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SUI T 1 E
DEs lettres adrelees par diftrentes municipalités de la
colonie 7 à celle du Port-au-Prince.
No, 5.
Cayes 2 le 24 mars 1791.
Meffieurs &c chers compatriotes ,
Depuis la malheureufe époque oùt le defpotifme avoit repris
toute fa vigueur. l'affemblée provinciale du fud a fufpendu fes
féances 2 vu la difperfion de fes membres. C'eft avec beaucoup
de peine que nous fommes parvenus à nous réunir lc jour d'hier
au nombre de fept , tant pour écrire aux municipalités de la
vince 2 &: les engager àinviter 2 preffer même leurs éleétcurs POE
fe rendre à notre aflembiée, que pour faire l'ouverture de divers
paquets quis'étoient accumulés 'dans notre bureau, & en accufer
réception.
Nous y avons trouvé, nos chers compatriotes, plufieurs paquets de votre envoi,paquets bien précieux pour nous, que nous
avons lus avec avidité, ,8 qui nous ont fait bénir cent fois la
vidence des heureux changemens qui viennent de s'opérer ECCe
votre ville.
Comme nous ne fommes en nombre fuffifant pour prendre
un arrêté, nous nous BRuIeA à vous prier de nous faire part,
fuivant VOS promeffcs, de tout ce que vous faurez & ferez pour
le bien public 5 nous fommes perluadés que nous y trouverons
oujours le double avantage de la fatisfaction, & de l'exemple
fuivre.
Vousapprendrezavec plaitir que nous jouifons eil ce momen --- Page 4 ---
des douceurs de la paix que nos amis de la ftation nous ont fi
heureufement Nous avons procurée. Thonneur d'être avec les fentimens del la plus intime fraternité,
Meffieurs &c chers compatriotcs 7
Vos très-humbles 8ctrèsobéiffans ferviteurs,
Les membres du bureau de correfpondance delaffemblée provinciale du fud.
Signé, BRURIER DE WARVILLERS préfident ; &x TARDIF DE
LABORDERIE, curd 2 Jecrétaire ad hoc.
Officiers municipaux du Port-au-Prince.
Cayes 2 ce 2mars 1791,
Meffieurs & chers compatriotes 2
Nous avons reçu avec fatisfaétion ia lettre que vOUS nous avez
fait Phonneur de nous écrire le 20 du courant,en ce qu'elle ncus dans
affure que la paix & la tranquillité continuent de régner fituation
votre ville. Nous fommes heureufement dans la même
foi à
& nous voyons avec plaifir
ennemis n'ajoute aDrT bien grande public fe
fauffes nouvelles
SFon
quelques
que avoir un nouveau dérachement,
plaifent à femer.Sinous pouvions
l'inftant
bien que nous n'ayons nullement à nous plaindre pour à merveille,
de celuidurégimentdul Port-au-Prince qui fe conduit
nous croirions le calme affuré pour long-temps; mais nous appré- Nous
hendonstoujours l'effet de quelque reffontiment particulier.
en écrivons encore à M. le général.
auriez vous donner
Veuillez fufpendre les foins que vous
pu arrivé fuffifampour nous procurer de la farine 3 il nous en.eft
ment pour la fubliftance de notre'quarcier ; nous vous prions
,
de celuidurégimentdul Port-au-Prince qui fe conduit
nous croirions le calme affuré pour long-temps; mais nous appré- Nous
hendonstoujours l'effet de quelque reffontiment particulier.
en écrivons encore à M. le général.
auriez vous donner
Veuillez fufpendre les foins que vous
pu arrivé fuffifampour nous procurer de la farine 3 il nous en.eft
ment pour la fubliftance de notre'quarcier ; nous vous prions --- Page 5 ---
même de furveiller à ce que le geuvernement, à
nous en
avions également demandé, ne nous en foffe pas expédier. gui
Nous partageons bien fincérementavec vcus la
dût
vous
caufer la mort de M. Je commanderr de Villages peine ; çu'a il n'cft
pas un des individus de cetie favorable flation,à la cenfervation
duquel nous ne nous intércflions vivemcnt.
Nous avens Fhcnneur d'être avec les fntimens Ce la plus
intime frarerniré,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vcs tres-humblcs &ctrèscbéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux des Cayes.
