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Azol
43 iteme, --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(4
saires que les infortunés colons de St-Domingue
ont envoyés vers vous.
C'est à votre barre, qu'un membre souilla par
la calomnie et le
mensonge 7 qu'ils doivent démasquer les conspiratéurs. Fussent-ils même des
aristocrates, ce que Bellay doit vous prouver
c'est à vous qu'ils ont ordre de dévoiler les
grandes vérités dont ils sont dépositaires. Leur
devoir est de vous les dire, le vôtre est de les
entendre.
S ALUT.
Signés, CLAUSSON, ThoMAs, MILLET,
Commissaires des colons de Saint-Domingue
réfugiés aux Etats-Unis d'Amérique
Maison d'arrêt des Carntes, ce 6 Fructitor 2 an 2e
de la Répablique française une et indivisible. --- Page 5 ---
RENCONTRE
D'UN COLO N N
AVEC UN DES EGORGEURS
DE SON P. A Y S.
Paris,ce 81 fructidor, ,i'an deuxième de la République.
Ja remis hier votre lettre à Cambon même.
J'ai trouvé chez lui trois étrangers. Il l'a lue
avec atrention, puis s'est écrié - : Je n'ai pas
dit cela, citoyen; jai dit et je répéterai que
Taivu dans desj journaux, dont je ne garantis pas
l'authenticité, des copies de lettres attribuées à
Page et Brulley, dont le sens et les expressions
sont contr-révoludionnasites; qu'on ne pouvoit
rendre la liberté à ces hommes sans un examen
préalable des comités. Mais, citayen A 2 a-t-il
continué, Page et Brulley parlent ici deleurs
constituans : ce mot indique bien l'esprit de
fédéralisme.
Qui dirigeoit, a repris
un des étrangers, cette belle assemblée de St,
Marc, qui ne demandoit taut son régime intés
rieur que pour se rendre par suite indépendante. sa- Je ne chercherai pas 2 citoyen, à
réfuter tout ce qui s'est dit contre l'assemblée
de St.-Marc, dont on a toujours meconnu les
principes S : sachez seulement que S1 Barnave a
fait condamner les actes de cette assemblée,
c'est parce que dans son rapport, il a
fide adresse de supprimer les considérans
ARaPu
ses arrêtés, et notamment de celui du 28 mai,
quil a présenté ainsinud, comme un acte d'indépendance; : mais Barnave, ciroyen, a payé
de sa tête tout le mal qu'il a IaIt a no colonies,
A
dont on a toujours meconnu les
principes S : sachez seulement que S1 Barnave a
fait condamner les actes de cette assemblée,
c'est parce que dans son rapport, il a
fide adresse de supprimer les considérans
ARaPu
ses arrêtés, et notamment de celui du 28 mai,
quil a présenté ainsinud, comme un acte d'indépendance; : mais Barnave, ciroyen, a payé
de sa tête tout le mal qu'il a IaIt a no colonies,
A --- Page 6 ---
RPJC
(:)
Barnave a été au tribunal révolutionnaire
convaincu de faux et de calomnie à cet égard. 2
SiPage et Brulley > ai-je continué, en m'adressant à Cambon, se sont servis du mot constizuants, qui paroit vous blesser, ça été simplement pour vous désigner ceux qui les avoient
constitués commissaires dest-Domingue (1).-
Mais, a repris l'étranger, 5 Page et Brulley
prennent toujours la qualité de commissaires ;
ce titre cependant a cessé de leur appartenir
du moment que l'assemblée coloniale, qui les
en avoit investi, a été dissoute.
Que Page et Brulley 3 citoyen, soient
commissaires ou non, , bien est-il vrai qu'ils
ont notre confiance et celle de dix mille COlons réfugiés dans/'Amérique du Nord, et obligés de fuir le fer et la flamme; ; bien est-il
vrai qu'ils ont leurs pouvoirs et les nôtres
dénoncer Sonthonax et Polverel, les
pour
et
poursuivre
pousser jusqu'à l'échaffaud, ; ils ont offer:,
ils offrent toujours de prouver que Sonthonax
et Polverel ont été les dévastateurs de SaintDominguesquils y ontdétruit tous les corps populaires, et substitué sans cesse leur volonté à
la loi; qu'ils ont donné des ordres pour bràler
le convoi et les vaisseaux de la république.-
Avez-vous des
citoyen, du fait
vous avancez roreas citoyen.- Et ou sont 3ec
preuves?-Dans nos archives. L'ordre en est
écrit de la main même de Sonthonax et Poive-
(1)1 11 est surprenant qu'un représentant du
regarde
comme fédéralistes ceux qui, constitués 5 parlent peuple del leurs constitnans, du
et reconnoissenr ainsi, par ce seul mot, la souyeraineré
peuple.
