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(52)
auprès de vous, Messieurs; etc'està cette époque
aussi que cessent les avis officiels qui nous sont
paryenus.
Cependant la révolte continuc à St.Domingne:
les bruits particuliers reçus de cette Colonie, annoncent que les noirs dans la partie du Nord,
et les mulâtres dans la partie de l'Ouest, exercent encore lesactes de violence les plus inquiétans. Les principaux auteurs de ces révoltes sont
arrêtés; on instruit lenrs procès ; il en résultera
nécessairement de grandes lumières; et, appelés
à yous indiquer les causes de CCS derniers événemens, nous regrettons, Mesieurs, que votre
empressement à vous éclairer pour tont ce qui
peut contribuer à rétablir le calme dans les Colonics, ne vous ait pas permis de nous accorder
un délai plus considérable.
nEON Va
3, -
y.
Erritacniz
- --- Page 3 ---
R A PPO R T
SUR LES TROUBLES
DE SAINT-DO MINGUE,
FAIT
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE;
PAR CHARLES TARBÉ,
-
DÉPUTÉ DE LA SEINE-INFÉRIEURE,
AU NOM DU COMITÉ COLONIAL,
Le 10 Janvier 1792 5
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
SECONDE PARTIE
MESSIEURS,
Je viens, au nom de votre. comité colonial,
vous soumettre la suite de son rapport sur les
troubles de Saint-Domingue.
Cette seconde partie, destinée à vous être préA --- Page 4 ---
EPJCE
(2)
immédiatement après la première dont elle
sentée
la conclusion, a été rédigée dans l'hypoest thèse des faits dont nous avions connoissance au
décembre dernier, ainsi que j'ai eu déjàl'hon10
neur de vous l'observer.
devoir la faire
du
Je crois cependant
précéder
résumé du seul avis officiel qui nous soit parle 10 décembre : je veux parler de
venu depuis
en date du 22
la lettre de M. de Blanchelande,
octobre, transmise à l'Assemblée par le ministre
de lamarine.
Dans cette lettre, M. de Blanchelande annonles nègres révoltés, chassés des haçoit (1) que
repliés sur
bitations d'Agoult et Galiffet,w'étoient
habitations au bas des montagnes des
plusieurs de la Grande-Rivière et du Dondon ;
quartiers
combattre les révoltés
qu'on n'avoit pu jusqu'alors
la crainte de les faire redans ces parties, par
les
de l'Est de la province;
fluer vers,
paroisses
de couleur avoit
qu'une compagnie entière de gens
été entourée et enlevée, sans que l'on pat savoir
si c'étoit de gré ou de force ; qu'il y avoit des
citoyens blancs
divisionsbien dangereuseparmilese
relativement au premier condu Port-au-Prince, 2
(1) Pièces justificatives - 7 no. 65.
la crainte de les faire redans ces parties, par
les
de l'Est de la province;
fluer vers,
paroisses
de couleur avoit
qu'une compagnie entière de gens
été entourée et enlevée, sans que l'on pat savoir
si c'étoit de gré ou de force ; qu'il y avoit des
citoyens blancs
divisionsbien dangereuseparmilese
relativement au premier condu Port-au-Prince, 2
(1) Pièces justificatives - 7 no. 65. --- Page 5 ---
(3)
cordat, mais que des
més
commissaires étoient nompour en rédiger un nouveau
toyens de couleur des
; que les ciquartiers de
Grand-Goave et du Petit-Goave, Léogane, du
que les municipalités fussent
avoient exigé
conséquence, les
dissoutes ; qu'en
Léogane et du Petit commandans pour le roi de
de
- Goave avoient été
reprendre leurs fonctions, dans
requis
du terme, comme avant la révolution toutel'étendue
que les citoyens de
de 1789; et
couleur, campés à la Croixdes-Bonquets, 2 auroient opéré Ja même chose
Port-au-Prince, , sans
au
des soldats de
l'opposition du
et
-
Normandie et d'Artois. peuple
Ces détails,
inquiétans sans doute, ,
cependant rien de positif aux données n'ajoutant
jusqu'alors sur les causes des troubles de acquises
Domingue, le comité avoit
Saintcru ne devoir rien
changer au rapport qu'il avoit arrêté de
faire, et dont je vais, suivant votre
vous
donner lecture.
ordre 3 vous
Messieurs 9 la première partie du
votre comité colonial,
rapport de
des événemens
vous a présenté la chaîne
qui se sont succédés à SaintA 2 --- Page 6 ---
Domingue ; depuis la révolution jusque vers Ia
fin de septembre.
dans les événemens de la
Vous avez reconnu,
époque, l'histoire fidèle de nos troubles,
première
les premiers
lorsque nos prédécesseurs jettoient
fondemens de notre constitution, sur les ruines du
régime arbitraire.
Las seconde époque vous a rappelé les nombreux
écarts de la première assemblée coloniale ; ses
divisions avec l'assemblée provinciale du Nord,
haine contre le
et ses projets
sa
gouverneur,
malheureusement trop bien sed'indépendance, la lenteur du corps constituant à
condés par
statuer sur le sort des colonies.
troisième
offre une suite d'événeLa
époque
se confémens incohérens : plusieurs paroisses
la dissolution de la première
dèrent pour venger
révoltés incendiaires et
assemblée coloniale; des
punition de leurs crimes;
assassins reçoiventlajuste immolent leur colonel a la
des soldats séduits
la colonie est livrée au
vengeance d'un parti ;
la nouvelle du décret du 15 mai.
désespoir par
est celle des troubles
La quatrième époque
actuels de la colonie : révolte presque générale
des noirs dans la partie du nord; réclamations,à
rent pour venger
révoltés incendiaires et
assemblée coloniale; des
punition de leurs crimes;
assassins reçoiventlajuste immolent leur colonel a la
des soldats séduits
la colonie est livrée au
vengeance d'un parti ;
la nouvelle du décret du 15 mai.
désespoir par
est celle des troubles
La quatrième époque
actuels de la colonie : révolte presque générale
des noirs dans la partie du nord; réclamations,à --- Page 7 ---
(5)
main armée, des hommes de couleur
la partie de
libres dans
l'Ouest; ; quelques
le Sud.
mouyemens dans
Tel est en peu de mots,
sumé des faits dont
Messieurs, le révous nous aviez
vous faire le rapport.
chargés de
En nous ordonnant de vous
vcus avez eu en vue de
présenter ce't travail,
mal et les
rechercher les causes du
moyens d'y remédier. C'est
ce que nous avons recueilli
aussi de
sur ces deux
que nous allons vous entretenir.
points,
Les causes des troubles de
sont de deux sortes
Saint-Domingue
2 générales et particulières.
Les causes
génerales sont la révolution
s'est opérée dans le
qui
tabilité des lois rendues gouvernement français; l'inssur les colonies
corps constituant (1),
par lel
qui,après avoir
systême, y s'en est écarté
adopté un
les débats
pour y revenir ensuite 5
orageux auxquels la
lois a donné lieu
discussion de ces
; lincertitude des
les véritables intentions
colons sur
écrits
de la métropole, et les
plus ou moins condamnables dont
quelques
() Loix des 8 mars
& 24 septembre
1790, 12 octobre 1790, 15 mai 17913
1791.
