--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 ---
S
X COUTMUTXnDO MM.IESERUO AIIETEm
* AOOONMTILILEC CIUECEIEDOS sMCE cCOtOD V A *
REFUTATIO N
DE la pièce juflificative du feptième Chef de la
première dénonciation folennelie d'un Miniftre >
faite à PAlfemblée nationale, en la perfonne du
comtc de la Luzerne, miniftre d'Etat, de la
Marine 8 des Colonies; par M. le comte de
Gouy, député de Saine-Dominge, au nom de la
Députation & de fes Commettants.
Signée par les Repréfentants de la Colonie.
Approuvée & confrmée par les trois Afemblées provinciales;
& par LAfemblée coloniale de Suint-Domingue.
Dédiée à la Nation, à la Loi & an Roi, &c. &c.
Sommes-nous donc faits pour mourir fur les bords du puits
où la vérité s'eft retirée? J. J. R. Difc.
LA dénonciation de M. Gouy contre M. de
la Luzerne a paru avec des variantes qui montrent
l'embarras des dénonciateurs ; elle n'offre pas
aétucllement un grand intérêt aux Colonies : lc
fapplice de M. de la Luzerne eft confommé.
Ce Miniftre n'eft plus en placc, & fes ennemis
doivent être fatisfaits.
le
a
. Cependant M. Gouy a dénoncé,
public
raifonné, l'affemblée nationale prononcera, &
la poftérité recueillera fon jugement.
M: Gouy a parlé au public : j'ai le droit de
lui parler aufli. Je dois lui dire qu'on le trompe,
&c que la dénonciation de M. Gouy contre M. de
la Luzerne, cn ce qui me concerne principalement, eft un tiffu de menfonge & de méchanccté : je dois lui dire que M.-Laboric, fecrétaire
de la Chambre d'agriculture, député du comité
A
ftérité recueillera fon jugement.
M: Gouy a parlé au public : j'ai le droit de
lui parler aufli. Je dois lui dire qu'on le trompe,
&c que la dénonciation de M. Gouy contre M. de
la Luzerne, cn ce qui me concerne principalement, eft un tiffu de menfonge & de méchanccté : je dois lui dire que M.-Laboric, fecrétaire
de la Chambre d'agriculture, député du comité
A --- Page 4 ---
du Cap aux
en fournifant à
tersbilne
M. Gouy la matière de fon feptième chef d'accufation, n'a écouté
fa haine contre le Miniftre & contre moi, ES quc la fatifadtion.,
trouvoit à fe venger, lui a fait facrifier
PEats
ment la vérité : je vais le prouver.
Pièces juflificatives du feptième Chef:
Extrait d'une lettre de M. Laborie, fecrétaire de la
Chambre d'agriculture à M. Gouy d'Arcy, commifmaire-rapporteur du comité colonial, du IO
avril 1789.
J'obferverai fur le titre de cette lettre qu'il eft
bien fingulier
M. Gouy ait déguilé que
M. Laborie Eedira député du Cap à l'affemblée
nationale, quc M. Laborie n'ait pasindiqué le lieu
d'où il a écrit cette lettre. L'on affure qu'elle a
été faite à Paris en 1790, par convention entre
M. Laboric & M. Gouy, qui.étoit infiniment
fatisfait & fort embarrafé de trouver des matériaux pour appuyer fa dénonciation.
Leutre de M. Laborie.
Au moment, M. le Marquis, oi la Colonie me
donnoit une marque d'eftime & de confiance bien
Ratteufe, en me nommant Un2 defes députés aux Étatsgénéraux. M. lc comte de la Luzerne, me donne
une mortification bien fenfible.
Réfutation.
M. Laborie a été nommé député par le comité
qui s'étoit formé au Cap; il a été un des coopérateurs des travaux 8 des projets de ce comité;. .
il a eu la prudence de ne partir pour la France
lorfquil a cru pouvoir le faire fans fe comque promettre 5 il confond à defein les époques pour
exprimer les doléances de fon amour propre; il
. lc comte de la Luzerne, me donne
une mortification bien fenfible.
Réfutation.
M. Laborie a été nommé député par le comité
qui s'étoit formé au Cap; il a été un des coopérateurs des travaux 8 des projets de ce comité;. .
il a eu la prudence de ne partir pour la France
lorfquil a cru pouvoir le faire fans fe comque promettre 5 il confond à defein les époques pour
exprimer les doléances de fon amour propre; il --- Page 5 ---
E3 ]
tait ie motif de ces.doléances; on nc voit
en quoi M. de la Luzerne a pu lui donncr pas une
mortification bien fenfible, de pourquoi il montre
rant d'intérêt pour une affaire qui paroit ne
ic concerner.
pas
MM. Barada-avoit cte
médecin du Roi
au
long-temps
Cap, 6 à. fon départ pour ia France, M. de
Marbois CIl donna Pintéri d M. Arthaud, médecin.
Vous étiez mal informé; au départ de M.
