--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Jabir Cartrr Wrolun
Lihrary
Brmn Hutversity
à 2 1 - a
Le 82AXMAX --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
REFLEXIONS
SURLA COLONIE
DE SAINT-DOMINGUE.
TONESECOND --- Page 6 ---
RAAK -
: 2 --- Page 7 ---
REFLEXIONS
SUR LA COLONIE
DE
SAINT-DOMINGUE,
OU
ExANEN approfondi des causes de' sa ruine, > et des
mesures adoptées pour la rétablir ; terminées par
l'exposé rapide d'un plan d'organisation propre à lui
rendre son ancienne splendeur;
adressées au Commerce et aux Amis de la prospérité
nationale.
Est modus, in rebus, sunt certi denique fines,
Quos ultrà citraque nequit consistere rectum.
T O M E SECOND.
CRANS
A PARIS,
Chez GARNERY, Libraire, rue Serpente, no.17.
Lan 4 de la République (1796.) --- Page 8 --- --- Page 9 ---
REFLEXIONS
SUR LA COLONIE
DE SAINT-DOMINGUE:
utrtr a 01 A Kk 2
O2 rworemacee---TOS
DISCOU RS IV.
CHAPITRE IX.
Des bases du systême commersial de l'Europe i de
P'influence des colonies sur les rapports généraux
des nations ; de l'uniformit des colonies françaises
et, étrangères 3 et des désavantages qui doivent rén
sulter de l'intervertissement de cet ordre de choses
pour celle oi il s'opérerait, et pour sa métropole.
Jar exposé succintement au commencement de cet
ouvrage 2 les effets que la découverte de l'Amérique
produisit sur les intérêts et sur le systéme politique
Tome II,
A --- Page 10 ---
(2)
de l'Europe. Chaque état s'efforça de sapproprier
fruits de ce grand évènement, et de l'apquelques
l'étendue de ses
pliquer à sa propre utilité, > selon
ou
selon que ses principes constitumoyens 2
plurôt
natifs donnèrent plus ou moins d'essor aut génie
tional. 'Tandis que le Portugal retombait dans sa
médiocrité 2 après avoir jetté, par ses entreprises 9
brillant mais de
de durée : tandis que
un éclat
peu
la
de
FEspagne, a qui le hasard avait départi gloire
l'ombre pour la réalicé 2
servir d'exemple 2 prenant
confondait avec la vraie richesse ce qui n'en est
le signe représentarif; la France et PAngleterre
s'attachant que
à des maximes plus saines s s'élevèrent
au plus haut dégré de puissance 5
concuremment
ses imT'une par sa position géographique 2 par
de
menses ressources territoriales, et par l'industrie
; l'autre par sa politique,
sa nombreuse population
les formes protectrices de son gouvernement 2
par
tout fut constamment
et par son commerce , auquel
La Hollande fut un nouvel et éclatant
rapporté.
enfanter l'espric d'une liexemple de ce que peut
le despoberté sage et bien organisée 7 qui lorsque
convertissnit des contisme aveugle et imprévoyant
déserts
à fixer sur un sol
trées fertiles en
2 parvint
l'abondance et la
ingrar et disgracié de la nature 2
richesse qu'elle semblait avoir exclusivement accordées à des climats plus heureux.
Ce fut depuis la découverte d'un nouvel hémis-
atant
rapporté.
enfanter l'espric d'une liexemple de ce que peut
le despoberté sage et bien organisée 7 qui lorsque
convertissnit des contisme aveugle et imprévoyant
déserts
à fixer sur un sol
trées fertiles en
2 parvint
l'abondance et la
ingrar et disgracié de la nature 2
richesse qu'elle semblait avoir exclusivement accordées à des climats plus heureux.
Ce fut depuis la découverte d'un nouvel hémis- --- Page 11 ---
(3 )
phère , que ces trois états, qui rivalisèrent ensemble
par la grandeur imposanre de leurs opérations, et par
leurs succès prodigieux, devinrent en quelque sorte
les arbitres des destinées de l'Europe : ce fuit à
conprer del'époque dela fondation de leurs colonies,
qu'elles créèrent des flottes formidables 2 qu'elles
couvrirent toutes les mevs de vaisseaux, et qu'elles
allèrent donner des lois aux contrées les plus reculées de l'univers. Mais oublions des succès étrangers pour ne nous rappeller que ceux de la France,
l'influence qu'ils eurent sur son état présent > et
celle que leur retour ou leur cessation absolue doivent avoir nécessairement sur son état avenir.
Nous nous éloignerons même rapidement d'une
époque dont l'idée ne peut inspirer que des regrets
douloureux et peut-être inutiles 2 et nous franchirons cet intervale effrayant qui n'a été rempli
que par des désastres. Nous oublirons l'époque d'un
commerce Hlorissant > d'une industrie miraculeuse
par ses produits 2 et encore plus par ses effets sur
la masse des intérêts généraux; 5 et nous nous demanderons seulement par quels moyens la France
était montée à ce haut dégré de splendeur 2 et
comment elle en est déchue ?
Il n'est plus permis d'ignorer que c'était par les
richesses immenses qu'elle retirait de ses colonies,
sources inépuisables de prospérité publique et partiA 2 --- Page 12 ---
(4)
culière et dont la ruine a tout plongé tout-à-coup;
s
dans la langueur et Pabatrement.
C'était par les colonies > par Saint-Domingue
nous rendions nos tributaires
nommément, que
maintenant. Si ces
les nations dont nous le sommes
d'abondance n'avaient pas été desséchés, nous
canaux
aussi cruel dénuement de
n'aurions pas éprouvé un
été forcés de leur
subsistances. s nous n'aurions pas
demander et de recevoir par grace s leurs marchanconditions les plus onéreuses ; le sucre,
dises aux
remle café et l'indigo eussent avantageusement
le numéraire immense sorti de la métropole
placé
la marine française ne
pour nos besoins pressans 5
national anéanti ;
serait pas désorganisée, le commerce
cruel et dévorateur, ne s'attaTagiotage , ce vampire
sein décharné
cherait pas avec tant de ténacité au
de la patrie. Enfin si Tépuisement de nos ressoutces
d'an'avait pas été prémédité et préparé long-tems
la ruine de Saint-Domingue, ce Aeuve
vance 2 pat
elle, etl la metcrait
réparateur coulerait encore pour
état de faire face à tous ses besoins.
en
nous consoler de ces privations?
Que reste-t-il pour
Des plans incertains > des chimères emphatiquement la
nous étourdir sur la perte de
proclamées pour
tout est
réaliré Ecoutez ces Pangloss politiques;
disent-ils : les sources des richesses
pour le mieux,
tarderont
de la France sont épuisées. 1 Elles ne
pas
, etl la metcrait
réparateur coulerait encore pour
état de faire face à tous ses besoins.
en
nous consoler de ces privations?
Que reste-t-il pour
Des plans incertains > des chimères emphatiquement la
nous étourdir sur la perte de
proclamées pour
tout est
réaliré Ecoutez ces Pangloss politiques;
disent-ils : les sources des richesses
pour le mieux,
tarderont
de la France sont épuisées. 1 Elles ne
pas --- Page 13 ---
(5)
à coulcravec plus d'abondance que jamais. Saint
Domingue est ruinée,anéantic.- Elle: n'cst, repondon, que régénérée, et bientôt elle brillera d'un nouvel éclat. - Mais sa population blanche est exterminée oul fugitive.-Cest un sacrifice expiatoire qu'on
devait à Thumanicé
Tout est pour le mieux, dis-je; et pour mettre
le sceau à ce grand ceuvre de sagesse et de haute
politique, il ne manquait plus que d'en remercier
solemnellement les sanguinaires ceopérateurs, d'appliquer au squelerte d'une colonie si brillante autrefois, une constitution qui ne peut convenir tout au
plus qu'i un corps sain et vigoureux, et de vouloir
fonder sur le sable mouvant du crime et des passions, un édifice dont les principes ne peuvent subsister et se maintenir que par la vertu, et par la
réunion de toutes les volontés.
J'ai examiné les obstacies que les localités, le
génie populaire et le résultat moral et physique des
évènemens opposeront à l'organisation des lois consticutionelles à Saint-Domingue : je vais maintenant
considérer les effets que cet érablissement > en supposant sa possibilité locale, ne manquerait pas de produire sur les intérêts généraux de la métropcle.
Le moyen d'abréger la discussion est d'aborder
Ii question avec franchise, et d'examiner si dans
un état de liberté non mosifiée, Si par PintroducA 3
S --- Page 14 ---
(4)
tion d'un nouveau système, et par l'abolition éntière
absolue de l'ancien, cette colonieremplira son obet
d'utilité à Tégard de la métropole,
jer indispensable
l'examen de leurs rapports muLa solution est dans
de les
zuels: des bases SUI lesquelles on se propose
de la situation politique de la France
appuyer et
de FEurope.
vis-à-vis des autres états commerçans
forSaint-Domingue était une colonie, qui seule
de
à laquelle celle de
mait une masse
produits
françaises ou étrangères
toutes les autres possessions
être comparée (en 1789 son commerce
ne pouvait
les fausses
d'importation ou exportation, non comptis
déclarations, les interlopes et les enlèvemens furtifs,
millions deli livres);elle seule, par ses resfut de 375
fournissources inépuisables et toujours croissantes,
les moyens de se relever après
sait à la métropole
subitedes guerres ruineuses 2 et de faire reparaître
les
diverses époques, des escadres
ment sur
mers,à
les forces navales
imposantes et capables de balancer
avait cru les avoir anéanties sans
d'un enncmi qui
d'envahisToujours acharné à son systême
retour.
il a avidement saisi l'occasion de
sement maritime, côté
lui causait le plus d'omnous nuire par le
qui
n'existe plus,
brage et de jalousie. Notre commerce
des
et la pépinière
nos Aottes sont désorganisées,
est dévastée. Que
matelots fianagis,.Sim-IDoniseue moins coopéré à
ennemi ait plus ou
çet implacable
désartres, son but est toutefois parfaiteinent
ces
retour.
il a avidement saisi l'occasion de
sement maritime, côté
lui causait le plus d'omnous nuire par le
qui
n'existe plus,
brage et de jalousie. Notre commerce
des
et la pépinière
nos Aottes sont désorganisées,
est dévastée. Que
matelots fianagis,.Sim-IDoniseue moins coopéré à
ennemi ait plus ou
çet implacable
désartres, son but est toutefois parfaiteinent
ces --- Page 15 ---
(7)
au:si bienlen'tre,n pot:
rcmpli : Remplirons-:ou:
tant un remèle efficace et prompt à no. maux !
Pour y parvenir, la nécessité est reconnue de restauret cette colonie; mais ce n'est pas un médiocre
embarras que de se fixer sur les moyens. Selon moi;,
et selon tous les hommes qui appuient leurs raisonnemens sur l'expérience et sur la connaissance approfondie des élémens sur lesquels ce rétablissement
doit être fondé, il n'en n'ést qu'un seul : mais avant
"de le dévelorper, je m'arrèrerai un instant à l'examen
de ceux qui ont été officiellement discutés.
Un homme que je crois rempli d'intentions pures,
et doué de vertus comme il l'est de talens, a gravement employé son tems et son éloquence à com*
battre le syscème de l'indépendance des colonies (s
ses argumens sont d'autant plus forts, qu'il n'a point
(*) Je n'ai pas l'intention de réfuter ici ces discours révoltans d'exagération, de, jactance et d'immoralité, et si dignes de figurer a côté des. carmagnoles de Barrère, qui,
pour peindre l'écat de Ja France, empruntait précisément les
mêmes couleurs avec lesquelles a été tracé plus récemment
celui de Saint Domingue. Je n'ai en vue que le rapport de
Boissy d'Anglas, dont l'éloquence, les raisonnemens et
l'autorité sont capables d'en imposer. aux hommes qui, comme
lui, veulent le bien de bonne foi, mais qui ne sont pas mieux
instruits qu'il ne parait l'être. Je prie de remarquer, que quoique tendant vers un but opposé au sien, je m'appuie souvent
de ses propres raisonnemens, et des principes énoncés dans
son discours, que je suis pas à pas.
A4
le rapport de
Boissy d'Anglas, dont l'éloquence, les raisonnemens et
l'autorité sont capables d'en imposer. aux hommes qui, comme
lui, veulent le bien de bonne foi, mais qui ne sont pas mieux
instruits qu'il ne parait l'être. Je prie de remarquer, que quoique tendant vers un but opposé au sien, je m'appuie souvent
de ses propres raisonnemens, et des principes énoncés dans
son discours, que je suis pas à pas.
A4 --- Page 16 ---
8)
d'adversaire à combattte. Mais dans Thypothèse de
l'existence de projets réels d'indépendance > il a néle plus victorieux de ses moyens, ou il n'a
gligé
dessus : c'est que ce n'est point la
pas assez pesé courait le plus de risques et de chanFrance qui
il
dans ce systême pernicieux
ces désavantageuses
est vrai, pour elle, mais plus pernicieux encore
ses colonies. L'indépendance ouvrirait leurs
pour à l'étranger, et l'admettrait à participer direcports
tement à leurs richesses : mais rien n'empècheraie
leur ancienne métropole ne soutint avantagenque
la concurrence. Sa supériorité à 'cet égard
sement
Thabitude sur les liaisons des
serait fondée sur
>
Colons, qui quoique n'étant plus soumis directement à leur mère-patrie n'en sentiraient pas moins
le
français couler dans leurs veines, et consang
leurs rapports avec le
serveraient par préférence
qui renferme leurs parens > leurs familles,
pays
n'abandonne jamais
leurs intérêts, et l'espérance, qui
Fhabirant des Antilles, d'aller rendre le dernier soupir sur la terre chérie qui l'a vu naitre : sa supériorité, dis-je, achèverait de se consolider par l'analogie des marchandises françaises avec les goits
coloniaux, par la préférence qui leur serait accordée sur celles de l'écranger, et par le dégré de perstimulées par la confection que nos manufactures
currence donneraient aux divers objets qu'elles
fournissent. --- Page 17 ---
(5)
Dépendantes OuI nu.. > les Ancilles doivent étre
réunies un jour à TAmérique septentrionale. C'est
ce qu'il est periis de prédire, en suivant les progrès, et en prévoyant la paissance future des étatsunis, d'après leur posicion géographique, et d'après leur accroissement prodigieux et rapide en population, en force et en industrie. Mais en attendant cet évènement dont un, deux ou trois siècles
peut-être nous séparera, ces rivaux , les seuis dangereux aux intérêts de la France par leur proximité,
ne sauraient entrer en concurrence dans leurs spéculations commerciales aux colonies, ni avec elle,ni
même avec les autres puissances maritimes d'Europe,
qui peuvent leur porter directement les objets précieux dont elles ont besoin, objets que les AngloAméricains seraient forcés de leur venir demander,
pour les reporter ensuite aux Antilles, à l'exception
de quelques articles communs en bois et en subsistances. Sous le point de vue des liaisons de
commerce, il serait facile de prouver que c'est la
France qui recueillerait les principanx fruits de ce
systême , dont les frais se réduiraient pour'elle an
maintien de forces de mer assez imposantes pour
se faire respecter,ctà une protection qui, selon toute
apparence > serait chèrement acherée. Mais il suffit,
pour le rejetter, de quelques inconvéniens reconnus : il suffit de dire que les colonies ne furent pas
fouddes poarlasabandoner ensuite a elles m.me:,
Sia
prouver que c'est la
France qui recueillerait les principanx fruits de ce
systême , dont les frais se réduiraient pour'elle an
maintien de forces de mer assez imposantes pour
se faire respecter,ctà une protection qui, selon toute
apparence > serait chèrement acherée. Mais il suffit,
pour le rejetter, de quelques inconvéniens reconnus : il suffit de dire que les colonies ne furent pas
fouddes poarlasabandoner ensuite a elles m.me:,
Sia --- Page 18 ---
(to)
ont coûté trop de sacrifices et de soins
et qu'elles'
réserver
jouissance précaite 2
pour ne s'en
qu'une
les
les livrant à la merci des étrangers, et en
en
du dedans et du dehors. En
exposant aux intrigues
les
directement, qu'on se rappelle
ce qui
regarde
ce
dit des dangers de ce système, pour
ce que j'ai
leur tranquillité et
qu'elles ont de plus précieux,
leur existence.
Mais oublions , après l'avoir réduit à sa juste va:
leur, ce plantôme d'indépendance > cette imputatoutes les fois
tion machiavéliquement reproduite
a voulu fermer la bouche à des infortunés
qu'on
anxquels on ne pouvait adresser de reproche plus
ni plus propre à remplir le but de leurs
spécieux
ennemis, d'obscurcir de plus en plus cette question déja si difficile et de gagner du tems. Il rapinvolontairement la célèbre conspiration des
pelle
infernales inventions du crime
prisons, et toutes ces
N'estde
parvenir à leurs fins
et lintrigue pour
avec des mots vides de sens que depuis cinq
ce pas
tour-à-tour ? N'a-t-on
ans les factions s'accablent
l'inà la fois
pas vu alternativement, poursuivre fédétalisme,
de
trigue et les vertus,sous prétexte
et Pamour de la liberté injurieusela scélératesse
de même
ment confondus sous celui de rerrorisme,
anjourd'hui les malheureux Colons
qu'on proscrit
? Eh ! pourquoi pour
sous le nom d'indépendans
trait de conformité entre les ma
ajouter un dernier --- Page 19 ---
(Ir )
chinations d'Europe et celles d'Amérique, ne mettrais-je pas celle-ci à côté de ces horceurs d'une
époque à jamais effroyable ? N'a-t-elle pas également servi de motif pour verser des torrens de sang
innocent? N'est-ce pas sous prétexte d'indépendance,
que des Français, qui n'avaient d'autres rapports avec
leur parrie que ceux de l'amour et des plus signalés services, ont été, les uns massacrés, d'autres
dépouillés, et que dans un tems où l'on voit reluire une atrore de justice, ils ne peuvent l'obtenir, ni mème se faire entendre
Plàt à Dieu que dans le principe -on eût déclaré les colonies indépendantes ! les maux infaillibles qui en auraient résulté pour elles eussent été
moins prochains, , ou - bien au-dessons de ceux qu'on
leur a fait éprouver. C'est sans doute dans ce sens
qu'ont pu l'entendre ceux qui se voyant accablés
par la même main de laquelle ils croyaient n'avoir
.que des secouts à attendre, > ont bien pu, dans leur
désespoir, former un voell qui étoit leur dernière
ressource. Mais aujourd'hui que tout est consommé,
à quoi tend cette imputation imbécile et usée? A
quoi servirait maintenant l'indépendance des colonies,si ce n'est à achever d'anéantir ce qui reste
d'espérance à ses habitans, ou à les livrer sans défehse aux poignards de leurs bourreaux; il n'appartient tout aul plus qu'à leurs désorganisateurs d'ignorer une vérité que les Colons savent bien : c'est
ae
it leur dernière
ressource. Mais aujourd'hui que tout est consommé,
à quoi tend cette imputation imbécile et usée? A
quoi servirait maintenant l'indépendance des colonies,si ce n'est à achever d'anéantir ce qui reste
d'espérance à ses habitans, ou à les livrer sans défehse aux poignards de leurs bourreaux; il n'appartient tout aul plus qu'à leurs désorganisateurs d'ignorer une vérité que les Colons savent bien : c'est
ae --- Page 20 ---
(12)
qu'il n'y a qu'une puissance
puisse > par son intervention, prépondérante qui
Saint-Domingre.
influer sur le sort de
LAngleserre, la seule
capable de nous disputer la
puissance
tion et de son
gloire de sa pacificarétablisement,
être dans une
s échouerait pententreptise qui
escadres, mais de
demande, non des
grandes forces en hommes, et le
déploiement subit d'une armée
rie. De qui attendre
nombreuse et aguéde la France seule
un pareil effort, si ce n'est
? Qu'on juge donc des
dispositions des Colons
vraies
rissent comme leur
envers un état qu'ils chédésormais leur
pattie, > et duquel ils attendent
salut
Depuis la formation du
derné de
systême
politique molEurope, > le commerce
venu le fondement
extérieur est deet la mesure de la puissance
P. S. Il en existe réellement
mais bien étranger à celni si un' Projet d'inlépendince,
lons pour avoir le droit de les barbaremenr imputé aux Cose plaindre. Ce projet, dont accabler et leur ôter celui de
quelques jours, n'a rien
je suis instruit à peine depuis
Il appartient tout entier qui m'étonne et queje n'aie prévu,
mulacres et à ces noirs aux la mulâtres et aux noirs ; à ces
fairs, et qui peut-être, que France a comblés de bienterminer tout ce,
au moment ou j'écris, ont
qui n'était pas de leur
achevéd'exrompu tous les liens qui attachaien:
couleur, et ont
métropole. (Voyez Taveriseemens encore la colonie à la
les détuils explicatifs de cerre
quip précède cer ouvrage, ez
insrigue. )
Lo - --- Page 21 ---
( 13) )
des états. Un peuple réduit à sO11 commerce intérieur et à n'employer ses ressources que vis-à-vis
de lui-mème,est pour ainsi dire nul dans la balance
générale.
Mais la volonté et l'émalation ne suffisent pas
pour faire ce commerce : avec une activité égale,
l'état qui doit nécessairement obtenir la ptééminence, est celui qui possède le plus d'objets de
première nécessité au-deli de ses besoins, et qui
est en état d'en fournir à ceux qui n'en ont pas
assez. La plus grande force d'un pays, a dit un
écrivain politique, vient de la plus grande quantité de denrées de première nécessité. Il est, une
maxime généralement reçue, c'est que le peuple
le plos riche et le plus prépondérant dans le systême commercial, est celui qui donne à l'étranger
le plus de son superfu et qui en reçoit le moins.
D'après ces principes incontestables > la France
serait un des plus faibles états de T'Europe : destinée par sa position, > par ses richesses territoriales
et par sa population, â influencer toutes les autres nations et à les laisser bien loin derrière elle,
au contraire, elle se ressent cruellement de la méprise d'un grand homme ; et Tagriculture faible 3
languissante 2 et abandonnée à la routine 2 reste
encore dans l'humiliation à laquelle il parut la condamner, en donnant impolitiquement la préférence
aux manufactures.
La France, par sa douce température > par son
destinée par sa position, > par ses richesses territoriales
et par sa population, â influencer toutes les autres nations et à les laisser bien loin derrière elle,
au contraire, elle se ressent cruellement de la méprise d'un grand homme ; et Tagriculture faible 3
languissante 2 et abandonnée à la routine 2 reste
encore dans l'humiliation à laquelle il parut la condamner, en donnant impolitiquement la préférence
aux manufactures.
La France, par sa douce température > par son --- Page 22 ---
immense
(14)
devrait population , et parla fertilicé de son
être le grenier de
sol,
son propre sein les
l'Europe, et extraire de
dustrie : elle
matières nécessaires à son inde
devraie, par le superflu de ses
première nécessité,
objets
des
> prédominer dans le systême
rapports généraux, et raffermir de
sa puissance > en tenant
plus en plos
mains les besoins
> pour ainsi dire, dans ses
Bien loin
et l'existence des autres
de la,elle ne produit
peuples.
mune, une quantité de subsistance pas, année comses' propres besoins : elle est forcée suffisanre pour
partie de
d'en tirer une
les
létranger, chez qui le premier de
arts n'a pas éré, comme chez
tous
aux arts secondaires.
elle, sacrifié
Il n'ignorait pas cette vérité, cet
nemi, qui prévoyant de
implacable enplus l'énorme dissipation
qu'entraînerait une masse d'un million
d'hommes armés et arrachés à
et plus
circonvenu n1OS côtes de ses nombreux Tagriculcure - a
a soigneusement
vaisseaux et
intercepté les secours
par les neutres, > dans l'intention
envoyés
la presque certitude de
barbare, et avcc
la famine.
F nous livrer aux horreurs de
Quelles qu'aient été les
nous a causées, son atroce calcul souffrances qu'il
et tandis que le génie de la
a été déjoué 7
triompher
liberté nous faisair
au-dehors de toutesles forcesde
la nature bienfaisante
TEurope,
dans
opérait des miracles - au depour sauver notre existence.
Mais iln'est pas moins certain
que laFrance, dans
itude de
barbare, et avcc
la famine.
F nous livrer aux horreurs de
Quelles qu'aient été les
nous a causées, son atroce calcul souffrances qu'il
et tandis que le génie de la
a été déjoué 7
triompher
liberté nous faisair
au-dehors de toutesles forcesde
la nature bienfaisante
TEurope,
dans
opérait des miracles - au depour sauver notre existence.
Mais iln'est pas moins certain
que laFrance, dans --- Page 23 ---
(15
soi état actuel, et sur-tout après ses pertes énormes en
hommes, dont la plupart apparrenaientà la charrue 3
ne peut se suffire à elle-mème; elle tirait de l'étranger
des grains, des laines > des soies, et la majeure partie
des matières premières de ses manufactures: : elle, que
la nature semblait avoir destinée à asservir tous les
peuples, par leurs hesoins et parl'inappréciable avantage de pouvoir les leur dispenser, se serait trouvée
au contraire leur être asservie parles siens, si ellen'avait eu à sa disposition une ressource immense et indépendante de son sol et de sa propre industrie. Qui
l'aaffranchie d'une dépendance humiliante, sicen'est
les colonies : avec quels moyens soldait-clle les nombreux articles qu'elle était forcée d'allerdemander raux
peuples étrangers, sinon avec les denrées coloniales?
C'est avec ces denrées précieuses que l'habitude et un
goit fortement enraciné, ont rangées réellement dans
la classe des objets de première nécessité, qu'elle a
heureusement plus quesuppléée àce quilui manquait
de richesses territoriales : c'est avec elles qu'elle se
présentait avec avantage > et même avec supériorité,
dans tous les marchés de l'Europe, et que, malgré
l'immensité des objets qu'elle était obligée d'en extraire, elle obtenait un excédent annuel de quatrevingt millions: c'estpar l'énorme quantité de productions coloniales dont la France inondait, pour ainsi
dire 3 toutesles places del'Europe etde T'Asie, que les
effets de l'impéritie de son gouvernement devenaient
se
présentait avec avantage > et même avec supériorité,
dans tous les marchés de l'Europe, et que, malgré
l'immensité des objets qu'elle était obligée d'en extraire, elle obtenait un excédent annuel de quatrevingt millions: c'estpar l'énorme quantité de productions coloniales dont la France inondait, pour ainsi
dire 3 toutesles places del'Europe etde T'Asie, que les
effets de l'impéritie de son gouvernement devenaient --- Page 24 ---
(16) )
et qu'elle était parvenue à neuttapreiqu'invenibles,
semblaient
liser les traités et actes de commerce, qui
tous être faits à son préjudice : c'était parl l'exportation
du coton, du café et de T'indigo, et par
du sucre,
Timportation de ses marchandises aux colonies, qu'elle
une partie des avantages de ce commerce
s'appropriait
est la base principale de la puissance
d'économie, qui
maritime de l'Angleterre et de la Hollande : c'était,
la navigation des Antilles qu'elle entreteenfin, par
moindre
et qu'au
signe
nait une marine nombreuse, du sein mème de l'aelle pouvait sortir toute armée
les forces de
méantissement, et en imposer à toutes
ses rivaux.
le concours des évènemens et le système
D'après
2 il est de principe
actuel qui en est la conséquence,
état environné de nations commerçantes et
qu'un
d'outremer; qu'un état >
propriétaires de possessions
ne
navale à entretenir,
dis-je, qui a une puissance
vain
se
de ses colonies : c'est en
qu'il
peut se passer
richesses naturelles, et
déterminerait à se borner à ses
Tindustrie soit capable
à en tirer tout le parti auquel
manufacd'atteindre. Qu'on s'applique à élever nos
à leur
haut degré de perfection; ce sera un
tures
plus
devenu très-clairvoyant
éveil donné à T'étranger, qui,
de se modesur ses propres intérêts, ne manquera pas
et de s'entichir de nos découler sur notre exemple,
Qu'on
même de les perfectionner.
vertes, peutètre
l'attention nécessaire à
donne tous les soins et toute
lagriculture;
quel
manufacd'atteindre. Qu'on s'applique à élever nos
à leur
haut degré de perfection; ce sera un
tures
plus
devenu très-clairvoyant
éveil donné à T'étranger, qui,
de se modesur ses propres intérêts, ne manquera pas
et de s'entichir de nos découler sur notre exemple,
Qu'on
même de les perfectionner.
vertes, peutètre
l'attention nécessaire à
donne tous les soins et toute
lagriculture; --- Page 25 ---
(17)
Pagriculure; onl ne saurait sans doure s'occuper d'un
objet plus utile et plus conforme au bien génétal;
mais depuis long-tems l'érranger n'a rien à nous envier à cet égard; il peut au contraire nous offrir des
modèles à suivre; et quelques soient nos succès; il est
douteux que nous parvenions à le surpasser sur un
point dont il a senti avant nous toute l'importance :
peur-être même que ces succès se borneront à obtenir
une quantité de subsistances nécessaires à notre consommation ; et ce serait toujours beaucoup; car d'après une observation juste s et à laquelle ceux qui ont
traitécette partie intéressante de l'économie politique
n'ont pas fait assez d'attention, la nation française
consomme une quantité de subsistances en grains 2
égale ou supérieure à celle que consomme tout le
reste de l'Europe. , quantité qui la maintiendra toujours au-dessous, ou tout au plus au niveau de ses
besoins, taridis que la plupart des autres peuples S
mangeurs de chair, pourront disposer facilement
d'une partie des leurs.
Lagticulture prorégée , honorée autant qu'elle a
devenir, comme cela deété négligée a
etavilie, peut
vrait être, la plus ferme base de la puissance nationale; mais il est une autre agriculture, qui peut
seule lui faire obtenir une prépondérance extérieure,
et d'autant plus inébranlable > qu'elle serait fondée
sur les besoins réels que les nations étrangères ont
contractés, et qu'elle seule pourrait satisfaire. Cette
Tome II.
B --- Page 26 ---
I 18 )
prépondérance serait fondée sur l'attrait qui attaclie
rait étroitement ces nations au pays duquel elles tireraient totalement d'un de leurs plus pressans besoins;
voit les peuples du nord et du midi de
ainsi qu'on
d'inclination et de déférence pour
I'Europe > remplis
F'Angléterre, moins par l'ascendant de sa puissance 3
tous leurs
que parce que son commerce prévient
desirs.
c'est-à-dire, dans
Dans l'ancien systême politique,
la
et l'étendue territoriale
le tems que population
exclusive de la
étaient le fondement et la mesure
la France avait dans ses mains la clefdes
puissance, destinées de PEurope. Dans le système actuel, quelqu'ellesoir déji et qu'elle puisse être enque puissante
besoin du
de
core par elle-méme, elle a
supplément lui
forces, d'industrie et de moyens que ses colonies
ptocuraient. Tous les écrivains sont d'accord et pensent unaniles ressources intérieures de la France 5
mement que
plus
poussées à leur plus haut période, pourraient soit
suffire, soit à la subsistance de ses peuples,
que
Mais en attendant
aux besoins de ses manufactures.
sage et prévoyant la fasse parqu'un gouvernement heureuse et desirable, il y a apvenir à cette époque
de létranger
qu'on tirera encore long - tems
parence
D'ailleurs s
des grains et des matières premières.
de
soit le principe que
quelque certain et évident que
d'un état 3
Tagticulrure dépend la véritable puissance
suffire, soit à la subsistance de ses peuples,
que
Mais en attendant
aux besoins de ses manufactures.
sage et prévoyant la fasse parqu'un gouvernement heureuse et desirable, il y a apvenir à cette époque
de létranger
qu'on tirera encore long - tems
parence
D'ailleurs s
des grains et des matières premières.
de
soit le principe que
quelque certain et évident que
d'un état 3
Tagticulrure dépend la véritable puissance --- Page 27 ---
(19)
qucls que soient les progrèsde cet art, quel avantage
extérieur la France retirera-telle de son superfu de
subsistances, si les peuples environnans, qui aujourd'hui lui en fournissent, sont égalment exempts du
busoin? D'un autre côté, que nous tirions > Oll que
nousne tirions pas del'écrangerles matières premières,
nos manufactures, dont par un vieux préjugé et surla
parole des fatteurs s nous nous prévalons avec tant de
jactance, ne seront bientôt relatives qu'à 1 nous-mêmes,
puisqu'i notre exemple, les états de lEurope, tout en
favorisant soigneusement le premier et le plus excellent des arts, en ont établi dans tous les genres ; et
qu'il en est, rels que I'Angleterre et l'Allemigne s
qui, : à beancoup d'égards, nous ont surpassés en SOlidicé, en perfection et en industrie. A l'exception des
objets de manufacture française, vendus au levant en
concurrence avec ces écrangers, nos prétendus avantages se bornaient presque au commerce des modes
et des colifichets, seulsarticles dans lesquels sles autres
peuples ne purent devenir nos émules, et restèrent
constamment asservis au génie inventif du Français.
Maisils'en fallait bien que les bénéfices qui en résultaient fussent suffisans pour compenser les objets de
première nécessité, et les matières premières qu'on
en retirait. Nos denrées coloniales, > je le répète,
étaient, à cet égard, notre unique, notre inépuisable
ressource, comme c'était dans les colonies que s'absorbaicl'énorme masse de marchandises françaises, pour
B 2,
--- Page 28 ---
(20)
on eût vainement compté sur les débouiesquelles
chés du commerce éranger.
des autres états par le besoin urNous dépendions
de
des macières premières, et les peuples qui
gent
auraient
nous causer d'étranges
nous les titions,
pu
embarras, en nous les refusant, comme cela pouvait
étions heureusement exempts de
arriver. Mais nous
le besoin qu'ils avaient eux - mêmes
cette crainte, par
devenues nécessaires à
de nos denrées coloniales >
tous, et qui sont la base du commerce moderne,
le bled Pétait du commerce ancien. J'ai dit
comme
fortement enraciné en ont
que Phabitude et un golt
fair, pour le mora: entier, des objets de première
bien en effet les' envisager sous ce
nécessité : on peut
loin de diminuer par
point de vue, puisque ce goûr,
de noula difficulté de le satisfaire, fait au contraire
point de sacrifices qu'on
veaux progrès, > etqu'iln'est
regrette pour en obtenir les moyens.
nombre
Pour classer à bon droit ces objets au
nécessité, il est une autre conde ceux d'urgente
celle des jonissidération non moins importante que
procurent : c'est le besoin indispensable
sances qu'ils
et celles de l'étranger des
qu'ont nos manufactures
: ce sont
cotons et des indigos de Saint-Domingue bénédes
sur-tout les avantages quindépendamment
du
fices d'achapt et de vente, la seule exportation
sucre et du café procure à la navigation nationale.
le commerce d'économie
On vante avec justice
cessité, il est une autre conde ceux d'urgente
celle des jonissidération non moins importante que
procurent : c'est le besoin indispensable
sances qu'ils
et celles de l'étranger des
qu'ont nos manufactures
: ce sont
cotons et des indigos de Saint-Domingue bénédes
sur-tout les avantages quindépendamment
du
fices d'achapt et de vente, la seule exportation
sucre et du café procure à la navigation nationale.
le commerce d'économie
On vante avec justice --- Page 29 ---
(ar)
comme le premier, le plus solidle de tous, quoique
le moins brillant en apparence > et celui qui doit
donner à la longue, la supériorité maritime et commerciale aux penples qui l'exercent : mais n'est-ce
un véritable commerce d'économie que celui
pas
lointaine
l'armement de
d'une possession
qui exige
nombreux vaisseaux pour lui porter tout ce qui lui
est nécessaire, et qui en exige un plus grand nombre
encore pour exporter ses productions de son sein dans
celui de la métropole? Elle seule aurait pu balancer,
éclipser même les avantages immenses que l'Angleterre et la Hollande retiraient de Ce genre de
spéculation. Le commerce des Indes Orientales, que
ces deux nations ont accaparé, ne saurait à cet égard
être comparé à celui-ci, dont les objets offrent à Pexportation un bien plus grand volume que les màrchandises du Japon, de la Chine, et de l'Inde.
Quant au droit qu'ellesse sont arrogé d'être les portefaix de l'Europe, rien n'empêchair la France de participer à ce précieux avantage, ne fut-ce qu'en imelle-même ses productions coloniales dans
portant
vint
les ports étrangers, et en ne soufrant plus qu'on
les chercher dans les siens.
il est
J'abrège sur ces considérations, auxquelles
inutile de donner un plus long déveleppement, et
je dis, que sans préjudice des avantages naturels qui
dans les systêmes anciens étaient la plus ferme, Panique base de la puissance politique, cette même
B 3
--- Page 30 ---
- 0 22 )
puissance est non moins solidement
d'hui sur le commerce
appuyée aujour
possession de colonies extérieur, et celui-ci sur la
point d'état
riches et industtieuses. Il n'est
plus directement intéressé
à conserver les siennes,
que la France
vient au même,
dont la perte, ou ce qui reliblement
Tappauvrissemene influerait infailsur sa prospériré, et
un
tel à son
porterait coup morindustrie, 3 à ses
conséquence facile à
manufactures, et par une
sistance de la
déduire, aux moyens de subpartie laboricuse de sa population.
L'objet, ou silon veut, le résultat de
ment des colonies, fut de donner
l'établissetoute
possible au commerce des
l'extension
cier aux meilleurs
métropoles, et de négoconditions avec les autres
ples. Ainsi les nations
peucelles qui
prépondérantes durent être
possédaient les plus riches établissemens.
Malgré les abus d'un régime
ni base
qui n'avait ni règle,
fixe, et qui dûrent nécessairement
ses
rétarder
aceroissemens et rallendir les
de sa fccondité, Saintavantages naturels
France la plus haute Domingus avair procuré à la
tême. Elle était la influence dans ce nouveau sysétait aussi
première des Antilles; mais elle
environnée de colonies étrangères qui
enviaient ses succès
lui
etn'épargnaient aucun cffort
y atteindre. Ces efforts furent
pour
inutiles, à cause de
I'uniformité de leur
Guestion
régime, et tant qu'il ne fur
que de tirer le plus grand
d'unsol - proligieusement
parti possible
forile,avanpage que Sains-
ême. Elle était la influence dans ce nouveau sysétait aussi
première des Antilles; mais elle
environnée de colonies étrangères qui
enviaient ses succès
lui
etn'épargnaient aucun cffort
y atteindre. Ces efforts furent
pour
inutiles, à cause de
I'uniformité de leur
Guestion
régime, et tant qu'il ne fur
que de tirer le plus grand
d'unsol - proligieusement
parti possible
forile,avanpage que Sains- --- Page 31 ---
(23 )
Domingue possédait par-dessus toutes les autres ct
auquel elle dut sa prééminence.. Maintenant ce
n'est plus cela : en quatre ans les choses ont tellement changé, que cette colonie, qui seule éclipsait
toutes les autres, n'est plus à comparer à la moindre
d'entr'elles. Celles-ci, exempres de bouleversemens,
continuent d'envoyer à leurs métropoles des productions dont les évènemens ont doublé la valeur, tandis
que Saint-Domingue ne peut offrir que des ruines.
Mais faisons mieux : perdons un instant de vue ce
qui est arrivé ; reportons-nous aux tems antérieurs
à ces évènemens, et qu'il ne soit question que de discuter le danger ou les avantages des changemens
qu'on se proposerait d'y opérer
Les colonies modernes ont été fondées pour P'utilité des métropoles : c'est un principe que j'ai déjà
établi et duquel je ne m'écarterai pas. Ces possessions et le commerce dont elles sont devenues les
bases, se sont tellement identifiées avec l'existence
et la prospérité des états, que dans les changemens
ou - les simples modifications qu'on voudrait Y opérer même pour leur amélioration et leur plus grande
utilité, il faudrait user d'une grande circonspection,
et ne pas perdre ui instant de vue les rapports et les
liaisons d'intérêt qui les unissent les uns aux autres.
Quels que soient les abus du régime des colonies,
ils sont communs à toutes, soit françaises,soit étrangeress'erony voulant lesexrirper dans les nôtres, il faus
B 4 --- Page 32 ---
(24)
obvier surtout à ce que les autres
prévaloir.
ne s'en puissene
Ilnes suffit, pas pour atteindre le but
pose, de supptimer dans l'une
qu'on se prol'on croit mauvais
d'elles un régime que
l'utilité de la
pour y en subsister un meilleur:
métropole est la règle qui doit
ger une opération qu'il est
dirisur les
indispensable de caculer
avantages ou le préjudice qu'elle
porter à ses intérêts dans la balance des
peut apraux. Les vices inhérens
rapports géné
aux colonies sont
tement liés qu'on ne
plus étroidivers états
pense au systéme qui unit les
entr'eux ; système qui forme le
pal contrepoids de Péquilibre
princitel d'entr'eux qui croirait politique. De sorte que
ne travailler
les
truire, ne ferait
qu'à
déde
peut-étre qu'opérer
sa propre puissance, On
Taffaiblissement
avec
pourrair même attribuer
vraisemblance, à la crainte de cet
la négligence que les nations
inconvénient,
lonies ont apportée à leur
propriétaires de colégislation, et la mollesse
aveclaquelle des gouvernemens, despotiques
le reste, y faisaient exécuter le
sur tout
glemens faits.
petit nombre de rèToute prévention à part, 5 il est incontestable
c'est au régime commun de toutes les colonies que
a dû leur
qu'on
franchir splendeur, et que c'est lui qui leur a fait
rapidement les obstacles
les
des
que
erreurs
gouvernemens, , et les vices inhérens à leur organisation deyaient opposer à leurs accroissemenss.
emens, despotiques
le reste, y faisaient exécuter le
sur tout
glemens faits.
petit nombre de rèToute prévention à part, 5 il est incontestable
c'est au régime commun de toutes les colonies que
a dû leur
qu'on
franchir splendeur, et que c'est lui qui leur a fait
rapidement les obstacles
les
des
que
erreurs
gouvernemens, , et les vices inhérens à leur organisation deyaient opposer à leurs accroissemenss. --- Page 33 ---
(25)
Quelle qu'en soit la cause > ces accroissemens ont
été plus lents, il est vrai; mais elies n'en ont pas
moins atteint insensiblement Pérat de prospérité auquel elles avaient droit de prétendre. Maintenant il
n'est question de rien moins que d'apporter, non
utile eil
une simple modification qui pourrait-être
l'opérant graduellement et avec prudence, mais un
changement subit et absolu, dans ce qui a été regardé jusqu'à présent comme la pierre angulaire de
leur existence. En un mot , sans préparation , sans
restriction quelconque, on a déclaré libres les cultivateurs d'une colonie qui n'avait Heuri que par
l'esclavage, et on l'aisolée des colonies étrangères
quil'environnent, et dans lesquelles se maintiendra
ce même régime auquel elle devait tous ses succès.
Pour faire toucher au doigt les conséquences infaillibles de cette révolution fondamentale, je ne
du
de l'ancienne
me prévaudrai pas
rapprochement
prospériréavecla misère actuelle;je: râcherai delesiendre palpables, en présentant les raisons théoriques par
lesquelles, indépendamment de l'instruction desévènemens passés, lesrésultatsà venirseront en évidence.
Prenons pour point de comparaison une de ces
possessions étrangères > la Jamaique par exemple,
ceile de toutes qui a marché de plus près sur les
traces de Saint-Domingue : examinons ces deux COlonies rivales sous le point de vue de la nouvelle
différence qui les distingue, En leur supposant une --- Page 34 ---
exacte égalité de forces (26)
(ce qui
et de ressources
malheurensements n'est rien moins intérieures,
semblable), celle quia adoptéou
que vrairégime doit nécessairement
conservéle meilleur
éclipser l'autre, A
anéantir, ou au moins
est-il
laquelle des deux ce
réservé ?
triomphe
SsincDoniogue, disent les
nisation nouvelle,
partisans de
sera plus
l'orgaattachée à la France
écroitement que jamais
liberté, parles liens , par Pattraic puissant de la
fertile, cultivé
d'un intérêt commun. Son sol
par des mains
plus de richesses
libres, produira bien
tude Voilà que sous le régime de la servisant sans doute qui est bientôt dit et fort satisfaidement
en spéculation ;
et disons :
maisraisonnons froicultivé par des hommes Saine-Domingne sera désormais
ne réparcra les
libres, et dont aucun moyen
sera par des esclaves pertes s tandis gne la Jamaique le
tera sans cesse le
dont le commerce augmenminer
nombre. Il ne s'agit ici que d'exasimplement si cette
sur la
différence doir influer
quantité et sur la valeur des denrées
produisent
qu'elles
des deux également > et en faveur de
colonies la balance doit
laquelle
Le travail ne peur être
pencher.
ceux quis'y livrent
volontaire, à moins que
jai démontré
n'y soient directement intéressés:
hommes
qu'il ne peut en être ainsi pour des
excmpts de becoins
pourrait servir de véhicule > et de tour ce qui
à leur activité; il ne
rence doir influer
quantité et sur la valeur des denrées
produisent
qu'elles
des deux également > et en faveur de
colonies la balance doit
laquelle
Le travail ne peur être
pencher.
ceux quis'y livrent
volontaire, à moins que
jai démontré
n'y soient directement intéressés:
hommes
qu'il ne peut en être ainsi pour des
excmpts de becoins
pourrait servir de véhicule > et de tour ce qui
à leur activité; il ne --- Page 35 ---
(17)
sous un cliniat oùt la
peut en ètre ainsi, dis-je,
nature prodigue spontanément et avec profasion,
ce qu'en d'autres lieux elle n'accorde pas toujours
aux plus durs travaix. Il est facile de sentir du
premier coup, que la colonie, qui possede un nombre suffisant de bras dévoués au travail 2 nombre
qu'il lui est loisible d'augmenter sàns cesse > doit
nécessairement l'emporter sur celle dont les cultivateurs 2 devenus maitres d'eux-mêmes, peuvent s'y
livrer ou s'y refuser, et dont il lai est désormais
interdit d'augmenter ou seulement d'entrerenir le
nombre. La première doit produire une quantité de
denrées proportionnée aux moyens qu'il lui plaira o1
qu'il lui conviendra d'employer ; et ceile dont les faculréssontsiétoitementbornées, doirettellautre ce
qu'était la partie espagnole de Suint-Domingue à
la parsie française qui regorgeait de richesses 2
tandis que celle là, malgré sa fécondité naturelle 2
languissait dans l'inertie et Ia pauvreté. Certes, à
l'exception de la tranquillité qui y régnait, et dont
il n'est malhcureusement pas facile de prévoir lépoque pour nos possessions > h compataison est trèsexacte : en supposant la fn des convulsions, auxquelles la partie française est en proie 2 ce qu'étnit
la partie espagnole peut donner une juste idée du
sort auquel elle est destinée ; car quoique la servitude y existât s maitres et esclaves s'y abandonnatent à une douce oisiveté; sarisfaits de S'y livrer
o
gnait, et dont
il n'est malhcureusement pas facile de prévoir lépoque pour nos possessions > h compataison est trèsexacte : en supposant la fn des convulsions, auxquelles la partie française est en proie 2 ce qu'étnit
la partie espagnole peut donner une juste idée du
sort auquel elle est destinée ; car quoique la servitude y existât s maitres et esclaves s'y abandonnatent à une douce oisiveté; sarisfaits de S'y livrer
o --- Page 36 ---
(28)
et contens des biens faciles
daic à leurs
que la nature accorpremiers besoins, ils
jaloux des richesses
paraissaient peu
laborieux voisins. toujours croissantes de leurs
De sorte que la
gnole de
colonie espaque la partie Sato.-Domingo, plus étendue d'un tiers
frangaise, s et Presque
composée d'un sol
généralement
vierge, 3 et
par sa situation et sa
supérieur au nôtre
médiocre
fécondité, était de la plus
gligée importance par ses productions, était néconsidération par sa métropole > et n'avair plus d'autre
puissance
que celle attachée au berceau de la
espagnole en Amérique.
La masse des productions
jours croissant
coloniales allait toudiminution
sous l'ancien ordre de choses
subite ou progressive
; sa
séquenceinévitable du
doit-èrre la conplutôr la
nouveau, La probabilité, ou
traction faite preuve démontrée, en est fondée, absla
des évènemens et de l'état actuel de
colonie, sur sa
des moyens de lui dépopulation et sur la cessation
Pour rendre ceci
procurer de nouvelles forces.
peller les tableaux plus sensible > je n'ai qu'à rapque jai déjà
ce que j'ai dit de la différence offerts, et sur-tour ce
conomie rurale de
qui distingue l'éSsine-Domingue d'avec celle
d'Europe > oi la plus grande
des propriérés
subdivision possible
de la
tourne au profit de
et
masse des produirs. Aux
I'agriculture
tnre cxige au contraire de
Antilles 2e 3 la culgrands capitaux gue le --- Page 37 ---
(29 )
ou dans
Colon tronvait dans ses propres moyens
ceux da comerce ; en voici un exemple pris parmi
les manufactures à sucre, les plus importantes de
celles
offrent le moins de variation
routes, et
qui
daus lcur valeur et dans leurs produits. Une sucrerie valait sur le pied de l'estimation suivante >
1300 carreaux de terre à 2000 liv. 622000 liv.
le carreau.
noirs à 2000 liv.lan dans
a a 5oo
l'autre .
Animaux d'exploitation
Erablissemens et machines...
Maison principale, hôpital et dé40000
A pendances
Outils , voicures et autres objets
divers e
Argent de la colonie..
Il faut observer que cette estimation. : sur-tout
celles des noirs > est très-modérée. Mais pourquoi,
m'objectera-t-on, une manufacture ne pourrait-elle
être formée avec la moitié de ces différents
pas
? Elle le pourrait sans doute , mats avec
capitaux
une diminution beaucoup plus que proportionnelie
dans les produits et dans la valeur du fonds ; Car
il ne faut pas un moins grand nombre de bâtià une habitation de IOO catmens et d'instrumens
reaux qu'à une de 300 : elle exige un nombre
égal de rafineurs 2 ouvriers, cabrouétiers ou attichésaux divers déailyd'adninisetions et pn moulin
avec la moitié de ces différents
pas
? Elle le pourrait sans doute , mats avec
capitaux
une diminution beaucoup plus que proportionnelie
dans les produits et dans la valeur du fonds ; Car
il ne faut pas un moins grand nombre de bâtià une habitation de IOO catmens et d'instrumens
reaux qu'à une de 300 : elle exige un nombre
égal de rafineurs 2 ouvriers, cabrouétiers ou attichésaux divers déailyd'adninisetions et pn moulin --- Page 38 ---
à cau suffit à la
(30)
plus grande
petite.
- comme à la plus
L'attelier est moins nombreux
si les travaux de la culure
il est vrai: mais
ceux de manufacrure
y sont moins étendus,
ou des bâtimens
peu-près le mème nombre de
exigent àduité, ou éprouvent des
bras, la même assiplus, une sucrerie de retards préjudiciables. De
200 carreaux en
prodaira, avec 300
bon sol,
une quantité de
nègres et en moins de tems
crerie de
sucre.au tiers de
s
1OO carreanx de terre
laquelle une sutive, et de I5o noirs,
également producdernier établissement pourra à peine atteindre. Ce
million, tandis
2 en bon état > coûtera u
n'aura coûté que l'autre qui produitcrois fois
que deux millions.
plus,
Dailleurs, à
l'exception des noirs
irolémenr, ont
qui, estimés
jets énumérés n'en roujours une valeur égale, les obmobilicr
onr qu'une relative. C'est du
que dépend
ce qui compose les l'évaluntion du sol et de tout
tels bâtimens
établissemens ; de sorte
qui sur une habitation
que
5oo mille
sont
livres, ne le seraient
évalués
pas même à la valeur des
pas à la moitié,
En un mot les
matériaux dans une autre.
même relative à propriérés diminuent de valeur
mesure
et qu'elles ont moins de qu'elles sont moindres >
d'autant à
bras; et elles auigmentent
proportion, qu'elles
ressources et d'étendue.
présentent plus de
En effer,les divisions de --- Page 39 ---
(31)
biens entre héritiers furent toujours jugées,sinon
impraticables 2 > du moins funestes à leurs intérêts 2
à ceux de la colonie et de la métropole s par le
préjudice qu'un démembrement porterait à lagriculture.
Généralement parlant, lès propriétés coloniales
n'eutent jamais qu'nne valeur idéale, et moins dépendante du fonds quede P'industrie. Cela est sivrai,
quelque modérée que fût l'estimation d'une
que
fût le prix
habitation, et quelque stipulé qu'en
dans un acte de vente > jamais le vendeur n'en
recevait ia somme ; et il était forcé d'accorder à
l'acheteur les mêmes facilités et plus encore qu'il
n'en avait lui-même obtenu de ses créanciers, pour
rassembler une masse parcille de capitaux. On a
vu des acquéreurs s'enrichir et revendre une acquisition dont ils n'avaient pas encore payé le premier terme.
On a attribué cela au défaut de la quantité de
numéraire suffisante pour les transactions commerciales, et au petit nombre de capitalistes. Je l'attribue à la grande facilité d'acquérir, et à P'industrie
qui ne se vend pas, et dont le plus ou moins fait
souvent qu'une habitation est plus forissante sous
sous celui qui lui succède ou
un propriétaire que
qui a précédé. Il n'y a en effet que l'industrie et
la confiance qu'elle inspirait au commerce qui pussent l'engager à se constituer en avances énormes
les transactions commerciales, et au petit nombre de capitalistes. Je l'attribue à la grande facilité d'acquérir, et à P'industrie
qui ne se vend pas, et dont le plus ou moins fait
souvent qu'une habitation est plus forissante sous
sous celui qui lui succède ou
un propriétaire que
qui a précédé. Il n'y a en effet que l'industrie et
la confiance qu'elle inspirait au commerce qui pussent l'engager à se constituer en avances énormes --- Page 40 ---
(32)
qui souvent excédaient le capitale du
autre hypochèque ni
Colon saris
et sa bonne foi;
garantie que ses engagemens
seconde
souvent aussi on le vit faire une
et troisième avance au débiteur
pas achevé de rembourser la
quin'avait
Ces
première.
abus, ou cette facilité, furent un des
puissans ressorts de l'activité
plus
Si l'ambition du Colon
européene et coloniale.
était vivement
le besoin d'obtenir de
stimulée par
grandes avances
étendre
sa culture, il
pour
n'inspirait pas un moindre enthousiasme au négociant, par la. peinture de ses
et de ses brillantes espérances.
projets
Toujours est-il viai
qu'il en obtenait la totalité ou une
de ses demandes. Il
partie au moins
pouvait arriver que ces
rances fussent déçues; mais il en résultait
espéun mouvement
toujours
rapide et incroyable dans les af
faires, l'extension de toutes les branches de
merce de la métropole avec la
comtour celle de
colonie, et surson agriculcuré , dont les
croissant sans cesse venaient se rassembler produits dans les
mains du négociant,er lui offraient d'un côté d'amples dédommagemens des sacrifices
faire de l'autre.
qu'ils'exposait à
On peut dire,avec vérité, que la dette dela
lonie était la base de ses liaisons
cola chaîne
avec la France,
qui faisait dépendre les fortunes de SaintDomingue de celles de la métropole; delà l'intérêt
qu'avait le commerce qu'elle ne se liquidâr jamais;
delà --- Page 41 ---
(33)
delà l'ardeur du Colon pour étendre sa culture;
moins dans l'objet de payer, que pour avoir la
facilité d'emprunter de nouveau et de s'étendre encore ; dell enfin une: multitude d'affaires, et un
accroissement prodigieux dans la masse des productions.
Les avantages de cet état de choses pour l'intérêt
général étaient si bien sentis, que les faveurs et les
ménagemens étaient prodigués à ces abeilles de la
France : leurs propriérés étaient si sacrées, et jugées
d'une telle délicatesse > que les lois laissaient au
négociant toute la latitude possible pour seconder
l'industrie, et nul moyen de lui nuire directement :
li saisie-réelle érait inusitée à Siint-Domingue :
les droits des créanciers n'étaient en quelque sorte
fondés que sur la bonne foi des débiteurs; et ce
n'était qu'avec timidité et avec une circonspection
extrême, que le fisc, toujours si entreprenant et
si avide, y avait établi quelques légers droits >
SOUS prétexte de faire face aux plus pressans besoins
de la colonie.
Sur quci portait principalement cet échafaudage
trop brillant pour n'être pas précaire ? Sur le travail des noirs dont la valeur était à Saint-Domingue
ce qu'est en Europe celle du sol et du fonds:ici
le sol ne valait que par le mobilier. Ainsi en
anéantissant par le fait cette première valeur, tout
le reste CSt réduit à rien ; et un Colon qui posTome II,
C
légers droits >
SOUS prétexte de faire face aux plus pressans besoins
de la colonie.
Sur quci portait principalement cet échafaudage
trop brillant pour n'être pas précaire ? Sur le travail des noirs dont la valeur était à Saint-Domingue
ce qu'est en Europe celle du sol et du fonds:ici
le sol ne valait que par le mobilier. Ainsi en
anéantissant par le fait cette première valeur, tout
le reste CSt réduit à rien ; et un Colon qui posTome II,
C --- Page 42 ---
(34)
séderait mille carreaux de terre excellente, et des
érablissemens somptueux, serait aussi pauvre qu'un
environné de
homme qui se trouverait tout-d-coup
dans une isle déserte et inconnue. De ce
trésors,
d'émulation, d'industrie et de harmoment > plus
plus de fortunes à élever,
diesse dans les entreptises:
lévier
de cette ambition, qui comme un vaste
plus
animait l'acdont le moreurétit i Sainc-Domingue,
tivité de toutes les nations, occasionnair des spécuimmenses, ct fzisait la richesse et la proslations
entier Enfin plus de culture
périté du monde
la plus favorable,
coloniale, ou dans Thyporhèse
éraithardie, et
elle deviendra aussi timide qu'elle
de s'étendre : toute l'ardeur du cultivateur
jalouse
Tanéantissement de son principal
sétcindra par
ni le pouvoir ni le desir de
véhicule, iln'aura plus
etson existence même Al'espérance
sacrifierson repos
fondée d'accumuler de grands capitaux, Supposé
moyens, il deviendra
qu'il lui reste encore quelques
aussi économe qu'il était poadigosaaupacimenises l'absolu
avait d'ostentation : il se réduira à
qu'il
commerciales de la ménécessaire : les spéculations
tropole, ,et l'activité de ses manufactures auxquelles le
immense donnait la vie et
une consommation
ou se réduiront à rien
mouvement, diminueront, débouchés des marchanpar le rétrécissement des
cesseront ou se raldises françaises : les armemens
ne
lentiront, et dès-lors les vues d'utilité générale
entation : il se réduira à
qu'il
commerciales de la ménécessaire : les spéculations
tropole, ,et l'activité de ses manufactures auxquelles le
immense donnait la vie et
une consommation
ou se réduiront à rien
mouvement, diminueront, débouchés des marchanpar le rétrécissement des
cesseront ou se raldises françaises : les armemens
ne
lentiront, et dès-lors les vues d'utilité générale --- Page 43 ---
(35)
seront qu'imparfaitement ou point du tout remplies:
Cetexposé rapide d'inconvéniens, qu'il est impossible d'éviter, ne s'applique qu'à Saint-Domingue.
S'ilsdevaient s'étendre à toutesles Antilles, et qu'elles
ne pussent se prévaloir de nos fautes,ce serait du
moins un faible soulagement à nos maux. Mais le
même ordre existe dans les colonies étrangères, il
y est plus consolidé que jamais, par les précautions
que leurs possesseurs se sont hâtés de prendre,
d'après le terrible exemple arrivé dans le voisinage.
Ils ont pu craindre un instant pour eux-mèmes :
mais grâces à leur active surveillance ,il n'en résultera pour eux d'autre changement que de se tenir
sur leurs gardes, et d'attirer dans leurs mains toutes les richesses et le commerce don: eiles se contentaient autrefois de dispurer une faible partie à
Ssint-Domingue.
vous qui ne rèvez que bouleversemens! n'espérez plus que le Aéau qui dévaste n0S colonies
malheureuses 3 franchisse le canal étroit qui sert
de barrière à votre fureur destructrice : cessez de
compter, pour étourdir la France sur ses pertes 2
sur la ruine assurée des possessions de l'étranger !
Le péril qui les a menacées un instant, et que moimême j'ai cru réel, est passé et n'existe plus du
moment qu'on a eu le tems de s'y préparer. C'est
en vain que vous répandez avec affectationle bruit,
qu'il existe au centre de la Jamaique un volcan
C2. --- Page 44 ---
(36)
qui v s'étendre €t l'embiâser : il en
espérances
sera de VOS
homicides, à cet égard, comme de celles
dont vous vous flattiez
naguères en
La
Europe.
