--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Asoe
Jabir Carfer rolun
Lihnry
ShrmmHatrersity
7P --- Page 3 --- --- Page 4 ---
J8E0
Saint-Domingue, il : a dissous T'assemblée colo:
niale;i ila été forcé d'armer les gens de couletirs
peutdonner plusde lumières à Tassempersonnep nationale 3 'cependant il est en France , à
blée
Parismême: ciiin'est pas entèndu. Même obser"
vation pour le dépaté dè M. de'Dainas. Envoyé
France
n'est point enténdu ! cepens
en
exprès,i1
dant, si l'on doit croire ses récits, ét ils ne peuvent pas être suspects, on doitaux gens de cous
i
leur le salut de la Martinique. --- Page 5 ---
Lt
R ÉPONSE
AUX OBSERVATIONS
D'UN HABITANT DES COLONIES,
SUR le Mémoire en faveur des Gens de
couleur, ou fang-mèlis, de Saint-Domingue, & des autres Ifles françoifes
de PAmérique 3 adrefé à PAlembléc
Nationale 2 par M. GRÉGOIRE, Curé
d'Emberménil, Député de Lorraine.
Par M, l'Abbé DE COURNAND. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
(
REPONSE
AUX
ORSERFATIONS
D'UN HABITANT DES COLONIES.
Ja défenda les
de
pendant
gens
couleur ; j'ai attiré
quelques momens les regards de
femblée Nationale
P'Af
foient. Une voix furleroppteflions dont itsgémic
élevée
plus éloquente quela mienne s'eft
: M. Grégoire, Curé
puré de
d'Emberménil, Dé
Lorraine, s'eft déclaré le
cette caufe intéreffante. Son
proteéteur de
de faits aufi vrais
Mémoire > rempli
que fes
folides & concluans,
raifonnemens font
> eft atraqué
un anonyme. Son adverfaire fe dit aujourd'hui par
Colonies : il vife à être
habiranr des
s'agit de favoir fi des
gai dans un fujer où il
hommes libres
leur
jouiront de
liberté, ou continaeront d'être accablés des
humiliations de l'efclavage.
doute bon caeur de
L'Anonyme a fans
la fituation de
trouver le mnot pour rire à
quarante mille individus
1 qui
A 2
. Son adverfaire fe dit aujourd'hui par
Colonies : il vife à être
habiranr des
s'agit de favoir fi des
gai dans un fujer où il
hommes libres
leur
jouiront de
liberté, ou continaeront d'être accablés des
humiliations de l'efclavage.
doute bon caeur de
L'Anonyme a fans
la fituation de
trouver le mnot pour rire à
quarante mille individus
1 qui
A 2 --- Page 8 ---
(4)
leur état actuel comme le plus grand
regardent
dans M: Grédes malhenrs. Ilfe permetd d'outrager
un nom cher à la Nation, une vertu congoire & des talens dignes des plus grands élonuc, rendrai à T'Anonyme fes infultes ; on ne
ges. Je
rien. Je ne m'emdoit rien à qui ne refpecte
dans la difcuflion des faits qu'il
barquerai point
mauvaife foi, & une
dénie avec une infigne de lui. J'en croirai bien
impudence bien digne
unanime des opprimés que
plutôt le témoignage
l'infolence de leur ennemi. Il a pris la plume pour
calomnier ; je m'en faifirai pour le confondre.
Ef-il vrai que les gens de couleur ou fangmèlés foient vexés dans nos colonies, qu'ils y
des blancs, &c quelfoient en butte anx mépris
à leurs outrages? Ce fait n'eft pas douquefois les blancs de bonne - foi en conviennent;
reux 3
defirent qu'on rende
ceux qui ont de Thumanité claffe les droits de
aux hommes, libres de cêtte
qui leur font affurés par nos anciennes
citoyens >
nient ces oppreflions 5
loix. Il eft des gens qui
de faits conmais eft-il vraifemblable que foient tant faux ? Eft-il
fignés en tant de Mémoirés,
d'hommes
croyable qu'une . claffe fi nombreufe
pour des offenfes imalibres fe plaigne, s'indigne le perfuader : Hélas.!
ginaires? A qui voudroit-on
font récls, les
il n'eft que trop vrai que les torts
>
nient ces oppreflions 5
loix. Il eft des gens qui
de faits conmais eft-il vraifemblable que foient tant faux ? Eft-il
fignés en tant de Mémoirés,
d'hommes
croyable qu'une . claffe fi nombreufe
pour des offenfes imalibres fe plaigne, s'indigne le perfuader : Hélas.!
ginaires? A qui voudroit-on
font récls, les
il n'eft que trop vrai que les torts --- Page 9 ---
(5)
téclamations juftes, & les efforts que l'on fait
pour les étouffer, un nouvel
aura de la peine à fe tirer outrage, L'anonyme
l'agréable
deli; il a beau faire
aux dépens des gens de
n'eft moins plaifant
couleur, rien
M. lhabitant
que ce qu'ils fouffrent; & f
des colonies avoit tant foit
d'hamanité, il n'employeroit
peu
à réfuter des
pas fes beaux talens
gémiffemens par des
des griefs douloureux
railleries, &
par des farcafmes.
A-t-il daigné s'attendrir une feule fois fur
fort des gens de couleur? Illui
le
qu'ils foient malheureux
paroit très-naturel
; il n'a garde de rien
propofer qui tende à améliorer leur fituation.
fe retranche dans le préjugé,
I1
d'où il croit braver
comme'dans un fort
des
impunément, & les
gens de couleur, & les raifons de leurs plaintes
fenfeurs, dont il ofe faire infolemment
déde fes railleries.
le fujet
Nos loix avoient marqué, il
ce, la nature de la liberté
y a plus d'un fiécouleur dans nos
accordée aux gens de
des blancs. Des colonies, égale en tout à celle
réglemens
habituelles
vicieux, 5 des vexations
ont reftreint tantôr plus, tantôt
ce bienfait précicux auquel, ni les
moins,
bienfaiteurs n'avoient
loix, ni les
prefcrit de limites. Des
veaux - venus 2 des Jurifconfultes
nouanéanti ou affoibli les
barbares, ont
difpofitions de ces loix
A 5.
des blancs. Des colonies, égale en tout à celle
réglemens
habituelles
vicieux, 5 des vexations
ont reftreint tantôr plus, tantôt
ce bienfait précicux auquel, ni les
moins,
bienfaiteurs n'avoient
loix, ni les
prefcrit de limites. Des
veaux - venus 2 des Jurifconfultes
nouanéanti ou affoibli les
barbares, ont
difpofitions de ces loix
A 5. --- Page 10 ---
(-6)
humaines. Aujourd'hui encore l'oppreflion trouve
tel eftl'anonyme. On peut juger
des apologiftes; la maniere dont il arrange les
de fa raifon, par
dans
faits; & de fon cceur 5 par l'efprit qui regne
fon écrit.
defirent que les homTous les honnètes-gens
de couleur, libres > rentrent dans leurs droits;
mes
ni de la duréerdu préjugé, ni
lui, il ne s'étonne
le faire
il le
-il n'indique le moyen de
finir;
comme une chofe néceffaite. Il
regarde prefque
allez
far ce fujet comme un
grand
ne penfe point
par le rang
nombre de propriétaires > diftingués
dans la fociété, & par la fortune
qu'ils occupent
Sa maniere de voir & de fendont ils jouiffent.
le jerte dans la claffe brutale de ces régions >
tir
qui n'ayant ni feu ni lieu
parmi ces aventuriers,
la baffelle
en Europe, vont porter en Amérique
& fe croyent antorifés par.le
de leurs maeuts >
du
Ce font
préjugé à infulrer les' naturels
pays.
déshonorent véritablement le nom Améeux qui
fenfibles. Celui-ci.le
ricain aux yeux des ames
il fe CaAétrit encore davantage par fa lâcheté;
che de fon Mémoire comme d'un mauvais coup,
& foutienr la caufe de Vopprellion avec une plume d'efclave.
es-tu ? où as-tu ptis ce ton
Malheureux ! qui
Curé
d'ironie que tu te permets envers le digne
les' naturels
pays.
déshonorent véritablement le nom Améeux qui
fenfibles. Celui-ci.le
ricain aux yeux des ames
il fe CaAétrit encore davantage par fa lâcheté;
che de fon Mémoire comme d'un mauvais coup,
& foutienr la caufe de Vopprellion avec une plume d'efclave.
