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SUPPLE M E N T
NÉCESSAI I R E
AL'ADRESSE DE LA SOCIÉTÉ
DES A MIS DES NOIR S,
EN FAVEUR DES HOMMES DE COULEUR.
Exx la voix de la raison et de la justice s'est fait entendre.
en faveur des citoyens de couleur : l'assemblée nationale,
repoussant les artifices avec lesquels on vouloit encore étouffer
la discussion du projet que son comité vient de lui, proposer
en a ordonné l'impression etl l'ajournement. Elle n'a vu, dans ce 7
projet, qu'un nouveau moyen de condamner à lignominie, à
une dégradation injuste, des hommes libres 7 propriétaires et
contribuables; et elle a manifesté le désir et la volonté d'étre
juste envers eux. Il faut donc lui présenter toutes les lumières
qui peuvent l'éclairer sur un sujet que la cupidité n'a cessé
d'obscurcir; il faut lui prouver, en lui mettant sous les yeux
les événemens qui se sont passés depuis la publication de
notre Adresso, 2 en lui exposant les absurdités et lès inconvéniens
du projet de congrès qu'on lui a proposé ; il faut lui prouver
combien il importe, si l'on veut sauver les colonies 1 de peser
et de rendre claire la décision qui assurera à jamais aux citoyens
de couleur, Ies droits de citoyens actifs.
Nous voyons avec la satisfactionla pius douce, par les divers
comptes rendus de notre Adresse dans plusieurs journaux, et
parles sentimens qu'un grand nombre de sociétés d'amis de la
constitution ont manifestés > que l'opinion des amis des noire
A
proposé ; il faut lui prouver
combien il importe, si l'on veut sauver les colonies 1 de peser
et de rendre claire la décision qui assurera à jamais aux citoyens
de couleur, Ies droits de citoyens actifs.
Nous voyons avec la satisfactionla pius douce, par les divers
comptes rendus de notre Adresse dans plusieurs journaux, et
parles sentimens qu'un grand nombre de sociétés d'amis de la
constitution ont manifestés > que l'opinion des amis des noire
A --- Page 4 ---
n'est maintenant que l'opinion publique. - Oui,la cause des
François mulitres est gagnée; il ne reste à ses enneiis que
T'espoir d'en retarder les heureuses conséquences par la ruse et
l'intrigue. Mais ces dernières armes seront bientôt rendues inutiles par,les] progrès rapides de l'esprit public.
Arrétons-nous quelques instans sur les événemens qui, dans
l'importante cause dont la société s'est occupée 7 affligent les
patriotes ; événemens qui ont réalisé leurs funestes prédictions.
Ogén'est plus; cet intrépide défenseur des droits imprescriptibles de ses frères, a péri, avec plusieurs de ses compagnons,
dans le plus affreux des supplices ; dans ces horribles tourmens destinés, non à venger les lois, mais à calmer, par l'effroi
qu'ils répandent, les terreurs dont l'ame des tyrans ne cessera
jamais d'être agitée.
Nous le savons, la sentence de ces déplorables victimes des
premiers décrets qui ont été enlevés à l'assemblée nationale sans
discussion: ; cette sentence, prononcée par les violateurs de ces'
décrets, déclare Ogé et Ses complices convaincus de vols, d'assassinats 2 d'incendies.
Mais lorsqu'on veut faire périr sous
le glaive des lois les hommes qui défendent leur propriété naturelle, il faut bien changer en crine leur légitime défense.
S'il est une guerre qui puisse être ennoblie par son
objet 3
c'est sans doute celle où T'homme s'arme contre son semblable,
lorsque celui-ci veut le priver des droits que le créateur du
monde a donné à tous les hommes.
Lui comparera-t-on ces guerres solennelles où les nations
s'égorgent, , soit pour de méprisables questions 7 soit pour des
possessions que ne connoissent, ni celui quiordonne le combat,
ni ceux qui le d.rigent et le soutiennent. 2 ni le peuple qui y
perd et son sang, et son repos 2 et ses moyens de subsistance.
Ces guerres ne sout-elles pas, aux yeux de la raison, aussi honteuses, aussi criminelles que l'autre est nécessaire et glorieuse P
ces guerres solennelles où les nations
s'égorgent, , soit pour de méprisables questions 7 soit pour des
possessions que ne connoissent, ni celui quiordonne le combat,
ni ceux qui le d.rigent et le soutiennent. 2 ni le peuple qui y
perd et son sang, et son repos 2 et ses moyens de subsistance.
Ces guerres ne sout-elles pas, aux yeux de la raison, aussi honteuses, aussi criminelles que l'autre est nécessaire et glorieuse P --- Page 5 ---
Dans la première, si les tyrans sont vaincus, on ne Jeur demande que de consentir cenfin à rép nerau nom des droits sacrés
de Phomme; de respecter ceux qu' na ni alandon ê, ni pu
abandonner daus l'ordre social. Si,an renhere, les infertunées
victimes des tyrans succombent à la foiblesse de leur insurrection, les srpplices les plus affreux sOlI. la punition des uns, et
entdeschaines dudet potienel-partagedes autres.
Tappesantisse
Dans les autres guerrei, dans celles où Thomme, imposa.t
silence à la partie la plus noble de lui même, se livr à ioute
la fureur des tigres pour lire réuss.r les plus viles spéculatlens,
ét bli un
droit de la guerre, un mode de vivre
on a
prétendu
de
parl quel, après sêtre réciproquement accusés briganduge ,
le va'nrueur. finit par hionorer le vaircu.
Ces deux codes, dignes de la législation de l'enfer , sont-ils
des fruits de la civilisation? Non, le premier est le crime des
brigands, T'autre est un reste de la férocité naturelle aux
appliquée aux combinaisons plus savaates de la
sauvages,
correption.
Et que'le différence du traitement infligé à ces prisonniers 2
une vile paye 1 et sans aucun motif de justice 7
qui, pour
à
le feu et la flamme
cler.' entà détruire noS proprictés, perter
différence de leur traitement à
dans nos habitations; quelle
sentant la dignité de leur étre, indicelui de ces hommes qui,
de Toppression, cherchant à en sec cuer le jong, 9 sucgnés
dans leurs efforts, et sont pris les armes à la main ?