Barada pour la Francc, j'ai été nommé à l'intérim de fa placc, par MM. dc Bellecombe &c
de Bongars; I°. parce que j'avois été pendant
quatre ans médecin du Roià Léoganc, par une
commiflion de MM. d'Argont & de Vaivre 5
2°, parce que j'avois été chef d'un hôpital militaire pendant la guerre fans aucune
&
rétribution,
que le miniftre, M. dc Caltries, fatisfait de
ma conduite & des obfervarions
faites
fur les maladics, avoit autorifé
Adminiftrateurs à me
1Eat
propofer pour la première place de médecin de Sa Majefé qui viendroit à vaquer.
M. Barada efl revenu 6 a repris fa
cela
étoit toutfimple; mais M.Arthaudla trouvémauvais. places
Vous l'ai-je dit, M. Laborie, que je l'avois
trouvé mauvais : Avez-vons connu mes fentiments à ce fujet? Pourquoi fuppofez-vous qu'ils
ont été malhonnêtes? Oi font vos preuves?
M. Arthaud regrettoit 6 convoitoit la place de
médecin du Roi.
Cette imputation eft la même
la précédente; je n'ai jamais défiré la placc dem médccin du
Roi que lorfqu'elle a été vacante 5 alors j'ai faits
tous mes efforts pour l'obtenir : ces efforts ont
été honnêtcs, légitimes & louables : j'avois un
but dont je peux rendre compte, &
m'honorcra encore. Je voyois la polibilité det me diftinguer dans le fervice des hôpitaux ; je voyois
A ij
oi.
Cette imputation eft la même
la précédente; je n'ai jamais défiré la placc dem médccin du
Roi que lorfqu'elle a été vacante 5 alors j'ai faits
tous mes efforts pour l'obtenir : ces efforts ont
été honnêtcs, légitimes & louables : j'avois un
but dont je peux rendre compte, &
m'honorcra encore. Je voyois la polibilité det me diftinguer dans le fervice des hôpitaux ; je voyois
A ij --- Page 6 ---
de la gloire à
& c'étoit-là
acquérir en me rendant
toute mon ambition; fi
utile,
rempli mes vues, fij j'ai été contrarié jc n'ai pas
du mal, c'eft la faute des
parlc
été perfécuté pour le bien circonftances; j'ai
PR
que l'on interroge les hommes quc j'ai voulu faire
m'ont maltraité, & qu'ils faffent, méchants
motifs de leur
connoître
9el
animofité? La
ma conduite a toujours été Phonnète régle principale de
je le répète, & je défie encore
& l'utile;
de prouver que je m'en fois jamais tous écarté. mes ennemis
Sur le rapport de M. Arthaud, 6 fans le
niquer à M. Barada, les Adminifratcurs
commudernier, ou à donner fia
forcèrent ce
du Roi, Or à vendre le demifion, comme médecin
pas en fon
magafin : cette vente n'étoit
neurs
pouvoir, fa femme avoit des enfants miM. intéreffés avec elle. Il donna
Arthaud réulfte mieux, il fict
fa demilfion :
ment médecin du Roi par les
nomméprovifoireEtoit-il notoire, M. Laboric, Adminifraceurs.
médecin du Roi, avoit acheté le > que M. Barada,
Lartigau & celui du fieur
magafin du fieur
du Roi, votre beau-frérc? Si Sauffay, cela
apothicaire
vrai, une fimple dénégation de M. n'avoit pas été
fuffi pour arrêter toute recherche à Barada auroir
M, Barada étoit
ce fujet. Mais
les aétes
acquéreur de deux pharmacies,
exiftoient, les billets folidaires
paffés à fes vendeurs étoient
qu'il avoit
avois pour dix-huit mille livres en circulation; dans
a ; j'en
iln ne pouvoit nicr l'évidence, & it étoit mcs mains;
nête pour le faire.
trop honVous dites que M. Barada ne
les magafins
avoit achetés pouvoit vendre
avec fa femme : fes
en communauté
pas fans doute.
enfants; vous ne prétendez
fait &c juftifier fa prouver par-là qu'il avoit bien
de ne pas acheter conduite; des
il avoit été le maître
pharmacics, & il ne pou-
'en
iln ne pouvoit nicr l'évidence, & it étoit mcs mains;
nête pour le faire.
trop honVous dites que M. Barada ne
les magafins
avoit achetés pouvoit vendre
avec fa femme : fes
en communauté
pas fans doute.
enfants; vous ne prétendez
fait &c juftifier fa prouver par-là qu'il avoit bien
de ne pas acheter conduite; des
il avoit été le maître
pharmacics, & il ne pou- --- Page 7 ---
[51
voit ignorer qu'ilavoit, par ccttc acquifition, compromis la délicateffe de fa place. Jc vais plus
loin, M. Barada étoit lc maitre de promcttrc aux
Adminiltrateurs dc vendre fcs magalins; il auroit
furement trouvé des achcteurs, & c'étoit tout ce
qu'on lui demandoit pour avoir pour lui tous
les égards que fon âge & fes longs fervices lui
avoicnt mérités. M. Barada pouvoit, fans doute,
en 1787, vendre fes magalins pour conferver fa
place, comme il a pu en 1790, remettre, faute
de paiement, le magafin qu'il avoit acheté de
M. votre Beau-frère ; mais il faut être vrai 2
M. Barada a préféré des affaires lucratives à une
place qui P'avoit à peinc fait exifter depuis qu'il
l'occupoit; il a donné librement fa démiflion, &
il a renoncé volontairement à fa placc. On ne
lui a donc fait aucune violence ; il ne peut donc
fc plaindre d'aucune injuftice.
