Original Document (French)
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SONTHONAX,
REPRÉSENTANT DU PEUPLE,
A SES COLLÈGUES
DU CORPS LÉGISLATIF.
Paris, le 22 prairial.
Oxat fait distribuer hier au corps législatif un pamphleta ayant pour titre le cri de douleur des Colons,
ou leurs doléances au corps législatif et au directoire erécutif, dans lequel un anonyme se livre
contremoi à des personnalités d'autant plus étranges,
j'ai soutenu à la tribune du corps législatif, et
3:/. ma correspondancé avec de gouvernement. , la
cause sacrée du malheur, dont il a pris si-z mal-adroitement la défense dans sa brochure.
Est-il donc dans ma destinée de ne rencontrer la
diffamation que la oi j'employe avec le' plus d'ardeur les faiblcs moyens que je tiens de la nature 2
à secourir les infortunés ? Si dans ma carrière politiquej'avais conipié sur la reconnaissance deshommes. 2
aucun être n'edt été plus déçu dans 'ses espérances ;
mais c'est une autre récompense que j'umbitiennais 2
etiln'est pas aup pouvoir. de mes entemisdemelaravir.
J'ai blessé les colons 2 Je le sais, j'ai brisé dans
leurs mains le fouet sanglant de Pesclavage,, ct bien
loin de m' en repentir 2 ainsi que le suppose insolemment Fauteur dela brochure,je m honore etje m' ho-
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norcrai à jamais d'avoir osé le premicr proclamé les
droits de Phomme dans le nouveau monde, Agent
d'ungonverHenent qui déclara la' guerre aux oppresseurs 2 j'ai da défendre les opprimés 5 mon cceur et
mcs devoirs m'en imposaient la -loi. Que d'autres se
repentent s'ils le peuvent, > un semblable sentiment,
n'est pas fait pour moi 2 il nc convient qu'à ceux
dont les préjugés ont égaré la raison. Dans les combats à outrance qu'ils m'ont livré, je suis resté vainqueur à la vérité, mais Phimanité m'ordonnait de
guérir les blessures'et d'essuyer les larmes des vaineus.Jel'ai fait , ctjene m'en repentirai pas plus que
d'avoir proclamé la liberté dcs noirs:
Quoiqu'il en soit, inébranlable dans mon systême
de conduite, je persiste dans l'opinion que j'ai développée à la tribune des 500 le 12 germinaldern.,
sur le sort des colons restés fidéles àla république.
Quand Fintérêt de Phumanité commande des révolutions 9 quand dcs milliers d'opprimés les reclament impérieusement, il'n'y a pas a balancer; mais
au milicu des tempétes et dès bouleversemens, il
doit cxister une sagesse conservatrice qui impose un
frein aux passions basses,qui les maîtrise 2 qui les
enchaine ct qui nc laisse un libre essor qu'aux pas-,
sions grandes,, sublimes et généreuses. Dès que ce
but est atteint, le méme sentiment qui faisait unde-.
voir au philantrope dc renverserumisriténe oppressif,
parce que dcs malheureux souffraient, lui ordonne
devenir au secours de ceux que les orages ont froissés,
de faire oublier par des bienfaits 5 par des actes de
justicc les calamitespasagéresqu'ila'a pu'd empécher.
Signé So N TH O N. A. A
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