A 3 --- Page 8 ---
(6)
de leurs advercolons exaltés, et quelques-uns
inondé successivemenr la France et
saires, ont
sont nées l'inles Colonies (1). De là, Messieurs,
et la fermentation des esprits : l'aigreur
quiétude
de l'affection, le découragement
a pris la place
celle du dévouecelle de la confiance, l'ombrage
fidélité des
ment ; la métropole a suspecté la
colonies; les colons se sont plaints de ce que l'on
des
solemnels pris envers
rompoit
engagemens
funeste, sont
eux ; et, de cette mésintelligence Vinexécution
résultés l'inactivité des pouvoirs,
des lois, et les succès affreux des ennemis du
bien public.
des troubles de St.-DoLes causes particulières
et sur-tout celles relatives à la quamingue,
difficiles à indiquer,
trième époque, sont plus
à la date des
que la révolte duroit encore
parce derniers avis officiels qui nous sont parvenus 5
embrassant l'ensemble des ciret ce n'est qu'en
l'on peut
constances d'un pareil événement, que
le
démêler les causes, et en saisir
vébien en
ritable but.
(1) Lettre de L. M. Gouy, à ses commettans.. 1 Lettre M.
de l'abbé Grégoire aux hommes de couleur.--Lettre à
Barnave, etc.
volte duroit encore
parce derniers avis officiels qui nous sont parvenus 5
embrassant l'ensemble des ciret ce n'est qu'en
l'on peut
constances d'un pareil événement, que
le
démêler les causes, et en saisir
vébien en
ritable but.
(1) Lettre de L. M. Gouy, à ses commettans.. 1 Lettre M.
de l'abbé Grégoire aux hommes de couleur.--Lettre à
Barnave, etc. --- Page 9 ---
(7)
Dans le grand nombre de pièces. que vous
avez renvoyées à votre comité, plusieurs contenoicnt des plaintes. et des accusations. Nous en
avons fait avec soin le rapprochement et l'analyse, ,et) nous allons vous rendre compte de cette
partie ingrate de notre travail.
La société des amis des noirs > et notamment
quelques-uns de ses membres, sont vivement inculpés (:) d'avoir provodaé les troubles de St.-
Domingue, par leurs écrits sur l'esclavage des
noirs et sur les droits des hommes de couleur.
Il est difficile de calculer qu'elle a pu être l'inflnence morale de ces ouvrages dans les colonies, et jusqu'à quel point ils. ont pu faire germer l'esprit d'insubordination dans les ateliers.
Mais 7 jusqu'à ce jour 1 2 aucune des pièces qui
nous sont parvenues > ne prouve que les amis
des noirs aient pris part àla dernière révolte des
negres à St.-Domingue.
Nous avons trouvé extrêmement vagues et hasardés les reproches faits à M. de Blanchelande.
Pour juger s'il auroit di SC mettre d'abord en
campagne à la poursuite des negres (1), nous
() Pièces justificatives 1 nos, 11,61x 89,90.
(2) Discours de M. Brissot 2 pag. 48,49, 50, 51.
A 4 --- Page 10 ---
(8)
besoin de connoître l'état des troupes qui
aurions
ordres le nombre des noirs réétoient à ses
,
du
voltés, les besoins particuliers de la ville
Cap,
des csprits dans cette
et la disposition générale
il faudroit saville, lorsque la révolte a éclaté;
le
voir si le foyer de la révolte n'étoit pas dans
même, comme beaucoup de circonstances
Cap
s
il faudroit
le faisoient alors soupçonner (1);
enfin des renseignemens positifs qui nous
ayoir
et
, jusmanquént jusqu'à ce jour,
qui, peut-être,
l'esprit temporiseur que l'on
tifieront pleinement
reproche à ce général.
Les membres de Vassemblée coloniale sont
d'avoir désiré le moment de la réaccusés (2)
d'avoir
volte, d'en avoir été les instigateurs ,
enlever Saint - Domingue à la
conspiré pour tenté de livrerla colonie aPAnFrance, d'avoir
d'aotit dernier, d'avoir été en
gleterre an mois
de la Jacorrespondance avec le gouverneur
plusieurs jours avant la révolte , etc.
maique
Messieurs
ces accusations
La vérité est s
7 que
colol'assemblée
infiniment aggravantes pour
infiniment
pour la métroniale, et
inquiétantes
(1) Pièces justificatives,n". 60,61.
52, 53,
(2) Discours de M. Brissot,P. 3, 4,9, 48,5
58,67, 69, 84.
Jacorrespondance avec le gouverneur
plusieurs jours avant la révolte , etc.
maique
Messieurs
ces accusations
La vérité est s
7 que
colol'assemblée
infiniment aggravantes pour
infiniment
pour la métroniale, et
inquiétantes
(1) Pièces justificatives,n". 60,61.
52, 53,
(2) Discours de M. Brissot,P. 3, 4,9, 48,5
58,67, 69, 84. --- Page 11 ---
(9)
pole 3 ne sont pas appuyées d'une seule
justificative. On voit au contraire
pièce
a éclaté avant la réunion
que la révolte
blée coloniale
définitive de l'assemau Cap (1). On voit
dans la réunion provisoire à
encore que,
jours avant la révolte,
Léogane 9 douze
l'assemblée
avoit proclamé
coloniale (2)
solemnellement que
mingue fait partie de l'empire
Saint-DoP'Assemblée nationale
françois, et qu'ie
seule
de statuer
appartient le droit
merciaua irrévocablement sur les rapports comet politiques de cette colonie. Ori
enfin, par la
vo't
l'assemblée correspondance du gouverneur, que
de
générale (3) n'a cessé de
tout ce qni pouvoit tendre au salut s'occuper de la
lonie, et qu'elle a été constamment
COprincipes des décrets de
dans les
sanctionnés
l'Assemblée Nationale,
par le roi (4). Conçoit-on d'ailleurs
que les membres de cette assemblée
qui ont tous des
coloniale,
enfants, aient
propriétés, des femmes et des
beau de la
pu allumer de sang-froid le flamrévolte? Et, s'ils avoient
des intérêts aussi
pu oublier
fussent
chers, conçoit-on qu'ils ne se
pas garantis eux-mêmes des effets de l'in-
(1) P. justif.no. 4.
(2) P. justif. no, 2.
(5) P. justif. no. 60.
(4) P. justif, no, 87. --- Page 12 ---
(10)
comment (4) quatre d'encendie ? Conçoit-on
à tomber aux mains
tr'eux se seroient exposés
révoltés
les ont massacrés impitoyabledes
qui
tant de félonie et d'imment ? Non, Messieurs,
à moins de
sont inconciliables ; et,
prévoyance
barbare de trouver des couse faire un plaisir croire
on ne peut suppables, on,ne peut coloniale 9 ait été V'instigatrice
poser que l'assemblée
de la révolte des nègres.
depuis la révolte,
La conduite de cette assemblée,
de
un
grand nombre
plaintes
a donné licu encoreà
sont
Comme les arrêtés, 2 qui
et d'accusations.
relatifs à
l'objet de ces plaintes, sont purement être rangés
- 9 et ne penvent
son administration troubles auxquels ils sont
parmi Ies causes des
peutnous aurions pu nous dispenser
postérieurs,
Mais tous cCs griefa
être de vous en entretenir.
quia eu
dans la discussion,
ayant été confondus
donné la plus grande
lien et à laquelle on a nécessaire d'en faire
publicité, nous avons cru
les résultats
l'examen, et de vous en soumettre
distinctoment. Cette marchepourra
successivement,
mais clle est Ia plus
paroitre lente et monotone;
à
et elle nous a paru la seule propre
simple,
imprimé par ordrc de TAfems
() Raport des Commiffaires,
blée Nationale.
en entretenir.
quia eu
dans la discussion,
ayant été confondus
donné la plus grande
lien et à laquelle on a nécessaire d'en faire
publicité, nous avons cru
les résultats
l'examen, et de vous en soumettre
distinctoment. Cette marchepourra
successivement,
mais clle est Ia plus
paroitre lente et monotone;
à
et elle nous a paru la seule propre
simple,
imprimé par ordrc de TAfems
() Raport des Commiffaires,
blée Nationale. --- Page 13 ---
(11)
vous donner une idée exacte de la nature et de
l'importance de ces inculpations.
