--- Page 1 ---
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* L *
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OUNSE V VVy --- Page 2 --- a
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SC 35G
CATI FO
3obu Cater Broton. --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
R APPORT
SUR LES TROULES
DE SAINT-DOMINGUE. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
R APPORT 2
SU R LES S TROUBLES
DE
SAINT-DOMINGUE,
FXIT au nom de la Commission. des Colonies,
des Comités de Salut Public, de Législation
et de Marine, réunis 3
a
PAR J. Pa. GARRAN,
DÉPUTE par le département du Loret. 3
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE LA CONVENTION NATIONALE.
Quis nescit primam historia legem ne quid fari
dicere audeat, , deinde ne quid veri non audeat,
ne qua suspicio gratia sit in scribendo, ne qua
simultatis.
Cicer. de Orat. lib. 2. )
TOM E II,
Distribué au Corps ligislatif en pluviose an V1.
APARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
AN VI DE LA RÉPUELIQUE, --- Page 8 ---
vu en Cochinchine, je ne puis douter que
Après ce que j'ai
auroit
sans réserve
des cultivateurs libres, à qui on
partagé
le
de P'Amérique, ne leur eussent fait rapporter
les terres
double du produit que tirent les esclaves.
T'Europe policée, l'Europe si éclairée sur
Qu'a donc gagné
autorisant
ses décrets les oules droits de l'humanité, en
par
faits à la nature humaine dans nos colonies,
trages journaliers avilir les hommes au point de les regarder
en permettant d'y
La loi de L'esclavage
absolument comme des bêtes de charge?
aussi contruire à ses intérêts qu'a la loi naturetle et
a été
à son honneur.
l'ahondance
La liberté et la propritté sont les fondemens de
Je ne l'ai vue forissante que dans les
et de la bonne agriculture.
étoient bien établis.
pays ou ces deux droits de l'homme
ses dons avec une espèce de proLa terre, qui multiplie
des cultivateurs libres, semble se dessécher,
digalité sous
esclaves. Ainsi l'a voulu l'auteur de
méme par la sueur des
lui a abandonné
la nature, qui a créé Phomme libre, et qui
à la
la terre, avec ordre que chacun cultivàt sa possession
front, mais avec liberté. (Voyage d'un Philosophe,
sueur de son
et les arts des peuples de
ou Observations sur les mceurs
Poivre, intendant à
PAfiqne, de l'Asie et de T'Amérique, par
YIsle de France.)
l'a voulu l'auteur de
méme par la sueur des
lui a abandonné
la nature, qui a créé Phomme libre, et qui
à la
la terre, avec ordre que chacun cultivàt sa possession
front, mais avec liberté. (Voyage d'un Philosophe,
sueur de son
et les arts des peuples de
ou Observations sur les mceurs
Poivre, intendant à
PAfiqne, de l'Asie et de T'Amérique, par
YIsle de France.) --- Page 9 ---
R AP P O w R T
S U R
LES TROUBLES DE SAINT-DONINGUE
SECONDE PARTIE
DEs IwSURRECTIONS CONTRE LES
et de la seconde Assemblée
BIANCS
coloniale.
Lrorrenrman la liberté
qui subsistoic entre les
française et le systême
principes de Incroduaion
planteurs, devoit nécessairement tyrannique des grands
les colonies et la métropole, amenér une scission entre
de Thomme pour tous ceux ou la les jouissance des droits
loient en priver. Les troubles que qui
colons blancs voules dominateurs de Saint -
S'étoient élevés Parmi
grande révolution, et décidèrent Domingue, le
hârèrent cetre
veur de la liberté. Il étoit
dénouement en facouleur et les nègres, témoins impossible des que les hommes de
ne songeassent pas i en secouer le divisions des blançs,
qu'ils s'appercevoient que, dans ces joug, lors sur-tour
ne s'occupoir en quelque forte
querelles mémes, on
niser leur oppression en en
que des moyens d'éterhommes de couleur recouvrèrent augmentant le poids, Les
miers, non qu'ils y. fussent mieux leurs droirs les prel'égalité. qu'ils avoient un moins grand pas à faire fondés, mais parce
Cette seconde assemblée
pour atteindre
mée uniquement pour empècher coloniale, qui fut forRapport de Garran-Couion, Tome que les mulatres, > nés
II.
A
en quelque forte
querelles mémes, on
niser leur oppression en en
que des moyens d'éterhommes de couleur recouvrèrent augmentant le poids, Les
miers, non qu'ils y. fussent mieux leurs droirs les prel'égalité. qu'ils avoient un moins grand pas à faire fondés, mais parce
Cette seconde assemblée
pour atteindre
mée uniquement pour empècher coloniale, qui fut forRapport de Garran-Couion, Tome que les mulatres, > nés
II.
A --- Page 10 ---
(2)
de
et mère libres, n'en obtinssent la jouissance, se
vit Reuet d'ya admertre tous les hommes de couleurindis- la douleur
tinctement; et avant de se séparer elle eut aussi, et
de prévoir que les nègres y parviendroient de tant de colons que
tous les préjugés, si chers devant à l'orgueil le génie de la liberté.
blancs, disparoitroient
Cest cette seconde époque des troubles des colonies
Sil s'agit de parcourir. La complication des évènemens difficile;
V rend la râche du nartateur de plus en plus eft
mais c'est sur-tout par la nature des faits qu'elle pénible et douloureuse. Les efforts que jes colons blancs Arent la
pour réprimer par les supplicesles premiers- élans vers On
liberté, , rendirent la lute horriblement sanglante.
ett dit que Thumanité , bannie de cette colonie, eût renoncé à y retourner, et année, que l'impitoyable redemander aux vengeance blancs
voulàt, dans une avoient seule versé depuis deux siècles. Peuttout le sang qu'ils féliciter
des matériaux néêtrè doit-on se
qu'une partie ait
dans les racessaires à une histoire complète
péti
de
vages de cette guerre intertine, ct que les voiles l'esprit dont parti on a
en cache beaucomp d'autres. Malgré
si
voulu couvrir les principaux évènemens, s les passions,
prodigicuvement actives dans les révolutions, ont prestoujours laissé percerla vérité, et trop de monumens
échappes que
aux ramnes et à V'incendie attestent à l'observateur que les faiis déplorables dont il s'occupe sont réle résulat nature! de cette corruption que l'esclavage
pand à-la-fois sur le maitte et l'esclave.
. Malgré
si
voulu couvrir les principaux évènemens, s les passions,
prodigicuvement actives dans les révolutions, ont prestoujours laissé percerla vérité, et trop de monumens
échappes que
aux ramnes et à V'incendie attestent à l'observateur que les faiis déplorables dont il s'occupe sont réle résulat nature! de cette corruption que l'esclavage
pand à-la-fois sur le maitte et l'esclave. --- Page 11 ---
(3)
CHAPITRE PRE MI d E R.
DES persécutions contre les hommes de couleur,
et dOgé.
Las hommes de couleur ne prirent les armes pour revendiquer
. 1.
leurs droits qu'après avoir soutiert durant la,prerque totalité des Dispositions
deux premiéres années de la révolution les outrages les plus in- primitivesdes colons blancs
supportables, tandis que les blancs leurs ennemis se déchiroient en France.
entre eux. Attendant tout de la justice de leur cause., ils firent
preuve pendant tout Ce temps-là d'un respect pour l'ordre public,
bien honorable pourleur caractère. Ils étoient presque aussi nombreux que les blancs; plus nombreux qu'aucun des deux partis
entre lesquels ces derniers étoient divisés ; plus vigoureux
qu'eux, soit par cette constitution forte que la nature donne
presque toujours aux étres qui proviennent du mélange de
races, soit par les travaux habituels auxquels ils s'adonnoient.
Iis avoient pour eux les lois anciennes et nouvelles, limpulsion rapide de la révolution, la déclaration des droits sur-tout
qu'i nc dépendoit pas des législateurs de modifier, et l'on
verra bientôt s';ls manquoient de courage pour défendre la cause
qu'ils embrassoient.
La justice de leurs réclamations étoit si manifeste, qu'il leur
fut long-temps impossible de se persuader qu'elles ne. fussent
pas admises, , soit à Saint-Domingue même, oi l'exemple de la
partie espagnole prouvoit que l'égalité pour lcs hommes de
couleur ct leur participation à toutes les fonctions publiques
n'entrainoient aucun dcs inconvéniens qu'on paroissoit redouter
A a
pour défendre la cause
qu'ils embrassoient.
La justice de leurs réclamations étoit si manifeste, qu'il leur
fut long-temps impossible de se persuader qu'elles ne. fussent
pas admises, , soit à Saint-Domingue même, oi l'exemple de la
partie espagnole prouvoit que l'égalité pour lcs hommes de
couleur ct leur participation à toutes les fonctions publiques
n'entrainoient aucun dcs inconvéniens qu'on paroissoit redouter
A a --- Page 12 ---
(4)
nationale, qu'ils n'imaà PAssemblée
de
dans la partic frangitersoits s'écarter pour eux seuls des principes
ginoient pas pouvoir
d'une manière si honorable. L'inliberté qu'elle avoit proclamés
dans la métropole il ne
fuence de ces principes étoit telle, que qui osât s'opposer direcpour ainsi dire, personne
de
se trouvoit,
des hommes de couleur. La dépulation
tement aux demandes
Massiac avoient annoncé plus d'une
Ssint-Domingue ct le club
meilleures dispositions pour
fois, au moins en apparence, les
en 'déclarant que ses
de Saint-Domingue s
eux. La députation
défendu d'accepter aucune constitution
commettans lui avoient
des droits, avoit ajouté
depuis qu'ils avoient vu la déclaration remis au comité colonial :
termes dans un mémoire
la liberté et
en propres
la colonie veville repousser
Cc n'est pas que
; 'elle existe déja à Saintrigalité. de LONS les: citoyens
des droits sousle
: mais elle voit Ia déclaration
aussi
Domingue esclaves seuls.) Nous devons vous prévenir
rapport des libres et les gens de. couleur, citoyens actifs,
que les noirs
assemblées qui ont nomméles députés
ont déja été admis aux
faux (2);
provinciale du Nord (0w.Le-fitetoit
S à l'assemblée du moins que la députation de Siint-Domingue de
mais il prouvoit
des droits pour les hommes
jageoit la réjection de l'égalité
étoit injuste. Cocherel luicouleur aussi improposable qu'elle des préjugés coloniaux, assure
mème, le plus obstiné défenseur
pensoient K qu'il éloit de
que les députés de Ssint-Domingue d'appeler à leurs assemblées et
de leurs commettans
: l'équité
les nègres et les mulitres affranchis ;
> à leurs délibérations
de Saint-Domingue, P. 48.
secrète des députés
1 Correspondance
de la partio frangaise de Saint2 A MM. de T'assemblée générale (par Milscent),p. 55.
Domingae, 3 les citoyens de couleur
'il éloit de
que les députés de Ssint-Domingue d'appeler à leurs assemblées et
de leurs commettans
: l'équité
les nègres et les mulitres affranchis ;
> à leurs délibérations
de Saint-Domingue, P. 48.
secrète des députés
1 Correspondance
de la partio frangaise de Saint2 A MM. de T'assemblée générale (par Milscent),p. 55.
Domingae, 3 les citoyens de couleur --- Page 13 ---
(5)
mais qu'ils avoient cru devoir réserver à ces commettans
* T'honneur de proposer à l'Assemblée nationale un plan d'assemblée provinciale , od ils les feroient entrer d'une façon
convenable . .
. pour resserrer de plus en plus les
liens qui les attachoient à leurs protecteurs naturels (r).> >
Dans la motion faite par Charles Lameth , à la premicre séance
du club Massiac, dont on a déja parlé cet homme, si
versé dans l'art des mouvemens populaires, avoit bien senti que
les projets d'indépendance et de scission ne pourroient avoir
aucun succès dans les colonies, si l'on neamarchoit pas de concert avec les hommes de couleur. Après avoir proposé les autres
mesures qu'il jugeoit les plus propres à réussir dans ses vues,
il finissoit par dire: ( C'est dans cette hypothèse malheurouse,
Messieurs, qu'ilme semble poir rious d'un intérêt majeur de
nous être attaché, par des actes antérieurs de justice et de
libres de la
à
*
bienlaisance, les muldtres
colonie, qui sont,
1 Opinion de Cocherel sur l'admission des nègres et mulâtres
libres aux assemblées provinciales, P. 2.
* Voyez la partie I, chapitre III, $. XX. S'il restoit des doutes sur
T'authenticité de cette motion dont on a vérifié l'écriture aux procès.
verbaux de l'Assemblée constituante, voici de quoi les faire cesser :
depnis P pression de cette partie du rapport, on a trouvé dans la
fenille déchirée, mais inventoriée et paraphée, d'un registre du club
Massicc, qui avoit pour objet d'offrir le tableau des motions quiy
avoientété faites, la note suivante : ( No,1. Motion faite dansl'as.
les
semblée du 20 août 1739, ayant pour objet d'indiquer
pré.
Ladite
a cautions à prendre dans la colonie de Saint - Domingue.
a motion ayant été déposéesurle bureau, elle a été mise en liasse
33 et cotée ainsi qu'en marge. M. lecomte de Lameth. D Ces dernicre
wots se trouvent dans la colonne intitulée : iro:ns des proposans.
A 3.
ante : ( No,1. Motion faite dansl'as.
les
semblée du 20 août 1739, ayant pour objet d'indiquer
pré.
Ladite
a cautions à prendre dans la colonie de Saint - Domingue.
a motion ayant été déposéesurle bureau, elle a été mise en liasse
33 et cotée ainsi qu'en marge. M. lecomte de Lameth. D Ces dernicre
wots se trouvent dans la colonne intitulée : iro:ns des proposans.
A 3. --- Page 14 ---
(6)
et qui, inviolablement
ce exdenamrt.fececinaen blancs
l'amour -
3 ne sont pas des
atiachés aux
par
propre
défenscurs suspects, et peuvent très-eficacement nous servir
soit pour contenir les nègres, soit dans toute auire supposition. >
Le club Massiac ne' prit alors aucun parti sur cette propos. ft.
du moins, pendant
temps, n'ètre
De celles du sition : mais il parut
quelque de couleur..
elub Massiac.
éloigné d'accueillir la réclamation des hommes
pas
On voit dans les registres de ce club , que e pour empècher
des mulàtres de Paris ne fussent nuisibles
> que les a semblées
membres leur avoient
a aux intérêts de la colonie, 2 quelques
considérademandes seroient prises en
p promis que leurs
A tion (1).>
Julien Raimond assure que le club ne se décida à le combattre
avoir sondé ses inientions et s'ètre bien convaincu que
qu'après
le détacher de la mère- - patrie. Les premières
rien ne pouvoit
faites
la Luzerne, qui le
insinuations lui furent, dit- il,
par
Ce
mit ensuite entre les mains de son secrétaire Saint-Germain.
comme on l'a vu (2), étoit l'agent commun du
dernier, qui,
ministre et du club, assura Raimond que ces messieurs pensoient,
des droits que les hommes de couleur récomme lui , à l'égard
à lui faire à cesujet.
clamoient, et qu'ils: avoient des propositions
Il finit parlui dire: < Nous devrions peu nous embarrasser des
> aff.ires de la France; nous devrions tous partir pour Saintavez toute Ia confiance des hommes de
A Domingue; vous
I Procès-verbaux du club Massiac, du 31 aoit 1789.
du
rapport 2 chàp. V,
2 Voyez la partie premicre
présent
f. XXIX.
, à l'égard
à lui faire à cesujet.
clamoient, et qu'ils: avoient des propositions
Il finit parlui dire: < Nous devrions peu nous embarrasser des
> aff.ires de la France; nous devrions tous partir pour Saintavez toute Ia confiance des hommes de
A Domingue; vous
I Procès-verbaux du club Massiac, du 31 aoit 1789.
du
rapport 2 chàp. V,
2 Voyez la partie premicre
présent
f. XXIX. --- Page 15 ---
(7)
conleur 3
. : et Za nous nous arrangerions (1)>.
Il est certain du moins que ce n'est que dans les derniers mois
de 1789 que le club Massiac se prononça formellement contre
les hommes de couleur. Mais dépuis il mit tout en usage pour
leur nuire,et il'n'y réussit que trop.
A Saint - Domingue même, avant que la correspondance f. IIt.
contre-rérolationnsite du club et les perfides manceuvres des Dispositions dus colons
boute-feux qui excitèrent les premiers troubles dans la colo- blancsà St
nie eussent entièrement dépravé l'esprit public, on n'avoit pas Domingue,
paru éloigné de rendre justice aux hammes de couleur. L'ezemple
de la partic espagnole del l'ile, où ilsj jouissoient des mêmes droits
que les blancs, 9 répondoit victoricusement aux inconvéniens
qu'on auroit pu trouver dans cette égilisation. Lorsque le premier comité de l'Ouest s'éleva contre la classification insultante
des personnes que les électeurs du Nord avoicnt proposées dans
leurs cakiers, il en repoussa l'idée pour les hommes de couleur,
comme pour les auties habitans de la colonie. * Pourquoi avilir,
devient odieuse lors-
* disoit-il, par une dépendance qui
qu'elle n'est pas générale, une classe d'hommes, nos égaux,
leur avons donné
destinés à suivre la carrière dont nous
S l'exemple : Le négociant et le marchand ne font pas deux
états; c'est le même 9 fait par l'un en grand et parl'autre en
> petit. Les gens de couleur ent également leur existence civile
à conserver, , liberté 2 propricté; et puisqu'ils sont citoyens,
> puisque l'affranchissement les rend à un état naturel qui n'é7 toit étouffé que par la loi civile, qu'ils jouiss nt e leurs
1. Véritable origine des troubles de Biabwaigmopwiàaendy
P- 16et 17.
A 4
c'est le même 9 fait par l'un en grand et parl'autre en
> petit. Les gens de couleur ent également leur existence civile
à conserver, , liberté 2 propricté; et puisqu'ils sont citoyens,
> puisque l'affranchissement les rend à un état naturel qui n'é7 toit étouffé que par la loi civile, qu'ils jouiss nt e leurs
1. Véritable origine des troubles de Biabwaigmopwiàaendy
P- 16et 17.
A 4 --- Page 16 ---
droits dans
(8)
toute leur
ressentir Theureuse pleniuude; qu'ils ne soient pas sani
qu'ils dépendent, infuen.ce de la régénération
mais de la loi comme les aueres ciazyens, non future, et
(1).
delhomme,
Le comité de
adopté les mêmes Ssin-Mare, formé de trois
entre autres
ptincipes pour ses cahiera, paroisses $ avoit
choses un
etily avoit
> coloniale la ratification article pour e demander à
ajouté
de la liberté
T'assemblée
sang- mélé, qui avoient fait
donnée aux esclaves
> le comte
la campagne
de
conduits de d'Estaing 2) >. Ces bommes d'Amérique avec
1z manière la
de couleur s'étoient
et dans toute la
plus distinguée au siège de
mais l'exccution Georgie. On leur avoit alors
Savanah 3
de cctte
promis la liberié;
préteates(3).
promesse avoit été éludée sous diveis
S. IV.
Ces bonnes
Changemens les colons
dispositions ne durèrent
de ccs dispoblancs, en France et à pas long temps. Bientôt
ditions,
lurent plus faire des hommes de Saint Domingue, ne voumédiaire, subordonnée
couleur qu'une
tenir les esclaves.
aux blancs, et destinée classe interLa députation de
par eux à congnoit de Sc voir supplan:ée
Sun-Domingue, qui crainion de la
par Je club Massia
colonie, si elle n'en
dans
tout en usage
adoptoit
T'opipour écarter les
pas'les préjugés, mit
réclamations' des hommes de
I Extrait des registres des
POuest, du 4 norembre 173y, délibérations du comité
21 Extraitdes
P. 10.
provincial de
273), art.XVII dalibérations des cabiers. du coinité de Saint-Marc, 3 du a3 novembre
3. A MM. de Passemblée
Domingue > les citoyena de couleur générale de la partie franyaise de Saint-
( par siilscent), P.31,
és, mit
réclamations' des hommes de
I Extrait des registres des
POuest, du 4 norembre 173y, délibérations du comité
21 Extraitdes
P. 10.
provincial de
273), art.XVII dalibérations des cabiers. du coinité de Saint-Marc, 3 du a3 novembre
3. A MM. de Passemblée
Domingue > les citoyena de couleur générale de la partie franyaise de Saint-
( par siilscent), P.31, --- Page 17 ---
(9)
couleur en Frince. Mais on voit dans sa
bien elle étoit embarrassée
correspondance comtuclles
pour y concilier ses démarches
avec ses premières opinions. Au lieu
acpour tous les citoyens blancs ou de
d'admettre l'égalité
dit dans son mémoire remis
couleur, comme eile l'avoit
d'établir
au comité colonial, elle
une graduation artificieusement
proposs
diverses sortes d'hommes de
combinée entre les
propriétaires seroient
couleur, Tous ceux qui seroient
admis aux assemblécs
Les
légitimes des carterons
primaires.
fils
présentans de la colonie pourroient être électeurs i mais les rea moins
seroient choisis parmi les blancs seuls,
qu'elle ne crit aussi devoir admettre à
les descendans légitimes des hommes
cet honneur
reconnoitroit plus de
de couleur, lorsqu'on n'y
licu ordinairement signe visible de leur origine, ce qui a
pour les enfans ou les
-
carteron ().
petits enfans du
Ces germes d'injustice se
tivité dans la colonie lors des développèrent avec bien plus d'ac- $. V.
bitieux qui entrainérent
soulèvemens excités par les am- Persécntions
dans tant d'écarts
ciale du Nord et l'assemblée
l'assemblée provin- contre les
tourmenter
coloniale de Saint-Marc. Il falloit hommes de
dont
l'opinion publique pour s'en faire un
couleur.
on pidt disposer, et il n'est pas de
instrument
cela que de servir les
moyen plus facile pour
soulèvement des
préjugés populaires. On fit craindre le U
esclaves et leur affranchissement
persuada facilement que rien n'étoit
général; on
que la reconnoissance
plus propre à y conduire
d'aucune espèce de droits
politiques aux
1 Lettres de la dépatation de Saint. -
1790 et 11 jenvier
dans
Domingne 2 des 8 décembre
de
1791 3
la correspondance secrète des
Sainv-Demingue avec les comités de cette
dépntés
47 et 48.
ile, pag. 26, 27; 36, 37,
n'étoit
général; on
que la reconnoissance
plus propre à y conduire
d'aucune espèce de droits
politiques aux
1 Lettres de la dépatation de Saint. -
1790 et 11 jenvier
dans
Domingne 2 des 8 décembre
de
1791 3
la correspondance secrète des
Sainv-Demingue avec les comités de cette
dépntés
47 et 48.
ile, pag. 26, 27; 36, 37, --- Page 18 ---
(10)
hommes de couleur. On fut donc injuste envérs enx, parce
ne vouloit pas cesser de tyranniser les noirs. Une fois
qu'on
donnée, les plus horribles excès ne coutèrent rien.
F'impiksion
la liberté des blancs fit un titre qui les auIl sembloit que
vouloient
torisât à opprimer avec plis de barbarie ceux qu'ils
maintenir dans leur dép-ndance. L'homme ne contracte guère
moins Thabitude de la ha'ne par l'injustice que celle de l'attachement par la bienfaisance. Après les assassinats commis
Ferrand de-Baudières, le vieillard Labadie et
impunément sur
les blancs se crurent tout permis contre les homson esclave,
que leurs premiers excès n'avoient pas
mes de couleur, parce
nombre des crimes commis
été punis. On n'a cité qu'un petit
s'est borné aux premiers de
contre ces infortunés, parce qu'on
sur des preuves tout a-fart incontestables.
tous, quisont. appuyés
Mais tot annonce que le nombre en a été infiniment plus
En ne consultant même que les écrits faics par des colons
grand. tels
ceux du créole Milscent, dont les faits n'ont pzs
blancs,
que
dans cc
de
été réfutés, du moins à notre connoissance,
déluge
la défense des grands planteurs, il n'y
pamphlets publiés pour
auroit presque pas un quartier de la colonie oi l'on n'eit commis contre enx les actes de tyrannie et de férocité les plusiévoltans, des mcurtres de vieillards et d'enfans, etl l'expulsion violente
des hommes faits, afin de piller plus facilement leurs propriés
enFrance aucun
tés. Cette circonstance même, qu'iln'est parvenue
constate, non pas la punition, mais l'exisacte authentique qui
de
de ces excès, et qu'il ne se trouve rien
tence de quelques-uns
semblable dans les pièces nombreuses enveyées de Saint-Dominguc à T'Assemblée constituante, est peut-étrela preuvelaplus
forie de l'intensité de la tyrannie exercée contre euz. Il falloit que
la surveillance en fat bien active ou bien redoutable , pour qu'ile
constance même, qu'iln'est parvenue
constate, non pas la punition, mais l'exisacte authentique qui
de
de ces excès, et qu'il ne se trouve rien
tence de quelques-uns
semblable dans les pièces nombreuses enveyées de Saint-Dominguc à T'Assemblée constituante, est peut-étrela preuvelaplus
forie de l'intensité de la tyrannie exercée contre euz. Il falloit que
la surveillance en fat bien active ou bien redoutable , pour qu'ile --- Page 19 ---
(11)
ie pussent pas faire parvenir leurs réclamations
mére-patric, ou qu'ils n'osassent
individuelles à la
qu'une
pas le tenter. On n'a trouvé
exception à ce faitsir remarquable: encore la
elle bien éloignée du
date en estcommencement de la révelution.
C'est une pétition adressée à l'Assemblée
hommes de couleur du
nationale par les $. VI.
pièces justificatives Port-au-Prince, le 5 juin 1791, avec les
: ces dernières ne se trouvent
Pétitionl.
dresse porte dansson
plus ; mais l'a- quelques-uns
de la
style ct dans tous ses détails les caractères d'entreeux.
plus grande vérité, quoiqu'on n'ait d'ailleurs
gnement surles fuits particuliers
aucun renseidisent les
quiy sont contenus. K On peut,
pétitionnaires, venir impunément chez
insulter, nous battre, ensuite aller chez
nous, nous
0 ou chez le substitut de M. le
M. le commandant,
l'écrivain de la marine
procureur du roi, Oil même chez
dire, Un
(icitout est compétent pour nous
telmuldere ou negre libre m'a
punir)
monsieur, de le faire punir,
mangué:je vous prie,
trainer dans les
pour, sans autre formalité, nous
prisons. Off peut ensuite nous ravir nos biens,
pourvu qu'au vol on joigne les menaces et des mauvais traitemens qui intimident Ros résistances; carsinous
aurons pour accusateurs, pourjuges,
résistons, nous
jugés >. On lit ensuite dans cette pour exécuteurs, lespréconleur furent repoussés de
pièce que les hommcs de
Prince,
l'assemblée paroissiale da Port-auqu'one pétition par eux présentée aux bluncs
objet fut rejetée comme
pour cet
tion
injuricuse ; que, d'après la fermentaqui régnoit au Port-au-Prince et la nouvelle
de Ferrand de Baudières
de l'assassinat
dant de la place conseilla
qu'on apprit alors , le commanau rédacteur la
tirer dans la montagne pour éviter le Buiseonnière de se rede blancs alla
même sort; qu'une troupe
furtivement le chercher chez lui, avec
autres hommes de
quelques
couleur; qu'après deux mois de vie errante,
icuse ; que, d'après la fermentaqui régnoit au Port-au-Prince et la nouvelle
de Ferrand de Baudières
de l'assassinat
dant de la place conseilla
qu'on apprit alors , le commanau rédacteur la
tirer dans la montagne pour éviter le Buiseonnière de se rede blancs alla
même sort; qu'une troupe
furtivement le chercher chez lui, avec
autres hommes de
quelques
couleur; qu'après deux mois de vie errante, --- Page 20 ---
(12)
Peinier conseilla à lcurs parens de les engager a
le gouverneur
la rage des
se rendre volontairement en prison, pour appaiser
de les en faire sortir au beut de
colons blancs , en promettant
le comité
quelques jours; mais qu'il sollicita vainement pour eux
de Léogane, devant lequel ils furent traduits; qu'ils ne purent
mois de détention qu'en deobtenir leur liberté après plusieurs
mandant pardon à genoux et nus-tête au comité, qui les outragea
par le discours le plus insultant 1
de tant d'outrages par les embrasseIls se crurent dédommagés
la
mens de leur famille > et topte leur adresse ne respire que
la confiance dans l'Assemblée natioplus douce philanthropic,
nale qui les avoit trop oubliés, l'attachement au gouvernement le
la
de leurs ennemis,
qui avoit paru ne pas partager rage
et même l'affection pour les blancs, dont ils se contenrespect
toient de déplorer l'injustice.
finissant, nous coaliser a
4 Nous aurions pu, disent-ils,en
notre tour contre ceux qui nous donnoient l'exemple. :
aimé et n'aimerons jamais à remais nous n'avons jamais
hommes
le
cette
naturelle aux
>> pandre
sang;
répugnance,
des hommes sans
> humains, nous a fait juger des lâches et
ame. Cependant nous avons déployé notre intrépidité jusqu'à
si malheureusement il arrivoit le mal que
> T'évidence 5 et
nous
ROUS appréhendons par l'opprobre dont on veutàjamais
couvrir , et oi l'anarchie qui règre ici pourroit entraîner
des esclaves, vous nous verriez tous nous ran
> l'insurrection
* Il commençoit par ces mots : e Ingrates et vilas créarures ! vous
vous asseoir parmi vos maitres et vOs bienfaie
avez cru pouvoir
> teurs. a
usement il arrivoit le mal que
> T'évidence 5 et
nous
ROUS appréhendons par l'opprobre dont on veutàjamais
couvrir , et oi l'anarchie qui règre ici pourroit entraîner
des esclaves, vous nous verriez tous nous ran
> l'insurrection
* Il commençoit par ces mots : e Ingrates et vilas créarures ! vous
vous asseoir parmi vos maitres et vOs bienfaie
avez cru pouvoir
> teurs. a --- Page 21 ---
(13)
ger autour des blancs, pour les défendre
> goutte de notre
jusqu'a la dernièra
sang (:) >. Il falloit étre ou bien
ou bien méchant, , pour résister à tart de bienveillarce aveugle s
rendit les agitateurs des colons Llancs
: elle ne
que plus feroces.
Voici quelques exemples de persécutions contre les
de couleur, publiés par le eréole
hommes € f. VIL:
du
dans
Milscent, , député à l'assemblée Vexations
Nord,
des écrits qu'il a adressés à l'assemblée de
diverses.
Marc ou à l'Assemblée nationale
SaintUn mulâtre du
depuis son passage en France.
Fort-Dauphin resta un mois dans les
sur la simple délation d'un de ses voisins
cachots,
séduire la femme ; un autre y resta trois qui n'avoit pu en
ciation d'un économe blanc
semaines sur la dénonmal fondée.
de la paroisse du Trou, tout aussi
Tous deux finirent par être
mais
teurs ne furent point punis,
élargis;
leurs délamauvais
parce que cela auroit été d'un
dénonciation exemple pour les gens de couleur (2). Sur la
du président du comité du
simpla
mulâtre fut
Fort-Dauphin, un autre
condamné au bannissement par ce
quatre mois de prison,
comité, après
Blanc. Il est
pour avoir, disoit-on, manqué à un
dans son adresse universellement connu, 9 ajoute le même auteur
à l'assemblée
a de couleur libre n'eut
coloniale, K que jamais homme
raison ni
D un procès de
droit; jamais il ne gagna
fantaisie à ce conséquence contre un blanc ; que s'il prend
dernier de le maltraiter de coups, il se plaint,
1 Journal tenu par les citoyens de couleur
gane, pour étre présenté à vous, MM. de de la paroisse de L.6oP'Assemblée
2 Adresse à PAssemblée
nationale.
de
nationale par les hommes de couleur
Saint-Domingus, P. 16,
libree
homme
raison ni
D un procès de
droit; jamais il ne gagna
fantaisie à ce conséquence contre un blanc ; que s'il prend
dernier de le maltraiter de coups, il se plaint,
1 Journal tenu par les citoyens de couleur
gane, pour étre présenté à vous, MM. de de la paroisse de L.6oP'Assemblée
2 Adresse à PAssemblée
nationale.
de
nationale par les hommes de couleur
Saint-Domingus, P. 16,
libree --- Page 22 ---
(14)
et fait encore chitier rigoureusement fe malheureux qu'il *
> déja vexé et battu (1). >
Quelques hommes de couleur se rassemblèrent dans la pa-
$. VIIT. roisse de l'Artibonite pour se plaindre de l'abjection dans laProscription
et l'ondes hommes
on les tenoit. Leur humble pétition fut rejetée,
dc coaleur de quelle
de telles réclamations à P'avenir, qu'on
Fartibonite, arrêta, pour prévenir
Pu del Plassac. feroit préter de nouveau aux hommes de couleur le serment
qu'ils avoient déja prôté avec les blancs, mais avec
civique
d'observer le respect
l'addition de refter soumis aux blancs,
leur devoient; et de verser pour cusjusqu'a la dernière
quils de leur sang. Cet acte de la tyrannie en délire reçut
gourte
Un seul homme de couleur s'y refusa, en dison exccutien.
si le
serment prêté à la patric ne valoit rien,
sant que
premier micux. On assure qu'il étoit à demile second ne vaudroit pas
point cette alléivre. IIi importe peu de savoir jusqu'à quel
officieuse,
gation étoit fondée. Si ce n'étoit qu'une excuse
mieux que tout ce que l'on pourroit dire, comelle prouve
d'avoir raison auprès des autorités formées
bien il saffisoit pea
par les blancs.
Le malheureux homine de couleur est emprisonné. Quatre
viennent le lendemain réclamer pour lui la clémence
autres, qui
se rassemblent à
des blancs, le sont sencifoancescdageanier On
délibérer sur ce cruel traitement.
proposa
Plassac pour
Lamajorité s'y refusa avec
d'envoyer de nouveaux pétitionnaires.
Ils étoient au nombre de quatre-vingts, et presque
indignation.
convenir de rien.
tous sans armes. Ils se retirèrent sans avoir PH
de la partie frençaise de Saint-
* A MM, de Fassembiée générale
Eomingue, les citoyens de couleur > P. 39.
sencifoancescdageanier On
délibérer sur ce cruel traitement.
proposa
Plassac pour
Lamajorité s'y refusa avec
d'envoyer de nouveaux pétitionnaires.
Ils étoient au nombre de quatre-vingts, et presque
indignation.
convenir de rien.
tous sans armes. Ils se retirèrent sans avoir PH
de la partie frençaise de Saint-
* A MM, de Fassembiée générale
Eomingue, les citoyens de couleur > P. 39. --- Page 23 ---
(15)
On les avoit apperçus dans la savanne de Plassac. La frayene
bu la malveillance en avoit grossi le nombre, en leur prètant des
armes qu'ils n'avoient pas Le comité de Saint-Marc, à qui
a dénonciation est faite, dépèche des couriers au comité de
"Ouest et aux assemblées des deux autres provinces. On
arme par-tout, on, redouble les patrouilles, on marche
tontre les hommes de couleur de 'Artibonite, OR leur défend
e sortir de chez cux, même pour les nécessités de la vie,
ous peine du gibet. ( Quelques blancs, de ces êtres malfaisans
qui ne se plaisent qu'au désordre, ignorant cux. : mêmes la
cause de tant d'appréhension, eurent l'impruderce de dire à
leurs mairesses, fillcs de couleur, qu'ils avoient résolu la
destruction de toute la caste des gens de couleur, pour assurer
la tranquillité dc la colonie (1)>. Ce sont encore la les expresjions de Milscent, et l'on verra bientôt qu'il faisoit trop d'honeur aux chefs des colons blancs, en regardant CcS traits comme
ne invention absurde de la malveillance.
D Ces filles coufièrent à des gens de couleur ce qu'on leur
avoit dit.. - e e Les uns prennent la fuite, se rendent sur les
terres espagnoles, les autres dans les bois; ceux de l'Artibonite, sur-tout, s'attribuant tout le motif de cette proscription générale, parce qu'ils savoient la dénonciation faite
contre cux, se sauvent a la hàte, les uns dans des pièces de
canne, Tes autres dans lcs hauteurs du quartier. Ils sont
apperçus par des esclaves qui les dénoncent; les blancs y accourent, font feu sur eux sans miséricorde, sans les trouvgr
armés, en tuent ou blessent plusieurs, emportent les tétes
(*) C'est ce qu'on appelle le rassemblement ou la revolte de Plassec,
ontlescolons ont tant parlé dans les dakats, sans rien spécifier. V.le
pmr 1,p. 205, 219,'ctc.
Mid. pag. 61.
urs du quartier. Ils sont
apperçus par des esclaves qui les dénoncent; les blancs y accourent, font feu sur eux sans miséricorde, sans les trouvgr
armés, en tuent ou blessent plusieurs, emportent les tétes
(*) C'est ce qu'on appelle le rassemblement ou la revolte de Plassec,
ontlescolons ont tant parlé dans les dakats, sans rien spécifier. V.le
pmr 1,p. 205, 219,'ctc.
Mid. pag. 61. --- Page 24 ---
(16)-
en
à Saint- Marc... 3 et ces pauvres
a sanglantes triomphe
dans leur
ne tentèrent pas une vengeance
> gens,
désespoir, des hommes et de Dieu même dans un mo-
> permise aux yeux
les biens de plus de cin-
> ment parcil >. On confisqua
Limonade, 1 ic Trou,
quante pères de famille de l'Artibonite,
de
la Grande - Rivière, etc., qui, sur le bruit
le Bonnet,
s'étoient enfuis en laissant leurs femmes
cette horrible chasse,
et leurs enfans dans les larmes (2).
Deux autres hommes de couleur furent plus malheureux: :
$. IX.
d'en consigner ici l'histoire déplorable,
Aucres atro- on ne peut se dispenser
point on se jouoit de leur
eités dans di- parce qu'elle prouve jusqu'à quel
hommes,
alvers lieux- misérable vie. Un détachement de vingt-cing
qui
loit chez tous les mulâtres pour les arrèter ou saisir leurs
biens, vint chez un homme de couleur de la Petite-Rivière,
trouva
deux enfans s pour lesquels sans doute on
et n'y
que
Ceux-ci,
justement cfavoit cru n'avoir rien à craindre.
trop
des hommes armés, veulent s'enfuir; on tire
frayés à la vue
cache ayant le bras
sur eux : Yun est tué roide; P'autre, qui sc retraite ; on le
cassé, est décelé par ses crie; on le tire de sa
à coups de baionnette. Un autre
massacre impitoyablement le malheur de survivre à ses enfans;
père de famille n'eut pas
de
d'une décharge de coups
fusil, qu'it
il est tué avec eux,
de Saint-Marc, en voulant
reçoit à onze heures du soir auprès
Ibid. pag. 6a et suiv.
de couleur libree
à l'Assemblée nationale par les hommes
2 Adresse
15. Discours de Guadet sur les troubles de
de Saint - Domingue, P.
aussi le Mémoire des volonteires 1. u
Saint - Demingue, p. 18. Voyez
in-8°. p.4et5.
Portau-Prince, et les nouvelles de Saint-Domirgue,
a'enfuir
, en voulant
reçoit à onze heures du soir auprès
Ibid. pag. 6a et suiv.
de couleur libree
à l'Assemblée nationale par les hommes
2 Adresse
15. Discours de Guadet sur les troubles de
de Saint - Domingue, P.
aussi le Mémoire des volonteires 1. u
Saint - Demingue, p. 18. Voyez
in-8°. p.4et5.
Portau-Prince, et les nouvelles de Saint-Domirgue,
a'enfuir --- Page 25 ---
(17)
s'enfuir, lorsqu'une patrouille lui crie : qui va là7 etcet événem-nt, qui eit été bien déplorable s'il eit été le résultat aveugle
de la surveillance militaire, est publié le lendemain comme un
trait de patriotisme digne d'une couronne colonique pour la
patrouile ().
Un infortené, peut-être plus intéressant encore s fut tué de
la méme manière, à une autre extrémité de la colonie : tant
l'cff.oi des homnes de couleur ctoit général. Ce négre libre 7
nommé Jean- Baptisie , nourrissoit une vicille négresse qui
l'avoit élevé. Il revenoi: de pécher pour elle. Il s'enfuic à ce
cri terrible: Arréte. Ilva se jeter parmi deux autres blancs,
qui le percent de leur sabre: il fet blessé à mort. L'assemblée
du nord enyoya des commistaires linterroger. Il excusa l'action
des blancs, comme une eireur pardonn.bie; et quand ses bourreaur lui reprocherent d'avoir fii, il lcur repondit sculement:
a Si je ne laissois pas dans Ja misère cette pauvre vieille que
à je faisois vivre par ma péche,je mourrois sans regret >
Cct espriu de féracité qoi fait frémir Ja nature étoit sans
cesse souienu par les excis oi Pon se livroit plbliquement
contre les homines de coulcur danis les principales villes de la
colonic.
La nuit qui suivit la bénédiction des drapeaux du corps des
$, IX.
volontaires du Cap, un blanc, qui commasdoit les hommes Massacre
de couleur, eut une rixe avec la sentinelle qui gardolt la po:te presquegénéral des hommes de couleur au Cap.
I Adresse à PAssemblée nalionale par les hommes de couleur. libres
de Saint- Dumingue, p.15.
2 Ibid, pase 82.
Rap. de G. Coulon. Tome IL
B
de la
colonic.
La nuit qui suivit la bénédiction des drapeaux du corps des
$, IX.
volontaires du Cap, un blanc, qui commasdoit les hommes Massacre
de couleur, eut une rixe avec la sentinelle qui gardolt la po:te presquegénéral des hommes de couleur au Cap.
I Adresse à PAssemblée nalionale par les hommes de couleur. libres
de Saint- Dumingue, p.15.
2 Ibid, pase 82.
Rap. de G. Coulon. Tome IL
B --- Page 26 ---
(18)
volontaires, piqués contre P'officier des
du goavernement; les
de s'en prendre à ses soldats. Ils
mulâtres, , eurent la làcheté
altaquer un nègre libre,
frent pis: ils se mirent sept pour
> le sabre au
qui, sortant de service, étoit encore en uniforme défend sa vie
Se
pressé par sept épécs, le nègre
cêté.
voyant
met les sept volontaires
avec tant de valeur et d'adresse, qu'il fut le
du carnage.
fuite, après en avoir blessé un : cc
signal
en
aussitôt dans la ville par peloTous les volontaires se répandent
et
impitoyablement les nègres sang-mélis
tons et missacrent
la moindre résistance ; ils les
sans
libres qu'ils rencon:rent, les bras de leurs femmes et de leurs
poursuivent jusques dans
leur pilié. On lcs trainoit
vainement
enfans, qui imploroient
L'assemblée du Nord
ensanglantées dans les cachots.
Après avoir
partrouper les écrouât et qu'on fit leur procès.
ordonna gu'on
les torts des blancs, quiavoient
pris des informations, on reconnut
les gens de couleur
été les agresseurs, et pourtant on semonça de la barbarie, en leur
aveir été de malheureuses victimes
à
pour
d'ccre plus circonspects
notifiant à la barre de.lrassembléc
Pavenir
oil ily a des hommes
des méchans et des traitres par-tout
Ily: a
les hommes de couleur, et l'on
5. X.
ils'en trouva parmi
misesd en société;
tels. Dans cette horrible persécution,
Têtes
faisoit tout pour les rendre
de la grande fortune d'un
prixerpayées.
d'entre eux, jaloux
le
quelques-uns
nommé Joly, vont au comité
mulàtre de T'Artibonite s
de Saintde la partie frangaise
1 A MM. de Varsemblie de générale couleur 1 P. 33. Examen rapide des ob.
Domingue, les citoyens tie conleur 1 par Michel Mina (Milscent)
jectious contre les hommes
des volontaires du Port-au-Piince
p. 81 et 82. Extrait des registres
du 16 octobre 1790.
le
quelques-uns
nommé Joly, vont au comité
mulàtre de T'Artibonite s
de Saintde la partie frangaise
1 A MM. de Varsemblie de générale couleur 1 P. 33. Examen rapide des ob.
Domingue, les citoyens tie conleur 1 par Michel Mina (Milscent)
jectious contre les hommes
des volontaires du Port-au-Piince
p. 81 et 82. Extrait des registres
du 16 octobre 1790. --- Page 27 ---
(19)
dénoncer comme le chef de la prétendue sédition de cette
paroisse. On l'arrête j on saisit tous ses papiers : on y trouve
une lettre conçue en ces termes: < Nous avons reçu, cher
> père, les provisions que vous nous avez envoyées; nous en
avions un besoin urgent. Si vous ne continucz pas vos bontés pour nous, nous sommes réduits a manquer de tout dans
> ces bois, etc. ). Ce billet, si simple dans ses
lui avoit été écrit par SCS enfans, dont il portoit la expressions, 2
et qui, véritables cultivateuts, établissoient
signature 2
une nouvelle habitation sur la montagne > au milieu d'un bois debout, oi ils
manquoient de tout. Les comités blancs n'y virent qu'une pidce
de la correspondance des prétendus rebelles fagitifs. Aprés
sieurs mois de cachot,
plu9 Joly n'obtint qu'à prix d'argent ia faveur
d'un interrogatoire. Il n'eut pas de peine à se justifier : il ne
put néanmoins ravoir qu'au poids de l'or sa liberté et celle de
quatre de ses enfans, qui avoient éié aussi emprisonnés lorsgu'ils étoient venus solliciter la délivrance de leur vieux pere,
pour lequel ils s'étoient offerts en ôtages
Avant que Joly fat sorti de prison, on s'obstinoit toujours à
supposer des chefs aux prétendus révoltés de l'Artibonite
> déja
presque tous en fuite, sans qu'un seul acte de résistance de
leur part pit même donner quelque vraisemblance i cette allégation. On promit une somme de cinquante portugaises d
celui gui apporteroit la téte de quelques-uns d'eux. Un scélérat de couleur qui cn vouloit depuis long-temps à son voisin,
lui tranche la tête à l'aide de ses esclaves,
l'apporte à SaintMarc, oi le prix de son crime lui est fidéiemen:
paye, es
I Examen rapide des ubjrctions contre les geas de couleur,
97 et sniv.
P 53,
B 2
i cette allégation. On promit une somme de cinquante portugaises d
celui gui apporteroit la téte de quelques-uns d'eux. Un scélérat de couleur qui cn vouloit depuis long-temps à son voisin,
lui tranche la tête à l'aide de ses esclaves,
l'apporte à SaintMarc, oi le prix de son crime lui est fidéiemen:
paye, es
I Examen rapide des ubjrctions contre les geas de couleur,
97 et sniv.
P 53,
B 2 --- Page 28 ---
(20)
nouvelle de ia mort du chef fit cesser pendant quella fausse
sédition étoit
les
dont cette prétendue
que temps
persécutions
le prétexte (1)-
vrai
les écrits de Milscent, d'oil tous ces faits
s. XI.
Il est
que
mais l'auteur
Du créole sont tirés, n'ont pas un caractère authentique S
Milscent.
officier des gardes nationales de la colomie 3
étoit un blanc,
du Nord, quand les
puis membre de l'assemblée provinciale
Ses
événemens dont il parle se passèrent à Saint Domingue.
la voie de l'impression. Il y inmémoires furent publiés par
les
perpétuellement la notoricté publique et souvent
voque
tous dévoués aux blancs, en
journaux de Saint - Domingue,
comiission des colonies
la page et le numéro (2). La
citant
mais
les milliers de brochures
n'a point ces journaux;
parmi
blancs,
lui ont
la justification des colons
gui
publiées pour
elle n'en connoit aucune qui ait démenti
passé sous les yeux,
d'ailleurs
de Milscent, auxquelles se rapporient
les allégations
se
dans la
diverses indications dont quelques-unes présenteront être des
Ces considérations morales valent peutsuite (3).
dans les tempa de révolution, n'épreuves authentiques, qui, teinte des
et à l'esprit de
chappent pas toujours à la
passions
parti.
Milscent est péri sur Téchafaud
Est-il nécessaire d'ajouter que
oi l'ont enfin condnit des colons blancs, après
de la tyrannie,
fois, et que dans ce
l'avoir inutilement essayé une première
I Ibid, page 31.
des objections contre les gens de couleur, pages
2 Examen rapide
6371.72.73,5 81, etc.
31 Voyez ci-dessous lcs $S. XVIII, et suiv.
chappent pas toujours à la
passions
parti.
Milscent est péri sur Téchafaud
Est-il nécessaire d'ajouter que
oi l'ont enfin condnit des colons blancs, après
de la tyrannie,
fois, et que dans ce
l'avoir inutilement essayé une première
I Ibid, page 31.
des objections contre les gens de couleur, pages
2 Examen rapide
6371.72.73,5 81, etc.
31 Voyez ci-dessous lcs $S. XVIII, et suiv. --- Page 29 ---
(21.)
procès évidemment suscité par la haine la plus emportée,
toute sa vie et SCS écrits furent recherchés, sans qu'on osât
lui faire un seul reproche sur les faits qu'il avoit publiés
relativement aux cruautés des blancs contre les mulâtres. Cet
infortuné avoit été d'abord traduit au comité révolutionnaire
de la Halie - aux- Bleds, qui le mit en liberté (1). Il fut
ensuite envoyé au tribunal révolutionnaire, pour un numéro
de son journal intitulé le Créole patrioie. Il fut encore 2cquités sous la présidence de Foucault (2); ; mais il eut letort,
quelgae temps après, de déposer à ce tribunal de propos incivigues, contre deux déportés des colonies, Serres et BardetFromenteau, qui te sly sont que trop fait connoitre par leur
acharnement contre ceux que les commissaires des colons blancs
y poursuivoient Deuxautres déportés de Saint Domingue déposèrent le contraire; et Milscent fut accusé comme faux témoin,
a après quegde peuple eut témoigné son indignation contre lui D :
ce sont les expressions du procès-verbal non signé, mais ecrit
de la main de Coffnhal, quidressa l'acte d'accusation et qui.
pnisida ensuite au jugement. II suffit de voir cet acte pour
s'assurer que ce ne.fut là çu'un prctexte pour perdrc Milscent.
Lecorpsde Ie cusation rosleleauroup plus sur les liaisons de
ce crése avec Biinsot, sur fidenité de lours journaux, qui,
tous deux, porioient le nom de patriores, contenoient les
1 Voyeslarraré de-cecomits,da 24 ventose de l'an II, a la suite
de son injorrogatuies.
2. Jagommt du 2 nivise de l'anTI.
+ Ils ont déposé neeticnliérement dans les preces de Raimond, de
le Dorgne, de Rarme et fain-legecpeusgaals on uv oit accullé Cainbefort, l'ouzard, ctc.
B 3
porioient le nom de patriores, contenoient les
1 Voyeslarraré de-cecomits,da 24 ventose de l'an II, a la suite
de son injorrogatuies.
2. Jagommt du 2 nivise de l'anTI.
+ Ils ont déposé neeticnliérement dans les preces de Raimond, de
le Dorgne, de Rarme et fain-legecpeusgaals on uv oit accullé Cainbefort, l'ouzard, ctc.
B 3 --- Page 30 ---
22) )
et les mêmes nouvelles des colonies p. On
mêmes principes
l'énergie
crime d'avoir cessé son journal , 4 lorsque
lui fait un.
étoit au comble, que les contre. - révolationnaires
> popylaire
de la Convention étoient
alors au marais
s qui siégeoient
n'éloit plus permis à un journa-
> tellement démasqués, qu'il
fàt le degré de contre-réveletion
> liste, quelque grand que
et d'accréditer
S qui l'enflammât, de précher leurs principes
aux peines que la loi pronon-
> leur systême, sans s'exposer de s'étre défait de ses presses
> çoit D. On lui fait un crime
la révodans un moment oik les bons citoyens préparoient
de la
lution. du 31 mai; de les avoir venducs aux journalistes à
l'ont
par le mal qu'ils ont fair
Bouche de fer, qui
payé
d'avoir
révolurion du 31 mai. Enfin on lui fait un crime
cette
lors de l'épuration qai eut liea après
été rejeté des jacobins
du procès qu'on a conla mort de Brissot (). Ives pièces
defense de Milscent.
sultées n'entrent dans aucun délail sur la
vérité
soutint qu'il avoit dit lag
(2).
On y voit seulement qu'il
a une ielle
Et quel est Thomn e de bien qui eit pu échapper
accusation, si Coffinhal eit été son juge?
s. XII.
malheureuse.ment plus s'étonner de tons les
Miconnois- On ne pourra
Milscent, lorsqu'on saura jusqu'à
sance de la actes de crnanté rapportés par
lcs hommes de couleur
qualité que! point Popinion populaire contre
l'assemblée
d"kommeaux
duns la colonie. Un membre de
negiescts aux étoit dépravée
A
sulatres. vinciale du Nord, qui enfat l'un des p:étendus patriotes, et
de l'assembléc de Saint-Marc, qui
à-dire, l'un des partisans
à la seconde assemblée COcetie raison fut ensuite normé
par
de
rendu contre Olaude -] Loris Milscent, le 7 prairial
1 Jugement
Pan II.
de Tan II, en la chambre du conseil.
9 Jugemeut du 16 nivèse
it dépravée
A
sulatres. vinciale du Nord, qui enfat l'un des p:étendus patriotes, et
de l'assembléc de Saint-Marc, qui
à-dire, l'un des partisans
à la seconde assemblée COcetie raison fut ensuite normé
par
de
rendu contre Olaude -] Loris Milscent, le 7 prairial
1 Jugement
Pan II.
de Tan II, en la chambre du conseil.
9 Jugemeut du 16 nivèse --- Page 31 ---
(23)
loniale, le baron de Beauvois, conseiller au conseil supérieur
du Cap, fit un livre pour prouver que les nègres et les mulâtres n'étoient pas de la même espèce que les-blancs 3 qu'ils ne
le nom d'hommes (1). Suivant cet
méritoient qu'improprement
d'hommes , la rouge et la blanauteur, il n'y a que deux espèces
che. Le nègre est seulement une espèce supérieure à l'oranget les mulâtres une espèce surnaturelle, tcilement
outang; distincte des blancs , qu'ils ne font entre eux que des mulâtres.
Beauvois accorde néanmoins aux nègres une conformation 3 des
aux blancs 5 et
facultés physiques et une organisation supérieures
disoit correspondant de l'académie des sciences,
cet homme, quise
observations d'histoire naturelle au
chargé par elle de faire des
Benin (2),ne vouloit pas que les facultés morales dépendissent
de la perfection de cette organisation.
La publication de ces extravagances étoit déja bien dangereuse
aussi
de
la colonie de Saintdans in pays
plein
préjugés que
Domingue; elle le devenoit bien davantage par les conséquences
que Beauvois en tiroit. Il en conciuoic K que la première eset naturalisée à SaintD pèce 7 sortie des Francs, transplantée
est la bianche, dqui appartient le pays, et la
Domingue ,
seule qui doitétre considérée dans la constitution première,
modifications relatives aux deux
> d'oi doivent émaner les
forte et
D autres > ; que, plus entreprenante 2 plus
plusfine,
e'le a conquis les colonies; que e pour mettre ses conquêtes à
1 Idées sommaires sur quelques règlemens à faire à l'assemblée
coloniale 1 par M. le baron de Eeauvois > P. 6,8, I1. Examen
rapide de quelques objections contre les homies de couleur, p.83,
8f, 88,94,9 97.
2 Susdit Examen rapide >1 p.9t.
B 4
> ; que, plus entreprenante 2 plus
plusfine,
e'le a conquis les colonies; que e pour mettre ses conquêtes à
1 Idées sommaires sur quelques règlemens à faire à l'assemblée
coloniale 1 par M. le baron de Eeauvois > P. 6,8, I1. Examen
rapide de quelques objections contre les homies de couleur, p.83,
8f, 88,94,9 97.
2 Susdit Examen rapide >1 p.9t.
B 4 --- Page 32 ---
(24)
> profit, il étoit naturel d'avoir recours aux Caraibes, naturels
mais
étoient
tous enernines; qu'il
> du pays,
qu'ils
presque
f
les Aficains lui en
30 a donc lla.chercherdes expidiens : que
les
ni les
non plus que les
> ont fourni 5 que ni
métis,
negres,
ne
aux mêmes droits
> orung-outuner. pouvoient pas pritendre
> yue tout homme tient de la nature i que la liberté desnègres
> ct leurs posiessions, ainsi que les prop:iéiés immobilinires
mulàires,
un abus dungereux,ei,ce quiest
> des
paroissient
nuiles;
ne devantètre compté
> bien pis, comme
quele negre
le uavail de son bras > il dou Tou-
> dans las société que par
il devient
> jours rester esclves parce qu'au lieu d'etre Nte,
l'ordre
l'exemple trop multiplle des
D nuisible à
public; que
abus
mal- droitement introdeit,
> negres libres,
dangereux,
le m:lheur de touies les colenies,
> et qui fait aujourd'hui
les mul.irres doi9 démontre évidemment cetie vérités que
alfectée uniquement à
>) vent subir une condit'on moyenne,
diminuer
>
doivent naitre libres 5 pour
> leur espèce 5 qu'il
d'auiant le d'sespoir et Paudace des esclaves,en al gmentant le nombre des gens de couleur libres; mais qu'ils doivent
être gagis au service des blancs 5 qu'ile RC pourront posséder
la stilc aucun bien immobi ilier ; que 4 quant- aux biens
par
aujourd'hsi par les gens de coulcur,
D immerbles, possidés
échoiront par succession
> on doit ordonner qn'a mesure qu'is
cellatérale
seront vendus - . . à des
> en
ligne
seulement,s
les mulâtres employant tout leur argent à
> blanes; qu'alors
marchands ou ouvriers, leur cause de-
> acheter des esclaves
le
>. viendxz corntune a V ec la cause gintale,eileasuies
> mainilcmplussolid- du bon ordre(1).
IBeanvois. ibid, p- 7, 8, II, 33, 39 et 40. Susdiv Examnen,
p.83,5, 86,.27,92 et c3.
seulement,s
les mulâtres employant tout leur argent à
> blanes; qu'alors
marchands ou ouvriers, leur cause de-
> acheter des esclaves
le
>. viendxz corntune a V ec la cause gintale,eileasuies
> mainilcmplussolid- du bon ordre(1).
IBeanvois. ibid, p- 7, 8, II, 33, 39 et 40. Susdiv Examnen,
p.83,5, 86,.27,92 et c3. --- Page 33 ---
(25)
Enfin, pour rendre à jamais insurmontable cette barrière entre
lesnègres et les blancs, Beauvois veut (r) que l'assemblée colonile ( déclure infare et vilain, tout blanc qui à l'avenir
s'oubliera at point de se mésallier avec des femmes de coule.r, et les contraindre à quister la colonie dans l'espace
d'une année,ou, cc qui seroit plus simple, plus court et
moins absif, défendre de tels mariages, sous des pcines
co-porciles, cxemplaires et les plus sévères contre tous con-
- trerenans
A la vérité, l'assemblée provinciale du Nord, qui, dans ce 4. XII.
temps-la, annoncoit quclques principes de justice et d'humanité, Princires de
etdont la majorité étoit d'ailleurs d'un parti opposé à celui gue l'assemblée
du Nord à
Beao'savoit embrassé,imp prouva cet odieux écrit, en déclarant leur égard,
qu'elle prenoit les gens de couleur sous sa protection (2). Mais
on verra bientôt qu'en 1792 un membre de la scconde assem'lée coloniale, le trop fimeux Page s publia sans contradiction un écrit dans les mêmes principes, qui eut l'approbation
de ceur qu'on osoit appeler patriotes à Siint - Domingue,
parce qu'i's caressoient tous les préjugés coloniaux (3).
I Beauvois, ibiz. p.93.
* La com.mission des colonies n'a pu se procurer cet ouvrage de
Eeauvois, conme un grand nombre d'autres écrits publiés par les
colons Hlrs contre les bommes de couleur et les negres. Mais la
plepart des pessagesqu'on vient de rapporter sont citése'une manière
si sniforne dans nine naliitade d'ouvrages imprinés ou manuscrits,
qu'un ne peut pas en révoquer en doute l'exactitude.
2 Sunlitlisamen ropide,.p. 97.
3Discous historique sur les 'effets que la révolution de la France
Eeauvois, conme un grand nombre d'autres écrits publiés par les
colons Hlrs contre les bommes de couleur et les negres. Mais la
plepart des pessagesqu'on vient de rapporter sont citése'une manière
si sniforne dans nine naliitade d'ouvrages imprinés ou manuscrits,
qu'un ne peut pas en révoquer en doute l'exactitude.
2 Sunlitlisamen ropide,.p. 97.
3Discous historique sur les 'effets que la révolution de la France --- Page 34 ---
(26)
L'assemblée du Nord elie - même > sous des formes plus
moins obftincment à ces préjugés, ct
adoucies, ne tenoit pas
l'assemblée de
c'étoit le seul point sur lequel elle trouvoit
Elie ne s'étoit pas contentée de sontenir
Saint- - Marc excusable.
dans son adresse contre cette assemblée;
les mêmes principes
à auannoncé
ne se soumettroit jamais
mais elle y avoit
qu'elle
l'exercice du
les homnes de couleur à
cune loi qui admettroit
statueroit sur les esclaves. * La colonie,
droit de cité, ou qni
à
> disoit-elle, ne sacrifiera jamais ten préjugé indispensable
des
de couleur elle les protégera, elle adou-
>> T'égard
gens
donne tous les jours des preuves.
> cira leur étet; elle leur en
offrira sans doute des moyens plus étendus : mais
A Le temps
la maitresse des
> elle veut , elle doit étre P'unique juge,
Il faut qu'ils sachent que ce
>) moyens et du temps.
attendre des bienfaits, et
> n'est que de nous qu'ils peuvent
leur
doivent les obtenir par leur sagesse et
respect.
* qu'ils
de leur bonbeur; mais
> Quant aux nègres, notre intérêt répond
ce genre de propriéié
> la colonie ne soufrira jamais que
soit
ticnt de la loi, et qui assure toutes les autres,
> qu'elle
l'ètre à l'avenir.
. Tant
> compromis, ni qu'il puisse
sur ces deux
la colonic pourra conserver des inquiétudes
s que
10, 45 et 46 : voyez' aussi Pavis de
a produits à Saint-Domingue 1 P. mamnscrites de Brulley.
Timprimeur Baillio, et les notes
adresse, Tremondrie, fit dans la suite un
* Le rédacteur de celle
avoit considéré les prétentions des
reproche à Brissotd'avoir cru qw'il
Lcur exchuhommes de coule r au droit de cité comme un problème.
de
être réroquée en doute. ( Lettre
sion, suivant lui, ne pouvoit pas
Dans le Journal
Tremondrie à J. P. Biissot, du 25 novembre 17y0.)
géndralde Saint-Domingue, du 13janyier 3791.)
un
* Le rédacteur de celle
avoit considéré les prétentions des
reproche à Brissotd'avoir cru qw'il
Lcur exchuhommes de coule r au droit de cité comme un problème.
de
être réroquée en doute. ( Lettre
sion, suivant lui, ne pouvoit pas
Dans le Journal
Tremondrie à J. P. Biissot, du 25 novembre 17y0.)
géndralde Saint-Domingue, du 13janyier 3791.) --- Page 35 ---
(27)
objets, qui, dans le fait, sont de son régihe intérieur, et
n'intéressent guère la France, jamais il n'y aura de pacte
durabie entre elle et le royaume, IZ faut qu'il renonce à
elle, ou qu'il assure invariablement sa tranquillité, avant que
le pacte s'entame (1).>
Leshommes de couleur farent exclus, par un article particulier 4. XIV.
projet de convocation rédigé danis la colonic (2), desassemblées Décr:ts ty- de
timaires qui nommérent les députés àl l'assemblée de Saint-Marc; 5 ranniques l'assemblée
n'étoient
les représen- de St -'Marc
ces députés prouvèrent trop qu'ils
que
ns des sculs blancs. Les défenseurs de cette assemblée, et Th. contre cux.
illet en particulier quienétoit membre, ont néanmoins prétendu
u'elle avoit eu les meilleures intentions pour les hommes de
puleur (3) : mais tout ce qu'on trouve sur eux dans ses actes,
ment bien étonnammcnt ceite assertion. Lcs extraits des pros-verbaux des premiers jours de la session de l'assemblée de
hint-Marc prouzent qa'il cft impolible de porter la tyrannie
un plis liant point, ct de l'annoncer d'une manièie plus outraeante. A peine étoit-elle constituée, que les volontaires de
Elle ville lui écrivirent pour demander la garde du lieu de SeS
Fances; ils premirent ( d'y faire régner le bon ordre, et d'en
écarter sur-tout les gens qui par leur couleur en sont politiquement exclus *. Cette lettre fut déposée aux archives ; et
président, d'après l'autorisation de l'assemblée, donna aux
1 Adresse de l'assemblée provinciale du Nord à VAssemblée naonale, du 28 juin 1750, avec les notes du comité de rédaction de
assemblée de SaintMarc, P. 9.
2 Arrêté de Wassemblée du Nord, du IO février.
3 Débats dans laffaire des colorics, tomeI, p. 335 et 336. Précis
listorique de la révolution, par Th. Millet, P. 19.
'autorisation de l'assemblée, donna aux
1 Adresse de l'assemblée provinciale du Nord à VAssemblée naonale, du 28 juin 1750, avec les notes du comité de rédaction de
assemblée de SaintMarc, P. 9.
2 Arrêté de Wassemblée du Nord, du IO février.
3 Débats dans laffaire des colorics, tomeI, p. 335 et 336. Précis
listorique de la révolution, par Th. Millet, P. 19. --- Page 36 ---
(28)
volontairesla consigne a d'écarter, avec Pattention la plus scru93 puleure de son enceinte intérieure et extérieure, les per-
> sornes de couleur et les esclaves >. Cette consigne, qui n'avoit éé provocuée par aucune démarche des hommes de couleur, ne fut jamais révoquées et ces infortunes, qu'on outrapar-iout, n'avoient pas même la faculte de venir présenter
geoit leurs réclamations à l'assemblée qui prétendoit exercer la souveraineté de lile (),
L'assemblée de Saint-Marc nes'en tint pas là méanmo'ns; eile
vouloit aussi empèc her les hommes de couleur de réclamer en
France Ja jutice qu'on leur refusoit dans la colonie; et pour
en venir à bout, elle autorisa contre eux la violasion des droits
qu'elle avoit elle-méme déclarés inviolables. Qnoique le respect
les lettres privées eût été deux fois
de l'autorité publique pour
de Saint-Marc
consacré par ceux des décrets de l'assemblée
ordonnaient Touveriure de la correspondance des administraqui
elle décida le contraire pour les hommes de couleur,
teurs (3),
dans des circonstances qui ne pouvoient fourn'r aucun prétexte
à ces attentats. Un député de T'Arcahaye se permit d'ouvrir, avec
l'autorisation du président de P'assemblée, un paguet de letires
adressées à des hommes de couleur que le comité de cette paroisse lui avoit envoyé; il ne s'y trouva rien de conuraire à la
sireté publique (3).
l'assemblée coloniale, sur le référé qui lui en fut
Cependant
de Passemblée de Saint-Marc, séance du 19 avrit
I Precès-verhal
1790, p. 29 ctSo.
2 Practs-verbalensdit, du7 avil,p. a5; et suiv.
3 Bbid, scancedn 19 avril ,1 p. 33.
comité de cette paroisse lui avoit envoyé; il ne s'y trouva rien de conuraire à la
sireté publique (3).
l'assemblée coloniale, sur le référé qui lui en fut
Cependant
de Passemblée de Saint-Marc, séance du 19 avrit
I Precès-verhal
1790, p. 29 ctSo.
2 Practs-verbalensdit, du7 avil,p. a5; et suiv.
3 Bbid, scancedn 19 avril ,1 p. 33. --- Page 37 ---
(29)
fait, n'en décréta pas moins * que les letfres et paquets qui
pourroient venir du dchors à Padresse des gen; de couleur,
seroient, quant à présent, arrêtés par les asseniblées provinciales et les comités paroissiaux, lesquelsseroient tenus d'envoyer incessamment à l'assemblée générale tout ce qui leur
paroitroit suspect et contraire au bon ordre (1).>
Ccs décrets tyranniques sont les seules décisions directes 6. XV.
qu'on trouve sur les hommes de couleur en général dans les Décret conactes imprimés de l'assemblée de Saint-Marc. Mais on verra tre les blancs'
mésalliés.
bientôt que tous ses décrets sur cet objet ne s'y trouvent pas.
On doit ajouter que cette assemblée suspendit les affranchisse-
-
mens par un décret qui n'est qu'indiqué dans divers autres
actes (2), et qu'en ne statuant rien sur les réclamations qui
lui furent faites, soit par. les mulâtres qu'on avoit emprisonnés,soit par ceux à qui lon contestoit leur état (3), elle
manda à sa barre les juges quiavoient pris sur eux de prononcer
"Élargissement de quelques-uns de ceux qui avoient été arrétés.
On doit sentir néanioins qu'avec les préjugis que tous les
partis avoient contre les mulâtres dans la colonie, il falloit
qu'ils fussent bien innocèns pour qu'on osât les mettre en libeité (4). Enfin l'assemblée de Saint-Marc éloit tellenient éloignée d'admettre les hommes de couleur à aucune espèce de
1 Ibid, séance du 22 avril, p. 48.
2 Adresse de l'assemblée du Nord à l'Assemblée nationale, du a8
juin 1790.
3 Séances des 23 et 27 avril, P. 48, 63 et 64.
4 Lettre deJ. B. Suire, dans la correspondance de Julien Raimond,
P. 36. Débats des Colonies, tome III, p. 100.
éloignée d'admettre les hommes de couleur à aucune espèce de
1 Ibid, séance du 22 avril, p. 48.
2 Adresse de l'assemblée du Nord à l'Assemblée nationale, du a8
juin 1790.
3 Séances des 23 et 27 avril, P. 48, 63 et 64.
4 Lettre deJ. B. Suire, dans la correspondance de Julien Raimond,
P. 36. Débats des Colonies, tome III, p. 100. --- Page 38 ---
(30)
des droits politiques, qu'eile refusa même
participation
blancs
c'est-à-dire
qualité de citoyena actifs aux
mésalliés,
auroient épousé des fenmes de couleur : c'est
à ceux qui
décision formelle du décret sur les municipalités (1).
de la colonie semblo
XVI.
Tandis que la prétendue législature
$.,
les hommes de couleur 3
Premiersac- ainsi justifier ceux qui outrageoient
la force.
tes de résis- s'en trouva enfin qui osèrent repousser la force par
tance des
Dans la paroisse de Plaisance, un homme de couleur, nomm
hommes de
d'accepter le transport d'un billet
couleur.
Atrel, eut l'imprudence
refusa de
ordre sur le président du comité. Le président
payer
rendit le billet au créancier origi
et nenaça le nyulàire; qui
contr
naire. Ce n'étoit pas là l'affaire du président : il suscite
ses voisins, jaloux de sa fortune, qui, avec,tro
Atrel un de
tenant des assem
autres blancs de ses amis, le dénonce comme
illicites. Le comité envoie douze hommes pour l'arrète
blécs
fût absolumer
durant la nuit. Atrel osa se défendre, quoiqu'il
a
blessa
de ses" T agresseurs et se fit jour
seul ; il
plusieurs
derrière sa case le ren
milieu d'eux; mais un homme aposté
On port
d'un coup de fusil, lorsqu 'il se croyoit sauvé.
versa
T'assemblée du Nord, qui combla d'éloges son assas
sa tête a
mais le crime resta impuni
sin. La vérité fut bientôt connue ,
avoit des garans dans les dénoncia
le président du comité
teurs
de 1'Ouest, la lutte fut plus sanglante
9. XVII.
Dans une paroisse
couleur avoient des possession
Affaire du Un blanc et un homme de
Fonds - Parisien.
I, art. VI.
1 Décret du 20 mai 1790,titre
de couleur
Exnnien rapide des objections contre les hommes
P. 79 et 80.
crime resta impuni
sin. La vérité fut bientôt connue ,
avoit des garans dans les dénoncia
le président du comité
teurs
de 1'Ouest, la lutte fut plus sanglante
9. XVII.
Dans une paroisse
couleur avoient des possession
Affaire du Un blanc et un homme de
Fonds - Parisien.
I, art. VI.
1 Décret du 20 mai 1790,titre
de couleur
Exnnien rapide des objections contre les hommes
P. 79 et 80. --- Page 39 ---
(31)
limitrophes, sur lesquelles il arrivoit souvent
tiaux s'écl heppoient
que leurs besrespectivement. Ils se les ctoient
rendus de part et d'autre en bons voisins
jusqu'alors
vouloit plus vivre en rien sur le pied de : mais on ne
hommes de couleur: Le blanc
l'égalité avec les
voisin,
ayant saisi les bestiaux de son
exige, dit-on, une double amende avant de les
rendre. Peu de jours après, l'homme de
lui
tour les bestiaux du blanc
couleur saisit à son
sur son terrein ; il refuse de les
rendre sans amende, cn ne réclamant néanmoins
lui
étoit fixée par la loi.
que celie qui
Le blanc s'indigne qu'un mulâtre ose invoqser la loi,
le menaçant de l'exterminer dans
Il sort en
appelle
peu. L'homme de couleur
quelques S- uns de ses voisins pour sa defense.
vient les attaquer avec une vingtaine
Le blanc
de Saint-Marc lui avoit fournis.
d'hommes que le comité
Ils tuent un homme de
et en blessent d'amtres. Les mulâtres font
couleur
trois blancs,
feu à leur tour et tuent
parmi lesquels se trouva l'agresseur. La
Saint-Marc s'arme toute entière. Les
ville de
défendus, s'enfuient
mulitres, qui s'étoient
traitres à la
avec beaucoup d'autres : ils sont déclarés
patrie, rebelles aux blancs ; toutes leurs
sions sont ravagées ; et le feu qui dévora
possescannes, brila même le riche
leurs champs de
absolument étranger,
magasin d'un blanc qui leur étoit
on
Enfin, comme à l'affaire de
confisqua les biens des plus riches
PArtibonite,
(1),
quoiqu'ensnite 2
Ibid. p. 73 et snivantes. Extrait des
Port-au-Prinee, du 16 octobre
registres des volontaires du
dos
1790 1 P. 3 et 4. Dékats dans l'affaire
Colonies, tome MI, P. 103, au milieu.
absolument étranger,
magasin d'un blanc qui leur étoit
on
Enfin, comme à l'affaire de
confisqua les biens des plus riches
PArtibonite,
(1),
quoiqu'ensnite 2
Ibid. p. 73 et snivantes. Extrait des
Port-au-Prinee, du 16 octobre
registres des volontaires du
dos
1790 1 P. 3 et 4. Dékats dans l'affaire
Colonies, tome MI, P. 103, au milieu. --- Page 40 ---
(32)
on se fit assuré que les blancs avoient éte
information prise,
doublement agresseurs
du Fonds Parisien, et le preXVIII.
C'est-là ce qu'on appellel'aflaire
les hommes de couS.
des représail es exercées par
Propositions mier exemple
l'assemblée de Saint Marc ne put plus
d'une pros- leur. A cette nouvelle,
génirale contre les
cription géOn parlo't d'une proscription
nérale contre se contenir.
l'un des députés du Sud, annonce que probalcs hommes mulàtres. Suire,
de sa province 7 le décret en auroit
de çouleur. blement, sans 1i députation
à cbienir que l'a:semblée peit
passé. Elle eut beaucoup de peine
se
les gens de couleur qui comporteroicnt
sous sa sauve-garde
bien à l'avenir.
n'a rien trouvé de relatifa
Nous devons remarquer ici qu'on
de Saint-Marc et de ses
cet objet dans les papiers de l'asremblée mieux combien tout ce
partisans; et peutêtre rien ne prouve leur, seroit contraire, compourroit recueillicà cet égard
concernoit
qu'on
dans toutige qui
bien la marche de cette assemblée odicuse. L'effet que T'affaire du
les hommes de couleur a été
dana une lettre
Parisien y produisit a éts décrit parSuire,
du Nord
Fonds
ditil, que la députation
du 30 avril 1790. ( Il semble,
passées pirquelques
justifier ses entreprises
A ne s'occupe qu'à
Il n'est presque pas de jour qui nesoit
nouvelles.
>
entreprises
de quelque personnage.
L'afle mandement
les
s marqué par
a rendu T'assembléc furieuse çontre
D faire du FondsParisien
d'une manière inexacte dans une
* Cet événement est rapporté Julien Raimond 2 P. 35 et 37parce
de ja correspoudance de
père de famille
note confondu cette affaire avec celle du malheurenx ses deux enfans. Lz
guila
qui fut nassacré avec
7 tore 111,
de la Petite-Rivière, retrouve dans les Dàbeu-de Colonies
méme confasion se
p. IOI.
gens
ontre
D faire du FondsParisien
d'une manière inexacte dans une
* Cet événement est rapporté Julien Raimond 2 P. 35 et 37parce
de ja correspoudance de
père de famille
note confondu cette affaire avec celle du malheurenx ses deux enfans. Lz
guila
qui fut nassacré avec
7 tore 111,
de la Petite-Rivière, retrouve dans les Dàbeu-de Colonies
méme confasion se
p. IOI.
gens --- Page 41 ---
(133 )
gens de coxleur. - Dans le premier moment, on parloit d'une
> proscrip:ion genérale. M. de Caradeux aîné a proposé le dé-
- cret qui a passé. On les astreint à ne plus sortir de leurs
paroisses sans une permission des comités. Ce matin on avoit
proposé une addition à ce décret. Tout le Nord et une partie
de l'Ouest (*) s'y oppo:oient avec fureur. J'ai engagé M. Ca-
> radeux ainé à la proposer, et elle a été adoptée.Je m'en réjouis
> infiniment avec les amis de T'humanité. L'assemblée a donc
3 déclaré qu'elle prend sous sa, sauve:garde et sa protection
tous les gens de couleur qui se comporteront bien à l'avenir.
Ces deux derniers mots comprennent une amnistie de toutes
A les inconséquences passéis pour seux qui n'ont point commis de délit.
Les amis de l'ordre nous attendoient avec
impatience ; et réellement je crois que, sans la députation
du Sud, nous aurions vu une Saint-Barthelemi. Il est des
* individus coupables dans cette classe j mais je ne me serois
jamais consolé d'une abomination de cette espèce, ordonnée
par un tribunal de sarg, dont j'aurois en le malheur d'être
3 membre. Recommandez à nos gens de couleur de continuer
* à nous donner dans leur bonne conduite des motifs de consiD déracion assez puissans auprès de l'assemblée, pour quc nos
intentions en leur faveur n'éprouvent point d'obstacles insurmontables. Vous étes sage 5 votre comité l'est beaucoup : je
vous recommande à tous la protection et l'instruction de ces,
à malheureux, plus absurdes que méchans (1). >>
C'est-à-dire tous les députés du Nord et une partie de ceux de
POuest.
1 Lettre de B. Suire, du 30 avril
1790 3 dans les notes de la
Rap. de G. Coulon, Tome II.
C
ions en leur faveur n'éprouvent point d'obstacles insurmontables. Vous étes sage 5 votre comité l'est beaucoup : je
vous recommande à tous la protection et l'instruction de ces,
à malheureux, plus absurdes que méchans (1). >>
C'est-à-dire tous les députés du Nord et une partie de ceux de
POuest.
1 Lettre de B. Suire, du 30 avril
1790 3 dans les notes de la
Rap. de G. Coulon, Tome II.
C --- Page 42 ---
I - 2 34)
l'auteur de cette lettre étoit bien loin d'être pré-
.. XIX.