es-tu ? où as-tu ptis ce ton
Malheureux ! qui
Curé
d'ironie que tu te permets envers le digne --- Page 11 ---
07)
dEmberménil!N Ne fais-tu pas que:! le plus grand
homme puiffe commettre contre. la
crime qu'un de chercher à tourner la vertu. en
fociété, 9 c'eft
ridicule ? Tu. as l'audace de.ricaner, en pronondéfenfeur de l'huçant le nom de ce courageux
coupable ne refpecte pas
manité ! Ta plume
il
la mémême les morts illuftres. dont rappelle
Scélérat! tu imputes au vertueux las Cafas
moire !
de prendre des nègres pour culd'avoir confeillé
qui t'a fourni cette
tiver l"Amérique ! Dis-nous
voudras
infernale? Ah! penfe.ce. que tu,
anecdote
mais laiffe-nous
des bourreaux du genre-humain;
ce bienfaiteur de Phumanité; ;
notre Culte pour
comme le
fa vertu. eft al'abri de tes calomnies 2
Curé Grégoire de tes menfonges.
tes fades railleries fur ce nom
Que prétends-tu par
de Curé & de Prètre ? Ne ferois-tu point gêné par
ces. qualités donnent quelquefois?
le courage que
Curé de Lorraine
Tu parois furpris qu'un fimple
un ceil curieux fur vos riches Habitations,.&
porte
la fource de ces richeffes. Tu nequ'il aille jufqu'à
de
les devoirs d'un. Miniftre paix;,u:
conçois pas
nobleffe de fon caractere. Tu de-.
ne fens pas la
éminente dont
vrois au moins refpecter la dignité
celle de Répréfentant de la Nation;
il eft revètu,
de fon ame, fi tu pouvois T'appréje te parlerois
f la tienne pouvoir y at
cier, &. de fa raifon,
A 4
ceindre.
aille jufqu'à
de
les devoirs d'un. Miniftre paix;,u:
conçois pas
nobleffe de fon caractere. Tu de-.
ne fens pas la
éminente dont
vrois au moins refpecter la dignité
celle de Répréfentant de la Nation;
il eft revètu,
de fon ame, fi tu pouvois T'appréje te parlerois
f la tienne pouvoir y at
cier, &. de fa raifon,
A 4
ceindre. --- Page 12 ---
(8)
avee le fcandale d'an
: J'ai li tes Obfervations
homme de bien, & dès ce moment, j'ai ptis le
les miennes. Je t'ai jugé
parti de't te communiquer
froidur & méchant; il y paroit par ton ftyle
dement compalfé pour juftifier les crimes de PAle moindre figne de
mérique. Tu ne donnes pas
aux maux dont ttt as été le témoin; tu
compallion
mauvaifes mceurs, comme- f ton
applaudis aux
d'en avoir d'autres. Tu
pays n'étoit pas fufceptible
chofe naturelle.
regardes la tyrannie comme une
Félicite-toi de tes Obfervationsgelles autoient proun
de plus. Elles te
mis atl defpotifimne
fuppôr
dénonceroneal la poftérité comme un calomniateur
humaine. Mais je te renvoie trop loin:
de l'efpèce
attendre d'elle? Que
avec tes talens, que peux-tu
attendre de toi le Peuple libre à qui tu prépent
fentes de pareils principes?
Ofe retourner en' Amérique avec ton écrit :
Affemble les Gens de Couleur pour leur lire ce
t'a diété contr'eux ton humeur railleufe &
que infolente. Ils te croiront un monftre forti des enéternifer fur leur rête la malédiétion des
fers pour
témoin de leur friffonnement &
fiecles. Tu feras
de leurs fanglots; mais 2 tul n'en feras point touché. Je te devine à ton ftyle; tu es barbare avec
dans ton ame de les fa-.
réfexion, & tu triomphes
voir malheureux. De quel air de fupériorité tu'
eur railleufe &
que infolente. Ils te croiront un monftre forti des enéternifer fur leur rête la malédiétion des
fers pour
témoin de leur friffonnement &
fiecles. Tu feras
de leurs fanglots; mais 2 tul n'en feras point touché. Je te devine à ton ftyle; tu es barbare avec
dans ton ame de les fa-.
réfexion, & tu triomphes
voir malheureux. De quel air de fupériorité tu' --- Page 13 ---
(9)
Fun de leurs plus intréinfultes à ce Raymond,
feroit
défenfeurs! Ta plus douce joniffance
pides
contibué à prolonger leurs mis
peut-êure d'avoir
leur caufe eft trop bonne
fère; mais défefpére-toi :
éternelle:
craindre tes coups, & la juftice
pour
leurs défenfeurs contre ta lâche
confpire avec
perverfiré.
des' projets criminels qu'ils
Ce n'eft point par
ame en leurs
veulent réuflir; tu leur prètes ton
Gi leur.
des deffeins coupables. Hélas!
fuppofant
au-delà des bornes,. leur
zele les avoit emportés
il eft fi naturcl
enthoufiafme feroit pardonnable;
les intérèts de Phumanité!Tu
de s'échauffer pour
de la vertu, aufi
ne connois pas ces mouvemens
que le
tu les calomnies; mais à qui perfuaderas-tu
tu combats avec
bon droit eft de ton côré, lorfque
contre les plus faintes loix, & contre
des préjugés
des faits avérés avec des fophifnes :
formé le
de répondre pied à pied
J'avois
projet
Obfervations ; mais ma vertu s'eft indignée
à tes
m'elit été facile (1), 6 j'avois eu
d'une tâche qui
honnète.. Je me fuis
à ramener une ame droite &.
de fuivre ce
dit à moi-mème : qu'ai-je à faire
méchant dans le tortueux dédale où il s'embarfuis ravifé, & j'ai fuivi en effet pied à pied 2
(I)Jc me dans les notes portées à la fin de cet ouvrage.
TAnonyme
u s'eft indignée
à tes
m'elit été facile (1), 6 j'avois eu
d'une tâche qui
honnète.. Je me fuis
à ramener une ame droite &.
de fuivre ce
dit à moi-mème : qu'ai-je à faire
méchant dans le tortueux dédale où il s'embarfuis ravifé, & j'ai fuivi en effet pied à pied 2
(I)Jc me dans les notes portées à la fin de cet ouvrage.
TAnonyme --- Page 14 ---
(10)
raife : Non, il y auroit trop de honte a réfuter
le perdront en fe détruifant
fes menfonges qui
d'eux-mèmes.
de méLe moment eft venu de ne plus garder
avec ces hommes affreux qui fe jouent.
nagemens
fouffrante, & ofent afficher hautede Phumanité
ferment le mépris qu'ils ont pour elle. Que nous
viroit d'ètre libres, fi nous craignions de fentir &
aux autres l'indignation de la
de communiquer
voir
vertu? Aurions-nous rompu nos chaines pour
indifféremment les méchans attrouper la foule
de leurs faulles doétrines ? Eh! quand l'opautour eft leur droit public, notre devoir n'eft-il
preflion
publique?
pas d'invoquér contr'eux l'opinion
Gardons-nous de ces écrits anonymes quicalomfourdement celle
nient notre liberté, en attaquant
de nos freres. Eftimons-nous heurcux d'appeller
de ce nom les fang-mèlés 5 nous n'avons pas les
de Phabitant obfervatéur 5 mais nous
préjugés fentimens d'humanité qui valent bien
avons ces
nous
mieux, & les ames dignes de nous imiter,
entendent à merveille.
Ne nous en rapporzons pas non plusàl'Anonyme
des moeurs. Écourons ce que dit ce
fur le chapitre
fut le honteux
légiflateur d'ug genre nouveau
concubinage des Colonies.
les
offenfe
>2 Ce comnierce illégitime 2 qui
ur 5 mais nous
préjugés fentimens d'humanité qui valent bien
avons ces
nous
mieux, & les ames dignes de nous imiter,
entendent à merveille.
Ne nous en rapporzons pas non plusàl'Anonyme
des moeurs. Écourons ce que dit ce
fur le chapitre
fut le honteux
légiflateur d'ug genre nouveau
concubinage des Colonies.
les
offenfe
>2 Ce comnierce illégitime 2 qui --- Page 15 ---
(1)
rougir de cet aveu)
p'meurs & la. Religion (il.va
où les
mal nécellaire dans les Colonies,
2> eft un
& où les mariages
3? femmes font en petit tnombre,
de
êrre nombreux. Il prévient plus
S ne peuvent
foiblelles des maitres les ap-.