On accuse l'assemblée coloniale de n'avoirpas
prévenu lesparties du Sud et de POuest du danger auquel étoit erposée la province du Nord(1).
Ce reproche, Messieurs, est formellement démenti
par la correspondance du gouverneur (2), par
les procès-verbaux del'assemblée coloniale (3),
et par la copie de l'avis officiel donné à la municipalité des Cayes, dont je vais avoir l'honmeur
de vous donner lecture :
lint Au Cap, le 23 aott 17912
c MESSIEURS ET CHERS CONPATRIOTES,
> Nous nous empressons de vous faire part des
>> cruels et désastreux événemens quinous arrivent
s depuis quelques jours.
> Les nègres esclaves se sont attroupés en
> a nombre considérable. Par-tout où ils passent,
>> ilsincendient tout,égorgent tous les blaucs.qn'ils
> rencontrent, 2 et ils se saisissent de toutes les
3> armes et fers servant à cet effet.
(1) Discours de M. Brissot ; pag.52, 53.
(2) Pièces justificatives,n*. 6c.
(3) Ibid. no..4. --- Page 14 ---
(12)
>> Les quartiers de Lacul et du Limbé sont Ie
>> centre de toutes leurs scélératesses.
diverses
ont faites ;
> Parles
dépositions qu'ils
le
doit être
dans
> il paroit que
complot
général
>> toute la colonie. Déjà on a fait passer des
a, troupes de ligne ct patriotiques du Cap ; et,
le
vient de nous être fait,
>> d'après
rapport qui
5 ily a eu une attaque où une centaine de nègres
> ont été tués : le reste est en fuite, et on les
>> poursuit vivement.
Messieurs, la nécessité
>> Vous devez sentir 3
S> d'établir la plus exacte surveillance pour vous
>> garantir du fléau qui nous afflige.
>> Le temps ne nous permettant pas de faire.
à
de l'événement dont
>5 part
toutes les paroisses
> nous vous donnons le détail, nous vous invi-
> tons à leur faire passer, le plus promptement
s possible, copie de la présente.
> Nous avons l'honneur d'être avec un fraternel
>> attachement, etc.
da
>> Signé, les Membres de la Commission
> l'Assemblée générale >>.
La révolte avoit commencé dans la nuit du 22
au 23; c'est le 23 même que l'assemblée générale en a donné avis aux provinces' du Sud et
de l'Ouest : il étoit assurément impossible de remplir plus tôt ce devoir de prévoyance.
ement
s possible, copie de la présente.
> Nous avons l'honneur d'être avec un fraternel
>> attachement, etc.
da
>> Signé, les Membres de la Commission
> l'Assemblée générale >>.
La révolte avoit commencé dans la nuit du 22
au 23; c'est le 23 même que l'assemblée générale en a donné avis aux provinces' du Sud et
de l'Ouest : il étoit assurément impossible de remplir plus tôt ce devoir de prévoyance. --- Page 15 ---
(13)
L'embargo général que l'assemblée coloniale
a mis sur tous les navires
et
à
françois, son retard
expédier un aviso pour la métropole (1), sont
les objets de plaintes plus sérieuses. Les
missaires de l'assemblée coloniale
comdisent, qu'avant
d'expédier un aviso pour la France, on avoit
voulu connoître et tâcher d'arrêter le mal,
qu'il est arrivé souvent que la nouvelle d'un parce léger trouble, racontée diversement et exagérée suivant l'usage, a alarmé les armateurs, arrêté les
expéditions, et exposé Saint-Domingue à manquer des denrées de première
ils disent
nécessité;
que, lors des premiers troubles de la colonie, , lors de la révolte d'Ogé, lors du meurtre du
colonel Mauduit, ily eut pareil
et
l'on différa de même à instruire le embargo, que
ils disent encore que, dans cette gonvernement; crise affreuse
dont il étoit impossible de prévoir l'issue, l'embargo général étoit une mesure indispensable,
pour pouvoir, à la dernière extrémité,
les vieillards,les
3 soustraire
femmes, les enfans, les hommes
mêmes, à la férocité de leurs ennemis.
ces observations soient fondées à
Quoique
beaucoup d'cgards, votre comité n'en est pas moins persuadé,
Messieurs, que l'assemblée coloniale n'auroit
pas
() Discoura de M. Brissot 2 page 51. --- Page 16 ---
(14)
da sil long-temps différer l'expédition d'un aviso
pour France , etse refuser aux instances réitérées
des capitaines marchands.
Le reproche d'avoir fait Zn2 acte de souveraineté en envoyant réclamer des secours à Philadelphie (1), ne nous a point paru fondé. Vous
vous en convaincrez, s Messieurs 2 par la lecture
desactes relatifs à cette mission, et qui sont joints
aux pièces justificatives de ce rapport (2): La lettre
de créance de M. Roustan, envoyé à Philadelphie, le chargeoit expressément de remettre au
congrès une expédition de l'acte constitutionnel
de l'assemblée coloniale de Saint-Domingue (3).
Cet acte porte textuellement que Saint- Domingue
Feit partie de l'empire français, et qu'à l'assemblée nationale seule appartient imévocablement
le droit de prononcer sur les rapports commerciauzetpolitiques de Saint-Domingue (4).Cen'est
point tont: : les pouvoirs de M. Roustan se trouvoient appuyés, confirmés par une lettre de M.
Blanchelande, représentant du Roi dans la colonie(5).Commentconcevoir qu'avec de pareils pou-
(1) Dénonciation de M. d'Averhoult.
(2) P. justif. n. 5, 6, II.
(3) P. justif. 12.
(4) P. justif. 2.
(5) P. justif. 13.
'est
point tont: : les pouvoirs de M. Roustan se trouvoient appuyés, confirmés par une lettre de M.
Blanchelande, représentant du Roi dans la colonie(5).Commentconcevoir qu'avec de pareils pou-
(1) Dénonciation de M. d'Averhoult.
(2) P. justif. n. 5, 6, II.
(3) P. justif. 12.
(4) P. justif. 2.
(5) P. justif. 13. --- Page 17 ---
(15)
voirs M. Roustan pàt procéder en une autre
lité que celle de commissaire d'une
quaportion intégrante de l'empire français ? Mais ce qui paroît
prouveravecleplus d'évidence laj pureté d'intention
de l'assemblée coloniale, c'est la proclamation
qu'elle fit à ce sujet(1);c'est encore cepassage d'une
lettre de M. Blanchelande aux citoyens de couleur
du Mirebalais : Je puis assurer, leur marque-til,
que P'assemblée générale n'a jamais eu l'intention de mettre la colonie SOLS une puissance étrangère ; elle a envoyé, d'après mon
et de concert avec moi, ZLTZ aviso et approbation des
tions aus isles voisines
réquisi3 espagnoles et
et au Continent des Anglo - américains angloises,
réclamerles
, afin d'y
secours lesplus
la révolte des esclaves. Les proapuipoardeindre mêmes
demandes
ont été faites aux isles du Vent. Croyez-vous
d'ailleurs , mes amis, que je n'aie pas les
ouverts ? et pensez-vous guun vieur
yeux
ZLn ancien militaire
Français,
, toujours, fidele aIL roi, 3
me servir des anciennes
pour
trie
eapressions , et à
3 puisse, je ne dis pas tolérer, mais sapaune telle trahison
soufrir
, tant gu'il lui restera une
goutte de sang dans les veines (2) ?Nous n'ajouterons, Messieurs, qu'une seule réflexion à ces
(:) P. justif. no. 6,
(2) Ibid. no, 37. --- Page 18 ---
(16)
diverses pièces, c'est que, loin que I'Assemblée
coloniale se soitrendue coupable] par cettedemande
de secours (1) à la Jamaique et aux Etats-Unis
d'Amérique, ( elle se seroit rendue véritablement
repréhensible et criminelle de lèse-nation, , si,
lorsque le fer et le feu ravageoient la colonie, elle
n'eût demandé assistance et secours à tous ceux
de qui elle pouvoit en espérer et recevoir promptement.
