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J
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3obn Carter Brotun. --- Page 5 ---
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POLITIQU E
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Hens "ore Pelidal --- Page 7 ---
R ÉFLEXIONS
POLITIQUES
SUR Quelques Ouvrages
et Journaux Français 9
Concernant Hayti.
C
PAR Monsieur le BARONI DE VASTEY, fecraggr
du Roi, Chevalier de l'Ordre Royal et
de Saint Henry, Précepteur de Son Altesse Hoyalo
Monseigneur le Prince Royal d'Hayti. etck
E
V
Je crains les Grecs, lors même qu'ils font des présenss Énéide.
A
SANS-SOUCI;
De limprimerie Royale D.
Année 1817, 14éme de Pindépendance- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
A
SON ALTESSE ROYALE
MONSETGNEUR LE PRINCE
VICTOR
HENRY,
PRINCE ROYAL D'HAYTI,
Grand Croix de l'Ordre Royal et
Militaire de Saint Henry, Généralissime des Armées Haytiennes 3
etc, etc. 3 etc,
MONSEIGNEUR,
LORSQUE jar pris la liberté de dédier
ce Livre d VOTRE ALTESSE ROxALE,Jai pense --- Page 10 ---
que des réflexions politiques, dont le sujet
roule uniquement sur le bonheur, la gloire
et la prospérité du Peuple haytien, et sur des
principes conservateurs, pour la siireté, la
Liberté et lindépendance de ce Royaume, ne
pouvait manquerd'dtre agrcable et dintéresser
particulièrement VOTRE ALTESSE ROYALE.
Er mettant sous les yeur de VOTRE
ALTESSE ROYALE le tableau des injustices, des
crimes et des cruautés de tous genres que
nous avons éprouvés des francais 3 en faisant
connaitre Pastuce et la perfidie de ces Grecs
du temps moderne, j'étais persuadd d'avance
que jallais ouvrir vos blessures, et affecter
pivement votre sensibilité d'ame 3 que jautais désiré pouvoir ménager s'il m'eiit été
possible, mais des considérations plus fortes
et plus puissantes m'ont entrainé malgré moi,
& réveiller des sougenirs aussi cruels 2 tans --- Page 11 ---
pour prémuir la Nation des embiiches quiin
ennemi cruel, implacable et artificieux pourrait encore lui tendre, que pcur nourrir et
entretenir dans'tous les coeurs haytiens le.feu
sacré de Liberté, dindépendanse 2 2 el de
haine éternelle auafrançais s!
Les sentimens de zèle, damour et de
patriotisme de VOTRE ALTESSE ROTALE, pour
le Pays qui la vu naître, nous sont particulièrement connus 3 ils n'ont fait que Saccroitre et s'affermir, à mesure que VomE
ALTESSE ROxALE s'est avancée en lge :
bientôt Elle pourra seconder les efforts de
son illustre et glorieux Père, et sefforcer
à marcher sur ses nobles traces !
Daignes, MOxSEIGNEUR , jeter un regard
favorable sur mes faibles essais, et en accepter thommage, comme un témoignage public,
a quel puint mon coBur sous estime et
yous honore.
Saccroitre et s'affermir, à mesure que VomE
ALTESSE ROxALE s'est avancée en lge :
bientôt Elle pourra seconder les efforts de
son illustre et glorieux Père, et sefforcer
à marcher sur ses nobles traces !
Daignes, MOxSEIGNEUR , jeter un regard
favorable sur mes faibles essais, et en accepter thommage, comme un témoignage public,
a quel puint mon coBur sous estime et
yous honore. --- Page 12 ---
Je ne cesserai d'etre toute ma vie, avec le
plus profond respect et Lattachempnt le plus
inviolable.
MONSEIGNEUR,
DE VOTRE ALTESSE ROYALE,
loibex
Le très-Tumbley très-obéissant
et très-soumis Serviteur 2
LE BARON DE VASTEY. --- Page 13 ---
RaC -
GEE a
INTRODUCTIO N:
N.
OUS avons été inspiré à faire ces
refléxions par la lecture de quelques
ouvrages ct journaux français concernant/Amérique et Hayti particuliérement; ces ouvrages consistent en deux
volumes in-80, de M. de Pradt, ancien
archevèque de Malines, surles colonies
et la révolution actuelle de PAmérique,
et d'un 3e. volume du même auteur,
surlestroiuderniers moisdel'-Amérique.
D'un volume in-8 intiulé : Nouveau
Système de Colonisation pour SaintDomingue , combiné avec la création
d'une compagnie de commerce, pour
rétablir les relations de la France, avec
cette ile 3 précédé de considérations
générales sur le régime coionial des
européens dans les deux Indes, par
a --- Page 14 ---
Fordonnateur ij
des guerres le Borgne de
chevalier de Pordre Royal et
Boigne,
ex-délegué
Militaire de Saint-Louis,
i Saint-Domingue,
du gouvernement
de cette colonie.
ex-législateur député
Nous citeronsavec élogeles ouvrages
erreurs
de M. de Pradt, saufquelques
attribuons au défaut de conque nous
naissances locales - 2 ou à la position
difficile ou il se trouve placé; nous
dans ce célèbre littérateur . 9
trouvons
de grandes
deumtauotirsbnade
de
et utiles vérités, 2 et un sentiment
bienveillance universelle pour tous les
peuples ; nous lui repondrons séparément.
nous
Ils'en faut de beaucoup que
en dire de même des élucupuissions
visions de Tex-colon, M.
brations, ou
rien de plus
le Borgne de Boigne ;
ridicule et de plus erroné que sort
de Colonisation pour
Nouveau Système
Saint-Domingue:y jamais cerveau creux --- Page 15 ---
n'a enfanté une telle chimère; les
11s
naux français qui nous concernent jouraussi insensés
sont
que l'ouvrage de M. de
Boigne; ; particulierement un article
inséré dans le Journal des Débats, du
26 Juillet, qui n'est que l'écho et le
panégyriste du Nouveau Système de
Colonisation pour. Suint-Domingue.
M. de Pradt nous apprend dans
sèche et verte semonce,
une
journal,
2 adressée à ce
surses personnalités et incivilités, que ses rédacteurs sontMM. Fiévée, Felletz et Hoflinann ; c'est donc
à ce poli et savant triumvirat,
nous adressons nos réflexions, que
qu'à M. de Boigne,
ainsi
pour ses hautes et
savantes conceptions.
Rien de plus
étrange et de plus
hypocrite que le langage de ces Messieurs, il faut les lire
présent
poury y croire; à
qu'il ne s'agit plus de nous
subjuguer par la force des
ni
de nousintimider
armes,
parla terreur, il faut
linann ; c'est donc
à ce poli et savant triumvirat,
nous adressons nos réflexions, que
qu'à M. de Boigne,
ainsi
pour ses hautes et
savantes conceptions.
Rien de plus
étrange et de plus
hypocrite que le langage de ces Messieurs, il faut les lire
présent
poury y croire; à
qu'il ne s'agit plus de nous
subjuguer par la force des
ni
de nousintimider
armes,
parla terreur, il faut --- Page 16 ---
-
iv
voir comme ils ont changé leur ton
tranchant, impérieux et féroce, en un
ton doux, mielleux, presque poli; ;
nouveau Protée, ils se présentent à
toutesles formes, ils n'emnous sous
pruntent plus les traits d'un monstre
épouvantable qui menace d'exterminer
notre race jusqaux enfans à la mamelle, c'est à présent une syrène dont
la voix mélodieuse etles formes séduisantes nous invitent à nous jeter dans
ses bras.
A les entendre, nous n'avons plus
rien à craindre ni à redouter des
français S tout le mal qu'ils nous ont
fait provient de Bonaparte ; ils ne
font que de commencer une nouvelle
carrière avec nous 1 qui sera pleine de
charmes et de bienfaisance ; tout est
disent-ils, à rétablir dans les
entier,
Pesrelations de la France avec nous 2
de
sentiel est de ne point se tromper,
ne pas faire delapolitique sur le passé, --- Page 17 ---
V
mais de ne s'occuper que de l'état présent des choses, afin de concilier tous
les intérèts qui existent encore, et de
ne pas sacrifier à jamais ceux qui ne
sont pas absolument détruits.
On dirait, à les entendre, qu'ils
n'ont pas la plus petite idée de notre
véritable situation; ils feignent d'ignorer notre état d'économie politique et
rurale ; ils semblent être tout-à-fait
étrangers à la nature des événemens
qui nous ont conduit à la liberté, et de
la liberté à T'indépendanee ; on dirait
même à les entendre discourir, qu'ils
sont la cause innocente de tous les
maux 2 de toutes les atrocités et les
injustices qu'ils nous ont fait éprouver;
ils croyent, sans doute, trouver encore
dans ce pays, quiles abhorre, la crédulité aveugle des Toussaint Louverture et la population française de 1802.
A les entendre, ? les Bourbons rétablis sur le trône devraient être le --- Page 18 ---
vj
devrait nous fasciner Tes
talisman qui
de voir et
yeux, et nous empêcher
discerner nos plus chers et véritables
les Bourbons seraient la baintérêts ;
devrait nous faire
guette magique qui
nous
tomber les armes des mains pour
enfin, les Bourlivrer à discrétion ;
la même
bons auraient pour nous
fleuve du Léthé, à peine
vertu quele
sous le drapean
serions-nous rangés
oublié les
blanc 2 que nous aurions
les
échafauds, les gibets, les bàchers,
les chiens de sang et toutes
noyades,
les horrcurs que nous avons éprouvées
des français.
vont
Cependant - 2 ces journalistes de bon
jusqu'à nous préter un peu
de la politique même 5 cette
sens,
le Journal
réserve ( dit gravemeut
extrades Débats ) ne paraitra pas
ordinaire à ceux qui savent qu'il ne
Pétat de St-Domingue
faut pas juger
en effet un peu
par les plaisanteries,
les bàchers,
les chiens de sang et toutes
noyades,
les horrcurs que nous avons éprouvées
des français.
vont
Cependant - 2 ces journalistes de bon
jusqu'à nous préter un peu
de la politique même 5 cette
sens,
le Journal
réserve ( dit gravemeut
extrades Débats ) ne paraitra pas
ordinaire à ceux qui savent qu'il ne
Pétat de St-Domingue
faut pas juger
en effet un peu
par les plaisanteries, --- Page 19 ---
VI]
gaies, qui naissent naturellement de
l'almanach impérial, de lap partie dominée par Christophe. Nous ne savons
pas trop si l'Almanach Royal d'Hayti
inspire aux français tne gaieté aussi
vraie, aussi franche, qu'ils affectent
de le dire; mais tout ce que nous pouvons assurerà cès Messieurs, c'est que
les platitudes, les niaiseries, les choses
misérables qu'on lit dans leurs journaux, sont d'une naturet très-amusante
pour nous, et qu'ils nous inspirent,
non-seulement de la gaieté, mais un
sentiment que nous n'osons exprimer,
pour ne pas être en retour de politesse
avec eux.
Le but principal des écrivains français est d'attirer l'attention de l'Europesur PAmérique, et particuliérement sur Hayti, éternel objet de leurs
regrets, et de nous suggérer s'ils penvent des fausses et dangereuses démarches qui nous précipiteraient dans les
plus grands malheurs ! --- Page 20 ---
/
sJV
d'éclairer l'Europe sur
Notre butlest
la situation morale etpolitique d'Hayti,
contrel les
d'exposer nos justes griefs
français, de faire connaitre la bonté et
la justice de notre cause, la légitimité
denos droits à la liberté ct à Tindépendance, de dévoiler aux yeux de nos
compatriotes les projets perfides et
astucieux des français s' 9 de montrer
les éviter, et de
leurs pièges, pour
faire évanouir 9 sans retour et pour
leur coupable espérance
jamais 2
à leur fin, les franPour parvenir
contre Hayti, un
çais ont adopté
*
systéme de calomnic pour T'extérieur 9
et de ccrruption pour
et un deperfidie
Tintérieur.
D'un côté, ils veulent reculer autant qu'il est en leur pouvoir la reconnaissance de notreindépendanees pour
ils veulent éluder cette
y parvenir, temporiser ct gagner du
question 2
temps --- Page 21 ---
ix
temps, s'introduire parmi nous par le
commerce 5 nous corrompre, 2 paralyser
nos efforts, nous désunir et nous égarer
delavraie routeque nousdevons suivre.
Ils veulent,
pardesmensonges et des
calomnies atroces, détacher de notre
pestewnbatvres
amis dans
Tétranger, grossir et amonceler peu à peu des orages sur nos têtes
et rendre s'ils peuvent un peuple intéressant, par ses longs malheurs, un.
objet de dégoit et de mépris
tous les peuples ; et en effet, aieuns
assertions étaient vraies, quels gouvernemens policés voudraient contracter
un traité d'alliance, 9 de commerce ou
d'amitié avec un peuple encore barbare,
qui ne saurait ni respecter le droit des
gens ni la foi des traités.
Quel est l'homme de
bien, 2 sensible
et généreux, qui voudrait s'intéresser
à notre sort et compatir à nos cruelles
b
it et de mépris
tous les peuples ; et en effet, aieuns
assertions étaient vraies, quels gouvernemens policés voudraient contracter
un traité d'alliance, 9 de commerce ou
d'amitié avec un peuple encore barbare,
qui ne saurait ni respecter le droit des
gens ni la foi des traités.
Quel est l'homme de
bien, 2 sensible
et généreux, qui voudrait s'intéresser
à notre sort et compatir à nos cruelles
b --- Page 22 ---
x
Si
infortunes, 2
nous.étions
et longues
?
effet, tels qu'ils nous dépeignent
en
sujets de joie et de triomphe
Quels
s'ils pouvaient réuspour les français,
dans de fausses
sir à nous entrainer faire tomber dans
démarches et nous
comme
nous tendent;
les piégesquilas
s'il pouvaient
ils seraient heureux 2
réussir à faire changer les rapports les
existent entre nous et
actuels qui
, et les
nations alliées ou neutres à devenir
d'amies qu'elles sont,
obliger
nos ennemis !
but
se
le
que
Tel est cependant
les français ; ils calomnient
proposent
exciter
Angleterre 2 pour
la généreuse contre les anglais ; et ils
les haytiens
reconnaissante, pour
calomnient Hayti
contre les haytiens.
exciter les anglais
attribue à TAngleterre
M. de Boigne
dirigée contre nous
Tinfame expédition
français ; et en
par le gouvernement
les secours
même temps, il implore --- Page 23 ---
de
Xi
TAngleterre, pour entreprendre
contre nous une nouvelle et pareille
expédition.
De l'autre côté
2 ils n'ont rien
négligé pour diriger leurs coups contre
notre intérieur; ils croient avoir étudié
nos moeurs, nos goûts, nos habitudes et
nos penchans, ils ont pris des renseignemens sur notre état d'économie
politique et rurale, sur le gouvernement, nos forces et nos ressources de
tous genres ; enfin, ils ont cherché à
pénétrer partout, à connaitre le fort
et le faible de notre situation,
combiner le système de
pour
de
perfidie et
corruption 2 qu'ils comptent d'employer contre nous.
Sans doute, nous ne serons point
taxés d'aggression
Les
par qui que ce soit.
français ont eu le droit d'écrire
et d'imprimer contre nous des milliers
de volumes ; leurs
journaux ont répandu contre nous milleinjures et mille. --- Page 24 ---
-
xij calomnies nous aurons donc bien le
;
droit sans
cela puisse offenser
que
d'écrire quelques pages
personne 2
défense.
pour notre juste et légitime
Nos adversaires nous ont entrainés
malgré nous dans la lice; nous n'avons
provoqué le combat; jamais nous
pas été les
; nous avons
avons
aggresseurs:
de leur
été forcés pour les répondre 2
les mêmes argumens, 9 et nous
opposer
les mêmes exemples 2
appuyer par
attaquer nos
dont ils se servent pour
droits ; s'ils sont vaincus parla raison
comme ils lont été par les armes dans
les combats 2 ils ne s'en prendront
qu'à eux-mêmes.
Heureux et satisfais de vivre au sein
de la paix dans notre ile, contens du
le maitre de Tunivers nous a
sort que
rien de
réparti, nous n'ambitionnons
aux autres peuples ;
ce qui appartient
tous nos efforts ne tendent qu'à perfectionner notre état social, et qu'à tra-
pour
droits ; s'ils sont vaincus parla raison
comme ils lont été par les armes dans
les combats 2 ils ne s'en prendront
qu'à eux-mêmes.
Heureux et satisfais de vivre au sein
de la paix dans notre ile, contens du
le maitre de Tunivers nous a
sort que
rien de
réparti, nous n'ambitionnons
aux autres peuples ;
ce qui appartient
tous nos efforts ne tendent qu'à perfectionner notre état social, et qu'à tra- --- Page 25 ---
xuI
vailler à notre conservation; nous nous
bornons à faire des voeux pour le bonheur du genre humain, sans acception
de couleur, de pays et de nation; et à
jouir chez nous de laj paix, du bonheur
et de la félicité que nous souhaitons
au monde.
Mais lorsque nous sommes attaqués
dans nos plus chères aflections et a dans
nos plus grands intérêts 2 et que nos
ennemis s'attachent à dénaturer les
faits, à répandre des calomnies 2 à
faire naître des objections même les
plus puériles, comme les préjugés de
couleurs et le dogme de la légitimité
du gouvernement 2 pour atténuer la
justice de notre cause et contester
nos droits à la liberté et à l'indépendance ; lorsqu'ils invoquent une
confédération européenne contre nous,
devons-nous, 2 spectateurs indifferens,
ne prendre aucune part à la discussion ? le pouvons-nous ? --- Page 26 ---
xiv
nos ennemis le
Laisserons - nous à
libre, se donner Tessoràl leur
champ
disposer de nos perimagination pour
de nos droits
sonnes, 2 de nos biens,
insulter
naturels, civils et politiques,
à nos lois et à notre
à nosinstitutions, 2
?
gouvernement 2 sans les répondre
Comme de faibles brebis, nous laissea
sans pousser une
rons -nous égorger
plainte ?
impudem-
-
Laiwemans-pnsieqeerd
de la justice 9 de la
mentles principes
morale et du droit public de l'Europe
les
contre nous , quand nous pouvons et
avec bien plus de justice
invoquer
?
de raison contre nos oppresseurs
Laisserons-nous égarer et tromperl'oles hommes de bonne
pinion publique,
pas la nature des
foiqui ne connaissent
à Hayti,
événemens qui se sont passés
entre nous et les français; comment
juger nos différens, s'ils
pourraient-ils
clameurs etles allén'entendent queles --- Page 27 ---
XV
gations des uns 2 sans jamais entendre
les griefs et les justes sujets de plaintes
des autres 9 ne finiront - ils pas par
se retirer de nous ou se ranger du côté
de nos ennemis ? Devons-nous
négliger
d'éclairerleurn religion, surla vérité des
faits et des choses ? La calomnie, cette
arme terrible, lorsqu'elle est maniée
par des hommes méchans, 2 fourbes et
insidieux, ne finira-t-elle pas par triompher du bon droit et de la plus juste
des causes ? Qui défendra nos droits
sinous ne les défendons nous-mémes ?
Irions-nous confier ce soin, nos plus
chers et nos plus grands intérêts à
des mains étrangères ? ces mains officieuses qui voudraientse chargerd'une
cause aussi bonne, aussi juste 2 aussi
équitable, 2 le pourront-elles, sans les
matériaux nécessaires et les connaissances locales pour les aider et leur
servir de guides ? D'un autre côté, si
nous gardions le silence dans une telle
défendra nos droits
sinous ne les défendons nous-mémes ?
Irions-nous confier ce soin, nos plus
chers et nos plus grands intérêts à
des mains étrangères ? ces mains officieuses qui voudraientse chargerd'une
cause aussi bonne, aussi juste 2 aussi
équitable, 2 le pourront-elles, sans les
matériaux nécessaires et les connaissances locales pour les aider et leur
servir de guides ? D'un autre côté, si
nous gardions le silence dans une telle --- Page 28 ---
xvi
nos amis qui connaissent
circonstance,
droits Tattribueraient
la justice de nos
de moyens et de connaissanau manque
ennemis interprèces positives, et nos
leur faveur ?
teraient notre silence en
leurs
injustes et
Leurs prétentions
Que de
calomnies saccréditeraient.
donc
n'avons-nous
raisons puissantes
publique ?
pas pour éclairer Topinion
L'opinion cettc reine qui gouverne
à son
le monde civilisé 2 qui appèle
tribunalles rois et les peuples, quileur
et irrédicte ses arrêts impartiaux
sur la
vocables; puissance qui remplit
Divinité,
terre les hautes fonctionsdelal
de tout pouvoir
qui est indépendante franchit le temps et) Teshumain, qui
embrasse le passé etl l'avenir,
pace, , qui
invisible sur tout
qui étend son empire à ses décrets et
Yunivers, qui soumet
Topprimé et Foppresseur 2 qui embouche la trompette de la renommée
pour --- Page 29 ---
xvij
pour publier les bonnes ou les mauvaises actions, 2 qui élève ou abaisse -
qui dispense la gloire ou la flétrissure,
quin'apours règle que la vérité, la justice et limpartialité, de 2 qui ne connait
que le bon ou le mauvais droit ;
c'est à la puissance de l'opinion
que
nous en appellons sur la terre 3 comme
dans le ciel nous serons écoutés et
jugés parle 1
Tout- Puissant !
Tout les hommes qui aiment l'honneur et chérissent la gloire sont jaloux
de méritér les suffrages de T'opinion
publique, tous les Souverains et tous
les peuples sont soumis à sa puissance;
ceux qui bravent etinaullentafopinion
publique sont des insensés, qui ressemblent à ces femmes de moeurs
impudiques qui ont jeté le masque
et ne rougissent jamais,
D0 --- Page 30 ---
xvij
donc nous attaqpuerdume
On ne peut
sensible et plus outramanere plus
T'on veut nous
lorsque
geante 2 que
et flétrir dans
perdre dans T'opinion
Thomme a de plus
nous tout ce que
Thonneur et la gloire ! ch! quel
cher,
besoin de
peuple sur la terre a plus
etlestime des namériter les suffrages
? ce peuple
tions que le peuplelaytien
encore tant d'injustices
sur qui pesent
dont l'exiset de préjugés ; ce peuple
et morale n'est encore
tence politique
de tant
qu'un phénoméne aux yeux
!
d'hommes avenglés par leurs passions
courbés depuis
Nous noirs etjaunes,
des siècles sous le jougde Tesclavage et
assimilés à la condition
deTignorance,
d'effortss de perséde la brute, que
vérance, de sagesse et de vertu,, ne
deyons-nous pas avoir pour réhabiliter
dont l'exiset de préjugés ; ce peuple
et morale n'est encore
tence politique
de tant
qu'un phénoméne aux yeux
!
d'hommes avenglés par leurs passions
courbés depuis
Nous noirs etjaunes,
des siècles sous le jougde Tesclavage et
assimilés à la condition
deTignorance,
d'effortss de perséde la brute, que
vérance, de sagesse et de vertu,, ne
deyons-nous pas avoir pour réhabiliter --- Page 31 ---
-
notre race encore dans les fers et dans xix
les ténèbres ? de quel côté
que nous
pouvons tourner nos regards ?
Après avoir
révendiqué nos droits
par les armes, 2 nous
acquérons un
nouveaulustre et un nouveau caractère
aux yeux des nations; ; en défendant
nos droits par nos écrits, nous acquérons un caractère plus grand,
plus auguste 2 plus sublime,
puisqu'il nous
agrège par le fait même dans la grande
association des peuples civilisés de
l'univers !
Vaincus dans les
combats, 2 nos
ennemis ne nous contestent plus la
possession des forces physiques; ils ont
la preuve que nous sommes doués dela
force, de la valeur et du
conrage, 2 mais
ils croyent encore que notre intellect
trop borné, nous prive de facultés --- Page 32 ---
XX
de lumières et de
assez énergiques, 3
connaissauces pour nous diriger dans
carrière
nous tachenotre
politique;
deleur
le contraire, 2 en
rons
prouver
leur mettant sous les yeux les différens
nous avons fait dans Pétat
progrès que
Dans Texposé des faits,la
de sociabilité.
vanitéetfimpatialités nous servirontde
Dans notre révolution, eomme
guide.
danstoutes celles quiont secouéviolems
mentlesnations.ils s'estfitheaucoupde
contre-balancés par beaucoup de
biens,
sur la terre n'a
maux ; aucun peuple
d'erreurs ; Tinfaillibilité
été exempt
elle
du domaine de Thomme,
n'est pas
les blancs frann'appartient qu'à Dieu ;
sang partorrens;
cais ontrépandunotres
n'avons
été avares du leur 2
nous
pas
civiles, nous avons
et dans nos guerres
les
lenôtre à pleines mains :
répandu --- Page 33 ---
détails des faits, des événemens xxi
et des
causes qui les ont fait
naitre, sont du
domaine de notre histoire; plus d'une
fois, dans cet écrit, nous avons
éprouvé
le regret de : n'avoir
pu nous étendre,
sans nous écarter des bornes
que comportont de simples réflexions
à la hâte
rédigées
pour saisir
Ta-propos ; nous
n'ayons pu cependant nous empécher
d'y faire quelques excursions
qui nous
ont paru être indispensables. Nos lecteurs n'oublierons
pas que nous écrivons pour les
étrangers 2 comme pour
les nationaux; ils considérerons
dans
la manière de nous exprimer
chaque
9 que
peuple a un langage approprié
à son climat, à ses moeurs et à
son
gouvernement; toujours pressés dans
tout ce que nous
faisons, nos écrits se
ressentiront de la précipitation
dang
d'y faire quelques excursions
qui nous
ont paru être indispensables. Nos lecteurs n'oublierons
pas que nous écrivons pour les
étrangers 2 comme pour
les nationaux; ils considérerons
dans
la manière de nous exprimer
chaque
9 que
peuple a un langage approprié
à son climat, à ses moeurs et à
son
gouvernement; toujours pressés dans
tout ce que nous
faisons, nos écrits se
ressentiront de la précipitation
dang --- Page 34 ---
- -
xxij
ils ont été faits; et ceci durera
Jaquelle
jusqu'à ce que la nation ait prise une
assiette plus stable.
Tssintoraetamat
le peuple haytien ; ses longs malque
extraordinaires
heurs et les événemens
quifontretixé de T'esclavage; ; Phistoire
représenterait dans sa contexture 9
qui
le tableau
outre la partie historique,
de nos moeurs et de nos usages 2 de nos
dans la civilisation, les arts et
progrés
les sciences depuis 1790 jusqu'à nos
disons-nous, serait
jours; cette histoire,
dans les annales du monde
unique,
étude
et exigerait du temps, 2 une
méditation I 5
approfondie, une longue
recherches' immehses, une grande
des
et des
érudition, des connaissances
étendus queles nôtres; cette
talens pluts
de
monnment de la gloire
histoire 2 --- Page 35 ---
l'écrivain
xxnj
qui T'entreprendrait, scrait
sans doutela réponse la plus victorieuse
etlaj justification la plus complète
le peuple haytien pourrait
que
présenter
à ses amis comme à ses ennemis.
Nous n'avons été mus dans nos
réflexions, et à notre grand regret,
que par lintérét actuel seulement;
nous avons exposé la vérité dans le
plus grandjour qu'ilnous a été possible; le devoir du publiciste n'est
de tracer jour
pas
par jour ce qu'il faut
faire ; mais d'exposer les. différentes
situations où le gouvernement
peut se
trouver 2 en lui abandonnant le soin de
conclure; ; la politique est fertile en obstacles imprévus, A tout y est variable
comme les passions des hommes.
Nous avons porté nos regards sur
les calamités de tous genres qui ont --- Page 36 ---
U 2
xav
avons
afiligé notre infortuné pays;nous
chaeechéautautquil a été en notre pou*
causes qui les ont
woirdapprofondirlese
en prévenir le retour:
amences, pour
Pon a
Nous n'avons pas oublié que
Toussaint d'avoir
reproché ati général
derlaissé ignorer au peuple jusqu'an
desseins des français;
nier momentles
d'ou il en est résulté les plus grands
malheurs pour le pays et sa propré
éclairé par lexruine ; plus sage 2 plis
le Roi n'a rien laisséi ignoret
périence,
des
haytien et ati monde,
au peuple
et des prétentionss S1 injustes
vues perfides
des français sur Hayti.
Nous n'avons pas oublié non plus les
Pon a faits à ceux qti
reproches que
Dessalines, et
entouraientl Tempereur
que d'intrigues S,
qui ne s'occupaient
d'intérêts
lexruine ; plus sage 2 plis
le Roi n'a rien laisséi ignoret
périence,
des
haytien et ati monde,
au peuple
et des prétentionss S1 injustes
vues perfides
des français sur Hayti.
Nous n'avons pas oublié non plus les
Pon a faits à ceux qti
reproches que
Dessalines, et
entouraientl Tempereur
que d'intrigues S,
qui ne s'occupaient
d'intérêts --- Page 37 ---
d'intérêts et de
xxvij
corruption 9 d'avoir
laissé ignorer à ce
cheftout ce qui lui 2
importait de savoir pour le bien de son
pays et sa propre conservation',
9 et
d'avoir été les auteurs de sa
perte ;
justes et terribles reproches
pour ceux
qui les ont mérités; mais bien
poignans
et bien sanglanspour)
Phomnétehomme,
pour le serviteur fidèle.
2 qui a l'intime
conviction d'avoir bien servison
prince
et son pays.
Tout
citoyen, 9 tout ministre
blic, doità son
pugouvernement età son
pays le tribut de ses
si
lumiéres; un
sujet fidele et dévoué doit la vérité à
son Souverain, lors même qu'il refuse
à T'entendre
9 à plus forte raison
combien doit il s'empresser de la dire
d --- Page 38 ---
xxviij
an Souverain grand et généreux qui
exige qu'on la lui dise franchement:
Mes enfans 2 ( a dit souvent le roi
d'IIayti à ceux qui l'entourent ) mos
intentions sont pures ; mais je suis
homme et susceptible , par conséquent
de me tromper comme les autres
hommes; ; si vous vous apperceves que
Jerresje pous autorise donc à me dire
la vérité. Paroles mémorables qui démontrentlagrandeur etla magnanimité
d'âme du Souverain quiles a proférées.
Heureux, trois fois heureux si dans
le cours de cet ouvrage nous avons pu
donner à l'Europe une idée juste du
caractère personnel de notre auguste
sur le
les
Souverain, 2
gouvernement,
institutions et les lois du pays qui nous
a VI naitre.
'Trois fois heureux si nous avons pu --- Page 39 ---
xix
faire bien augurer à l'Europe de la
liberté et del'indépendance du peuple
haytien, à attirer un regard de justice 7
de protection et de bienveillance sur
ce peuple bon, sensible et généreux,
jadis si infortuné !
Heureux trois fois heureux, si nous
avons pu fixer les regards etles pensées
de nos compatriotes vers tout ce qui
peut contribuer à leur bien être !
Trois fois heureux, si nous avons
pu leur inculquer et leur faire aimer
cet esprit d'ordre, d'union, de paix, 2
de justice 9 dont nous sommes animés
pour leur bonheur individucl, 9 celui
de leur famille, de leur patrie et de
leurpostérité la plus reculee:/idditéau
Roiet 2e la Patrie, telle est notre profession de foiconsignée dans nos nombreux
écrits; quel que soit le jugement que
leur bien être !
Trois fois heureux, si nous avons
pu leur inculquer et leur faire aimer
cet esprit d'ordre, d'union, de paix, 2
de justice 9 dont nous sommes animés
pour leur bonheur individucl, 9 celui
de leur famille, de leur patrie et de
leurpostérité la plus reculee:/idditéau
Roiet 2e la Patrie, telle est notre profession de foiconsignée dans nos nombreux
écrits; quel que soit le jugement que --- Page 40 ---
XX
l'on porte sur nous, nous n'aurons
du moins jamais à reprocher à notre
conscience d'avoir trahi le Souverain
et la nation sur leurs vrais intérêts ! --- Page 41 ---
REFLEXIONS
POLITIQUES
SUR QUELQUES OUVRAGES
ET JOURNAUX FRANÇAIS
CONCERNA A N T HAYTI
il a existé une cause
Srpm
soit digne de l'intérét et de l'attention juste, qui des
hemmhpiepiduistérmali geprehumain,
c'est la cause du peuple haytien; et si jamais
il a existé des prétentions injustes, chimériques
et révoltantes, 3 ce sont celles que les français
ne cessent d'afficher sur ce peuple brave et
généreux.
Il na fallu que despassions 3 ( disent-ils)
pour perdre St-Domingue 3 pour r'altacher
cetterichepaseuion. ausintérdudelafrunets
il faudra toute la prudence que l'on doit
attendre d'un gouvernement légitime et
régulier.
Plus loin, nous développerons quel est ce
nouveau système de prudence, que nous devons
A --- Page 42 ---
C
L 2 j
nous
nttendre des français ; mais auparavant, passions
demanderons quiad donc alluméles
leur
St-Domingue quiles asstséiées?
quiontperda
proclamé la liberté
qui les a fait naitre? quia
rades noirs dans les Antilles? qui a vonluleur le leur avoir
dixans après
vir cehbienprécieux, massacré et torturé destiommes,
donné ? qui a
voulaient être' libres?
uniquement parce qu'ils
quitter et
ces hommes libres, pouvaient-ils suivant
les chaînes de l'esclavage 2
reprendre des tyrans ? Qui pouvait autoriser
les caprices
la
7 la dévastation,
la France à porter guerre la peste et la mort,
le pillage, l'incendie, qui lui était attachez un peuple paisible
d'entreprendre
ché ? Qui pauvait Y'autoriser
tant d'actes
et de commettre
cette expédition,
d'injustices et
inonis d'atrocités, de perfidies, Vautoriser à faire
de barbaries ? Qui pouvait foule innombrable
périr Toussaint et une
les plus affreux
de victimes innocentes 7 par mais salutaires
supplices ? - . e Terribles,
à jamais
exemples qui doivent nots préserver
du joug de ces cannibales.
enla France,
Nous avions une talleconfianee Tonssaint y
que le général
à cette époque,
Plusieurs généraux et
envoya ses enfans.
de perfidies, Vautoriser à faire
de barbaries ? Qui pouvait foule innombrable
périr Toussaint et une
les plus affreux
de victimes innocentes 7 par mais salutaires
supplices ? - . e Terribles,
à jamais
exemples qui doivent nots préserver
du joug de ces cannibales.
enla France,
Nous avions une talleconfianee Tonssaint y
que le général
à cette époque,
Plusieurs généraux et
envoya ses enfans. --- Page 43 ---
-
[ 3 ]
personnes de
marques, > imitant cet exemple:
donnèrent les mêmes preuves de confiance et
de dévouement à la métropole en
aussileurs enfans
y envoyant
avec des moyens pécuniaires
pour y recevoir leurs éducations. Lors de
l'expédition de Leclerc, les français voulurent
se servir des enfans du général Toussaint,
comme d'instrumens , pour détacher le pèrc
dela cause de ses frères; ils renvoyèrent donc
deux de ses enfans avec M. Coisnon leur
précepteur. Dans la conférence qui eut lieu à
Ennery, entre les général Toussaint, ses enfans
etleprécepteur, l'amourdelaj patrie fut mis en
prise avec l'amour paternel ; ce père infortuné
fut placé par les barbares français, dans la
cruclle alternative des sacrifier oule salut de SOS
frères et de son pays, ou la vie de ses
enfans; après bien de combats et des propres irrésolutions, ce père malheureux fit noblement le
sacrifice de SCS enfans au salut de sa patrie;
il les renvoya ainsi quele préeepteurau, général
français, qui déjoué par la grandeur d'âme et
la magnanimité du général Toussaint les lui
renvoya; ce n'est qu'après que le traité fut
violé par le général français, qu'il fut arrêté,
chargé de fers, ses enfans 2 sa famille, ses --- Page 44 ---
U
[ 4 ]
en Europe, où ce grand
officiers transportés
dans les horreurs
homme termina ses jours
des cachots du château de Joux ; sa fin déplorable, le grand caractère et la fermeté d'âme
qu'il a démontrés dans sa longue et terrible
le rendent digne d'occuper une place à
agonie,
çôté des héros del l'antiquité !
Le général Toussaint n'étant plus à craindre,
enfans devenus des instrumens inutiles,
ses
français leur laissa lexisle gouvernement
furent
de même
tence ; mais il n'en
pas
Ce
des autres enfans des chefs existant.
cruel et barbare se
gouvernement perfide ,
de la
vengea sur ces innocentes victimes,
résistancequeleurs dareupirastuitenrese
ils furent immolés aux mânes des
aux français,
bourreaux qui avaient tombés sous leurs coups.
Ces malheureux enfans abandonnés, sans
à la Maison des Orphelins -
secours, sans appui,
à Paris ; séparés pour jamais de leurs infortufurent condamnés froidement à
nés parens 3
le froid, la misère et le
périr par la faim,
poison !
des
la
Trois mois après l'arrivée
français,
fut conclue entre le général Toussaint et
paix
de confiance aux
le général Leclerc ; plein
ps.
Ces malheureux enfans abandonnés, sans
à la Maison des Orphelins -
secours, sans appui,
à Paris ; séparés pour jamais de leurs infortufurent condamnés froidement à
nés parens 3
le froid, la misère et le
périr par la faim,
poison !
des
la
Trois mois après l'arrivée
français,
fut conclue entre le général Toussaint et
paix
de confiance aux
le général Leclerc ; plein --- Page 45 ---
I 5 ]
promesses flatteuses de ce général qui aflire
mait, sous la foi du serment,
le
que Premier
Consul, son beau-frére, l'avait
maintenir la libertéerlégalaé; envoyé pour
le Roi, notre
auguste Souverain, alors général de
confia son fils ainé François
brigade,
de neuf
Ferdinand, âgé
ans, aux soins et à l'amitié du
Boudet qui partait
général
aussi des
pour France, lui confia
moyens pécuniaires
tion de son fils, dans la
pour l'éducale revoir un jour,
douce espérance de
dans les
instruit, éclairé et façonné
moeurs européennes.
Vain espoir ! la fatalité, la
cruauté des français,
perfidie, la
ordonné;
devaient autrement en
ce malheureux
le sol de sa
enfant, en quittant
patrie, ne devait plus jouir des
regards et des tendres embrassemens
et d'une mère
d'un père
adorés, ni de ses infortunés
parens.
M. le Borgne le
Boigne feint
toutes ces
d'ignorer
circonstances, etil nous dit
ment que le Roi avait deux de
effrontéLycée de M, de
ses fils au
et tous les
Coignon : ceux-ci ( dit-il)
de
autres furent renvoyés à lépoque
leapédition; tandis
que pas un seul n'aété
renvoyé, mais tous ont péri d'une manière --- Page 46 ---
[ 6 ]
le
français ;
honteuse pour
gouverement
tous les crimes dont ils se sont coumalgré
nous avions peine à
verts sous nos yeux 1
aurait pu
policé
croire qu'un gouvernement
un acte
se souiller et se porter à commettre enfans
aussi horrible, que de faire périr des
; malheureusepar la misère et parle poison
n'est plus notoire ni plus vrai, pas
ment rien
enfans n'a reparu dansle
un de ces infortunés
des
ct nous avons en notre possession
pays,
oculaires, quiconstatent
atierationedevénine
Ferdinand est
S.A.R. l'infortuné prince
que
dans la Maison des Orphelins,
mort à Paris,
français) )
le 15 de Vendémiaire an 14, (style
correspondant au 7 Octobre 1805.
de
ainsi
périt le fils infortuné
C'est
que
français ! O mort !
notre Roi ! 0 barbares
vous
déplorable ! C'est ainsi que
O perte
d'un malheureux père ! c'est
payez la confiance
sur un innocent
ainsi que vous vous vengez le père sous vos
de n'avoir pu faire tomber
informon Roi! O père
coups ! O Henry!O
mieux
votre
consolez-vous, il vaut
que
tuné!
fls soit mort, que d'être
cher ct bien-aimé
; vous
au pouvoir de ces monstres;
encorevivant
comme ils
les verriez encore vous le présenter
erte
d'un malheureux père ! c'est
payez la confiance
sur un innocent
ainsi que vous vous vengez le père sous vos
de n'avoir pu faire tomber
informon Roi! O père
coups ! O Henry!O
mieux
votre
consolez-vous, il vaut
que
tuné!
fls soit mort, que d'être
cher ct bien-aimé
; vous
au pouvoir de ces monstres;
encorevivant
comme ils
les verriez encore vous le présenter --- Page 47 ---
L 7 ]
entfuit au général Toussaint; ils vous auraient
placé dans les mêmes et cruelles
ils auraient mis dans la balance angoisses;
le salut de la patrie ! Nous
sa vie avec
connaissons votre
grandeur et votre magnanimité d'âme ; vous
n'eussiez pas hésité un seul instant à lui
ce douloureux et généreux
faire
sacrifice!
M. de Boigne feint
table,
d'ignorer ce crime détes-
( et il est aisé d'en concevoir le
comme il a l'air, ou disons
motif)
mieux, la scélératesse, de douter des crimes et des
de tous genres
cruautés
exercés
que ses compatriotes ont
sur nous : il faut
tout ce qui parait
rejetter (dit-il)
nécessairement exagéré et
incompatille avec la dignité de Thomme. Les
malheurs étaient déja si grands,
fucilement les grossir. Notre qui'on a pu
continue-t-il,
imagination,
estprompte à donnerauz mauc
que nous éprouvons des causes
lorsque les effets en sont
surnaturelles,
Ainsi selon M. de
extruordiraires.
Boigne, c'est dans notre
imagination que nous avons vus les
de cadavres de nos
milliers
compatriotes
sur nos rivages,
qui flottaient
noyés dans des bateaux a la
Carrier. C'est dans notre
nous avons été chassés,
imagination que
poursuivis et dévorés --- Page 48 ---
[ 8 2e j
des chiens de sang 3 comme des bétes
par
c'est dans notre imagination que
féroces ;
été
brûlés ct mitraillés,
nous avons
pendus,
sur la foi des
après avoir déposés nos armes
c'est dans notre imagination qu'on
traités ;
pour nous mettre
nous a déportés en Europe,
lon
ligne dans les batailles; que
en première
la
dans les cachots 7 par
nous a fait périr
les tourmens ; que
faim, parle poison et par
a
comme des forçats
l'on nous a condamnés l'ile de Corse et à comdrenser.les rochers de
de Mantoue ; c'est dans notre
bler les marais
été trompés et
imagination que nous avons les avoir suitrahis par les français; qu'après
vaisseaux 2
confiance à bord de leurs
vis avec
nos femmes et nos enfans;
avec nos propriétés,
de fers,
nous fimes dépouillés et chargés femmes
renfermés dans des sacs 3 hommes,
les
dans
poignardés et précipités
et enfans,
dans les
abimes de la mer 9 ou transportés étrevendus
colonies de la Terre-Ferme, pour
infordes esclaves ! Mânes de mes
comme
Toussaint Louverture !
tunés compatriotes ;
! Dommage !
Maurepas ! Belair ! Thomany
inforetvous Ferdinand, prince
Lamahotière,
tuné,
chargés femmes
renfermés dans des sacs 3 hommes,
les
dans
poignardés et précipités
et enfans,
dans les
abimes de la mer 9 ou transportés étrevendus
colonies de la Terre-Ferme, pour
infordes esclaves ! Mânes de mes
comme
Toussaint Louverture !
tunés compatriotes ;
! Dommage !
Maurepas ! Belair ! Thomany
inforetvous Ferdinand, prince
Lamahotière,
tuné, --- Page 49 ---
t 9 ]
tuné, et tant d'autres qu'ils ont lâchement
assassinés, nous nous sommes fait illusion,
vous n'avez pas été victimes ?
O français ! qui êtes vous donc et quelle
est votre logique !
Que fallait -il donc que nous épronvassions
encore de la France, pour repousser son joug
tyrannique et ignominieux ? Fallait-il nous
laisser exterminerj jusqu'au dernier? Que fautil donc davantage pour fonder les droits
d'une nation, qui est devenue indépendante
de fait, par la force de ses armes 3 et de
droit par la justice et l'équité de sa cause ?
Frappés des puissans motifs que nous avons
ens pour nous séparer de la France, nos ennemise conviennent quel'expédition dirigée contre
nous était une injuste agression 9 et que
nous nous étions trouvés dans la nécessité de
proclamer notre indépendance, pour éviter
notre ruine totale.
Ayant, de leur propre aveu, perdu les
anciens droits qu'ils avaient sur ce pays, par
le fait d'une injuste agression et des crimes
B --- Page 50 ---
[ 10 1e ]
ils vculent se. créer de nouinnombrables,
droits, appuyés sur de vains sophismes
veaux
et de différens prétextes.