>2 graitds vices. Les
eft adouci. La popu32 privoifent, & l'efclavage
Dieu!)
(quelle populationsgrand.
s lation,y gagne, moins! le libertinage que leb befoin,
> parce que c'eft
chaleur du clic
à ces unionsi illicites;la
>> qui préfide
& la facilité de les
icrite les defirs s
32 mat, qui
inutiles les précautions du
rendent
95 fatisfaire,
remédier à ces: abus, parequela
>> légiflateur, pour
loi fe tait où la nature parle impérieufement.
>
de {es principes moraux.
Voilà un échantillon
Phonnèteté des
Il facrifie, comme on voit 2
Il
qui défend les méfalliances.
mocurs au préjugé des anciennes loix qui avoient
ne fe fouvient plus
& de l'abus des
voulu arrèter cette corruption ;
l'Améfens, ilen fait un code réglementaire pour foient
Eh! quiempêche que les mariages ne
rique. nombreux ? Celui qui n'a pas eu honte de
plus
donc de
corrompre une fille de couleur s rougira
légitimer fes enfans par le mariage, & augmenfans remords, les vices d'une population maltera
maudite du ciel,malgré toutes tes
heureufe?O terre
Inftituteurs.
richefTes ! continue d'écouter depareils
de tels
Et toi, pauvre Nation qu'on infulre par
Eh! quiempêche que les mariages ne
rique. nombreux ? Celui qui n'a pas eu honte de
plus
donc de
corrompre une fille de couleur s rougira
légitimer fes enfans par le mariage, & augmenfans remords, les vices d'une population maltera
maudite du ciel,malgré toutes tes
heureufe?O terre
Inftituteurs.
richefTes ! continue d'écouter depareils
de tels
Et toi, pauvre Nation qu'on infulre par --- Page 16 ---
(x2)
écrits; ofe leur donner ton
d'une régénération.
fuffrage; & fatte-toi
moraliré de
Mon ame s'étonne de l'imniere dont il l'impudenr Anonyme; mais à la majuge le Curé Grégoire, je vois d'ici.
qu'il s'étonnera de ma réfexion.
Il veut paroître léger, & il n'eft
plaifanteries font d'un
que lourd; fes
de l'infolence.
mauvais ton, , & fa fierté eft
On le prendroit
Ecrivains à
pour un de ces
gage, que les méchans
outrager leurs ennemis &
payent pour
proportion de la bafleffe >
qu'on méprife à
les fair defcendre,
du rôle où le vil intérêt
Quel autre motif
l'avoir
engagé à infulter
peur
de nos Colonies grofliérement un vrai habitane
s un citoyen diftingué
caradtére moral, - & qu'il traite'
par fon
nommé Raymond,
baflement du
çoifes étoient
comme fi les oreilles franfaites à ces appellations
M. Raymond,
infolentes?
avantagenfemene connu à SaintDomingue, eftimé en
&
de voir les-hommes
Europe,
au moment
libres de fa claffe,
par fes foins dans tous les droits de
rentrer
l'ame trop noble, pour fentir
citoyens , a
déshonore
une infulte qui ne
que P'Anonyme. Il fe nomme
l'autre fe cache derriere
: lui, &
lui décoche
un rideau épais, d'oi il
bravement fes coups. Mais M.
mond a-ril jamais pris contre
Rayl'infulte & de la
perfonne le ton de
vengeance? Peut-on lui
repro-
ins dans tous les droits de
rentrer
l'ame trop noble, pour fentir
citoyens , a
déshonore
une infulte qui ne
que P'Anonyme. Il fe nomme
l'autre fe cache derriere
: lui, &
lui décoche
un rideau épais, d'oi il
bravement fes coups. Mais M.
mond a-ril jamais pris contre
Rayl'infulte & de la
perfonne le ton de
vengeance? Peut-on lui
repro- --- Page 17 ---
(13)
cher des obfervations du genre de celles de PAnonyme ? O efclave ! plus efclave cent fois
ceux dont tu accufes calomnjeufemett
que
Américain d'être
cethonnère
furer de
defcendu; je te défie de te meptincipes avec lui, & de mettre dans tes
écrits la même fagelfe, le même bon fens
brille dans les fiens; tu les lui conteftes
qui
honnèteté ordinaire
avec fon
; tul donnes à entendre fauffement 2 que d'autres lni.ont prèté leur
mais s'il fe fat adreffé à toi
plume;
droits, quel fervice auroir ril pour défendre fes
tienne?
pu elpérer.de la
2Tu ne te ferois pas. excufé fur: ta qualiré
d'Américain; ils font loin lapluparte de te relfembler;. mais fur la froideur de ton.ame
reils.ingérets. Et.ne crois
pour depgPas que je te calomnie:
montre-moi une feule ligne dans tes. obfervations,
qui annonce une ame fenfible:je t'en montrerai
cent qui décélent une, ame.cruelle!
O le, plus barbare dés hommes ! til. faifis. le
moment oi des malheureux
t loi ne peut leur refufer, follicitent ce que la
pour. leur enfoncer le
poignard dans le caeur ! Tu tourmentes leur liberté
par des railleries, & tu tâches d'être plaifant, lorfque tes femblables s'agitent fous le
léurs. longues tribulations ! Eft-ce ainfi poids de
acquittes la dette de ton
que Eu
Pays envers tes compa-
barbare dés hommes ! til. faifis. le
moment oi des malheureux
t loi ne peut leur refufer, follicitent ce que la
pour. leur enfoncer le
poignard dans le caeur ! Tu tourmentes leur liberté
par des railleries, & tu tâches d'être plaifant, lorfque tes femblables s'agitent fous le
léurs. longues tribulations ! Eft-ce ainfi poids de
acquittes la dette de ton
que Eu
Pays envers tes compa- --- Page 18 ---
(14)
triotés que tu as vu naitre 2 qui habitoient le
même fol que toi,, dont les uns font peut-être tes
freres, & les autres tes enfans; car les priviléges
de vos climats donnent une grande extenfion
familles. Ces infortunés que tu perfifiles
à vos
dans le cours de 68 mortelles
fi cruellement
crime ontque t'ont -i ils fait? par quel
pages,
diatribe faftidieufe : Tu vas
ils mérité cette
fouiller dans les Greffes des Colonies pour prouver
qu'ily a eu des coupables parmi eux; le moment
choifi, fi tu veux être leur bourreau &
eft bien
reculant l'inftant oà ils
celui de leur poftérité, en
feront proclamés libres par l'augufte Affemblée
déclarer ce qu'ils font déjà. Mais
qui ne fera que
dévorent
fandra-r-il, avant ce moment > qu'ils
en' favourent lentement
Yennui de ton écrit, qu'ils
de
Pamertume? Les voilà déshérités à jamais
toute
- G l'Affemblée confacre
leurs juftes prétentions
les tiennes. Mais ici le doute feroit une injure ;
cette belle caufe, font humairis
ceux qui jugeront
comme'la loi.
comme la nature," & impaflibles
le
A qui as-tu voulu plaire ? Choifis entre
des colonies, &c les riches des mêmes
peuple
commne un
contrées. Les uns te regarderont
ennemi-qui prend fes avantages pour les
Tâche
s'ils ont de l'humanité,
outrager 5 les autres 2 --- Page 19 ---
(15)
il n'eft pas d'une ame noble
te méprifgront;
ou à des hommes que
d'infulter à des efclaves,
lon croit tels.
la maxime
Aurois-tu adopté pour ton compte
des Romains?
Parcere fujettis, & debellare fuperbos.
Mais ici où font les fuperbes, fi ce n'eft toi?
ton écrit te falle beancoup de
Je doute que.
hommes, ni les femmes de
conquètes; ni les
de tes airs de
notre nation ne satcommoderont
dans
Nous voulons plus de prévenance
fuffifance.
de franchife dans les mceurs;
les manieres, plus
fi elle
à ta perfonne,
c'eft tout ce qui manque
librement.,
fur ton ftyle. Je te parle
eft calquée
c'eft un mulâtre
comme tu vois ; fuppofe que il faut que la
qui répond. à tes gentilleffes où ; ils font fi bien
poftérité fache qu'un écrit
abfolument refté fans réponfe.
traites,n'eft pas
le nommé Raymond,
Le curé Grégoire 2
& ce
& l'avocat Joli que tul ne nommes pas,
Clarkfon dont tu fais un homme très-vain,
M.