combent
le droit des
les
Les premiers sont traités avec humanité,
gens
un cartel viei-t 1 bientôt leur rendre leur liberté, pour
protège 2
les mettreà portée de commettre encore de nouvea:x. forfaits, de
vivre du sang des hommes ; et linfor uné, qui n'a pris,les armes
sauver sa liberté et celle de ses frères ; que pour réclaque pour des droits sacrés, inaliénables ; quia pr rté daus sa défense
mer
T'humanité
d'in ami des hommes, cet inla noblesse et
dignes
fortuné est trainé au supplice , il n'est ni droit des gens, , ni
druit social qui puisse le sauver de la mort. Le plus grand
Az
de
vivre du sang des hommes ; et linfor uné, qui n'a pris,les armes
sauver sa liberté et celle de ses frères ; que pour réclaque pour des droits sacrés, inaliénables ; quia pr rté daus sa défense
mer
T'humanité
d'in ami des hommes, cet inla noblesse et
dignes
fortuné est trainé au supplice , il n'est ni droit des gens, , ni
druit social qui puisse le sauver de la mort. Le plus grand
Az --- Page 6 ---
des forfaits, aux yeux des tyrans, est l'amour de la liberté,
Tel a été le crime unique d'Ogé; il est mort
de
liberté. A qui doit-il son supplice ? La loi naturelle, martyr la
la révolution, 2 les décrets, tout étoit pour lui; mais il avoit contre lui
l'audace des blancs, accoutumés à tyranniser les mulâtres dans
les colonies ; de ces blancs témoins-des terreurs
avoient
inspirer : il avoit contre lui la foiblesse des hommes qu'ils
su
honnêtes,
qui cachent leur pusillanimité sous le nom de
craignent de déployer trop de fermeté dans la modération; destruction qui
abus , quipréférent des palliatifs, des
das
moyens obliques 2 detristes
équivoques, et qui par-là enhardissent le crime au lieu de l'effrayer , et. font coulerle sang qu'ils vouloient sauver. C'est à leur
foiblesse qu'on doit la mort d'Ogé. S'ils avoient voulu
aux argumens de M. l'abbé Grégoire, s'ils avoient
se rendre
mément lesl hommes de couleuro dans la classe des compris nomles blancs ne se seroient
citoyens actifs,
pas appuyés sur une
leur en refuser les droits ; Ogé n'auroit pas été forcé équivoque de recourir pour
à Tinsurrection ; il n'eût pas été traité de rebelle, et
commel le dernier des scélérats. Voilà le triste fruit de la supplicié mollesse
des hommes modérés,
Quandabjureront-ils ce
de conduite, qui, sous le despotisme, a retardé systémeimprudent les
de la
pas
liberté, qui, sous la liberté, encouragele despotisme?
Ils ne voyent pas qu'en poursuivant avec la plus inconcevable
légéreté, les actifs défenseurs des droits de
dénomination
Thomme, sous la
dexngérateurs, ils deviennent, sans s'en
les appuis des ennemis les plus cruels de la liberté. douter,
rappellent, ces timides citoyens,
Qu'ils se
honnête homme
que sous l'ancien régime, tout
montrant un peu d'énergie,
une tête
étolitdénoneécomme
exaltée, et qu'entrainés eux-mémes par cette
leur tolérance nous condamnoit tous à souffrir le
séduction,
scélérats,
despotisme des
jusqu'à ce que ceux-ci se soient eux-mèmes liés les
mains par leurs propres excès.
C'est doncà ces hommes, quise vantent d'une modération dont
les effets sont mille fois plus cruels que les excès dont ils s'ef-
d'énergie,
une tête
étolitdénoneécomme
exaltée, et qu'entrainés eux-mémes par cette
leur tolérance nous condamnoit tous à souffrir le
séduction,
scélérats,
despotisme des
jusqu'à ce que ceux-ci se soient eux-mèmes liés les
mains par leurs propres excès.
C'est doncà ces hommes, quise vantent d'une modération dont
les effets sont mille fois plus cruels que les excès dont ils s'ef- --- Page 7 ---
$
faut demander si ce sera toujours en l'arrosant du
frayent, , qu'il
l'autel de la liberté s'élèvera?"
sang de ses fidèles adorateurs que
la raison viendra délivrer les
Si nous ne pouvons pas espérer que
les aristocrates eux-mêmes de leurs propres extravas
despotes, 2
demandent-ils?
gances , en les éclairant sur leurs intérêts? Qne
des honneurs et des biens.
Mais qu'est ceque les honneurs,
de quelle valeur sont les biens 2 quand leur source est empoisonnée ?
Malheureux contempteurs de VOS semblables ! impitoyables
bourreaux ! vous vous trompez encore si vous pensez que les
temporiseurs seront toujours les maitres de vous sauver ; écoutez-nous, les instans sont précieux ; votre cruelle impolitique
va conduire les colonies à un bouleversement, où votre sang,
toujours menacé, n'éehappera pas au fer vengeur 7 quelles que
soient les mains dans lesquelles la force des choses le placera.
Vous yous êtes hâtés de supplicier Ogé et ses compagnons 5
vous avez craint que les vaisseaux de ta métropole, qu'onsignaloit déjà avant que votre horrible sentence fut rendue, ne vous
portassent des ordres qui auroient tiré de vOS mains ces inforrunés. Qu'avez-vous fait? Dites-nous s'il est unr seul mulitre, à
moins qu'il ne fàt le plus stupide des animaux, qui n'ait pas
senti sur ses propres membres les coups de l'instrument atroce
que vous avez choisi pour les faire périr? Qui d'entre eux,remontant péniblement de la douleur à la cause, n'a pas vu Ogé
souffrant pour eux, mourant pour eux 2 des mains de leurs féroces ennemis ! Et pensez-vous que d'aussi horribles scènes, où
triomphent la cruauté et l'injustice, ne préparent pas dans le
silence les scènes (du désespoir?
Non, Ogé n'étoit pas un malfaiteur. Né avec la fierté que deyroient avoir tous les hommes ; tant de foistémoin de l'innocence
du blanc, souvent outragé par eux, il avoit fui des tribunaux.
oit la couleur de la peau est le premier des crimes. Témoin de
notre révolution 7 il avoit vu tomber ces tours sur lesquelles
nous ne pouvions jeter que les regards de l'innocence tremblante
devant la force, dans les mains du crime 3 ila aroit vu la liberto
. Né avec la fierté que deyroient avoir tous les hommes ; tant de foistémoin de l'innocence
du blanc, souvent outragé par eux, il avoit fui des tribunaux.
oit la couleur de la peau est le premier des crimes. Témoin de
notre révolution 7 il avoit vu tomber ces tours sur lesquelles
nous ne pouvions jeter que les regards de l'innocence tremblante
devant la force, dans les mains du crime 3 ila aroit vu la liberto --- Page 8 ---
abattant la Bastille. La déclaration des droits de Thomme avoit
rempli son ame d'espérance; ilavoitassistéà cette confédération,
si justement célèbre, de toutes les parties de la France, réun cs
pour jurer de vivie libre ou de mourir; il portoit sur sa poitrine
le signe mémorable de cC serment, qui élève les François aux
dessus de tous les penples; ; dc ce serment nécessaire, quidé-ho;
norera pour jamais le citoyen qui aura la foiblesse de T'oublier;
de ce scrment, , enfin, dans lequel il lisoit chaqque jour la libération de SES frères, le terme de leurs humilintions, le gage de la
prospérité des colonies, le garant d'une législation qui alloit
mettre dans les mains de leurs véritables cnfans, les moyens
d'honorer leur patrie, d'en faire le séjour de labondance, de la
paix et du bonheur.
Plein de ces idées, il assiégeoit sans cesse la porte des membres du comité colonial. Qu'ils nous redisent ses discours; il ne
pouroit pas feindre, sa fierté Teût bientôt trahi. Ogéétoit un de
ces créoles dont l'éloquent Raynala tracé un portrait intéressant.
Les membres du comité n'ont pu méconnoitre en lui l'ardent,
le courageux défenseur du scul sens raisonnable que puissent
admettre lcs décrets des 8 et 28 mars.
