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SUR L'AFFAIRE
99-A
DE-BLANCHELANDE
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CITOYEN
401 lnp 8
PRÉSIDENT *
adar si augnb
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J'apprends enfin
st SN
-
Domingue, eft à Paris que Blanchelande, gouverneur ride Saintla Convention Nationale pour purger le décret d'accufation
a lancé contreMui.
que
guere. perfonne qui ait fuivi la conduite de cet Comme-il n'y an
voir exécutif auffi foigneufement que moi; agenti du Pous
a'Saint-Dominguey je dois à'la juftice & à la pendant fon (éjour
atix habitants de cétté Ife infortunée : &c. à la France vérité, je dois
je-dois ài ma' confcience & à mon
entiere,
ciation franche &impartiale de toutes patriotifme, les iniquités une de dénon=
criminel, que la Nation auroir dû traduire
ce grandi,
à fon ausufte tribunal. De toutes les plaies depuis long-temips
voir exécutif a affligé la France & les
dont l'ancien Poufonde &c la' plus. terrible, fut, fans
Colonies, la plus'pro-t
monftre, ) qui a porté la défolation, contredit) la morti lerchoix de iceu
de tout genre dans ila plus importante de 8elesscalamités
feul doivent être impurés les
nos'poffeffions: ;à lui)
cités qui ont couvert. de deuil incendies, un 2 les carnages, yules atroJ'adreffe à la Convention
pays naguere fi floriffant.
cufarion que je lui
quelques pieces à l'appui de l'ac-i
de
intente,.au nom de tous les bons
Saint-Domingue; vous voudrez bien eni faire citoyens:
Convention, & les remettre au comité, chargé d'inftruire partuaulay
procès dont l'iffue doit venger des milliers de
un
les ombres fanglantes s'elevent contre ce viéimes, dont
des tyrans que l'on a enfin abattus,
miniftre pervers
E 0110,
production que vous trouverez ci-jointes s confiftent en,
s'eft paffé dans laj partie hiftorique, de l'Oueft imprimée de
de tout. ce qui,
puis le commencement de la révolution Saint-Domingue, des
3 jufquiau, mois de
A
'iffue doit venger des milliers de
un
les ombres fanglantes s'elevent contre ce viéimes, dont
des tyrans que l'on a enfin abattus,
miniftre pervers
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production que vous trouverez ci-jointes s confiftent en,
s'eft paffé dans laj partie hiftorique, de l'Oueft imprimée de
de tout. ce qui,
puis le commencement de la révolution Saint-Domingue, des
3 jufquiau, mois de
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(2) VN
-
février 1792; la rédaction m'en fut confiée, 3 & vous la trouverez
revètue & appuyéc de Fapprobation du confeil général d'adminiftration de la garde Nationale du Port-au-Prince.
2°. La fuite de cette produétion, que je viens de faire imprimer, & qui renferme le tableau des événements qui "ont
eu lieu, depuis le mois de février, jufqu'au 12 juillet derhiter,
de mon départ de Saint-Domingue,
Un projet de confpiration, dont Yoriginal a été dépofé
a refufé de
a
dans les mains.de Blanchelande, & qu'il
remettre
àl'Aflemblée Coloniale; ce projet eft diftribué dans Timprimé,
en deux colonnes, dont-lune eft employée à la réfutation de
la premiere. en 130
NP
4. Quatre lettres du: journal épiftolaire de Junius, rédigé
par J. V. Hugues, imprimeur du Port-au-Princc, adreflées
à Blanchelande lui-même; la premicre du 15 avril 1792; la
feconde du 22 avril,méme année, eft adreffée aux patriotes
du Cap; une troifieme, en date du avril, adreffée à Blanchelande; une quatrieme, en date 22 17 mai, même année.
La connoiffancelde ces pieces indiquera les divers délits dont
Blanchelande a' fouillé fa miffion, & fournira à la Convention des preuves de ces mémes délits. J'ai penfé qu'il ne feroit
peut-être inutile de vous foumettre une férie de queftions
iur les alat énoncés dans les produétions ci-jointes. Pour
appuyer ces queflions de leurs preuves, , j'aurai foin
les
& paragraphes de la produétion hiftorique ou
ESE
faits RERE rapportés. Je regarde ces queftions comme trèsimportantes pour ler procès de ce. grand accufé, &, je vous
pric de ne pas:) lei négliger.
-
QUESTIONS A FAIRE A BLANCHELANDE.
1o. Pourquoi Blanchelande, à fon arrivée à Saint-Dominprotege-t-il ouvertement une corporation, compofée
zélés de Pancien régime, formée fous les aulpices
comme
Sat
de l'infame Mauduit, dénoncée par les diftriéts
une
. Je regarde ces queftions comme trèsimportantes pour ler procès de ce. grand accufé, &, je vous
pric de ne pas:) lei négliger.
-
QUESTIONS A FAIRE A BLANCHELANDE.
1o. Pourquoi Blanchelande, à fon arrivée à Saint-Dominprotege-t-il ouvertement une corporation, compofée
zélés de Pancien régime, formée fous les aulpices
comme
Sat
de l'infame Mauduit, dénoncée par les diftriéts
une --- Page 7 ---
(3)
fource de divifions parmi les citoyens? (1)
t-il les membres de cette affociation fulpecte Pourquoi à conferver engagea- leurs
marguesd.flindives. &àrendreleurs affemblées
Pourquoi ne les empêcha - t-il pas de violer permanentes?() le fecret des
lettres ? (*)
2.0. Pourquoi s'emprea-t-il, immédiatement après fon
arrivée, de parcourir toute la Colonie, chercher à
fous l'ancien régime toutes les municipalités, & leur fubftituant ramener
des commandants pour le roi? (3)
3o. Pourguoi ces expéditions nodturnes & militaires
& par mer, pour enlever diverfes municipalités & par terre
citoyens qui avoient eu la vertu de réfifter a fes perfides plufieurs inftigations? (4) pourquoi les avoir livrésà un tribunal vil & corrompu qui les flétriffoit par des jugements iniques & barbares? ? (5)
Pourquoi avoir méprifé de déférer aux réclamations
municipalités
des
atiule
pour emprifonnements:
entre autres celles de Caies, Léogane & petit Goave, arbitraires, SaintMarc? (6)
5°. Pourquoi s'oppofer 2 à main armée, 3 à la liberté des fuf
frages dans les affemblées primaires, convoquées pour la nomination des députés à l'Aflemblée Coloniale?
bannir les patriotes les plus
(7) pourquoi en
dable,
diftingués,
un appareil formipour affurer les fnffrages à des fonma lui fuffent
dévoués? pourquoi emprifonner les procureurs de qui la commune
qui eurent le courage de s'élever contre CCS actes tyranniques?
pourquoi mettre en fuite des municipalités entieres qui ont
8 Voyez Voyez la la production prodwéion hiftorique , pages 31 & 32, 5 &48.
(*) Que Blanchelande ne hiftorique, croie pas , page avoir 49: détruit ce grief en
gence proclamation. i la faire qui exécuter. ne fut qu'un ade de diffimulation, démentie produifant par fa négli- une
(4) (3) Voyez Voyez fa la production lettre à fon collegue Mauduit, production hiforique 3 page 45.
Villars, pages 42,43, 44, &c. hiflorique, Les plaintes page 5,, de ibid. la Municipalité La lettre de de Blanchelande Cayes & de a
Jacquemel, (5) Production pages 75,76, 77 ; des Saint-Marc, pages 55 &60. Voyezencore, P. 49.
(6) Produclion hiflorique, hiftorique, 2 page pages 7: 56, 58, 59,.62,
G) Produclion bilorique, , pages 82, 83.
A 2
&c. hiflorique, Les plaintes page 5,, de ibid. la Municipalité La lettre de de Blanchelande Cayes & de a
Jacquemel, (5) Production pages 75,76, 77 ; des Saint-Marc, pages 55 &60. Voyezencore, P. 49.
(6) Produclion hiflorique, hiftorique, 2 page pages 7: 56, 58, 59,.62,
G) Produclion bilorique, , pages 82, 83.
A 2 --- Page 8 ---
(4)
EREP obligées de" fe jéter dans des municipalités voifines pour
éviter des traitements iniques 2 comme éellerdu Mole qui
implora la proteétion de celle de Bombarde 2(1)
6o, Pourquoi a-t-il-fait une proclamation
détruire les
corps, populaires (1), & pourquoi Ta-t-il Faut "lignifier . à
plufieurs communes par des fubalternesle exécuteurs quil-avoit
fubfitués aux municipalités? (2)
anrou
20. Pourquoi attendoitil que prefque toutes les municipalités euffent repris leurs fonctions , après P'arrivée des troupes, pour publier une proclamation à l'effet-de rétablir ces
mèmes 1 municipalités quilevenoit de détruire un mois aupa--
ravant 2(3)
iu etbb 1r
FU t0bioy
go Pourquoi a-t-il dérobé à la Colonie le décret bienfaifant du 29 décembre 1790, qui fufpendoit toute procédure en
fait de révolution ;ce qui y. eft affirmé par le témoignagederous
les habitants di Port-au-Prince? (4): Coupable fuppreffion
qui coûta' la'ruine ou la mortde plus de cent cinquante citoyens.
go. Pourquoi avoir-n méprifé de: faire publier les décrets de
PAffemblée Nationale, entre autres celui de Tarborement du
pavillon tricolor? (52
780. Pourquoi a-t-il fait tous fes efforts afini de renvoyer
"du Port-au-Prince Ies troupes venues parile Borée & leFouen. exécution du décret du 12l0 odtobre? (6)-
PRe Pourquoi employa-t-il les moyens les plus làchés &
les' plus bas' pour fuborner les militaires patriotes ? (7).
129. Pourquoi avoir' trompé la France fur le patriotifme
de ces' braves foldats, en lesi faifant paffer pour:des infubordonnés ? (8)
c! If
(:) Production hinorique, pages 59,82 & 83.
de s' celle de
(2) Plaintes. de la Municipalité du grand Goave , page 57, &
Caie,
page 58, de, la producion hiforique. II.
bi
(3). (4) Production Produdion hiflorique hiflorique, , page page 8,& preuvéc par fa lettre, , pagés 85 & 86.
