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Azoe
/
A
Jubit Carter Broiun
Libraru
Bmmt Ruitrerstty --- Page 3 --- --- Page 4 ---
--- Page 5 ---
RÉCLAMATIONS
ET OBSERVATIONS
DESCOLONS,
SUR l'idée de LAbolition de la
Traite et de L'affranchissement
des Negres.
SECONDE ÉDITIO N;
Septembre 1789. --- Page 6 ---
2K0117
-
1 2 2
e de --- Page 7 ---
RÈCLAMATIONS
ET OBSER VATIONS
DES COLO N S,
SUR l'idée de PAbolition de la
Traite et de LAffanchissement
des Nègres.
< Ustnguitutegeenales und desirexagéré
> d'innovations: se sontemparés des esprits, et
>> finiraient par égarer totalement les opi-
>> nions,si l'on ne se hâtait de les fixer
>>
par
une réunion d'avis sages et modérés.>
C'est ainsi que s'est exprimée Sa Majesté; ;
et tel est le langage convenable à un Souverain qui, du haut d'un trône ou l'ont placé
les destinées, supérieur aux cris des passions
et des intérêts divers, mais assez près de ses
Peuples pour entendre leurs justes réclamations, les appelle près de lui, non pour leur
prescrire ou pour en recevoir des lois, maisg
Aa --- Page 8 ---
(4)
avec eux, pour en établir qui ine
de concert
les
l'expression du voeu général,
soient que bonheur public, et la base inégarans du
; non
se laisser
branlable de l'Empire
pour
le fanatisme et Tenthousiasme,
égarer par tout sous des couleurs fausses
qui peignent
être
parla raison,
et outrées, mais pour
guidé
à leur
dont l'emploi est de mettre les objets
et sous leur vrai point de vue ; non
place
l'oreille à de pompeuses et viopour préter
mais pour connaitre la
Jentes déclamations,
vérité, dont la lumière douce etbienfaisante,
loin de détruire, éclaire, a
loin de briler, 2
échauffe, vivifie.
Oui, sans doute, il est teinps de ramener
publique égarée, enflaminée sur
l'opinion
auxquelles tiennent
beaucoup de questions
assurée
publique et la marche
la tranquillité
Parmi ce nombre est celle
du Gouvernement.
a donné naisde l'esclavage des Nègres, qui
fermensance à tant d'écrits, et produit une
menace les Colonies françaises
tation qui
prochain, et d'une révod'un embrâsement
elle-même.
lution funeste à la métropole
?
en doivent être les victimes
Mais quelles
de venger ? qui
quels sont ceux qu'il s'agit
donc excitc cct inçendic ? Des Français,
ité
Parmi ce nombre est celle
du Gouvernement.
a donné naisde l'esclavage des Nègres, qui
fermensance à tant d'écrits, et produit une
menace les Colonies françaises
tation qui
prochain, et d'une révod'un embrâsement
elle-même.
lution funeste à la métropole
?
en doivent être les victimes
Mais quelles
de venger ? qui
quels sont ceux qu'il s'agit
donc excitc cct inçendic ? Des Français, --- Page 9 ---
(5) )
poussés par un zèle, respectable dans son Origine et dans ses motifs, mais mal
mais
éclairé,
devenu trop ardent, ne craignent
de mettre en danger les propriétés, l'exis- pas
tence de leurs concitoyens, de leurs frères,
et d'exposer les Colonies à la plus horrible
catastrophe. Bientôt ces possessions si précietses offriront un spectacle qui effraie
l'imagination. Tous les liens de la subordination sont rompus, tous les travaux sont
abandonnés ; les scènes les plus cruelles se
préparent; l'affreux signal est donné : au
nom de liberté, tout s'écrie, tout
et
- e
s'arme,
déjà
Ces tableaux sont-ils exagérés ? Y ont-ils
bien réfléchi, ces passionnés défenseurs de la
cause des Noirs ? Ignorent-ils, ou peuventils se dissimuler la réalité de ces effets désastretrx ? Tout dit que ce ne sont point de
fausses terreurs; tout autorise donc les Colons poursuivis sans mesure, calomniés, déchirés sans ménagement ; tout les force a
Féclamer-hantement la protection de la mé2 tropole, dont ils se font gloire d'être les enfans les plus affectionnés. Que la Nation
assemblée.les reçoive dans son sein $ qu'elle
accueille lears. doléances; qu'elle leur assure
A3 --- Page 10 ---
(6) prompts et les plus effiles secours.les plus
avectant td'achar
caces. Erpuisqu'ona attaque l'idée del'affrannement leurs propriétés par et l'espoir de
chissement futur des Negres,
celle de
Taccroissement de leur cuiture par
la traite, qu'clle daigne
Tabolition présentedel
éde la situaprendre en Ccomsdénationfespesa d'être des Colonies,
tion, et de la, manière
la métropole;
de tous leurs rapports avee lequel on tend à
du système meurtrier par, régime.qui pent
les anéanti, et du véritable
seul les, entretenir ct-les, faire prospérer.
nU
JOT
1a
des Noirs (c'est ainsi qu 'ils
Les défenseurs ils
à juste titre,
et pourraient,
se qualifient,
des Blancs), ces
s'appeler les persécnteurs principe, que T'escladéfeuscurs posent pour révoltante, et le
vage étant une nsurpation exister surla terre,
plus grand malqui puisse dans 1 sa racine. D'abord
il faut T'attaquer
même à la traite, et
renoncer à linstant
dans
r'extinction de Tesclavage
le
préparér
successif des
colonies, peflatfanachisesenr Ils sont per- 3
Nègres dont elles sont penplées. substituer des culsuadés qu'on pourrait y
en çontivatewrs Blancs, oules y employer
nsurpation exister surla terre,
plus grand malqui puisse dans 1 sa racine. D'abord
il faut T'attaquer
même à la traite, et
renoncer à linstant
dans
r'extinction de Tesclavage
le
préparér
successif des
colonies, peflatfanachisesenr Ils sont per- 3
Nègres dont elles sont penplées. substituer des culsuadés qu'on pourrait y
en çontivatewrs Blancs, oules y employer --- Page 11 ---
(7)
currence avec les Negres devenus libres.
Enfin, si toutes ces chosea sont impossibles,
ils conseillent d'abandonner plutôt les Colonies.
Renversons l'ordre de ces qurestions, et
commençons. par examiner la dernière. *
Ilfaudrait done demander,1*. siles Colonies
sont utiles ou non à la métropole. Dans
le cas de la négative, et en
celle-ci vouldt les
supposant que
elle aurait le droit, abandonner, examiner si
avant'cet abandon, d'y
changer le régime acttrel, et de terminer ses
relations avec: elles en. portant l'atteinte la
plus forte aux propriétés.
Or il est évident que tout ce
faire la métropole
que pourrait
décidée à Ce sacrifice,
ce serait de-les abandonner à
en
leur laissant le soin de elles-mèmes,
manière
conserver leur
d'être, ou d'y apporter des clian.
gemens,si ellesle jugeaient convenable. Autrement ce ne serait pas les
serait les détruire.
abandonner, ce
ceràla
Abandonner, c'est renonpossession, et même au droit de
sance et de domination ; et ce serait la déri- puission la plus révoltante,
ce 'serait l'acte le
plus tyrannique que de commercer par'dd.
A4 --- Page 12 ---
(8,)
truire ce que l'on reconnaitrait ne vouloir
plus ni gouverner ni posséder.
Dans le cas de l'affirmative, et en admettant que la métropole doit et veut conserver
ses colonies, il faut exarniner s'il est possible dele faire,
10. En abolissant absolument et dès-lprésent la traite.
20. En préparant l'extinction de l'esclavage.
C'est-là le point le plus essentiel, et celui
sur lequel s'élèvent les plus fortes objections.
Il est inutile d'en renouveller ici la liste tant
de fois répétée :. et les Colons de France sc
bornent à faire la déclaration suivante, aie
nom de leurs compatriotes, desquels ils nc
eraignent pas d'être désavoués.
Nous n'avons point d'intérêt direct à demander le mnaintien de l'esclavage; nous le
regardons seulement et le soutenons désormais inhérent à la constitution des Colonies,
à en admettre la
et nous somes disposés
suppression,
S'ilest démontré que l'on peut s'en passer;
Si l'on offre un plan, non pas spéenlatif,
maisadmissible, niais praticable, danslequel
otes, desquels ils nc
eraignent pas d'être désavoués.
Nous n'avons point d'intérêt direct à demander le mnaintien de l'esclavage; nous le
regardons seulement et le soutenons désormais inhérent à la constitution des Colonies,
à en admettre la
et nous somes disposés
suppression,
S'ilest démontré que l'on peut s'en passer;
Si l'on offre un plan, non pas spéenlatif,
maisadmissible, niais praticable, danslequel --- Page 13 ---
(9)
on trace, clairement et sans lacune, le
sage délicat de ce nouvel ordre de choses pasavecl'ancien ; de manière à ce que
dont les Colonies font
l'état,
elles
partie, et
ont la connexité la plus aveclequel
souffre point de
étendne, ne
conyulsion, et quela
et les propriétés des Colons
streté
qu'une tres-légère atteinte
n'éprouvent
(1);
S'il est bien constaté
paraît
que T'Angleterre, qui
disposée au renoncement à la
n'ait point d'intérêtà nous
traite,
Tels sont les élémens d'un l'inspirer.
faut tâcher de résoudre
problême qu'il
parla méthode de
l'analyse que nos maftres nousont
et dont il est probable
enscignée,
s'écarter.
qu'ils ne voudront pas
Il faudrait
dones'abstenir de toucherila
question de l'esclavage considéré
moralement, sur laquelle nous sommes tous
cord. Autrement
d'acnous serions arrêtés dès le
()E-Aagtetere, bien loin de
des Neirs, vient, dans cette
renoncer à la traite
ment, de dininuer les
dernicre session du Parlecommeree dans la
gènes qu'elle avoit mises à ce
sesionprécédente.