Signé 2 RAMBAUD, cfficier municipal; DEMALEVAL oficier
municipai ; RENLAUAE.prOcreNr, lyndic 5 & POYDRAS,
taire grebfier.
sfecré
MM. les officiers de la municipalité du Port-au-Prince,
Coteaux, 2 ce 20 mars 1791,
Meffieurs &x chers compatrictes,
Nous avons reçu les deux lettres que vous nous avez écrites
en date des IO &13 de CC mois, aurquelles étcient joints divers
extraits de vOS délibérations &: adreffes faites 2 tant à l'Affemblée
qu'au Roi & au commerce. Nous voyons avec plaifir que la
paix 8: la tranquillité fe font rétablics dans votre ville, & gue
la cordialité a pris la place de l'indiffércnce. Nous vous remercions du détail
vous nous faites concernant l'affaire du 5.
Nous vous pricns ae vouloir bien lier corrcfpondance avec rcus
& nous faire part des divers mouvemens de votre ville ccncernant les affaires préfentes ; il eft d'autant plus effentiel pour rcus --- Page 6 ---
I
dsles connoitre, que nous fommes dévouds au même patriotifme
qui vous anime.
Nous vous prions de recevoir notre compliment fur votre établifement ; nous defirons de coeur que la nation confirme notre
nomination en g.néral.
Nous fommes affez tranquilles en Ice moment, malgré la
grande fermentation qui régnoit dans la partie du fud; la défaite
de M. de Mauduit a rompu les bras à tous nos ennemis ; la concorde commence àfe rétablir,& nous efpérons qu'elle continuera
à fe rétablir de plus en plus.
Nous avons Phonneur d'être avec les fentimens du plus fraternel attachement,
Meffieurs & chers compatriotes 2
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les membres de la municipalité des Coteaux.
Signi, QUENTIN DUFOND, maire ; & MILLIET, procureur
fyndic.
MM. les officiers municipaux du Port-au-Prince.
Petit-Goave 2 le 25 mars 1791.
Meffieurs & chers compatriotes 2
Nous avons reçu la lettre dont vous nous avez honorés, en
date du 24 de ce mois.
Nous fommes vraiment fenfibles aux peines que nous vous
donnons en vous chargeant de diverfès réclamations, foit au
nom de notre paroiffe , foit au nom de la municipalité; mais il
s'agitdu bien public,8cde démafquer les malintentionnés; dèslors
nous avons fuppofé que c'étoit vous faire plaifir que de vous
mettre à même d'opérer l'un & l'autre.
honorés, en
date du 24 de ce mois.
Nous fommes vraiment fenfibles aux peines que nous vous
donnons en vous chargeant de diverfès réclamations, foit au
nom de notre paroiffe , foit au nom de la municipalité; mais il
s'agitdu bien public,8cde démafquer les malintentionnés; dèslors
nous avons fuppofé que c'étoit vous faire plaifir que de vous
mettre à même d'opérer l'un & l'autre. --- Page 7 ---
La lettre cu Sieur Lorquet au direaeur du Portau-Prince juf
tifie la fage precaution de notre arrêté relativement à
Les paquers que nous réclamo 1S ne font point à l'adrcfiede larofic. la
municipalité. 2 mais de divers particuliers dénommés, dans rotre
arrêté. MM. Daubonneau & de Cullion avoient pris la
tion de les adreffer à des particuliers p'uror qu'à la
précauavoient
municipalité,
parce qu'ils
bien prévu que P'inquifition établie en cette
colonie par le pouvoir exécurif ne refpaEteroir pas les décrets de
l'Afemblée nationale fur le fecret de la pofte. Ona étéàcet égard
plus loin qu'ils ne pehfoient ; mais eft-il rien de facré loriqu'il
s'agit d'égarer les peuples, & cue l'intérêt perfonnel & l'ambition
ic commandent.
Nous voyons avec Lien de la peine que les mal.-intentionnés
cherchent à jeter des dourcs fur la réunion des citoyens duPortau-Prince & fur la tranquillité que vous nous annoncez régrer
en votre ville ; nous nous en rapportons à votre témoignage, &
nous livrons all mépris &à l'indignation publique. 2 ceux qui,
par des voies fourdes, cherchent encore à réveiller les anciennes
difcordes.
Nous avons lu avec horreur un paragraphe, imprimé dans le
journalg général de Saint-Domingue, concernant lel Port-au-Prince.