Jamaique est plus brillante
s'est déja
que jamais : elle
emparée du premier rang qu'elle enviait
inutilement à Saint-Domingue.
de sa rivale va prodigieusemene Lappauvrissemene
trie et son
accroftre son indusaccivité; ; et sans conquérir, sans chercher à s'étendre, l'Angleterre touche
ment si
enfin au modesiré, et au but auquel tendaient
efforts : elle va mettre le
tous ses
sceau à ses
sa
projets et à
paissance, en s'emparant de la seule branche de
commerce qui lei restâr à
va joindre à celui du monde ambitionner, et qu'elle
entier.
vrissemene
trie et son
accroftre son indusaccivité; ; et sans conquérir, sans chercher à s'étendre, l'Angleterre touche
ment si
enfin au modesiré, et au but auquel tendaient
efforts : elle va mettre le
tous ses
sceau à ses
sa
projets et à
paissance, en s'emparant de la seule branche de
commerce qui lei restâr à
va joindre à celui du monde ambitionner, et qu'elle
entier. --- Page 45 ---
(37) )
CHAPITRE X.
Suite du précédent : de Putilité du luxe colonial, et de
son influcnce sur le Fonheur des peuples 5 et str laz
prospérité des métropoles.
LE sucre serait trop cher, dit ironiquement Montesquieu si Pon ne faisait cultiver la plante
qui le produit par des esclaves. Il est dommage
dit ailleurs d'une manière
que ce grand génie > qui
faut borner la
positive et plus sérieuse, qu'il
servitude à certains pays particuliers de la terre >
n'ait pas médité sur les moyens d'obvier à un inconvénient qui lui répugne, sans paraitre néanmoins
le condamner ; il est dommage, dis-je, que par une
discussion lumineuse, il ne nous ait pas éclairés
sur la manière d'utiliser des possessions qui sont
les soutces des richesses et des jouissances du monde
entier, et de soutenir le commerce et la navigation qui sont aujourd'hui les plus fermes appuis de
la puissance des états s sans avoir recours aux bras
d'esclaves extraits d'Afrique. Il est permis, ce me
semble, d'interprèrer son silence, et de dire, que
()T. II, Char. V.
1bid, Chag. VIII.
*
C3
--- Page 46 ---
(38)
quoique bien éloigné de croire,
sophe célèbre de
comme un philoFantiquité, qu'ily a des esclaves
par nature, il a pensé du moins
de ces abus qu'on tenterait
- que c'était un
en vain de
tant que les sociétés
détruire >
les
resteront imparfaites 5 que
ptincipes sur lesquels elles sont fondées
s'accorderont
ne
pas avec les principes
en nécessiteront la
naturels, ou
hommes
modification s et que les
seront mûs par leurs besoins, les
sions, et par les influences des
,
pasgement rangé le
climats : et ila a sasystême moderne des
nombre des maux
colonies au
sur lesquels il falloit fermer
yeux, à cause des grands
les
en résultaient. En le lisant avantages généraux qui
facile de se convaincre
attentivement, il est
blâmer la chose
qu'il a moins en vue de
On
en elle-mème que ses abus.
interrogerait vainement sur la même
tion, les écrivains
quescolonies.
politiques qui ont traité des
Raynal lui - même
d'être favorable
, qu'on n'accusera pas
aux vices de
l'excuser
l'esclavage 2 parait
implicitement en faveur de ses
et loin de parler de
résultats ;
comble,
renverser l'édifice de fond en
immortel parce que des défauts y sont mélés, son
ouvrage ne roule
les moyens de Jes
principalement que sur
nies
corriger, et de rendre les coloplus Rorissantes. Enfin, loin de tenter
ver un mcilleur
de trounimoment
expédient, tous s'accordent unasur un point commun, c'est
lcs
que
en faveur de ses
et loin de parler de
résultats ;
comble,
renverser l'édifice de fond en
immortel parce que des défauts y sont mélés, son
ouvrage ne roule
les moyens de Jes
principalement que sur
nies
corriger, et de rendre les coloplus Rorissantes. Enfin, loin de tenter
ver un mcilleur
de trounimoment
expédient, tous s'accordent unasur un point commun, c'est
lcs
que --- Page 47 ---
(39)
denrées coloniales ne peuvent être cultivées que
par des esclaves.
lodes inclinations, du climat et des
Les rappotts
calités, n'avaient point échappé à leur pénérration, et
ces notions comme trop
ils avaient sans doute regardé
faciles à saisir, pour qu'il fût nécessaire
simples, trop
de les développer.
En effet, il est des vérités si claires et si incontestables s qu'il suffit de les énoncer, et qu'elles
leur preuve avec elles. Mais aujourd'hui
portent
écartée de celles
que T'opinion est si étrangement
ces hommes célèbres ont reconnues et avouées,
que
s'élevant avec force contre P'abus qu'on en
tout en
m'efforcer de
a fait, pourrai-je > sans présomption 3
suppléer leur silence, 1 et hasarder quelques idées
ont
de traiter? J'ai
sur un chapitre qu'ils
négligé
du moins pour moi, d'être d'accord avec eux sur
tout le reste : j'ai, comme eux, en horreur Pinl'inhumanité, et Phorrible abus qui a été
justice >
eux
fait de choses utiles en elles-mêmes : comme
aussi,je pense que ce serait un grand mal de plus
de détruire ce qui ne demande que d'être corque
rigé, et d'appliquer le fer et le feu à une plaie qui
n'exigerait que des remèdes doux et dirigés par la
sagesse.
Les richesses coloniales toutes brillantes qu'elles
sont, et l'existence même de ceux qui habitent
les contrées qui les produisent, sont trop précaires,
C4
>
eux
fait de choses utiles en elles-mêmes : comme
aussi,je pense que ce serait un grand mal de plus
de détruire ce qui ne demande que d'être corque
rigé, et d'appliquer le fer et le feu à une plaie qui
n'exigerait que des remèdes doux et dirigés par la
sagesse.
Les richesses coloniales toutes brillantes qu'elles
sont, et l'existence même de ceux qui habitent
les contrées qui les produisent, sont trop précaires,
C4 --- Page 48 ---
40 )
pour se flatter d'y former des
tar de ceux
établissemens à l'insd'Europe, et fondés
et les mêmes calculs.
sur les mêmes bâses
leur est point
Le prix de ces richesses ne
relatif;
de valeur que celle
ces-badites, qu'elles n'ont
De
qu'un gott général
sorte que sans le cas
Ileura donnée.
font de leurs
que les autres nations
denrées, les colonies
senriel, qu'on leur
privées de l'esla pauvreté.
porte en échange, seraient dans
L'habitude et un golt qui s'accroit
joumnellement, en ont fait une
vrai, et elles sont devenues
nécessité, il est
d'un
la bâse
commerce immense
fondamentale
ciconstances
5 mais LII caprice et des
grand
imprévues peuvent les remettre
inconvénient pour les individus
s sans
isolément, au rang des fantaisies
considérés
soins récls, et qui
devenues des beles satisfaire.
disparaisent avec les moyens de
Qa'en Enrope le cultivareur
manufacturier soient isclés
Oul le
opérations commerciales par une guerre, Et leurs
érats, illeur reste
suspendues avec les aatres
rieure,
toujours la consemmation
qui est le but
intéMais les colonies
principal de leurs travaux.
tombent
ment qu'eiles sont
d'elleromimes, de mopar les
négligécs : tour y est suspendu
tions. hostilités, et par la cessation des
Elles seraient
exportamoins
inhabicables et
du
pour l'européen 2, si les peuples inhabitécs,
tout-d-comp à leurs productions.
renongeicne
C'est ce qui vraisembleblemont
harrivera pas
ation
qui est le but
intéMais les colonies
principal de leurs travaux.
tombent
ment qu'eiles sont
d'elleromimes, de mopar les
négligécs : tour y est suspendu
tions. hostilités, et par la cessation des
Elles seraient
exportamoins
inhabicables et
du
pour l'européen 2, si les peuples inhabitécs,
tout-d-comp à leurs productions.
renongeicne
C'est ce qui vraisembleblemont
harrivera pas --- Page 49 ---
(41 )
du moins de si-tôt. Jamais le Français ne fut moins
en état de se livrer à ses goits de superfiaité, et
jamais pourtant celui des productions coloniales ne
parut si fortement et si universellement érabli,
que depuis que la masse en est diminuse, que,
pour satisfaire ce besoin, l'écranger achève d'épuiser nos ressources : mais il n'en faur pas moins conclure qu'on ne peur envisager Ces riches polsessions
et l'Europe SOUS le même point de vue; et qu'sl
faut user des plus grands ménagemens envers ce
chef-d'euvre d'industrie aussi frele que productif.
L'objet de ces possessions est de fourair à leurmétropole la plus grande quantiré possible de leursdenrées, et de consommer en échange la plus grande
quantité possible de marchandiscs nationales : mais la
calture erl'exporration de ces denrées ne sont pas relatives aux senls besoins de la méuropole, et à sa consommation particulière. L'intérêt général consiste,
nonice qu'elle en consomme beancoup, mais qu'elle
Cest
enait une grande maselctinumesreil Peccanger.
importance des coloen ce point quegicla principale
nies; et c'est par-la que Scint-Dominjus, devenne la
première de toutes,vait mis la France en érac d'avoir, à cet égatd,e pas sur toutes les autres puissances maritimes. Elle lai fut constammen: enviée
par P'Angleterre, qui ne rendant à rien mcins qu'à
l'empire des mers et à P'envahissement du commerce
du monde enrier, vit toujoutsavec dasespoir, entre
ce point quegicla principale
nies; et c'est par-la que Scint-Dominjus, devenne la
première de toutes,vait mis la France en érac d'avoir, à cet égatd,e pas sur toutes les autres puissances maritimes. Elle lai fut constammen: enviée
par P'Angleterre, qui ne rendant à rien mcins qu'à
l'empire des mers et à P'envahissement du commerce
du monde enrier, vit toujoutsavec dasespoir, entre --- Page 50 ---
lcs mains de sa rivale, (42)
siennes
une possession qui
les
par le double avantage de
éclipsait
productions et de leurs supériorité limmensisé de ses
C'est donc à lui
reconnue,
conserver cet
tage qu'il faur
inappréciable avanemployer toute son étude
et cer n'est qu'avec
et ses soins;
délicatesse, qu'il faur circonspection,er aveci une extrême
traiter des intéréts
non seulement à la France, mais
qui tiennent
vers commerçant,
encore à tout luniLe prix des denrées coloniales
pidité de leur écoulement,
françaises, et la rament de leur excellence
dépendaient principaleet de
de
tranger à se les procurer. Mais lempressement il
l'évrai que, malgré la
n'en est pas moins
elles étaient
préférence qu'elles
soumises à un cours général, obrenaient, dont le
comparé au prix d'achat, aux frais
taux
et à ceux d'armement,
primitifs de culture
des colonies à la
d'assurance et d'esportation
métropole, et de ses porrs à l'étranger, réglait les bénéfices respectifs de
Ce cours
chaque nation.
suppose une concurrence
plus d'adresse et une connaissance danslaquelle, avec
de nos intérèts, il eût été facile de mieuxaprofondie
plus grands
recueillir de bien
moins cher avantages. Le commerce français achetait
dans ses colonies, où
aussi moins
l'exploiration érait
lançait
dispendieuse; avantage que l'étranger bapar son habileré commerciale, et
la
grande économie dans les
Par plus
Tarmatear
armemens; de sorte que si
français avai: été aussi habile, aussi éco-
nos intérèts, il eût été facile de mieuxaprofondie
plus grands
recueillir de bien
moins cher avantages. Le commerce français achetait
dans ses colonies, où
aussi moins
l'exploiration érait
lançait
dispendieuse; avantage que l'étranger bapar son habileré commerciale, et
la
grande économie dans les
Par plus
Tarmatear
armemens; de sorte que si
français avai: été aussi habile, aussi éco- --- Page 51 ---
(43)
diminuant ses ftais, il
nome que Tétranger,et qu'en
le prix de ses
eûr pu diminuer proportionnellenent
ni ses colonies, n'auraient
denrées, jamais celui-ci,
fit
soutenir la concurrence, , et Saint-Domingue
pu
exclusifdu monde Détinitivedevenu le magasin
la
du premier, qui efit pasétendre
ment, supériorité
se réduisait à l'immenà tout, et éclipser ses rivaux,
sité des productions françaises, et sur-tout à leur perfection... Il est question maintenant d'examiner
les changemens opérés dans les colonies 3
si, d'après
les chances
étaient oul devaient être autretoutes
qui
(*) Le fret était dans nos colonies de IO à 15 deniers,
et de 4à 8 dans celles de l'étranger , dont les armemens occude moins
les nôtres, et la moipaient un tiers d'équipage
que
tié tout au plus d'efficiers. Le négociant français faisait assurer
à Londres, à Amsterdam &cc. &cc. à 20 pour ICO de moins
que dans nos places. D'un autre côté, les objets manufacturés en France et importés dans nos colonies, coltaient
moins en fabiique et s'y vendaient souvent plus cher que
ceux de l'écranger, et la consommation en était infiniment
plus grande. Qu'on juge donc combien, avec une sage économie dont les autres nations nous offraient T'exemple, et en
shadenepiedlal-a-rrenentaral les améliorarions
dont eiles étaient susceptibles, il ef: été facile de diminuer
le prix de nos denrées coloniales en Europe, sans même
diminuer celui d'achat sur les lieux : combien, dis-je, il eût
été facile d'entraver ou d'anéantir le commerce érrangers
forcé d'acheter en Amérique bien plus cher que nous, et
qui ne pouvait balancer ce désavantage, que par sa parcimonieuse économie sur les frais d'armemens.
renentaral les améliorarions
dont eiles étaient susceptibles, il ef: été facile de diminuer
le prix de nos denrées coloniales en Europe, sans même
diminuer celui d'achat sur les lieux : combien, dis-je, il eût
été facile d'entraver ou d'anéantir le commerce érrangers
forcé d'acheter en Amérique bien plus cher que nous, et
qui ne pouvait balancer ce désavantage, que par sa parcimonieuse économie sur les frais d'armemens. --- Page 52 ---
fois
(44)
pour nous, ne se sont pas tournées
l'étranger.
en faveur de
Le prix de main-d'auvre
valeur d'une denrée
règle ordinairement la
les productions
ou d'un objer manufasturé ( car
coloniales doivent
ce double point de
être envisngées sous
turiers
vue )- Leguel des deux manufacPeur donner sa marchandise à
modéré, de celui
un prix
qui a des ouvriers pour. le
plus
desquels il faur qu'il sacrifie les deux
paiement
duits, ou de celui qui,
tiers de ses proques frais
moyennan: des soins ct
peu coûteux, est en droi:
quelsiens un travail habicuel
d'exiger des
Selon
et gratit?
un usage uniformément
les Antilles, le Colon de
établi dans toutes
rait le nombre d'ouvriers Saint-Domingue se procuture, qu'il payair
nécessaires à sa manufacou
comptant s'il en avait les
que plus souvent il obtenait à de
moyens, 2
sans intérêts, à moins de
longs termes,
suthauissement de
considérer comme tels le
mise à
prix, qui était la seule
cette faveur : de sorte
condition
un peu de bonheur, il retirait qu'avec de Factivité et
rable d'un
un bénéfice considéle
objer dont il n'avait pas encore
capital, et qui isouvent luiavair
remboursé
sa valeur, avant d'en avoir
rapporté au-deli de
S'il
il
payé le premier denicr.
obtenait réussisait, se libérair en tout ou en
de nouvelles
partie, et
il ne payair
avances : s'il ne réussissaic
était
pas, vu que Facquit de ses
pas,
sensé subordonné à ses
engagemens
succès; €t son mexaci
er dont il n'avait pas encore
capital, et qui isouvent luiavair
remboursé
sa valeur, avant d'en avoir
rapporté au-deli de
S'il
il
payé le premier denicr.
obtenait réussisait, se libérair en tout ou en
de nouvelles
partie, et
il ne payair
avances : s'il ne réussissaic
était
pas, vu que Facquit de ses
pas,
sensé subordonné à ses
engagemens
succès; €t son mexaci --- Page 53 ---
(45)
tade n'était pas toujouts une raison qui l'empèchàt
d'obtenir encore les moyens de faire de nouvelles
tentatives. Telle est une des principales causes del'étonnante prospéricé d'une colonie, aux accroissemens
de laquelle tout semblait concourir, jusqu'aux abus
même. Mais, dira-t-on, un abus, quelqw'avantagenx
qu'il soit à ceux qui savent en profiter, a aussi ses
désavantages : sur qui retombaient-ils. P sur personne.
Tout le monde y gagnair, Colons, négocians, et eil
dernier résultat, la métropole. Le négociant faisait
un gros bénéficesur l'esclave vendu au Colon, qui en
était dédommags par les produits de sa culture, pacla
lenteur des paiemens, et par la facilité de les éluder.
Le premier n'avait pas un profit moins certain, soit
en vendant comptant,soit en balançant par une forte
angmentation les désavantages d'une longue attente >
soit entin par les bénéfices des retours et de l'exportation des denrées coloniales : et rien ne le prouve
mieux, que de dire, pour couper court à toute objection, que soit dans le commerce, soit dans l'agriculture, 011 vit une multitude de fortunes immenses
s'élever, et rarement 3 jamais peut-êrre, une seule se
détruire.
Outre que l'introduction des noirs était la branche
laplus productive des liaisons de la métropole avec la
colonie,b'envisgsons un moment sa cessation que du
coté de ses rapports avec les autres possessions européennes. Elles existent toujours sur le même pied, -
, que de dire, pour couper court à toute objection, que soit dans le commerce, soit dans l'agriculture, 011 vit une multitude de fortunes immenses
s'élever, et rarement 3 jamais peut-êrre, une seule se
détruire.
Outre que l'introduction des noirs était la branche
laplus productive des liaisons de la métropole avec la
colonie,b'envisgsons un moment sa cessation que du
coté de ses rapports avec les autres possessions européennes. Elles existent toujours sur le même pied, - --- Page 54 ---
(46)
régies pat Jes mémes usages, tandis
mingue tout est diaméralement
qu'à Saint-Dofrançais, loin d'avoir
changé. Le Colon
comme autrefois la stimulante
perspective des bénéfices à faire avec des
nues à des conditions
avances obdouces, et d'une fortune
ver avec la seule ressource de
à élecontraire forcé de
son industrie, sera au
payer des intérêts énormes et écrasans, pour un capital qu'il n'aura
pour celui dontil laura
pas reçu, ou plurôe
étédépouillé.
en rappellant qu'il était libre
Cocis'explique,
sans cesse le nombre de
autrefois d'augmenter
était facile de
ses cultivateurs, dont il lui
payerle prix avec une partie des avantages qu'il en retirait et quilui
talité; y et qu'aujonrd'hui,
appartenaient en tovaleur de
On lui enlève de fait la
son mobilier, en mème-tems
duit ati tiers de ses revenus
qu'on le rétale
: car c'est une
et inappréciable,
celle
perte capivaleur formait
que
d'un attelier dont la
presqu'en totalité celle d'une habitation, puisque tout le reste > tel que le sol et les établissemens, n'étair estimé qu'en
Ainsi le Colon
proportion des forces.
libre
frangais, supposé qu'on lui laisse la
disposition de sa terre après l'avoir
ce quila faisait valoir,
dépouillé de
sans aucun
se trouve réduit à, une possession dédommagement,
plus du moins soutenir
inucile; 1l ne pourra
la concurrence du
jamaicain, qui continuera de jouir des
planteur
régime commun à tous les deux
avantagesd'un
de tous les
autrefois; c'est-dedire,
moyens qui facilitent la
culture, et d'un
'on lui laisse la
disposition de sa terre après l'avoir
ce quila faisait valoir,
dépouillé de
sans aucun
se trouve réduit à, une possession dédommagement,
plus du moins soutenir
inucile; 1l ne pourra
la concurrence du
jamaicain, qui continuera de jouir des
planteur
régime commun à tous les deux
avantagesd'un
de tous les
autrefois; c'est-dedire,
moyens qui facilitent la
culture, et d'un --- Page 55 ---
(47)
attelier nombreux et toujours prèt, au moindre signe, $
à seconder toutes ses entreprises.
Il semble qu'il ne faur pas un Jong raisonnement
pour faire sentir cette énorme inégalité d'avantages,
et qu'il résulte de l'examen de la position respective
des deux planteurs anglais et français, que celui-ci,
pour se tirer d'affaire, et pour retirer quelque fruit
de ses travaux, sera forcé de surhausser le ptix de sa
denrée. Mais comment pourrait-il y parvenir, étant
en concurrence avec le premier, qui,n'ayant éprouvé
aucun dommage ni été soumis à aucun sacrifice, cOn
tinuera de vendre la sienne au même prix, et pourrait mème, sans se porter un préjudice considérable. ,
le diminuer, ne fit-ce que pour consommer la ruine
de son rival.
Mais il y a mieux : il est aisé de se convaincre,
d'après un léger examen du cours ordinaire des choses,
que ce n'est pas celui qui recueillerait moins, mais
bien celui qui recueillerait plus, qui parviendrait,
outre l'avantage de la quantité, à obtenir une augmentation de prix. Il ne faut que se rappeller ce qui
précède, et appliquer à l'état actuel de Saint-Domingue les causes anciennes de sa propre splendeur.
Elle prédominait sur les autres colonies, par la masse
immense de productions que cultivait une population
nombreuse : ses denrées furent constamment à un prix
bien supéricur, à celai, par exemple, des isles françuises du Vent, quoique la proportion de ses produits
outre l'avantage de la quantité, à obtenir une augmentation de prix. Il ne faut que se rappeller ce qui
précède, et appliquer à l'état actuel de Saint-Domingue les causes anciennes de sa propre splendeur.
Elle prédominait sur les autres colonies, par la masse
immense de productions que cultivait une population
nombreuse : ses denrées furent constamment à un prix
bien supéricur, à celai, par exemple, des isles françuises du Vent, quoique la proportion de ses produits --- Page 56 ---
(48)
fir aux leurs réunis comme
à
résuiltait de
cinq un. Ceta
cette méme abondance
avantage
grand nombre de vaisseaux de quiyattiraic le plus
la
l'espoir d'y obtenir les denrécs à métropole, non par
savaienz le contraire
meilleur compte; ils
d'avance, mais par la certitude
inappréciable d'y trouver la vente
de leurs riches
prompte et assurée
cargaisons, et de pouvoir s'y
sur-le-champ en retour, soit
charger
pour leur
pour celui des particuliers, selon le
compre,soit
et les
cours des affaires
avantages qu'ily avait pour eux à
De
sorte que, de manière ou d'autre, l'armateur espérer.
de la rentrée de ses
était sûr
bénéfce
fonds, et presque toujours d'un
certain; ; et il ne courair pas le même
gu'ailleurs, de se constituer en d'énormes risque
par les frais de
dépenses
magasinage, par les retards dans l'expédicion de ses navires pendant destems
déterminés,
longs et incomme aux isles du Vent, où il fallair
souvent attendre et s'industrier, soit pour le débit des
marchandises d'Europe, soit pour obtenir avec
les denrées qu'on trouvair à
peine
Saint-Domingue sur-lechamnp.
Maintenant cette colonie ne saurait étre, et bion
s'en faur, à l'égard de la
Jamaique, ce que la Martinique et la Guadelorpe étaiencaus sien
sessions
: car ces posfrangaises, qui ne pouvaient lui être
rées 7 et que le comnerce négligeait
compapreduiuient néanmoins
pour elle *
des mémes
beaucoup; ; elles jouissaient
moyens qui la faisaient fleurir, et n'éraient
pas
colonie ne saurait étre, et bion
s'en faur, à l'égard de la
Jamaique, ce que la Martinique et la Guadelorpe étaiencaus sien
sessions
: car ces posfrangaises, qui ne pouvaient lui être
rées 7 et que le comnerce négligeait
compapreduiuient néanmoins
pour elle *
des mémes
beaucoup; ; elles jouissaient
moyens qui la faisaient fleurir, et n'éraient
pas --- Page 57 ---
(49)
pas réduites à son état actuel de ruine et de désorganisation. Privée de la plus grande partie de ses bras, J
et n'ayant à attendre de ce qui reste qu'un travail
insuffisant et précaire, > Saint-Domingue doit nécessairement descendre au nivean de SCS ressources présentes, et prendre le rang qu'elles lui assignent parmi
les colonies qui T'environnent. L'industrie y est
éteinte; Tactivité, cette activité merveilleuse qui enfantait des miracles, en a disparu sans espoir de se
relever; elles iront vraisemblablement se réfugier
dans les Antilles étrangères, qui, n'ayant rien perdu
à cet égard, s'élèveront d'autant par la chûte de celle
qui les éclipsait toutes, et sur-tout en arcirant dans
leur sein les talens qui la rendaient si Aorissante, et
qui ont été forcés de fuir loin d'eHe. Le commerce 3
qui craint l'incertitude, et qui accourt toujours du
côté oui il espère trouver des ressources assurées, abandonnera Saint-Domingue pour accourir aux lieux où
il saura qu'elles existent.
Vainement o1l m' objectera que les nationaux, à qui
des loix prohibitives ferment l'accès des possessions
étrangères, seront forcés d'aller commercer dans ses
ports : oui, sans doute, s'ils y étaient attirés par des
avantages cerrains ou au moins probables. Le négociant, qui n'opère que pour gagner, règle ses spécularions sur les bénéfices à e- pérer et sur la certitude plus ou moins assurée du succès. De même qu'il
dirigeait ses opérations, par préférence vers SaintTome. II.
D
des loix prohibitives ferment l'accès des possessions
étrangères, seront forcés d'aller commercer dans ses
ports : oui, sans doute, s'ils y étaient attirés par des
avantages cerrains ou au moins probables. Le négociant, qui n'opère que pour gagner, règle ses spécularions sur les bénéfices à e- pérer et sur la certitude plus ou moins assurée du succès. De même qu'il
dirigeait ses opérations, par préférence vers SaintTome. II.
D --- Page 58 ---
(50)
Domingue lorsqu'il y avair de grands
ily enverra peu, s'il
profito à Aaire's
y a peu, et
du
n'y a rien à gagner.
point touty sil
Tout doit érre interverri désormais
que les Ancilles
dans le rang
la
occupaient en c'elles, et dans
première place était si
kequel
mingue,
peu dispurée à
que c'est d'eile que les
Siint-Dopartie de leur éclat. C'est de autres tiraient une
sable queles Danois, lesH
cette source inépuiempruntaient clandestinement HollandishplerAnglaise meme
gement de leurs
tne partie du charl'industrie
navires. La fertilied de son
de ses culrivareurs éraient
sol,er
que ses denrées,
teiles, que quoinommés
leur notamment ses sucres, fussent rese vendaient par
supériorité sur tous les autres, ils
douze pour cent meillear
dans ies colonies
marché que
les frais
Anghises; soit que dans celle-ci,
d'exploitation fussent plus
le sol moins fécond, soit
considérables et
venu à simplifier
que l'art n'y fût pas par.
que les
également ses opérations. De sorte
nir
interlopes jamaicains ne cessaient
une correspondance active
d'entreteçaises de l'ouest
avec les côtes franet du sud, et enlevaient
lement une quantité immense de
hibitneltout d'indigo,
denrées, et surà faire
pour profiter du bénéfice qu'ily
chez eux, O:t de la prime
avait
que le gouvernement
d'encouragement
tations de
Anglais accordait aux
ses colonies. C'érait
exporà la France et à
un abus préjucliable
sa colonie, quoiqu'une mulitude
entreteçaises de l'ouest
avec les côtes franet du sud, et enlevaient
lement une quantité immense de
hibitneltout d'indigo,
denrées, et surà faire
pour profiter du bénéfice qu'ily
chez eux, O:t de la prime
avait
que le gouvernement
d'encouragement
tations de
Anglais accordait aux
ses colonies. C'érait
exporà la France et à
un abus préjucliable
sa colonie, quoiqu'une mulitude --- Page 59 ---
(31)
d'auttes avantages le rendissent presqu'insensiblej et
il n'eût pas exisré,si le négociant françiis eût été
aussi habile, aussi accif et aussi économe que l'étranger. 1I pronv.ait du moins qu'elles étaient les
ressources de Suint-Domingue, et quelle vaste influence elle devait procuter à la puissance qui en
pouvait disposer
Lerapprochement desmpponspaticuliens des possessions curopéennes entr'e elles,s'applique: aux rapports
généraux, et est suivi des mémes conséquences : si
la colonie qui vivifiait le commerce français est dé.
chue, il doit décheoir également 3 elle sera pour
lui selon qu'elle se relèvera ou qu'elle achèvera de
s'anéantir, le thermomètre de son existence. Il ne
faut pas perdre de vue que toute son importance
consistait; non en ce qu'elle fournissait aboncamment
aux jouissances des habitans de la métropole, mais
en ce que par l'immensité de ses productions, elle
mettait la France en état de porter T'enchère dans
tous les marchés de l'Europe, et d'y obtenir une
préférence marquée par leur perfection. La chance
a tellement tourné, que non seulement elle a perdu ce précieux avantage; mais encore, elle sera forcée d'aller demander à ceux qu'elle pourvoyait autrefois, la quantité ou une partie des denrées CO=
loniales nécessaires à sa consommation. Le présent
même est une preuve qu'il n'y a rien d'exagéré dans
ma prédiction. Dans notre etat de guerre avec l'Ane
D 2
Europe, et d'y obtenir une
préférence marquée par leur perfection. La chance
a tellement tourné, que non seulement elle a perdu ce précieux avantage; mais encore, elle sera forcée d'aller demander à ceux qu'elle pourvoyait autrefois, la quantité ou une partie des denrées CO=
loniales nécessaires à sa consommation. Le présent
même est une preuve qu'il n'y a rien d'exagéré dans
ma prédiction. Dans notre etat de guerre avec l'Ane
D 2 --- Page 60 ---
(s:)
gleterre, après avoir épuisé les amas
été précédemment faits
qui en avaient
dont
au sein de la
par la plus étrange violation
métropole, et
sacrés de la propriété
des droits les plus
aussi inconsidérée
on a disposé d'une manière
à consommer
qu'injuste, nous sommes
un mauvais reste de nos
réduits
une énorme quantité de
magasins, et
les neutres, avec un bénéfice sucres anglais importés par
l'obrint jamais. Il
tel que cette denrée ne
y a plus : nous
nom de sucre de
rachetons, sous le
les memes denrées Hambourg, età un prix exorbitant,
ptimitivement de coloniales que Tétranger tenait
déré, Nous voilà nous, et à un prix plas que modonc à la fois
de
currence et des bénéfices d'une privés
la cOiiproducrions
masse prodigieuse de
coloniales, et forcés de farre
reux sacrifices pour obtenir
de doulouà notre; propre
celles qui sont nécessaires
usage.
à I'Europe Ja moitié Ssint-Demingueseule de celles
fournissaie
ne résultera de la diminution qu'elle consommair : il
de la disparution totale de
subite, O1l peur-être
renchérissement
cette masse énorme,
qu'il est impossible de
qu'un
les colonics étrangères
déterminer :
pidement le prix de ceiles verront doubler et tripler raTanéantissement d'une
qu'elles produisent, par
vaient
concurrence quelles ne
soutenir, et qui désormais n'existera pouQu'on n'aille
plas.
vantage momentané pass'imaginer que ce soit un désaet inséparable de
er de la guerre
notre position
que nous soutenons contre FEurope
norme,
qu'il est impossible de
qu'un
les colonics étrangères
déterminer :
pidement le prix de ceiles verront doubler et tripler raTanéantissement d'une
qu'elles produisent, par
vaient
concurrence quelles ne
soutenir, et qui désormais n'existera pouQu'on n'aille
plas.
vantage momentané pass'imaginer que ce soit un désaet inséparable de
er de la guerre
notre position
que nous soutenons contre FEurope --- Page 61 ---
(53) )
entière. C'est à
nous-mêmes, et non à nos ennemis;
c'estdnotre: aveugle
forts
imprudence, et non à leurs efque nous devons la perte d'une ressource
l'univers soulevé n'aurait
que
pu nous arracher : c'est
parl'opiniârreté: éavec laquelle on s'acharne ailx causes
premières de notre dén@ment, que ni la paix ni
venir ne pourront diminuer
l'anotre misère; Un changement de circonstances ne fera que joindre à la
de la réalité, celle de l'espérance. Je le
perte
nous-mêmes
répète, c'est
qui sommes les artisans de notre
pre inforune; et s'il existe un remède, c'est en promême que nous devrions le chercher.
nousConsidérée en
elle-mème, ou dans ses rapports avec le commerce
européen,
décheoir de Saint-Domingue ne peut manquer de
plus en plus, et de tomber enfin dans
l'abime de loubli et de l'inutilité, si
de lui tendre
Onl ne se hâte
une main secourable et
aul
lieu de ces prétendus
puissante,
tempéramens, qui ne sont
propres qu'à aggraver ses maux.
La paix, cette paix si ardemment desirée,
fois conclue, qu'ya-t-il donc
une
tant à espérer ? Croiton qu'il ne s'agisse que de se présenter à Saint-Domingue pour y renouer, comme autrefois, des liaisons que les évènemens n'ont fait
que suspendre ?
pense-t-on que le commerce y trouvera du
une immensité de denrées
moins,
accumulées pendant la
guerre, et dont le produir servira à préparer les
D3
.
La paix, cette paix si ardemment desirée,
fois conclue, qu'ya-t-il donc
une
tant à espérer ? Croiton qu'il ne s'agisse que de se présenter à Saint-Domingue pour y renouer, comme autrefois, des liaisons que les évènemens n'ont fait
que suspendre ?
pense-t-on que le commerce y trouvera du
une immensité de denrées
moins,
accumulées pendant la
guerre, et dont le produir servira à préparer les
D3 --- Page 62 ---
(54)
moyens d'en obtenir de nouvelles?
lonie est un chêne abattu dont Non; cette COde sapproprier les
chacun s'est hâté
branches; ; et de toutes les
qui ont eu part à ses débris, le
nations
qui n'en air
Français est le seul
pas profiré. L'Anglais, maître des
contrées encore
seules
des malheurs intactes, s ou exemptes d'une partie
qui ont anéanti les aucres (car il faut
qu'on sache que c'est-là uniquemenr
ahé à étendre sa
qu'il a cherdomination, et qu'il a
de
s'emparer du reste où il
négligé
n'ya tien à
l'Anglais s'est empressé d'enlever
recueillite),
rassemblées dans leurs
toutes les denrées
Ports 3 tandis que les
Améticains, les
Anglo.
Danois, ou plucôr les
mêmes, sous le
de
Anglais euxà vil prix le pavillon ces neutres, recueillaient
dans les
peu qui pouvait encore se trouver
Tant embarcadaires des pays soumis aux noirs.
que la guerre durera, ils conserveront
conquètes, pour en tirer tout ce
leurs
et à la paix, ils les
qu'ils pourront 5
comme s
inutiles
abandonneront sans regrer 2
dront les
pour eux et pour ceux qui vieny remplacer.
Dès que l'accés en sera r'ouvert
objet y pourra attirer le
pour nous > quel
négociant
ce pour y raviver l'industrie
français? SeraProdiguer ces
coloniale, et pour y
tirèren: autrefois secnurs, ces encoutagemnens qui la
du
àcer égard le
néant Que pourrait faire
En état
commerce national, qui est réduit à
presqu'aussi déplorable que la colonie elles
qui vieny remplacer.
Dès que l'accés en sera r'ouvert
objet y pourra attirer le
pour nous > quel
négociant
ce pour y raviver l'industrie
français? SeraProdiguer ces
coloniale, et pour y
tirèren: autrefois secnurs, ces encoutagemnens qui la
du
àcer égard le
néant Que pourrait faire
En état
commerce national, qui est réduit à
presqu'aussi déplorable que la colonie elles --- Page 63 ---
(35)
même ? Im-t-ily former des spéculations nouvelles?
seraient-elles fondées, soit en EuEh ! sur quoi
Dans l'écat de relâcheropc, soit en Amérique ?
ment et d'inerie OUl les évènemens ont réduit nos
minufaccures et nos liaisons intérieures ouf extéxisares, le négociane le plas accrédité pourtait à
rassembler en ce moment les divers objets
peine
à la coiodoar se compose une cargaison propre
nie de Saint-Domingue. D'un autre côté, ne prone
lui
duisant rien ou presque rien,elle
pourrait
la valeur, ou ne le ferait qu'avec une lenen payer
aussi funeste à l'armateur
la
teur ruineuse, et
que
d'une partie de ses.capitaux. Or les ressour.
perte
offrait aul commerce ne sont pas moins
ces qu'elle
nécessaires pour le retirer de son état de stupeur
efforts de celui-cine
et d'engourdissement, queles
au rétablissement de la cole sont pour coopérer
ionie, ec pour ranimer son activité et son ancienne
industrie.
Il est donc évident que le commerce et la colonie, qai n'étaient rien lun sans l'autre, sont tombés
respectivement dansle même degré d'impuissance,et
les rapports d'intérêt qui les unissaient n'exis
que
extrêmement affaiblis. Ici tous les
tent plus, ou sont
ressorts sont détendus par l'extinction des motifs, ainsi
que des moyens qui les faisaient mouvoir : Fagriculture est anéantie par la destruction de son principal
véhicule, et du système qui en était la base. Cet édiD4 4
taient rien lun sans l'autre, sont tombés
respectivement dansle même degré d'impuissance,et
les rapports d'intérêt qui les unissaient n'exis
que
extrêmement affaiblis. Ici tous les
tent plus, ou sont
ressorts sont détendus par l'extinction des motifs, ainsi
que des moyens qui les faisaient mouvoir : Fagriculture est anéantie par la destruction de son principal
véhicule, et du système qui en était la base. Cet édiD4 4 --- Page 64 ---
fice brillant,
I 565
construit par
par ces passions qui élèvent Tambition, la cupidiré, et
suS de luli-méme, s'écroule souvent Thomme au-desprésentep plus rien
du moment gu'il ne leur
la culqure
capable de lessarisfire.
coloniale tomberait
Enunmor,
elle ne serait pas ensevelie faute de bras, quand
quand méme on n'aurait sous des décombres, er
avec violence tout ce qui pas désorganisé et rompu
ct son maintien.
iservait à assarerson existence
Domingue, Envisagée par rapport aux autres colonies,
ruinée erdénnéc de
Sainten concurrence avec des
tout, ne saurait entrer
heureusement
possessions étrangères,
exemptes des
qui 3
chirée, jouiront
convulsions qui l'ont déet n'éproaveront constamment d'autre
des mêmes avantages,
de ses
changement que
dépouilles, et de voir donner
des'entichir
vellealeursp
une valeur nouune rivale qui semdisisnrollnaherey les
plusà craindre
colonie malheurense éclipsait toutes. Ehlgui sair si cette
France à cause de son 3 abandonnée un jour par la
leur fournir tôt ou tard inucilité, n'est pas destinée à
maintenant
ces mêies esclaves
demander à
qu'on va
péens des Antilles
PAfique, et que les Euroet plus commode trouveront bien plus avantageux
voisins! !
d'aller demander à leurs féroces
Considérée
rolativement à la
Domingue ie pourra plus désormais métropole, Saintauquel elle est destinée
remplir l'objet
> soit qu'elle éprouve les --- Page 65 ---
(57)
Houveaux déchiremens qu'il est impossible de ne
pas prévoir, soit qu'on parvienne à y établirlorganisation projettée. Dans tous les cas, mêie les
plus favorables, elle ne sera jamais qu'un objet à
charge et incapable de payer les dépenses que coûtera son inutile possession. Ce ne sera plus ce vaste
débouché qui absorbait tout ce que l'industrie nationale créait de plus précieux 5 et dont la consommation était telle, 2 que tous les efforts de nos
manufactures pouvaient à peine y suflire : ce ne
sera plus cette riche contrée dont les rapports commerciaux nécessitaient une marine immense > et
étaient l'école où une multitude d'hommes de mer
allait se former : ce ne sera plus enfin la colonne
de la puissance extérieure de la France, et la source
réparatrice de ses pertes. Avec elle tombent nécessairement une foule de relations que la métropole entretenait avec l'univers entier, et dont elle
était l'objet direct ou indirect.
Le commerce des colonies tenait à FEurope par
la consommation da sucre, du café, du coton et
de lindigo,et à la France en particulier, par ses
vins , par ses fabriques de dreps s de toiles > de
soieries, 2 d'huiles, et par tout ce qui provient des
arts vraiment utiles. Il tenait à l'Amérique septentrionale par les bois à bâtir, par les
les
troupeaux s
par
salaisons, les pécheries, et les subsistances
que Saine-Domingue en recevait, et qu'elle payaic
E
coton et
de lindigo,et à la France en particulier, par ses
vins , par ses fabriques de dreps s de toiles > de
soieries, 2 d'huiles, et par tout ce qui provient des
arts vraiment utiles. Il tenait à l'Amérique septentrionale par les bois à bâtir, par les
les
troupeaux s
par
salaisons, les pécheries, et les subsistances
que Saine-Domingue en recevait, et qu'elle payaic
E --- Page 66 ---
(58)
avec des tafias, s et des melasses inutiles à fa métropole : à lAmérique méridionale
sions espagnoles
et aux posses-
> par l'introduction interlope des
marchandises
frangaies, par l'exctaccion des
et mulets nécessaires aux
chevaux
et Fargen:
manufactures, et par Por
qu'elles ne cessaient d'envoyer dans la
colonie : à l'Asie, par les drogues
les fruits secs du
médicinaies et
levant, par les toiles blanches 01
peintes de la Perse et de PIndoustan
épicerics des
> par les
la
Moluques, et par les porcelaincs de
Perse et du Japon : ce commerce tenait enfin à
lAfrique par la traite des noirs
lonies
importés aux CO3 et presqu'enuièrement
avec des marchandises
payés sur les lieux
sorties des manufutires françaises. Toutes ces différentes branches étaient
source abondante et inépuisable de bénelices une
le commerce national, er avaient
pour
cipale les productions
pour base princoloniales, 2 qui en
aux affaires le monvement le pias rapide, donnant
naient non-seulement la
occasionprospérité de la
mais encore celle du monde entier.
France,
Maintenant plusde liaisons avec I'Enrope,
et
l'Asie,
T'Afrique 5 pas même la moindre partie de celles
qui existaient avec la
anéanti
métropole : tout est anéanti,
pour jamais Mais qu'esc-ce
cherait de les rencuer dans des
qui empèreux Je l'ai
tems plas heudéjà démontré; ce ne sont
ici les simples effets, tels
point
qu'on les éprouva à di: --- Page 67 ---
(59)
verses époques, 1 d'une guerre qui obstrua seulement les communicitions entte la France et sa colonic, et qui ne faisait que suspendre ou rallentir
momentinément leurs rapporis : c'est un féaa qui
s'est appesanti non sur une partie des morens de
leur prospérité mutuelle > mais qui s'attachant directement à leur source > l'a desséchée jusques dans
son principe. Tout serair facile à réparer,si SaintDomingue avait les mémes facualtés pour vroduire;
tout est perdu du moment qu'elles n'exisent plus;
et rout ce systéme brillant dont cette cdonie était
le soutien s s'écroule nécessairement Pr la scule
diminution des productions qui en étaient l'aliment.
On sent ficilement que les nations étrangères
doivent succéder à la France dans tous les avantages qu'elle a perdus : l"Angleterre > cate éternelle et ambicieuse ennemie > n'a désornais plus
rien à desirer : elle est en possession de a seule
branche de commerce qui lui restâc à ambitonner.
Commandant déjà en arbitre suprème sur ras les
points connus de l'univers, elle aura, sans cncurrence dans tous les marchés de T'Eutope, un Silpériorité que la France seule pouvaic antrefois lui
disputer : les moyens de l'obtenir lui seront fournis par ses colonies des Antilles, enrichies des débris et de la misère de leur rivale, et qui delivrées
de cette concurrence incommode a accroîtront rapidement leur culcure et leur industrie, à nesure
Commandant déjà en arbitre suprème sur ras les
points connus de l'univers, elle aura, sans cncurrence dans tous les marchés de T'Eutope, un Silpériorité que la France seule pouvaic antrefois lui
disputer : les moyens de l'obtenir lui seront fournis par ses colonies des Antilles, enrichies des débris et de la misère de leur rivale, et qui delivrées
de cette concurrence incommode a accroîtront rapidement leur culcure et leur industrie, à nesure --- Page 68 ---
(60)
qu'elles verront leurs succés
productions doubler
s'augmenter, et leurs
infaillible du vide et tripier de prix par l'effet
immense occasionné
parutionsubite de celles
par la disnissait : leur
que Saine-Domingue fourdes dentées mécropole deviendra la dispensatrice
précieuses de
l'est déide celles du
TAmérique, comme elle
reste du
nera sui ces mers,
imonde; elle domiles autre
comme elle domine sur
; et la seule puissance
toutes
brage, nyant plus ni
qui lui portâc omrelever,
commerce ni moyens de le
venir
Angleterre n'aura plus à craindre
ces dlarnantes
à l'agaise,
résurrections de la marine franq"', graces au commerce
souvent slus brillante
colouial, reparur
anéantie
au moment où O1l la croyait
Quele sera alors la position de la France
Compera-t-elle,
?
système
pour conserver son rang dans le
politique, sur ses ressources intérieures?
Sattshera-t-elle à faire fleurir dans
manifactures et ces arts
son sein, ces
rederable de
auxquels eile fut souvent
cette influence que Sa
tériale ne Put quelquefois lui
puissance mane sont plus oi les
assurer ? Les tems
dait
peuples, , que son industrie
se: triburaires
renl'imiter
> ne songeaient
même
: le génie
pas
à
élèves non
français a fait par- tour des
moins et souvent plus habiles
maitrs. Eh! que
que leurs
manifactures
sont, au surplus, les arts et les
sans les richesses qui les alimentent? --- Page 69 ---
(61) )
Que seront-ils sans CCS possessions opulentcs, dont
les Erogrès furent la mesure des leurs , et qui
étaient depuis long-tems leur plus ferme soutien,
par les ressources qu'elles ne cessaient de leur fournir, et plos encore par le debouché vaste et avantageux qu'elles offraient à leurs productions ?
Quel est donc le but de ce système de destruction , si opiniâtrement suivi ? Est-ce de favoriser
les projets ambitieux de nos voisins, ou bien d'appauvrir la France pour faire de ses habitans l2
peuple de Spartiates? Environnée d'érats où brillaient tous les avantagus du commerce 3 de T'opuJence et du luxe, s une contrée de lEurope à liquelle nulle autre ne peur étre comparée > sera-telle réduite à T'expédient des lois somptuaires > pour
réformer ses usages et pour rétablir l'équilibre entre
sa dépense et sa position actuelle? Faudra-t-il qu'elle
renonce non-seulement à S1 prépondérance extérieure , mais encore à tout ce qui répandait l'aisance et le benheur jusqu'aux dernières ciasses de
sa population P Peut-étre a-t-on Cru que le senl
moyen de changer les moeurs et les inclinations
d'une nation livrée dès long-tems à la corrup:ion,
était de la priver de tout CC qui pouvait Ty ramener. Un grand homme a dit qu'il en est de ia
vertu comme de la liberté, et qu'un pecpie corrompu ne peut redevenir vertueux que par un enchaînement de malheurs et de déciuremens tels
ur jusqu'aux dernières ciasses de
sa population P Peut-étre a-t-on Cru que le senl
moyen de changer les moeurs et les inclinations
d'une nation livrée dès long-tems à la corrup:ion,
était de la priver de tout CC qui pouvait Ty ramener. Un grand homme a dit qu'il en est de ia
vertu comme de la liberté, et qu'un pecpie corrompu ne peut redevenir vertueux que par un enchaînement de malheurs et de déciuremens tels --- Page 70 ---
(621
qu'il n'est pas permis de les prévoir ni
les desirer.. * Il
sur-tont de
peur se faire que sur sa
on n'ait pas craint de s'engager duns
parole
essai, et que le résulrat
les périls d'un
de tous les sacrifices.
promis air paru au-dessus
Le passé et le présent ne se
rapportent- ils p:s parfaitement à cette idée ? Car
quel autre but supposer à ceux
qui ont
coup sur coup les moyens les plus
employé
après avoir desséché
inouis, et qui
jusgu'aux racines l'arbre des
ressources intérieures 2 se sont efforcésavec la même
ardenrà anéantir celles du dehors ? Voyez la France
épuisée , bouleversée et plongée dans la
vo; €Z ses colonies encanglantées
burbaie;
son commerce
2 ses arrs éreints,
anéanti; n'est-ce pas là un véritable
cahos, duquel il ne reste plus qu'à voir sortir
nation regénérée et noavelle : Ses
une
aul creuset du malheur
moeurs épurées
liorer
ne doivent-elles pas s'amépar la disparution de tout ce qui servait à
les dépraver ? Si l'mfuence secrèce de
pas tout ditigé, voilaà sans doute le létranger n'a
été formé : car
plan qui a
l'esprit se refuse à croire
puisse, sans objet 3 derruire et opérer des boulever- qu'on
semens - parmi lesquels il est facile de
ceux qu'a entraînés le torrent des
distinguer
de ceux qui sont le résultat d'un circonstances s
de destruction.
systême combiné
Il est des évènemens
que toute la prudence humaine ne pouvait prévenir, ni
peut-être prévoir i
le létranger n'a
été formé : car
plan qui a
l'esprit se refuse à croire
puisse, sans objet 3 derruire et opérer des boulever- qu'on
semens - parmi lesquels il est facile de
ceux qu'a entraînés le torrent des
distinguer
de ceux qui sont le résultat d'un circonstances s
de destruction.
systême combiné
Il est des évènemens
que toute la prudence humaine ne pouvait prévenir, ni
peut-être prévoir i --- Page 71 ---
(63)
mais il en est d'autres qui sont Peffet d'un plan combiné et suivi avec une constance opiniâtre. Si le dessein de ceux qui l'ont conçu a été des'environuer de
ruines, ct de dominer par F'affiblissement de tout ce
quipouvait leur opposer quelgu'obstacle, ils ont parfaitement réussi: mais si, comme je l'ai déji observé,
le but des épreuves auxquelles ils ont progressivement
soumis une nation corrompue, a été de changer ses
mceurs, et de lui donner de nouvelles inclinations
ily a tout lieu de croire qu'ils sont dans l'erreur, ou
qu'ils s'y sont mal ptis. Quels que soient les excès af.
freux dont les dernières époques de P'histoire moderne
ont fourni l'exemple, f'aimerais à m'attacher à ce sentiment, et à n'être pas réduit à l'afligeante nécessité
de ne voir par-tout que crime et scélératesse : je Voudrais pouvoir rejeter sur la force des choses et des
circonstances, ce qui, selon toute apparence, n'appartient qu'aux efforts de l'intrigue. Il est en effer
possible de croire que des motifs bons en eux-mêmes,
et des intentions pures, ont souvent eu l'initiative des
évènemens les plus désastreux; et qu'il est un grand
nombre d'hommes qui se, sont laissés entraîner
moins par des vues criminelles en soi, que par
une métaphysique trompeuse, et par de fausses collnaissances du coeur humain; ou qui, séduits par les
exemples de l'antiquité, n'ont pas Vu ce qui s'oppose
aujourd'hui à leur application. Leur imagination,
égarée Par de vaines idées de perfection sociale, n'a
emens les plus désastreux; et qu'il est un grand
nombre d'hommes qui se, sont laissés entraîner
moins par des vues criminelles en soi, que par
une métaphysique trompeuse, et par de fausses collnaissances du coeur humain; ou qui, séduits par les
exemples de l'antiquité, n'ont pas Vu ce qui s'oppose
aujourd'hui à leur application. Leur imagination,
égarée Par de vaines idées de perfection sociale, n'a --- Page 72 ---
(64)
pas Stt distinguer la différence des tems
senti que ce qui affaiblissait autrefois : ils n'ont pas
anjourd'hui la force
les états, en fair
; que les peuples anciens et les
peuples modernes ne sont pas la méme
vent étre régis par des principes
chose, et doien éntraîne bientôr
différens. Une erreur
une autre : emportés tour-à-tour
par T'enthousiasme du premier
niâtreté qui nait de la
succès, et par l'opirésistance, ils ont dépassé, sans
s'enappercevoir, les bornes mêmes
bord
qu'ilss'étaient d'aprescrites : enfin, dominés par des évènemens
qu'ils n'avaient pas même
danger de revenir
prévus, et effrayés par le
lancer
sur leurs pas, ils ont préféré de s'édans les partis les plus extrèmes, o les
successivement entrainés ces esprits ardens,
ont
de semblables
qui, dans
circonscances > s'arrogent
droit de tout
toujours le
rdinigeretsarleiquel.le, grand nombre se
repose ordinairement du soin de le conduire à
ceréceildangereux. Telest,p
travers
bouleversemens inouis arrivés peuréneoleprincipedes
plus affreux
en France, > et de ceux
encore, dont Saint. - Domingue a été le
théatre : telle est la cause de la
guerre acharnée faite
successivement: à la richesse, au commerce, à l'industrie, anx arts et à tout ce qui constitue la force des
empires modernes.
Mais enfin, qu'est-il
définicif
arrivé; quel a éré le résultat
de tant de désastres? A-t-on voulu
des abus? Les
détruire
anciens ont resté ensevelis, il est
sous les ruines de l'édifice auquel ils
vrai,
tenaient, mais
ils
charnée faite
successivement: à la richesse, au commerce, à l'industrie, anx arts et à tout ce qui constitue la force des
empires modernes.
Mais enfin, qu'est-il
définicif
arrivé; quel a éré le résultat
de tant de désastres? A-t-on voulu
des abus? Les
détruire
anciens ont resté ensevelis, il est
sous les ruines de l'édifice auquel ils
vrai,
tenaient, mais
ils --- Page 73 ---
(65)
ilsont été
remplacés par une mulitude innombrable
drempiadodomorm.d.ens entendu;
à la simplicité primitive des
unousramener
mains P Jamais les moeurs Grecserdespeniens RoA-t-on
ne furent plus
voulu
gangrenées.
extirper uil luxe utile par ses
mettre des bornes à l'extrême
effets, et
Eh bien!le droit sacré
inégalité des richesses?
mentale
dep propriété, cette base fondades sociétés, sans laquelle tout n'est
fusion et anarchie, a été violé au
que conqu'un pas à faire pour arriver à point la loi qu'iln'ya plus
loi favorite des
agraire, 2 cette
brigands, cette loi dont
hommes n'ont pas abandonné
certains
encore en secret
l'idée, et dont se flatte
une multitude
luxe a été
aveuglée; et l'ancien
remplacé par un luxe d'autant plus révoltant, qu'il est en opposition avec la plus affreuse
sère.
miAllez, zélateurs de la
philantropie! vous qui vous
ne
que même
Saerennetineremie
connaissiez pas:
vous
plus direct à votre parcourezleslieurqui. ont un droit
fausses
sollicitude , et considérez si les
images dont votre
sont à
imagination se remplissait,
comparer aux calamités trop réelles
environnent : voyez la multitude
qui vous
et l'homme de bien, celui
manquant de tour,
crité
qui au sein de la médio3 était le modèle des vertus et
modération,
l'exemple de la
expirant de besoin aux yeux de ses
liareurs, de ceux qu'aucun
spoTome II,
respect humain, ni même
E
fausses
sollicitude , et considérez si les
images dont votre
sont à
imagination se remplissait,
comparer aux calamités trop réelles
environnent : voyez la multitude
qui vous
et l'homme de bien, celui
manquant de tour,
crité
qui au sein de la médio3 était le modèle des vertus et
modération,
l'exemple de la
expirant de besoin aux yeux de ses
liareurs, de ceux qu'aucun
spoTome II,
respect humain, ni même
E --- Page 74 ---
(66) (
la crainte de Pavenir ne peuvent empècher de jouir
de leurs victimes, du fruit
insolemment en présence
de
de leurs crimes ou de leurs déprédations : voyez
des malheureux s'arrachant une existoutes parts
soutenir, en maudissant
tence qu'ils ne peuvent plus
les Aatmille fois ces prétendus avantages dont vous
de mourir de faim!
tiez, et qui ne les empèchent pas
si froids, si
Comment se peut-il que vous paraissiez
vous qui seininsensibles à ce spectacla déchirant,
indignés au seul récit de maux
bliez si profondémnent : les circonstances; ne cessez
éloignés? rejettez toit sur
ce sont des résultats inséparables
de proclamer que
Moi qui visla nôtre avec non
d'une révolution
mais
être avec
moins d'enthousiasme que vous,
peat
pures; moi, qui ne la considérai
des intentions plus
oà chacun
se livrer
jamais comme une arêne
pourrair
contrainte à ses passions et à ses fausses idées, je
sans
éternellement que c'est à vous qu'appartient
répéterai
accompaThonneur de ces bouleversemens quil'ont
qui ont converti en une époque désastreuse
gnée,t
même évènement dont P'aurore
pour Phumanité, ce
vous seuls que l'on
l'avait remplie d'espénanceretàs
nationales. Si
doit le dépérissement des ressources
la
fondemens
plus
vous n'aviez pas sappé jusqu'aux
pas, en
brillante colonie de Punivers; si vousn'avicz
tati la source abondante de richesses 2
un clin-d'eil,
coulait dans le sein de la Francea
qui de PAmérique
ême évènement dont P'aurore
pour Phumanité, ce
vous seuls que l'on
l'avait remplie d'espénanceretàs
nationales. Si
doit le dépérissement des ressources
la
fondemens
plus
vous n'aviez pas sappé jusqu'aux
pas, en
brillante colonie de Punivers; si vousn'avicz
tati la source abondante de richesses 2
un clin-d'eil,
coulait dans le sein de la Francea
qui de PAmérique --- Page 75 ---
(67)
iin penple malheareux ne connaitrait qu'une légète
partie des maux auxquels il parait condamné, et dont
il est impossible de prévoirle terme.
Certes s il est vrai qa'il ne fallait rien moins
qu'une violente secousse pour opérer une révolution
morale chez le peuple le plus civilisé, comme le
plus corrompu de l'univets : mais quel a été le
succès d'une guérison entreprise par des miins prosomptueuses et inhabiles? La force politique de la
France est visiblement affaiblie : elle n'a plus que
la vigueurd'un inalade rransporré par le délire d'une
fièvre brûlante : son tempétamment, épuisépar ia
violence des remèdes,s'il résiste à ces rudesépreuves,
fair craindre du moins les dangers d'une convalescence longue et incerraine : tnais quei est donc
le bien qui en résulre au moral? Qu'ont produic
en réalité cCs mots si complaisamment répétés de
justice, 2 mceurs > probité ! Je'le demande à tout
homme impartial : si la mnasse de la population
française a perdn quelque chose, est-ce une parcie
de ses vices, ou bien les vertus qui la distinguaient
encore au milieu même de son ancienne corruption.
Si du sein de la France nous nous reportons 2ux
Antilles, et que nous considérions Peffer que ces
bouleversemens ont produit sur la manière d'être
des hommes qui en ont été les instrumens, quel
est le changement qui s'ert opéré en cax? Sontils devenus meilleurs, et même sonr-ils en effes
3 3
perdn quelque chose, est-ce une parcie
de ses vices, ou bien les vertus qui la distinguaient
encore au milieu même de son ancienne corruption.
Si du sein de la France nous nous reportons 2ux
Antilles, et que nous considérions Peffer que ces
bouleversemens ont produit sur la manière d'être
des hommes qui en ont été les instrumens, quel
est le changement qui s'ert opéré en cax? Sontils devenus meilleurs, et même sonr-ils en effes
3 3 --- Page 76 ---
(68)
plus libres qu'ils n'éraient 2 Non !Ils
le spectacle de la fureur
n'offrent que
et de Tavilissement le
profond , auquel un peuple
plus
puisse atteindre : leurs
dégagé de tout frein
Thorrible
anciens fers sont brisés, mais
servitude anarchie qui a succédi pour eux à une
les
laborieuse ct paisible, nie peur tarder à
précipiter dans des fers plas
allégés par les douceurs
pesans s et non.plus
Dans les colonies
qu'iis goûraient autrefois.
> comme dans la
vaà contre sens des
métropole, tout
espétances dont on s'étair
bcancoup de ces guérisseurs
Hatté;
à leurs dépens,
politiques ont éprouvé
qu'il est plus facile de remuer les
passions que de les dirigse Oul de les
volonté, et leur
comprimer à
à ceux qui leer exemple aurait bien dû apprendre
nemens finir
ont strvécu 3 que l'effer des évèles ont occasionnés toujosts pariretomber sur ceux qui
: si les résultats ont
calculs en morale, ils semblent
trompé leurs
Ier quel est
ne pas moins ignol'empire des usages, des
attacher bien
habiendes, ou
des
peu d'imporcance à la considération
rapports qui unissent aujourd'hui les
entr'eux.
peuples
Qaoiqu'il en soit, pour opérer de
formes dans un état, il faur
grandes résivement en lui-même,
Tenvisager non excluétats qui l'environnent. mais par rapport aux autres
tions
Un peuple entouré de nabornerd puissantes et actives, s ne peut désormais se
être simplement
guerrier et agricole, 9 sur-
ou
des
peu d'imporcance à la considération
rapports qui unissent aujourd'hui les
entr'eux.
peuples
Qaoiqu'il en soit, pour opérer de
formes dans un état, il faur
grandes résivement en lui-même,
Tenvisager non excluétats qui l'environnent. mais par rapport aux autres
tions
Un peuple entouré de nabornerd puissantes et actives, s ne peut désormais se
être simplement
guerrier et agricole, 9 sur- --- Page 77 ---
(69) )
tout s'il a l'avantage de posséder au dedans-er atldehors des productions qai lui fournissent Ja faculté de s'étendre. Outre qu'il est plus qu'incertain
qu'on puisse opérer en lai un pareil changement;
c'est-a-dire le faire renoncer à ses goûts > et le
rendre aussi frugal qu'il était intempérant 2 aussi
contempteur des richesses qu'il en était avide ; il
faut encore prévoir et obvier au dégré d'affaiblissement où cette révolution nc peut manquer de le
réduire vis-à-vis des autres. Tel est pourtant le
danger dans lequel la France se trouve engagée,
sans espoir de rien gagner d'un autre côté. Epuisée
par de long déchiremens, s pauvre aul milieu de la
richesse, ses moeurs se sont de plus en plus dépravées 2 et elle marche d'un pas rapide vers ui
état d'impuissance qu'on parait s'efforcer de préparer
de plus en plus, plurôt gue de le prévenir. Au lieu
de recourir aux moyens de ramener son ancienne
splendeur, il semble que tout concoure à seconder
les voeux de ses plus cruels ennemis, en l'entraînant
dans un abime de misère : car sous quel autre point
de vue envisager les érranges opérations qui se sont
succédées, et les coups redoublés portés dans le
même tems à son industrie, qui était fondée sur
un coinmerce brillant, à ce commerce qui ne se
soutenait que par nos riches colonies,et à ces colonies qui n'existaient que par des appuis auxquels 1
on s'est hâté d'appliquer Ia hache destructrice.
