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A20c
dou
- ,
:
Jobur Carter Brotum
Litrarg
Gron Iniuersitg
--- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
VX
REFEEXIONS
DE M. DE COCHEREL,
DEPUTE DE SAINT-DOMINGUE,
Sur le Rapport du Comité des Six.
JAr lu attentivement , Messieurs, le Rapport de
votre Comité des Six, dont vous avez ordonné l'impression: par votre Décret du mois d'Aout dernier, vous
aviez chargé ce Comité de recevoir les pièces respectives qui lui seraient remises par les Déput tés du Commerce et par les Députés de St-Domingue. Ce Comité
ne devait être composé, d'après votre Décret, que de
six Membres de votre Assemblée 3 n'ayant aucun
intérêt direct ni indirect à la question soumise à leur
examen 5 et cependant dans le nombre de ces six
Membres, on compte quatre Négocians; on en appelle
à leur propre témoignage (1).
LE but de l'institution de ce Comité était de vous
(1) Lcs six Commissaires sont Messieurs le Vicomte de la Merville,
de la Jaqueminière, Roussillon, lontenay, Lasnier de Vaussenay,
Blancard des Saliner, Les quatre derniers sont Commerçans,
A --- Page 6 ---
(2)
provisoire des Députés de Stéclairer sur la demande
tendante à obtenir dans tous ses ports
Domingue,
des bâtimens des Etats-Unis,
d'Amirauté V'introduction
calamiteux de disette,
qui leur offraient dans ces tems
leur
de farines que la France ne pouvait
des secours
procurer.
vous disaient alors
LES Députés de St-Domingue
dans
les trois ports d'entrepôt ouverts
hautement que
devenaient insuffiles tems ordinaires aux Etats-Unis,
dans des tems de calamité extraordinaires.
sans
que ces trois ports d'entrepôt
ILS vous annonçaient
inévitables à l'accaparement >
offriraient des ressources
que des Négocians
tant de la part du Gouvernement
été dès-lors
de ces trois poits, et qu'il n'aurait pas
fussent
les Négocians de ces trois ports
étonnant que
Intendant de St Domind'accord avec M. de Marbois,
demander Y'exclusion des autres ports
gue s pour
cette raisen que
d'Amirauté , et que ce n'est que par
été
d'Amirauté n'ont
les Négocians des autres ports
ce
ni consultés par les Administrateurs,
ni appellés
amèrement, et ce qui prouve
dont ils se plaignent
du Cap, dont
combien le témoignage du Commerce
et devient
s'étaye M. de Marbois , est intéressé,
par-li même suspect.
. de Marbois,
demander Y'exclusion des autres ports
gue s pour
cette raisen que
d'Amirauté , et que ce n'est que par
été
d'Amirauté n'ont
les Négocians des autres ports
ce
ni consultés par les Administrateurs,
ni appellés
amèrement, et ce qui prouve
dont ils se plaignent
du Cap, dont
combien le témoignage du Commerce
et devient
s'étaye M. de Marbois , est intéressé,
par-li même suspect. --- Page 7 ---
(3)
LES Députés de St-Domingue vous ajoutaient que la
Faveur accordée à ces trois ports > portait le caractère
odieux d'un privilége exclusif au préjudice des autres
ports d'Amirauté, d'un privilége onéreux d'ailleurs à
toutes les autres parties de la Colonie
, qui payent
également les charges occasionnées par les précautions
et mesures tendantes à s'opposer à la contrebande, sans
jouir du bénéfice accordé à ces trois seuls ports.
LES Députés de St-Domingue vous disaient qu'ils
étaient expressément chargés de réclamer contre cette
injustice faite à leurs commettans en faveur des trois
villes principales dont ils se trouvaient plus ou moins
éloignés dans une étendue de position de 2so lieues
de côtes; ils vous demandaient en conséquence l'ouverture de tous les ports d'Amirauté dans les tems de
calamité, et la suppression alors des trois ports d'entrepôts, 3 qui ne pouvaient leur être que d'une utilité
très-dispendieuse,
LES Députés de St-Domingue ne vous laissaient
pas
ignorer qu'ils avaient fait à cet égard les réclamations
les plus fortes auprès du Ministre de la Marine ; qu'ils
avaient sollicité envain sa justice; que le Ministre de
la Marine leur avait protesté que rien ne pourrait le
décider à permettre l'ouverture des ports d'Amiranté, si vivement sollicitée par les Propriétaires-PlanAz --- Page 8 ---
64)
leur avait ajouté que les principes
teurs, que ce Ministre
récladont les Négocians des ports de mer
probibitifs
lui des loix
maient l'exécution, seraient toujours pour
inviolables dont il ne s'écarterait dans aucun tems.