Nous fommes furpris que dans un moment oùt tous jurent
bliquement foumiffion aux décrets de l'Affemblée
trouve encore des
msantfe
monftres qui n'ofant parler ouvertement
prennent la voie de l'anonyme pour jeter les germes d'une divifion inteftine, fans laquelle, 9 fans doute, ils ne pourroient opérer
leurs projets défaftreux contre la colonie. Nous efpérons qu'un
jour viendra où les trames des méchants feront découvertes, , où
les vrais amis de la conftirution & de la mère-patrie paroitront
dans tout leur jour 2 & oà tous les complots des traitres & des
ennemis du bien public échoueront fans aucun efpoir de tromper
encore un peuple abufé trop long-temps. C'eft dans cettel heureufe
efpérance que nous nous facrifions fans crainte aul bonheurdenos
concitoyens, & que nous ne cefferons de les rappeleràlunion
, , où
les vrais amis de la conftirution & de la mère-patrie paroitront
dans tout leur jour 2 & oà tous les complots des traitres & des
ennemis du bien public échoueront fans aucun efpoir de tromper
encore un peuple abufé trop long-temps. C'eft dans cettel heureufe
efpérance que nous nous facrifions fans crainte aul bonheurdenos
concitoyens, & que nous ne cefferons de les rappeleràlunion --- Page 8 ---
des fentimens & des opinions qui feule peut ramener le calme
parfait dans cette belle contrée.
Nous fommes avec les fentimens les plus fraternels,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles 8xirèsobéiflants ferviteurs,
Signé,B BESSAIGNET,efcer municipal de fervice ; CANTELOUR,
fecrétaire greffier.
MM. les officiers muricipaux du Port-au-Prince.
Giand-Goave, 25 mars 1791.
Memieurs & chers compatriotei,
Nous fommes honorés de votre lettre du 24 ccurant, &
avons trouvé fous fon couvert, l'exemplaire & la fuite de la
correfpondance des diverfes municipalités e: erçant leurs
fonétions.
Ilne nous eft pas moins bien confolant 2 Meffeurs & cl ers
compatriores,de voirla pailible tranquilité dont jouitvotre ville,
en dépit des fauffes affertions que des méchanis feuls ont pu
répandre; nous vous affurons égelement de la nôrre.
Si quelque chofe cependant nous a étonnés, c'eft den ne
apprendre, par votre mémnelattre, 2 le retour de M.
AEEE
à reprendre les rênes de fon gouvernement, afn de confolider
l'état des chofesagtuelles; &x nous nousp splaifons àcroire qu'en peu
vous nous apprendrez cette agréable nouvelle, ne penfant pas
qu'ilpuiffe rejeter le défir que vous lui en avez témoigné.
Nous avons l'honneur d'être avec l'attachement le plus
fraternel,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & tresobéiffans ferviteurs 2
Les officiers municipaux.
Signi, E.N MARTEL, officier de fervice; RICORDEAU,
(ecrisaire-grefmer: MALESCOT, procureur de la commune.
MM. les officiers municipaux du Port-au-P.ince.
fant pas
qu'ilpuiffe rejeter le défir que vous lui en avez témoigné.
Nous avons l'honneur d'être avec l'attachement le plus
fraternel,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & tresobéiffans ferviteurs 2
Les officiers municipaux.
Signi, E.N MARTEL, officier de fervice; RICORDEAU,
(ecrisaire-grefmer: MALESCOT, procureur de la commune.
MM. les officiers municipaux du Port-au-P.ince. --- Page 9 ---
Aqin, lc 24 mars 1791.
Meflieurs & chers compatriotcs 2
Nous recevrons avec plaifir une expédition des dépèches qui
vous Ont été envoyées par plufieurs municipalités de la colonie
8c que vous nous promettez pour famedi prochain i l'importance
de vos occupations vous ayant empéché de nous l'adreffer par
le dernier courrier.
Notre joic eft d'autant plus douce d'apprendre que le calme
fubfifte au Port-au-Prince,
nous favons que c'eft le calme
de la confiance, & non pas RE calme de la crainte qu'infpiroit -
naguère le defpotifme le plus intolérable. Cct état de
eft
l'ouvrage de votre prudence, de votre amour pour le Nea
blic & de la bonne conduite des officiers &z des foldats de Ner
mandie &x d'Artois; c'eft donc entre vous & ces braves militaires
que notre reconnoiffance fe partage.
Nous fommes en garde contre les bruits que les ennemis de la
révolution pourroient répandre. Notre confiance eft dans VOS
lumières & dans votre patriotifme, & c'eft fur vous que nous
nous repofons pour apprendre tout ce qui peut intéreffer la
colonie.
Nous manquons d'expreffions pour vous rendre tout ce que
nous reffentons fur la mort de M.le commandeur de Villages,
commandant de la ftation; nos cocurs font ferrés, nos regrets
font fincères , nous les confondons avec les vôtres.
Hous avons l'honneur d'être avec un fraternel & inviolable
attzchement,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux.
Cigni, MAUPIN, maire $ MONNERONT, fubf, du proc. fyndic.
entons fur la mort de M.le commandeur de Villages,
commandant de la ftation; nos cocurs font ferrés, nos regrets
font fincères , nous les confondons avec les vôtres.