Onveit que
regardoit leurs prétentions
Nouveaux venu en faveur des gens de couleur;il
ne furent
à
: ses conseils
Passemblée outrages comme desabsurdités setdesinconséquancess du sud accabla les homme:
L'assemblée provinciale
du Sud.
pointstivis.
insupportables encore que tout ce
de conleur d'humiliations plus
d'entr'eux à 1a
souffert. On manda les principaux
qu'ils, - avoient
avcit envers eux, et les nouveau:
barre; et d'après les torts qu'on
s' 'ilss s'y rendroient
outrages qu'on méditoit, on douta long-temps
avoir été ma
des an:is de J. B. Millet, qui ne paroit pas
Un
se fit fort de les amener.
intentionné, Dubretil-Fostesex, dit-il, comme je les ai trouvés e
réussit. ( Je les trouvai tous, meilleures
, les in
c'est-à-dire, dans les
dispositions en notr
> laisses,
droites, une bonne volonté décidée
9 tentions les plus
cela fondé sur d'excellens prir
)) faveur et à tout risquer, > tout
jamais (1).>
ils ne se déparliront) tj'espère
D cipes, desquels
leur tint, quard ils étoient
Voici une partie du discours que du sud, qui pourtant étoit
la barre, le président de Tassembléc colonic (2). Tout le reste e
ia
sage de la
comme on l'a vu, plus
décrets de l'assemblée générale (
du même genre. e D'après les impérativement et indistinct
> Saint-I Dowingue , qui obligent colonie, il vous est enjoin
les individus de cette
> ent togs
déclarés couf ables du crime de lèt
sous la peine d'étre
tels, de ne plus sortir
et d'être poursuivis comme
P nation,
37: et38. Débats dans Pafia
de Julien Raimond, ,P.
correspondance des Colonies, tome III, p. 1ooet 1O1. J. B. Millet , du 13 r
Lettres de Dubrenil de Foureaux à
120 et suiv.
les notes de ladite correspondance 2 P.
1700, dans
rapport le $. XXV
dans la promière partie du présent
2 Voyez
chap. IV.
ne plus sortir
et d'être poursuivis comme
P nation,
37: et38. Débats dans Pafia
de Julien Raimond, ,P.
correspondance des Colonies, tome III, p. 1ooet 1O1. J. B. Millet , du 13 r
Lettres de Dubrenil de Foureaux à
120 et suiv.
les notes de ladite correspondance 2 P.
1700, dans
rapport le $. XXV
dans la promière partie du présent
2 Voyez
chap. IV. --- Page 43 ---
( 35 )
> chez vous armés > à moins que vous ne soyez commandés pour
N quelque objet de service, soit de la Rart de vos ofciers, soit de
a celle des comités paroissiaux ; etil vous est également défendu
D de sortir de vos paroisses sans être précautionnés au préalable
> d'un passe-port du comité de votre paroisse Tous les gens
> de votre ciasse sont également, par CG décret, mis a l'avenir
> sous la sauve-garde de la loi et souslrautorité de l'assemblée gé-
> nérale. L'assemblée que vous voyez actuellement réunie, com-
> po:éc de députés de toutes les paroisses de cetce province, vous
A prend de même sous sa protection, et vous assure, par mon or-
> gane, qu'aucune atteinte ne sera portée à Ja sureté de vos personnes 3 ni à la libre disposition de vos propriétés, tant que vous
A vous maintiendrez dans les bornes du respect et de la soumis-
> sion que vous devez aux lois de Saint-Domingue,
> L'Assemblée nationale vers laquelle quelques-uns des vôures
35 s'étoient retirés, vient de promulger par son décret du 8 mars,
que la colonie de Saint-Domingue demeure autorisée à faire
> connoître son voeu sur la constitution, la légi lation ct l'admi-
> nistration qui conviennent à sa Prospérité et au bonheur de SCS
> habitans, et qu'elle n'a jamais entendu les assujétir a des lois
a qui pourroient être incompstioles avec leurs convenancesloca-
* Th. Millet dit, dans lrs débats de l'affaire des Colonies, tome T,
p- 339, que ces mesures prohibitives n'ont été prises par
de Saint-Marc que pour le quartier du Fonds-Terisien. Mais Passembléc ce
est dans le centre de la province de l'Oucst, auprès de
quartier
et le discours qu'on raprorte icia eu lieu à T'assemblée Saist-Merc, provinciale
du Sud. Le décret de l'assemblée de Saint : Marc étcit donc bien
général pour tuus les hemmes de couleur de ia Colenie 1 comme les
lettres de Suire et de D.breuil-Foureaux l'indiquent aussi.
C
du Fonds-Terisien. Mais Passembléc ce
est dans le centre de la province de l'Oucst, auprès de
quartier
et le discours qu'on raprorte icia eu lieu à T'assemblée Saist-Merc, provinciale
du Sud. Le décret de l'assemblée de Saint : Marc étcit donc bien
général pour tuus les hemmes de couleur de ia Colenie 1 comme les
lettres de Suire et de D.breuil-Foureaux l'indiquent aussi.
C --- Page 44 ---
(36)
devez donc désermais vous adresser à
> les ct particulires. Vous
3 et vous n'aurinjal'assemblée générale de Saint-Domingue,
obtenir l'amédi avoir recours à d'autre tribunal pour
3 mais
sort ct votre situation vous rendent suscepD lioration dont votre
et pourra orvous soumettant à tout ce qu'elle peut
> tibles, en
assurés, et nous vous le
Vous pouvez étre cependant
A
donner.
qu'clle vous main
de la manière la plus solemnelle,
> confitmons
de tous vos droits civils, et qu'elle s'oc
l'exercice
> tiendra dans
combinaison plus heureuse dans se
par une
cupera sur-tout,
mettre à l'abri de toute vexation par
D lois, des moyens de vous
attentat en Ce genre , s'ilne de
de manière gue tout
3 ticulière,
impuni, i,quels que soicn
impossible s ne resterajamais
S vient pas
l'aura commis ; mais gardez
et la condition de celui qui
y létat
demandes qui scroient incompatibles ave
B vous de faire des
vous devez rester et persé
dans lequel
> Tétat de snbordination
la déférence respectucuse qu
envers les blencs, ct de
> vérer
l'orgueil ni le délire de croir
Ieur devez, et n'ayez pas
a
vous
marcher Pigal de vos patrons, d
3 que wous paissietjamais
ni de participer à toutt
vos anciensmaitres,
s vos bienfaiteurs,
et tous les droits publics (1)-
publiques
2 les charges
même discours, le présidet
Dans un autre passage du
avoient à se pénétr
répéta encore aux mulàtres 1 K qu'ils
rien ne pouvc
et importante vérité, que
* de cette grande
alérer la ligne de démarcation 9
ni méme
,
> détruire,
institutions avoient également et irréve
* la nature et leurs
bienfaiteurs (2) D. Ainsi,
fixée entre cux et leurs
> callement
31 et suivantes dans
de J. Raimond 1 P.
1 Correspondance Vaffaire des Colonies, tome IlI, P. 107.
notes. Débats dans
2 Ibid. P: 3a.
et importante vérité, que
* de cette grande
alérer la ligne de démarcation 9
ni méme
,
> détruire,
institutions avoient également et irréve
* la nature et leurs
bienfaiteurs (2) D. Ainsi,
fixée entre cux et leurs
> callement
31 et suivantes dans
de J. Raimond 1 P.
1 Correspondance Vaffaire des Colonies, tome IlI, P. 107.
notes. Débats dans
2 Ibid. P: 3a. --- Page 45 ---
(37)
vouloit dter aux hommes de couleur jusqu'à l'espérance d'an
meilleur sort pour l'avenir. Dubreuil-Foureaux les avoit si bien
uges, , qu'au.lieu de sc soulever contre cêt indigne traitement,
ls promirent de s'y soumettre. < On leur lut, dit-il, les décrets
de l'assemblée générale, auxquels ils furent d'abord sensibles
aux larmes : n'ayant, dirent-ils avec vérité, jamais fait un
mauvais usage de leurs armes, ils ne pouvoient deviner
pourquoi on leur défendoit de les porter. On leur lut
ensuite un arrêté de l'assemblée provinciale , conséquent aux
décrets ci-dessus et en leur faveur; ils en Fiurenesatinfaizr,
à quelques mots prés qu'on auroit rraiment pu se dispenset
d'y mettre, et ils offrirent de nouveau de préter le serment
qu'ils avoient déja profondément gravé dans leur caur. Is
en furent dispensés par l'assemblée, ct se retirèrent (1).x )
C'est pourtant quand les hommes de couleur étoient ainsi $. XX.
raités par toutes les autorités constituées de la colonic, et par Aetes de ma-
'assemblée de Saint-Marc clle-mème, qu'elle feignoit de n'at- chiavélisme
ribuer leurs alarmes qu'aux bruits faussement répandus
de l'assemies
par blée des Saintmalveillans, sans rien faire pour adoucir leur sort. Voici Marc,
e qu'on lit dans le courier du Cap, n°. XI, P- 99: < Il a été
question de l'alarme que répandent parmi les gens de couleur
des personnes mal intentionnées, et des effets désastreux
qu'elle produit. L'asseniblée a persisté de plus fort dans son
décret du 30 avril, par lequel elle a mis sous sa sauve-garde
les propriétés des gens de couleur, L'assemblée a décrété,
en conséquence, que le comité des recherches tâchera de découvrir les auteurs de ces bruits, qui tendent a faire douter
* Lettra susdire de Datreuibfoureaux, ibid p.aLet 22.
C3
ées, et des effets désastreux
qu'elle produit. L'asseniblée a persisté de plus fort dans son
décret du 30 avril, par lequel elle a mis sous sa sauve-garde
les propriétés des gens de couleur, L'assemblée a décrété,
en conséquence, que le comité des recherches tâchera de découvrir les auteurs de ces bruits, qui tendent a faire douter
* Lettra susdire de Datreuibfoureaux, ibid p.aLet 22.
C3 --- Page 46 ---
(38 )
des intentions de Tassemblée, et lu
cette classe de gens,
(1). >
des vues opposées à ses principes
> préter
acheva d'indisposer le
Un nouveau trait de machiavélisme
nombre
de couleur, et de faire naitre chez un grand
horsmes
On se rappelle que les ins
la première idée de la résistance.
constituante
tructions décrétées le 28 mars 17gopartAnemblée
à Saint
ordonné la convocation des assemblécs primaires
avoient
délibérer si l'assemblée coloniaie seroit con
Domingue , pour
à la formation d'une nouvell
frmée, ou s'il seroit procédé
exercer lc
assemblée. En règlant les qualités nécessaires pour semblables
droits de citoyen actif shr des bases a-pen-près r'Assemblér
celles qu'elle avoit posées pour la métropole, hommes de cou
constiluante n'avoit fait aucune exclusion des
elle n'avoi
entre eux et les blancs :
lear, aucune dstinction
les anciennes lois des colonie
rien dit a leur égard, parce que
les deux coulenrs, e
n'établissoient aucune différence entre
de Saint
la déclaration de Barnave et des députés
que,suivant telle énonciation auroit pâ faire supposer qui
Domingue, une
de couleur étoient constestables et con
les droits des hommes
a
testés (2)-
faire consacrer pa
On préparoit déja tout en France pour y de couleur. I
politique des hommes
les lois Passervissement her la vérité à ceux de Saint - Do
falloit pour réussir ca
de l'Assemblée cons
mingue,et dénaturer les intentions pures
Les
parvint à la tromper.
deputé
tituante, en attendant qu'on
rIBiz. P. 71.
XXIV du chapitre III de la premièr
2 Voyez ci-dessus le $.
partic.
rer pa
On préparoit déja tout en France pour y de couleur. I
politique des hommes
les lois Passervissement her la vérité à ceux de Saint - Do
falloit pour réussir ca
de l'Assemblée cons
mingue,et dénaturer les intentions pures
Les
parvint à la tromper.
deputé
tituante, en attendant qu'on
rIBiz. P. 71.
XXIV du chapitre III de la premièr
2 Voyez ci-dessus le $.
partic. --- Page 47 ---
(39)
de Saint-Domingue, d'accord en ce point avec le club Massiac, servirent Jes préjugés qu'ils ne partageoient
pour ménager leur popularité. Ces hommes
point (1),
qui se prétendoient
patriotes, envoyérent.dans la Colonie la Gagerte de Paris et
d'autres papiers contre-rérelationairer, à qui l'on avoit fait
dire que les décrets de mars n'avoient gardé le silence
les hommes de couleur
sur
que parce qu'ils en condamnoient les
réclamations (2). C'est ainsi qu'on parvint à les exclure des
assemblées prinaires qui eurent lieu pour le renouvellement de
l'assemblée coloniale, et à empêcher même qu'ils ne se présentassent à presque aucune d'entre elles. La prévention étoit
si générale contre eux, 1 que le gouvernement fut d'accord ldessus avec l'assemblée de Saint-Marc. Il existe,
lettre da
dit-on, une
gouverneur Peinier au margaillier de Ia paroisse de
Saint - Marc (3), dans laquelle il assure
que l'interprétation
donnée à l'article 4 des instructions du 8 mars, en faveur des
hommes de couleur étoit sans fondement, et que s'ils se présentoient, on étoit en droit de ne pas les recevoir Mais
2 Voyez le $. I de ce chapitre, et la correspondance secrète 36
et 37, etc.
* p.
a Voyez ibid. S. Il, la lettre de Brissot à Barnave, p. 32, etc.
3 Précis de la révolution de
Nonvel
Saint-Domingue, 2 par Th. Millet,p. 13.
examen du rapport de Barnave $ d'après celui qu'il a fait
imprimer, par le même, P. 69. Débats dans l'affaire des
tome I, p. 208 et 335.
Colonies,
* On n'a pu trouver cette lettre dans les papiers de la
des Colonies. Il n'est pas
commission
vant une autre
improbable que ce soit la même oi,suicitation , Peinier louoit les bonnes
hommes de
dispositions des
couleur, et engageoit les agens du gouvernement à les
ménager. Voyez le tome I des débats, dans P'affaire des
p.232 et 203.
Colonics 9
C4
des
tome I, p. 208 et 335.
Colonies,
* On n'a pu trouver cette lettre dans les papiers de la
des Colonies. Il n'est pas
commission
vant une autre
improbable que ce soit la même oi,suicitation , Peinier louoit les bonnes
hommes de
dispositions des
couleur, et engageoit les agens du gouvernement à les
ménager. Voyez le tome I des débats, dans P'affaire des
p.232 et 203.
Colonics 9
C4 --- Page 48 ---
(4)
employées par la tyrannie ne pouvoient que
les précautions
de la vérité; un pen plus tôt ou un
retarder la manifestatien
dans la Colonie.
peu plus tard elle devoit enfin pénétrer
les décrets du mois de mars 2Ux hom-
$. XXI.
Raimond avoit envoyé
le véritable sens. Il leur
Protestations mes de couleur, en leur en exposant
celui du 28,
deshommes indiquoit la conduite qu'ils devoient tenir d'après
de co:leur
reconnit leurs droits politiques à Saint-Domingae,
contre cette scit qu'on
des voies légales
assemblée. soit qu'on s'y refusàt. Il ne proposoit que
Pexercice. Il les engageoit à tout attendre
pour leur en assurer
inviol.blement attachés, < a
de la mère patrie, à luf rester
ct la police de
maintenir la tranquillité
> zout soufrir pour
> la Colonie ()- >
du
de couleur de la province
Cet écrit parvint aux hommes
effets
Julien RaiSud, et il y produisit une partie des
que de la
Dès le 9 juillet 1790, ceux
paroisse
mond en atténdoit.
contre toutes les opsrade Cavaillon firent une protestation
consions des assemblées de la Colonie, et particulièrement celte
de l'assemblée de Saint-Marc. Ils fondèrent
tre les actes
T'assemblée de Saint - Marc
protestation, 1°. sur ce que
et sous ea propre
s'étoit formée de son autorité privée,
partie
constitution ; 2°. sur ce qu'elle ne représentoit qu'une de droit
la
et qu'elle ne pouvoit pas avoir
> de Colonie,
n'y étoient pas représentés,
> exclusif sur les citoyens qui
décrets de l'Assemblée
de l'autorité des
> Enfin en s'étayant
n'attribuoient à la Coloa nationale, des 8 et 28 mars,,qui
de couleur dans la partic du
1 Instructions enroyées aux citoyens 11 ets suivantes de la corSud, après le décret du 21 mars 17,0, P.
respondance de Julien Raimond.
voit pas avoir
> de Colonie,
n'y étoient pas représentés,
> exclusif sur les citoyens qui
décrets de l'Assemblée
de l'autorité des
> Enfin en s'étayant
n'attribuoient à la Coloa nationale, des 8 et 28 mars,,qui
de couleur dans la partic du
1 Instructions enroyées aux citoyens 11 ets suivantes de la corSud, après le décret du 21 mars 17,0, P.
respondance de Julien Raimond. --- Page 49 ---
(41)
nie
le droit de manifester sont voen sur 1a constitution
que
qui lui convient, et non de faire des lois. . .
ils protestérent, de garder inviolablement toute fidéliré à
la nation , au roi, et à la loi qui seroit décrétée par clle,
et de sévir contre ceux qui pourroient s'en écarter, à la
réquisition des représentans de S. M. dans la Colonie () n.
Des protestations semblables furent également faites par d'aures hommes de couleur; mais leurs assemblées se tenoient
à la terrible surveillans le plus grand secret, pour échapper
hnce des blancs. La première protestation est datée simplement
Ve Saint- Domingue 5 une autre l'est du fond de PIle-à-Paches,
Rui cst à l'estrémité de la côte du sud de la Colonie (2).
L'assemblée de Saint-Marc fat donc confirmée par les blancs $. XXIL.
euls, et les persécutions continuèrent toujours contre les Invocation
ommes de couleur, malgré leur soumission à l'autorité illégale hommes tardive des de
le leurs ennemis. C'est seulement lorsque cette assemblée vit couleur par
on impuissance pour lutter contre le parti du gouvernement, l'assemblée
u'elle sentit combien son injustice envers les hommes de de St Marc.
ouleur avoit été impolitique. Elle parut vouloir revenir sur
es pas. Th. Millet dit que, lorsqu'elle fût dissoute, il devoit
brésenter en leur faveur un projet de décret, 2 dont il ne spéifie pas les dispositions. Il est certain du moins que l'assemblée
He Saint : Marc, qui les avoit désarmés si peu de temps aupaavant, voulut alors les armer contre ses ennemis, quiles appelèrent aussi à leur secours (3). On assure même qu'elle leur
1 Lettre de Boisrond et de Braquchais, du 27 juillet 1790, dans
ladite correspondance, p. 25.
2 Susdite correspondance 2 p. 25 et3g.
3 Proclamation de Peinier contre l'assemblée de Saint-Marc, du
août 1790. Précis bistorique de Th. Millet, p. 21.
voulut alors les armer contre ses ennemis, quiles appelèrent aussi à leur secours (3). On assure même qu'elle leur
1 Lettre de Boisrond et de Braquchais, du 27 juillet 1790, dans
ladite correspondance, p. 25.
2 Susdite correspondance 2 p. 25 et3g.
3 Proclamation de Peinier contre l'assemblée de Saint-Marc, du
août 1790. Précis bistorique de Th. Millet, p. 21. --- Page 50 ---
(42)
ft offrirde leur abandonner les possessions du parti qu'elle proscrivoit (a).
Les hommes de couleur, ontragés depuis si long temps par
l'assemblée de Saint-Marc, , n'attendoient plus de protection que
de l'autorité de la mère patrie. Ils lui étoient tendrement attachés. Ils condamnoient les vues d'indépendance des grands
ils se rangérent du parti du gouvernement > qu'ils
planteurs;
dela France, et auquelils osèrent
considéroient comme l'agent
contre
enfin adresser leurs protestations $ quand il se prononça
T'assemblée de Saint-Marc (2).
désavouèrent hautement les principes dans une. adresse
Ils en
Mauduit les invita à s'ammer
al'Assemblée nationale, et quand
l'asse formoit dans le Sud pour
contre la confédération qui
ils obéirent à sa voix et continrent
semblée de Saint-Marc,
l'assemblée
les confédérés, tandis que l'armée du Nord forçoit
de s'embarquer (3).
milieu des convulsions politiques qui suivirent le
C'est au
le
mouve5. XXIII. départ de l'assemblée de Saint-Marc s que
premier
Voyage de
les hommes de couleur.
ment insurrectionnel se manifesta parmi
Vincent Oge
d'un caractère ardent, ct qui peut être n'étoit
en France. Un quarteron,
étoit parti de Saintpas exempt d'ambition, Vincent Ogé,
Pétition de Gatereau, du 11 décembre 1791 > imprimée par ordre
de 1 PAssemblée nationale, P. 6.
Julien
dans sa correspondance , p. 4o.
2 Lettre à
Raimond,
3 Lettre de Peinier, du 11 septembre 1790. Lettre de Labuissonnière de ce
à Raimond 1 du 27 août 1791 1 dans la correspondance
dernier P. 63. Débats dans l'affaire des Colonies, tome I, P.
et 203.
décembre 1791 > imprimée par ordre
de 1 PAssemblée nationale, P. 6.
Julien
dans sa correspondance , p. 4o.
2 Lettre à
Raimond,
3 Lettre de Peinier, du 11 septembre 1790. Lettre de Labuissonnière de ce
à Raimond 1 du 27 août 1791 1 dans la correspondance
dernier P. 63. Débats dans l'affaire des Colonies, tome I, P.
et 203. --- Page 51 ---
(43)
Domingue aux premières nouvelles de la révolution
ous Prétexte de suivre un
française s
Jar roi (). Mais la
procès que sa famille avoit au conseil
cause des hommes de couleur
plus occupé que la sienne
Une
paroit l'avoir
propre.
de ses
Hémarches en France fut de se
premières
proposer les mesures
présenter au club Massiac 9 pour
qu'il croyoit
1 Colonie. Il étoit bien
propres à faire prospérer
éloigné de connoître les principes
Pantre-révolutionaites de ce club, qui n'étoit alors formé
lepuis quinze jours. Ogé lui prétoit sans doute le même que
ie la liberté qu'il avoit vu chez
amour
mnémoire qu'il ylut
presque tous les Français. Le
isme etl'utilité des honoreroit le meilleur citoyen par le patrioparticulièrement vues qu'il y montroit. Il nes s'y occupoit
des hommes de couleur
point
probablement
2 dont il n'imaginoit
France (2). L'accueil pas encore qu'on pat contester les droits en
kation d'aristocratie froid qu'il réçut de cette scciété, la répuqu'elle obtint si vite
tout les obstacles qu'elle mit bientôt généralement, et surdes droits des hommes de
après à la reconnoissance
ouvrir les yeux. Il dévoua couleur, ne tardèrent pas à lui
de leurs intérêts.
dès-lors tous ses momens à la défense
Presque toujours il fut avec Julien Raimond, Pun des commissaires qu'ils nommèrent
leurs réclamations
pour faire valoir
auprès de l'Assemblée nationale
adresses et des mémoires dont
> par des
plus ardent et moins éclairé
plusieurs furent publiés; mais
méme
que Raimond, il ne mettoit pas la
lui prudence dans ses démarches, et ne savoit pas comme
supporter des injustices temporaires
par l'espérance d'un
Débats dans l'affaire des Colonies, tome
I, p. 206.
d'Ogé. Preceo-verbaux du clei Massiac, du 7 septembre 1709. Mémoire
resses et des mémoires dont
> par des
plus ardent et moins éclairé
plusieurs furent publiés; mais
méme
que Raimond, il ne mettoit pas la
lui prudence dans ses démarches, et ne savoit pas comme
supporter des injustices temporaires
par l'espérance d'un
Débats dans l'affaire des Colonies, tome
I, p. 206.
d'Ogé. Preceo-verbaux du clei Massiac, du 7 septembre 1709. Mémoire --- Page 52 ---
(44)
des lumières et de la révolution ne poua
saccès que les progrès
voient pas manquer d'amener.
du mois de mars 1790 eurent été rendus, s
8. XXIV.
Dès que les décrets
partager avec les
Difficultés il résolat de rctourner à Saint-Domingue droits
se félicitoit
qu'il éprouve hommes de couleur la jouissance des
trouva qu'il beaucoup de
à retourner d'avoir contribué à faire reconneitre. Il y
dans la Colonie.
difficultés.
T'Assemblée nationale , et
Les députés de Saint-Domingue à
la Luzerne des
le club Massiac , obtinrent du ministre
de couleur
sur-tout
Vembarquement des hommes
ordres pour empècher
les réclamations qui lui furent
et des nègres 3 et lorsque sur ordonna de lever ces ordres arbifaites, LAssemblée nationale
au même but, en abusant
traires, les colons blancs parvinrent
à modifier les règles
d'un décret qui autorisoit les municipalités public. Le club Massiac
générales de la police pour l'intérêt
négocians des
d'engager les principaux
avoit trouvé le moyen
ceux-ci obtenoient des
villes maritimes à adopter ses vues ; mème les capitaines
et gagnoient
- défenses de la municipalité,
de prendre sur leur
marchands, pour les empècher
des vaisseaux
couleur. Les registres de correspondance
bord aucun homme de
sont remplis des dédu club Massiac, et ses proces-verbauz, On avoit proposé au
marches qa'ils frent pour cet objet (). encore , cclui de
bien plus coupable
club Massiac un projet
oà il s'embarqueroit, et da
faire arrêter Ogé sur le bâtiment
aux chambres de
de Saint- Domingue
I Lettre de la députation
secrète 2 p. 11. Procès-verhaux ses
commerce 7 dans la correspondance
1790; voyez sur-tout
des 26 août et IO septembge
du clubMassiac,
avec les filles maritimes.
deux registres de correspondance
, cclui de
bien plus coupable
club Massiac un projet
oà il s'embarqueroit, et da
faire arrêter Ogé sur le bâtiment
aux chambres de
de Saint- Domingue
I Lettre de la députation
secrète 2 p. 11. Procès-verhaux ses
commerce 7 dans la correspondance
1790; voyez sur-tout
des 26 août et IO septembge
du clubMassiac,
avec les filles maritimes.
deux registres de correspondance --- Page 53 ---
45 )
e livrer a la ville du Cap (1), preuve que cet infortuné étois
Hévoué au supplice par les grands planteurs, avant méme d'être
parti de France.
Ogé surmonta toutes ces difficultés. Quand il s'étoit présenté 5. XXV.
sous son véritable nom 1 il avoit trouvé les ports fermés (2). Son arrivés
n prit un nom supposé, celui de Poissac; et au lieu de dans la pros'embarquer directement pour Saint-Domingue, il
vince du
passa par Nord
Angleterre et les Etats-Unis. L'émissaire du club Massiac en
Angleterre, Guiton, qui paroit avoir respecté la vérité matérielle des faits, quelque couleur qu'il leur donnât d'ailleurs,
assure dans la lettre qu'il écrivitde Londres, à cette sociéié, (3)
que les amis des noirs de Paris adressèrent Ogé au philantrope
Clackson, qui le fit partir (*) vers le milieu de juillet 1 1790.
II arriva à Saint-Domingue le 23 octobre suivant ; il trouva
lc moyen de débarquer au Cap, tant les précautions de la
tyrannie sont insufisantes pour accomplir ses vucs (4).
I Procès-verbaux du club Massiac, du 3 février 1790.
2 Débats dans l'affaire des Colonies > tome I, p. 206, tome
P- 30.
III,
3 Voyez la première partie du présent rapport, chapitre III, S. XI,
Voici le texte de Guiton : e Un des Négrophiles de
2 confirmé le départ du mulâtre
Londres m'a
Ogé pour Saint -
a voie de Londres. C'est M. Clarkson
l'a
Domingue par la
qui
et fait
a il lui avoit été adressé par les amis des noirs reçu de Paris. partir, Il
et
a guères que cinq semaines que ce mulâtre est
Je n'y a
a savoir s'il étoit seul, ou accompagné. >>
embarqué. n'aipu
4 Lettre de Guiton au club, du 18 août 1790. Registre de corres.
pondance dudit club par ordre de matières, folie 35 et 36. Débata
dans l'affaire des Colonies, tomeIII, p- 3o.
par les amis des noirs reçu de Paris. partir, Il
et
a guères que cinq semaines que ce mulâtre est
Je n'y a
a savoir s'il étoit seul, ou accompagné. >>
embarqué. n'aipu
4 Lettre de Guiton au club, du 18 août 1790. Registre de corres.
pondance dudit club par ordre de matières, folie 35 et 36. Débata
dans l'affaire des Colonies, tomeIII, p- 3o. --- Page 54 ---
(46)
La
du Nord paroissoit la moins propre de toutes,
s. XXVI.
province
Les hommes de couleur Y
Ses lettres à pour y commencer une insurrection.
Peinier et à
moins nombreux que dans les deax
étoient proportionnellemient
la
du
Passemblée autres. La ville du Cap, par sa population et discipline
du Nord.
d'ailleurs mettre sur pied, presréginent de ce nom 3 pouvoit
intelune force
que la bonne
que dans un instant,
considérable,
rendoit
ligence de l'assemblée du Nord avec le gouvernement
redoutable. Ogé ne fit point ces réflexions. Dès le
encore plus
avec un compagnon
lendemain de son arrivée il se rendit,
étoit située dans la
nommé Chavannes, sur son habitation, , qui
du Dondon, oti il trouva quelques-uns de ses amis,qui,
paroisse
Soit
étoient prévenus de son arrivée (1)-
qu'il
probablement suffisoit de réclamer justice pour l'obtenir, , ce
s'imaginit qu'il
être cru
malgré le peu de probabilité de la chose, pouvoit
qui, caractère aussi ardent que le sien, soit que comptant
par un
hommes de couleur, il crit pousur le secours de tous les
blancs, les mervoir renouveler avec eux, contre les colons
l'amour de la liberté avoit opérées en France contre
veilles que
adressa tout de suite ses réclamations au
les privilégiés, il
de l'assemblée du
de la Colonie et au président
gouverneur
de la manière la plus
Nord, en leur annonçant ses projets
Dans la lettre à Peinier, il témoignoit sa surprise
positive.
du décret du 28 mars queiqu'il
de la non promulgation
de France, avec des exemle lui eût perconnellement envoyé
de couleur.
de toutes les réclamations des hommes
plaires
dans Paffaire des Colonies, tome I, p. 206.
1 Débats
Le décret du 28 mars avoit bica été
* C'étoit-la nne erreur d'Ogé: Peinier ; mais on ne Pavoit pas exépromulgué dans la Colonie par
concerneit les hommes' de couleur.
cuté en ce qui
de la non promulgation
de France, avec des exemle lui eût perconnellement envoyé
de couleur.
de toutes les réclamations des hommes
plaires
dans Paffaire des Colonies, tome I, p. 206.
1 Débats
Le décret du 28 mars avoit bica été
* C'étoit-la nne erreur d'Ogé: Peinier ; mais on ne Pavoit pas exépromulgué dans la Colonie par
concerneit les hommes' de couleur.
cuté en ce qui --- Page 55 ---
(47 )
K Non, non, M. le comte, ajoutoit-il, nous ne resterons point
comme nous avons été
deur siècles :
a
sous le joug,
depuis
> la verge de fer qui nous a frappés est rompue. Nous réclamons l'erécution de ce décret; évitez donc, 2 par votre prudence, un mal que vous ne pourriet calmer. Ma profession de foi est de faire exécuter le décret dont j'ai concouru à faire obtenir ; de repousser la force par la force,
et enfin de faire cesser un préjugé aussi injuste que barbare (1). n
Dans sa lettre au président de l'assemblée du Nord, il se défendoit de l'imputation qu'on lui avoit déja faite, et qu'on n'a
cessé de renouveler depuis, de vouloir soulever les esclaves.
< Apprenez, lui disoit-il, à apprécier le mérite d'un homme dont
-
l'intentien est pure. Lorsque j'ai sollicité à l'Assemblée nationale un décret que j'ai obtenu en faveur des colons américains,
conDus anciennement sous l'épithète injurieuse de sang-mélés, je
n'aipoiat compris, dans mes réclamations > lesort des négres
qui vivent dans P'esclavage. Vous, et nos adversaires ont empoisonné mes démarches pour me faire démériter des habitans
honnètes. Non, nen, Messieurs, nous n'avons que réclamé
S pour une classe d'hommes libres, qui étoient sous le joug
> de l'oppression depuis deux siècles. Nous voulons l'exécution
> du décret du 28 murs. Nous persistons à Sa pro : ulgation, et
> nous ne cessons de répéter à nos amis, que nos adversaires
Lettre dogé, jeunes à Peinier, du 25 octobre 1790. Lettre de
Clavanne an même, du môme jour. Débats dans l'affaire des Co
lonies, tomeI, P. 149.
qui étoient sous le joug
> de l'oppression depuis deux siècles. Nous voulons l'exécution
> du décret du 28 murs. Nous persistons à Sa pro : ulgation, et
> nous ne cessons de répéter à nos amis, que nos adversaires
Lettre dogé, jeunes à Peinier, du 25 octobre 1790. Lettre de
Clavanne an même, du môme jour. Débats dans l'affaire des Co
lonies, tomeI, P. 149. --- Page 56 ---
(48) )
nc savent point conciliez lcurs intérêt
sont injustes, et qu'ils
avec les nôtres (1). >
chose dans une lettre au commandan
Ogé répétoit la même
se bornoient à 1
du Nord Vincent. Ily développoit ses vucs, qui
du décre.
disoit-il, la promulgation
défensive. 4 Nous caigeons,
des électcurs; nous nous rendu28 mars. Nous nommerons fortificrons; nous repeusseron.
drons à Léogane; nous nous
L'amour propre
force, silon nous inquiète.
Laforce 1 arla
insulté si nous siégions à côté d'eux
des colons se trouveroit celui des nobles ct du clergé, pou
Mais a-t-on consulté
existoient en France? (2)
et un abus qui
a redresser lesmille
de Peinier sur le sens de l'article 4 det
s. XXVII.
D'après Fopinion
ne crut pas devoir acMesurespri- instructions du 28 mars, ce gouverneur
comme ur
d'Ogé. Mais le considérant
secontrelui. cueillir les réclamations
des exhortations dani
homme égaré, il essaya de le ramener par
la réponse qu'il lui fit (3). I
ft depuis
des.colons blancs, qu'on
Telles éteientlespréventionse
II avoit envoyé copie
un crime à Peinier de cette réponse.
de la
lui avoient été adressées aux municipalités
deslettres qui
toutes discussions sur lc
colonie en les engageant à suspendre
La passion et ré
concerter pour la cause générale.
des
passé,etàse tels qu'il ne put rien obtenir. La plupart
goisme étoient
dars leur paroisse sous prétexte de se
colons blancs restèrent
jeune à l'assemblée du Nord 1 du 29 octobre 1790.
1 Lettre d'Ogé l'affaire des Colonies, tomel > P. 207.
Débats dans
à Vincent, du 29 octobre 1790. Lettre
2 Lettre d'Ogé jeune du ménie jour.
de Chavannes au même,
33 Lettre de Peiaier à Ogé, du novembre 1790.
garder.
toient
dars leur paroisse sous prétexte de se
colons blancs restèrent
jeune à l'assemblée du Nord 1 du 29 octobre 1790.
1 Lettre d'Ogé l'affaire des Colonies, tomel > P. 207.
Débats dans
à Vincent, du 29 octobre 1790. Lettre
2 Lettre d'Ogé jeune du ménie jour.
de Chavannes au même,
33 Lettre de Peiaier à Ogé, du novembre 1790.
garder. --- Page 57 ---
( 49 )
garder. La municipalité de Civailfon réponlit à Pinier que
cette insarrection ne venoitgue de latrop grande protcction
qu'il avoit accordée aux hom.nes' de couleur; mais que s'il n'y
avoit qu'eux dans l'insurreciion, la chose en clle-méme seroit
de très-peu de conséquence (1). >
Sans le voisinage dn Cap, il est donteux qne cette prédiction
se fat accomplic. L'assemblée du Nord convoqua une séance,
extraordinaire, ou les chefs militaires furent appelis. Sous prétexte qu'Ogé avoit déja rassemblé quelques hommc#a autour de
lui, quoiqu'il n'eit fait encore aucune hostilité (2), elle mit
ea tète à prix pour cinq cents portugaises. Le com:nandant de
la province, Vincent , le même qui avoit dissous trois mois
auparavant l'assemblée de Saint-Marc, fut envoyé contre Ogé.
Les journaux de la colonie ne contiennent ancun détail sur cette
expédition, > et les partisans des colons blancs ont depuis prétendu
que les hommes de couleur furent dissipés'sans combat, par de
très-petites forces. (3) Mais des nouvelles en quelque sorte cfficielles, quel'asiemblée de Saint-Mirc a fait imp primer en France,
et qui ne montrent de la partialité dans cette affaire que contre
les hommes de couleur, annoncent le contraire. On y voit que
Vincent ayant marché contre Ogé, à la tête de six à huit cents
hommes, fut d'abord repoussé, quoique les hommes de couleur
1 Lettre de la municipalité de Cavaillon à Peinier, du 11 novembre
1790. Lettre de la même à PAssemblée nationale, du 21 novenbre
1791, n8.31 des Nouvelies de Saint-Dumingne.
2 Lettre écrite aux administrateurs généraux de la Colonie par
leurs représentans au Cap ( de Vincent et Cambefirt), du 2guctobre
1790, à sept heures du soir.
3 Débats darts l'affaire des Colonies, tome I, P. 254 ct 253.
Rap.par G. Coulon, Tome II.
D
, du 11 novembre
1790. Lettre de la même à PAssemblée nationale, du 21 novenbre
1791, n8.31 des Nouvelies de Saint-Dumingne.
2 Lettre écrite aux administrateurs généraux de la Colonie par
leurs représentans au Cap ( de Vincent et Cambefirt), du 2guctobre
1790, à sept heures du soir.
3 Débats darts l'affaire des Colonies, tome I, P. 254 ct 253.
Rap.par G. Coulon, Tome II.
D --- Page 58 ---
(50):
suivant les blancs eux-mèmes, que trois cents hommes
ne fussent ,
des renforis du Cap avec des pièces
au plus. Il fallut faire venir
des mauvaissucbienareclanouvelle
de canon,etce quicoincide lui retira le commandement pour
cès de Vincent, c'est qu'on
avoir organisé une
le confier à Cambefort. Ce genéral, après
et
cents hommes, dissipa enfin la troupe d'Ogé,
araée de quinze
s'étoient armés avec lui. On les conprit plusieurs de ceux qui
duisit dans les prisons du Cap (1).
réfugia sur le territoire espagnol; et parce qu'il
XXVIIt.
Ogé sa
de l'ile Four de-
+
écrivit au gouvernement de cette pariie
11 est livré
voulu lui en faire un crime, en dipar le gou- mander protection, on a d'un ambassadeur (2). Le gouververnement sant qu'il prenoit l'attitude
accorder l'asyle qu'il demanespagnol. neur espagnol fut bien loin de lui
états
des traités subsistans entre les deux
pour
doit: en verta
P'extradition des accusés, et qui pourtant ne sappliquoient
cas
le livra avec plusicurs de ses compaguère 2 un pareil vil
la Favor. te, Negrier, qui
gnons au capitaine de la corvette
français. C'étcit
alla le demander de la part du gouvernement
dans cette
l'assemblée du Nord qui fir cette réelamation, et qui,
clle
le nom du gouvercirconstance 7 prit sur
d'empronter de temps ou ne pas
neur de la colonie pour ne pas perdre
comme
à Negrier,
essuyer de refus: Elle vota desremerciemens
de la dépendance du Nord, du 2
1 Lettre du prévàt général à Vassemblée générale 7 dans le
novenbre 1790 > à cinq députés
Fingmens d'une lettre
n*. XXVII des Nourelles de Saint-Doningue. novembre. Lettre de Pun des
à Pan desdits députés , da prenier
Leitre à P'un des
du 10 norembre,ibid.
dépatés A P'assemblée générale, du Iy norembre, ibid. Débats dans
dipurés à lassemblée générale ,
Paffaire desCulonies, tome 1, P. 205 'et a5j.
duns Palfaire des Colonies, tome I, P. 230 et a31.
2 Débais
ingue. novembre. Lettre de Pun des
à Pan desdits députés , da prenier
Leitre à P'un des
du 10 norembre,ibid.
dépatés A P'assemblée générale, du Iy norembre, ibid. Débats dans
dipurés à lassemblée générale ,
Paffaire desCulonies, tome 1, P. 205 'et a5j.
duns Palfaire des Colonies, tome I, P. 230 et a31.
2 Débais --- Page 59 ---
(51)
i sauveur de la colonie (03 elle écrivith l'Acsembléé nationale
etau roi, pour le commandant espagnol,qui fit cette tradition 3
demanda la croix de Saint-Louis pour récompense (2). Il
et qui
Blanchelande envoya dans la
est remarquable que lorsque
uite demander des secours au gouverneur de la Havane contre
soulèvement des nègres en vertu des mêmes traités, on lui
e
épondit qu'ils ne s'appliquoient pas aux mouvemens civils (3).
Dgé fut réuni à ses compagnons d'infortune dans les prisons
lu Cap.
oul $. xxtx.
L'Assemblée du Nord, après une discussion solemnelle,
I1 estr rompu
lle témoigna beaucoup de méfiance sur le résultat du juge- vif.
ment, arrèta que des commissaires pris dans son sein assistex
roient à teute l'instrnction. Il est semarquable que, dans cette
discussion et dans l'artêté même, elle osa invoquer les décrets
humains et justes , rendus par PAinemblie'nationale s au mois
H'octobre 1789, pour l'établissement des notables adjoints et
de la procédure publique (4). Le conseil du Cap eut le courage
de refuser d'obéit à cet arrêté : il déclara que dans l'impossibilité de concilier son respect pour la loi à celui qu'il devoit
aux arrêtés de l'assemblée du Nord, il donneroit la préférence
dont il ne
s'écarter (5). Mais il tenoit
la première 3
pouvoit
plus aux formes des ordonnances qu'aux principes éternels de la
1 Moniteur colonial, du 5janvier 1791.
2 Journal général de Saint-Domingue 7 du 22 janvier 1791.
3 Lettre de Las Casas à Blanchelande, du. - septembre 1791:
4 Arrêté du 29 décembre 1790. Moniteur colonial , des 1, 3 et 4
janvier 1791.
5. Arrêté de l'assemblée du Nord 7 du 8 janvier 1791. Moniteur
colorial, du 10.
Rap. de Garran-Coulon, Tome II,
* Da
du 5janvier 1791.
2 Journal général de Saint-Domingue 7 du 22 janvier 1791.
3 Lettre de Las Casas à Blanchelande, du. - septembre 1791:
4 Arrêté du 29 décembre 1790. Moniteur colonial , des 1, 3 et 4
janvier 1791.
5. Arrêté de l'assemblée du Nord 7 du 8 janvier 1791. Moniteur
colorial, du 10.
Rap. de Garran-Coulon, Tome II,
* Da --- Page 60 ---
(52)
il fat débouté de sa deluitice. Ogé demanda un défenseur:i
dura deux mois sans
mande. Enfin, après une instruction qui condamna Ogé et
le conseil supérieur du Cap
interruption,
Chavane, à l'affreux suple plus intime de ses compagnons,
qui en aggravoient
plice de la roue , avec des circonstances été assez de tant
lhorreur. Et comme si ce n'eit pas
encore
l'outrage pourThumanité souf.
de férocité, les juges poussérent entre le lieu du supplice des
frante jusqu'à faire une distinction
Voici le dispositif
mulâtres, et celui du supplice des blancs.
littéral du jugement, en ce qui concerne Ogé.
déclaré et déclare ledit Vincent Ogé jeune dueC La cour a
préméd'avoir depuis long-temps
> ment atteint et convaincu
de couleur, et notamment
> dité le projet de souleverdes gens -Rivière, par ses discours,
du
de la Grande
> ceux
quartier
décorations extérieures ; d'avoir oret
> fiusses qualifications
chef et auteur du désarmement
> donné et été le principal
desvols faits à main armée
>) des habitans dela Grande-Rivière, chevaux et autres effets, et de
> de leurs armes, munitions,
se sont commis divers
et révolte dans Laquelle
> linsurrection
violences, meurtres et assassinats $
> vols avec efraction, 3
chef au Dondon une bande
conduit et commandé en
> d'avoir
de couleur armés, etfait une incursion sur
> d'environ 80 gens
il a eu trois blancs tués
>> le bourg du Dondon 2 dans laquelle y
de manifestes et
trois blessés ; d'avoir, d'après des espèces
> et
au gouverhenr général, au
> déclarations de guerre envoyés de T'assemblée provinciale
comm.ndant en second, au président
bande en bataille
sourenu guerre ouverte et rangé sa
D du Nord,
et de ligne, et fait feu sur lesD contre les troupes patriotiques
du régiment du Cap
> dites troupes, > dont ily: a eu un grenadier
d'avoir envoyé
fait
blancs ptisonniers;
> blesséj d'avoir plusieurs
> et
au gouverhenr général, au
> déclarations de guerre envoyés de T'assemblée provinciale
comm.ndant en second, au président
bande en bataille
sourenu guerre ouverte et rangé sa
D du Nord,
et de ligne, et fait feu sur lesD contre les troupes patriotiques
du régiment du Cap
> dites troupes, > dont ily: a eu un grenadier
d'avoir envoyé
fait
blancs ptisonniers;
> blesséj d'avoir plusieurs --- Page 61 ---
(53 )
une autre bande faire feu sur les dragons et habitans de la
Grande-Rivière; d'avoir de sa main tiré sur les troupes dcux
coups d'espingole ; d'avoir enlevédesmulàtres.cxclaves dechez
leurs maitres; de les avoir armés 3 ct d'enavoir emmenéavec
lui dans la partic espagnole ; d'avoir pareiilement enlevé des
negres esclaves de dessus les habitations de leurs maitres.
> Déciare pareillement ledit Jean-Baptiste, dit Chavanne, anssi
quarteron libre, ducment atteint et convaincu d'avoir,avec le
nommeOgéjeune, été le premier et le plus ardent à provoquer,
ordonner et exécuter ladite révolte;
. pour réparation
de quoi condamne lesdits Vincent Ogé jeune, quarteron iibre
5 du Dondon, et Jean-Baptiste Chavanne, quarteron libre de la
* Grande-Rivière, à être conduits par l'éxéculeur de la hautejustice 2u-devant de la principale porte de l'église paroissiale
de cette ville, ct lâ, nus-tète et cn chemise, la cordeau cou,
> à genoux, ct ayant dans leurs mains chacun une torche de cire
> ardente du poids de deux livres, faire amende honorable, et.
déclarer.à haute et intelligiblevoiz que c'est mcchamment, témérairement et comme mal aviscs, qu' 'ils ont commis les crimes
> dont ils sont convaincus , qu'ils s'en repentent ct en demandent
> pardon à Dieu, au roi et a justice: ce fait,condaits sur Ta place
x d'armes de cette viile, cliL côcé oppost à D'eniroit destiné d
P'eaicution des blancs, et d'y avoir les bras, fambes, cuisses
et reins rompus vifs, sur un échafaud quisera dressé à cetctet,
ct mis parl'exécuteur de la haute-justic ce sur des roues, la face
tournée vers leciel, pour y sesertsegrfriria d Ticu leur
conserver la vie; ce fiit, leurs tétes coupees et exposces sur
) des poteaux; savoir, "celle dudit Vincent Ogéjeune surle grard
chomin qui conduit a: Dondon, ct celle deJean-Baptiste, dit
Chavamne, sur le chemin de la Grande-Rivière, en face de
D 3
ctet,
ct mis parl'exécuteur de la haute-justic ce sur des roues, la face
tournée vers leciel, pour y sesertsegrfriria d Ticu leur
conserver la vie; ce fiit, leurs tétes coupees et exposces sur
) des poteaux; savoir, "celle dudit Vincent Ogéjeune surle grard
chomin qui conduit a: Dondon, ct celle deJean-Baptiste, dit
Chavamne, sur le chemin de la Grande-Rivière, en face de
D 3 --- Page 62 ---
(54)
déclare les biens dudit Ogéjeune et dudit
> Thabitation Poisson; 3
et confisqués au profit du
dit Chavanne, acquis
> Jesh-Raptiste,
des
>>
au jugement
Shn.ranrwameinte
roi; surseoit
dit Chavanne; ; ordonne
ei Jean-Baptiste,
) tion desdits Ogéjeune
dit Chavanne,
têles desdits Ogéjeune et Jean-Baptiste,
> qeel les
bonne garde sur les lieux oi elles doivent
> seront envoyées sous
notaire et substitut à la
el
M. Duvernon,
) être exposées, que
commet à cet effet, en dressera
que la cour
D Grande-Rivière,
lui déposé au grelle de la cour >.
p procès-verbal, quisera par
un
n'en restèrent pas là. Deux jours apris,
6. XXX.
Les exécutions
fut encore rompu vif, et vingt - un
Exécutions autre cempagnon dOgé nouvel arrêt, qui en envoya treize aux
mulipliées. pendus en vertu d'un
beaucoup d'autres à digalères perpétuelles, en condamnant dans cette triste énuméraverses peines. On ne comprend pas
condamnés
tion les nombreux contumaces, qui furent également Page zit
par le mème arrêt (1). Etquoique
à ces divers supplices
furent erécutés (2), cette horriassuré que très- peu d'accusés
mois toujours avec de
ble procédure se continua durant plusieurs
dans sa lettre
exécutions. Boirond apprend à Raimond,
nouvelles
complices d'Ogé venoient
du 17 mai, que cinq des prétendus d'un arrèt du Conseil-supéencore d'être suppliciés en vertu
ricur du Cap, trois semaines auparavant (3).
du fanatisme des couleurs, qui ont fait périr
S. XXXI.
Les défenseurs
cherché en France des crimes chiméExamen des Ogé sur la roue, lui ont
erimes reprochés à Ogé.
Moxiteur calonial, du 25 et du27 mars 1791.
dans Vafiaire des Colonies, tomel,P. 251.
aDche
de Julien Baimond, P. 44.
$ Corzeryoadance
vertu
ricur du Cap, trois semaines auparavant (3).
du fanatisme des couleurs, qui ont fait périr
S. XXXI.
Les défenseurs
cherché en France des crimes chiméExamen des Ogé sur la roue, lui ont
erimes reprochés à Ogé.
Moxiteur calonial, du 25 et du27 mars 1791.
dans Vafiaire des Colonies, tomel,P. 251.
aDche
de Julien Baimond, P. 44.
$ Corzeryoadance --- Page 63 ---
(55) )
riques et étrangers aux chefs pour lesquels il a été condamné.
qu'ils sentoient bien qu'un tel jugement ne suffisoit pas
parce déshonorer les infortunés qui en avoient été la victime. Ils
pour voulu faire
Ogé tantôt pour un émissaire des amis
ont
passer
des noirs et de Raymond, envoyé par eux pour souleyer les
esclaves, tantôt pour un agent de la cour de Versailles et du
ministre la Luzerne, qui l'envoya, disent - ils , commencer la
centre-révolution à Saint-Domingue, en l'adressant à son frère 9
ambassadeur en Angleterre. Enfin, après lui avoir reproché, duvoulu soulever les esclaves, ils lui ont fait
rant sa vie, d'avoir
sa mort d'avoir écrit
ne vouloit pas les
un crime après
qu'il
armer contre les blancs. L'cxamen de ces objections diversés
semble d'abord assez inutile d'après leurs contradictions manifestes; mais la catastrophe d'Ogé paroit avoir eu tant d'infuence sur les événemens postérieurs 2 que rien de ce qui s'y
rapporte ne doit étre négligé. Cette discussion cst d'ailleurs
propre à jeter un nouvcan jour sur les manceuvres des meneurs
'des colons blancs, qui, en altérant sans cesse la vérité pour
sitisfaire leurs passions ct tromper la mère-patric 3 ont été
l'une des causcs les plus actives des maux de cette belle
colonie.
Il est vrai g'Ogé pensoit en 1790, avec les philosophes les
plus respectables et les amis des noirs eux-mémes, qu'on ne
pouvoit pas dorner tout d'un coup la liberté aux esclaves: il
ne croyoit p2s que cetle tertative fut alors praticable : et il
falloit toutelétenduc dc notre révolution pour que ce grand
actc de justice naturelle pit être efketisipsempiemett, tant
les pluc horribles iniquités deviennent difiles à détruire en
s'invétérant. Mais Opé étoit bien élcigné de méconnoitre les
dioits dus nigres,et de vouloir, comme les deux assembiées
D4.
claves: il
ne croyoit p2s que cetle tertative fut alors praticable : et il
falloit toutelétenduc dc notre révolution pour que ce grand
actc de justice naturelle pit être efketisipsempiemett, tant
les pluc horribles iniquités deviennent difiles à détruire en
s'invétérant. Mais Opé étoit bien élcigné de méconnoitre les
dioits dus nigres,et de vouloir, comme les deux assembiées
D4. --- Page 64 ---
( (56)
leur éternel esclavage fat la base de la consticoloniales 1 que ii avoit senti la nécessité d'adoucir leur sort
tution des colonics :
de présenter au club
dans le mémoire qu'il eut limprudence
Massiac ().
voulula liberté des
Ce reprocheméme fait à Ogédenlavoirg pas
n'est pas sincère lorsqu'on lui fait aussi
noirs, montre assez qu'on
des amis des
cclui d'étre parti de France par les instigations
noirs et de Raimond, pour exciter un soulèvement général parmi
les esclaves. Vainement essaie-t-on de sauver ces contradictions
vouloit soulever les esclaves, mais non les af
eti disant qu'Ogé
de cette
franchir (2). Onn'a pu rien produire encore à l'appui
ou même du projet de soulèvement géétrange imputation 2.
recherches faites par le club Massiac,
néral, malgré toutes les
de nouveauzdont l'infatigable activité se montrera bientôt par
le club des amis des noirs,
actes. Tout indique au contraire que
suffisoit d'arJulien Raimond ct Ogé lui-même, pensoient qu'il
la colonie avec le décret du 28 mars pour en obtenir
river dans
P'avoient assuré à
l'exécution ; les députés de Saint-Dominguc
ils
nationale lors de la discussion SUr ce décret;.
T'Assemblée
chauds partisans des hommes de
Favoicnt persuadé aux plus
Ogé
couleur. Le club des amis des noirs Se borna à envoyer dans
Clarkson, qui le fit passer
en Angleterre au philanthrope
de légitime dans cette déles Etais Unis. In'y avoit rien que
auroient di être
marche. Suivant les lois françaises les ports
anêté
homes de couleur commc aux blancs; un
ouveris aux
du uémoire du sieur Oge déposé au bureau 1,le7 seprembre
1 Copic
1791.
daus Paffeire des Colonice, tome I, P. 214.
- 2 Débats
qui le fit passer
en Angleterre au philanthrope
de légitime dans cette déles Etais Unis. In'y avoit rien que
auroient di être
marche. Suivant les lois françaises les ports
anêté
homes de couleur commc aux blancs; un
ouveris aux
du uémoire du sieur Oge déposé au bureau 1,le7 seprembre
1 Copic
1791.
daus Paffeire des Colonice, tome I, P. 214.
- 2 Débats --- Page 65 ---
(57)
du comité des rapports , auiorisé par les décrets de PAssemblée
wationale, , lavoit ainsi ordonné sur la réclamation des hommes de
couleur Les coupables éloient ceux qui empéchoient lexécution de celte loi, non ceux qui pour l'exécuter étoient obligés
d'avoir recours à des voies détournées.
Quant à Julien Raimond, les instructions qu'il adressa aux
hemmcs de couleur après le décret du 28 mars, contiennent
es exhortations les plus touchantes à la paix et à la soumission
envers les autorités existantes dans la colonie. Le premier article de cet écrit porte, K que les citoyens de couleur ne des vant, , dans aucun cas, se départir du zèle, de la patience
> et de la douceur qui les caractérisent, pour maintenir sur-tout
> la tranquillité et la police dans la colonie, doivent tout
> foufrir pour y parvenir; qu'ils laisseront faire aux blanca
tout ce qu'ils voudront, hors le seul cas, qui ne peut se
présumer, de livrer la colonie à une puissance étrangère >.
Plus, loin, Raimond veut a que les hommes de couleur s'engagent, même par serment, à continuer de soufrir toutes
> les vexations personnelles qu'on pourroit leur faire jusqu'au
moment ou les décrets de T'Assemblée nationale leur parviena droient 3 et de sacrifier leurs vies et leurs fortunes pour
conserver à la nation et au roi cette colonie (2) >. Bien loin
de précher le oulèvement des nègres non libres, il invite encore les homics dc couleur < à maintenir au contraire de toutes
1 Lertre dudit comité au département de la Loire-Inforieure, du
a déceabre 1790. Lettre de la Luzerne audit comité, du 14 août.
2 Instractions envoyées aux citoyens de couleur dans le Sud, par
J. Rainend, p- 11 et 13 de sa correspondance avec ses frères de
Salint-Domuingue.
de précher le oulèvement des nègres non libres, il invite encore les homics dc couleur < à maintenir au contraire de toutes
1 Lertre dudit comité au département de la Loire-Inforieure, du
a déceabre 1790. Lettre de la Luzerne audit comité, du 14 août.
2 Instractions envoyées aux citoyens de couleur dans le Sud, par
J. Rainend, p- 11 et 13 de sa correspondance avec ses frères de
Salint-Domuingue. --- Page 66 ---
(58) )
intérieure des esclaves, selon les orforces la police
> leurs
donnés >. Mais il étoit trop juste et
leur seront
>> dres qui
le sort de ces infortunés fàt laissé
trop humain pour vouloit que constituées de la Colonie. Il savoit
à la discrétion des autorités
toujours de l'imparque des maitres d'esclaves manqueroient on l'auroit dû. K Quant
tialité nécessaire pour y statuer comme
l'Assembléc naajoute-t-il, nous supplierons
>> à nos esclaves,
en considération qu'ils sont
tionale de vouloir bien prendre
des lois; mais
acquise sous la sauve-garde
D notre propriété,
sommes incompétens pour faire
nous
a en même temps que
sur leur SOTE s. Après
* des lois pour eux, et de. prononcer
Raimoad répète
autres détails étrangers à cet objet,
nationale
quelques
faut laisser a la sagesse de l'Assemblée
encore K qu'il
des esclaves (1) >, Il paroit que
* de prononcer sur le Sort
a, cet
ct
ses
principes
égard,
partageoient
ses correspondans
les esclaves, ils désapprouvèrent
qu'au lieu de songer à soulever d'Ogé. Voici ce que lun des
tentative
fortement l'imprudente écrivoit à Raimond quelque temps apres
principaux d'entre eux
d'Ogé fut suivie
sanglantes dont la catastrophe
les exécutions
chercher Ogé dans ce pays-ci,
au Cap. K Que diable est venu
d'homtout en feu, et faire faire une boucherie
2 pour. mettre
même du décret de pacification (2): .
> mes au Cap, en dépit
auroit voult
bien même donc il seroit vrai qu'Ogé
Quand
contre les blancs, il seroit déraisomnable
soulever les esclaves
des amis des noir
d'en conclure qu'il eit été en cela l'émissaire acte de cet in
de Raimond. Mais on a vu que le premier
et
1 Ibid. P. 12 et 14.
mai
P. 45 de la snsilit
2 Lettre de L. Boisrond, du 17
1791,
sorrcspondance.
voult
bien même donc il seroit vrai qu'Ogé
Quand
contre les blancs, il seroit déraisomnable
soulever les esclaves
des amis des noir
d'en conclure qu'il eit été en cela l'émissaire acte de cet in
de Raimond. Mais on a vu que le premier
et
1 Ibid. P. 12 et 14.
mai
P. 45 de la snsilit
2 Lettre de L. Boisrond, du 17
1791,
sorrcspondance. --- Page 67 ---
(59) )
fortoné, qui ne montra que trop ses vues à découvert, fut de
désavouer un pareil projet dans ses lettres au gouverneur Peipier et à l'assemblée provinciale du Nord. L'arret rendu contre
Hui le déclare bien K convaincu d'avoir depuis long-temps préles
couleur contre les
D
médité le projet de soulever
gens de
blancs ; d'avoir circonvenu et séduit lesdits gens de couleur,
et notamment ceux des quartiers de la Grande - Rivière >.
avoir formé le
de soulever
I ne le condamne point pour
projet
les esclaves; et certes un pareil chef d'accusation n'auroit pas
été oublié par ses juges, s'il y en eût eu des indices.
Le même arrêt le déclare bien encore convaincu K d'avoir
enlevé des mulâtres esclaves de chez leurs maîtres, de les
> avoir armés,et d'en avoir emmené avec lui dans la partie
> espagnole; enfin d'avoir pareillement enlevé des négres esclaves de dessus les habitations de leurs maîtres >. Mais cès
acies particuliers dont les blancs avoient donné l'exemple a Ogé
dans leurs querelles, n'a aucun rapport à un projet de soulèvement général des esclaves. Suivant l'arrêt lui - même, Ogé
n'avoit armé que quelques muldtres esclaves qu'on pouvoit
facilement confondre avec des hommes libres. Il n'avoit point
armé des nègres, quoiqu'il' en eit aussi enlevé.
On a produit, à la vérité, dans le procès de Raimond et dans $. XXXII.
D'un tsstales débats entre Sonthonax ct SCS accusateurs 1 une pièce que meardemort
Ton dit être le testament de mort de Jacques Oge, ditJacquct, attribuéau
frère de l'auteur de l'insurrection, et condamné à mort deux frèred'Ogé.
jours après lui. On trouve dans cette pièce des déclarations qui
indiquent un grand projet de soulèvement des esclaves, non
pour le temps de l'insurrection, mais pour celui du jugement
d'Owé. Ii y et dit 4 que dans les commencemens du mois de
> fivrier dernier (1791), les rivières n'avsient pas été dé-
Oge, ditJacquct, attribuéau
frère de l'auteur de l'insurrection, et condamné à mort deux frèred'Ogé.
jours après lui. On trouve dans cette pièce des déclarations qui
indiquent un grand projet de soulèvement des esclaves, non
pour le temps de l'insurrection, mais pour celui du jugement
d'Owé. Ii y et dit 4 que dans les commencemens du mois de
> fivrier dernier (1791), les rivières n'avsient pas été dé- --- Page 68 ---
(60)
des gens de
berdées, il devoit se faire un attroupement
devoient entraine: avec eux les ateliers, et
couleur , qui
la ville ( du Cap) en nombre trèsdevoient venir fondre sur
réunis au nombre de
considérable ; qu'ils éroien: méme deja
des rivièrea
plus de onze mille hommes; que le deboidement
le seul obstacle qui les, a empéchés a se réunirs que
cst
étant
composée de gens de coud'hommes
(*)
> cette quantité
de Mirebalais, de l'Artibonite,
leur de la Colonie entière,
et généra
d'Ouanaminthe, de la Grande-Rivière,
du Limbé,
cette époque il étoit sort
lement de toute la Colonie 5 qu'a
a cette
cents hommes de couleur pour se joindre
du Cap cinq
troupe (1).>
dans les faiti
Mais rien n'est plus suspect que cette pièce,
comme dans sa forme. Tout le procès d'Og
qui en sont l'objet,
secret, suivant le mode que
a été instruit dans le plus grand
tout asdes rois et du clergé avoit introduit pour
la tyrannic
du Cap nc voulut points'en écarservir. Le conseil-supérieur
d'accord avec lu
et T'assemblée du Nord ne fut que trop
ter,
Suivant les principes si connus du gouvernemen
ence point.
et aux écrivains d
de Venise, elle avoit défendu aux journaux bien ni en imal
de Taffaire des hommes de couleur en
parler
de l'arrêté pris à cette oc
II est remarquable que ls préambule
* Il fautlire sans doute étoit.
et 10 mar
des minutes da conseil supérieur du Cap, des 9
1 Extrait
garde des archives de la commission d
1791, certifié par Legrand, collationnée, certifiée par le présider
Saint-Domingue - sur une copie coloniale, du 6 avril 1712. Debai
et les secretaires de l'assemblée
210, etc.s P. 215 et suit
dans l'affaire des Colonies, tome I, P.
P. 23 et a3.
Rapport de Tarbe sur les troubles da Soint-Domingue,
il supérieur du Cap, des 9
1 Extrait
garde des archives de la commission d
1791, certifié par Legrand, collationnée, certifiée par le présider
Saint-Domingue - sur une copie coloniale, du 6 avril 1712. Debai
et les secretaires de l'assemblée
210, etc.s P. 215 et suit
dans l'affaire des Colonies, tome I, P.
P. 23 et a3.
Rapport de Tarbe sur les troubles da Soint-Domingue, --- Page 69 ---
(61)
casion (1) pendant qu'on marchoit contre Ogé, n'indique pas
même la moindre tentativefaite en faveur des hommes de couleur
par la voie de l'impression, quoiqu'il s'étende beaucoup sur
Jes abus de la liberté de la presse dans les discussions politiques
qui avoient divisé les diverses assemblées de la Colanie. L'arrêté
n'en fait pas moins défenses à tous citoyens, journalistes, imprimeurs et libraires de la province 2 de composer, (1 imprimer,
s vendre, 3 distribuer et publier aucun écrit sur l'insurrection
> des gens de couleur et les motifs d'icelle; comme aussi fait
> très- expresses défenses à tous écrivains de disserter sur les
> principes différens qui ont été érablis parles diverses assem5 blées de la Celonie, et de se permettre par écrit aucune
> réfexionsur les décrets nationaux des 8 et 28 mars dernier,
D sous les peines portées par son arrété du 22 octobre dernier,
a dont elle ordonne de plus fort l'exécution
L'arrêté n'eut que trop son exécution. Les journaux de la
Colonie ne donnent pas plus de lumières sur le procès d'Ogé que
sur son insurrection. Le dispositif seul de l'arrêt rendu contre
lui se trouve dans le Moniteur colonial, sans le vu des pièces qui
du moins auroient pa jeter quelques lumières sur la procédure,
Les deux Ogé furent sans doute mis à la torture, suivant l'afFreusejunispradence encore subsistante alers à Saint-Demingue :
car on voit que, plus d'un an après 3 l'assemblée provinciale
du Nord, en vertu d'un arrêté de l'assemblée coloniale, envoyoit
Hes commissaires assister à l'exécution des jugemens de cette
espece rendus contreles nègres, traduits devant les commissions
Gazette de Saint-Domingne, du 5 novembre 1791.
On n'a point cet arrêté du 20 octobre 1790, rendu an moment de
Parrivée d'Ogé.
car on voit que, plus d'un an après 3 l'assemblée provinciale
du Nord, en vertu d'un arrêté de l'assemblée coloniale, envoyoit
Hes commissaires assister à l'exécution des jugemens de cette
espece rendus contreles nègres, traduits devant les commissions
Gazette de Saint-Domingne, du 5 novembre 1791.
On n'a point cet arrêté du 20 octobre 1790, rendu an moment de
Parrivée d'Ogé. --- Page 70 ---
(62)
le
de tortaré
du Cap. Plus tard encore procéo-verbal de la roue
prévotales homme de couleur, condamné au supplice
d'un autre
des Cayes, fut envoyé à l'assemblée coloet du feuparle prévôt
confiance peul-on ajouter à des aveux
riale (2: Dès-lors, quelle
de Jacques Ogé, à qui lon
estorqués, par cet affreux moyen l'espoir de sa grace, qu'il indonné
avoit aussi probablement
(2).
plusieurs fois dans sa déclaration
dique
sur la fdélité des copies que
Mais peut-on même compter de cette pièce. L'ezemplaire
des colonies a eues
une
la commission
ait passé sous ses yeux, est
expéle moins irrégulier qui
de i'assembléc coloniale, qui s'étoil
dition délivrée par le bureau
qu'elle compromettoit,
emparée de toute la procédure 2 parce
des soupMais indépendamment
dit-on, des hommes puissans. étrange mesure, on se rapque doit faire naître cette
çons
de l'assemblée coloniale publièrem
pelle que les commissaires
une lettre de Julien Rai
en France sous la même garantie coupables La même
mond, avec les altérations les plus
uné pièce bier
altération n'est- elle pas plus à craindre pour
: Il existe
n'a pas mème été imprimée
plus importante 5 qui
du procès de Milscent une autri
d'ailleurs dans les pièces
différençes très- considéra
copie de ce testament, qui a des. hasard un passage de l'ui
biei. Il suffit de prendre presqu'au La dernière copie es
et de T'autre pour s'en convaincre. dont les accusateurs d
pourtant aussi certifiée par un homme
le témoignage
n'ont cessé d'invoquer
Polvercl et Sonthonax
le chapitre VII, S. XI.
1 Vuyez ci-dessous
208, et tome III, P. 51 et 60.
2 Voyezies débats, tome I, Pdu 23 sep
un arrêté dn comité colonial,
* Ce fait est constaté par
tembre 1793
copie es
et de T'autre pour s'en convaincre. dont les accusateurs d
pourtant aussi certifiée par un homme
le témoignage
n'ont cessé d'invoquer
Polvercl et Sonthonax
le chapitre VII, S. XI.
1 Vuyez ci-dessous
208, et tome III, P. 51 et 60.
2 Voyezies débats, tome I, Pdu 23 sep
un arrêté dn comité colonial,
* Ce fait est constaté par
tembre 1793 --- Page 71 ---
(63) )
bar de Raggis 3 ex - procureur de la commune du Mirebalais. $. XXXIIT.
Enfin, tout semble annoncer que les faits lesplus importans Doutes sur
déclaration sont absolument faux 5 la preuve l'énoncé de
e cette longue
cette pièce.
cla fausseté est méme formellement acquise pour quelquesRS d'entre eux. Etd'abord en ce qui concernele prétendurasemblement des onze mille hommes de couleur, que le deordement des rivières a seul empéchés de se réunir au mois
cjanvier 1791 3 les deux Ogé étoient détenus dans les prisons
u Cap, depuis la fin de décembre 1790 : ils étoient au plus
rand secret. Comment Jacques Ogé auroit-il pu savoir ce qui
e devoit paseer, ct cc qui se passa effectivement suivant lui,
ans des paroisses si éloignées ? On ne paroit pas même avoir
pupçonné l'objection résultante de cette invraisemblance, et le
estament de mort ne dit rien qui puisse servir à la résoudre.
lucune autre des pièces si nombreuses qui nous ont passé SOuS
s yeux nc parle de ces cing-cents hommes de couleur sortis du
Fap dcette époque, ni des onze mille hommes qui étoient déja
Gunis suivant la déclaration, et que néanmoins le débordement
es rivières empécha de se'reunir, comme elle le dit encore.
ans se prévaloir de la contradiction frappante qui subsiste ici,
umoins dans les termes, comment la sortie du Cap des 500
ommesde couleur n'auroit-ellep pas semél'effroi dans une colonie
facile à s'alarmer? comment ni les journaux qu'on a pu conulter, ni les écrits multipliés qu'on a recueillis sur cette époque,
c disent-ils rien du débordement des rivières , ni de l'interruption
es communications qu'il produisit ? L'arrété de l'assemblée
lu Nord contre la liberté de la presse ne s'étendoit pas du moins
ux faits de cette nature. Il est remarquable que Blanchelande
aisoit alors son premier voyage dans le Nord. La commission
les colonies a beaucoup de pièces et même des lettres privées
ter, ni les écrits multipliés qu'on a recueillis sur cette époque,
c disent-ils rien du débordement des rivières , ni de l'interruption
es communications qu'il produisit ? L'arrété de l'assemblée
lu Nord contre la liberté de la presse ne s'étendoit pas du moins
ux faits de cette nature. Il est remarquable que Blanchelande
aisoit alors son premier voyage dans le Nord. La commission
les colonies a beaucoup de pièces et même des lettres privées --- Page 72 ---
(64)
rien n'y indique que les communication
sur ce voyage(s);
aient été interceptées.
Voici ure fausse:
de fortes présomptions.
Ce ne sont-là que
non moins imporiant. Su
absolument démontrée sur un point
de mort, Jacques Ogé dit ( que le soulève
vant le testament
estsoutent ici (à Saint- Domingue
ment des gens de couleur
de Fieury ct de Hiignddelasi,dp-a
D parla presense
de P.dssemblés nationale 5 qe
> des gens de couleur auprès
se tienner
ici présent > ignore si ceS dépurés
D lui accusé,
le noime Fleury se tient a
croit que
à chez eux 5 qu'il
dans le quartic
nomme FHyrondill-Viard,
Mlircbelais,etle
Il
dans le récolement de :
s. ajoute
D de la Guande-Rivière
le nommé
déclaration, fait le lendemain 1, < que
Ficury
le
mLn des dépurésdes gens decouleur Pre
s Périsse , premier,
sont arrivés en cette colonic par u
nationale,
s PAssemblée
Hizordelle-Viard; ; que 1
bordelais avec le nommé
> bâtiment
a terre à Aquin, chez u
capitaine a mis les deux premiers
Hirondelle
homme de couleur, et le nommé
a nommé Dupont,
des gens de couleur au Cap.*
> Viard, également député
néanmoins constant. que ce Fleury est un sellier-car
Il est
Seine déja sur le retour de l'age , qui#
rossicr de la rue de
il demeure depui
quitté Paris ctlas section de T'Unilé,oi
pas
C'cst-là un fait incontestalile, auquelle
plus de vingt ans (e).
Sonthonax n'ont point répondu , e
accusateurs de Polverel et
dans les débats, qu'ily avoit ou pouroityavoir plusieus
disant,
Le
testament de mort cs
Fleury dans la colonie (3).
prétendu
a
VI de la
partie, S. XIX et suivani
1 Voyez le chapitre
colonies première tome III, p.49 et snivante:
2 Débats dans Palfhire des colonies, 7 tome IlI; p. 53 ct 56.
3 Débats dans Paffaire des
forme
de Polverel et
dans les débats, qu'ily avoit ou pouroityavoir plusieus
disant,
Le
testament de mort cs
Fleury dans la colonie (3).
prétendu
a
VI de la
partie, S. XIX et suivani
1 Voyez le chapitre
colonies première tome III, p.49 et snivante:
2 Débats dans Palfhire des colonies, 7 tome IlI; p. 53 ct 56.
3 Débats dans Paffaire des
forme --- Page 73 ---
(65) )
formé de deux parties 1 la déclaration faite le 9'mars , etl le
récolement fait le lendemain. Or, Jacques Ogé assure positivement dans l'un et dans l'autre, quoique Jes colons aient dit
le contraire (1),que le Fleury dont il parle etoit dipué par
jes gens de couleur près l'Assemblée nationale > et le Fieury
sellier-carrossier dans la rue de Seine est bien ceiai qu'ils avoient
élu en 1789. Le procès-verbal de cette dépetation, qni ne fat
pas admise à l'Assemblce nationale , fut publié dans le iemps
par la voie de l'impression 5 mais la députation bianche de SaintDomingue, qui ne cessott de recueillir toutes lcs nouvelles, vroies
ou fausses > qu'elle jugeoit propres a donne: aux assembices de la
colonie unc grande idée de sa surveillince, avoit annoncé dans
une de ses lettres (2) que ce Fleury devoit passer dans la
colonic pour y soulever les noirs. On crut sans doute pouvoir
bâtir sur cette lcttre l'échafaudage du prétendu testament de
mort.
I.a même invraisemblance 9 ou de plis grandes encore, ge
retrouvent dans le reproche que les colons ont fait à Ogédans 6. XXXr,,
Jes débats d'avoir été un agent du ministre la Luzerne , Ogé a-c-il
été un agent
envoyé par lui dans la colonie pour y commeicer la contre- delaLuzrine
révolution. Ce ministre le fit, dit-on, passer par la voie de erdescontre.
Londres, en l'adressant à son frére, anbassaleur en Angle- révolucionnaires
1 Ibid, p.znet 217.
2 Dibats danslaffaire des colonies, tome III, P. 29 et 50.
* Dans toute cetie partie des débats 7 comme dans beauroup
daute,lesitani.me sont fuires d'une manière fort contuce, pleines
d'ambiguitis peesetuellement interrompnes et incomplites. Voyez
le tomeI des débats,. 206, 91,38.35,33,35, Cico
Rap. de Garran-Coulon. Tomel
E
p.znet 217.
2 Dibats danslaffaire des colonies, tome III, P. 29 et 50.
* Dans toute cetie partie des débats 7 comme dans beauroup
daute,lesitani.me sont fuires d'une manière fort contuce, pleines
d'ambiguitis peesetuellement interrompnes et incomplites. Voyez
le tomeI des débats,. 206, 91,38.35,33,35, Cico
Rap. de Garran-Coulon. Tomel
E --- Page 74 ---
(66)
fait colonel dans les troupes de Saintterre. Il Pavoit amparavant
au roi , à la reine > et à toute
Domingue, et l'avoit présenté
assure
(1). Vemnedt, quia été son prisonnicr,
la famille royale
avec des
d'or, 2
d'un uniforme
épaulettes
qu'il la vu revêtu
disant général de Saint - Domingue 2 et
( décoré d'une croix, se
(2)a. D'autres
reconnu commetelpar crengaitsconpsgneiensd
cité des leitres d'Oge à ses sceurs, o il prenoit 7
colons ont
de colonci, et mème celui de commandant
disent-i ils, ce titre
(3) : on a mémcété
de la partie frangeise de Ssint-Domingue donné à Ogé éteit dans
jusqu'a dire que le brevet de colonel
l'assemblée cololes archives des commissaires envoyés par
dans les
la commission des colonies a fait transporter
niale > que
un diplome de l'ordre de
siennes (4). Enfin, on a représenté
de colonel (5).
Limbourg, qei donnoit à Ogécette qualificaion
de le dire, les vérités qui peuvent se trouver
Il est pénible
encore mélées à besucoup de
dans ces allégations paroissent
faussetés.
du club Massinc
Les procès-verbaux ct la correspondance
l'évidence que la Luzerne servoit les prévenprouvest jusqu'a société contre Ogé de tous ses moyens, qu'il
tions de cette
lui donnoit pour l'emabusa même de l'autorité que sa place
dans Tafiaire des colonies > tonie I, P. 204 et 229 ;
1 Déhats
TOTCZ aussi les pages précedentes.
2 Ihid. p. 213, 2s5etaar.
3 15i2 p.203, aszetzn).
4 Débets dens Wifaire des colunies,tomeI, p.ajsin
5 Zbiz. P. szaetstiventes,
ens, qu'il
tions de cette
lui donnoit pour l'emabusa même de l'autorité que sa place
dans Tafiaire des colonies > tonie I, P. 204 et 229 ;
1 Déhats
TOTCZ aussi les pages précedentes.
2 Ihid. p. 213, 2s5etaar.
3 15i2 p.203, aszetzn).
4 Débets dens Wifaire des colunies,tomeI, p.ajsin
5 Zbiz. P. szaetstiventes, --- Page 75 ---
(67)
pécher de passer à Saint-Domingue (1). Ce ministre introduisit
l'usage de ne laisser partir personne de France pour SaintDomingue sans une attache du club Massiac, qui avoit nommé
des commissaires pour examiner ces sortes de demandes ; et ce
quil y a de bien étrange, c'est que cet-abus s'est perpétué
jusqu'au milieu de 1792 2 sous tous les ministres qui lui ont
succédé (2) : c'est parce qu'Ogé ne pouroit pas aller directement de France à Saint-Domingue, qu'ily y passa sous le nom de
Poissac par la voie de l'Angleterre, ou le philanthrope Clarkson
le fit embarquer pour les Etats-Unis. La lettre de Guiton lève
tous les doutes à cet égard (3). Il se peut gu'Ogé ait présenté au roi et à la famille royale ses réclamations pour les
hommes de couleur; 5 la cour étoit très-abordable à la fin de
1-89, et tâchoit de se populariser: mais on n'a point la preuve
de ce fait. Quant au brevet de colonel, lorsqu'on a sommé les
colons de le produire 2 ils n'ont pu montrer que le diplome
de l'ordre de Limbourg (4).
Il est très-possible qu'Ogé , pour se donner du crédit parmi
ses compatriotes, > ait eu la foiblesse d'acheter un diplome du
prince de Limbourg, dont Pavidité, comme on le sait, ap:
précioit ces sortes de décorations à leur juste valcur, en en
vendant à qui avoit la sottise de lcs payer: nulle part ailleurs
1 Débats dans l'affaire des colonies 2 tome II, P. 43 et suiv.
Voyez sur-tout la lettre du club Massiac à l'assemblée de SaintMarc, duafa août 1790.
Débats des colonies, tome I, p. 228 et 229.
3 Procès-verbaux du club Massiac, 9 dug septembre 1789, et du 17
piai 1790.
4 Débats dans Paffaire des colonies > tome F, P. 222 ct suiv,
Ea
part ailleurs
1 Débats dans l'affaire des colonies 2 tome II, P. 43 et suiv.
Voyez sur-tout la lettre du club Massiac à l'assemblée de SaintMarc, duafa août 1790.
Débats des colonies, tome I, p. 228 et 229.
3 Procès-verbaux du club Massiac, 9 dug septembre 1789, et du 17
piai 1790.