(5) Produéion hiflorique
49, 5.
(7) (6) Production Production hiftorique hiftorique, : ERte 50, deuxieme alinéa ; page-6 51, troifieme alinéa.
(8) Voyez fes lettyes au Erare colonial, & la produétion P hiflorique, pages 60 & 51,
Production Produdion hiflorique hiflorique, , page page 8,& preuvéc par fa lettre, , pagés 85 & 86.
(5) Produéion hiflorique
49, 5.
(7) (6) Production Production hiftorique hiftorique, : ERte 50, deuxieme alinéa ; page-6 51, troifieme alinéa.
(8) Voyez fes lettyes au Erare colonial, & la produétion P hiflorique, pages 60 & 51, --- Page 9 ---
-
139. Pourquoi abandonna-t-il (s)
vée des troupes à Saint-Doningue? lâchement fon pofte à Parrirées 14°. de Pourquoi ne fe rendit -il point aux invitations
celle du prefque toutes les municipalités, &
réité.
15°. Port-au-Prince, 9. qui le rappelloient à fon notamment de
Pourquoi, au mépris
pofte? (1)
voyer en France le
dudécrer du 12 octobre, renles réclamations d'une Fougueux. infinité de avec fon équipage 2 malgré
pas de le charger de.la, municipalirés qui ne manRc funeftes qui en font relponfabilié de tous les
die du Port-au-) Prince, que fa réfulrés, notamment l'incenqu'il renvoya auroient
préfence & celle des.
ment seraibles, (2) pu prévenir, & plufieurs autres" -trolipes
16°,
rapportés dans ta
egale.
Pourquoi avoir
en
production ahiftorique? ?
mes de renfort qui étoient renvoyé venus de France la quatre mille homDomingue, en exécution du décret du 8 Martinique à Saint-
&c privation de' ces forces a facilité
décembre 1790? La
des negres.
l'infurredtion des
(3)
mulâtres
bitantes 1179, Pourquoi avoir conftirué la France en
pour de nouveaux armements deftinés à dépenfes exorMétropole? troupes qu'il renvoyoit contre le voeu de la Colonie remplacer & de les la
TiC 180 Pourquoi a-t-il dérobé à la
vements de Saint-Domingue?
Nation la caufe des moule gouvernement efpagnol qui Pourquoi a eu tant n'a-t-il pas dénoncé
ont ravagé cette ifle en fourniflant de part aux troubles
:
1 munitions de guerre, des
aux infurgés des armes,
ment, furent pris dans un combar, canons, & dont quatre notamreconnut quihils étoient étampés
conduits au Cap oul'on
19°, Pourquoi n'a-t-il pas dénoncé Barcelone ?
les commiffaires civils
à PAffemblée Nationale
fortes d'exaclions & de qui ont exercé dans la Colonie toutes
- 200. Pourquoi ne s'eft-il cruautés?
pas affuré de divers officiers
(2) (r) Produétion Produélion hidorique, pages 55 &56. a:
(3) Produétion hillorique 1 pages 68 & 69.
hiforique 3 page Io,
'on
19°, Pourquoi n'a-t-il pas dénoncé Barcelone ?
les commiffaires civils
à PAffemblée Nationale
fortes d'exaclions & de qui ont exercé dans la Colonie toutes
- 200. Pourquoi ne s'eft-il cruautés?
pas affuré de divers officiers
(2) (r) Produétion Produélion hidorique, pages 55 &56. a:
(3) Produétion hillorique 1 pages 68 & 69.
hiforique 3 page Io, --- Page 10 ---
(6)
venus de la Martinique au Cap, qui outrageoient infolemment
la Nation, au lieu de leur donner la facilité de s'évader, puif
qu'ils fe font rendus à la Jamaique ?
210. Pourquoi a-t-il gardé antour de lui, pour fe faire
un cortege, tous les officiers des bataillons de Normandie &
d'Artois,
n'ayant pas voulu obéir aux requifitions de la
municipalité 1 Port-au- Prince, fe font rendus à Coblentz?
Comment juftifier Pimpunité de ces traîtres?
220, Pourquoi n'a-t-il pas févi contre Grimoire, commandant le Borée en ftation au Port-au-Prince, contre lequel il
a reçu les plaintes les plus graves?
239 Pourquoi fe réunit-il à Saint-Marc avec CC Grimoire,
qui Y'étoit emparé du citoyen Borcl, commandant de la garde
nationale du Port-au-Prince, &c des deux cents quarante citoyens
quc cette ville avoit envoyés au-devant du chef de fa garde
nationale ?
240. Pourquoi ne féviffoit-il pas contre ce Grimoire, qui,
après avoir accepté une requifition de l'Aflemblée Provinciale
de TOueft, à Teffet de protéger le retour du citoyen Borel
& de le dérober à la fureur des mulâtres infitrgés, eut l'atrocité de le livrer avec fa fuite 7 dès qu'il le tint en fon
pouvoir?
250: Pourquoi au contraire s'allier avec ce Grimoire, pour
faire jeter arbitrairement dans des cachots tous ces fideles
citoyens ?
260. Pourquoi s'étoit-il emparé : toujours conjointement
avec le perfide Grimoire, du capitaine Chaflaing, 5 commandant TAgathe de Nantes, qui avoit été au-devant du citoyen
Borel, à la requifition de PAffemblée Provinciale de POueft?
Pourquoi l'avoir emprifonné ? Pourquoi avoir entravé fes
opérations, & coûté à l'armateur de ce vaiffeau & aux affréteurs une perte très - confidérable, puifqu'il n'a pas encore
paru en France, quoiqu'il ait affiché fon départ en juin dernier?
Pourquoi, quand il a été rendu à Saint-Marc, & qu'il
ya . 270. trouvé tousiles chefs des brigands, ne s'en eft-il pas emparé au lieu de fe coalifer avec eux ?
oir emprifonné ? Pourquoi avoir entravé fes
opérations, & coûté à l'armateur de ce vaiffeau & aux affréteurs une perte très - confidérable, puifqu'il n'a pas encore
paru en France, quoiqu'il ait affiché fon départ en juin dernier?
Pourquoi, quand il a été rendu à Saint-Marc, & qu'il
ya . 270. trouvé tousiles chefs des brigands, ne s'en eft-il pas emparé au lieu de fe coalifer avec eux ? --- Page 11 ---
(7)
28°, Pourquoi a-t-il démonté les
Borée des équipages patriotes qu'il n'a vaiffeaux le Jupiter & le
a fait traduire dans des cachots
leur pu fuborner, & qu'il
lâtres & des negres libres & efclaves? pour
fubftituer des muquer 2g°, & Pourquoi, bloquer le avec ce nouveau renfort, eft-il venu attaPourquoi y a-t-il Port-au-Prince mis
le 4 juillet dernier ?
un embargo à fon arrivée?
Pourquoi a-t-il , quand il s'cft rendu maitre du
livré
Port-aupide
lâtres & negres efclaves les forts de cette place de guerre aux mules bataillons de Normandic après & en avoir chaflé & embarqué
poftes en vertu du décret du 12 d'Artois, odobre? qui occupoient ces
générale, 31°. Pourquoi, dans le moment critique d'une
blées
bravant les follicitations les plus preffantes infurreétion de
provinciale & de la municipalité, avoir
P'Afempoignée de troupes qui étoient les feules
renvoyé cette
province? Pourquoi conftituer la Nation qu'il y eût dans la
& à pure perte : pour le tranfport de ces en d'immenfes frais,
3a Pourquoi, quand il a été maître du troupes en France?
y a-t-il introduit, au mépris du décret du Port-au-Prince,
douze ou quinze cents mulâtres &
28 mars dernier s
au lieu de les faire rentrer chacun negres, dans libres ou efclaves, 0
les termes de la même loi?
leurs foyers, felon
33°. Pourquoi avoir fait arrêter
zélés patriores, qu'il a fait
quinze fur citoyens, des
pour les envoyer en France ou embarquer ailleurs, divers
la
Tactante
Nation, & qu'il a foumis à l'étape des toujours aux frais de
donner le temps de mettre aucun ordre à leurs matelots, fans leur
qu'on ait pu depuis en avoir de nouvelles ? affaires, & fans
oû l'avoit Pourquoi fait a-t-il fait arracher, à bord du
traduire, le citoyen Prolato, Triomphane du
Port-au-Prince, & commandant l'artillerie nationale ingénicur
Tenvoyer aux brigands de
pour
de fabre & jeté à la mer, Saint-Marc, le 16 juillet qui dernier? l'ont haché à coups
Hyacinthe 35°. Pourquoi avoir donné la liberté à un
affafliné , fachant qu'il avoit révolté nombre negre, d'atteliers nommé
nombre de blancs?
&
citoyen Prolato, Triomphane du
Port-au-Prince, & commandant l'artillerie nationale ingénicur
Tenvoyer aux brigands de
pour
de fabre & jeté à la mer, Saint-Marc, le 16 juillet qui dernier? l'ont haché à coups
Hyacinthe 35°. Pourquoi avoir donné la liberté à un
affafliné , fachant qu'il avoit révolté nombre negre, d'atteliers nommé
nombre de blancs?
& --- Page 12 ---
(8)
160, Pourquoi a-t-il fait tous fes efforts pour foumettre
toures esparonttes à l'ancien régime? Pourquoi,
y réuffir,
a-t-iFrenommé des commandants pour le roi, LErar qu'un Coutard ;un Anus de Jumecourt,quil-a fait major de la place, un.
Bauvais & genéral des brigands, qu'il a nommé fon aide-decamp,
plufieurs autres, tous convaincus de mille crimes
énormes', que l'Affemblée Coloniale avoit déja mandés à fa
barre par des'arrètés que lui-même avoit approuvés?