& les
que tu l'es peur- - être toi-mème,
parce
maîtres, & les femmes à
comités, & les petits
eft
du fel de tes plaivapeurs, tout
faupoudré j'aurai mon tour; tu
fanteries. Il faut efpérer que
les
des plaifanteries de toutes
as, je limagine,
d'une de tes plus jolies
couleurs, pour me fervir
ocat Joli que tul ne nommes pas,
Clarkfon dont tu fais un homme très-vain,
M.
& les
que tu l'es peur- - être toi-mème,
parce
maîtres, & les femmes à
comités, & les petits
eft
du fel de tes plaivapeurs, tout
faupoudré j'aurai mon tour; tu
fanteries. Il faut efpérer que
les
des plaifanteries de toutes
as, je limagine,
d'une de tes plus jolies
couleurs, pour me fervir --- Page 20 ---
(16)
expreflions que tu appliques aux femmes. Je
t'attends
ce moment-l., & je te prie de te
nommer : pour il y va de ta gloire de ne pas te renferfous l'enveloppe. modefte de T'Anomer tonjours homme ne rifque rien de fe monnyme. Le grand fur-tout lorfqu'il étale les grands
trer à déconvert,
& qu'il les met en
principes d'adminifration ,
de TPhomcontrafte avec les droits imprefctiptibles
Je fuis curieux de voir comment tu te tireras
me.
des droits, en l'appliquant à la
de la déclaration
défi
t'a fait,
caufe que tti défends.Ceft un
qu'on
de
Pardonne à la liberté
& tu n'y as pas répondu.
la révolution m'a un peu gâté;j'ai apmon ftyle;
avec
pris à tutoyer én me trouvant quelquefois
te parle la langue du pays 5 ti
dies mulitrés; je
tu parois en
m'entendras faris doute, paifque
avoir fi bien confervé les moeurs. Cependant
m'alfure que les principes commencent à
on
&c alors il faudra que tu falfes une autre
changer,
les bévues & les abBrochure pour corriger
En
furdités innombrables de celle que j'attaque.
te confeille d'ètre un peu plus cirattendant , je
à res
confpeêt à Tavenir, &c d'appofer ta'fignature Anorépargner de rudes leçons. Un
livres, pour infulte le bon fens &les perfonnes , ne
nyme qui
de gré à
mérite point de grace, & je me'charge, s'acd'une commiffion dont les Améticains
gté,
encore mieux que mot;
quitteroient
Suiyent --- Page 21 ---
(7j
SUIVENT les bévues de
"'dnonyme 2 dans fes
Obfervations, fer le Mémoire de M. GRÉGOIRE,
LAwowrsa débute par fortir de. la
(page Iere ). Il ne s'agit pas ici du queflions
des gens de couleur, mais de leurs droits panégyrique
teftables. La mauvaife foi
inconficulté; la raifon
cherche à éluder la difcible.
ly ramene avec fa force invinLes injures de l'Anonyme,
dans fon écrit,
répandues çà & là
prouvent d'abord la
fa caufe; mais elles méritent
foibleffe de
tion. Si l'Auteur eft
une petite obfervahomme de
fe cache-r-il? Qui le devinera lettres, pourquoi
de lalphabet
dans les huit lettres
qui terminent fa diacribe? P
chera à le deviner,
Quicher-
, après l'avoir lu ? L'honneur
demande, ce femble, que l'on fe
on défend une bonne caufe, & nomme, quand
Jugeons par les
que l'on dit vrai.
précautions clandeftines de
teur, & de fa
l'Aucaufe, & de a la foi
fon dire,
qu'on doit a
Enfuite, quoi de plus mal-adroir',
glober dans fes
que d'enépigrammes M. Clarkfon,
regarde comme un fou ? Qui le croira,
qu'il
lorfqu'il
B
ur
demande, ce femble, que l'on fe
on défend une bonne caufe, & nomme, quand
Jugeons par les
que l'on dit vrai.
précautions clandeftines de
teur, & de fa
l'Aucaufe, & de a la foi
fon dire,
qu'on doit a
Enfuite, quoi de plus mal-adroir',
glober dans fes
que d'enépigrammes M. Clarkfon,
regarde comme un fou ? Qui le croira,
qu'il
lorfqu'il
B --- Page 22 ---
(18) )
s'engage à prouver que cet Auteur avance. encore.
plus de fauffetés que M. l'Abbé Grégoire, furavoir lu ces notes qui lui donnnent le
tout après
formel ? 11 s'acharne contre, la
démenti le plus
fociété des amis des noirs, dans laquelle on trouve
les noms les plus refpeétables; tout ce qui penfe
hurhanité, tente la griffe crochue de l'obavec fervateur. Mais qu'il prouve, avant tout, 2 que les
font inadmiffibles aux avantages de la
mulâtres
de fanatifme leur
fociété, & qu'il ne taxe plus
méchamment, qu'il aiguife
défenfeur, en difant,
confacré à Phules poignards, dans un ouvrage
fentimens.
manité/& qui en refpire les plus doux
retombe fur fon altL'attrocité de Pinculpation
méchant:
teur; c'eft en cela qu'il eft aufli faux que
néle menfonge eft
à moins qu'il ne croye que
beceflaire à fa méchanceré, & que fon écrit a
foin de ce double paffe-port.
fon avis,
12 Ilaccufe M. Grégoire d'avoir imprimé
érant membre du Comité de vérification. Cen'eft
fait
mais une queftion.de
pas ici un
particulier, dans l'affemblée, & elle
droit pnblic qu'on agitoit
du Comité d'imn'avoit pas défenduaux membres
elle ne
primer fur les queftions de droit public;
le défendre. D'ailleurs, les Membres du
ponvoir
ils donnent leur avis 2 &
Comire ne jugent pas,
Nationale : que
à P'Affemblée
on enfaitle rapport
ification. Cen'eft
fait
mais une queftion.de
pas ici un
particulier, dans l'affemblée, & elle
droit pnblic qu'on agitoit
du Comité d'imn'avoit pas défenduaux membres
elle ne
primer fur les queftions de droit public;
le défendre. D'ailleurs, les Membres du
ponvoir
ils donnent leur avis 2 &
Comire ne jugent pas,
Nationale : que
à P'Affemblée
on enfaitle rapport --- Page 23 ---
(19j
veut donc dire
P'Anonyme, par ce reproche infi:
gnifianr?
Il accufe M. Grégoire d'avoir été
Mémoires de M. Raymond. Il
copifte des
car on. ne cite
ne les a pas cités ;
que pour mettre à portée de
rifier. Mais eft il défendu de confuler
vémoires ? Et, les eit-on
des mé
fait à
copiés, qu'eft-ce que cela
une caufe ? Elle eft bonne ou mauvaife
voilà à quoi il faut s'en tenir. Mais il eft de
>
faufferé que M. l'Abbé Grégoire ait été
toute
l'Anonyme eft un impudent de l'en
plagiaire;
fe nomme, & qu'il juftifie fon affertion accufersquil
du public, en artendant, on le déclare aux yeux
fourbe &
impofteur.
(Page 4.) L'Anonyme ne peut pas
des perfonnes de couleur
ignorer que
les déclaroient
n'ayent eu des arrêts qui
blancs ; alors on pouvoir les.
peller blancs ; iis l'étoient au
apphylique, & la
ture rend toujours de ces fortes d'arrêts à la nafieme ou quarrieme
troiblancs fe
génération; mais le moral des
refufe à leur enregiftrement.
plus raifonnable, de la Nature
Lequel eft
fieurs?
ou de ces Mef
(Page 4-) Les Maréchauffées exiftent dans la
plus grande & la premiere des colonies à St.-Do:
mingue, On ignore s'il y en a ou. s'il n'y en à
pas dans les autres colonics.
Qu'importe cela :
B 2 --- Page 24 ---
(20) )
Mais il eft de fait, qu'à St-Domingue 2 il n'y*
de couleur dans les Maréchauf
que des perfonnes
dans la majcure
fées, à l'exception de lExempt,
des Paroiffes, & du Brigadier, dans peutpartie
Remarquez l'attention des blancs
être fix Paroiffes.
