--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3ubu Carter Srolm
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Sroun Ilinersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
--- Page 5 ---
a 21
R E P L 1e 10 I
O U E
POTR tec hesiiea
stinci,
AUBRY, De Loma,
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Du 29 Suiller 1786 8p
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Sae Danec CARADEUX 8e las Caye ;
DE
LATOIS O N, 3
ROCHE -
DE CHATZAU BIANCIE,
BLOND 8
incinci;
8 CONTRE
NRAREA
R ap- GRANDEC
oplas Dewve HUDIN OMME De Sigmes
Cex devoir plus qui important écrivent pour à remplir, inftruire les de Tribunaux, n'ont pas en effet de S AA
que leur préfenter la vérité, Ils en --- Page 6 ---
font Llii ferment folennel, aux autels dela juftice, lorfqu'ils font admis
elie a l'exercice de leur miniftère; & s'ils cherchent à la déguifer,
par
ou feulement à T'envelopper, de manière qu'elle ne puiffe être reconnue,
ils deviennent infidelles, parjures & perturbateurs de l'ordre focial, en
voulant égarer les Magiftrats, & les expofant à commettre les injuftices
quelquefois les plus fineftes.
Mais, pourquoi a-t-on commencé le libelle des Sieurs 8 Dame Caradeux, en rappelant cette importante obligation, peut-on reprocher aux
Sieur & Dare Aubry de Tours de l'avoir violée, peut-on foutenir
qu'en écrivant pour les Sieurs & Dame Caradeux, on s'en foit exa@tement acquitré?
Souvent le menfonge hardi fe compofe un mafque favorable 8 fe
prépare ttn accès facile par fa propre fatyre, &c par l'éloge de la
vérité qu'il fait femblant d'invoquer 3 & tel eft précifement l'artifice que
l'on va reconnoitre, pour ce qui concerne la veuve Hudin, dans le
libelle des Sieurs & Dame Caradeux 2 dont les déclamations n'ont point
d'autre principe ni d'autre but.
Les Sieur & Dame Aubry, de Tours, réclament la ficceffion du Sieur
Jeun-Martin dubry, qui eft échue à Saint-Domingue, le 27 Février
1763, & qui a été adjugée le 3 Juin 1767, par Arrêt du Confeil
fupérieur du Port - au-Prince, aux familles Caradeux,de Gizeux 6
dubry, de la Rochelle.
Et pour fe faire remettre cette fucceffion, ils ont dit & prouvé que
la famille Caradeux n'avoit point juftifié fon état ni fa parenté avec
Jean-Martin Aubry, par les titres qu'elle avoit produits alors.
Ils ont dit que le Sieur de Gizeux ne paroiffoit pas avoir établi qu'il
fit parent du défunt.
Ils ont dit & prouvé, que la veuve Hudin, unique membre de la
famille Aubry, de la Rochelle, n'avoit produit aucun titre utile lors de
l'Arrêt de 1767, & que ceux qu'elle avoit rapportés étoient fuppofés
&c abfolument faux.
Et enfin, ils ont dit, & prouvé qu'ils étoient Coufins germains paternels,
& héritiers du Sieur Jean-Martin Aubry.
Quatre membre de la famille Caradeux fe font unis pour leur défenfe :
ils foutiennent que les Sieur & Dame Aubry, de Tours, font cux-mêmes
des impoftcurs; que Jean-Martin Aubry étoit originaire de la Rocheile,
& que ceux qu'elle avoit rapportés étoient fuppofés
&c abfolument faux.
Et enfin, ils ont dit, & prouvé qu'ils étoient Coufins germains paternels,
& héritiers du Sieur Jean-Martin Aubry.
Quatre membre de la famille Caradeux fe font unis pour leur défenfe :
ils foutiennent que les Sieur & Dame Aubry, de Tours, font cux-mêmes
des impoftcurs; que Jean-Martin Aubry étoit originaire de la Rocheile, --- Page 7 ---
& non de Tours ; que lcs titres de la 3
peftables, & qu'ils devoient
veuve Hudin étoient vrais & ref-
& la parenté de la famille opérer l'effet qu'ils ont produit; que l'état
Caradeux font
démontrés, & que le Sieur de Gizeux parfaitement & très-clairement
d'héritier du Sieur Jean-Martin
avoit également juftifié fa qualité
De quel coté eft donc la vérité? Aubry.
l'erreur 2
De quel coté eft
T'impofture OLL
Les Sieur & Dame Aubry, de
ment : les Sieurs & Dame
Tours, ont-ils les droits qu'ils réclavrais héritiers du Sieur
Caradeux, de Gizeux & Hudin font-ils les
décidé P
Jean-Martin Aubry, comme l'Arrêt de 1767 l'a
Pour parvenir le plus parfaitement & le
poffible, à l'évidence de ces différens
plus précifément qu'il eft
faire de divifer la matière du
points, il eft indifpenfablement nécefplus utile que celui de
procès; &iln n'eft point d'ordre
ces queftions.
plus fimple ni
1°, La famille Aubry, de la Rochelle,
parente ou héritière du Sieur
ou la veuve Hudin étoit-elle
2°, Les Sieur & Dame Jean - Martin dubry?
du Sieur Juan-Martin
Aubry, de Tours, font -ils parens & héritiers
dubry 2
3°. Les Sieurs & Dame Caradeux
ainfi que le Sieur de Gizeux,
ont-ils juftifié Jeur état, &
4". Enfin,
parens & héritiers du Sieur Juan-Martin font-ils;
comment doit être partagé la ficceffion
Aubry P
Aubry P
du Sieur Jean-Martin
Cette divifion eft néceffaire,
Rochelle, étoit véritablement parceque f la famille Aubry, de la
mille Aubry, de
celle du Sieur Jean-Martin
la
Tours, ne pourrcit pas le
& Aubry, fafilence, à moins qu'il n'exiftât entre les
réclamer, feroit rédite aui
familles
Tours, un lien qui jufqu'ici n'eft
Aubry, 2 de la Rochelle & de
ou fiuppofée de la famille
pas connu 3 de forte que la parenté vraie
eft néceffairement le
Aubry, de la Rochelle, ou de la veuve
premier objet d'examén & de
Hudin,
Le fecond eft auffi néceffairement la
difcuffion.
& Dame Aubry, de Tours, s'ils
vérification de la parenté des Sieur
point
démontrent que la veuve Hudin
parente, parcequ'en ce cas le Sieur Jean-Martin
n'étoit
originaire de la Rochelle, il fe trouvera
Aubry n'étant point
Tours; 8cles Aubry de ce lieu devront au moins poffible qu'il l'ait été de
avant que de pouvoir rien contefter démontrer fon origine & leur parenté,
qui pofsède aujourd'hui
ni rien demander à la famille
tous les biens,
Caradeix,
des Sieur
point
démontrent que la veuve Hudin
parente, parcequ'en ce cas le Sieur Jean-Martin
n'étoit
originaire de la Rochelle, il fe trouvera
Aubry n'étant point
Tours; 8cles Aubry de ce lieu devront au moins poffible qu'il l'ait été de
avant que de pouvoir rien contefter démontrer fon origine & leur parenté,
qui pofsède aujourd'hui
ni rien demander à la famille
tous les biens,
Caradeix, --- Page 8 ---
autres
l'ordre de l'une à l'autre eft auffi
Quant aux deux
queftions,
évidemment néceffaire, quoiqu'elles ne doivent exciter aucune difficulté,
font relatives à deux points également certains en fait & en
parcequ'elles la
des Sieurs Caradeux, & la manière dont le partage doit
droit, parenté
être fait. Examinons donc la première de ces queftions :
I.La famille Aubry, de la Rochelle, Ol la veuve Hudin, étoit-elle
parente & héritière du Sieur Jean-Martin Aubry?
La veuve Hudin prétendoit qu'elle étoit petite fille de Jean Aubry &
de Françoife Efnaud, par GUY Aubry fon Père, & que le Sieur JeanMartin Aubry étoit également petit-fils de Jean Aubry & de Françoife
Efnaud, par Martin Aubry, fon Père, qui eft mort à Léogane le 9 Janvier
1698,8 qu'ainfi le Sieur Jean-Martin Aubry étoit fon Coufin germain.
Elle avoit donc à juftifier, qu'elle & le Sieur Jean-Martin Aubry defcendoient également par deux Frères, de Jean Aubry &c de Frangoife Efmaud,
leurs prétendus Ayeuls communs ; mais elle ne produifoit que huit adtes
publics, qui étoient:
1°. L'aôte de baptême de Jean Aubry,fon Oncle.
2°, Celui de fonPère.
3". L'aéte de mariage de fes Père & Mère.
4". Son extrait baptiftaire.
5". L'atte de fépulture de fon Père.
6°. Celuide Magdeleine Aubry, fa Sceur.
7 Celui de Pierre Aubry, fon Frère.
8°. Enfin celui de Renée Aubry, fon autre Soeur.
Et elle ne rapportoit ni l'aôte de baptême de Martin Aubry, qu'elle
prétendoit fils de Jean Aubry & de Françoife Efnaud, ni même laéte de
célébration de mariage de Jean Aubry & de Françoife Efnaud; ainfi fa qualité
de parente & d'héritière du Sieur Jean-Martin Aubry, n'étoit point juftifiée par ces aétes publics.
On voit bien que la veuve Hudin avoit eu un Père & une Mère
légitimes, deux Soeurs & un Frère, peut-être un Oncle nommé Jean Aubry,
& peut-être auffi un Ayeul & une Ayeule légitimes, ce qui n'étoit pas
prouvé, parceque l'aôte de célébration de mariage de Jean Aubry & de Frangoife Efnaud, n'ayant pas été produit, il eft incertain qu'ils fuffent véritablement époux, & qu'ils euffent pour enfans légitimes Jean & Guy Aubry.
Mais Martin Aubry , qui étoit Père de Jean - Martin Aubry ,ne fe trouve
Oncle nommé Jean Aubry,
& peut-être auffi un Ayeul & une Ayeule légitimes, ce qui n'étoit pas
prouvé, parceque l'aôte de célébration de mariage de Jean Aubry & de Frangoife Efnaud, n'ayant pas été produit, il eft incertain qu'ils fuffent véritablement époux, & qu'ils euffent pour enfans légitimes Jean & Guy Aubry.
Mais Martin Aubry , qui étoit Père de Jean - Martin Aubry ,ne fe trouve --- Page 9 ---
point parmi les perfonnes
S
nom de Martin dans
que tous ces actes dénomment, on ne voit le
moindre circonflance aucune de ces pièces, & au lieu d'y trouver la
qui difpofe à croire que Martin
famille, 011 y voit très-clairement &
Aubry étoit de la
ne fut compofée que de cette manière, trés-pofitivement, que cette famille
Jean Aubry & Françoife Efpaud
Ces deux enfans
eurent deux enfans, en 1663 &1 1668,
s'appelloient Jean G
Jean mourut fans enfant.
Guy:
Guy en eut quatre, dont la veuve Hudin refta feul.
Ainfi, Martin Aubry, dont la fucceffion fut
en 1767, n'étoit point de la famille
adjugée à la veuve Hudin
auffi les adverfaires font-ils
de cette veuve, > fuivant ces titres,
forcés de reconnoître
de leur mémoire, oùt ils difent :
cette vérité, page 76.
4 Les titres de la Dame Hudin étoient de
5 bien, par adespublics,
deux efpèces ; elle juflifioit
qu'elle étoit iffue de
> Efaud; mais elle ne
Guy Aubry & de Françoife
qu'il fit comme elle le prouvoit pas par Laëke baptfaire de Martin
Joutenoit LE FRÈRE DE
Aubry,
Il eft vrai que la veuve Hudin
Guy AUBRY.
étoient; ;
produifoit encore d'autres pièces qui
r", Un procès verbal du 28 Janvier
Paroiffe de Taillebourg.
1765, de l'état des regiftres de la
2°. Un procès verbal du 28 Janvier
3°. Un autre
1765, concernant le même état.
procès verbal des 12 &
Mai
au même état.
1766, également relatif
4". Une lettre datée du 16 Décembre 1696,
s°. Une lettre fignée, Marie Dubois,
fignée Martin Aubry.
6°. Une autre lettre datée du 1", Mars 1708,
7. Une autre lettre datée de Paris du 26 fignée Marie Dubois,
tin Aubry.
Janvier 1708, fignée Mar8°. Une reconnoiffance fignée Martin
fon Oncle, au fujet d'un
Aubry, au profit de Guy Aubry;
Et enfin
cautionnement, en date du
9".
un billet de 46 livres
19 Oétobre 1709.
Martin Aubry à Guy Aubry, le
pour argent prêté, confenti par
Ces autres prétendus titres 19 Octobre 1709.
& formoient-ils
fiappléoient - ils al'infuffance des
la preuve de la parenté de la veuve Hudin premiers, s
Jean-Martin Aubry?
avec le Sieur
Aubry, au profit de Guy Aubry;
Et enfin
cautionnement, en date du
9".
un billet de 46 livres
19 Oétobre 1709.
Martin Aubry à Guy Aubry, le
pour argent prêté, confenti par
Ces autres prétendus titres 19 Octobre 1709.
& formoient-ils
fiappléoient - ils al'infuffance des
la preuve de la parenté de la veuve Hudin premiers, s
Jean-Martin Aubry?
avec le Sieur --- Page 10 ---
Pour faire à leur égard les obfervations néceffaires, il faut remarquer
d'abord que ces neuf pièces compofent deux claffes différentes. La prcmière eft formée des trois procès verbaux de l'état des regiftres de la
Paroiffe de Taillebourg, & la feconde comprend les fix lettres, billets
& reconnoiffances attribuées à la famille Aubry, de Saint-Domingue.
Ces procès verbaux de l'état des regiftres de Taillebonrg ne peuvent
pas prouver que Martin Aubry foit né dans cette Paroiffe, puifqu'ils n'cnt
pas même été dreffés pour opérer la preuve de fa naiffance : ils n'ont
été faits que pour fervir à rendre raifon de ce que l'extrait de baptme
de Martin Aubry ne s'y trouvoit point ; &c que faifoient-ils connoître à
cet égard?
1°. < Qu'une partie des regiftres a été reconnue être dans un très-
>> mauvais ordre étant gâtés par les vers, y en ayant beaucoup dont
> la majeure partie des feuillets eft emportée & déchirée, s'y en trouvant
> auffi oit ily a des feuillets répandus dans des regiftres qui ne font
pas
9> de la même année, qui font auffi gâtés par les vers.
2°, > Que dans le nombre de ces regiftres, il s'en trouve quatre qui
> font perdus, favoir, les années 1669, 1670, 1671 & 1672.
3°. > Et que cependant LE regiftre qui contient les années depuis 1640
5 jufqui'en 1638, & CELUI depuis cette dernière année jufqu'en 1666 font
>> dans un affez bon ordre,y ayant feulement plufieurs lacunes de cirg à fix
> travers de doige ET A LA DATE DU 20 JANYIER 1658, une Largeur de
qua-
* tre doigts de papier qui a cté coupée 6 enlevée avec les /rgnatures des deux
> enregifiremens all bas de chaque côté du premier folio. >
Mais que peut-on conclure de-là, foit relativement aux regiftres mêmes,
foit par rapport à Martin Aubry?
1°. Tous les regiftres des années antérieures à 1640 étoient dans un fi
mauvais état qu'il n'étoit pas poffible de dire qu'un aéte quelconque de
baptême, de mariage ou de fépulture n'y eût pas été porté, parcequ'il
ne s'y trouvoit pas; attendu qu'ils étoient gâtés par les vers, & que la
m: ajeure partie des feuillets étoit emportée & déchirée.
2°. Les regifires depiis 1640 jufqu'en 1666, étoient divifés en deux;
feulement depuis 1640 jufqu'en 1638, & depuis 16;8 inclufivement
jufqu'ei 1666; & ils étoient dans un affez bon ordre, y ayant plufieurs
lacures de cinq à fix travers de doigt ; & à la date du 20 Janvier 1638 zne
largeur de quatre doigts de papier qui avoit été coupée G enlevée avecles
des deux enregifremens al bas de chaque coté du premier feuillet.
fignauures
en deux;
feulement depuis 1640 jufqu'en 1638, & depuis 16;8 inclufivement
jufqu'ei 1666; & ils étoient dans un affez bon ordre, y ayant plufieurs
lacures de cinq à fix travers de doigt ; & à la date du 20 Janvier 1638 zne
largeur de quatre doigts de papier qui avoit été coupée G enlevée avecles
des deux enregifremens al bas de chaque coté du premier feuillet.
fignauures --- Page 11 ---
3°. Il n'eft point fait mention des 7
ceux de 1669, 1670, 1671 &
regiftres de 1667 & 1668, mais
Voila
1672 font entièrement perdus.
tres-précifément &c
de la Paroiffe de
très-exadement quel étoit l'état des
verbaux,
Taillebourg, fi l'on en croit le
regiftres
qui ne paroit plus
troifème de ces procès
de quatre doigts de papier
aujourd'hui, qui parloit feul d'une
par les Sieurs
coupée &c enlevée, qui étoit
largeur
Caradeux, commne le fruit le
regardé avec raifon,
pitation & de la partialité d'un Notaire, plus méprifable de la préciéclairciffemens fur la naiffance de Martin Pouvoient-ils donner quelques
l'aéte conflatant cette naiffance avoit dû Aubry? Pouvoit-on dire que
les regiftres fe trouvent
être dreffé à une des époques oà
en étoit de même de n'indiquer rien de certain? Pouvoit-on
l'aéte de célébration
dire qu'il
Mère?
de mariage de fes Père &
L'extrait mortuaire de Martin
Martin Aubry étoit âgé de
Aubry, mort à Léogane en 1698, dit
1658; & la veuve Hudin quarante ans, ce qui prouve qu'il étoit né que en
d'une foi entière
elle-même, foutenoit, d'après cet
année
2 que Martin Aubry étoit né en
aéte, digne
qu'il faut s'arrêter pour
1658, ainfi c'eftà cette
vant les procès
obferver ce que le regiftre conflate
verbaux, & c'eft au-delà
fuiver ce qui concerne la célébration
qu'il faut remonter pour trou-
& Mère.
du mariage de fes prétendus Père
A la date du 20 Janvier de cette même
doigts de papier a été coupée & enlevée annéc, une largeur de quatre
mens qui étoient au bas du
avec la fignature des enregiftreen aflez bon ordre dans
premier feuillet; mais le refte de
de
ce regiftre, y ayant feulenent
l'année eft
cinq à fix travers de doigt.
quelques lacunes
La largeur de quatre doigts de papier
fignature des
coupée & enlevée avec la
& quelques enregifremens au bas de chaque côté du
lacunes font tous les défauts qui fe
premier feuillet,
regiftre de 16;8; & il eft aifé de faire voir
remarquoient dans le
fent l'abfence d'aucun des aétes
que ces défauts ne produicès verbal même,la
qui ont été infcrits ; car fitivant le
été atteint;
fignature feule à été emportée; ; mais
pro-
; & les lacunes de cinq à fix
l'agte n'a point
des vides, des blancs, des efpaces de
travers de doigts ne font que
écrit; ainfi l'aéte de
papier fur lefquels on n'a jamais rien
baptême de Martin
ce regitre, & Martin
Aubry n'a jamais été porté fur
Aubry n'étoit point né à Taillebourg dans
cette
atteint;
fignature feule à été emportée; ; mais
pro-
; & les lacunes de cinq à fix
l'agte n'a point
des vides, des blancs, des efpaces de
travers de doigts ne font que
écrit; ainfi l'aéte de
papier fur lefquels on n'a jamais rien
baptême de Martin
ce regitre, & Martin
Aubry n'a jamais été porté fur
Aubry n'étoit point né à Taillebourg dans
cette --- Page 12 ---
année, puifqu'il ne manque abfolument à ce regiftre que les deux fignatures du bas du premier feuillet, & que le baptême de Martin Aubry ne
sy trouve pas.
Les Sieurs Caradeux élèvent fur ce point deux difficultés nouvelles, ils
prétendent 1°, que le regiftre de 1658 n'a point été un des objets des procès verbaux; 2°, & qu'au refte il n'eft pas prouvé par l'extrait mortuaire
de Léogane que Martin Aubry fit né en 1658; de forte que le bon ordre
même de ce regiftre ne laifferoit aucun argument folide à faire.
Il eft inconcevable, qu'après avoir parlé comme on l'a fait au commencement du mémoire, de la néceffité de préfenter aux Tribunaux la vérité
auffi pure qu'il eft poffible de la recueillir, on trouve ici dans ce même
ouvrage tin exemple auffi révoltant de menfonge & d'infidélité; car les
procès verbaux difent très-clairement que TOUTES LES ANNÉES depuis
1640 jufqui'en 1666, forment deux regifres, dont lun comprend jufuian? 7Janvier 1638, & l'autre depuis cette épogue jufqui'en 1666; & ils contiennent en
effet fi formellement la mention de l'état du regiftre de 1658, que c'eft
précifément à la date du 20 Janvier de cette année qu'il fe trouve une largeur
de quatredoigts de papier, coupée & enlevée avec les fignatures au bas du
premier feuillet 2 & que tout le refte eft en affez bon ordre, y ayant
feulement quelques lacunes de cing à fix travers de doigts, comme dans tous
les antres regiftres, depuis 1640, jufqu'en 1666.
Mais en fuppofant que l'extrait mortuaire dans lequel Martin Aubry
eft dit âgé de quarante ans ne prouve pas qu'il fût né en 1658, il faut
néceflairement admettre qu'il étoit né OlL avant On après cette année :
les Sieurs Caradeux voudront-ils qu'il ait été plus jeune ou voudront-ils
qu'il ait été plus âgé que fon extrait mnortuaire ne le dit ? Nous allons
leur accorder fur cela, pour le moment, tout ce qu'ils peuyent defirer.
Suivant la requête préfentée en 1742 par le Sieur Jean-Martin Aubry,
Martin Aubry fon Père avoit un fils dès le 3 Juin 1688; ainfi il s'étoit
marié en l'année 1687 au plus tard; & en admettant qu'il eût profité
des premiers inftans de fa majorité pour fe marier, il eft inconteftable qu'il
étoit né au plus tard en 1662; or, les regiftres de Taillebourg étoient
entiers jufqu'à l'année 1666, fon aéte de baptême s'y feroit donc trouvé,
s'il avoit été natif de cette Paroiffe.