E;
raînant
dans un abime de misère : car sous quel autre point
de vue envisager les érranges opérations qui se sont
succédées, et les coups redoublés portés dans le
même tems à son industrie, qui était fondée sur
un coinmerce brillant, à ce commerce qui ne se
soutenait que par nos riches colonies,et à ces colonies qui n'existaient que par des appuis auxquels 1
on s'est hâté d'appliquer Ia hache destructrice.
E; --- Page 78 ---
(70)
L'ignorance des convenances locales, la manie
ridiculeet faneste de vouloir faire un
entre des époques séparées
rapprochemene
sièrles,
par une longue suite de
erd'atrcindre àla perfection lors même
simple bien échappe à nos rechgrches,
quele
à tout bonleverser. Une théorie
ont concouru
chie a eu
caprieuse ct irréflépour objet d'appliquerles mêmes principes
non-seulement aux peuples modernes les plus diférens entr'eux, mais elle a cncore voulu aller chercher
dans Pantiquité les règles de la conduite qu'on devait
tenir aujourdhuis ou plutôe on en a
ce qui Aurrair les
emprunté tout
passions, et on a soigneusement rejetté tour ce qui pouvait servir à les reprimer, Q:oi
qu'il ens soit, on n'a pas senti que les plus belles lois
en théorie échouent souvent dans
Tapplicarion; et
lieux quelgu'identigues les
que soient en tout tems et en tous
principes de la morale, il est néanmoins des
choses qui purent être excellentes autrefois
en
tique, et qui ne le sont plus maintenant. Cetre pra- ob.
servation est sur-tout fondée et incontestable
tique er en fait de gouvernement, Des
en polipréjugés différens, une manière de voir maurs, des
en quelque sorte changé le but des
nouvelle, ont
basées autrefcis sur d'autres
législations,qui 3
principes, ont
depuis de direction au gré de la révolution changé
qui s'est
progressivement opérée dans les idées et les intérèts
modernes. Les législateurs anciens n'avaient
jetque! lcs vertus privées : c'était sur elles, c'érait pourobsur
ipréjugés différens, une manière de voir maurs, des
en quelque sorte changé le but des
nouvelle, ont
basées autrefcis sur d'autres
législations,qui 3
principes, ont
depuis de direction au gré de la révolution changé
qui s'est
progressivement opérée dans les idées et les intérèts
modernes. Les législateurs anciens n'avaient
jetque! lcs vertus privées : c'était sur elles, c'érait pourobsur --- Page 79 ---
(71)
la frugalité, sur la pauvreté même; que la plupagt
fondèrent leurs institutions sociales, et qu'ils firent
consister le bonheur des peuples. Aujourd'hui, la
vertu n'est plus en politique qu'une belle chimère,
qu'un mot aussi insignifiant, aussi vide de sens, que
fastucusement proclamé. L'or, ce métal précieux et
corrupteur, a ptis sa place, et s'est emparé des honseule,et la morale
neurs qui n'appartenaient qu'àelle
mêmes'est vue forcée de Aéchirdevant cette idole universellementadorée. L'homme, ou le peuple le plus
riche, est anjourd'hui ce qu'était autrefois le plus
sobre et le plus vertuêux. Les mêmes noms n'expriment plus les mêmes choses : s'il existe encore des
états qu'on appelle républiques, la vertu n'en cst plus
le fondement indispensable. La, plus que dans tout
l'industrie, le commerce et la
autre gouvernement,
richesse sont les ressorts qui font tout mouvoir:c'èst
le point duquel tout part, et le centre auquel tout se
Nonobstant les ressources territoriales et la
rapporte.
étaient autrefois la seule mesure de la
population qui
puissance, les états les plus prépondérans sont aujourd'hui ceux qui remplissent le mieux ce but; et iln'est
pas rare de voir des empires qu'on regarde comme
formidables, réduits, pour soutenir leur grandeur
gigantesque, à se fairesoudoyer et à servir les intérêts
d'états bien moins populeux, mais plus riches qu'eux
en commerce et en activité industrielle.
Ainsi le négoce, qui était le rebut des peuples
E4 --- Page 80 ---
(72)
antiques, et le luxe qui en était regardé comme le
Aléau, sont devenus les plus fermes bases de la
prospérité des modernes et l'aliment de leur félicité. C'est en vain qu'on tenterait
d'extirper ce mal,
supposé que c'en soit un, et qu'il ne soit pas compensé par ses innombrables avantages : il est devenu
d'autant plus indestructible
2 qu'il s'est étendu à la
fois chez toutes les nations > et qu'il a formé
gré leur jalousie
> malréciproque, un tel accord d'intérêts entre elles > que pour opérer à cet égard UIR
changement avantageux et durable chez l'une, il
faudrait l'opérer également chez toutes : mais comment y parvenir ? La France a beau
son gouvetnement a beau
s'appauvrir 2
anéantir tout ce qui servait à lui assurer le premier
deur
rang, avec autant d'arque d'autres en mettraient à le consolider,
c'est un exemple que l'Angleterre se gardera bien
de suivre. Au
contraire, chaque coup porté au
commerce français est un triomphe, un avantage précieux pour le sien ; et il semblerair que nos colonies n'ont été détruites tour
dre les siennes
exprès, que pour renplus florissantes.
A quoi servira donc, en dernier résulat d'avoir
voué à l'anathème et à la proscription, la
le
richesse,
commerce, > et sur-tout ce luxe, qui était le
moyen principal par lequel tout se ressentait de
leurs bienfaits? Comment
empêchera-t-on un peuple malheureux et
trompé 2 de sappercevoir, après
air que nos colonies n'ont été détruites tour
dre les siennes
exprès, que pour renplus florissantes.
A quoi servira donc, en dernier résulat d'avoir
voué à l'anathème et à la proscription, la
le
richesse,
commerce, > et sur-tout ce luxe, qui était le
moyen principal par lequel tout se ressentait de
leurs bienfaits? Comment
empêchera-t-on un peuple malheureux et
trompé 2 de sappercevoir, après --- Page 81 ---
(73)
le délire auquel il est encore livré, que $2 misète
provient de la ruine de ces mêmes objers contre lesquels On alluma toute sa fureur ?Comment ne verraitil pas qu'on lui a fait abandonner la réalité pour
l'ombre, et que des promesses vaires et ridicules
ont remplacé tout ce qui servait à assurer son existence?
Mais on commence à entrevoir l'abime dans lequel On s'est follement précipité, et l'on parle alljourd'hui de rétablissement d'industrie et de commerce, avec autant d'ardeur qu'on en mit naguères à l'anéantir : l'on entend maintenant faire
son éloge par ceux-là même qui vomissaient contre lai les plus horribles imprécations. Mais combien les progrès du mal sont rapides, et combien
sont lents ceux qui tendent au bien. Géans redoutables et tout - puissans lorsqu' r'il slagir de détruire,
pygmées politiques lorsqu'il est question de réparer,
ces hommes qui croyaient tout pouvoir sont étonnés de leur impaissance ; il semble que tout ce qu'on
fait pour opérer ce bien ne serve qu'i l'éloigner
et à en affaiblir insensiblement jusqu'à l'espérance.
On veutt le rérablissement du commerce : mais
comment y parviendrait-on, si on en méconnait les
seuls moyens ou si on s'obstine à les rejetter? Je
ne cesserai de le répéter; point de commerce sans
colonies ; point de colonies, si on n'abandonne
des idées exigérées, poar Cil adopter de plus sages --- Page 82 ---
(74)
et de plus conformes à Pintérét
dire, à Thumanité:
général,er j'ose
point de colonies enfin, si
ne désobstrue pas tous les canaux de cette indus- O1
trie, de ce luxe consommateur qui les rendaient
si Aorissantes et si utiles à la métropole, C'était
principalement par ce luxe, qu'elles
les vues de ia France sur
remplissaient
aliuma
elles, et ce fut lui qui
contre elles toute la fureur de leurs ennemis, dont laj jalousie se couvrit de ce
texte. Quslques reproches
spécieux préà leurs
qu'on fût en droit de faire
possesseurs, On n'aurair pas même songé à
eux,s'ils n'avaient pas été opalens et fastueux. Mais
qu'est-ce donc que ce luxe contre lequel, en Amé
rique comme en Europe, la calomnie ét la noire
envie ont soulevé une multitude séduite, et l'onc
poussée à briser dans Sa fureur, les instrumens de
sa propre félicité P
La révolution, que la découverte du
monde occasionna dans la manière d'être dès nouveau
ples modernes, se manifesta
peuqu'on vit s'introduire
sur-tour, par le luxe
insensiblement, non-seulement parmi les riches, mais encore dans les classes
qui autrefois ne jouissaient pas même de T'aisance.
Sans chercher à en suivre la progression, les'
numens qui nous restent de la lourde
mode nos ancétres, attestent
magnificencé
morable
qu'avant cette époque mé-
> les grands même ne connaissaient pas ces
commodités si communes aujourd'hui parmi les sim:
peuqu'on vit s'introduire
sur-tour, par le luxe
insensiblement, non-seulement parmi les riches, mais encore dans les classes
qui autrefois ne jouissaient pas même de T'aisance.
Sans chercher à en suivre la progression, les'
numens qui nous restent de la lourde
mode nos ancétres, attestent
magnificencé
morable
qu'avant cette époque mé-
> les grands même ne connaissaient pas ces
commodités si communes aujourd'hui parmi les sim: --- Page 83 ---
(75)
pies particuliers, et qui en étendant les jonisances;
ont également multiplié le travail, > les arts, et tous
les moyens qui assurent l'existence du grand nombre. Le luxe consistait autrefois dans l'or, les pierreries,et dans tout ce qui Aattait l'orgueil par léclat : nos manufactures, 3 aussi rares qu'clles furent
depuis nombreuses et perfectionnées, ne fabriquaient
alors que des objers matériels et qui n'étaient remarquables que par leur magnificence : les richesses
qui coulèrent de lAmérique au sein de la métropole, apprirent peu-d-pen à leur préférer l'élégante
simplicité; et ce fur aux exemples qui nous vinrent des Antilles, que l'on dût lintroduction de
nouveaux usages et de ces objets plus simples que
magnifiques, plus favorables à lasanté que propres à
farrer l'ostentation. Un goût particulier aux climats
métidionaux, et qsi a son principe dans la chalcur
constante qui y règne 2 rendit bientôt insupportables aux habitans des Antilles ces vêtémens s ces
é:offes dont ils avaient fait usage jussqu'alors ; il
fallut que l'art s'étudiât à créer pour eux tout ce
qu'il était capable d'inventer de plus léger, de plus
fncede plusrecherché : les fabriques encouragées Par
la certitude du succès parvinrent rapidement atl dernier dégré de perfection. Ce goût ne tarda pas à
s'introduire en France,à l'exemple des' Colons qui
vintent s'y établir en grand nombre : les manufactures redoublèrent d'ardeur et se multiplicrent pour --- Page 84 ---
(76)
suflire à des besoins qui croissaient
des fortunes immenses
journellement:
"élevérent; les cités s'embellirent et s'ornèrent d'édifices
les
des
que
capirales
empires ne possédaicnt pas autrefois; les richesses nationales s'accrurent d'une manière
prodigieuse; et la génération nactuelle a Vu le changement
qui s'est opéré en France depuis
changement dû aux accroissemens quarante ans s
rapides de SaintDomingue 3 sur-tout dans ces derniers tems > et aux
trésors qui en ont résulté pour sa mécropole. La
Franceéraitjadis déchirée presque sans relâchepar les
dissentions intestines qu'entretenaic la misère d'une
population toujours prète à favoriser les projets de
quiconque lui faisait espérer quelqu'adorcisement
à sa situation, > ou qu'on tolérerait ses désordres.
Je ne balance pas à en attribuer la cessation et la
paix intérieure dont elle jouit depuis cent cinquante ans 2 aux richesses coloniales et à un commerce capable de fournir à des millions de bias
une occupation utile et assurée. Ce sont ces richesses
qui ont long-tems balancé, ou rendu presqu'insensibles les prodigalités d'un
gouvernement. s dont les
besoins et l'avidité semblaient s'accroître par la facilité de. les satisfaire, ,et qui,avec un peu de sagesse,
eût pu consolider facilement cet état de bonheur,
et rendre éternelles les bases sur lesquelles il était
appuyé. Sans elles, satis l'adoucissement qu'eiles
ont long-tems porté aux maux de la France, ily 2
rendu presqu'insensibles les prodigalités d'un
gouvernement. s dont les
besoins et l'avidité semblaient s'accroître par la facilité de. les satisfaire, ,et qui,avec un peu de sagesse,
eût pu consolider facilement cet état de bonheur,
et rendre éternelles les bases sur lesquelles il était
appuyé. Sans elles, satis l'adoucissement qu'eiles
ont long-tems porté aux maux de la France, ily 2 --- Page 85 ---
(77)
long tets qu'on eût vu arriver cette révolution;
que laveugle imprévoyance et la force des choscs
Ont encrainée de nos jours. Tels ont été les effets
du luxe que PAmérique a introduit parmi nous, et
contre lequel Oil ne s'est tait récrié que par une
basse jalousie, ou faute d'en bien connaitre les inappréciables résultats. Avant de parvenir à la conclusion
de cet ouvrage, qu'il me soit permis de considérer un instant le luxe en lui-mème, et d'en déterminer les avantages > comme faisant partie principale de la question que je traite.
En général,e mot si diversement
interprété, 2
exprime deux choses qui , quoique partant de
la môine source 3 sont néanmoins très-distinctes par leurs effets. Toutes deux sont le réu
sulcat des richesses : l'une peur en être regardée
comme l'abus 5 mais l'autre est le moyen par
lequel elles sortent des mains de celui qui les
possède, pour se répandre sur toutes les classes du
peuple > par une multitude de canaux. L'une dessèche les ressources d'un état et n'est utile qu'à
celai qui C11 jouit ; l'autre est l'aiguillon, 2 le moteur perpétuel de l'industrie, ct rend le riche tributaire du pauvre, , dont l'industrie peut seule suffire aux besoins factices qu'il a contractés. On a
donné une infinité de définitions de ce mot, et il
ne parait pas qu'on ait des idées bien fixes sur la
chose dont on ne juge ordinairement que d'après
ses propres dispositions et ses préjugés.
ai qui C11 jouit ; l'autre est l'aiguillon, 2 le moteur perpétuel de l'industrie, ct rend le riche tributaire du pauvre, , dont l'industrie peut seule suffire aux besoins factices qu'il a contractés. On a
donné une infinité de définitions de ce mot, et il
ne parait pas qu'on ait des idées bien fixes sur la
chose dont on ne juge ordinairement que d'après
ses propres dispositions et ses préjugés. --- Page 86 ---
(78)
Tous les écrivains anciens, et à leur
tn grand nombre de modernes
imitation 5
le luxe. Les
ont déclamé contre
législateurs de
se sont soigneusement
lantiquité sur - tout,
efforcés de l'extirper de leurs
institutions sociales et politiques. Mais d'eux à nous
les choses ont bien changé, Les révolutions
sont opérées dans l'esprit des
qui se
difié les
sociétés, ont bien momoyens d'atteindre au bonheur; et sans
doute on ne crie aujourd'hui contre le luxe
par un respect religieux pour les
que
l'effet de la haute idée
anciens, et par
que ,notre éducation nous
en fait concevoir. D'autres n'affectent
ment de le condamner,
hypocriteque parce qu'ils ne
vent se livrer à toutes ses
peujouissances, ou dans l'espérance d'en imposer par in masque de vertu,
de dérober u1 rayon de la gloire
des
,et
hommes ont recueillie
que
grands
en la conseillant, mais surtout en la pratiquant.
Pour prononcer avec connaissance de cause sur
cette question importante, il faut mertre de côté
les préjagés : il faut considérer et
tems, les lieux, les
distinguer les
mceurs et les usages divers.
On doit juger une chose moins d'après elle-méme
que d'après seS résultats. Quoiqu'on en dise, les
changemens que les siècles Cnt opérés dans les
jugés et dans les pincipes
prépoliriques, 2 ont dû
porter de giandes melificacions dans la manière apde voir et de juger iout ce qui
influer
peut
sur --- Page 87 ---
(75)
le maintien et SuT le bonheur des socidtés. Nous
somies aussi loin de l'antiquité par la révolution
qui s'est faite dans les goitts et dans les idées,
que Par l'intervalle des siècles. Telle chose qui
était pernicieuse autrefois 2 peut être aujourd'hui indifférente oul même avantageuse.
C'est par exemple, l'effet de Perreur et dupréjagé
que de considérer dans les tems où nous vivons, le
luxe avec autant de sévérité que les ancieus législateurs avaient droit et intérêt de le faire. Ses inconvéniens ne sont que relatifs ; et sclon les diverses
institutions,il peut fort bien être un grand mal pour
tel peuple et un grand bien pour tel autre. Il serait
un grand mal chez 111l peuple paavre et environné
d'autres peuples belliqueux et aussi pauvres que lui:
il est un grand bien chez un peuple riche, nombreux, situé sur un sol fécond et environné de nations industrieuses et opulentes.
Les peuples antiques, dont la renommée s'est
transmise jusqu'à inous 2 et dont la gloire électrise nos
ames, ces peuples sur lesquels on voudrait nous
modeler 2 étaient guerriers et possesseurs d'un
champ, d'une cabanne et de quelques ustensiles:
Tout leur bonheur ct leur ambition consistaient
dans la gloire des armes, àlaquelle iis s'cfforçaient
d'atteindre, et toute leur occuparion,d attaquer leurs
voisins, ou à défendre leurs foyers contre leurs sirruptions : chez de pareils hommes, le courage et la
ire électrise nos
ames, ces peuples sur lesquels on voudrait nous
modeler 2 étaient guerriers et possesseurs d'un
champ, d'une cabanne et de quelques ustensiles:
Tout leur bonheur ct leur ambition consistaient
dans la gloire des armes, àlaquelle iis s'cfforçaient
d'atteindre, et toute leur occuparion,d attaquer leurs
voisins, ou à défendre leurs foyers contre leurs sirruptions : chez de pareils hommes, le courage et la --- Page 88 ---
(80)
vigueur du corps devaient être les
lence. On devair rechercher
qualités par excelàles
tout ce qui était
élever, et mépriser tout ce qui tendait propre
énerver; la vertu et la grandeur
à les
la férocité, furent-le
d'ame, > jointes à
tels
principe de ces traits
que T'histoire nous a transmis,
immor
cessons d'admirer,
et que nous ne
tout en nous
ment nous-mêmes,
jugeant humbleincapables de les atteindre.
ces peuples, le luxe qui amnollir le
Chez
en horreur : les législateurs
courage dôt être
qui avaient
principal de diriger les
pour objet
vertus sévères le
esprits vers la guerre et les
vonèrent
condamnèrent avec
au méptis quiconque
rigueur, et
tribuerait à Tincrodaire.
s'y livrerait ou conou le maitre de
Chez eux, un marchand,
jeux qui n'avait pas la
armes pour objer, étaient
gloire des
vils des hommes.
regardés comme les plus
bonheur,ers
Sparte et Rome virent croître leur
fidélité à observer sillustrèrent par leurs vertus et par leur
les lois conservatrices de
maeurs : leur chûte suivic de
leurs
l'introduction du luxe
près leur infiaction et
et des usages des
qu'elles avaient vaincus. Accontumés
peuples
à admirer ces
hommes, d'après la haute idée
en donne, et par l'habitude
que Thistoire nous
grands traits qui les
d'entendre le récit des
ont illustrés, le
soumer en spéculation à
préjugé nous
et de leurs
> l'aurorité de leurs mceurs
comme ils exemples,t nous jugeons des choses
en jugeaient eux-mèmes : mais quelle
révolution
qu'elles avaient vaincus. Accontumés
peuples
à admirer ces
hommes, d'après la haute idée
en donne, et par l'habitude
que Thistoire nous
grands traits qui les
d'entendre le récit des
ont illustrés, le
soumer en spéculation à
préjugé nous
et de leurs
> l'aurorité de leurs mceurs
comme ils exemples,t nous jugeons des choses
en jugeaient eux-mèmes : mais quelle
révolution --- Page 89 ---
( 8: )
révolution ont produit les siècles nombreux
en séparent ! Quel changement s'est
qui nous
manière de voir
opéré dans la
générale ! Le commerce n'est
un état déshonorant qu'aux yeux de
plus
tes orgueilleuses,
quelques cas--
, qui ont conservé une
de
leurs
partie
préjugés barbares au milieu de la civilisation
qu'ila introduite dans toutes les parties de
La guerre n'est plus l'exercice favori
l'univers.
mais seulement
des nations, s
un jeu cruel et périodique de ceux
que le hasard a placés à leur tête. Les
sont plus que les
peuples n'en
victimes, et loin
comme autrefois, héros celui
d'appeller,
combat, ils tremblent
qui les pousse au
dissent mille fois
devant sa puissance et mauSa fureur.
Les inclinations guerrières des nations
déjà bien rallenties dès après la découverte s'étaient
vel
d'un nouhémisphère : ses résultats achevèrent de
ter le dernier coup, et ont fait
leur por=
guerre le métier des ambitieux insensiblement de la
voués à leurs
et des hommes défureurs et à leurs caprices. Le
armes perdit peu à peu l'idée noble
goût des
qu'on y attachait : il ne fur
et touchante
plus qu'un fléau
les
peuples; et aux yeux du philosophe, il devint pour
de férocité et d'infamie, du
un état
pour objet de défendre
moment gu'il n'eut plus
mais bien
ses foyers ct sa tranquilliré,
d'attaquer celle d'autrui sans autre motif
que l'ambition et linquiétude. Dès l'instant
l'or de l'Amérique
que
Europe les douceurs commença à faire sentir en
de T'aisance et les jouissances du
Tome IL,
E
ux du philosophe, il devint pour
de férocité et d'infamie, du
un état
pour objet de défendre
moment gu'il n'eut plus
mais bien
ses foyers ct sa tranquilliré,
d'attaquer celle d'autrui sans autre motif
que l'ambition et linquiétude. Dès l'instant
l'or de l'Amérique
que
Europe les douceurs commença à faire sentir en
de T'aisance et les jouissances du
Tome IL,
E --- Page 90 ---
(82)
luxe, ce goût
sanglant et barbare fit
merce, à la navigation,
place au comdouces liaisons d'intérér aux sciences, aux arts et à ces
ples divers
et d'amitié qui lient les
entr'eux, et qui tendent à
peuuations diférentes une société
faire de cent
Ce sont elles qui,
d'amis et de frères.
en plys de la
ens'étendant et en prenant de pluis
consistance, ont consolidé
ont rendu leur châte plus
les empires,
rare, et
jours ces révolutions
empéchent de nos
sanglantes dont
serve le souvenir, et
l'histoire coltions célebres de la face qui ont fait disparaitre des nale centre des
del'univers. Rome, devenue
arts et du luxe, succomba,
quoique déchue de sa force et de
parce que,
elle ne s'en livrait
sa valeur guertière,
pas moins à ia fureur
d'assujertir tous les
d'actaquer et
I inent soumis
peuples : elle les eût
en leur
irrévocableen se les attachant communiquant le
ses jouissances et
anais elle les
Par lien séduisant de
trouva
lintérèt; ;
et d'attaqiante, devenue invineiblesil'efforr. de ses armes; ;
croula en peu de tems sous attaquée, leurs
sa puissance s6ples modernes, devenus
coups. Mais les peupaisibles, ne se dérestent
entr'eux, et réservent toute leur haîne
plus
tieux qui cherchent à troubler la
pourlesambiFaient constamment, si cela
paix dont ils jouivolonté. Les
dépendait de leur
vertusg guertières dont se
propre
de P'antiquiré, ont fait place à l'amour glorifaient ceux
plaisirs et des occupations
du repos 3 des
entretenir.
paisibles qui tendenc à les
Heureusement il n'y a plus ni Ostrogots,
ent
entr'eux, et réservent toute leur haîne
plus
tieux qui cherchent à troubler la
pourlesambiFaient constamment, si cela
paix dont ils jouivolonté. Les
dépendait de leur
vertusg guertières dont se
propre
de P'antiquiré, ont fait place à l'amour glorifaient ceux
plaisirs et des occupations
du repos 3 des
entretenir.
paisibles qui tendenc à les
Heureusement il n'y a plus ni Ostrogots, --- Page 91 ---
(83)
ni Vandales, ni Sicambres pour les en pinirs et pout
les faire repentir de leur mollesse.
Pourquoi donc, après nous être si heureusement
écartés de la marche et des idées politiques des an
ciens, conserver ce reste d'attachement à leurs préjugés? Ne nous laissons plus étourdir par des mors et
par l'idée qu'on s'est fait l'habitude d'y attacher, et
ne-jugeons des choses que d'après leur résultat. Estce donc un sigrand mal que ce luxe qui, depuis qu'il
s'est introduit, a insensiblement détruit l'esprit des
factions, des dissentions civiles et religieuses, aixquelles il a appris à attacher autant de méptis et de
ridicule, qu'on y mettait aurefoisd'importance; qui,
éloignant la misère de la société entière, a faic con
naître presque généralement les commodités dont
Fusage inconnu josques-l est si favorable à la santé
comme au bonheur des individus? Doit-on regarder
comme un malheur 2 ce qui a considérablement
augmenté la population de la France, et inulriplié
parmi ses enfans les occupations uriles et les moyens
d'exister ?
Enfin,lexpérience etles faits sont uneautorités supé
rieure à olledollapitdeymine, eraux plansspsculatifsdelaphilsophie, gptsdinsiromant@amacder moins
à ce qui est qu'ice qui devrair étre, et dont, parceln
même, Pexécution se trouve presque toujours impraricable.Lesmeilleurs sont désorasais ceux qui tendent
à augmenter ou à consolider le bonheur des peuples.
F: 2
d'exister ?
Enfin,lexpérience etles faits sont uneautorités supé
rieure à olledollapitdeymine, eraux plansspsculatifsdelaphilsophie, gptsdinsiromant@amacder moins
à ce qui est qu'ice qui devrair étre, et dont, parceln
même, Pexécution se trouve presque toujours impraricable.Lesmeilleurs sont désorasais ceux qui tendent
à augmenter ou à consolider le bonheur des peuples.
F: 2 --- Page 92 ---
84)
Ilest reconnu que la prospérité de ceux de
consiste dans Pusage du luxe, et que le plus l'Enrope heurenx
oule plus riche est celui quiale plus de
tretenir le sien
moyens d'enpropre, > et sur-tout de fournir à
des peuples qui l'environnent.
celui
Les reproches adressés au luxe sont au moins
gérés, et les réflexions des modernes
exament inapplicables,
sont généraleparce qu'ils se sont
sur ceux qui les ont précédés,
trop modelés
vaient avoir
et qui avaient ou ded'autres motifs, et parce
ont
moins en vue les inclinations, les
qu'ils
eu
moeurs et les
gés nouveaux des peuples, que de faire briller préju- leur
esprit, et de se donner un vernis de vertu et de
de principes. Combien n'ont déclamé
pureté
contre le luxe
que par inquiérude, par envie et par le dépit de ne
pouvoir s'y livrer! Ilny a néanmoins une
à faire dans le luxe considéré
distinction
doit juger relativement.
en lui-mème, et on en
Ils'agit de savoir s'il tend
rendre un peuple plus heureux ou
à
car ces opposés
plus misérable :
peuvent réellement exister, et cela dépend du sol plus ou moins fécond
bite, des propriétés
qu'un peuple haqu'il possède au-dehors, et des son
plus ou moins d'industrie. Le
les anciens qui avaient leurs luxe, tant décrié par
vrai, les
il
raisons, amollir, il est
hommes; est destructeur des conditions
qui constituent le guerrier : mais c'est lui
s'introdaisant de nos jours dans les contrées qui, en
barbares, avec le commerce et la
les plus
civilisation, y a poli
bite, des propriétés
qu'un peuple haqu'il possède au-dehors, et des son
plus ou moins d'industrie. Le
les anciens qui avaient leurs luxe, tant décrié par
vrai, les
il
raisons, amollir, il est
hommes; est destructeur des conditions
qui constituent le guerrier : mais c'est lui
s'introdaisant de nos jours dans les contrées qui, en
barbares, avec le commerce et la
les plus
civilisation, y a poli --- Page 93 ---
(85)
les mceurs, adouci lcs haines, et a cimencé l'union
la fraternité entre des nations
et
qui ne
autrefois entr'elles
commnuniquaient
sensiblement
que pour sentr'égorger: : ila inéteint en elles ces préjugés
dans lesquels elles faisaient
guerriers ;
leur
consister leur gloire et
stireté : mais faut-il donc qu'an peuple soit
rier pour être heureux et tranquille ? Oui, s'il guer- était
environné, ainsi que je l'ai déjà dit,
forcé de défendre
d'ennemis, et
sormais
sans cesse ses foyers; mais lié déd'amitié et d'intérêt avec des peuples aussi
paisibles, et aussi intéressés que lui au maintien de la
concorde, 3 quel inconvénient y a-t-il donc qu'ils'éloigne, qu'il abhorre même un état qui tend à faire
verser le sang humain par torrens?
Il n'est pas étonnant que le luxe fut
les tems
proscrit dans
anciens, car il avait généralement alors
tous les peuples, le même danger
pour
jourd'hui
qu'il a encore aupour ceux quin'ont ni richesses
ni colonies, ni industrie : il devait être territoriales,
odieux,
qu'il ne pouvait
parce
étrepermis qu'à un bien petit nombre
d'hommes de s'y livrer, et qu'il devait infailliblement
appauvrir l'état, en même-tems qu'il
maeurs. Mais le systême
corrompait les
introduits,
moderne, et les goûrsqu'ila
en ont fait l'accessoire du
des arts sur lesquels tous les
commerce et
peuples ont fondé,
commun accord , leur bonheur et lear
d'un
est l'effer et le résultar naturel de
prospérité : il
linégalité des richesses, que les lois ont consacrée et protègent dans
F 3
vrir l'état, en même-tems qu'il
maeurs. Mais le systême
corrompait les
introduits,
moderne, et les goûrsqu'ila
en ont fait l'accessoire du
des arts sur lesquels tous les
commerce et
peuples ont fondé,
commun accord , leur bonheur et lear
d'un
est l'effer et le résultar naturel de
prospérité : il
linégalité des richesses, que les lois ont consacrée et protègent dans
F 3 --- Page 94 ---
(86)
tous les états, en même-tems
qu'il en est le modificateur, en devenant le moyen par lequel le
indastrieux parvient à s'appropricr,
pauvre
une partie des biens de Thomme
par ses travaux,
avec lui, il est vrai,
opulent. Il entraîne
linconvénient de rendre moins
avantageuse lapplication de principes excellens
eux-mèmes, er la nécessiré de les modifier
en
ployer au gré des mceurs
et de les
nations mais
et des préjugés actuels des
;
faut-il donc que pour qu'elles soient
heureuses, elles aient des maurs si
core le cas de s'armer de la
âpres? Est-ce ensévérité de
contre des usages devenus plus utiles
Lycurgue
Les législateurs
que dangereux?
de vertu
antiques avaient tour dir en
: ils ne connaissaient
parlant
force et de félicité
pas d'autre moyen de
sommes dit
publique. Mais aux tems où nous
>
Montesquieu, les
parlent plus que de commerce, gonvernemens ne
chesse.
d'industrie et de riS'il est un luxe
celui qui consiste dans corrupteur et dangerenx, c'est
Fusage de ces objets cofteux:
desuperfluité que la richesse recherche, moins
sa commodiré que pour flatter
pour
qu'elle se procure à
son orgueil, s et
plus reculés de
grands frais des climats les
le
l'univers : c'est encore celui dont
résultar est d'enlever les bras à
de faire refluer au dehors les
Tagriculeure, ou
sans aucune
ressources d'un érat
compensation. Mais qu'a de
ce luxe, er comment
commun
pourrait-on le confondre ayec
uperfluité que la richesse recherche, moins
sa commodiré que pour flatter
pour
qu'elle se procure à
son orgueil, s et
plus reculés de
grands frais des climats les
le
l'univers : c'est encore celui dont
résultar est d'enlever les bras à
de faire refluer au dehors les
Tagriculeure, ou
sans aucune
ressources d'un érat
compensation. Mais qu'a de
ce luxe, er comment
commun
pourrait-on le confondre ayec --- Page 95 ---
(87 )
celui dont je soutiens l'utilité, d et qui consiste, par
dans la consommation de ces denrées préexemple,
des mains françaises cultivent, et dont
cieuses 9 que
facilement la jouisle pauvre mêine peut se procurer
sance ? Qu'ont de commun, dis-je, > les diamans de
Golconde, et les marchandises de l'Asie qui épuila France
satisfaire un petit nombre
sent
pour
d'hommes > avec les productions coloniales qui sont
elle une source inépuisable de richesses > et
pour
introduit
le peuple égaye ses
dont l'usage
parmi
travaux et sa misère, et contribue efficacement à
raffermir sa santé comme à multiplier ses moyens
d'exister? J'en atteste mille et mille témoins occulaires : on se rappelle ces tems malheureux où l'élite
de la population française versait son sang sur les
dans les
frontières, oà une autre partic gémissait
cachots, et où tout le reste était livré aux horreurs
de la famine. Les habitans de la Gironde, du Lot
des
forcés d'arracher
et
départemens environnans,
quelques racines sauvagés pour se substanter, resoutenir leur existence débile, à Tucoururent, pour
forcé du café,dont Pheureux effet, après les
sage avoir sauvés en leur donnant le tems d'atteindre la
récolte 3 fut êncore de prévenir les maladies épidémiques, qui sont toujours la suite infaillible de
la disette ; et la métropole qui devaic déjà à cette
précieuse graine une partie de son opulence et du
F4
ques racines sauvagés pour se substanter, resoutenir leur existence débile, à Tucoururent, pour
forcé du café,dont Pheureux effet, après les
sage avoir sauvés en leur donnant le tems d'atteindre la
récolte 3 fut êncore de prévenir les maladies épidémiques, qui sont toujours la suite infaillible de
la disette ; et la métropole qui devaic déjà à cette
précieuse graine une partie de son opulence et du
F4 --- Page 96 ---
(88)
développement de son industrie, > lui dut
le salut d'une multitude de
encore
A
ses habitans.
quoi cette longue disgression peut-elle être
consacrée, si ce n'est à faire sentir
tance et tous les genres d'utilicé d'une toute l'imporle commerce
colonie, dont
consommateur des objets d'industrie
nationale, et la valeur de ses productions, dont la
jouissance s'est étendue à toutes les
puissamment contribué à
classes, ont Si
luxe dont les
introduire en France ce
inconvéniens avantages sont si multipliés, et les
si
imperceptibles 3 supposé même
en existe. C'est
qu'il
pourtant ce luxe vivifiant
curait à la plus précieuse
qui proportion de la
française, du travail et une subsistance population
cette base de la force et de la
assurée; c'est
quia servi de
splendeur nationale
prérexte aux déclamations
gu'on a entendu et qu'on entend
furieuses,
calomniant le luxe colonial
encore : c'est en
débouché
qui formait le plus vaste
des objets de fabrique
lequel les Colous
française, et par
attendait
remplissaient ce que la métropole
d'eux, qu'on est parvenu à soulever l'opinion séduite ; on les a déclarés coupables,
qu'ils étaient riches; On les a
parce
versé à coups redoublés
proscrits, on a renelles n'avaient
leurs fortunes > comme si
pas été le plus ferme soutien de la
fortune publique. Les voilà
bûce à tout ce
le
pauvres, errans 2 et en
que
malheur a de plus cruel;
la métropole
d'eux, qu'on est parvenu à soulever l'opinion séduite ; on les a déclarés coupables,
qu'ils étaient riches; On les a
parce
versé à coups redoublés
proscrits, on a renelles n'avaient
leurs fortunes > comme si
pas été le plus ferme soutien de la
fortune publique. Les voilà
bûce à tout ce
le
pauvres, errans 2 et en
que
malheur a de plus cruel; --- Page 97 ---
(89)
on leur refuse même cette pitié qui adoucit l'infortune, C'est ainsi que dans un teins où l'on ne
parle que de justice > de vertu et
récompense les descendans de d'humanicé, on
donnèrent
ces hommes qui SC
librement à la France, et qui ouvrirent
pour elle une vaste carrière d'industrie et de
périté ! Elle est formée cette carrière
Prossans ressource : un seul instant
2 et peut-étre
a suffi pour anéantir
l'ouvrage de deux siècles de travaux et
de ruiner à
2 la crainte
jamais ce délicat et brillant édifice n'a
Pas arrêté la fareur d'un
parti, qui voulait à tout
risque écraser sous ses décombres ceux
en
les soutiens
qui étaient
> et qui dans l'un et l'autre hémisphère avait calculé et fondé d'avance ses
sur une subversion
triomphes
chezà
générale O vous ! qui cherchaque instant à vous étayer de l'autorité
ces écrivains célèbres
de
qui ont parlé au nom de la
philosophie et de l'amour de Phumaniré;
avez sans cesse leurs maximes à la bouche, vous qui
ainsi que vous faites
est-ce
Tapplication de leurs
cipes, et que vous suivez leurs
princelui d'entr'eux
préceptes? Quel est
qui, pressé Par la douleur et Par
lindignation des outrages faits à Thumanité,
gina de tout renverser de fond
imavenger ? Lequel
en comble pour la
rerminer des conçurjamais linfernal projer d'exla
peuples entiers > et de
fortune nationale en renversant compromettre
soutiens 3 en substituant à
SES plus fermes
une réalicé brillante 9.
princelui d'entr'eux
préceptes? Quel est
qui, pressé Par la douleur et Par
lindignation des outrages faits à Thumanité,
gina de tout renverser de fond
imavenger ? Lequel
en comble pour la
rerminer des conçurjamais linfernal projer d'exla
peuples entiers > et de
fortune nationale en renversant compromettre
soutiens 3 en substituant à
SES plus fermes
une réalicé brillante 9. --- Page 98 ---
des plans incertains (90)
et de vaines
Ies yeux sur leurs immortels
chimères P Jettez
pénétrés d'une horzeur
ouvrages : voyez-les
profonde pour les
commis, et cherchant à
forfaits
ils sont
inspirer le sentiment dont
remplis : voyez-les aussi s'efforcer
venir ceux qu'on voudrait
de ptéevt-il un seul
commettre encore, En
qui vous ait dit qu'il fallait
jusqu'aux
décruire
Les
foudemens, ces montimens
maux que lambition
qui rappellent
mais que leur utilité
et l'avarice ont causés s
zendus
pour la sociéré entière avait:
précieux et légitimes ?
senti que la
Non, non lils ont
prospéricé des états
mais de leur
dépendait désoréraient
exirence, et que les biens dont ils
pour eux une mine féconde,
que compenser ce que leur établissement faisaient plus
mitivement coûté : ils onr indiqué
avait prien eux les moyens de faire
autant qu'il était
y restaient encore
disparzitre les abus qui
fallait bien
attachés; mais tous ont dit
se garder de
qu'il
pire Quel démon guérir un mal par un mal
si fort écartés des
exterminateur vous a donc
leçons de ceux-là même
vous dites les disciples ? Par
dont vous
principes
quel renversement des
qu'ils ont
proclamé, 2 par quel contradiction
inconcevable se fait-il que tous les droits
violés au nom même de la
aient été
les plus horribles aient été justice, que les crimes
de sang aient été
commis , que des torrens
et
répandus au nom de
que ce soit enfin au nom de la liberré Thumanité,
qu'on
a donc
leçons de ceux-là même
vous dites les disciples ? Par
dont vous
principes
quel renversement des
qu'ils ont
proclamé, 2 par quel contradiction
inconcevable se fait-il que tous les droits
violés au nom même de la
aient été
les plus horribles aient été justice, que les crimes
de sang aient été
commis , que des torrens
et
répandus au nom de
que ce soit enfin au nom de la liberré Thumanité,
qu'on --- Page 99 ---
(91)
tout ce que le despotisme a de plus ina exercé
solent et de plus intolérable !
sir des maux
Mais ne nous appesantissons plus
dont le douloureux et inugile souvenir ne peut
rien pour.n notre consolation. S'il reste encore une
lueur d'espérance, d 2 hâtons - nous plutôr de la saisir
attacher. fortement. Le résultat le plus
et de nous y
linfaneste de tant de malhèuts e 'est sans-, doute
certitude où l'on est qu'ils paissent êtré réparés :
mais enfincela n'est: pas impousible. Quelques puéarécemment
riles : que soient les.mesures que lon
adoptées relarivement aux colonies 2 il.faur croire
qu'on ne s'y attache avec autant d'acharnementy' que
parce qu'on en ignore. le danger, et qu'elles seront
abandonnées lorsqu'on reconnaîtra par expérience
combien elles sont vaines et même désastrouses. Le
cri de la vertu et de Phumanité outragées ( mais
non pas de ce, phanrôme de vertu et d'humanité
au nom duquel tant de forfaits ont été commis),
la voix impérieuse de la politique, la voix plus
impérieuse encore des besoins de la France se feront tôt ou tard entendre, et dissiperont Pillusion
qui fascine tous les yeux : on reviendra, cela est
infaillible, au seul parti que l'on aurait dû embrasser.
Malheureusement la perte des instans précieux devient de plus en plus irréparable 3 et il peut arriver
un tems où le repentir et une manière de voir, plus
sagectplus conforme auxintéréts de lamétropole,de- --- Page 100 ---
(92)
viendront tardifs et
tant
inutiles; et ce tems est d'aumoinséloigné.qu'il semble
les mesures les
qu'on choisisse exprès
Mais
plus propres à en avancer
encore une fois, espérons
le l'époque.
l'erreur ne saurait être de
que
règne de
longue durée :
que ceux qui tiennent dans leurs mains espérons
tinées de la
les destruction
France, sentiront enfin combien sa desimporte a leur
à leurs
à ceux de T'empire
gloire,
intérêts et
à moins de
qu'ils doivent arracher à Sa
vouloir y être entraînés
ruine,
Voyons dans le chapitre suivant
eux-mêmes.
moyens sur lesquels il
quels sont les
est permis de fonder
qu'espérance, et auxquels il faudra
quel
revenir, s'il en est tems encore.
nécessairemene
ont enfin combien sa desimporte a leur
à leurs
à ceux de T'empire
gloire,
intérêts et
à moins de
qu'ils doivent arracher à Sa
vouloir y être entraînés
ruine,
Voyons dans le chapitre suivant
eux-mêmes.
moyens sur lesquels il
quels sont les
est permis de fonder
qu'espérance, et auxquels il faudra
quel
revenir, s'il en est tems encore.
nécessairemene --- Page 101 ---
(93)
DISCOURS V.
CHAPITRE XI
De rinfluence de
Angleterre sur les évènemens
niaux; ; de l'état actuel de
coloparé à celui de la France. Saint-Doningae, comExamen des mesures
propres dy ramener le calme et l'industrie
de restauration.
5 plar
LINTAIGUE, l'amour du
sions les plus viles
changement et les pasont tout bouleversé,
en sont venues à un point de
Les choses
maturité
n'y a plus que les artisans de
tel, qu'il
qui
de
tant de màlheurs
feignene
se méprendre sur leurs
causes ; il n'est plus douteux,
véritables
sonne, que les convulsions je crois, pour percolonies ne soient
qui ont déchiré nos
manité
dues, non à l'amour de l'huqui leur a servi de prétexte, mais à la
lératesse la mieux caractérisée
scéd'un
s et au machiavélisme
gouvernement étranger,
et si inucilement
qui ayant si souvent
tenté de
sions coloniales, ou d'en
conquérir nos possess'est attaché
neutraliser les
avec
avantages,
Iui restair à
empressement au dernier parti qui
prendre pour nous les rendre au moins --- Page 102 ---
(94)
inutiles ; c'est-à-dire de les ruiner de fond
en
comble,et de se servir pour cela de nos
mains. Qu'on considère attentivement la propres
marche
politique de PAngleterre, , à compter de
oà l'on agita dans son
lépoque
latives
parlement, les questions reà lerclavage .des Antilles, jusqu'à l'arrivée
des Anglais à Ssint-Domingue. Plàt à Dieu
y fussent entrés comme conquérans ! Mais qu'ils
tout ne
prouve-t-il pas qu'après avoir allumé en
le flambeau qui P'a embrâsée, et
Europe
après avoir eu
l'initiative des dissentions civiles qui ont causé tous
ses malheurs, ils n'y sont intervenus que pour leur
donner plus d'activité, et pour achever
les haînes et les passions
d'exaspérer
que l'autorité de la métropole pouvait, par quelque mesure sage, calmer d'un
momentil'aucre. L'enthousiasme pérulant d'hommes
présomptucax 2 inconsidérés et profondément ignorans sur les grands intérêts de la
France, a merveilleusement. secondé les efforts de cette implacable
ennemie : elle a été servie avec non moins de zèle
€t de succès par ceux qui paraissent avoir eu la direction des évènemens, soit qu'elle leur eût confié
la réussite de ses desseins
secrets, 2 comme tout induit à le penser, soit qu'ils eussent eux-mémes
leurs fins et leurs plans particaliers à exécuter. Il
est certain du moins qu'on s'est, dès le principe,
soigneusement écarté de lunique marche
crivaient la
que prespradence et une sage circonspection 5
moins de zèle
€t de succès par ceux qui paraissent avoir eu la direction des évènemens, soit qu'elle leur eût confié
la réussite de ses desseins
secrets, 2 comme tout induit à le penser, soit qu'ils eussent eux-mémes
leurs fins et leurs plans particaliers à exécuter. Il
est certain du moins qu'on s'est, dès le principe,
soigneusement écarté de lunique marche
crivaient la
que prespradence et une sage circonspection 5 --- Page 103 ---
(95)
et quelqu'évidente que soit aujourd'hui la nécessité
d'y revenir, jamais on, ne fut plus diamérralement
opposé aux seuls moyens de concilier le respect dà
à Thumanité , la considération des besoins de la
France et les ménagemens qu'exigent ses intérêts.
Est-ce la France, ou bien T'Angleterre qu'ont
entendu servit ceux qui ont armé les mains de l'esclave africain, et qui l'ont provoqué à se baigner
dans le sang de ses maîtres ! Sont-ce des amis de
leur patrie, ou bien de secrets partisans de l'étranger, ceux qui ont fait incendier des villes opulentes,
qui ont converti des contrées fertiles en déserts, 9 et
qui sont parvenus à tarir en quelques instans ia
source des richesses nationales ? Est-ce enfi au nom
de Ia France, > qu'ils ont achevé de ruiner, ou à
celuide sa rivale, , qu'ils ont si efficacement servie,
que les éloges et les récompenses ont été prodiguées
aux Polverel et aux Santhonax ! Qu'aurait pu faire
de plus, pour leur témoigner sa reconnaissance,
cette Angleterre, qui pendant vingt guerres Occasionnéespar son acharnement à nous nuire. > ne nous
causa jamais, quels que fussent ses succès, la moindre partie des maux que ces deux hommes nous
ont faic en quelques mois. Si elle avair ordonné à
ses généraux d'aller s'emparer de Saint-Domingue
e et de ruiner entièrément certe colonie, qu'auraient-
. ils
faire de
C pu
plus pour remplir ses volontés,
gue ce qu'ont faic ces agens de la France ? Que
Occasionnéespar son acharnement à nous nuire. > ne nous
causa jamais, quels que fussent ses succès, la moindre partie des maux que ces deux hommes nous
ont faic en quelques mois. Si elle avair ordonné à
ses généraux d'aller s'emparer de Saint-Domingue
e et de ruiner entièrément certe colonie, qu'auraient-
. ils
faire de
C pu
plus pour remplir ses volontés,
gue ce qu'ont faic ces agens de la France ? Que --- Page 104 ---
lui reste-t-il
(96)
maintenant à desirer ?
eu la satisfaction de voir
N'a-t-elle pas
coup mortel aux colonies, porter stccessivemen: le
nufactures et à la marine au commerce, aux made sa rivale ? Je le demande marchande et militaire
France, ou bien de
encore 2 est-ce de la
lement
TAngleterre , qu'ils ont si fideavaient servie, que les auteurs de tant de
des récompensés à attendre ?
maux
le dénouement de
Quel sera donc
cette horible et
intrigue ? Faut-il se persuader
inexplicable
sein de la France
enfin qu'il existe au
des plans conçus ou
par létranger, et dont l'exécution
provoqués
trement suivie,
doit être opiniamain à
jusqu'à ce qu'on ait mis la
son
dernière
épuisement, et qu'on ait réduit
pulation €t ses ressources du dedans
sa PoPest déja tout ce qui constituait
aussi bas que
et son éclat extérieur ?
sa force polirique
Peuple malheureux ! qu'ont produit
longs et affreux déchiremens
pour toi ces
plus pour ton
? qu'est-il résulté de
bonheur, de tant de
prérextes avec lesquels on t'a si
maux, et des
pé? Examine de
criminellement tromprès ce phantôme décoté du
pompeux de vertu et de
nom
le masque léger qui le philantropie ; arrache-lui
plus que la face hideuse couvre, et tu ne verras
de
du crime, suivi pour toi
Tappauvisement, de la misère et
maux qui
de tous les
ces hommes Tacompagnent : tu n'appercevras dans
qui,au nom de Thumanité
et de la
liberté,
? Examine de
criminellement tromprès ce phantôme décoté du
pompeux de vertu et de
nom
le masque léger qui le philantropie ; arrache-lui
plus que la face hideuse couvre, et tu ne verras
de
du crime, suivi pour toi
Tappauvisement, de la misère et
maux qui
de tous les
ces hommes Tacompagnent : tu n'appercevras dans
qui,au nom de Thumanité
et de la
liberté, --- Page 105 ---
(97) )
dévasté les colonies avec la rapidité
liberté ont
de vils instrumens de l'étrand'un ouragan, que
d'impitoyables assassins, et d'impudens conger,
vain
de fausses imachssionnaires. C'est en
qu'avec
de bonheur et de richesse, on cherche à calges
et à te cacher l'avenir : c'est en
iner tes craintes
r'étourdir sur les maux dont tu sens
vain que pour
à
déja les atteintes > on1 te flatte et qu'on te peint
tespropresyeux puissant et majestueux > parce que ta
maigreur intérieure est cachée parune bouffissure posuccès
achèvent de r'énerlitique, et par quelques
qui
autour de toi
te reste-t-il? où est
ver : regarde
; que
Poù sont tes colonies? toutes tes ressourton commerce
anéanties ? les canaux de ton ances ne sont-elles pas
cienne prospérité ne sont-ils pas desséchés ou dén'est-il
extrêrournés ? enfin ton dénuement
pas
de tout ce qui faisait ta force,
me ? Dépouillé
l'avenir ? Les efforts
quelle est ta perspective pour
dont tu parais encore capable ne sont-ils pas proennemis
avoir anéanti
voqués par tes
> qui, après
à te rendre véritablement
tout ce qui contribuait
rien
mettre le comble
puissant, ne négligent
pour
t'accabler ensuite
à ton épuisement et pour, pouvoir
Tes vrais amis ne se laisseront
sans défense...
éblouir par l'éclat passager dont tul brilles,et
pas
t'entraîner
rapidement vers
qui ne sert qu'à
plus
'ta ruine entière. Heureux encore qu'il te reste queldes erreurs dont tu
ques instans pour reconnaitre
G
Tome. II.
rien
mettre le comble
puissant, ne négligent
pour
t'accabler ensuite
à ton épuisement et pour, pouvoir
Tes vrais amis ne se laisseront
sans défense...
éblouir par l'éclat passager dont tul brilles,et
pas
t'entraîner
rapidement vers
qui ne sert qu'à
plus
'ta ruine entière. Heureux encore qu'il te reste queldes erreurs dont tu
ques instans pour reconnaitre
G
Tome. II. --- Page 106 ---
(58 )
es la première victimc et que tu puisse éviter le
sort que la perfidie ou Topiniâtre ignorance te préparenr ; mais il est inévitable, si on ne saisit sur
le champ les moyens qui restent encore
pour tout
: réparer. Puissent les yeux de ceux qui sont devenus
lesdéposicaires de ton pouvoir ret de ta felicité,s'ouvrirenfin aux salutaires leçons du malheur et de l'expétience ! puissent-ils reconnaitre l'absurdi-édee
principes qui ont creusé sous tes pas, l'abime dans lequel sont venus'se précipiter
suecessivement, ton
commerce > ton industrie et tes colonies, et dans
lequel tout finira par s'engloutir
SI
jnsqu'il'empérance,
on ne se hâce de le fermer ! qu'on ne perde
pas, dis-je, uin seul instant pour remédier à tant
de maux, Ol1 tout est perdu sans ressource.
Aujourd'hui, dans ce tems ou l'on entend
mer
proclasi pompeusement le règne des vertus, la calomnie est le moyen commun et a-peu-près sûr de noircir
lesintentions les plus pures, et d'en empècher l'effet.
Qaclagteconignesque soient les vrais sentimensqui
m'animent dans le cours de cet ouvrage, je m'attends
ailx anathèmes lancés sur moi, par la malveillance Ol
parT'erreur, parce que je parais m'écarter de ces principes, de ces lieux communs prèchés avec emphase
par ceux qui en font leur arme habituelle, et qui ne
sont que des mots vides de sens pour quiconque examinera avec atrention et de bonne foi l'application
quiena été faire: on me qualifiera de vil; partisan de
sentimensqui
m'animent dans le cours de cet ouvrage, je m'attends
ailx anathèmes lancés sur moi, par la malveillance Ol
parT'erreur, parce que je parais m'écarter de ces principes, de ces lieux communs prèchés avec emphase
par ceux qui en font leur arme habituelle, et qui ne
sont que des mots vides de sens pour quiconque examinera avec atrention et de bonne foi l'application
quiena été faire: on me qualifiera de vil; partisan de --- Page 107 ---
(99)
l'esclavage, parce que je le trouve mille fois moins
désastreux que les moyens parlesquels O1l a précendu
l'abolir. Quoi! serais je moins un homme de bien,
lu sincère amide Phumanité et de mon pays, parce
que je m'cloigne en frémissant d'une route marquéa
de sang, et où l'on ne rencontre que des crimes, et
parce que je ne confonds pàs les principes avec des
sophismes dasorganisatencs, et la vertu avecles spectie
qui en a emprunté la forme? Oui,jaurai le courage
de le dire; plurôr l'esclavage, utile et bien organise,
tel qu'il exista pendant des siècles, que ce cahos inmille
forme et anarchique qu'on y a substitué! plutôt
fois le laisser subsister avec tous ses abus, eussent-ils
été encore pires, que de l'ensevelir sous la ruine générale, et de sacrifier les plus chers intérêts de la
métropole. Mais queiques regrets que les évènemens
erl'état actuel des colonies me forcent de donner légitimement à un régime sous lequel elles étaient Si
florissantes, et qui, sans convulsions, sans déchiremens, érait susceptible de toutes les modifications
qu'on aurait voulu y faire, à Dieu ne plaise quejaie
entendu en faire Tapologie.Je ne m'abandonne point
ici à une opiniârreté criminelle, ni ne prétends faire
prévaloir mes propres opinions sur l'opinion générale:
je ne parie ni d'après mes préjugés particuliers > ni
d'après mon entétement dans un systême réprouvé, >
et dont je ne fus pas des derniers à reconnaitre et à
détester les excès. J'ai choisi irrévocablement pour
Ga
ie
entendu en faire Tapologie.Je ne m'abandonne point
ici à une opiniârreté criminelle, ni ne prétends faire
prévaloir mes propres opinions sur l'opinion générale:
je ne parie ni d'après mes préjugés particuliers > ni
d'après mon entétement dans un systême réprouvé, >
et dont je ne fus pas des derniers à reconnaitre et à
détester les excès. J'ai choisi irrévocablement pour
Ga --- Page 108 ---
(100)
guide de mes opinions le
peu
acquise sur cette
d'expérience que j'ai
matière, et une
fondie des intérêts dont il
connaissance approtour d'un zèle ardent
s'agit. Je suis animé surpour la prospérité de
et je crois fermement
ma patrie,
que toute autre
doit ye être subordonnée. Voilà le
considération
je tends; voilà le phare
véritable bur auquel
de vue, et avec
que je ne perds pas un instant
milieu des écueils lequeljer ne crains pas de m'égarer au
des passions, des
intérêts divers...
préjugés et des
Dans les tems heureux et
même ceux qui manifestent paisibles où chacun, et
ardent,
aujourd'hui un zèle si
jouissaient des avantages ou des
que les colonies ont répandues dans la
douceurs
guères s'embarrasser des
société, sans
achetés; dans
maux par lesquels ils étaient
ces tems, 3 dis-je, qui sentir
moi, et se Pénétra plus
plus que
s'éraient
profondément des abus
glissés dans leur régime ? Quel homme qui
mais plus sincèrement gémi,
a jazélateurs modernes
long-tems avant que les
ont servi de
y songeassent, sur des excès qui
prérexte aux horribles forfaitsp
on a prétendu les punir? Ah ! plàt à Dieu parlesquels
déchiremens et sans attirer sur elle
que sans
un
de
ma
mités,
patrie eût
déluge calapu donner à I'Europe entière t1l
exemple touchant d'humanité ! Plât à Dieu
des moyens doux et
que par
dignes en tout d'une si belle
cause, et sans altérer
inconsidérément les bases de sa
propre félicité, elle se fûc couverte d'une
gloire im-
à Dieu parlesquels
déchiremens et sans attirer sur elle
que sans
un
de
ma
mités,
patrie eût
déluge calapu donner à I'Europe entière t1l
exemple touchant d'humanité ! Plât à Dieu
des moyens doux et
que par
dignes en tout d'une si belle
cause, et sans altérer
inconsidérément les bases de sa
propre félicité, elle se fûc couverte d'une
gloire im- --- Page 109 ---
(101 )
le sort d'une classe malheumortelle, en adoucissant
otl même en conduisant une peuplade étrangère
reuse,
bonheur et à la civilisation. Mais
et son esclave, aul
l'instruction de Thuhélas! quel fruit atrendre pour
fait
!
manité, des torrens de sang qu'on a
répandre
Aatte-t-on d'avoir laissée dans
Quelle impression se
leur offrant Thorl'esprit des nations étrangères, en
Aatterait
rible spectacle de ces bonlevenmmena:Oasef
vain de les avoir édifiées par des scènes sanglantes,
en
elles n'ont vu que des brigands pousdans lesquelles
meurtre et à tous les crimes 2
sés à l'insurrection, au
cherché à
d'autres brigands. Certes, si elles ont
par
c'est
se prévaloir de
profiter de cet exemple,
pour
L'uet
s'enrichir de nos depouilles.
nos fautes, pour
dans leur systême,
nique changement qui s'est opéré
ont redoublé de surveillance
consiste en ce qu'elles
dans leurs colonies de
et de rigidité, pour prévenir de l'esclavage y est desemblables malheurs : le joug
d'humanité
venu plus lourd, et ce prétendu exemple
la dureté. Voyez T'Anglen'a servi qu'à en aggraver
insidieuse...
agita cette question
terre, quila première
fermens
faitapresavoirl lancé ses
empoisonQu'a-telle
semblableaHlerenle
nés dans le sein dela France, qui,
dérecevantle funeste présent de Déjanire, aaussitôr
entrailles de ses
mains? Qu'atelle
chiré ses
propres
dirigs
avoir si perfidement
fait ponrsescolonies.apes:
les a embrasées : A-tvers les nôtres, l'étincelle qui
noirs? a-t-clle
elle adouci T'esclavage rigoureux de ses G3
empoisonQu'a-telle
semblableaHlerenle
nés dans le sein dela France, qui,
dérecevantle funeste présent de Déjanire, aaussitôr
entrailles de ses
mains? Qu'atelle
chiré ses
propres
dirigs
avoir si perfidement
fait ponrsescolonies.apes:
les a embrasées : A-tvers les nôtres, l'étincelle qui
noirs? a-t-clle
elle adouci T'esclavage rigoureux de ses G3 --- Page 110 ---
{ 102 )
modifié son régime colonial, bien
nôtre?Nonlceute.
plus dur que ic
nation qui sait si bien se
vernis de vertus et de
parer d'un
deses
principes, et les ployer au
intérêts et de sa politique, fait
gré
plus d'ardeur
aujourd'hui, avec
que jamais, ce trafic honteux contre lequel elle parut s'élever la première,
aucune ne fir
et que pourtant
jamais avec autant de barbarie er de
sesse qu'elle:en vain l'on délibère
basde le
dans son1 parlement
cesser; ; ses nombreax vaisseaux
côtes de
couvrent les
PAfrique, et vont porter des
les nations.
esclavesàtontes
Wilbetforce, ce philantrope
toyait si tendrement sur le sort de
quisappiquelques milliers
d'Afticains, ne sC fait presque plas
à seconder de tous ses
entendrè:a ardent
tique
efforts, ce ministre dont la politortueuse et cruelle a faic périr en
cn Europe, plus d'hommes
quarre ans 3
fourni a,TAmérique
que PAfrique n'en a
pendant deux siècles, il
plus que faiblement cette question
n'agite
provoqua si astucieusement
par laquelle il
notre frénésie, ou
rant qu'il faut pour P'entretenir
qu'auvertauxyeux de
et pour mettre à couI'Enrope l'honneur de ceux
si fructueusement
guil'ont
employé... .
