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Selrer
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Jobur Carter Brotmn
Libram
Sromn Hnibersitg --- Page 3 --- --- Page 4 ---
cil
nUR --- Page 5 ---
21:2
R E PO N S E
SUCCIN TE
DES DÉPUTÉS DE S. DOMINGUE,
AU M É M OIRE
DES COMMERÇCANS DES PORTS DE MER,
Diftribué dans les Bureaux de P'ASSEMBLÉE
NATIONALE, le 9 Octobre 1789.
A VERSAILLES;
Chez BAUDOUIN, Imprimeur de T'ASSEMBLÉE
NATIONALE, Avenue de Paris, No, 62,
I 789. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
R ÉP 0 N SE
SUCCINTE
DES DÉPUTÉS DE S.
DOMINGUE,
A U M É M O I R E
DES
COMMERÇANS DES PORTS DE MER,
Diftribué dans les Bureaux de
LASSENBLÉE
NATIONALE, le 9 Odobre 1789.
Toes lesaffertions
font aufli fauffes
contenues dans ce Mémoire
trerons
que les calculs : nous le démonlorfqu'il s'agira de juger l'affaire
ilnous: fuffit de
au fond;
Joire, que les prouver, pour notre demânde proviComnmergans commettent de
erreurs lorfqu'ils difent :
grandés
1°, Que la confommation
Colons de
en farine pour les
mune, que Same-Doningae, de
n'eft, année comleur
140 mille barils (1);
propre aveu, il eft conftaté puilgue,pac
ture des cinq dernières
que la fourniannées eft montée, 2 l'une
(I) Y compris, felon le
27 mille barils pour les Negres. compte des Commergins,
12 de leur mémoire.
Voyez foliog, 10, 11 &
Nous avons démontré
barils pour les Negres. qu'il en faudroit 4 cent mille
Comte de Reynaud, folio Voyez la motion de M. le
4.
A --- Page 8 ---
à
millé barils. C'eft donc dix
dans l'autre, I5O
de notre fablifmille barils qu'ils retranchent
farine
qu'ils ne nous en
tance en
2 pour prouvér
laiffent pas maniquer.
1S0
2°. Que le baril de farine pèfe net,
livres;
ildoit en effet les pefer: mais, per un calcul mieux
nous, il ne pèfe effecentendu pour eux que pour
C'eft encore dix
tivement net, que 170 livres.
&c
livres de farine par baril qu'ils nous enlèvent, le
cependant comme effeétives fur
qu'ils portent faire cadrer leur compte avec célui
papier, pour
de la confommation par eux prétendue (1).
Que le pain ne coûite la livre, argent de
3°.
année commune > prix moyen 2
France
Il eft bon d'obferver que de tout temps la farine
(1)
Coloniales a été envoyée de France,
pour les Troupes
foit fur des fttes de la Marine
au compte du Roi,
marchands frétés à cet
xoyale, 7 ou fur des bâtimens
de
effet. Eh bien ! pour multiplier Papprovilionnement lIntendant
Saint-Domingue, dans cette difette extrème, dès le mois
n'a rien trouvé de mieux que de faire ceffer,
dernier, les envois ordinaires de France pour
de Janvier
les licu 5 c'eft enles Troupes, &c d'en acheter fur
à huit mille barils à diminuer fur Papprovicore fept
venlent bien fixer, à
fionnement que les Commerçans
leur fantaifie, pour les Colons. intérêts des habitans
(1) Nous fommes chargés des
fe fours
dcs Villes commc de ceux dgs Plantcurs qui
que de faire ceffer,
dernier, les envois ordinaires de France pour
de Janvier
les licu 5 c'eft enles Troupes, &c d'en acheter fur
à huit mille barils à diminuer fur Papprovicore fept
venlent bien fixer, à
fionnement que les Commerçans
leur fantaifie, pour les Colons. intérêts des habitans
(1) Nous fommes chargés des
fe fours
dcs Villes commc de ceux dgs Plantcurs qui --- Page 9 ---
que
. 3 f 2 den;
Et dans la plus isgrande rarcté .
e 41 2 den.
Le prix du pain varie, en effet, fuivant ccluides
farines, & voici le tarif prefcrit par les Ordonnances.
Lorfque le baril de farine fe vend, dans le
Commerce, de 75 à 90 liv., le pain de I5 fols
pèfc.
24 onces,
De 90 à IOS liv.
2I
De IOS à 120,
De I20 à
135 S
De 135 à I5o
. I5
Le pain coûte donc, dans le temps de meilleur marché, IO fols la livre, ce qui fait
de France,
argent
. 71 6d.
& actuellemenz que le baril vaut Isoliv.