à fe réferver toujours les bonnes places.
Les mulâtres font fi bien payés, que beanconp
leur retiennent & emportent leur apd'Exempts
ils veulent fe plaindre, les
pointemens, & quand
oll les menaces les font taire.
prifons
fait
comme le bonL'Anonyme nous
envifager cheval. Cela fcul
heur fuprème pour eux d'aller à
horrible vexation : > c'eft de les en eiprouve une
circonftances: eft-il pollible que
pécher Cil d'autres
une
l'on préfente de pareilles raifons pour appuyer
fi mauvaife caufe?
l'Officier blanc s'empare
Quant aux captures, >
à propos aux
de tout, & fait la part qu'il juge
Cavaliers.
faute de pouvoir ré-
( Page 5. ) L'Anonyme,
apva chercher une tierce perfonne, qu'il
pondre,
Eh bien ! ce nommé
pelle le nommé Raymond.
eft habitant à Aquin, ifle St.-DominRaymond
d'une habitation affez confidéra.
gue > proptiétaire
& de maeurs. I1 a été élevé
ble, plein de probité
de fes freres & fceurs,
en France, ainfi que fept
L'hiftorique
tous établis ici ou à St.-Domingue:
,
apva chercher une tierce perfonne, qu'il
pondre,
Eh bien ! ce nommé
pelle le nommé Raymond.
eft habitant à Aquin, ifle St.-DominRaymond
d'une habitation affez confidéra.
gue > proptiétaire
& de maeurs. I1 a été élevé
ble, plein de probité
de fes freres & fceurs,
en France, ainfi que fept
L'hiftorique
tous établis ici ou à St.-Domingue: --- Page 25 ---
(21) )
de M. Raymond eft auffi peu connu de l'Ancnyme que fa perfonne ; car il ne fe feroit
permis de l'attaquer avec tant d'effronterie. N Pas
On offre de prouver par des lettres des Adminiftrateurs, des Commandans, que M. Raymonda
toujours été confidéré dans fon
pays.
Qu'importe d'oir il a tiré les faits
dans fes mémoires P ce font des faits confignés
truiront ni les affertions
que ne déhafardées, niles
teries manquées de l'Anonyme.
plaifan-
(Pages.) Ici T'Anonyme ne pouvant
dre, ditque le fervice de piquet n'a
lieu répon- dans
toutcs les Colonies, mais il a lieu à pas St.-Dominguc, & il eft fi dur, que M. de Bellecombe l'avoit détruit, & après lui il a recommencé, Puis
M. de la Luzerne l'a détruit
encore', & on l'a
encore rétabli. Qu'on interroge ces deux Adminiftrateurs : le premier eft à Montauban, le
fecond eft Miniftre de la Marine.
feOn fait le fervice du piquer & celui des milices. ln'ya point de change; carle même homme
quia fair le piquer pendant huit jours, eft
le lendemain. de. paffer la
obligé
prifon.
revuc, fans quoi en
L'Anonyme dic que ce fervice n'arrive
tous
les 15 mois. On prouvera par des ordres donnés, que
qu'il arrive > pour le même individu,
toutes les
B 3 --- Page 26 ---
- 22 ) t
femaines." Ici T'Obfervateur, preffé par la vé
fept confeffe
c'eft un abus ; en voilà done
rité,
que
un de bon compte, parmi cent mille autres.
Les hommes de couleur qui ré
(Page 9. )
Il ne
clament, n'ont point tous des parens efelaves.
exclure de certaines profeffions ceux
faudroit pas
en général, ne
qui font exempts du doute, &,
fuppofer à T'efpece huiaine la perverfité grapas
tuite de T'Anonyme.
10.) M. l'Abbé Grégoire ne prétend
(Page deviner des faits qui fe paffent à deux mille
pas
mais ces faits font prouvés au milieuies de lui;
auroit beaa
niftere & à la Nation: Que T'Anonyme
au minif
jeu, fi les Plaignans en avoient impofé
! Ils'en tire par des menfonges- & des gamtere
lourd dans fa chûte.
bades; mais il eft un peu
quand il dit que les bâtards ne
Par exemple ,
Unt nom
doivent pas prendre des noms européens.
de famille à une origine R , & cette origine a diffécaufes fans quoi nous nous appellerions
rentes
de-lui. Mais un Eurous Adams comme venant
lindivida
ropéen a un enfant avec une Africaine 5
vient
le nom qu'il voudra,
qui en
peut prendre
il ne falle tort à
peurve qu'en prenant ce nom
Penson le forcer de prendre un nom
perfonne:
d'un autre , quand il fed'un idiôme pluror que
vioroit dix mille fois bârard : ceft toujours ute
diffécaufes fans quoi nous nous appellerions
rentes
de-lui. Mais un Eurous Adams comme venant
lindivida
ropéen a un enfant avec une Africaine 5
vient
le nom qu'il voudra,
qui en
peut prendre
il ne falle tort à
peurve qu'en prenant ce nom
Penson le forcer de prendre un nom
perfonne:
d'un autre , quand il fed'un idiôme pluror que
vioroit dix mille fois bârard : ceft toujours ute --- Page 27 ---
(23) )
lence de plus. On dira que cette loi n'a été faite
que pour Saint-Domingue; 5 mais en a-t-on moins
raifon de s'en plaindre P
(Page II.) L'Obfervateur s'aflfimile aux colons
amérieaing; l'eft-il ou ne l'eft-il pas P c'eft ce
nous pourrons vérifier aifément
que
aura dir fon nom.
2 lorfqu'il nous
Toujours ef-il vrai qu'ilne doit
point contefter la qualité de colons américains à
ceux qui ont des poffelions en Amérique, Si les
diennes n'étoient, par
a lards de la Seine
exemple, que fur les brouilou de la Loire, de quel droit fe
donneroit il la qualité d'habirant des Colonies où
ce mot lignifie proptiétaire ?
En un mot s pour confondre l'Anonyme fur
beauconp de faits oà il mèle artificieufemenk'les
atitres colonies, 3 il fuffic de lui dire, s'il ne le.fair
pas,ou de dire au Public, s'il feint de
que les reproches des gens de couleur Fignorer, roulent
principalement far l'ifle de
que fi les mèmes abus exiftent Sain-Domingue, &
de
ailleurs, ces points
l'Amérique ne font prefque rien eri
fon de cette vafte Colonie ; mais les intérêts comparai- de
Thumanité font Pat-tour les mêmes.
Les. menfonges de F'Anonyme viennent
cours de fa maniere. de
au femaifopner, quand il eft
trop évident que celle-ci ne vaut rien. Ainfi il at-"
sribues page I3. de fes Obfervations, à l'amour
B 4
ailleurs, ces points
l'Amérique ne font prefque rien eri
fon de cette vafte Colonie ; mais les intérêts comparai- de
Thumanité font Pat-tour les mêmes.
Les. menfonges de F'Anonyme viennent
cours de fa maniere. de
au femaifopner, quand il eft
trop évident que celle-ci ne vaut rien. Ainfi il at-"
sribues page I3. de fes Obfervations, à l'amour
B 4 --- Page 28 ---
(24)
des'gens de couleur eux-mèmes, la qualité
propre de métif ou de métive, & autres > données fur les
regiftres de Baprème, tandis qu'il eft prouvé que
c'eft un fujet de vexation pour benucoup de gens
de couleur, qui, à caufe du préjugé, répugnenrà
laiffer ainfi épiloguer fur leur origine.
Quant à là défenfe faite aux mulâtres de manavec les blancs, elle eft vraie. Les-Mémoires
ger
Adminiftrateurs
qui en parlent ont éré envoyésaux
Caftries
de Saint-Domingue. M. le Maréchal de
enavoit prévenu M. Raymond, qui >' le fachant,
n'auroit pas manqué de revenir fur cet, article,"s'il
étoit dans fon caraétere d'altérer jamais la vérité,
&c s'il avoit à cet égard, la complaifance merveilleufe de l'Anonyme. Ainfi M. PAbbé Grémieux inftruit des faits par M. Ray=
goire a été
lui
PAnonyme ne l'a été par ceux qui
mond, que
donner haront fourni des matériaux ; & on peut
démenti à celui-ci fur fes défenfes, &
diment un
mettre M.
fur la maniere dont il s'y prend pour
Raymond en contradiétion avec lui-mème.