lique.-
Avez-vous des
citoyen, du fait
vous avancez roreas citoyen.- Et ou sont 3ec
preuves?-Dans nos archives. L'ordre en est
écrit de la main même de Sonthonax et Poive-
(1)1 11 est surprenant qu'un représentant du
regarde
comme fédéralistes ceux qui, constitués 5 parlent peuple del leurs constitnans, du
et reconnoissenr ainsi, par ce seul mot, la souyeraineré
peuple. --- Page 7 ---
(3)
rel. C'est ce que nous verrons.- -Oh ! nous
présenterons bien d'autres preuves prises
dans leurs actes mêmes. Nous leur prouverons
qu'ils ont fait brûler la ville du Cap; qu'ils ont
fait défense, sous peine de mort, même aux
propriétaircs, de fouiller dans les débris de leurs
propres maisons ; qu'ils ont fait eux-mêmes ces
fouilles à main armée ; que notamment ils ont
ainsi volé à Cassarouil sept cents mille livres;
qu'ils ne lui en ont restitué que cinquante por- la
tugaises, en lui délivrant un passeport
la
Nouvelle-Angleterre : qu'ils ont lâché Bons
ville tous les criminels des prisons; qu'ils y ont
appelé les hordes de nègres révoltés
qu'ils
au
afin de se
RASRRS
prissent part
pillage,
tionner; qu'ils se sont coalisés avec ces mêmes
nègres, quand leur mission expresse étoit, au
contraire, de les faire rentrer dans le devoir;
puisque, à cet effet, la France avoit envoyé a
Saint-Domingue treize mille hommes de trouVous ne vouliez pasde la liberté des
pes. nègres :
Tu mc parois, citoyen, bien
prévenu contre nous. Je te dirai que dès l'arrivée des commissaires à Saint-Domingne, nous
avons manifesté des sentimens de soumission
pour tout ce que la France ordonneroit à cet
égard. Nous le prouverons par le discours que
Daugy, président de l'assemblée coloniale, 2
adressa à ce sujet à Polverel ct Sonthonax, en
pleine assemblée. Il leur dit ces propres mots:
e I1 se répand un bruit, citoyens commissaires,
4 que vous venez avec la mission expresse
* d'abolir l'esclavage. Si telle est la volonté
manifesté des sentimens de soumission
pour tout ce que la France ordonneroit à cet
égard. Nous le prouverons par le discours que
Daugy, président de l'assemblée coloniale, 2
adressa à ce sujet à Polverel ct Sonthonax, en
pleine assemblée. Il leur dit ces propres mots:
e I1 se répand un bruit, citoyens commissaires,
4 que vous venez avec la mission expresse
* d'abolir l'esclavage. Si telle est la volonté --- Page 8 ---
(4)
* nationale, déclarez-ie; nous sommes prêts à
W nous y soumettre .* Les commissaires répondirent : K4 Norre mission n'est pas telle ; nous
1% reconnoissons l'esclavage nécessaire dans les
K colonies pour le maintien de la prospériré
* nationale, et nous vous déclarons que Si l'asK semblée nationaleégarée employoirjamais pa-
* reille mesure 2 nous nous opposerions de toutes
K nos forces à son exécution : nous en faisons le
R serment soiemnel 9. Ils ont répété cette dé
claration dans différentes proclamations. Les
habitans, par conséquent, 9 n'étoient pas con+
damnables de croire que la mère-patrie voulût
le maintien de l'esclavage dans ses colonies.
---Des propriétaires d'esclaves ne peuvent étre
des amis de la révolution.-Tu vois
:
cependant,
citoyen : - par le fait que je viens de citer, que
nous étions préts de nous désaisir de cette sorte
de propriété.
Vous êtes stous des contre-révolutionnaires; on sait que vous et vos commissaires,
Page et Brulley,diniez touslesjours chez Robespierre,ct que c'est de son ordre que des Colons
Ont été acquitrés au tribunal révolutionnaire.
He bien lcitoyen, Si tu n'es pas un mal-honnête homme, je te somme de fournir les preuves d'une accusarion aussi grave; nous ofrons,
nous, les preuves de tout ce que nous avançons. Je me suis cmporté: je lui ai demandé
son nom, 5 tout en lui donnant le mien, et
prenant lai plume pour l'écrire ; il a hésité.
Est-ce que tu serois homme, citoyen, à renier
ton nom, lui ai-je dit 2 Après avoir hésité
'es pas un mal-honnête homme, je te somme de fournir les preuves d'une accusarion aussi grave; nous ofrons,
nous, les preuves de tout ce que nous avançons. Je me suis cmporté: je lui ai demandé
son nom, 5 tout en lui donnant le mien, et
prenant lai plume pour l'écrire ; il a hésité.
