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Fund
Jous CARTER BROWN LIBRARY --- Page 3 ---
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RPJCE --- Page 5 ---
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I
- - a --- Page 7 ---
92. 3.
SUIT E
DE 1 LA
CORRESPONDANCE
DE MONSIEUR
LE GOUVERNEUR GENÉRAL,
AU PORT-AU-PRINCE,
DE MIXPRIXERIE.DI MOZARD,
-
LA
79 O. --- Page 8 ---
N
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L ETTRE
DE MONSIEUR
LE GOUVERNEUR GÉNÉRAL
A UX HA BIT A N J
De LA PARTIE FRANÇOISE DE SAINT-DOMINGUZ
M ESSIE à U R S,
ILy: a bientôt une année jhabite cette Colonie, que vos
travaux rendent fi floriffante T fi précieufe aux intérêts de la
Métropole; il m'eût été difficile d'y féjourner long-temps fans
apprécier fon utilité, & fans reconnoitre combien elle renferme
d'Habitans recommandab'es &. éclairés. A peine arrivé, j'ai eu la
douleur de vous voir agités par les crifes d'une révolution 9 dont
la France a lieu de fe promettre de grands avantages, & dong
une jufte impatience vous fait defirer de recueillir les fruits.
Je pafferai rapidement fur les événemens qui fe font fuccédés
dans cette Colonie depuis un an 2 & ne rappellerai pas toutes les
fans reconnoitre combien elle renferme
d'Habitans recommandab'es &. éclairés. A peine arrivé, j'ai eu la
douleur de vous voir agités par les crifes d'une révolution 9 dont
la France a lieu de fe promettre de grands avantages, & dong
une jufte impatience vous fait defirer de recueillir les fruits.
Je pafferai rapidement fur les événemens qui fe font fuccédés
dans cette Colonie depuis un an 2 & ne rappellerai pas toutes les --- Page 10 ---
entreprifes, tous les aêtes par lelquels on a cherché à arrêter
lexercice de mes fonctions ; fi Javois à le faire, je mettrois
en oppofition les détours 2 les infinuations, les fauffes interprétations & les mefures adoptées trouver les moyens de me
compromettre, avec la franchife la loyauté de mes démarches,
la publicité de ma correlpondance le dépouillement & l'oubli
des formes, enfin Telpèce d'abandon Tai fait, en faveur de
lal paix, des prérogatives attribuées à R place que j'occupe, &c
fans doute cel rapprochement ne laifferoit pas T'avantage à ceux
qui ont cherché à m'embarraffer.
Tour ce qui s'eft paffé trouveroit peut-être fon excufe dans
Topinion où vous étiez que la Métropole ne s'occupoit point à
faire partager à la Colonie le bienfait de fa régénération; mais
cette opinion a dû changer la le@ture du Décret du
8 Mars. La joie" qu'il a infpiée RA manifeftée univerfellement. 2
elle a été vivement fentie & exprimée de la manière la plus
propre à faire juger des heureux effets qu'il devoit produire : en
effet, il n'eft plus permis de croire à l'infouciance de nos Frères
d'Europe, il n'eft plus permis d'accufer dignorance la Nation
entière fur les intérêts des Colonies, en lifant attentivement les
Infruétions décrétées par fon Affemblée le 28 Mars, , pour vous
tracer votre règle de conduite & la manière de lui faire parvenir.
VOS voeux; en un mot, il n'eft plus permis de douter des tendres
foins de SA MAJESTÉ pour vous quand la Letre qu'elle vous
a adreffée contient les exprefifions de fon amour & de fa follicitude pour votre bonheur. Quel eft celui de vous qui, en la
lifant, n'ait fenti fon coeur attendri & fon ame pénétré de la
reconnoiffance due aux bontés d'un Monarque qui fe 'montre
'le meilleur ami de fon Peuple 2
usri
5 -
Ceft cependant, entourés de ces preuves nombreufes de l'attachement de la Nation & de fon Chef augulte ; c'eft lorfque.
comblés de témoignages d'affection de nos Compatriotes" , ceft
lorfgue vous ne pouvez plus avoir d'inquiétude fur Ja confervation de VOs propriétés nobiliaires & immobiliaires & for le
maintien des diftinétions entre les diverfes caftes d'hommes qui
peuplent les Colonias; c'eft au moment ou la Nation entière vous
és de ces preuves nombreufes de l'attachement de la Nation & de fon Chef augulte ; c'eft lorfque.
