--- Page 1 --- --- Page 2 ---
A20c
-
Aidou
àe
Jobur Carter Brolntr
fibram
Aromn Iniversitg --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
X
a U5
5 al8 8*
RÉCLA MATION de
DE M. LINTENDANT
DE
SAINT-DOMINOUE,
EXRECISTRE E
AU CONSEIL SUPÉRIEUR DE CETTE COLONIE.
Aujourp'nur onze Mai mil fept cent
la Cour étant en féance,
quatre-tingt-neuf; délibérant fur le nouveau régime propofé
&
PadM. le Gouverneur - général, pour
par
dans la partie du Sud
miffion des Etrangers
Intendant,
de la Colonie ; M. de Marbois,
Premier-Préfident, a dit :
MESSIEURS,
T'exécution des loix de Sa
Le maintien, relatives à la Colonie de S. DominMajefté
confié aux Adminiftrague, eft fpécialement Lettres-Patentese sdu mois d'Oaobre
teurs.Les leur font un devoir de les garder &
& attribuent même une jurifdicconferver, --- Page 6 ---
2 ]
tion encore plus particuliere à PIntendant t 9
en matiere de commerce étranger. Mes inf
tructions & nombre de lettres miniftériclles *
contiennent les mêmes difpofitions 3 c'eft 0e
donc par une faite de l'obéiffance que je
dois à la loi & au Roi, que j'ai déclaré
qu'il m'eft impoffible de concourir à l'aête
vous eft préfenté : il eft contraire à une
multitude guli
de loix pofitives émanées de Sa
Majefté; & il m'eft interdit, de la maniere
la plus expreffe, d'y déroger : nous pouvons
faire des réglemens ; mais je ne penfe pas
faire des loix ; il eft
que nous puiffions
celles
conftant que nous ne pouyons changer
du Souverain; & tout ce que nous ferions
feroit radicalement nul : les
à cet égard
conftitutions coloniales font fous VOS yeux,
& j'en cite les difpofitions : < Les Gouverveil-
>) neur, Memerteolal-eeies ne foit fait aucun com3) leront à ce qu'il
Pentremife des
>) merce étranger, foit par
Sa
ou de ceux des autres
> fujetsde Majefté,
Sa
leur
au furplus
Majef
> Nations :
enjoint
des
de veiller à P'obfervation
régle-
> té
fur le fait du commerce, & à tout
5) mens
& de lui don-
> ce, qui pourra Paugmenter,
>) ner avis fur le champ de tout ce qu'ils jugedevoir être réformé ou fait pour le
> ront
y
de la Colonie, à Peffet
> bien & l'avantage
> d'y être par elle
ainfi qu'il appardu I Février 1766)
>) tiendra.
GouverTOAEIETL
néanmoins lefiits
2 Ne pourront
ervation
régle-
> té
fur le fait du commerce, & à tout
5) mens
& de lui don-
> ce, qui pourra Paugmenter,
>) ner avis fur le champ de tout ce qu'ils jugedevoir être réformé ou fait pour le
> ront
y
de la Colonie, à Peffet
> bien & l'avantage
> d'y être par elle
ainfi qu'il appardu I Février 1766)
>) tiendra.
GouverTOAEIETL
néanmoins lefiits
2 Ne pourront --- Page 7 ---
E31
& Intendant, 2
> neur , Lientenant-généal de
contraire
>
faire aucun réglement
police,
des Édits, Déclarations, 3
> aux dilpofitions émanés de Sa Majefté, & en-
> Réglemens Confeils
fauf à
> regiftrés aux
fupérieurs,
> propofer à Sa Majefé les changemens
être
ett
> Imrotrontndceimaren 2 pour y
par
ainfi
avifera bon êtres.
> pourvu., 9
qu'Elle
(Ordonnance du 22 Mai 1775).
