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A
SUITE DES LETTRES
DES DIFFERENTES MUNICIPALITÉS
DE LA COLONIE,
A CELLE DU PORT-AU-PRINCE,
No, 4.
Meffieurs & chers Compatriotes 7
Nous avons reçu avec toute la fatisfadion poffible le narré que vOus
nous faites des événemens arrivés aul Port-au-Prince. Un peu de douleur
a été mélé aux tranfports d'alégreffe que nous avons éprouvé en apprenant la conduite de ces braves troupes patriotiques & le retour du régiment du Port-au-Prince à la bonne caufe; c'eft le fang répandu, c'cft une
viéime immolée, malheur toujours grand, mais inféparable de toute révelution, quelquefois néceffaire pour le retour de l'ordre, qui nous a afligé,
La colonie entière avait déjà jugé lhomme, & il était réfervé à ce même
régiment, 5 infrument de fes fureurs infenfées, à venger le fang des citoyens
immolés la nuit du 29 aul 30 Juillet dernier ; puifle Pelfifion du fang
Français s'arrêter là. La clémence eft la plus belle des vertus. Votre fermeté, votre zèle infatigable, joints au patriotifme de nos braves frères
d'Europe, nous font un sûr garant du bonheur dont jouira déformais notre
chère colonie. Nous nous empreffons de vous témoigner notre fincère
reconnaiffance pour des bienfaits de cette nature, & vous affurons gue f
la diftance des lieux nous empêche de nous unir à vous de fait, nous le
fommes fincèrement de coeur. Il m'elt ians doute bien doux d'être CIx ce
moment l'organe de ma paroiffe 3 dont le patriotifme eft bien connu ;
nous vous prions de nous faire part des événemens qui fe fuccéderont 2
pour que nous puiffions nous décider & diriger nos démarches vers le
bien; ; car des brnits fans nombre fe répandent, & nous craignons d'agir
en fens contraire de la Nation; veuillez nous faire l'amitié de nous éclaircir
fur tous les points, & fur-tout fi le décret du 12 Oflobre dernier n'eft
3 dont le patriotifme eft bien connu ;
nous vous prions de nous faire part des événemens qui fe fuccéderont 2
pour que nous puiffions nous décider & diriger nos démarches vers le
bien; ; car des brnits fans nombre fe répandent, & nous craignons d'agir
en fens contraire de la Nation; veuillez nous faire l'amitié de nous éclaircir
fur tous les points, & fur-tout fi le décret du 12 Oflobre dernier n'eft --- Page 4 ---
pas révoqué. S'il exifte tel qu'i1 nous a été communiqué, ne voulant nous
écarter en autcun point des intentions de la Nation que nous avons toujours
refpectées dans nos démarches, elle eft trop jufte pour ne pas nous décou- d'une
vrir un jour les caufes de nos erreurs, en nous manifeftant &
les délits &
le
aflemblée à laquelle nous avons été unis de coeur d'efprit, que
tenaps peut-être juftifera, fi fes fautes ne font autres que ceiles que nous
lui connaiffons; ; nous attendons avec empreflement votre réponfe pour
prendre tne détermination ultérieure.
Nous avons lhonneur d'être tris-fratemnlement,
Meffieurs &t ehers compatriotes 2
Vos très-humbles & trèsobéiflans ferviteurs,
Les officiers municipaux & citoyens.
Signé, Gros, procureur-fyndic, chargé de
répondre par la commune aflemblée.
Valliere, 2 le 13 Mars 1791.
A -
apre
MM. les Citoyens du Port-au-Prince.
Cap-Dame-Marie, le 13 Mars 1791.
Frères & Amis,
Nous venons d'entendre la relation des événemens qui fe font paffés
les
jours de ce mois; il ferait difficile de vous
dans votre fentiment cité, premiers nous éprouvons ; il ne peut être comparé qu'à
peindre le
fit fur que tous les Français la nouvelle de la prife de la Baftille.
i'impreffion que
Quoique la paix ait toujours habité parmi nous, quoique du fein nous du n'ayons
été atteints d'aucuns des traits que Jançait le defpotifme bien fincèrement palais au
qu'il avait réédifié fur vos divifions; nous participons nous admirons fur-tout
triomphe que vous venez de remporter fur lui; en enfeveliffant dans
celui que vous avez fi remporter fur vous-mêmes,
fon tombeau les haines & la vengeance.
i'impreffion que
Quoique la paix ait toujours habité parmi nous, quoique du fein nous du n'ayons
été atteints d'aucuns des traits que Jançait le defpotifme bien fincèrement palais au
qu'il avait réédifié fur vos divifions; nous participons nous admirons fur-tout
triomphe que vous venez de remporter fur lui; en enfeveliffant dans
celui que vous avez fi remporter fur vous-mêmes,
fon tombeau les haines & la vengeance. --- Page 5 ---
Frères & amis, veuillez tranfinettre le témoignage de notre reconnaiffance aux bataillons citoyens du Continent, qui, en abordant votre
ont rallumé parmi vous le feu facré de la liberté. Qu'ils fachent que rivage, des
extrémités les plus reculées de cette ifle 2 les Colons leur vouent une
amitié, une gratitude éternelles; que nous regardons leur arrivée comme
l'époque de notre régénération.