La défenfe d'ufer des mèmes étoffes que les
blancs; défenfe faite, aux gens de couleur en 1779,
eft de l'aveu même de TAnonyme, impolitique,
maladroite & inutile. Mais il ne parle pas de la
des avaies & des vexations qu'elle a endureté, il s'amufe à infulter ceux ou celles qui
trainées,
tre M.
fur la maniere dont il s'y prend pour
Raymond en contradiétion avec lui-mème.
La défenfe d'ufer des mèmes étoffes que les
blancs; défenfe faite, aux gens de couleur en 1779,
eft de l'aveu même de TAnonyme, impolitique,
maladroite & inutile. Mais il ne parle pas de la
des avaies & des vexations qu'elle a endureté, il s'amufe à infulter ceux ou celles qui
trainées, --- Page 29 ---
(15)
fans dire un feul mot des opprefen font l'objer,
feurs dont ils ontàfe plaindre.
de les rapaucune occalion
- Il ne laiffe paffer
n'eft certainepeller à l'ordre des Colonies 2 qui
il râche
meilleur des ordres poflibles ;
ment pas le
leurs défenfeurs ; &
de ridiculifer à fa maniere
oeil dont la fagacité n'eft pas bien connue,
avec un
fubtilement les nuances de
il cherche à déméler
Thumais
la vérité, la raifon,
leur peau :
pour
s'en embarraffe point:
manité & la juftice > il ne
ces chofes ne font
il voudroit nous perfuader-que
du climat.- Ses
en Amétique 4 s' des fruits
point >
réclameront contre : ils n'auront
compattiotes
de l'avouer de fes farcafmes
garde, je l'efpere >
de la
les
de couleur, & ce caraétere
contre
gens
indélébile après .tout, ne les
peau qui n'eft pas
les droits de ceux
empèchera pas de réconnoitre
comme s'il
l'Anonyme fe plait à humilier,
que
cela., & qu'il éntrât daus fes
avoit million pour
légitinies
intérèts de combattre les réclamations
de 40000 individus.
!
17.
On parle de défenfes d'aller en voizure pag.
Eh! oui, Monfieur , O11 en parle s parce que cela
& vous auriez dû traiter un peu moins
eft vrai,
défenfe. Cela ne vous femleltement une pareille
là-defble rien, à vous qui avez ptis votre parti mais
d'autres chofes 5
fus comme fur beancoup
légitinies
intérèts de combattre les réclamations
de 40000 individus.
!
17.
On parle de défenfes d'aller en voizure pag.
Eh! oui, Monfieur , O11 en parle s parce que cela
& vous auriez dû traiter un peu moins
eft vrai,
défenfe. Cela ne vous femleltement une pareille
là-defble rien, à vous qui avez ptis votre parti mais
d'autres chofes 5
fus comme fur beancoup --- Page 30 ---
(-26)
ceux que l'on vexe ne font pas de (bohne compofitions Vous avez beau dire que ces chofes
n'ont.trait qu'à Saint-Domingue ; je vous'le réSaint-Domingue eft prefque tout 7 vu fa
pete >
population & fon étendue; c'eft-li que les outrages font plus multipliés & mieux fentis: comment
faires-vous pour ne vouloir pas comprendre cela?
Les gens de couleur libres > dit.on - 3 ne peuvent
yenir en France. pag. 18. il en"convient., PAnoayme ; mais il prétend que cela leur eft interdit
des loix faites en France. Qui les a follicipar
des Nortées, ces loix ? font-ce des Picards, 3
mands ou des Lorrains 2 Eft-ce nous qui gênons
la liberté des gens de couleur, nous François, qui
fentons parfaitement la juftice de leurs plaintes :
Les blancs qui demandent ces défenfes ne font
point François à notre maniere , celafe fent ; ils
font injuftes envers ces hommes dont PAnonyme
met la liberté en caraétere iralique de 2 comme fi
elle étoit d'une efpece particuliere. En vérité, les
de PAnonyme font bien petits 2 & fes
moyens raifonnemens far les faits., d'une étrange nature.
Eft-il embarraflé?il aà fa main des, fi de doute;
file fait eft vrai, Rsif. Eft-ce ainfi que l'on fatisfait des gens raifonnables ? A qui croit-on en
impofer par des défaites aufli puériles?
L'esclufion des charges & emplois publics eft --- Page 31 ---
(27) )
18. L'Anocertaine & mieux obfervée. pag.
pius
ici la fublimité de la fngeffe & de la
nyme trouve
l'exclulion > il
morale coloniale. Pour juftifier
&c le
le dernier' terme de l'cfclavage 2
preprend
de la liberté; mais il ne réféchit pas
mier degré
de couleur libres depuis plufieurs
qu'il eft des gens
bien élevés >
riches, s
générations, > propriétaires,
diftin-
& des moeurs plus
qui ont- des maurs' >.
les calomnient par
fans doute que ceux qui
guées
n'abaifferoient
leurs mémoires. Cenela.peucètre, niveau de ces ames vépoint les charges jufqu'au liberté
fe vennales, qui ne parlent de
que pour des
dre, & de fervitude que pour opprimer
gens
honnêtes. En vain pour appuyer des principes
à nos meurs', on veut confonfaux & étrangers
fous la même dénominadre tous CES affranchis défordre des diftinctions
tion 5 c'eft reproduire le
détruit
féodales. Il femble que ce droit affreux, AméTAffemblée Nationale , fe cantonne en
par
venir de nouveau afliger la France.
rique, pour
des
de 'conleur,
Car fi on écoute les ennemis
gens
donbientôt des décifions qu'on aura
ils argueront
leur
anti-focial , pour
nées en faveur de:
fyfème
claffes de lirétablir aufli en France différentes
berté, & différentes fortes de droits."
fonL'Anonyme part toujours du préjugé pour
droit affreux, AméTAffemblée Nationale , fe cantonne en
par
venir de nouveau afliger la France.
rique, pour
des
de 'conleur,
Car fi on écoute les ennemis
gens
donbientôt des décifions qu'on aura
ils argueront
leur
anti-focial , pour
nées en faveur de:
fyfème
claffes de lirétablir aufli en France différentes
berté, & différentes fortes de droits."
fonL'Anonyme part toujours du préjugé pour --- Page 32 ---
28 )
der la juftice de fes raifons, comme les commeude manvais ouvrages s'efcriment à tout
tateurs
lés fottifes du
propos pour excufer oul juftifier
le
de la couleur, le reffort
texte. Ilappeile préjugé
caché de toute la machine coloniale. Mais de
bonne-foi, à qui fera-t-il croire que cette machine
fublifter que
des injuftices nées de la
ne puiffe
par des individus à
leur
fantailie & des caprices
qui
vanité perfuade que ceux qui font libres ne le font
& doivent roujours être traités comine des
pas,
efpèces d'efclaves? Voilà fur quoi il faudroir frapabolir l'infamie d'un tel préjugé véritaper,.pour blement contraire. à la profpérité des Colonies.,
quoiqu'en difent nos Adverfaires.
Il échappe de tems en tems des aveux à PAuoVaincu par la force de la vétité, il fe laife
nyme. mais d'un air à faire penfer que cela lui
aller,
par-ci par-là, faliffent
coûte. Quelques menfonges
toujours fes aveux. Il nous dit qu'en 1768, , les
de couleur voulurent tous fortit des çompagens
gnies de milices où ils n'étoient pas-les premiers.
effrontément on dénarute les faits.
Voilà comme
leur
Oui, ils voulurent en fortir, parce qu'on
ôtoit leurs commiflions d'officiers, & même pour
avoir époufé des femmes de couleur; s'ils étoient
défendoit de faire enregiftrer leurs
nobles, on leur
. Il nous dit qu'en 1768, , les
de couleur voulurent tous fortit des çompagens
gnies de milices où ils n'étoient pas-les premiers.
effrontément on dénarute les faits.
Voilà comme
leur
Oui, ils voulurent en fortir, parce qu'on
ôtoit leurs commiflions d'officiers, & même pour
avoir époufé des femmes de couleur; s'ils étoient
défendoit de faire enregiftrer leurs
nobles, on leur --- Page 33 ---
(29)
A beau mentir qui vient de loin; cela De
ticres.
la vérité, quand d'honnètes gens s'ofdétruit pas
frent d'en produire la preuve.