On se contentair d'abord d'imiter cette Nation,
voulons maintenant aller plus loin
Nous
en Politique,en Humanité,
qu'elle en Raison, --- Page 14 ---
(1o)
plus' nous èrpremier pas, etne pourrions
c'est le
tendre. Qu'on y prenne bien garde,
vrai inoeud de'la question ; et si elle se posait
manière, ainsi que le prétendent les
de cette
dléfenseurs desNoirs, 3
est l'effet d'un
Ilest évident que l'esclavage
principe vicieux.
sont viDonc toutes ses conséquences
cieuses ;
Donc il faut! le proscrire.
La clarté du premier axiome fixant les esà reconnaitre les deux
prits et les préparant
comme incontestables,
autres propositions
conforferait pent-être déciderla question
mément à leurs vues.
Mais ne conviendrait -il pas dela poser
ainsi?
l'esclavage soit l'effet d'un prinQnoique
cipe vicicux,
Est-il bien sûr que toutes les conséquences
en soient vicieuses ?
raiavoir de très-fortes
Et ne peut-on pas
obssons de le maintenir, ou de trop grands
tacles surmonter pour le détruire ?
Hiemmivnaitumeda-endem qui est écartée
méthode de raisonnement ;
parla première
sars.
mais nOs adversaires ne prétendront
dela poser
ainsi?
l'esclavage soit l'effet d'un prinQnoique
cipe vicicux,
Est-il bien sûr que toutes les conséquences
en soient vicieuses ?
raiavoir de très-fortes
Et ne peut-on pas
obssons de le maintenir, ou de trop grands
tacles surmonter pour le détruire ?
Hiemmivnaitumeda-endem qui est écartée
méthode de raisonnement ;
parla première
sars.
mais nOs adversaires ne prétendront --- Page 15 ---
(r1)
doute pas qu'elle doive être préférée. Il n'y
a qu'un seul cas où elle dàt l'être ; c'est celui de la formation d'un Etat. Alors il faudroit s'énoncer ainsi:
Il est évident que l'esclavage est l'effet
d'un principe vicieux.
Doncil està craindre que toutes ses conséquences ne soient vicieuses.
Doncilnefinut pas l'admettre.
.
Ce raisonnement alors serait aussi juste
qu'ill'est peu, en partant du point où nous
sommes parvenus. Car pouvant admettre ; ou
non, un principe vicieux, il est très-raisonnable de le rejeter, 3 ne fut-ce que par la
crainte de sès conséqnences : au lieu que,
ce priucipe une fois admis, l'avantage d'en
souffrir, on l'inconvénient d'en rejeter les
résultats est du moins problémnatique.
C'est le seul moyen de tirer la question du
point de vue purement moral dans lequel
on veut la renfermer, et c'est la poser avec
plus de justesse en combinant ce principe
de morale (qu'il faut reconnaitre sans balancer) avec w les considérations politiques
auxquelles il estimpossible qu'on se reftise.
Car si, pour changer ou détruire un ordre
de choses quelconque, il ne s'agit que d'y --- Page 16 ---
(12)
appercevoir de l'immoralité, ou le renversement de ce que l'on appelle lesloix de la
nature, savoir de l'égalité, de la liberté,
ces droits recomus inhérens à lhomme,
et dont la violence seule, dit-on, pu le
priver, dans ce cas, tout présente autour
de nous cet affligeant tablean ; ce contraste
frappant de l'opulence avec la misère ; cette
supériorité, cet ascendant des puissans et
des riches sur les indigens etles faibles ; cette
lutte étonnante et continuelle dans laquelle
leplusgrand nombre cède au plus petit.
En vain on dira que l'esclavage n'est pas
comparableà tont cela ; que c'est le dernier
terme de dégradation de l'homme : il n'ert
sera pas moins vrai que,sil'esclave a droit
de se plaindre de n'être pas libre, et de vouloir le devenir, le panyre a droit de se plaindre de n'être pas riche, et de demander les
richesses; le citoyen des classes inférienres
a droit de se plaindre de la place oà, il se
tronve,t de. demander les honneurs et les
rangs les plus élevés ; et malgrél'anciemetd
des nsurpations qui ont produit entre les
Lommes cetté prodigieuse disproportion, il
a'est pas douteux qu'en remontant d'âge en
devenir, le panyre a droit de se plaindre de n'être pas riche, et de demander les
richesses; le citoyen des classes inférienres
a droit de se plaindre de la place oà, il se
tronve,t de. demander les honneurs et les
rangs les plus élevés ; et malgrél'anciemetd
des nsurpations qui ont produit entre les
Lommes cetté prodigieuse disproportion, il
a'est pas douteux qu'en remontant d'âge en --- Page 17 ---
(13)
age,et en parcourant les diverses
auxquelles lhomme a successivement époques
quelques parcelles de son
perdu
de son égalité
indépendance et
enfin
originaires, on
au moment où elles
parviendra
toute leur
existaient dans
intégrité. Eh bien ! le
vous fondé à réclamer,
croiriezl'instant
sans restriction, à
même, la jouissance de tous
biens usurpés sur ses ancêtres, la
ces
la richesse, la
liberté,
dans le
puissance, Ou plutôt l'égalité
partage de ces deux derniers
buts ? Croyez-vous
attricèla
qu'il en ait le droit,
se puisse, et qu'il soit de
que
la société qu'une
l'intérêt de
aembres tende à partie quelconque de ses
ce but P
Qu'on ne dise pas que c'est là
clavage en
ériger l'esprincipe, et vouloirle
dans le temps même où il
consacrer
Is'agit de
tir,s'il est possible. Non,
l'anéanl'idée et en
ce seroit dénaturer
empoisonner les
est
L'esclavage
un
conséquences.
mais il n'est
du mal; mais il existe ;
pas
fait des
on ne peut le détruire
Colons ; mais
résultats
sans les plus fâcheux
; mais il est moins dur en
qu'on ne se plait à le publier; Amérique
lons sont
mais les Codisposés à adopter les
adoucissé; --- Page 18 ---
(14)
tendraient à la conservation de
mens qui
à
ils ont le premier
leurs Nègres, 2 laquelle
et le plus grand intérêt.
esQue l'on daigne faire ces distinctions
intéressent doublement les Cosentielles qui
écartent une impatation
lons, en ce qu'elles
remeitent la
calomnieuse, et en ce qu'elles
question à sa vraie place.
L'esclavage, dans son origine, est une usurc'est le droit du fort sur le faible,
pation :
sur le vaincu. Mais
c'est celui du vainqueur
rend
sil'ancienneté de l'usurpation n'en
pas
moralementle titre plus favorable; si, aux
de la raison, la loi du vainqueur inyeux
dure et excessivement inpitoyable paroît l'ordre civil l'a adiise et
juste, du moins
Elle est develégitime une telle possession.
que les lois garantissent,
nue une propriété
ainsi
toutes les autres, sous l'obligation
que
Phumanité à tout ce qui
tacite imposée par de secourir tout ce qui
est riche ou puissant, >
faible, tout ce qui souffre, 3 tout ce qui
est
est opprimé,
riches : Ces biens, ces
L'humanité dit aux
du dovous possédez font partie
terres que
jadis en commaine général qui appartenait
vos
humain. Vos ancètres,
mun au genre
une propriété
ainsi
toutes les autres, sous l'obligation
que
Phumanité à tout ce qui
tacite imposée par de secourir tout ce qui
est riche ou puissant, >
faible, tout ce qui souffre, 3 tout ce qui
est
est opprimé,
riches : Ces biens, ces
L'humanité dit aux
du dovous possédez font partie
terres que
jadis en commaine général qui appartenait
vos
humain. Vos ancètres,
mun au genre --- Page 19 ---
(15)
autenrs plusindustrieux, plus actifs, mienx
servis par le hasard, peut-être en reconnaissance de quelques découvertes
aux hommes, ont
précieuses
acquis ou obtenu une
portion plus considérable que celle de leurs
voisins et de leurs égaux. Cette
est légitime ; le tempsl'a consacrée; possession les
l'intérêt de la société vous en
lois,
assurent la
conservation.Jouises doncde cesl biens : mais
sachez en faire un noble et digne usage. Autourde vous, sous VOS yeux, VOS semblables,
VOS frères, des hommes languissent dans les
horreurs de
Tndigene.Secaunerler, soulagez-les : ils ne vous disputeront
chesses
pas ces riqu'une main libérale et bienfaisante
partage avec eux ; ils vous béniront, vous ferez des heureux, etvous le serez vous-mêmes.
