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R ÉPO N S E
D'UN Ami des Noirs a la lectre de
11. *** habitant de Saint-Domingues --- Page 4 ---
E
At --- Page 5 ---
9E
R ÉPON S d E
D'UN ami des Noirs, a la Lettre de
M. habitane. de Saine-Domingue.
Paris, le 16 Novembre 1791.
JE suis, mon cher créole, homme sensible
et bon citoyen; ainsi je n'ai pas besoin de
vous exprimer tout ce que j'ai éprouvé en
apprenant que le sang coule sur les ruines
d'une colonie dont la perte peut entrainer
celle de la France. Mon attachement
pour
vous m'a sur-tout fait gémir sur VOS malheurs particuliers ; mais j'ai été,je suis etje
serai toujours Pami des Noirs. Vous-méme
l'êtes aussi, et vous en conviendrez, lorsque
jevous auraiexpliquéqu'il existe deux classes
d'amis des Noirs.
La première, celle qui vous fait horreur,
qui est l'opprobre et le fléau de Thumanité,
est composée de ces prétendus philantropes
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dont le cri de ralliement est : Périssent les
Colonies,plutt que les principes! I C'est dans
cette classe que l'on remarque les G P
R B C L etc., gens que l'on
voudroit ne croire que des nivelleurs extravagans. , mais qui, par les maux dont ils ont
couvert la France, ? semblent être d'intelligence avec tous ses. ennemis.
Ne m'associez jamais à de pareilsindividus;
notre correspondance seroit interrompue.
La seconde classe des amis des Noirs est
celle à laquelle je m'honore d'appartenir 7 -
elle est formée de tous les hommes justes
et-humains, de tous les planteurs qui, comme
vous, adoucissent, par leur bonté, la dépendance nécessaire du nègre laborieux et fidèle,
ct nep punissentqu'à regret le nègre coupable.
C'est cette classe d'amis des Noirs dont
les sages conseils, s'ils n'eussent
été déD
pas
daignés, éussent évité à la France les inutiles
regrets qu'elle donne à des milliers de victigies immoléec & : nhilanerephie barbare --- Page 7 ---
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Après cctte explication, vous conviendrez,
mon cher créole, 2 que l'on peut aimer les
Noirs, comme en France on peut aimer le
peuple, qui ayant plus de passions que de
lumières, croit servir la cause de la liberté
etdel'égalité, tandis qu'il Ise souille de crimes,
se précipire dans un abîme de misère, et n'est
que l'instrument des fanatiques et des factieux.
Vous reconnoitrez, sur - tout, que l'on
peut aimer les Noirs comme je les aime,
lorsque je vous aurai démontré que la perte
de Saint-Domingue est l'ouvrage de cette
classe d'amis des Noirs, que je déteste,
de l'assemblée constituante, et même des
Colons,
C'est ce dont vous serez convaincu,
en parcourant avec moi les époques suivantes,
Première épogue.
La déclaration des droits de l'homme.
factieux.
Vous reconnoitrez, sur - tout, que l'on
peut aimer les Noirs comme je les aime,
lorsque je vous aurai démontré que la perte
de Saint-Domingue est l'ouvrage de cette
classe d'amis des Noirs, que je déteste,
de l'assemblée constituante, et même des
Colons,
C'est ce dont vous serez convaincu,
en parcourant avec moi les époques suivantes,
Première épogue.
La déclaration des droits de l'homme. --- Page 8 ---
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Deuxièmt époque.
La discussion sur l'état des personnes dans
les Colonies.
Troisième époque.
La nomination des députés des Colonies
à l'assemblée constituante.
Quatrième époque.
L'adresse de G aux gens de couleur,
du 8 juin 1791; les affiches et les journaux
de B et C
Cinquième époque.
L'assemblée coloniale formée à SaintDomingue ? et l'établissement du régime
municipal dans cette colonie.
Sixième épogue.
La destruction de l'autorité du gouverneur
dans cette colonie.
Reprenons, 2 mon ami, cette triste série
d'erreurs devenues sifunestes. --- Page 9 ---
(7)
Première époque.
La déclaration des droits, inventée par
un philosophisme délirant, pour perpétuer
l'anarchie, sera un invincible obstacle au
retour du bon ordre, jusqu'h ce qu'elle soit
remplacée par la déclaration des devoirs que
les citoyens ont à remplir dans un état monarchique ; les gens sensés ont méprisé en
France cet exorde, si sottement vanté ; et
dansles Colonies, ils l'ont lu avec effroi.Dans
un pays Oùt nécessairement il doit exister un
grand nombre d'hommes esclaves aupres
d'une poignée d'hommes libres 7 comment
n'auroit - on pas redouté une doctrine qui
admet que les hommes naissent et demeurent
égaux en droits ? Ne devoit-on pas croire
que nos législateurs, plus prudens qu'enthousiastes, eussent ainsi prescrit les devoirs
des planteurs et de leurs Noirs :
Hommes libres, soyeg soumis aux loix, Ct
veillez, e12 bons maieres 2 sur vos négres ;
et vous nègres > soyez dociles et fideles ;
respecter v'OS maitres qui sont vos bienfaitorurs. --- Page 10 ---
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Deuxième Epoque.