4 Débats dans Paffaire des colonies > tome F, P. 222 ct suiv,
Ea --- Page 76 ---
(68)
autant de considération qu'a Saint-Dales croir ne procuroient
ne fussent aussi nulle part plus prodiguées
mingue, quoiqu'elles
d'accord sur ce point de fait
Tousles écrits des colons sont
rendu contre Ogé dit d'une manière assez vague
Le jugement
circonvenu et séduit les gens de
qu'il est convaincu a d'avoir
ses
notamment ceux de ia Grande-1 Rivière, par
couleur, et
décorations extérieures *.
discours, fausses qualications et
néanmoins à remarquer à cet égard que le diplome
Il cst
dans les débats (1), au lieu d'avoir été
produit par des colons
avoiz
comme ils ont voulu le persuader, paroit
saisi sur Ogé,
ainsi que son portrait 3 par le club
été envoyé dans Ia colonie,
chancellerie du
avoit arrêté l'original à la
prince
Massiac, qui
D'après tant de
de Limbourg avant qu'il cût été expédié
qu'on en pourrois donner, oB
* Parnii les preuves tres-cnltislises J'Archambaud à Legrand > du 13
se contentera de citer une lettre
lui la croix de St -Louis.
mai 1792, oit il le prie de demender pour vous iassiez d'instance,
me flatter, cit-il, que pour peu que
e J'ose
.11 vient c'eu pleuvoir ici vingtde réussir :
a ilvows serafecile
de perconnes qui lont eue ,je Re
deux. .Je vois une ifinité sieur de la Ferrière. Vous conexemple, un
a eais commonE; par
On m'a dit que pour cing a six
comne moi ses services.
o noisser
on étoit expédié. 3 Voyez aussi la corlouis donnds à un secrésairey de
) P. 43 etc.
secrète des députés Saint-Domingue,
respondance
Tome I, p.aset a23.
à l'assemblée de
de la lettre du club Massiac
* Voici le texte
trouverez sous ce pli, MM. ls
Suint-Marc, du 19 juin 1790: a Vons
été sur le point d'extorguer à
copie exacte da brevet qu'Ogéjeune d Nous sommes dépositaires
Tordre du mérite du Lion de Limbourg
soins, aux mains du
é:é arrité 1 remps par nos
a de Poriginal, qaia
ordre. Nous joignons eucore ici le porurais
de cet
U vice-chancelicr
dogs qu'il a fait graver.-
pli, MM. ls
Suint-Marc, du 19 juin 1790: a Vons
été sur le point d'extorguer à
copie exacte da brevet qu'Ogéjeune d Nous sommes dépositaires
Tordre du mérite du Lion de Limbourg
soins, aux mains du
é:é arrité 1 remps par nos
a de Poriginal, qaia
ordre. Nous joignons eucore ici le porurais
de cet
U vice-chancelicr
dogs qu'il a fait graver.- --- Page 77 ---
(69) )
machinations pratiquées par les agens des assemblées
il est permis encore de douter si Ogé avoit coloniales,
sollicité cet ordre, et si ce n'est pas-là une espèce effectivement de
pieuse, imaginée Par le fanatisme de T'esprit de parti. fraude
On doit encore ajouter que bien que les colons aient
dans lcs débats plusieurs extraits de cet
cité
dans lequel on lui fait reconnoitre
interrogatoire d'Ogé,
commandant
qu'il avoit pris le titre de
pour flatter l'amour propre de scs
ne se trouve point de copie de cette
sceurs, (1) il
Il est
pièce dans leurs archives.
remarquable enfin qu'aucune des lettres qu'il
Peinier 3 à Vincent, à l'assemblée du
écrivit à
si
Nord,avec une confiance
imprudente 9 ne dit rien de cette qualité de
n'edt pas dissimulée s'il eit prétendu l'avoir
colonel, qu'il
rien dit non plus dans les lettres
obtenuc. Il n'en est
semblée du Nord ct le
publiées contre lui par l'asni dans celles qui furent gouvernement, 3 lors de son insurrection,
de l'assemblée de
adressées à cette occasion aux membres
qu'ils frenti
Saint-Marc durant leur séjour en
et
avec
imprimer
tant de profusion.
France,
alors négligé de parler d'un fait
Comment auroit-on
tance > s'il eût réellement
auquel on attache tant d'imporexisté Si ces observations
paroissoient à quelques esprits poussées
critiques
de se rappeler
nous
trop loin, on les prie
les récits de que
ne connoissons l'affaire
ses ennemis mortels, et
c'est d'Ogé que par
si, par le secret de la
que
bien leur faute
de la presse, ils
procédure et leurs arrêtés contre la liberté
d'en
ont ôté au scrutateur de la vérité les
acquérir la connoissance certaine.
moyens
preuves de l'immoralité la
Indépendamment des
plus révoltante qu'on peut reprochee
. Débate dans l'affaire des
colonies 3 tomc I, P. 206.
R 3
'Ogé que par
si, par le secret de la
que
bien leur faute
de la presse, ils
procédure et leurs arrêtés contre la liberté
d'en
ont ôté au scrutateur de la vérité les
acquérir la connoissance certaine.
moyens
preuves de l'immoralité la
Indépendamment des
plus révoltante qu'on peut reprochee
. Débate dans l'affaire des
colonies 3 tomc I, P. 206.
R 3 --- Page 78 ---
(70)
d'occasions aux agens des assemblées coloniales en
dans trop
que dans cette malhéuFrance , tout indique particulièrement
les plus crimireuse affaire ils ont fait jouer les manceuvres
ils
perdre les défenseurs des hommes de couleur;
nelles pour
chelande, à peine arrivé dans la colonic,
avoient écrit à Blar
les soulever. Voici ce
que Julien Raimond y étoit aussi allé pour
d'Aquin le
mandoit en conséquence à la municipalité
qu'il
< Je suis informé, Messieurs, que le nommé
25 novembre 1790:
le nom de Saint- Réal, est un des chefs
>> Raimond ainé, sous
dcs
de couleur dans la
opérer l'insurrection
gens
D désignés pour
dans le quartier
ce Saint-Réal est maintenant
> colonie; que
mulâtres à arborer Tétendard de la
les
> d'Aquin pour engager
afin
vous preniez
> révolte. Je vous fais part de cet avis,
que
vous
vous croirez.les plus convenables pour
> les mesures que
les cffets
assurer. de cet homme de couleur, et prévenir par-là
*
néanmoins n'avoit pas
criminels (1) >.Raimond
> de ses projets
Dans une autre lettre adressée
plus quitté la France que Fleury.
le club
de Saint-I Domingue par
aux assemblées provinciales
leur surveillance sur de
Massiac 3 cette société excitoit encore
France par des
armemens. et enrôlemens faits en
prétendus
constatent
hommes de couleur (2) , quoique ses procès-verbaux dénonciations
s'étoit assurée du peu de fondement des
qu'elle
Enfin deux des hommes
lui avoient été faites à cet égard
qui
deJ. Raimond , P. 49, dans la nete.
1 Lettre susd., etcorrespondance
vers la fin.
2 Letire du club Massinc, du 10 avril 1790,
d'un
Massiac 2 de Parmement au Havre
* € On parle, dir le dab
plusienrs d'entre eux et
à Ssiat-Domingne
> mhegiditamo-e)
enrôlés. O: parle d'achat
33 meire des blancs 1 qu'ils ont, dit-on,
venies partielles faites
Nous avens la certitule de quelgacs
$ d'arnics,
orrespondance
vers la fin.
2 Letire du club Massinc, du 10 avril 1790,
d'un
Massiac 2 de Parmement au Havre
* € On parle, dir le dab
plusienrs d'entre eux et
à Ssiat-Domingne
> mhegiditamo-e)
enrôlés. O: parle d'achat
33 meire des blancs 1 qu'ils ont, dit-on,
venies partielles faites
Nous avens la certitule de quelgacs
$ d'arnics, --- Page 79 ---
(71)
qui ont depuis joué les rôles les plus importans dans l'affaire
des colonies, Page et Brulley , firent imprimer avec les altérations les plus perfidement insidieuses > des extraits d'une lettre
écrite par Julien Raimond dans la colonic , àl'époque même du
supplice d'Ogé. Cette falsification a été constatée en leur présence par le comité de marine et des colonies 2 qui rendit un
arrêté pour justifier Raimond (v).
On a fait un dernier reproche à la mémoire d'Ogé, et c'est $. XXXV.
le plus grave de tous. On a prétendu qu'il avoit commis des A-t-ilétéun
assassin?
assassinats ef massacré plasicurs habitans qui ne faisoient aucune
résistance (2). L'un des accusaleurs de Polverel et Sonthonax,
Verneuil, qui, de son aveu, lui doit la vie et la liberté, et
qui a d'abord reconnu dans les débats qu'il n'avoit point à s'en
plaindre (3), s'est réuni ensuite à ccux qui ont ainsi Aétri
sa réputation (4)-
Si l'on en croit l'arrêt rendu contre Ogé, il est trop vrai que
>> k Thomme de conleur dont nous vous envoyons le p-rtrait qu'il
>) a fait graver. Il seroit superllu que nous recommandassions cette
>) elfigic à votre prudence. Vous en ferez T'usage que vous jugerez
>) convenable. D Ces armes étoient douze sabres qu'Ogé envoyoit à
Bordeaux avec de la porcelaine. Voyez les procès-verbaux du chib,
des 11 mars 1790, eic.
I Lettres de J. Raimond à ses freres les hommes de couleur, en
comparaisoa des criginanx de sa correspondance 9 avec les extraits
perfides qu'en ont faits MM. Page et Brulley. Arrêté du comité de
marine et des colonies, du 11 avril 1793.
2 Debats dans l'affaire des colonies, tome I, P. 201) et suivantes.
Rapport de Tarbé sur les troubles de Saint-Doningue 2 P. 22.
3 iBi2. p. 213.
41 Ibid. P. 232 et254,
E 4
de couleur, en
comparaisoa des criginanx de sa correspondance 9 avec les extraits
perfides qu'en ont faits MM. Page et Brulley. Arrêté du comité de
marine et des colonies, du 11 avril 1793.
2 Debats dans l'affaire des colonies, tome I, P. 201) et suivantes.
Rapport de Tarbé sur les troubles de Saint-Doningue 2 P. 22.
3 iBi2. p. 213.
41 Ibid. P. 232 et254,
E 4 --- Page 80 ---
(72)
quelquer-uns des hommes de couleur insurgés avec lui se portèrent chez un boucher nommé Sicard, et l'assassinérent; ; mais
Ogére participa point à ce crime, qui eut lien hors de sa
L'arret qui condamne nommément plusieurs de scs
p-ésence,
compigrons pour cetacsasinat, ne l'impute point à Ogé, qu'il
comme l'auteur de P'ineurrection : il le dénc condamne que
clita seulement atteint et convairco d'avoir . de sa main 2 9 tire
suirles troupes denoe coups d'espinvolte;ce qui est bien différent
d'un assas inat. Le prétendu testament de mort de son frère
ait
Jacques ne lniattribue non plus rien de semblable, quoi qu'en
dit Page dans les débats s(1). Son premier acte d'ho-tilités , tandis
qu'on meitoit sa tête a prix, fut de prendre deux dragons, qu'il
relâcha aussitôt 3 à condition qn'ils porteroient ses dépêches a
l'assemblée provinciale de Nord. Il poussa la délicatesse jusqu'z
entrer dans des détails pour les justifier, et il déclara que leur
vigi'ance méritoit l'éloge de cette assemblée. (2)
C'est dansle premier monvement, dans celui qui, sans exclure
du moins ordinairement les combinaisens,
les passions, 3 précède
Verneuil avoue qu'il n'eut point a se plaindre d'Ogé (3):
que
ajouté
cet homme de couleur lui avoit même
i1 a depuis
que
l'avoir arrêté,
lui préta son cheval,
laissé son épéc après
qu'il
et lei donna des rafraichissemens. Tout annonce donc que cet
infort"ue jeune homme avoit la confance de son age, et la
d'ame si naturelle aux amis de la liberté. Sa conduite
grondeur
1 Ibil. P. 209.
du Nord, du 28 octobre 1790. Lettras
2 Letise 0Og al'assemblée
leurs
au Cap, , du
ax aaniniatraients de la coloni par
représentans
9 novensre. Voyez auasi le tome I des débats, P. 207.
3 Débats dans l'affaire dea cclonies, tomel, P 213,
la
d'ame si naturelle aux amis de la liberté. Sa conduite
grondeur
1 Ibil. P. 209.
du Nord, du 28 octobre 1790. Lettras
2 Letise 0Og al'assemblée
leurs
au Cap, , du
ax aaniniatraients de la coloni par
représentans
9 novensre. Voyez auasi le tome I des débats, P. 207.
3 Débats dans l'affaire dea cclonies, tomel, P 213, --- Page 81 ---
(73)
imprudente à bien des égards. Il fut vaincu et sacrifié; mais
ne commit point d'assassinats , qu'aucune cause ne peut justi5, quoique ses adversaires en aient professé la théorier(:)
cc celle de Y'empoisonnement. Les citoyens qui , ayant le bonur de vivre sous un gouvernement libre, sont bien convaincus
l'insurrection contre les aurorités existantes est une derC
Ere ressource a laquelle on nc doit recourir que lorsqu'il est
possible d'empécher autrement unc oppression générale, douront peut-être si Ogé ne devoit pas attendre encore avant de
ver l'étendard du soulèvement. Mais celui qui, après avoir
ssé en revue tous les actes de tyrannie qu'on avoit commis
Saint-Domingue envers les hommes de couleur, remarquera
suite le refus qu'on y ft d'exécuter tous les décrets de PASmblée constituante rendus en leur faveur , acquerra probaement la déplorable conviction que les maîtres d'esclaves ne
puvoient être réduits que par l'insurrection générale 3 contre
qucile ils ont si long-temps lutté. Quelque opinion donc qu'on
aisse avoir sur la témérité des démarches d'Ogé; si lon se
prte aux premières années de la révolution, sil'onse rappelle
e les blancs de la colonie lui avoient montré T'exemple de
armer les uns contre les autres, et qu'il ne réclamoit même
s droits les plus légitimes contre des autorités illégales, 2000
eues de la métropole , qu'en se fondant sur les décrets de
Assembléc nationale > on nc pourra refuser des larmes à sa
endre, en abandonnant scs bourreaux au jugement de l'bispire.
1 Ibid. tome V, P. 301.
elle
e les blancs de la colonie lui avoient montré T'exemple de
armer les uns contre les autres, et qu'il ne réclamoit même
s droits les plus légitimes contre des autorités illégales, 2000
eues de la métropole , qu'en se fondant sur les décrets de
Assembléc nationale > on nc pourra refuser des larmes à sa
endre, en abandonnant scs bourreaux au jugement de l'bispire.
1 Ibid. tome V, P. 301. --- Page 82 ---
(74)
CHAPITRE II.
DE Pinsurrection des hommes de couleur dai
POuest, et des concordats.
Cen'étoit pas seulement à St.-Domingue que le sang des hon
Décret $.I. de mes de couleur avoit été versé dans des émeutes populaires ets
novembre les échafauds. Les mêmcs atrocités avoient été commises à
1790 sur les Martinique. Les hommes de couleur de Saint-Pierre ayant vou
Colonies.
les armes comme les blancs à la Fète-Dieu de 1790,
porter
sc livra contre eux aux plus affreux excès ; plusieurs furent ma
sacrés, & l'on inftitua un tribunal prévôtal pour juger, non 1
survécu, et
assassins, : mais les infortunés qui avoient
auxque
on préta le projet d'une conspiration: absurde. Le gouvernement
l'ile, qui paroit avoir été secrètement dévoué aux vues des co
tre-révoluiionnaires, profita de cet événement pour mettrc da
son parti ces malheurcux, aigris par un trop juste ressentimen
et la Martinique, cd les blancs s'étoient déja battus, fut, pl
jamais, livrée à toutes les horreurs de la guerre civile (i
que
Pour faire cesser ces trocbles, et empècher qu'ils ne s'étendisser
l'Assemblée constituante rendit, à la fn C
aux autres colonies,
novembre 1790, un décret, dort quelques dispositions seulemet
cellcs
la France avoit dans les Anti
sont communes à toutes
que
les. Ce décret porte :
novembre
dans la collection de
I Note sur le décret du 20
1790,
le
décrets de PAasemblée constituante. Voyez aussi les pamiphlets et
journaux d'alors.
, et empècher qu'ils ne s'étendisser
l'Assemblée constituante rendit, à la fn C
aux autres colonies,
novembre 1790, un décret, dort quelques dispositions seulemet
cellcs
la France avoit dans les Anti
sont communes à toutes
que
les. Ce décret porte :
novembre
dans la collection de
I Note sur le décret du 20
1790,
le
décrets de PAasemblée constituante. Voyez aussi les pamiphlets et
journaux d'alors. --- Page 83 ---
(75)
Qu'il sera incessamment envoyé des instructions dans les
olonies, tendant à preffer le moment de leur organisation 5
leur arrivée l'assemblée coloniale de la Martinique
ue jusqu'a
essera ses séances; 5 que le roi sera prié a d'envoyer dans la
tinique des commissaires chargés de prendre des informations
les tronbles, de pourvoir provisoirement à son administration
u rétablissementde Tordre; enfin, que ces commissaires poursi les circonftances l'exigent, dans les autres
se transporter,
du vent , et ( que le roi sera prié de faire passer
ans les isles et lestolonies françaises des Antilles, sioe
hille hommesde troupes de terre, et quatre vaisseaux de ligne,
ndépendamment de ceux votés parles précédens décrets, avec
enombre d'autres bâtimens nécessaires pour le transport des
lesquelles forces seront distribuées et combinées de
roupes, la
à assurer la tranquillité des Colonies,
a manière plus propre le roi seroit prié de donner, tant
'après les inftruftions que
ugousernour-géndreal des Istes-sous-le-Fent, qu'a l'officier
uquel il plaira à Sa Majesté de confier dans cette circonstance
egouvernement général des Isles-du-Vent, et auquel il sera
donnétoute antorité nécessaire pour concourir, avec les commissaires, durant la durée de leur mission (a) >.
L'importance de la colonie de Saint-Domingue et les troubles $. H.
Autredur
is'y étoient manifeftés, sembloient exiger qu'on y appliquit février 1791
mémesremedes, de la manièré la plus directe. Mais la dépu- pour Saintion de Saint-Domingue, le club Massiac, et les membres de Domingue.
ssemblée de Saint-Marc, réfugies en France, faisoient tout ce
'ils pouvoient pour empècher quc l'Assemblée conftituante
1 Décret du 29 novembre 1790.
H.
Autredur
is'y étoient manifeftés, sembloient exiger qu'on y appliquit février 1791
mémesremedes, de la manièré la plus directe. Mais la dépu- pour Saintion de Saint-Domingue, le club Massiac, et les membres de Domingue.
ssemblée de Saint-Marc, réfugies en France, faisoient tout ce
'ils pouvoient pour empècher quc l'Assemblée conftituante
1 Décret du 29 novembre 1790. --- Page 84 ---
(76)
intérieur de ct
aucune initiative sur le gouvernement
ne prit
colonial étoit sans cesse circonvenu par e
Colonic. Le comité
Vinsurrection d'Ogé qu'il P
et cC n'est que trois mois après
lordre public d
posa enfin quelques mesures pour rappeler de février 1791 l'
Au commencement
ce malheureux pays.
€ que le roi se
eemblée nationale décréta, sur son rapport;
trois comr
d'envoyer dans la colonie de St.-Domingue
prié
maintenir l'ordre et la tranquil
> saires civils, chargés d'y leur seroit donné tous pouvoir
publique, à l'effet de quoiil
s'ils l'estimoi
même celui de suspendie,
5 ce néceflaires,
des
auroi
convenable, les jugemens afuirercrininellesquis eu lieu dans cel
étéintentées a raison des troubles quiavoient
T'exécution de ceux desdits jagemens
eolonie, ainsi que
être rendus (4) >.
>. auroient pu
l'aflemblée coloniale e qui a
L'article suivant porte que décret du 12 octobre dernier, ,
* être formée en exécution du
de ses arrêtés sur T'orga
à exécution aucun
D pourroit mettre
l'arrivée des instructions qui
> sation de la Colonie, avant
incessamment adressées X.
> seroient
de ce décret, en envoy:
HET
5. III.
Il auroit fallu assurer l'exécution
patriotes, et
dans la Colonie des commissaires
Mancuvres promptement
depuis si long-tem
des 85 ct du leur donnant enfin ces instructions promises
ne fit ni l'un
elubMassiac. Les ennemis du bien public empéchètent qu'on sur le Léopa
membres venus
Pautre. Les quatre-vingtcing
nationale, depuis
étoient toujours à la suite de T'Assemblée comme ils l'ont sc
décret du 12 octobre. Il est trop probable, servir ses vues ambitieuse
Barnavelesy retenoit pour
tenu, que
1 Décret du premier février 1791.
enfin ces instructions promises
ne fit ni l'un
elubMassiac. Les ennemis du bien public empéchètent qu'on sur le Léopa
membres venus
Pautre. Les quatre-vingtcing
nationale, depuis
étoient toujours à la suite de T'Assemblée comme ils l'ont sc
décret du 12 octobre. Il est trop probable, servir ses vues ambitieuse
Barnavelesy retenoit pour
tenu, que
1 Décret du premier février 1791. --- Page 85 ---
(77)
hommes dangerenr surent se faire un parti tres-redoutable
se liant avec le club Massiac. Les procès- verbaux de ce
prouvent qu'ils ont toujours concerté leurs mesures, quoils n'aient pas toujours été du même avis sur les moyene
kécution, parce queles quatre-vingt-cing se laissoient quelqueemporter à leur ressentiment, tandis que le club calculoit
C sang-froid toutes ses démarches. Cette coalition funeste n'a
peu contribué à jelter dans l'Assemblée constituante les gerde division qui, en détournant de la route de la liberté des
hmes qui jusqu'alors en avoient suivi les drapeaux, ternit
791 la gloire que cette Assemblée s'étoit acquise dans les
xpremières années de sa session. Il est donc nécellaire d'enà cet égard dans quelques détails qui sont nécellaires pour
e connoitre les causes et les auteurs des troubles de Saintmingue.
Le club Massiac, qui avoit toujours entretenu sa correspondance
rticide avecles principales villes du commerce, Ics mit bienen contact avec les quatre-vingt-cing, contre Jesquels la
uté naturelle aux négocians avoit conçu de si justes, prétions. Le club excita sur-tout leurs alarmes sur les prétentions
hommes de couleur, dont le succès, disoient-ils, amèneinfailliblement la scission des Colonies et de la métropole.
commencement de 1791 on forma une commission de dixmembres, Pris en nombre égal dans les quatre-vingbcing,
club Massiac et les députés extraordinaires du commerce,
irchercher lcs moyens de prévenir un malheur si redouté. Les
tre-vingt-cinq et le club Maffiac ne se bornoient pas à dehder l'assurance que la mère-patrie leur laissât l'initiative sur
atdes personnes, ainsi qu'on avoit trouvé le moyen d'en faire
oncer la promesse dans le décret du 12 octobre 1790; il ne
, Pris en nombre égal dans les quatre-vingbcing,
club Massiac et les députés extraordinaires du commerce,
irchercher lcs moyens de prévenir un malheur si redouté. Les
tre-vingt-cinq et le club Maffiac ne se bornoient pas à dehder l'assurance que la mère-patrie leur laissât l'initiative sur
atdes personnes, ainsi qu'on avoit trouvé le moyen d'en faire
oncer la promesse dans le décret du 12 octobre 1790; il ne --- Page 86 ---
(78)
leur suffisoit même pas que la métropole leur assurlt un por
législatif absolu en ce qui concernoit l'état des personnes : 1
bition des planteurs et leur tyrannique prévoyance, qui pre:
être révog
toit bien que de telles reconnoissances pourroient
même autorité qui les auroit faites, exigeoient beaur
parla
absolument comme l'assemblée de S
plus; ils vouloient
,
leur abandonnât le droit de faire eux-mèmes
Marc, qu'on
intérieur (1). Pour
constitution, et de régler leur régime
ne
pas même être contestée par l'Ass
cette prétention
pit
du
blée nationale, les quatre-vingt t-cinq et les membres
de mettre dans leur parti les princip
Massiac essayérent
villes de France en proposant aux députés extraordinaire:
tommerce de les faire concourir avec eux aux réglemens
relations commerciales 5 ils arrêtèrent donc de demander àd
semblée nationale < que les députés du commerce et des me
nommassent un certain nombre de commissaires d
> factures
trouvoient actuellement à Pa
> part, et les colons quise
nombre de (
7 des différentes possessions framçaises, parcil
s'occuperoient d'un
> missaires, d'autre part; lesqueis
commerciales entre la métrepole et les Color
* de relations
ct étre par
iedit
lui être ensuite présenté,
9 pour,
plan,
coloniales, àl'
seroit adressé aux assemblées
9 ordonné qu'il
soumis à leur cxamen, ct même être mis à exécu
> d'être
de la commission établie à P
1 Voyez tous les procès-verbaux
et où ont été ap
de Massiac 1 composée des colons .
sur-tont la sé
MM. les députés extraordinaires du commerce, du club Mas
du 3ojanvier 1791. Voyez aussi les procès-verbaux
du 18
du 3 avril 1791, et la pétition des hommes de couleur,
1791 3 P. 18.
mis à leur cxamen, ct même être mis à exécu
> d'être
de la commission établie à P
1 Voyez tous les procès-verbaux
et où ont été ap
de Massiac 1 composée des colons .
sur-tont la sé
MM. les députés extraordinaires du commerce, du club Mas
du 3ojanvier 1791. Voyez aussi les procès-verbaux
du 18
du 3 avril 1791, et la pétition des hommes de couleur,
1791 3 P. 18. --- Page 87 ---
(79)
dans la partie qui seroit par elle consentie, sauf auxdites
assemblées colonialesà lui faire parvenir leurs dites représentations et demandes sur la partie dudit plan qu'elles croiroient blesserl lesi intérêts de leurs Colonies; pour, sur lesdites
représentations et demandes, être par l'Assemblée nationale
décrété ce qu'il appartiendroit >. (1) Sur tout le reste, les
plons ne croyoient pas même avoir besoin de rien demander à
Assemblée nationale.
Les commissaires du commerce, malgré toutes les. séductions
nt Tdisient environnés, ne purent pas être amenés jusqu'à
opter ces vues ambitieuses : ils rompirent les conférences. Les
mbres del'assemblée de Saint-Marc firent, pour les ramener,
sinstances qui prouvent combien ils attachoient de prix à cette
alition. Les commissaires oilrirent seulement ( de demander
le concours de toutes les places de commerce pour obtenir
de l'Assemblée nationale qu'elle convertit en décret Ia disposition relative à l'état des personnes, consignée dans le préambule du décret du 12 octobre >. Il cst remarquable qu'en réndant aux craintes manifestées par les colons pour juftifier la
mande de la législationi intérieure ,ils les qualifiérent C de vains
prétextes, imaginés pour réaliser le projet d'indépendance (2) D. Ce sont les quatre-vingt-cing eux-mêmes qui font
taveu dans le compte qu'ils ont rendu de leurs opérations à
seconde assemblée coloniale.
I Même procès-verbal de la commission, séance du 3 février
ocès-verbal du club Massiac, du 3 avril 1791.
1791.
2 Procès-verbaux susdits des séances de la commission établie à
otel Massiac; ; compte rendu des opérations de la première assemblée
nérale de la partie française de Saint-Domingue, p. 30 et 31.
ocès-verbaux du club Massiac ) du 16 juin 1791. --- Page 88 ---
1 80)
$. IV. Pendant que les membres de
Difense des çoient de gagner les
l'assemblée de
par Linvilles de commerce, ile Saint-Marc s'ef
guer. principes avec beaucoup
reproduisoient le
lution qui se feroit en d'audace, soit qu'ils prévissent la ré
bataillons
eur faveur dans la Colonie à
d'Artois et Normandie, soit
l'arrivée
forces rapidement croissantes du
qu'ils cussent calculé
s'étoient liés.
membres de
Difense des çoient de gagner les
l'assemblée de
par Linvilles de commerce, ile Saint-Marc s'ef
guer. principes avec beaucoup
reproduisoient le
lution qui se feroit en d'audace, soit qu'ils prévissent la ré
bataillons
eur faveur dans la Colonie à
d'Artois et Normandie, soit
l'arrivée
forces rapidement croissantes du
qu'ils cussent calculé
s'étoient liés. Après avoir tâché parti de l'aristocratie, auque
divers
de préparer l'opinion
paniphleis, ils crurent devoir
publique
un avocat de profession. Les
recourir pourleur défens
zefusèrent de se rendre
premiers auxquels ils s'adresser
offrirent seulement de Tapologiste de leur conduite, et 1
àdésavouer leurs
juftifer leurs intentions, s'ils consento
ensuite commissaire principes. II est remarqusble que
à
Polverel
Un homme connu Saint-Domingue, fut de ce nombre
depuis bien des années
la
qu'ilavoit faite de ses talena à la cause
par prostitur
tien de
du despatisme
l'esclavage s Linguet,
etaus
blée de Saint- Marc n'avoit entreprit de prouver que l'asse
l'avoit
Pas dd être
pas été, Il osa
dissoute (2), et
présenter cet écrita
tuante, sous le nom de PAssemblée
l'Assemblée con:
gaise de
générale de la parie f
prétendit Ssint-Domingue. Il y déplaça Par-tout la
prouver la justice de la cause de ses cliens question 9
en montr
I Débats dans l'affaire des colenies,
* Lacretelle P'ainé refusa
tome II, p. 155et suiv. Voyez le précis listorique de aussi Th. a-peu-près de la même mani
Millet. 2 Appel interjetté par l'assemblée
PAssemiblée nationale mieux
génorale de Saint - Domings
son comité des colonics les I1 instruite, et
tant du rapport à elle fair
surpris surce rapport, et de tout 12 octobre dernier, qae du dé
s'ensuivre. ce qui s'en est suivi et pour
--- Page 89 ---
(81)
qu'on avoit eu tort de ne pas leur laisser le temps nécessaire
pour se défzndre,lorsqu'on lesavoit mandés à la buire. Il abusa
du nom et des droits du peuple pour présenter comme un acte
inévocable de souveraincté lc vou émis en faveur de l'aiscm. blée de Saint-Marc, dans une des partics de Pempire seulement,
par la muindre portion de sa Fopulation. En faisant Tapologie
de cettc assembléc, il ne cessa d'incuiper le comité colcnial
et P'Assemblée constituante cllc-mème. Le titre seulde celderit
étoit une révolte contre les décrets quiavoicnt cus.é T'ass:mibiée
de Ssint-Marc. L'Assemblée constituante (1),sur la motion de
Mi.abeau et de Treilhard, ,sc contenta de blâmer ceux qui l'avoient présenté
1 Voyez le procès-verbal de l'Assemblée constituante, du 5 mars
3791 ;les journaux du temps et le supplément au Moniteur colonial,
des 15, 16, 17 et 18 mai 1791.
une révolte contre les décrets quiavoicnt cus.é T'ass:mibiée
de Ssint-Marc. L'Assemblée constituante (1),sur la motion de
Mi.abeau et de Treilhard, ,sc contenta de blâmer ceux qui l'avoient présenté
1 Voyez le procès-verbal de l'Assemblée constituante, du 5 mars
3791 ;les journaux du temps et le supplément au Moniteur colonial,
des 15, 16, 17 et 18 mai 1791. * Les accusateurs de Polverel et Sonthonax ont soutenu dans les
débats et dans plusicurs écrits, que Tette adresse ne fut blanée par
PAssemblée constituante, que parce que Sillery 2 alors secrétaire de
PAssenblée, eutlapefilie, en lalisant, de substituer ceite.expressiomt,
les seuls, les ligitimcs législareurs deSain-Domingee,h celle-ci,les seuls,
les légitimes r-présentans de Scint-Domingue 1 par leguelieagistreviegie
cing s'étoient 1 disent-ils, désignés. Mais rien na constate que Sillery
ait fait cette substitution, et sur-tout qu'il l'ait faite avec perlidie,
quciqu'elle se trouve uans quelques journaux. il est Leauconp plus
laturel de croire que ceux-ci Pauront faite dire clement par une inadyertance très excusable dans ceux qui rec cucillent les dabats des assemblées. Les deux expréssions signilioient tapeuserèsla même chuse, 4t
les.mèmnes journaus coustatentque le blâmee PAssemblée nationale ne
porta point la-dessus ; mais sur Pensemblede l'adresse, et sur-toutsur
etitre d'ass:mblée générale de la partie frangaise de Saint-Dominguey que
les quatre-viagt-cing y persistoient à se donner.
inadyertance très excusable dans ceux qui rec cucillent les dabats des assemblées. Les deux expréssions signilioient tapeuserèsla même chuse, 4t
les.mèmnes journaus coustatentque le blâmee PAssemblée nationale ne
porta point la-dessus ; mais sur Pensemblede l'adresse, et sur-toutsur
etitre d'ass:mblée générale de la partie frangaise de Saint-Dominguey que
les quatre-viagt-cing y persistoient à se donner. Rap. de G, Coulon, Tome II. F --- Page 90 ---
82) -
Plusieurs des
quatre-vingt-cing avoient refusé
signatures au bas de cette piece;
de mettre lenr
voient signée 3 s'étoient plaints de dautres, parmi Ceux qui la
sans les corrections
Ce qu'on Tavoit
dangerenx
qu'ils avoient exigées. Mais
imprimed
de l'esprit de
tel est l'efie
primée en France et dans corps 3 qu'elle fut distribuée et réimla Colonie
blâme, avec l'aveu individuel de
> après le décret de
prouvée,en vertu d'un
ceux méme qui l'avoient
arrété des
désap
sembloient toujours
quatre-vingt-cing, quis'as
dans le temps même réguliérement ou
(1). Près d'en mois après
à se justifer à sa barre l'Assemblée constituante les admettoit
voyoient une adresse à leurs Par l'organe du même orateur, iis entenoient ( qu'ilg e:oient coustituans, dans laquelle ils sou-
> qu'aucune
toujours leurs
paissanre constituée
représentans , parce
D effacer le titre légitime
ou censtinuante n'avoit pu
> peuple D.
qui leur avoit été conféré
Lecouteulpar le
P'Assentilée constituante Cantelea, en dénonçant cet écrit à
fussent tenus de F'avouer > demanda que les
un délai
ou de le désavouer. quatre-vingt-cing On leur
pour S'expliquer; et
accorda
que l'étude des lois lui avoit Linguet, 'en abusant des formes
cident fut
suggérées, demanda
joint au fond. L/Assemblée
que cet inpar le torrent des afliires, oublia
constituante 3. entrainée
cet étrange procés
S.v.
Les membres de T'assemblée
(n).
Leurstrans- n'étoit pas avec de
de Saint-Marc virent bien
actions avec
l'audace qu'ils pourroient surmonter que ce
Barnave.
les justes
I Voyez la lettre de Bourcel, l'un
le Moniteur colonial, du 1 juin.
des quatre-vingt-cing, dans le
2 Voyez les journaux d'alors sur les séances
1791, et le Moniteur
des
des 3r mars et 1 avril
colonial, 1 et ajuin,
(n).
Leurstrans- n'étoit pas avec de
de Saint-Marc virent bien
actions avec
l'audace qu'ils pourroient surmonter que ce
Barnave.
les justes
I Voyez la lettre de Bourcel, l'un
le Moniteur colonial, du 1 juin.
des quatre-vingt-cing, dans le
2 Voyez les journaux d'alors sur les séances
1791, et le Moniteur
des
des 3r mars et 1 avril
colonial, 1 et ajuin, --- Page 91 ---
(83 )
préventions que leurs principes avoient inspirées a PAssemblée
constituante ; ils trouvèrcht le moyen de se rapprocher de Barn'avoit
trop sujet de redouter leur csprit dannave , qui
que
gereux (1), dont il a été énfin la vidime, et qui peut-être
aussi croyoit devoir les ménager, dans les vues qu'on lui prêtoit
ministère des colonies,
songeoit, dit-on, à faire désur le
qu'il
tacher de celui de la marine 1 pour se le procurer (2). On n'a,
à cct égard, que des présomptions plus ou moins vagues; mais
toute la conduite de Barnave prouve qu'il ne mit pas dans cette
affaire la franchise qui convient aux vrais amis de la liberté.
On préparoit enfin le projet d'instructions pour les colonies;
le comité colenial y avoit appelé les quatre-vingt-cing > ainsi
les commis-aires de l'assemblée du Nord,ct ceux du Portque
au-Prince etde la Croix-der-Bouquets, pours'enviromnerde toutes
les lumières qu'ils pouvoient donner sur leur pays. Les quatretoujours former P'assémblée colovingt-cing > qui prétendoient
niale, ne jugèrent Pas à propcs d'y envoyer officiellement des
commissaires; ; mais plusieurs d'entre eux a-intromtindhisdaelicment aux conférences du comité sur cet abjet. Soit conviction
réelle de l'atilité dont ces instruct'ons pouvoient ê.re pour le
maintien du régime colonial, soit las-itude de P'état oil ils se
trouvcient a la suite de l'Assemblée nationale lnde la colonie, dans un temps où l'on devoit former une nouvelle assemblée coloniale, cinquante-un de ceux qui,restoient des quatre1 Voyez lextrajt des Annales politiques, civiles et litiéraires de
Linguet, du IO mars 1791 et les nunorcs suivans. Voyez aussi le
jugement rendu att tribunal révolutionnaire contre Barnave, avcc les
dépositions desc.lons.
2 Précis bistcrique de Tl. Millct, etc.
F a
semblée nationale lnde la colonie, dans un temps où l'on devoit former une nouvelle assemblée coloniale, cinquante-un de ceux qui,restoient des quatre1 Voyez lextrajt des Annales politiques, civiles et litiéraires de
Linguet, du IO mars 1791 et les nunorcs suivans. Voyez aussi le
jugement rendu att tribunal révolutionnaire contre Barnave, avcc les
dépositions desc.lons.
2 Précis bistcrique de Tl. Millct, etc.
F a --- Page 92 ---
(84)
vingt-cinq, car quelques-uns
rent une adresse à T'Assemblée d'entre cux étoient morts, signeinstructions
nationale pour demander
présentées par le
que les
non comme simple
comité colonial fuescnt
visoire des
instraction, mais commela
décrétées,
colonics (1).
constitet'on proLes commissaires des colors
débats ct dans divers écrits
blancs ont prétenda dans lcs
ment fat extorqué
(2), que cette espèce
manière
par Barnave aux
d'acgriescela plus odicuse. Th.
quatre-ving: cing, de la
jusqu'a dire ( que lorsque Ze Miliet, un d'entre eux 2 a été
> alloit tout
torrent de l'elnguence de
entrafner en leur
Linguet
2 alarmer, leur peisuada
faveur, ce dépaté, , pour les
> soit d'avoir
que l'Assemblée constituante lés
fabriqué un faux
accu-
> de
décret, et conseillé
Mandanr; qu'.l leur ft voir d'un
Tassassinat
> tienale etlc
côté la haute cour
supplice, en leur
na-
> de décret d'acte
commaniquant même un projet
> T'argent,
d'accusation; ; et de Fautre, des places,de
> lours acics, dasicampenms,ei, ils
Par une franche rétractation de
> PAscembiés
proevoient leur rerpect pour les décrets de
> den manière ceauditonte, qui en rendroit un cn leur
quils pussent avec
faveur,
> constituans et dans leurs
honneur se retirer verr leurs
s d'aller sur-lo-chatmp.
familles, oil ils auroient la liberté
(3)>
Quels qu'sient pl être les torts de
fout paroit indiquer
Parnave dans cette
que cette imputation atroce est allire,
une calom1 Procda-vettal du clab
desepératlume delapiemilre Ressiac,da 25 avril 1791. Cempte rendu
de Saint-D
wtagee, 1 I 32033.
francuise
Ac-spaeatebret)
2 Tunél, 1.170.
3 Précis cur la réiglution de
Scim-flonatingnnf'p. Th, Miller.
de
fout paroit indiquer
Parnave dans cette
que cette imputation atroce est allire,
une calom1 Procda-vettal du clab
desepératlume delapiemilre Ressiac,da 25 avril 1791. Cempte rendu
de Saint-D
wtagee, 1 I 32033.
francuise
Ac-spaeatebret)
2 Tunél, 1.170.
3 Précis cur la réiglution de
Scim-flonatingnnf'p. Th, Miller. --- Page 93 ---
(85 )
nic inventée par ceux-la mêmes qui l'ont ensuite conduit à l'échafaud. Non-sculement on ne voit rien de semblable dans.ie compte
très-détaillé que les quatre-vingt cinq rendirent de' ces événemens à la seconde assemblée coloniale 2 ni dans les mémoircs
du club Massiac > qui contiennent à cet égard des détails pré-"
cieux 5 mais les regiftres mémes de ce club prouvent que l'adresse des quatre-vingt-cing pour demander la conversion des
instructions en constitution provisoire, étoit signée avant qu'on
eût à Paris les premicres nouvelles du meurtre de Mauduit. Le
président du club Massiac la communiqua à cette société dana
une assemblée extraordinaire qui cut lieu pour cet objet le 25
avril 1791. La pièce exifloit donc depuis quelques jours, et ce
ne fot guc dans celui-la qu'on reçut les nonvelles de l'assassinat
de Mauduit : aucsi Barnave ent-ilsoin d'amnoncer dans Ia séance
du 25 avril, que l'acte de désavcu dcs quatre-vingt-cing étoit
signd dapuis plusieurs jours
Le club Massinc, à qui les signataires de l'adresse proposèrent
d'y donner aussi son adhésion, pour qu'elle parit avoir le voeu Arrêtéscone S. VI,
de tous les colons blancs, ne fut Pas aussi facile ; il envoya traires du
des commissaires demander à Barnave la communication du club Massia,
projet d'insiructions. Barnave leur confia l'original 3 et lorsqu'ils le lui rapportèrent, il saisit l'occasion de leur réunion
dans son cabinet avec une grande quantité des quatre-vingt-cing,
et les députés du Cap, pour leur proposer à tous une espèçe
de coalition, qui avoit pour objet non-sculement d'adopter lcs
1 Voyez les journaux du temps 1 le procès-verbal de l'Assemblée
constituanie du a5 avril 1 celui du club Massiac dudit jour, et le
conipte rendu des opérations de la première assemblée générale 7 p.3a
etsi
F 3
cabinet avec une grande quantité des quatre-vingt-cing,
et les députés du Cap, pour leur proposer à tous une espèçe
de coalition, qui avoit pour objet non-sculement d'adopter lcs
1 Voyez les journaux du temps 1 le procès-verbal de l'Assemblée
constituanie du a5 avril 1 celui du club Massiac dudit jour, et le
conipte rendu des opérations de la première assemblée générale 7 p.3a
etsi
F 3 --- Page 94 ---
(8 86)
futures inftructions comme loi
une réconciliation
provisoire s mais aussi
générale. Il fonda
d'opérer
position sur la nécessité d'une réunion prineipalement ceite prosauver la colonic. La
de tous les partis pour
majorité des
accueillir encore cette
guatre-vingt-cinq Parut
rérent que leurs
proposition : les députés du Nord déclapouvoirs ne Ics y autorisoient
promirent individuellement leurs bons
pas 5 mais ils
les instructions à Saint- Domiigue.
offices pour faire,a agréer
mellement la
Le club Massiac rejeta forproposition 3 une telle condescendance lui
comprometire les droits de la colonie
parut
disoit-it, pronencer sur sa constitution 3 qui pouvoit seule,
donner aucune espèce
politique, et ne devoit
aussi > par l'arrêté d'initiative à cet égard. Enin, , il observa
une letire de la qu'il prit à cette occasion, a que, suivant
nouvelle
a qu'on répandoit et publioit municipalité du Port-au-Prince s
> assemblée coloniale,
depnis quelques jours, la nonvelle
> lois
préte à se rdunir,
que celles qu'elle auroit
rincinmatinsinifana
- auroient été acceptées
préparies > arréiies , et qui
> nées par le roi >. Il par T'Assemblée narionale, et sanctionde tous les colons,
vota d'aiileurs pour une réunien sincère
, qu'il avoit déja plusieurs fois Provoquée
S. VII.
Les instructions n'en furent
().
Décrer du au nom du comité
pas moins présentées par Dirnare,
15 mai.
proviroires
colonial, comme des lois
pour les colonies 3 elles excitèrent con-titnifouneles dans
constituante l'une des plus fortes
PAS emblée
éprouvées. On y proposoit de agitations gu'eile edt encore
ration de leur constitution
laisser aux colonies 1 prépadans la petite ile de
dans un congrès qu'elles tiendroient
Saint-hlartin, et cette'proposition fut heudes I Pencerevechal du clnb Massiac, du 28 arril
jours suivans.
1791; ; voyez aussi ceux
colonies 3 elles excitèrent con-titnifouneles dans
constituante l'une des plus fortes
PAS emblée
éprouvées. On y proposoit de agitations gu'eile edt encore
ration de leur constitution
laisser aux colonies 1 prépadans la petite ile de
dans un congrès qu'elles tiendroient
Saint-hlartin, et cette'proposition fut heudes I Pencerevechal du clnb Massiac, du 28 arril
jours suivans.
1791; ; voyez aussi ceux --- Page 95 ---
(87) )
reusement rejetée presque aussi généralement qu'elle devoit
l'être : mais on y attribuoit encore aux seuls blancs des colonics
le droit de statuer sur l'élat des personnes dans leur territoire.
Cet article excita la plus grande fermentation dans P'Assemblée
nationale et au-dehors. Des pamphlets nombreux 2 des pétitions de plusieurs négocians qu'on avoit égarés , demandoient
l'adoption de cette mesure, 2 non en soutenant qu'elle étoit juste 3
mais en faisant craindre que sans cela les colonies ne se déiachassent de la mère patric. Des sociétés populaires, vraiment
dignes de ce nom > notamment celles d'Angers 2 de Chalons et
de Bordeaux, avoient at contraire réclamé, de la manière la
plus forte, les droits de Péternelle justice en faveur des hommes
de couleur. Julien Raimond, qui depuis deux ansn'avoit, pour
ainsi dire, consacré son existence qu'à la défense de leur cause, s
écrivit à l'A:semblée nationale pour demander que si l'on persisteit à leur refuser les droits de citoyens, on leur permit du
moins d'allcr chercher sur une terre plus hospitalière une nouvelle patrie (1)-
Cette lettre fiti une grande impression > parce qu'elle parloit
tout-à-la-fois à la sensibilité et à la raison. Dès la veille, un
premier appel nominal avoit décidé qu'il y avoit lieu à délibérer sur le projet du comité colonial; ; et quoique T'Assemblée
nationale fit formée pour une. moitié par les représentans des
o:dres privilégiés, ils ne Pemportèrent que de 80 voix. Dans la
crainte de ne pas mieux réussir sur le fond de la question s en
voulant tout exiger , les défenseurs des hommes de couleur sc
réduisirent à demander que le droit de cité fût accordé à ceux
1 Veyez lesjournaux du temps etl les lettres de diverses sociétés des
amis de la const.tution, p. 209 et suivantes.
Fi 4
représentans des
o:dres privilégiés, ils ne Pemportèrent que de 80 voix. Dans la
crainte de ne pas mieux réussir sur le fond de la question s en
voulant tout exiger , les défenseurs des hommes de couleur sc
réduisirent à demander que le droit de cité fût accordé à ceux
1 Veyez lesjournaux du temps etl les lettres de diverses sociétés des
amis de la const.tution, p. 209 et suivantes.
Fi 4 --- Page 96 ---
(88)
qui seroient nés de
posée fut décidée
père ct mère libres. La
dans un nouvel en leur faveur Par une majorité question ainsi
appel nominal. Il fut
considérable
mai, a que le corps
donc décrité les 13 et15
> polilique des
législatif ne délibéreroit jamais
gens de
aur
>> pére ct mére
couleur qui ne seroient
Pétat
>> des
libres, sans le vaeu préalable,
pas nés de
coloniessque les
libre et
) tantes subcisteroient assemblées coloniales
spontand
; mais
actuellement exis-
> père et mérc libres, seroient que les gens de couleer nés de
> blées paroissiales ct
admis dans toutes ies
> les qutaltés
coloniales futures ,. s'ils àvoient assemreguises
d'ailleurs
s. VIII.
Les
Exposé des regardé maihoereticisost si facilesà à
motifs de ce
comme un triomphe
contenter, que ce décret fot
décrer.
cause des hommes de couleur. par cèux qulavoient embrassé
dons une adresse
Le département de la
la
offrit à
qui fut depuis bien calomniée dans Gironde a
P'Arsemblée nationale
la colonie,
asturer l'erécution. Pour
d'onvoyer sa garde nationale cn
parti que les grands
prévenic autant qu'il étoit en elle le
ce décret
planteurs ne
pour exciter de nouveaux manqueroient pas de tirer de
tituente en justifia les motifs dans troubles,TAmemttéer consaprès. Touty respire P'aflection un exposé publié peu de
la
jours
Jonies, et la condescendanitela
plus paternelle pour les co- .
blarics. En y établissant
les plus grands pour les prejngés des
les citoyens libres
que
colonics sont compesces de
doivent
qai les habitent, ct. quc tous
tous
prendre part à I'élection des
Ccs citayens
exercer pour eux leur droit
assemblées destinées à
de la raison, de l'édit de d'initiative; Sue c'est la le veeu
168s, du décret du 28
mars, qu'il
1 Déerets des 13er 15 mai
constitnante desdits jours. Totice 17)1. des Proce-rerbanz de PAssemblce
no, XX,54
Frincipaux décrets par
Camus, 2
prendre part à I'élection des
Ccs citayens
exercer pour eux leur droit
assemblées destinées à
de la raison, de l'édit de d'initiative; Sue c'est la le veeu
168s, du décret du 28
mars, qu'il
1 Déerets des 13er 15 mai
constitnante desdits jours. Totice 17)1. des Proce-rerbanz de PAssemblce
no, XX,54
Frincipaux décrets par
Camus, 2 --- Page 97 ---
(89 )
dépende't pas des lgislatenrs de ne pas rendre, parce que
deoits des citeymns sont antérieurs à la socidié et lui servent
base..ct qu'onn'a pas de at.endrele veeu des colonies 2 lorsilslagisseit d'un dioit naturel, social et positif, précédamment
conn, T'Assemblée consiituante romarque que le décretdu
mars et celai du 15 mai ont créé, dans les colonies, la
issance la plus propre à résister et aux troubles intérieurs,
aux attiques de l'ennemi : elle déciare qu'elle a apporté
nssa résolution toute la condescendance pour les opinions
ques dans les colonies qui ne lui étoit pas formellement interie parles lois constilationncliss; qu'eile aurcit pu repousser
proporiion d'une classe intermédiaire et se renfermer dans
sens Jiutéral da dicret déja rendusurles personnes libresjmais
d'elle avoit préféré de traiter les repréventans des fondateurs
s colonies comne une mère tendre, qui non-sculement veut
bien de ses enfans, mais se plait à le faire de la manière
ontils ont contracté T'habitude; qu'eile a consenti à former la
asse intermédiaire que sollicitoient les colons blancs. L'Assemée nationale a oute qu'eile ne se scroit pas néanmoins permis
atte condescendance pour des préjugés, si elle n'y avoit Fas
nuisngé un principe de jnstices que les colons blancs étant
ous ncs de père ct mère libres, demander la méme condition
ux bommes d'une antre couleur pour jouir des droiis de cipyen actif, ce n'est que maintenir une égalité consitutionnelle
t légitime ; qu'elle a pris encore une autre précaution bien
ropre à prévenir toute agitation dans les colosies, en dlablisant un délai entre la promulgation de la loi qu'eile devoit à la
atrie et à l'humanité, et li premitre OCC siond'appiiquer cette
pi; que 2 pendant cet intervalle, les préjepisauroient le temps
c s'affoiblir; les sentimens de justice et d'humagité, Pévidence
lcl'intérêt commun de tous les honmes libres, proluiroientlenr
ution bien
ropre à prévenir toute agitation dans les colosies, en dlablisant un délai entre la promulgation de la loi qu'eile devoit à la
atrie et à l'humanité, et li premitre OCC siond'appiiquer cette
pi; que 2 pendant cet intervalle, les préjepisauroient le temps
c s'affoiblir; les sentimens de justice et d'humagité, Pévidence
lcl'intérêt commun de tous les honmes libres, proluiroientlenr --- Page 98 ---
(99)
efet; qu'elle a tont accordé aux colonics, tout, excepté le
criptibles d'une classe de citoyens que ia nature e
desits impre
lcs lois con tituent parties int'grantes de la société politique
des principes créaxeurs de 1
tout, excepté le renversement
devoient obteni
constitution française , qui avoient obtentt, qui
l'assentiment unanime de tous les hommes qui vouloient vivr
et mourir libres.
L'Assemblée constituante remarque encorc, dans cct erposé
colonies Tinitiative des personnes non libres
qu'en assurant aux
de culture, le point fondamen
elle leur garentit leurs moyens
les
tal et le seul vér.tablement important , celui sur lequel gen
vouloient alarmer les colonics; elle ne prétendi
mal-intert'ennés
justifier l'esclavage; ; elie n
point, comme les grands planteurs,
dussent rester toujour
croyoit point, comme eux, que les noirs
elle
même que les colons reconnoitroier
dans cet état;
supposoit
de les affranchir. Elle l'in
aussi un jour le devoir et la nécessité
ccla seul qu'elle avoit déclaré que lc corps ligis
diquoit par
Pérat des
non iibres, qu
latif ne délibéreroit sur
persennes
lui faire Le
d'après les propositions spontanécs que pourroient s'ellorçoit d
assemblées coloniales. L'Assemblée constituante
dernier acte de condescendance, en obscrvant 947
justifier ce
d'individus d'une nation étrangère qui, P
ne s'agissoit < que
les malheurs de leur expatriation
> leur proforde ignorance,
loi de1
considération de leur propre intérêt, T'impéricuse
s la
erpérer que du remips, duprogré
> nécessité, ne pouvoient
de condi
et des lumicres 2 un changement
> de P'esprit public
choses, seroit contraire au ticr
a zion, qui, dansl'état actueldes
fanefte (1). >>
> général et pourroit leur devenir également
des motifs qui ont déterminé les dispositions des décret
1 Exposé
Tétat des
S dlaas les celonies, du 2
des 13 et 15 mai sur
persoenc
mai1791.
gré
> nécessité, ne pouvoient
de condi
et des lumicres 2 un changement
> de P'esprit public
choses, seroit contraire au ticr
a zion, qui, dansl'état actueldes
fanefte (1). >>
> général et pourroit leur devenir également
des motifs qui ont déterminé les dispositions des décret
1 Exposé
Tétat des
S dlaas les celonies, du 2
des 13 et 15 mai sur
persoenc
mai1791. --- Page 99 ---
(91)
Des intigues criminelles rendirent inutils ces intentions S. IX.
enfaisartes. Le décret du 15: mai ne fut point envoyé offcielle- Intrigues
nt dans les colonies, et il paroit même que Texposé des mo- pour en l'ca- empécher
Du moins n'en
S qui l'ivoient déterminé n'y parvint jamais.
voi.
ons-nous vu aucune indication, ni dans les papiers publics de
colonie, ni dans les pièces nombreuses qui nous ont passé
us les yeux. Les députés de Saint - Domingue à l'Assemblée
tionsle, ceux de l'assemblée du Nord, les gratre.vingt-cing
le club Massiac unirert leurs coupables efforts pour empèicr l'exécution du décret. On en fit même, mais bien inutileent , pour dépraver l'esprit public de la capitale, en repréentant l2 maj riédel'Assemblée constituante, quis'étoit encore
no fois henorée par un nouvel acte dc juftice, comme venduc à
Argleterre. On cria par-tout une feuille ayant pour titre :
Liste des députés qui ont voté pour l'Angleterre contre la
Frince, dans la question de savoir si PAssemblée sacriferoir les colonies, oui ou non () >. Les députés dcs coloics, et particulièrement ceux de Saint-Domingue donnérent le
ignal de la révolte, en éctivant au président de T'Assemblée
ationale ( qu'ils alloient adresser à leurs commettans lc décret
concernant les gens de couleur, ct que, dans l'état actuel
des cho-es, ils croyoient devoir s'abstenir des séances de
T'Assemblée (s). >
Le club Massiac se prononça plus qu'il n'avoit jamais fait. 6.X.
Aprés le résultat du premier appel nominal, qui lui donnoit Misuresde
clubMassiac.
1 Deux mots surmnequestion jngée, ou Lettre de Doissy-d'Ang'nsau
rédncteer de la fcuilleduj jour.
2 Cagics exactes des lettres adressées a: présicen: de "Assemblée
exionlegociesfipsies des colonies.
ances de
T'Assemblée (s). >
Le club Massiac se prononça plus qu'il n'avoit jamais fait. 6.X.
Aprés le résultat du premier appel nominal, qui lui donnoit Misuresde
clubMassiac.
1 Deux mots surmnequestion jngée, ou Lettre de Doissy-d'Ang'nsau
rédncteer de la fcuilleduj jour.
2 Cagics exactes des lettres adressées a: présicen: de "Assemblée
exionlegociesfipsies des colonies. --- Page 100 ---
(92)
quelques espérances, il vola des
l'abbé Maury; et Ce dernier leur remerciemens à Darmare ct
que C la légitimité de leur
répondit entre autres chose
> des circonfances
liberté ( leut
dont il
indipendance ) étoie
s la nécessité en tout
n'étoit pas inutile de faire seni
club n'avoit
cvénement à P'Assembiée
jamais cessé de
nationale >. (
partis de Saint - Domingue représenter acx députés des dive
roient fanefies
combien leurs
(); mais ses
dissentions leur Si
eu jesqu'alors qu'en demi- efforts pour les réunir n'avoie
Il
succès Par
conrequa Ces députés, dars
l'obstination des Parti
avec tous les colons
une séance
tion
qui étoient à Paris; la extraordinaire
sembloig, en quelque scrta,
circulaire d'invits
comspiration. Elle contenoit
indiquer qu'it
la
sagirsoit d'ar
CIL de Zz renvoyer
Prière de ne pas venir en voiture
aussieôe Les
gsatre-vingtcing ct Ie
1 Precds-reshal du chub
* Les zrocbsverliaux Passiac, desaf,15 et 16 mai
relatoient
da cleb Massiac
179I.
an
edanco pas quelgseonmes des
indiquent sonivent
du a5modt 1-8),
delibérations les plus
qu'ils n]
cleb,
six membres
imperiantes, A
pour se rendre à
s'ofirirent d'être aux
a Tons les membres Saint. -Domingue à sa
ordres d
3 crécleset
se sont engagés sur
première rénuisition
set des eisacni porr enx, de repoirt l'homneur, si cher aux cceu:
noms.de nar! les
parler du
: ment Tour le bien
colons qui se sontsacriliés géntreus si dévoueme
>. pris Barla société des général, et de ne Point dirulguer le, généreust
dans
colons frangais >; (er qui nese sermes
trouve
<
Pi
hspebnnetinty
Un deBIt, a proposé
>A domné par 24. le
que pour prévenie route
a nomimer deux
privident 3 ou Pen des curgrise, le mo: d'ord
>seroient nommés membres porr dre Jes cerdiens viceeprésidens, et d
> DERT. de
chaque fiis pour le lendenasin du porcke ) 99
2 du merevedi St.Germein ct Chancherel sc sont
le Tiste àa la mair
26. a
onerts porr les scance
It, a proposé
>A domné par 24. le
que pour prévenie route
a nomimer deux
privident 3 ou Pen des curgrise, le mo: d'ord
>seroient nommés membres porr dre Jes cerdiens viceeprésidens, et d
> DERT. de
chaque fiis pour le lendenasin du porcke ) 99
2 du merevedi St.Germein ct Chancherel sc sont
le Tiste àa la mair
26. a
onerts porr les scance --- Page 101 ---
(93)
utés de l'assemblée du Nord se rendirent à cette séance.
uIx que Saint-Domingue et d'autres colonies avoicnt à l'ASblée nationale déclarèrent, , par l'organe de Villeblanche,
d'entre eux, au président du club, G qu'ils ne s'y rendroient
pas, dans la crainte que leur présence devint, pour l'Assenlée nationale, un sujet d'arguer contre cette. convocation,
t que s'étant retirés de l'Assemblée nationale, elle ne conidéràt leur présence dans zine asseatblie de colons qui pourroient prendre guelque arrété, comme un délit anti-constitutionnel; qu'ils assuroient, au surplus, l'assemblée des cclons de
leur zcle et de lcur dévouement, et qu'ils étoient prèts a lui
communiquer tous les retusignemensdont les colons pourroient
avoir besoin, et qui seroient en leur pouvoir (4). >
Le président du club Massiac, Cormicr, ouvrit Ia séance par
discours dans lequel il s'attacha à prouver qu'ils nc pouvoient.
endre que des mesures provisoires pour infruire la colonie de
it ce quise passeroit, et pour y renvoyer le plus promptent possible tous ceux d'entre eux qui pouvoiert yretourner;
-
is que c'étoit aux colonies seules à arréfer désnitivemen: les
yens d'empécher leur ruine. On trouve, à cette occasion,
ns son discours, cette phrase rema:quable : C Ceft là que,
foits d'un intéret ct d'un vaeu national, car les colonies sont
peu-étre aussi une nation; c'est la, dis-je, que les colons
pourront ouvrir le.seul code qui leur soit commun avec la
mitropole, celui de Za justice éternelle, ct y montrer inscrile la promesse faite le 8 mars 1790, ct méconnuc le 15
mai 1791 (s),>
Ibid. snce de 20 mni,
phrase rema:quable : C Ceft là que,
foits d'un intéret ct d'un vaeu national, car les colonies sont
peu-étre aussi une nation; c'est la, dis-je, que les colons
pourront ouvrir le.seul code qui leur soit commun avec la
mitropole, celui de Za justice éternelle, ct y montrer inscrile la promesse faite le 8 mars 1790, ct méconnuc le 15
mai 1791 (s),>
Ibid. snce de 20 mni, --- Page 102 ---
(94)
L'assemblée arrêta qu'il ne seroit pris aucune
:t qu'on ne dresseroit point de
délibération
procès-verbal de
on voit dans des procès-verbaux
laséance. Ma
que, dés le 16, les
postérieurs du club Massia
dans la colonie
quatre-vingt-cing avoient déja
un détail circonstancis à leur manière expéd
s'étoit passé aux séances des 13 et
deceq
l'assemblée du Nord
15 mai, que les députés
en avoient fait autant, et
que tous les colons qui étoient en France
qu'on convi
colonies le plus
se rendroient dans 1
-
Promptement possible (1).
S. XI.
On n'a point la correspondance des
Lettre de députés de l'assemblée du Nord dans la quatre-vingt-cing colonie
etd
Daugy à la les meneurs des colons blancs
à cette occasior
province du connoissance de la
ont eu l'art de soustraire à
Nord.
à
métropole presque toutes les pidoss relativ
ceticépoque importante, parce qu'elles
fide
constatoien: leur Pe
machiavélisme et leurs projets
plus d'une preuve dins la suite. d'indépendance. On en ver
Maison a déposé
ans après, au consulat français de
3 plus de der
de
aux
Philadelphie (e), une lett
-
Daugy
habitans du Nord, du juin
des députés de cette
1791 : c'étoit li
qu'il
province à l'assemblée de Saint- Marc
présidoit lors de son arrivée en France. Il avoit été,
Larchevesque Thibaud, l'un des
av
du Cap,
principauz auteurs des troubi
quoiqu'on lui attribuât la plus grande
rédaction des cahiers
part dans
aristocratiques donnés
ses députés à 1Assemblée nationale
par cette province
(5). La part trds-activequ
1 Ibid. séances des20 mai et 7 juin 1791
dans e Voyezla certifcation à la fin de la lettre de
P'affaire des colonies > tome I, p.93.
Daugy et les déb
3Voyez le chsp. IV,5. X, de lu première
partie.
lui attribuât la plus grande
rédaction des cahiers
part dans
aristocratiques donnés
ses députés à 1Assemblée nationale
par cette province
(5). La part trds-activequ
1 Ibid. séances des20 mai et 7 juin 1791
dans e Voyezla certifcation à la fin de la lettre de
P'affaire des colonies > tome I, p.93.
Daugy et les déb
3Voyez le chsp. IV,5. X, de lu première
partie. --- Page 103 ---
(95)
voient eue dans tous les projets d'indépendance de l'assemblée
Saint-Marc , avoit fait perdre depuis a l'un et à l'autre la
onfiance du partidévoué à l'assemblée du Nord.I LeclubMassiac,
ont 2 Daugy fut l'un des seciateurs les plus assidus durant son
jour à Paris (1), lui avoit fait sentir la folie des divisions
ui régnoient parmi les grands planteurs. Pour regagner la con
ance de la province du Nord, et la ramener aux principes de
assemblée de Saint - Marc, il proiita, aveC beaucoup d'art,
es inconséquences dans lesquelles les intrigues du rapporteur
icomité colonial, Barnave,avoient entrainél'Assemblée constinante dans ses divers décrets sur les colosics, du faux énoncé
u'il avoit inséré dans le préambule du décret du 12 octobre
790 sur l'initiative des colonies s et de ce mot perfidement
ombiné parlequel Robespierre fit pressentir dès lors aux ob-,
ervateurs toute l'atrocité de son caractére : Périssent les coloies, plurôt que de violer un principe ! I1 supposa que c'étoit
club des amis des noirs qui avoit fait voier des remercieens à l'assemblée du Nord, tandis qu'ils avoient dénoncé cette
ssemblée comme celle de Saint-Marc elle-même. Voici cette
ettre dans laquelle, pourne pas trop cffaroucher les préventions
e ceux des habitans du Nord qui conservoient de l'attacheent pour la métropole, Daugy leur propose de s'en déclarer
ndépendans , par le morif même de cet attachement.
1 Voyez les procès-verbaux du club Massiac 1 des 19, 28 et 30
mvier;3,6,, 10, 12 et 23 février 1791,etc.
celle de Saint-Marc elle-même. Voici cette
ettre dans laquelle, pourne pas trop cffaroucher les préventions
e ceux des habitans du Nord qui conservoient de l'attacheent pour la métropole, Daugy leur propose de s'en déclarer
ndépendans , par le morif même de cet attachement.
1 Voyez les procès-verbaux du club Massiac 1 des 19, 28 et 30
mvier;3,6,, 10, 12 et 23 février 1791,etc. --- Page 104 ---
(96.)
Pariygjan 1791.
AMESSIEURS ET CHERS
CONFATRIOTES,
> Nos postessions se troavent
> l'Assemblée natinale
compromises Par le décrerde
sur les gens de
> mwi dernier. IZ Fiaue
couleur libres, du 1
que nous les
> tropole en dépit des hommes
conservions d la me
ou
> soudoyés par t'dngletene,
avengles, ou n.cens, o
quiont fait rendre ce Tatal
Cret. Ici Za resistance devienz Ze devoir de
de
>
zout bon Fran
paiss mais,pour ( que la résistance soit
> soit unanimz: elle ne Feut l'etre eficace, ilFuet qu'ell
> le plus imperturbable accord
que par le plus intime c
entre les colons
> non
propriét ires o
prepoi@aston.Agenseur moins à nos
> du hienpusiice,
ennemis, aux ennemi
T'obligation de nous avoir
> géndale dont nous
réunis dans la pert
sommes mcnacés, et contre
> premiere assemblée coloniale de
laquelle notr
> voulu vous prénunir. Ses
Saint-Marc a inutilémen
> demander
pressentimnens qui lui avoient fai
pour la coloniel l'exercice du Pouvoir
> Cc qui ne touche que son régime
législatif, c
% mens, dis-je, vous les avez traités de intérieur; ses pressenti
A
nement
vains piétextes : Pive
en verifle aujourd'hui la justesse.
D Priscentles Cotonies, a dit Robespierre dans
S P'Arsemsb'ée nationale
laitsibared
(aux grands
> Avembice ei des
applaudiseeus de. celt
galeries) 7 périssene les
w
Colonies,
que. de laiater Forier la moindreattcinte à l2
plutc
> crolts delhomme:
déchration d.
> Ccla est cl.ic,messieurs; nous l'avions
> en trouvez la pridsction danslalete
ptévu, et rou
D Thibzud 8E moi nous vous éerivions que M. Larcheresqed
de
> mali7go, Cetic lettre doit etre
Suint-Mgre Ze 3
danis-los archives de l'assem
2) ble
. de laiater Forier la moindreattcinte à l2
plutc
> crolts delhomme:
déchration d.
> Ccla est cl.ic,messieurs; nous l'avions
> en trouvez la pridsction danslalete
ptévu, et rou
D Thibzud 8E moi nous vous éerivions que M. Larcheresqed
de
> mali7go, Cetic lettre doit etre
Suint-Mgre Ze 3
danis-los archives de l'assem
2) ble --- Page 105 ---
(97)
blée provinciale de Nord. Je n'affigetai pas vos cceurs en
vous rappelant la réponse que l'on nous fit; l'intérêt général
dont j'aia vous entretenir est bicn autrement imporiant qus
ce qui ne concerne que deux individus.
a Vous étiez dans l'errcur, Messicurs, en taxant d'alarmes
fausses et simulées les justes crainies que nous causoient,et
a le décret du 8 mars, et l'instruction du 28 du même mojs; 3
vous éticz dans l'errenr, en vous bornant à demander dans
> votre adresse que lAssemblée nationale ne statuat que d'après
> les demandes dcs arsemblées coloniales sur T'éiat des personnes
y dans les Celonies; enfn, vous étiez dans l'erreur en vous fé-
> licitant du décret de l'Assemblée nationale du 12 octobre, dans
> le préambule duquel elle assure si Faussement avoir toua jours cul l'intention de décréier contitasionellement ce
que
Yous lui demandez. Remarquez que pour nous condamner,
comme elle l'a fait parce décret, il: a fallu que, comme vous,
elle nous reprcchât de manquer de confiance en elle; que
comme vous, elle qualifiit de faux et vains prétertesla crainte
que nous avions manifestée de la voir prononcer Sur l'état des
> personnes de la Colonic,sans attendre les demandes des assem-
> blées coloniales.
> L'ardente socié:s des Amis des noirs vous a fait prodiguer
* ici des wpplaudbiruemens, ce n'est pas sans raison, puis-
> que vous la serviez à son gré: premièrement, en caveyant,
> comme vousl'avez fait, des affranchis armés contre votre as-
- semblée coloniale 5 secondement, en apprenant aux races afii-
> caines, esclaves ou libres,qme Ce n'est plus ane. loi, mais la
à seule volonté des colons de Saint-Domingue qui, désormais,
a retient les uns dans la servitude, les autres a la distace ( ui,
> jusqu'à ce jour, a séparé et doit djamnis séparer les afranchis
Rap. de G. Coulon, Tome II.
G
fait, des affranchis armés contre votre as-
- semblée coloniale 5 secondement, en apprenant aux races afii-
> caines, esclaves ou libres,qme Ce n'est plus ane. loi, mais la
à seule volonté des colons de Saint-Domingue qui, désormais,
a retient les uns dans la servitude, les autres a la distace ( ui,
> jusqu'à ce jour, a séparé et doit djamnis séparer les afranchis
Rap. de G. Coulon, Tome II.
G --- Page 106 ---
(98)
de leurs patrons. Le rédacteur de votre
sans doute a cra dire en d'autres
adresse a voulu, et
a dions dire à Saint-Marc le
termes ce que nous entenintérieur,
par pouvoir législatif, pour le
cta cru alleraussi loin
regime
nous-mêmes,
que nous; ; et le fait est que
qui l'avons laissé bien en arrière,
Messieurs, n'avons pas été assez loin. Nous
nous-mèmes,
pés en demandant à l'Assemblée
nous sommes trompouvoir législatif
nationale la délégation du
pour notre régime
reconnoître le droit de nous le:
intérieur, car c'étoit lui
refuser; c'étoit,
mettre volontairement: tà sa discrétion : ilfalloit icetégard,nout
répète d'après M. Galiffet
dire (je vous le
M.
et je vous prie de le faire savoir à
Odelucg, son représentant à
ce pouvoir ligislatif
St-Domingue),11 falloit dire:
appartient à la partie frangaise de
Saint-Domingut, en ce qui touche son
> tout ce qui est étranger à ses
régime intérieur et
métropole : et ce pouvoir
rapports commerciaux avec la
législatif, la mingue déclare le
Colonie de Saint-Doretenir, et n'entend en déliguer
que dansson sein aux assemblées coloniales
l'exercice
> galement formées, sous Za seule
librement et 16sanction et
> roi, et (s'il le faut et qu'on le juge
acceptation du
provisoire du
convenable) Tapprobation
gouverneur.
> Voila quelle doit être la base de notre
ensuite, sinon dans les
édifice : nous dirons
termes dont je veux
> moins en substance.
me servir, au
> ART. Ier. L'esclavage des noirs achetés à la côte
vendus à
d'Aftique,
Saint-Domingue 3 et des enfans qui en provien-
* La même déclaration de Galiffet est
du club Massiac, et dans divers
rapportée dans les registros
autres écrits des colons blancs.,
ur.
> Voila quelle doit être la base de notre
ensuite, sinon dans les
édifice : nous dirons
termes dont je veux
> moins en substance.
me servir, au
> ART. Ier. L'esclavage des noirs achetés à la côte
vendus à
d'Aftique,
Saint-Domingue 3 et des enfans qui en provien-
* La même déclaration de Galiffet est
du club Massiac, et dans divers
rapportée dans les registros
autres écrits des colons blancs., --- Page 107 ---
(99)
nent, est irévocablement maintena dans cette Colonie,
II. Par suite de la servitude des noirs, le respect
o
imposé
envers les blancs aux affranchis et issus d'affranchis, de
> que couleur qu'ils soient, demeure aussi irrévocablement quelmaintenu à Saint- Domingue.
> III. En conséquence, les affranchis et issus d'affranchis,
de quelque couleur gu'ils foient, demeurent a
5) clus de toute assemblée de blancs, et
jamais exne pourront être ni
> délibérans avec eux, ni électeurs, ni éligibles; mais continueront d'être, comme les blancs et sans, aucune différence,
sous la protection des lois pour la sireté de leurs
et de leurs propriétés, ct ils auront le droit de personnes
pétition aux
assemblées.
* Tels sont,Messieurs, tels me paroissent du moins les
>
principes auxquels nous devons nous rallier. Nos fautes
>
mêmes,
nos inimitiés, nos violeaces, suggérées et attisées par nos
ennemis communs, doivent être désormais le gage de notre
union; que rien ne la trouble plus et nous triompherons d'une
secte orgucilleuse et folle, que je crois plus criminelle encore
qu'aveug'e. Ne donnons ai reste que notre attachement à
la métropole,pour motif de notre résistance aux désastreux
décrets de l'Assemblée nationale; nous serons vrais d'abord,
>: puisque notre intérêt pour nous y opposer et pour réclamer
notre régime intérieur est aussi l'intérêt de la France; et de
plus, nous serons bien foris si nous restons unis. >
L'auteurde cettelettre avoit été l'un de ceux quiavoient signé
l'adresse dans Jaquelle cinquante-un des quatre-vingt-cing demandoient à l'Assemblée nationale de convertir en loi constitutionnelle provisoire pour les colonies 7 les instructions que
préparoit Barnave. Il avoit même fait ce qu'il avoit pu pour faire
Ga
réclamer
notre régime intérieur est aussi l'intérêt de la France; et de
plus, nous serons bien foris si nous restons unis. >
L'auteurde cettelettre avoit été l'un de ceux quiavoient signé
l'adresse dans Jaquelle cinquante-un des quatre-vingt-cing demandoient à l'Assemblée nationale de convertir en loi constitutionnelle provisoire pour les colonies 7 les instructions que
préparoit Barnave. Il avoit même fait ce qu'il avoit pu pour faire
Ga --- Page 108 ---
(100)
adopter cettemesure au club Massiac
il
gu'airouver: un
(); ne songeoit alors
moyen pour retourner dansla Colonie, afn
opposer aux me ures qu'il parci-soit
des'y
le résultat du
appreuver en France. C'est
post-script de la lettre
* Je remets, y est-il dit,
qu'on vientde transcrire.
celte lettre
> M. Tremendrie, Pautre à M.
Par duplicata, l'une à
> la connoissance
Auvray; leur séjouraParis et
gu'is y ont prise des vues de
> tionale, leur ont fait apprécier les
T'Assemblée na-
> T'assemblée de
prin ipes qui dirigenient
Sunt-Mirc: ils sont en
> Jettre les
éiat de donner àna
développemens dont elle peut avoir bescin.
> Si l'on vous parie (et on vous en
A hision de netre part aux Déerets pariera), d'actes d'adde
> tonchant les
L'Assemblie natienale
Colenies, demandez à nos
> valent des obligations contractées
aristarques Cc que
* chets(a). >
entre les- deux guiLes députés del l'assemblée provinciale du Nord,
l'indication de
qui, suivant
Dangy > retournerent dans la Colonie peu de
temps sprès, y avoient déia écrit dins le même
faisant néanmoins espérer à cette assemblée
sens, > en
décret du 15 mai (3).
la révocation du
S. XII. :
Dans le même temps, le club Mas.iac adressoit
Kettre du ministratifs de Saint2ux corpe adclub Massiac
Domingue un compte de ses travaux. En
aux cerpsed. rappelint tout ce qu'ilavoit f.it pour prévenirks divisions
y
ministratifs,
parmi
I Procès-verbal dn club Massiac, du
2 Débats dans l'aiiaire des
s5avrili7g, etc.
colonies, tome eI,p. 93.
3 Lettre de l'assemblée du Norda ses députés
juiliet 1791. Lettre d'un créole biauc, da:ée du exiraordinaires, du15
27y1.
Cip, du 18 juillet
rappelint tout ce qu'ilavoit f.it pour prévenirks divisions
y
ministratifs,
parmi
I Procès-verbal dn club Massiac, du
2 Débats dans l'aiiaire des
s5avrili7g, etc.
colonies, tome eI,p. 93.
3 Lettre de l'assemblée du Norda ses députés
juiliet 1791. Lettre d'un créole biauc, da:ée du exiraordinaires, du15
27y1.
Cip, du 18 juillet --- Page 109 ---
( 101 )
les colons blancs, et tout le mal qu'eiles leur avoient déja.causé,
il les erhortoit, par les molifs les plus pressans de leur intérêt,
a une réunion sincère pour sauver la Colorie. D'après sa circonspeciion ordinaire, ce club nes'expliquoit pas formellement
sur les mesures qw'il falloit employer; mais il les insinuoit dans
beaucoup de passages de cette lettre, trop longue pour étre
transcrite ici ilsuffira d'en donner quelques extraits. eNous
> n'avons jamais considéré la députation de Saint-Domingwe à
D l'Assemblée nationale comme ligale, ni comme sufhsamment
dansles fastes de laFrance
a autorisée. Aucun exemple précédeat
ne nous avoit laissé de modele 2 imiter à cet égard, ei la
constitution d'Angleterre, seul guide raisonnahle d suivre
>> compurazivement, ne noits offroit pAs de représentation co-
> lonia'e siégeant dans la chambre des communes.