Sa tête étoit dévouée par des lâches quin'osoient pas ici le regarder
en facc, et qui ne savent méditer que des assasinats. Bientôt condes dévaincu, en arrivant à S. Domingue 9 que T'interprétation
alloit
même auprès du comité national, non des excrets
dépendre,
mais du degré de force que manifesteroient ses frères,
pressions affectoit 2
de confondre ici avec les esclaves; il jugea que les
qu'on de couleur devoient se montrer en état de prendre sur leur
citoyens sauvegarde, les droits qu'on vouloit Jeur ravir ; il jugea 2 en homme
connoissoit les blancs et leur déplorable crédit, que 2 dans la,
qui
des doléances sur leuri injustice et leur trahison, seroient
métropole,
le
dans les tergiversations
meprisées ; ct certes, il en avoit présage
Tart
d'un comité oir les tyrans des citoyens de couleur, avoient eu
d'entrer, et de se rendre les plus forts.
le droit de tous les hommes , de résister
vous qui avez reconni
Pinsurrection étoit le plus saint
à Poppression : vous qui ayez déclaré que
des doléances sur leuri injustice et leur trahison, seroient
métropole,
le
dans les tergiversations
meprisées ; ct certes, il en avoit présage
Tart
d'un comité oir les tyrans des citoyens de couleur, avoient eu
d'entrer, et de se rendre les plus forts.
le droit de tous les hommes , de résister
vous qui avez reconni
Pinsurrection étoit le plus saint
à Poppression : vous qui ayez déclaré que --- Page 9 ---
des devoirs, OSCZ prononcer, sur la foi de leurs ennemis , qu'Ogé
furent des malfaiteurs, parce que dans leur inet ses compagnons la défense des décrets libérateurs , ils ont été ensurrection 2 prenant
dans les horreurs
trainés pour déffendre leurs propres personnes 2
dont tonte guerre s'accompagne nécessairement.
Ies
Ah! sans doute elle est horrible la guerre 2 par les maux et
c.imes qu'elle enfante ! Mais les tyrans qui font périr dans les suplices les déffenseurs de la liberté et des loix, nous préparent-ils la
fin de ces crimes?. - Non, et les colons blancs ont ajouté, par la
mort tragique d'Ogé et de ses compagnons 2 un nouveau degré d'énergic aux causes du désordre dont ils appréhendent les effets.
Combien les colons blancs devroient se défier des passions qui les
entrainent!
Aliéner les hommes de couleur, c'est s'imposer la nécessité d'une
Mais,
du farforce armée étrangère anx colonies.
indépendamment
deau ruineux qu'elles auroient à supporter 2 peuvent-ils compter que
cette force obéira servilement à toutes leurs conceptions tyranniques ?
Le second article, dont nous avons à parler 2 ne fait pas moins
sentir
le massacre d'Ogé par le fer de la loi, la nécessité de
hâter 2 que de mettre les colonies SouS la sauvegarde de la politique
se
humaine et juste que nous prêchons. Cette discussion est importante,
nous prions nos lecteurs de la suivre avec attention.
Pourquoi les colons blancs résidant à Paris, craignoient-ils les envois de troupes? Parce qu'ils avoient découvert 2 par leur espioministre de la marine
de la
nage 2 dans les bureaux, 2 que le
(M.
Luzerne ) regardoit les hommes de couleur libres 2 comme égaux
en droits aux colons blancs 2 comme citoyens françois, et par conséquent comme devant concourir avec les blancs dans les fonctions
publiques, conformément aux lois et aux principes de la métropole.
C'étoit là le crime de ce ministre aux yeux des députés, et de là,
leurs manceuvres pour empêcher l'expédition des troupes 2 et leurs
conseils envoyés aux colonies, pour s'opposer à leur. débarquement
Mais en mettant la confusion et le désordre dans les iles, par leur
oyens françois, et par conséquent comme devant concourir avec les blancs dans les fonctions
publiques, conformément aux lois et aux principes de la métropole.
C'étoit là le crime de ce ministre aux yeux des députés, et de là,
leurs manceuvres pour empêcher l'expédition des troupes 2 et leurs
conseils envoyés aux colonies, pour s'opposer à leur. débarquement
Mais en mettant la confusion et le désordre dans les iles, par leur --- Page 10 ---
ettre du 12 août, Tenvoi des troupes n'en est devenu que plus nécessaire. Alors une autre intrigue a pris la place de la première :
deux régimens et les équipages des deux vaisseaux qui les portoient,
et qui ont suivi de près le décret du 12 octobre, 9 sont arrivés 2 séduits en faveur de T'assemblée même que le décret cassoit. Leur premier mouvement a été une désobéissance et une sédition.
Les
l'état des
ont voulu débarquer alt
régimens 2 ignorant
choses,
Prince
les intentions de M. Blanchelande, et c'est
port au
, malgré
de
M. Mauduit a
après avoir été fêtés par les blancs ce port , que
été massacré, M. Blanchelande obligé de fuir, et que Ia sédition
n'a plus laissé de donte sur son but, celui de venger l'assemblée de
S. Marc 7 et de lui rendre la prépondérance. (1)
Mais qui a séduit le régiment et les équipages P oil les a-t-on sédaits ? Quels discours ont pu faire impression sur des soldats et des
d'aucune mauvaise intention
marins qu'on ne pouvoit soupçonner
contre leur patrie ?
l'arrivée à Brest du vaisseau le Léopard, tout
On se rappelle
autorité
loin de croire qu'a déroboit à tne
légitime
f'équlpage 2 de l'assemblée de Saint-Marc 2 croyoit aul contraire
les membres
L'illusion
avoir arraché des victimes aux fureurs du despotisme.
fat telle que tous les patriotes de Brest s'y trompèrent. Ces mcmbres
réfractaires aux décrets de l'assemblée nationale , arrivés à Paris, oit
M. Barnave, toujours égaré par ses premiers pas, et toujours égarant
ne fussent entendus. Cette
l'assemblée sur les colonics, empêcha qu'ils
impolitique leur jaissa la funeste apparence de citoyens opprimés ;
dut leur être d'autant plus facile de faire passer,
et l'on conçoit qu'il
dans les deux vaisseaux qui ont suivi de près le décret du 12 octobre,
le même esprit qui régnoit dans l'équipage du Léopard, que ces vaisseaux ne portoient point de commissaires (2).
