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ATTN --- Page 2 ---
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Jobu Uarter Brotun
Lihrarg
Aromn Ininersite
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PJCB) --- Page 5 ---
AR
RÉPLIQUE
De M, DE COCHEREL, Député de St-Domingue, aux inculpations du Commerce contre
M. le Marquis DU CHILLEAU.
MESSIEURS,
ON ne peut répandre du jour sur la question de
l'importation des farines Américaines, demandée par
les Députés de Saint-Domingue > et combattue par
les Négocians des Ports de mer. , que par des faits
exposés avec vérité, On s'est apperçu au contraire que
plusieurs Membres du Commerce avoient embrouillé
la question au lieu de la présenter comme elle devoit
l'être. Pour y parvenir, on va faire l'historique des
faits; les Députés de Saint-Domingue les attestent &
en garantissent l'exactitude.
M. le Marquis DU CHILLEAU, Gouverneut-général de Saint-Domingue 3 alarmé par des nouvelles qu'il
avoit reçues de France en Mars dernier, qui faisoient
craindre la destruction presque totale des productions
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(-2)
du Royaume 5 occasionnée par un hiver des plus rigouzeux, 3 informé d'ailleurs que SaMajeftévenoite td'accorder
des primes au Commerce pour encourager l'importation des farines dans le Royaume, ce qui ne permettoit
pas de douter qu'elle n'eût voulu prévenir les calamités
de la disette dont il étoit menacé , 8c qu'il ne fûc
impossible, par cette raifon politique, au Commerce
National de faire pour P'Isle Saint-Domingue des chargemens suffisans à ses besoins, a rendu, le 31 Mars
1789, une Ordonnance enregiftrée aul Conseil Supéle
Avril de la même
rieur de Saint-Domingue 3 premier
année, portant permiffion d'introduire des farines étrangères.
CETTE Ordonnance, rendue pour prévenir la disette
la situation de la Métropole devoit naturellement
que
rempli les vues
faire craindre, n'ayant pas entièrement
que s'étoit proposé le Gomemsm-Abnibineoaenrde
Saint-Domingue : J puisqu'il ne s'étoit introduit qu'une
très-petite quantité de farines > & que le ptix du pain
n'avoit éprouvé qu'une diminution peu sensible, qui ne
s'étoit même fait sentir que dans les trois villes principales, les points intermédiaires privés de ces fecours, 3
étant réduits à une détreffe fâcheuse, M. le Marquis
DU CHILLEAUa cru devoir rendre une feconde Ordonnance le 27 Mai de cette annéc, dont le but étoit de
toit introduit qu'une
très-petite quantité de farines > & que le ptix du pain
n'avoit éprouvé qu'une diminution peu sensible, qui ne
s'étoit même fait sentir que dans les trois villes principales, les points intermédiaires privés de ces fecours, 3
étant réduits à une détreffe fâcheuse, M. le Marquis
DU CHILLEAUa cru devoir rendre une feconde Ordonnance le 27 Mai de cette annéc, dont le but étoit de --- Page 7 ---
(3)
remédier à ce défaut d'importation/s il provenoit, d'après les différens rapports des Armateurs des Bâtiments
étrangers, de ce que ces mêmes Bâtimens ne pouvoient se remplir par des denrées Coloniales de la valeur des farines qu'ils pourroient importer. De cei régime
prohibitif résultoient deux effets absolument contraires
à la Colonie; le premier, de la laisser dépourvue du
principal objet qui pouvoit la faire subsister, et le
second, de la priver du peu de numéraire qu'elle pouvoit posséder , parce que les étrangers ne pouvant pas
former leurs chargemens en toute espèce de denrées >
emportoient en argent une grande partie du montant
des farines importées.
