--- Page 1 ---
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ssueane
TISSOTS prolesveuar
Corikesas Rerranc, :
9 etc.
au Colicpe royal K
E
M
L. LIVRAISON
TOMEIY
CHARTE
PARIS,
NNERVE- FRANGANSE,
U DE LA
n 18
PIT ei
CCarehur Bani)s
R
phisise.derte Minerve frengatte
SOURAXA
J KAN-P8Fi0e 030:5
Janyier 18105
925250 55290 --- Page 2 ---
1 2 S
CA
N
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CAAR --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 ---
Incendie dalap.
Minbrgninsl doNigres. Mavacre dar Blanca). --- Page 9 ---
SAINT-DOMINGUE,
OU
HISTOIRE
DE SES RÉVOLUTIONS;
CONTENANT
Le recit effroyable des divisions, des
troubles, des ravages, des meurtres,
des incendies, des dévastations et des
massacres qui eurent lieu dans cette
ile, depuis 1789 jusqu'a la perte de la
solonie.
A PARIS,
Chez TIGER, IMPRIMEUR - LIBRAIRE 2
rue du Petit-Pont St-Jacques, n. IO.
Au Pilier littéraire. --- Page 10 ---
PARIS DE L'IMPRIMERIE DE TIGER. --- Page 11 ---
MAWWWWwwwwAmawnwwww
PRÉFACI E.
N,
OUS croyons indispensable, avant que
de donner un précis exact des révolutions
de Saint-Domingue, de faire connaitre cette
ile sous plusieurs points de vuc differens;
sa découverte, sa topographic, et son histoire.
C'est. à Cristophe Colomb qu'on estrédevablc de sa découverte ; il l'aperçut pour
la première fois en 1492. Elle était habitée
par une nation dontla douceur des moeurs
rejetait cette énergie, pour ne pas dire ferocité, et cette activité si naturelle aux
peuples du nord. Saint-f Domingue élait
partagé en cinq etats indépendanis, dont
chacun était gouvernéparun cacique: ces
cing caciquesavaient des autres subordonnés qui les suppléaient dansleurs fonctions.
Une partie de l'ile s'appelait Haiti; elle fut
uommée par Colomb; Hispaniola, of
A 2 --- Page 12 ---
(4)
petite Espagne. La dénomination de
Domingue lui fut donnée
Saintdu nom de sa
par les Français,
capitale.
Des aventuriers français,
mands, etc., aussi
anglais, alleaudacieux
des, connus sous le nom de
qu'intrépide Boucaniers,
Flibustiers et
la population furentlep premier noyau de
française à
L'ile Saint-Doringue Saint-Doraingae.
77e degré de
s'étend du 71* ati
de latitude. Sa longitude, et du 18 au 20°
longucur est, du levant au
couchant, de 160 lieues, sa
ne de 50; son circuit de largeur moyenen faisant le tour des
560, et de 600
anses. Elle était
tagée entre les Français et les
parmnais ceux-ci
Espagnols;
étendue
possèdent la portion la plus
; négligeant les cultures, leur
principale richesse est dans de nombreux
troupeaux, dont ils font un commerce
très-lucatif ayec leurs voisins.
La) partie française élait divisée
en trois
provinces; ; celles du nord, del'ouest, et du
sud. La rivière du Massacre
nord de l'ile, les possessions des séparait, au
deuxpuis-
ais et les
parmnais ceux-ci
Espagnols;
étendue
possèdent la portion la plus
; négligeant les cultures, leur
principale richesse est dans de nombreux
troupeaux, dont ils font un commerce
très-lucatif ayec leurs voisins.
La) partie française élait divisée
en trois
provinces; ; celles du nord, del'ouest, et du
sud. La rivière du Massacre
nord de l'ile, les possessions des séparait, au
deuxpuis- --- Page 13 ---
(5)
sances. Entre cetterivière etla ville du Cap,
sont les quartiers et villes ou bourgs d'Onanamynthe, du fort Dauphin, de Limonade, du Trou, du Morin, de la plaine du
Nord, de la Grande-Rivière, de la Souffrière, 9 du Dondou, de la Petite-Anse,et
de la Marmelade. *
Entre le Cap et la ville de Port-de-Paix,
séparée de l'ile de ia Tortue par un canal,
on voit les quartiers de l'Acul, du PortMargot, du Limbé, de Sainte-Anne, du
Borgne 7 de Plaisance s et du GrosMorne.
Sur le rivage septentrional, on distingue
la baie de Moustique, la pointe et le quar.
tier de Jean Rabel, le môle Saint-Nicolas,
et la colonie allemande de Bombarde; ; au
sud-est du môle sont la baie et les quartiers des Gonaives, de P'Artibonite, de
Saint-Marc, des Vases, de Montlouis,
de P'Archaie, de Boucassin, 2 du Portau-Prince, du Cul-de-sac de la Croixdes-Bouquets 9 des grands Bois, des Verettes, du Mirebalais, du Tapion, de Ja
Petite-Rivière et du Petit-Fond.
A3 --- Page 14 ---
( 6)
Le Port-au-Prince (1) est situé au fond
d'un golfe. Sur la côte sont les quartiers
de Léogane, du grand et
du Lamentin,
des
petit Goave, deNipes, dc Miragosne,
Baradaires, des Caimites ct de la GrandeAnse dont lc chef-lieu était Jérémie.
La province du sud comprend lles quardes
tiers de - Tiburon, de l'ansedes Anglais,
côteaux, du Port-à-Piment, du Port-Salut,
d'Abacou, de Torbec, des
de la pointe
de SaintCayes, du Fond, de Cavaillon,
Louis, de Benet, d'Acquin, de Jacquemel,
du Sale-Trou et des anses à Pitre.
La population de la partie française de
Saint-Domingue se montait, en 1789, à 450
et quelques mille noirs, et 60,000 blancs,
compris les femmes et les enfans. Indéy
des populations blanche et
pendamment
noire, il en existait une troisième composée
de tous les nègres, mulâtres, ou quarterons
Le Port-an-Prince était autrefois la capi-
(1)
la
et le siége du
talc dc toutc
partie française,
gouvernement.
de la partie française de
Saint-Domingue se montait, en 1789, à 450
et quelques mille noirs, et 60,000 blancs,
compris les femmes et les enfans. Indéy
des populations blanche et
pendamment
noire, il en existait une troisième composée
de tous les nègres, mulâtres, ou quarterons
Le Port-an-Prince était autrefois la capi-
(1)
la
et le siége du
talc dc toutc
partie française,
gouvernement. --- Page 15 ---
(7)
libres, formant alors une classe intermediaire désighée sous le nom d'hommes de
couleur.
Saint-Domingue était alors administré
par un gouverneurgenéral letun intendant,
nommés par le roi, et dépositaires de son
autorité. Outre ces deux officiers ou magistrats supérieurs, qui avaient sous eux un
grand uombre de subalternes 2 qui les représentaient dans les villes et dans les communes, il existait encore un contrôleur
de la marine, spécialement chargé de la
surveillance del'emploi des deniers du fisc,
et dont le consentement et la signature
étaient indispensables pour toutes les dépenses au compte de l'État. Il y avait en
outre une représentation coloniale, qui
était appelée auprès des chefs du gouvernement, toutes les fois qu'ils'agissait d'asseoir
et de répartir l'impôt, et des tribunaux
pour administrer la justice.
Nous n'examinerons pointici si les pouvoirs administratifs et judiciaires, sans se
froisser alternativement, agissaient dans
A 4 --- Page 16 ---
(8)
une parfaite harmonie, et si la somme des
abus ne l'emportait pas sur celle du bien.
La tâche que nous nous sommes imposée,
est celle de retracerles faits d'une révolution dontle résultat, pour la France, a été
la perte d'unc colonie dont elle retirait les
plus grands avantages. --- Page 17 ---
wwmmwwwmmmmwmwammamwmwmn
SOMMAIRE,
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PRÉFACE. - Description de l'ile de Saint-Domingue. - Premiers troubles du Cap. - Divisions intestines. Insurrections des mulàtres.-
Supplice d'Ogé. - Arrivée d'une station française au Port-au-Prince. - Assassinat de M. le
chevalier de Mauduit.
M. Blanchelande nommé gouverneur général de Saint-Dowingue.
Assemblée coloniale. - - Révolte des esclaves. -
Divisions entre le gouyernement et lassemblée
coloniale. - Troubles au Port-au-Prince. -
Incendie de cette ville. - - Attentats eominis
les hommes de couleur. - Campagne du Limbé par
et de I'Acul. - Mort du chef nègre Boukman. - - Arrivée au Cap de MM. de Mirbeck,
Roume et Saint-Léger, commissaires du Roi. -
Leur entrevue avec le chef nègre Jean-François. - Journée du 27 mars. 1 Déportation de
tous Ies officiers de la garnison du Port-auPrince. - Troubles dans la ville du Cap. 1
Désastre de la province du Sud. - M. d'Esparbès, nommé gouverneur général de SaintDomingue, à la place de M.de Blanchelande.
Arrivée au Cap, des commnissaires Santhonax,
Ailhaud et Polvercl. - - Etablissement d'un
A 5
chef nègre Jean-François. - Journée du 27 mars. 1 Déportation de
tous Ies officiers de la garnison du Port-auPrince. - Troubles dans la ville du Cap. 1
Désastre de la province du Sud. - M. d'Esparbès, nommé gouverneur général de SaintDomingue, à la place de M.de Blanchelande.
Arrivée au Cap, des commnissaires Santhonax,
Ailhaud et Polvercl. - - Etablissement d'un
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( 10 )
club. Arrivée de M. de Rochambeau au Cap. -
totale
Journée du 19 octobre. - Révolution
l'administration de la colonie.
Destidans
tution de tous les fonctionnaires publics.
M. de Rochambeau attaque lcs révoltés au fort
Journée du 2 décembre. 1 ConDauphin.
de
duite des commissaires civils. - Espédition
1 Prise du fort de la Tanla Grande-Rivière.
Nouveaux succès des blancs. - Les
nerie.
commissaires Santhonax et Polverel arment
le Port-au-Prince. - Défaite des mucontre
latres à Jérémie. - Diportation d'un grand
nombre d'habitans du Port- au - Prince. -
Victoire remportée sur les mulatres, à la GrandeAnse. 1 Arrivée au Cap du nouveau gouverneur
infernales de
général Galband. 1 Machinations
Santhonax 'et Polverel. - - Destitution de Galbaud et de son fière. - Prétentions des muse met à la
làtres.
Le gouverneur général
insurrection.
Combat dans les
tète d'une
ville.
Les
rues du Cap. - Incendie de cette
obligés de fuir de Saint-Domingue, et
blancs,
Proclamation de la
de EC retirer aux Fiats.
Santhonax et Polverel.
liberté des noirs, par --- Page 19 ---
YUUEMMUNANUNUUUVUNULUNUMULUUNENOUANANWWLV
REVOLUTIONS
DE
SAINT-D O MING UE.
MIVM111M9
Suxr-nownseur. au commencement de
1,89, malgré les rivalités de son gouverneur géneraletde son intendant, etlesjalousies si naturelles aux hommes en place
quila gouvemaienl.jaticeail del la tranquil
lité, lorsqu'un navire de Nantes, debarqué
dans l'un de ses ports, au mois d'octobre
de la même année, apporta la nouvelle de
la révolution qui venait de s'opérer en
France , L et dela prise de la Bastille. Cette
nonvelle développa à l'instant le ferment
revolutionnaire qui élail, pour ainsi dire,
comprimé sons le despotisme des agens
du gouvernement ; la cocarde fat arborce, 9 et des actes de violence furent
exercés contre des individus quin'avaient
point pris ce signe de ralliement. Comme
en France, on déclaina ouvertement
contre les priviliges, les préjugés et le
despotisme des colons; on parla hautement de liberté devant des esclaves,qui
ne demandaient qu'à briserleurs fers.
A 6
, pour ainsi dire,
comprimé sons le despotisme des agens
du gouvernement ; la cocarde fat arborce, 9 et des actes de violence furent
exercés contre des individus quin'avaient
point pris ce signe de ralliement. Comme
en France, on déclaina ouvertement
contre les priviliges, les préjugés et le
despotisme des colons; on parla hautement de liberté devant des esclaves,qui
ne demandaient qu'à briserleurs fers.
A 6 --- Page 20 ---
( 1 12 )
Bientôtaprès des représentans de Saintfurent admis aux états-généDomingue et des cahiers de doléances furent
raux, etapportés par ces nouveaux élus.
rédigés
sourde agiCependant, une inquiétude
ne
tait tous les esprits. Les intrigans
les troubles et les
ESN
respirent que de jetter dans toutes les villes
essayaient de la colonie les brandons de la discorde; réusleurs tentatives malbeureusement du
furent oblisirent. Plusieurs colons de Cap et même un
gés de se cacher ou
fuir,
d'eux fut assassiné auxCayes, sous prétexte hommes
appuyait les prétentions des
1 couleur.
au Port-auM. de Marbois, quirésidait se
au
de ce
passait
Prince, ) informé
de s'embarquer qui
pour
Cap, crut prudent
la France; et M. de la Mardelle, procureur habitagénéral, alla se réfugier sur une
tion au Cul-de-sac.
l'inAu Cap, comme au Port-au-Prince, alarmant,
surrection prit un caractère été formés. Des dédes comités avaient
réunies à
putés nommés par les paroisses
d'asSaint-Marc, prirent la dénomination
de Saint-Dosemblée de la partie française cette assemmingue. Les prétentions sa que
: 85 de ses
blée affichait causérent
perte France.
membres partirent pour deFrance la
n'eut pas
L'assemblée nationale --- Page 21 ---
( 13 )
plutôt proclamé les Droits de l'homme,
que les mulâtres commencèrent à s'insure
ger. Dans la nuit du 28 au 29 octobre1790,
trois cent d'entre eux descendirende.hauteurs de la Grande-Rivière, et parcoururent
succesivement toutes les habitations des
blancs, qui furentinjuriés et desarmés, et
l'un d'eux fut massacré. A leur tête était un
mûlatre nommé Ogé, quiavait pris le noi
decolonel-général. Cette insurrection n'eut
pas de suites; car son chefet un nommé
Chavannes son adjoint ayant été pris, expièrent leurs crimes sur la roue, et dixneuf de leurs complices furent pendus.
Le feu dela révolte ne se borna pas à la
province du nord. Au Mirebalais, ily eut
des rassemblemens nombreux d'hommes de
couleur, et dans la province du sud des
attroupemens qui furent dissipés par M.
Mauduit, coloneldu régiment du Porl-auPrince.
Les décrets de l'assemblée constituante
de France n'ayant
parvenir à faire rentrer dans l'ordre R esprits des insurges
etfavoriserles, intentions pacifiques des assemblées provinciales, des troupes furent
embarquées pour la colonie ; la station
arrivée au Port-au-Prince, agitée et poussée par les factieux qui, dahs tous les quartiers dela ville, avaient déjà fait entendreles
motsderegefncration et de liberte,se met en
Les décrets de l'assemblée constituante
de France n'ayant
parvenir à faire rentrer dans l'ordre R esprits des insurges
etfavoriserles, intentions pacifiques des assemblées provinciales, des troupes furent
embarquées pour la colonie ; la station
arrivée au Port-au-Prince, agitée et poussée par les factieux qui, dahs tous les quartiers dela ville, avaient déjà fait entendreles
motsderegefncration et de liberte,se met en --- Page 22 ---
(14)
rébellion ouverte. Les troupes descendent
à terre et viennent par leur
menter le tumulte et le désordre:l présence le augcourt aux
peuple
armes ; le régiment du Port-auPrince abandonneson colonel, qui futmassacré par les séditieux, le 4mnars
Ces meurtres et ces assassinats n'étaient 1791.
que le prélude des crimes et des horreurs
qni devaientsouiller le territoire de SaintDomingue. Le 20 août 179!, la révolte
des noirs éclata sur une habitation nomméela Gossette, par l'assassinat du
nommd Mossut. A l'Acul, une bande gérant, de
ces misérables ayantà leur tête
se repandit commé un torrent Boukman; dans cette
paroisse. Ce nègre, dontPàme cruelle ne
respirait que le sang, la torche d'ane main
et le poignard de l'autre, massacra inpitoyablement tous les blancs échappes à la
furcurdes flammes. Son maitre lui-tnémié
fut égorgé sans miséricorde dans les bras
de sa femme éplorée, qjui fit de vains efforts pour le soustraire à la vengeance de
ces cannibales.
Malgré les mesures vigourenses qu'on
prit au Cap
arrêter le débordement
de ces Hurtieuus dans la nuit du mardi au
mercredi 25 août, ils se portérent sur la
Petite-Anse;l leur
s'exerça surl'habitation Choiseul, où 3B" mirentle fen et bràs
lèrent un nègre démestique. De là, passant --- Page 23 ---
(15 )
surcelle des Pères de la Charité, ils incendierentles cascs à Bagasse, et massacrèrent
sans pitié le gérant; d'autres habitations
furent livrées aux mêmes horreurs.
Enhardis par leurs succès, ces negres
rendus plus féroccs par les excès du vin et
des liqueurs spiritueuses, ,s'avancèrent vers
le haut du Cap où ils furent arrêtés par le
canon; cc qui ne les empècha pas de
porterle fer et la flammedans diverses habitations 7 et dansles paroisses de P'Acul,
de la plaine du Nord ct de la Petite-Anse, 9
qni n'offrirent bientôt plas aux regards
épouvantes qu'un monceau dc cendres.
11 est difficile de se figurer les troubies,
la désolation. 7 les dévastations et lesincendiesg qui marquérentles pasdeces brigands.
On n'était encore qu'au 4e jour de la ré.
volte, et déjà tous lesblancs,d de six paroisses
dépendantes du Cap, étaient ou égorgés
ou mis en fuite; la flamme avait dévoré
plus de centsucreries; le Cap était menacé
du même sort.Un délachement de troupes
sorii de cette ville, atteignit les incendiaires et les massacreurs de l'Acul, et les
poussant vers la baie, les enveloppa entièrement. Colatlemasientopperis d'exercer nne vengeance terrible contre ces nègres dévastateurs ; on ne le fit point, et
on s'en repentit.
Ileàt tété facile d'arrêter ce féau destruc-
plus de centsucreries; le Cap était menacé
du même sort.Un délachement de troupes
sorii de cette ville, atteignit les incendiaires et les massacreurs de l'Acul, et les
poussant vers la baie, les enveloppa entièrement. Colatlemasientopperis d'exercer nne vengeance terrible contre ces nègres dévastateurs ; on ne le fit point, et
on s'en repentit.
Ileàt tété facile d'arrêter ce féau destruc- --- Page 24 ---
(1 16)
teur, si les assemblées coleniale et provinciale, qui tenaient leurs scances dissidentes au Cap,
et qui n'auraient pas du être
d'opinions, eussentpris des mesures attachée vigou- à
reuses; mais slest une fatalité
beautoutes les assenblées: c'est deparler Les mulâtres,
coup lorsqu'il faudraitagir. parlaient peu, ,et agissaient
au contraire, Tandis qu'on pérorait au Cap,
beaucoup. énivrés de leurs premiers sucles révoliés, continuaient leurs ravages, et attacès,
nuit et jour les postes avancés du
quaient haut Cap, et de la Petite-Anse; les troupes
élaient harassées à repousser ces attaques funestes
partielles qui devenaient toujours
à l'un ou l'autre parti. des
et au milieu
Dans cet diat
choses,
du trouble et des craintes qui fallu agitaient
tous les esprits au Capomaumit à sauver Saint- adopter des nesures propres
de toutes les
Domingue. Mais Pirrésolution
de sortir
autorités ne laissait aucun espoir au inilieu de
d'une crise aussi violente: paralysait, pour
T'accablement généralqui provinciale, un
ainsi dire, l'assemblée.
ets'exprima
particulier Rtentendresavois,
de la manière suivante:
les révoltés
( Depuis cin jours que et massacrent
a inccndient nos propriétés
s'occupe
( nos frères, je ne vois ni pas de qu'on les aude venger les uns,
punir --- Page 25 ---
(17) )
tres. Je connais aussi bien que personne
* le dangerdenotre position et la faiblesse
a de nos moyens ; je sens comme vous la
K nécessité de conserver la ville; je n'ia gnore pas qu'une crainte juste et salud'en
A taire nous a jusqu'ici empéchés
* sortir; mais on peut faire cesser celte
4 crainte. Que dès demain un ordre aua quel on ne pourra se soustraire, oblige
a de remettre tous les nègres mâles à un
( corps de troupes, sous l'escorte duquel
K ils seront conduits à bord d'un nombre
* de bâtimens suflisant pour les contenir;
K que ces bâtimens soient placés sous la
4 volée de nos vaisseaux de guerre, qu'on
a pourvoie à tousles besoins des détenus,
e qu'on les avertisse
cette sévérité
K n'est
mesure
précaution,
qu'une
qui
a cessera dès qu'elle ne sera plus nécesa saire. Une fois tranquilles sur le sort de
( la ville, de nos femmes et de ncs enfans,
a marchons aux révoltés; que la terreur
( et la mort nous précèdent, et jurons de
ne rentrer que lorsqu'ils scront soumis 2
( ou qu'ils auront été exterminés!
