--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A20c
sdu.
S
D T
Jobu Carter Brotor
Alibrarn
Aromn Inibersitg --- Page 3 --- --- Page 4 ---
28 3 --- Page 5 ---
S
REFLEXIONS
S O M M A IRES,
ADRESSÉES
ALA FRAN C'E
E T
A LA COLONIE DE S. DOMINGUE. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
RÉFLEXIONS
S O M M AIRES
ADRESSÉES
ALAFRANCE
E T
A LA COLONIE DE S. DOMINGUE.
Les Miniftres du Roi ont donné, le 27
ORobre,. un Mémoire à l'Affemblée Nationale, concernant les Colonies.
Ils y ont mis tous les dehors de la fageffe,
de la modération & du refpedt pour le corps
légiflatif.
Ils ont annoncé des vérités palpables auxquelles on ne peut pas fe refufer fans rifquer
de perdre les Colonies : mais timeo Danaos
& dona ferentes. Pourquoi les Miniflres femblent-ils, depuis que nous exiflons,avoir mis
A --- Page 8 ---
(2)
tous leurs, foins à fe faire craindre
peder des Colons.
& fuf
Iisinfinuent que nous ne pouvons
qu'il ne faut pas nous accorder
pas avoir,
Municipales.
des Affemblées
Cependant ils établiffent
lieux un
qu'il faurt far Ies
pouvoir 3 autorifé à faire des
mens provifoires.
régleAinfi, je vois les Colons
privés du droit
imprefcriptible de fe faire entendre fur
intérêts les plus preffans.
leurs
Je les vois toujouts livrés
trateurs, à deux mille lieues aux adminifcours.
de tout reMon imagination
larme d'une
effrayée du paffé, s'aJ'oublie
infinuation injufte & funefte,
tout ce que le Mémoire
favorable ; je ne trouve
préfente de
qu'une invitation
plus dans cet écrit
infidieufe de ne
cune innovation
faire auau régime des
mon efprit fe laiffe
Colonies, &
ration
emporter à la confidéefirayante des conféquences
réfultent.
qui en
C'efl-à-dire, que le Miniltre de la
& fous lui les
Marine,
ferver
Admninillratenrs, 2 doivent contoute leur autorité avec la libre faculté d'en abufer. --- Page 9 ---
(3)
Cefl-à-dire, que lorfque le Miniftre eft
prefque toujours un Homme qui ignore complettement ce que c'efl que les Colonies,
il aura le droit de les diriger au gré de fon
ignorance & de fon caprice, > ou des fuggef
tions de l'intrigue.
C'eft-à-dire, que des Adminifrateurs triennaux,quin'ont pas le tems de connoître le
pays qu'ils gouvernent, pourront tout faire
impunément à deux mille lieues.
C'eft-à-dire, qu'un confeil unique ; affervi
au Gouvernement par fa conflitution, fubfif
tera pour être Pinflrument, & non pas le
contre-poids de leur toute-puiffance,
e Ceft-à-dire, que les malheureux Colons
n'auront d'autre juge de toutes les bévues,
de tous les caprices, de tout-le defpotifine
de ces fmbalternes, que les Miniftres qui ne
favent juger que far leur rapport.
C'efl-à-dire, que les malheureux Colons
n'auront d'autre reffource côntre les erreurs
du Miniftre que la vanité & l'entêtement de
ce Miniftre.
C'eft-à-dire, que lorfque la France rompt
les chaînes oppreflives du pouvoir Miniflé.
riel, les' Miniflres veulent s'en venger fur
les Colons.
Aij
es, que les Miniftres qui ne
favent juger que far leur rapport.
C'efl-à-dire, que les malheureux Colons
n'auront d'autre reffource côntre les erreurs
du Miniftre que la vanité & l'entêtement de
ce Miniftre.
C'eft-à-dire, que lorfque la France rompt
les chaînes oppreflives du pouvoir Miniflé.
riel, les' Miniflres veulent s'en venger fur
les Colons.
Aij --- Page 10 ---
(4)
lorfque la Nation a repris
Ceft-à-dire,que
la liberté & le
fa puiffance légillative pour c'eft à la Nation
bonheur de la France,
les Miniftres ofent s'adreffer pour
même que
irrévocablement le mal-"
qu'elle fandionne
heur des Colonies françoifes.
à
Ah! fans doute nos Députés tonneront
PAffemblée Nationale contre cette tentative!
Colon, créole, propriétaire s ciMais moi,
de
nommé, le premier 2 Député
toyen,moi,
de S. Domingue,
la pàrtie la plus importante malheureufes ont
mais que des circonflances
comme
fait arriver trop tard pour entrer,
dans ce fanâuaire augufe;
mes collégues,
foible voix pour la déje ferai entendre ma
fenfe & le bonheur de ma patrie.
de la
eft donc la conduite de M.
Quelle
Luzerne (1)?
Une lettre du Cap, du 3 Septembre, porte de
(1), la veille il eft arrivé trois navires des ports
que
fans aucune lettre 5 que chaque capitaine facs
France,
d'un certificat portant que leurs
étoit muni
bureaux des clafTes du lieu
avoient été reténus aux
ont parlé, & cette
du départ. Cependant les palfagers leur rapport a
a augmenté -l'effroi que
&
précaution navires ont dà partir en Juillet :
in@piré. Ces --- Page 11 ---
(5)
. Malgré les jufles, vives & conftantes
clamations des Colons
ré-
& à S.
réfidens en France
Domingue, il les a écartés tant
a pu des
qu'il
Etats-Généraux, il s'eft
de
tout fon pouvoir à ce
la
oppofé
mât des
que
Colonie nomDéputés, Par l'énergie de fes habitans, elle en a nommé en dépit de lui
de fes
&
Adminiftrateurs. Ils ont porté leur réclamation à l'Affemblée Nationale.
Alors une infurredion de tous les
Priétaires réfidens à Paris s'efl formée à Phô- protel de Malliac, contre la députation.
la Luzerne eft accufé
M. de
de l'avoir fomentée,
Je l'ignore; ; mais les
fans
Députés ont été admis
égard à cette oppofition.
Lintérêt commun devoit
les
l'emporter fur
paffions & Jes rivalités
infidieufement
provequées.
L'hôtel de Maffiac & la
députation fe
affurément les Commiffaires aux claffes
pris fur eux de retenir leurs lettres.
n'ont pas
zerne a voulu dérober à la
M. de la Lude la révolution. Je
Colonie la connoiffancé
veux qu'il ait eu des motifs
fages > populaires même ; mais la
importante du commerce a été
correfpondance
tilement,
fufpendite fort inuAij
ufement
provequées.
L'hôtel de Maffiac & la
députation fe
affurément les Commiffaires aux claffes
pris fur eux de retenir leurs lettres.
n'ont pas
zerne a voulu dérober à la
M. de la Lude la révolution. Je
Colonie la connoiffancé
veux qu'il ait eu des motifs
fages > populaires même ; mais la
importante du commerce a été
correfpondance
tilement,
fufpendite fort inuAij --- Page 12 ---
(6)
demander une Affemblée
réuniffent pour
entendre fa voix.
Coloniale qui pût faire
M. de la Luzerne eft forcé de céder. Après
conférence tenue par les Commiflaires
une
de tous les Miniftres,
refpectifs, , en préferice
de fe concilier
il charge ces Commiffaires
eft
de convocation ; ce plan
fur un plan
à M. de la Luzerne,
dreflé,arrêté, préfenté
les ordres
qui promet de Penvoyer avec
néceffaires.
les Colons & les Députés fe
Pendant que
Miniftre du Roi, le
repofent fur la foi du
Mémoire du 27 Oétobre paroit.
M. de la Luzerne a promis PACQuand
défemblée Coloniale, a-t-il efpéré qu'elle
la députation ? a-t-il affez cumpté
favoueroit
& les intrigues de fes Adfur le pouvoir
miniftrateurs ?