Si les Sieurs Caradeux veulent au contraire qu'il eût plus de quarante
ans quand il mourut; & par conféquent qu'il fit né avant 1658, ils
retombent
pour fe marier, il eft inconteftable qu'il
étoit né au plus tard en 1662; or, les regiftres de Taillebourg étoient
entiers jufqu'à l'année 1666, fon aéte de baptême s'y feroit donc trouvé,
s'il avoit été natif de cette Paroiffe.
Si les Sieurs Caradeux veulent au contraire qu'il eût plus de quarante
ans quand il mourut; & par conféquent qu'il fit né avant 1658, ils
retombent --- Page 13 ---
retoinbent dans un efpace de dix-huit 9
tres fe trouvent dans
années
travers
un affez bon ordre,
pendant lelquelles les
de doigt; &ile eft
faufplufieurs lacunes de regifà
éga'ement clair que
cing à fix
Taillebourg dans ces dix-huit
Martin Aubry n'eft
altes dreffés dans
années,
ne
point né
cet efpace de
puifqu'il manque aucun
Pour que la veuve Hudin temps.
des
arrivés aux regiftres de
eût pu tirer
des
le faire à préfent, il Taillebourg, Oul pour que quelgu'avantage les Sieurs
accidens
fance dans une des faudroit que Martin
Caradeux puffent
rieures à
années antérieures à Aubry pit avoir reçu la naif1666; mais il eft
1640, ou dans une de celles
qu'il étoit né long-temps conflant, d'un côté, par fon extrait
poflécôté, par la
après 1640, il eft
baptilaire
naiffance de fon fils en
également conflant, d'un
tard, & encore par fon aéte de
1688, Par fon mariage en
autre
ainfi fa
fépulture qu'il étoit né
1687 au plus
naiffance a eu lieu dans un
long-temps avant
par les regiftres exiftans
temps qui eft
1666;
afirmative
encore; & leur filence à fon trés-exadement connu
fils de
qu'il n'étoit point né dans
égard, eft une
Jean Aubry & de Françoife
cette Paroiffe, qu'il n'étoit preuve
& de Guy Aubry, qu'il n'étoit Efmmud, qu'il n'étoit point Frère de point
Jean-Martin, fon fils, n'étoit
point Oncle de la veuve Hudin & Jean
Sil les lacunes qui fe
point Coufin germain de cette veuve, qu'enfin
été remplies autrefois trouvent dans les regiftres de
feuilles
par des actes qui fuffent
1640 à 1666 avoient
qui euffent été
difparus, s'il
antérieures à
déchirées Ou arrachées, comme
manquoit des
enfin fi la 1640, f les vers en avoient détruit
dans cetix des années
partie coupée & enlevée à
une portion
Prenoit un feul aéte avecles
lépoque du 20 Janvier confidérable,
de Jean Aubry & de
fignatures; ; & filade de célébration 16;8 comHudin ou les Sieurs Françoife Efnaud en avoit été
de mariage
Mais
Caradeux auroient
extrait, la veuve
ces lacunes n'ont jamais été moins de défavantage.
été déchirée ni arrachée depuis que ce qu'elles font, aucune feuille
difparoître aucun
1640 jufqu'en
n'a
deux
agte, on n'a coupé & enlevéala 1666, les vers n'ont fait
fignatures, & les altes
date du 20 Janvier
ce qui fiut écrit autrefois qui les précédoient font reftés
1658 que
féquent Martin
fitr ces regiftres s'y retrouve entiers; ainfi tout
mention. En Aubry n'y fit jamais infcrit,
encore, & par conun mot, ces livres, qui rendent puifqu'il n'en eft fait aucune
depuis 1640 jufgu'en 1666,ne
encore tout ce qu'ils ont
veuve Hudin ne trouvoit dans parlent point de Martin
reçu
leur état ni un motif, ni Aubry, ainfi la
un moyen de fe
B
1658 que
féquent Martin
fitr ces regiftres s'y retrouve entiers; ainfi tout
mention. En Aubry n'y fit jamais infcrit,
encore, & par conun mot, ces livres, qui rendent puifqu'il n'en eft fait aucune
depuis 1640 jufgu'en 1666,ne
encore tout ce qu'ils ont
veuve Hudin ne trouvoit dans parlent point de Martin
reçu
leur état ni un motif, ni Aubry, ainfi la
un moyen de fe
B --- Page 14 ---
de titres
1O & tous les prétendus titres de famille
difpenfer du rapport
probans;
qu'elle auroit pu rapporter, en quelque nombre & de quelqu'efpèce qu'ils
eufent été, n'auroient jamais pu former tne preuve en fa faveur, parceles regiftres en faifoient une contr'elle, & qu'il eft de principe que la
que
fur la preuve
eft formée par les
poffeffion même ne peut l'emporter
qui
regiftres.
d'autant
forte
remarque dans les procès
Et cette preuve eft
plus
qu'on
volontaire &
furla célébration de mariage
verbaux une diffimulation
coupable
de Jean Aubry &c de Françoife Efnaud: on y déclare qu'on n'a pas pu trouver
l'aéte de baptême de Martin Aubry ni les abtes de fépulture de Jean Aubry
& de Françoife Efnaud, fa femme ; mais on ne dit rien de leur célébration de
fans doute elle fe trouvoit après 1658,ce qui prouvoit
mariage 2 parceque
Martin Aubry n'étoit point leur fils, puifqu'il étoit né en cette année.
que Toutes ces vérités étant certaines & démontrées, on pourroit rejeter abfolument & fans difcuflion tous les prétendus titres de famille de la veuve
Hudin; parceque les regiftres, qui font les titres-de propriété de l'état des
hommes, s'élevant contr'elle & atteftant que Jean Aubry & Françoife
Efnaud n'ont point eu Martin Aubry pour enfant, il eft indubitable que ces
titres de propriété feroient fupéricurs à la poffeffion quelle qu'elle pût être,
8c toujours feuls décififs.
Mais examinons encore ces prétendus titres pofleffoires, ces lettres & ces
billets attribués à Martin Aubry, Marie Dubois & atl feu Sieur Jean Martin
Aubry.
Quand elles feroient vraiment émanées d'eux tous, elles n'auroient aucune
importance, parcequ'elles n'auroient qu'un feul &c même principe, qui
feroit T'unique volonté de Martin Aubry de reconnoître les Aubry, de la
Rochelle, pour fes parens; car Martin Aubry ne s'étcit point marié à la
Rochelle ni à Taillebourg, puifque la veuve Hudin n'en a jamais rapporté la
preuve ni même élevé la prétention ; ainfi Martin Aubry s'étoit marié
à Saint-Domingue, & conféquemment Marie Dubois & Jean-Martin Aubry 2
fon fils,n'ont jamais pu avoir de connoiffance perfonnelle & particulière de
leur parenté avec les Aubry, de la Rochelle, de forte qu'ils n'auroient écrit
que d'après le témoignage de Martin Aubry; ce qu'ils n'ont certainement
pas fait.
Mais admettons que ces pièces ont une vérité reconnue, c'eft-à-dire, qu'elles
ont été écrites parles perfonnes auxquelles on les attribue, fecondons même
-Martin Aubry 2
fon fils,n'ont jamais pu avoir de connoiffance perfonnelle & particulière de
leur parenté avec les Aubry, de la Rochelle, de forte qu'ils n'auroient écrit
que d'après le témoignage de Martin Aubry; ce qu'ils n'ont certainement
pas fait.
Mais admettons que ces pièces ont une vérité reconnue, c'eft-à-dire, qu'elles
ont été écrites parles perfonnes auxquelles on les attribue, fecondons même --- Page 15 ---
la veuve Hudin ou les Sieurs Caradeux II
un moment que ce procès exifte du vivant dansleur illufion, en fappofant pour
mingue, 2 que cette famille, celles de la de tous les Aubry de Saint-Doen CCt inftant fous les
Rochelle & de Tours font
yeux du Tribunal qui
raffemblées
Aubry,de Saint-Domingue, accueille
doitjuger, & que la famille
donne des
favorablement celledela
témoignages & des marques de fa liaifon
Rochelle &lui
reconnoiffance, tandis qu'elle méconnoit
naturelle & de fa
de Tours, réduite à
&c qu'elle éloigne la famille
préfenter un titre çui
Aubry,
ne peut détruire, , que faudra-t-il
eft l'ouvrage de la Loi & que rien
vive & plus frappante la
décider, d'après cette fcène encore
la
que prétendue
plus
veuve Hudin? Croit-on qu'une correfpondance qui fut rapportée par
légale & fiffifante de la parenté,
parcille circonflance devint la preuve
&le témoignage des
croit-on qu'elle pût feule anéantira la
Tours 2 Ainfi
regiftres de Taillebourg & le
fois,
le penfent fans
rapport des regiftres de
Sieurs Caradeux & la
doute, Ou le foutiendroient du moins
s'arrêter
veuve Hudin; mais
les
& qu'elle s'arrêtât à une
peut-on croire que la Juflice dût
roit être fi fauffe,
marque fi foible, f incertaine &
peut-on croire que la Loi
qui pourmes, celui des familles, l'ordre
règle l'État & le fort des homtelle frivolité?
même de la fociété toute entière
avec une
Dès que la nature donne à lÉtat un
la
& d'affurer fa
fjet, Loi prend foin
condition, 2 en recueillant les noms de fes
de l'inferire
quilui font donnés au baptême : filamour
Père & Mère & ceux
y former par leur union une famille
conduit des amans àlAutel pour
tement à leur égard; & fl la
nouvelle, le même foin s'obferve
la vie, la Loi
mort ramène pour nous le
exacgrave encore fur fes tables
de
temps qui précéda
monde; par tout en un mot, la Loi firveille l'époque à la notre diiparition de ce
obferve, elle en conflate les mouvemens
nature, , par. tout elle en
l'ordre focial; elle s'unit à la
effentiels à l'état des hommes & à
fur fes Autels,
fes
Religion dans fes foins, c'eft dans fes
par Miniftres mêmes qu'eile
Temples,
voudroit qu'un témcignage
accomplit fa garde; ; & l'on
Aubry fit
humain, un feul fait, T'unique volonté de
plus puiffant que le témoignage d'une Loi fi
Martin
lement fi attentive ; l'on voudroit qu'un
vigilante & perpétuell'unique volonté de Martin
fût témoignage humain, un feul
les Aubry, de la
Aubry une preuve entière de fa
fait,
Rochelle, & anéantit les livres de la
parenté avec
entiers depuis 1640 juiqu'en 1666, déclarent
Loi, qui étant fains &
n'exifte pas ! Les Tribunaux ne
hautement que cette parenté
peuyent pas cmpêcher qu'on leur demande
qu'un
vigilante & perpétuell'unique volonté de Martin
fût témoignage humain, un feul
les Aubry, de la
Aubry une preuve entière de fa
fait,
Rochelle, & anéantit les livres de la
parenté avec
entiers depuis 1640 juiqu'en 1666, déclarent
Loi, qui étant fains &
n'exifte pas ! Les Tribunaux ne
hautement que cette parenté
peuyent pas cmpêcher qu'on leur demande --- Page 16 ---
I1
auffi contraires aux règles de la raifon & du droit; mais il n'en
des jugemens
eft pas qui puiffent tomber dans une erreur fi grofière,
Ainfi quand les lettres de 1696, de 1708, de 1709 & les deux billets de
dernière année feroient des pièces authentiques & vraies, quandil feroit
cette
impolfible de douter qu'elles ayent été écrites de Saint- - Domingue en France,
de Parisàla Rochelle, &à la Rochelle même, on ne trouveroit dans tout
cela qu'une fauffe apparence démontrée telle par le filence conftant des regifqui laiffant voir encore tous les adles qu'ils ont reçus de 1640 à 1666,
tres, atteftent Jean Aubry & Françoife Efnaud n'eurent jamais d'enfant qui fut
que
nommé Martin.
Mais penfe-ton que ces pièces foient vraies, & le font-elles? Martin
Aubry a-t-il écrit en 1696, Marie Dubois a-t-elle écrit deux lettres. Le
Sieur Jean-Martin a-t-il écrit auffi en 1709, a-t-il foufcrit les deux billets
du mois d'O8obre de cette année, enfin la veuve Hudin a-t-elle été de
bonne foi dans fes produdions & fes écrits,& les Sieurs Caradeux n'ont-ils
eu à lui reprocher que de produire des titres apocryphes 6 infufifans?
Induits en erreur par une faute de copifte dans une expédition du greffe
de la Cour, les Sieur & Dame Aubry, de Tours, ont dit que Guy Aubry
de la Rochelle étoit mort en 1703, qu'ainG le Sieur Martin Aubry n'auroit
pas pu le voir & le connoître en 1707 ou 1708, ni lui confentir des obligations en 1709, & que la fauffeté de tous ces écrits étoit évidente par ce
fait certain de la mort de Guy Aubry en 1703Ils étoient abufés en raifonnant de cette manière, & c'eft leur erreur qui
l'exorde du mémoire des Sieurs Caradeux, & qui a fait répandre
a provoqué
dans ce libelle tant d'injures & tant d'outrages, comme s'il étoit poffible
quefur unedate, une feu'e date, fi précife, ficertaine, fi parfaitement conftatée
par cent pièces que les Sieurs Caradeux devoient avoir & qu'ils ont en effet,
on eût voulu tromper la Cour & le Public, & fe donner pour un feul moment le ftérile avantage d'une impofture fi abfurde qu'elle n'auroit pu produire
la vérité la
éclatante n'en devoit bientôt
aucun fruit, & G groffière que
plus
plus laiffer aucune ombre.
C'eft en 1723 que Guy Auby eft mort à la Rochelle, & non pas en 1703;
ainfi le faux des prétendus titres de famille de la veuve Hudin n'eft pas démontré de la manière dont les Sieur & Dame Aubry, de Tours, l'avoient
annoncé de bonne foi, mais ce faux n'en exifte pas moins, il n'en eft pas
moins certain, & fa démonftration eft entière & parfaitement complète, au
moins pour la plus grande partie de ces pièces.
1723 que Guy Auby eft mort à la Rochelle, & non pas en 1703;
ainfi le faux des prétendus titres de famille de la veuve Hudin n'eft pas démontré de la manière dont les Sieur & Dame Aubry, de Tours, l'avoient
annoncé de bonne foi, mais ce faux n'en exifte pas moins, il n'en eft pas
moins certain, & fa démonftration eft entière & parfaitement complète, au
moins pour la plus grande partie de ces pièces. --- Page 17 ---
Les deux lettres attribuées à Marie 13
ment fitppofées & fauffes,
Dubois, veuve Aubry, font fi évidemne favoit
que cette Marie Dubois ne favoit pas
pas feulement figner fon nom : les deux
écrire, qu'elle
Martin Aubry ont été
prétendus billets de Jeantin Aubry,
comparés avec la fignature vraie du Sieur
appofée au bas de la requête
Jean-Mardemeuré conflant qu'il fe trouvoit
qu'il préfenta en 1742, & il eft
tures, les Sieurs Caradeux
une différence très-grande entre ces écrienfin le faux alla plus loin & eux-mêmes fe
l'ont foutenu contre la veuve Hudin;
dans les prétendus titres de répandit bien plus démonfrativement encore
de l'enquête de
cette femme; ; car on falifia jufqu'à une
1742, qui avoit été tirée du
de
expédition
les Parties plaidoient,
greffe la Juridiétion même oir
c'eft-à-dire, de la
Le Sieur Latoifon,
Juridiaion du Port-au-Princo.
à la
Père, avoit dépofé dans cette
Jamaique un Sieur Dubois, fon
enquête qu'ilavoit connu
compagnon, & Oncle du Sieur Jean-Martin
dbtppkilvewditisheadir moins fes Agens avoient
lui Aubry,que laveuve Hudin difoit être
fait du mot Dubois ceOn a pourtant manqué de
René, Aubry , reconnu pour fon Oncle.
radeux, jufques là
pudeur en écrivant pour les Sieurs & Dame Caquel'on dit dans leur libelle, comme
mes cuifantes pouffées par les regrets les
en répandant des lar46 Et pourquoi ne conviendrons-nous plus amers :
> à l'évidence que de contefter la force & pas aujourd'hui que c'étoit fe refifer
>> qu'apportoit la Dame Hudin de fa
ia valeur des preuves multipliées
>> les billets qu'elle
parenté avec le Sieur Aubry. Les
produifoic étoient autant de
lettres,
> roit Jifi. Martin Aubry & Marie Dabois reconnoifances dont une faule au-
>> Guy Aubry, Père de la Dame Hudin avoient firceffivement reconnu
> Martin l'avoit
pour leur Frère &
reconnu pour fon Oncle. Il en
Beau-frire. Jean-
> cette qualité & à la recommandation de
avoit reçu des fervices en
s réfifter à ce fuifieau de
de Maric Dubois 2 fa Mère. Comment
lumière, vérité
naiffoit
* ces billets, de chaque ligne, de
qui
dans ces lettres, de
4 Sans doute les Sieurs
chaque mot qu'on y lifoit P
Caradeux euffent mieux fait
> rement, , que des fe laiffer contraindre
de s'y rendre volontai-
* cette vérité, Duffent-ils
par un & pluficurs Arrêts à reconnoître
* de connivence qu'on leur éprouver adreffe, aujourd'hui les reproches d'indulgence &
* adverfaires leur
quoiqu'ils les ayent fi peu mérités, fi leurs
faifoient un crime d'avoir rendu
9> impérieufe ; le fiffrage du refte des
hommage à une vérité
9p Caradeux ne les
hommes, la propre confcience des Sieurs
vengeroient-ils pas affez de cette
?
Après avoir lu dans le mémoire des Sieurs &
injuftice >
Dame Caradeux l'artificieufe
aujourd'hui les reproches d'indulgence &
* adverfaires leur
quoiqu'ils les ayent fi peu mérités, fi leurs
faifoient un crime d'avoir rendu
9> impérieufe ; le fiffrage du refte des
hommage à une vérité
9p Caradeux ne les
hommes, la propre confcience des Sieurs
vengeroient-ils pas affez de cette
?
Après avoir lu dans le mémoire des Sieurs &
injuftice >
Dame Caradeux l'artificieufe --- Page 18 ---
exprefion d'un repentir fi grand, on eft loin d'imaginer en quelle fource les
Sieur & Dame Aubry, de Tours, puifent la preuye invincibledel la fauffetédes
titres de la veuve Hudin.
Cejp dans la produdion méme des Sieurs 6 Dame Caradeux, c'eft dans les
pièces qui accompagnent le mémoire dans le procès : on fait produire aux
Sieurs & Dame Caradeux les contrats de deux des mariages de Marie-Magdeleine Aubry, file de Marie Dubois, veuve Aubry, que l'on fuppofe avoir
écrit deux lettres à Guy Aubry, au fujet de la mort de Martin Aubry 2 & du
pallage de Jean-Martin Aubry en France : on leur fait produire des pièces de
leur procès contre la veuveHudin; & c'eft dans ces pièces mêmes, qui démentent formeilement le mémoire, que l'on recueille ces vérités.
I. Marie Dubois, veuve Aubry, fit paffer en fa maifon, le 5 Juin 1709,le
contrat de mariage de Maric-Magdeleine Aubry, fa Ale,atechanjacpe.Pe
geot, & T'expédition de ce contrat qui ef produite, porte que Marie Dubois,
veuve Aubry , a diclaré ne favoir fgner.
2°. La même Marie Dubois maria la même fille, devenue veuve, au
Sieur Barthelemy Simon, le 24 Oétobre 17145 & elle déclara parcillement
à la fin du contrat ne favoir Fgner, de Ce enquife, l'expédition en cft produite.
Ces aétes font faits après les dates des prétendues lettres de Marie Dubois,
& ce n'eft point une fimple impuiffance de figner qu'elle accufe, c'eft une
ignorance entière, & par conféquent ces déclarations font une double preuve
les prétendues lettres de Marie Dubois n'ont jamais été écrites par elle à
que
Guy Aubry.
3. On a obfervé, difoient les Sieurs Caradeux, que la fignature des deux
billets n'a aucune reifemblance avec la fignature connue du Sieur Aubry, de
que l'on a vélifiée fur Ja minute d'une requête dépofce al grefe de la
quo,
Juridiaion de cette ville, & jointe à l'enquête de 1742.
49. Quand les Sieurs Caradeux attaquerent au Confeil du Roi l'Arrêt du
Confeil du Port-au-Prince, ils imprimèrent ( page 24 & 25 de leur requête
au Roi) que la veuve Hudin avoit falGfié l'expédition de l'enquête de 1742
qu'elle rapportoit, en ce que le Sieur Latoifon avoit déclaré 2 qu'étant à la
Jamaique, il avoit connu le Sieur Dubois, Oncledu Sieur Aubry teftateur, &
non pas le Sieur Aubry, Père, qu'elle avoit fait fubfituer ces derniers mots à
ceux du Sieur Dubois, & qu'eile avoit été forcée de reconnoître que fon
expédition de l'enquête n'étoit pas conforme à la minute, & en effet on trouve
dans les pièces des Sieurs Caradeux une copie de cette enquête qui leur fut
qu'étant à la
Jamaique, il avoit connu le Sieur Dubois, Oncledu Sieur Aubry teftateur, &
non pas le Sieur Aubry, Père, qu'elle avoit fait fubfituer ces derniers mots à
ceux du Sieur Dubois, & qu'eile avoit été forcée de reconnoître que fon
expédition de l'enquête n'étoit pas conforme à la minute, & en effet on trouve
dans les pièces des Sieurs Caradeux une copie de cette enquête qui leur fut --- Page 19 ---
fignifice à la requête de la veuve
1S
on lit ces mots : le Sieur
Hudinales Ofobre 1764, & dans
dubry a tandis que dans la
laque'le
au greffe de cette ville, on voit que le Sieur Latoifon minute encore exiftante
Sieur Dubois.
a parlé uniquement dit
Quels font donc & le coeur & l'efprit qui
& Dame Caradeux dans leur défenfe
conduifant la plume des Sieurs
deleur produdion
actuelle, 2 & procédant à la
dans ce procès, ont pu fe porter
compofition
veuve Hudin étoient vrais,
à écrire que les titres de ia
à
refpedtables, dignes des
prouver en même temps, de la manière la
hommages de la Juflice &
être plus faux ni plus
pius certaine, que rien ne
méprifable; ; & que ne
peut
pos, fi l'on vouloit fe venger des baffes
pourroit-on pas direà ce prole libelle des Sicurs & Dame
fatyres &z des niaifes critiques dont
Mais où les ont conduits Caradeux eft rempli?
