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72.
4.
S U I T E
DE LA
CORRESPONDANCE
DE
MONSIEUR
LE GOUVERNEUR GÉNÉRAL:
AUPORT-AUPPRINCE,
DE L'IMPE R IMERIE DE.MOZARI D. 1790; --- Page 4 ---
: --- Page 5 ---
C
C à PI
E
DE la Lettre écrite par M. le Préfident du Comité de
TOuef, à M, le Comte de Peinier.
Port-au-Prince, le 8 Juillet 1790. EIC
MONSIEUR LE COMTE,
N
LAsesstér générale, par fon Décret du
-
de ce mois, dont nous avons Phonneur de premier vous
envoyer une copie, a décidé, 2 que tous les ans, le
quatorze Juillet, les Troupes de la Colonie prêteroient
ferment de fidélité à la'Nation, àl la partie Françoife de
Saint-Domingue, à la Loi & alt. Roi. Nous vous
avons député deux de nost Membres pour arrêter
avec vous les difpofitions préparatoires de la cérémonie. Vous avez defiré, Monfieur le Comte, que
la demande, au lieu de vous être faite verbalement,
le fit par écrit.
T
Nous avons donc Phonneur de vous annoncer
qu'il eft urgent que nous prenions avec vous les
mefuures néceffaires, pour que la cérémonie ait
lieu le quatorze Juillet, & nous vous prions de
nous faire part de VOS intentions.
Nous croyons que ce ferment prêté avec tout
le cérémonial qu'exige la circonftance, ne contri- --- Page 6 ---
buera pas peu à ramener la tranquillité, 2 & à
appaifer P'erfervelcence qui règne depuis quelque
temps, & dont nous ne pouvons précifément déterminer la caufe. Il impofera filence aux Gens malintentionnés 2 qui, par des bruits répandus à deflein,
ne cherchent qu'à propager l'efprit de difcorde dont
ils fe nourriflent,
Nous avons l'honneur d'être avec refpeêt,
MONSIEUR LE COMTE;
Vos très-humbles &c trèsobéiffans ferviteurs,
Les Membres du' Comité de l'Oueft.
Signés CROISIER, Préfident,& VIDIE,
Secrétaire.
Pour copie conforme a Loriginal, 2
Signé, le Çomte DE PEINIER. --- Page 7 ---
STe
EXTRAIT des procès verbaux des feances de PAlemblée
générale de la partie Françoife de Saint-Domingue 3
dépofes aux Archives de PAllemblée provinciale de
POuef.
Séance du premier Juillet mil Jepe cent quatre-vingtdix, huit heures du matin.
LAsosmter décrète que toutes les Troupes de
ligne, en garnifon dans la partie Françoife de
Saint-Domingue, prêteront, tous les ans, le quatorze Juillet, ferment de fidélite à la Nation, a la
partie Françoife de Saint-Domingue > à la Loi &
aut Roi, en préfence dcs Officiers municipaux, 8x
qu'il fera chanté un Te Dewh,, le même Jour, en
mémoire de Théureufe révolution qui a rétabli la
Nation Françoife dans fes droits, & ce, à l'exemple
de ce qui a été prefcrit par l'Affemblée nationale,
pour les Troupes de ligne en France.
Collationné conforme à Loriginal,
Signé, CROISIER, Préfident, & VIDHE, Secrétaire.
Pour copie conforme,
Signé, le Comte DE PEINIER.
8x
qu'il fera chanté un Te Dewh,, le même Jour, en
mémoire de Théureufe révolution qui a rétabli la
Nation Françoife dans fes droits, & ce, à l'exemple
de ce qui a été prefcrit par l'Affemblée nationale,
pour les Troupes de ligne en France.
Collationné conforme à Loriginal,
Signé, CROISIER, Préfident, & VIDHE, Secrétaire.
Pour copie conforme,
Signé, le Comte DE PEINIER. --- Page 8 ---
LETTRE de M. le Général à MM. du Comité
de POueft.
Au Por-an-Prince,le 9 Juillet 1790.
Jar reçu hier au foir, Meffieurs, avec la lettre
que vous m'avez fait Phonneur de m'écrire, copie
dun extait de la féance de P'Aflemblée générale,
en date du premier Juillet..
J'ai déjà obfervé à deux Députés du Comité de
TOueft, & je vous obferve ici, qu'il ne doit point
y avoir d'intermédiaire entre le Repréfentant du
Roi dans la Colonie & T'Affemblée coloniale.
Cette Affemblée n'a pu méconnoitre Tefprit de
l'article III des Inftructions du, 28 Mars ; elle fait
qu'elle n'a pas dans ce moment le droit de mettre
fes Décrets à exécution 2 elle a bien moins encore
celui de faire des Lois, &c fon Arrêté du premier
de ce mois a tout le caraétère d'une Loi nouvelle.