370: Pourquoi partir avec Grimoire, le 12 juillet,
aller remettre Jérémie fous l'ancien régime, laiflant à l'aban- pour
don la rade du Port-au-Prince, ou il n'y avoit aucun vaiffeau
de "'Etat, pour empècher les fraudes des droits dela Colonie j
auxquels les vaiffeaux américains & les vaiffeaux françois font
foumis, pour l'exportation de leurs denrées?
U
Je me laffe enfin d'énumérer tous les chefs d'accufation,
auxquels la conduite de Blanchelande a donné lieu; elle n'a
été qu'un tiffu d'horreurs; & ler fouvenir frappe encore
vivement mon imagination, pour queje puiffeles détailler trop
je pafle mêmc fous filence tous les torts qu'il a envers T'Afiem- (1);
bléc Coloniale, & la conduite qu'ita tenuc. au Cap & ailleurs;
depuis mon départ , parce que je préfume que la Convention
en aura été inftruite offciellement : d'ailleurs,la production
renferme, dans fa totalité, les preuves les moins
de la prévarication de cet infame miniftre d'un pouvoir équivoques
heureufement a fuccombé fous le poids de fesi forfaits. qui
Si Blanchelande ofoit dénier quelqu'un des faits que je lui
oppofe dans la derniere partie de ce mémoire, jinvoquerois
le témoignage des bataillons de Normandie & d'Artois, & des
fept paflagers qui font venus en France avec moi, il y: a deux
mois, & enfin de tous les habitants de la Colonie.
le (i)Je ind-erandinombee ne me fuis occupé d'objets que d'accufation des: -faits- dont j'ai été témoin, & jai négligé
de Blanchelande, dans les provinces du que Nord, pourroit & du Sud. fournir encore la conduite
- 0O BENOIT, Painé, citoyen du Port-au-Prince,
aétuellement à Touloufe.
Touloufe 2 le premier décembre 1792, Van premier de la République.
la Colonie.
le (i)Je ind-erandinombee ne me fuis occupé d'objets que d'accufation des: -faits- dont j'ai été témoin, & jai négligé
de Blanchelande, dans les provinces du que Nord, pourroit & du Sud. fournir encore la conduite
- 0O BENOIT, Painé, citoyen du Port-au-Prince,
aétuellement à Touloufe.
Touloufe 2 le premier décembre 1792, Van premier de la République. --- Page 13 ---
a
SUITE
D E
LA RÉVOLUTION
DE SAIN T-D O MINGUE
Pan de Saint-Domingue le I2 juillet, & arrivéle I2
tembre, je faifis ce moment que je crois favprable
fepdonner connoiffance des nouveaux malheurs qui
pour vous
bitants de cette Ifle infortunée ; je l'euffe fait fans affligent doute leshamaniere plus légale & plus probante > fi les événements d'une
je vais vous fairela trife analyfe, n'y avoient mis des
dont
invincibles, & n'en avoient banni les habitants
obftacles
fourni les moyens (1). Mais je ne fuis pas qui m'auroient
l'organe de la vérité que celui de tous les moins, bons meffieurs,
j'ai quittés dans le défefpoir, & qui fe font précipités citoyens à que.
genoux à mon départ, en me fuppliant de vous
mes
noître leur trifte & déplorable
faire con--
de la partie de l'Oueft dont pofition : c'eft des habitants
je vais vous
tamment de ceux du Port-au-Prince.
entretenir, & noMa relation fera rapide, & ne prendra fa fource,
poque du mois-de février dernier,
qu'à l'évous devez avoir déja reçu officiellement parce une je fuppofe que
nationale du
dela
CRIE
garde
de tous les événements Port-au-Prince, fe fuivie d'une production hiftorique
l'Oueft de
qui font fuccédé dans la partie de
révolution' Saint-Domingue, depuis le commencement de la
2 jufqu'à cette époque, dont, je fuis l'auteur; mais dans
lative (1) Le4 la relation mai, j'aiété de nommé par mesconcitoyens, pour porteri T'Affemblée légif
Saint-Domingue; une maladie m' a privé de cet avantage,
B
TALS
-Prince, fe fuivie d'une production hiftorique
l'Oueft de
qui font fuccédé dans la partie de
révolution' Saint-Domingue, depuis le commencement de la
2 jufqu'à cette époque, dont, je fuis l'auteur; mais dans
lative (1) Le4 la relation mai, j'aiété de nommé par mesconcitoyens, pour porteri T'Affemblée légif
Saint-Domingue; une maladie m' a privé de cet avantage,
B
TALS --- Page 14 ---
,
(IO-)
Thypothefe que vous n'ayez reçu Pune ni l'autre,j je vaisy fuppléer, en vousr remettant unexemplaire de cette production dont
je vous Cette prie produation de prendreconnoilance eft la mêmeque celle qu'on a préfentée aux
commiffaires civils, à leur arrivée au Port-au-Prince,, & dont
ils fe font bien donné garde d'inftruire dans le temps TAffemblée Je légillative: me tairai fur la conduite -
étrange que ces commiffaires fe
font permis de tenir dans la Colonie ; parce queje dois croire que
les commiffaires de PA(lemblée coloniale vous ont déja inftruits
fur leur compte; maisj je ne puis vous diffimuler que leurs écrits,
leur correfpondance publique & fecrette, & leur intelligence
avec leshommes de couleur & les negres efclaves révoltés, font
devenus, dans notre province, le manifefte des vols, des incendies & des crimes les plus atroces, dont fucceffivement la
Colonic eft devente un théatre fanglant, du moment que : ces
commiffaires fe font fait connoitre dans PIle, & qu'ils y ont
manifefté leurs vues défaftreufes & leur cupidité.
31 Mirbeck & Saint-Léger font partis, 9 chargés de l'exécration
pablique (1):il ne refte plus que le fieur Roume, qui, plus coupable que fes deux collegues, exerce toujours une commiflion
fans caradtere, depuis le départ des autres commillaires, & qu'il
profane avecautantde (candale que d'impunité, comme on verra
dans la fuitede cette relation. les incendies, les affaflinats &
Depuis février, jufqu'enjuin,
foutenu,
les brigandages ont eu un cours quis'eft d'autant plus
qu'étant provoqué & toléré par le Pouvoir exécunif,il fe
trouvoit encouragé par une partie des agents de la marine
marchande (2), qui alloient acheter à vil prix, dans différents
(1) Ce dernier ne parut au Port-au-Prince alors
que fàt forcer affuré le qu'il cailfier n'y de avoit lui
délivrer. le numéraire qu'il avoit & les , quoiquil a Léogane., KOrTE d'où il partit cn avril
que 15,000 livres; il les' L
emporta des
nommé Abbé Ouviere,
dernier, accompagné mulâtres d'un & quelques scélérat, , pompons chef blancs, brigands, faire Poffrande à l'Af-
& lemblée de quatre Nationale d'un prétendu don patriotique qu'on teot arbitraire forcé de les onze habitants bariques de
Léogane de parlaire-, en-leur &c qui mettant a fans doute une impofition tourné tout au proft de cet honnéte
de fucre par fucrerie,
imt3- 3
9i
commifaire. (2) Bordeloife & Normande,
, , pompons chef blancs, brigands, faire Poffrande à l'Af-
& lemblée de quatre Nationale d'un prétendu don patriotique qu'on teot arbitraire forcé de les onze habitants bariques de
Léogane de parlaire-, en-leur &c qui mettant a fans doute une impofition tourné tout au proft de cet honnéte
de fucre par fucrerie,
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9i
commifaire. (2) Bordeloife & Normande, --- Page 15 ---
poris les denrées qu'on (11)
que a pillage des habitations y voituroit, & qui he provenoiene
maitres ou les gérants (r).
dont On avoir affafliné les
L'entrepôt detous ces brigandages fe tient
Léogane, 2 Petit-Goave, Arcahée,
à Saint-Marc,
d'une bande de forbans de
8cc., fous
un
toute
Fadminiftration
ton impofant à leur
couleur, qui, 2 pour donner
en confeil d'union, duquel affemblage ils rendent criminel,fe font conftitués
Colonie.
tributaire toute la
Ceft de cet exécrable confeil d'union
gands qui ravagent les campagnes,
que partent les briqu'ils envoient al'entrepôr général de qui pillent les denrées,
Les chefs de ce prétendu confeil d'union Saint-Marc,
Pinchinat, mulatre, un
font : le parricide
un de Couengne, commiffaire Chitry, oncle du feu colonel
devant commandant
a Saint-Marc, un Mauduit, ciLes chefs des
pour le roi au
Couard, &c.
brigands
Port-au-Prince,
un Anus de Jumecourt, membre répandus du dans les campagnes , font:
de faire enlever les fucres &
confeil d'union, chargé
Cul-de-Sac ; le mulâtre
autres denrées de la plaine da
aux Vafes & aux Arcahées; Lapointe, le qui a la même commiffion
piller les habitations de
mulatre Rigauld, chargé de
l'ainé étoit ci-devant fénéchal Léogane; les Kenelcof freres 3 dont
au
ravager toutes les habitations de Port-au-Prince, la
chargés de
Prince; un Petit-Bois mulâtre, de paroiffe du Port-aulever toutes les denrées de fon
Mirebalois, chargé d'enR
même dans toutes ies autres
quartier : enfin, il en eft de
des brigands prépofés
les paroifies, fur lefquelles fe trouvent
Il fe commet encore pour des exploiter & les piller.
un petit Devillers notaire à brigandages la
d'une autre elpece:
Cros-des-Boucquets (2), fe
Colonie, (r) Aufi le n'ell-il minillere pas furprenant de ces que tous les avis qu'on
en
& la stchanie la plus atroce, traitants infatiables, ne refpirent reçoit le France dela
mingue, font de beru leur affurer la continuation dirigse contre du les trafic habitanits TSLSeTE de Saint-Do- menfouge
(2) Ce petit dépouilles Davillers avec avoit les brigands qui les leur honteux & public qu'ils
fon habitation, compofé de mulitres, un frere arpenteur doi il les qui détachoit apportent. avoit formé un canp fic
pa Lendes, avec
B2
ants infatiables, ne refpirent reçoit le France dela
mingue, font de beru leur affurer la continuation dirigse contre du les trafic habitanits TSLSeTE de Saint-Do- menfouge
(2) Ce petit dépouilles Davillers avec avoit les brigands qui les leur honteux & public qu'ils
fon habitation, compofé de mulitres, un frere arpenteur doi il les qui détachoit apportent. avoit formé un canp fic
pa Lendes, avec
B2 --- Page 16 ---
(12)
trouve muni du miniftere de parcourir toutes les habitations
dont les maitres-ont été affarlinés, pour s'emparer de tous
leurs titres & de tous leurs papiers, pour en faire un trafic,
& mettre dans l'impoffibilité leurs héritiers légitimes de
pouvoir rien réclamer.