Excufez le défordre qui règne dans ces lignes 1 notre enthoufiafme ne
nous permet pas de compaffer l'expreffion de notre alégrefle. C'eft en
fence du Dieu des
préarmées, 2 c'eft dans fon faint temple qui va retentir
nos chants de jubilation 2 que nous vous traçons cette
de
de vous ne fait que c'eft alors qu'on fent le plus qu'on eft dépêche moins 2 & qui
de rendre ce qu'on fent !
capable
Le courrier qui part à l'inftant n'arrivera pas dans votre ville
-
auffitôt
que nous le defirerions, 2 pour vous apprendre que nous fommes à jamais
avec une cordialité inexprimable,
Vos frères, vos amis,
Les citoyens de la paroiffe du Cap-Dame-Marie,
Signt, Lacroix, Frefque Depauliez, Fondin, Delafalle, officier municipal, Grandoue de Clenval, Martin, J. Robin, Fauqueu, notable, Lahite,
Leynon, 9 notable, 2 Dililchoutquet, Lafitte 9 Boilgervais, J. Bardellino 2
Marul, Gachet 2 Sarranoffe, 9 Prévot, Delahayelavernelle, Degenneville 2
Salageu, fiubfitut, Dufour ainé, Frenh, Jean - Frédéric Raymond, Solagnier, Puyron, Mallet aîné, Duperier Longuerue, Chateau, Duvigneau,
Laffon Delahaye, Burot, Edward Plunkett, maire, Kuhn, Berlie, Goudin,
Defrefquel, officier municipal Peychaud, 2 P. Broze Magnan 2 Vipomno 2
Barrabinomontar, Denion 2 Chabot, Perpey 2 Rabon 9 F. Meynadier ,
Alexis Gilard, Saint-Juft, notable, Madoulé, fecrétaire-greffier, Ballias,
Hartau, Sorte, P. Latour.
CA A
opPe
WOR
Petite-Rivière de l'Artibonite, le 21 Mars 1794.
Meffieurs & chers Compatriotes 2
Vos deux dépêches des 13 & 17 du courant nous font bien pa". enues,
ainfi que les divers imprimés dont elles étaient accompagnées,
2 Rabon 9 F. Meynadier ,
Alexis Gilard, Saint-Juft, notable, Madoulé, fecrétaire-greffier, Ballias,
Hartau, Sorte, P. Latour.
CA A
opPe
WOR
Petite-Rivière de l'Artibonite, le 21 Mars 1794.
Meffieurs & chers Compatriotes 2
Vos deux dépêches des 13 & 17 du courant nous font bien pa". enues,
ainfi que les divers imprimés dont elles étaient accompagnées, --- Page 6 ---
Nous vous remercions infiniment de votre exaétitude à nous participer
vos travaux; nous les lirons toujours avec le plus vif intérêt.
Votre réponfe du 17 à M. le Lieutenant général mérite les plus grands
éloges, & nous n'en devons pas moins à votre arrêté du même jour. Il
était effentiel pour la tranquillité des Colons ; il était de votre gloire de
détruire les inculpations affigeantes contenues dans Pavis aux citoyens dc
M. Blanchelande. Vous l'avez fait, 8 c'eft un titre pour vous à la reconnaidance de vos concitoyens.
Notre commune s'eft affemblée hier en vertu de la proclamation de M.
le Général, pour la formation d'une nouvelle affembiée coloniale ; nous
crozons remplir un devoir en vous envoyant ci-inclus l'extrait de cette
délibération. Vous voudrez bien nous en dire votre avis.
Nous vous félicitons bien fincèrement du calme & de la tranquillité
dont votre ville jouit; puifle un bonheur auffi inappréciable n'être jamais
altéré !
Nous vous réitérons l'affurance des fentimens fraternels avec lefquels
nous avons l'honneur d'être 3
Meffieurs & chers compatriotes. 9
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux.
Signt, Augier, officier municipal,
Pardon, fecrétaire-greffier.
MM. les maire & officiers municipaux, au Port-au-Prince.
RA = M
- pr - A
Aux Vérettes, le 13 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes 9
Les citoyens des Vérettes ont reçu la lettre que vous leur avez fait l'honneur de leur écrire le 6 de ce mois. ils ont vu avec plaifir l'inftallation d'une
municipalité au Port-au-Prince, & verraient de même 2 ainfi que nous, que
vous entreriniliez avec celle de cette paroifle une correfpondance utile, &
peut-être néceflaire dans les circunftances.
le 13 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes 9
Les citoyens des Vérettes ont reçu la lettre que vous leur avez fait l'honneur de leur écrire le 6 de ce mois. ils ont vu avec plaifir l'inftallation d'une
municipalité au Port-au-Prince, & verraient de même 2 ainfi que nous, que
vous entreriniliez avec celle de cette paroifle une correfpondance utile, &
peut-être néceflaire dans les circunftances. --- Page 7 ---
Nous vous adreffons copie des délibérations prifes ce jour par la plupart des
citoyens actifs des Vérettes, avec expédition du procès verbal de la féancé
la municipalité a ouverte au moment de la clôture de la délibération que
fiale.
paroifLa tranquillité règne ici. Nous defirons qu'il en foit de même chez vous &
ailleurs, & fur-tout que cet état foit durable.
Nous avons l'honneur d'être avec un fraternel attachement, 2
Meffieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & très
obéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux des Vérettes,
Signi, Bourgeois aîné, maire ; Pilorget.
MM. les officiers municipaux du Port-au-Prince.
Gus
a--IP 3
Aux Vérettes 9 le 19 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes, 2
Nous recevons la lettre que vous nous avez fait T'honneur de nous écrire
le 13, avec l'imprimé, y joint, > de Vos trois adreffes, du 8.
Nous recevons en même temps votre lettre du 17, avec un
des lettres de l'affembléc provinciale du nord & de différentes exemplaire
de la colonie; un exemplaire de votre correfpondance avec municipalicés
& un autre exemplaire de votre arrêté du 17.
M.legénéral.;
Nous voyons avec un fenfible plaifir les
-
de la
juftes congratulations que tous les
citoyens 2 amis
liberté, s'empreffent de vous adreffer. Veuillez agréer &
yjoindrel les nôtres. Quoique plus tardives, elles ne font pas moins fincères.
Nous avons tout à efpérer des relations que vous avezenvoyécs en France.
Elles prouveront que le bien de la colonie vous anime, & la Nation & le
Roi fch hâteront de foutenir les efforts que vous avez faits & que vous continuez de faire pour l'opérer.
Nous étions trop perfitadés des fentimens des braves foldats arrivés récemment & heureufement dans cette colonie, pour prendre à leur égard aucune
. Quoique plus tardives, elles ne font pas moins fincères.
Nous avons tout à efpérer des relations que vous avezenvoyécs en France.