A-t-il perdu depnis cet efpoir?
mais il fait préfenter à PAC
Je Fignore ;
funeftes
femblée Nationale des infinuations
à la Colonie, & d'autant plus dangereufes,
être accueillies à la faveur
qu'elles peuvent
de plufieurs vérités frappantes. & fur les
Je ferai impartial fur les unes
autres. --- Page 13 ---
(7)
Je laiffe à PAffemblée Nationale le
de juger M. de la Luzerne.
droit
On répand que la
de la
députation, 3 allarmée
(1) tentative des Miniftres, va jufqu'à
demander que PAffemblée Nationale forme
un plan de conflitution pour les Colonies,
Je fais qu'on fe trompe.
D'abord PAffemblée Nationale,
des Députés des
compofée
provinces de France s ne
peut pas affez connoitre un pays fitué à 2000
lieues, qui ine reffemble en rien à la France,
pour que fa profonde fageffe puiffe fe
ter à lui faire une conflitution : c'efl
pors
fi facile à fentir, qu'on n'a
une vérité
pas befoin de la
développer ni de la démontrer.
Les Députés des Colonies font
trop fages,
trop modeftes, pour prendre fur eux cette
tâche effrayante; leurs
autorifent
pouvoirs ne les y
pas : c'eft alors qu'ils feroient défavoués.
Les Colons réfidens en France (& moi
plus que les autres), en font encore plus
(z) Ce bruit caufe dans ce moment une nouvelle
infurreéion de l'hôtel de Maliac, auffi mai
que la première, 2 &, je l'efpère, aufi inutiie. congue
A iv
ages,
trop modeftes, pour prendre fur eux cette
tâche effrayante; leurs
autorifent
pouvoirs ne les y
pas : c'eft alors qu'ils feroient défavoués.
Les Colons réfidens en France (& moi
plus que les autres), en font encore plus
(z) Ce bruit caufe dans ce moment une nouvelle
infurreéion de l'hôtel de Maliac, auffi mai
que la première, 2 &, je l'efpère, aufi inutiie. congue
A iv --- Page 14 ---
(8)
jucapables : ils font encore plus incompétens. Colonie eft toute à S. Domingue; ; d'eft
La
à réunir leurs lumières ;
aux propriétaires y
c'efl fans doute
& dans ces momens de crife,
ont, de mieux à faire.
ce qu'ils
être bonnes,
Les loix d'un pays, pour
fe faire fur les lieux & par les plus
doivent
fages.
vraiment des loix; elles doivent
Pour être
fe faire par le Peuple ou par fes Repréfennommés ad hoc."
tans légalement univerfelle, reconnue &
C'eft la raifon
FAffemblée
fandionnée par les décrets de
Nationale.
fatale nous apprend que
Une expérience
furdoivent être refpedés,
ces principes
tout pour les Colonies.
font les deux
MM. de Larnage & Maillard
Adminiftrateurs, qui, avec du fens &
feuls
aflez long-tems
de la veitu, aient gonverné
la Colonie pour la connoitre. Les réglemens
ont faits & les loix qu'ils ont fuggérées
quils
font les meilleurs que
au Gouvernement,
nous ayons.
derniers tems le Minic
Lorfque dans ces
réglementaire qui
tre le plus aveuglément --- Page 15 ---
(9,)
ait exifté, nous envoyoit tous les jours des
loix didtées par des intriguans qui ne les
pofoient. que par des vues perfonnelles d'in- protérêt, la Chambre d'Agriculture
avoit le
courage d'écrire à ce Miniftre (le 7 Juin
1787), que rarement les Adminiftrateurs
faifoient fur les lieux des loix. abfolument
deltrudives; & que depuis fon miniflère, il
n'en. avoit pas envoyé une qui ne fit une
plaie pour la Colonie; & la Chambre avoit
raifon.
Les Miniftres font donc fondés à dire
les décrets
que
généraux, 2 rendus parl'Affemblée
Nationale, ne peuvent pas
Colonies.
s'appliquer aux
Ils font fondés à dire que le régime doit
être différent
le
3 parce que ni les lieux, ni
climat, ni le phyfique, ni le moral, ni
la nature des propriétés, ni les
commerce, ni lefpèce
rapports de
d'induftrie, ni la population, ni l'influence des faifons dans les
Colonies, ne fe rapportent à ce que la France
préfente.
Ils font encore fondés à dire qu'il eft - des.
occalions fréquentes où il faut gu'um
voir quelconque réfident dans la Colonie poupourvoie
s
promptement aux befoins que les
ni le phyfique, ni le moral, ni
la nature des propriétés, ni les
commerce, ni lefpèce
rapports de
d'induftrie, ni la population, ni l'influence des faifons dans les
Colonies, ne fe rapportent à ce que la France
préfente.
Ils font encore fondés à dire qu'il eft - des.
occalions fréquentes où il faut gu'um
voir quelconque réfident dans la Colonie poupourvoie
s
promptement aux befoins que les --- Page 16 ---
(10)
& les défaftres engendrent. Mais
événemens
les Colons ne doivent
ce n'eft pas à dire que
plus la difêtre entendus; aul contraire,
fupas
de donner de pouvoir aux
tance force
il faut les éclairer & les
balternes, plus
contenir.
loin; nouts n'avons pas beJe vais plus
d'une nouvelle conflifoin à S. Domingue
dangereux d'y
tution 5 il eft inutile & trop
penfer.
celle que nous avons, étant
On fent que
s'exerçant à deux
abfolument miniftérielle,
elle a dû
mille lieues par des fous-ordres, avec d'autendre tous les jours à l'arbitraire
que les réclamations
tant plus de rapidité de fi loin, & n'ont
n'ont guère pu parvenir
On fent que des
arriver qu'aux Miniftres.
&
pu
nombre ont dû la corrompre
abus fans
Pempoifonner.
ces abus, la Colonic;
Eh bien, malgré
s- eft parla force de fon tempérameht
ne
par
de fplendeur qu'on
venue à un point
pouvoit pas efpérer.
pofé, jen conclus
Ce fait inconteflable
eft bou & conle fond de ce régime
les
que
& qu'il ne faut qu'en corriger
venable,
affurer tout le bonheur
abus pour nous --- Page 17 ---
(II )
qu'un peuple peut attendre de fa conflitution.
Je confidère l'état affreux Où la France
efl
plongée 2 parce que des circonflances
impérieufes ont obligé lAffemblée Nationale
à renverfer la conftitution vicieufe
voroit rapidement le
qui déroyaume, pour en eréer
une toute nouvelle.
Je defire, j'elpère, je crois fermement
que cette anarchie momentanéeceffera,
que les Légillateurs font fages,
parce
connoiffent
habiles, &
bien le pays qu'ils doivent régler.
Mais je confidère qu'une femblable crife
portée à S. Domingue, eft fans remède, à
caufe de quatre cent mille efclaves
profiter du moindre défordre.
prêts à
11 eft bien évident
tionale
que T'Affemblée Nane peut ni ne doit prendré fur elle
de donnerà un pays qu'elle ne connoît
une conflitution toute nouvelle.
pas,
Efl-ce aux Colons de
Plus
Pentreprendre ?
on gémit fous Parbitraire,
détourne fon
2 plus On
efprit & fes regards de la
chofe publique & des matières du Gouvernement,
Le plus grand nombre efl venu à S. Do-
défordre.
prêts à
11 eft bien évident
tionale
que T'Affemblée Nane peut ni ne doit prendré fur elle
de donnerà un pays qu'elle ne connoît
une conflitution toute nouvelle.
pas,
Efl-ce aux Colons de
Plus
Pentreprendre ?
on gémit fous Parbitraire,
détourne fon
2 plus On
efprit & fes regards de la
chofe publique & des matières du Gouvernement,
Le plus grand nombre efl venu à S. Do- --- Page 18 ---
(12)
faire fortune; le refte cultive
mingue pour
fon champ. ou le confie à un étranger pour
des délices de la France. Tous
venir jouir
hâtent à force de
tendent vers ce but, tous
travail ce moment defiré.
abforbetoutes les idées,
L'intérêt perfonnel
n'étudie que fa culturé oti
chacun ne voit,
oferions
fon état & tout-à-coup nous
faire
! nous oferions rennous
légiflateurs
en créer une
verfer une conflitution pour
nouvelle ! Ah! ! gardons nous - en, fi nous
: fentons notre inne voulons nous perdre
capacité & Pénormité de cette tâche.
la France, plus éclairée, fe
Mais lorfque
fes droits,
régénère, lorfque la Nation reprend
lorflorfque chaque fujet devient citoyen, liles bafes du bonheur & d'une fage
que
& que l'édifice s'élève
berté font pofées 2
méau milieu des dangers
majeftueufement difficuités vaincues ; nous aufli
prifés & des
fur nos
enfans de la patrie, nous, qui'avons les mers
d'avoir affronté
frères cet avantage
verfer dans fon
& un climat dévorant, pour
lui ont
fein des richefles immenfes qui ne
coûté, n'aurons - nous pas le courage
rien
même bonheur? ne nous en mond'afpirer au
?
trerons-nous pas dignes par notre fageffe --- Page 19 ---
(13)
A Dieu ne plaife.