Parcourons lcurs' nouvelles obijections!
D'abord, les Bourbons ne sont pas les
autcursdes maux que nous avons éprouvés; ces
des ceuvres de Bonaparte;
maux proviennent
sommes d'accords sur cC fait; personne
nous
les
prétendu à Hayti imputer
n'a jamais
Bourbons ! Avant
crimes de Bonaparte aux
spécieux, comde répondreà ce raisonnement
laisser Bonaparte sur le rocher
mençons par
il lest dans une situation où il
de Ste-Hdlène,
nous
nous nuire, , ni à personne ;
ne peut
détruit ses armées quand
avons combattu et
qu'il est
il dominait l'Europe ; maintenant
de notre part de
abattu, il serait peu généreux
et ce n'est pas non plus à ceux
le poursuivre;
qui l'ont aidé et
qui ont été ses vils flatteurs,
réussite
contribué de tous leurs efforts pour la
ce n'est pas à eux, dis-je,
de ses entreprises;
a causés à
à lui reprocher les désastres qu'il
Thumanité entière !
Bourbons ne nous ont, point fait de
Les
mais les Bourbons
mal, nous en convenons 5
les français, c'est tout ce que
règnent sur
reux
et ce n'est pas non plus à ceux
le poursuivre;
qui l'ont aidé et
qui ont été ses vils flatteurs,
réussite
contribué de tous leurs efforts pour la
ce n'est pas à eux, dis-je,
de ses entreprises;
a causés à
à lui reprocher les désastres qu'il
Thumanité entière !
Bourbons ne nous ont, point fait de
Les
mais les Bourbons
mal, nous en convenons 5
les français, c'est tout ce que
règnent sur --- Page 51 ---
[ 11 ]
nous avons besoin de savoir; le changement
de'dynastie, ne change pas les intérêts ct la
politique des peuples. Lorsque nous avons
proclamé notre indépendance,nous n'avons pas
seulement secoud le joug de Bonaparte, mais
nous avons juré de ne jamais nous soumettre
à laFrance, ni à aucune dominationétrangirel
Le peuple haytien ct le peuple français
forment anjonrdhui deux penples séparés distincts, ayant tun esprit national, des intérêts,
et une politique opposés ; peu nous importe la
dynastie qui règne sur la France, comme il
doit luiimporter peu, quelleest celle que nous
avons choisie pour régner sur nous :
Nosr rapports politiques et commerciaux avec
la France, tant qu'elle n'aura pas reconnue
swadeweiab-lpole, nep peuvent
pas même être semblables à ceux que nous
avons avecles autres nations, parce que nous
n'avons rien à redouter des prétentions de ces
dernières ; tandis que nous avons à nous défier
des trâmes criminellesdes français, 2 àrepousser
leurs influences et leurs attaques par tous les
-moyens qui sont en notre pouvoir; ces objections des français nous portent naturellement
à examiner quelle a été la conduite que le --- Page 52 ---
[ 12 ]
des Bourbons a tenu à notre
gouvernement
cette Maison a été rétablie
égard, depuis que
sur le trône de France !
franNous demanderons à ces publicistes
si c'est Bonaparte ou son Ministre qui
çais,
Médina et
nous a envoyé Dauxion Lavaysse,
Dravermann? ? () si c'est Bonaparte qui nous a
envoyé cette bande d'ex-colons, les Fontanges,
les Laujon, etc. ? Qu'ils vienles Esmangart,
nent donc nous dire encore, qu'il eut étéimpossible à Bonaparte de pouvoir nous asservir;
on croit
à la bonne foi de ceux qui
car
peu
la modération de ceux
en ont manqué, et a
qui n'ont pas réussi par laj force.
Ce qui aurait été pour toujours impossible
aux
à Bonaparte . > est également impossible à
Bourbons ; et ne sommes-nous pas fondés
modération, n'est
croire que cette prétendue
de pouvoir nous
dàe qu'à l'impossibilité
subjuguer par la force des armes !
Mais pour que vous puissies étre indépenallèguent-ils encore, il faut que votre
dans,
reconnue ; ce
indépendance soit formellement
(:) Voyez les instructions de M. Malouet, ministre" à cet
de la Marine et des Colonies, relativement
espionnage,
bons ; et ne sommes-nous pas fondés
modération, n'est
croire que cette prétendue
de pouvoir nous
dàe qu'à l'impossibilité
subjuguer par la force des armes !
Mais pour que vous puissies étre indépenallèguent-ils encore, il faut que votre
dans,
reconnue ; ce
indépendance soit formellement
(:) Voyez les instructions de M. Malouet, ministre" à cet
de la Marine et des Colonies, relativement
espionnage, --- Page 53 ---
i 15 J
prineipefutpartidadseitputlice delEurpe,
ilad étéadmispar les Baue-Enaut-tmnirigue,
qui mirent la plus grande persévérarce à
Jaire reconnaitre leur indépendance par
l'Angleterre J et qui oltinrent E
en cfet le
traité le plus solennel; si le monde civilisé
renonçait à ce principe, si la révolte suffisait pour acquérir desdnuits,etafirde pour
la rendre incontestable, 3 zn seul exemple
de ce geure J hiterait dans le NouveauMonde des révolutions d'aulant plus fatales
à PEurope, qu'elle n'y est poirt préparéc.
Nous avons une cause trop juste, trop légitime, pour que nous aye ons besoin del'appayer
sur la révolte et la force; si la justice n'estpas
un vain nom, et un moyen puéril à opposer à
la tyrannie, si clle doit triompher par des
argumens solides, parlaraison ctle bon droit,
dans lal lutte d'oà nous sommes engagés, nous
scrons certainement les victorieux.
Et nous aussi, nous invoquons le deoit
public de l'Europe ! CC droit doit être équitable, puisqu'il régit l'univers; nous aditttons aussi le même principe qu'ont admis
les États-Unis d'Amérique, et nous mittrons
la même persévérance pour faire reconnaitre --- Page 54 ---
[ 14 ]
por la France, que ces
notre indépendance faire reconnaitre la leir
Etats ont mis pour
les
par l'Angleterre ; et bien certainement,
haytiens ont bien d'autres griefs et biend'autres
motifs contre la France, que les américains
! Mais d'où
n'en avaient eu contrel'Angleterre' del'indéprovient qu'à chaque fois quvilsagit
d'Hayti, les écrivains français citent
pendance
Bau-tinind'Aindrique?
pour exemplecelledes) remords de conscience qui les
Serait-ce un
agite ? N'auraient-ils pas dû nous enseigner
quels moyens les américains sont parvenus
par
solennel ? Est-ce par la
a obtenir ce traité
parles puissans
révolte et la force, appuyées
auxiliaires qui les ont secondé en vaisseaux,
en hommes, en armes, en munitions des guerre,
etc. etc. etc. ou bien
et en moyens pécuniaires, le bon droit, que
est-ce tout simplement par
donne toujours une cause juste ?
Qu'ils nous disent donc, qu'est-ce que la
des États-Unis d'Amérique a eu de
révolution
même ?
fatal pour l'Europe, pourlAngletere fondemens de sa
A-t-elle sappé et détruitles
comme les vues politiques et artifipuissance, cabinets de Versailles etde Madrid
cieuses des
des
? L'indépendance
se Pétaient proposé
ens pécuniaires, le bon droit, que
est-ce tout simplement par
donne toujours une cause juste ?
Qu'ils nous disent donc, qu'est-ce que la
des États-Unis d'Amérique a eu de
révolution
même ?
fatal pour l'Europe, pourlAngletere fondemens de sa
A-t-elle sappé et détruitles
comme les vues politiques et artifipuissance, cabinets de Versailles etde Madrid
cieuses des
des
? L'indépendance
se Pétaient proposé --- Page 55 ---
[ 15 J
Ents-U Unis d'Amérique a été une source de
Lienfaits pourl'Europe et pourlemonde entier;
la nôtre contribuerait au bonheur du genre
humain s par ses conséquences morales et
politiques!
Nons ne savons pas tropsi nous devons rire
ou nous apitoyer, , sur la force etlajustesse des
argumens que nous opposent les ennemis de
notre indépendance; ils nous disent sérieusement que P'Angleterre, en reconnaissant
l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique,
ne fit que céder à une impulsion de bienveillance et de grandeur, en faveur de sujets
issus du sang anglais !
Les liens du sang qui devraient rendre une
séparation pénible ctdouloureuse, sont au contraire le stimulant qui l'a encouragée, et nous
qui sommes issus du sang africain, qui n'ont
rien de commun avec. les français, il faut
que
nous leur restions. attachés ! mais nous n'y
sommes pas, ce n'est pas du sang anglais précisément qu'ils entendent parler, c'est du sang
européen - les américains étaient blancs, et
nous, nous sommes noirs J nous ne sommes
pas issus du sang français, nous ne pouvons
prétendre à cette impulsion de bienyeillance et --- Page 56 ---
L
[ 16 ]
de grandeur de la part des français! admirable
Nous admettons cet argulogique, cn vérité!
besoin
ment tel qu'il est ; nous n'avons pas
de
ni de la grandeur, ni de la bienveillance
ennemis; dans le cours dela
n OS implacables
ferons ressouvenir.
discussion, nous leur en
Ne dirait-on pas à entendre raisonner ces
les seuls européens
savans publicistes 7 que
auraient reçus du créateur 1 le privilége
de se
exclusifde se former en corps politique,
à
leurs propres lois, de jouir
gouverner par
de l'état social,
eux seuls de tousles avantages
les autres peuples de la terre > uniqueque
ne seraient pas issus de cC
ment parce qu'ils
à cCs
privilégié, ne pourraient prétendre
sang
Phomme ? ils
avantages inappréciables pour
Particle du
devraient au moins nous montrer
d'Adam qui nous déshérite de nos
testament
Jes conférer
droits naturels et politiques, pour
aux seuls enexclusivement et par privilége,
fansdeJaphet ! Est-il un européen senséquine
devoir avancer de telles assertions ?
rougisse pas
nous ramènent
Ces obijections puériles 7
enfans
naturellemen: sur cclui des préjugés,
de l'orgucil et des passions
de l'ignorance 2
M.
des hommes.
qui nous déshérite de nos
testament
Jes conférer
droits naturels et politiques, pour
aux seuls enexclusivement et par privilége,
fansdeJaphet ! Est-il un européen senséquine
devoir avancer de telles assertions ?
rougisse pas
nous ramènent
Ces obijections puériles 7
enfans
naturellemen: sur cclui des préjugés,
de l'orgucil et des passions
de l'ignorance 2
M.
des hommes. --- Page 57 ---
I 17 J
M. de Pradt a dit,
quelque part : la
digerence des couleurs est la clef de toutes
les questions coloniales, et il a parfaitement
raison ; c'est-là, ou l'on rencontre
tous les
obstacles, oi s'arrétent tous les calculs;c'est
la cheville ouvrière, c'est le pivot,
roulent toutes ces questions
surlequel
; parce quc les
préjugés sont si forts et si enracinés dans les
coeurs endurcis et aveuglés par les passions,
qu'on ne peut les vaincre ni les' surmonter.
Un Roi noir à St-Domingue ! La
couronne
surlatéed'un.Noir! voilà cec quelespublicistes
français, les journalistes, les faiseurs de Systèmes de Coloni-ation ne peuvent
dirait à les entendre,
digérer ; on
qu'un Roi noir est un
phénomène, qu'on n'ajamais vu danslemonde!
De tous les préjugés qui afligent et déshonorent l'espèce humaine, il n'en existe
qui soit plus odieux, plus absurde pas un
et plus
fatal, dans toutes ces conséquences,
le
que
préjugé des couleurs! Qui donc
les noirs si les noirs
règnera sur
ne peuyent
être
- la royauté est-elle
pas
Rois?
aussi affectée exclusive:
a --- Page 58 ---
-
L 18 J
à la couleur blanche ? Peut-il exister
ment
dans la différence
des motifs de réprobation
de
diversifient les habitans
des couleurs qui
spéciliques de Thomme,
ce globe ? les qualités
seront-elles préjugés
au physique et au moral;
le
différences des couleurs ? la force,
sur les
les bons ou les
courage, les vertus et lesvices,
prennent-ils leurs sources
mauvais penchans,
de
ou bien dans le .coeur
sur l'épiderme
si la
Thomme ? Eh bien ! s'il en est ainsi,
des couleurs est un crime à
seule différence
si la couleur blanche doit régner
vos yeux,
armez-vous donc,
exclusivement sur l'univers,
révoltez-vous contre les vues du créateur, qui
voulu
y eut des variétés d'hommes sur
a
qu'il)
dans les animaux 0 , et les
la terre comme
qui sont les ceuvres de sa
autres productions
munificence ! races agligio.msagilienes,
blanches 2 2 jaunes et noires 2
et échiopiennes,
! haîssez-vous ! parce que vous
opprimez-vous
n'êtes pas dela même cadaurleuemiser-toul
texclusivement: Lt
sur
la couleur victorieuserégnera
Yunivers'mais comme la différence de couleurs
mes sur
a
qu'il)
dans les animaux 0 , et les
la terre comme
qui sont les ceuvres de sa
autres productions
munificence ! races agligio.msagilienes,
blanches 2 2 jaunes et noires 2
et échiopiennes,
! haîssez-vous ! parce que vous
opprimez-vous
n'êtes pas dela même cadaurleuemiser-toul
texclusivement: Lt
sur
la couleur victorieuserégnera
Yunivers'mais comme la différence de couleurs --- Page 59 ---
[ 19 ]
provient de la diférence des climats, nous croyonederoiravertirla, couleur victorieuse, qu'il
faudrait qu'elle demeure à poste fise, dans le
climat quilui estpropre,leuroxéen en Europe,
l'asiatique en Asie, l'américain en Amérique,
l'africain en Afrique; carsi elle bouge de son
climat naturel, si elle cherche à se répandre
sur l'univers, comme dansles temps primitifs,
au bout de quelques siècles, il se trouverait
encore des blancs, des jaunes et des noirs
et il faudrait encore recommencer de nouveau
à s'exterminer les uns les autres. O aveuglément ! 0 passions des hommes ! à quoi n'entrainez-vous pas ? voilà cependant la doctrine
de ceux qui préchent les préjngés de couleurs!
voilà les fruits tant vantés des lumières et
de la civilisation du siècle ou nous vivons !
Quand cessera donc entalentmoblepr@ngé? -
Quand donc les bommes cesseront desehairy
eldese persécuter? Quand donc pourra exister
cette douce paix, cette union, cette harmonie
universelle, qui devraient régner-sur toute la
terre 7 parmi tous les humains ? Nes serait-ce --- Page 60 ---
I 20 ]
de la
là, le terme et la fin de la religion,
pas
parvenues à leur
morale et de la philosophie,
haut degré de perfeetion ?
plus
des saintes
les paroles
Alors #'accompliront
aura des hommes,
écritures D] et tant quily
en aura de toutes les couleurs.
iy
donc pas
absurde ; ne peut
Cc préjugé
àla légitimité de
nuire aux yeux de la raison,
trône et
reconnaissance du
nos droits et àla
s'étayent
d'Hayti; ceux qui
de l'indépendance
contester
de semblables puérilités > pour
sur
et le léopard
D] Le loup habitera avec veau,le T'agneau, lionceau etlel betail
gitera avecle chevreau,le ensemble, et un enfant les
qu'on engraisse, seront
conduira.
avec làne, leurs petits giteront
La jeune vàche paitra
du fourrage comme le
ensemble 2 et le lion mangera
boeuf.
battra sur le trou de l'aspic; et
L'enfant qui tête se mettra la main au trou du basilic.
T'enfant qu'on sèvre et on ne fera aucun dommage à
On ne nuira point,
de ma sainteté; carla
personne dans toute la montagne
de T'éternel,
remplie de la connaissance
terre sera
dela mer, des eaux qui le couvrent
comme le fond
XIV. y, 6,7,8e el 9.
Esaie chapitre
.
battra sur le trou de l'aspic; et
L'enfant qui tête se mettra la main au trou du basilic.
T'enfant qu'on sèvre et on ne fera aucun dommage à
On ne nuira point,
de ma sainteté; carla
personne dans toute la montagne
de T'éternel,
remplie de la connaissance
terre sera
dela mer, des eaux qui le couvrent
comme le fond
XIV. y, 6,7,8e el 9.
Esaie chapitre --- Page 61 ---
[ 21 J
Hos droits, se couvrent de ridicules
et de
mépris ! (1)
Puisque ces publicistes nous parlent de
révolution, qui deviendrait fatale à l'Europe,
si elle n'était
préparée, ne pourrions-nous pas
leur demander,
pourquoiquela vaste Amérique
serait condamnéeà l'immobilité? Ses habitans
seraient-ils privés d'avoir des besoins, des
affections et des penchans, semblables à
ceux
qui animent les européens ? Ne
trouve-t-on
pas dans la mobile Enrope, des révolutions
semblables à cellés qui agitent l'Amérique ?
Na-t-onjamais eu en Europe, d'exemple des
peuples qui se soient séparés de leurs métro-
(1) S. M. le Roi d'Hayti, ditsouvent,
trouvé dans le cas de répandre sa
lorsqu'il s'est
les jaunes etles: noirs, [ et cela lui justice, arrive. 2 surles blancs,
était de la couleur verte, il ne
souvent,] ] qu'il
Ieurs Sethendelesemetoedle. distinguait dans les coupreuve de son impartialité, de malionnétehomme,
et de son profond mépris
son exacte justice
préjugé de couleurs ! en vain pour cet absurde et odieux
d'avoir cet odieux
voudrait-on. nous taxer
haïssons les
et préjugé envers les blancs s nous
été
français non leur
nos
couleur; ceux qui ont
aimons tous bourreaux, les
nous les détestons 2 mais nous
ni de nation. hommes, sans acception de couleurs --- Page 62 ---
[ 22 ]
poles? la Suisse a secoué le jong de la maison
d'Autriche; le Portngal s'est séparé de l'Esles
Provinces unies des Pays-Das
pagne;
sept
répriblique, en se
sont devenues une pnissante
lorsdétachant de la monarchie espagnole,
était encore duns toite sa splendeur.
qu'elle
instant ct a tout
Pourquoi nous citer à chaque
l'exemple des États-Unis d'Amérique,
propos
de semblables
quand nous en avons en Earope
même de
frappant ? Ces pablicistes
et
plus
les braves
auraient di nous dire comment que
Ilelvétie, de la
descendans de l'antique
Lusitanie et de la Batavie, étaient parvenus à
leur liberté ctleur independance;
reconquérir
révolutions ont été fatales à
et. en quoi ces
droits ces
T'Europe et au monde ! Quels
avaient-ils de plas que ceux de
peuples
de l'ensemble
l'Amérique, pour se séparer
le droit
dont ils faisaient partie, si ce n'est
qu'ont tous les peuples de repeuserlisjutice ?
lorseu'ils en ont le pouvoir
et la tyrannie,
ont cu lieu en
Tous les changemens qui
révolunesont-ils pas le résultat des
Europe,
volutions ont été fatales à
et. en quoi ces
droits ces
T'Europe et au monde ! Quels
avaient-ils de plas que ceux de
peuples
de l'ensemble
l'Amérique, pour se séparer
le droit
dont ils faisaient partie, si ce n'est
qu'ont tous les peuples de repeuserlisjutice ?
lorseu'ils en ont le pouvoir
et la tyrannie,
ont cu lieu en
Tous les changemens qui
révolunesont-ils pas le résultat des
Europe, --- Page 63 ---
[ 23 ]
lions, des révoltes, des guerres, de la force, :
etc. etc. Comment, ct de quelle manière dans
les temps anciens et nouyeaux, se sont formés
les états, les uns en royaumes, les autres en
républiques ? Est-il un ctat en Europe qui ait
conservé sa forme primitive? En est-il un seul
ui n'ait pas dépendu d'un autre, avant dêtre
devenu indépendant ? Comment tous ces états
se sont séparés du tout dont ils faisaient
partie ? Comment les uns ont été créds, et
les autres ont été eflacés de la carte des
empires ? n'est-ce pas par des révolutions,
des guerres , des traités, 9 que ces mutations
politiques ont eu licu ? et ne se sont-elles
pas effectuées sous l'égide et la sanction du
droit public de l'Europe ?
Tout le monde crie contre la révolution, et
tout le mende en a profité.
On voit en Europe, comme dans le Nouveau Monde, des Rois, des Princes, des Ducs,
des Comtes, des Barons, des Chevaliers, etc.
qui ne doivent leur existence politique qu'à
la révolution; les anciens et les nouveaux
royaumes ont étendu leurs limites par la
révolution; de nouvelles constitutions, de nouyeaux droits, de nouveaux titres ont été créés, --- Page 64 ---
L 24 1
sources et d'autres appuis
quin'ont eu d'autres
dans la révolution ; personne ne veut
que
renoncer à scs titres ni à ses droits; personne
veut rendre ce qu'il a pris, et tous crient
ne
unanime contre la révolution ! on
d'une voix
le temps passé, le bon vieux temps,
regrette
veut
; et ce qui
mais personne ne
rétrograder
singulier dans tout cela, ce sont
est le plus
et les plus
les hommes les plus remuans
rérolutionnaires dela terre, quiont la manie,
c'en est une ] de crier le plus fort
L car
maudite réyolution !
contre cette
Nous ne sommnes pas révolutionnaires P
n'aime plus que nous la stabilité des
personne des choses humaines ; mais pouvons
empires et
révolution qui nous a retiro
nous hair cette
l'homme dans ses
du néant, et réhabilité
sacrés et impreseriptibles: et
droits naturels,
même nous aurions aussi cette injuste
quand
manie de crier contre la révolution,
et ridicule
voudrions renoncer
croit-on pour cela que nous
que nous avons obtenus par
aux avantages
et qui sont les
vingt-cinq ans de révolution,
grands sacrifices, des combats
résultats sdesplus
nous avons versé ? non sans
et du sang que
Depuis
doute !
néant, et réhabilité
sacrés et impreseriptibles: et
droits naturels,
même nous aurions aussi cette injuste
quand
manie de crier contre la révolution,
et ridicule
voudrions renoncer
croit-on pour cela que nous
que nous avons obtenus par
aux avantages
et qui sont les
vingt-cinq ans de révolution,
grands sacrifices, des combats
résultats sdesplus
nous avons versé ? non sans
et du sang que
Depuis
doute ! --- Page 65 ---
E 25 ]
Depuis que le monde existe, il y a eu des
révolutions, et toujours il y en aura, tant qu'il
existera des hommes sur ce globe; s'ily a eu
des révolutions qui ont été fatalcs au genre
humain, il y en a eu cqui ont été.les sources
des plus grands bienfaits ! Par exemple, notre
révolution nous a élancés vers la civilisation
et les lumières, ct celledes françaisles a fait
descendre dans la barbarie et les ténébres.
M.leBorgnedel Boigne, quis'estavisé de nous
faire unc espèce de théorie surlesrérolutions,
aurait di nous dire 2 ainsi que MM. Fiévée,
Hoffmann ct Felletz ses panégyristes, si la fin
de toutesles révolutions prendra date du jour
de Ja dernière restauration des Bourbons; si
les liabitans de ce globe n'auront plus rien à
craindre des révolutions, ni des révolutionnaires ! pour notre compteparticulier, nous en
serions fàchés pour plusicurs grandes raisons ;
c'est que nous avons beaucoupgagné à la première, etque peut-étre, nous pourrions gagner
encore à la seconde , et ensuite, 3 comment
détruiretous) les préjugés absurdes qui existent
encore ? Comment abolirait-on entièrement la
traite, l'esclavage, les préjugés de couleurs?
D --- Page 66 ---
£ 26 ]
pourrait-on rappeller à la rclig'on,
Comment
àla morale et à la civilisation, les trois quarts
encore
des habitans de ce globe qui croupissent
et la barbarie ? Comment
dans l'ignorance
humaine dans
pourrait-on réhabiliterl'espéce le concours et les
ses droits naturels, sans
etsalutaire révolution,qui
effets d'une grande
leverait
applanirait toutes les difficultés, qui
:.
ferait cesser tous les
tous les obstacles 2 qui
bonabsurdes, qui s'opposent au
préjugés
du genre humain ?
heur et à la perfection
lumières et la
soit qu'elle s'opère par les
des gouvernemens 7 graduellement
sagesse
violentes, sans effusion de sang
sans secousses
le désirons sincèrement,
humain, comme nous
des
soit
s'opère simultanémnent par
ou
qu'elle
nier que
secousses violentes : qui pourra
révolution ne soit un
cette grande et salutaire
humain ?
grand bienfait pour le genre
Nous sommes ici entrainés malgré nous,
à discuter le dogme de la
par nos adversaires,
La discussion
légitimité des gouvernemens.
ne sera pas longue.
De la manière que nos savans publicistes
T'entendent, ce dogme est une absurdité aussi
le préjugé de couleurs; ils insulgrande que
anémnent par
ou
qu'elle
nier que
secousses violentes : qui pourra
révolution ne soit un
cette grande et salutaire
humain ?
grand bienfait pour le genre
Nous sommes ici entrainés malgré nous,
à discuter le dogme de la
par nos adversaires,
La discussion
légitimité des gouvernemens.
ne sera pas longue.
De la manière que nos savans publicistes
T'entendent, ce dogme est une absurdité aussi
le préjugé de couleurs; ils insulgrande que --- Page 67 ---
[ 27 ]
tent à tous les gonvernemens, dont Ies Souverains ne se trouvent pas rangés dans la cathégorie des légitimes 3 et en général à tous les
peuples.Sillallait
rementeràforigineder toutes
les dynasties, il ne nous serait pas difficile de
leur démontrer l'absurdité de leur système; il
nous suffit de leur demander, d 9 si la légitime
dynastie des Bourbons venait à s'éteindre
comment le peuple français s'y prendrait
pour avoir un roi légitime.
De cette hypothèse, nous concluons que le
Roi d'Hayti est un monarque très-légitime,
choisi et proclamé Roi par le peuple haytien :
il règne sagement sur cC peuple, par la grâce
de Dieu et par la Loi constitutionnelle de
T'État; il n'en faut pas davantage pour être
un Roitrès-legitime,. LeRoi tient les pouvoirs
dont il est revêtu du
peuple 7 qui lui a
conclésexdrsits,à condition de le gouverner
conuciuationnallenent; et S. M. transmettra
ces mêmes droits à ses descendans, selon
l'ordre d'hérédité établi par la constitution,
C'est ainsi que Pharamond, premier roi des
franes, a été proclamé Roi sur les bords du
Sala; celui-là n'ayait point d'aieux, il tenaitses
droits et ses pouvoirs de la nation, et personne --- Page 68 ---
I 28 ]
on veut se
n'a contesté sa légitimité; quand
il faut
mêler de dogmatiser les peuples,
toujours remonter aux principes.
fiction
Le trône d'Hyti n'est donc pas une
édifice bâti sur le sable,
politique, ni un
le prétend M. le Borgne de Boigne,
comme
fondé sur la volonté,
puisque ce trône est
du peuplehaytien;
l'amour et la reconnaissance
qu'un trône ait un fondeet il est impossille
solide
plus légitime et plus
ment plus juste,
soit plus
celui-la, et un Souverain qui
que
le nôtre (1)-
digne de l'occuper que
Les lumières et la civilisation ont pénétré
du conseil d'état, dans laquelle le
(:) A la Séance
la première fois ; S.A.
prince Oscar a pris séance pour
a adressé à son
R. le prince de Suède et de Norwège passages ;
Fils un discours, dont voici quelques qu'en effaçant les
< Malheur au prince qui se persuade il réhausse l'éclat et le
traces des droits de sa nation,
mon Fils, que le
pouvoir du Trône ! Souvenez - vous suit de 2 l'oeil les élémens
prince le plus sage est celui qui
quiles saisit avant
quir menacento de dépruirelese empires, sait prévenir leur retour
l'explosion: n'arrive, et qui
que
respect pour les lois.
par son propre
on a comparé l'état à une famille
Depuis long-temps administrant avec sagesse la foret le chefd'un état,
économe, prévoyant . etjaloux
tune publique, à un enfans. père On a dit alors d'un tel goudu bien-étre de ses
et de ceuxqui en tenaient
vernement qu'il étaitpaternel
dépruirelese empires, sait prévenir leur retour
l'explosion: n'arrive, et qui
que
respect pour les lois.
par son propre
on a comparé l'état à une famille
Depuis long-temps administrant avec sagesse la foret le chefd'un état,
économe, prévoyant . etjaloux
tune publique, à un enfans. père On a dit alors d'un tel goudu bien-étre de ses
et de ceuxqui en tenaient
vernement qu'il étaitpaternel --- Page 69 ---
[ 29 ]
partout, même parmi un troupeau d'esclaves.
Quoi faire à cela ? les gouvernemens seront
obligés de gouverner suivant les principes de
la raison, de l'humanité et delaj justice; ; est-ce
doncun si grand malheur ? La pierreangulaire
des tyrans [ et c'était celle des ex-colons ] est
de brutifier les hommes, pour en faire des
esclaves, la nôtre est de les éclairer pour en
fairedes hommes libres!
Ces dogmatistes, au lieu de nous contester.
nos droits par des sophismes et des puérilités,
qni ne leur feront pas plus d'honneur que de
prosélytes dans l'Ancien et dans le Nouveau
Monde, feraient bien mieux de se taire et de
ne pas réveiller CCS questionsoiseuses, ou bien
de tenir un langage qui serait plus conforme
à la raison, à la nature et à la vérité, au
temps et aux lumières du siècle.
Ce n'est pas seulement par des objections
puériles et inutiles que nos adversaire S
les rênes qu'ils étaient les pères du peuple. Ce langage
est simple comme l'idée qu'il exprime; les hounes
l'ont consacré comme le type de l'adininistr fios les
états, quelleque soit la forme du gouvernement, etc.
Extrait duJournal des Débals, du Lundi4 Avit 1817. --- Page 70 ---
( 30 )
notre" indépendance; ils allèguent
attaquent
encore des raisons qui paraissent au premier
de foncoup-d'oil avoir quelques apparences
le
dément , mais qui ne peuvent supporter
plus léger examen; car dans le fond, ce ne
des
ne sont pas plus
sont que
prétextes qui
solides, puisqu'ils manquent de justesse et
néanmoins de les
de vérité; il nous importe
combattre ct de les détruire entièrement.
Ils objectent que notre indépendance n'est
paslerésultat d'unelongue méditation, comme
celle des États-Unis d'Amérique, que nous
et des Washingn'avons pas eu desFrancklin
éclairés qui auraient
ton, etnnefonledhomunes
ils
fait honneur à l'Ancien Monde, comme
ont illustré le Nouveau ; de cette consé-
,ils prétendent tque nous n'avons pas eu
quence,
assez de maturité, de sagesse et de prudence,
nous diriger dans notre carrière politique;
pour en résulte de ce manque de sagesse et
qu'il
de prudence des guerres civiles désastreuses,
notre territoire déjà trop resserré par son
que
étendue, s'est trouvé séparé en deux gouvernemens ; ct enlin, comme s'ils avaient réservés
un dernier coup de foudre pour nous attérer;
ils trouvent que notre existence politique est
ons pas eu
quence,
assez de maturité, de sagesse et de prudence,
nous diriger dans notre carrière politique;
pour en résulte de ce manque de sagesse et
qu'il
de prudence des guerres civiles désastreuses,
notre territoire déjà trop resserré par son
que
étendue, s'est trouvé séparé en deux gouvernemens ; ct enlin, comme s'ils avaient réservés
un dernier coup de foudre pour nous attérer;
ils trouvent que notre existence politique est --- Page 71 ---
51 3
devenue dangereuse aux puissances qui ont
des colonies qui nous aroisinent, et qu'elles
sont intéressées à ne point laisser subsister un
foyer de trouble et d'insurrection
3 déjà trop
long-temps toléré.
Ces objections
spécicuses s ces nnages
obscurs, amoncclés avec tant d'efforts sur nos
tetes, vont se dissiper au flambeau de la vérité!
D'abord nous ne croyons pas quel'indépendance des États-Unis
d'Amérique ait été le
résultat d'une longue et savante méditation;
comme nous, ils ont été portés à l'indépendance par le flot etle concours des événemens;
on a commencépar se disputer,
ensuite on est
venu aux coups, et l'on a fini par se
sans y avoir
séparer, 9
pensé, comme le font toujours
les mauvais ménages. Et quand méme
nousi n'avons pas eu des Francklin et des Was- que
hington, est-il raisonnable d'exiger que des
hommes qui étaient courbés sous le poids de
l'ignorance et de l'es.lavage, à qui même on
refusait de l'intellect, eussent
des Francklin et des
tout-à-coup >
Washington ? Dans le
débat qui a eu lieu, entrela mère et la fille,
ces deux illustres lutteurs ont porté les plus
rudes coups ; Si nousn'avons pas cu des Franc- --- Page 72 ---
[ 52 2 J
ce n'est pas à nous a
klin ct des Washington,
nous laissons
Sentetdcheancainoue
en juger;
veut fixer son jugeSi cependant, lorsqu'on Shemmoaleacdowe,
ment, ponrlienjugerlesl
avant tout, paravoirégard
on doit commencer leur situation relatives ;
à leurs facultés et à
trop, si nous nep pourrionspas
nous ne savonspast
à nous voir comde certains avantages
gagner Etats-Unis d'Amérique; mais ce qui
parer aux
avouons franchement
est bien récl, que nous
rendre hommage
nous plaisons à
et quenous
nous n'avons pas eu
à la vérité, c'est que
la même sagesse
dans nos commencemens les américains !
ct la même prudence que
affaire à
heureux que nous, ils ont eu
Plus
nous, nous
généreux ; au lieu que
un ennemi
le sommes encore jusqu'anavons élé et nous
d'un ennemi
enbuttei la persécution
jourdllui
implacable dans sa haine
cruel et opiniàtre,
qui tous les
comme dans sa vengeance, pour réussissent.
moyens sont bons pouryu qu'ils
américains ont eu le rare ct grand
Les
eu des hommes
bonheur de n'avoir pas
de leur
qui ont troublé le repos
ambitienx,
; depuis la
patric et de leurs concitoyens fondation
le sommes encore jusqu'anavons élé et nous
d'un ennemi
enbuttei la persécution
jourdllui
implacable dans sa haine
cruel et opiniàtre,
qui tous les
comme dans sa vengeance, pour réussissent.
moyens sont bons pouryu qu'ils
américains ont eu le rare ct grand
Les
eu des hommes
bonheur de n'avoir pas
de leur
qui ont troublé le repos
ambitienx,
; depuis la
patric et de leurs concitoyens fondation --- Page 73 ---
[ 33 ]
fondation de leur
constamment
indépendance 3 ils ont été
unis, ils ne se
leur heureuse
sontjamais divisés,
contrée a fleurie, a
sous de sages lois ; leur
prospérée
puissance et leurs richesses population, leur
se sont accrues
consid@rallement; ; ils ont acquis une
tation de
répusagesse et de prudence
méritée ! Quel bonheur
justement
cependant,
pour leur patrie !
de
malgrénos erreurs et les malheurs
nos guerres civiles, on ne peut nous réfuser, qu'il faut que nous
bon sens et
ayons eu un peu de
une certaine sagesse,
parvenusà nous
pour être
donner un bon
des institutions et des
gouvernement,
choisi
lois, et de nous être
un Souverain éclairé, qui fait faire
nation
à la
civilisation haytienne les plus grands pas yers la
et les lumières. Mais,
français à nous
est-ce aux
reprocher nos
nos funestes et fatales
guerres civiles,
erreurs ? Eux les
auteurs de tous nos maux
seuls
qu'avoir
; eux qui n'aspirent
répandre le sang du dernier des
haytiens, , par des mains
complaisent
haytiennes; eux qui se
[dans leur
dans leurs
imagination ] à décrire
journaux les sanglantes batailles
nous avons livrées et sur mer et
que
sur terre i
E --- Page 74 ---
[ 54 1
ost-ceàeux, dis-je, à nousles reprocher ? Quel
excès d'indignation s'empare de mon âme!
quand je vois dans nOS implacables ennemis
tantdeméchancerés, d'artifices et, de perfidies!
quand je vois de vils et plats panégyristes,
d'un le Borgne de Boigue, d'un ex-colon,
d'une trempe encore plus vil qu'eux, s'il est
possible, nous dire avec un ton d'hypocrisie,
les conséquences des troubles civils sont
que
ne peut en soulaiter
si afreuses > quion
la
à aucune population, quelles que soient
couleur ouL les couleurs qui la composent ;
ct dans le même ouvrage dont ils ont fait
l'apologie, on trouye, que la séparation du
pays en deux partis 3 n'est pas un mal, que
si cela n'était pas, il faudrait leffectuer ,
rompre l'unité et affaiblir nos forces !
pour Les perfides ! qu'ils se tranquillisent sur
notre situation intérieure ! qu'ils cessent de
s'inquiéter sur nos guerres civiles, si nous
sommes en paix ou si nous ne le sommes pas, 9
sachent seulement, et cela doit leur
quils
le'
haytien n'a qu'un seul
suffire, que peuple
et même voeu 7 la liberté et Tindépendance!
qu'ils consultent ce peuple brave et généreux,
du Cap-Tiburon au Mole St-Nicolas,dul Port-
se tranquillisent sur
notre situation intérieure ! qu'ils cessent de
s'inquiéter sur nos guerres civiles, si nous
sommes en paix ou si nous ne le sommes pas, 9
sachent seulement, et cela doit leur
quils
le'
haytien n'a qu'un seul
suffire, que peuple
et même voeu 7 la liberté et Tindépendance!
qu'ils consultent ce peuple brave et généreux,
du Cap-Tiburon au Mole St-Nicolas,dul Port- --- Page 75 ---
I 55 J
au-Prince au Cap-Henry,du Nord
l'Est à l'Ouest du
au Sud, de
Royaume, ils n'entendront
qu'un seul et même cri,
mort!Gràces
indépendance ou la
en soient rendues à notre auguste
Souverain ! graces à sa sagesse et à sa
nous n'avons plus rien à craindre prudence,
des conséquences des troubles civils; tous les
ont eu le grand malheur
peuples
d'éprouyer ce fléan
destructeur, ou dumoins, bien
peu en ont été
exempts, et tous sont parvenus à les
Jles
éteindre;
commencemens en ont toujours été terribles; ; alors les passions, les haines,
ration des
l'exaspéesprits, sont montés aux plus haut
dégrés, mais à la fin elles s'amortissent
finissent par s'éteindre d'elles-mémes;
et
rience et les malheurs
; l'expéà la réflexion
ramènent les hommes
et à la raison; tout le monde
range dans le devoir, le
se
calcule les
temps vient où l'on
pertes que l'on a faites, et l'on
travaille avec ardeur à les réparer alors
sagesse, la prudence, la
;
la
sité, la bienfaisance, clémence, la générotoutes ces vertus qui sont
sceurs, se lient à l'intérêt
Fent de fermer les
commun, et achè
plaies et à faire oublier les
maux de la guerre civile. --- Page 76 ---
[ 36 ]
Ne savons nous pas qu'il ne faut qu'un
événement, qu'un simple incident,
simple
divisé; des
pour réunir un peuple long-temps
seulehommes opposés sur quelques points
réunis sous tous les
ment, mais d'ailleurs,
intérêts
rapports, par les liens du sang et les
divisés?
nationaux; peuvent-ils rester toujours
lemême sort, le même danger les attendent,
à la voix de la patrie menacée, ,"on les trouvera réunis pour résister et terrasser l'ennemi
commun.
l'intérét
C'est en vain que la méchanceté,
la
de nos, ennemis, voudraient
et
politique
un
faire del notre existence politique ,
qui ont des colonies
épouvantail aux puissances
Depuis vingt-huit ans
qui nous avoisinent.
de révolution, et quinze que nous jouissons
des bienfaits de la liberté et de lindéen paix
cet ordre
pendance, nous ne voyons pas que
de choses ait troublé les colonies qui nous
avoisinent.
immiscés, soit
Jamais nous ne nous sommes
directement ni indirectement, dans les affaires
horsde notre ile; nos constitutions et nos lois
l'ont sagementadéfendn, et notre gonuvernement
s'est toujours conduit surle pied etles principes
révolution, et quinze que nous jouissons
des bienfaits de la liberté et de lindéen paix
cet ordre
pendance, nous ne voyons pas que
de choses ait troublé les colonies qui nous
avoisinent.
immiscés, soit
Jamais nous ne nous sommes
directement ni indirectement, dans les affaires
horsde notre ile; nos constitutions et nos lois
l'ont sagementadéfendn, et notre gonuvernement
s'est toujours conduit surle pied etles principes --- Page 77 ---
[ 57 ]
de la plus exacte peutralité cnvers toutes les
puissances alliées ou neutres; depuis quinze
ans leurs pavillons flotient dans nos
leurs
ports 2
sujets ont joui des avantages de notre
commerce et de la protection de nos lois.
Sil'on veut un exemple frappant, que notre
voisinage n'est nullement dangerenx aux colonies, quel'on considère la partie espagnole qui
est contigiie avec la nôtre, et qui est peuplée
d'esclaves ; ils vont et viennent journellement
dans nosi marchés, et s'en retournent paisiblement chez eux, sans inquiétude, ni contrainte
de part. et d'autre; dans les fêtes et réjouissances publiques, ils se rendent dans nos
limites pour prendre parti à nos danses et à nos
divertissemens, et souvent l'on a vu contraster
un groupe d'espagnols esclaves, dansant gravement aux sons de leurs guitares, à côté d'un
groupe d'haytiens libres qui faisaient retentir
l'air du bruit de leurs tambours, de leurs
danses et chansons bruyantes. Le soir arrive,
les groupes se dispersent 3 l'espagnol s'en
retourne paisiblement dans ses foyers, T'haytien s'en retourne également à ses travaux
accoutumés, aux cris den vive la liberté ! vive
Tindependance'Nous avons toujours vécusavec --- Page 78 ---
[ 58 ]
en bon voisin; notre gouvernelcs espagnols à leurs secours en armes et en
ment est venu
lés aider à chasser
munitions de guerre pour
avoir été
les français de Santo-Domingo,sanse fait cause
payé de ces dépenses ; nous avons
de
commune avec les puissances belligérantes
la domination tyranI'Enrope pour repousser
vaisseaux -
nique des français; pendant queles acculées dans
Hoquaient leurs armées
anglais
les
nous
de mer, nous
combattions,
nos ports
armées de terre ; nous
les détruisions par nos
étendre leurs con-*
les empéchions de pouvoir
insurrecleurs ravages et les
quêtes et porter
ils le faisaient
tions dans les Antilles, conme
pendant cette guerre, oà chaque
en Europe ;
sa liberté et son
peuple combattait pour
nos ports ont été constamment
indépendance,
français ( comme ils
fermés aux vaisseaux
tandis qu'ils ont
)
le sont jesqpufaujonurdini)
vaisseaux des
ouverts aux
été constamment
étaient
alliées ou neutres 7 qui
puissances
lorsquils sortoujours accueillis ct favorisés,
leurs croisières pour venir se réparer
taient de
fraiches dans nos
etseravitailler de provisions
scrions-nous
Envers quelles pnissances
ports.
dangereux ?il n'ya des colonics
done des voisins
més aux vaisseaux
tandis qu'ils ont
)
le sont jesqpufaujonurdini)
vaisseaux des
ouverts aux
été constamment
étaient
alliées ou neutres 7 qui
puissances
lorsquils sortoujours accueillis ct favorisés,
leurs croisières pour venir se réparer
taient de
fraiches dans nos
etseravitailler de provisions
scrions-nous
Envers quelles pnissances
ports.
dangereux ?il n'ya des colonics
done des voisins --- Page 79 ---
L 59 )
qui nous ayoisinent, que lcs possessions
espi
gnoles ct anglaises;
Santo-Domingo qui nous
confine, et Cube qui nous. avoisine, sont tranquilles; la Jamaique, etles autres possessions
anglaises le sont anssi. Scrait-ce contre les
espagnols ?
dbestigwonvcleaméman maux
nous de la part des français, et nous les que
secourus lorsqu'ils étaient dans
avons
ledangerInotre
gouvernement a toujours observé avec eux la
plus exacte neutralité; nous nc nous sommes
même jamais mélés dans les querelles de l'Espagne avec scs colonies, pourquoi se méleraitelle des nôtres aveelesfrançais? Serait-cocontre
les anglais ? Que les français se détrompent de
cette idée qui les fiatte le
plus, jamais cette
nation généreuseet
éclairéenaura ce reproche
à nous
Era.tiebegrealapiaepin puissance de I'Europe quis'est vraiment intéressée
à notre sort ! C'est-elle qui a pris l'initiative
sur les autres puissances
, pour faire abolir la
traite ct qui travaille à améliorer le sort des
esclaves'Cest-elle qui par un ordre ent Conseil,
nous a considérécomme neutrese setindépendans,
et a expédié directement et légalement ses vaisseaux de commerce pour Hayti! nous serionsclonc les plus ingrats et les plus injustes des --- Page 80 ---
[ 40 ]
hommes, si nous pouvions jamais manquer de
reconnaissance envers le peuple et le gouvernement anglais ; et bienloin d'être des voisins
dangereux pour cette puissance juste et loyale,
trouyera. toujours dans la ligne de
elle nous
aussi les nôtres.
ses intérêts, qui-sont
à, nos
Ne pourrions - nous pas demander
priblicistes français, qui y a-t-il donc dans
de si dangereux, de si
notre existence politique
à craindre, de si repréhensible, de méfiance,
précher des
de griels si terribles 5 pour
croisades et allumer le courroux de l'Europe
semble hiter
contre nous ? tezempledupasés
Paveàc cet égard la prudence que commande
nir, cet avenir est sombre [ dit M.de Boigne,
d'un ton le plus solennel ] c'est aujourdhui à
contre le NouT Europe ( formerunfaiscoas
venuMonde, : sitoutefois il en esttemps encore,
et cette seule réflexion , repète le Journal
des Débats, montre plus de connaissance
des livres remplis de déclamapositive que
Ccs publicistes auraient
tionsurle mémesujet.
di faire attention que nous ne sommes plus
dansles siècles d'ignorance, de préjugés et de
même
barbaries ; l'Europe emodermen'etplusla:
que
contre le NouT Europe ( formerunfaiscoas
venuMonde, : sitoutefois il en esttemps encore,
et cette seule réflexion , repète le Journal
des Débats, montre plus de connaissance
des livres remplis de déclamapositive que
Ccs publicistes auraient
tionsurle mémesujet.
di faire attention que nous ne sommes plus
dansles siècles d'ignorance, de préjugés et de
même
barbaries ; l'Europe emodermen'etplusla:
que --- Page 81 ---
L 41 1
gue l'Europe ancienne, et nous ne sommes
plus au temps de la découverte ;
l'Amérique fourmillent
T'Europe et
d'hommes généreuxct
éclairés qui connaissent leurs droits;
ne gouverne plus comme l'on
que l'on
veut, et suivant
ses passions ; l'Europe
civilisée, grande et
généreuse, ne peut-être injuste et barbare;
c'estlinsulter gravement, que de
à
sCs regards la doctrine des
précher
massacrer
croisades 3 pour
encore des hommes et inonder la
terre de sang humain ; c'est vouloir
à l'Europe
la
imprimer
entière,
patrie des
et des arts, le siège du
sciences
christianisme, la tâche
indélébile dont se sont couverts les
premiers
conquérans du Nouveau Monde, les destructeurs des infortunés indiens :
Qu'une telle entreprise est non-seulement
abominable, mais impraticable, et contraire
aux vraisintérêts de l'Europe et du genre humain; nous ne sommes plus, nousle
au temps de la
répétons,
découverte; nous ne sommes
plusdesi indiensignorans,p privés de tous
moyens
dedéfenses; nous ne craignons plus la
des coursiers fougueux ni le bruit du présence
ni les croisemens des
canon,
bayonnettes. Pour que
F --- Page 82 ---
[ 42 ]
puisse subjuguer VAmérique, il fatT'Europe
drait dépeupler les deux mondes, et toutccla
pourquoi ? pour satisfaire l'avidité, l'avarice,
T'orgueil et tous les penchans désordonnés,
leurs sources dans les passions
qui prennent
voilà
ce
de certains individus; et
cependant.
des hommes qui veulent faire rétrograder
que
des
les siècles et les lumières 2 appellent
connaissances positives.