Cette discussion futle signal des malheurs
qui ont perdu Saint-Domingue ; Ja mauvaise
foi et l'impéritie s'efforcèrent à l'envi dese
livrer à une exaltation, 2 qui bientôt communiquée aux colonies, devoit y causer un embrâsement général. Vainement des hommes
éclairés par l'expérience 7 sur la nécessité
d'attaquer, avec ménagement, des institutions, d'où la conservation des colonies dépendoit, représentérent, à R à G
à P... : 2 le danger de leur conduite. Ils
leur dirent qu'il falloit ne rompre, que SuCcessivement les liens d'une ancienne dépendance : cet exécrable triumvirat fut sans
pitié; et il continua d'aiguiser les poignards
qui viennent de frapper les victimes; voilà
leur ouvrage;qu'ils nous disent maintenant,
s'ils sont sans remords, en voyant des pères
assassinés dans les bras de leurs femmes, et
des enfants massacrés sur le sein palpitant
de Jeur mère.
Troisième Epoque,
Comment les colons ont-ils pu enyoyer
ateg
liens d'une ancienne dépendance : cet exécrable triumvirat fut sans
pitié; et il continua d'aiguiser les poignards
qui viennent de frapper les victimes; voilà
leur ouvrage;qu'ils nous disent maintenant,
s'ils sont sans remords, en voyant des pères
assassinés dans les bras de leurs femmes, et
des enfants massacrés sur le sein palpitant
de Jeur mère.
Troisième Epoque,
Comment les colons ont-ils pu enyoyer
ateg --- Page 11 ---
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des députés, et les conserver dans une assemblée, dont les maximes devoient détruire
la tranquillité des colonies? comment. 2 surtout, ne ses sont-ils pas empressés dedésavouer
ceux qui n'ont laissé, à la tribune, que le
souvenir deleurs dénonciations scalomnieuses,
de leurs vaines déclamations, de leurs petits
moyens ?
Les colons plus sages, eussent attendu
que le temps les eût éclairés sur les avantages
et les défauts de la constitution française;
continuant à vivre sous une autorité tutélaire, ils eussent médité lentement, au sein
de la tranquillité, les loix qu'ils auroient
pu proposer un jour, 2 tant sur leur administration intérieure, que sur leurs rapports
commerciaux avec la métropole.
Quatrième Epoque.
Je ne sais comment on pourroit assez punir
le crime commis pat les G.., B P
et compagnie ; mais s'ilétoit un Français assez
aveuglé pout tenter de défendre ces perfides
représentans ; je lui dirois : Voyez la colonie --- Page 12 ---
IO )
Ja plus florissante couverte de cendres et de
cadavres; votre commerce, VOS manufactures
sans activité ; des millions d'hommes réduits
à l'indigence 2 ; et la banqueroute générale,
amenéebientôt parunefoule de banqueroutes
particulières. Mais personne n'osera justifier
les partisans d'une telle philantropie; et le
glaive de la loi en vengera la France et
T'humanité, s'ils peuvent échapperà laj juste
fureur du peuple trompé.
Cinquième Epoguc.
Le régime représentatif ne peut être admis
dans les colonies qu'avec beaucoup de modifications; , autrement, il ne pourroit se conShemaseclntenterbtranggaistepsaiges
Les colons qui ne seront pas éblouis par une
vanité irréfléchie. 7 ou entraînés par l'ambition, sentiront qu'ils ont besoin d'un gouvernement actif et vigoureux, qui puisse 2
par des moyens aussi prompts qu'énergiques,
contenir cette foule d'individus, que leur
ignorance ou leur intérêt peuvent rendre
dangereux: ils sentiront quesilsintroduisent --- Page 13 ---
17 II )
le systéme électif dans leur administration.
intéricure, ils recevront bientôt la loi de
la classe nombreuse des non-propriétaires,
qui s'y coaliseront d'abord, pour participer
àl'exercice de l'autorité, et peut-être ensuite
pour s'en emparer exclusivement.
Ces sages colons, dont il est à desirer
que les conseils soient écoutés, 2 représenteront que les institutions démocratiques,
sources de haines, d'intrigues, de troubles,
doivent être proscrites des colcnies ; et l'expérience de ce qui se voit déjà en France,
leur fournira des preuves irrésistibles sur le
danger d'appeler à des fonctions administratives des hommes dont l'intérêt particulier n'offre aucune garantie de leur respect
pour l'intérêt général.
Sixieme Epogue.
