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R EPON S de E
A LA
P ROCLA M A TIO N
DE TOUSSAINT LOUVERTURE,
DATÉE, A U PORT-RAPUBKICA1s,
le 20 Brumaire an huitiëme, --- Page 4 --- --- Page 5 ---
REPONSE
A la Proclamation de Toussaint Louverture,
Port - Républicain, le 20 Brumaire an 8eme, datée, au
LA
question de sçavoir si Toussaint Louverture
rendu coupable de trahison envers la
s'est
gaise, et si dàs-lorslarmnée de
république franSt-Domingue luis du
que obéissance, 2 est depuis longtempsr résolue
le quel- séns
commun et pour la bonne foi Mais ce n'est pour
faut que les incertitudes les doutes, l'obstination pas assez; il
deliguorance, cèdent à l'évidence des faits
la méme résou.
dront pour elle,
qui
Je serai clair et précis dans cette solution. Puisse-t-elle
détromper de
un grand nombre de citoyens qui, par un effet
Tavenglement le plus déplorable, mesurent leur
fiance sur l'effronterie dun hypocrite
contoutes sesassertions commedes articles inflment.résérent de foi, et creusent
chaque jour avec ardeur Tabyme qui doit
liberté.
engloutir notre
Toussaint Louverture a fait un traité de commerce
le générai MAITLAND et le gouvernement américain. avec
pruclamation du président JOHN AnAns,datée du 26. Juin La
1799 (v.s.), la lettre de HOnERT LISTON ministre du roi
d'Anglererre près les Etats-Unis
à
SiR HYDE
d'Amérique, l'amiral
PANKER, sous la date du 17 Juillet de la même
année, transcrite aul bas de la proclamation citée et
dus sccau et de la légalisation du secrétaire d'état des revêtue
Unis, T'IMOTHY PICKEniNg, les lettres de mer
Etatsla Jamaique aux bitiments
délivrées à
me les Américains,
anglais pour être admis, comau Cap-Français et au
cain,1 lesr réglements et restrictions en
Port-Républimés à la suite de ces lettres de mer et septarticles imprisignés,de méme du
la proclamation citée et
dus sccau et de la légalisation du secrétaire d'état des revêtue
Unis, T'IMOTHY PICKEniNg, les lettres de mer
Etatsla Jamaique aux bitiments
délivrées à
me les Américains,
anglais pour être admis, comau Cap-Français et au
cain,1 lesr réglements et restrictions en
Port-Républimés à la suite de ces lettres de mer et septarticles imprisignés,de méme du --- Page 6 ---
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lord BALCARRES, prouvent incontestablement cet acte que
les parties contractantes, pour des raisons faciles à deviner, sont convenues devoir être exécuté par les Anglais
sous pavillon parlementaire. l'ont amené étaient entamées à
Les négociations qui
l'époque de l'évacuation; elles provoquérent l'embarquement de l'ogent Hédouville,
Je fus depuis appelé au Port-Républicain; et soit que,
pendant mon séjour dans cette ville, Toussaint ait entrevu
dans nos entretiens particuliers, les cas où mon devoir
ferait lairela reconnaissance que pouvaient m'inspirerses
excessives caresses, soit que ma franchise lui ait évité la
peine de les découvrir, un arrété de Roume devenu son
agent, m'ôta le commandement des Grandet Fetit-Goave
-
sontles boulevards du département du Sud Je n'en
qui
fus point étonné: Roume tenait sa parole, il ayait promis
solemnellement, dans sa première proclamation a d'ogir,
en tout, de concert avec le général en chef, et celui- - ci
éprouvait d'avance le besoin d'être en mesure d'envahir
sans obstacle, un territoire que ma fermeté le déterminaità
atamkumwiphieniuehy ennemis dela république.
Ce sont ces stipulations anti - nationales, ces actés
de sonveraineté et d'indépendance que Toussaint donne
sur sa parole pour des traités d'évacuation avec le général
Maitland et de commerce avec les nations neutres, lesquels contiennent, dit-il, des articles secrets que ses subordonnés ne doivent pas connaitre. Ce sont les mesures
défensives que j'ai cru devoir prendre pour mettre le dén'est confié, à l'abri des entreprises de la
partement trahison, qu'ilattribue gui
à monambition, à ma révolte contre
l'autorité légitime.
arbitraire
S'il suffisait de prendre le ton du pouvoir
réduire des républicains à la discrétion des esclaves,
pour et. si la déclamation, l'injure. la menace fesaient valoir
des imputations absurdes, ce double objet serait parfaitela
Toussaint a lancée
ment rempli par proclamation que
contre moi le 20 brumaire dernier.