comblés de témoignages d'affection de nos Compatriotes" , ceft
lorfgue vous ne pouvez plus avoir d'inquiétude fur Ja confervation de VOs propriétés nobiliaires & immobiliaires & for le
maintien des diftinétions entre les diverfes caftes d'hommes qui
peuplent les Colonias; c'eft au moment ou la Nation entière vous --- Page 11 ---
invite, par l'organe du Préfident st:s] de fon
le régine qui vous convient, & à former Affemblée, vos, à demandee
quand' elle prend en quelque forte Tengagement cahiers; c'eft enfin
convenances, que j'ai vu s'élever, au fein de l'Affemblée d'adopter. de vOS
être Repréfentans, arrêté , un efprit de création & de réforme qui ne veut vos
levain de difcorde par rien, dont &. il dans fera diverfes parties de la Colonie un
difficile d'arréter la fermentation.
nombre Déjà d'entre il s'établit des points de fciffion ; déjà un grand
de TAffemblée vous, MESSIEURS a retiré fes
qu'elle a manifeftés, déjà vous avez protefté contre les Dépurés
contre fes tentatives contre à fes vues à une fouveraineté legillative, principee
moins beaucoup d'autres s'emparer ont confirmé du pouvoir exécutifs & néantation, & leur excrcice fans réferve, fes pouvoirs fans limicontraires, Seul au milien de ce choc d'opinions & de
maintenir fes feul dans un pofte ifolé où la Nation m'a prétentions placé fi
fes Sujets, feul Décrets, appui de & la le liberté Roi pour entretenir la parmi pour
viduelle, mon Serment me lie à' Nation & de la S indieft
dont cette'
FENAE
fuprème partie intégrante, Jes aux Lois qu'elle aura décrétées, & au Colonie Chef
milieu du par trouble, ordres fort duquel de mes elles me feront manifeftées. Seul au
fentiment de ma confcience, principes, les de mes devoirs, fort du
tout ce que j'aurois defiré faire malgré conferver facrifices que jai faits &c
milieu de vous j'apprends fans pour
la tranquillité au
que je fitis accufé dans T'Affemblée indignation de vOs comme fans effroi
Repréfentans.
Je ne vous écris point,
je n'en ai pas befoin ; MrSSIEURS, ma conduite pour me jufbfier 5
ce font eux que vous devez in:
repofe (àr des faits,
pour. me plaindre de celle de vos rerroger; Reprofentans, ; je ne vous écris point
quelques-uns d'entr'eux.ne fauroit diminuer ma Tégarement de
elpoir dans les lumières de beaucoup d'autres; confiance & mon
que, dans plus calmes , plus pailibles déformais, ils je ne faurois douter
les bornes que la Nation a mifes à leurs ne fe renferment
pouvoirs ; je ne YOus
repofe (àr des faits,
pour. me plaindre de celle de vos rerroger; Reprofentans, ; je ne vous écris point
quelques-uns d'entr'eux.ne fauroit diminuer ma Tégarement de
elpoir dans les lumières de beaucoup d'autres; confiance & mon
que, dans plus calmes , plus pailibles déformais, ils je ne faurois douter
les bornes que la Nation a mifes à leurs ne fe renferment
pouvoirs ; je ne YOus --- Page 12 ---
donc
vous faire [6] connoitre votre propre voeu à cet
écris que vous pour rappeller à des fentimens d'union & de confiance égard, envers pour eux 2, pour vous conjurer 9 au nom du bonheur
public, au nom de votre propre fureté & de la tranquillité
domeftique, d'apporter l'accord le plus parfait dans Texécution
des plans d'une nouvelle Conftitution. Je vous écris enfin,
MESSIEURS, vous entretenir de vos intérêts, & pour
renouveller affirances de mon empreffement à contrivous
E
buer., autant que je le pourrai, à votre bonheur.
L'Affemblée nationale me charge, par l'Article XIV de fon
Décret du 28 Mars, de rendre public Timpreffion coloniale le réfultat exifde vos voeux pour la confirmation de Keembter conforme à fa
tante, ou la convocation d'une nouvelle, je me
difpofition en vous adrefTant ce réfultat.
Le terme prefcrit T'Article XIII du Décret du 28 Mars,
faire connoitre Po voeu des Paroiffes, cft expiré ; néanmoins
pour onze d'entr'elles ne m'ont point encore fait parvenir leurs Délibé- ni
rations, je ne & ne dois les attendre plus long-temps,
me permettre Ra préjuger les difpofitions.
Vingt-fope Paroifles. ont voté la confirmation de l'Affemblée, avec des modifications E"E des reftrictions plus ou moins
étendues.