Ce discours dans lequel les avis les
sages et les plans les mieux
Eates
étaient développés, ne fit aucune sensation
surles assemblées coloniale et provinciale.
Après avoir exigé de M. de Blanchelande,
gouverneur de Saint.Doiningue, dedonner
de ncs enfans,
a marchons aux révoltés; que la terreur
( et la mort nous précèdent, et jurons de
ne rentrer que lorsqu'ils scront soumis 2
( ou qu'ils auront été exterminés!
Ce discours dans lequel les avis les
sages et les plans les mieux
Eates
étaient développés, ne fit aucune sensation
surles assemblées coloniale et provinciale.
Après avoir exigé de M. de Blanchelande,
gouverneur de Saint.Doiningue, dedonner --- Page 26 ---
(18)
tous ses soins à la sûreté de la ville, on
arrêta la formation de trois régimens de
garde soldée, on établit unc commission
prévàtale, on angmenta les droits d'octroi,
et on fit plusieurs autres réglemens, qui
la chose pablique.
ne sauvérent pointl milieu de toutes ces
Cependant , au
et lcs incendies
délilérations, les ravages
lieu. La
des habitations avaient toujotrs néanmoins
furcur des brigands se rallentit
instant
l'incendie du quartier
un
de après
mais ce ne fut que
Morin et
Limonade,
de nouvelles
pour s'acroitre et prendre
aux
forces. Tous les efforts qu'on opposait
révoltés, n'avaient contribué quslesaguer
rir. Pour venger leurs pertes, ils massacraient les blancs prisonniers 1 et incen- les
diaient les bâtimens encore existans sur oblehabitations. D'ailleurs on ne pouvait
nir de succès décisifs,P parce qu'ils dans avaient les
toujoors la ressource de la fuite
montagnes. nommé Jeannot, se signala à
Un negre,
sa cruauté et sa férocité,
cette époque l"'habitation par
Bullet où il s'était
Chassé de
il mit à feu ct à
cantonné avec sa troupe, ou il fuyait. Le
sang tous les endroits par
même des nègres ne fut Point éparsang
main 60
gné,.el 1 il égorga de sa propre dela PAmRE
sonniers Mancs.Uinhabntant ses huit enRivière fut aussi massacréavec --- Page 27 ---
( 19. )
fans. Un nègre qui était son parent et son
ami, et devenu son postillon, pour n'avoir
pasattendu ses ordres pour dételer des chcvaux, fut tué d'un coup de pistolet par
ce monstre avec le plus grand calme.
L'assemblée coloniale avait envoyéà à la
Jamaique deux commissaires pour obtenjr
des secours. Ces secours se réduisirent à
un vaisseau de 50 canons, qui établit sa
croisiere sur la côte de l'ouest, et à trois
frégates anglaises qui vinrent mouiller au
Cap, ayant à bord 500 fusils et quclques
munitions de guerre et de bouche. Deux
régimens avaient été promis, et ne furent
point envoyés. Les Anglais étaient trop
intéressés àl la perte de nos colonies, pour
nous donner des secours réels.
Cette même assemblée avait fait des démarches auprès du président de SantoDomingo.Les Espagnols, qui étaient aussi
bien disposés que les Anglais, firent aux
commissaires une réponse équivoque, qui
ne permit pas de compter sur eux.
Dans cette position critique de l'assemblée coloniale, le feu de la révolte qui
avait paru s'assoupir, se ralluma de nouveau. Les nègres recommencèrent leurs
excursions. Le Véroce Jeannot, poursuivant le cours de ses horribles succès,
envahit successivement la paroisse du
Dondon et le quartier de Sans-Souci, où
bien disposés que les Anglais, firent aux
commissaires une réponse équivoque, qui
ne permit pas de compter sur eux.
Dans cette position critique de l'assemblée coloniale, le feu de la révolte qui
avait paru s'assoupir, se ralluma de nouveau. Les nègres recommencèrent leurs
excursions. Le Véroce Jeannot, poursuivant le cours de ses horribles succès,
envahit successivement la paroisse du
Dondon et le quartier de Sans-Souci, où --- Page 28 ---
(: 20 )
il fit brûler les habitations et massacrer
les habitans.
mulatres, toujours
Al'ouest etau sud,les
de se
rassemblés et en armes, extrémités. menaçaient La diviporter aux exislait dernieres entre les agens du gousion qui
et l'assemblée coloniale; cnvernement les colons et les amis des mulatres,
tre
prendre des
s'opposa à ce qu'on pàt
à se
contre le torrent prêt
précantions déborder. Il fallut donc recourir aux
voies de conciliation, et un concordat à fut la
les mulâtres, d'une part,
signé par
avec plusieurs comCronx-de-Bouquets, concordat favorable aux hommunes de ; couleur et humiliant pour la
mes
qui fut ratifié
classe blanche : concordat
même avec des conditions encore plus
l'assemblée du Port-auavantageuses,par entre les deux castes en
Prince. L'égalité et la dissolution de l'assemfaisait la base,
condition.
bléecolonialeen étaitla première
Ce traité fut conclu le 7septembre les 1791., deOn ne doit pas dissimuler constituante que et ceux
crets de l'assemblée
relatifs à Saintde l'assemblée législative
l'esprit des
Domingue, et rendus divisant d'après ces assemdifférens parlis qui, absolument à cette époblées, ignoraient état de Saint-Domingue,
que le véritable
à
entretenir
contribuerent beaucoup
y --- Page 29 ---
(21)
le feu de la révolte, et à diviser les COJons sur leurs propres intérêts.
Le calme un moment rétablipar le concordatpasse au Port-au-Prince, accrut encore la mésintelligence entre Passemblée
coloniale et lc gouvernement. M.de Blanchelande n'avail point la tête assez forte
pour résister aux prétentions de l'assemblée, et à celles des factieux qui ne cherchaient qu'à semerle tronble et la division;
en outre, ses dispostionomitaives n'étaient
pas faites pour lui mériter la confiance
publique 1 et sa conduite dans l'atlaque
des camps Galiffet ct d'Agout sembla, pour
ainsi dire, 2 prouver qu'il s'entendait avec
les nègres, pour briler les habitations appartenant a des blancs.
Il scmblait qu'un esprit de vertige avait
tourné toutes les têtes. L'assemblée coloou
niale tint une séance extraordinaire,
l'exagération des principes demagogiques,
et les sourdes menées de l'intrigue triomphèrent des bages conseils de la prudence
et de la bonnefoi.
Après avoir vainement imploré l'assistance des Anglais et des Espagnols, l'asseinblée coloniale du Cap prit le parti de
s'adresser aux autres colonies françaises
pour obtenir des secours. En conséquence
un aviso fut expédié à la Martinique; mais
çet aviso arriva trop tard. Le gouverneur
ération des principes demagogiques,
et les sourdes menées de l'intrigue triomphèrent des bages conseils de la prudence
et de la bonnefoi.
Après avoir vainement imploré l'assistance des Anglais et des Espagnols, l'asseinblée coloniale du Cap prit le parti de
s'adresser aux autres colonies françaises
pour obtenir des secours. En conséquence
un aviso fut expédié à la Martinique; mais
çet aviso arriva trop tard. Le gouverneur --- Page 30 ---
( 22 )
de. cette ile venait de renvoyer deux ou
trois bataillons et autant de
d'artilleurs,, n'ayant gardé aupres
lui
TEE
que le nombre de troupes indispensables
pour la sûreté et la tranquillité de la colonic. Cependant, il fit partir pour St.-Domingue le vaisseau l'Lole el la frégate la
Didon, sous les ordres de MM. Girardin
et Villevielle. Les commandans de ces bàtimens, àleur arrivée, devinrent suspects;
l'insurrection se manifesta sur la frégate,
etle - plus grand tumulte régna dans la ville.
Les deux commandans furent destitués,
et M. Girardin fut obligé, peu de jours
après, de partir pour la France.
De nouveaux troubles survinrent au
Port-au-Prince. La division quisubsistait
toujours entre les blancs, les mulâtres
et les hommes de couleur 3 amena de
nouvelles scènes d'horreur. Un violent incendie éclata tout-à-coup au centre de la
ville à la suite d'uo combat qui força les
mulâtres d'en sortir. Cetincendie qui dura
24 heures, et qui consuma la moitié de la
ville, fut attribué aux gens de couleur, et
ensuite aux négocians qui, dit-on,dansledé
rangement de leurs affaires, pour éluder la
rigueur des lois, avaient cru cet expedient
à les libérer envers leurs creanciers.
mgNmai le
depoursuivre les mulitres postés FTO la Crons-des-Bouqnets, les --- Page 31 ---
(25)
patriotes et
factieux des
d'Artois et de
firent
petandess
Aelafriteo
dans cette. paroisse une excursion, dans
laquelle ils pillèrent et saccagèrent plusieurs habitations.
Les attentats des mulâtres ne furentpas
moins violens: 40 blancs furent assassinés
par eux dans un fort; on en trouva un
grand nombre d'égorgés sur les chemins.
Une femme de Jérémie, enceinte de SIX
mois, fut massacrée par ccs forcenes qui,
après avoir mutilé son corps, écrasèrent
entre deux pierres l'enfant qu'elle portait
dans son sein. Un de ces monstres, arrachait avec un tire-bouchon rougi au feu,
les yeux des blancs qui tombaient malheureusement entre ses mains.
Au mois de novembre 1791, M. Blanchelande entreprit une expédition contre
les nègres révoltés. Secondé des gardes
nationales et des mulâtres de la province
du Nord quise trouvaient au Cap, ftpar-.
tir 600 hommes pour le Port-Margot, et
deux jours après, une force égale
PAcul. Le commandant du TEEA
s'ayança en même tems vers Plaisance, a
la tèted'un détachement. Cette expédition,
bien concertée,eut lesuccès qu'on devait en
attendre. Les nègres attaqués sur plusieurs
points 1 furent battus partout. Le poste
Alquier fortifié par des retranchemens et
ise trouvaient au Cap, ftpar-.
tir 600 hommes pour le Port-Margot, et
deux jours après, une force égale
PAcul. Le commandant du TEEA
s'ayança en même tems vers Plaisance, a
la tèted'un détachement. Cette expédition,
bien concertée,eut lesuccès qu'on devait en
attendre. Les nègres attaqués sur plusieurs
points 1 furent battus partout. Le poste
Alquier fortifié par des retranchemens et --- Page 32 ---
(24)
d'artillerie, fut emportéde viveforce,
garni
blancs entassés dans une
et 60 prisonniers
furent
église derrière cC poste, les auraient tgoustrants masà la rage des negres On qui se rendit maitre en
sacrés sans pitié. du Limbe, et du camp-Lecorj,
mêmetems des montagnes de cette
situé au bas
fut terminée
Cette journée
cte
roisse.
la mort de Boukman, Tun des
sement par
de la révolte, qui
chefs lesplus sanguinaires de pistolet tà bout portant
fut tué d'un coup
par un dragon
le 28 novembre
A cette époque, de Saint-Léger et "ROUL
MM. de Mirbeck, le Roi et agréds de l'asmc, nommés par
aller rétablirl'orsemblée nationale
à Saint-Domingue,
dre et la
la Galatematr
arrivèrent au Cap, sur la frégate facile; l'assemthee. La chose n'était pas
la commisblée coloniale qui voyait que
sion civile agissait avec circonspection du
les mesures
gouvertout en appuyant chercha à l'entraver. Les factieux
nement, même commission déroutaitles
dont eette
s'agitèrent en
intrigues et les complots, contrarier ses vues, et
tous les sens bien pour
aurait
faire.
s'opposer au
qu'elle lorsque e révoltés
Qnoiqu'il en l'arrivée soit, de la commission
eurent appris
les propositions
civile, ils renouvellèrent
qu'ils --- Page 33 ---
(25)
qu'ils avaient faites à l'assemblée coloniale, qui les avait rejetiées. On avait
appris que Jeannotqui s'était signalé par
des cruautés inouies, avait eté fusillé par
ordre de Jean-François, autre chef de
nègres; et que ce dernier, las d'une
guerre qui ne pouvoit que se prolonger,
désirait la terminer. Ce qui fat confirmé
par unelettre qu'illadressa. à la commission
civile, daus laquelle il sollicitait une entrevue avec les commissaires. Cette entrevue qui lui fut accordée, eut lieu à l'habitalion Saint-Michel. Il promit aux comnissaires de rétablir la tranquillité dans
la province du Nord, si on lui assurait la
vie et la liberté. Ceux-ci lui garantirent
l'une et l'autre, en lui donnant les
fortes assurances que, s'il tenait
plus
on
parole,
oublierait le passé, et qu'iln n'aurait
désormais qu'à se louer des procédés plus des
blancs à son égard. Ce chefse retira ensuite verslessiens, dans l'iutention nd'exécuter
ce qu'ilavait promis aux commissaires, et
pour leur en donneri runepreuve, il renvoya
le lendemain au Cap vingt à vingt-cing
prisonniers blancs. Biassou, autre chefdes
nègres, et aussi puissant que Jean-Frandemanda aussi une entrevue qui lui
assignée
le surlendemain.
fr
pour
Mais
dans ce court intervalle detems, 3 les choses
changerent tout-à-coup de face;l'entrevue
St-Domingue.
B
ce qu'ilavait promis aux commissaires, et
pour leur en donneri runepreuve, il renvoya
le lendemain au Cap vingt à vingt-cing
prisonniers blancs. Biassou, autre chefdes
nègres, et aussi puissant que Jean-Frandemanda aussi une entrevue qui lui
assignée
le surlendemain.
fr
pour
Mais
dans ce court intervalle detems, 3 les choses
changerent tout-à-coup de face;l'entrevue
St-Domingue.
B --- Page 34 ---
(26).
n'eutpas cèrent lieu, etces deux chefs
leurs hostilités, Bientôt recommet. les
commandés par
révoltés
dans la nuit le poste Jean-Francois isaltaquérent
defendait la riche plaine d'Onanaminte, de
1 qui
L'entréede ce poste leur
Maribaroux.
les hommes de couleur, fulfacilitée parles
une partie de la garnison.
composaient
favorisa cette
fut la
FCDTE
perte des blanes, attaque,
cause de "
nombre de.leurs qui, accablés par le
dans l'église, où ennemis, ils
se réfngièrent
quelque résistance: vain espéraient opposer
rent poursuivis et massacrés espoir!
fuD'après le tableau
sans tracer de la situation que nous venons de
Domingue, et d'après déplorable le choc de Saintdes factions qui ne tendaient journalier
bouleversement général, il restait qu'à un
d'espoir de sauver une colonie
peu
cherchait à rompre tous les liens dont on
métropole.
avec la
arrivèrent: Cependant, sur ees entrefaites,
hommes de successivement à peu près 6000
vernement français. troupes envoyées Mais la
le gourégnait entre le
abmnint
Blanchelande gouverneur général, M.de qui
ne permit pas de et tirer l'assemblée un
coloniale,
de cette force armée, parti avantageux
la révolte dans le
destinée à étouffer
guerre aux, mulâtres nord, dans et non à faire la
de l'ouest et du sud.
les provinces --- Page 35 ---
(127 )
Bientôt le Haut-Cap ayant été
par les révoltés, l'assemblée sc réunit atlaqué
sitôt dans la? salle de ses séances
aus1792); l'on courut aux
(27 Mars
répandit dans la ville
arines, et l'on se
les aristocrates, dont il en fallait vociférant contre
à tout
disait-on, se défaire, avant de
prix,
au secours du Haut-Cap.
marcher
dre Dans étaient T'assemblée,le tumulte et le désorlève,
à leur comble; un orateur se
ctaprès être parvenu à obtenir
que silence, ils'exprime ainsi:
quel-
( Les effets de nos maux dureront tant
que vous en laisserez
( Depuis sept mois, la subsisterla cause.
6 ritie, de la trahison.du preuve de' l'impévous est acquise; il est pouvoir exécutif
& malheureux
évident que ce
X trame infernale, pays est la victime d'une
a contre-révelution. ourdie afin d'opérer la
( les blancs
Il est démontré
être
qui l'habitent sont destinés a
sacrifiés, pour
a gatives justement abhorrées ressusciter despréroa et l'ancien régime à
en France,
a
jamais proscrit à
S'il
a
Saint-Domingue. ter quelque
pouvait vous resdoute, si vous
a retenus par quelque
pouviez être
e dirais : Réflechissez incertinde,jevous à la
* nègres, aux prétentions révolte de vos
4 tent, aux couleurs
qu'ils manifesA au nom dont ils
qu'ils arborent,
s'étayent; et doutez enB 2
a et l'ancien régime à
en France,
a
jamais proscrit à
S'il
a
Saint-Domingue. ter quelque
pouvait vous resdoute, si vous
a retenus par quelque
pouviez être
e dirais : Réflechissez incertinde,jevous à la
* nègres, aux prétentions révolte de vos
4 tent, aux couleurs
qu'ils manifesA au nom dont ils
qu'ils arborent,
s'étayent; et doutez enB 2 --- Page 36 ---
(28 1 )
a core que les aristocrates les aient armés,
C au nom du Roi, de la torche ct du poidire: le trône et vos es-
- ghard. 1l faut le
:
de
extrémités
( claves tiennent les doux
( la chaine circnlaire qui paralyse tous vos
au despotisme la
( efforts. Qu'importe
e turpitude de ses tnoye ens, pourva qu'il
( trioniphe? Qui osera l'cn faire'rougir?
( Laisse-t-il à ses victimes d'autres vertus
aux mia que le silence ? Qulimporte
< nistres, par qui ce malheurenx pays et la a
d été vendu,la perte de la colonie
e ruine de la métropole, pourva que le
félicité entraa système soit anéanti? La
dans
chose
a t-elle jamais pour quelque enfin'à M. de
e leurs calcul.2Qnimporte
de Saint-Doa Blanchelande l'existence combler l'aA mingue? qu'a-t-il fait pour
& bime sous nos pas, et au fond duquel
a il nous précipite par ses perfidies cl par
scs crines? De quelle utilité est pour
nous ce ruineux état-major, instrument
e du pouvoirarbitraire qui nous opprime?
K A-t-il empiché que nos campagnes ne
en
a-t-il ven-
(
fussent réduites
cendres?
leurs affranK gé nos frères égorgés par
Non.
( chis ct par leurs esclaves?
Que
honte ! ô humiliation ! Une
( dis-je? ô
insolem-
(t caste avilie, dégradée, aspire
tout
( ment à commander dans u11 pays servides narques de sa
( plein cncore --- Page 37 ---
(129)
(( tade! Pensez-vous qu'ils auraient jaa mais osé - tenter le sort des combets, s'ils
( n'avaient élé certains d'un secours puis-
( sant et eflicace? Quel peut être ce se-
( cours? Sur qui les soupcons penvent-ils
( tomber? N'ost-ce pas sur cC pouvoir
( exécutif étouffé comme Encelade, ct
( faisant comme lui, par intervalles, des
( efforts qui cbranlent le poids dont il cst
( écrasé? Mais je ne m arrête pas aux
( probabilités; écoutez les pétitionnaires
( qui sout à votre barre; analysez les dé-
( marches et les actions de M. de Ban-
( chelande : maitre de tout, pouvant, à
( sou gré, disposer de toutes nos forces,
a quelles mesures a-t-il prises pour répri-
( mer l'orgucil des mulâtres, et pour ara rêter le brigandage des nègres? Quel
( bien ont produit ses sorties si vantées?
a Par quelle fatalité, une horde de banK dits, sans munitions, sans discipline,
sans courage, n'est-elle pas encore sou-
( mise ou exterminée? La fermeté qu'ils
( montrent est-elle dans leur caractère?
( Doit-elle leur être attribuée? Tout ne
* prouve-t-il pas, au contraire,
ne
e sont qu'un instrument aveugle
des
g.l
a mains perfides, et ne concourt-il pas à
a vous désignerM M.del Blanchelande comme
K le traitre qui a été charge de diriger cétte
arme contre vous?
B 5
, sans discipline,
sans courage, n'est-elle pas encore sou-
( mise ou exterminée? La fermeté qu'ils
( montrent est-elle dans leur caractère?
( Doit-elle leur être attribuée? Tout ne
* prouve-t-il pas, au contraire,
ne
e sont qu'un instrument aveugle
des
g.l
a mains perfides, et ne concourt-il pas à
a vous désignerM M.del Blanchelande comme
K le traitre qui a été charge de diriger cétte
arme contre vous?