partement trahison, qu'ilattribue gui
à monambition, à ma révolte contre
l'autorité légitime.
arbitraire
S'il suffisait de prendre le ton du pouvoir
réduire des républicains à la discrétion des esclaves,
pour et. si la déclamation, l'injure. la menace fesaient valoir
des imputations absurdes, ce double objet serait parfaitela
Toussaint a lancée
ment rempli par proclamation que
contre moi le 20 brumaire dernier. --- Page 7 ---
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Mais tout l'effet des moyens de cette espèce est d'anl'absence de ceux
la raison admet, de décénoncer
n'ont que d'accès dans l'ame des vrais
ler des passions "qui
pas le même individu peut queldévots, de convaincre que
humanité, vertu,
que fois, à la faveur des mots réligion. les
sacrées et
philantropie, mépriser les maximes
plus semblables.
fouler aux pieds les droits politiques de ses
craint
Toussaint qui ne
Je ne rechercherai pas pourquoi
le voile du
pas de publier les plus horribles aveux, jette
mystère sur ses conventions secrètes avec ce qu'il appelle les neutres. Peu curieux de connaitre les ménées
des factieux, j'obéis à la constitation :
Elle me déclare que St-Domingue est partie intégranta chacun
de la républiqne, et je suis convaincu, comme
doit T'être, que Toussaint n'a pu, sans la violer, ériger
les départemients du Nord et de lOuest en état à part,
eux un traité particulier de paix et de
en stipulant pour les ennemis de la république.
commerce La constitution avec me déclare aussi que l'autorité s'exerce
en vertu de la loi, que personne n'est tenu de lui obéir
dès qu'elle s'en écarte. Toussaint l'ayant violée par un
acte de souveraineté et de scission avec la France, il est
hors de doute que son autorité a cessé d'être légitime et
quejesuis, ainsi que tous les autres citoyens de St-Domingue, dégagé de l'obéissance qui lui étoit due auparavant.
Les mêmes conséquences dérivent naturellement d'avec
traité
est
de distinguer de
son
américain qu'il
impossible des
etle
son traité anglais, puisque les ministres
Etats-Unis
général Maitland ont pris, en commun, des arrangements
avec lui: les pièces quejai citées en fournissent la preuve.
On trouvera: sans doute, étrange qu'aprés m'avoir il
forcé de ne plus reconnaitre en lui d'autorité elle. légale,
prétende encore que je suis en révolte contre
Voudrait-il par-là 1. donnerà entendre que ses actes violateurs de la constitution sont approuvés du directoire qui
est chargé de la faire exécuter? Mais en ce cas pourquoi
s'est-il si fort empressé de publier la lettre que lui adressa
ées en fournissent la preuve.
On trouvera: sans doute, étrange qu'aprés m'avoir il
forcé de ne plus reconnaitre en lui d'autorité elle. légale,
prétende encore que je suis en révolte contre
Voudrait-il par-là 1. donnerà entendre que ses actes violateurs de la constitution sont approuvés du directoire qui
est chargé de la faire exécuter? Mais en ce cas pourquoi
s'est-il si fort empressé de publier la lettre que lui adressa --- Page 8 ---
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le ministre de Ja marine, en date du 24
cà se trouve mot pour mot cette
pluviose an 7,
phrase: 9) c'est
les
3.1 résultats de votreapplication ferme et constante à par main99 tenir l'armée dans la fidélité et l'attachement
37 doit à la mére-patrie et à la constitution de l'an qu'elle trois,
72 que l'opinion. du directoire et celle de la
9* entière, sera fixée sur VOS assertions et celles république de VOS
93 détractenrs.,,
Peut-etre est-ce en sa nouvelle qualité de chef indépendant, de souverain de Dt-Domingue, qu'il me
me insubordonné, traitre, rebelle etc. Mais dans procla- cette
lypothèse et celle oû je me sernis oublié jusqu'à me lier
à sa fortune.il serait bien injuste de me traiter
ce qu'on n'exécuterait pas dans les ports
ainsi, par
des traités dont il les aurait exclus.
onje commande
En effet, la proclamation du président John
sée sur les arrangements pris entre le
Adams, bale ministre anglais lobert Liston, les ministres général américains Maitland,
et Toussaint, se bornant à faire cesser, en faveur des
ports da Nord et de l'Ouest de St-Domingue
trouvent entre Monte-Christo etle Petit-Goave,la quise
desrelations commerciales avec les Etats Unis, suspension et maintenant cette suspension à l'égard des ports dn Sud de Ja
méme ile et de tous ceux de la France,n'est-il pas évident que je ne puis être considéré, sous aucun
ni coaime traitre, ni comme rebelle?