Ici se présente une inculpation d'un autre
celle d'avoir dilapidé les deniers pugenre s
blics (2). Cette plainte exige une courte explication.liyadeuxcaises pehigmmasain:Domiapes
la caisse de la marine, destinée pour la solde de la
station et des troupes de ligne ; et la caisse des
octrois, destinée à subvenir aux frais d'administration. Les commissaires de l'assemblée coloniale
disent qu'iln'a pas été touché à la première, qui
contenoit 7 à 800 mille livres en espèces 9 au
moment de la révolte ; et qu'il a été dressé des
procès-verbaux exacts des sommes puisces dans la
seconde. Il n'existe, au surplus 3. , aucune preuve 2
dénonciation formelle de malversation 5
aucune
et ce n'est pas sur une assertion vague et hasardée
que l'on pout juger des administrateurs.
(1) Discours de M. Brissot, pag. 51 et 52.
(2) Discours de M. Brissot, page 69.
Un
de la révolte ; et qu'il a été dressé des
procès-verbaux exacts des sommes puisces dans la
seconde. Il n'existe, au surplus 3. , aucune preuve 2
dénonciation formelle de malversation 5
aucune
et ce n'est pas sur une assertion vague et hasardée
que l'on pout juger des administrateurs.
(1) Discours de M. Brissot, pag. 51 et 52.
(2) Discours de M. Brissot, page 69.
Un --- Page 19 ---
(17)
Un autre reproche qui se lie naturellement au
précédent, est celui d'avoir augmentd l'octroi ou
droit de sortie sur les sucres et les cafés (1). Les
motifs de cette augmmentation sont consignés dans
l'arrêté de l'assemblée générale, du 12 septembre (2) : il porte textuellement, que cette
tation ne devoit avoir lieu
augmenque
attendu
provisoirement,
la circonstance, et avec lapprobation du
gouverneur; et que l'assemblée coloniale avoit
délibéré d'en instruire les places maritimes de
France qui sont en correspondance avec SaintDomingne. Si cette mesure n'avoit pas été dictée
par la nécessité, si elle avoit laissé à l'assemblée
coloniale le sentiment d'une action injuste,
roit-elle mis tant
s aud'ompressement à lui donner
la publicité ?
La délibération que prit l'assemblée générale
pour empécher le débarquement des
inconnus arrivant d'Europe
passagers
(3),est encore un de
ses arrêtés qui a provoqué les plus vives réclamations. On ne peut bien prononcer sur cet acte
qu'en le lisant avec attention (4), et en se repré- 2
(1) Lettres de quelques Capitaines.
(2) P. justif. No, 43.
(3) Discours de M. Brissot, page 57.
(4) P. justif. No, 33.
B --- Page 20 ---
(18)
sentant les dangers qui-environnoient
semblée coloniale
alors l'as-
: c'est le-seul moyen de bien
apprécier cette mesure extraordinaire.
Les troupes de ligne et les troupes
campées auprès de la paroisse du patriotiques,
quoient absolument de subsistances Borgne, mande cette paroisse firent
; les habitans
demander des
un capitaine bordelais, nommé
farines à
taine répondit
Fournier. Ce capiqu'il n'en fourniroit
écus. En vain les habitans lui
que contre des
étoient dans l'impossibilité
représentèrent qu'ils
absolue de payer
tant ; en vain ils lui remontrèrent,
compde leur fournir
que son refus
ces farines alloit les
plus affreux besoin : le capitaine
exposer au
dans la prétention d'être
Fournier persista
payé comptant.
blée coloniale 2 sur l'exposé des faits, L'assemen considération la position
et prenant
fâcheuse de l'armée
patriotique du
Borgne, 2 arrêta (1) que le
Fournier fourniroit pour 6600 liures de capitaine
payables à trois mois, sOuS la
farine 3
de tous les habitans de
garantie solidaire
cette paroisse. Cet
Messieurs s est l'objet d'une plainte arrêté,
lière du capitaine Fournier et
particu9
vous est dénoncé
comme un acte arbitraire et tyrannique. Vous
minerez si l'extrême pénurie de vivres à
exalaquelle
(1) Pièces justificatives. No, 42.
aine
payables à trois mois, sOuS la
farine 3
de tous les habitans de
garantie solidaire
cette paroisse. Cet
Messieurs s est l'objet d'une plainte arrêté,
lière du capitaine Fournier et
particu9
vous est dénoncé
comme un acte arbitraire et tyrannique. Vous
minerez si l'extrême pénurie de vivres à
exalaquelle
(1) Pièces justificatives. No, 42. --- Page 21 ---
(19)
étoit réduit le camp du Borgne, et si le refus inhumain et incivique du capitaine
timent
bordelais, ne légipas suffisamment cet
toute autre
arrêté, qui, dans
circonstance, 7 seroit sans doute
ment repréhensible.
infiniC'est à tort ou par erreur, que l'on a
à l'assemblée coloniale d'avoir
reproché
denrées de France à
taré toutes les -
Zn priz bien
celui où elles se vendent
inférieur a
en France (1).
a eu de taxé que la farine et le vin. 2°. Ce 1.In'y
ment ne pouvoit être, et ne fut point
règlede l'assemblée coloniale ; mais celui de l'ouvrage l'assemnblée provinciale du Nord, qui voulut
les capitaines d'abuser de la
empêcher
position fâcheuse dun
Cap, pour exiger un prix excessif'des denrées de
nécessité première. 3°, Les commissaires de l'assemblée coloniale
déclarentque ces denrées furent
taxées à 10 pour 100, à-peu-près, au-dessus
prix établis au moment de la révolte.
des
juger dès-lors
la
On peut
que
plainte est peu
mais
fondée
2 en supposant qu'elle le fit, elle seroit ;
étrangère à l'assemblée générale. :
On s'est plaint de ce que l'assemblée
a défendu la distribution d'écrits
coloniale
(2) contenant
(:) Discours de M. Brissot, pag. 57 et 58.
(2) Pièces justif. No. 31.
Ba --- Page 22 ---
I 20 )
des principes contraires à l'état politique des colode concilier
nies. 11 est impossible cependant,
des colonies avec la liberté
le régime particulier
illimitée de la presse 2 qui seroit un moyen sûr d'y
renouveler souvent les révoltes, et d'en entraîner
enfin la ruine.
L'assemblée générale est encore vivement inculpée d'avoir pris une écharpe de crépe noir ,
et d'avoir permis à Passemblée provinciale d'en
Vous trouverez, Messieurs,
porter une rouge (1).
les motifs de cette mesure dans son arrêté du 28
août (2), qui étoit provisoiré et ne devoit avoir .
d'effet que pendant la révolte. Cet arrêté nous pacoloniale ;
roît justifier solhsummentTasemblée
nous a n'yajouterons aucune réflexion.
Nous ne ferons que vous rappeler également le
reproche quiluia été fait, sur ce que ces mots sacrés, LA NATION, LA Lor, LE Ror, ont été effacés
dans la salle préparée pour ses séances. Vous avez
présent encore à l'esprit ce que les commissaires
de l'assemblée coloniale vous ont dit à ces sujet (3).
Ils repoussent par un démenti formel les repro-
(1) Discours de M. Brissot, page 47.
(2). Pièces Justificatives. No. 21.
(3) Discours des commnissaires de Saint-Domingue; imprimé par ordre de PAssemblée nationale.
effacés
dans la salle préparée pour ses séances. Vous avez
présent encore à l'esprit ce que les commissaires
de l'assemblée coloniale vous ont dit à ces sujet (3).