Elles prouveront que le bien de la colonie vous anime, & la Nation & le
Roi fch hâteront de foutenir les efforts que vous avez faits & que vous continuez de faire pour l'opérer.
Nous étions trop perfitadés des fentimens des braves foldats arrivés récemment & heureufement dans cette colonie, pour prendre à leur égard aucune --- Page 8 ---
6.
imprefion défavorable. Mais f quelqué erreur injurieufe pour eux, avait pu
fe gliller dans quelques efprits, nous vous affurons que vous affure l'avez des détruite, droits
& que la vérité 9 à préfent univerfellement répandue, leur
bien précieux à l'eftime & à la reconnaiffance de notre paroiffe.
Nous avons Phonneur d'être avec un fraternel attachement,
Meffieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux des Vérettes.
Signe, Bourgeois ainé, maire; Pilorget.
MM. les officiers municipaux du Port-au-Prince.
ak a
steA
Meffieurs & chers Compatriotes,
Ncus venons de recevoir la lettre que vous nous faites Phonneur de
nous écrire le 17 du courant 2 & toutes les diverfes pièces qui étaient jointes, qui toutes nous confirment que vous jouiflez de la plus parfaite tranquillité, que la réunion générale a coucouru à donner à votre ville, en
vous délivrant du joug tyrannique & defpotique fous lequel vous gémiffiez depuis la fatale nuit du 29 au 30 Juillet dernier; nous apprenons avec
la plus grande fatisfadion, que la plus grande partie des paroilfes de d'har- votre
province, & celles du fud', partagent avec vous les mêmes & principes l'effet de
monie,, pour rappeler dans leur fein quelques frères égarés, que
cette réunion a été la fuite de l'exemple que vous leur avez donné.
créance aux nouvelles alarMalgré que nous n'avions pas donné de grande M, le Lieutenant général, ce que
mantes conlignées dans la proclamation à calmer les inquiétudes que cela pouvous nous en dites eft bien propre
nous nous plailons à
vait donner à notre exiftence & à nos propriétés,
ce chef a été
croire comme vous, Meffieurs & chers compatriotes, braves foldats que
qui n'ont
trompé dans le récit qu'oa lui a fait; de
citoyens la
été affeélés, que de ne pas voir opérer à Saint-Domingue les régénération amis de la
dont jouit toute la France, n'ont jamais été foupçonnés par
& de Pcrdre, d'y venir femer une dcêtrine fi contraire aux fentimens
qu'ils paix ont manifeftés nous n'y avons jamais cru; veuillez témoigner de
braves militaires d'Artois,
ericar
les citoyens du Limbé, à les tous fentimens ces de reconnaiffance pour leur couradie & d'Artitterie, tous commune affemblée aujourd'hui pour la nominageux patriotifme; notre à Paffemblée coloniale, a pris le plus grand intérêt
tion de nos députés
'y venir femer une dcêtrine fi contraire aux fentimens
qu'ils paix ont manifeftés nous n'y avons jamais cru; veuillez témoigner de
braves militaires d'Artois,
ericar
les citoyens du Limbé, à les tous fentimens ces de reconnaiffance pour leur couradie & d'Artitterie, tous commune affemblée aujourd'hui pour la nominageux patriotifme; notre à Paffemblée coloniale, a pris le plus grand intérêt
tion de nos députés --- Page 9 ---
à tout ce qu'elle a entendu lire, & nous charge d'être l'interprète de leurs
fentimens.
La nomination de nos députés n'a pas eu lieu, parceque l'affemblée n'était
pas nombreufe > en raifon de nos citoyens actifs; ; elle a été renvoyée à
Dimanche prochain 27 du courant,. nous vous inftruirons avec empieffement du réfultat. Il nous refte à VOuIS prier de nous faire part de tout ce
qui pourra fe pader dans le nouvel ordre de chofes qui a été fi à propos
mis en ufage.
Nous avons l'honneur d'être avec les fentimens de la plus intime fraternité.
Meffieurs & chers compatriotes, 2
Vos tres-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux.
Signi, Joubert, maire, & A. Bertrand, fecrétaire-grofier.
Limbé, ce 20 Mars 1791.
a4
du Meflieurs & chers compatriotes. 2
Mes concitoyens m'ont chargé de vous accufer reception des pièces qu'accompagnait la lettre que vous nous avez fait Phonneur de nous écrire le
17 du courant ; ils m'ont auffi chargé de vous témoigner la joie qu'ils ont
éprouvée 2 par l'affurance que vous nous donnez que la paix & la tranquillité règnent dans votre ville, & de l'efpérance que vous avez de lesy
maintenir. La loi que vous vous êtcs impofée de vous renfermer ftriétement dans les décrets de l'Affemblée nationale, nous en eft un sir garant. Je
me félicite d'être auprès de vous l'interprète de leurs fentimens.
Je fuis avec refpeêt,
Meffieurs & chers compatriotes,
Votre très-humble & trèsobéiflant ferviteur,
Signi, Courreges, marguillier.
Gonaives, le 20 Mars 1791.
MM. les officiers municipaux, au Port-aut-Princé.
ée de vous renfermer ftriétement dans les décrets de l'Affemblée nationale, nous en eft un sir garant. Je
me félicite d'être auprès de vous l'interprète de leurs fentimens.
Je fuis avec refpeêt,
Meffieurs & chers compatriotes,
Votre très-humble & trèsobéiflant ferviteur,
Signi, Courreges, marguillier.
Gonaives, le 20 Mars 1791.
MM. les officiers municipaux, au Port-aut-Princé. --- Page 10 ---
aN -
àe
A Meffieurs, Meffieurs les officiers municipaux du Port-au-Prince.
Arcahaye, ce 22 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes,
En notre qualité de commiffaires nommés par la paroiffe pour Pouverture
de fes paquets, nous avons reçu Phonneur de vos quatre lettres du 6, 1O,
13, 8i 20 du courant, adreffées aux citoyens; nous ne vous en avons
pas accufé la réception 2 parceque le Dimanche paffé 13, il devait y avoir
Nne affemblée, laquelle a été renvoyée au 27 prochain, & nous ne manquérons pas de mettre toutes VOS pièces fur le bureau.
