--- Page 1 ---
- --- Page 2 ---
Jabr Carfer roiun
Cihrary
Bmut Antbersity
The John Carter Brown Library *
d
Brown University
M Purchased from the
Louisa D. Sharpe MetcalfFund
*
a --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
REFLEXIONS
SUR
LANGLETERR E; -
PAR M. J. CHAS --- Page 6 --- --- Page 7 ---
TA
REFLEXIONS
SU R
LANGLETER R E.
Lx Grande-Bretagne a été un théâtre sanglant
et perpétuel de guerres, de meurtres et de factions
intestines. La Noblesse a été exterminée dans les
combats; les Magistrats ont été égorgés parleglaive
de la loi; les villes et les campagnes ont été inondées de flots de sang; la superstition religieuse a
exercé ses vengeances, et le fanatisme politique
ses fureurs. Les autels ont été renversés, et une
religion bizare et absurde s'est élevée sur les débris du catholicisme. C'est dans des siècles d'ignorance, dans des temps d'esclavage et d'oppression,
c'est au milien des crimes de la féodalité, et des
attentats du fanatisme qu'on a vu ces révolutions
anarchiques qui ont si souvent ensenglantéle-troney
renversé les dynasties des Rois, détruit la liberté
publique, et ont conduit le Peuple à l'esclavage
et à la rebellion.
La Nation Anglaise conquise par les Saxons, 2
les Danois et les Normands, s'est toujours prosA --- Page 8 ---
<
(2)
ternée devant ses oppresseurs; elle a été avilie sous
la domination de ses conquérans ; malheureuse
sous les Rois de la race de Plantagenet, esclave et
tremblante sous la dynastie de Tudor, factieuse
sous les Princes de la famille de
Rois de la maison de
Sthards; sous les
Brunswich, elle est parvenue
au dernier degré de corruption. Cette Nation étoit
plus libre et plus juste sous les règnes des trois
premières races ; an milien des factions et des
guerres civiles, elle montroit quelques vertus; c'étoit' un assemblage d'héroisme et de perfidie, de
courage et de férocité, de religion et d'immoralité, d'orgueil et de bassesse, d'actions' sublimes
et bizares; mais aujonrd'hui cette Nation,
dée par ses vices, avilie par son Gouvernement. dégravoit sans effroi l'accroissement de la tyrannie, et
se réjouitau milieu des fers quil'accablent. Comme
toutes les choses humaines ont une fin, dit Montesquieu, T'Angleterre perdra sa liberté; Rome 2
Lacédémone, Carthage ont bien péri: elle périra
lorsque Ia puissance législative sera plus corrompue
que la puissance exécutive; cette époque fisée par
le législateur des Nations est enfin arrivée. Cette
prophétie politique va s'accomplir; la corruption
érigée en système a perverti les consciences, dégradé les conceptions, détruit les vertus publiques, et a substitué à l'amour de la patrie et de
la liberté, cette soif insatiable de l'or, et cette
avidité des honneurs et des dignités qui changent
la nature de l'homme, et lui donnent les vices et
poque fisée par
le législateur des Nations est enfin arrivée. Cette
prophétie politique va s'accomplir; la corruption
érigée en système a perverti les consciences, dégradé les conceptions, détruit les vertus publiques, et a substitué à l'amour de la patrie et de
la liberté, cette soif insatiable de l'or, et cette
avidité des honneurs et des dignités qui changent
la nature de l'homme, et lui donnent les vices et --- Page 9 ---
7U Les
(3)
la bassesse d'un esclave. Les Représentans du Peus
ple Anglais achètent à prix d'argent, le droit
d'étre élus aux assemblées nationales; les uns deviennent des courtisans et des favoris occupés à
entourer le trône et à flatter les Rois, pour obtenir les honneurs du ministère ou la dignité de
la pairie : les autres se déclarent les ennemis de
l'autorité royale, et les dénonciateurs prr rpétuels
des Ministres 2 pour acquérir cette célébrité que
l'enthousiasme donne anx vertus républicaines, et
quelquefois à Thypocrisie politique; dévorés par
l'ambition, ils veulent fixer les regards et surprendre T'admiration de l'Angleterre, en développant un grand câractère d'opposition pour forcer
la cour à leur confier ladministration des affaires
publiques. Lorsqu'ils sont parvenus au faite des
grandeurs et des richesses, ils abandonneut leurs
anciens principes, et ces Caméléous poli:iques deviennent les fauteurs du despotisme qu'ils affectoient de combattre. Un Etat est arrivé à son
dernier degré de corruption, qui est l'avant-coureur de sa chàte, lorsque les Représentans d'une
Nation vendent leurs consciences, sacrifient les
droits de la liberté publique, et brisent tous les
liens de la morale pour satisfaire leur haine et leur
ambition.
Cette Chambre des Communes, destinée à balancer et à cimenter à la fois l'autorité du Prince
et des Grands et les privilèges du Peuple, est devenue aujourd'hui un centre d'immoralité dontle
A2
l'avant-coureur de sa chàte, lorsque les Représentans d'une
Nation vendent leurs consciences, sacrifient les
droits de la liberté publique, et brisent tous les
liens de la morale pour satisfaire leur haine et leur
ambition.
Cette Chambre des Communes, destinée à balancer et à cimenter à la fois l'autorité du Prince
et des Grands et les privilèges du Peuple, est devenue aujourd'hui un centre d'immoralité dontle
A2 --- Page 10 ---
(4)
Gouvérnement se sert poir rdeadrelesprérugnites
royales; et pour asservir la Nation dont elle trahic
la cause, et dont elle sacrifie les droits avec autant
de scandale que d'impunité. Cette Chambre des
Communes
consacre tour
Strreseataeas
à tour l'assassinat, l'usurpation et
la servitude ; factieuse sous des Princes foibles
esclave sous des Monarques fermes, elle a brisé ,
le pacte social et fomenté des guerres civiles, qui
pendant soixante ans ont ravagé et inondé de
sang les villes et les provinces; cette Chambre
des Communes doit être odieuse à la Nation Anglaise, à l'Europe, à Thumnanité; elle est complice
des crimes de ce Gouvernemenit, qui pervertit
les moeurs publiques, s'empare du commerce des
autres puissances et usurpe l'empire maritime.
La Constitution anglaise devient l'objet de l'admiration et des éloges de quelques publicistes; des
hommes qui se livroient à l'étude du droit naturel
dans les diverses monarchies de I'Europe, entonrés chez eux du spectacle de
crurent
voir dans
T'esclavage,
les iles britanniques la retraite fortnnée
où la Liberté s'étoit réfugiér.
Montesquieu en fit
l'éloge, et son génie, qui se fit illusion à luiméme, subjugua les philosophes et les politiques.
Sans doute cette Constitution fut quelque chose
de sublime pour le temps des ténèbres et d'esclavage qui la virent naitre; lorsque le despotisme
subjuguoit les peuples, le plus léger effort pour
s'en affranchir étoit une entreprise hardie et glo-
ite fortnnée
où la Liberté s'étoit réfugiér.
Montesquieu en fit
l'éloge, et son génie, qui se fit illusion à luiméme, subjugua les philosophes et les politiques.
Sans doute cette Constitution fut quelque chose
de sublime pour le temps des ténèbres et d'esclavage qui la virent naitre; lorsque le despotisme
subjuguoit les peuples, le plus léger effort pour
s'en affranchir étoit une entreprise hardie et glo- --- Page 11 ---
(5)
rieuse : c'étoit l'aurore de. la liberté
éclairer et purifier T'horizon
qui devoit
orages ont obscurci cette
politique ; mais les
la fondre
horizon ; ils ont produir
qui a détrait les moissons et désolé les
campagnes. Sans doute cette Constitution dans
pureté primitive pouvoit balancer les
sa
affermir les droits de la liberté
pouvoirs et
fait-elle aujourd'hui la félicité de publiqne; mais
lui donne-t-elle le
la Nation, .et
dance et l'amour des sentiment de son indépensert d'admirer
vertus publiques! A quoi
une Constitution
duire le Peuple à la liberté,
destinée à con-.
ment corrupteur l'enchaîne à lorsqu'un la
Gouvernea point de Constitution
servitude; iln'y
il n'en existe
pour une Nation avilie;
point, lorsqu'un Gouvernement
impunément violer les lois fondamentalesdel pent
L'Anglais,
l'Etat.
libre; ; il a renversé par une la heureuse magie, se croit
détruit la féodalité; tyrannie de ses Rois, et
mais
soit esclave et malheureux; pourquoi faut-il qu'il
son Code Civil soit un
pourquoi faut-il que
d'injustice, né des institutions mélange de confusion et
la téodalité
des Sauvages et de
anarchique ? Ce Code
renferme des principes destructifs delurisprudence de la
ontrage tout à la fois la justice et la liberté, liberté, et
gleterre, qui a eréé les Bacon, les
L'AnNewton, n'a pas encore
Locke, les
vile. Le Gouvernement changé sa Législation cide consoler le
craint-il donc d'éclairer et
Peuple? ou veut-il Paccoutumer à
supporter patiemment les fers de l'esclavage ?
A 3
ique ? Ce Code
renferme des principes destructifs delurisprudence de la
ontrage tout à la fois la justice et la liberté, liberté, et
gleterre, qui a eréé les Bacon, les
L'AnNewton, n'a pas encore
Locke, les
vile. Le Gouvernement changé sa Législation cide consoler le
craint-il donc d'éclairer et
Peuple? ou veut-il Paccoutumer à
supporter patiemment les fers de l'esclavage ?
A 3 --- Page 12 ---
ND
(6)
( Le Peuple Anglais pense être
> teur du
libre, dit l'anContrat-Social; il se
>> l'est que durant l'élection des trompe fort, il ne
>> ment; sitôt qu'ils sont élus, membres du Parle-
> rien dans les
, il est esclave;i iln'est
>
courts momens de sa liberté; l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la
L'Anglais n'est pas méme libre durant perde >.
des membres du
l'élection
ses
Parlementy'il vend sa liberté et
suffrages au poids de l'or; là où la
commence, là expire la liberté. Il est corruption
cette multitude
juste que
bassesse et de sa lâcheté. corrompue reçoive le prix de sa
Cet état de violence et de
un Citoyen paisible de servir despotisme qui force
tanniques ; Cette fiscalité
sur les escadres bri- -
moindre
inquisitoriale qui, au
d'aller soupçon, ordonne à tous les satellites
violer les asiles et de pénétrer dans
crets des familles; cette
les semartiale lorsque le
proclamation de la loi
de la
Gouvernement entend le cri
liberté, et la voix plaintive des
ces entraves qui génent le commerce; opprimés ;
lérance
; cette intoreligieuse; ; Ces corporations
ces Parlemens vendus aux
dangereuses; ;
aux volontés des
caprices de la Cour et
Ministres; cette
prunts et des taxes ; cette progression multiplicité d'em-.
capitaux ; cette facilité à
nouvelle des
tionale; cette confiance augmenter la dette nadans une
mense du
circulation imprésentation papier-ionnoie; du
ce défaut dans la re-.
Peuple; ce vice dans le choix des:
suffrages; , cette irrégularité dans les élections;
;
ces Parlemens vendus aux
dangereuses; ;
aux volontés des
caprices de la Cour et
Ministres; cette
prunts et des taxes ; cette progression multiplicité d'em-.
capitaux ; cette facilité à
nouvelle des
tionale; cette confiance augmenter la dette nadans une
mense du
circulation imprésentation papier-ionnoie; du
ce défaut dans la re-.
Peuple; ce vice dans le choix des:
suffrages; , cette irrégularité dans les élections;
; --- Page 13 ---
- a
(7)
dans les lois pénales ; ces combats
cette rigueur royales et de la liberté publique,
des prérogatives
étend et multiplie
où lel Prince, dans son triomphe,
règne entre
ses nsurpations; ; cette opposition qui
;
les lois constitutives et les lois d'administration:
réunion du pouvoir législatif au pouvoir jucette
de la Chambre des
diciaire 5 ce. 21 droit exclusif
cette
Pairs de juger les crimes de lèze-nation ;
suprème devenue héréditaire et permagistrature ces abus et toutes ces violations des
pétuelle ; tous
montrent tout ensemble
formes du droit public,
britannique,
de la Constitution
les imperfections
et l'esclavage du Peuple.
les vices du Gouvernement Auctuation de pouvoir et de
Au milieu de cette
ce pacte
Iiberté, la Nation oublie et méconnait
avec tant de solemprimordial, qu'elle a proclamé
conserver
nité. Oni! elle devient esclave, en croyant cette liindépendance et son orgueil! quelle est
son,
détruitlesl lois del la conscience, et produit
berté qui
la
? Quelle est cette -
l'immoralité et
corruption avides confient à des
liberté, que des constituants
d'une
mandataires. qui ont acheté les suffrages ? Le Roi
multitude qui se vend à prix d'argent
faire du congrès, qui représente la Nation,
peut
et l'instrument de son
T'organe de sa volonté,
liberté
despotisme ; il peut détruire la craindre publique; les lois
il peut opprimer le Peuple, sans droits si on ne
qui limitemt sa puissance et ses
;
dans la Grande-Bretagne le despotisme
voit point
ministérielle,
légal, on y apperçoit la corruption
A 4
multitude qui se vend à prix d'argent
faire du congrès, qui représente la Nation,
peut
et l'instrument de son
T'organe de sa volonté,
liberté
despotisme ; il peut détruire la craindre publique; les lois
il peut opprimer le Peuple, sans droits si on ne
qui limitemt sa puissance et ses
;
dans la Grande-Bretagne le despotisme
voit point
ministérielle,
légal, on y apperçoit la corruption
A 4 --- Page 14 ---
(8,),
agent plus dangereux et plus redoutable
l'autorité absolue du Monarque; puisque le que Peuple
Anglais respecte, dans son Roi, le droit
a
de le corrompre. Le
qu'il
excès,
despotisme, par ses propres
s'épuise et s'anéantit ; et sur ses ruines
nait et s'élève l'anguste édifice de la liberté 7
blique; mais lorsque le Goivernement
puet sanctionne la corruption
applandit
dans le sein de
7 alors il se prépare,
TEuat, une révolution terrible,
qui doit conduire le peuple à l'anarchie et à l'esclayage.