Elle dit aux grands : c'est aux vertus de
vos ancêtres, c'est à des services utiles
éclatans rendus
ou
par eux à la patrie
vous deyez celustre qu'accroft encore la nuit que
des temps et l'antiquité des races. Mais
titres
ces
éminens, ces places distinguées,
semblent être devenus un domaine inalié- qui
nable dans VOS familles 3 ne vous élèvent
au-dessus des autres hommes
que pour vous
assurer les moyens de les servir et de les
$ --- Page 20 ---
(16)
défendre. Les lois socialcs ne perpétuent en
honorables jonissances que sous
vous ces
de remplir le plus beau, 2 le plus
la condition
celui d'être utile à ses
sacré des ministères,
soutenir des
semblables. L/honneur seul peut
l'honneur. La vertu seule
droits acquis par distinctions accordécs par
peut légitimer ces
publiquo. Desl'estime et la reconnaissance
héros
fondèrent ou décendans de ces
qui
le defendirent l'Etat, ils vous ont prescrit
d'en
et non d'en aggraver le
voir
partager
tout ce
fardeau ; ils vous ont recommandé
des secours, vOS inférieurs, vOS
quiréclame indéfendus. Soyez-en doncles
vassaux, les
protecteurs ; n'usez de
ardens, les généreux
et de votre crédit que pour
votre puissance
envieront
cause. Ils ne vous
plus
plaiderleur
heureux de faire du bien ;
que ce pouvoir
ils
béniront, ils vous respecteront,
ils vous
comme des dieux tutévous honoreront
laires.
que VOS pères vous
Colons, ces Nègres
autorisélivro
ceux qu'un usage
ont transmis, mains, ne sont esclaves que par
dans vos
Un zèle inl'effet d'une ancienne usurpation. des doutes sur la
discret et persécuteur jette voudrait vous en dénature de vOS droits,
pouiller,
bien ;
que ce pouvoir
ils
béniront, ils vous respecteront,
ils vous
comme des dieux tutévous honoreront
laires.
que VOS pères vous
Colons, ces Nègres
autorisélivro
ceux qu'un usage
ont transmis, mains, ne sont esclaves que par
dans vos
Un zèle inl'effet d'une ancienne usurpation. des doutes sur la
discret et persécuteur jette voudrait vous en dénature de vOS droits,
pouiller, --- Page 21 ---
(27) )
pouiller, et va jnsqu'à vous peindre des cou:
Jeurs les plus odieuses. Désavouez ces calomnies atroces et extravagantes. Ne craiguez
pas, ne rougissez pas de défendre ces propriétés que l'on vous dispute. La justice,
l'intérêt de l'état vous en assurent la
session et repoussent les atteintes que pos- l'on
yyoudrait donner; mais ce n'estqu'à un prixi
mais pour réparer, pour expier cet ancien, ce premier attentat, sur iequel sont
fondés tous VOS droits : mais si vous voulez
jouir de vos biens sans remords, etles
séder sans crime, écoutez la voix de l'hu- posmanité, celle de votre intérêt mème : elles
vous prescrivent de ménager vos Negres, de
lesgonverner suivantles règles de la raison et
del l'équité naturelles. Ils ne sentiront plus,
ils oublieront leurs chaînes devenues si légeros; ils vous chériront, ils vous béniront;
vous les conserverez, etilsvous enrichiront.
De telles maximes deshonorent-elles l'esprit humain ? Faut-ilcraindre de les avouer?
Tendent-eilesan. renversement de la société,
à en troubler l'ordre ? Ou plutôt n'en sontelles pas conservatrices ? Ou vaudrait-'il
mieux proposer de nouvelles loix agraires ?
Veut-on reyoir encore la révolution des
B --- Page 22 ---
(18)
et les scènes de Spartacus ?
Gracques
les Colons, ens'opposant: aux
Lorsqu'enfin
et aveugle,
prétentions d'un zèle réformateur
résulsentir tous les inconvéniens qui
font
; lorsqu'ils
teraient de ces plans chimériques
utiles
conviennent de quelques changemens leur
à faire dans le régime actuel, osera-ton arrachés; que
dire que ce sont des aveux tremblant pour
c'est! le dernier cri de Vintérêt
consent à
la sûreté de ses trésors, et qui s'assurer le
abandonner une partie pour
en
un outrage
reste ? Ce serait une injustice, ils avoient haude plus. Depuis long-temps imperfections du
tement reconnu quelques ils en avaient deségime des Colonies, et leursoit donc pernandé la réforme. Qu'il
de
ici cette profession
mis de renouveller
consignée dans
foi qui est particulièrement
(1); et
l'écrit d'un de leurs compatriotes
dans un temps où ne se montraient
cela
du moins avec tant d'assurance,
pas encore, défenseurs de la cause des Noirs.
ces ardens
les yeux de la Nation,
Ils la déposent sous
demandent acte.
et ils en
des Negres, fait CA
(:) Discours sur T'esclavage 106 et suiv.
1785, et publié en 1786, pag.
consignée dans
foi qui est particulièrement
(1); et
l'écrit d'un de leurs compatriotes
dans un temps où ne se montraient
cela
du moins avec tant d'assurance,
pas encore, défenseurs de la cause des Noirs.
ces ardens
les yeux de la Nation,
Ils la déposent sous
demandent acte.
et ils en
des Negres, fait CA
(:) Discours sur T'esclavage 106 et suiv.
1785, et publié en 1786, pag. --- Page 23 ---
(15)
Réstmons -nous. Que disent,
cès prétendus
que veulent
Philantropes ? Ils disent
l'esclavage est un mal, et ils veulent que
l'anéantisse,
qu'on
tion,
parce que c'est une
parce que c'est un mal,
usurpal'on peut s'en passer. Les colous parce que
à ces trois chefs :
répondent
10, Que la société serait renversée
prétendait annuller
si l'on
toutes les
sur laquelle elle est fondée : et usurpations ils
ce point démontré;
croient
20, Qu'il est impossible de guétir
maux résultans de l'ordre
tous les
lorsqu'ils y sont tellement civil, sur-tout
ment entrelacés,
enracinés, tellequ'ilfaudraitabattrel
pour le débarrasser de toutes les
l'arbre
rasites qui l'étouffent ou le font lianes pacette vérité n'est
languir: et
que trop
qu'une foule d'obstacles
incontestable;
tinction de
s'opposent à l'exl'esclavage dans les
et ces obstacles sont réels,
Colonies :
montabies;
évidens, insurqu'en admettant qu'ils ne sont
pas
on ne
eeuenkseumemalse
prévoir ce changement
peut
sorte inespéré,
désiré, et en quelque
que par l'effet
semens successifs, et gradués
d'adoucishabile et lesr nuances les
parl'ar: le plus
pius fines;
B 2 --- Page 24 ---
(20)
l'idée de remplacer, dans les Co30. Que
des cultivateurs Blancs
lonies, 3 les Nègres par
funeste à la mnéet serait
est impraticable, <Combien de raisons, en effet,
tropole (1).
la proscrire, En voici
>> se réunissent pour
ne songer à
- unes. Il faudrait
>> quelques dans les Colonies que la sur-
>> transporter
après s'être
de la
>> abondance
population, la terre et les arts, en
> bien assuré que suffisamment pourvus
seraient
>> Europe,
politique,i il faudrait
>> de bras.Admis parla
meurce
ne fut pas
>>
encore que
projet vérité'de fait que nos,
une
>> trier. Or,c'est
travanx de la culsoumis aux
> Français,
résister à l'action
>> ture, ne pourraient
ils ne.
d'un climat brûlant, sous lequel
>
leur offrir
sont
nés. On ne pourrait
>>
pas
d'un mcilleur sort qui iles
> ou la certitude
avenir brillant
>> déciddt, ou Tespoird'un leur montrait la
les séduisit. Si on
>> qui
à la transplanils se refuseraient
>> vérité,
la leur cachait, ce serait
>> tation; si on
l'erreur serait bientôt
> les troinper, et
des criSi l'on n'envoyait que
>> connue.
gens l'ont pro-
>> minels, ainsi que quelques
T'Efclavage, pag-a8 & fuive
() Voyez Précis far
ir brillant
>> déciddt, ou Tespoird'un leur montrait la
les séduisit. Si on
>> qui
à la transplanils se refuseraient
>> vérité,
la leur cachait, ce serait
>> tation; si on
l'erreur serait bientôt
> les troinper, et
des criSi l'on n'envoyait que
>> connue.
gens l'ont pro-
>> minels, ainsi que quelques
T'Efclavage, pag-a8 & fuive
() Voyez Précis far --- Page 25 ---
(21) )
>> posé, ce serait une faute capitale en
litique et en administration,
poque l'on ne
S tarderait pas à reconnaître, mais qui se-
> rait difficile à réparer. En
supposant
5 planis les obstacles qui s'opposent à l'ad- ap-
>> mission des Blancs en place des
>>
Nègres,
eombien d'autresicomlatire relatifsAleur
2 demenre, 9 atix moyens de pourvoir à
S leur subsistanice, à leurs salaires, à la
5 discipline, etc.