Elles les
leurs déclamations auffi abfurdes
ont fait tomber dans tne prolixité
qu'outrageantes?
les auroit privés de l'avantage
qui, rebutant tous les leSteurs,
mation des Sieur & Dame d'inftruirele Public fur Pillégitimité de la réclaroit été établie dans leur Aubry, de Tours, quand même cette illégitimiré attblâmable & fi
ouvrage ; ainfi gardons - nous d'imiter un
dangereux, & achevons de
exemple fi
titresde la veuve Hudin pourroient avoir difiper toute l'impreflfion, que les
Cette veuve a trompé la Juftice en lui produite.
Marie Dubois, puifque Marie Dubois
préfentant des lettres attribuées à
deux mains évidemment
ne favoit point écrire, aufi étoient-ce
trompé la Juftice
différentes qui avoient écrit ces deux
en fallifiant une expédition de
lettres; elle a
faire paroitre ttli Aubry au lieu d'un
elle l'enquête de 1742, pour y
parcequ'elle n'avoit point la vérité Dubois, n'a pu employer le faux que
qu'elle ait
pour elle, il eft donc
jamais ett feulement une poffefion d'état de impofible d'admettre
Saint-Domingue, 2 par les reconnoiffances de Martin parente des Aubry de
& de Jean-Martin Aubry.
Aubry, de Marie Dubois
K Mais il eft
impoflible. 2 difent les Sieurs
>> billets foient fux. Quelle
Caradeux, que Ces lettres & ces
> jet de
apparence que la vetve Hudin ait
fabriquer ou de faire fabriquer fix
conçu le pro-
> n'ont pas le laconifme du
pièces Les lettres rapportées
fauffaire, elles
>> étrangers à l'objet
contiennent des détails
qu'auroit eu celui qui ne les
indifférens s
> en faire des preuves de reconnoiffance & de auroit fabriquées que pour
3 fur lequel la reffemblance & l'imitation parenté, Quel auroit été le type
* contiennent des
euffent été obtenues?.,
faits qui ne pouvoient étre connus que
Ceslettres
par Ceu qu'ils intirfoient,
aire, elles
>> étrangers à l'objet
contiennent des détails
qu'auroit eu celui qui ne les
indifférens s
> en faire des preuves de reconnoiffance & de auroit fabriquées que pour
3 fur lequel la reffemblance & l'imitation parenté, Quel auroit été le type
* contiennent des
euffent été obtenues?.,
faits qui ne pouvoient étre connus que
Ceslettres
par Ceu qu'ils intirfoient, --- Page 20 ---
* des détails dej famille que tout autre que le Pore, la Mire 6 le Fils devoiene ignorer.
9 Ces détails, ces faits n'étoient pas connus des Sieurs Caradeux ni dc leurs
> Confeils en 1767..
Si tous les faits contenus dans ces lettres
9) font exa@tement conformes à Pétat d: cette famille alors, à Ja fituation, att
9 nombre de fes enfans > à leur naiflance, à leur fexe, à leur état, à leurmort, à tous
P) lis événemens que cette famille d éprouvés, il faudroit done, ou qu'ils eufert ÉTÉ
> RÉTÉLÉS A LA DAME HUDIN,cu que par une magie à laguelle on nous difper-
> fera bien de croir,ELLE EUT DEVINÉ d Lz Rochelle en 1703 tout cequis'itoit
> pafed Scint-Domirgue, duns l'intérieur de la famille Aubry, de 1695 à '7C9.
> Le Port-de-Paix attaqué & détruit par les Anglois en 1695.
> Martin Aubry abandonnant ce quartier pour venir demeurer à Léogane,
>> La perte de tous fes papiers.
9 L'exiftence de fa femme & de fa petite famille en 1695.
9 La mort de Martin Aubry.
*> Il a eu quatre enfans, deux morts & deux vivans.
* Des deux vivans, l'un garçon, l'autre fille.
> Le fils envoyé en France poNr fe perfedtionner dans la profeffion de la
* Chirurgie qu'ilavoit apprife chez les Pères de la Charité, à Léogane,
9) L'exiftence de la fille à cette épocue.
# Son féjour à Parisà l'époque oùt il écrit.
> Sa maladie, le genre de cette maladic.
M L'exiftence de fa mère.
> Sa détreffe , qui confirme celle dont fon Père & fa Mère s'étoient déjà
> plaints.
> Il étoit impoffible que dans le court intervalle de quelques mois qui
* s'étoient écoulés de la mort du Sicur Aubry à l'époque oût l'on voit la Dame
* Hudin faire enregiftrer à la Rochelle les titres qu'elle a produits, elle eût
>> acquis cette connoiffance détaillée de l'état & des événemens de la famille
> Aubry, de ces événemens, fur-toutdes naifances 6 des morts du Père S de fes
> enfans, de leurs époques, de l'apprentiffage du Sieur Aubry chez les Pères
>> de la Charité , à Léogane, de l'émigration de Martin Aubry, du Port-de-
> Paix, de fon nouvel établiffement à la petite-rivière de Léogane, &c.
> Cesfaits n'ont éténi révélés ni devines. Les lettres qui les renferment éma-
>> noient donc néceflairement des individus auxquels la Dame Hudin les
3 attribuoit, & qui pouvoient feuls connoitre toutes ces particularités, La
9) naturc de ces Icttres, leur détail en prouvoient encorc plus, s'il eft poffible,
la
> Paix, de fon nouvel établiffement à la petite-rivière de Léogane, &c.
> Cesfaits n'ont éténi révélés ni devines. Les lettres qui les renferment éma-
>> noient donc néceflairement des individus auxquels la Dame Hudin les
3 attribuoit, & qui pouvoient feuls connoitre toutes ces particularités, La
9) naturc de ces Icttres, leur détail en prouvoient encorc plus, s'il eft poffible,
la --- Page 21 ---
> la vérité que la reffemblance la 17
>> ces lettres n'ctoient donc
plus exaéte des écritures & des
Cette
pas fenles, elles nze pouvoient donc
fignatures,
longue fuite de raifonnemens fur les lettres
pas Citre? >
Aubry, s de
& les billets de la famille
heureufement Saint-Domingue, imaginée
paroît en effet bien puiflante, & femble trèsd'expliquer comment pour foutenir ces titres; car queile
dans les
on auroit pu faifir pour la veuve
difficulté que
anciennes circonflances de la famille
Hudin, tant de vérités
lettres en 1763; ; comment aura-t-on
Aubry, pour compofer des
petits détails dela fin du fiècle
pur connoître en cette année tous ces
Quiel prodige! Quelle
pafié, pour les configner dans de fauffes
merveille !
lettres?
Mais Marie Dubois n'a
écrire : les agens de la veuve pourtant Hudin point écrit, puirqu'elle ne favoit point
titres & les faits à fon plus grand
favoient arranger très- habilement les
falfifiée pour y faire
avantage, 3 puiique l'enquête de
a
falfifications
paroitre un Aubry au lieu d'in
1742 été
n'auroient pas été faires, fi la
Dubois; & toutes ces
vrais à préfenter; ainfi quand les Siear veuve Hudin avoit eu des titres
roient pas aflez de perfpicacité
& Dame Aubry, , de Tours, n'auveuve Hudin fe trouvérent illuminés pour découvrir comment les hiftoriens de la
n'en faudroit pas ajouter
fur les événemens du dernier fiécle,i
ni à celle de Jean-Martin plus de foià la prétendue lettre de Martin
il
Aubry, ni aux billets attribués à
Aubry,
l'impofture étoit évidemment familicre
celui-ci;
de fes titres qui font démontrés
au parti de la venve Hudin; parceque que ceux
les foupçons & le mépris fir ceux faux, devroient néceffairement faire tomber
que la Juftice ne peut
qui paroîtroient avoir le plus de
de
pas impofer aux adverfaires des
pureté, 2 &
montrer une imagination auffi
fauffaires la néceffité
produit les moyens & les combinaifonsdiun dangerenfement féconde, , que celle qui a
Mais au relle,lintrigued de la
faux habilement exécuté,
nom, a eft-elle donc
veuveHudin, ou de ceux qui
fon
impénétrable, fa trame feroit-elle
employoient
profondément cachée, 9 qu'elle ne fût pas encoref encore fifecrètement & fi
Les Sieurs Caradeux favent
finfeeptible de
P
ce
parfaitement
faut développement?
qu'ils affeétent de parler fi haut le
qu'il
en penfer, & quoimerveille tout ce qui eft derrière langage de la fiurprife, ils connoiffent à
nous prêtent eux-mêmes
ce rideau ; mais ils ne font
Encore
les mains pour le tirer.
pas adroits, ils
Veuve une piéce produite par les Sieurs & Dame
Hudin n'avoit pas attendur la mort du Sieur Caradeux démontre que la
convoiter fa
Jean-Martin
fitccefion, en fe fondant fur le
Aubry pour
rapport de ieurs noms: : elle
G
de la fiurprife, ils connoiffent à
nous prêtent eux-mêmes
ce rideau ; mais ils ne font
Encore
les mains pour le tirer.
pas adroits, ils
Veuve une piéce produite par les Sieurs & Dame
Hudin n'avoit pas attendur la mort du Sieur Caradeux démontre que la
convoiter fa
Jean-Martin
fitccefion, en fe fondant fur le
Aubry pour
rapport de ieurs noms: : elle
G --- Page 22 ---
des
à Saint-Domingue, elle avoit déjà fait
avoit entretenu correfpondances
dans les
elle avoit déjà arrêté des convenfaire des recherches
dépôts publics,
relativement à cette fucceffion pendant la vie même du défunt ; &
tions
& l'exaétitude de ceux qu'elle foudoyoit, clle fe trouva
d'après les précautions
dans les
de forte
inftruite de tous les faits conftans qui font rapportés
lettres,
fut
facile la compofition de ces lettres, que l'on
que jamais rien ne plus
que
veut faire regarder comme fi prodigieufes.
Les Sieurs & Dame Caradeux produifent une expédition de la procuration
fut donnée par la veuve Hudin aux Sieurs Goujand 6 Delatre devant
qui les Notaires de la Rocheile, & l'on y trouve cette flipulation infiniment
remarquable.
des
fonds
feront touchés
convenu que premiers
qui
>> Il eft expreffement
leflits Sieurs Procureurs conftitués ou leurs fubftitués,ils- en comp-
> par
foit en efpèces ou en denrées du pays, au Sieur
> teront à Saint-Domingue, 2
de mille livres,
decette wille,ydemeurant, la fomme fix
> Pierre Charles,Nigociants
pareille fomme dont elle eft dibitrice dulit Sieur
>> argent de T'Amérique, pour
elle en a reçu la valeur aufi argent de Saint-Domingue 2
> Charles, duquel elle s'eft verbalement foumife de lui en faire le rembourfe-
>> envers lequel
recueilleroit de la fucceffion dudit Sieur Aubry; &
9) ment, des fonds qu'elle
en fera fait audit Sieur Charles, elle en demeure-
>> moyennant le payement qui
envers lui 8 en retireront quittance à cet effet;que
>> ra valablement déchargée
compte de dépenfe,
> ladite Dame veuve Hudinleur permet deporterdansleur
raifon de ladite fomme de fx mille livres, ils puiffent en p:6-
>> fans que pour
>> tendre aucun droit de commiffion; 6 dans le cas oit ladite Dame conflimuante
reconnoitre héritiere dudit feu Sieur Aubry 2 quoi-
>> ne pourroit parvenir àfe faire
ou
n'en
retirer aucun fond, LEDIT
>> que Ja qualité foit certaine, qu'elle
puife
> SIEUR CHARLES NE POURRA DEMANDER NI EXIGER LADITE SOMME
LA CONFENTION QU'ELLE DECLA-
>> DE SIX MIZLE LIFRES,ÉTANT AINSI
* RE AVOIR FAITE AVEC LEDIT CHARLES. >>
aôte
Cette procuration fut faite le 13 Septembre 1763, ce fut le premier
fit
à la fucceffion du Sieur Jeanque la veuve Hudin ouvertement par rapport
Martin Aubry, 2 fix mois feulement après l'ouverture de cette fuccefion.
Le Sieur Charles n'enavoit point encore eu de femblable, il n'étoit même
conftitué Procureur, il n'étoit feulement pas fubfitué aux autres en cas de
pas mort Ou de malverfation,11 ne devoit pas même être chargé de l'expédition
des fonds OLl des denrées en cas de fiuccès.
Sieur Jeanque la veuve Hudin ouvertement par rapport
Martin Aubry, 2 fix mois feulement après l'ouverture de cette fuccefion.
Le Sieur Charles n'enavoit point encore eu de femblable, il n'étoit même
conftitué Procureur, il n'étoit feulement pas fubfitué aux autres en cas de
pas mort Ou de malverfation,11 ne devoit pas même être chargé de l'expédition
des fonds OLl des denrées en cas de fiuccès. --- Page 23 ---
Et cependant la veuve Hudin lui devoit 19
Domingue, relativement a Iz
déjà fix mille livres, argent de SaintIl eft très-clair
fuccefion : comment cela s'étoit-il
la
que c'étoit relativememe à la
pu faire P
dette étoit
ficceflion qu'elle
conditionnelle & incertaine
devoit,p puifque
Hudin n'étoit pas héritière, Charles comme la ficceffion, car fila veuve
avoit étédue autrement qu'à
n'étoit pas créancier; & Gl la
caufe de la fuiceffion
fomme lui
pu s'éteindre par le feul évanouiffement
même, la dette n'auroit pas
Or, Charles n'avoit
des prétentions de la veuve Hudin.
puis qu'elle étoit
pas pu devenir créancier relativement à la
ouverte, Puifqu'il n'avoit
ficceffion devenve Hudin elle-même n'avoit
point eut de pouvoir & que la
Il n'avoit donc
pas encore fait la moindre chofe.
pu devenir créancier
léchéance de la fuiccellion
relativement à la fiucceffion,
même, & la Preuve littérale
qu'ayant
curation, puifque c'eft le premier aée
en eft dans la proveuve Hudin déclare c'eft
poftérieur à cette échéance &
Et il eft évident que une ancienne convention faite
que la
fion dès
qu'il n'avoit Pu devenir créancier
avec lui.
avant fon ouverture, que par des
relativement à la fucceftes, des peines & des foins pris
recherches &c des découvertes fainus en France, avant
avant l'échéance même de la
T'échéance de la fucceffion
fitcceffion, conl'échéance de la fiucccflion, puifçu'ils font
& mis à profit dès avant
poftérieur à la
fi bien appréciés dans le
La
connciffance de la mort du Sieur
Premier aéte
veuve Hudin avoit donc déja
Aubry.
vie de fon prétendn Coufin
pris effedivement des mefutres
de fes efforts
; & quels fruits peut-on voir
pendant la
& qu'elle ait vouln
qu'elle ait recueillis
fix mille livres P
payer aul Sieur Charles par la fommc de
Ses porteurs de pouvoirs n'arrivérent
prétendues lettres & recontoiffancesde pas à Saint-Domingue avec les feules
Jean-Martin Aubry; leur col'eéion Martin Aubry, de Marie Dubois
fier avec ces pièces,
étcit plus nombreufe, car ils firent &de
l'enquête de 1742 & l'aéte de
fignibry, mort à Léogane en 1698; ; & ces deux
fépulture de Martin Aufans doute, celles qu'on devoit
dernières en particulier
qu'elles découvroient
payer fix mille livres au Sieur Charles, étoient,
laf famille
trés-parfitement tousles principaux faits de T'hiftoire parce.
avoient Aubry.dessn-Dumine, donné
qui fetrouvent dans les lettres
de
En
pour eype la fignature du Sieur
êcqu'elles
effet, l'enquête de 1742 eft
Jean-Martin Aubry.
Aubry, dans
précéléedune requête fignde du
> dépendance laquelleilexpofe : ( Que nél le trois
feu Sieur
du Cap-François de cette
Juin1688, au PortdePaix,
Ifle, il a le malheur de
trouver
umine, donné
qui fetrouvent dans les lettres
de
En
pour eype la fignature du Sieur
êcqu'elles
effet, l'enquête de 1742 eft
Jean-Martin Aubry.
Aubry, dans
précéléedune requête fignde du
> dépendance laquelleilexpofe : ( Que nél le trois
feu Sieur
du Cap-François de cette
Juin1688, au PortdePaix,
Ifle, il a le malheur de
trouver --- Page 24 ---
> les regiftres de celte Paroif:, tant ceusc tentis par le Curé, que ceux dépofes al
de la Juridiction du lieu, confondus dans Lincendie génèral foufere en CC
> grefe
des
6 des Anglois. >>
* quartier Pannée 1093, par lirruption Elpagnols
L'extrait mortuaire de Martin Aubry n'étoit porté fiur les regiftres qu'après
celui d'un de fes enfans, & comme on ne put pas manquer de vouloir faire
on trouva tous celtx qui y étoient portés, 8c l'on
une recherche complette,
& fait
fut ainfi toute Thiftoire de la famille; car l'enquête 1742 indique
connoitre parfaitement les deux autres enfans de Martin Aubry qui exiftoient
encore 2 ainfi par ces deux aêtes, l'enquète de 1742,8 l'adte mortuaire de
Martin Aubry, que la vettve Hudin apprécioit elle-mémeà la Rochelle à Ox
mille livres, avant que de les avoir fait valoir judiciairement ; & par les
recherches qui durent être faites en même temps dans le greffe, pour connoitre fi Martin Aubry avoit laiffé cuelque fortune, 6 fa veuve avoit fait
faire inventaire, &c. La veuve Hudin fe trouva en état de dire très-affirmativement cesfiaits priazijpuuxcoufgnés dans Jes lettres.
& détruit
les Anglois & les Efpagnols
K Le Port-de-Paix attaqué
par
> en 1695venir demeurer à. Léo-
% Martin Aubry abandonnant ce quartier pour
>> gane.
>> La perte de tous fes papiers.
>> L'exiftence de fa femnie & de fa petite famille en 1695.
>> La mort de Martin Aubry.
GCUX morts deux vivans à la fin du fiècle.
>> II a eu quatre enfans,
> Des deux vivans l'un garçon, l'autre fille.
On n'a jamais prétendu affujetir les Sieurs & Dame Caradeux à croire
foit à la révélation, foit à la divination, foit à la magie, par rapport à la
veuve Hudin ; & loin de vouloir exercer un tel empire fur leur opinion, 9
les Sieurs & Dames Aubry, de Tours, feroient les premiers à tâcher d'éloigner d'eux ces idées, s'ils avoient pu les concevoir 3 mais quoiqu'il faille
les rejeter, voudront-ils que l'on doive croire à la vérité, à la fincérité des
& l'artifice & fa fource & fes
lettres, après qu'ils ont décé'é eux-mêmes
manceuvres, & jufqu'à fon prix?Le voile eft tombé maintenant, il ne peut
plus refter ni incertitude ni doute fur la fauffeté des prétendus titres de
Ia famille de la veuve Hudin ;1 piifque l'on voit parfaitement à découvert, le
Sieur Charles devenant créancier de fix mille livres, fur la fucceffion, en
cas d'hérédité, dès avant que la veuve Hudin ait eu un feul aéte à faire pour
uvres, & jufqu'à fon prix?Le voile eft tombé maintenant, il ne peut
plus refter ni incertitude ni doute fur la fauffeté des prétendus titres de
Ia famille de la veuve Hudin ;1 piifque l'on voit parfaitement à découvert, le
Sieur Charles devenant créancier de fix mille livres, fur la fucceffion, en
cas d'hérédité, dès avant que la veuve Hudin ait eu un feul aéte à faire pour --- Page 25 ---
la recueillir; ; l'enquête de
1742 &x Page
avant toute action, les lettres de Marie mortuaire de Martin Aubry trouvés
nier & au commencement de
Dubois écrites à la fin du fiècle deren 1709 ni en
celui-ci, quoiqu'elle ne SUT
1714, 2 & enfin l'enquête de
pas encore écrire
preuve : on n'auroit pas pu ci-devant
1742 fallifiée pour en tirer une
être commis Par lufage de la vérité expliquer -comment le faux avoit
les lettres de ce qui étoit arrivé
même 2 c'eft-à-dire, par le récit fait dans pu
l'éclairciffent
à Martin Aubry; : mais toutes ces
parfaitement, & voici une dernière
circonftances
preuves encore plus frappantes.
réflexion qui rend ces
Ou les lettres font vraies, & en ce cas elles
Charles eût reçu la miffion dont
exiftoient avant que le Sieur
millelivres.
P'accomplifement devoit lui être payé fix
Ou elles n'exiftoient
pas avant cette mifion, &
fauffes, parcequ'elles en font des fruits.
par conféquent elles font
Sie ellesexiftoient, la veuve Hudin connoiffoit,
tances de la
del la
par elles, toutes les circonf.
famille,l'époqued mort de Martin
le voyage du Sieur Jean-Martin
Aubry, celle de fes enfans,
Aubry, en France, en
principaux dont elle pouvoit avoir befoin
1709, & tous les faits
la mort du Sieur Jean-Martin
pour établir une réclamation à
Aubry.
Et dans ce cas, comment avoit-elle pu devenir
les d'une fomme de fix mille
débitrice du Sieur Char.