CES maux exigeant un remède prompt et eficace s -
une prorogation de délais à fon Ordonnance du 31
Mars, & un échange en denrées, paroissant à M. le
Marquis DU CHILLEAU les mesures les plus propres
réparer les inconvéniens reconnus , il a rendu une
pour
feconde Ordonnance, le 27 Mai de cette année, qui
qu'à compter du jour de T'enregistrement de la
porte
des faprésente Ordonnance, la permiffion d'importer
rines & du biscuit, accordée par P'Ordonnance du 31
Mars 1789, et dont le terme devoit expirer le 30 Juin
suivant continueroit d'avoir lieu jusqu'au premier
>
Oétobre suivant, exclusivement,
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(4)
VOILA donc deux Ordonnances rendues, l'une le
31 Mars 1789, pour avoir son effet jusqu'au 30 Juin
suivant, & l'autre le 27 Mai 1789, portant prorcgetion de la première jusqu'au premier Oétobre fuivant,
exclusivement.
CE sont ces deux seules Ordonnances dont les Députés de Saint-Domingue réclament dans ce moment les
effets..
ILS déclarent que s'il exifte d'autres Ordonnances
concernant Fintroduction des farines et des Nègres dans
quelque partie de Saint-Domingue, pendant cinq ans 3,
ils n'entendent nullement en demander, dans ce moment, l'exécution à l'Assemblée Nationale 5 l'objet de
CES Ordonnances devant être renvoyé au Comité qui
sera chargé de statuer sur le fond des Loix prohibitives
en définitif.
IL ne s'agit donc ici que de savoir si M. le Marquis DU CHILLEAU a pu, a du rendre les deux Or-.
donnances des 31 Mars & 27 Mai 1789.
VOILA l'état de la question, et. voilà sur quoi les
Députés de Saint Domingue sollicitent I'Assemblée
Nationale de statuer.
LES Députés de Saint-Domingue ne doutent nullement qu'elle ne donne sa sanction à ces deux Ordon-
uer sur le fond des Loix prohibitives
en définitif.
IL ne s'agit donc ici que de savoir si M. le Marquis DU CHILLEAU a pu, a du rendre les deux Or-.
donnances des 31 Mars & 27 Mai 1789.
VOILA l'état de la question, et. voilà sur quoi les
Députés de Saint Domingue sollicitent I'Assemblée
Nationale de statuer.
LES Députés de Saint-Domingue ne doutent nullement qu'elle ne donne sa sanction à ces deux Ordon- --- Page 9 ---
(s)
commandées impérieusement par les craintes
riances,
d'une fanine qui, infailliblement auroit eul lieu sans la
sage piévoyance du Marquis DU CHILLEAU, puisqu'il
est constant que les Bâtiments Français ont importé
très-peu de farines dans la Colonie pendant ces temps
de calamités, ce qui sera démontré à l"Assemblée Nationale par l'état d'introdiction des farines Françaises
dans les Ports de Saint-Domingue avant & depuis l'épodes deux Ordonnances jusqu'aujourd'hui. Les Dépu
que
même
ici les
tés de Saint-Domingue osent
interpeller
Négocians des Ports de mer, 8c leur demander l'état des
eux dans lesdits Ports dépuis le
farines importées par
mois de Janvier 1789 jusqu'à ce moment.
OR, si les Négocians Français n'ont pas pu, - n'ont
même (*) da importer des farines à St-Domingue
pas
M. le. Marquis DU CHILLEAU
dans ces circonstances;
donc dû être autorisé à ouvrir les Ports de cette Isle
a
aux Etats-Unis
immense confiée à son Administration,
de P'Amérique qui offroient des secours.
LES Négociants des. Ports de mer ne reprochent
1o.à M. le Marquis DU. CHILLEAU, que d'avoir ouvert
tous les Ports d'Amirauté de Saint-Domingue, tandis
qu'il n'auroit di ne leur en ouvrir que trois.
Le Parlement de Rordeaux a rendu un Arrêt pour défendre
(*)
l'exportation des Farines dans les Colonies.