B 5 --- Page 38 ---
(50) )
Tant qu'il nous a été permais de croire
de ses
à la
a à la sincérité
promesses,
ses
F:
reté de
intentions, j'ai bien approuvé voulu lui
K confiance que vous avez
le ressort
accorder. J'ai voté pour que fat reinis
- puissant de, la force publique
dans ses mains; mais maintenant qu'il
vous est démontré que, loin de vouloir
bonheur de Saint-Domingue, M. le
e le
ses bévues et
a général, par ses fautes,
la ruine;
a ses escobarderies en consomme aux mua que c'est à l'appui qu'il prête
les
a
A làtres, aux ménagemens qu'il pour l'ambidoit atiribuer
K brigands que l'on
des autres;
R tion des uns et les atrocités
son
A maintenant que sa nonchalance, >
incapacité et ses trahisons le signalent
comme le plus cruel et le plus. dangereux ennemi de la colonie, souffrironsce chef-d'oeuvre des
a nous encore que émissaire de CoK aristocrates, traitre cet à la nation, comblentz, ce
a
de
mande dans un pays qu'il la promis faiblesse
détruire? Pousserons-nous
lui laisetl'oubli de nos devoirs jusqu'à
ser un pouvoir dont il ne se sertque pour tranotre malheur 2 Jusqu'à quel point de
la confiance et l'espoir
e hirons-nous
nc nous ont pas
nos commettans, qui être les témoins ima envoyés ici pour du
exécutif
mobiles des crimes
pouvoir --- Page 39 ---
(51)
mais qui, en nous investissant du eak ractère sacré de leurs représentans,
( nous ont, avant tout, imposé
K
tion de sauver Saint-Domingue? l'obligaa Pour parvenir à ce but,i il n'est
a
qu'un
seul
osez à le mettre en usage, et
K la rultendenee renait au
C lence:
bonheuretaTopuce moyen est en votre pouvoir;
a vous seriez coupables envers elle, envers
la France, envers la posterité, de le née gliger. Défiez-vous de cette timidité, de
a cette circonspection, toujours funestes
a dans les grandes crises; ne soyez
rea tenus par le défaut dc formes, par pas votre
prétendue incompélence, crainte aussi
a frivole que dangereuse 3 superstition
austabsnrdeque criminelle. Lesalut du
a peuple n'est-il pas la suprême loi? Ce
a soin ne forme-t-il pas le premier et le
e plus important devos devoirs? oui,
( que pour le remplir dignement et puis- pour
sauver la patrie en danger, il faut la sousa traire au pouvoir exécutif; je fais la
( motion que M. de Blanchelande soit à
< l'instant destitué de sa
et
C dès demain en France. place, >
renvoyé
Ce discours virulent de jacobinisme,
fut couvert des applaudissemens les plus
bruyans, de bravos et de trépignemens de
pieds poussés jusqu'à la fureur. Les factieux n'attendirent pas que la motion mise
ver la patrie en danger, il faut la sousa traire au pouvoir exécutif; je fais la
( motion que M. de Blanchelande soit à
< l'instant destitué de sa
et
C dès demain en France. place, >
renvoyé
Ce discours virulent de jacobinisme,
fut couvert des applaudissemens les plus
bruyans, de bravos et de trépignemens de
pieds poussés jusqu'à la fureur. Les factieux n'attendirent pas que la motion mise --- Page 40 ---
( 52) )
futadoptée, pour courir en foule
anxvoix à la maison de M. de iBlanchelande, de vive
ainsi dire,
tea:
entrainerent, pour
le
à l'assemblée. A son arrivée,
président sa
lnicommuniqua l'arrêté qui prononçait
déchéance. Le gonverneur présumant aace
malgrélinjustice de cet ordre,ilserait de la
gereux, enl ce moment, d'y opposer conformerail.
résistance, déclara qu'il s'y. tumaltueuse,
Dans une assemblée aussi des factieux domiet dans laquelle le ilétait parti dificile à la raison
nait avec fareur,
membres de
de se faire entendre; plusieurs
l'assemblée, indignés d'unc pareillemesure, les plus
pouvait entrainer les résultats
qui funestes, voulurent prendrela parole Un
ct la faire anntler.
ne
la combattre
à obtenir la parole,
élant cnfin parvenu
s'exprima en ces teries:
à T'honne
point
e
prétends
K Nessieurs,je de réfuter les discours de ceux qui
neur
à cette tribune. Pour le
< m'ont précedé
il faudrait plus de
R faire avec avantage, ainsi, sans toucher
( tems que je n'en ai;
saus discuter si
au fond de la question,
l'assembléc est ou n'est pas compétente je me
pour destituer un" gonve observer erneur, qu'une
bornerai à vous faire fat-elle commesure aussi nouvelle,
impérieumandée par des circonstances le résullat du fanases,ne doitpas êtrel --- Page 41 ---
( 55 )
* tisme on de'l l'esprit de parti: qu'an
a arrêté de cette importance ne saurait
( être pris dans une scule sianee, età la
( suite dnne dliscnssion qu'on n'a eu ni le
( temps, ni la liberté d'approfondir.
a Saint-Domingue loucheà sa perie, les
( colons qui P'habitent sont les plus infor-
( tunds des hommes: voilà une vérité in-
( contestable sur laquelle tout le monde
( eberedipelecatdrpes que nous
a avons tous nn cgal désir deréparer seS
( maux; maisles moyens different, parcea que nons nesommnes pas également d'aca cordsurles causes quiles ontproduits:on
a les attribueà un projet de contre révolua tion, émané de Coblentz ; mais oiu est
* la prenve 2 J'entends dire que M. de
( Bianchelande est chargé del'exécution ;
( ou en estla preuve encore ? Prendrez-
( vous pour telle la révolte des esclaves ?
( Mais vous oidomsmnépeodesipen
a voquée parlui? Accuserez-vous l'insigni-
( fiance de scs opérations militaires 2 Mais
( peut-il douner du courage aux troupes,
a el Prétablir une subordination sans la-
( quelle il n'est point de succès ! Dépend-
( il de lui de les mettre en campagne au
a gre de ses désirs et selon le bien du sera vice ? Lui avez-vous laissé la faculté d'en
a faire la répartition d'après un plan cal-
* culé surl la situation de la colonie 2 Lui
? Accuserez-vous l'insigni-
( fiance de scs opérations militaires 2 Mais
( peut-il douner du courage aux troupes,
a el Prétablir une subordination sans la-
( quelle il n'est point de succès ! Dépend-
( il de lui de les mettre en campagne au
a gre de ses désirs et selon le bien du sera vice ? Lui avez-vous laissé la faculté d'en
a faire la répartition d'après un plan cal-
* culé surl la situation de la colonie 2 Lui --- Page 42 ---
(54 )
lui avez-vous fourni
avez-vous permis 1
offensive?
de faire une guerre
a les moyens ct vous osez l'accuser de nos
& Non: ! Vous le retenez à la ville,et
d. désastres
d'être surpris que les bri4 vous frignez
les campagnes! Vous
gands ravagent
vous étonnez de la nevaltedevoscilaseh leur avez offert
vous
4 et vous oubliez de
Vous ne
a
Atarestore
l'exemple dites-vons, concevoir leur prépouvez 1 et vous donnez à vos débats
voyance publicité 1
quiserait la chose du
une monde la plus dérisoire, si elle n'était
la plus contraire au bien public.
pasl
vous
sans cesse de resa Mais
quiparlez aux lois,répondezpect et d'obéissance de l'assembléeou du goua moi: Quel est,
sonmet avec le
celui qui s'y
a verneur,
M. de Blanchee moins de répugaancc? manifesté le moindre éloia lande a-t-il
toutes celles qui sont
gnement de pour France? - Il n'aime pas la
venues
ne lis point
(
nouvelle constitation:..Je
de
dans son coeur; mais d'exécuter queferait-il. cc
4 s'il l'aimait que
HEE
d'obeir à ce qu'elle commande!
prescrit, Vous Paccusez de mal gouverner la COil
ct suit vos
X lonie, et toujours prend trahitla France,
avis : vous dites qn'il
les ordres
et iln'agit
Il d'après est suspect au
reçoit
rat
TASLEE --- Page 43 ---
(35 )
dont ila trompé les voeux etl l'espérance.
T - Mais vous, avez-vons mieux répondu
a à la confiance que. ce peuple avait mise
a en vous, et rempli les promesses que
a vous lui aviez faites 2 - - En un mot,
a c'est un aristocrate, il est venda au
( parti de Coblentz, dont il favorise les
projets etle système.-Hdlas! Messieurs,
a je.dois le dire, malgré les
élevés
a
préjugés
contre mon opinion : Coblentz n'est
a le plus dangereux enemi de la colonie: pas
a plàt à Dieu qu'il n'en existât point
elle de plus redontable ! Saint-Domin- pour
* gue, qu'une fatalité avengle semble ena trainer vers saperte 1 pourrait encore se
a promettre, dans un avenir plus ou
moins éloigné, des jours de gloire et de
K bonheur.
(e Dans aucun tems, dansaucun
le
e caprice et la violence n'ont rien pays, fait de
* grand, de solide, ni de durable. Je n'ai
besoin d'invoquer les
e
témoignages
Re siècle passés; ;il est inutile de fouiller
a danslesannales desautres
a
:
peuplessportez
seulement vos regards en arrière réflé-
* chissez sur des evénemens dont vous ; avez
a été les témoins : voyez ce qu'ont
* l'exagération etlahaine; ce quiestrésulté produit
a denos prétention ambitieuses et de notre
( résistance : la perte de nos
et
a la mort de nos frères, sont propriétés le fruit amçr
; ;il est inutile de fouiller
a danslesannales desautres
a
:
peuplessportez
seulement vos regards en arrière réflé-
* chissez sur des evénemens dont vous ; avez
a été les témoins : voyez ce qu'ont
* l'exagération etlahaine; ce quiestrésulté produit
a denos prétention ambitieuses et de notre
( résistance : la perte de nos
et
a la mort de nos frères, sont propriétés le fruit amçr --- Page 44 ---
(56 )
a de nos dissentions. Queles malheurs sotis
( lesquels nous géuissous, que les désasa't tres plusa affreux encore quisont à crainla
(
dre pour nous 1 rappellent l'union,
- les antorités. Dans
( confiance entre toutes
- lacarrière oû nons nous somines siimpru-
( demment 2 lances, nous avons un guide :
( ce sont les décrets du corps constituant
a sanclionnés
le roi, soumettons-nouis
( de bonne MPS à la volonté souveraine.
les intérêts
* Depais trep. long-tems
a particuliees s'opposent au bien genéral; seul
( qu'il n'y ail
désormais
a parti, celui
ARO
F
( seul
atteindre ce
R
moyen pour
N le renoncement aux passions qui nous
tant vanté
et divisent. Si le patriotisme
( n'obtient
de nous quelgoe sacrifice,
dans
K sile HotLIeta de la paix n'éteint pas
K nos cceurs l'orgueil ct la vengeance qui
a lcs agitent : SI la crainte, hiélas! trop
la situation critia bien fondée, qu'inspire
ramône
a que oût vous sommes, 3 nc nous
X pasà la circonspection el à la sagesse,
( leyois et le dis à regret:je n'aiplus
T
(
sur le sort de ma patrie. )
LErET citoyens du Cap furent alarmés
d'une telle décision; une autre assemblée
futconvoquée pourle lendenain, ouapres
degrands debats, ellc révoqua l'arrêté qui
destituait le gouverneur, lutlant avec (
courage --- Page 45 ---
(57 0 2 )
contre les efforts de la minorité factieuse
qui ivoulait le maintenir. Cette minorité,
désespérée d'avoir échoué contre M. de
Blanchelande, crut devoir s'en venger,
en forçant par ses menées et ses sourdes
intrigues lesc commisairesdultoia repasser
en France.
Au milieu du conflit des diverses factions qui déchiraient Saint-Domingue,
chaque jour éclairait de nouveaux désastres. Un des chefs des révoltés, le fameux Biassou, attaqua le fort du Bel-Air:
mais cette attaque ne fut pas hcureuse
lui; un grand nombre des rebelles
Rert faits prisonniers; d'autres périrent
sur le champ de bataille. On évalua dans
Je tems à près de 200 hommes la perte de
Biassou, qui faillit lui-même être tué OUA
pris dans eette affaire.
L'incertitude de la marche de l'assemblée coloniale était le principal obstacle à
tout ce qui pouvait contribuer à réprimer
les factions, et à rétablir le calme etlapaix
dans la colonie. Tout annonçait une prochaine catastrophe; la faction des noirs
tendait à une désorganisation entière de
la colonie. On engagea alors M. de Blanchelande à mettre un terme aux prétentions désastreuses de cette faction; en conséquence il se présenta à l'assemblée, où,
après lui avoir tracé la marche qu'elle deSt.-Domingue,
C
tout ce qui pouvait contribuer à réprimer
les factions, et à rétablir le calme etlapaix
dans la colonie. Tout annonçait une prochaine catastrophe; la faction des noirs
tendait à une désorganisation entière de
la colonie. On engagea alors M. de Blanchelande à mettre un terme aux prétentions désastreuses de cette faction; en conséquence il se présenta à l'assemblée, où,
après lui avoir tracé la marche qu'elle deSt.-Domingue,
C --- Page 46 ---
(58 )
vait suivre, il termina son discours de la
mnanière suivante:
a J'aurais dû me résoudre plutôt à la
( démarche que je viens de faire; mais
( plus je vous ai montré de confiance,
le droit de vous dire la
c plus j'ai acquis
C vérité. Je vous parle donc aul nom de
désire avec raison le rc-
( la colonie, qui
(( tour de l'ordre et de la paix; au nom
( des cfficiers civils et militaires que vous
( avez offensés par vos calomnics et par
au nom des hommes de
( vos injures;
vous devez une exis4 couleur auxquels
mc-
( tence politique; au nom enfin de'la
( tropole, qui ne vous a pas constitués
avec clle d'autorité et de
( pour Jutter
( puissance, mais afin que vous'lui préa sentiez une constitution qui, sans nuire
France, fasse le bonheur de la CO-
( à la
de
tr lonie. C'est à remplir les intentions
faut consacrervos trae la première, qu'il
c'cst à mériter la
( vaux et vos veilles;
de la seconde, que vous
( reconnaissance
vos vaeux etvotre
( deszdizermatshonuers
de l'im4t gloire. Quant à moi, pénétré tacherai de
( portance de mes devoirs, je
Le
avec zele et courage.
( in'en acquitter
doute, celni idont
( premier de tous, sans
vous
C je snis spécialement chargé,c'estde
aux vôtres, et de - vous obliger
( rappeller
Messieurs, il n'est
( à les remplir. Oui, --- Page 47 ---
( 39 )
a plus toms de feindre: il faut que la voe lentéuationales'accompliss; C'està moi
e qui en suis le dépositaire, de vous prée venir (etj je m'accuse d'avoir lant tarde
e à m'y déterminer) que dorénavant je ne
< sanctionnerai plus aucundevos arrêtés;
K qne je suis réso'u à gouvernerla colonie
C d'apres les lois anciennes, jusqu'à ce
a quela constitntion dont vous allezvous
K occuper, sans doute, ait élé faite, apK prouvée ct sanctionsée par le pouvoir
e souverain. Cetie détermination, motia vée sur les décrets, sera constante et
e irrévocable. >
Lorsque M. de Blanchelande eut cesse
de parler, un inembre de l'assemblée prit
la parole et dit:
G: Les propositions que M. le générat
C vient de nous communiquer sont si gra-
( ves, leur objet inérite si fort d'être ap-
( profondi, à raison de son importance
a ct de ses suites éventuelles, qu'il serail
( impolitique ct dangereux d'entamer unc
K discussion à laquelle personne n'est
* préparé. Je fais doncl la motion expresse
< qu'elle soit ajournée à une séance que
C l'assemblée déterminera. >
Cette notion fut rejetée, et le parti
du giautemnementirionpla en ce moment
de l'influence des désorganisateurs; mais
ce triomple fut court. Parmi les hommes
C 2
son importance
a ct de ses suites éventuelles, qu'il serail
( impolitique ct dangereux d'entamer unc
K discussion à laquelle personne n'est
* préparé. Je fais doncl la motion expresse
< qu'elle soit ajournée à une séance que
C l'assemblée déterminera. >
Cette notion fut rejetée, et le parti
du giautemnementirionpla en ce moment
de l'influence des désorganisateurs; mais
ce triomple fut court. Parmi les hommes
C 2 --- Page 48 ---
(40)
intéressés à semer le trouble et la division, on distinguait M.
entravait au Cap, par Farchieveque,qui ses
marche des assemblées coloniale intrigues, la
et
vinciale;et un nommé Borel, de
nite,
rA.ERC
qui, ayant transformé son habitation
en une espèce de camp, faisait'des excursions dans les campagnes voisines, contre
les mulâtres dont il dévastait les
tés. Ceux-ci, pouruser de représailles, proprié- incendièrent son habitation, détruisirent
une partie de ses troupes, et
r'autre.
dispersérent
On avait lieu de présumer que le rôle de
ce pirate deterre touchait à sa fin. On élait
dansl'erreur. Borel,après s'être
bourg de la Saline, ramassa tous réfugicau les débris
desa troupe, fitunappel à tousles
etles vagabonds de la colonie, et brigands à
en former une petite armée, avec parvint
il recommença ses excursions, qui laquelle furent
signalées par de nouveaux assassinats ct dè
nouveaux désastres. Le manque de vivres
l'ayant forcé de quitter la Saline, il eut
l'impudence de revenir au Cap,etse trans.
portant ensuite au môle Saint -
y
Nicolas,i1
les encouragea et seconda de tous ses cfforts
visites domiciliaires, le pillage des magasins de l'état,1 l'enlèvement des
à leurs capitaines, la
bâtimens
einat dc tous les officiers dispersion civils ct ou l'assasmilitaires; --- Page 49 ---
(41)
enfin tous les excès révolutionnaires, qui
se succédèrent alors d'une manière ausst
ropide qu'effrayante.
On sait que l'assembléc constituante
avait,par un décret du 24septembre 1791,
déclaré que les colonies étaient hors du
systeme appliqué par ellc à la métropole.
L'assemblée législative qui succéda à l'assemblée censtituante, cassa cette loi, le
24 mars 1792; prononça queles corps populaires seraient renouvelés, et les gens
de couleur admis aux élections.
M. de Blanchelande, qui avait projeté
un voyage à Saint-Marc, crut le moment propice pour l'exécuter, persuadé
que la promulgation du décret de l'assemblée législative dans cette ville et dans
toutes les paroisses de l'ouest, gagnerait à
jamais la confiance des mulâtres, et
secondés
eux, il mettrait fin à
T
par
révolte des esclaves du nerd. En conséquence il partit du Cap,avecle commissaire civil Roume, pourSaint-Marc, où il fut
joint par M. de Grimoard, commandant
le Borée et la station de Saint-Domingue,
ainsi que
M. de Fontanges, maréchal
de camp. Er ne fut pas sans difficultés que
le premier put se rendre aux ordres de
M. de Blanchelande, T'équipage.de son
vaisscau étant livré à l'insubordination et
àlindiscipline. Il parvint si bien à calculer
C 5
,avecle commissaire civil Roume, pourSaint-Marc, où il fut
joint par M. de Grimoard, commandant
le Borée et la station de Saint-Domingue,
ainsi que
M. de Fontanges, maréchal
de camp. Er ne fut pas sans difficultés que
le premier put se rendre aux ordres de
M. de Blanchelande, T'équipage.de son
vaisscau étant livré à l'insubordination et
àlindiscipline. Il parvint si bien à calculer
C 5 --- Page 50 ---
( 425
que les factieux du Borée fuscs mesures, débarquds et conduits en prirent arrètés,
maitresursonv vaissean,
son.De cet instant,
interii mit surle champ à la voile, pour
les batimens chargés de révoltés,
cepter
le Port-au-Prince, ayant à
partis jeur tête pour M. Borel. Les ayant rencontrés,
il signifia à ce dernier de le suivre avec
sa flotille. La résistance étant impossible, la flotille
force fut d'obéir; aussitôt que
eurent
de M. Borel et le vaisseau le Borée
l'ancre, M. de Grimoard, fit arrêter
jeté M. Borel par un détachement de mulâtres,
quile condaisirent en prison.
Prince,
A son arrivée au dont Port-an- la faiblesse conM. de Blanchelande
des facnue aurait cédé aux prétentions de M.de
tieux,sans les conseils et l'énergie
l'arFontanges, demanda à la municipalité
restation d'unetrentaine d'agitateurs ; mais
dernier, usé
les fatigues ct des blesce
par
soutenir
sures dangereuses, et ne pouvant affaires,
aux
une trop longue application de fortifier M. de Blanne fut pas à même
résolutions.
chelande dans ses premières
bientôt
Aussi ce gouverneur se laissa-t-il
circonvenir par des intrigans, qui
de lui la
dane
vinrent à obtenir
grace
vingtaine de proscrits. doit
dissimuler
Cependant, on ne
pas
n'ait
que sa présence au Port-au-Prince --- Page 51 ---
(45)
fait avorter a cette époque les projets des
facticux et déchu leurs espérances; les
fradepeinsmiunntdors leurs foyers,
et on s'occupa à organiser les autorités
conformément au voen de la nouvelle loi
del'assembléc législative.
Ilse rendit ensuite à Jéremie, oi ilrétablit T'espèce d'ordre introduit au Port-auPrince. Un grand nombre des plus factieux
d'entre les mulitres furent arrêtés, et le
reste fut expulsé.
A son arriveé aux Caves, M. de Blanchelande, toujours dans la louable intention de calmer les esprits et de ramener la
tranquillité, ,crutdevoir faire des ouvertures
paciliques aux chelsdesnégres révoltés.Mais
f'assemiblée de celte province entrava ses
projets, et il fut obligé de nouveau de
marcher contre les mulâtres qui s'étaicne
retranchés au sommet des Platons (1)-
Cette expédition ne fut pas heureuse. Le
gouverneur avait divisé sa troupe de près
deg 900 hommes en trois colonnes qui deYuient_attaquer les rébelles le même jour,
a lamdmbleure, sur trois points différens :
mais un concours de circonstances imprévues, ou des ordres peut-être mal donnds, ou malconçus,s'opposérentausuccis
(1)Montagnes tres-cleyées qui bornent la plaine
du Fuud.