obstiné avait déterminé les Députés de StCe1 refus
tribunal le Ministre de la
Domingue à citer à votre
tendait à livrer aux horreurs
Maine s dort l'opiniâtreté
de la famine la plus belle de vos possessions insulaires.
circonstances que M. l'Evèque de
C'EST dans ces
lieu
éleva la voix, prétendit qu'il n'y avait pas
Langres
de renvoyer vers le Ministre de
à délibérer, et proposa
c'est-à-dire vers M.le Comte de la Luzerne,
la Marine,
obtenir
frère, les Députés de St-Domingue pour
son
l'objet de leur demande.
alors, Messieurs, > que cette demande
JE yous exposai
cercle
de Langres, renfermait un
de M. FEvèque
de Stvous disais-je, les Députés
vicieux 5 en effet,
tribunal du
viennent se plaindre à votre
Domingue
M. de Marbois, l'un des
Ministre de la Marine et de
de St-Domingue, et M. l'Evèque de
Administrateurs
de renvoyer le jugement de cette
Langres yous propose
seule réflexion vous
question à ce même Ministre; cette
Messieurs, et vous avez parfaitement senti
a sufi,
de Langres,
alorslepiége de la Motion de M.TEvèque
vicieux 5 en effet,
tribunal du
viennent se plaindre à votre
Domingue
M. de Marbois, l'un des
Ministre de la Marine et de
de St-Domingue, et M. l'Evèque de
Administrateurs
de renvoyer le jugement de cette
Langres yous propose
seule réflexion vous
question à ce même Ministre; cette
Messieurs, et vous avez parfaitement senti
a sufi,
de Langres,
alorslepiége de la Motion de M.TEvèque --- Page 9 ---
(5)
et c'est par cette raison, 3 que vous avéz jugé que les
Députés de St-Domingue ne devaient point être renvoyés au pouvoir exécutif; c'est d'après ce motif que
vous avez décrété qu'il serait nommé un Comité de
six. de VOS Membres, pour examiner la question qui
vous était présentée, et vous en faire le rapport, afin
de vous mettre en état de prononcer vous-mêmes
pro.
visoirement sur la plainte des Députés de St-Domingue.
COMMENT donc ce Comité peut-il vous proposer
aujourd'hui de renvoyer au pouvoir exécutif la décision d'une cause, dont vous vous êtes réservé la connoissance par un Décret, et que vous avez enlevée
par cette raison, au Ministre de Ia Marine, accusé à
votre Tribunal par les Députés de St-Domingue.
L'ACCUSÉ ne peut être juge et partie dans Sa propre
cause, et c'est ce qui arriverait, Messieurs, si vous
pouviez vous décider d'après l'avis du Comité des
Six, à renvoyer la demande des Députés de St-Domingue au pouvoir exécutif,c'ese-idire, au Ministre
du Département de la Marine, 3 ouI aux Administrateurs
de St-Domingue qui ne peuvent agir et qui n'agissent
jamais que par la volonté absolue du Ministre qui les,
fait mouvoir à son gré,
Vous sentez, d'ailleurs, Messieurs, que si les Dé.
A 3. --- Page 10 ---
(6)
étaient renvoyés au pouvoir
puiés de Saint-Domingue
ils
obtenir Fobjet de leur demande 3
exécutif pour
même
de se rendre dès aujourd'hui
s'empresseraient
Ministre de la Marine pour lui en demander
chez le
connus
Pexécution. Ce Ministre, d'après ses principes
pas de s'y opposer 2
et manifestés > ne manquerait
de Saint-Domingue se verraient
et demain les Députés
le cours de vos
encore dans la nécessité d'interrompre
faire les mêmes réclamations et
travaux > pour vous
de leur déles mèmes plaintes du Ministre
vous porter
nommeriez encore un nouveau
partement; alors vous
de
examiner la demande des Députés
Comité pour
cette Province
Saint-Domingue, et pendant ce tems,
des secours de la France 5 se
malheureuse dépourvue
de
dans la cruelle impossibilité de profiter
verrait
offerts dans tous ses Ports par les
ceux qui lui sont
délibérerait sur ses
Etats-Unis; pendant le tems qu'on
elle serait dévastée par le plus cruel des
besoins,
forcée d'employer des moyens
Aléaux, ou elle serait
mais fondés sur le droit naturel > pour se proviolens,
le plus impérieux
curer des subsistances, parce que
ne saurait s'allier avec le respect
de tous les besoins,
elles-mèmes la
devenues
pour les loix prohibitives,
cause de ce besoin.