J'ai été nommé provifoirement à la place de
médecin du Roi; ccla eft vrai, & il n'y a ricn
en cela d'étonnant : les mêmes motifs qui avoient
porté les prédéceffeurs de MM. de la Luzerne &
de Marbois à me donner l'intérim fubfiftoient :
mes nouveaux fervices me donnoient une recommandation de plus. On ne pouvoit donc me refufer
cette place fans injuftice; cependant cen'eftpas fans
peine que je l'ai obtenue; je n'ai eu la préférence
fur mes compétiteurs qu'aprés avoir lutté contre
tous les cfforts de leur jaloufie, & après avoir
renverfé les obftacles que leur inimitié m'avoit
oppofés. Mais eft-ce ma faute fi Ic fieur P. avoit
fait faire à l'avance un uniforme dont iln'apu fe
parer qu'au Mexique ?
Cependant quelque temps après, foie qu'il fe
brouillé avec un
Albert,
celui-ci cit
Sc
fieur
foit
remords, iZ dévoila la trame au fest Barada & lui
remit une copie d'un libelle calomnieux d'Arthaud qui
me fuc communiqué.
A iij
oppofés. Mais eft-ce ma faute fi Ic fieur P. avoit
fait faire à l'avance un uniforme dont iln'apu fe
parer qu'au Mexique ?
Cependant quelque temps après, foie qu'il fe
brouillé avec un
Albert,
celui-ci cit
Sc
fieur
foit
remords, iZ dévoila la trame au fest Barada & lui
remit une copie d'un libelle calomnieux d'Arthaud qui
me fuc communiqué.
A iij --- Page 8 ---
6 I
Je n'aijamais ett de liaifon avec le fieur Albert,
qui étoit alors apothicaire : il avoit dénoncé au
Miniftre les acquifitions de M. Barada : fon but
étoit de folliciter la place d'apothicaire du Roi
& les fournitures dont M. Barada avoit les bénéfices; cela eft fi vrai que le fieur Albert a voulu
traiter avec M. votre Beau-frére, qui étoit alors
à Paris, pour le porter à donner fa démiffion en
fa faveur. 11 a agi de fon propre mouvement,
il ne m'a pas communiqué fon projet; 5 & s'il
m'en edt fait part, croyez, Monlicur,
ne
l'aurois ni confeillé ni approuvé. Le fieur queje Albert
eft aujourd'hui avec le titre de médecin dans le
quartier de Limonade, prés le Cap; il peut être
vrai, & je le crois affcz honnête homme
certifier mon rapport & démentir le vôtre. pour
J'ai été confulté par les Adminifrateurs fur le
fait dénoncé au Miniftre: cela eft vrai. Je leur
ai donné un rapport : cela cft vrai. Mais
étoit la nature de CC rapport ; un expofé qu'elle
des aétes paffés entre M. Barada & fcs fimple,
en parlant de l'incomparibilité de la vendcurs: place de
médecin du Roi avec celle de fourniffeurs de
drogues, je n'ai fait quc répéter ce
le fiear
Albert avoit dit au Miniftre; mais je
fait
un
avcc
rE
autre fentiment, &j'ofe le dire avec un fentiment plus pur. N'avez-vous jamais été peiné,
Monfieur, lorque vous avez vu la nobleffe de
votre profeftion compromife ? Je pourrois vous
en citer des exemples. Pourquoi me
un
crime d'avoir connu celle de mon faites-vous érat? Pouvois-je, lorfqu'on me demandoit la vérité, me
difpenfer dc la dire : Il eft vrai que je
ne pas faire connoître, 2 en parlant de la pouvois
cie de M. votre Beau-frère,
vous pharmaun intérêt
> que
aviez eu
lui
perfonnel en temps de guerre, s pour
procurer les fourniturcs pour le Roi. Cet ex-
me
un
crime d'avoir connu celle de mon faites-vous érat? Pouvois-je, lorfqu'on me demandoit la vérité, me
difpenfer dc la dire : Il eft vrai que je
ne pas faire connoître, 2 en parlant de la pouvois
cie de M. votre Beau-frère,
vous pharmaun intérêt
> que
aviez eu
lui
perfonnel en temps de guerre, s pour
procurer les fourniturcs pour le Roi. Cet ex- --- Page 9 ---
[71
pofé pouvoit êtrc déplacé, mais il n'avoit pas lc
caraétére de la calomnic, & CC n'étoit pas unc injurc. Cependant vousm'en avez fait un crimc, vous
l'avez dit, on vous 2 cru, Ou l'on a paru vous
croire, &jai été accablé du poids de votre haine
pour avoir levé indifcrétement le voile de vOS
intérêts.