Cetaête eft d'ailleurs incomplet, puifqu'il
eftlouvrage d'un feul Adminiftrateur, & que
fon objet il appartient éminemment aux
par
pouvoirs communs.
m'arrêter
je devrois peut-être
- Je Meffieurs, pourrois, & me borner à avoir prouvé
ici,
n'avons
le
de détruire
que Rous
point pouvoir Pouvrage de trois
ainfi, & dans un inftant,
Rois, de leurs fages Confeils, & les travaux
de plus d'un Siecle; mais puifque les confidérations politiques, ont puinfuer fur Yopinion
de quelques uns de vous, l'efpoir de répandre un nouveau jour fur cette queftion, me
détermine à vous faire connoître mcs princiconcernant le régime prohibitif, & fur
pes cette matiere en géneral.Vous m'avez vu,
pendant trois ans & demi, aéifà lap pourfuite
des contraventions du commerce étranger,
& les déférer, 2 fans aucun ménagement, à la
Juftice dont vous êtes les miniftres. Eh bien !
Mellieurs, jabhorre du fond de mon coeur
ces principes exclufifs, ces jaloulies, ces rivalités nationaless & je fuis fermement per*
Su
ître mcs princiconcernant le régime prohibitif, & fur
pes cette matiere en géneral.Vous m'avez vu,
pendant trois ans & demi, aéifà lap pourfuite
des contraventions du commerce étranger,
& les déférer, 2 fans aucun ménagement, à la
Juftice dont vous êtes les miniftres. Eh bien !
Mellieurs, jabhorre du fond de mon coeur
ces principes exclufifs, ces jaloulies, ces rivalités nationaless & je fuis fermement per*
Su --- Page 8 ---
L4 ]
fuadé que la liberté du commerce & la communication univerfelle de tous les peuples du
monde, font les moyens les plus affurés de
le bien général, & de faire atteinprocurer dre toutes les Nations de PUnivers 3 au plus
de
leur génie,
haut point
profpérité auquel leur
le climat &le fol qu'elles habitent, ,
permettent de prétendre.
Mais les Nations fe furpaffent réciproquement, les unes' les autres, dans
Ruelguesbran
ches de commerce ou d'induftrie; & fi nos
Colonies peuvent recevoir chaque article, des bas
peuples qui peuvent le donner au plus
fans que de leur côtéils foient tenus ou
prix, fans même qu'ils aient la' liberté de venir prendre chez nous ceux que nous fommes en état
de leur livrer à meilleur compte, il eft manifefte que le poids que la France mettra fe dans réla balance du commerce des Colonies, exclufiveduira à ce qu'elle peut leur fournir fon fol
le
quiln'y aura que
qui
ment, parce fur-tout des Nations qui s'ifoproduille;i il y a
de toutes celles de
lent par leurs maximes 9
de toutes
PUnivers, des Nations en poffeflion
de ce fyfteles jouiffances quipeuventréfulter bien éloignées de reme ; elles font encore
de la liberté
connoître que lintroduétion
à tous
donneroit un nouveau développement
les avantages dont elles ne jouiffent aujourd'huique parune état violent, &quine fruits peuvent de leur
leur être ôtés, parce que les
leur
ufurpation les mettent en état de protéger
ufurpation même. Je les vois attentives à nos
Univers, des Nations en poffeflion
de ce fyfteles jouiffances quipeuventréfulter bien éloignées de reme ; elles font encore
de la liberté
connoître que lintroduétion
à tous
donneroit un nouveau développement
les avantages dont elles ne jouiffent aujourd'huique parune état violent, &quine fruits peuvent de leur
leur être ôtés, parce que les
leur
ufurpation les mettent en état de protéger
ufurpation même. Je les vois attentives à nos --- Page 9 ---
(s )
erreurs, à nos moindres fautes, prêtes à en
profiteraulli-tôt. Je ne puis qu'envifager avec
viveinquiétudeles fuites funeftes qu'auHCt la mefure qui vous eft propolée 1 fijamais
elle étoita adoptée. Un régime prolibitifiévere
leur affure exclufivement tous les bénéfices