Cetteseulerdlexion denos savanspublicistes,
au lieu de nous montrer des connaissances
nous démontrent pleinement leur
positives 2
sur les faits, les hommes
profonde ignorance
seule réfleet les choses en Amérique; cette
xion nous montre aussi quelle est la blancheur
de l'âme de l'auteur du nouveau système
de colonisation pour St - Domingue ; et si
dans le plan de son ouvragc, on ne découvrait
clairement ses projets criminels,sa perfidie,sa
calculerle crime;
patience et son long plaisira
sculerédlexion aurait suffi pour se défier,
cette
les ceuvres d'un homme qui
et repousser
telle
! Malheuavait pu concevoir une
pensée
reux!1 le sang de VOS compatriotes fume encore!
vous avez imbibé de ce sang toutes les terres
de T'Europe et de l'Amérique , ct vous n'en
découvrait
clairement ses projets criminels,sa perfidie,sa
calculerle crime;
patience et son long plaisira
sculerédlexion aurait suffi pour se défier,
cette
les ceuvres d'un homme qui
et repousser
telle
! Malheuavait pu concevoir une
pensée
reux!1 le sang de VOS compatriotes fume encore!
vous avez imbibé de ce sang toutes les terres
de T'Europe et de l'Amérique , ct vous n'en --- Page 83 ---
[ 45 ]
étes pas rassasiés ! vous voulez qu'un monde
s'arme pour m'assacrer un autre monde, et
vous n'avez pas frémi! VOS cheveux ne se sont
pas dressés sur votre tête ! à cette seule
idée, 2
votre sang ne s'est point glacé dans VOS veines!
Chargésde crimes et couvertsde malédictions
de tous les peuples, où vous avez
apportés vos
pas, vos rapines et vos ravages ; ce fardeau n'est
pas assez pesant pour vous, vous voulez y ajouter
encore ! yous voulez entraîner l'Europe
pour
vous aider à en supporter le poids; et
pour y
parvenir 9 vous invoquez l'Europe contre
nous! Avez-vous pu oublier que nous
vons aussi
poul'invoquer 9 avec bien plus de
raison et de justice contre vous-mémes ?
Avez-vous pu croire que ceux qui se sont
confédérés avec l'Europe, pour repousser le
jong et la tyrannie des français, seraient aussi
détruits et opprimés à leur tour, par l'Europe
confédérée en faveur des français ? Quelle
idée vous êtes vous donc formée de l'Europe,
lorsque vous l'avez crue capable d'une telle
iniqhité ? Et pourquoi encore cette confédération? pour rendre St-Domingue à la France,
pour Belipkerenmeedigk) la France,
au détriment du commerce del'Europe même ? --- Page 84 ---
[ 44 ]
d'honimes qui ne
pour détruire une poignée
de la liberté
veulent etnedemandent qu'àjouir
qu'ils ont justement
et de l'indépendance
acquises ?
de
Mais tout cela n'est encore rien auprès
de délire; à en croire M. de Boigne,
ce comble
du traité d'Amiens, le
par les articles secrets
Bonaparte à rétaCabinet Britannique obligea
c'est à ces
dans les colonies ;
blir T'esclavage
d'envoyer contre
conditions qu'illui fut permis
des
Hayti cette fameuse expédition composée
devait opérer dans un
troupes de Moreau, qui
comme trouver son tombeau.
sens convert
J
cette insigne calomnie,
Après s'être permis
le
M. de Boigne n'a pas hésité d'implorer à
de l'Angleterre pour aider et fournir
secours
d'entreprendre une
Louis XVIII les moyens
aurait
expédition qui
nouvelle et semblable
de nous exterbut, comme la première,
pour
réduire dans l'esclavage, et
miner ou de nous
officiers
en même temps pour faire détruireles
ou en retraite, et les soldats
a la demi-solde
de Moreau,
de Bonaparte à linstar de ceux
o
sous nos coups et notre climat
qui ont tombé
vengeur !
ir
secours
d'entreprendre une
Louis XVIII les moyens
aurait
expédition qui
nouvelle et semblable
de nous exterbut, comme la première,
pour
réduire dans l'esclavage, et
miner ou de nous
officiers
en même temps pour faire détruireles
ou en retraite, et les soldats
a la demi-solde
de Moreau,
de Bonaparte à linstar de ceux
o
sous nos coups et notre climat
qui ont tombé
vengeur ! --- Page 85 ---
( 45 J )
Cet excès de dépravation et d'immoralité
surpasse les forces de notre jugement, et nous
oblige à passer outre.
Ces publicistes,au lieu de calomnier lEurope,lalrancemône etleur Souverain, aulieu
de nous inquiéter, 3 de nous contesterdesdroits
aussi bien fondés queles nôtres, feraient bien
mieux de s'occuper de leur propre situation
intérieure, et de réparerleursgrands
au
désastres;
lieu de nous présenter les Bourbons, uniquement occupésdusoin d'effacerles droits des
peuples et capsilesdescsuiller des mêmes forfaits que Bonaparte ; ils feraient bien mieux
de nous les représenter sous des traits plus
favorables ; de rappeller les généreux exemples
et les vertus de leurs ancêtres.
Aucune maison Souveraine de l'Europe n'a
plus secondé et favorisé l'indépendance des
peuples que la maison de Bourbon. Henry IV,
ce Souverain qui a laissé d'aussi
glorienx souvenirs, favorisa l'indépendance de la Hollande;
l'infortuné Louis XVI fut le premier Souverain de l'Europe qui secourut de toute sa
puissance les États - Unis
d'Amérique, et recomnutlarialigendance, avant même qu'elle
eut été reconnue par
T'Angleterre : ce qui a --- Page 86 ---
[ 46 1
Henry IV et Lonis XVI,
été glorieux pour
S.M. Louis XVIII,
ne le serait pas moins pour
lindépendance du peuple
s'il reconnaissait
et plus
même bien plus glorieux
haytien 7
beau de prendre
généreux, car s'il est toujours
exercer des bienfaits et secoul'initiative pour
blessant les intérêts d'aurir les opprimés, en
généreux,
trui, il est bien plus grand, , plus
sur
louable, de prendre cette initiative
plus
les actes de sa bienfaisoi-même, et d'exercer
;
sance et de sa générositéà ses propres dépens
donc les Bourbons d'aujourd'hui 7
pourquoi
et les nobles exemples de
imitant les vertus
l'indéleurs ancêtres, ne reconnaitraient pas
pendance d'Hayti ?
a jamais eu plus de.droit
Eh! quel peuple
que
mérité cette indépendance
et ajamais plus ? Certes, nous ne prétenle peuple haytien atténuer les droits qu'ont
dons pas contester ni
de T'Europe et del'Amérieu les autres peuples
; loin de nous
que pour se rendre indépendans; occupés que du
cette idée; nous ne sommes de notre salut;
soin de notre juste défense et
des mêmes
sommes obligés de nous servir
nous
quel'on se sert pour nous attaquer,
argumens,
dans des objets de comparaison,
et cen'est que
, nous ne prétenle peuple haytien atténuer les droits qu'ont
dons pas contester ni
de T'Europe et del'Amérieu les autres peuples
; loin de nous
que pour se rendre indépendans; occupés que du
cette idée; nous ne sommes de notre salut;
soin de notre juste défense et
des mêmes
sommes obligés de nous servir
nous
quel'on se sert pour nous attaquer,
argumens,
dans des objets de comparaison,
et cen'est que --- Page 87 ---
[ 47 ]
que nous pouvons trouver des exemples
pour
appuyer nos droits.
Les taxes imposés et le commerce exclusif,
ont révoltés les Etats - Unis d'Amérique
contre P'Angleterre ; les vexations de Grisler
ont soulevé la Suisse contre l'Autriche; le
Portugal n'a voulu seulement recouvrer
sa liberté politique sur l'Espagne; ; des motifs que
et des querelles de religion ont insurgé la
Hollande contre cette dernière puissance
l'on compare leurs
; que
griefs avec les nôtres ; à la
perte de la liberté personnelle, civile et
politique, dontnous étions menacés; aux:
aux tortures s aux affreux supplices massacres,
avons
que nous
éprouvés, aux combats que nous avons
livrés, au sang que nous avons versé, aux
privations et aux misères de tous genres
nous avons
que
éprouvées 2 aux opprobres et aux
ignominies dont nous étions couverts
7 aux
injustices et aux tyrannies les plus révoltantes, sous lesquelles nous avons gémis
dant des siècles; que l'on compare la situa- pention
géographique 7 politique et morale, de
ces différens pays avec le nôtre ; l'immensité
des mers qui nous sépare, la différence de climat, de population et de besoin; que l'on com- --- Page 88 ---
a
[ 48 ]
les puissans efforts que nous avons faits
pare
parmi les peuples civilisés,
pour prendre rang
de
et que l'on vienne après cela nous parler
droits
les autres peuples ont eu de
que
parvenir à la liberté et
plus que nous, pour
à l'indépendance!
Il est admis, en droit naturel et politique,
si la guerre a été juste, la conquête l'est
que elle est une suite naturelle dela victoire3
aussi;e
néanmoins, ces publicistes ne nous contestent
seulement nos droits à l'indépendance, ils
pas
nous rendions aux ex-colons
prétendent que
leurs ci-devant propriétés, et pour parvenir
faire
leurs raisons, ils s'appuyent
à nous
goiter
Etats-Unis d'Amérique;
encore del'exemple des
les
ont rendus a la paix J
les américains
comme
propriétés séquestrées des anglais,
celles
à des
les anglais 3
appartenant
de cet exemple, ils concluent
américains ;
Jeurs
nous devons rendre aux ex-colons
que
disent-ils, n'ont
soi-disant propriétés ; qui,
été vendues, mais restent au fisc qui
pas
Jes afferme. demanderons d'abord, quelle
Nous leur
tronvent-ils entrc
similitude et quels rapports
lcs
éricains
comme
propriétés séquestrées des anglais,
celles
à des
les anglais 3
appartenant
de cet exemple, ils concluent
américains ;
Jeurs
nous devons rendre aux ex-colons
que
disent-ils, n'ont
soi-disant propriétés ; qui,
été vendues, mais restent au fisc qui
pas
Jes afferme. demanderons d'abord, quelle
Nous leur
tronvent-ils entrc
similitude et quels rapports
lcs --- Page 89 ---
-
[ 49 1
les américains et les anglais, et les haytiens
et les ex-colons ? n'est-ce pas vouloir tout
dénaturer, que de chercher des exemples dans
des sujets tout-à-fait dissemblables, où l'on
ne
trouve aucune espèce d'analogic quelconque,
et qui n'ont pas méme le sens commun ?
Les américains ont rendu les propriétés
des anglais à la paix, parce qu'ils étaient euxmêmes des anglais blancs, libres et propriétaires;les américains jouissaient de leursdroits
naturels civils et politiques, personne ne leur
contestait ces droits ; les américains ne combattaient que pour l'indépendance de leur pays,
etles anglais pour la Souveraineté; il pouvait
exister des rapports; comme nous l'a fort bien
observé M. de Boigne, de grandeur et de
bienveillance entre des hommesissus du même
sang ; il y avait compatibilité entre l'indépendance et la remise des propriétés ; au
lieu que les haytiens sont placés dans une
situation bien différente sous tous les rapports; j
les haytiens étaient africains ou natifs, noirs et
esclaves, sans patrie, sans propriétés, privés
de leurs droits naturels, civils et politiques;
les haytiens étaient ce qu'on appelle mort
G --- Page 90 ---
a
[ 50 ]
civilcment; ils habitaient cette terrc, comme
s'ils ne l'habitaient pas ; ils vivaient, comme
s'ils ne vivaient pas ; les ex-colons avaient sur
eux le droit barbare de vie et de mort; sans
appui, sans protection : traités comme les
plus vils animaux et abandonnés de la nature
entière; les haytiens ont combattu et versé des
torrens de sang, pour se conquérir une patrie,
un asile, la vie et la liberté; pour révendiquer
leurs droits sacrés et imprescriptilles, que
d'odieux tyrans leur avaient déjà ravis, et
voulurent leur ravir encore ! Quels rapports
de bienveillance et de grandeur penvent-ils
exister entre nous etles ex-colons ? nous étions
privés de tout, nous ne possédions rien 5
nous n'étions rien, et nous n'étions comptés
pour rien ; nous avons tout conquis sur ces
vampires, patrie ! liberté ! indépendance et
propeiétés'nous: n'avons rien qui ne soit à nous;
nous ne leur devons donc rien, et nous n'asonsrienlleurrendre nià leur donnerlilsnous
ont mis, les premiers , hors du cercle des relations sociales, nous pouvions à notre tour les y
mettre aussi sans sermpule, ctavec plus de justice;ils ont encourules mêmes conditions qu'ils
toulaient nous imposer; ; s'ils avaient éto victo-
ampires, patrie ! liberté ! indépendance et
propeiétés'nous: n'avons rien qui ne soit à nous;
nous ne leur devons donc rien, et nous n'asonsrienlleurrendre nià leur donnerlilsnous
ont mis, les premiers , hors du cercle des relations sociales, nous pouvions à notre tour les y
mettre aussi sans sermpule, ctavec plus de justice;ils ont encourules mêmes conditions qu'ils
toulaient nous imposer; ; s'ils avaient éto victo- --- Page 91 ---
[ 51 ]
rieux, nous scrions morts ou esclaves, nous
n'aurions rien ct nous ne demanderions rien!
ils ont été vaincus, ils ne doivent rien avoir:
ni rien demander'nons avions le droit de leur
donner la mort et de les réduire dans l'esclavage, par la même raison qu'ils voulaient nous
Ja donner, et nous y réduire et vice versi;
EasmsupBapsionpetlmismie
nous nous sommes contentés de les chasser de
notreterritoire; ils n'ontplus rienàypréendre
ni à y revoir, et ils ne doivent jamais
à
penser
y rentrer, sous aucun titre que ce soit.
Chez les anciens romains, les germains et
les gaulois 2 la propriété et la personne du
vaincu devenaient la propriété du vainqueur
c'était alors lec droit dela giterre ou celuidu plus ;
fort;le droit public des modernes, plus juste et
plushumain, respecte la personne etla propriété
du vaincu;la conquéte n'attaque que la souve--
raineté, et la guerre ne se fait qu'en se faisant
réciproquement le moins demal qu'il est possible:sans doute, nousadmcttons et nous suivons
ledroitp public desi modernes adoptépartoutesles
nations civilisées; mais nous nous trouvons dans
tn cas tout particulier avec les ex-colons ;1 nous
faisons exception à la régle 2 on ne troure --- Page 92 ---
[ 52 ]
semblable au nôtre dans les
aucun exemple
nos
annales des nations ; nous soumettons
detous les pays, et
réflexions aux publicistes
leur
nous les prions de daigner nous préter
de droit aussi
attention , sur une question
aussi intéressante > aussi digne
majeure,
plus savante que la
d'o occuper une plume
nôtre.
des modernes n'anéantit pas
Le droit public
de la justice et
les lois immuables de Dieu,
au contraire , elles en sont ses
de l'équité ;
fondemens!
premières bases et ses plus solides
Comment les ex-colons pourraient invoquer
de la morale, de la justice et du
les principes
eux-mémes
droit prblic en leur faveur; quand
violé à notre égard toutes les lois divines
ont
ont foulé à leurs
et humaines : 1 quand ils
de la
tous les principes de la morale,
pieds
!
justice naturelle et distributive
Spoliateurs des biens des infortunés indiens
leurs infâmes destructeurs; après nous avoir
droits naturels et arrachés du sein de
ravinos
la
la ruse et la
notre pays natal par perfidie,
nous transplanter sur cette terre.
violence, pour trouvé dans les ex- colons, que,
Nous y avons
nous ont fait
d'impitoyalles bourreaux, qui
de la
tous les principes de la morale,
pieds
!
justice naturelle et distributive
Spoliateurs des biens des infortunés indiens
leurs infâmes destructeurs; après nous avoir
droits naturels et arrachés du sein de
ravinos
la
la ruse et la
notre pays natal par perfidie,
nous transplanter sur cette terre.
violence, pour trouvé dans les ex- colons, que,
Nous y avons
nous ont fait
d'impitoyalles bourreaux, qui --- Page 93 ---
[ 55 ]
endurer des tourmens, des souffrances
des misères sans
et
exemples, et sans aucune
nécessité, pendant le régime colonial.
Appellés à la liberté, nous avons démontré
ànost tyrans, par nos travaux quela terredes. Antillespouvait être cultivée par des mains
et quel'esclavage n'était
libres,
point nécessaire ni au
maitreniàl'eachave; l'ordre et la discipline régnaient partout; les ex - colons étaienten pleine
possession et jouissance de leurs soi-disant
promaisles
Etst
ex-colons n'étaient pas contens; ils n'avaient plus le droit de vieet de mort;ils
vaient
ne pouplus nous charger de chaines, suivant
leurs caprices ; ils regrétaient l'ancien régime,
appelaient son retourà grands cris ; ils s'agitaient dans tous les sens, dans la colonie et
dans la métropole, pour nous ramener sous le
joug abhorré de l'esclavage; seul et constant
objet de leur sollicitude auprès de tous les
gouvernemens quise sont succédés en France.
Les ex-colons ont étéles instigateurs de l'expédition dirigée contre nous en 1802; ils ont
trompé et induit Bonaparte en erreur
leurs conseils
* par
perfides ; ils l'ont aidé de tous
leurs cfforts, etlui ont même fournis des
moyens --- Page 94 ---
[ 54 ]
entreprendre cette barbare et
pécuniaires pour
expédition; ils ont suivi en foulel'expéinjuste dition ils ont été les auteurs ct les instiga-
;
teurs de tous les crimes et les cruautés queles
ont cxercés sur nous ; ils ont euxfrançais
des chiens
mêmcs cherché, conduit et dirigé
ils ont couvert notre
de sang contre nous,;
et d'insinfortuné pays d'échafauds, de gilets
ils ont alluimélesbichers,
trumens desupplice;
inventé les noyades et les batcaux à soupape,
de supplices et de crimes; ils
et tous les genres
des milliers
ont fait mitrailler et bayonnetter
distinction d'âge ni de sexe.
de victimes sans
n'auraient
Non, jamais les français d'Europe
horinventer ni commettre de semblables
pu
été conduits ct excités
reurs, s'ilsn'avaient pas
des ex-colons
par des coeurs endurcis, 1 par
depuis long-temps ,
familiarisés et habitués,
leurs semblables.
dans le crime, et à torturer
de nos
Ils ont été les constans artisans
deux
troubles civils ; des
guerres ct. de nos
avec la même
côlés, on les a toujours vus 3
les
ardeur ct lc même zele, s'occuper à allumer
de la discorde, à aigrir et à monter
brandons
à attiserle - feu, à exciterle carnage;
les esprits,
heureux et plus
ils n'ont été plus
ct jamais
ables.
dans le crime, et à torturer
de nos
Ils ont été les constans artisans
deux
troubles civils ; des
guerres ct. de nos
avec la même
côlés, on les a toujours vus 3
les
ardeur ct lc même zele, s'occuper à allumer
de la discorde, à aigrir et à monter
brandons
à attiserle - feu, à exciterle carnage;
les esprits,
heureux et plus
ils n'ont été plus
ct jamais --- Page 95 ---
[ 53 ]
satisfaits que quand ils ont vus conler lc
des haytiens par des mains
sang
haytiennes !
Depuis sleréablissement des Bourbons,
vingtcinq ans de malheurs ct d'espérience n'ont
pu
corriger le caractère irrascible des ex-colons;
ils ne se sont pas relachés d'un iota de leurs
système inique et barbare; ils n'ont pas cessé
de provoquer lecalinetdeLouis XVIII,
pour
T'entrainer comme celui de Bonaparte à diriger une pareille expédition contre nous ; ils
l'ont, non-sculement conseillé, mais ils ont
encore offert, comme àla première fois, des
moyens pécuniaires pour l'entreprendre; ils
nous ont envoyé d'abord des
espions 3 ensuite
des commissaires, 2 tous ex-colons, pour nous
insnlter et nous proposer de choisir entre l'esclavage ou la mort; ils ont concu des plans
d'attaques, > des projets d'extermination dans
leurs écrits et dans des pamphlets, qui font
frémir la nature, qui blessent toutes les lois de
la religion, de la justicé, de la morale et de
T'humanité; enfin, ils ont proposé d'exterminer
notre générationjusqw'aux enfans à la mamelle.
Les ex- colons sont donc nos ennemis natu- --- Page 96 ---
[ 56 J
dans leur haine comme dans
rels; implacables
nos
leur vengeance: ; ils ont été constamment
bourreaux et nos persécuteurs.
est la fin de l'homme pour
Or, quelle
chercher et
lequel il a été créc, c'est pour bonheur, sa
connaitre le souverain bien, son
de
félicité, pour se garantir ct se préserver à
de tout ce qui pent tendre
tout son pouvoir
del'homme
sa destruction ; donclap prenièreloi
à sa sûretéetà sa conservation;
est depourvoir
à
loi de la nature applicable
c'est la première
état de société:
Phomme privé ou réuni en
rendre aux
ninedevons
donc nous ne pouvons
ni les
ex-colons leurs soi-disant propriétés 7
introduire) parmi nous, nileurj payerdess sommes
ce soit; notre
sous aucun titre ou prétexte que
font une
sûreté et notre conservation nous en
loi, etil ne faudrait quela présence
impéricuse
hommes pervers et méchans
d'un seul de ces
troubler
nous inquiéter, nous
parmi nous pour
et nous perdre à jamais.
- nos
existence politique et morale 2
Notre
ceux des ex-coiubdraminempwalentee
lons, c'estaprésavoir)
rpemécdenmematinentis,
etla mort; c'est après
lej pillage, la dévastation
que
nous en
loi, etil ne faudrait quela présence
impéricuse
hommes pervers et méchans
d'un seul de ces
troubler
nous inquiéter, nous
parmi nous pour
et nous perdre à jamais.
- nos
existence politique et morale 2
Notre
ceux des ex-coiubdraminempwalentee
lons, c'estaprésavoir)
rpemécdenmematinentis,
etla mort; c'est après
lej pillage, la dévastation
que --- Page 97 ---
[ 57 j
que nous aurions travaillé de
nonveau à la
sueur de nos
fronts, pour réédifier et rétablir
tout ce quia étédétruit par eux, trois ou
fois, dans nos différentes
quatre
guerres ; c'est à peine
que nous aurions commencé à jouir du fruit et
du résultat de nos sueurs 3 de nos travaux et
de notre sang répandu, qu'il faudrait les leur
remettre ! Oà est donc cette loi inique
qui
pourrait nous condamner à nous dépouiller de
nos droits et de nos
propriétés, pour en revétir
d'odieus tyrans, pour leur donner les
de pouvoir attenter de
moyens
nouveau à nos jours et
ànosdroits naturels, civilsetp politiques ?
ils
Quoi?
auraient eu le droit d'attenter à nos vies,
à nos personnes 3 de nous priver de tout,
d'intervertir l'ordre établi par les lois de
de la morale et de la
à
Dieu,
justice notre égard,et
nous, 3 nous n'aurions pas le droit de disposer
d'une propriété foncière, d'une terre
aurions arrosée,
que nous
pendant trois siécles, de nos
larmes, de nos sueurs et der notre sang ?
Non; ces proprictés, nous les avons justement
acquises, , et les ex-colons les ont à jamais
perdues, par une longue série de faits, de
crimes et d'iniquités qui
déposent contre eux!
H --- Page 98 ---
[ 58 ]
Les biens des émigrés, dit M. de Boigne,
vendus;
ont été légalement et politiquement cathétrouvent dans une
mais les ex-colons.se
etla preuve en
gorie particulière et favorable;
selon lui, que ces biens sont restés en dépôt
est
qu'ils n'ont pas été vendus
dans nos mains,
du
aucun acte légal ou illégal
gouvernepar
ment haytien.
comme dans bien
M. le Borgne est: en cela,
tous
d'autres choses, dans une grande erreur,
ex-colons, ont été généles soi-disantbiensdese
acte légal du
ralement vendus ou disposés par
biende S. M. le roi d'Hayti;
gouvernement
seule
qui ait
tôt il n'existera pas une
bicoque
et qui n'aura pasét6
appartenu à un ex-colon,
d'un haytien.
la légitime propriété
d'abord désabuser
Nous n'avons pas voulu
MM. Fiévée,
M. de Boigne et ses panégyristes,
erreurs,
Hoffmann et Felletz, de leurs grandes
de
de la vente des biens, avec
en nous étayant
discuter
tels publicistes, , nous avons préféré carle fait n'est
auparavantla question de droit,
droit; et nous avons voulu les convainpas un
colons et leurs clientèles,
cre ainsi que les exavaient été disposés
leurs soi-disant biens
que
d'une manière ures-juste, trés-légal,
et yendus
égyristes,
erreurs,
Hoffmann et Felletz, de leurs grandes
de
de la vente des biens, avec
en nous étayant
discuter
tels publicistes, , nous avons préféré carle fait n'est
auparavantla question de droit,
droit; et nous avons voulu les convainpas un
colons et leurs clientèles,
cre ainsi que les exavaient été disposés
leurs soi-disant biens
que
d'une manière ures-juste, trés-légal,
et yendus --- Page 99 ---
[ 59 ]
et tres-politique, par acte solennel
au Roi par le Grand Conseil
présenté
tionné par S. M.;
d'État, et sancet que de fait et de droit,
eessoi-disant biens,avaient cessés depuis
temps de leur
longappartenir; s'ils sont malheureux tant pis! ils sont les auteurs de leurs
propres maux; ils ne doivent s'en prendre
eux- mêmes ; ils avaient cru
la qu'à
rétributive n'existait
que
justice
mais ils
point pour eux sur la
se sont trompés. Et en
terre,
faut-il pas qu'ils
vérité, ne
soyent frappés de l'esprit de
vertige et d'aveuglément pour avoir
que nous aurions pu conserver
pu penser
nos mains,
en dépôt, dans
nos biens pour les leur remettre ?
S'ils n'avaient pas cru que nous n'étions
encorequ'un peuple barbareetignorant,
detoutesles notions sur
privés
civiles
I'Europe et surleslois
et politiques, ils ne se seraient
hazardés d'invoquer à notre face, aussi incon- pas
sidérément qu'ils ont fait, les principes de la
morale, de la justice et du droit public de
l'Enrope, en faveur des ex-colons.
Ilsnenous auraient pas parlédel'immubslite
des créances et des propriétés,
pour base une source illicite lorsqu'elles ont
et criminelle. Ils
n'auraient pas osé nous dire que les ex-colons --- Page 100 ---
[ 60 ]
étaient placés dans une cathégorie particulière
favorable que les énigrés, dont les
et plus
biens avaient été légalement et politiquement
vendus, 7 parce que les gouvernemens sages
etprudens doivent spar-desaus, toul prévenir
des
la renaissance des troubles 3 éloigner
réactions encore plus funestes.
Malgré que c'est faireune cruelle injure aux
émigrés que de les comparer aux ex-colons,
d'assimiler des sujets fidèles à des vampires
couverts de crimes, M. de Boigne n'admet
moins que leurs Liens ont été légalement
pas
vendus. Ne pourrions -nous
et politiquement
les soi-disant
pas lui demander pourquoi que
biens des ex-colons n'auraient pas été légavendus? nous aurions
lement et politiquement
bien désiré qu'il nous aurait démontré en
quoi que cette vente eut été illégale et impolitique de notre part; ; et si notre gouvernement doit-être moins sage et moins prudent,
et si avant tout - il ne doit pas prévoir les
troubles et éloigner les réactions encore plus
funestes.
Si dès l'époque que nous avons proclamé
nous n'avons pas vendu
notre indépendance,
ou disposé ces biens, c'est que le gouverne-
lement et politiquement
bien désiré qu'il nous aurait démontré en
quoi que cette vente eut été illégale et impolitique de notre part; ; et si notre gouvernement doit-être moins sage et moins prudent,
et si avant tout - il ne doit pas prévoir les
troubles et éloigner les réactions encore plus
funestes.
Si dès l'époque que nous avons proclamé
nous n'avons pas vendu
notre indépendance,
ou disposé ces biens, c'est que le gouverne- --- Page 101 ---
E 6i 3
ment d'alors ne s'était pas cru en mesure de
pouvoir le faire; ct én cela, il a commis une
faute capitale, qui sera sans excuse dans les
pages de T'histoire; cette grande, sage, juste,
salutaire et politiqne mesure, àclleseule, eût
préservé le pays des horreurs de la
civile; le
guerre
peuple en aurait été plus henreux;
le pays plus riche et plus puissant; le
gouvernement serait derenu plus stable ; tout se serait
consolidé; on n'en serait pas venu à CCs quesLmedalbimgniainrond dangereuses,
parce qu'elles attaquent l'homme du côté qui
lui est plus sensibleson intérét, et quiont été
un des principaux sujets de la guerre civile;
le gouvernement d'alors eût trouvé dans les
acquéreurs des biens domaniaux une foule de
propriétaires trop intéressés à son maintien et
à sas stabilité; quarante à cinuante mille
priétaires de plus l'auraient
prosoitenti de tout
le pouvoir de leurs
de leur
richesses,
caractère, de leur influence et de leur erédit
la masse de. la nation !
sur
Ce gouvernement a tombé, parce qu'ils'é
taitisolédu peuple, et ne s'était donné ancune
institution, et aucune base solide ct durable. --- Page 102 ---
[ 62 1
M.le Borgne de Boigne. attribue la mort de
Dessalines au massacre des franl'empereur
dit-il,
çais qui eut lieu sous son règne: Enfin, ennemi
réussit; Timplacable
la conspiration
par les siens au
de Chumanité est assassiné
Port-au-Prince, avec unepartiedes sa garde,
de sa barbarie.
et des complices
l'ennemi de T'humaL'empereur n'était pas
et
avoir été lennemi des français,
nité, pour
avoir exercé des
il n'était pas barbare, pour
nous exreprésailles contre ceux quivoulaient
eu trop
terminer ; c'est au contraire pouravoir périt, et
de confianceà la faction française quil
il n'a suffi que d'un blanc français nommé
l'empereur avait conservé et
Verret 1 que
général, pourlui
promu au grade d'adjudant
porter les premiers coups ! la liberté de ses
Ardent patriote, aimant
Dessalines,
frères et de son pays, T'empereur de faire lebien,
avecla volonté etl la puissance
et la
n'avait pas les connaissances, la sagesse
nécessaires et indispensables aux
prudence
dans le maniement des affaires
Souverains 2
il s'environna de
publiques ; mallienreusement
d'intrigans immoraux et corrompus,
factieux,
publique par leurs
perdus dans l'opinion
ent patriote, aimant
Dessalines,
frères et de son pays, T'empereur de faire lebien,
avecla volonté etl la puissance
et la
n'avait pas les connaissances, la sagesse
nécessaires et indispensables aux
prudence
dans le maniement des affaires
Souverains 2
il s'environna de
publiques ; mallienreusement
d'intrigans immoraux et corrompus,
factieux,
publique par leurs
perdus dans l'opinion --- Page 103 ---
E 63 ]
déprédations et leurs mceurs; incapables de
penser au bien, > ni à faire le honheur de
Jeur pays; leurs voix prédominérent dans les
conscils; le tres-petitnombre d'honnètes
gens
qui en avait l'entrée n'était point écouté;
ces facticux égarèrent et trompèrent ce chef
infortuné, qui avait les meilleures intentions;
des profusions inutiles curent lieu à côté des
plus grands besoins; ; on ne fit aucun établissement utile, ni aucune institution pour le
bonheur du peuple; le désordre se glissa dans
l'administration del'état; Teprictindiseipline
et de corruption sepropagea parmiles
la faction française qui avait suscité troupes ;
et amené
elle-méine ce désordre, profita de la situation
où se trouvait l'empire pour conjurer la
perte
del'empereur; il fut lâchement et cruellement
assassinéle 17 Octobre 1806, au lieu appeléle
Pont-Rouge, à un quart de lieue du Port-auPrince,sansq qu'il y ait eu, avant l'érénement,
ni guerre. ni combat. Le principal fondateur
de lindépendance, celui qui avait expulsé les
français de notre territoire
, celui que l'on
avait juré, dans une assemblée solennelle,
ele défendre jusqu'à la mort, périt tau milieu ide --- Page 104 ---
L 64 j
avec
de SCS frères d'anes,
ses compagnons,
le seul commandant de ses gardes!
Malgré la douleur et l'extrême répugnance
, en traçant ces lignes"
que nous éprouvons
de notre histoire 3
qui sonillent les pages
de
la résolution que nous avions prise
malgré
d'en parler , nous y avons été
nous abstenir
relever M. de
entrainés malgré nous 7 pour
silence
et pour ne pas passer sous
Boigne 7
qu'il s'est permis de lancer
l'insigne calomnie
de notre
contre le caractère et la personne aflirmer
Souverain; il ose
auguste et bien-aimé
secrètement contre
le Roi avait travaillé
que
Dessalines 3 S. M. est trop honCempereur
qui font
Fhonneur et la probité,
nête homme,
privée
deson caractère et de sa conduite
la base
incapable d'une telle
le rendent
et politique,
sur les erreurs de
infamie ! S. M. gémissait
et
sur les maux qui le menaçaient
T'empereur, 3
d'éprouver
mais elle aurait préféré
la patrie;
de rien attenT'exil,lax mort même,plutkt que à Dieu, que
ter contre sa personne ; et plàt
tropincrédule)
l'empereur (malheuretsencnus lui donnaient
elitécouté les sages conscils que
du
en chef de l'armée,
S. M., alors général
Ministre
a
sur les maux qui le menaçaient
T'empereur, 3
d'éprouver
mais elle aurait préféré
la patrie;
de rien attenT'exil,lax mort même,plutkt que à Dieu, que
ter contre sa personne ; et plàt
tropincrédule)
l'empereur (malheuretsencnus lui donnaient
elitécouté les sages conscils que
du
en chef de l'armée,
S. M., alors général
Ministre
a --- Page 105 ---
f 65 1
Ministre des finances, le général de division
AndréVernet, homme d'une vertu et d'une
probité éprouvées, etd'un petitnombre devrais
amis et d'honnêtes gens qui l'approchaient!
plit à Dieu, que l'empereur eût suivi leurs
sages conseils, et qu'il eit réformé les mceurs
dissoluesdesa Cour, rétabli l'ordre, la morale
et la justice ; qu'il eût chassé de sa
ces
vils et plats courtisans
présence,
qui l'entouraient,
qui ne savaient que flatter ; qui, toujours
prompts et hardis à faire ouà conseillerlemal,
ent eu la lâcheté de
l'abandonner, et de n'avoir pas su mourir avec lui, au moment du
danger ! plàt à Dieu, quel'emperenr eit écouté
les sages conseils du Roi, du
général en chef
de l'armée, de son véritable ami, il serait
encore plein de vie ! que de maux
d'horreurs,
> que
que decalamités, il aurait épargné
à son pays et à lui-méme !
Tel estle malheur des princes quirejettent
les conseils dela raison, quise laissent
cher par des hommes
approcorrompus et vicieux,
sans honneur et sans probité 1 ; il n'y a riem
I --- Page 106 ---
C 66 I
eux, dans linfortune ot
à comptero sur
mumil ow
dans le danger.
estdoncun vil calomM.lel Borgne del Boigne
avoir voulu entâcher de propos
niateur pour
la vie de notre anguste
ddlibérés et sans preuves
de pertidie
Souverain; d'un acte de trahison,
la
dont il est incapabile par
et d'ingratitude,
de son âme !
grandeur et la magnanimité
donc à des
Nos troubles civils remontent
extérieures et intérieures.
causes politiques, 7 exister de corps social ni
Jamais il n'a pu
sans lois,
sans institations,
de gonvermement
on ne vit dans
et sans la propricté; et jamais
com-,
qu'alors une absenceplus
aucun temps ,
et autant de terre.
ylétedinatituions, del lois,
deriens
régie par le fisc; on n'avaitalorshcsine l'on sache ni
il m'était point nécessaire que
,etca
étrejuge, administrateur,
lireni écrire pour
sans rougir
nous ne pouvons point rapporter l'on disait, pour. ne
toutes les absurdités que
davantage dans,
rien apprendre et se plonger
la corruption et lignorance.s
le désordre ,
séloigne deda.rnison
mais aussitdt que Ton,
sentir.
dit Francklin ) la raison se, fait
(a
alorshcsine l'on sache ni
il m'était point nécessaire que
,etca
étrejuge, administrateur,
lireni écrire pour
sans rougir
nous ne pouvons point rapporter l'on disait, pour. ne
toutes les absurdités que
davantage dans,
rien apprendre et se plonger
la corruption et lignorance.s
le désordre ,
séloigne deda.rnison
mais aussitdt que Ton,
sentir.
dit Francklin ) la raison se, fait
(a --- Page 107 ---
-
I 67 1
Heureusement ces erreurs ou ces fautes
d'économie
politique, ont été réparées
notre auguste Souverain, et ce
par
les
ne sont pas
premières ni les dernières de ce
que ce monarque éclairé, bienfaiteur genre
peuple, aura à redresser.
de son
Il en était de la propriété,
écoles nationales;
comme des
nous voulions prendre
parmi les peuples civilisés,
rang
d'écoles
nous n'avions pas
nationales; ; nous voulions introduire
chez nousles arts et les sciences et
nous étions
privés des moyens où l'on apprend les
miers élémens des arts et des
presciences !
Depuis le commencement de notre
régénération, nos fautes politiques ont augmenté les
préventions de nos ennemis contre
ont enhardi dans leurs
nous, les
odieux préjugés ; ils
ne veulent pas considérer d'où
fantes.,
proviennent ces
, puisqu'ils en sont eux-mêmes les
premiers motéurs, ni si nous avons cherché
les moyens de les réparer et à n'y plus
ber, mais ils nous jugent
retommême
toujours avec ce
esprit de. haine et del
prévention et --- Page 108 ---
I 68 1
considèrent dans un temps passé qui est
nous
déjà loin de nous.
C'est ainsi que M. de Boigne s'égare à
qu'il croit encore avoir
chaque instant, parce
affaires aux mêmes hommes qu'ila vu en 1793,
où il a figuré dans ce pays d'une
époque
manière peu honorable pour un ex-lagislateur
du moins qui se qualifie tel (1); avenglé
ou
tous les
ses passions, il ne peut se figurer
par
(1) Ce le Borgne est renommé à Hayti par son
immoralité et ses escroqueries.
de MVoici ce que nous lisons dans un mémoire de la
Julien Raymond , un des membre distingué
commission, et que nous transcrivons mot à mot.
Le Borgne ( c'est M. Raymond qui parle ) dont
Sonthonax connaissait la profonde immoralité 2 pour
il avait témoigné le plus grand mépris, et qu'il
lequel voulu faire débarquer à Rochefort, pour avoir
avait
ordres de la commission, en faisant
désobéi aux
le Borgne, dont il
embarquer une femme perdue 5
scélérat
me dit à cette époque i Tu ne connais pas ce
comme moi ; il est capable de faire à Saint-Domingue
contre la commission , et d'organiser
une insurrection
connu à Paris, à Tabago, à
le pillage ; le Dorgne,
ses
Sainte-Lucie, à la Martinique et au Cap, par
escroqueries; le Borgne, qui revenait des Cayes chargé
du mépris et de T'exécration générale; ; qui avait
Rigaud, en lui enlevant une jeune fille
exaspéré
cette époque i Tu ne connais pas ce
comme moi ; il est capable de faire à Saint-Domingue
contre la commission , et d'organiser
une insurrection
connu à Paris, à Tabago, à
le pillage ; le Dorgne,
ses
Sainte-Lucie, à la Martinique et au Cap, par
escroqueries; le Borgne, qui revenait des Cayes chargé
du mépris et de T'exécration générale; ; qui avait
Rigaud, en lui enlevant une jeune fille
exaspéré --- Page 109 ---
t 69 ]
changemens qui ont eu lieu, ni l'étendue des
connaissances que nous avons acquises, ni les
progrès que nous avons faits dans l'étatsocial;
il croit que nous sommes encore une horde
de sauvages, sans aucune idée de civilisation,
et il est bien loin de pouvoir douter
les
que
haytiens
d'aujourd'hui ne ressemblent pas
plus à ceux de
les
1795, que
français actuels
ne ressemblent aux gaulois du sixième siècle;
bercé dans son opinion, qui flatte son orgueil,
qu'il était sur le point d'épouser ; révolté tous les
citoyens, par ses hauteurs, indigné les gens de bien
par sa conduite, et dont le conseil
avait, sous les
yeux, douze actions sur un corsaire, tandis
était juge des
qu'il
prises ; actions données par un
ciant avec lequel la délégation faisait tous les négoehés pour la république ; actions qui portaient mar- le
reçu de ce négociant, tandis que le Borgne avouait
n'avoir rien payé; le Borgne enfin, bien connu du
ministre, et qui n'avait été envoyé aux Antilles
pour piller et incendier la Jamaique, seule mission que
qui peut lui être contiée, avait été mis à la tête de
la comptabilité, avec le titre inconnu, 1 en France,
d'Agent central 2 d'immenses
maison
appointemens 2 une
magnifiquement meublée, une table splendidement servie. Aux observations que je m'étais permises, Sonthonax avait répondu:
Je conviens de tout cela; mais il n'aura le maniement d'aucune caisse, --- Page 110 ---
[ 70 1
espérances et ses principes
ses chimériques ainsi
la plapart de ses
coloniaux, il croit
que
de
compatriotes, que nous sommes dépourvus
nécessaires, pour
facultés et de connaissances
discersagesse, prudence et
nous dirigeravec
nous nous
nement dans nos affaires publiques;
donc dans la nécessité de les désatrouvons
d'autant qu'ils se fondent
buser entièrement,
nous
sur notre prétendue ignorance pour
entraîner dans leurs pièges, et pour nous
démarsuggérer des fausses et dangereuses leurs
faciliteraient Y'exécution de
ches, qui
projets criminels.
donner le
On ne peut, dit M. de Boigne,
haytien,
nom de monarchie au gouvernement
Tautorité militaire y fait la loi.
car
des bourreaux de calomC'est la coutume
militaire
nier leurs victimes ; si l'autorité
quelquefois à Hayti sur le civil,
prédomine
doit en attribuer la
on ne peut et on ne
notre état de guerre perpétuelle
cause qu'à
une
avec les français. Pourquoi nous reprocher
nous avons été placés
situation dans laquelle
eux-mémes,qu'ils ont créée et nécessitée?
par
ressemble pas mal aux
Cette assertion ne
crimes de la traite qu'ils ont excités et payés,
militaire
nier leurs victimes ; si l'autorité
quelquefois à Hayti sur le civil,
prédomine
doit en attribuer la
on ne peut et on ne
notre état de guerre perpétuelle
cause qu'à
une
avec les français. Pourquoi nous reprocher
nous avons été placés
situation dans laquelle
eux-mémes,qu'ils ont créée et nécessitée?
par
ressemble pas mal aux
Cette assertion ne
crimes de la traite qu'ils ont excités et payés, --- Page 111 ---
[ 91 j
et qu'ils reprochent ensuite
africains
aux infortinds
qui en sont les victimes.