La vo-
> lonté du corps social ( dit d'après J. J. Rousseau un député
la volonté du
) connu par la modération de ses principes),
corps
chacun des
y
social ou la loi n'eft obligatoire pour
sujets que
> parce qu'elle est cgale pour tous, que parce qu'eile est
n Perpression de Ja volonté de tous sur un obiet qui fappe
> également sur tous. Du moment ot elle scroit la volonté du
> plus grand nombre, ne frappant que sur le plus petit, elle
s poriroit ce caractire de lol. Da moment oi un corps polin tique serolt tellement corstitud qu'ane de ses parties recedonneroi:j jumais, il
> vroit toujoursla loides autros ctne lalerd
il seroit une véritable mons-
> nos scroit plus un corps souial;
y) truositt: mais cet état de chases arrivera toujours lorque le
> corps cocial sera divisd cn deux parties intégrantes tres-iné-
> galesy et dont les intérêts tic seront pas évidemment les
* Lile contiext 15 a 16 peges d'un in-folio très-serré,
G3
onneroi:j jumais, il
> vroit toujoursla loides autros ctne lalerd
il seroit une véritable mons-
> nos scroit plus un corps souial;
y) truositt: mais cet état de chases arrivera toujours lorque le
> corps cocial sera divisd cn deux parties intégrantes tres-iné-
> galesy et dont les intérêts tic seront pas évidemment les
* Lile contiext 15 a 16 peges d'un in-folio très-serré,
G3 --- Page 110 ---
(102) )
mêmes. Le desporisme de la
> sera évidemment inévitable plus grande sur la plus petite
sur la volonté
3 l'infuence de la plus
)
générale sera
petite
social, ou se soutiendra
illusoire, et ce prétendu
) dissoudre. Pour
par lopinion, ou tendra
corps
ceux qui admeuent les
toujours à se
semblée nationale,
principes de PAsde M. de
iln'y a rien à répondre à cette
Clermont-Tommere.
assertion
>
- C'est aux
> Pillégalité inconteflable Colonies à peser dans leur
de leur
sagesse si
toutes lois gui ont étre représentation n'annulle
> réts coloninuz, Sans pu
faites en France Sttr les inté- pas
doute
doit êtrei faite avec
T'application de cette vérité
tante, et la
réserve; mais son évidence est
> litigue.
question ne devient plus qu'une
consquestion po-
> Ilsuit de ces réfexions
y peler de cet instant de que si vous jugez convenable
>
d'apme, vous aurez en votre bouleuersement faveur
à un temps plus cal-
> semblée nationale,
les principes avoués de l'Asqui
A que vous Serez
environnent et garantissent vos
éternellement
droits;
D qu'aucune loi ne
fondés à invoquer ce
> vocre damande, peut étre arrétée pour les Colonies principe,
votre
sans
>
et
participation et votre
melles que vous
adhésion for-
>) tion d'une
pourrez soutenir avec vérité
la violapromesse formellement
que
articulée (*) est le moindre
* Le club Massiuc se servoit de
articulée, parce
cette expression
daus le
qu'ilsaroit bien que la promesse promesse formellemene
fajte préambuie du décret eu 12
dinitiarive, relatée
; mais il savoit aussi
cctebre 17y0, n'avoir janais
ne fercit pas atten:ion
que le plus grand nombre des été
bigué.
au sens littéral de cette
colons
expression am-
ulée (*) est le moindre
* Le club Massiuc se servoit de
articulée, parce
cette expression
daus le
qu'ilsaroit bien que la promesse promesse formellemene
fajte préambuie du décret eu 12
dinitiarive, relatée
; mais il savoit aussi
cctebre 17y0, n'avoir janais
ne fercit pas atten:ion
que le plus grand nombre des été
bigué.
au sens littéral de cette
colons
expression am- --- Page 111 ---
(1o3)
puisse être fait au décret du 15 mai derreproche qui
nier >.
Le club Massiac ne se contentoit pas, dans la suite de sa lettre,
de donner des éloges à la retraite des députés des Colonies. Il
leur conduite dans cette occasion avoit eu l'asprétendoit que
sentiment de l'Assemblée constituante eile-même. e L'Assemblée nationale, di-oit-il, leur a rendu d'autant plus de juselt
votre
comme partie
> tice, que si elle
regardé
députation
du
constituant
elle n'auroit jamais
D
intégrante corps
français,
eit
leurs
> toléré ce démembrement, et elle appelé sur-le-champ
mais elle n'a di ni voulu le faire; bien loin
suppléans
a été
de leurs antaD de là, certe démarche ferme
applaudie
serve d'exemple : ellé n'a
S gonistes. Que cette fermeté nous
pas été sans péril de leur part. Déployons le même caractére,
et le sort des colonies dépend bien davantage de notre union >.
avoir des droits à votre confiance :
>)
Nous croyons
Spectazeurs des événemens terribles de la France, nous avons
les Colonies eussent à rou-
> constamment travaillé à éviter que
> gir de pareils excès. Si nous n'y avons pas réussi jusqu'apréfaire des
et d'adjurer ROS
D sent, nous ne cesserons de
veeux,
frères pour que ce solcil si pur, si bienfaisant qui féconde
et
la
)) nos terres, n'éclaire plus de nouveaux criminels,
que
sous tous les
* Ces raisonnemens étoient pleins de mauvaise foi,
rapports. Les députés de Saint-Domingue, qui concertoient au surplus toutes leurs démarches avecleurs suppléans 2 comme on la vu
dans la première partie, chapitre V, 6.II, n'avoient pas donné leur
démission ; ils avoient seulenent déclaré qu'ils s'abstiendroient des
séances de lAssemblée constituante 2 jusqw'à cc qu'ils reçussent des
instructions de leurs commettans. Aussi retournèrent-ils à WAssemblée
nationale, lors de la fnite du roi sans attendre ces instructions.
C 4
démarches avecleurs suppléans 2 comme on la vu
dans la première partie, chapitre V, 6.II, n'avoient pas donné leur
démission ; ils avoient seulenent déclaré qu'ils s'abstiendroient des
séances de lAssemblée constituante 2 jusqw'à cc qu'ils reçussent des
instructions de leurs commettans. Aussi retournèrent-ils à WAssemblée
nationale, lors de la fnite du roi sans attendre ces instructions.
C 4 --- Page 112 ---
>
(104) )
perfection de nofre
) tion des abus qui existence politique, suite de la destrucD les
pesoient sur nous, adoucisse
cinconntances, la
les lois
* tés nous
politique et le maintien de nos
que
obligent de
D
propriéclave, Lesciave
conserver, et qu'enfin le
et le
maitre et P'esa le
maitre, les Colonies et
commerce et les
le
D comme Ze roi doit Colonies soient heureur l'un commerce, 3
P'etre
par
a ple
un jourpar son
l'autre,
parsomroi(i): - >
peuple,
S.
eclepeuXIII.
In'est
Lettre du
pas inutile dc
marguis de cing jours avant la fuite Temarquer du
que cette lettre fut écrite
Rouvray, avoient déja
roi quc plosieurs
prédite, et sur
papiers publics
colons blanes compioient laquelle il paroit que les chefs des
mandoit dans la
beaucoup. Voici elfectivement ce
de la
colonic, à la même
que
députation de
époque,Ten des
ou
Siin-Domingue,
suppléans
peut-étre méme à cause de ceite qui, malgré cette lettre 9
inconnuc de la seconde assemblée lettre, qui ne put Pas être
nir les témoignages les
coloniale, ne cessad'en oblefiance (2), que
plus distingués de fareur et de conjeter dans celui du lorsqu'il en edt abandonné le parti
Pour se
9) esclaves seront révoltés gouvernement. < Avant trois mois, Vcs
> bitations serore incendiées. et vos proprictés ravagées; vos ha-'
> sauver, c'est
Il n'y a gu'un moyen de
d'arborer la cocarde
vous
vous patriotes, que la France
blanche, ct ne croyez
>
que à cette
viendra à votre
pas,
époque
secours, parce
> parl lafenêtre Za
cinguante mille Allemands
canaille ligislatise.s
aurontjeré
1 Procès-rerbaux da club
2 Voyez les
Massiac, du 16 juin 1791.
soit, 16eta5s septembre procès-verbanz de P'assemblée coloniale du Cap, des 26
1791, etc.
vous patriotes, que la France
blanche, ct ne croyez
>
que à cette
viendra à votre
pas,
époque
secours, parce
> parl lafenêtre Za
cinguante mille Allemands
canaille ligislatise.s
aurontjeré
1 Procès-rerbaux da club
2 Voyez les
Massiac, du 16 juin 1791.
soit, 16eta5s septembre procès-verbanz de P'assemblée coloniale du Cap, des 26
1791, etc. --- Page 113 ---
(105 )
'est Pages qui nous assure dans les débats (1), que cette
e est du marquis de Rouvray.
nfin, on ne ces.oit de remplir les papiers publics de la coe, même ceux qui étoient i Ia disposition la plus immédiate
gourernement, des diatribes les plus emportées de l'abbé
ary,de Linguet, et de la Gazette de Paris, contre les opérasdel'Assemblée constituante, et contre cette assemblée elle.
ne (2). Ony assuroit que la Fayette avoit emportéle décret
15 mai par ses menaces, en venant à l'Assemblée constituante
cplus de dix mille hommes, et que depuis elle n'avoit cessé
témoigner combien elle regrettoit de l'avoir rendu; que
bassadeur d'Angleterre avoit dépèché, deux heures après la
nonciation du décret, un courier à sa cour, qui préparoit un
cment de quarante-cing vaisseaux de ligne (3).
Ces écrits incendiaires, les snggestions non moins séditieuses S. XIV.
Soulèvement
grands propriétaires venant de France, joints aux préjugés centre-révourela des colons blancs, soulevèrent tous ceux de la parlie lutionnaire
des ccloas
açaise de Saint - Domingue contre lc décret du 15 mai, La
blancs.
velle en arriva au Cap, le 30 jain, par un navire expédié
Nanter, qui portoit plusieurs lettres (4). L'explesion fut plus
ide au Cap, en raison du rapprochement de la population et
Débats dans l'affaire des colonies, tome II, p. 216. Voyez aussi
correspondance de Julien Raimond, p.
Voyez le Moniteur colonial ct la Gazette de Saint-Domingwe,
mois de mai, juin et juillet 1791.
Voyezle Moniteur colonial, des 13 et 18juillet 1791. Voyezaussi
Gazette de Saint-Domingue, dcs mois de mai, juin et jaillet.
Lettre de Blancbelande au ministre de la marine 3 du 3 juilles
)1.
l'affaire des colonies, tome II, p. 216. Voyez aussi
correspondance de Julien Raimond, p.
Voyez le Moniteur colonial ct la Gazette de Saint-Domingwe,
mois de mai, juin et juillet 1791.
Voyezle Moniteur colonial, des 13 et 18juillet 1791. Voyezaussi
Gazette de Saint-Domingue, dcs mois de mai, juin et jaillet.
Lettre de Blancbelande au ministre de la marine 3 du 3 juilles
)1. --- Page 114 ---
(106 )
de ses communications
d'Europe. Ces
plus multipliées avec les colons
ennemis des nègres et des hommes
ven
qui reprochoient si calomnieusement
de coule
des noirs d'être dévouée
à la société des a
la mère - patrie,
au cabinet de Londres,
en invoquant le
abjurà
quitérent la cocarde nationale
gouvernement anglais.
ils applaudirent la motion
pour arborer la cocarde noi
proscrivirent le
d'arborer le pavillon
;
serment
anglais;
militaires
civique 2 et firent des
pour repousser ceux
prépari
le décret du 15 mai,
qui voudroient faire exéci
Il importe de rassembler ici les
dans divers fragmens de ces faits preuves qu'on a retrouv
quoigu'ils servent à
trop peu connus en Franc
teurs des troubles de jeter un si grand jour sur. les véritables: aj
les commissaires des-colons Saint-Domingue. On doit bien croire C
que tous les mémoires
blancs qui nous ont transmis PI
pas apporté avec
que nous a vons sur cette
n'
eux les pièces qui
époque,
Projets inciviques. D'on autre
pouvoient en prouver
dévoués qu'ils fussent
côié, les journaux du
te
aux préjugés
Cap,
comme du temps de l'insurrection coloniaur, étoient sujet
dont la nécessité fut
d'Ogé, une censure sévèr
Nord, qui ne leur renouvelée par un arrêté de l'assemblée
sur cet objet Mais, Permettoit de s'expliquer ni en bien ni en n
indépendamment de quelques pétitic
* On Bt dans le Moniteur colonial
> Momitesr, no.283, et son
du 12 aoit : re Les
>>
planches
de MAL. Prieur et
supplément s ont été brisées hier par ord
>> siurnt de Passemblée Mirchand, l'un président et l'autre
a
provinciale du
vice-pi
joint cux journasistes ce
Nord, d'après un arrité
a nomniés à cet eiler, etles faire cxaminer leurs feuilles a guaire cense qui
pouvoirs de ces censeurssont d'rmpèch
et son
du 12 aoit : re Les
>>
planches
de MAL. Prieur et
supplément s ont été brisées hier par ord
>> siurnt de Passemblée Mirchand, l'un président et l'autre
a
provinciale du
vice-pi
joint cux journasistes ce
Nord, d'après un arrité
a nomniés à cet eiler, etles faire cxaminer leurs feuilles a guaire cense qui
pouvoirs de ces censeurssont d'rmpèch --- Page 115 ---
( 1e 107 )
niées al'Assemblée nationale par des hommes qu'on pourroit
dérer comme prévenus contre les colons blancs à cause des
la commission des
cutions qu'ils en avoient éprouvées (1),
ies 2 recueilli sur tous ces faits des preuves ou des indicasuffisantes. Voici ce qu'on lit dans un numéro de la gazette
sint-Domingue qui est presque le seul qu'on ait de ce
exaltés
décret et par
s-là: e Des citoyens ( du Cap)
parle
conduite étonnante de la place de Bordeaux.
livroient à des témoignages d'horreur pour les nouvelles
'on venoit de recevoir 3 les uns arboroient la cocarde
unche, d'autres la noire ; et le plus gran.l nombre rejetoit
les
cocarde nationale, 9 sans en porter aucune autre; grediers patriotes proposoient un projet de coalition à toutes les
rdes nationales de la colonie, pour opposer la plus vigouise résistance à l'exécution de ce décret (2). >>
:s Négocians du Havre, qui, de leur ayeu, copiaient les
res esspressions des avis authentiques qu'ils avoient reçus
ap, disoient, 3 dans une adresse à P'Assemblée nationale du
sertion des articles gui concernent les.
>> Ces points se
ent dans l'original ; ils désignent évidemment les hemmes de
ur. Le journaliste se justifie làchement, en disant qu'il n'a rien
à cc sujet, et qu'il porte chaque jour sa feuille à la censure 9
nt cet arrêté qu'il date du 15 juiller; mais que souvent il ne
pas trouver lcs censeurs.
Pétition de Gatereau,du Il décembre 1791 9 impriméc par ordre
Assemblée nationale, P. 2. Letire d'un aréole blanc, , datée du
du 18 juiliet 1791, p. 9 et 10. Faits relatifs aux troubles
Lint-Domingte, par Bor:, pi5 et suivantes.
Elle s'imprimoit au Port-ausbrince.
Gazette de Saint-Domingue, du 16 juillet 1721,
pas trouver lcs censeurs.
Pétition de Gatereau,du Il décembre 1791 9 impriméc par ordre
Assemblée nationale, P. 2. Letire d'un aréole blanc, , datée du
du 18 juiliet 1791, p. 9 et 10. Faits relatifs aux troubles
Lint-Domingte, par Bor:, pi5 et suivantes.
Elle s'imprimoit au Port-ausbrince.
Gazette de Saint-Domingue, du 16 juillet 1721, --- Page 116 ---
(108 )
:0 aodt 1791: * Dans une assemblée
> tion d'arborer le pavillon
gunérale, on a fait ia
anglais !.
> érd applaudie.
Au
et cette moti
s du fort Picolet,
Cap, on montoit les batt
pour repousser les
a venir précher Ce que les colons téméraires qui oserc
> doctrine perfide et sanguinaire. Tous appeloient pour cux
N administra ifs, les
les citoyens, les C
troupes de ligne.n'ont
D qu'ene ame. Iis maudissent les liens
qu'un sentim
> et dans leur
qui les attachérent à C
dasespoir, la
a
cruelle ennemie
France, disent-ils, est leur
(1).
Bamare, qui malheureusement ne paroit avoir écrit
port du 24 septembre 1F91
son I
l'assemblée de
qee sous la dictée des membre
décret du
Saint-Bisce, y disoit, en parlant des
15 mai: e Les deux
se
cffcts
5 du
et
partis sont réunis à l'arr
décret, se sont réunis dans
A cret; le ménie
l'esprit d'opposition au
esprit a régné dans toutes
> lonie 5 les mesures ont étéau
les partizs de li
) troupes frangaises
Point de faire préter serment
quise trouvoient dans
> de Sain-Doningse,
les diferens quar
> cation du
non-seulement de ne pas agir pourl
décret, mais
)
tion; les mesures ént été d'agir directement cotitre son czl
D commandans à donner portées jusgn'a forcer les dire
> et dilférentes
eux - méme les mémes promes
adresses ont été
> tiers (2). >
rédigées daus dilerens 9
1 Lettre adressée à M. Ie président de T'Assembiée
TAssemblée adresedes ciroyens, négocians et capitaines de navire nationale du Hiawre
natienale, p. 4
2 Rapport surles colonies et décret du 28
septembre 179*, p. 1
ées jusgn'a forcer les dire
> et dilférentes
eux - méme les mémes promes
adresses ont été
> tiers (2). >
rédigées daus dilerens 9
1 Lettre adressée à M. Ie président de T'Assembiée
TAssemblée adresedes ciroyens, négocians et capitaines de navire nationale du Hiawre
natienale, p. 4
2 Rapport surles colonies et décret du 28
septembre 179*, p. 1 --- Page 117 ---
(109) )
actes de
niés aujourd'hui par les dé- 6, XV
fin, tous ccs
révolte,
Adhésion d:
irs des asseinblées coloniales (1), sont indiqués avec peu Blanch:lande
curité dans le supplément du mémoire que Blancheiande
sur les premiers commissaires civils, et dans une de scs
sau ministre de la marine : G e voudrois, dit-il dans cette
tre, qu'il me fut permis de vous laisser ignorer la sensan qu'a faite le décret Ju 15 mai, . etlar pidité avéclaquelle
toutes les parties de la
c commence à sc communiquerà
lonic.. .
Trois motifs pui:sans se réunissent pour CXer li fermentation : l'amour-prepre est offensé; on croit le
lutde la colonie comprois, e: on réclame un engagement
te l'on croit violé..
N'exigez pas, Monsieur, que je
pus fasse le détail des propositions toues plus violentes les
tes que les aures, quis'agitent dans les conver ations; les
curs les plus fidelessont aliénés, et la guerre civi e laplus
Bieuse, OIL la perte de Lut colonie pour la France pernt être les suites de Lrlisposition présente des esprits...
es mêmes lettres annoncent que l'Angleterre a un armement
e quar nte cinq vaisseaux, et ma plume se refuse à vous
endre les discours et peut-èire I s vceux que cette circonsince a fait naitre..
La pos'tion de la colonie vous anonce combien mes moyens seront foibles, sur-tout après la
éunion inévitable de tous les blancs en un seul parti qui ne
era plus celut de PAssemblée nationale, En un mot, Monjieur 1 j'ai tout lieu de croire que ce décret, s'il n'est au
noins modifé ne soit P'arrét de mort de plusicurs milliers
Phommer,ctne ? devienne également funeste au petit nombre
Debats dans l'affaire des colonies, tome II, P. 2etsuiv.
ien mes moyens seront foibles, sur-tout après la
éunion inévitable de tous les blancs en un seul parti qui ne
era plus celut de PAssemblée nationale, En un mot, Monjieur 1 j'ai tout lieu de croire que ce décret, s'il n'est au
noins modifé ne soit P'arrét de mort de plusicurs milliers
Phommer,ctne ? devienne également funeste au petit nombre
Debats dans l'affaire des colonies, tome II, P. 2etsuiv. --- Page 118 ---
(110
de ceur- là mémes qu'il a
pour objet de favoriser
Blanchelande ajoxte
(:)
> dans son
quiétudes du public, il n'hésita mémoire, que, d'après le
fumeite, d'appeler
pas, pour éviter ane explo
auprès de lui huit
blée du Nord, à qui il
commissaires de f'ass
communiqua sa lettre au
marine, pour rendre compte
ministre di
Cette démarche ne leur
publiquement de son centi
quiétude des esprits; ils parut pas sufigante pour calmer 1
demandérent
fàt lu en pleine assemblée
que l'original de la le
peuple étoit
pour prévenir les excès
prét à 8c porter.
auxque
et reçut des témoignages de la Blanchelande se rendit à ce mc
on sut que la ville de Bordeaux satisfaction pablique; mais, qu
avoient offert de venir
et le département de la Girc
assurer l'exécution du
tion et la fureur générale
décret, K l'indig
manifestérent tous la
redoublèrent; les colons du N
plus ferme
> à la force, et de périr
rsolution d'opposer la A
> à l'assemblée du Nord pletôt que de céder. On ft la moi
de faire
A riquement sur le Parti
expliquer Blanchelande caté
avec des forces etdes qu'il prendroit, si le décret arri
On
ordres pour le mettre à
convoqua unc assemblée
exéeution (e
vité avec les chefs des
extraordinaire à laquelle il fut
rine. Lorsqu'il demanda troupes le
patrioliques, de ligne et de 1
motif de cette assemblée
chargés de lui porter
aur memb
qu'il croyoit
linvitation, l'un d'entre eux lui
que c'étoit pour mettre les
répor
Pour calmer les colons
forts en étar de défen
blancs, Blanchelande crut devoir enci
I Lettre de Blanchelande au ministre de la
1791. Pièces à l'appui du
marine 9 du 3 juil
p. 1et: 2.
supplément de son mémoire 7 numéro :
2 Ibid, page 3. Lettre de
2791.
Massard, 1 au maire du Havre, du. 5 juil
que c'étoit pour mettre les
répor
Pour calmer les colons
forts en étar de défen
blancs, Blanchelande crut devoir enci
I Lettre de Blanchelande au ministre de la
1791. Pièces à l'appui du
marine 9 du 3 juil
p. 1et: 2.
supplément de son mémoire 7 numéro :
2 Ibid, page 3. Lettre de
2791.
Massard, 1 au maire du Havre, du. 5 juil --- Page 119 ---
(111 )
clarer à tous les citoyens de la colonie 9 dans une lettre à
assemblée du Nord, que s'il étoit chargé de faire mettre à
técution ce décret, soit sans forces , ou avec des forces, 9
en suspendroit la promulgation., pour, de concert avec
S représentans de la colonie, prendre toute mesure, afin
PAsserblée nationale à retirer et a annuiler son
engager
écret(1) >. Croira-t-on que ce sont les commissaires des
ns blancs qui ont osé l'accuser de cet acte de foiblesse à
onvention nationale, et le poursuivre pour cela même au
anal révolutionnaire (2).
es adresses envoyées en France par l'assemblée du Nord s. XVI.
la même chose, malgré l'esprit de modération et Adresse de
quent
l'assemblée
tachement pour la métropole 2 que cette assemblée avoit au Nord.
pigné depuis plus d'un an. Dans celle qu'clle adresse à PAsblée nationale, elie rappelle la promesse annoncée dans le
ct du 12 octobre, en sc plaignant amèrement de son inexéon. Elle fait le serment d'exécuter ce décret seul et celui
3. mars. Enfin on trouve dans l'adresse ces deux passages
arquables : a Unepuissance maritime, notre ennemie deuis tant de siecles, croit toucher au moment de recueillir
Fruie de ses machinations et d'élever son commerce sur
:s débris du nôtre.
Tous les cocurs sont ulcérés,
: agitations dont nous sommes témoins peuvent amener une
Ibid, extrait des registres de l'assemblée du Nord 2 du 29
et 1791. Lettre de Blanchelande à ladite assemblée, du 30 jwillet.
es à l'appui du suppiément de son mémoire 1 n8, 30 et 31,
et 4Voyez le procès de Blanchelande 9 et tous les écrits des comaires de l'assemblée coloniale.
Tous les cocurs sont ulcérés,
: agitations dont nous sommes témoins peuvent amener une
Ibid, extrait des registres de l'assemblée du Nord 2 du 29
et 1791. Lettre de Blanchelande à ladite assemblée, du 30 jwillet.
es à l'appui du suppiément de son mémoire 1 n8, 30 et 31,
et 4Voyez le procès de Blanchelande 9 et tous les écrits des comaires de l'assemblée coloniale. --- Page 120 ---
>
(112)
erplosion
à envisager ginétale,afiteuse dans ses effets: alors nous n'ay
qu'une
a beau dans la colonie résistance disespérée, et un vaste tc
(). D
Dans son adresse au roi, clle Jui
tion au décret du 15
demande de refuser sa sa
> terposer
mai; et s'il en étoit déja
son autorité pour en arréter la
revêtu, 6 d
Enfin, dans une réponse
pronulgation (2
Partement de la Gironde, pleine d'aigreur et d'outrages au
respecter les lois, elle , quilui avoit rappelé son sermon
) que ces lois d'accord disoit : K Nons le jurors entore,
pou
a tissene
avec celics du 12
/ as le Fruit de nos
octobre n'ans
> dent sous la sauve-garde travaux, mis le 8 mars pre
LXVI,
Si
spéciale de ta nation (5). >
telle etoit la
Confidéra- et dans Cetle
disposition des blancs dans
tion contr:-
majorité de la province
la ville du a
révolution- Paru jusqu'alors conserver
du Nor:, ou l'on at
naircanPort. l'Assemblee
quelque erespect pour les
au-Prince, manifesti nationale, on poui juger de la
décrets
au
fermeatation
lonie, oi le Port-ae-Prince ei dans les autres
de qui
parti des quatre
parties
la
un mois
vingt-aring dominoit
auparavant, cette capitale
toujours.
dans ses murs une federation
de l'Ouest avoit convo
juillet (4).Les
générale de la colonie, pour lc
députés de
ceux de la grande majorité plusieers paroisses, et mème, dits'y rendirent; on y rejeta le serm
2 Adresse de Tassemblee
et 11,
provinciale da Nonl, nt, 3,
pag.
2 Biz, n8.4, P. 13 et 14.
1,.S, 2.
* Adresse dela garde nationaled
solonial, du 4 juin 1791.
Pust-au-frince, dans le Moni
civigy
la colonie, pour lc
députés de
ceux de la grande majorité plusieers paroisses, et mème, dits'y rendirent; on y rejeta le serm
2 Adresse de Tassemblee
et 11,
provinciale da Nonl, nt, 3,
pag.
2 Biz, n8.4, P. 13 et 14.
1,.S, 2.
* Adresse dela garde nationaled
solonial, du 4 juin 1791.
Pust-au-frince, dans le Moni
civigy --- Page 121 ---
(113)
civique ;on y abjura la mére-patrie 5 et, trois jours après, la commune de cette ville ordonnilimprenion, au nombrc de cinq cents
exemplaires, d'un projet d'adresse * oi est déprint, dit-elle.en
termes énergiques, le déscspoir qu'a jetédans l'esprit de tous
- les citoyens le décret du 15 mai derniers, et qui constate
du moins Veffet qu'il produisit dans cette ville. K Comme une
telle loi 7 y est-il dit, n'offre plus qu'anarchie, désordre,
dégoit ct anéantissement, iZ n'est plus d'union, plus ds
pacte j parce que-lorsquela somme desr maux excède la somme
a des forces nécessaires pour les supporter, lorsque la force
a protectrice devient au contraire une force oppressive et meura trière, lorsque les clauses enfin sur lesquelles repose la sain-
> teté du contrat ne sont plus observées, alors le pacte, le
contrat d'union est rompu : chacune des parties rentre dans
ses droits primitifs; ct si,dans cette crise toujoarsimpoligue
et violente, il cft une des partics qui fasse moyen de sa force,
il est sans doute pour l'autre, son énergie, 3 son courage, la
force de se défendre ct de savoir mourir. Tcl est l'état ed
votre fatal décret du 15 mai vient de réduire la colonie. Tel
a est le sentiment déchirant et funeste qu'ila fait naître et qu'il
Rous fait éprouver. C'est cn vain que vous avez présumé de
vos forces et de vos sinistres moyens : nos campagnes devienD dront plutôt désertes; j nous romprons pluôt tous les liens
)) qui nous unissent,et que nous chérissons encore sans doute
> malgré nous.
Tout peuple devient libre quand il
1) a la force etl le courage de le devenir.
Déja les députés
de la majoritt des paroisses de la colonie s'étoient rendus.
A Nous desiticns tous de nous unir, de prononcer un serment
tntahse,etjugeoderr cher à tous les Français. Les hoires
D furies de la discorde, de l'anarchie, et de la guerre civile,
Rap. de Garran Coulon. Tone II.
H
gré nous.
Tout peuple devient libre quand il
1) a la force etl le courage de le devenir.
Déja les députés
de la majoritt des paroisses de la colonie s'étoient rendus.
A Nous desiticns tous de nous unir, de prononcer un serment
tntahse,etjugeoderr cher à tous les Français. Les hoires
D furies de la discorde, de l'anarchie, et de la guerre civile,
Rap. de Garran Coulon. Tone II.
H --- Page 122 ---
a
(214)
abordent la colonie,
D plaisir et à la joie promulguent voire décret. Aussitot ag
succèdent la
> reur; un sentiment confus
rage, lc désespoir et Fhoret
a de Ia mibe-paiesTioneur pénible détourne nos regards
D prime et resserre les
qu'inspire ce sombreavenit comcceurs de
9 ble, on
tous les citoyens 3 on
discute, on délibère, ez Za
s'assem-
> mité prononce qu'il n'y
voic terrible de l'unaniD l'abime
aura point de serment: chacun voit
entr'ouvert, mais chacun sc
> le mesurer 5 le serment
sent assez de force pour.
D place
constitutionnel est proscrit; et à sa
Saint-Domingue,, l'autel seul de
> d'un pacie
la colonic, reçoit
fidératif et d'union.
celui
> qu'auimés Par la justice de
C'est donc sur cet autel
> sespoir, et encere
nos droits, gu'agités par le dé-
> avons juréet
plus aigris par votre ingraticude, nous
rédigé en carsctères
> encore par nos pleurs, le
de s2ng, quoigu'arroses
> difen.dre contre
serment de nous unir, de
zouzes les
nous
D constitation,
atteinces des ennemis de noire
> et
de d'employer tous nos moyens pour
éloigner nos côtes ce fital ct
repousser
>"enfin toutes sortes de
fiuneste décret, et faire
> grand et le moins sacrifices, dat-il nous en codter le
Rénible peut-étre de
pius
Cep projet d'adresse
tous, la mort (I):
tion par la
ne reçut point, à la vérité, Sa dernière
signature des colons blancs. On 2
sancpartic l2) de ce
vu dans la première
avoient
rapport, que les agitateurs
toujours feint dans leurs adresses d.Por-an-Prine
pour l'assemblée nationale, dans le
une sorte de respect
noient cette malheureuse
temps même otl ils
ville dans un état kabitucl entretede révolte
I Pidces jnsiifeatives da
sur son
cumplément du mémoire de
admistesiation, 1°. 31. P. 10 ct 11.
Elanchelanle
2 Chap. VI, S. XXXI et saivwas.
que les agitateurs
toujours feint dans leurs adresses d.Por-an-Prine
pour l'assemblée nationale, dans le
une sorte de respect
noient cette malheureuse
temps même otl ils
ville dans un état kabitucl entretede révolte
I Pidces jnsiifeatives da
sur son
cumplément du mémoire de
admistesiation, 1°. 31. P. 10 ct 11.
Elanchelanle
2 Chap. VI, S. XXXI et saivwas. --- Page 123 ---
(115)
averie contre ses décrets. Sans doute ils ne crurent pas pousir encore abandonner d'une manière si décidée leur astueuse politique. Mais les faits relatifs à la fédération, et par conquent à l'esprit des blancs qui s'y trouvoient,n'en sont pas
oins constatés par cette pièce Si le compte n'en eit pas
évrai, la commune n'y citpas donné Cc premier assentinient
moment ou les faits venoient de se passer, cn votant ainsi
mpression du projet d'adresse. On peut méme dire qu'ils acsièrent une Rouvelle preuve, parle soinqu'on eut de prétexter
.ns les papiers publics de la colenie un autre motif de la nonestation du serment civique. Ce moiif est l'absence des députés
plusieurs paroisses (0); prétexte évidemment illusoire, puisie la fete n'en eut pas moins licu, que la majorité des paisses de la colonie avoit député, ct qu'en les convoquant on
voitt bien que celles qui tenoicn: pour l'assemblée du Nord ne
rendroient pas.
Les partisans de l'assembiée de Saint-Marc frent prendre Un $. XVIIT.
êté plus criminel encore à Pune des paroisses de la proyince AriètécriNord qui soutenoient leur parti. C'est celle du Gros- mizel de ia
brne (2), qui cst, dit-on, la plus considérable de la colo- parcisse Gros Morne. du
par son étendue, et l'une des plus fortcs par sa populan (3). Il est'impossible d'y manifester l'esprit de révolte
Le rapport de Tarbé, du 11 décembre 1791 3 sur les troubles des
onies, cite,à la page29, une lettre d'un capitaine du Havre,du 22
let, où lon trouve le passage suivant : < Tout cst en combustion,
ur-roura Por-aw-Prince, oi l'on vouloit, au départdu courier, mettre
n dérive lcs navires bordelais. >>
Gazette de Saiat-Domingue 1 du 16 juillet 1791.
Dibats dans P'affaire des colonles: tome Ili, P. I0 et 141.
18i,page 165.
R
H 2
, cite,à la page29, une lettre d'un capitaine du Havre,du 22
let, où lon trouve le passage suivant : < Tout cst en combustion,
ur-roura Por-aw-Prince, oi l'on vouloit, au départdu courier, mettre
n dérive lcs navires bordelais. >>
Gazette de Saiat-Domingue 1 du 16 juillet 1791.
Dibats dans P'affaire des colonles: tome Ili, P. I0 et 141.
18i,page 165.
R
H 2 --- Page 124 ---
(116)
d'un: maniére plus emportée: G
les décrets des 13 ct 15 mai étant Considérant, y est-il dit, qu
une
A
des 8 mars et 12 octobre de l'année infraction aux décret
> parjure national et un nouveau crime dernière, c'est z
à
a d'autres;
ajouter à tan
s Considérant que la colonie, indignement
plus accorder de confiance
abusée, ne peu
aux actes d'une
> digrade au poinz de devenir elle-méme
asseniblée qui s
la
a décrétées par elle;
violatrice des loi
> Considérant qu'un tel excès ne
> qu'aucun frein
permet pas de présume
politigue, aucune pude
> sa marche
T, p.issent arrête
criminelie, et que les colonies ont tout à
> des delibérations ultérieures d'une
craindr
assemblée
D plément de toutes les destructions
qui dicte le com
possibles; ;
D Considérant que la colonie s'est donnée à la France
S trefuis, et non d'aujourd'hui oll aduclle
d'au
> du traité
; que les condition
ayant changé, le pacte est anéanti;
> Considérant que tous les principes constitationaels du
verner ment de la France sont destractifs de
gou
> cenviennent à la constitution des
tous ceux q9
colonies,
> d'avance par la déclaration des droits de
laguelle est violé
>
Thomme;
Considérant enfin que la constitution de la
a delunion de tous les
colonie dépen
colons, et de leur
) contre les ennemis de leur
résistance par la forc
repos j
> Les habitans ici assemblés déclarent dereckef
ashérent a lear arrêté da 30
adhérer €
janvier
> contre tout ce qui a éte fait et dicrité dernier; protester
> tionale pour ou contre les
par l'assemilée na
colonies, et notamment celle d
Sain-Domingue, et contre tout ce qu'elle fera et décréter
par la suite i
pen
colons, et de leur
) contre les ennemis de leur
résistance par la forc
repos j
> Les habitans ici assemblés déclarent dereckef
ashérent a lear arrêté da 30
adhérer €
janvier
> contre tout ce qui a éte fait et dicrité dernier; protester
> tionale pour ou contre les
par l'assemilée na
colonies, et notamment celle d
Sain-Domingue, et contre tout ce qu'elle fera et décréter
par la suite i --- Page 125 ---
(117 )
Protestent contre les décrets des 13 et 15 mai dernier, et
centre l'admission dans la colonie des commissaires que l'assemblée nationale prétend y envoyer;
Jurent tous sur Phonneur, en présence du Dieu des armées
qu'ils invoquent au pied de son sanctuaire, vers lequel ils
sont prosternés, de repousser la force par la force, et de
périr sous les ruines amoncelécs de leurs propriétés, plutôt
que de souffrir qu'il soit porté une telle atteinte à leurs
droits, dont dépend le maintien politique de la colonie;
leurs
dans l'asX Ordonnent à ceux qui se prétendent
députés
semblée nationale de se retirer, invitant tous les celons résidant en France de sc rendre dans la colonie pour y soutenir
et défe dre leurs droits, et coopérerau grand ceuvre des lois
qui dsivent la régir dorénavant dans l'indipendance de celle
de la France
* L'un des accusateurs de Polverel et Sonthonax, qui étoit habitant
ccette paroisse, Verneuil, a prétendu, à la vérité, que cette adresse
Pércit point le voeu de la paroisse ; qu'elle n'avoit point été rédigée
ans une ascemblée de la commnune ; qu'elle n'étoit signée que du
édarteur] Dossigné, et d'une vingtained'autres, dont la plupart même
avèrent leurs signatures sur ses représentations, et que par cette
aison il d'nonça cette pièce à Passemblée coloniale, qui le renvoya
se pourvoir devant Polverel et Sonthonax. ( Débats dans l'affaire des
olonies, t.III, p. 144, 147, 164 et suivantes.) Mais Verncuil ne
lit pas que cette dénonciation n'eut lieu que plus d'un an après, au
nois d'octobre 1791, lorsque l'insurrection des hommes de couleur
: celle des esclaves, qui avoient dès-lors embrasé toute la colonie,
avoient forcé les colons blancs à se soumettre à la loi du 4 avril 1792,
bien plus contraire aux préjugés ccloniaux que celle du 15 mai 1791
et qu'ils sentirent enfin la nécessité d'affecter des sentimens nouveaux devant les commissaires civils Polverel let, Sonihonax, qui veH3
d'octobre 1791, lorsque l'insurrection des hommes de couleur
: celle des esclaves, qui avoient dès-lors embrasé toute la colonie,
avoient forcé les colons blancs à se soumettre à la loi du 4 avril 1792,
bien plus contraire aux préjugés ccloniaux que celle du 15 mai 1791
et qu'ils sentirent enfin la nécessité d'affecter des sentimens nouveaux devant les commissaires civils Polverel let, Sonihonax, qui veH3 --- Page 126 ---
(118 a )
constaterles dispositions des colon
f. XIX.
Onne citera, pour plus
du clul
Lettre de blanc cette époque, qulume lettre écrite au président
un homme
a soit
Guiton au Massizc, d'une campagne de T'Ouest, par
qui
elub Massiac, d'obeerver qu'il y vit-dans la plus grande solitude. C'est c
Guiton
le club avoit envoyé en Angleterre pou
comte de
que
des informations sur les sociétés des amis des noirs, ,e
prendre
mois apres à Sin-Domingse,od il étoi
qui p38s2 quelques
arrive dbien avant le décret da 15 mai. Sa lettre, beaucoup trof
être transcrite ici, respire par - tout T'emportemen
longue pour
de la réyolution. Mais iln'est pas croyable qu'i
d'un engemi
ie clib Massiac, et l'on a vu, au surplus dans
vouldt tromper
d'Angleterre qu'il respectoit la vé
leitre sur les amis des noirs
matéciclle dès faits, même les plus contraires a SCS idées,
rité
d'arriver. Une expédition de cette pièce avoit été déja enroyée
noient
un des
commisscires
en France, avec ks signatures * par
premiers de trois moit
cirils, Roume, qui n'arive dans la colonie que plus rayées dane
apaèsoa dare. Ces signetures n'éroient dinc pas encore des députée dela
Voriginal. L'arrère contient de nlus la nonination
même une
paroisse à la secone assemblée coloniale. On Y trouve
avoit
du Nord, que la paroisse
nomination de députés pouslessembiée
est
de
de treinnoitre, 2 et leur nonination piéeedde
refusd jnusqu'alors
Les citeyens considérant qee lorsque la
cet aveu remerquable : (
l'esprit Ze pari doir cider d la nécessite
D chose pulilique est en danger, d'autres bornes à leurs pouvoirs que la
s dese réunir.s On ne met
Cene.dernibre clanserénond
reraenbilités au gre de leurs commettans.
debats, de ce
asseza Vindnction que Vermenila aussi Sinéedansles efiectivement révoà Fassemblée du Nord ent e6
que ces députes suite de Tevécutiende leur mandat.Si leur nomigaes. Crersit-li une considéver comme valulle par la majorité de la
naten ed: pas été
Nord, ils nauroient pas été admis, et il
perciseaet par Tassembleo-du
uyenit pas eu besain deles révoquer,
Exia Vermeuil dit encore, daxs cee mimee debats, P- 163 ,7re
ansles efiectivement révoà Fassemblée du Nord ent e6
que ces députes suite de Tevécutiende leur mandat.Si leur nomigaes. Crersit-li une considéver comme valulle par la majorité de la
naten ed: pas été
Nord, ils nauroient pas été admis, et il
perciseaet par Tassembleo-du
uyenit pas eu besain deles révoquer,
Exia Vermeuil dit encore, daxs cee mimee debats, P- 163 ,7re --- Page 127 ---
("9)
quelle gue fit la manière dont il les coloriàt : K La colonie,
> ditil, a deur partis bien connus : celui des négocians, et celui
> des habitans. Les premiers veulent l'ancien régime et soutiennent le gouvernemisnt, parce qu'il maintient les lois pro-
> hibitives ct les ordornances des contraintcs par corps. Les
D derniers renversent toute autoriié, parce que dans l'anarchie
se troure Timpunité, et que T'homme est au-dessus de ia
loi. A les bien considérer tous, les premicrs sont démocrates
> de sentimens, ct aristocrates d'action, et les autres dans le
> sens inverse; 3 mais tous appellent la multitude, et tous par
conséquent perdent la colonie, et avec elle leur chose particuliére, qucique mus parlavarice et l'ambition...
> Dans cet état, et dans l'attente des commissaires, le décrct
> du 15 mai sur les gens de couleur a achevé le disordre des
> vusb-laconfuinn des idées. Oncommenceà sentir le danger
> de la confusion des hommes; ; mais c'est trop tard, et l'éga-
> lité ne fait aucune exception. Il se débite cent fagots. On pré-
> tend que tous les Américains de Paris, et une grande partie
> de ceur des provinces, sont en Angleterre pour demander des
députés nommés par cette assemblée du Gros-Morne n'ont pas siégé
al'assemblée colcniale; que la paroisse du Gros-Mornen'y a eu de
dépurés que ceux qui Parcient 616 a Possemblée de Saint- Marc.
Page répète le meme chose dans la page suiv. ; mais la pièce ménie
que cite Vernouil, pronve nue la parciese du Gros-Morne avcit cosfirmé la nomination de 30s pricédens déprtés à Passemblée de Sain:-
Merc, et qr'eile leur nomma pour supplians, Dinery, Rebout Taa
et Perrin, qui sans doutelont représentée jasqu'a l'arrivée des mebres de Tassomblée de Saint-Slarc.
Telieestin véritédes faits, su:laquelle toutes les parties cut laisse
quelque cunfision dans cette pertie des débets, Voyez la pase :09,
etc.
H 4
la nomination de 30s pricédens déprtés à Passemblée de Sain:-
Merc, et qr'eile leur nomma pour supplians, Dinery, Rebout Taa
et Perrin, qui sans doutelont représentée jasqu'a l'arrivée des mebres de Tassomblée de Saint-Slarc.
Telieestin véritédes faits, su:laquelle toutes les parties cut laisse
quelque cunfision dans cette pertie des débets, Voyez la pase :09,
etc.
H 4 --- Page 128 ---
(125)
secours, pour établir des
> Bien le peine ; mais
intelligences. La chase en
nous
vaudreit
> et les manefactures
drouzens-pon, quand le
a
soutiendront ce
commerce
avec rairon qu'on
décret, et
a avec
pent commercer avec des prétendront
desilincs, et qu'iis
jaunes comme
leur étant une population démontréront que les gens de cou-
> la
toute acquise
métropole est trop heureuse
pour les
> le
de l'y: attacher et de colonies,
rawitaillement, le
s'épargner
est obligée de fournir, renouvellement de celle à laquelle elle
> litiques et plus
etc., etc., et tant d'auires raisons
>
garni,t
mercantilles encore, don: ils
poqui ne seront
ont le
s le danger de
combattues que par une seule gousset
> dis jaunes, rapprocher les noirs des blancs
raisop,
mair contre
par
S
mill:
laquelle s'éleveront les l'intermede
sopiismes des
cent et un
> les Pays delunivers philanthrepes et des moralistes de tous
(:)2s
f. XX.
Qnand les
Correspon- étolent réduits Partisans les plus outrés des
dance des
à Ies défendre ainsi,
préjugés colonianz
hommes de gance de compte: que les hommes c'étoit une grande extravacouleur,
sécutés et outrages par les colons de couleur, sans cesse perspectateurs de leurg mouvemens blancs, seroient les simples
contenir méme en luttant
politiques, et qu'on pourroit les
voir étoit dans la main des contre lz métropole, Mais tout le
de couleer étoient
oppresseurs; la plupart des hommes ponavoient toujours sincèrement attachés à la
compté sur les
mere-patrie Ils
blée
principes de liberté de
constituante, sur lajastice de leur
l'Assemcause, et ils prévoyeient,
II Leitre de Guiton at
près Stint Marc, du 18 président Dillard, datée de
* ee Nons
joillet 1791.
Belle-Plaine,
a I7go, ct nous perinemsPoongais, nons
disoient-ils dansleur lettre du
2 nous servira de suaire, enveloppeross dansle dragecu de la 27 juillet
>
France, qui
incipes de liberté de
constituante, sur lajastice de leur
l'Assemcause, et ils prévoyeient,
II Leitre de Guiton at
près Stint Marc, du 18 président Dillard, datée de
* ee Nons
joillet 1791.
Belle-Plaine,
a I7go, ct nous perinemsPoongais, nons
disoient-ils dansleur lettre du
2 nous servira de suaire, enveloppeross dansle dragecu de la 27 juillet
>
France, qui --- Page 129 ---
(121 )
frémissant, les maux incalculables que la guerre civile et le
levement des noirs, qui en seroit inévitablement la suite,
traineroient après cux. Avant même le décret du 15 mai 1791,
espéroient quc les commissaires que la France leur avoit
honcés depuis plusieurs mois viendroient eafin mettre un termc
dont ils étoient accablés. Ces puissantes consi-
: persécutions
rations les retiorent long-temps.
Les hommes de couleur étoient entretenus dans ces sentimens
paix et de bienveillance par leurs correspondans en France,
ine doutoient pas que leur cause ne triomphàt bientôt par les
ales armes de la raison. La veille même du jour ou l'en exéteit le frère ei les compagnons d'Ogé at Cap, ces corresponn'ignoroient pas sa défaite et son extradition par les
ns, qai
de couleur les exhortations
pagnols, adressoient aux hommes
S plus touchantes à la paix , et ne s'occupoient que des
byens de réaliser un don patriotique de sept millions qu'ils
oient offerten leur nom à l'Assemblée constituante, tandis que
établis en France mettoient tout en nsage
S grands planteurs
le clus
pur se soustraire à la contribution patriotique, que
assiac appeloit une vexation (1). Julien Raimond adressoit
bur cet objet à ses frères un honme de confiance qu'ils lui
roient demandé, et qui leur portoit divers exemplaires des
lui, Petion, Grégoire, Brissot, et quelques
avrages que
atres, avoient publiés pour la défense de leur cause (2).
Les commissaires des colons blancs ont prétenda que cet
nommé Mahon, étoit un émissaire envoyé par
omme >
dn août
etc.
1 Lettre du club Massiac à Duval.Sauedon, 14
1791,
2 Lettres de J. Raimond à ses frères les homimes de conleur, en
omparaison des originaux,
, Grégoire, Brissot, et quelques
avrages que
atres, avoient publiés pour la défense de leur cause (2).
Les commissaires des colons blancs ont prétenda que cet
nommé Mahon, étoit un émissaire envoyé par
omme >
dn août
etc.
1 Lettre du club Massiac à Duval.Sauedon, 14
1791,
2 Lettres de J. Raimond à ses frères les homimes de conleur, en
omparaison des originaux, --- Page 130 ---
(12)
Raimond et les amis des noirs
couleur et les esclaves. Ils
pour soulever les kemmes
der, une lettre de Raimond ont fait imprimer, pour le
fides. Mais les blancs
avec les altérations les pers
avoient alors et
plus P
temps après toute P'autorité dans la conseryérent encore loi
chague paroisse des
calonie. Ils avoient d
déroués, et dans municipalités ou des comités
tous les
des
qui leur étoi
ils ont toujours loré le ports zèle
commissaires de rade, de
toutes les lettres. Lors
et la fidélité. Ils
de
interceptoid
et des nègres, ils
l'insurrection des hommes de coule
reçurent des volumes de
employérent la torture contre des
déclarations ;
sans avoir pu rien découvrir
milliers de ccs infortune
Mahon lui-méme
qui justifie cette
niourut
imputatic
la maison d'un blanc,
quelques mois après son arrivée da
de couleur. Tous absolument étranger à la cause
ses papiers restèrent
des homm
erécuteurs testamentaires,
entre les mains de trd
c'est eux qui
qui éloient aussi des colons blanc
Onne
commitniquérent la lettre dont Mahon
put y trouver des
étoit charg
de la manière la
prétextes de calomnie
plus criminelle (1).
qu'en l'altéra
On pourra juger de la doctrine
le passage suivant
que
a
qui en est le
P
Rutmanlyprofaueit
péter ce que toutes mes
résumé: a Icije dois vous re
> quillité, point
leteres coxtenoiant, Toujours la trai
> pour la soutenir dinsarrection : votre catise est
par des voies
trop bonr
> les partis.
de fait, qui ne font
Dispulez de vertus
>
en
avec les blancs :
qu'aige
patriotisme ct dans les
surpassez.
> qu'ii n'y a aujourd'hui
vertus morales.
de
Persuadez-vot
> vertueux et de Phomme distinctions que celles de T'homm
vicié, Ecrivez donc i tous nos chei
1 Rapport sur J.
et des colonies, du 23 Daimend, p. 16. Arrété du comité de marin
roptembre 37y3.
Dispulez de vertus
>
en
avec les blancs :
qu'aige
patriotisme ct dans les
surpassez.
> qu'ii n'y a aujourd'hui
vertus morales.
de
Persuadez-vot
> vertueux et de Phomme distinctions que celles de T'homm
vicié, Ecrivez donc i tous nos chei
1 Rapport sur J.
et des colonies, du 23 Daimend, p. 16. Arrété du comité de marin
roptembre 37y3. --- Page 131 ---
(123 )
frères de continuer à bien se comporter, et pratiquer coutes
les vertus 5 ne cessez de leur écrire, et multiplicz vos lettres
à tous; exkortez-vons les uns et les autres, et faites en un
mot que les commissaires quivont aller dans les colonies,
trouvent notre classe malheurense, ct telle que je l'ai peinte.
Imaginezl'effet que fera leur rapport a PAssemblée nationale,
lorsqu'ils lui apprendront qu'ils vous ont trouvés accablés de
vexations; d'hamiliations, et toujours lons citoyens, aimant
votre patrie et pratiquant les vertus. Ah! mes chers compatriotes, que ne puis-je faire passer dans yos ames les délices
que goiite déja la mieane d'avance du compte que les commissaires rendront de notre classe ! Faites que je ne sois pas
trompé dans mon attente. Vous êtes noircis ici par les blancs,
qui disent que vos mcurs et vos lumières n'cffrent rien d'égal
à l'univers connu, et que vos moindres vices, c'est d'être nés
du concubinage le plus dissolu. Cette affreuse diattibe se
de Saint-
>
trouve dans un écrit des membres de Passemblée
Marc, ouvrage qu'elle a donnéily a deux jours ().
Les cerrespondans de Raimond dans la colonie partageoient f- XXI.
Premicreffer
ses sentimens. L'un d'cntre eux, Boisrondle jeune, lui marquoit sur cux du
au mois de mai snivant, e qu'il avoit fait passer sa lettre dans décret du 15
> toute la colonie, tant pour lui faire passer des fonds que pour mai,
> calmer ceux doni le ressentiment peur Etre porté au comble,
ct qu'il attendoit le retour de son exprès de Nord pour don-
> ner à Raimord des nouvelles de ia bonne réussite (2).
1 Rapnort sur Julien Raimond, p.36 et17. Leltres-de J. Raimenl
aà ses frères les hommes de conlcur, en coinparaison aveclesoriginanx, p. 13ct14.
2 Correspondance de Julien Reimond.p. 45. Rapport snr le oae,
p. 17.
ressentiment peur Etre porté au comble,
ct qu'il attendoit le retour de son exprès de Nord pour don-
> ner à Raimord des nouvelles de ia bonne réussite (2).
1 Rapnort sur Julien Raimond, p.36 et17. Leltres-de J. Raimenl
aà ses frères les hommes de conlcur, en coinparaison aveclesoriginanx, p. 13ct14.
2 Correspondance de Julien Reimond.p. 45. Rapport snr le oae,
p. 17. --- Page 132 ---
(124 2 )
Même aprés Parrivée du décret
jours du mois de juillet,
du 15 mai dans les
leur
oil les colons blancs
premie
Julien emportement contre. -
sc livroient à toi
Raimond
révolutionnaire, lcs
à la triste nécessité espéroient encore qu'ils -ne cotrespondans d
de recourir à
seroient pas rédui
jouissance de leurs droits,
Tinsurrection pour s'assurer 1
maintenir. On peut en quoiqu'ils fussent bien décidés à
juger par cet extrait
le
Buisonricre,ed l'on trouve un
d'une lettre de 1
hommes de
couir ste bien
couleur : a
henorable
> que l'on croit un L'esemple d'Ogé et de ses
pourle
a que Pour
moyen de nous
compagnons
nous faire
efrayer, n'est au
a jouir de la liberté
vaincre ou mourir, lorsqu'il contrair
rateurs de la
que nous offient nos
s'agira di
En attendant liberté frangaise, si on veut législateurs, restau
Cc moment, tous les
s'y opposer.
promis d'étre
hommes de couleur se
> Prison qui tranguilles, de tout. sougrir, hors la
son:
mais
Peut nous y mener.
mort, ou la
vus nous attrouper, aller
L'on ne nous 2 jaliser, ct piller les leitres
arréter le courier. pour le
D prive de toutes
pour cennoitre le secret dont on déva
A alarmer, Nous manières pour répandre deanouvelles nous
à
A congu Pidie, n'eronsjunais assassiné personne, ni nous
et ailleurs, malgré que notre sang ruisselle à
méme
T'idée
pouvant cependant user de aSin-Domingue
que les nègres
représailles ; mais
contrée, nous a fait profiteront et dévasteront cette belle
2 cela. L'on nous suspendre, ou, potr mieux dire, renoncer
notre ferté ef repreche d'être fiers, cela peut
a che (1).>
fondée sur la verti des hommessans étre; maie
repra1 Lettre du 27 aodt, dans la
p. S9,etGa, Rapport sur ledit correspondance de Julien Raimond,
Raimend, P. 19 et 20,
ailles ; mais
contrée, nous a fait profiteront et dévasteront cette belle
2 cela. L'on nous suspendre, ou, potr mieux dire, renoncer
notre ferté ef repreche d'être fiers, cela peut
a che (1).>
fondée sur la verti des hommessans étre; maie
repra1 Lettre du 27 aodt, dans la
p. S9,etGa, Rapport sur ledit correspondance de Julien Raimond,
Raimend, P. 19 et 20, --- Page 133 ---
(125)
La tranquillité des hommes de couleur à cette époque est
également attestée par ce membre du club Massiac, Guiton,
dont on a déja extrait la lettre : K Les mulâtressont tranquiiles,
dit-il, et cela prouve qu'ils s'entendent avec l'Assemblée nationale et le commerce, et qu'ils attendent les commissaires
commerciales
c'est à-dire, les
D
ct les troupesnationales
(a),
gardes nationales, qui avoient été offertes par le département
de la Gironde et par quelques autres.
Il étoit impossible néanmoins que cette tranquillité durit
long-temps, quand les hommes de couleur voyoient leurs oppréparer l'opposition la plus active à l'exécution du
presseurs
décret du 15 mai, et le gouvernement lui-même forcé de seconder leurs mesurcs. Dans toutes les paroisses, les colons blancs
sc rassembloient pour nommer des députés i la nouvelle assemblée coloniale; par-tout on les choisissoit parmi ceux quis'étoient prononcés le plus fortement centre les réclamations des
hommes de couleur. Beauvois et Page, qui révoquoient en doute
s'ils étoient des individus de l'espèce humaine, furent cheisis,
Tun dans le Nord, l'autre dans le Sud. Dans un très-grand
nombre de paroisses ceux qui étoient du nombre des quatrevingt-cinq fureat renommés presque en totalité. Nulle part les
députés de l'assemblée du Nord à l'Assemblée constituante ne
farent élus : on leur reprochoit d'avoir préparé le décret du
15 mai, en reconnoissant les droits de l'Assemblée nationale.
Dans de telles circonstances, 2 les hommes de couleur prévoyoient
trop ce qu'ile avoient à attendre del'assemblée qui se formoit;
ils continuérent néanmoins à resier paisibles dans le Nord, od
ils étoicnt contenus par les échafauds toujours subsistans, et les
1 Lettre de Cuiton à Billard 2 du 13 juilleti791.
préparé le décret du
15 mai, en reconnoissant les droits de l'Assemblée nationale.
Dans de telles circonstances, 2 les hommes de couleur prévoyoient
trop ce qu'ile avoient à attendre del'assemblée qui se formoit;
ils continuérent néanmoins à resier paisibles dans le Nord, od
ils étoicnt contenus par les échafauds toujours subsistans, et les
1 Lettre de Cuiton à Billard 2 du 13 juilleti791. --- Page 134 ---
( 126 )
prodédures qui s'étoient continuées
plices d'Ogé (1); ils étoient
jusqu'alors contre les com
portionnellement dans cette d'ailleurs moins nombreux proII n'en fut pas ainsi dans l'Ouef. Province que dans les deux autres
$. XXII,
Les mémoires
Leur isole- tout (2)
publiés par les colons blancs
ment lors de
que les hommes de
supposent pardans
couleur
l'insurrecl'Ouet, de Ia révolte des
profitèrent, pour se soulerei
cion,
furent conduits à ce mouvement nègres dans le Nord, et qu'il
du
par les agens de
gouvernement : mais tous les
Blanchelande ei
cueillir indiquent que les deux renserignemens gu'on a pu redantes, et que l'exemple des
insurreétions furent
les autres, ct de leur
fureurs des blancs lcs uns indépen.
couleur, fut la
haine contre les nègeer et
contre
cause simuitanée de ces
leshommes de
ceux des colons qui n'etoient
deux mouvemens, comme
Préjugés n'avoient cessé de le pas absolument aveuglés par leurs
ver de la
prédire (3).Si l'on
naturel dépendance entre les deux
pouvoit troude dire que lcs negres du 6.émemens, il seroit plus
rection des hommes de couleur Nord profitérent de l'insurla1 leur, puisgu'ils sne
dans l'Ouef pour faire
prirent
éclater
après les hommes de couleur. efectivementies armes qu'un mois
Quant au
gouvernement, il ne
21 Lette de Duisrond
rondance de J.
jeune à Haimond,d 11 nni
a Discours Raimond, P. 44- Voy. ciedessus, ch.I, 1791. Corresproduits à historique sur les effets
S.XXX.
Peécis
Saint. - Domingue, par P.Fr. que la révolution de France a
l'ailaire historique des principaux
Fage > au Cap,
des colenies,
frits, par
179*, P. 28.
tone IIY, P..
Gros, P. 74. Débats dans
motion Voyez de la lettre de Guiten à
la Ferandière au club Eilient. du a2 juillet
club, etc..
Niassine; diverses
1797; Ja
delibérations de ce
.XXX.
Peécis
Saint. - Domingue, par P.Fr. que la révolution de France a
l'ailaire historique des principaux
Fage > au Cap,
des colenies,
frits, par
179*, P. 28.
tone IIY, P..
Gros, P. 74. Débats dans
motion Voyez de la lettre de Guiten à
la Ferandière au club Eilient. du a2 juillet
club, etc..
Niassine; diverses
1797; Ja
delibérations de ce --- Page 135 ---
(127 )
bit avoir été pour rien dans les premiers mouvemens del'inection de l'Ouest, quoique plusieurs de scs partisans, qu'il
it abandonnés depuis le meurtre de Mauduit, se soicut
1s peu de temps après aux hommes de couleur dans cette
vince.
"out annonce que le gouvernement de la Colonie étoit
èrement opposé aux hommes de couleur, depus meme qu'il
avoit armés contre l'assemblée de Szint-Marc. Il avoit bien
lu lesemployer comme desinftrumens de son autorité contre
blancs rebelles; mais il ne pouvoit pas espérer d'en dispoier
bn gré, , s'il discontinuoit de les tenir dans leur ancienne
endance. Aussi voit-en Blanchelande & tous les agens du
vernement ne servir que trop sincèrement les farcurs des
:c8 contre les hommes de couleur. Lors de la calastrophe
ge, ils ne s'opposèrent à aucuuc des atrocités qui furent
umises dans cette affaire; partout le gouvernenient les comnoit avec une verge de fer. Dans le temps méme oi le
scil du Cap inftruisoit ce procès déplorable,les hommes de
leur, qu'on ne cessoit de vexer dans la province du Sud,
rassemblèrent en armes. Les blancs marchèrent contre cur cn
bre supérieur, avec du canon; ; un de ceur qui étoient de
pédition assure dans un écrit présenté au comité colonial,
blancs tirèrent avec leur artillerie pendant plus de que
quatre
res sans tuer un seulkomme, et que les hommes de couleur,
rmontrer qa'ils n'en vouloient point à la vie des blancs, ct
cependant ils pourroient les détruire, ne tirerent que quatre
ps, mais qui portérent tous; un blanc fut tué et trois bles-
*). La frayeur s'empara de' tous les autres, qui abandonLe narrateur Boré olserve qu'il étoitl'un de çes trois.
ancs tirèrent avec leur artillerie pendant plus de que
quatre
res sans tuer un seulkomme, et que les hommes de couleur,
rmontrer qa'ils n'en vouloient point à la vie des blancs, ct
cependant ils pourroient les détruire, ne tirerent que quatre
ps, mais qui portérent tous; un blanc fut tué et trois bles-
*). La frayeur s'empara de' tous les autres, qui abandonLe narrateur Boré olserve qu'il étoitl'un de çes trois. --- Page 136 ---
(128 )
etleurs blessés, dont leshommes de coule
aèrent leurs canons
hostiliténouvelle (r).1 L
prirent soin, sans commettre aucune
prof
blancs du Sud recoururent alors au gouvernement, qui
subjuguer la vilie des Cayes et toute
de cette eccasion pour Mauduit avec des troupes de lign
province, en y envoyant
aussi les howmes de couleu
Il n'eut pas de peine à soumettre defense, et qui avoient de
qui ncs s'étoient armés que pourleur mais il étoit si peu leur am
offert aux blancs de désarmer;
des
par eux, en plantant
pote
qu'il commença son opération
emmena leurs chefs P
ces sur la place des Cayes, et qu'il
sonniers au Port-au-Prince (2).
les hommes de couleur du Mircbal
Peu dertemps après,
de témoignat
ayantadressé à Blanchelande une pétition remplie
mais dans laquelle ils réclamoient
de zèle et de soumission,
l'Assemblée nationale av
jouissance des droiis politiques gue
Blancl
leur assurer par le décret du 28 mars 1790,
entendu
contenoit d'ailleurs
lande, en leur faisant une réponse qui
croit
de bienveillance dont le despotisme ne
témoignages
traita d'absurde et criminelle la prét
pouvoir se dispenser, cafte des hommes de couleur libres ay
tion < de confondre la
exb
la calte des blancs, leurs bieufaiteurs >. Après quelques
>
lettre en leur disant : 4 Après avoir P
tations, il finissoit sa
chéris le ple
cette manière ma dette à la vertu queje
> de
relatifs aux troubles de Saint-Domingue 1 présentés au con
1 Faits
d'un décret de PAssemblée nationale, par Bd
colonial, en vertu
citoyon et rianteur, P. 8 et 9.
colonial, des 11ct22 février 1791. A nos concitoye
2 Bloniteur bataillons d'Artuis, etc. P. 13. 'Lettre de Boisr
et à MM. des
jeane,k J. Raimond, du 17 mai 1791,ic.
> l'humani
1 présentés au con
1 Faits
d'un décret de PAssemblée nationale, par Bd
colonial, en vertu
citoyon et rianteur, P. 8 et 9.
colonial, des 11ct22 février 1791. A nos concitoye
2 Bloniteur bataillons d'Artuis, etc. P. 13. 'Lettre de Boisr
et à MM. des
jeane,k J. Raimond, du 17 mai 1791,ic.
> l'humani --- Page 137 ---
1 129 )
Phumanité,je dois déclarer aux gens de couleur du Mirebalais, comme a ceux de tous les autres quartiers de l'ile, que
je sévirai avec la plus inflescible rigueur contre ceux quis6carteront du respect gus les lois leur comman.dent envers les
blancs, et que lea tribunaux fcront justice de ceux qui oseront tr ub'er l'ordre public; mais qu'ils trouveront auprès
des représentans d: la personne du roi toute prorection, quand
ils auront à se plaindre d'iujustices individuelies ou de vexations quelconques (1).
Enfin, un des grands reproches que Blanchelande fit aux
pataillons d'Artois et de Normandie, lors de la fedition dont
Maudiit fut la victime, c'est que plusicurs d'entre eux avoient
embrassé desmulatres dans les rues du Port-an-Prince; et tels
ttoient les préjugés qui régnoient à cet égard dans cette ville,
:omme dans le surplus de ia Colonie, que dans le mémoire de
ces militaires (2)on leur fit desavouercomme un crime ce témoianag de fraternisation, quoiqu'il soit difficile de n'y pas croire
faprès lcs détails donnés a cet égard par Blanchelande.
Aussi, depuis l'arrivée de Blanchelande dans la Colonic, les
aommes de couleur n'ont-ils cessé de s'en plaindre, ainsi que
de Mauduit, qui avoit d'abord obtenu leur contiance sous le
gouvernement de Peinier. C'e-tce qu'on voit partic.lièrement
dans celte leitre de Boisrond à Raimond, ou il condamne si
AP. 9. Moniteur 1 du 14 février 1791. Pétition nouvelle des citoyens
de couleur, du 18 mrs 1791. No 2 des pièces justigcatires, P. 17 et
18. Voyez aussi le Moniteur colonial du 5 janvier.
2 Moniteur colonial, des 21 et 22 avril 1791. Proclamation de
Blanchelunde , <u 12 mars 1791. Lettres du méme a la municipalité
du Port-au-Prince.
Rap. de Garran-Coulon, Tome IL
I
iteur 1 du 14 février 1791. Pétition nouvelle des citoyens
de couleur, du 18 mrs 1791. No 2 des pièces justigcatires, P. 17 et
18. Voyez aussi le Moniteur colonial du 5 janvier.
2 Moniteur colonial, des 21 et 22 avril 1791. Proclamation de
Blanchelunde , <u 12 mars 1791. Lettres du méme a la municipalité
du Port-au-Prince.
Rap. de Garran-Coulon, Tome IL
I --- Page 138 ---
( 130 )
fortement Tentteprise
A on a fait un service à imprudente feu
d'Ogé. < Au
M.
Cap, dit-i
> au Portde-Paiz. Lors
Mauduit, idem à St-Mare, ide
)) Paux ont
del'assassin de Cc
diepardérision queles
militire, 2 les munit
un père: Ze jolipère,
personnes de couleur
> les aveir conauits
gui, après s'être servi de ses perdoie
a: giber au
enfan:
D pas été dupes ici de donner dans Port-anPinde! nous n'avor
D d'ailleurs, M. Blanchelande les pièges du gouvérnement
Si, dans leur insurrection, est notre ennemi déclaré
gnéplus de
lea hommes de couleur
(1).
ménagement que les biancs
ont témo
que ses préventions contre les
pour Blanchelande, c'e
pouilloient pas du caractère sacré hommes de couleur ne le dé
patrie, et qu'ils songeoient moins pour eux d'agent de la mère
multucuz et
à faire des
sanguinaires contre leurs
mouvemens tu
but Par une insurrection
tyrans qu'à parvenir à leu
mémes, Ils suivoient régularisée ct fondée sur les lois
encore en
elles
tances le permettoient, les
cela, autant que les circons
donnés dans ses instructions conseils que Raimond leur
malheureuse
du 24 mars 1790
avoi
destinée d'Ogé ne
(2). Aussi J
dès le
put-elle les dissuader de
s. XXIII.
commencement la plus grande
donnc
Le
publicité à leurs
Commence.
Mémoire du second
mesures
ment dc l'in- Farterie, ci-devant
bataillon du neuviéne rigiment d'in
surrection au > 1791 les hommes Normandie de
(3), dit que dès ( le 23
Mirebalais.
couleur se
juillei
> de l'Ouest, et demandèrent
rassemblerent dans la partic
fortement l'exécution du décret
11 Lettre de Boisrond jeune, du
dance de Julien Raimond,
17 mai 1791, dass la
P. 45.
couespon.
2 Correspondance de
3P. 13.
J.Raimond, p. 12,
iment d'in
surrection au > 1791 les hommes Normandie de
(3), dit que dès ( le 23
Mirebalais.
couleur se
juillei
> de l'Ouest, et demandèrent
rassemblerent dans la partic
fortement l'exécution du décret
11 Lettre de Boisrond jeune, du
dance de Julien Raimond,
17 mai 1791, dass la
P. 45.
couespon.
2 Correspondance de
3P. 13.
J.Raimond, p. 12, --- Page 139 ---
(151)
du IS mai s. La commission des Colonies n'a point d'autres
iseignemens sur ce que firent les hommes de coulcur au mois
juillet; mais il est prouvé que dès le commenceinent d'août
fermèrent un rassemblement politique dans cette même comune du Mirebalais dont Elanchelande avoit rejetté les réclaations, et qui, par le grand nombre d'hommes de couleur
"elle renfermoit, et par sa situation, leur offroit plus de falités pour agir sans obstacles, et pour se défendre en cas d'aession. Cette paroisse n'est, à la vérité,séparée du territoire du
prt-au-Prince que par celui de la Croixdes-Beuquets: : mais elle
t gardée de toutes parts par des montagnes d'un difficile ac-
$ (); et la paroisse dela Croix-des Bouquets, l'une des plus
onsidérables de la Colonie, avoit toujours montré la plus grande
ppofition au parti de l'assemblée de Saint-Marc, qui dominoit
1 Port-an-Prince.
C'est dans le temps même od la seconde assemblée coloniale
formoit à Léogane 7 que les hommes de couleur se réunirent
1 Mirebalais; ; i's y étoient si bien les maîtres, qu'ils tinrent
urassemblée dans l'église le 7 août 1791. Ils choisirent pour
résident Pierre Pinchinat, qai dirigea ensuite toutes les opéitions politiques des insurgés 7 et qui, dans une carrière si
euve pour lui, n'a cessé de montrer, avec le patriotisme le
lus recommandable 2 une sagesse et des connoissances qui déhentent bien tout ce que les colons blancs répandoient en
rance sur l'ignorance et l'incapacité des hommes de coulcur.
Ceux du Mirebalais élurent dans leur : assemblée une quarantaine
e délégués, qu'ils qualifièrent de représentans de la commune.
I Essai sur l'Histoire naturelle de Saint. Domingue 2 cbap. I,
rt. II, P. 87.
I 2
recommandable 2 une sagesse et des connoissances qui déhentent bien tout ce que les colons blancs répandoient en
rance sur l'ignorance et l'incapacité des hommes de coulcur.
Ceux du Mirebalais élurent dans leur : assemblée une quarantaine
e délégués, qu'ils qualifièrent de représentans de la commune.
I Essai sur l'Histoire naturelle de Saint. Domingue 2 cbap. I,
rt. II, P. 87.
I 2 --- Page 140 ---
(132)
modèle dans cette dénomination qui paro
1ls prirent pour
la
municip:
troit just ement irrégulière aujourd'hui , première avoier
lité de Paris, et ils songeoient sans doute aussi qu'ils
lutter dans la colonie contre des assemblées de blancs égal
à redoutables par les pouvoirs qu'elles s'étoient arrogés,
ment
avoient déja acquise. Ils dor
par T'espèce de stabilité qu'elles
mandataires les pouvoirs les plus étendus 9 en
nèrent à ces
les
de couleur, et en leur non
autorisant e à faire pour citoyens
et leur
lei
tout ce que leur prudence 3 leur sagesse
zéle
maintenir Tordre et la tranquillité >
inspireroient pour
fraternelle
les citoyens de C
opérer l'union la plus
parmi
à faite po:
Ils lesautorisérent en particulier
quartier. des décrets de P'assemblie nationale , notam
S Pexéeution
dernier,
seroit connu off
ment de celui du 15 mai
lorsqu'il
né
réclamations et démarches
ciellement, toutes diligences
de faire des adresses à P'Assemblée nationale, 9 2
cessaires, MM. les commissaires civils qui seroient envoyés P:
roi, à et le roi dans les colonies, à M. le gouverneur ge
la nation
d'envoyer mêm
> néral, et à tous autres qu'il appartiendroit;
de fair
des commissaires à l'Assemblée nationale et au roi;
le bonheur et la prospérité des-citoyens de cou
enfin, pour
relatives aux circonstances et autre
leur, toutes opérations
soit besoin d'un pouvoir plus spé
cas non prévus, sans qu'il
cial. 1
hommes de couleur déclarèrent en outre e qu'ils vou
Les
illimités dan
et entendoient
les présens pouvoirs
) loient
que
temps o
lear étendue demeurassent et durassent jusqu'au
de
nationale seroient ponctuellemen
> les décrets Pissemblée
d'iceux, san
la révecation expresse
exéciltis, 9 ou jusgu'a
fait de
quelque prétexte que ce pdt être,et pour
que,40s
hommes de couleur déclarèrent en outre e qu'ils vou
Les
illimités dan
et entendoient
les présens pouvoirs
) loient
que
temps o
lear étendue demeurassent et durassent jusqu'au
de
nationale seroient ponctuellemen
> les décrets Pissemblée
d'iceux, san
la révecation expresse
exéciltis, 9 ou jusgu'a
fait de
quelque prétexte que ce pdt être,et pour
que,40s --- Page 141 ---
(133 )
opérations susmentionnées, aucuns des membres constitués,
collectivement ou individucllement, pussent être troublés,
recherchés et inquiétés par toutes puissances et autorirés
autres que celles reconnues légales par les décrets de PAssemblée nationale sanctionnés par le roi ; déclarant à cet
effet prendre tous et un chacun desdits membres constitués
SOuLS leur sauve-garde immédiate, jurant de s'opposer,jusqu'à la dernière goutte de leur sang > à toutes atteintes qu'on
voudroit porter à leurs personnes et à leurs propriétes, de
les maintenir dans le libre et entier exercice de leurs fonctions, et de les soutenir de toutes leurs forces et de toutes
leurs faculiés. >
Enfin, e pour ne laisser aucun doute sur la pureté des sentimens qui les animoient , ils jurèrent en présence et sous
les auspices de T'Etre suprème qui les voyoit et qui les entendoit, , sur Pautel de la patrie et de la libereé, de demeurer
inviolablement fidèles à la nation > à la loi et au roi 5 de
soutenir de toutes leurs forces la nouvelle constitution décrétée pour le royaume, et de verser la dernière goutte de leur
Texécution des décrets de P'Assemblée nationale
sang pour
sanctionnés par le roi (1).>
Les colons blancs , effrayés de cc mouvement 3 essayérent $ XXIV.
en arrêler le cours, > en semant la désunion parmi les hommes Adresses des
couleur. Il ne paroît pas que l'assemblée coloniale ni les Blanchelande insurgés à
semblées provinciales aient pris contre eux des mcsures dictes 5 mais des hommes affidés cherchoient à aigrir ceux qui,
étant pas nés de père et mère libres, n'étoient pas appelés
Procès-verbal des citoyens de couleur de St.-Louis de Mirebalais,
17 juillet 1791.
I 3
le cours, > en semant la désunion parmi les hommes Adresses des
couleur. Il ne paroît pas que l'assemblée coloniale ni les Blanchelande insurgés à
semblées provinciales aient pris contre eux des mcsures dictes 5 mais des hommes affidés cherchoient à aigrir ceux qui,
étant pas nés de père et mère libres, n'étoient pas appelés
Procès-verbal des citoyens de couleur de St.-Louis de Mirebalais,
17 juillet 1791.
I 3 --- Page 142 ---
(134)
à jouir des droits de cilé par le décret
résidant à Paris avoient
du 15 mai. Les color
seroit entre eux une
annoncé d'avance que cette limitatio
pécher l'exécution du pomme décret de discorde, et suffiroit pour em
insinuations
du 15 mai (1). Mais comme ce
dans
perfides obtenoient peu de succès
quelques paroisses les
3 on employ
obliger des hommes de désarmemens et les violences, Fot
Les
couleur a protester contre le
représentans de ceur du
décre
de constitution à Blanchelande, Mirebalais adressèrent leur act
gie,de raison,et de
avec une lettre pleine d'éner
yu'il accordoit à leurs respect. Ils s'y plaignirent de la protectio
l'Assemblée nationale. ennemis, révoltés contre les décrets d
D menaces de scission > quand il ne pouvoit pas ignorer e le
et
) guinaires, et les projets destructeurs d'indigendance les motions san
> donné lieu contre' eux. Nous
2uxqueis Ce décretavo
> vous, M. le général,
nous adressons, disoient-ils,
2 que l'intérét de la culonie Parce que lc danger est pressant, parc
l'exige
3 vous étes le chef du pouvoir exécutif impérieusement, Parce qu
a I'empire frangais,
dans certe section 4
Parce qu'en,cette
)) exécuter la loi, et secourir les
qualité vous devez fair
> qu'on en puisse die, vous êtes opprimés j parce que > quc
>> ganisation de la
toujours , en altendant l'or
>) tique
colonic, le grand ressort de la machine
5 parce que nous ne
ni
poli
> adresser d des
pourons nous ne devons 1ou
corps
inconstinutionnels,
à nous plaindre, et
desquels nous avor
que, pour l'elfet
) tie pouvons réclamer
de nos plaintes, nou
du Mirebalais
que votre autorité >. Les represenzan
ci-devant
rappellent ensuite à Blanchelande ce quil avoi
répondu à l'adresse des hommes de
couleur, que C
I Débats waus laffaire des
les procès-verbaux du club Massiac, colonics,tome III 3 p. 22, Voyez auss
à nous plaindre, et
desquels nous avor
que, pour l'elfet
) tie pouvons réclamer
de nos plaintes, nou
du Mirebalais
que votre autorité >. Les represenzan
ci-devant
rappellent ensuite à Blanchelande ce quil avoi
répondu à l'adresse des hommes de
couleur, que C
I Débats waus laffaire des
les procès-verbaux du club Massiac, colonics,tome III 3 p. 22, Voyez auss --- Page 143 ---
(135 )
st point les armes d la main qu'or réclame justice. Ils
servent ( qa'ils ne les ont prises que contre les ennemis de
PEtat- et du bier public, et que, dans les circonstances orageuses oi ils se trouvent , ils ne sont animés que du seul
desir de la tranquillité et de la prospérité de la colonie >.
le prient au surplus d'adresser copie de ces pièces à P'Ar
mblée nationale, 3 au roi et aux commissaires civils 3 quand
seront arrivés 3 et de les rendre publiques par la voie de
mpression Pour ne comprometire personne 3. cts'assurer
unmeins que cette adresse seroit remise a Blanchelanle, ils en
argérent un homme de couleur espagnol qui alloit au Cap (2).
Blancheiande étoit si bien dévoué aux colons blancs > ou telleent obséds par eux 2 qu'il déclara dans sa réponse aux hommes
ceuleur , qu'il disepprouvoit leur conduite dans toure
itendue du terme ; qu'il blamoit leurassembles illicice, ainsi
ic leur délibération 3 et tandis qu'il venoit de promettre a
issembléc du Nord de ne pas exécuter le décret du 15 mai,
d'en susperdre la promulgation lorsqu'il arriveroit oficielleent,il ordouna aux hommes de couleur, ( au nomde Za
nation et du roi qu'ils invoquoient, de se séparer,ct d'attendre paisiblement et avec résignation la promulgttion
des lois qui pourroient les concerner.
5 de n'oublier
jamais les égards,le respect et laviniration quilsdevoient
aux citoyens blancs, , qui 2 dit-il, ne perdoient pas de vuc
le projet d'améliorer le sort de leurs protigés et de faire
I Lettre des représentans de la commune des citoyens de couleur
1 Mirebnlais à Blanstelande > du 11 aott 1791.
2 Lclive de Banchclande aux hommes de couleur du Mirebalaie,
22 scit 1791.