(*)P.S.Cec qui vient d'arriver achève dej
et doit ouvrir les yeux aux plus incrédules. justifier mon opinion,
gleterre vient enfin de terminer
Le parlement d'Anagicée, en déclarant
cette discussion si perfidement
tion, sans le
qu'on ne peut rien décider sur cette
concours des planteurs des colonies
quesanglaises
de
et pour mettre à couI'Enrope l'honneur de ceux
si fructueusement
guil'ont
employé... .
(*)P.S.Cec qui vient d'arriver achève dej
et doit ouvrir les yeux aux plus incrédules. justifier mon opinion,
gleterre vient enfin de terminer
Le parlement d'Anagicée, en déclarant
cette discussion si perfidement
tion, sans le
qu'on ne peut rien décider sur cette
concours des planteurs des colonies
quesanglaises --- Page 111 ---
(103)
Mais que leur reste-t-il encore à desirer? n'ontils pas réussi à attirer tous les genres de
France : ne sont-ils
maux sur la
pas parvenus à détruire successivement ses colonies, sa marine, son
éreindre
commerce, et à
jusqu'i son industrie : Qu'ont-ils besoin de
dissimuler plus long-tems? ? Non, non ! le
ment anglais ne prend plus la peine de gouverne- cacher
vues : il rend déji ouvertement
ses
de
vers le véritable buc
ses vastes deseins, qui est de tout
à
ambitieuse cupidité.
assujettir sOil
Aprèsavoir puissamment contribuépar son profond machiavélisme à nous
dans tous les maux et tous les excès, il
précipiter
à en profrer comme à
est le premier
nous les reprocher; et déjà,
ajoutant linjure à la malveillance, il nous
ses p-uples et à ceux de toute
désigne à
de soulever
l'Europe, qu'ils'eforce
contre nous, 2 non comme un modèle de
vertas et de grandeur d'ame, ainsi
modesiement de
qu'on nous flatte
Tètre, mais comme une grande legon, comme un exemple efiayant des travers dans
lesquels une nation nombreuse et
entrainée
puissante peut être
par Tintrigue, par l'esprit de vertige et de
fureur, et Par une application fausse et outrée des
meilleurs pcincipes.
Quand j'avance que PAngleterre a causé directement ou indirectement la
de
plupart
nos
et que, par ses inrigues, elle a eu l'initiative malheurs, de
qui ont désolé n10S possessions
ceux
je Tavoue,
d'Amérique, ce n'est,
qu'une opinion destituée, du moins
pour
G 4
igue, par l'esprit de vertige et de
fureur, et Par une application fausse et outrée des
meilleurs pcincipes.
Quand j'avance que PAngleterre a causé directement ou indirectement la
de
plupart
nos
et que, par ses inrigues, elle a eu l'initiative malheurs, de
qui ont désolé n10S possessions
ceux
je Tavoue,
d'Amérique, ce n'est,
qu'une opinion destituée, du moins
pour
G 4 --- Page 112 ---
(104)
moi, de preuves matérielles : mais elle est fondée
la plus parfaite vraisemblance,
sur
et sur le résultat des
évènemens. A qui les
si
attribuerait-on, ce n'est à
ceux qui en ont recueilli tout
à
l'on voit
lavantage ; ceux que
journellement s'élever sur nos
s'enrichir à mesure
rbines, et
que nous nous appauvrissons !
Qu'on suive ces évènemens pas à pas dans leur naissance et dans leurs
développemens; et qu'en dernière
analyse > on considère comparativement la situation
respective des deux états. La France, après avoir
du en quatre ans tout ce
perqui composait sa force et sa
splendeur, s'épuise plus que jamais en vains efforts
provoqués, iln'y a pas de doute, par ceux-là même
contre qui ils paraissent dirigés; bien assurés
nous être vu tout
qu'après
réduira à
enlever, notre épuisement nous
Timpossibilité de le leur arracher un jour,
L'Angleterre, au contraire,
plus étendu
n'eutjamais un commerce
et plus brillant : vainement On prétend
qu'elle s'épuise pour soutenir une coalicion dont elle
est l'ame, et qui ne semble formée
rêts. Eh!
que pour ses intéqu'est-ce
une
Seksentcedegnipenuie
pour
nation qui a SuI borner là toute sa
tandis que ses coalliés et nous-mèmes
dépense,
bien plus de
sacrifions s avec
prodigalité, des trésors infiniment plus
précieux, le sang et la vie des hommes, et d'une
nération entière ? Qu'est-ce,
gécrifice
dis-je, que ce léger S3pour une nation qui pompe seule et attire chez
elle les richesses de l'univers
entier, et qui, par ses
enuie
pour
nation qui a SuI borner là toute sa
tandis que ses coalliés et nous-mèmes
dépense,
bien plus de
sacrifions s avec
prodigalité, des trésors infiniment plus
précieux, le sang et la vie des hommes, et d'une
nération entière ? Qu'est-ce,
gécrifice
dis-je, que ce léger S3pour une nation qui pompe seule et attire chez
elle les richesses de l'univers
entier, et qui, par ses --- Page 113 ---
(105)
sottspéculations, enlève aux gouvernemens qu'elle le
trop tard qu'ils ont été
doie, et quis'appercevront d'or qu'elle ne leur en
jouet de son ambition, plus
l'ennemi
alimenter leur fureur contre
dispense pour
dominant sur toutes
commun ? Voyez ses vaisscaux
erenvahissant tout cequi est à sa bienséance;
les mers,
de richesses, 0e lorsses colonies Alorissantes et regorgeant des décombres ;
que les nôtres ne contiennent que
s'emparant des débris de Saint - Domingue
voyez-là
qui est un
et déjà maitresse du Mole-Saint-Nicolss, entrée avec
autre Gibraltar, dans lequel elle n'est pas
moins de facilité que dans celui d'Europe, et que
de luiarracher, jusqu'à
rien ne sera désormais capable
auia
elle-1 même, lorsquiln'y
ce qu'elle l'abandonne
plus rien à tirer de cette isle malheureuse > ou qu'elle
mis la derniète main à sa ruine : voyez enfin
aura les évènemens tournant à son avantage; et qu'on
tous décide maintenant si elle n'en est pas l'artisan secret,
leurs conseils en ont étél les provoet si ceux qui par
d'clle leurs inscateurs, ne paraissent pas avoir reçu
tructions.
ne saurait soupçonner ce
On dira peut-êrre qu'on
ambitieux, mais prudent et toujours
gouvernement
attentif à subordonner sa politique et ses opérations
d'avoir
ailumé sous nos
à ses intérèts,
spontanément
à l'autre
colonies un volcan qui peut d'un moment
les siennes..
Je veux bien croire que
engloutir
question
lorsqu'à son instigation, > cette dangereuse
, ne paraissent pas avoir reçu
tructions.
ne saurait soupçonner ce
On dira peut-êrre qu'on
ambitieux, mais prudent et toujours
gouvernement
attentif à subordonner sa politique et ses opérations
d'avoir
ailumé sous nos
à ses intérèts,
spontanément
à l'autre
colonies un volcan qui peut d'un moment
les siennes..
Je veux bien croire que
engloutir
question
lorsqu'à son instigation, > cette dangereuse --- Page 114 ---
( 106 )
fur entamée, soit en Angleterre, soit en France, il
n'avait pas plus embrassé toute l'étendue des maux
dont elle devait être la source > que les
sincères
premiers Lt
partisans de la révolution
hommes
françuise > ces
purs et vertueux qui avaient cru y voir l'époque de la régénération de leur
patrie, 3 n'avaient
prévu tous les déchiremens et les horribles forfaits
qui devaient la ternir. Il faut penser que les uns et
les antres, s'ils avaient pu pénécrer dans l'avenit,
auraient respectivement renoncé à des espérances qui
devaien: être achetées au prix de tant de malheurs :
il faut croire que le premier, embrassant d'un
d'ail tout Ce que les principes sur lesquels s'élevait couple nouvel édince politique de la France, avaient
d'incompatible avec ceux qui servaient de base au
régime de ses colonies , et sentant les effets qui devaient nécessairement résulter de leur
osa se flatrer de la possibilité de
opposition 5
se les
il crur devoir faire jouer dès CC
approprier;
moment tous les
ressorts de la
politique, pour activer d'an côré les
passions, l'enthousiasme et l'amour de la
de T'autre, pour détendre et affaiblir les nouvauté; liens
unissaient les colonies à Ja
qui
métropole > pour exciter
entr'elles l'animosité et une défiance funeste,
aigrir et aliéner l'espric du Colon
le
pour
par spectacie
cfiayant des complots tramés ouvertement en France
pour opéter sa ru'ne, et enfin pour lui faire sentir
la nécessité de périr ou de se jerter dans les bras d'un
de T'autre, pour détendre et affaiblir les nouvauté; liens
unissaient les colonies à Ja
qui
métropole > pour exciter
entr'elles l'animosité et une défiance funeste,
aigrir et aliéner l'espric du Colon
le
pour
par spectacie
cfiayant des complots tramés ouvertement en France
pour opéter sa ru'ne, et enfin pour lui faire sentir
la nécessité de périr ou de se jerter dans les bras d'un --- Page 115 ---
(ro7 )
étranger. Voili vidisemll.blement quels
protecteur
furent les plans primidfs de V'Angleterre, quicontems l'espoir de s'emparer de, Saintserva quelque
Domingne; mats qui forcée depuis d'y renoncer,
vir Sa rume avec une secrèce joie, ou même aida
à la consommer 2 aimant mieux la voir anéantie
qu'entre les mains de ses ennemis, et espérant d'ailJeurs que Péclat dont ses possessions allaient briller
la perte de celle qui les éclipsait toutes s la
par dédommagetait de n'en avoir pu faire la conquète.
Mais, dira-t-on, le Aéau qui a dévoré Saint-Domingue, dévorera tôt ou tardles colonies anglaises...
Eh ! qu'importe à PAnglererre le danger de perdre
quelques isles peu étendues > peu productives et
presqu'entièrement épuisées ? Que serait même leur
perte réclle au cas qu'elle flc forcée d'y renoncer, en
comparaison del'avantage d'avoir vu s'anéantit entre
les mains de sa rivale cctte isle incomparable, objet
éternel de sa jalousie > et qui lui fournissait une
masse de ressources égale, Oll au moins plus assurée
que celles que par un commerce immense elle retirait elle-même de toutes les parties du monde !
habile à préD'ailleurs, toujours prévoyante,toujours
venir les évènèmens, > n'a-t-elle pas déjà paré à la
nécessité d'abandonner ses Antilles, soit qu'elles lui
deviennent inutiles et à charge par leur épaisement >
soit qu'clles soient destinées à devenir un jour lefoyer
des mêmes malheurs ? Quoique la culture du sucrc,
que celles que par un commerce immense elle retirait elle-même de toutes les parties du monde !
habile à préD'ailleurs, toujours prévoyante,toujours
venir les évènèmens, > n'a-t-elle pas déjà paré à la
nécessité d'abandonner ses Antilles, soit qu'elles lui
deviennent inutiles et à charge par leur épaisement >
soit qu'clles soient destinées à devenir un jour lefoyer
des mêmes malheurs ? Quoique la culture du sucrc, --- Page 116 ---
du café et des denrées (108)
dans quelques contrées coloniales soit circonscrite
de
a sous sa domination divers TAmétique, TAngleterre
lement
points qui y sont
propres; et déjà elle a jetté sur les côtes égal'Afrique, d'oi les premières
de
portées dans le nouvel
cannes furent transd'un érablissement
hémisphère les fondemens
d'on
qui, formé dans le climat
tous les autres tirent leurs
même
tiné peut-être à
moyens , est desce
éclipser ou même à étouffer
qu'on a vu jusqu'ici en ce genre. Dès
tout
velle colonie de
que la noutême
Sigrra-Iione, fondée d'après un
différent, et souS les auspices d'une
syslaquelle nulle autre ne saurair
nation à
d'habileté de
être comparée en fait
de telles ,
persévérance et de grandeur dans
de
entreprises, sera parvenue à un certain
consistance, il est facile de
degré
ses progrès : il est facile,
prévoir quels seront
habitans
dis-je, de prévoir que les
appauvris des petites Antilles se hâteront
porter leurs moyens et leur
d'y
ver
dans la fécondité
indasttie, sûrs de troude cette nouvelle terre
ressources que commence déjà à leur refuser des
épuisé de leurs anciennes
le sol
D'ailleurs
propriétés.
5 comme je l'ai déjà observé,
général de rétablissemenrdes
l'objet
le
colonies, est d'alimenter
commerce, de muliplier ses
et ses
moyens d'échange
débouchés, et d'augmenter,
opérations, la masse des richesses
par ces diverses
possesseurs. Il est vrai
des états quien sont
que les Antilles sont aujour-
refuser des
épuisé de leurs anciennes
le sol
D'ailleurs
propriétés.
5 comme je l'ai déjà observé,
général de rétablissemenrdes
l'objet
le
colonies, est d'alimenter
commerce, de muliplier ses
et ses
moyens d'échange
débouchés, et d'augmenter,
opérations, la masse des richesses
par ces diverses
possesseurs. Il est vrai
des états quien sont
que les Antilles sont aujour- --- Page 117 ---
( 109 )
fondement de cellesdel la France:
d'huile plassolide
elle 2 et elle ne
Saint - Domingue était tout pour
de
renoncer sans se commettre au danger
pouvait y
ce vide.
n'ayant rien pour remplacer
tout perdre >
des colonies à sucre
Mais qu'est-ce que le eommerce ainsi dire accaparé
T'Angleterre , qui a pour
pour
entier? De qu'elle importance pourcelui du monde
isles de T'Ar
rait-être au fond la perte de quelques donne des lois
chigelaméricain, pour un peuple qui
de
belles contrées de P'Asie > qui dispose
aux plus
tient toutes les
les trésors de FIndostan > qui
tous
daris sa dépendance , et enfin
nations commerçantes
les côtes de Punivers.
qui parle en maître sur toutes
de
sans s'arrèter au danger
Il est donc évident, s que
c'était pour T'Ancompromettre ses propres colonies,
d'arraun coup de la plus haute importance
à
glererre
n'importe de quelle manière et
cher à la France *
fournissait à cellequel prix, une possession quis seule
maritime et
ci les moyens de balancer la puissance réunissait dans
cemmerciale de son ennemie, et qui
masse de richesses égale àcelle que
un seul point,une de toutes les parties du globe.
la première retirait
ait été ou non l'arbitre
Quoi qu'il en soit , qu'elle
le
soit
il suffit sans doute que passé
des évènemens,
entier ànotre détriment,
tout à son avantage, et tout
défier de l'avenic, et pour ne plus compter
pour nous
sur des calculs qui nous ont
avec autant de confiance
ultérieure n'est garantie
étésifunestes, et dont Tutilité
point,une de toutes les parties du globe.
la première retirait
ait été ou non l'arbitre
Quoi qu'il en soit , qu'elle
le
soit
il suffit sans doute que passé
des évènemens,
entier ànotre détriment,
tout à son avantage, et tout
défier de l'avenic, et pour ne plus compter
pour nous
sur des calculs qui nous ont
avec autant de confiance
ultérieure n'est garantie
étésifunestes, et dont Tutilité --- Page 118 ---
(11o )
que par'les promesses douteuses de ceux qui en sont
les inventeurs ou les partisans. Après tant de désastres
accumulés en si peu de tems > que les ennemis exté
rieurs de la France aient influé Oil non sur les
homicides
plans
qui ont bouleversé ses colonies > il est
bien naturel de n'attendre que de nouveaux déchiremens de déterminations qui dérivent de la même
source, ou de penser, dans Phypochèse la moins défavorable , qu'elles deviendront inuriles dans leur
elfer, paisqu'elles sont une conséquence de ptincipes et d'une manière de voir qui n'ont produic
jusqu'ici que des malheurs.
(*) Ceci a rapport au projet de faire à nos colonies l'application de la déclaration des dioits et des principes constitutiis de l'empire français, er aux plans récemment adoptés
pour les régir. Quand j'écrivais, quoique dans un des chapitres précédens j'eusse conduit hypothétiquement Santhonax
à Saint - Domingue, quoique je l'eusse représenté
devant les houdes
pérorant
aficaines,Jdaisicin, je l'avoue, de penser
que cet individu, couvert de crimes et d'opprobre, que cet
ertisan de tant d'horribles désastres reparairrait sur la scène,
et serait chargé d'aller organiser la constitation et les lois
nouvelles dans cette contrée maiheureuse, qui fut le théâtre
de ses fureurs. Je croyais de bonne foi, qu'amniscié et confondu désormais dans la fouleinmense de ses émules en brigandage et en forfaits, il ne s'occuperait qu'à se faire oublier,
a la faveur des mouvemens qai nous agitent encore.
Quel
a dû ètre mon étonnement > en voyant ce même Santhonax,
innocenté, remercié même des horreurs qui ont signalé sa
nission ! Quelle a dû être ma douleur, en remarquant le nom
bonne foi, qu'amniscié et confondu désormais dans la fouleinmense de ses émules en brigandage et en forfaits, il ne s'occuperait qu'à se faire oublier,
a la faveur des mouvemens qai nous agitent encore.
Quel
a dû ètre mon étonnement > en voyant ce même Santhonax,
innocenté, remercié même des horreurs qui ont signalé sa
nission ! Quelle a dû être ma douleur, en remarquant le nom --- Page 119 ---
(1 m)
Après avoir tâché, autant qu'ila éré en moi, d'én
clairer l'opinion sur cette question obscure, et sur
avoir démontré
létat actuel de nos colonies 5 après
l'incohérence et Pinatilité des moyens mis en usage
les sauver de leur perte entière et pour les respour
dois exposer quels sont ceux que je crois
taurer, je
à remplir ce but : mais poar espérer d'en
propres
retiver quelque fruit, il faudrait pouvoir, avant tour,
snrmonter l'incertitude dans Jaquelle on se trouve
entraîné involontaitement et malgré soi, sur ce qui
les concerne. Leurs désastres même, quelques grands
qu'ils soient, ne sont pas le plus difficile des obsracles quis'opposent à leur tsublisemen;fcueniel
de ce scélérat placé par les chefs du gouvernement, en tête
de la liste des homies chargés d'aller opérer sur cette isle désolée, le miracle du rajeunissement d'Eson. ! Quoilles
victimes de tant de malheurs , ces infortunés qu'il a si
cruellement persécutés , et qui n'ont pu fuir cette terre
de crimes verront encore leur bourreau face à face, et
de 3 nouveau scumis à l'auteur de toutes leurs miseront sères! Quelle barbarie! quelle immoralité! Eh! quand Santhonax ne serait Pas coupable de tout ce qu'on lui impute, ,n'est-ce
donc rien que les préjagés élevés contre lui; et les tristes restes
d'un peuple malheureux sont ils indignes qu'on ait pour eux
de
leur
ce surcroit de douassez ménagemens pour
épargner
leur et de désespoir? Après ce trait nouveau et inattendu,
le courage et l'espérance achèvent de m'abandonner; la
plume me tombe des mains, et je n'ai plus désormais qu'a
pleurer sur les maux de ma patrie .
que les préjagés élevés contre lui; et les tristes restes
d'un peuple malheureux sont ils indignes qu'on ait pour eux
de
leur
ce surcroit de douassez ménagemens pour
épargner
leur et de désespoir? Après ce trait nouveau et inattendu,
le courage et l'espérance achèvent de m'abandonner; la
plume me tombe des mains, et je n'ai plus désormais qu'a
pleurer sur les maux de ma patrie . --- Page 120 ---
TI2 )
est de savoir si on veut réellement
doute n'est
l'opérer. Ce
que trop légitimement fondé sur tout
ce quia été fait et qu'on fait encore
à moins de croire
le
journellement,
cet égard dans
que
gouvernement est à
une Ignorance qui n'est
ainsi dire
pas, 3 pour
> présumable. Il n'y a pourtant
de
milieu : à en juger par les mesures
pas
tées, il fautse
qui ont été adeppersuader qu'on a juré de completter
Fanéantissement de
danse
Saint-Domingue, ou qu'on est
d'épaisses ténèbres sur tout ce qui sy
Dans
le premier cas >. sa perte totale est certaine passe.
second, elle ne le
: dans le
paraît guères moins , parce
les
progrès du mal sont si rapides, les
que
opéré
causes qui l'ont
acquièrent une telle consistance, qu'il est à
craindre qu'il ne soit plus tems d'y remédier lorsqu'on aura enfin ouvert les yeux. De toute manière,
iln'y: a pour ainsi dire que des malheurs à
etcette certitude douloureuse
attendre;
est balancée à
une. légère espérance dans un
peine par
prompt changement de
système s dont on se fatte toujours, mais dont il
impossible de prévoir l'époque. En l'attendant, est
toute limpatience d'un homme qui chérit
avec
et qui desire
sa patrie,
pardessus tout son bonheur. , puissaije concourir à la hâter ! Puissai-je porter la lumière
la conviction dans l'esprit des hommes
et
trompés, mais
qui veulent sincèrement le bien, et montrer à découvert les vues de ceux qui, sous de spécieux
prétextes ne respirent que ruine et bouleversement !
Pour
. En l'attendant, est
toute limpatience d'un homme qui chérit
avec
et qui desire
sa patrie,
pardessus tout son bonheur. , puissaije concourir à la hâter ! Puissai-je porter la lumière
la conviction dans l'esprit des hommes
et
trompés, mais
qui veulent sincèrement le bien, et montrer à découvert les vues de ceux qui, sous de spécieux
prétextes ne respirent que ruine et bouleversement !
Pour --- Page 121 ---
(I13)
Pourrendreplus sensibles,telficacicé et largence des
remèdes que je dois proposer , jettons un coup-d'ail
sur l'état actuel de
Saint-Domingue et de la métropole, et tâchons par un rapprochement lumineux
de démontrer que de l'une dépend la
et pent-etre même le salut de l'autre. prospérité,
De tous les moyens employés par la malveillance,P pour assurer l'exécution de ses plans désastreux, aucun n'a été plus propre à la servir
l'erreur et le mensonge. Encore
que
aujourd'hui, après
cinq ans d'expérience et de malheurs,
tribue plus à
> rien ne conprolonger ceux de cette colonie,
Tobscurité qui les enveloppe et les bruits insidieu- que
sement répandus pour persuader à
à la bonne-foi
l'ignorance et
que ses malheurs sont finis,
l'esprit de fureur qui a agité sa population noire que
est ralenti; et que satisfaits d'avoir conquis leur li- ,
berté, les Africains remplis de reconnaissance
vers la patrie adoptive
la
enqui
leur a assurée
ses bienfaits, sont paisiblement rentrés dans leur par
état habituel de travail et d'ordre. Dans les séduisans tableaux présentés par les soi-disant
nérateurs de
régéSaint-Domingue, > les ruines qui couvraient presque toute sa surface ont disparu,
faire place à de nouvelles
s pour
le
richesses, cultivées sous
régime bienfaisant de la liberté et de
et prétes à couler plus abondamment l'égalité,
dans le sein de la France.. de
que jamais
Tome
Qu'on fixe un insII.
H
de travail et d'ordre. Dans les séduisans tableaux présentés par les soi-disant
nérateurs de
régéSaint-Domingue, > les ruines qui couvraient presque toute sa surface ont disparu,
faire place à de nouvelles
s pour
le
richesses, cultivées sous
régime bienfaisant de la liberté et de
et prétes à couler plus abondamment l'égalité,
dans le sein de la France.. de
que jamais
Tome
Qu'on fixe un insII.
H --- Page 122 ---
(114)
tant,l'érat d'agitation où se trouve encore
population de la métropole,
l'immense
tingue facilement les
> parmi laquelle on dismouvemens
nouvelle
précarseurs d'une
la force tempète s et que contiennent avec
et la plus active surveillance
pcine
visage sur-tout les passions
: qu'on entravaillant sourdement
> l'anarchie et la misère
et si civilisé,
ce peuple si doux autrefois
et menaçant de le
dans l'abime duquel il sort à
réentraîner encore
ce gu'on doit
peine ; l'on sentira alors
penserdes asscrtions absurdes
sur des
répandues
nile même sdensusvigeguinennit les mêmes
intérér aul rérablissement de saffections,
étar permanent de
Fordreet d'un
fin ces
tranquillité. Qu'on considère endépartemens
dont les
remens
malheureux,
ont tant de
déchinies. D'aptès leur rapport avec ceux des colosituction actuelle
féaux qui continuent de les
> d'après les
n'est capable de
dévaster, et que rien
tendu rétablissement suspendre, on peut juger du préd'une contrée
gnement met hors de portée de
que son éloisecours et les mêmes
recevoir les mêmes
milieu même de la moyens de repression. Si au
France, des contrées
ses et populeuses sont en
immenbandon,
proie au ravage et à l'amalgré tous les efforts faits
cifier et les rérablir; si des
pour les paincultes, et ne sont
terres fertiles y restent
taille et de
plus que des champs de badestruction, où des
et fanariques exercent
hommes féroces
journellement toutes leurs fu-
mêmes
recevoir les mêmes
milieu même de la moyens de repression. Si au
France, des contrées
ses et populeuses sont en
immenbandon,
proie au ravage et à l'amalgré tous les efforts faits
cifier et les rérablir; si des
pour les paincultes, et ne sont
terres fertiles y restent
taille et de
plus que des champs de badestruction, où des
et fanariques exercent
hommes féroces
journellement toutes leurs fu- --- Page 123 ---
(115 - )
dois-ce être d'une colonie encore plus
reurs, que d'une colonie qui a vu s'évanouir en
milhetreuse,
la faisait Aeurir, et qui
un clin-d'ceil tout cC qui
une vaste
désormais le recouvrer que par
ne peut
est impossible d'emcombinfaison de moyens qu'il
à
la
dans ces tems de calamité, et laquelle seule
ployer
de nombreux secours peut
sagesse soutenue richesses coloniales ne s'obtiennent
arteindre ? Les
d'Europe : la culture n'est
pas comine les moissons
qui les produisent;
la moindre des opérations
que
devenue impraticable par la défecencore est-elle
étaient employés 5 et toutes les.
tion des bras qui y
la destruction entière
autres le sont encore plus, par
machines compliquées - > de ces nombreux
de ces
dont la restauration est trop au-dessus
établissemens. ,
de ceux qui les ont
des forces et de Tintelligente
leur supbonne volonté qu'on
dérruits, quelque
embellissaient
monumens qui
pose. Les somptueux
colté trop de soins et de
Sain-Domingue, avaient
les deux siècles
sacrifices à la métropole, pendant
hommes laborieux et patiens ont employés
que des
oà nous les avons vus 2 pour
a les conduire au point
subit: à moins que
croire à leut rétablissement
rassemleurs ruines ne se soient miraculeusement absurde de se
blées d'elles-mèmes, il serait trop
pareil effort puisse être effectué,
persuader qu'un
la colonie elle-même 2
oil seulement entrepris par
cons
concours étranger. Ily a mieux,je
sans aucun
H 2
mes laborieux et patiens ont employés
que des
oà nous les avons vus 2 pour
a les conduire au point
subit: à moins que
croire à leut rétablissement
rassemleurs ruines ne se soient miraculeusement absurde de se
blées d'elles-mèmes, il serait trop
pareil effort puisse être effectué,
persuader qu'un
la colonie elle-même 2
oil seulement entrepris par
cons
concours étranger. Ily a mieux,je
sans aucun
H 2 --- Page 124 ---
(116)
nois si bien toutes les difficultés de cette
opération
importante > que je la crois supérieure aux facultésactuelles du commerce national, supérieure même
au pouvoir du goavernement, à moins
hâte de modifier le
qu'il ne se
sysrême auquel il parait s'acharner. Quant aux dispositions pacifiques des noirs,
et à cet ardent amour dont ils se sont
sentis pénétrés pour leur nouvelle patrie, tout-à-coup il suffira
d'un exemple moins
éloigné, 3 et pris parmi des
hommes que les progrès des lumières et la civilisation ont dû rendre moins farouches et moins
aveugles surleurs propres intéréts, pour connaitre
ce que doit être une horde sauvage, livrée sans défense àla séduction et à lintrigue,et
cier les intentions
pour apptéet la bonne-foi de ceux
se
sont arrogé le droit de
qui
diriger ses mouvemens. Il
suffira, pour
apprécierces bruits, 3 de considérer l'invincible opiniâtreté de ces
brigands, 2 qui, par la
manière de combattre s et sous d'autres
tant
rapports, 2 ont
d'analogie avec ceux de
Saint-Domingue, et
qui depuis quatre ans, ainsi que ceux-là, infestent
les plus belles contrées de la France, , et
leurs ravages au loin : presque toujours vaincus portent
se multipliant à chaque défaite,
et
s paraissant acquiescer a des traités qu'ils sont toujours les premiers à
violer, et ne laissant désormais d'autre
espérance, >
pour parvenir à les réduire, que celle qu'on
fonder sur les terribles moyens de
peut
rigueur et d'ex-
, et
qui depuis quatre ans, ainsi que ceux-là, infestent
les plus belles contrées de la France, , et
leurs ravages au loin : presque toujours vaincus portent
se multipliant à chaque défaite,
et
s paraissant acquiescer a des traités qu'ils sont toujours les premiers à
violer, et ne laissant désormais d'autre
espérance, >
pour parvenir à les réduire, que celle qu'on
fonder sur les terribles moyens de
peut
rigueur et d'ex- --- Page 125 ---
(117)
termination. Et pourtant ces hommes sont
leur fureur et leur haîne ne sont
du Français;
mentées par cet
pas
moins alidivise les
éloignement, qui presque toujours
peuples d'origine
tout le blanc et le noir :ils diférente, mais surainsi
ne sont pas
que ce demier, d'apprécier les incapables,
leur sont offerts
avantages qui
pour prix de leur
qu'ils rejettent avec dédain. Entin, soumistion, et
tes parts, et près d'être accablés
cernés de touqui peut, d'un moment à
par une puissance
l'autre,
eux des forces auxquelles ils
déployer contre
de résister,
tenteraient en vain
> ils n'ont plus que la
de
comber tôt ou tard.
perspective sucQu'on fasse maintenanr le
prochement de leur
rapmaîtres d'une
position avec celle des Africains
contrée cù rien n'est
de
poser à leurs
capable
s'opvolontés, et où toutes leurs
sont renfermées, divisés
affections
avec tout ce
d'inclinations et d'intérêts
qui est au-delà de ses
éloignés pour sentir la main
bornes, trop
qui tenterait de
diriger ou de les
les
liberté
réptimer, et ne connaissant de
que celle que l'homme tient de
nature. Si les premiers,
la simple
de la presque certitude environnés de dangers et
de périr
posent une constance et une fureur mindab/lement, oples efforts faits
les
inouies à tous
ou les réduire pour
ramener par la douceur
par la force, que doit-on
s
des autres ?
attendre
Je n'ignore pas ce qu'il peur y avoir de vrai
H 3
é
réptimer, et ne connaissant de
que celle que l'homme tient de
nature. Si les premiers,
la simple
de la presque certitude environnés de dangers et
de périr
posent une constance et une fureur mindab/lement, oples efforts faits
les
inouies à tous
ou les réduire pour
ramener par la douceur
par la force, que doit-on
s
des autres ?
attendre
Je n'ignore pas ce qu'il peur y avoir de vrai
H 3 --- Page 126 ---
(118)
dans les rapports proclamés avec affectation
plumes
par des
officieuses, sur un prétendu rétablissement
dontj'ai calculé froidement la possibilité
aux obstacles quis'y
> comparée
opposent. J'ai exaiiné la questionsoustous ses rapports, er jai prévu, dans cetouvrage,tour ce qui peut arriver deplus favorable; jai
même poussé, sur ce point, Phyporhèse
au-delà des probabilités, et j'ai démontré beaticoup
posant les choses encore mieux
qu'en supcen'est
qu'elles ne sont,
pas une raison pour qu'elles s'y maintiennent
et bien moins encore pour qu'elles
degré de bien où l'on doit les
parviennent au
suis. fondé
desirer ; et je me
sur ce que les catises graves du mal
érant toujours existantes, les effets
mer un instant, mais
penvent se calnouvelle
pour éclater bientôr avec une
violence.
La juste vérité est 3 que Saine-Domingue s'enfonce de plus en plus dans Tabime de la destruction, à mesure que ceux qui en sont devenus les
dominateurs, s'endurcissent dans l'habitude de la licence > et qu'ils s'éloignent du souvenir de leurs
travaux et de leur ancienne dépendance. Ses
belles contrées sont depuis long-tems
plus
inculres ; tout le
incendié
ravagécs et
duit à
reste,
ou non, est réun état tout aussi déplorable. En un
cette colonie, privée des bras qui la caltivaient,n'est mot,
plus qu'un désert infesté par des bandes nombreuses
de brigands, dont quelques-uns travailleric
à peine
et qu'ils s'éloignent du souvenir de leurs
travaux et de leur ancienne dépendance. Ses
belles contrées sont depuis long-tems
plus
inculres ; tout le
incendié
ravagécs et
duit à
reste,
ou non, est réun état tout aussi déplorable. En un
cette colonie, privée des bras qui la caltivaient,n'est mot,
plus qu'un désert infesté par des bandes nombreuses
de brigands, dont quelques-uns travailleric
à peine --- Page 127 ---
(119)
le
grand nom-"
se substanter, 2 tandis que plus
pour
seulement de guerre et de dévastation,
bre, occupé
et de mettre la dernière
achève de tottt anéantir,
lui
la destruction de tout ce qui peut rap-,
main,
servitude.
peller son ancienne
sans offrir un coupD'un autre côté la France, >
accablée de,
d'ail aussi désespérant, 2 se trouve déja
résulter 10
tous les maux qui doivent nécessairement commerce JG0
elle de ceux de sa colonie. Son
pour
subitement évanouie, la dhe
anéanti, son industrie
semblent
parution de tous ses moyens de splendeur,
siècles barbares, , oit les peuples
nous ramener à ces
cultivateurs et guertiers 2 et végétaient
n'étaient que
linaction et la misère : ses céledans lignorance, >
tombées dans une
bres villes de commerce sont
cités
mortelle, et ressemblent à ces
prises
langueur
siége, et que le vainqueur
et ravagées après un long trésoIs et de tout ce qui
aurait dépouillées de leurs
autreles rendait Aorissantes : leurs ports couverts
nombreux vaisseaux, et remarquables par un
fois, de
ne contiennent
mouvement prodigieux et continuel,
bâtimens désemparés et condamplus que quelques
infâme a usurpé la
nés à l'inaction : lagiotage
y étaient pour
multipliées, qui
place de ces opérations
laborieuse
le riimmense et
2 pour
une population
che comme pour le pauvre 2 une source inépuisable
de liaisons an-dehors 5
d'activité e: de succès; plus
ces
plus de liaisons avec ces colonies auxquelles
H4
igieux et continuel,
bâtimens désemparés et condamplus que quelques
infâme a usurpé la
nés à l'inaction : lagiotage
y étaient pour
multipliées, qui
place de ces opérations
laborieuse
le riimmense et
2 pour
une population
che comme pour le pauvre 2 une source inépuisable
de liaisons an-dehors 5
d'activité e: de succès; plus
ces
plus de liaisons avec ces colonies auxquelles
H4 --- Page 128 ---
(120)
villes devaient leurs richesses et leur grandeur;
comme celle-ci leur devaient leurs
splendeur et leurs
prodigieux accroissemens. Ce n'est plus Tentrepôt
où l'Europe et l'Asie venaient puiser des denrées
coloniales; et la médiocre quantité qu'on y voit encore, s est chèrement achetée pour nos besoins, de
Tétranger qui les recevait autrefois de nous ; et
l'on n'y parle pas plus de nos colonies, que si le
souvenir en était éteint > ou que l'on . eût
tout à fait l'espérance de leur
perdu
rérablisement, ou
comme si ces possessions n'étaient plus qu'un. objer d'indifférence pour ceux-là même
enrichi. Mais rienn'est
qu'elles ont
plusa afligeant pour Thomme,.
qui a vu l'éclat dont elles brillaient, rien n'annonce plus leur profond accablement que le silence
morne qu'elles gardent 2 pendant qu'on agite des
questions qui intéressent directement le commerce
national, questions sur lesquelles
osé
> jadis, > on n'eût
passer outre, sans avoir son avis et son assentiment, et dont, sOit par crainte , soit par insouciance, il abandonne la décision à des
à des
jurisconsultes,
métaphysiciens, , et aux hommes qui lui sont
le plus érrangers.
C'est dans les ports de mer, c'est dans leur inertie
mortelle, qu'on peut voir la preuved de la fausseré des
bruits répandus avec affectation sur Saint-Domingue,
Accoutumés au mouvement rapide des affaires avec
cette colonie, attentifsà ne laisser échapper aucun des
it par crainte , soit par insouciance, il abandonne la décision à des
à des
jurisconsultes,
métaphysiciens, , et aux hommes qui lui sont
le plus érrangers.
C'est dans les ports de mer, c'est dans leur inertie
mortelle, qu'on peut voir la preuved de la fausseré des
bruits répandus avec affectation sur Saint-Domingue,
Accoutumés au mouvement rapide des affaires avec
cette colonie, attentifsà ne laisser échapper aucun des --- Page 129 ---
(121)
avantages qu'elle poutrait leur procurer, > Bordeaux ;
Nantes ou le Havre négligeraient-ils d'y envoyer, s'il.
y avait quelque chose à recueillir. Dans un teins où
nous sommes forcés de recevoir leurs denrées des.
mains de T'écranger, > et qu'elles ont acquis un ptix
inoui, y a-t-il de risque capable de balancer les bénéfices qu'il y aurait à faire, et
d'empécher nos vaisseaux de pénétrer à Saint - Domingue, s'il y avait
quelque chose de solide à opérer ? C'est,
l'effer de la guerre actuelle; et leurs
dit-on,
spéculations recommenceront dès que les mers, infestées par un ennemi puissant, seronr redevenues libres Non!le
répéterai-je encore, la paix ne peut guérir que les
maux qnela guerre a faits : ce n'est point la
et
les fléaux qui en sont inséparables,
guerre
duit à cet excès de misère
qui nous ont ré-
: ce sont nos propres fureurs, c'est la rage exterminatrice des factions
sont, tour-a-tour, accablées, sans cependant s'écarter quise
d'une ligne de leur systême commun de destruction.
Dans quelle guerre si longue et si désastreuse a-t-on
vu la France parvenue au degré d'épuisement ot elle
se trouve? Quelles guerres civiles, religieuses: siou
liriques a-t-elle essuyé, dont les
podésastres et les résultats puissent entrer en comparaison avec ce qu'elle a
éprouvé en quatre ans? Maisjene suis pas du nombre
de ceux qui s'efforcent de confondre la gloire dont
son nom est couvertau-dehors, avec l'infamie dont le
crime l'a souillée au dedans. Loin de chercher à
ter-
isement ot elle
se trouve? Quelles guerres civiles, religieuses: siou
liriques a-t-elle essuyé, dont les
podésastres et les résultats puissent entrer en comparaison avec ce qu'elle a
éprouvé en quatre ans? Maisjene suis pas du nombre
de ceux qui s'efforcent de confondre la gloire dont
son nom est couvertau-dehors, avec l'infamie dont le
crime l'a souillée au dedans. Loin de chercher à
ter- --- Page 130 ---
(122)
la lutte formidable qu'elle soutient contre
nir ce que
toute l'Europe > a de grand et d'honorable
presque
est d'établir une distinction
pour elle', mon objet
lui
entre les maux qu'elle a du'entrainer et ceux qui
et auxquels, par conséquent, sa cessasont étrangers,
de changement. Ce n'est pas
tion ne saurait apporter
elle quia causé la perte de Saint-Domingne : cette
colonieétaitbsignée de sang, et à moiriédétuiteavanr
fit Tanimntohaimetaib-ires
quela guerre
dernière main à cette ceuvre d'iniavaient déjimisla
ennémi eût aboravant que le premier vaisseau
quité, - côtes. Ce n'est pas elle enfin, qui a ruiné
dé sur ses
et attaqué tous
notré commerce 2 nos manufactures,
de Findustrie nationale : jamaisla guerre
les élémens
malheureuse ne produisit
la plus sanglante et la plus
efforts
un semblable effet ; et malgré nos paissans
déjouer les trames du dehors, tout cela existerait
pour
Si misérables, si des'
encore, et nous ne serions pas
de vertige, ou
mains sacriléges, dirigées par l'esprit
l'impalsion secrète de nos ennemis, ne
peur-être par
dedans des
mille fois plus
nous avaient causé au
plaies
profondes.
les
différentes que paraissent
Au reste, quelques
causes des maux dont la France est acabléea-la-fois,
de les attribuer aul même prinje ne suis pas éloigné des évènemens, on voit que
cipe. En suivant le fil
leurs effets sont les mêmes. De quelque manteau que le
leurs artisans > ils semblent indiquer"
se couvrent
peur-être par
dedans des
mille fois plus
nous avaient causé au
plaies
profondes.
les
différentes que paraissent
Au reste, quelques
causes des maux dont la France est acabléea-la-fois,
de les attribuer aul même prinje ne suis pas éloigné des évènemens, on voit que
cipe. En suivant le fil
leurs effets sont les mêmes. De quelque manteau que le
leurs artisans > ils semblent indiquer"
se couvrent --- Page 131 ---
(123 )
même but, qui est d'appauvrir la France par le btigandage eetl'anarchie, d'éteindre l'esprit publici force:
de misère, et de faciliter ainsi l'exécution des
soit de l'ennemi, soit ceux
desseinss
machinateurs
qui sont particuliers aux
de ces obscurs complots. Les malheurs
auxquels il était naturel des'attendre,
miraculcusement
ont été presque
détournés jusqu'ici, mais
il espérer
que faurpour l'avenir? Qu'attendre de ces
cruels qu'on voit aujourd'huise couvrir des
loups
du berger, et qu'on entend parler de
vêtemens
de
rétablissement
finances , d'arts et d'ordie public, après avoir
employé tous leurs efforts à tout détruire 2 Il n'est
guères permis de compter sur la sincérité de
du commerce et de l'industrie, fait
l'éloge
qui ont prononcé leur
par ceux-li même
proscription, et qui
les
relever, ne changen: rien aux plans désastreux pour
exprèspourles anéantir. Les discours
formés
tains hommes qui crient
pompeux de ceraujourd'hui at
ne sauraient empêcher de les
wandalisme,
plus furieux
compter au nombre des
tentions
désorganisiteurs, et de regarder leurs inet leurs vues comme le plus grand obstacle
quis'oppose au retour du bien. Il est
croire une conversionsincère,
impossible de
lorsque rien n'annonce
qu'on se dispose à revenir sur ses
quel autre moyen y a-t-il de
pas; et pourtant
déji
réparer des malheurs
consommés > et de prévenir ceux qui.
survenir encore, que de remonter aux
peuvent
ont produits? Entre
causes qui les
cent aucres, je demanderai à cet
et de regarder leurs inet leurs vues comme le plus grand obstacle
quis'oppose au retour du bien. Il est
croire une conversionsincère,
impossible de
lorsque rien n'annonce
qu'on se dispose à revenir sur ses
quel autre moyen y a-t-il de
pas; et pourtant
déji
réparer des malheurs
consommés > et de prévenir ceux qui.
survenir encore, que de remonter aux
peuvent
ont produits? Entre
causes qui les
cent aucres, je demanderai à cet --- Page 132 ---
(14)
homme qu'on voit avec un sentiment de
mépris,
pitié et de *
main, l'édifice ambidionnerligleite de soatenir, de sa faible
antique qu'il a le plus
ébranler; à cet homme qui
contribué à
de la
plaide, tour-d-tour, la cause
religion et des beaux arts avec
que s'il n'avait
aurant de zèle
pas coopéréà leur
fameux Grégoire enfin,
renversement; à ce
aux Péthion
qui a disputé aux
et aux Robespierre, le
Brissor,
des déchiremens de
funeste bonneur
maintenant
Saint-Domingue, et qui
avec ferveur, l'union et la
préche
qui le premier a soufflé, dans le
concorde; lui
bitans des Antilles,
sein des simples hadu plus féroce
tous les fermens de la révolte et
fanatismes) je lui
quels sont les moyens
demanderai, dis-je,
qui nous restent
maux que lui et ses
pour réparer les :
derai
pareils nous ont faits. Je demanégalement à ses dignes
après avoir si facilement coopérateurs, à ceux qui,
de
fait le mal,
peine à le réparer,
éprouvent tant
marine et sans
comment, > sans colonies, sans
manufactares,ilsy
que fruit des soins
peuvent espérer quelqu'ils se donnent pour rétablir
finances, et pour r'ouvrir la source dela
les
tionale. Commenty y parvenir,
prospérité nasont desséchés;
lorsque tous les canaux
tances
loisque, par le concours des
et d'une suite non
circonsinterrompuc
désastreuses, le numéraire de la France d'opérations
quart de ce qu'il était,
est réduir au
sans espoir ni
tour, et qu'il achève de
moyen de retive
s'écouler, malgré la plus acsurveillance, 3 du sein d'un état qui,
par son
venir,
prospérité nasont desséchés;
lorsque tous les canaux
tances
loisque, par le concours des
et d'une suite non
circonsinterrompuc
désastreuses, le numéraire de la France d'opérations
quart de ce qu'il était,
est réduir au
sans espoir ni
tour, et qu'il achève de
moyen de retive
s'écouler, malgré la plus acsurveillance, 3 du sein d'un état qui,
par son --- Page 133 ---
(125)
commerce et son industrie, ne cessait autrefois d'attirer, sans cffort, celui de l'érranger? Où tendent
projets de finance qu'on voit se succéder
ces
rapidement,
qui tous se contrarient et ne se ressemblent
que leurs auteurs croient tous
qu'en ce
également trouver la
source da mal dans ce qui n'en est qu'un des
et
effets,
que, quoique sentant bien qu'elle est notre déntment actuel, aucun n'a su ou n'a osé en sonder ni indiquer les véritables causes. Les
nées
dépenses occasionpar une guerre terrible, > et les dilapidations
contribuent sans doute à
de
T'aggraver plus en
mais la cause immédiate en
plus;
est,je ne cesserai de le
dire, dans la stagnation du commerce, Tant
restera dans son érat de
qu'il
stupeur, et qu'on ne saura
pas, en ranimants sa confiance, l'intéresser directement
aux opérations projettées 1 3 les plus faciles n'obtiendront aucun succès, l'abime s'élargira de
plus, et achèvera de dévorer le
de
plus en
peu
ressources
restent encore. Son rétablissement
qui
conditions
dépend de deux
principales:il faut fermer le vaste
de la guerre et des dépenses qu'elle
gouffre
finiront
entraîne, et qui
par engloutir et ceux qui en ont souffert, et
ceux qui ont su en profiter pour accumuler de criminelles richesses : il faut telever le crédit
l'industrie
et tendre a
une main protecttice et
cela il ne faut rien moins
puissante ; et pour
que rétablir
les colonies,
préalablement
qui en sont le plus ferme
avec des plans
appui, non
chimériques et incertains, mais avec
finiront
entraîne, et qui
par engloutir et ceux qui en ont souffert, et
ceux qui ont su en profiter pour accumuler de criminelles richesses : il faut telever le crédit
l'industrie
et tendre a
une main protecttice et
cela il ne faut rien moins
puissante ; et pour
que rétablir
les colonies,
préalablement
qui en sont le plus ferme
avec des plans
appui, non
chimériques et incertains, mais avec --- Page 134 ---
(:16)
dont la bonté soit connue et réponde d'ades moyens
tarderde rendre
vance du succès. Qu'on 'occupe >
sans
anciens
à tous ces
l vie et leur splendeur première
nationale, ou touc est perdu
élémens de la prospérité
de sauver la
ressource. Voilà les seuls moyens
sans
voilà les seuls plans de finance qui
chose publique :
et
confiance.Sans
puissent ranimer le crédit captiverla
dorénavant,
ce prélable, tous ceux qu'onprésentera Vus et dont un
seront, ainsi que ceux qu'on a déjà
des rOécernel oubli a fait justice, regardés comme
disdont les fabricateurs ignorans
mans politiques
cntr'eux de précomprion et d'ineptie.
putent
acharnés à notre perte, nous attenNos ennemis,
dernier
d'épaisedent,n'en doutons pas-, au
degré
le rément. Ils connaissent mieux que nous-mèmes dessultat infaillible de nos erreurs ; ils savent que,
faisait notte force > la constance
titués de ce qui
à leurs efforts
héroique que les Français ont opposée
c'est
tarder de se lasser et que
multipliés 3 ne peut
corde d'autant plus près de se rompre, qu'elle
une
tendue. Nous compterions en vain
est plusfortement
si nous ne pouvons
sur une paix solide et durable,
des ressources.
du côté
prendre une atitudeimposante consent à la faire,
Si Tennemi s harassé lui-mâme >
un arsimulée, ou plutôt
ce ne sera qu'une paix
France le tems de se rédonner à la
mistice ; pour
dans le dernier excès du mafroidir et de tomber
sera ensuite le lion malade et impuissant,
rasme : elle
endue. Nous compterions en vain
est plusfortement
si nous ne pouvons
sur une paix solide et durable,
des ressources.
du côté
prendre une atitudeimposante consent à la faire,
Si Tennemi s harassé lui-mâme >
un arsimulée, ou plutôt
ce ne sera qu'une paix
France le tems de se rédonner à la
mistice ; pour
dans le dernier excès du mafroidir et de tomber
sera ensuite le lion malade et impuissant,
rasme : elle --- Page 135 ---
(127)
que les animaux attaqueront de concert
ger, et dont ils se
et sans danEh!
partageront les dépouilles.
qu'importent n0s conquêtes
miraculeux succès ! Malgré le
rapides et nos
qu'ils nous coûtent
sang et les sacrifices
convaincu
, je respecte > je dis
de la nécessité de
plus, je suis
sera
diminuer , autant
possible 3 la puissance d'un ennemi
qu'il
et de lui arracher désormais les
implacable, 2
nuire. Mais sans commerce
moyens de nous
cienne et vivifiante industrie extérieur, s sans cette anprospérité nationale,
> que feront pour la
Dailleurs,
2 quelques possessions de plus?
n'oublions pas combien la fortune
inconstante et que nous ne
est
un seulcoup
frappons pas au-dehors,
qui ne cause au dedans un
un contre-coup horrible. Combien ébranlement,
et coupable
serait aveugle
legouvermemenro qui fonderait
grandeur et sa puissance !
li-dessus sa
chaque chose à sa juste valeur Apprécions désormais
plus glorieuses
, et disons que les
succès bien moins vicroires ne sont pas à comparer aux
du commerce
brillans 2 mais bien plas solides
et de lindustrie ; et
marchande entrée dans
qu'une flotille
Pour le bonheur
nos ports > vaudrait mieux
guises
général, que dix Provinces conIl est une paix bien plus
intérieure qui n'existe
précieuse : c'est la paix
trouvedla
que par l'intérét que chacun
maintenir, et dont la cessation
plusde mal que toussesennemis
fiicaun état
cxériousréuniscon-
solides
et de lindustrie ; et
marchande entrée dans
qu'une flotille
Pour le bonheur
nos ports > vaudrait mieux
guises
général, que dix Provinces conIl est une paix bien plus
intérieure qui n'existe
précieuse : c'est la paix
trouvedla
que par l'intérét que chacun
maintenir, et dont la cessation
plusde mal que toussesennemis
fiicaun état
cxériousréuniscon- --- Page 136 ---
(128)
tre lui. Eh ! comment
l'espérer cette
se flatter qu'un peuple immense paix; comment
et
aux convulsions
trop accoutumé
politiques, redevienne
se range sous le joug salutaire des
paisible et
tour ce qui l'attachait à
lois, s'il a perdu
siprivé de
son état et à sa patrie, et
travailetdeses moyens ordinaires
il ne trouve de ressource
d'exister,
l'anarchie.
que dans le désordre et
S'il manque de tout, comment
raic-il aux suggestions perfides de
résistesavent si bien saisir le
ces brigands , qui
moment où il souffre
mieux le séduire > et
pour
le soulever
s'appitoyer sur ses maux pour
et en faire linstrument terrible de
veaux forfaits ? Cen'est
nouà
pas tout que de faire sonner
son oreille le mot séduisant de liberté
quelque idée
et d'égalité:
qu'il présente à son imagination
quelqu'enrhonsizume qu'il excite en lui, il se réfroi- s
dira,si on ne lui assure la subsistance et le
Le
bonheur.
peuple a fait la révolution
aisance 2 et non pour voir
pour augmenter son
disparaître tout ce
pouvait la lui procurer. Sa constance
qui
l'espoir que sa misère serait diminuée, soutenue par
du moment
doit se lasser
qu'il s'apperçoit que tout tend au contraire à l'aggraver. Du
du travail
pain,
et un peu
daisance, voilà la métaphysique de la mulitude:
voilà ce qui l'attache à la paix et à sa patrie. Le
meilleur de tous les gouvernemens est à
celui qui lui assure ces biens, les seuls ses yeux, >
bitionne, On aura beau lui
qu'elle amvanter l'excellence de
celui
moment
doit se lasser
qu'il s'apperçoit que tout tend au contraire à l'aggraver. Du
du travail
pain,
et un peu
daisance, voilà la métaphysique de la mulitude:
voilà ce qui l'attache à la paix et à sa patrie. Le
meilleur de tous les gouvernemens est à
celui qui lui assure ces biens, les seuls ses yeux, >
bitionne, On aura beau lui
qu'elle amvanter l'excellence de
celui --- Page 137 ---
(129)
celui sous lequel elles les a
si
presse de les lui
perdus; on ne s'ems
de
rendre, rien ne pourra
se rappeller le
de
l'empêcher
les
passé ,
s'en exagérer avec regrer
avantages > en oubliant les maux qui les
balançaient, et de le comparer tristement
senr.
vous qui vous êtes
au précile de la
chargés de la tâche difficonduire, hâtez-vous de lui rendre ses
anciennes
à
occupations 2 et de fournir des
son industrie er à son
alimens
activité : ne perdez
un
momnent pour rétablir ce mouvement
pas
dait son existence
duquel dépen."
; revivifiez le commerce ct les manufactures ; et pour y parvenir,
la vie à ses colonies
rendez,avant tout s
chesses
qui, indépendamment des riqu'elles procuraient à T'état, fournissaient du
travail et la subsistance à six millions de
redevenus des tigres féroces
bras;. ou
par le besoin
> ces hommes égarés
et l'extrême misère
plus ni amis ni ennemis
3 ne connaîtront
leur
: ils déchireron: le sein de
patrie malheureuse > et finiront par
dans le même
précipiter
gouffre et ceux qu'on leur a
au comtencement des troubles,
signalés
de leurs
comme les auteurs
maux, et ceux qui en leur
les en affranchir
promcttant de
> n'ont fait que les rendre
pesans.. :
plus
Mais cette vétité n'est plus contestée
d'inepres enthousiastes
: enfin
bléme l'urilité de
n'osent plus mertre en proces colonnes fondamentales de la
fortune publique, et lon sent généralement la
Tome II,
néI
a
au comtencement des troubles,
signalés
de leurs
comme les auteurs
maux, et ceux qui en leur
les en affranchir
promcttant de
> n'ont fait que les rendre
pesans.. :
plus
Mais cette vétité n'est plus contestée
d'inepres enthousiastes
: enfin
bléme l'urilité de
n'osent plus mertre en proces colonnes fondamentales de la
fortune publique, et lon sent généralement la
Tome II,
néI --- Page 138 ---
(130 )
cessité de les conserver, et de leur rendre leur
cien éclat.
a1L'opinion ne varie que sur les moyens.
J'ai démontré l'absurdité et l'incohérence de
ceux
qu'on a adoptés : il me reste à exposer ceux que je
crois devoir leur être substicués s et quisont, à mon
avis, > les seuls propres à remplir
l'objer qu'on se
propose.
D'après l'indignation profonde dont j'ai été pénétré > et que j'ai manifestée contre ceux qui ne
se glorifient de rien moins que du titre de régénérateurs de Saint-Domingue,
parce qu'ils ont faiz
couvrir cette colonie de sang et de ruines, et qui
prérendent avoir bien mérité de Thumanité
, parce
qu'ils ont procuré à quelques Africains
autrefois à l'ordre et au
la libre > faculé assujettis
travail,
de
s'abandonner sans frein à tous les excès dont l'espèce humaine s corrompue et abrutie , puisse être
capable ; d'après tout ce qui précède > dis-je 2 l'on
m'a peut-ètre jagé et l'on me regarde déjà comme
le partisan déclaré d'un état pour lequel la nature
n'a pas créé l'homme. J'ai dévoilé les causes de ces
affrenx déchiremens, fsisidéiconnaitre les intentions
d'après les faits, etj j'ai vu,sous ler même point de vue,
tour ce qui sortait dela même soutce : en voili assez.,
sansdoute,p pour que ceuxliquiyente coopéréen prennent avec ardeur la défense, pour qu'ils déversent
à pleines mins sur moi la calomnie et les imputations Retrissantes, ct se servent, 2 pour me com-
J'ai dévoilé les causes de ces
affrenx déchiremens, fsisidéiconnaitre les intentions
d'après les faits, etj j'ai vu,sous ler même point de vue,
tour ce qui sortait dela même soutce : en voili assez.,
sansdoute,p pour que ceuxliquiyente coopéréen prennent avec ardeur la défense, pour qu'ils déversent
à pleines mins sur moi la calomnie et les imputations Retrissantes, ct se servent, 2 pour me com- --- Page 139 ---
(131) )
battre, ,de leurs armes familières contre
ose entreprendre de les démasquer. De quiconque même
tout ami de la vérité et de la vertu
que
à mettre au grand jour les forfaits > qui cherche
aussitôt déclaré
d'Europe : > est
ennemi de la révolution, de la liberté s et partisan du
voile
despotisme s celui qui déceux qui ont ensanglanté
s'attendre à être dénoncé
l'Amérique 3 doit
comme in vil fauteur de
l'esclavage : ils m'accuseront de tendre visiblement
à le rétablir. Certes, je dois m'attendre
damneront
qu'ils conde
jasqu'aux larmes que je verse sur tant
calamités, et qu'ils ne me pardonneront
la
haîne que je parais porter à leurs auteurs. Mais pas
m'importe leur opinion et les inductions qu'ils tire- que
ront de celle que j'ai manifestée, Ce ne
leurs
sera pas à
yeux que je chercherai à la justifier : n'ai
eu en vue jusqu'ici, ni de les
je
atraquer > ni de les
persuader; et je n'ai entrepris de traiter cette
tion délicate que pour éclairer l'homme de bonne- quesfoi, et le mettre en garde contie ce que de vains
prétextes peuvenc avoir despécieux et de plausible.
C'est à lui seul que je dois compte de
mes sentimens 5 et mon devoir est rempli du moment
sont conformes aux véritables intérêts de
qu'ils
à Phumaniré
ma parrie,
que je me propose par-dessus tout de
servir, , et à tous les motifs qui doivent animer
sincère ami du bien.
iil
Je ne crains pas plus le reproche d'avoir
cherché,
I2
contie ce que de vains
prétextes peuvenc avoir despécieux et de plausible.