rapport,
Sest traités, dit-il, "me déplaisent par ce qu'ils ne viennent pas de moi. 44
Il est certain que la paix et le commerce sont plus
jamais nécessaires à cette malheurense colonie, et que
voeux les plus ardents appellent l'heureux jour ou elle mes
tagera ces avantages avec lcs antres départements de par- la
république. Mais elle était. elle est encore en guerre. Mon
premier devoir a donc été, est donc toujours de rester.
dans l'attitude qu'aurait du consers er Toussaint, et de ne
point prendre avec nos ennemis des arrangements
ticuliers qui, de l'intérêt local d'un ou plusicurs départe- par-
ie, et que
voeux les plus ardents appellent l'heureux jour ou elle mes
tagera ces avantages avec lcs antres départements de par- la
république. Mais elle était. elle est encore en guerre. Mon
premier devoir a donc été, est donc toujours de rester.
dans l'attitude qu'aurait du consers er Toussaint, et de ne
point prendre avec nos ennemis des arrangements
ticuliers qui, de l'intérêt local d'un ou plusicurs départe- par- --- Page 9 ---
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mens, font un intérêt distinct et séparé de ceux de la
nation. On sçait qu'il eût dépendu de moi d'accueillir des
propositions, de conclure des traités; et que, pour cet
effet, j'aurais été, comme un autre, dispensé de produire
des pouvoirs. Cela seul réduità leur juste valeur les reproches puérils que m'adresse Toussaint au sujet du commerce qu'il prétend avoir établi.
Il impute à mes écrits, à l'or, à l'argent que- j'ai, selon
lui, fait répandre, les insurrections qui, depuis son traité,
se sont manifestées dans le Nord et dans l'Ouest.
J'ai du répondre à des libelles inattendus ou ma.vie politiqne fut tout-à-coup illuminée de crimes par ce même
Toussaint qui, tant de fois et naguères, m'avait donné
des témoignages publics de son estime et de son affection. J'ai du Taire appercevoir dans ces libelles, ce que,
peut-étre, tous les yeux n'y appercevaient pas assez,
que tous les crimes qui m'y étaient imputés se réduisaient
en dernière analyse,à celui qu'on ne nommait pas, mais
que désignait assez lindulgence du traitre qui m'offrait
mon pardon au prix de mon honneur.
Mais s'il était vrai que, dans l'état actuel des choses
à St-Domingue, les écrits et particulièrement ceux quise
bornent à confondre la calomnie eussent, pour exciter
des insurrections dans le Nord et dans l'Ouest, une vertu
n'ont pas ceuxquila répandent dans le Sud;que signiRedront alors ces prétendnes distributions d'or et d'argent si faciles à supposer, lorsqu'il faut payerd'effronterie, braver sa conscience, mettre la mort entre ses fors
faits etl la verité?
N'est-ce pas se jouer de la stupéfaction que la terreur
entretient antour de soi, que d'oser, au mlieu des témoins oculaires de tout ce quis'est passé, mettre des sup*
positions ridicules à la place des causes si naturelles des
troubles dont on se plaint et qu'au résultat on a soi-mème
causés.
En effet, beaucoup de citoyens des départementdu nord
B
ronterie, braver sa conscience, mettre la mort entre ses fors
faits etl la verité?
N'est-ce pas se jouer de la stupéfaction que la terreur
entretient antour de soi, que d'oser, au mlieu des témoins oculaires de tout ce quis'est passé, mettre des sup*
positions ridicules à la place des causes si naturelles des
troubles dont on se plaint et qu'au résultat on a soi-mème
causés.