Messieurs, * qu'il ne serait ni
Jz crois d'ailleurs,
le sort d'une
politique, ni équitable, d'abandonner
des
besoins,
forcée d'employer des moyens
Aléaux, ou elle serait
mais fondés sur le droit naturel > pour se proviolens,
le plus impérieux
curer des subsistances, parce que
ne saurait s'allier avec le respect
de tous les besoins,
elles-mèmes la
devenues
pour les loix prohibitives,
cause de ce besoin.
Messieurs, * qu'il ne serait ni
Jz crois d'ailleurs,
le sort d'une
politique, ni équitable, d'abandonner --- Page 11 ---
(7)
grande contrée, à F'arbitraire de deux Administrateurs J
en un mot, de deux hommes susceptibles de passions, 2
comme les autres hommes, de deux hommes qui pourraient être séduits par le commerce toujours intéressé
à soutenir le systême prohibitif.
EH quoi ! Messieurs, c'est dans un moment oit
vous travaillez à renverser les débris du despotisme
que votre Comité vous proposerait d'en raffermir le
sceptre dans les mains de deux Administrateurs puissans, placés à 2000 lieues de l'autorité suprême qui
ne pourrait jamais asséz tôt déployer ses forces pour
s'opposer à l'abus du pouvoir arbitraire; le crime se
consommerait, et vous n'auriez jamais que la triste et
malheureuse ressource de punir sans qu'il vous fit
possible de sauver les victimes.
MAIS ce n'est pas ici le moment, , Messieurs, de
combattre un systême aussi étrange qu'étranger dans
les circonstances cruelles où nous nous trouvons > de
discuter les inconvéniens qui pourraient résulter de
l'abandon d'une autorité absolue en faveur des Administrateurs d'une Colonie placée à 2000 lieues de la
Métropole.
CE n'est pas que je ne sois persuadé que lei régime
des Colonies n'exige un pouvoir considérable, presque
A 4 --- Page 12 ---
(8)
toujours en adtivité, mais il est des moyens d'organiser ce pouvoir 5 ce n'est que dans des Assemblées
Provinciales où doit se former le plan de notre Consticution, qu'on pourra fixer avec sagesse les limites de
cette autorité.
Ncus croyons donc que ce n'est pas le moment
de les déterminer, 3 Ct que vous voudrez bien suspendre votre jugement jusqu'à l'examen d'un plan de
Constitution > qui sera fait sur les lieux avec les connaissances locales, par nos Commettans eux-mêmes
et qui sera envoyé à leurs Députés pour vous être
présenté afin d'obtenir votre sanction.
EN attendant, je demande que VIl P'impossibilité démontrée où se trouve la Colonie de St-Domingue
d.obtenir des farines de la
Métropole 5 obligée
elle-méme de s'en procurer chez l'Etranger, vous décrétiez provisoirement qu'il sera permis aux Etats-Unis
de l'Amérique de porter et d'introduire dans tousles
Ports d'Amirauté de Saint-Domingue, les farines nécessaires à sa subsistance, avec pouvoir d'en recevoir
le paiement en denrées Coloniales, aux clauses et
conditions imposées d'ailleurs par l'Ordonnance de M.
DU CHILLEAU, 3 et ce, jusqu'à ce qu'il en soit par
vous autrement ordonné.
l'Etranger, vous décrétiez provisoirement qu'il sera permis aux Etats-Unis
de l'Amérique de porter et d'introduire dans tousles
Ports d'Amirauté de Saint-Domingue, les farines nécessaires à sa subsistance, avec pouvoir d'en recevoir
le paiement en denrées Coloniales, aux clauses et
conditions imposées d'ailleurs par l'Ordonnance de M.
DU CHILLEAU, 3 et ce, jusqu'à ce qu'il en soit par
vous autrement ordonné. --- Page 13 ---
(9)
JE ne réponds pas, Messieurs, aux diverses objections du Commerce à cet égard, parce qu'il m'a semblé inutile de les réfuter avant d'avoir combattu Pavis
de votre Comité. Si cependant vous voulez me permettre de répondre aux objections qu'on pourrait me
faire, j'engage MM. les Députés du Commerce à se
présenter et à m'attaquer, mais je les prie de poser
des principes > et de les suivre avec ordre et méthode:
en divisant chaque objection et en y répondant succinctement, la question sera bien mieux éclaircie que
par un discours oratoire.