C'est à lui seul que je dois compte de
mes sentimens 5 et mon devoir est rempli du moment
sont conformes aux véritables intérêts de
qu'ils
à Phumaniré
ma parrie,
que je me propose par-dessus tout de
servir, , et à tous les motifs qui doivent animer
sincère ami du bien.
iil
Je ne crains pas plus le reproche d'avoir
cherché,
I2 --- Page 140 ---
( 2 132)
par mes opinions, à porter atteinte à des lois
pectables, comme telles,
reset Tinconsidération
quelqu'en soit linjustice
; je déclare que nul n'est
que moi porté, , par principes
plus
Sion de la volonté
3 à respecter T'expreslorsqu'elle
générale, légalement constarée,
n'est pas visiblement
de
pric de parti; mais
l'ouvrage
l'esêtre infiniment
sur-tout lorsqu'elle ne doit pas
funeste et
inévirables. C'est
dangereuse par ses effets
sous ce point de vue que j'ai osé
envisager celle dont j'ai entrepris de démontrer le
danger, et sur les résultats de laquelle
n'a que trop justifié ma sollicitude. Je n'hésite l'évènement
tant pas à avouer que si elle avait été
pourment exécutée, 3 elle aurait été
ponctuellebeaucoup moins
peur-être suivie de
les
d'inconvéniens : mais on
et
exemples en sont
sait,
fréguens, que les
teurs d'une loi ne sont pas toujours les provoquaàsy conformer,er
plus fidèles
T'initiative
que souvent ceux qui en avaient
s'arrogeaient le droit d'en étendre
d'en restraindre les
Ou
dispositions au gré de leurs caprices ou de leurs intérêts. J'ai eu occasion
server que la loi du 16 pluviose
d'obne devair avoir son exécution
, ( 1794 V. st.)
que le comité de salut
que d'après un mode
public fut chargé de
et de présenter. Il ne fut plus
méditer
cette mesure importante
question depuis,de
des difficultés.
quianrait pu applanir bien
Oule comité de salur public accablé
de soins ne pur s'en
occuper, on sentanr'combien
. J'ai eu occasion
server que la loi du 16 pluviose
d'obne devair avoir son exécution
, ( 1794 V. st.)
que le comité de salut
que d'après un mode
public fut chargé de
et de présenter. Il ne fut plus
méditer
cette mesure importante
question depuis,de
des difficultés.
quianrait pu applanir bien
Oule comité de salur public accablé
de soins ne pur s'en
occuper, on sentanr'combien --- Page 141 ---
(133 )
cette matière était délicare, il voulut la traiter
lenteur et
aved
maturité, 2 et rien ne défendait de se
que sa prudence obvierait à ce
Aatter
avait
que cette mesure
d'impolitique et de dangereux. Mais
sement de ceux qui l'avaient arrachée l'empresne permit pas de conserver
d'emblée
pérance ; etle faral décret long-tems ce reste d'esporté à
sans mode ni
Sunt-Domingue,
préparation, > ne fit qu'aigrir un mal,
qu'avec plus de prudence il eût
adoucir
pu suspendre et
momentanément. Il est inutile
ici quel pouvait être le but du
d'examiner
voyant le soin de
législareur, en rentrouver ce mode à une commission
particulierere'éait peur-être pour
du moins reconnaître
temporiser : c'érait
tance et la difficulté de implicitement son imporconcilier de grands intérêts
qui paraissaient être en opposition. Cette
capitale et indispensable
condition
est bien, permis de
n'ayant pas été remplie, il
décision
regarder comme non avente une
qui ne pouvait être que provisoire
acquérir force de loi qu'après
> et
sa disposition la
qu'on en aurait fixé
plus essentielle > celle qui devait
ddrerminerTevécurtion de toutesles autres. Les choses
érantrestéesdedroit dansleméme état, c'estice mode
que je reviens maintenant. Le comité de salut
n'ap Perumpfluttuimibremmre
public
je
quilaifirconfiée;
vaislentreprendre, et ce qui va suivre
être
considéré comme le
peuten
reste,
développement raisonné, Au
que je sois ou non d'accord avec les
autorités
Ij
ait
ddrerminerTevécurtion de toutesles autres. Les choses
érantrestéesdedroit dansleméme état, c'estice mode
que je reviens maintenant. Le comité de salut
n'ap Perumpfluttuimibremmre
public
je
quilaifirconfiée;
vaislentreprendre, et ce qui va suivre
être
considéré comme le
peuten
reste,
développement raisonné, Au
que je sois ou non d'accord avec les
autorités
Ij --- Page 142 ---
(134)
qu'on a indiscretrement mèlées dans
il me suffit de l'être
cette question, ,
avec la justice > la
avec les principes d'intérêr
raison,
public et de Phumanité.
Reviendra-t-on sur ScS pas, et
qui a été fair comme
regardant tout ce
non avenu,
relever la colonie de
fudr-t-il,p pour
purement et simplement Saint-Domingue > y rétablir
tous les abus de l'ancien Tesclavage, et y ramener
Je sais
ordre de choses ?
qu'ilya des hommes
terribles des
pour gai les leçons
de
évènemens ne sont rien, et qui laissant
côtétour ce quicondamne leurs
tant avidement
préjugés, en adopde
tout ce guiles Aatte >
tour ce qui est arrivé pour prouver la argumenteront nécessité
nouveau bouleversement. Pour moi
d'un
ment que des malheurs
je crois fermeà des
sont peu propres à remédier
malheurs, et que dans ce cas-ci
que.
s il n'y a
Taveuglement et la prévention la plus obstinée
qui puisse n'en pas prévoir. Ah !sans
le grand nombre de
doute, parmi
ceux qui par un instinct bienfaisant, et par un véritable amour de Phumanité
desiraient l'extirpation d'abus réellemen:
il en est peu, ou pas un seul, qui n'elr existans frémi >
préféré mille fois
et
-
que les choses restassent dans
même étar, s'il eût
les
le
quels les premiers prévu
maux affreux par lesdevaient être effacés; mais
E mal est consommé, s et que le torrent destruc- quand
teur a été tel que rien n'a été capable de rallentir
ees ravages, faut-il, lorsqu'ilscra passé, rétablir sans
peu, ou pas un seul, qui n'elr existans frémi >
préféré mille fois
et
-
que les choses restassent dans
même étar, s'il eût
les
le
quels les premiers prévu
maux affreux par lesdevaient être effacés; mais
E mal est consommé, s et que le torrent destruc- quand
teur a été tel que rien n'a été capable de rallentir
ees ravages, faut-il, lorsqu'ilscra passé, rétablir sans --- Page 143 ---
(135)
choix et le bon et le mauvais,
anéantis ? Que
faire
qu'ila a également
peut
de plus Thomme
de gémir suir le passé, et de faire des jaste que
que l'on ne perde pas le fruit des évènemens vaeux pour
de l'espérience coûteuse
ec
qu'on a acquise ?
non ! il n'est plus tems de
Non,
point d'ou l'on
regarder en arrière : le
loir
est parti est trop éloigné, et vouy retourner serait se précipiter dans de nouveaux dangers, dans de nouveaux
serait vonloir
déchiremens: : ce
traverser éncore des fleuves de
que la fureur et la violence
sang $
gloire d'avoir
s'arrogent la funeste
les
subitement renversé un systéme dont
corrections eussent cxigé toute la
et toute la maturité de la
circonspection
sagesse 5 mais il faut
se garder de les imiter en rien. Un
bien
quel qu'ilsoit, est subordonné à tant rérablisement; de
et éxigent un tel accord des volontés, conditionss
devenir impossible
, qu'il peur
ou bien difficile à
il cst indubicable
opéter; mais
qu'une réaction, c'est-à-diré des
efforts opposés pour remettre les choses sur l'ancien
pied, de quclques succès qu'ils fussent couronnés
d'abord, ne produiraient que des fruits
suivis bientô: après par de nouvelles éphémères,
convulsions.
Quels que soient les moyens affreux
mis en
qui ont été
usage pour détruire l'esclavage à Saint-Domingue, les maux que son renversement a
ne sont pas une raison
produirs,
pour que l'homme de bien
cesse de le regarder comme un mal en lui-mémes
I4
pied, de quclques succès qu'ils fussent couronnés
d'abord, ne produiraient que des fruits
suivis bientô: après par de nouvelles éphémères,
convulsions.
Quels que soient les moyens affreux
mis en
qui ont été
usage pour détruire l'esclavage à Saint-Domingue, les maux que son renversement a
ne sont pas une raison
produirs,
pour que l'homme de bien
cesse de le regarder comme un mal en lui-mémes
I4 --- Page 144 ---
et
(136) )
pour qu'il se persuade,
l'ont suivi,
> d'après les résuleats qui
qu'ils soit nécessaire
même un changement
d'y revenir. Quand
inverse
ne pense
pourrait, ce que je
pas 3 sy opérer et sy soutenir sans
lence, à Dieu ne plaise
Viocette colonie le
que je desire de voir dans
qui
règne afligeant de ces mêmes
servirent de
abus,
on l'a vue
prérextes aux forfaits sous lesquels
rune,de succomber ! Quelque soit mon inforvée, la'j quelqu'amerrumed que mon ame soit abreujustice et la vérité
clare
nul
l'emportent, et je déque
ne déteste plus que moi ces barbares
usages qui me
dont je regarderais pénétrèrent souvent de douleur, et
de la vengeance l'anéantissement comme un effer
été confondus céleste 5 si tant d'innocens n'avaient
si.c
avec quclques coupables ou
on n'avait Vu des hommes criminels
plutôr
malheurs qui ont englouti des milliers échapper aux
de
justes et humains. Loin de moi la seule idée Colons
témoin des mêmes excès : Mon
d'étre
parait
sort actuel ne me
pas plus diflicile à supporter que l'idée
revoir à côté de moi un de ces bourreaux
de
sanguinaires, auxquels
cruels et
j'attribue les causes
tives de ma ruine. >
primitacle
empoisonner encore par le specjournalier de ses fureurs > le bonheur et la
Paisible sécurité dans laquelle je vivais au milieu
de mes coopérateurs, au milieu de ces êtres
regardais comme mes enfans. Les
que je
m'ont pas fait oublier entièrement maux présens ne
ceux qui sont
à côté de moi un de ces bourreaux
de
sanguinaires, auxquels
cruels et
j'attribue les causes
tives de ma ruine. >
primitacle
empoisonner encore par le specjournalier de ses fureurs > le bonheur et la
Paisible sécurité dans laquelle je vivais au milieu
de mes coopérateurs, au milieu de ces êtres
regardais comme mes enfans. Les
que je
m'ont pas fait oublier entièrement maux présens ne
ceux qui sont --- Page 145 ---
(137)
passés : je dismême que si j'entrevoyais la moindre
apparence de succès en faveur d'un régime qu'on
prétend substituer à celui qu'on a fair écronleravec
tant de fracas, je m'y atracherais avec ardeur,
avec
enthousiasme, > et je me ferais un devoir de le seconder de tous mes efforts. Mais sans me laisser aller
à aucune prévention, par le souvenir des désastres
qui l'ont précédé, sans m'abandonner au sentiment
de mes propres maux s je porte au fond de mon
ame et de ma conscience la conviction
que ce régime ne peut produire à aucun égard les effets qu'on
parait en attendre, et qu'il est de toute nécessité
de recourir à un plan
conforme
de la
plus
aux intérêts
France, plus conforme même aux vues bienfaisanres de
Phumanité,et au bonheur
du peuple dont on s'occupe.
permanent
Il était une manière lente, mais humaine, mais
aussi sûre qu'efficace d'amener insensiblement à la
civilisation, à la liberté et au bonheur des hommes
dégradés et Alétris par la longue habitude de l'esclavage. Cette manière fut enscignée par les Rousseau,
par les Mably, et après eux, par Raynal, donclaplume
éloquente fit passer dans tous les cacurs les sentimens
divers dont le sien était rempli; mais
lant
qui en vouéclairer ses semblables et coopérer à la diminution des maux qui pesaient sur Thumanité, n'eut
mais l'intention de causer ni convulsions ni
jaembràsemens. Quelque fût l'indiguation profonde dont ces
avage. Cette manière fut enscignée par les Rousseau,
par les Mably, et après eux, par Raynal, donclaplume
éloquente fit passer dans tous les cacurs les sentimens
divers dont le sien était rempli; mais
lant
qui en vouéclairer ses semblables et coopérer à la diminution des maux qui pesaient sur Thumanité, n'eut
mais l'intention de causer ni convulsions ni
jaembràsemens. Quelque fût l'indiguation profonde dont ces --- Page 146 ---
(1;3 )
grandshommes furent pénétrés, en voyant line pattie du genre homain accablée sous le faix du malheur
et des préjugés, 2 jamais ils n'invoquèrent la violence
pour l'en affiranchir; et leurs écrits, brillansà-la-fois
de chaleur et de sagesse, ne contiennent que desleçons de prudence et de ménagemens, pour parvenir
sûrement à les extirper. Que n'ai - je leurs talens,
comme je crois avoir leur sensibilité et leur haine
pour le crimé ! Qué n'ai-je les mêmes droits à
me faire écouter.. 1 d
Mais eux-mêmes eussentils pu se faire entendre? er si, comptant sur le respect
dont leur nom seul érait environné, ils avaient tenté
dans ces tems de subversion et de fxénésie,d'arreter;
parleurs conseils, le mouvement furieux et terrible
imprimé aux esprits, ne fussent-ils pas devenus les
premières victimes de la rage sanguinaire de ceux-là
même quiavaient le plusaffecté de préconiser leur
génie et leurs maximes, et qui avaient débuté sur la
scène politique en s'honorant du titre de leurs disciples Si la plupart des malheureux Colons,
au milieu de leur
prospérité 2 avaient pu méditer
leurs devoirs dans leurs ouvrages, ety lire les terribles prophéties qui les y menaçuient 5 si Thomme,
enivré par les succès, pouvair entrevoir les dangers
qui Tenvironnent, ils se seraient hacés, n'en dourons
pas, de les conjurer, et de prévenir les désastres qui
ont anéanti leurs fortunes, en sC conformant à leurs
sages préceptes, en embrassant avec ardeur les
prospérité 2 avaient pu méditer
leurs devoirs dans leurs ouvrages, ety lire les terribles prophéties qui les y menaçuient 5 si Thomme,
enivré par les succès, pouvair entrevoir les dangers
qui Tenvironnent, ils se seraient hacés, n'en dourons
pas, de les conjurer, et de prévenir les désastres qui
ont anéanti leurs fortunes, en sC conformant à leurs
sages préceptes, en embrassant avec ardeur les --- Page 147 ---
(139)
moyens de salut qui leur étaient offerts. Heureux,
tranquilles, et uniquement occupés à augmenter leur.
opulence, 3 ils ne virent malheurensement l'abime:
que lorsqu'il était près de les engloutir : vainement
eussent-ils alors reconnu leur erreur, et accepté les
conditions qui pouvaient encore les sauver. Du moment que leur ruine fut irrévocablement
comment leur soumission eût-elle
arrêtée >'
pu déjouer les.
machinations de l'intrigue et du ctime; et supposé
que pour détourner l'orage ils eussent saisi ces tempéramens comme une planche au milieu da
pense-t-on qu'ils n'auraient pas été
naufrage,
rejettés par ces hommes qui avaient dédaigneusement leur
arréré, et qui pensent qu'on ne
plan tout
peuple qu'en le baignant dans des flots peur de régénérer un
conduire à la liberté
sang, et le
davres 2
qu'à travers les ruines et les CaQue les artisans des déchiremens coloniaux
cessent d'en rejetter l'horreur sur leurs
d'enattribuer la cause à leur avarice. Ils victimes, et
d'avance, que le moyen sûr de les rendre savaient bien
leurs prérendus projets de
opposans a:
régénération, était
mer leur intérêr, et de leur laisser entrevoir d'alarinfaillible de leurs fortunes
la perte:
: ils savaient bien
que pour les entraîner dans des extrêmités
que
et les plus propres à les faire paraitre facheuses,
suffisait
coupables, il
d'attaquer leurs propriétés, et de ne leur
ser que l'alternative de se défendre
laisest-il tems
ou de périr. Mais
encore de revenir aux conseils de la modé.
leur intérêr, et de leur laisser entrevoir d'alarinfaillible de leurs fortunes
la perte:
: ils savaient bien
que pour les entraîner dans des extrêmités
que
et les plus propres à les faire paraitre facheuses,
suffisait
coupables, il
d'attaquer leurs propriétés, et de ne leur
ser que l'alternative de se défendre
laisest-il tems
ou de périr. Mais
encore de revenir aux conseils de la modé. --- Page 148 ---
(140)
sation et de la sagesse; la fureur et le fanatisme, devenus moins violens par la réussite de leurs desséins
permettront-ils enfn queleur voix se fasse entendre?
Les hommes que la confiance des peuples chargea
autrefois de faire des lois, ou de corriger celles qui
existaient, étaient des sages éclairés par la méditation,
par une longue expérience, et enrichis de vastes lumières qu'ils devaient non- seulement à leur
génie, mais encore qu'ils
propre
empruntèrent avec lenteur
de leurs pareils et de toutes les nations de l'univers
alors connu. Leurs institurions nouvelles
base celles même
eurent pour
qu'ils entreprirent de refondre, et
jamais on ne les vit commencer par tout renverser
pour réédifier tout de nouveau. La précipitation et la
violence ne furent pas du nombre des moyens
leur rare prudence leur suggéra
que
succès
pour parvenir aux
glorieux qu'ils obrinrent. C'est d'eux que nous
tenons qu'au lieu de guérir les maux d'un état, elles
ne sont propres qu'alesaigrir; et qu'au lieu d'amender
les maeurs d'un peuple, ellesne font que les corrompre davantage. Quelle que fûr la docile et vertueuse
simplicité de ceux dont le bonheur fut l'objer de leurs
travaux, ils surent qu'il faut plurôr voir les hommes
tels qu'ils sont que tels qu'ils devraient être. Aucun
d'eux xn'osa concevoirle projet de créer des gouvernemens sans défaur, et de former des hommes sans faiblesse; et quoique les ames neuves et énergiques de
ceux qu'ils se chargèrent de diriger, offrtissent de
elle que fûr la docile et vertueuse
simplicité de ceux dont le bonheur fut l'objer de leurs
travaux, ils surent qu'il faut plurôr voir les hommes
tels qu'ils sont que tels qu'ils devraient être. Aucun
d'eux xn'osa concevoirle projet de créer des gouvernemens sans défaur, et de former des hommes sans faiblesse; et quoique les ames neuves et énergiques de
ceux qu'ils se chargèrent de diriger, offrtissent de --- Page 149 ---
(1 141 )
grandes facilités leurs opérations
jamais de les faire atteindre
> aucun ne se flata
au degré de
politique et morale auquel nos
perfection
prétenda conduire
sages modernes ont
cieuses
tout-à-coup des générations viet corrompues.
Si un autre Solon fàc venu au milieu des
noirs de
habitans
Saint-Dosingue, rempli des
régnans dans ces tems derniers contre préjugés
les anciens, à
l'esclavage ( cat
qui on ne disputera pas de se
en liberté aussi bien
connaître
que nous 5 ne
comme on pense aujourd'hui
pensaient pas
Lycurgue
sur ce point. Le rigide
n'imagina jamais que pour régénérer Sa
patrie et pour le bien de Phumaniré, il fût
d'affranchir les
nécessaire
Hilotes, et encore moins
mains de torches et de
d'armerleurs
poignards. Les Athéniens, les
Romains et les peuples les plus libres eurent des
claves. Leurs législateurs crurent
esver, on pouvait leur
que sans les en prides lois. Mais les
inspirer l'amour de la vertu et
institureurs modernes ont fait
ment : ne prétendant à rien moins
autremodèles, ils ont oublié de fonder qu'à le surpasserleurs
pour ne s'occuper que du soin
règue des vertus
glorieux d'anéantir un
usage antique; et en abolissant l'esclavage de
ques hommes, ils ont laissé subsister
quelde plus en plus, au milieu d'une
etse consolider
celui bien plus déshonorant
population immense, a
tion des
des vices et de la
meurs. ) Si un autre Salen,
corrups'étair chargé de régénérer
disons - nous,
cette peuplade sauvage, s
s'occuper que du soin
règue des vertus
glorieux d'anéantir un
usage antique; et en abolissant l'esclavage de
ques hommes, ils ont laissé subsister
quelde plus en plus, au milieu d'une
etse consolider
celui bien plus déshonorant
population immense, a
tion des
des vices et de la
meurs. ) Si un autre Salen,
corrups'étair chargé de régénérer
disons - nous,
cette peuplade sauvage, s --- Page 150 ---
(142)
mais encore plus abrutie par une longue
de conduire à la civilisation
servirude, et
et au bonheur, des
mes dociles sous un joug pesant, mais
homtous les excèspour
capables de
si
peu qu'ilss'ensentisent
n'écoutant ni le langage intéressé de affranchis;
ce fanatisme furieux
l'avarice 2 ni
pour qui rien n'est
il
eu également à ceeur de consoler
sacré, eût
long-tems
Phumanité trop
outragée, et de concilier ce qui lui
avec le maintien de l'édifice le
est dû
plus délicar qui
exista, et avec la considération
jamais
et des besoins de la
importante des droits
employé
métropole, quels moyens eût-il
pour parvenir sûrement à ces diverses
dont toutes exigeaient les mémes
fins,
moins de
ménagemens, 2 à
vouloirsesposer, en en perdant une de vue,
deperdre le fruit des autres?Pense-t-on
promis le succès de son
qu'il leût compar où il aurait dû
propre ouvrage en déburant
chaînes
finir, en rompant subitement les
de lesclavage, et en lui laissant toute
de se livrer sans contrainte à
liberté
Non, non!ilaurait
tous ses mouvemens?
préva d'avance les évènemens
sont arrivés, et contre lesquels la prévention
qui
vainement de se roidir : il aurait Stl
la s'efforce
d'un érat
que jouissance
d'indépendance subi: et accordé sans
ration, ressemble à ces breuvages doux, mais prépaqui enivrent et transportent de fareur
capiteux,
boivent
ceux qui en
immodérément, au point de
dans leurs noirs accès ia main qui le leur méconnaitre a
sans user d'assez de
présenré
ménagemens. Si la liberé CS
se roidir : il aurait Stl
la s'efforce
d'un érat
que jouissance
d'indépendance subi: et accordé sans
ration, ressemble à ces breuvages doux, mais prépaqui enivrent et transportent de fareur
capiteux,
boivent
ceux qui en
immodérément, au point de
dans leurs noirs accès ia main qui le leur méconnaitre a
sans user d'assez de
présenré
ménagemens. Si la liberé CS --- Page 151 ---
(143)
propre à élever l'ame de quelques
germer dans leurs LOEUIS
hommes, Ct ic fait
elle n'est
que des sémences de vercu >
malheurcusement pour la multitude que la
coupe enchantée de Circé, qui
Pourceanx ceux dont l'ame n'est métamorphose en vils
en sentir le prix, Tandis
pas assez élevé pour
pour elle
que les coeutrs grands et faits
y voient des morifsde plus
étroirement à leuts devoirs
pour s'attacher
bas
et à la
et méchans ne la cousidèrent vertu, les cceurs
chistement du frein
que comme T'affranvicieux.
qui comprimait leurs penchans
Il est en politique comme en morale des
muables et desqueiles il
lois imn'estjamais
ter impunément. Il n'arriva
permis de s'écarpar la violence. et la
en aucun tems d'obrenir
attendre que de la marche précipication, ce qu'on ne devait
lente et
sagesse, Le véritable
circonspecte de la
secret pour
et pour les assujettir à un ordre conduireles hommes
est d'élever leurs
constant erinvariable,
morale
ames, d'y graver les
et de la
principes de la
vertu, et d'opérer
sans commotion dans leur
insensiblement Et
cessaires à leur bonheur. état, les changemens néles liens
Mais briser
qui les retiennent, les
touc-d-coupsous
féroces en
transformer en bétes
exaspérant leurs
core plus vils
passions, et les rendreenqu'ils n'étaient en les
des excès qui leur étaient
entraînant dans
méthode
méme inconnus, c'est une
propre tout au plus à les
despotisme et danslep
replonger souS le
plusprofond
avilisement,a après
les changemens néles liens
Mais briser
qui les retiennent, les
touc-d-coupsous
féroces en
transformer en bétes
exaspérant leurs
core plus vils
passions, et les rendreenqu'ils n'étaient en les
des excès qui leur étaient
entraînant dans
méthode
méme inconnus, c'est une
propre tout au plus à les
despotisme et danslep
replonger souS le
plusprofond
avilisement,a après --- Page 152 ---
(144)
leuravoir fait parcourir tous les degrés de l'anarchie
et du crime. Si une preuve éclatante
été fournie
-
de ces vérités a
par une nation renommée par sa politesse
erseslumières, et au milieu de laquelle, faute d'avoir
usé des précautions convenables,
s on a vu donner à
l'Europe épouvantée, des exemples effrayans de
versité et de désordres,
perque dois-ce être d'une peuplade ignorante et barbare, qui n'avait aucun intérêt
à la conservation de l'ordre
établi, et qu'on devait
présumer au contraire ne respirant qu'après le moment de le renverser?
Quelle que soit l'excellence et l'utilité des
sur lesquels tout systême social est
principes il
contestable
fondé, est inqu'ils n'émanent pas directement de la
nature : les meilleurs sont ceux qui s'en rapprochent
davantage; ; mais il en est qui doivent nécessairement
s'en écarter : ils ne sont que des conventions des
hommes qui, sentant le besoin de se réuniret d'assurer leur tranquillité, consentirent de
liberté naturelle
renoncer à leur
et de se soumettre au joug des lois
pour jouir paisiblement des
>
Les premières sociétés
avantages qu'il procure.
ne se formèrent pas tout-àcoup, et ce fur que peu--peu qu'elles se
nèrent. Ce ne far qu'en acquérant des lumières perfectionl'expérience,
et de
ou guidés par les plus sages d'entr'eux,
que les premiers hommes,
quisunirent par des liens
politiques, purent s'élever à ces hautes combinaisons
d'ordre social, et sentirent lavantage de faire le s2crilice
Les premières sociétés
avantages qu'il procure.
ne se formèrent pas tout-àcoup, et ce fur que peu--peu qu'elles se
nèrent. Ce ne far qu'en acquérant des lumières perfectionl'expérience,
et de
ou guidés par les plus sages d'entr'eux,
que les premiers hommes,
quisunirent par des liens
politiques, purent s'élever à ces hautes combinaisons
d'ordre social, et sentirent lavantage de faire le s2crilice --- Page 153 ---
(145) )
crifice d'une partie de leur liberté primitive
s'assurer la jouissance paisible de
3 pour
lautre; et encore 3
conmaissons-nous l'imperfection des premières sociétés formées : nous connaissons les déchiremens
en interrompirent l'harmonie. Mais de
qui
raient être les
quel prix pouravantages qui en résultent,aux yeux de
ceux quin'ont pas étéà portée de les sentir, et que rien
n'a mis à même de les apprécier ? A cet égard, les
hordes sauvages de l'Amétique ou de l'Afrique sont
bien moinsavancées que. les premiers hommes,qu'Orphée ou d'autres, entreprirent de civiliser ; et à
sûr, telle d'entr'elles qu'on voudrait
coup
lois de l'état le plus libre de
soumettre aux
l'Europe, croiraitavoir
échangé sa liberté contre le joug le plus intolérable.
De plus,si malgré l'intérêt bien senti qu'avaient les
hommes de maintenir entr'eux une paix
O1l
les a vu agités par toutes les passions inaltérable,
feuille légère l'est
les
2 comme la
par
vents déchaînés : si, malgré
les progrès des sciences, des arts et des jouissances
rendent la paix
qui
plus précieuse, tant d'abus
sur
les sociétés modernes,et les
pèsent
rendent si imparfaites,
après vingt ou trente siècles de leçons : si, enfin,
malgré les lumières de la
de lespric
philosophie et les progrès
humain, les peuples paraissent encore si
malheureux, si ignorans sur leurs véritables intérèts,
comment des êtres plongés dans les ténèbres de la
barbarie et de lignorance, auraient-ils
s'élever
ces hautes
pu
à
conceptions, sentir tout-àcoup les avanTome I,
K
vingt ou trente siècles de leçons : si, enfin,
malgré les lumières de la
de lespric
philosophie et les progrès
humain, les peuples paraissent encore si
malheureux, si ignorans sur leurs véritables intérèts,
comment des êtres plongés dans les ténèbres de la
barbarie et de lignorance, auraient-ils
s'élever
ces hautes
pu
à
conceptions, sentir tout-àcoup les avanTome I,
K --- Page 154 ---
(146)
tages d'un nouvel état, et apprécier les conditions
auxquelles ils seraient admisà en jouir? Sils éraient
incapables de les sentir, comment pouvaient-ils s'y
attacher ?
Pour rendre plus sensible l'application de ces verités à la quesnon dont il s'agit, il faudrait remonter
plus haut, et retracer le tableau des faits qui les
vent; il faudrait rappeller des convulsions, des prou- forfaits épouvantables, et des scènes d'horreur où ont
été accumulés tous les maux qui peuvent afiliger
l'humaniré : c'est cC qui n'entre pas dans mon plan.
Mais au défaut de ces récits douloureux, on
s'aider de
peur
l'experience et de ce qu'on a journellement
sous lesyeux. Iln'est point de leçons comme cellesdes
évenemens; et à cet égard, T'histoire d'un peuple est
applicable plus ou moins à tous. On a vu ce qu'il en
a coûité d'avoir été puiser des principes, des prétendues bases sociales dans le labyrinthe d'une métaphysique abstraire, lorsqu'il ne fallait consulrer que les
plus simples règles da bon sens et de léquiré : on a
vu où l'on a été conduit par les saillics philosophiques
de quelques hommes qui, trompés par les chinères
d'une imagination brillante, et prenant leurs rèveries
pour des efforts de génie, ont osé perdre de vue leurs
modèles; et qui, voulant comme Icare prendre un
essor trop élevé, sont tombés dans l'abime qu'ils creusèrent eux-mêmes sous leurs pas, après avoir vu leurs
romans politiques détruits presqu'aussitét qu'élevés,
: on a
vu où l'on a été conduit par les saillics philosophiques
de quelques hommes qui, trompés par les chinères
d'une imagination brillante, et prenant leurs rèveries
pour des efforts de génie, ont osé perdre de vue leurs
modèles; et qui, voulant comme Icare prendre un
essor trop élevé, sont tombés dans l'abime qu'ils creusèrent eux-mêmes sous leurs pas, après avoir vu leurs
romans politiques détruits presqu'aussitét qu'élevés, --- Page 155 ---
(147) )
et remplacés par d'autres qui ont cédé la place à leur
tour. Tel sera le sort de tout ce qui n'aura d'autre
source et d'autre fondement que les caprices mobiles
des hommes, en écarthnt les seules indications
aurait dû suivre,
qu'on
Si dahs les changemens qui ont été opérés, il n'a-.
vait été question que de briser le joug pesantsous. lequel des hommes étaient assujettis, pour les rendre à
leur état naturel, rien de mieux que ce quia été fait;
mais pour les faire passer d'un état de dépendance
arbitraire à un état de soumission à l'ordre et aux
lois, il ne fallait pas commencer par briser tous les
moyens de diriger leurs ames, 3 et de maitriser, pour
leur propre bien, des êtres trop impatiens du frein
qui les avait retenus jusqu'alors, pour ne pas saisir
avec ardeur l'occasion de jouir librement de toutes
leurs facultés, et de repousser tout état de contrainte,
soit celui qu'on venait d'anéantir, soit celui
qu'on
prétend y substituer. Il aurait fallu leur faire traverser
l'intervalle qui sépare ces différentes
situations, avec
circonspection et les conduire insensiblement de
l'une à l'autre. Il aurait sur-tout fallu ne
leur
laisser la faculté
pas
d'accepter ou de rejerter; car on aura
beau peindre à un peuple déjà livré à
lni-même, et
semblable au jeune coursier qu'aucan frein ne retient
plus, les avantages d'un état quelconque de dépendance, si on ne s'est pas assuré d'avance des
del'y astreindre, , en attendant qu'on puisse le lui moyens faire
K %
'une à l'autre. Il aurait sur-tout fallu ne
leur
laisser la faculté
pas
d'accepter ou de rejerter; car on aura
beau peindre à un peuple déjà livré à
lni-même, et
semblable au jeune coursier qu'aucan frein ne retient
plus, les avantages d'un état quelconque de dépendance, si on ne s'est pas assuré d'avance des
del'y astreindre, , en attendant qu'on puisse le lui moyens faire
K % --- Page 156 ---
(143 )
aimer, il rejettera tout également, et le joug des
hommes etcelui des lois.
La grande masse des hommes est
trop aveugle
et trop esclave des passions, soit les siennes, soit
celles des individus qui entreprennent de la dominer, abstraction faite du surcroit d'avilissement
dans lequel la corruption où sa situation précédente
peuvent l'avoir plongée, pour lui abandonner sans
restriction, lechoixarbitraire de son propre bonheur.
La loi doit s'emparer de l'homme en
société, et le
défendre contre lui-même : du moment qu'elle est
calculée sur son avantage 2 et sur la connaissance
de ses véritables intérêts, elle doit,
a ce but, user d'une salutaire
pour parvenir
violence, et le forcer
en quelque sorte d'être heureux malgré lui-même.
Ces maximes sont pour toutes les sociétés et pour tous
les peuples ; car par-tout la multitude est également
indocile et Ignorante sur son propre bien. Prenant
constamment l'ombre pour la réalité, et les mots
pour les choses, elle s'abandonnera aux conseils de
l'intrigue et au choc terrible des
passions , et ne
s'arrêtant jamais à de justes bornes, ce sera
tout un torrent impétueux, que rien ne
parpourra plus
contenir, si l'on ne s'est ménagé d'avance les
de le tempérer et d'en régler le cours. Je moyens
si
ne sai
ces idées s'accordent avec celles des hommes
ont
qui
étudié, dit-on, le coeur humain, et qui nous
ont appris à le connaître : je sais du moins qu'elles
passions , et ne
s'arrêtant jamais à de justes bornes, ce sera
tout un torrent impétueux, que rien ne
parpourra plus
contenir, si l'on ne s'est ménagé d'avance les
de le tempérer et d'en régler le cours. Je moyens
si
ne sai
ces idées s'accordent avec celles des hommes
ont
qui
étudié, dit-on, le coeur humain, et qui nous
ont appris à le connaître : je sais du moins qu'elles --- Page 157 ---
(149 )
sont conformes à l'expérience et
vérifiées
qu'elles ont été
par les évènemens rapides qui se succèdent
depuis cinq ans, et dans lesquels tout homme attentif
et vraiment desireux de s'instruire,
plus de lumières
dans
peut acquérir
que
tous les livres des
culateurs anciens et modernes.
spéJ'abandonne ces considérations générales
m'occuper directement de mon objet. Le
pour
j'ai conçu est simple et fondé
plan que
sur des principes
indépendans des
circonstances > qui n'ont d'empire
que sur ce qui est l'ouvrage des
passions et des
caprices des hommes. C'est le fruit de mes observations et de la méditation de ces écrivains
et humains, qui ne se laissant aller ni à l'enthou- sages
siasme, ni à l'espric du moment,
surent concilier
tous les intérêts. Je le formai dans le silence
tems avant les évènemens qui, à
longcations
quelques modifiprès devenues indispensables,
changé. Le peuple
n'y ont rien
que j'avais pour objet, est à mes
yeux toujours le même : les excès auxquels l'ai
depuis se livrer, > me font seulement
je
vu
plus
regarder comme
pressante encore, l'application d'un systême
dans un tems de paisibilité. J'ai
conçu
vu les Africains
au milieu de ces horribles convulsions;
moin
; j'ai été téet presque victime de leurs fureurs et de
leurs forfits; mais je suis aussi loin de les
sur une
rejetter
peuplade aveugle et égarée,
ter à la masse
que d'impufrançaise ceux dont la provocation
K 3
vu
plus
regarder comme
pressante encore, l'application d'un systême
dans un tems de paisibilité. J'ai
conçu
vu les Africains
au milieu de ces horribles convulsions;
moin
; j'ai été téet presque victime de leurs fureurs et de
leurs forfits; mais je suis aussi loin de les
sur une
rejetter
peuplade aveugle et égarée,
ter à la masse
que d'impufrançaise ceux dont la provocation
K 3 --- Page 158 ---
(150)
de 'ses corrupteurs l'ont forcée de se souiller. En
Amérique comme en Europe e, cette longue chaîne
de désastres estl'ouvraged'un petit nombre d'hommes
qui seuls en ont profité : eux seuls pour sauver leurs
têtes coupables et leurs rapines, s'efforcent encore de
prolonger les orages, lors mê mc que la multitude,
réfroidie par li lassitude et par l'inutilité de ses ef.
forts, pour atteindre le phantôme de bonheur mis
devant elle, afin d'allumer son enthousiasme, commence à passer de l'effervescence à l'abattement, et
considère déja avec effroi, les ruines dont elle s'est
environnée. Il serait trop injuste de s'en prendre
à des hommes que tout concourait à tromper, et
que la main de la sagesse pouvait seule conduire
dans la voie du bien. C'est à ceux qui auraient recueilli la gloire de leurs vertus, à supporter le blâme
de leurs erreuirs : c'est à ceux qui s'efforcent de les
y maintenir, à répondre des maux qui peuvent survenir encore.
Vouloir examiner ici les droits naturels de ceux
qui hibrtaient et cultivaient les colonies en qualité
d'esclaves, serait s'engager dans une discussion interminable: ce seraiede plus donnertrop d'importance et
unnouvel al:ment anx dangereux sophismes avec lesquels on est parvenn à tout intervertir età tout confondre. Quel est l'homme de bonne-foi, même
parmi le grand nombre de ceux qui se laissèrent
séduire par la déclaration des droits, qui ne sente
les droits naturels de ceux
qui hibrtaient et cultivaient les colonies en qualité
d'esclaves, serait s'engager dans une discussion interminable: ce seraiede plus donnertrop d'importance et
unnouvel al:ment anx dangereux sophismes avec lesquels on est parvenn à tout intervertir età tout confondre. Quel est l'homme de bonne-foi, même
parmi le grand nombre de ceux qui se laissèrent
séduire par la déclaration des droits, qui ne sente --- Page 159 ---
(151)
tant de malheurs dérivent de Ia
aujourd'hui que
facilité qu'il y avait d'en abuser > et que malgré
les vastes projets, à P'exécution desquels ses ivende la faire servir, ils ont euxteurs sC proposaient
mêmes été les premicrs trompés, et se sont vus 3
entrainés beaude conséquence en conséquence,
loin qu'ils ne l'avaient pensé. En France.,
coup plus
d'anéantir des préil ne fut d'abord question que
des
aussi injastes qu'odieux ; mais
jugés et
privilèges
fut
de
une fois le torrent lâché, rien ne
capable
: tous les liens de l'ordre
modérer son impétuosité
dans le sièsocial farent détendus,sinon dissous; et
cle de la philosophie, au milieu d'une nation qu'on
dit être la plus polie et la plus éclairée de Punientendit
de mille auvers, on
pour complément
hautement de loi
tres traits d'immoralité, parler
agraire, cette loi que des plumes infàmes osent justifier, et dont peut-être une maltitude égarée se
fatte encore. En Amérique, il ne s'agissait d'abord
de faire disparaître les distinctions humiliantes
que
les différentes classes d'hommes liqui séparaient
en dise;
bres, distinctions légitimes 2 quoiqu'en
dans leur principe,inhérences et nécessaires au maintien d'un ordre de choses particulier, mais devenues incompatibles avec des principes nouveaux, qui
les anéancissaient toutes également. Il n'était questicn de plus, que d'adoucir l'esciavage par des lois
humaines et de mettre des bornes aux entreprisea
K4
de faire disparaître les distinctions humiliantes
que
les différentes classes d'hommes liqui séparaient
en dise;
bres, distinctions légitimes 2 quoiqu'en
dans leur principe,inhérences et nécessaires au maintien d'un ordre de choses particulier, mais devenues incompatibles avec des principes nouveaux, qui
les anéancissaient toutes également. Il n'était questicn de plus, que d'adoucir l'esciavage par des lois
humaines et de mettre des bornes aux entreprisea
K4 --- Page 160 ---
(152)
de l'ambition et de l'avarice : mais lintrigue s'enhardissant par un premier succès, jetta bientôr le
masque ; cn un clin d'ceil on vit liberté et esclavage, distinctions et richesses, fortunes particulières
et publiques, englouties à la fois dans des flots de
sang s et la florissante colonie de Saint-Domingue
s'écrouler avec fracas, sous les coups redoublés de
ceux qui avaient juré sa ruine. Tels ont été les
premiers effets de ces bases sociales, dont l'ambiguité et l'exagération vague et
ont été
senties
dangereuse,
depuis, puisqu'on s'est vu dans la nécessité
de les corriger et de les
restreindre, et que rien
ne garantit qu'on ne soit forcé de les corriger encore, et peur-êtrede les anéantir
tout-à-fait, 3 comme
un instrument nuisible dont les ambitieux et les
fauteurs de désordres peuvent à chaque instant s'emparer, et dont tout l'avantage se réduit à caresser
l'orgueil et les passions de la
mulitude, sans lui
apprendre à se défendre d'elle-même et de ses
pres excès. Quoi qu'il en soit, sans m'appesantir pro- d'avantage sur ce qui est arrivé, je m'attacherai seulement à démontrer quels étaient
être
J quels sont peutencore les seuls moyens d'amener au bonheur
et à la civilisation, des hommes tirés de l'état de
pure nature 2 pour les soumettre au travail,t en
qui il ne s'était opéré dans Ce
changement
passage 3 d'autre
que de joindre quelques vices inséparables de ce dernier état de contrainte à ceux qu'ils
'appesantir pro- d'avantage sur ce qui est arrivé, je m'attacherai seulement à démontrer quels étaient
être
J quels sont peutencore les seuls moyens d'amener au bonheur
et à la civilisation, des hommes tirés de l'état de
pure nature 2 pour les soumettre au travail,t en
qui il ne s'était opéré dans Ce
changement
passage 3 d'autre
que de joindre quelques vices inséparables de ce dernier état de contrainte à ceux qu'ils --- Page 161 ---
(153)
avaient primitivement ; mais qui travaillés
par les suggestions du crime et
depuis
Ieurs , ont
par toutes les fupresqu'anéanti les
et
rance de les maîtriser
moyens
l'espéet de les conduire.
Iln'est point, sans doute, de principe
testable que celui de la liberté nacureile plus inconil est si fermement
de l'homme:
la
érabli, ce droit qui dérive de
nature, est regardé comme si
si
et si essentiellement
sacré, inviolable,
inhérent à la qualité
qu'on refuse à celui
d'homme,
d'en
qui en est revéru, la faculté
disposer. Mais une vérité non moins
que ce principe, , c'est qu'iln'en
constante
ait été plus
est pas un seul, qui
violé, dans ouvertement et plus communément
T'histoire tous les tems et dans tousles lieux dont
nous a transmis la connaissance,
les genres de
5 dans tous
gouvernemens, théocratiques,
tiques ou populaires ; chez les
déspovivant au milieu des foréts
peuples barbares,
et de
comme chez les plus policés,
lignorance >
avantages des
, jouissant de tous les
arts, des connaissances
de la civilisation ; chez les
humaines et
chez les plus
plus vertueux comme
corrompus, Les nations les
gnées, et qui différaient le
plus éloimceurs, leurs
plus entre elles par leurs
inclinations et leurs
semblaient toutes sur ce
préjugés se respoint commun :
concinuellement en état de
presque
taquaient
guerre s elles ne s'atque pour se réduire
servitude, > et le prix de la victoire réciproquement en
était le droit
de la civilisation ; chez les
humaines et
chez les plus
plus vertueux comme
corrompus, Les nations les
gnées, et qui différaient le
plus éloimceurs, leurs
plus entre elles par leurs
inclinations et leurs
semblaient toutes sur ce
préjugés se respoint commun :
concinuellement en état de
presque
taquaient
guerre s elles ne s'atque pour se réduire
servitude, > et le prix de la victoire réciproquement en
était le droit --- Page 162 ---
(154)
du vaincu. En état de paix, une conde disposer demander des esclaves à une autre contrée allait
les loix
et autorisé par.
trée; un commerce réglé
était libre de disdont onl
se faisait d'esclaves,
Je ne
comme de toute autre marchandise.
poser
de cet usage,
remonterai pas aux causes primitives la nuit des tems 2 et
dont Torigine se perd dans
sans interrupsion > jusdont la durée est parvenue,
il pouqu'à nous : je n'examinerai pas comment illustrés à jamais
vait se faive que dans des siècles
qui
des exempies de sagesse et de grandeur
par
étonnés le sentiment de
impriment à nos esptits
contume
Fadmiration et d'un respect profond, une
les sentimens de la nature et
qui foulait aux pieds
les lumières de la raison ; qu'une coutume 2 dis-je, bienThumanité,si opposée à la
si injurieuse pour
et le rend
veillance qui lie T'homme à Thomme >
rien
maux de son semblable > n'eut
sensible aux
ceux-là même qui sont devenus
de choquant pour
de vertu. Il ne faut pas
pour nous des modèles
de Thomme;
ce fut par oubli de la dignité
penser que
fut mieux sentie que par ces: grands
jamais elle ne
dont la
a
nous admirons, et
réputation
génies que
du tems 5 et jamais l'esclapassé dans le creuset
chez les peuples
vage ne fut plus rigoureux que ni plus dur que
libres dont ils éraient Y'ornement,
le
de tous
a porté
chez les Romains 9 celui
qei
D'après
plus loin l'idée de $a propre excellence.
dignité
penser que
fut mieux sentie que par ces: grands
jamais elle ne
dont la
a
nous admirons, et
réputation
génies que
du tems 5 et jamais l'esclapassé dans le creuset
chez les peuples
vage ne fut plus rigoureux que ni plus dur que
libres dont ils éraient Y'ornement,
le
de tous
a porté
chez les Romains 9 celui
qei
D'après
plus loin l'idée de $a propre excellence. --- Page 163 ---
(155)
leur silence et l'accord unanime des nations à le
tolérer, 3 cet usage, 3 par son antiquité , son universalité, et par sa durée non interrompue, semblerait
devoir être rangé aul nombre des abus indestructibles, inhérens aux sociétés, et avec
achetés
lesqueis sont
trop chèrement, sans doute > les avantages
qu'elles procurent. Peut-être aussi pourrait-on le
regarder commne une conséquence infaillible d'un
droit bien moins respectable, mais qui (carl le mal
est par-tout à côté du bien ) dérive aussi de la nature, et contre lequel les loix sociales même défendent si difficilement le faible : je veux
du
droit du plus fort, qui tend à étouffer parler
qui ont avec lui une commune
tous ceux
parvient
origine 3 et qui
toujours à ployer au gré de ses
les institutions
intérêts 2
même, établies pour s'opposer à S2
violence.
Il est glorieux sans doute
1 pour les tems modernes
appellés le siècle des
lumières et de la vraie philosophie, d'avoir fait connaître enfin à l'homme
sa dignité, et fait briller une vérité
toure
méconnue
ou laissée dans un coupable oubli
Platon, Aristote
> par Socrate 9
2 et par tous les sages de l'antiquité, parmi lesquels il en est même qui osèrent
la combattre. C'est de nos jours
tenti des
que l'Europe a replus saines et des plus sublimes
de la morale, que des écrivains brâlans maximes
zèle
d'un saint
: ont courageusement dévoilé les maux
qui
méconnue
ou laissée dans un coupable oubli
Platon, Aristote
> par Socrate 9
2 et par tous les sages de l'antiquité, parmi lesquels il en est même qui osèrent
la combattre. C'est de nos jours
tenti des
que l'Europe a replus saines et des plus sublimes
de la morale, que des écrivains brâlans maximes
zèle
d'un saint
: ont courageusement dévoilé les maux
qui --- Page 164 ---
(156 )
pèsent en général sur
sonder les
Phumanité, ont cherché a en
causes, > et ont cru les trouver
de tous les droits naturels.
dans l'oubli
De grands
rurent de toutes
génies panaissances
parts > qui consacrant leurs conet leurs utiles travaux > à
au bonheur des peuples,
l'instruction et
semblèrent leur
encore plus que
Promettre
ne firent autrefois Pithagore > Zaleucus et Solon,
pour leurs contemporains. Malheureusement ces gtandesvérirés,q quine
appréciées que par la vertu
peuvent être
rate, érrange
s formaient une
avec des mceurs et un relâchement dispanéral qui devait les rendres illusoires
g6reuses : jamais légoisme
ou dangejamais
qui resserre les coeurs 3
l'insensibilité de I'homme envers son semblable,ne furent plus révoltans et ne
plus de progrès, qu'à compter de
parurent faire
lité de tous les
lépoque où légahommes et la fraternité
les unir furent
qui devait
proclamées dans une multitude
crits. La
des
d'écorruption
tems oà l'on fit ces découvertes sublimes, comparée à la
vertus sévères qui
simplicité et aux
régnaient dans ces siècles
et parmi ces nations célèbres
les
éclairés,
laissées dans
qui
ont ignorées ou
l'oubli, ont prèté des armes à la mal.
veilnce, qui a osé dire qu'elles n'ont été enfantées
que par Tinquiérude, par l'amour du
changement et
Paresrespeicnovateure quis se fait remarquer
un
siècle sur-tour, endont les déclamationsa depuis
avaient moins
pour objet de détourner de dessus P'humanité les
célèbres
les
éclairés,
laissées dans
qui
ont ignorées ou
l'oubli, ont prèté des armes à la mal.
veilnce, qui a osé dire qu'elles n'ont été enfantées
que par Tinquiérude, par l'amour du
changement et
Paresrespeicnovateure quis se fait remarquer
un
siècle sur-tour, endont les déclamationsa depuis
avaient moins
pour objet de détourner de dessus P'humanité les --- Page 165 ---
(157)
maux qui
Talligent, que d'amener
le renversement de tout ce
insensiblement
enfin prérendu,
qui était établi. Elle a
que les principes de liberté et
galité naturelles
d'é-
> n'avaient été si
clamés et défendus par des hommes ardemment proposés
les moins dispeut-être, au fond du caur, s'y
qu'à cause des nombreuses
conformer,
facile d'en
conséquences qu'il était
tirer, et qui tendent à
de P'homme dans nos
Prouver que l'état
traire à ses droits
sociétés, n'est pas moins connaturels que celui de
que par-tout il gémit sous le fardeau des l'esclavage;
dont le petit nombre
privilèges
jouit, souS
et sous la tyrannie des
l'injustice des forts
enfin à faire écrouler gouvernemens. ; qui tendent
gion, des loix
l'édifice antique de la reli3 des préjugés, 2 des
tout ce que T'habicude
usages > et de
nous faisait regarder
légicime et sacré,
comme
Quoi qu'il en soit, à une époque où les
n'étaient pas ce
lumières
s'établic
qu'elles sont, 2 un nouveau
3 modelé sur d'anciens
systême
des lois
usages 2 étayé par
authentiques, et qui idevint, aussi-tôr,
l'Europe ;la corne d'abondance,d'on
pour
elle
sortirent
Tindustie, 3 les arts, la richesse et le
pour
Une peuplade sortie
bonheur.
richir la France
d'Afrique, contribuait à enet les autres états
colonies > par des travaux
possesseurs de
titution, leur force à
pour lesquels leur consbraver un climar
pour le faible
trop ardent
européen, et leur docilité 2 les ren-
Europe ;la corne d'abondance,d'on
pour
elle
sortirent
Tindustie, 3 les arts, la richesse et le
pour
Une peuplade sortie
bonheur.
richir la France
d'Afrique, contribuait à enet les autres états
colonies > par des travaux
possesseurs de
titution, leur force à
pour lesquels leur consbraver un climar
pour le faible
trop ardent
européen, et leur docilité 2 les ren- --- Page 166 ---
(158)
ptoptes. Ils y existaient sous
dait particulièrement
était une suite de leur
le joug d'un esciavage > qui
et des
dans les lieux de leur naissance
état primitif,
les expatrier, , et qui était
moyens mis en usage pour
de leur transjugé nécessaire pour remplir l'objet
sur une terre étrangère. La politique,
plantation
l'ardeur du commerce européen > pour
Thabitude ct
rejaillirent de ce système,
recueillir les richesses qui
et il
rendirent légitime ;
dès qu'il fut organisé ,le
parurent
fut sanctionné par les gouvernemens, qui
en
des avantages que des abus qui
plus s'occuper
lois repressives,
résultaient. Cependant quelques dès le commenmais trop faciles à éluder, eurent
contre
objet, de protéger la faiblesse
cement 2 pour
des bornes à la brutalité et
la violence,et de mettre
Elles étaient tombées en désuétude > par
à Tavarice.
des gouvernemens, et par
insouciance
une coupable
de la force à étendre ses droits;
l'éternelle propension
et variable,
etlaservitude des noirs devenuearbitraire ils étaient
selon le caractère des hommes auxquels de bonêtre considérée comme un état
soumis , pur
bienfaisant, et un état d'inheur sous un maître
avide.
longfortune sous le maitre dur et
Depuis
demandait à grand cris > qu'on entems Thumanité
les autres;
courageàt les uns > et qu'on réprimât l'esclave,en
adoucit le soIt de
et sur-tout > qu'on
des fruits qu'on rereconnaissance et en proportion
voix à celle da
tirait de ses travaux : réunissant sa
ée comme un état
soumis , pur
bienfaisant, et un état d'inheur sous un maître
avide.
longfortune sous le maitre dur et
Depuis
demandait à grand cris > qu'on entems Thumanité
les autres;
courageàt les uns > et qu'on réprimât l'esclave,en
adoucit le soIt de
et sur-tout > qu'on
des fruits qu'on rereconnaissance et en proportion
voix à celle da
tirait de ses travaux : réunissant sa --- Page 167 ---
(159) )
véritable intérêt - 2 elle onseillait de
non par la craince éternelle des
l'y attacher,
la perpective assarée des
châtimens, mais par
turel qu'on n'attendit
ré.ompenses. Il érait narien à cet égard de ceux
recueillaient tout le fruit de leurs
qui
un grand nombre étair
sueurs, > et dont
droits
plus disposé à étendre ses
qu'i les restreindre.
lent s'endort
Par-tour, Phomme
au sein de l'abondance
opuses : il s'inquiète
et des richesrarement de la
des
qui les lui ont
justice,
voies
procurées; et plus rarement
pour peu qu'il lui en coûte, il embrassera encore, de luimême, 2 les tempérammens propres à les rendre légitimes. Une idée aussi élevée était
de l'esprit qui animait la
trop au-dessus
la voix de ceux
généralité des Colons ; et
qui étaient capables de la
voir et de former un semblable
concetenue par la crainte des
vaeu > eût été rela mulitude de
préjugés, ou étouffée par
ceux qui se seraient hâtés de
opposer. De leur côté, 2 les gouvernemens,
s'y
par les clameurs de
intimidés
l'orgueil et de lintérêt, et
qui tour est bien, dès que leur
pour
objet est
s'exagéraient le danger de toucher
rempli,
édifice qu'on leur
aux bases d'un
la main
peignait prêt à s'écrouler sous
imprudente qui tenterait de
crurent devoir
l'amender: ils
ménager des préjugés qui
pour eux une sourc e toujouts croissante de étaient
et qu'on était Parvenu à leur faire
richesses,
le gage de leur durée. Les
regarder comme
succès obrenus, luni-
objet est
s'exagéraient le danger de toucher
rempli,
édifice qu'on leur
aux bases d'un
la main
peignait prêt à s'écrouler sous
imprudente qui tenterait de
crurent devoir
l'amender: ils
ménager des préjugés qui
pour eux une sourc e toujouts croissante de étaient
et qu'on était Parvenu à leur faire
richesses,
le gage de leur durée. Les
regarder comme
succès obrenus, luni- --- Page 168 ---
(160)
dans la manière de voir à cet égard de
formité
de colonies à sucre 2 et
tous les états propriétaires
que leur circonspection
les faits récens, prouveraient
destituée de saexcessive, si l'on veut 2 n'était pas
l'éloiVus d'ailleurs dans
gesse et de prévoyance. n'étaient point assez appagnement, ces inconvéniens
baassez graves, pour
rens et ne paraissaient pas
éblouissant des avantages quiles
lancer le spectacle
oublier. D'autres diront
rachetaient ou les fai.aient
la chûte de.ce brillant établissement,
pent-être que
ces motifs étaient illusoires,
prouve au contraire, que
abus. Je
devait succomber sous ses proptes
et qu'il
subsisté sans secousse > et n'ayant
répondrai, qu'ayant
près de deux siècles,
fait que se consolider pendant
il eût pu subet au milieu de guerres sanglantes, fallait rien moins
sister long-tems encore, et qu'il ne
révolution inouic 5 et les chocs tumultueux
qu'une
entraîner sa chûte avec
qu'elle a occasionnés, pour
d'une
tantde violence.I L'excellence ou limperfection
toujours les garans assurés
institution ne sont pas
rien contre
de leur durée, et ne peuvent souvent Le juste et
des circonstances.
la force impérieuse
:
libres ou despotiques
T'injuste, , les gouvernemens
le sont le moins,
les législations sages et celles qui
des évènesuccombent également sous le torrent
la faulx tranchante du tems. Mais
mens 2 et sous
des tems antérienrs, et
reportons-nous en idée vers
jugeons
jours les garans assurés
institution ne sont pas
rien contre
de leur durée, et ne peuvent souvent Le juste et
des circonstances.
la force impérieuse
:
libres ou despotiques
T'injuste, , les gouvernemens
le sont le moins,
les législations sages et celles qui
des évènesuccombent également sous le torrent
la faulx tranchante du tems. Mais
mens 2 et sous
des tems antérienrs, et
reportons-nous en idée vers
jugeons --- Page 169 ---
(16:)
jugeons de ce qu'on aurait dà faire d'après les tés
sultats de ce qu'on a fait.
S'il écait tems encore d'opérer dans le régime des
colonies tout le bien que commande Phumanité
et
que comportent la prudence et la politique 5 sile
noir était dans cet heureux état de paisibilité
le rendait susceptible de recevoir
qui
avec une vive reconnaissance le plus léger adoucissement porté à sa
situation, quelle mnarche eût-il fallu suivre ? Eûtil été sage de rompre subitement ses fers , et de
l'abandonner al'ivresse quis'empare infailliblement
de tout peuple, qui sent pour la première fois, l'absence du frein qui gènait ses faculrés et ses
chans. Non, sans doute lil n'y a pas de poison pen- plus
violent, a dit un sage , que la liberté versée toute
pure à des hommes qui n'ont pas été longuement
préparés à ce bienfait. La multicude ne sait
que c'est que de jouir avec modération
pas ce
; et elle
passera rapidement d'une extrémité à l'extrémité
opposée > de l'esclavage à la licence effrénée et a
l'anarchie 3 si l'on n'a Pas disposé d'avance les
moyens de tempérer sa fougue, 3 et de diriger ses
mouvemens.
Maiscen'était pas,sur-tont, desêtres sans moralité;
sans vertus: et destitués de toute idée supérieure a
l'instinct; ce n'écait pas des êtres dégradés par leurs
vices primicifs et Par leur situation
présente, et dont
toutes les facultés intellectuelles se bornaient à leurg
Tome II.
L
ie 3 si l'on n'a Pas disposé d'avance les
moyens de tempérer sa fougue, 3 et de diriger ses
mouvemens.
Maiscen'était pas,sur-tont, desêtres sans moralité;
sans vertus: et destitués de toute idée supérieure a
l'instinct; ce n'écait pas des êtres dégradés par leurs
vices primicifs et Par leur situation
présente, et dont
toutes les facultés intellectuelles se bornaient à leurg
Tome II.
L --- Page 170 ---
(16:) )
besoins physiques, qu'il fallait investir de tous les
droits dont l'homme le plus civilisé connaît à peine
ie prix, et dont tous sont également incapables de ne
pas abuser. Userd'une pareille condescendance envers
des sauvages brutaux et ignorans, c'était les vouer
aux furies; c'était les arracher à un esclavage tranquille, pour les soumettre à celui bien plus cruel des
passions exaspérées, et les faire passer de là sous un
joug plus pesant, que tout peuple, en cas semblable,
manque rarement de rencontrer, après avoir parcouru
successivement tous les périodes de la fureur et de
l'esprit de vertige. Si on avait voulu le bien, et qu'on
n'eût été animé que du desirde substituer la raison et
les sentimens de la nature, > aux préjugés aveugles et
aux emportemens de l'avarice, il n'eût pas fallu aller
bien loin, pour connaitre la marche qu'il fallaitsuivre.
Ecoutons un écrivain philancrope, quile premier eur
Ia gloire de l'enseigner, et dont on ne suspectera pas
le langage.
66 Il ne serait peut-être pas
impossible, > dit-il,
>> d'obtenir les productions des colonies sans les peu-
>> pler d'esclaves - a Pour atteindre ce but, regardé
>> si généralement comme chimérique, il ne faudrait
>> pas faire tomber les fers des malheureux qui sont
59 nés dans la servitude ou qui y ont vieilli. Ces
>> hommes stupides, qui n'auraient pas été préparés à
5> un changement d'étar, seraient incapables de se
22 conduire eux-mêmes : leur vie ne serait qu'une in-
,
>> d'obtenir les productions des colonies sans les peu-
>> pler d'esclaves - a Pour atteindre ce but, regardé
>> si généralement comme chimérique, il ne faudrait
>> pas faire tomber les fers des malheureux qui sont
59 nés dans la servitude ou qui y ont vieilli. Ces
>> hommes stupides, qui n'auraient pas été préparés à
5> un changement d'étar, seraient incapables de se
22 conduire eux-mêmes : leur vie ne serait qu'une in- --- Page 171 ---
(163) )
5> dolence habituelle O1l un tissu de crimes.