du fol de leurs Colonies, & elles viendroient
encore recueillir ceux de nos poffellions : on
verroit s'élever chez elles de nouvelies rafineries, des manufaêtures de toute efpece,
avec tous les avantages affurés à ceux qui, &
ayant porté au plus haut point Vinduftrie
tous les inftrumens des arts méchaniques s, y
nemnront.ilondameatles smatieres premieres
manufaétures employent. Celles du
que ces
tomberont fucceffiveRoyaume au contraire
en foule dans
ment; & nos artifans pafferont
les
leur offriront des falaires. La navigation pays 2 ces Nations rivales s'étendra aux
dépens de la nôtre : nos matelots fans emploi
iront peut-être leur en demander; & puillqu'il
s'agit de livrer > pendant cinq années, cette êtes
Colonie à l'Etranger,, que vous tous qui
bons François, que celui fur-tout qui a fouteavec tant d'éclat & de gloire,
nu ce caradtere
à ce
pendant la derniere guerre, fongent
arriver pendant cing ans La juftice
&la qui peut modération aflifes fur le trône, femblent
une longue
mais fi elle
nous préfager
paix; comment la
éprouvoit Colonic, quclquintemuption, comment les Provinces maritimes,
comment celles même de l'intériear feront-
François, que celui fur-tout qui a fouteavec tant d'éclat & de gloire,
nu ce caradtere
à ce
pendant la derniere guerre, fongent
arriver pendant cing ans La juftice
&la qui peut modération aflifes fur le trône, femblent
une longue
mais fi elle
nous préfager
paix; comment la
éprouvoit Colonic, quclquintemuption, comment les Provinces maritimes,
comment celles même de l'intériear feront- --- Page 10 ---
['61.
elles prorégées contre une invafion, fi nous
fommes fans Marine ? J'ai ditqu'ils'agilloit de
livrer pendant cinq ans ia Colonie aux Étrangers : en effet On ne me perfmaderajamais que la
Paate propofé ne doive finir par embraffer
Colonie entiere, & que lon puiffe empêcher
efficacement les ports non libres de porter les
denrées coloniales dans-I les ports de la partie
ouverte à T'Etranger qui les exportera fans
difficulté : je ne dis rien des embarras que
pourra éprouver la perception' du revenu COlonial, & de T'impolibilité d'empêcher les
fraudes du commerce, étranger ; il exportera
impunémentle double ou le triple des denrées
qu'il aura déclarées, & il ne payera que moitié ou le tiers des droits. Il n'y auroit même
aucun moyen de conftater la fraude, puifque
les vérifications ail déchargement nepourront
avoir lieu chez PÉtranger, comme elles ont
eu lieu dans le Royaume; mais cet objet,
quelque grand qu'il foit, me paroit exigu -
quand ils'agit dune crife nationale : reftreignons-nous dans lés termes mêmes de l'agte
propofé. Dix jurifdiétions compofent la Colonie ;
& lereffort de quatre doit être, avec les deux
tiers d'une cinquieme, 9 livré aux Etrangers.
Heureufes les Nations de PUnivers fi, par
une révolution imprévue, les barrieres qui
les féparent tomboient toutes au même inftant; & fi chacune d'elles entrant dans la
carriere pouvoit, dégagée d'entraves,y com-
lés termes mêmes de l'agte
propofé. Dix jurifdiétions compofent la Colonie ;
& lereffort de quatre doit être, avec les deux
tiers d'une cinquieme, 9 livré aux Etrangers.
Heureufes les Nations de PUnivers fi, par
une révolution imprévue, les barrieres qui
les féparent tomboient toutes au même inftant; & fi chacune d'elles entrant dans la
carriere pouvoit, dégagée d'entraves,y com- --- Page 11 ---
E73
battre avec toutes fes forces France & y déployer n'auroit
toutes fes reffources. La lutte nationale,
rien à redouter de cette
fortunée >
mais en artendant cette le époque peuple qui 2 d lc
que de maux menaçent les obfacles que la iEe
mier renverfera
Scul
national ont autrefois pofés.