Hous avons l'honneur d'être avec un fraternel & inviolable
attzchement,
Meflieurs & chers compatriotes,
Vos très-humbles & trèsobéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux.
Cigni, MAUPIN, maire $ MONNERONT, fubf, du proc. fyndic. --- Page 10 ---
G
P.S. Un peu de précipitation, en vous annorçnt dimanche
au foir que notre affemblée de paroiffe a nommé fes députés
pour la nouvelle affemblée coloniale, eft caufe que nous avons
omis de vous marquer que cette nomination s'eft faite dans la
plus grand: tranquillité & avec toute la décence qu'exige le lieu.
MM. les officiers municipaux 2 au Port-au-Prince.
Cap-Tiburon, le 19 mars 1791.
Meffieurs & chers compatriotes,
Nous avons reçu par le même courrier VOS deux lettres des
1O & 13 du courant ; dans la première étoit votre fage
délibération, tendante à rappeler dans votre fein VOS concitoyens égarés; nous ne pouvons qu'rpplaudir rà votre générofité.
Dans la dernière, étoit un exemplaire de votre adreffe à
l'aflemblée nationale, de celle aut roi des françois & de celle
au commerce ; nous ne doutons point qu'ciles ne produifent le plus grand effet en faveur de la colonie. La vérité
e fera entendre ; & les complots des méchans feron: anéantis.
Puiffiez vous long-temps jouir de la tranquillité qui nous
avoit été ravie, & n'oubliez jamais qu'un feul homme avec
de l'autorité 1 quand vous l'en laifferez abufer, peut tout
replonger dans le chaos.
Nous prenons un trop vif intérêt à ce qui concerne nos frères
du Port-au-Prince, : pour ne pas defirer d'être inftruits de tout
ce qui peut s'y palfer. :
On nous parle d'un navire hollandois, parti d'Amfterdam,
relâché à Plimouth, & arrivé dans votre port, expédié direêtement pour Saint-Domingue. C'eft une énigme que vous réfoudrez par la vifite &c décharge que vous en avez ordonnées. (*2
Nous n'avons point encore perdu de vue le bâtiment qui
relâcha ici & dépofa aux Cayes les cent milliers de poudre
dont vous avez éntendu parler dans le tems.
[]La mnnicipalité duPort-au-Prince n'a pas ordonné le déchargement; ; elle s'eft bornée à
dénoncer auffitôt ce bâtiment à T'amirauté; qui a tait le néceflaire. Ce navire étoit expédié
Amiterdamn pour Curaçao, & venoit bénévolement en ce port.
iment qui
relâcha ici & dépofa aux Cayes les cent milliers de poudre
dont vous avez éntendu parler dans le tems.
[]La mnnicipalité duPort-au-Prince n'a pas ordonné le déchargement; ; elle s'eft bornée à
dénoncer auffitôt ce bâtiment à T'amirauté; qui a tait le néceflaire. Ce navire étoit expédié
Amiterdamn pour Curaçao, & venoit bénévolement en ce port. --- Page 11 ---
C'eft avec de la furveillance & de l'aétivité que nous parviens
drons à déjouer tous les projets de divifion & d'infurretion
l'on médite depuis long-tems pour la fubverfion de cette colonie, que
Nous avons Phonneur d'être fraternellement,
Meflieurs &c chers compatriotes,
Vos très-humbles & très
obéiffans, ferviteurs.,
Les officiers municipaux de Tiburon:
Signé , CREUSAC, maire 5 COUTURIER, oficier municipal;
GAUVRY, facrixaire-grefer
MM. les, maire & officiers municipaux du Port-au-Prince.
Caye-de-Jacmel,le 23 mars, 1791,,
Nous avons reçu l'envoi que vous nous avez fait de votre correfpondance avec M. le licurenant-général, & les diverfes lettres,
que les paroiffes vous ont adreffées.
La mort de M. le commandeur de Villages nous a vivement attriftés.
Vous recevrez, 2 Meffieurs 2 ci-joint copie de la réponfe dès
citoyens de notre paroiffe à l'adrefle du I2 de ce mois, de M.
leg général à tous les françois de Saint-Domingue. Nous défirons,
toutes les paroiffes des quartiers de l'oueft & du fud publient,
Ten leurs fentimens fur cette adreffe.
Ceft tle plus far moyen de faire connoitre au corps législatif
de la.nationle.vau, trop.long-temps mafqué de la colonie
tière,
en
oint copie de la réponfe dès
citoyens de notre paroiffe à l'adrefle du I2 de ce mois, de M.
leg général à tous les françois de Saint-Domingue. Nous défirons,
toutes les paroiffes des quartiers de l'oueft & du fud publient,
Ten leurs fentimens fur cette adreffe.