Les Miniftres fe font trompés groffièrement, s'ils l'ont penfé; mais ils ne tromperont ni nous, ni P'Affemblée Nationale.
Nous avons le droit imprefcriptible & facré de nous faire entendre fur nos intérêts
perfonnels & réels, commehommes,
comme
propriétaires', 2 comme citoyens.
Nous le réclamons' de la loi.
Nous le reprendrons, s'il le faut, & s'il fe
peut, fans violence, de la force injufte
nous l'auroit arraché,
qui
On nous accordéra des Affemblées Coloniales... ou nous les
armes
formerons, nos
défenfives à la main & dans' ce
moment de juflice & de lumière fi
pour le Roi & Ia.
gloricux
Nation, 9 les Miniftres n'oferoient nous en empécher,
le Roi &
la
2 parrefpedt pour
pour
Nation.
Mais alors, mes chers
à vous
Compatriotes, c'eft
que je m'adrefferai, & puifliez-vous
entendre ma voix patriotique !
Les bafes fur lefquelles VOS fortunes
pofent peuvent devenir
reont beloin
meilleures : elles en
; mais fi vous les détruifez touti-coup, vous renverferez. un édifice
que YOS
oient nous en empécher,
le Roi &
la
2 parrefpedt pour
pour
Nation.
Mais alors, mes chers
à vous
Compatriotes, c'eft
que je m'adrefferai, & puifliez-vous
entendre ma voix patriotique !
Les bafes fur lefquelles VOS fortunes
pofent peuvent devenir
reont beloin
meilleures : elles en
; mais fi vous les détruifez touti-coup, vous renverferez. un édifice
que YOS --- Page 20 ---
(14)
relever affez tôt pour
mains ne peuvent pas
fauver même les débris.
en
- même de
Déliez-vous de vos lumières,
votre zèle.
mieux laiffer fubfifter
Sentez qu'il vaut
de s'expofer à
les abus quelque tems, que il faut en contout ruiner; & heureufement;
qu'ils
venir, les abus ne font pas G pernicieux immife prolonger fans un péril
ne puilfent
nent.
d'abord d'un plan de confOccapez-vous
titution de vos Affemblées.
vous
Le Miniftre de la Marine prétend que
attachés à vos cultures, qu'elles
êtes trop
pour qu'il vous
exigent trop votre préfence à des fondions pufoit poffible de vaquer d'abord de faire cette
bliques. Lui fied-il
calcul defpotique,
objedion, lorfque par un
dans la main
réunir tout le pouvoir.
& pour
parle moyen d'un condes Admitifirateurs, efclave, le Miniftère a pu
feil unique, leur
la
da nord à
arracher les habitans de partie, loin leurs
aller défendre au
leur culture pour faut faire: pour être plaipropriétés? Ce qu'il
être cideurs nous ne le ferions pas pour
>
s?
toyens & patriotes --- Page 21 ---
(15)
Enfuite, réduifez cette objedion à fa
valeur.
julte
Au lieu d'une Affemblée unique établie
dans le chef lieu, très-diflant des
de la Colonie, établiffez-en
extrémités
principales
trois, dans les
villes,fi vous ne pouvez mieux
faire; qu'elles correfpondent & fe concilient
pour les objets d'un intérêt
qu'il y ait, à des époques commun, 5 ou
des Affemblées
plus éloijgnées,
générales ; que, fi elles ne
peuvent pas être permanentes, , des Commiflions intermédiaires les
des pouvoirs très-limités.
remplacent avec
Projet de la Chambre Voyez là-deffus un
d'Agriculture du
qu'on n'a pas
Cap,
mérite
daigné examiner ici - 2 &
au moins de l'être.
qui
Que.vos Affembléés foient peu nombreufes, mais bien choilies;
tion des Affemblées
que par la gradales Repréfentans primaires & fecondaires,
més
foient véritablement nompar tous les propriétaires Jans
réglez enfuite fagement,
diflindion;
comme FAffemblée
Nationale, Péligibilité des
déterminez les féances, fuivant Repréfentans; les
ces locales..
convenanLorlque vous demanderez des
ou que vous reprendrez ceux qui pouvoirs,
vous ap-
mais bien choilies;
tion des Affemblées
que par la gradales Repréfentans primaires & fecondaires,
més
foient véritablement nompar tous les propriétaires Jans
réglez enfuite fagement,
diflindion;
comme FAffemblée
Nationale, Péligibilité des
déterminez les féances, fuivant Repréfentans; les
ces locales..
convenanLorlque vous demanderez des
ou que vous reprendrez ceux qui pouvoirs,
vous ap- --- Page 22 ---
(16)
timides; maisfoyez
partiennent, ne foyez pas
infiniment circonfpeês lorfqu'il fera queflion
d'en ufer.
récentes & deflrudives
Réparez les bévues
Miniftère trop foutenues par.
du précédent
de l'ordoncelui-ci. Je ne vous parle pas
la
des
fa propre ineptie
nance
gellions, Poubli & à la défuétude. Le.
condamnée à
s'eft élevé concri général de la profcription été adtuelle &c
tre celles dont Fexécution a
forcée.
finon
la
du Nord rappele,
: Que
partie
moins
fouverains, au
leTribunal..
fes Juges
demande unl. ExaQue la partie du Sud en
il feroit,
minez s'il feroit poffible (comme
foncbeau & utile) de rendre leurs nobles
que les fanéuaires fuprêmes
tions gratuites;
habités, que fes
de la Juflice ne foient plus
des
oracles ne foient plus rendus que par
propriétaires; que Fadminillration
Magiftratsavoir cette influence fi
& l'épée ceffent d'y
dans les caufes
defpotique & fi pernicieufe
dans les allaires publiques.
privées comme
dans la fonétion.
Renfermez ces Tribunaux
de juger les procès.
le droit de repartic
Demandez ou reprenez
pour les beTimpôt unique que nous devons
foins --- Page 23 ---
(17)
foins de la Colonie, & de vous faire rendre compte par PIntendant, de l'emploi
qu'il en a fait.
Que tout Adminiftrateur, tout homme en
place foit comptable aux Affemblées Coloniales des abus de fon autorité, & qu'elles
puiffent le citer & le faire punir.
Sur-tout, qu'aucune Loi nouyelle ne puiffe
être exécutée qu'après la vérification & la
fandion des Aflemblées Coloniales;
l'aque
brogation des anciennes ne puiffe pas leur
être refulée; que celles qu'elles voudront
pofer foient rendues fur le champ;
proles cas urgens & les réglemens
que dans
leur décret prévaille fur
provifoires,
l'opinion des Adminiltrateurs; que dans les autres, ceux-cin'aient
qu'un veto fufpenfif.
Mais en général, foyons très-circon(peds,
ufons peu de nos droits, laiffons fubfilter
la machine; & fi quelque reffort paroît défedueux, ne le fupprimons
que pour le
remplacer fur le champ; coupons les branches parafites, mais confervons l'arbre.