&l'égoilime
donnera continuelgenéreux, feul libéral,il recevoir, 8 fera bientôt
fans jamais de défendre même les
lary réduit Vimpaifance
Que di+
débris de fon ancienne profpérité ville
roit-on de l'habitant d'une d'hofpitalité grande
8 &
feul animé de fentimens dans fa maifon tous ice
confance,admeuroit
ordonneroit que
étrangers indillinétement, fuffent ouvertes nuit & jour
toutes les portes
Meflicurs,
aux premiers venus; ; croyez-vous, réduifit pas fa famille a
qu'à la longue il ne dira-t-on que ces étranla mifere? Vainement valoir fon fol & fes poffellions.
gers font n'eft auffi douteux; & qu'importe d'ailRien
fi pendant cinq années CCS
leurs à fa famillc,
tous les
étrangers doivent en confommer dans un état de miproduits, & la précipiter relevera
st VD
fcre dont cile ne fe
plus. fujet anf
Pouffons plus loin Texamon-dun aux plus
grave, & lié par tant de rapports Le régime acr
vaftes intérêts de la Nation. nombre d'années,
tuelfubfifte depuis un grand
promalguéest
en vertu de lotefolernellemen facrée du Souverain, s il
elles font la parole la Colonie de S. Domingue
a dit à fes fujets: :
relevera
st VD
fcre dont cile ne fe
plus. fujet anf
Pouffons plus loin Texamon-dun aux plus
grave, & lié par tant de rapports Le régime acr
vaftes intérêts de la Nation. nombre d'années,
tuelfubfifte depuis un grand
promalguéest
en vertu de lotefolernellemen facrée du Souverain, s il
elles font la parole la Colonie de S. Domingue
a dit à fes fujets: : --- Page 12 ---
[s 1
toutes fortes de liens
fera unie au Royaume par du commerce &
& ipécialement par ceux
le marché où s'approvifionnera cette Colonie, fera
celui où elle pourra faire fes ventes 2
toute la France même. Nos Rois ont depuis
adopté des maximes plus libérales; & tandis
refufent l'entrée de leurs
que les Anglois
dont ils redoutent la
colonies à tous ceux
d'entrepôt ont été
concurrence, 2 trois ports
&
ouverts aux Étrangers, à S. Domingue;
fept à huit cents de leurs vaiffeaux y étonnante arrivent
annuellement : mais cette aétivité moiffons les
laiffe encore aux Nationaux fur les la foi des loix
plus abondantes; ceux-ci,
feul peut
Coloniales auxquelles le légiflateur
la main, forment leurs fpéculations;
porter & fi elles font infruétueufes 1 3 fuffent-elles
même ruineufes, il ne peuvent s'en prendre fuqu'à lcur impéritie ou à des événemens
périeurs qui ont déconcerté la combinaifon
de leur prudenice. Mais rappellons-nous que
têtes d'efclaves ont été introduites,
90,000
le commerce de France
depuis trois ans, par & il eft vraifemblable
dans cette Colonie;,
cette année ne fera
que le nombre importé
Qu'un arpas moindre que les précédentes.
dans la
mateur de Nantes plein de confiance certain
conftitution donnée aux Colonies,
été
qu'clle ne peut être changéc,fans qu'ilait lui-même
averti d'avance par le Souverain
cet arqui en a pofé les fondemens ; que tromrempli d'une confiance
mateur, dis-je,
, par & il eft vraifemblable
dans cette Colonie;,
cette année ne fera
que le nombre importé
Qu'un arpas moindre que les précédentes.