Treie ont voté la convocation d'une Affemnblée actuellement nouvelle ; en forte que fot continuation de de TAffemblée voix contre 48.
exiftante, eft délibérée à la majorité 90
Je ne dois point me borner à vous mettre fous les yeux ce
réfultat , je ne puis vous laiffer ignorer des faits dont Ja preuve
exifte dans mes mains, puiiquils vous intéreflent tous.
Le voeu des P 13 Paroiffes qui ont voté la convocation d'une celle
nouvelle Affemblée n'eft proprement fondé que fur ce que
4 4
TAffemblée voix contre 48.
exiftante, eft délibérée à la majorité 90
Je ne dois point me borner à vous mettre fous les yeux ce
réfultat , je ne puis vous laiffer ignorer des faits dont Ja preuve
exifte dans mes mains, puiiquils vous intéreflent tous.
Le voeu des P 13 Paroiffes qui ont voté la convocation d'une celle
nouvelle Affemblée n'eft proprement fondé que fur ce que
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auellement exiftante ne s'eft point conformée aux Décrets des
8 & 28 Mars. Dans les 27. qui ont voté fa continuation 1 lui
font. lobligation expreffe de fe conformer à ces Décrets, & 7 20
ont voté fa continuation purement & fimplement, & fans reftriction.
Je ne chercherai point à connoître, MESSIEURS, comment
quand vos intérêts ne font qu'un, quand ils font
les mêmes
effentiellement
par-tout des 9 vous avez pu avoir, far un point de cette
importance voeux fi diamétralement oppolés. La liberté
d'opinion dun que je relpeôte m'empéchera de rechercher les caufes
difparat auffi frappant.
Mais dans ce conflit il faut je trouve ma règle de conduite, elle fe trace naturellement : mon coeur elle fe trace avec
bien plus de force encore, loriqu'elle me paroit être le voeu d'un
très-grand nombre d'entre vous 2 elle fe marque enfin d'une
manière invariable, lorfque je lis que SA MAJESTÉ, en fanctionnant le Décret bienfaifant du 8 Mars, mande 6 ordonne à fès
Gouverneurs de l'obferver 6 exécuter.
En effet, MESSIEURS, pourriez-vous avoir une autre intention ? Attachés à la Mère -Patrie par des liens facrés, il n'eft
jamais entré dans mon elprit que vous voulufliez les rompre,
non-feulement parce que rien ne pouvoit vous indemnifer d'un
le pareil Souverain' facrifice, mais parceque la reconnoiffance & l'amour pour
fentimens. furvivent, , dans des coeurs François, à tous les autres
Soyez vous mêmes Juges de ma pofition ? Pouvois -je
autrement que jene Faif fait? Puis-je changer de principes? N'aurois- agir
à répondre devant la Nation & devant vons fi je donnois
E mains à des innovations qu'elle n'a point autorifées ? Ne feroispoint coupable à fes yeux & aux vôtres fi je m'écartois de la
ligne qu'elle a tracée à mes pouvoirs ? Vos Repréfentans euxmêmes ne le deviendroient-ils pas s'ils iafiftoient iur des
des à T'égard defquelles la Nation n'a pas prononcé 3 & deman- queje
ir
à répondre devant la Nation & devant vons fi je donnois
E mains à des innovations qu'elle n'a point autorifées ? Ne feroispoint coupable à fes yeux & aux vôtres fi je m'écartois de la
ligne qu'elle a tracée à mes pouvoirs ? Vos Repréfentans euxmêmes ne le deviendroient-ils pas s'ils iafiftoient iur des
des à T'égard defquelles la Nation n'a pas prononcé 3 & deman- queje --- Page 14 ---
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ne puis faire exécuter fans fon aflentiment &
commandement de fon Chef fuprême ? N'auroient-ils point Texprès à fe
les fiites d'une volonté irréfléchie,, quand ils peuvent tout reprocheir éviter
en différant trois à quatre mois, , & en adreffant leurs plans &
leurs projets de Conftitution & d'Adminiftration à la' Nation
affemblée, prête à les accueillir,
Je vous le dis donc 9 MESSIFURS, autant VOS Repréfentans me trouveront empreffé à fairé exécuter tout ce que le
Corps légiflarif national a cru pouvoir faire adopter avec avantage réfiftance dans ce moment pour la Colonie > autant j'eppoferai de
fanétion & de fermeté contre tout ce qui n'aura pas reçu, la
légale de : ceft inuti lement que lon chercheroir à me faire
d'autant changer réfolution 2 elle a toujours été; elle ef aujourd'hui
plus affermie > que ceft le voeu d'une grande partie d'entre
vous.