Au relte, CC n'eft pas le fieur Albert qui a fait
connoitre mon rapport à M. Barada, c'cft le ficur
P > unde mcs confrércs, 3 un de mcs compétiteurs, un de mes cnnemis; mais, Monfieur, les
faits mis en évidence fir des aétes publics, fur
des preuves par écrit, ne font pas des calomnies,
& ni vous, Monfieur, ni tous ceux qui peuvent
avoir ll11 intérêt pour nic naire, ne pourrez jamais
me faire defcendre au rang des calomniateurs.
Nous en portames plainte en juflice. Les informazions prouvérent qu'Arthaud étoit Pauteur de toute la
trame , que lui-même avoit fait le mémoire préfenté
par Albert au Minifere; Arthaudfue convaincu de la
plus atroce calomnie. Un arrêt le déclara calomniateur
& le condamna à une réparation publique.
M. Laborie! M. Laborie ! le mot de calomniatcur vous eft familicr Je ne fuivrai pas votre
exemple Jc ne m'en fervirai pas. Il feroit même
trop dur de vous dirc qu'il n'eft pas vrai que les
informations ont prouvé quej'cuffes fait le mémoire préfenté par Albert au Miniftre. Je me bornerai donc à vous renvoyer aux informations de la
procédure. Le fieur Albert a faitl'aveu contrairede
ce que vous dites ; & il y a eu fi peu de charges & fi peu de preuves contre moi, que les
miers juges vous ont débouté de VOS demandes precn réparation. Vous avez fans doute regardé ce
jugement fimple & équitable comme peu fatisfaifant pour votre vengcance, puifque vous en
avez fait appel. Il-n'y pas eu de nouvelles in-;
A iv
à vous renvoyer aux informations de la
procédure. Le fieur Albert a faitl'aveu contrairede
ce que vous dites ; & il y a eu fi peu de charges & fi peu de preuves contre moi, que les
miers juges vous ont débouté de VOS demandes precn réparation. Vous avez fans doute regardé ce
jugement fimple & équitable comme peu fatisfaifant pour votre vengcance, puifque vous en
avez fait appel. Il-n'y pas eu de nouvelles in-;
A iv --- Page 10 ---
L 8]
formations au Confeil Un arrêt eft intervenu...
Cela elt vrai: mais convencz-en, vous qui vous
y connoifez Gi bien, n'écoutez que la voix de
votre confcience, cette voix qui doit dominer
les paflions : cet arrêt n'eft-il pas un outrage fait
à la juftice ?
Les Adminifrateurs furent piqués de la punition
d'une calomnie & d'un efpionage auxquels ils n'avoient
que trop 'de part, & que etoient un des moyens favoris
de l'adminifration du fieur de Marbois.
Voilà encore une fiuppofition très-hafardée;
vous me feriez croire que vous avez la lorgnette del'enchanteur Merlin pour lire dans les
fentiments les plus fecrets; il y a cependant
plus de paflion
de magie dans l'intention
qui vous a fait Detired votre lettre ; car au fait,
vous n'avez pas fcruté l'opinion intime dcs Adminitrateurs, & vous n'avez pu la connoître.
Si j'ai démontré que je nc vous avois pas Calomnié, j'ai prouvé l'injuftice de l'arrèt que vous
avez obtenu. Le Confeil n'a rendu cet arrêt que
pour calmer les fureurs de votre reffentiment: :
celt un effet de fa pitié 5 vous en feriez mort
de colérc; la bile vous auroit étouffé, fi, vous
n'avicz, pas été venge, & il favoit que j'aurois
encore le courage de fupporter une injuftice.
Quant à l'efpionage que vous me reprochez
& aux Adminiftrateurs, c'eft encore une
fition fans preuve & une abfurdité. Si MM.
ME
Adminiftrateurs avoient voulu employer l'efpionage, ils fe feroient fans doute fervis d'hommes
tres-répandus - > très -adroits, très-cautcleux : je
fuis un peu trop folitaire, j'ai lc caraétère trop
inflexible pour être un efpion utile; & il faut
T'avouer, je joucrois fort mal mon rôle.
Lorfquc vous avez fait cette fuppofition, vous
vous faviez bien quc vous n'aviez aucune preuves
iftrateurs avoient voulu employer l'efpionage, ils fe feroient fans doute fervis d'hommes
tres-répandus - > très -adroits, très-cautcleux : je
fuis un peu trop folitaire, j'ai lc caraétère trop
inflexible pour être un efpion utile; & il faut
T'avouer, je joucrois fort mal mon rôle.