Quelles recherches
livres, avant que la fucceflion fût
avoit-il pu avoir à faire pour elle?
ouverte? P
en à prendre ? La caufe de la dette eft inconcevable, Quels foins avoit-il
que fa miffion n'avoit pu être que fimple & infiniment parcequ'il eft évident
Mais fi aul contraire les lettres & billets
facile à remplir.
din ne favoit rien, , Martin
n'exiftoient pas, la veuve HuAubry, 3 Marie Dubois & leurs
que Jean-Martin Aubry, n'étoient pas connus, il avoit fallu des enfans, autres
multiplices, des démarches, des dépenfes même,
recherches
& l'on conçoit aifément dans cette
pour découvrir tout ;
putfedéterminerà à reconnoîitre,
hypothèfe, comment la veuve Hudin
par fa procuration du 13
devoit fix mille livres aut Sieur Charles; ce n'étoit
Septembre, qu'elle
mettre
tion, entre ce qu'il avoit fait pour elle & le falaire qu'une jufe prcporen cas de: ficcès.
qu'elle lui en accordoit
Or, la veuve Hudin a promis & donné ces fix milles
Charles avoit donc fait beaucoup
livres ; le Sieur
péniblement &
pour elle, il lui avoit donc découvert trèsdiipendieufement des faits & des- aétes
trés-importans,
livres aut Sieur Charles; ce n'étoit
Septembre, qu'elle
mettre
tion, entre ce qu'il avoit fait pour elle & le falaire qu'une jufe prcporen cas de: ficcès.
qu'elle lui en accordoit
Or, la veuve Hudin a promis & donné ces fix milles
Charles avoit donc fait beaucoup
livres ; le Sieur
péniblement &
pour elle, il lui avoit donc découvert trèsdiipendieufement des faits & des- aétes
trés-importans, --- Page 26 ---
elle n'avoit donc pas les lettres & les billets; car il n'a rien appris par fes
recherches, qui n'eût été connu dès auparavant par les lettres : ces lettres &
ces billets n'étoient donc pas exiftans alors?
Il eft vrai que l'on ne voit pas dans les aêtes ohi l'on a pu prendre l'idée
du voyage de Jean-Martin Aubry en France, en 1708, de fon apprentiflage
de la Chirurgie chez les Pères de la Charité ,à Léogane, de fon féjour à
Paris, de fa maladie, de fa détreffe & de fon retour à Saint-Domingue
en Mais 1709. oùt eft feulement la preuve de toutes ces circonftances, & comment
pourroit-on ne pas douter de ce voyage & par conféquent des pièces qu'on
dit en être des effets?
La veuve Hudin produifoit un extrait du rôle d'équipage du navire le
Fleuron, de Nantes 3 pour prouver qu'en 1742, le Sieur Jean-Martin Aubry
étoit revenu de France par Nantes 2 ce qui n'avoit aucune importance;
& elle n'a jamais produit la moindre chofe qui foit relative au paffage du
Sieur Jean-Martin Aubry par la Rochelle, en 1708, ni à fon retour
par le même endroit, en 1709 ; quoiqu'il lui fût infiniment plus facile encore
de faire des démarches & de tirer des expéditions à la Rochelle 4 fa propre
ville, qu'à Nantes d'oi elle étoit éloignée; & quoiqu'on lui marquât de
la défiance de ces letttes, qu'elle devoit par conféquent s'efforcer de foutenir;
auroit-elle manqué de prouver au moins le voyage, s'il étoit vrai, &
s'il avoit juftifié le double paffage du Sieur Aubry par la Rochelle ?
I1 eft vrai qu'un de fes parens qui fe mêla de la défendre, attefta tout
ce qui paroiffoit par fes pièces & affirma Jous la foi du ferment, difoit-il,
comme fitr-tout ciqu'ily a de plus facré parmi les hommes, que c'étoit par
pur difntér.fement & par cenvre de charité, qu'il vou'oit faire obtenir à fa
parente la fucceffion du Sieur Jean-Martin Aubry , fir les letires de Marie
Dubois & fiur l'enquéte de 742 complettement falffée ; & que pour mieux
capter la foi des Magiftrats & du Public, il affeêtoit d'avouer ingénuement
qu'il favoit bien n'en mériter aucune.
Mais quand ce Coufin auroit été lhomme du monde le plus recommandable par fa réputation, fes talens & fes vertus 2 ne feroit-il pas indécent
de propofer fon témoignage, même fcellé du ferment, pour règle de jugement dans une afaire de cette importance?
Ce Coufin prétendoit avoir connu le Sieur Jean-Martin Aubry, 2 en 1751 2
& il fe fouvenoit fi parfaitement, après feize années entières, de tout Ce
mériter aucune.
Mais quand ce Coufin auroit été lhomme du monde le plus recommandable par fa réputation, fes talens & fes vertus 2 ne feroit-il pas indécent
de propofer fon témoignage, même fcellé du ferment, pour règle de jugement dans une afaire de cette importance?
Ce Coufin prétendoit avoir connu le Sieur Jean-Martin Aubry, 2 en 1751 2
& il fe fouvenoit fi parfaitement, après feize années entières, de tout Ce --- Page 27 ---
qui s'étoit paffé, durant
chez le Sieur Aubry, quelques jours pendant lefquels il refta,
Juftice : M.
qu'il n'eut pas honte d'en préfenter le
dit-il,
Aubry l'avoit mené un jour à la grande
journal à la
Bouiquets,
Mefle à la Croix-desEt défiunte M"e,
Et il étoit dans Aubry y étoit auffi.
Et ils
leur banc avec eux.
M.
allérent enfuite voir le Curé & diverfes
Aubry le regardoit comme fon Coufin,
perfonnes devant lefquelles
Et M". Aubry 6 fis Neveux étoient
Et ils foufroient
fort intrigués,
enfemble.
rarement que le bon-homme & le Coufin fillent
feuls
Et ils épioient leurs adtions, &
Et Ce manège dura autant
écoutoient leurs difcours.
Et M. Aubry n'en
que le féjour du Coufin.
demanda pas moins au
elle-même, des nouvelles de fa Coufine
Coufin, devant M"e, Aubry
Et il lui dit que fi le ciel
Hudin.
fn ne put pas comprendre cela. vouloit, il lui feroit du bien; mais le CouEt il lui demanda auffi des nouvelles de
grand Père, auquel il fe fouvint
M. Efcoubet qui étoit M, fon
Et c'étoit précifément le
parfaitoment qu'il avoit des
Coufin la penfée d'aller
refouvenir de ce grand Père qui avoit obligations,
Et
vifiter LE BON-HOMME.
in/piré au
tout fe pafla très-bien, cela près de
fes Neveux.
Phumeur de Mme, Aubry & de
Et le Coufin en rioit à part-foi.
Ofa-t-on jamais débiter & fiur-tout faire
dans une affaire auffi grave? N'eft-ce
imprimer de telles fornettes
de vouloir encore donner du poids pas une charlatanerie honteufe, que
G puériles & f mauffadement
aujourd'hui à des contes fi faltidieux,
pas inconcevable
la rapportés par celui quiles inventa; &
que veuve Hudin ayant
n'eft-il
publics qui ne juftifioient rien, puis. des rapporté d'abord des aétes
contre elle, puis de prétendus titres de procês verbaux qui Prouvoient
ait pu effayer &créuffir même àfeeller famille évidemment fiuppofés, on
odieufes par un récit aufli ridicule toutes de ces piccesinutiles, méprifables,
indifférentes quand elles feroient vraies & quelques anecdotes qui feroient
Aubry ne pouvoit
plus fortes? Car enfin le Sieur
pas favoir lui-même ni
non le parent de la veuve Hudin; & la par lui-même, s'il étoit ou
pas moins néceffaire, après celle des
preuve de la parenté ne feroit
anecdotes, qu'auparavant.
on
odieufes par un récit aufli ridicule toutes de ces piccesinutiles, méprifables,
indifférentes quand elles feroient vraies & quelques anecdotes qui feroient
Aubry ne pouvoit
plus fortes? Car enfin le Sieur
pas favoir lui-même ni
non le parent de la veuve Hudin; & la par lui-même, s'il étoit ou
pas moins néceffaire, après celle des
preuve de la parenté ne feroit
anecdotes, qu'auparavant. --- Page 28 ---
Mais faut-il encore des réflexions, contre tout ce fyftème de parenté
imaginé, fi long-temps combiné, fi évidemment étayé fur
groffièrement l'on a raffembler de vicieux & de méprifable ?
tout ce que
du pu Sieur Jean-Ma rtin Aubry lui-même s'éleve contre la
Le rémoignage
veuve Hudin dans la requête qu'il préfenta en 1742, pour parvenir à l'aôte
de notoriété qu'il obtint en effet fous la forme d'engêute.
France alors
le defir d'y acheter une charge, il avoit
Conduit en
fon par
8 fa catholicité. Ce font auffi les
befoin de faire connoitre
origine
motifs qu'il cxprima lui-même dans cette reqèute.
Il devoit donc naturellement, dans cette occurrence, 2 déclarer qu'il étoit
de la Saintonge ; que fon Père étoit né dans ce pays, que fa
originaire
la Rochelle
avoit eu lui-même des liaifons
famillc exiftoit encore à
; qu'il
perfonnelles avec des membres de cette famille.
Rien ne pouvoit être plus convenable, plus néceffaire même, parcequ'il
auroit été très-poffible, malgré l'adte de notoriété, que dans le corps oit
il fe préfentoit on lui eût fait des difficultés qu'il auroit levées fans peine
la famille Aubry, de la Rochelle, pour le reconnoître.
en invoquant loin de prendre ce parti fi conforme aux circonftances, à
Cependant, la néceffité, le Sieur Aubry dit uniquement qu'il eft Créole du
la vérité,à qu'il eft né le 3 Juin 1688, qu'il en eft forti après
Port-de-Paix;
y
l'irruption des Efpagnols & des Anglois en 1695.
de fon origine Françoife, il s'expofe à faire croire
Et ne parlant point
être tombée dans
fa famille, ancienne à Saint-Domingue ,1 pourroit y
que
voudroit mafquer par fon titre, &c que l'on ne vouune confufion qu'il
droit
fouffrir: auroit-il couru ce*rifque s'il avoit connu un moyen
remédier, pas
en prouvant en France même , que fon Père étoit né en
dy
France & marié à une Européenne ?
D'un autre côté encore, un filence égal fournit un argument plus puifiant. Le Coufin de la veuve Hudin prétendoit être venu à caufe d'elle
voir le Sieur Aubry en 1751, il prétendoit qu'ils s'étoient entretenus
prefque fans ceffe de leur lien de parenté, qu'il avoit raffemblé & gravé
profondément dans fa mémoire tout cc qui pouvoit intéreffer fa Coufine
Hudin, & fur-tout qu'il avoit été tres-honorablement traité: : il auroit
donc dû néceffairement lier une correfpondance, par une lettre de remercimens, & enfuite en demandant de temps en temps au Sieur Aubry de fes
nouvelles; & cependant la mémoire du Coufin eft l'unique dépôt oû il fe
trouve
affemblé & gravé
profondément dans fa mémoire tout cc qui pouvoit intéreffer fa Coufine
Hudin, & fur-tout qu'il avoit été tres-honorablement traité: : il auroit
donc dû néceffairement lier une correfpondance, par une lettre de remercimens, & enfuite en demandant de temps en temps au Sieur Aubry de fes
nouvelles; & cependant la mémoire du Coufin eft l'unique dépôt oû il fe
trouve --- Page 29 ---
trouve en 1767, des
de 25
c'eftàce dépôt
l'on marques ces entretiens paffés depuis
que veut nous forcer de
feige ans, &
l'amitié, lintérêt, P'erreur & cent caufes
croire, quoique le temps, 2
corrompre ou le faire suppofer.
diverles aient pu l'altérer, le
Sieur Jean-Martin Aubry
Quelle fingularité ! Quel égarement ! Le
Curé, fes connoiffances, qui Pavoit fi bien reçu, qui l'avoit préfentéà fon
l'avoir près de lui qu'il avoit comme fon parent, qui avoit été fi flatté de
écrire; ; &fM. Bourgeois avoit dit voulu la l'y retenir, auroit-il pu ne pas lui
Ce n'eft plus aux Sieurs Caradeux vérité,n'en auroit-il pas eu des preuves?
leur défenfe, que les prétentions
2 incertains fiur leur état & foibles dans
Hudin s'offrent
chimériques & les titres abufifs de la
de
aujourd'hui, & le temps de ces
veuve
ces impoftures & de leur fitccès
fables, de ces
L'état civil des hommes eft
ne peut plus revenir.
menfonges,
fidère & fe régit fous deux un bien qui, comme tous les autres, fe conpropriété, la
rapports & par deux points
poffeffion ; & il eft évident
principaux; la
l'un ni l'autre de ces
que la veuve Hudin n'avoit ni
avantages,
1°. Elle n'avoit point la propriété d'une
Aubry, parcequ'eile ne rapportoit
parenté avec le Sieur Jean-Martin
qui fut né à Taillebourg dans
point d'age de baptême d'un Martin
& Mère d'un Martin
fa famille, ni même d'ade de mariage des Aubry Père
Aubry.
I1 n'y étoit point né depuis 1640
tout ce temps étoient en bon ordre & jufqu'en 16;8, puifque les regiftres de
quelques jacunes, qui étoient des blancs n'avoient demeurés atcune autre défe@uofité que
Il n'y étoit point né en
vides.
encore tous les
1658, puifque le regiftre de cette année
abfolument
enregifremens qui y avoient été faits, 2
comprenoit
rien autre chofe que deux
& qu'il n'y manquoit
à la date du 20 Janvier.
fignatures au bas du premier feuillet,
Enfin, iln'y étoit point né depuis 1658
regifres de ce temps étoient auffi
jufqu'en 1668, puifque tous les
aucune autre défeétuofité
en bon ordre & n'avoient
demeurés vides,
que quelques lacunes, qui étoient des également blancs
Et il ne pouvoit point y être né en 1666,
plus tard en
puifqu'il étoit déjà marié au
il eft mort en
1665,
RaTrEeReemNiar
1698,àgé de 40 ans,
&cque d'ailleurs
Ainfi ces regiftres faifoient connoître
opérées depuis 1640 jufqu'en
toutes les naiffances qui s'étoient
1666, & ils prouvoient
que celle de Martin
D
ient des également blancs
Et il ne pouvoit point y être né en 1666,
plus tard en
puifqu'il étoit déjà marié au
il eft mort en
1665,
RaTrEeReemNiar
1698,àgé de 40 ans,
&cque d'ailleurs
Ainfi ces regiftres faifoient connoître
opérées depuis 1640 jufqu'en
toutes les naiffances qui s'étoient
1666, & ils prouvoient
que celle de Martin
D --- Page 30 ---
Aubry n'avoit point cu lieu à Taillebourg dans la famille de la veuve Hudin,
puifqu'elle n'y étoit point infcrite. La veuve Hudin n'avoit donc point de
prépriété de parenté avec Martin Aubry.
D'après cela, qnand la venve Hudin auroit eu la pofieffion la plus complette,il faudroit la rejeter, parcequ'en cette matière la poffeffion eft toujours vicieufe, fi la propricté n'eft point acquife par les faits des naiffances
& prouvéepar les alles pub'ies.
2°. Mais la veuve Hudin n'avoit pas plusdepoffefion cue de propriété ;
il n'exifte pas une feule preuve admifible. qu'elle ou fa famille eût jamais
été reconnue par celle de Saint-Domingne.
Elle n'avoit point de polfeflion conftante par la lettre attribuce à Martin
Aubry, fous la date di 16 Décembre 1696, parceque cette lettre n'étoit
point reconnue, 2 qu'an contraire elle étoit méconnue &indigne de foi, qu'elle
étoit accompagnée d'autres pièces certaincment fauffes & qui font adtuellement prouvées telles. ; que la veuve Hudin avoit fait faire des démarches
& des recherches, dès avant la mort du Sieur Jean-Martin Aubry; que
c'étoit leur prix qu'elle portoit à fix mille livres dans la procuration du 13
Septembre 1763 : qu'elle avoit découvert l'enquête de 1742 & la requête
qui l'avoit précédée, ainfi que l'extrait mertuaire de Martin Aubry ; que
toutes ces pièces lui avoient appris Thittcire de la famille Aubry, de SaintDomingue, & qu'ainfi la lettre datée de 1696, a pu être & a été indubitablement compofée d'après ces mêmes picces, puifqu'elle étoit accompagnée
d'autres pièces prouvées fauffes, & qu'il n'auroit pas été néceffaire d'employer ces pièces fauffes & de payer fix mille li.res au Sicur Charles, fi la
lettre du 16 Décembre 1696 & les autres euffent été vraies.
Elle n'avoit point de preuve de pcffeffon dans les deux lettres attribuces
à Marie Dubois, puifque ces deux lettres étoient de deux mains différentes,
qu'elles étoient toutes deux fuppofées, Marie Dubois n'ayant point fu écrire
jufqu'en 1709 & en 1714, fuivant les deux contrats de mariage de MarieMagdelène Aubry fa Fille, paffés devant Notaires en ces deux années : &
pnifque ces deux lettres avoient pu être & avoient été en effet compofées
auffi facilement que celle attribuée à Martin Aubry, d'aprés les pièces trouvées avant le décès du Sieur Jean-Martin Aubry, & dont la découverte a dû
être payée fix mille livres au Sieur Charles.
Elle n'avoit point de preuve de potieflion dans la lettre & les deux billets
du Sieur Jean-Martin Aubry, parceque cette lettre & ces deux billets
D.
ifque ces deux lettres avoient pu être & avoient été en effet compofées
auffi facilement que celle attribuée à Martin Aubry, d'aprés les pièces trouvées avant le décès du Sieur Jean-Martin Aubry, & dont la découverte a dû
être payée fix mille livres au Sieur Charles.
Elle n'avoit point de preuve de potieflion dans la lettre & les deux billets
du Sieur Jean-Martin Aubry, parceque cette lettre & ces deux billets
D. --- Page 31 ---
étoient conteftés & non
les autres pièces
reconnus, qu'ils étoient
que l'on vient de
accompagnés, comme
puifque les lettres de Maric
relater, de pièces fauffes &
1742 avoit été
Dubois étoient fauffes, que fuppofées,
méconnues,
fillifice; que ces écritures étoient
l'enquête de
qu'elles avoient pu être aifément même formellement
fignature Aubry, qui fe trouve fir la
compofées d'après la
voyage du Sieur Jean-Martin
requête préfentée en 1742, que le
Saint-Domingue en
Aubry en France en 1708 & fon
fiés, & qu'il
1709, par la Rochelle, n'étoient
retour à
s'étoient
y avoit iout lieu de croire
feulement pas juflipas faits, Ou ne s'étcient
que ce voyage & ce retour ne
veuve Hudin ne rapportoit
pas faits par la Rochelle,
vât,
aucun extrait de rôle
puifque la
quoiqu'elle eût employé le moyen du
d'équipage qui les proutivement au voyage dir Sieur Jean-Martin rapport d'un pareil aéte relaEnfin elle n'avoit point de
Aubry en France, en
crettes de fon
preuve de poffeffion dans les
1742.
la moindre foi parent, à
parceque jamais la Juftice & les allégations indif
des
de
Lois n'ont accordé
des menfonges puériles témoignages &
cette efpèce, que c'étoit
la confiance,
plus capables d'exciter
évidemment
puifque, fuivant ce
Findignation que
objet d'entretien avec le Sieur
Parent lui-mme, il n'auroit d'infpirer eu
être de fa coufine, & qu'il Aubry & pour but que le fort & le pour
honnêteré
auroit donc dâ, & par
bienindications indifpenfable, fe procurer des mains du prévoyance & par une
de ce qu'il affirmoit, tandis
Sieur Aubry, 2 aut moins des
qui pût feulement faire
qu'il ne produifoit abfolument
Martin Aubry.
préfumer lu2 paffage de fa part chez le Sieur rien
Et loin qu'elle eût
Jeanqu'elle faifoit valoir fous aucune preuve de poffeffion dans
du Sieur
ce titre, il étoit prouvé
les circonflances
qui
Jean-Martin Aubry à ce fujet, dans
par le filence conflant
auroient néceffité des explications
des actes olt des occafions
jamais penfé à la vetve Hudin, ni
précifes de fa part, qu'il
Rochelle, ni à cette prétendite
à Guy Aubry, ni à fa famille de n'a
patrie
la
1742,i1 n'a pas dit un feul mot de fà d'origine, puifque dans fa requête de
écrit une feule lettre de
famille Françoife, qu'il n'a
écrit non plus à M", Saint-Domingue,a à la veuye Hudin, qu'iln'a jamais
la Rochelle dans le Bourgeois, qu'il ne paroit point avoir
point
en
cours de fa vie, &
jamais été à
1742,iln'a pas donné le moindre
gue pendant fon voyage de France
C'eft donc une vérité
figne d'exifence à la veuve Hudin.
complettement démontrée,
que les regiftres de
A
famille Françoife, qu'il n'a
écrit non plus à M", Saint-Domingue,a à la veuye Hudin, qu'iln'a jamais
la Rochelle dans le Bourgeois, qu'il ne paroit point avoir
point
en
cours de fa vie, &
jamais été à
1742,iln'a pas donné le moindre
gue pendant fon voyage de France
C'eft donc une vérité
figne d'exifence à la veuve Hudin.
complettement démontrée,
que les regiftres de
A --- Page 32 ---
Taillcbourg ne contenoient point de preuve de parenté en faveur de la
Hudin,
nétoient point dans un état par le moyen oùt leveuve
qu'ils
duquel Pabfence des titres de propriété pût être attribuée à leur
prétexte les prétendus titres de famille n'étoient que des fruits de l'inperte; que
la vie mêmedu Sieur Jean-Martrigue & de l'impofture employée pendant
tin Aubry, que la veuve Hudin n'avoit en effet ni le moindre titre valable
de propridté ni le moindre titre valable de poffeffion de parenté avec le défunt, & que fi elle a réufli dans fa téméraire & périlleufe entreprife, cef
pareequ'elle étoit feule riclamante 6 fiurtout parceque les Sieurs Caradeux nefe défendirent pas Gomme ils auroicnt dic le faire, car on ne propofa pour eux aucune
des confidérations & des preuyes qui viennent d'être étaou prefqu'aucune
l'Arrêt
blies : auffi dirent - ils all Roi dans leur requête en caffation, que
n'avoit paffe que d'une voix, c'eft-à-dire, à la pluralité de quatre contre
trois, & que la conduite du Rapporteur avoit été tres-fingulière, attendu
qu'après le jugement il avoit ajouté en marge du plumitif une difpofition
qui étoit paraphée de lui feul.