En effet, beaucoup de citoyens des départementdu nord
B --- Page 10 ---
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di concevoir de justes sonpçons;
et del'Ouest hont-ils) pas
lorsque, huit mois après l'évacuation 7 ils ont vu le général
Maitland reparaitre à Sr-I Domingue, et séjourner avec
Toussaint aux Gonaives, au Port-lépublicain etàl'Arca- des
haye; lorsqu'ils ont vu succéder à cette étrange visite,
préparatifs de guerre contre le département du Snd, des
défenses de délivrer des passe- ports à ceux qui voudraient
des arrestations, des bâtiments anglais masqués
y passer,
entrer en foule au Cap et au Port-Répuen parlementaires
marchandises et des passagers et
blicain, y débarquerdes le
de leur nation 1 sans avoir
réarborer, en sortant, pavillon être
Ces mêmes
assez gagné lel large pourne pas
appergus? la vue d'un
tancitoyens n'ont- ils pas dà s'allarmerà
agent
glais résidant aux mêmes lieux que les autorités soi-disant
républicaines? N'ont-ils pas dûi croire qu'on porlementait
livrerleurs départements, comme Oil l'avait fait pour
pour l'évacuation, et que la partie duSud, oûl l'on allait porter la
restait sans donte fidelleà la république? Dans
guerre,
les uns n'ont-ils pas du donner hautecette persuasion, la conduite de Toussaint, des interprétations nuisiment à
les autres, chercher un
dans le Sud,
bles à ses vues,
relige
méles
avoir recours, sur les Jieux-I
etl plus entreprenants, droit de T'homme, à l'insurrection contre
mes, au premier
à la liberté?
des mesures attentatoires
les mouvements insurrecLes inquiétudes, l'agitation,
l'obstination
tionnels n'ont-ils pas du être entretenus par
même qu'on a montrée à vouloir réduire ce département,
sur nos frontières, toutes
par ces réquisitions qui ijettaient, colonie; sur nos côtes, tous les bales forces du reste dela
T'étiments armés qui se trouvaient au Cap ou ailleurs; par
loquente sécurité de ces bàtiments soi-disant français qui,
croisant tour-à -tour dans les eaux des frégates anglaiscs,
interceptaient, de concert avec elles, les provisions qui
nous étaient destinées; par ces envois de Darlementaires
les
de Cube, de Curaçao de Sr-Thovers
gouverneurs les inviter ou les requérir de défendre toute
mas etc 9 pour
des ames
expédition pour nos ports, et par Tindignation
ailleurs; par
loquente sécurité de ces bàtiments soi-disant français qui,
croisant tour-à -tour dans les eaux des frégates anglaiscs,
interceptaient, de concert avec elles, les provisions qui
nous étaient destinées; par ces envois de Darlementaires
les
de Cube, de Curaçao de Sr-Thovers
gouverneurs les inviter ou les requérir de défendre toute
mas etc 9 pour
des ames
expédition pour nos ports, et par Tindignation --- Page 11 ---
(7)
franches et loyales qui n'a pas craint de se montrer ai
spectacle de tant d'atrocités et de perlidies?
Dans ces circonstances, placé entre les mécontents de
l'intérieur et la crainte décevante d'être attaqué par les
sont sous mes ordres, qu'a du faire un hytroupes qui
mais tremblant au milieu
pocrite supéricur aux remords,
de
de ses satellites ? Ce quila fair; ordonner le massacre
tout ce qui lui était suspect, immoler à ses terreurs l'incanonner, fusiller..
Et
nocence même..
Noyer,
apres S être gorgé du sang de ses victimes, lantôot prendre
le ciel à témoin de sa modémtion, de sa pureté ; tantot
outragerles vertus dont-il se vante, par des aveux dont
les plus grands coupables enrent toujours horreur: finir
enfin. paraccuser ma prétendue insnbordination, de SCS fureurs et de tous les désastres que la patrie et l'humanité
reprocheront à jamais à sa funeste versatilité.
Que les hommes les moins éclairés et les plus prévenns
jngent/Quits disent quel est le séditienx, le provocateur
de la guerre civile; quiel est celui sur
doit réjaillir le
sangqui a été versé,le sang dont
se prépare enHIELEL
core, malgré l'événement récent qui devrait dessiller les
youx au séide de Pitt et aux malheureux qui suivent aveuglément son impulsion!
bien loin de se
Niais cet événement luminenx,
joindre
aux remords dont il n'est pas susceptible, fournira de
nouvelles armes à sa duplicité contre la confiance de
égare. Forcé de
T'erreur de la
ceux qu'elle
prolonger
multitue, il lni dira sans doute que s'il eut été liéavecles
Anglais par un traité, les quatre batiments armés qu'il en.
vovait devant Jacmel, pour coopérer à la réduction de
cette place, n'auraient pas été pris et conduits à lajamaique.
Celte assertion spécieuse serait encore détruite par
l'arrèté que loume, d'accord avec lui, a cru devoir
prendre le 13 Fructidor dernier.