Lorfquc vous avez fait cette fuppofition, vous
vous faviez bien quc vous n'aviez aucune preuves --- Page 11 ---
mais vous voulicz rendre lcs Adminiftrateurs fort
odicux, & il faut convenir que vous avez
la maxime
bien réufli; vous connoifliez cependant
des
dc M. Gouy : Qu'un accufateur doit adminiferer le
fulffantes du délit, doit convaincre coupapreuves ble,fous peine d'être confidéré écomme calomniateur (I).
Mais ils vouloient abfolument récompenfer M. Arthaudqui leur avoit rendu plus d'un fervice de ce genre.
Vous continuez VOS fuppolitions, 8c vous ne
prouvez ricn. On doit cependant pouvoir prouver,
quand On parle d'une manière aufli pofitive ;
mais je fuis fatisfait, les honnètes gens ne vous
croyent M. de pas. la Lugerne devient miniflre , & une defes
premières opérations fiuc de faire caljer P'arrêt du ConReil-fupérieur du Cap 3 & de nommer définitivement
M. Arthaud médecin du Roi
m'a rendu
C'elt lc Confeil d'Etat du Roi qui
la juftice quej'ai obtenuc; & Gj'ai ides obligations
à cct égard à M. de la Luzerne , ma reconnoif- difance eft aufi pure que lcs lumières qui ont
rigé fon opinion. j'ai été nommé médecin du
Oui, & Monficur, j'ai été
à Sa Majefté par M. de
Roi, la Luzerne. C'eft propofé là le coup lc plus douloureux
pour mcs ennemis 5 je'crois qu'il eft fâcheux pour
eux de n'avoir pas réuffi à m'écarter de cette
place, après avoir tant déclamé , tant écrit contre moi & cmployé des moyens fi odieux;
n'ont
mais croyez - vous, Monfieur , qu'ils
pas
affez vengé lcur amour propre ? ils ont attenté
impunément à mon honneur & à ma vic; &c s'ils
n'ont pas réufi à me perdrc & à mc faire affaffiner, ils ont au moins la fatisfaction de m'avoir
accablé d'outrages, fans que j'aie pu être vengé
(1) Dénonciation., P: j.
& cmployé des moyens fi odieux;
n'ont
mais croyez - vous, Monfieur , qu'ils
pas
affez vengé lcur amour propre ? ils ont attenté
impunément à mon honneur & à ma vic; &c s'ils
n'ont pas réufi à me perdrc & à mc faire affaffiner, ils ont au moins la fatisfaction de m'avoir
accablé d'outrages, fans que j'aie pu être vengé
(1) Dénonciation., P: j. --- Page 12 ---
[ Io ]
par les lois ; ils ont placé la douleur G près de
moi, qu'il elt impoflible qu'elle ne me ioit pas
communiquée, & que je ne la reffente pas dans
tous les moments de ma vic [1]
Au relte, Monfieur 3 f j'avois eu des complaiianccs pour le Miniftre, jc n'aurois
en
avoir que dhonnèges; c'eut étélc moyen de pu mériter fon eftime S mais je n'ai même pas eu lc
bonheur de pouvoir lui en montrer de femblables. M. de la Luzerne a Vu chez mnoi un homme
d'honneur, rempli d'émulation & d'amour
le bien public, 8 il a fait récompenfer mes
vices
Fret
&c mon zélc.
M. de la Luzerne aimoit les fciences, cela
efl vrai: il Ics cultivoit en hommc d'Etat,
fair combien elles font uriles 8c combien
méritent
elet
d'être honorées ; il ne leur a jamais facrifié des occupations plus importantes ni les moments qu'il devoit donner aux affaires publiques.
fitaires (1) Non-feulement je n'ai point été vengé par les
de la force publique, par les miniftres de la
dépoconx qui ont le plus parcicipé à l'attentat inoui commis loi, contre mais
moi le 18 octobre 1789, ont paffé aux
& je les ai vu repréfenter ull peuple dont charges ils avoient publiques, violé
les droits; mais la confiance dont ils ont paru jouir n'étoiz
qu'une Hlufion $ les honneurs qju'is avoient ufurpé, ne les
ionoroient point du tour, car les charges
ne
vent honorer que les bommes vercueux, publiques
peuccIl ne fant pas croire quel'on puiffe offenfer ou couper un
bras, que la douleur ne s'en porre a la têre; & il d'eft
plus croyable que la volonté générale confente
pas
bre de l'état quel qu'ii foit en bleffe ou détruife qu'un un memqu'il ne Peft que lcs doigts d'un homme ufant de fa autre, raifon
cilent lei crever lesyeux. La fureté particulière eft
irde avec la confidération publique, que fans les tellement
J'on doit à la foibleffe humaine, cette convention égards feroit dif- que
foire par le droit, s'il périffoit dans l'état un feul
qu'ou eût pu fecourir: fi Fon en rerenoir à tort un citoyen feui en
frifon, & s'il fe perdoit un feul procès avec une injuflics
évidente 5, V.J.J. R. Dife.fur TEcon. pol,
avec la confidération publique, que fans les tellement
J'on doit à la foibleffe humaine, cette convention égards feroit dif- que
foire par le droit, s'il périffoit dans l'état un feul
qu'ou eût pu fecourir: fi Fon en rerenoir à tort un citoyen feui en
frifon, & s'il fe perdoit un feul procès avec une injuflics
évidente 5, V.J.J. R. Dife.fur TEcon. pol, --- Page 13 ---
LII ]
miliM. dc la Luzerne a traduit un ouvrage
la retraite dcs dix mille par Xénophon..
taire, 3
a décrit ics camCéfar, ainfi que Xénophon, Brutus lifoit Polibe dans
pagnes dans lcs Gaules.