Ils dirent enfuite fur leur demande en entérinement de requête civile que:
44 Le dol perfonnel eft la fource de F'Arrêt rendu en faveur de la veuve
> Hudin, il eft prouvé aujourd'hui que Marie Dubois ne favoit pas figner
contrats
de fa Fille
devant No-
> fon nom : les deux
de mariage
paffés
> taires poférieurement à ces lettres, l'un du 5 Juin 1709 , l'autre du 24
une
bien
&à
il
>>
Oétobre 1714, en fourniffent
preuve
fupérieure
laquelle
.> n'eft pas même poffible de réfifter. >>
Mais il étoit inutile d'employer ce langage vrai, quand les Sieurs Caradeux le parlèrent fur leur demande en entérinement de lettres de requête
civile : il paroit que ma'gré tous leurs efforts, ils n'ont pas encore. eu jufqu'ici l'art de captiverlezèle & l'attention néceflaires pour toutes les parties
de leurs défenfes : car leur demande étoit radicalement nulle, & auroit été
néceffairement & infailliblement proferite, aux termes de l'article 14 du titre
35 de l'Ordonnance de1667, parceque les ouvertures n'avoient point été
inférées dans les lettres conformément aux articles 13 & 14 du même
titre.
Ne nous occupons donc plus de ce qui concerne la veuve Hudin. La
démonftration del'injuftice de fa demande, des vices, de linutilité de fes pièces
& de la caufe de fon fuccès eft complette, & la première queftion eft
réfolue.
l'article 14 du titre
35 de l'Ordonnance de1667, parceque les ouvertures n'avoient point été
inférées dans les lettres conformément aux articles 13 & 14 du même
titre.
Ne nous occupons donc plus de ce qui concerne la veuve Hudin. La
démonftration del'injuftice de fa demande, des vices, de linutilité de fes pièces
& de la caufe de fon fuccès eft complette, & la première queftion eft
réfolue. --- Page 33 ---
k La famille Aubry de la
>> parente ni héritière du
Rochelle, ou la veuve Hudin n'étoit point
Examinons
Sieur Jean-Martin Aubry. *>
la feconde.
II. Les Sieurs & Dames
héritiers du Sieur. Jean-Martin Aubry, 2 de Tours, étoient-ils parens & font-ils
Martin Aubry, Père, n'étant Aubry?
de Françoife
point né à Taillebourg, de
&
Efnaud, & n'étant point de la famille
Jean-Aubry
étoit évidemment &
de la veuve Hudin,
famille Aubry
néceffairement né ailleuts &
à une autre
que celle de la Rochelle : d'oi appartenoit
appartenoit-il?
étoit-il, à quelie famille
Pour découvrir cette vérité décifive dans le
lui-méme attentivement dans
procès, il faut le confidérer
de fon
toutes les différentes marques
exiftence, afin de fixer
qui reftent-encore
connoître par ce moyen à qui il parfaitement ce qu'il étoit & de pouvoir
Son afte mortuaire
appartenoit.
nomme : K Martin
>
de
Aubry 2 mort muni des
de'Eglife,drage 40 ans. >
Sacremens
Les noms & l'àge de Martin Aubry font donc
tances de fon état dans le monde
les deux feules circonfqui nous foient données
authentique, car le lieu de fa naiflance & fa famille
par cet adte
ainfi c'eft uniquement par les noms &
ne font point indiqués ;
le reconnoitre & lui affigner des
par l'âge que l'on peut le
font admifibles
parens & des fuicceffeurs, fi difinguer,
& fi elles firffifent pour
ces marques
& à qui il appartenoir.
déterminer abfolument ce qu'il étoit
L'indication des noms n'eft ni
ni conteftée en effet, les équivoque, ni douteufe, ni
par Sieurs Caradeux, ils
conteftable,
véritablement Marin dubry,
conviennent
2 que l'aéte le prouve &
que c'étoit
point, il ne peut laifer aucun doute.
que faifant foi fr ce
Mais ils ne veulent pas que l'indication de
également une preuve de cet age, ni
l'âge dans l'aéte mortuaire foit
difent-ils, qu'une énonciation
que l'aéte faffe foià cet égard, ce
inutile dans cet aéte, elle
n'eft,
habituellement, ni même ordinairement dans les
ne s'employe pas
n'eft ici parconféquent que l'effet du
aétes de même efpèce; elle
qu'elle eft fortuite ; & cela eft fi
hazard & ne peut rien prouver, puifAubry, de Tours, ne voudroient vrai, ajoutent-ils, que les Sieurs & Dames
établifoit une différence
pas qu'on y eût égard, fi l'agte mortuaire
Aubry, de Tours,
d'âge, entre Martin Aubry, de
&
tandis qu'ils
Léogane Martin
11 eft étonnant de
rapporteroient des preuves d'identité.
trouver cette prétention dans le Premier
mémoire de
ne peut rien prouver, puifAubry, de Tours, ne voudroient vrai, ajoutent-ils, que les Sieurs & Dames
établifoit une différence
pas qu'on y eût égard, fi l'agte mortuaire
Aubry, de Tours,
d'âge, entre Martin Aubry, de
&
tandis qu'ils
Léogane Martin
11 eft étonnant de
rapporteroient des preuves d'identité.
trouver cette prétention dans le Premier
mémoire de --- Page 34 ---
la famille Caradeux, car ils doivent néceffairement adopter & foutenir la
vérité de cette énonciation, en fe mettant aujourd'hui à la place del la veuve
Hudin 7 parcequ'elle prétendoit que c'étoit une vérité inconteflable.
Mais quoiqu'il en foit à cet égard, examinons fi P'on doit tenir pour
vrai, d'après l'adte mortuaire de Martin Aubry, qu'il fût âgé de 40 ans
quand il mcurut en 1698.
Les adverfaires eux-mêmes profeffent, à la page 20 de leur mémoire,
le principe qui doit réfoudre cette difficulté:
( Un acte, s'il efl authentique fitr-tout, difent-ils. 2 fait une preuve de ce
> qu'il contient ; tant que l'adte n'eft pas attaqué, tant qu'il n'cft pas anéanti,
>> fon ancicnneté rend fon témoignage plus puiffant encore. Ce fentiment
> eft dans la nature, les Jurifconfiultes l'ont confacré par un adage : anti-
> quis enonciativa probant. 9
L'acte mortuaire de Martin Aubry efl authentique. 2 il n'eft point attaqué,
il n'eft point anéanti, fon ancienneté eft dc près d'un fiécle, il fait donc une
preuve de ce qu'il contient; a il juftifie donc 9 d'après les Sieurs Caradeux euxmêmes, que Martin Aubry étoit à l'âge de 40 ans lorfqu'il mourut.
Auffi foutiennent-ils (page 17) qu'une pareille énonciation faite de l'age
de Marie-Magdelène Aubry, Sceurdu Sieur Jean-Martin Aubry, dansfon extrait
mortuaire, 2 prouve qu'elle étoit agé d'environ 38 ans & Soeur cadette du
Sieur Jean-Martin Aubry.
Mais quand nous n'aurions pas une autorité auffi puiffante que leur propre
doélrine, accompagnée de leur exemple même, feroit-il donc poffible de
réfifter à la néccffité de croire que Martin Aubry étoit vraiment âgé de
quarante ans?
La foi ef due à l'aéte pour les noms du défint & pour l'époque de la mort;
& cct ade eft en entier l'ouvrage d'un feul & même Miniftre de la Religion &
de la Loi, qui a néceffairement recueilli de la méme manière & par le même
moyen, & les noms & l'age du défunt, pour les infcrire fur le
& qui les a infcrits auffi néccffairement dans lc mêmc
regiftre
efprit, avec la même
attention & avec la même exaditude, après les avoir pris, fans doute, de
la bouche de Martin Aubry lui-même, en lui adminiftrant des feccurs
(pirituels, car l'ade porte qu'il étoit muni des Sacremens de LEglife; or la
Loi crdonne de tenir pour certain que le défunt s'appelloit Martin Aubry &
qu'il eft mort le 9 Janvier 1698, parceque ce Miniftre l'a écrit fur le régiftre ; comment pourroit-elle donc permettre que l'on doutât de
a également écrit & certifié? Ef-il poffible de
P'âge qu'illejuger tout à la fois digne
des feccurs
(pirituels, car l'ade porte qu'il étoit muni des Sacremens de LEglife; or la
Loi crdonne de tenir pour certain que le défunt s'appelloit Martin Aubry &
qu'il eft mort le 9 Janvier 1698, parceque ce Miniftre l'a écrit fur le régiftre ; comment pourroit-elle donc permettre que l'on doutât de
a également écrit & certifié? Ef-il poffible de
P'âge qu'illejuger tout à la fois digne --- Page 35 ---
& indigne de confiance P Un
propofer P
pareil parti feroit-il raifonnable,
peut-oa le
II eft vrai qu'il auroit pu fe
ne s'accorderoit pas fur
tromper, Sc que quand Paéte mortuaire
pas nuireà des héritiers Tage, avec un extrait baptiftère, il ne
qui
pourroit
dité de Findividu.
rapporteroient des Preuves entières de P'idenMais l'erreur auroit-elle été moins
Pàge? n'auroit-il
poffible pour le nom
Marzin,
pas pu arriver que le Prêtre
que pour
tandis que le défint en auroit
n'eût écrit que le nom de
roit-il pas pu arriver encore
et un Ott pluficurs
n'auL'aéte fait
une erreur dans la date P
autres,
pourtant une foi entière à
On ne peut pas douter
le
l'égard des noms & de la date,
peut pas douter qu'il n'ait que été définnt ne s'appelât Martin Aubry : Cn ne
ne fouffre ni la moindre
inhumé à Léogane le 9 Janvier 16y8, , la Loi
points, la circonftance de incertitue ni le plus léger foupçon fur ces deux
manière & aufi
l'âge de 40 ans eft donc prouvée de la même
n'ef qu'un, ainfi parfaitement que celle du nom &c de la
que fon auteur : c'eft un feul
date; car l'agte
pofitif & affirmatif dans
& même rapport
toutes fes parties, & fait
également
perfonne, quin'a pu ni voulu
par une feule & même
ni fir le nom que ftr lage, & tromper plutôr fiur l'âge que fiur le
cesdeux chofes, doit de
qui faifant Preuve à légard de l'une nom,
ainfi
toute néceffité la faire
de
autant qu'il- eft vrai
c'eft
également à l'égard de
que
Martin
P'antre;
qu'il eft vrai que c'eft le 9 Janvier
Aubry qui eft mort, autant
autant il eft vrai qu'il avoit alors 1698 qu'ila a été inhumé à
Léogane ;
en droit la même certitude
quarante ans : ces trois propofitions ont
AUBRY, AGÉ DE
inconftable; & Par conféquent c'eft
découvrir.
40 ANS, EN 1698, dont nous avons MARTIN
la famille à
La famille Aubry, de Tours, le
tême qui donne précifément la même réclame en rapportant un aéte deb bapLéoganc.
défignation que l'acte mortuaire de
Suivant l'agte de baptâme, Martin
Tours, en 1658, & devoit
Aubry eft né dans la famille
Suivant
avoir 40 ans en
de
l'adte mortuaire, Martin
1698.
& il étoit âgé de
Aubry eft inhumé en 1698, à
40 ans, d'oir il fit qu'il étoit né
Léogane,
Ainfi, le temps de la naiffance, la
en 1658,
l'identité parfaite des
durée de la vie,
de la
noms préfentent
lépoque
mort,
très-clairement, tres-évidemment
un
40 ans en
de
l'adte mortuaire, Martin
1698.
& il étoit âgé de
Aubry eft inhumé en 1698, à
40 ans, d'oir il fit qu'il étoit né
Léogane,
Ainfi, le temps de la naiffance, la
en 1658,
l'identité parfaite des
durée de la vie,
de la
noms préfentent
lépoque
mort,
très-clairement, tres-évidemment
un --- Page 36 ---
feul & même fujet, puifque le premier aête défigne Martin Aubry, qui eft
né en 16;8 & qui doit avoir 40 ans en 1698, & que le fecond défigne
également Martin Aubry 2 qui eft mort en 1698, qui avoit alors 40 ans
& qui étoit né en 1658.
Il n'eft pas poffible de trouver, & il n'auroit même pas été poffible de
fuppofer & de fabriquer un aéte de baptême qui s'accordât plis parfaitement avec l'aéte mortuaire de Martin Aubry 2 qui prouvêt plus viétorieufement l'identité de celui qui eft mortà Léogane avec celui qui étoit né
quarante ans auparavant & qui en un mot juftifiât plus complettement la
naiffance, la famille & la parenté de Martin Aubry ; quand les Sieurs &
Dames Aubry, de Tours 2 auroient eu la hardieffe & les moyens de faire
paroitre dans les regiftres de Tours u aéte faux & trompeur, auroient-ils
pu mieux combiner & choifir l'époque à laquelle il convenoit de le placer,
peut-on réfifter à la force de cette preuve, peut-on dire que Martin Aubry,
mort à Léogane à 40 ans en 1698, ne Joispas MARTIN AUBRY, né à Tours
en 1658 P Quel homme impartial & défintéreffé oferoit jamais affirmer qu'il
y ait une différence entre Martin Aubry. 2 de Tours, & Martin Aubry,de
Léogane ?
Il s'en faut bien que les Sieurs Caradeux ofent aller jufqu'à nier la naiffance d'un Martin Aubry, à Tours, dans la famille des réclamans, ils n'ont
même pas pu foutenir que ce Martin Aubry, né à Tours, n'itoit pas le
Martin Aubry mort a Liogane.
Mais ils foutiennent qu'il ne fuffit pas que la différence ne puiffe pas être
raifonnablement alléguée, & que l'identité n'eft pas fuffifamment établie ;
que c'eft aux Sieurs & Dames Aubry, de Tours, à prouver que le Martin
Aubry,né à Tours, étoit le même que celui qui époufa Marie Dubois au
Port-de-Paix, le même que celui qui mourut à Léogane en 1698, le méme
qui fut le Père de Jean-Martin Aubry, mort en 1763.
Cette objeétion eft mal conçue : Martin Aubry, qui eft mort à Léogane en
1698, étoit certainement le méme qui époufa Marie Dubois au Port-de-Paix,
le môme qui fut Père de Jean-Martin
Aubry, 2 mort en 1763; ainfi tout
cela fe réduit à favoir fi Martin Aubry 2 qui mourut à Léogane en 1698
à 'age de 40 ans, étoit le mime qui étoit né à Tours en 1658; car fi celui
qui étoit né à Tours étoit celui qui eft mort à Léogane, il eft certain
que celui de Tours étoit auffi celui qui éponfa Marie Dubois au Port-de
Paix, celui qui fut Père de Jean-Martin 2 mort en 1763; & tout cela demeure
conftant
a
fi Martin Aubry 2 qui mourut à Léogane en 1698
à 'age de 40 ans, étoit le mime qui étoit né à Tours en 1658; car fi celui
qui étoit né à Tours étoit celui qui eft mort à Léogane, il eft certain
que celui de Tours étoit auffi celui qui éponfa Marie Dubois au Port-de
Paix, celui qui fut Père de Jean-Martin 2 mort en 1763; & tout cela demeure
conftant
a --- Page 37 ---
conflant, par le feul accord des deux 33 aétes de
au moins jufqu'a ce que le contraire foit
baptême & de fépulture,
établi.
< L'adle de baprême, difent les Sieurs
* néà Tours a été
Caradeux, prouve qu'un enfant
> Aubry & de Marie baptifé en 1658, que cet enfant étoit celui de Jacques
Villette, qu'on l'a
>> nement il ne prouve
appelé Martin, mais tres-certai-
>> qu'il y ait
pas que cet enfant foit venu à
époufé Marie Dubois,
foit
Sain-Domingue, 2
> Martin Aubry mort
qu'il y
devenu Père de Jeanen 1763. >
Il eft vrai que l'agte de
de Martin
baptême ne prouve rien au-delà de la naiffance
Aubry ; mais il prouve du moins que Martin
Aubry & que Martin Aubry étoit né à
Aubry étoit Martin
Tours, dans la
mans, en 1658.
famille des réclaEt l'aéte mortuaire
Domingue, puifqu'il prouve que Martin Aubry étoit venu à Sainty eft mort en 1698, âgé de 40 ans,
Or, peut-on nier que Martin Aubry foit Martin
Peut-on nier que Martin
Aubry 7
Martin
né
Aubry, mort à l'âge de 40 ans, en 1698,
Aubry en 1658?
foit
Peut-on nier que Martin Aubry,né en 1658, foit Martin
Tours?
Aubry né à
S'il eft impoffible de nier que Martin Aubry foit
Martin Aubry 2 niort à l'âge de
Martin Aubry, que
1638, 6
Martin
40 ans, en 1698, foit Martin
né en
que
Aubry, néen 1638, foit Martin
né Aubry,
ne peut donc pas nier non pls
Martin
Aubry à Tours ; on
Martin dubry, néa à
que
Aubry mort à Liogane, foit
Tours ; car c'eft Martin Aubry de
en 1658,c'eft Martin Aubry de Léogane
Léogane qui étoit né
avoit alors
qui. eft mort en 1698,&
quarante ans; 5 & c'eft aufli Martin
de
qui
né en 1658 & qui avoit
Aubry Tours, qui étoit
toutes les règles du
quarante ans en 1698. Il faudroit renoncer à
raifonnement, fi ces vérités n'étoient
Les Sieur & Dame Aubry de
pas démontrées.
diaires de la naiffance à la mort Tours, de ne rapportent pas d'aêtes interméfaits de Martin Aubry lui-même, Martin Aubry , pour prouver par des
Mais
qu'il étoit effedtivement de leur familie,
comment feroit-il poffible qu'ils en
en France, fi ceux qui defcendent de lui rapportaffent, eux qui étoient
direétement, n'en
pour étab'ir la différence,
produifent pas
Et à quoi d'autres abtes pourroient-ils fervir;
une preuve déjà fi complète ? Le fait
que pourroient-ils ajouter à
particulier de Thomme peut-il jamais
E
Martin Aubry , pour prouver par des
Mais
qu'il étoit effedtivement de leur familie,
comment feroit-il poffible qu'ils en
en France, fi ceux qui defcendent de lui rapportaffent, eux qui étoient
direétement, n'en
pour étab'ir la différence,
produifent pas
Et à quoi d'autres abtes pourroient-ils fervir;
une preuve déjà fi complète ? Le fait
que pourroient-ils ajouter à
particulier de Thomme peut-il jamais
E --- Page 38 ---
être néceffaire en pareil cas ponr la juftification & la confirmation de ce
qui eft prouvé par la Loi même; fiur-tout lorfqu'un homme s'eft dloigné
de fa patrie & que fes propres defcendans ne favent, Ott ne veulent rien
dire de bonne foi, de fon origine, de fa vie, des ages qu'il a faits & des
qualités qu'ila prifes, quoiqu'ils duffent avoir des preuves de la différence
d'entre Martin Aubry de Tours & Martin Aubry de Léogane, s'il en
exiftoit une.
Ils ne rapportent pas non plus d'agtes faits dans leur famille relativement à Martin Aubry qui avoit dilparu, mais CC filence de part & d'autre
ne peut rien prouver en faveur du fyftème des Sieurs Caradeux, il en
réfulte feulement que Martin Aubry n'a point écrit à fa famille, qu'il n'a
point déclaré à Saint-Domingue dans quelle partie de la France il étoit né,
que de fon coté, fa famille, qui n'a eu des arragemens à prendre que longtemps après fon départ, ne s'eft point occupée de fa perfonne, 2 parcequ'on
croyoit alors qu'il ne devoit plus reparoitre.
Mais peut-on conclure de ce filence réciproque, de cet oubli mutuel,
fi i'on veut, que Martin Aubry ne foit pas Martin Aubry; que la mort
de Martin Aubry en 1698 à 40 ans, ne foit pas celle de Martin Aubry né
en 1658,quelel Martin Aubry mort à Léogane foit un autre individu qu'un
Martin Aubry & qu'un Martin Aubry né en 1658? Les adverfaires en
tirent cet argument ; & portant l'abfurdité jufqu'au dernier degré, ils prétendent même que l'identité conftante & parfaitement établie, conformément
à leur propre demande, ,ne fuffiroit pas encore ; & que la famille de Tours
feroit devenue incapable, in.ligne de fiuccéder par le filence qu'elle auroit
gardé pendant un fiècle à l'égard de Martin Aubry, comme fi cet oubli
étoit un crime plus atroce qu'un mépris marqué, que des difficultés, des
querelles, des diférens, des procès, qui ne peuvent pas détruire entre parens,
même en ligne direête, la faculté de fuccéder.
Quant à la néce.Tité de prouver plus parfaitement l'identité de Martin
Aubry né à Tours, avec Martin Aubry mort à Léogane, examinons
encore de plus près l'état des chofes & la nature de la conteftatio: des Sieurs
Caradeux confidérée en droit.
Ils ne peuvent point exiger & n'exigent point un afte de baptême plus
concordant avec l'aéte mortuaire ; & ils ne prétendent pas même que ces
agles foient inapplicables l'un à l'autre : ainfi ils recoanoiflent néceffairement
l'accord & la validité des titres de propriété que les Sieur & Dame Aubry
de Tours leur oppofent.
chofes & la nature de la conteftatio: des Sieurs
Caradeux confidérée en droit.