Je n'aurois jamais fini, fi je voulois entrer dans le détail
de toutes les horreurs que les ennemis de la révolution exercent avec autant de fareur que d'impunité, contre les colons
patriotes qui la défendent.
La piraterie des mulâtres, negres libres, coalifés avec les
blancs de la corporation, ne faifoit pas moins de ravage fur mer
que fur terre ; ils ont armé des corfaires quiinterceptoient tous
les fecours & tous les vivres qui venoient au Port-au-Prince,
tandis que d'autres, à la tête d'un nombre infini d'efclaves,
tenoient la ville bloquée de toute part.
Dans des circonftances fi facheufes, nous n'avons jamais
ceffé de demander du fecours à l'Affemblée coloniale &c au général qui, ayant à fa difpofition PAffemblée provinciale du
Nord, paralyfoit nos pétitions devant l'Affembléc coloniale,
dont il étoit parvenu à fubjuguer une partie pour confommer
avec plus de facilité la ruine totale de la Colonie, à laquelle
il travailloitj jour & nuit, conjointement avec les membres de
PAffemblée provinciale du Nord, comme il en réfulte par la
confpiration dontle fieur Blanchelandes'eft trouvé dépofitaire :
Je vous en remets un exemplaire, & nous vous prionsid'en
prendre Cette lecture. confpiration fouleva tellement l'indignation des citoyens du Cap, qu'ils coururent au gouvernement s'emparer
du général, qui auroit été immolé à la jufte vengeance du
ordre d'aller affaffiner, fur leurs foyers, les victimes qu'il leur défignoit ; mais
avant de les maffacrer, ils leur faifoient figner une déclaration, par laquelle mais ils
eertifioient que ce n'étoit pas les contre mulâtres qui affalfinoient ils avoient & pilloient, les armes s pour
bien d'autres brigands inconnus, tous nos lefquels
aient pris convaincu les
défendre les habitants. Quoique
corps populaires
commiffaires de la fauffeté de pareilles déclarations, ils
9 nous fait fommes devant perfuadés le Tri- que
les crimes de ces monftres, leur caufe qu'ils en auront défendent avec ufage tant de chaleurs
ET de la Nation, en y plaidant
ils avoient & pilloient, les armes s pour
bien d'autres brigands inconnus, tous nos lefquels
aient pris convaincu les
défendre les habitants. Quoique
corps populaires
commiffaires de la fauffeté de pareilles déclarations, ils
9 nous fait fommes devant perfuadés le Tri- que
les crimes de ces monftres, leur caufe qu'ils en auront défendent avec ufage tant de chaleurs
ET de la Nation, en y plaidant --- Page 17 ---
à
(13)
fans l'afcendant & les repréfentations d'un député du
peuple,
membre de P'Affemblée coloniale, qui le préPort-au-Prince,
ferva de ce abandon, meurtre. & privés de toute efpecede fecours, nous
armâmes Danscet des corfaires pour nous ouvrir le paffage de la mer,
de
embarcations, chargées des malfes &
protéger habitants qul, petites s'échappant à la furcur des brigands,
venoient chercher un afyle au Port-au-Prince.
A tant de maux, il eft furvenu une maladie épidémique ,
ftivie d'une diarrhée maligne, qui nous moiffonnoit forcés vingt-cinq de faire
femaine (1); ce qui nous a
à trente citoyens par à
africains, que nous avons
une recrue de cent cent cinquante affidés
choifis parmi nos domeftiques les plus
2 pour protéger
vivres de terre.
nos fourrageurs & nous procurer quelques le renouvellement de
L'époque à laquellel la loi nous indiquoit
Tétat-major de la garde nationale étant arrivé, nous yavons à Borel, procédé; lc choix, pour le commandement,a été déféré M,
fetrouvoit alors membre de l'Affemblée coloniale : quatre
qui
du Port-au-Prince lui font de fuite députés au Cap,
citoyens
le
de fa nomination ; ce bon
pour lui porter procès-verbal de confiance des habitants du Trome
triote répond à cette marque le commandement; & comme il conau-Prince, en acceptant de la ville du (Port-an-Prince, il folnoiffoit la pofition critique lAMfemblée coloniale, deux cents fufils &
licite 3 pour nous, de
lui délivra le général, en manifeftant
quelques munitions, fon commandement.
une fcinte approbation aT
du Cap faifirent cette occafion
Deux cents bons patriotes fecourir en demandant à M. Borel
favorable pour venir nous
>
Tagrément de Taccompagner au Port-au-Prince. les mulàMais ce commandant ne fut pas plutôr furent parti,
ils mileurs
en
laniesa
tres de Saint-Marc &
corfaires coalifés dehors
s'emparer de
rent de fuite tous leurs & le contraignirent pour de fe refugier au
Mi. Borel & de fa fuite,
(1) A mon départ, il étoit mort au moins cinq de cents la cinquante des eaux à fix douces, cents
citoyens de cette maladie fouffert 2 qui provenoit pendant en partie mois. privation
dont le Port-au-Prince a
cing
AALA
urs
en
laniesa
tres de Saint-Marc &
corfaires coalifés dehors
s'emparer de
rent de fuite tous leurs & le contraignirent pour de fe refugier au
Mi. Borel & de fa fuite,
(1) A mon départ, il étoit mort au moins cinq de cents la cinquante des eaux à fix douces, cents
citoyens de cette maladie fouffert 2 qui provenoit pendant en partie mois. privation
dont le Port-au-Prince a
cing
AALA --- Page 18 ---
(14)
Mole Saint-Nicolass oir il eut à peine le temps de fe fauvers
& ceft de cette place qu'il manifefta au: Port-au-Prince fon
embarras, , & les intentions hoftiles des gens de couleur.
L'Affemblée provinciale de POueft, réunie avec la municipalité, fitde fuite une requifition au fieur de Grimouard, commandant du Borée > d'aller avec fon vaiffeau au devant de M..
Borel, pour protéger fon entrée au Port-au-Prince; le fieur
Grimoward accepte, & promet de remplir avec honneur les devoirs de fa miflion, c'eit-a-dire, avec fon honneur ordinaire.
Comme on favoit que fon équipage n'étoit pas à demi complet, on lui offrit des foldats de Partillerie nationale & des
troupes de ligne, offres que le fieur Grimouard fut bien refufer
aller recruter quelques matelots, parmi la marine marEEnuale parce qu'il favoitq ue les capitaines bordelois & normands ne lui donneroient que des hommes capables de le feconder dans fes plus infames projets.
Le fieur Grimouard, après avoir refté trois jours à faire fa
recrue, leve l'ancre contre le voeu de la municipalité qui avoit
retiré fa requifition (1), & bien loin de diriger fa route en
droite ligne pour le Môle , il fe rend à Saint-Marc, pour
fe défaire des hommes attachés au vaiffeau , qu'ii n'auroit
jamais pu corrompre, & qui aurojent fait avorter la perfidie
quil méditoit & qu'il confomma dans la fuite fi aifément.
Voici le fratagème que cet exécrable commandant mit en
ufage pour fe défaire des équipages qui V'embarraffoient,
Auffi-tôt mouillé dans la Baie de Saint-Marc, il dépèche
à terre des inftructions aux brigands compofoient le confeil
d'union ; ces inftructions portoient 3e faire parvenir le plus
promptement polible au fieur Blanchelande, unel lettre, dans
laquelle il lui faifoit part du projet qu'il avoit déja entamé,
avec invitation de venir lui aider à le confommer les chofes
étant ainfi difpofées, le fieur Grimouard ordonne i cinquante
matelots , attachés au vaiffeau, d'aller à terre avec les chaloupes pour y faire del'eau, opération à laquelle on fe prèta avec
(t) Les préparatifs de fon départ lui avoient infpiré une méfiance qui auroit
da frapper l'Afemblée provinciale.
du projet qu'il avoit déja entamé,
avec invitation de venir lui aider à le confommer les chofes
étant ainfi difpofées, le fieur Grimouard ordonne i cinquante
matelots , attachés au vaiffeau, d'aller à terre avec les chaloupes pour y faire del'eau, opération à laquelle on fe prèta avec
(t) Les préparatifs de fon départ lui avoient infpiré une méfiance qui auroit
da frapper l'Afemblée provinciale. --- Page 19 ---
(15)
malheureux beaucoup de murmure,
que c'étoit fans
bientôt
, qui etiLtauern prévoir leur trifte néceffité; & ces
vidtimes de leur aveugle
deftinée, furent
pas plutôt rendusà terre, quils fe obéiffance virent : car ils ne furent
de mulatres,
inveftis
> pompons blancs &
par une foule
rerent & les mirent aux fers negres armés, 2 qui s'en
inftructions qu'ils en avoient , dans des cachots , fuivant empa- les
qu'une bande de mulâtres & reçues du fieur Grimouard, tandis
prétexte d'une
blancs de la
&
députation, furent introduits à corporation, bord du 2 fous
S'emparerent du reftant de
vaiffeau,
mouard leurd défignoit; ces
T'équipage que le fieur Griautant d'injuftice que de lâcheté malheureufes furent vidimes, livrées avec
garrotées, en prifon avec leurs ,
conduites s liées &
fortir que par quatre O11
à camarades, fur
d'ou on ne les fait
des occafions pour les cing,
& mefure que l'on trouve
cette précaution barbare embarquer pour France ; (on ne
réclamations fans effet en que France pour rendre leurs cris &
tout
: c'eft
met
l'équipage du Borée
)
ainfi que
tifime, vient d'être privé 2 de qui fon avoit montré tant de prefque patriohionneur , & qu'il vient d'être facrifié état, de fa paie & de fon
fireur d'un commandant fi exécrable. impitoyablement à la
monté Le fieur Blanchelande ne tarda pas à
fur le vaiffeau le
paroître à Saint-Marc,
de fept à huit cents brigands Jupiter, de ayant à fon bord un ramaffis
fait la recrue au Cap avant de toute couleur, 2 dont il avoit
Comme prefque toute
partir,
ties de la Colonie nous communication avec les autres
étoit
parque par mer à nous ne pûmes interceptée 2 tant par terre
rectes, la perfidie du fieur apprendre,que par des voiesindijours après que ces triftes Gnmouard,decen vérités nous
nel fut que quelques
l'arrivée à Saint-Marc du fieur furent confirmées, ainfi
Trdan encore.