Sans doute il y a peu d'efprit public à
Saint - Domingue, & j'en ai dit la raifon
i
: mais cet efprit fe développersiorfaquil
fc montrer & s'exercer
pourra
librement; & ne
B
eds,
ufons peu de nos droits, laiffons fubfilter
la machine; & fi quelque reffort paroît défedueux, ne le fupprimons
que pour le
remplacer fur le champ; coupons les branches parafites, mais confervons l'arbre.
Sans doute il y a peu d'efprit public à
Saint - Domingue, & j'en ai dit la raifon
i
: mais cet efprit fe développersiorfaquil
fc montrer & s'exercer
pourra
librement; & ne
B --- Page 24 ---
(18)
avec énergie quand
Tat-on pas vu paroitre
fous les yeux
il a fallu nommer des Députés
& fous la verge du defpotifme, qui s'y. oppofoit avec afluce comme avec force?
tous les propriétaires
D'ailleurs prefque Gouvernement toufe font fouftraits à un
doux les
jours inquiétant 5 un régime plus
& ils auront plus de patrioti(me
rappellera, d'intérêt à la chofe publique.
'comme plus
lumières à Saint-Domingue
Il y a peu de
j'ai enfur les matières du Gouvernement, la même
dit
; mais nous avons
core
pourquoi
L'efpoir de
aptiude que nos Compatrictes. les fera defirer.
faire nfage de ces lumières
nous
La liberié de la preffe, établie pour
la Frances les propagera. Dans
comme pour Coloniales, elles fe fortifieles Affemblées
convenables;
aux objets
ront en sappliquant
recommande,
& avec la circonfpedion quej je
la
:
ferons affez-tôt, quoigu'a
longue,
nous de nous faire une bonne conflitution
en état
Pancienne,
fur les bales de"
pas de
On voit bien que je ne propofe
& fimplement le pouvoir
prendre purement PAflemblée Nationale l'a
legillatif, comme
cela convienne aux
fait; je ne crois pas que comme- des ProColonies, - qui ne font que --- Page 25 ---
(19)
vinces. Mais que ce pouvoir refle à PAffembleNationale,nous devons être écoutés, confultés, crus. fur ce. qui nous intérefle, fur-tout
parce que-nous fommes comme inconnus ici
par
sucgragtcdoignenen * A
Ouedesintriguats qui fe difent Colons
avoir été à
pour
exaltés. qui n'ont Saine-Domingne, de mérite
que des gens
novation & d'audace,
qu'un efprit d'inverfer; écartons de
veuillent tout rennos confeils ces hommes
dangereux; la lenteur & la modération.
le bien même ne
dans
meilleur.
peuvent que le rendre
J'ai entendu, en frémiffant, parler de
fciflion avec la France, d de
faire
à une Puilfance
nous donner
le commerce de étrangère, la
de rompre avec
rendre
Métropole, de nous
indépendans.
Nous rendre indépendans!
dité! avons-nous. une, marine? quelle abfurde défenfe?
des moyens
Tant
pouvons-nous en avoir?
que nous appartiendrons à la France,
pouvons-nous à fcn
efpérer qu'elle laifera enlever
dudions commerce, qui fait fa force, nos
& nos confommations
prôtiennent? El-il
qui le foune. fommes-nous jufte que nous le delirions?
pas enfans de la famille ?
Bij
ans.
Nous rendre indépendans!
dité! avons-nous. une, marine? quelle abfurde défenfe?
des moyens
Tant
pouvons-nous en avoir?
que nous appartiendrons à la France,
pouvons-nous à fcn
efpérer qu'elle laifera enlever
dudions commerce, qui fait fa force, nos
& nos confommations
prôtiennent? El-il
qui le foune. fommes-nous jufte que nous le delirions?
pas enfans de la famille ?
Bij --- Page 26 ---
(20)
devons-nous pas à la Paurie le tribut de
ne
nous les paye? ne
nos denrées lorfqu'elle
devons-nous pas de la reconnoiffance au
national? qui de
ou de nos
commerce
deancert les avances
pères n'a pas défriché fa terrepar E a
commerce? plufieurs d'entre nous font endu débiteurs de ces avances, 3 en tout ou en
core
partie. Il s'eft enrichi avec nous, oui; mais nous
fommes enrichis avec lui; & parce que
nous
ffi
mon créancier a reçu un honnête intérêt,
le prêt a été le fondement de ma fortune,
être moins reconnoilfant?
en dois-je
confidérez pas le commerce
. "Au farplus,ne
fecours à la
lui-méme; vous devez VOS
en
cette feule raifon que vous
mère patrie, par
êtes fes enfans.
Mais le commerce met trop de rigueur -
cela eft vrai; mais
dans le régime prohibitif,
ce
ce reft pas une raifon pour fupprimer nécefrégime, puifqu'il'eft une conféquence
faire de notre effence, & que les Colonies
font utiles à leurs Métropoles que par-là
ne
le fixer dans de jufles bornes. Il faut
Il faut
foit appelé d'une
que le commerce étranger
la
manière lucrative, à noûts fournir ce que
nous procurer, oul abfoFrance ne peut pas --- Page 27 ---
(21)
lument, ou fuflifamment, ou, à un prix modéré qui facilite le foulagement & la confervation de nos Nègres; il faut que, dans les
4 tems de calamité, l'appât du gain fur nos
denrées Colonialesinvite à nous nourrir, un
peuple à qui la nature a donné le froment,
& que la Providence femble avoir
placé tout
exprès auprès de nous. Renfermons-nons dans
un julte milieu, & la voix de la raifon
ramènera tôt-ou tard le commerce,
y
Nous nous plaignons juflement de ce que
le prix de nos Nègres eft prefque double du
prix des Negres de traite angloile. Eh bien,
follicitons le Gouvernement de rechercherles
caufes de ce vice de calcul & de fpéculation, & d'y remédier par des manufadures
convenables & économiques, par des comptoirs où la concurrence n'écrafe pas les traiteurs, enfin par un meilleur régime; mais ne
foyons pas ingrats, impolitiques & mauvais
patriotes 2 parce que le commerce eft maladroit ou trop cupide (a).
(a) C'eft par exemple une chofe
la réfiflance aduelle du
alfiligeante, que
com:nerce à
ment de la Colonie par les Américains. l'approvifionne- Le Minifhre
a révoqué M. Duchiffeau pour avoir donné une extenfion indi@penfable à leur admiffion, Affurément I
Bij
rats, impolitiques & mauvais
patriotes 2 parce que le commerce eft maladroit ou trop cupide (a).
(a) C'eft par exemple une chofe
la réfiflance aduelle du
alfiligeante, que
com:nerce à
ment de la Colonie par les Américains. l'approvifionne- Le Minifhre
a révoqué M. Duchiffeau pour avoir donné une extenfion indi@penfable à leur admiffion, Affurément I
Bij --- Page 28 ---
(22)
Que nous obtenions ou que nous formions des Affemblées Coloniales, elles fentiront ces vérités, & elles
liaifons
refpederont nos
indifpenfables avec le commerce na-.
tional, elles mettront les intérêts
dans, une balance égale.
oppofés
Enfin' 'des François (héureufement le
bre en eft infiniment
nomde fe donner. à
petit) peuvent-ils parler
une Puiflance étrangère ? &
danstjuel moment fur-toutèlorfque la France
attire les regards & fixe l'admiration de l'Europe; lodque le titre de François devient
plus beau que jamais; lorfque le
de
la raifon & de la
règne
juflice va fuccéder à la
verge du defpotifnic; lorfque le Roi,
de fes Sujets, le reflaurateur de la le.péré
rend à la Nation le
liberté,
pouvoir d'empécher à
jamais l'abus de la puiffance royale. -
Quel blafphéme, quelle baffeffe, quelle
irepielRenemonscons donc dans de jufles
idées, foyons Colons. François plus jamais,
on ne peut fe diffimuler que la France ne
nous fournir lor/qu'elle manque elle-méme de peut pas
& que le for: de la révolution tient
farine,
que le peuple ait du pain. Cette double peut-être à ce
du Miniftre & du commerce eft faite
injuftice
Colons au défefpeir.
pour mettre les --- Page 29 ---
(23.)
reprenons, comme nos frères, ou reclamons
les droits de Citoyens, 2 mais exerçons-I les
avec une modération plus néceffaire chez
nous qu'ailleurs.