Nous nous réjoniffons de tout notre coeur avec vous de la réunion de
nous ne cefferons jamais de faire des voeux bien finvos concitoyens, &
déformais altérer votre tranquillité.
cères pour que rien ne puiffe
Nous avons Phonneur d'être avec les fentimens de la plus parfaite
cordialité,
Mefieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéillans ferviteurs,
Signe, d'Oleyres, Amic, J. Rabinet, commiffaires.
a
Ve
Port-de-Paix, le IO Mars 1791
Meflieurs &x chers Compatriotes,
Nous avons Phonneur de vous accufer réception de votre Tettre du IO
du courant, àl laquelle était joint l'extrait de la délibération de votre paroiffe. Nous manquons d'expreffions pour vous peindre notre joie en apprenant que vous êtes heureufement délivrés d'un régime oppreffeur. La réutnion de vos concitoyens pour la caufe généralc eft le garant de votre
bonheur futur. Puiffent par cet exemple 9 tous les citoyens de la colonie. >
éclairés fur leurs vrais intérêts, agir de concert, n'avoir tous qu'un même
efprit & les mêmes opinions.
Diverfes nouvelles du Cap nous faifaient craindre quelques événemens
funeftes dans votre ville; mais cclles que vous nous avez fait parvenir
ont
ime oppreffeur. La réutnion de vos concitoyens pour la caufe généralc eft le garant de votre
bonheur futur. Puiffent par cet exemple 9 tous les citoyens de la colonie. >
éclairés fur leurs vrais intérêts, agir de concert, n'avoir tous qu'un même
efprit & les mêmes opinions.
Diverfes nouvelles du Cap nous faifaient craindre quelques événemens
funeftes dans votre ville; mais cclles que vous nous avez fait parvenir
ont --- Page 11 ---
ont diflipé nos craintes &c laiffé dans nos coeurs toute la plénitude du plaifir
que doivent caufer les grands événemens cui ont mis fin aux maux que
vous avez effuyés, &à ceux que vous préparaienr les lâches & cruels ennemis du bien public. Veuillez, Meflieurs, continuer à nous faire part de
tout ce qui pourra vous arriver d'heureux & de vos travaux; ils ferviront
à nous éclairer & nous guider dansles temps d'orage, dont notre province parait menacée.
Nous ne cefferons jamais d'être avec les (entimens de la plus parfaite
confraternité,
Meflieurs, & chers compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobciffans ferviteurs,
Les membres de la municipalité du Port-de-Paix.
Signe, Collas, maire, Lamy jeune, fecrétaire.
MM. de la municipalité du Port-au-Prince.
Gau-
= = A l
- sre
A
Port-de-Paix, le 18 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes,
Avec l'honneur de votre lettre en date du 13 du courant 7 nous avons reçu
votre adreffe à l'Affemblée nationale. Le départ du courrier ne nous permet] pas
de vous exprimer toute la fatisfadlon que nous a caufé cette adreffe que le
patriotifmne le plus pur femble avoir inipirée. Expreffions énergiques , tout y
refpire la liberté, l'amour de la paix & du bien général. Nous ne doutons
plus que la Nation, éclairée enfin par votre énergie & votre civifme , ne
ceffe d'être la dupe de l'aftice de nos ennemis communs, qui font auffi ceux de
la Nation entière. Nous euffions bien defiré que vous eufliez pu difpofer de
plus d'un exemplaire de votre travail que l'on ne faurait trop répandre pour
l'inftruéion &cl'encouragement de tous les bons citoyens.
Nous ne cefferons jamais d'être avec les fentimens de la plus parfaite confraternité,
Meffieurs & chers compatriotes 2
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs
Les membres de la municipalité.
Signt, Collas, maire; Lamy jeune, fecrétaire greffier.
MM. les membres de la municipalité du Port-au-Prince.
B
votre travail que l'on ne faurait trop répandre pour
l'inftruéion &cl'encouragement de tous les bons citoyens.
Nous ne cefferons jamais d'être avec les fentimens de la plus parfaite confraternité,
Meffieurs & chers compatriotes 2
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs
Les membres de la municipalité.
Signt, Collas, maire; Lamy jeune, fecrétaire greffier.
MM. les membres de la municipalité du Port-au-Prince.
B --- Page 12 ---
1O
NEe M A a as
Mumstes Saint-Marc, le 22 Mars 1791.
Meffieurs &c chers Compatriotes,
J'ai l'honneur de vous adreffer, ci-inclus, l'adreffe que la municipalité
de la ville du Môle fit remettre à M. le général le 13 de Février dernier.
P'ofe efpérer, Meffieurs & chers compatriotes, que vous voudrez bien
lui donner la publicité la plus étendue, afin que toute la colonie de
Saint-Domingue foit inftruite du joug opprefif & tyrannique fous lequel
on tient ces bons citoyens, malgré leurs juites réclamations, & malgré
leur religieufe obéiffance aux lois, pour lefquelles ils conferveront toujours
tout le refpeêt & toute la foumifion imaginables.
Je fuis avec l'attachement le plus fraternel,
Mcffieurs & cher compatriotes,
Votre très-humble & trèsobéiflant ferviteur 2
Signé 2 Genton , maire du Môle.
N. B. La municipalité du Môle a écrit plufieurs lettres à M. le général,
auxquelles il n'a pas daigné répondre.
Meffieurs du corps municipal du Port-au-Prince.
G
A
Sure
4O
ADRESSE des offi.iers minicipaux de la ville (u Mole à M. de Blanchelande, gouverreur général des ifles Fr.n,aifes d. 4 Amérique fous le vent.