Blanchelande que nous
La loi du 28 mars qui vous a paru fi
tranquillité dans les Colonies, & n'a
à rétablir la
comble les malleurs & les
qui ftromne porter à leur
avoit été reçue officiellement défordres, &
étoit 3Er connue, elle
Pouvoir exécurif,
promulguée de fuite par le
nel fut que quelques
l'arrivée à Saint-Marc du fieur furent confirmées, ainfi
Trdan encore.
Blanchelande que nous
La loi du 28 mars qui vous a paru fi
tranquillité dans les Colonies, & n'a
à rétablir la
comble les malleurs & les
qui ftromne porter à leur
avoit été reçue officiellement défordres, &
étoit 3Er connue, elle
Pouvoir exécurif,
promulguée de fuite par le --- Page 20 ---
(46)
- Quoique tous les vrais colons & citoyens n'aient dans'
cette loi que la deftruétion totale de leur exiftence civile vu &
politique , ils ont mieux' aimé s'y foumettre que de fe rendre
réfractaires; l'Affemblée coloniale l'accepta , & la
T'Oueft fuivit fon
province de
muler
exemple ; mais nous ne pouvons vous diffique ce n'eft que le refpedt que nous avons
pour la loi qui nous le fit emporter dans cette occafion toujours eu
notre défefpoir ; & que les membres de l'Affemblée
fur
qui l'ont obtenu, 2 avoient leurs vues & leurs deffeins : légiflative lei
vous l'apprendra.
temps
L'Affemblée provinciale de l'Oueft ne pouyant
fur le Borée qui devoit protéger lentrée de M. Borel, plus compter n'héfita
point d'accepter les offres généreufes &
du
taine Chaffin, commandant PAgathe de patriotiques capifenta avec fon navire pour aller chercher Nantes, M.
fi fe pré
faifoit efcorter
on le
R
par un corfaire que nous avions tout
un renfort d'artillerie, & des hommes de la garde paré avec
(ce qui ne fouffrit aucnne difficulté.)
nationale,
Les fieurs Blanchelande & Grimoward ,
ne
Saint-Marc que pour avoir le temps de recruter qui
reftoient à
fuffifant de brigands pour renforcer
du un nombre
fidoient en attendant le confeil d'union T'équipage & cimentoient Borée, préorgies les plus crapuleufes, leur perfide coalifation dans les
hommes de couleur.
avec les
Les deux agents du Pouvoir exécutif,
ayoit été au devant de M.
apprennent qu'on
ils, embarquent de fuite tout Borel, pour protéger fon entrée; ;
tres, negres libres & efclaves, ce & qu'ils purent trouver de mulâau pallage de M. Borel, qui eut le pompons malheur blancs; de pour voler
leurs mains avec toute fa fuite & conduit tomber entre
minel devant le tribunal profane 9 du confeil d'union comme un criMarc.
de SaintLes fieurs Blanchelande & Grimouard, fans égard
-
caraétere & le mérite de M. Borel, décoré de la croix pour de le
Saint-Louis, & membre de l'Affemblée coloniale
s le livrerent
impitoyablement, avec le capitaine Chaffin, , à cette bande dé
brigands
; de pour voler
leurs mains avec toute fa fuite & conduit tomber entre
minel devant le tribunal profane 9 du confeil d'union comme un criMarc.
de SaintLes fieurs Blanchelande & Grimouard, fans égard
-
caraétere & le mérite de M. Borel, décoré de la croix pour de le
Saint-Louis, & membre de l'Affemblée coloniale
s le livrerent
impitoyablement, avec le capitaine Chaffin, , à cette bande dé
brigands --- Page 21 ---
(17)
qui, après leur avoir fait fubir toute forte d'humiliations, précipiterent avec leur fuite dans les cachots : nous
Hostis
ignorons le genre de cruauté & de barbarie que ces fcélérats
ont exercé fur ces infortunés patriotes, mais vous en ferez fans
doute inftruits par M. Borel lui-mème, fi toutefois il a lebonheur de récupérer fa liberté. (1) Le corfaire qui efcortoit le
navire PAgache, eut le bonheur de le fauver des pourfiites du
Jupiter & du Borée, , & rendu au Port-au-Prince, il nous confirma ce que nous avions appris par des voies indiredtes, en
nous apprenant la prife de M. Borel; ce, qui mit la confternation dans toute la ville, qui devint à fon comble le lendemain à la vue du Borée & du Jupiter 2 qui vinrent s'emboffer
devant le Port-au-Prince aprèsavoir débarqué à demi-lieue de
la ville, huit à neuf cents mulâtres, 3 & negres efclaves, pour
renforcer un camp de brigands qui occupoient ce pofte depuis
(t) D'après la connoiffance de tant de forfaits, l'on remarque deux vérités
frappantes, (oua vu que les membres du confeil d'union n'étoient que des affaffns, des parricides, tous complices de la deftruction des provinces de l'Ourft
&e du Sud, que l'affemblée coloniale avoit en partie proferits 9 ou mandés à la
barre par plufeurs arrêtés, dont le fieur Blanchelande avoit négligé l'exécution,
eût revétus de fon approbation.) La premiere de ces vérités regarde
fieur Blanchelande : en effet, fi cet infame gouverneur trouvant tous briPED1
ces
gands réunis à Saint-Marc, n'avoit été lui-méme la cheville ouvriere de toutes
les trames & de tous les complots formés & exécutés contre
s'il n'étoit lui-même le chef de cette horde infame de cannibales Saint-Domingue, qui le dévaftent, ne fe feroit-il pas emparé de cette bande d'affaffins, au lieu d'en venir
groffir le nombre par ceux defa fuite,& d'emprunter leurs bras & ceux de leurs
efclaves,
venir perter le dernier coup à notre miférable province? Et fi lcs
hommes lous couleur n'avoient pris les armes 1 comme les ennemis du bien public
s'efforcent de le faire entendre
pour foutenir les droits politiques; quand
ils fe font vus au comble de leur Recapon par la loi du 28 mars, & ne trouvant
aucun obflacle dans fon exécution auroient-ils prété leur minilere au pouvoir
exécutif pour achever de détruire & de ruiner de fond en comble une terre
que depuis onze mois ils fouilloient de toute forte de crimes 1 Mais dans des
antes fi viles & fi lâches, la nature ne s'eft point démentie comme l'a fait la
Confitution. , puifque ces hommes féroces ont préféré continuer leur brigandage,
& la deftruction de leurs bienfaiteurs, pour s6 emparer de leurs propriétés, &
feconder le pouvoir exécutif dans ces progrés de contre-révolution, au lieu de
fe montrer dignes des dons que leur prodiguoit l'Afemblée Nationale : leur férocité ne peut étre mieux caractérifée que dans la circulaire qu'ils envoyerent dans
tous les quartiers, & dont T'original fe trouve configné dans les archives de
l'afemblée provinciale de rOueft, & qui ne tendoit qu'à les porter à plonger
leur poignard dans le fein de tous les Europdens,
C
fias
progrés de contre-révolution, au lieu de
fe montrer dignes des dons que leur prodiguoit l'Afemblée Nationale : leur férocité ne peut étre mieux caractérifée que dans la circulaire qu'ils envoyerent dans
tous les quartiers, & dont T'original fe trouve configné dans les archives de
l'afemblée provinciale de rOueft, & qui ne tendoit qu'à les porter à plonger
leur poignard dans le fein de tous les Europdens,
C
fias --- Page 22 ---
(18)
long-temps ; tandis que le fieur Roume commifaire, s'étoit
déja rendu du Cap par terre à la Crois-des-Bouquets en
traverfant tous les poftes occupés par les révoltés tant de la
partie du Nord qued de celle del T'Oueft, & dans lefquels poftes il
ft des recrues confidérables pour venir renforcer le camp de la
Croix-de-Bouquer,
devoit commander , fi la ville du
Port-au-Prince avoit 2: réfiftance. Le fieur Blanchelande mettant dans fa conduite autant de
làcheté que le fieur Roume de perfidie dans fa commiffion ,
tenant ainfi la ville bloquée de toute part, dépêche a terre un
de fes aides-de-camp pour s'informer aux cafernes d'une vérité
qu'il connoifoit très-bien, c'eft-à-dire comment la troupe
avoit reçu la loi du 28 mars : l'état-major lui répondit, 2 que
la troupe avoit refpeété le décret, ainfi
les citoyens de la
ville : de là cet aide-de-camp fe rend à Am municipalité , oà il
acheva de fe confirmer que la loi avoit été promulguée, acceptée Le & enrégiftrée. fieur Blanchelande fe voyant fans prétexte, pour déployer fa fureur contre les habitants du Port-au-Prince, fe
fait adreffer une requifition dreffée par les pompons blancs
qu'il avoit à bord, qu'il forgea lui-même pour trouver un
prétexte d'éclater contre cette ville, qu'il faifoit qualifier de
rebelle; & pour en avoir le droit devant le Tribunal de la
Nation, il fitrenforcer cette requifition par tous les membres
de la corporation qui fe trouvoient encore au Port-au-Prince
qu'il manda à fon bord, & qui n'en font defcendus qu'avecl lui. Sur ces entrefaites 7 Blanchelarde donne cours à une
proclamation fabriquée en plein confeil d'union à Saint-Marc,
qui n'étoit rien moins qu'une provocation pour bannir les
de leurs
cette provocation n'eut point les
Eec
triotes cès qu'on s'en attendoit, foyers; & on étoit impatient de les réalifer :
on fe détermina à l'exécuter de force; & voici les précautions
que la lâcheté infpira pour confommer le crime.