C4
Platons (1)-
Cette expédition ne fut pas heureuse. Le
gouverneur avait divisé sa troupe de près
deg 900 hommes en trois colonnes qui deYuient_attaquer les rébelles le même jour,
a lamdmbleure, sur trois points différens :
mais un concours de circonstances imprévues, ou des ordres peut-être mal donnds, ou malconçus,s'opposérentausuccis
(1)Montagnes tres-cleyées qui bornent la plaine
du Fuud.
C4 --- Page 52 ---
(44 5
del'attaque. La première colonne; mise ct
déroute, perdit près de 100 hommes. La
seconde, après avoir vu périr son commandant, prit la fuite dans le plus grand
désordre; quant à la troisième, elle fut
ou 4000
2rE
résister à5
nègres, avoir
gée d'effectuer sa retraite, après
d'hommes.
trehnse
du un cerlain nombre du Fond fut réduite
la riche et belleplaine
en cendres.
de Blanchelande,
Le II août 1792, 1 M,
quitta
après sa malheureuse expédition, Bientôt le
lcs Cayes et revint au Cap.
conseilde Saint-Marc qui avait pour président un mulâtre, nommé Pinchinat,
fessa les
kmtiter
principeslesplusr a joué un certain role à
Ce mulatre, qui n'était pas un homme
Saint-Domingue, it joignait de Vinstruction à
ordinaire; d'esprit naturel; il possédait
beaucoup même le talent de parler et d'écrire avec
Né avec des disune certaine éloquence. des circonstances, 1
positions à tirer d'abord parti la cause des colons - 7
il embrassa avec force contre les corps
cn s'élevant
Mais bientôt il
et les clubs populaires. et seconda la
abandonna cette cause,
révolte des nègres.
la création
Sur ces entrefaites, on apprit
comet l'arrivée prochaine de nouveaux ainsi
missaires civils à Saint-Domingue, --- Page 53 ---
(45 )
que cellc de M. d'Esparbès, nommé
verneur
à la place de M. de
EaNE
général,
chelande qui était rappelé, avcc dc nouvelles troupes; cc qui n'empècha pas l'assemblée coloniale de continuer son travail
surla constitution.
Le 18 septembre, la flotte vint mouiller dans la rade du Cap. La désunion
commença à se manifester cntre le général
et les commissaires; ; ces derniers prétendant
les troupes ne devaient obéir
qu'à Rurs ordres. Le surlendemain, 9 le
général et les commissaires furent installés. Des discours furent prononces par ces
derniers, qui firent en même tems le serment de ne jamais toucher à l'esclavage.
Polverel, le digne adjoint de Santhonax,
termina son discours par ces phrases
remarquables:
k Si,contre toute probabilité, le corps
à législatif venait à se parjurer un jour; si,
( entrainé par les élans d'un enthousiasa me inconsidéri, il osait jamais attenter
* à vos proprictés, je déclarc et j'atteste
a icilEtre suprème, queje n'obéirais point
a àses ordres: je fais plus ; je vous jure,
a ô Colons! de me réunir alors à vous,
K d'abdiquer des fonctions et un pouvoir
a qui me feraienthorreur, cldevous aider
6 de tous mes moyens a repousser par
C5
élans d'un enthousiasa me inconsidéri, il osait jamais attenter
* à vos proprictés, je déclarc et j'atteste
a icilEtre suprème, queje n'obéirais point
a àses ordres: je fais plus ; je vous jure,
a ô Colons! de me réunir alors à vous,
K d'abdiquer des fonctions et un pouvoir
a qui me feraienthorreur, cldevous aider
6 de tous mes moyens a repousser par
C5 --- Page 54 ---
(46 )
la force, la plus horrible des injustices,
>)
K
etl la plus barbaredes discours perfidies. et les sermens
Malgrécesl beaux
on ne tarda
faits par Santhonps.etbelenel, etlesdéa
pas à ameataretarntens
marches ostensibles de cCS commissaires
étaient bien opposées à ce qu'on devait atde lacoloniess'attendred'eux; pourlebien d'unevéritable diclatribuantles ponvoirs de la haine et de la désuture, etprolitant existaieut entre lcs deux partis,
nion qui entrelassemblée coloniale etle
c'est-à-dire général, ils commencèrent à
gouverneur
leurs
révolunaettre à exécution
projets commission
tionnaires, cn établissant une
intermédiaire ct un club, - ct en favorisant alors
des esclaves. On vit
les prétentions
les même scènes qu'à
renouveler au Cap
retentis-.
Paris; les mots liberté, égalité, vivre libres O1L
saient à toutes les oreilles :
tous
mourir, vive la nation, à la lanterne
étaient les inscriptions
les aristocrates!
tricolores sur
lisaient cn caractères
qaise les bannieres ct les drapeaux ; et les chants
de la Marseillaise et de Ça ira se faisaient
entendre dans toutes les fêtes patriotiques.
Les factieux cherchèrent à sonlever eu
faveurle
Cap, à cbranler
leur
résimentdu contre ses chefs;
sa fidélité, ct à l'insurger furent alors sans succès.
leurs tentatives
Santhonaz n'en cuntiLc commissaire --- Page 55 ---
(47)
nua
moins ses sourdes mendes; ainst
mti deses collegues, Polverel;son but
élait de laire une révolution au Cap, et
ellenetarda pasàs'effectuer. Sur ces entrefaites entra dans la rade unc escadre qui
avaitété destinée pour les iles du Vent, ct
portant 1800 hommes de troupes sousles
ordres du général Rochambeau; les COlons de la Martinique, de Sainte-Lucic
et de la Guadelonpe, n'ayantpas voulu les
recevoir,ils avaient dlé obligésdese rendre
au Cap. Cette cscadre apportait avec elle
un certain nombre dejacobins renforcés,
qei, devenant Tes artisans de nouveaux
troubles secondèrentles projets du club,
entrelinrent la division ct la haine entre
lcs autorités et les prétentions des mulâtres;
et desnègres. Pour surcroit de malheur ct
de désolation, Borel, ce perturbateur de
l'ordre, dont nous avons signaldles excès
dans le coursde cet ouvrage, était sorti
des prisons de Saint-Marc; on vit aussi
figurer parmices! faiseursd'insurrectionstn
nommé Laveaux, lieutenant-colonel du
régiment de dragons d'Orléans * venu de
France avec la Commission.
Tont annoncait une explosion ; on ne
parlait depuis plusicurs jours que de
cription ct dc déportation. Lc club Tvaiz
déjà marquéparmii ses victimes M.de Cambefort, 2 major du reg ment du Cap; on ne
C6
sorti
des prisons de Saint-Marc; on vit aussi
figurer parmices! faiseursd'insurrectionstn
nommé Laveaux, lieutenant-colonel du
régiment de dragons d'Orléans * venu de
France avec la Commission.
Tont annoncait une explosion ; on ne
parlait depuis plusicurs jours que de
cription ct dc déportation. Lc club Tvaiz
déjà marquéparmii ses victimes M.de Cambefort, 2 major du reg ment du Cap; on ne
C6 --- Page 56 ---
(48)
devait rien moins que de l'accrocher à uf
réverbère, comme ennemi de la chose publique. Santhonax, qui favorisait secrètement tous les mouvemens insurrectionnels, restait cependant dans'irrésolution.
Cependant, le 17 octobre, l'agitation,
Sc manifestait partout; T'effervescence di
club élaità son comble, et sur la place
d'armes, le tumulte croissait de quart
d'heure en quart d'heure. Onalla prévenir
M. d'Esparbès de tout ce désordre; ce
vieillard dont la faiblesse et la nullité
étaient reconnues, ne paraissant pas beaucoup s'alarmer, ce nc fut qu'à force de
priercs et dc sollicitations, qu'on parvint
àle convaincre que les choses élaient poussées à un tel point qu'il élait urgent qu'il
prit un parti
s'opposer au monvement
mmmtne Ce ne fut pas sans peine
qu'on ledétermina de se rendre à la commission civile, accompagné de quelques
blancs et de plusieurs homines de couleur.
Alors, faisant un eflort sur lui-même, il
crat devoir déclarer aux commissaires
queleclub établi sans sa participation, était
une 1 infraction à la loi, d'autant plus que
ce club, tout-à-la fois illegalettyramnigue,
compromettait la tranquillité publique;
il termina ainsi sa déclaration: a En cousé-
( quence, au nom de tous les officiers,
de presque tous lcs colons rasserublés, --- Page 57 ---
(49 j
et même des-mulâtres que ce club épon.
( vante,je viens cn demander, exiger la
a suppression. >
Cette déclaration parut faire quelque
sensation ; et la fermentation semblait
s'assoupir. Mais, lc 19 octobre, au point du
jour, on battit la générale ; une partie de
la troupe fut mise sous les armes ; ce qui
n'empécha pas les prétendus patriotes de
montrer la résolution d'en venirà un coup
de main, ct de marcheravec ducanon aux
casernes, pour se saisir de M. de Cambefort. Ilss'avancèrent effectivement, précéde-dequelquespitces de canon;lessoldats
indignés de l'audace et de la tentative de
ces insurgés contre un de leurs chefs,
montrèrent la plus ferme résolution de
repousser la force par la force. M. d'Esparbès, secouant encore en cette instant
cette faiblesse et cette nullité dont 1 il avait
donne tant de preuves, se présenta au milieu des troupes, T'épée à la main.
a Militaires de tous grades,eria-t-ildun
e ton chevaleresque, vousqui composezla
a garnison delaville, apprenez yue des fac4 tieux ont osé forcer le parc d'artillerie
G confié à votregarde, et se sont emparés
e des canons dont ils vont bientôt diriger
( le feu contre vous. Cette offense faite
e àvotrehonneur, nedeitpastester: impunie: : sensible comme yous à unc telle
ée à la main.
a Militaires de tous grades,eria-t-ildun
e ton chevaleresque, vousqui composezla
a garnison delaville, apprenez yue des fac4 tieux ont osé forcer le parc d'artillerie
G confié à votregarde, et se sont emparés
e des canons dont ils vont bientôt diriger
( le feu contre vous. Cette offense faite
e àvotrehonneur, nedeitpastester: impunie: : sensible comme yous à unc telle --- Page 58 ---
( - 50) y
e injure, votre général va vous montrer de
( quelle manière on doit la venger. Soyez
vais marcher à
a prèts à me suivre; ; je
( votre tête. >
devait
Après une telle harangne, on
s'altendre quele général marcherait contre
les, révolutionnaires et qu'il les mettrait
en fuite. Mais il perdit le tems, en voulant
user de la voie de la douceuret de Ta pacification; en conséquence ilse rendità la
commission civile qui avait organisé l'in-"
surrection, et qui fil signifier à M. de Cambefort de se rendre sur-le-champ à bord
du vaisseau L'Eole.
Les - révolutionnaires quelescommisenires
avaient mis en mouvement,, se portérent
auxplus grands excès.Après être parvenus
à faire insurger les soldats contre leurs
chefs,ilsse portérentavee fureurcontreles
gardes nationaux à cheval Icommandés par
M.de Cagnon, ct un cnnpdepiuneletabaitit
ce commandant; imitant les scènes sanglantes qui se passaientalorse sen France, ils
exercérent mille horreurs sur soncadavre.
Deux volontaires périrent à côté de leurs
chefs; les autres jugerent à propos de
chercherleur salut dans la fuite; ; pendant
plusieurs jours On les chassa comme des
bêtes fauves, ct lcurs propriéiés furent
saccagées ct livrées au pillage.
Comme l'intention des commissaircs --- Page 59 ---
I - 5r) )
Etait de tout bouleverser, presque tous les
ofliciers des corps furent embarqués pour
retonrneren France, etils farent remplacés
par des militaires qui avaient pris part à
l'insurrection.
Le club reprit seS séances : son premier
soin fut de faire des listes de proscription,
sur lesquelles furent couchés les nois dc
tous les blancs, riches propriétaires. La
faction anti-coloniale, c'est-a-dire.celle qui
avaitr réolaliespropriation etladestruction
de l'espèce blanche, scconda merveilleusement lcs projets des çommissaires Santhonax ct Polverel. Cc dernier disait hautement que, pour être utile et salutaire,
la révolution devait êtrc totale. ( Il ne
d faut, ajouta-t-il, avec une emphase aus4 si révoltante que ridicule, dans toutes
e les magistratures, que des personnes pé.
a nétrées de l'excellence de ses principes;
a on doit ôter les places à tous ceux qui
* les ont obtenues de l'ancien gouvernement; se défier, ct bien plus, bannir
K de la colonie quiconque, en manifes-
* tant des craintes, peut être justement
* soupçonné de ne pas croire aux bienfaits de la régénération.
On doit présumer facilement que des
discours aussi incendiaires ne pruvaient
manquer d'enflammer les esprits de toutes
les têtcs un peu chaudes, de tous ces faux
ôter les places à tous ceux qui
* les ont obtenues de l'ancien gouvernement; se défier, ct bien plus, bannir
K de la colonie quiconque, en manifes-
* tant des craintes, peut être justement
* soupçonné de ne pas croire aux bienfaits de la régénération.
On doit présumer facilement que des
discours aussi incendiaires ne pruvaient
manquer d'enflammer les esprits de toutes
les têtcs un peu chaudes, de tous ces faux --- Page 60 ---
( 52)
patrioles qui, n'ayant rien à perdre, ont
au contraire tout à gagner dans le trouble ct le désordre, ct surtout de ranimer
et d'entretenir l'espoir dc tous les intridans la ville. Les
gans qui pullulaient
étaient
officiers des divers régimens qui
au, Cap, furent obligés de donner leur
démission ; ils furent remplacés en grande
partie par des mulâtres, protégés par lcs
commissaires. M. d'Esparbits crut nc pouvoir mieux faire, dans cette occasion, que
de donner sa démission, et de s'embarquer !
bientôt voile
la
sur une frégate quifit
pour
France. M. de Rochambeau fut nommé
général à la place de cedernier. Une députation fut ensuite choisie pour allersolliciter à Paris l'affiliation du club du Cap
avec la société des jacobins.
n'était
La révolution opérée au Cap,
le prélude de celle
les commisque saires Santhonax et rolierdt se
de faire dans les autres
Atarde
saient
parties
la colonie. En conséquence, Santhonax se
chargea de travailler le nord, tandis que
son collègue Polvercl insurgerait la province del'ouest. Quant au troisième comon l'invita d'alinissaire, nouméAithaud, Ics
à la
ler dans le sud, retremper
esprits
hauteur des circonstances. Mais ce personnageq qui nepartageaitpoint les opinions
de ses deux collègues, accepta cependaut --- Page 61 ---
(55)
'sa mission, et partit pour sa province;
réfléchir à sa position, et déterpour y
devait faire dans des cirminer ce qu'il
La situalion
constances aussi critiques.
des affaires ne le laissa pas longtems dans
lindécision; car, après s'être arrêté deux
ou trois jours à Léogane, sans vouloir se
résolution de
rendre aux Cayes, il pritla
le
retourner en France, pour instruire de
ministère de la véritable situation
Saint-Domingue. Polverel, en se rendant au Port-auPrince, voulait s'arrôtered Saint-Marc;
mais on lui signifia d'en partir, attendu
que les habitans m'élaient pas dans les
dispositions de souffrir les scènes sanglantes, et les proscriptions exercées au Cap,
ainsi que létablissement d'un club, propre
à tout bouleverser: en dernier résultat,
on se débarrassa momentanément de ce
commissaire jacobin, en lui donnant une
somme de 40,000 francs.
fut
Arrivéau Port-au-Prince, Polverel y
reçu avec enthousiasme. Le départ de
M. Ailhaud, laissa à son gonvernement
les provinces de l'ouest tet du sud. M. de
Fezenzac, commandant de cette dernière,
fut arrêté au môle, et constitué prisonnier sur une frégate. avait
dans les
Tout le pouvoir
passé
mains des deux commissaires Santhonax
en lui donnant une
somme de 40,000 francs.
fut
Arrivéau Port-au-Prince, Polverel y
reçu avec enthousiasme. Le départ de
M. Ailhaud, laissa à son gonvernement
les provinces de l'ouest tet du sud. M. de
Fezenzac, commandant de cette dernière,
fut arrêté au môle, et constitué prisonnier sur une frégate. avait
dans les
Tout le pouvoir
passé
mains des deux commissaires Santhonax --- Page 62 ---
(5)
avec latiet rolverel; anssi en nserent-ils
fude,etan Cap, comme au Port-au-Prinee
ils voulurent tout régénérer.
et aux Cayes,
sans motif.
On destituait, on incarcérait tous les fonctionAprès avoir déplacé ils établirent des taxes
naires publics
le
des
sulventionnelles, 1 qui étaient
quart CC
La division,à
revenus du proptietaire. les deux commissaires;
stijet, sc mit enire
eurent à
mais, après une entrevue qu'ils à l'amiable.
Saint-Marc, tout s'arrangea bouleversement
Le prétexte de tout ce contre lesquels
était la révolte des nègres, des précautions et
il fallait prendre
la troupe.
amasser de l'argent pour ne payer faisait rien de
Cependant comme on sc mit à murmurer :
tout cela, le peuple malgré son audace, redouSanthonax qui,
tait l'influence et la mobilitéde Fopinion, d'attadonna l'ordre à M. de l'est Rochambeau ct del les chasser
quer les rébelles dans A cet effct, ce générat
d'Onanamynthe. des
et des munis'embarqua avec
fort troupes
se diritions, se rendit au
Dauphin, occupé par Jean
gea ensuite surle camp
établit un poste
Francois.s'en empara,cty
avec la
qui rouvrit les Lommnunications point
Espagnole. On ne poursuivit
partie
ohils'ctaient
les nigres dans les smontaghes
revint au
enfuis, et M. de Rochambeau
Cap. --- Page 63 ---
(55)
L'espédition du fort Dauphin ne fie
point cesser les troubles. II y avait trop
d'animosité entre les denx partis, pour
espérer du repos et de la tranquillité. Les
machinations des commissaires civila,
l'intolérance des mulàtres, le repos dans
lequel on laissait lcs révoltés, ct enfn
piusieurs autres causes qu'il scrait trop
long de déduire, devaient nécessairenent
amener une catastrophe quelconque. Elle
fut accélérée par les prétentions des
mulitres, qui, non contens des concessions
qu'on leur avait faites, voulurent des
distinctions militaires. La commission
civile, dont le but était de tout désorganiser, accueillit sans hésitation ce qu'elle
aurait dû repousser avec indignation, 7
et malgré les remontrances des gens sensés, des mulàtres furent premus au rang
d'ofliciers et aux grades supérieurs dans
tous les régimens de ligne, sans avoir passé
par les graces subalternes. Ces promotions
révolterent les soldats de 1 tous les régimens,
et principalement cenx du régiment du
Cap, qui manifestérent la plus vive
indignation qu'on voulit lcs soumettre
à des affranchis dont la plupart avaient
cté domestiques. Cependant, à Pinstigation du commissaire Santhonax, les soldats
des autres corps admirent pour ofliciers,
dans tous les grades, des hommes decou-
imens de ligne, sans avoir passé
par les graces subalternes. Ces promotions
révolterent les soldats de 1 tous les régimens,
et principalement cenx du régiment du
Cap, qui manifestérent la plus vive
indignation qu'on voulit lcs soumettre
à des affranchis dont la plupart avaient
cté domestiques. Cependant, à Pinstigation du commissaire Santhonax, les soldats
des autres corps admirent pour ofliciers,
dans tous les grades, des hommes decou- --- Page 64 ---
(56)
leur; il n'y cut que le scul régiment du
dans son refus. On en
Cap, qui persista de fait. Une fusillades'ctablit
vint milieu aux voies de la ville entre ce régimnent ct
au
de
les mulâtres. Ces derniers, incapables sortirent
résister à des troupes de ligne,
se
en hâte de la ville, et coururent dont il
rallier au poste du haut du Cap tous les
s'emparerent, faisantprisonniers
blancs qui s'y trouvaient; résultat qu'on
dut prévoir, ct qu'on nc prévit commit pas. fut
Une grande faute que Pon
les mulâtres l'épée
de ne
poursuivre leur ôter le tems de se
dans L reins,
de leurs
reconnaitre, et de s'emparer
qu'on aurait de suite embarqués
patrons la France. Mais ce n'était pas l'inpour de Santhonax de mettre un frein
tention l'insolence de cette caste. Les hommes
à
furent
Dans un disde couleur
rappelés.
au
cours que ce commissaire prononca surl l'énergie
champ de Mars, il les félicita
de leur conduite, en leur répétant plusieurs fois que la résistance à Toppression
était le plus saint des devoirs.
fuDes arrestations et des déportations décemrent le résultat de la journée du cherchait 2
bre 1792; Santhonax, qui ne tous les
qu'à semer Ia discorde entre
à donner à la
ommttre
tis,, parvint autorité
fit toul plier sous
civile une
qui --- Page 65 ---
(57 - )
elle, ct fit préjuger d'avance les malheurs
devaient accabler la colonie de Saintqui
Domingue. En réfléchissant sur la conduite et la
politique des commissaires civils, on ne
étaient de
pouvait se dissimuler qu'ils
connivence avec les hommes dc couleur ct
lcs nègres révoltés, et qu'ils faisaientservir à
alternativement les uns et les autres
lexécution de leurs projets révolutionnaires. Comment avez-vous traité, pourraitonleur dire, les hoinmes de couleur, pervertis d'abord par votre machiavélisme,
tour-à-tour accueillis ct opprimés
puis vous ; et les nègres, que vous avez
par
dans tous les excès, ne deprécipités vraient-ils
vous adresser ainsi leurs
pas
plaintés Vous : nous avez rendus barbares et
x féroces, vous avez mis dans nos mains
torche et le
vous nous
K la
poignard;
dit: Incendiez, violez, massacrez,
K avez
vocu de l'assemblée nationale;
a tel estle
remords;
soyez sans pitié, sans
plongez
a le fer dans le sein de vos maitres; ainsi
veut l'autorité
brise vos chaines.