Les défenseurs des Noirs disent que, si
cela est bien prouvé, il faudrait
conrageusement abandonner les Colonies ; et, par un
de ces rapprochemens prétendus lumineux,
qui font tant d'impression sur certains esprits, ils apprécient cette vaine jouissance
de quelques livres de sucre et de café,
achetée par les gémissemens et les larmes
de cinq cents mille infortunés.
Pour répondre sériensement à une réflexion aussi légère, et à une imputation
aussi grave, les Colons observent,
Qu'en Se permettant de raisonner ainsi,
fl n'y a rien sur la terre qn'on ne phe faeilement calomnier et empoisonner; qu'it
n'y a pas un seul Gonvernement qu'on ne
parvint'à reryerser de fond en comble,
B 3 --- Page 26 ---
-
(22)
dire : Ces vins
Ne potrraient-ils pas vous
ces tributs
délicieux,. tous ces dons, tous sont coudivers élémens dont vOS tables
des
vous haces draps qui
vertes ; ces toiles,
si variés de l'inbillent, tous ces produits de nécessité predustrie et des arts, ou
; non
mière, ou de luxe et de superfinité désirs ca*
seulement ce qui satisfait les
pas
riche, mais'ce qui sert, ce qui
pricieux du
: eh bien! tout
est utile à tous les homines et les gémiscela est acheté par les larines d'infortunés.
de plusieurs millions
semens
nous les visitions ensemble,
Voulez-vous que
depuis le moment ou,
que nous les snivions commence à la faible
pour eux, le travail
celui où se terlueur d'une lampe, jusqu'a et trop courte
laborieuse,
mine une journée malheurenx chefs d'une
encore pour ces
? Qui nous
nombreuse et affamée
famille
offrir ici des scènes
empécherait de vOuts
auxquelles
qui nenous sont point inconnues, insensibles, et qui
nos coeurs ne sont point de quelques vertus
invitent à l'exercice
. nous
étrangères ? Et ce
qui ne nous sont point nourrissez chaque jour
poin dont vous vous
forcé de plusieurs
n'est dû qu'au travail
d'hommes. Vous les peindrons-nous
mnillions
Qui nous
nombreuse et affamée
famille
offrir ici des scènes
empécherait de vOuts
auxquelles
qui nenous sont point inconnues, insensibles, et qui
nos coeurs ne sont point de quelques vertus
invitent à l'exercice
. nous
étrangères ? Et ce
qui ne nous sont point nourrissez chaque jour
poin dont vous vous
forcé de plusieurs
n'est dû qu'au travail
d'hommes. Vous les peindrons-nous
mnillions --- Page 27 ---
(23)
ces infortunés, courbés vers un sol qui,
fertile pour d'autres hommes, ne semble
ingrat que pour eux seuls; arrachant à la
terre ses trésors qui ileur sont presque étrangers, et trop heureux, trop satisfaits lorsqu'il leur en reste une faible portion destinée
aapaiser le plus.impérieux des besoins !
Vous nierez peut-être la vérité de ces tableaux ; vous contesterez la
justesse-de ces
comparaisons. Mais nous en appelons-à des
témoins irrécusables, et aux esprits justes
qui peuvent seuls les apprécier.
Sans doute ce spectacle de l'homme condamné, dans l'un et l'autre hémisphère, à
un travail dur et presque contimuel, et sur
tout aux pénibies soins de l'agriculture,
rappelle cette terrible loi quilui fut imposée
dès le premier Age du monde : ce spectacle
émeut tout cceur sensible, et: fait naitre les
réflexions de tout être pensant. Mais en vain
l'humanité forme des veax, en vainla raison et le génie imaginent des plans, il faut
séder à l'inflexible loi de la nécessité, il
faut admettre et souffrir Vinévitable
dela société, et même avec toutes les efee
difications que lui donnent ou d'anciennes mocoutunes, 3 ou desimpipgh,ssikgas
B4 --- Page 28 ---
(24)
différent des peuples 2 ou l'influence des
climats divers. La marche lente et mesurée
des siècles peut seule amener quelqueslégers
changemens dans Ces causes secrètes et profondes; inais les conseils répétés, les secours
constans de la bienfaisance, et les soins infatigables et bien dirigés d'une bonne admi
nistration peuvent y apporter des adoncissemens. Ilsy en portent en effet, et sur-tout
lorsque es'y joint ce mobile puissant qui fait
agir toûs les hommes, l'intérêt. Examinez
Ce qu'il fait en faveur de ces Nègres dont
vous exagérez l'infortune.
Voyez-lesd'abord en Afrique, victimes des
asages les plus barbares, ou prisomniers 'de
guerre, ou soumis aux caprices d'un despote effréné, ou condamnés par des lois sanguinaires, dévoués à la mort, quelquefois
aux plus affreux supplices, n'y échapper que
par l'esclavage qui les livre dans nos mains.
Vous contestez ces faits, mais ils n'en sont
pas moins réels; tout le prouve,(1) ) etd'ancicnnes relations, et l'anecdote : connue de
Las Casas, et mille récits modernes, et la
(1) Voyez le Mercure de France du 25 Jeillet.
condamnés par des lois sanguinaires, dévoués à la mort, quelquefois
aux plus affreux supplices, n'y échapper que
par l'esclavage qui les livre dans nos mains.
Vous contestez ces faits, mais ils n'en sont
pas moins réels; tout le prouve,(1) ) etd'ancicnnes relations, et l'anecdote : connue de
Las Casas, et mille récits modernes, et la
(1) Voyez le Mercure de France du 25 Jeillet. --- Page 29 ---
(259
propre déclaration de ces Nègres, tirés de
l'intérieur des terres, 9 où règne
avec force, 5 depnis un temps également,
et
immémorial,
indépendamment du commerce
les Européens,
qu'y font
révolte
l'esclavage, dont le nom seul
l'homme libre, l'esclavage pire
lamort : oui, pour qui n'y est pas né, que
qui ne le connut jamais,
pour
imaginer ni souffrir la pour quin'y pent
sation. Mais n'établissez plus légère compen.
paraison entre des
donc aucune compeuples
Européens s entre des
libres, et ces Nations si anciennement asservies 3 et croyez que pour elles
l'esclavageests souventun bienfait. C'est
ces dispositions que les
dans
livrés; etil s'agit maintenant Negres nons sont
trer quelest leur sort
de vous Imonsurnos habitations.
(1) Vous y verriez des
modes pour les
logemens comassurée, saine Negros, wre nourrinire
suffisant
et agréable ; un vêtement
et analogue Ala chaleur du
des hôpitanx oùt les malades
climat;
les soinss, tous les secours reçoivent tous
exige ; 'des femmes enceintes que-lenr état
les plus grands
traitées avec
ménagemensye des nourrices,
(1)Discous sur
FEsclay. s page 6; et suiv,
--- Page 30 ---
(26)
des enfans, anxquels les maîtres prodiguent
douceurs inconnues, ou bien rarement
accordéesàla mille
classe, non pas des indigens,"
mais desartisans d'Europe ; desjardins cultivés par des Nègres, à qui seuls en appartientle produit, ainsi que celui des volailles
élèves
leur permet de faire ;
et autres
qu'on
si sacré aux yeux du maître 9
un pécule
toucher 3 et
qu'il ne se permet jamais d'y
qu'un usage, en cela contraire aux dispositions du Code Noir, en assure la propriété
famille; enfin l'image de l'ordre, 2 de
a sa
et de tout ce
l'aisance, du contentement 3
qui caractérise une bonne administrationTel est le régime des habitations bien administrées. Toutes ne sont pas de mêine, nous.
; mais toutes peuvent le deen convenons
se
venir; et les Colons non - seulement prèraisonnables
tent à l'idée des adoucissemens
mais ils les sollicitent avec
et admissibles,
ardeur.
contredit .
Voilk donc un point de faitqui
absolument un des apperçus les plus impordes défenseurs de la cause des Noirs,
tans
faire crouler tout leur
et qui suffirait pour
de vérifier le
systême. Il ne s'agit donc que
le
bien annoncé comme réel, et de réaliser
mieux désigné comme possible.
prèraisonnables
tent à l'idée des adoucissemens
mais ils les sollicitent avec
et admissibles,
ardeur.
contredit .
Voilk donc un point de faitqui
absolument un des apperçus les plus impordes défenseurs de la cause des Noirs,
tans
faire crouler tout leur
et qui suffirait pour
de vérifier le
systême. Il ne s'agit donc que
le
bien annoncé comme réel, et de réaliser
mieux désigné comme possible. --- Page 31 ---
(27) )
Quant à l'abandon généreux et philoso:
phique de ces Colonies à sucre, dontla
session leur paraît si indifférente
pospour un
royanme tel que la France, il suffit d'offrir
à la Nation assemblée un tableau précis de
leurs productions, de tous leurs rapports
avec la métropole, et de leur influence sur
la prospérité nationale.
Ces avantages sont connus des gens instruits ; ils n'ont échappé à aucun des administrateurs : tous ont senti la multiplicité et
l'importance de ces embranchemens qui
tent la vie dans toutes les parties du
porcorps politique, et entretiennent une réaction continuelle d'oà dépend toute la force et la
splendeur de la France.