9> bienfuic de la liberté doit
Le grand
être réservé
2> postériré, et meme avec
pour leur
>2
quelques modifications.
Jusqu'a leur vingtième année, ces enfans
35 tiendront au maitre dont l'attelier leur
appar-
>> berceau, afin
a servi de
qu'il puisse être
s qu'il a été forcéde faire
dédommagédes frais
pour leur
s> cinq années suivantes, ils
conservation : les
seront
3> encore
obligés de le servir
pour un salaire fixé par la loi,
3 terme 2 ils seront indépendans,
Après ce
:> conduite soit
de
pourvu que leur
exempte reproche
59 taient rendus coupables d'an
grave. S'ilss'6délit de
2) portance, le magistrat les
quelque imcondamnerair
5s publics, pour un tems
aux travaux
plus ou moius
5> On donnera aux nouveaux
considérable.
$2 avec un terrein suffisant
ciroyens une cabane >
pour créer un
>> et ce sera le fisc qui fera
peticjardin,
> ment. Aucun
ladépenede cer établisserèglement ne privera ces
>> devenus libres, de la faculté
hoinmes
>>
leur
d'étendre la
qui
aura été graruitement
Propriété
accordée
>> ces entraves injurieuses à leur
: mettre
2> loir perdre follement le
activité, serair voufruit d'une
> louable. Cet
insticution
arrangement produirait,
3> apparences, les meilleurs effers.
selon les
La
2> noirs arrêtée
le
population des
par regrec de ne donner le
32 qu'i des êtres voués à l'infortune
jour
2 fera des
et à Tinfamie,
progrès rapides. Elle recevra les
a2 plus tendres de ces mêmes
soins les
mères qui trouvaient
Lz
activité, serair voufruit d'une
> louable. Cet
insticution
arrangement produirait,
3> apparences, les meilleurs effers.
selon les
La
2> noirs arrêtée
le
population des
par regrec de ne donner le
32 qu'i des êtres voués à l'infortune
jour
2 fera des
et à Tinfamie,
progrès rapides. Elle recevra les
a2 plus tendres de ces mêmes
soins les
mères qui trouvaient
Lz --- Page 172 ---
(164)
à l'étouffer
des délices inexprimables
32 quelquefois
Ces hommes accoutumés à
22 ou à la voir périr.
assurée
dans l'attente d'une liberté
s
>> l'occupation
assez vaste pour
>> et qui n'auront pas une possession
vendront leurs sueurs à qui vou-
>> leur subsistance, 9
les
Les journées seront plus
99 dra ou pourra
payer.
mais elles seront
celles des esclaves,
>9 chères que
masse de
fructueuses. Une plus grande
>> aussi plus
abondance de
>2 travail donnera une plus grande
aux colonies, que leurs richesses met-
>> productions
en état de demander plus de'marchandises
>> tront
3> à la métropole 32.
de
Tels étaient les conseils 3 sur lesquels Tabrège,
ardent ennemi des abus de l'esclaRainal, de cet
intelle était aussi la manière de procéder
vage :
un amour véritable de
diquée par la sagesse et par
TPhumanité, Mais elle convenait peu à ceux qui
affectaient le plus de les invoquer et de marcher
etils ont trouvé plus courtdes sousousleuts auspices, l'état de subordination et de
lever le noir contre
lui
dépendait la fortune publique; et
travail duquel
torche à la main, ils lui
mettant le poignard et la
dis : lève-toi ! extermine tes maitres, incendie
oit
rénverse leurs odieuses richesses 2
leurs maisons,
les tems malanéantis tout ce qui peut te rappeller
heureux de la servitude, et sois libre :. . A ce
ou à ses résultats, qui ne reconnait l'esprit
langage >
s'est trahi
désorganisateur de l'intrigue 2 qui par-tout
avail duquel
torche à la main, ils lui
mettant le poignard et la
dis : lève-toi ! extermine tes maitres, incendie
oit
rénverse leurs odieuses richesses 2
leurs maisons,
les tems malanéantis tout ce qui peut te rappeller
heureux de la servitude, et sois libre :. . A ce
ou à ses résultats, qui ne reconnait l'esprit
langage >
s'est trahi
désorganisateur de l'intrigue 2 qui par-tout --- Page 173 ---
(165)
ccuvres ? Lui seul était capable de.
par ses propres
tous les liens qui
briser sans aucun ménagement lui seul
retenaient CCS hommes assujettis :
pouvait dans le
à l'infernale méthode de les diriger
courir
et de la civilisation 2 en les
chemin de la vertu
de crimes, et dans
précipitant dans tous les genres
l'extrème licence a de plus dégradant.
tout ce que
dû résulter de la cotSi tant de malheurs ont
envers une
ruption ou des fausses mesures employées
et
au joug de l'ordre
peuplade docile et façonnée
être
du travail, de quelle efficacité pourraient-elles de fureur,
à l'égard d'une horde déchainée, ivre
de la
depuis cing ans Pair méphitique
et respirant
? A-t-on
croire que
dévastation et du carnage
pu de
hommes qu'il suffirait parler
c'était à de pareils
calmer leur sanguide lois, de constitution, pour
des
effervescence ? A-t-on pu se persuader que
naire
les plus simples
hommes qui ne connurent jamais Thabinude dans
élémens de l'ordre social, et dont
achevé d'abrutir le caractère , pourle désordre a
sublimes d'éraient s'élever jusqu'à ces conceptions
des lois, jusqu'à
galité et de liberté sous l'empire
si difficile de
politiques, > qu'il est
ces spéculations
dui moins, au-dessus de
saisiravec) justesse 2 et qui sont.
desnationslest sécairées?D-illars,
Pintelligence
déen morale, que ce n'est que par
s'il est constant
il n'est pas moins vrai
grés qu'on parvient au crime,
revient du
c'est tout aussi dificilement qu'on
que
L3
des lois, jusqu'à
galité et de liberté sous l'empire
si difficile de
politiques, > qu'il est
ces spéculations
dui moins, au-dessus de
saisiravec) justesse 2 et qui sont.
desnationslest sécairées?D-illars,
Pintelligence
déen morale, que ce n'est que par
s'il est constant
il n'est pas moins vrai
grés qu'on parvient au crime,
revient du
c'est tout aussi dificilement qu'on
que
L3 --- Page 174 ---
(166)
crime à la vertu. Dep plus, > les inclinations vicieuses
de tout un peuple ne s'extirpent pas comme celles
d'un individu; celui-ci ramené par ses réfexions,
ou pressé par ses remords, peut ouvrir son ame au
repentir : mais tout un peuple ne se repent ni ne s'amende, > que lorsqu'ily est concraint par la force
ou par le malheur. Alors meme, il est forcé de
ployer; mais ses inclinations ne chongent pas et n'attendent qu'une occasion de se remontrer, et toujours pour se livrer aux mémes excès, et pour se
souillé des mêmes crimes. Que dois-ce être de celui
dont les passions > loin d'ètre comprimées, ont été
fomentées par tout ce qui pouvait les exalter, et
qui loin d'apprendre à rougir de ses erreurs, ne reçoir que des encouragemens pour s'y livrer encore?
Pour ramener l'ordre parmi les noirs, la plus urgente de toutes les mesures était d'élever leurs
ames, et dyrépanireles; germes des vertus publiques,
dont la base est cette moralité, qui est,sij je puis
m'exprimer ainsi,li conscience des nations, et dont
Tintervertissement ne prut étre suivi que de vices
et de corruption. Il est chez tous lcs hommes un
instinct naturel, par lequelle plus sauvage distingue
parfaicement le bien d'avec le mal, la vertu d'avec Je crime. Maisiln'est que trop facile de le tromper avec de faux prétextes, Otl d'égarer son opinion
en fiattant ses passions. Par exemple, comment deviéndrait-il ami de la justice et de la paix, quelle idée --- Page 175 ---
(167)
de ces vertus > ce peuple dont on
peutil se former
l'entendement, , en sanctionachève de corrompre
les
innombrables forfaits et en accumulant
nant ses
Venons mainrécompenses sur ceux quil'ont égaré?
directe des maximes que j'ai
renant à Tapplication
énoncées.
siles noirs étaient encore dans PheuJ'ai dit que
ils ont été
des écarts dans lesquels
reuse ignorance
occupés
entrainés ; s'ils étaient encore paisiblement
deun changement ne
de leurs travaux habituels,
de
vrait être apporté dans leur situation qu'avec
et il faudrait bien se garder
grandes précautions 9
servaient
de lacher, un seul moment 2 les rênes qui
à les conduire. Mais si la surveillance la plus active,
force même étaient nécessaires pour les reteet la
elles le sont bien
nir dans les bornes du devoir,
de rien moins que d'y raplus, lorsqu'il ne s'agit
altérés de sang. Je
mener des tigres déchainés et
d'y
très-difficile,
crois qu'il sera possible 2 quoique
Aatter
de se
parvenir : mais il est plus qu'absurde
du succès, en leur parlant > non de paix et de soumission, mais de leurs droits 5 mot vague, auquel
ne
dondes hommes ignorans et furieux
peuvent
à Aatter leurs inclinations.
ner que le sens propre
barbare ou huqu'on ait à faire,
A quelque peuple
bien
instant
main, sauvage ou civilisé, il est
plus
cette opinion,)
(etl l'expérience n'a pas peu justifié
droits : la
de lai parler de ses devoirs que de ses
L4
, en leur parlant > non de paix et de soumission, mais de leurs droits 5 mot vague, auquel
ne
dondes hommes ignorans et furieux
peuvent
à Aatter leurs inclinations.
ner que le sens propre
barbare ou huqu'on ait à faire,
A quelque peuple
bien
instant
main, sauvage ou civilisé, il est
plus
cette opinion,)
(etl l'expérience n'a pas peu justifié
droits : la
de lai parler de ses devoirs que de ses
L4 --- Page 176 ---
(168 )
connaissance préalable et exacte des uns, , est leseul
à bien connaitre les autres, et
mcyen d'apprendre inconvéniens. Si l'on eût procédé
d'en jour sans
en
ainsi, telle nation devenue bien malheureuse >
a donné aul monde
courant vers le bonheur, qui
5 et qui par ses déchiremens
un exemple effrayant
étaient le
refroidi l'enchonsiasme de celles qui
a
dis-je, eût
plus disposées à Pimiter ; cette nation,
aurait eu la
peut-étre donné T'exemple opposé,et
initiative d'une révolution bienfaisante et
glorieuse
universelle.
Je pense donc que le premier et indispensable pas
de Saintle rérablissement
à faire, pour préparer
le calme
Domingue , serait d'y ramener, avant tout,
ce
à mon avis, devrait s'opérer
et la paix 5
qui
volonté nationale, sottpatl'énonciation ferme de la
subit et imposant de sa
tenue d'un déploiement
1°. D'épuissance. Il aurait deux objets principaux.
un ennemi dont la seule préloigner de SeS côres,
neutraliser tous les soins qu'on
sence suffirait pour
la
donner. 2°. De faire rentrer populapourrait se
Le
doit être le
tion noire dans le devoir.
premier
force
Otl de la
résultat de la paix avec T'Angleterre,
des
chasser ses troupes
des armes employée pour
T'Anglais est
points qu'elles eccupent. J'ai dit que
les divisions intestines de Sr. Doinzervenu dans
de cette ril'intention de s'emparer
mingne,avec
la Frances
che possession, et avec l'espérance que
trer populapourrait se
Le
doit être le
tion noire dans le devoir.
premier
force
Otl de la
résultat de la paix avec T'Angleterre,
des
chasser ses troupes
des armes employée pour
T'Anglais est
points qu'elles eccupent. J'ai dit que
les divisions intestines de Sr. Doinzervenu dans
de cette ril'intention de s'emparer
mingne,avec
la Frances
che possession, et avec l'espérance que --- Page 177 ---
(169) ennemis, serait déharassée OlI accablée par ses arracher ou de la
hors d'état de la lui
;
sormais,
au cas que les évêncruiner de fond en comble,
Telle est la clef de
son attente.
mens trompassent forfaits accumulés dont elle a été
la politique et des
Cette nation voit sa
le théatre.
et est joumellement
aussi redouble-t-elle
proie prète à lui échapper ;
mais pour
la conserver,
d'ardeur > non plus pour
rien en ce moachever de P'anéantir. Elle n'épargne
du volcan
ranimer les feux mal éteints
ment pour
c'est elle qui, par ses agens secrets,
quil'a embrasées
dans le sein d'une maltisoufle encore ses poisons
auxles mouvemens
tude effrénée, et qui provoque elle enfin qui diquels elle se livre encore ; c'est tendent à extermiobscurs, qui
rige ces complots des blancs , et à ne laisser sur
dernier
ner jusqu'an
quelques hordes inmalheureuses, que
ces plages
il ne serait plus perdisciplinables et sur lesquelles
de gré ou
mis de compter. Il faut l'en expulser
faut
la France, s abjurant ces prinde force : il
que
chez tous les gouvercipes qui ont porté l'effroi honorable que la nanemens > et reprenant la place
les
dans le système politique,
ture lui a marquée leur fasse sentir la nécessité
rallie autour d'elle et
contre
coalition nouvelle et plus légitime,
d'une
les a tous joués, et qui, enneune puisance qui
l'univers à son insatiable
mie de tous > sacrifierait
à lui arambition. L'Europe entière est intéressée --- Page 178 ---
(170)
racher les lambeaux d'une colonie, qui était le principal contrepoids de ses richesses commerciales et
de sa marine formidable, er le plus farme soutien
d'un état que tous les autres doivent regarder comme
leur égide. La
France, sur-tout, D'a pas un instant à perdre, parce qu'il est impossible qu'elle
puisse se passer plus long-tems de ses ressources COloniales ; mais sur-tout > parce que les effets de la
sombre malveillance de sa rivale s'aggravent de
plus en plus, et qu'il peut arriver un tems où les
maux seront tellement invétérés, que tous les remèdes deviendront tardifs et inutiles.
Le second objet à remplir, serait de ramener ces
hommes égàrés en usant, pour y parvenir, des
moyens indiqués par une sage prudence et qu'on
emploierait avec promptitude et fermeté. Je rappelle ici ce que j'ai dit de la docilité de ces grands
enfans, que le crime et l'intrigue Oit fait sortir des
bornes, mais qwemnappseilformilabln, et les moyens
adroitement combinés, de douceur er de force,y
rameneraient peut-êrre aussi facilement. Un grand
nombre, trop accourumé aux désordres de la licence, a dû perdre son caractère primitif; mais un
plus grand nombre encore. > tels que les femmes,
les enfans et une partie de la jeunesse, a dû le
conserver.
La direction de cette expédition importante serait
confiéeà un chefblenintenciomné, énergiqueet étran-
, et les moyens
adroitement combinés, de douceur er de force,y
rameneraient peut-êrre aussi facilement. Un grand
nombre, trop accourumé aux désordres de la licence, a dû perdre son caractère primitif; mais un
plus grand nombre encore. > tels que les femmes,
les enfans et une partie de la jeunesse, a dû le
conserver.
La direction de cette expédition importante serait
confiéeà un chefblenintenciomné, énergiqueet étran- --- Page 179 ---
(171)
factions : il serait revêtu d'un pouvoir vaste,
ger aux
fixe, combiné > dans
mais subordonné à un plan
dont le
des hommes instruits,
la métropole, pir
et à des instructions
gouvemnement s'environnerait éécarter, pour se livrer
précises, dont il ne pourrait
ouI des
de ses propres caprices ,
aux oscillations
à le circonvenir. Le
préventions dont on chercherait doit être, la faattribut de so1l autorité
premier
de tendre une main
culté et le devoir impérieux
sévèrement
protectrice aux bons, > et de comprimer
chacun
les méchans. Une police rigoureuse y forcerait
remettre à sa place > et en expulserait sans
de se
blanc , jaune Oti noir > ne
miséricorde, quiconque droit
rester > par ses projustifierait pas de son
d'y
ne
ses mceuts 2 ses occupations > ou qui
priétés >
digne de confiance.
serait pas avoué par quelqu'un
foule de noirs 9
Qu'on se garde bien d'y attirer cette
etinde
dont on voit avec étonnement
et mulâtres,
de la métropole
quiétude 3 les villes principales
inondées, et qui livrés à tous les vices qu'entralinent
contribuent à corrompre
T'oisiveté et la débauche >
> et à la rendre, peut-être,
la génération présente
confondant leur sang
méconnoisable un jour, en
et en mélant aux maux qui
avec le sang européen,
des mceurs > les
résultent déji de la dépravation
de ceux qui sont pargermes infects et dégoûtans
si ce soin
ticuliers à leur espèce. Qu'on f'occupe 2,
digne de quelque sollicitude, d'empècher que
parait
la débauche >
> et à la rendre, peut-être,
la génération présente
confondant leur sang
méconnoisable un jour, en
et en mélant aux maux qui
avec le sang européen,
des mceurs > les
résultent déji de la dépravation
de ceux qui sont pargermes infects et dégoûtans
si ce soin
ticuliers à leur espèce. Qu'on f'occupe 2,
digne de quelque sollicitude, d'empècher que
parait --- Page 180 ---
( 172 )
T'horrible Pian ne comble la mesure des maladies
qui attaquent déja parmi nous les
de
vie : mais quelque soit le
principes
la
sort qu'une
voyance leur destine,
sage préles Antilles,
qu'on ne les renvoie pas dans
où leurs habitudes et leur lâche
les rendraient étrangers à tout objer
paresse
où leurs vices, leurs
d'utilité, mais
exemples et leurs conseils ne
manqueraient pas d'anéantir les effets des
les plus sages. St.
mesures
cloaque
Domingue ne doit plus être ce
infect, dans lequel la
geait de tout ce
métropole se décharpend
qu'elle avait d'impur. Son sort dédésormais sdu soinqu'on mettra faire
la justice et la
ady
germer
vertu, en y réprimant le vice , ou
plutôr en l'en extirpant entièrement. Car
y laisse malhetreusement.
S1 on
subsister les mêmes
on doit s'attendre tôt ou tard
causes,
Il faut
aux mêmes effets.
sur-tout débarrasser cette colonie des
tateurs, des artisans connus, des troubles
agidéchirée, Peu
qui l'ont
importe que lears crimes reçoivent
leurchiriment; le
plus pressant, est qu'ils ne puissent
plus y abuser de leur fatale influence
voyer
et de les enl'exercer au loin. Sévérité et
dans les mesures et rapidité dans justice > sagesse
de ces lenteurs
Fexécution : point
inséparables des formes
elles sont
populires !
incompatibles avec les élémens qui composent les colonies. Le salur de St.
pend désormais de
Domingue dél'énergie d'un chef revétu d'une
vaste puissance, et que rien ne puisse
entraver;
user de leur fatale influence
voyer
et de les enl'exercer au loin. Sévérité et
dans les mesures et rapidité dans justice > sagesse
de ces lenteurs
Fexécution : point
inséparables des formes
elles sont
populires !
incompatibles avec les élémens qui composent les colonies. Le salur de St.
pend désormais de
Domingue dél'énergie d'un chef revétu d'une
vaste puissance, et que rien ne puisse
entraver; --- Page 181 ---
(173.)
telle par exemple, > que celle dont Polverel et Santhonax firent un si coupable usage, mais avec cette
différence qu'il aurait un plan fixe à suivre , et
les deux premiers n'eurent
que
pour règle de leur conduite, que leurs caprices et leurs fureurs. Je dirai,
avec Boissy d'Anglas () , queplus un2 gouvernement
est éloigné de ceux sur lesquels il doit s'éeendre plus
il doit être puissant et ferme. La distance des mers
qui les séparent S rendant les rapports
dificiles et
élvignés 3 rendent aussi toute surveillance inactive; iZ
faut gl'elle soit déléguée, et qu'ellele. soit a des hommes
dont le gouvernement puisse répondre Tels
selon moi aussi, les principes d'après
sont,
lesquels St.
Domingue et les colonies en général doivent être
régies; mais je ne suivrai pas ce rapporteur dans
les inductions contradictoires
qu'il en a tirées. Si
on a senti la nécessité de les faire
régir par un
gouvernement 2 émanant directement du
nement exécutif central, ferme
gouvervêtu de pouvoirs dont l'étendue 3 rapide, et refit telle S
rien
ne pûc en arrêter ni géner les
que
ment le concilier
mouvemens, > comavec le régime constitutionnel
Et si l'objet
?
principal est d'y organiser ce dernier,
comment le faire accorder avec un régime
dont la vigueur est reconnue
opposé,
nécessaire, et
plus court d'appeller militaire ?
qu'il est
Mais,
ce n'est qu'une mesure provisoire
dira-t-on,
pour empécher,
Rapport du 17 Thermidor, an III, --- Page 182 ---
(174)
d.ans les premiers momens J que les administrations
nouvelles ne puissent occasionner des troubles, J en
rivalisant entre elles, OLL en meconnaissant l'esprit
de leur institution..
C'est du moins un demiaveu de la part des partisans du régime constitutionnel à St. Domingue, d'autant qu'ils ne sauraient fiser l'époque à laquelle les mesures qui sont
contraires à son esprit, cesseront d'y être utiles ou
nécessaires à cmployer: c'est une demi-vicroire pour
ceux qui connaissant les hommes et les lieux, savent bien que les mêmes causes devant subsister
dans tous les tems, On devrait laisser subsister également les mêmes moyens de les prévenir ou de
les réprimer. Pour moi, puisqu'il est évident que
la constitution française est impraticable en principe, dans les colonics, en ne perdant pas de vue
l'objet de leur destination, ni les différences physiques et morales qui les séparent des mécropoles
encore plus que l'eloignement, 2 je ne m'étendrai
plus Silr les obstacles qui s'y opposent à son organisation : je ne ferai que rappeller sommnirement
les plus essentielles de mes conclusions. St. Domingue ne serait qu'une possession onéreuse dla France,
si elle ne lai était utile : elle ne peut lui être utile
que par la culture et le travail : l'un et l'autre ne
peuvent y être maintenus que Par la force coactive;
de même que la force la plus énergique et une surveillance active peuvent seules y comprimer dé-
2 je ne m'étendrai
plus Silr les obstacles qui s'y opposent à son organisation : je ne ferai que rappeller sommnirement
les plus essentielles de mes conclusions. St. Domingue ne serait qu'une possession onéreuse dla France,
si elle ne lai était utile : elle ne peut lui être utile
que par la culture et le travail : l'un et l'autre ne
peuvent y être maintenus que Par la force coactive;
de même que la force la plus énergique et une surveillance active peuvent seules y comprimer dé- --- Page 183 ---
( d 175) )
sormais les mouvemens contraires
des
et irréguliers
passions et des haincs. Un gouvernement vigoureux et sévère peur seul y empécher les
de se livrer au souvenir du
csprits
des réactions
passé et aux dangers
: il est et sera plus nécessaire
mais, dans une contrée où les derniers
que jaont causé des plaies que des siècles
évènemens
pourront à
cicattiser, et où ils doivent laisser,
peine
après lear cessation, de
long-temps méme
corde
dangereux fermens de diset de vengeance. Indépendamment de la
fonde incapacité de la grande
proThabitaient
masse de ceux qui
comme libres ou come
doit sentir du premier
esclaves, on
coup, combien seraient impraticables, le partage des pouvoirs et des fonctions
publiques, et l'harmonie nécessaires
les
cer, entre des hommes dont les
pour
exerfeccions et les intérêts
sentimens, les af
climar
furent si opposés. Sous un
où fles esprits sont a-la-fois si
pourtant si faciles à
paresseux et
s'enflammer, le
ne doir
grand nombre
s'occuper que de culture ou de ses
tions méchaniques : il doit laisser à d'autres occupa- le
de son
soin
bonheur, et ne regarder en arrière,
pour se souvenir que lépoque où la paix dont que il
jouissait commença à être
assemblées
ébranlée 3 fut celle de ces
où l'intrigue parvint à égarer la
même, en la berçant de chimériques
probité
tourna de paisibles
idées, et déagriculteurs de leurs travaux
journaliers, pour devenir politiques. Il doit enfin
occupa- le
de son
soin
bonheur, et ne regarder en arrière,
pour se souvenir que lépoque où la paix dont que il
jouissait commença à être
assemblées
ébranlée 3 fut celle de ces
où l'intrigue parvint à égarer la
même, en la berçant de chimériques
probité
tourna de paisibles
idées, et déagriculteurs de leurs travaux
journaliers, pour devenir politiques. Il doit enfin --- Page 184 ---
(176)
se rappeller que cette époque servit de signal, ou
prépara peut-être Phorrible tempète qui a fini pat
tout accabler.
Le but de l'institution des gouvernemens est
d'assurer P'exécution des lois, de maintenir la tranquillité et de veiller avec soin à tout ce qui peur
intéresser le bonheur des peuples, pour qui ils sont
faits. Les principes qui doivent servir de règle à leur
conduite sont par-tout les mêmes 5 par-tout ils ont
objet de réprimer le vice, et de protéger la
pour
vertu 3 et de faire régner un ordre constant : mais
leur application doit varier, ou être modifiée selon
le génie et les inclinations des hommes dont la direction leur est confiée. Doux et tolérans chez les
nations paisibles et dociles; énergiques, sévères, et
même rigoureux chez celles dont Phumeur inquiète
doit fixer leur attention et leur solliet remuante
citude; chez toures, en général, la plus précieuse
des qualités qui doivent les distinguer, c'est la fermeté. La fermeté doit êtrele caractère distinctif des
hommes chargés de faire exécuter la loi, ainsi que
la sagesse et la justice forment celui da législaNalle
cette qualité essentielle, dont le
teur.
part,
défaut entraina si souvent le malheur des peuples
et les révolutions, ne fut aussi nécessaire que dans
une contrée, qui forme une époque particulière
dans Phistoire des institutions politiques, et qui ne
ressemblant à aucune. 3 parait exiger des principes
différen
distinctif des
hommes chargés de faire exécuter la loi, ainsi que
la sagesse et la justice forment celui da législaNalle
cette qualité essentielle, dont le
teur.
part,
défaut entraina si souvent le malheur des peuples
et les révolutions, ne fut aussi nécessaire que dans
une contrée, qui forme une époque particulière
dans Phistoire des institutions politiques, et qui ne
ressemblant à aucune. 3 parait exiger des principes
différen --- Page 185 ---
(177) )
différens. En cffer qu'est-ce que les colonies? C'est
un amalgame fortuit de peuples venus des parties
les plus opposées de Punivers, dont les deux
riétés principales, divisées entr'elles, d'une
vaindélébile parl la couleur et par toutes les différences manière
physiques et morales, que la natures'est plu à mettre
entre les diverses
espèces d'hommes, 3 sont ellesmêmes subdivisées par une mulitude de nuances,
qui sont des germes éternels de trouble et de discorde, et qui tendent à rendre le
d'une poignée de blancs et de noirs gouvernement difficile que celui de la nation la
> plus
plus nombreuse. Si
l'organisation de cclui qui doit régir les colonies
a les noirs pour objet, il doit être serré,
vigoureux,
sévère, et toujours prét à arrêter les mouvemens
d'hommes incapables de saisir les plus simples élémens de la politique et des sociétés, opposés de
et d'inclination à leur état et à tout ce
les golt
vironne, pour qui le passé et lavenir qui
ensont des mots
sans idée,er dl'égard desquels il n'est que deux mobiles uniques à employer, la crainte des
et l'espoir des
Si
punitions
récempenses.
O11 le considère relativement aux blancs, pourquoi devrait-il être moins
actif, moins énergique envers des hommes de dif
férentes nations, en qui tous les sentimens qui élèvent l'âme semblent silencieux, tandis
courc à exalter les passions
que tout conqui tendent à la retréTome II.
M
--- Page 186 ---
(178)
cir, et que Tambition, les
de ce climat
rivalités, et les effets
enflammé, rendent non moins dangéreux, et plus difficiles à manier,
dité et la barbare
que la stupiD'un
ignorance des premiers.
autre côté s quelque certain qu'il soit
ptincipe, que le droit de
en
légation primitive du
gouverner est une déde ceux qui
peuple même confié aux soins
l'exercent, comment pourrair-il être
gardé à Saint-Domingue
rede celui qui
comme une émanation
Phabite, et qui ne
couru ? Qu'a de commun
sauraity avoir conAfricains,
ce droit, avec
venus forcément habiter
quelques
Que peut-il avoir
cette colonie ?
quelques
également de commun avec
Etropéens errans,
bords et s'y succédant
précairement sur ses
sans cesse ? Le
ment colonial est un rayon d'un
gouvernecentre est
pouvoir, dont le
placé au sein de la
de la qu'il tire toute
métropole : c'est
doit
sa force, ses moyens, et
compte de l'emploi
qu'il
tems qu'un
qu'il en a fait. Dans le
enthousiasme universel
têtes, et empêchait de
agitait toutes les
parvint: à
Pénétrer dans l'avenir, on
persuader à un certain nombre de
qu'i eux seuls appartenait le droit de faire Colons,
pres lois, et de déléguer l'exercice
leurs proIl pourrait, à la
des pouvoirs.
nombre
rigueur, être attribué à un perit
d'entr'eux, fixés dans la colonie par leur
origine, leurs familles, leurs
affections, et par tout
têtes, et empêchait de
agitait toutes les
parvint: à
Pénétrer dans l'avenir, on
persuader à un certain nombre de
qu'i eux seuls appartenait le droit de faire Colons,
pres lois, et de déléguer l'exercice
leurs proIl pourrait, à la
des pouvoirs.
nombre
rigueur, être attribué à un perit
d'entr'eux, fixés dans la colonie par leur
origine, leurs familles, leurs
affections, et par tout --- Page 187 ---
(1 179 )
d'attacher l'homme au pays qu'il
ce qui est capable
le but de la fondation des
habite Mais d'après
leur propre bonheur, je ne pense
colonies et pour
avoir celui d'y coopérer.
pas qu'ils doivent même établissemens des AnN'oublions jamais, que les
à Tutilité et a
tilles furent consacrés exclusivement,
des métropoles, avec lesquelles ne peur
la prospériré
de ceux qui en sont
s'accorder la liberté politique
qu'eu égard à T'éloignement,
les instrumens, parce
qui distinguent CG
aux localités, et aux différences
reconnaître imc'est leur
climat > la leur reconnaitre,
d'eux-mèmes, et replicitement le droit de disposer
la ménoncer à celui d'y opérer les changemens que
convenables à son propre avantage.
tropole jugerair
combien une telle préroJe crois avoir démontré
avec le caractère et la position
gative s'accorde peu
pour la
des Africains appellés à Saint-Domingne,
complet d'organisation colo-
(*)Si on formait un systême
énoncerait les préniale sur les bases que je présente, 2 on y
euxqui peuvent avec justice et sans danger, pour
rogatives
auxl habitans de Saint-Domingue. 9 telles
mêmes, être reconnues: les fonctions civiles, celui de détermique le droit d'exercer
les dépenses intérieures à
ner et d'asseoir les impositions réclamation pour
auprès du corps-léla charge de la colonie, celui de
énoncerait tout ce qui
gislatif et du gonvernement central; on y
devoirs, les ferait
irrévocablement à leurs
en les assujettissant
constante, et leur gaen même tems jouir d'une prorection de leurs personnes et de leurs
rantirait le respect et le maintien
propriétés.
M 2
'exercer
les dépenses intérieures à
ner et d'asseoir les impositions réclamation pour
auprès du corps-léla charge de la colonie, celui de
énoncerait tout ce qui
gislatif et du gonvernement central; on y
devoirs, les ferait
irrévocablement à leurs
en les assujettissant
constante, et leur gaen même tems jouir d'une prorection de leurs personnes et de leurs
rantirait le respect et le maintien
propriétés.
M 2 --- Page 188 ---
(180)
culriver. Quant aux Européens qui les habitent instantanément, leur manière de vivre, agitée et précaire, le silence absolu des affections,
l'homme à
qui attachent
ce qui l'environne > pour n'écouter
que la voix de l'ambition, et leur
dès que leurs vues sont remplies, à empressement,
le
retourner vers
Pays qui renferme les seuls objets capables de
les attacher, toutenfin concourt à les y rendre étrangers : ils doivent se considérer, sur ces plages lointaines, coinme des voyageurs qui habitent
gèrement des lieux dont les loisetl le
passan'ont de
gonvernement
repports avec eux que par la nécessité de
sy soumettre > et par la prorection qu'ils leur accordent, et quils-abandonnent, dès que les motifs
quilosy ont attirés n'existent plus.
Tel est mon vou sur le gouvernement
vient à
qui conSine-Domingue; mais je ne m'en joins
pas moins de ceur et d'affection, aux amis sincères de Phumanité, sur le point qui réunit tout
leur intérêr. Le passé doit servir également de
aux
leçon
parrisans de l'esclavage absolu, et aux partisans
irréfléchis d'une liberté subite et illimité. Dans le
tême dont je vais présenter les bases, la liberté sysle bur vers legnel doit tendre désormais
est
dividu qui habire
tout inSuinr-Domingue, ainsi que la
prospériténationale est la fin vers laquelle doit tendre
la colonie en général. Je ne pense pas que ces deux
choses soient inconciliables : mais cet accord est --- Page 189 ---
subordonné à
(1Sr)
cty
une combiniison sage et soutenue de
modifications, quidoiventen prévenir er faire
raitre les
dispainconvéniens, et qui en faisant tourner à
lavantage général les conditions auxquelles la liberté
serait accordée, ferait de sa perspective assurée
de la certitude d'en
et
faire
jouir, un encouragement à bien
et la plus douce des récompenscs. Je vais
tinuer d'exposer mon pian tel que je le conçois. conDès que le gouvernement se serait assuré du
maintiendelat
et
retgpilisigardadigesitem grandes
générales; après avoir sondé les esprits et cherché
à leur inspirer, d-la-fois, le
dans
respect et la confiance
ses intentions, SOil premier acte d'autoriré serait de forcer tout individu de
foyers, de
rentrer dans ses
reprendre leurs occupations habituelles
avantles désastres, enfin der redevenirceq qu'ils étaient,
des cultivateurs paisibles et
parlant de liberté
laborieux; non en leur
et d'égalité > ni en les
non plus de présenter les ciains aux chaînes forçant
ont brisées, mais en lear offiant, d'un côié, la qu'ils
nition, de Tautrela
purécompense,er. en leur imposant,
d'une manière ferme et itrévorable, le rétablissement entier de la colonie qu'ils ont décruite,
condition préalable du bonheur, auquel il leur pour serait un jour permis de prétendre. Il faut ensuite,
par les moyens que suggère la prudence, leur faire
déposer et remettre entre les mains de ses préposés,
ces instrumens de mort, dont lascéléraresse,
ou une
M;
nition, de Tautrela
purécompense,er. en leur imposant,
d'une manière ferme et itrévorable, le rétablissement entier de la colonie qu'ils ont décruite,
condition préalable du bonheur, auquel il leur pour serait un jour permis de prétendre. Il faut ensuite,
par les moyens que suggère la prudence, leur faire
déposer et remettre entre les mains de ses préposés,
ces instrumens de mort, dont lascéléraresse,
ou une
M; --- Page 190 ---
(182)
ont armé leurs mains
souveraine imprudence >
Iln'y aurait pas eu de révolution à Saint-Domingue,
si l'esclave n'était parvenu à se procurer ces armes
redoutables : mais comme elles n'étaient qu'en perit
nombre la révolte eût été facilement étouffée dans
*
sur leurs
son principe. 2 si des étrangers, s'aveuglant
périls, et étouffant tout sentiment d'honneur
propres
dans P'horrible objet de précipiter la
et d'humanité,
(*) P, S. Santhonax et Polverel livrèrent aux noirs toutes
étaient dans la colonie, et firent même désarmer
les armes qui
le nomles blancs et des corps entiers, pour en augmenter
bre. Les noirs devinrent également déposicaires des magade l'artillerie et de tous les objets de désins à poudre,
facile à
Les noirs >
fense coloniale. Leur but est
pénétrer.
retranchés dans leurs monragnes, et cachés derrièreleurs romais inabordables, tant
chers, sont, non pas invincibles, Toute espérance était
qu'ils auront des munitions de guerre.
désormais sur leur épuisement : mais je viens d'apfondée
conduire Sanprendre, que dans l'armement préparé pour
mille
thonax à Saint-Domingue s on a embarqué cinquante
fusils, de la poudre à proportion, et une quantité immense
effets, pour lesquels on a fait les plus grands et les
d'autres
sacrifices. Ce nombre est peut-êrre exagéré:
plus pénibles
deviner
est le but de
mais quel qu'il soit, je ne puis
quel concevoir comdésastreux et impolitique : je ne puis
cet envoi
ment on n'a pas prévu ses fatales et infaillibles conséquences.
Ceux qui l'ont ordonné ou conseillé, seront-ils responsables
Français qui sera versé avec ces mêmes armes?
de toutle sang
il n'est permis dés
Si elles parviennent à Saint-Domingue,
sormais de prévoir que des malhenis,
de
mais quel qu'il soit, je ne puis
quel concevoir comdésastreux et impolitique : je ne puis
cet envoi
ment on n'a pas prévu ses fatales et infaillibles conséquences.
Ceux qui l'ont ordonné ou conseillé, seront-ils responsables
Français qui sera versé avec ces mêmes armes?
de toutle sang
il n'est permis dés
Si elles parviennent à Saint-Domingue,
sormais de prévoir que des malhenis, --- Page 191 ---
(183)
ne s'éraient pas
ruine de cette isle malheurense,
des hommes
de fournir de la poudrei
avilis, au point
de Tor, et qui donnaient,
qui la payaient au poids
avaient de plus présans balancer, tout ce qu'ils enfans, pour s'en procieux et jusqu'aleurs propres les Espagnols qui procurer. Ce furent d'abord
et qui
les malheurs de Saint-Domingue,
longèrent
sa ruine entière > parle cominfAuèrent le plus sur
2 et
infâme qu'ils firent avec n0S brigands,
merce
toléré par leur gouvernement.
qui était ouvertement
vigoureuses et
des mesures
Si l'on ne prend pas clauses d'un traité de paix,
represives, soit par les
sur les côtes, on
soit par la plus exacte surveillance
un ennemi
doit s'attendre qu'en paix ou en guerre, lorsqu'il
moins barbare, et non moins vil,
non
nation humaine de qui
s'agit de nous nuire, cette
en fanos idées philantropiques
nous emprutâmes
s'est déchargée sur des
veur de nos esclaves, et qui
l'ordre parmi
chiens féroces, du soin de maintenir
de mettre les mêmes
les siens, ne manquera pas
troubles,
de fomenter de nouveaux
moyens en usage, clandestinement aux noirs de quoi
et de fournir
et de brigandage,
reprendre leur état de guerre
l'effet de nos
autant qu'il sera en elle,
et d'arrèter, effacer les traces de tant de malheurs.
soins , pour
et décisives, au
Voilà les mesures importantes
dessont artachées les nouvelles
succès desquelles
et le retour de la prostinées de Saint-Domingue,
M4
troubles,
de fomenter de nouveaux
moyens en usage, clandestinement aux noirs de quoi
et de fournir
et de brigandage,
reprendre leur état de guerre
l'effet de nos
autant qu'il sera en elle,
et d'arrèter, effacer les traces de tant de malheurs.
soins , pour
et décisives, au
Voilà les mesures importantes
dessont artachées les nouvelles
succès desquelles
et le retour de la prostinées de Saint-Domingue,
M4 --- Page 192 ---
(184)
périté de la France. Ce point une fois
le reste paraît peu difficile, Mais aussi obtenu, tout
à fiire,
que d'efforts
que d'obstacles à franchir avant
atteindre ! C'est
que d'y
peu que des sacrifices
ce grand objer, de la sagesse, de la
qu'exige
de Phabileté gu'il faudra
patience et
développer; il faur avant
tout vaincre la malveillance et l'obstination de
ceux qui, plus sensibles à la honte qu'au bien
en doit résulter, n'y verront que la condamnation qui
de leurs opinions et la punition de leurs erreurs.
Ce premier avantage est, je le répète, un
de géant vers la restauration de
pas
et pour l'obtenir, rien ne serait à Saint-Domingue;
ménager : la force
même,s'il le fallait, devrait être mise en
Mais
non ! il ne sera pas nécessaire de
usage.
suffira de l'énonciation
l'employer. I!
précise de la volonténationale,
soutenue par le spectacle imposant de sa puissance.
Les flagorneries ne sont propres qu'à égarer les
peuples et à leur donner une fausse idée de leurs
droits et de leur pouvoir : c'est le levier dont l'intrigue se sert pour les mouvoir à son gré. Mais à
quelques exceptions près, celuiauquel on
le chemin de l'ordre et de son vérirable bien, indiquera
manière
d'une
ferme, en lui Jaissant entrevoir les
qu'on a de l'y contraindre, se hâtera
moyens
adoptera avee reconnaissance,
d'obéir, et
rendre
tout ce qui peut lui
et lui assurer sa première tranquillité. Il
a alus, harassé, > épuisé par tant de convulsions, il y
son gré. Mais à
quelques exceptions près, celuiauquel on
le chemin de l'ordre et de son vérirable bien, indiquera
manière
d'une
ferme, en lui Jaissant entrevoir les
qu'on a de l'y contraindre, se hâtera
moyens
adoptera avee reconnaissance,
d'obéir, et
rendre
tout ce qui peut lui
et lui assurer sa première tranquillité. Il
a alus, harassé, > épuisé par tant de convulsions, il y --- Page 193 ---
(18,)
opposerait peu de résistance au retour de
état, quand même on ne lui offrirait so1T ancien
pective certaine de son
pas la persadoucissement, et d'une récompense finale. Les mouvemens
giter
qui paraissent l'aencore, > sont moins l'effet de ses
dispositions, que des efforts de ceux
propres
qui
que chose à espérer
n'ayant quel.
intérêt à les
qu'au milien des orages, ont
tenir éloigné du port dans lequel, de
luioméme, il s'empresserait d'entrer. Pour s'en
vainere, il ne s'agit que de jetter
conpide sur la population noire de
un coup-d'ail raLà, comme ailleurs, les véritables Saint-Domingue...
bles ne sont qu'un
artisans des troupetir nombre
de tous les forfaits,
d'hommes, auteurs
qu'une
auxquels la multitude n'a pris
part éloignée ct passive. Ils en ont
tous les
recueilli
avantages, tandis qu'une grande
des
malheurs est retombée sur elle. Ils
partie
jouissent de leurs
rapines, 2 lorsqu'elle manque de tout , ct
vu disparaître tout ce qui adoucissait
qu'elle a
dans ce qu'on appelle les
sa situation s
bien il serait
temps de sa misère. Comfacile de ramener cette muititude
malheureuse > et aussi digne d'intérêt
dalgence ! Mais sera-ce
que d'inen voyant accorder à ses
corrupreurs des éloges qui sont uun reproche
de la modération
indirect
Sera-ce
qu'elle a constamment manifestée ?
en lui donnant à entendre
les mêmes
que pour mériter
récompenses, elle doit se
les mêmes excès? Cette seale
plonger dans
et simple observation
temps de sa misère. Comfacile de ramener cette muititude
malheureuse > et aussi digne d'intérêt
dalgence ! Mais sera-ce
que d'inen voyant accorder à ses
corrupreurs des éloges qui sont uun reproche
de la modération
indirect
Sera-ce
qu'elle a constamment manifestée ?
en lui donnant à entendre
les mêmes
que pour mériter
récompenses, elle doit se
les mêmes excès? Cette seale
plonger dans
et simple observation --- Page 194 ---
(186 )
fait toucher atl doigt, ce qu'il y a d'immoral dans
Elle
les mesures qu'on a inconsidérément adoptées.
démontre combien il est pressant de se hâter, pour
dans sa direction véritable, et pour
ramener l'opinion
dans
empêcher qu'elle ne reste plus long - temps
dans l'affreuse nécessité d'avoir à
l'incertitude, et
comme des actes de vertu, et
regarder des crimes,
modération, comme une faute grave qu'elle
sa propre
de réparer. Il faut donc se hâter
doit s'empresser
de faire
sans
de revenir sur ses pas 2 et
disparaître,
d'un seul moment, tout ce qui tend à la COIperte
substituer tout ce qui peut servir
rompre > pour y
fois
tout
à la redresser. Ce préalable une
rempli,
d'espérer que le grand nombre, prêt à rentrer
permet l'ordre, n'attend que la main qui doit ly
dans
guider.
à l'égard de ceux quilont égaré,
Mais ce n'est pas
soit de la perqu'il faut compter sur l'efficacité,
l'autre sesoit de la contrainte. L'une et
suation >
infructueuses envers des bêtes féraient également
désormais d'adoucir
roces, dont rien n'est capable
bande
le naturel farouche. Je veux parler de cette
depuis cinq ans promène le fer et
d'assassins, qui
le feu sur toute la surface de la colonie; portant
le ravage et la mort, forçant leurs sempar-tout blables de les suivre et de partager leurs forfaits,
successivement sous les étendarts de tous
marchant
d'instrumens à
les partis > et servant tour-à-tour
ais d'adoucir
roces, dont rien n'est capable
bande
le naturel farouche. Je veux parler de cette
depuis cinq ans promène le fer et
d'assassins, qui
le feu sur toute la surface de la colonie; portant
le ravage et la mort, forçant leurs sempar-tout blables de les suivre et de partager leurs forfaits,
successivement sous les étendarts de tous
marchant
d'instrumens à
les partis > et servant tour-à-tour --- Page 195 ---
(187)
les malheurs de Saint-Doceux qui ont commencé
et à ceux
ont
mingue, au nom du despotisme ,
qui rien
ruine au nom de la liberté. Il n'y a
achevé sa
s
leur
seule
àd attendre de pareils hommes , et
présence
Aéau dont il faut, à tout prix, se débarrasser.
est un
infester les déserts de T'Afrique,
Qu'on les renvoie
les
ou
avec les lions et
panthères;
concurremment leur donne une isle inhabitée à cultiver;
bien qu'on
des instrumens de labourage >
qu'on leur fournisse
veut, de biendesgraînes; qu'on les comble,sil'on
en
cette terre désolée, que
faits : mais qu'on purge
Les
du
de stérilité.
griffes
leur présence frapperait
déchirer, et jamais les
tigre ne sont propres qu'à
à remains de cette horde homicide ne concourtont travaillédifice qu'elles ont renversé, ou n'y
lever
quelques instans, que
leront forcément 3 pendant
nouvel accès de
pour le renverser encore > dans un
de
fureur. C'est à ce grand et indispensable coup la
attaché un succès complet 3 et
vigueur > qu'est
entrepris. Il ne faut pas resolidité de l'ouvrage
parvenir à son
garder à ce qu'il en coûtera, pour
volons'éloignent
exécution. Il est douteux qu'ils
de ce
tairement, du théatre de leurs brigandages,
leurs fauteurs sont parvenus à faire envisager
que
leurs titres de gloire 5 ils ne renonceront
comme
et sans résistance , àla domination
pas, sans regret
leurs semblables. Se sentant
qu'ils exercent déjà sur
extermiceux qui ont allumé leur rage
soutenus par
son
garder à ce qu'il en coûtera, pour
volons'éloignent
exécution. Il est douteux qu'ils
de ce
tairement, du théatre de leurs brigandages,
leurs fauteurs sont parvenus à faire envisager
que
leurs titres de gloire 5 ils ne renonceront
comme
et sans résistance , àla domination
pas, sans regret
leurs semblables. Se sentant
qu'ils exercent déjà sur
extermiceux qui ont allumé leur rage
soutenus par --- Page 196 ---
(188) )
natrice, et qu'ils savent être prèts à n'épargner ni
incrigues ni efforts pour les défendre 2 ils auront
peut-être l'insolence d'opposer la force à la force.
Leur ressouice sera de se retrancher dans leurs anciens repaires > pour infester de-li les plaines et interrompre les travaux commencés. On sent combien
il estimportant de prévenir cet inconvénient fâcheux,
et qui serait infaillible si on n'y coupait court. C'est
pour cet objet principalement > que j'ai insisté sur
la nécessité de grands préparacifs, et d'en imposer
par le déploiement de forces respectables. La malveillance ne pourrait rien contre leur emploi, préparé : d'avance, avec sagesse et prévoyance. Que pourraient-ils par eux-mémes contre la puissance nationale, à laquelle se joindraient tous ceux qui veulent le bien ; que pourraient-ils lai
opposer 2 ces
hommes aussi lâches que féroces qui, fondant avec
l'impétuosité d'un torrent par-tout oui ils savent qu'il
n'ya 2 pas de résistance à craindre, ne peuvent soutenirle regard de l'européen, nila vue du danger,
et n'ont pu lasser, malgré leur nombre s la constance d'une poignée d'hommes soutenus par quelques noirs fidèles ?
Que dirai-je de ces agens de trouble et de discorde, connus SOUS le nom générique d'intrigans,
qu'on voit accourir de toutes parts, dans les contrées malheureuses qui offrent des alimens à leur perversité, s pour s'y engtaisser des misères publiques,
A
ne peuvent soutenirle regard de l'européen, nila vue du danger,
et n'ont pu lasser, malgré leur nombre s la constance d'une poignée d'hommes soutenus par quelques noirs fidèles ?
Que dirai-je de ces agens de trouble et de discorde, connus SOUS le nom générique d'intrigans,
qu'on voit accourir de toutes parts, dans les contrées malheureuses qui offrent des alimens à leur perversité, s pour s'y engtaisser des misères publiques,
A --- Page 197 ---
(189)
ainsi que les
animaux, > voraces comme eux, accourent sur un champ de bataille,
cadavres
> pour s'y disputer des
épars. C'est àces hommes vils et
et toujours prêts à arborer les couleurs da exécrables,
leur promer le plus de
parri qui
timens
succès, et à aflicher les senqui lenr sont les plas
SainrDomingue doit
étrangers, que
noirs
principalement ses malheurs. Les
qui Onlt commis le plus
moins coupables
d'atrenrats, sont bien
qu'eux. Ces malheureux couraient
après une chimère qu'on leur avair mise devant
les yeux, pour allumer leur fureur : ils ont
des richesses qui leur étaient
détruie
tiles : ils ont égorgé des
indiffétentes et inuhommes qui leur étaient
étrangers, donr queiques-uns étaient leurs
et tous en
tytans 3
général > leurs ennemis. Mais les
miets > pour satisfaire leurs viles
preaux pieds tout senciment
passions, ont foulé
sidération d'utilité
d'humaniré, toute confaire couler,
publique : ils ont pris plaisir à
avec une barbarie dont les
eux-mêmes n'étaient
brigands
pas capables, le saug de leurs
fières, d'étres innocens
qui ne les avaient pas offensés, et qui avaient avec eux une
gine, Voilà lcs hommes
commune oriJe laisse à l'opinion qu'ilfaur, sur-tout, frapper.
qu'ils ont
les
pervertie, le soin de
désigner > lorsqu'elle sera revenue de
rement : leurs ceuvres suffiront
son égaconnaître, Mais si l'on
pour les faire refice fondé
ne veut pas élever un édisur le sable > c'est sur eux
principa-
qui ne les avaient pas offensés, et qui avaient avec eux une
gine, Voilà lcs hommes
commune oriJe laisse à l'opinion qu'ilfaur, sur-tout, frapper.
qu'ils ont
les
pervertie, le soin de
désigner > lorsqu'elle sera revenue de
rement : leurs ceuvres suffiront
son égaconnaître, Mais si l'on
pour les faire refice fondé
ne veut pas élever un édisur le sable > c'est sur eux
principa- --- Page 198 ---
(190)
lement que doivent peser ces mesures vigouseules
opérer quelque bien. Il
reuses > qui
peuvent
comme de toutes
faut extirperde Siint-Domingue,
où l'on veut ramener l'ordre et le règne
les contrées
semblable aux harpies de
des lois, > cette race qui,
la fable > corrompt tout ce qu'elle touche. le desir
Mais où m'entraine mon imagination et
ardent de voir opérer le bien ? J'oubliais que ces
ne sont qu'ane
projets > que ces grands préparacifs
chimère ou un être de raison auquel l'esprit régnant
invineiblement, et dont lexécution est Sils'oppose
conversion, et à un grand amenbordonnée à une
dement dans les idées actuelles. Ne nous le dissimulons pas 5 ce n'est pas à Saint-Domingue, mais
sein même de la métropole qa'il faut artaquer
au
l'infestent : c'est-là qu'il
et vaincre les brigands qui
eûit
faudrait atteindre dans sa source ce Aéau qui
cent fois sur les lieux, s'il n'avait reçu
été étouffé
criminelle assistance. La
d'ailleurs l'aliment, et une
qui a déterminé les mesures opposées
prévention
à l'amouret il en coûterait trop
est trop forte;
de voir
de ceux qui les ont provoquées,
propre
de vils scélérats, les hommes qu'ils
traiter comme
décorés du titre de républicains,
ont pompeusement
ont fait solemet noter d'infamie les noms qu'ils
déceux des plus glorieux
nellement ranger parmi
sur leur
fenseurs de la patrie, et qu'elle a comblés,
éclatantes faveurs. Ils crieraient
parole, de ses plus
ait trop
est trop forte;
de voir
de ceux qui les ont provoquées,
propre
de vils scélérats, les hommes qu'ils
traiter comme
décorés du titre de républicains,
ont pompeusement
ont fait solemet noter d'infamie les noms qu'ils
déceux des plus glorieux
nellement ranger parmi
sur leur
fenseurs de la patrie, et qu'elle a comblés,
éclatantes faveurs. Ils crieraient
parole, de ses plus --- Page 199 ---
(191)
à l'injustice et à Toubli des principes; ; des faits faux
seraient reproduits selon l'usnge > pour
ou exagérés
ébranler l'opinion 5 des hommes qui ne prononles noms doux et sacrés d'humanité et de phiçaient
les blasphèmer, seraient peints
lantrophie que pour les
tendres : des assassins coucommel leurs amis plus
dans leur
verts de sang et de crimes ne seraient
bouche que des ceeurs généreux , qui ont tout risqué
conquérir leur liberté. L'on peindrait encore: 9
pour
des défenseurs ardens de la république >
comme
d'encomme des héros qui ont empèché l'étranger
des hordes nombreuses qui
vahir SaintDomingue,
rien fait pour
ne sachant que ravager, n'ont presque
à
empêcher T'Anglais de s'y établir, et ont peine
tenté de le chassser des points qu'il occupe : enfin
tout,jusqu'aux forfaitsles plus révoltans, s'embellirait
leurs
et paraitrait sous un
sous
pinceaux officieux,
favorable. Mais pour moi, qui ne tends pas
aspect
doué de la même
au même but,ou qui ne suis pas
Alexibilité de principes, un brigand est toujours un
brigand, de quelques motifs qu'on se serve pour
I'excuser; le crime, semblable aux ronces stériles, ne
des épines : le répeut, selon moi, produire que
récent des Pierrot, des Toussaint s
publicanisme
des Mondion, , et de tant d'autres
des Barthélemi
ce Coco-Mondion, l'un des fa-
(*) P. S. J'apprends que
fit
sous ses yeux
voris de Santhonax, qui en 1791 égorger --- Page 200 ---
(192)
scélérats qui, dit-on, se sont enfin rangés souS les lois
de la France, n'empèchera pas de me rappeller ce
qu'ils furent 2 et de les ranger dans la classe des
Jean-François > des Biassoi, des Thomas > des
Macain, et de toute la bande de leurs satellites
>
quin'ont cesé,jusqu'an dernier moment, de combattre contr'elle sous les drapeaux espagnols > et
dont ils furent pendant quatre ans les plus furieux
coopérateurs. Du reste, mon rève, sic'en est un, ne
renferme rien que doive désavouer un homme
de bien ct un sincère ami de l'humanité. Isy trouveront tous les intérêts conciliés : et en supposant
les incentions également pures et droites 2 jaipardessus les inventeurs du rève opposé, l'expérience
et la connaissance approfondie des choses et des
hommes. Mais ne nous décourageons pas, et poursuivons notre hyporhèse duns le chapitre suivant.
trente-quatre blancs en un même instant, et qui dans une
seule année est devenu quatre fois royaliste > et autant de
fois républicain, a été enfin saisi et fusillé.. :
CHAPITRE
les incentions également pures et droites 2 jaipardessus les inventeurs du rève opposé, l'expérience
et la connaissance approfondie des choses et des
hommes. Mais ne nous décourageons pas, et poursuivons notre hyporhèse duns le chapitre suivant.
trente-quatre blancs en un même instant, et qui dans une
seule année est devenu quatre fois royaliste > et autant de
fois républicain, a été enfin saisi et fusillé.. :
CHAPITRE --- Page 201 ---
(193)
CHAPITRE XII
Bases d'un nouveau régime co-.
Suite du précédent.
traite. Conclusion.
lonial et d'une nouvelle
les noirs de StQusjs me plais à me représenter
ont pris quelDomingue , soit ceux qui égarés,
troubles, soit ceux bien plus nomque parc aux
brcux, qui n'en ont été que spectateurs s reprenant l'envi a
leurs paisibles travaux > et se préparant à
malrelever ses ruines éparses ! Ce ne sont plus ces
heureux
ou moins courbés sous une verge
> plus
perspective qu'une
de fet, et qui n'avaient pour
ces
servitude éternelle. Ce ne sont pas non plus,
hommes dans lesquels une liberté trop précoce et
doit étouffer l'émulation et
dégénérée en licence >
solemnelles d'une
toutamour du bien. Les promesses
en écartant toute incertitude, ont ragrande nation 2
nimé leur courage 5 et leur ardeur est proporquiy est atrachée. Ce début
tionnée à la récompense
l'aurore
suffi
faire briller, de toutes parts >
a
pour avenir. Le Colon, accablé par le mald'un meilleur
renaître ;
heur et le désespoir, , sent ses espérances
il voit enfin un terme à ses maux, et ne songe
le souvenir dans les nouveaux
plus, qu'à en noyer
Celui
succès auxquels il lui est permis de prétendre.
énergique ou plus heureux, avait su tenir
qui, plas
N
Tome II,
a --- Page 202 ---
(194)
tète au torrent, et lui opposer une résistance opiniâtre > ne voyant plus ses proptiétés et son existence en bute aux fureurs d'une secte
frénétique s
n'écoute plus que son amour pour la patrie , il se
hâte de se jetter dans ses bras, d'oà l'avait repoussé
la crainte des poignar-ds. Le commerce, qu'un
tême de
sysdésorganisation a plongé depuis trois ans
dans un état de mort > averti d'avance
des
> que
vues plus saines lui ont été enfin substituées
de
2 sent
nouveau son activité et son ardeur s'enflâmer: :
il s'empresse d'armer ses vaisseaux 3 et sans autre
garant que l'espoir d'un meilleur ordre de
il
choses,
court porter à Saint-Domingue de nombreux secours > et y seconder de tout son pouvoir, les dispositions bienfaisantes du gouvernement. Tout enfin
change subitement de face, et prend une nouvelle
vie. Par le concours unanime de tous ceux qui
peuvent y coopérer, les décombres se rassemblent
avec la rapidité d'un enchanrement, lcs manufactures se relèvent, les; plaines se recouvrent de cannes
à sucre 2 les montagnes de cafiers 5 et une annéc
ne s'est Fas encore écoulée s depuis cet heureux
changement s que la France en recueille déjà les
premiers fruits, et commence à retirer Pintérêr des
sacrifices quelle a dû faire dans les premiers momens.. e Oh ! que ne puis-je communiquer à tous
les caurs, le sentiment qui nie
pénètre, 2 en traçanc
ce riant tableau ! que n'ai-je une éloquence digne
sucre 2 les montagnes de cafiers 5 et une annéc
ne s'est Fas encore écoulée s depuis cet heureux
changement s que la France en recueille déjà les
premiers fruits, et commence à retirer Pintérêr des
sacrifices quelle a dû faire dans les premiers momens.. e Oh ! que ne puis-je communiquer à tous
les caurs, le sentiment qui nie
pénètre, 2 en traçanc
ce riant tableau ! que n'ai-je une éloquence digne --- Page 203 ---
(195)
m'animent, et assez persuasive, pout
dcs motifs qui
les moyens de le
faire saisir avec empressement ,
je ne
réaliser ! Mais il est trop brillant pour que
de quelques détails, et enseigner
doive pas l'appuyer
le succès infailiible. Ces
les moyens d'en rendre
mon
sont connus et assurés d'avancespaisque
moyens
modification, telle grande qu'uile
plan n'est qu'une
Je
puisse être, de ce qui existait précédemment. de
Pexemple de ceux qui, fondant
n'imiterai pas
les seuls secours de leur imagrand projets avec
d'y joindre le mode
gination, oublient constamment
et les moyens d'exécution.
quelque chose de pius, d'enten-
(*) Il est remanguble,sinon
sur les colonies) dire Cc que
dre Boissy d'Angles même des noits rapport est le seul acte de justice quela
30 le décret de la liberté
convention : La contradicait cenlevéala
apuannielisenirales rend des hommes libres, présente à fl'esprir
d'une tyraunie qui
singulière. Il aurait été plus clair
une idée aussi confuse que
les livraà
conséquent de dire avec fra-chise 2 qu'elle
et plus
la seule chose que la multicude pit attendre
l'anarchie, , qui est
Muisje dirai quelque cbose
d'un si monstrueux gouvernement. a la louange des Tyrans, Ils
deplus précis, de moins baroque, liberté des noirs : mais T'exécution
firent en effet déclarer la
subordonnée, comme
du décret qui Tétablissait, fut du moins à un mode que le
jel'ai déjà observé par un article séparé, de méditer et d'en
comité de salut public d'alors fut chaigé s'éconla depuis l'éLe long intervalle qui
faire son rappert.
le comité de salut public
mission de ce décret, prouve que rien n'empèche de croire
sentit Timportance de cet objet 5 et
ne fit busé sur
que le mode qu'il se proposait de présenser, N:
cret qui Tétablissait, fut du moins à un mode que le
jel'ai déjà observé par un article séparé, de méditer et d'en
comité de salut public d'alors fut chaigé s'éconla depuis l'éLe long intervalle qui
faire son rappert.
le comité de salut public
mission de ce décret, prouve que rien n'empèche de croire
sentit Timportance de cet objet 5 et
ne fit busé sur
que le mode qu'il se proposait de présenser, N: --- Page 204 ---
(196)
serait donc culLe soi fertile de Saint-Domingue
des esclaves, puisque l'esclavage, protivé > non par
des hommes qui
prement dit, y est aboli, mais par
travailleraient dans l'attente assurée du prix quiy est
comparer aux anciens
attaché 2 et qu'on pourrait
efficacement
engagés dont les mains contribuèrent si
défrichemens, aux mêmes conditions et
aux premiers
A la vérité, l'édans l'espoir desmêmes récompenses.