&cau-dcli,ilcofite I follonce,c'efddire, Iof 8 d.
Les Commerçans avancent encore un faux, lorf
qu'ils prétendent qu'il n'en coûte à un Habitant
riche, pour fa confommation en farines nationales,
que 240 liv. de plus par an, que s'il la recevoit de
I'Etranger.
Nous faifons un compte ch gros, bien plus clair
& cxadtement vrai.
Cent cinquante mille barils de farine françoife,
niffent la plupart de pain pour leur tnble, chez les
Boulengers, , ainfi'que les Negres ; lorfque lefdits Boulangers peuvent leur en vendre,
A 2 --- Page 10 ---
le baril de75 liv. à golive, année commumeyfont;
à 82 liv. IO f. le baril, -
e 12,375,000 liv.
Pareille quantité de farine étrangere,de 40à45 liv. le baril, font,
par la moyenne proportionnelle >
42 liv. IO fols, ci
. 6,375,000
Donc il en coûte de plus à la
Colonie >
. 6,000,000
En employant ces 6 millions en forces exploitanen mobilier de toute efpèce néceftes , c'eft-à-dire >
le produit
faire à la culture, il eft inconteftable que
denrées coloniales augmenteroit à proportion.
en
des
occafionnées
Quant aux mortalités
Nègres,
le manque de vivres, elles ne font malheupar
vraies; &c nous le prouverons
reufement que trop
& de
lorfqu'il fera queftion de leur fubliftance
T'adouciffement de leur fort, qui nous occupe plus
tout le refte de nos maux, & plus encore
que
intérêt.
par humanité que par
Tintrodudtion
A l'égard de l'objection contre
des farines dans tous les ports où il y a Amirauté,
&c le paiement en denrées coloniales 2 nous réc'eft précifément parce que nous
pondons amis que de T'ordre, & enmemis de la contrefommés
bande,
nous infiftons fur ces deux permifions,
que la contrebande eft inévitable; quand on
fans quoi l'étend fur tous les objets, & l'état.
la fait, on
Tintrodudtion
A l'égard de l'objection contre
des farines dans tous les ports où il y a Amirauté,
&c le paiement en denrées coloniales 2 nous réc'eft précifément parce que nous
pondons amis que de T'ordre, & enmemis de la contrefommés
bande,
nous infiftons fur ces deux permifions,
que la contrebande eft inévitable; quand on
fans quoi l'étend fur tous les objets, & l'état.
la fait, on --- Page 11 ---
perdra les droits de fortie fur les denrées colonialss, parce que les prépofés, pour empécher la
contrebande, font les premiers à la favorifer, lorfqu'ils voient qu'il n'y a pas d'autres moyens de
procurer du pain à ceux qui en manguent.
Quant aux quatre moyans propofés par le commerce pour Tspprovifionnement de la
nous fera bien aiféde les cmbutterid-fodfemem Colonie,il
Le premier confifte à préter aux
des Ports de mer
Commergans
plufeurs flites du Poi, pour
ailer chercher desfarines aux États-Unis
Si les Commerçans font de bonne-foi, (1).
faffent ces expéditions fans intérét, fans qu'ils
commiffion, fans honoraires; quel peut donc être leur
but? celui de faire payer aux Colons la farine,
le double & le triple de ce que la leur vendroient
les Américains, vu les frais d'armement, de chargement, de déchargement, , d'avaries, de magalinage & d'affitrance.
Le deuxième moyen, d'accorder une prime de
cing livres par baril aux navires Marchands
diés pour nos Colonies, qui iroient toucher expe- dans
les ports des Erai-Unispour prendre des farines,
a le même but de faire payer aux Colons les
farines, le double de leur valeur; de plus, celui
d'y vendre une grande parrie de leur cargaifon,
(1) Voyez fol. 40 dudit Mémoire. --- Page 12 ---
augmenter le prix de ce qu'il leur rellera
pour
& encore celui d'ocà vendre à Saint-Domingue,
liv.
cafionneràl la Nation une dépenfe de 450,000
les primes fur les quatre- - vinge-dix mille
pour barils qu'il faudroit ali moins pour les Habitans
&clos Troupes pour fept mois, au lieu de 60,000,
comme difent les Commerçans.
Attendu que ce n'eft pas l'intérêt perfonnel,
les
mais bien les befoins urgens qui dirigent
demandes. des Députés de Ssine-Domingue, ils
la Colonie ne préférât de
ne doutent pas que
en droit d'entrées
convertir ce droit de prime
ainfi la Nation
pourle compte du Tréfor-Public;
mais
450,000 liv., au lieu de les perdre :
gagneroit Nationale fentira aifément toute P'inl'Affemblée
auroit à mettre des droits fiur les
juftice qu'il y
objets de première nécelfité.