Ils repoussent par un démenti formel les repro-
(1) Discours de M. Brissot, page 47.
(2). Pièces Justificatives. No. 21.
(3) Discours des commnissaires de Saint-Domingue; imprimé par ordre de PAssemblée nationale. --- Page 23 ---
(21)
ches qu'onleur: Bhemfomieteslinend
noire (), d'avoir chassé et renvoyé en France
des : citoyens domiciliés 5 après avoir confisqué
leurs biens sans jugement (2) ; d'avoir mis ZLIz
impôt sur toutes les denrées françaises (3), de
s'être emparés des marchandises qui étoient dans
les magasins (4), etc.lln'existe diailleurs aucune
pièce probante de ces assertions très - graves
qu'il est au moins imprudent d'avoir hasardées, >
lorsquel'on étoit dans l'impuissance deles sprouver.
Mais le reproche que l'on fait le plus souvent,
le plus amèrement à-l'assemblée coloniale,
d'avoirvisé à Pindependance. Votre
2 est
comité, Messieurs, qui,a examiné attentivement toutes les
pièces relatives aux derniers troubles de SaintDomingue, 9 doit ce témoignage à la
dans tout ce qui lui a
vérité, que
n'a trouvé
éréfourmijusqu'a cejour, 9 il
aucune pièce justificative de cette accusation; ; et, lorsque les liens de l'intérêt et du
attachent les- colons à la Métropole,
sang
cune existenice
lorsqu'aupolitique ne présente aux colonies
les mêmes avantages et la même sûreté
leur
que
(1) Discours de M. Brissot 5 page 47.
(2) Ibid. > page 57.
(3) Ibid., 1 page 57.
(4) Ibid., page 57.
B3 --- Page 24 ---
(22)
union avec la France ; lorsqu'il est évident,
au
contraire 2 que leur indépendance les mettroit à
la merci des événemens, les rendroit
l'objet de
l'ambition des puissances étrangères , le théâtre
peut-être de plusieurs guerres, s et définitivement
la proie du
plus fort, > nous ne pouvons croire s
nous ne pouvons présumer que la colonie de SaintDomingue puisse vouloir s'isoler de la Métropole.
Tel est, 7 Mossiours, le résultat vrai des recherches et des observations de votre comité sur les
soupçons, les reproches et. les accusations multipliées dans cette affaire. Ila da vous le présenter
avec simplicité, avec sévérité. Pour vous 9 Messieurs, avant d'asseoir votre opinion, vous vous
rappellerez combien étoient difficiles 9 combien
étoient critiques les circonstances où se délibéroient les actes qui sont l'objet de cette discussion: : vous vous souviendrez que c'étoit àla lucur
des flammes, qui devoroient les propriétés de la
colonie (1), que l'assemblée générale prenoit ces
arrêtés nombreux et délicats que nous discutons
actuellement de sang-froid; ; et vous penserez
peut-être qu'il y auroit peu de générosité 2 peu
(1) Pièces justificatives. No, 60, 61, 62, 63, 64, 9o.
: : vous vous souviendrez que c'étoit àla lucur
des flammes, qui devoroient les propriétés de la
colonie (1), que l'assemblée générale prenoit ces
arrêtés nombreux et délicats que nous discutons
actuellement de sang-froid; ; et vous penserez
peut-être qu'il y auroit peu de générosité 2 peu
(1) Pièces justificatives. No, 60, 61, 62, 63, 64, 9o. --- Page 25 ---
(23)
de loyauté, à juger de pareils actes avec rigueur.
Quant à nous, dans l'incertitude où nous laissentles inculpations vagues, nombreuses et contradictoires, dirigées contre l'assemblée coloniale,
contre M. Blanchelande et contre les amis des
noirs, nous croyons qu'il y auroit de l'inconvenance, de la précipitation, de l'injustice
à accueillir, sans examen, des accusations même,
ves et violentes, olrles préventions
graaisément prendre la place de la vérité, peuvent et les trop
sions celle de l'intérêt public.
pasDes lettres particulières, venues des Colonies
et insérécs dans plusieurs papiers
publics, annoncent que les révoltés ont des blancs à leur
tête ; que quelques
-
Européens 3 convaincus d'avoir fomenté la dernière révolte des noirs, viennent d'être exécutés au Cap; que les mulâtres
ont pris la cocarde blanche; qu'ils ont rétabli
l'ancien régime dans diverses municipalités ;
les mulâtres, ainsique les nègres revoltés, ont que des
intelligences suivies avec les commandans
espagnols, etc. Ces avis, que uous desirons
ne
beaucoup
point voir confirmés, nous paroissent néanmoins des motifs suffisans pour vous engager à
ne point prononcer en ce moment.
B 4 --- Page 26 ---
(24)
Un seul objet peut et doit donc, Messieurs,
,
fixer toute votre attention, toute votre sollicitude:
c'est le choix des moyens propres à pacifier, à
sauver St-Domingue.
On convient généralement que les avis officiels reçus jusqu'à ce jour de StDomingue 3
ne sont pas assez positifs, assez complets
2 pour
que l'on puisse encore adopter des mesures définitives.
Cependant quelques personnes s en conyenant
de ce principe 9 ont proposé 2 comme mesure
provisoire, de ratifier (1) le concordatpassée au
Port-au-Prince le 22 septembre, et d'en étendre
les effets à toute la colonie de St-Domingue.
Nous n'examinerons pas, Messieurs, en quelles
circonstances (2) le concordat a été souscrit, et
si toutes ses dispositions sont justes ou non : nous
considérerons seulement la nature et l'objet de
cet acte ; nous verrons ensuite s'il peut être pour
nous l'objet d'une délibération.
(1) Motion de M. Guadet, Député de la Gironde.
(2) Pièces justificatives. No, 44, 60, 68, 82.
.
Nous n'examinerons pas, Messieurs, en quelles
circonstances (2) le concordat a été souscrit, et
si toutes ses dispositions sont justes ou non : nous
considérerons seulement la nature et l'objet de
cet acte ; nous verrons ensuite s'il peut être pour
nous l'objet d'une délibération.
(1) Motion de M. Guadet, Député de la Gironde.
(2) Pièces justificatives. No, 44, 60, 68, 82. --- Page 27 ---
(25)
Le concordat (+) est une transaction, par la-
-
quelle les citoyens blancs du Port-au-Prince ont
consenti à admettre indistinctement tous les hommes de couleur libres à-l'exercice des droits
politiques, dont, ils avoient été privés jusqu'alors.
Ratifier cette convention, la rendre obligatoire
pour la colonie entière, ce seroit par le fait rendre une loi sur l'état des personnes : en avonsnous le droit?
La loi du 24 septembre dernier porte, entre
autres dispositions, 7 que les loir concernant l'état
politique des hommes de couleur et nègres libres
seront faites par les assemblées coloniales 7 et
seront portées directement à la sanction du roi.
Nons n'entendons pas non- plus nous établir
juges de cette loi, et prononcersi elle est bonne
ou mauvaise, convenable ou impolitique ; nous
observons simplement que le corps législatif n'a
pas le droit d'y porter atteinte, > parla seule raison
qu'elle est constitutionnelle pour les colonies.
€ Nous savons que l'on a mis en question (2) si
cette loi étoit constitutionnelle Qu non; mais nous
(1) Pièces justificatives. No, 88.
(2) Discours de M. Garan. --- Page 28 ---
(26)
croyons que pour les personnes de bonne foi,
la méditeront attentivement
qui
et sans passion, la
question ne sera pas difficile à décider.