* Si PAffemblée nationale avoit décrété définitivement le renouvellement de la preftation de ferment 2
à l'époque du 14 Juillet, ce Décret fandionné par
le Roi, m'auroit, fans doute, été adreffé avec
ceux que j'ai reçus : attendez, Meffieurs, que cet
ordre me parvienne, & je ne différerai pas un
inftant à faire renouveller le ferment dè fidélité à
la Nation, à la Loi & au Roi, que tout bon
oit décrété définitivement le renouvellement de la preftation de ferment 2
à l'époque du 14 Juillet, ce Décret fandionné par
le Roi, m'auroit, fans doute, été adreffé avec
ceux que j'ai reçus : attendez, Meffieurs, que cet
ordre me parvienne, & je ne différerai pas un
inftant à faire renouveller le ferment dè fidélité à
la Nation, à la Loi & au Roi, que tout bon --- Page 9 ---
François profère à chaque inftant du jour, mais
il ne fera fait ici aucune addition au ferment décrété
par la Nation Françoife & fanétionné par le Roi,
qu'en vertu des ordres qui me feroient adreflés.
Vous ne pouvez, dites-vous, Meffieurs déterminer précifément la: caufe de l'effervefcence qui règne
dans cette ville depuis quelque temps;c'eft jelavoleg
un grand malheur, mais qui ne peut être attribué en
rien aux Troupes, dont perfonne n'ignore que la
difcipline eft maintenue avec la plus grande exactitude. Au refte, il eft un moyen de la fairé ceffer,
& je l'airemis. entre VOS mains, en vous adreflant 3
il y a plus d'àn mois, 2 les Lettres patentes du Roi,
iur les Décrets de P'Afemblée nationale, relatifs à
la formation & àla conftitution des Municipalités.
Établiflez ici ces Municipalités, non pas contormément à P'Arrêté de PAffemblée coloniale du 20 Mai
fur cet objet, mais d'après les principes qui ont
fervi de bafe à l'établiffement des Municipalités en
France. Je vous ai envoyé les Décrets de lAffemblée nationale, afin que vous puiffiez en donner
connoiffance aul Public dans VOS Aflemblées, & je
ne doute pas que les bons Citoyens qui vous entourent, n'ayent été pénétrés des vérités renfermées
dans le dernier paragraphe, ? page 15 de la collection des Lettres patentes que je vous ai fait parvenir.
On diroit en vain qu je me fuis refufé à promulguer les Décrets fur les Municipalités ; je vous
les ai adreffés, je les ai également fait parvenir à
l'Affemblée générale & aux Affembiées provinciales
du Nord & du Sud, vous favez qu'il m'eft ordonné
ourent, n'ayent été pénétrés des vérités renfermées
dans le dernier paragraphe, ? page 15 de la collection des Lettres patentes que je vous ai fait parvenir.
On diroit en vain qu je me fuis refufé à promulguer les Décrets fur les Municipalités ; je vous
les ai adreffés, je les ai également fait parvenir à
l'Affemblée générale & aux Affembiées provinciales
du Nord & du Sud, vous favez qu'il m'eft ordonné --- Page 10 ---
rooR
90-33
HAVRONT medig
et 1554
E790
8:
de les faire obferver &c exécuter à
P3775
refponfable, Vous,
3 peine d'en être
les
n'y avez pas vu, fans doute,
que
Officiers municipaux, en Europe, foient
inveftis du pouvoir exécutif, qu'ils donnaffent
mot d'ordre, que les Capitaines de port foient fous le
l'autorité de ces mêmes Officiers, , qu'on leur ait
attribué le - régime des Gens de mer qui eft réfervé
à la connoiflance de PAdminiftration, enfin
les
fondtions des Officiers d'Amirauté qui
à la fois le
fadietont
Commerce étranger & le Commerce
national, ayent ceffé d'appartenir à ces Tribunaux.
Hâtez-vous donc, Meffieurs, d'éclairer lei
invitez-le à établir les Municipalités, telles Public,
le font en France, avec autant d'inftance qu'elles
mets à l'en fupplier par votre organe: dites-lui que j'en
la prudence & la modération dont j'ai fait
que
dans ces derniers
preuve,
garant de la bonté temps de 2- fur-tout, lui font un sûr
inaltérable
mon coeur & der mon defir
pour le retour de la paix ; dites à tous,
Meflieurs, que fi mon extrême Vigilance ne peut
prévenir le défordre, les mefures & les précautions que je ne cefferai de prendre 2 en
les dangereux effets.
empécheront
n
Fail'honneir d'être avec un très-fincère attachement, Meflieurs, votre très-humble & très-obéiffant fetviteur lignè, le Comte DE PEINIER.
Pour copie conforme à Poriginal.
Signé, le Comte DE PEINIER,
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