Mais il n'en est. pas moins vrai
gouvernement, par la constitution que notre
bution des pouvoirs,
et la distritiellement
est une monarchie essentempérée ; le meilleur
ment, suivant les plus célébres
gouvernene prétendons pas ici discuter legister, Nous
meilleure forme de
quelle est la
despotique, du
gouvernement, soit du
monarchique ou du démocrauque; l'histoire et l'espérience du siècle
démontrent par des exemples
nous
peuples prosperent
vivans, que les
sous tous les genre, de
Rouverneont.qumnd ceux qui en
rênes sont sages, justes, éclairés tiennentles
et bienfaisans.
L'Autoerate de toutes les Russies, le
gnanime et généreux
maempereur Alexandre fait
prospérer ses nombreux sujets par la
et la douceur de son
sagesse
de ses vastes domaines, gonvernement; et àcôté
s'écroule
Fempire du croissant
sous le poids du
l'ignorance des sultans
despotisme et de
: l'immortelle
terre, sous' l'égide de la monarchie Angletionnelle, est'
constituparvenne au plus haut
de
gloire, de bouheur et deu
degré
peuple Puisse souhaiter;
puissance, qu'un
: et à côté d'elle, sa --- Page 112 ---
L 72 J
éternelle s'efforce de limiter, en voulant
tivale
mais c'est en vain
marcher sur ses traces ;
elle
s'évertue pour l'atteindre, car
qu'elle
sagesse qui ne
manque de cette antique
d'une charte constitutionnelle,
provient pas
de la morale, des moeurs et
mais du temps, 9
de l'expérience de la nation Britannique.
vingt-cingansl les français ont essayé
Depuis
ils ont
toutes les formes de gouvernement; de la
de la monarchie à la république,
passé
à l'anarchie la plus profonde, de
république
oriental, enfin du
T'anarchie au despotisme
ils sont revenus à la monarchie
despotisme
inconstant et
constitutionnelle : ce peuple
démontré qu'il ne pouvait supporter
léger a
mais qu'il lui fallait un
aucun gouvernement,
à
de fer pour le contenir et le ramener
joug
à la morale et aux bonnes moeurs.
la religion,
règne avec la
En Espagne, le despotisme
d'une
monarchie; et à Naples le peuple jouit
paterhelle, sous un même gouadministration l'Espagne, et sous un prince
vernement que
Les Eot-UmisdAmérique
dela mémefamille.
le bonheur et la
prospérent en république ;
feraient
dont jouissent ces pays nous
prospérité
quasimens
le ramener
joug
à la morale et aux bonnes moeurs.
la religion,
règne avec la
En Espagne, le despotisme
d'une
monarchie; et à Naples le peuple jouit
paterhelle, sous un même gouadministration l'Espagne, et sous un prince
vernement que
Les Eot-UmisdAmérique
dela mémefamille.
le bonheur et la
prospérent en république ;
feraient
dont jouissent ces pays nous
prospérité
quasimens --- Page 113 ---
L 75 )
quasiment bien augurer de ce genre de gouvernement; sil'exemple des républiques Fran=
çaise, de Hollande, de Vénise, de
ne nous instruisait
Gènes, etc:
ce que c'est qu'une république: Il importe donc
forme
peu quelle est la
et la dénomination des
gouvernemens
pour rendre les peuples heureux ; le point
essentiel, etquenousiadiquels
est
les
xraiepolitique,
que
gouvernans soient sages, justes,
éclairés et bienfaisans, , et que les gouvernés
ayent de la religion, des vertus et des bonnes
moeurs !
En effet, à quoi servirait la constitution la
plus sage à des hommes vicieux et
dont on ne corrigerait pas d'abord corrompus les vices :
Appliquez la constitution de
l'Angleterre à la
Turquie 3 vous verrez le bon effet qu'elle
pourra faire sur l'esprit du sultan et des
Il 1 faut donc commencer
turcs!
national, des
paravoir un caractère
moeurs et des vertus qui doivent
servir de base à la loi; et sans leur
le législateur n'élevera
secours, 2
chancelant
jamais qu'un édifice
et toujours prêt à s'écrouler.
A Hayti, nous avons aussi bien
autres états
que dansles
policés, une constitution, des
institutions et des lois ; le code immortel et
K --- Page 114 ---
L 74 d ]
le nom de notre auguste Sowsénéré qui porte
; tous
verain, régit nos villes et nos campagnes milicivils, administratifs et
les pouvoirs
etle Roi lui-mème ne
taires y sont soumis;
au-dessus des
se croit pas et ne se met pas défenseur et
lois, dont il est le législateur, le
ferme
; le Roi ne peut laisser
le plus
appui
ouvrage;
tomber dans le mépris son propre
SCS titres à la gloire et àl'immortalité!
à
les assertions de M. de Boigne,
Malgré
fait la loi ; le pouvoir
Hayti le Code Henry
militaire y est soumis ; s'il prédomine queldans les aflaires pobliques 2 2 comme
quefois l'avons déjà dit, c'est dans des circonsnous
menacée, exige des mestires
tances où la patrie
de sûreté et de salut public.
promptes En effet, il est bien difficile et presqu'imde pouvoir faire régner les lois, lorspossible
un ennemi
qu'un peuple entier est menacé par
d'une extermination totale ;
cruel et barbare
la défense de
lorsque tout est en armes pour
ses foyers, de sa libertéet desonindépendance
le mieux réglé penAlors le gouvernement
dex
lui dans l'arbitraire ; la police
che malgré
plus active et plus
vient plus sonpçonneuse,
des aflaires est
sévère ; le cours ordinaire
les lois, lorspossible
un ennemi
qu'un peuple entier est menacé par
d'une extermination totale ;
cruel et barbare
la défense de
lorsque tout est en armes pour
ses foyers, de sa libertéet desonindépendance
le mieux réglé penAlors le gouvernement
dex
lui dans l'arbitraire ; la police
che malgré
plus active et plus
vient plus sonpçonneuse,
des aflaires est
sévère ; le cours ordinaire --- Page 115 ---
[ 75 1
interrompn ; tout souffre, tout s'altère ; les
personnes et les propriétés sont
des
frappées par
réquisitions ; un mouvement
se commuique au corps de la nation. général
taires , commerçans,
Milimanufacturiers et
culteurs, hommes, femmes,
agrilards, les
9 enfans, , vieilvilles
étrangers mêmes qui habitent nos
se ressentent plus ou moins de cet état
violent ; alors le
en opposition
gouvernement se trouve
avec les lois ; il ne
pas , il en gémit, mais dans
l'ignore
nécessité, le salut du
cette cruelle
peuple estlasupréme loi.
Aussitôt que cet état diminue, les lois
prennent leur empire; la sureté, la
redes personnes et des
sécurité
chacun reprend
propriétés renaissent 7
ses travaux accoutumés, sans
cependant s'endormir sur une paix
ayant toujours l'oeil ouvert
apparente,
l'occupe le plus ; la
sur Tobjet qui
droits, de sa liberté et de conservation de ses
son
Phaytien ne se livre au sommeil indépendance;
main sur la
de
qu'avec la
poignée son épée (1).
(1) Cette situation est si
particulier est comme un véritable vraieique chaque maison de
des lits, on y voit des fusils, des arsenal, aux chevets
des épées, des poignards et des pistolets , des sabres,
à l'apparition de l'ennomi, torches, pour incendier --- Page 116 ---
D 76 ]
Chez les anciens, lorsque la patrie était menacée d'un grand danger, on nommait un dictateur pour donner plus de force, de vigueur
et de célérité à l'action du gouvernement; ; aucun légiste n'a pu blâmer cette mesure qu'exigeait le salut public 3 parmi les modernes a
lorsqu'une nation est menacée d'un danger
imminent , on proclame la Loi Martiale ;
même. qu'il faut toujours citer
en Angleterre
Tacte de
en fait de législation, on suspend
THabeas Corpus, le rempart des libertés de
la nation. N'est-ce pas sous un gouyernement
militaire, dictatorial, et le plus absolu qui fut
jamais, que les français ont pillé et dévasté
les armées des
l'Europe ? en France, lorsque
alliés envahissaient la Flandre 3 l'Alsace, la
le pouvoir civil
Champagne et la Bourgogne,
faisait il la loi ? Cette situation où s'est
trouvé le propre pays de M. de Boigne, au4
rait dû rectifier son jugement sur le nôtre.
il fallait être juste, et
Pour bien nous juger,
se mettre à. notre place ; mais cette règle,
qu'elle est, n'est pas celle
toute simple
les notions de la
des ex-colons ; toutes
effacées dans les idées de cette
justice sont
classe d'homme à part du genre humain,
Champagne et la Bourgogne,
faisait il la loi ? Cette situation où s'est
trouvé le propre pays de M. de Boigne, au4
rait dû rectifier son jugement sur le nôtre.
il fallait être juste, et
Pour bien nous juger,
se mettre à. notre place ; mais cette règle,
qu'elle est, n'est pas celle
toute simple
les notions de la
des ex-colons ; toutes
effacées dans les idées de cette
justice sont
classe d'homme à part du genre humain, --- Page 117 ---
[ 77 1
par leur orgucil et leurs préjugés; tout
cux, rien pour les autres 7 voilà la pour
la moraleet lajustice des ex-colons règle 2
leur un autre
; parlezlangage 2 ils n'entendent
que le leur, tant l'empire de l'habitude est
puissant chez eux.
Pour juger la situation politique de notre
gouvernement, il fallait donc considérer
nous n'avons pas cessé un seul instant d'être que
inquiétés par les français ; il fallait considérer
toutes les horreurs, > les eruautés, lesinjustices
et les perfidies qu'ils nous ont fait éprouver
il fallait enfin considérer
;
que nous avons été
constamment dans l'urgente et impérieuse
nécessité de nous mettre en état de prévenir
et de braver leurs odieuses menaces de
exterminer ou de nous replonger dans l'escla- nous
vage, en nous livrant aux travaux etaux choses
les plus pressées 2 les plus indispensables et
les plus essentiels à notre salut et à notre
conservation.
Pour cet effet, nous avons été dans la nécessité de construire sur le sommet des montagnes les plus inaccessibles des citadelles
imprenables, pour faire rendre notre grosse
artillerie et son matériel, ainsi que les
appro- --- Page 118 ---
[ 78 I
visionnemens de bouche et de guerre, pont
plusieurs années ; il a fallu maintenir sous les
drapeaux, nourrir, habiller et entretenir,
mille hommes de troupes de ligne;
cinquante
nombreuse a été contiune milice encore plus
dela culture
nuellement détournée des travaux
et des manufactures, , soit pour passer les
dans les manceuvres et le
revues ou s'exercer
seconder les
maniement des armes , soit pour
de ligne, dans les travaux des fortifitroupes dans le transport à bras d'hommes,
cations,
dans des chemins difficiles, de l'artilleric,
des munitions de bouche et de guerre, pour
des places
l'armement et Tapprovisionnement
l'on considère donc le nombre
fortes. Que
relativement à notre
immense de bras,
été dans
population 2 que nous avons
nécessité de détourner de l'agricull'urgente
et de l'industrie, tant
ture,. du commerce
ces
le recrutement de l'armée que pour
pour
l'on considère en outre
différens travaux ; que
nous avons
que, malgré ces détournemens, dans le port seul
pu charger en sucre, café,
plus de
l'année 1817,
de la Capitale, pendant
étranger;
bâtimens du commerce
cent cinquantel
doitétendre pegentandhemmaliciem
cequi
ricull'urgente
et de l'industrie, tant
ture,. du commerce
ces
le recrutement de l'armée que pour
pour
l'on considère en outre
différens travaux ; que
nous avons
que, malgré ces détournemens, dans le port seul
pu charger en sucre, café,
plus de
l'année 1817,
de la Capitale, pendant
étranger;
bâtimens du commerce
cent cinquantel
doitétendre pegentandhemmaliciem
cequi --- Page 119 ---
[ 79 1
bre pour Hayti, de quatre à cing cents bâtimens. D'aprés ces différens aperçus,l'on
pourra
juger quels ont dû être les prodigieux efforts
du peuple haytien et de son gouvernement,
et au lieu de nous faire aucun reproche
notre situation, et de nous demander
sur
nous
pourquoi
ne sommes pasplus avancés, il me semble
que nous devrions mériter
quelques doges et
quel'on devrait nous
demanderpintit comment
avons nous pu faire tant de choses et surmonter tant d'obstacles, pour être
au taux actuel !
parvenus
M. de Boigne. affirme qu'ilr'eriste à
Hlayti
aucune institution publigue d'éducation ni
pour les arts ni pour les sciences ni
de T'humanité
enfaveur
souffrante et malheureuse
erfin rien de ce qui honore les nations civi- $
lisées et leurs gouvernemens.
11 est vrai que nous n'avons'
des académies, des
pas encore
lycés, des collèges et des
universités, des maisons d'éducation
les jeunes demoiselles, des
pour
les
hospices pour
pauvres et les enfans trouvés, des hôtels
des invalides, batis et dotésàl'instarde
ceux de
Greenwich, s de Chelsea, de Berlin et
de Paris, monumens qui immortalisent --- Page 120 ---
[ So j
Thumanité et la gloire des rois Guillaume;
Fréderic et Louis XIV. Il est bien
Stuart,
n'avons pas encore eu tous ces
vrai que nous
les peuples anétablissemens qui distinguent
ciennement civilisés ; mais nous les aurons
l'on daigne donc considérer,
un jour : que
quinze ans, et il a
nous n'avons encore que
fallu des
matianeeme
nations, avant d'avoir pu créer, édifier
autres
ces sortes d'établissemens.
et perfectionner militaires suffisent à nos beNos hôpitaux défenseurs de la patrie y
soins actuels; les
alimentés.
sont vétus, traités 7 soignés et
chaire de médécine ct d'anatomie a été
Une
la médeinstituée dans la Capitale; Thygiène,
et la chirurgie y sont ehseignés;
cine clinique
sciences si nécessaires à la conservation
ces
pas manquer d'y
de l'homme ne pourront
faire les plus grands progrès.
Sans doute, le temps viendra oû nous aurons
aussi notre hôtel des invalides: un Souverain
comme le nôtre, est le père du
éclairé qui,
qui doit son
soldat, une nation guerrière
et à
existence civile et politique au courage
ont verséleur
la bravoure de ses armécs, qui
sang
cine clinique
sciences si nécessaires à la conservation
ces
pas manquer d'y
de l'homme ne pourront
faire les plus grands progrès.
Sans doute, le temps viendra oû nous aurons
aussi notre hôtel des invalides: un Souverain
comme le nôtre, est le père du
éclairé qui,
qui doit son
soldat, une nation guerrière
et à
existence civile et politique au courage
ont verséleur
la bravoure de ses armécs, qui
sang --- Page 121 ---
[ 81 1
sang pour se créer une patrie; cette patrie;
dis-je, ne pourra être jamais assez ingrate.
pour refuser des secours et un asile au généreux
guerrier qui aurait perdu, dans les
une
combats,
jambe, un bras, un ceil, à son service,
et qui, rendusur ses vieux jours, sans moyens
d'existence etincapable de travailler, se verrait
réduit dans la triste et cruelle nécessité de
mandier le pain de la misère àla porte de
l'étranger ou de l'orgueilleux citadin,
jouit du fruit de ses travaux et de son $ qui
répandu !
sang
Les hospices pour les pauvres et les enfans
trouvés, indispensables pour. l'Europe, quoique
nécessaires aussi pour nous, n'ont pasle même
degré d'utilité, à cause de la douceur de notre
climat et de la fertilité de notre territoire,
où le manque de vétement et de nourriture
ne se fait presque jamais sentir, à moins
lion néglige absolument l'agriculture.
que
Nous pouvons donc sagement reculer ces
sortes d'établissemens qui ne pourraient nous
être utiles que pour renfermer les condamnés
ei les femmes de mauvaises vies et moeurs.
L --- Page 122 ---
E 82 1
Mais ce qui nous cst indispensable, et que
he
ni ne devons reculer davannous
pouvons
étendré
tage, ce sont nos éablissemens, pour
l'instruction publique, pour amé
et propager
C'est-là que
liorer et changer nos moeurs.
monstredel'esdavage et
nous devons frapperle:
delignorancedans: ses derniers retranchemens.
Une nation, a dit un célébre écrivain ; une
de ses vices $
nation ne se corrigera jamais
désirer avec ardeur un changement; et
sans
elle ne peut souhaiter un changement qu'auses lumières la mettent à portée de
tant que
connaitre ce qui lui manque, et de comparer
situation
à une autre situation
sa
présente
les
avantageuse. Si elle ne connait pas
plus
de la société,
vérités les plus importantes
sa fin et les moyens, en un mot,
son objet,
d'assurer le bien public et
les plus capables
hazard des
de faire fleurir l'état, elle fera au
sanslarendre moins malheuchangemens qui,
la nature de scs
reuse, ne feront que changer
elle s'accoutumera à croupir dans sa
maux;
misère; et faute de savoir prendre un parti,
elle deviendra enfin incapable de se corriger.
éprouvera en vain les
Un peuple ignorant
événemens les plus favorables, il ne sait
son objet,
d'assurer le bien public et
les plus capables
hazard des
de faire fleurir l'état, elle fera au
sanslarendre moins malheuchangemens qui,
la nature de scs
reuse, ne feront que changer
elle s'accoutumera à croupir dans sa
maux;
misère; et faute de savoir prendre un parti,
elle deviendra enfin incapable de se corriger.
éprouvera en vain les
Un peuple ignorant
événemens les plus favorables, il ne sait --- Page 123 ---
à
1 [ 83 1
profiter de rien : au milien des
nécessaires pour faire des révolutions mouvemens
duire le bien, il obéit à la
et prode la
fortune au lieu
diriger , et il ne sera que las,
et fatigué; ; il est sans
ennuyé
sans idées du
voeux, sans projets,
le
mal, du bien, du mieux ; et
poids de l'habitude le
point Où il était
ramenera au méme
auparayant.
Le gouvernement
a donc suivi
réparateur du roi d'Hayti
une marche graduelle,
prudente,
sage et
lorsqu'il a porté toute son
sur l'instruction
attention
publique; c'estavec cej puissant
moyen qu'il parviendra à
mer nos
corriger et à réformoeurs 9 et à faire
notre population
disparaître dans
de
successivement, les souillures
l'esclavage. Lel Roi, protecteur del
tion
l'instrucpublique, a créé une chambre
d'haytiens seulement,
composée
leur zèle, leur
recommandables parpatriotisme et leurs
elle est chargée du
lumières; :
plan et de la direction de
notre système d'éducation
des
nationale, du choix
règles et des livres, de la
spéciale des
surveillance:
professeurs et maitres
en général de
d'écoles, et
che
tout ce qui concerne cette bran-.
essentielle de
Nos
Tadministration de l'état.
écoles primaires et secondaires, telles --- Page 124 ---
a
[ 84 ]
nous les avons maintenant d'établies dans
que les différentes villes du royaume, sont insuffisantes pour former des hommes capables de
manier les affaires publiques; et sans doute,
M.lel Borgne de Boigne, serait bien fàché si nous
nous arrêtions au milieu de notre course; lui
qui emprunte le masque de la modération, de
la justice et de la bienfaisance même, pour
affrmer que notre administration était encore
dans son enfance:
C'est en nous livrant al'éude des sciences,
dans nos collèges et dans nos universités,
nous apprendrons à connaitre l'homme,
que
selonles vues du Créateur;
et à nous gouverner
des
c'est-là, que nous apprendrons; 9 par l'étude
lois naturelles, à étendre et à développer nos
facultés intellectuelles!
Lois respectables et sacrées, qui ne font du
humain qu'une seule et même famille,
genre
de
qui établissent une réciprocité d'égards,
procédés et de bienveillance mutuelle entre
tous les hommes, tousles gouvernemens, tous
les peuples, n'importe à quelle couleur ou à
quelle nation ils appartiennent ! Lois fondées
sur la justice et Téquité, qui nous enseignent
que tous les hommes sont égaux, que tous les
ono
à développer nos
facultés intellectuelles!
Lois respectables et sacrées, qui ne font du
humain qu'une seule et même famille,
genre
de
qui établissent une réciprocité d'égards,
procédés et de bienveillance mutuelle entre
tous les hommes, tousles gouvernemens, tous
les peuples, n'importe à quelle couleur ou à
quelle nation ils appartiennent ! Lois fondées
sur la justice et Téquité, qui nous enseignent
que tous les hommes sont égaux, que tous les
ono --- Page 125 ---
-
[ 85 1
Souverains entr'eux,
et que le roi
grands et petits sont frères,
ter
d'Hayti, ne peut et ne doit traiavec le roi de France
pied, d'égal à
que sir le même
égal, de Souverain à
C'est par l'étude des lois,
Sourerain!
drons aussi à
que nous apprencomnaitre età approfondir les règles du droit
intérieur
public, ou autrement - l'ordre
établi dans l'état
vernement;
par chaque gounous apprendrons à aimer, à
fectionner, à exécuter les lois
perde l'état, telles
fondamentales
que celles qui
dité du trône, la
réglent P'héréreligion, la police, 7 la
tice, les finances, le
juscommerce, la
et
navigation
l'agriculture : le Lonheur et le
familles
repos des
exigent aussi l'étude des lois citiles,
qui règlent les contrats et les
naissent entre. les
engagemens qui
part ticuliers.
du peuple
Lindépendance
haytien, le maintien et
de la dynastie
l'existence
que nous avons choisie
régner sur nous ; notrebonhenr
pour
périté futurs
ct notreprose
dépendent de nos étides ct
nos progrès dans la science de la
de
En effet, sans avoir fait
legislation.
étude
préalablement une
particulière et approfondie des lois --- Page 126 ---
[ 86 1
avoir
comment pourrions. - nous
des nations,
d'habiles
de sages et de profonds politiques, instruits
économistes, de savans diplomates
nement, et dans la diplodans l'art du gouver
? Comment pourrions - nous
matie des cours
de conduire
avoir des honimes d'états capables
avec la sagesse, la prules affaires publiques,
capables
dence et l'habileté qu'elles exigent ;
les droits du trône et dela nation,
de défendre
sortes
et de rédiger les différentes
de concevoir
étrangers,
de traités avec les gouvernemens
dans les termes et les formes usités; capables
lumières et leur sagacité, de gapar leurs
et
rantir et de préserver leur gouvernement
des pièges et des atteintes qu'un
leur pays,
foi pourrait
ennemi insidieux et de mauvaise
insérant dans un traité une
leur tendre, en
ou par le
clause insidieuse ou équivoque 2
locution captieuse et amphibolomoyen d'une
interpréter
voudrait en temps et lieux,
gique,
aurait été mal entendu,
en sa faveur, ce qui
et se réserver par
mal conçu et mal rédige,
le
de
, le moyen ou
prétexte
ce subterfuge
violer la paix, et
pouyoir rompre le traité,
dans un traité une
leur tendre, en
ou par le
clause insidieuse ou équivoque 2
locution captieuse et amphibolomoyen d'une
interpréter
voudrait en temps et lieux,
gique,
aurait été mal entendu,
en sa faveur, ce qui
et se réserver par
mal conçu et mal rédige,
le
de
, le moyen ou
prétexte
ce subterfuge
violer la paix, et
pouyoir rompre le traité, --- Page 127 ---
[ 87 1
allumer la guerre dans des circonstances
lui seraient favorables
qui
(1).
Sans études, il nous serait également impossible d'avoir non plus des jurisconsnltes,
des juges habiles et éclairés, capables d'exercer les hautes et saintes fonctions de la
magistrature. Les lumières naturelles sont insuf-
(:) Les français croyaient tellement
tromper sur la véritable
pouvoir nous
le système absurde de M. acception Malouet des mots, que
pareil
était bâti sur un
échafudage ; ce Nestor des colons voulait
l'on substituat au mot
que
afin d'ôter l'idée d'un eiciave,lappellation homme
de non libre;
laisser la chose; Dauxion
enchainé, mais de
M. Malouet,
la Lavaysse, à l'imitation de
proposa restauration de la
gaise dans l'ile d'Hayti,au lieu de l'abolition coloniefran- de lindé
pendance qu'il demandait effectivement,
le mot restaurer, représente à l'idée l'action parce de que
l'état, tandis qu'il le détruisait; un autre
rétablir
pouvons pas nommer sans rougir, demandait que nous ne
pendance des droits, au lieu de l'indépendance
l'indévoulait jouir des droits de sujet et de
d'Hayti; i
et ne voulait pas de l'indépendance eitoyenfrangaisy du
Fontanges et eonsorts ont voulu
payr. M. de
quement, que notre état
prouver mathématid'indépendance actuelle était
fietive,etqu'en rentrant sous la domination de la
elle seroit une indépendance réelle, Je ne finirai France, s'il
fallait rapporter toutes les niaiseries que. les
pas
nos fréres devant Dieu et devantl la
ex-colons et
en usage, et consignés dans leurs écrits, République, ontmis
Aous tromper etnous entrainer dang leurs pour filets; pouroir
que notre état
prouver mathématid'indépendance actuelle était
fietive,etqu'en rentrant sous la domination de la
elle seroit une indépendance réelle, Je ne finirai France, s'il
fallait rapporter toutes les niaiseries que. les
pas
nos fréres devant Dieu et devantl la
ex-colons et
en usage, et consignés dans leurs écrits, République, ontmis
Aous tromper etnous entrainer dang leurs pour filets; pouroir --- Page 128 ---
I 88 I
débrouiller le cahos des matières
fisantes pour
il faut encore posséder
civiles et criminelles;
discerles connaissances positives pour savoir
de celui
ne l'est pas,
ner un cas douteux
qui
saroirdistinguer) les lois naturellesd'avec
ilfaut
émanent de Dieu ou de
les lois arbitraires, qui
l'origine
Phomme; enfin, il faut connaitre
en faire
et l'esprit des lois 7 pour pouvoir
Tapplication.
à un haut degré
Nous ne pouvons parvenir
de civilisation, et nous ne pouyons prétendre
peuples civilisés,
d'occuper notre rangparmiles à l'étude des
qu'en nous livrant entièrement
monde policé; car comlois qui gouvernentle
ce que nous
pratiquer
ment pourrions-nous
connaitrions pas ? Comment pourrionsne
l'on respectàt nos droits, si
nous exiger que
les droits
nous-mèmes nous ne respections pas
les
d'antrui ? Et comment ierions-nous peur
si nous ne savions pas nous respecter
respecter,
Téude des lois nous connous-mêmes ? Or,
Dieu, de la morale
duira à la connaissance de
de
sont les fondemens
et de la justice, qui humaines ! Hâtons - nous
toutes les sociétés
l'étude des sciences! !
donc de nous livrer à
Élançons --- Page 129 ---
[ 8g ]
Élançons- -nous dans le vaste domaine de la
pensée ! Élevons-nous dans ces hautes
salbonmeroperededtli
régions
Divinité! Éclairés
par une étincelle de ses
un triomphe
rayons, 2 hâtons-nous; ;
éclatant sera la
de
notre
récompense
persévérance et de nos travaux ! 0 mes
compatriotes ! c'est dans l'étude des
des sciences et des arts, c'est-là lettres,
que nous
moral en
SErEs
notre faveur contre les ennemis de
T'humanité, et que nous aurons triomphés
jamais des erreurs et des absurdités
pour
depuis des siècles sur notre
qui planent
race infortunéc.
Dans l'origine de toutes les sociétés, la
législation a été l'objet des premières études
parce que c'est la science la plus
laplusutile etlap
nécessaire,
mais comme elle
paindyredieoriemae
est aussi la plus profonde et
la plus difficile, et que l'étude en est aride et
rebutante, ses progrès et son
ont été toujours plus lents perfoctionnement les
ties de la science moins que
autres parprofondes et plus superficielles. Onse livre volontiers aux artslibéraux, à la poésie, à la danse, à la
qui flattent les sens ; mais
musique,
pour se livrer
M
ile etlap
nécessaire,
mais comme elle
paindyredieoriemae
est aussi la plus profonde et
la plus difficile, et que l'étude en est aride et
rebutante, ses progrès et son
ont été toujours plus lents perfoctionnement les
ties de la science moins que
autres parprofondes et plus superficielles. Onse livre volontiers aux artslibéraux, à la poésie, à la danse, à la
qui flattent les sens ; mais
musique,
pour se livrer
M --- Page 130 ---
[ 90 j
l'étude de la législation a - 2 il
amiquement à
le bonheur de ses
faut aimer ses devoirs et
semblables !
d'avoir
Chaque peuple peut s'énorgueillir
et ses législateurs ; nous
eu ses conquérans d'avoir aussi les nôtres;
pouvons nous vanter
social,
étions-nous constitués en corps
à peine
monarque nous avons fondéun gouvernement Numa et
Tel que le sage
chique et paternel.
s'occupa de nous
Henry
le grand Alfred,
donner des
créer des institutions et de nous
sages lois !
nous avons
La forme du gouvernement que
lordre intérieur
choisi et son organisation,
différentes
avons établi dans les
que nous
del'état, prouvent
branches del'administrations
nous n'étions pas tout-à-fait
suffisamment que
à l'étude de la législation.
étrangers
considérer un instant l'état
Si l'on veut
il y a
d'abrutissement où nous étions plongés
avec notre état de civilisation
vingt-cing ans,
des efforts que nous
actuelle, on pourra juger
sans secours
avons dû faire pour avoir pu 1
livrés
abandonnés à nous-mêmes,
étrangers,
l'état
ressources, nous retirerde
a nos propres --- Page 131 ---
[ 91 ]
d'ignorance ct de barbarie où
avait
l'esclavage nous
plongés.
Jamais peuple a-t-il étd plus bas et plus
infortuné ? Jamais peuple a-t-il montré
de constance et de valeur
plus
pour
ses
révendiquer
droits ? Jamais peuple a-t-il fait plus
d'efforts et de généreux sacrifices,
venir à la liberté
pour paret à l'indépendance ?
Jamais peuple a-t-il montré plus d'aptitude
pour les arts et les sciences, et plus d'ardeur
pour les.aequérir que le peuple haytien (1)?
(r) Pour se former une juste idée de nos
dans la civilisation, les arts et les sciences, progrès il faut
toujours considérer ce que nous étions et ce que nous
sommes maintenant.
Ily a vingt-cinq ans que nous étions plongés dans
T'esclavage et la plus complète
n'avions aucune notion sur les sociétés ignorance ; nous
aucune idée du bonheur, aucune sensation humaines,
nos facultés. physiques et morales étaient
forte; 2
abruities sous le poids de l'esclavage,
tellement
qui écris ceci, je creyais que le monde que moi-même
bàma vue
finissait là.
pouvaits'étendre; mes idées étaient tellement
bornées, que les choses les plus simples m'étaient
inconcevables, et tous mes compatriotes étaient aussi
ignorans et même plus que je l'étais, s' 'il était
de l'être davantage.
possible
Aujourd'huiles; places civiles.adiginistmntives etmili-
le poids de l'esclavage,
tellement
qui écris ceci, je creyais que le monde que moi-même
bàma vue
finissait là.
pouvaits'étendre; mes idées étaient tellement
bornées, que les choses les plus simples m'étaient
inconcevables, et tous mes compatriotes étaient aussi
ignorans et même plus que je l'étais, s' 'il était
de l'être davantage.
possible
Aujourd'huiles; places civiles.adiginistmntives etmili- --- Page 132 ---
[ 92 ]
Aussitôt après avoir fondé l'indépendance,
d'instituer des
31 nous avions eu la sagesse
écoles nationales et des collèges, pour propalinstruction publique ) nous aurions eu
ger
beaucoup plus d'hommes capables,
maintenant
serions infiniment plus avancés encore
et nous
que nous ne le sommes.
ne sontoccupées que) par des haytiens,
taires duroyaume
exercen des fonctions
puisqu'aucun étranger ne peut
l'impérieuse nécessité a tout fait:
publiques à Hayti;
des livres.
la plapart se sont instruits par le secours
plusieurs qui ont appris à
J'en ai connu parfaitement
des
lire et à écrire d'eux-mémes, sans le secours
ils marchaient avec leurs livres à la main; ; ils
maitres;
s'ils
interrogeaient les passans; ; sur leurs réponses
savaient lire, ils leur priaient de leur dire ce que
signifiait tel signe ou tel mot. C'estainsi que plusieurs
à savoir lire et écrire sans le secours
sont parvenus
déjà avancés en age : ils
de l'éducation, 2 quoique
devenus notaires, procureurs, avocats, juges, D
sont
et ont étonné tout le monde par la
administrateurs,
sagacité de leur jugement; on peut donc justement
hommes ils eussent été, s'ils avaient
présumer quels
donne une
eu tous les secours et tous les moyens que
éducation classique; d'autres sont devenus peintres
d'eux-mêmes. , et ont étonné les étranet sculpteurs
d'autres sont devenus archigers par leurs ouvrages;
et ont tous réussis
éectes, mécaniciens, tisserands,
né tout le monde par la
administrateurs,
sagacité de leur jugement; on peut donc justement
hommes ils eussent été, s'ils avaient
présumer quels
donne une
eu tous les secours et tous les moyens que
éducation classique; d'autres sont devenus peintres
d'eux-mêmes. , et ont étonné les étranet sculpteurs
d'autres sont devenus archigers par leurs ouvrages;
et ont tous réussis
éectes, mécaniciens, tisserands, --- Page 133 ---
I
[ 93 3
Nousr nej
la perte de Feocinaadessaem
faite !
temps irréparable que nous avons
quinze ans d'indépendance,
d'études perdus ; quelle perte à quinze ans
table? qued'hommes
jamais regréles sciences
profonds et experts dans
nant ?
n'aurions - nous pas mainteSij'avais eu le
de mes
études, 3
Renheurdesitelcous
j'aurais possédé ces condans leurs essais ; d'autres enfin ont
mines de soufre;
exploité des
poudre à
fabriqué du salpêtre et d'excellente
canon 1 dans des moulins et des
mens semblables à ceux de
établissetout secours
I'Europe, n'ayant eu pour
que des livres de chimie et de minéralogie pour les guider !
Mais, sans contredit, l'art ou nous
plus de progrès
avons fait le
7 c'est dans l'art militaire
n'est pas étonnant,
; et cela
été
puisque depuis 1790,nous avons
presque toujours en guerre.
Dans nos premières années, nos idées sur la
étaient extrêmement
guerre
bornées; nous ne
pas l'usage des armes à feu; nous allions connaissione
péle-méle, sans ordre, armés
au combat
des sabres de bois,
avec des bàtons férés,
barrique
des broches, des cercles de
2 façonnés en guise de sabres ; nous nous
précipitions en masse sur le canon de
milliers d'haytiens
l'ennemi: : des
périssaient, victimes de
courage et de leur témérité !
leur
Nous vouldmes avoir aussi notre
inventâmes des canons de bambou artillerie, 9 nous
d'affats, furent
qui ; au défaut
placés sur des cabrouets à boeufs;
és,
barrique
des broches, des cercles de
2 façonnés en guise de sabres ; nous nous
précipitions en masse sur le canon de
milliers d'haytiens
l'ennemi: : des
périssaient, victimes de
courage et de leur témérité !
leur
Nous vouldmes avoir aussi notre
inventâmes des canons de bambou artillerie, 9 nous
d'affats, furent
qui ; au défaut
placés sur des cabrouets à boeufs; --- Page 134 ---
[ 94 1
si nécessaires, , si indispensables à
naissances
et à l'écrivain
lhomme d'état, au magistrat, affaires
s'élance dansle tourbillon des
qui
daus
ne me serais pas trouvé
Lliques ; je
nécessité d'entier dans
la dure et cruelle
m'est inconnue, , pour
une carrière qui
traits envenimés
essayer de repousser les
de I'humades ennemis de ma patrie et
le canon volait en mille pièces
mais à chaque coup
l'ennemi : je ne
et nous faisait plus de mal qu'a
donner une idée jusqu'oà
rapporte ce fait que pour
militaires.
s'étendaient alors nos connaissances la
à nos
Peu à peu nous apprimes à faire guerre différentes
dépens, et à nous battre en ligne ; nos
les planteurs, les espagnols, les anglais,
guerres avec
civiles, nous ont
les français, et surtout nos guerres dans l'art de la
fait faire des progrès considérables d'hommesd'un
guerre; de manière que la population
et
n'est composée que de vieux soldats;
certain àge trouverait bien peu qui nc soient couverts
en n'en
honorables !
de blessures les plus
nous avons
Parmi le grand nombre de maux que
des français, nous avons été compensés par
éprouvés
l'armée de Leclerc était composée
quelques biens; militaires de grands talens , de
d'une infinité de
tacticiens, des officiers
bons manauvriers, de grands
très-habiles;
très-instruits et
de génie et d'artillerie,
ou moins , de leurs
nous avons tous profité, plus
ou
combattant dans leurs rangs
leçons 7 soit en
grand nombre de maux que
des français, nous avons été compensés par
éprouvés
l'armée de Leclerc était composée
quelques biens; militaires de grands talens , de
d'une infinité de
tacticiens, des officiers
bons manauvriers, de grands
très-habiles;
très-instruits et
de génie et d'artillerie,
ou moins , de leurs
nous avons tous profité, plus
ou
combattant dans leurs rangs
leçons 7 soit en --- Page 135 ---
[ 95 ]
nité; je ne me serais
pas trouvé,
aussi embarrassé
dis-je',
que je l'ai été, pour répondre aux argumeus de nos savans
aux
publicistes,
connaissances
positives, ct à l'excellente
logique du tres-savant,
très-spirituel et trèsclairvoyant M. le Borgne de Boigne.
Mais nous n'aurions remplis
qu'imparfaicontr'eux. Aujourd'hui notre
jointe à celle
propre expérience. >
dans
que nous avons acquise, nous rendent
une proportion incomparablement plus
tous les rapports
forts, sous
possibles,que nous ne l'étions
vant; l'art de la guerre nous est devenu
auparasièges que nous avons faits ou soutenus familier; les
delles et places fortes
1 les citadémontrent
que nous avons construites, 9
suffisamment les progrès que nous
faits dans l'attaque etla défense des
avons
places,
Nous cultivons les
fonderie
mathématiques; nous avons une
royale de canons, bombes et boulets d'établie,
Nos artilleurs, bombardiers et canoniers
1 sont
excellens ; nos grenadiers et chasseurs
assaut, le
7 pour un
disputeraient aux meilleures troupes du
monde 3 pour les embuscades et harceler
il est impossible de trouver de meilleurs l'ennemi,
soldats
nos troupes légères et nos royals dahomets que
corps de cavalerie sont bien montés et bien ; disci- nos
plinés, et capables, dans l'occasion,
d'appuyer une
charge vigoureuse et brillantes --- Page 136 ---
[ 96, ]
les
tement notre objet , si en éduquant
hommes, nous venions à négliger l'éducation
des femmes ; il arriverait que nous aurions
des hommes vertueix et des femmes vicieuses,
deshommes instruits et des femmesignorantes;
doit donc s'étendre
le bienfait de l'éducation
égaleinent sur les deux sexes.
noble,
demoiselles de famille
Des jetnes
sont destinées un jour
qui par leur naissance,
chez leurs
à figurer à la cour, resteront-elles de recevoir une
parens privées des moyens "de leur illustre
éducation soignée 3 digne
naissance et de leur destination ?
surles moeurs
Lesr samunboamonigeniaduets imitent l'exemple de
pulliques ; les enfans
faiblesses, leurs
leurs mères ; ils prennehtleurs
des femmes
vices ou leurs vertus ; l'éducation l'on ne pense à l'étouche de plus près que
nous
ducation des hommes, et c'estenvain mères de que familles
voudrions avoir de bonnes
sans
économes, actives et Jaborienses, des
sages,
de la religion et
le secours de l'éducation,
mceurs.
de cette moitié du genre hu4
L'éducation
entiérement abandonnéeà
main, a toujours été
Hayti;
prennehtleurs
des femmes
vices ou leurs vertus ; l'éducation l'on ne pense à l'étouche de plus près que
nous
ducation des hommes, et c'estenvain mères de que familles
voudrions avoir de bonnes
sans
économes, actives et Jaborienses, des
sages,
de la religion et
le secours de l'éducation,
mceurs.
de cette moitié du genre hu4
L'éducation
entiérement abandonnéeà
main, a toujours été
Hayti; --- Page 137 ---
Hayti;
97 )
comme dans toutes les iles
peuplées
qui sont
la
d'eslaves; faut-il chercher
vraie cause del l'immoralité
ailleurs
vation des
et de la dépramoeurs dans les colonies ? Dans sle
régime colonial, une partie du sexe était
condaminéeagémir souslepoids a
travaux forcés, etl'autre était daleschavageetdes
vir la lubricité
destinée à assouet la brutalité des ex-colons.
Des mères impudiques élevaient des
qui devaient les
filles
âge, elles avaientle ressembler; dès leur bas
coeur et l'esprit
par des exemples et des leçons corrompus
posaient à
qui les dispouvoir vivre sans scrupule et sans
remords, dans un commerce honteux,
et criminel.
illicite
Ces malheureuises victimes destinées
satisfaire les caprices et les plaisirs
pour
des tyrans
libidineux
impérieux, 9 et à leur servir de
servantes 9 ne recevaient aucune édncation
morale, mais seulement, celle
quileur était
propre, pour être habileàe exercer cetteinfame
prostitution; perpétuellement
leurs chambres,
renfermées dans
elles ne savaient que coudre,
broder, et se nouer artistement
choir; on ae leur enseignait, ni à un lire mouni à
N --- Page 138 ---
t 98 3
être admises dans
écrire; elles ne pouvaient
il
société, ni à la table des ex-colons ;
aucune
obéisfussent bétes,soumises,
fallait qu'elles
à remplir les
santes > et toujours prêtes
volontésetles caprices de cesorgueilleux tyrans.