dans la
mateur de Nantes plein de confiance certain
conftitution donnée aux Colonies,
été
qu'clle ne peut être changéc,fans qu'ilait lui-même
averti d'avance par le Souverain
cet arqui en a pofé les fondemens ; que tromrempli d'une confiance
mateur, dis-je, --- Page 13 ---
[91
penfe; expédie en ce moment un d'oà vaiffeau il fe
pour traiter à la côte d'Afrique,
à
rendra ou aux Cayes ou à Jakmel ou Jérémie:il a été inftruit par fes correfpondans
il
vendre fa cardes prix auxquels
pourra des denrées cologaifon, & du prix probable
mais il arrive
niales qu'il chargera en retour;
& une réen Août ou Septembre prochain, 2
volution inattendue le frappe foudainement: dimiil trouve la marchandife qu'il apporte, l'affuence de
nuée de20 à 25 pour cent, par
toutes les Nations admifes à la concurrence;
& d'un autre côté, les denrées coloniales ont
éprouvé, parlaméme caufe, une augmentation
il perdra donc-20 à 25 pour
proportionée: fur les envois, & autant fur les retours :
cent il eft ruiné; & fa famille, fes affociés, ceux
qui lui ont prêté des fonds pour des fon entre- in
prifes fagement conçues', partagent des
fortune. Celui-ci avoit préparé
la même
les magazins
reE
tions de
nature, font fur le
remplis & les marchandifes
point
d'être portées fur le vaifleau qui les attend.
Lanouvelle fatale arrive, & il s'arrête tout-àégalement sûr de fa ruine, foit qu'il
coup,
Un autre,
expédie 2 foit qu'il n'expédie point. s'attend
lié par une fuite d'affaires anciennes, dans la Coloà parcourir avec fes débiteurs à recevoir le
nie, ce cercle qui confifte
les mêmes
payement d'une dette, de tandisque nouvelles avec lui;
habitans en contraêtent
mais la chaine va être rompue G des Étrangers
il s'arrête tout-àégalement sûr de fa ruine, foit qu'il
coup,
Un autre,
expédie 2 foit qu'il n'expédie point. s'attend
lié par une fuite d'affaires anciennes, dans la Coloà parcourir avec fes débiteurs à recevoir le
nie, ce cercle qui confifte
les mêmes
payement d'une dette, de tandisque nouvelles avec lui;
habitans en contraêtent
mais la chaine va être rompue G des Étrangers --- Page 14 ---
[ 1o3
prennent fa place; & non F feulement il ne
pourra, fans de grandes difficultés, faire acquiterlesancieanes dettes; mais ilfera encore
embarafié de fa cargaifon, & il ne pourra la
vendrequaudaegrande perte. Quiindemnifera
ces malheureux dece délaftre imprévu ? Serace la Nation ? Ah! ne troublons point,
nous eft
celle
Bes
l'opération qui
propofée,
hommes fages qui s'occupent en ce moGardonsH
ment à guérir les maux de lErat.
nous d'un changement qui tend à faire paffer
chez PEtranger, les capitaux' du Royaumes
& à diminuer les moyens que la Nation
pourra avoir de fupporter les charges
clle
De
peut-être
s'impofe préfentement.
rapports de Saint Domingue avec l'agriculs
ture, les manufactures ,! la navigation s &
le commerce du Royaume font fimultiplics
qu'il n'eft pas une feule de fes provinces qui des
ne fentit le contre-coup de P'admiflion
Etrangers. Elles le fentiront, par la ceffation
d'une partie de leur commerce, d'exportationEllesle fentiront, par l'augmentation du prix
de toutes les denrées coloniales qui fe con
fomment dans l'intérieur du Royaume. Ellesle
fentiront encore long-temsi aprèsl'expiration '
des cinq années, parce que les Etrangers
créanciers pour de grandes fommes ne quitteront pasaifément prife, , & prolongeront de
fait leur privilege, par l'impuiffance où ils
tiendront les habitants dc reprendre leurs
liaifons avec leurs compatriotes.