Le Roi élit les membres de la Chambre des
Pairs : ce Sénat aristocratique et perpétuel ne représente pas la Nation ; et cependant, par une
subversion scandaleuse des principes du contrat.
social, il partage la puissance législative avec des
coopérateurs amovibles et passagers, mais nommés
par le peuple, les pairs étrangers, pour ainsi dire
dans le sein de FEtat, attachés
ambition,
par intérét, par
par reconnaissance au Monarque, peuvent, de concert avec. le Gouvernement
ces lois fondamentales qui balancent les 2 détruire
et s'opposent aux excès du despotisme pouvoirs, et aux attentats de la démocratie. Une Nation n'est
libre, lorsque ceux qui exercent la puissance pas lé.
gislarive, ne reçoivent point leur autorité et leur
mission du peaple. Les dignités héréditaires ont été
instituées par le régine féodal, et dans un temps
d'ignorance et de servitude; elles ne doivent
être transmises comme un patrimoine; la distinc point
2 détruire
et s'opposent aux excès du despotisme pouvoirs, et aux attentats de la démocratie. Une Nation n'est
libre, lorsque ceux qui exercent la puissance pas lé.
gislarive, ne reçoivent point leur autorité et leur
mission du peaple. Les dignités héréditaires ont été
instituées par le régine féodal, et dans un temps
d'ignorance et de servitude; elles ne doivent
être transmises comme un patrimoine; la distinc point --- Page 15 ---
N -
(9)
tion doit être personnelle, et le fls ne doit succéder
du
que lorsqu'il imite ses: acaux dignités
père, comme lui, au bien de
tions, et qu'il travaille,
L'hérédité
l'Etat, et à la prospérité de la Patrie.
dans les honneurs, 9 observe uu écrivaia estimable,. 2
aussi absurde que
est une prédestination politique,
la fatalité mahométane: recompenuerdavance pour
n'aura
; donner à
un mérite qu'ou
peut-être jamais
des abstractions, ce qui n'est dà qu'à la réalité;
attribuer au sang et à la descendance 2 ce qui
n'appartient qu'aux actions; étendre par une prodigalité insensée 7 les moyens que l'intrigue et
l'ambition mettent en usage pour usurper des noms,
des honneurs et des dignités; voilà une subversion
de la féodalité
d'ordre et de principes., ouvrage
et de la corruption.
Ce fut sous le règne de Guillaume III, que
le Gonvernement Anglais commença à contracter
ces dettes énormes, qu'il appelle anjourd'hui ses
fonds, et. dont la masse effraie les calculateurs
financiers, et les politiques éclairés. Il fallut à
Guillaume, des trésors pour repousser les forces
de la France; et ce fut pour seconder l'ambition,
et pour satisfaire la haine de ce prince, que le
parlement eût recours. à cette voie dangereuse des
emprunts, qu'on peut appeler Part d'opprimer les
générations futures; art qui tend à détruire l'agriculture, l'industrie 2 à introduire dans toutes les
classes des citoyens 3 l'égoisme etl'indifférence pour
l'humanité, à produire un agiotage scandalenx,
ce fut pour seconder l'ambition,
et pour satisfaire la haine de ce prince, que le
parlement eût recours. à cette voie dangereuse des
emprunts, qu'on peut appeler Part d'opprimer les
générations futures; art qui tend à détruire l'agriculture, l'industrie 2 à introduire dans toutes les
classes des citoyens 3 l'égoisme etl'indifférence pour
l'humanité, à produire un agiotage scandalenx, --- Page 16 ---
IO )
et un systéme d'immoralité bien propres à éteindre
les vertus publiques. Le temps et les lumières ont
donnés plus de vigueur et de consistance à ces principes de dépravation, sur lesquels repose cet édifice financier. Cette facilité
les
d'emprunter a brisé
ressorts de la constitution britannique, a
primé son commerce 7 a détruit son territoire op- et
ses villes, a épouvanté le luxe lui - méme par les
droits multipliés de la fiscalité. C'est depuis cette
époque 5 dit un philosophe, que l'esprit de conquéte a pris une nouvelle forme, et
les
plusjaloux de reculer les bornes del 2 leurs que Rois,
que de rendre leurs
libres
domaines,
peuples
et heureux,
sont ruinés a l'envi, et ont dépeuplé leurs
>se
Etats,
propres
2 pour règner sur de nouveaux déserts ; on
ouvrit un bureau, où les porteurs du numéraire
recevoient pour équivalent des billets d'état; qui
produisoient quarante-cing, et jusqu'à cinquante
pour cent ; opération qui causa 2 dans les fortunes
des particuliers 2 la méme révolution qu'apporta
en France le systéme de Law, avec cette différence,
cependant, qu'en Angleterre les fonds existent encore, et forment aujourd'hui une portion des richesses fictives de la Nation; ; quoique le prodigienx
accroissement de cette dette semble prouver le
crédit de la Grande-Dretagne, on ne peut se dissimuler que les contributions annuelles, destinées
à payer les intérêts, ne soient inférieures à ses
forces. La plus légère erreur, la moindre défiance
surles principes, et la base de son crédit, peuvent
avec cette différence,
cependant, qu'en Angleterre les fonds existent encore, et forment aujourd'hui une portion des richesses fictives de la Nation; ; quoique le prodigienx
accroissement de cette dette semble prouver le
crédit de la Grande-Dretagne, on ne peut se dissimuler que les contributions annuelles, destinées
à payer les intérêts, ne soient inférieures à ses
forces. La plus légère erreur, la moindre défiance
surles principes, et la base de son crédit, peuvent --- Page 17 ---
ARA à
A
NL
(1)
bouleverser l'Etat, et le conduire à sa dissolation.
L'Angleterre n'est pas assez riche, pour payer le
le
de la
capital de sa dette immense; produit
vente de son territoire et de ses domaines, ne
pourroit point fournirau ramboursement des créanciers de. l'Etat. Les emprunts nécessitent les imles mur
pôts, et les impôts multipliés produisent
mures et les insurrections des Peuples, et préparent
ces révolutions qui ébranlent les Empires, 2 et ren-.
versent les Trônes.
Létablissement des fonds publics, sur le crédit
national, dit Bolinbroke, a causé plus de maux
que les taxes elles - mêmes non - seulement. en
augmentant les moyensde corruption et le pouvoir
de la couronne; mais encore sur les effets qu'il a
produits sur l'esprit de la Nation, sur, les mceurs
et sur la morale; on ne peutvoir 2 sans la plns vive
les
inévitables de cet éta-'
douleur, 2
con:équences
blissement, ni regarder sans indignation ce mystère d'iniquité auquelil a donné naissance , et qu'il
a soutenu pendant plus d'un siècle; quand on
considère l'avenir , on est rempli d'horreurs des
suites qu'il peut avoir. On dit,observe Hume, que
augmenter le commerce, et multiplier les
pour richesses, le moyen le plus assuré est de créer
des fonds, de faire des dettes, et de mettre des
taxes sans bornes. Il faut mettre cette maxime au
de l'éloge de la folie, de la fièvre, et du parang négyrique del Néron et de Busiris. L'effet des papiers
ajoute le méme. auteur > est d'attirer
publics 2
'il peut avoir. On dit,observe Hume, que
augmenter le commerce, et multiplier les
pour richesses, le moyen le plus assuré est de créer
des fonds, de faire des dettes, et de mettre des
taxes sans bornes. Il faut mettre cette maxime au
de l'éloge de la folie, de la fièvre, et du parang négyrique del Néron et de Busiris. L'effet des papiers
ajoute le méme. auteur > est d'attirer
publics 2 --- Page 18 ---
(12 )
beaucoup de monde dans la capitale, et de rendre
désertes les provinces; ils bannissent l'or et l'argent du commerce, 2 et par Ce moyen vendent les
provisions et le travail plus cher qu'ils ne le seroient autrement ; ils nécessitent de nouvelles
taxes, sans lesquelles on ne pourroit soutenir le
crédit da papier; et par-là, on opprime le
Les étrangers
peuple.
le
possèdent une partie de ce papier, 9
public devient leur tributaire; enfin le
étant toujours dans les mains des
papier,
qui vivent sur leurs
gens paresseux, 2
revenus, est un encouragement pour la vie oisive et inutile.
Les dettes publiques, continue Hume, sont semblables à Ces vers rongeurs, dont les ravages secrets.
dans un corps, absorbent enfin sa substance. L'imagination la plus propre à se Hatter, ne sauroit
espérer que Ce ministère, ou tout autre à l'avenir,
aient une frugalité assez rigide et assez constante
pour faire quelques progrès dans l'acquitement de 9
nos dettes, ou que la situation des affaires étrangères leur laisse assez de loisir et de tranquillité,
pour exécuter une pareille entreprise; que deviendrons-nous? Un temps viendra, où les ressources
épuisées , nous laisseront sans moyens de défense;
dans un instant, l'epuemi peut venir sur nos côtes;.
largent pourra être prèt alors an Trésor-National,
pour acquitter un quartier d'intérét. La nécessité
parle, la crainte presse,. la raison exhorte, la compassioni seule s'oppose, et c'est enyain; ; on se. ser-.
vira de l'argent, pour le service! courant, sous les
temps viendra, où les ressources
épuisées , nous laisseront sans moyens de défense;
dans un instant, l'epuemi peut venir sur nos côtes;.
largent pourra être prèt alors an Trésor-National,
pour acquitter un quartier d'intérét. La nécessité
parle, la crainte presse,. la raison exhorte, la compassioni seule s'oppose, et c'est enyain; ; on se. ser-.
vira de l'argent, pour le service! courant, sous les --- Page 19 ---
(13) )
les plus solemnelles de le remplacer
protestations immédiatement: : mais on sera dans limpossibilité
L'édifice entier, déjà
de remplir cette promesse.
des milliers
chancelant, s'écroule 2 et ensevelit
d'hommes sous ses ruines : voilà ce qu'on peut apla mort naturelle du crédit public; voilà oùl
peller
tend aussi naturellement notre corps politique, que
celui de V'animal tend à sa destruction.
Anglais fonde ses richesses
Le Gouvernement
crédit
sur sa
sur-le crédit public, et le
public, celui de la
bauque. De tous les établissemens,
réalité,
banque est le plus fictif; elle n'a aucune
de
existence est dans son nom; c'est un être
son
tire sa création de Topinion des hommes;
raison, qui
enchantement est de substituer des
son plus grand à des sommes réelles; opération
signes imaginaires
en opérer la chûte.
forcée, qui doit nécessairement de
états de
Les Juifs avoient été chassés plusieurs
l'Europe, pour ayoir imaginé les premiers, qu'on
changer l'argent en papier; et ensuite
pouvoit même
en argent; opération malchanger ce
renversé papier la fortune de plusieurs
heurense, qui a
les habitans à
sociétés politiques 2 et qui força
tous leurs effets,
quitter leur patrie, emportant laisser aucune trace de
meubles et immeubles, sans
leur évasion.
fit la banque de
La première opération que
un milLondres, fut de préter au Goavernement
lion deux cens mille livres sterlings, somme qui
avoit été confiée, comme en dépor; par les sous-
é papier la fortune de plusieurs
heurense, qui a
les habitans à
sociétés politiques 2 et qui força
tous leurs effets,
quitter leur patrie, emportant laisser aucune trace de
meubles et immeubles, sans
leur évasion.
fit la banque de
La première opération que
un milLondres, fut de préter au Goavernement
lion deux cens mille livres sterlings, somme qui
avoit été confiée, comme en dépor; par les sous- --- Page 20 ---
(14)
cripteurs, qui, par conséquent, ne lui appartenoit
point ; la seconde, fut d'artirer tont le numéraire
de la Nation, perstadée gu'avec ce grand dépôt,
elle pourroit former de grands projets, soit en continuant à faire des avances au Gouvernement, soit
à gagner des sommes considérables, pour l'intérét
de l'argent qu'on lui avoit prété, spéculation qui
tendoit à s'emparer des capitaux des propriétaires
de la Grande-Liretagne. Le projet fut bien conçu,
et il fut bien exécuté; la banque royale devint un
gouffre, où toutes les richesses del la Nation vinrent
se précipiter, quand elle eut attiré à peu près tout
le numéraire; elle ofirit en prét de nouvelles
sommes au Gouvernement, qui ne fit pas de
grandes difficultés à les accepter, c'est-à- dire,
comme on vient de le voir, qu'elle donna un argent qui appartenoit aux actionnaires; ce brigandage financier étoit une violation de la foi publique.
Le Parlement favorisa cet agiotage, qui devoit
ruiner l'Etat. Ilvit la facilité qu'on avoit, de trou-,
ver de l'argent, et au lieu d'arrêter ce monopole,
il se rendit lui-méme caution du Gouvernement
d'an emprunt qu'il n'auroit jamais dalui permettre
de faire ; cette collusion fut le triomphe de la
banque, puisque, soutenue par le Parlement, elle
ne craignoit ni reproche, ni accusation : lorsque
la législation se prête à favoriser les opérations
meurtrières des agioteurs,l'Etat est perdu; la Cour
se réunit au Gouvernement, et ce fut par ce com--
ter ce monopole,
il se rendit lui-méme caution du Gouvernement
d'an emprunt qu'il n'auroit jamais dalui permettre
de faire ; cette collusion fut le triomphe de la
banque, puisque, soutenue par le Parlement, elle
ne craignoit ni reproche, ni accusation : lorsque
la législation se prête à favoriser les opérations
meurtrières des agioteurs,l'Etat est perdu; la Cour
se réunit au Gouvernement, et ce fut par ce com-- --- Page 21 ---
ZR - der M
-
(15) /
merce continuel de monopole et de spéculation,
que lal banque fonda les bâses de son établissement.
Avant le règne de Guillaume III, lorsque le Roi
demandoit de l'argent au Parlement, le Corps-Législatif lui disoit souvent qu'il n'en avoit point;
mais, dès que les directeurs de la banque lui eureut remis les clefs du trésor-public, le Monarque
y en pàt puiser au gré de son ambition, et dès-lors
les subsides accumulés, accablèrent la Nation. On
mit des taxes et des impôts, on les multiplia à l'infini,i il faut bien nécessairement que ce] poid l'écrase
etl'anéantisse.
