--- Page 1 --- --- Page 2 ---
HADE
Azoc
A Jabur Carter Broler
fibrany
Srom Ininersitg --- Page 3 --- --- Page 4 ---
784D. --- Page 5 ---
R EQU E TE
PRESENTEE
AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX
DU ROYAUME,
Le 8 Juin 1789 3
PAR LES DÉPUTÉS
DE LA COLONIE DE SAINTDOMINGUE. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
R EQU E SM TE
PRÉSENTEE
AUX ETATS-GÉNÉRAUX
DU ROYA U ME,
Le 8 Juin 1789,
PAR LES DÉPUTÉS DE L'ISLE SAINT-DoMINGUE:
A NOSSEIGNEURS LES ÉTATS-GENÉRAUX,
NossEIGNEURS,
Au moment ou, pour le bonheur de la France 3 le
SÉNAT de la Nation vient enfin de fe former, une
des plus grandes Provinces de l'Empire 3 la plus puic
fante peut-être, la plus produétive fans doute, va
fufpendre un inftant les Délibérations importantes des
ETATS-GÉNÉRAUX, & fixer fur fes repréfentations
les regards des PÈRES DE LA PATRIE.
A 2 --- Page 8 ---
(4)
CES auguftes Repréfentans de 24 millions d'hom-
-
mes, 3 à peine revenus de l'étonnement que leur caufe
encore une réunion prefque inefpérée, l'ame ouverte
à toutes les fenfations délicieufes que la confraternité
procure, n'ont pu fans doute,u premier coup-d'ocil,
s'appercevoir que la FAMILLE ENTIÈRE nétait pas
réunie, vérité dont ils vont convenir, lorfqu'ils obferveront que LEURS FRERES, LES REPRESENTANS DES
COLONIES FRANÇAISES 3 ne fiègent point encore
à leurs côtés.
DE toutes les ISLES qui, depuis les derniers Etats,
ont étendu fur les mers le Territoire Français, la
CORSE SEULE a le bonheur aujourd'hui, d'être
admife dans le Sanétuaire de la Patrie ; la juftice qu'on
lui a rendue eft un sur garant de celle qu'on ne faurait refufer aux autres ISLES SES SCEURS.
C'EST à PAINÉE d'elles toutes, c'eft à la plus
étendue, c'eft à la plus confidérable par fa population, fon commerce, fon influence politique, à celle
enfin qui, fans oftentation, peut_s s'appeller la CAPITALE de nos Colonies , à fe préfenter la première
au Souverain Tribunal de l'Empire > pour y réclamer l'exerçice honorable d'un droit imprefcriptible
de celle qu'on ne faurait refufer aux autres ISLES SES SCEURS.
C'EST à PAINÉE d'elles toutes, c'eft à la plus
étendue, c'eft à la plus confidérable par fa population, fon commerce, fon influence politique, à celle
enfin qui, fans oftentation, peut_s s'appeller la CAPITALE de nos Colonies , à fe préfenter la première
au Souverain Tribunal de l'Empire > pour y réclamer l'exerçice honorable d'un droit imprefcriptible --- Page 9 ---
(5)
auquel eft attaché l'HONNEUR & la FÉLICITÉ de fes
habitans.
TEL eft, MESSIEURS, le rapport fous lequel SAINTDOMINGUE, jamais conquife > jamais acquife, jadis
indépendante 5 volontairement Françaife, apporte en
ce jour à la Nation l'offrande de fon refpect, &
vient lui payer le tribut fi doux de ces mêmes fentimens dont elle offrit, il y a plus d'un fiècle &x
demi, les prémices à LOUISLE-GRAND.
SES Députés à qui les mers 2 les tempêtes 3 un
éloignement, de 2000 lieues, n'ont rendu que plus
chère la miffion flatteufe qui devait les approcher de
vous 3 en borneront les fonctions préliminaires, à
obtenir de votre équité un moment d'attention dont
ils n'abuferont pas.