Est-ce que tu serois homme, citoyen, à renier
ton nom, lui ai-je dit 2 Après avoir hésité --- Page 9 ---
encore, il m'a enfin (5) déclaré se nommer Sonbesoin
thonax. - Sonthonax! Ho! je n'ai pas
d'écrire ce nom! ai-je dit, en jettant la plume
et me levant! Je le vois écrit par-tout en traits
de
! Si je pouvois douter un instant que
la nEl nationale ne s'appesantit sur ta tête
de mon
!
coupable,je te -
assassin
pays
Tu viens ici, les mains teintes de notre sang 2
les poches, les coffres pleins de notre or, et tu
oses nous accuser! Accuses nous donc hautement: accepte la discussion contradictoire
nous ne cessons de solliciter et de t'offirir.
Eceg
la, qu'enchamp clos, en présence d'une Commission chargée de nous juger, nous voulons te
livrer un combat à mort; mais le sentiment de
tes crimes te le fait éviter. Tu n'es occupé,
toi et les tiens, qu'à intrieuer pour empécher
le Public et la Convention de recevoir les lumières que nous ne cessons de leur prés
senter pour les éclairer sur ta coupable
conduite. Toiet les tiens, avez eu le crédit
de faire enfermer au Luxembourg un COlon, nommé
pour cela seul, qu'ilavoit
porté au bureau ANEn distribution de la Convention, le cinquième numéro des notes adressées
au Comité de salur public, et ou les intrigues des
tiens éroient dévoilées. Toi etles tiens avez
dernièrement encore empêché la distribution
d'un autre écrit, ayant pour titre : Adresse ala
Convention nazionale > ou nous derpandions ce
que nous demandons sans cesse, de te combattre corps-à-corps.
Si nous n'eussions paru à la barse pour nous
cela seul, qu'ilavoit
porté au bureau ANEn distribution de la Convention, le cinquième numéro des notes adressées
au Comité de salur public, et ou les intrigues des
tiens éroient dévoilées. Toi etles tiens avez
dernièrement encore empêché la distribution
d'un autre écrit, ayant pour titre : Adresse ala
Convention nazionale > ou nous derpandions ce
que nous demandons sans cesse, de te combattre corps-à-corps.
Si nous n'eussions paru à la barse pour nous --- Page 10 ---
6)
piaindrede cette violation des droits dela
ces écrits n'edssent jamais été comnus du Public, presse,
dont tu ne cherches qu'à égarerlopinion; mais
tant que la barre de la Convention sera ouverte
à l'opprimé, tant qu'il pourra y faire entendre
ses CriS et ses justes plaintes contre SCS oppresseurs, les scélérats doivent trembler. Tous les
moyens de corruption. qu'il est dans ton caractère d'employer, ne serviront qu'à te faire
remarquer davantage quand nous y dénoncerons tes nouvelles intrigues. Nous savons que
S1 nous voulions composer avec toieties-tiens,
vous nous feriez un ponE d'or pour nous retirer;
mais nous ne Saurions transiger avec nos égorgeurs 2 et leur abandomner ainsi le sang de nos
fréres. L'échafaud est planté entre toi, Polverel
et nous : les coupablesy laisseront leurs têtes.-
A la chaleur que tu mets dans cette
discussion,
citoyen, 2 J'imagine que tues un
de ceux que jai déporté.
(1)
Oui, ct un de ceux que tu trouveras sans
cesse sur tes pas, pour t'accuser jusqu'a ce
eu
jaie
justice de tes scélératesses: l'amour que de
(1) L'archevèque Thibaud,: agent national. de la commune du
Cap, est aussi un de ceux que Sonthonax a déporté, Ila calculé
froidement ce
pourroit lui valoir cet acte arbitraire. La
veilie même RE devoit l'arracher à ses foyers et aux
de ses affections, pour l'envoyer à deuxmille lieues de son objers
il lui a perfidement emprunté 2 sous les feiutes caresses
lamitié, pour environ
rTE
deux caisses de vins 6à 7 mille livres d'argenterie, une ON
étrangers, et autant de liqueurs de la Martinique, sous le spécicux prétexte qu'il avoit un grand
à
donner, , et qu'il ne se trouvoit pas 2ssez fourni de ces repas objets,
H.esrappropaéle tout; du moins ignorev-on,jusqe'a présent,
s'ill'arestitué.
Nota. Que dans cette lutte, il a voula entrer avec moi en
cussion sur les totts qu'il impute à Galbaud et que je lui aité- dispondu que ce général éranti ici, il pouvoit lattaquer directement.
spécicux prétexte qu'il avoit un grand
à
donner, , et qu'il ne se trouvoit pas 2ssez fourni de ces repas objets,
H.esrappropaéle tout; du moins ignorev-on,jusqe'a présent,
s'ill'arestitué.