Monfieur le Général,
de la ville diMôle ont été librement
Les membres du corps le municipal du mois de Juillet dernier; ils ont prêté le
& légalement élus I1
de
de tout leur
ferment devant la commune affemblée d'être 2 fidèles maintenir à la Nation, à pouvoir la Loi,
la conftitution de la mère-patrie 2 leurs fohdions. Le corps municipal
& att Roi, & de bien remplir fes devoirs, & mettait tous fes foins à
trouvait fon bonheur à remplir
juftifier le choix de fes concitoyens.
PAffemblée natioRien de plus conforme 9 Monfieur le généril,à ce que
nale a décrété le 14 Décembre 1789, mais des efprits inquiets vaiin , brouillons le comi-
& mécontens avaient déjà manifefté leurs mauvais deffeins ; en
té
plufieurs de fes arrêtés, avait été au-devant de tout ce
paroiffial ,
le repos pablic; en vain avait-il rendu compte par
pouvait
LNLEL
qui
fes
à Paffemblée provinciale du nord de tous
lorgane de répréfentans, n'était 2 capable de les contenir, , moins encore de les
leurs défordres, rien
cependant à dévoiler toutes leurs machinations
réprimer. fecrètes, elles Oa était s'étaient parvenu même manifeftées avec éclat en plein comité, le
tout ce
paroiffial ,
le repos pablic; en vain avait-il rendu compte par
pouvait
LNLEL
qui
fes
à Paffemblée provinciale du nord de tous
lorgane de répréfentans, n'était 2 capable de les contenir, , moins encore de les
leurs défordres, rien
cependant à dévoiler toutes leurs machinations
réprimer. fecrètes, elles Oa était s'étaient parvenu même manifeftées avec éclat en plein comité, le --- Page 13 ---
II
2t Eévrier dernier; ; l'affemblée du nord, inftruite de tous ces troubles,
rendit des arrêtés qui humiliaient les uns, & mandaiert les autres à la
barre.
Les membres du corps municipal, Monfieur le général, avaient
fenti les fuites funeftes qu'entraînait après elle la formation d'un
tiné de la milice patriotique ; en
ils
te.e
confèquence s'cmprefsérent d'aflembler la commune, pour délibérer fur un objet d'où dépendait non-feulement le bon accord, la bonne harmonie & la tranquillité des citoyens,
mais encore leur futreté individuelle ; l'afiemblée de' paroifle eut lieu
Juillet
le31
dernier, &z le réfultat de fa délibération fut de faire une députation
à M. le commandant de la place, feul & unique moyen d'arrêter les violences & les vexations qui ne manqueraient point d'en réfulter ; ce qui fut
de fuite fait, en yjoignaut une lettre dont fuit la teneur :
Monfieurled commandant,
K Nous voyons tous avec la plus vive douleur que des efprits mécontens fe difpofent à former un parti dans cette paroiffe, en établiffant une
) corporation diftinête de la formation qui a été faite fur la place
>
le 21 Février dernier fous la dénomination de milice patriorique, d'armes, tous
> les habitans ont prêté ferment le même jour d'être fidèles à la
à
> la &c au
Nation,
Loi
Roi.
> Pleins d'admiration pour votre droiture, votre juftice &c votre modé-
> ration, Monfieur le commandant 3 la commune légalement affemblée a
> Phonneur de s'adreffer à vousavecla plus grande confiance; elle eft dans
> la plus ferme perfiafion que vous voudrez bien concourir à éloigner les
>> malheurs dont elle eft menacée, & à tout ce qu'on pourrait
>>
dre capable d'altérer fon zèle pour la Nation, fa foumiffion aux entrepren- lois &
>> fon amour po.r le mcilleur des Rois, &c. >>
La commune s'attendait que M. le commandant remplirait parfaitement
fon voeu, & qu'il fe joindrait de tout fon pouvoir à
pour le maintien de la paix; mais elle fut bientôt déçue de cette douce elle, efpérance, 2
la réponfe qu'elle reçut dans le même inftant: : elle eft auffi fière que mena- par
çante, 2 & refte dépofée aux archives. La pauvreté feule aurait-elle été un
crime aflez grave aux yeux de ce chef du pouvoir exécutif., pour ne
reconnaître le droit
les citoyens de s'affembler, lorfque des efprits pas
mécontens cherchent Trond troubler leir tranquillité?
Ce n'eft point fur de vains prétéxtes, Monfieur le général, comme ont
cherché àl le fitggérer ces mêmes perturbateurs, 2 que la municipalité de la.
ville dur Môlei a été chercher un . azile ailleurs, & fe mettre jous la protedtion de la paroiffe de Bombarde; elle prit une ferme réfolution par fon
arrêté du 8 Oftobre dernier , après avoir été long-temps en butte àux plus
grands outrages, 2 aux' entreprifes violentes & aux procédés injuftes de la
part des membres d'une corporation qui faifait corps avec les troupes de
ligne de lar garnifon, chez. qui ils avaient dépofé leur drapeau, & aveç
qui ils faifaient des orgies continuelles; par cetté marche, ils font parvenus
à rendre les foldats & les bons citoyens ennemis les uns des autres ; d'un
dernier , après avoir été long-temps en butte àux plus
grands outrages, 2 aux' entreprifes violentes & aux procédés injuftes de la
part des membres d'une corporation qui faifait corps avec les troupes de
ligne de lar garnifon, chez. qui ils avaient dépofé leur drapeau, & aveç
qui ils faifaient des orgies continuelles; par cetté marche, ils font parvenus
à rendre les foldats & les bons citoyens ennemis les uns des autres ; d'un --- Page 14 ---
fortement
& 12
par M. le commandant
autre côté,
protégée
appuyée tous les habitans dans l'anxiété
de la place qui tenait depuis uin temps infini, des
hoftilles &
la plus grande , dans des angoiffes mortelles par préparatifs des
dans lune
des mouvemens alarmans. Le repréfentant du meilleur Rois, les
de fes plus fioriffantes colonies, reconnaitra-t-il dans cette conduite principes de l'aflemblée coloniale P
Nous avons eu Thonneur, 2 Monfieur le général, par notre lettre du 12
Décembre dernier, de vous inftruire des morifs qui avaient déterminé plude famille d'abandonner leurs foyers, & de venir fe refugier à
fieurs pères
dc leur déclaration accompagnait la lettre.