Ecoutons l'un de ses plus habiles Ministres :
< Nous. arréterons-nous sur ces discours si
>> légérement hasardés sur l'inutilité des Co-
> lonies ? Ce qu'on leur vend, dit-on tran-
>> quillement > on le vendrait aux Nations
> étrangères. Le royaume ne perdrait rien
>> à cette révolution : mais crée-t-on ainst
>> des acheteurs à son gré ? >>
cc Cer n'est pas faute d'une grande
>> de toiles, de
quantité
draps ou d'étoffes de soic, --- Page 32 ---
(2)
n'en vend
davantage aux autres
D qu'on
pas les limites de leurs be-
> Nations : ce sont
> soins qui circonscrivent leurs demandes,
d'y satisfaire. Ainsi
55 et non l'impuissance
>> c'est une belle idée politique que de Conune
des denzees ou des ou-
> vertir
partie
d'industrie da
3 dans une
>> wrages
royaume, sol et à
> soric dc biens étrangers à son
s son climat, et dont cependant aucun
de
ne
anjourd'hui se
s> pays
l'Europe
peut
>> passer.
viennent
> D'ailleurs les marchandises qui
Colonies ne sont pas senlement le prix
>> des
la France
nationales que
s des procluctions
soit indirec5 y ervoie, soit diréctement,
d'Ases
à la côte
S tement, par
échanges,
> frique : toutes ces exportations équivalent
à la moitié des retours d'Améri-
>> à peine
ct
S que ; le surplus est la représentation
frais de
et des bénéfices
>> des
navigation,
les
du
et des revenus que
T
comerce,
dans le royaume.
s Colons dépensent
> Qtre scrait-ce si,en négligeant des possi
ou si en lesp perdant
>> sessions précieuses,
de
la France se trouvait privée
A jamais,
du commerce qu'elle acquiert
s la créance
des den4n annticllement par l'exportation
peine
ct
S que ; le surplus est la représentation
frais de
et des bénéfices
>> des
navigation,
les
du
et des revenus que
T
comerce,
dans le royaume.
s Colons dépensent
> Qtre scrait-ce si,en négligeant des possi
ou si en lesp perdant
>> sessions précieuses,
de
la France se trouvait privée
A jamais,
du commerce qu'elle acquiert
s la créance
des den4n annticllement par l'exportation --- Page 33 ---
(j29) )
> rées de ses Colonies ? Que serait-ce
> avait encoredacheter des
si elle
>> la partie de ces denrées étrangersmèmcs
>>
qui est nécessaire
aujourd'hui à sa propre
>> Une pareille révolution suffirait consommation.?
>> sortir de France annucllement pour faire
>> plus d'argent
beaucoup
qu'il n'y en entre
>> d'hui, etc. Ce n'est
aujour-
>> 220 ou 230
qu'en vendant pour
millions de
>>
marchandises ou
manufacturées, C ouapportées des
>> que la France obtient une Colonies,
>> commerce de 70 milions
balance de
>> les Coloniess
(dans laquelle
>
ssculesenfoumisentg
Ce résultat est
quarante).
immense, et l'on
>> jamais le perdre de
ne doit
>> C'est donc
vue, > etc. Ailleurs.
une propriéié
> celle des Colonies
magnilique que
>> deur de la
d'Amérique. La granpuissance de la France
> en assurer la longue
semble
Que
possesion, (4) etc. >>
plus pourrions-nous dire de plus vrai, de
énergique et de plus
F
nous reste peut-être
frappant Il ne
qu'à
blean de tous les
développer le tadu commerce des avantages qui décorlent
Colonies.
C'est pour elles qne les champs de la
Guyenne multiplient leurs blés et leurs va
gnes; laProvence,la Touraino,leumhuilese --- Page 34 ---
(30)
de la main-d'euvre
wermihrtet
royaume, les produits C'est
elles que se
de leurs ouvriers.
pour
dans la capitale, les ouvrages
façonnent, des arts et de luxe; dans toutes
agréables
les instrumens aratoires indisles provinces,
cultures ; les étoffes et
pensables pour nos
de Norles toiles de Flandres,
les draps,
non-seulement ce qui
mandie, de Bretagne,
destiné au riche proprisest exclusivement recherchent avec un égal
taire, mais ce que
etleurs esclaves.
et les maîtres
empressement de milliers de bras font agir et ces
Combien
auxquels les Coarts et ces manufactures, matières
p
fournissent les
premières
lonies
les indigos et les COtelles que les sucres,
de travail Ipour
tons, cette source inépuisable
! Comle peuple des villes et des campagnes
de milliers de bras employés a la consbien
de huit cents vaistraction, à l'équipement
et qui
seaux dont les mers sont convertes, transsans interruption 1, au
sont occupés,
de
des denrées et des marchandises
port dans les Colonies, et à en rapporter
France
territoriales. Vingtcing
leurs productions
(:) Adm, des finançes, tom, 2,
, cette source inépuisable
! Comle peuple des villes et des campagnes
de milliers de bras employés a la consbien
de huit cents vaistraction, à l'équipement
et qui
seaux dont les mers sont convertes, transsans interruption 1, au
sont occupés,
de
des denrées et des marchandises
port dans les Colonies, et à en rapporter
France
territoriales. Vingtcing
leurs productions
(:) Adm, des finançes, tom, 2, --- Page 35 ---
(31)
mille matelots font cette navigation,
nière de ces hommes si
pépirine
précienx à la maroyale, également utiles lorsque la
réunit les deux
paix
de la discorde mondes, et quand les cris
bouleversent l'Univers.
Qui osera contester Ces vérités
claires, et universellement
simples s
sonne, dit-on ; vous combattez reconnues P PerPressés
une chimère.
par l'évidence des faits et la
des raisonnemens,
force
des Noirs
2 les défenseurs del la cause
ne prétendent pas que l'on
prime l'esclavage, si cette
suptrainait avec elle la perte des suppression endemandent seulement la
Colonies ; ils
traite. Vous ne
suppression de la
crainte
pouvez plus leur objecter la
qu'un si bel exemple ne soit
par
pas suivi
l'Angleterre 1 puisque cette
paraît décidée au même sacrifice. puissance
mais eetiepenticalilinsment
Fort bien;
non plus en cette seule
que les Colons,
mais comme
qualité de Colons, s
à la Nation citoyens Frangais, proposent
assemblée leurs
ou, si l'on veut, leurs doutes observations et
s
pules. Ils lui dénoncent la
leurs scrude la traite, et ils la
fameuse question
supplient de
sous le rapport de l'exemple l'examiner
que l'Anete. --- Page 36 ---
(32 )
terrc semble nous inviter à suivre, ou plutôt
à lui donner.
de bonne foi
Cette puissance peut songer
à proscrire la traite, et désirer que la France
l'imite. Dans ce cas 2 pour juger du degré
faudrait lui accorder à l'as
d'estime qu'il
il convient de l'appect d'un tel sacrifice,
coionies occiprécier parl l'évaluation de ses
dentales, et par celle de leur importance et
de leur prix comparés avec les nôtres.
d'abord une vérité que l'inIl en résuite
térêt palpable des Colons ne cherche point
à exagérer, mais sur laquelle ils désirent
la Nation daigue fixer ses regards. La
que
voici :
Colonies occidentales de l'An
Toutes les
gleterre sont parvenues à leur dernier degré
de culture, et tendent vers leur déclin ; elles
sont d'ailleurs plus que suffisamment pouryues de Nègres.
4 De ceci il résulte plusieurs conséquences
évidentes.
s'accroûtre.
Elles ne peuvent pas
renElles touchent, si elles n'y sont déjà
dues, à une diminution sensible. de leur
La supériorité proportionnelle
population en Negres rendrait proportionnellement
Colonies occidentales de l'An
Toutes les
gleterre sont parvenues à leur dernier degré
de culture, et tendent vers leur déclin ; elles
sont d'ailleurs plus que suffisamment pouryues de Nègres.
4 De ceci il résulte plusieurs conséquences
évidentes.
s'accroûtre.
Elles ne peuvent pas
renElles touchent, si elles n'y sont déjà
dues, à une diminution sensible. de leur
La supériorité proportionnelle
population en Negres rendrait proportionnellement --- Page 37 ---
(33)
hellement atissi cette diminution moins fle
oheuse pour elle que pour la France.
Donc elle a peu à perdre.
Voyons maintenant la position de la
France. De ses iles du Vent tine seule, et
c'est la plus anciertne, Ia
Martinique, ne peut
guère Se promettre d'accroissement : la Gua
deloupe eri est encore susceptible 5 et le sol
en est eh général excelleht ; Tabago à peine
commence à se montrer, et promet, dès sont
enfance, 3 les plus heureux développemens
Sainte-Lucie peut ati moins doubler ses
duits ; enfin,
pro.