Ils ne peuvent point exiger & n'exigent point un afte de baptême plus
concordant avec l'aéte mortuaire ; & ils ne prétendent pas même que ces
agles foient inapplicables l'un à l'autre : ainfi ils recoanoiflent néceffairement
l'accord & la validité des titres de propriété que les Sieur & Dame Aubry
de Tours leur oppofent. --- Page 39 ---
Mais ils veulent qu'on leur
dans lefquels fa famille foit produife ou des aéles faits par Martin Aubry,
paffés dans cette famille & mentionnée & reconnue par lui, ou des actes
& de fon abfence.
qui contiennent une mention de Martin Aubry
C'eft-à-dire, que les Sieurs Caradeux veulent
bry de Tours, à prouver
aftreindre la famille Aufans la preuve de
une poffefion d'état, & qu'ils
cette polelron, la
prétendent que
quoiqu'elle foit très-conflante.
prepriété ne peut avoir aucun efet,
Jamais on ne vit rien de plus contraire
que les titres de propriété
aux vrais principes qui veulent
produifent la poffeffion
lieu, ou la faffent recouvrer quand elle
qui n'a pas encore eu
ne puiffe être utile qu'
a été perdue, & que la
acquérir la propriété la
poffefion
matières ou la prefcription peut avoir iieu. par prefcription, dans les
Mais la propristé ne fe perd jamuis dans les matières
Ia prefcription ne peut jamais s'y
de cette efpèce, , &
acquérir; de forte
la
toujours Oll ablolumeat inutile Oul abfolument
que poffeffion eft
réclamans ont ou n'ont pas des titres de furabondante, fuivant que les
Car il ne s'agit pas de favoir fi
propriété qui F'accompagnent.
pour la fienne, il faut
un défint a reconnu une certaine famille
défunt appartenoit
feulement examiner & juger à quelle famille
véritablement. C'eft
là
ce
faut décider.
toujours uniquement ce qu'il
Ici, un particulier nommé Martin Aubry eft
à Pâge de
mort à Léogane en
guarante ans,
1698,
On n'a point à examiner s'il luia plui de reconnoitre
telle famille pour la fienne : on ne doit
Ol non telle ou
appartenoit véritablement
cue s'affiurer & fe convaincre
par fa naiffance à telle famille,
qu'il
Il eft inconteftable qu'il étoit d'une famille
né quarante ans auparavant, &
Aulty, dans laquelle il étoit
I1
qui l'avoit nommé Martin.
appartenoit à cette famille & elle lui
proquement pour titre de
appartenoit; ; ils avoient récipropriété l'un envers l'autre l'adte
thentique & public qui conftatoit fa naiffance & fes:
légal, aucertaine d'identité & de reconnoiffance
noms; ; & pour marque
poffeffion, parceque c'eft le
entr'eux, ces mêmes noms & leur
c'eft le fceau
figne que la famille avoit attaché à cet
que la Loi même a reçu des
&
enfant,
fonne de l'enfant,
parens imprimé fir la
dans
pour qu'il pût être reconnu &
pertous les licux, ou qu'il pût la reconnoître réclamé par fa famille
dans tous les temps,
& la réclamer lui-méme
A
poffeffion, parceque c'eft le
entr'eux, ces mêmes noms & leur
c'eft le fceau
figne que la famille avoit attaché à cet
que la Loi même a reçu des
&
enfant,
fonne de l'enfant,
parens imprimé fir la
dans
pour qu'il pût être reconnu &
pertous les licux, ou qu'il pût la reconnoître réclamé par fa famille
dans tous les temps,
& la réclamer lui-méme
A --- Page 40 ---
Les Sieur & Dame Aubry, de Tours, prouvent que leur famille eft
celle dans laquelle eft né, en 1658, un enfant qui a eté nommé Martin,
& qui devoit avoir 40 ans en 1698. Ils produifent l'adte qui établit ce
fait & qui eft le titre de leur propriété de famille futr fa perfonne, ils
rapportent ainfi le figne, le fceau qui lui avoit étéi impofé pour le retrouver & le reconnoitre par-tout, & pour qu'il pit lui-même fe rallier à fa
famille quand il le voudroit : que peut-on demander, que peut-on defirer
encore ? La raifon peut-elle permettre des doutes, la Loi peut-elle exiger
des preuves au-deffus d'un aée inconteftable qui eft fon propre
pourroit-elle être incertaine fitr le rapport de la famille à l'individu ouvrage, & de
l'individu à la famille, à l'afpect du lien formé par elle-même pour les
tenir perpétuellement unis?
Mais encore une fois, dit-on, oùi eft la preuve de l'identité, oùt eft la
preuve que le Martin Aubry, mort à Léogane, eft le Martin Aubry né à
Tours, oir eft la preuve de fon paflage à Saint-Domingue, oit eft la
preuve que ce n'étoit point un autre Martin Aubry d'une autre famille ?
Quels font donc les motifs & quels peuvent être les fondemens de CCS
queftions?
Les Sieurs Caradeux reconnoiffent & ne peuvent pas douter que Martin
Aubry étoit Martin Aubry, ils ne rapportent aucun extrait baptiftaire d'un
autre Martin Aubry né daus le même temps dans une autre famille, ils
ne difent, ils ne produifent rien qui puife affoiblir & altérer l'aête de baptême fait à Tours, ni détourner fon application de deffits la perfonne de
Martin Aubry mort à Léogane ; & cependant ils voudroient empêcher ce
titre de produire fon effet, en difant uniquement que peut-étre c'eft le titre
d'un autre Martin dubry, que peut-étre c'étoit un autre Martin Aubry qui
appartenoit à la famille de Tours. Eft-ce par de tels moyens qu'on peut
anéantir un aôte & diffoudre un lien de parenté? ? Qu'ils prouvent donc euxmêmes une différence, s'ils ne veulent pas reconnoitre l'identité, car fans
la preitve de cette différence, l'identité eft néceffairement auffi conftante
auffi folennellement prouvée qu'une chofe peut l'être par un adte, tant 2
que cet aéle exifte.
Si l'on voyoit ailleurs qu'à Tours & dans une autre famille que celle
des Aubry de Tours, un autre Martin Aubry né en 1638, & qui eût été
ainfi agé de 40 ans en 1698: fi les Sieurs Caradeux rapportoient des
de ce fait, il faudroit véritablement alors
l'identité.
preuves
prouver
auffi folennellement prouvée qu'une chofe peut l'être par un adte, tant 2
que cet aéle exifte.
Si l'on voyoit ailleurs qu'à Tours & dans une autre famille que celle
des Aubry de Tours, un autre Martin Aubry né en 1638, & qui eût été
ainfi agé de 40 ans en 1698: fi les Sieurs Caradeux rapportoient des
de ce fait, il faudroit véritablement alors
l'identité.
preuves
prouver --- Page 41 ---
Mais d'oit viendroit en ce cas la' néceffité 37 de la
comme aujourd'hui, d'une
pretve? Ce ne feroit pas
La caufe de cette néceffité incertitude, d'une poffibilité, d'un peut-Étre.
feroit dans
fition des deux aétes femblables,
l'exiftence, le concours & l'oppo-
& une force égale,
qui s'oppofant l'un à l'autre une preuve
moitié d'une
s'affoibliroient mutuellement & feroient chacun
preuve, fans qu'un feul des deux
la
parceque c'en feroit
en formât une entière ;
du véritable
néceffairement un des deux qui feroit le véritable
Martin dubry, & que jufqu'à la
atte
deux le paroitroit tout autant
démonftration, chacun des
Mais les Sieurs
que l'autre.
Caradeux oppofent-ils
de Tours, font-ils concevoir
quelque titre au titre des Aubry
bry que Martin
feulement le foupçon d'un autre Martin AuAubry né à Tours, préfentent-ils
quelque chofe, qui agite, qui balance,
quelqu'afte, difent-ils
la perfonne de Martin
qui rende incertain & flottant fur
Aubry néà Tours? Aubry mort à Léogane, l'aéte de baptême de
Non. Cet aéte de
Martin
tement fur le Martin
baptême s'applique & fe fixe
ni le rendre
Aubry mort à Léogane : rien ne peut lui
atteinte parfail'effet
fiufpect, rien ne peut donc en
porter
naturel & néceffaire, puifque c'eft
empêcher ni en affoiblir
fain, entier, qui fe trouve libre fans un titre authentique, légal, - 2 public 2
tance d'aucun autre titre, &
aucune oppofition, fans aucune réfif
aétion auffi étendue qu'il eft qui par conféquent a une puiffance & une
On
poffible à la Loi de les lui
ne trouve qu'un feul Martin
donner.
ne trouve qu'un feul Martin
Aubry venu au monde en 16,8, on
foit quel'on confitlte l'aéte de Aubry mort en 1698, l'âge de 40 ans; ; &
ture, foit que l'on s'écarte de baptâme, 2 foit que l'on confulte l'agte de
ces titres & des faits
fépulchercher des différences entre le fitjet de chacun qu'ils établiffent, pour
qui ne foit pas Martin Aubry né à
d'eux & en trouver un
jours à dire que c'eft Martin
Tours, la raifon ramène & force touAubry né à Tours eft
puifque c'eft à celui-là feul que les deux
qui
mort à Léogane 5
actes
parfait accord.
s'appliquent avec le plus
Mais malgré tant de vérités
plus
acquifes, revenons fiur nos
loin, ne plaçons point encore Martin
pas afin d'aller
famille de
Aubry de
dans
Tours, 2 remettons feulement
Léogane
la
faire juger membre,
en queftion, s'il eft poffible de l'en
Suppofons pour cela qu'au lieu de mourir A
de cet endroit paffa en France, alla à
Léogane, Martin Aubry
Tours 8s eclama fon état dans la
ifes, revenons fiur nos
loin, ne plaçons point encore Martin
pas afin d'aller
famille de
Aubry de
dans
Tours, 2 remettons feulement
Léogane
la
faire juger membre,
en queftion, s'il eft poffible de l'en
Suppofons pour cela qu'au lieu de mourir A
de cet endroit paffa en France, alla à
Léogane, Martin Aubry
Tours 8s eclama fon état dans la --- Page 42 ---
famille Aubry, ou que la famille Aubry elle-même voulût malgré lui
l'avoir au nombre de fes membres, pour lui faire fupporter quelque charge
de la famille, telle que tutelle ou curatelle, &cc. Quels auroient été les
moyens décififs dans une parcille conteftation
Martin réclamant fon état, auroit dit à fes parens en leur préfentant
fon adte de baptême : ( Ce titre établit que vous appartenez à un homme
9 que vous nommates Martin Aubry, pour que vous & lui puffiez tou9 jours vous reconnoitre & vous réclamer refpedlivement : c'eft moi qui
9) fuis né de vous & qui en ai reçu ces noms, je m'éloignai dans ma
9> jeunefle, & il ne me refte aucun témoin qui puiffe attefter l'identité de
9) mes traits & de ma perfonne ; mais j'ai toujours confervé mes noms
5> de Martin Aubry, 2 je les pofsède de tout temps, ils forment 'objet dont l'aéte
>> baptiftère conftitue la propriété ; ainfi c'eftimoi que CC titre fe rapporte
> & s'applique, vous êtes donc mes parens, je fuis donc le vôtre.
Et il eft certainement indubitable que la poffefion des noms & par
conféquent de l'état de Martin Aubry étant prouvéc, fes parens n'auroient
pas pu le méconnoitre, à moins qu'ils n'cuffent prouvé eux-mêmes le contraire par Ia mort précédente ou l'exiftence durante encore, d'un autre
Martin Aubry qui auroit été le leur, parceque Martin Aubry de Léogane
leur auroit juftifié une pofleffion d'état conforme aul titre, & que par conféquent le tiere fe feroit trouvé récefairement celui de cette polefion, jufqu'à ce
qu'une preuye contraire l'en etit fait juger différent.
Si aui contraire la famille Aubry avoit formé clle même la réclamation,
comme dans cette e/pece, elle auroit dit à Martin Aubry : ( Cet aéte de
>> baptême prouve qu'il eft né parmi nous un enfant qui a été nommé
9 Martin Aubry ; vous porter 6 vous polfedez ces noms qui viennent de
5> nous & qui nous apparuennent, cette marque difindive,quia eté donnée à
* cet enfant pour lui affurer fa famille &1 l'affurer lui-même à cette famille,
> cette empreinte qui a été mife fur fa perfonne, cette étampe civile &
9> fociale, s'il eft poffible de le dire, c'eft donc vous qui l'avez reçue de
>> nous conformément à ce titre, c'eft donc vous qui êtes notre Martin
>> Aubry, notre parent, nous fommes donc les vôtres. 9>
Et Martin Aubry 2 réclamé ainfi lui-même dans fa propre
la famille de Tours, n'auroit
perfonne., 7 par
jamais pu fe difpenfer de céder à la force du titre
& de fa propre poffeffion qui y étoit conforme, à moins qu'il n'eût repouffé
ce même titre par un autre & par une preuve complète d'une autre naiflance,
eft donc vous qui êtes notre Martin
>> Aubry, notre parent, nous fommes donc les vôtres. 9>
Et Martin Aubry 2 réclamé ainfi lui-même dans fa propre
la famille de Tours, n'auroit
perfonne., 7 par
jamais pu fe difpenfer de céder à la force du titre
& de fa propre poffeffion qui y étoit conforme, à moins qu'il n'eût repouffé
ce même titre par un autre & par une preuve complète d'une autre naiflance, --- Page 43 ---
d'un autre état & d'une autre famille 39
une fois, il faut bien
gue ceux de Tours,
lorqu'il
qu'un titre s'exécute & produife parcoqu'encore
cxifte, qu'il a une application direéte
tous fes effets,
point un autre titre à lui
& immédiate, & que l'on n'a
laquelle il efti
oppofer : c'eft un inftrument & une
timpofible de fe fouftraire & de
force légale à
Tout cela eft
réfifter.
Martin
certain, tout cela eft inconteftable &
Aubry vivant & réclamant ou
évident, en fuppofant
Eti fi tout cela eft
réclamé,
pofant Martin
certain,fit tout cela eft inconteftable &
Aubry vivant &
évident, en
tout cela: eft incontefable
réclamant ou réclamé, tout cela
fup-
& évident, en
eft certain,
perfonne de Martin Aubry à celle de
faifant paffer la fuppofition de la
Car Jean-Martin Aubry également Jean-Martin dubry, fon fils.
fairement entré en pofleffion de létat de réclamant Ol1 réclamé, feroit nécef
qu'une preuve contraire n'eût été parent de la famille de Tours, à moins
portoit & qui poffédoit les
faite, parcequ'il étoit fils de celui
ainfi dire, l'étampe de la noms, la marque, le figne, l'empreinte
qui
lui
famille de
&, pour
tous les mêmes
Tours; qu'il auroit eu pour ou contre
de
raifonnemens, tous les mêmes droits
poffeflion, toute la même force des deux
de propriété &
juftifient cette propriété & cette
titres qui confituent & qui
Aubry, fon
poffeffion ; puifqu'il
Père, & qu'il étoit abfolument
repréfentoit Martin
Ainfi Jean-Martin Aubry
à fa place.
mation, que par l'effet d'un n'auroit titre pu craindre de fuccomber dans fa réclafaire tomber la réclamation
contraire aux fiens; & il
qu'elle
de la famille,
n'auroit pu
n'éioit pas la fienne.
qu'en prouvant lui-même
Et fi tout cela eft certain, fi tout cela
fuppofant des réclamations de la part de eft inconteftable & évident, , en
contre la fmille de Tours,
Martin ou de Jean-Martin
eft
ou de la famille de Tours
Aubry
néceffairement auffi certain, auffi inconteftable contr'eux, tout cela
l'efpèce adtuelle de la réclamation de la
& auffi évident, ici, dans
dans & héritiers de Martin & de
famille de Tours, contre les defcenLa fituation
Jean-Martin Aubry,
famille & Martin relpeclive eft précifément la même qu'elle eût été
Aubry lui-même, puifque fes defcendans
entre la
repréfentent ; qu'ils ne peuvent ni plus ni moins
& fes héritiers le
contr'eux, tous Jes mêmes titres,
que lni, qu'ils ont
&
obligations,
2 tous les mêmes droits,
pour
toutes les mêmes
toutes les mêmes
tances, & que c'eft Martin raifons, en un mot toutes les mêmcs circonfAubry lui-mâme, que fa famille faifit en eux
ry lui-même, puifque fes defcendans
entre la
repréfentent ; qu'ils ne peuvent ni plus ni moins
& fes héritiers le
contr'eux, tous Jes mêmes titres,
que lni, qu'ils ont
&
obligations,
2 tous les mêmes droits,
pour
toutes les mêmes
toutes les mêmes
tances, & que c'eft Martin raifons, en un mot toutes les mêmcs circonfAubry lui-mâme, que fa famille faifit en eux --- Page 44 ---
aujourd'hui par le lien, par la chaîne que forme entr'eux fon aéte de
baptème.
fes defcendans, ou fes defAinfi Martin Aubry, repréfenté aujourd'hui par
cendans eux-mêmes qui le repréfentent, ne peuvent fe refufer à la famille
de Tours qui les réclame,i fe fouftraire à la force du titre qui les lie &
les enchaine, qu'en prouvant par des titres auffi forts qu'ils ne font point
font d'une autre famille Aubry
ceux que ce titre affujettit, c'eft-à-dire, qu'ils
& qu'ils ont eux-mêmes d'autres liens.
&
Ils ont une famille; il faut bien certainement qu'ils en conviennent
qu'ils en reconnoiffent une ; s'ils en connoiffent une autre que celle de Tours,
qu'ils empêchent l'effet des titres de celle-ci, en prouvant qu'ils ne peuvent
s'appliquer à eux ; mais s'ils n'en connoiffent pas d'autre, comment peuvent-ils
fe permettre de réfifter au titre qui les attache évidemment aux Aubry de
Tours, comment peuvent-ils propofer une aufli grande futilité, que la prétention de la néceffité d'une preuve d'identité de Martin Aubry de Tours, &
de Martin Aubry de Saint-Domingue - Les deux aôtes de baptême & de mort
feul & même fujet, ils établiffent parfaitement l'identité,
ne préfentent qu'un néceffairement la reconnoitre & la juger ,
ce font des
il faut donc
parceque
aêtes qui font preuve, & qui doivent produire tOus leurs effets & toutes
leurs conféquences, jufqu'à ce qu'ils foient anéantis ou détournés par une
preuve de différence.
Enfin, on ne fera pas de dificulté de reconnoître que la parenté peut
bien être confidérée comme un contrat formé par la nature mème entre
c'eft
une conféquence de ce contrat naturel
ceux qu'elle engage,& que
par
les fiucceffions
& en s'y conformant, que la Loi pofitive défére aux parens
de leurs parens, & leur impofe des obligations & des charges de famille,
comme celles des tutelles & des curatelles.
réfléEtf l'on eft forcé de reconnoitre cette vérité, les Sieurs Caradeux,
chiffant fur la nature & la force de tots les contrats imaginables, feront
bientôt convaincus de leur erreur & de l'injuftice de leur prétention.
un moment
des créanciers, ou des acquéSuppofons en effet pour
que
France
reurs, oli des vendeurs, Oll d'autres perfonnes qui euffent fait en
des contrats quelconques avec un Martin Aubry, fuffent venus s'adreffer
Jean-Martin, fon fils, OlI à fes
ici à Martin Aubry, de Léogane, ou à
&
defcendans mêmes, fi la prefcription n'étoit pas acquife à cet égard,
qu'ils cuffent pourfiivi contr'eux l'exécution de ces contrats : tous ces
titres
que
France
reurs, oli des vendeurs, Oll d'autres perfonnes qui euffent fait en
des contrats quelconques avec un Martin Aubry, fuffent venus s'adreffer
Jean-Martin, fon fils, OlI à fes
ici à Martin Aubry, de Léogane, ou à
&
defcendans mêmes, fi la prefcription n'étoit pas acquife à cet égard,
qu'ils cuffent pourfiivi contr'eux l'exécution de ces contrats : tous ces
titres --- Page 45 ---
titres & tous ceux
qui en auroient été
la feule prérention
porteurs auroient-ils été écartés
qu'il auroit fallu prouver l'identité de
par
qui auroit fait cesaetes en
Martin Aubry,
France, avec le Martin
Auroit-il fitffi à Martin
Aubry, 2 de Léogane P
de dire aux demandeurs? Aubry, à Jean-Martin, ou à fes defcendins,
( Commencez par prouver l'identité du Martin
> Martin Aubry, de
Aubry, de France, & du
Léogane, s prouvez le
de
> à
paffage Martin Aubry, de France
Saint-Domingue, 2 prouvez que c'eft celui
>> qui demeure à
qui a paffé à
Léogane, ou qui y demeuroit, &
Saint-Domingne,
> preuves de ces faits, vous ferez valoir
quand vous aurez les
Il auroit bren fallu,
VOS titres? >
ou il faudroit bien
ou fes repréfentans fe foumiffent
néceffairement que Martin
clairement
aux titres & à leurs effets, ou
Aubry
par d'autres titres la différence des Martin
prouvaffent
jufqu'à la preuve de la diférence.
Aubry, parceque
tin Aubry étoit Martin
2 l'identité eft inconteflable 5 puifque MarAubry, à
ce feroit Martin Aubry qui aurcit Saint-Domingue été
comme en France, que
Domingue
l'obligé, le
à
comme en France ; que dâns l'ordre civil contraignab'e, Saintcution des actes, des Jugemens, des loix
& le cours de l'exéon ne connoît, on ne recounoit & quiles produifent & les foutiennent,
noms qui font leur feule
on ne prend les hommes que par leurs
ou all moins leur
Out au moins leur principale
principale marque, leur feule
Il n'eft certainement
défignation.
de Pidentité fembleroit pas douteux que cette prétention d'exiger la Preuve
ridicule & fouverainement abfurde
les Tribunaux, jugeant alors que chacun doit fe
en ce cas, & que
en état de fe faire connoître des
connoître & être toujours
leur autorité
autres, prêteroient tous les fecours de
pour l'exécution des contrats contre Martin Aubry de
Domingue ou fes defcendans, jufqu'à ce qu'ils euffent
Saintparceque voyant, malgré eux, dans Martin
prouvé la différence,
des obligations
les
Aubry, la perfonne chargée
par
contrats, ils n'auroient abfolument
raifon d'ailleurs pour arrêter la force de ces aétes
aucune
trement & fi la
de
5 car s'il en étoit atlpreuve l'identité étoit exigible,
Martin Aubry eft venu à
uniquement parceque
confidéré
Saint-Domingue, 2 pays François qui ne peut être
que comme une province de France, il faudroit auffi la faire cette
preuve, quand même Martin Aubry feroit refté en France dans la Touraine, à Tours même dans fa famil'e, ce qui feroit une monftrueufe
dité, L'allégation de la différence doit néceffairement
abfirprécéder la néceffité
F
ité étoit exigible,
Martin Aubry eft venu à
uniquement parceque
confidéré
Saint-Domingue, 2 pays François qui ne peut être
que comme une province de France, il faudroit auffi la faire cette
preuve, quand même Martin Aubry feroit refté en France dans la Touraine, à Tours même dans fa famil'e, ce qui feroit une monftrueufe
dité, L'allégation de la différence doit néceffairement
abfirprécéder la néceffité
F --- Page 46 ---
de la preuve d'identité; car fans cette allégation, l'identité eft certaine ;
& comme cette même allégation eft une exception propofée contre un
titre, elle doit étre juftifiée.