Bombarde: : copie
Ceft à mains jointes, Monfieur le général. que les membres du & corps votre
municipal de la ville du Môle réclament de rechef votre autorité
&
juftice, pcur que ces bons citoyens rentrent dans leurs légitimes droits,, enlevée ;
recouvient la liberté qu'on leur a inhumainement & injuftement S'ils font affez malils réclament un droit inviolable & facré, la propriété.
ils cbéiront
que de sêtre rendus ccupables,
heureux 2 Monficurle général,
; leur refpeét & leur foumiffion pour
dans Finftant à la loi quiles appellera
manière la
AA les lois font connus, ils en ont prononcé le ferment tribunal de la
devra plus les
ils
d'aller au-devant du
qui
folennelle, , s'emprefferont
juger.
réitérée que fait la municipalité de la ville du Môle,
Monfieur Cctte réclamation le général, eft fondée fur des principes que toutes les Nations
la confiance qu'infpire le repréfentant
Fr
cées refpectent : elle eft fondée Rois fur elle eft fondée encore fur fa bonté & fur
meilleur & du plus chéri des
:
vafte colonie.
l'intérêt qu'il prend à la profpérité de cette
habitans, Monfieur le général, fe voyent réduits dans létat le
Ces pauvres le défordre & l'effervefcence qui règnent dans la vil...
plus déplorable par
courant des officiers de la garnifon forcèrent tous
Dimanche dernier, 16 du
, & au-deffus, d'abandonner la ville;
les jeunes Créoles, depuis quinze ans le
d'un bon
Qui
comment en faire le tableau fans navrer familles coeur de tout citoyen? fecours, par
ne frémirait point à la vue de pauvres
privées
la ceffation de leur travail ?
Monfieur le général rendre le pain, la vie & la liberté qu'on
Daignez, & injuftement enlevés à de bons citoyens, à de bons Frana cruellement
du
ofent fe flatter quele repréfentant du
çais; les membres corps municipal
& impunément les
meilleur des Rois rre laiffera point jouir tranquillement habitans.
auteurs qui ont porté la défolation parmi tous ces pauvres
Signé, Genton, maire.
A Bombarde, le II Février 1791.
Certifié conforme à loriginal qui a été remis par le Sieur Boulquet à
Monfeur le général.
citoyens, à de bons Frana cruellement
du
ofent fe flatter quele repréfentant du
çais; les membres corps municipal
& impunément les
meilleur des Rois rre laiffera point jouir tranquillement habitans.
auteurs qui ont porté la défolation parmi tous ces pauvres
Signé, Genton, maire.
A Bombarde, le II Février 1791.
Certifié conforme à loriginal qui a été remis par le Sieur Boulquet à
Monfeur le général. --- Page 15 ---
Au Cap, le 20 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes,
L'afiemblée a lu avec un nouveau plaifir, dans Votre lettre du
rant 2 lesprogrès du retour de la tranquillité dans votre ville. Elle 17du croit coune relterait rien, à defirer pour le parfait rétabliffement de l'ordre ,
réuffifliez à convaincre tous vOs
Te
équipages des vaiffeaux de la fauffeté concitoyens du décret du 2 les troupes de ligne & les
aux troupes & aux équipages que le repréfentant 17 du Décembre, Roi ne &àp perfader
compromettre la dignité de fes fon@ions, tant que ceux dont peut ni ne doit
tion lui a été maniteftée 4 ne P'auront pas diffuadés de leur permanence Vinfubordinacet état, fource de l'anarchie. Nous avons lieu de croire M. de dans
lande fe rendra à vOs defirs, dès que vous lui aurez procuré que la certitude Blanchefes fubordonnés felon les lois ne méconnaitiont plus P'autorité
que
confiée pour leur exécution.
qui lui eft
Nous fommes tris-fraternllement,
Meflieurs & chers compatriotes 2
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les membres de l'affemblée provinciale du nord.
Poulet, Signé, fecrétaire Gripiere Montalibor 2 préfident ; C. L. Morel, vice - préfident ;
adjoint.
MM, les officiers municipaux du Port-au-Prince. AE
RÉPONSE faite par la Municipalite du Port-au-Prince, à
la Leure ci-degus de PAlemblee provinciale du Nord.
Port-au-Prince, s ce 24 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes,
Nous penfons, comme vous 2 que la préfence du repréfentant du Roi contribuerait au parfair rétabliffement de l'ordre dans notre ville. Nous
audi fiurpris. qu'afiligés que l'on fuppofe que nos
les fommes
de ligne, les équipages des vaifleaux ayent concitoyens, donné quelques que troupes
prétendu denta du 17 Décembre. Nous
croyance aiz
n'a ici aucune confiftance dans l'opinion pouvons de
VOuS affurer que ce décret
qui en a été faite à M.le procureur général, perfonne & confignée 2 & quela dans dénonciation les
publics, , a pu feule faire naître une femblable calomnie.
papicrs
Nos efforts tendront toujours à refferrer les liens de la fubordination ftr
lefquels dans les repofe fon@tions le falut de toute fociéré; mais, réfolus à nous concentrer
prefcrites aux municipalités par les décrets de la Nation,
C
urer que ce décret
qui en a été faite à M.le procureur général, perfonne & confignée 2 & quela dans dénonciation les
publics, , a pu feule faire naître une femblable calomnie.
papicrs
Nos efforts tendront toujours à refferrer les liens de la fubordination ftr
lefquels dans les repofe fon@tions le falut de toute fociéré; mais, réfolus à nous concentrer
prefcrites aux municipalités par les décrets de la Nation,
C --- Page 16 ---
nous croyons ne devoir nous immifcer en rien de ce qui concerne la difcipline militaire. M. de Blanchelande eft toujours le repréfentant du Roi,
le chef du pouvoir exécutif dans la colonie. C'eft à lui feul qu'il appartient de maintenir dans leur devoir ceux quifont fous fes ordres. Pour nous,
nous nous bornerons à donner dans tous les temps l'exemple de notre fonmniffion aux Jois & de notre refpcét envers le repréfentant d'un Roi chéri,
Nous voyons avec peine que quelques feuilles du Cap accréditent les
bruits calomnieux que l'on a répandus fur les événemens qui ont eu lieu
dans cette ville.