Ceft tle plus far moyen de faire connoitre au corps législatif
de la.nationle.vau, trop.long-temps mafqué de la colonie
tière,
en --- Page 12 ---
IQ
les
Phonneur. d'être avec . les fentimens
plus
Nous, avons
fraternels,
Meflieurs 9
Vos très-humbles &'
très-obéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux des Cayes-de-Jacmel.
Signé; CHOTARD ainé, maire.
important qu'on fût inftruit à
P.S. Nous de penfons létat qu'ilferoit aétuel de la colonie, & de la vérité, qui
la Martinique
d'y être altérée.
ne manquera pas
O frangois ! 6 patrie ! 6 vérité tardive !
Monfieur le lieutenant général,
Les citoyens de la paroiffe des Cayes-de-Jacmel ne votre rougiront projamais d'avoir fait T'éloge des principes de lannée qu'annonçoit dernière. Vous avez
clamation du douze novembre en leur répondant alors que cet éloge
fans doute pris le change
étoit Tout prématuré. éloge qui ne porte que fur des principes, ne peut font fondés jamais
fur-tout quand ces mêmes principes
être fur des prématuré, vérités d'évidence.
lieutenant
fe flattoient
Ces citoyens, Monfieur le conduite général, & particulière,
& devoient croire que votre alloit confommer pullique le bonheur de
d'accord avec VOS principes, dont le gouvernement vous eft
cette partie de l'empire françois,
confié par la nation. fatalité s'eft-elle trouvé généralement plus vexée
Par quelle T'adminiftration de M. Peinier, que vous appelez fage
que fous
ait coûté la vie à des citoyens, 2 & que
& modérée, quoiqu'elle
à la veille d'être égorgés.
lesrepréfentanso dela coloniefefolentyus:
entiérement
Une pareille adminiftration ne déroge-telle
tous
& de
qui
SRemtee
aux principes de douceur laffemblée prudence nationale, & particuliérement
jes actes émanés de
. Peinier, que vous appelez fage
que fous
ait coûté la vie à des citoyens, 2 & que
& modérée, quoiqu'elle
à la veille d'être égorgés.
lesrepréfentanso dela coloniefefolentyus:
entiérement
Une pareille adminiftration ne déroge-telle
tous
& de
qui
SRemtee
aux principes de douceur laffemblée prudence nationale, & particuliérement
jes actes émanés de --- Page 13 ---
'17
celui décrété pour la colonie, 2 le 29 novembre dernier; dont
la tardive publicité cft faite pour donner matière à bien
des réflexions.
si
C'eft après avoir pris connoiffance de votre
du
de ce mois, à tous les françois de Saint-Domingue; adreffe, ; c'eft
d'après la connoiflance exaéte dcs mouvemens fourds
fe
prariquoient dans plufieurs paroiffes des, provinces de
& du
les
ReUR
fud, que citoyens 2 à l'abri des perfécurions révolantes du pouvoir judiciaire, interpellent aujourd'hui ce fentiment
que refpirent toutes VOS proclamations. 2 ce patriotifme 7 démenti
mille fois par VOS agens, & par tout le pouvoir judiciaire
en général.
1ls nefe permettrontauicune réflexion, ni furle projer quevous
aviez formé d'empêcher l'arrivée de la fation au Port-auPrince,
ni fur les raifons dont vous avez appuyé cette étrange
caution.
préVotre déclaration, M. le lieutenant général, contre les
bataillons de Normandie & d'Artois 2 a excité dans notre affemblée un mouvement général de furprife, & après un infent de
réflexion tous les citoyens s'écrièrent à la fois, ce font des
rapports 2 cela n'efl pas pofFble... Les foutiens de la régèneraulon ne peuvent à ce point manquer de refpedt à Tafemblée
nationale ajouta une autre voix.
Vous devez être aujourd'hui fuffifamment convaincu
vous fûtes infignement trompé, Quant au reproche de
colade
F8e
ce qui étonna le plus T'affemblée, ce fut de le
voir inféré dans votre adreffe : ces citoyens ont penfé
la
fageffe & la difcrétion du gouvernement eût du Pen
c'cit été du moins la
SEE
politique de tout individu intércfié
à la tranquillité publique.
C'eft donc pour avoir voulu connoître la
ces bra:
ves bataillons
vérié,que
fe font vus expofés au rafinement cruel de la
plus atroce 'calomnie : il n'en falloit Pas tant pour les
entre lc crime de lèze-nation & la deftruéion durégime eintérieur perdres
de la colonie, dont on vouloit les rendre coupables, la cruzuté
de leurs calomniatcurs dévoit au moins les laifer choifir.
publique.