à laquelle ce prix doit être accordé,serait inpoque
dic qu'il est conditionnel
determinée, puisque jai
de la coloà l'entier rétablissemenc
et subordonné
lénie. Le droit de la fixer appartiendrait au corps
solemnellegislatif français seul > qui prononcerait
fournis
ment, d'après les renseignemens quiseraient
du
exécutif, et sur leur
par les délégués
pouvoir
conditions ont été Edèlement remattestation queles
Il est essentiel de fixer aussi le régime qui
plies.
serait observé dans Pintervalle plus ou moins long,
sécoulerait jusques-la, et d'y joindre quelques
qui
nécessaires pour opérer ce nouveau chandispositions
sans secousse. De plus, pour ne pas retomgement
inconvéniens, et de crainte de
ber dans les mêmes
le bien de la chose et les résultats
compromettre
il doit y avoir des disqu'on a lieu d'en attendre,
observer. Il
tinctions à faire, et une gradation à
les mêmes principes, et d'après la même manière de voir que
le mien : peut-être même eût-il été moins favorable aux noirs.
qui
nécessaires pour opérer ce nouveau chandispositions
sans secousse. De plus, pour ne pas retomgement
inconvéniens, et de crainte de
ber dans les mêmes
le bien de la chose et les résultats
compromettre
il doit y avoir des disqu'on a lieu d'en attendre,
observer. Il
tinctions à faire, et une gradation à
les mêmes principes, et d'après la même manière de voir que
le mien : peut-être même eût-il été moins favorable aux noirs. --- Page 205 ---
( 197 )
et il
d'y avoir égard,
n'est rien moins qw'indhifetent
admertre à la
faudrait
traiter également, et
ne
pas
des hommes plus o1 moirs
fois aux mêmes faveurs, desservices plus ou moins
âgés, et quiauraient rendu
une coudnt plus
longs, ou ceux qui auraient tenu
aurait alors
Tour noir qui
ou moins irréprochable. révolus, serait libre de
vinge-quarte ans de service
à ces vieux serviceurs quiont
droit. Jele compare
de leur liberté indivifait le sacrifice momentané
duelle à leur patrie. Ils la servent en la défendant;
l'enrichissant. Il sera maître désormais
illa servira en
si cela lui
de vendre son labeur oul de Tappliquer, des raisons
utilité. Pour
convient mieux > à sa propre
ici,
qu'il serait inutile de développer
d'intérêt public
suffisamment long, ait établi
en artendant qu'un usage
le
celui
balance juste entre le travail et salaire,
une
travaillera pour autrui, seta prode tout libre qui
selon la nature et le
visoirement fixé par la loi,
colonie
des services rendus. Mais dans une
genre
le travail et où tout
qui ne peur Aeurir que par
ou au moins
homme inoccupé doit être dangerenx,
membre inutile à la société, il est souveraineun
l'oisiveté soit sévèrement in-.
ment important, que
aux blancs
terdite aux libres comme aux engagés,
accordé
aux noirs. Le repos illimité ne serait
comme la vieillesse et aux infirmités. Qu'un nouveau
qu'à
de louer ses services à aulibre continue ou non,
du titre en fornve
trui, sur sa demande appuyée
Ns
au moins
homme inoccupé doit être dangerenx,
membre inutile à la société, il est souveraineun
l'oisiveté soit sévèrement in-.
ment important, que
aux blancs
terdite aux libres comme aux engagés,
accordé
aux noirs. Le repos illimité ne serait
comme la vieillesse et aux infirmités. Qu'un nouveau
qu'à
de louer ses services à aulibre continue ou non,
du titre en fornve
trui, sur sa demande appuyée
Ns --- Page 206 ---
(198)
qui constate sa qualité, il lai sera accordé gratuitement, par ladministration coloniale, un terrein
suffisant pour y planter des vivres, et pour y faire,
à soi bénéfice et comme il l'entendra, quelques
essais de la culture qui lui est familière. Rien ne
pourra borner dans les nouveaux citoyens, > la faculé de disposer, d'acquérir et d'étendre leurs propriérés, selon leur industrie ; ils jouiront à cet
égird et à rous autres, de tous les droits atrachés
à la qualité d'hommes libres, de français, dans
routel'étendue du mot.
Le terrein accordé à chaque affranchi, sera ptis
dans les terres houvelles les plus à portée du canton qu'il habirait. C'est à cet usage que doir étre
appliquée une portion du territoire de la partie dite
espagnole, qui.a été cédée à la France; ainsi qu'à
accorder également de pareils lots à tout étranger
qui demanderair à s'établir dans la Colonie. Ces
lots seraient fixement de dix carreaux, mesure COloniale : I environ 25 arpens ) de plus grands, c'està-dire, ce qu'on appelle concessions de 64 carreaux,
ne seraient délivrés gratuitement et selon les formalités ordinaires, qu'i ceux blancs ou noirs, français
ou étrangers, quij justifieraient de la possession d'un
capital suffisant, pour en entreprendre la culture,
et qui seraien: tenus de fournir caution,
sû- 2
reté de leur fidélité à remplir les clauses de pour la
cession. II faudrait veiller
consoigneusement à ce que
, c'està-dire, ce qu'on appelle concessions de 64 carreaux,
ne seraient délivrés gratuitement et selon les formalités ordinaires, qu'i ceux blancs ou noirs, français
ou étrangers, quij justifieraient de la possession d'un
capital suffisant, pour en entreprendre la culture,
et qui seraien: tenus de fournir caution,
sû- 2
reté de leur fidélité à remplir les clauses de pour la
cession. II faudrait veiller
consoigneusement à ce que --- Page 207 ---
(199)
rendraic tres-préce territoire 7 que mon système arbitrairement OCcieux, ne far point dégradé, ni
T'inconstance,
cupé par les hommes qu'y artirerait
plus -avan-!
former des érablissemens
ou Pespoir d'y
ci-dessus doivent être de ritageux. Les conditions
les va-.
; et une police sévère en éloignerait
gueur
qu'une"
gabonds, les fugitifs, et ces rassemblemens
abondante et la facilité de subsister pourchasse
contrées désertes, 'et que
raient former dans ces
d'une vie licentieuse pous-"
l'oisiveté et Phabitude
des.excès, à troubler
seraient tôt ou tard à commertre
encore,
et
à le renverser
l'ordre public,
peut-être
utiliser
Telle serait la seule méthode à suivre pour
à
à l'état. Inutile,
le vaste territoire appartenant
de
et même dangereux sous un auitre point
charge,
bon
servir de retraite auxvue, > il ne serait
qu'à
ce sera
Dans mon projet,
fagitifs et aux brigands.
d'une
des générations futures, et la patrie
l'espérance
croissante de nouveaux citoyens.
mnltitude toujours
dans les tems
Une popuhtion libre qui puisse, 2
la colonie,
à venir, suffire à tous les besoins de
la
étrangers, est l'objet important ez
sans secours
Il ne faut rien négliger
fin qu'on doit se proposer. accroissemens ; mais il
favoriser ses
de ce qui peut
de toute mesure irfaut s'abstenir soigneusement
préjudicier
réfléchie, qui sans lui être utile, pourrait
déà l'agricultures ( Cette question
et porter coup
traitée, et
licate demanderait d'ètre longuement
N4
à tous les besoins de
la
étrangers, est l'objet important ez
sans secours
Il ne faut rien négliger
fin qu'on doit se proposer. accroissemens ; mais il
favoriser ses
de ce qui peut
de toute mesure irfaut s'abstenir soigneusement
préjudicier
réfléchie, qui sans lui être utile, pourrait
déà l'agricultures ( Cette question
et porter coup
traitée, et
licate demanderait d'ètre longuement
N4 --- Page 208 ---
(200)
je ne le puis ici que sommairement : je parlerai
plus bas,des moyens de pourvoirà l'une et à l'autre.)
En supposant qu'un noir ait été importé dans la Colonie entre 15 et 25 ans d'âge, il n'aurait encore
que de 39149 ans, après so11 tems de service fini:
il serait encore jeune et en état de procréer des
enfans libres, indépendamment de ceux auxquels
il aurait donné la vie pendant son engagement,
et qui seraient soumis aux conditions érablies
la loi. Le noir est l'espèce d'hommes
par
sur laquelle
les ravages de la vieillesse se font le moins sentir,
et qui conserve le plus de vigueur dans l'age le
plus avancé. Si sa femme se trouvait encore retenue 5 faute d'avoir rempli son tems, il pourrait
en obtenir l'abandon d'un maître humain et dont
il aurait bien mérité, si le terme à écheoir n'était
pas trop long 5 ou joindre lui-même ses services
aux siens, pour avancer l'époque de son dégagement : enfin, il pourrait l'obtenir moyennant des
dédommagemens proportionnés. Il en serait de
même de ses enfans nés dans la servicude, qu'il
pourrait retirer à prix d'argent, selon un mode et
au taux fixé par la loi, ou en les remplaçant convenablement. La mère de six enfans travaillans, ou
de douze, de quelque âge qu'ils fassent, serait
libre de droit. Du reste, tour noir qui pourrait,
par son industrie, rassembler un pécule égal à la
somme qu'il a primitivement cotité, sera censé li-
de
même de ses enfans nés dans la servicude, qu'il
pourrait retirer à prix d'argent, selon un mode et
au taux fixé par la loi, ou en les remplaçant convenablement. La mère de six enfans travaillans, ou
de douze, de quelque âge qu'ils fassent, serait
libre de droit. Du reste, tour noir qui pourrait,
par son industrie, rassembler un pécule égal à la
somme qu'il a primitivement cotité, sera censé li- --- Page 209 ---
(201)
bre du moment qu'il en aura fait
toutefois,
lofferélle.pourvu
que sa conduite antérieure soit
de reproche grave.
exempte
Le mode ci-dessus serait successivement
pour tout individu qui aurait atteint le
suivi
et rempli les conditions
tems légal,
les hommes n'ont
prescrites. Mais comme tous
p.s une égale propension au
et que la punition des fautes
bien,
véhicule non moins
est un frein ou un
puissant que l'attrait des récompenses, il faudra établir une différence
entre le bon et le
marquée
méchant, et empêcher
près la certitude de
que d'aavantage, il soir
parvenir à son tour aul même
ou mal faire.
regardé comme indifférent de bien
Tout noir qui tomberait dans de 1égères fautes serait puni d'une peine
mais suffisante
proportionnée,
pour secouer son apachie
L
telle que d'ètre
naturelle,
occupé une partie du jour de
et l'interdiction des jeux auxquels il seroit repos,
à ses compagnons de se livrer. Les noirs permis
grands enfans qu'il faut traiter
sont de
seraient
comme tels, et qui
plus punis de n'avoir pu
leur goût passionné
s'abandonner à
pour la danse ou: pour le chant,
que par une longue prison, J et par les
vais traitemens. Tout
plus mautraire,
châtiment corporel et arbi-
> sera sévèrement
toujours
prohibé : l'appareil en fut
plus révoltant, 2 que l'effet
n'est propre qu'a ravaler l'ame du avantageux. Il
venant peu-i-peu insensible,
noir,qui,yden'en conserve qu'un
goût passionné
s'abandonner à
pour la danse ou: pour le chant,
que par une longue prison, J et par les
vais traitemens. Tout
plus mautraire,
châtiment corporel et arbi-
> sera sévèrement
toujours
prohibé : l'appareil en fut
plus révoltant, 2 que l'effet
n'est propre qu'a ravaler l'ame du avantageux. Il
venant peu-i-peu insensible,
noir,qui,yden'en conserve qu'un --- Page 210 ---
(202 )
surcroit de haine mortelle contre celui qui l'a soutmis à cette humiliation.
des crimes n'apLa connaissance et la punition
qu'à la loi et au ministère public. Le
pattiennent
de
l'incendie
seront punis
meurtre et
prémédités
désordre
mort: Phomme pervers et obstiné dans un
la sûreté publique e 3 seta
capable de compromettte
à travailler enchainé le reste de ses jours:.
condamné
mais hors de la compétence
les délits moins graves,
une
de la police domestique > seront punis par
chaine moins pesante et par un tems de travail,
aurait des
outre le tems légal. Pour cet effet,ily
ou même des manufactures
établissemens publics,
desquelles
à la république, aux travaux
appartenant
exclusivement occupés, et
ces malfaiteurs seraient
chaîne serait tolérée
artentivement surveillés. Une
les vagabondsetles fugitifs:
sur leshabitations,pour
l'interdiction des
elle emporterait pour le coupable,
et travail les jours de repos , jusqu'à réparation
jeux,
les travaux ; après
complette du tems perdu pour
récidive sera
il rentrerait dans l'attelier. La
quoi
et tout noir qui dans un
plus sévèrement punie, resté trois mois absent' 9
troisième maronage sera
avec
livré à la loi, pour être étampé au sein,
sera
l'état
et condamné aux travaux
la marque de
>
sois esOn lui dirait, comme à Athènes,
publics.
tu ne sais pas être libre.
clave, puisque
excessive à ceux qui
Cette rigueur peut paraitre
idive sera
il rentrerait dans l'attelier. La
quoi
et tout noir qui dans un
plus sévèrement punie, resté trois mois absent' 9
troisième maronage sera
avec
livré à la loi, pour être étampé au sein,
sera
l'état
et condamné aux travaux
la marque de
>
sois esOn lui dirait, comme à Athènes,
publics.
tu ne sais pas être libre.
clave, puisque
excessive à ceux qui
Cette rigueur peut paraitre --- Page 211 ---
(20;)
ignorent qu'elle est Tapathie du
ment pour le travail,cr
noir, son dloignepour le salut de la
combien il est important,
colonie, de
exemples éclatans
réprimer 1 par des
goût
3 son goir pour le
auquel un certain nombre
maronage J
tumés à une longue
d'entr'eux, accouse livrer et de
indolence, ne tarderait pas de
trouyer des imitateurs, s'il
impuni, et qui donnerait
restait
rassemblemens suivis
insensiblement lieu à des
quences pour la
bientôt des plus fatales consésouvenir des colonie, sur-toutà à une époque où le
convulsions qui l'ont
encore récent, et
déchirée serait
pourrait inspirer à
audacieux, le desir et
quelqu'homme
cer. Pour maintenir l'espétance de les recommenle vice
le bon ordre, et
ne soit toléré, en cachant empêcher que
sujet, dans la crainte
les fautes d'un
d'ètre privé de deux
plus, tour noir condamné
bras de
aux frais d'une caissse
sera remplacé ou payé
ancien
établie à cet effet, selon Un
usage,
Mais cen'est pas tout que de
par les panitions, de les
réptimerles hommies
penses, et de les flatter de encourager par les récomil faut sur-tout les
l'espéance, d'être libres:
rendres digne de
Préparer d'avance à ce bienfait.
T'ètre, et les
mon systéme
Je le dis
le fondant est praticable, mais il ne l'est encore,
sur l'amour du
qu'en
sur la pratique réelle des
devoir, du travail, et
de
vertus. Ceux qui
bonne-foi, et non sans raisn,
pensaient
que la libetté per-
de encourager par les récomil faut sur-tout les
l'espéance, d'être libres:
rendres digne de
Préparer d'avance à ce bienfait.
T'ètre, et les
mon systéme
Je le dis
le fondant est praticable, mais il ne l'est encore,
sur l'amour du
qu'en
sur la pratique réelle des
devoir, du travail, et
de
vertus. Ceux qui
bonne-foi, et non sans raisn,
pensaient
que la libetté per- --- Page 212 ---
(204) )
sonnelle était incompatible avec l'objet auquel les
colonies sont distinées : 3 entendaient parler de la
liberté non modifiée ; ils calculaient de plus les
obstacles que les vices et les préjugés coloniaux opposeraient à un nouvelordre de choses, et combien
de
à la liberté.
est orageux le passage
l'esclavage
Mais des évènemens terribles ont tout applani : ni
préjugés ni vices peut-ètre n'existent plus : la rude
secousse du malheur a dû contribuer à les extirper
ou à les amortir, et des réglemens siges et rigoules empêcher de rereux, pourront > je l'espère,
paraitre. Je ne m'étendrai pas ici sur les détails d'une
police générale, nécessaire pour forcer tout individu,
de se renfermer strictement dans ses devoirs. Cette
branche de législation, toute essentielle qu'elle est
à l'exécution de mon plan 2 ne peut faire partie
que d'un développement raisonné, je me borne
ici à poursuivre ce qui est le plus digne de fixer
l'attention.
Pour rendre insensiblement ces hommes dignes
de la liberté à laquelle ils sont appellés 2 il faut
avant tout, nonobstant la fermeté nécessaire pour
maintenir le bon ordre, les traiter en général avec
égard, élever leurs ames. J et leur apprendre à s'estimer eux-mèmes, par une attention suivie à ne rien
tolérer, ni en eux ni dans les auties, qui tende à
les avilir. Tout noir devra son tems fixe de travailjournalier, selon les saisons et les circonstances; il
hommes dignes
de la liberté à laquelle ils sont appellés 2 il faut
avant tout, nonobstant la fermeté nécessaire pour
maintenir le bon ordre, les traiter en général avec
égard, élever leurs ames. J et leur apprendre à s'estimer eux-mèmes, par une attention suivie à ne rien
tolérer, ni en eux ni dans les auties, qui tende à
les avilir. Tout noir devra son tems fixe de travailjournalier, selon les saisons et les circonstances; il --- Page 213 ---
(205 )
atura en retour, le droit
Thumanité
d'exiger tous les soins que
commande. Il doit être logé, véta
nourri convenablement.
et
à Saint
Communément, le noiravait
Domingue un logement sain 3
bien
commode,er
supérieur au toit fangeux et étouffé de nos
paysans d'Europe, C'était sur-tout dans les brillantes
plaines à sucre et à indigo
> que l'habitant
gnair rien pour cet objet
n'éparintéressant, et y mettait
presque toujours une certaine ostentation : la chaleur et un ciel constamment
rien à desirer. Mais
serein, ne laissait plus
trop souvent, dans les érablissemens nouvellement
formés, au milieu des
humides des montagnes et des
gorges
à la hâte
bois, une case élevée
, non en maçonnerie comme dans les
plaines, mais avec de la paille soutenue
ques pieux, ne pouvait défendre le noir par quela %
la fraicheur pénétrante des
contre
pérature aussi
nuits, er contre une temrigoureuse pour lui, que le sont
nous les latitudes septenttionales. Le
pour
vêtement peu
dispendieux, qui leur serair jugé nécessaire, leur
serait exactement fourni deux fois
époques fixées par la loi.
Par an > aux
Quanc aux
c'est u12 point dont
subuisrances,
s moyennant quelques légers soins 3 la nature et le climat font
tous les frais ; et l'on joindrait à l'usage de 'presque
productions variées,
leurs
préfère à
quelques salaisons que le noir
tout, et dont une distribuzion
ment faite > occasionnerait une
régulièreconsommation ca-
leur
serait exactement fourni deux fois
époques fixées par la loi.
Par an > aux
Quanc aux
c'est u12 point dont
subuisrances,
s moyennant quelques légers soins 3 la nature et le climat font
tous les frais ; et l'on joindrait à l'usage de 'presque
productions variées,
leurs
préfère à
quelques salaisons que le noir
tout, et dont une distribuzion
ment faite > occasionnerait une
régulièreconsommation ca- --- Page 214 ---
(206 )
pable de relever nos pecheries, et une branche de
spéculations dans laquelle notre commerce n'a pu
soutenir la concurrence de l'érranger, mais queje
crois d'autant plus importante à conserver, qu'elle
employait autrefois un grand nombre de vaisseaux,
et
c'écait Pécole ou allaient au milieu des mers
que
crageuses se former nos meilleurs marins.
C'est sur-tout dans les maladies, qu'on exercera
envers le noir tous les soins de Phumanité. En
général,ce devoir précieux et sacré était rempli à
Saint-Denhingue, avec empressement et exactitude:
c'est sur ce point sur-tout > que la classe malheureuse d'Europe ne ponvait comparer son sort à
celui du noir. Mais il pouvait existér, - et je crois
réellement, des exemples d'une néqu'il en existuit
gligence coupable, qu'on doit sévèrement prévenir.
L'avarice dans ceux de qui ils dépendront sera sévèiement comprimée, et tout engagé qui pourrait consou la dureté du maitre, pourra,
tater Finsouciance
l'esclave d'Achènes S se réfugier dans le
comme
l'assistemple de Thésée 3 c'est-d-dire 2 implorer
etla
de la loi , exiger les dédomtance
projection
qu'elle aurait fixés, et même demander
magemens
à aller servir SOuS un maître plus humain et plus
Mais il faudra se donner de garde de tomber
juste.
dans un autre abus . > en favorisant Tinquiérude et
l'inconstance naturelle qui le caractérise. Des régleenmes pourraient concourir à prévenir égale-
ésée 3 c'est-d-dire 2 implorer
etla
de la loi , exiger les dédomtance
projection
qu'elle aurait fixés, et même demander
magemens
à aller servir SOuS un maître plus humain et plus
Mais il faudra se donner de garde de tomber
juste.
dans un autre abus . > en favorisant Tinquiérude et
l'inconstance naturelle qui le caractérise. Des régleenmes pourraient concourir à prévenir égale- --- Page 215 ---
( 207 )
ment l'amour du
dans le
changement et des faux
noir, et dans le blanc T'oubli de
prétexres
Dès-lors ne voyant plus
ses devoirs.
autant de
maires, il perdrait
tyrans que de
être
peu-à-peu sa
son apathie. La certitude défiance, et peutet que toute injustice
d'être toujours bien,
goureusement
exercée contte lui serair riréprimée s le rendra
ouvert 3 et il ne verra plus
franc, - joyeux et
amis dans ceux
que des pères et des
que tout le
à
comme ses plus cruels
forçait regarder
ennemis.
Dans l'étac de
liberté, l'oisiveté dépendance 2 ou dans celui de
est le plus dangereux
Thomme, et la source de ses vices
ennemi de
Il est plus important
et de ses maux,
que l'homme en
qu'on ne croir peur- étre
et qu'il donne général ne reste jamais inacif, 3
lui
au plaisir les courts
>
laissent ses devoirs. Sous le
intervalles que
tends, non ces goûts
nom de plaisir, j'en.
crapuleux
trop souvent la mulitude, aunquclisabandenne
corps a tout à
3 mais ces exercices où le
gagner et l'ame rien à
sur-tout dans le
perdre. C'est
noirqu'il est essentiel,
Provoquer ces goûts, vers
non pas de
un attrait irrésistible,
lesquels il est porté par
mais
riser. Si on s'étair donné seulement de les favoon aurait senti
la peine de les étudier
qu'au lieu de se livrer
s
terreurs et de gêner leurs
à de vaines
gneusement leur
penchans, il fallair soifaire, les
Procurer les moyens de les
y pousser
satismême, > si cela eût été néces-
ûts, vers
non pas de
un attrait irrésistible,
lesquels il est porté par
mais
riser. Si on s'étair donné seulement de les favoon aurait senti
la peine de les étudier
qu'au lieu de se livrer
s
terreurs et de gêner leurs
à de vaines
gneusement leur
penchans, il fallair soifaire, les
Procurer les moyens de les
y pousser
satismême, > si cela eût été néces- --- Page 216 ---
(208) )
saire. L'ame est la source de la plupart des maladies
du noir, qui presque toutes sont causées par le chamoi-mème, > qu'il
grin et l'ennui : j'ai éprouvé par
n'est point de plus puissant antidote que ses jeux
favoris : ce sont des Aeurs avec lesquelles il est
facile de lui cacher ses chaines, et de conduire CGS
hommes simples et dociles avec un fil.
On disait du peuple Romain, qu'il ne fallair,
le maitriser, que du pain et des jeux. Il respour
à tous ies
du monde.
semblait, en cela,
peuples
Mais malgré son inertie morale > nul ne fut jamais plus attaché que le noir, ni entrainé par un
penchant plus violent, vers ces plaisirs simples dont
le goû: nous vient de la nature 2 et annonce une
vive sensibilité et une extrême délicatesse d'organes.
Sa passion pour la musique est violente : mais on
ne trouve pas dans ses chants cette douce mélodie 9
ou cette expression mâle qu'on rencontre souvent
dans ceux des peuples les plus sauvages. Un écrivain, dont l'imagination et la plume facile ont fait
souvent presque tous les frais de ses tableaux sombres Oul rians , et qui vraisemblablement n'entendit
jamais de sons africains, en admire l'expression,
et y trouve une certaine empréinte de mélancolie,
qui est, ajoute-t-il, la manière la plus profonde de
jouir pour les ames sensibles... La vérité est, que
quelque passionné que le noir soit pour le chant,
rien n'est plus monotone et plus déplaisant pour
tonte
fait
souvent presque tous les frais de ses tableaux sombres Oul rians , et qui vraisemblablement n'entendit
jamais de sons africains, en admire l'expression,
et y trouve une certaine empréinte de mélancolie,
qui est, ajoute-t-il, la manière la plus profonde de
jouir pour les ames sensibles... La vérité est, que
quelque passionné que le noir soit pour le chant,
rien n'est plus monotone et plus déplaisant pour
tonte --- Page 217 ---
(209)
toute oreille la moins exercée,
d'un Afticain. il
s et quin'est pas celle
exprime toures les
tôt quelques mots
passions ou pluinsignifians sur le premier
qui se présente > et dont une mesure à deux mode
marquée avec une précision
tems 3
les agrémens. Gai
parfaite > forme tous
ou vif dans les sujers
ou lent dans les sujets gais, il
tristes, triste
connaître par les sons
est impossible de
timent
et Par l'expression, le senqui l'anime ; il ne faut à ces
troubadours, ni tems : ni études
la nouveaux
sition : Jorsqu'un attelier est au
pour
compoger incident, une idée
travail, le plus l6joyeuseou satyrique, suffisent
pour donner la naissance à un
voix éclatante sort
chef-d'acuvre : une
tout à-coup du milieu de la
foule, et entonne une chanson dont l'air et les
roles sont improvisés: il indique le refrein
pagui, quelque nombrenx
au chaeur
qu'on le
qu'il soit, > n'a pas besoin
répète deux fois, , et répond avec une
tesse éronnante; eu voili assez pour crier à tue juspendant deux heures de suite,er
tète,
après quelques minutes de
pour recommencer
est un de ses plus doux repos. Enfin la musique
passe-tems; elle étoit
lui, au milieu de
pour
tains peuples
Fesclavage > ce qu'est pour cerd'Europe s la liberté de
et
crire. Le noir trouvair
penser d'éla consolation
souvent, dans ses chansons, ,
et la vengeance de ses maux. Des
rités chantées furent
vétoujours regardées sans Co1lséquence; ; et tel maître entendir
Tome II,
souvent 2 dans
O
repos. Enfin la musique
passe-tems; elle étoit
lui, au milieu de
pour
tains peuples
Fesclavage > ce qu'est pour cerd'Europe s la liberté de
et
crire. Le noir trouvair
penser d'éla consolation
souvent, dans ses chansons, ,
et la vengeance de ses maux. Des
rités chantées furent
vétoujours regardées sans Co1lséquence; ; et tel maître entendir
Tome II,
souvent 2 dans
O --- Page 218 ---
(210)
refreins chantés en cheeur, l'éloge de sa
quelques
bienfaisance, ou les reproches sanglans de sa dureté.
Il faudra soigneusement favoriser et encourager
même ce goit innocent et facile à satisfaire,et qui
chez les
qui laiment, des
annonce toujours
peuples
inclinations douces et de la docilité.
Il en est de même de la danse , vers laquelle le
noir est entrainé par un attrait non moins violent, et
in'est qu'une suite rapide de tours de force, exéqui
admirable
cutés avec vigueur et avec une
précision.
les emne
On
peut exprimer plus énergiquement,
lascifs de l'anour : le danseur se met en
portemens
quand il exécute
nage et devient presque furieux,
Mais le ccur n'y est pour
cette lubrique pantomime.
à
rien; l'ame se tait 5 et ce spectacle ne peut plaire
dans
de ce sentiment, ne sont
ceux qui
Texpression
touchant
sensibles qu'à ce qu'il a de véritablement
dansess'exécutent au son destambours
- etx délicat. Ces
d'autres instrumens bruyans. Soit que leur son
et
craiguerrier, inspire réellement leffroi 2 soit qu'on
les effets de l'état de fureur dans lequel on
gnit
elles n'étaient tovoyait souvent les acteurs entrer,
dans
endrcits, qu'avec peine : dans
lérées,
plusieurs
défendues. Ces
d'autres, elles étaient sévèrement
craintes étaient, sans doute, déplacées et chimériques:
elles ne tendaient qu'à faire sentir plus profondément
état
9 en le privant
atl noir son
d'assnjettissement, Des hommes
d'une de ses plus douces consolations.
lequel on
gnit
elles n'étaient tovoyait souvent les acteurs entrer,
dans
endrcits, qu'avec peine : dans
lérées,
plusieurs
défendues. Ces
d'autres, elles étaient sévèrement
craintes étaient, sans doute, déplacées et chimériques:
elles ne tendaient qu'à faire sentir plus profondément
état
9 en le privant
atl noir son
d'assnjettissement, Des hommes
d'une de ses plus douces consolations. --- Page 219 ---
(a11)
qui dansent ou qui chantent , sont rarement
reux, et il étaic aussi ridicule
dangener qu'ils
qu'injuste, de scupçonpussent conspirer au milieu d'un exercice
qui leur faisait également
et leurs
oublier, pour l'instant, 3
tyrans et leurs maux : loin d'en avoir rien à
eraindre,Fai Vu des noirs excédés de
bler le le ndemain d'ardeur
firigue,redouau travail. Jep
qu'il est de l'humanité et d'une
pense donc
courager parmi les cultivateurs sage politique, d'ende
ces jeuxsi doux
Sunc-Domingne,
pour eux, si utiles àtant
mais dangereux; d'insticuer des
d'égards etja
enlesterdant
fères et des prix qui,
de
plus solemnelles - seraient un
plus a bien faire, dans
véhicale
et par la crainte d'être l'espérance de les obrenirs
courir.
exclu de T'honneur d'y conIl faudra leur faire adoprer,
et nos mours 2 en les éloignant pea-l-pemt,nos usages
de leurs habicudes
auranr que possible
possible d'obrenir primitives : car il serait imd'eux ce qu'on Ose en
toute espésance serait frustrée tôr
artendre,
parvenait à leur
ou tard, sion ne
Afticains. Leur inculquer qu'ils sont Frangais et not
rieux,
amour-propre et leur caractère
aiderair
glosingulierement à cette
plus facile qu'on
métamorphose,
s'applique à
n'imaginerait 2 pour peu qu'on
Topérer Le noir aime singulièrement
(*)Le noir étoit tellement jaloux de Se
des
que lorsqu'il était Parvenu à l'imiter, il rapprocher oubliait
blancs,
ou mép:isaic
O 2
. Leur inculquer qu'ils sont Frangais et not
rieux,
amour-propre et leur caractère
aiderair
glosingulierement à cette
plus facile qu'on
métamorphose,
s'applique à
n'imaginerait 2 pour peu qu'on
Topérer Le noir aime singulièrement
(*)Le noir étoit tellement jaloux de Se
des
que lorsqu'il était Parvenu à l'imiter, il rapprocher oubliait
blancs,
ou mép:isaic
O 2 --- Page 220 ---
(112)
à imiter le blanc en tout 5 mais rien ne le Aatterait
de lui être assimilé, et aucun sacrifice
autant que
parvenir. Une partie des jours
ne lui coûtera pour y
et à leur
de repos seront consacrés à l'insttuction, admettre
doit les
apprendre à aimer une patrie qui
leur être
doivent
au nombre de SCS enfans. Nosgofits
de les
inspirés, dans le double objet
soigneusement
et à nos lois s
astreindre peu-i-peu à nos habitudes
à
la génération future remplira,
et de s'assurer que
destinarion et le
l'égard de la métropole s la même
Ces
même but d'utilité que celle qui l'a précédée.
fois devenus libres, et ayant une prohommes une
dont ils peuvent librement disposer s apprenpriété
leurs intérêts et à
dront bien d'enx-mèmes à connaitre
L'exemple et le luxe dont les yeux
les combiner.
rarement
sont frappés 9 ont un attrait qui manque
que la nuance en
couleur, et s'imaginait peut-ètie
sa propre
ailleurs, des hommes qui
était altérée 5 ainsi qu'on voyait
et en parlant avec
croyaient s'élever, en singeant les grands, récemment) l'origine.
dédain dela classe modeste d'ouils tiraient très-riche, au moment
Je survins un jour chez un nègre libre,
Ce malheureux,
oi il excédait un de ses esclaves de coups.
de demander
implora ma pitié et me conjura
en me voyant,
Monsieur, me dit le maitre irrité,
sa grace. Je le fis:ah!
si vous saviez combien cette
vous n'auriez pas tant de bonté, méchante.. ..Je souris à ce
abominable race de nègres est
était noir et
propos, en jettant les yeux sur cet homme qui la
que
Inisant comme le jais. Cependant j'insistai sur grace
je demandais, et je l'obtins.
é et me conjura
en me voyant,
Monsieur, me dit le maitre irrité,
sa grace. Je le fis:ah!
si vous saviez combien cette
vous n'auriez pas tant de bonté, méchante.. ..Je souris à ce
abominable race de nègres est
était noir et
propos, en jettant les yeux sur cet homme qui la
que
Inisant comme le jais. Cependant j'insistai sur grace
je demandais, et je l'obtins. --- Page 221 ---
(I13)
de produire son effet. Dans le systême
bats, il serait
le
que je comnul; noir livré à lui-mème n'étant
environné que d'êtres aussi misérabies
ferait
que lui, ne
que végéter. 0
Dans le mien, il est à supposer
qu'un commencement de succès 3 et le rétablissement progressif des fortunes
une
raminera, peu-d-peu,
partie du luxe consommnateur de marchandises
dedenrées nationales,qui
et
dacingasiténsinemment St.
Domingue. Les propriétaires fixés dans la métropole, n'ayant plus, à heancoup près, s les mémes
jouisancesiy espérer, 5 accourront en foule dans la
colonie pour réparer leurs malheurs. Cetre afiluence
sera toute entière à l'avantage des intérêts de la
France et de la population noire : l'engagé obtiendra
plus de soins s qui seront prodigués à des êtres
devenus si chers et si précieux, soit par leurs services actuels, soit par Fattachement qu'on
core en attendre , après qu'ils seronr devenus peur enet parl'espèce de
libres,
patronage ga'un bon maitre
rait alors exercer à leur égard. Le noir devenu pourflatté de devenir un jour l'égal des blancs, tâchera ou
desy confondre et de s'identifier avec eux le plus
qu'il pourra. S'ils consomment
il
sommera de même, selon la mesure beucomp, de
conet
cela, il travaillera
ses facuités;
rellement pour
avec ardeur.Ii est natuparessenx > il est vrai; mais ii est au
moins aussiorgueilleux. N'étant pas livré
laissez faire
alui-même,
l'exemple J et reposez-vous du reste sur
O3 3
ou
desy confondre et de s'identifier avec eux le plus
qu'il pourra. S'ils consomment
il
sommera de même, selon la mesure beucomp, de
conet
cela, il travaillera
ses facuités;
rellement pour
avec ardeur.Ii est natuparessenx > il est vrai; mais ii est au
moins aussiorgueilleux. N'étant pas livré
laissez faire
alui-même,
l'exemple J et reposez-vous du reste sur
O3 3 --- Page 222 ---
(214)
les lois tendantes à detuire, sans distinction d'individes, la paresse et l'oisiveté.
D'un autre cècé, Jle moyen d'assurer le succès de
cette grande et généreuse encreprise, est d'y intéresser
intimement ceux qui peuvent la seconder, ceux qui
par leurs talens et leur expérience, peuvent aider
Puissamment au développement de ces précieux
avantages. Nal ne pourrait, sans doure, prétendre
à remplir mieux les vues de la France, cet égard,
que ceux dont les travaux T'enrichissaient et dont la
ruine a entrainé la sienne. Quels intérèts sont plus
étroirement liés aux siens que ceux des Colons P
Qu'il me soit permis de m'écarter un instant de
la question > pour demander si ce n'est pas
ici le lieu de rappeller les droits primitifs
les
que
conquérans de Saint-Domingue transmirent à leurs
descendans ou à lears successeurs; droits qu'il eût
été aussi impolitique qu'injuste de faire valoir,
tant que le gouvernemen: auquelils s'étaient yolonzairement soumis respectait le plus sacré des droits,
celai de la propriété er de la sâreté personnelle; mais
qu'il est bien permis de réclamer hautement, lorsqu'ils sont si indignement violés et foulés aux pieds.
Mais que! serait le résultat des vérités que je pourrais ajouter à celles que j'ai déja énoncées? Devant
quel tribunal pourrais-je plaider la cause de ces
hommes aussi utiles que dédaignés, aussi innocens
que barbatement poursuivis? Une pareille réclama
sacré des droits,
celai de la propriété er de la sâreté personnelle; mais
qu'il est bien permis de réclamer hautement, lorsqu'ils sont si indignement violés et foulés aux pieds.
Mais que! serait le résultat des vérités que je pourrais ajouter à celles que j'ai déja énoncées? Devant
quel tribunal pourrais-je plaider la cause de ces
hommes aussi utiles que dédaignés, aussi innocens
que barbatement poursuivis? Une pareille réclama --- Page 223 ---
(215 )
tion ne pourrait être formée qu'auprès de la
et la justice n'est plus qu'une chimère, du justice; :
moins
pour eux. Aussi bien, les droits les
sont rien devant la force
plus positifs ne
qui peut s'en
et
ne reste plus aux Colons
jouer 3 il
qu'aimplorer, J du
ceux que tout être a alhumanité. Quel crime moins,
donc commis ces malheureux
ont
qu'on a fait ruiner,
incendier, égorger, et dont les restes,
échappés au
carnage, sont abreuvés de douleur, du fiel de la Calomnie 3 et qui pis est, de l'insensibilié? Ils étaient
riches ; ils avaient des esclaves qu'ils tenaient
héritage de leurs pères...
en
de devenir crininel
Ehlqui pouvait se douter
en jouissant d'un droit consacré
parl'usage de
Tantiquité > par des lois
par les intérêts même de la
authentiques,
ce
partie, enfin, , par tout
qui pouvair servir à le rendre légitime! Mais il
érait parmi eux des hommes qui abusèrent
ment du pouvoir qu'ils avaient sur leurs semblables. étrange-
--Quelle contrée n'offre pas des
de ces abus de puissance, du fort exemplesnombreux
Dans le fait,
contre le faible?
pourquoi ne les punisait-on pas
reusement? Erait-ce leur
rigoul'insouciance
faute, ou bien celle de
des
des lois
gouvernemens et de l'insuffisance
; et n'ett-il pas dépendu d'eux de faire
disparzitre le contraste révoltant de la barbarie de
quelques-tns, - 2 avec Phumanité et la
du grand nombre?
bienfaisance
Des hommes grossiers et se connaissant
trop peu
--- Page 224 ---
(216)
eux-mémes, pour savoir ce qu'ils devaient à leurs
semblables, n'avaient que tropjustifié ce reproche;
mais qu'avait de commun leur brutalité avec les
vertus du grand nombre; et s'il érait nécessaire de
ramenerles individns et l'opinion dansleurs véritables
bornes, fallait-ildonc mettre en usage des moyens ter.
ribles, quisous
prétextedecorriger, onrtout confondu,
tout anéanti ? Certainement , si un peuple entier
pût être jamais légitimement l'objer d'un traitement aussi barbare aucun ne le mérita moins. J'adjure cenx qui le connaissent, ou qui ont vu le portrait qui 6 en a été cracé par des plumes irrécusables.
Jamais hommes,au milien de la corruption et des
vices que tout conconrait à fomenter, ne conservèrent plus de cette candeur, de cette droirure et de
la noble simplicité qui distinguait les
peuples anziques. Bon, généreux 3 confiant, également incapable de trahison, de licheté et de bassesse
> jamais
Phofpiralité ne fut exercée d'une manière plus touchante, jamais l'infortune n'essaya en vain d'émouvoir l'âme sensible et compatissante du Créole :
tendre époux, père encore plus tendre, aussi bon
maitre que bon ami et bon concitoyen, -la nombreuse
populacion libro 2 qui couvre la colonie, attesre sa
bienfisance, et nulne porta plas orgneilleusement
le titre de Frangyis. Ses vertus étaient a lui,ses vices
ceux de son tems, et si son âme s'ouvrit à la corruption et aux préjugés,e fucle fruit de l'exemple
issante du Créole :
tendre époux, père encore plus tendre, aussi bon
maitre que bon ami et bon concitoyen, -la nombreuse
populacion libro 2 qui couvre la colonie, attesre sa
bienfisance, et nulne porta plas orgneilleusement
le titre de Frangyis. Ses vertus étaient a lui,ses vices
ceux de son tems, et si son âme s'ouvrit à la corruption et aux préjugés,e fucle fruit de l'exemple --- Page 225 ---
(217 )
de lEaropéen avide, qui venu pour accumuler des
richesses, et pressé de retourner dans ses
trouvait aucun
foyers, ne
& apprit
moyen illégicime pour y parvenir 1 >
térêt.
insensiblement à sacrifier la justice à l'inEnfin, sans étude, sans instruction
des vertus antiques semblait
3 le germe
s'ètre
son caeur, et iln'avait de
réfugié dans
tiennent à une vive
défauts, que ceux qui
sensibilité 3 la
l'orgueil et une fierté
promptitude,
nément.
qu'on ne blessait jamais impuTels sont pourtant les hommes
avec les plus noires
qu'on a peint
bares, qui foulaient couleuts, qu'on traite de barmanité
aux pieds tout sentiment d'hu-
; de furieux qui, plutôr que de
leurs préjugés, avaient
renoncer à
fortunes de leurs
préféré de renverser leurs
vendu leur
propres mains; de trftres qui ont
patrie à
des barbares!..
Allez,
Temnenis
calomniateurs, allez à
formez-vous si jamais leurs Saine-Domingne, ; inau spectacle du
cceurs restèrent froids
malheur, lorsqu'il
de l'adoucir : demandez à
dépendir d'eux
contrées, dont
ceux qui ont visité CCS
si
vous avez fait un portrait si
jamais on s'y fit seulement
hideux,
déchirans
une idée des maux
qui frappent
joutnellement vos
que vous vous empressez si
de
yeux, s et
les noirs
peu calmer : voyez si
même, > bien meins crueis
tout confondu, et si dans l'état de que vous 3 Ont
avez mis, ils ont
fureur où vous les
également immolé l'innocent etle
si
vous avez fait un portrait si
jamais on s'y fit seulement
hideux,
déchirans
une idée des maux
qui frappent
joutnellement vos
que vous vous empressez si
de
yeux, s et
les noirs
peu calmer : voyez si
même, > bien meins crueis
tout confondu, et si dans l'état de que vous 3 Ont
avez mis, ils ont
fureur où vous les
également immolé l'innocent etle --- Page 226 ---
(218)
coupable : consultez-les danslecalme, et demandezleur lequel est aujourd'hui plus barbare à leurs
yeux, de Thomme qui les conduisait paisiblement,
ou de celui qui a abusé de leur simplicité,
les
pour
Pousser à commettre mille forfaits. Iis ont sacrifié
leur fortune à leurs préjugés, et leur patrie à l'ennemi : c'est-à-dire, qu'ils ont 2 en résistant ou en
fuyant, dérobé leur existence au danger d'une mort
certaine.
La première imputation n'excite
que la pitié et ne mérite pas qu'on la repousse.
Quant àla seconde, que celui qui est sans reproche
leur jette la première pierre : n'en est-il aucun d'entre vous qui ait été chercher, dans l'étranger, un
asyle contre les périls qui le menagaient; et n'y eûtil pas opposé une vigoureuse résistance, s'il l'avait
jugé possible ? Eh!c croyez-vous que l'affreux instrument qui ponrsuivait vos têtes, fûr plus terrible
que la torche et le poignard de l'Africain soulevé?
maisil y a bien plus : des infortunés, forcés d'abandonner cette terre de crimes 2 sont allés chercher un
refnge chez un peuple hospitalier et ami de leur patrie : ils soit déclarés émigrés, et comme tels
crits, et leurs fortunes adjugées au fisc pros-
(*) Le message adressé au corps législatif le.. relativement à la confiscation des fortunes des prétendus émigrés de
Suint-Doringue, suppose, dans celuiquia fourni des renseignemens au directoire exécutif, ou bien de l'ignorance, ou une
bien ridicule exagération, On n'en fait pas monterl'estimation à
peuple hospitalier et ami de leur patrie : ils soit déclarés émigrés, et comme tels
crits, et leurs fortunes adjugées au fisc pros-
(*) Le message adressé au corps législatif le.. relativement à la confiscation des fortunes des prétendus émigrés de
Suint-Doringue, suppose, dans celuiquia fourni des renseignemens au directoire exécutif, ou bien de l'ignorance, ou une
bien ridicule exagération, On n'en fait pas monterl'estimation à --- Page 227 ---
(219)
Hommes inhumains!
prenez-les ces fortunes; c'est
un tort bien léger de
l'état oir
plus pour eux à essuyer 3 vu
vous les avez réduites : mais condamner,
sans les
entendre, 3 des êrres aussi innocens
malheureux ! mais leur interdire à
que
jamais le droit
moins de deux milliards d'écus, valeur
observation à cette riche assertion, En métallique Voici une
estimatif dressé
1776, , d'après un calcul
pour asseoir l'impesition, O11 trouva
le
revenu général de cette année était de
que
ce qui en l'estimant, le 8 du fond, quatre-vingt-dix millions,
millions. La colonie
donneraicun capiral de 720
depuis cette
ayant considérablement accru sa culture
époque, mettons quel le revenu ait
est au moins
tiercé, ce qui
année de la beaucoup. Ainsi, en porcant en 1790, dernière
splendeur de Saint- Domingue, son exportation
générale à 135 millions, cela ferait un capiral de 1080 millions.
Maintenant faites hypochériquement la distraction de la fortune des émigrés : comptez-y le tiers, la moitié, les trois
ou bien même la totalité, si vous voulez, des Colons quarts,
falquez-en ensuite le Prix des esclaves devenus
: démaient, , au moins, la moitié de la valeur d'une libres, qui forvous verrez ce que deviennent les deux milliards habitation, et
P. S. Je dois pourtant observer
d'écus...
reuse contre les Colons,
que cette mesure rigougislatif, ou elle fut accueillie solemnellement proposée au corps 16commission
avec chaleur, et renvoyée à une
dans
pour en faire un prompt rapport, est
un oubli
depuis restée
à
profoud.Je serais dans l'incertitude sur ce
ya craindre ou à espérer de ce silenre, s'il
qu'il
de présumer, d'après les événemens
n'y avait lieu
que le
arrivés Postéieurement,
gouvernement a déjà acquis bien
lumières.
del'expétience et des
proposée au corps 16commission
avec chaleur, et renvoyée à une
dans
pour en faire un prompt rapport, est
un oubli
depuis restée
à
profoud.Je serais dans l'incertitude sur ce
ya craindre ou à espérer de ce silenre, s'il
qu'il
de présumer, d'après les événemens
n'y avait lieu
que le
arrivés Postéieurement,
gouvernement a déjà acquis bien
lumières.
del'expétience et des --- Page 228 ---
(220)
de respirer l'air de leur patrie ! Peut-on se jouer plus
indignement du malheuryer si quelques hommesont
été capables d'autant d'immoralité et de barbatie,
est-il concevable qu'ils aient pu abuser à ce point
de la crédulité du grand nombre ! On fait un crime
aux réfugiés de Saint-Domingue, dans les EtatsUnis, de n'avoir pas abandonné cette terre hospitalière, pour rentrer en France ou dans leurs foyers,
comme s'ii existait une loi antérieure qui le leur
eût enjoint 5 ou comme si des misérables qui n'ont
rien pour se substanter, étaient capables de se déplacer et d'encreprendre un voyage long et dispendieux. Je m'arrête : aussi bien dois-je craindre de
parler à des sourds. C'est ici une des ramifications
d'une machination rénébreuse que mes faibles efforts
ne sont pas capables de déjouer. O vous, de qui
il dépend d'effacer tant d'horreurs, que ne puis-je
dissiper le nuage qui vous empêche de pénétrer
dans C3 mystère d'iniquité! Mais si la vérité toute
entière ne pour encere se faire entendre, livrezvousdu moits aux plus simples mouvemens de PhumaniesdoiBajadiserobwes les bras à desinfortunés
plus dignes d'intérét que de blâme, et vous verrez
comme ilssyprécipiteront : promettez-leur protection et sûreté ; couvrez-les de votre égide contre la
fureur de leurs persécuteurs ; ouvrez devant eux une
nouvelle carrière à parcouxir 2 et bien:ôt oubliant
se faire entendre, livrezvousdu moits aux plus simples mouvemens de PhumaniesdoiBajadiserobwes les bras à desinfortunés
plus dignes d'intérét que de blâme, et vous verrez
comme ilssyprécipiteront : promettez-leur protection et sûreté ; couvrez-les de votre égide contre la
fureur de leurs persécuteurs ; ouvrez devant eux une
nouvelle carrière à parcouxir 2 et bien:ôt oubliant --- Page 229 ---
(2ir)
hîne, vengeance et malheurs passés, ils ne s'occuperont que de les réparer et de relever les
de leuts fortunes et de la fortune
débris
publique,
Quoiqu'il en soit, le concours des Colons
de
blancs
Saint-Domingne est nécessaire à sa
Le talent de l'architecte
restautation.
qui dirige et
pas moins essentiel à la perfection de surveille,n'ese
s'élève que les travaux des nombreux l'édifice qui
y sont occupés. Eux seuls
ouvriers qui
sont intéressésà
ser rapidement les
en pousseuls
progrès, et à la consolider : eux
peuvent vaincre les difficultés
au succès d'une
quis'opposerone
entreprise dont il n'est
se peindre
pas aisé de
limportance et la grandeur: eux seuls
enfin sont capables de se charger de la direction de
travaux qui exigent, en physique et en
des connaissances
mécanique,
trop supérieures à
du noir le plus exercé. Ils sont
lintelligence
pour conduire la
nécessaires, 3 de plus,
population vers le double but auquel elle doit tendre, la prospérité de la
splendeur de la colonie, et
France, la
2 la liberté. C'est à leur
excmple qu'elle apprendrai Farcourir seulela carrière
qui lui est ouverte, qu'elle s'instruira, et
dentifiera tellement avec
qu'elle s'iplus à
PEuropéen, qu'on ne verra
Saint-Domingne, > que même esprit, même
macuts, même tendance, et que la couleur seule
pourra faire distinguer les hommes d'une différente
origine. Il est une foule d'individus utiles
également y
qu'il faut
rappeller ou y retenir, et que le malheur
arcourir seulela carrière
qui lui est ouverte, qu'elle s'instruira, et
dentifiera tellement avec
qu'elle s'iplus à
PEuropéen, qu'on ne verra
Saint-Domingne, > que même esprit, même
macuts, même tendance, et que la couleur seule
pourra faire distinguer les hommes d'une différente
origine. Il est une foule d'individus utiles
également y
qu'il faut
rappeller ou y retenir, et que le malheur --- Page 230 ---
(222)
Mais
en chassent journellement:
ou Pinoccopation
moment à perdre , et lerépour cela iln'y a pas un
un
tablissement de Saint-I Domingue ne tient qu'à
souffle peut rompre. Les colonies
cheveu 2 qu'an
de ses débris. Elles ont inespagnoles senrichissent
hommes à talent,
sensiblement attiré à elles, nos
habiles rafineurs, forcés d'aller chercher
nos plus
sentant
et du travail chez un peuple , qui
un asyle
leur a ouvert les
rout le prix de cette acquisition, 7
l'or et
SC les artacher,
bras $ et leur prodigue > pour
nombre
brillantes faveurs. Deja un grand
les plus
de leurs atteliers, qui se sont volonde Colons, suivis
attachés à leur fortune, ont abandonné
tairement
malheureuse. Le perit nombre de ceux
cette contrée
maintenir encore, sous la protecquiseforcenrdes esyn
de
à la
forcés de fuir ou s'exposer
tion de T'étranger 2
d'avoir osé défendre
vengeance, comme coupables
contre
leurs familles et leurs proptiétés
leurs vies,
l'exemple des
tarderont pasàsuivre
les brigands,ne
leurs noirs fidèles, fonpremiers > et ils iront avec ailleurs. Le sol vierge
der de nouveaux érablissemens:
leurs travaux
fécond de Portorico n'artend que
et
colcnie Aorissante. La vaste Cuba
pour devenir une
secours,
les appelle, et leur offre avec empressement,
des terres fertiles à cultiver; et bientôt
protection 3 et
notre active industrie
que
ces posessions espagnales,
de nos décondamnait à Tinurilité, vont s'enrichir
des Françaismème,
adivertinenpslaucemt
de nouveaux érablissemens:
leurs travaux
fécond de Portorico n'artend que
et
colcnie Aorissante. La vaste Cuba
pour devenir une
secours,
les appelle, et leur offre avec empressement,
des terres fertiles à cultiver; et bientôt
protection 3 et
notre active industrie
que
ces posessions espagnales,
de nos décondamnait à Tinurilité, vont s'enrichir
des Françaismème,
adivertinenpslaucemt --- Page 231 ---
(2 223 )
au rang brillant que les nôtres
ment perdu. La cession
auront irrévocableinucile à la France,
même dela partic espagnole
la
3 tournera à leur
centralisation de la
avancage > par
moyens de culcure population et de tous leurs
due. Encore
, dans une moins grande étenune fois, il ue faut rien
n'y a pas un instant à
négliger, il
les hommes à talens perdre , si l'on veut retenir
s'échapper.
et une partie des bras prèts à
les forcent L'infortune de
et une persécution atroce
fuir; mais le
cessé de couler dans leurs
sang français n'a pas
aucun d'entr'eux
veines. Dans un tems où
ne pouvait prévoir l'horrible
pête que la révolution devait
temiln'en est aucun
attirer suir leurs tètes,
qui ne se sentit enflammé de
thousiasme de la
l'enliberré; et si, au lieu de les
pousser, la patrie leur tendait une main
retous s'empresseraienr de la saisir
bienfaisante,
pect, et lui prouveraient
avec amour et rescapables pour elle.
bientôt de quoi ils sont
Je n'ai, jusqu'ici, parlé
des
et des règles auxquelles
que
devoirs du noir
il serair nécessaire de le soumertre, parce que les principaux obstacles
posent à une restauration et à lastabilité
quis s'opordre de choses,
d'an meilleur
dépendant de sa
me suis uniquement
manière d'etre; je
même
appliqué à les lever. Je
traité la question
n'ai
n'est pas ici le lieu d'un que très-sucinctement : ce
érendu; et je n'ai eu en vue développement plus
que de présenter les
quelles
que
devoirs du noir
il serair nécessaire de le soumertre, parce que les principaux obstacles
posent à une restauration et à lastabilité
quis s'opordre de choses,
d'an meilleur
dépendant de sa
me suis uniquement
manière d'etre; je
même
appliqué à les lever. Je
traité la question
n'ai
n'est pas ici le lieu d'un que très-sucinctement : ce
érendu; et je n'ai eu en vue développement plus
que de présenter les --- Page 232 ---
(114)
bases les plus essentielles d'un nouveau systême COlonial. Mais pour couper court à toute fausse interdéclare
traçant les devoirs que le
prétation, 3 je
qu'en
moins
noir aurait à remplit, je ne regarde pas comme
sacrés, ,et moins inviolables, ceux qu'il est important
blanc, et généralement à tout ce qui
d'imposer,au
deporterait le titre de maître : ce titre ne serait pas
succession de tems, si odieux, si la passion
venu , par
qui dilâtent les passions propres
des succès etl'intérêt,
à retrécir l'ame, tout en étouffant celles qui peuvent
n'avaient fait perdre de vue les exemples
l'élever,
des premiers qui le prirent. Je ne crois pas impossible
et d'y artacher
d'affaiblir un préjugé désavantageux,
idée honorable, en fixant d'une manière irrévoune
l'homme de bien,
cable, des devoirs qui s pour
naissent de la chose même, mais que d'autres peutoubliraient facilement > si on ne prenait soin
être
dele leur rappeller. Mais encore une fois, cen'est pas
la difficulté; et il serait toujours tems d'y
Ja que git
obstacles seraient
revenir > lorsque les principaux
de former
applanis, et qu'il ne s'agirait plus que
et raisonné. Il suffit de dire, que
un plan général
n'envisage plus des
sous le nom de maitres , je
à Pimhommes, à qui il serait permis de se livrer
de leur caractère; ; humains, s'ils étaienr nés
pulsion
si la nature
doux et sensibles; cruels et insoucians,
leur avait donné un coeur inflexible et dur; uniqueà satisfaire leur ambition, et saisissant
ment occupés
sans
'agirait plus que
et raisonné. Il suffit de dire, que
un plan général
n'envisage plus des
sous le nom de maitres , je
à Pimhommes, à qui il serait permis de se livrer
de leur caractère; ; humains, s'ils étaienr nés
pulsion
si la nature
doux et sensibles; cruels et insoucians,
leur avait donné un coeur inflexible et dur; uniqueà satisfaire leur ambition, et saisissant
ment occupés
sans --- Page 233 ---
(225)
sans choix tous les moyens
d'y parvenir. Non
qui se présenteraient
inclinations
!j'entends ployer également leurs
et les astreindre à des
muler
règles, Oil les stilorsqu'ellesy seront conformes. En un
veux qu'il soit ce qu'il doir être
mot, je
désormais
: je veux. qu'il soit
pour ses coopérateurs, ce qu'un
ferme, mais tendfe, est pour. ses
père,
nos antiques
enfans; ce qu'étaient
çons-le de pattiarches pour leurs serviteurs. Forréconnaitre, s'il n'est pas
sentir par
capable de le
n'est
lnismême, que sa mission, que son droit
pas d'opprimer des malheurenx, mais de
leurs travaux. 2 et de titer de leur industrie diriger
fruits qui se concilient avec la
tous les
Si le doux sentiment
justice et Phumanité.
de la
) délicieux qui découle du compassion, 3 si le plaisic
rien
bien qu'on a fait, n'était
pour son cour, conduisons-le
la
effrayons-le, en lui mettant devant par crainte, s
punition que la loi
les yeux, et la
luidestine, et les dangers:
T'exposerait tôr - ou - tard une
auxquels
faisons tomber de ses
le vengeance légitime :
en lui
yeux bandeau de Ferreurs
déniontrant, qu'il a bien plus à
l'homme heureux et
atrendre de
reconnaissant,
est réduit par l'infortune à
que de celui qui
mêler ses
sueurs.
larmes à ses
Jes suis loin de déguiser la
nombre
vérité et les torts d'un
plusou moins grand de Colons des
mais ceux qu'on leur reprochait,
Antilles:
loin de
étaient souvent bien
lcurappartenirs et l'on a,
Tome JI,
plus d'une fois,
P
, qu'il a bien plus à
l'homme heureux et
atrendre de
reconnaissant,
est réduit par l'infortune à
que de celui qui
mêler ses
sueurs.
larmes à ses
Jes suis loin de déguiser la
nombre
vérité et les torts d'un
plusou moins grand de Colons des
mais ceux qu'on leur reprochait,
Antilles:
loin de
étaient souvent bien
lcurappartenirs et l'on a,
Tome JI,
plus d'une fois,
P --- Page 234 ---
(226).
rejetté sur eux le blâme d'actions faites par des
laissa trop facilement refluer, et
hommes qu'on y
les
dont ils ont eu - pent-erre, autant à souffrir,que
ici sur la nécessité
noirs même. Je ne pèserai pas
d'ètre plus difficile sur le choix de ceux qui sortent
aller aux colonies : maisilfaut
de la métropole pour
brutalité des consoustraire dorénavant le noir à la
qui
ducteurs mercenaires, de ces hommes grossiers
exercer leur dureté et leur intolécommençant par
finissaient souvent par
rance sur les noirs des autres,
furent
devenir les bourreaux des leurs, dont les vices
la colonies et dont l'insolence a préun Aléau pour
paré de Ioin tous ses malheurs: Enfin, repoussons
où le bonheur, fondé sur le traloin de ces climats,
seul déheureuse activité, doit régner
vail et une
dis-je, ces horribles usages
sormais; repoussons-en,
abusé.
dont des coeurs féroces ont si inhumainement
infâme punisse à l'instant Phomme
Qu'une mort
semblable un
coupable qui oserait s'arroger sur son
ni de la loi, ni de la nature.
droit qu'il ne tient
vices qui
Ecattons-en mème, s'il est possible, ces
tendent à corrompre, avec le tems 2 cet heureux
de choses dont je me forme lidée, et dont
ordre
être
que par la sagesse et
la durée ne peut
garantic
Texécution des lois.
par
suspend subitement la
Mais une réfexion pénible
,àla consodouce hilarité dont mon ame se remplizsait,
après tant de désastres,
lante idée de rétablissement
vices qui
Ecattons-en mème, s'il est possible, ces
tendent à corrompre, avec le tems 2 cet heureux
de choses dont je me forme lidée, et dont
ordre
être
que par la sagesse et
la durée ne peut
garantic
Texécution des lois.
par
suspend subitement la
Mais une réfexion pénible
,àla consodouce hilarité dont mon ame se remplizsait,
après tant de désastres,
lante idée de rétablissement --- Page 235 ---
(2 227 )
tant de déchiremens:
et d'ordre et d'harmonie après
Cette réfexion nait d'un inconvénient grave, et calui seul de neutraliser tant d'espérances et
pable
à y obvier. On sent comd'efforts, si l'on ne parvenait
enchaînement de malheurs a dû porter
bien un si long
à la population, non - seulement des blancs,
coup
des noirs. La licence 2 les combats, et
mais encore
manifestèrent
par-desus tout , les maladies qui se
eux dès après leur soulèvement, et contre
parmi
défendus par les soins
lesquelles ils n'étaient plus
avaient en deux ans seulement moissonné
ordinaires, considérable d'hommes. Les moyens
un nombre
n'existaient plus; et des
usicés de remplacement
hordes livrées au désordre et à une vieactive et agitée
Il faut joindre à ces
ne pouvaient se reproduire.
de Biassoût,
les bandes de Jean-Frânçois et
perres
refusées à touta accommodequi se sont constamment
II
on ne doit plus compter:
ment, et sur lesquelles
nombreux
ont, >
encore les noirs
2 qui
faut y joindre suivi la fortune de leurs maitres, et
en divers tems >
dà
avec eux dans les colonies espaqui ont
passer inutile de chercher ici à fixer au juste
gnoles. Il est
St-Domingue
la masse d'hommes perdus pour
noire de Saint-Domingue était en 1790,
(*) La popularion
des calculs faits sur les
d'environ 460 mille ames. D'après
diminution était déjà
lieux, par approximation, en 1793 ,la
avaient dû doua
de 100 mille ames. J'estimais que les pertes
Pa
les colonies espaqui ont
passer inutile de chercher ici à fixer au juste
gnoles. Il est
St-Domingue
la masse d'hommes perdus pour
noire de Saint-Domingue était en 1790,
(*) La popularion
des calculs faits sur les
d'environ 460 mille ames. D'après
diminution était déjà
lieux, par approximation, en 1793 ,la
avaient dû doua
de 100 mille ames. J'estimais que les pertes
Pa --- Page 236 ---
(228)
Maiiqu'onjenelesyens surla Vendée; qu'onconsidère
les cffers désastreux de ce genre de guerre, et l'on jucombien doitêtre immense le nombre qui a péri
gera
de toutes
depuis cinq ans d'une guerre accompagnée
et
par les effets particuliers
ses horreurs, aggravée
du nord la plus imdu climat. C'est sur la partie
elle fut le
portante de toures, que les fléaux dont
pésé : c'est celle à lafoyer, ont particalièrement
de rendre la vie et P'actiquelle il est le plus urgent
avoir été
vité, et c'est précisément celle qui, après
le centre du mouvement et des ressources coloniales,
est réduite au point de ne pouvoir s'aider, qu'en
secours. Une fois que le
obtenant les plus puissans
calme sera rétabii, quels seront les moyens propres
à réparer les pertes de bras que cette partie et les
autres ont essuyées ?
contre
ici mes objections
Je ne renouyellerai pas
cultiver les denrées
de faire
le projet chimérique
Je ne m'écoloni S par des mains européennes.
destendrai plus sur les effets terribles de ce climat
d'hommés
la nature n'a,
tructeur 2 silr une espèce
que livré à
faits pour lui. Quiconque s'est
quelques
pas
les intérêts politiques de TEurope 7
méditations sur
sait bien
et sur ceux de la France en particulier,
venues récemment de cette colobler depuis ; des persennes maintenant aux trois cinquièmes de
me, croient qu'elles vont
la totalité,
ennes.
destendrai plus sur les effets terribles de ce climat
d'hommés
la nature n'a,
tructeur 2 silr une espèce
que livré à
faits pour lui. Quiconque s'est
quelques
pas
les intérêts politiques de TEurope 7
méditations sur
sait bien
et sur ceux de la France en particulier,
venues récemment de cette colobler depuis ; des persennes maintenant aux trois cinquièmes de
me, croient qu'elles vont
la totalité, --- Page 237 ---
(229)
à la
des divers états,
ce qu'il en ccûzait
pepolation
allaient
l'émigration de ceux de. leurs sujets qui
par
qui toujours recevait,
tenter fortune en Amérique,
rendait ratement, et n'en devenait pas plus peuplée:
la
de ces hommes n'avaient
et pourtant
plupart
les Afticains
d'autre occupation que de, diriger
dans des travaux qui leur étaient exclusivement
serait-ce donc, si changeant à l'aabandonnés. Que
les blancs
venir cet ordre de choses, O:l chargeaic
Eumanuels de Pagriculture ! si des
des travaux
ropéers qui, vûi leur petic nombre, ne manquaient,
abordant dans cette contrée opulente et hosdès en
ni même d'une certaine
pitalière > ni de soins 3
influences
succombaient presque tous aux
aisànce 2
rémalignes de Ce climat; comment y pourront
foule d'hommes envoyés à la fois, pour
sister une
de la culture colonitle?
vaquer à tous les travaux
le
soutiendraientils les fatigues qu'exige
Comment
desterresjcomments enfin se feraient-ils
défrichement
inaccoutumée ? Car les subsisà une subsistance
en CC
et les ressources
genre,
tances européennes la facilité de se les procurer
que Thabitude et
sufisantes pour
faisaienr trerdclamsimpae,ésiet
ellesneleseraient
unpetic nonbaedeconcunsaung onéreuses à fournir à la
plos, et deviendraient top
chad'une contréecèja
masse. enrière desculrivarents
de porter quela plas
leur retthumidiréne permettent
farine de ehNenamnegn
pure
P3
tances européennes la facilité de se les procurer
que Thabitude et
sufisantes pour
faisaienr trerdclamsimpae,ésiet
ellesneleseraient
unpetic nonbaedeconcunsaung onéreuses à fournir à la
plos, et deviendraient top
chad'une contréecèja
masse. enrière desculrivarents
de porter quela plas
leur retthumidiréne permettent
farine de ehNenamnegn
pure
P3 --- Page 238 ---
( - 230) )
le
aux vivres du pays : mais quiils, avec
tems,
connait Saint-I Domingue : > sait bien que 2
conque
soit par dégoût réel, on ne put
soit par orgueil,
jamais vaincre sur ce : point la répugnance d'hommes,
dont la plupart ne mangeaient en Europe qu'un
noir et grossier. - Mais il est une considépain
moins
La
ration particulière et non
importante.
des hommes qui passnierit liperte presqu'assurée
et dont le
brement de France à Saint-Domingue,
en
de tems, la moitié s
climat emportait 2
peu
qui en
était compensée par les grands avantages
résultaient par sa population intérieure, et peutêtre 'méme était plus que réparée par l'accroissement
qu'occasionnent toujours le bonheur et l'aisance.