Nous fommes tres-fratemnellement,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux.
Signé, Leremboure père, maire ;
Malahar, fecrétaire-greffer.
P. S. Nous avons écrit par ce courrier à M. le général, & nous avons
Phonneur de vous adreffer ci-jointe une copie de notre lettre.
Vous recevrez auffi fous cette enveloppe la fiite des lettres qui nous
font adreffées par les paroiffes.
15 SR
Plaifance, le 20 Mars 1791.
Meffieurs & chers Compatriotes ,
Nous avons reçu les trois lettres dont vous nous avez honorés 2 en date
des 1O, 13 &c 17 courant 2 enfemble les pièces qu'elles nous annoncent.
Il nous ferait impoffible de peindre la joie que nous a caufée Theureufe
révolution arrivée dans votre ville. Il eft malheureux qu'elle ait été fcellée
du fang de M. Mauduit. Nous plaignons fincèrement fon fort, & nous le
plaignons fur-tout de l'avoir mérité.
était
La conduite que vous avez tenue envers nos frères égarés
digne
des foutiens de la bonne caufe. Vous avez eu la gloire d'en donner
l'exemple s il ne nous refte que celle de Vous imiter.
Meffieurs les citoyens du Port-au-Prince avaient conçu une vaine terreur
de l'imputation faite aux troupes de la Station par M. de Blanchelande,
il était trop aifé d'en découvrir le véritable but, pour fe méprendie fur
le peu de foi qu'elles méritaient.
de Normandie
Guerriers citoyens, braves foldats des régimens d'Artois,
& de royal Artillerie ! Nous ne pouvons pas nous-mêmes vous témoil'eftime & l'amitié que vous nous avez infpirées, mais les repréfentans
&. la ville du Port-au-Frince voudront bien être nos organes auprès de
vous. Oui, Meffieurs, nous vous en piions 9 dites à ces généreux défenfeurs de la liberté, que nous conferverons éternellement la reconnaiffance
qu'ils ont fi bien méritée de tous les vrais patriotes, 8 que nous appren-
ne pouvons pas nous-mêmes vous témoil'eftime & l'amitié que vous nous avez infpirées, mais les repréfentans
&. la ville du Port-au-Frince voudront bien être nos organes auprès de
vous. Oui, Meffieurs, nous vous en piions 9 dites à ces généreux défenfeurs de la liberté, que nous conferverons éternellement la reconnaiffance
qu'ils ont fi bien méritée de tous les vrais patriotes, 8 que nous appren- --- Page 17 ---
drons à nos enfans à bénir les noms 15 de Normandie Artois &
Artillerie.
royal
La connaiffance des bonnes nouvelles que nos frères de Torbeck nous
Ont communiqué, & la lettre de M. Fleurieu à M. le commandeur de
Villages, inféréc dans les gazettes 9 nous portent à regarder 2 comme prématurée, la formation d'une nouvelle affemblée coloniale. En
l'Affemblée nationale eft revente de la prévention qu'on lui avait effet, fi
contre notre affemblée générale 3 fi de concert avec elle elle infpiré
de notre conftitution, 3 à quoi bon chercher à anéantir nous-mêmes s'occupe
reux fuzcès de la perfévérance & de la fermeté de nos généreux Pheufentans. Former une nouveile affemblée coloniale
reprécelle actuell-ment en France
1 n'eft-ce pas détruire
2 & la déclarer pour ainfi dire déchue
notre confiance P Prenons garde, par trop de précipitation. , de relever de
les efpérances de fes calomniateurs & des ennemis du bien public. Mais,
Meflieurs, que ferait une nouvelle aflemblée coloniale à
que ne puiffe faire notre affemblée générale en France * Saint-Domingue, réconciliée avec
l'Affemblée nationale. Elle ftatuerait fur les mêmes objets & de la même
manière; alors elle eft inutile ou elle préfenterait au corps légiflatif des
plans oppofés à ceux de l'affemblée générale qui retarderaient peut-être
pour long-temps la conftitution
nous eft annoncée,
Ces confidérations, Meffieurs E chers compatriotes, nous ont décidé
à furfeoir la nomination de nos députés, jufqu'a ce que nous ayons lieu
d'être bien convaincus de la néceffité de former une nouvelle affembléc
coloniale.
Nous avons lu avec bien du plaifir votre adreffe à T"Aflemblée naticnale. Cependant nous ne pouvons pas vous diflimuler que les éloges
vous prodiguez au décret du 12 Otobre. peuvent contrarier les efforts a:
notre affemblée générale en faveur de la bonne caufe.
Nous avons l'honneur d'être avec un fincère & fraternel attachement,
Meflieurs &c chers compatriotes 9
Vos très-humbles & trèsaffedionnés frères 2
Les membres de la municipalité.
Signi, La Touraudais, maire, A. Efcot, fecrétaire ad hoc.
Meffieurs de la munipalité, au Port-au-Prince.
RÉPONSE de la Municipalué du Port-au- Prince à la
Leure ci-defues de la Municipalité de Plaifance.
Port-au-Prince, le 24 Mars 1791.
Meflieurs & chers Compatriotes,
Nous répondons à la lettre dont vous nous avez honorés le 20 de ce
mois. Nous fommes glorieux d'être vos interprètes auprès des généreux
ire, A. Efcot, fecrétaire ad hoc.
Meffieurs de la munipalité, au Port-au-Prince.
RÉPONSE de la Municipalué du Port-au- Prince à la
Leure ci-defues de la Municipalité de Plaifance.
Port-au-Prince, le 24 Mars 1791.