Saint-Domingte, cêtte
tale de l'Archipel
CapiFranco.Américit, compte'
plusieurs moyens puissans de
ellé a ehcore dès parties de progression ;
nontagnes à
défricher, surtout dans cétte longuec haine
qui irègne entre la bande du Sud et le revers
du Nord, et s'étend du cap Tiburon
qu'aux limites espagnoles : le fond du cul jutsdesac, les grands bois, atix environs du
Mirbalais, dans la dépèndance des
et bien
Vercttes?
d'autres terrains moins. considérables. De ses plaines, la plus anciénnement
établie, celle du Cap; ofre éncore' quelmes
défrichemens à faire. Celle de
n'est
TAntibohnite
pas à moitié desarculture possible, et
C --- Page 38 ---
(34)
infiaugmenter ses produits
n'attend, ; pour
la réussite du projet
niment précieux, que
d'emtant de fois entrepris et abandonné, dun
à son arrosement les eaux
ployer
cejour bien plus conrLL par
Reuvejusgu'a
Sans,
quc par ses bienfaits.
ses ravages
du culdesac, de celle
parler de la plaine
moins étendues,
de Léogane et d'antres dernière et le cap Dame
situées entre cette
à faire dans la
Marie, que de conquêtes
des bras,
partie du Sud qui ne demande que
dont
de la protection,
de Tencourngement,
par un
le sol exquis, et qui ne pêche T'avenir, que
les
excès de vigueur, assure, pour Enfin, partout
récoltes les plus abondantes. il reste encore,
oi règnent déjà les cultures, accroitre les pro
à les perfectionner età en
duitss
a donc beaucoup à perdre
La France aurait
abolissant la traite des Nègres.
en
ici de ménagemens; il en
Il ne s'agit plus
les loix tacites
est que la bienséance, que d'individu à indide la société prescrivent
vidu; il en cst de reçus et d'indispensables médite.
de Nation à Nation : mnais lorsqu'on l'est
importante, et celle-ci
une opération
une decesgrandes
sans donie, lorsqu'onagite
a donc beaucoup à perdre
La France aurait
abolissant la traite des Nègres.
en
ici de ménagemens; il en
Il ne s'agit plus
les loix tacites
est que la bienséance, que d'individu à indide la société prescrivent
vidu; il en cst de reçus et d'indispensables médite.
de Nation à Nation : mnais lorsqu'on l'est
importante, et celle-ci
une opération
une decesgrandes
sans donie, lorsqu'onagite --- Page 39 ---
(35 )
wuéstions d'état qui influent sur le sort des
empires et embrassent les générations, tout 192
hommne'; faire enteridre tout citoyèn doit être admis à se
PePa proposer Ses
surtout s'il avenitd'un
dontès 3
concitoyens de mger s'ille danger.1C'est est
.
à ses am
réel,"'ct du degré d'attelitton imaginaire qu'il"
ou ot
Honorons "les "vertns privées, mérite. ttres
même àux vertus
croyons
time efnotre admitation' pablimpues e mais notre espour certains pej2
sonnages ilhistres," wdcmt'le sullrage, T4t d0n2
l'opinion
grind : déterminent'les tr
résoltitions awgi
er peuple; mais la dommiabsienice que
avôns dessentimens
noul
dune Nation'
paudftux, de la loymie
de qui rivalist avec nons "de
commerce,
C puissance efdéc
ne doivent pas nous interdire Texaiteriens conzidération!
puleux du motif"de"
des" points
trr a
Nesnacnbeieauions 5 nof sur
it (Tranchons cotmintunsrentre donc lé Le nous.
intir
point" entrafner
mot. Ne nous Jaissons
parlintemple
dans cette grandeet
delAnglereme
Nous l'avons'
importanié questionto
occidentales
déja vir, Fses possessions - 5
priet
pérdent charjue jour de' léiir
peut-être craint-elle de les
per de ses mains.
vuirechap- 2 E
-1: E'si ellc ne fesait qhe suspendre.la traite 8n3
C 2 --- Page 40 ---
(36)
Cette idée de suspension n'est point invraisemblable, et elle peut arriver de deux
mnanières : l'une par l'effet d'une politique
profande et de desseins ultérieurs qu'il est
permis de prévoir; l'autre, par le changement de systême qui ne tiendrait qual'exise
tence d'un seul homme, et que son succese
seur peut faire révoquer, à son gré.
Faut -il donc confier L
le sort d'un grand àl'opinion que l'on peut prendre du
empire d'un seul homme, d'un mortel,
caractère lorsqne cet homme est le minis're
surtout
d'une nation rivale et savante en politique,
et que son devoir lui prescrit peutêue d'em:
ployer les moyens d'augmnenter la gloire et
puissance de sa patrie, ou d'abaissescelle
r peuples voisins et rivaux ?
Fautil s'abandonner sans: réserve A.lin1f vitation d'un, peuple qui peut vouloir nons
(car, quand il y va de la vie, il
égarer
est permis de tout croire et de tout craindre),
du moins se tromper, mais à qui
qui peut
rien, et
Cette erreur ne coûterait presque
il pourrait revenir, tandis qu'en
sur laquelle
votre ruine, et
T'adoptant elle entraînerait
sans retour? alarmes, soit erreur, soit inEnfin,soit
andonner sans: réserve A.lin1f vitation d'un, peuple qui peut vouloir nons
(car, quand il y va de la vie, il
égarer
est permis de tout croire et de tout craindre),
du moins se tromper, mais à qui
qui peut
rien, et
Cette erreur ne coûterait presque
il pourrait revenir, tandis qu'en
sur laquelle
votre ruine, et
T'adoptant elle entraînerait
sans retour? alarmes, soit erreur, soit inEnfin,soit --- Page 41 ---
(37)
différence, nous croirons donc, sil'on veut,
P'Angleterre disposée à ce sacrifice.
en
Mais,
le faisant, tout ne sera pas. perdu pour
elle. I lui reste l'Inde, source féconde de
richesses et de navigation; il lui reste sa
sition insulaire, qui lui fait du commerce pomaritime une nécessité, quand ce ne seroit
pas un gott; il lui reste cet attrait pour la
mer, qui, de ses enfans fait autant de marelots; it lai reste ce soavenir orgueilleux
de tous ses triomphes. sur un élément qui
semble son domaine naturel et exclusif; il
lui reste enfin ce Trident de
qui
est
Neptune,
le sceptre du monde.
Et la France 2 que lui reste-til?
A quoi lui sert Fa supériorité de sa
popur
lation, l'excellence . de son sol, la variété
de ses productions, le génie industrieux et
actifdeseslabitans, la faveur de sa situationi
locale ? Que lui sert tout cela, si sa culture
est dininuée, si ses manufactures languis -
sent, et elles languiraient par la privation
des-matières premiéres ; si elle devient tributaire des autres puissances maritimes chez
lesquelles il faudrait s'en pourvoir; s'il ne
lui est plus permis de se montrer sur lés
mers, dant elle aura cédé l'empire; cet cr
C 3 --- Page 42 ---
-
(38)
pire depuis si longtemps etsi opiniâtrément
disputé ! Tout, jusqu'a son comnerce du
Levant, jusqu'à ses pêcheries lointaines, 7
jusqu'a son grand et petit cabotage, tout
ou
du caprice de
lui sera enlevé
dépendra
l'Angleterre. L'Angleterre inquiétera, pour;
suivra -
nos pêcheurs jusque dans nos ports >
devenus désormais inutiles. Elle régnera sur
rOcéan, dans la Méditerranée > 9 sur nos
et les racôtes, ou elle portera l'éponvante
-
elle régnera par-tont oùt des flottes
Yages: pénétrer, partout oi peut aborder
peuyent
un a esquif.
dites-vous, s'en tiendra a
Etla Frânce,
territoriales, à son commerce
ses ressources
de terre. Mais
intérienr, son commerce
vouloir qu'elle perde sa magnis
pourquoi branche du commerce maritime qui
fique, donne la vie à tout le reste., et que nos
ennemis, que nos yoisins, que toute l'Eu
rope regarde avec un oeil d'envie-Ahlcertess dons
si.la nature leur eût accordé tous ces
qu'elle nons a prodigués sans mesure, ils
sauraient bien les fairer valoir, ils'en favo.
riseraient le développement, ils se garde
raient bien d'y mettre obstacle,et plus encore
renoncer à janiais. Ce serait donc pour
d'y
fique, donne la vie à tout le reste., et que nos
ennemis, que nos yoisins, que toute l'Eu
rope regarde avec un oeil d'envie-Ahlcertess dons
si.la nature leur eût accordé tous ces
qu'elle nons a prodigués sans mesure, ils
sauraient bien les fairer valoir, ils'en favo.
riseraient le développement, ils se garde
raient bien d'y mettre obstacle,et plus encore
renoncer à janiais. Ce serait donc pour
d'y --- Page 43 ---
(39 )
eux un jour de triomphe et de fête que celui
où ils verraient la France
lution
prendre une résoquilamettrait, en unj linstant, plus bas
'qu'ils n'enssent oss l'espérer, et qui terminerait enfin cette querelle que tant de siècles
et de combats ont laissée indécise. 1
Est-ce donc la le terme auquel on
'et oà nous porteraient le
aspire,
systême et les
voeux des défensenrs de la cause des Noirs ?
Peuvent-ils Se persnader que ce soit la l'intention du Gouvernenent P
relire le Discours de M. Qu'ils'ditgnent
ture
Necker-a"foifver
des Etats généraux, ils y
dans
trouveront,
l'énumération des moyens de
rité de la France, des Colonies
prospeet plus fertiles
celles
plus riches
que
des paissances
vosfnes.