(1) On a répandu, au débarquement de ces troupes circonvenues > qu'un décret du
décembre révoquoitcluidu 12 octobre, ct blâmoit le rigiment duPort-au-Prince,
avcir
à la dissolution de l'assemblée générale
Ct sur-tout son colonel , pour
ccopérs
de Saint-Marc.
des vaisscaux ct de; troupes ne sont P' "rtis
(1) Les çom nissaires ct le complémeut
C'est,
répandu, au débarquement de ces troupes circonvenues > qu'un décret du
décembre révoquoitcluidu 12 octobre, ct blâmoit le rigiment duPort-au-Prince,
avcir
à la dissolution de l'assemblée générale
Ct sur-tout son colonel , pour
ccopérs
de Saint-Marc.
des vaisscaux ct de; troupes ne sont P' "rtis
(1) Les çom nissaires ct le complémeut
C'est, --- Page 11 ---
C'est, n'en doutons pas, au nom de la liberté détruisant le despotisme, que les deux régimens et l'équipage des deux vaisseaux ont
ététrompés, et c'est en Europe même que cette séduction a été opérée,sans cela M. Blanchelande n'eût pas trouvé une volonté déjà forvaisseaux
voulut leur déclarer le lieu oi les
mée sur les
2 lorsqu'il
régimens débarqueroient.
i Et qui s'est rendu coupable de cette séduction ? Certes il faut convénir que si ce ne sont pas les membres de l'assemblée de Saint-Marc
eux-mêmes. 2 M. Barnave les a étrangement dévoués aux plus violens
soupçons. Obligé de rendre compte à l'assemblée nationale des événemens sinistres qui ont suivile débarquement des troupes (1),ilad déclaré qu'il avoit dans sa poche, depuis deux jours, une pièce oût les
ci-devant membres de l'assemblée de Saint-Marc reconnoissent leurs
erreurs ,jurent obéissance aux décrets, et rétractent les écrits oi ces décrets
sort attagués. Cette pièce si importante existoit depuis deux jours et
n'étoit pas connue ! et le public n'étoit pas informé de cette rétractation par ceux même qui l'ont faite ! et c'est après les plus tristes nouvelles, après une vengeance analogue à la manière dont les membres
de l'assemblée de Saint-Marc avoient représenté M, Mauduit, que cette
que trois mois après le décret de l'assemblée nationale. Etqui sont ces commissaires 3
Leurs ceuvres lesjugeront. Nommés sous l'influcnce de la députation dcs colonies , qui
a'fait écarter M. Lescalicr 1 nous avons besoin pour avoir confiance en cux, de
croire que l'esprit et leur dévouement aux principes de la constitution, les
auront garantis des erreurs dont on a cherché à les environner. Leurs instructions
devoicnt les suivre de près, cinq mois sont écoulés, elles ne sont pas encore prétes:
Le comité colonial sembloit occupé de profonds examens, de grands travaux;il vient
dc présenter à I'nssemblée un projet de décret en scizc articles, sans autre discussion
préalable que la menace de la perte des colonies 2 si l'assemblée ne convertit pas cA
décret cc tardif projet. .
(1) M. Barnave n'a pas dit un mot sur le supplice du malheureux Ogé et de ses conpagnons : pas un mot sur le meurtre de M. Mauduit s dont l'assembléc nationale avoiz
approuvé la couduite. Seroit-ce parce que. ces scènes dc sang lui font déplorer la funeste
erreur qui conduisoit à sanctionncr dans Jes colonies une constitution opposéc à celle
de la métropole ?
B
convertit pas cA
décret cc tardif projet. .
(1) M. Barnave n'a pas dit un mot sur le supplice du malheureux Ogé et de ses conpagnons : pas un mot sur le meurtre de M. Mauduit s dont l'assembléc nationale avoiz
approuvé la couduite. Seroit-ce parce que. ces scènes dc sang lui font déplorer la funeste
erreur qui conduisoit à sanctionncr dans Jes colonies une constitution opposéc à celle
de la métropole ?
B --- Page 12 ---
IO
pièce sort de la poche de M. Barnave! Quelle fatalité, dès que cette'
pièce étoit résolue faite avant les nouvelles de Saint-Domingue.
Nous, reviendrons sur cette tardive rétractation ; notre but n'est
point de nons porter açcusateirs 2 mais de faire. observer, dans
les événemens, tout ce qui montre la nécessité des moyens de paix.
solide et durable que nous sollicitons pour les colonies.
Nous disons donc qu'une politique sage et éclairée ne peut pas
éviter de faire, sur cet événement, deux considérations importantes.
La première, 2 que les troupes de ligne ont cru servir la cause de la
liberté, et que leur attachement pour elle, ne pouvant pas se détruire.
lorsqu'il est fondé sur la constitution même 2 il est impossible que leur
insubordination ne soit pas infiniment dangereuse dans des contrées:
peuplées d'esclaves 2 que T'humanité défend de rendre subitement
à la liberté; que même le spectacle de CCS esclaves, les familiarités
des soldats avec les négresses, leur loisir dans un climat qui allume le
sang :. tout doit porter les soldats à Tinsubordination. Et qui sait si,.
enthousiasmés de la liberté, flattés par les divers partis qui veulent se:
faire d'eux un appui, sensiblesàtout ce qui peutleur laisser entrevoir un
changement avantageux, les régimens de Normandie etd'Artois , aidés
des matelots avec lesquels ils ont fait la traversée, n'auront pas déjà
proclamé la liberté des esclaves? Osons espérer, et certes ce. ne sera
pas. une petire preuve de ce qu'on gagneroit à cultiver la raison chez
tous les hommes;: osons: espérer qu'ils. auront attendu les décrets de
la.métropole sur un point aussi délieat.
La seconde observation nait de Ia première. Une population indi..
gène est la seule à laquelle on puisse confier avec sureté la tranquillité
des colonies. C'est par des citoyens personnellement intéressés à l'ordre
que les cirçonstances exigent 2 que tout doit être gardé dans les colonies. Des mercenaires européens n'y seront utiles qu'autant. qu'ilsseront surveillés. et contenus par les indigènes :: et. comment. ceux-cis'intéresseront-ils à la.tranquillité, tant que desintrus, Qu des. hommes:
un peu moins. basanés qu'enx, voudront lesi tenir dans Tabjection 21
Colons blancs' contre colons basanés'; soldats étrangers aux colonies
sollicités des deux parts; esclaves témoins aussi des fermentations de
mercenaires européens n'y seront utiles qu'autant. qu'ilsseront surveillés. et contenus par les indigènes :: et. comment. ceux-cis'intéresseront-ils à la.tranquillité, tant que desintrus, Qu des. hommes:
un peu moins. basanés qu'enx, voudront lesi tenir dans Tabjection 21
Colons blancs' contre colons basanés'; soldats étrangers aux colonies
sollicités des deux parts; esclaves témoins aussi des fermentations de --- Page 13 ---
II
la liberté, ct n'ayant au-dessus d'eux quedes hommes divisés entr'eux;
sont ce pas là des matières combustibles, que leur frottement en tout
sens peut enfammeritontinan?
Ainsi la conduite des régimens de Normandie et, .: d'Artois ; le
même esprit manifesté dans l'équipage des navires ; l'état de choses
qui a fait fuir M. Blanchelande 2 et qui le fait désespérer du
salut des colonies (1); tout cela avertit puissamment, et les colons
blancs, et la métropole , que sous peine de perdre les colonies 9
les lois d'égalité doivent y être établies avec loyauté et franchise.,
comme la plupart des membres de l'assemblée" nationale en ont eu
l'intention, et ont cru l'avoir manifestée par les décrets des 8 et
28 mars.
:
Passons aul troisième événement, il regarde l'abolition de la traite.