Quel eft
Le troifième moyen n'eft qu'illufoire.
Américain qui, pour cent ol deux
le Capitaine barils de farines qu'il veut vendre pour avoir
cens
du café,
des leures-de-change
du fucre ou
prendra
la traverfée
à un an de yué, &c deux mois pour d'attente
en Europe, ce qui fait quatorge mois cela feroit
fon rembourfement? Quand tout
pour
les Colons n'en payeroient pas moins
praticable, ln farine, le double de fa valeur, par toutes ces
entraves & ces frais.
, pour cent ol deux
le Capitaine barils de farines qu'il veut vendre pour avoir
cens
du café,
des leures-de-change
du fucre ou
prendra
la traverfée
à un an de yué, &c deux mois pour d'attente
en Europe, ce qui fait quatorge mois cela feroit
fon rembourfement? Quand tout
pour
les Colons n'en payeroient pas moins
praticable, ln farine, le double de fa valeur, par toutes ces
entraves & ces frais. --- Page 13 ---
Le quarrième
moyen feroit le moins
ble, fi la difette de
déraifonnamais
grains ne régnoir pas en
cette difette eft conftatée de
France;
Déeret que P'AMemblée Nationale nouveau par le
pour renouveler ceux du 28 Aoit vicnt de rendre
dernier,
& I 8 Septembre
portant défenfe d'esporter des
farines à l'étranger. L'amendement
grains &
Décrets par les Députés de
propofé à ces
d'étendre
Saintcette défenfe
Domningue,
d'autant plus raifonnable, jufqu'aux Colonies, > eft
de fait, puifque le
que cette défenfe exifte
à
Peuple de Bordeaux
tout embarquennent de
s'oppofe
eft à portée de s'en
farine, & que la Colonie
bon marché,
les procurer abondamment, & à
par
Erats-Unis.
Quant à la réfexion
par laquelle les
çans finiflent leur Mémoire
Commerbarils de farine
(1), que les 240,000
qu'ils eflimene Jufifans
Tapprovifionnement des Colonies,
pour
jour" G demi de la
ne fone pas Ir2
fubffance de 26 millions
d'hommess cette réflexion vient à
obfervations qu'a fair un de
l'appui des
a démontré évidemment
nos Collégues, qui
pas d'intérér à faire le que la Métropole n'z
farines ayec les
Commerce exclufif des
Colonies (2).
En effet, que la France ait de
plus qu'il ne
(1) Voyez fol. 44 & 45 dudit
(2) Voy. f9 del la Motion de M.le Mémoire. Comte
deReynaud.
ommess cette réflexion vient à
obfervations qu'a fair un de
l'appui des
a démontré évidemment
nos Collégues, qui
pas d'intérér à faire le que la Métropole n'z
farines ayec les
Commerce exclufif des
Colonies (2).
En effet, que la France ait de
plus qu'il ne
(1) Voyez fol. 44 & 45 dudit
(2) Voy. f9 del la Motion de M.le Mémoire. Comte
deReynaud. --- Page 14 ---
IO
pour un jour & demi de farine;
lui faut par an,
lui nuire, &
ne pout
ce mince appeovifionement maintenir les Loix prohien s'en privant pour fort onéreux aux Colons,
bitives, elle le rend
les met dans le cas de payer la farine,
puifqu'elle le double de fa valeur, &c même d'en manquer,
comme dans T'occurence préfente. faire valoir
Les Commerçans veulent encore
forcé, fouvent incomplet
cet approvifionnement
facrifice
à des
fuffifant, comme un
fait
& jamais
des François : le beau facrifrères, des amis,
de première
fice ! de leur faire payer un objet
de
néceflité, le double de ce qu'ils T'acheteroient
qui leur en fonrniroit àl l'envi,& en tout
T'Etranger,
néceffaire pour leur fubfiftance
temps > la quantité
& pour celle de leurs Nègres. Aurifacrafames..- à
Il nous refte à répondre, pour le moment, à
article de la lettre de M. de la Luzerne >
un
du Comité d'Agriculture
MM. les Commiffaires date du 24 du courant.