DE ces Places élevées ou les fuffrages de la Nation
ont placé chacun de vous 2 daignez étendre VOS regards au-delà du Royaume ; franchiffez l'Océan, embraffez l'immenfe Pays que nous repréfentons 5 dans
un efpace de 200 LIEUES de côtes couvertes des produétions les plus riches, comptez TROIS CAPITALES, SOIXANTE VILLES ou Bourgs, SIX MILLE HABITATIONS qui font autant de Villages; voyez QUA- --- Page 10 ---
(6)
RANTE MILLE TÉTES Françaifes qui font agir UN
MILLION DE BRAS Africains ; voyez le COMMERCE
VIVIFIÉ par nous > la NAVIGATION ENCOURAGÈE
par nous 3 VINGT MILLE MATELOTS employés par
nous 5 voyez SIX CENT MILLIONS chaque année mis
en circulation par nous 5 voyez tous les ans 5oo VAISSEAUX Français chargés de nos denrées, 3 voguer fur
toutes les mers 3 & approvifionner les Marchés &
de l'EUROPE 3 & de l'AFRIQUE, & de PASIE 3
voyez en tems de guerre nos biens : nos perfonnes,
les PREMIÈRES VICTIMES de l'ennemi : Voyez-nous
en cet inftant les PREMIERS DEFENSEURS de FEtat: 2
Voyez fur un fol deftructeur nos jours s'écouler loin
dun Roi plein de bontés, fous l'empire immédiat de
PABUS & du POUVOIR ARBITRAIRE qu'il détefte
& qui nous OPPRIMES & frappés de la vérité de ce
grand tableau, daignez fur la préfentation & l'examen de nos POUVOIRS 5 de nos TITRES, 3 de nos
DROITS, nous affigner la place que votre juftice s'empreffera d'accorder à Saint-Domingue, dans l'Affemblée actuelle de la grande Famille.
VOILA, NOSSHIGNEURS 3 la demande noble &
fraterneile qu'une immenfe Province a chargé fes
DÉPUTÉS de foumettre à l'Affemblée refpeétable de
la Nation. Ils attendent avec empreflement 2 tran-
nos POUVOIRS 5 de nos TITRES, 3 de nos
DROITS, nous affigner la place que votre juftice s'empreffera d'accorder à Saint-Domingue, dans l'Affemblée actuelle de la grande Famille.
VOILA, NOSSHIGNEURS 3 la demande noble &
fraterneile qu'une immenfe Province a chargé fes
DÉPUTÉS de foumettre à l'Affemblée refpeétable de
la Nation. Ils attendent avec empreflement 2 tran- --- Page 11 ---
(7)
quillité 3 confiance, P'iffue d'une démarche dont le
réfultat va ferrer à jamais les liens indiffolubles qui,
pour le bonheur de FEmpire, doivent unir intimément les COLONIES à la MÉTROPOLE.
Nous fommes avec refpect & tendre amitié 5
NOsSSIGNEURS,
Vos Frères, VOS Enfans 3
LES Députés de la Colonie de Saint-Domingue;
Le Marquis DE GouY-D'ARSY.
Le Comte DE REYNAUD.
Le Comte DE MAGALLON.
Le Marquis DE PERRIGNY.
Signé
par le Comité
Le Chevalier Doucé.
de la
Députation.
Le Comte DE VILLEBLANCHE,
Le Marquis DE ROUVRAYS
DE COCHEREL.
DE BODKIN-FIrz-GERALD.
DE PEYRAC. --- Page 12 ---
--- Page 13 ---
M
OTIO N TI
DE M. DE COCHEREL;
DÉPUTÉ DE S. DOMINGUE,
au
A la Séance du Samedi 29 Aoit 1789, foire
MESSIEURS,
moliino
LES Députés de SAINT-DOXINGUE ont écouté jufqu'à
préfent VOS décrets dans un relpeétueux filence; ils ne fe font
pas permis de vous intérrompre dans vos longs & péniblestral
vaux;i ilsn'ont point abufé de vos momens précieux : mais aujourd'hui, la LOI DE LAT NÉCESSITÉ leur impofe-le devoir
de fe faire entendre, & de réclamer de votre humanité des
fecours urgens pour IIfe de Saine-Domingue, que le
çruel des fléaux, celui de la FAMINE, dévafte
plus
M. le Marquis DU CHILLEAU, Gouverneur maintenant.
général de
Saint-Domingue, iftruit de la pofition défaffreufe de Ia
France, appréhendant, avec raifon, la ceflation de
tation de fes farines dans les Colonies
Texpor3 juffement
par un 2 Arrêt du Parlement de
cfirayé
Bordeaux, a cru devoir
prendre fur lui de rendre une Ordonnance
limitée au mois d'OEtobre prochain, qui autorisât PROVISOIRE, les
Unis de I'Amérique à importer des farines dans EtatsPorts d'Amiranté de l'Ifle de
tous les
vires
Saint-Domingue, ou les NaFrançois vont ordinairement décharger leurs
fons.
cargaiEH bien ! MESSIEURS, cette fage prévoyance de M. le
Marquis du CHILLEAU a été blamée de' M, le Comte DE
A --- Page 14 --- --- Page 15 ---
E771
L651d
V-/
Toet
3llo --- Page 16 ---