Je ne fuis pas étonné que des craintes de
plus d'une efpèce agitent les Colons & éga
rent les idées. de quelques-uns.
Une infurredion générale de la philofcphie abufée menacé de renverfer nos propriétés.
L'Affemblée Nationale crée une Conflitution toute nouyelle fur des bafes & des principes dont lextenfion illimitée & abufive détruiroit les Colonies. Nos Députés partagent
ces délibérations générales au lieu d'être fimplement préfens pour nos intérêts particuliers.
On peut conclure que PAffemblée nous enveloppe aveuglément dans tous fes décrets;
& lorfque le Miniftre femble partager cette
crainte excufable, on redoute qu'il.ne faififfe
une occafion'heureufe de refferrer nos chaînes
par un décret de la Nation.
L'Affemblée Nationale, pour combler le
déficit, a décreté une contribution néceffaire, mais énorme. Y fommes - nous compris?
Enfin une réclamation des gens de couleur
B iv
ffemblée nous enveloppe aveuglément dans tous fes décrets;
& lorfque le Miniftre femble partager cette
crainte excufable, on redoute qu'il.ne faififfe
une occafion'heureufe de refferrer nos chaînes
par un décret de la Nation.
L'Affemblée Nationale, pour combler le
déficit, a décreté une contribution néceffaire, mais énorme. Y fommes - nous compris?
Enfin une réclamation des gens de couleur
B iv --- Page 30 ---
(24)
peur porter le défordre dans la
quand ils n'obtiendroient
Colonie,
Colonie leur
ici- que ce que la
accorderoit fans
J'ai affez de confiance
inconvénient.
& la fagefle de
dans les lumières
PAffemblée
me raffurer aifément fur
Nationale pour
je dois dire
tous ces objets; &
de la
que depuis que je fuis informé
coalition parfaite des
Colonies & des mefures
députations des
nent pour leur bien & fages qu'elles prenleur mère
celui de la France,
conmune, , je me
core
tranquillife endavantage, Nous fommes
mains de toutes
en bonnes
parts.
Il'eft impollible qu'une réunion de
lateurs pris
Légifplus
parmi ce que la France a de
fage & de plus infruit,
de faire une Conflitution
prenne fur elle
à deux mille
pour un pays placé
lieues, & dont elle doit
comme le
dire
philofophe : Hoc unum
nihil fcio.
Jcio quod
Si les Minifres lui ont tendu
un
(& je ne donne pas mes craintes piége, 2
vérité) il efl impoflible
pour la
dre. Elle
qu'elle s'y laiffe prentifme
connoit, en général, le
miniftériel, Elle fait
delponéceffairement
qu'il s'eft exercé
dans les Colonies plus
France, Elle fentira
qu'en
que demander que les --- Page 31 ---
(25)
citoyens ne puiffent ni fe faire entendre, ni
fe réunir dans une terre fi éloignée, c'eft
vouloir y maintenir le pouvoir arbitraire,
& elle n'exifle que pour détruire
voir,
ce pouIl efli impoflible d'après cela,
PAffemblée Nationale ne fouffre
que
pas, ou n'ordonne
pas que nous ayons des Affemblées Colo-.
niales, qui propofent au moins les réformes
conilintionnelles,
)
que le pouvoir
puilqu'elle-mème a jugé
tions, &c
légiflatif appartient aux Naque nul ne peut être contraint
d'obéir à la Loi quiln'a
pas confentie par
lni-méme, ou par fes repréfentants.
Il eft impoflible enfuite
la
des gens de couleur
que réclamation
ne foit pas
aux Affemblées
renvoyée
offres
Coloniales, malgré leurs
ridicules & illufoires. On fentira
s'ils avoient l'air d'obtenir
que
même
contre leurs concitoyens, d'une force jullice
gere, ce feroit jetter un
étranentre deux claffes
germe de divifion
qu'il efl important de lier
fagement enfemble. Une partie de leurs d emandes eft contraire à leur
comme
propre interêt,
propriétaires d'efclaves. Elle ne fera
jamais préfentée dans la Colonie, &
bien qu'elle n'a
on voit
pa l'être que par quelques
d'obtenir
que
même
contre leurs concitoyens, d'une force jullice
gere, ce feroit jetter un
étranentre deux claffes
germe de divifion
qu'il efl important de lier
fagement enfemble. Une partie de leurs d emandes eft contraire à leur
comme
propre interêt,
propriétaires d'efclaves. Elle ne fera
jamais préfentée dans la Colonie, &
bien qu'elle n'a
on voit
pa l'être que par quelques --- Page 32 ---
(26)
étres ifolés,
éloignés de leur
ne la connoiffent
patrie, & qui
Ils veulent
pas.
voter fir leurs
ont raifon, mais leurs
propriétés. Ils
Ils ont toujours été
plaintes font injufles.
de Paroifle,
admis dans les affemblées
les feules comme les blancs; ; & ce font
conllitutionnelles Affemblées vraiment libres &
que nous
que ce qu'on a appelé
ayons eues; puic
blées Coloniales,
improprement Affempôr, n'étoit
pour la répartition de l'imdes confeils compofé quedes Adminifrateurs,
depuis long-temps
Commandans de
gagés, & des
tion & à la
quartier; : gens à la nominadifcrétion du Gouvernement.
Comment y auroit-on
couleur,
appelé les gens de
puifque, comme citoyen,
propriétaire, nul blanc n'y aj jamais comme
Au firrplus, c'ell à la
étéadmis?
avec
Colonie à
jullice, & avec
s'occuper
claffe de
fageffe du fort d'une
citoyens, qui tient à nous
fang, & qu'il eft utile de
par le
tant qu'il eft
nous attacher, aupollible, parce
un intermédiaire
qu'elle peut être
ront la voie
Précieux. D'ailleurs ils aud'appel à PAffemblée
nale, mais il feroit
Natiofit le premier
trop dangereux qu'elle
juge de la
Je viens à limpôt,
réclamation. --- Page 33 ---
(27)
Si les Colonies ne font pas connues, dans
les détails néceffaires pour leur donner
conflitution de fi loin,on faitau moins une
faitement le but de leur formation.
parCe font des établiffemens de culture,
deflinés à aliménter le commerce national,
qui fait la force de P'Etat.
Ilimporte donc d'y favorifer la culture,
tous les moyens poffibles.
par
Ilimporte donc d'en écarter le génie fifcal
qui décourage & affoiblit la culture.
Le régime miniftériel a reconnu & refpedé ces principes ; comment le régime
national les violeroit-il?
D'abord. pourquoi les Colonies contribueroient-elles à combler le déficit P. pourquoi
Ja Masiongsbatiditodeleun
charges plus
que les Minifres ?
La Colonie de S. Domingue n'a
tribué au déficit. Elle n'a
pas conà la France. Elle
jamais rien coûté
paye fes dépenfes par un
impôt intérieur & particulier, cet impôt fixé
à cinq millions, eft porté à préfent à douze
dans la préception ; & l'excédent a fouvent
été envoyé aux Miniftres.
Les dépenfes
extraordinaires, * en tems de
guerre, des efcadres qui font venues
quelque-
. Domingue n'a
tribué au déficit. Elle n'a
pas conà la France. Elle
jamais rien coûté
paye fes dépenfes par un
impôt intérieur & particulier, cet impôt fixé
à cinq millions, eft porté à préfent à douze
dans la préception ; & l'excédent a fouvent
été envoyé aux Miniftres.