& il en fit un abrégé
ies plus grandes affaires, à Antoinc & à
lorlquil hiloit la gucrre
Auguftc.
Lc chevalier de Folard a donné fur Polibe un exccllent commentaire qui a encore été enrichi par
Guibert. Perfonne n'a reproché à ces guerriers
leurs travaux littéraires, & l'on a jamais dit que
connoiffances fuffent inconcilialeurs profondes de
les hommes (1). Ona
bles aveclart gouverner févère
M. de la Luzerne...
été cependant plus
n'a pour être un bon Gou-
& pour prouver qu'il
pu ni un bon Miniftre,
verneur de Saint-Dominguc, d'ètre
infruit & d'avoir
on lui a reproché
trop
l'art
a illuftré
étudié avec trop d'application été qui la
&
fes ancètres, & qui a toujours étonnant, paflion d'ala gloire des Français. N'eft-il pas
prés cela, qu'on lui ait donné pour fucceffeur aul
s'eft
d'écrire un
miniltère, 3 un favant qui
permis
journal de navigation & fes voyages, pour éproules
marines.. Il eft vrai
ver en mer
horloges n'avez
été confulté
ni vous, ni M. Gouy
pas
Qur Ce choix. croira CC
vous avez dit à M.
Perfonne ne
que
que M. de la Luzerne avoit padé fon
Saint-Domingue à herborifer ou à delfiner
temps
Cmti
des infetes (2). Le gout de la nature, > ainfi
lettres, doit-il être étranger aux
Romdes
celui des
donc cle temps oul'on
dc qualité? Regrettez-vous de la bravoure de la nobleffe françaifc, ne parloit & tais on lui reprochoit fon ignorance? M.
dc la Luzerne a eu le projet d'enrichir Saint-Do-
(1) Le V. Prince Dénonc. de Téloquence p. 49.
fut Conful de Rome, & le plus
grand, (2) peut-ètre, des Philofophes, Chancelier d'Angleterre.
j. J. Roufeau.
celui des
donc cle temps oul'on
dc qualité? Regrettez-vous de la bravoure de la nobleffe françaifc, ne parloit & tais on lui reprochoit fon ignorance? M.
dc la Luzerne a eu le projet d'enrichir Saint-Do-
(1) Le V. Prince Dénonc. de Téloquence p. 49.
fut Conful de Rome, & le plus
grand, (2) peut-ètre, des Philofophes, Chancelier d'Angleterre.
j. J. Roufeau. --- Page 14 ---
[ 12 ]
mingue des plantes de FInde qui pouvoit accroître
les cultures, fournir aux habitants de nouvelles
josilfinces, & aux Negres des moyens de fubfitlance, Scs vues étoient fans doute celles
bon Adminiftrateur; & dans un autre
d'un
elles auroient mérité à M. de la Luzene la temps recon- s
noillance de la Colonic. Vous favez,
que c'eft à deux plantes étrangères
Monficur, Saint-Dominguc doit toute fa profpérité; 3
donc la
fervir
iltones
que de vouloir multiplier fes
il cit fans doute bien
reffources. Et
da être regardé
étrange que ce qui auroit
auroit dû
comme un bienfait, & ce
être un fujet de louange & de
qui
ciment pour M. de la Luzerne 5 ait remermatière d'un reproche, & foit devenu 2
fourni la
d'ingratitude.
un fujet
Sinfi 117Z triomphe éclatant fur une Cour
raine qui a jugéjafement e en connoifance de fouveainfi une place honorable font les
caufe; de
délation 6 d'un efpionage quis depuis récompenfes la
jette la défiance dans zoutes les fociétés de long-temps la Colonie. s
Vous conviendrez,
CC
Monficur, que j'ai ufé de
triomphe avec bien du
pas trouvé de fatisfaction à ménagement; afficher
je n'ai
& je l'ai négligé, quoique
fufle votre défairc,
cependant je me rappcilois l'affectation iy
autorifé :
quelle vous aviez fait afficher l'arrêt avec laaviez ufirpé, & la profnfion avec
quc vous
aviez répanda le mémoire atrabilaire laquelle & diffa- vous
matoire que vous aviez fabriqué contre moi; ;
chacun, Monfieur, prend fon plaifir ouille
Rédnit à me défendre, je tâche de trouve.
l'opprefion 8x de "conferver) I P'eftime de mes repouffer
concitoyens, liant
3 mais je nc jouis pas, même en humimes ennemis.