JE ne vous rappellerai donc pas,Messieurs, les divers
Mémoires instructifs que nous vous avons remis sur
la question agitée dans ce momentsje n'ajouterai qu'un
moyen qui me paroit décisif pour déterminer votre
jugement.
EN 1778, MM. d'Argout et de Vaivre, Administrateurs de Saint-Domingue 3 rendirent une Ordonnance qui permetraiz! lintroduction des Bâtimens neutres
dans tous les Ports d'Amirauté de cette Isle, avec
pouvoir de se charger en denrées Coloniales.
CETTE Ordonnance n'a pa,n'a dû avoir lieu que
pour prévenir une grande disette. --- Page 14 ---
(10)
Si la crainte de la disette a été plus fondée dans
la circonstance actuelle que dans celle de la
guerre en
1778, une pareille Ordonnance devait plutôt avoir lieu
dans la circonstance actuelle que dans celle de Ia
guerre de 1778.
OR, il est évident que la disette a été plus grande
dans cette circonstance que dans celle de la
de 1778.
guerre
EN effet, en 1778 Ia France ne manquait
de
farines.
pas
EN 1778, la France fournissait des farines
convois à ses Colonies.
par des
EN 1789,la France a manqué de farines; elle
pouvait donc en fournir à ses Colonies
ne
5 donc la disette est plus grande dans cette circonstance
1778; donc, puisqu'en 1778 les Administrateurs qu'en
cri devoir ouvrir tousles Ports
ont
d'Amirauté, aux Etran-.
gers, à plus forte raison dans la circonstance actuelle
oi la disette est plus grande les
Administrateurs
devaient plurôt être autorisés à ouvrir tous les Ports
d'Amirautés aux Etrangers ; je ne sais ce qu'on peut
répondre à cet argument.
IL est donc évident ,
d'aprèscela, queM. le Comte
1778; donc, puisqu'en 1778 les Administrateurs qu'en
cri devoir ouvrir tousles Ports
ont
d'Amirauté, aux Etran-.
gers, à plus forte raison dans la circonstance actuelle
oi la disette est plus grande les
Administrateurs
devaient plurôt être autorisés à ouvrir tous les Ports
d'Amirautés aux Etrangers ; je ne sais ce qu'on peut
répondre à cet argument.
IL est donc évident ,
d'aprèscela, queM. le Comte --- Page 15 ---
(n)
de la Luzerne, Ministre de la Marine ne pouvait
nine devaitprovoquerla cassationd dela sage Ordonnance
de M. Du Chilleau, conforme à celle de MM. d'Argout et de Vaivre en 1778 5 sanctionnée par le Roi; et
puisqu'illafait, il doit compte al'Assemblée Nationale
de ses motifs, et je demande qu'il vienne se justifier
d'une conduite qui tend à la perte de la plus florissante, de la plus riche des Colonies Françaifes.
MAIS les Négocians des Ports de mer avancent hardiment pour le disculper, que. MM. d'Argout et de Vaivre
n'ont rendu en 1778, leur Ordonnance, s que parce que
les trois grands Ports étaient fermés par les Escadres
Anglaises, oit on ne pouvait être approvisionné que par
les petits Ports de la côte quin'ézaien pas bloqués.
JE demande, 1°. à MM. les Négocians des Ports
de mer dans quel tems de la guerre ils ont vu nos
trois grands Ports bloqués par trois Escadres Anglaises (1).
(:) L'ORDONNANCE doht il s'agit, est du 20 Juillet 1778.
L'AMIRAL Parker dont on veut sans doute parler, commandaic
le Rubis, le Bristol , le Niger & le Glacou,
SA croisière n'a commencée que le 27 Septembre &c a fini absolument le 1 5 Décembre, aorès avoir été interrompuc deux fois
lans cet intervalle. --- Page 16 ---
(12)
Nos trois grands Ports sont le Cap, le Port-auPrince, et les Cayessje les prie de nommer l'époque
de ces blocus, et les noms de ces Escadres. Ce
nouveau trait historique" est inconnu à tous les Habitans
de Saint-Domingue, à tous les Officiers de la Marine
française et anglaise ; il n'est connu que des Négocians des Ports de mer; ils l'ont
imprimé avec assurance dans leur réplique aux Députés de SaintDomingue; c'est à eux à faire connaître la vérité de
ce fait.