Et c'eft ici précifément la même chofe; car c'eft vraiment un contrat
fait par la nature, & reçu & confacré par la Loi, que la parenté de la
famille Aubry, 2 de Tours, & de Martin Aubry, 2 c'eft l'exécution de ce contrat que l'on réclame contre Martin Aubry 2 de Léogane, & fes ficceffeurs,
parcequ'il étoit Martin Aubry 2 nommé & défigné par l'aéle de baptême formant le contrat civil.
Martin Aubry, ou fes repréfentans ne peuvent donc pas plus fe fouftraire à l'effet du contrat qu'à la défignation de Martin Aubry, s'ilsne prouvent pas qu'ii y ait eu deux ou plus de deux Martin Aubry, né en
8z
que celui de Léogane, n'eft pas celui qui étoit né à Tours; car 1658, fans la
preuve de la différence, il eft auffi vrai que Martin Aubry, de Léogane,
eft Martin Aubry, de Tours, qu'il eft vrai que Martin Aubry, eft Martin Aubry, puifque l'on ne voit dans le monde qu'un feul Martin Aubry,
né en 16;8, qu'un feul Martin Aubry, mort en 1698, & qu'indépendamment des noms, toutes les défignations qui lui font données à fa naiffance & à fa mort font parfaitement identiques.
Les Sieurs Caradeux fe doutent-ils des conféquences de leur fyftéme P
Ils en feront étonnés, & ils n'auroient furement pas ofé le propofer, s'ils
l'avoient médité davantage?
Affujettir la famille Aubry, de Tours, à la preuve de l'identité, ou rejeter fa réclamation jufqu'à cette preuve, feroit évidemment préjuger la
diference.
Et préjuger la différence feroit décider qu'il ef né en 1638, In autre
Martin Aubry, que celui de Tours, que cefe cet autre Martin
mort à Liogane, 6 que Martin Aubry de
Aubry, qui ef2
2 Tours, eft mort ailleurs qu'à SaintDomingue.
Oit les Sieurs Caradeux eux mêmes trouveront-ils la moindre
de la naiffance d'un Martin Aubry, en 1658, ailleurs qu'à
apparence
veront-ils la moindre
de la
Tours, oùt trouapparence
mort de_Martin Aubry, de Tours,
ailleurs qu'à Léogane ; & s'ils n'ont pas fculement la plus foible
de l'une ni de l'autre de ces deux chofes, comment feroit-il
apparence
Juftice les jugeât vraies & certaines.
poffible que la
Quci de plus fimpie, de plus jufte, de plus évidemment néceffaire
que
'à
apparence
veront-ils la moindre
de la
Tours, oùt trouapparence
mort de_Martin Aubry, de Tours,
ailleurs qu'à Léogane ; & s'ils n'ont pas fculement la plus foible
de l'une ni de l'autre de ces deux chofes, comment feroit-il
apparence
Juftice les jugeât vraies & certaines.
poffible que la
Quci de plus fimpie, de plus jufte, de plus évidemment néceffaire
que --- Page 47 ---
d'impofer au contraire aux Sieurs 43
rence de Martin Aubry, à Martin Caradeuxla nécefité de prouver la diffécontre toute raifon P Martin
Aubry, s'ils ofent perfifter à la foutenir
comme Martin Aubry, de Aubry, de Tours, n'étoit que Martin
porter d'autres adtes
Léogane, fa famille de France ne
Aubry,
famille de
que ceux de fa naiffance & de fa
peut pas rapSaint-Doningne, qui defcend de
mort ; puifque fa
veut pas en Tapporter elle-mème ; mais fi lui direétement, ne peut ou ne
un autre que Martin Aubry, de
Martin Aubry, de Léoganc, eft
fier leur fyfteme deux
Tours, les Sieurs Caradeux
baptême de
par
acles différens, ils ont à
peuvent juftiMartin Aubry, de Léogane,
produire, & l'aéte de
fépulture de Martin, de Tours, ailleurs ailleurs qu'd Tours, & l'age de
doute la moindre chofe que de leur
gu'à Liogane; ; & c'eft bien, fans
Ne feroit-il pas invinciblement demander ce qu'étoit leur bifaieul.
la preuve qui peut être
démontré par cette feule
différence des Martin propofée ou demandée à la Juftice, obfervation, eft
que
de la faire,
Aubry, & que c'eft fur eux que tombent celle de la
parceque celle de l'identité eft faite
la charge
publics, au-delà defquels la Loi
& complète par les altes
cun autre qui puiffe être recherché n'exige rien ; puifqu'elle n'en a établi
différence n'a pas le moindre
& rapporté ; aut lieu que celle de au- la
infiniment facile aux Sieurs commencement, Caradeux
& qu'elle eft poflible & même
Aubry, la mort de celui de Tours, & ; puifque s'il y a eu deux Martin
vent être juftifiées par des aétes. la naiflance de celui de Léogane,
C'eft donc toujours à ce principe qu'il faut
peuêtre refpedés, appliqués, exécutés &cavoir enrevenir ; que les actes doivent
l'adle baptiftère de Tours, devant avoir tous leurs effets, d'ou il fuit que
direétement & parfaitement à la
également fon effet, &
qu'il préfente,
faifit
perfonne de Martin
de s'appliquant
qu'il
& fiur lequel il doit avoir Aubry, Léogane,
prouve feul & complètement quel la famille de Tours toute fon adion, il
tin Aubry, de la fucceffion
eft héritière deJean-Marqueftionsp propofées.
duquel il s'agit, & décide ainfi la feconde
des
Mais ce n'eft pas affez que d'avoir des
les exerçant fe conformer aux
droits à faire valoir, il faut en
les Sieur & Dame Aubry, de règles de la procédure; ; & l'on prétend
jufqu'à ce moment. Ef-il vrai Tours,n'ont rien fait de régulier ni de valable que
& que par cette feule raifon leur que toutes leurs procédures foient nulles,
réclamation
fiuccès, en fiuppofant même qu'ils foient
actuelle ne puiffe avoir de
fondés?
oir des
les exerçant fe conformer aux
droits à faire valoir, il faut en
les Sieur & Dame Aubry, de règles de la procédure; ; & l'on prétend
jufqu'à ce moment. Ef-il vrai Tours,n'ont rien fait de régulier ni de valable que
& que par cette feule raifon leur que toutes leurs procédures foient nulles,
réclamation
fiuccès, en fiuppofant même qu'ils foient
actuelle ne puiffe avoir de
fondés? --- Page 48 ---
+4
i". C'eft le 24 Mai 1686 qu'on a demandé aux Sieurs Caradeux la juftification de leurs titres & de leurs droits, & la remife de la fucceffion
taute d'en juftifier.
& de Perrine
La demande a été formée au nom de Laurent-François,
quiavoient donné leur procuration en 1781; & deux de ces trois
Aubry, François & Laurent Aubry, étoient mortes en 1783 & 1784,d'oi
perfonnes,
l'on conclut que la demande étoit nulle.
avoit cédé fes droits au Sieur Chenantais par aôte du
2°, Perrine Aubry
Août 1786, & en confequence de fa ceffion & des morts de François &
de Laurent Aubry, le Sieur Chenantais a donné une nouvelle procuration
1786, d'abord en fon nom à caufe d'une D'"e, Aubry, fon
le 13 Septembre
& comme ceflionnaire de Perrine Aubry, & enfuite comme ayant
époufe,
de plufieurs autres héritiers. Lé Sieur Chenantais chargeoit le
les pouvoirs
Sieur Bacqué de déclarer dans l'inftance déjà pendante all Pert-au-Prince les
décès de Laurent & François Aubry, d'y intervenir au nom de lui Sieur
Chenantais 8 des autres co-intérefiés qu'il s'afiocie pour exercer les droits
leur font échus par le décès defdits Sieurs Laurent & François Aubry, dans
la qui fucceffion de Jean-Martin Aubry; : & cependant la procédure eft continuée
la
feulement aux noms de François,
comme en vertu de première procuration,
Laurent & Perrine Aubry, ce qui en produit encore la nullité, fur-tout
dans la tierce oppofition même qui eft formée auffi de cette manicre.
La veuve Hudin eft morte depuis très-long-temps, le Sieur de Gizeux
3°.
nombre d'années, ils n'en ont pas moins été affil'eft auffi depuis un grand
la
gnés à Thôtel de M. le Procureur général comme s'ils vivoient encore,
procédure eft donc nulle à leur égard.
Rien n'eft plus facile que de réponcre à ces prétendues nullités de
procédures.
intentée en
contre les Sieurs Caradeux en
Premièrement. 2 l'adtion
la
vertu d'une procuration de 1781, eft inconteftablement valable, malgré
mort de deux des perfonnes qui avoient donné la procuration : le mandat
finit par la mort du manclant 2 mais il faut que la mort foit connue du mandataire. Iln'eft point de règle plus parfaitement connue au Barreau,
Lorfque le Sieur Bacqué intenta l'aétion le 24 Mai 1786, il avoit les
pouvoirs de deux perfonnes qui n'exiftoient plus; mais il ignoroit leur mort,
puifque la nouvelle procuration qui lui a été donnée, d'après ces décès, n'a
France
le
ainfi l'action intentée par
été paffée en
que 13 Septembre 1786 ;
it connue du mandataire. Iln'eft point de règle plus parfaitement connue au Barreau,
Lorfque le Sieur Bacqué intenta l'aétion le 24 Mai 1786, il avoit les
pouvoirs de deux perfonnes qui n'exiftoient plus; mais il ignoroit leur mort,
puifque la nouvelle procuration qui lui a été donnée, d'après ces décès, n'a
France
le
ainfi l'action intentée par
été paffée en
que 13 Septembre 1786 ; --- Page 49 ---
le
mandataire aux noms des mandans etoit valable,
mandans fuffent morts avant l'aétion. Cette
quoique deux de ces
adtion n'eft donc pas nulle.
Secondement, quoique la Dame Perrine Aubry eût cédé fes droits
Chenantais, par acte du 7 Août 1786,11 ne
au Sieur
dans une procédure continuée
pouvoit pas y avoir de nullité
en fon nom,
auroient pu tres-valablement en faire la parcequ'affurément les parties
quand même cette ftipulation n'y auroit ftipulation dans leur adte, & que
pas été inférée,,le
pu employer fon nom, 9 comme il faifoit valoir fes ceffionnaire auroit
peler pour leur confervation & l'entière
droits, Oul même l'apconfommation
exécution de la ceflion,
par un jugement.
, jufqu'a fa
Et l'alte de ceffion n'ayant pas été fignifié aux Sieurs
du Sieur Chenantais avec la défenfe de
Caradeux à la requête
répondre à d'autres
procéder avec d'autres, & enfin lui-mème étant le
que lui Onl de
voirs, les adverfaires n'auroient
principal porteur de poujamais pu avoir de
contre le jugement rendu aut nom de la Dame Perrine réclamation à craindre
cédure n'eft point nulle à leur
Aubry; ainfi la proégard par cette raifon.
Quant à la tierce oppofition qui eft formée
çois & Laurent Aubry, morts, & de Perrine aux noms des Sieurs Franla difpofition même de l'Ordonnance
Aubry, elle eft valable d'après
qui eft citée par les Sieurs
puifque cettc difpcfition eft que les pourfuites feront valables Caradeux,
de la fignification du décès, & gue ces décès n'avoient
juqu'au jour
que la tierce oppofition a été formée.
pas été fignifiés lorfTroifièmement enfin, cette procédure n'eft pas moins valable
à la veuve Hudin & au Sieur de Gizeux,
relativement
fiè ni connu,
puifque leur décès n'étoit ni
lorfque tout ce qui précéde a été fait. Sa validité eft figniconféquence des termes mêmes de TOrdonnance &
une
feroit irrégulière à l'égard de la veuve Hudin ; quand cette procédure
particulier, il n'appartiendroit
& du Sieur de Gizeux en
réclamer à caufe de cela
qu'à leurs héritiers feniement, dans la fuite, de
contreles jugemens qui
fe trouvant en règle vis-à-vis des Sieurs
interviendront, mais tout
de s'en faire un
Caradeux, il leur eft impoflible
mcyen en ce moment.
Et pour donner à la procédure une fuite & une
la famille Aubry, de Tours, telle qu'elle fe
continuation régulière,
Par l'effet des décès & de la ceffion de trouve compofée aéuellement
bry, vient de
Laurent, François & Perrine Aupréfenter à la Cour une nouvelle requête de
tendante à avoir aéte de ce qu'elle reprend
conclufions 2
l'inflance, de la déclaration
ft impoflible
mcyen en ce moment.
Et pour donner à la procédure une fuite & une
la famille Aubry, de Tours, telle qu'elle fe
continuation régulière,
Par l'effet des décès & de la ceffion de trouve compofée aéuellement
bry, vient de
Laurent, François & Perrine Aupréfenter à la Cour une nouvelle requête de
tendante à avoir aéte de ce qu'elle reprend
conclufions 2
l'inflance, de la déclaration --- Page 50 ---
paffée par les Sieurs Caradeux eux-mémes, a la page 71 de leur mémoire,
qu'ils font ceffionnaires des prétendus droits de la veuve Hudin, de ce qu'elle
reconnoît le Sieur de Gizeux pour héritier avec eux dans la ficceffion du
Sieur Jean-Martin Aubry pour un douzième, & de ce qu'enfin elle conclut
aux noms perfonnels & particuliers de tous ceux qui la compofent, Ainfi
tout eft parfaitement en règle ; & la famille Aubry, de Tours, héritière
par fes titres n'a pas à craindre de voir reculer fa poffeffion des
de procédures. Venons donc à
de
par nullités
radeux & de Gizeux. l'examen ce qui concerne les Sieurs CaIII. Les Sieurs Caradeux ont-ils juftifié leur état & font-ils, ainfi
le
Sieur de Gizeux, héritiers du Sieur Jean-Martin
que
Aubry? Lorique la famille Aubry, de Tours, a compofé fon
elle ne connoiffoit & elle ne pouvoit connoître les titres de premier la famille mémoire,
deux, que par la mention qui en eft faite daus le Vul des pièces de l'Arrêt Cara- de
1767 : ignorant au temps de cet Arrêt dans quels dépôts étoient les
de leur état, les Sieurs Caradeux n'avoient
ni
preuves
produit leurs aêtes de
tême, ni celui de leur mère, ni la preuve du mariage de leur aieule; ni bap- les
preuves de la légitimité de cette aieule, & la veuve Hudin les
Ce dénuement abfolu de
à
furprenant dans
juftification tous les égards, leur avoit
une bâtardife
reproché
qui paroiffoit en effet très-certaine. La preuve de bâtardife eft formée néceffairement par le défaut de
d'une naiftance légitime; & la famille Aubry trouvant les chofes dans preuve
a dit avec vérité & avec
cet état
raifon, non pas que les Sieurs Caradeux étoient bâtards, mais que leur état, celui de leur mère, celui de leur aieule n'étoient
point juftifiés. Les Sieurs Caradeux ont découvert & raffemblé depuis 1767, les pièces
juftificatives qui leur étoient néceffaires ; & leur naiffance
auffi pure qu'il eft poffible de la tenir des unions les mieux paroit formées aujourdhui
avoit objeété l'infiffifance de leurs titres
: on leur
ration
produits en 1767 avec toute la modépoffible 3 & on s'empreffe de leur rendre aujourd'hui, l'hommage d'une
reconnoiffance entière, & de dire, qu'eux & le Sieur de Gizeux étoient véritablement parens & héritiers du Sieur Jean-Martin Aubry.
uffi pure qu'il eft poffible de la tenir des unions les mieux paroit formées aujourdhui
avoit objeété l'infiffifance de leurs titres
: on leur
ration
produits en 1767 avec toute la modépoffible 3 & on s'empreffe de leur rendre aujourd'hui, l'hommage d'une
reconnoiffance entière, & de dire, qu'eux & le Sieur de Gizeux étoient véritablement parens & héritiers du Sieur Jean-Martin Aubry. Mais cc n'eft point affez aut gré des Sieurs Caradeux,
d'être auffi
& auffi empreffé à faire cet
que
vrai
aveu, d'après leurs titres nouvellement
que l'on a été jufte dans la critique des pièces infuffifantes
produits,
en 1767 : ils
qu'ils rapportoient
de
prétendent que c'eft un crime de la part de la famille
Tours, que d'avoir élevé des doutes fur la
de leur Aubry famille >
légitimité
--- Page 51 ---
& qu'un f'grand attentat a leur 47
Quelle que foit la
honneur doit être
de cette fenfibilité fenfibilité des Sieurs Caradeux, exemplirement &
vengé,
à une imputation de
la juftice naturelle
leur plainte ne peut
bâtardife dans leur famille
cela qu'une vérité pas paroitre raifonnable;
entière,
qui fortoit
puifqu'on ne leur a dit en
propres titres, & qu'une vérité fi manifeftement de l'infuffifance de leurs
qu'ils viennent d'ajouter à leur certaine, Gi claire à leurs yeux mêmes,
autorifer à demander que leur produlion tout ce qu'il falloit pour les
Au
légitimité foit
farplus, on ne peut pas
reconnue,
des motifs, & des motifs
difconvenir que les Sicurs Caradeux aient
mais qu'ils réfléchiffent très-grands & tres-multiplieés d'être
leurs
un moment fur toute leur
mécontens;
combinaifons de défenfes, fur
conduite, fur toutes
ciairement depuis Pattaque de la
tous les partis qu'ils ont pris
& ils verront
c'eft
veuve Hudin, jufqu'à ce
judifont
que
à eux qu'ils doivent s'en
moment même;
toujours mal confultés, mal
prendre, parcequ'ils fe
le travail
conduits, mal défendus,
d'imagination & tous les autres eforts
malgré tout
précifément parcequ'iis ont trop de faculté
qu'ils ont pu faire, &
Comment ont-ils procédé
d'en faire. prelqu'aucun de leurs titres contre la veuve Hudin? Tls n'ont
Ni la
de
2 ils n'ont fait valoir
produit
preuve la faufferé des
de
contr'elle :
Ni le moyen de falfification lertres Marie Dubois,
Ni la
de l'enquéte de 1742,
preuve qu'ils avoient dans la
Goujaud des maneuvres que la veuve procuration des Sicurs Delatre &c
vouloit payer au Sieur Charles,
Hudin avoit fait faire & qu'elle,
Ni le défaut de preuves du
France, en 1708,
voyage du Sieur Jean-Martin
même
2 par la Rochelle, & de fon
Aubry, en
port.
'elle :
Ni le moyen de falfification lertres Marie Dubois,
Ni la
de l'enquéte de 1742,
preuve qu'ils avoient dans la
Goujaud des maneuvres que la veuve procuration des Sicurs Delatre &c
vouloit payer au Sieur Charles,
Hudin avoit fait faire & qu'elle,
Ni le défaut de preuves du
France, en 1708,
voyage du Sieur Jean-Martin
même
2 par la Rochelle, & de fon
Aubry, en
port. retour, en 1709, par le
Ni, enfin, le moyen de la
la veuve Hudin à la vérification. méconnoiffance des lettres qui auroit obligé
Que firent-ils après PArrêt de 1767
Ils avoient des moyens invincibles de
faire ufage, ils allèrent adreffer
requête civile, mais au lieu
rejetée comme elle devoit
au Roi une requête en caffation d'en
lêtre. qui fut
Ils eurent le bonheur d'obtenir de Sa
laps de temps pour Pufage de la requête Majefté, des lettres de relief de
Ils devoient mettre tous leurs foins civile ; & quel parti en tirerent-ils?
1767
Ils avoient des moyens invincibles de
faire ufage, ils allèrent adreffer
requête civile, mais au lieu
rejetée comme elle devoit
au Roi une requête en caffation d'en
lêtre. qui fut
Ils eurent le bonheur d'obtenir de Sa
laps de temps pour Pufage de la requête Majefté, des lettres de relief de
Ils devoient mettre tous leurs foins civile ; & quel parti en tirerent-ils? pour T'entérinement de leurs
à procéder d'une manière
lettres de requête civile, qu'ils
régulière,
fondoient avec --- Page 52 ---
raifon fur le dol perfonnel le plus évident & le plus odieux! Mais leur
fit une chîte, ils infeétèrent de nullités radicales, l'aéte qui
premier pas
devoit être le fondement de leurs fuccès.
Ils auroient pu même, encore après ce premier aête, 2 réparer leur faute
&
la même voie d'une manière plus régulière
par un défiftement reprendre
leur
& plus fure, & leur fuccès auroit éte indubitable 2 puilque, malgré
mauvaife défenfe, la veuve Hudin n'avoit eu pour elle que quatre voix
fur leur demande,
contre trois; mais ils ne pourfuivirent feulement pas
ils tranfigérent avec la veuve Hudin, & fe firent fubroger à fes droits
imaginaires.
même, dans l'inftance aétuelle, quelles fautes n'ontEt dans cetteinftance
ils pas commifes ?
On leur demande en 1786, quels font les titres & les droits en vertu
defquels ils pofsédent la fucceffion du, Sieur Jean-Martin Aubry : rien n'étoit
plus facile que de répondre paifiblement à cette queftion, 2 & d'éviter par
des renfeignemens & des éclairciffemens qu'ils avoient en abondance,
toutes les longueurs, & fur-tout, les éclats & les défagrémens qui pouvoient réfulter de leur refus : mais la main qui les conduit leur trace
infidicufement le plan de n'entendre à rien, de fe refufer à tout, de mulles difficultés, les incidens , de préparer les difcuflions les plus
tiplier & enfin, d'embarraffer la Juftice autant qu'il feroit poffible dans
longues,
les détours de leur marche.
les Parties à écrire
Le premier Juge a rendu une fentence qui a appointé
la Juftice a ordonné à chacune d'elles de lui
& produire, c'eft-h-dire, que
expliquer dans des Écrits fes prétentions & fes moyens, & d'en préfenter
les preuves à fes yeux par la produétion de fes titres.
de
plus fagement ; & quand
Il étoit abfolument impoffible prononcer
dans
le Siége du Port-au-Prince auroit établi les Sieurs Caradeux Juges
auroit demandé ce qu'il étoit, à leur avis, 2
leur propre caufe, Ou leur
moins de vouloir monle plus équitable de décider; il eft très-clair, qu'à
eux-mêmes
ils auroient rendut ou provoqué
trer une injuftice révoltante,
l'on a
contre
cette décifion : un deux en a pourtant appelé dès que
pourfiivi
enx lexécution de cette fentence.
défil'avantage d'un jugement
Étoit-ce pour fe procurer promptement
nitif par un Tribunal fupérieur & plus nombreux ?