K le
qui
faites de
les villes en cendres,
A Réduisez
à ce
A la colonie un vaste désert;
prix
vous
conserver la liberté qui
R seul
pouvez
et
vos
*
vous est renduc,
que
tyrans
< s'obstinent à vous refuser.--Ignorans et
remords;
soyez sans pitié, sans
plongez
a le fer dans le sein de vos maitres; ainsi
veut l'autorité
brise vos chaines.
K le
qui
faites de
les villes en cendres,
A Réduisez
à ce
A la colonie un vaste désert;
prix
vous
conserver la liberté qui
R seul
pouvez
et
vos
*
vous est renduc,
que
tyrans
< s'obstinent à vous refuser.--Ignorans et --- Page 66 ---
(58) )
a faibles, comment ne pas croire aut
C paroles de ceux qui se présentaient
K
comme nos bienfaiteurs 2 pouvions-nous
leurs intentions? Et cepen-
( sonpconner
La liberté
( danty vous nous avez trompés!
et des
< n'a enfanté ici que des malheurs accable; ; la
a crinies; l'inforlune la nous moitié de notre
a nort a moissonné de maitres intéressés à
( caste. A la place
nous n'avons plus
4 notre conservation,
qui se
A
que des despotes impitoyables, notre
Ihonneur de
(
disputent
répandre devait
ce bien si vanté, qui
< sang. Ainsi bonheur et notre gloire, est
& faire notre
de tous les nraux
a la source empoisounée
et la
nous gémissons,
< sous lesquels du liéau le
qui
<
cause
plus épouvantable
ait désolé l'espèce humaine, >
R jamais
tandis que Santhonax faiCependant, faire des
militaires, pour
sait
selon'lui, dispositions les brigands du nord,
soumettre, le mulâtre Pinchinat à Saintil envoyait mettre les nègres en révolte
Marc, pour
ouverte.
à la Grande-Rivière fut
Une expédition
contrecarrait en
résoluc; Santhonax, 1e plus urgentes à
tout les dispositions de céder au voeu généprendre, fut obligé
était d'acral. Le but de cette révoltés expédition dans le bassin de
culer les esclaves
,M. de
la Grande-Kivjere. En conséquence, --- Page 67 ---
( 59 )
Nully, lientenant-colonel du régiment de
Rohan-Sonbise, et commandant des troupes de l'ouest, les divisa cn plusicurs
détachemens, qui attaquèrent les postes
des rebelles qui s'étendaient de la Marmelade jusqn'à l'extrémité du Limbé. Tous
furent enlevés ou mis en fuite.
Le commandant des troupes du cordon
de l'est, qui devait attaquer les rebelles
de cette partic, au mênie instant que M.
de Nally dirigeait ses attaques contre ccux
de l'ouest, soit ignorance, soit perfidie,
n'ayant Pn parvenir à occuper les hauteurs qui lui avaient été indiquées, rentra
au fort Dauphia,xingi-puatre heures après
en être sorti.
Le géncral Laveaux, qui avait sous ses
ordres les troupes du Cap, - se mit en marcle, après avoir partagé son corps en
trois détachemens 1 à la tête desquels il
mit des ofliciers distingués par leur mérite et leur bravoure. Un de ces détachemens pénéira dans la Grande-Rivière. par
le côtéopposéau fortdela Tannerie, dont,
après un combatassez vif, il parvintas'em--
parer. Biassou, un des chefs des révoltés,
qJui le défendait, saisi d'effroi, et craignant de ne ponvoir cffectuer sa retraite,
abandonna le champ de bataille avec ses
soldats. De cC moment ce ne fut plus
qu'unc déroute. M. de Russy, à la téte de
emens pénéira dans la Grande-Rivière. par
le côtéopposéau fortdela Tannerie, dont,
après un combatassez vif, il parvintas'em--
parer. Biassou, un des chefs des révoltés,
qJui le défendait, saisi d'effroi, et craignant de ne ponvoir cffectuer sa retraite,
abandonna le champ de bataille avec ses
soldats. De cC moment ce ne fut plus
qu'unc déroute. M. de Russy, à la téte de --- Page 68 ---
( 6o) a
Ta cavalerie, pénétra dans la plaine de Ta
Grande-Rivière, et poursuivit les fuyards.
Mais cette expédition. exécutée le 18
janvier 1795, qui eût en le plus grand succès, si elle eût étd mieux concertée, 7 ou si
des causes secrettes n'cn eussent cmpèché
l'heureux résultat, devint presqu'inutile.
En commettant la faute d'attaquer trop
tèt les nègres, on se mit dans l'impossibilité de les entourer et de les cirçonscrire.
Ces derniers s'enfuirent dans les montagnes, à l'orient de la Grande-Rivière, et
dansicelles du Dondon, quin'étaient point
occupées par les blancs. On se rendit
maitre néanmoins du Dondon, et M. de
Noily fit mettre bas les armes à quatre
avait repcontrés dans
cents nègres, qu'il
sa marche.
auTous ces ncohs.essigtlacmmptets, assez heureux
raient été suivis de résultats
la colonir, si Santhonax, par sa
pour conduite et ses arrêtés, ne fût parvenu
à les rendre presque nuls. vit éclater une
Ala même époque, on
du
insurrection nouvelle dans la plaine
Cul-de-Sac. Le fameux Borel, capitainemarcha i la
général du Port-an-Prince, hommes contre les
tète de quinze cents M. de Jumécourt,
insurgés, et fit arrêter
et M.
maire de la Crois-des-Bouqets :
Coutard, marfchal-de-camp ct ancien gouverneur 2 --- Page 69 ---
(Gr)
verneur, par intérim, qu'il fit conduire
dans la prison du Port-au-Prince.
Tout élait dans la confusion; on ne
s'entendait plus, ou plutôt on ne voulait
plus s'entendre. Les prétentions des mulàtres, la révolte des negres, la haine des
commissaires contre les blancs qu'ils aspiraient i dépouiller entièrement de lcurs
proprictés, n'étaient
à faire
cesser les troubles et Rer dlatons dans la
colonic.
Polverel et Santhonax se rendirent à
Saint-Marc, out ils firent exécuter, à l'oxemple de la métropole, toutes les jongleries révolutionnaires, comme Phymne des
Marseillais et Çu ira, et publièrent des
proclamations pourjustifier leur armement
contre le Port-au-Prince, qu'ils prétendaient avoir méconnu leur caracière, et
vouloir en même tems se soustraire à la
volonte nationale.
La municipalité du Port-au-Prince, effrayée des préparatifs formidables qu'on
faisait contre celte ville,avait beau en demanderla cause; on nel lui répondait point;
elle avait beau prouver qu'il était aussiabsurde qu'inutile d'armer contre une ville
soumise; mêmie silence : sa perte était résoJue. Surces entrefaites, on apprit à SaintMarc la défaite des mulàtres de Jdrémie;
sette nouvelle hâta le départ de l'armée
St.-Domingue.
D
effrayée des préparatifs formidables qu'on
faisait contre celte ville,avait beau en demanderla cause; on nel lui répondait point;
elle avait beau prouver qu'il était aussiabsurde qu'inutile d'armer contre une ville
soumise; mêmie silence : sa perte était résoJue. Surces entrefaites, on apprit à SaintMarc la défaite des mulàtres de Jdrémie;
sette nouvelle hâta le départ de l'armée
St.-Domingue.
D --- Page 70 ---
(62)
destinée contre le Port-au-Prince, armée
qui fut renforcée par tous les séduits brigands,
les vagabonds et les esclaves,
par
leur fit du vol et du
les promesses qu'on pourraient exercer imbrigandage, qu'ils
révolta beaupunément. Cette me sesure,qui
coup de monde, et surtout les propriétais
resmalàtres, détermina Santhonax, malgré
lui, à défendretout enrdlementfesclacte violutionde la loi
qui était, ajonta-t-il, une des colonics.
fondamentale du régime
transcrire les
Nous allons maintenant adresses des hommes de
fragmens de Saint-Marc deux
et de la Croix-descouleur de
alors. Ils sont
Bouquets qui parurent
était l'esprit
propres à faire juger quel
était la
qui animait cette caste, ct quelle parmi
moralité des personnes qui jetaient
les
les individus qui la composaient,
brandons de la discorde et de la révolte.
disaient les premiers 9 les
a Entourons,
faisons-leur
< délégués de la république, leurs jours
( un rempart de nos corps; têtes tombent
sont menacés. Que nos
mille fois sousles coupsde nos instant ennemis, les
de laisser avilir un
< plutôt
nos ennemis
- K lois de T: république! Que
artremblent en voyant la couragense et
mettre à attérer
< deur que nousallons faction insolentr, dont
K anéantir cette
au Port au-Prince!
le foyer se trouye --- Page 71 ---
(65 )
Jurons tous de ne point revenir que le
( dernier ue soit extermine! Et vous, 9
K citoyens 1 régénérés C omme nous, vous
a que ces scélérats criblés de dettes et de
camrearrlaretsrceltt-ib-hines
a vous qu'ils caressent bassemeut, ne
R vouslaissezpoint alleràleurs suggestions
( perfides! Amis 00 , plus de repos, -
plas de
4 gràce; écrasons cette vermine infecte
a quiporte la désolation jusque dans nos
a mornes les plus reculés;songeons queles
a ennemis extérieurs défendent impérieua sement de composer avec les agitateurs
a qui sont dans notre sein, ct purifions
( parl la mort cette terre encore fumante
C de sang et de crimes. >
a Volons, chers amis, s'écriaient les se-
( conds ; volons au siége du Port - aue Princeiplongeons nos bras ensanglantés,
(t vengeurs duj parjure etdelaperfdie,dans
e les sein de ces monstres d'Europe; assezet
& troplong-tems nous avons servi dejouets
a à leurs passions et à leurs mancuvresina sidieuses ; assez et trop longtems nous
( avons gémi sous un joug defer. Détrui-
( sons nos tyrans; ensevelissons avec eux
e jusqu'au moindre vestige de notre igno-
( minie: arrachons jusqu'aux racines les
a plus profondes cet arbre du préjugé:
a engagez les uns,intimiderletauiresg proA mettez, menacez ; entrainez dans notre
D 2
tems nous avons servi dejouets
a à leurs passions et à leurs mancuvresina sidieuses ; assez et trop longtems nous
( avons gémi sous un joug defer. Détrui-
( sons nos tyrans; ensevelissons avec eux
e jusqu'au moindre vestige de notre igno-
( minie: arrachons jusqu'aux racines les
a plus profondes cet arbre du préjugé:
a engagez les uns,intimiderletauiresg proA mettez, menacez ; entrainez dans notre
D 2 --- Page 72 ---
(64 )
blancs ct vertueox F
& marche les citoyens chers amis, union, céléa mais, surtout,
! Amenezarmes, bagages)
R rité, courage
ct de bouche, ct
K munitions de guerre rallier sous l'étena venez de suite vous là
nons devons
dart commnn. C'cst que la nature 1
tous périr. ou venger Dieu,
outract Thumanité si long-tems
€ la loi,
climats d'horreur. )
a gés dans ces
avaient été dictécs par
Ces adresses, qui
l'effroi et
les commissaires, toute répandirent la colonie, mais
la terreur dans dans la ville du Port-auprincipalement voyant enfin que toute voie de
Prince,
lui était fermée par lcs prola force
Fean
consuls, résolnt de repousser
murs: par
Ia force ct de s'ensevolir sous ses
résolution digne des plus grandes éloges on 2
mais qui ne futpas soutcnue 2 comme
le verra parl la suite.
embarqués
Gependantles commissaires, voulurent. diriger
à bord de PAmerica, maritimes contre le
eux-mèmes les forces
les
Port-au-Prince., tandis que
généraux
s'avançaient par
Lasalle et Desfourneaux
terreà la tête del leurs troupes. de telles forLa municipalité, à la vuc cut beau faire
ces dirigées contre la ville, l'attaque qu'on se
des profestations contre contre elle, et accuser
préparait à faire
les commissaideviolence ct de tyranuic --- Page 73 ---
(65 )
res, rien nefut dconté; et, le Toavril 1795,
ces mêmes commissaires envoyérent une
lettre à la municipalité, par laquelle ils
lui enjoignaient de rendre la ville dans
vingt-quatre hcures. Une parcille proposition souleva tous les esprits, ct on se
prépara à une vive défense. Mais la force
n'est pas toujours à côté de la justice et
dn bon droit. Le terme des vingt-quatre
heures était à peine expiré, que les vaisseaux commencèrent à tirer sur la ville.
Deux mille boulcts furent lancés sans interruption, et le fen commençant à semanifester dans divers quartiers, la désolation ct le découragement s'emparérent
des habitans, qui résolurent alors, pour
faire cesser les horreurs d'un siége, de se
rendre à discrétion.
Les commissaires, enorgucillis d'une victoire remportée auissi lâchement, ne tardèrent pas à apprendre à la ville par une
proclamation, comment ils prétendaient
user des droits du vainqueur. Commel'argentestbon en iantingolioemgeesrent
afrapperles - habitans d'une taxede400,000
francs. A cette taxe succédérent le pilIage, lcs vexations, lesproscriptions. Cinc
ccnts d'entre les habitans furent arrètés,
el déportés sur les différens bâtimens de
létat. On ne crut nullement nécessaire de
les cutcudre el dc les juger. De telles forD3
user des droits du vainqueur. Commel'argentestbon en iantingolioemgeesrent
afrapperles - habitans d'une taxede400,000
francs. A cette taxe succédérent le pilIage, lcs vexations, lesproscriptions. Cinc
ccnts d'entre les habitans furent arrètés,
el déportés sur les différens bâtimens de
létat. On ne crut nullement nécessaire de
les cutcudre el dc les juger. De telles forD3 --- Page 74 ---
(66 1
malités ne convenaient point aux dont com- les
missaires Santhonax et Polverel,
résentimens bien connus et la conduite
mettre
volutionnaire ne tendaient qu'à
Aussi favorisaient-ils
tout en combustion. bornes des mulâtres.
les prétentions commis sans toutes les exactions
Après avoir
recomposé
posibles au Port-au-Prince, un.
toutes les autorités, et déporté
.grand
les commissaires
nombre de ses habitans,
esclaves,
organiserent un corps de nègres ils donenlevés à leurs maitres, auxquels
nérent la liberté, et dont ils composèerent
nne légion dite de légalité. rendirent ensuite. 1
A Jacmel, où ils se
comme
peu près
ces commesiresagimeets
ils avaient fait au Port-an-Prince.
Ils
restait à soumettre.
La Grande-Anse Pinchinat et Rigaud à Jéréenvoyèrent à la tête de près de neuf cents
mic,
réduire les quatre paroishommes, pour rebelles,, avec des pouvoirs
ses prétendues, Le conseil général de la
très-ctendus.
avait le plus grand inGrande-Anse, qui l'orage qui était prèt à
térêt à prévenir
une depniation
fondre sur elle, envoya
leur faire
au camp des mulâtres, et en venir pour à un acdcs propositions, Le mulâtre Pinchinat recommodement. insolence les conditions raisonjeta avcc
en leur faisant ene
mables dcs députés, --- Page 75 ---
(67 )
tendre que le jour de la vengeance était
arrivé.a On ne veut pas de conditions, rapà leur tour les dépntés au
a portèrent conseil assemblé, il faut vous soumettre
la discrétion de vosbarK promptemental
a bares ennemis. )
il n'y avait
une telle réponse,
ANET balancer; et les blancs, justement
plus
audacienses de
indignés des prétentions
ces mulâtres, et ne consultant
que
leur désespoir, résolurent de
FLSE
sous les débris de leurs habitations. Les
femmes même, partageant un dévouement si sublime, sortirent de la ville, et
allèrent se réfugier dans un camp Tont établi le
sur une hauteur inaccessible. tous les esclaves
monde prit les armes,
etle fameux
furent enrôlés commesoldats, de mourir fut
serment de vaincre ou
aRree
noncé avec un enthousiasme qui
Les
être suivi et couronné par le succès.
deux pelites armées furent bientôt en présencc. Les blancs fondirent avec impétuo- combat
sité sur les mulâtres, et après un ils les
qui ne fut pas un instant douteux, Pinchinat,
taillèrent en pièces. L/insolent avoir
harcelé de toutes parts, après
perdus
ou cinc cents des siens, fut obligé
honteuserment la fuite.
12e prendre
Cette déroute des mulâtres dérangea Sanun peu les projets des commissaires
ux pelites armées furent bientôt en présencc. Les blancs fondirent avec impétuo- combat
sité sur les mulâtres, et après un ils les
qui ne fut pas un instant douteux, Pinchinat,
taillèrent en pièces. L/insolent avoir
harcelé de toutes parts, après
perdus
ou cinc cents des siens, fut obligé
honteuserment la fuite.
12e prendre
Cette déroute des mulâtres dérangea Sanun peu les projets des commissaires --- Page 76 ---
(65 )
les rcbntd .
thonax el Polverel, mais ne
Malgré la soif de la vengeance qui
dévorait, ils se virent forcés de remettre
Ta
à souà d'autres tems les mesures propres
lcs habitans de la Grande-Ansee
mnettre
empècha
avant de quitCequineler
REN publier des proter le Port-an-Prince,
relatifs aux
clamations ct des réglemens
dans lesnegres, rédiges en patois à la nègre, classe des noirs
quels ils apprenaient était le plus saint des
que T'insurrection
devoirs.
arriva à Saint-DoSur ces entrefailes, nommé gouverneur
mingue M. Galbaud,
général de Tile. Quant aux commissaires,
ils retournèrent au Cap. arrivée, le
Deux jours après son
verneur géneral fit une
la
utis
dans le genre de celles que faisait Con- en
vention nationale, et dans laquelle,
vertu des sublimeslois du republicanismes fondemens de
on sappait les véritables
ct
la socicté, tout en prèchant l'égalité
la fraternité.
les colons avaient
M. Galbaud sur qui
faire cesser le
fondé quelqu'espoirs des financcs pour et rétablir la trandésordre montra au-dessous de sa
quillité, sC
dans toutcs les
Res:
par son incapacité
A l'époque oit
ches de Tadministration. arriva à Saintee gouverueur général --- Page 77 ---
( Gg -
Domingue, malgré la taxe subventionnelle établie par les commissaires déprédateurs, la colonie sans argent manquait
absolument de tout.
Cc gouverneur général avait bien apporté avec lui une somme de 1,800,000
irancs; mais il prétendait qu'on ne devait
y toucher qu'à la dernière extrémité,
attendu que c'était le dernier sacrifice
que la métropole pouvait faire pour sa COlonie; en conséquence, on crut devoir
chercher d'autres ressources,t employer
de nouveaux moyens; et M. Galbaud,
à la suite d'unc proclamation dans laquelle
il exposait les besoins de l'ile, cenvocua
au Cap, le 18 mai 1795, une assemblée
extraordinaire 2 à laquelle furent appelés
la municipalité, les membres de la chambre de commerce de la ville, le commandant de la station, u grand nombre d'officiers de la marine et plusieurs capitaines marchands.
Dans cette assemblée, lc gouverneur,
après avoir fait le tableau du dénuement
ehsctrousieatiostesios partiesmatérielles
del'administration, annonça qu'il ne doutait pas que les républicains ne s'imposassent des sacrifices pour venirau secoursde
la chose publique.
M. Galbaud, qui probablement ne SC
sentait pas propre à entrer dans des délails
commerce de la ville, le commandant de la station, u grand nombre d'officiers de la marine et plusieurs capitaines marchands.
Dans cette assemblée, lc gouverneur,
après avoir fait le tableau du dénuement
ehsctrousieatiostesios partiesmatérielles
del'administration, annonça qu'il ne doutait pas que les républicains ne s'imposassent des sacrifices pour venirau secoursde
la chose publique.