&c de Commerce; en
des trois ports d'en-,
Ce Miniftre parle toujours
fufrrepôt ouverts aux farines étrangères, comme
il dit même qu'il fera aifé d'ouvrir tous
fifans;
Nationale
les ports d'Amirauté 2 fi T'Affemblée
de l'échange
le décide, mais il ne parle point
farines en denrées Coloniales (1)-
de ces
Le Miniftre de la Marine 2 en voulant donner
(1)
&c de Commerce; en
des trois ports d'en-,
Ce Miniftre parle toujours
fufrrepôt ouverts aux farines étrangères, comme
il dit même qu'il fera aifé d'ouvrir tous
fifans;
Nationale
les ports d'Amirauté 2 fi T'Affemblée
de l'échange
le décide, mais il ne parle point
farines en denrées Coloniales (1)-
de ces
Le Miniftre de la Marine 2 en voulant donner
(1) --- Page 15 ---
II
Nous avons prouvé précédemment
ports d'entrepêts étoient
que les ttois
ziers éloignés étoient
infuffifans, que les quarà
les
rançonnés par les Marchands
qui
Anglo - Améticains étoient
vendre les farines
les
obligés de
d'entrepôr
que
Habitans des Ports
n'avoient pu acheter; d'ailleurs que les
Etrangers avoient ceffé, avant la fin de Juin, leur
importation de farines dans la Colonie,
ayant enlevé tout le numéraire, ils
parce que
aucun moyen d'emporter le
n'avoient plus
gaifons. Celui de
produit de leurs carlettres-de-change à un an, que
de la défaveur à la demande des
Domingue, a écrit une grande vérité Dépuités de Sainttiérement favorable, lorfqu'il
qui lui eft ence n'eft gue fiur les lieux établit le principe que
nature & l'étendu des
qu'on peut connoitre la
les
befoins d'une Colonie, &
Adninifprateura ont le droit de rendre
que
nances provifoires que les
les OrdonCe Miniftre eft donc
eircon/lances erigent, Bc.
donnance de M. du coupable d'avoir fait caffer l'Orfonne 2 mieux
Chilleau, du 27 Mai dernier. Per.
que ce Gouverneur 2 ne pouvoit
impartialement la queftion
juger
téte de fes opérations il ? puifqu'il répond
bien conftaté
; n'a agi que d'après le furfa
fous fes yeux
befoin
en règle, d'après l'avis des par des procès-verbaux
mème des Commergans. Chambre d'Agriculture &
En vain oljecte-t-on
celte Ordomnance. La Loi que FIntendant n'a pas figné
preffés cû les Adminiftratours prefcrit que dans les cas
feroicnt d'avis différent,
ifqu'il répond
bien conftaté
; n'a agi que d'après le furfa
fous fes yeux
befoin
en règle, d'après l'avis des par des procès-verbaux
mème des Commergans. Chambre d'Agriculture &
En vain oljecte-t-on
celte Ordomnance. La Loi que FIntendant n'a pas figné
preffés cû les Adminiftratours prefcrit que dans les cas
feroicnt d'avis différent, --- Page 16 ---
le Commerce, eft illufoire, comme nous
propofe
l'avons déja démontré.
ne fréquenteront pasplus
Les Anglo-Américains
de la Colonie oà il y a Amiles autres ports
tant qu'ils
rauté, que les trois ports d'entrepôts,
la liberté de fe charger en denrées
n'auront pas
la valeur de leurs farines.
de la Colonie, pour
dont M. de la LuL:Ordonnance du 29 Mai,
la Colonie doit jouir jufqu'au
zerne prétend que
été caffée, & PArrêt ayant
premier Oéobre, ayant
le
Juillet, dans les papiers pablics,
été mis,
certainement ceffé leurs
les Américains auront
été inftruits de
Armemens auflitôr qu'ils auront
cette caffation (1)-
Les DÉPUTÉS de Saint-Domingue.
général prévaudra, &c que l'Orcelui du Gouverneur fera rendue &c signée par les
donnance réfultante
deux Adminiftrateurs. modération si M. le Marquis
C'eft donc par pure
Tintendant fe confordu Chilleau n'a pas exigé que alors auroit été signée
màt à la Loi, TOrdonnance &c les formes parfaitepar les deux Adminiftrateurs,
ment remplies.
le Miniftre aux Etats-Unis,
(1) L'avifo expédié par effet, puifque la dépèche
n'aura pu produire d'autre
aux Américains de
confirme qu'il ne' fera pas permis
de leursfarines,
desdenrées coloniales en échange
prendre --- Page 17 ---
CORRESPONDANCE
DE M, le
Marquis DU CHIELEAU,
avec M. le
CNTCLNASALLL
Comte DE LA LUZERNE,
Miniftre de la Marine, & M.
DE
MARBOIS, 3 Intendant de Saint-Domingue, relativementi lintroduction
des farines érrangères dans
Colonie;
cette
REMISE a MM. les DÉPUTÉS
de
Saint-Dominguc, d'après la demande
de M. le PRÉSIDENT de
PADemblée
Nationale, en daie du I6 Septembre
1789. --- Page 18 --- --- Page 19 ---
Tpad
3/f0 --- Page 20 ---