es 7 Blanchelarde donne cours à une
proclamation fabriquée en plein confeil d'union à Saint-Marc,
qui n'étoit rien moins qu'une provocation pour bannir les
de leurs
cette provocation n'eut point les
Eec
triotes cès qu'on s'en attendoit, foyers; & on étoit impatient de les réalifer :
on fe détermina à l'exécuter de force; & voici les précautions
que la lâcheté infpira pour confommer le crime. Le fieur Blanchelande donne ordre au bataillon de Normandie de fe tenir prêt à s'embarquer fous vingt-quatre heures
France. La Municipalité & lAffemblée Provinciale réupour
--- Page 23 ---
(19)
nies, frappées d'un ordre fi arbitraire & fi pernicieux, lui firent
une députation à bord,
lui repréfenter que
ment
l'embarquede ce bataillon Perteare trop préjudiciable à la province de
l'Ouef pour y confentir, & que les bataillons de Normandie
&c d'Artois, réunis enfemble, formoient à peine un nombre de
cinqcents hommes, & que n'ayant d'autre troupe de ligne dans
une infurredion prefque générale de mulâtres &
en confentant
d'efclaves,
à fon départ, on expofoit tous les habitants de la
province, à périr par le fer aflaffin de leurs ennemis; on lui
repréfenta encore qu'il devoit favoir, qu'une garnifon de
guerre ne pouvoit quitter fon pofte qu'au moment ou
elle étoit relevée par une autre : toutes ces repréfentations
furent inutiles; le fieur Blanchelande exhibe un ordre d'un ancien miniftre qui lui ordonne de faire embarquer ce bataillon(1),
& refufe net la requifition des Corps populaires. Les Corps populaires auroient peut -être requis la troupe
de refter, 2 fans Taffurance perfide que leur donne ce gouverneur,
que cette garnifon alloit être remplacée par une autre plus
confidérable dà régiment Douilhis, qu'ilaffirma être à la Croixdes-Bouquets avec le fieur Roume : alors Normandie s'embarqua 2 (au grand regret des citoyens de la ville) fur un navire
marchand que le fieur Blanchelande avoit déja freté, , & qu'il
eut la précaution de faire pofter fous la volée des canons du
Borée & du Jupiter. Le fieur Blanchelande donne avis de fes fuccès par mer au
fieur Roume qui étoit à la Croix-des-Bouquets, & l'invite de
fe rendre de fuite à fon bord. Le lendemain, s pour augmenter le défefpoir des habitants,
le gouverneur donne un nouvel ordre au bataillon d'Artois de
fe tenir prêt à s'embarquer ; & pour ne laiffer aucun doute
fur fon deffein, il frete le navire le Simple de Nantes, capitaine Griffé : c'eft alors 2 mais trop tard, que nos Corps popudoute (r) Le fieur Blanchelande avoit follicité cet ordre de ce miniftre, qui étoit fans
d'intelligence fon avec lui, & cet ordre ne lui avoit peut-être méme été
expédié dater.
re au bataillon d'Artois de
fe tenir prêt à s'embarquer ; & pour ne laiffer aucun doute
fur fon deffein, il frete le navire le Simple de Nantes, capitaine Griffé : c'eft alors 2 mais trop tard, que nos Corps popudoute (r) Le fieur Blanchelande avoit follicité cet ordre de ce miniftre, qui étoit fans
d'intelligence fon avec lui, & cet ordre ne lui avoit peut-être méme été
expédié dater. qu'après renvoi du miniftere, en prenant la précaution de l'anti2 --- Page 24 ---
( 20 )
laires reconnurent la faute qu'ils venoientde commettre en per.
mettant l'embarquement de Normandie. Plufieurs membres de
ces deux corps fe rendirent derechefà bord du Jupiter 2 où ils
s'efforcerent en vain de repréfenter le défefpoir des habitants
de la ville; on ne leur répondit que par des ironies outrageantes 2 que le fieur Blanchelande leur prodiguoit ainfi : vous avez
tort de vous alarmer du départ de ces deux bataillons , car au lieu
de cing cents hommes que vous perder, vous recevreg une garnifon dé quinge à dix-huit cents hommes : qui vous feront d'autant
plus de plaijir que tous ces nouveaux militaires ne feront que des
hommes de couleur negres. Nos repréfentants frappés d'une telle
répartie > lui répondirent qu'ils n'en avoient pas le droit, &
qu'au terme de la loi du 28 mars , chacun devant rentrer dans
fes foyers : il ne pouvoit introduire dans le Port-au-Prince que
les hommes de couleur, & negres libres, qui y étoient domiciliés avant les troubles (1), lefquels on étoit prêt à recevoir
& protéger de toute la force de la loi comme le refte des
citoyens ; on interpella l'avis du fieur Roume 7 qui répondit
froidement que le général étoit le maître abfolu de fes volontés, & qu'il ne pouvoit rien fur lui. (2).
Le fieur Blanchelande affuré de fon. triomphe
le bataillon de Normandie, qu'il tenoit fous fa volée : der plus d'aucun ménagement, & fe fépara de nos municipaux 2 en leur
difant quil étoit acuellement maitre de faire la loi , a & qu'il
entendoit la faire & qu'il vouloit qu'on reçût dans la ville
quinze cents samts de couleur, libres ou efclaves.
Cette nouvelle ne fut pas plutôt répandue dans la ville,
les
rumeurs éclaterent contre la Municipalité
JeE
plus grandes
l'Affemblée provinciale, d'avoir fi légérement adhéré'à l'embarquement du premier bataillon : la Municipalité en fut tellement alarmée 2 qu'elle fe tranfporta à bord pour fairede
nouvelles repréfentations. Le fieur Blanchelande, pour fe dé-
()I ny'en avoit pas deux cents en, criminelle euffent le privilege. celle de ce commiffaire,
(2)- Peut-on voir une prévarication SEL
que
miniftere
qui ne devoit étre autre chofe que pacificateur loi? , & qui n'avoit d'autre
que celui de tenir la main à T'exécution de'la
lement alarmée 2 qu'elle fe tranfporta à bord pour fairede
nouvelles repréfentations. Le fieur Blanchelande, pour fe dé-
()I ny'en avoit pas deux cents en, criminelle euffent le privilege. celle de ce commiffaire,
(2)- Peut-on voir une prévarication SEL
que
miniftere
qui ne devoit étre autre chofe que pacificateur loi? , & qui n'avoit d'autre
que celui de tenir la main à T'exécution de'la --- Page 25 ---
(ir)
barraffer de leur importunité 9 leur promit de fufpendre le
départ d'Artois (1), & de ne laiffer entrer en ville que
à fix cents hommes de couleur qu'on incorporeroit dans la cinq
de nationaler: : ce qui fut accepté,
garLa Municipalité s'empreffe de venir raffurer les
en leur faifant part de la promeffe qu'elle crut fincere citoyens de la 2
part du fieur Blanchelande, en leur annonçant l'entrée en ville
du fieur Roume, commiffaire.
En effer, cet homme fe rendit le lendemain matin à PAC
femblée provinciale, où il débita un difcours qui n'étoit
tiffi de duplicité s de fourberie & de charlatanifme, 2 qu'un
néanmoins éblouit les perfonnes foibles qui, dans leur 3 & défef- qui
poir, y eurent quelque confiance; parce qu'ils avoient entendu
ce commiffaire répéter plufieurs fois dans le cours de fon
difcours : qu'il voyoit très-bien qu'il avoit été trompé fir le
compte des citoyens du Port-au-Prince, & qu'il étoit bien
aife des'en convaincre parlui-même, & que de ce momentils'en
déclaroit & en devenoit le protedteur ; il clôtura fon difcours
en donnant le doux efpoir, & la ferme affurance, que tous les
chemins feroient libres fous deux jours, & que chacun pourroit
rentrer dans fes foyers avec fareté.
Ce même homme pour mieux cimenter fa
fait
perfidie 2 s'étoit
préparer un repas, oà furent invités les membres de PAL
femblée provinciale, & ceux de la Municipalité, dont il prit
congé, en fixant au fur lendemain l'entrée des hommes de
couleur; & fe tranfporte à bord rendre compte à fon collegue
Blanchelande du rôle qu'il venoit de fi bien exécuter : mais la
làcheté de ces deux ennemis de la Conllinution, leur fit
cevoir des ombrages qu'ils difliperent bientôt par des appertions arbitraires, & qu'ils ne confommerent mème, proteripune trahifon des plus infames ; en effet, le lendemain au que matin par
le fieur Roume fr paffer une lifte de quinze citoyens, avec
ordre de les faire embarquer de fuite fur les deux navires
marchands qu'on lui défignoit. C'eft alors que cette làche &
Mais il ne fit cette promeffe, que parce qu'il favoit
le navire
quel le bataillon devoit s'embarquer, n'étoit pas encore prét que à prendre charge, fur leA
ipune trahifon des plus infames ; en effet, le lendemain au que matin par
le fieur Roume fr paffer une lifte de quinze citoyens, avec
ordre de les faire embarquer de fuite fur les deux navires
marchands qu'on lui défignoit. C'eft alors que cette làche &
Mais il ne fit cette promeffe, que parce qu'il favoit
le navire
quel le bataillon devoit s'embarquer, n'étoit pas encore prét que à prendre charge, fur leA --- Page 26 ---
(*X
criminelle Municipalité reconnut s mais trop tard 1 T combien
elle étoit indigne derepréfenter un peuple fi bon, & fi magnanime ; & combien elle avoit à fe reprocher d'avoir abule de
la confiance aveugle de fes conftituants , en les livrant, fans
réfiftance, même au mépris de la loi , à deux monftres qui
n'en fuivoient d'autre
celle de leur defpotifme.