Et en effet, Messieurs, quel est l'objet spécial de cette loi? De déterminer
être faites les lois
par qui doivent
pour les colonies. Or,
acte sera constitutionnel, sicen'est
quel
celuiqui constitue 9 délègue et limite le pouvoir de faire des
lois? Et quipeut constituer une autorité législative,
si ce n'est une autorité supérieure et antérieure
tout à-la-fois, celle du corps constituant f
Or, tels sont positivement les caractères distinctifs de la loi du 24 septembre dernier rendue
parle corps constituant, et réglant spécialement 2
l'exercice des fonctions législatives pour les colonies. Il est donc impossible de contester sérieusement que cette loi soit constitationnelle,
à moins que l'on ne prétende établir que le corps
constituant n'avoit pas qualité pour la rendre.
Pour détruire en un mot cette objection
il suffiroit peut-être de rappeler
les
que
colonies
fontpartie de l'empire français (1); quel'assemblée constituante n'avoit pas été appelée à faire
(1) Acte constitutionnel, tit. VII.
ercice des fonctions législatives pour les colonies. Il est donc impossible de contester sérieusement que cette loi soit constitationnelle,
à moins que l'on ne prétende établir que le corps
constituant n'avoit pas qualité pour la rendre.
Pour détruire en un mot cette objection
il suffiroit peut-être de rappeler
les
que
colonies
fontpartie de l'empire français (1); quel'assemblée constituante n'avoit pas été appelée à faire
(1) Acte constitutionnel, tit. VII. --- Page 29 ---
la constitution
(27)
d'une partie
et que la constitution
del'emipire seulement,
donnée à la
comprenant pas les colonies
métropole ne
tituant
(2), le
a pu et dà leur donner
corps consparticulière.
une constitution
Quelques réflexions rendront
sensibles.
ces vérités plus
Le corps constituant avoit
finité de circonstances
reconnu qu'une inne Permettoit
aux colonies la
pas d'étendre
constitution de la
l'avoit déclaré
métropole ; il
travaux
presqu'au commencement de ses
(2), et ill'a confirmé
sa session
presqu'à la fin de
(3) : mais il est évident,
déclarant qu'il n'entendoit
qu'en
à zne
pas assujétir les colonies
constitution
venances
incompatible avec leurs conlocales, 2 il n'a pu ni se
du
ni s'affranchir de
priver
droit,
l'obligation de leur donner une
constitution particulière. Il avoit
ment ce droit, puisqu'il étoit
incontestableprésentans de la
composé des reil
métropole et des colonies
en avoit
(5);
l'obligation I 2 parce que son travail
(1) Acte constitutionnel, tit. VII.
(2) Décret du 8 mars 1790.
(3) Acte constitutionnel du 3 septembre
(4) Les députés des colonies ont été admis 1791.
du corps
dans le sein
constituant, 2 au commencement de sa session, --- Page 30 ---
(28) )
s'iln'avoit posé des bases cons
ett été incomplat,
les
de l'empire ;
titutionnelles pour toutes
parties
s'il n'avoit fixé invariablement les rapimparfait, doivent exister, entre les pouvoirs consports qui
constitués de
titués des colonies et les pouvoirs
la métropole.
Messieurs ; que la loi du 24 sepSupposons,
tembre n'existât point s et qu'en conséquence d'une
n'eût limité
aucune loi constitutionnelle
et
manière positive les pouvoirs des législatures
coloniales: quels seroient auceux des assemblées
les colonies ? Qui
jourd'hui nos rapports avec
déter.
pourroit régler ces rapports ? Qui pourroit
les droits
de la France d'Europe
miner
respectifs
Quel seroitle terme
et de la France d'ontre-mer?
où finiroit
de notre autorité ? Où commenceroit,
coloniales? Pourrions-nous
celle des assemblées
constitué ?
instituer ces pouvoirs 2 nous, pouvoir
de
lorsque nous avons juré
Le pourrions-nous 7
qui nous
n'exercer que les fonctions législatives
la Constitution f Le poursont déléguées par
n'avons aucun reprérions-nons, Jorsque nous
des colonics dans notre sein (1)2
sentant
de la volonté générale. Tous les
(1) La joi est Pexpression
1 ou par
citoyens ont le droit de concourir personnelleusent des droits.)
leurs représentans, à sa formation. ( Déclaration
lorsque nous avons juré
Le pourrions-nous 7
qui nous
n'exercer que les fonctions législatives
la Constitution f Le poursont déléguées par
n'avons aucun reprérions-nons, Jorsque nous
des colonics dans notre sein (1)2
sentant
de la volonté générale. Tous les
(1) La joi est Pexpression
1 ou par
citoyens ont le droit de concourir personnelleusent des droits.)
leurs représentans, à sa formation. ( Déclaration --- Page 31 ---
(29 )
Il y a plus, Messieurs : si la loidu'sf'septembre dernier n'existoit pas, quel lien attacheroit
les coloniesàla: métropole? Sileurs droirs n'étoient
pas garantis par un acte constitutionnel 2 sur
quelle base reposeroient nos droits sur les colonies ? Si nous n'étions pas retenus par cette garantie, de quel droit. prétendrions-nous y assujétir les colons P Si nous leur contestions le droit
de statuer exclusivementsur l'état des personnes,
ne pourroient-ils pas à leur tour nous contesterle
droit de statuer sur leurs rapports commerciaux
et politiques ? Enfin, 2 en nous affranchissant de
nos obligations envers eux, ne les autoriserionsnous pas à s'affranchir des leurs f Ne leur donnerions-nous pas desdroits réelsà l'indépendance?
Car, où la garantie des droits n'existe pas,iln'y
a point de devoirs socianx, il n'y a point de
société (1).
Il est donc démontré, Messieurs, que les CO:
lonies devoient, ainsi que la métropole, avoir
une constitution; qu'au corps constituant seul
appartenoit le droit de la faire ; que la loi du
24 septembre dernier, qui pose les bases del'existence politique des colonies, et qui limite les
pouvoirs respectifs des législatures et des assem-
(1) Déclaration des droits,. art. XVI. --- Page 32 ---
(30) (
coloniales, est par sa nature et par son objet
blées
constitutionnelles
nécessairement
essentiellement,
ni la révoquer, ni la susque nous ne pouvons
dès lors nous ne
ni la modifier, et que
pendre,
le conratifier, même provisoirement,
pouvons
cordat.
d'ailleurs, Messieurs, dans quelles
Observez
cette infraction à la loi
circonstances on propose
où elle est
: dans un moment,
du 24 septembre
le lien d'une paix éternelle
devenue, sans doute,
voulons, dont nous
entre des frères dont nous
moment
tousle rapprochement: ; dans un
desirons
de couleur libres, ne formant plus
où les hommes
seule classe de colons, réavec les blancs qu'une
le maintien de cette
clameroient, comme eux 2
droits
lasauve-garde deleurs
loi constitutionnelle,
et de leurs jours.
politiques, de leurs propriétés
les commissaires civils et
Observez encore que
dans le courant
conciliateurs, partis de France
doivent être rendus à Saint-Dod'octobre (1),
depuis près de six semaines ; que,n'ayant
mingue mêlés dans les premières querelles 2 et
pas été
être suspectés d'avoir emarrivés trop tard pour
d'autant moins
brassé aucun parti, ils auront eu
(1) Ils sont arrivés au Cap le 28 novembre.
de leurs propriétés
les commissaires civils et
Observez encore que
dans le courant
conciliateurs, partis de France
doivent être rendus à Saint-Dod'octobre (1),
depuis près de six semaines ; que,n'ayant
mingue mêlés dans les premières querelles 2 et
pas été
être suspectés d'avoir emarrivés trop tard pour
d'autant moins
brassé aucun parti, ils auront eu
(1) Ils sont arrivés au Cap le 28 novembre. --- Page 33 ---
(31)
de peine à obtenir la confiance
mettre la dernière main à
générale, et à
sirable
ce
3 dont les derniers avis rapprochement du
deannonçoient déjà les heureux Port-au-Prince
progrès (2).