M. Galbaud, qui probablement ne SC
sentait pas propre à entrer dans des délails --- Page 78 ---
élaient peut-être étrangers, chargea
quilai
avecl lui, de les exposer à
FLParENCE
vénu de France
donc
l'assemblée: celui-ci
qu'une Taus
reniplirles
ad
une commission
aeemtage
a générale, faite à par l'effet de connaitre les
hoc cût lieu
de subsistance et
a quantités nécessaires d'objets au service de l'admiK autres,
existantes dans la ville du
nistration,
visépar
a
parelle,
tan.spreteatestes présente à la commisla municipalité, et
par le gée
sionintentiediaire approuvé fàt
une
outre il
convoqué
* néral; qu'en
des capilaineset des
a assembléccomposce maisons de commerce, lachefs des
edélibérante ce
a quelle vcnnteatasemblces d'estimation coma jour, fixerait le prix quiauraient été livrés
A
mercialedes objets et dontle paiement
& au magasin faire genéral, en traites sur la trésoreria
K devait se
e nationale. >
était à la hauteur
Cet ordonnatenr, 1 qui beaucoup dans
des circonstances, nedissimulant pérora
pointses
cette assemblée,et
termina son dissentimens républicains, remarquable:
cours par cetle phrase de révolution, on n'a
a Dans un tems des moyens, et on aurait
a plus le choix
trop scrupuleux e le
tort de se montrer --- Page 79 ---
(715
soin le plus esentielestdel l'argent; cette
a nécessité justific tout(1). )
Cependant, les Anglais qui tenaient
alors la mer, faisaient le plus grand tort
au commerce. On se plaignait hauternent
queles commissaires Santhonax etPolverel
ne prenaient aucun
pour s'opposer
aux pirateries des
nation.
Ceux-ci
CREMEELE
sommèrent M. de Cambis, commaudant de la station française, de se
mettre en mer, pourprotégerle commerce
de l'ile. Celui-ci leur répondit que les vaisseaux de la république, dénués d'agrès et
de matelots, se trouvaient condamnés à
rester en rade. Mettez-moi, ajoutait-il, ,en
état de tenir la mer ; autorisez-moi à com,-
pléter nion équipage, et bientôt je ne
scraiplus dans le port.
Onivoitque la division existante entre le
commandantdela. asation.lescaminaire
civils, etle gouverneur géneral, ne
vait contribuer qu'à accélérer la poude la colonie.Les habitans du
perte
à opter entre le despotisme des Cap, réduits
saires civils et celuidu
commisgouverneur, préfé-
(1) Véritable langage d'un commiseaire-orlonnerf nateur, des affaires, qui sait pertinemment que l'argent est le
qu'il fait presque toujours à son
ayantage, au déuriment dc la chose publique,
etle gouverneur géneral, ne
vait contribuer qu'à accélérer la poude la colonie.Les habitans du
perte
à opter entre le despotisme des Cap, réduits
saires civils et celuidu
commisgouverneur, préfé-
(1) Véritable langage d'un commiseaire-orlonnerf nateur, des affaires, qui sait pertinemment que l'argent est le
qu'il fait presque toujours à son
ayantage, au déuriment dc la chose publique, --- Page 80 ---
(72)
rèrent le prenier : aussi vit-on Polverel. bientôl
revenir au Cop Santhonax ville et fut une
Leur entrée dans cette
et
les
espice de triomphe pour cux suivante pour manimulâtres : la proclamation
festa leurs intentions :
régénérés,
( C'est pour vous, citoyens
à
la République nous a envoyés
( que
c'est pour que vous
( Saint-Domingnes enfin dcs droitsque vous tenez
(t jouissiez
et dontla Convention a 7
( de la nature, déroulé la charte aux yeux
( la première,
nous a investis de
4 du monde, qu'clle Nous serons dignes
( sa toute-puissance. nous remplirons, en
( de sa confiance ;
et malgré
( dépit de tous les malveillans, d'intérêts divers
(r les obstacles que tant mission honorable
la
( nous opposent,
vous
e dont elle nous a chargés; fermeté et pouvez notre
( compter sur notre
lls seront appuyés partour
< dévouement. les forces de la
; elle vewt
( tes
Répeblique entre tous les hom-
( la liberté et légalité
n'estpoint
G mcs. Sans cCs deux biens,il Cette doctrine
( de bonheur sur la terre. de la France, clle
( est devenue l'évangile monde entier. Il faut que
e sera celui du
aillent s'englou-
( toutes les monarchies de la démocratie
( tir dans le torrent
nouvelle va
(i universelle. Une politique
La plilo-
(E présider au sort des nplions.
( 1e sophie --- Page 81 ---
(75)
a sophic qui l'a créée ne sera plus une
a science stérile, une spéculation impuise sante. Lycurgue, Solon, Numa, n'ont
( été que des ignorans, des fourbes ou
Char-
( des visionnaires; Charlemagne,
Louis
( les V, Louis IX, Henrilv,
XIV,
(
des despotes dont la mémoire et
N Rue lois doivent être en horreur. Ils
voulaient régner par les préjugés; ils
e prétendaient que le corps politique
4 devait reposer sur la proprieté; périsse
t ce système! La liberté la plus illimitée,
e l'égalité la plus rigoureuse, voilà le
e ventablepatrimeine, les seules richesses
( de Phomme ! Non, quoiqu'en disent
4 tous ses détracteurs, il n'est pas né pour
(t vivre dans une stupidité profonde. Ce
(t quile distingue des brntes, ce sont ses
ee passions. Réveillons leur activité, bri-
( sons le frein de nos lois barbares qui le
e compriment, et
rendu à lui-même,
4 dégagé de ses teniee idées, guéri de
( toutes les superstitions, m itre unique
( de ses volontés, digne enfin de la nae ture qui le créa indépendant et libre, il
tt jouisse de la plénitude des droits que
4 peut comporter son être.
(t Et vous, classe jadis humiliée sous le
( nom de pelits blancs, vous qui, comme
( les autres citoyens, avez des droits
K imprescriptibles à réclamer; vous qui,
$1.-Domingue.
E
de ses teniee idées, guéri de
( toutes les superstitions, m itre unique
( de ses volontés, digne enfin de la nae ture qui le créa indépendant et libre, il
tt jouisse de la plénitude des droits que
4 peut comporter son être.
(t Et vous, classe jadis humiliée sous le
( nom de pelits blancs, vous qui, comme
( les autres citoyens, avez des droits
K imprescriptibles à réclamer; vous qui,
$1.-Domingue.
E --- Page 82 ---
(74)
moins avilis et méprisés qu'eux par
( non
devez trouver
( les superbes réunion planteurs, la force de venger
4 dans votre
connaissez vos
( des injures intérêts. communes, Vous n'avez qu'à le
( véritables
( vouloir, et cmtennet-RnnSUr retientimpitoyable-
( bredansl lequelvous
Oui, mes
( ment cette caste d'être orgueilleuse. riches, et vous le
e amis, désirez
vouloir être
osez
puissans;
( deviendrez ;
à ceux-là
( et bientôt vous commanderez
ont
leur despotisme,
( même qui, la par et la vengeance du
A mérité haine
la
dont ils ont dédaigné
BAEStE
( ple
la souveraineté. >
( sance et méconnu simagnerhimprcuion
Onpeutaiséments devaient faire sur les mulâtres et les
que
de pareils discours,et la consternegres
lespersonnation qui dntaer@pandrcpaml l'ordre et la trannes qui ne voulaient que du Moniteur
quillité. Un des articles" était sous rind
Simprimait au Cap, et qui
le
fluence des commissaires, révolution publia était que près
jour d'une grande vain;
les royad'arriver: ( En
ajoutait-il,
et
listes se flattent d'un changement,
(
après lapparition d'un pavil-
( soupirent
qu'ils sachent que le
( lon étranger; de canon tiré sur le Nerabise
( mier coup
retentira dans tout
( de Saint-Domingue, et sera le signal
( le golfe du Mexique, --- Page 83 ---
(;5 )
a de la perte des Antilles pour T'Eorope. >
A cette époque, l'adjudant général Galbaud, frère du gouverneur général, s'était
permis quelques
contreles commissaires. Ces idematreuge n'y furent pas insensibles, mais ils dissimulérent pour le moment leur ressentiment, se promettant
bien de s'en venger à la première occasion
favorable. Mais ii était imporlant pour les
commissaires, avant taut, d'arracher cet
adjudant des camps et postes qu'il commandait, et de l'attirer au Cap ou il ne
leur serait pas difficile de le calomnier, et
de le livrerà la merci de ses ennemis.
Le frère du gouverneur général avait la
confiance de tous les militaires, parce
qu'ils avaient reconnu en lui des talens, de
la fermeté et du courage, et surtout une
opposition bien déterminée aux opinions
et aux actes des commissaires. Le
verneur général avoit commis beaucoup goude sottises, son frère pouvait les réparer,
mais on nelui en laissa pas le tems.
Un éenementinatenda prouva
les
commissaires, beaucoup plus agiqur ou
plus audacieux que leurs adversaires, savaient agir quand ces derniers perdaient
le tems à délibérer. On apprit au Cap
la commission civile avait fait arrêter que et
eonduire aux prisons de Saint-Marc
M. Duquesne, ancien officier de la maE2
is beaucoup goude sottises, son frère pouvait les réparer,
mais on nelui en laissa pas le tems.
Un éenementinatenda prouva
les
commissaires, beaucoup plus agiqur ou
plus audacieux que leurs adversaires, savaient agir quand ces derniers perdaient
le tems à délibérer. On apprit au Cap
la commission civile avait fait arrêter que et
eonduire aux prisons de Saint-Marc
M. Duquesne, ancien officier de la maE2 --- Page 84 ---
(,6)
rine. et propriétaire aux Gonaives, ou il
copmandait un corps de volontaires.
Le motif de son arrestation, d'avoir allégué lait
par les commissaires, élait
brifusiller, de sa propre autorité, quatre lieu
gands, pris les armes à la main, au
de les envoyer pour être jugés, devant un
tribunal spécial institué depuis quelques
joars par Santhonax. d'autorité révolta tous les offiCet abus
Galbaud, et surcicrs, l'adjudant général des Gonaives dont les
tout la paroisse indignés voulaient se
gardes nationaux
enfoncer
transporter à Saint-Marc, pour
et le
les prisons, délivrer leur capitaine
soustraire au irbunalquidevan! le juger.
Une démarche aussi violente ponrait
entrainer des conséquences dangereuses;
envoyer un député au Cap,
on préféra les dispositions du gouverneur
poursonder! à l'instant où les circonstances
général,
quclques chances favorables,
présentaient entraver les dispositions hostiles des
commissaires. pour
Ce député cut une conféGalbaud,
rence avec l'adjudant avoir général fait un tableaa
dans laquelle, après
des
véridique du despotisme
commissaires, criet de leurs procedés aussi injustes ofliciers que miliminels envers les principanx il se résuma
taires de Saint-Douningue,
ainsi: --- Page 85 ---
(7 77)
Voràlefrutdela faiblesse! Lesystème
a de la inodération a perdu tous les génée raux. Vous êtes perdns, vous et votre
a frère, sivous suivez leurs traccs. En vain
e vous soumettriez-vous à devenir l'ins4 trument des barbares desseins de nos
eF communs ennemis ; vous ne leur insa pirerez aucune confiance. Le seulmoyen
%
a d'éviter votre ruine, qu'ils ont déja
e rée,c'est tde vous rendre forts ct Htalur
a tables. Vous trouveriez cet avantage anx
e Gonaives: lcs troupes, les hrabilans,
e leur fortune, tout est à vos ordres, on
n'attend que vous. Venez, par votre
a présence, sauver l'innocence et la va-
(s leur opprimées dans la personne de
- M. Duquesne ; faites cesser d le scandale
o de voir deux misérables ergoteurs en
a imposer à tous les généraux; vengez la
tr morale, la probité, la justice, audae cieusement foulées ailx pieds par deux
N scélérats dignes des derniers supplices.
4 Délivrez enfin la colonieg gémnissantesous
a le plus honteux
et dont
a vous et M. le général êles
dernière
EFNEL
er espérance. >
L'adjudant général, sans s'expliquer potivement, donna à entendre au député, 7
qu'ilserait urgent, avant de faire aucune
tentative, de connaitre l'opinion politique
des habitans de la paroisse des Gonaives :
E 3
érats dignes des derniers supplices.
4 Délivrez enfin la colonieg gémnissantesous
a le plus honteux
et dont
a vous et M. le général êles
dernière
EFNEL
er espérance. >
L'adjudant général, sans s'expliquer potivement, donna à entendre au député, 7
qu'ilserait urgent, avant de faire aucune
tentative, de connaitre l'opinion politique
des habitans de la paroisse des Gonaives :
E 3 --- Page 86 ---
(78 )
n'est
douteuse, lui répliqua
a Elle
pas
tous
nous sommes
royalistes
( ce dernier,
d'honneur(1),
( et par conséquent gens il nous reste une
( au défaut du succès,
donneles
nous
a ressource ;
Espaguols avons l'assurance. >
a ront asile, nous en
ordre
M. Galbaud, attaché au nouvel
de choses, ou par principe, ou parintérêt,
fut surpris de cette wropositin ct après
moment de réflexion, il s'établit entre
un
et M. Galbaud le dialogue suile deputé
vant: M. Galbaud. J'ai été retenu quel-
(
la différence de nos
a ques instans par tout bien considéré,
( opinions ; mais,
invincible; on n'est
( cet obstaclen'estpas d'accord
on veutle
K
toujours
quand
déclarer
je dois vous
a Eea.to Néanmoins,
est
l'intervention, des Espagnols
4 ici que chose à
eil ne faut plus pen-
< une
laquelle
a ser.
Et pourquoi se priver
e Le Député.
aussi utile?
( d'unappui Balbaud. Nous avons sur cette
( M.
des desseins incompatibles
(r puissance
et homme d'honneur: ces deux
(1) Royaliste
; la révolution franmots ne sont pas synonymes; devait penser de ces
caise nous a appiris ce qu'on
rayalistes, hommes d'honneur! --- Page 87 ---
(79)
(r avec ceux que vous proposez ; elle doit
( être la première punie de la coalition
( formée contre la France.
( Le Député. Comment?
( M. Galbaud. En s'emparant de son
4 territoire.
K Le Depute. Vous attendez donc de
( grandes forces; car une guerre nouvelle
( avec les Espagnols, lorsque nous ne
( sommes pas en état dc résister auxescla-
( ves, me parait une folie aussi absurde
( que dangercuse.
(t M. Galbaud. Pas aussi absurde que
( vous le pensez ; est-il impossible de
( réunir tous les nègres révoltés, en les
( rendant libres, d'en faire une armée
(C formidable, 9 appelée à la conquète de
(( l'ile entière età de plus hautes destinées ?
( Le Députe. J'ai bien entendu parler
( vaguement d'une entreprise à peu près
a pareille 1 mais je n'ai pu croire qu'on
( désirât serieusement la mettre à exécu-
(e lion.Jene me serais pas doutéque vous,
(I colon, voulussiez concourir à un plan
( formé pas les commissaires, et qui sans
( rien changer au cours des événemens
( d'Europe, vous ferait exécrer de la
( colonie dont vous auriez causé la perte.
( M. Galbaud. Vous vous abusez; les
( commissaires ne sontpas les auteurs du
a projet; je ne me conforme point à leurs
E4
irât serieusement la mettre à exécu-
(e lion.Jene me serais pas doutéque vous,
(I colon, voulussiez concourir à un plan
( formé pas les commissaires, et qui sans
( rien changer au cours des événemens
( d'Europe, vous ferait exécrer de la
( colonie dont vous auriez causé la perte.
( M. Galbaud. Vous vous abusez; les
( commissaires ne sontpas les auteurs du
a projet; je ne me conforme point à leurs
E4 --- Page 88 ---
( 80 )
mais j'obéis à des
vues que Tignare,
e ordres supérieurs.
a Le Député. D'oû partent-ils? du conseil
(r M. Galbaud. De France,
; la résolution a été
( eweeuiflui-mème;
lui, etilfaut
( irrévocablement prise par
( à tout
prix quesa Solonitescompiue.
Le député, d'apres cet eutretien, jugea
avec raison que tous les efforts des colons
pour parvenir à un résultat avantageux, lenseratentinatles;ce. quifutconfirmet
demain par l'arrestation de M. Galbaud,
d'après un ordre des commissaires quile
constitua prisonnier Sur la flâte la Normande. Le gouverneur général réclama
vivement l'élargissement de son frère, ou
qu'il fût traduit devant une cour martiale
pour être jugé. Ses réclamations furent
inutiles, on ne l'écouta point, etlui-même
quelques joursaprès futdestitué de sa place
sur le même bàtiet constitué prisonnier des Gonaives ne fut
ment. Le dépulé
il fut aussi arrêté pas et
plus heureux, car
conduit en prison.
L'arrestation de MM. Galbaud produisit
et même del'effervesune grandesensation tout semblait annoncer
cence an Cap, ,et
soit
une crise prochaine,
personne, necherchait à G2
crainte, soit par
tmeder
tourner. Le danger cependant était pres- de
sant. Une foule de mulàtres accourus --- Page 89 ---
(81) )
de la colonie, servaient de
tous les points
Ces
cortège anx commissaires. des dictateurs enrsmne
protégés sparle pouvoir mettaient plus de
thonax ct Polverel, ne
elles furent
bornes à leurs préténtions ,
fut obligé
poussées à un tcl point, qu'on
Des
d'employer la force pourles lieu réprimer. aussi entre
querelles assez vives eurent et du sang fut
les marins ct les mulâtres,
tous les
répandu ; la fermeutation gagna
batimens de la rade. cruellement vexés par
MM. Galbaud, et brilant de se venger,
les commissaires,
des circonstances
se hâterent de profiter
des marins
pour exciter le ressentiment Ce qui leur
contre Santhonax etPolverel. la rade était
fut d'autant plus facile que
Une
remplie de proscrits et de mécontens.
à
insurrection parut être le seul moyen
sortir d'une état de choses
employer
alarmant.
de jour enjour plus
la
on savait
que
PELEEE
D'ailleurs
pertinenunent
résolution avait été prise par les commis- et
saires de détruirela ville et la colonie,
al'exécution de leurs propour préluder ils avaient commencé, par une projets, clamation, à demander aux négocians une
soinme de 600,000 fr. pour les pressans be- ils
soins du gouvernement, et pour laquelle des autres.
devaient être solidaires les uns demander
On n'est jamais bien reçu à
E5
PELEEE
D'ailleurs
pertinenunent
résolution avait été prise par les commis- et
saires de détruirela ville et la colonie,
al'exécution de leurs propour préluder ils avaient commencé, par une projets, clamation, à demander aux négocians une
soinme de 600,000 fr. pour les pressans be- ils
soins du gouvernement, et pour laquelle des autres.
devaient être solidaires les uns demander
On n'est jamais bien reçu à
E5 --- Page 90 ---
(82) )
de l'argent à des personnes qui n'ont pas des
envie d'en donner; aussi la demande
commissaires produisit une telle impression, et une SI vive inquiétude demandaient surl'esprit avec
des colons, scrait qu'ils le terme se
de tant de cupieffroi quel
dité et de tantdevexations. une insurrection
Ce qui devaitaceélérer ainsi dire
tous les partis,
réclamée pour
furent le
ct surtout par les
entrue
ces derniers, des usages les
mépris, par
et la violation des lois les
plus essentielles respectés, et les plus sacrées pour la
plus stabilité et la tranquillité d'un gouvernementquelconque; d mais ce quiacheva,pour futle bruit
ainsi dire, d'exaspérerles esprits, déporterait
généralement: répandu les quel'on blancs. Les mulàindistinctement tous commissaires favotres, en outre, dontles
ambirisaient hautement les prétentions
à devenir propriétieuses, se préparaient
taires exclusifs. côté, les
marD'un autre
capitaines l'ordre des
chands retenus en rade par indignés d'un
commissaires, et justement le convoi à devenir la
retard qui exposait cédèrent aux insinuaproie des Anglais,
à qui ils
tions du gouverneur général,
promirent Tappui de leurs donnée équipages. à tous les
D'après l'impulsion devait s'attendre à des désoresprits, on --- Page 91 ---
(85 )
dres. Tous les jours il y avait des provocations entre les marins et les mulàtres. Un matelot ne pouvait descendre à
terre sans être insulté. Des rixes violentes
etinême des combats eurent lieu sur le
rivage. Des plaintes graves furent portées
(
aux commissaires contre les mulâtres ;
mais comme ce n'était pas l'intérêt des
proconsuls de Saint-Domingue de réprimer les attaques offensives des hommes de
couleur, toutes les dispositions qu'ils prirent, furent de défendre à tous les marins de descendre à terre après sept heurcs du soir.
On doit présumer facilement qu'une
pareille consigne révolta les principaux officiers de la marine. Irrités de se voir sacrifiés à dcs mulâtres, ils envoyèrent une
députation d'officiers des différens vaisseaux à la commission civile, pour connaitre la cause d'une pareille consigne.
Les commissaires, qui étaient en ce moment occupés à organiser une fête patriotique, ne voulurent point recevoir la députation. Les états-majors de la rade en
envoyérent une seconde, persuadés
les commissaires n'oseraient refuser de
recevoir, et par suite que la consigne serait levée. Cette seconde députation ne
fut pas plus heureuse que la première, et
revint sans avoir rien obtenu.
E 6
ile, pour connaitre la cause d'une pareille consigne.
Les commissaires, qui étaient en ce moment occupés à organiser une fête patriotique, ne voulurent point recevoir la députation. Les états-majors de la rade en
envoyérent une seconde, persuadés
les commissaires n'oseraient refuser de
recevoir, et par suite que la consigne serait levée. Cette seconde députation ne
fut pas plus heureuse que la première, et
revint sans avoir rien obtenu.