Les dépenfes
extraordinaires, * en tems de
guerre, des efcadres qui font venues
quelque- --- Page 34 ---
(28)
fois vifiter, & non pas défendre la
ont pour objet le commerce. On
Colonie,
que files Colonies n'étoient
conçoit bien
pas néceflàires au
commerce, elles ne feroient bonnes à rien
pour la France, quine feroit pas les frais
envoyer des efcadres.
d'y
En tems de paix des vaiffeaux de
y viennent; c'eft pour exercer la
guerre
fiur-tout pour le commerce ; & la marine,c'eft
qu'ils n'ont
preuve, c'eft
pas d'autre million que d'empécher la contrebande.
S'il eft vrai, comme il n'en faut
douter, que l'impôt foitle prix dela
pas
Gouvernement, Pindemnité
protediondu
protedion lui
de ce que cette
coûte, il faut conclure qu'un
pays, dontl la protedtion civile & militaire
coûte rien, ne doit pas d'impôt, fur-tout s'il ne
efl d'ailleurs infiniment
Enfuite,
produdif pour l'Etat.
denrées
outre P'impôt colonial que nos
payent à la fortie, elles
entrant,, cinq
payent en
pour cent du droit qu'on appelle d'occident; & après qu'elles ont paffé
par les diverfes
&
les
canaux qui fervent mannfadures, à leur débouché par
& extérieur, elles
intérieur
fieurs
ont produir au fifc pluautres impôts, au moins décuples.
Faites attention ici à une chofe remar- --- Page 35 ---
(29)
quable ; c'eft qu'en thèfe générale, il eft
reçu que Pimpôt eft toujours fupporté
le
confommateur. Mais c'eft lorfque le par cultivateur qui vend fa,denrée au
ne pafle pas nécellàirement confommateur,
d'un
par les filieres
commerce exclufif. Le
çois achete feul
Négociant Frannos denrées, & y met le
prix. Il connoît parfaitement par fes correfpondances le cours de France. En
le prix courant au prix de. vente comparant
ble, il fait entrer dans le
préfumale fret; & fon bénéfice, premier Fimpôt,
dix
& fi P'impôt eft de'
pour cent, il paye 90 livres ce
payeroit cent francs.
qu'il
Mais le principal impôt
à la Nation, ;
que nous payons'
eft
meiphadretenenried qut
énorme, & qui excede la mefitre de tour
ce que l'excellive avidité des traitans
à elle-même, voudroit
livrée
vinces de
extorquer des ProFrance, confifte dans'le commerce
exclufif, dans le régime prohibitif; &
régime, reftreint à de jufles
ce
bornes, efjufle,
Ileftinhérent à notre effence, à notre
tution politique. C'eft
infi.
par lui, & de
feule
-
cette
maniere, que nous devons nous
ter de notre dette envers
acquitPEtat, & nous
en acquittons bien,
nous
livrée
vinces de
extorquer des ProFrance, confifte dans'le commerce
exclufif, dans le régime prohibitif; &
régime, reftreint à de jufles
ce
bornes, efjufle,
Ileftinhérent à notre effence, à notre
tution politique. C'eft
infi.
par lui, & de
feule
-
cette
maniere, que nous devons nous
ter de notre dette envers
acquitPEtat, & nous
en acquittons bien,
nous --- Page 36 ---
(30)
Nous payons nos confomnafomsinfaiment
plus cher. Nos denrées ne valent
qu'elles vaudroient, fi
pas. ce
redement les
l'étranger venoit diprendre, puifqu'il faut que le
commerce de France gagne fur lui, &
n'y a pas chez nous cette
qu'il
cheteurs
concurrence d'aqui hauffe tous les prix de vente.
Le négociant. gagne fur nous. exclufivement,
fes commiflions, fon fret, fon
& toute la férie infinie de droits magafinage s
introduire. Tout cela
qu'il a fir
calculé, va à près de
quarante pour cent de nos
Fimpôt domeflique.
denrées, outre,
Tout cela cependant tourne à la
du Colon & au profit de la
charge
métropole,
trouve encore des bénéfices dans les
qui
fadtures que nos denrées
manumarine marchande
occupent, dans la,
qu'elles employent, &c.
Toutcela doit étre, fauf les abus.. Mais
c'eft une raifon péremptoire
ger les, Colonies
pour ne pas çhard'impôts direâs,
Il: faut confidérer enfuite à quel point létabliffement denosbiens eft difpendieux.U.Colon avoit une terre propre à faire une fucrerie
de trois cent milliers. Ila fallu un million
la mettre en valeur. Il a failup payer lintérêt pour de
ce million plufieurs années avant le reyenu. --- Page 37 ---
(31)
Prefque toute cette fomme a été
en un mobilier périllable,
employée
qu'une épidémie
peut enlever en un mois.
f Un tremblement de terre renverfe des bâtimens indifpenfables, qui ont coûté cent
mille écus.
e Un ouragan détruit une récolte
& dans
entiere,
lemonagnes,felpoir de fx
& le fol même qui les
récoltes,
promettoit.
Les inondations, les féchereffes
des effets
produifent
prefque auffi funefles.
Au premier fignal de la guerre, en
plus de vente
général
2 plus de commerce.
dant, dans tous ces cas, il faut doubler Cepen- les
frais pour nourrir fon attelier & foutenir fa
manufadure.
Dans la guerre de 1754, les habitans des
montagnes ont ététrois ans fans voir de
On a vu des Colons offrir
pain.
fucre de
une barique de
quinze cent pour une paire de fouliers, & ne pas Pobtenir; & il faut fe
effuyer les marches, les
garder,
l'ennemi
veilles, le feu de
s'il feprèfente.
Si la France efl dans un moment de
& les Colonies dans
crife,
un temps de
rité, qu'elles offrent un don
profpétion, à la bonne
gratuit à la Naheure, Mais quand ces
a vu des Colons offrir
pain.
fucre de
une barique de
quinze cent pour une paire de fouliers, & ne pas Pobtenir; & il faut fe
effuyer les marches, les
garder,
l'ennemi
veilles, le feu de
s'il feprèfente.
Si la France efl dans un moment de
& les Colonies dans
crife,
un temps de
rité, qu'elles offrent un don
profpétion, à la bonne
gratuit à la Naheure, Mais quand ces --- Page 38 ---
(32)
ptincipes & ces faits auront
par nos Députés à
été préfeités
il eft impollible
PAffemblée Nationale,
nouvelles
qu'elle étende fur nous de
contributions
feul que-la
forcées, par cela
a Colonies. France a befoin de conferver fes
Je viens à ce qui concerne
& je ne confonds pas les
Pefelavage,
philofophie qui s'abufe, péculations d'une
cipe, fur un objet
par un beau princonfinfement,
qu'elle ne connoît que
avec les réfoiutions
feiblée peut prendre. Les
que l'AL
la quellion que fous le
uns ne confidèrent
manité, L'autre la
point de vue de l'huverra du, coté
que, dela néceflité, &-du
dela-politipropriété, Les motifs
droit facré de la
de
les plusivrais feront
bienfaifance même
: On voit bien
pour nous.
très-fuccina que j'embraffe, dans un. écrit
fourniroit
plufieurs objets, dont chacun
inn: gros volume; &
préfenter que quelques
que je ne peux
décifives. Je
vérités palpables &
n'approfonditai
cette queflion,
pas, davantage
que j'ai traitée
ailleurs:
amplement
Je parle aux philantropes.
Vous êtes infiniment
de vos crreurs, & même ellimables; au milieu
des dangers qu'elles
préparent --- Page 39 ---
(33),
préparént Oti à nous ou à ceux que vous
protégez; & dans tous les cas, à la France. Le
nom d'efclave afflige un coeur jufte & fenfibie; mais vous vous égarez faute de lumières
fur les faits, & par une fauffe comparaifon.
Vous vous mettez tout à coup à la place
du Nègre, avec VOS principes & VCS habitudes, & vous dites quel feroit mon malheur
6 mon défespoir Jije devenois efclave ?