Cette Municipalité Nera point d'abord mettre à exécution
un ordre fi barbare quinconititutionnel, mais elle eut recours
à fes expédients ordinaires , en envoyant des commiflaires à
bord pour faire de vaines repréfentations, dans lefquelles on
ne manqua pas d'étaler qu'on ne pouvoit rien imputer aux
citoyens qu'on vouloit proicrire 3 & quand bien même ils feroient coupables de quelque delit, on ne pourroit les punir
fans fe rendre réfraétaires à la loi du 28 mars, dont la connoiffance en étoit réfervée à de nouveaux commiflaires annoncés par ce décret, & finirent ce beau jeu de mots par affurer
le fieur Roume que la Municipalité préférera s'embarquer ellemême, avanto dep prêter fon miniftere pour porter un coup pareil
à la loi.
& feinte fermeté
bientôt
Mais cette apparente
s'éclipfa
par
la fourbe répartie du fieur Roume 2 qui ne manqua pas de
faire entendre que le bien public exigeoit, que ces citoyens
qui portoient ombrage aux hommes de couleur, s'éloignalient
pour un temps ' ,
étoient néanmoins libres de s'embarpour TOae qui leur feroit le plus agréable, & que
Tier peu il leur feroit loifible de rentrer dans leurs foyers :
cet homme diffimulé ajouta gravement, & jura 2 par le caractére dont il étoit revêtu , qu'il en avoit ufé de même envers
le parti contraire 2 & qu'il s'étoit affuré des principaux chefs,
comme des Pinchinat 2 des Bauvois, des la Pointe, des Coutard, des Kenefcof, des Vilars, des Couengne, des Anus de
Jumecourt, des Chetry 2 des Rigauld , des Rey, des PetitBois, de Petit, de Vilieres, & d'une infinité d'autres chefs
des hommés de couleur, & de la corporation au pompon
blanc
il alloit faire partir au premier jour, 2 & qu'on
2 lefquels
à
momentané de ces
ne pouvoit s'oppofer l'embarquement
quinze
, des Coutard, des Kenefcof, des Vilars, des Couengne, des Anus de
Jumecourt, des Chetry 2 des Rigauld , des Rey, des PetitBois, de Petit, de Vilieres, & d'une infinité d'autres chefs
des hommés de couleur, & de la corporation au pompon
blanc
il alloit faire partir au premier jour, 2 & qu'on
2 lefquels
à
momentané de ces
ne pouvoit s'oppofer l'embarquement
quinze --- Page 27 ---
23)
citoyens 3 fans vouloir facrifier le bien public, & vouloir éternifer le défordre & d'anciennes haines que la préfence de
ces citoyens pouvoit faire renaître à tout inftant & que les
autres du parti contraire en avoient ufé bien plus loyalement,
quoiqu'ils fuffent en plus grand nombre > puifqu'ils s'étoient
déja tous rendus à bord du Jupiter & du Borée, d'oà ils ne
devoient fortir que pour quitter la Colonie.
La Municipalité donna tête baiffée dans les lacets perfides
du fieur Roume, & fit paffer aux citoyens défignés l'ordre de
s'embarquer de fuite, en leur repréfentant que de leur éloignement dépendoit le bien public 2 & qu'elle attendoit de leur
patriotfime, qu'ils feroient tous le facrifice de s'abfenter pour
quelque temps.
Ces malheureux citoyens s'eftimoient déja
heureux
d'avoir la gloire des'immoler pour le bien général; TTRe ; ajoutent
foi au difcours de la Municipalité, & fe difputent à l'envi à
qui s'embarquera le premier, & le foir même ils étoient tous
rendus à bord, au grand regret de tous leurs concitoyens qui
ne virent dans cet embarquement que de nouvelles SHairiet
facrifiées au pouvoir exécutif, 2 comme l'ons'en convaincra dans
peu.
Cette fcene prolongea l'entrée des hommes de couleur, qui ne
s'effectua
le 4 de juillet, & c'eft dans leur réception, firtout, , que 1 fieur Blanchelande & le fieur Roume firent
de toute la foupleffe, & de tout le manege dont les Lonates
les plus fourbes font capables; en effet, à l'accueil que firent
ces deux charlatans à ces efclaves de leur ariftocratie, on eût
dit que c'étoit des hommes étrangers & nouveaux & d'une
haute confidération.
Mais quelle fut la crainte & la défolation des habitants du
Port-au-Prince, à la vue de deux mille brigands (1) au moins,
qui s'introduifirent en ville, & dont les guenilles de la plupart
étoient encore teintes du fang de nos freres, parmi lefquels
il y en avoit les deux tiers au moins qui étoient des efclaves,
de (r) la On a dà remarquer, que le feur Bianchelande avoit promis aux commifaires
Municipalité, s qu'il ne feroit entrer que fix à fept eents hommes de couleur.
7a
ille brigands (1) au moins,
qui s'introduifirent en ville, & dont les guenilles de la plupart
étoient encore teintes du fang de nos freres, parmi lefquels
il y en avoit les deux tiers au moins qui étoient des efclaves,
de (r) la On a dà remarquer, que le feur Bianchelande avoit promis aux commifaires
Municipalité, s qu'il ne feroit entrer que fix à fept eents hommes de couleur.
7a --- Page 28 ---
(24)
à la tête defquels on ne voyoit d'autres chefs que ceux dont
le fieur Roume avoit dès la veille affuré la Municipalité de
l'émbarquement. Ceft alors, mais en vain, 7. que les imprécations les plus
méritées furent dirigées contre les auteurs de tant de fourberie
& d'impofture, que ele défefpoir fut à fon comble, & que chacun
effaya de chercher fon falut dans ia fuite, en s'empreffant de
proiter de la liberté de la mer, où le fieur Blanchelande avoit
mis embargo à fon arrivée (1).
conduire
Les fieurs Blanchelande & Roume, quis'étoient fait
en triomphe au gouvernement par cette bande de'cannibales,
faifoient faire une forte garde autour de leurs perfonnes, ils
fe favouroient des humiliations & des outrages qu'on faifoit
journellement aux citoyens de la ville; ils étoient fi indifférents
fur toutes les plaintes qu'on leur faifoit, qu'ils fouffrirent quc
les mulâtres & negres libres, qui devoient faire le fervice avec
la garde nationale, finvant l'accord fait avec la Municipalité,
fe fiflent repréfenter & remplacer
les efclaves qui étoient à
leur fuite, & montaffent pour eux arg garde péle-méle avec les
blancs, dans les divers poftes où les gardes nationales avoient
accoutumé de faire le fervice (2). Tandis que les chefs de ces
mêmes efclaves & hommes de couleur que le fieur Roume
devoit.faire embarquer fe promenoient à cheval matin & foir
autour des mafures de la ville, qu'ils avoient eux-mêmes réduites en cendres, en infultant a nos malheurs par un extérieur
(:) A notre départ, 1 plus de cinq, cents citoyens une s'étoient partie des déja membres embarqués de pour l'afla femblée nouvelle provinciale Angleterre avoient ou pour pris la la Jamaique; route de Baltimore; notre ancien commandant général de la garde nationale s'étoit réfugié révoltés de avec tant toute d'horreurs, fa famille ont à donné Charleftou; : quelques membres de la Municipalité départ.
leur (a)C'et démifion, pourtant & ne des fongeoient François qu'on qualeur outrage impunément, enl lesveautrant parmi &
des vils efclaves ; c'eft un repréfontant l'année du roi derniere qui fe permet au Corps tous conflituant ces excès, fur les
qui, pour mieux parvenir, que nous 2 écrivit reçûmes du décret du 15 mai, cette loi étoit
premieres impolitique mehl & inapplicable au régime colonial , & que fi elle er parvenoit fon officiellement, il préféreroit plutôt donner & fa démifion la fourberie que la plus de préter rafinée font minif bien
teredla faire exécuter. Qme la perverité f
caractérifées dans un homme barbare !
des
, fur les
qui, pour mieux parvenir, que nous 2 écrivit reçûmes du décret du 15 mai, cette loi étoit
premieres impolitique mehl & inapplicable au régime colonial , & que fi elle er parvenoit fon officiellement, il préféreroit plutôt donner & fa démifion la fourberie que la plus de préter rafinée font minif bien
teredla faire exécuter. Qme la perverité f
caractérifées dans un homme barbare !
des --- Page 29 ---
(2s)
des plus làches & desplus fuperflus ; ce qui ne faifoit
à leur fcélératelfe, &augmenter le défelpoir des habitants. qu'ajouter
Les gardes nationales fe voyant ainfi expofées &
mifes, abandonnerent le fervice, & ne s'occuperent comproépuifer toutes leurs reffources. pour fe procurer des plus qu'à à
pouvoir s'évader. Ceft ainfi que tous les poftes de la moyens
rent fucceflivement occupés par les hommes de couleur ville funegres libres & efclaves qui s'en rendirent maitres, &
devinrenclesfoldaus poftiches du régiment Douilhis qui devoient qui
remplacer le bataillon de Normandie.
Les fieurs Roume & Blanchelande voyant toute la ville
la confternation, tenoient table ouverte & fe réjouiffoient dans du
défelpoir des patriotes : à ces orgies fe rendoient en
les
Pompons blancs > les chefs des hommesde
foule,
ques vils & lâches membres de l'Affemblée couleur, avec quelMunicipalité,
provinciale & de la
quiavoient ourdi les chaînes des citoyens, tels
Daubagnac, , officier municipal,& un Lerembourg maire que
dans le commencement avoit montré tant d'énergie s & qui, de
patriotifme, devint le premier efclave du fieur Blanchelande,
puifqu'au les
gouvernement on ne voyoit d'autre perfonnage faire
fonétions de maitre-d'hôtel.