C'eft donc pour avoir voulu connoître la
ces bra:
ves bataillons
vérié,que
fe font vus expofés au rafinement cruel de la
plus atroce 'calomnie : il n'en falloit Pas tant pour les
entre lc crime de lèze-nation & la deftruéion durégime eintérieur perdres
de la colonie, dont on vouloit les rendre coupables, la cruzuté
de leurs calomniatcurs dévoit au moins les laifer choifir. --- Page 14 ---
Vous avez été. trompé, vous le ferez encore $ vouS vous
trompercz vous-mème : les officiers municipaux, ces magiftrats
en qui le peuple a mis fa confiance, font ics feuls qui puiffent
vous L'aflemblée en garantir. nationale a reconnu cette vérité par la confiance
& les pouvoirs qu'elle leur a accordés dans tout I'empire françois. La colonie ne peut fe régir par d'autres principes 5 Pancien
régime déjà profcrit par l'aflemblée provinciale du nord, dans
fon arrêté du 23 février dernier, doit l'être. également dans
toute la colonie : il ne doit point y avoir de variété dans l'adminiftration : ne fommésnous pas tous françois? & Fexécution de
des décrets nationaux ne porte-t-clle pas.fur toutes. les, partics
la colonie?
La paroille. de Jacmel a vu fous fes yeux, 8x en.place.publique, votre repréfentant autorifer, 9 ordonner lui-méme Faitrou- le
pement le plus illégal, le plus impolitique , confiquemment
plus féditieux ; On a vu donner ordre à cet attroupement, defe trois
porter dans la vilie avec vingt cartouches 3 au fignal de
coups de canon: le même ordre étoit fourdement préparé
la paroiffe des Cayes-deJacmel : l'autorité la plus legitime, ROTE
des. municipalités, eft méconnue 3 on leur cache T'ordre qui eft
donné; l'attroupement même ignore fa deftination : & c'eft à
reçoivent ordre de fe
cette époque que.pluficurs municipalités
diffoudre. M. le lieutenant r général , les gouvernemens defpotiques font
les feuls dont les projets font impénétrables au peuple, qui en
eft l'inftrument ou la viéime : L'aflemblée nationale pénétrée de
ces grandes vérités 2.a inftamment profcrit le fecret dans l'adminiftration publique.
divou-mine/@armupaer
Lesintentioas dapesplevouslavez
puressfoyez donc perfuadé geldendhemenair lieu, que
quand elles font defporiquement contrariées. Il eft des moyens
auxquels lc peuple françois ne réfifte point : la douceur, la franchife & la prudence : voilà les principes dont l'aflemblée. nationale & le roi vous font un devoir, en vous en. donnant l'exemple.
'adminiftration publique.
divou-mine/@armupaer
Lesintentioas dapesplevouslavez
puressfoyez donc perfuadé geldendhemenair lieu, que
quand elles font defporiquement contrariées. Il eft des moyens
auxquels lc peuple françois ne réfifte point : la douceur, la franchife & la prudence : voilà les principes dont l'aflemblée. nationale & le roi vous font un devoir, en vous en. donnant l'exemple. --- Page 15 ---
Quel fut notre étonnement 1 quand au fein de la tranquillité
la plus profonde, unis de coeur & d'opinions 3 & pleins de
refpeet pour les décrets nationaux, nous vimes afficher dans notre paroille l'injurieufe proclamation que les ennemis du bien
blic vous ont arrachée contre le quartier de Jacmel, qui FTURTE
foit alors de la même tranquillité que nous !
Des citoyens paifibles injuftement accufés, injuftement menacés de la force publique
. Nous en appclons M. le lieutenant général, au patriouifme dont vous vous dites pénétré $
font-celà les principes que l'affemblée nationale & le rOi recommandent fans celleà leurs repréfentans !
Vous fites trompé, c'eft le fort des gens en place, c'eft celui des princes, des rois, & c'eft ainfi que le malheur des peuples s'opère, s par ceux à qui O1 ne peut prouver la plus légère
intention.
La diverfité d'opinions qui afiligeoit la colonie ne dut jamais
être un fujet de trouble. La colonie entière ayant reconnu la fouveraineté de Paffemblée nationale 7 Temploj defpotique de la forpublique s la fédustion, & les menécs fourdes des mal-intenSES font une infulte à fa fagelle, une dérogation manifefte
à fes décrets, à fes principes 9 conféquemment un crime envers
la nation.