A à --- Page 10 ---
(6)
2". D'AVOIR permis le retour des farines Américaines en denrées Coloniales, tandis qu'il ne devoit être
permis qu'en sirops, en taffias et en argent. Voilà donc
les deux seuls sujets d'inculpation actuelle faite à M.le
Marquis DU CHILLEAU par les Négociants des Ports
de mer, 5 puisque les Députés de Saint-Domingue n'entendent pas dans ce moment soutenir l'Ordonnance
concernant Fintroduction des Nègres 3 dont se sont
plaint ces mêmes Négociants 3 & dont ils prient I'Assemblée de renvoyer Ia discussion à un autre temps.
OR, fi nous prouvons que ces deux fujets d'inculpation ne sont pas fondés, nous aurons donc réduit au
silence notre partie adverse; j il faut donc les combattre
l'un après l'autre.
LE premier grief contre M. DU CHILLEAU, fuivant
le Commerce, est d'avoir ouvert les dix Ports d'Amirauté de l'Isie de Saint-Domingue, au lieu de trois.
MAIS quel étoit le but de M. DU CHILLEAU ?
C'étoit fans doute de fournir à Saint-Domingue, par la
voie étrangère > la même quantité de farines que les
Français avoient coutume de lui fournir; or, les Bâtimens Français vont décharger leurs cargaisons > nonfeulement dans les Ports d'Amirauté, mais dans tous les
d'avoir ouvert les dix Ports d'Amirauté de l'Isie de Saint-Domingue, au lieu de trois.
MAIS quel étoit le but de M. DU CHILLEAU ?
C'étoit fans doute de fournir à Saint-Domingue, par la
voie étrangère > la même quantité de farines que les
Français avoient coutume de lui fournir; or, les Bâtimens Français vont décharger leurs cargaisons > nonfeulement dans les Ports d'Amirauté, mais dans tous les --- Page 11 ---
(7)
où il n'y a pas Amirauté;
autres Ports de la Colonie
n'a donc fait en cela
M. le Marquis DU CHILLEAU
les Ports
de Justice , en n'accordant que
qu'un acte
ouvrir tous les Ports
d'Amirauté, tandis qu'il pouvoit
généralement.
but étoit de soulager toute la CoEN effet, son
la menaçoit, et
à la famine qui
lonie, et des'opposer
s'il avoit restraint Vintroil ne l'auroit pas atteint,
dans trois Ports.
duction de ces farines seulement
il auroit ouvert la
PAR cette mauvaise manoeuvre,
et à Y'accaparement.
porte au monopole
de chacun des trois Ports
DEUX ou trois Négocians
toutes les faris'entendre pour acheter
auroient pu
alors ils devenoient les
seroient arrivées 5
nes qui y
et ils auroient pu
maîtres du prix de ces farines,
auroient
les acheteurs à payer le prix qu'ils
forcer
qu'il fût 3 ou à mourir
exigé, queluechodbitant qu'auroit opérée M. DU
de faim. Voilà Palternative
trois Ports à VinCHILLEAU, s'il n'avoit ouvert que
contrée
dans une
troduction des farines étrangères
de 250 lieues de côtes.
Messieurs > :
vousappercevrer,
OUTRE ce monopole,
les dangers du
les difficultés,
dans cette hypothèse,
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(8)
transport et les commissions d'achat au profit du Négociant commissionnaire; ces motifs étoient donc plus
que suffisans pour déterminer M. DU CHILLEAU à.
faire ce qu'il a fait; la réclamation du Commerce
à cet égard, est donc injuste et contraire aux principes d'humanité 5 qui, dans des momens de calamités, ne calculent pas sculement les intérêts du
Commergant, mais qui doivent embrasser l'intérêt
général du Citoyen.
JE vais prouver que le commerce n'est pas plus
heureux dans sa seconde réclamation contre M. le Marquis DU CHILLEAU.