Ce n'est pas 1a an langage destracteur
et-l le prix qu'on met à un objet n'annonce ;
pas la résolution prochaine de l'abandonner
ou de l'affaiblir. Voudraientils tirer
de' quelques expressions
parti
rables à leurs idées.
qn'ils croient favo:
qnelles il est clair sur la traite", , et aux:
tension
qu'tis donnent trop d'ex-
? Examinonsles :
J: t
ce Un jour viendia peutêtre oit,
à YOS délibérations les
associdnt
: Zashi Députés atil des Coloc7 () --- Page 44 ---
: (40)
> nies, etc, vous vous occuperez des moyens
>> d'adoucir un esclavage considéré comme
>? nécessaire >.
Smetemtss-hit
nous concourrons de tout
nous l'espérons,
notre poavoirarapprocher ce jour C quifera
mauxi
traite
s
succéderaux
inséparablesdela
aux maux qui dévastent les
s d'Afrique,
>> deux Mondes, ces soins féconds et prosdans nos Colo-
>> pères, qui multiplieraient
même les hommes destinés a nous
>> nics :
dans nos utiles travaux (1)>.
2P gcconder
juste et humain, et cet esEt cesouhait
çonsolant, les Colons l'ont déjà formé.
poir
du mnoins à l'opinian
C Je me rangerai
l'on
à une époque queje
2 que
pourrait,
encore éloignée, et dont je n'ima-
> crois
devions être les témoins,
2 gine pas que nous
renonçer à la
5 que l'on pourrait 9 dis-je,
traite des
aussitôt qu'il n'y aura
Nègres,
à faire dans nos
2 plus de défrichemens
borne de
> Colonies. Çe serait la première
commerce ; et si, par l'effet d'une
7 ce
et surtout d'un ré-
>, meilleure législation,
doux, on parvenait à y sou-
> gime plus
sur
2 tenir leur population généralement
(-2 Discours de M. Necket.
que nous
renonçer à la
5 que l'on pourrait 9 dis-je,
traite des
aussitôt qu'il n'y aura
Nègres,
à faire dans nos
2 plus de défrichemens
borne de
> Colonies. Çe serait la première
commerce ; et si, par l'effet d'une
7 ce
et surtout d'un ré-
>, meilleure législation,
doux, on parvenait à y sou-
> gime plus
sur
2 tenir leur population généralement
(-2 Discours de M. Necket. --- Page 45 ---
(41)
> tous les biens, ainsi qu'elle se soutient
>> sur un certain nombre , il n'est
S douteux qu'alors on verrait tomber pas de
>> lui-même un trafic que les plumes les
>> éloquentes ne réussiront jamais à plus
> mer (1) >2.
légiti
C'est ainsi qu'écoutant les conseils de la
raison et de l'équité naturelles
9 c'est ainsi
que, devançant ces grandes idéesd'ordre
d'intérêt général, ils s'associaient
et
plans d'amélioration
déjà à ces
quele cours des
et le progrès des lumières
siècles
ment des moeurs
> et l'adoucisseamènent parmi les hommes,
Qu'au lien de les
calomnier, on
leur
en tenir compte. C'est la seule daigne
réponse qu'ils :
opposent à ces reproches outrageans de dureté, d'insensibilité , de cupidité
se lasse paint de leur faire,
qu'on ne
que leurs principes, que leur conduite démentent, et
leurs coeurs désavoucnt.
que
Ces soins féconds et
les
entrevus et
prospères,ils ont
désignés, ils en* ont calculé
l'effet,ils s'y sont mutuellement
ont eux-mêmes sollicité les
invités, ils
regards du Gouvernement sur les moyens de les faire naitre,
() Discours sur l'Esclavage, pag. 103, --- Page 46 ---
(4:)
ils le consignent encore ici, ils le renonvellent, ce voeu qui satisfait à la fois le grand
intérêt de T'humanité, devant lequel des
hommes doivent toujours se prosterner, 7 et
l'intérêt de la société, et le respect dû aux
propriétés, qu'il ne faut jamais perdre de
vue.Touto dit qu'on doit chercher ces moyens
I en est de si
bienfaisans ct conservateurs.
indications
faciles, de si sûrs, que la simple
suffit pour en déterminer l'essai et en promettre le succès.
celui à
Ce premier besoin de T'homme,
il
qui tont cède, la faim, non-seulement
faut l'apaiser, il faut y satisfaire avec profusion. Une nourriture abondante et saine 2
faut d'abord assurer aux Nevoilà ce qu'il
; et des lois en vigueur, et nne inspecgres
cet objet,à
tion active et sévère rempliront
T'aide d'un sol productif et d'une puissante
végétation. On pourrait cependant ne pas
les secours extérieurs qui se joinnégliger
des Sles; et la sadraient aux productions
l'approgesse du Gouvernement pesera, pour
quf
visionnement des Colonies, les moyens
les relations de la mnétropole avec
angmentent
elles,ou qui ne soient pas muisiblesalinérét
renfermédans dejusteshorde son commerce
et sévère rempliront
T'aide d'un sol productif et d'une puissante
végétation. On pourrait cependant ne pas
les secours extérieurs qui se joinnégliger
des Sles; et la sadraient aux productions
l'approgesse du Gouvernement pesera, pour
quf
visionnement des Colonies, les moyens
les relations de la mnétropole avec
angmentent
elles,ou qui ne soient pas muisiblesalinérét
renfermédans dejusteshorde son commerce --- Page 47 ---
(43)
nes. Ce serait d'ailleurs un moyen d'accroitre
des cultures précieuses, en leur rendant des
terrains jusqu'icic consacrés à celles des vivres
distribués en commun aux. Nègres ; car, dans
aucun cas, il ne faudrait les priver de leurs
jardins. Le riz de la Caroline, le biscnit, la
morue 2 cette manne précicuse même en
Europe, toutes les nourritures, soit végetales, soit de toute autre
raient
espèce, 9 que pourdésigner les Colons, devraient remplacer avec la plus grande abondance Ce
que,jusqu'à ce jour, fournissait la Colonie
elle-mnême. Mais en adoptant ces moyens de
subsistances étrangères à son sol, il faudrait,
d'un côté, prendre les plus fortes précautions pour que cette dépendance; oit elle
se mettrait sur un article si important, ne
l'exposât jamais à des disettes fiunestes, Oiz
à des retards facheux $ par exeniple, dans
le cas d'une guerre imprévue; et del'antre,
que la vigilance la plus soutenue s'assurêt
de l'exactitude des Colons à
remplis cette
obligation sacrée. Antrementnous retomberions dans cet état de pénurie qui est le
plus grand fléau dont les Colonies
être
puissent
affligées, et qui entraine tant de maux
à sa suite (1).
(*) Discours sur l'Esclav., pag. 77. --- Page 48 ---
(4)
Le point le plus délicat est un frein au
despotisme; et l'onne doit guère l'atterrdre
des lois positives, qui ne peuvent surveiller
à chaque instant les détails intérieurs des
habitations, et être admises que dans les cas
assez rares où leur ministère doit intervenir
exclusivement. être illusoire de compter sitr
Il pourrait
Hemiandpreumots
lesavantages
composé Hfryisaminarabe léjour, à tout moment , pour une cause
l'esclave
gere, peut-être sans objet réel,
aurait le droit de traduire son maitre et de
contradictoirement avec lui. Cette
plaider
lutte indécente et dangereuse, au surplas 9
ne serait pas de longue durée : son moindre
inconvénient serait de contraindre bientôt
à renoncer ; et l'essai qu'on en ferait, si
y
aurait déjà eu le
court qu'on le'supposât,
Colotemps de porter an coup fatal aux
nies.
Mais il ne serait point illusoire de comptersurl'effet desadministrations provinciales,
répandraient dans les Colonies un esprit
qui
de tendance au
d'ordre 7 de modération,
les
bien public qui seul leur manque pour
faire fleurir. L'objet de ces assemblécs étant
à renoncer ; et l'essai qu'on en ferait, si
y
aurait déjà eu le
court qu'on le'supposât,
Colotemps de porter an coup fatal aux
nies.
Mais il ne serait point illusoire de comptersurl'effet desadministrations provinciales,
répandraient dans les Colonies un esprit
qui
de tendance au
d'ordre 7 de modération,
les
bien public qui seul leur manque pour
faire fleurir. L'objet de ces assemblécs étant --- Page 49 ---
de
(45 )
s'occuper de l'intérêt général, celui des
Nègres n'y serait jamais oublié, Il
si essentiellement,
y tient
qu'on ne
ter les moyens
pourrait discudeur des
d'accroissement et de splenColonies, sans que tout ce
relatif à leur nourriture, à leur
qui est
à leur
bien- être,
conservation, à leur
n'y tint la première place, Là reproduction, les
Colons
s'inviteraient, se rappelleraient
ment aux idées d'ordre et de
mutuellequclqu'un d'entr'eux aurait justice dont
Dans les faits d'une certaine. pu s'écarter,
public est une dénonciation gravité, le cri
trateurs, dont le
aux Adminisvenir
devoirserait alors de faire
pardevers eux le
ils feraient sentir
coupable > auquel
conduite aurait de avec force tout Ce que sa
I1
repréhensible et d'odienx,
éprouverait là le second degré de
etle dernier de tous serait la
censure,
au maitre inhumain de
peine imposée
souillée
quitter une Colonie
parl'exemple de sa conduite
ou tyrannique, avec défenses
atroce
jamais l'homme
d'y remontrer
hommes,et
incapable de gouvernerdes
indigne d'en posséder.