E 6 --- Page 92 ---
(84)
Le lendemain les équipages des bàtirade
l'ordre d'arrêter et
mens eu
reçurent
Cet ordre,
de livrer les contre-amiraux. despotique de la
aussi impolitique que révolta tous les
part des commissaires,
à l'exécuter.
marins,
se refusèrent
et sans
était à son comble,
une troisieme députation
FERAL
plus balancer, des commissaires, escorse rendit auprès
bien détermitée de plus de cent marins, même Santhonés à enlever dans Tinstant
à refunax et Polverel, s'ils s'obstinaient
ser la levée de la consigne.
Ces derniers curent peur; voyant ils voulu- qu'ils
avaient pris une fausse mesure, avaient
rent l'excuser; en avouant qu'ils et des
étéit trompés par de faux rapports
injustes contre les états-majors de
soupçons des vaisseaux; et qu'ils s'efforceraient des
faire oublier les uns et les autres par
d'estime et de confiance;
ténoignages
avec une pro-
( on doit, ajouterent-ils croire d'autant
e fonde hypocrisie,
d'après lcs REE
( à notre sincérité, que,
nous n'avons
( res récemment l'arrivée acquises, de la députation
( pas attendu
consigne dont le cie pour lever une des officiers de la maa visme éprouvé raison de s'indigner.
* rine avait eu
tramée par
Cependant la conjuration suivait toules marins dans la rade, se --- Page 93 ---
(S5)
jours avec chaleur. Les contre-amiraux à la
pour nc pas s'en rapporter
Tenae foi et aux protestations de Santhonax et Polverel, et révoltés de l'audace
sans cesse croissante des mulâtres, étaient
bien résolus à en venir à un coupde main,
pour mettre fin à une lutte depuis longtems prolongée entre eux ct les commissaires.
hâta le moment
Un événement imprévu
à
de linsurrection. Un matelot altendait
la cale la chaloupe de son bord; attaqué par trois mulàtres, il se défendait courageusement. Mais que peut le courage
contre le nombre et la force des assaillans?
Prêt à être assommé par ces misérables, d'un
it'alla se réfugier dans la bontique
tiilleur; ceux-ci l'y poursuivirent, et se
de
Le tailmirent en devoir
Y'erarracher. acharleur témoin et indigné d'un pareil
Les
nement, prit la défense du matelot.
mulâtres, sans avoir égard à ses
et
forcenés,
AENNTs
toujours plus
s'appréiérent
forcer l'entrée de sa maison. Celui-ci crut
devoir opposer de la résistance, il prit Les
son fusil, croyant leur en imposer.
mulatres abandonuerent alors le matelot,
pour se jetter sur son défenseur, qu'ils désarmèrent facilement, son fusil n'étant
de
"#:
charge; et non contens
l'injurier,
lui portèrent plusieurs coups de sabre,
és,
AENNTs
toujours plus
s'appréiérent
forcer l'entrée de sa maison. Celui-ci crut
devoir opposer de la résistance, il prit Les
son fusil, croyant leur en imposer.
mulatres abandonuerent alors le matelot,
pour se jetter sur son défenseur, qu'ils désarmèrent facilement, son fusil n'étant
de
"#:
charge; et non contens
l'injurier,
lui portèrent plusieurs coups de sabre, --- Page 94 ---
( 86 )
dont les blessures l'obligérent à aller à l'hopital, oû il resta deux ou trois mois.
Cet attentat, dont on ne poursuivit
point la punition, fut le signal de l'insurrection. La fureur des matelots était à son
comble; et les murmures du peuple se firent entendre de toutes parts.
Legénéral Galbaud,instruitde, tout cequi
se passait au Cap, ct témoin de la fermentation qui agitait les marins dans la rade,
après un entretien avec le commandant
des forces de mer, crut que le moment
était arrivé de commencer les hostilités.
En conséquence - 9 il publia une proclama- motifs
tion, dans laquelle il exposait les
quile délerminaient à résister aux commissaires, et à reprendre une autorité dont
ces derniers l'avaient dépouillé injustement. Bientôt on le vit arriver à bord du Jupiter, avec son frère, suivi de quelques
soldats. Son premier soin fut de haranles matelots de tous les bâtimens de
guer et de comnierce qui étaient en ce
guerre moment rassemblés sur ce vaisseau, et
d'énumérer les griefs qu'il avait contre les
commissaires, ct de manifester ensuite la
résolution de se venger d'eux.
ensuite
L'adjudant-géneral Galbaud prit
la parole, et dans un discours travaillé
les crimes'des comavec art, il récapitula --- Page 95 ---
(87 )
missatres, en invitant les équipages à seconder leur entreprise,
tendait avec
le concours des blancs, "" les soustraire
tous au joug, dont on voulait les accabler;
puis it s'écria :
a Vons le devez d'antant plus que la
a France vous a confiéle soin de défendre
a sa colonic la plus imporl. nte. Non,
a vous ne tromperez pas son espoir ; I'hona neur du nont français ne sera pas flétri
( par Vous. Je ne parle pas de vos injures
e personnelles. Si le despotisme de nos
a communs ennemis s'élait borné à des
a outrages qui vous fussent particuliers,
a je vous engagerais à faire au public le
a sacrifice de votre ressentiment. Mais ce
a-n'est pas vous seuls qu'ils oppriment;
e leur tyrannie pèse galement sur tous
a les colons. Ils tendent à l'entière suba version de cette ile malheureuse. Mona trez-vous donc les défenseurs d'un pays
( que deux monstres cherchent à détruire,
a et soyez sûrs que vous trouverez autant
( de personnes quiapplaudiront ou cona courront au succès de vOs efforts, qu'il
( y a de blancs en France et dans la coa lonie. - >
Ce discours fit la plus vive impression
sur les marins et les matelots des divers
balimens, qui, comme nous l'avons déjà
dit, étaient rassemblés sur le vaisseau
heureuse. Mona trez-vous donc les défenseurs d'un pays
( que deux monstres cherchent à détruire,
a et soyez sûrs que vous trouverez autant
( de personnes quiapplaudiront ou cona courront au succès de vOs efforts, qu'il
( y a de blancs en France et dans la coa lonie. - >
Ce discours fit la plus vive impression
sur les marins et les matelots des divers
balimens, qui, comme nous l'avons déjà
dit, étaient rassemblés sur le vaisseau --- Page 96 ---
(88 )
amiral. Sem-sideredeurdanilern navires
respectifs, rapportèrent ce qu'ils avaient
vu et entendu. De cet instant, les
pagesde tous les bâtimens en rade, suivi- équirent l'exemple de cclui du Jupiter; les
commandans de tous les navires ayant été
mis en arrêt dans leurs chambres, M. Galbaud commanda seul en rade.
Ce général ayant convoqué une assemblée des capitaines des bâtimens
chands, leur tint.ce discours :
mar-
( Jene vous retracerai point ici tous
( attentats des commissaires contre la les
( lonie et surtout contre les marins, co-
( les connaissezaussi
vous
e Le moment est arrivé bienque de nous moi-même. affranchir
( du joug de ces
( métropole
despotes 9 accourus de la
pour ravager
( ils ont jurénotre
St.-Domingue; c'est
( la prévenir; le moindre perte 1
à nons à
retard
( gerait le danger: vous êtes tous prolon-
( sés à faire cesser un ordre de choses intéres-
(r compromet votre sûreté et celle de qui
( colonie : j'ai donc lieu
la
(
d'espérer
vous me seconderez dans une
que
( aussijuste qu'indispensable, entreprise
( ct par votre assistance : la résistance parvos avis à
e T'oppression estleplus saintdes devoirs.n
Cette harangue produisit l'effet
devait alors en attendre. Tous les capitaines qu'on
offrirent au général leurs
une entreprise dont le succès équipages devait pour
as- --- Page 97 ---
(89)
surer le bien et les intérêts de tous. Un
ensuite la parole, et
des capitaines prit
s'exprima ainsi :
( Assez ct trop long-tems nous avons
sous le
des commist
gémi
despotisme doit éciairer notre
( saires ; le jour qui enfin arrivé; et
(f allfranchissement est
dit le
-. 7
(t comme l'a très - bien
général
à consulter que notre
( nous n'avons plus
délivrerde la tyran-
(( courage, pour nous barbares, et qui n'ont
( nie de proconsuls la
On va nous
t de T'homme que
figure.
( traiter de rebelles : ; mais où ily a oppresil
a
de rebellion : et la
e sion, n'y doil point enfin atteindre ceux qni
( vengeance violé les droits les plus sacrés de
( ont
( Thumanité. ))
des esprits, tout
D'après T'exaspération
du général
sembla favoriser V'entreprise
Galbaud. On ignorait absolument au Cap
ce qui se passait dans la rade, les communications ayantété interrompues depuis
deux jours entre la terre et la mer.
Que faisaientp pendant ce temps les commissaires 2 Ils parurent ignorer la conjuration quis'était tramée dans la rade, persuadés qu'elle ne pouvait tourner qu'à la perte
des conjurés.
tous les
Cependant, 9 le 20 juin 1795 (1),
(1)Tous les détails qui suivent, sont extraits du
Moniteurd de Saint-Domingue, année 1793.
la rade, les communications ayantété interrompues depuis
deux jours entre la terre et la mer.
Que faisaientp pendant ce temps les commissaires 2 Ils parurent ignorer la conjuration quis'était tramée dans la rade, persuadés qu'elle ne pouvait tourner qu'à la perte
des conjurés.
tous les
Cependant, 9 le 20 juin 1795 (1),
(1)Tous les détails qui suivent, sont extraits du
Moniteurd de Saint-Domingue, année 1793. --- Page 98 ---
(go )
bâtimens marchands ayant reçu l'ordre de
se retirer au fond dela laie, on vit s'avancerles vaisseaux le Jupiter et PEole
s'embossèrent devantle
A la vue qui de
ces deux vaisseaux prêts Cap. à foudroyer la
ville,et d'une foule d'embarcations chargées de soldats et de matelots armés,
l'effroi et la consternation se
dans toute la ville. Ils redoublerent, répandirent lorsqu'à trois heures après midi le général
Galbaud fit tirer un coup de canon, et
hisser un pavillon bleu, signal convenu
du départ des troupes; lui-même s'embardans une chaloupe; son frère le suivit
un
gpa.
grand canot. Une multitude
d'antres enlarcationeparticse sen même tems
de tous les bâtimens, allèrent. aux différentes cales qu'on leur avait indiquées.
M. Galbaud descendit sans obstacle aux
cris mille fois répélés de vive la nation, et
marcha aussitôt vers la maison du gouvernement. Pendant gn'il s'avancait
les
rues du Conseil et de
par
colonne comiandée Sainte-Marie, une
marine montait
celle par un officier de
par
Notre-Dame.
D'un autre côté, l'adjudant géneral Galbaud se porta vers le champ de Mars, où
ayant trouvé les mulatres, illes
et
les mit en fuite:n mais il paya
attaqua
car,
chercesuccès;
ayant donné dans un
dressé
la Irahison, et qu'il aurait piège
par
fut desarmé et conduitau pu éviter, il
gouvernement, --- Page 99 ---
(91 )
d'oi les commissaires le firent trainer
chargé de chaines au Hant-Cap.
Pendant
ces événemens avaient licu
au champ a Mars, la colonne conduite
à la
par le général Galbaud, parvenue
place Monstarcher, aperçut les volontaires
qu'elle prit pour des ennemis. Ceux-ci
fusillés d'un côté par' les mulâtrés postés
au coin du couvent des religieuses et dans
lc jardin du gouvernement, et de l'autre
par la colonne du général Galband, furent
obligés de céder le terrain à la colonne de
M.de Beaumont, officier de marine. Celuici força la grille du jardin, et dispersa les
mulâtres; parvenu à la seconde grille 2 il
en allait franchir le seuil, lorsquil fut atteint d'une balle qui lui fracassa le genou,
au inoment où ilallaitse rendre maitre des
commissaires: : ceux-ci se crurent un
moment perdus sans retour, et Polverel
parlait déjà de fuir ou de se rendre; mais
Santhonax, plus ferme et plus résolu,jugea
que les choses n'étaient pas aussi désespérées que le croyait son collegue, et que"
cette multitude indisciplinée se disperserait d'elle-mème, si on résistait à son
premier choc. Ce qui confirma qu'il ne
s'était point trompé dans ses conjectures,
c'est que la coloune de M. de Beaumont,
privée deson chef, se mit aussitôt en retraite. Les matelots regaguèrent en cou-
ax, plus ferme et plus résolu,jugea
que les choses n'étaient pas aussi désespérées que le croyait son collegue, et que"
cette multitude indisciplinée se disperserait d'elle-mème, si on résistait à son
premier choc. Ce qui confirma qu'il ne
s'était point trompé dans ses conjectures,
c'est que la coloune de M. de Beaumont,
privée deson chef, se mit aussitôt en retraite. Les matelots regaguèrent en cou- --- Page 100 ---
(92)
rant le hord de la mer. Les de volontaires, Mars
quis'étaient portés au champ Galbaud, Sout
soutenir l'adjudant géneral
se
la defaite et Parrestation.,
ils ignoraient
les mulâtres embusvoyant fusillés les par maisons voisines, ayant
quiés dans chefet trois des leurs, crurent
perdu leur
retraite, et de
devoir faire une
s'insretou ner aubas
la ville, pour
N"Tra
et recevoir des
truire des éveneinens,
ordres; ayant trouvé - le général Galbaud ils se
à T'arsenal dont il s'était emparé, maitre
rallièrent à sa colonne. Ce géméral,, l'artilledel'arsenal, ayant à sa disposition
les vivres, ct conservant
rie, les munitions,
avec la rade, était
ses communications très-favorable ; mais
dans une position inepte, il ne sutpasprofiter
naturellementiv du moment. Les commisdes avantages habiles que lui, résolurent de
saires, plus
décisif. Dans un
frapper enfin un coup il fut arrêté qu'on
conseil qu'ils tinrent, noirs aux blancs, en enrolant
opposernitles les esclaves de bonne volonté; ceux
tous
furent armés dans la
même des prisons leur fit
de défendre
nuit, et on
contre jurer les aristocrates -
les commissaires dela liberté qui ileur futaccordée
pour prix Ce
contribua le plus aux
a l'instant.
qui Santhonax el Polverel,
succès qu'obtinrent des habitans du Cap.
futl l'apathie --- Page 101 ---
(95)
Quoi qu'il en soit, les deux partis se
préparérent à en venir une seconde fois
avoir ralliéses
aux mains; ;le général,apres
militaires
troupes,et fait ses dispositions
et
tant bien
mal; se mit en marche,
s'avanca alnc la ville. Quoiqu'à la tête de
farcesimmposantes.l commenca à éprouver
degraudes résistances : chaque rue, chaque
carrefour devint le théàtre d'un combat; de
toutes les maisons partail une fusillade non
interrompnc qu'il fallait faire taire; ce qui
gênait tous ses mouvemens 1 et arrétait
l'impétuosité de ses troupes. Néanmoins, le
ayant poussé jusqu'à la place d'armes,
général Galbaud fut attaqué vivement par
les mulâtres et les troupes de ligne, 1 qui
s'étaient alors rangées du côté des commisAu
choc les matelots se désaires. bandèrent, premier et sourds à la voix deleur chefs
abandonnèrent lâchement; on les
qu'ils
livrés au
vit 2e courir aux magasins Les qui soldats furent de la maplus affreux pillage. l'exemple des matelots; le
rine suivirent
du
Galbaud,
reste de la colonne
général
ces derne se voyant plus secondée désordre sur par l'arsenal,
niers, 2 se replia en
Inombred'homaprès avoir perduun grand
mes. Tout n'était pas encor désespéré sile
général eût su conserver son sang-froid.
Mais soit lâcheté 2 soit terreur panique,
soldats furent de la maplus affreux pillage. l'exemple des matelots; le
rine suivirent
du
Galbaud,
reste de la colonne
général
ces derne se voyant plus secondée désordre sur par l'arsenal,
niers, 2 se replia en
Inombred'homaprès avoir perduun grand
mes. Tout n'était pas encor désespéré sile
général eût su conserver son sang-froid.
Mais soit lâcheté 2 soit terreur panique, --- Page 102 ---
(9i)
il prit lui-même la fuite, et courut vers la
cale, en criant que tout était perdu saus
ressource; et biebtotabandomnant. sa petite
armée, il gagna avec la plus grande
pitation le rivage.
préciDans la situation déplorable oir se trouvait la ville, il n'etait guères
d'arrêter le mal. Neanmoins, plasieurs possible
s'imaginant qu'ily avait encore du colons,
voulurent, malgré l'absence du remede,
faire de nouvelles tentatives
général,
dre maitres de la ville: efforts pour se renLa confusion régnait partout, impuissans! et
seule du pillage animait les soldats l'ardeur et les
matelots qui, chargés de butin, ne
que de retournerà bord.
parlaient
Tout devait faire présumer
le
ral Galbaud reviendrait à
que génd
terre, 1 ne fut-ce
jer.haei ordonner et diriger une retraite
indispensable. Onse
nement lui représenta-t-on que trompa;vai- les blancs
daikntiepaiatepartaut: il fut sourdàtoutes les représentations; on lui démontra la
necessité de faire une troisième
il persista à rester à bord, sans tentative;
des malheurs qui allaient fondre s'inquiéter sur la
ville du Cap: Tout ce qu'on put obtenir de
lui, ce fut de le décider. à revenir sur le
Jupiter; làilse mit à
et à lui débiter toutes hwrangmerieqsipage les sottises révolu- --- Page 103 ---
(95)
tionnaires accontumées, comme ill'avait
fait précédemment.
dans la situation
Tout autre homme,
critique ou était réduite la ville du
eût
des mesurcs
pati
pris
désastres énergiques affreux
elle
faire cesser les
Norea
était menacée ; il se contenta d'ordonner
des renforts pour le poste de Parsenal.
Tandis que l'on se contentait de haranguer et de délibérer, 1 les commissaires faisaient donner l'ordre aux noirs
d'incendier la ville et de massacrer tous les
blancs sans ditsinction d'âge ct de sexe:
c'estle voeu, disaient-ils, dela Franceetde
ses délégués. Cet ordre n'eut pas besoin
d'être répété: on vit soudain les nègres et
les mulâtres s'élancer dans les maisons, la
torche d'nne main erle sabre de T'autre;
mettre le feu aux meubles et aux matières
les plus combustibles, et égorger impitoyablement tous ceux qui, par la fuite, ne
s'etaient pas dérobés à leur fureur. Bientôt
descoleresdunefunde épaisse et noirâtre,
annoncèrent au loin les ravages de l'incendie. En moins de deux heures, les rues de
Vaudreuil et d'Anjou furent dévorées par
lés flammes.
Tout faisait présumer que l'incendie cesserait à la Fossette, faute d'alimens; mais
on fut cruellement détrompé, car sur le
soir une brise violente vint donner aux
leur fureur. Bientôt
descoleresdunefunde épaisse et noirâtre,
annoncèrent au loin les ravages de l'incendie. En moins de deux heures, les rues de
Vaudreuil et d'Anjou furent dévorées par
lés flammes.
Tout faisait présumer que l'incendie cesserait à la Fossette, faute d'alimens; mais
on fut cruellement détrompé, car sur le
soir une brise violente vint donner aux --- Page 104 ---
(96 )
flammes une direction nouvelle et une du
activité si effroyable, que toute la ville
qu'un vaste embraseCap ne parut plus
ment.
affreux ! s'écrie un des
( Quel spectacle
incendie;
& témoins de ce déplorable dela nuit
les ténébres
disparurent
( bientôt
clarté funebre. Des vais-
< devant cette la rade où ils s'étaient réfugiés,
R seaux de
cherchaientagewir, les
( des mornes qu'ils entendaient le bruit du
K infortunés colons hurlemens des esclaves réK canon,, les chûte de leurs maisons consu-
( voltés,la les flammes, et les cris lamen4 mées parl
ct de leurs amis
a tables de leurs parens blancs. Iisemblaitqu'une
( égorgés parles
la plus violente
K mer de feu, agitée par ses flots et exerçait
( tempète, dirigeait la malheureuse ville du
A ses ravages milieu sur des ruines et des cada-
( Cap. Au
réduites au
(
personnes,
vres, quelques n'curent pas le courage d'at-
( désespoir,
devant de
( tendre la mort et volèrentau se brula
Un riche négociant
( ses coups.
autre termina ses jours
K la cervelle; un
ce qui ne peut être
4 par le poison; et, ce
aura de
a raconté sans frémir,
dont le
une
8Net
a la peine à croire, d'être massacré à ses côlés,
K mari venait
attacha à sa ceinture
a furieuse,, éperdue,
dans
de trois a ns quelle portait
4 l'enfant
ses --- Page 105 ---
(97 )
ses bras, et se précipita avec lui dans
a mer. >
-
Tel fut le tableau affreux et déchirant
e présenta la ville du Cap le 24 juin
3,et qui n'étaitquele prélude des detres qui devaient porter l'épouvante ct
lésolation dans toute la colonie.
Ce même jour, au soir, une proclaman des commissaires fut publiée dans la
le, enjoignant - aux matelots et aux
rins d'arrêter M. Galband, et de le
aduire prisonnier sur lebatimentf".dmea.