élevées dans de tels principes 2
Des filles
mieux de vivre en concubinage
préferaient
la méprisait, que d'épouser
avec un blanc qui
des siens
était
mariage, un
qui
en légitime
aussi
dans l'abjection 7 et qu'elle méprisait
à l'imitation du blanc (1).
la Commission déléguée par le gouver-
() Lorsque
le département du Sud, componement français pour
de Kerverseau
sée de le Borgne de Boigne de Rey 2
il avait
arriva aux Cayes, y
et de Desfourneaux,
du nom de
dans cette ville une jeune personne
elle était fiancée au général
Marie Villeneuve ;
et devint son épouse après
Rigaud par ses parens 2
l'événement que nous allons rapporter. M. le Borgne eut occaPendantson séjour aux Cayes,
qu'il sut qu'elle
sion de voir cette demoiselle; et: malgré Rigaud, il résolut
était promise en mariage au général
cet
et de rompre cet hymen ; pour
de la corrompre
combattre les
effet, il fit éloigner Rigaud, et l'envoya
le
cette absence,
anglais du côté des Irois; pendant
demoiselle,
fit des propositions à la jeune
Borgne
le Borgne eut alors
elle les rejetta avec indignation;
aux Cayes,
qu'il sut qu'elle
sion de voir cette demoiselle; et: malgré Rigaud, il résolut
était promise en mariage au général
cet
et de rompre cet hymen ; pour
de la corrompre
combattre les
effet, il fit éloigner Rigaud, et l'envoya
le
cette absence,
anglais du côté des Irois; pendant
demoiselle,
fit des propositions à la jeune
Borgne
le Borgne eut alors
elle les rejetta avec indignation; --- Page 139 ---
[ 99 ]
Parci-parli, on voyait rarement
familles haytiennes
quelques
qui s'ellorçaient
les préjugés d'alors, d'avoir
malgré
Ja
de la religion, de
moralcet
résister
desmours, mais ellei ne pouvaient
voirs des long-temps à l'ascendant et aux pouex-colons, qui se livraient
ment à la plus crapuleuse
impunénaient les
débauche; suborépouses et les filles, violaient
crainte comme sans
sans
remords, toutes les lois de
recours à la mére de la jeune
en
personne qui vivait
concubinage avec un blanc; cette mauvaise
avec son
mère
complice, 2 livra de force sa fille à le
de Boigne; Rigaud de retour de l'armée
Borgne
après avoir parlé de choses
va le visiter,
dit au général
et d'autres, le Borgne
Rigaud, je veux vous faire voir
plus belle personne des Cayes
la
de n'en rien dirc à
; mais promettez-moi
mais
personne ; Rigaud le lui
quelles furent sa surprise et son
promit;
que le Boigne eût tiré le rideau, indignation, lorsà sa vue celle qui devait étre
de voir exposer
il se saisit de le
son épouse; furieux,
Borgne de Boigne 2 et voulut le
précipiter du haut de son balcon; iln'en fut
que parles cris de le Borgue de
empéché
ses collégues qui T'arrachèrent Boigne qui attirèrent
C'est ainsi
des mains de Rigaud.
que M. le Borgne de
duit dans le Sud, lorsqu' 'il était
Boigne s'est conrévêtu d'un
public, ce que nous avons déjà
caractère
trait d'immcr.lité donnent
rapporté joint à ce
et des moeurs d'un
une juste idée du carcctère
tel homme!.. --- Page 140 ---
f 100 1
Ja morale et de la justice : que dis-je, ils ne
même les droits de la nature
respectaient pas
enyers leurs enfans naturels (A).
Ce dernier degré d'immoralité et de dépravation de moeurs ne pouvait disparaitre
dans le sein d'une population
tout-à-coup,
d'escorrompue par des siècles de préjugés,
clavage et d'ignorance.
une amélioraDepuis notre régénération,
s'est opérée dans
tion sensible et graduelle
sociales; les
nos mceurs et dans nos habitudes
mariages se sont multipliés ; les préjngés barbares se sont effacés peu-à-peu ; nous nous
des souillures de l'esclavage;
sommes dégagés
mais de long-temps, nous retrouverons encore
des traces dans nos moeurs, car elles ne peutotalement qu'avecle secours du
vent changer
de l'éducation ; c'est ainsi
temps, des lois et
les
l'on trouve encore parmi les nations
que
citer nommément un grand nom-
(i) Nouspourrions sontrendus coupables d'inceste
bre de planteurs, quise contre nature : mais lhorreur
et d'autres crimes ,
ces lignes,nous emque nous éprouvons, en traçant nous en avons assez dit
péchent de les rapporter 5
de
dans
faire connaitre le degré dépravation,
pour ils étaient plongés ; tels étaient les résultats
laquelle et les fruits de l'esclavage
parmi les nations
que
citer nommément un grand nom-
(i) Nouspourrions sontrendus coupables d'inceste
bre de planteurs, quise contre nature : mais lhorreur
et d'autres crimes ,
ces lignes,nous emque nous éprouvons, en traçant nous en avons assez dit
péchent de les rapporter 5
de
dans
faire connaitre le degré dépravation,
pour ils étaient plongés ; tels étaient les résultats
laquelle et les fruits de l'esclavage --- Page 141 ---
( 101 ]
plus éclairées de l'Europe, les traces de la
féodalité, del l'esclavage de la glebe, des lois
et des coutumes 3 qui se ressentent de la
barbarie de leurs temps !
Les différens gouvernemens haytiens 7 qui
se sont succédés, se sont déclarés les protecteurs de bonnes moeurs; ils ont cherché les
moyens de les épurer , en encourageant et
en protégeant le mariage , et en fléurisssant
les vices honteux, mais ces moyens tous puissans qu'ils ant en eux-mêu e 9 n'ont pas entièrement rempli le bat quel'on s'était proposé,
et en quelque sorte ont fait naitre des
désordres encore plus grands dans la société;
aul lieu d'avoir des mères corrompues et impudiques, on a eu des épouses adultères et
souvent marâtres ; en voulant corriger des
vices on a fait naître des crimes, et le concubinage n'en existe pas moins, 2 parce que l'on
n'a fait qu'effleurer lei mal,sansl'avoir attaqué
dans sa racine.
On ne peut corriger les vices d'une nation
que graducllement, en les brusquant, on est
certain de faire naitre des abus encore plus
grands ; parce que les lois les plus sages et
les plus salutaires ne peuvent rien, sans le --- Page 142 ---
] 102 ]
de la religion et des moeurs; lorsqu'on.
secours
l'on aime et que l'on
est déjà vertueux, que
difficile de
connait ses devoirs, il n'est pas
suivre et d'exécuter les lois.
une éducation morale et verC'est donc par
des deux sexes,
tueuse, donnée aux enfans
parvenir sûrement à corque nous pourrons
c'est dans nos
riger età réformer nos mceurs;
demoimaisons d'éducation, que les jeunes
les principes de la religion et
selles puiseront
debonneheurei
de la vertu, elles apprendront
s'honorer, dei porter les titres sacrés d'épouses
elles s'auront ce qu'elles doivent
et de mères;
à leurs époux et à
aux auteurs de leurs jours,
mères sont les
leurs enfans ; et comme les
S
naturelles de leurs enfans 9
institutrices
avec leur lait, les
elles leur inculqueront
les
des vertus sociales, et
apprensemences
les
comme
dront à remplir un jour
premiers,
les plus sacrés des devoirs.
plus dans
Grâces an ciel, nous ne sommes infortunés
dhorreurs > oi nos
ces temps
servir,
enfans ne recevaient le jour que pour
dans lignominie ; ils sont
vivre et mourir
faire P'honneur ct la
maintenant destinés à
faire le bongloire de la patric ! ils doivent
les
des vertus sociales, et
apprensemences
les
comme
dront à remplir un jour
premiers,
les plus sacrés des devoirs.
plus dans
Grâces an ciel, nous ne sommes infortunés
dhorreurs > oi nos
ces temps
servir,
enfans ne recevaient le jour que pour
dans lignominie ; ils sont
vivre et mourir
faire P'honneur ct la
maintenant destinés à
faire le bongloire de la patric ! ils doivent --- Page 143 ---
[ 105 J
heur et la consolation de
embellir par leur
nos jours, s les
présence, etl leurs
tions d'un charme
conversaenfin être les
inexprimable; ils doivent
béaux
plus belles parures et les plus
ornemens de nos sociétés !
Pouvons-nous tarder encore à avoir des
établissemens pour l'éducation des
demoiselles, lorsque la vertu
jeunes
etlalienfaisance
occupent le trône d'Hayti. 0 Marie-Louise!
modèle des reines, des
Eh ! vous !
épouses et des mères!
images de vos augustes
modèles des grâces, dela beauté, dela parens,
et de la piété filiale!
douceur
vous exaucerez: nos
une cononneinmortelle
voeux!
la
et impérissable sera
récompense des institutions si utiles et si
indispensable, que vous aurez
bonheur des
fondées, pour le
familles, la prospérité etla
de la patrie !
gloire
Le peuple haytien n'est
tion manufacturière,
pas encore une naÇante ; comme les industrieuse et commerarmesàla
romains nous allons des
charrue, et dela charrue aux.
nous sommes purement
armes ;
De
militaires et. agricoles.
livrer long-temps à
nous ne pourrons pas nous
toutes les branches de lindustrie
manufacturiére et
commerçante, et comme --- Page 144 ---
t 104 3
n'ont pas suffiles nations les plus populeuses subyenir,. nous ne
samment de bras, pour y
faire qu'aux dépens de notre agripourrionslef
pour nous de
culture; il serait désavantageux
la vraie source de notre prospérité,
négliger
et de nos richesses, pour
de notre puissance devons considérer comme
un objet que nous
autre côté, comme une
secondaire; mais d'un
avoir chez elle les
doit
nation indépendante nécessité dont elle ne pouroljets depremière cas de
; notre gouverrait se passer en
guerre établissant les
en
nement a agi sagement, soufre et salpétre,
manufactures de poudre,
boulets,
dannes.fonderied de canon, bombes,
d'établissemens indispensalles
etc. ces sortes
n'ont besoin que
à la défense du royaume,
pouvoir
d'être étendus et perfectionnés, pour
besoins seulement; en ajousuffire à nos
manufactures d'objets les
tant quelques autres
suffisamment fait
plus urgens, 7 nous aurons
L'art qui
état décononiepdlitique.
pournotre
humaines, l'imprirépand les connaissances s'étend de jour en
et
merie se perfectionne
doit donc se tourner
jour. Toute notre attention
l'instructiou
le militaire" et
sur Tagriculture,
publique:
perfectionnés, pour
besoins seulement; en ajousuffire à nos
manufactures d'objets les
tant quelques autres
suffisamment fait
plus urgens, 7 nous aurons
L'art qui
état décononiepdlitique.
pournotre
humaines, l'imprirépand les connaissances s'étend de jour en
et
merie se perfectionne
doit donc se tourner
jour. Toute notre attention
l'instructiou
le militaire" et
sur Tagriculture,
publique: --- Page 145 ---
£ 105 ]
publique: de long-temps notre gonvernement
n'aurag qu'as'oecuper de ces trois grands objets;
et il ne pourra parvenir à ses fins
? qu'en
adoptant un bon système ed'économiepditinue,
qui soit bien entendu, bien raisonné et surtout bien exécuté.
Ce n'est pas le sol de T'Angleterre qui l'a
rend populeuse,, riche et florissante ; mais
c'est par son bon et excellent système d'écosoniepliàgueqwolieny parvenuede engraisser
ses sables, dessécher ses marais etàles rendre
productifs; c'est par l'emploi des arts mécaniques, des machines et des animaux, qu'elle
est parvenue à centupler ses forçes, son agriculture, son commerce, son industrie, sa
puissance et ses richesses !
: Nous nous sommes dégagés peu à peu de la
vieille, mauvaise et pernicieuse routine des.
ex-colons ; déjà l'expérience nous a pleinement
démontré qu'avec moins debras, nous pouvons
faire plus de travail et plus de revenus qu'ils
n'en faisaientzachevons de nous dégagerentidrement de tous les préjugés qu'ils avaient établis dansla culture, et qu'ils étaientintéresscs
- --- Page 146 ---
[ 106 1
ménager les intérêts de
de perpétuer, pour
intérêts coloniaux.
leur métropole et leurs
force des bras; ;
Alors tout se faisait par la
leur
était la mine abondante qui
T'Afrique
fournissaitlesn
ireawemmint
forcés, les chaines, la
périr par les travaux
tandis que les
misère, la faim et les coups;
larmes et
de leurs sueurs, de leurs
produits
fournissaient à leurs bourreaux
de leur sang, a
se procurer de
de nouveaux moyens , pour être moissonnouvelles victimes qui devaient
encore dans les champs de l'esclavage.
nées
nous
Depuis notre immortelle régénération, :
constamment éloignés de ce
nous sommes
nous n'en avons
système inique et barbare;
faisons
laissé les vestiges dans nos lois;
pas
de notre langage, de
donc disparaitre
de nos habinos mceurs; de nos usages,
manuels,
tudes sociales et de nos travaux
odieux
souvenir même de cet
jusqu'aur
de calcul de sang, de
système de barbarie,
quinspiraient la
tourmens et de destruction,
de ces odieux vampires.
cupidité et Pavarice
notre
dcwdicepededionsers
Nous pouvons
des autres nations poagriculture à l'instar
introduire de nouvelles
licées; nous pouvons
disparaitre
de nos habinos mceurs; de nos usages,
manuels,
tudes sociales et de nos travaux
odieux
souvenir même de cet
jusqu'aur
de calcul de sang, de
système de barbarie,
quinspiraient la
tourmens et de destruction,
de ces odieux vampires.
cupidité et Pavarice
notre
dcwdicepededionsers
Nous pouvons
des autres nations poagriculture à l'instar
introduire de nouvelles
licées; nous pouvons --- Page 147 ---
a
[ 107 ]
cultures, de nouvelles
bles à nos vrais
productions, convenabesoins, à l'augmentation de
subsistance et de
population; ; nous devons songer que nous ne sommes plus une colonie française, mais que nous devons nous administrer
comme un royaume libre et indépendant.
Ena appellant à notre secours les arts mécaniques, l'emploi des machines, des animaux
et des agens naturels, l'air, le feu et
nous
l'eau,
ménagerons et nous centuplerons les
forces de l'homme, et nous pourrons
en mettant en
parvenir,
pratique ces différens
à rendre notre pays le plus Leau, le moyens,
puleux, le plus riche, le
plus pohabitans jadis si
plusflorissant, et ses
infortunés, les plus heureux
du monde; semblable au Phénix, dont
avons adopté l'ingénieux emblême
nous
renaitrerions plus beau et
s nous
plus glorieux de
nos cendres.
Les essais dans tous les
jours
genres, sont toucouteux, pénibles, difliciles, et quelquefois infruetueux; mais il faut néanmoins
les tenter par les avantages immenses
l'on
peut en recueillir; et il faut avoir de la que
tanceetdela
conspersévérance, pour pouvoir réussir; ce n'est pas dans un jour que l'on forme --- Page 148 ---
L 308 ]
habile à manier le pincéau, un arun peintre
chitecte, un mécanicien, ce n'est pas non plus
dans un jour 7 que l'on forme un bon agriculteur ; et tous les essais ne réussissent pas
toujours, mais aussi cela tient souvent à des
soit d'abord qu'ons'y est
causes accidentelles,
mal pris, ou que l'on n'ait pas bien consulté
la nature des choses; le climat, les saisons,
le sol, influent sur les plantes indigènes out
ami
exotiques. Un particulier 7 philantrope,
de son pays et de ses semblables, peut faire
un noble et digne usage de ses capitaux, en
faisant des essais dans les arts et métiers, et
tournerala
dans l'agriculture, qui pourraient
gloirc et à l'avantage de sa patrie ; mais c'est
doit diri4
principalement au gouverhement qui
et protéger le corps social, qui en a les
ger
moyens et lepouvoirde faire ces sortesd'essais,
qu'un particulier si riche qu'il puisse être, ne
pourrait faire plinfiructaenetent, n'ayant
ni le pouvoir, ni les moyens d'exécution assez
étendus pour faire de telles entreprises.
Le gouvernement a tenté plusieurs essais;
semé et récolté du blé, de l'orge,
déjà on a
évide l'avoine, et nous avons eu la preuve
dente, que si nous n'avons pas joui depuis
pouvoirde faire ces sortesd'essais,
qu'un particulier si riche qu'il puisse être, ne
pourrait faire plinfiructaenetent, n'ayant
ni le pouvoir, ni les moyens d'exécution assez
étendus pour faire de telles entreprises.
Le gouvernement a tenté plusieurs essais;
semé et récolté du blé, de l'orge,
déjà on a
évide l'avoine, et nous avons eu la preuve
dente, que si nous n'avons pas joui depuis --- Page 149 ---
t 109 )
long-temps de ces produits substancicls, cela
n'a été que par la malice et les intéréts
binés des ex-colons
comavec leur métropole; les
carthaginois , pour mieux imposer leur joug
aux siciliens, leur défendirent sous peine de
mort de semerl leblé; dansle Régime Colonial,
il était pareillement défendu à
de
St-Domingue,
cultiver le bléetla vigne pour faire du vin,
sous les peines les plus sévères (1).
Faites croître des moyens de subsistance,
ont dit tous'les
économistes, et vous verrez
croitre et multiplier des hommes ! ce calcul
éminemment sage et politique, pour
menter la population d'un
augpays, ne pouvait
entrer dans les idées des ex-colons,
Laplupart des habitations étaient dénuéesde
vivres, les terres les plus ingrates, étaient réservées pour cette culture;le colon'nes voyaitjamais
que le sucre, le café, l'indigo et le coton ;
enfin les denrées coloniales,
qui pouvaient lui
donner des capitaux; ; peu lui importait, si les
(1) M. Soleil, habitant des Gonaives, ayant fait
un vin potable , en fit goûter à M. de Bellceombe,
alors gouverneur, qui, pour prix de son zèle et de
son industrie, le fit mettre en prison et, condamner
à une forte amende, --- Page 150 ---
[ 110 1
de submalheureux cultivateurs mnanquaient
de faim et de misère i
sistance, périssnient
avec
une pièce de canne de plus (dinait-il,
milliers de calé,"
un ton despotique) quelques
suffisans
d'indigo et de coton 1 seront plus que
acheter des vivres et des nigres, et jaupour
dalinemerlecommeree
rais encore l'avantage
de la métropole et la traite des esclaves.
cruel et harbare,
Ce système impolitique, habitués àn'avoir
pouvait convenir à des êtres
dicté
d'autre. calcul que cclui qui leur était
leur avarice insatiable et leur politique
par
cependant, ce système
infernale et insensée ;
s'adonner entièrement à la culture
absurde, de
de négliger la
de denrées coloniales et
si nécesculture des produits substanciels,
de
à T'existence
saires et si indispensables
l'homme, à Ia pnissance ct à P'accroissement
dela
a
proolepehanlagemae
population, enracinée, et par la force
par une rontine
hommes ont tant de
de l'habitude que les
peine à abandonner.
calculé l'étendue de
On n'avait pas encore
de
nous avions faite; que
la transition que
à Tétatd'une
Fétat de colonie nous avions passé
3 nous n'avions
nation libre et indépendante
l'homme, à Ia pnissance ct à P'accroissement
dela
a
proolepehanlagemae
population, enracinée, et par la force
par une rontine
hommes ont tant de
de l'habitude que les
peine à abandonner.
calculé l'étendue de
On n'avait pas encore
de
nous avions faite; que
la transition que
à Tétatd'une
Fétat de colonie nous avions passé
3 nous n'avions
nation libre et indépendante --- Page 151 ---
I 111 1
pas encorcsongé, qw'ayautehangeédidat, derapports etdes situation, nous devionsaussi changer
notre état d'économie politique et rurale, et
adopter un système d'agriculture, approprié à
nos nouveausbesoins, et digned'un peuplelibre!
Ce bienfait inappréciable était réservé au
roi Henry Ier; c'estlui qui, parla seule force
de son génie, s'est élevé au-dessus de ses
devaneiers, s'est frayé une route toute nouvelle, pour renverser , détruiré et effacer
succesivement, dans notre état de sociabilité,
tous les fléaux, tous les préjugés, toutes les
souillures, créés par les ex-colons, l'esclavage
ct l'ignorance. !
Grâces à nos lois et règlemens de culture,
à la sage et prudente politique de notre auguste Souverain, la culture des vivres et des
denrées est maintenant partagée; des bananeries considérables ont été établies sur toutes
les habitations; ; des plantations de vivres et
de grains de toute espèce ont cté considérablement augmentées dans les plaines et sur le
sommet de nos montagnes, dans des lieux
inaccessibles à l'ennemi. Dans cet instant,
nous cultivons avec succês les pommes. de
terre d'Angleterre; ces tubercules et d'autres --- Page 152 ---
E 112 I
consiproductions exotiques vont augmenter
de subsistance, Un
dérablement nos moyens
doit suffire à ses principaux besoins ;
peuple
il
s'il attend de l'étranger sa subsistance,
n'est plus le maitre de son existence; mais
il la lui abandonne.
L'agriculture ce premier des arts est en
honneur parmi nous ; le travail considéré
et l'oisiveté la mère
comme le pèredes vertus,
de tousles vices : cliaque année le 15 d'Avril,
oû commence la saison des plantaépoque
célébrons la fête de T'agriculture
tions, nous
tousles habitans
avec pompe et magnificence; de Sans - Souci
des campagnes des environs
font rétentir
accourent en foule au Palais,
charl'air de leurs chants joyeux; on les voit
beaux fruits, des plus belles
ger des plus
les richesses d'un
fleurs ; enfin de toutes
à LL. MM.
sol luxurieux, venir présenter
homfélicitatious, leurs yoeux et leurs
leurs
odieux tyrans pouvaient se
mages ! Si nos
s'ils pouconvaincre de leurs propres yeux;
comme par enchantevaient être transportés
de Sans-Souci, dans ce jour
ment au palais
Soumémorable, ils verraient nos augustes
verains
voit
beaux fruits, des plus belles
ger des plus
les richesses d'un
fleurs ; enfin de toutes
à LL. MM.
sol luxurieux, venir présenter
homfélicitatious, leurs yoeux et leurs
leurs
odieux tyrans pouvaient se
mages ! Si nos
s'ils pouconvaincre de leurs propres yeux;
comme par enchantevaient être transportés
de Sans-Souci, dans ce jour
ment au palais
Soumémorable, ils verraient nos augustes
verains --- Page 153 ---
U
( 115 )
verains au milieu des groupes de ces bons
laborieux cultivateurs et
et
des pères tendres
cultivatrices, comme
ils
au milieu de leurs enfans,
verraient,an lieu des êtres humains, souffrans et malheureux, dans un état
harcelé par la faim, la misère
denudité,
et
comme ils étaient antrefois
T'eselavage,
dis-je, des
; ils verraient,
hommes, des femmes et des enfaus
proprement et élégamment vêtus,
de joie, de santé et de bonheur
rayonnant
!Quel affreux
supplice ne serait-ce pas pour les ex-colons !
Personnen'entend mieux à Hayti l'économie
politique et rurale que notre
aimé Souverain
auguste et bien-
; on en peut juger par
l'ordrequ'il a établi dans ses différens
palais,
chateaux, et autres Liens de
dansles dierentesbranchese campagne 7 et
del'administration
del'état, quel le Roi administre
père de famille,
comme un bon
sage, prudent et économe,
madgré toutes les calomnies de uOS ennemis.
Faisons T'application des
exemples
le
principes et des
que
Roi nous donne à la
de la nation ! Nous le
masse
pouvons tous presque
généralement, puisque nous avons acquis
ou moins une ou
plus
plusiours propriétés !
P --- Page 154 ---
( 114 )
Que chacun établisse chez soi , ce même
d'ordre, d'économie politique et rurale
esprit
exemples
dont nous avons d'aussi grands
sous les yeux ; employons nos capitaux sageà
ment et produetivement , employons-les
faire
bonifier et à fructifier nos propriétés,à y
des améliorations de tous genres > à bâtir
des maisons saines et commodes pour nous
construisons des bâtimens et des
loger ;
faciliter T'agrimachines pour étendre et
enfin
à nos habitations
culture ;
procurons
le mobilier nécessaire, en bestiaux, cabrouets,
outils et ustensiles de toutes espèces, indispensables à la prospérité de l'agriculture ;
non -sculement, nous
en agissant ainsi, 2
bout
aurons conservé nos capitaux mais au
de deux ou trois ans , ils nous aurons
le double et le triple de leur valeur ;
produits
doublé et
et nous aurons en mème-temps
triplé les capitaux de l'état, et nous aurons
de même fourni au commerce étranger une
deux ou trois fois plus grande de
masse
ressource et de richesse.
Changeons la proposition, supposons mainlieu d'avoir employé sagement et
tenant qu'au
lesanproductivement nos capitaux, que: nous
é nos capitaux mais au
de deux ou trois ans , ils nous aurons
le double et le triple de leur valeur ;
produits
doublé et
et nous aurons en mème-temps
triplé les capitaux de l'état, et nous aurons
de même fourni au commerce étranger une
deux ou trois fois plus grande de
masse
ressource et de richesse.
Changeons la proposition, supposons mainlieu d'avoir employé sagement et
tenant qu'au
lesanproductivement nos capitaux, que: nous --- Page 155 ---
I -
( 115 )
rions employé
improductivement, à de
et de folles
vaines
dissipations, à donner des fêtes
des festins, à faire des
et
luxe et de
acquisitions d'objets de
trois
superfluité, au bout de deux ou
mois, qu'arrivera-t-il de cette conduite
aussi déraisonnable ? non - seulement
aurons dissipé nos capitaux, mais
nous
serons ôté les
nous nous
moyens de
nous aurons aussi diminuer reproductions,
celle de l'état
notre fortunc, 3
et du commerce
et
comme tous les revenus des
>
réunis
particuliers
ensemble, forment la masse des
revenus et des richesses de la nation;
une telle conduite,
; par
nous aurons été insensiblement et par degré à notre ruine
notre appauvrissement
et à
voir ! tels
sans nous en appercesont les effets du luxe et de la
prodigalité, ils entraînent la ruine de l'état,
l'appauvrissement des familles, dessèchent
toutes les sources de la prospérité
tuent la
publique,
à la
confiance, et portent un coup mortel
morale.
Jamais un bon père de famille,
et
sage, probe
écnome, ayant toutes les vertus
n'a pu être un mauvais
paisibles,
citoyen, ctjamais un
dissipateur qui en a tous les vices, n'apu faire --- Page 156 ---
( 116 )
bon citoyen ; celui qui a eu le secret de se
un
de réduire sa famille, ses enfans, tous
ruiner,
dansla misère; peut-il
ceux qui Fenvironnent
avoir rle secret d'enrichir létat, ni de contribuer à son bonheur ? le prodigue est non-seumais celui de
lement le fléau de sa famille,
la société entière.
M. le Borgne de Boigne, affirme que nos
iraient plus haut 3 s'ils étaient
revenus,
silesterres étaient mieux
mieuz-ndmimistrés:
travaillées et le commerce entre des mains
moins avides.
Nos principes d'économie politique pourront
étrange a M. le Borgne de Boigne, ce
paraitre
suivaient les ex-colons;
n'est point ceux que
d'émettre notre
mais qu'il nous soit permis
et d'éclairer nos compatriotes sur
opinion 3
de
du gouvernement
cette brancheimportante
V'état et des familles.
Fartes des deltes ( a dit un homme qui a
bouleversé le monde, et qui est tombé de
créanciers seront intéressés a
bien haut) vos
soutenir le gotisernement.
dans les
Qu'en est-il resulté ? on s'est jeté
dans de folles
plus grandes profusions 9
des dettesimmenses;
dépenscs, on a contracté
sur
opinion 3
de
du gouvernement
cette brancheimportante
V'état et des familles.
Fartes des deltes ( a dit un homme qui a
bouleversé le monde, et qui est tombé de
créanciers seront intéressés a
bien haut) vos
soutenir le gotisernement.
dans les
Qu'en est-il resulté ? on s'est jeté
dans de folles
plus grandes profusions 9
des dettesimmenses;
dépenscs, on a contracté --- Page 157 ---
- 2
( 117 )
enfin le temps est venu oti il a fallu
des chagrins cuisans, la honte et le payer,
neur ont été les résultats de
déshoncette maxime
dégradante et anti-sociale.
Le roi d'Hayti, bien dloigné de suivre
système aussi desiructeur de
un
l'oidre, de la
justice et de la morale
dans les finances
publique, a etabli.
et dans les affaires de l'état,
I'ordre le plus régulier ; le trésor
doit rien, mais au contraire fait des public ne
quand le, bien du service
avances,
trats se
l'exige; tous les conpayent aussitôt qu'ils sont
et il est défendu d'avoir des
contractés,
la confiance des
comptes arriérés ;
dans la
étrangers et des nationaux
loyauté,la probité du gouvernement
est telle qu'ils s'empressent à lui faire des
offres de fournitures immenses,
de lui vendre
s et préfèrent
plutdt qu'aux particuliers.
Rendons hommage à la vérité, au mériteet
à la vertu, lorsque l'on considère les
diflicultés et les obstacles
grandes
qu'il a fallu vaincre,
pour parvenir à notre situation actuelle; les
circonstances difliciles et délicates, où le
vernement s'est trouvé
gouconvenir,
placé; on est obligé de
que le Rois'est bien acquitté de ses
grands devoirs, et a bien mérité de la patrie ! --- Page 158 ---
( a 118 )
de bataille, il faut se trouver
Dans un jour
connaitre le parti que
dans l'action pour
il
l'on aurait pris, et pour bien nous juger,
faut se mettre à notre place et connaitre
situations oû nous nous sommes
les différentes
tronvés.
Nous avons donné une idée vraie et exacte
les institutions, , les lois
sur le gouvernement,
avons
et les mceurs du peuple haytien ; nous
idée de l'administration, des vues,
donné une
des vertus de son
du caractère personnel et
Souverain ; nous avons réfuté toutes les objeccombattu tous les obstacles, toutes les
tions,
la malice et la perversité de
calomnies, que
ennemis veulent opposer à la reconnaisnos
de
d'Hayti ;
sance du trône et l'indépendance
assis nos droits incontestables et
nous avons
détours nos fautes
nous avons avoué sans
démonet nos erreurs politiques 5 nous avons
pas absolument dépourtré que nous n'étions
nous
nécessaires pour
vus de connaissance
dans la carrière civile et politique,
diriger
les ennemis des noirs;
comme le prétendent
de
maintenant nous allons dérouler aux yeux
lecteurs les odieuses conditions 2 auxnos
nous assujettir
quelles les français prétendent
nous avons
détours nos fautes
nous avons avoué sans
démonet nos erreurs politiques 5 nous avons
pas absolument dépourtré que nous n'étions
nous
nécessaires pour
vus de connaissance
dans la carrière civile et politique,
diriger
les ennemis des noirs;
comme le prétendent
de
maintenant nous allons dérouler aux yeux
lecteurs les odieuses conditions 2 auxnos
nous assujettir
quelles les français prétendent --- Page 159 ---
( 119 )
et les concessions qu'ils veulent bien nors
faire, comme elles ont été conçues et basces
par l'auteur du nouveau système de colonisation pour Saint-Doringue; savoir:
C 10. La souveraineté impreseriptible et
inaliénable du. Roi (deFrance) sur la colonie,
par droit de propriété et dej possession ;
D 20. L'acte de soumission préalable et
authentique, par les deux chefs de la colonie,
comme relevant de la couronne de France et
de son obéissance;
>> 30. De préter au Roi et à ses successeurs
au trône, foi et hommage, entre les mains
d'un commissaire délégué à cet effet, et de le
faire renouveller, solennellement, en France
par des dépntés;
> 40. De payer au trésor royal un tribut
annuel. (La valeur en sera ultérieurement
régléc.)
3) De payer en outre au Gouvernement une
somme de soixante millions, dont les termes
de paiement seront fixés, et les motifs expliqués plus loin.
Ile BASE.
> L'obligation exigée desdits deux Gouvermens de recevoir, exclusivement, dans tous --- Page 160 ---
( 120 )
de la
-
les ports de la colonie, les bâtimens
de commerce, établie par un statut
compagnie
acte.
particulier et faisant suite au présent
IIIe BASE.
mise en
à ladite compagnie
X La
possession
de Saintde commerce par les Gouvernemens
Domingue,
des forts du Mole Saint-
> 10. De la villect
Nicolas, des forts et de la ville de St-Louis,
comme ports
dans leur étatd darmementactuel,
faire mouiller et réparer les Lâtimensde
poury
la compaguic;
Gonave,
de la Tortue et dela
>) 20: Desiles
de
aux marservir de comptoir et dépôt
pour
chandises de ladite compagnie;
D'une partie de territoire, qui serait
> 50.
et celle
déterminée, entre la Grande-Rivère
former une ligne de
de T'Artibonite 1 pour
de
démarcation entreles deux Gouvernemens
colonie. Elle deviendrait un point interla
à l'avenir toutes
médiaire qui préviendrait
contestations entre eux.
IVe. BASE.
imposée aux chefs desdits
L'obligation
s 1d.
Gouvernemens f
compagnie;
D'une partie de territoire, qui serait
> 50.
et celle
déterminée, entre la Grande-Rivère
former une ligne de
de T'Artibonite 1 pour
de
démarcation entreles deux Gouvernemens
colonie. Elle deviendrait un point interla
à l'avenir toutes
médiaire qui préviendrait
contestations entre eux.
IVe. BASE.
imposée aux chefs desdits
L'obligation
s 1d.
Gouvernemens f --- Page 161 ---
C
I 121 ]
b 10, De fairemettre la
merce,
compagnie de comagissant au nom et pour le compte des
propriétaires absens, en possession des
et des maisons qui leur
terres
appartenant à leurs
appartiennent, ou
ayant causes et héritiers.
> 20. D'employer leur autorité
détenteurs desdites
pour que les
à en faire
propriétés qui viendraient
l'aequisition ou qui
les faire valoir à titre de fermne continueraientà
en acquittent la valeur
ou de loyer,
ou le prix convenu du
fermage, aux conditions consenties,
un nouveau
d'après
réglement qui en lixeraitlemode.
Ve.
BASE.
> Au moyen de la reconnaissance
entière de droits
pleine et
reconnus et résert és à la
France, ainsi qu'ils ont étéstipulés et
et de l'exécution des
garantis,
dispositions qu'ilsrenferment, il serait accordé à la colonie de SaintDomingue à titre de concession,
>> 1o, Le droit de se régir et administrer
edlle-mône, et de faire les lois concernant
son régine intérieur, sans que ni le GouverQ --- Page 162 ---
[ 123 ]
ni celui de la compagnie
nement de France,
manière;
pussent s'y immiscer en aucune
deur
La division de la colonie en
3> 20.
indépendans l'un de l'autre,
Gouvernemens,
serait maintenue; chefs
sont à la tête
>> 30. Les deux
qui reconnu sous
seraient
de ces Gouvernemens l'un de Gouvernement
la dénomination 1
Colombien,
de Gousernement
Hattien,laure
de Saint -Domingue ;
de la partie française l'Artibonite fixerait
s 40. La rivière de
Gouvernedéfinitivement les limites de ces
La France garantirait ces limites ;
mens.
despersonnes de toutes
>> 50. L'état politique
serait ratifié;
couleurs, habitant ladite colonie,
se
Celles des
quivoutraient
a 60.
personnes
de la
France ou dans les comptoirs
fixer en
des mêmes avantages
compagnie, jouiraient
que les français >).
M. de Boigne )
Nous estimons ( ajoute
actuelles ces dispoque dans les circonstances forcément opérer le
sitions générales doivent
commerciales et
yétablissement des relations
de la France avec Saint-Dominguepolitiques
suivant lui, les conditions que
Telles sont,
de voir
nous devons accepter 2 sous peine
60.
personnes
de la
France ou dans les comptoirs
fixer en
des mêmes avantages
compagnie, jouiraient
que les français >).
M. de Boigne )
Nous estimons ( ajoute
actuelles ces dispoque dans les circonstances forcément opérer le
sitions générales doivent
commerciales et
yétablissement des relations
de la France avec Saint-Dominguepolitiques
suivant lui, les conditions que
Telles sont,
de voir
nous devons accepter 2 sous peine --- Page 163 ---
-
L 125 ]
l'Europe conjurer contre nous en faveur de
la France, pour rétablir à Hayti le fameux
statu quo ante bellum, c'est à dire la traite,
les préjugés de couleur et l'esclavage !
L'esprit humain, sans doute, estsusceptible
de toute sorte d'égarement, mais à moins
d'être insensés, comment
que
peut on s'imaginer
quedes) hommes qui ont conquis leurs droits à
la pointe de leur épée, qui ont tout le sentiment de leur dignité, de leurs forces
de leur valeur,
et
pourraient renoncer à leurs
droits, à leurs honneurs, àleur patrie,
aller gratuitement au-devant des
pour
chainès, et
se livrer pieds et poings liés à leurs odieux
tyrans.
Ne faut-il pas que M. de Boigne et ses
panégyristes soient
et
Bapredolepniderendige
d'aveuglément 2 pour avoir pu se bercer
dans de telles chimères ?
Mais ce qJui est
incompréhensible et incroyable, c'est que M. le Borgne croit
que nous
sommes des aveugles nés; il ne s'est pas méme
donné la peine de cacher ses vues ultérieures,
ses plans
machiavéliques ; et en voulant
convaincre le gouvernement
français et les
ex-colons de la bonté et de l'efficacité de
son. --- Page 164 ---
[ 134 1
systême; il nous y insinue avec eux, et nous
dans la main le fil de sa trâme; il est
met
ses passions et ses
tellement aveuglé par
coloniaux; qu'il est persuadé . que
préjugés
rien
nos sens obtus et grossiers, ne pourront
discerner ni comprendre, de la profondeur
de ses vues et de ses moyens.
En effet, exposer aussi clairement à nos yeux,
horrible, un calcul de destruction,
un plan
s'il était
de erime et de perfidie; un plan qui,
nous s contient tous les
suivi et adopté par
élémens qui nous entraîneraient dans une
destruction totale et certaine, et vouloir après
cela nous persuader 3 que ce n'est pas une
croisade armée quiil propose contre nous ;
c'est une croisade de bienfaits !
mais que
le comble du délire et de la
n'est-ce pas là,
scélératesse coloniale !
aurions abandonnéce fratras, ce tissu
Nous
de crimes et de mensonges, au profond mépris
si nous n'étions dans Purqu'il nous inspire,
nécessité d'éclairer l'opigente et impérieuse
de P'Europe.et de l'Amérique,
nion publique
véritable situation et sur la nature
sur notre
de nos différends avec les français.
D'ailleurs comme on pourrait présumer que
comble du délire et de la
n'est-ce pas là,
scélératesse coloniale !
aurions abandonnéce fratras, ce tissu
Nous
de crimes et de mensonges, au profond mépris
si nous n'étions dans Purqu'il nous inspire,
nécessité d'éclairer l'opigente et impérieuse
de P'Europe.et de l'Amérique,
nion publique
véritable situation et sur la nature
sur notre
de nos différends avec les français.
D'ailleurs comme on pourrait présumer que --- Page 165 ---
I 125 ]
nous ne sommes animés contre la France
par un esprit d'obstination, de haine ue
et de
vengeance > et que cet esprit joint à l'intime
conviction que nous avons de nos forces, et
qu'elle est dans l'impossibilité absolue de
nous vaincre par la force des armes, sont les
seules causes qui nous portent à rejetter
d'avance toutes les ouvertures et les offres de
conciliation, qui peuvent nous être faites
directement ott indirectement ; tandis
nous ne sommes animés que du soin d'une que
juste et légitime défense, de notre
tion, de la garantie de nos droits, conserva- de
notre
liberté et de notre indépendancé,
c'est la France
tandis que
qui par une longue suite de
perfidies, non
dans
interrompues, 9 nous a placés
une situation forcée, et tracé elle-méme
la politique que nous suivons à son égard,
Ces puissantes considérations nous obligent
à continuer la tâche
que nous avons entreprise.
La France, a dit M. de
les
Boigne, est épuisée
par
contributions
étrangères, 9 la France
est occupée par les armées
trouve dans
alliés, 9 et se
l'impossibilité d'entreprendrenune
nouvelle expedition contre St-Domingue,
l'entrainerait
qui
encore dans des dépenses consi- --- Page 166 ---
[ 126 1
inventons donc un
dérables et ruineuses ;
pour queStnouve eau système decolonisation.
de la
Domingue même vienne au secours
France; faisons intervenir entre les haytiens
nouvel ordre de choses qui nous
et nous,un
aidera àréparer et à récupérer nos finances,
donnera tous les moyens de pouvoir
et nous
et sans secousses
nous ressaisir 7 sans danger
violentes, deSt-Domingue ! -
C'est à ce titre, que M.lel Borgne de Boigne
nous devons renoncer à nosdroits
prétend que
réclame un tribut
de souveraineté, et qu'il
soixanie millions de contributions s,
annuel,
lecommerce exclusif, la cession d'une portion
d'iles, villes, places fortes,
denotre territoire,
etla remise des soi-disants biens, des ex-colons.
Nous allons examiner la nature de ces cesqui en résulsions et les funestes conséquences
si nous venions à avoir le malheur
teraient,
d'acquiescer à une seule de ces propositions!
avouent eux-mémes
Lorsque nos ennemis
ce n'est que le manqne absolu de moyens
que
d'employer la force, pour se
qui iles empèche
nous
ressaisir de Saint-Domingne; 3 lorsqu'ils
eux-mèmes les plans et les moyeus
dévoilent
cmployer, lorsartificieux qu'ils comptent
funestes conséquences
si nous venions à avoir le malheur
teraient,
d'acquiescer à une seule de ces propositions!
avouent eux-mémes
Lorsque nos ennemis
ce n'est que le manqne absolu de moyens
que
d'employer la force, pour se
qui iles empèche
nous
ressaisir de Saint-Domingne; 3 lorsqu'ils
eux-mèmes les plans et les moyeus
dévoilent
cmployer, lorsartificieux qu'ils comptent --- Page 167 ---
I 127 ]
que nous sommes convaincus
que la mauvaise foi, la parl'espérience,
sont leurs armes
ruse et la perfidie
drait-il
favorites contre nous, ne faupas que nous serions
de l'esprit de
insensés, frappés
vertige et
nous
d'avenglément,
que
irions leur donner tous les
pour
de se ressaisir de
moyens
encore notre
St-Domingue, et de livrer
fureurs des factions malheureuse patrie en proie aux
La
et de la guerre civile ?
première, commela plus
de la nature, le besoin de
impérieuseloi
pourvoir à notre
conservation, nous oblige de
nos efforts,
repousser de tous
par tous les moyens
mis dans nos mains
que Dieu a
; le joug
la France veut nous
ignominieux que
nous disons
imposer, notre sûreté,
plus, notre salut nous
de
n'avoir aucun point de
oblige
aucune
contact avec elle,
Rcomemusiondiegelenqeg
pour base préalable la condition quin'aurait
sine qui non J de reconnaître la expresse,
d'Hayti,
souveraineté
de
pleine et entière, tant en matière
gouvernement que de commerce.
ainsi et c'est à ces mêmes
C'est
la Hollande et les Etats-Unis conditions que
parvinrent à faire reconnaître d'Amérique
pendances.
leurs indéL'esprit le moins exercé, le --- Page 168 ---
t 128 J
les
le moins habile . concevra
politique
obligent d'en agir ainsi
motifs qui nous
motifs ont
la France. Ces puissans
envers
et fortement déveété déjà judicieusement
du Roi, du 20
loppés dans la Déclaration
Novembre 1816, l'an 13 de Vindépendance
Néanmoins, nous sommes ici obligés
d'Hayti.
qui ont nécessité
de donner aux principes
cettcDéclarationt
Sepigaauaeiareamt
nos constiL'acte de notre indépendance, intérêts, tous
tutions, nos lois, la raison, nos
jamais dej payeraucun
obligent à ne consentir,
et encore
aucune contribntion 3
tribut s
de céder ni iles, ni villes, ni
bien moins,
de terre
même un pouce
places fortes, , pas
conditions ou
sous aucun titre,
aux français,
serions-nous
prétexte que ce soit. Et comment
le faire?
démués de sens commun pour
assez
sommes convaincus, que
lorsque nous nous
à nos droits de soula moindre atteinte portée
qui nous
veraineté, serait un acheminement donc devons
combien
conduirait à T'esclavage;
de conserver nos
nous être attentifs et jaloux
et de ne
droits dans toute Jeur intégrité,
leur soit porté la plus
jamais souffrir qu'il
Si
petite attcinte.
soit. Et comment
le faire?
démués de sens commun pour
assez
sommes convaincus, que
lorsque nous nous
à nos droits de soula moindre atteinte portée
qui nous
veraineté, serait un acheminement donc devons
combien
conduirait à T'esclavage;
de conserver nos
nous être attentifs et jaloux
et de ne
droits dans toute Jeur intégrité,
leur soit porté la plus
jamais souffrir qu'il
Si
petite attcinte. --- Page 169 ---
l 129 )
Si nous avions de l'argent à
à
il
perdre OH
donner, vaudrait mieux pour nous le
jetter au fond des mers s plutôt que de le
donner aux français ; là au moins il ne
servirait pas à notre détriment. Que l'on juge
donc d'après cela si nous pouvons leur donner le commerce exclusif et leur céder
portion de territoire, d'iles, villes
une
fortes. Nous
et places
ne connaissons pas de loi au
monde qui puisse nous obliger de donner la
main et detravailler nous-mêmes à
notre propredestruction!) Les
consommer
publicistes français, qui se sont appuyés aussi souvent de
l'exemple des Etats-Unis
contester nos droits, nauraient-ils d'Amérique, pour
faire aussi
pas di nous
l'énumération des sommes que les
américains ont payées aux anglais lors de ce
traité solennel, entre ces deux
pour la cession des droits de
puissances, *
sonveraineté de
l'Angleterre sur le territoire, villes et places
fortes des Etats-Unis
d'Amérique ?
ont-ils
Pourquoi
gardé un aussi profond silence sur un
exemple d'aussi grand poids qu'ils avaient à
nous citer ? Ils auraient dà nous dire
bien s'élevaient les contributions,
comque les
R --- Page 170 ---
[ 130 ]
anglais demandaient, et combien les américains ont payé ? Et M. le Borgne de Boigne
qui s'est avisé dc faire notre budget de
recettes et dépenses faites ou à faire, qui
soutient, dansla récapitulation qu'il en a faite,
nous avonsdegrands capitaux, et que nous
que
ne faisons que fort peu de dépenses : puisqu'il
r'existait à Hayti aucune institutions ni
les arts 3 ni pour les sciences , ni
pour
Thumanité souprante et malheureuse,
pour rien de ce qui honore les nations civienfin
M. le Borgne
lisées et leurs gouvernemens.
sait donc bien, que nous ne pauvons pas faire
noble et plus digne emploi de nos
un plus
comme le fait
trésors qu'en les employant t,
et bien-aimé Souverain, à créer,
notre auguste
établissemens
à édifier , à perfectionner des
à faire venir de l'étranger des maipublics,
d'arts;
tres d'écoles, des professeurs et desgens
de leur payer des appointemens considérables,
de pourvoir à tous les besoins du service public, de bonder les magasins etles forteresses,
est nécessaire à la défense du
de tout ce qui
en cas d'invasion des français'Quel
royaume 2
usage, que le Roi
plus noble et plus digne
faire du produit de la vente des biens
peut
à perfectionner des
à faire venir de l'étranger des maipublics,
d'arts;
tres d'écoles, des professeurs et desgens
de leur payer des appointemens considérables,
de pourvoir à tous les besoins du service public, de bonder les magasins etles forteresses,
est nécessaire à la défense du
de tout ce qui
en cas d'invasion des français'Quel
royaume 2
usage, que le Roi
plus noble et plus digne
faire du produit de la vente des biens
peut --- Page 171 ---
[ 131 ]
de la nation ) de ces soi-d disant biens
ex-colons
des
s qu'en cmployant les produits à
éclairer, à améliorer, de plus en plus, le sort
de ce peuple, quia été silong-temps
reux et
malheuinfortuné, sous leur joug de fer ? et
n'est-il pas bien juste que le produit de ces
biens, qui ont toujours été le
cause de nos infortunes,
principe et la
d'hui à notre bonheur contribue aujouret à notre félicité ?
et M. de Boigne 9 sans doute,
un des premiers à
sera encore
applandir à ce
juste et utile emploi de
sage 7
qui
nos trésors ; lur
pousse l'impudence et l'hypocrisie
jusqu'à vouloir
point de
s'apitoyer sur notre sort, au
trouver que nous n'avons rien
à la liberté,
gagné
que nous n'avons fait que de
changer de nom, et que nos chefs avaient
aggravé notre sort au lieu de l'adoucir !