COMMANDÉ impérieusement par les circonstances,
si M. le Marquis DU CHILLEAU a.dd ouvrir les Ports
d'Amirauté de Saint-Domingue, à l'introduction des
farines Américaines pour subvenir aux besoins urgents
de cette Province, il a dû en même-tems indiquer
et faciliter les moyens d'achat 3 car il seroit absurde
de dire au vendeur > je vous permets de vendre, mais
j'interdis les moyens de vous payer.
IL est donc évident que M. DU CHILLEAU ne pouvoit permettre l'introduction des farines sans permettre en méme-tems les moyens de payer.
MAIS quels sont ces moyens P
'introduction des
farines Américaines pour subvenir aux besoins urgents
de cette Province, il a dû en même-tems indiquer
et faciliter les moyens d'achat 3 car il seroit absurde
de dire au vendeur > je vous permets de vendre, mais
j'interdis les moyens de vous payer.
IL est donc évident que M. DU CHILLEAU ne pouvoit permettre l'introduction des farines sans permettre en méme-tems les moyens de payer.
MAIS quels sont ces moyens P --- Page 13 ---
(9)
d'autres que Y'argent 3 le paON n'en connoit pas
la denrée 5 or, il est connu que le premier
pier ou
manque à Saint-Dol'argent,
moyen, 3 c'est-à-dire, hautement depuis trois ans 5
mingue, 3 on s'en plaint
nous
même un des objets de réclamation que
c'est
Y'administration du sieur DE MARexposerons contre
qui a obstrué
Intendant de Saint-Domingue,
BOIS,
de la circulation.
cette source précieuse
d'argent; c'est un fait
SAINT-DOMINGUE manque
des Ports de Mer ne désavoteront
que les Négocians
à
les députés de Saint-Domingue en appellent
pas;
si l'argent manque, on ne peut
leur témoignage; 5 or,
donc pas payer avec de l'argent.
le papier. ou lettre de change 9
LE second moyen,
mais bien
de la compétence de T'habitant ,
n'eft pas
de celle du commerce ; Phabitant de Saint-Domingue
ne peut donc pas l'employer.
troisième moyen, celui de la denrée s
IL reste le
des
celui que les Négocians
et c'est précisément
de Mer veulent faire interdire aux Cultivateurs
Ports
leur abandonner les deux
de Saint-Domingue > pour
avoir
premiers qui sont illusoires et qui ne peuvent
aucun effet. --- Page 14 ---
(10)
PERMETTRE alors l'introduction des farines D sans en
permettre les moyens d'échange, n'est-ce pas la même
chose que si on ne la permettoit pas : La sage prévoyance de M. DU CHILLEAU auroit donc manqué
son but dans cette circonstance, s'il s'étoit conformé aux vues du commerce 5 lIle de Saint-Domingue
confiée à son administration, auroit donc été livrée
aux horreurs de la famine, et M. DU CHILLEAU,
dans ce cas, n'auroit-il pas été responsable à la Nation
de la perte d'une Province si utile à Ia Métropole P
IL est donc évident que M. DU CHILLLEAU a dd
permettre, 1°. L'introduction des farines dans tous
les' Ports d'Amirauté, et non dans trois Ports seulement 3 il est donc évident, 2°. que de cette première
permission s'ensuivroitnécesairement celle des moyens
d'échange, et comme la disette d'argent, ne laissoit
presque point de facultés à cet égard, M. le Marquis
DU CHILLEAU a donc da permettre le payement des
farines Américaines, en denrées Coloniales, de la même
façon que les Cultivateurs de Saint-Domingue payent
aux Négocians Français, les farines qu'ils leur apportent. M. DU CHILLEAU n'a donc fait que substituer,
SOUS tous les rapports, les Négocians des Etats-Unis
de P'Amérique , à ceux dela France, dans un moment
oi il étoit évident, par les malheurs de FEtat, que les
a donc da permettre le payement des
farines Américaines, en denrées Coloniales, de la même
façon que les Cultivateurs de Saint-Domingue payent
aux Négocians Français, les farines qu'ils leur apportent. M. DU CHILLEAU n'a donc fait que substituer,
SOUS tous les rapports, les Négocians des Etats-Unis
de P'Amérique , à ceux dela France, dans un moment
oi il étoit évident, par les malheurs de FEtat, que les --- Page 15 ---
(11)
pas fournir aux
de France ne pouvoient
Négocians
Voilà donc
subsistances de l'Ie de Saint-Domingue.