Il n'eft donc plus de puifance humaine qui puiffe arrêter
dans leur cours les hommages la colonie entière doit à la'
municipalité du Port-au-Prince. ES magiftrass 5 témoins forcés
d'une révolution que vous n'avez voulu reconnoitre que des
ont rempli, , au-delà de toutes efpérances, les
Eercies
rapports,
le gouvernement entier leur abandonnoit, fans doute 2
leur fageffe 9 & l'affurer fi les cioyens du
ELE
Rafour
Prince étoient capables de fe gouverner cux-mémes.
Quant aux facrifices affreux dont votre adreffe du 12 de ce
mois pourroit effrayer la colonie, vous devez aujourd'hui la connoitre aflez pour être convaincu que la force publique, dirigée fuivant ie principes de l'affemblée nationale, que les cofps
adminiftratifs & les municipalités en démontrant les projets
desmal-intenuionués, doivent fuffire pour garantir de toute at-
our
Prince étoient capables de fe gouverner cux-mémes.
Quant aux facrifices affreux dont votre adreffe du 12 de ce
mois pourroit effrayer la colonie, vous devez aujourd'hui la connoitre aflez pour être convaincu que la force publique, dirigée fuivant ie principes de l'affemblée nationale, que les cofps
adminiftratifs & les municipalités en démontrant les projets
desmal-intenuionués, doivent fuffire pour garantir de toute at- --- Page 16 ---
t4
teinte nos propriétés, que le corps législarif de France a déjà mis
fous la fauve-garde de la nation.
Envain les ennemis de l'état dont nous fommes envircan/s,
cherchent à interprêter. à d.c compofer les'dicrets de l'aflembice
nationalc. En-il un françois qui puife miccnnoitre fes inte ntions; & la' deftruétion entière de l'ancien régime dans tout T'empire françois, n'eft-ellc pas l'objet vers lequel fes décrets &la
force publique Ont été conftamment dirigés.
Voilà le voeu de tous les citoyens de la paroiffe dcs Cayes-deJacmelsc'efcelui dc la colonie centère; laréunion des efprits dans
toutes les parties de la colonie 2 doir VOUS cn denner la ccrtitude.
Puiffe enfin le génie tutélaire de la France introduire aul
vernement de Saint-Domingue le vrai parriotifine, & la ECRS
que tant d'individus Ont inté-êt de repouffer.
Le bonheur de la colonie.ne doit pas dépendre d'un mot 5 &
fi l'inccrtitude du gouvernement veut des exemples, 2 il en trouvera dans la fagetfe de l'affemblée nationale 9 dans la bonté du
roi, & dans les vertus patriotiques des troupes & gardes nationales de France.
Nous fommes avec refpest,
Monfieur lc licutenant général,
Vos très-humbles &
rrès-obdiflans fervitcurs,
Tous Ies citoyens. françois de la parciffe des
i
Cayes-de-Jacmel.
Signé, CHOTARD ainé 2 maire,
Du port Margor ce 22 mars 1791.
Meffieurs & chers compatriotes s
Nous aurions eude Finquiétude fur votre fituarion d'après Ics
calomnies débitées par le Sieur Gaterau, , fi votre lettre du
de ce mois ne nous affuroit que vous jouiffez de la paix la plus 17
profonde. Nous vous en félicitons & vous remercions bien fncérement de la connoiffance que vous nous donnez, tanr de
ainé 2 maire,
Du port Margor ce 22 mars 1791.
Meffieurs & chers compatriotes s
Nous aurions eude Finquiétude fur votre fituarion d'après Ics
calomnies débitées par le Sieur Gaterau, , fi votre lettre du
de ce mois ne nous affuroit que vous jouiffez de la paix la plus 17
profonde. Nous vous en félicitons & vous remercions bien fncérement de la connoiffance que vous nous donnez, tanr de --- Page 17 ---
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votre correfpondance avec M.le licutenant général au gouvernement &c avec l'affemblée de la province du nord qu'avcc les
roiffes de cette partie : VOS lettres nous ont fait d'autant plus Tac
plaifir, qu'étant dans VOS principes 2 fi nous n'allons d'un pas
égal avec vous, vous nous fervirez de guides. TAdar croyons
pouvoir être l'émule des autres paroifles en civifme, & tout ce
qui caradtérifera le patriotifme 2 nous en donnerons l'exemple.
Nous avons l'honneur d'être très fraternellement,
Meffieurs & chers compatriotes,
Vos très humbles &
très obéiffans ferviteurs 2
Les offiçiers municipaux.
Signe,DAVILANOUE,maire par EARÉiM;LALANNE NOVION,
oficier municipal; ; GELLIBERT, officier municipal ; DAGNEAU,
oficier municipal; BAUCÉ, procureur-fyndic ; & D'EMPAIRE,
fecritaire-grefher.