Mais les circonstances sont bien changées. Dans
où la France, se trouve par la
Fétat d'épuisement
longue
révolution , et par les effets d'une guerre
non seulement elle ne pourrait fournir
et sanglante ,
suffisant d'hommes
à Sain -Domingue un nombre
entreprendre les travaux de sa culture, mais
pour
faire, désormais, le sacrifice
encore elle ne.saurait
Il entie
envoyait communément.
de ceux qu'elle y
de la colonie,
dans mon plan d'ouvrir les portes
accueillir avec faveur tout étranger qui vouet d'y
et en même tems
drait sy établir et travailler 5
l'entrée à ceux de ses
d'en fermer provisoirement
d'un capropressujets qui ne pourraient pas justifier
piral suffisant pour y former quelques entreptises
ormais, le sacrifice
encore elle ne.saurait
Il entie
envoyait communément.
de ceux qu'elle y
de la colonie,
dans mon plan d'ouvrir les portes
accueillir avec faveur tout étranger qui vouet d'y
et en même tems
drait sy établir et travailler 5
l'entrée à ceux de ses
d'en fermer provisoirement
d'un capropressujets qui ne pourraient pas justifier
piral suffisant pour y former quelques entreptises --- Page 239 ---
(23t) )
succès. J'ai fixé plus haur,en parlant des terres
avec
le mode à suivre, envers les étrngers
vacantes ,
de l'occupation dans la COvenus pour chercher Pexamen des moyens de la, relonie. Revenons à
peupler.
des partisans de la
Un des plus forts argumens
immédiate et absolue, est que toure Foliberté
bienfaisant, repropulation qui vit sous ce régiine
les
au-delà même de ses besoins, et que
duit
devenus libres, suffiraient
noirs de Saint-Domingue
sans
aux besois de Pagriculture,
avant long-tems
usités pour les recruter. Ils
recourir aux moyens
observe dans tout
prennent pour exemple, ce qu'on
sur-tout dans les Eut-Unis
état bien gouverné,
J'observerai
leur indépendance.
d'Amérique > depuis
de cctte dernière contrée
d'abord que la population
d'elle-mème, mais
ne s'est pas accrue seulement d'hommes de toutes les napar le concours immense
et Allemands,
2 Écossais, Irlandais
tions, Anglais
existence
douce.
qui sont allés y chercher une
plus
aux autres états, cette comparaison, plus spéQuant
des
tempérés de TEurope
cieuse que juste 2
pays
les deux tropiques,
avec une colonie placée entre
des maeurs,
infirmée
la différence des climats,
est
par
La liberté ne tend à favoet par leurs effets connus.
chez les
riser les accroissemens de la population que
dont les instjtutions sociales tendent
nations policées
de T'espèce hue
plas ou moins à la reptoduction
P4
, cette comparaison, plus spéQuant
des
tempérés de TEurope
cieuse que juste 2
pays
les deux tropiques,
avec une colonie placée entre
des maeurs,
infirmée
la différence des climats,
est
par
La liberté ne tend à favoet par leurs effets connus.
chez les
riser les accroissemens de la population que
dont les instjtutions sociales tendent
nations policées
de T'espèce hue
plas ou moins à la reptoduction
P4 --- Page 240 ---
(232)
maine. Mais il est constant que sous les climats brtlans de P'Afrique, comme sous la zône-torride
ou
tempérée de T'Amérique, , les peuples sanvages sont
égulmnsacechaic-simis, peu nombreux, et diminuent
de plus en plus, Il est vrai que le sauvage américaia
en générai, est froid, et peu porté > par tempérament, à se reproduire: mais le noir africain, au COntraire 3 est entraîné vers l'amour
physique par un
penchant irrésistible et presque furieux, et l'on voit
pourtant également peu populeuses , et les nations esclaves qui vivent sous la ligne, , et le caffre
qui,sous un ciel plus cempéré, jonit paisiblement de
la liberré. Il faut croire, d'après l'évidence,
les
climats n'infuent pas moins que. les moeurs que sur
les progrès de la population, et
les
que
région, eXposées aux rayons brilans du midi ne furenr pas destinées 2 par la nature, à contenir autant dhommes
que les régions tempérées et même froides. Pour
revenir à mon objet, je citerai pour
la
exemple 5
popularion blanche des colonies ; non celle des
Européns transplantés, que tout concourt à détruire, mais celle des familles acclimatées et désignées sous le nom distinctif de Créoles. Il
est certain qu'elles produisent beaucoup, mais il
ne l'est pas moins qu'elles forment, en dernier
résulent, une masse peu nombreuse et toujours décroissante S par l'effer désastreux des maladies
sous
qui,
ce climat, assiégent l'enfance et la détruisent
blanche des colonies ; non celle des
Européns transplantés, que tout concourt à détruire, mais celle des familles acclimatées et désignées sous le nom distinctif de Créoles. Il
est certain qu'elles produisent beaucoup, mais il
ne l'est pas moins qu'elles forment, en dernier
résulent, une masse peu nombreuse et toujours décroissante S par l'effer désastreux des maladies
sous
qui,
ce climat, assiégent l'enfance et la détruisent --- Page 241 ---
(233)
en dépit de tous les soins. Je ne
pourtant pas, qu'en établissant à
déreepérerais
un régime sobre, , des mocurs aussi Saint-Domingue
étaient
réglées qu'elles
disolnes, autant de modération qu'il y avait
d'intempérence, > et en extirpant dans la
présente des habitudes
génération
cipe l'existence de la quiattaquene dans son prinsespérerais
génération fauure; je ne depas, dis-je 2 qu'on ne parvint à
tous les ages et l'enfance
préserver
fléaux qui les
sur-tour, d'ane partie, des
tint
atraquent, 3 et qu'à l'avenir on n'obune balance égale entre les naissances et les
talités, entre les pertes et les
morque soit sous ce climar, la remplacemens. Quelle
ier le torrent des
tendance aux voluptés
passions, - je ne regarderai pas, ainsi
que beancoup d'antres, cet amendement
inespérable. Pour ce qui est de la vie
comme
climat y porte naturellement à la sobriété, animale, le
Les
opposés ne sont qu'une suite des habitudes gofrs
dans le principe par les hommes
établics
plèrent les
grossiers gui peupremiers cette colonie. Rien ne
mieux que c'est un goût
prouve
Français
érranger, que de voir le
transplanté se gorger de liqueurs fortes, et
TEspagnol, qui habite sous le même ciel; n'en
goûrant jamais. Les plaisirs de l'amour
tous un attrait violent : il serait
y ont pour
de prévenir les désordres
facile, peur être,
voir
qui en résultent,
sans blesser les
d'y pourmaeurs, > et même, par des lois
sages et prévoyantes, de diriger ce goût vers un but
ais
érranger, que de voir le
transplanté se gorger de liqueurs fortes, et
TEspagnol, qui habite sous le même ciel; n'en
goûrant jamais. Les plaisirs de l'amour
tous un attrait violent : il serait
y ont pour
de prévenir les désordres
facile, peur être,
voir
qui en résultent,
sans blesser les
d'y pourmaeurs, > et même, par des lois
sages et prévoyantes, de diriger ce goût vers un but --- Page 242 ---
J
(234)
entièrement favorable à la popularion. De pareils
n'empècheraient pas qu'une libre carrière
réglemens
à l'éclat, à tout ce qui tend
ne fit ouverte au luxe,
à Aatter le sentiment, non moins fort sous ce climat,
de l'ostentation et de l'orgueil, dont les résultats
branche du domaine des
forment la plus importante
métropoles. douteux qu'une espèce de coalition
Iln'est pas
la
coloredoutable s'était formée contre population
était réduite à rien par l'avarice inniale, et qu'elle
l'infortune, et par
souciante > par le libertinage, par
du climat. La disparution de toutes ces
les influences
les effers; et il
causes peut faire également disparaitre
rendant l'état du noir plus
est permis d'espérer qu'en
tous les
doux et moins arbitraire, en lui prodiguant
Thumanité commande et qu'il a droit
soins que
Fenfance un oeil attentif et toud'exiger, en fixant sur
qui lai menacent 5 en
jours prètà à détoumerlesdangers
faisant
honorant,sur-tout, le nom de mère, , etenen
titre assuré à la considération et à un redoubleun
est
dis-je,
ment d'attention et de bienfaits;il permis,
la mortalité qui pèse sur la population
d'espérer que
nojre
ses ravages s et qu'elle prendra
> suspendra
Maisenfin, quelque fondées
d'heureux accroissemens.
et les moyens de les réaliser,
que soient ces espérances
il faut, avant tout, remplacer les pertes 9 augmenter
progresivement, et par des moyens étrangers, la
jusqu'au nombre exigé par les besoins
population
d'attention et de bienfaits;il permis,
la mortalité qui pèse sur la population
d'espérer que
nojre
ses ravages s et qu'elle prendra
> suspendra
Maisenfin, quelque fondées
d'heureux accroissemens.
et les moyens de les réaliser,
que soient ces espérances
il faut, avant tout, remplacer les pertes 9 augmenter
progresivement, et par des moyens étrangers, la
jusqu'au nombre exigé par les besoins
population --- Page 243 ---
(235)
présens et à venir de la colonie. Attendra-t-on
avantages des seuls accroissemens de
ces
d'hommes à
ce qui reste
Saint-Domingue 5 et faut-il ajourner sa
restauration jusqu'à ce que la génération actuelle ait
suffisamment peuplé? J'abandonne Thonneur d'une
pareille idée à ces hommes à qui des projets brillans
coftent d'autant moîns, qu'ils
leur exécution. Mais
s'inquiettent peu de
à
après tout > comment faire face
un intérêt si pressant? Pour
qu'un
moi,je ne connais
moyen : c'est la traite... Homme
sible, en qui ce mot seul excite un sentiment. sennible, suspens un instant ton
pée
m'entendre
jugement, et dnigne
jusqu'au bout !
Jusqu'ici on a peut-être jugé la traite des
moins en la considérant en elle-méme,
noirs,
résultats bons ou mauvais. On a
que d'aprèsses
barbare un
appellé spéculation
commerce qui a pour objet d'arracher des
hommes au climatqui les a vu naitre,
planter dans des
pour lestrànspays lointains, où ils sont censés être
soumis à de durs travaux et aux traitemens les
inhumains.
plus
Dautres,pour qui il était utile et avantageux, > le regardaient comme
la base fondamentale
juste, parce qu'il était
de colonies
poussaient
Aorissantes, et re-
, comme étant les ctis calomnieux de
l'envie, l'énumération des maux qu'il entraînait...
Ce commerce était condamné
il était consacré
par Thumanités mais
par Iusage d'une longue suite de
siècles. Il était révoltant; mais il était
érayé par les
our qui il était utile et avantageux, > le regardaient comme
la base fondamentale
juste, parce qu'il était
de colonies
poussaient
Aorissantes, et re-
, comme étant les ctis calomnieux de
l'envie, l'énumération des maux qu'il entraînait...
Ce commerce était condamné
il était consacré
par Thumanités mais
par Iusage d'une longue suite de
siècles. Il était révoltant; mais il était
érayé par les --- Page 244 ---
2 236 )
golits, par les passions universelles, par les besoins set
la rivalité de toutes les nations commerçantes, enfn
par le nouveau système politique anquel la découverte de l'Amérique avait soumis lEurope entière . A Dieu ne plaise que je cherche à excuser
ce qu'ilayait d'odieux et de criminel,'et ce qui le
fut d'autant plus à mes yeux, qu'on eût pu le faire
disparaitre sans cesser la traite, et la rendre ainsi,
sinon légitime, du moins aussi tolérable qu'elle pou-.
vair létre ! Rien n'empéchair les narions qui la faisaient d'en atténuer les manx, en l'exerçant avec
toute l'humanité dour elle était susceprible; etje publie ici hautement la distinction honorable que la
nôtre sut mériter à cet égard. Le caractère sensible
du Français se manifesta constamment jusques dans
ce commerce réproavé, qu'il faisait avec des égards,
dont on eût vainement cherché des exemples chez la
plupart des autres nations. Aussi son nom n'était-il
pas entendur sur ces côtes avec autent d'effroi que
celui du dur Anglais: il étoit plus dificile sur le
choix ; et toutes les précautions dont s'environnaic
cette nacion' - ombrageuse et défiance, et qui tendaientàrendre plus pesans les fets de ces malheureux,
se bornaient, chez lui, à ce cu'exigeait impérieusement une sage prudence. Enfin la traite n'elt pas
paru si criminelle Si on n'eât pas rendu les hommes
traités si malheurenx. Je pense avoir également, sur
ce point > preparé les esptits à un changement; et je
; et toutes les précautions dont s'environnaic
cette nacion' - ombrageuse et défiance, et qui tendaientàrendre plus pesans les fets de ces malheureux,
se bornaient, chez lui, à ce cu'exigeait impérieusement une sage prudence. Enfin la traite n'elt pas
paru si criminelle Si on n'eât pas rendu les hommes
traités si malheurenx. Je pense avoir également, sur
ce point > preparé les esptits à un changement; et je --- Page 245 ---
(237)
à rien moins qu'ala faire envisager sous
ne prérends
un autre point de vue.
et des
Jene m'armerai point ici des raisonnemens
de justifier la
faits allégués par ceux qui entreprirent
même ce genre d'opémation
traite des noirs. Quand
il efit
commerciale eût été légitime par lui-mème, 3
rendre illégitime à mes yeux, de la masuffi, pourlé était exercée par la plapart des marnière dont elle
étaient la suite.
chands européens et des abus qui en
les
L'eussent-ils faite d'un commun accord avec tous
dont elle était susceptible,
égards et toute Thumanité
la seule conelle devenait encore abominable 2 par
sidération des maux auxquels un nombre plus ou
était destiné, selon
moins grand de ces malheureux le bonheur O1l le
les mains dans lesquelles ils avaient
la même
malheur de tomber. Mais ici ce. n'est plus
à Palternative et
chose, le noir, ne sera plus exposé
homme
de devenir le serviteur d'un
à Fincertitude
ou d'ètre la bête de somme
humain et bienfaisant,
des
d'un maître brutal et avare. La loi le met dlabri
des traitemens arbitraires : sa perspective
caprices et
de souffrir
la mort,
n'est plus de travailler et
jusqu'à
heuiais d'obtenir la liberté; et en attendant, il sera e
milieu des travaux auxquels il se livrera
reux, au colon ile
de ses soins > et pour une
pour le
qui paiera
certaine, le
patrie qui lui assure, pour récompense
plus précieux des bienfaits.
Mais s'il était heureux en Afrique, pourquoi
itemens arbitraires : sa perspective
caprices et
de souffrir
la mort,
n'est plus de travailler et
jusqu'à
heuiais d'obtenir la liberté; et en attendant, il sera e
milieu des travaux auxquels il se livrera
reux, au colon ile
de ses soins > et pour une
pour le
qui paiera
certaine, le
patrie qui lui assure, pour récompense
plus précieux des bienfaits.
Mais s'il était heureux en Afrique, pourquoi --- Page 246 ---
(238 )
l'en arrachef, quand ce serait même pour le rendre
plus heureux ailleurs a J'avoue que ce n'est pas
précisément-là ma pensée 2 et que le bonheur du
noir n'est pas mon objet immédiat; ce que je puis
dire de plus favorable à la traite, c'est qu'elle est un
et balancé par une foule de biens.
mal nécessaire ,
Il ne faut rien moins que la conviction intime que ce
essentiellement à la prospéricé de
commerce importe
d'en
la France, pour que je m'occupe des moyens
la durée. Mais outre cet intérêt précieux
prolonger
s'il était
de fonder sa légitimité
et immense,
permis
le
3 je peindrais.
sur des considérations particulières
véritable état du noir en Afrique : je dirais combien
il; vit malheureux et avili sous un joug, non moins
y
celui du despotisme européen, et qu'il
pesant que
existence précairé que se disputent
n'y traîne qu'une
Je dirais que la
les animaux farouches et ses tyrans.
la faiblesse jusqu'au sein des
verge de fer yiaccable
du
la mère de l'éfamilles, quele fils est esclave père,
comme celui-ci d'un autre; et que la preuve
poux,
sur cette classe
incontestable des maux qui pèsent
d'hommes à la fois ignorans et corrompus, sauvages
bornés et adonnés à tous les vices, est
er rampans >
avec ardeur . >
T'usage même où ils sont de se prèter,
odieux trafic. Mais si on le cessait P Eh bien !
à cet
dévoreraient
ils
ils se
ce serait pis;
ségorgeraient,
ont au
comme autrefois, et les liaisons européennes
moins le léger avantage, aux yeux de Thamanité,
èsent
d'hommes à la fois ignorans et corrompus, sauvages
bornés et adonnés à tous les vices, est
er rampans >
avec ardeur . >
T'usage même où ils sont de se prèter,
odieux trafic. Mais si on le cessait P Eh bien !
à cet
dévoreraient
ils
ils se
ce serait pis;
ségorgeraient,
ont au
comme autrefois, et les liaisons européennes
moins le léger avantage, aux yeux de Thamanité, --- Page 247 ---
(239)
moins barbares, mieux
qu'ils sont devenus un pen
et
leur
disposés à un' meilleur ordre de choses, que leurs
de se livrer librement à
présence, les empêche
horribles goûrs.
reconnais que la traite
Mais du moment que je
biens, vouloir en
quelques
est un mal qui produit
sactifier tous les
la durée, n'est-ce pas
prolonger de la morale à de vaines et coupables conprincipes
coûter davantage, s
sidérations ? Quand il en devrait
devrions renoncer entièrement à notre
et que nous
à un luxe inutile , ct
commerce s à nos jouisances,
anéantissons
être réduits à nos ressources naturelles,
criminel ! La nature a assez fait pour nous,
cet usage
notre bonheur d'un
sans que nous fassions dépendre
à
abus qui l'afflige : renonçons à notre opalence, coûter
si leur maintien. doit nous
notre industrie, de
cher, Thonneur; ce qui
ce qu'une nation a plus
La
Phonore le plus 5, fhumanité et la vertu..
Thumanité ! noms chers et sacrés, si convertu !
autrefois à l'oreille de l'homme
solans , si doux
banale le remplit
de bien > et dont linvocation
le
de
d'effroi, et semble être
sigual
aujourd'hui
affliction ! Soyons sde bonne foi:
quelque nouvelle
servir ces hommes
est-ce bien elles qu'entendsient
occasionné
qui les ont tant proclamées 3 et qui ont
de maux en leur nom ? Sommes - nous plus
tant
nous ont forcés de faire
vertueux, maintenant qu'ils
non a
de si douloureux sacrifices, non à la vertu,
le remplit
de bien > et dont linvocation
le
de
d'effroi, et semble être
sigual
aujourd'hui
affliction ! Soyons sde bonne foi:
quelque nouvelle
servir ces hommes
est-ce bien elles qu'entendsient
occasionné
qui les ont tant proclamées 3 et qui ont
de maux en leur nom ? Sommes - nous plus
tant
nous ont forcés de faire
vertueux, maintenant qu'ils
non a
de si douloureux sacrifices, non à la vertu, --- Page 248 ---
(240)
Thumanité, mais à leur phantôme ? Que nous
sommes loin, hélas ! d'être en état de recueillir les
fruits d'une action si belle ! Dans les tems où nous
nous trouvons > n'est-ce pas la semence jettée dans
une terre aride, stérile et destituée des sels
à en développer le germe ? A quoi nous servirait- propres
elle, d'ailleurs, si nous ne parvenions pas à persuader
aux nations qui nous environnent, d'imiter notre
exemple? Les tems ne sont plus oà chaque peupie
restait isolé, et pouvait concentrer tous ses intérêts,
toutes ses affections en lui-méme : nous sommes trop
voisins s nos liaisons avec eiles, fondées sur nos
macurs, nos usages, nos goûts et nos jouissances
particulières, et encore plus sur les grands intérêts
généraux 2 sont trop solidement cimentées > pour
que nous puissions les briser. Rien ne peut se passer
chez nous qui ne doive influer sur elles; rien chez
elles qui ne doive influer sur nous : il faudra de
toute nécessité que nous les changions, ou qu'elles
nous changent. Que nous
adoptions, je suppose 2
les mceurs âpres de Sparte, ses étoffes grossières et
sa frugalité, se modeleront-elles sur nous. 3 ou faudra-t-il que nous en revenions tôt ou tard à nous
modeler sur elles P Je consens admettre, contre les
probabilités fondées sur l'histoire des
ee
peuples, 2
contre la preuve que déjà nous fournissons nousmêmes, que de corrompues nos mours deviendront
pures er sévèrcs : en supposant à toute force, qu'au
présent,
ffes grossières et
sa frugalité, se modeleront-elles sur nous. 3 ou faudra-t-il que nous en revenions tôt ou tard à nous
modeler sur elles P Je consens admettre, contre les
probabilités fondées sur l'histoire des
ee
peuples, 2
contre la preuve que déjà nous fournissons nousmêmes, que de corrompues nos mours deviendront
pures er sévèrcs : en supposant à toute force, qu'au
présent, --- Page 249 ---
(241)
présent, ce changement consiste dans
de plus que des mots, il est
quelque chose
il deviendra
certain, qu'alavenir,
illusoire, et qu'il se détruira infailliblement, s par l'effet des exemples dont nOHS
vironnés : car s'il en faut croire Phistoire serons enet les
qu'elle nous offre, ce n'est pas le peuple sobre leçons
doit changer celui qui est
qui
corrompu 2 mais bien
celui-ci,qui doit parvenir à
tôt
le peuple sobre.
corrompre
ou tard
Lacédémone, victorieuse et dominatrice de la Grèce entière
Athènes ni Corinthe,
2 ne séduisit jamais
par l'exemple de ses
et de ses lois, et finit par s'affaiblir
meeurs
leurs. D'ailleurs
en adoptant les
revenons toujours à ce
constant, dans le tems que les hommes étaient principe
vicieux, et qui a acquis un bien plus
moins
de force et de vérité dans
grand degré
notre état de
c'est que dansles sociétés, et
corruption :
jusques dans la
tout est un mélange de biens et de
nature. >
balance dans cet univers où
maux : tout se
être aussi
l'excès du bien
dangereux que l'excès du
peut
pas, je crois,
mal; et ce n'est
> aux hommes actuels qu'il
d'interrompre cet harmonie. Sages modernes appartient
un peu de bien autour de
&
! faites
la
vous, et ce sera assez
vertu : que dis-je ? faites un
pour
et ce sera
peu moins de mal +
beaucoup pour Phumanité
?
Il ne s'agit que d'examiner une chose
hommage est le seul
S et cet
entendue
qu'exige une délicatesse bien
: il suffira pour calmer les
Tomz II.
scrupules. Le
Q
'il
d'interrompre cet harmonie. Sages modernes appartient
un peu de bien autour de
&
! faites
la
vous, et ce sera assez
vertu : que dis-je ? faites un
pour
et ce sera
peu moins de mal +
beaucoup pour Phumanité
?
Il ne s'agit que d'examiner une chose
hommage est le seul
S et cet
entendue
qu'exige une délicatesse bien
: il suffira pour calmer les
Tomz II.
scrupules. Le
Q --- Page 250 ---
(242)
sort des noirs sera-t-il meilleur aux Antilles que dans
leur pays natal, et ne peut-on, par des soins et par des
institutions humaines, enlever à la traite ce qu'elle
a de révoltant? Je crois avoir répondu précédemment
a la première question. J'ajouterai sommairement
qu'iln'ya qu'une fausse pitié, qui puisse désormais
trouver maiheureux des êtres arrachés à un état d'inertie, d'abjection et de souffrance, pour les éclairer,
les-combler de bienfaits, et les préparer, insensiblement à un état de liberté et de bonheur, moyennant quelques conditions douces et légitimes, 3 dont
on trouve l'exemple chez toutes les nations policées, dans ces hommes qui,dans une situation moins
triste, : et pour des avantages bien moins précieux,
renoncent momentanément à leur liberté, sont soumis à une discipline bien plus rigoureuse 2 et
ignorent les jouissances dont les noirs seront environnés. On pourrait encore, comparer ceux-ci, au sortir
d'Afrique, à ces sauvages primitifs, que des législateurs tirèrent du milieu des bois et de la barbarie,
pour leur donner des lois, et qui consentirent à
échanger une partie de la liberté qu'ils tenaient de
la nature , contre les avantages de la civilisation.
"Quant à la seconde question, le seul changement
opéré dans le régime colonial, doit nécessaitement en
entrainer dans la traite, et en faite disparaitre tout
ce quiluiserait tcontraire. D'ailleurs,dans) l'une comme
dans l'autre, il ne faut que des réglemens sages,
bois et de la barbarie,
pour leur donner des lois, et qui consentirent à
échanger une partie de la liberté qu'ils tenaient de
la nature , contre les avantages de la civilisation.
"Quant à la seconde question, le seul changement
opéré dans le régime colonial, doit nécessaitement en
entrainer dans la traite, et en faite disparaitre tout
ce quiluiserait tcontraire. D'ailleurs,dans) l'une comme
dans l'autre, il ne faut que des réglemens sages, --- Page 251 ---
(343 )
prévoyans et vigoureux, dont le succès serait
par des récompenses décernécs à
affermi
gueraient par leur attention à les ceux qui se distindes punitions infligées, à
observer, et par
de les enfreindre.
ceux qui auraient laudace
dont Quelques personnes ont CrIl voir dans la
les colonies
manière
blancs.
europcennes étaient
s Je modele du mode à
peuplées de
peupler à l'avenir. de noirs. Les suivre pour les,
mens de Saint-Domingie
premiers établisseviage d'hommes traités furent, il est vrai, l'ouavec lesquels les
en Europe : de ces engagés
a encore ides
miens auront tant d'analogie.
peuples, les Anglo - Américains, Iyi
exemple, qui par ce moyen
Par:
lation aux > dépens des
augmentent leur
honmes maitres
autres états : mais c'étair popa-; des
de disposer
donnaient et se donnent
d'eux-mémes, qui se
mayennant une légère encore s pour un tems fixe,
rances. Ici la
rétribucion et quelques espse;
qu'on irait demander comparaison n'existe plus. C'est en
à lAfrique de ces
vain:
volontaires pour les
cultivareurs'!
ces hommes
transporter à
ne peuvent s'expatrior Ssinc-Damingaey
craite nes s'y fair que d'esclaves
gratuitemenr. Las
ou de
vendus à prix d'argent,
J'ai déji marchandises, observé
par ceux de qui ils
que ce négoce demandait dépendentir de
avances, que le
grosses
commergant ne
qu'il a la certizude de
peur faire
bénéfice.
Se défiire de sa traite qu'abtant
Or, qui pourrit lui rembourser
avec,
ses capie
Q2
craite nes s'y fair que d'esclaves
gratuitemenr. Las
ou de
vendus à prix d'argent,
J'ai déji marchandises, observé
par ceux de qui ils
que ce négoce demandait dépendentir de
avances, que le
grosses
commergant ne
qu'il a la certizude de
peur faire
bénéfice.
Se défiire de sa traite qu'abtant
Or, qui pourrit lui rembourser
avec,
ses capie
Q2 --- Page 252 ---
(244)
taux, dans une colonie où tout individu serait libre;
et où l'on ne pourrait, par le seul fait de cette liberté, n'en exiger ni services ni travail? Dans mon
hypochèse, au contraire, le négociant pourrait aller
avecseaunts,chercher des cultivateurs; ils lui seraient
payés, dans la colonie, en pioportion de ses frais
et des fruits que l'acheteur serait en droit d'en es-,
pérer, pendant les vingt-quatre ans de servitude
légale.
De plus , il ne faut pas seulement considérer la
traite, par rapport aux bras qu'elle procure aux COlonies ; on le doit encore du côté des avantages imdirectement à la métromenses qu'eile rapporte
pole, avantages sur lesquels je me suis déjà suffisamment étendu. Mais > dans la nouvelle traite, il faut
encore envisager le bien opéré en faveur de l'humanité, et l'honorable exemple donné à toutes les
nations de l'Earope. Détruisez VOS colonies, elles
s'artacheront de plus fort à conserver les leuts. Abolissez pour vous l'usage de la traite 5 elles feront
quelques réglemens insignifians pour appaiser les
clameurs, mais elles continueront de sy livrer. Mais
introduisez-y un mode nouveau et plus humain :
redoublez encore la vénération, que les peuplades
africaines eurent roujouts pour le nom français > en
redoublant ces soins, cette générosité compatissante,
quile faisaientdéja chérir : continuez de leur fournit
les matchandises nécessaires à leurs besoins 5 et vous --- Page 253 ---
(14))
n'obriendrez pas la préférence , et si
verrez si vous
forcées de se modeler
les nations rivales ne seront pas
soit
Pattrait seul d'une action génésur vous,
par
à la louange
reuse et éclatante, et pour participer être dans la
atrachée,soit parintérêt, ,et peutquiyest
odieuse avec un
crainte d'offtir une disparate trop
de l'hormagnanime, et de devénir l'objet
peuple mêne de la vengeance des Africains.
reur et
colonial. Dans le
Il en sera de même du régime
imination ne nous
systême que je combats, 3 nulle
colteux, et
que l'exemple serait trop
tera, parce
moins sensibles à la gloire d'une
que toutes seraient
secrette de s'apaction bienfaisante, qu'à l'espérance
les biens que nous laisserions s,inconsidéproptier échapper. Mais dans celui que je propose,
rément,
tôt ou tard de s'y conformer,
aucune ne manquera les fruits à venir égaleront la
par la certitude que
grandeur du sacrifice, et par une sage prévoyance
incalculables qui pourraient résulter de
des maux
feraient leurs noirs, de leur sort
la comparaison que
la rivacelui des notres. Qu'on ne craigne plus
avec
d'un ceil
lité de TAngleterre ; qu'on ne voie plus
dont elle menace notre injaloux, les établissemens dans le Bengale, , et ceux
dustrie et nos colonies,
fondemens à Sierraplus réels dont elle a jetté les
De semblables essais ne conviennent qu'à un
lione.
les plus vastes ressources, 5 et
peuple qui possède
Q3
sort
la comparaison que
la rivacelui des notres. Qu'on ne craigne plus
avec
d'un ceil
lité de TAngleterre ; qu'on ne voie plus
dont elle menace notre injaloux, les établissemens dans le Bengale, , et ceux
dustrie et nos colonies,
fondemens à Sierraplus réels dont elle a jetté les
De semblables essais ne conviennent qu'à un
lione.
les plus vastes ressources, 5 et
peuple qui possède
Q3 --- Page 254 ---
(246)
cliezqui, mille branches forissantes de spéculations
rendront torjouis insensibles, les non-réussites particlles qu'il pourrait éprouver. Il n'appartenair qu'à
lin Énr, qui malgré son opulence et son immense
commerce 3 ne possédait que de médiocres isles à
sucre, de chercher, par tous les moyens, à égaler
l'avantage que la France avait, à cet égard > sur
lui. Les malheurs de Saint-Domingue ont favorisé ses cfforts au-delà même de son attente. L'état
d'inurilité dans lequel des projers absurdes et impolitiques menacent de la plonger à jamais, tend
à les favoriser encore plus. Mais si on adopte un
plan sage, conforme à tous les intérêts 2 et qui
pare àtout, que pourrait-onavoirà craindre de toute
entrep:ise éttangère? Quelle compataison y aurait-il
entre une isle de 480 lienes de tour > assainie par
des défrichemens multipliés, dont un tiers serait
couvert de richesses, et dont le reste > composé de
rerreins vierges et féconds, 5 conserverait de vastes
espéranccs pour plusieurs générations : quelle rivalité, dis-je, pourrair s'élever entre une parcille
posression, et guciques misérables érablissemens
jettés au milieu des lagunes infectes et mortifères
des côtes d'Afrique? La France n'a qu'à le vouloir:
à S2 voix, les cendres qui couvrent Saint-Domingue
se convertiront en engrais producteurs de nouvelles
sichesses; et cette colonie sera à toutes les colonies
vastes
espéranccs pour plusieurs générations : quelle rivalité, dis-je, pourrair s'élever entre une parcille
posression, et guciques misérables érablissemens
jettés au milieu des lagunes infectes et mortifères
des côtes d'Afrique? La France n'a qu'à le vouloir:
à S2 voix, les cendres qui couvrent Saint-Domingue
se convertiront en engrais producteurs de nouvelles
sichesses; et cette colonie sera à toutes les colonies --- Page 255 ---
(247)
ce
le chêne vigourcux et
en ce genre 2
qr'est
son
les faibles arbustes auxquels
touffu, 2 pour
débile.
ombre ne laisse qu'une existence
des
Je conclus donc au maintien de la traite
ait suffisamments supplée aux
noirs,jusqu'à ce qu'elle
De
besoins présens et à venir de Saint-Domingue.
manière.
venant alors à cesser, et les affranque
snccesivement,
chissemens continuant de s'opéret
d'une masse suffila colonie se trouverait peupiée
libre. Elle serait soigneusesante et généralement
laticude serait donnée 2LL
ment enconragée > et toute
national
s'y livrer, en se conforcommerce
pour
ferait à cet
mant strictement, aux réglemens qu'on
Les mêmes spécnlations continueraient 5 les
égard.
autant
mêmes marchandises 3 de fabrique française,
seraient importées sur la côte d'Aque possible 2
ainsi
cela est soufrique. Mais loin d'abuser,
que
de la simplicité des peuples qui P'hàvent arrivé,
achever d'érablir parmi eux l'opibitenr, et pour
nion honcrable attachée au nom français s' ce comserait fait de bonne-foi, et avécla Tir
plus exacte
merce
hommes
fermes et éclairés, 2
équité. Des
probes.,
seraient envoyés dans les divers comptoirs de Guinée,
surveiller les marchands nationaux, et
soit pour y
scit pour faire
y faire exécuter les lois y relatives,
sous
connaître aux peuples, 2 les nouveaux principes
lesquels la France entend maintenit ses liaisons.
avec eux. Les directeurs des anciennes compagnies.
Q4
et avécla Tir
plus exacte
merce
hommes
fermes et éclairés, 2
équité. Des
probes.,
seraient envoyés dans les divers comptoirs de Guinée,
surveiller les marchands nationaux, et
soit pour y
scit pour faire
y faire exécuter les lois y relatives,
sous
connaître aux peuples, 2 les nouveaux principes
lesquels la France entend maintenit ses liaisons.
avec eux. Les directeurs des anciennes compagnies.
Q4 --- Page 256 ---
(248)
d'Afrique, dont les talens contribuèrent souvent à
leurs succès 5 étaient dans T'usage de traiter euxmêmes un certain nombre de noirs qu'ils livraient
ensuite aux navires français > pôur les transporter
aux Antilles. Il en résultait une grande prompritude
dans les opérations, et de faire connaitre leur nation dans les contrées intérieures, ou elle était aultrefois, considérée en proportion de l'habileté et
du mérite de ceux qui ly représentaient. Cet usage
me semblerait bon à renouveller, comme propre à
simplifier la traite, à en écarter les abus, et à faire
disparaitre, > par la confiance er l'affection qui suivent
toujours la loyauté et Thumanité, les préjugés que
le noir a dû concevoir contre tout marchand
d'hommes.
Ces opérations ne seront confiées qu'à . des hommes
mûrs > expérimentés et de maeurs douces et honnêtes. On sera aussi très-difficile sur le choix des
officiers et des équipages; et on leur accordera des
avantages propres à les dédommager d'une discipline
sévère, et capables de leur faire regarder comme
une grace ou une récompense : 2 d'être employés dans
ces expéditions. Les navires, soit qu'ils traitent les
noirs par eux-mèmes, soit qu'ils les prennent dans
les dépôts formés par les directeurs, ne pourraient,
sous les peines portées par la loi, se charger que d'un
nombre fixe et proporcionné à la capacité du bàtiment. Ils auraient un équipage suffisant et bien arré:
sévère, et capables de leur faire regarder comme
une grace ou une récompense : 2 d'être employés dans
ces expéditions. Les navires, soit qu'ils traitent les
noirs par eux-mèmes, soit qu'ils les prennent dans
les dépôts formés par les directeurs, ne pourraient,
sous les peines portées par la loi, se charger que d'un
nombre fixe et proporcionné à la capacité du bàtiment. Ils auraient un équipage suffisant et bien arré: --- Page 257 ---
(2 249 )
à bord, et l'on prenune police exacte serait'esercée sûreté
;
les mesures de
indispensables
drait toutes
libres, et l'on ne pourmais les passagers seraient
manifesteraient
rait donner des fers qu'à ceux qui
de
caractère dangereux , qui seraient soupçonnés
un
se seraient rendus coumauvaises intentions , ou qui
négligé pour
délit. Rien ne sérait
pables de quelque
et le capimaintenir le bon ordre et la décence; veillerait
des évènemens,
taine qui serait responsable les débanches des gens
à prévenir le libertinage et
soumis à ses ordres.
hommes >
Dès leur entrée à bord, lès eraités 3
seraient fournis d'un pagne >
femmes et enfans, ,
couverts : une
qu'ils restassent
dont on exigeraient
abondante qu'il serait
nourriture aussi saine et aussi
fournie trois fois
leur serait régulièremént
toute néposible,
tout abus et
par jour : et pour prévenir
le directeur segligence sur cet article important,
jours
d'aller à bord la veille, ou quelques
rait tenu
faire la visite scrupuleuse des
avant le départ, pour
s'assurer qu'ils sont
vivres et des boissons, et pour
la loi. Tout
suffisans et de la qualité ordonnée par
à une
, serait condamné
navire en contravention
ce quil eût
forte amende, ,et serait retenu jusqu'i
sévères
et des peines
rempli la quantité prescrite,
infligées à celui qui oserait compromettre
seraient
hommes confés à ses soins > en transl'existence des
frustrant son.intence qu'elle exige et en
gressant --- Page 258 ---
(250 )
tion bienfaisante. Tous les soins, > toutes les attentions de la plus tendre humanité leur seraient accordés; ; et pour les distraire des regrete qui pourraient leur rester,on les exciterait à se livrer à la
danse et à tous les jeux que le lieu comporterait.
Toute licence et toute brutalité des gens de l'équipage serait rigoureusement réprimée; 5 ct l'on veillerait à ce qu'il ne leur fûc tenu que des discours
rassurans > et àce qu'on,ne se fit pas un jeu d'aggraver leur douleur, en les trompant, et en remplissant leur imagination de craintes effroyables
sur leur sort à venir. On les y préparerait, au coiltraire, en chetchant à leur donner une idée du sort
qui leur est destiné. A cer effet, une partie des
équipages des navires destinés pour la côte, serait
composée autant que faire se pourrait,'de matelots noirs, > sages , affectionnés, et capables, par leur
intelligence > de porter dans l'ame de ces êtres intéressans et toujours disposés à juger de l'avenir par
le présent, la consolation, le calme et l'espérance.
Il en résulterait le double et inappréciable avantage d'atténuer dans leur principe, les causes primitives de maladies, dont l'ame est presque toujours la source, et de répandre sur les côtes de Guinée, un préjugé qui pourrait être suivi des plus
heureux fruits, et faciliter nos opérations,
En arrivant au lieu de leur destination, on enverra à bord des noirs de leurs nations respectivesa
'avenir par
le présent, la consolation, le calme et l'espérance.
Il en résulterait le double et inappréciable avantage d'atténuer dans leur principe, les causes primitives de maladies, dont l'ame est presque toujours la source, et de répandre sur les côtes de Guinée, un préjugé qui pourrait être suivi des plus
heureux fruits, et faciliter nos opérations,
En arrivant au lieu de leur destination, on enverra à bord des noirs de leurs nations respectivesa --- Page 259 ---
(251)
achever de les rassurer, et d'éloigner tout
pour
Ces hommes, choireste d'incertitude sur T'avenir.
charsis parmi des sujers sûirs et intelligens, seront
d'oflice, de les interroger, et d'écouter leurs
gés
de leur légitimité d'après les
plaintes. Ils jugeront
témoignages, et ils en feront leur repport pour y
être avisé. Cette mesure est d'autant plus imporla
grande partie des maux qui artante, que plus
sont dûs à la
rivent pendant la traversée et après,
des matelots 5 et rien ne doit être négrossièreté
gligé pour les contenir.
la vente
Enfin, après quelques jours de repos,
s'ouvrirait selon la méthode usitée 3 mais non dans
avec toutes les ruses et les sule vaisseau même,
La cargaipercheties qu'on a coutume d'employer.
serait mise à terre, dans des hangards faits exson
et bien aérés , ou l'on veilprès, vastes, proptes
décence et nuln'y
lerait à ce que tout se fit avec
acheter, et serait muni,
pourrait pénétrer que pour
du vaisà cet effer, d'un permis du propriéeaire acheté
seau arrivé, ou de ses préposés. Tout sujer
et avant de déplacer, vêtu par
serait sur le champ,
la
de vêTacquéreur, selon le costume et qualité
fixés
les ordonnances, pour tous les en-'
tement
par Il sera inscrit sous le nom nougagés en général.
de leur imposer ,en arveau qu'on est dens l'usage
à l'effct de constater
rivant, sur un registre public, --- Page 260 ---
(252)
l'époque où son engagement a commencé; et une
expédition en forme lui en sera délivrée.
Ici je m'arrète Le sentiment rapide du
bien,et la douce espérance qui ont guidé ma plume
et m'ont entraîné dans un songe agréble, 2 s'évanouisentiout-i-cosp, à la seule idée qui vient encore s'offrir à mon esprit, > non seulement de la
difficulté qu'ily aura à vaincre la prévention, et à
obtenir l'accueil que méritent un projet si simple
et des vues aussi saines, mais encore pour tirer du
sein de la France > réduite au dernier excès de Pépuisement > les ressources immenses qu'exigerait leur
exécution. J'oserais bien répondre des fruits abondans qu'elle ne tarderait pas à en retirer 5 mais où
sont,avant tout, les moyens nécessaires, pour relever
le colosse d'une colonie accablée sous tous les genres
de maux : Où sont ses trésors, ses manufactures,
son commerce > et ses matelots ? En supposant la
bonne volonté, la France est peu capable, en ce
moment, d'un si grand effort 5 et pourtant le succès dépend de la rapidité qu'on mettra à le poursuivre. Je ne connais qu'un rémède à cet inconvénient grave : le voici, Ouvrez provisoirement les
ports de la colonie à l'étranger : admettez à participer à VOS spéculations, ces peuples recommandablés par leur modération, dans des tems de malheur et de crise, qui ont senti le contre-coup des
la France est peu capable, en ce
moment, d'un si grand effort 5 et pourtant le succès dépend de la rapidité qu'on mettra à le poursuivre. Je ne connais qu'un rémède à cet inconvénient grave : le voici, Ouvrez provisoirement les
ports de la colonie à l'étranger : admettez à participer à VOS spéculations, ces peuples recommandablés par leur modération, dans des tems de malheur et de crise, qui ont senti le contre-coup des --- Page 261 ---
(253)
à
et qui sont prèts
malheurs de Ssinte-Domingue, concourir à les répaprodiguer leurs trésors, pour
manière d'opérer
rer. Qu'on ne dise pas que cette France et au profit
de la
tournerait au déttiment
coloseul Oui,si les cargaisons
de l'étranger
venir directement dans nos
niales ne devaient pas
de là
être vendues ou transportécs
ports, pour y
dans
même momentanément,
ailleurs : n'admettez vaisseaux de la côte , qui pourla colonie, que leurs
denrées coloniales, et
ront se charger en retour de
sacrées et mises
dont les créances seront déclarées
ne leur
nationale. Pour le reste >
sous la garantie
qu'ade commercer à Saint-Domingue Par.là
permettez
des.
français.
vec des vaisseaux et
équipages la métropole
rapidement 5
la colonie se peuplera
la partie principale
remplira, en artendant mieux ,
chose et.
de son objet : et à tout prendre 3 quelque encore mieux
d'un avenir brillant, valent
d'un
T'espérance
de la misère et
que rien et que Ia porspective
de plas en plus.
dénfiment qui s'aggravera long-tems sur cet article 2
Je n'insisterai pas plus
mieux que moi, le
laissant à ceux qui s'y entendent
ou d'en trouver un meilleur,
soin de le développer
de terminer
s'ilexiste. Là finit mon objet. Il est tems
cet
long et trop long
speacaneupeanisees
ouvrage
ma faible voix :
j'en ose espérer. Car que peut
que
efforts d'un individu isolé, qu'on
que peuvent les
dont il brûle pour sa
quelque soit T'amour
rangera, ,
mieux que moi, le
laissant à ceux qui s'y entendent
ou d'en trouver un meilleur,
soin de le développer
de terminer
s'ilexiste. Là finit mon objet. Il est tems
cet
long et trop long
speacaneupeanisees
ouvrage
ma faible voix :
j'en ose espérer. Car que peut
que
efforts d'un individu isolé, qu'on
que peuvent les
dont il brûle pour sa
quelque soit T'amour
rangera, , --- Page 262 ---
(254)
patrie > et la pureré de ses intentions, au nombre
de ceux qui, parce qu'ils n'encensent pas une opinion
dominante, n'ont que des iiprécations à entendre,
et la défaveur à espérer ? Peut-étre aussi
me
que
jugeant d'après l'amertume dont mon ame est abreuvée, et que je n'ai pas été maitre de retenir, on
me confondra avec ces hommes qui, force de desirer le malheur de leur pays, finissent par se persuader qu'il est infaillible. Commeiçans, manufacturiers eragriculeurs ! c'est à vous de me seconder,
vous Per qui et pour qui Saint-Domingue était tout !
C'est trop long-tems abandonneriligrernce et à l'aveugle prévention, des intérêrs que vous seuls pou-.
vez connaitre p et sur. lesquels on n'i pas daigné vous
consulter. Faites entendre ces réclamations puissantes
et respectables, qui arrottientaurrefois le despotisme
même. Sortez, sortez enfin de cet état de nullité
ohle malheur vous a mis; et dans lequel une crainte
honteusé et indigne de vous,semble vous retenir
encore ! Faites, il en est tems, connaitre la vérité
dont le langage ne saurait être suspect dans votre
bouche. Présentez-rous avec la sage fermcré qui
convient aux minist res du borheur et de la prospérité publique, etn'oubliez pas que laf pusillanimité
des hommés qui voalaienr le bien, et Ja tiédeur
qu'ils ont mise à le soutenir, n'ont pas moins contribué à tant de maux, que l'ardenr et l'incroyable
acharnement de ceux qui les ont opérés C'est
urait être suspect dans votre
bouche. Présentez-rous avec la sage fermcré qui
convient aux minist res du borheur et de la prospérité publique, etn'oubliez pas que laf pusillanimité
des hommés qui voalaienr le bien, et Ja tiédeur
qu'ils ont mise à le soutenir, n'ont pas moins contribué à tant de maux, que l'ardenr et l'incroyable
acharnement de ceux qui les ont opérés C'est --- Page 263 ---
(155)
ainsi
la pattie , à laquelle votre sott est
à vous,
qu'à
consacré ce faible tribut de
étroitement lié, que j'ai
zèle : c'est de vous seuls que jattends un ju- -
mon auquel je me soumettrai avec respect 2 quel
gement
votre suffrage, et que
qu'il puisse être. Sij'obrenais
le bien
mes vues vous parussent capables d'opérer
de
attends, n'hésitez pas de les adopter et
que j'en
concilie tout,
prendre sous vos auspices; tin plan qui
éloigné des abus anciens et
et qui est également
revêtu de votre sancde Texagération moderne. Que
il aille
telle en est la nécessité,
tion,
2 paisque
l'ont
sous les yeux de ceux qui.veitumblbloment. et
condamné d'avance, et dont la plupart, juges
le
redoutable qui
parties, n'ont appliqué
pouvoir
de leurs af-.
était entre leurs mains, qu'au triomphe
Peut-ètre que les circonstances
fections particulières.
al'évidence.
n'étant plus les mèmes, ils se rendront
que le passé ne rend que
Si Par une cbstination
sensibles à la conils étaient peu
trop présumable,
le seront-ils
sidération du bien général, pent-étre
davantage à celle de leur propre intérêt. S'il a pu
être pendant un tems, de dissoudre jusqu'aax bases
de.la félicité publique, il ne leur importe pas moins
de les rérablir : dites-leur que la puisaujourd"hui
est née du désordre, de la confusance même, qui
consolider
sion et de l'anarchie, ne peut se
que
intérieure. La
par l'ordre, la paix et la tranquillité
ne se mainticnnent que par
paix et la tranquillité
'il a pu
être pendant un tems, de dissoudre jusqu'aax bases
de.la félicité publique, il ne leur importe pas moins
de les rérablir : dites-leur que la puisaujourd"hui
est née du désordre, de la confusance même, qui
consolider
sion et de l'anarchie, ne peut se
que
intérieure. La
par l'ordre, la paix et la tranquillité
ne se mainticnnent que par
paix et la tranquillité --- Page 264 ---
(236) )
le travail, Pindustrie et le bonheur ; eux seuls petie.
vent calmer l'effervescence des hommes qui luiont"
servi -
d'instrumens pour s'élever, et qui tourneraient
tôt. ou tard contre elle, l'énergie qu'ils ont déployée pour ses intérêts, si on ne se hâtait de fournir des alimens à leurs besoins et à leur activité.
Dites-leur que les passions exaspérées peuvent, momentanément, tenir lieu de tout à un grand peuple, >
comme l'ardeur d'une fèvre brûlante contribue à
soutenir les forces d'un malade; mais qu'iln'est point
lni de bonheur solide sans commerce, , ni de
pour commerce sans colonies : que l'existence de cellesci était exposée à des abus qu'il peut être glorieux
TL
mais
est subordonnée à des rèd'extirper, >
qu'elle
gles qu'il serait impossible d'enfreindre ,sans s'exposer à tous les désavantages qui résulteraient de
leur ruine ou de leur nullité
Je n'ai posé, jusqu'ici que quelques bases, que
je crois suffisantes pour aider à saisir l'ensemble de
mon plan. Dans Pincertitude d'un premier succès,
jai pensé qu'il serait inutile de m'occuper d'un développement plus étendu, et de joindre à ce qui
précide,le cadre complet d'une législation coloniale.
Outre que le sentiment de mon insuflisance, me
fait regarder cette entreprise au-dessus de mes forces,
nul n'aime à semer sans recucillit;et l'espérance d'en
retirer quelques fruits, c'est-à-dire, d'être utile,
pourrait seule m'engager à y contribuer de mon
expérience --- Page 265 ---
(257 )
expérience et de mes faibles lamières.
tions que j'ai traitées ne m'étaient
Les ques
périeures, mais j'ai été enhardi
pas moins Suque mes efforts
par la persuasion
pourraient concourir à dissiper le
nuage épais qui les environne.
cès qui m'est
Quelque soit le sucl'amour du bien réservés, je n'ai eu pour guide
et de la vérité, et
que
bonheur de tous et la
pour but, le
t-elle jouir d'une
prospérité de ma patric, Puisseplans
félicité parfaite - 3 même avec des
qui ne me permettent de
tune et misère : le desit de
prévoir qu'inforest de mon
prouver que la raison
côté, ne me fera pas
jaloux le succès inattendu
envisager d'un acil
manière différente.
de ceux qui ont Vu d'une
Heureux ou
ne saurait avoir en moi
malheureux, elle
dernier Veeu sera
un enfant dénaturé, et inon
pour elle,
FIN.
Tome If,
R
3 même avec des
qui ne me permettent de
tune et misère : le desit de
prévoir qu'inforest de mon
prouver que la raison
côté, ne me fera pas
jaloux le succès inattendu
envisager d'un acil
manière différente.
de ceux qui ont Vu d'une
Heureux ou
ne saurait avoir en moi
malheureux, elle
dernier Veeu sera
un enfant dénaturé, et inon
pour elle,
FIN.
Tome If,
R --- Page 266 ---
(258)
TABLE
DES CHAPITRES
DISCOURS I V.
Caan. IX. Des bases du systéme commereial de
l'Europe S de l'influence des colonies Sur les rapports générau des nations 5 de l'aniformité des COlonies françaises et étrangères, et des désavantages
qui doivent résulter de l'intorvertissement de cet ordre
de choses pour celle oi il s'opérerait, 3 et pour sa
métropole,
Page I,
CHAP, X. Suite du précédent : de P'utilité du luxe
colonial, et de son influence sur le bonheur des
peuples J et sur la prospérité des métropoles. 37
DISCOURS V.
CHAP. XI. De l'influence de PAngleterre SuT les
évènemens coloniaux; de Pétat actuel de SaintDomingue 2 comparé à celui de la France. Examer --- Page 267 ---
5e
(259)
des mesures propres a y ramener le calme et Pindustrie ; plan de restauration.
Page 95,
CHAP. XII. Suite du précédent. Bases d'un nouveau
régime colonial et d'une nouyelle traite. Conclusion.
[193,
Fin de la Table.
De l'Imprimerie de la Société Typographique des Trois Amis ,
rue S. Jacques, no. S1, près la place Cambrai, --- Page 268 ---
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