I 4
lier
jamais les égards,le respect et laviniration quilsdevoient
aux citoyens blancs, , qui 2 dit-il, ne perdoient pas de vuc
le projet d'améliorer le sort de leurs protigés et de faire
I Lettre des représentans de la commune des citoyens de couleur
1 Mirebnlais à Blanstelande > du 11 aott 1791.
2 Lclive de Banchclande aux hommes de couleur du Mirebalaie,
22 scit 1791.
I 4 --- Page 144 ---
(136 1 )
les
de couleur, qui leur étoient redevables de
jouir
gens
le
et de leur fortume, des avantages qui pourroient
D liberté
> être accerdés (1).>
Cette lettre est datée du jour même oi l'insurrection d
manifesta dans la province du Nord. Elle cau
esclaves se
les hommes de couleur
d'antant plus de fermentation parmi
nonvelles 1
Mirebalais, qu'ils rccevoient de toutes Parts les
salarmintes des excès anrquels les blancs ne ces oient de
plus:
Au Port-au-Prince, un hommc de couici
porler contre enx.
sans que les au: orit
avoit eté assassiné tout nouvellement,
constituées eussent fait aucune recher che à cet égard. Quat
étoient allés da
citoyens de couleur du Mirebalais, qui
ville
leurs affsires, y furent arrêtés, conduits a
cette
pour menacés de la lanterne. Une maltitude d'autre
munic: palité, et
le
nombre fut obligé d'abandonn
furent arrètés; ; plus grand
le Port au-Prince (2).
des citoyens de couleur du Mircbalais, prc
Les représentans
avoient rrçue, et foree
fondement affectés de Ia réponse qu'ils
le vocu unanime des citoyens et habicans de coL
en outre par
assemblée
et firent ane not
leur, convoquérent une
généralc,
l'amertum
veile adresse à Blanci-clande. Elle se ressent, par
de Pétat douloureux ou se trouvoient 1
de ses expreasions, milieu de tant de circonstances affigcai
hommes de couleur au
M.
disent ils, lorsque nous avons Phonneur,
tes. K C'est,
de la nution, Ze la loi
> général, de vous supplier, au nom
1 Lettre de Elanchelande, du 22 août 1791.
des représentans de la commune des ciroyens de couler
2 Adresse du 2) août 1791. Lettre de Jumnécourt à Blanchelande
du Mirebalais,
du 30 scptembre 1791.
, milieu de tant de circonstances affigcai
hommes de couleur au
M.
disent ils, lorsque nous avons Phonneur,
tes. K C'est,
de la nution, Ze la loi
> général, de vous supplier, au nom
1 Lettre de Elanchelande, du 22 août 1791.
des représentans de la commune des ciroyens de couler
2 Adresse du 2) août 1791. Lettre de Jumnécourt à Blanchelande
du Mirebalais,
du 30 scptembre 1791. --- Page 145 ---
(1 137 )
du roi, de faire cesser les excès d'horreur auxquels on se porte
contre nous, que vous nous ordonnez de nous séparer, comme
si nous étions assemblés pour faire le mal; c'est lorsque nous
réclumons la protection du gouvernement, et celle des lois
anciennes et nouvelles, que vous nous prescrivez d'attendre
paisiblement et avec résignation la promulgation des lois qui
pourront nous concerner 2 comme si depuis l'établiss ment
des colonies, et sur -tout depuis la révolution, les lois ancienblancs à nous persé-
> nes et nouvelles autorisoient lcs citoyens
nous nous
cuter et à nous égorger e
C'est lorsque
> plaignons amèrement de nos tyrans et de nos persécuteurs,
vous nous ordonnez de ne jamais oublier les égards, le
que
vénération
nous devons aux citoyens blancs
respect et la
que
demandons
nous laisse en
. C'est lorsque nous
qu'on
nous
nos
> paix, que vous avez la bonté de
apprendre que
ennemis ne perdent pas de vue le projet d'améliorer notre
sort, etde nous faire jouir des avantages qu'ils pourront nous
accorder: comme si nous demandions qu'ils améliorent notre
sort, comme si P'exécution des décrets de P'Assemblée na-
> tionale ne sufisoit pas à nos voux et à nos desirs. > Les
hommes de couleur lui déclarent que la consternation et le désespoir se sont emparés de tous les esprits à la lecture de sa
lettre, et à la nouvelle de l'insurrection des nègres. Ils lui annoncent qu'ils vont s'armer pour pourvoir a la sûrcté d'un quartier éloigné de tout secours, et oii ils ont tout a craindre pour
leurs personnes et leurs propriétés. IIs finissent parlui dire : ( La
colonie,soyezen certain 1 M. le général, se trouve dans le danger le plus imminent; notre attachement à la mère parrie et
> ànos concitoyens ne nous permet pas sde dissimuler nosalarmes,
la vue des foudres prêts à embraser cette superbe possession de
l'empire français. Dans des circonstances aussi orageuscs,
loigné de tout secours, et oii ils ont tout a craindre pour
leurs personnes et leurs propriétés. IIs finissent parlui dire : ( La
colonie,soyezen certain 1 M. le général, se trouve dans le danger le plus imminent; notre attachement à la mère parrie et
> ànos concitoyens ne nous permet pas sde dissimuler nosalarmes,
la vue des foudres prêts à embraser cette superbe possession de
l'empire français. Dans des circonstances aussi orageuscs, --- Page 146 ---
( - 138
2 nousépromvons
)
encore
> devoirs de
beaucomp de satisfaction à
a
citoyens; et dans
remplir nos
vons de pouvoir arréter les Timposibilité oi nous nous trouy qui se prépare,
effets du terrible
) donnons lesoin nous nous adressons à vous, bouleversement et
du reste a la
nous aban-
$. XXV. C'est alors
providence (1).>
Causes dela hommes de seulement qu'il se forma une
coalition de
couleur du Mirebalais
coalition entre les
la Croix des- ment à la Croix des
et les partisans du
Bouguers, la manière dont elle Bouguets, On n'a aucun
gouverneIl étoit
fut négociée, mais on le conçoit renteignement sur
naturel que les aaciens
facilement.
l'Ouest
partisans du
sccucillisient les
gouyernement dans
pour avoir en eux unappui réclamations des hommes de
plaindre des mêmes
contre lears ennemis, I's avoient couleur, à
une protection
oppresseurs; ils ne pouvoient
se
sufisante d'un
plus cspérer
pouvoir et toute considération gouvemnement qui avoit perdu tout
atrocités commises
dans la
directs
par les colons blancs provinces plusieurs des
contre les agens du
avoient été des ontrages
vant,le mulâtre Louis
gouvernement. Plas d'un an
avoit été tiré
Jacques, esclave de Dufort
auparapar un
de la
au
Fort-au-Princ. Ona attroupement de la prison ou il étoit Jarte,
minels à le
avoit forcé P'exécuteur des
detenu
récl
pendre sur la place du
jugemens criou prétenda, tandis
FotSaint-Jorgh poar un vol
rues, un négociant nommé qu'on promenolt sur un dne, dens les
propos incisiques. Les Marchand, auquel an reprochoit des
peines; ctc'estle seul coupcisa ferent condasinés à diverses
Ionis, des attentats commis exemple fait parles tribunaur de la cocontre les homn.cs d3
coalgur ou les
Lettre des
du ag aedringi. représentans des citorens de couleur, du
Micebaiais,
orgh poar un vol
rues, un négociant nommé qu'on promenolt sur un dne, dens les
propos incisiques. Les Marchand, auquel an reprochoit des
peines; ctc'estle seul coupcisa ferent condasinés à diverses
Ionis, des attentats commis exemple fait parles tribunaur de la cocontre les homn.cs d3
coalgur ou les
Lettre des
du ag aedringi. représentans des citorens de couleur, du
Micebaiais, --- Page 147 ---
(139)
doute parce qu'un blanc y aveit été comesclaves (1),sana
marcha contre les rebelles du Petitpris. Lorsque Mauduit
un des
Goave, il leur fit porter d'abord une proclamation par
servoient sous ses ordres avec les blancs. L'informulâtres qui
dominoient dans cette
kuné fut aussi pendu par les brigands qui
Ces horriville depuis l'assassinat de Ferrand de Baudieres (2).
bles exécutions étoient si communes, qu'elles ne faisoient presn'a découvrir dans les écrits
que aucune sensation, et qu'on pu
celle de
en
si celle-ci est la.mème que
qui en parlent passant,
mémoires annoncent avoir été
Sanite d'Opson, 3 que d'autres
de cet
pendu dans la même ville, sans donner les circonstances
le substitut Dubois
assassinat (3). Enfin, on prétend que lorsque
aussi
fut incarcéré dans la ville du Cap, onlai en vouloit
poar
de la bienveillance aux hommes de couavoir témoigné
leur (4).
du Port-au-lrince eurent limpru-.
Les autorités constituées
coalition
dence de faire tout ce qu'il failoit pour amener cette
manifestèrent dans cette ville,
dans les derniers mouvemens quise
Au lieu de
soit avant, soit depuis le décret du 15 mai 1791.
blancs et de metire dans l'oubli les anpardonner aux pompons
annoncé lors de V'installation
ciennes divisions, comme on l'avoit
de la municipalité, après le meurtre de Mauduil, on ne cessade
les persécuter, sur-tout après la formation d'un club des prétendus
PItalien Pra'oto et d'autres
amis de la constitution, dirigé par
1 Arrêt du conseil supérieur du Port : au - Prince, du 19 janvier
1791. No.29, Nouvelles de Saint-Domingne, P. 20, 22.
2 No, 12, Nouveiles de Saint-Domingue, P. 7.
31 No.7, Nouvelles de Saint-Domingue, P. I.
4N... Nouvelles de Saint.Doningue, P. 1,
d'un club des prétendus
PItalien Pra'oto et d'autres
amis de la constitution, dirigé par
1 Arrêt du conseil supérieur du Port : au - Prince, du 19 janvier
1791. No.29, Nouvelles de Saint-Domingne, P. 20, 22.
2 No, 12, Nouveiles de Saint-Domingue, P. 7.
31 No.7, Nouvelles de Saint-Domingue, P. I.
4N... Nouvelles de Saint.Doningue, P. 1, --- Page 148 ---
(140 )
dans les papiers publics une
boute-feur de son espèce : on publia
la baine contre eux
populaire
foule de pièces qui ranimoient du décret du 15 mai 1791,n
Immédiatement après Parrivée
provinciale de rOuest,
convoqua dans cette ville une assemblée mêmes individus que l'anqui fut formée en grande partie des
le 15 juillet, et bienElle fut installée
cien comité de ce nom.
d'autorité qai avoient
tôt elle se livra à tous les écarts et aux actes du Nord, quoique le
signalé les premiers jours de l'assemblée assemblée coloniale qui
rassemblement de la seconde
prochain
dans le même temps, rendit ces entrepriscs
avoit été nomméc
la place de V'intendant
absolument inexcusables. Elle supprima du Port an-Prince et
de la colonie, cassa le conseil supérieur la première de ces
les triburaux de la province 2 quoique
tous
toute Ia colonie, ct que le conseil supéplaces fit établie pour
du Sud et a celle de 1'Ouest. Les
rieur fit commun à la province
prétexte Texagération det
agitateurs n'avoient pas même pour occasionner dans les iemps
idées que l'amour de la liberté peut
du trouble, ou servir
de révolution : ils vouloient uniquement fut
seulement quesambitieux. Il ne
pas
les vues de quelques
nationale sur T'ordre
les réformes de TAssemblée
des
tion d'adopter
aux Anciens juges
judiciaire; on substitua teut simplement
de la plus
dont plusicurs jouissoient
avocats et des procureurs,
de juger avec les mêmes
mauvaise réputation, en les chargeant
pouvoirs et les mêmes formes (2).
Port-aude Mauduit et les troubles du
Depuis la catastrophe
les Moniteurs d'avril, mai et juin 1791, etc.
1 Voyez
de Blanchelande sur son adninistration,
2 Sapplément au mémoire
coloniale, du 20 janvier 1792.
5. Procès-verbal de Tassemblée
p. 4et
issoient
avocats et des procureurs,
de juger avec les mêmes
mauvaise réputation, en les chargeant
pouvoirs et les mêmes formes (2).
Port-aude Mauduit et les troubles du
Depuis la catastrophe
les Moniteurs d'avril, mai et juin 1791, etc.
1 Voyez
de Blanchelande sur son adninistration,
2 Sapplément au mémoire
coloniale, du 20 janvier 1792.
5. Procès-verbal de Tassemblée
p. 4et --- Page 149 ---
(141 )
Prince qui la suivirent, les principaur de
brassé le parti du
ceux qui aveient emgouvernement s'étoient dispersés dans les
pagnes, avec les pompons blancs. Ils trouvèrent
camasyle dans la paroisse du Cul-de
sur - tout un
sac 2 dont le
de Croix - des -
et
bourg porte le nom
Bouquets 3
qui s'étoit
pour leur parti. Elle avoit alors
prenoncé fortement
mécourt,
pour commandant Hanus de Juex-membre de l'assemblée de Saint-Marc,
abandonnée avec Daulnay de Chitri et autres députés quil'avoit de
paroisse, lors de la révolie des 85 (r).) Les réfugiés
cette
foibles pour se relever seuls, sur-tout d'après laforce blancs, trop
de rendee à l'assemblée de Saint-Marc
que venoit
le
par le décret du 15 mai, accueillirent mécontentement les
excité
qui s'y étoient aussi
hommes de couleur
réfugiés du Port-au-Prince
ce
cret (2). Illeur fut facile de séduire des
depuis déroin de leur
hommes qui avoient beappui, par cette apparence de respect pour les lois
etd'attachement à la métropole quiavoient toujours servi de
texte à la conduite des pompons blancs. La suite des
préprouvera que. ces sentimens n'étoient pas feints chez les événemens hommes
de couleur, et qu'ils ont abandonné les partisans du
ment dès que ceux-ci ont voulu se servir d'eux
gouvernela contre-révolution à Sains-Domingue.
pour préparer
L'exemple de la confédération du Sud, qui s'étoit organisée
s. XXVI.
Léogane il y avoit précisément un an
à
modèle facile à silvre
> offreit aux insurgés un Premiersacpour. leurs opérations
Les hom- tes d'hostilimes de couleur du Cul-de-sac appelérent politiques.
tés.
auprès d'eux les insur1 No. 5, Nouvelles de Saint - Domingue, p. 3 et 5.
2 Lettre, des gens de couleur du Mirebalais à
a6 septembre 1791. Lettre de Jumécourt au méme Blanchelande, du
auméros 78 et 79 des pièces justificatives du
, du 30 septembre :
rapport de Tarbé.
érations
Les hom- tes d'hostilimes de couleur du Cul-de-sac appelérent politiques.
tés.
auprès d'eux les insur1 No. 5, Nouvelles de Saint - Domingue, p. 3 et 5.
2 Lettre, des gens de couleur du Mirebalais à
a6 septembre 1791. Lettre de Jumécourt au méme Blanchelande, du
auméros 78 et 79 des pièces justificatives du
, du 30 septembre :
rapport de Tarbé. --- Page 150 ---
(142)
Mirebalais et ceux des paroisses voisines quis'y joignireat
gés du
,au mois d'aoit 1791.11 y eut alors
au morne de la Charbonnière,
ctles dragons que la ville da
choc entre les insurgés
un premier
à ce poste. Les dragons furent chasPort-au Prince avoit envoyés
hommes tués ou faits prisonsés du poste aprèsavoire eu pluieurs de couleur fit aussitôt évacuer
niers. Cet avantage des hommes
voisines, dont
les habitans blancs la plupart des habitations
par
esclaves vinrent se joindre aux insurgés (1).
quelques
de couleur déclarèrent à ceux que
En même temps les gens des informations. qu'ils ne quite
Jumécourt leur envoya prendre
eussent acquis la jouisteroient point les armes jusqu'à ce qu'ils
les décrets
des droits de citoyens que leur reconnoissoient
sance
nationale. Ils ajoutèrent qu'ils comptoient ne pas
de l'Assemblée
s'étoit toujours honorée
trouver d'obstacles dans une paroisse qui
nationale et son
les lois de T'Assemblée
par son respect constitution pour
française (2).
obéissance à la
dès-lors du parti
Hanus de Jumécourt, qui étoit probablement il fit sentir la
hommes de couleur, assembla la paroisse ; y
des
lçs voies dela conciliation ( et de remettre
nécessité de prendre
devint abselument
les
à une seule personne, qui
> tous pouvoirs
nécessaires au salut public >. D'autres
9 libre dans les opérations
de se réunir au Portproposèrent de nommer une municipalité,
devenoient plus
Prince, et de s'y réfugier si les événemens
au-l
et faPhommél lui-méme,
eritiqnes.Fanus deJ cJumécomnil'emporta, demandoit. Il envoya des comavec les pleins pouvoirs qu'il
Jumécourt à Blanchelande, du 30 septembre 1791.
1 Lettre de
dernières révolutions de TOucst et du Sud,
Mémoire historique des
p- 23.
p-a.N. 29, Nonvelles de Saint-Domingne,
a Lettre sud.deJumécourt-
événemens
au-l
et faPhommél lui-méme,
eritiqnes.Fanus deJ cJumécomnil'emporta, demandoit. Il envoya des comavec les pleins pouvoirs qu'il
Jumécourt à Blanchelande, du 30 septembre 1791.
1 Lettre de
dernières révolutions de TOucst et du Sud,
Mémoire historique des
p- 23.
p-a.N. 29, Nonvelles de Saint-Domingne,
a Lettre sud.deJumécourt- --- Page 151 ---
(143 )
missaires, tant auprès des hommes de couleur à la Charbonnière,
qu'alaville du Portau-Prince, pour offrir sa médiation. Au lieu
de l'accueillin, € le Port-au-Prince fit contre les hommes de couleur une seconde attaque, dont le résultat fut leaucoup plus
funeste etplus meurtrier qu'à la précédente, parce ge'on y
employa des forces bien plus considérables. > La municipalité
Hu Port L1 ail - Prince avoit formé une compagnie d'aventuriers et
le matelots, auxquels on avoit donné le nom de Flibustiers, en
imaginant sans doute que cette dénomination leur arsureroit
contre des hommcs qai défendoient leurliberté,les mémes.succès
jue lcs anciens pirates de ce nom avoient eus comtre les Espanols. Lesnouveaur Aibustiers éloient accompagnés d'un détacheoeat de troupes de ligne ect de gardes nationales du Port-aurince, précéded'artillerie. Les blancs furent défaits le2 septemre sur Thabitation Pernier, et les troupesde ligne, abandonnées
ar la garde nationale 3 furent absolument taillées en
hites prisonnières (1).
pièces ou
La bonne conduite des hommes de couleur, après cette vicbire, acheva de leur gagner les blancs du Mirebalais et de la S. XXWI,
hois-des-fonquets; ceux-ci siguérent avec eux, deux jours
de Concordat la Croixa premier 2ccord qui soumettoit les parties contractantes après, à des Bouquers.
1 Copie d'anel lettre du Port-au-Prince, du 27 octobre
ax commrissaires de
1791 3 adressée
commerce de
Saint-Domingte, - > par la société d'agriculture et
Nantes, le . décembre. Lettre susd. de
anchelande. Mémoire historique des dernières révolutions Jumécourti de
du Sud, publié parles commissaires des citoyens de
FOuest
12.Lettre des gens de couleur du Mirebalais à Blanchelande, couleur, p. du 26 11
ptembre 1791.Lettre du Port-an.Pringe à des negocians de
127 octobre, numéros 78 et 8g des pièces justificatives du Nantes,
Tarbé.
rapport
, le . décembre. Lettre susd. de
anchelande. Mémoire historique des dernières révolutions Jumécourti de
du Sud, publié parles commissaires des citoyens de
FOuest
12.Lettre des gens de couleur du Mirebalais à Blanchelande, couleur, p. du 26 11
ptembre 1791.Lettre du Port-an.Pringe à des negocians de
127 octobre, numéros 78 et 8g des pièces justificatives du Nantes,
Tarbé.
rapport --- Page 152 ---
(144)
des décrets nationaur, sanctiennés par le ro
l'erécution précise
restriciion ni protestat on, en les assujettissant également
sans
de celui du 15 mai, s'il arzivoit revêtu de la sanc
l'erécution
tion royale ().
revers et pa
consterné par ces premiers
Le Port-au-Prince,
dans les environs
les mouvemens des nègres qui sc manifestoient
furent le
assemblée de districts, ou les agitateurs
convoqua une
des commissaires pour traiter avec le
plus foibles. On y nomma
demandèrent l'égali.é des droit
hommes de couleur (2). Ceux-ci
comme les dé
la nature et les principes de la révelution,
Il
que
même de 1685,leur reconnoissoient.
crets nationaux et Tédit
I sounit d'avance a exécuter le décret d
demandèrent qu'on se
la formation de
mai dès qu'il seroit arrivé dans la colonie,
mar
termes des décrets du mois de
assemblées primaires aux
coloniale
le droit de députer directement à l'assemblée
1790, délibérative & consultative pour leurs députés comm
la voix
contre l'établissement de
pour ceux des blancs 3 ils protestèrent
formées en contra
municipalités et des assemblées provinciales Ils riclamèrent cr
vention des décrets de T'Assemblée nationale. liberté de la
l'inviolabilité du secret des lettres et la
presse
core
dans les cas déterminés par la loi. L'articl
sauf la responsabilité
ils avoier
à quelles persécutions
VII constate authentiquement
de couleur des Vérettes a la municipalite
1 Lettre des citoyens
du rapport de Tarbé. Proclamation d
No.72 des pièces justificatives
Cenceriat du 7 sej tembre, dat
lacite mmnicipalité, ibid. no. 73; de la Croizdes-Bouquets, ibi
Pextrait des archives de la parcisse
no. 82.
commiseaires des citovens de couleur
2 Mémoire historiqne des
du 11 septembre 1791 , dans le
P- 14- Concordat du Port-au-Prince,
pisces justificatives de Tarbé, n". 74.
ét
. Proclamation d
No.72 des pièces justificatives
Cenceriat du 7 sej tembre, dat
lacite mmnicipalité, ibid. no. 73; de la Croizdes-Bouquets, ibi
Pextrait des archives de la parcisse
no. 82.
commiseaires des citovens de couleur
2 Mémoire historiqne des
du 11 septembre 1791 , dans le
P- 14- Concordat du Port-au-Prince,
pisces justificatives de Tarbé, n". 74.
ét --- Page 153 ---
(145)
en buttej jusqu'alors. Ilsy demandent la révocation de zoutes
roscriptions prononcées contre eux 3 ainsi que celle des détets etjugemens rendus contre eux, et des confiscations exé4
Hées en vertu de jugemens ou autrement, avec les indemnités
i leur étoient dues pour leur exil. Ils spécifient dans cette
Emande divers individus, 4 se réservant de faire dans un autre
moment et envers qui il appartiendroit, toutes protestations
et réclamations relatives aux jagemens prononcés contre les
sieurs Ogé et Chavannes, et autres compris dans lesdits jugemens; regardant dès à présent les arrêts prononcés contre les
susdits sieurs, par le conseil-supérieur du Cap, comme infames, dignes d'être voués à l'exécration contemporaine et future, et comme la cause fatale de tous les malheurs qui affigentl la province du Nord.
Pour assurer l'exécution de tous ces articles, lcs hommes de
puieur exigérent qu'on reconnit que leur prise d'armes tiendroit
sques-la; en conséquence, A que les armes > canons et munitions de guerre enlevées pendant les combats qui avoient eu
lieu, resteroient en la possession de Geux qui avoient eu le
bonheur d'être vainqueurs ; que cependant les prisonniers, si
toutefois il en étoit, seroient remis en liberté de part et
d'autre *. Ils rendirent ces stipulations communes aux hommes
couleur des autres paroisses, même à ceux du Port - auince, qui, par une fausse pusillanimité, ne s'étoient pas réusà eux : A déclarant que rien au monde ne sauroit les empecher de se réunir à ceux des leurs qui, par une suite des
anciens abus du régime colonial, éprouvetoient des obstacles
à la reconnoissance de leurs droits, et par conséquent à leur
félicité D
1 Soeiel-sededam.camt à Blanchelande 2 du 30 septembre 1791 2
Rap. de G. Coulon. Tome II.
K
fausse pusillanimité, ne s'étoient pas réusà eux : A déclarant que rien au monde ne sauroit les empecher de se réunir à ceux des leurs qui, par une suite des
anciens abus du régime colonial, éprouvetoient des obstacles
à la reconnoissance de leurs droits, et par conséquent à leur
félicité D
1 Soeiel-sededam.camt à Blanchelande 2 du 30 septembre 1791 2
Rap. de G. Coulon. Tome II.
K --- Page 154 ---
(146)
dont la rédaction auroit honoré les parti
$. XXVIII.
Tous ces articles,
furent acceptés sans aules
éclairés de la révolution,
Autre avee sans plus
les commissaires du Port-au-Prince 2 C
aint Marc. cune modification par
tout lieu de croire
les hommesde couleur déclarèrent ( qu'ayant
d'es
de ce retour, ils se réuniroient de cceur 7
s ala sincérité
citoyens blancs, pourvu que la préA prit et d'intention, aux
la base et le résultat de toute:
> cieuse et sainte égalitéfts
blanc:
les opérations, , qu'il n'y eut entre eux et les citoyens
diférences que celles qu'entrainent nécessairement
> d'auires
vertu >. Peu dejours après, un traitépresque
> le mérite et la
()
dans la ville de Saint-Marc entrt
entièrement semblable fut signé
l'ainé
bommes de couleur, présidés par Savary
les blancs et les
contraire au décret du mois de mars
On y déclare nul, comme
rendu contre ur
un arrêt postérieur du Port-au-Prince,
1790,
cetarrèt avoit dépouillé de la charg:
blanc,nommé Fritot, que
qu'il avoit épouse
d'huissier à l'amiranté de Saint-Marc, , parce
dan:
que le conseil supérieur partageoit,
une mulàtresse; preuve
des colons blancs, et les sub.
toute leur étendue, les préjugés
stituoit aux lois dans ses jugemens (3).
fut aussitôt enfreint que signé
XXIX.
Le concordat du Port-au-Prince
s.
nationale blanche, dirigé par Caradeu:
Iucxécution L'état-major de la garde
du coneordar
pa: le Portdn 31 septembre 1 n*. 43 des pièces :
su-Prince. concordat du Port au-Prince,
sur son administration. Pièce:
l'appui du mémoire de Blanchelande sur les troubles de Saint-Domingue
justificatives du rapport de Tarbé
numéros 74 et 75.
1791. Discours d
du Port-au-Prince, , du 11 septembre
au
de
1 Concordat
commissaires du Port-an-Prince, n°. 75
Gamot, président des
de Tarbé.
pièces justificatires du repport
1791, no, 44 des pio
de Saint-Marc, du 22 septembre
2 Concordat
de Blanchelande sur son administration.
ees à l'appai du mémoire
de Saint-Domingue
justificatives du rapport de Tarbé
numéros 74 et 75.
1791. Discours d
du Port-au-Prince, , du 11 septembre
au
de
1 Concordat
commissaires du Port-an-Prince, n°. 75
Gamot, président des
de Tarbé.
pièces justificatires du repport
1791, no, 44 des pio
de Saint-Marc, du 22 septembre
2 Concordat
de Blanchelande sur son administration.
ees à l'appai du mémoire --- Page 155 ---
(147 2 )
Tainé, queles blancs venoient de nommer commandant-général
des gardcs nationales de l'Oacst, divers citoyens du Port-auPrince et l'assemblée provinciale de l'Ouest refusérent d'y acquiescer (r). Ils firent casser le concordat par ces niêmes sections
quiavoient nomme les commissaires pour le rédiger (a). Outre
que cet acte, en mécomnoissant les autorités constituces formées par lés blancs seuls, les avoit par cela mème pour ennemis, un parti considérable vouloit décidément alors arracher
la colonie a la France. Tandis que l'assemblée coleniale, comme
on le verra bientôt (3), envoyuis des députés aux iles voisines
et particuliirement a la Jamaique, l'assemblée provinciale de
I'Ouest, et la municipalité du Port-au-Prince ck avoient aussi
envoyé de particuliers daas cette colonie anglaise. Bientôt deux
frégates anglaises vinrant mouiller au Port-au-Prince, Sous prétexte de porter les secours qu'on demandoit I (4).Leur apparution
rchaussa beaucoup les expérances des facticex du Port au-Prince.
Ils se refusèrent à Pexécution du concordat, à moins que les
hommes de couleur ne voulussent se prêter a leurs vues d'indépendance. Sous prétexte que ces derniers ne s'étoient Pas
frouvés à la confédération séditieuse du 14 juillet, la municipalité du Port- 2u - Prince arrêla qu'ils seroient appelés à un
nouveau serment fédératif. Enfin on voulut également exiger
1 Lettres de Jumécourt à Blanchelande 1 des 30 septembre et 1a
octubre 1791. Piècrs jastificatives du rapport de Tarbé sur les troubles
et 81. Mémoire historique des coide Saint-Domingue, 9 numéros 79
missaires des citoyens de couleur, P. 14 eti5.
2 Lettre susdite de Jumécourt, du 12 octobre 1791.
31 Voy. le chapitre suirant.
4 Mémoire historique des commissaires des ditoyans de couleur, P.
21. Discours historique, par P. Er. Pege, imprimé au Cap., P. 31.
K 2
du rapport de Tarbé sur les troubles
et 81. Mémoire historique des coide Saint-Domingue, 9 numéros 79
missaires des citoyens de couleur, P. 14 eti5.
2 Lettre susdite de Jumécourt, du 12 octobre 1791.
31 Voy. le chapitre suirant.
4 Mémoire historique des commissaires des ditoyans de couleur, P.
21. Discours historique, par P. Er. Pege, imprimé au Cap., P. 31.
K 2 --- Page 156 ---
(:48) )
leurs députés a l'assemblée coloniale et a
qu'ils envoyassent de POuest, dont Pillégalité avoit été reT'assemblée provinciale
En attendant on refusa aux hommes
connue par les concordats.
les subsistancee
de couleur rassemblés à la Croiz-des-Bouquets
cclui du II
les munitions
leur avoient été promises par
et
qui
septembre 1791 (1).
hommes de couleur qui étoient sincèrement attachés à
Les
voulcient
reconnoitre les autorités
la France,t qui ne
point
les
formées par les blancs de la colonie, rejetérent
uniquement de Ia
du Port - au : Prince et de l'assemdemandes
municipalité
de l'Ouest. Ils assurent d'ailleurs qu'ils avoient
bléc provinciale
de machinations pratiquées contre eux pour
dès-lors connoissance
Blanchelande étoit si peu
les surprendre au Port-au-Prince (2).
d'accord avec eux ou avec les blancs coalisés à la Croix-des-Bourefusa son adhésion au concordat du 1 1 septembre.
quets, qu'il
docile des factieux, depuis qu'il avoit été
Devenu Pinstrument
il avoit été circonvenu par des comobligé de s'enfuir au Cap,
la municipalité du Port-au-Prince lui avoit envoyés
missaires que
de lui contre le concordat. L'assemblée COpour réclamer auprès
embrasoient tout
loniale vivement effrayée des insurrections qui
d'elle, avoit annoncé par un arrêté qu'elle rétracta peu
autour
soumission au décret du 15 mai, dès qu'elle
de temps après, sa
circonstance
olliciellement. On profita de cette
pour
le recevroit
c'étoient les hommes de couleur
persuader à Blanchelande, que
Susdites lettres de Jumécourt a Blanchelande. Traité de paix en1 les
blancs et les citoyens de couleur des 14 paroisses de
tre citoyens
dans le
et à la fin. Mémoire
FOuest, du 23 octobre 1791 2
préembule
15 et :6.
historique des commissaires des citoyens de couleur, P.
des commissaires des citoyene de couleur
2 Némoire bistorique
peg. 26.
Blanchelande, que
Susdites lettres de Jumécourt a Blanchelande. Traité de paix en1 les
blancs et les citoyens de couleur des 14 paroisses de
tre citoyens
dans le
et à la fin. Mémoire
FOuest, du 23 octobre 1791 2
préembule
15 et :6.
historique des commissaires des citoyens de couleur, P.
des commissaires des citoyene de couleur
2 Némoire bistorique
peg. 26. --- Page 157 ---
(149 )
qui étoient en révolte contre les décrets. En conséquence il ordonna par une proclamation < à tous les hommes de couleur
armés et réunis
souA libres, qui étoient actuellement
pour
tenir des prétentions inconstizutionnelles et hors des décrets,
de se retirer avec leurs armes dans leurs paroisses respectives,
d'y concourir à la défense de la cause commune, avec le zèle
dont leursfrères des provinces du Nord, du Sud, et de partie
de I'Ouest leur donnoient l'exemple, et d'observer, d'après
la volonté de la nation et du roi, l'obéissance qu'ils devoient,
comme tous les autres citoyens de la colanie aux corps popu-
> Les mêmes commissaires obtiarent de
) laires existant ().
l'assemblée coloniale la cassation du concordat du 11 septembre (2).
Le commandant de la Crofe-de-Poniquets, Hanus de Jumécourt, et celui méme du Port-au-Prince, réclamèrent fortement
Blapchelande la récontre cette proclamation impolitique (3).
tracta quelque temps après indirestement, en déclarant qu'elie
f ne pouveit plus concarner les hommes de cou'eur, puisque les
blancs en avoicnt eux-mèmes requis le secours par les concordats. Il ft sealement des dificultés sur l'article de ce traité qui
les
et déclaroit les hommes de
cassoit tous
corps populaires,
de Blanchelande, du a6septembre 1791. No. 46 des
1 Preclamation
hispièces à l'appui de son ménicire sur son adniinistration. Momoire
torique des commissaires des citoyens de couleur, P. 18 et19.
du II déceribre 1791.
2 Procès-veibal de Passemblée coloniale,
31 Lettre de Jumécourt à Blanchelande, du 12 octobre 1791. Ne.81
des pièces justificatives du rapport de Tarbé. Lettre de Désaulnois à
Blanchelande, du 16octobre 1791 ; ibid, ns. 85. Extrait des registres
de la Croizdes-doagiets, du 10 octobre 1791 i ibid., n9. 83.
E 3
du II déceribre 1791.
2 Procès-veibal de Passemblée coloniale,
31 Lettre de Jumécourt à Blanchelande, du 12 octobre 1791. Ne.81
des pièces justificatives du rapport de Tarbé. Lettre de Désaulnois à
Blanchelande, du 16octobre 1791 ; ibid, ns. 85. Extrait des registres
de la Croizdes-doagiets, du 10 octobre 1791 i ibid., n9. 83.
E 3 --- Page 158 ---
(150 )
couleur admissibles
contre le texte du décret imméliatement à l'assemblée
hommes de
du 15 mai. Il chercha à coloniale,
couleur contre les
rassurer les
d'ôtre attiqués par les factieux inquiétudes du
qu'ils ponvoient avoir
que, quoiqu'il ne les crit pas Port-an-Prince, en annonçant
> au commandant pour le rei dans fondées, cil venoit de défendre
D à aucune réguisitton qui
cette ville, de ne se rendre
> cher les trompes de ligne pourroic lui être faite pour faire mara leur de la
contre le camp des citoyens de couD lettre la CireisdosDougmens, dont iz autorisoit
par certe
fisant continuation, mais seulement en
par les habitans de la
nombre jugé suf
D tés. Il promit d'ailleurs
parcisse pour leur propre sirequ'elles seroient
d'appuyer toutes leuis
justes et conformes aux
demandes, lorstionnés par le roi (1).
décrets nationaux,s sanc5. XXX.
Un
Transactions confiance gouvernement si foible, si vacillant ne
diverses avec
à personne s et les rênes
pouvoit inspirer de
les hommes pour ainsi dire, dans les
de l'adininistration
decostsur. ques cflorts
mains de tous ceux
passoient 9
pour s'en Saisir, Les vaisseaux quifaicoient queldonné la colonie : Ics
anglais avoient abinsans doute
agens de la
convaincus qu'on ne
Gande-Breiagne s'étoient
lcs tuibulens agitatenrs du
Pouvoit compter sur rien avec
Port-an-Prinee. La
incesesament de France les
colonie attendoit
destinées à y faire
commissaires civils et les forces
hommes de
exicuter la volonté nationale.
couleur se grossissoit
L'armée des
d'environ 4000 hommes,
jaurmellement: eile étoit alors
sans compter les blancs, qui avoient
I Lettres de Blanchelande à
No. 17 des pieces à Pappat de Jumdenwrt, des IG et. 21 octobre
Numéros 80 et 8; des pidees son mémoire sur son
17)1.
tre de Blanchielande
jusilentires da
administration,
Lcttre du
aux hemmes de
tupport de Tarbé, Letmême à
du conleur, a 14 septembre
Therenand, 22 ociobre 1791.
17y1.
er les blancs, qui avoient
I Lettres de Blanchelande à
No. 17 des pieces à Pappat de Jumdenwrt, des IG et. 21 octobre
Numéros 80 et 8; des pidees son mémoire sur son
17)1.
tre de Blanchielande
jusilentires da
administration,
Lcttre du
aux hemmes de
tupport de Tarbé, Letmême à
du conleur, a 14 septembre
Therenand, 22 ociobre 1791.
17y1. --- Page 159 ---
(151 )
mbrassé leur parti, ct quelques centaines d'esclaves qu'ils
voient armés. Leur confédération gignoit déjt la province da
fud, ou quelques paroisses, telles quc Saint-Louis, avoicnt
ait des concordats semblables à celui du Port-au-Prince (). Enfin
plus grand nombre des paroisses de l'Oaest justement alarmées
les progrès toujours cioissans de l'insurrection des negres qui
Pétoit formée dans le Nord, ne voyoient plus de reméde pour
Parrêter que dans Tunion des blancs et des hommes de couleur,
elle qu'elle venoit d'ètre régléc par le concordat du 11 sepembre: elles le ratifèrent dans Jeurs assemblées primaires. Les
bommunes. de Léogane et du Petit- Goave, et quelques autrcs,
assées des troubles qu'avoient fomentés les municipalités qur'elles
voieni choisies, en prononcèrent la dissolution. Mais, au lieu
de remédier à ces maux en faisant de meilleurs choix, elles cédèrent aux insinuations des anciens agens du gouvernement,
en priant les commandans pour le roi de repreadre leur autorité dans toute son étendue, comme avant la révolution de
1789 (2).
Le Port-au-Prince céda plus dificilement. La nécessité d'exécuter le concordat étoit d'une telic évidence, que la municipalité et l'assemblée de POuest convenoient qu'on avoit eu tert
de porter atteinte à ce traité : mais elles étoient elles-mémes
quelquefois entrainées au-delà de leur but par les agitateurs dont
1 Extrait des registres de la commune de Saint-Louis, du 8 octobra
17)1. P'rocès : verbal des citoyens de Cavaillon, du 10 octobre. Num.
120 et 121 de la suite des pièces juatificatives de Tarbé.
2 Letires de Blanchelande a Thevenard, des 22 octobre et 16 novenbre 1791. Extrait des registres du Petit-Goave, du fO octobre, et
du Fonuldes-Negres, du 1 novembre; dans les numéros 122 et 1a3 de
la suite des pièces justificatives-du rapport de Tarbé.
K 4
ès : verbal des citoyens de Cavaillon, du 10 octobre. Num.
120 et 121 de la suite des pièces juatificatives de Tarbé.
2 Letires de Blanchelande a Thevenard, des 22 octobre et 16 novenbre 1791. Extrait des registres du Petit-Goave, du fO octobre, et
du Fonuldes-Negres, du 1 novembre; dans les numéros 122 et 1a3 de
la suite des pièces justificatives-du rapport de Tarbé.
K 4 --- Page 160 ---
(152) )
elles s'étoient servies pour exciter les
laires du Port-an-Prince. Les blancs premiersmourementy
de la Croix
pepu.
envoyérentle 10 octobre unc
des-B Houguets leus
> senter T'importance de leurs députation, K chargée de leur,
>
leur, etles suites terribles de engagemens la
avec les gens de repré couétoit l'anarchie qui dominoit
violation du concordats.
dans cette
Telle
députation ne put remplir sa mission malheureuse ville, guela
à la
sans risque, et ne
des Ceiz-der-Beaquete que des paroles
rapporta
paroles de Paix qu'elle y avoit
desang, en
des
échange
blancs, Caradeus,
portées (4). Le
qui
commandant
violens adversaires du
jusqu'alors avoit été Tan des plus
que Personne à le faire concordat, et qui avoit contribué
annuller par les
plus
Piince, en ameutant le
districts du Port-anput pas sc faire écouter, peuple et les soldats contre cetacte,ne
avec les hommes de couleur, lorsqu'il voulut faire un nouveau traité
dans
adopter ses vues d'indépendance.
l'espérance de leur faire
avoit écrite, ils
D'aprés une lettre qu'il
envoyèrent le 15 octobre
leur
députation demander des vivres.
au Port-au-Prince une
cette place ; Desaulnois,
C'rstle commandant même de
le lendemain à
qui Rous apprend dans une lettic écrite
a ameutés contre Blanchelande, les
4 que le peuple et les soldats
hommes de couleur,
municipalité de les
Proposoient à la
> voyer des boulets; pendre, et,au lieu de vivres, de leur cn-
* coups de baton furent que mille autres invectives, ct quelgues
> soldats, mais que par la dispersés injustement sur cux par des
x Pas de suites facheuses; prudence des mulitrés, cela n'eat
X la promesse qu'onleur ; qu'ils se retièrent de la ville avec
11s furent encore
enverroit des vivres
trompés dans leur attente damsfiprbenidi..
: lcs vivres furent
J Lettre de Desaulncis à
Elanchelande, du 16 cctobre 1791.
invectives, ct quelgues
> soldats, mais que par la dispersés injustement sur cux par des
x Pas de suites facheuses; prudence des mulitrés, cela n'eat
X la promesse qu'onleur ; qu'ils se retièrent de la ville avec
11s furent encore
enverroit des vivres
trompés dans leur attente damsfiprbenidi..
: lcs vivres furent
J Lettre de Desaulncis à
Elanchelande, du 16 cctobre 1791. --- Page 161 ---
(153 )
harges ct arrêtés par les habitans etles soldats. La municipalitéfat
bbligée de prometire que rienne partiroit jusqu'à nouvel ordre.
On convoqua néanmoins pour le 17 une asscmblée de commune, 9
Hivisée par sections, afin de nommer d'autres commissaires qui
avec les hommes de
travailleroient à un nouvel arrangement
pouleur. La municipalité qui sentoit enfin la nécessité de réprimer l'anarchie qu'elle avoit si long-temps entretenue, avoit
arrêté
n'admettre dans les assemblées de seckendu un
pour
kions
les citoyens actifs : mais son arrêté rcsta sans exécution à que cet égard, le peuple et les soldats commandant pour
ainsi dire, et faisant fuire leur volonté. - (1)
furent
nommés. Ils se réunirent $. XXXI,
Les commissaires
cependant
Traité de
avec ceux des autres paroisses de POuest, et tous ensemble s'a- paix pour
les
des hommes de couleur, le to tes les
bouchèrent avec
représentans
de la paroisses de
9 octobre 1791, sur Thabitation Goureau, dépendante
l'Ouest.
paroisse du Pert-au-Prince, pour faire un nouveau traité. Sur
paroissce qui forment la province de POuest, il s'en
quatorze trouva onze dont les blancs avoient ènvoyé des commissaires, et
huitqui en avoient fourni pour lcs hommes de couleur. Ces derniers avoient tous des pouvoirs illimités, ainsi que ceux d'un
même non.bre de paroisses parmi les blancs. Le traité fut général pour toute la province de l'Ouest : on y reconnut de part
ct d'autre les torts des blancs, la justice des réclamations des
hommes de couleur et du concordat du 11 septembre, qui fut
I Lettres d'Hanus de Jumécourt à Elanchelande, du 30 septembre
et du 12 octobre 1791. Lettre de Desaulnois à Blanchelande du 16
octobre 1791. Lettre de Blanchelande a Thevenard, du 22 octobre 1791.
Numéros 65 ct 85 des pièces justificatives du rapport de Terbé sur
les troubles de Saint-Domingue.
la justice des réclamations des
hommes de couleur et du concordat du 11 septembre, qui fut
I Lettres d'Hanus de Jumécourt à Elanchelande, du 30 septembre
et du 12 octobre 1791. Lettre de Desaulnois à Blanchelande du 16
octobre 1791. Lettre de Blanchelande a Thevenard, du 22 octobre 1791.
Numéros 65 ct 85 des pièces justificatives du rapport de Terbé sur
les troubles de Saint-Domingue. --- Page 162 ---
(154) )
de nouveau confrmezvec des
ebjet Que de mieux en
modifications qui n'avoient
2ssurer
d'autre
Les hommes de co:leur
l'exécution et la Paix de la colonie,
demandoient la
corps prétendus populaires formés cassation immédinte des
remplacis par des bureaux de
par les blanes, pour être
les deux sortes d'hommes
police indistinctement pris
libres. Les
parmi
vu Ces bureaux de
blancs qui avoient
police
toujours
blancs et l'assemblée du
proposés par le Parti des
érection
Nord,
pompons
ne fit un pas vers le craignirent avec raison que leur
On convint, comme ils le rétablisement de l'ancien régime.
cipalités jusqu'a leur
proposérent, de maintenir les muniBlanchelande de
remplicement, pour lequel OR
mois. Alis
convoquer les assemblées
pricroit
on accorda aux hommes
primaires dans un
faire représenter immédiatement de couleur la faculté de se
tantes, en y envoyant des
dans les manicipalités exisavoient fiits jusqu'alors, délégués. Tous les actes
tion de ceux
farent néammoins
qu'elles
qui avoient pu
validés, à
toyens de couleur. La
porter atteinte aux droits Texcep- des
des assemblées
méte disposition fut étendue
ciprovinciales et del l'assembiée
aux actes
s'engagérent à rappeler les députés
coloniale ; les blancs
convint aussi avec Blanchelande qu'ils y avoient envoyés, On
semblée coloniale, formée
de convoquer une nouvelle asde
par tous les
couleur, et d'attendre
citoyens sans distinction
velles assemblées
pour statuer sur la formation de nouprovinciales, les
parl PAssemblée
plans d'organisation
lz nouvelle
nationale, oula décision que
promis
assemblée coloniale ().
porteroit à cet égard
1' Traité de paix enire les
leur des 14 paroisses de
citoyens Llancs et les citoyens de
tives du IApport de Tarbé, rOuest, dn 19 cctobre 1791. Pièces
CoMn?. 88.
justiSca.
uer sur la formation de nouprovinciales, les
parl PAssemblée
plans d'organisation
lz nouvelle
nationale, oula décision que
promis
assemblée coloniale ().
porteroit à cet égard
1' Traité de paix enire les
leur des 14 paroisses de
citoyens Llancs et les citoyens de
tives du IApport de Tarbé, rOuest, dn 19 cctobre 1791. Pièces
CoMn?. 88.
justiSca. --- Page 163 ---
(155 )
On réhabilita par un article exprès la mémoire des malheuses victines de la passion et du préjugé, c'est-i-dire, des
mmes de coulcur qui avoient péri dans des mouvemens polaires ou sur les échafands. On régla qu'il seroit fait pour
x un service solemnel dans les quatorze paroisses de T'Ouest,
qu'il seroit pouryu par la colonie aux indemnités dues aux
aves et à leurs enfans, en ordonnant e la revision de tous
les procès crimimels antérieurs a la révolution, intentés contre
des citoyens de couleur, pour raison des rixes entre eux et les
citoyens blancs, de même que de tous jugemens, oil le préjugé
Pauroit emporté sur lajustice qui est due à tous les citoyens
de l'empire. ) Pour assurer la concorde générale 2 on arrêta
'ils scroit chanté un Te Deum,oi les troupes de ligne, de terre
de mer 2 et la marine marchande, seroient invitées; quinze
its hommes de couleur devoient se rendre au Port- au-Prince
ur y as ister, tambour battant, drapeaur dépioyés, ,et partager
scc jour li même le service de la garde naiionale. On devoit
suite former pour la défense de la province, avec l'agrément
général, deux bataillons de gardes nationales soldées d'hommes
couleur, qui éliroient leurs chefs, et lcs présenteroient à la
mination de Blanchelande; on ordonna aussi que le serment
lératif diaritipar l'assemblie nationale, quin'aroit pu avoit
usans la participation de tous les citoyens seroit faitincessament. Enfin, C pour ne laisser aucun doute sur la puretédes sentimens qui animoient les citoyens de couleur, ils jurérent avec
les citoyens blancs de soutenir, de toutes leurs forces, la nou--
velle constitution., et de verser la dernière goutte de leur
sang pour s'epposer cu retour de l'ancien rigime. 9 On
nvint au surplus que ce traité et lc concordat seroient sousaf'approbution de l'assemblée nationale: a déclarant s'cn
fin, C pour ne laisser aucun doute sur la puretédes sentimens qui animoient les citoyens de couleur, ils jurérent avec
les citoyens blancs de soutenir, de toutes leurs forces, la nou--
velle constitution., et de verser la dernière goutte de leur
sang pour s'epposer cu retour de l'ancien rigime. 9 On
nvint au surplus que ce traité et lc concordat seroient sousaf'approbution de l'assemblée nationale: a déclarant s'cn --- Page 164 ---
(1 156 )
rappertet absolement i sa décisionsur lcs
ccs deur actes
articles insérés d
f. XXXII.
Cette dernière
Earrée des
clause réparoit tout ce
hommes de d'irrégulier dans le traité. Tous les
qu'il pouveit y av
couleur au discutés durant plusieurs
articles, après en avoir
Pcrt-au-Prin- le 23 octobre. En
jours par les deur partis, furent
ec.
saires
vertu d'un article
sigt
respectifs, une députation
particulier 3 les comm
nale du Port-au-Paince, des
nombreuse de la garde nat
du corps royal d'Arullerie, bataillons d'Artois et de Normandi
marchande
de la Mirine
, et de T'équipage di
royale, de la Mari
tion Damiens, de maintenir
Borée, jurèrent, sur T'habii
Prince
ce traité. Le
3 Leremboure,
maire du Port-a
de la fraternité Ja , prononça un discours plein des sentimd
da traité. Enfin, les plus hommes touchante, qui fut imprimé à la su
lemnelle le lendemain,
de cou'eur firent leur entrée S
monie sc passa
comme on étoit convenu 3 et cette cé
ont
paisibiement, malgré
reprochées au commandant des
quelques insultes qu
jeure Partie des hommes de
canonniers 3 Praloto. Lam
ment avec leur état
couleur fut casernée au gouvern
ville, au
major 3 et le reste à une
posie de Bel-Air. Les
extrémité de
bientôtrenaitre,
gens de bien espéroient ve
les fruits, la arecl'ordreet la paix tous les biensqui enso
de couleur cuiture,le commerce ct Pabondance. Les
s'offrirent d'aller
homm
claves qui s'étoient manifestés réprimer quelques moavemens d'e
raussirent, et ramenèrent
dans l'ouest et le sud : ils
marrons qui s'éioient prisonniers quelques chef; de nège
liers (s).
attroupés pour faire insurger les at
2 Traité de raix,du 23 octolre
Lettre du Port-awPiirce
1791.
edrescda a des nigocians de Nantes,
Les
s'offrirent d'aller
homm
claves qui s'étoient manifestés réprimer quelques moavemens d'e
raussirent, et ramenèrent
dans l'ouest et le sud : ils
marrons qui s'éioient prisonniers quelques chef; de nège
liers (s).
attroupés pour faire insurger les at
2 Traité de raix,du 23 octolre
Lettre du Port-awPiirce
1791.
edrescda a des nigocians de Nantes, --- Page 165 ---
(157 )
Cette apparence de paix ne brilla qu'un intant; les condins du traité 2 quelque justes qu'elles fassent, avoient été
nifeftement dictées par la force ; la confiance n'avoit jamais
rétablie entre les chefs des derx partis ; ceux des blancs
Port-au-Prince n'avoicat, dit-on, rompu le concordat que
ur obtenir dans un nouveau traité la maintenue de leurs auFités conftituées. Les hommes de couleur s'y étoient refusés;
furent inaccessibles aux nouvelles sollicitations qu'on fit pour
gagner, depuis leur entrée au Port-au-Prince. On emp'oya
inement les séductions de l'ambition auprè. de leurs chefs;
proclama inopinément, dans zn repas patriorique, Caradeux,
mmandant général des gardes nationales de l'ouest, etle génédes hommes de couleur Beauvais, commandant en second.
s autres officiers des blancs et des hommes de couleur furent
asi placés sur la même ligne alternativement, et dans le même
dre de subordination pour ccs derniers. Les hommes de Cotarse refusèrent à cette fusion, tant que le traité de paix ne
roit pas exécuté par le renouvellement des autorités constiées : ils prétendent que les blancs avoient voulu les amener à
rtager leurs projets d'indépendance. Iis assurentque Caradeux
avoit fait la proposition formelle à Beauvais 2 qui la rejeta
ns une conférence qu'ils eurent cnsemble peu avant le traité,
paroit certain que Beauvais et son état-major l'attestèrent à
1 soldat du Port-au-Prince, et que ce dernier l'ayant divuigué,
conseil d'administration de la garde nationale trouva le moyen
étouffer cette affaire. De son côté , Caradeux et les autres
ectobre 1791. No. 8g des pièces justifcatives du rappart de Tarbé,
lémoire historique des commissaires des hommos de couleur, P. 30,
,53 et 34.
é,
paroit certain que Beauvais et son état-major l'attestèrent à
1 soldat du Port-au-Prince, et que ce dernier l'ayant divuigué,
conseil d'administration de la garde nationale trouva le moyen
étouffer cette affaire. De son côté , Caradeux et les autres
ectobre 1791. No. 8g des pièces justifcatives du rappart de Tarbé,
lémoire historique des commissaires des hommos de couleur, P. 30,
,53 et 34. --- Page 166 ---
(158 )
chefs des blancs préiendoient
leur vouloient rétablir
foujours que ies hemmes de co
l'ancien régime 3 Parce qu'ils ne
pas reconnoitre les autorités constitaées
vouloir
par les blancs seuls (1
:. XXXIII.
Le 21 novembre étoit le jour fixé
Assassinat par la commune du
pour la ratification du tra
d'un de leurs
Port-au-Prince , qui devoit ce
sambours, peler sCs députés à l'assemblée coloniale
jour-la ra
l'ouest. Cette dernière
et à l'assemblée
fit le
assemblée, déja réduite à un
serment de ne point se
petit nombr
force. Six jours
dissoudre, et de n'obéir qu's
après le traité de paix, elle avoit
blée coloniale comme
écrit à l'asser
pour se ménager des,
rompre, 3 qu'on précendoit
les
prétextes de
avoient envoyé des
que
assemblécs primires qui
commissaires, n'avoient P as été
qu'elles n'en connoissoiene pas les
libres,
temps après, clle annulla
dispositions (2). Queig
un arrêté de la
ordonncit que la commaune s'astembleroit municipalité, 9
Pas en uno seule assemblée, dont
par sections, > et ne
mouvemens
on redoutoit le tumulte. D
extraordinaires et des
des canonniers de Pralpio,
bravades, sur-tout de la Pa
de nouveaux sujets
3 annonçoient depuis plusieurs jou
faisoit travailler dinquiétudes aux hommes de coulcur. C
sans relàche aux fortifications de la
préteate de résister aux
ville, so
esclaves, en cas de soulèvement €
I Mémoire historique par les commissaires des
de Saint-I Domingue, P. 25,
citoyens de conler
vières, > cote G, no, I1. Débats 38,39 dans et 40. Mannscrits de Pabbé Ci
p. 92. Histoire de la conspiration du l'affaire des colonies, tome II
pièces justificatires de Tarbé,
Port-an-Prince, no. 151 de
s Mémoire biatorique susdit, p.35. Lettre de
à l'assemblée coloninle, du
l'assemblée de l'Ose
des pièces justificatires du 27 septembre 1791 2 au NS. 111 dela auil
rapport de Tarbe,
et 40. Mannscrits de Pabbé Ci
p. 92. Histoire de la conspiration du l'affaire des colonies, tome II
pièces justificatires de Tarbé,
Port-an-Prince, no. 151 de
s Mémoire biatorique susdit, p.35. Lettre de
à l'assemblée coloninle, du
l'assemblée de l'Ose
des pièces justificatires du 27 septembre 1791 2 au NS. 111 dela auil
rapport de Tarbe, --- Page 167 ---
(159 )
u: part. Lc nombre des hommes de couleur étoit beaucoup di"
hinué au Port-au Prince, une bonne moitié d'entre eux étoi
ptournée dans ses foyers, par un effet de cette apathie si natuElle dans les climats chauds, et de T'habitude qu'ils avoient de
ivre à la campagne. Le commandant des hommes de couleur
u sud, Rigaud, quis'étoit joint à Beauvais peu avant le traité,
en étoit retourné depuis trois jours, Les hommes de couleur
Entirent trop tard le danger de cette insouciance ; ils cherhérent à la réparer par une mesure qui donua de nouvelles
bices aux insinuations de leurs ennemis. Ils rappelèrent leurs
amarades ; près de deux cents d'entre eux étcient arrivés la
eille ou le jour même , quand le Port-au-Prince délibéra sur
ratification du traité (1).
L'esprit des citoyens blancs étoit si généralement bien disposé,
w'on n'eut aucun égard à l'arrêté de l'assemblée de l'ouest.
Déja trois des quatre sections du Port-au- Prince avoicnt voté
our l'exécution du traité dc paix, à la presque unanimité, et
etie nouvelle, par-tout répandue 9 produisit une joic générale.
a quatrième section > dont l'esprit étoit différent 3 n'osa pas
éanmoins rejeter le traité directement 5 on y proposa seulchent un sursis à son exécution. Le dépouillement général de tous
:s scrutins alloit constater que la grande majorité des babitans
otoit pour l'exécution littérale du traité. Ce n'étoit pas - là
1 Mémoire historique susdit, P. 35 et 36. Histoire de la
on du PortanPrince,dans la lettre des chefs de l'arinée de la comspira- Croixes-Bouquets à Blancielande - ns. 151 de la seconde suite des pièces
astificatives dn rapport de Tarbé. Manuscrits divers de l'abbé Ouière, cote G de son inventaire. Lettre des officiers municipaux de
Port-au-Priwce à Blanchelande, du 2G novembre 1791,
1 Mémoire historique susdit, P. 35 et 36. Histoire de la
on du PortanPrince,dans la lettre des chefs de l'arinée de la comspira- Croixes-Bouquets à Blancielande - ns. 151 de la seconde suite des pièces
astificatives dn rapport de Tarbé. Manuscrits divers de l'abbé Ouière, cote G de son inventaire. Lettre des officiers municipaux de
Port-au-Priwce à Blanchelande, du 2G novembre 1791, --- Page 168 ---
(16)
le but des agitateurs, qui vouloient
rompre la
prix que ce fût. Il étoit onze heures du
pair, à quelqu
une rixe entre un tambournègre
matin quand on suscit
Les hommes de couleur
nomméScapin, et des canonniers
fut
assurent que c'étoit un nègre libre
attaqué parles blancs au Poste de
q"
ent soutenu depuis le contraire
l'état-major ; les blanc
éloit
5 ils ont prétendu
esclave, ct qu'il fut Pagresseur. Les
que'le nègr
et cette circonftance avouée
événemens postérienr
éloient des canonniers de par la municipalité, que les blanc
de la
la garde nationale, ,
compagnie de Praloto,
c'est-à-dire
est pour l'allégation des hommes paroissent annoncer que la vérit
de
ne fut qu'un prétexte mis
coulcur, et que cette rixi
paix. Des cavaliers de
en avant pour rompre le traité di
le
maréchaussée se trouvent la
nègre, ct le conduire à la
Pour arrête
canonniers vient à la
municipalité. La compagnie de.
municipalité demander qu'il seit
prévétalement SILT Pheure. Ce sont encore là
jug
de la municipalité. Les chefs dcs
les ezpression
des commissaircs
hommcs de couleur envoien
à la municipalité pour
mise du nègre, mzis
demander, non la reIls
qu'on prit des informations sur son
offroient la preuve de son état d'homme
compte
dit - on, ces
libre ; ils avoient
preuves avec eux. Le maire et les
municipaux prétendent ( qu'ils
ofliciers
> leursefforts
employérent vainement tous
pour soustraire le nègre a la
S Il fut pendu(à à un reverbère
célérité de P'exécution
),
D force de Thotel-de-ville
après avoir été arraché de
(). >
1 Mémoire bistorique surdit. Histoire de
n9. 151 des pièceajustilicatives. de
ladite comapiration,
Débats dans P'affaire des colonies, Tarbé.Sfanuserite del l'abbé Ouvière.
susd. des officiers municipaux du tom, II, pag. 116 et 117. Lattre
movembre 1791.
Port-au.Frince à Dlanchelande,dus 26
Lindignation
otel-de-ville
après avoir été arraché de
(). >
1 Mémoire bistorique surdit. Histoire de
n9. 151 des pièceajustilicatives. de
ladite comapiration,
Débats dans P'affaire des colonies, Tarbé.Sfanuserite del l'abbé Ouvière.
susd. des officiers municipaux du tom, II, pag. 116 et 117. Lattre
movembre 1791.
Port-au.Frince à Dlanchelande,dus 26
Lindignation --- Page 169 ---
(161) )
L'indignation fut générale parmi les honmes de couleur : elle $. XXXIV.
edaubla à la vue d'un autre canonnier de Praloto 3 qui vint Cembat et
cheval, comme pour les braver, un inftant après sur la expulsion des
lace du gouvernement. On attribuoit avec grande raison a cet hommes da
Ralien etàsat troupe l'assussinat qui venoit de se commettre, et couleur.
Presque tou: les act-s de vioience qui depuis son arrivée désopient le Port-au Prince. Le anonnier est renversé d'un coup de
ufil:le but desagitateurs far rempli; ils battent la générale pour
affemblerla garde nationale blanche; les troupcs de ligne fong
nises sous les arimes; eles envoient néanmoins une députation
e plufieurs officiers & sous officiers des deux bataillons & du
orps royal d'artillerie, 1 pour rétablir la paix. La municipalité en
nvoya une autre C poar exiger que les hommes de couleur
livrasseni les coupables aux tribunaux de la juftice. >> Ce sont
les expreffions contenues dans le récit fait par la municipaité elle méme. Elle ajoute que les hommes de couleur, en reusant de faire cette tradition, déclarérent qu'ils étoient fachés de
equivenoit de se paffer, et que.cetteréponse transmiscaux blancs
llums tellement leur colère 3 qu'il ne fut plus poffible de les
ontenir (1).
Suivant les hommesde couleur, les conférences duroient encore
juand des cris confus annoncèrent l'artillerie de Praloto, qu'il
anduisoit versle gouvernement. P.ury arriver, sa troupe avoit
té obligée d- paffer devant le quartier de leur scconde diifion,qui étoit placée au pofte de Belair. Il avoit voulu exiger
lu commandant 9"e les soldats rent allent au quartier pour
aisser passer sa troupe. Ons s'y refura,etipeine eut-il commencé
'attaque sur le flanc du geuvernemeni, que cette divifion des
I Ibid,
Rap.par G. Coulon, Tome II.
&
arriver, sa troupe avoit
té obligée d- paffer devant le quartier de leur scconde diifion,qui étoit placée au pofte de Belair. Il avoit voulu exiger
lu commandant 9"e les soldats rent allent au quartier pour
aisser passer sa troupe. Ons s'y refura,etipeine eut-il commencé
'attaque sur le flanc du geuvernemeni, que cette divifion des
I Ibid,
Rap.par G. Coulon, Tome II.
& --- Page 170 ---
hommes
(162)
de couleur vint le
Mais l'arrivée d'un
hareslerge elle lui prit même un
Taillefer
corps de troupes
canon,
mit bientet la division
nationales commandé par
avec courage, et refta
entre deux feux; elle se battit
avoir mis en déroute maitrerse de son poste durant la
la comp-gnie de
nuit, après
beaucoupde monde (1).
Taillefer, qui fut tué avec
Praloto avoit profité de cette diversion
artillerie vers le
pour diriger toute son
més et à mitrailles; gouvernement, il fit
sur lequelil tira à boulets raque de mal, par
y néanmoins beaucoup plus dc bruit
Lans le même linaptitude de ceux qui servoient ses
temps, les bataillons
pièces.
le corps royal d'artillerie,
d'Artois et Normandie, et
tre les hommes de
qu'on avoit déerminés à marcher
couleur en vertu d'une
conmunicipalité, attaquèrent le
réquifition de la
l'autre Aanci Les hommes de gouvernement sur le devant et sur
àla retraite. Le
couleur furentalors obligés de
les hommes
général Beauvais la fit avec
songer
de couleur assurent
beaucoup d'ordre,et
soit à cette attaque, soit à
qu'ils perdirent Peu de monde,
celle du
se retira durant la nuit à la
pofte de Belair. Beauvais
du pofte de Belair vint le CreiedecBonqueis, oi la troupe
rejoindre le lendemain (2).
6. XXXV.
La municipalité du
Conduite de mesure contre les
Port-au-Prince, qui n'avoit pris
la municipa- tés
canonniers de Praloto, et les
aucune
litéet del'aspar eux, lorsqu'ils avoient pendu le
brigands ameusemb: éc de
tambour nègre, avoit
l'Quest,
1 Histoire susdite de la
ves de Tarbé, Manuscrits conspiration, de l'abbé
no, 15t des pièces justificatia Histoire susdite de la
Ouvière, cote G.
Ouvière. Lettre des offciers conspiration, Manuscrits susdits de l'abbe
lande , du 26 octobre
municipaux du Port-au-Prince à Blancheficatives du
de 1791, au no. 124 de la suite des
rapport Tarbé,
pièces justi-
de la
ves de Tarbé, Manuscrits conspiration, de l'abbé
no, 15t des pièces justificatia Histoire susdite de la
Ouvière, cote G.
Ouvière. Lettre des offciers conspiration, Manuscrits susdits de l'abbe
lande , du 26 octobre
municipaux du Port-au-Prince à Blancheficatives du
de 1791, au no. 124 de la suite des
rapport Tarbé,
pièces justi- --- Page 171 ---
(163 )
assuré leur victoire enrequérant les troupes de ligne de marcher
contre les muiicres : c'est ce que l'on voit encore dans le récit qu'eile adressa à l'assemblée coloniale trois jours
malgré la manière entortillée dont il est conçu. Elle
après,
fier d'ussassins les hommes de
ose y qualide
couleur, en réservant le titre
citoyens aux brigands qui avoient embrassé le parti de
Praloto.
C Les citoyens, dit-elle dans son récit,
)
n'écoutoient
aucune voix, ni celle des représentans du
ni
plus
y leur
peuple, celle de
commandant; ils se portèrent en foule pour attaquer et
disperser les muldtres, et les chasser de la ville.
extrém'té, la
Dans cette
municipalité crut devoir venir au secours des
cizoyens égarés, qui, sans ordre et sans aucun plan, s'étoient
portes contre des hommes armés, retranchés dans un lieu fortifié, formidables déja par leur nombre, et rendus peut être furieuxpar le désespoir. Lesgens de
coufeuroccupoient le gouverNorepeaerenmunes carnage des
roissoit inivitable, s'ils n'étoient soutenus
les ciroyenspaligne, dont P'aspect seul, intimidantles par troupes de
mineroit à une
mulâtres, les déterretraite, en faisant cesser le combat. Elle crut
donc devoir requérir ies troupes de ligne de marcher,
disperser lcs mal-insentionnés
pour
sassinats
qui commettoient des as-
>
L'assemblée provinciale de l'Ouest tint une conduite bien
riminelle que ia munic:palité, qui peut-ètre n'avoit
plus
R violence. Sous prétexte que les arrêtés
cédé qu'a
re dans cette occasion n'auroient
gu'elle auroit pu renpas été exécutés, elle se joi1 Lettre des cfficiers municipaux à
791, n°, 12 de la suite dee pièces Blanchelende, du 25 novembre
justificatives du rap. de Tarbé.
La
assemblée provinciale de l'Ouest tint une conduite bien
riminelle que ia munic:palité, qui peut-ètre n'avoit
plus
R violence. Sous prétexte que les arrêtés
cédé qu'a
re dans cette occasion n'auroient
gu'elle auroit pu renpas été exécutés, elle se joi1 Lettre des cfficiers municipaux à
791, n°, 12 de la suite dee pièces Blanchelende, du 25 novembre
justificatives du rap. de Tarbé.
La --- Page 172 ---
(164)
Ce fait est aussi constaté par le récit très
gnit aux agresseurs.
des faits trois jours après : < Pénéiré
sommake qu'elle dressa
dit-elle, V'assemblée pro
de ses devoirs, y
a de l'importance
de Ja chose publique, si 1
seroit voléc au secours
D vinciale
arrétés seroien: demeurés san
9. certitude qu'elle avoit quesss
membres se sont bornés
ne Peiit retenue. Ses
>> exécution,
dans les rangs parmi lcs garde
les armes
A demeurer sous
> nationales de >
cruellement puni. Peu d
Le crime des blancs ne fut que trop
se
s. XXXVI.
des hommes de ceuleur, lincendie ma
Incendie et temps après F'expulsion
dont il consuma la plus rich
pillage du nifesta dans divers lieux de la ville,
dont est compo:
Port. auVingt-sept ilets, sur trente et quelques
Prince.
partie.
la proie des fammes, - qui se montroier
le Port au- Prince,furent endroits à mesure qu'on parvenoit
sans cesse dans de nouveaux
oi étoient les maisons
les éteindre quelque part. Les quartiers
furent les plus maltraités par l'incendi
les magasins du commerce
horreurs à cet affreux Acai
Le pillage vint ajouter de nouvelles
dans cette partic de
C'est alors seulement que commencètent
dont l'insurrectio
colonie toutes les atrocités desguerres civiles,
On a d
hommes de couleur avoit été jusque-la préservée.
des.
en se retirant des bland
ceux du poste de Belair égoigèrent
d'ot
que
Robert (2). La vérité nous impose la.loi
malades à Thôpital
de TOuest, du 25 novemb
I Extrsit des registres de P'assemblée listorique des faits qui se sont pass
17)1, cote 0 de la production février 179*, par les gardes national
dans lOnest .
jusqe'au 1
du Port-au-Pxince, pag. 113.
civils à la mun
de la lettre de MM. les commissaires
21 Examen
1792, par le club de cet
cipalité du Port-qu-Frince, du 10 janvier du neuvième régiment d'is
ville, p. 9. Mémicire du seccnd bataillon
des faits qui se sont pass
17)1, cote 0 de la production février 179*, par les gardes national
dans lOnest .
jusqe'au 1
du Port-au-Pxince, pag. 113.
civils à la mun
de la lettre de MM. les commissaires
21 Examen
1792, par le club de cet
cipalité du Port-qu-Frince, du 10 janvier du neuvième régiment d'is
ville, p. 9. Mémicire du seccnd bataillon --- Page 173 ---
(165 )
Prver que nous n'avons vu cette inculpation que dans des
critspubliés par lesblanalongtemptapres le combat du Port-aurince : il n'en est pas dit un mot dans les récits de la municialité et de l'assemblée provinciale de TOuest,quirespirent
parbut la plus grande partialité contre les hommes de couleur
ndis que les atrocités dont ces derniers se plaignirent furent
prochées aux blancs presque au moment même. On arsure
He la citoyenne de couleur Beaulieu, enceinte de hait mois,
tt tuée dans les bras de sa mère, qui fut blersée du même coup;
re l'enfant de cette infortunée fat arraché de son sein et jeté
ins les fammes; que la-négresse libre Marie Rose, le mulâtre
-llerin, Michel Lillavois, etplusieurs autres quin'avoient point
is lesarmes, furent assassinés ; qu'une troupe de mulâtresses
rant essayé deise sauver dans les forts ou surles bâtimens qui
oient dans la rade, en se précipitant dans les eaux de la
isse-mer, le féroce Praloto fit tirerle canon sur clles; quc la
unicipalité ne put soustraire les autres à la mort, qu'en les
ettant en prison avec leurs enfans (1).
Quelques mauvais sujets des bataillons d'Artois ct de Norandie furent entrainés parmi les brigands; mais la grande marité des soldats conserra dans cette affaire malhcurcuse l'honur de son caractère. M:lgré touies les séductions dont la muaterie à la Coavention nationale, p. 17. Débats dans l'affaire dcs
lonies, tome III, P. 118, 121 et 12f.
* Ondit seulement danscelui de lamenicipalité 2 R qne cet avantage
coita dès le jour même bien des regrets ; que plusieurs citoyen.
périrent dans l'action. >>
1 Histoire susdite de la conspiration dans le no, 15t de la siite des
ccs juatificatives de Tarbé, Débats dans l'affaire des colonies, P
Set 136.
L 3
bats dans l'affaire dcs
lonies, tome III, P. 118, 121 et 12f.
* Ondit seulement danscelui de lamenicipalité 2 R qne cet avantage
coita dès le jour même bien des regrets ; que plusieurs citoyen.
périrent dans l'action. >>
1 Histoire susdite de la conspiration dans le no, 15t de la siite des
ccs juatificatives de Tarbé, Débats dans l'affaire des colonies, P
Set 136.
L 3 --- Page 174 ---
(166)
nicipalité et les habitans 2u Port-au- Frince
ment eniourés
les avoient constamdepuis cur ar ivée dans la
rent qu'a regret à la réquisilion
colonie, ils ne cédèlcs hommcs de
qui leur fut donnée
couleur. C'est dans leur
d'attaquer
palité etl'asemblée de l'Ouest
caserne que la municitrouvèrent un
cendie, et c'est dons ce lienseul
asyle durant linsauver quelques effeis des
que les infortunés qui pureni
Aimmes et du
déprser : ils y furent en sireté
piMlage 3 vinrent les
violalle (1).
comme dans un temple in-
$. XXXVII,
Si les hom- On a préten-du dans les débats des
mcs de cou- éc.its Publiés par les
colonies, et dans plusieun
leur en ont c'étoient
commissaires de l'assemblée
été lcs au.
les hommes de couleur
coloniale, que
teurs 2
du Pori-au Prince
quiavoient mis le feu à la ville
en se retiran: (2). On ne fera
trage à Phumanité d'examiner
point ici l'outable mesure
jusqu'a quel point ceite épou"andes
pourroit être justifiée par la
et
se sauver, suivant ce qu'on
vengeance le besoin
le plus scuvent
appelle le droit des gens, 3
qu'un recueil raisonné des crimes
quin'est
tous les peuples à la guerre, et sur-tout dans
gue pratiqnent
Le bien de l'espèce humaine
les guerres civiles
dre plutôt
exige qu'on fasse tout pour restrinque pour étendre ce droit
que les usages desr nations Iui aient donnéc. affreur, guelque latitede
établir que les hommes de
Tout paroit auserplus
cet horrible crime, Ils
couleur n'ont pas eu à se reproches
ont eux-mémes a nnoncé dans tous les ré1 Débats dans Paffaire des colonies, tome III,
Production historique des faits qui se sont
p. 120, 132 et1?7
gardes nationales du Port. -au- Prince, passés dans POuest, par ies
Guiton an club Massiac, du 16
p. 16, Voy. anssi la lettre de
juillet précédent.
3 Débats dans l'alfaire des colonics,
131 ei 13a.
tome III, P. 117, 118, 130,
cé dans tous les ré1 Débats dans Paffaire des colonies, tome III,
Production historique des faits qui se sont
p. 120, 132 et1?7
gardes nationales du Port. -au- Prince, passés dans POuest, par ies
Guiton an club Massiac, du 16
p. 16, Voy. anssi la lettre de
juillet précédent.
3 Débats dans l'alfaire des colonics,
131 ei 13a.
tome III, P. 117, 118, 130, --- Page 175 ---
(167 )
cits qu'ils ont faits de leur sortie du Port-au Prince
de
9 que le
borps troupcs placé au corps-de garde de Belair y init le feu
n le quittant, pour retarder la poursuite de ses ennemis: mais
ce corps-de-garde étoit isolé. On convient meme
quartier l'est aussi; il n'est donc
que tout ce
pas possible que ce soit de là
jue sortirent les flammes qui dévorèrent les deux tiers de la
ville (r).
Aucune des relations publiées dans le
les
temps par
blancs
-ux-mêmes, du moins aucune de celles qui ont passe sous les
reux de la commission des colonies, n'a attuibué cet événement
ux hon mmes de couleur, quelque
fit
propre que
une telle inulpation pour exciter contre eux l'indignation génerale. Onne la
rouve point dans le récit adopté dans la seance du 25 novembre
par l'assemblée de l'Ouest, qui avoit donnétint de
de
aine contre les hommes de conleur,
preuves
qui montre la mème
ion dans cet écrit, et qui y altère la vérité a leur prépi ice dans pasHusieurs points 1 lors par exemple qu'eile assuré que les
e couleur du poste de Belair furent les
hommes
endu à onze. heures du matin étoit
agresseurs, que le négre
un esclave, et qu'ilf fut executé
n vertu d'un jugement de la commission prévô:ale
Les
hémes
(2).
erreurs se retrouvent, 9 à peu de chose près dans la
ttre de la municipalité (3) du Port-au-Prince à l'assemblée
1 Ibid, P- 121, 122 et 123.
21 Extrait des registres de l'assemblée de T'Ouest, du a5 novribre
791 1 cote A de la production historique des faits qui se soit
ans l'Ouest
présentéc par les gardes nationales (n jassés
rince , p. 113. Lettre de l'assemblée provinciale de POuest à Port-an- l'assemlée coloniale, dudit jour.
3Lettre de la municipalité du Port-au.E Prince à l'assemblée coloL4
122 et 123.
21 Extrait des registres de l'assemblée de T'Ouest, du a5 novribre
791 1 cote A de la production historique des faits qui se soit
ans l'Ouest
présentéc par les gardes nationales (n jassés
rince , p. 113. Lettre de l'assemblée provinciale de POuest à Port-an- l'assemlée coloniale, dudit jour.
3Lettre de la municipalité du Port-au.E Prince à l'assemblée coloL4 --- Page 176 ---
(168 )
le Mémoire du second bataillon du neuviéme
coloniale, et dans
lincendie 2 sous
régiment d'infanterie > écrit deux ans après circonvenir ce
des colons blancs, qui n'ont cessé de
la dictée
de Mauduit: on suppose dans ce
bataillon depuis la catastrophe couleur furent les agresseurs 2t
mémoire que les hommes de
constate 1e
de Belair, quoique le récit de la municipalité
poste
attribue pas du moinslincendic. Or
coniraire; ma's on ne leur y
détails du combat d'une may dit expressément, en présentanties lincendie devint général, san.
nière extrèmement vague 1 que
avoir donné Zieu ()-
gu'on ait pu concevoir gui pouvoit y
de
même fail par-la société du Port au-Prince, plus
Le récit
servir de réponse à celuides commissairer
deux mois après, pour
les hommes de couleur de l'incivils, n'accuse point directement
à cet ézard que des insinuations perfides
cendie. Il ne contient
montrent tout
des énonciatiens vagues et entortillées, qui
oll
T'embarras des narrateurs
récits des blancs et des hommes de couleur sont
Erfin, les
dans le no. 151 de laseronde suite de:
niale, du 26 norembre 1791,
pièces justificatives de Tarbé.
d'infenterie
dn second bataillen du neuvième régiment
1 Mémoire Conventien na'ion-le : P. 15 et 17 Voyez anssi le:
présenté à la
de ce rigiment avec les commiscaires
pièers de la correspondance
MM de leurinentaire,ete
de l'asse mblée roloniale en France , cote
existoit. Rien de
* Le complot d'incendier ln rille, vidit-on, depnis quelques jours
ceriain il aveit été mocite et prépart
p Elus
diflicile xécntion. Mpis les meche:
9> antrment il rit été de la plus
les torches composées
d'espritde vine le phosphére,
e!
- imprignées
dons une infinité de maisons
> tou: avolt été prépare et Cipesd
servis ds signc
dit rens quartiers. L'incen e u come-de-geric.
>> dans
Jamais comjsrarion n'a été mieux exécurée 1
# peur Vincendie général. furent arrêtés et subirent sur-le : champ
B Plusieurs incendiaires
trment il rit été de la plus
les torches composées
d'espritde vine le phosphére,
e!
- imprignées
dons une infinité de maisons
> tou: avolt été prépare et Cipesd
servis ds signc
dit rens quartiers. L'incen e u come-de-geric.