Port-à-Piment: 9 le 22 mars 1791,
Meffieurs & chers compatriotes 2
Nous avons reçu l'honneur de votre lettre qui accompagnoit
un exemplaire de VOS premiers travaux; nous ne pouvons qu'applaudir à votre zèle patriotique & à votre amour pour le bien
public.
Nos citoyens Ont appris avec le plus grand plaifir la paix
& la tranquillité étoient rétablies dans votre ville, & Re fervent
de notre organe pour vous prier d'en agréer leur fincère
compliment.
Nous avons l'honneur d'être avec des fentimens de fraternité. 2
Meffieurs & chers compatriotes 2
Vostrès humbles &
très obéiffans ferviteurs,
Les officiers municipaux du Port-à-Piment.
Signé, LAMARQUE 2 maire, --- Page 18 ---
x6
Au Terrier-Rouge 7 le 18 mars 1793
Meffieurs & chers compatriotes, 2
bien
votre dépèche du 6 courant, & depuis
Nous avons
reçu, de votre paroiffe du 5, laquelle éroit
T'extrait de la délibération VOS miffives des 10 & 13,8 les
reftée de l'arrière 5 pareillement à l'Affemblée nationale 2 au Roi &
adreffes de votre municipalité de France.
aux chambres du félicitons commerce du retour de la paix & de l'union qui
Nous vous
le 13 courant 2 parmi vous 2 &c vous en
paroiffoit fouhaitons régner, très fincèrement la continuation.
du plus fraterNous avons Phonneur d'être avec les fentimens
nel attachement 2
Meffieurs & chers compatriotes 2
Vos très humbles & très:
obéiffans ferviteurs.
Les mombres. du comité permanent du Terrier-Rouge:
LEGER DUVAL 7 préfdent ; PAULET, fecrécaires
Signé,
Meflieurs de la municipalité du, Port-au-Prince.
du Port-au-Prince.
MM. les offici ers muni cipaux
Anfe-à-veau, le 15 mars 1791
Meffieurs,
votre Iettre du 6 courant, T'exemplaire de la
Nous avons reçu du Port-au-Prinee, 5. mars 2 ainfi que
délibération paroifliale à liaffemblée nationale, au roi & aux
vOS différenses, adreffes
ires
Signé,
Meflieurs de la municipalité du, Port-au-Prince.
du Port-au-Prince.
MM. les offici ers muni cipaux
Anfe-à-veau, le 15 mars 1791
Meffieurs,
votre Iettre du 6 courant, T'exemplaire de la
Nous avons reçu du Port-au-Prinee, 5. mars 2 ainfi que
délibération paroifliale à liaffemblée nationale, au roi & aux
vOS différenses, adreffes --- Page 19 ---
chambres de commerce de France 2 & nous avons l'honneur de
vous en remercier.
Nous fommes avec les fentimens les plus parfaits,
Meflieurs,
Vos-très-humbles & trèsobdiffans ferviteurs,
Les membres du bureau de correfpondance de la paroiffe de
T'Anfe-à-veau.
Sign,NouUGUET fils; VI É jeune.
MM. les officiers municipaux du Port-au-Prince,
A la Chrojx-de-Bouquets, le 24 mars 1791;
Meflieurs & chers compatriotes,
Après avoir frémi de l'horrible fcène dont votre ville a été le
théàtre. 2 nous recevons avec fatisfaétion l'affurance que vous
nous donnez du retour de l'ordre & de la réunion de tous lcs
citoyens, réunion tentée plufiurs fois maisinfructueufement par
les paroifliens de la Croix-de-Bouquers.
Nous croyons qu'une nouvelle affemblée coloniale 7 quis'en
tiendra ftriStement aux décrets nationaux peut feule mettre fin
aux maux qui ont affligé la colonie; &c la paroiffe de la Croixdes-Bouquets ne tardera pasà s'occuper de la nomination de
fes députés; elle perfifte dans l'inflexibilité de fes principes 3 fon
attachement à la mère-patrie, fon adhéfion aux décrets de la
nation, & fon refpeét pour notre augufte monarque 2 voilà fa
profeffion de foi, & l'expofition des fcntimens qui ont toujours
dirigé fes démarches.
Nous avons l'honneur d'être avec un fraternel attachement ;
Meffieurs &c chers compatriotes,
Vos très-humbles &x trèsobéiffans fervitcurs.
Les citoyens de la paroiffe de la Croix-des-Bouquetes?
Signé, PROVEN N C H ER E préfident 5 PETIT DE
VILLER S,fecrétaire, --- Page 20 ---
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