Mais on pourrait
T2
alizanchisemens, compter sur l'effet des
auxquelsle
lui-méme met les plus fortes Gouvernengent
entraves Par --- Page 50 ---
(46)
taxe
à la valeur de laffranchi,
une
égale
détourne le maître d'accorder,
qui, sonvent, l'esclave de recevoir le prix de son
et prive
et pénibles tra vaux ;
zèle, ou de ses longs services. Cette taxe
ou deses bons et fidelles
elle
est un impôt mis sur la bienfaisance;
l'avare ingratitude,
est un prétexte pour
la fidélité
enle est un dédouragement pour
et la soumission.
illusoire de compter
- Mais il ne serait point
obéit,
surl'effet de T'opinion, à qui tout
qui
dit à Thomme :e Sois juste, sois humain,
veux être considéré ; ne sois point
>> si tu
être abhorré
tu ne veux
>> un barbare,'si
qui viént de
>> et proscrit >2 $ del'opinion
activité
donner à cet objet un ressort, une
et T
peut conçourir puissamincroyables, qui -
plns calines, les
ment avec les. intentions
doux de
idées plus vraies, les moyens plus'
insanssi bons citoyens, , mais mieux
gens
les défenseurs de
truits que ne le paraissent
>> si tu
être abhorré
tu ne veux
>> un barbare,'si
qui viént de
>> et proscrit >2 $ del'opinion
activité
donner à cet objet un ressort, une
et T
peut conçourir puissamincroyables, qui -
plns calines, les
ment avec les. intentions
doux de
idées plus vraies, les moyens plus'
insanssi bons citoyens, , mais mieux
gens
les défenseurs de
truits que ne le paraissent la cause des Noirs.
illusoire de compter
Mais il ne serait point
dépendent
sur l'effet des encotiragemens qui
d'une Nation chez laquelle
du" Souverain
ou dit en son
un mot flatteur de sa bouche,
connom, fait affronter tous les dangers,
L --- Page 51 ---
(47 )
sole de toutes les pertes, excite tontes les
vertus : où un mot réprobateur est un arrêt
de proscription qui fait rougir le vice, ou
l'invite à réparer ses erreurs, ou flétrit le
coupable aux yeux de ses concitoyens re.
tenus par la crainte d'un tel blâme.
Il serait dangereux, osons le dire, il serait
exécrable d'écouter les conseils emportés
d'unereligion qui, empruntant au fanatisme
ses torches incendiaires,
armerait, au nom
du ciel et de T'hunanité, des hormes
d'autres
contre
hommes, et-rempliraip la terre de
meurtre et de carnage."
Mais il ne serait point illnsoire de
sur les préceptes et sur les çonseils compter
-
d'une
religion. qui préclie la modération, la charité, l'amour du
prochain, > dont l'esprit est
d'adoucir à la fois l'effet de
l'igégalité introduite parmi les hommes, et : de (maintenir
l'ordre établi odans la société ; qui ne croit
point l'Univers habité par. des langes, mais
-qui veut former des hommes
mains,
dit
justes et huqui
: <
obéissez. à vas
>> Maitres : Maîtres, Esclavesy
soyezibions énvers'
i Esclaves >,
oSr noil
yoa
Ayonss dans nos Colonies, des
éclairés,et sur-tont
Pastenra
I
ronanut,apa-appstiens --- Page 52 ---
(48).
souvent ces préceptes divins d'une religion
pure et sainte. Que ses ministres soient
toujours estimables , pour que leur ministère
soit toujours respecté : que non - seulement
mais
Tony mulon n'y néglige point,
que
Ce seul
tiplie les mariages entre les Nègres.
tous les
moyen bien employé peut produire
biens imaginables 9 rappeler les moeurs >
faire des Nègres fidelles et attachés, accroldu moins soutenir la population, et
tre,ou ainsi at but désiré , l'abolition de
mener
ceci
la traite. Que l'on ne regarde point
comme une chimère : on en trouverait
f'exemple dans une de nos Colonies des
fles du Vent, à la Guadeloupe. Il serait si
facile de le suivre, et si heureux d'en partagerles fruits !
Voila, ( du moins les Colons en sont persuadés,) voilà les soins , les moyens prospères dont on peut attendre ce que ne prédestructeur des désente point le systême
fenseurs de la cause des Noirs : la conserval'accroissement, la splendeur des Cotion,
l'effet d'une bonne adlonies, obtenus par
traitement
ministration intérieure, et d'un
les esclaves, dont le
juste et humain pour
sort s'adoucit chaque jour.
RÉSUMÉ
Voila, ( du moins les Colons en sont persuadés,) voilà les soins , les moyens prospères dont on peut attendre ce que ne prédestructeur des désente point le systême
fenseurs de la cause des Noirs : la conserval'accroissement, la splendeur des Cotion,
l'effet d'une bonne adlonies, obtenus par
traitement
ministration intérieure, et d'un
les esclaves, dont le
juste et humain pour
sort s'adoucit chaque jour.
RÉSUMÉ --- Page 53 ---
(49 )
R E S U M E.
C'EST une idée invraisemblable que la
France puisse jamais songer à abandonner
ses Colonies.
L'intérêt qu'elle a à les conserver parait
àu contraire incontestable. La loi, non-seulement de les conserver, mais de les protéger et d'en favoriser le développement 2
lui semble rigoureusement imposée par les
considérations suivantes:
Que d'elles dépendent une partie de sa
culture : une plus grande partie du mouvement de ses manufactures : l'acquisition
annuellé d'un numéraire évalué à 40 mil.
lions dans la balance de son commercd avec
le reste de l'Europe : l'entretien de sa navigation marchande ," aliment de sa- marine
royale, et par conséquent le seul moyen de
disputer à l'Angleterre l'empire des mers >
auquel cette puissance prétend sans par
tage.
a Or les Colonies ne peuvent être cultivées
que par des Nègres esciaves.
D --- Page 54 ---
T50)
Par des Nègres : attendu que déjàils ysont;
des cultivateurs Blancs ne peuvent y être
que admis ni confondus avec eux, soit libres, soit
l'absence des Nèesclaves ; qu'en supposant
les Blancs ne pourraient les remplacer
gres,
ou de journaliers sala"
en qualité d'engagés
bientôt
riés ; et qu'enfin ils succomberaient bralant & si
sous l'action d'un climat
,
différent de celui sous lequel ils sont nés.
Par des Nègres esclaves , parce que tel
leur sort en Afrique ;
était originairement
leur
parce que tel a été jusqu'aujourelhni serait
sort dans les Colonies ; parce qu'il
à
impossible de les contenir s'ils yenaient
être affranchis : parce qu'il ne fandrait phus
eux
la culture des terres ;
compter sur
pour
de leur donner
parce qu'il ne suffirait pas
des
la liberté 3 si lon n'y joignait
propriétés et des moyens sfrs de subsistance
pour eux et pour leur famille ; parce que
exemple à Saintsi l'on cherchait 2 par
Domingue, à les forcer au travail, et que
Y'on voulit en faire une nation agricole, 3 ils
passeraient bientôt dans la partie Espaguole,
oit ils croiraient trouver une subsistance
assurée, et un asile contre ce qu'ils caractériseraient de persécution $ que soit qu'ils.
3 si lon n'y joignait
propriétés et des moyens sfrs de subsistance
pour eux et pour leur famille ; parce que
exemple à Saintsi l'on cherchait 2 par
Domingue, à les forcer au travail, et que
Y'on voulit en faire une nation agricole, 3 ils
passeraient bientôt dans la partie Espaguole,
oit ils croiraient trouver une subsistance
assurée, et un asile contre ce qu'ils caractériseraient de persécution $ que soit qu'ils. --- Page 55 ---
(51)
rénssissent ou non, ils n'en seraient pas
y
moins perdus pour la France.
Les Colons supplient donc les Etats ge
néraux d'examiner,
1.Sil la France doit abandonner ses Colonies, ,et si elle aurait le droit, avant cet
abandon, d'en changer rle régime;
2°.S'il est possible de changer ce régime
la subversion totale des Co
sans entraîner
lonies ;
30,S'iln'est pas convenable de rejeter, ou
du moins prudent de suspendre le projet
d'abolition de la traite, en considérant que
rédllementlesclavage règne avec force dans
presque toute l'Afrique, > indépendamment
du commerce qu'y font les Européens ;
Queleur renonciation à ce commerce n'y
produirait pas l'extinction del'esclavage;
Qu'on ne pourrait guère se promettre
cette extinction que de l'effet d'une civilisation parmi ces péuples, presqu'imposcible
à espérer; $
heureuse
Et qu'enfin, en attendant cette
révolution, on peut admettre une police
dans l'achat et dans le transport des Negres,
qui satisfasse à la fois sle voeu de Phumanité
et celui même du commerce de France 2
ainsi que des Colons S --- Page 56 ---
(52)
4°. S'il convient à la France de faire le
sacrifice de tous ses avantages, ) tels que
ceux de son commerce, de son numéraire,
de sa navigation, de sa puissance navale s
pour écouter les conseils d'un zèle plus humain qu'éclairé > etles insinuations suspectes
d'une Nation rivale.
Paris, 9 Juin 1789. --- Page 57 --- --- Page 58 --- --- Page 59 ---
-
LuSld
V2 --- Page 60 ---