Tout annonçoit que le parlement d'Angleterre alloit l'accorder à
T'humanité et à la saine politique ; les marchands de chair humaine
ont réussi à la sauver de l'indignation des honnêtes gens. Mais comment ? Contre les discusions les plus approfondies ; nonobstant les
témoignages les plus évidéns ; et malgré le sentiment des membres
du parlement, les plus instruits et lesplus célèbres. M. Fox, M. Pitt 2
ordinairement opposés l'un à l'autre , se sont réunis et se sont attachés à prouver la nécessité d'abolir cet odieux trafic. On ne leur a
rien opposé, on n'a point contredit le rapport circonstancié et constamment appuyé de preuves,, fait par M. Wilberforce 2 pour ne
laisser aucun doute sur la foule de motifs qui doivent effacer des
registres du commerce cette horrible souillure. On n'a opposé à ces
motifs que de vils sarcasmes contre la religion de T'humanité, que
d'exécrables plaisanteries sur la philosophie 2 au point qué ceux-là
même qui s'étoient proposés de voter pour la conservation de"la
traite, sont sortis de la chambre, sans donner de suffrage... Enfin >
et les bourreaux conjurés, et ceux qui ont craint d'y perdre d'infâmes
(t) Salettrer n'a point étélue à l'assembléc nationale. Comme si l'on peut faire ics
affaires d'une'nation libre cn la trompant !
B 2
'exécrables plaisanteries sur la philosophie 2 au point qué ceux-là
même qui s'étoient proposés de voter pour la conservation de"la
traite, sont sortis de la chambre, sans donner de suffrage... Enfin >
et les bourreaux conjurés, et ceux qui ont craint d'y perdre d'infâmes
(t) Salettrer n'a point étélue à l'assembléc nationale. Comme si l'on peut faire ics
affaires d'une'nation libre cn la trompant !
B 2 --- Page 14 ---
et les hommes.
accommodent leur conscience avec
profits 2
qui
des
le silence de la foiblesse 2 ont fait perdre quant-a-présent, T'espoir
philantropes anglois, de voir leurs vertueux efforts couronnés dans
cette session. Mais ont-ils perdu l'espérance d'obtenir ce succès dans
une prochaine session? Tant s'en faut. Ils se sont engagés à reproduire la même pétition, étà redoubler d'efforts contre leurs adversaires.
Que faut-il en conclure ? Pense-t-on que ces combats oh toute la
sagesse est d'un côté, tandis que de l'autre on ne voit que cruauté
et folie; pense-t-on que le monstrueux commerce des esclaves ne
touche pas à sa fin ? C'est comme si l'on disoit que les fureurs des
les extravagances auxquelles ils sont condamnés, et les
despotes 2 dont ils prétendent effrayer les apôtres de la liberté, étersupplices
terniseront leur insensé gouvernement,
Le coup mortel est porté, l'infamie est prononcée. Il n'y a plus
qu'opprobre et dangers pour ceux qui consacreront leuts capitaux,
leur temps, leur industrie, à la traite des noirs ; et si les législateurs
n'ont pas assez de courage d'esprit, pour proscrire incessamment cette
affreuse révolte contre la nature ; l'opinion publique ne peut pas tarderà en faire justice. Les rapprochemens par lesquels se mesurent les
degrés de l'estime 2 deviendront tous les jours plus familiers et plus
justes; et lorsque l'on comparera celle qu'osent prétendre encore les
trafiquans d'esclaves, à cette impression, fruit de l'instinct moral,
dont nous ne. pouvons nous défendre à la vue des hommes consacrés
à l'exécution des cruautés légales l'étonnement qui en naitra achevera
de faire exécrer la moins pardonnable et la plus barbare desindustries.
Ainsi dès-à-présent, les commerçans de nos ports, quela révolution
a délivrés de tant de chaines. >. . "vont Vocoperderemglcemens ; ils vont
ouvrir leur intelligence aux spéculations utiles et honorables. Fournir
l'Europe avec abondance de sucre > de café, de cottons, d'indigo, ect.
sans qu'il en coûte une larme à Thumanité, sans qu'ancune des douces
lois de la nature soit violée, va devenir le noble motif qui fera
déployer les couleurs nationales par-tout oit ces productions arrivent
cultivées des mains de la liberté. Nos cultivateurs vont nous enrichir
ens ; ils vont
ouvrir leur intelligence aux spéculations utiles et honorables. Fournir
l'Europe avec abondance de sucre > de café, de cottons, d'indigo, ect.
sans qu'il en coûte une larme à Thumanité, sans qu'ancune des douces
lois de la nature soit violée, va devenir le noble motif qui fera
déployer les couleurs nationales par-tout oit ces productions arrivent
cultivées des mains de la liberté. Nos cultivateurs vont nous enrichir --- Page 15 ---
caché pour nous. 9 puisqu'il ne
de Térable à sucre (1) 2 troplong-temps
redoute pas nos climats, et que des expériences multipliées nous apprennent que ses dons sont abondans et faciles à obtenir.
Ainsi , dès-à-présent 2 les esclaves de nos colonies vont respirer.
Avertis que la traite ne sauroit long-temps remplacer les mortalil'avarice étend sur les nègres, , les colons de toute
tés cruelles que
assurer à leurs esclaves le bienfait
couleur vont se réunir pour
d'une sage police. En les instituant pour la liberté, on peut
les élever aux bonnes moeurs, puisque ce sont des enfans; et
leur race deviendra bientôt nombreuse. Il n'en coûtera pas même
un déficit dans les produits, puisque nos colonies n'usent endes
de suppléer aux bras, et que cepencore que peu 7
moyens
dant ils les connoissent assez pour y avoir recours.
Quels hommes peuvent étre plus utiles, ainsi que nous l'avons
dit dans notre Adresse pour ce nouvel ordre de choses que 3
nous commande la révolution, si ce ne sont pas les hommes
de couleur?..
Cette réflexion nous ramène à l'Adresse
des membres de la ci-devant assemblée de Saint-Marc, et au
projet de décret dont elle a bientôt été suivie.
Ou les ci-devant membres de l'assemblée de Saint-Marc ne
sont que des fourbes 7 ou il faut croire qu'ils ont abjuré leurs
erreurs. Nous n'hésiterons pas à les croire attachés à la métropole; nous ne doutons pas qu'ils ne soient sincères 2 lorsqu'ils
reconnoissent authentiquement la puissance suprême de l'assemblée nationale sur tout ce qui porte le nom françois 2 leur
intérêt personne! est le garant de leur fidélité. Dès qu'ils peuvent
rester réunis à la mère patrie 9 et participer ainsi à une constitution libre, , la protection d'un grand peuple, dont ils font
partie 2 n'a pour eux que des avantages, et ces avantages sont
nombreux. Mais, pourquoi dans cette Adresse, si satisfaisante
relativement à son principal objet, ne voit-on pas un mot sur
les François de couleur ? Quel est au fond la principale raison
(1) Voy. le nouveau Yoyage dans les Etsts-Unis, parJ.P. Brissot, tom. 2,p.60.
Paris, Buisson, libraire,. rue Haurepti'la.
protection d'un grand peuple, dont ils font
partie 2 n'a pour eux que des avantages, et ces avantages sont
nombreux. Mais, pourquoi dans cette Adresse, si satisfaisante
relativement à son principal objet, ne voit-on pas un mot sur
les François de couleur ? Quel est au fond la principale raison
(1) Voy. le nouveau Yoyage dans les Etsts-Unis, parJ.P. Brissot, tom. 2,p.60.