L'Anonyme, page 25, ne fe montre pas trop
fait fervir de
indulgent envers les blaics, qu'il
les enfans
prète-noms à ceux dont ils légiciment
raiintéreffés. Il fe fert de cette
par des mariages
avec les filles de
fon pour Aétrir les mariages révoltante. L'Acouleur, ce qui eft une atrocité
fortes d'ara beaucoup de goût pour ces
nonyme
n'engagent pas à grand'chofe, & il
rangemens qui à fes chers compatriotcs. Ce ne
en fait fa cour
des moeurs pures, il faut en convenir,
font pas-là
de revenit G fouivent là-
& ce n'étoit pas la peine
des
de
deffus, comme G lon eft douté
principes
On m'a dit que les femmes blanches
T'Anonyme.
beaucoup de gré
des colonies ne lui fauroient pas
font
de fon extrême facilité à cet égard; elles
janotre homme leur donloufes, & il paroit que
davantage,
nera fouvent le fujet de l'ètre encore
voulezfi l'on met à profit fes favantes leçons. Que font
vous? Les uns vantent le mariage, & ceux-là
des liens
du bon vieux tems; les autres approuvent
mais
faciles, & ceux-ci ont leurs partifans;
plus
avec leur doétrine que l'on peut
ce n'eft point
fonder ou affermit des empires.
L'Anonyme approuve très-fort que
( Page16.)
davantage,
nera fouvent le fujet de l'ètre encore
voulezfi l'on met à profit fes favantes leçons. Que font
vous? Les uns vantent le mariage, & ceux-là
des liens
du bon vieux tems; les autres approuvent
mais
faciles, & ceux-ci ont leurs partifans;
plus
avec leur doétrine que l'on peut
ce n'eft point
fonder ou affermit des empires.
L'Anonyme approuve très-fort que
( Page16.) --- Page 34 ---
(30)
Ta race des noirs foit livrée au mépris. Nous at
tendons qu'il nous donne les raifons impérieufes
benin. Ne nous fâchons pas contre
de ce fyfème
tel
un homme aflez abfurde pour avancer un
paradoxe', au mois de Décembre de l'année 1789.
foit bien étranger à la.r révolution 2e 2
Il faut qu'il
n'ait rien và ni rien là de ce. quis'eit paffé
qu'il
&
ne connoille du droit
fous nos yeux s
qu'il
de T'Améripublic françois que l'abus des ufages
Fera-t-il fortune avec fa doétrine? C'eft ce
que.
fait
Il eft des aventuriers qui tâtent
qu'on ne
pas.
avoir éprouvé la
par-tour le terrein, & qui après
mobilité d'un fol libre, elfayent s'ils pourront aple pied dans le pays de l'efclavage. Mais
puyer
40,000. ennemis qu'ils fe
voilà de bon compte
des noirs
font en artendant, . &c qui font dela race
l'Auteur. La belle recommandation
proferite par
11 vaudroit mieux
profpérer dans un. pays!
pour comme Solie, quand on en a les fentimens,.fe
dire ami de tout le monde.
qui admet linfluence des femmes
L'Anonyme
fentir
de toutes les couleurs : > ne devroit il pas
eft des vertus dans toutes les clafles, & qu'un
qwil
à une.efpèce d'hommépris accordé généralement
bien diminuer le nombre des gens
mes > peut
les détrire tout-à-fait? C'eft
vertueux, mais non
avec fes principes, contre
bien lui qui complote,
entimens,.fe
dire ami de tout le monde.
qui admet linfluence des femmes
L'Anonyme
fentir
de toutes les couleurs : > ne devroit il pas
eft des vertus dans toutes les clafles, & qu'un
qwil
à une.efpèce d'hommépris accordé généralement
bien diminuer le nombre des gens
mes > peut
les détrire tout-à-fait? C'eft
vertueux, mais non
avec fes principes, contre
bien lui qui complote, --- Page 35 ---
(#)
TAmérique. II y anéantit la vertu pat le mépris
dont il eft fillibéral, fi prodigue même, envers les
Africains & leur race. Que deviendroient les.
blancs, fi les noirs agifloient en conféquence du
mépris auquel l'Auteur les-abandonne? Heureufement pour nos Colonies, il eft des vertus dans
cette claffe, & même de très-difinguées. Qu'il
ofe nous démentir! S j..
-
Que veut dire l'infolent Anonyme (page 26)-
par les mots de fanarique - révolutionnaire appliqués à M. Grégoire? Eft-ce qu'il prétend donner
du ridicule à l'heureufe révolution
qui a délivré
la France du joug de tant d'ariftocraties combinées
pour nous, tenir dans les fers ? Le defpotifme a fes
hypocrites, auxquels j'oppoferai les fanatiques du
bien, & certainement la viétoire ne reftera
aux premiers. Mais ces fanatiques ne tuent ni pas ne
veulent tuer perfonne, queles préjugés & les mauvaifes raifons. Garre al'Anonyme! Il eft fort menacé de ce double genre de mort. Ils s'eft gratté la
tète pourtronver ce, vers f peu connu;eh quoil...
d'un Prêtre ef-ce la le langage ? Il l'applique à
M. Grégoire; il lui demande s'il y reconnoit un
Repréfentant de lat Nation. Pauvre. Anonyme !
Quelles vifions vous vous mettez dans la tête ?
pour reprocher de pareils deffeins. à quelqu'un, il
faudroit en avoir la preuve; 86 certainement, ni
mort. Ils s'eft gratté la
tète pourtronver ce, vers f peu connu;eh quoil...
d'un Prêtre ef-ce la le langage ? Il l'applique à
M. Grégoire; il lui demande s'il y reconnoit un
Repréfentant de lat Nation. Pauvre. Anonyme !
Quelles vifions vous vous mettez dans la tête ?
pour reprocher de pareils deffeins. à quelqu'un, il
faudroit en avoir la preuve; 86 certainement, ni --- Page 36 ---
13)
niles mccurs, ni les écrits de M. GréIa morale;
de femblable a
goire ne feront rien foupçonner
pas même à T'Anonyme. Sa bonhommie
perfonne,
intérieurement lorffe fera fans doute indignée
fur
qu'elle aura vût fa lourde plume lailfer tomber
le papier une fi groffe injure.
28.) Toujours T'Anonyme eft en défaut;
(Page
les faits, toujours il veut des
toujours il controuve
Cela lui fait plaifir ;1 il
diftinctions humiliantes.
d'habitant des Cocroit qu'il y. va de fa dignité
la Nalonies, & il fe rengorge, en penfant que
s'eft
en Afrique & aux Antilles,
ture
épuilée
nombre d'inférieurs.
pour lui donuer un fi grand
s'échauffer la
fais-je mème fi, à force de
Que
comme fes fujets ?
tète, il ne les regardera pas
dans leur
11 dira : c'eft moi qui les ai fait rentrer
ai pulvérifé leurs raifons, anéanti
devoir , qui
Mémoire. Quelles
leurs prétentions. Lifez mon
fines ironies! comme je mene le nommé Rayle Curé d'Emberménil! Ce font foimond &
d'or; cela vaut tout ce qu'on a
xante-huit pages
écrit fur cette matière. Meilieurs les Propriétairescottifez-vous pour me donner une belle
planteurs,
le titre que j'ai ptis à la tète
habitation : juftifiez obfervations; fans moi vous perde mes favantes
aviez des égaux, &
driez vos prérogatives : vous mais ne me convous ne devez point en avoir;
reftez
le Curé d'Emberménil! Ce font foimond &
d'or; cela vaut tout ce qu'on a
xante-huit pages
écrit fur cette matière. Meilieurs les Propriétairescottifez-vous pour me donner une belle
planteurs,
le titre que j'ai ptis à la tète
habitation : juftifiez obfervations; fans moi vous perde mes favantes
aviez des égaux, &
driez vos prérogatives : vous mais ne me convous ne devez point en avoir;
reftez --- Page 37 ---
7 33 )
teftez pas de vous être fupérieurs fi vous en douICZ, lifez ma brochure.
