
débiteur. -
100,000 fr.
Mais, comme il résulte de nos précédents
calculs que les colons n'auront guère au-delà
d'un trentième de l'ancienne valeur de leurs --- Page 85 ---
l'indemnité dont
biens, il ne faut plus compter
fr..
e
6o,000
nous parlons que pour.
Le dixième des créanciers sera
fr.
100,000
tonjours de
On voit donc qu'il'y aura, au
des créanciers, un dépréjudice
40,000 fr.
ficit de *
aussi
le malheureux colon cité
On voit
que
chose
exemple, loin de toucher quelque
pour
devra encore ces 40,000 fr.,
de l'indemnité,
insolvable.
et demeurera
tous les
Et telle sera la position de presque
e
bien
parmi eux qui
autres; car on en, compte
peu de Ja valeur de
au moins la moitié
ne doivent
leurs anciennes propriétés, soit pour engagecontractés avant l'époque des désasres de
ments
soit pour les prêts qui leur
Saint-Domingue,
ont été faits depuis cette époque.
- ils à la Commission
Vainement prouveront
J
del'examen de leurs réclamations; qu'on
chargée
trentième de leur véritable
ne leur alloue qu'un
calculé
M. de Vilfortune, au. lieu du dixième
par
: ( Nous somlèle; les commissaires répondront
raison ;
bien forcés de voir que vous avez
> mes
accorder ce que vous ré-
) mais s'il falloit vous
avant
les 150 millions seroient employés
> clamez, --- Page 86 ---
) que nous eussions fait la moitié de
5) tition. >>
notre réparVoilk les déplorables
reté,.
conséquences de la
pour ne rien dire de
légèM. de Villèle a statué,
plus, avec. laquelle
le sort des anciens
deson autorité privée, sur
colons de
répétons-le, n'ont été
Saim-llosingueaqei,
ni consultés ni entendus!
Puisse la Chanibre des Pairs
timent d'intérêt et, de
éprouver le senpitié dont nous. sommes
profondément pénétrés!
Puisse-t-elle, sinon
rer, du moins modérer
répaune aussi grande
tice, en adoptant le
injusLes colons, voués
moyen ci-dessus indiqué!
fortune
désormais sans retour à l'inqu'ils supportent déjà dépuis si
temps,
longcomme l'ont obténue
trmeteai
les émigrés ; ils demandent
seulement qu'on leur accordeen réalitéle
de Jaealeur des immeubles
dixième
ils demandent
qu'ils ont perdus;
que la France leur assure ce
dixième, d'abord en se rendant
garante du
paiement des. - 150 millions mis à la charge du
gouvernement d'Haiti, et ensuite en
200 millions
y ajoutant
seroit
pourson propre compte. L'indemnité
alors de 350 millions, et encore ne représenteroit-elle pas le dixième
350 millions ne sont
le intégral, puisque
liards
que dixième de trois milcing cents millions.
Quc la Chambre daigne considérer l'excès de
dixième, d'abord en se rendant
garante du
paiement des. - 150 millions mis à la charge du
gouvernement d'Haiti, et ensuite en
200 millions
y ajoutant
seroit
pourson propre compte. L'indemnité
alors de 350 millions, et encore ne représenteroit-elle pas le dixième
350 millions ne sont
le intégral, puisque
liards
que dixième de trois milcing cents millions.
Quc la Chambre daigne considérer l'excès de --- Page 87 ---
auquel les pétitionnaires se trouveront
désespoir
à subir dans toute sa
réduits, s'ils sont condamnés
Parbitrage de M. de Villèle!
rigueur
habitent la France perdront le miCeux qui
tête,
sérable secours' de trois certs francs par
le ministère de
leur donnoit annuellement
que
car on leur dira : VQBAS. étes indeml'intérieur,
nisés.
Ceux qui, depuis leur fuite de Saint-Dominà la Louisiane,
gue, vivent aux Etats-Unis,
dans l'ile de Cuba, et dans d'autres lieux outreleur industrie, ils se sont créé de
mer, oùt, par
venir à Paris pour la
foibles ressources, vont
d'une indemnité dont ils ne soupliquidation probablement pas la décevante appaçonnent
avoir fait les frais d'un long voyage,
rence. Après
ils reconnoitront qu'ils n'ont poursuivi qu'une
ombre: : ils n'auront rien à recevoir, pas même ce
leur seroit nécessaire pour retourner sur la
qui
terrel hospitalière qu'ils ssurontabandonnéel a
Les uns et les autres resteront absolument sans
d'existence; et alors la mort seule, ainsi
moyens
mettre fin
qu'il est_dit dans la pétition , pourra
à leur misèrel... Ils mourront comme les anciens
habitants de PAcadie Ceux-ci du moins ne
les Anglais qui
maudissoient, en expirant, que
les avoient dépouillés de leurs biens par une
odieuse violation du traité d'Utrecht : les habi6 --- Page 88 ---
tants de Saint-Domingue donnerontils des bénédictions à un ministre français qui a violé à leur
égard tous les droits les plus sacrés Ils
mourront! mais en portant vers le trône un dernier regard d'amour et de soumission, et en
disant, comme le gladiateur de Rome : Cesar,
te morituri salutamus
FIN. --- Page 89 --- --- Page 90 ---
0120L --- Page 91 --- --- Page 92 --- --- Page 93 ---
E763
L6515
V.2
- --- Page 94 --- --- Page 95 --- --- Page 96 ---