Les fieurs Roume & Blanchelande n'avoient pas perdu de vue
les quinze citoyens de la ville qu'ils tenoient à bord:ils avoienr
déja donné les ordres pour Jes arracher des vaiffeaux oùr ils
étoient; ils les firent tranfporter tous à Léogane, excepté le
fieur Prolato, ingénieur de la ville, & commandant l'artillerie, qui fut transféré devant le profane confeil d'union de
Saint-Marc, oi il a été haché à coups de fabre, & jeté à la
mer,le 26juiller (1).
Le fieur Blanchelande, par un excès de parjure & de fourberic dont on n'a jamais Vu d'exemple, bien loin de
à T'embarquement des chefs des hommes de couleur pourvoir & de la
fanvé (1) On la ville, n'a d'autre & de l'avoir crime à affranchie reprocher de à Ge la fureur brave des citoyen, que celui d'avoir
de prévoyance, fexe, 1. feroient entrés en ville vingt fois, , & qui, afegeants, fans difinchion qui, d'age fans ni fa
lettre circulaire, avoient déja, cotée annonçé no,, qu'ils pafferoient. tout. au fil de l'épée. Voyez leur
D
AL
) On la ville, n'a d'autre & de l'avoir crime à affranchie reprocher de à Ge la fureur brave des citoyen, que celui d'avoir
de prévoyance, fexe, 1. feroient entrés en ville vingt fois, , & qui, afegeants, fans difinchion qui, d'age fans ni fa
lettre circulaire, avoient déja, cotée annonçé no,, qu'ils pafferoient. tout. au fil de l'épée. Voyez leur
D
AL --- Page 30 ---
(16)
corporation 9 verfe fur des têtes fi coupables & à pleines mains
toutes les largeffes que les facilités de fa charge peuvent lui
fournir.
Il commença d'abord par rétablir le fieur Coutard dans la
charge de commandant
le'roi au Port-au-Prince, Kenefcof dans celle de adout ; il nomme pour fon aide-decamp un Bauvois, mulàtre, & chef des brigands, & un Anus
de Jumecourt commandant-général des brigands de toute
couleur,il en fait le major de la place, & finit par rétablir tous
les commandants pour le roi dans toutes les paroifles de la province de POueft, quoiqu'il eût approuvé Tarrêté de PAffemblée
coloniale qui les avoit proferits, en les multipliant dans les
endroits ou il n'y en avoit point : il nomme commandant
le roi aux Arcahées le mulâtre Lapointe, 2 flétri par
"afes
jugements fous l'ancien régime; il en nomme d'autres de cette
trempe dans d'autres quartiers.
Les membres de la corporation, , quoiqu'ils fuffent témoins
de l'émigration de plus de cinq cents citoyens, voyant qu'il
reftoit encore des patriotes
des infirmités ou l'impuiffance
de moyens retenoient encore Seta la ville, tenterent de fe défaire de ces malheureux citoyens, 2 en les défignant au fieur
Roume comme des gens dangereux, & lui remirent une nouvelle lifte d'environ deux cents, que le fieur Roume s'empreffa
de faire paffer à la Municipalité pour pourvoir à leur embarquement, Dans cette lifte fe trouvoient défignées plufieurs
dames patriotes, à qui on n'avoit d'autre crime à imputer
qu'un patriotifme & une charité fans exemple > qu'elles avoient
prodigué fur les malades & les bleffés, regorgeoient dans
les hopitaux depuis le commencement calamités de la
ville.
L'Affemblée coloniale inftruite de la prife de M. Borel,
& des outrages qu'on lui avoit faits 9 avoit dépèché au fieur
Blanchelande deux commiffaires pour lui en rémoigner fon mécontentement > & lui donner connoiffance d'un arrèté pour faire
rendre la liberté à ce commandant, ainfi qu'a tous ceux qui
étoient à fa fuite ; mais Blanchelande, à mon départ, n'avoit
encore rien flatué fur le fort de ces malheureufes viétimes,
truite de la prife de M. Borel,
& des outrages qu'on lui avoit faits 9 avoit dépèché au fieur
Blanchelande deux commiffaires pour lui en rémoigner fon mécontentement > & lui donner connoiffance d'un arrèté pour faire
rendre la liberté à ce commandant, ainfi qu'a tous ceux qui
étoient à fa fuite ; mais Blanchelande, à mon départ, n'avoit
encore rien flatué fur le fort de ces malheureufes viétimes, --- Page 31 ---
Ce
(27) )
la plus gouverneur effrénée les 3 non content d'avoir provoqué à la
hommes de
licence
porté le défordre & l'anarchie à couleur, fon
non fatisfait d'avoir
fait l'effai de lui porter encore
comble dans la
de l'occafion lui
un coup
Colonie,
de
que en procura une députation plus.fenfible, d'une & profite
negres, commandeurs de la
vingraine I
avec beaucoup de bonté & de
Plaine; il les reçut d'abord .
lui donnerent les chefs des familiariré,6 fur T'affurance
fes fatellites, , que le negre efclave brigands, dont Blanchelande rEsAe
de la députation. pendant le nommé Hyacinthe (1), chef
preuve del beaucoup de valeur, cours des hoftilirés avoit fait
partie à qui on étoit redevable que de c'étoit la à ce negre en grande
contre les blancs; ; fur le
révolte des autres negres
Blanchelande n'hélita témoignage d'une vertu fi
donner fa
préfence des autres héroique 3
liberté, au EEI de faire fubir
negres, de lui
ducs aux crimes dont il étoit
à ce monftre les peines
à vos réflexions limpreflion coupable, Nous livrons, meffieurs,
& fur ceux de la ville, qu'a dà faire fur les autres
telle récompenfe,
qui en furent de fitite inftruits, negres
&fi les furites qui en
2 une
pas frémir, & fi la liberté accordée à peuvent réfulter ne font
deviendra pas une
&
un negre fi criminel ne
attrayants pour les autres provocation un encouragement des plus
joug, 9 leur faire commettre negres, toute forte pour les porter à fecouer le
d'en obrenir pour récompenfele don de de crimes, dans T'efpoir
Il s'étoit déja écoulé plufieurs
leur liberté,
devoient être libres d'après la jours depuis que les chemins
que perfonne pàr fortir de la ville promeffe : alors du fieur Roume, fans
favoient que leurs negres les
plufieurs habitants qui
fentent au fieur Roume & le demandoient à grands cris, fe prémais ce fourbe commiffaire fut preffent bientôt de réalifer fa promeffe;
fe
importunité, en les renvoyant aux chefs débarraffer de leur
de leur paroiffe, qui leur
des brigands mulâtres
roient des rifques de fe rendre répondoient chez froidement qu'ils coueux, mais ce n'étoit
cement (1) Decoudré des troubles Pompon-blano à
du Fort-au-Prince, l'avoit
tous les talents propres Bauvois à les feconder 2 & Anus dans de Jumecourt, comme envoyé dès lui le connoiffant commenleurs projets,
Tn
renvoyant aux chefs débarraffer de leur
de leur paroiffe, qui leur
des brigands mulâtres
roient des rifques de fe rendre répondoient chez froidement qu'ils coueux, mais ce n'étoit
cement (1) Decoudré des troubles Pompon-blano à
du Fort-au-Prince, l'avoit
tous les talents propres Bauvois à les feconder 2 & Anus dans de Jumecourt, comme envoyé dès lui le connoiffant commenleurs projets,
Tn --- Page 32 ---
GCS
(28)
qu'ausant de menfonges & de prétextes dont on fe fervoit
avoir le temps, de piller & de faire enlever les denrées
fe
trouvoient encore fur les
SETE
habitations de ces malheureux habitants. D'après les avis que j'ai reçus, en date du 25 août
dernier 2 le manege dure encore, les propriétaires n'ont pu
reparoitre fir leurs foyers,. & Roume, commiffaire, reçoit
& partage avec les brigands le fruit des expoliations des
propriérés des colons qu'on tient toujours éloignés de leurs
atteliers.
Le fieur Blanchelande fixe une fédération générale au 14
juillet, & donne les ordres pour préparer un grand repas
pour en être la fuite.
Partie des mulâtres & negres efclaves du Trou-Couffi,
commandés par un Delile & un D-fnareis-Dejacmal tous
deux fucceffeurs de Romain, mulâtre efpagnol > qui,
crainte, n'étoient pas encore entrés en ville, firent une par
tation au fieur Blanchelande, pour lui demander de leur dépumettre d'affifter à cette fédération.
perQuoique le fieur Blanchelande fut très-bien que ces fcélérats
avoient attaqué & incendié la ville de Léogane, dansle temps
que le commiffaire Saint-Leger yexerçoitfes foncions, & quils
éroient complices de la mort de cinquante-trois habitants de
la Riviere-Froide, ce gouverneur n'héfita pas de leuraccordér
leur demande, en les affurant de fa proteétion.
Blanchelande s'étant ainfi affuré de la ville du Port-auPrince & de la province de l'Oueft, où fes agents rétablirent
l'ancien régime, 2 partit le I2 juillet avec fon collegue Grimouard efcorté des vaiffeaux de l'état 2 le Jupiter & le
Borée ; i dirigea fa route versJérémie, oà il a porté la défolation & le défefpeir, & l'infurredtion dont ce quartier
étoit préfervé jufqu'alors i de-la il paffà dans la partie du
Sud, ol je viens d'apprendre qu'il a tenu la conduite la
atroce.
Mon départ, qui eut lieu à cette époque, 2 me force plus de
clôturer ma relation.
Signé , BENOIT, l'ainé. --- Page 33 ---
Né
na
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PI
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FRI --- Page 34 --- --- Page 35 ---
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