Ce nouvean trait de perlidie de Tonssaint dont son
agent a, par un surcroit de condlescendance pour sa moralité, voulu se réserver tout I'honneur, menace de la
en.
vovait devant Jacmel, pour coopérer à la réduction de
cette place, n'auraient pas été pris et conduits à lajamaique.
Celte assertion spécieuse serait encore détruite par
l'arrèté que loume, d'accord avec lui, a cru devoir
prendre le 13 Fructidor dernier.
Ce nouvean trait de perlidie de Tonssaint dont son
agent a, par un surcroit de condlescendance pour sa moralité, voulu se réserver tout I'honneur, menace de la --- Page 12 ---
(8)
confiscation les bàtiments anglais qui, sous quelque
villon que ce soit, auraient la hardiesse ou la folie de pa- se.
présenter dans les ports de Saint- Domingue On avouera
que cette menace est une confession bien précieuse, puisqu'en rompant le traité, elle devient une prenve surabondante. de son existence antérieure, moins qu'il ne soit
dusage depuis peu, de défendre à ses ennemis de venir
chez soi.
11 faut cependant y prendre garde. L'arrété du 13 fructidor n'est que le préiexte de la prise des quatre bâtiments
armés de Toussaint. Aussi le gouvernement britannique
nes'en plaint-il guéres. Que lui importe la violation dun
traité que la certitude d'allumer la guerre civile à St-Domingue lui suggéra plutot que celle d'accaparerle
denrées des départements presquincultes du Nord peude et de
T'Ouest?Quel lui importe la violation d'un traité éphémère
danslequel il avoit souffert pour un moment, qu'un rebelle
insignifiant se mit au rang des puissances,
lui rend le droit de commettre des hostilités puisqu'elle calcule
de manière à prolonger la guerre civile, et à 8 assurer quil ainsi
de l'anéantissement d'une popnlation libre trop voisine
de ses colonies.
L'expérience nous l'a démontré; dès le commencement
de la guerre 7 l'objet de l'ennemi naturel de la France fut
toujours d'occuper chez elle cette population. Possesseur
de quelques villes de cette colonie, qu'a-t-il fait qu'entreprendre ou repousser des attaques lorsqu'il l'a pu?
autre
Quel
objet que celui de s'y maintenir et d'occuper les
républicains, auraient eù ces nombreuses fortifications
élevées à si grands frais, et cette armée qu'il recrutait sans
relàche dans une isle dont la conquète même eut été
stérile pour lui?
Aussi, lorsque limpossibilité d'ysubvenir à des
ses tuineuses
la déterminé à ordonner son évacuation, dépens'est-il appliqué à cliercher un moyen de suppléer à sa
présence. Aussi à-t-il, par l'entremise de Maitland, né.
auraient eù ces nombreuses fortifications
élevées à si grands frais, et cette armée qu'il recrutait sans
relàche dans une isle dont la conquète même eut été
stérile pour lui?
Aussi, lorsque limpossibilité d'ysubvenir à des
ses tuineuses
la déterminé à ordonner son évacuation, dépens'est-il appliqué à cliercher un moyen de suppléer à sa
présence. Aussi à-t-il, par l'entremise de Maitland, né. --- Page 13 ---
(9)
gocié'ce traité qui devait mettré la trahison aux prises
avec le patriotisme, des frères avecdes freres; ce traité
qui détruisant la culture, les hommes et les choses, devait, par sa violation même, jetter le drap mortuaire sur
le sol le plus fertile du monde.
Et tels seront pourtantles affreux résultats de cette politique barbare dont les succès furent fondés à si juste titre
surl'an:bition 9 l'incopacité, - l'hypocrisie d'an homme qui
frémirait de sa populariré, si son ame calleuse pouvait êire
touchée des maux qu'elle a causés.
Puissent tous mes frères duNord et de l'Ouest, quelle
que soitleur opinion ouleur couleur, sonder la profondeur del'abyme où la main d'un traitreles précipite! Déjà
convaincus que mon dévonement à la liberté età la mèrepatrie m 'a ordonné de préserverle départemente du Snd des
fléaux d'une guerre quiln'apas provoquée, puissent-ils être
bien persuadés que je resterai fermeà mon poste, et que pénétrédu plus profond mépris pour les injures etles menaces, je n'ai voulu répondre à la proclamation de Toussaint
pour saisir cette occasion de mettre sous ieurs yeux
3er vérités que la réfiéxion et la prévoyance leur rendront
salutaires !
A. RIGAUD,
Aux Cayes de l'imprimerie de LEMERY. --- Page 14 ---
E799
R5GSr
2-SI2E --- Page 15 --- --- Page 16 ---