Cette banque d'Angleterre, qui éblouit l'Europe, 7 parce qu'on ne veut pas en examiner la nature et l'essence, ni en mesurer la profondeur,
s'écroulera avec fracas; cette disproportion énorme
quise trouve entre le nombre de ses billets et la
masse du numéraire mis en circulation; ce défaut
deabamnepidemaireydr gages etd'hypothèque,
cette substitution de l'opulence territoriale, cette
richesse idéale qui renchérit la main d'oeuvre et le
salaire des ouvriers, qui diminue la culture des
terres,. ces différentes
manufactures, 2 qui font dépérir l'agriculture, opéreront la dissolution de cet
édifice financier, et une banqueroute infame, produira une révolution dont on ne peut calculer ni
prévoir les terribles résultats. Le grand Newton
est mort, persuadé que l'Angleterre, avec son-papier monnoie, finiroit par une catastrophe. Tout
établissement qui n'a point pour bâse la justice et
salaire des ouvriers, qui diminue la culture des
terres,. ces différentes
manufactures, 2 qui font dépérir l'agriculture, opéreront la dissolution de cet
édifice financier, et une banqueroute infame, produira une révolution dont on ne peut calculer ni
prévoir les terribles résultats. Le grand Newton
est mort, persuadé que l'Angleterre, avec son-papier monnoie, finiroit par une catastrophe. Tout
établissement qui n'a point pour bâse la justice et --- Page 22 ---
(16 )
P'honneur, doit nécessairement périr; cette vérité
est écrite sur les ruines des empires, et sur ces
monumens antiques, , quinous rappellent leur existence et leur grandeur.
Les Nations commerçantes ont brillé pendant
quelques temps, pour aller s'ensevelir dans la nuit
des tombeaux: tel fut le sort. de Tyr, de Corinthe,
de Carthage. Ces édilices incohérens, privés de
leurs appuis, et perdant Jeurs équilibres, doivent
s'écrouler tout-à-coup en débris, et ajouter l'exemple d'une grande ruine, à tous cenx qu'à déjà
vu la terre; la puissance d'un peuple maritime et
commerçant, s'affoiblit insensiblement, et cet affoiblissement le conduit par degré à un état de
foiblesse et de langueur, qui prépare sa mort politique. Sans doute, ses richesses, ses flottés, ses
vaisseaux, ses ports, ses Colonies présentent un
spectacle. majestueux et imposant; mais un ver invisible détruit cette tige, dont les rameaux divers
semblent ombrager l'univers. Les moeurs se corrompent, la dette nationale s'accroît à un point
effrayant, l'agriculture languissante périt, less signes
d'un numéraire fictif se multiplient avec une rapidité étonnante; bientôt les canaux sont engorgés, et
la circulation s'arrête: alors, il n'y a plus de patrie,
ni des citoyens, la banqueronte éclate, l'état s'ébranle jusques dans ses fondemens, et la' Nation
avilie reçoit les fers de l'esclavage.
C'est dans l'agriculture, dans les sillons des laboureurs, dans les domaines des cultiyateurs, qu'il
faut
ire fictif se multiplient avec une rapidité étonnante; bientôt les canaux sont engorgés, et
la circulation s'arrête: alors, il n'y a plus de patrie,
ni des citoyens, la banqueronte éclate, l'état s'ébranle jusques dans ses fondemens, et la' Nation
avilie reçoit les fers de l'esclavage.
C'est dans l'agriculture, dans les sillons des laboureurs, dans les domaines des cultiyateurs, qu'il
faut --- Page 23 ---
(17)
faut chercher la stabilité des empires, 2 la gloire et
la prospérité des Nations ; oui, toute puissance qui
vient d'ailleurs que de la terre, est artificielle et
précaire, soit dansl le physique, soit dans le moral.
Un état bien cultivé, produit des hommes par les
fruits de la terre, et les richesses par les hommes;
ce ne sont poiut, suivant la belle pensée de Raynal,
les dents du dragon, que Jason sème pour enfanter les soldats qui se détruisent, c'est le lait deJunon qui peuple le ciel d'une infinité d'étoiles. C'est
T'agriculture qui crée et entretient les Hottes; ; c'est
elle qui produit les armées. C'estdans les
couverts
champs,
d'épis, que germe la victoire. Sans la culture des terres, tout commerce est précaire, parce
qu'il manque des premiers fonds, , qui sont les productions del la nature. Les,Nations qui ne sont. que
maritimes ou commerçantes, observe un grand
philosophe, ont bien les fruits du commerce 3 mais
l'arbre en appartient aux peuples agricoles. Celui
quia dit cc, que le trident de Nepiune, est le
> du monde>, a fait, sans doute, un vers sceptre harmonieux; il peut étre un excellent poëte;mais a coup.
strilignoroit, ou affectoit der méconnoitre ces
cipes d'économie politique, gui, constituent la prin- force
et la richesste d'un Etat : c'est la charrue du laboureur, quiest le sceptre du monde; la charrue. du
labourenr détruite, le trident de Neptune est
brisé.
Le, commerce corrompt les moeurs publiques,
détruit les vertus sociales, et ne peut donner à
B
; il peut étre un excellent poëte;mais a coup.
strilignoroit, ou affectoit der méconnoitre ces
cipes d'économie politique, gui, constituent la prin- force
et la richesste d'un Etat : c'est la charrue du laboureur, quiest le sceptre du monde; la charrue. du
labourenr détruite, le trident de Neptune est
brisé.
Le, commerce corrompt les moeurs publiques,
détruit les vertus sociales, et ne peut donner à
B --- Page 24 ---
(18)
P'Etat que des' hommes flétris
minés par le' luxe, et des
par légolime, effésans conscience, qui n'ont spéculateurs d'autre
sans foi êt
térêt, et d'autre idole
dieu que l'inriches et
que l'argent. Les peuples
commerçans ont toujours
sous les efforts des Nations
succombés
L'Asie devint la proie des pauyres et agricoles.
détrait
Macédoniens ; Rome a
Carthage, et Rome, enrichie des
de la terre, fat conquise à son tour dépouilles des
riers indigens et
par
guerde ses flancs sauvages, que le Nord avoit vomi
tombés
glacés ; le Chinois et T'Indien sont
sous les coups du tartare vagabond.
Depuis cent ans, observe un écrivain
l'on a beancoup vanté le commerce politique,
examinoit lé
; mais si l'on
heur des
pen qu'il a ajouté de réel au bonpeuples, on modéreroit cet
A dater de la découverte des deux enthonsiasme..
pas cessé de voir des
Indes, on n'a
par le commerce ; le fer guerres et les flammes sanglantes causées
les quatre parties diiglobe,
ont ravagé
digo , - du sucre et du café. Les pour dup poivré, delindit aux Nations
gonvernemens ont
intérêts
qu'il's'agissoit de leurs plus chers
; mais les jouissances que la'multitude
de sori' sing, les" gonta-t-elle jamais ! n'oni-elles paie
pas plutôt aggravé ses charges, et auigmenté Sa
détresse ? par un autre' abus, lés bénéfices accumulés en quelques mains, ont prodiit pliis d'inégalités dans les fortunes, plus de disiance entre
les conditions, et Tès liens des sociétés se sont
relachés oa dissons: L'on"ia plus
compté dans
ers
; mais les jouissances que la'multitude
de sori' sing, les" gonta-t-elle jamais ! n'oni-elles paie
pas plutôt aggravé ses charges, et auigmenté Sa
détresse ? par un autre' abus, lés bénéfices accumulés en quelques mains, ont prodiit pliis d'inégalités dans les fortunes, plus de disiance entre
les conditions, et Tès liens des sociétés se sont
relachés oa dissons: L'on"ia plus
compté dans --- Page 25 ---
-
(19)
chaque état; qu'nne multitude mendiante de mercenaires, et un groupe des propriétaires opulens.
Avec les grandes richesses sont venues la dissipation, les goûts dépravés, l'audace et la licence.
L'émulation du luxe a jetéle désordre dans l'intérieur des familles ; et la vie doinestique a perdu
ses charmes; le besoin d'argent plus impérieux,
a rendu les moyens de l'acquérir moins honnétes,
et l'ancienne loyauté s'est éteinte; les arts agréables, devenus plus importans 7 ont fait mépriser
les arts utiles et nécessaires ; les campagnes se sont
dépeuplées pour les villes, et les laboureurs ont
brisé la charrue, , pour devenir des serviteurs stipendiés, on des artisans; l'extérieur des états est
devenu plus brillant; mais la force intrinséque en
a dimiaué; pour des richesses lointaines, l'on
néglige celles que l'on possède; pour des entreprisés étrangères, on se distrait des soinsintérieurs;
on soudoie des armées plus fortes, on entretient
des flottes plus nombreuses 7 on établit des impôts
pesans ; la culture, devenue plus onérense, est
négligée; les besoins plus urgens rendent l'usage
du pouvoir plus arbitraire; les volontés prennent
la place des lois; le despotisme s'établit, et de
ce moment tonte activité, tonteindustrie, 2 toute
force dégénèrent, et à un éclat passager et menteur, succède nne longueur éternelle.
L'Anglais, qui vante avec orgueil sa génerosité
et sa clémence, a surpassé tout ce qu'on lit dans
Thistoire, sur les crimes des conquérans, les fuB 2
plus arbitraire; les volontés prennent
la place des lois; le despotisme s'établit, et de
ce moment tonte activité, tonteindustrie, 2 toute
force dégénèrent, et à un éclat passager et menteur, succède nne longueur éternelle.
L'Anglais, qui vante avec orgueil sa génerosité
et sa clémence, a surpassé tout ce qu'on lit dans
Thistoire, sur les crimes des conquérans, les fuB 2 --- Page 26 ---
(s0)
reurs des barbares, et les meurtres des Sanvages.
L'humanité, la justice, la religion même ne pardonneront jamais à ce Gouvernement perfide les
atrocités dont ils'est rendu coupable. Le sang des
victimes égorgées, criera éternellement vengeance
contre cette race exécrable d'assassins; avec quel
sentiment d'horreur et d'indignation., ne se rappelle-t-on pas les injustices et les cruautés exercées
dans les Indes, par les armées britanuiques !
L'Indonstan, cette riche et fertile contrée de
T'Asie, est devenu le théâtre des déprédations et
des assassinats du Gouvernement Anglais. Au lieu
de communiquer aux Indiens leurs connoissances
dans les sciences et les arts, de leur apporter les
productions de leur climat, pour en recevoir en
échaoge, ) les produits de l'industrie Indienne, des
conquérans féroces ont porté, dans ces paisibles
régions, la désolation, l'esclavage et la mort; ils
ont incendié les villes et les provinces, massacré
les habitans, ouvert des tombeaux pour entasser
leurs victimes ; ils ont détrôné les Princes Indiens,
et distribué des poignards pour les égorger;i ils ont
corrompu des Nations entières pour les accoutumer à la servitude ; ils ont renversé ces monumens, et détruit ces institutions qui pouvoient
rappeler le temps de leur gloire et de leur puissance; ils les ont gouvernées avec un sceptre de
fer, et après les avoir déponillées de leurs héritages et de leurs trésors, ils les ont fait périr
le glaive, et au milieu des tortures et des par
sup-
et distribué des poignards pour les égorger;i ils ont
corrompu des Nations entières pour les accoutumer à la servitude ; ils ont renversé ces monumens, et détruit ces institutions qui pouvoient
rappeler le temps de leur gloire et de leur puissance; ils les ont gouvernées avec un sceptre de
fer, et après les avoir déponillées de leurs héritages et de leurs trésors, ils les ont fait périr
le glaive, et au milieu des tortures et des par
sup- --- Page 27 ---
de
-
(21)
plices. Les Indiens ont été successivement conquis
par Alexandre, par Gengiskan, par Timour, par
Nadir-Chab: ; mais ces conquérans de l'Asie, montroient quelques principes dejustice et d'humaniré;
ils conservoient les usages et les lois des peuples
vaincus. Lés Anglais ont suivi un systéme calculé
de tyrannie et de brigandage; ils ont détruit les
coutumes 9 la religion, 2 les témples des Indiens,
et n'ont laissé, au milieu d'eux, que des oppresseurs pour les enchaîner, et des bourreaux
les égorger.
pour
Les Anglais se rendirent coupables d'un crime
qui fait frémir T'humanité, et que l'historien ne
peut raconter sans dévouer à la haine des
cette race
sièeles,
homicide qui a surpassé en férocité ces
hordes de sauvages 7 qui ne se nourrissent que
du sang humain. Les Indiens attachés à leur religion qui leur ordonnoit de s'abstenir de manger de
la viande, s'alimentoient deriz; les Anglais
emmagasinèrent cette denrée 7 pour contraindre les Indiens
à l'acheter au prix fixé par leur avarice; les pauvres
hors d'état des'en procurer. 2 périrent par la faim :
Raynal, révolté par T'opprobre que cette atrocité
répand sur les Anglais, refuse de croire qu'ils se
sont rendus coupables' de cet infâme monopole.
On ne sauroit néamoins en douter, , puisque l'existence de ce crime a. été attestée par les historiens
britanniques.
Il existoit dans l'Indostan un peuple doux, simple et bon. Les Saiques habitoient une région dont
B 3
er. 2 périrent par la faim :
Raynal, révolté par T'opprobre que cette atrocité
répand sur les Anglais, refuse de croire qu'ils se
sont rendus coupables' de cet infâme monopole.
On ne sauroit néamoins en douter, , puisque l'existence de ce crime a. été attestée par les historiens
britanniques.
Il existoit dans l'Indostan un peuple doux, simple et bon. Les Saiques habitoient une région dont
B 3 --- Page 28 ---
(22 )
les plaines et les côteaux formoient un vaste jardin embelli de tous les dons de la nature : il vivoit
tranquille et heurenx SouS des lois sages; il pratiquoit la justice, et présentoit I tableau consolant
des vertus. Les Anglais exterminèrent cette nation
par le fer et par le feu ; elle périt toute entière.
Non, jamais les Espagnols, en dépeuplant l'Amérique, en répandant par-iout l'incendie et la mort,
n'ont commis autant de forfaits que les Anglais
dans. l'Indostan.