Cependant le malheur & le bonheur font
dans l'opinion qu'on a de fon étât. L'habitude
forme cette opinion. Elle réfulte auffi du
paffage d'un état à un autre pire ou meilleur.
Eh bien ,le Nègre n'a ni VOs habitudes, ni
VOS idées. Il eft né dans l'efclavage; il de voit
fans horreur 9 parce qu'il y eft accoutumé.
Arraché même 9 dans fon pays, à une fervitude plus barbare, fous un maitre fans principes ; placé fous un maître plus humain,
plus railonable, plus intéreffé à fon bien-être,
loin de vivre dans ce défespoir dont vous
vous faites Pimage,il vit heureux, au moins
tranquille & content.
Il aura un défir vague, f vous voulez, de
la liberté, parce qu'il voit des libres, mais ce
défir ne le tourmente pas.
Sans doute le gouvernement d'un feul
C
à une fervitude plus barbare, fous un maitre fans principes ; placé fous un maître plus humain,
plus railonable, plus intéreffé à fon bien-être,
loin de vivre dans ce défespoir dont vous
vous faites Pimage,il vit heureux, au moins
tranquille & content.
Il aura un défir vague, f vous voulez, de
la liberté, parce qu'il voit des libres, mais ce
défir ne le tourmente pas.
Sans doute le gouvernement d'un feul
C --- Page 40 ---
(34)
feroit le plus parfait de tous, fi le Monarque, même le defpote, pouvoit voir les
befoins de tous fes Sujets, s'il ne pouvoit
ignorer que fon intérêt eft indivifible du pas
leur,
que tous les maux qui leur arrivent retomberont infailliblement fur lui; enfins'il ne
voit pas être trompé par des intermédiaires pouqui euffent un intérêt différent du fen & de.
celui de fon peuple.
Eh bien, voilà le gouvernement de
habitations. Si un Nègre eft malade, nos
une perte pour le maître; c'en eft
c'eft
grande fi le chagrin, la
une plus
la
fatigue, la misère,
nature même le mènent au tombeau.
On a comparé le fort du Nègre à celui
du pauvre journalier en France; & à cela
près de cette idée de liberté que la misère,
le plus affreux des efclavages, étouffe
amortit, on a prouvé que dans les maladies, ou
dans la vieilleffe, même dans la
des travaux, celui-ci étoit plus
privation
véritablement
malheureux. Croit-on que fi un Seigueur étoit
condamné à une amende de 2000 liv. toutes
les fois qu'un de fes payfans meurt, à cent
écus quand il efl malade, le peuple des campagnes ne feroit pas mieux foigné, plus heureux? --- Page 41 ---
(35)
Eh bien, nous payonsinéviablement toutes
cesamendes, & nos Negres font traités enconféquence. Faites nous l'injuftice de crcire que
que l'humanité n'y eft pour rien,j j'y confens;
mais croyez à l'intérêt. Ce grand mobile, ce
maître du monde veille pour etx.
Vous vous enthoulialmez donc fur une
fauffe application de principes vrais & refpedables de morale.
Je commence à m'adreffer à l'Affemblée
Nationale, comme aux philantropes.
La France ne peut plus fe paffer de Colonies, c'eft elles qui lui procurent une fupériorité énorme de profpérité & d'opulence,
& par conféquent de force fur les autres
Nations. La balanceadivede notre commerce
eft de foixante. dix millions; les Colonies en
verfent plus de deux cens annuellement; fans
elles, par conféquent, nous devrions déjà à
l'Europe cent trente millions de plus par an.
Calculez enfuite qu'il faudroit payer à l'étranger la confommation du Royaume en fucre,
caffé, coton & indigo, peut-être objet de
foixante millions ; que les manufadures, les
ports de mer tomberoient en grande partie;
que la marine marchande, réduite à un trèspetit cabotage, ne feroit plus P'école & la,
Cij
; fans
elles, par conféquent, nous devrions déjà à
l'Europe cent trente millions de plus par an.
Calculez enfuite qu'il faudroit payer à l'étranger la confommation du Royaume en fucre,
caffé, coton & indigo, peut-être objet de
foixante millions ; que les manufadures, les
ports de mer tomberoient en grande partie;
que la marine marchande, réduite à un trèspetit cabotage, ne feroit plus P'école & la,
Cij --- Page 42 ---
(36)
pépinicre de la marine militaire;
perdroit
que le filc
d'hionmes beaucoup; enfin que cinq millions
dont lindufrie s'exerce fur
denrées Coloniales, iroient
les
leurs,
les trouver ailJugez où vous en feriez
plus grande
(même dans la
fi
profpérité, & vous n'y êtes
vous perdiez tous ces.
pas)
Eh bien, ils tiennent avantages.
des
tous à
Nègres, fur lequel les Colonies Pefclavage
variablement fondées.
font inEn effet, rien n'eft plus
fyflêmes que l'ignorance des pitoyable que les
lieux & des faits 1
imagine tous les jours pour nous donner des
journaliers libres à la place des efclaves.
La complication de nos biens,
à la fois cultures &
qui font
manufadures, le climat,
Finconflance des faifons, les
façons, le grand nombre de plantations,les bras
fables que le travail énorme de la indifpenne peut pas remplacer, les
charrue
cela
récoltes, tout
exige une pondualité fi marquée, fi habituelle, qu'il faut des hommes qui
à point nommé fe
viennent
ranger aux diverfes
rations auxquelles ils font
opéflylés, fans
tout eft perdu. Il faut donc des
quoi
ricn ne pcut lcs remplacer,
Efclayes, --- Page 43 ---
(37)
Faites encore CC calcul facile & clair.
Les. Nègres valent aujourd'hui julqu'à
2800 liv. de Colonie; mais dans les atteliers,
un grand nombre a été acheté avant cette
excellive augmentation. Les Créoles r'ont
coûté que des foins; ainfi on peut évaluer
le prix d'achat à 1800 liv. en moyenne proportion.
L'intérêt de 1800 liv. eft de 90 liv. ( 60 liv.
de France) ) & le produit du travail d'un Ncgre repréfente cette dernière fomme.
La journée du plus fimple manccuvre eft
à S. Domingue, de 3 livres. Qu'op lajréduife à 30 fols, 4 le travail annuel d'un homme
libre coûtera environ 450 livres par an.
Ainfi,la quantité de denrées coloniales que
nous vendons 90 livres, devroit être vendue
450 livres; affitrément nos denrées refleroient
invendues dans les marchés de l'Europe 5 nos
manufadtures tomberoient, delà notre commerce, & delà la force nationale.
L'affranchiffement eft donc uné belle chimére, parce que Pefclavage des Negres eft
un mal néceflaire.
Mais que peuvent produire les difcuffions
que Penthoufiafime fc permet? Je ne veux
pas croire que la frénéfie ait été jufqu'à enC iij
affitrément nos denrées refleroient
invendues dans les marchés de l'Europe 5 nos
manufadtures tomberoient, delà notre commerce, & delà la force nationale.
L'affranchiffement eft donc uné belle chimére, parce que Pefclavage des Negres eft
un mal néceflaire.
Mais que peuvent produire les difcuffions
que Penthoufiafime fc permet? Je ne veux
pas croire que la frénéfie ait été jufqu'à enC iij --- Page 44 ---
(38)
voyer des apôtres & des martyrs précher la
liberté aux Negres & leur porter des
vaines terreurs ou fauffe récrimination armes;
les amis des noirs !
contre
Mais les écritsincendinires
le feu
fe
paffent les mers, s
peut
communiquer 2 un foulevement peut perdre les Colonies, fairé égorger tous les blancs, ruiner la France ellemême.
Ou bien pour prévenir ces maux, il faut
appefantir la fervitude que nous cherchons
à adoucir : quelle affreufe alternative !
On parle de fupprimerla traite ; denx mots
fiffifent là-deffus, après ce que je viens d'établir.