entiront, par l'augmentation du prix
de toutes les denrées coloniales qui fe con
fomment dans l'intérieur du Royaume. Ellesle
fentiront encore long-temsi aprèsl'expiration '
des cinq années, parce que les Etrangers
créanciers pour de grandes fommes ne quitteront pasaifément prife, , & prolongeront de
fait leur privilege, par l'impuiffance où ils
tiendront les habitants dc reprendre leurs
liaifons avec leurs compatriotes. --- Page 15 ---
En 1
Mais tandis que mes inquiétndes la paroic partie
fent fe porter vers la Métropole, s'agit de favorifer,
même de la Colonie qu'il être
? Qui
plutôt en
l'objet
ne doit-elle pas
national ne fufm'affurera que le commerce fes expéditions, &
pendra pas tout'à côté à-coup les Etrangers ne voyant
que d'un autre
les caraéterés d'une
point dans l'aête propofé
craignant uné
loi folemnelle & permanentes, d'un régime
révocation immédiaté
dont NRRE
n'oferont hazarder desexpéditions funefte: il arriveroit de la
pourroit leur être
fubitement fréquentées 7
forte que cette partie abandonnée, éprouveroit des
auffi fubitement convullives quine cefferoient
révolutions
auroitrepris les
long-temps après que la regle
précaution
empirc. Ah! ne touchons qu'avéc
& file
& refpeêt à ce que le tems a confacré; nécef
tems même a rendu les changemens
qui
faires 5 aipportons- -y les une regles circonfpeation dé la prudenfurpalte; s'il fe peut,
s operent
ce ordinaire; que ces changeniens loix xétablies 2
fansfecouffe, fans boulverferles
en ce
fans contrarier ce : qui fe fait Eh? peutiêtre Meflieurs;
moment dans le Royaume.
confufion
& dansquelle
oùt en ferions-nous, ,
nsTade
la Colonie ne feroit-elle pas
arrivoit de
une fois
ePFE
enregifiré,
préfenté, 9 loi émanée du Souverain, revêFrance une les formes que la confitutiont
tue de toutes contint des difpofitions conexige, & qui
les
en ce
fans contrarier ce : qui fe fait Eh? peutiêtre Meflieurs;
moment dans le Royaume.
confufion
& dansquelle
oùt en ferions-nous, ,
nsTade
la Colonie ne feroit-elle pas
arrivoit de
une fois
ePFE
enregifiré,
préfenté, 9 loi émanée du Souverain, revêFrance une les formes que la confitutiont
tue de toutes contint des difpofitions conexige, & qui --- Page 16 ---
[12 1
traires à celles de Pétabliffement propofé. iei réLes François & les Etrangers d'Europe
gleroient d'après le régime preferit par véritable cette
nouvelle loi, par laquelle le feul
légiflateur auroit fait connoître fa volonté;
ils s'expédiroient en conféquence, & ils trouveroient une autre loi, un autre régime, alors en
arrivant dans la Colonie. Quelle fera
votre regle dans lesprocès sen contravention, Sera-ce la loi
dans ceux entre les parties !
eft
du Souverain? Sera-ce l'aéte qui vous
propofé? L'une permet: l'autre continuera fera
de défendre. Ce qui eft délit dans lune,
approuvé par Pautre. Les peines prononcées mefure
feront également différentes. A quelle
arrérerez-vous?,
fuis-je coupavous
peut-être
ble en paroiffant en douter.