Mais, s'il pouvoit rester encore
sur le succès des tentatives
quelques doutes
il est une considération
des commissaires,
puissante,
qui nous paroît devoir
Messieurs,
tude : c'est
dissiper toute inquiéque l'intérêt des blancs
térêt des hommes de couleur
et l'inimpérieuse de réunirleurs
leur font une loi
l'ennemi commun
forces, pour résister à
(2) , suivant
quente du concordat. Et certes, l'expression fréle 3 novembre dernier, il
Messieurs,si, dès
faite confiance
n'avoit régué une
entre les citoyens de couleur parblancs ; si dès lors
et les
lescitoyens de
regardé leur réunion
couleurn'avoient
soluble; ; enfin, s'ils comme sàre, comme indisn'avoient été
étoit urgent d'ôteraux
convaincus qu'il
moyen de
nègres tout prétexte et tout
révolte; certes, ils
libéré la déportation de
n'awroient pas déchefs de
ces 213 esclaves
ceux qu'ils avoient incorporés
(3),les
armée, etdont, après leur réunion
dans leur
ont senti bientôt la nécessité
aux blancs, ils
de purgerla colonie.
(1) Yoxer@Neenjafaiteo le deuxième
Discours de M. Leremboure
Concordat, et, le
(2) Pièces justificatives. père, Maire du Port-au-Prince,
(3) P. justif. No, 89. N.74. --- Page 34 ---
(32)
Ainsi donc' 7 puisque tout assure que les citoyens blancs et de couleur sont librement, franchement, loyalement unis, puisque tout annonce
qu'ils n'ont plus d'autres ennemis que les nègres
révoltés et leurs instigateurs perfides ; puisque
tout promet que nous aurons, sous très- peu de
jonrs, des avis officiels des commissaires civils
de Saint-Domingue 0e 2 n'est-il pas évident qu'il y
auroit du danger à adopter précipitamment des
mesures, qui pourroient contrarier les moyens employés par ces commisaires-conciliateurs, etachever le bouleversement de la colonie?
Ne perdons point de vue 9 Messieurs, que le
sort, de notre puissance maritime est lié étroitement à celui de nos colonies d'Amériqne ; que
maritimes
seuls le tiers
nos départemens
payent
des contributions publiques ; que le commerce
des colonies y fait subsister plusieurs millions de
citoyens; que dans la, capitale même, un grand
nombre d'ouvriers et d'artistes n'existent que par
le commerce des Ieles-, et par la dépense que
viennent y faire les propriétaires riches des colonies; enfin, qu'en tarissant cette source précieuse
des richesses nationales (2) , nous priverions le
(1) Pour donner une idée des avantages immenses que la
trésor
emens
payent
des contributions publiques ; que le commerce
des colonies y fait subsister plusieurs millions de
citoyens; que dans la, capitale même, un grand
nombre d'ouvriers et d'artistes n'existent que par
le commerce des Ieles-, et par la dépense que
viennent y faire les propriétaires riches des colonies; enfin, qu'en tarissant cette source précieuse
des richesses nationales (2) , nous priverions le
(1) Pour donner une idée des avantages immenses que la
trésor --- Page 35 ---
(3 33 )
trésor public d'un revenu
considérable, en même
temps que nous augmenterions, dans une
tion effrayante, le nombre des
propormalhénrenx
réclament des secours. Souvenons-nons
qui
qu'appelés au poste honorable de
sur-tout >
veillans de
premiers surl'Empire, nous ne devons point
mettre qu'il soit porté la moindre atteinie à perdépôt sacré ; que nous devons une sollicitude ce
égale à la conservation de toutes les
parties de
l'Empire s et que notre gloire, notre honneur,
notre devoir, > sont de Le remettre intact à
successeurs.
nos
Montrons donc avanttout, Messieurs,
voulons sériensement la conservation quenous
de SaintDomingne; ; empressons - nous de prouver à cette
partic intéressante de
l'Empire 2 que notre sollicitude embrasse tous les moyens qui
contribuer à lui rendre la paix
peuvent
; que nous ne
négligerons rien de ce qui pourra
-
rétablir l'ordre et la sonmission
contribuer à y
aux lois; ; que nous
avons vu avec satisfaction le rapprochement
des
esprits de la colonie (1),et
que nous
assez sur
le patriotisme des habitans comptons de
SaintFrance retire de ses colonics, 7 nous imprimons un tableau
du commerce de la colonie de
Saint-Domingue, dont nous
garantissons P'eaactitrde.P. justif., no, 95.
(1) Pièces justificatives. 886.8i4pet
C --- Page 36 ---
(34)
croire qu'ils oublieront à jamais
Domingue, pour
des
et desressentimens, dont
des haines,
préjugés
commande enfin le sacrifice à tous
l'intérêt public
les citoyens français.
Votre comité Colonial 1, Messieurs 7 pense
de déterminer la masse de sequ'il est impossible
cours ultérieurs à envoyer à SaintDominge,tvant
d'avoir reçu des avis officiels des commissaires
civils ; mais il croit devoir vous proposer une
paroit concilier un grand
mesure provisoire, qui
nombre d'intérêts.
La colonie se trouve dans la nécessité de reconstruire à-la-fois une très-grande quantité de
bâtimens de tous genres ; le nombre des ouvriers
habituellement à l'entretien et à la consoccupés
truction de ces édifices, 3 doit paroitre insuffisant
en ce moment, sur-tout si l'on fait attention que
plusieurs ont pu périr dans la dernière révolte.
Ce seroit donc rendre un service de la plus haute
importance à la colonie 9 que d'y envoyer 300
ouvriers constructeurs, charpentiers 2 serruriers,
menuisiers, etc.; 3 et ce seroit en même temps donner des moyens de subsistance à 300 citoyens de
borne volonté , qui peut-être nianquent d'occupation en ce moment ; ce seroit enfin resserrer
les liens d'attachement et de confiance qui unissent la colonie à la métropole.
dans la dernière révolte.
Ce seroit donc rendre un service de la plus haute
importance à la colonie 9 que d'y envoyer 300
ouvriers constructeurs, charpentiers 2 serruriers,
menuisiers, etc.; 3 et ce seroit en même temps donner des moyens de subsistance à 300 citoyens de
borne volonté , qui peut-être nianquent d'occupation en ce moment ; ce seroit enfin resserrer
les liens d'attachement et de confiance qui unissent la colonie à la métropole. --- Page 37 ---
Si
(35 a )
vouS adoptiez,
nous parott
Messieurs, cette mesure, qui
convenable sous tous les
Yue, vous pourriez ordonner
points-deen mêine
que le navire qui porteroit ces ouyriers à temps,
Domingee,
Sainty transportât en même temps divers
materiaux et ustensiles que la
de
d'édifoes detruits rend
réparation
tant
et dont volre
nécessaires en ce moment,
comité vous
La valeur de
présenteroit l'apperçu.
ce chargement feroit
du
que la Nation se trouvera dans la partie
prêt
faire à la colonie;
nécessité de
; et les commissaires civils
roient antorisés à en faire la distribution
sedes babitans
à ceux
plus
qu'ils reconnotroient en avoir le
grand besoin.