En Amérique - 7 la dévastation, le pillage, la
terreur annonçoient la marche des armées britanniques; des milliers de Citoyens sans distinction
d'àge et de sexe furent chassés de leurs paisibles
demeures, ou exposés aux injures de l'air et à la
rigueur des saisons par l'embrasement des villes
sans défense. Dans leurs triomphes, ces barbares
massacrèrent de sang-froid des hommes qui n'étoient plus en état de leur résister; ceux qui échappèrent aux premières scènes du carnage, furent
réduits à déplorer leur cruelle existence dans des
cachots profonds où ils étoient jetés tout nuds,
et oùt ils mouroient de faim et de frcid. Ces horreurs n'ont pas été l'ouvrage de la cruauté insultante d'un individu, c'étoit un systéme consacré
par Ja sanction du Gouvernement britannique, et
par la formalité de la loi. Déterminés à rompre
les liens les plus forts de la société, , ces tyrans
ont excité des'serviteurs à massacrer leurs maitres, dans le sein de la sécurité domestique; et
jetés tout nuds,
et oùt ils mouroient de faim et de frcid. Ces horreurs n'ont pas été l'ouvrage de la cruauté insultante d'un individu, c'étoit un systéme consacré
par Ja sanction du Gouvernement britannique, et
par la formalité de la loi. Déterminés à rompre
les liens les plus forts de la société, , ces tyrans
ont excité des'serviteurs à massacrer leurs maitres, dans le sein de la sécurité domestique; et --- Page 29 ---
a
(23 )
comme si ces meurtres n'eussent pas suffi pour
appaiser la soif du sang; ils ont soulevé et armé
les Sauvages, dont la première règle dans la guerre
est de tout égorger sans distinction, et qui se font
un barbare plaisir d'immoler les enfans sur le sein
de leurs mères, de massacrer des vieillards expirans, de faire souffrir à leurs prisonniers les
tourmens les plus horribles, ,et de porter en triomnphe les têtes sanglantes de leurs ennemis.
On se rappelle avec un sentiment, d'horrenr
qu'un membre des Communes s'écria C qu'il falloit
> exterminer les Américains, et employer contre
> eux les machines infernales >. Pent-on s'empécher
de pousser un cri d'indignation contre cet outrage
fait à P'humanité ; pent-on s'empécher de dévouer
à l'opprobre et à la malédiction des siècles, cet
hommequi conjure contrel'espèce ehumaine.Grand
Dieu ! c'est dans un temps éclairé par les lumières
de la philosophie; c'est au milieu d'une nation civilisée; c'est dans une contrée qui parle sans cesse
de yertu et d'humanité; c'est dans le sanctuaire des
lois, qu'un Anglais pétri de sang et de boue, né
pour être le conducteur d'une horde de cannibales, donne le signal d'une férocité connue de
ces bandes d'antropophages qui mutilent les Cadavres, s'en disputent les lambeaux sanglans, et
se nourrissent de chair humaine. < L'Angleterre, 2
> disoit Raynal, en parlant des causes de ses révo-
> lutions et de sa puissance, a été de tout temps le
> théâtre de grands phénombespolitiques >. ILauB4
né
pour être le conducteur d'une horde de cannibales, donne le signal d'une férocité connue de
ces bandes d'antropophages qui mutilent les Cadavres, s'en disputent les lambeaux sanglans, et
se nourrissent de chair humaine. < L'Angleterre, 2
> disoit Raynal, en parlant des causes de ses révo-
> lutions et de sa puissance, a été de tout temps le
> théâtre de grands phénombespolitiques >. ILauB4 --- Page 30 ---
(24) )
roit pu ajouter celui ides grands crimes. Accoutumée
a mépriser les droits des nations et de l'humantié,
elle a établi sa grandeur et sa domination
des 2
forfaits dont l'histoire s'est souvent refusée par à
ensanglanter ses pages; mais dont on conserve les
horribles traditions. Ses établissemens dans les deux
Indes, fumans encore du sang de leurs habitans,
attestent les excès de sa tyrannie et de sa férocité,
C'est le Gouvernement anglais qui a armé les
Nègrès de Seint-Domingue, et a couvert cette COlonie de cendres et de ruines. Il a reconnu l'autorité ct l'asurpation de cet homme vomi par les
enfers pour répandre sur cette terre infortunée
l'incendie, la pro-cription et la mort; c'est le
Gouvernement anglais qui a prodigué l'or pour
ensanglanter les rives du Rhin; c'est lui qui a
fomenté cette guerre de la Vendée qui a fait verser tant de sang et immolé tant de victimes; c'est
sous ses ordres, et en présence de ses agens,
se sont commis tous les massacres dont les con- que
trées de l'Ouest ont été l'affreux théâtre; c'est lui
qui payoit le prix de chaque tête qui tomboit sous
le fer des assassins; c'est lui qui a réuni à Quibéron tous les anciens marins Français, et aussitôt des tombeanx se sont ouverts pour les ensévelir. C'est lui qui a produit en France l'anarchie
et les fureurs révolutionnaires, fourni des armes
et de lor aux rebelles de P'intérieur, contre-fait
notre papier monnoie, corrompn nos généranx ;
c'est lui qui a distribué ses trésors pour multiplier
de chaque tête qui tomboit sous
le fer des assassins; c'est lui qui a réuni à Quibéron tous les anciens marins Français, et aussitôt des tombeanx se sont ouverts pour les ensévelir. C'est lui qui a produit en France l'anarchie
et les fureurs révolutionnaires, fourni des armes
et de lor aux rebelles de P'intérieur, contre-fait
notre papier monnoie, corrompn nos généranx ;
c'est lui qui a distribué ses trésors pour multiplier --- Page 31 ---
(25)
les conspirations, et pour assassiner Napoléon :
cet or, source de corruption et de désordre, qui
ponvoit en rendre l'emploi utile et la possession
précieuse, a été-semé à pleines mains pour détruire, pour incendier et pour Inassacrer. Qu'on
ne nous accuse point de partialité ou d'exagération, l'histoire et les-traditions parlent, et c'est
dans leurs monumens, oi son! écrits en lettres de
sang les crimes dont le Gonvernement Anglais
s'est readu coupable.
1e
Ce Gouvernement a été toujours l'aggresseur
dans Jes guerres qu'il nous a déclarées, et a toujours secourni en temps de paix les ennemis de la
France. Sans vouloir ici remonter à des époques
éluignées, l'histoire nous apprend que la perfidie
et l'ambition commencérent la guerre de 1755;
tandis que nous reposant sur la foi des traités 2
nos meilleurs matelots étoient occupés à la péche
de Terre-Neuve, et nos vaisseaux marchands disséminés pour l'intérét du commerce, couvroient
les mers d'Amérique et d'Europe, tout-à-coup
l'Angleterre déclare la guerre à la France 7 les
forbans de la Tamise sortent et s'emparent de nos
vaisseaux richement chargés A l'Europe frémit et
s'indigna en apprenant cette violation de la
tice
juset du droit des gens; l'histoire consacra dans
ses fastes l'opprobre du Gouvernement Britannique. En 1774, un Macnemara, commandant tau
Sénégal, fit enlever un yaisseau français. En 1776,
le pavillon anglais attaqua et insulta sur le Gange
forbans de la Tamise sortent et s'emparent de nos
vaisseaux richement chargés A l'Europe frémit et
s'indigna en apprenant cette violation de la
tice
juset du droit des gens; l'histoire consacra dans
ses fastes l'opprobre du Gouvernement Britannique. En 1774, un Macnemara, commandant tau
Sénégal, fit enlever un yaisseau français. En 1776,
le pavillon anglais attaqua et insulta sur le Gange --- Page 32 ---
(26)
trois vaisseaux français. Dans la guerre de l'Amé:
rique, il n'existoit aucune déclaration entre la
France et la Grande-Bretagne; cependant les Anglais attaquèrent la frégate la Belle Poule, commandée par le brave la Clocheterie, et s'emparèrent de la Licorne et de la Pallas, et déjà on
avoit armé pour faire la conquéte dans l'Inde des
possessions françaises.
La reine Elisaberh, Charles Ier,
ont
secouru
Cromwel,
les Protestans français qui avoient pris les
armes contre leur patrie. Le Gouvernement Anglais a favorisé la rebellion des Corses; il a procuré à l'empereur de Maroc et aux Algériens des
munitions de guerre pendant le siége de Mélile
et d'Alger, , entrepris par les E-pagnols, alors amis
et alliés de la France; il a procuré des armes et
de l'argent à la maison de Bragance et de Portugal, contre l'Espagne, il a fomenté les divisions
des Pays-Bas, et la désertion des Hollandais. Ces
violations des droits les plus sacrés de la justice
et des nations, forment le systéme diplomatique
de la Grande-Bretague, et dirigent les opérations
de ce Gouvernement machiavélique.
Cette politique insidieuse et oppressive n'est
point nouvelle dans le cabinet britannique. Pitt
n'est pas le créateur de cet art perlide et cruel ;
il en est l'émule; il en étend les ramifications et
en augmente la force. Il est l'héritier scandaleux
d'un père qui sacrifia toutes les vertus à son ambition, et qui eut l'audace et l'impudeur de dé-
de la Grande-Bretague, et dirigent les opérations
de ce Gouvernement machiavélique.
Cette politique insidieuse et oppressive n'est
point nouvelle dans le cabinet britannique. Pitt
n'est pas le créateur de cet art perlide et cruel ;
il en est l'émule; il en étend les ramifications et
en augmente la force. Il est l'héritier scandaleux
d'un père qui sacrifia toutes les vertus à son ambition, et qui eut l'audace et l'impudeur de dé- --- Page 33 ---
a AA0o
(27)
clarer que, si le Gouvernement Anglais avait de I
la bonnefoi, ilr n'auroit pas trente ans d'esistence.
Qu'il 'nous soit permis ici de jetrr un coup-d'oil
rapide sur les actions et les maximes de deux ministres qui ont juré à la France une haine immortelle. Chatam avoit sans doute de grands talens et
de profondes connoissances ; son genre hardi, et
son ambition sourde et inquiète enfantèrent des
projets destructifs de tout ordre de justice et d'humanité; administratenr politique, ses opérations
étoient dirigées par cet esprit d'analyse et de calcul qui en facilite souvent le succès ; mais Chatam sacrifia la morale, l'intérêt et la liberté du
Peuple Anglais, les dfoits des Nations, et toutes
les vertus publiques; pour étendre la gloire, la
puissance et le commerce de la Grande-Bretegne.
Quand il s'applandissoit d'avoir conquis l'Amérique, il avoit oublié que cette conquéte avoit
coûté à l'Etat quatre-vingt millions sterlings : ce
ministre en usurpant la suprématie maritime, en
voulant rendre la nation guerrière et conquérante,
prépara le démembrement de I'Empire, et alluma
L cette guerre civile contre laquelle il tonna avec
une énergie véhémente, pour faire diriger contre
la France toutes les forces britanniques.
Valpole avoit introduit dans le Parlement cette
corruption et cette vénalité, , qui furent un fléau
encore plus terrible que la guerre , et qui ont imprimé, sur le Peuple Anglais, un caractère d'immoralité, qui doit nécessairement le conduire à
érante,
prépara le démembrement de I'Empire, et alluma
L cette guerre civile contre laquelle il tonna avec
une énergie véhémente, pour faire diriger contre
la France toutes les forces britanniques.
Valpole avoit introduit dans le Parlement cette
corruption et cette vénalité, , qui furent un fléau
encore plus terrible que la guerre , et qui ont imprimé, sur le Peuple Anglais, un caractère d'immoralité, qui doit nécessairement le conduire à --- Page 34 ---
- N 28)
T'esclavage. Chatam, par ses principes machiavéliques, , par sa haine contre la France, par ses
cipes de conquéte et de
prinPeuple
destruction, 2 donna au
Anglais, cette audace, cette fierté, cet
orgueil, qui ont outragé les autres Nations de
l'Europe, Ces deux ministres ont violé toutes les
lois de la morale et de la foi
la constitation de
publiqne; ont attaqué
T'Etat; ont ébranlé les fondemens de l'Empire, et ont commis des crimes
la justice des siècles ne leur
que
Le Peuple Anglais doit la
pardonnera jamais,
à
perversité de ses moeurs
Valpole, et devra peut-être bientôt sa dissolution à Chatam ; l'un vouloit établir le
du Roi, et la servitude du
despotisme
tion;
Peuple sur la corrup-
; l'autre ne craignoit point d'annoncer publiquement, 2 que, pour être puissant et
il falloit adopter la morale des
redontable,
maximes des
usurpateurs et les
conquérans. Le premier
des trésors de l'Etat, pour les faire servir s'emparoit à fortifier et propager'son systéme d'immoralité; le
second faisoity verserdes flotsde sang, pour soutenir
sa doctrine d'envahissement et de conquête.
Il est de la destinée de l'Angleterre d'étre
vernée par une famille ambitieuse, qui veut fonder goula gloire et la grandeur du Peuple
sur les crimes de la
et britannique ,
des
politique 7
sur la foiblesse
autres puis-ances de l'Europe. Pitt, plus habile
que son père dans la science de la politique
moins impétueux, moins véhément, mais plus dan- 2
gereuy, cache, Sous des dehors trompeurs, une
ête.
Il est de la destinée de l'Angleterre d'étre
vernée par une famille ambitieuse, qui veut fonder goula gloire et la grandeur du Peuple
sur les crimes de la
et britannique ,
des
politique 7
sur la foiblesse
autres puis-ances de l'Europe. Pitt, plus habile
que son père dans la science de la politique
moins impétueux, moins véhément, mais plus dan- 2
gereuy, cache, Sous des dehors trompeurs, une --- Page 35 ---
27 d0 Re A
(29)
ambition dévorante, et une hypocrisie
il réunit les talens et le génie, à toutes calculée; les
sions sauvages ; la vigueur et la fierté du carac- pastère, à tous les transports de la perfidie, et à
tous les tourmens de la haine. Il veut diriger
à son gré, tous les mouvemens de l'Europe,
,
les faire servir à sa gloire, et à celle de son pour Roi,
dont il a su captiver la confiance, par son attachement à servir ses caprices et à flatter ses passions. Pitt a adopté la doctrine perverse, et
les dogmes perfides de Machiavel et d'Hobbes, qui
ont publié, dans leurs ouvrages subversifs de tout
ordre social, C que. la prospérité et la splendeur des
> Empires doiyent être fondés sur la force 2 la
> rannie et la séduction >. Il veut aller à la célébrité typar des opérations hardies et difficiles.Les obstacles
augmentent la force de son génie 2 et irritent l'ardeur de son caractère; il brave les murmures et
les imprécations d'un Peuple qu'il opprime sous
le fardeau des impôts, déconcerte, par son orgueil,
ses ironies et son éluquence, les chefs du parti
de l'opposition quisont aujourd'hui sans caractère
et sans énergie, et qui ne sont plus qu'un simulacre
que l'on ofire aux yeux du Peuple, pour lui persuader que sa volonté entre pour quelque chose,
dans les decrets du Parlement, et dans les résolutions ministérielles. Pitt se sert de la connaissance qu'il a du coeur humain et des passions qui
l'agitent pour multiplier ses partisans et ses admirateurs, pour augmenterses moyens de corraption,
et son éluquence, les chefs du parti
de l'opposition quisont aujourd'hui sans caractère
et sans énergie, et qui ne sont plus qu'un simulacre
que l'on ofire aux yeux du Peuple, pour lui persuader que sa volonté entre pour quelque chose,
dans les decrets du Parlement, et dans les résolutions ministérielles. Pitt se sert de la connaissance qu'il a du coeur humain et des passions qui
l'agitent pour multiplier ses partisans et ses admirateurs, pour augmenterses moyens de corraption, --- Page 36 ---
N
(30 )
et pour é:endre les prérogatives royales : avec de
lor, il séduit les hommes avides; avec de l'espoir
etl les promesses des dignités, , et des récompenses,
il enchaine les ambitieux; ; avec des déclamations
véhémentes,il éblouit et subjugue les esprits foibles
et crédules; il flatte le Peuple, en lui parlant de
conquéte et de triomphe; et. c'est en lui présentant
un tableau d'envahissement etde destruction contre
la France, qu'il appaise Ses murmures et nourrit
son orgueil; ; il sait qu'en l'entretenant des sa gloire,
de sa paissance et de l'accroissement de son commerce, 2 il en fera des esclaves qui béniront leurs
chaînes, 2 et s'applaudiront dans leurs fers. Pitt
veut fonder le despotisme da Roi, sur les débris
de la liberté publique, et établir un Gouvernement
militaire; il veut démembrer la France, y entretenir les factions et l'anarchie, il veut détruire
son commerce, sa marine, ses Colonies, désorganiser le nord de l'Amérique, détacherles Colonies
Espagnoles de leur métropole, s'emparer des trésors
du Biésil, du Mexique, du Pérou et dis richesses
de la Hollande ; il veut alfermir la suprématie
maritime, faire le commerce exclusif, et rendre
toutes les Nations vassales et tributaires de l'Angleterre; c'est ainsi que Pitt yeut immortaliser sa
mémoire, et son administration par de grands
forfaits; mais les oppressenrs de l'humanité et des
Nations 2 doivent périr. Cette justice instruit et
console la terre.