il n'aple crime de M. le Marquis DU CHILLEAU, conduite
vous, Messieurs 3 de juger sa
partient qu'à
dans cette circonstance critique.
toujours dans la même
L'ISLE de Saint-Domingue,
sollicite
dans le même état de crise >
situation et
humanité et de votre
d'ailleurs, Messieurs, de votre
sanction de
l'organe de ses Députés, la
justice 3 par
Mai 1789 de M. le
la dernière Ordonnânce du 27
la seule dont il soit quesMarquis DU CHILLEAU,
le terme de cette
tion dans ce moment, et comme
ils demandent une prorogation
Ordonnance expire,
de six mois.
deSaint-Domingue espèrent, Messieurs,-
LESDéputés
faite par un des
vous rejetterez la proposition
que
de
honorables membres (1) de cette Assemblée,
la décision de cette question au pouvoir
renvoyer
P'honneur de vous observer que ce
exécutif. Ils ont
avoir employé envain tous les moyens
n'est qu'après
Membre est M. PEvèque de Langres , frère
(1) CET honorable
Miniftre de la Marinc.
de M. le Comte DE LA LUZERNE, --- Page 16 ---
(I2)
imaginables auprès de M. le Comte DE LA LUZERNES
Ministre de la Marine, qu'ils ont cru devoir enfin
vous interrompre dans Vos augustes travaux 3 pour
obtenir des secours d'humanité qui étoient refusés à
la plus belle des possessions Françaises.
MAIS, comment peut-on proposer de renvoyer vers
M. le Comte DE LA LUZERNE les Députés de SaintDomingue pour obtenir l'objet de leur demande 5
puisqu'ils vous annoncent, Messieurs 3 qu'ils viennent
se plaindre à votre Tribunal, du refus obstiné ct
injuste qu'ils éprouvent de ce Ministre de leur Département ? Ne seroit-ce pas 3 en bonne logique 3 ce
qu'on appelle un cercle vicieux, et peuton se flatter
qu'une Assemblée aussi éclairée adoptera un systême
si contraire à la raison ?
LEs Députés de Saint-Domingue persistent donc
dans la motion qu'un de leurs Membres a mise sur
le Bureau à la Séance du Samedi 29 du mois dernier >
et en réclament l'effet de la justice de l'Assemblée
Nationale.
ce Ministre de leur Département ? Ne seroit-ce pas 3 en bonne logique 3 ce
qu'on appelle un cercle vicieux, et peuton se flatter
qu'une Assemblée aussi éclairée adoptera un systême
si contraire à la raison ?
LEs Députés de Saint-Domingue persistent donc
dans la motion qu'un de leurs Membres a mise sur
le Bureau à la Séance du Samedi 29 du mois dernier >
et en réclament l'effet de la justice de l'Assemblée
Nationale. --- Page 17 ---
d'une Lettre de M. le Marquis
COPIE
Saintà MM. les Diputés-de
DUCHILLEAU,
Doning:e.
A Paris le 29 Aoit 1789.
de vous exprimer
IL m'est impossible , MESSIEURS,
sensibilité à yos soins obligeans ; ce témoignage,
ina
est la récomperise la plus
aussi flatteur qu'honorable,
être accordée à
précieuse, à mes yeux, qui Pouvoit
agréer
administration. Daignez, je vous prie,
mon
qu'elle m'insl'hommage de toute la reconnoissance
de n'avoir plus lhonpire, & celui de mes regrets
dans la Colonie la plus imporneur de commander
le patriotifmne de fes Habitans,
tante de Punivers 3 par
& par fes productions.