Nota. Que dans cette lutte, il a voula entrer avec moi en
cussion sur les totts qu'il impute à Galbaud et que je lui aité- dispondu que ce général éranti ici, il pouvoit lattaquer directement. --- Page 11 ---
.7)
mon pays et le desir de venger mes malheureux frères, m'en font un devoir.-
Oui ! Hé bien ! je me charge, 2 moi,
dés déportés de Saint-Domingue.
La Conventien s'en est déjà chargée
avant toi : elle a déjà reconnu ton injustice à
notre égard, puisqu'elle nous a tendu une main
secourable: : sois bien sûr que nous nous chargeons aussi de toi, et que nous en répondons,
à présent, 1 2 sur-tout, que tu ne pourras plus,
les écrits où nous ne
par tes intrigues, arrêter ainsi
Polverel et
cesserons de t'accuser
que
complices. Pourquoi, si tu nous crois coupables, reculer
le moment qui doit nous conduire à l'échafaud?
Pourquoi, Si tu as le sentimentde toni innocence,
refuse-tu la discussion contradictoire que nous
demandons, à l'effet de te convaincre de tous
les crimes dont nous t'accusons? Joins S- toi à
nous pourdemander que Page et Brulley, Duny,
Thomas-Millet et nous,
Chausson, 2. Thibaud, Polverelet complices, d'autre
d'une part; toi,
contradictoirement en
part, soyons entendus
présence d'une Commission.
Je ne veux point avoir affaireà Page et
Brulley ; ce sont des contreseroliationsiser Il
me suffit desdeux lettres queyai pouries perdre;
C'est-à-dire, des copies de lettres ! 1l) y a
long-tems qu'on nous en. parle !
Oui, des copies de lettres; mais elles
oubliéle nom
m'a
sont certifiées par (Jai
qu'il
cicé. ) qui est un de leurs amis, et qu'asturément ils ne recuseront point, --- Page 12 ---
(8)
Tant que tu ne nous produiras que des
copies de lettres, 2 nous n'y ajouterons pas foi 5
nous savons de quoi tu €S capable.
Oui! eh bienlje vous montrerai les originaux. -
Va,j je n'en crois rien. Ilya long-tems
tu t'en serois serviavec avantage, pour perceux contre
ec
lesquels tu crains tant de te
trouver en présence - ; car tu viens de me déclarer que tu ne voulois pas avoir affaire à
et
Page
Brulley ; ils ont en effet quelque talent pour
la discussion : tu as raison de les craindre; mais
sois biensûr qu'avec les picces que nous avons
contre toi, il nous suffira de les produire pour
t'entrainer à l'échafaud.
Puis-je, citoyen,en m'adressant alors à
Cambon, espérer une réponse à la lettre que je
vous ai remise? ?
Une réponse P Oui, et elle sera telle
que je vous Pai déjà faite de bouche.
Iin me l'a en effet expédiée et remise sur-lechamp.
Eh bien! citoyens,a-til dit alors, vous
avez bien disputé, et je n'ai encore pu, malgré
ccla, fixer mon opinion,
Vous m'avez paru si prévenu contre
nous, 2 citoyen, que jai cru votre opinion invariablement fixée ; mais dans la discussion
contradictoire qui aura lieu tôt ou tard, neus
nous chargeons de fixer celle du pubiic. Làdessus jai pris congé.
THEROU. Colon de St-Domingue.
Del'lmprimerie de LAURENS ainé, rue d'Argenteuil, No,211.
et je n'ai encore pu, malgré
ccla, fixer mon opinion,
Vous m'avez paru si prévenu contre
nous, 2 citoyen, que jai cru votre opinion invariablement fixée ; mais dans la discussion
contradictoire qui aura lieu tôt ou tard, neus
nous chargeons de fixer celle du pubiic. Làdessus jai pris congé.
THEROU. Colon de St-Domingue.
Del'lmprimerie de LAURENS ainé, rue d'Argenteuil, No,211. --- Page 13 ---
EXTRAIT
DUNE LETTI R E,
Sur les malheurs de SAINT-DOMINCUE
en général, et principalement sur Tincendie de la wille du CAP FRANÇAIS.
Autant il faut de soins, d'égards et de prudence
Pour ne point accuser Phonneur et l'innocence, 5
JAutant il faut d'aideur, d'nfexibilié,
Pour' déférer un traitre à la société;
Et Pintérêt commun veut qu'on se réunisse,
Peur flétrir un mechant, pour en faire justice.
( Comédie du Méchant. )
A PARIS
Au jardin égalité pavillon No. 1, 2 et 5.
AN II DE IA REPUBLIQUE FRANGAISs. --- Page 14 --- --- Page 15 ---
Eas
0286e
a --- Page 16 ---