Paris, Buisson, libraire,. rue Haurepti'la. --- Page 16 ---
iqui a porté tous les colons blancs vers l'indépendance, les uns
-sous une forme, les autres sous une autre, comme nous l'avons démontré dans notre Adresse 2 N'est-ce pas la crainte de
voir les hommes de couleur partager avec eux tous les droits
de citoyen françois ?
Ce silence est extraordinaire. Les colonies ont été bien plus
troublées par des prétentions opposées à la constitution > par
de mépris de ses principes 9 que par les tentatives d'indépendance. Celles-ci n'étoient qu'un effet dont la volonté de primer
sur les hommes de couleur étoit la cause. On abjure les tentations, et l'on ne dit mot de leur origine ! Pourquoi?
Le sacrifice des hommes de couleur seroit-il le prix des déclarations dont M. Barnave etoit le porteur 2 de la part des
ci- devant membres de T'assemblée générale de Saint-Marc ?
Examinons.
Ces Américains terminent leur profession de foi en déclarant que les instructions que l'assemblée est sur le point de
décréter ne sauroient recevoir une erécution trop prompte 2
mais ils ajoutent 7 qu'elles ne l'obtiendront qu'avec le titre de
loi provisoire.. Or qu'est-ce qu'ane loi provisoire ?C'est une loi
temporaire dont on désire 2 dont on prévoit la fin, 2 lorsque les
cirdonstances, qui paroissent exiger une telle loi, auront cessé.
Ces sortes de loi sont donc une capitulation ? Et avec qui l'assemblée natiouale de France, dont les Américains réunis à Paris
reconnoissent lasupreme puissance sur tout ce qui porte le nonD
François capituleroit-elle ? Avec une portion de François ? Avec
les ci-devant membres de l'assemblée de Saint Marc 7 qui, au
milieu de leurs protestatios d'obéissance, osentlnidéclarer queses
instructions n'oltiendront une prompte exécution qu'avec le titre
de LOI PROVISOIRE ? Certes 2 si ce n'est pas là contredire la soumission dont ils prétendent effacer leurs erreurs 2 qu'on nous
dise donc ce que les ci-devant Américains composant l'assemblée
de Saint-Marc, entendent par. l'obligation oit sont tous les membres de lempire de se sosnettre aux décrets de l'assenblée nationale 2
idéclarer queses
instructions n'oltiendront une prompte exécution qu'avec le titre
de LOI PROVISOIRE ? Certes 2 si ce n'est pas là contredire la soumission dont ils prétendent effacer leurs erreurs 2 qu'on nous
dise donc ce que les ci-devant Américains composant l'assemblée
de Saint-Marc, entendent par. l'obligation oit sont tous les membres de lempire de se sosnettre aux décrets de l'assenblée nationale 2 --- Page 17 ---
r5
Cen'est pas tout. M. Barnave, parlant de cetieautre. Adrosse:
qui n'a point été lue à l'assemblée nationale, que l'assemblée
n'a point demandé à connoitre 2 représente le vceu qu'elle
exprime de convertir les instructions en un décret provisoire 2'
comme devant faire disparoitre tout nuage sur ia sincérité des
intentions des auteurs de l'Adresse. En demandant, dit M. Barnave, que l'assemblée ordonne l'ezécution provisoire de ses
instructions 1 ils se montrent ennemis de tous les obstacles qui
pourroient leur étre opposés. e Mais quoi ! la France coninen--
tale cst-elle donc vaincue dans ses colonies ? Est-elle réduite às
Gapituler avec ses colons?.. Examinons encore.
Les François de couleur sont tenus sous le joug par les colons
blancs, rien n'est plus certain : et tandis que leurs assassins, que:
les meurtriers de leur défenseur, M. Ferrand de Baudière sont
impunis (1),'insrection des François de couleur est punie par
le ferdes bourreaux... Mais qui donne aux colons blancs la force
de commettre ces crimes ? Nos troupes : éduites et Thabitude de:
la crainte, qui n'a pas encore abaudonné les hommes de cou--
leur... . . Et comment a-t-on séduit nos troupes? En les trom--
pant, en leur persuadant qu elles servoient les intentions de l'assemblée générale, contre les agens du pouvoir. exécutif, chargés:
d'ordres cruels et despotiques. Rien n'est plus évident , on employe les-soldats de la métropole contre les hommes de couleur,
sans que ces soldats s'en doutent. Ils sont fidèles ; la. trahison
qui les dirige par la plus horrible perfidie, estloin de leur espritsil a fallu, ponr que les grenadiers du régiment du Port-an-Prince
devinssent les meurtriers de leur colonel, qu'on répandit dans ce:
régiment, à l'arrivée de ceux deNormandie et d'Artois 7 qu'un:
décret de lassemblée nationale, dbu 17 décembre 2 avoit cassé'
celui du12 octobre 7 blamé le régiment, el sur-toutM. Mauduit,
pour avoir coopéré à la dissolution de l'assemblée générale de
Saint-Marc!
(i) Voyez l'Adresse de la Société des amis des noirs.-
iers de leur colonel, qu'on répandit dans ce:
régiment, à l'arrivée de ceux deNormandie et d'Artois 7 qu'un:
décret de lassemblée nationale, dbu 17 décembre 2 avoit cassé'
celui du12 octobre 7 blamé le régiment, el sur-toutM. Mauduit,
pour avoir coopéré à la dissolution de l'assemblée générale de
Saint-Marc!
(i) Voyez l'Adresse de la Société des amis des noirs.- --- Page 18 ---
En un mot, 2 les soldats qui jouent maintenant un si grand rôle
dans nos colonies 2 ignorent que M. de la Luzerne, dirigé par
la déclaration des droits de T'homme, , chargea M. Peynier, à
d'ici
remplacer M. du Chileau, d'écrire une
son départ
pour
commandans
le
et des milettre circulaire à tous les
pour roi,
lices, de traiter à Lavenir les hommes de couleur libres,propridLaires, etc. comme les blancs ; ils ignorent que dans le but de
s'opposerà ce résultat de la révolution françoise, leplus exécrable machiavélisme s'est chargédeleur séduction, et a manceuvré,
les officiers ont craint de suivre les instructions
au point que
données à M. Peynier.