Vous le favez, Monficur, le moyen d'obtenir
la juficc n'eft pas toujours-d'ètre placé
trop prés
matoire que vous aviez fabriqué contre moi; ;
chacun, Monfieur, prend fon plaifir ouille
Rédnit à me défendre, je tâche de trouve.
l'opprefion 8x de "conferver) I P'eftime de mes repouffer
concitoyens, liant
3 mais je nc jouis pas, même en humimes ennemis.
Vous le favez, Monficur, le moyen d'obtenir
la juficc n'eft pas toujours-d'ètre placé
trop prés --- Page 15 ---
[ 1; ]
de fes juges. Lcs tribunaux font cccupés par des
hommes, & CCS hommes ont lcurs pallions; fi
l'on doit craindre l'ignorance dcs 1-205 & leurs
crreurs, on doit bicn plus redouter encore lcurs
prévencions & lear animofiré.
Mais, Moniicur, puifque vous êtcs tant tourmenté de l'arrèt que j'ai obrenu contre vous,
demandez un tribunal à ia nation; faires révifer
de
notre affaire . e J'apprchende les incertitudes
la jultice; clles font bien aufli funcftes que celles
de mon état. Cependant jc mc foumet avec confiancc à des juges éclairés, dont l'ame ne fera
pas corrompuc par la partialité.
Pourquoi, Monlicur, n'avez-vous pas fait connoître T'efpionage qui paroit vous tenir tant à
coeur? Vous auricz rendu à la fociété la fécurité quc vous dites qu'clle avoit perduc, & on vous
auroit cu obligation d'un fervice auffi important.
Vous admettcz que les Adminiftratcurs avoient
un grand intérêt al la prétenduc délation que vous
mc reprochez avec tant d'amertume : qucl étoit
donc cct intérêt? expliquez-vous : je fuis étonné
que vous ne les aycz pas aufli accufés d'avoir
excité le ficur Albert à dénoncer l'inconduite du
fieur Barada.
Le pubitc n'a VIL dans cejugement d'iniquité qu'un
nouveau traiz du defpotifre qui fait le défefpoir des
Colons, 6 quiprépare fourdement une révolution dont
je defire que les fiaites ne foien: pas fatales aul Gouvernement.
Le public favoit que jc ne vous avois pas Calomnié en difant que vous avicz eut des fonds à
intérêt dans les mains de votrebeau-frère, apothicaire du Roi; il favoit que je ne vous avois
pas calomnié lorfque javois dit que c'étoit par
votre crédit, que votre beau-frère avoit obtenu
les fournitures pour lc Roi; il favoit que je n'a-
que les fiaites ne foien: pas fatales aul Gouvernement.
Le public favoit que jc ne vous avois pas Calomnié en difant que vous avicz eut des fonds à
intérêt dans les mains de votrebeau-frère, apothicaire du Roi; il favoit que je ne vous avois
pas calomnié lorfque javois dit que c'étoit par
votre crédit, que votre beau-frère avoit obtenu
les fournitures pour lc Roi; il favoit que je n'a- --- Page 16 ---
[14] ]
vois pas calomnié le ficur Barada en prouvant
qu'il avoit acheté deux magalins dé
dont une faifoit les fournitures qu'il devoit pharmacics,
ter. Il avoit entendu les murmures des perfonncs inlpecqui connoiffaient les convenances de mon état ;
il favoit que j'avois dans lcs mains pour une
fomme allez confidérables de billets que le fieur
Barada avoit confentià un de fes vendeurs 5 aufli,
Monfieur, lorfque T'arrêt, qui me taxoit de Calomniateur, intervint, on dit que le Confeil
voit juger qu'il nc faifoit point jour à midi, mais pouqu'il étoit impoffible qu'ii le fit croire. Ne dites
donc pas, Monficar, que le pablic n'a vu dans
l'arrêt du Confeil d'état qu'un trait de defpotifme;
jc vous affitre, Monficur,
le Confeil-/mpérictr
lui-méme connoifoit REE les vices de l'arrêt
qu'il avoit rendu, pour être fur qu'il feroit réformé fi je me pourvoyois en caflation; ; le Procurcur-général me dit la veille du jugement
c'étoit un parti
que l'arrêt étoit arangé; quc il
s'abftint de POCAROPA des conclufions. M. le Préfident du Confeil ne voulut pas aflifter à ce
ment, & il me dit
j'avois été facrifié. juge- de 2 -
Voilà l'opinion que dlg Juges équitables avoient
de cet arrêt: on peut inférer d'aprés cela CC
le public pouvoit cn penfer.