>> dans
Jamais comjsrarion n'a été mieux exécurée 1
# peur Vincendie général. furent arrêtés et subirent sur-le : champ
B Plusieurs incendiaires --- Page 177 ---
(169 )
accord pour dire que l'incendie commença simultanément aur
extrémités de la ville, à Belair et au Morne- à Tuf,1 lorseux
ue les hommes de couleur n'étoient plus au Port-au-Prince;
même certain
n'avoient jamais occupé le quartier
est
qu'ile
Morne-a-Tuf. Quant a Belair, tout ce qui résulte des exlu
pressions ambigues de la municipalité,c'est que les brigands ne
mettre le feu
s'en être rendus les maîtres par
purent y
qu'après
la
'expulsion des hommes de couleur , et qu'on avoit prévenu
communication du feude ce quartier, de manière à en préserver
tous les autres
leurs forfaits >.
de la lettre des commissaires
-
peine due à
(Examen
civils, p. 9-)
ni même
à Saint- Domingne 9 à
On n'a envoyé en France,
publié
l'existence
cc 2'e nons croyons, aucune pièce qui puisse constater
dre., pas même des déclarations
de ces mè:hes imprégnees d'esprit-de-vin,
*
obtient si facilement de Pesprit de parti. On doit en conclure,
qu'on
si elles existent, elles sont i la charge
ou qu'elles n'existent pas, ou que
dles blncs seuls.
* Voici le texte entier du récit de la municipalité : R Au commenla
vimes s'élever la flaime anx denx extré-
>> cement de nuit, nous
in-
> mitis de la ville, a Belair et aii Morne-k-Tat. Ure maison fur
dans chacu de ces
Ce n'étoit que le préludo des
a cendtée
quariers.
Le lendenain mardi
2 malheurs de CC genre qui nous êtoient préparés. la
du jour
à
à
pointe
>> 23 de ce mao's, époque jamais déplorable, celle des Favoris. Il
>> le feu parut an coin de la rue de Belair et de
Moulin, oui les gens de couleur
a avoit ie mis dans la maison du nonmé
retirerdans
avoient écabli un corps-iegarde qu'ils ont éracué pourse
la
la
de ce quartier : de là ils envoyoient
3) partie plus supérienre
On fut
>) benuconp de moasqueterie sur tout C2 qui se présentoit.
un détackement
les expulser, afin dc pouvoir
p) obligé d'enroyer
pour
3 travailler à éteindre le feu.
borné ait nord et au
a La flamme avoit gngné tout Pilet qui est
de Balnir.
rne des Favoris, et rilet à Pouest de celle
> sud de la
mais étoit
SKT les dis
D Il fat impoasible de Péteindre 5
on
parveku,
moasqueterie sur tout C2 qui se présentoit.
un détackement
les expulser, afin dc pouvoir
p) obligé d'enroyer
pour
3 travailler à éteindre le feu.
borné ait nord et au
a La flamme avoit gngné tout Pilet qui est
de Balnir.
rne des Favoris, et rilet à Pouest de celle
> sud de la
mais étoit
SKT les dis
D Il fat impoasible de Péteindre 5
on
parveku, --- Page 178 ---
s. XXXVII, Les aufeurs
(170)
Derérangens
de Pincendie sont
suneumdres profitérent pour piller les
manifettement ceux
deux crimes, depuis huit mois
plus riches
qui e
amener
ne cessoient de quartiers de la
cet horrible
mettre tout en ville,
zivée de la station érènement. Il est certain
usage poi
au-Prince n'avoit de Villages alz mois de
que depuis l'ai
de divers
cessé de recueillir
mars 1790, le Port
pays,
une quantité
Napolitsins, particeliètement des Iialiens,
d'aventoriet
etc., qui, sous la
Maltois, Génois
Pralsto, ont été les
direction de leur
Populaires dont
principaux artisans de
compattiot
cette malheureuse
tous les
ville a été
mouvemen
tourmentée depui
s heures et demie, d
3 soit que le mal dit préserver les tes
de
N pompes,
se borner à la soltin; manière qu'il
3) rue
lorigue le feu parut
perte de cet ilet. On retircit parcis3 en sesniaippe un
er de la rue de subitement ez sound-lafois dans l'ilet de lea
Belair, et dans
la
3> ble d'apporter quart-e'beure Tincendie derint si plusieurs autres
aucun
atjacens;
a dans de nouveauz sccours. Il se
violent, qu'il fut impossi3) dans les lieux
endroits ; trois manifestoit à chaque moment
* été
circonreisins pour pompes qui avoient été
a eurd perdues ; on a été forcé de les empécher la
disposées
deruis le mardi
communication, ont
>
abandonner.
et il a consumé matin jusqu'au
Enfin, l'incindie a
a
superiein, à entièrement tontes lendemain les
mercredi à 4 heures,
3 en suivant le partir ; saroir, de Pangle de maisons la
qui étoient sur la
D jusgnti la
quai jusqu'l la rue d'Aulins rue de Belair et du
a des Miracles grande rue, suirant ensuite : montant la rue quai,
;
la
d'Aulina
2 c'estla partie la enfin, ringt -sept ilets ont grande rue jusqu'a celle
Le récit
plus riche de la ville. > péri par les Rammes, et
idelseabicer
présente à peu près ler provinciale de
les hommes
méme
POnest, qui est plus
de couleur à résultat,
sommaire,
tance, 1 que, lors
cet égard. On
eNieereeida
de
Y trouve de
directemens
a sons sitnées au T'incendie genéral, C il
plus cette circonsVoyez la
guartier du commerce,
parut en diflérentes majproduction
des éloignées les unes des
Prince, cote 0,
historique
gardes
autres. a
pag. 113.
nationaies du Port-au-
, qui est plus
de couleur à résultat,
sommaire,
tance, 1 que, lors
cet égard. On
eNieereeida
de
Y trouve de
directemens
a sons sitnées au T'incendie genéral, C il
plus cette circonsVoyez la
guartier du commerce,
parut en diflérentes majproduction
des éloignées les unes des
Prince, cote 0,
historique
gardes
autres. a
pag. 113.
nationaies du Port-au- --- Page 179 ---
( 1 171 )
tte époque, avant comme après l'insurrection des mulâtres.
une
d'artillerie,
S avoient sur -tout formé
compagnie
qui
étoit ni celle des troupes de ligne > quoiqu'clle fat soldée
nourrie par l'état, ni la même que la compagnie primitive
blanche
existoit dès
Ces
C
la garde nationale
qui
auparavant.
ne tenoient nià la France nià la
ommes qui, pourla plupart,
olonic, soit par des proprictés (1), soit même par un métier,
uoi qu'en ait dit Bruley, qui n'a cessé de tergiverser dans les
ne desiroient
les troubles et le
ébats sur leur compte 9
que
illage pour s'enrichir 9 supposé qu'ils ne fussent pas soldés
ar les puissances étrangères pour causer des soulèvemens dans
a colonie (2). Aussi l'assemblée provinciale de POuest est-elle
cenvenue dans son récit (3) que, lorsque Pincendie devint
général, ( il parut en différentes maisons situées au quartier
du commerce 7 éloignées les unes des autres >. Or il est évident que ce quartier étoit le plus propre à servir les projets
coupables des pilleurs ; et toutes les pièces de cette époque
constatent que les agitateurs du Port-au-Prince avoicnt, comme
tous ceux de la colonie > la plus grande haine pour le commerce, qu'ils ne cessoient de représenter comme le patron
des hommes de couleur. Ces reproches ont été répétés longtemps après 3 parce que le commerce ne partageoit pas les
fureurs de ces boute-feux : il s'est plaint souvent des colons
blancs; il ne s'est jamais plaint des hommes de couleur : edt-il
1 Débats dans l'affaire des colonies, tome III, pag. 129, 136, 138.
Mémoire de Boré au comité colonial, P. 11.
2 Débats susdits, P. 132, 133, 134, 137 et 138,
3 Production historique des gardes nationales de VOuast, cote Ca
pag. 113.
les
fureurs de ces boute-feux : il s'est plaint souvent des colons
blancs; il ne s'est jamais plaint des hommes de couleur : edt-il
1 Débats dans l'affaire des colonies, tome III, pag. 129, 136, 138.
Mémoire de Boré au comité colonial, P. 11.
2 Débats susdits, P. 132, 133, 134, 137 et 138,
3 Production historique des gardes nationales de VOuast, cote Ca
pag. 113. --- Page 180 ---
( 172 )
pu ne le pas faire, s'ils eussent été les auteurs de
lincendies
Au reste > les colons blancs eux-mémes
nion
ont énencé cette
lorsqu'ils ont parlé
opi
papiers descommissaires confilentiellement. On trouve dans le
de l'assemblée
nest aucune pièce à la eharge des hommes coloniale,qui ne contiend'une lettre écrite
de couleur s l'extrail
par un blanc, évidemment ennemi
et des mulâtres, comme le reste de la
des nègrer
Voici ce
lit
pièce le prouve par-tout
qu'on y sur cet objet : ( On dit
> Port-au-Prince n'est
que l'incendie du
point l'ouvrage
> d'un grand nombre de
des mulâtres, mais bien
canaille blanche
> deux partis
qui a poussé les
pour incendier et pilier. Il est
à savoir la vérité dans
fort difficile de
ce pays, ct les têtes sont si exaltécs (x). >
Les, commissaires civils
Mirbeck et Roume ne
pas d'assurer le même fait dans la lettre
craignirent
municipalité du Fort-aw-Prince
gu'ils écrivirent à la
ils
lesojanvierizgs. Voici comme
s'y expliquent. K Le lendemain de
des
> couleur mettent le feu à
l'action,
hommes de
un de Icurs
>) d'autres incendiaires du parti contraire corps-de-garde, et
> L:fu est mis de tous
enbrasent la ville.
côtés, consume la
>> du Port-au-Prince. Ce
plus riche partie
qui n'est Pas la
> devient celle des
proie des flammes
voleurs; ct l'une des
> de P'Amérique n'offre
plus florissantes villes
plus qu'un
> cadavres, de victimes
moncezu de cendres, de
innocentes, et de scilérats
> senti impunément de leurs forfaics
quijouis-
(2) >, Il est remarquable
1 Extrait d'une lettre du
du
FF. de-linventaire des Port-am-Prince, II janvier 1792, cotée
coloniale.
papiers des ex- commissaires de l'assemblée
2 Lettre de Roume et Saint-Léger à la
Prirce, du IO janvier 1792. Examen de municipalité du Port - auPort-ae-Frince; pag.
ladite lettre par le club du
9.
impunément de leurs forfaics
quijouis-
(2) >, Il est remarquable
1 Extrait d'une lettre du
du
FF. de-linventaire des Port-am-Prince, II janvier 1792, cotée
coloniale.
papiers des ex- commissaires de l'assemblée
2 Lettre de Roume et Saint-Léger à la
Prirce, du IO janvier 1792. Examen de municipalité du Port - auPort-ae-Frince; pag.
ladite lettre par le club du
9. --- Page 181 ---
(1,3) -
ue cette lettre fut écrite par les commissaires civils dans les
ues les plus conciliatrices, comme ils l'annoncent par-tout;
ue son ensemble montre qu'ils ont fait à cette intention tous
:s sacrifices que la vérité leur a permis 2 en adoucissant
:s tableaux les plus propres à aigrirles blancs, auxquels ils écrioient. Ils y observent que ( la municipalité ne lcur a pas
envoyé le moindre telaircissement sur cette désastreuse
journées qu'il leur paroit qu'elle n'a pas méme dresst de
procès-verbal; que MM. lcs conférédés ( de la Croix- desBouquets) leur ont transmis un précis historique très-circonstancié, qu'ils ont comparé apec les réponses verbales que
leur ont faites les diférentes dépurations du Port-auPrince, et qu'ils ont eu soin de x'admettre pour vrais que
les faits qui leur ont paru complétement prouvés (1). >
$. XXXIX.
On peut même dire que ce point de fait est constaté, autant Leur dénonqu'il a pd l'ètre, par la correspondance de la municipalité du ciation inuPort-au Prince et des hommes de couleur réfugiés à la Croix- tile à la mudes-Bouquets. Il eft remarquable que c'est la municipalité qui nicipalité par
les hommcs
entama cette correspondance dès le lendemain de l'erpulsion des de couleur.
-
hommes de couleur , pour les engoger à rentrer dans la ville,
sans doute parcc qu'elle ne pouvoit pas se dissimuler que les
blancs seuls étoient coupables. Les hommes de couleur 3 en
déplorant les malheurs du Port-an-Prince, 2 y parient par-tout
avec la ferté qu'inspire une conscience sans reproche 2 et la
municipalité ne leur enfaitaucun. Leajnovembre, c'eit-à-dire,
trois jours après l'incendie, elle annonça, par une proclamation,
leurs bonnes dispusitions, 3 et son desir d'y correspondre. Elle
fnit cet acte par déclarer ( que [si quelques mual-intentionnés
1 Ibid. --- Page 182 ---
(174)
D cherchoient à centrarier cette mesure et
> esprits, elle emploieroit
d soulever
tous les
> pouvoir
moyens qui étoient en S
pour réprimer de semblables excès ). Elle
par la, autant qu'elle pouvoit le faire au milicu des indiqu
gnons de Praloto, , que les auteurs des derniers
comp
duns son sein, et non parmi les hommes de troubles éloie
conseil tenu par ces derniers le
couleur. Dans
lcs conditions
29 novembre > ils proposère
qu'ils crurent les p'us propres à ramener
Voici quels en sont les trois premiers
la pai
> l'entrée de l'arméc ( des
articles : a 1°. qu'ava
hommes de
> Prince, la troupe de
couleur) au Port-ai
Praloto, dite autrement
> tionale,sit désarmée ete
artillerie na
embarquée, à
a et de Biasse (ou Bense)son
l'esception de Praloi
lieutenane 3
> les mains de la
quiseront tremis enti
justice 3 pour être informé leur
la pai
> l'entrée de l'arméc ( des
articles : a 1°. qu'ava
hommes de
> Prince, la troupe de
couleur) au Port-ai
Praloto, dite autrement
> tionale,sit désarmée ete
artillerie na
embarquée, à
a et de Biasse (ou Bense)son
l'esception de Praloi
lieutenane 3
> les mains de la
quiseront tremis enti
justice 3 pour être informé leur 2°, que le corps des gardes nationales de
conduite..
soldés
>> ment désarmé et en barqué;.
suit égale
3°,
* brigands et autres incendiaires
que les chefs de
du Port- au-
> de méme embarqués,
Prince soien
suivant la liste qui en sera fournie
> près les informations
d'a
prises et à prendre à ce sujet (1). >
Assurément, si las hommes de couleur eussent é1é les
de l'incendie et du
auteur
pillage, 3 ils n'auroient
ainsi
la punition des
pas
demande
coupables, et la municipalité du
n'eit pas sur-tout manqué d'y
Port-au-Prince
dins la très-longue
acquiescer : tout au contraire, 3
réponse qu'elle fit à cet
cha bien à justifier la conduite de
égard, elle chergarda bien
la commune 5 mais elle se
d'inculper celle des hommes de
la présence des canonniers de
couleur. Malgré
Praloto et leur redoutable
1 Procès-verbal du conseil de
Crois-des-Bongucts, le #9 novembre guerre tenu par l'armée campée à la
1791, no, 32. --- Page 183 ---
(175)
hAuence,oile ne fit pas même la moindre tentative pour les
stifier; elle se contenta de rappeler les principes de l'Asseméc nationale sur le maintien de la liberté individuelle
; après
oielles'esprima ainsi : & Demander l'embarquement des Canonniers de l'artillerie nationale, c'est un altentat à la liberté
de plusieurs citoyens qui peuvent étre coupables, mais
que
jusqu'ici aucune autorité ligale n'a mis au rang des coupables , pas même au rang des accusés. Parmi ceux qui la
composent, il ESt des citoyens honnéies qui ne doivent pas
e.re victimes des fautes de leurs camarades. Que P'on
dénonce les coupabies, qu'ils soient punis 1 la municipalité
n'y mettra jamais obstacle : déja même elle a faitemprisonner
un certain nombre de perturbateurs du repos public 5 son
intention est de les dénoncer aux tribunaux : mais elle ne
peut, sans se rendre criminelle 3 punir avant la conviction
du crime. Il en est de mème du sieur Praloto : est il coupable ? qu'on le dénonce aux tribunauz. Quant au sieur
Bense 2 qu'on dit être de sa compagnie, it n'en est pas. A:
surplus, , sil est coupabie, qu'enle dénonce 2ux tribunaux(s)..
La municipalité répête dans sa réponse les mêmes observaons sur l'article de l'embarquement des gardes nationales sol-
, des brigands et des incendiires. El'e veut que la coniction pré ède la punition du crime, mais non pas qu'on puisse arbitrairement ceux que la vengeance ou la haine qualifiera
son gré de brigands ou d'incendiaires. Elle observe sur les
ardes nationales soldés en particulier, ( que ce corps, composé à la hâte et sans choix, renferme peu de bons
sujets; 5
1 Lettre de la municipaliré du Port-au - Prince au commandant des
orces navales Grimouard, du 30 novembre 1791.
veut que la coniction pré ède la punition du crime, mais non pas qu'on puisse arbitrairement ceux que la vengeance ou la haine qualifiera
son gré de brigands ou d'incendiaires. Elle observe sur les
ardes nationales soldés en particulier, ( que ce corps, composé à la hâte et sans choix, renferme peu de bons
sujets; 5
1 Lettre de la municipaliré du Port-au - Prince au commandant des
orces navales Grimouard, du 30 novembre 1791. --- Page 184 ---
(176)
> mais que. la plupart des offciers qui le composent > ne m
riérent jamais cette humiliation (1); qu'ils sortent presq
tous des bataillons de Normandie et d'Artois, et qu'ils en o
soutesu l'honneur. >
Enfn, - plus de quinze jours après l'incendie, le commanda
de la station Grimouard envoya à la manicipalité du Port-a
Prince un arrêté pris par les capitaines des bâtimens du cor
merce, qui se refuscient à rentrer dans le port > dans la crain
( qu'ii n'éclatât dans la ville zen nouvel incendie qui pourrd
> cansumer leurs bâtimens'(a) >. Cependant les hommes
couleur n'étoient plus alors au Port-au-Prince 5 et l'on n'ave
pas à craindre qu'ils,y rertrassent de nouveau, puisqu'on n'ave
pas pu tomber d'accord avec eux sur les conditions de la pai
En voilà certainement plus qu'il ne faut pour constater 9
les hommes de couleur n'ont point été coupables de l'incend
du Port-au-Prince, mais que Ce fut le crime des brigands noi
veliement enrégimentés dans cette ville.
1 Ibid.
2. Arrérédes bâtimens du commerce, du 21 décembre 1791. No, :.
des pièces justificatives du rapport de Tarbé. Lettre de Grimoual
à la municipalité du Port-au-Prince, du 10 décenibre.
CHAPITR --- Page 185 ---
1 177)
CHAPITRE III
Del lafaconde Alemblée coloniale & de Pinfurredtion
des Iègres.
L'orrosiTroN que Barnave avoit mise au décret du :5 mai,
$. I.
avoit achevé de le raprocher des colons blancs qui étoient en Instructions
sur les coloFrance. Les quatre-vingt - cinq cux-mèmes ne cessoient de nics décrétécs
l'obséder, et de paroitre adopter ses vues pour parvenir aux le 15 juin
leurs. ils suivoient assiduement les séances du comité colonial, 17)1.
pourlui faire consacrer, dans les instructions gu'il préparcit,leurs
principes d'indépendance de l'assemblée nationale 3 etobtenirenfin
la permission de retourner à Saint. Domingue Ils y jouissoient
d'une telle faveur auprès de Barnave, quelque temps avant le
décret même du 15 mai, que les députés de l'assemblée du
Nord en portérent leurs plaintes et leuis regreta à Barnave et à
cetie assemblée (1). La suite des évènemens et la Correspondance des quatre-vingt-cing dansla colonie prouvent néanmoins
que cette réunion n'étoit que feinte de la part de ces deraiers.
Ils envoyerent le projet de ces instructions à Saint-Domingue,
dans un temps ou ellcs n'étoicni pas encore connues en France;
et soit par l'effet des notes dont ils les accompagnèrent, soit à
cause de leur analogic dans bicn des points avecles principes
On trouvera quelques détails sur ces intrigues au cenmencement
du chayitre suirant.
1 Letire desdéputés de l'assemblécdu Nord à Barnave, du 17 japvier
3791. Gazette de Szint-Domingue du 13avril,
Rap. de G. Coulon, Tome II,
M
ou ellcs n'étoicni pas encore connues en France;
et soit par l'effet des notes dont ils les accompagnèrent, soit à
cause de leur analogic dans bicn des points avecles principes
On trouvera quelques détails sur ces intrigues au cenmencement
du chayitre suirant.
1 Letire desdéputés de l'assemblécdu Nord à Barnave, du 17 japvier
3791. Gazette de Szint-Domingue du 13avril,
Rap. de G. Coulon, Tome II,
M --- Page 186 ---
(178)
décrétés pour la France, , elles y furent for
populires déja
reconnussent à la colonie le
mal accneillies (i), quoiqu'elles
intéexclusif de proposer les lois de son régime
droit
ricur (2).
étrange
et les lois précédentes qui por.
Nialgré cet
privilége
dans la constitoient que les colonies n'étoient pas compriscs d'accorder :
ces instructions ne laissoient pas
tution française 3
de France
Saint-Domingue dix-huit députés au corps législatit
des bases de constitulion et d'orelles contenoient au surplus dans la colonie fort analogues a
ganisation des pouvoirs publics
la France. Elles furent
celles qui avoient été décrétées pour
du
sans discussion le 14 juin 1791, surla proposition
adoptées
avoit eu Vattache des comités de constitucomité colonial, qui
: l'assemblée
tion, de marine 7 d'agriculture et de commerce
projet
nationale décréta qu'elles seroient envoyées comme simple
pourroient néanmoins les exécuter comme
dans les colonies, qui
du
(3).
après la sanction gouverneur
constitution provisoire,
ni dans le décret de
On n'avoit rien dit dans les instructions
de justes
celui du 15 mai, et cette omission excita le lendemain
on changea la rédaction du décret
riclamations. En conséquence de la manière suivante : KL'aslors de la relue du proces-verbal
l'assemblée colonationale décrète
que
> semblée
auxe décrets rendus pour les
a niale pourra, Ci se cunforntant
du 14 avril 1791, etc.
2 Monitour rolunial,
pour les colonies franjaises, colenie de Saint-Do2 Instructions
minigue, titre IV, S. I.
de l'Assemblés nationale, du 14 juin 1795. Voyes
3 Procès-verbal
aussi les journaux du teunp3.
ue du proces-verbal
l'assemblée colonationale décrète
que
> semblée
auxe décrets rendus pour les
a niale pourra, Ci se cunforntant
du 14 avril 1791, etc.
2 Monitour rolunial,
pour les colonies franjaises, colenie de Saint-Do2 Instructions
minigue, titre IV, S. I.
de l'Assemblés nationale, du 14 juin 1795. Voyes
3 Procès-verbal
aussi les journaux du teunp3. --- Page 187 ---
(179) )
colonies, derquels elle ne pourra arréter ni suspendre l'eseds
cution, mettre provisoirement a exécution, avec l'approbation préalable du gouvern-ur, les dispositions des diderens
décrets rendus pour le royaumé, et même celles des instructions qu'ils croiront pouvoir convenir à la coron c, à la charge
a de rapporter le tout au corps législatif fpour étre soumis à s3 délibération et à la sanction du roi.
>> Que pour mettre l'assemblée coloniale à même d'user de cetfe
- faculté, il lui sera adressé d titre d'instruction seulement, un
exemplaire des décrets de l'assemblée nationale, acceptes pu
- sanctionnés par le roi (1).
Ce décret et les instructions ne furent pas plus envoyés dans
5. m,
a colonie, que le décret du15 mai (2), el bientôt les.évène- Décrer dus 7
mens quisuivirent le départ du roi, ouvrirent une nouveile car- juiller en far
rière aux intrigues des quatre-vingt-cing. Barnave étoit si bien veur des 85.
d'accord avec eux, qu'il présenta quelques jours aprés à l'aisembléc nationale,u nom de smèmes comités, un projet dedécret,
K tendant d jastifier La conduite de la ci- devant assemblée
A coloniale de Sain-Marc,à accorder à chacun des individus
qui
> la composcicnt une avance de 6000 liv. sur les fonds du
département de la murine, et la liberté de s'embarquer sur le vaisa seau qui transporteroit les commissaires civils a Saint Do-
> mingue (3).
I Décret du 15 juin 1792. Loi du 10 juillet suivant.
2 Opinion de Tracy sur les alfaires de Seint - Domingue, en
tenbre 1791, P. 15 et 16.
sep31 Décret relatifa un projet concernant la ci-devant assemblée CGloniwie de Saiut-Mare, du 28 juin 1791, Procès-rerbal de l'Assemblée
aacionale dudit jour.
M a
qui transporteroit les commissaires civils a Saint Do-
> mingue (3).
I Décret du 15 juin 1792. Loi du 10 juillet suivant.
2 Opinion de Tracy sur les alfaires de Seint - Domingue, en
tenbre 1791, P. 15 et 16.
sep31 Décret relatifa un projet concernant la ci-devant assemblée CGloniwie de Saiut-Mare, du 28 juin 1791, Procès-rerbal de l'Assemblée
aacionale dudit jour.
M a --- Page 188 ---
(185)
de décret excita une vive indignation dans tous ceu
Ce prejet
de révolte de cette assembléc ct se
qui se rappeioient l'esprit
osé défendr
mesures séditieuses, que les 85 avoleitsilorgicmpse Barnave lu
devant Vassemblée natiouale, et contre lesquelles
s'élever avec tant de force, lors de leur com
méme avoit paru
le but
à la barre, au mois de mars 1791 ():mais
prir
parution
cing et de Barnave fut rempli. Le proje
cipal des quatie-singi
comité pour
une nouveli
de décret fui renvoye au
présenter il fut décrété
rédaction 5 et aprés une discussion assez vive,
de la re
seroit fait mention dans le nouveau projet
1°. qu'il
membres de la ci-devant assem
tractation des quatre-vingicing lieu à inculpation contre ce
blée ; 2°. qu'il n'y avoit par
dans leu
rmambres; 3°. qu'ils seroient libres de retourner
patrie.
définitif fut ainsi rendu huit jours après: K L'As
Le décret
en considération les explications e
> semb'ée nationale prenant
général
des membres de la ci-dovant assemblée
2 rétractations
contenucs dans leurs adresses des I
de Saint-Domingue.,
> avril et 22 mai derniers,
aleu à
contre. les membre
M
Déclare qu'iln'y
inylpation
assembiee générale de Saine- Domingue
> de la ci-devant
de T'Ouest de ladite colonic, ei
> ceux du comité provincial commandant le vaisseau le Léopara
D les sieur Sanio-Doningo,
décrèto qu'ellelève ies dispositions de sc
> En conréquence,
des 20 septcmbre ct 13 octobre 1790, par lesquelle
> décrets
assemblée
de Saint-De -
de la ci-devant
généralc
> les membres
le Monitenr et les autres journars sur la séance de TAS
1 Voyez
semblée nationale, du 5 mars 1791.
du comité provincial commandant le vaisseau le Léopara
D les sieur Sanio-Doningo,
décrèto qu'ellelève ies dispositions de sc
> En conréquence,
des 20 septcmbre ct 13 octobre 1790, par lesquelle
> décrets
assemblée
de Saint-De -
de la ci-devant
généralc
> les membres
le Monitenr et les autres journars sur la séance de TAS
1 Voyez
semblée nationale, du 5 mars 1791. --- Page 189 ---
(18: )
le sieut
-
mingue, ceux du comité provincial de TOuest, et
ent élé mandés et retenus à la suite de
> Santo - Domingo,
3 PAssemblée nationale, ainsi que les dispositions par lesquelles
du vaisseau le Léopard dans sCS
D lc roi a renvoyé Téquipage
et enjoint aux oficiers de rester dansienr
> quartiers respectifa,
9 dépariement; et sur le surples lAssemblie décrete guiln'y
N a pas tiau d diliberer (1).>
seulement des
profita de la 1- 6. TIL.
Unc partie
quatre-vingt-cinq
Rerour de
bertd qui lcur dtoit rendne Par CC décrct pour retoarner à S.- gatalques uns
Domingue, nii ils ne pouvoient arriver qu'après la nonination à Saint-Dodes députés à la nouvelle assembléc coloniale. Ils préveyoient mingue.
d'ailleurs
l'effervescence produite par le décret du 15 mai
que
de leur être favorable et de faire accucillir
ne manqueroit pas
les vues d'indépendance dont ils n'avoient cessé de s'occuper
depuis l'assemblée de Saint-Marc Le surplus des quatre1 Décret du 7 juillet 1791. Loi du 20 juillet.
* Toutes les indications qu'en a pu recueillir sur cetie assemblée
conc ourent, avec les faits qu'on a cités dans leschapitres IVet V de
la première partie, à prouver que c'otoit ià des Povigine le véritable
but de cenx qui la dirigerient, quoique la ssnjoriré des blancs euxmèmes fut encere éloignée de ce compabie projot. Ils n'épargnoient
pour cela ancune manceuvre, soit en Irance, eit ils nienace vient
sans cesse de ce fantôme d'indépendanee, soir à Saini-D.ningue ois
ils tAchoient d'y arriver par toute sorte d'incinuations et de mesurcs.
L'un des 85, ies moins ardens, J. B. Legrandl 1 qui ei étoit Parchiviste, et qui fur depuis le secréiaire des commissaires de la seconde
assembile coloniale en Irance: sondoit sur cola Tesprit de ses conmettans dans une des rrenières lettres qail écrivit à la paroisse du
Dondun. dent il étoit la députi, peuapres le rassemblement de Passemblen de Sainc-Mure. cc Oi GnoNce ici, dit-ii, ton: haut une rouM 3
l 1 qui ei étoit Parchiviste, et qui fur depuis le secréiaire des commissaires de la seconde
assembile coloniale en Irance: sondoit sur cola Tesprit de ses conmettans dans une des rrenières lettres qail écrivit à la paroisse du
Dondun. dent il étoit la députi, peuapres le rassemblement de Passemblen de Sainc-Mure. cc Oi GnoNce ici, dit-ii, ton: haut une rouM 3 --- Page 190 ---
(182) )
vingt clag resta en France posr intriguer contre ce décre
Malgre tous les exemp'es fournis par notre révolution de l'é
trange aveuglement cauré F ar l'orgueil des pri ilegies, On
quelque peine à crolre que les co'ons blanc pussent espére
de former un état indépendant, dans le meme temps oii ilsau
rolent a lutter con te lel recl mations des hommes de couleur
mais ils compi ient bessco"p sarla terreur produite par l'exé
cation d'Oré et de ses complices. Ils se fattoient sans dout
aust de gsener les hommes de couleur Per de foibles concessions, Fafo, les oustre - vingt t-cirg et les membres da clut
Massiac, avec leeque's ils concerivient tontes leurs mesures
pour ne pas entrevoir de loin les orager
étoient trop répandis
vius : c'est la
d'une
D
aune
velle getigescdine
Leje ciresieschrg
proposition On
3> co feicration pau : caire coutes les Les 42 tarchipel à PAmir dit.
comme la plus esscentielle,es
D omsicere ctrec rioas Sawroomingue
conssitede
lai Saire la
a ori assend g'ele Se soit defeilivement
peur
proresi- byt
dons le
de corfes sération priposé, et qui e pour
3> rion dourer
pion
de
relative au décret
PAsseubide
3) de s'opposer à teute Senovation Phume et dn citoyen. On sen: et avcc
b natienale sur les croits de
les habitns de
a viricé que ce decret est un édilive elevé pour tous
victime.
tot ou tare les Américains en seroient la
a fEurope 1 et que
Cinéré: don: ie
is
$ Il doit dons exister encre aix se linicon
rétiprasind
a port-ra à se liguer ensemble et a s'orposer de rout lurporses à teusles
a Taneantir, ou seulement à le comprumet-
>) efforis qui tencroient
int
avis
bien rertain. On
s) tre. Nus ne vous donnens P
cet
pour
àta
s> ajoute soulenent que lz Jameigue et la Havane sont taritement
a tête de la contdération : Pavenir nous apprenire ce qui en est a,
(Letire de Legrand à la paroisse du Dondon, du Tiarril 17,9,)
On roit dans la répense de la municinallré du Danion, qu'rile ne
goita point ce systéme de conieuérarion, et Logrand vouint alnre
dans sa réplique taire passar le tout pour nn bruit destitue de foadement Yogex sa lettre du 18 avril 1790 a Judite mnicipalite.
ération : Pavenir nous apprenire ce qui en est a,
(Letire de Legrand à la paroisse du Dondon, du Tiarril 17,9,)
On roit dans la répense de la municinallré du Danion, qu'rile ne
goita point ce systéme de conieuérarion, et Logrand vouint alnre
dans sa réplique taire passar le tout pour nn bruit destitue de foadement Yogex sa lettre du 18 avril 1790 a Judite mnicipalite. --- Page 191 ---
(183 )
quise préparoient en France, et dont l'acceptation de Ja constitution de 1791 ne retarda l'éclat que pour peu de temps. Ils
espéroient profiter des troubles pour échapper aux principes
français, soit en se ralliant au parti de la cour et des contresevolationnsires,sil leur paroissoit avoir du succés, soit en se
dans le cas contraire.
mettant sous la protection de l'Angleterre
La désorganisation absolue de notre marine leur persuadoit qu'ils
n'auroient rien à craindre dans cette dernière supposition.
Lessix députés de l'assemblée provinciale du Nord partirentaussi
€. TV,
peu de temps après. L'adrefTe avec laquelle cette affemblée avoit esprit Formationee de la
cédé au torrent populairelors de la nouvelie du dédret du 15mi, scconde asIsi avoit conservé plus de crédit qu'elle ne s'y étoit peut-être at- semblée colos
tendue elle-mème, ,d'spresl'ascendant que ledernicsérinemens nale.
sembloient donner i7vaeabiled-Sem.-Blure. Qnoiqu'enegrends
partie des élections eut été décidée par les partisans des quatrevingt-cing, dont un grand nombre fut réélu, sur-tout dans les
provinces de l'Ouef et du Sud, l'affemblée du Nord eut asscz
de crédit pour faire aussi réélire les membres les plus, mat rquans
de ceux qui étoient reftds dans son sein. Ainsila noaveile assembléc coloniale, a la différence de celle de Saint-Marc, fut
formée des élémens de deuxpartis très-opposés Pun à Tauire; ils
n'étoient guères d'accord que dans leur emportement contre le
décret du 15 mai; l'ambition devoit nécessirementles conduire
dansdes routes différentcs dès qu'il s'agiroit de tout autre objet.
On voit au refte que les uns et les autres n'avoient plus cctte
confiance dans leurs forces et cette fermeté dans teursrésolations,
qui avoient quelque temps difingué Paffemblée du Nord ct
celle de Saint-Marc. Les deux partis avoient éprouvé combicn
peu ils posvoient compter sur T'appui de ceux qui parcifloient
marcheravec eux. Comme les arifocrates, auxquels chacun d'eux
M 4
de tout autre objet.
On voit au refte que les uns et les autres n'avoient plus cctte
confiance dans leurs forces et cette fermeté dans teursrésolations,
qui avoient quelque temps difingué Paffemblée du Nord ct
celle de Saint-Marc. Les deux partis avoient éprouvé combicn
peu ils posvoient compter sur T'appui de ceux qui parcifloient
marcheravec eux. Comme les arifocrates, auxquels chacun d'eux
M 4 --- Page 192 ---
(184)
s'étoit lié, soit dans Ia Colonie, soit en France, ils n'avoient
que
l'eiprit d'intrigue et de faction, mais aucune espécc d'énergie. On
trouyera donc beaucoup plus de machiavélisme que de
dans la conduite del'assemblée de
vigucur
Saint-Marc; le mauvais succès
de sep premières entreprises aigiira ses pafions sans la rendre
plus sage 5 clle fera souvent des préparatifs de résistance sans
oserrien exécuter; ctsi clle manque d'attachement pourla métropole, elle sera pour elle un ennemi pcu redoutable; mais sa
conduite n'en sera pas moins funeftc à la Colonie. Loin de réFarerles maux que le fol orgueil de ses fondateurs aura
elle les aggravera tous par la cruauté gratuite de ses appells, 9
mesures, pzr
Sa persistance secrette dans desp préjagésque la foxcedesévinemens
l'obligera d'abandonner eRensiblement, par une opposition constante à tousles pouvoirs, dont elle voudra s'emparer sans savoir
en exercer aucun ; enfin par la nullité de ses vues politiques ctia
foiblesse de son caractère, qui propagera l'anarchic sur tousles
points de la Colonie, en la rendant linfrument de tous les
tateurs
agiet le jouet de tous les mouvemens populaires.
C'étoit le mécontentement produit par le décret du L5 mai
qui avoit enfin 9péré la formation de cette seconde
assemblée, 2
en suspendant un inftaut les divifions quiavoient rendu si inutiles
Ies diverses tentatives faites pour son rassemblement
depuis une
année C-eritàatipeapmem réuni pour concerier
* Les accusateurs de Polverel et Sonthonax prétendent Que c'est
Blanchelande qui provoqua alars lesassemablées primaires, quilaveit
empéché arparavant de se réunir. ( Dabats des colonies,
261 et 263.)
tomel,.
Mais le contraire est prouvé par nne mulritnda de pilces. Ce sont
les particans de l'assemblée de Sain: Marc qui evoicn: empéché jus-
itàatipeapmem réuni pour concerier
* Les accusateurs de Polverel et Sonthonax prétendent Que c'est
Blanchelande qui provoqua alars lesassemablées primaires, quilaveit
empéché arparavant de se réunir. ( Dabats des colonies,
261 et 263.)
tomel,.
Mais le contraire est prouvé par nne mulritnda de pilces. Ce sont
les particans de l'assemblée de Sain: Marc qui evoicn: empéché jus- --- Page 193 ---
(185) )
smetureed'eppesios, les députésse rendirent tous à Lcogane,
uc le décret du 12 octebre 1790avoit fixépour le licu de ce rasmblement; mais Tarévoitecontrelamatropole se manifesta dèsles
remiéresséances. Ells commencérent disqu'on est la majorité des
éputés,le I août 1721 (). Ce jour-la mème l'assemblés se constua purement et simplement, sans prendre aucune dénomination.
Ile adopta CC tempérament, pourne rien préjuger sur le mode
e sa constitution, sur lequelil s'éleva des difficnliés, dont elle
envoya la décision après son organisation. Eile choisit son présilent parmi les gustre-vingt-cing: c'étoit tle marquis de Cadusch,
un des plus fougueux partisans de l'indépendance coloniale et de
contre-révolntion, qui étcit revo nu de France depuis quelques
nois, et quibientot présida Passemblée avec la cocarde noire;
nais elle nomma imméliatement après porr vice-président l'an
les membres de l'assemb éc dx Nord, Poncignon, le premicr
léputé du Cap (1) , qui fut aussi président après Cadusch.
Pour faire cesser les divisions, s'it étoit possibie, o1l pour 6. V.
gagner ason parti les'empeitsindsci.p par un tomoignage d'impar- Discussion
tialité, un membre proposa la formnle de serment suivante, qui sédicieuse sur
sa constituTut adoptée à Tunanimitd: (( Je jure,sur P'honneur, ait nom tion.
)) de Za colonie en danger, de me réunir d'esprit, de cour,
qu'alors la formation d'une seconde assemblée coloniale. Cesont enX
ettonsleseproans au décret du 15 mai qui la provequérent au mois
de jnillet 1791.
* Il paroit qu'il T avnit et aunaravant gnelques séances préliminairesi; mais on n'eu connois point les dérails, ei les procor-verlaux
de Passemblée coleniale no commenceat qu'an preniier codt.
1 Journal dos débats de Passenblie ccloniale ) seance sa 3 aunt
1791 7 F 5. Tiecls-veitel dt méme jour,
au décret du 15 mai qui la provequérent au mois
de jnillet 1791.
* Il paroit qu'il T avnit et aunaravant gnelques séances préliminairesi; mais on n'eu connois point les dérails, ei les procor-verlaux
de Passemblée coleniale no commenceat qu'an preniier codt.
1 Journal dos débats de Passenblie ccloniale ) seance sa 3 aunt
1791 7 F 5. Tiecls-veitel dt méme jour, --- Page 194 ---
(186)
avec mescollègues, et d'ensevelir dans une nu
8 et d'intention
9 éternelle les discussions qui ont précédé notre rassemblement.
le
cette motion, déclara 95
Le membre qui appuya premier
à la métropole que son fatal et sa
c'étoit ( pour démontrer
intime
> glant décret avoit opéré dans la Colonie une coalition
cette réunion de forces, de moyens et de senti
D ct qu'avec ré olutions seroient fermes et leurs volontés iné
mens, leurs
> branlables (1).*
L'azsemblécsi'avoit heureurement que la téméritédela révolte
élévation de caractère
les périls, et cett
mais non cette
quibrave
activitérévelarionmaire quisait les prévenir. Elle passa cinq joui
à cxaminer le mode de conftitution qu'elle devoit adopter. Le
uns, et c'étoit le moindre nombre, vouloient qu'elie se consti
tuat suivant les décrets des 8 et 28 mars, 12 octobre 1790 C
premier février 1791. Il n'éloit pas question, dans la propof
tion, du décret du 15 mai, parce qu'il n'avoit pas été envoy
officicllement; les autres vouloient que l'assemblée rejetit ab
solyiment les décrets nationaux.
Les détails de la discession qui eut lieu à ce sujet se trouven
dans le Journal des débats de l'assemblée coloniale. Pour juge
combien ils étoient séditieux, il n'eft pas même besoin de songe
cette zssemblée avoit a ménager la marine feançaise et le
que batailions d'Artois et de Normandie, qui, maigré tout ce
qu'on avoit fait pour les égarer, é: oient toujours attachésa 1
révolution;iln'ef pasbesoin de songer qu'elle avoit auési à crain
dre les comniseaires civils qu'on annonçoit depois si long-temp:
des forces
enfin qu'elle esperoit même obtenir
avec
imposanics,
du :3
14- Precès verbal
1 Journal susdit des débats,
aoht, pag.
du 3 aoir PPS 5.
ie, qui, maigré tout ce
qu'on avoit fait pour les égarer, é: oient toujours attachésa 1
révolution;iln'ef pasbesoin de songer qu'elle avoit auési à crain
dre les comniseaires civils qu'on annonçoit depois si long-temp:
des forces
enfin qu'elle esperoit même obtenir
avec
imposanics,
du :3
14- Precès verbal
1 Journal susdit des débats,
aoht, pag.
du 3 aoir PPS 5. --- Page 195 ---
(187 )
révocation du décret du1s mai. Voici les principaux traits de
eite discussion.
Suivantle parti de l'assemblée de Saint-Marc, ou se trouvoient
s indépendans les plus décidés, a on ne devoit pas sc constuer assemblée coloniale, parce que le mot de Colonie préntoit à plusicurs membres de l'Assemblée nationale le synoyme d'une manufacture sous l'inspection de la France. Le nom
: colon, suivant les premiers monumens du droit français,
koit identique avec celui devstf.Lsdéputés dela colonie étoient
rincipalement rassemblés pours'opposer à la promalgation du
écret du 15 mai; devoient-ils commencer par se constituer en
ertu des deux décrets de mars 1790, qui disent encore davan.
ge, puisqu'ils admettent aux assemblées de Saint-Domingus les
ens de couleur libres, indistinctement, Sans la nécessité de s'oposer à cette promulgation les paroissesn'ancoient point nommé
cs députés; et sila convocation eit eu lieu d'après le décret
L nsctobre,plaiturs colons auroient - refusé la députation.
Dn n'avoit d'autre parti à prendre que de se conssiuerd'apris
:s droits imprescriptibles de toute sociétt en danger, de se
assembler pour pourvoir à sa sûreté, L'Assemblie nationale
epouvoirfaire les lois de la Colonie; la constitution de France
toit fondée surla liberté, celle de Saint-Domingus devoit Tetre
ur l'esclavage. L'Assemblée nationale aveit décidé que les
Colonies étoient hors de la constitution, ct lesColonics angleies, établies d'après la constitution d'Angleterre , jouissoie ent
cs mêmes prérogatives, faisoient leurs lois intérieures et les
I Journal des débais de P'assemblée coloninle, séance du 5 aoilt
791, p. 30; séance du 6 août, P. 39, 40, 41 et 42; du 7 aoit, P.
0; du 8 aoûty P. 54,
ient hors de la constitution, ct lesColonics angleies, établies d'après la constitution d'Angleterre , jouissoie ent
cs mêmes prérogatives, faisoient leurs lois intérieures et les
I Journal des débais de P'assemblée coloninle, séance du 5 aoilt
791, p. 30; séance du 6 août, P. 39, 40, 41 et 42; du 7 aoit, P.
0; du 8 aoûty P. 54, --- Page 196 ---
(188 )
mettolent à exéoution, sauf la sanuiion du gouverneur, san
qu'elies eussent befoin de passer au parlement britannique
Les décrets du 28 mars etdu 12 cctobre 1790, ainsi que cele
du premier février 1791, qui disoit la même chose que le de
cret du I5 mai, étoient sanctionnés et promulgués; il n'étoi
d'en admettre, d'en exécuter un et de rejeter le
pas permis
assemblée générale avoien
autres. Lhôtel Massiac etla première
pénétré dans le décret du 28 mars la reffource perfide quel'As
étoit
poar une époque plus favo
semblée nationale s'y
ménagée
rable à scs vues. En acceptantlun, 2 l'assemblée ne pouvoit re
Eh!
donc assaut d
fuscr P'autre sans SC parjurer.
feroit-elle
di
avie Pissenblée nationale! Si le faneste décret
parjure
nul doute que Passemblée n
15 mai anrivoit olliciellement,
dans Pincention de le rejeter. Comment s'y prendroit - elle
fir notiver les raisons de son refus, si clle admettoit les de
pour cretsdun8 marset du 12 octobre qni disent la même chose? LA
française de Saint - Domingue n'avoit pas besoin d'und
partic
la sienne pour protéger ses décrers : celle di
coalition autre que
L'obéissance
Pouvoir excontif desiendroit plus nuisible qu'utile.
fait in loi du militaire : pour obéir a cette même loi, 2 1
passive extermineroit V'assemblée, la loi à la main (1). )
de P'assemblée du Nord, qui vonloit qu'or
Saivant le pari
cla colonie
pit pourrigle les déerea@detAwentlie nationale, ,
état de
faisoit partie dé l'empire françaisi; ii n'y avoit qu'un
oudesmssures de ainlmceaudeforagil pussent rompre
guerre
le décret da 15 mai seroit
cette units. Co ne seroit quelozsgne
adressé a la colonie, revetu de toules les formes légales, que
Santin Toamnal des débats, sdance da5 actt, P. 28,2), 30, 3a; 3.
17;dud août, p.55 et
soance du Gasaty P psdars 7.8085,
'un
oudesmssures de ainlmceaudeforagil pussent rompre
guerre
le décret da 15 mai seroit
cette units. Co ne seroit quelozsgne
adressé a la colonie, revetu de toules les formes légales, que
Santin Toamnal des débats, sdance da5 actt, P. 28,2), 30, 3a; 3.
17;dud août, p.55 et
soance du Gasaty P psdars 7.8085, --- Page 197 ---
(189) )
es' colons rentreroient dans cette demiire hyparhise, et qu'ils
eroient autorises par la loi impérieuse de la néceesité ct par le
droit incontestable qu'a tonte société de se préserver, de revouisser ce décret subversif, par toutes les mesures imaginables. En promongant ouvertenent une scission avec lamitropoie, on laissoit aul gouverneur la faculté d'attaquer la 16galité de l'assemblée coloniale , et par conséquent de la détruire. Le décret du,15 mai pouvoit être suspendu; il pouvoit
être révoqué par la nouvelle légisiature qui s'apprechoit 5 iz
pouvoit enfin survenir dans Za metropole mille événemens
capables d'en retarder OIL d'en andasririexieution. Onne devoit pas aliéner le représentant du roi, lequel avoit angoncé
les dispositionslrsplas favorables, et lesavoit consignées d'une
manière non équivoque. On répondroit peut-étre qu'on pouvoit
trouuer dans lap protection d'un peuple voisin Ct généreux les
moyens de se soustraire aux malheurs dont on étoit menacé:
mais étoit-or assuré d'étre accueilli par cette puissance : On
ne combattroit avec avantage le décret du 15 mai 2 qu'avec
ceux des 8 mars et 12 octobre 2 qui prouveroient à l'univers
entier la justice de la cause des colons ct leparjure de la nation
frangaise. En tout CaS, il falloit user de politique , s'envelopper
du manteau de Ia loi, sauf apres, d la laisser de côtédans
ce quiseroit contraire ; evant de s'arracherdu sein d'une maritre, il falloitattendre le moment oi,réduits sau dernier cri du
désespoir, on viendroit, on voudroit les forcer à reconnoitre et
id exécutcr la loi fatale du 15. ln'étoit pas de moyen d'opposition directe qu'on ne plt mettre en usage alors comme aupaTavant. II ne falloit d'autre temps que celui de faire sonner le
zocsin dans tous les coins de (a colonie. Lestroupeset les marins
françsisquisont dans la colenie, si l'on ne se censtituoit pas en
vertu des décrets, cesseroient de voir dansles colons des freres; ile
reconnoitre et
id exécutcr la loi fatale du 15. ln'étoit pas de moyen d'opposition directe qu'on ne plt mettre en usage alors comme aupaTavant. II ne falloit d'autre temps que celui de faire sonner le
zocsin dans tous les coins de (a colonie. Lestroupeset les marins
françsisquisont dans la colenie, si l'on ne se censtituoit pas en
vertu des décrets, cesseroient de voir dansles colons des freres; ile --- Page 198 ---
(190
verrroient en eux des ennemis et des rekelles,
on reconnoissoit les décrets
Si, au confraire
promulgués, cette
ces
seaux qui devoient, dit-on,
armée,
vai
apporter sur les xivages de Saini
Doningue le fatal décret ou la désolation, retrouveroient
les colons, des amis, des
dar
compatriotes; les armes chancelante
échapperoient de leurs mains ; ils se précipiteroient dans
des colons; ils en deviendroient les
les bra
et
d'imiter ies
defenseurs, brûleroier
neuvième et trents-néuvième régimens de l'infanteri
française (Artois el Normandie ). Ces derniers avoient dit d'é
puiser toutes les roies conciliatrices avant de
cxtreme (r). >>
prendre un Part
$. VI.
La question fut décidée au scrutin. Il résulta du
Arretés sur que l'assemblée s'éloit constituée en
déponillemen
cet objer, avoit reçus de ses consticuans
vertu des poxvoirs qu'ell
(2): mais une minorité
rable avoit voié contre ce mode de
considé
bien que dans les scissions
constitution, et l'on sai
décidés
politiques, les indépendans ies plu
ne publient pas forme lement d'abord leur résolution
On a déja vu d'aiileurs combien l'assemblée coloniale avoit de
ménagemens à garder envers la marine et les troupes de France
C'est dans Ces vues et sous prétexte d'écarter tous les
que les mal intentionnés pourroient
soupçon
jeter sur ses principes
qu'elle adressa la déclaration suivante à touics les autorités constituces de la colonic.
e L'assemblée constituée purement et
> avoir dans les séances dess, 6 ct8 de simplement , après
ce mois, discuté
> bases
ses
constitationnelles, a arrété et arrète à la majorité de
soizante-sept voix contre quarante-six, qu'elleseconstitue legeJement, en vertu des pouvoirs de ses commettans, assemblée
1 Ibid, mêmes séances. Voyes sur-tout les
et
a
pag. 49 55,
Ibid. Séance du 9 zodt, p. 65.
dans les séances dess, 6 ct8 de simplement , après
ce mois, discuté
> bases
ses
constitationnelles, a arrété et arrète à la majorité de
soizante-sept voix contre quarante-six, qu'elleseconstitue legeJement, en vertu des pouvoirs de ses commettans, assemblée
1 Ibid, mêmes séances. Voyes sur-tout les
et
a
pag. 49 55,
Ibid. Séance du 9 zodt, p. 65. --- Page 199 ---
(1 191 )
générale de la partie française de Saint-Domingue, L'assemblée
ainsi consiituce ne voulant laisser aucun doute sur la purcté de
ses intentions et de ses principes, , jusqu'à cc qu'elle ait pu les
manifester plus formellement, en s'occupant de la constitution
de Saint-Domingue, déclare que Suins-Dumingue étant portion de L'Empire frangais, clle reconnoit qu'afAssembléenationale seule appartient irrévocablement de prononcer sur les
rapports politiques etcommerciauxe qui unissent Saint-Domingue à la France, d'après les plans qui seront présentés par
l'assemblée générale.
> Déclare en outre qu'elle met souS ea sauve garde et sous
celle de la loyauté des citoyens les crcances, tant des nigocians de France que de cette Ie; qu'elle maintiendra l'ob.
servation des lois qui.en assurert les paiemens dans toute leur
vigueur,.ct qu'elle provoquera à cet clfet toute l'influence
de l'opiaion et de la force publique.
> Invite tous les citoyens, en se pénétrant du serment d'union qu'ils doivent préter, à sc prémunir contre toutes les
impressions defavorables qu'en pourroitleur donner, à n'ajouter
foi qu'anx actes émanés de l'assemblée et authentiquement certilés par elle (1). >
Ainsi, suivant cet acte même, c'étoit l'assemblée coloniale
i régloit seule P:r une déclarasion les droits qu'elle vouloit
:n reconnoitre à la métropole. Il suivoit de la, comme l'avoit
l'assemblée de Saint-Marc, que si cette déclaration étoit
ietée par l'Assemblée nationale, il n'existoit plus de licn comin entre les deux éiats. Ilest évident que c'étoit-la oi l'asseme coloniale vouloit en venir, 3 puisqu'il n'étoit pas possible
- Procde-verbal, du 2 août, ibid, P. 70. Voyez aussi la P. 66.
ropole. Il suivoit de la, comme l'avoit
l'assemblée de Saint-Marc, que si cette déclaration étoit
ietée par l'Assemblée nationale, il n'existoit plus de licn comin entre les deux éiats. Ilest évident que c'étoit-la oi l'asseme coloniale vouloit en venir, 3 puisqu'il n'étoit pas possible
- Procde-verbal, du 2 août, ibid, P. 70. Voyez aussi la P. 66. --- Page 200 ---
( 192 )
edt la folblesse de sc soumettre à de parcill
que la métropole
conditions.
T'arrèté relatifàsa constitutior
Immédiatement aprèsavoir pris
5. VII.
décida qu'elle transféreroit SCS séances au Cap (u
l'assemblée
Translation
vilie étoit devenue le siége du gouverneme
de l'assem- outre que cette
étoit réfugié ,il parcit, malgré 1
bléc au Cap. depuis que Blanchelande s'y
du Port-a
planteurs sontd donnésauxagitateurse
dlogesquelergrands
cflectivement la de
Prince que l'assemblée coloniale enredoutoit
ac
mination. Cette ville lui envoya inutilement une députation
ceniaines d'homines armés, > pour l'invit
compagnée de quelques
du
at
résidence dans son sein. Les réponses président
à fixersa
assez
sécurité qu'il ail
difcours de la déoutation montrent
quela
n'e
dela commune du Port-au-Prince
nonçoit sur les dispofitions
même d
çompliment, sous lequelil ne croyoit pas
toient qu'un
cacher ses vrais sentimens
voir beaucoup
commissaires civils devoient etre paris
On avoit su que les
qu'ils avoient eu d
On ignoroit
Paris pour Saint-Domingue.
n'arrivassent au Ca
ordre,et l'on craignoit qu'ils
puis un contreProcès-verbal du 9 ant 1791 1 p. 17 et 18.
déterminoit à
: c Si lassemblée. se
* Ily dit à la municipalité le feroit avec sécurité, bien assure
D porter au Porban-Prince, > cile
ses travaux ne seroient jama
2) que par YOS swins et votre énergie,
dus au hrscrd, mais bi.
troublés
des évènemens qui sont rarement
a
par
>
>> à la régligence des surveillans. nationale : ( Fidèles à TOS sermens
Il y dit également à la garde civilsile signal de YOuS armer. N'efray
a attendez toujouzs des corps
de la guerre : attenilez que
> jamais en vain le peuple par l'ezparcil
toujours
à la de
réclame votre secours : soyez
prèts
>> patric en danger
Sensible à voti
2> fendre ; mais ne vous mowtrz jamais menagans... Tassemblée 5 mais la crainte W
> invitation 7 la sagesse déterminera le
de votre démarche. Votr
Elle sent tout prix
2 est étrangère..
fermé les yeux sur la fatigue qu'elle vous a occa
a patriotisme vous a
du 5 aoû: 1791, P. 11 et 12.)
2 sionnée > Procès-verbal
avat
>> patric en danger
Sensible à voti
2> fendre ; mais ne vous mowtrz jamais menagans... Tassemblée 5 mais la crainte W
> invitation 7 la sagesse déterminera le
de votre démarche. Votr
Elle sent tout prix
2 est étrangère..
fermé les yeux sur la fatigue qu'elle vous a occa
a patriotisme vous a
du 5 aoû: 1791, P. 11 et 12.)
2 sionnée > Procès-verbal
avat --- Page 201 ---
( 4 193 )
avantA'assemillée coloniale. Pour parer à ce danger, cile chargea
les commissairc; qu'elle avoit envoyés disposer son installation, c de piier les commissaires civils de nc mettie à exécution aucun point de leur micsion, qu'après la réunion de l'assembléc dans la ville du Cap; et dins le cns oi les commissaires civils ne S2 rendroient point à ce veu, elic autorisa les
siens à Se concerter avec Vassembléc procinciale du Nord
pour prenilra toutes las résolutions nécessaires dans la
circonstance (1). >
Au milicu de ces projets ambitieux > Passemblée coloniale $. VIII.
Rccherche
fut arrètée par une insureciion biea plus terible que
des causes de
celle des honmes de couleur 7 par celle des negrea de toute P'iasusrection
la province du nord : elle éclata le 21 août 1701. On n'a desnigres.
preique aucmn renseignement sur Ia manière dont ce mouyement général fup combiné, ct sur ceux qai parent en être les
inftigateurs secrets. C'est une opinion généralement répandue
parnil les blancs de la colonie 3 qu'il fat excié par le goizernement et ie parti coniraire à celai de l'assembléc de SaintMarc il cf certain que les negres s'armérent au nem du
ois qu'ils avoirnt on drapeau souillé de deurs-de-dys, et de
sette légende, Pire Louis XPI 3 qu'ils en invogucient sans
cesse l'antori.d 7 ct qu'ils SC qualilioient de gens du roi. IL
paroît ceriain aussi qu'iis épargnoient dans leur guerre,si terible d'ailieurs, les principaux agens du gouvernement > pour
equel ils conservoient encore guelque respect.
1 IBid. Procès-verbal du 10 août 1791, P. 67 ct 68.
On a môme prétendu dans divers écrits que la société des amis
jes noirs C31 aveit anssi até Piastiganice ayec enx 3 mais cette alldgation ne porte abrolunent sur aucun fait.
Rapp. de G. Coulon, Tome II.
N
dans leur guerre,si terible d'ailieurs, les principaux agens du gouvernement > pour
equel ils conservoient encore guelque respect.
1 IBid. Procès-verbal du 10 août 1791, P. 67 ct 68.
On a môme prétendu dans divers écrits que la société des amis
jes noirs C31 aveit anssi até Piastiganice ayec enx 3 mais cette alldgation ne porte abrolunent sur aucun fait.
Rapp. de G. Coulon, Tome II.
N --- Page 202 ---
(104) I -
de quelque
D'un autre côté, Ponne voit'pas qyancenlonme directe a cette inzntorité parmi les blancs ait pris une pait
pour
le firent si ouvertement
surrection , comme plusicurs Au milieu de cet embrasement
celle des hommes de couleur. causé
la révolution, quand
général de toutes les passions,
par les bouches dans celie:
lc mot de liberté éluit dans toutes
blancs
se servoient de son nom pour
mêmes de ces colons
qui
politique
des, pouvoirs tyrarniques et Vindépendance
s'arroger
arborés > il cât été bier
quand les signes en étoient par-tout éré insensibles au son d'ur
étrange que les noirs seuls eussent si différent de celui sous lemot qui leur promettoit un sort les blancs se déchirer entre eus
quel ils gémissoient. Ils voyoient Ils étoiènt plus de dix contre
et s'aliéner les hommes de couleur.
humaine, si l'on pouOn connoitroit bien mal la nature
un.
telle situation les nègres eussent et
voit croire que dans une
irrésistible pour tou
bcsoin d'autre inspirateur que cet attrait
scus les chaines de la tyrannie 3 parle peutIcs êtres vivans qui,
de ceux
sont plus près de I
être plus encore au coeur
qui la face de lItalie pa
nature. Quand Spartacus pensa changer les légions romaine
terrible soalèvement d'esclaves que
ce
déterminer à con.battre qu'après avoir éprouvé un
ne purent se
leur décimation, ce n'étoien
terreur plus grande cncore par
Lorsque le
les mécontens de Rome qui le suscitoient ().
noble
pas
chassèrent de la Sarmatie méridionale les
braves Linigantes
n'étoient
non plus quelques - un
ieurs anciens maitres, ce
pas c'étoit le génic de 1
los commindoient :
de ces nobies qui
briser leurs fers (2). I1 en fut de
liberté qui seul les animoit à
colonies.
mêmesaes doute pour les esclaves noirs de nos
vie de Crassus, cknp. III, etel
1 Platargse,
e Asimnion Maresiiny liv. -
ridionale les
braves Linigantes
n'étoient
non plus quelques - un
ieurs anciens maitres, ce
pas c'étoit le génic de 1
los commindoient :
de ces nobies qui
briser leurs fers (2). I1 en fut de
liberté qui seul les animoit à
colonies.
mêmesaes doute pour les esclaves noirs de nos
vie de Crassus, cknp. III, etel
1 Platargse,
e Asimnion Maresiiny liv. - --- Page 203 ---
(195 )
Des que fes premidres nouvelles de la répolation Sarent Per SIX.
des a Saint-I Domingue, elles y caustrent la ples grende fermen. Mouvaeas
ation parmi les nègres, ct Pon ie put dis-lors 6 rimee momen- parciicaxdas
anément leurs mouvemens que par des cupplices malipis, Ox
9 sur cet objet, bien moins d'e-tnircizsemens encore ci Lurope
jue sur les aatres faits de 1a révolution à Seiet-FDewningse, parce
jue personne daus ce pays ne s'inicressoit à la couse des noirs,
t que ceux qui la défendoicnt Eli France avec toutesles armcs
lu sentiment ci de la raison, n'avoient aucun meyen pour Cnoitre ce qui se passoit à Saint-Domingue, Mais cette marche
plus ou moins active de la vérité qui vient à bout de triompher
le l'ignoraace mène, quelea tyrans fomententavec tant de soins
parmi ies opprimés, laisse aussi toujours échapper quelques traits
lelumière à traversles obstacles qu'ils mettent à la liberté d'impriner et à la communication des idées par la correspondance. On
it dans une lettre écrite de la province du Sud àJulien Rainond par son frère François, dès la première année de la rdrolution : K Les troubles de la France sont donc parvenus jnsqu'ici! Les blancs ont arboré la çocarde. Celi n'a pas été,
comme vons imaginez, sans quelque trouble et du sang rdpandu cnire eux : tout est dans l'ordre; mais le plus terrible
sont les noirs, , qui, entendant que la cocarde est pour luliberté Et Pigalité, ont voulu se. soule er. On en a conduic
plusicurs à P'échafaud, dans les gran.s quartiers. Cela a
tout appaisé. Grands dieux ! faut il que notre intérêt nous
force à soutenir la mauvaise cause, et d'applaudir aux actes
d'inhumanité exercés envers ces malheureux (1)1 >
1 Lettre de Fr. Raimond du 1 octobre 1739, daas la correspondance
le J. Raimond, P. 1 et a,
P
Na
er. On en a conduic
plusicurs à P'échafaud, dans les gran.s quartiers. Cela a
tout appaisé. Grands dieux ! faut il que notre intérêt nous
force à soutenir la mauvaise cause, et d'applaudir aux actes
d'inhumanité exercés envers ces malheureux (1)1 >
1 Lettre de Fr. Raimond du 1 octobre 1739, daas la correspondance
le J. Raimond, P. 1 et a,
P
Na --- Page 204 ---
(196 1 )
Plurleur mntres iettres parlent dans des termes fout aussi g4evorcnE scrulablos, soit alad Martinique, soit à
Sor -Douhg
X.
Quulques hommes Be coulour ne s'en tinrent -pas à ces
Hrojuales ténvoiomagss steriles de compastion pour les noirs. On voit, dans
tna 00, piusicers des lotties de Julicn Rainiond,
es d M.
qu'ilavoit nn plan poir
moncalur parverir a Falnanehissemsent graauci des esclaves, en ameliorant
fayeur.
lcur rsortamuel (). Tls le mois de septemare 789, lioforiuné
Ogérqui neisavoit dissimulery pas una de suspensées, eiqui éprouvoit par Jui-meme qu'aucune crainte ile peut comprimer eficacement le sentiment de la liberté chez ceux qui s'en sont une
fois péndirds, avoit cu limprudeace d'ofirir au club Masiiac 14
communication d'ua plan de cette espéce. Il arrivoit alors de la
colonie, oil il avoit été à portée d'observer la sensation profonde que l'aurore de la révolution avoit faite sur les nègres.
Iis'étoit convaincu que les mesures de justice etd'humanitéles
plus promptes et lcs plus sagement combinées pour oient seules
prévenir une insurrection générale de leur part. On nous pardonnera, > sans doute, de retracer ici les sentimens qu'il cxprima au clab Massiac, et los trop vcritables P édictions qu'il
y joignit. Eiles pioavent qu'il n'étoit pas besoin de ressorts
éirangers porr zanimer chez lcs negres le desir de la liberté:
A Cosat del Ebe t6, disoit-il, qu'en ne prononce pas sans en-
> Chonsiosine, CC mot guiportoavec lui lidée du bonleur, ,nc
>) fot-ce que parce qu'il semble vouloir nous fise oubiier ics
0131110 me noussoel Trans dipuis lant de sieeles; celte liberié,
> e : gond, le pranior des tions, est-elie Faite pour Lo:S
) les Remies? Je Z: cris, Faut-il la donner d tous lcs
Cumesperdance de Gulion Taimnonel, P 79 et suivantes.
-
> Chonsiosine, CC mot guiportoavec lui lidée du bonleur, ,nc
>) fot-ce que parce qu'il semble vouloir nous fise oubiier ics
0131110 me noussoel Trans dipuis lant de sieeles; celte liberié,
> e : gond, le pranior des tions, est-elie Faite pour Lo:S
) les Remies? Je Z: cris, Faut-il la donner d tous lcs
Cumesperdance de Gulion Taimnonel, P 79 et suivantes. --- Page 205 ---
(197 )
hommes ? Je le croisescore. Mais comment faut ifla donner :
guellesen deivent étre les conditions 2 Voilap TF nOus , micssieurs, la plus grande, la plus inportante de tontestes Quesiions.
Si Fon ne prend lcs mesuresles plus promples,
les plus eficaces.
voild le sang qui coule, voill ROS
terres envahies, les objets de notre industrie, rayagés, 705
foyers incen.lils; voilinos voisins, nos amis, 228 fimmes,
n nos enfians, igorgis pert-étre 3 roili Pesclare gai Zive Pé:
undard dé la zévoite : les iles ne sont plas qu'onvaste et
7 fureste embraseinent.
Mais, mesi ieurs, 3 il clt temps
)) encore de prévenir le désastre : Pai peut Ruetiop prérumd de
> mes foilles lumieres; mais j'ai des idées qui peuvunt dure unlics.
> Si i'as emblée veut m'admeutre dans sor sein, Si alle lo - re,
> si cile veutt m'autoriser à rédiaer et à lui sonnie. :
ian,
> jele ferai avec plaisir, méme avec reconnois-ance, ef
> etre pourrai-je contribuer a conjurer P'orage gmi gronde sur
> notre réte (9. >
5. XTS
Ces vues étoient malheurensement frop dlolendos acender Polins
grands plantenrs 5 on ne les trouve duns aucin o Malis de conral A.s
ceux qei OnL eu queique infuince dusdos deat 280 ntles KoRSr BONE scoloniales. Tous regarcoient lesnepres comme conlas DRF la
natireànne éterneile servitnde, el il IC Pnamatiunient demire
moyen de contenir les esclaves que la torrour et los
BAiS,
De teiles bases de conduite n'ciient pas pieprea à
ves
sonilvemens,
C NIT
Loreque le défenseur de l'esclanage, Lingnet, entioprit Tpe 0r . 11
logic de l'arsemblée de Siint-Iiarc, ii n'avoit pa Se diponiey len 0510
uran:
aodtty A
- Copin de mmoire ciit sienr Uge, déporée #al Ioresa de 2 septer.bre 1pty.
N J
bases de conduite n'ciient pas pieprea à
ves
sonilvemens,
C NIT
Loreque le défenseur de l'esclanage, Lingnet, entioprit Tpe 0r . 11
logic de l'arsemblée de Siint-Iiarc, ii n'avoit pa Se diponiey len 0510
uran:
aodtty A
- Copin de mmoire ciit sienr Uge, déporée #al Ioresa de 2 septer.bre 1pty.
N J --- Page 206 ---
(1193)
conire la barbatie avec inquelle
de témcigner de Vindignation
Brulley entreprit de lu
on traitoit lea nègres à Saint-Domingue, 11 trouve fort mpuyais dan
prouver la necessitéde ces mesures.
des
ce sont
son écrit, que Linguet appeile les negres bipedes: ie
ont reçu par beptem
dtii, nos Fieres en Dizu,, puisqu'ils
fort humain
chretien. Mais il trouve
gu'or
le sceau disinerfdu
qu'on ne peut ies retenit dan
les mere à coups de fouct, parce
Fintéret du maitre es
le deveir yve par la crainte, parce que
esclave à force
se
en faisant périr son
de ne pas préjudicier, de la Rageliation peut être pro
de orvaute, et que le degré
révoltante que soit und
peitionne a Loetes las fautes. Quelque d'en rapporter ici 1
telle apologie, on ne peut se dispenser
l'on
prouve mieux que tout ce que
pour
texte, parce qu'elle
ctoient considérés et traité
roit dire a maniere dent les nègres
affectoient quel
ceux nêmes qui avoient de léducation et qui
par
à 3.irt-Domingus. Les nègres, suivant Brulley
que modération hormes Druts, sans aucun principe ni éducatio:
sent < des
plus portés au mal qu'ax bien...
D qualconque, par conséquent d'etre retenus dans le devoir que pai
> 113 ne sont sur ceplibles conduire des
ditle sage e
Pour bien
nègres,
> ia crainse.
constamment bon, mais sans le paroine
> P udon: ccion,sayez
Le trop de bonte
> soye7 sivère, mais teujonzs avcc justice.
funestes..
> comme ie trop de révérité peuvent êire également des colons se
soal les
- d'apres lesqueis la plupart
N Teis
piincipes esclaves... Si le maitre les maltraite in-
> conduisent enversleurs
sera hors d'état de travailler,
X humutinement, alois oil Pesclave
Dans tous les cas,
mime périra.
> 01 prrdiah faile,pem-itre le colon, comme onle voit;
) e'est un domnage essentiel pour
nese détermine pas
soit,
6 et on saix guod homme, queliqe'it
rien
facitement à eoe cruel * son prejudice. On n'appergoit
poygorter qul plause cutle inhumanité tant seprochée aux
sera hors d'état de travailler,
X humutinement, alois oil Pesclave
Dans tous les cas,
mime périra.
> 01 prrdiah faile,pem-itre le colon, comme onle voit;
) e'est un domnage essentiel pour
nese détermine pas
soit,
6 et on saix guod homme, queliqe'it
rien
facitement à eoe cruel * son prejudice. On n'appergoit
poygorter qul plause cutle inhumanité tant seprochée aux --- Page 207 ---
(199 )
colons envers leurs nègres. Oi donc cesreproches pourroient-
> ilsprendre leur source? Seroit-ce dans la nature du chatiment
D en usage contre ces esclaves P On vient de voir qu'il est néces-
> saire de les punir quand ils le méritent. Oril est certain qu'il
x n'ya pas de punition dont les suites soient moins dangercuses
> que des coups de fouet donnés sur le dos et méme plus bas
à ordinairement. Un nègre a fait une faute; on veut le châtier,
> mais sans se priver de fon travail essentiel. Le coion ordonne
> au commanderr, anssi nègre, de donner au coupable une
> certaine quentité de coups de fouet proportionnée à la faute.
>> Le commandeur exécute l'ordre de son maître rarement sous
> ses yeux, après quoi le négre puni se remet d l'ouvrage
) avec les autres. On ne voit Pas ce qu'ily a d'inhumain de la
) part du maitre d'ordonner avec modération une punition jus-
> tement méritée, que son esclave subit rarement en s3 présence.
> Mais, dit-on, il est cruel d'employer le fouet contre des
hommes; on ne doit s'en servir que contre les chepaux, les
N chiens, los Ants, ctc. Onne fait pas attention que ces mêmes
> animasx Se conduisent aussi avec le baton, et que ccpendint
on e. donne des coups chez plusieurs nations policées à des
) hommes libres, dos militaires. En Alientagne, on punit les
soldats par une certaine quantité de coups de bâton proper-
> tionnée à leur faute. En France, le fantassin et le cavalier
o coupables ne passent-ils pas lun sous les baguettes, l'auire
D sous les courroies?
On pense qu'il seroit bien dif-
>> ficile de trouver un chatiment qui réunit, comme celui actucllement enusage, quatre avantages d-lu-fois s: 1. la fufiy gation e/e vivement fenties 20. elle est susceptible d'etre pro-
> portonnée asx fituies, quelles qu'elles puissent être; 3.elle
N 4
le fantassin et le cavalier
o coupables ne passent-ils pas lun sous les baguettes, l'auire
D sous les courroies?
On pense qu'il seroit bien dif-
>> ficile de trouver un chatiment qui réunit, comme celui actucllement enusage, quatre avantages d-lu-fois s: 1. la fufiy gation e/e vivement fenties 20. elle est susceptible d'etre pro-
> portonnée asx fituies, quelles qu'elles puissent être; 3.elle
N 4 --- Page 208 ---
(205)
> n'a point de sultes funestes pour le nègre quil'a reçue
> 4°. elle ne raientit que peu ou point du toutson travail, si
A essentiel pour le colon, qui peut d'ailleurs faire punir son
> esclavesans entend:e les cris que Zui arrache la douleurs). 9
* Irdéveneamintent de Ja tyranni qui préside toujours a ces horribles chatinens, par cela senl qu'ils sont adininistrés arbitrairement,
il n'est pas vrai que cet aifrenx supplice n'càt aucune suite funeste
pour le nigre qui lo receroit, et qu'il fnt ordinairement infigé avec
modération. On peut s'en rapporter la-dessus à Pantorié d'un homma
qui aveit 201s les préjugés coloniauz cn fareur de l'esclavage 2 et qui
dis qu'en a fait périr par ce supplice ou celui du feu an mill.on d'Ajricains. Nons vonlons bien creire que cette expression est une de ces
esogtrations dans les termes quri échappent quelqueicis dans les
érrits conine dans le discoars; mais en lay réduisant beauconp, Paven
n'eu sera pas nicins décisit. Cet auteur est la Pole, célébre artiste
vetérinaire établi au Cap, où 11 a pablié des Observarions rela.ives
i la san:d des animaux 2 dont on trouve plusieurs exiraits dans
lcs papiers da club Tlassiac. Il y veut prourer 1 entre autres
choses, que les colons ont tort de confer leurs bestiaux à des
esciaves, qui les font, dit-il, périr pour se venger, parce que c sans
2) cesse mntinés sOUS les fers de Pesclavage,
continuellement
3> remp'ie de Pidée de Icur ancienne libert, la rage e: le désespoir
3) agitentbnnpmeetla déchirent sans cesse..
Clest alors, ajoniela
>> Pole, 2 que Pesclare raine son maltre, pour se ddonmager de ce
>> qu'il He pout, 01 crainte do supplice, Out faute doccasion , lni
a percer un conr euli hait, et éreindre daus les fots de son sang
> son ressentissen, sien deplus probable, pcut-eire rien de pius vrai,
2> carje prernr que C alest Das smusfondenent qu'orejaise expirersous
>> ies copi d. mnce, o2 ders tespimor d'un bacher ardent, at million
de ces Aniveias, charges du sei des acinarce dans leurs seledios
OLE c.i:I CS patereges >. Voyez Tarde 2; B 31, elle chapitre 11,
1aS. 61
Iddleriens eur létatdes nigres dans lescolonies de Frànce, avec
Tanalyse des rearqses faites par plosicars labitans des colonics sur
le ng. 37 des annales politiques, ciriles et Liutéraires, P. 6,7 7 ct 3.
ces Aniveias, charges du sei des acinarce dans leurs seledios
OLE c.i:I CS patereges >. Voyez Tarde 2; B 31, elle chapitre 11,
1aS. 61
Iddleriens eur létatdes nigres dans lescolonies de Frànce, avec
Tanalyse des rearqses faites par plosicars labitans des colonics sur
le ng. 37 des annales politiques, ciriles et Liutéraires, P. 6,7 7 ct 3. --- Page 209 ---
- 201 )
On ignore si cet écrit a été imprimé: mais plus d'un an après $. XIIT.
en publia un antre sous les yeux de l'assemblée coloniale, fait Page doute
intime
de Brulley Fierro- s'iis sont des
run de ses membres, le plus
ami
hommes.
rançois Page, qui n'aveit pas mdme non plus que lui l'exise d'avoir été dlevé dans sccs principes d'inhumanité, paisqu'il
oit vécu de son aveu,jiesqu'i l'age de vingt ans, parmi les
aysans de France,ou,suivant la correction de Brulley > parmi
5 sans-culoues Cet écrit, qui avoit pour objet les causes
s maiheurs de Siint-Domiegue, parcisscit adressé par lauur à l'assemble- iionale et au roi. Ily révoquoit en doute,
omm: Benuveis,si les negres devoient être rangés parmi les
onimes (1)- < Le nègee, dit-il, est depais tant de temps la propriété du nigre, qu'on croiroit l'esclavage inhérent à sa nature. Vainemont dos honmes qui ne franchirent jamais les Imites de la Frence, p-étant aux peuplades de l'Afique des
verius qu'elles n'unt pas, en cachant leurs vices connus.