L'appel
Ou leur
moins de vouloir monle plus équitable de décider; il eft très-clair, qu'à
eux-mêmes
ils auroient rendut ou provoqué
trer une injuftice révoltante,
l'on a
contre
cette décifion : un deux en a pourtant appelé dès que
pourfiivi
enx lexécution de cette fentence.
défil'avantage d'un jugement
Étoit-ce pour fe procurer promptement
nitif par un Tribunal fupérieur & plus nombreux ?
L'appel --- Page 53 ---
le L'appel n'a jamais eté relevé, 49
filence, s'ils n'avoient
les Sieurs Caradeux
N'a-t-il pas fallu,
pas été pourfitivis.
feroient encore dans
Tours, écrivifent, d'après tout cela, que les Sieur
1767, fur cette comme ils l'ont fait, fur le feul & Dame Aubry, , de
de genérations production incomplète & fi foible état des chofes, en
Tillégitimité de diférentes, leur
2 les Sieurs
que dans trois
efpèces?
famille entière, Caradenx prouvoient
degrés
N'a-t-il
par le défaut de
eux-mônes,
& leur dire pas fallu leur dire cette vérité
preuves de toutes
la réclamation encore cette autre
palpable dans cet état
de la veuve vérité, que tremblans
des chofes,
comme s'ils avoient voulu Hudin, ils ne fe font alors & efrayés par
Eft-ce la faute des Sieur l'admettre en feignant de défendus contr'elle
ment que de voir &
& Dame
la repouffer. que
penfer
de dire ce
Aubry? Pouvoient-ils
Par lénumération de
que le feul Arrêt de
faire autre.
marche naturelle de la
pièces qu'il contient ?
1767 donnoit à
effet, trés-naturel, raifon, de la Juflice, de la N'ont-ils pas fuivi la
contre celui
ids-ratonmable,
Loi? N'eft-il
t-on
qui refitfe de juftifier fa trés-conforme à la
Pas, en
pas que celui qui fuit &
conduite ou fes Loi, de préfiumer
tort; & en matière criminelle qui fe cache, ne le fait droits, ne préfiumepas,n'en-ilpas
même , T'innocent accufé que parcequ'il a
n'eft-elle pas prife pedumécorpoabie & jugé fuivant la
qui ne fe
condamné même pour une Preuve ?
rigueur des
préfente
à la
N'eft-il pas
Lois?Sa fiite
Et l'on feroit coupable mort, parcequ'il fuit & privé de Thonneur &
impreffions qu'ils
envers les Sieurs
gu'il fe cache ?
ont données
Caradeux, 2
filence, de leurs
cux-mêmes,
parcequ'on a reçu les
les conjedures, pièces, produites en parcequ'on a tiré de leur
toutes les
1767, de leur Arrêt
opiniâtre
poffible de ne pas tirer préfomptions, toutes les
mëme,
raifonnables
, de ne pas
& vérités qu'il étoit toutes
de croire qu'elles ont été univerfellement admettre, qui étoient fi juftes imqu'eux-mêmes le
adoptées ! Il
& fi
que ne nous
foutiennent encore, &
n'eft pas pofible
fentions-nous conduifons-nous avec plus de
qu'ils ne fedifent
néceffités P Il plutôt, que ne
fageffe, , que ne ne pas :
eft évident prévenions-nous les
nous pré.
n'auroit pas pu nous les que nous ne les euffions coups que nous avons
Quelle a été la fuite de porter,
pas reçus, puifqu'on
Preffés de manière
leur conduite P
qu'ils ne pouvoient plus
reculer, ils ont travaillé à
G
fentions-nous conduifons-nous avec plus de
qu'ils ne fedifent
néceffités P Il plutôt, que ne
fageffe, , que ne ne pas :
eft évident prévenions-nous les
nous pré.
n'auroit pas pu nous les que nous ne les euffions coups que nous avons
Quelle a été la fuite de porter,
pas reçus, puifqu'on
Preffés de manière
leur conduite P
qu'ils ne pouvoient plus
reculer, ils ont travaillé à
G --- Page 54 ---
leur défenfe; & afin de donner une grande importance à leur compofition,
ils fe font renfermés pendant plufieurs mois entiers, pour former un volume
immenfe; mais qu'eft-ce que ce travail?
Il fe divife naturellement en trois parties, dont la première eft le commentaire le plus prolixe de fept à huit aêtes, tant de baptêmes que de
mariage & de fépulture, pièces infiniment fimples, parfaitement claires 2
n'exigoient pas tn feul mot d'explication, & qui n'avoient befoin
qui
d'être préfentées pour produire tout leur effet, mais dont l'intelligence
que & le développement ont été pour eux fi rudes & fi laborieux qu'ils ont
terminé cette partie par une grande adniiration d'eux-mêmes, & qu'ils fe
font écriés, comme en fortant d'une extafe profonde. 4 Comment avons
un fi
chef-d'ceuvre dans un pays oic lon femble
> nous pu produire
pénible
> fantir le vent de la faulx qui moifonne les individus P >
La feconde n'eft qu'une ridiccleréparation faite fans raifon à cette avanturière
qu'ils traitoient autrefois ainfi 1 & qu'ils ont convaincue cux-mêmes d'impofture, de dol perfonnel 2 de falfification.
ou par la mauvaife foi, eft formée
Et la troifième 2 imaginée par l'ignorance
de ce double foutien & de ces prétendues preuves,qu'tunlong oubli de fa famille
de la part d'un Membre, forme contre cette famille une incapacité de fuccéder
lidentité de
à ce Membre, & que les Aubry, de Tours 2 doivent prouver
Martin Aubry, peregu'ilf pourroiz que Martin Aubry ne fhit pas Marzin
Aubry.
fe réduit cette énorme produétion, fi l'on
Voilà très-exa@ement à quoi
des
qui eu font un horrible libelle injurieux
en retranche outrages infenfés,
de
à la Juftice même; car c'eft T'offenfer, c'eft fans contredit lui manquer
refpedt que de s'écarter de la modération dans laquelle ce fentiment retient
tous ceux qui en font pénétrés : au refte, s'il y avoit quelqu'objeétion folide à faire contre la famille Aubry 2 de Tours, en employant, foit la vérité
des faits, foit les vrais principes, elle a été abandonnée; s'il y avoit
vérités utiles à développer pour foutenir le fyftème de la veuve Huquelques
din, elles ont été négligées; car il ne s'y en trouve aucuné, & tout ce qui
n'eft
fauffeté; foit en raifonnement, foit en faits.
concerne ce fyftème,
que
Enfin il a fallu produire :
S'il étoit particulièrement un pièce qu'on dût s'empreffer de préfenter 3
c'étoit certainement la défenfe que les Sieurs Caradeux avoient fait imprimer dans le procès de 1767, contre la veuve Hudin; afn de foutenir par-
car il ne s'y en trouve aucuné, & tout ce qui
n'eft
fauffeté; foit en raifonnement, foit en faits.
concerne ce fyftème,
que
Enfin il a fallu produire :
S'il étoit particulièrement un pièce qu'on dût s'empreffer de préfenter 3
c'étoit certainement la défenfe que les Sieurs Caradeux avoient fait imprimer dans le procès de 1767, contre la veuve Hudin; afn de foutenir par- --- Page 55 ---
la toutes les allégations
Caradeux.
répandues dans le libelle, & de juftifier les Sieurs
Et cependant on n'a
autre Écrit de défenfe, communiqué ni cette défenfe imprimée 2 ni aucun
S'il étoit quelques pièces qne l'on pût &
c'étoient toutes celles qui
que l'on dît tenir
qui doivent être funeftes pouvoient nuire autrefois à la veuve feerêtes,
aux Sieurs Caradeux,
Hudin, &
bliffent contr'eux qui la remplacent,
2 par les vérités qu'elles étaEt on n'a pas manqué de les
tion en ait été formée avec le deffein communiquer toutes, il femble que la collecN'ont-ils
de les trahir,
de Marie pas produit en effet, les deux contrats de
Dubois, qui prouvent que Marie Dubois
mariage de la fille
qui démontrent la fauffeté des lettres
ne favoit pas écrire, &
N'ont-ils
qui lui font attribuées P
exiftante P pas produit l'enquête de 1742, avec fa falfification
encore
N'ont-ils pas produit la première
requête de la veuve Hudin, &
fignification qui leur a été faite à la
par le Sieur Jean-Martin
qui contient la requête préfentée &
Aubry 2 & l'agte mortuaire de
fignée
prouvent que la veuve Hudin
Martin Aubry, qui
la famille Aubry de
connoiffoit, avant d'agir, toute Thiftoire de
Martin Aubry a pu être Saint-Domingue, contrefaite, & que la fignature du Sieur Jeana été foumife à autant
s puifqu'il en exiftoit une originale,
N'ont-ils
d'infpection qu'on en a voulu faire.
qui
pas eu Timprudence, - qu'ils ne doivent
produire jufqu'à la procuration donnée
jamais fe pardonner, de
Delatre & Goujaud, qui fait voir la le 13 Septembre 1763, aux Sieurs
mingue,
veuve Hudin
> par des agens, dès avant la mort du
préfente à Saint-Do-
& faifant toutes les démarches,
Sieur Jean-Martin
toutes les
Aubry, 2
ner les connoiffances néceffaires à
recherches qui devoient lui donfignés Martin Aubry, Marie Dubois la compofition des lettres & billets
les a-t-il pas conduits
& Jean-Martin Aubry P Leur
au Greffe du
génie ne
1788, tout exprès pour leur faire Port-au-Prince, au mois de Décembre
ration terrible, que la famille
délivrer une expédition de cette
quelle on n'auroit jamais
Aubry de Tours ne connoiffoit pas, & procu- à lapu fonger ?
Ah'Puifque les Sieurs
de
Caradeux ont été bleffés de ce
Tours, a écrit, qu'ils s'indifpofent,
que la famille Aubry,
qu'ils s'agitent, , qu'ils
s'emportent 2
exprès pour leur faire Port-au-Prince, au mois de Décembre
ration terrible, que la famille
délivrer une expédition de cette
quelle on n'auroit jamais
Aubry de Tours ne connoiffoit pas, & procu- à lapu fonger ?
Ah'Puifque les Sieurs
de
Caradeux ont été bleffés de ce
Tours, a écrit, qu'ils s'indifpofent,
que la famille Aubry,
qu'ils s'agitent, , qu'ils
s'emportent 2 --- Page 56 ---
qu'ils s'indignent ; ils n'ont que trop de raifon de lef faire, mais qu'ils ceffent
de s'en prendre à leurs adverfaires, qui ne demandent que ce qui leur appartient, & qui pour l'obtenir, n'ont fivi que la route, & n'ont parlé que le
langage qu'ils doivent tenir; qu'ils s'indifpofent, qu'ils s'agitent, qu'ils s'irritent, qu'ils s'emportent contre celle de leurs mains à laquelle ils fe font confiés en aveugles, & qui les a détournés de la voie douce & unie qu'ils devoient fuivre, parcequ'elle n'auroit point eu l'occafion d'y faire les grands
mouvemens qui lui convicnnent; ; contre cette main qui a produit elle-même
tout l'éclat de cette affaire, en les retenant à la Juridiaion du Port-au-Prince, dans un filence qui ne pouvoit avoir d'autre effet que celui qui en eft
réfulté; contre cette main, qui, encore engourdie d'avoir écrit le monftrueux ramas d'inutilités qui leur eft fi cher, , n'a pas pu réunir à leurs pièces
celles qu'il importoit le plus de préfenter, ni cn féparer celles qu'il étoit
effentiellement néceffaire de cacher; enfin, contre cette main qui ne devoir
fe mouvoir que par l'impulfion d'un zèle autant éclairé que pur, & qui ne
s'eft conduite elle-même qu'en fe livrant à la haine la plus violente, la
plus injufte, la plus folle envers leurs adverfaires; & comme fi elle s'étoit
abandonnée à la perfidie la plus noire envers eux-mêmes.
Mais puifqu'ils font héritiers du Sieur Jean-Martin Aubry, avec le Sieur
de Gizeux & les Sieurs & Dame Aubry de Tours, voyons comment la fucceffion doit être partagée.
IV. Comment la fucceffion du Sieur Jean-Martin Aubry doit elle être
partagée 2
Le Sieur Jean - Martin Aubry doit être confidéré fous trois
rapports
principaux.
II étoit :
1°, Petit fils de Jacques Aubry &c de Marie Villette,
20, Fils de Martin Aubry & de Marie Dubois.
3°. Et enfin, Frère de Marie-Magdelcine Aubry.
Ainfi, le Sieur Jean-Martin Aubry pouvoit avoir des héritiers du chef
de Jacques Aubry & de Marie Villette, fes aieuls, & de Martin
fon Père; tels que des Coufins-germains ; du chef de Marie Dubois, Aubry, fa
Mère, tels auffi que des Coufins-germains; & enfin du chef de Marie-Magdeleine Aubry, fa Sceur, tels que des arrière-neveux : & il en avoit effectivement.
Du chef de fes aieuls & de fon Père, il avoit pour Coufins-germains,
Jacques Aubry & de Marie Villette, fes aieuls, & de Martin
fon Père; tels que des Coufins-germains ; du chef de Marie Dubois, Aubry, fa
Mère, tels auffi que des Coufins-germains; & enfin du chef de Marie-Magdeleine Aubry, fa Sceur, tels que des arrière-neveux : & il en avoit effectivement.
Du chef de fes aieuls & de fon Père, il avoit pour Coufins-germains, --- Page 57 ---
vivans au temps de fa
Marie-Jemne &
mort, la Dame Perrine
François &
Catherine, qui ne font mortes Aubry, qui vit encore
cinq têtes. Laurent, qui nc font morts
qu'en 1776 & 1779, & >
qu'en 1783 &
- Du chef de fà
1784; ce qui fait
qui étoit fils de Mère, , il avoit pour
Et enfin, du Simone Dubois, & Coufar-gormuints, une
le Sieur de
chef de
fixième tête,
Gizeux,
arrière-neveux tous les Mardte-sigseicine enfans
Aubry, fa
fix; ainfi la ficceflion
Caradeux, qui étoient Sceur, il avoit Pour
être partagée
du Sieur Jean-Martin
auffi au nombre de
cinq
Par douzièmes; ; la
Aubry devoit & doit
têtes, a donc cinq
famille Aubry, de
encore
fon côté, avoit
douzièmes à prendre : le Sieur Tours, qui repréfente
bre de fix avoient également un douzième, & les
de Gizeux, feul de
fallu tant écrire, fix douzièmes: : voilà les Sieurs Caradeux, au nomtout homme de Elles font conflantes en ce vérités pour lefquelles il a
& qui
bonne foi, qui connoît moment, elles font claires déjà
veut en faire
les règles du droit &
pour
cet ouvrage entrepris lapplication avec droiture : & il
de la raifon,
les
pour leur
ne manque
plaçant dans le cadre le démonflration, que de les
plus à
dans leur détail & dans plus étroit où il foit
rappeler ici en
leur ordre néceffaire.
poffible de les raffembler
Premièrement la veuve Hudin
Aubry étoient
foutenoit qu'elle & le
avoient
petits-enfans de Jean
Sieur
eu pour fils Guy
Aubry & de Françoife Jean-Martin
Jean-Martin; mais elle Aubry, fon Père & Martin
Efand, qui
dans fa famille, ni n'avoit ni la preuve de la Aubry, Père du Sieur
Françoife
la preuve du temps du
naiffance de Martin
Efnaud; &
marjage de Jean
Aubry,
de forte, que
cependant les regiftres de
Aubry & de
encore ces acles non-feulement tout lui manquoit Taillebourg dans
étoient entiers;
Elle
démontroient le contraire de
les aétes
produifoit des pièces
ce qu'elle
publics, mais
titres de famille, &
particulières & privées, prétendoit.
y trouvoit des
qui fembloient en être
qu'elle appeloit des
d'elle & de détails de faits anciens
efedivement, ,
tous ceux qu'elle auroit qui fembloient devoir parceque être l'on
même du Sieur Jean-Martin
pu employer ; mais
ignorés
Domingue,
Aubry, elle avoit
pendant la vie
elle yétoit pour découvrir & raffembler les faits apofté des agens à Saintagens : elle a parvenue fait 3 on a au procès la
de confignés dans les
preuve fes
pièces;
compofer ces pièces particulières conventions avec ces
& privées fur les indi-
qu'elle auroit qui fembloient devoir parceque être l'on
même du Sieur Jean-Martin
pu employer ; mais
ignorés
Domingue,
Aubry, elle avoit
pendant la vie
elle yétoit pour découvrir & raffembler les faits apofté des agens à Saintagens : elle a parvenue fait 3 on a au procès la
de confignés dans les
preuve fes
pièces;
compofer ces pièces particulières conventions avec ces
& privées fur les indi- --- Page 58 ---
cations qu'ils lui ont données; & telle eft la certitude de ce fait qu'on
la voit s'écartant elle-même des mefutres précifes quilui avoient été fournies, attribuer deux lettres à une main qui étoit incapable d'en écrire, &
vouloit
de fes impoftures.
falfifier une enquête qu'elle
prendre pour appui
Ainfi la veuve Hudin n'avoit pas plus de titres de famille, que de titres
publics : elle n'étoit point parente du Sieur Jean-Martin Aubry.
Secondement, Martin Aubry étoit né à Tous, dans la famille de Tours 2
famille
l'adle de baptême qui fait fon
en 1658, cette
rapporte aujourd'hui
titre de propriété de la perfonne de Martin Aubry, en qualité de parent.
Ce titre forme & prouve le lien naturel & civil, le noeud qui exiftoit entre
elle & Martin Aubry, & qui ne pouvoit fe diffoudre & fe détruire ni par
le temps, ni par l'éloignement; puifque c'eft une chaîne naturelle & légale 2 que Martin Aubry a néceffairement portée par-tout pendant toute fa
vie, & avec laquelle fon aôte de fépulture prouve qu'l1 eft mort à Léogane.
Ainfi perfonne ne peut s'oppofer à ce que la famille Aubry, de Tours,
s'empare de Martin Aubry, en qualité de parent; à moins qu'on ne détruife la chaine & fon effet, ou par la preuve qu'elle n'eft pas vraie en
elle-même, 011 par la preuve qu'elle tenoit à un autre Martin Aubry que
celui de Léogane; ce qui n'eft pas. Martin Aubry étoit donc de la famille
de Tours;Jean-Martin, fon fils, en etoit donc auffi; les Aubry de Tours
font donc fes héritiers pour une portion 2 en qualité de Coufins-germains.
Troilemement, le Sieur de Gizeux étoit Coufin-germain de Jean-Martin
Aubry
étoient tous deux enfans de Simone & de Marie Dubois,
2 parcequ'ils
qui étoient Soeurs.
Quatriëmement, les Sieurs Caradeux étoient les arrière-neveux, parcequ'ils
font petits-fils de Marie-Maglelcine Aubry, fa Soeur.
la
n'a
lieu au
dans lequel fe
Cinquiemement, repréfentation pas
degré
8 arrière-neveux; ainfi
trouvent tous les co-héritiers, Coufins-germains
le partage de la fucceffion devoit fe faire par têtes; & comme les têtes étoient
au nombre de douze, lors de l'ouverture de la fucceflion, il revient à chacune
des familles Aubry, de Gizeux & Caradeux, autant de douzièmes qu'elle
comprenoit de têtes à la mort du Sieur Jean-Martin Aubry.
De ces cinq vérités principales, il n'en eft pas une feule qui foit fufceptible aujourd'hui d'une contradilion raifonnable; & comme c'eft par elles
que la Juftice ne peut pas manquer de fe conduire en jugeant se procès 2
elles deviennent les motifs néceffaires & infaillibles d'un Arrêt qui, débou-
Gizeux & Caradeux, autant de douzièmes qu'elle
comprenoit de têtes à la mort du Sieur Jean-Martin Aubry.
De ces cinq vérités principales, il n'en eft pas une feule qui foit fufceptible aujourd'hui d'une contradilion raifonnable; & comme c'eft par elles
que la Juftice ne peut pas manquer de fe conduire en jugeant se procès 2
elles deviennent les motifs néceffaires & infaillibles d'un Arrêt qui, débou- --- Page 59 ---
tant la veuve Hudin de fes demandes, 55
Tours, condamnera les Sieurs
& admettant la famille Aubry, de
douzièmes des biens du Sieur Caradeux à délivrer à cette famille, cinq
trente années de
Jean-Martin Aubry; à lui reftituer
jouiflances de ces biens, & à lui
les
près de
jouiffances depuis le jour de la demande,
payer intérêts de ces
dépends; ; il fera même conforme
jufqu'à celui du Payement, avec
Aubry, de
à la volonté du teflateur
Tours, la totalité des
d'adjuger aux
fi cette famille infifte
parts revenantes a la famille
encore fur fes conteflations
Caradeux: :
Dame Aubry fe réfervent
injuftes, & les Sieur &
expreffément la faculté de le demander.
Monfieur POUCHERESSE DE VERTIERES,
Rapporteur.
M. A NG 0, dyocat,
ae à =
Au
PORT-Av-PRINcs, DE L'IMPRIMIRIE DE MOZARD.
1790. --- Page 60 --- --- Page 61 ---
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dernièrement le
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Sieur de la
porte un Mémoire contre les Sieurs Poupardière diftribuer de porte en
contre moi: ce libelle ( car il ne mérite Daubagna 2 Trigant & Compagnie &
pas d'autre nom ) eft le fruit
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