Continuons dele fuivre, toujoursavec la
de fes infidélités & de fes menfonges. Il preuve
nier les attentats contre la majefté des
veur
& il regarde ce mot de majefé donné mceurs 2
par lui aux
mceurs 2 comme une excellente plaifanterie. Oui,
nous adoptons I'exprefion. C'eft Ja majefté des
moeurs qui fait celle des Empires : des miférables
fe permettent de les infulter, & le mépris
ne les punit pas ! Mais les meeurs font-elles public
moins
refpectables en Amérique qu'en Europe ? Eft-il
de l'eflènce de ce pays-li que chaque habitation
foit un ferrail, & qu'on veuille faire de
les femmes de couleur les
toutes
fieurs les
>
maîtreffes de MefBlancs ? En favorifant ce
que
libertinage,
gagne-t-on ? ia corruption,
truétion dela
l'opprobre, 2 la def.
Colonie, & rien de plus.
(Pagest.)Onehin, peufurpris d'entendre dired
P'Anonyme qu'il y a 1St-Domingue unetendance
générale à la douceur & à la modération,
lon tient à la. main toutes les ordonnances lorfque
tes depuis 1768, contre lefquelles
faiFaut-il
on. réclame.
nommer les Blancs qui fe font permis de
commettre des atrocités? on lesn nomera. Ont-ils été
punis : non > ils éluden: tout. Mais
la
Nation prenne fous fa fauve-garde celui que
qui prous
C
1St-Domingue unetendance
générale à la douceur & à la modération,
lon tient à la. main toutes les ordonnances lorfque
tes depuis 1768, contre lefquelles
faiFaut-il
on. réclame.
nommer les Blancs qui fe font permis de
commettre des atrocités? on lesn nomera. Ont-ils été
punis : non > ils éluden: tout. Mais
la
Nation prenne fous fa fauve-garde celui que
qui prous
C --- Page 38 ---
T34)
des traits odieux reftés impunis, & T'on verra
vera
infamies bien révoltantes. Vous me
éclore des
des
: &
direz,. cela ne regarde que
particuliets
ferions-nous, bon Dieu!fi tout le monde
où en
même ! Nous voulons feulement
en ufoit de
de mauqu'un mauvais régime engendre
prouver
détruifez ce régime vicieux, &
vais exemples; 5
droits
les exemples ne fubfifteront plussalfarezles &
de ceux qui font libres, 3 ils vous béniront,
befoin de faire mentirdes Anovous n'aurez plus
Ceux qui s'élevent contre vous > prennymes.
dront alors la plume 1e > non pour confondre des
menfonges, mais pour célébrer des vertus.
vouloit
traitât les efclaL'Edit de 1784
qu'on
de
humainement : l'avatice & l'orgueil
ves plus de Blancs ne le vouloit pas : de.là une
beaucoup
dont le Miniftre fut
multitude de réclamations,
dit
étourdi & indigné. Tout ce que P'Anonyme
eft obicur, 5 infignifiant , faux,
à ce fujet >
fait. Sa maniere favocruel,. & ne détruit aucun
rite elt de nier ; la nôtre de fournir des preuves:
le Miniftre les a ;
Nous les avons. 2 ces preuves;
T'Affemblée Nationale les connoit, & peur-être :
feront bientôt mifes fous les yeux de
qu'elles
toute la France.
Phabitant obfer-
(Page 37-) 11 eft plaifant que
de couleur un génie turyateur reproche aux gens
fujet >
fait. Sa maniere favocruel,. & ne détruit aucun
rite elt de nier ; la nôtre de fournir des preuves:
le Miniftre les a ;
Nous les avons. 2 ces preuves;
T'Affemblée Nationale les connoit, & peur-être :
feront bientôt mifes fous les yeux de
qu'elles
toute la France.
Phabitant obfer-
(Page 37-) 11 eft plaifant que
de couleur un génie turyateur reproche aux gens --- Page 39 ---
(35)
bulenr. Ils font connus pour être les plus
des
paifibles
hommes, > & le courage dont ils ont donné
des preuves en tant de rencontres n'eft
moins
>
rien
qu'incompatible avec la douceur de leurs
moeurs. Le génie turbulent eft
par
celiquisexparie
cupidité, qui tente toutes les routes del'am
bition, qui aujourd'hui s'irrite comme un
& demain fe gliffera comme
tigre,
bouffi
un ferpent , qui,
d'orgueil & de
rien
prétentions, ne doute de
pour chercher d'arriver à tout, &c fouvent
n'arrive à rien. Que d'aventuriers
ricains n'ont-ils
nos colons amédier
pas vu de ce genre, venir mendes fecours dans leurs habitations,
enfuite de la plus noire
&lespayer
lens ! Eux, laborieux
ingraticude ! Eux tarbucultivateurs d'une
tout invite à une
terre, oùt
paix qui n'eft troublée
les vices de TEuropelEux
que Par
jours
confpirateurs, & touopprimés!Ceux qui les défendent, font donc
aufli des confpirateurs !II eft des
droientle faire croire; ; mais cela gens qui vouque l'Ecrit de
ne prend pas plus
l'Anonyme.
(Page 34.) Ici l'Auteur invoque le 18e fiecle
contre M. Grégoire, & il oublie lui-mème
fes préjugés le reculent vers le milieu
que
durge,oi
commença la traite des Nègres, dont il fait
ment & vertueufement honneur à l'illuftre las poli- Cafas, connu par desqualités bien différentes de celles.
C2
; ; mais cela gens qui vouque l'Ecrit de
ne prend pas plus
l'Anonyme.
(Page 34.) Ici l'Auteur invoque le 18e fiecle
contre M. Grégoire, & il oublie lui-mème
fes préjugés le reculent vers le milieu
que
durge,oi
commença la traite des Nègres, dont il fait
ment & vertueufement honneur à l'illuftre las poli- Cafas, connu par desqualités bien différentes de celles.
C2 --- Page 40 ---
(56)
d'un Capitaine Négrier.11 met en doute flepréjugé
foible dans PInde; ilaffure bien
de couleur eft plus
tant il a de facilité à nier des faits fans en
que non,
apporter les preuves ! qu'il nie toujours.
Oll
finiffons; ; car rien deplus
Pourfuivons , plutôt
Les faits
dégoitant que de répondre AlAnonyme.
M.Grégoire, dans fon
arteftés parlerémoignagede
couleur, reftentdans 1
Mémoire en faveurdesgensde
leur force. Les raifons de PAdverfaire font
toute
elles n'excitent point l'indignation.
pitié > quand
c'eft
On voit bien quel eft fon but,
d'empècher
les gens de couleur ne foient aflimilés aux
que blancs, & qu'ils n'ayent des Repréfentans àlAffemblée Nationale. Ce font-là les conclufions
d'une très-mauvaife caufe, qu'on ne
d'un avocat
les principes de la raipeut plaider fans choquer.
Nous
ion, de la juftice, &: même de Thonnèteté.
alfez donné de preuves, ce me femble.
en avons railleries de l'Auteur , elles feroient
Quant aux
honnètes
auroient peine à les
bonnes, que les
gens
fait
rite
goûiter dans ce moment-ci. On ne
pas
des François aux dépens de Phumaanjourd'hui
étouffe fes larmes ou qui les
nité : elle eft la,qui
cffitie, & cela déconcerte un peu les mauvais plaifans. Rions, à la bonne heure, quand nous ferons
fortis de nos abus & de tant de prétentions miférables dont nos fretes fupportent le poids : juf --- Page 41 ---
(37)
ques - là, je commanderai le férieux; même à
ceux qui ont le plus befoin de fe divertir, & je
leur ferai toujours un crime de chercher à provoquer le rire des méchans au fujet des malheureux.
Il fut un tems oà l'on rioit de tout ; CC toms eft
paffé, , je l'efpere. Pour vous, infortunés Américains, vous armerez par VOS plaintes l'indignation de la vertu contre vos ennemis ; & le pins
grand fupplice que je fouhaite à celui qui a lancé
contre vous ce lâche pamphlet > c'eft de fortir de
l'embufcade de l'anonyme, 2 & de fc faire connoîtie. --- Page 42 ---
7801. --- Page 43 ---
IS
CONSIDERATIONS
PRESENTÉES
AUX VRAIS AMIS DU REPOS
ET DU
BONHEUR DE LA FRANCE 2
A Toccafion des nouveaux mouvemens de quelques
foi-difant Amis-des-Noirs.
PAR M. L. E. MOREAU DE SAINT * MÉRY,
Député de la Martinique à PAffemblée nationale.
PREMIER MARS MIL SEPT CENT QUATR-VINGT-ONZE
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
1791. --- Page 44 --- --- Page 45 ---
E771
Lusid
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24 A 3WR a
A --- Page 46 ---