JE demande 2°, aux Négocians des Ports de mer
comment il serait possible que trois Escadres anglaises
pussent bloquer les trois Ports principaux de SaintDomingue, dont le premier est placé au Nord, le
deuxième au Sud, et le troisième à I'Ouest, c'està-dire. 3 presqu'au centre de la
Colonie 5 sans que la
communication des autres petits Ports ne fit interceptée : Je ne puis, en vérité, > m'imaginer
que
les Négocians des Ports de mer ayent voulu parler
sérieusement aux Représentans de la Nation, en leur
COMMENT cette petite & unique' Escadre aurait-elle influé sur
une Ordonnance du mois de Juillet 1778 : & si l'on donnait une
permission 3 parla seulc crainte de n'avoir pas de farines > comment
la refuscraiton ayec la certitude de n'en pas ayoir.
fit interceptée : Je ne puis, en vérité, > m'imaginer
que
les Négocians des Ports de mer ayent voulu parler
sérieusement aux Représentans de la Nation, en leur
COMMENT cette petite & unique' Escadre aurait-elle influé sur
une Ordonnance du mois de Juillet 1778 : & si l'on donnait une
permission 3 parla seulc crainte de n'avoir pas de farines > comment
la refuscraiton ayec la certitude de n'en pas ayoir. --- Page 17 ---
(13)
débitant, dans un Mémoire imprimé 3 et revêtu de
vingt-trois signatures, des assertions aussi singulières
pour ne rien dire de plus.
JE demande 3°. aux Négocians des Ports de mer,
en quoi le blocus des Escadres anglaises aurait pu
nuire àux Bâtimens neutres, avec qui elles n'étaient
pas en guerre > et auxquels, par cette raison 3 FOrdonnance de MM. d'Argout et de Vaivre avait permis
l'entrée dans tous nos Ports indistinctement?
JE ne puis en deviner la raison; MM. les Négocians des Ports de mer vous l'apprendront sans doute.
JE me permettrai de leur demander encore l'explication de ce systême nouveau 3 celui des Ports d'entrepôt, pour empêcher l'accaparement,
J'AI toujours cru au contraire que c'était un moyen
infaillible pour l'exciter et l'encourager.
EN effet, je suppose que Paris manque de farines,
je suppose que pour approvisionner Paris, le Ministère ne veuille permettre aux Fournisseurs étrangers
d'introduire des farines que dans les Ports de Marseille ol du Hâvre; ne sera-t-il pas facile alors aux
Négocians de ces deux Ports de former ce qu'ils --- Page 18 ---
(14)
d'achêter de concert;
appellent une spéculation >
Ports, d'eti
toutes lés farines importées dans leurs
afin d'en occasionner la rareté,et
cacher une partie,
d'en augmenter le prix par ce moyen : cette opération
avoir lieu, si la permission
est simple > et ne pourrait
jusqu'à
d'introduire les farines était générale ets'étendait
se trouverait soulagé des
Paris, qui, par ce moyen,
d'achat, de commission 3 etc.
frais de transport >
feconde hypothèse offre moins de
CERTES, cette
la première, c'estressources à Y'accaparement que
celle de deux ou trois Ports d'entrepôt:
à-dire, que
donc MM. les Négocians des Ports
QU'ENTENDENT
ils nous apprennent qu'il ne faut avoir
de mer s quand
être perla plus légère idée de commerce pour
que
? Nous nous Alattons encore
suadé de leur principe
voudront bien nous le développer. Nous leut
qu'ils
nous sommes peu versés dans les prinavouerons que
qu'ils voudront bien,
cipes commerciaux; nous pensons
nous pardonner nos erreurs.
en conséquence,
et je vais dissiper les craintes
JE finis, Messieurs,
Nationale
les Négocians témoignent à PAssemblée
que
totale du commerce de France, si on
sur la ruine
Pintroduction des
permet, pendant un temps limité,
Pâtimens des Etats-Unis dans nos Ports d'Amirauté.
nous sommes peu versés dans les prinavouerons que
qu'ils voudront bien,
cipes commerciaux; nous pensons
nous pardonner nos erreurs.
en conséquence,
et je vais dissiper les craintes
JE finis, Messieurs,
Nationale
les Négocians témoignent à PAssemblée
que
totale du commerce de France, si on
sur la ruine
Pintroduction des
permet, pendant un temps limité,
Pâtimens des Etats-Unis dans nos Ports d'Amirauté. --- Page 19 ---
(15)
JE n'ai qu'un exemple à leur offrir
Pendant les
pour les rassurer,
cinq années de la dernière
les Ports
guerre , tous
d'Amirauté, et autres, ont été ouverts indistinctement à tous les Bâtimens
pour le cabotage; eh bien!