ne me reste d'autres titres auprès de
QuoIQU'TL
celui d'un intérêt & d'un
vous > MESSIEURS, que
mes
sans bornes, je dois vous déposer
attachement suites de P'Arrêt du Conseil qui çasse
alarmes sur les
Ordonnance du paiement des farines étrangères,
mon
coloniales : vous n'avez pas un instant à
en denrées
obtenir la cassation de
perdre, MESSIEURS, pour
le peu de
Arrêt. Non-seulement il faut çonserver
cet --- Page 18 ---
(14)
numéraire qui existe à Saint-Domingue, mais il
n'y
en a pas assez aujourd'hui en circulation
pour payer
la farine nécessaire à sa subsistance pendant six
semaines 3 & les Etrangers en ont importé fort
peu,
parce que l'argent ne leur offre aucun bénéfice fur
les retours.
Au moment ou je suis parti de la Colonie, elle
étoit menacée de manquer; elle avoit, à la vérité,
l'espoir de recevoir des secours des
Américains, en
conséquence de la liberté du paiement en denrées
coloniales ; la fuppression de cette liberté les en privera tous-à-l'heure, & entraineroit nécessairement les
effets les plus redoutables, si les Colons de SaintDomingue étoient moins attachés à leur Métropole,
moins bons Français, & Sujets moins fidèles. J'ai
demandé la permission d'aller à Versailles ; si clle
m'eft accordée 3 je ne dissimulerai pas mes craintes
au Ministre. Je dois aussi avoir l'honneur de
vous
prévenir, MESSIEURS, s que je lui ai propofé, en arrivant à Nantes (j'ignorois alors l'Arrêt du Conseil),
de proroger mon Ordonnance en question jusques au
mois de Janvier prochain > époque avant laquelle la
France ne peut pas faire parvenir de la farine à SaintDomingue. Si cette mesure vous paroit aussi nécessaire que je l'ai jugé être à la subsistance de la Co-
au Ministre. Je dois aussi avoir l'honneur de
vous
prévenir, MESSIEURS, s que je lui ai propofé, en arrivant à Nantes (j'ignorois alors l'Arrêt du Conseil),
de proroger mon Ordonnance en question jusques au
mois de Janvier prochain > époque avant laquelle la
France ne peut pas faire parvenir de la farine à SaintDomingue. Si cette mesure vous paroit aussi nécessaire que je l'ai jugé être à la subsistance de la Co- --- Page 19 ---
(15)
lonie, votre zèle vous engagera strement à en solliciter l'obtention, qui ne sauroit être trop prompte,
MESSIEURS, de n'avoir plus
Je regretterai toujours,
le droit de réunir mes soins 3 mes sollicitations aux
vôtres; mon empressement à vous seconder vous eût
convaincu de mon attachement aux intérêts de SaintDomingue. Je le conserverai jusques à la mort, &je
ne crains pas de vous dire qu'il est consigné dans
toute ma correspondance avec M. le Comte DE LA
LUZERNE. --- Page 20 ---
--- Page 21 ---
alle 18
RECLAMATION
DE M. LINTENDANT
DE
SAINT-DORINOUE,
ENREGISTRE E
CONSEIL SUPÉRIEUR DE CETTE COLONIE.
AU
Aujouxp'ner onze Mai mil fept cent
la Cour étant en féance,
quauc-vingt-neufy délibérant fur le nouveau régime propofé
&
Padpar M. le Gouverneur - général, pour du Sud
miffion des Etrangers dans la partie Intendant,
de la Colonie ; M. de Marbois,
Premier-Préfident, a dit :
MESSIEURS,
Texécution des loix de Sa
Le maintien, relatives à la Colonie de S. DominMajefté
confié aux Adminiftrague,et fpécialement Lettres-Patentes du mois d'Oaobre
teurs.Les leur font un devoir de les garder &
& attribuent même une jurifdicconferver, --- Page 22 --- --- Page 23 ---
spon
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