quc
Vous employez d'un ton pathétique & touchant
les grands mots que le temps a confacré & auxquels un temps plus modéré rendra toute leur
valeur. Du defpotifme - du défefpoir ! je n'ai
mais rien vu de fi défefpérant que l'état d'anar- jachie dans lequel nous vivons & auquel vous avez
contribué; mais un grand architeéte comme vous,
n'eft pas effrayé de voir des ruines, fon génic
luioffre toutes les reffources pour élever un nouvel
édifice; &, dansle plan qu'il en forme, il défigne avec adreffe la place qu'il fe réferve & le
logement qu'il veut occuper,
me - du défefpoir ! je n'ai
mais rien vu de fi défefpérant que l'état d'anar- jachie dans lequel nous vivons & auquel vous avez
contribué; mais un grand architeéte comme vous,
n'eft pas effrayé de voir des ruines, fon génic
luioffre toutes les reffources pour élever un nouvel
édifice; &, dansle plan qu'il en forme, il défigne avec adreffe la place qu'il fe réferve & le
logement qu'il veut occuper, --- Page 17 ---
LI5 ]
Que fadmire , Monfieur 2 votre prévoyance!
Vous avcz déviné cn 1790, à Paris, quil lic preparoic fourdement une révolution qui avoit dijà
eclatée ! Que j'admire aufli votre fagenle & vorrc
modération! l'intérêt que vous prenez au Gouvernement dont vous avez tant a vous plaindre,
tient à un fentiment bien louable; cependint,
Monficur, foyez tranquille, lc Geuvernemcnat,
ponr avoir changé de forme, n'eit pas détruic.
Puille-t-ilfe trouver toujours dans des mains purcs
& fermes qui fachent cn tenir les rênes? Paifct-il conferver l'éncrgie qu'il doit avoir pour
arrêtcr lcs complots des méchants > maintenir
l'ordre, la furcté & punir les perturbatcurs an
biticux ?
J'ai publié cet cxamen 2 parce que je fais CC
quc jc me dois &c à la vérité. Avez-vous pu
croire un inftant, Monficur, en écrivant votrc
lettre à M. Gouy', quc CC député fi ardent pour
lcs dénonciations, ) 6 pcu délicat fur lcs moyens,
& qui a cmployé tant d'art pour façonner dcs
menfonges, auroit pablié ccttc diffamation ténébreufc? N'avez-vous pas fenti quc vous comprometticz votre honneur cn fsifant un récit partial
qui pouvoit êtrc démenti?
La nation affembiée nc connoit pas lcs haines,
les petites palions qui divifent les particuliers, lc
flambcan de la vérité peut feul éclairer fcs opinions
8z régler fes jugemens; clle n'accueillera jamais
l'impolture qui 1 cherchera àl la féduire, &c clle la
repouffera avec indignation du licu facré ott clle
dicte fcs volontés; ; cilc examinera l'ouvrage menfonger de M. Gouy, que la vengeance & la haine
ont tant careffe; & lorfqu'clle en aura reconnu
le caraétère, lorfqu'elle aura pris far-tout dans la
confilirationlapiafericefe, le chapitre correfpondant
l'impolture qui 1 cherchera àl la féduire, &c clle la
repouffera avec indignation du licu facré ott clle
dicte fcs volontés; ; cilc examinera l'ouvrage menfonger de M. Gouy, que la vengeance & la haine
ont tant careffe; & lorfqu'clle en aura reconnu
le caraétère, lorfqu'elle aura pris far-tout dans la
confilirationlapiafericefe, le chapitre correfpondant --- Page 18 ---
E790
A787r
[16 1
des pièces jafifeatives dépofces (1), lorfqu'clle en,
aura écarté les déclamations & analyfé ies faits,
clle le foumettra à la loi à qui il eft dédié. Ceft
alors, Monlieur, que M. Gouy, qui fait mieux
perfonne,
la raifon toujours finit
avoir
quc
la févérité
cette
-
craindre
8a
2),
aditre
raifon
bienfaifante & terrible qui protège
puilance îhomme jufte & doit accabler les méchants.
Quant à vous, Monficur, vous à qui je n'aij jamais fais de mal, vous cependant quim'ena avezt tant
fait: vous qui, pour venger une injure prétendue
que je'ne vous ai point faite, que jc n'aijamais eu
intention de vous faire, avez employé tout ce
le reflentiment le plus immeluré a dc plus
que implacable, pour me perdrc dans l'opinion des
hommes 3 m 'arracher leur eftime, me dépouiller bien
du fruit de mes travaux 5 vous, qui avez fi
réufli à me tourmenter : & qui cependant n'avez
m'ôter Thonneur > je vous livre à l'opinion
publique... pu
Sijamais un fentiment d'équité trouve
placc dans votre ame, c'eft alors que vous éprouverez des remords (3), & je ferai vengé.
CHARLES ARTHAUD, citoyen français.
(1) (2) Avertiffement, Titre d'un pamphlet de M. Gouy.
(3) Celui qui vient à bout de braver les remords, ne
tardera pas à braver les fupplices. J. J. R.
Au Cap-Français, de l'Imprimeric royalc. --- Page 19 --- --- Page 20 ---