Que résulte-t-il de ces détails ? Que les soldats- sont fidèles, 2
mais égarés; que les colonies ne sont pas encore conquises par
les colons blancs; et que. les vaisseaux, les troupes et les commissaires non encore arrivés, fussent-ils aussi circonvenus par
les mêmes manceuvres employées auprès des régimens de Noret des
des vaisseaux qui les ont
mandie et d'Artois,
équipages
transportés, il ne faudroit pas s'en effrayer; mais persévérer
(1) C'est la découverte de cCS ordres 2 c'est pour en détruirel'effet, , que les planteurs
Paris, écrivirent cette funeste lettre du 12 Août, qui a porté dans
blancs réunis à
semble dictée par le dessein d'en accuser
les iles tant de troubles et d'horreurs, et qui
lettre.
la société des amis des noirs. Attachons partour les hommes de couleur, disoit cette
Mais comment 3 Les lettres particulières Texpliquoient. Et quand on lit dans la même,
autres mots :
des hommes de couleur qui vont vous arriver de France;
lettre ces
chose méfier-vous sinon : ( tombez sur les hommes' de couleur, effraycz-lcs
étoit-ce dirc autre
la mort, cct. ect. 2 Les faits n'ont que trop répondu à cette criminelle mancuvre;
par l'on
maintenant, ct le post scriptum humain de M. Gérard > quin'étoit pas'
et dans le comprend secret de la découverte des ordres donnés à M. Peyaier, et les soupçons de
révolte répandus contre,les mulâtres, pour animer contr'eux les blancs de toute classc;
et les dénonciations contrele ministre et contre MM. Peynier, gouverneur, et Mars'être conformés aux ordres du ministre. Ces ordres, consébois intendaut, pour
sont connus de la société des amis
quens à la déclaration des droits de l'homme - ne
dc jours 5 c'est-à-dire, postérieurement à son Adresse.
Aes noirs 3 que depuis peu
dans
volte répandus contre,les mulâtres, pour animer contr'eux les blancs de toute classc;
et les dénonciations contrele ministre et contre MM. Peynier, gouverneur, et Mars'être conformés aux ordres du ministre. Ces ordres, consébois intendaut, pour
sont connus de la société des amis
quens à la déclaration des droits de l'homme - ne
dc jours 5 c'est-à-dire, postérieurement à son Adresse.
Aes noirs 3 que depuis peu
dans --- Page 19 ---
il est aujourd'hui
dans des mesures rigoureuses ; puisqu'enfin
de François FIDELES est sous l'opbien évident, qu'un peuple
DE COULEUR;
dans les colonies ; savoir, 9 LES CITOYENS
mainpression
FIDELES servent, à leur insçu 7 à
et que d'autres François
tenir cette oppression; ; savoir, LES SOLDATS.
avec les
le demandons. . . est-ce le cas de capituler
Or, nous
assemblée de Saint-Marc ?
Américains composant la ci-devant
oui, ou non ?
disent Américains P Mais sont-ils François,
Ils se
menacent-ils de ne recevoir les
S'ils sont François , pourquoi
comme loi provisoire?
instructions de l'assemblée nationale que
nombreux
Seroit-ce aussi le voeu de ces autres François plus
basanée semble inspirer du dédain au
encore 9. dont la couleur
le traité entre
colonial (1)?Non; et d'autant moins, > que
comité
nationale, non-sculement comme députés, mais
(1) On les a écartés de l'assemblée d'être entendus à la barre, On les a toujours
comme, simples citoyens qui demandent
est tout-à-la-fois juge ct partie; et
renvoyés au comité colonial 9 qui, à leur égard , des hommes de couleur étoit
titres; comme si lexistence
l'on finit par infirmerleurs
existent, ils n'avoient pas les droits de
une chose douteuse ; comme si, dès qu'ils ils pouvoient étre rejetés avcc justice
lhomme S comme si, dans l'empirc françois,
hors de la classe des citoyens. comités
a réunis contre les François dc couleur s
des
qu'on
Ilyaplus, 2 le rapporteur
sérieuse, la plus scrupuluuse attention 2 les diverses
annonce qu'ils ont examiné avec la plus adresses des sociétès des amis de la constitution s
pititions des hommes de couleur ; les diverses méme ; et ils ne font aucune menet tous les mémoires des villes de commerce sur ce
sujet
naticnale 1 laquelle leur
tion del l'adresse de la société des amis des noirs à l'assemblée traitc à fond le mâme sujet
officiellement par le président. Cette pièce , qui
d'une
a été envoyée
cst-elle sans droits à l'examen de comités chargés
considéré sous tous les rapports,
le étendu , le plus complet , le
affaire aussi importante : Comment le mémoire plus est-il précisément cclui dont
plus raisonné de tous ceux qui ont été remisaux comités,
le rapporteur affecte de ne pas faire mention :
les comités cst prevoquéc par
Le rapportcur avance que la mesure proposée par extraordinaires des manufactures
par les députés
le vau du commerce 9 exprimé principalunent du Havre, Dunkerque, Rouen , Dinan 3 et par
et du commerce s par les villes de Nantes s
en dire autant d'un voeu
d'adresses et de pétitions. Mais outre qu'on pourroit
examiné les
une infinité
des villes non moins importantes, 2 les comités ont-ils
contraire ct citer
du nord ct de louest de
nombre lesquels de soi-disant députés
mensonges sans
par
au commerce ct aux manufactures:
Saint-Domingue ont cherché à en imposer
-
Rouen , Dinan 3 et par
et du commerce s par les villes de Nantes s
en dire autant d'un voeu
d'adresses et de pétitions. Mais outre qu'on pourroit
examiné les
une infinité
des villes non moins importantes, 2 les comités ont-ils
contraire ct citer
du nord ct de louest de
nombre lesquels de soi-disant députés
mensonges sans
par
au commerce ct aux manufactures:
Saint-Domingue ont cherché à en imposer
- --- Page 20 ---
les ci devant membres de l'assemblée de Saint-Marc, porte manifestement le caractère d'une capitulation faite aux dépens
des François de couleur. La preuve en est facile.
Ce traité, c'est-à-dire le décret, en seize articles, proposé par
le comité colonial, assisté des comités de marine, de commerce
et d'agriculture, est entièrement dirigé contre eux. Il les met
à la discrétion des blancs. Aucune loi, porte l'article premier,
sur l'état des personnes 2 nepourra être faite parle corps législatif pour les colonies, 2 que sur la demande précise et formelle des
assemblées coloniales;et cet article est déclaré constitutionnel !
Les assemblées coloniales seront donc souveraines sur l'état
des personnes ! A moins que, s'obstinant d'un côté à proposer,
et de l'autre à rejeter la proposition, l'état des personnes reste,
dans les colonies, sous la loi du plus fort, c'est-à-dire, INDEÉCIS.
De bonne foi, seroit-ce là une loi politique, une loi de paix,
seroit-ce même une loi? Mais 2 sur-tout, en quoi seroit-elle provisoire? Qu'est ce que la provision d'une loi pareille ? Peut-on
tirer quelqu'avantage momentané de ce qui ne présente que
contradiction, soit qu'on en cherchel'esprit, soit qu'on s'attache
à la lettre.
Mais quoi ! une assemblée revétue du pouvoir suprème sur
tous les membres de l'empire 2 une assemblée qui a reconnu les
droits de l'homme, 3 peut-elle rester indécise sur l'état des menbres de ce méme empire? Peut-elle, sur la manière de lever cette
indécision, se mettre sous la dépendance d'un pouvoir autre que
le sien ?