L'homme noir est cerialnement le moins intelligent de tous;
iZ vigete plud: gu'il ne vit. Sans religion, sans gouvernemcnt, sans meus, n'ayan: sur Ze singe guc ifeculté d'ex-
*1: a denx édhias de cnt onvrage de Tage ires-difyvenics enre ciles : Pane inipe hao Pais, Coz L. Fatinredetin, ct bien
onnue en lrarico ; Pantre, qui est callecont 5! segrii, a été
mprinne (XL Cap, dz Ralllio, en 1792. Le seui exninplaiea qu'on
n ait vu CSE dans ies pariers de Brulley, qni Y avcit lait Civerses
orrectiens annuscrites à toutes les pagos. Il y a init anssi Leaucorp
Paddii nS, dont P'ue, en ais grandes nuges, contient léloge de tout
e 9088 sit Tela Marmnlaue; mis il n'a pas charge Ra mot aux
passages cuncernant les nignes, que Pen cite ici,
1 Discenrs histeriqee surla cause des désastres de Ta martie franaise de Salit - Dsinguc, acresse a-TAwenxele netionaie etau 1oi
yarP, Fr. NegPy inrprine au Cap, clca Saillio,". 10,
'ue, en ais grandes nuges, contient léloge de tout
e 9088 sit Tela Marmnlaue; mis il n'a pas charge Ra mot aux
passages cuncernant les nignes, que Pen cite ici,
1 Discenrs histeriqee surla cause des désastres de Ta martie franaise de Salit - Dsinguc, acresse a-TAwenxele netionaie etau 1oi
yarP, Fr. NegPy inrprine au Cap, clca Saillio,". 10, --- Page 210 ---
(2 202)
e priner ses sensations par l'organe de la parole d'une 171
> nidre incelligible pour nous, il nc cesse d'être dans un éi
> de guerre atroce aycc ses voisins, > qu'il muale, qu'il dévo
3 guclquefois, avec sa famille qu'il vend, qu'il disperse,"
> assassine au gréde son caprice ou de son intérêt (1).>
Plus ioin Pzge dit positivement que le nègre est une espè
intermédiaire entre Thomme et le singe. K Des kommes trr
austères, dit-il, pent-etre trop envieux d'un nom célèbr
2 peut-étre même jaloux de la prospérité de la France, d
> erattres contre-révolutionnaires sontdes apôtres de P'egali
n Ils ne veulent pas voir que,,malgré la claffification des indiv
> dus, l'espèce de l'horme en Europe est une : en est-ilair
>) à Saint- -Dori gue? Je n'assimile pas le négre auL singe,
> ne P'assimile pas a Phcmme d'Europe; maisje Ze conside
5 comme 2172 intermadiaire d ces deuce espdois. Il ne faut po
D s'en convaincre quc suivre la nature dans seS opérations ;
A nousi verrons la matièrc s'élever par mille modifications (
5) l'insensibilité à la végdtation, à la wic, à Phomme dont l'oi
> guell souffre de trouver dins l'orang: outang une si grend
a ressemilance, qu'il ie pourrolt lui refuser Thonneur d'entr
D danssa famille s'il ne voyoit ie gibbon prés de lei( (e). >
Il est remarquable quc, dans cet ouvrage même 2 Pag
a'en prétend pas moins ( que Phomme souffrant, quelle que so
9 sa coulear, trouve chez Ics colons américains des secou
> hospitaliers, genéreux; que les esclaves, soignds avec Ze zd
> de P'humunies ct de D'intéret, regoivent les secours les pli
D altehtifs; qu'lis sont logés, nourris, Votus par leurs maitres
I Piid. peg 10.
a Di2. a De
age même 2 Pag
a'en prétend pas moins ( que Phomme souffrant, quelle que so
9 sa coulear, trouve chez Ics colons américains des secou
> hospitaliers, genéreux; que les esclaves, soignds avec Ze zd
> de P'humunies ct de D'intéret, regoivent les secours les pli
D altehtifs; qu'lis sont logés, nourris, Votus par leurs maitres
I Piid. peg 10.
a Di2. a De --- Page 211 ---
(203 )
tovjours avee propreté, avec Zucce.
; que le matire
est le gorant de l'esclave, son protecteur 3 son2 amiquelquefois, et que du moins sous son influence P'esclave jouit paisiblement des fruits de son indestrie ; que T'Europe cst dans
l'erretr lorsqu'elie croit toujours voir Vdmérique arroste
dusang des négres, coulntsous. lejouet homicidedunmatue
farouche () .))
L'apologie de la flagellation des esclaves par Erulley, les ob- $. XIV.
ervations critiques de la Pole, ctla doctrine de Page lui-même Principes des
ar la nature des nègres prouvert trop que TEurepe n'étoit la assemblécs colonie de à
aint dans l'erreur, et l'on doit juger qu'avec de tels prin- leur égard
ipes la révolution n'avoit pas diminué les maux de l'esclavege
Saint-Domingue, Au lien de chercher à prévenir de nouveaux
louvemens parmi lcs nègres, par des adoucissemens actuels dans
Pur misère, par l'espérance de pius grandes améliorations pour
avenir, par des mesures sages pour leur rendre graduellement
a liberté, les colons blancs ne surent employer que la terreur
es supplices : leurs injustices mêmes envers les hommes de coueur, le refus qu'ils faisoient de reconnoitre à la nation le droit
fen régler le sort, et lcurs vains projeis d'indépendance, annonoient aux yeux les moins clairvoyans qu'ils vouloient tout mettre
:n usage pour aggraver leur tyrannic en la perpétuant, ctique
a révolution n'étoit dans leur manière de voir qu'un instrument
beur parverir à ce but, en donnant aux colons blancs les moyens
'angmenter leur autorité et-l'odieuse inégalité des deux races,
L'assemblée de Saint-Marc ne rendit qu'un décret sur les nègres
esciaves, et ce fut po.rsuspendre les affranchissemens. Ona déja
vu que l'assemblée du Nord, dans le temps même ou elle faisoit
a ibid. P. 23 et 2; dans la note.
voir qu'un instrument
beur parverir à ce but, en donnant aux colons blancs les moyens
'angmenter leur autorité et-l'odieuse inégalité des deux races,
L'assemblée de Saint-Marc ne rendit qu'un décret sur les nègres
esciaves, et ce fut po.rsuspendre les affranchissemens. Ona déja
vu que l'assemblée du Nord, dans le temps même ou elle faisoit
a ibid. P. 23 et 2; dans la note. --- Page 212 ---
Ta4)
Ia guerreil'arsemitée de Suint-Mare, aritles mames princiye
surley nugres t sur les komres de euntevr-Elle ne vouloitpa
que In indurepple per inluer en rien sur le sort des Uns eicic
aates Oh
f.XV. Lotune de
Qrand Ies as0 nMdes de Ta colonie sC Fromençwient conir
Giesenar cis d'ane Ihare A2T14 dulinleion 02 dir pas Kauradre 9"
Pamuut de Iigeur de Imos ulitement dmanique Tut admuni.
l.rtraitd- de ious les nun,lis
Lbisteir
aci..
proure gusa cinte a toujours rendu Jej
iyians Tios feroces, e. les matires d'usclaves se veyolent per
prtuslemert menacés du sontèvement des ndgucs. Jies com
misuites desassemolies coloniaie: Wuet cisséde dircavec Puge
daus cotre maluirede de parsphleis qu'ils répindirent dans 1
miitapule BUST la tromper'surl silgition des colunier, que lc
estlaves étoient traites à Saint-Lomiigue avec la plus grind
hamanids qu'ils étoientp plas heureux guelis paysuns dEmoye
Lea accrsateurs de Polverel et Sonthonax ont répere la mein
clnse dans len débats (): mais la haine excessive qu Ils ne ces
smmtdy tmoigeer contre les negres, suffit pour démentir ce
aseriiens incroyablesg etsiapres tout CC que I'on vient de voi
il faut encore des lénoignages plus poritifs, en voici un
ne pout pas oire suspect aux blancs. C'est celui de fareus gu
G stuom,Vemtisiire du clabMassiac a Londies,d'olil éroit pass
3Swal-Dauinges, Il paringeoit les ptincipes contre-rigilatiend
mires de CC clab; mais par col méme Steniilferiement au:
prajugés disycalans blancs sur l'eiclavage. Voici ce qu'il mar
ywoit aiprduidant a ciubdins salettre du mois'de juillet 1791,0
aunouent qaiazoit Qis an ouvrage pour proaver la nécessite
5 -Alil,
loure
olil éroit pass
3Swal-Dauinges, Il paringeoit les ptincipes contre-rigilatiend
mires de CC clab; mais par col méme Steniilferiement au:
prajugés disycalans blancs sur l'eiclavage. Voici ce qu'il mar
ywoit aiprduidant a ciubdins salettre du mois'de juillet 1791,0
aunouent qaiazoit Qis an ouvrage pour proaver la nécessite
5 -Alil,
loure --- Page 213 ---
(dos )
maintien perpétucl de l'esclavage dans les cotenies: G Sion
est embairassd pour couper lcs têtes, on appaliera le cioven
générai Caradeux ( commandant des districts dePortau.lyieei)
quien afis sauter ane cinquantaine sur Phabitation Anbry dipas
ie temps quil en étoit le fermier, cugn's din qulon 62
geeit, Ars Fiehoit sur des pigons lelong des a dE
:
1 - ia guise de Tata, GSI :
1 de 1:
- :
coration niturtile (1
11 soiit an reste de se ppreler tout ce gu'on.a Vu précdden- $. XYT.
ent sur Tertimn eraacel usttnrs f S les malliron, pour Silunce des
re Konvaineude l'alvoce prouigalicea aveclsquelle ils dieposoicnt iLananx sur
CCS assassila vie des Ngres S u'ils prétendoient leurs Aportenir. Leu mépris nats.
t'on en fai bit ctoit portl au point qu'on cioyoit un assassinat
stifié cil disand qu'ou n'avoit iad qu'un nigre, et que les triinaux , tout prévenas quils fussent coutre ceuix quivouloient
ac révolution à Ssins-Domingne, n'osolent
dans ce cas,
point,
ur aprliquer les lois, Dans Témente qui précédt l'ircendie du
ort-au-liince, les blancs prétendirent justifier Ta saesinat de.
sapin, en disant que c'étoit LII: csclave; ci parmi les hommes
co:leur eux mêmes, i1 ne se tionva personne pour leur réouire, cn ofrant la preuve du contrairc,.qu'il sufisoit que Ce
-
t un homme, pour que ia loi seule dit statuer sur lui, Il
paroit point qac Caradeux ait étépnarsuivi dans les tribunaux
our ses atrocités. Il en étoit de même de tous les auteurs de
nt d'antres assassinats domestiques commis par les maitres
1 leurs grrens. On ne conncit gu'un exemple de punition
Latoedeffoiton - Hitad, Ot, en son abnence, Belia de Villeum
N
Natsinc,ia 18 juliles p. Voy, ansate-3egst LiS
MA1
lui, Il
paroit point qac Caradeux ait étépnarsuivi dans les tribunaux
our ses atrocités. Il en étoit de même de tous les auteurs de
nt d'antres assassinats domestiques commis par les maitres
1 leurs grrens. On ne conncit gu'un exemple de punition
Latoedeffoiton - Hitad, Ot, en son abnence, Belia de Villeum
N
Natsinc,ia 18 juliles p. Voy, ansate-3egst LiS
MA1 --- Page 214 ---
- 205 )
prononcée pour le meurire d'un esclave. C'ert l'arrêt rendu
le cemecildafPorbac.Pidice contre les assassinsde
p2
esclave de Dufort de la Jarie. Malgré Ja barbarie LouisJacques des
anciennes, toujours subsistantes à Saint - Damingue, les loi
coupables de ceux qui l'avoient assassiné
plu
ne furent condamné
qu'aux galères Perpetuelles : encore est-il évident
suite de ce crime n'eut lieu
que 'la pour
que parce qu'il étoit
ayec les outrages faits au parti des pompons
compliqu dans 1
persorne de Marchand, qui fut alors
biancs,
toutes les rues duPort-au-Prince
Promené sur un âne dan
(r).
9. XVIL.
Comment cn edi-il été autrement 2 Il n'y avoit
un
Estampage quin'edt aussi des
à son
pas juge
des eeclaves.
négres
service, etles usages
les assimiloient zu bétail le plus méprisé, Lc premier domestique
suivoit la prise de possession des esclaves, étoit
acte q4
plus brutale
un trait de 1
inhumanité, qui restoit sans cesse sous les yeux dij
maitre. Pour empécher ces malheureux de se soustraire à I
servitude, pour les y attacher à jamais, i! lsur imprimoit su
-
la poitrine avec un fer brélant le: lettres initiales de son nom
d'une manière incffagabie 5 ct cet outrage à la naiure hunaine
que lessouvelles lois françaises avoient aboli pour les coupables
continuoit de se pratiquer à Saint-Domingue sur les victime
innocentes de la domiastion Ges biancs, quoiqu'il n'edt pas lieu
dit-en, dans la plupart des autres colonies. On prétendoit Id
justifier par le nombre excessif des esclaves et par Petendue de
l'ile, , qui rendoicnt bien ples dificiles à y reironver ceux
s'étoient sauvés. Les négresses mêmes dont les altiaits neturels qui
captivoient si Inutilement leurs barbares reaitres, en l'emportant
1 Arrêt du Conseil. - supérieer de Saiet - Domingue, du 19 janrier
3791.
plupart des autres colonies. On prétendoit Id
justifier par le nombre excessif des esclaves et par Petendue de
l'ile, , qui rendoicnt bien ples dificiles à y reironver ceux
s'étoient sauvés. Les négresses mêmes dont les altiaits neturels qui
captivoient si Inutilement leurs barbares reaitres, en l'emportant
1 Arrêt du Conseil. - supérieer de Saiet - Domingue, du 19 janrier
3791. --- Page 215 ---
(207) )
pius souvent Stir la vaine parure ef toute la coqudtterie
créoles blanches, 9 étoient sujottes à cetindigne traltement.
stressaillemens de la sensibilité ne se ranimoient pas 1 cn
rissant ainsi ces mamclles qui servoient presque toujears i
rrir les enfans de leurs maitres, mème ceux des femmes
nches. C'étoit par ces signes odieux que, sans respect pour
bunêteté publique , on réclamcit habituellement Parmi les épa-
, dans les journaux de ia colonie 3 les esclaves des deux sexes
avoient essayé de se soustraire par la fuite à la tyrannie la
is intolérable (1).
Dans un tel état de choses, l'inhumanité des maitres
provo- $. XVIII.
bitp perpétuellement le soulèvement des esclaves, et ia révolie Soulèvemens
esclaves ne faisoit à son tour qu'exciter de plus en plus la dans POuest
ocité des maitres, qui, craignant sans cesse de sevoiréchapper en juillee
genre odieux de propriciés, ne connoissoient d'autre moyen 1791.
répression que les supplices : tant l'affreux systême de la
vitude nécessite de crimes pour le maintenir! C'est ce que l'on
it encore dans la lettre de Guiton qu'on vient de citer. Qioi-
"elle soit écrite plus d'un mois avant l'insurrection générale des
gres dans la plaine du Nord, elle annonce les mouvemens les
is alarmans de leur pait dans divers quartiers de POuert oil il
meuroit. Quelques personnes attribuoient ces mouvemens à la
quentation des soldats et des matelots venus de France 3 mais
que dit Guiton jui-même, prouve qu'il n'étoit pas besoin de
tte cause pour agiter les atelicrs.
* Les nègres remuent, dit-il, et c'est assez étonnant. Au
Port-au-Prince, aux Vases et au Mont-Rouis, ily a eu des
Voyez tous les nunéros du Journal général de Swint-Domirgne,
isieurs numéros da Moniteur colonial, etc.
ces mouvemens à la
quentation des soldats et des matelots venus de France 3 mais
que dit Guiton jui-même, prouve qu'il n'étoit pas besoin de
tte cause pour agiter les atelicrs.
* Les nègres remuent, dit-il, et c'est assez étonnant. Au
Port-au-Prince, aux Vases et au Mont-Rouis, ily a eu des
Voyez tous les nunéros du Journal général de Swint-Domirgne,
isieurs numéros da Moniteur colonial, etc. --- Page 216 ---
(208)
- reb.fllons aforce arnte, sur les habiiatione Fortin-Bellantor
* Poix ot Payen; Patelier ail Trou - Rordet a demandé et s'ej
findonner plusiens apres-diners pour se pourvoir devivr
y cu pour se repser. Les deax propridtnires étoient abser
> L'in éroit chez moi cyind il apprit cotte nouvelle : il part de
) inair. Soir frére Colt 'etre rendu aG SI chez lui. On attribi
> le décangement de cet alelier à la fréquentation des sold:
> patriotes ct citoyens d'Artois et de Normandie, el au civis:
A des matelots qui sont sans corse sur cetie Labitation. Cefe
> dant cenlefjes Zai gia montré Ze pisedinlijpendence;
> chuz Forin-Rellenion, 2 sis licues dela vilie, ila filu fai
> marcher la marcckauseie et les'voisins; il a fali faire feu
> tomber à Lias mecomrciser les rebelics, quioe sont defendus,
> don: ila afille mass.crer les chefs pourfoumerere les catre
> On va en pendre une dixaine, et vous persez bicn qu'il
> manqucra pas de bowereans car nos ci:oj ens actifs ne cède
> enrien à ceux del: France >
Des détails à - Feu -près serbiables sur la Tévolte
la:elier Fortin - Eellanton se trouvent dans une leitre du Po
au-1 Prince, recueillie par le club Mlassiac. L'attroupeme
éioit d'unsseixantaine d'hommes. Aprés en avoir tué plusieur
on en prit treizej huit qui passoient pour les chefs fure
rompus vifs; lès six autres furent pendus. R Nous avio
> lieu de croire > dit l'auteur de la leitre > qu'un pare
> succès ramenercit les autres, alarmés de la fin tragique
> leurs chefs, pour obienir leur grace. Nous n'en avons P4
a
> VIl encore se piésencer. La souree de ces désordres est daj
1 Letire susdite de Gniten à Billard,
n
on en prit treizej huit qui passoient pour les chefs fure
rompus vifs; lès six autres furent pendus. R Nous avio
> lieu de croire > dit l'auteur de la leitre > qu'un pare
> succès ramenercit les autres, alarmés de la fin tragique
> leurs chefs, pour obienir leur grace. Nous n'en avons P4
a
> VIl encore se piésencer. La souree de ces désordres est daj
1 Letire susdite de Gniten à Billard,
n --- Page 217 ---
(209 )
nos propres débats et dans l'inaction parfite de ia mardchaussée (1). >
Il est donc au moins douteux que les negres aient cu dans
origine d'autre instigatcu ur que l'amour de la iiber:é et
$. XIX.
de la Imp obabiaine contre leurs oppresseurs, quoigu'il oir possible, suivant lite que les
ivere es indications, que les propos inconsidérés de plusieurs blancs en
lancs venus d'Europe aient contribué à ranimer en cux ces sen- aienc éréles
imens (2). Les dangers terribles de ce mouvement étoient tels autcars.
our les blancs en général, qu'on d-vroit même assurer positiement qu'aucun d'entr'eux n'a pu songer à l'exciter, si l'emortement de la vengeance ne se portoit pas aux excès les plus
veugles dans les révolutions.
Ksmwmbinosbasindi-nlen avoit si peude confiancedansles
léclarations sans cesse répétées sur cet objet, que lors del'enoi tardif de ses commissaires cn France,ele rejeta la motion
ui fut faite de les charger des éclair issemens qu'elle avoit
reueillis sur l'insurrection des nègres (3). II est bien vrai néanoins que dans leurs fureurs les plus extrèmes,les: nègres témoinèrent quelques égards pour les agens du gouvernement : cela
- doit point étonner; ils manquoient absolument d'instruction.
n Afrique comme à Siint-Domingue, ils ne connoissoient
que
gouvernement royal > qui éloit encore alors celui de la
rance : ce gouvernement les protégeoit peu dans la Colonie ;
ais sa protection, toute foible qu'elle fit, éloit la seule à laI Extrait d'une leitre du Port-m.Prince,en date du 20 août.
2 Voy. la lettre ci-dessus citce de Guiton, celle de Desbardes, du
février 1712, etc.
3 Procès-ve:bal de Pissemblée
coloniaie, des 11 ctoyseptombre 179:.
Rapp. de G. Coxlon. Tome II,
celui de la
rance : ce gouvernement les protégeoit peu dans la Colonie ;
ais sa protection, toute foible qu'elle fit, éloit la seule à laI Extrait d'une leitre du Port-m.Prince,en date du 20 août.
2 Voy. la lettre ci-dessus citce de Guiton, celle de Desbardes, du
février 1712, etc.
3 Procès-ve:bal de Pissemblée
coloniaie, des 11 ctoyseptombre 179:.
Rapp. de G. Coxlon. Tome II, --- Page 218 ---
210 )
recourir contre la tyrannie de leurs maltres.
quelle ils pussent
vénération pour le
Ceux-ci d'ailleurs montroient la plus grande
éloimme oi ils déguisoient si mal leur
roi, dans le temps
la mère -
Est-il étongnement pour ses agens et pour
patrie. tichassent de
dans de telles circonstances, les negres
nant que
des Slancs, et de l'augmenter même
profiter de la division
diminuer d'autant la force de
autant qu'il étoit en eux pour
en considéennemis, et s'assurer la faveur de ceux qu'ils
leurs
L'histoire des peuples les moins
roient comme les adversaires.
à cette politique, ct
civilisés montre qu'ils ne sont pas étrangers
interceptés
trouve dans les papiers des nègres, qui ontété
l'on
d'un indice qu'ils s'attribuoient
ou saisis dans leurs camps, plus
afin de semer l'inquié
des correspondances qu'ils n'avoient pas; ,
tude parmi lcs blancs ().
d'avanXX.
sécurité des blancs ne donna que trop
$.
L'inconcevable
l'assemolée du Nord avoit éte
sécuritedes tage aux nègres. On assure que
avoit méme Rommé ur
blancs.
avertie de la conspiration, et qu'elle mais ni le burcau , n
bureau de surveillance pour la prévenir 5
occupis?
cette assemblée ne prirent aucune mesure. Uniquement ils auroien
des muldtres, avec lesquels
combattre les prétentions
l'intérêt méme de leur domina
da chercher a se coaliser pour
T'expression de Mirabeau
tion, tous les colons blancs,suivant
et les premières érup
dormoient sur les bords du Vésuve (2), état. Les étincelle
tions du volcan lcs laissérent dans le même
du
néanmoins dans la province
les plus effrayantes se montrèrent
attribuées à Jeannot, dit Medecin, à Feyetteor
1 Voy. les lettres
LL,69, 70,71 et 72 de Tiuventaire de
Jcan- Francoi*, etc. cotes
coloniale. Voyez anssi le précis dei
commisesires de Passemiblée
amalstiques, par Page, no. 1, etc.
pièces
Taffaire des colonies, tom. I, P.
2 Débats dans
moins dans la province
les plus effrayantes se montrèrent
attribuées à Jeannot, dit Medecin, à Feyetteor
1 Voy. les lettres
LL,69, 70,71 et 72 de Tiuventaire de
Jcan- Francoi*, etc. cotes
coloniale. Voyez anssi le précis dei
commisesires de Passemiblée
amalstiques, par Page, no. 1, etc.
pièces
Taffaire des colonies, tom. I, P.
2 Débats dans --- Page 219 ---
211 )
Ford, plusieurs jours avant le 2août 1791, od l'on fixe comjunément le cominencement de l'insurrection,
ors qu'elle se manifesta dans toute son étendue. parce Des lo que c'est
es nègres mirent le feu à l'babitation Chabaud, située 11 aoit
dans la
aroisse du Limbe, limitrophe de la plaine du Nord. Quelques
blons voisins et la maréchaussée parvinrent à éteindre le feu;
ais la municipalité requit inutilement les habitans
aller
pour
sur
Helier, qui avoit déja témoigné beaucoup d'insubordlination.
ersonne ne voulut marcher, et il fallut envoyer demander des
rces au Cap, qui fournit une autre brigade de maréchaussie.
n arrêta bcaucoup d'esclaves, qui, dit-on, dénoncèrent le
omplot général, en nommant un grand nombre de ceux qui y
oient entrés. On se borna à faire quelques arrestations,
rendre les armes, ni envoyer des patreuilles pour prévenir l'ins sans
irrection. On s'endormit ensuite, en tournant en ridicule la
unicipalité du Limbé qui avoit fait tirer le canon d'alares
Il exifte dans les archives des colonies une copie informe
la déularation faite devant la municipalité du Limbé
rançois, esclave de Chapotin, l'un de ceux qui avoient mis par
feu à une partie de l'habitation Chabaud, & qu'on arrêta
nuit du 20aoit. Suivant cette déclaration , que d'autres moins
taillées (2 ) paroissent confirmer 3 * il s'étoit teru, le dimanche 14 aoit ), sur l'habitation Lenormand, au MorneRouge, une tres-nombreuse assemblée de negres, composée
1 Renseignemens sur le position actuelle de Limbé. Voy. aussi le
citcoté AA, 183 1 dans Finventaire des papiers des commissaires de
issemblée coloniale.
2 Déclaration de Berard, du 22 aout 1791, ctc.
O3
(2 ) paroissent confirmer 3 * il s'étoit teru, le dimanche 14 aoit ), sur l'habitation Lenormand, au MorneRouge, une tres-nombreuse assemblée de negres, composée
1 Renseignemens sur le position actuelle de Limbé. Voy. aussi le
citcoté AA, 183 1 dans Finventaire des papiers des commissaires de
issemblée coloniale.
2 Déclaration de Berard, du 22 aout 1791, ctc.
O3 --- Page 220 ---
212)
de tous les ateliersdu Port-Margot,le Limbe
e de deux députés
Limonade la Plaine-du-Nord 1
> TAcul , la Petite-Anse, 2
Cette assea
le Morne-1 Rouge, etc., etc.
> Quartier-Morin, étoit deftinée à fixer le jour de Pinsurrection depuis long
> biée méditée. On étoit presque d'accord que le compl
> temps lieu dans la nuit même; mais les nègres revinrent S1
> auroit
parce qu'ils firent réfexion qu'un projet conç
> cetarrété, ,
s'exécuteroit difficilement le soir mênie:
> dans une après-dinée
étcient a
D'autres mémoires disent que ces députés nègres
nombre de 200, & tous commandeurs d'ateliers. François ajoute
publics furent lus aux nègrés assemblés par u
que les papiers
annonça que le R
mulâtre ou quarteron à luiinconnu , quileur
nationale leur avoient accordé trois jours pi
et l'Assemblée
et
fallo
semaine ; que les colons blancs s'y opposoient, qu'il
viendroient faire exécuter d
attendre l'arrivée des troupes qui
c'étoit bien l'avis du plus grand nombre, mais qu
décret; qne
habitations de l'Acul et du Limbé vot
les nègres de quelques
contre les blancs avar
loient à toute force commencer la guerre
l'arrivée des troupes ()-
l'insurrection recommença dans la pa
S. XXI.
Quoi qu'il en soit,
Insurrection rcisse de PAculle 22 aodt; et à cette fois, elle devint générale
génériladans Les esclaves de P'habitation Turpin et Flaville vinrent chercher
le Nord.
Phabitation Clément. Les deul
às0 heures du soir, ceux de
cscla
ateliers chsisirent pour chefs Poukmans et Auiguste,
deux habitations. De-la ils allèrent sur T"habi
ves sur ces
oi ils firent grace à un charpentier qu'il
tation Tremés 1
de
sur ceile de Noé, don
ayoient manqué d'un coup fasil; puis
et le raffincur. Ils donnerent la vie a
ils tuèrent le procureur
d'une déclaration de ce qui s'est passé au Limbé.
I Extrajt
du soir, ceux de
cscla
ateliers chsisirent pour chefs Poukmans et Auiguste,
deux habitations. De-la ils allèrent sur T"habi
ves sur ces
oi ils firent grace à un charpentier qu'il
tation Tremés 1
de
sur ceile de Noé, don
ayoient manqué d'un coup fasil; puis
et le raffincur. Ils donnerent la vie a
ils tuèrent le procureur
d'une déclaration de ce qui s'est passé au Limbé.
I Extrajt --- Page 221 ---
(213)
irurgien Mongés et à son épouse. C'est sur cefte dernière habiion que l'incendie commença vers minuit (1). Dès le matin
23, la patrouille du Limbé apperçut les flammes dans la
roisse del'Acul, en retoarnant au corps-de-garde 3 elle. enya deux hommes à la découverie, qui vinrent bientôt annoncer
le tout éloil incendié, et que l'on égorgeoit tous les blancs (2),
rsonne ne se joignit au commandant de Pens, qui montra
aucoup de zèle avec une patrouille. Déja l'incendie gagnoit
ueicurs quartiers de la paroisse du Limbé, quand il arriva à
Embarcadaire, oi tous les habitans s'étoient enfuis. Il en rallia
ès d'une céntaine 3 mais la terreur étoit dans tous les ceeurs:
ersonne ne vouloit faire sentinelle. On fut attaqué plusicurs fois
r des troupes de nègres avant l'embarquement, qui eut lieu
ndis que les nègres pilloient le bourg du Limbé dont ils s'étoient
ja rendus maîtres (3).
Le lendemain et les jours suivans, 2 l'insurrection se propagea
ns tous les ateliers duvoisinage avec l'activité de la famme que
S insurgés portoient dans toutes les habitations et dans tous les
hamps de cannes à sucre 1 qui faisoient la principale récolte de
colonie. Leur férocité s'augmenta avec leur nombre : dès la
atinée du 23, on comptoit 37 propriétaires, procureurs ou
fineurs, d'assassinés. L'incendie,se répandit si rapidement, que
eu de jours après huit paroisses limitrophes, l'Acul, le Limbé,
I Déclaration de
cote AA, 148 de Pinventaire des commiss
aires de Passemblée coloniale. Déclaration de Caignet, ibid, cote
K, 175.
2 Procès-vesbanx de l'assemblée coloniale, séance du 25 août ) au
cir, pag. 29.
3 Renseignemnens sur la position actuelle du Limbé, etc.
O 3
répandit si rapidement, que
eu de jours après huit paroisses limitrophes, l'Acul, le Limbé,
I Déclaration de
cote AA, 148 de Pinventaire des commiss
aires de Passemblée coloniale. Déclaration de Caignet, ibid, cote
K, 175.
2 Procès-vesbanx de l'assemblée coloniale, séance du 25 août ) au
cir, pag. 29.
3 Renseignemnens sur la position actuelle du Limbé, etc.
O 3 --- Page 222 ---
(214)
la
Anse, le
Morin, Limonade
le Port-Margot 3 petite
quartier
Plaisance et la Plaine du Nord, ne présentoient qu'une terre dé
les Aammes. C'est ce que l'on voit dans divers mé
vorée par
moires, et sur-tout dans une lettre écrite le premier septembr
d'une habitation voisine d
suivant, par Tausias, propriétaire
celle de Noé (1), qu'il ne quitta qu'à cette époque s pour s
coloniale, dont il étoit membre (2); et de
rendre à l'assemblée
di
toute cette magnifique plaine
le commencemente deseptembre,
Cap, la plus riche de la colonic, fut réduite en cendres. Tout
l'entour dejcette ville , dans un raton de cinquante milles, presqu
tous les blancs qui n'eurent pas le temps de se sauver, furen
égorgés (3) : quelques - uns furent préservés par l'attachemen
Plusieurs membres de l'assemblée colonial
de leurs esclaves (4).
de rétro
qui se rendoient de Léogane au Cap, furent obligés
grader etde prendre la route dela partic espagnole pour arriver
Deux d'entr'eux farent la victime de la fureur des nègres. Tou
les couriers furent interceptés (5).
3. XXII.
La consternation fit générale au Cap,sur lequel les insurgé
Massacre des
Ils étoient, disoit- - on, déja au nombre de 12
hommes de se dirigeoient.
tiers avoit des fusils qu'ils avoient pris su
couleur au 15,000, dont un
Cap.
le recueil du clab Massiac, intitulé : Cepie de diférentes
I Voyez
leuressurles évènemens de Saint-Domingse.
Procès-verbal de Vassemblée du Cap', du 23 août au soir, p.2
lettre du
du a5 septembre 1791, dans le re
3 Extrait d'une
Cap, aussi les autres lettres de ce recueil
cueil du club Massiac. Voyez
susdit.
et le mémoire coté AA, 183 dans Pinventaire
4 Susdite déclaration, cote AA, 148.
dus
51 Lettres du Havre, du 20 octobre 1791) et des Cayes,
aoit.
se.
Procès-verbal de Vassemblée du Cap', du 23 août au soir, p.2
lettre du
du a5 septembre 1791, dans le re
3 Extrait d'une
Cap, aussi les autres lettres de ce recueil
cueil du club Massiac. Voyez
susdit.
et le mémoire coté AA, 183 dans Pinventaire
4 Susdite déclaration, cote AA, 148.
dus
51 Lettres du Havre, du 20 octobre 1791) et des Cayes,
aoit. --- Page 223 ---
(215 )
lcs habitations incendices ; les autres étoient armés des divers
instrumens de leurs travaux. Mais ce nombre, déja si alarmant,
étoit grossi par laf frayeur et les rapports exagérés de ceux qui
sc refugioient dans ia ville : des lettres du temps le portent à
40.ct 50,000 (1)- Les flammes qui dévoroient la plaine se
voyoient de cette ville au milieu du jour comme dans la nuit
même ; et cet horrible spectacle qui dura plusicurs mois, ne
cessa que lorsque le feu nc trouva plus d'alimens dans la
plaine (2). Plusieurs blancs se réfugièrent dans les iles voisines;
et des lettres du Cap, de cette époque, parloient de faire
une retraite généralc dans le continent de T'Amérique, et d'abandonner la partie française aux noirs comme on avoit abandonné
Saint-Vincent aux Caraibes (3).
Le Cap renfermoit huit à dix mille nègres mâles, dont l'agitation étoit remarquable. On assure qu'il y avoit une conspiration formée particulièrement contre cette ville, et qu'elle fut
dénoncée le 22 août, la veille même du jour ou l'on eut les
premières nouvelles de l'insurrection. Il s'agissoit d'incendier la
ville ct d'égorger les blancs au milieu du trouble. On n'a rien
de précis sur cet affreux projet, dont il est seulement parlé
dans une lettre de Blanchelande au ministre de la marine et
I Extrait d'une lettre du Cap français, du 25 septembre 1791, ibid.
Extrait d'une autre lettre de W. Collaw, de Londres, à Th. Collaw , du Havre, du 28 octobre , ibid.
2 Lettre du Cap, du 25 septembre 1791., ibid.
3 Extrait d'une lettre du Cap francais, du 25 septembre 1791, ibid.
* Voici le texte de la lettre de Blanchelande 2 qui est du 2 septembre 1791 : aLe 22 du mois d'août dernier, je fus invité par Pasdu Nord d'etre présent à ia déclaration de dio semblée provincialc
O 4
W. Collaw, de Londres, à Th. Collaw , du Havre, du 28 octobre , ibid.
2 Lettre du Cap, du 25 septembre 1791., ibid.
3 Extrait d'une lettre du Cap francais, du 25 septembre 1791, ibid.
* Voici le texte de la lettre de Blanchelande 2 qui est du 2 septembre 1791 : aLe 22 du mois d'août dernier, je fus invité par Pasdu Nord d'etre présent à ia déclaration de dio semblée provincialc
O 4 --- Page 224 ---
(216)
dans quelques lettres particalières (1). Rien n'annonce
les
que
honmes de couleuryaicnttrempé ): destémeignages mémes des
blancs les mcins suspects de partialité en leur faveur attestert
qu'ils n'etolen. pour rien dans l'insurrection des nègres (2): :
m.is tellcs ctoient les préventions qu'on avoit contre cux,set
peut-étre aursil.s manceuvres de lenrsennemis, qu'on lesaccusa
hautement d'en être Ics anteurs (8). Les blancs se jetérent sur
enx avec tous les transports de la rage, et en massacrérent un
grand nombie; ; les autres n'échappérent au méme sort qu'en se
a> verses personnes blanches et de ceuleur, arrétées la veille par des
>> gardos ou patrorilles militaires. Par les dépositions de ces
>) nos, je fus convaine H qu'il y avcit un projet de conspiration person- formé
>> particntierement contre la ville du Cap, sans pouseirzrécisémenr ima2) giner s'il l'éroit par dus biancsy gers de couleur, ou négres libres ea
>) bien par les esclives. Téoit question, la nuit de cejour, de mettre 3 le
>> fru à des habiraticos voisines du Cap, incendie qui devoit se ré.
>> péter dans.cette ville, et devoit servir de signal pour essassiner lcs
3> blanes.
1J Lettre de Blanchelande an ministre de la morine, 7 du 2
bre 1791. Lettre de Tausias, du 1 septembre 1791, dans le septem- recucil
du clab Massiac, etc.
* Quelques déclarations de nigres condamnés à mort, telles
celles de Firrre Lonis; das sepiembre
que
1791, indiquent, à la vérité,
des honmes de couleur pour les instigatears de Pinsurrection du
Piord; mais ces déclevations qui peuvent avoir été arrachées par la
iurture, et dont les antenes ne savoient pas même signer, doivent
inspirer peit de confance : elles ne chargent pas au surplus des mulitres de Cap.
Vuy.les arêtés dle l'assembiée coloniale, rendus en leur fiveur, ete.
3Earmit susdit de la lettre de W. Collaw, ibid. Voyez anssi les
Jettres sie Bordeaux, da 22 uctolre; de Nantes, du 27 ; etdu Hayre,
sie 3 novembre 1791, ibid,
, et dont les antenes ne savoient pas même signer, doivent
inspirer peit de confance : elles ne chargent pas au surplus des mulitres de Cap.
Vuy.les arêtés dle l'assembiée coloniale, rendus en leur fiveur, ete.
3Earmit susdit de la lettre de W. Collaw, ibid. Voyez anssi les
Jettres sie Bordeaux, da 22 uctolre; de Nantes, du 27 ; etdu Hayre,
sie 3 novembre 1791, ibid, --- Page 225 ---
(217)
lugiant dans l'église des Ursulines, oil ils demandèrent, diteux-mêmes à être renfermés. L'assemblée cqloniale las atiisa à y rester sous sa sauve garde par un arrèté qui ne dit
n de ces horribles assassinats; mais ils sont indiqués
par
erses pièces et avoués dans les débats des Colonies : un
été postérieur autoriea les mulâtres à sortir de cette prison
rs'enrôler parmi les blancs (x).
Aux premières nouvelles de l'insurrection, Blanchelande en- 5. XXIIT.
a quelques troupes sur l'habitation Noé, où elle s'étoit d'abord Mesures pour
nifestée. Mais la marche des insurgés sur le Cap, etl lesinquié- la sûreté de
es des habitans nécessitérent presque aussitôt le rappel de cetteville.
forces, pour veiller immédiatement à la sureté de la ville,
fut donc réduit à se tenir sur la défensive, en se fortifant ct
occupant le bourg du haut du Cap, quiseul pouvoit livrer aux
rsun passage par terre. On y plaça un camp, en entourant
ille de palissades et de chevaux de frise pour prévenir un
main : on n'eut pas de peine néanmoins à repousser les coup alta-
:s de ces hommes indisciplinés et mal armés, On les obligea
ne à se retirer à quelques milles du Cap (2), apres en avoir
plasieurs centaines (*) :mais en couservani la ville, on ne ft
Débats dans P'affaire des coloules 1 P. * 253 et 25 Procàsbaux de l'assemblce celoniale, des 27 ct a8 nout 1791, pag, 30,
rait de la gazelte anglnise, transmice à Paris, dans le recueil du
> Wassiac. Lettie de Blanchelande a Berteand,'du 2
I.
septenibre
Letire de Nicolean, éu S soptembwe 1791 ibid. Mémoire, cote
18S de Finventaire susdit.
Des letires pectivullves parlens de 4000 et mome de 19,000 ne
S turs daus ers pvenieres aitques. Voy, la letire dn
dnk
octobre 1790, et celle an grent Dbile, de
Havre,
is ces sont-la sans doute de 3 ados eygértioas, ofseptenbre Apyl
Letire de Nicolean, éu S soptembwe 1791 ibid. Mémoire, cote
18S de Finventaire susdit.
Des letires pectivullves parlens de 4000 et mome de 19,000 ne
S turs daus ers pvenieres aitques. Voy, la letire dn
dnk
octobre 1790, et celle an grent Dbile, de
Havre,
is ces sont-la sans doute de 3 ados eygértioas, ofseptenbre Apyl --- Page 226 ---
(218) )
le mal de la campagne. Les negres en se retiran
qu'aggraver leursincendies, et quand ils eurent brule tout
recommencèrent Plaine, ils mirent le feu aux caffeteries a
les sucreries de la
Dès la fn de septembre on comptoit plus 220 sucr
montagnes.
ries et 600 caffeteries incendiées (1).
situées aux extrémités de la provinc
Quelques paroisses
eussnt.été conservées dans to
étoient, dit-on, les seules qui
le Nord, qui en contient vingt-sept (2).
auroient da faire sentir aux colons blancs la n
$. XXIV.
Ces malheurs
et de se rallier à
Signes de cessité d'abandenner leurs vues ambitieuses,
contre-révofirent
les aigrir. I1 paroit que dès la transl
métropole. Ils nei
que
lution arbocoloniale au Cap, la scission avecla Fran
rés dans Pas- tion de f'assemblée
dominoit dans cette assembléc. L'
semblée co- éloit décidée parie parti qui
avoit envoyés f
loniale, 8cc. des premiers travaux des commissaires qu'eile
qu'on prit pourl
d'effacer de lasalle detanembkepuriside,
la natio:
séances de l'assemblée coloniale, cette inscription
noir
Cadusch arbora la cocarde
la loi et le roi. Le président
fut sui
l'arsemblée, et cet exemple
avec laquelle il présida
blanches, jaunes et
dans toute la colonie, oi les cocardes
Lettre au général M
1 Lettre de Tausins, du 1 septembre 1791.
ville, du 24 septerbre, ibid.
de Kingstown, du 17 soptembre 1791 2 ibid. etc.
2 Lettre
foule de pièces et même avoué da
* Ce fait est constaté par une
autres écrits assure
les dél:ats par les colons. Cependant quelques ordres de Passemblée du No
que cette supprossion eut lieu par décret les du 15 mai, avant le rasse.
dis les premières nonvelles du coloniale à Léngane. Il est bi
blement de la seconde assemblée
fut désapprouvée
certain di meine que cette suppression ne Pinscription. pas
Yassemblée coloniale, qui ne ft point rétablir
* Ce fait est constaté par une
autres écrits assure
les dél:ats par les colons. Cependant quelques ordres de Passemblée du No
que cette supprossion eut lieu par décret les du 15 mai, avant le rasse.
dis les premières nonvelles du coloniale à Léngane. Il est bi
blement de la seconde assemblée
fut désapprouvée
certain di meine que cette suppression ne Pinscription. pas
Yassemblée coloniale, qui ne ft point rétablir --- Page 227 ---
(219)
foutes autres couleurs que celles adoptées par 1 nation, farent
portées àcette époque, jusques dans les camps. On a peu de
renseignemens sur ces faits importans : lesjournaux mêines de la
colonie manquent absolument ici, et l'on ne connoit guères ces
deux faits que par ce qu'en ont dit les accusateurs de Polverel
et Sonthonax dans divers écrits oil ils ont voulu justifier l'ascemblée coloniale à cet égard. C'est, disent-ils, Gauvain un des
députés du Cap, qui eilaça cette inscription de son chef, etc'est
a femme de Blanchelande qui donna la cocarde noire 9 avec des
plumes de la même conleur, au président Cadusch. Cette cocarde
ne paroissoit presque pas : les membres de l'assemblée coloniale
partagcoient si peu les principes contre-révolutionnaires des auteurs de cet attentat, 2 que plusieurs d'entre eux, et Page en particulier, ont depuis dénoncé Elanchelande pour ce fait-lh (v).
Ces excuses pourroient avoir quelque valeur, si l'assemblée
coloniale avoit réellement improuvé ces actes contre-révolutionnaires et leurs anteurs. Tout att contraire, Gauvain reçut alors
de l'assemblée coloniale des témoignages multiplics d'une confance qu'il ne paroit pas avoir perdue depuis. Il fut successivement nommé dans ce mois et dans le suivant ; commissaire à
l'impression des proces-verbaus 2 commissatre auprès de Blanchelande, pour surveiller les opérations du gouvernement, comssir e C onciliateur auprès d'un capitaine du commerce, qui
refusoit de livrer des denrées, commissaire de l'assemblée à la
Jamaique, et enin lun des commissaires institués pour prendre
* Probablement le même qui courut des risqques dansles émeutes de
198) pour ses prétendues relations avec Moreau - Saint - Merry, son
beau-frère, , sur l'abolition de la traite.
I. Dabats dans Paffaire des colenies, tom. I, pag. 3 22, 33, 52.
refusoit de livrer des denrées, commissaire de l'assemblée à la
Jamaique, et enin lun des commissaires institués pour prendre
* Probablement le même qui courut des risqques dansles émeutes de
198) pour ses prétendues relations avec Moreau - Saint - Merry, son
beau-frère, , sur l'abolition de la traite.
I. Dabats dans Paffaire des colenies, tom. I, pag. 3 22, 33, 52. --- Page 228 ---
220 )
comnoiseance de la procédure contre lee nègres, et de toutes les
piecesy relatives (1.
Quant à Cadu.ch, on le laissa présider V'asremblée
signe de la contre-révolation
avec ce
pendant tour le premier moisdeses
stances : on fut même si conter: de sa présiderce, qu'il fit deux
fois continué le mois suivant contre le
bureau 5 il fut dans le même
réglement avec tout le
temps nommé membre du comité
de constitation, puis commissaire pour Ia Jamaique, ou l'assembiée coloniale envoya des députés, et commandant des deux
assenb'ées, en cas d'at:aque (2). Onne voit point, à la vérité,
que l'assemblée coloniale ait arboré la cocarde noire comme son
président. Mais indépendumment des inductions
tirer du soin avec
qu'on pourroit
lequel on a snpprimé ou fait dis parcitre en
France tous les journaux de cette ép"que, il paroit constant du
mcins que P'assemblce coloniale quitta la cocarde de la
et la tolérunco seule du costume
nation;
costre-rérohationnuite de son
président annonce en elle une véritable complicité.
5 REMI
Ces iaductions sont d'ailleursconfirmdas,
Tomeignopar tous les renscignegoelngeee nonsqu'on a pu trouver dans les écrits mêmes des commissaires
Pulegsrei's de cotte assemblée. L'un derplus actifs d'entre
cocardesan.i- avoir remarqué dans
eux, Page, après
son discours historique
au
nationaiss. qu'on
imprimé Cap,
iépandoit avec profusion dans la colonie l'opinion de l'abbé
I Procls-verbanx de l'assemblée coloninle, du 25 août
af ou m: tin, du 27 au soir, et du 1
au scir, da
30, 35 et 46. Débats de Passemblée septembre att inatin 3 Fag. 29,
coloriale descits jours.
Proces-verliaux de lassemblée coloniale, du 25 nont au
4 et 1S septembre,
scir, des
Ioniale
pag. 2y, 6a, 98, etc. Débats de l'assemblée COdesdirs :oms. Voy. aussiles débate dans laffaire
tom. I, Pag. 127 et suir.
des colonies, 2
, da
30, 35 et 46. Débats de Passemblée septembre att inatin 3 Fag. 29,
coloriale descits jours.
Proces-verliaux de lassemblée coloniale, du 25 nont au
4 et 1S septembre,
scir, des
Ioniale
pag. 2y, 6a, 98, etc. Débats de l'assemblée COdesdirs :oms. Voy. aussiles débate dans laffaire
tom. I, Pag. 127 et suir.
des colonies, 2 --- Page 229 ---
- 221 )
Maury contre le dérret du 15 mai, sans ajouter
les
g"e c'étoient
quatse-viogt-cing et le club Massiac qui l'y avoiunt cnvoyéc , observe que e L'arifocratie y fut
> dant Par son organe ies droiis des colonies. représeniéc Telle
défen-
> il, l'opinion duv volgaire 3 tolle toit Topinion disséminée étoit, dit-
> Passemblie coloniale : et lorsque j'arrivai dans
duns
son sein le16
septembre, je fas ctonné des blasphèmes
- contre laa France des orateurs
que vomissoimne
trompés,
a servorent si bien les incendiaires de qui,sans le creire,
Saint-Domingue
L'esprit pubiis s'izeignoit, et l'homme
bieniô. que ces
edwervateorsippegut
camps, ces armées (des blancs)
l'école de la lioerté, Le président de l'assemblée n'étoient pas
toit mis aux couleurs noires (1). Sans doute coloniale s'6avec Jui, on essaya dans nos armées La cocarde pour contraster
mais détinitivement les cocardes jaunes G
blanche;
livrés de nos soldats
veries furent les
D Citoyens die Cap, vous vétissieg ainsi les livrées de l'es.
clavage, et par des gradations insensibles on fut
peut- étre
parvenu jusqu'à I voire cceur. Aussitôt
d'une large coca.de
j'ombrageai mon chapeau
tricolore; et lorsque le 8 novembre vuus
fites invités à dil-bérer avec l'assemblée coloniule
moyens de sureté
sur les
publique, je vous dis que le plan de Campagne da genéral étoit esseniielleeat
qu'il tendoit à votre destruction,
vicieux; je vous dis
présentai la
à votre ruine, et je vous A
cocarde nationale comne le seul signe caractéristique du citoyen français. Biestôt l'un de vos
représentans
1 Voyez aussi le tom. I des débats dans P'affaire des
7 97 et 125,
colonies, P.
* Brulley ajoute ici dans ses notez manuscrites,
Par ordre des chefs.
Campagne da genéral étoit esseniielleeat
qu'il tendoit à votre destruction,
vicieux; je vous dis
présentai la
à votre ruine, et je vous A
cocarde nationale comne le seul signe caractéristique du citoyen français. Biestôt l'un de vos
représentans
1 Voyez aussi le tom. I des débats dans P'affaire des
7 97 et 125,
colonies, P.
* Brulley ajoute ici dans ses notez manuscrites,
Par ordre des chefs. --- Page 230 ---
(222)
l'arrêté qui prohibeit toute co-
> lc plus éloquent provoqua couleurs nationales )
D carde qui ne seroit pas aux
du même écrit, avec
édition faite en France
Dans une autre
colon constate les mêmes faits
beaucoup de changemens, ce adoucie en ce qui concerne l'asd'une manière un peu plus
calamités, dit-il, en parlant
semblée coloniale. e Ces nouvelles
pas la formatior
des nègres, n'empéchèrent
> de l'insucrection
Blanchelande, fort du parti qu't
coloniale ;mais
> de Y'assembléc
pas de la diriger à son gré; el
D s'y étoit donné, ne désespéroit
il fit donner par sa
avoir la mesure de son infuence,
> peur
de cette assemblée, une toque
> femme à Cadusch, président à la cocarde noire. Alors par ler
noir et blanc,
> au panache
les membres de Yassemblée coloniale
> intrigues de Cadusch,
noire, sous des prétextes frirevêtus d'une écharpe,
> furent
d'en imposer aux pattiotes. Pai
laissèrent pas
> voles, qoine
l'assemblée provinciale de
> des motifs à peu près pareils, couleurs ennemies furent
ces
D No:d eut ses écherpes rouges; du deuil de la colonie ct du sang
commc les signes
> présentées
du Nord. Alors furent effacés par le:
w versé dans la province
du Cap, ces mots la nation
> soins de Gauvain, négociant
oi se réunissoit l'assemetc. qui ornoient le temple
>) la loi,
malveillans ou égarés blasAlors des orateurs
> blée coloniale.
nationale; et cent mille révoltés, couPassemblée
> phémoient
la torche etlc poignard à la main,
> verts du sang des blancs,
P'assemblée natiomoins dangereuz que
> leur paroissoient
> nale (3)-
effets
la révolution de France a
1 Discours historique sur les 26 et 27 que de Pédition du Cap.
produits à Saint-Domingue, Pde P'imprimerie de
historique susdit par P. Fr. Page,
a Disconrs
ationale; et cent mille révoltés, couPassemblée
> phémoient
la torche etlc poignard à la main,
> verts du sang des blancs,
P'assemblée natiomoins dangereuz que
> leur paroissoient
> nale (3)-
effets
la révolution de France a
1 Discours historique sur les 26 et 27 que de Pédition du Cap.
produits à Saint-Domingue, Pde P'imprimerie de
historique susdit par P. Fr. Page,
a Disconrs --- Page 231 ---
(223 )
Plus loin le même auteur ajoute : 4 Si les citoyens ct fa
de ligne n'avoient pris la cccarde blanche,
troupe
> ils ctoient au
moins couverts de cocardes jaunes et veries :
tcilo
éioit l'auitude des citoyens, lorsque le 8 novembre
1791, ils
furent invités a venir délibérer au sein de l'asscmbléc coloniale
sur les moyens de sireté publique. Blanchelande, toute
son
armée, l'administrateur des finances ct SCS officiers, les tribunaux de justice, l'assemblée provinciale du Nord
soient cette assemblée, dans laqueile les rubans coinpajaunes et
verts sembloient défier quelques cocardes nationales modestement cachées dans la foule (1). .>
On Jis ercore dans un autre écrit non imprimé du. même auur:Qie cotte séance du 8 novembre 1791 fut le triomphe
de Parinnorate; qu'alors toute Li force arméc, égarée par les
intriguesd gougernement, avoit remplacé la cocarde nationale par des rubans OIL des cocardes junes et vertes (2).0
II résulte donc delh que le président de T'assemblée du Cap
roit encore la cocarde noire, non-seulement lors de l'arrivée
Page le 16 septembre, mais encore qu'illa conserva plus
un mois après durant sa trip'e présidence ; que quelles que
ssent les couleurs de l'assemblée coloniale et des citoyens du
ottier de Lille, P. 15. Voy. auski un exemplaire manuscrit du même
vrage, cote N, no. 66 de l'inventaire des cemmissaires de P'assemée coloniale, pag. 26 et 27, et les débats dans l'affaire des Conies, tom.I, p. 126 et 127.
1 Discours susdit de Page 1 pag. 23 et 24.
a Analyse des pièces les plus importantes des archives de la comission de Saint-Domingue, classées suivant l'ordre des temps 2
et 17, cote A.
pag.
uscrit du même
vrage, cote N, no. 66 de l'inventaire des cemmissaires de P'assemée coloniale, pag. 26 et 27, et les débats dans l'affaire des Conies, tom.I, p. 126 et 127.
1 Discours susdit de Page 1 pag. 23 et 24.
a Analyse des pièces les plus importantes des archives de la comission de Saint-Domingue, classées suivant l'ordre des temps 2
et 17, cote A.
pag. --- Page 232 ---
(224) )
jls zvoient aussi quilté la cocarde nationale pour ccsi
Cap,
qu'ils ne reprirent non plus les couleny
viles de resclavages novembre
les cocardes blanc hes
nationales qu'après le 8
5 que
armées de
vertes farent également arborées dans les
jaunes et
embrasscit le parti de T'aristocratic
blancs, ct que par-tout on
la
nationale et lama
Vainement Page ajoute-t-il, ( que garde
de Passembléc coloniale ne considéroient pas ces couleu
> jorité
de révolte, mais comme un moyc
> étrangères comme un signe
donné les
Cambe
que leur avoient
généraux
> de reconnoissance
dès qu'il cut détrompé le peuple
> fort et Touzard; que,
les rubans jaunes et vert
> dans la séance du 8 novembre,
nationales (*) >. Si icel
par les cocardes
> fierent remplacés
peu instruites
peut être vrai à T'égard de queiques personnes
les
de le croire pour cC qui concerne
prin
il est impossible
civils et militaires; il est impos
cipaux fonctionnaires publics,
concerne les membre
sible de le croire sur-tout pour ce qui
nombre à 1
l'assemblée de Saint-Marc, réélus ensi grand
de
coloniale, et revenus dès-lors en grand
nouvelle assemblée
leurs liaisor
à cette assemb'ée. Leur séjour en France,
partie
constantes avec les aristocrates les ple
même beaucoup trop
de fermér les yeux sur le bt
forcenés, ne leur permettoient pas
de ces cocardes anti-nationales (2).
là même que le marquis de Rouvrai, ex
C'est dans ce tempsPAssemblée constituante, et conn
député de Saint-Domingue à
avoit faitcontre les amis de
par un écrit plein de virulence qu'il
ses service
hommes de couleur, étant venu ofirir
noirs et les
1 Discowrs susdit de Page, P. 2f.
s Discours susdlit de Page ) Pr2 23.
, ne leur permettoient pas
de ces cocardes anti-nationales (2).
là même que le marquis de Rouvrai, ex
C'est dans ce tempsPAssemblée constituante, et conn
député de Saint-Domingue à
avoit faitcontre les amis de
par un écrit plein de virulence qu'il
ses service
hommes de couleur, étant venu ofirir
noirs et les
1 Discowrs susdit de Page, P. 2f.
s Discours susdlit de Page ) Pr2 23. --- Page 233 ---
(225)
et ceux de son fls à i'assemblée. ( Le président lui répondit dans
> les termes lcs plus honorables, ct lui exprima la reconnois-
> sance de l'assemblée ; elle invita) Blanchelande de vouloir
> bien nommer M. de Rouvrai commandant général de la
> de l'eft de la dépendance du Nord >. Il ne perdit la partie
fiance de l'assemblée quelque temps après
conjeta dans le parti du
que parce qu'il se
gouvernement (1). On doit néanmoins se
rappeler que, de l'aveu de Page, c'étoit ce Rouvrai qui écrivoit
àl Léger Duval au mois de juin 1791, dans une lettre
Duval
avoit communiquée à beaucomp de ses
que
collègues, que (. si les
> colons ne prenoient la cocarde blanche 3 les mulâtres et les
> nègres se révolteroient et saccageroient Saint -
) même temps que cinquante mille dllemands Domingue, en
la
>
jeteroientpar
fenétre la canaille législative (2) D. On voit encore dans
un auteur bien connu par son dévouement à l'assemblée
coloniale,
que le pavillon blanc fottoit sur le camp de Rouvrai
comme
sur çelui des nègres qu'il combattoit (3).
On n'ad'ailleurs presque aucun autre renscignement sur ce
St l'assemblée coloniale à cette époque. La
que
majeure partie des
Procès - verbal du 26 août, p. 30 et 31. Voyez aussi ceux
" 25 septembre au soir, P. 94 et 109, et le journal des débats des
nêmes séances.
des
2 Analyse des pièces les plus importantes de la
polonies, , P. 7. Débats dans Pafiaire des
commission des
colonies, > tom. II, P. 216.
31 Précis historique des principaux faits qui ont précédé ct
ournee di 26 octobre 17y1, par Gros,
suivi la
Vallière 1 P. 72 de Pédition de
procureur de la commune de
24 da Cap-frangais.
Baltiunore, in-8° ; pag. II de l'édition
Rap. de G, Coulon, Tome II,
P
P. 7. Débats dans Pafiaire des
commission des
colonies, > tom. II, P. 216.
31 Précis historique des principaux faits qui ont précédé ct
ournee di 26 octobre 17y1, par Gros,
suivi la
Vallière 1 P. 72 de Pédition de
procureur de la commune de
24 da Cap-frangais.
Baltiunore, in-8° ; pag. II de l'édition
Rap. de G, Coulon, Tome II,
P --- Page 234 ---
(226 )
séances se tenoit en comité secret (). On yprenoit des arrètés
l'on confirmoit ceux de l'assemblée provinciale. Rien ne
et
y
comités
et les
constate ce qui se passa dans ces
()3
procèsverbaux des séances imprimés postérieurement . quand l'arrivée
des commissaires civils et d'autres événemens forcèrent l'assemblée coloniale à suivre une autre direction, ne nous apprennent
l'assemblée fut obligée de donner de
'que les mesures auxquelles
la publicits. Il est certain du moins que ses arrêtés étoient soumis à l'approbation de Blanchelande, que l'on considéroit comme
réservoit
la sanction définitive attriabsolue, et qu'on n'y
pas
de PAsbuée à l'Assemblée nationale et au roi par les décrets
semblée constituante envoyés dans la colonie (2).
$. XXVI.
Voici un dernier fait rapporté sur Cadusch par ce même
Proposition
l'un des membres de l'assemblée générale : ( Dans les
Page,
de livrer la
de septembre 1791, Cadusch, après avoir
colonie à > premiers jours
comité
les membres de l'assemblée coloniale en
secret,
l'Angleterre. > réuni
PAngleterre comme la feule puissance qui
> leur présenta
le
de
les colonies et arrêter développement
> pouvoit Fauver
Procès-rerbal susdit du mois d'août et du commencement de sepI
aussi le journal des débats de la mêmc époque.
tembre 1791. Voy.
* Le commissaire civil Roume dit bien dans un de ses écrits, qu'il
en France et remis au ministre de la marine des journaux
a apporté
qui avoient été rédigés par deux députés à
imprimés de cette époque,
mais ces
ne se
Tassemblée coloniale, Denard et Dumas;
journaux
dansaucun des dépôts remis à la commission des Colonies, a
trouvent Roume n'entende par la le journal des débats de Passemblée
moins quel
coloniale, qui n'a duré que peu de mois, et qui n'apprend guéreque
ce qui se voit dans les prucès-verbaux de cette assemblée.
le décret du 12 octobre 1799 et les instructions du 15
2 Voyez
juin 1791.
coloniale, Denard et Dumas;
journaux
dansaucun des dépôts remis à la commission des Colonies, a
trouvent Roume n'entende par la le journal des débats de Passemblée
moins quel
coloniale, qui n'a duré que peu de mois, et qui n'apprend guéreque
ce qui se voit dans les prucès-verbaux de cette assemblée.
le décret du 12 octobre 1799 et les instructions du 15
2 Voyez
juin 1791. --- Page 235 ---
(227)
l'incendie et de la révolte. Il présenta l'Assemblée
etla France el'e-même provocant leur
nationale
chissement des
dissolution et l'affrandusch
nègres. Page ajoute, à la vérité, que ( Cafict vigoureusement tancé, et que certes il étoit
>> s'il ne s'étoit retranché sur la pureté de
perdu,
Mais comment admettre ici
ses inteniians >.
une direction d'intention
sante ? comment croire même à ce mécontentement satisfaisemblée coloniale,
de l'asquand on voit que Cadusch ne Cessa de
présider avec la cocarde noire; que la cocarde nationale
prise par l'assemblée et par lui que trois
ne fut
pris la révocition du dicret du
jours après avoir apdoit d'un
15 mai, et lorsqu'on aitenjour a l'autre les commissaires civils
France avec des soldats
qui venoient de
patriotes 2
Ce n'est qu'au mois de - janrier
noncé à l'assemblée
1792 que Cadusch fut décoloniale
surrection des nègres. Il fut commeTundaragens secrets del l'ininculpation
sulemnellement acquitté de cette
par l'assemblée coleriale ( 1). Mais il est remarquable qu'il ne fut pas dénoncé pour les actes
nairsde s2 présidence, et qu'il n'en fut contre-révolutiontion dans la discussion
pas seulement quesqui eut lieu à celte
tant
l'assemblée coloniale diffé oit
occasion,
objet Page luipeu d'opinion avcc lui sur cet
adversaire
mème, qui paroit avoir été presque le scul
de Cadusch, prononça deux discours à cette
sien. Le sommaire s'en trouve dans le
occade SaintMoniteur ginéral
Domingue, et l'on n'y trouve aucun
reproche, ni
I Procès-verbal de l'assemblée coloniale
port sur Cadusek, dudit jour. Lettre 7 du 1 février 1792. RapVassemblée
du même aUx
coloniale en France, du 21 février.
commiisenires de
Domingue, des 2 et 3 février.
Moniteur de SaintP a
à cette
sien. Le sommaire s'en trouve dans le
occade SaintMoniteur ginéral
Domingue, et l'on n'y trouve aucun
reproche, ni
I Procès-verbal de l'assemblée coloniale
port sur Cadusek, dudit jour. Lettre 7 du 1 février 1792. RapVassemblée
du même aUx
coloniale en France, du 21 février.
commiisenires de
Domingue, des 2 et 3 février.
Moniteur de SaintP a --- Page 236 ---
(228 )
cocarde noire de Cadusch, ni sur sa proposition de lisur la
à Y'Angleterre. C'étoit peu de temps auvrer Saint-Domingue
soldats, dont
paravant que Rouvrai, dénoncé par ses propres
il avoit perdu la confiance,le fut aussi à l'assemblée coloniale.
Mais alors encore les reproches qu'on lui fit ne portèrent que
sur ses liaisons avec les hommes de couleur > dont il paroissoit
favoriser le parti, et sur ses ménagemens pour les nègres inni de sa lettre contresurgés : il ne fut aucunement question
de la cocarde blanche comme du
révolutionnaire, qui parloit
seul moyen de salut pour la colonie, ni du pavillon blanc qu'il
avoit élevé sur son camp, conformément à ses principes ().
l'assemblée coloniale
S. XXVIL.]! Malgré toutes les mesures prises par
Costume indérober aux yeux du public une partie de ses opérations, 9
pour
la liberté
civique de soit en délibérant secrètement, soit en proscrivant
lassemblée de la presse, on trouve néanmoins encore dans ses procès-veret destoupes
un costume absolument étranger
coloniales. baux la preuve qu'elle prit
couleurs nationales. On avoit arrêté,le 27 août, que les
aux
veiller
deux assemblées se réuniroient, en cas d'attaque, pour
elles-mêmes à leur défense; et le président de l'assemblée générale, Cadusch, fut nommé leur commandant par acclamation (2). Le lendemain, l'assemblée coloniale arrêta que les
membres des deux assemblées auroient un signe de ralliement
les membres de l'aspour se reconnoitre, et qu'en conséquence
en séance et sous les armes, une
semblée générale porteroient,
écharpe de crépe noire, ceux de l'assemblée provinciale une
et leur président une écharpe noire et ronge.
écharpe rouge,
de l'assemblée coloniale 2 du 25 mars 1792, etc.
1 Procès-verbal
de l'assemblee coloniale > du 27 août 1791. Journal
0 Progès-verbal
des débats, dudit jour.
itre, et qu'en conséquence
en séance et sous les armes, une
semblée générale porteroient,
écharpe de crépe noire, ceux de l'assemblée provinciale une
et leur président une écharpe noire et ronge.
écharpe rouge,
de l'assemblée coloniale 2 du 25 mars 1792, etc.
1 Procès-verbal
de l'assemblee coloniale > du 27 août 1791. Journal
0 Progès-verbal
des débats, dudit jour. --- Page 237 ---
(229 )
Les motifs qu'on donne dans l'arrêté sar le choix de ces couleurs, sont, pour l'assemblée générale 5 que le signe distinctif
qu'elle porteroit devoit être celui qui rappelleroit à tous la
douleur dont son cceur étoit pénétré dans ces circonstances
désastreuses, et pour l'assemblée du Nord, que le rouge étoit
l'image du sang dont son territoire étoit arrosé (1): mais il est
facile d'appercevoir la frivolité de CCS prétextes. Aussi le même
Page, dans un mémoire déja cité, range-t-il ce fait, comme
ceux de la suppression de l'inscription nationale, de la cocarde
noire, &c. parmi ceux qui peuvent servir à faire connoître le but
des intrigans contre-névoluionmsires qai vouloient dévaster les
colonies ou les livrer à l'Angleterre (2). Enfin, ce mème jour
encore, l'assemblée générale créa trois régimens de gardes de
Ssint-Domingue soldés. On trouve dansles procès-verbaux deux
règlemens détaillés sur l'organisation de Ces corps. Rien n'y rappelle la mère-patrie > pas mêmc leur. habillement et leurs drapcaux. Il est bien dit que ( le lieutenant au gouvernement g6-
> néral délivrera les comumissions provissires, ct que le roi les
> delivrera défnitivement. : . . ; qu'il sera supplié de faire
>
participer les oficiers de ce corps à toutes les graces qui seront
> désignées par S. M. pour les officiers de ses troupes (3) >.
Mais celte énonciation pouvoit unjaurs'appliquer aussi birn et
mieux au roi d'Angleterre qu'au roi des Français : car, suivantla
constitution de 3791, les troupes françaises n'étoient point
1 Procès-verbal susdlit, du 28 août. Journal des débats dudir jours
2 Analyse des pièces les plus importantes de la commission des
colonies, classées suivant T'ordre des temps, page 61.
31 Procès-verbal du 27 août, pag. 33 et 31.
P 3
'appliquer aussi birn et
mieux au roi d'Angleterre qu'au roi des Français : car, suivantla
constitution de 3791, les troupes françaises n'étoient point
1 Procès-verbal susdlit, du 28 août. Journal des débats dudir jours
2 Analyse des pièces les plus importantes de la commission des
colonies, classées suivant T'ordre des temps, page 61.
31 Procès-verbal du 27 août, pag. 33 et 31.
P 3 --- Page 238 ---
(230 )
du roi, quoique les troupes de la Grande-Bretagne
les (roupes
soient bien celles de Georges III.
Voici au surplus tout ce que dit le rég'ement sur T'habillement
des trois régimens de la colonie, et cela convient
et les drapeaux
qu'a des régimens franencorc bien mieux a des régimens anglais
: habit de coutii b'anc , collet rouge et paçais. K Habillement
sera écrit S.D.; gilet
bouton blanc, sur lequel
) remens noirs,
rond d l'anen coutil aussi, chapeau
> ct pantalon-guètres,
draavec
noir et blanc. Drapeaux: premier
> glaise,
panache
rouges etb blanches, au milieu
> peau blanc, les cravates noires,
dansle fen. Deuxième
avec ces mots : Je vis
D une salamandre,
blanc, les cravates blanches, avec
> drapeau, noir, rouge et
: Je renais de ma
dans le blanc > portart ces mots
> un phénix
absolument rien dit dans cette description
> cendre (1) .Il n'est
les soldats; mais Page est
de la cocarde que devoient porter
avoit été abandonnée
encorc convenu que la cocarde nationale
étoit remplacée parles cocardesjaunes
par les troupes, etqu'elle
mois après, lors de Tinstallation
et veites. Ce n'est que plusieurs
co'oniale fit donner
de la municipalité du Cap, que T'assemblée
de cette ville des cravates aux couleurs nationales,
au régiment
elle-même des cocardes de cette, espèce
peu après avoir distribué
: tant
de la station qui venoit de ia Martinique
aux équipages
linfluence de ce signe de la révoelle savoit bien apprécier
lution (2).
dans les procès-verbaux de l'assemIl eft remarquable que,
de
: XXVIIL. blée coloniale , de la fin d'août et du commencement
Refus d'instruire la
France de
l'insurrecI Ibid. pag. 34dn 18 décembre 1791.
tion,
2 Procès- verbal de Vassemblée générale, ,
suivans.
Moniteur colonial, des 25 décembre et Sojanvier
signe de la révoelle savoit bien apprécier
lution (2).
dans les procès-verbaux de l'assemIl eft remarquable que,
de
: XXVIIL. blée coloniale , de la fin d'août et du commencement
Refus d'instruire la
France de
l'insurrecI Ibid. pag. 34dn 18 décembre 1791.
tion,
2 Procès- verbal de Vassemblée générale, ,
suivans.
Moniteur colonial, des 25 décembre et Sojanvier --- Page 239 ---
(231 )
septembre, il n'est pas dit un mot de la France ou del'Assemblée nationale. On y voit seulement ( qu'on mit un embargo jusqu'à nouvel ordre sur tous les bitimens de long cours , et
9 autres, dans tous les ports de la colonie >. Les motifs que
donna l'assemblée de cet arrêté sont, qu'il cût été imprudent de
se déaunir d'une partie des forces qui pouvoient contribuer à
rétablir l'ordre, et que les bâtimens qui étoient dans les ports
devoient servir à porier des secours dans les licux qui étoient
en danger (). Le motif réel fut sans doute qu'on ne vouloit
pas que la métropole fut instruite de ce qui se passoit dans la
colonie, avant que celle-ci sot elle même si elle ne pourroit pas
proclamer son indépendance à l'aide des puissances voisines.
Vainement les vaisseaux du commerce sollicitèrent-ils par des
pétitions réitérées (2) la levée de l'embargo, ou du moins la
permission d'envoyer un aviso en France. Leurs demandes furent
rejetées: Blanchelande fut le seul qui écrivit au ministre de la
marine 2 par la voie de la Jamaique, a l'insu de l'assemblée
coloniale, le 2 septembre 1791. Il envoya peu de temps après
un aviso demander des secours à la Martinique ct à la Guadeloupe;imais, par une fatalité àl laquelle on n'a pas même encore
trouvé de prétexte, le bitiment fut quarante-siz jours en route (3).
Il est certain encore que pendant que l'assemblée générale S. XXIX.
gardoit ce silence coupable envers la France, elle s'adressoit Sccours de:
mandés aux
nations
I Procès-verbal susdit, da 27 août, page 35.
étrangères.
a Adresse des capitaines du commerce 3 des 29 aoit et 5 et 7
tembre 17)1. Procès-verbal desdits jours. Voyez aussi les débats dans sepl'affaire des colonics, tome I, p. 128, 129 et 130.
3 Précis historique de la révolte des esclaves, du mois de décembre
1791, par l'assemblée coloniale.
P 4
I Procès-verbal susdit, da 27 août, page 35.
étrangères.
a Adresse des capitaines du commerce 3 des 29 aoit et 5 et 7
tembre 17)1. Procès-verbal desdits jours. Voyez aussi les débats dans sepl'affaire des colonics, tome I, p. 128, 129 et 130.
3 Précis historique de la révolte des esclaves, du mois de décembre
1791, par l'assemblée coloniale.
P 4 --- Page 240 ---
(232)
leur demander des secours. On ne
aux nations étrangères pour
les faits
trouve encore à cet égard, dans ScS procès-verbaux, que
fut absolument inevitable, et lon sent bien que
dont la publicité
dans la suite à ses commissaires en
les papiers qu'elle envoya
des pièces ostensibles;
France ne contiennent guère non plus que
mêmes confirment à bien des égards
mais ces faits et ces pièces
indications qu'on a déja eues sur ses vues d'indépendance.
lcs
d'en offiir ici le tableau. Dès le 24 août,
11 est nécessaire
voisines' des
T'assemblée arrêta K de demander aux puissances
d'hommes
de munitions de guerre et del
à secours tant
que
seroient précédées
> bouche. On décida que ces réquisitions
constateroit
de Passemblée générale, qui
> d'une proclamation
nécessité de recourir à cette ressource extraordi-
> l'urgente
fut rédigé le
> naire >. L'arrêté qui contenoit cette proclamation
de la
avoir présenté la situation déplorable
même jour. Après y
couroient le
colonie, et annoncé aux puissances voisines qu'elles détruire le mal
même risque, si elles ne se réunissoient pas pour
de
les invite, (2 au nom
dans sa source 3 l'assemblée générale
à donner à la partie
>> l'humanité et de leurs intérêts respectifs,
de Saint- Domingue en danger un secours prompt
> française
avec la plus grande célérité des
> et fraternel, et à lui envoyer
de
et des munitions de guerre et de bouche,
> troupes
ligne
d'arréter les progrès d'un mal qui ne
> qui la mettent en état
total des iles de PAmériYanéantissement
> finiroit que par
> que (1).> >
seroit invité à
Enfin l'assemblée arrêta que le gouverneur
une adresse enson nom, qui auroit
joindre à cette proclamation
le méme objet. On mit néanmoins une différence remarquable
3 Procès-verbal susdit, du 24 août au soir.
ligne
d'arréter les progrès d'un mal qui ne
> qui la mettent en état
total des iles de PAmériYanéantissement
> finiroit que par
> que (1).> >
seroit invité à
Enfin l'assemblée arrêta que le gouverneur
une adresse enson nom, qui auroit
joindre à cette proclamation
le méme objet. On mit néanmoins une différence remarquable
3 Procès-verbal susdit, du 24 août au soir. --- Page 241 ---
(233 )
entre le gouvernement espagnol et ceux des autrcs états étrangers à Suint-Domingue. On arrêta que ( le gouverneur traite-
> roit seul avec les commandans des possessions
> mais que, pour traiter avec les autres puissances, espagnoles; lui
et l'as-
> semblée feroient les réquisitions en commun
(1) >. Les défenseurs de l'assemblée coloniale n'ont
pu donngr aucun motif
raisonnable de cette différence Le seul qui se présente est,
que l'Espagne étant alliéede Ja France, et d'ailleurs intéressée à
ce que la colonie ne se déclarât pas
indépendante > auroit mal
accueilli les propositions qui auroient eu ce but. On se contenta
donc de lui demander des sccours au nom du
gouvernement
Français, qui, suivant la constitution, pouvoit seul entretenir
les relations diplomatiques. Mais comme on vouloit traiter directement avec les autres puissances, au nom de lapartiefianpaise de Saint-Doningue, pour faire reconnoitre cette indépendance, il falloit que les agens de la colonie fussent revêtus'
tout-a-la-fois des pouvoirs de l'assemblée chargéc de lui donner
ane constitution > et de ceux du pouvoir exécutif. Il est même
remarquable que les agens envoyés à la Jamaique et aux EtatsJnis n'ont annoncé tenir leurs pouvoirs que del'assemblée colohiale seule;ils lesfondoient sur l'acte primitif de sa constitution,
qui, 2 comme 8n l'a vu, étoit absolument étranger à la France (2).
Procès-wverbal susdit du 24 août au matin.
* Voyez P'embarras quc témoigne Page sur cet objet, 2 P. 3 de P'Analyse des pièces les plus imporrantes de la commission de SaintDomingne 2 classées suivant Pordr- des temps.
2 Voyez les lettres de l'assemblée coloniale au congrès età l'asseinblée de la Jamaique, dn 2f aoit 1791 ; le procès-verbal dudit
la lettre de Ternan au ministre des atfaireserrangères, du 28 septem- jour:
bre, et le discours de Roustan à l'Assemblée nationale, du 11 décembre 1791.
ces les plus imporrantes de la commission de SaintDomingne 2 classées suivant Pordr- des temps.
2 Voyez les lettres de l'assemblée coloniale au congrès età l'asseinblée de la Jamaique, dn 2f aoit 1791 ; le procès-verbal dudit
la lettre de Ternan au ministre des atfaireserrangères, du 28 septem- jour:
bre, et le discours de Roustan à l'Assemblée nationale, du 11 décembre 1791. --- Page 242 ---
(234)
s. XXX.
C'est sur-tout auprès du gouvernement de la
Sur-tour à les tentatives devenoient
Jamaique qu
fJ Jamaique,
importantes. Le voisinage de cett
ile, les forces maritimes de la Grande-Bretagne,
des négociations entamées avec elle par des colons probablemer d'Europe (1
durent ergager l'assemblée à ne rien négliger de ce côté-là. On
déja vu que cette proposition d'appeler les Anglais avoit suiv
l'adoption de la cocarde blanche dans la ville du Cap, aux prec
mières nouvelles du décret du 15 mai; 5 on sc rappelle qu'on an
nonçoit dans le même temps un armement de quarante - cin
vaisseaux de ligne fait par la Grande-Bretagne (2); toht
gu'on éloit bien loin, à Saint-Domingue, d'avoir abandonné indiqu 1
desir etl'espérance d'étre protégé par elle. On en trouve l'ave
aseznaldéguisé, ainsique celui des autres faits dont on vient dj
rendre compte, dans une adresse à l'Assemblée nationale, rédigé
quelque temps après par les commissaires de cette assemblée
quicraignoient sans doute quela véritédes faits ne pénétritdans1
métropole. Après avoir dépeint l'indignation que l'insurrection
des esclaves avoit produite contre Ies mulâtres et les noirs dansl
ville du Cap, on y dit : ( Ici on prend la cocarde blanche; là
> on invoque d grands cris les dnglais; d'autres prennent 1
> cocarde noire. Les mots la nation, la loi erle rai
> de la salle qu'on préparoit
l'assemblée
disparoissen
pour
générale, et uni
> main égarte par la fureur les effitce. On s'écrie que la natior
> nous livre aux fers des assassins, aux bichers des incendiaires
> gu'enfin elle a appelé sur nous tous les forfaits. Dans CC
B
jour,
qu'on croit le dernier de la colonie, dcs voix furieuses blas1 Voyez la lettre de Guiton à Billard, du 16 juillet 1791, ci-dessus
chiap. II, S XIX,
2 Voyez ibid.
> main égarte par la fureur les effitce. On s'écrie que la natior
> nous livre aux fers des assassins, aux bichers des incendiaires
> gu'enfin elle a appelé sur nous tous les forfaits. Dans CC
B
jour,
qu'on croit le dernier de la colonie, dcs voix furieuses blas1 Voyez la lettre de Guiton à Billard, du 16 juillet 1791, ci-dessus
chiap. II, S XIX,
2 Voyez ibid. --- Page 243 ---
(2 235)
phèment contre une patrie qui, bien loin de les proréger,
les aflaffine (1).>
II n'est pas inutile d'observer que c'est le 24 aont, c'est-àire, le lendemain du commencement de
l'insurrection, et le
bur même ou l'on en eutles premières nouvelles au Cap, qu'on
ota l'envoi des commissaires à la Jamaique. Voici la lettre offiielle qui fut écrite ce jour-la même au gouverneur de la colonie
nglaise.
Au Cap-Français, 24 aout 1791.
<M. LE GOUvERNEUR CÉNÉRAL,
L'assemblée générale de la partie française de SaintDomingue, vivement affectée des maiheurs qui désclent Saint-.
Domingue, a déterniné de députer vers voure excellence
lui faire la peinture de tous les maux dont Cette belle ile pour est
frappée. Les Aammesdévastent nos possessions 5 les bras de nos
nègres araéssont déj- teints du sang de nos frères." Un secours
très prompt nous est nécessaire pour sauver Ics débris de nos
fortunes déja à moitié détruites . e
Renfermés dans
nos villes, nous conservons les individus jusqu'à ce que les sccours que nous solliciions de vous nous parviennent.