Ilfautaux Anglais, dit un historien philosophe,
, du Pérou et dis richesses
de la Hollande ; il veut alfermir la suprématie
maritime, faire le commerce exclusif, et rendre
toutes les Nations vassales et tributaires de l'Angleterre; c'est ainsi que Pitt yeut immortaliser sa
mémoire, et son administration par de grands
forfaits; mais les oppressenrs de l'humanité et des
Nations 2 doivent périr. Cette justice instruit et
console la terre.
Ilfautaux Anglais, dit un historien philosophe, --- Page 37 ---
27 de
(3r)
de grandes chimères, une prespective immense de
des gloire, un commerces sans concurrence, les
deux mondes, l'empire des
richesses
patiens et soumis
mers 2 des alliés
, quelques victoires
un honneur chimérique
infructueuses,
leurs
qu'ils croient partageravec
maitres, des parades ridicules contre
Nations les plus
les.
délité dans les respectables ; la ruse, et l'infitraités, le machévialisme dans les
négociations; tous ces faits viennent à
cette vérité, tous les évènemens la
l'appui de
puis un siècle. La conduite arbitraire confirment deleurs entreprises hardies, leurs
des Anglais,
dans les assemblées
discours hautains
nationales, leurs
leurs manifestes,leurs
déclamations,
suivi de la violation des usurpations, droits
et leursystéme
dépose contre leur tyrannie; des Nations, tout
gu'an
leur histoire n'offre
assemblage bisare de liberté
d'esclavage réel, des conquétes
apparente et
injostes, de gloire
brillantes; mais
éphémère et de malheur durable, quelques vertus farouches, des
excès et des crimes. C'est ainsi
fautes, des
se trouve en contradiction
que le despotistne
veut tout
avec lni-méme; sa force
subjoguer, sa cupidité tout
et sa corruption tout dégrader.
envahir, 2
si vanté, si fameux par votre Peuple Anglais!
humanité, par votre
liberté, par votre
Peuple licencieux philosophie, vous n'êtes qu'un
fortune,
sans liberté 2 dissipateur sans
orgueilleux sans
çonné à l'esclavage et à la courage 1 déjà tout fatout prét à être
misère, avili par le luxe,
chargé de furs, si le delire de
force
subjoguer, sa cupidité tout
et sa corruption tout dégrader.
envahir, 2
si vanté, si fameux par votre Peuple Anglais!
humanité, par votre
liberté, par votre
Peuple licencieux philosophie, vous n'êtes qu'un
fortune,
sans liberté 2 dissipateur sans
orgueilleux sans
çonné à l'esclavage et à la courage 1 déjà tout fatout prét à être
misère, avili par le luxe,
chargé de furs, si le delire de --- Page 38 ---
(3 32)
la liberté ne s'empare bientôt de quelques têtes
Bretonnes 7 pour renverser tout-à-comp T'hydre du
despotisme, tout prét à écraser la Nation assoupie.
L'Angleterre a nsurpé la suprématie maritime
elle s'est emparé du colmerce
nniversel, et elle annonce aux autres Nations, qu'elles seront ses tributaires ; elle fait sentir son despotisme aux
sances
puisqui ont des intérêts maritimes à
ou des rapports commerciaux à
conserver, 2
maintenir; elle menace l'Espagne, médite la ruine de la France,
la
7 dont
marine, toute affoiblie qu'elle est, l'épouvante
encore: elle réunit ses forces 2 pour s'emparer des
établissemens Hollandais, et déclare au Portugal,
qu'il sera son vassal et son esclave ; elle veut
arréter la Prusse dans l'essor qu'elle cherche à
donner dans son commerce et dans la formation
de la compagnie des Indes que le grand Frédéric
avoit voulu établir dans le port d'Empden. Les
efforts que le Gouvernement Anglais a fait dans
tous les temps, pour troubler cette puissance dans la
possession des établissemens de Thorn et de Dantzict, annoncent ses projets d'attaque et d'invasion;
il veut forcer l'Autriche à renoncer à sa Colonie
d'Ostende, et détruire son commerce dans le port
de Trieste, il veut dominer à
et
Naples 2.
par des promesses insidienses, I'Helvétie à engager verser
ses trésors dans la banque de Londres, il veut
établir des magasins et des comptoirs dans toutes
les villes d'Allemagne, aspirer tous les sucs nourriciers de TEtrurie, dicter des lois à la Suède,et
au
oncer à sa Colonie
d'Ostende, et détruire son commerce dans le port
de Trieste, il veut dominer à
et
Naples 2.
par des promesses insidienses, I'Helvétie à engager verser
ses trésors dans la banque de Londres, il veut
établir des magasins et des comptoirs dans toutes
les villes d'Allemagne, aspirer tous les sucs nourriciers de TEtrurie, dicter des lois à la Suède,et
au --- Page 39 ---
( 33 )
au Danemarck jusques dans leurs propres ports,
s'opposer aux progrès rapides du commerce de la
Russie, et dominer sur la Méditerranée par la
conquête de l'Egypte; cette puissance ambitieuse,
présente des boulevards sur toutes les mers, et
commande à tous les Peuples l'obéissance et ie
respect; des forteresses redoutables sont élevées
pour lui assurer la domination de l'Océan européen, de l'Océan américain, de l'Océan atlantique, de l'Océan indien ; elle ordonne que des
milliers de bâtimens apportent, en tribut à la
Tamise, les richesses de tous les fleuves depuis
le Tage jusqu'au Gange, depuis l'Elbe jusqu'au
fleuve Sain-Lanrent; elle veut régner sur le Sund,
et faire flotier son, pavillon sur la Baltique : elle
veut réunir irrévocablement à son domaine ces
monumens de sa perfidie, et nous enlever ceux de
notre courage et de notre gloire; elle veut détruire la balance politique 7 par nne accumulation
énorme d'érablissemens usurpés dans les deux
mondes, en Otant aux autres Nations les appuis
de leur commerce maritime
Ilest de l'intérêt de toutes les puissances de l'Eirope, de réunir leurs forces pour briser le sceptre
maritime que les Anglais ont nsurpé, et qui pèse
sur tontes les Nations; il est temps d'assurer cette
liberté de navigation et de commerce, qui doit
être une propriéié commune, et dont la jouissance
exclusive est un outrage et un scandale, que l'Europe ne peut plus tolérer. On a versé des flots de:
C
de leur commerce maritime
Ilest de l'intérêt de toutes les puissances de l'Eirope, de réunir leurs forces pour briser le sceptre
maritime que les Anglais ont nsurpé, et qui pèse
sur tontes les Nations; il est temps d'assurer cette
liberté de navigation et de commerce, qui doit
être une propriéié commune, et dont la jouissance
exclusive est un outrage et un scandale, que l'Europe ne peut plus tolérer. On a versé des flots de:
C --- Page 40 ---
(34)
sang pour rétablir sur le continent cette balance
politique, destinée à s'opposer à la
l'ambition de grandes
grandeur et à
forme le projet insensé puissances. de
Charles- Quine
FEurope, à la monarchie réunir tous les Etats de
fils de Louis XIV, est
Espagnole; un petit
trône de Madrid;
appellé pour monter sur le
les cabinets de aussitôt, l'allarme est dans tous
au pouyoir d'aucun l'Europe, et quoiqu'il ne soit pas
prématie
Potentat de s'emparer de la sucontinentale, les Puissances
pour s'opposer à la grandeur et à la force s'arment, de
France et del'Espagne. Cette
la
tale est une véritable
suprématie continentail, dont
chimère, c'est une épouvanl'Angleterre se sert pour
autres
effrayer les
de Gouvernemens et pour exécuter ses
conquétes et d'envahissemens. Il n'en projets
ainsi del la suprématie maritime, elle
est pas
existera pour le malheur de
existe, et elle
les autres Puissances ne réuniront P'Enrope, tant que
pour la briser, et pour rentrer dans pointleurs forces
droits qui leur appartiennent.
l'exercice des
Les Puissances de l'Europe, doivent
l'intérét de leurs peuples s'unir à la donc, pour
des traités de paix et de commerce, France, 3 par
leur sera utile et
Cette alliance
avantageuse.
nne guerre longue et
L'Autriche, après
désastreuse, doit
toute idée de conquéte,
renoncer à
sa prospérité;
pour ne S 'occuper que de
de
son, commerce naissant lui
nouvelles sources
promet
d'industrie et de
par la perte de la suprématie
trésorsge'est
usurpée par T'Angle-
et de commerce, France, 3 par
leur sera utile et
Cette alliance
avantageuse.
nne guerre longue et
L'Autriche, après
désastreuse, doit
toute idée de conquéte,
renoncer à
sa prospérité;
pour ne S 'occuper que de
de
son, commerce naissant lui
nouvelles sources
promet
d'industrie et de
par la perte de la suprématie
trésorsge'est
usurpée par T'Angle- --- Page 41 ---
(35 )
terre, qu'elle étendra et vivifiera ses relations
commerciales, et qu'elle sera un
rang de grandes Paissances
jour, placée att
donnera de l'activité à
maritimes; la Prusse,
l'agriculiure,
son commerce, améliorera
augmentera sa
tionnera son systéme d'économie population, 2 perfecdoutera point les
politique, ne reentreprises de T'Autriche et de
Russie, et établira léquilibre dans
la
dans le nord. L'aigle de
TAllemagne et
étre d'avance les
Pétersbourg dévore peutdans la
possesions de la Prusse situées
Pologne. Son alliance avec la France
garentit et lui assure l'intégrité de
lui
L'influence que cette Paissance
son empire,
Germanie,
a acquise dâns la
2 et qu'elle doit chercher à
pour réaliser des plans éventuels, lui faira étendre
un besoin de l'alliance avec la
toujours
de l'Europe ne peut lui donner France; des
nul Etat
puissans, ne peut lui laisser plus à
secours ni plus
à craindre.
espérer moins
La Suède comprendra qu'elle a besoin de
à la France,
s'unir
parce que ses relations
ont plutot pour objet des intérêts
extérieures
que des liaisons
commerciaux,
point les invasions politiques; ; alors, elle ne craindra
et les attaques du
ment Anglais, qui, sous de vains
Gouvernemensonges absurdes, cherche à prétextes, et des
ports, et à incendier ses
la bombarder ses
rappeller gue la France lui villes; Suède doit se
subsides dans le
a fourni d'immenses
plus affreuse temps où elle étoit réduite à la
détiesse, qu'elle l'aida à faire cette
C 2
invasions politiques; ; alors, elle ne craindra
et les attaques du
ment Anglais, qui, sous de vains
Gouvernemensonges absurdes, cherche à prétextes, et des
ports, et à incendier ses
la bombarder ses
rappeller gue la France lui villes; Suède doit se
subsides dans le
a fourni d'immenses
plus affreuse temps où elle étoit réduite à la
détiesse, qu'elle l'aida à faire cette
C 2 --- Page 42 ---
(36 )
révolution qui anéantit cette aristocratie orgieilleuse, qui opprimoit l'Etat et le trône ; elle doit
savoir que ce fut la France qui, par
d'ue flotte à Toulon, et par une diversion l'armement
les Russes dans l'Archipel, arréta les
contre
tiles dont la Russie et la Porte la mesures hosSuède doit donc se réunir à la France menaçoient; la
fendra contre la Russie
qui la déjalouse de dominer sur la
Baltique: : alors, cette Puissance repréndra le
quiluiappartient parmiles
rang
son Roi abandonnant ses projets Easindépendangalans
cupera. à éteindre cet esprit
gigantesques,s'occe germe de factions, qui est d'insurrection,a toujours
à détruire
lopper et a affermir un trône
prét se déveLe Danemarc allié avec la toujours chancelant.