Ainsi, suivant ce vili
il
aurait rien servi d'avoir imposteur, ne nous
tant souffert, tant
combattu, tant versé de
serions
sang, nous n'en
pas plus heureux, mais au contraire
plus malheureus; quelle astucieuse
sie! Quelleaudace!
hypocrique de vouloir nous convaincre, que l'esclavage est préférable à la
liberté! qu'il vaut mieux
ramper, vivre et --- Page 172 ---
( 152 1
ntotrir danslignominie, -
sous d'odienx tyrans;
de jouir des droits, du bonheur et
plutôt que
de l'homme
de la fdicité, attachié au sort
! C'est donc pour nous
libre et indépendant
faire jouir du même bonheur que nous jouisdans l'esclavage ?C'est pour ramener ces
sons heureux des Leclerc et des Rochamtemps
sur nous les mêmes
beau ? poar répandre
M. le Borgne de Boigne a
bienfaits, que
base
inventé son système 7 qui a pour
d'une
1e
la création
compagnie
principale 5
de commerce ; le commerce est l'agent
l'intermédiaire le plus utile et Ie plus
et
indispensable au succés de son importante
le commerce est la clefde la voute
opération ;
Finvention des comde l'édifice qu'il a créé;
dit-il, n'est pas noupagnies de commerce,
les anglais en ont fait les premiers
velle,
dans l'Inde, à leur imitation,
l'application
faire de même à Hayti !!!
nous pouvons en
C'est donc uniquement par le commerce
de pouvoir s'insinuer
que nos tyrans comptent
nous
parmi nous > pour nous corrompre 2
aux moyens de nous subjudésunir et parvenir
along-temps
guer ou de nous exterminer; ily
nous l'ont dit, et nous nous en ressouqu'ils
commerce,
les anglais en ont fait les premiers
velle,
dans l'Inde, à leur imitation,
l'application
faire de même à Hayti !!!
nous pouvons en
C'est donc uniquement par le commerce
de pouvoir s'insinuer
que nos tyrans comptent
nous
parmi nous > pour nous corrompre 2
aux moyens de nous subjudésunir et parvenir
along-temps
guer ou de nous exterminer; ily
nous l'ont dit, et nous nous en ressouqu'ils --- Page 173 ---
( 133 ]
verions très-bien ; que le négociant ne soit
d'abord que le négociateur, on commencera
par aimer les marcluandises, et on finira
aimer les personnes.
par
C'est par le moyen des dentelles, des tulles,
des soieries, des galons et des draps
des provisions de Bordeaux
français,
et de Marseille,
qu'ils comptent pouvoir nous faire tomber
dans leurs lacs;
ot
voilal'appit
se laisseront
prendre nos sens obtus et grossiers; l'empire
de Ia vanité et du luxe est si fort chez
(selon
ni
nous
eux) que
ce qu'ils nous disent
eux-mémes, , ni les exemples dont fourmille
l'histoire ne pourront nous avertir, ni nous
préserver de ce danger.
Cesystème de corruption leur présente
d'avantages, pour qu'ils ne cherchent pas trop à le
mettreiexécntion, partousles moyens possibles.
D'abord, ils veulent bien
communiquer
avec nous, mais ils ne veulent pas reconnaître notre indépendance; il faut donc bien
faire intervenir entr'eux et nous, le commerce, comme un intermédiaire puissant, un
agent utile et indispensable.
10. Parce qu'ils auraient alors res moyens
de pouvoir communiquer, de s'insinuer
peu --- Page 174 ---
[ 154 ]
noas désnnir et nons
à peu dans nos atiaires,
notre situation
corrompre, de connaitre
les côtés
de chercher
morale et politique,
leurs attaques.
faibles où ils pourraient dirig
entrer en con20 Parce qu'ils pourraient
commeravec les autres nations
currence
naitre des rivalités, exciter
çantes s faire
les érangers, par
des brouilleries, dégoiter
de notre
leurs intrigues et leurs tracasseries,
commerce.
éuderaient la question de
30 Parce qu'ils
d'Hayti, et iIs ammulleraient
T'indépendance
que nous avons
par le fait, la prescription
français
car, en recevantle pavillon
acquise;
avec leurs prétentions, 9 nous
dans nos ports
leurs droits de
aurions tacitement reconnu
et renoncé à l'indépendance.
souveraineté
auraient tout le
4o Enfin ; parce qu'ils miner sourdetemps de temporiser, de nous
de la
de r'allamer tous les brandons servir
ment,
la
civile, pour se
discorde et
guerre l'antre, de profiter en
d'un parti pour écraser de notre commerce s
attendant des avantages trouverait enmesure
jasquace quela France ostensible esc
et par la force
d'agir d'une manière
ouverte contre nous.
nous avoir
Ne. vaudrait-il pas. mieux pour
le
4o Enfin ; parce qu'ils miner sourdetemps de temporiser, de nous
de la
de r'allamer tous les brandons servir
ment,
la
civile, pour se
discorde et
guerre l'antre, de profiter en
d'un parti pour écraser de notre commerce s
attendant des avantages trouverait enmesure
jasquace quela France ostensible esc
et par la force
d'agir d'une manière
ouverte contre nous.
nous avoir
Ne. vaudrait-il pas. mieux pour --- Page 175 ---
[ 135 I
dans notre sein la peste et la famine qu'un
commerce aussi dangereux ? Compatriotes !
méfiez-vous donc des français; ne les connaissez-vous pas ? Que pouvez-vous attendre de ces
grecs modernes ? Méfiez-vous d'eux, lorsque
méme ils vous font des présens. Le commerce
français porte avec lui tous les élémens de
destruction que le cheval de bois des grecs
portait dans ses flancs. Sou-dsaxa avertissemens de Laocoon 2 leur concitoy-n, les
troyens introduisirent ce cheial dans leur
ville, et ils furent détruits : haytiens ! vous
serez détruits de même que les troyens, si
vous introduisez le commer rce frangais parmi
vous Puissiez-vous ne pas être sourds à
mes avertissemens ! Et
puissent, > grand
Dieu ! mes prédictions ne jamais se réaliser !
Le commerce est la clef de la voute de
l'édifice que voulait élever M. le Borgne de
Boigne;sans le commerce, son edilice manque
de base et ne peut donc s'élever; il nous le
dit lui-méme, et il pouvait bien se ménager
cette peine.
Or, comme les français comptent de nous
détruire par le commerce ; lorsque nous
avons proscrit le commerce français, nous --- Page 176 ---
[ 136 3
avons anéanti tout leur espoir, et leur édifice
chimérique s'est écroulé ayant d'avoir pu
être éevé !
Jamais donc nous eimes une plus grande
de la haute et profondesagesse du Roi,
preuve
du 20 Novembre
lorsque par sa déclaration
1816, Sa Majesté a déclaré:
francais ne serait point
10. Quele pavillon,
admis dans aucun des ports du Royaume , ni
aucun individu de cette nation 2 jusqua ce
tindépendance d'Hayti soit définitiveque ment reconnue par le gouvernement, frangais.
20 Que les ouvertures ou communications
quipourraient étre fatnapsrlogsuememees
hay lien, soit par
franeais au gouvernement
ne seraient recues quauécrit ou devivevoia,
dans les formes
tant qu'elles seraient faites
suivant Tusage établi dans le Roy aume ,
et
diplomatiques.
pour les communications
jamais
30. Que SaMojesté ne consentirait
traité
qui ne comprenà aucun
quehenme,
de la génédrait la liverté et rindépendance
ralité deshay tiens qui habitert les trois proconnues sous la dénovinces du Boyaume, 7 POuest et du Sud,le
mination du Nord, de
territoire
dans les formes
tant qu'elles seraient faites
suivant Tusage établi dans le Roy aume ,
et
diplomatiques.
pour les communications
jamais
30. Que SaMojesté ne consentirait
traité
qui ne comprenà aucun
quehenme,
de la génédrait la liverté et rindépendance
ralité deshay tiens qui habitert les trois proconnues sous la dénovinces du Boyaume, 7 POuest et du Sud,le
mination du Nord, de
territoire --- Page 177 ---
[ 137 ]
territoire et la cause du peuple
*
étant une et indivisible.
haytien -
40. Enfin, que S. M. ne traiterait avec
: le gouvernement français que sur le méme
pied, de puissance à puissance, de Souverain à Souverain ; gu'aucune négociation ne
serait entamée avec la France
, qui n'aurait
pour base préalable tindépendance d'Hayti,
tant en matière de gouvernement que de commerce ; et quiaucun traité définitif ne serait
conclu avec elle, sans que nous aurions obtenu préalablement > les bons offices et la
médiation d'une grande puissance maritime
gui nous garantirait que la foi du traité ne ,
serait pas violée piar lecabinet francais.
Cet acte émané du Roi d'Hayti, est une
preuve signalée de sa sagesse, de sa prudence
et de son amour pour la conservation du
peuple haytien ; cet acte est THabeas Corpus
de la nation haytienne ; c'est son palladium
contre le peuple français.
On voit, par cet acte, que la France a été
totalement déjouée dans ses projets sur Hayti,
et que tous les desseins des français avaient
été prévus d'avance par le Roi; ; ils veulent un
S --- Page 178 ---
{ 138 ]
de soumission des chefs d'Hayti au roi de
acte
France; et S. M. Haytienne a déclaré qu'elle
ne traiterait avec S. M. le roi des Français
sur le même pied, d'égal à égal, de Souque verain à Souverain, de puissance à puissance;
le territoire et la
ils veulent rompre T'unité,
cause du peuple haytien ; et le Roi d'Hayti
déclaré
le territoire et la cause du
a
que
et
peuple haytien étaient une et indivisible,
à aucun traité qui
qu'il ne consentirait jamais
pasl la libertéetl T'indépendance
ne comprendrait
habitent les
de la généralité des haytiens qui
trois provinces du Royaume, connues sous
du Nord, de I'Ouest et du
la dénomination
Sud; ils veulent persister envers nous dansleur
d'insultes et
système de duplicité, deperfidie,
d'agression, età nous considérer toujours comme
des rebelles; et S. M. le Roi d'Hayti a déclaré
ouverture ni communication ne
qu'aucune
qu'elles seraient
seraient reçues qu'antant
établi
faites dans les formes et suivant l'usage
dans le Royaume, pour les communications
diplomatiques: ; ils veulent éluder la question
del la reconnaissance de V'indépendance d'Hayti
et s'introduire parmi nous, par le commerce,
-mettre à exécutionieurs; projets criminels
pour
M. le Roi d'Hayti a déclaré
ouverture ni communication ne
qu'aucune
qu'elles seraient
seraient reçues qu'antant
établi
faites dans les formes et suivant l'usage
dans le Royaume, pour les communications
diplomatiques: ; ils veulent éluder la question
del la reconnaissance de V'indépendance d'Hayti
et s'introduire parmi nous, par le commerce,
-mettre à exécutionieurs; projets criminels
pour --- Page 179 ---
[ 159 ]
de nous diviser, de nous armer les uns
les autres ; et le Roi
contre
d'Hayti a déclaré que le
pavillon français ni aucun individu de cette
nation, ne seraient point admis dans aucun
des ports du Roya ume, jusqu'à ce que l'indépendance d'Hayti soit définiuvement:
par le gouvernement français ! Pouvait-on reconnue
pousser plus loin la prévoyance et la perspicacité de jugement ?
La France ne nous a-t-elle pas donné ellemême de grands exemples,
jusqu'ou les
gouvernemens doivent porter leur sollicitude
pour le salut et la conservation des
peuples?
Depuis Bayonne jusqu'à
t-elle
Hambourg, 3 n'apas, pour maintenir le système continental, fait bràler et détruire sur les
publiques les produits des manufactures places
anglaises? un chapeau, un habit, un couteaude
fabrique anglaise ne pouvaient se
le
montrer;
propriétaire en était incontinent
et le chapeau, T'habit et le
dépouillé,
livrés
couteau étaient
aux flammes!
Croit-on que nous avons des intérêts moins
majeurs que la France n'en avait à défendre?
la France n'avait
pour butque d'envahir l'Eus
rope, sous le préteste ded défendre la liberté des --- Page 180 ---
( 140 J
disait-elle, l'Angleterre voulait enmers qne,
nous avons à nous
vahir; au lieu que nous,
défendre contre la France, rios droitsd'homme,
existence, qu'elle reut attaqaer et dénotre
Quel est Thomme qui
truire parle commerce.
voudrait mettre dans la J aiance d'aussi grands
intérêts pour des intérêts mercantils ?
Est-il tn seul homme qui vondrait troquer
son indépendance, pour de
sa vie, sa liberté,
des tulles et des soieries
misérables colifichets,
de Bordeaux et de
de Lyon, des provisions
des
Marseille? Jusqu'à présent, nous recevons
marchandises françaises, parceque, enpassant
des mains étrangères, pour parrenir juspar
elles sembient se purifier, etnousn'y
qu'à nous,
marchandises sn'en
faisons pasattention; mais cest
etnonan'enrichisons
sont pas moins françaises, ennemis ; nous n'en
pas moins nos implacables
moins le goit de ces marchanprenons pas
moins dans leurs
dises, et nous ne tombons pas
le
sont denous conduire dans préplans, qui
chemins de roses, et d'une macipice par des
del'esclavage.
miéreinsensible, dans les chaînes
Si donc la France continue son système
contre Hayti, si elle
d'insulte et d'agression
obstinément à reeonnaitre notre inse refuse
, ennemis ; nous n'en
pas moins nos implacables
moins le goit de ces marchanprenons pas
moins dans leurs
dises, et nous ne tombons pas
le
sont denous conduire dans préplans, qui
chemins de roses, et d'une macipice par des
del'esclavage.
miéreinsensible, dans les chaînes
Si donc la France continue son système
contre Hayti, si elle
d'insulte et d'agression
obstinément à reeonnaitre notre inse refuse --- Page 181 ---
[ 14t 1
dépendance pleine et entière, qui est la seule
et l'unique garantie que nons puissions avoir
contre elle; nous ferions bien, après avoir
proscrit le pavillon et l'individu de cette nation de notre territoire, d'en proscrire aussi
les marchandises ; tout nous y porte, et nos
intérêts bien entendu nous le conseillent; il
est passé en proverbe, dans la morale qui
traite de la vie privée de l'homme, qu'il faut
savoir perdre un ceuf pour gagner un bocuf;
et dans la politique qui traitede l'existence des
peuples, on dit de même
> qu'il faut savoir
perdreun jour pour gagner des sièclcs; faisons
nous l'application de ces maximes, s qui toutes
simples qu'elles sont, n'en soient pas moins des
vérités fondamentales. Disons-nous, laFrancr,
s'obstine à ne pas vouloir reconnaitre le trône
et l'indépendance d'Hayti, elle cherche tous
les
moyens 3 tous les prétertes imaginables,
pour éluder et récuie: cette
importante
question; mais elle veut néanmoins avoir l'avantage de notre commerce, pour se ménager
les facultés de pouvoir
communiquer, s'insinuer, temporiser, corrompre et désunir, et
s'assurer les moyens de pouvoir nous accabler
lorsque le temps lui sera favorable. Eh bien! --- Page 182 ---
[ 142 ]
êtons à la France, tout espoir de pouroir nous
réasservir , ôtons Jui, non seulement tous
les moyens de contact avec nous; repoussons loin de nous 7 tout ce qui est français;
proscrivons leurs marchandises ; ne laissons
subsister sur notreterritirerien de cequi porte
l'empreinte française ; la France complètement déjouée dans ses coupables espérances,
sera forcée de reconnaitre notre indépendance, si elle veut participer aux avantages de
notre commerce à l'instar des autres nations; ;
c'est alors, et c'est alors seulement que nous
nous laisser approcher par les franpourrons
çais avec moins de danger; et en prenant ces
mesures de sûreté et de salut public, nous
aurions su sagement et prudemment perdre
ceuf
un boeuf, et sacrifier un
un
pour gagner
jour pour gagner des siècles!
En effet, ne serait-ce pas un acte de folie
jouir du présent que de sacrifier l'avenir?
pourj
A quoi nous aurait servi un commerce précaire
et dangereux ? A quoi nous aurait servi d'amasser des richesses que nous ne pourrions pas
jonir? Ab! les vrais biens, les vrais tI résors
les haytiens, sont laliberté ctl'indépenpour
doit être là, le terme et le but de
dance ! ce
tout le reste n'est rien
tous nos calculs,
pas un acte de folie
jouir du présent que de sacrifier l'avenir?
pourj
A quoi nous aurait servi un commerce précaire
et dangereux ? A quoi nous aurait servi d'amasser des richesses que nous ne pourrions pas
jonir? Ab! les vrais biens, les vrais tI résors
les haytiens, sont laliberté ctl'indépenpour
doit être là, le terme et le but de
dance ! ce
tout le reste n'est rien
tous nos calculs, --- Page 183 ---
[ 143 1
L'expérience nous a souvent démontré
dans la politique
que
comme dans la morale, il
n'existe point de petite faute; dans l'une
l'autre, 3 la plus petite entraîne à
et
une plus
grande qui, à la fin, devient
Les
préjudiciable.
gouvernemens comme les
individus, ne
peuvent s'écarter des principes fondamentanx
gui doivent faire la base et la règle de leur
conduite, sans s'exposer aux plus grands dangers. Heureux lorsqu'ils ont méconnu
principes conservateurs de leur
ces
quand les circonstances, le hazard existence,
cours d'événemens
ou le coninattendus viennent
à temps leur dessiler les
encore
le
yeux et leur montrer
danger imminent ou ils allaient être
pités; nous en avons fait nous-mêmes préciment une triste et cruelle
récemexpérience; heureusement pour nous, nous n'en avons
les victimes !
pas été
11 fut un temps, quand il
les crimes du
s'agissait de citer
de
gouvernement français, au lieu
prendre la route directe
gnait la saine
que nons enseià
politique, nous nous arrêtions
épiloguer sur les mots ; c'était
qui avait tout fait; i c'était de
Bonaparte
Bonaparte que --- Page 184 ---
I 144 1
de s'dlever
l'on devait parler ; s'agissait-il
contre les crimes des français, c'étaient les
ex-colons qui avaient fait tout le mal, c'était
fallait tonner ; eh bien ! le
contr'eux qu'il
français a changé de maitre,
gouvernement
Bonaparte a tombé, le nouveau gouvernement
la
et le nouveau souverain qui gouvernent
France, ont-ils changé de système ? et les
ont-ils changé
ex-colons et le peuple français
de dispositions à notre égard? et quand même
il arriverait en France mille et mille autres
changemens de gouvernement et de dynastie,
cela * changerait. en rien ses
croit-on que
sur Hayti ? et
intérêts et ses vues politiques
cela ne doit changer en rien non plus nos
intérêts et nos vues politiques avec elle;
différemment serait une grande erreur
penser
inexcusable. Fort
et un contre sens politique
heureusement pour le peuple haytien , que
discernement du Roi nous a préle profond
étions
servés du danger imminent où nous
cette méfiance, cette active et salutaire
surveillance, sans
qui nous est si fortement recommandée par S. M., nous n'aurions pas eu le
grand bonheur de iaire la capture de l'espion
français
et nos vues politiques avec elle;
différemment serait une grande erreur
penser
inexcusable. Fort
et un contre sens politique
heureusement pour le peuple haytien , que
discernement du Roi nous a préle profond
étions
servés du danger imminent où nous
cette méfiance, cette active et salutaire
surveillance, sans
qui nous est si fortement recommandée par S. M., nous n'aurions pas eu le
grand bonheur de iaire la capture de l'espion
français --- Page 185 ---
I 125 1
français Franco Médina ; (1) ct nous auriens
ignoréles fanveusesinstructionsd
ministre de la marine et des deM.Malonet, colonies,
il était
dont
la
porteur ; instructions qui nous donnent
preuve évidente de la grande
où
nous étions de croire
la
erreur,
avait
que politique française
changée avec le gouvernement
nous sommes convaincus
; nous
par nos propres
yeux, que nous aurions encore reçu,
prix de notre confiance et de notre
pour
crédulité, le même traitement du aveugle
ment légitime des Bourbons,
gouvernenous avions déjà
de
que celui que
reçu
Bonaparte.
L'expérience nous a donc démontre
a dans la politique comme dans la quly
de grandes vérités que l'on ne doit morale,
naitre, sans s'exposer. aux plus grands pas méconct il fait bon de toujours seles
dangers;
que l'on s'en ressouvienne rappeller , pour
retombe
2 et que l'on n'y
plus.
C'est donc la France qui est notre véritable
ennemie ! là, iln'yap point à se
lal France
tromper, et c'est
elle-même, qui a prislesoin de nous
en instruire ; nous avons été assez
peu conséquent pour jeter les maux
qu'elle nous a fait
(1) Franco Médina est existant
quatre ans n'ous gardons cet espion, ; depuis près de
givante de la loyanté du cabinet comine une preuve
frangais !
T --- Page 186 ---
[ 146 1
seulement, et nous
éprouver sur Bonaparte
Souverain n'en a
avons vu que son nouveau
moins suivi contre nous le même sysr
pas
; bientôt vous la verrez,
tème que Bonaparte
vousle
et cela ne sera paslong, nous pouvonsi
d'avance, vous la verrez rejeter tous
prédire
toutes les démarches infructueuses
lcs maux,
sur-les ex-colons, et vous la
qu'ellea faites
chaudement intéressée en
verrez, après s'être
sur
leur fayeur, les délaisser et faire présenter
l'arène d'autres caméléons politiques 1 avec
perfides et. plus artifides plans encore plus
cieux pour nous r'attacher à son jougs,ne. perdonsdoncjamais de vue, que cestdelal France
elle-méme que nous devons nous défier, parce
ses intérêts et sa politique ne peuvent
que s'accorder avec les nôtres, étant diamétraletant qu'elle n'aura donc pas rément opposés,
pleine et entière,
connu notre indépendance,
nous. desans aucune restriction quelconque,
vons nous en défier, car tantqu'elley en mettra
nous & devons présumer que c'est
une seule,
et qui doit nous
un picge qu'clle nous tend,
avertir de ses desscins ultérieurs contre nous ;
donc tous, les. changemens
nous importe
cicu E
subvenir-en France; peu noits
qui peuvent,
a
n'aura donc pas rément opposés,
pleine et entière,
connu notre indépendance,
nous. desans aucune restriction quelconque,
vons nous en défier, car tantqu'elley en mettra
nous & devons présumer que c'est
une seule,
et qui doit nous
un picge qu'clle nous tend,
avertir de ses desscins ultérieurs contre nous ;
donc tous, les. changemens
nous importe
cicu E
subvenir-en France; peu noits
qui peuvent,
a --- Page 187 ---
E 147 3
importe de tomber sousles coups de Bonaparte,
de Louis XVIII ou des ex-colons, c'est toujours tomber sous les coups des français ! Qui
est-ce donc qui nous ontassaillisparcent mille
bayonnettes en 1802, ne sont-ce pas les français? Les ex-colons sont à la vérité les principaux instigateurs et les artisans de nos maux,
mais les ex-colons
seuls, > sans l'appui du
gouvernement et du peuple français, peuventils nous attaquer ? et plat à
fut
Dieu, que ce ne
qu'eux seuls que l'on voulut jeter sur nos
plages, nous en aurions bientôt fait raison.
C'est donc de la France elle-méme,
nous devons nous défier, nous ne
que
le répéter > si nous voulons
pouvons trop
conserver notre
existence politique, et ne pas nous exposer à
être effacés, nous ne disons pas du rang des
peuples, mais du nombre des vivans.
Telleestlap plitigoedligtiemsenla) France;
c'est elle-même qui nous a tracé la marche
que nous devons suivre, et, il est démontré,
et nous démontrerons que nous ne pouvons
ni la changer, ni T'altérer, ni la varier, ni
nous en écarter sous peine demort! !
C'est pour avoir méconnu ces principes
conservateurs de notre existence morale et --- Page 188 ---
1 148 ]
Toussaint Loupolitique, que les infortunés
victimes
verture et J. J. Dessalines ont péri,
le
et de la perfidie des français ;
de l'astuce
confiance avengle
premier pour avoir eu une
environné de
en la France, et pour s'être
leurs
par
prèires et d'ex-colons quil'égaréreat avoir eu
perlides conseils ; le second pour vendus
d'hommes.
la faiblesse de s'entourer
aussi, et lui
qui Ie trompérent
aux françnis dans le sein leur poignard assassint.
plongerent
de ces deux chefs et leurs
La mort déplorable
calamités incalculaerreurs éntraînérent des
ils pour-,
hles sur notre. malheureuse patrie;
néanmoins trouver des excuses aux yeux
ront
l'un et l'autre n'avaient pas.
de la postérité;
nous avons aujourla même expérience que vivaient dans un temps
d'hui; l'un et l'autre
entièrement
ou la population n'était pas encore de piéges,
régénérée; ils étaient environnés mais nous
de conseillers perfides et infidèles; leur est
T'expérience de ce qui
qui joignons
avons acquise, quelles
arrivé à celle que nous
de la
avoir aux yeux
excuses pourrions-nous
tomber dans les
postérité, si nous pouvions entraîner dans
mêmes erreurs et nous laisser
tendent?
français nous
les mêmes piéges quelcs
encore de piéges,
régénérée; ils étaient environnés mais nous
de conseillers perfides et infidèles; leur est
T'expérience de ce qui
qui joignons
avons acquise, quelles
arrivé à celle que nous
de la
avoir aux yeux
excuses pourrions-nous
tomber dans les
postérité, si nous pouvions entraîner dans
mêmes erreurs et nous laisser
tendent?
français nous
les mêmes piéges quelcs --- Page 189 ---
[ 149 I
D'après tout ce qui nous est arrivé,
avoir eu confiance aux français,
pour
pourrait croire, sinous n'en avions personne la
ne
convaincante sous les yeux,
les preuve
que
français
comptent encore employer contre nous le
mème système de perfidie, de
de duplicité,
corruption et
qu'ils ont constamment suivi
contre nous ; c'est avec les mêmes élémens
qu'ils ont employés pour détruire le
neurToussaint et l'empereur
gouverallumer la
Dessalines, pour
guerre civile et nous faire
les uns par les autres ; c'est avec détruire
ces mêmes
élémens, disons - nous 1 que le Borgne de
Boigne a recomposé son nouveau
colonisation
système de
pour Saint-Domingue.
Après avoir achevé de poser les bases de
son édifice > semblable à satan qui admirait la profondeur de son génie infernal
lorsqu'il ett réussi de
,
l'abime du
plonger l'homme dans
péché et de la mort, le
se complait à examiner la
Borgne
profondeur de son
ouvrage; dans son délire colonial, il croit
déjà nous tenir dans ses filets; il sabreuvede
notre sang etil savoure d'avance età
le plaisir de la
long trait
vengeance !
Aveuglé complétement par les passions qui --- Page 190 ---
t 150 j
le dominent, il oublie qw'il écrit son livre
il oublie que son livre
pour nous persnader,
qu'il sera
sera le sujet de notre méditation,
lu et discuté; son orgueil et sa vanitél l'emportent; il oublie que ses desséins ténebreux
doivent être couverts d'un voile impénétrable:
ex-colons, et il
il croit ne parler qu'anx
s'adresse à nous; il veut les persuader, et il
nous étale ses secrets, ses plans machiavéliune bonhommie
ques, avec une franchise,
inconcevalles!
nous avoir bien enveloppés dans son
Après
les français dans un
imagination, en plaçant Grande-Rivière et TArtiterritoire entre la
Môle, à la Gonave
bonite, à la Torthe, au
St-Louis, aprés avoir installé sa
et aux Cayes
dans tous ses droits
compagnie de commerce
il se recueille pour contempler
et prérogatifs,
tantôt
les efforts et les résultats de son génic ;
il croit n'en avoir pas assez dit pour être bien
ex-colons, tantôt il craint d'en
compris parles
nous; il deavoir trop dit pour étrecompris par entièrevient prolixte et diffus, et pour se retirer
chercher dans le lointain
ment d'affaire, il va
Nous J
sa conclusion.
un exemple) pourappnyers
observation que
cette
ajouterons, 3 (dit-1)
atifs,
tantôt
les efforts et les résultats de son génic ;
il croit n'en avoir pas assez dit pour être bien
ex-colons, tantôt il craint d'en
compris parles
nous; il deavoir trop dit pour étrecompris par entièrevient prolixte et diffus, et pour se retirer
chercher dans le lointain
ment d'affaire, il va
Nous J
sa conclusion.
un exemple) pourappnyers
observation que
cette
ajouterons, 3 (dit-1) --- Page 191 ---
E - '151 3
la France se trouverait a Legard de St-Domingue, dans lameme situation que
terre à Tégard des étals dans
LAngles
elle reçomnait les
Llnde, dont
gouvernemens azuc mémcs
conditions, et que la compagnie est
de maintenir.
chargée
Ce n'élait pas assez pour M. de Boigne, de
nous avoir placés dans cette hypothése; ils'est
donné la peine d'entrer dans des détails
nous éclairent encore
qui
mieux, car il n'est
donné à tout le monde de connaître
pas
des Nababs de FInde.
Phistoire
Il nous dit que le commerce ne peut avoir
ni le desir, ni la faculté de s'étendre dans le
pays ou dele troubler; et à la page
il nous dit que le coinmerce ferai naitre suivante,
les deux gouvernemens une rivalité
entre
qui retournera auxbiens et àl l'avantage salutaire,
il nous ditcommele Nord doit être
detous;
mentle théâtre de
principalelaguerre, l'ile dela Tortue
devientimportanter par sa sslubritopoarlesdtablissemens des hôpitanx militaires; il nous dit
commela corruption doit partir du
se répandre dans les extrémités, centrepour
la Gonave sera
que l'ile de
un dépôt de denrées et de
mpuarchandises; c'est de ce point que doit
par- --- Page 192 ---
-
[ 152 i
les tulles et
tir les draps et galons français,
les soieries de Lyon, les provisions de Bordeaux et de Marseille.
*
dit
les ports du Mole et des
Il nous
que
Cayes St-Louis sont nécessaires pour recevoir les escadres françaises, pour agglomérer
tous -
les élémens de destruction, de perfidies
comptent faire
et de corruption 2 qu'ils
contre nous S il nous dit, tandis que
usage
de front sur toute l'énous serons attaqués
dans
tendue de nos côtes, les Français placés
la portion de territoire > entre la Grande-RiI'Artibonite, tomberont sur nos dervière et
dedestruction, qu'ils
rièresavectousles démens
auraient aussi agglomérés dans cette partie.
Après nous avoir dit plusieurs fois, que la
séparation du pays en deux gouvernemens n'ési cela n'était pas , qu'il
tait pas un mal, que
forces et
faudrait T'effectuer, pour affaiblir nos
l'unité; il nous dit encore, de crainte
rompre
été assez bien compris, la désiden'avoir pas
engonvernement Haytien et en gougnation
Colombien, de la partie française
vernement
r'est pas seulement un obde St-Domingue,
de convenahce, mais cette qualification
jet
est
séparation du pays en deux gouvernemens n'ési cela n'était pas , qu'il
tait pas un mal, que
forces et
faudrait T'effectuer, pour affaiblir nos
l'unité; il nous dit encore, de crainte
rompre
été assez bien compris, la désiden'avoir pas
engonvernement Haytien et en gougnation
Colombien, de la partie française
vernement
r'est pas seulement un obde St-Domingue,
de convenahce, mais cette qualification
jet
est --- Page 193 ---
I 133 ]
est encore politique. Elle forme une division
préférable à celle qui existe entre les deux
parties du territoire : elle classe mieux ces
gouvernemens 5 distingués jusquii présent
par celui des nègres dans le Nord, et des
mulatres dans le Sud,
C'estavec ces puérilités, ces épithètes injurieuses, que nos ennemis comptent de nous
diviser, quelle différence peut-il exister entre
un homme du Nord, de l'Ouest ou du Sud?
M. le Borgne de Boigne, après s'êtredonné
toutes.les peines imaginables, pour prauver la
bonté et l'efficacité de son plan, après avoir
tout arrêté, tout combiné, tout discuté,
en venir à l'erécution, se srouve placé à pour
près dans la même position
les peu
l'étaient dans le conseil
que
rats
qu'ils tinrent contre
Raminagrobis, lorsqu'il fut question de lui
attacher le grelot,
Il ne voit pas d'autres moyens
pour pouvoir
nous approcher, qu'une déclaration du roi de
France sur le sort des personnes
toutes les
> qui lève
incertitudes, et ôte tout prétexte
2ux ambitions comme aux frayeurs; sujets du
Roi, (dit-il) les habitans de St-Domingue
V --- Page 194 ---
E 154 ]
avoir un état civil et politigue
ne peuvent
la volonté du roi de France.
que par
moyen depouCettedéclaration est l'unique
nous, suivant M. deBoivoir pénétrer jusqu'à
comment pourrait t-on nous approgne; car,
déclaration à la main qui étacher avec une
inconséblirait l'esclavage ? cela serait trop
au lieu que la déclaration
quent et impossible; serait
le pendant
du roi de France, ne
que Consul, où il
du Premier
de la proclamation
tous frères
nous disait, vous êtes tous égaux,
devant Dieu et devant la République; tandis
de l'esclavage avait été
que le rétablissement de même de cette déclararesolu; il en serait
de Louis XVIII; n'avons nous pas déjà
tion
échantillon du savoir faire de
sous les yeur un 4
de M. Madans les instructions
son Cabinet, de la marine et des colonies à
louet, ministre
ses trois émissaires. foi ! dites-nous, peut-on
Hommes de bonne
Quelle
traiter avec un pareil gouvernemen?
sûreté peut-on y avoir ?
foi, quelle
Cette déclaration du roi de France, neseraitde la dernière impudence ? Ne jouiselle pas
droits civils et politiques ?
csons-nous pas de nos
de
à la pointe
Ne les avons nous pas conquis
de M. Madans les instructions
son Cabinet, de la marine et des colonies à
louet, ministre
ses trois émissaires. foi ! dites-nous, peut-on
Hommes de bonne
Quelle
traiter avec un pareil gouvernemen?
sûreté peut-on y avoir ?
foi, quelle
Cette déclaration du roi de France, neseraitde la dernière impudence ? Ne jouiselle pas
droits civils et politiques ?
csons-nous pas de nos
de
à la pointe
Ne les avons nous pas conquis --- Page 195 ---
[ 155 ]
nos épées ? Nous tenons ces droits du Roi
qne
nous avons choisi et nommé pour régner sur
nous ; les sujets du roi d'Hayti, ne sont
les sujets du roi de France, et ils ne le seront pas
jamais. Si le Roi des français est si disposé à
faire des concessions libérales, comme nous
le représente M. de Boigne,
que ne commence-t-il par donner un état civil et] politique
aux infortunés esclaves de ses colonies, qui
gémissent sous le joug de l'esclavage; ceux-là
en ont plus de besoin que nous 3 nous qui
n'avons besoin de rien, nous qui possédons déjà plus qu'il est en son pouvoir
de nous donner ; et en effet,
que peut-il nous
donner que nous ne possédions pas déjà ? la
liberté, nous l'avons ?
l'indépendance, ne
sommes-nous pas maîtres absolus de notre
territoire ? Mais qui donc ne découvre pas les
motifs qui nécessiteraient cette déclaration du
roi de France ? On avait voulu égarer le
pasteur du troupeau, pour pouvoir égorger
plus aisément les brebis; maintenant on veut
égarer les brebis du
pasteur, > pour les égorger
pareillement; on avait voulu séduire les chefs,
les gagner par des promesses fallacieuses, ou
les intimider par d'odieuses
menaces, pour --- Page 196 ---
i 156 1
les porter à Iivrer leurs concitoyens et leurs
frères dans les chaines de l'eschavage; on s'est
dans le Roi d'Hayti
trompé; on a rencontré
la voute d'acier, un chef incorruptible, que
rien aut monde ne peut séduire, nt tromper,
et que l'on n'intimidera jamais ; maintenant
c'est au peuple à qui Fon veut s'adresser,
parvenir au même but, sa destruction
pour
de l'esclavage ; ils ne
ou le rétablissement
réussiront pas phas dans ce dernier moyen
dansiep premier; ils ne trouveront, eomme
que
fois, que la honte et l'infamie,
à la premiére
rien tenter
et une ruine totale, s'ils osent
contre notre liberté et notre indépendance'
Ils s'étaient abusés, ils croyaient qu'à Hayti
le peuple imbécile et ignorant se laissait
conduire aveuglément par ses chefs, ils se
adressé aux chefs,
sont donc premièrement
échoué de CC côté, ils veulent mainteayant
mais nous pouvons
nant s'adresser au peuple,
mieux !
les prédire qu'ils ne réussiront pas
d'Hayti bon et doeile se laisse
Le peuple
lorsconduire tranquillement par ses chefs,
ses chefs ne le dirigent
quil est persuadé que
intérêts; mais
dans le sens de ses vrais
que
exister un chef qui oserait conce,
s'il povuait
chefs,
sont donc premièrement
échoué de CC côté, ils veulent mainteayant
mais nous pouvons
nant s'adresser au peuple,
mieux !
les prédire qu'ils ne réussiront pas
d'Hayti bon et doeile se laisse
Le peuple
lorsconduire tranquillement par ses chefs,
ses chefs ne le dirigent
quil est persuadé que
intérêts; mais
dans le sens de ses vrais
que
exister un chef qui oserait conce,
s'il povuait --- Page 197 ---
[ 137 ]
voir la pensée d'attenter à ses droits, à sa
liberté et à son indépendance, aussitôt
le
que
peuples'en serait aperçu, ce chef, si puissant
qu'il pourrait être, serait immolé à la streté
générale; rien ne pourrait le sauver de la
fureur et de la juste vengeance du peuple!
Ce peuple qui ne peut être trompé, ni livré
par ses chefs, ira-t-il de lui-méme se livrer
au joug des tyrans et de l'esclavage ? Voila
cependant ce que prétendent les français,
et voilà ce que l'auteur du nouveau système
de colonisation a voulu prouver.
Peuple haytien ! peuple de frères! ne vous
désunissez jamais , de votre union dépend
votre salut! ! S'il pouvait se trouver un haytien
parmi vous assez indigne de ce nom
2 qui
pourrait vous conseiller de vous désunir,
considérez-le comme un
français, s comme
votre plus mortel et votre plus implacable
ennemi ! Que dis-je ? considérez-le
comme
un insensé; il ne s'aime pas lui-même ; il est
son propre bourreau : le Roi et la Patrie'voilà
votre devise ; à ces noms sacrés, ralliez-vous,
ne formez qu'un seul et méme faisceau de vos
armes contre les français ! méprisez toutes ces
dénominations injurieuses de gouvernemeet --- Page 198 ---
E 158 ]
Colombien que nos ennemis ont inventé P
nous diviser ; méprisez ces épithètes
pour
de negres du Nord et de mulitres
injurieuses
du Sud, qu'ils nous donnent; ne sommestous des haytiens, tous du même
nous pas
? Peut-il exister
pays, de la même origine
distinction, aucune cause de division
aucune
été tous
parmi nous ? N'avons - nous pas
tous infortunés ?
malhenreux, tous victimes,
N'avons-nous pas les mêmes intérêts 3 les
mêmes droits, la même patrie à défendre ?
N'avons-nous pas les mêmes dangers à parles mêmes lauriers à cueillir ? Le
tager,
attend-il pas ? Ne
même sort ne nous
sommes-nous pas tous frères, tous parens 9
tous amis ? Ne faut-il pas que nous soyons
touslibres et indépendans, ou que nous périssions tous les armes à la main sur le champ
de bataille ? Notre cause, nos droits, notre
territoire, ne sont-ils pas une et indivisible?
donc toujours qu'un seul but, qu'une
N'ayons
seul
seule et même volonté ; n'ayons qu'un
le Roi et la
régulateur : pour nous guider,
Patrie !
Quel espoir ne devons - nous pas avoir,
lorsque nous avons un Souverain aussi digne,
indépendans, ou que nous périssions tous les armes à la main sur le champ
de bataille ? Notre cause, nos droits, notre
territoire, ne sont-ils pas une et indivisible?
donc toujours qu'un seul but, qu'une
N'ayons
seul
seule et même volonté ; n'ayons qu'un
le Roi et la
régulateur : pour nous guider,
Patrie !
Quel espoir ne devons - nous pas avoir,
lorsque nous avons un Souverain aussi digne, --- Page 199 ---
i i5g ]
anssi capable de régner sur nous ?
nous voyons dans S. A. R. le Prince lorsque
Royal
d'Hayti, le digne héritier de son trône et de
ses vertus ; lorsque nous
Prince doué des
voyons ce jeune
qualités les plus
enflammé du plus
éminentes,
pur amour de la patrie,
pourons-nous ne pas nous livrer aux
flatteuses
plus
espérances ; pouvons-nous redouter
les rugissemens de nos ennemis ?