En votant ce secours provisoire,
que réclament
l'humanité et l'intérêt de la
sera de votre
métropole même, il
sagesse, Messieurs, de
dèsa-présent le ministre de la marine de charger
curer des renseignemens
vous proles pertes de
exacts et détaillés sur
toute sorte, que
éprouvées, sur la nature et Saint-Domingue a
cours qu'exige la situation l'importance des sefâcheuse de cette colonie, et de vous présenter ses vues surles
de distribution et de remboursementles modes
venables.
plus conVous concevrez aussi, Messieurs,
pareil désastre, la confiance des
qu'après un
armateurs et fourC2 --- Page 38 ---
(36)
nisseurs ordinaires de Saint-Domingue devra se
trouver un peu ébranlée - ; et cependant jamais
la colonie n'aura éprouvé un aussi grand besoin
de crédit. Vous vons appliquerez donc à appeler
le plus grand nombre possible de fournisseurs,
en leur présentant de plus grandes sûretés; vous
vous occuperez dans cette vue de revoir les lois
commerciales des colonics, et sur- tont de
rendre plus facile, moins long et moins dispendieux, le recouvrement des créances litigieuses.
Cette réforme, qni ne pourra déplaire qu'aux
débitéurs mal-aisés ou de mauvaise foi, sera
un moyen efficace de prospérité pourla colonie
entière, où elle attirera un plus grand nombre
de capitaux, de denrées, de matériaux et de fournisseurs de tout genre 5 et les mêmes avantages
s'étendront successivemeut aux autres colonies,
qui ne tarderont pas à en recueillir les fruits.
Enfin, Messieurs, en réfléchissant que la désorganisation des anciennes antorités a été l'une
des principales causes des troubles des colonies,
vous penserez sans donte qu'un des moyens les
plus surs d'y rétablir la tranqnillilé, seroit d'y
accélérer l'organisation définitive des nouveaux
corps administratils, des tribunaux ct de la force
publique ; et vous examincrez s'il nc conviendroit pas de déterminer un délai dans lequel les
ir les fruits.
Enfin, Messieurs, en réfléchissant que la désorganisation des anciennes antorités a été l'une
des principales causes des troubles des colonies,
vous penserez sans donte qu'un des moyens les
plus surs d'y rétablir la tranqnillilé, seroit d'y
accélérer l'organisation définitive des nouveaux
corps administratils, des tribunaux ct de la force
publique ; et vous examincrez s'il nc conviendroit pas de déterminer un délai dans lequel les --- Page 39 ---
(37 )
assemblées coloniales provisoires scroient tennes
de présenter lenrs vues sur P'organisation intérieure des colonies, conformément aux instruc
tions décrétées pour Saint - Domingue le 15 juin
dernier 9 et renlues communes à toutes les COlonies par le décret du 28 septembre.
Messieurs, nous vous avons faitle: récit fidèle (1)
des événemens qui ont en licu à Saint - Domingue
depuis la révolution ; nous en avons recherché, 9
examiné, discuté les causes ; nous vous avons
indiqué les r mèdes que nous croyons les plus
propres à guérir les maux qui affligent cette
colonie: nous avons rempli notre tâche.
Pour vous, éclairés sur les suites funestes des
changemens qui ont eu lieu dans le systême de
l'assemblée constituante sur les colonies 9 vous
concevrez la nécessité de méditer mûrement les
mesures définitives destinées à y rétablir la paix.
Dans les moyens que vous dictera votre sagesse, 2
vous ne séparerez point l'amour de la patrie
de l'amour de Thumanité; et vous concilierez CC
(1) On s'est permis d'élever des doutes sur P'eaactitude
de ce récit. J'aurois repoussé avec force cette calomnie, si
la modération n'étoit pas la meillcure arme que P'on pdlt
opposer auz criailleries de ia malveillance ou de l'erreur.
Au surplus, les pièces jnstifcatives feront justice de CCS
assertions au moins imprudentes. --- Page 40 ---
(38 )
que vous prescrit l'intérêt de la mdtropole, avec
co que vous devez de soins et de sollicitude à la
conservation de: toutes les parties de l'cmpire.
PROJET DE DÉCRET
L'assemblée nationalc, après avoir entendu le
rapport de son comité colonial sur les troubles
qui ont agité Saint-Domingue depuis la révolution ;
Considérant que l'intérêt national réclame le
promptréablisement.delfordrefordreaSaint-Domingre;
Que les conmissaires civils et conciliateurs ont
dû y ramener les esprits à des sentimens d'union
et de tranquillité;
Qn'il est impossible de voter des mesures définitives ayant de connoitre positivement l'état
des choses et des esprits Jans la colonie;
Que cependant l'intirêt particulier de cette
colonie réclame des secours provisoires ponr Ja
réparation des labitations dévastécs, et sllinite
des stretés pour le commerce et des
- uragemnens pour l'agriculture;
Enfin, qu'il est da devoir des represenisas de
la nation de resserrer de plus en plus les liens
d'affection et de confiance qui doivent unir les
colonies à la métropole,
choses et des esprits Jans la colonie;
Que cependant l'intirêt particulier de cette
colonie réclame des secours provisoires ponr Ja
réparation des labitations dévastécs, et sllinite
des stretés pour le commerce et des
- uragemnens pour l'agriculture;
Enfin, qu'il est da devoir des represenisas de
la nation de resserrer de plus en plus les liens
d'affection et de confiance qui doivent unir les
colonies à la métropole, --- Page 41 ---
(39) )
Décrète ce qui suit :
A R TI C L E P R E NI I E R.
Le roi sera prié de faire connoireaune habitans
de Saint-Domingue la sollicitude constante de
l'assemblée nationale pour l'allègement de leurs
maux, et sa satisfaction particulière des arrêtés
de l'assemblée coloniale des 5, 6, 14 et20 Septembre dernier, relatifs aux citoyens de couleur.
A R T. IL:
Le roi sera prié de continuer ses soins
le rétablissement de l'ordre et de l'union à Saint- ponr
Domingue; d'y faire passer incessamment 300
ouvriers constructeurs et autres, nécessaires pour
le rétablissement des édifices détruits pendant la
dernière révolte; et d'y envoyer, à titre de prêt,
les matières et nstensiles compris dans l'état annexé au présent, pour être provisoirement répartis
par les commissaires civils aux habitans qui en
auront le plus grand besoin.
A R T. III
Le ministre de la marine présentera incessamment le tableau général des pertes éprouvées par
les habitans de Saint-Domingue, et il indiquera
les moyens qu'il croira les plus propres pour
venir à leur secours, afin que le Corps législatif
puisse s'occuper efficacement du rétablissement --- Page 42 ---
3366.
(40) )
des habitations et de l'agricnlture, 3 décréter le
prêt des sommes nécessaires à cet effet, régier
le mode de distribution, et fixer les termes des
remboursemens.
AR T. I V.
Les comités de législation et des colonies présenteront dans huitaine un projet de loi sur
la fixation des délais à accorder aux diverses COlonies françoises, pour émettre leur voeu sur. leur
organisation intérieure et définitive.
A R T. V.
Les comités de législation, de commerce et
des colonies, s'occuperont, sans délai, de la rédaction d'un projet de loi pour assurer aux
fournisseurs des colonies une hypothèque sur.les
bieris de leurs débiteurs, et le moyen de poursuivre, sans retard, deyant les tribunaux, le recouvrement de leurs créances.
A n T. V I.
L'assemblée nationale vote des remercimens
aux citoyens des Etats-Unis de l'Amérique septentrionale, à l'assemblée générale de Pensylvinie,
à tous les hommes qui, au milieu des désordres
de Saint-Domingue, se sont dévoués au salut
de cette colonie. --- Page 43 ---
R A PP 2e (
R T
SUR LES TROUBLES
DE SAINT-D O MINGUE,
F A I T
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
PAR CHARLES TARBÉ,
DÉPUTÉ DE LA SEIKE-IXPEMEURE,
AU NOM DU COMITÉ COLONIAL,
Le 29 février 1792.
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
TROISIE M E PARTIE
MESSIEURS,
Depuis le dernier rapport que je vous ai fait
au nom de votre comité colonial, les avis offi-.
ciels recus de Saint-Domingue' ont bouleversé en
Colonies 2 13Oe 19.
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