il furvient
Et fi, en Septembre ou Oétobre,
caffe
un Arrêt du Confeil de Sa Majefté qui rétablir
tout ce qui auroit été fait, comment d'une
l'ancien état des chofes, fans préjudice
les
multitude d'individus compromis par
changemens ? Les Navigateurs feront long- fautems incertains du parti à prendre,, & ne
de P'Adminifront où fe porter. L'entreprife effroi
le tems
tration leur caufera un
que
de
feul pourra faire ceffer. Je.ne parle pas
la chute des Villes du Cap & du Port-au-Prin- Jakmel
Jérémie,
ce, 2 aux dépens defquelles
Je ne
vont devenir les entrepôts importans. néceflairement
parle pas de la perte qui fuivra --- Page 17 ---
t 13 ]
des individus & des capitaux,
le déplacement du Souverain aura été malorfque la volonté
à la fuite d'aufli
nifeftée. Enfin je ne puis, du fort des commis &
grands intérêts, parler
le
employés de toute efpece qu'exigeroit laiffera
nouveau régime, & que la réforme
fans état.
l'aéte qui vous
Avant de terminer, j'ouvre arrêtons-nous aux
eft en ce moment préfenté:
Pexéexpreflions qui le terminent: : maintient
en
cution des Leures-Patentes d'Odtobre Ordonnance. 1727,
ce qui n'ye eft pas dérogé par cette
dépendre
Croyez-vous, MM. qu'il puiffe loi auffi fode nous de déroger ainfi à une
cette
lemnelle? Sans doute mon opinion en
matiere n'eft que le réfultat ifolé de mes conmais elles font
noiflances individuelles;
ne
Pexéexpreflions qui le terminent: : maintient
en
cution des Leures-Patentes d'Odtobre Ordonnance. 1727,
ce qui n'ye eft pas dérogé par cette
dépendre
Croyez-vous, MM. qu'il puiffe loi auffi fode nous de déroger ainfi à une
cette
lemnelle? Sans doute mon opinion en
matiere n'eft que le réfultat ifolé de mes conmais elles font
noiflances individuelles;
ne puyées fur tant de loix, que devoir. je
J'en puis fuis,
abandonner, fans violermon
confitellement perfuadé que je ne pourrois
dérer l'aéte dont il s'agit, comme valide, ceffe-
& je ne
même après T'enregifrement;
les loix
rois
cela de prendre pour regle
Je
donc de nouveau
de ENL Majefté.
propofe
s'il perfifte à
à M. le Gonvemour-pénéal, lui propofe
demander qu'on enregiftre, je
au
Texécution de cet aête,
prede renvoyer
Nous aurons de la
mier O8tobre prochain. de recevoir des inftrustions ;
forte le tems
crains
encore
& les maux que je
pourront Et porté
être prévenus. Signé, DE MARBOIS. --- Page 18 ---
E14J
fur les regiftres du Confeil fupérieur de S.
Domingue, à la fuite de l'arrêt d'enregiftrement de l'aéte intitulé: Ordonnance de M. le
Gouverneur-génera., concernant la liberté du
commerce pour! la partie du Sudde S.Domingue,
FIN, --- Page 19 ---
5 d
TIECEL
DSAtE
*
VAtt
adrelfées à PAF
RECLANATIONS
les perfonnes
femblée Nationale, 3 par
Propriétaires & Cultivade Couleur,
de la Colonie Françoife de Saintteurs
Domingue.
MISSHIONEURS,
des droits facrés de FHumaC'EST au nom
de rétablir avec
nité, droits que vous venez
faveur des
tant de fagelle & d'énergie en
claffe nombreufe de Propriépeuples, qu'une
libres de PIle de Saintraires & de Citoyens
vient foliiciter votre juftice.
Domingue,
arbitraire, le defpotifme MiLE pouvoir
féodal, l'inégalité
niftériel, les reftes du régime
voila,
entre un Citoyen & un autre Citoyen, avez
les Aéaux dont vous
MESSEIGNEURS,
MESSEIdélivrés votre Patrie 5 ces Aéaux,
fi
n'étoient rien, j'ofe le dire, on
GNEURS,
avec l'abus des Loix, les préles eût comparés
humilians qui déjugés barbares & les ufages
gradent en nous l'humanité.
LE fimple récit de quelques-uns de ces abus, --- Page 20 --- --- Page 21 ---
SAat A ay
3 e
SYie --- Page 22 ---