Surcet article, mon ami, je vous parlerai
le langage créole. Souvenez - vous que le
nègre disoit : Blanc, 2 c'est maitre à moi;
mais, roi, c'est maitre a blanes voyeige-
ce qui se voit déjà en France,
leur fournira des preuves irrésistibles sur le
danger d'appeler à des fonctions administratives des hommes dont l'intérêt particulier n'offre aucune garantie de leur respect
pour l'intérêt général.
Sixieme Epogue.
Surcet article, mon ami, je vous parlerai
le langage créole. Souvenez - vous que le
nègre disoit : Blanc, 2 c'est maitre à moi;
mais, roi, c'est maitre a blanes voyeige- --- Page 14 ---
J 12)
néral, quand général parloit, > c'est maitre
qui parloit.
Les colons ont avili cette autorité protectrice; ils ont cru avoir le droit de mander
le gouverneur à la barre, de le soumertre
à la cloche, 7 dont l'usage, jusqu'à ce jour, 2
avoit été si différent à Saint-Domingue; ; la
force publique a été détruite par l'insubordination; les crimes Ont suivi la licence;
le régiment du Port-au-Prince a été corrompu, et un chef militaire est tombé sous
les coups de soldats assassins. Voilà la cause
de tous VQS maux.
Je passe à votre situation présente. La
colonie 2 pour serelever, abesoin de courage,
d'énérgie, de protection et d'union. Si la
division s'établit parmi les propriéraires, sur
la manière dont elle doit être gouvernée,
jamais elle ne recouvrera la splendeur Où
elle étoit parvenue 2 et ou elle seroit encore 2
si des ennemis de la patrie, de la tranquillité
publique,n'y eussent introduit les systêmes
dangereux de ces faux philantropes. --- Page 15 ---
(13)
Le courage J
ne nous manquera pas; la
protection, la mere parrie vous la doit!
clle ne peur pas vous la refuser! vous lui
avez juré soumission, c'est de son sein que
sont part's les coups, elle doit réparer les
maux qu'elle a faits.
Par les pièces que vous m'avez envoyées,
jfai vul, avec plaisir, que les colons avoient
jusqu'à CC jour suivi la marche que prescrit
notre constitution ; elle leur a accordé l'initiative de leur régime intérieur sous l'autorité du roi, ils ont donc bien fait de
s'adresser à lui, pour les secours dont ils
ont besoin; il est le père commun de tous
les Français ; son coeur n'a jamais voulu,
et ne voudra jamais que le bien, et l'obéissance à la loi; restez- lui fidèles, dédommagez ce bon roi des peines qu'il a éprouvées
jusqu'a ce jour.
N'ayez jamais des députés au corps légisJatif, restez dans la position où l'assemblée
constituante vous a placés; et si, pour des
intérêts particulers, ou pour vos rapports
il est le père commun de tous
les Français ; son coeur n'a jamais voulu,
et ne voudra jamais que le bien, et l'obéissance à la loi; restez- lui fidèles, dédommagez ce bon roi des peines qu'il a éprouvées
jusqu'a ce jour.
N'ayez jamais des députés au corps légisJatif, restez dans la position où l'assemblée
constituante vous a placés; et si, pour des
intérêts particulers, ou pour vos rapports --- Page 16 ---
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avec la métropole, vous êtes dans le
de traiter avec elle,
cas
ayez seulement des
commissaires auprès du roi, et du corps législatif, pour défendre
VOS demandes.
vorinténésetappuyer
Vous avez vulessuites
la division
fanestesqu'entraine
des opinions ; oubliez les unes et
les autres 2 et ce qui a pu vous
ne faites plus qu'un peuple de
désunir;
pelez-vous
frères; rapque vous êtes les premiers bienfaiteurs des gens de couleur, que la raison
et l'humanité vous commandent de
cher ces hommes de vous,
rappro2 lorsqu'ils auront
acquis, tant par le temps et leurs propriétés,
que par leur instruction, le droit de faire
partie d'une société, que comme vous ils
enrichiront, et dont ils sa uront,
vous, défendre les intérêts.
comme
Vous trouverez, sans doute, mon
ma lettre un peu longue; mais
ami,
garde
je ne la recependant que comme une foible
esquisse de ce qu'il y auroit à dire sur votre
position, présente et future: je ne vous par- --- Page 17 ---
(15) )
lerai pas du stile, je n'ai point la manie de
l'impression, encore moins de la publicité.
Leseul engagement que je puisse contracter
envers vous, en ma qualité d'ami de l'ordre,
de la paix, > et de bon Français, c'est de me
joindre à tous les honnêtes gens 2 lorsqu'on
aura acquis les preuves nécessaires pour convaincre les auteurs de tant de crimes, et
demander à la loi une vengeance juste et
méritée.
Vous avez vu que je ne suis pas partisan
des dénonciations vagues.
Conservez-mor votre amitié, 2 et recevez
les sentimens fraternels avec lesquels je serai
toujours, 2 mon cher créole, votre ami, --- Page 18 ---
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E791
YCu G2
R425d
as à - rusde --- Page 19 --- --- Page 20 ---