Nous serions heureux de nous voir arriver
à la fin de nos réflexions ; plus d'une fois
avons senti que nos facultés étaient
nous
parl'excès de notre indignation
comprimées
; plus d'une fois
nous avons voulu briser la plume etdéchirer
lambeaux le livre de le Borgne de
en
cethomme
Boigne, de
exécrable; nous ne pouvons
dant encore l'abandonner
cepenlecteurs
sans donner à nos
une juste idée jusqu'ot peut aller
l'impudence de cet homme immoral
renonce à tous sentimens humains,
qui
suivre que la voie de ses passions ! pour ne
Voici le discours que M. le
à nos chefs, s'ils
Borgne prête
conditions
refusaient d'accepter les
que la France veut nous
une voix secrète, dit-il, leur
imposer i
dirait :
a Quelque titre que nous prenions,
quel- --- Page 200 ---
I 160 ]
soit le
dont nous jouissons, qui
>> que
pouvoir ? Des esclaves ou des affran25 sommes-nous
des insurgés et des
> chis, considérés comme
le
Quel droit avons-nous sur pays
> rebelles.
la possession? Le plus
3 dont nous usurpons d'entre-nous est né sur les
>> grand nombre
la force et les circons-
> plages africaines;
maintiennent
S tances du moment nous y
les maitres. Mais cet appui menace
n comme
être écrasés. Tels
a ruine: nous pouvons en
vivons.
les
sous lesquels nous
2 sont
auspices
demain, peutnous régnons:
2 Aujourdhui
de nouyeau
notre front se courbera
3 être,
Nous rentrerons
29 sous le joug del'esclavage.
notre premier état, ou nous disparai29 dans
accablantes. La
Ces réflexions sont
2 trons.
le chêne audacieux : elle
> foudre frappe
T'humble et flexible roseau.
> respecte
a élé traitée avec tropd'ins Notrerebellion:
soit sincère. Ce
croire qu'elle
S dulgence pour
nous serait-il perd'ailleurs,
> sentiment,
d'autres intéNe dépendrait-il pas
> sonnel?
fait nattreexiste-t-elle
rêts? La cause quil'a
a encore ?
des deux
aux diverses puissances
2 Inconnus
a Mondes,
le chêne audacieux : elle
> foudre frappe
T'humble et flexible roseau.
> respecte
a élé traitée avec tropd'ins Notrerebellion:
soit sincère. Ce
croire qu'elle
S dulgence pour
nous serait-il perd'ailleurs,
> sentiment,
d'autres intéNe dépendrait-il pas
> sonnel?
fait nattreexiste-t-elle
rêts? La cause quil'a
a encore ?
des deux
aux diverses puissances
2 Inconnus
a Mondes, --- Page 201 ---
[ 161 1
a Mondes, étrangers à
toutes, et par notre
s sang, et par le droit qui leur a transmis le
> pouvoir, nous n'avons aucuns
>> elles. Que
rapports avec
pouvons-nous en attendre ? Elles
> n'ont souffert notre usurpation
qu'en
2 dant l'occasion de nous en
attenpunir. Ce
N est arrivé. L'Europe respire, alors temps
> la bravons encore! Notre
que nous
sort est dans
> mains; hâtons-nous de l'assurer.
nos
La
France
va sonner l'alarme contre nous. Au
>
de ses longues et cruelles
milieu
agitations, elle
> nei nous a pas perdus de vue.
a
loin parl l'éclat
Entrainée au
trompeur des conquétes, SES
revers lui ont appris que la
> bornes, que'la modération
gloire a des
et
a connaissent
lajustice n'en
point. Semblable à un
2 clle a fait une éruption terrible. volcan,
La Provi-
& dence le referme: elle en a éteint les
> Imitons
de
feux,
l'exemple
cette nation !
> cions, lions encore nos destinées à Assoa tinées toujours"
ses desglorieuses. Elle aurait dû
> périr, si ellen'était
impérissable. Lal
n rentre dans ses
elle
France
s force : plus
limites;
concentre sa
sagement dirigée 2 elle en
R devient plus puissante. Un Roi qui lui est
X --- Page 202 ---
[ 162 3
veille sur elle. Tont ce qu'il a promnis
3 cher
à
2e
réalisé: ellc est libre enlin. Comme
n a eté
à la méme patric, il
des sujets appartenant a1 embrasse dans
tend Jes bras ; il nous
D nous
N'hésitons plus dans
sollicitude.
>> la même
nous avons à prendre.
> le parti que V
les conditions
> Recevons avec respect
qui
faites. Soumettons-nons-y avec
>> nous sont
même à de moins généet
>) reconnaissance,
Elles
si elles nous étaient imposées.
>> reuses,
plus écladictées
la magnanimitélat
>> sont
par
reconnaitre; s'il
Si le Roi veut nous
>) tante.
investir d'une autorité légale,
> daigne nous
émaner que de sa puissance, 2
> qui ne peut
comme
ce moment notre sort change
>> dès
: nous prenons place,
2 par enchantement
de
vassaux et tributaires
Lonis
>> comme
nombre des Gouyernemens
> XVIII, au
et paisibles.
inda
> tranquilles
belle destinée pouyions-nous
>> Quelle plus
- .
L
: A
oserions-nous prétendre
:> espérer
quoi
occasion de légitimer
D Saisissons, donc cette
A
et d'en dloigner
qui ne peut
comme
ce moment notre sort change
>> dès
: nous prenons place,
2 par enchantement
de
vassaux et tributaires
Lonis
>> comme
nombre des Gouyernemens
> XVIII, au
et paisibles.
inda
> tranquilles
belle destinée pouyions-nous
>> Quelle plus
- .
L
: A
oserions-nous prétendre
:> espérer
quoi
occasion de légitimer
D Saisissons, donc cette
A
et d'en dloigner notre cxistonce politique,
-
1, ct les alarmes quil'environment
c les dangers 102
-
cesse ajats
Ji sA J 4
C sans
Fofl A. anseuny
à
ye
montrerions - nous insensibles
a
Noisy
X --- Page 203 ---
[ 163 ]
D tant de genérosité? Alors, rien ne
>> nous toucher, la France n'a plus de pouvant
>> gement à garder envers nous. Les colonies mena-
> sont le domaine naturel du commerce
> péen:la compagnie qu'ilforme
euronous
> toute la sécurité
présente
que nous pouvons désirer.
>> Si nous la
le
repoussons, 7
corps de
>> dont elle dispose peut n'être
troupes
que l'avant-
>> garde de l'armée qu'elle lèvera contre
>> sans être à charge au Gouvernement. nous,
>> Cette multitude d'hommes
> tenons dans notre
que nous
dépendance, plutôt sub-
> juguéeque soumise, dontlesort n'a
>
changé
que de nom, et que nous avons
aggravé au
22 lieu de l'adoucir, tenant aujourd'hui
>> existence certaine, irrévocable,
une
du Roi, va
> nous abandonner : elle passera du côté de
> la justice et des bienfaits >>
Va monstre exécrable! va porter ailleurs
tes conseils, ta justice et tes Dienfaits; c'est
avec un pareil langage que les tiens nous ont
déjà apporté le pillage, l'incendie, la
la mort et l'esclavage ! Pense-tu donc peste,
souvenir des crimes
que le
et des cruautés de tous.
genres que tes compatriotes ont exercés sur
nous soienttotalement chicederotremdimsire? --- Page 204 ---
t 164 1
Pense-tu donc que nous avons oublié toutes
tous les
les perfidies que nous avons éprouvées, nous
qui nous ont été tendus, pour oser
piéges
discours ? Parce que nous
tenir de semblable
avons été esclaves,
sommes noirs, parcequenousa
de
donc que nous sommes privés
pense-mn
les animaux ont pour leur
cet instinct que
préter l'oreille au
conservation, pour pouvoir
dis-tu,
d'un français ? Nous sommes,
langage
considérés
des esclaves et des affranchis,
? Dis
des insurgés et des rebelles
comme
des hommes Jibres et indépendonc plutôt
été esclaves des tyrans 7
dans; si nous avons
humilier doit nous
cette idée loin de nous
été par
enorgueillir ; nous ne l'avons pas
faute, mais par l'injustice et la
notre propre
c'est àl la pointe de nos
perversité des tiens; ;
droits;
nous avons révendiqué nos
épées, que
lavé dans leur sang odieux les
et nous avons
c'est une honte en
souillures de T'esclavage!
c'est une tâche
effet, c'est une ignominie 7
de cesser d'être libres, pour
ineflaçable, que
donc
redevenir esclaves ; mais depuis quand
glorienx de cesser d'être esne serait-il pas
libres ? Va porter ailleurs
claves pour devenir
: Nous rentrerons, >
tes leçons et tes menaces
, que
lavé dans leur sang odieux les
et nous avons
c'est une honte en
souillures de T'esclavage!
c'est une tâche
effet, c'est une ignominie 7
de cesser d'être libres, pour
ineflaçable, que
donc
redevenir esclaves ; mais depuis quand
glorienx de cesser d'être esne serait-il pas
libres ? Va porter ailleurs
claves pour devenir
: Nous rentrerons, >
tes leçons et tes menaces --- Page 205 ---
[ 165 J
dis-tu, dans notre premier étatou nous disparaitrons; ces réflexions n'ont rien d'accablantes
pour: nous; ; ilyalong-temps qu'elles sont faites,
et notre choix n'est pas douteux, nous
vons cesser d'être ; mais nous ne
poucesser d'être libres et indépendans ! La pouvons foudre
dis-tu, frappe le chêne audacieux; ; clle respecte l'humble et flexible rosean : eh bien !
lance donc ta foudre sur le chêne audacieux,
ou bien joue toi-même le rôle de l'humble
flexible roseau; ; il est vil et rampant, il et
convient !
te
Il nous tardait de finir, nous nous
sentons
soulagés d'un poids énorme, l'âme est flétri
le courage est abattu, quand l'homme
:
se voit
placé au milieu d'un océan de maux,
et
jugés d'injustices !
depréQuand donc la France cessera d'exercer
tre nous une tyrannie aussiinouie,
concution aussi
une perséhorrible - et aussi scandaleuse ?
Quand donc les écrivains français
ront de blasphémer le nom
cesseauguste de l'Europe, pour nousi insulter et nous faire les
odieuses menaces ? N'avons-nous
plus
droits à la sollicitude de
pas aussi des
l'Europe ? Est-il un
événement qui soit plus digne de fixer son --- Page 206 ---
€ 166 1
d'attirer la méditation du philosoattention,
de tous les homies que
phe et l'admiration
réhabilité
Thistoire de notre régénération, qui démonhumaine dans ses droits, qni
l'espèce
de civiliser
la possibilité
tre matériellement
le
humain est
T'Afrique, et que tout genre
de
de parvenir au plus haut degré
susceptible
civilisation et de honheur ? (1)
humaineen généSile bonheur de J'espèce
hommes et
ral, doit émouvoir le cceur des
faire taire la voix des passions et des prajugés,
Lous les obstacles imaau lien de nous opposer
nos efforts, pour
ginables, de comprimer tous
n'étions pressés et dans la nécessité
4 (1) Si nous
nous aurions pu jeter nos
d'abréger nos réflexions,
idées sur la civilisation de T'Afrique. être civilisée, que
Nous croyons qu'elle ne peut de civilisation, et non
par la conquête faite en vue les espagnols, les portugais,
de la manière barbare que des deux Indes; il faut des
ce sont rendus maitres changer les moeurs 2 démoyens puissans pour
ctablis; partez à dcs
truire les usages et les préjugés e'estpréeherdans
hommes qui ne penveatvomseniendred hommes quine) peule désert; ; on ne peut il persuaderdes faut avoir reçu des lumières pour
vent étre persuadés, des romains, les germains, les
cela ; sans les conquétes
peut-etre encore des bargaulois,les bretons ,seraient eux-mémes n'ont été civilisés que
bares ! les romains derniers ne l'ont été que par les
parler grecs, et ces
égyptiens ! U
ans
hommes qui ne penveatvomseniendred hommes quine) peule désert; ; on ne peut il persuaderdes faut avoir reçu des lumières pour
vent étre persuadés, des romains, les germains, les
cela ; sans les conquétes
peut-etre encore des bargaulois,les bretons ,seraient eux-mémes n'ont été civilisés que
bares ! les romains derniers ne l'ont été que par les
parler grecs, et ces
égyptiens ! U --- Page 207 ---
[ 167 J
nous empicher d'étendre et de perfectionner
notre état social, au lien de nous
poursuivre
Tierenisgsderaweentuand
le monde entier ne devrait-il d'acharnement,
à nous tendre
pas étreintéressé
une main secourable ? Qne
demandons-nous donc, que l'on ne
nous l'accorder, la liberté,
puisse
la paix ?
lindépendance et
Laliberté, lepatrimoine universel de tous les
hommes, quenous avons reçu du
dance que nous avons justement cicl;lindépenuous: a
acquise, qui
cema5
paix que nous méritons de jouir, après
cinq ansde guerre, de troubles et de vingtla paix que nous demandons
combats,
livrer avec sécurité à
pour pouvoir nous
Tagticulture, au commerce, à l'industrie, aux arts et aux sciences !
C'est lorsque les trônes de
occupés par des Souverains l'Europe sont
éclairés,
magnanimes et
qui sont environnés d'hommes célébres par leur sagesse, leurs lumières
philantropie,
et leur
que nous osons dlever notre
nous espérons
voix;
qu'ils ne seront pas
et qu'ils daigneront
insensibles,
jeter sur le peuplehaytien
un regard de bonté , de
protection et de
brenrellance. Et vous mes frères, hommes --- Page 208 ---
L 168 ]
régénérés, rendons mille actiorls de gràces au
maitre de l'univers, pour nous avoir retiré de
l'état d'esclavage e, d'ignorance et de barbarie,
nous rendre à l'état de civilisation et au
pour
bonheur! rendons nous dignes de ces bienfaits
inapréciables , en faisant de plus en plus un
de notre liberté et de
noble et digne usage
notre indépendance !
P. S. Nous imprimons à la fin"de cet
plusieurs pièces officielles, qui feront
ouvrage
lecteurs
quel est
connaitre à nos
étrangers,
l'esprit public à Hayti. Ces piéces anthentiques appuyent nos assertions de preuves
incontestables.
-
a
ACTÉ
nnsus
es de ces bienfaits
inapréciables , en faisant de plus en plus un
de notre liberté et de
noble et digne usage
notre indépendance !
P. S. Nous imprimons à la fin"de cet
plusieurs pièces officielles, qui feront
ouvrage
lecteurs
quel est
connaitre à nos
étrangers,
l'esprit public à Hayti. Ces piéces anthentiques appuyent nos assertions de preuves
incontestables.
-
a
ACTÉ
nnsus --- Page 209 ---
A CTE DE
FINDEPENDANCE
D'HAYTL
LIBERTÉ,
OU LAMORT
A R MÉE
INDIGENE
Ausouxp'wor premier Janvier , mil heit cent
quatre, le Général en Chef de l'armée
accompagué des Généraux, Chefs de
Indigéne,
voqués à l'effet de prendre les
l'armée, contendre au bonheur du
mesures qui doivent
Pays.
Après avoir fait connaitre aux Généraux
ses véritables intentions
assemblés,
Indigénes
2 d'assurer à jamais aux
d'Hayti, un Gouvernement
de sa plus vive sollicitude;
stable, objet
discours qui tend à faire ce qu'il a fait par un
connaitre aux Puissances
Étrangères, 2 la résolution de rendre le
pendant, et de jouir d'une liberté
Pays indésang du peuple de cette ile; et
consacrée par le
les avis
après avoir recueilli
3 a demandé que chacun des Généraux
assemblés prononçàt le serment de renoncer à
à la France, de mourir plutot
jamais
que de vivre sous sa
domination, et de combattre jusqu'au dernier
pour l'indépendance.
soupir
Y --- Page 210 ---
E 170 ]
pénétrés de ces principes sacrés,
Les Généraux, d'une voix unanime leur adhésion
après avoir donné
d'indépendance, ont tous
au projet bien manifesté
entier, de renoneer à
juré à la postérité, à l'univers
que de vivre
jamais à la France et de mourir plutbt
sous sa domination.
Janvier 1804 ct le
Fait aux Gonaives, ce premier
premier jour de T'indépendance d'Hayti. Christophe,
DESSALINES, Général en Chef;
Signés,
Geffrard, Vernet, Gabart, GénéPétion, Clervaux,
E. Gérin, F. Capoix,
raux de Division; P. Romain, Cangé, L. Bazelais,
Ferou,
Dadhjostasus-frnamgeia,
Toussaint Brave,
Magloire Ambroise, J. J. Herne,
Généraur de Brigade ; Bonnet, F. Papalier,
Yayou, Chevallier, Marion . Adjudans-Généraus; ;
Morelly, 9
Chefs de Brigade; Chareron, Bi
Magny, Roux,
Dupuy, Carbonne, DiaLoret, Quené, Marcajoux, Derenoncourt, Officiers
quoi ainé, J. Raphaël, Malet,
Secrétaire.
de Varmée, et Boisrond Tonnerre;
GENÉRAL EN CHEF,
LE
AU PEUPLE D'HAYTI
CITOYENS,
assez diavoir expulsé de votre pays les
CE n'est pas
depuis deux siècles; ce
barhares.quil'ont ensanglanté
aux factions toun'est pas assez d'avoir mis un frein
du fantôme
tour-à-tour
jours renaissantes quiscjouaient à vos yeux; il fant
de liberté que la France exposait
de Varmée, et Boisrond Tonnerre;
GENÉRAL EN CHEF,
LE
AU PEUPLE D'HAYTI
CITOYENS,
assez diavoir expulsé de votre pays les
CE n'est pas
depuis deux siècles; ce
barhares.quil'ont ensanglanté
aux factions toun'est pas assez d'avoir mis un frein
du fantôme
tour-à-tour
jours renaissantes quiscjouaient à vos yeux; il fant
de liberté que la France exposait --- Page 211 ---
[ 171 ]
par un dernier acte d'autorité nationale, assureri à
jamais
l'empirede la liberté dans le pays qui nous a vu
il fautravirau
naitre;
gouvernement inhumain qui tient depuis
long-temps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir; il faut enfin vivre
indépendant ou mourir.
Indépendance, ou la mort... que ces mots sacrés
nous rallient, et qu' 'ils soient le signal des combats et
de notre réunion.
Citoyens, mes Compatriotes , j'ai rassemblé dans ce
jour solemnel ces militaires courageux, qui, à la veille
de recueillir les derniers soupirs de la liberté, onf
prodigué leur sang pour la sauver; ces Généraux qri
ont guidé vos efforts contre la tyrannie, n'ont
encore assez fait pour votre bonheur..
le point
français lugubre encore nos contrées.
nom
Tout y retrace le souvenirdes cruautés de ce peuple
barbare; nos lois, nos meurs, nos villes, tout encore
porte l'empreinte française; que dis-je, il existe des
français dans notre ile, et vous vous croyez libres et
indépendans de cette République qui a combattu toutes les nations, il est vrai; mais qui n'a jamais vaincu
celles qui ont voulu être libres.
Eh quoi ! victimes pendant
quatorze ans de notre
crédulité et de notre
des
indulgence ; vaincus, 7 non par
armées françaises, mais par la pipeuse
des
éloquence
proclamations de leurs agens ; quand nous lasserons-nous de respirer le mêe air qu'eux? Qu'avons-nous de commun avec ce, peuple bourreau P Sa
cruauté comparée à notre patiente modération ; sa
eouleur à la nôtre, l'étendue des mers
qui nous
victimes pendant
quatorze ans de notre
crédulité et de notre
des
indulgence ; vaincus, 7 non par
armées françaises, mais par la pipeuse
des
éloquence
proclamations de leurs agens ; quand nous lasserons-nous de respirer le mêe air qu'eux? Qu'avons-nous de commun avec ce, peuple bourreau P Sa
cruauté comparée à notre patiente modération ; sa
eouleur à la nôtre, l'étendue des mers
qui nous --- Page 212 ---
i 172 J
notre climat vengeur nous disent assèz
sépurent,
ils ne le deviendront
qu'ils ne sont pas nos frères, qu
ils
jamais, et que s'ils trouvent un asile parmi nous,
les machinateurs de nos troubles et de
seront encore
nos divisions.
filles et
Citoyens Indigenes 3 hommes 1 femmes,
vos regards sur toutes les parties de
enfans 1 portez
vous vos
cette ile, cherchez-y, vous vos épouses,
inaris, vous vos frères, vous vos sceurs; ; que dis-je,
vos enfans, vos enfans à la mamelle? Que
cherchez-y
Je frémis de le dire..
la
sont-ils devenus..
victimes intéproie de ces vautours. Au lieu de ces
votre ceil consterné n'apperçoit que leurs
ressantes,
dégoutant encore de leur sang,
assassins : que les tigres
votre insenct dont l'affreusc présence vous reproche
lenteur à les venger. Qu'atsibilité et votre çoupable
appaiser leurs mànes ; songez que
tendcz-vous pour
auprès de
vous avez voulu que vos restes reposassent
vous avez chassé la tyranceux de vos pères 2 quand
sans les
descendrez-vous dans leurs tombes,
nie; 3
repousseraient
avoir vengés P Non, Icurs ossemens
les vôtres.
Généraux intrépides
Lt vous hommes précieux ,
ressusmalheurs, avez
qui, insensibles à vos propres
votre sang
cité la liberté en lui prodiguant tout
i
n'avez rien fait, si vous ne donnez
sachez que vous
mais juste, de la
aux nations un cxemple terrible,
fier d'avoir
que doit exercer un peuple
vengeance
de la maintenir; cffrarecouvré sa liberté, et jaloux
la ravir
oseraient tenter de nous
yons tous ceux qui
Qu'ils
encore: commençons par les français..
insensibles à vos propres
votre sang
cité la liberté en lui prodiguant tout
i
n'avez rien fait, si vous ne donnez
sachez que vous
mais juste, de la
aux nations un cxemple terrible,
fier d'avoir
que doit exercer un peuple
vengeance
de la maintenir; cffrarecouvré sa liberté, et jaloux
la ravir
oseraient tenter de nous
yons tous ceux qui
Qu'ils
encore: commençons par les français.. --- Page 213 ---
[ 173 ]
frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des cruautés qu'ils y ont exercées, au moins
la résolution terrible
par
que nous allons prendre de
dévouer à la mort, quiconque né français, souillerait
de son pied sacrilége le territoire de la liberté.
Nous avons osé être libres, osons l'être par nousmémes et pour nous-mémcs, imitons l'enfant
qui
grandit : son propre poids brise la lisière qui lui
devient inutile et l'entrave dans sa marche. Quel
peuple a combattu pour nous ! quel peuple voudrait
recueillir les fruits de nos travaux P Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves.
Esclaves !
laissons aux français cette
épithète
qualificative; ils ont vaincu pour cesser d'être libres.
Marchons sur d'autres traces, imitons ces peuples
qui, portant leurs sollicitudes
jusques sur l'avenir et
appréhendant de laisser à la postérité
l'exemple de la
Jâcheté, ont préférés étre exterminés
nombre des
que rayés du
peuples libres.
Gardons - nous cependant que l'esprit de
tisme ne détruise notre
proséliouvrage ; laissons en paix
respirer nos vaisins, 2 qu'ils vivent
l'égide des lois
paisiblement sous
qu'ils se sont faites 2 et n'allons
boutes-feu révolutionnaires,
pas,
teurs des
nous érigcant en législaAntilles, faire consister notre
bler le repos des iles
gloire à trouqui nous avoisinent, elles n'ont
point, comme celles que nous
du sang innocent de leurs
habitons, été arrosées
habitans; ; ils n'ont point de
vengeance à exercer contre l'autorité qui les
Heareuses de n'avoir jamais
protège,
connu les fléaux qui
faites 2 et n'allons
boutes-feu révolutionnaires,
pas,
teurs des
nous érigcant en législaAntilles, faire consister notre
bler le repos des iles
gloire à trouqui nous avoisinent, elles n'ont
point, comme celles que nous
du sang innocent de leurs
habitons, été arrosées
habitans; ; ils n'ont point de
vengeance à exercer contre l'autorité qui les
Heareuses de n'avoir jamais
protège,
connu les fléaux qui --- Page 214 ---
[ 174 ]
ellesne
faire des voeux
nous on t détruit;
peuventque
pour notre prospérité. mais anathéme au nom franPaix à nos voisins 1
voilà notre cri.
çais, haine éternelle à la Frence:
me
Indigènes d'Hayti ! mon heureuse destinée
la sentinelle qui dut veiller à
reservait à être un jour
à
vous sacrifiez: : j'ai veillé,
la garde de l'idole laquelle
heureux
quelquefois seul; et si jai été assez
combattu, de remettre en vos mains le dépôt sacré qus vous
que
c'est à vous maintenant
m'avez confié, songez que
votre liberté j'ai trale conserver. En combattant pour
bonheur. Avant de la consolider
vaillé à mon propre
libre individualité,
par des lois qui assurent votre
vous
j'assemble ici, et moi-même nous
vos Chefs, que
de notre dévouement.
devons la dernière preuve
iciprès de moipour
Généraux,et vous Chefs,réunis
le
est arrivé, ce jour
le bonheur de notre pays, jour
doit éterniser notre gloire , notre indépendance.
qui
exister parini nous un coeur tiède, qu'il
S'il pouvait
le serment qui doit
s'éloigne et tremble de prononcer r
nous unir.
entier, a la postérité, à nous-mômes,
Jurons à Punivers
et de mourir plut6t.
de renoncer à jamais à la France,
que de vivre sous sa domination.
l'indépenDe combattre jusqu'au dernier soupir pour
dance de noire pays.
infortuné, témoin du
Et toi, peuple trop lorg-tenis
c'est
souviens-toi que
rment que nous prononçons,
j'ai compté quand
sur ta constunce etton courage que
suis lancé dans la carrière de la liberté pour
je me
etla tyrannie contre lesqucls
yo combattre le despotisme
à jamais à la France,
que de vivre sous sa domination.
l'indépenDe combattre jusqu'au dernier soupir pour
dance de noire pays.
infortuné, témoin du
Et toi, peuple trop lorg-tenis
c'est
souviens-toi que
rment que nous prononçons,
j'ai compté quand
sur ta constunce etton courage que
suis lancé dans la carrière de la liberté pour
je me
etla tyrannie contre lesqucls
yo combattre le despotisme --- Page 215 ---
[ 175 1
tu luttais depuis quatorze ans ;
tout sacrifié pour voler à ta défense rappelle-toi que j'ai
fortune , et que maintenant
9 parens, enfans,
de ta liberté;
je ne suis riche que
que mon nom est devenu en
tous les peuples qui veulent
horreurà à
despotes etles
l'esclavage, 2 et que les
tyrans ne le prononcent
sant le jour qui m'a vu naître
qu'en maudissais ou recevais
; et si jamais tu refuen murmurant les lois que le
qui veille à tes destins me dictera
génic
tu mériterais le sort des
pour ton bonheur,
peuples
Mais loin de moi cette affreuse ingrats.
soutien de la liberté
idée ; tu seras le
que tu chériss
du
qui te commande.
l'appui
Chef
Prête donc entre ses mains le serment
libre et
de vivre
indépendant, et de préférer la mortà tout
qui tendrait à te remettre sous le
ce
de poursuivre à jamais les
joug. Jure enfin,
ton
traitres et les ennemis de
indépendance.
Fait au
Je1
quartier-génécal des Gonaives, le
Janvier, 1804 , l'an 1" de Tindépendance, premies
Signé, J. J. DESSALIN
E's.
AU NOM DU PEUPLE
D'IIAYTI,
NOUS Généraux et Chefs dès Armées de l'ile
d'Hayti, , pénétrés de reconnaissance des
nous avons éprouvésdu Général
bienfaits que
en
Dessalines, le protecteur de la liberté Chef,Jean-farques
peuple.
, dont joui le
Au nom de la liberté, au nom de
Kindépendance, --- Page 216 ---
( 176 1
qu'il a rendu heureux, nous le
au nom du peuple
à vie, d'Hayti;
proclamons Gouverneur- - Général,
Lois émanées
nous jurons d'obéir aveuglément aux
la seule que nous reconnaitrons:
de son autorité le droit de faire la paix, la guerre
nous lui donnons
et de nommer son successeur.
ce 1*
- Général des Gonaives,
Fait au Quartier
jour de l'indépendance.
Janvier 1804, et le premier J. Herne, Capoix,
Signés, Gabart, P. Romain 1 Vernet, Pétion ,
Christophe, Geffrard , E. Getin,
François, Cangé, Ferou, Yayou,
Clervanx,Jean-lauis
Ambroise, Louis Bazelais.
Toussaint Brave, Magloire
Général de la Nation
Résolution du Conseil
Parrivée des
la
du Roi, lors de
et Réponse
Émissaires francais Dauxion Lavaysse -
Médina et Dravermann.
ADRESSE AU ROI,
SIRI E,
l'on chercherait dans les annales
Cest en vain que
ouverture de paix entredes nations l'exemple d'une
et accompagné de
pris sous de plus affreux auspices, celle entamée
circonstances aussi déshonorantes que
et
français Dauxion Lavaysse, au nom
par le général de Sa Majesté Louis XVIII.
comme agent
Les
Réponse
Émissaires francais Dauxion Lavaysse -
Médina et Dravermann.
ADRESSE AU ROI,
SIRI E,
l'on chercherait dans les annales
Cest en vain que
ouverture de paix entredes nations l'exemple d'une
et accompagné de
pris sous de plus affreux auspices, celle entamée
circonstances aussi déshonorantes que
et
français Dauxion Lavaysse, au nom
par le général de Sa Majesté Louis XVIII.
comme agent
Les --- Page 217 ---
L 177 ]
Les peuples, les souverains, les individus méme
particulier, ont des droits qui sont respectés
en
les nations les plus barbares; ; et il n'est point parmi
à quique ce soit de les enfreindre : mais si les hommes perinis
cn général sont convenus de
respecter ces droits,
consacrés parl'usage et l'hounéteté publics, combien
à plus fortes raison, est-il odieux
roi, d'un
que l'envoyé d'un
peuple éclairé, ait osé violer ouvertement
ces droits sacrés P
Quoi I les plus abominables des
ils ont voulu opprimer les
tyrans, quand
le
peuples, en leur imposant
joug de la tyrannie, ont employé des
fides et ont couvert de quelques
moyens perleurs criminelles
prétextes spécieux
entreprises ( parce qu'ils
violer ouvertement
n'osaient
ces droits des peuples ); mais
Tenvoyé du roi des français a tout violé
ment ; il a fait la plus cruelle
impudempossible de faire à un
injure qu'il soit
peuple libre, en lui
cette abominable alternative
proposant
d'opter entre l'esclavage et la mort. A qui ce vil Agent ose-t-il
s'adresser pour manifester les intentions atroces
son gouvernement P C'est à Votre
de
queur des
Majesté, au vainfrançais, au défenseur de la liberté et de
l'indépendance ! A vous Sire, qui avez consacré votre
vie entière au maintien et à la défense des
indestructibles et éternels de l'homme
droits
Majesté
! A Votre
qui a toujours eu pour règle de sa conduite
et de ses actions, T'honneur et la gloire du
haytien ! On ose vous proposer de descendre peuple
trône ou vous avez été placé par 1 amour et la d'un
gratiZ
de la liberté et de
l'indépendance ! A vous Sire, qui avez consacré votre
vie entière au maintien et à la défense des
indestructibles et éternels de l'homme
droits
Majesté
! A Votre
qui a toujours eu pour règle de sa conduite
et de ses actions, T'honneur et la gloire du
haytien ! On ose vous proposer de descendre peuple
trône ou vous avez été placé par 1 amour et la d'un
gratiZ --- Page 218 ---
[ 178 ]
! O comble d'auidace et
tude de vos concitoyens
âme
votre grande
d'infamie ! On ose soupçonner
parler
A qui ose-t-on
d'une insigne perfidie
libre
de maitre et d'esclave P A nous, à un peuple
couverts de nobles
et indépendant 3 à des guerriers
qui ont
cicatrices gagnées au champ d'honneur 1 l'arbre
racines
détruit jusques dans ses dernières
et de l'esclavage, à ces guerriers
antique des préjugés ont fait mordre la poussière
qui dans mille combats
échappés à notre
colons dont les restes
à ces barbares
parler de rasseoir
juste vengeance osent encore
à
abhorré, que nous avons proscrit
ici leur régime
de maitre ni d'esjamais ! Non, jamais il n'existera
clave à Hayti !
à un tel
Votre Majesté se serait - elle attendue
de la part d'un souverain que la
excès d'indignité
comme un roi
renommée s'est plue à nous présenter
instruit à l'école de l'adversité 2
sage, bon et vertueux,
enfin juste et humain?
ennemi des préjugés illibéraux,
Sire, s'il faut
Que la renommée est mensongère, devance tant de
les effets avec ce qu'elle
comparer
ouverture de paix, les premières
fois P La première
sont adressées au
de conciliation qui nous
paroles
dont nous nous étions formés
nom de ce prince 2
des outrages
idée, sont des insultes,
une si grande
à des hommes libres
sanglans ; on ose proposer
les armes à
vingt-cinq ans 2 qui ont encore
depuis
reprendre les chaines
la main, de les déposer pour esclavage ! En nous
et d'un barbare
de Tignominic
on les couvre du prétexte
insinuant ces horreurs,
et de réconciliation!
spécieux de paroles de paix
formés
nom de ce prince 2
des outrages
idée, sont des insultes,
une si grande
à des hommes libres
sanglans ; on ose proposer
les armes à
vingt-cinq ans 2 qui ont encore
depuis
reprendre les chaines
la main, de les déposer pour esclavage ! En nous
et d'un barbare
de Tignominic
on les couvre du prétexte
insinuant ces horreurs,
et de réconciliation!
spécieux de paroles de paix --- Page 219 ---
[ 179 ]
On enveloppe le poignard de la trahison ct de la
perfidie sous le manteau honorable et séduisant des
sentimens libéraux de justice et d'humanité du
narque des français à notre égard! Mais
moce vil agent, ce monstre
soudain 2
antropophage changeant de
langage, 9 prenant le ton et le caractère atroce de son
odieuse mission 7 nous menace d'anéantir notre
et de la substituer par une autre ! Quelle race,
justice :
quelle libéralité ! quelle humanité !
A cette dernière démarche des
tout ne nous démontre-t-il
français 9 Sire,
pas que la cause des
haytiens est séparée de celle des autres peuples P En
effet! à quel peuple ! à quel souverain aurait-on osé
proposer des conditions aussi viles que déshonorantes P
Ils nous méprisent, ils nous croyent
de
stupides au point
supposer que nous sommes privés méme de cet
instinct, qu'ont les animaux pour leur
servation; quel délire ! quel excès d'audace propre con-
! d'oser
nous proposer de nous livrer aux français, de
soumettre à leur odieuse domination I Serait-ce nous
les bienfaits
pour
que nous en avons reçu que nous reprendrions les chaînes de la servitude P Serait-ce
souverain
pour un
qui nous est tout à fait étranger,
ne connaissons
que nous
pas, quin'a jamais rien fait pour nous,
au nom duquel on vient nous
outrager que nous irions
changer de maitre P Serait-ce enfin
être
nouveau livrés
1 pour
de
aux tortures et aux chiens à dévorer,
que nous renoncerions au fruit de
combats et de
vingi-cinq ans de
sang répandu P Qu'avons-nous donc
encore de commun avec ce peuple P N'avons-nous
pas brisé tous les liens qui pouvaient nous unir à luip
jamais rien fait pour nous,
au nom duquel on vient nous
outrager que nous irions
changer de maitre P Serait-ce enfin
être
nouveau livrés
1 pour
de
aux tortures et aux chiens à dévorer,
que nous renoncerions au fruit de
combats et de
vingi-cinq ans de
sang répandu P Qu'avons-nous donc
encore de commun avec ce peuple P N'avons-nous
pas brisé tous les liens qui pouvaient nous unir à luip --- Page 220 ---
[ 180 1
Nous avons changé de nom, de vie,de mceurs, nous
ne ressemblons en rien aux français; à ce peuple
qui n'a cessé de nous persécuter et que nous abhordonc notre sort serait-il d'être con*
rons. Pourquoi
dammé à gémir sous sa tyrannique oppression ?
Ces barbares, ils osent nous mépriser ! Ils croyent
sommes
des bienfaits de la liberté
que nous
indignes
ct de lindépendance! Ils croyent que nous ne sommes
susceptibles de ces sentimens sublimes, , de ces
pas
forment les héros et rendent les
élans généreux qui
hommes maitres de leurs destinées; ils le croyent,
connaissent bien peu la
mais ils se trompent! qu'ils
magnanimité, l'énergie et le courage de ce peuple
qu'ils osent outrager ! Nous voulons être libres et
indépendans, et nous le serons en dépit des tyrans !
Ah! Si jamais notre cause est séparée de celle
des autres peuples, si l'on se croit en droit de nous
de nous insulter, de nous rayer du nombre
menacer. 1
des vivans, si l'injustice prévaut sur l'équité dans ce
siècle de lumières, si nos tyrans enfin parvenaient à
triompher de nous, du moins que la gloire du peuple
haytien n'ait rien qui puisse l'égaler dans les annales:
des nations ! Oui, nous y souscrivons 2 plutôt que
de renoncer à la liberté et à l'indépendance, que
notre race entière soye exterminée! : Nous y sonscrivons; mais avant que le français puisse asseoir ici sa
puissance, qu'Hayti devienne un vaste désert, que
nos maisons, soyent la
nos villes, nos manufactures,
des flammes; que chacun de nous multiplie ses
proie redouble son énergie et son courage, en imferces,
fureur, des milliers de ces tigres
molant dans sa juete
la liberté et à l'indépendance, que
notre race entière soye exterminée! : Nous y sonscrivons; mais avant que le français puisse asseoir ici sa
puissance, qu'Hayti devienne un vaste désert, que
nos maisons, soyent la
nos villes, nos manufactures,
des flammes; que chacun de nous multiplie ses
proie redouble son énergie et son courage, en imferces,
fureur, des milliers de ces tigres
molant dans sa juete --- Page 221 ---
181 J
altérés de notre sang.
Qu'Hayti nc représente
monceau de ruines,
qu'un
que les regards effrayés ne rencontrent que l'aspect de la mort, de la
et de la vengeance ! Que la
destruction
postérité dise, en
ces débris : Ici il eristait un
voyant
des
peuple libre et généreur,
tyrans ont voulu lui ravir sa liberté, il a
cesser d'ezister La postérité
préféré
de
applaudira à cet acte
magnanimité. Hé!. quel est le mortel assez
généreux qui nous refuserait son
peu
estime et ses voeux P
admiration, son
Dans les guerres
politiques, entre états
armées
policés 2 les
combattent et les peuples vivent en
dans une guerre d'extermination,
paix; mais
on ose nous
comme celle dont
menacer, lorsqu'il s'agit de défendre ses
foyers, les tombeaux de ses
pères, sa liberté et son
indépendance, que dis-je son existence, celle de
femmesetdeses enfans,la
ses
guerre est d
les femmes, les adolescens
hommeàhomme,
en
sont en guerre; tout est
armes, tout le mal que nous pourrons faire à
ennemi est un devoir sacré; tous les
notre
truction
moyens de desnous serons légitines ; nous ferons revivre
ces exemples terribles de
l'exaspération des
qui ont épouvanté la terre !.
peuples
frémira
La postérité en
d'horreur; mais loin de nous
ne les
blàmer 3 elle
imputera qu'à la perversité du
tyrans et à la nécessité !
siècle, aux
ne sera
cela
Mois non, cela
pas; 7
est impossible ! Hayti
et la justice desa cause la fera
catinvincible,
obstacles!
triompher detous les
Non, jamais cette exécrable
lieu, il y va de
entreprise aura
Thonneur, de la gloire des souverains et des peuples de
l'Europe ; et la Grande-Bre-
blàmer 3 elle
imputera qu'à la perversité du
tyrans et à la nécessité !
siècle, aux
ne sera
cela
Mois non, cela
pas; 7
est impossible ! Hayti
et la justice desa cause la fera
catinvincible,
obstacles!
triompher detous les
Non, jamais cette exécrable
lieu, il y va de
entreprise aura
Thonneur, de la gloire des souverains et des peuples de
l'Europe ; et la Grande-Bre- --- Page 222 ---
I 182 ]
cetle libératrice du monde, empéchera une
tagne,
pareille abomination !
l'insulte faite au peuple haytien et à son
Sire ,
faitàl l'auguste personne
sonverain,T'outrage particulier
de Votre Majesté; rejaillit sur nous individuellement
et sur la nation entière; dans notre juste indignation,
était
la vengeance eût égalé l'offense.
s'il nous
possible,
Votre
Le conseil pénétré des grandes choses que
le bonheur et la gloire du peuple
Majesté a faites pour
T'honneur de
à Votre Majesté,
haytien, a
présenter
brave et généreux, sa résolution
au nom de ce peuple
et de témoide vivrel libre et indépendant ou mourir,
sentimens de dévouement, de fidélité et de
gner ses
personne de Votre Majesté
reconnaissanee à l'auguste
et de la Famille royale ; vingt-cinq ans d'expérience
de services rendus au peuple haytien, sont les sûrs
et
le bonheur et la félicité de Votre Majesté
garans que
liés au salut de tous. Notre premier
sont intimement
et le second
mouvement est donc de crier aur armes,
sur Votre Majesté à qui le peuple
de porter nos regard
nous vous offrons unanimement,
a confiée sa destinée;
le service
Sire, nos armes, nos vies, nos biens, pour liberté
de Votre Majesté, de notre patrie, de notre
et nous renouvellons au
et de notre indépendance,
Obéissance
pied de votre tràne, ce serment sacré:
Constitutions du Royaume et fidélité au Roi!
aux
cette Adresse aux acclamaLe conseil a accucilli
tions de Vive le Roi ! Vive la Liberté ! Indépendance
la Mort ! A l'instant tous les membres se sont
ou
au bureau pour y apposer
empressés de se porter
leurs signatures.
otre Majesté, de notre patrie, de notre
et nous renouvellons au
et de notre indépendance,
Obéissance
pied de votre tràne, ce serment sacré:
Constitutions du Royaume et fidélité au Roi!
aux
cette Adresse aux acclamaLe conseil a accucilli
tions de Vive le Roi ! Vive la Liberté ! Indépendance
la Mort ! A l'instant tous les membres se sont
ou
au bureau pour y apposer
empressés de se porter
leurs signatures. --- Page 223 ---
t 185 ]
SIGNEs Leurs Altesses Royales, prince Noele,
prince Jean. Son Altesse
Marc. Leurs
Sérénisime, prince de SaintGràces, duc de l'Anse, duc de
duc de l'Artibonite, duc de l'Avancé Fort-Royal,
1 duc de la
Marmelade, duc du Dondon. Leurs Excellences
comtes, de Vallière, d'Ouanaminthe, de
les
de Cahos, de Limonade, du Trou, de Laxavon,
du Terrier-Rouge, du
Saint-Louis,
Gros-Morne, de Léogane, de
Richeplaine, de Terre-Neuve, de Thilorier, de MontRouis. Les Maréchaux de
de
Choisy 7 de Jean Joseph de L. camp 7
Barthélemy
Frégis, de Faraud, de
Déville, de Chevallier, de Raymond, de Joseph Jérome.
Les barons, de Thabares,de
de Dossou, de Ferrier, de Bastien HenryProix, de Sicard,
Fabien, de Cadet
Antoine, de P. Poux, de C. Cap, de Bottex, de
de Montpoint, de Dupuy, de Béliard, de Stanislas Léo,
tortue, deJoseph Latortue, de P. A.
LaPetit, de Delon, de Vastey, de J. Charrier, deJ. B,
Les
Dessalines, de Lucas.
chevaliers, de Lacroix, de Blaise, de C.
de C. Pétigny,de Dézormes, de Prézeau, de Leconte,
Dupin.
Les colonels, de David,de Diacoué, , de
deLaurent Désir, de Dagobert, de P.
Prophile,
François, d'André
Apollon,de P.
Lejeune 9 de Vincent Louis, de
Grandmaison, de Hoban, Ignace. de J.L. Louis, P. Paul
Colin, de P. Apollon, de Désobly, de R.
T. Gabriel, de J. P.. J. Baptiste, de Fidèle, Semblé, de
de
de J. Césaire, de S. L. Aléxandre, de
Samson,
de Villarceaux, L. Poux, Janitte, Daniel Frontis, Lubin,
Carré.
Les lieutenans colonels, d'Antoine
Paul, Bien - aimé
Guillaume, Lubin, C. Augustin, Léonel, de Jumeau,
. Apollon, de Désobly, de R.
T. Gabriel, de J. P.. J. Baptiste, de Fidèle, Semblé, de
de
de J. Césaire, de S. L. Aléxandre, de
Samson,
de Villarceaux, L. Poux, Janitte, Daniel Frontis, Lubin,
Carré.
Les lieutenans colonels, d'Antoine
Paul, Bien - aimé
Guillaume, Lubin, C. Augustin, Léonel, de Jumeau, --- Page 224 ---
( 184 j
Christophe, de P. Hardy, Titus, de Fidèle François,
de Ste Fleur, de Marc fils, de Nord
de Prophète,
Augustin, Isidore, de
Alexis, de Bélair, Prophète d'Étienne Bazile, de
César Mineur, de Manuel,
Henry,
Guillemote, G. Lafricain, Ulysse, Ambroise
Catabois, Joseph Bion, E.
Janite 7 de Corasmin,
Félix, Bardette,
Guillaume, Crépin, de L. Faul,
C.