Les comités supposent donc que l'assemblée nationale demande
encore si les François mulâtres sont des hommes ! Mais alors
est-ce des colons blancs qu'elle doit attendre la réponse ? Et
quelle réponse!lls pourront résoudre dans le congrès scandaleux,
dont on veut faire dépendre le sort des citoyens de couleur, qu'ils
sont unc espèce mixte entre l'homme et la brute; et cela sans
que l'assemblée nationale puisse rejeter cette distinction. Car:
telle est la nature de liniative réclamée par le comité colonial
>
en faveur des_blancs, que la volonté de ceux-ci peut se fixer à
ons blancs qu'elle doit attendre la réponse ? Et
quelle réponse!lls pourront résoudre dans le congrès scandaleux,
dont on veut faire dépendre le sort des citoyens de couleur, qu'ils
sont unc espèce mixte entre l'homme et la brute; et cela sans
que l'assemblée nationale puisse rejeter cette distinction. Car:
telle est la nature de liniative réclamée par le comité colonial
>
en faveur des_blancs, que la volonté de ceux-ci peut se fixer à --- Page 21 ---
CI
Tassemblée décrète la loi comme ils la
cette alternative : ou que
demanderont. , ou qu'elle n'en fasse aucune.
Sans doute on croit réver lorsque l'on entend proposer des
l'on
le premier article du
absurdités pareilles, lorsque
rapproche
décret, de l'unité d'empire, de pouvoir législatif, de pouvoir
droits
notre système social 5 tant
exécutif, et de
quiconstituent
ilest difficile de croire qu'on ait pu espérer de se jouer à ce point
Mais le comité colonial ayant déjà
de tous les principes. :
obtenu de l'assemblée nationale un décret sur les colonies, sans
discussion, et sur la foi d'un sens qu'il ne craint pas de dénier
comment il ose tenter encore le
aujourd'hui ; on comprend
même succès ; comment il ne craint pas de proposer un pareil
article, et d'en dévoiler lui-même toutel l'extravagance; car dans
l'article XIV du projet, on demande à l'assemblée, de décréter
Pétat des hommes de couleur et des nègres libres, ayant été
que definitivement, sur la proposition dw comité de St. Martin,
le réglé premier article du décret soit pleinement exécuté, et que les
législatures suivantes ne puissent pas provoquer une nouvelle
proposition des colonies: 9 relativement à létat des personnes
quelconques. Ainsi ces hommes de sang 2 voulant des lois contraires aux
droits de l'homme, veulent. encore y soumettre l'assemblée nationale elle-méme. Ils veulent que 2 par le plus inconcevable
égarement, elle se lie les mains sur le sort actuel d'une
nombreuse population abandonnée à ses tyrans ; ils veulent
mettre les colonies sous le joug insensé et cruel de la cupidité
de
ils veulent condamner les représentans de la
et l'orgueil;
nation Françoise, à ne pouvoir que gémir sur toutes les attrocités nécessairement résu'tantes de ce systéme de rebellion.
C'est pour enchainerle pouvoir législatif delempire François, 3
les comités lui proposent le congrès le plus récusable; celui
que
et par excès de
d'une classe d'hommes incapables, par.habitude
corruption, de concevoir la-justice. Car jusqu'à présent 2 et
les François de couleur et les nègres libres, dont le rapporteur
des comités espère que les blancs amélioreront.le sort, n'ont été
des victimes constamment privées de la protection des lois.
que
pour enchainerle pouvoir législatif delempire François, 3
les comités lui proposent le congrès le plus récusable; celui
que
et par excès de
d'une classe d'hommes incapables, par.habitude
corruption, de concevoir la-justice. Car jusqu'à présent 2 et
les François de couleur et les nègres libres, dont le rapporteur
des comités espère que les blancs amélioreront.le sort, n'ont été
des victimes constamment privées de la protection des lois.
que --- Page 22 --- Ah, sans doute, de tels décrets avoient besoin d'être ravis à
l'assemblée nationale. La réflexion est leur tombeau; et voilà
pourquoi le rapporteur du comité et les députés quil'ont appuyé,
ont tenté jusqu'à des menaces inexplicables , jusqu'à des alléarracher du silence de l'assemblée,
gations inintelligibles 7 pour
ce qu'ils ne peuvent pas espérer de sa raison. Est-il possible de
présenter à l'univers entier un spectable plus révoltant ? Est-ce
à la face des nations 7 qu'on ose proposer à une assemblée législative, de faire sans réflexion, les lois lesplus importantes pour
un million d'hommes, et de s'appuyer sur une prétendue promesse, qui en la supposant aussi vraie qu'elle est fausse 7 seroit
elle-même une surprise faite à l'assemblée, de la méme manière
le décret de leur indéqu'on a voulu aujourd'hui surprendre
pendance? ?
Le non-succès de cette tentative nous remplit d'espérances.
L'acharnement des colons pour la faire réussir, prouve qu'ils ont
senti leur foiblesse. L'assemblée nationale s'affermira sur les
principes ; les derniers événemens lui ont prouvé qu'il n'étoit
qu'un moyen de salut pour les colonies : celui d'y mettre en vigueur les droits de I'homme et du citoyen. Le sang versé les
réclame; la conduite des soldats trompés appelle à la garde des
colonies et au maintien de l'ordre, des citoyens soldats 2 des
natifs qui ne peuvent protéger la chose publique, sans protéger
en méme-temps, les uns leur propriété, les autres leur industrie,
et tous leurs femmes, 1 leurs enfans et leurs parens. C'est sous
la sauvegarde de ces créoles 2 dont l'intelligence accompagnera
la fidélité, et qu'il faut craindre d'avilir, que les colons blancs
verront se calmer toutes leurs inquiétudes ; que le commerce
prendra le plus grand essor, et que se mûriront ets'exécnteront
les
l'humanité et l'intérêt réclament en
avec sagesse, projets que
s'achefaveur" des esclaves 2 dont le recrutement par la traite,
mine nécessairement à sa fin,
Signé CLAVIERE, Président.
BRISSOT, Secrétaire.
Paris, 20 Mai 1791.
colons blancs
verront se calmer toutes leurs inquiétudes ; que le commerce
prendra le plus grand essor, et que se mûriront ets'exécnteront
les
l'humanité et l'intérêt réclament en
avec sagesse, projets que
s'achefaveur" des esclaves 2 dont le recrutement par la traite,
mine nécessairement à sa fin,
Signé CLAVIERE, Président.
BRISSOT, Secrétaire.
Paris, 20 Mai 1791. --- Page 23 ---
LETTRES IMPORTANTES,
RELATIVES
A LA QUESTION DES CITOYENS DE COULEUR:
Les deux lettres suivantes 2 dont l'authenticité est garantie 2
n'ont pas besoin de commentaires : elles déyoilent un des artifices
dont on s'est servi pour effrayer et égarer l'assemblée nationale.
LETTRE de M. BAUx, député extraordinaire du commerce
de Bordeaux.
RETENU au lit ou à la campagne par une maladie douloureuse,
pendant qu'on agitoit, à l'assemblée nationale 2 la question des
droits des gens de couleur libres, ce n'est qu'à mon retour à
Paris 2 dans le moment méme , que j'apprends gue cette question
a été traitée; qu'aprèsdelongues discussions et un appel nominal,
il a été décidéqu'ilyavoit lieu à délibérer sur le projet du comité,
et que cette décision a peut. étre obtenu quelques voix 2 d'après
adresse des
extraordinaires du commerce et des
ane
députés
manufactures de France 2 répandue ce matin à l'assemblée
nationale. Je croirois manquer essentiellement à mon devoir de --- Page 24 ---
E789
Cx
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SIZE --- Page 25 --- --- Page 26 ---