ni la vengeance ni les forces France, de
ne craindra;
évitera ces guerres qui
TAngleterre, et
ruineroient
épuiseroient ses finances et
ses relations commerciales; ; la
en s'unissant à PAngleterre, avoit
Turquie,
elle
signé sa propre
condamnation;
a évité le démembrement de
son empire en renouvellant le traité d'alliance
la lioit à la France, et en demandant d'étre qui
une fois admise dans son systéme fédératif; encore
Divan n'oublie jamais que
quele
l'Angleterre veut conquerir l'Egypte, ets'emparer du commerce exclusif du Levant et de la Mer-Noire;
la
lui a enlevé le Cuban, la Crimée, les que Russie
Forteresses
qui défendoient ses Provinces
Septentrionales, et
L.ommereeduurdeb) Perse. L'établissement de
Chersori, domine dans cette Mer, et menace Cons-
admise dans son systéme fédératif; encore
Divan n'oublie jamais que
quele
l'Angleterre veut conquerir l'Egypte, ets'emparer du commerce exclusif du Levant et de la Mer-Noire;
la
lui a enlevé le Cuban, la Crimée, les que Russie
Forteresses
qui défendoient ses Provinces
Septentrionales, et
L.ommereeduurdeb) Perse. L'établissement de
Chersori, domine dans cette Mer, et menace Cons- --- Page 43 ---
(37 )
Tun des jeunes Czars, a reçu le nom
tantinople ;
reçoive dans la
de Constantin, 7 en attendant qu'il
:
capitale de la Turquie la couronne Impériale
combinant ses plans avec ses forces, la Russie peut
- même
Constantinople d'un
attaquer en
temps de l'autre, etl lEmcôté, le détroit de Dardanelle
pire Ottoman n'est plus ; l'Autriche peut attaquer du
bouches
la Valachie et la Moldavie, jusqu'anx
au démembreDanube, et rien ne peut s'opposer forte de son alment de cet Empire. La Turquie; à conserver ses
liance. avec la France, parviendra
Européennes, à étendre son commerce,
provinces
à discipliner ses troupes 5
à angmenter sa marine,
de la civilisation,
à ramener le peuple aux principes
des lumières
aux droits de Phumanité, > et à profiter
et de l'industrie des autres Natious.
ma
Paul Ier, vit dans Napoléon 1 un guerrier de
homme d'état; le génie
gnanime, et un grand
des Français, l'instruit et le subjugue.
l'Empereur
et forme une confédération
Il quitte la coalition, Dannemarc contre l'Angleavec la Suède et le
le Sund et dans la
terre, qui vouloit dominer sur
traité d'amiBaltique. Ils'occupe à contracter un
tié de paix et d'alliance, avec la France..Paul predans ces derniers
inier est le seul souverain, qui,
loyale
temps 2 a suivi les mouvemensd'une sincère politique dans sa conet désintéressée; tout étoit avoient des excuses hoduite;ses erreurs il mêmes s'est armé contre la France,,
norables; quand
elle etoit avilie sous un Gouvernement oppresseur,
C3
traité d'amiBaltique. Ils'occupe à contracter un
tié de paix et d'alliance, avec la France..Paul predans ces derniers
inier est le seul souverain, qui,
loyale
temps 2 a suivi les mouvemensd'une sincère politique dans sa conet désintéressée; tout étoit avoient des excuses hoduite;ses erreurs il mêmes s'est armé contre la France,,
norables; quand
elle etoit avilie sous un Gouvernement oppresseur,
C3 --- Page 44 ---
(38) )
et elle avoit vu s'éloigner le Héros
maintenant de sa gloire, et la
qui la. couvrel
Un
protège de son génie.
Monarque, placé aux confins de
voit donc facilement se
PEurope, poudes événemens
la méprendre, êt mal juger:
qne
renommée lui
loin, à travers tous les cris de la
portoit de
les plaintes de l'infortune.
hainé, et toutes
Paul
ses erreurs, il comprit que les Puisances premier. reconnut
oubliant la cause
coalisées,
leura aggrandissement commune, ne songeoient qu'à
particulier; ; il ne voulut
préter ses drapeaux à cette ligue
plus
vint à ses véritables intérêts,
ambitiense; il rejustice et de sa
, parle sentiment dela
le mobile
dignité: en un mot, l'honneur fut
constant de sa politique, et cet
perdu depuis long-temps dans les
exemple,
avoir été donné
le
Cours, ne semble.
par
descendant dés
que pour offrir un contraste plus frappant, Czars,
conduite de T'Angleterre.
avecla
A peine Alexandre Ier. est-il monté sur le
de ses pères, qu'il s'unit avec la France trône
alliance solemnelle; c'est ainsi
par une
Grand forma ses premières liaisons que Pierre-lepuissance en 1717- Cette alliance avec cette
Russie le droit et la faculté de faire donnerà à la
un commérce direct et
avec la France
seront plus des acheteurs réciproque. Les Anglais ne
deurs usurier's
exclusifs, et des venleurs
qui retiroient un prix immense de'
achats, et de leurs ventes ; la Russie
tiendra des relations commerciales
entreéta avecles puissances du nord
avec la France,
sans aucuns intermé-
ières liaisons que Pierre-lepuissance en 1717- Cette alliance avec cette
Russie le droit et la faculté de faire donnerà à la
un commérce direct et
avec la France
seront plus des acheteurs réciproque. Les Anglais ne
deurs usurier's
exclusifs, et des venleurs
qui retiroient un prix immense de'
achats, et de leurs ventes ; la Russie
tiendra des relations commerciales
entreéta avecles puissances du nord
avec la France,
sans aucuns intermé- --- Page 45 ---
(39)
diaires; elle favorisera les concurrences des
tions du midi; elle vendra plus cher
nations, achetera à meilleurs marché ses producdises
les marchanétrangères, et procurera de grands
à PEurope, en ouvrant une nouvelle avantages
dustrie et au commerce de
route à l'inRussie alliée à la
plusieurs peuples. La
France, ne redoutera ni
triche, ni la Prusse, ni la
FAuexécuter sans crainte
Turquie, et pourra
éventuels; elle
et sans obstacles ses projets
fortifiera sa marine
cette liberté des mers qui doit étendre pour rétablir
son commerce et son industrie; elle et vivifer
l'équilibre du Nord pendant que la France maintiendra
tiera celui du Midi. Cette heureuse union garanla balance politique de
assurera
suprématie maritime T'Europe, et détruira la
usurpée par TAngleterre.
L'empire de Russie, observe un écrivain
tique, exerce aujourd'hui une influence
poliprincipalement à l'état de confusion
qu'il doit
dans lequel la
et de désordre
guerre a jeté les
de toutes les nations de
rapports politiques
les ressources de richesses l'Europe; mais avec toutes
et de
renferme dans son sein,
puissance qu'il
il point a une prépondérence pourquoi ne prétendroittive. La Russie à un vaste
permanente et positerritoire, des
fertiles, des frontières qui la mettent proviuces
nication avec I'Europe et l'Asie, des en commuouvrent un accès sur toutes les
ports qui lui
lation nombreuse
mers, 2 une popuprince qui la
7 industrieuse et sobre; si le
gouverne aspire à T'honneur de rendre
C4
dans son sein,
puissance qu'il
il point a une prépondérence pourquoi ne prétendroittive. La Russie à un vaste
permanente et positerritoire, des
fertiles, des frontières qui la mettent proviuces
nication avec I'Europe et l'Asie, des en commuouvrent un accès sur toutes les
ports qui lui
lation nombreuse
mers, 2 une popuprince qui la
7 industrieuse et sobre; si le
gouverne aspire à T'honneur de rendre
C4 --- Page 46 ---
I 40) )
durable et d'attacher à son empire et à son nom lei
principe de cette prééminence qu'il doit à des circonstances accidentelles ,et qui peut leur survivre,
qu'ils'occupe de modérer Ce, principe d'expansion,
qui jusqu'a ce jour a porté ses prédécesseurs a
S 'étendre sans cesse au-delà des limites de leur empire; qu'il se liyre uniquement au soin de civiliser
les parties éloignées de son vaste territoire; d'enchaîner par une boene administration les
tions trop dispersées ; d'y développer tous propor- les élémens de fécondité qui multiplient les choses, les
hommes, et qui ajoutent à la valeur des uns et a
l'indastrie des autres; qu'il substitue enfin à l'inscription fastueuse que les flatteurs de Catherine
gravèrent sur l'arc de triomphe de Cherson: ce
chemin mêne à Constantinople; cette devise bien
plus glorieuse et bien plus sensée; les forces de
cet empire ne serviront plus désormais a
mais
Lagrandir,
à le gouverner. Avec ces maximes d'une
sage politique, il verra s'accomplir en peu d'années tous les présages que le génie de Pierre-leGrand a su concevoir, et que les's succès de piusieurs règnes glorieux n'ont qu'imparfaitement
réalisés; de la sur-abondance des productions locales, naitra un principe d'émulation qui dirigé
par une administration prévoyante, favorisera la
population des classes industrienses; d'un commerce intérieur solidement constitué, sortira cette
impalsion féconde et nationale qui peut seule organiser au prolit de l'état les ressorts de son com-
les présages que le génie de Pierre-leGrand a su concevoir, et que les's succès de piusieurs règnes glorieux n'ont qu'imparfaitement
réalisés; de la sur-abondance des productions locales, naitra un principe d'émulation qui dirigé
par une administration prévoyante, favorisera la
population des classes industrienses; d'un commerce intérieur solidement constitué, sortira cette
impalsion féconde et nationale qui peut seule organiser au prolit de l'état les ressorts de son com- --- Page 47 ---
(41)
intérienr, et lui en assurer les bénéfices.
merce
militaire s'élévera du sein d'une bonne
Une marine
les armées de terre se formemarine marchande, l'excédant de la population de
ront librement de
Russe sera un
toutes les classes, et alors l'empire
du monde.
des plus grands Empire
verra s'élever maC'est du sein de la paix qu'on
c'est au mijestueusement l'Empire de Russie, et
bienfaisans d'une administration
lieu des travaux
le tableau
cette nation présentera
pacifique, 2 que
Alexandre aime son
du bonheur et dela prospérité.
et
ses verpeuple, il se distingue par sa justice par fortuné
la
lui promet un règne
tus morales ; paix
il
les droits, Tindépendance
et glorieux; ; respectera
iustitutions des' peuples; ; il ne transportera
et les
ni ses armées
point ses flottes sur la Méditerranée, l'ambition et les vendans le Midi pour seconder
il nevoudra
geances du gouvernement britarnique; d'Occident par
point relever dans Rome l'empire
ln réunion des églises grecque et latine, et rétablir dans Gênes et le Piémont cette féodalité : anéanet généreux; il ne
tie par un guerrier magnanime
et iln'étendra
fxera point ses regards sur Byzance, Caucase et de PEupoint ses conquétes du côtédu de Cyrus à celui de
phrate pour unir le sceptre
l'ambition
Constantin. Tous ces projets de
promeurtrière, et cette guerre
duiroient une guerre
révolutions qui ont si
à son tour enfanteroit ces
bouleversé l'Empire Russe, et ensanglanté
sonvent
le trône des Czars.
magnanime
et iln'étendra
fxera point ses regards sur Byzance, Caucase et de PEupoint ses conquétes du côtédu de Cyrus à celui de
phrate pour unir le sceptre
l'ambition
Constantin. Tous ces projets de
promeurtrière, et cette guerre
duiroient une guerre
révolutions qui ont si
à son tour enfanteroit ces
bouleversé l'Empire Russe, et ensanglanté
sonvent
le trône des Czars. --- Page 48 ---
(4 42) )
La Suisse est sortie de cet état d'anarchie qui la
déchiroit, et le peuple helvétique est rentré dans
l'exercice paisible de sa souveraineté, Il n'oubliera
jamais qu'il doit sa liberté et sa constitution à l'empereur des Français; reconnoissant et fidèle, il
ne violera point la sainteté des traités, il fera tous
les sacrifices qu'exigera l'intérêt
vrant ses
commun, en outrésors, en offrant ses moissons à un
guerrier qui.est son législateur et qui-seul peut défendre sa constitution contre les divisions intestines, et ses cités contre l'invasion des ennemis.
La Hollande doit sa liberté à la France, unie à
cette puissance, elle forcera l'Angleterre à exécuter ce traité qui avoit restitué au peuple batave
ses colonies envahies, 2 alors la Hollande pourra
réparer ses pertes, et placée une seconde fois au
rang des puissances maritimes, elle rétablira ses
finances et son commerce et vivifiera toutes les
parties de son administration. Les
sont intéressés. au rétablissement dé gouvernemens cette république, dont les richesses consistoient dans son
commerce avec les Indes Orientales, dans ses COlonies d'Amérique, dans son commerce de cabotage avec FEurope; par son commerce avec les
Indes, elle fournissoit les productions et les marchandises del'Orient, objets quisont devenus nécessaires parlhabitnde; elle offroit en même temps un
débonchélacile. aux denrées et aux manufactoresde
FEnrope;par ses colonies d'Amérique, elle supléoit
au défaut de son territoire; par son commerce: de
dans son
commerce avec les Indes Orientales, dans ses COlonies d'Amérique, dans son commerce de cabotage avec FEurope; par son commerce avec les
Indes, elle fournissoit les productions et les marchandises del'Orient, objets quisont devenus nécessaires parlhabitnde; elle offroit en même temps un
débonchélacile. aux denrées et aux manufactoresde
FEnrope;par ses colonies d'Amérique, elle supléoit
au défaut de son territoire; par son commerce: de --- Page 49 ---
(43) )
cabotage, 5 elle entretenoit l'abondance et soutenoit
la concurrence daus 100S les porty et les marchés
de l'Europe; elle - dèvenoit l'appui de toutes les nations, leur apportoit ce qu'il leur manquoit, achetoit l'excédent de lenr consommation, et se rèndoitpourainsidirela bienfaitrice du genre. humain;
l'existence de la Hollande est utile et nécessaireanx
puissances du' Nord; l'Angleterre qui veut établir
son commerce universel exclusif, cherche à anéantir cette puis-ance; tous les états de l'Europe, et
sur-tout la France et la Prusse, sont intéressées à
sa conservation.
L'Espagne, en exécutant avec fidélité les traités
qui la lient à la Francé, ne verra point ces révolutions politiques qui ébranlent et détruisent
les Empires; sa marine réunie à celle dela France,
défendra ses Colonies, fera respecter son pavillon,
et ses vaisseaux chargés des trésors du Mexique et
du Pérou, rentreront dans ses ports ; le Portugais gnerrier sous Alphonse 2 navigateur sous.