J. B. Gabriel, de Michaux, Georges François,
Duhart, Dossou, Chevrau Lapointe, Antoine Drouet,
Bernard, François, de Gourgues, Maret,
Monrose,
Joachim, Sévère, Boreaux, Julien
de Titon, Célestin,
Bigaille, de Damis, de Paul,
Pierre, Thoby, Philipe, Pérote, de Colas, A. Fad'Azor Elisé, de Vincent,
d'Adonis, Eustache,
raud, M. Lafleur, L. Voltaire,
Denis, Réné, de
de Paul, de Janvier, d'Etienne,
DauJanite,Abrican, Félix,J. P. Colin, de Bernard,
de Silvain Pierre, Jean-Louis, de Georges, de
phin,
de P. Philippe, de Jacques, de
Pierre, de Jacquet,
d'Honoré André, deJ.
Noel, Eugène, de P. Charles,
F. Champain, de Baine, Mouscardy.
Les officiers de l'administration, G. Démangles,
Achille, Ménard, Darmey, Auguste jeune,
Diaquoy,
Brévoltaire, Gallo Birame,
T. Guérinet, N. Gaulard,
Dufresne, C. Warloppe.
Les conseillers, B. Lemoine, Hector, Mancelle,
Dubois, Jonka, Filiatre, SommeGuisot, Aurignac,
Bayron, Heureaux ainé, P. Martin, Sangosse,
reux,
P. Joseph, Ulysse, J. Blain, Pierre
V. Domégé,
Lonis, Sanon Déraque, Penet, Vilton.
.
oy,
Brévoltaire, Gallo Birame,
T. Guérinet, N. Gaulard,
Dufresne, C. Warloppe.
Les conseillers, B. Lemoine, Hector, Mancelle,
Dubois, Jonka, Filiatre, SommeGuisot, Aurignac,
Bayron, Heureaux ainé, P. Martin, Sangosse,
reux,
P. Joseph, Ulysse, J. Blain, Pierre
V. Domégé,
Lonis, Sanon Déraque, Penet, Vilton.
. --- Page 225 ---
L I 185 1
Les lieutenans dejuges, Jacques Lallemand s Corasmin, A. Tollo, Eustache Aramy, Mardy, J. Déville,
J. P. Janot, J. Grégoire, J. B. Dessalines,
Rubert,
Grandjean, J.F. Danfour, Marc pére, Guillaume Joseph, J. P. Antoine, Thomas Pierre, T. Gilbert, Pasteur Brisson, Paul Rousseau, Jean Remy, J. Gaulard,
Michel Bessé, LouisPierre, Christophe Baptiste, Josephy
Amadis, J. B. Tony, Jean Layigne: Suive un grand
nombre de signatures.
RÉPONSE DU ROI
HAYTIEN SI
Vos sentimens, votre généreuse résolution
dignes de Nous ; votre Roi sera toujours digne de 1 Vous! sont
Notre indignation est à son comble ! qu ilayti,
dès cet instant, ne. soit qu'un vaste camnp; préparonsnous à combattre ces tyrans, qui nous menacent de
fers, de l'esclavage et la mort.
Haytiens ! l'univers entier a les yeux fixés sur
nous, notre conduite doit confondre nos détracteurs
et justifier l'opinion que les philantropes conçoivent
de nous. Rallions-nous, n'ayons qu'un seul et meme
voeu, celui d'exterminer nos tyrans; du concours
unanime de notre union, de nos efforts, dépendra le
prompt succès de notre cause. Donnons à la postérité un grand acte de courage; combattons avec gloirc:
foyons effacés du rang des peuples, plutôt que de
Aa --- Page 226 ---
[ 186 [
Roi ! nous
wenoncer à la liberté et à l'indépendance.
vivre et mourir en Roi ; vous nous verrez
saurons
vos périls et vos dantoujours à votre tête, partager
d'être,avant
S'il arrivait que nous cessassions
gers.
de nos
d'avoir consolidé vos droits, ressouvenez-vous en
à mettre
actions ; et si nos tyrans parvenaient
exhuvotre liberté ct votre iudépendence ;
dangers
en pre à la victoire,
mez mes os, ils vous guideront
et
feront triompher de nos implacables
et vous
éternels ennemis.
Octobre 1814, an
Fait et passé en conseil, le 21
11" de l'indépendance d'Hayti.
Signés Prince DU LIMBÉ, président
Comte DE LA TASTE, vice-président.
D'ENNERY et Baron de DESSALINES,
Comte
secrétaires.
ROYAU M E D'HAYTI
A 000
DU ROI
DÉCLARATION
FRANÇAIS.
L'ARRIVÉE DEs COMMISSAIRES
A
de confiance dans la justice de notre cause
PLEIN
Dieu etl'uet dans la légitimité de nos droits; prenant
juges dans les prétentions injustes et tyrannivers pour
n'ayant point de secret à garder
niques des français,
intérêts étant les mêmes et
envers notre peuple, nos
faits
Aiés d'une: manière indissoluble, nous nous sommes
DU ROI
DÉCLARATION
FRANÇAIS.
L'ARRIVÉE DEs COMMISSAIRES
A
de confiance dans la justice de notre cause
PLEIN
Dieu etl'uet dans la légitimité de nos droits; prenant
juges dans les prétentions injustes et tyrannivers pour
n'ayant point de secret à garder
niques des français,
intérêts étant les mêmes et
envers notre peuple, nos
faits
Aiés d'une: manière indissoluble, nous nous sommes --- Page 227 ---
[ 187 J
unc impérieuse loi de traiter
manière la
publiquement, ct de la
plus solennelle,les affaires qui ont
à
la liberté et à l'indépendance du
rapport
peuple haytien.
Mds par ces sentimens, nous avons fait publier toutes
les ouvertures et toutes les propositions
faites de la part du cabinet
qui nous ont été
français, soit directement
ou indirectement.
Nous avons cru devoir nous écarter de la politique
ordinaire des
gouvernemens. 1 et par notre conduite
franche et loyale, nous avons exprimé nos sentimens
etnous avons fait connaitre notre inébranlable résolution de vivre libres et
indépendans ou mourir.
C'est dans ces vues, 2 que nous publiames notre Manifeste du 18 Septembre de l'année
dans
1814,
lequel nous exposâmes sous les yeux des souverains et
des peuples 3 la justice de la cause et des droits du
ple haytien à la liberté et à
peul'indépendance !
Alors l'Europe venait d'être délivrée de
de la France. Après
l'oppression
vingt-cinq ans de gucrres, deluttes et de combats, les peuples
des bienfaits de la
commençaient à jouir
paix; Louis XVIII venait d'être rétabli sur le trône de France par les
il était à
puissances alliées i
présumer que sous an prince, que l'on dit
éclairé et ennemi des préjugés, et qui avait
de longs malheurs, le cabinet
éprouvé
français revenn à des
principes plus humains, plus justes et plus libéraux,
aurait changé son systèmne perfide et destructeur
le peuple haytien; il était à présumer
la envers
tisfaite de lier des relations
que France sa.
commerciales avec nous, à
l'instar des autres nations, aurait renoncé à vouloirs subjuguer un peuple, dont elle avait déjà fait vainemert
avait
de longs malheurs, le cabinet
éprouvé
français revenn à des
principes plus humains, plus justes et plus libéraux,
aurait changé son systèmne perfide et destructeur
le peuple haytien; il était à présumer
la envers
tisfaite de lier des relations
que France sa.
commerciales avec nous, à
l'instar des autres nations, aurait renoncé à vouloirs subjuguer un peuple, dont elle avait déjà fait vainemert --- Page 228 ---
[ 188 ]
forces
l'asservir ; il étaitk
l'essai de ses
pour pouvoir
Sa Majesté Louis XVIII, mue par des
présumer que
aurait reconnu
sentinens de justice et d'humanité :
notre indépendance, et par cet acte de justice, réparé
et effacé les maux incalculables que nous avions éprouvés des français scus le gouvernement de Bonaparte ;
il était enfin à présumer que par nos constans et généefforts à combattre età détruire les armécs de l'opreux
rétablissement de la paix
presseur de l'Europe, qu'au
générale, nous eussions mérité de jouir de quelques
nous avionssupportés tous les fléaux
avantages, puisque
d'une guerre barbare et destructive: : nos justes espéétaient fondées sur les principes moraux, de jusrances
souverains et les peuples
tice et d'équité qui dirigentles
éclairés de l'Europe.
Le traité de Paris se fit, et il ne fut pas question
etles
lui laisd'Hayti; la France se réserva,
puissances
sérentle droit de conquérir St-Domingue ; et malgré
et magnanime opposition du peula noble, généreuse
faire renonple et du gouvernement Britannique, pour
cer la France à la traite des esclaves A elle conserva
dans le traité de Paris, le privilége de faire pendant
oing ans. cet odieux trafic, uniqueinent pour se conserver les moyens de pouvoir remplacer la population
dans,le cas où elle l'eût détruite dans la guerre
d'Hayti,
avait en vue de nous faire.
d'extermination, qu'eile
du 1" JanAu mépris de l'acte de Findépendance
vier 1804 , oi le peuple haytien, poussé jusqu'à l'exasles injustices, les cruautés et les crimes
pération par
déclaré à l'univers entier avoir
inouis des français, a
senoncé à jamais à la France etde mourir plutôt que
ans,le cas où elle l'eût détruite dans la guerre
d'Hayti,
avait en vue de nous faire.
d'extermination, qu'eile
du 1" JanAu mépris de l'acte de Findépendance
vier 1804 , oi le peuple haytien, poussé jusqu'à l'exasles injustices, les cruautés et les crimes
pération par
déclaré à l'univers entier avoir
inouis des français, a
senoncé à jamais à la France etde mourir plutôt que --- Page 229 ---
[ 189 ]
de se soumeltre à sa cruelle, tyrannique et
injuste domination;
Au mépris de notre susdit Manifeste, où nous
exprimé les justes motifs qui nous ont porté à avons
mer notre indépendance, etla
proclade
résolutionou nous étions
nous ensevelir sous les ruines de notre
que de souffrir qu'il soit
pays 2 plutôt
porté atteinte à nos droits politiques;
Au mépris du droit des gens, de la raison et de la
morale, contre tous principes d'humanité
et d'équité, le cabinet
3 de justice
français conçut et résolut l'odieux projet de faire rentrer le peuple
toutes les horreurs de
haytien dans
l'esclavage, dont il en était sorti,
après vingt-cinq ans de combats, de luttes et de sacrifices: :
L'histoire des attentats et des crimes commis
genre humain par les plus cruels
sur le
tyrans, 1 ne
pas un semblable exemple; mais ce que le monde présente
peine à croire, si des faits et des
aura
ne luia attestaient la
picces irrécusables
vérité; à la honte de la France et du
siècle éclairé oà nous vivons, le cabinet del Louis
n'a pas hésité d'employerles mêmes
XVIII
qu'avait
et perfides moyens
employé le cabinet de Bonaparte
faire tomber dans ses
pour nous
piéges, afin de nous réduire dans
l'esclavage; c'était dans ces perfidcs intentions,
cabinet français envoya trois
quele
mieux,trois
agens 1 ou plutôt disons
émissaires, chargés de prendreles mesurcs
préliminaires nécessaires à T'exécution de ses criminels
projets, comme il est facile de s'en convaincre à la
ture des pièces officielles
lecsaires.
qui concernent ces émis-
arte
faire tomber dans ses
pour nous
piéges, afin de nous réduire dans
l'esclavage; c'était dans ces perfidcs intentions,
cabinet français envoya trois
quele
mieux,trois
agens 1 ou plutôt disons
émissaires, chargés de prendreles mesurcs
préliminaires nécessaires à T'exécution de ses criminels
projets, comme il est facile de s'en convaincre à la
ture des pièces officielles
lecsaires.
qui concernent ces émis- --- Page 230 ---
[ 190 J
Le monde entier est instruit comme s'est terminé
cette mission d'espionnage et de corruption, à la honte
du ministre et du gouvernement quil'avaient ordonnée.
Dans la lettre à nous écrite par Dauxion Lavaysse,
chefde cette mission, on ylit, au milieu des promesses
les plus fallacieuses, les plus sanglans outrages et la
menace d'exterminer le peuple haytien, et de remplacer sa population par d'autres infortunés arrachés du
sein de T'Afrique, et pour pouvoir encore mieux nous
intimider, nous sommes menacés de la coopération
des puissances maritimes de l'Europe 1 si nous ne consentions à rentrer SONS le joug de la France et de l'esclav vage.
Fidèles à nos principes, de prendre toujours le peuple pour juge dans sa propre cause, nous avons mis
les propositions des français sous les yeux du conseil
général de la nation solennellement convoqué pour cet
effet. La grande, noble et magnanime résolution que
le peuple haytien a prise d'être exterminé jusqu'au
dernier, plutôt que de renoncer à la liberté et à l'indépendance, est connue del'Europe et de l'Amérique,
Dans cette circonstance,les. nouvelles preuves de zele,
d'amour et de fidélité que nous avons reçues de nos
concitoyens unanimement ont été un devoir pour nous,
de contracter de nouvelles obligations 2 de consacrer
notre vie entière pourles rendre tous libres, heureux
etindépendans.
Dans la lettre écrite au générel Tétion, à travers les
flatterics, dont cet émissaire a conblé son complice,
ony trouve la menace, au peuple haytien d'une portion
de l'Ouest et du Sud, d eire traité come des sauvuges
mafaisans et traquécomme des nigres marrons,
oyens unanimement ont été un devoir pour nous,
de contracter de nouvelles obligations 2 de consacrer
notre vie entière pourles rendre tous libres, heureux
etindépendans.
Dans la lettre écrite au générel Tétion, à travers les
flatterics, dont cet émissaire a conblé son complice,
ony trouve la menace, au peuple haytien d'une portion
de l'Ouest et du Sud, d eire traité come des sauvuges
mafaisans et traquécomme des nigres marrons, --- Page 231 ---
I 191 3
Ihistoire jugera comment cclui qui avait osé écrire
une menace aussi odicuse a pu se rendre au Port-auFrince, aprés l'avoir écrite, et elle jugera comment le
chef à quielle était adressée a pu accueillir,
plus grands égards, l'homme
avec lcs
qui avait osé la faire!
Pendant que l'un de ces énissaires, ( il faut le direà
notre honte ) marchandait avec un traitre les droits civils et politiques du peuple
le second
haytien au
se
Port-au-Prince,
rendait en France pour apporter les
mières nouvelles, ctle troisiène,
pretroduisait dans le Nord du
appelé Médina, , s'inRoyaume, pour exécuter sa
mission; les instructions secrètes ( dont il était
teur) de M. Malouet, alors ministre de la marine pordes colonies, démontrent clairement
et
tier quelles étaient et
à l'univers enquelles sontles véritables intentions du cabinet français à l'égard du
il fautlire ces. instructions
peuple haytien:
pour) biense pénétrer de la politique perfide,artilicieuse et abominable de ce cabinet,
Onydécouvre le grand plan, le plan favori du cabinet français, toujours influencé et toujours
par les ex-colons, quiest de nous diviser, gouverné
une partie de la population
7 pour armer
vent done
contre l'autre. Ils ne sapas quellcs que soient les dissentions et la
différence d opinion, qui peuvent exister entre les
tiens, qu'à la voix de la patrie ils étoufferont
haytimens d'animosité, ete
tous senqu'ils seront toujours d'accords
et réunis, 9 lorsqu il s'a agira de combattre les
ils ne savent donc pas que toutes les
français;
raient pu leur être faites,
promesses qui aupar un factieux, devenaient
illusoires à leur exécution, étant contre les intérêts
la volonté du peuple; iis ne savent donc
et
pas que. la
de la patrie ils étoufferont
haytimens d'animosité, ete
tous senqu'ils seront toujours d'accords
et réunis, 9 lorsqu il s'a agira de combattre les
ils ne savent donc pas que toutes les
français;
raient pu leur être faites,
promesses qui aupar un factieux, devenaient
illusoires à leur exécution, étant contre les intérêts
la volonté du peuple; iis ne savent donc
et
pas que. la --- Page 232 ---
L 192 1 I
des deux couleurs est une et insépacause des haytiens
liés d'une
leurs intérêts sont communs 2
rable; que
surle vaismanière indissoluble; que tous embarqués
da
2 il faut que nous le sauvions
seau del'indépendance.
avec lui; c'est donc cn
naufrage ou que nous périssions
les français font tous leurs efforts pour pouvain que
haytien sera toujours d'acvoir nous diviser: le peuple
extinction,
de les combattre jusqu'à
cord sur ce point,
sous le joug de la
plutot que de jamais se soumettre
France etde l'esclavuge.
artificieuse
Nous connaissons trop bien la politique
criminelles des français à notre (gard,
et les intentions
pourraient
tomber dans les piéges qu'ils
pourjamais
estbien facile der nous figurer
encore: nous tendre.llnous nous nous serions plongés,
dans quel abime de maux
faibles
eussions été assez aveuglés ou assez
pour
si nous
leurs promesses fallacieusts,
nous laisser éblouir par odieuses menaces: si nous
ou nous intimider par leurs
d'ajouterfoian
avions eu le malheur ou l'imprudence été victimes
nous aurions
cabinet de Louis XVIII,
confiance etde notre
de notre
comme sous Bonaparte,
former une juste idée de
aveugle crédulité. Pour se
ces émisvérités, il faut lire les lettres que
ces grandes
avec les instrucsaires nous ont écrites, les comparcr dont ils étaient
tions secrètes du ministre Malouet,
l'ua
de Médina,
porteurs, ainsi que l'interrogatoire désavoué cette
d'eux , le cabinet français n'a pas S. M. Louis
et de corruption,
mission d'espionnage
mécontenseulement son profond
XVIII a manifesté.s mal adroite > dont les agens
tement de l2 maniere
-
s'étaient
lire les lettres que
ces grandes
avec les instrucsaires nous ont écrites, les comparcr dont ils étaient
tions secrètes du ministre Malouet,
l'ua
de Médina,
porteurs, ainsi que l'interrogatoire désavoué cette
d'eux , le cabinet français n'a pas S. M. Louis
et de corruption,
mission d'espionnage
mécontenseulement son profond
XVIII a manifesté.s mal adroite > dont les agens
tement de l2 maniere
-
s'étaient --- Page 233 ---
[ 193 J
s'etlient pris pour l'exécuter; il n'en cst pas moins
vrai, et du propre aveu de M. Beugnot,
de M. Malouet dans le ministére de la successeur
des colonies,
marine et
qu'ils étaient chargés de recueillir
de transmettre des
e6
renseignemens Sur l'état de la
et en parcourant leurs
colonie,
convaincre
instructions 2 Ton pourra se
que tes agens français s'y sont conformés
ponctuellement, tant dans les lettres qu'ils ont écrites,
que dans la conduite qu'ils ont tenue
chefs et le peuple
envers les
haytien ; l'on y trouve méme
jusqu'à la menace dc l'exterminer s'il
se ployer à rentrer
ne voulait
sous le joug de
et
la
l'esclavage, de
coopération des puissances curopéennes,
parvenir.
pour y
Il est tellement vrai que le cabinet
français avait
goûté ce projet abominable, que les ex-colons écrivaient etimprimaient librement des milliers de brochures où étaient
consignés, avec la dernière
dence, des plans et des projets de destruction impula seule idée fait frémir la nature, et
dont
à la réligion, à la morale et aux
qui répugnent
ou
lumières du siècle
nous vivons !
Ces pamphlétaires proposaicnt de faire extermincr
notre génération, sans distinction d'age ni de
les seuls enfans au-dessous de six ans
sexe,
devaient être
exceptés 3 pour être conservés dans l'esclavage,
que ces innocentes créatures n'auraient
parce
le temps de receyoir les
pas eu encore
premières impressions de la
liberté.
Bb
à la morale et aux
qui répugnent
ou
lumières du siècle
nous vivons !
Ces pamphlétaires proposaicnt de faire extermincr
notre génération, sans distinction d'age ni de
les seuls enfans au-dessous de six ans
sexe,
devaient être
exceptés 3 pour être conservés dans l'esclavage,
que ces innocentes créatures n'auraient
parce
le temps de receyoir les
pas eu encore
premières impressions de la
liberté.
Bb --- Page 234 ---
[ 194 ]
des ex-colons,1 les lettres des
D'aprés les pamphlets instructions dont ils étaient poragens français et les
nous
teurs; d'après toutes les pièces authentiques que
avons sous les yeux, n'est-il pas démontré jusqu'à
même que le cabinet français de Louis
l'évidence
avait adopté ce
XVIII, comme celui de Bonaparte,
de destruction, de crimes et de sang?
projet
s'exécutait à
Tandis que cette mission d'espionnage
la France préparait, dans tous ses ports, une
Hayti,
expédition pour ajouter les effets aux menaces.
douter, aujourd'hui, que le ca*
Personne ne peut
toute alternabinet français nous proposait , pour
tive, la mort ou l'esclavage !
avait mis le peuple
Personne ne peut douter qu'il
hors du cercle des relations sociales, qu'il
haytien les lois divines et humaines à notre égard,
avait violé
être détruits comme des bétes
et que nous devions
de I fle Y'avait
féroces, comme la population primitive
siècle d'ignorance et de barbarie 1
été dans un
France
le
La rentrée de Bonaparte en
empécha
de cette expédition, et recula encore, pour
départ
quelque temps, les projets des français. à abolir la
Des vues politiques portérent Bonaparte
traite : il fit sonder, par ses agens, nos dispositions
furent rejeà l'égard de la France, ses propositions
tées avec mépris.
restauration de
Pendant l'intervalle de la seconde
français, embarrassé
Louis XVIII, le gouvernement
affaires, fut contraint de ne point s'inde ses propres
quiéter de nous.
était-il rétabli sur son 1
Mais à peine-Louis XVIII
ir la
Des vues politiques portérent Bonaparte
traite : il fit sonder, par ses agens, nos dispositions
furent rejeà l'égard de la France, ses propositions
tées avec mépris.
restauration de
Pendant l'intervalle de la seconde
français, embarrassé
Louis XVIII, le gouvernement
affaires, fut contraint de ne point s'inde ses propres
quiéter de nous.
était-il rétabli sur son 1
Mais à peine-Louis XVIII --- Page 235 ---
I 195 1
trône, par les puissances alliées, que les ex-colons
recommencérent leurs intrigues; ils employérent des
agens subalternes et stipendiés pour nous faire des
ouvertures indirectes, qui ont été rendues publiques
par la voie de l'impression; le cabinet
français n'étant
pas encore en mesure de pouvoir agir ouvertement,
nous laissa paisiblement, jusques dans ce moment, où
il vient de recommencer ses nouvelles et inutiles
tentatives.
Qui aurait jamais pu croire, d'après ce qui s'est
passé depuis vingt-sept ans, entre les haytiens et les
français, et tout récemment, la connaissance
exacte
que nous avons acquise de leurs véritables
que le cabinet français eût osé
intentions,
des
persister à nous faire
ouvertures, contenant des propositions
nieuses P Et encore
ignomipar qui nous sont - elles
par la voie des commissaires tous
offertes
des hommes tarés et flétris
ex-colons, tous
dansl'opinion des haytiens,
quelle infamie ! c'est avec les ci-devant
que Louis XVIII veut, que les ci-devant maitres,
traitent de la manière et dans les formes
esclaves
qu'ils doivent
reprendre les chaînes de l'esclavage !
Comment ces ex-colons se présentent-ils devant
côtes pour exécuter leur mission P comme des
nos
qui ont en vue de commettre
pirates,
quelques
devant les ports d'une nation civilisée. déprédations
prennent-ils
Comment s'y
pour communiquer avec nous P ils profitent d'un batiment des États-Unis
détournent de sa route
d'Amérique, qu'ils
pour nous faire passer leurs
lettres, qui leur sont de suite renvoyées,
qu'elles portaient une suscription
parce
injurieuse ct insul.
exécuter leur mission P comme des
nos
qui ont en vue de commettre
pirates,
quelques
devant les ports d'une nation civilisée. déprédations
prennent-ils
Comment s'y
pour communiquer avec nous P ils profitent d'un batiment des États-Unis
détournent de sa route
d'Amérique, qu'ils
pour nous faire passer leurs
lettres, qui leur sont de suite renvoyées,
qu'elles portaient une suscription
parce
injurieuse ct insul. --- Page 236 ---
f 96 ]
tante au peuple haytien; enfin, ils uscnt de supercheric pour faire passer un de leurs paquets sous un
couvert emprunté; sans l'obligation que nous avons
contractée, de mettre à jour toutcs les pièces venant
des français, nous les eussions laissés easevelies dans
le plus profond mépris.
Ils annoncent par leur lettre dur 12 Octobre, qu'il
allaient SC porter au Port-au-Prince, comme point
central et intermédiaire, afin de communiquer avec
le Nord et Ic Sud, tandis que nous étions parfaitement instruits que dès le 5, au soir, ils avaient touché au Port-au-Prince. Les perfides r ils ne faisaient
quc de paraitre, ils cherchaient déjà Ies moyens d'intriguer : ils usaient déjà de ruse et de mensonge pour
diviser et tromper !
Que nous proposent-ils et au peuple haytien par
ces piéces P de renoncer â l'indépendance, de rétablir
les relations commerciales avec la métropole; enfin,
de redevenir une colonie française.
Cest-à-dire de nous dépouiller de nos droits, de
nos institutions, de nos lois, et de tous les avantages
que nous avons acquis par notre courage, notre persévérance, , et par vingt-cinq ans de sacrifices, de comhats et de sang répandu.
Ils nc nous proposent plus la mort ou l'esclavage,
il leur en coûterait trop > l'exécution en est impossible: ils employent des palliatifs pour parvenir au
même burt.
C'est après avoir lu notre Acte d'indépendance,
:
potreManifeste et l'acte du Conseil général del la Nation,
et de tous les avantages
que nous avons acquis par notre courage, notre persévérance, , et par vingt-cinq ans de sacrifices, de comhats et de sang répandu.
Ils nc nous proposent plus la mort ou l'esclavage,
il leur en coûterait trop > l'exécution en est impossible: ils employent des palliatifs pour parvenir au
même burt.
C'est après avoir lu notre Acte d'indépendance,
:
potreManifeste et l'acte du Conseil général del la Nation, --- Page 237 ---
[ 197 J
ç'est après que nous avons découvert tous Ieurs
jets, qu'ils ont osé nous faire ces
pro+
sont aussi
propositions, qui
dégradantes et aussi insultantes
qu'elles sont viles et déshonorantes
pour nous,
eu
pour ceux qui ont
l'impudeur de nous les faire P
en
Ifutqu'ils croyent,
effet, que nous soyons privés de
plutôt n'cn sont-ils
l'intellect, ou
pas privés eux-mêmes, pour avoir
pu s'imaginer que de semblables
été accueillies
propositions eussent
par nous.
Renoncer à
nime
l'indépendance 7 ou ce qui est synopour nous, renoncer à la gloire et à la vie,
pour consentir à redevenir esclaves
mort
ou à périr d'une
ignominieuse ; de rétablir les relations
ciales avec la
commererronée
métropole; cette proposition est aussi
et dénuée de toute espèce de
la première est injuste, odicuse
fondemens, que
et outrageante : il a
quatorze ans que nous avons renoncé à
y
disant
cette soimétropole, lui donner le commeree,
ce pas admettre sa
, ne seraitsuprématie P Et quand méme
qu'elle reconnaitrait notre
pourrions pas lui accorder le indépendance, nous ne
nous le faisions
commerce exclusif; si7 ce serait agir
nos lois et les intérêts de la
ouvertement contre
perdu
nation, et. la France
tous ses droits de souveraineté
ayant
admettrons aucune
; jamais nous
condition qui pourrait lui
encore le droit d'exercer
donner
une
sur le royaume
suprématie quelconque
d'Hayti; la France nous
mal et nous en a trop fait,
veut trop des
d'être favorisée dans
pour qu'elle puisse espérer
ses relations commerciales
nous. Ne connaissons-nous
avec
nous
pas les français P N'avonspas assez fait de funestes et cruelles
expériences,,
ayant
admettrons aucune
; jamais nous
condition qui pourrait lui
encore le droit d'exercer
donner
une
sur le royaume
suprématie quelconque
d'Hayti; la France nous
mal et nous en a trop fait,
veut trop des
d'être favorisée dans
pour qu'elle puisse espérer
ses relations commerciales
nous. Ne connaissons-nous
avec
nous
pas les français P N'avonspas assez fait de funestes et cruelles
expériences,, --- Page 238 ---
[ 198 1
pour être éclairés sur leurs projets et sur nos vrais
intérêts ? Ne les conpaitrions-nous pas, que tous leurs
écrits nous instruisent assez qu'ils ne veulent pas
traiter loyalement avec nous ; mais qu'ils veulent
absolument l'esclavage! L'esclavage ou point de colonie,
voilà leur système ; et s'ils nous font des nouvelles
propositions , et qu'ils feignent de les modifier, c'est
nous réduire de vive force dans
qu'ils ne peuvent pas
l'esclavage; alors ils veulent nous tromper et nous
endormir sous la foi des traités qu'ils auraient contractés, dans l'intention de pouvoir les violer, aussitôt
l'occasion leur serait favorable; ; c'est pour avoir
que
Toussaint Louverture a été
osé traiter avec eux, que
leur victime ainsi qu'une infinité d'autres de nos conRessouvenez-vous sans cesse Haytiens, des
citoyens.
des sermens mêmes de
belles et flatteuses promesses,
devant Dieu et devant la République, vous
nos frères
ressouvenezavez éprouvés leur prétendue sincérité;
de méme des promesses de Louis XVIII, des
vous
à ses Agens, vous avez la
instructions de son Ministre
même preuve de cette sincérité : ayez-les toujours
devant les yeux ces instructions, et ressouvenez-vous
sans les événemens survenus en France,
enfin que
des français, sous Louis
nous aurions déjà éprouvés
horreurs et
XVIII, les mêmes injustices, les mêmes
Vous en
les mêmes cruautés que sous Boneparte, mêmes
les mêmes démarches, les
êtes les témoins,
orlt été également
promesses et les mémes sermens
donc
nous tromper; il n'a
mis en usage pour pouvoir
été
que
les effets, etils n'en ont empéchés
manqué que
nous faut-ildonc dapar laforce des circonstances: que
horreurs et
XVIII, les mêmes injustices, les mêmes
Vous en
les mêmes cruautés que sous Boneparte, mêmes
les mêmes démarches, les
êtes les témoins,
orlt été également
promesses et les mémes sermens
donc
nous tromper; il n'a
mis en usage pour pouvoir
été
que
les effets, etils n'en ont empéchés
manqué que
nous faut-ildonc dapar laforce des circonstances: que --- Page 239 ---
[ 199 3
vantage pour y croire P Faudrait-il voir l'exécution
mêmes horreurs, dont nous avons étéles
des
de prendre les mesures
victimes, avant
sages, fortes ct décisives
nous prescrivent la sûreté, le salut et la
que
du peuple haytien P
conservation
Rien n'est changé pour nous: le
Louis XVIII ne vaut pas mieux gouvernement de
parte, sa politique
que celui de Bonaartificieuse est toujours la
tromper et diviser pour nous réduire dans
même,
toujours le même calcul de crime et de l'esclavage:
peuvent réussir à nous
sang. S'ils ne
de la population
diviser, en armant une partie
contre l'autre, ils veulent
cause du peuple d'avec celui du
séparer la
sil la cause de l'un n'était
gouvernement, comme
si Ia ruine de l'un
pas la cause del'autre, comme
Les
n'entrainerait pas la ruine
français seront toujours français
del'autre,
dire nos plus cruels
pour nous, c'est-àplacables,
tyrans et nos ennemis les plus imQuel traité peut exister entre
ex-colons 3 entre les ci-devant
nous et les
esclaves
majires et les ci-devant
qui ont brisé leurs fers P
les conditions P Où en seraient Quelles en seraient
est la cause de notre
les garanties P Ce qui
fait la
bonheur et de notre
cause de leurs touriens et de leurs félicité,
Donc ils ne peuvent pas vouloir notre
infortunes,
indépendance,
liberté et notre
qui sont les causes de notre
Donc nous ne
félicité,
pouvons ni ne devons traiter
sans que préalablement
avec eux;
d'une grande
nous ayons des garanties
puissance maritime et des
qui soient telles qu' il ne serait
conditions
sance de pouvoir les
pas dans leur puisvioler i car s'ils
nous sans ces garanties de droits
traitaient aveç
et de faits, ce serait
peuvent pas vouloir notre
infortunes,
indépendance,
liberté et notre
qui sont les causes de notre
Donc nous ne
félicité,
pouvons ni ne devons traiter
sans que préalablement
avec eux;
d'une grande
nous ayons des garanties
puissance maritime et des
qui soient telles qu' il ne serait
conditions
sance de pouvoir les
pas dans leur puisvioler i car s'ils
nous sans ces garanties de droits
traitaient aveç
et de faits, ce serait --- Page 240 ---
[ 200 1
le dessein de
nous abuser : c'est donc à
dans
pouvoir
il ne
exister
nous à les exiger 9 sans quoi
pourrait
durable, ni aucune sécurité pour vous,
aucune paix
Haytiens ! renonceriez - vous à l'indépendance
qu'il vous faudrait demain renoncer à
aujourd'hui,
même à la fois à l'une
la liberté ; ct renonceriez-vous
esclaves des
consentiriez-vous à vivre
et à l'autre,
mourir d'une
vous faudrait toujours
français , qu'il
ils n'auraient pas plutôt
mnort ignominieuse ! : car
les bàchers, les
établi leur puissance, que les gibets,
attendre !
échafauds seraient toujours dressés pour vous
signes, aux moindres souffles, aux
Aux moindres
de votre liberté pourmoindres soupirs que la perte
bourvous seriez livrés, par vos
rait vous arracher,
aux derniers supplices !
reaux,
n'avez pas même le choix de pou*
Ainsi donc, vous
de ces tyvoirvivres esclaves, sous le joug ignominieux
did'autres alternatives quisoient
rans; 5 vous n'avez pas
ont conquis leurs
des hommes qui
gnes de vous 7 dignes
que nous avons
droits, que la résolution magnanime la force de nos
de vaincre ces odieux tyrans par
prise
vivre libres et indépenafin de pouvoir
bayonnettes,
sur
ou de nous faire tous tuer glorieusement
dans,
Reconnatrient-ils même notre
un champ de bataille.
exiger, dans le
faudrait encore
indépendance, , qu'il
soient telles, qu'elles leur
traité, des conditions qui
troubler et
tous les moyens de pouvoir nous
ôteraient
la suite; et indépendamment
de nous subjuguer par
nos lois de police
conditions, il faut encore que
de ces
et à notre postérité,
ct de sûreté nons garantissent
de
glorieusement
dans,
Reconnatrient-ils même notre
un champ de bataille.
exiger, dans le
faudrait encore
indépendance, , qu'il
soient telles, qu'elles leur
traité, des conditions qui
troubler et
tous les moyens de pouvoir nous
ôteraient
la suite; et indépendamment
de nous subjuguer par
nos lois de police
conditions, il faut encore que
de ces
et à notre postérité,
ct de sûreté nons garantissent
de --- Page 241 ---
[ 201 3
de ne jamais retomber sous le joug des
de l'esclavage.
français ct
Car sans ces garanties, ils n'auraient
traités avec nous,
pas platot
2 qu'ils chercheraient les moyens de
pouvoir mettre à exécution leurs projets
et de destruction, D'abord ils
d'esclavage
le prétexte des affaires
commenceraient, sous
commerciales, par s'insinuer
parmi nous, bientôt ils trouveraient les
de
se méler dans les affaires
moyens
des
politiques, de se former
intrigues 9 de se créer des partisans dans la
nation, de rallumer la guerre civile et
verraient
lorsqu'ils
que notre population corrompue aurait
perdu sa force morule, et qu'elle serait dans l'impuissance de pouvoir leur résister, alors ils
déclareraient la guerre ; et encore ils nous nous
une guerre perfide, en se servant de
feraient
moyens pour
nos propres
ren-doanacoehetueieesd détraire
Dans la même
hypothèse 1 ne serions-1 nous
obligés d'exercer une surveillance active
pas
nuelle sur ces hommes
et contifoule
remuans, , qui viendraient en
parmi nous, , et qui sercient même envoyes dans
l'intention de nous troubler P Les actes de sévérité
que nous nous verrions forcés d'exercer contre
pour notre sureté, ne seraient-ils pas de
cux,
tinuels de
sujets condiscussion et de rupture avec: la France P
Ne pourrait-elle pas également, par ses batimens de
commerce et de guerre-qui aflueraient librement dans
nQs ports, dans les vues de nous
masse de
lenvahir, y jeter une
population qu'elle pourrait renforecr, d'un
moment à l'autre 7 es à sa volonté, en jettant
les
par
Cc
'exercer contre
pour notre sureté, ne seraient-ils pas de
cux,
tinuels de
sujets condiscussion et de rupture avec: la France P
Ne pourrait-elle pas également, par ses batimens de
commerce et de guerre-qui aflueraient librement dans
nQs ports, dans les vues de nous
masse de
lenvahir, y jeter une
population qu'elle pourrait renforecr, d'un
moment à l'autre 7 es à sa volonté, en jettant
les
par
Cc --- Page 242 ---
L 202 J
moyens de ses flottes une armée sur nos plages, qui
à
comme elle avait
nous surprendrait l'improviste,
déja fait après la paix d'Amiens.
Alors, dans cet état de guerre et d'appréhenision
perpétuelles, oi nous mnous serions placés par le
manque de sagesse et de prudence, pour n'avoir pas
exigé nes sàrctés, nous ne pourrions y remédier sans
porter atteinte à la foi du traité. Dans ce cas, contraint de maintenir nos armées sur le pied de guerrc,
sans cesse tourmentées et inquiétées par les français,
toutes les charges et tous les
nous supporterions
d'audangers de notre position, sans pouvoir jouir
cum des -avantages de la paix; nous ne pourrions pas
livrer ni
ni au commerce, ni
nous
alagriculture,
-être cultivés
aux sciences et aux arts, qui-ne peuvent
fleuris
dans un état de paix solide et durable !
et
que
bien mieux pour nous d'être
Ne vaut -il pas
de
dans un état de guerre ouverte et déclarée, que
trouver dans un état -de paix semblable P Ne
nous
mieux combattre jusqu'à extinction, que
vaut-il pas
deviendrait
de jamais consentir à une paix qui nous
onéreuse et plus préjudiciable, que la guerre la
plus
plus destructive P
situaTel est l'exposé franc et loyal de la véritable
trouve
le
haytien envers la
tion où se
placé peuple
France. Il est démontré que nous ne pouvons traiternotre existence comme
avec elle, sans compromettre
d'obtenir
peuple et comme individu, à moins que
nous avons tout droit d'exiger.
les garanties que
à travailler pour
Nous n'avons pas seulement
de la
lexistence, la liherté et l'indépendance
assurer
Tel est l'exposé franc et loyal de la véritable
trouve
le
haytien envers la
tion où se
placé peuple
France. Il est démontré que nous ne pouvons traiternotre existence comme
avec elle, sans compromettre
d'obtenir
peuple et comme individu, à moins que
nous avons tout droit d'exiger.
les garanties que
à travailler pour
Nous n'avons pas seulement
de la
lexistence, la liherté et l'indépendance
assurer --- Page 243 ---
[ 903 J
génésation actuelle; mais il faut encore 1 que nous
travaillons pour assurerla possession et la jouissance.
de ces biens précieux 9 aux générations qui viendront après nous, et ce n'est que par nos constans
efforts, notre sagesse et notre prudence que nous
pourrions y parvenir.
Le Souverain de la France a déclaré de ne devoir
rien faire, en traitant avec nous, qui puisse manquer
à ce qu'il doit à la dignité de sa couronne, à la justice
ct aur intérêts de ses peuples ! et nous aussi, nous
déclarons ne pas devoir manquer à ce que nous devons
aux intérêts de nos peuples, àlaj justice et à la dignité
de notre couronne.
Les grands intérêts du peuple haytien et nos devoirs,
nous obligent à faire connaître au monde les puissans
motifs qui nous ont porté à prendre cette résolution,
nour faire cesser toutes les agressions, les injures et
les sanglans outrages que le gouvernement français n'a
cessé de faire au peuple haytien, et faire cesser également toutes les prétentions injustes et illusoires de
souveraineté, que le gouvernement français pourrait
encore conserver sur le' royaume libre et indépendant d'Hayti.
A CES CAUSES, nous avons déclaré et nous
déclarons solennellement que :
Nous ne traiterons avec le gouvernement français, 1 que sur le méme pied, de puissance à
puissance, 9
de souverain à souverain, qu'aucune
négociation ne
sera entamée 2 par nous. avec. cette puissançe
1. qui --- Page 244 ---
[ 204 j
imipait eu pour base préalable l'indépendance du
royaume d'Hayti, tant en matière de gouvernement
de commerce, et qu'aucun traité définitif ne sera
que
conclu par nous avec ce gouvernement, sans que
préulablement nous ayons obtenu les bons offices et
la médiation d'une grandle puissance maritime qui
a
que la foi du traité ne serait pas
nous garantirait,
violé par le cabinet français :
Lorsque nous traiterons 7 nous ne consentirons
à aucun traité queleonque 7 qui ne comprendrait
de la généralité des
la liberté et Tindépendance
haytiens qui habitent les trois provinces du, Royaume,
la dénomination du Nord, de l'Ouest eti
connucs sous
duSud. notre territoire, la çause du peuple haytien
clant une et indivisible;
Toutes les ouvertures ou communications qui
pourraient étre faites par le gouvernement français
haytien, soit par écrit ou de vive
au gonvernement
seront faites
voix, ne seront reçues qu'autant qu'elles
formes et suivant l'usage établi dans le
dans les
diplomatiques;
Royaume, pour les communications
français ne sera point admis dans
Le pavilion
individu de
aucun des ports du Royaume, ni aucun
d'Hayti soit
cette nation,jusqu à ce quelindépendanees
gouvernement français;
définitivement reçonnue parle
de vive
au gonvernement
seront faites
voix, ne seront reçues qu'autant qu'elles
formes et suivant l'usage établi dans le
dans les
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Royaume, pour les communications
français ne sera point admis dans
Le pavilion
individu de
aucun des ports du Royaume, ni aucun
d'Hayti soit
cette nation,jusqu à ce quelindépendanees
gouvernement français;
définitivement reçonnue parle --- Page 245 ---
205 ]
Nous déclarons de nouveau, que nos intentions
invariables sontdene pas nousméler,soit directemens
ou indirectement, dans les affaires hors du Royaunie;
Que nos constans efforts auront toujours pour but de
vivreenbonne intelligence ct en bonne harmonie avec
Irs puissances amies et leurs colonies qui nous avoisinent; de conserver la plus exacte peutralité et de
leur démontrer, par la sagesse de notre conduite,
de nos lois et de nos travaux, 1 que nous sommes'
dignes de la liberté et de
l'indépendance ;
Nous déclarons et nous protestons en face du
Tout-Puissant, des Souverains et des Peuples,
que
nous n'avons été mus à faire cette Déclaration,
que
par lintérétgénéral du Peuple haytien, pour la conservation de ses droits et de son
existence :
Nous déclarons et nous
protestons , quelles que
soient les menaces des français pour nous intimider,
quelles que soient leurs entreprises
pour nous subjuguer, le genre d'attaque, de crime et de barbarie
qu'ils comptent pouvoir exercer contre nous
pour y
parvenir, rien ne pourra ébranler un seul instant
notre résolution.
Dustions-nous étre exterminés par
l'univers conjuré, le dernier des haytiens rendra
son
dernier
soupir, 2 plutôt que de cesser d'étre libre
et indépendant ; --- Page 246 ---
L - 208. J
Nous remettons la justice de notre cause dans
les mains de Dieu , qui punit toujours les injustes
ct les agresseurs. Nous soutiendrons la dignité de
notre couronne, les droits et les intérêts du peuple
haytien, et nous nous reposons avec confiance sur
sa bravoure, son zèle et son amour pour la patric,
afin de nous scconder, de tous ses efforts, dans la
défense de ses droits-, de sa liberté et de son
indépendance !
Donné en notre Palais de Sans - Souci , le 20.
Novembre 1816, l'an treizième de l'indépendance 1
ct de notre règne le sixième.
H E N R Y.
Par le Roi,
Le Secrétaire - d'État, Ministre des Affaires
étrangéres,
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33,
21, au lieu de qu'avoir, B
lisez qu'à voir.
59,
23, au lieu de l'immuabilité,
lisez l'immutabilité,
75,
4, au lieu de commuique,"
lisez communique.
a28,
11, aulieu de tous obligent,
lisez tous nous obligent.
132,
5,au lieu de que nous jouissons, lisez que nousjouissions:
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