D'un côté, on niera les faits tant qu'on
voudra ; mais il eft très-vrai
fi
que ce commerce;" atroce en apparence, n'ef
l'aétion de fouftraire des hommes à
que
vitilde plus barbare,
une fer3 pour les foumettre à
un joug plus fipportable.
D'un autre côté, la
fant pas à recruter
population ne fuffinos
de la traite ne feroit atolies,lafippreflog
les cultures
qu'anéantir plus tard
& le commerce des
& elle eff nécefaire au
Colonies;
Negres,
foulagement de nos,
puifque les travaux pèfent en raifon --- Page 45 ---
(39) )
inverfe du nombre d'individus qui les partagent.
La@lranchiflement, & même la fuppreffion de la traite, font foumis à d'autres objedions qui s'adreffent plus diredtement à
T'Affemblée Nationale.
Nos Negres font notre propriété ; nous
l'avons acquife de nos deniers, fous la foi
des loix exiflantes; & elle eft d'autant plus
fans elle, les autres deimportante > que,
vieunent nulles.
LAfembléeNationale doit réfpedter cette
propriété.
La Nation ne s'eft pas emparée des biens
du Clergé; CC feroit un brigandage : elle a
déclaré juftement que ces biens lui appartenoient. Elle ne peut pas en dire autant de
nos Negres, elle ne peut pas en dire autant
de nos terres 9 qui nous feroient comme
enlevées du même coup.
Si la Nation répugne à ce qu'il y ait des
efclaves fous fa domination, il faut qu'elle
faffe procéder à une eflimation de toutes les
propriétés des Colonies,qu'elle nous les paie,
& alors elle trouvera le feul moyen de ne
pas donner aux Negres une liberté onéreufe,
Cn leur diflribuant nos poffellions.
nos Negres, elle ne peut pas en dire autant
de nos terres 9 qui nous feroient comme
enlevées du même coup.
Si la Nation répugne à ce qu'il y ait des
efclaves fous fa domination, il faut qu'elle
faffe procéder à une eflimation de toutes les
propriétés des Colonies,qu'elle nous les paie,
& alors elle trouvera le feul moyen de ne
pas donner aux Negres une liberté onéreufe,
Cn leur diflribuant nos poffellions. --- Page 46 ---
(40)
Cet ace degénérofité(q
I
pas Aridement
qui même ne feroit
jufle) coûteroit à la
pour S. Domingue feul,au,
Nation,
liards tournois, & la
moins trois milles Colonies
perte des avantages que
lui procurent.
Ou bien la Nation a le droit
droit) de
(& le feul
renoncer aux Colonies de
abandonner à elles-mémes.
s
les
voirons à notre fort.
Alors nous pourembarraffés;
Nous ne ferons pas
dent
& Jans doute cef ce
ceux qui remuent le
qu'atten6 dont la haine cherche peuple Anglois,
reté & la
à poufer la légéche
ginérofité Frangoifes à une démar
irréparaile,
Quoi qu'il en foit, la Nation n'a
deux moyens : elle ne
que ces
nos biens
peut pas prendre
fance.
pour en faire un ade de bienfaiJe vais plus loin.
Nous n'avons pas été
fommes donnés à la conquis; nous nous
France librement &
volonsirenemt; nous avons fait un
avec le Roi, alors fuprême
contrat
la Nation ; nous lui avons dit repréfentant de
>> donnons
: cc Nous vous
une nouvelle
>> fertile de l'univers.
province, la plus
Aidez-1
2> rez-nous une efpèce d'hommes nous, procuplus IO- --- Page 47 ---
(41)
2> bufle &. affujettie à toute la foumiffion
2> que nos travaux vont exiger; & nous vous
>> réferverons toutes les richeffes qu'elle feule
> peut arracher de notre fol 22,
Le Prince nous a acceptés, nous a promis fa protedion, nous a permis d'acquérir
des efclaves que la Nation elle-même nous
a livrés à prix d'argent.
Nous. avons exécuté le contrat au-delàde nos promeffes : nous avons verfé dans le
royaume des fommes incalculables. Si nous
n'avons pas pu empêcher fa ruine 2 nous
l'avons au moins prodigieufement retardée.
Au contraire, la protedion que le Prince
nous a accordée ne lui a jamais rien coûté;
elle a même été abulive, puifque fes agens
nous ont quelquefois opprimés.
f Si, lorfque nous efpérons mieux de la
fidélité de-la Nation qui reprend l'exercice
de fes droits, elle violoit le contrat au point
de nous dépouiller d'une propriété légale
qui emporte la perte de toutes les autres. 2
de nous précipiter d'une aifance trop'péniblement, trop juflement acquife, dans les
horreurs dela plus profonde indigence, mille
fois pire que l'efclavage.
C'eft alors feulement (& il m'en coûte de
que nous efpérons mieux de la
fidélité de-la Nation qui reprend l'exercice
de fes droits, elle violoit le contrat au point
de nous dépouiller d'une propriété légale
qui emporte la perte de toutes les autres. 2
de nous précipiter d'une aifance trop'péniblement, trop juflement acquife, dans les
horreurs dela plus profonde indigence, mille
fois pire que l'efclavage.
C'eft alors feulement (& il m'en coûte de --- Page 48 ---
(42)
le dire, mais il n'eft plus tems de rien dif
fimuler), c'eft alors que pouflés au défefpoir, traités, non plus en fréres, mais en
ennemis 5 révoltés par Finjuflice, Pingratitude & la
barbarie 3 nous devons regarder
notre contrat comme
rompu 7 ceffer d'être
François, & nous défendre jufqu'à la dernière goutte de notre fang contre nos
fécuteurs.
perMais, 9 à Dieu ne plaife, cela eft impoffible; & cette penfée foulage mon coeur du
pénible effort auquel je viens de me livrer
pour la patrie & pour la vérité,
Non, mes chers Concitoyens,
VOS
n'exagérez
pas
jufles terreurs. Les philantropès
dans leur zèle aveugle,. préparent fans doute
des maux à vous ou à vOs ferviteurs ; mais
la Nation ne vous fera éprouver ni défaftres,
ni injuflices. Vous trouverez fageffe,
amour,.
protedion, 2 sûreté dans le Sénat augulle
la repréfente.
qui
Elle veut que vous partagiez fon bonheur
& fes droits ; elle ne vous fera pas une conftitution dont elle n'a pas les bales ; ellei
ce
ignore
qu'il vous faut, & prefque ce que vous
êtes; elle fouffrira que vous vous expliquiez
vous-mémes; elle confacrera YOS voeux li. --- Page 49 ---
(43)
bres & réfléchis ; elle vous défendra des infinuations fufpedtes du Miniftère.
Mais vous, 3 mes Concitoyens, vous profiterez de l'exemple de la France pour éviter une révolution fubite & totale, bien plus
dangereufe; vous vous conduirez avec circonfpedtion dans VOS fages & lentes réformes;
vous refpedterez VOS liaifons avec la mèrepatrie; vous balancerez également votre intérêt & celui de fon commerce; VoUs jetterez
des regards de bienfailance & d'équité fur
des claffes que les loix & la néceflité vous
ont fubordonnées ; vous fentirez, comme je,
le fens moi-même, que vous ne pouvez être
heureux qu'autant que tout ce qui vous en.
toure partagera votre bonheur.
J'ignore comment cet. écrit 9 fait avec
plus de loyauté que de foin, fera jugé; mais
je fuis placé dans une pofition où j'ai cru
que je devois compte à mon pays dé mes
opinions individuelles.
(
LABORIE,
Habitant. & Secrétaire de la Chambre
d'Agriculture du Cap-François.
De PImprimerie de CHARDON, rue de la Harpe. --- Page 50 ---
78AD --- Page 51 ---
R EQU E TE
PRESENTEE
AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX
DU ROYAUME,
Le 8 Juin 1789 >
PAR LES DÉPUTÉS
DE LA COLONIE DE SAINTDOMINGUE. --- Page 52 --- --- Page 53 ---
E771
L651d
1.
Tont
3/0
CA --- Page 54 ---