Sébastien 7 militaire sous Bragance, andacieux sous
Vasa de Gama, intrépide sous Albukerque, négociateur sous Atalide, ne sera plus l'esclave de
s'il réunit sa marine à celle de la
T'Angleterre 5
et de la Hollande; nne seule
France, del'Espagne,
loi, disoit le marquis de Pombal atl Gouvernement Anglais, peut renverser votre puissance, ou
du moins affoiblir votre empire; nous n'avons qu'à
défendre la sortie de notre or pour qu'il'n'en
sorte plus. Le Portugal pourra étendre et fortifier
--- Page 50 ---
(44)
son commerce 3 en ouvrant ses ports à toutes les
Nations > en admettant une concurrence générale
dans la vente de ses propres marchandises, et dans
l'importation de toutes les marchandises étrangères ; il donnera à,son commerce dans les Indes
orientales et sur les côtes de
velle direction
T'Afrique, une nouqui pourra devenir une source abondante de richesses ; il reformera ses
ragera les sciences,
lois, 2 encouduira dans
protégera les arts, , et introtoutes les parties de l'administration,
de nouveaux principes d'ordre et d'économie. Le
Portugal gémissoit sous la domination
la France rompit ses fers; la maison de Espagnole,
lui doit son sceptre et sa couronne ; elle Bragance devra
à Napoléon sa liberté, son indépendance, la conservation de ses Colonies, et la. prospérité de son
commerce, que le Portugal n'oublie jamais ces
heureux bienfaits; c'est en observant fidèlement
- ses traités avec la France, qu'il pourra conserver
et améliorer son existence politique.
Les Etats-Unis de l'Amérique doivent s'unir, à
la France ; cette alliance sera utile à leur commerce et à leur navigation. Le Gonvernement
britannique, n'a pas perda l'espoir d'asservir les
Americains; il tentera cet asservissement par la
force ou par la corruption. Dans sa haine
fonde,i il épuise les trésors de l'Etat, pour fomenter prodes factions et des troubles; il méditeune révolution dans T'espoir de conquérir Ses anciennes
vinces. Une antique alliance, des intérêts réels, pro-
; cette alliance sera utile à leur commerce et à leur navigation. Le Gonvernement
britannique, n'a pas perda l'espoir d'asservir les
Americains; il tentera cet asservissement par la
force ou par la corruption. Dans sa haine
fonde,i il épuise les trésors de l'Etat, pour fomenter prodes factions et des troubles; il méditeune révolution dans T'espoir de conquérir Ses anciennes
vinces. Une antique alliance, des intérêts réels, pro- --- Page 51 ---
Mpe
(45)
et des rapports directs, commandent aux EtatsUnis de cimenter leur existence
et
politique 2
d'étendre leur gloire et leur grandeur, en se réunissant avec une Nation qui saura les défendre
contre les usurpations d'un ennemi qui, semblable
à un lion rugissant, cherche déjà à dévorer sa
proie. Sans le secours de la France, 2 l'Amérique
trop foible pour combattre les armées et les
flottes britanniques, n'eût point brisé ses fers; elle
eut subi le jong du vainqueur ; esclave d'un Gouvernement oppresseur et militaire 2 l'Américain
auroit présenté le spectacle d'un Peuple avili et
malhepreux. Il rejettera, avec mépris et avec indiguation, l'alliance d'un Gouvernenient qui a été
son ancien tyran, et qui profiteroit de sa foiblesse,
de ses erreurs, de ses divisions pour l'attaquer,
le conquérir et lui donner de nouveaux fers.
Dans la dernière guerre, le Gouvernement Anglois a dà ses succès et ses conquêtes à la perfidie,
à la trahison, 9 à son or corrupteur; ce n'est point
par sa propre force, que la Grande-Bretagne subjugue l'Europe, c'est par la foiblesse des autres puissances dans les moyens de l'attaquer ou de Ia contenir ; ses richesses, son audace. 2 voilà ces agens
séducteurs qu'il emploie pour établir sa tyrannie
et ses usurpations ; elle a épuisé les trésors de
l'Etat, elle a accablé le Peuple sous le poids des
impôts, pour fomenter et alimenter l'anarchie
révolutionnaire, pour stipendier et multiplier dans
nos ports et dans nos villes, drs émissaires et
dans les moyens de l'attaquer ou de Ia contenir ; ses richesses, son audace. 2 voilà ces agens
séducteurs qu'il emploie pour établir sa tyrannie
et ses usurpations ; elle a épuisé les trésors de
l'Etat, elle a accablé le Peuple sous le poids des
impôts, pour fomenter et alimenter l'anarchie
révolutionnaire, pour stipendier et multiplier dans
nos ports et dans nos villes, drs émissaires et --- Page 52 ---
(46)
des a-sassins; elle a porté par-tont l'incendie et
la mort. Cen'est qu'en dévastantla France, qu'elle
vouloit la démembrer; cette guerre étoit plus digne
d'une puissance barbaresque et das hordes des
sauvages, que d'on Peuple policé et d'un Gouvernement civilisé ; Ce n'est point pour une dynastie proscrite qu'elle avoit pris les armes. Af
foiblir, mutiler la France, l'écraser, la détruire
par ses propres habitans, voilà son systéme homicide. Napoléon écouta la voix de l'humanité
plaintive; la guerre, dit-il à Georges III, doitelle être éternelle? N'y a-t-il pas moyen de parvenir à s'entendre? Il exprimoit ensuite son desir
sincère de contribuer à une pacification génerale.
Qu'elle étoit tonchante cette lettre ! on y voyoit
de la fierté sans orgueil, de la grandeur sans obstentation, de T'humanité sans foiblesse ; le génie
bienfaisant, et l'ame sensible de Napoléon, semble
subjuger un moment le Gouvernement Anglais, et
le ramener aux principes de justice. Un congrès
fut établi à Amiens > pour fixer les bases d'un
traité de paix, 2 juste et solide. Le prince Josepl
montra, dans cette négociation dificile et délicate,
des connoissances profondes, et un caractère de *
grandeur et de loyauté, quilui concilièrent l'estime, 2 l'admiration et le respect. Cornwalis fit voir
de grands talens, à travers ses démonstrations de
justice et de bonne-foi, on crut appercevoir cette
adresse et ce machiavélisme politique ordinaire
aux négociateurs Anglois.
ix, 2 juste et solide. Le prince Josepl
montra, dans cette négociation dificile et délicate,
des connoissances profondes, et un caractère de *
grandeur et de loyauté, quilui concilièrent l'estime, 2 l'admiration et le respect. Cornwalis fit voir
de grands talens, à travers ses démonstrations de
justice et de bonne-foi, on crut appercevoir cette
adresse et ce machiavélisme politique ordinaire
aux négociateurs Anglois. --- Page 53 ---
(47) )
Le traité de Lunéville avoit réuni à l'Empire
Français, de vastes et fertiles provinces ; le traité
d'Amiens rendit à la France et à ses alliés leurs
Colonies envahies, et l'Angleterre promit de restituer Malte. Tandis que Napoléon profite des
bienfaits de la paix, pour guérir les plaies de
F'Etat, pour reprendre une Colonie occupée
des brigands et des usurpateurs; tandis qu'il's'oc- par
cupe du bonheur de son Peuple, le Gouvernement
Anglais refuse d'exécuter le traité d'Amiens, et de
restituer Malte; sans aucane provocation, il déclare la guerre à la France, arme ses flottes et
ses vaisseaux qu'il charge d'instrumens de destruction et de mort, , attaque nos bâtimens
lonies, bombarde
2 nos COnos ports, distribue des poignards
aux assassins, et des torches aux incendiaires, méditel'assassinat de Napoléon, envoie des émissaires
dans toutes les cours de
les
T'Europe, 2 pour engager
puissances étrangères à s'armer contre la France.
La France prépare un armement, pour reconquérir Saint-Domingue, et délivrer cette malheureuse Colonie des fers de ses assassins et de ses
nsurpateurs;le ministère britannique feint de croire
que ces préparatifs sont destinés contre
et
terre,
il arbore l'étendart de la
l'Angleainsi
guerre. C'est
qu'en 1772, la France arma à Toulon une
escadre pour arréter l'invasion que la flotte Russe
méditoit dans la Méditerranée, contre la
et la Grèce ; l'Angleterre
de Turquie
s'inquiéta
cet évènement, , elle ordonne impérieusement à la France
int de croire
que ces préparatifs sont destinés contre
et
terre,
il arbore l'étendart de la
l'Angleainsi
guerre. C'est
qu'en 1772, la France arma à Toulon une
escadre pour arréter l'invasion que la flotte Russe
méditoit dans la Méditerranée, contre la
et la Grèce ; l'Angleterre
de Turquie
s'inquiéta
cet évènement, , elle ordonne impérieusement à la France --- Page 54 ---
(48)
de désarmer, et à la honte de sa
indépendance, de son
gloire, de son
poléon,
honneur, il failut obéir. Navengeur des droits des Nations et del'humanité, déuonce au Peuple Français les
d'un infàme
attentats
traités, et qui, Gouvernement, qui trahit la foi des
ensanglanter Ja pour satisfaire son ambition 2 veut
terre, et détruire
maine; il s'arme de toute la
l'espèce hupuissance de la
force, de toute la
mers
Nation, et se prépare à passer les.
la
pour forcer Georges à accepter l'olivier de
paix. Ce n'est point comme Pyrrhus
pouvant défendre son pays, fut
qui , ne
son ennemi ; ni comme Charles attaquer celui de
pouyant résister aux forces des XII, qui, ne
contre la Suède, fit une
puissances réunies
pour y porter le théâtre de irruption la
en Norwège
le conquérant de
guerre : c'est ici
l'Egypte et de lItalie; c'estle
pacilicateur des Nations ; c'est un
de valenr et de prudence,
guerrier plein
manité, et qui
qui veut venger l'hules Peuples; il prend en main la cause de tous
veut briser ce sceptre
qui est devenu l'effroi et le scandale de maritime,
Il faut détruire Carthage, disoit
T'Enrope.
Sénat
Caton, dans le
Romain; on ne vaincra jamais les Romains
que dans Rome, disoient
Le Maréchal de Saxe
Annibal et Mithridate.
vaincra jamais les Anglais répétoit souvent, on ne
que dans
glais ne fut jamais plus foible
Londres;1 I'Anles
que dans ses propres
loyers; Romains, les Saxons > les Danois les
Normands, ont conquis la
,
Grande-Bretagne, et
Louis
Sénat
Caton, dans le
Romain; on ne vaincra jamais les Romains
que dans Rome, disoient
Le Maréchal de Saxe
Annibal et Mithridate.
vaincra jamais les Anglais répétoit souvent, on ne
que dans
glais ne fut jamais plus foible
Londres;1 I'Anles
que dans ses propres
loyers; Romains, les Saxons > les Danois les
Normands, ont conquis la
,
Grande-Bretagne, et
Louis --- Page 55 ---
(49 )
Louis VIII a été proclamé Roi à Londres ; Ruyter
fit trembler cette capitale; une escadre Hollandaise
éleva de longs amas de cendres sur les bords de
la Tamise ; il est inutile de parler ici de diverses
expéditions faites par les Français, pour tenter
des descentes en Angleterre ; des fautes militaires.,
des intrigues de cour 7 un systéme de machiavélisme, rendirent sans effet celles qui furent tentées
sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV;
mais cette expédition dirigée par un guerrier vaillant et heureux, , doit nécessairement réussir. Les
soldats Français ne connoissent aucuns obstacles,
ils volent au combat en bravant les dangers etla
mort, et en chantànt les hymnes de la victoire.
L'amour de la patrie enfante des miracles ; le
ciel-bénira les armes d'un Peuple qui veut venger
l'Europe et l'humanité des attentats d'un Gouverneur injuste et déprédateur,
Le passage de Ia mer pour aborder en Irlande,
n'est pas plus difficile pour les armées françaises
que le passage du Rhin, du Danube, du Po et de
T'Adige; nos soldats triomphans ont passé ces fleuves. . dangereux et rapides à la vue des phalanges
ennemies , et sous le feu d'une artillerie fondroyante ; on peut aborder sur les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande; les ports de toute la
partie qui fait face aux côtes de France, sont barrés, ils sont tous propres pour y tenter une descente avec des bateaux sous l'escorte des frégates
quiapprocheroient beaucoup plus près de la barre
D
phans ont passé ces fleuves. . dangereux et rapides à la vue des phalanges
ennemies , et sous le feu d'une artillerie fondroyante ; on peut aborder sur les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande; les ports de toute la
partie qui fait face aux côtes de France, sont barrés, ils sont tous propres pour y tenter une descente avec des bateaux sous l'escorte des frégates
quiapprocheroient beaucoup plus près de la barre
D --- Page 56 ---
(50)
que ne pourroient le faire de gros vaisseaux; les
vents d'ouest, du sud et sud-onest peuvent
apporter sur l'Angleterre, les voiles de France, et un
calme peut empécher les vaisseaux britanniques
de sortir de leurs ports ; on a vu quelquefois des
flottes, profitant des ténèbres de la nuit ou d'une
brume épaisse, passer au milieu des escadres ennemivs sans étre apperçues; ; la flotte du prince
d'Orange passa en six heures le détroit de Calais,
sans que lescudre de Jacques II, qui étoit aux
dunes, en ent connoissance, L'amiral Anson, de
retour de son grand voyage, apprit à Londres
qu'il avoit passé au milieu d'une escadre qui croissoit devant Brest.
Envain on a cru que pour opérer une descente
il falloit combattre et dissiper les flottes ennemies
il est prouvé par l'expérience que l'on peut se por. :
ter sur les côtes de la Graude.Bretagne sans tenir
la mer et sans être obligé de combattre, ct de
mesurer nos forces maritimes. Une flotte quimarche sur un point n'a qu'une ligne à se tracer : Ia
flotte ennemie qui vient droit l'attaquer et s'opposerà son passage, seroit obligée de croiser et de
tenir la mer sur tous les points, et suivant toutes
les directions. Le point choisi paur l'at:aque est
nécessairement un secret, et ce secret forceroit
l'ennemi a disséminer ses forces pour les placer
sur tous les points. Onsait que les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande présentent par tout
des facilités pour un débarquement, de sorte que
l'attaquer et s'opposerà son passage, seroit obligée de croiser et de
tenir la mer sur tous les points, et suivant toutes
les directions. Le point choisi paur l'at:aque est
nécessairement un secret, et ce secret forceroit
l'ennemi a disséminer ses forces pour les placer
sur tous les points. Onsait que les côtes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande présentent par tout
des facilités pour un débarquement, de sorte que --- Page 57 ---
(5r )
l'ennemi ne pourroit point développer ses forces
sur les mêmes côtes. Après le débarquement, les
armées françaises net trouveroient aucuns obstacles;
iln'y a en Angleterre aucunes places fortes en état
de soutenir un long siége; la plupart de celles qui
sont fortes du côté de la mer, n'opposeroient aucune résistance à ceux qui les attaqueroient par
terre.