Celfez donc 2. M ESSIEURS de donner le funefte:
exemple de la divifion 2 gémiffez avec moi fir les effets
dangereux de la difcorde, redoutez les défordres qui en
être la fuite; réuniffez-vous, jinvite ceux d'entre vous qui peuvent avez
rappellé vos Députés à en nommer d'autres ou à donner de
nouveaux pouvoirs à ceux qui avoient dabord métité votre choix,
n'arrêtez pas, 3 par des méfintelligences fatales, la rédaétion du
plan de Conflitution & d'Adminifiration que vous
à opèrer votre félicité. Devenu le dépofitaire de croyez LA VOLONTÉ propre
PUBLIQUE, je ne fouffrirai point qu'elle foit forcée, & quil foit
porté atteinte à fon exécut.on, 2 j'en foufcris l'engagement le plus
formel. Je feconderai la rédaction de tous les projets, rien ne
-
fera refufé, ma's aufi rien ne fera exécuté en
aux
Décrets de la Nation; ; je vous dénoncerai fans ménagement oppofition toutes
les du entreprifes fourdes qui pourroient être faites par les ennemis
repos public : je me tiendrai en garde contre les trames qui
ont pour objet de divifer les moyens qui conftituent le pouvoir
exécutif. Hé ! Ce pouvoir, MESIEURS, eft-il inflitué autre
chofe que pour affiarer le maintien des Lois ? Ceft-à-dire, pour votre
fureté individuelle & celle de vos propriétés mobiliaires & immobiliaires. La volonté générale eft la" Loi; faire plier toutes los
faites par les ennemis
repos public : je me tiendrai en garde contre les trames qui
ont pour objet de divifer les moyens qui conftituent le pouvoir
exécutif. Hé ! Ce pouvoir, MESIEURS, eft-il inflitué autre
chofe que pour affiarer le maintien des Lois ? Ceft-à-dire, pour votre
fureté individuelle & celle de vos propriétés mobiliaires & immobiliaires. La volonté générale eft la" Loi; faire plier toutes los --- Page 15 --- volontés fera particulières fous Tempire 9 de cette Loi, tel a été & tel
toujours, en mes mains, Tobjet de T'exercice de ce, pouvoir,
Je rends aflez de juftice à VOS Repréfentans
de
leur fageffe que leurs Délibérations porteront à T'avenir pour elpérer
tère de circonfpettion & de maturité quexgent les un caracque vous leur avez confiés, je ne les blâmerai grands intérêts
condite, peut-être le caradère dont je fais revêtir jamais d'épier ma
leurs Tribunal égards de 2 peut-être pourrols-je ne me croire comptable mériteroit-il
la Nation : mais fans me dépouiller des qu'au
que je tiens de fon Chef fuprême, jaimeraia trouver ponvoirs
au milieu de vous ; ma conduite fera franche, & vous mes Juges
drez mes amis. Je vous avertirai des écarts de vos deviens'ils avoient lieu, je vous préviendrai des mefures Repréfenrans,
en ulage pour les réprimer je maintiendrai,
je des mettrai
que lar Nation a
Lois
mR2.Sa
avec des tranfports décrétées, de & Vous auxquelles vous VoUS êtes foumis
fes Décrets, fi la malveillance joie.' béniriez encore imanimement
défavorablement, f elle n'avoit voulu n'aspir diminuer cherché le à les interprêter
leur devez, pour le diriger fur des ates bien moins refped que vous à
remplir votre attente.
propres
Telle eft a MESSIEURS; la profeffion de foi
les vous ai déjà faite & que je vous renouvelie 9 tels que font je
volontés, engagemens dont que i dépofe en vos mains en échange de vOS
dans cettre Lettre Texpreflion comme dans repofe dans les miennes: vous Jirez
mon ame. Je vous y exprime
defatachement, le parceque vous me l'avez infpiré 5 du
parceque de la je dois à 'vos intérêts , à ceux de Ja Nation désouement, entière;
d'un Militaire loyauté & de la fermeté, parceque ceft le caraétère
& qui a couru une longue carrière d'honneur propre & de
gloire, au bonheur duquel il ne manque que de
paix & lunion f néceffaires" à la méditation des Lois, ramener qui, la --- Page 16 ---
06-58
[ro
en confervant vos
avec L Métropole, doivent affurer
à amais la fplendeur riPenu cette belle portion de TEmpire François.
J'ai lhonneur d'être avec l'attachement le plus vrai,
M E S SIE U S
Votre très-humble & trèsobéiflfant ferviteur, a
Signé, le Comte DE PEINIER:
Au Port-an-Prince ; le 13 Juillet 1790:
F I 1 N. - --- Page 17 --- --- Page 18 --- --- Page 19 --- --- Page 20 ---
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