Meflieurs & chers Compatriotes,
Nous répondons à la lettre dont vous nous avez honorés le 20 de ce
mois. Nous fommes glorieux d'être vos interprètes auprès des généreux --- Page 18 ---
détenfeurs de notre liberté,
de ceux nous ont délivré du joug
oppreffif fous lequel nous itur depuis T long-temps : enfin 2 auprès
inilitaires de Normandie 2 d'Artois & de corps
de ces braves citoyens
la colonie.
royal d'Artillerie, dont l'arrivée a fauvé
Nous nous flattons, comme vous, Meflieurs & chers compatriotes, 2
des nouvelles que nos frères de Torbeck vous ont communiquées ; tout
concourt à nous faire croire que la Nation éclairée fur le pailé rendra
la juitice que nous n'avons ceffé de rendre à des repréfentans qui fen- fe
font facrifiés pour nous faire jouir des fruits de la régénération. Le
timent feul de la reconnaiffance nous y porte, mais nous n'avons connaiflance que du décret du 12 O8tobre, parvenu officiellement dans la
colonie, & nous ne pouvons en retarder l'exécution fans nous rendre à
coupables envers la Nation : nous nous fommes fait la loi d'obéir
tous fes décrets, fans ceffer de donner à nos repréfentans tous les témoignages de notre confiance & de notre gratitude.
Vous ne pouvez vous difimuler, Meffieurs & chers compatriotes , que
la formation d'une nouvelle affemblée coloniale était le feul moyen prompt
& sûr de nous fouftraire all defpotifme oit nous replongeait l'Afemblée l'anéantiffement de la première ; & fur-tout que l'affurance donnée par
nationale, de ne rien innover fans notre aveut fur l'état des perfonnes,
eft un véritable bienfait. Voilà ce dont nous avons voulu faire l'apologie
dans le décret du 12 Oftobre. Quant à fes autres difpofitions 2 notre
devoir était de les refpegter.
Au nom de ce devoir que nous devons tous aux décrets de la Nation,
rous vous invitons, s Meffieurs & chers compatriotes 2 à nommer vos
députés pour former une nouvelle aflemblée coloniale , qui,. dans fa
fageffe jugera le travail qu'elle aura à faire 2 en attendant l'arrivée des
commiffaires que la Nation nous a annoncés ; par-là, nous lui prouverons
norre foumiffion eft fans bornes ; que c'eft à tort que Pon nous a
que repréfentés comme rebelles à fes décrets 2 &z que nous n'avons jamais
ceflé d'être Français.
Nous avons l'honneur d'être avec an fincère & fraternel attachement,
Meffieurs & chers Compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs 2
Les officiers municipaux.
Signt, Leremboure père, maire;
Malahar, fecrétaire-grefler.
-LTE
D
Chez MOZARD, Isaprimeur du Roi & du Confeil fupérieur. 1791, --- Page 19 --- --- Page 20 --- --- Page 21 ---
E7PR
Tora VA
1-8i7c
V.A --- Page 22 ---
SF
ire, A. Efcot, fecrétaire ad hoc.
Meffieurs de la munipalité, au Port-au-Prince.
RÉPONSE de la Municipalué du Port-au- Prince à la
Leure ci-defues de la Municipalité de Plaifance.
Port-au-Prince, le 24 Mars 1791.
Meflieurs & chers Compatriotes,
Nous répondons à la lettre dont vous nous avez honorés le 20 de ce
mois. Nous fommes glorieux d'être vos interprètes auprès des généreux — Page 18 — détenfeurs de notre liberté, de ceux nous ont délivré du joug oppreffif fous lequel nous itur depuis T long-temps : enfin 2 auprès
inilitaires de Normandie 2 d'Artois & de corps de ces braves citoyens la colonie. royal d'Artillerie, dont l'arrivée a fauvé
Nous nous flattons, comme vous, Meflieurs & chers compatriotes, 2
des nouvelles que nos frères de Torbeck vous ont communiquées ; tout
concourt à nous faire croire que la Nation éclairée fur le pailé rendra
la juitice que nous n'avons ceffé de rendre à des repréfentans qui fen- fe
font facrifiés pour nous faire jouir des fruits de la régénération. Le
timent feul de la reconnaiffance nous y porte, mais nous n'avons connaiflance que du décret du 12 O8tobre, parvenu officiellement dans la
colonie, & nous ne pouvons en retarder l'exécution fans nous rendre à
coupables envers la Nation : nous nous fommes fait la loi d'obéir
tous fes décrets, fans ceffer de donner à nos repréfentans tous les témoignages de notre confiance & de notre gratitude.
Vous ne pouvez vous difimuler, Meffieurs & chers compatriotes , que
la formation d'une nouvelle affemblée coloniale était le feul moyen prompt
& sûr de nous fouftraire all defpotifme oit nous replongeait l'Afemblée l'anéantiffement de la première ; & fur-tout que l'affurance donnée par
nationale, de ne rien innover fans notre aveut fur l'état des perfonnes,
eft un véritable bienfait. Voilà ce dont nous avons voulu faire l'apologie
dans le décret du 12 Oftobre. Quant à fes autres difpofitions 2 notre
devoir était de les refpegter.
Au nom de ce devoir que nous devons tous aux décrets de la Nation,
rous vous invitons, s Meffieurs & chers compatriotes 2 à nommer vos
députés pour former une nouvelle aflemblée coloniale , qui,. dans fa
fageffe jugera le travail qu'elle aura à faire 2 en attendant l'arrivée des
commiffaires que la Nation nous a annoncés ; par-là, nous lui prouverons
norre foumiffion eft fans bornes ; que c'eft à tort que Pon nous a
que repréfentés comme rebelles à fes décrets 2 &z que nous n'avons jamais
ceflé d'être Français.
Nous avons l'honneur d'être avec an fincère & fraternel attachement,
Meffieurs & chers Compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs 2
Les officiers municipaux.
Signt, Leremboure père, maire;
Malahar, fecrétaire-grefler.
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Chez MOZARD, Isaprimeur du Roi & du Confeil fupérieur. 1791, — Page 19 — — Page 20 — — Page 21 —
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