Une descente en Irlande doit nécessairement
opérer une révolution. Les Irlandais sont opprimés par des lois oppressives; ils desirent depuis
long-temps de se soustraire à ce despotisme humiliant sous lequel ils gémissent : l'ancien Gouvernement français n'a jamais su mettre à profit les factions inte stines qui ont déchiré l'Irlande, ni seconder l'impatience et les voeux d'un peuple opprimé qui, protégé par les forces de la France,
pouvoit opérer le démémbrement de l'Empire britannique, en proclamant les armes à la main sa
souveraineté et son indépendance ; énvain des
sujets infortunés qui frémissoient dans cette isle,
de rage et de désespoir d'êire des victimes dévoués
au mépris et à la tyrannie, ont tournés leurs regards vers la Franced depuis plus d'un siècle; - envain,
des hommes puissans par leurs richesses, et décorés
des plus beaux noms > sont venus répandre leur sang
dans ses armées,et braver, pour servir, à sa défense
età sa gloire,une proscription quientrainoit à-la-fois
la perte de leurs espérances et la condamnation de
leur tété: la jalousie, la crainte, des vues étroites
D 2
tyrannie, ont tournés leurs regards vers la Franced depuis plus d'un siècle; - envain,
des hommes puissans par leurs richesses, et décorés
des plus beaux noms > sont venus répandre leur sang
dans ses armées,et braver, pour servir, à sa défense
età sa gloire,une proscription quientrainoit à-la-fois
la perte de leurs espérances et la condamnation de
leur tété: la jalousie, la crainte, des vues étroites
D 2 --- Page 58 ---
a 3
52 )
et pusilanimes, une fausse et timide
toujours repoussés de son sein. L'ancien politique les a
français a oublié combien il étoit
ministère
quérir et de conserver des
important d'acrageux, de fortifier les guerriers utiles et couprimés par la
ariées de ces Irlandais optyrannie civile et par T'intolérance
religieuse; il a préféré a des militaires
des stipendiaires
généreux
nos camps et nos villes équiroques, qui ne peuploient
pions dangereux.
que d'àmes vénales et d'esNapoléon saura
reurs et ces
réparer ces ersigne de la liberté outrages; il-présentera aux Irlandais le
et la palme de la
il
une main protectrice à ce malheureux paix, tendra
sal et esclavedes fiers Bretons.
peuple vaslibre et T'Angleterre
L'Irlande alors sera
La bravoure de demandera la paix.
queur des
nos armées, la valeur du vainnations, la justice du Gouvernement
français, la protection du ciel
abhorre
rans et les oppresseurs,
qui
les tyentreprises de
tout promet le succès des
n'a d'autre desir Napoléon. Ce guerrier magnanime
les
et d'autre volonté que de
anneaux de cette chaîne qui garote le rompre
et l'industrie de l'Europe. Il combat commerce
l'équilibre maritime, il ne veut point pour rétablir
vues nes s'àllientpoint. avec des projets de conquérir; ses
et de démembrement, il
destruction
T'Afrique au maintien de' n'appelle point l'Asie et
et le Nord au soutien de Téqnilibre de T'Enrope,
iln'a en vue que justice et Tindépendance du Midi; :
liance ont un double
ordre; ses traités d'alobjet, de conserver ses con-
combat commerce
l'équilibre maritime, il ne veut point pour rétablir
vues nes s'àllientpoint. avec des projets de conquérir; ses
et de démembrement, il
destruction
T'Afrique au maintien de' n'appelle point l'Asie et
et le Nord au soutien de Téqnilibre de T'Enrope,
iln'a en vue que justice et Tindépendance du Midi; :
liance ont un double
ordre; ses traités d'alobjet, de conserver ses con- --- Page 59 ---
(55 )
d'étendre le commerce national, d'nugquetes,
fédérative , et de faire servir
menter sa puissance
à maintenir
les forces des autres gouvernemeris recourir à
celles dela France ; ilest trop fort pour les conartificieuse qui interprète
cette politique
et de l'intérêt; il
yentions au gré de Y'ambition des Nations et le'
veut étre le vengeur des droits
parificateur de T'Europe:
de
Quel contraste, entre les principes politiqués
Le Roi d'Angleterre veut
Georges et de-I Napoléon.
et
et sa
sur l'asurpation
I établir sa gloire
puissance, il viole la foi des
sur la ruine des autres peuples;
ambition il
traités :
satisfaire sa haine et son
;
2 pour
et détruire le commerce et
veut asservir l'Europe
maritimes ; il multiplie
les colonnies des Puissances
il étend
les malheurs et les crimes de la guerre; ;
dans les deux Indes; il opprime,
son despotisme
Nations vaincues. Ces
avec une verge de fer 9 les
si Aorissantes
contrées, autrefois si henreuses et
spectacle de la désolation etde
n'offrent plus quele cruel étoit adopté par les aula mort ; si cesystème humaine seroit bientôt détres Puissances, l'espèce
des esclaves
truite; on. ne verroit sur la terre, que
des victimes et des bourreaux.
et des oppresseurs, des Français a été toujours grand et
LEmpereur
après ses conquétes et ses triomphes.
magnanime
corrompu le fruit de ses victoires, par
Iln'a point
sur le théàtre même de la
des actes.de cruauté,
des mourans,
mort, et au milieu des cris lugubres le cri de T'husensible a fait entendre
ce guerrier
D 3
truite; on. ne verroit sur la terre, que
des victimes et des bourreaux.
et des oppresseurs, des Français a été toujours grand et
LEmpereur
après ses conquétes et ses triomphes.
magnanime
corrompu le fruit de ses victoires, par
Iln'a point
sur le théàtre même de la
des actes.de cruauté,
des mourans,
mort, et au milieu des cris lugubres le cri de T'husensible a fait entendre
ce guerrier
D 3 --- Page 60 ---
W
(54)
manité; ila su vaincre, et non pas asservir; s'il
est entré en triomphateur dans les villes conquises,
si son front étoit couronné des lauriers de la victoire; il portoit dans ses mains, l'olivier de la
et
le signe de la réconciliation.
paix,
Napoléon a été généreux et clément envers les
prisonniers; il a respecté le courage et la vieillesse
du feld-maréchal de Wurmser; il sut s'arréter au
milieu de ses victoires, et donnet la paix à des
ennemis foibles et vaincus. Il a sauvé le chef de la
religion catholique; a donné des larmes aux malheurs de Ce pontife vénérable; a arraché Rome
aux fureurs de la dévastation; a conservé les édifices et les monumens qui décoroient la capitale
de l'Italie, et a. dédaigné les vains honneurs de
l'entrée triomphale au Capitole. Napoléon s'est OC-.
cupé du bonheur des peuples vaincus; il a affranchi l'Italie, 2 en la conquérant; illa rendue libre et
nel l'a point opprimée, il lui a donné des lois conservatrices; il a apporté chez des Nations superstitieuses, les lumières et les arts;il a été en Afrique,
et a passé les mers pour venger un peuple malhenrenx qui gémit depuis long-temps dans les fers
de l'esclavage. Il a voulu lui donner des lois; le
rappeller à la civilisation; ressuciter, pour ainsi
dire, le génie des anciens Egyptiens ; rallumerle
flambean des sciences; élever des portiques et des
temples, et appeler dans cette terre; autrefois si:
forrunée, ces Sages et ces Philosophes , qui ont éclairé.
et consolé les siècle et les générations. Napoléon
henrenx qui gémit depuis long-temps dans les fers
de l'esclavage. Il a voulu lui donner des lois; le
rappeller à la civilisation; ressuciter, pour ainsi
dire, le génie des anciens Egyptiens ; rallumerle
flambean des sciences; élever des portiques et des
temples, et appeler dans cette terre; autrefois si:
forrunée, ces Sages et ces Philosophes , qui ont éclairé.
et consolé les siècle et les générations. Napoléon --- Page 61 ---
I - 55 )
a respecté les opinions politiques, les
croyance religieuse des
préjugés et la
Peuples; il a
art, le dogme principal de
employé avec
servir à ses vues bienfaisantes. P'islamisme, qu'il a fait
a contemplé dans le silence de L'Europe entière
gloire, sa justice et ses vertus ; la T'admiration, sa
talie, l'a
République d'Iproclamé son chef, I'Helvétie son libérateur, PAllemagne son
Princes ont recherché bienfaiteur, et plusieurs
alliance,
son amitié et réclamé son
Napoléon a développé dans son'
que et dans ses opérations
systéme politiprincipes d'ordre et de
diplomatiques des
justice; il respecte les
Constitutions et les Gouvernemens
il ne connoît point cette doctrine des Peuples ;
qui consacre la fraude et
machiavélique
point dans les Cours
lusurpation ; il n'envoie
dans l'art de
étrangères des agens habiles
l'intrigue- - et de la séduction
fomenter des haines, des
pour
diter des assassinats : il a divisions, et pour médissolution sociale
sauvé l'Europe d'une
détruit
dont elle étoit menacée il
ce ferment révolutionnaire
; a
déjà pour renverser les trônes des qui s'élevoit
sait que les conquétes
Rois. Napoléon
jour de. victoire
épuisent les Etats,
est un jour de deuil
qa'un
manité; que la guerre est la plus
pour l'huEmpires, 2. qu'elle substitue
grande plaie des
bienfisans, le besoin
aux sentimens doux et
détruire.
d'opprimér et T'ardeur de
Il se. prépare en
Angleterre une grande révo-
nes des qui s'élevoit
sait que les conquétes
Rois. Napoléon
jour de. victoire
épuisent les Etats,
est un jour de deuil
qa'un
manité; que la guerre est la plus
pour l'huEmpires, 2. qu'elle substitue
grande plaie des
bienfisans, le besoin
aux sentimens doux et
détruire.
d'opprimér et T'ardeur de
Il se. prépare en
Angleterre une grande révo- --- Page 62 ---
WNR
( - 56 ).
lution. La nature conduit tout ce qui existe à sa
dissolution ; rien ne peut changer les destinées
des Empires : ainsi que Thomme, ils passent de
l'enfance à -la jeunesse, de la jeunesse à l'age
mur, de l'age mur à la vieillesse, de la vieillesse
à-la mort ; à peine sont-ils'arrivés à ce point de
grandeur et de prospérité qui fixent les regards et
l'admiration des hommes, qu'un bras caché semble les pousser violemment vers leur décadence;
en vain luttent-ils dans le cours des âges contre
la destinée qui les prèsse; ils sont nécessairement
forcés de devenir la proie du temps qui précipite
dans les tombeaux les générations, leurs lois, 5
leurs institutions, et ces monumens superbes qui
sembloient braver les siècles et promettre l'immortalité. Telle est aujourd'hui l'Angleterre. La
corruption, la soif insatiable de l'or, un systéme
désastreux de finances, des impôts excessifs, des
taxes oppressives, une multiplication effroyable
du papier-monnoie, un esprit ambitieux de conquéte, une politique frauduleuse, une doctrine.
d'u-urpation et de ctimes, le dernier degré de
gloire et de prospérité où un état peut parvenir;
voila ces causes sures et inévitables qui opéreront
bientôt la dissolution de cet Empire.. L'ancien
Gouvernement Français n'aroit puint les abus et
les vices du Gouvernement Anglais, et cependant
une révolution terrible a renversé une monarchie
qui existoit depuis dix siècles, et a détruit une
dynastie puissante par ses richesses, ses armées et
dernier degré de
gloire et de prospérité où un état peut parvenir;
voila ces causes sures et inévitables qui opéreront
bientôt la dissolution de cet Empire.. L'ancien
Gouvernement Français n'aroit puint les abus et
les vices du Gouvernement Anglais, et cependant
une révolution terrible a renversé une monarchie
qui existoit depuis dix siècles, et a détruit une
dynastie puissante par ses richesses, ses armées et --- Page 63 ---
(57) )
ses alliances. L'astronome qui connoit le cours des
astres et annonce leurs différens mouvemens : le
philosophe qui médite dans la retraite et le calmedes passions, qui fixe ses regards attentifs sur les
institutions et les moeurs actuelles d'un peuple, se
trompe rarement lorsqu'il prédit ses destinées.
Pour arréter ou suspendre cette révolution qui
menace T'Angleterre, le Gouvernement Britannique doit se hâter de demander la paix ; alors
il doit s'occuper à régénérer les moeurs publiques,
à rétablir ses finances délabrées, à adopter un
systéme d'ordre et d'économie, à renoncer à cette
voie dangerense des emprunts qui épuise l'Etat,
et à fonder la prospérité, le bonheur et la liberté
des colonies sur les véritables principes de la saet sur les maximes éternelles de la justice
gesse 7
et de la morale. Alors on ne reprochera plus au
Gouvernement. Anglais d'être l'ennemi et l'oppresseur de T'Europe, 7 et de vouloir s'emparer du commerce et des trésors de deux Mondes, de ne souffrir ancun concurrent qui partage avec lui les
produits de la culture, de l'industrie locale et des
échanges. Alors on ne l'accusera plus de vouloir
couvrir les mers de ses flottes et de ses vaisseaux
détruire la marine des autres puissances : il
pour
brisera lui-méme ce sceptre maritime qui outrage
toutes les Nations 2 et c'est en le brisant que le
Peuple Anglais deviendra plus heureux, plus libre
et plus puissant; son commerce prendra de nouveaux accroissemens, et ses denrées entassées mises --- Page 64 ---
HW 67
16-139
Rostenberi
A C Re
(
T
58)
en circulation, et recevant un principe de vie, lui
produiront des nouveaux trésors. La paix avec la
France lni-onvrira de nouvelles sources de prospérité. Les denx Peuples unis par les liens de la
concorde et de Ia. confiance,, éteindront cette
haine nationale qui a ensanglanté la terre et
duit tous. les crimes. On verra parmi les deux proNations une noble riyalité, une industrieuse émulation pour étendre les progrès des connoissances
humaines, pour arracher à la nature de nouveaux rLA
secrets, et pour la forcer à répandré de nouveaux
bienfaits; ; l'une fera. des découvertes 2, et l'autre
les perfectionnera. Tous ces efforts du génie, tous
ces travaux de l'esprit humain tendront an bonheur de l'humanité, et à l'embellissement des SOciétés politiqnes. La France et l'Angleterre unies
par un traité solemnel de paix, d'amitié et de
commerce, régleront les destinées de TUnivers,
arréteront les guerres injustes et les entreprises
des puissances ambitieuses; elles feront respecter
les Constitutions, les Gouvernemens et les lois des
Peuples, les droits et l'autorité des Rois,. et affermiront les fondemens des Etats et la prospérité des Empires.
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