1] peine ce général en fut-ilinformé, ,qu'il
mit à haranguer l'équipage, en lui faiit part du malheur dont il était menacé.
On veut, poursuivit-il, me livrer à ces
hommes (les commissaires ) qui ont réluit en cendres la ville du Cap, qui veulent ruiner la France par la perte de sa
colonie la plus importante. Ferez-vous
un crime à celui qui a cherché à
venir tous ces maux? trabirez-vous
P"É
gouverneur, à qui vous aviez promis
d'obéir? livrerez-vous à des monstres
teints du sang de nos frères le général
que vous aviez choisi pour marcher à
votre tête, 7 quin'aurait pas trompé votre
espoir, si les citoyens du Cap, pour - lesquels nous avons voulu nous sacrifier,
avaient montré autant de zèle à nous seSt.-Domingue.
F
venir tous ces maux? trabirez-vous
P"É
gouverneur, à qui vous aviez promis
d'obéir? livrerez-vous à des monstres
teints du sang de nos frères le général
que vous aviez choisi pour marcher à
votre tête, 7 quin'aurait pas trompé votre
espoir, si les citoyens du Cap, pour - lesquels nous avons voulu nous sacrifier,
avaient montré autant de zèle à nous seSt.-Domingue.
F --- Page 106 ---
(96)
flammes une direclion nouvelle et
toute la ville
activité si effroyable 1 que vaste embra
Cap ne parut plus qu'un
ment.
affreux ! s'écrie un
a Quel spectacle
incen'
a témoins de ce déplorable dela nuit disparu
ténébres
( bientôtles
clarté funebre. Des v
( devant de cette la rade où ils s'étaient réfug
( seaux
cherchaientagravis
A des mornes qu'ils entendaient le brui:
K infortunés colons
des esclaves
( canon, les hurlenens de leurs maisons con
K voltés,la chûte
et les cris lan
& mées par les flammes, ct de leurs a
a tables de leurs parens
blancs. Isemblaitqu':
a égorgés parles
la plus viole
- mer de feu, agitée par ses flots et exer
( tempète, dirigeait la malheureuse ville
4 ses ravages sur des ruines etdes ca
( Cap. Au milieu
réduites
(
vres, quelques personnes, le courage d'
n'curent pas
( désespoir, la mort et volerentau devan'
( tendre
Un riche négociant se br
( ses coups.
autre termina ses jo:
4 la cervelle; un
è
et, ce quine peut
< par le poison; frémir, ce qu'on aura
a raconté sans
une fenme dont
( la peine à croire, d'être massacré à ses côle
( mari venait
attacha à sa ceintr
a furieuse,, éperdue,
da
de trois a ns quelle portait
G l'enfant
a --- Page 107 ---
(97 - )
ses bras, et se précipita avec lui dans
( la mer. >
Tel fut le tableau affreux et déchirant
que présenta la ville du Cap le 24 juin
1793,ct qui n'étaitquele prélude des desastres qui devaient porter l'épouvante ct
la désolation dans toute la colonie.
Ce même jour, aut soir, une proclamation des commissaires fut publiée dans la
rade, enjoignant * aux . matelots et aux
marins d'arrêter M. Galbaud, et de le
conduireprisonnier sorlebatiment.f4fmerica.
Apeine ce général en fut-ilinformé, qu'il
se mit à haranguer l'équipage, en lui faisant part du malheur dont il était menacé.
( On veut, poursuivit-il, me livrer à ces
( hommes (les commissaires) qui ont ré-
( duit en cendres la ville du Cap, qui veu-
( lent ruiner la France par la perte de sa
( colonie la
importante. Ferez-vous
a un crime à
qui a cherché à préPeaur
( venir tous ces maux? trabirez-vous le
( gouvernenr, à qui vous aviez promis
( d'obéir? livrerez-vous à des monstres
( teints du sang de nos frères le général
( que vous aviez choisi pour marcher à
( votre tête, quin'aurait pas trompé votre
0 espoir, si les citoyens du Cap, pour les-
( quels nous avons voulu nous sacrifier,
( avaient montré autant de zele à nous seSt.-Domingue.
F
venir tous ces maux? trabirez-vous le
( gouvernenr, à qui vous aviez promis
( d'obéir? livrerez-vous à des monstres
( teints du sang de nos frères le général
( que vous aviez choisi pour marcher à
( votre tête, quin'aurait pas trompé votre
0 espoir, si les citoyens du Cap, pour les-
( quels nous avons voulu nous sacrifier,
( avaient montré autant de zele à nous seSt.-Domingue.
F --- Page 108 ---
(98).
vous avez déployé d'ardeur
( conder, les que servir et lcs défendre? >
( pour Cettc espèce de discours,quidtait, propre
les inatelots et les soldats de la
à séduire lui atura le mépris de tous les ofmarine .1
en dernier résultat,
ficiers. Cependant, à la proclamation
on n'eut aucun égard M.Galbaud fut maindes commissaires.eil
du vaisseau
tenu dans le cominandement
le Jupiter. conseil de
qui fut tenu
Dans un
guerre, avoir beausur le même vaissean, après
aussi abdivagué sur des questions
arrôta
ridicules, l'assemblée
SeeI.d que
ct la poudrière seenfin que les magasins enclouerait les canons
raient vidés, qu'on scrait libre à lous les hadu fort, et quil
retirer sur la flotte,
bitans du Cap de se
lendemain.
dont on fixa le départ au
avons extrait
Le même témoin dont donne nous le dernier
les détails précédens, tableau des désascoup de pinceau du au
dans le passage
tres de la ville
Cap,
suivant:
triste que fàt le sort de la
a Quelque blanche réfugiée à bord des
e population n'élait pas comparable aux
( vaisseaux,il de tout genre éprouvés par
outrages était entassée aux casernes ou
( celle qui dans les savanes du Haut-Caperrante Toutefois les injures, les menaces, les --- Page 109 ---
(99)
et les
étaient les moindres
e fers
coups Une fain dévorante et
(I de ses maux.
la vue des alimens réa qu'ireitait encore
livraitles blancs
( servés aux seuls nègres,
ne
se dé-
( à des tourmens qui
peuvent
( crire, ct qu'il fant avoir subis pour en
horreur. Quel-
(e concevoir P'épouvantable
entrainées
( ques femmes invinciblement
maternelle, ne
a par la tendresse
enfans exténués pou-
( vant plus offrir à leurs
oserent
e qu'un sein flétri et desséché, terrible
( les présenter, mourant du plus
aux commissaires et aux
a des supplices,
d'eux;
( généraux qui se trouvaient près
( les monstres furent sans
sans en-
(
ils virent d'un
sec la pâleur
TRE
trailles;
des mères ils entendirent
4 et les larmes
;
les
et les priè-
( sans émotion
gémissemens innocentes vicK res de tant de jeunes et
à
la calomnie
( times. Bientôt joignant
ils
à la férocité,
C l'outrage, le blasphème
l'infortune
( ne crurent pas assez grande
et se fi-
( de ceux qui les imploraient,
< rent un barbare plaisir de l'augmenter, di-
( en disant que le jour de la justice
a vine était enfin arrivé, ou, par sa des-
( truction totale, la popalation blanche
( allait enfin expicr le crime dont depuis
G long-tems elle se rendait coupable.
La flotte qui portait les malheureux COlous, pouvait ètre incendiée par les agens
F 2
( ne crurent pas assez grande
et se fi-
( de ceux qui les imploraient,
< rent un barbare plaisir de l'augmenter, di-
( en disant que le jour de la justice
a vine était enfin arrivé, ou, par sa des-
( truction totale, la popalation blanche
( allait enfin expicr le crime dont depuis
G long-tems elle se rendait coupable.
La flotte qui portait les malheureux COlous, pouvait ètre incendiée par les agens
F 2 --- Page 110 ---
( 100 )
des commissaires, si elle restait
teins en rade; en conséquence M. plus de long- Sercey,, chargé d'escorter le convoi, fit le
signal d'appareiller. Le lendemain le convoi tout entier, portant les restes de la
population blanche, fit voile pour le continent de T'Amérique, et mit quatorzejours
pour se rendre à la baye de
M. de Cambis, qui commandait Chesapeack. le
ter, â la place de M. Galbaud,
Jupi- était
devena un être à
près nul, avait qui
cédé la flotte de
heures. Arri- préve au
Earcue
Cap-Henri, i dépècha aussitôt un
officier de cette ville à Norfolck,
prévenir le magistrat et le consul de pour la
République Française, de l'incendie du
Cap, et du désastre général de la
barenMlanchedenerdges
popuforcée
Saint-Domingue,
d'émigrer aux Etats-Unis, et au secours de laquelle il était urgent de venir, si on voulait l'empècher de
de
maladie ou de misère. Les habitans périr de
Norfolck et de Portsmouth, touchés de
compassion à la vue de ces infortunés,
échappés à l'incendie de leur ville, et au
fer des nègres, s'empressèrent,
contribution qui fut faite,
dire une
à
pour
.les
l'inslant, à procurer, des
aux plus nécessiteux.
soulagemens
Les membres de la légation
ne suivirent pas un sibel exemple. française Imbus --- Page 111 ---
( 101 )
des principes révolutionnaires, partisans
de la liberté des noirs, et applaudissant
aux nesurcs incendiaires de Santhonax
ei Polverel, ils mirent en délibération si
Pon accorderait des secours an malheur.
La délibération ne fut pas longue, elle se
borna à l'établissement de deux hopitaux
pour les malades de la flotte. Le reste fut
abandonné aux soins de la providence.
Heureusement que cette providence fut
hunaine que la légation française.
Pluy Etats de Maryland, de Virginie, de
Pensylvanie, des Carolines, de NewYorck, de Massachusset, et même un
grand nombre d'autres villes, décréterent
descontributions pour ces infortunés : une
foule d'âmes bienlaisantes, sans être dans
T'aisance, y ajoutèrent le sublime denier
delaveuve.
Les blancs qui avaient fui la persécution, ou plutôt la mort qui leur était réservéc, ne durent plus regretter la ville du
Cap; elle n'existait plus; le feu l'avait
prexqu'entitrement détruite; elie ne présentait plus aux regards attristés qu'un
amas de cendres et de décombres; un silence effrayant, image de celui des tombeaux, planait sur des ruines encore fumantes; les rues étaient jonchées de cadavres, dontles uns étaient en partie consumés parles flammes, et les autres à moitié
F5
leur était réservéc, ne durent plus regretter la ville du
Cap; elle n'existait plus; le feu l'avait
prexqu'entitrement détruite; elie ne présentait plus aux regards attristés qu'un
amas de cendres et de décombres; un silence effrayant, image de celui des tombeaux, planait sur des ruines encore fumantes; les rues étaient jonchées de cadavres, dontles uns étaient en partie consumés parles flammes, et les autres à moitié
F5 --- Page 112 ---
102 )
rongés par les chiens, et tous exhalant une
odeur infecte, capable de porter la m: rt
au sein des vivans. Jamais spectacle
hideux et plus horrible ne s'offrit aux plus regards humains. On aurait pu s'écrier
alors:
En campos ubi Troja fiuit.
Ce fut au milieu de ces décombres, de
ces ruines sanglantes, et aux cris mille
fois répétés de vive lar nation !vive la république ! que les commissaires Santhonax
et Polverel rentrèrent dans la ville du
Cap, le août 1795. Leurs premiers soins
furent a faire éteindre le feu concentré
qui fumait encore au milieu des ruines; les
blancs forcés alors à être les esclaves des
nègres, furent employés à déblayer les
rucs, à enlever les cadavres et aux travaux
les plus dégoutans. Rien ne fut épargné
pour rendre lcur condition malheureuse;
je mot d'hunanité était proscrit de toutes
les bouches; car depuis longtems ce sentimentn'existait plus dans les coeurs.
Le 2rjuin 1793, les commisairesavsient
fait une proclamnation qui donnait la liberté aux csclaves qui avaient pris le
et défendu les proconsuls de la
parti
On en fit des compagnies. Nous république. ferons
observer ici que cette liberté n'en existait --- Page 113 ---
(105 )
moins pour les autres, quoiqu'elle ne
Tc
proclamée.
Ncar avons déjà exposé que les chefs
des révoltés, d'une opinion contraire à
celle des commissaires, n'avaient jamais
voulu adlérer à leurs propositions. JeanFrançois et Biasson rejettérent continuellement leurs offres. Macaya, commandant .
du camp Robillard, eut une entrevue
avec Polverel. Ce dernier tâcha de le séduire
les promesses les plus flatteuses;
il eut Rastr le traiter de citoyen et le décorer du titre de général, Macaya fut insensible à toutes ses séductions ct promnesses. Le commissaire poussa le civisme
Qu plutôt l'indécence jusqu'à s'enivrer
avec lui; mais toutes les fois que le blanc
proposait deboire à la République, le noir
refusait, ou disait tout bas,à la santédu Roi.
En dernier résultat il répondit à toutes les
propositions de Polverel par ces mots:
( Jc suis obligé d'être fidele au Roi de
tr France'qui est mon père,etau Roid'Esa pagne qui réprésente ma mère. Indé-
( pendamment de ce devoir sacré, les
( sujets de trois Rois (1) descendans de
(1) Le troisième roi dont voulait parler Ma
caya, était celui de Congo. Dans 110S colonies,les
nègres ne reconnaissaient quc les rois de France,
d'Espagne et de Congo.
mots:
( Jc suis obligé d'être fidele au Roi de
tr France'qui est mon père,etau Roid'Esa pagne qui réprésente ma mère. Indé-
( pendamment de ce devoir sacré, les
( sujets de trois Rois (1) descendans de
(1) Le troisième roi dont voulait parler Ma
caya, était celui de Congo. Dans 110S colonies,les
nègres ne reconnaissaient quc les rois de France,
d'Espagne et de Congo. --- Page 114 ---
(104 )
conduits par une étoile,
( ceux qui, été adorer Thomme Dieu, ne
avaient
se faire de guerre entre
( peuvent pas
( eux. 1)
chefs des nègres, JeanLes prineipaux
François, Biasson, Toanpant-teurerture la liberté
proclamérento que,loin d'accepler
qui leur était offerte par les commissaires, ces
ils vengeraient le sang des victimes que
proconsuls. avaient si impitoyablement Jean-François et
versé. Ils tinrent parole:
l'Espagne,
Biassou firent la conquète, pour
des paroisses de l'est où de l'ouest, que
jusqu'alors ils avaient défendues. Le camp
de la Tannerie fut enlevé par Jean-Fran- maitre
çois, ct le mulatre Lesec se rendit dans la
de celui qui portait son nom
paroisse des Écrevisses.
c'est
Une chose digne de remarque, de com- que
Tes commissaires étaient obligés
la
battre les nègres pourleur faire accepler
liberté; ce qui contrariait révolution leur projet, dans
celui d'opérer Néannoins une grande ils en vinrent a
les Antilles.
que la résisbout, lorsqu'ils proclamerent
était un
tance des esclaves aToppresiob. n'avaient jamais
droit inaliénable qu'ils
pu perdre.
Santhonax, Polverel,
Quoiqu'il en soil, exerçait aux Cayes, les
et Delpech, qui commissaire civil par un
fonctions de --- Page 115 ---
(105 )
décret spécial de la convention, n'étaient
pas tout à fait d'accord sur l'époque et la
manière deproclamer la liberté des nègres.
Santhonax, qui élait au Cap, aspirant à
lhonneur de montrer l'exemple, fit le
premier une proclamation, où la liberté
générale n'était pas absolument restreinte,
fut à un certain point conInemnalr
Polverel, au Port-au-Prince, se montra
moins empressé; il ne dissimula pas à
Santhonax, les doutes qu'il avait sur la légalité de cette mesure.
( Avez-vous été libre, lui écrivait-il, de
a ne pas la prendre? Quelle liberté que
( celle des brigands ! quelle égalité que
( celle oû règne la seule loi du plus fort !
( Quelle prospérité peut-on espérer sans
( travail, et quel travail peut-on attendre
U des Africains devenus libres,sivous n'a-
( vez pas commencé à leur en faire sentir
( lar nécessité, enleur créantdesjouissances
( qui, jusqu'à présent, leur étaient in-
( connues..
))
Cependant Polverel ne laissa pas
de
reconnaitre aux esclaves les droits Sur citoyen dans toute la latitude du mot, et
une
leur
de
Rur
proclamation
promit
assarer des propriétés par le partage des
terres; ce qui était une espèce d'échantillon de la loi agraire.
n'a-
( vez pas commencé à leur en faire sentir
( lar nécessité, enleur créantdesjouissances
( qui, jusqu'à présent, leur étaient in-
( connues..
))
Cependant Polverel ne laissa pas
de
reconnaitre aux esclaves les droits Sur citoyen dans toute la latitude du mot, et
une
leur
de
Rur
proclamation
promit
assarer des propriétés par le partage des
terres; ce qui était une espèce d'échantillon de la loi agraire. --- Page 116 ---
(106 )
Delpech écrivit, le 8 août, à Polverel
qui lui avait envoyé ses proclamations :
K Je n'adopte ni vos mesures, ni celles
suis convaincu
la
G de Santhonax ; je
le
de
(
civile n'a
.at
commission
pas
le
et de don-.
t changer
régime colonial,
ce' -
(I ner la liberté à tous les esclaves; que
( droit n'appartient qu'aux représentans l'ont
( de la nation entière, qui ne nous
La
de San-
( pas délégué.
proclamation
( thonax ou la vôtre, adoptées parement
(t et simplement, me paraissent devoir
( entrainer de grands désordres, surtout
( la premnière. Cependant elle est un coup
édontilest
d'arrè4 d'électricité
impossible
( terla commotion, iln'yaura plus moyen
( d'y revenir; donc il faut la modifier en
(t combinant les vues deSanthonaxavecles
u vôtres ct avec celles que je vous comt muniquerai, dc maniere que sa proclan'ait
le défaut d'être
( mation
plus
( pramaturéc. Mais W est indispensable
de concert, c'est
( que nous prononcions
K leseul moyen de couvrir cC qu'auraient
( d'illégal les mnesures prises par vous
( et notre collegue. n
Delpech mourutquelquesj jours après,aux
Cayes. Deux mois cnviron après l'incendie du --- Page 117 ---
(107 )
Cap, Santhonax, de sa propre autorité, ou
peut-etre d'après les instructions des
jacobins de Paris, proclama l'esclavage
aboli pour toujours à Saint-Domingue.
Le bonnet rouge, symbole de la liberté, 7
fut promené dans la ville aux cris mille
fois répétés de vive la république! des
arbres de liberté furent plantés ; les
premiers fruits mn'ils portérent furent l'incendie des quartiers Morin, de Limonade,
de la Petite-Anse, de Plaisance, duPort-dePaix et du Port-Margot.
Iln'y eut plus de priviléges, de distinctions; les pouvoirs passérent sans restriction aux mulâtres et aux nègres. Mais aussi
l'argent disparut, et on manqua de vivres
et de provisions.
Les quatre paroisses de la Grande-Anse,
pourse soustraire au despotisme des commissaires et des nègres 9 firent part à
leurs dmissaires à Londres, 7 de la position
facheuse où ils setrouvaient, etles prièrent
de faire des propositions au cabinet de
Saint-James. Le résultat de la négociation
fut que le gouverneur de la Jamaique vint
prendre possession, au nom de sa majesté
Britannique, deJérémnie et de ses dépendances.
Le môle tomba sous la la puissance
des Anglais : qui sont toujours prèts à pro.
gres 9 firent part à
leurs dmissaires à Londres, 7 de la position
facheuse où ils setrouvaient, etles prièrent
de faire des propositions au cabinet de
Saint-James. Le résultat de la négociation
fut que le gouverneur de la Jamaique vint
prendre possession, au nom de sa majesté
Britannique, deJérémnie et de ses dépendances.
Le môle tomba sous la la puissance
des Anglais : qui sont toujours prèts à pro. --- Page 118 ---
(108 )
fiter du mal d'autrui. Cinquante hommes
de troupes de cetle nation suffirent pour
cette expédition; mais il faut avouer
c'etaient les blancs qui, ne sachant à qus
recourir, crurent devoir implorer la
tection de la grande Bretagne.
se
"cont'se
jeter dans la gueule du loup.
FIN. --- Page 119 --- --- Page 120 --- --- Page 121 ---
E820
S:37d --- Page 122 ---
raferais Muratori (Sitelley, Ped) Jane et
Paernsbauras, Saiat-Flotent.
Pro Tina,Pin Farshis
Fienine (Aurichel.Berdd. Clacksbers
(
o/aume des Pays-Baa:
erlibraire, seal depositaire;
COLO 2
tre Piolets atoe:
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- 4 Burlet.
ST APARIS,
OAT Palais-Roral, Rosas Galerie de-bois; s
ades nutafpages inhrairees de Maduse: au Palans-Ropar,
Mbraire, rue
K rue et'hdtel Hautafeilleyes Serpente,
3: :
boulevart
n..16;
libeaires, Poissoneiere rue des
n 18,
PEMRDANTEASE a95
ue de Veigrera. a go 36;
attéraires rue Néuve des besle-Chump
gra annbaces d:ns 1 Mits
y; librairds rue Nagarines tve se troue
a 505 50525P52