étrangers, > même
cette permission qui a duré
cinq ans > a-t-elle anéanti le
t-elle
commerce français ? l'afrappé comme d'un coup de tonnerre,
servir des
pour me
expressions des Négocians des Ports de mer!
Non, sans doute : eh ! pourquoi donc
provisoire, limitée
une permission
et bornée à la vente des farines nécessaires à la subsistance de la Colonie
denrées coloniales
3 et au retour en
, pour l'objet seulement du
de ces farines,
paiement
pourrait-elle frapper, ,
coup de tonnerre le
aujourd'hui, d'un
commerce fiançais? Les loix
tives, exercées même dans des
prohibitems de la plus grande
calamité, seraient donc les seules barres
seuls
électriques, les
par-h-tonnerre qui pourraient préserver de la
foudre l'édifice de ses trésors commerciaux.
UN second exemple
que MM. les Négocians des
Ports de mer nous citent encore
d'une
eux-mêmes, celui
pareille Ordonnance à celle de
et de Vaivre
MM,
rendue en 1757 par M. le d'Argour
Vaudreuil et M. de la Porte-Lalanne
Marquis de
cependant
, serait bien fait
pour dissiper toutes leurs
concilier
craintes; et les reavec les Députés de Saint. -
se bornent à la demande
Domingue, qui
d'un simple
les farines
provisoire pour
étangères, et en reconnaissance de cette
-mêmes, celui
pareille Ordonnance à celle de
et de Vaivre
MM,
rendue en 1757 par M. le d'Argour
Vaudreuil et M. de la Porte-Lalanne
Marquis de
cependant
, serait bien fait
pour dissiper toutes leurs
concilier
craintes; et les reavec les Députés de Saint. -
se bornent à la demande
Domingue, qui
d'un simple
les farines
provisoire pour
étangères, et en reconnaissance de cette --- Page 20 ---
.7846
(16)
appelleront , s'ils veulent, ;, un bienfait
justice qu'ils
faveur de la mère-patrie qui se
ils déclarent renoncer en
de
elle-mémedansun état de calamité,ala portion
trouve
subsistances qu'ils ont lieu d'attendre de sa bienveillance.
Nota. MM. les Députés du Commerce pour s'opDécret
sollicitent les Députés de Saintposer au
que.
est
attestent que PIsle de Saint-Domingné
Domingue >
par conséabondamment pourvue de farines, que
quent ce Décret devient inutile.
MM. les Députés de Saint-Domingue répondent
même l'exactitude et la vérité des
qu'en admettant
Messieurs du Cométats de subsitance, fournis par
cependant ils protestent > ils
merce, 3 contre lesquels
doivent conclure tout aul plus > et MM. les Députés
concluent avec eux. quel'abondance
de Saint-Domingue
des farines sans doute étrangères, qu'ils annoncent,
Ordonnance de M. du Chilleau,
n'est due qu'àla sage
donc il était
qu'elle en prouve même la nécessités
d'en
la cassation 5
déraisonnable et injuste
prononcer
en devient nécessaire 5 donc
donc la prorogation
fondés à en
les Députés de Saint - Domingue sont
puisque les besoins de la
solliciter la prorogation,
dé fournir à ses
France ne lui permettent pas encore
ordinaire.
Colonies leur approcisionemene
Imprimaur du ROL,
A PARIS, chez CLOUSIER,
rue de Sorbonne. --- Page 21 ---
DERNIÈRE
R ÉPONSE
DE
M. DECOCHEREL,
DÉPUTÉ DE S. DOMINGUE,
A MESSIEURS
LES DÉPUTÉS DU COMMERCE.
MESSIEURS,
JE vous ai déja préfenté, dans le plus grand jour;
la vérité des faits relatifs aux deux Ordonnances de
M. le Marquis du Chilleau, qui permettoient l'introduction des farines américaines dans les Ports
d'Amirauté de l'ifle de Saint-Domingue,
Je vous ai aufli développé les motifs qui avoient
dirigé ce fage adminiftrateur dans fes opérations.
A --- Page 22 --- --- Page 23 ---
tont
-
- --- Page 24 ---