B L'assembile générale sapplic votre excellence de prendre
en considération le détail que vous fera M. le Beugnet, lun
de ses membres, qui est le commissaire qu'elle a choisi
vous présenter sa demande : il vous remettra notre acte pour de
constitution (2).
1 Adresse de la partie frangaise'de Saint-I Domingue à l'Assemblée
ationale, du 5 novembre 1791, signée par les commissaires de ladite
ssemblée.
aProcès-verbaux de l'assemblée coloniale 2 du 24 aott au soir.
prendre
en considération le détail que vous fera M. le Beugnet, lun
de ses membres, qui est le commissaire qu'elle a choisi
vous présenter sa demande : il vous remettra notre acte pour de
constitution (2).
1 Adresse de la partie frangaise'de Saint-I Domingue à l'Assemblée
ationale, du 5 novembre 1791, signée par les commissaires de ladite
ssemblée.
aProcès-verbaux de l'assemblée coloniale 2 du 24 aott au soir. --- Page 244 ---
(236 d )
de la Jamaique étoit écrit
La lettre à T'assemblée générale
L'assemblée y parloit toujours seule : elle
dans le même esprit.
le caractère distinct
invoquoit la générosité, quifait, disoit-elle,
du gouver
de la nation anglaise. Il n'y étoit pas. plus question
n'y eutj jamais été soumi
nement français que si Suint-Domingue
du même mois, l'assemblée coloniale prit u
Le dernier jour
fusils et d'autres armes à
autre arrêté pour demander 15,c00
encor
des instances plus pressantes
Jamaique : elley joignit l'assemblée de la Jamiique finisso
La lettre qu'elle adressa à
attendent tOL
ces mots : ( Les habitans de Saint-Domingue
par
de leurs fréres (1). On ignore d'ailleur
> de vous, comme
l'assemblée donna à ses com
quelles furent les instructions que
missaires.
anglais éto
Ce systême de relations avec le gouvernement l'Ouest et la con
répandu dans toute la colonie. L'assemblee de
zussi, dans le nême temps
mune du Port-an-Prince envoyérent
des secours contre le
des députés à la Jamaique, der ander
du Sud entrete
hommesde couleur, et l'on verra que la province
aussi des liaisons intimes, avec la colonic anglaisc, lorsqu'o
noit
dernière
de Saint - Domin
parlera des troubles de cette
partie
colonial
Les colons blancs et les membres de l'assemblée
gue.
leurs coupables espérances
en particulier ne dissimuloient pas
dans la lettre d
cet égard: c'est ce que lon voit en particulier
En voici u
Tausias d Madame Camusat, dont on a déja parlé.
si brillante, et aujouri'he
passage (2) : K Cetecolanic.attrelbit
intérêt à quelqu
> a moitié ruinée , inspirera encore un certsin
prètera des secours et qui nous prendr
>> puissance, quinous
du 31 acût 1791. Débati
1 Procès-verbal de Passemblée générale,
dudit jour. de Tausias à mad. Camuset, du 2 septembre 1791.
2 Lettre
usat, dont on a déja parlé.
si brillante, et aujouri'he
passage (2) : K Cetecolanic.attrelbit
intérêt à quelqu
> a moitié ruinée , inspirera encore un certsin
prètera des secours et qui nous prendr
>> puissance, quinous
du 31 acût 1791. Débati
1 Procès-verbal de Passemblée générale,
dudit jour. de Tausias à mad. Camuset, du 2 septembre 1791.
2 Lettre --- Page 245 ---
(: 237 )
sous sa protection. Si, au contraire, elles subissent toutes le
même malheur 3 nous serons abandonnés de l'anivers entier, et
forcés d'abandonner et dc fuir cette terre Dans une autre
pttre du 24 septembre 1791, insérée dans les journaux anglais
u commencement de novembre, qui l'annonçoient comme écrite
u général Melville par un officier d'artillerie de la Jamaique,
lors envoyé au Cap, on dit également : A Abandonnés de tout
espoir de secours par la mére-patrie, iZ Faut absolument que
la colonie s'en sépare (4).>
Blanchelande sanctionna tous ces attentats contre la souverai- S. XXX,;
eté nationale, > sans doute plus par foiblesse que par d'autres Conduite du
gouyerneotifs. Il est difficile dc. croire qu'il ait été lc partisan sincère ment espasyftème des grands planteurs ; mais, depuis l'assassinat de gnol.
Tauduit, il paroît avoir été le jouct de tous les partis qui poubient parvenir à s'en cmparer. Les commandans des frontières
spagnoles, de quiil avoit requis des secours en hommes, , d'après
sdispositions du traité de police fait entre les cours de France
d'Espagne > annoncèrent d'abord qu'ils alloient rassembler leurs
oupes pour les faire marcher. Mais le gouverneur de la partie
*11 est remarquable que cette lettre fnt placardée à Paris par les
nissaires de P'assemblée coloniale. Mais on se garda bien d'insérer
passage dans Paffiche, qui n'annonçoit pas néanmoins de simples
ctraits. C'est ainsi que l'assemblée colonfale et ses commissaires
ommettoient sans cesse les altérations les plus graves. On se raplle celles que l'assemblée coloniale s'étoit permises, en faisant ininer au Cap la lettre de J. Raimond, du 4 mars 1791, quoique la
pie en fit certifiée par clle. Ces altérations ne se bornoient pas à
simples suppressions : on y avoit inséré des choses qui n'étoient'
1s dans l'original.
1 Traduction d'une lettre imprimée dans les papiers publics ( anlais ), et tirée du même recueil du club Massiac.
raplle celles que l'assemblée coloniale s'étoit permises, en faisant ininer au Cap la lettre de J. Raimond, du 4 mars 1791, quoique la
pie en fit certifiée par clle. Ces altérations ne se bornoient pas à
simples suppressions : on y avoit inséré des choses qui n'étoient'
1s dans l'original.
1 Traduction d'une lettre imprimée dans les papiers publics ( anlais ), et tirée du même recueil du club Massiac. --- Page 246 ---
I 238 )
espagnole, auquel les anciennes liaisons de sa cour avec cell
de France avoient donné contre notre révolution de grande
préventions 2 que la conduite de CC qu'on appeloit alors Ze
autorités populaires à Saint : Domingue n'étoit pas propre
faire cesser 7 répondit par de vaines protestations de sens:bilite
cn annonçant l'impossibilité d'envoyer des secours à la parti
française (1). Il se contenta de faire marcher sur la frontière u
corps de troapes, qui étoit ostensiblement destiné à réprimi
également les. courses des noirs et des blancs armés, lorsqu'i
sortoient du territoire français. Mais on lui a souvent reproch
une connivence mal déguisée avec les insurgés (2).
$. XXXII.
Les citoyens des Etats-Unis quise trouvoient dans la colonie
Négociations témoignérent la plus grande sensibilitéaux malheurs des habitar
dauslesEtats- du Cap, , et s'armérent pour leur défense; ils marchèrent cons
Unis.
tamment sous leurs drapeaux, tant que la ville fut bloquéc P
les nègres. Roustan, qui avoit été envoyé par l'assemblée cc
loniale à Philadelphie auprés du Congrès, voulut s'y adresserdi
rectement. Ilyprit publiquement le titre de député de la parti
française de Saint - Domingue auprès des Etats-Unia. Mais 1
vice-consul général de France et l'ambassadeur Ternan
1 qu
déployèrent d'ailleurs beaucoup de zèle pour les besoins de 1.
colonie, s'opposèrent avec raison à ces actes d'indépendance
Roustan chercha à s'excuser sur l'urgence des circonstances €
la prétendue ignorance oi étoit la colonie, à son départ,de l'exis
tence d'un ministre français aux Etats-Unis. Il osa dire que l'asI Lettre de dom Carcias de Casasola, du I1 septembre 1791. Vey
aussi celle du gouverneur de la Havane, Las-Casas, au inéme 2 du
dit jour.
2 Lettre de Blancielande au ministre dela marine, du 2 septcmbre
1791. Voyez le S dernier du chap. IV.
prétendue ignorance oi étoit la colonie, à son départ,de l'exis
tence d'un ministre français aux Etats-Unis. Il osa dire que l'asI Lettre de dom Carcias de Casasola, du I1 septembre 1791. Vey
aussi celle du gouverneur de la Havane, Las-Casas, au inéme 2 du
dit jour.
2 Lettre de Blancielande au ministre dela marine, du 2 septcmbre
1791. Voyez le S dernier du chap. IV. --- Page 247 ---
(239 )
mblée coloniale s'étoit constituée conformément auxe dicrets.
ernan nc fut point la dupe de ces excuses. Il
ans les pouvoirs de Roustan l'assemblée coloniale remarqua que
traitoit avec
s Etats- Unis comme de souverain à souverain ; qu'on
bit des rapports qui subsistoient
y par-"
depuis long - temps entre les
tais-Unis et la colonie, de l'attachement fraternel des
COpns, et des lettres de créance dont Roustan étoit mani. Ternan
rigea que Ces pièces fussent remises aux archives de la légation,
Eil en adressa copic au ministre des alfaires étrangères (I).
Le gouvernement des Etats-Unis, dont T'heureuse situation lui
ermet de ne point entretenir de troupes
f. XXXIII,
réglées, ne put fourir des secours en kommes à la colonie; mais il donna toutes les Dévouement d'un armacilités qui dépendoient de lui pour l'acquisition des denrées et teur de Bor-
:s autres objets que Saint-Domingue pouvoit trouver dans deaux,
pntinent.
ce
Dans la Caroline du sud , ou l'on avoit envoyé un député
culier, Polony 3 il ne put rien obtenir de lEtat. Le
parpondit que tous les revenus publics
gouverneur
étoientemployés à Payer les
ettes de la Caroline d'après une loi expresse, , etque le
ment étant absolument municipal, il n'avoit pu former gouverpuis six mois, un corps de 400 hommes soldés
encore, 3
sexcès commis parles sauvages dansles derrières de pour la réprimer
Georgie.
es généraux Moultrie, Gaston & Huger, qui témoignèrent le
us grand intérêt à Polony, l'engagérent à voir les
gocians de Charlestown 5 mais il les trouva remplis principaux de
ntions contre lui et contre la colonic en général. L'équipage pré- du
1 Extrait de ladépéche de Ternan, du a3 septembre 1791, adressée
mbléc PAssemblée nationale par Delessart, le 7 décembre. Lettre de l'ascoloniale au Congrès, du 24 août. Discours
arre de l'Assemblée nationale
prononcé à la
par Roustan.
gocians de Charlestown 5 mais il les trouva remplis principaux de
ntions contre lui et contre la colonic en général. L'équipage pré- du
1 Extrait de ladépéche de Ternan, du a3 septembre 1791, adressée
mbléc PAssemblée nationale par Delessart, le 7 décembre. Lettre de l'ascoloniale au Congrès, du 24 août. Discours
arre de l'Assemblée nationale
prononcé à la
par Roustan. --- Page 248 ---
(240) )
Charlestown, y avoit beaucoup exa
bâtiment quilavoit portéà
de Saint
géré les malheurs, déja si grands, de la partie française
Domingue. Peu de jours après, 9 on annonça dans la gazette d
la prise da Caps et quand cette nouvelle eut été démenti
pays
lui
le plus grand étonnement de voi
par Polony 2 on
témoigna
d'une ville aussi riche que le Cap n'eussen
que les négocians
nilettres de crédit pour faire de
envoyé ni bâtimens, ni argent,
achats Un négociant de cette partie de la France plus par
ticulièrement calomniée par les colons, l'armateur Gernon, d
Bordeaux, qui jouissoit du plus grand crédit à Charlestown e
à Baltimore, le mit tout entier à la disposition de Polony, sou
caution. Il chargea de vivres 3 prefque feul, six bâti
sa simple
de jours de diftance, au Cap. Quel
timens qu'il envoya , 'à peu
des Etats-Unis suivirent le même exemple 2 às
ques négocians
de l'assemblée coloniale n'on
sollicitation (). Les procès-verbaux
contrafle d'une ma
rien dit de ce généreux dévouement, qui
nière si marquée avec les calomnies répandues par toutes les au
constituées de la colonie contre la ville de Bordeaux.
torités
connoit
d'une manière imparfaite les négociation
On ne
que
On ignore mêmi
S. XXXIV. entamées parles colons blancs à la Jamaique.
Négociations
firent les
de P'assemblée provin
absolument tout ce que
députés
à la Jamaiqus.
commissiresanx Etats-Unis. L
* On envoya dans la suite d'antres hommes de couletir, le baron de
plusmortel cnnemi des noirs et des
d'hommes, étoi
Beauvois, qui ne leur reconnoissoit pas la qualité
de lal
du nombre 7 et l'on assure qu'ily fut Pun des premiers France. apôtres Procès
devoir être faite en
contre - révolution qu'il prétendoit
Moniteur de
verbaux de l'assemblée générale, du 11 octobre 1791.
Saintc-Domingue, du 22.
à Passemblée coloniale, du 15 septembre 1791
1 Lettre de Polony
du 27 septembre 1791.
Procès.verbal de Passemblée générale,
ciale
pas la qualité
de lal
du nombre 7 et l'on assure qu'ily fut Pun des premiers France. apôtres Procès
devoir être faite en
contre - révolution qu'il prétendoit
Moniteur de
verbaux de l'assemblée générale, du 11 octobre 1791.
Saintc-Domingue, du 22.
à Passemblée coloniale, du 15 septembre 1791
1 Lettre de Polony
du 27 septembre 1791.
Procès.verbal de Passemblée générale,
ciale --- Page 249 ---
(241 )
cjale de T'Oueft et de la municipalité du Port-au-Prince,
ailérent à-peu-près dans le même temps que ceux de l'assemblée guiy
coloniale. Qnant à ceux-ci, on ne sait guère de leurs premières
démarches que ce quien e'st dit dans les papiers publics de la
Jamaiqné, trariscrits dans ceux de Londres, et dans les copies
envoyées parl'assemblée coloniale à ses commissaires en France,
On n'y trouve, sais doutt, que les pièces ostensibles, quisont des
guides bien peu sûrs pour donner la connoissance des négociations, lois sur-touf qu'elles sont eniamées par un pays cherthe à se rendre inde, endant du gouveriement
qui
soumis)
auquel il étoit
jusqu'alors. On n'a que trop vi que c'étoit-là lc but d'uns
grande Partie des colons blarics et de la majorité mème de l'assemblée coloniale. II est impossible que le cabinet britannique
n'ait pas prevu, du plus au moins, 3 la crise quise manifesta dar's
la pariié frangaise de Saint Domingue au mois d'aodt 1791. Ait
surplus, on ignore quelles sont les instructions qu'il put adresser
ila Jamaique, L'affreux machiavélisme qu'ii a manifesté
les temps postérieurs a donné fieu de
daris
semblant d'accordet
soupçonrier qu'il ne ft
quelqués secours aux blancs de Saint Tomhingue que pouravoir occasion d'y envoyer des explorateurs, ct
peut-être de nouveaux alimens de troubles. Mais rin ne constate
an pareil fait, ct ceux que lon décrit ne dépriment que
la nature humaine
trop
pour qu'on s'expose encore à la calomnier, o
en asserant que les gouvernemens même les plus corrompus sont
loujours bonséquens dans.le mal. L'étitdelacolonie étoit si déplo-
-i.quenPisandonrant à eile seulal-Anglelersnien.
avoir à craindre de long-temps la tivalité: il éfoit facile devoltpas de voir
au milieu de l'anarchie et de la guerre civile qui désoloient la
partie française de Saint
Domingue $ queles blancs n'avoient ni
Penergie. ni la prudence 3 ni sur- tout l'union nécesszire pout
réussir à sc rendre indépendans de la métropole, Ces considiraRap. de G. Coulon, Tome IX,
Q
-Anglelersnien.
avoir à craindre de long-temps la tivalité: il éfoit facile devoltpas de voir
au milieu de l'anarchie et de la guerre civile qui désoloient la
partie française de Saint
Domingue $ queles blancs n'avoient ni
Penergie. ni la prudence 3 ni sur- tout l'union nécesszire pout
réussir à sc rendre indépendans de la métropole, Ces considiraRap. de G. Coulon, Tome IX,
Q --- Page 250 ---
(242)
britannique de favoriser
tions
purent empécherle gouvernement des colons blancs contre la
ostensiblement l'esprit de révolte
mère-patrie.
septembre 1791, l'envoyé
Suivant unelettre de Kingston,du3s arriva seul à laJamaique
de l'assemblée coloniale, le Beugnet,
il remit l'arrêté
août. Le gouverneur Efingham, a qui
lc 31
sa commission > qu'on ne connoît
de l'assemblée coloniale >
assembla aussitôt
et la proclamation de Blanchelande ,
le même
pas,
auquel assistèrent l'amiral Afleck,
un conseil de guerre
de l'ile 2 le général Williamqui a depuis conquis une partic
roi Georges, le Beugnet
son, qui en a été le gouverneur pourle Effingham, après avoir téautres Français. Lord
et quelques,
aux malheurs de la partie française
moigné la part qu'il prenoit
n'étoit pas en son pouvoir de
de Saint- Domingue, déclara qu'il
il le pourroit, la prudisposer d'un seul hommes 5 que > quand faire dans de telles cirdence lui imposeroit la loi de ne le pas
des nègres étoit
et dans une colonie oi la licence
constances,
Mais le conseil de guerre accorda à le
presque au comble.
des armes, des munitions et
Beugnet la permission d'acheter
même directement
des provisions (1)- Le gouverneur de envoya balles. On arrêta en outrel
zu Cap 5c0 fusils et 15c0 livres
destinées pour TAnles deux frégates la Daphné et PAlert,
que
jours, et qu'un
gleterre, mouilleroient au Cap pour quelques la colonie le
troisième bâtiment y resteroit aussi long-temnps que
jugeroit nécessaire.
de la Jamaique étoit en vacances; le paquet qui
L'assemblée
dans le
Lettre de
: extraite de la gazette anglaise,
Kingston Lettrede le Beugnet au président de Passemrecueil du club Massiac.
biée générale, du 5 septembre 1791.
et PAlert,
que
jours, et qu'un
gleterre, mouilleroient au Cap pour quelques la colonie le
troisième bâtiment y resteroit aussi long-temnps que
jugeroit nécessaire.
de la Jamaique étoit en vacances; le paquet qui
L'assemblée
dans le
Lettre de
: extraite de la gazette anglaise,
Kingston Lettrede le Beugnet au président de Passemrecueil du club Massiac.
biée générale, du 5 septembre 1791. --- Page 251 ---
(243)
lui étoit adressé fut ouvert par M. Brian Edward,
le
qui en étoit
président : il le communiqua à tous les membres de l'assemblée qu'il put réunir, et contribua beaucoup, par ses sollicitations, aux secours accordés par le gouvernement. Il partit même
avec le convoi pour le Cap.(1)
On peutjuger de l'efprit dans lequel les Anglais venoient dans
la colonie, et de celui qu'ils y trouvérent parmi les
f XXXV,
la lettre déja citée de cet officier de la garnifon de blancs, par Secours acla Jamaique, cordés par
qui, arrivé fur le convoi anglais, durivoit à
cctte âle.
> Falloit absolument
Za
Londres, ( qu'il
que colonis, abandonnie de tout
> poir de secours par la mire-patrie,s'on
ésseparst.s >
en soit, l'amiral Afleck mouilla au Cap, le 21 septembre Quoiquil
avecses trois batimens; ; il portoit des lettres de Lord
1791,
et dela commission intermédiaire à l'assemblée
Efingham
coloniale
suivant ses
,qui,
procds-verbaux, < renfermoient les
> plus grand intérêt pour lz colonie, et leur témoignages du
>> voir la secourir d'une manière
regret de ne poupius utile *. Ils furent
avec la plus grande cordialité par toures les autorités constiteées reçus
et accompagnés dans l'assembléc coloniale
par Blanchelande. Le
président, qui étoit toujours le narquis de Cadusch, voulut bien
parler enfin de la mère-patrie 5 mais ce fut pour faire une
paraison injurieuse pour elle de sa conduite avec celle de com- la
Jamaique:i ili reprocha àla France
dont elle ignoroic les
den/avdispasausela. colonie,
malheurs, et qui n'avoit pas même voulu
instruire, durant plus de deuxsemaines, les autres iles
de SCS désastres. ec Quel parallele, lui
françaises
dit-il, nous pourrions
a Eztreit d'une lettre
tramsnisea Delessart dERiagloms@re-ile. Gomer
duy yseptembre 1791;
cab Hassiac, du 4 novemabre. par
Sutkertand. Willes de ce deraler
Qa
heurs, et qui n'avoit pas même voulu
instruire, durant plus de deuxsemaines, les autres iles
de SCS désastres. ec Quel parallele, lui
françaises
dit-il, nous pourrions
a Eztreit d'une lettre
tramsnisea Delessart dERiagloms@re-ile. Gomer
duy yseptembre 1791;
cab Hassiac, du 4 novemabre. par
Sutkertand. Willes de ce deraler
Qa --- Page 252 ---
(244)
et celle des autres nations t. 2
D faire entre votre générosité
croire à des résultais aussi
n'a jamais pu
> La France régénéréc
De
facheux; ; elle n'a pas pensé à nous en garanur.
quand eile apne sera-t-elle pas frappée,
A quelle admiration
n'existerions bientôt plus pour
> prendra que sans vous nous
des
au mination >. L'assemblée vota
remerciemens
> ducuné
au gouvemeitjal l'amiral
nistre Pitt, à l'amirauré d'Angleterre,
et à l'assemblée générale de la Jamaique ().
La iettre à Pitt est à ped-près la seule que l'on connoisté.
dans les
de l'assemblée générale ;
Elle se trouve
proces-verbauz
sa date reculce, 2 qui est du 25 septembre 1791, , elle
et malgré
des sentimens d'affection pour le gottne laisse que trop percer
celui de la mère-patrie.
vernement anglais et d'aversion pour
de l'incendie, y cst-il dit, nous avons
a Dès le commencement
Les Anglfs sauls ont fait
nos voisins à notre secours.
A appelé
fareur; ils ont
nous les foibles
2 des efforts en riotre
partagéavec
d'un mal
avoient pour défendre leurs possessions
> moyens qu'ils
les soins que les philanthropes
2 qui peut devénir général par doctrine. : Recevez donc,
* prenneht pour propagerleur auroil les essurances de la reA monsieur, et veuillez présenter
Saint-Domingue voue à jamais salAngleterre,
A connolssance que
monirée au-dessus de toute poiuique
> dont la générosités'ef
vetir disputer aux Aammes 3
D ct de toute considération, pour
afisé
étoit
les restes d'une ile dont lasplendeur
> s'il
possible,
de la France dans le commerce (2).
à judis la prépendirance
de Kingston, dut 17srptenbre 1791 3 ibil. Procès-verbaux
1 Lettre
des 14, 21,2f, 26 et 30 septembre 1791.
de Vassen:blée génércle,
du a5 septemnbre au
a Precds - verbaux de Vassemblée gémérale,
soir.
isé
étoit
les restes d'une ile dont lasplendeur
> s'il
possible,
de la France dans le commerce (2).
à judis la prépendirance
de Kingston, dut 17srptenbre 1791 3 ibil. Procès-verbaux
1 Lettre
des 14, 21,2f, 26 et 30 septembre 1791.
de Vassen:blée génércle,
du a5 septemnbre au
a Precds - verbaux de Vassemblée gémérale,
soir. --- Page 253 ---
(245)
Ces secours, donnés et reçus d'une manière si po.mpeuse, se
réduisoient, comme on l'a vu, à forkapeu de chose, etne produi: Négociations s. XXXVI.
sirent presque aueun effet. L'assemblée coloniale voulut ensuite ultérieures,
faire un emprunt à la Jamaique : elle offritles conditions les plus
arantageuscs aux préteurs, ct le rembour.ement dans quatre
années, en piastres, denrées ou traites sur France,'au choix du
prèteur (1). Deux autres députés à l'assemblée coloniale, Rabotcau ct Berault, furent chargés de cette mission. Ils Fo:térent
avec cux les lettr $ les plusinstantes de l'assemblée eau lord Efingham, qui mourut dans cet intervalle. Ils ne purent absolument
rien oblenir. Le nouveau commissaire de l'assemblie coloniale,
Raboteau 1 prétendit trouver la principale cause du mauvais
succès de sa négociation dans les propos incon:idérés du
taine d'une corvelte
capifrançaise s Boisgelin, qui vint alors de
Saint-Domingue à la Jamaique, çt qui représenta la colonie
çomme absolument perdue, etl'assemblée générale comme composée de gens sans consistance, sans moyen et sans foi. Mais il
remarque aussi que l'un des plus chauds partisans de l'assemblée
coloniale, le négociant Lindo, ayant avancé personnellement
25s0 piastres gourdes au précédent commissaire Lebeugnet, lz
letre-de-change tirée par ce dernier ne fut ni acceptée, ni
payée, malgré la décision contraire de l'assemblée coloniale
Enfin l'assemblée coloniale arrêta de demander au
gouver1 Mémoire de l'assemblée générale concernant l'emprunt à la Jamaique, du 26 septembre 1791.
2 Extrait des registres de T'assemblée coloniale, du
au matin,du 25au soir, 26 au matin, ct du 28
2f septembre
de l'assemblée coloniale à lord Elfingham, du septembre 1791. Lettre
de Raboteau à l'assemblée
14 octobre 1791. Lettres
18 décembre
coloniale, des a0 novembre, 5, 16 et
1791.
Q 3
l'emprunt à la Jamaique, du 26 septembre 1791.
2 Extrait des registres de T'assemblée coloniale, du
au matin,du 25au soir, 26 au matin, ct du 28
2f septembre
de l'assemblée coloniale à lord Elfingham, du septembre 1791. Lettre
de Raboteau à l'assemblée
14 octobre 1791. Lettres
18 décembre
coloniale, des a0 novembre, 5, 16 et
1791.
Q 3 --- Page 254 ---
(1246.)
de la Jamaique les nègres de la Montagne-bleue, qui forneur
une troype destinée a réprimer les negres
ment, dans ceijeile,
disposé à lui acrebelles. C'est le seul objet qu'on parut
corder. Mais on eut enfin le bon csprit de sentir le dangercuz
effet d'une parcilie ressource; les nègres de la Nontagneuleue
ne furent point envoyés à Saint- Domingue ()-
sculement
l'assemblée coloniale tourna les yeux
%, XXXVIL.
C'est alors
que
lui demander dcs secours sur lesquels
Arrêté contre vers la mére-patrie, pour
rivale.
la liberté de
compter de la part d'une puissance
I presse, elle ne posvolt plus solemnellement le 4 septembre 3 jour
Elle s'étoit fait installer
dut être
ou le serment d'union qu'elle avoit adopté à Léogane (e)
vertu de ses arrêtés, dans toute la colonic. A compter
prété en
à tenir des séances publiques qui
de cette époque, elle commença
entremélées presque tous les jours de comités
furent néanmoins
ainsi dire
secrets; mais clle rendit cette publicité partielle, pour
pioscrivant de nouveau la liberté de la presse par
illusoire,en
dit le
de ce
olemnel. K Un membre,
procès-verbal
un areié
incalculables
la liberté de
3 jour.lk, - exposé les malbeurs
que
2 multipliés à Saint - Domingue. Il a demandé qu'il
> Za presse
et autres,
à tout Hbraire,imprimeur
> fit difendupro-holuement
ia
vendre ou distribuer aucun écrit concernan:
> de publier 1
et tous les événemens ou systèmes poli9 révolution frangaise
a Saint- Domingue, ou contraires à son réa tiques étrangers
a ginte.
1 Procès-rerbans de lasseniblée coleniale, du 25 septembre au soir.
Lettres de Raboteau à l'assemblée coloniale, des 16 et 18 décembre
1791.
ci-dessus le S V. Vovez anssi la lettre de l'assemblée co2, Yorez
oniale a Blanehclande, > du 1 sepiembre 1791.
i9 révolution frangaise
a Saint- Domingue, ou contraires à son réa tiques étrangers
a ginte.
1 Procès-rerbans de lasseniblée coleniale, du 25 septembre au soir.
Lettres de Raboteau à l'assemblée coloniale, des 16 et 18 décembre
1791.
ci-dessus le S V. Vovez anssi la lettre de l'assemblée co2, Yorez
oniale a Blanehclande, > du 1 sepiembre 1791. --- Page 255 ---
(247 )
> L'assemblée, après la plus ample discussion, arrête
visoirement, et jusqu'a ce qu'elle ait statué déinitivement que prola liberté de la presse, elle défend à tous libraires,
sur
imprimeurs,
colporteurs, et généralement a toutes personnes résidantes daus
> la colonie, y arrivant , de vendre, imprimer, distribuér
Oil
) donner aucun écrit relatif aux affaires politiques et à la
A révolution frangaise.
> Le présent arrêté sera exécuté, fous peine, contre les contrevenans, d'étre poursuivis et punis comme pertubateurs et
incendiaires publics (1). >
C'est dans le discours tenu par le président à cette installation f, XXXVIII,
qu'ilfut, pour la première fois, 2 question de la mère patric ; mais Installation
alorsi même on n'en paria que pour critiquer avec amertume toute solemnellede
Iz révolution, et sur-tout le décret du 15 mai. Voici
Passemblée
quelques coloniale.
lignes de Ce discours : e La France,gouvemés jadis par des's rois,
30 a voulu réformersa constitution et faire elle même ses lois.
a Les Etats - généraux convoqués se sont bientôt changés en Assemblée nationale ; elle a proscrit la distinction des ordres;
elle a annoncé les droits de l'homme, et en a fait la base de sa
constitution...
> Nous étions Français; et quoique nous n'ayons pas été
appelés aux Etats - géncraux, , nous n'en avons pas moins cru
devoir participer à la régénération qui sembloit se préparer
pour tous les Français. Les ordonnances les plus rigourcuses
n'ont pu nous empécher de nous réunir pour nous communiquer nos maux et essayer de rétablir nos droits. Nous avons
1 Procès- verbaux de l'assemblée générale, du 3 septembre
Journal des dabats de l'assemblée générale dudit jour. Débats 1791. dans
Taffaire des colonies, tome. I,I P. 132.
Q 4
er à la régénération qui sembloit se préparer
pour tous les Français. Les ordonnances les plus rigourcuses
n'ont pu nous empécher de nous réunir pour nous communiquer nos maux et essayer de rétablir nos droits. Nous avons
1 Procès- verbaux de l'assemblée générale, du 3 septembre
Journal des dabats de l'assemblée générale dudit jour. Débats 1791. dans
Taffaire des colonies, tome. I,I P. 132.
Q 4 --- Page 256 ---
(248 )
avoir des
les sénatéurs français : sans
> veula
représentans parmi
* attendre que nous fussions réunis, sans nous étre suffisamment
été
ct nous n'avons pas
* consulter, notre ccnfiance a déleguée,
7 pesélesi inconvéniens qui en pourroient résulter
: elie
à délibé-
> 11 se forma une assemblée générale
commença
la
de la colonic. L'As-
> rer sur ce qui convenoit à prospérité
de sen
s'cn étoit occupée; mais de
> semblée nationale,
côté,
> fintales instructions nuisirent au bien qu'elle s'étoit sans doute
> proposé de nous faire. La base de sa constitution ne pouvoit
>> servir à élev r la nôtre. L'assemblie générale a donc pose
* des bases qui conçrastoient ayec les principes dp PAcsembléc
2 natienale, mais qui peuvoient assurer Za tranquilligé de Ce
> pays; les motifs n'en ont pas été, sentis par tout le monde
> les opinions ont été divisées; le trouble a régné, L'assemblée a
> été dissoute par celle qui cxerce la souverzineté nationale. La
> g.upeur régnoit parmi nous, en attendant que des instructions
D bien long -temps annoncées vinssent fixer noire sort : a leui
x place, 2 un dioret disagtreur, conséquence nécessaire dd
> celui des droits de Phomme, nous est annoncé ; justifiar,
% Ics craintes de l'asseub'e- dissoute, il a fait du moins recon:
> noitre la pyretd de ses intentions, et la réunion de toutes le:
> opiaions & produit l'union des esprits. A la première nouvelle
éclatent
a
doccfucifrmany
le zèlc et le patriotisme
de
B ICLICS parts (1)-2
On a déja vu que ce zèle et ce patriotisme avoient consisté a
ubjuic: tous les rapparts avec la méiropolc, à arbore, les signet
X
Piocès-verbal dy 4 ceptembre 1791, P. 55. Yoyez gugsi calui de
septembre.
& produit l'union des esprits. A la première nouvelle
éclatent
a
doccfucifrmany
le zèlc et le patriotisme
de
B ICLICS parts (1)-2
On a déja vu que ce zèle et ce patriotisme avoient consisté a
ubjuic: tous les rapparts avec la méiropolc, à arbore, les signet
X
Piocès-verbal dy 4 ceptembre 1791, P. 55. Yoyez gugsi calui de
septembre. --- Page 257 ---
( 249 )
de la çontre-révolution et à faire des préparatifs
les forces venant de France.
militaires cantre
Le président finit son discours par inviter
la plus intime, ct la prémunir
l'assemblée à l'union
contre les
a ses projets
çraintes gu'en opposoit
d'indépendance. k Vous peserez sans doute, dit-il
encore, dans votre sagesse,
.
jemais di Labrides
Messieurs, si pour vous mectreà
entreprisesconere vos
attendre ou non du dehors les lois qui imérdu,vousdavez doivent
l'avenir . : : . Vous verrez si ces lois
vous régir a
- ginécs loin du
peuvent étre imapaysquidoity être soumis, ct par des hommes
qui, quoiqu'éclairés sous beaucoup de
sent absolument
rapports, ne connoisaucun de ceux sur lesquels on peut établir
tre régime constitutionnel; vous déciderez si la
voceux qui étoiene en France censés
présence de
placer vetre assentiment,
vos députes, peut remet si vous pouvez croire Saint- Domingue lié par leur assistance au sénat français.
> La réfexion, les événemens et la présence du
ont éveillés; vous allez établir vos droits oublits danger vous
vous les établirez avec
ou violés, et
dans Ie sentier de l assurance .
- Quand en marche
droits, la
justice, quand on ne jouit que de sCs
crainte devroit- elle avoir encore de
les ames ? Je vois cependant
le
l'empire sur
forcea n'a
que sentiment de nos propres
pas encore pu la dissiper sans retour
: - - (i)s.
Malgré tout ce que les çolons blancs ont écrit
ande, son discours eft le seul de
contre Blanche- S. XXXIX.
'on recennoisse
ceux tenus à cette époque
Mesuresbarencare les liens qui unissoient
otj bares contre
aFrance.llyd demande à tous les bons
Saint-Domingue à les
Frangais de Pile de l'aider
émigrau
d'Eurspe.
4 Proces-verbaux de l'assemblée
générale, 3 du 4 septembre 1701.
ons blancs ont écrit
ande, son discours eft le seul de
contre Blanche- S. XXXIX.
'on recennoisse
ceux tenus à cette époque
Mesuresbarencare les liens qui unissoient
otj bares contre
aFrance.llyd demande à tous les bons
Saint-Domingue à les
Frangais de Pile de l'aider
émigrau
d'Eurspe.
4 Proces-verbaux de l'assemblée
générale, 3 du 4 septembre 1701. --- Page 258 ---
( 250 )
de toys leurs moyens; comme représentant du roi, ily.proteste
au nom de tous les militaires et au sicn, d'un dévouement absolu
Zz pacrie dont cette colonie fait kne partie bien intéressant
Le mot de colonie ne sc trouve même pas dans le discours di
fois plus long du président de l'assemblée générale (1). Le
préventions contre Ia mdtropolsétoient telles, que, surla simpl
lecture du passage d'une lettre adressée de France à un habitar
du Cap,qui, en annonçant de nouveaux dangers pour cette ville
recommandoit la surveillance contre les émigrans d'Europe
l'assembiée coloniale elprit l'arrêté le plus violent contre cux. O
ordonna le renvoi en Europc de ccux quin'auroient, dans le pays
ni propridté ni proches parens, lors même qu'ils seroient portcur
des procurations des propriétaires. En attendant ils furent con
signés à bori des navires qui les avoient amenés; et comme :
cette rigueur exercée par des Français contre des Français inno
cens n'eit pas été sufisante, onles renferma quelque temps aprè
dans des prisons oi ils furent traité:avec une dureté qui ne seroi
justifiable ni pour des prisonniers de guerre, 3 ni même pourde
criminels (2).
Cetfe rigueur rse perpétua pendant plusieurs mois jusqu'a ala
rivée des commissaires civils. Ceux qui en étoient l'objet n'a
vrient d'autres moyens de s'y soustraire qu'en s'enrôlant dans le
trompes destinées à marcher contre les negres, et l'on employoi
toutes sortes de mauvais traitemens pour les y déterminer. O
peut jeger de la manière dontces infortunés étoient traités, pa
l'adresse que plusieurs d'entre cux frent à l'Assemblée nationale
I Ibid.
2 Extrait de Ja séance du 9 septembre 1791. Procès-verbal de l'as
semblée générale dudit jour.
straire qu'en s'enrôlant dans le
trompes destinées à marcher contre les negres, et l'on employoi
toutes sortes de mauvais traitemens pour les y déterminer. O
peut jeger de la manière dontces infortunés étoient traités, pa
l'adresse que plusieurs d'entre cux frent à l'Assemblée nationale
I Ibid.
2 Extrait de Ja séance du 9 septembre 1791. Procès-verbal de l'as
semblée générale dudit jour. --- Page 259 ---
(251 )
ii fut imprimée dans les temps, et dont les détails n'ontjamais
6 contredits, quoiqu'elle ait été de nouveau represontéc dans
sdibats des colonies : K Ce sont, > y est-il dit, les passagers
amends de France dans la colonie pour diverses vues, qui vent
présenter à votre justice l'exposé conna et veriable das manx
qu'on leur a fait souffrir à l'époque de cette malbeureuse circonstance (l'insurrection des megres.), sans avoir dgard aux
passe-ports qu'il ontapportés de France, et anx recomimandations et siretés qu'ils ont offertes inutilement. A peine arrivés
dans la rade du Cap français, nous avons été consignés à bord
de nos navires respectifs 3 et cette privation de liberté.n'a été
qu'unprélude des souffrances qu'onnous a faitendarerdepuisle
21 du moisdeseptenine.Nous avons été conduits au fortPicolet,
odl l'on nous a laissés 48 heures sans nous donner des vivres.
Dans la nuit du 22 au 23, nous avons été transférés dans la
chapelle de T'hôpital de la Providence, oi nous sommes encore
détenus jusqu'à ce qu'il plaise à nos tyrans de terminer nos
souffrances par notre expulsion. Vollà le sort affreux que nous
font éprouver des gens injustes ct cruels, qui, abusant du titre
sacré de la loi, ont cru pouvoir sans doute se venger sur nous
des maux dont nous ignorions même la possibilité. Leur vengeance. nes'est pas bornde à notre détention. Une nourriture
malsaine, un air putride et vicié, L'habitation d'un hopital
et le méphitisme des ordures que nous étions obliges de faire
dans P'endroit méme : voilà les dangers auxquels notre santé
aété exposée, après -une-dure traversée, dans un climat brir
lant, qui demande tant de ménagemens pour les nouveaux
arrivés. Plusieurs d'engre nous ont été griévement malades,
et peu s'en est falla qu'ils n'aient succombé sous tant de maux
réunis..
Lcs colors vouloient des victimes; et comme ils
attricuent à vOS décrets la cause de leurs maux > il leur a sans
endroit méme : voilà les dangers auxquels notre santé
aété exposée, après -une-dure traversée, dans un climat brir
lant, qui demande tant de ménagemens pour les nouveaux
arrivés. Plusieurs d'engre nous ont été griévement malades,
et peu s'en est falla qu'ils n'aient succombé sous tant de maux
réunis..
Lcs colors vouloient des victimes; et comme ils
attricuent à vOS décrets la cause de leurs maux > il leur a sans --- Page 260 ---
(252 )
doute été bien doux d'exercer leur vengeance sur de malhe
dont les papiers et les passe-ports portoie
> reux Français
entière soumission aux lois (1).
> l'emptcinte d'une
celui
en I
Une note mise au bas de cette adresse par
qui
les détenus ne purent la rédiger que
le porteur annonce que
de leurs gardes. Les pétitio
nuit en trompant la surveillance de fers quelques mois après (:
naires arrivèrent à Brest chargés
fut bien convaincu de Tinuti ité C
.. XL.
Ce ne fut que lorsqu'on
du
de la J
Recourstar- tentatives qu'on avoit faites auprès gouvernement
arrivée des commissais
difalamère- maique,, quand on redouta laprochaine
long-temps étoie
patric.
çivils et des troupes de France, qui depuis
enfin
comme deyant venir avec eux, qu'on songea
annoncées
de la situation oi se trouvoit Sait
instruire la mere-patrie
lassemblée générale arri
Domingue. Dèsic gseptembre 1791, arrèté fut pris sur la deman
d'envoyer un aviso en France : cet
d'abo
Blanchelande;. mais T'exécution en fut surpendue,
de
d'attendre le résultat des négociations entame
sous le prétexte
hommes de couleurs, puis sous dive
dans l'ouest avec les
jours aprèsl
du même mols, cinq
autres prétentes,junquauso.
me
rivée du convei venant de la Jamaique : encore plusieurs
demandoient-ils de nouveau l'ajou
bres de Yassemblee générale
d'envoy
dans le même temps on arrêta
nement. A-peu-près
de l'assemblée générale pour y ec
en France des commissaires
liciter des secours (3).
détenus dans la chapelle de la Pi
1 Adresse de divers particuliers dans la nuit du 2 au 3 octobre 1791. Debi
vidence au Cap-francais des çolonies, tome I, P. 133 ct suiv,
dans T'affaire
2 Ieid. P. 411.
tirées des archives de
3 analyse des pièces les plus importantes
temps on arrêta
nement. A-peu-près
de l'assemblée générale pour y ec
en France des commissaires
liciter des secours (3).
détenus dans la chapelle de la Pi
1 Adresse de divers particuliers dans la nuit du 2 au 3 octobre 1791. Debi
vidence au Cap-francais des çolonies, tome I, P. 133 ct suiv,
dans T'affaire
2 Ieid. P. 411.
tirées des archives de
3 analyse des pièces les plus importantes --- Page 261 ---
(253 )
Quand on fut revenu de la première impression de terreur $. Xr1.
roduite au Cap par l'insurrection des nègres, on vit bien qu'on Barbarie ded
avoit pas à craindre pour cette ville. Les blancs eutent l'avan- mesures pridens presque toutes les actions qui eurent lieu autour du ses contre led
age
insurgés,
ap. Bientôt mêmne la sécurité la plus funeste succéda à la preière frayeur; elle produisit un relichement dans le service
ilitaire. L'assemblée générale accordoit fi facilement des secouzs
Ix réfugiés de cette ville, dont elle faisoit les fonds dans des
aites qu'elle tiroit sur la mère-patrie que la plupart d'entre
ux, malgré leur haine contre les nègres, ne songeoient pas
êe à reconquérir les possessions dont ils avoient été diouillés, Il fallat faire, dès les premiers temps, ics réglemens
s 2 plus sévères pour assujettir les habitans au service, quand
S équipagesdu commerce français, ceux mêmc des États-Unis,
zoient la générosité de s'y soumettre. On crut qu'on étcufferoit
révolte par le supplice des nombreux prisonniers qu'on faisoit
des négres du Cap quit témoignoiant quelque insubordination ;
ir-tout on dressa des échafauds, on institua des commissions
révôtals; il y en avoit une au Cap, composée de plusieurs
nambres, une à chaque armée de la province du nord, et
lusieurs encore dans diverses vil'es. Enfin, on autorisa chaque
aroisse à en établir une(1). Le jour de l'installation solemnelle
el'assemblée générale, oi tous les corps assistèrent, le président
Iressa laj parole auxjages, et ce fut uniquement pourleur recomommission de Saint - Doningue, 9 P. 13. Lettre du Cap, du 13sepmbre 1791, dans le recucil Massiac. Procès-verlanx de l'assemblée
fnérale,desy, 11 ct 25 septerabra 1791. Journal des débats pour les
semesjours.
I Lettre ie l'assemblée coloniale la municipalits des Cayes, du
3 août 1791.
Iressa laj parole auxjages, et ce fut uniquement pourleur recomommission de Saint - Doningue, 9 P. 13. Lettre du Cap, du 13sepmbre 1791, dans le recucil Massiac. Procès-verlanx de l'assemblée
fnérale,desy, 11 ct 25 septerabra 1791. Journal des débats pour les
semesjours.
I Lettre ie l'assemblée coloniale la municipalits des Cayes, du
3 août 1791. --- Page 262 ---
( - 254)
mander la plus grande rigueur Malgré l'atrocité des lois
servées dans la colonie, 2 ils ne furent que trop fidèles à cette
commandation. Quoiqu'un grand nombre des prisonniers eut
force de marcher avec les insurgés > presque tous étoient ind
tinctement condamnés a mort. Chague jour étoit marqué par
boucheries de ces malhcureux. Il y avoit en permanence sur
place du Cap cinq potences, et deux échafauds pour le suppl
de la roue (1).
L'atrocité de ce dernier supplice ne sufisoit pas pour satisfa
la fureur des blancs: plusieurs des prisonniers furent brulés vi
ct ces affreux supplices étoient souvent précédés de la questic
même préparatoire, dont Tusage subsistoit toujours à Saint-I
mingue, malgré les décrets humains de l'Assemblée constituan
L'assemblée coloniale avoit donné une nouvelle sanction à
crime juridique en envoyant des commissaires pour y assist
On'lit dans les procts-verbaux de l'assemblce coloniale < que,
D la demande de MM. les officiers de Ia commission prév
>. tale, l'assemblée arrêta que toutes les fois qu'ils jugeroient I
9 cessaire de faire appliquer quelques accufés à la questio
> deux membres de P'assemblée; provinciale assisteroient comr
4 Voici cC diccours : e Mescieurs de justice, vous appesantiss
1> avec regret le Siaive qui vous est confié; mais quand les honmn
4) sont pervers, Ia loi qui pmit les crimes, ies confend : soyez doi
a impassibles comne elle; scngez que cest servir son pays que d'c
terminor les brigands. Si la laipeut sonfrir quelques adoucissemens,
a r'est gue guand elle porie SIr des cisayeas malkeureus. >
1 Déclaration cotée AA, 148 de l'inventaire des commaissaires
Jassembtée coloniale, etc. Proces-verbal de l'assenblée colcniale,
a5 anut 1791,cfet 15 septer embre178), etc. Lettre au général Md
viile du Cop, CA ae septemtie 1791 dans le recueil du club Mal
2:r
la laipeut sonfrir quelques adoucissemens,
a r'est gue guand elle porie SIr des cisayeas malkeureus. >
1 Déclaration cotée AA, 148 de l'inventaire des commaissaires
Jassembtée coloniale, etc. Proces-verbal de l'assenblée colcniale,
a5 anut 1791,cfet 15 septer embre178), etc. Lettre au général Md
viile du Cop, CA ae septemtie 1791 dans le recueil du club Mal
2:r --- Page 263 ---
(255 - )
commissaires, sur l'avis qui leur en seroit donné par MM.
de la commission prévôtale ( 1 ) X. Enfin la grace même de
peux à quil'on accordoit la vie, lorsqu'ils mettoient vas les armes,
toit accompagnée d'une circonstance presque aussi cruelle que
a mort, par l'affreuse image qu'elle offroit aux yeux. Sous
prétexte € qu'ils seroit tris-impulilique, en faisant rentrer ces
nègres sur Phabitstion de leurs maitres, de les confondre
avec ceux qui n'aurolent participé cn aucune façon à la révolte, l'assemblée arrêta encore queles negres qui,ayant mis
bas les armes, 2 ne seroient pas mis à mort eur-le-champ, seroient > avant d'èire réintégrés sur les habitations de leurs
maîtres, margués sur lejoue d'une étampe à feu, portant
la lettre R. (2) ). Cas mesures atroces produisirent l'effet
u'on en devoit attendre; elles mirent la férocité dans tous les
ceurs. Souvent on n'attendoit pas que les prisenniers amenés
u Cap fussent condamnés par la commission : les brigands réandus dams les camps ou dans cette ville les massacroient sans
prme de jugement. C'est ainsi, Cc qu'il paroit, que périrent
:s quatre-vingts qui furent pris lors de la première affaire.
Des esclaves fidèles 2 fuyant les insurgds' qui forçoient les
teliers de marcheravec eux, furent traités de la même maière (S).
rExtrait des registres de Fassemblée générale, du 1 septembre au
bir.
2. Ibid. séance du Aseptembire au maiic.
3 Rapport de le Bengue: dans Pexicait de la gazeite anglaise", reucilli par le club MAbslic. Leitre datée du Cap, du 13 sepiembre
91, dans ie môme recueil, Débuts dans Palliire des colonies, tome
Dage
ient les
teliers de marcheravec eux, furent traités de la même maière (S).
rExtrait des registres de Fassemblée générale, du 1 septembre au
bir.
2. Ibid. séance du Aseptembire au maiic.
3 Rapport de le Bengue: dans Pexicait de la gazeite anglaise", reucilli par le club MAbslic. Leitre datée du Cap, du 13 sepiembre
91, dans ie môme recueil, Débuts dans Palliire des colonies, tome
Dage --- Page 264 ---
I ( a 256 )
tenoient toujours la campagne. Ils sembloien
Mais les nigres
les cupplices ct la Ferte de ceux qui pétis-oier
se mulliplier par
combats. De nouveaux ateliers venoier
journellement dans les
réunir à eux. Ils forçoient à marcher ceux quivou
sans cèsse se
ies
d'abord à braler lct:
loient rester tranquilles, en
obligeant
habitations. Bientôt ils acquéroient par Texpérience
propres
Phabitude du service militaire et d'ur
l'exemple des blancs,
trouvé des pièces de campagr
espèce de tactique. Ils avoient
calibre dans les po tes dont ils s'étoient emparé
et une de gros
le commerce interlope qu'i
ils se procurèrent des munitions par
de
autr
faisoient avec les Espagnols et les bàtimens quelques
étoient d'une telle ignorance dat
nations () On assure, qu'ils
les canons en mettant 1
le commencement, qu'ils chargeoient ensuite. Mais ils s'instru
bouletsan fondde la pièce, et la poudre
leurs défaites, et leur hardiesse suppléoit à tout.
soient par
d'autres chefs que des nègres esclaves ; ce 9
n'aveient point
du moins alors, spontanémen
semble annoncer qu'il agissoient
Det
n'étoient point guidés par des mains étrangéres.
et qu'ils
et Biassou 3 qui étoient dénués (
d'entre eux, Jean François
d'instruction, qui ne savoient ni lire ni écrire 3 o
toute espèce la fin la confiance de leurs troupes, et pal
conservé jusqu'à
et la discipline militaire;
vinrent à y établir la subordination
d'avoir
seul que cas hommes sont loin
l'inaptitue
qui prouve
les colons blancs leur ont supposée
bu plutôt la stupidité que
étoit en
autant qu'il
eux,ada
& que les maitres produisoient, dans lequel ils les tenoicr
leurs esclaves par Pabrutissement chef. On dit même
avc
Jean- François étoit le général en
qu'il
du Car-français, du 25 septembre 1791 7 dans le recnt
1 Lettre
aussi les déclarations citées dans la note st
du club Massiac. Voyez
vante.
d'abo
supposée
bu plutôt la stupidité que
étoit en
autant qu'il
eux,ada
& que les maitres produisoient, dans lequel ils les tenoicr
leurs esclaves par Pabrutissement chef. On dit même
avc
Jean- François étoit le général en
qu'il
du Car-français, du 25 septembre 1791 7 dans le recnt
1 Lettre
aussi les déclarations citées dans la note st
du club Massiac. Voyez
vante.
d'abo --- Page 265 ---
(2 - 257)
d'abord pris le titre de roi. Cet homme, qui avoit toujours été
confiné dans l'atelier d'une habitation, , avoit su se donner de la
confidération par un extérieur pompeux et briilant. Il
habit de général,
portoit un
magnifiquement galonné, et décoré de cordons
conquis surles blancs. Il voyageoitosjoursur
unsuperbe coursier
ou dans un carrosse attelé de six chevaux. Biassou étoit son lieukenant général. Mais outre ces deux généraux, les noirs en avoient
Etabli de particuliers dans les trois parties de la province oi les
blancs avoient formé de petites aimées au nord, à l'est et à
l'ouest (1).
Malheureusement un grand nombre des noirs avoit conservéla 6. XLII.
férocité que donne presque toujours la servitude au maitre et à Barbarie et
l'esclave, et les exécutions sanglan:es qu'on faisoit par-tout de brutalité des
ceax que l'on prenoit, n'étoient propies qu'a augmenter ces nègres.
lispositions cruelles, Rien n'étoit plus terrible que leurs incurions. Dans plusieurs endroits, dit- on, ils massacrèrent indisinctement les hommes, les femmes et les enfans. A l'exemple
les blancs, qui exposoient à la porte de leurs campsles têtes des
principaux nègres qu'ils avoient tués (2), les noirs fichoient. celles
les blancs sur les. glacis de leurs camps(3).Suirant l'adresse
préientee, au nom de l'assemblée coloniale, par ses commissaires à
1 Voyez les deux relations imprimées de Gros et une foule de délarations faites par des blancs, des noirs, ou des hommes de coueur, dans les archives des commissaires de l'assemblée coloniale,
etc.
2 Moniteur de Saint-Domingue, du 23 novembre
mssi-le S XIX du chap. II ci dessus,
1791 ) etc. Voyez
31 Récit listorique sur les évènemens qui se sont succédés dans les
samps de la Grande Rivière, etc. par Gros, P.8et.45 de l'édit. in-8°,
Rap. de G. Coulon, Tome II,
R
irs, ou des hommes de coueur, dans les archives des commissaires de l'assemblée coloniale,
etc.
2 Moniteur de Saint-Domingue, du 23 novembre
mssi-le S XIX du chap. II ci dessus,
1791 ) etc. Voyez
31 Récit listorique sur les évènemens qui se sont succédés dans les
samps de la Grande Rivière, etc. par Gros, P.8et.45 de l'édit. in-8°,
Rap. de G. Coulon, Tome II,
R --- Page 266 ---
('258 )
l'Assemblée nationale, le 3 novembre 1791, les noirs de Thabi
tation Galifet, qui tuérent Odelucq et Daverhoult, députés
coloniale avoient pour bannière le cadavre d'u
Passemblée
enfant blanc empalé au bout d'une pique. Le charpenticr Ro
bert fut scié vif entre deux planches 1 parl les nègres de l'habitatio
Flaville, oii il demeuroit. Des filles furent vielées en présence d
leur père, et tuées ensuite avec Hbeemsipenr--e femme
de leurs anciens maitres 3 faiscient servir les
la lubricité
et les traitoient avec le même mépri
blanches à leur brutalité,
avoient abusécs
ceux-ciavoient montrép poarkessigreamqstlse
que Enin, comme si l'on et voulu ajouter a la dépravation causé
T'esclavage tout ce que la bassesse des courtisans peut offri
par
d'un pouvoir nouveau, des biancs, dc
de plus vil à l'enivrement
de Dieu et les distributeur
hommes qui se disoientles envoyés
morale révélée, excitoient tles généraux nègres à ce dernic
d'une
du
Le curé du Limbé en particulier, le P.Sul
excès brigandage.
de déterminer les mal
pice, s'étoit chargé de Pinfame emploi
heureuses Llanches qui étoient prisonnières de Biassou, à S
prostituer à lui (2).
jusqu'à quel point les actes de férocité dont on vier
Onignore
mais des cruactés qui ne paroisser
de parler, sont conftatés;
malheureusement que trop avérées, sont celles que commit
généraldel l'armée de PEst. Comme CES monstre
nègre Jeamnot,
malheureusement trouvé le modèle dan
dont les poèles ont
à faire
li dépravation de la nature humaine, ils se piaisoit
péri
des jours diferens, dan
s03 pricenniers les uns aprèsles antres,
Comme
douloureux ct les plus prolongss.
les supplices les,plus
1 Adresse du 3 novembre 1791 1 P. 8 et suiv.
2 Susdit précia historique, P. 73.
armée de PEst. Comme CES monstre
nègre Jeamnot,
malheureusement trouvé le modèle dan
dont les poèles ont
à faire
li dépravation de la nature humaine, ils se piaisoit
péri
des jours diferens, dan
s03 pricenniers les uns aprèsles antres,
Comme
douloureux ct les plus prolongss.
les supplices les,plus
1 Adresse du 3 novembre 1791 1 P. 8 et suiv.
2 Susdit précia historique, P. 73. --- Page 267 ---
(259 )
kux, dit-on, il en buvoit le sang i il mutiloit les
pendoit d'autres à des crocs parle
uns j il en sushorriblement
menton, après les avoir fouettés
; d'autres étoient brélés ou écorchés vifs. On
Hispensera bien sans doute d'étendre
nous
Hails; mais si l'espèce humaine
davantage CCs affreux déétoit condamnée à chercher des
leçons de justice et d'humanitédans les plus horribles
Ine seroit peut - être pas inutile d'observer
événenichs,
ègre atroce
encore que ce
reprochoit sans cesse aux blancs lc supplice
tomme pour juftifer sa barbarie, et
d'Ogé,
on abominable
que, pour micux savourer
vengeance 2 il en fit rompre vifs
églant les mouvemens de la fatale barre,
plasieurs, en
hain ().
sa montre à la
Ils seroit extrêmement injuste néanmoins d'attribuer
ctes de férocité à l'universalité des
tous ces S. XLIIT.
hefs.
noirs ou à leurs
Leurrépre:t
Ceux-ci cn témoignèrent la plus vive
principaux sion;sppliendirent tous Ces
indignation ; ils dé- ce de Jeanassassinats, et, à la honte des blanas
avoient su réprimer aucun meurire, ils
qui not.
ipal coupable. C'est ce quc l'on voit dans punirent le prinun récit
u procureur de la commune de
hiforique
Valière, Gros, qui avoit été
ing-temps prisonnier chez les nègres, et qui ne pout pas être
ispect de partialité pour eux 2 puisqu'il étoit
arti de leurs plus mortels ennemis
évidemment du
A peine le généralisime
can-François fut-il instruit des cruautés commiscs
par Jeannot,
I Précis historique des principaux faits qui ont
et
urnée du 26 octobre 1791,
précédé snivi la
ènemens
par Gros, P. 7e. Récit historigne sur
qui se sont succédés dans les camps de la
les
c.; par le neme, P.14 ct 16. Dépesition de la Grande- ivière,
* Tout son récit
Roqne, etc.
eloit cro:hus,
prouve q'il étoit du nombre de ceur
ou du parti de Passemblée de Saint-Marc. aon apRa
et
urnée du 26 octobre 1791,
précédé snivi la
ènemens
par Gros, P. 7e. Récit historigne sur
qui se sont succédés dans les camps de la
les
c.; par le neme, P.14 ct 16. Dépesition de la Grande- ivière,
* Tout son récit
Roqne, etc.
eloit cro:hus,
prouve q'il étoit du nombre de ceur
ou du parti de Passemblée de Saint-Marc. aon apRa --- Page 268 ---
(260)
marcha contre lui, défit le petit nombre de noirs qui s'6qu'il
Jeannot
et le contoient dévoués à son parti, prit
prisonnier, ,
damna à mort. On éprouve quelque satisfaction en apprenani
n'avoit
de courage que d'humanité ; i
que ce scélérat
pas plus
il
dd
init tout en usage pour se soustraire au supplice : offrit
remplir les services les plus vils, enchaîné toute sa vie, pour 1:
racheter. Il voulut engager le curé de la Marmelade, qui l'exhortoit à la mort, à solliciter sa grace 5 et quand il vit que tout étoil
inutile, il se cramponna à lui avec tant de forcé, qa'il fallut emviolence pour l'en détacher. On ne lui fit point éprouver
ployerla
les tourmens qu'il avoit prodigués à ses prisonniers : Jean-Franle sentiment de la juftice
çois et son état-major , guidés par
dedélivrer la terre d'un tel monstre.
suuolserugmtgelwufint dans le même temps oi les blancs
Ils le firent fasillerà-peu-près
noirs,
faisoient bruler vif le commandant de Pun des camps des
qu'ils avoient pris dans une attaque 3 et dont les offiBoukman, portèrent le deuil, en faisant célebrer pour lui un serciers nègres
même narrateur cite beaucoup de nègres de
vice solemnel. Le
humanité
quiilaveit reçu des témoignages d'une grande les blancs s'étoient fortifiés au Cap
$. XLIV. Le soin même avec lequel
cembien on les
Suite des ne fa'soit qu'enhardir les nègres, en leur prouvant
opérations
Après avoir bralé les cannes à sucre de la plaine du
militaires. redoutoit.
les caféières des Mornes, dans lesquels on
Cap, ils inondèrent
éloit heureusement assez resserrée
les poussa. La colonie française
du Nord et de
dans la partie qui fait les limites des provinces
des évènemens qui se sont succédés dans les
I Récit historiqne
etc. de Pédition in-8°. de Balcamps de la Grande-livière, P. 22, 24 Tédition
du Cap frangais,
timore, et P. 15, 19, 26, 30 et 57 de
info.
Journal du camp des Mornets, du 5 septembre 1791.
ée
les poussa. La colonie française
du Nord et de
dans la partie qui fait les limites des provinces
des évènemens qui se sont succédés dans les
I Récit historiqne
etc. de Pédition in-8°. de Balcamps de la Grande-livière, P. 22, 24 Tédition
du Cap frangais,
timore, et P. 15, 19, 26, 30 et 57 de
info.
Journal du camp des Mornets, du 5 septembre 1791. --- Page 269 ---
(261 )
"Ouest. La nature avoit rendu ces limites
plaçant les montagnes de la
difficiles à franchir, en
paroisse des
plissent tout cet espace. La province de l'Ouest Gonaives, qui remHlanchelande
se concerta avec
pour prévenir la communication de
ccupant les postes principaux. La suite de
l'incendie, en
ue l'on appela le cordon de
ces postes forma ce
Les habitans des
L'Ouest, qui ne fut jamais forcé,
paroisses mêmes du Nord, qui éloient les
loignées du centre de
plus
Hlus défensables,
l'incendie, ou que leur position rendoit
établirent des camps plus ou moins
en eut au Trou, à Vallière, à la
nombreux. Il
u Dondon, à la Marmelade, Grande-Rivière, aux Mornets,
etc. (1).
Les insurgés suivirent le même plan. Ils formèrent aussi
amps dans les quartiers qu'ils
des
cur vigueur et leur
occupoient. Leur grand nombre,
agilité, leur permettoient de harceler
iellement les blancs. Souvent même ils
perpéest ainsi qu'ils
en forcèrent les camps;
s'emparérent de ceux de Vallière, du
Grande. Rivière, etc. oi les blancs firent des
Dondon, de
es, et presque irréparables, à cause de la
pertes considérapmbre. Ils eurent plus de cent hommes disproportion de leur
pn, qu'ils défendirent
tués au combat du Donavec beaucoup de valeur
ur eux des
(2). C'étoient
pertesiréparables, à cause de leur petit nombre.
Une cause plus déplorable encore du peu de succès des
trouvoit dans leurs discordes
blancs
civiles, qui n'avoient éprouvé $. XLV,
Divisions ee
décourageI Voyez les deux ouvrages de
les
ment des
s pièces des commissaires de Gros, déclarations qui sont dans blancs.
Passemblée
storique de Page, , imprimé au Cap.
coloniale, ct le discours
ielande, , Pe 26.
Voy. aussi le procès de Blan2. Ibid. Adresse de l'assemblée
111 novembre
coloniale à P'Assemblée nationale
1791.
R 3
iles, qui n'avoient éprouvé $. XLV,
Divisions ee
décourageI Voyez les deux ouvrages de
les
ment des
s pièces des commissaires de Gros, déclarations qui sont dans blancs.
Passemblée
storique de Page, , imprimé au Cap.
coloniale, ct le discours
ielande, , Pe 26.
Voy. aussi le procès de Blan2. Ibid. Adresse de l'assemblée
111 novembre
coloniale à P'Assemblée nationale
1791.
R 3 --- Page 270 ---
(262)
momentanéc lors des premières nouvelles d
qu'une interruption Telles étoient les haines que les divisions politi
l'insurrection. laiseé subsister parmi cux, que, dans beaucoup de Pi
ques avoient
de I'Ouest, les denx partis refusoient de ma
roisses du Nord e!
cher sous les mêmes drapeaux; ils sc cantonnoient séparémen
même se divisèrent en deux à cette occasion
Quelques paroisses
dont Brulley étoit le maire Io
Telle est celle de la Marmelade,
qui isuivoient
de la dissolution de Tassemblée de St-Marc.Ceux
se trouvant les plus foibles, se retirèrer
parti de cotte assembléc,
formèrent une nouvelle sot
al'eatrémité de la paroisse; ; ils y en
munic
le nomde Grande-Rivitre d'Ennery, pour maintenirleur
le surplus de la paroisse refusoit de reconnoitre.Brulle
palité,que fut le maire et le commandant. Il assure que cette déplorab
en
fut le salut de TOuest, en le mettant à portée de se cos
division
cordon avec le Port au Prince, dont1
certer pour en formerle aussi nommé leur sénéchal (1). Te
habitans l'avoient, dit-il,
les
de ces planteurs si révolutionna
étoient au surplus principes mêler sous les armes avec les o
res, qu'ils ne vouloient pas se
Ceux-ci formoient
vriers connus sous le pom de petits-blancs.
partic
la Narmelade et dans d'autres paroisses, des compagnies dén
lières. Les planteurs en formoient d'autres sous diverses
minations.
La partie de T'Est de la p: ovince du Nord, depuis le Cap jusqu
comprenoit seule plusicurs paroisses
la colonie espagnole,
intactes. C'étoient 1
de grandes portions de paroisses encore
Jacquez
quariers du Rccou 3 Maribaroux, le Terrier-Rouge, établi
Ouanaminthe et le Fort-I Dauphin. On avoit
Caracole,
manuscrite de Brulley sur la page35 du discours historig
1 Nete
le nai
Baillio,
de Page, imprimé au Cap, 14
17s2,par
plusicurs paroisses
la colonie espagnole,
intactes. C'étoient 1
de grandes portions de paroisses encore
Jacquez
quariers du Rccou 3 Maribaroux, le Terrier-Rouge, établi
Ouanaminthe et le Fort-I Dauphin. On avoit
Caracole,
manuscrite de Brulley sur la page35 du discours historig
1 Nete
le nai
Baillio,
de Page, imprimé au Cap, 14
17s2,par --- Page 271 ---
(263.)
ocou tn camp particulier sous lcs ordres de
Rouvray, qui ne
anquoit pas de courage et de quelques talens militaires. Cocimp
Emplit d'abord le but qu'on s'en étoit proposé, en résistant aux
taques renouvelées des nègres, ct en préservant tout ce
er.
quarLe Cap s'étoit peuplé des habitans de Ia piaine et des mornes
Hhampés au fer des insurgens. Ces réfirgiés doublèrent les forces
Cap, qui n'alloient originairement, suivant une estimation des
pmmissaires de l'assemblée coloniale qui parci: néanmoins bien
tible, qu'à 3,000 combatians. Blanchelan.de profita de cotte cironstance pour mettre en campagne deux petits corps d'armie
i, réunis aux corps commandés Par Ronvray, - emportèrent sucessivement plusieurs camps dcs noirs, situés sur les habitations
habanon, la Chevalerie, Bullet, Duplat, Charitte, Denard,
Agoust et Galiffet. Dans tous ces camps Pon délivra plusieurs
risonniers de qui l'on apprit les excès des révoltés (1). Mais
entôt les blancs ne purent plus tenir la campagne. L'habitade
u'ils avoient des aisances de la vie leur rendoit insupportables
s fatigues et les privations des marches. L'extrême chaleur du
imat épuisoitleurs corps et déprimoit encore plus leur courage.
ne expérience cona tante a d'ailleurs montré dans tous les lieux
he la tyrannie n'a jamais empluyé à sa défense l'énergie qui"
hime presque toujours les enfans de la liberté. Les blancs rentreEnt dans leurs camps, dont ils furent bientôt obligés d'abandoner une partie, et dans la ville du Cap, od l'on cut même de la
eine à trouver de quoi garnir les postes les plus nécessaites.
1 Adresse de P'assemtieo coloniale, du 3 novembre
ar ses commissaires, pag. 15. Voyez anssi les déclarations 1791, signée
ans lcs archives des commissaires de P'asseurbléo coloniale. diposées
R 4
é. Les blancs rentreEnt dans leurs camps, dont ils furent bientôt obligés d'abandoner une partie, et dans la ville du Cap, od l'on cut même de la
eine à trouver de quoi garnir les postes les plus nécessaites.
1 Adresse de P'assemtieo coloniale, du 3 novembre
ar ses commissaires, pag. 15. Voyez anssi les déclarations 1791, signée
ans lcs archives des commissaires de P'asseurbléo coloniale. diposées
R 4 --- Page 272 ---
(264)
défenseurs de l'assemblée coloniale ont voulu rejeter su
Les
s. XLVI.
du
les mauvais succè
Blanchelande etsurles agens gouvernement
Réflesionssur
ne vouloien
de toutes les opérations 1 ilitaires(1). Ceux-ci,dit-on,
les imputacontre les noirs, ,afin d'amener lescolons blanc
tions taites pointfar la guerre
dans les bras di
aux agens du à la contre-révolution, en les forçant de se jeter
d'hom
gouverneIl est impossible à une commission formée
meat.
gouvernement. P'art de In
de juger des opérations mili
mes étrangers a
guerre
difficie en France pou
taires ; ceite tâche seroit même peut-être
a à cc
hommes du métier, avec aussi peu de matériaux qu'on
les
du théâtre des hostilités
égard, et dans un aussi grand éloignement
mo
Onne peut donc guère ici présenter que des considérations
11 paroit constant que la plupart des agens du gouverne
rales.
dans la colonie. Ils saisis
ment vouloient la contre - révolution
les au
toutes les occasions de méconnoître ou d'humilier
soient
les colons blancs. Ils avoient même, comm
torités instituées par cocarde nationale ; mais ce crime politiqu
on l'a vu, abjuré la
l'assemblée coloniale, 9t
leur étre reproché par
ne peut pas
le signe de la liberté française, et qu
avoit elle- même rejeté
le
d
de témoignages d'estime et de confiance marquis
combloit
blanc fottoit sur son camp aux yeu
Rouvray, quand le pavillon
voix s'élevàt dans l'assem
de tout le monde, sans qu'une seule
biée pour condamner cet attentat.
d'ailleurs, ma'gré les déclamations des grand
Rien ne prouve
fussent d'accord ave
planteurs, que les agens du gouvernement
de vraisem
insurgés. On pourroit croire avec plus
les nègres
desiroient Ia continuation d
d'entre eux
blance que quelques-uns
2 et 26. Réponse à son mémoiré
1 Procès de Blanchelande 2 pag. Déyeloppemens et autres ouvrage
Récit historique, par P. Fr. Fage.
du même.
déclamations des grand
Rien ne prouve
fussent d'accord ave
planteurs, que les agens du gouvernement
de vraisem
insurgés. On pourroit croire avec plus
les nègres
desiroient Ia continuation d
d'entre eux
blance que quelques-uns
2 et 26. Réponse à son mémoiré
1 Procès de Blanchelande 2 pag. Déyeloppemens et autres ouvrage
Récit historique, par P. Fr. Fage.
du même. --- Page 273 ---
(265 )
la guerre pour maintenir leur pouvoir. La plupart n'exécutoient
que trop rigourcusement les mesures cruelles prescrites par les
sutorités de la colonie contre ces malheureux; Rouvray lui-mème,
cuels que fussent ses prin ipes politiques et ses nouvelles opinions
sur les hommes de couleur, faisoit si franchement la
guerre aux
règres, qu'ilsollicita et obtint de l'assemblée générale la liberté
de quelques esclaves fidèles aux blancs. Dès le commencement
de l'insurrection, Blanchelande avoit déclaré qu'on ne pourroit
la réprimer qu'en déployant une grande activité et toutes Ics
forces qu'on pourroit rassembler , avant que les nègres fussent
aguerris et que leur nombre se multipliàt. Il avoit voulu se mettre
en campagne et marcher contre les nègres pour les attaquer.
L'assemblée générale et l'assemblée du Nord réunies, alarmées,
non sans quelque fondement, sur l'étatintéricur du Cap, s'y eppoerent(1). L'assemblée générale prit depuis la direction de toutes
les opérations militaires. Ilsuffit de lire ses proces-verbaux
voir que Blanchelande ne faisoit rien sans son aveu 3 qu'elle pour disposoit de tout directement par SCS réquisitions, ou indirectement
par ses invitations et pourtant ces proces-verbaux'ne donnent
Lettres de Blanchelande au ministre de la marine > des 2 et 13
septembre 1791. Lettre d'un officier anglais de la Jamaique, du 25
septembre 1791, dans le recueil du club Massiac. Rapport de Tarbé,
pag. 311.
* Tous les renseignemens particuliers confirment cette influence de
'assembiée sur lcs opérations militaires, et l'embarras oëa se trouvoit
Blanchelande. On lit dans la lettre de l'officier anglais deja citée :
On croit que M. Blanchelande est si tourmenté
la
a opinions et des
par diversité des
partis > qu'il ne sair vraiment pas cemment
lui
et tout ce qu'il y a ici d'ofliciers qui ont quelque pouvoir agir; et auto-
. rité, passant pour être aristocrates, et les démocrates, qai sont les
opérations militaires, et l'embarras oëa se trouvoit
Blanchelande. On lit dans la lettre de l'officier anglais deja citée :
On croit que M. Blanchelande est si tourmenté
la
a opinions et des
par diversité des
partis > qu'il ne sair vraiment pas cemment
lui
et tout ce qu'il y a ici d'ofliciers qui ont quelque pouvoir agir; et auto-
. rité, passant pour être aristocrates, et les démocrates, qai sont les --- Page 274 ---
(266 )
toute la mesure de son infuence (1. On se rappelle que l'aspas
avoit nommé des commissaires pour servir de conseil a
semblée
Elanchelande; et comme la plupart de ses séances se tenoient er
cemité secret, on ne connoît pas toutes les mesures qui puren:
ces comités. On verra dans la suite que tous les
être prises par
s'inséroient
dans les procès veractes de l'assemblée ne
pas
baux.
f. XLVII,
Iiparoit constant néanmoins que le défaut d'hommes pour faire
Véritable le service militaire, et le découragement des colons blancs, cmcause du peu
toujours de songer aux mesures offensives,
de succès des péchoient presque
àrefreindre les mesures défenblancs.
forçoient même le gouvernement
sives. On crioit souvent dans l'assemblée sur le dénuement des
environnoient le Cap, ,sur T'abandon de divers campe
postes qui
importantes (2) ; mais presque toujours
ou de quelques positions
d'hommcs, & il ne
le
manquoit
on répondoit que gouvernement ait été contredite. Ainsi, lorsque
paroit pas que cette assertion
les
Page dénonça, dans la séance du 19 novembre 1791, que
de la Petite-Anse et du Haut-du-Cap étoient absolumeni
postes
Dalban, invitépa: l'assemblée à venir
dégarnis, le commandant
déclara
donner les détails de la situation de ces deux camps,
étoit
d'avoir des troupes pour se rendre dans
K qu'il
impossible
ceux de l'assemdonnoit ses ordres,
> les différens postes; qu'il
de M.1 le général; que tous ces moyens
> bléc provinciale etceux
formidables par leur nombre 7 sunt extrèmement jaloux du
> plus
> parti contraire.
des séances des 31 janvier,
1 Voyez entre autres les procès-verbaux
des 2 ct 4 fé1 et 9 février 1792; le Moniteur de Saint-Domingue,
vrier, et une multitude d'antres numéros.
de
des 18, 19 et 21 nevenibre 1791.
2 Moniteur Saint.Demingue,
de
général; que tous ces moyens
> bléc provinciale etceux
formidables par leur nombre 7 sunt extrèmement jaloux du
> plus
> parti contraire.
des séances des 31 janvier,
1 Voyez entre autres les procès-verbaux
des 2 ct 4 fé1 et 9 février 1792; le Moniteur de Saint-Domingue,
vrier, et une multitude d'antres numéros.
de
des 18, 19 et 21 nevenibre 1791.
2 Moniteur Saint.Demingue,
de --- Page 275 ---
(267)
* étoient infructueux; que la tiédeurnai.soite
> citoyens étoient
dacnique plesieurs
découragés ou malades p. On ne trouva d'autre reméde à cet incenvénient que de demander
pour faire leservice, à la marine marchande,
200 hommes
Dans la séance du
guilesaccorda(s).
lendemain, on se plaignit avec
de
vivacité de l'abandon oi On laissoit le
beaucoup
déclara qu'il seroit inutile de rien faire Terrier-Rouge. dize
Derard
à
* parce qu'il étoit certain quc ce général n'avoit Dlanchelande,
> à envoyer au secours de l'est;
pas de forces
que des
qu'il ne poavoit donner
paroles 3 et que c'étoient des hommes
D quoient >. On envoya néanmoins deux
qui manau gouvernement dessecours
commissaires demander
pour le TerrierRouge. Ils
tèrent que Blanchelande avoit promis
rappormais qu'il ne répondoit
d'y envoyer 200 hommes;
cait
pas de trouver des hommes, ,
promis d'y employér tous SeS moyens (a).
quoiqu'il
Il eft tres-probable que c'est Ce défaut d'hommes qai nécessita
Pabandon du camp du Rocou et des fortifieations du Morne-àBekly, qui avoicnt codté trois mois de travail à 1500
:t dont l'abandon donna lieu à de violentes déclamations nègres,
"assemblée générale et au - dehors. Les citoyens
servoient dans
ous le marquis de Rourray demandèrent
qui
ui-mème
un autre chef. Rouvray
offrit sa dimission. On leur envoya, comme ils le deiroient, un parent du brave Dassas, qui portcit le inême
tqui a dans tous lestemps conservé la confiance
nom >
posé au gouvernement. C'est lui qui fut
du parti opOa ne connoît pas l'arrêté qui donne les motifs obligé de l'évacuer,
ion; mais tout semble
de cette évacuaindiquer que ce fut le défaut
d'hommes, s
Moniteur de Saint-Domingan, du 23 novembre.
a Ibid. Du 24 novembre. --- Page 276 ---
(: 268 )
et qu'on ne voulut pas donner de publicité a oe motif, pour ne
pas encourager les insurgés(1).C'est ainsi que les nègres s'étoien
rendu- successivement les maîtres de la presque totalité de IO :
12 paroisses voisines du Cap, lors de l'arrivée des commissaires
civils.
1 Voyrz le procès-verba de Passemblée coloniale. 3 du 5 octobre
1731; et e Moniteur de Saint-Domingue, des 19 novembre 1791 3 et
5 février 1792.
de publicité a oe motif, pour ne
pas encourager les insurgés(1).C'est ainsi que les nègres s'étoien
rendu- successivement les maîtres de la presque totalité de IO :
12 paroisses voisines du Cap, lors de l'arrivée des commissaires
civils.
1 Voyrz le procès-verba de Passemblée coloniale. 3 du 5 octobre
1731; et e Moniteur de Saint-Domingue, des 19 novembre 1791 3 et
5 février 1792. --- Page 277 ---
- 2 26g )
CHAPITRE IV:
Du décret du 24 septembre 2792 et des
premiers
commissaires cizils envoyés à Saint-Doningue,
L'exvorimmédiat des commisaires civils , qui avoit é16 décrété
$ I.
bour Saint Domingue dès le premier février 1791, auroit
Inexécution
lement préservé la colonie des malheurs
proba- du décrct du
urrection des hommes de couleur
que produisirent l'in- 15 mai en
et celle des nègres 3 si le
ouvernement edt été attaché à la
France,
lire
révolution, et s'il eit voulu en
adopter les principes à Saint-Domingue. Des
estis de toute la puissance
pairiotes inlée
nationale 3 dans un temps oi l'Assemconstituante conservoit encore la confiance des amis de la
berté, appuyés par les forces de terre et de mer
la
roit à sa disposition, et dont une
que France
bient rallié autour
partie avoit été décrétée, 3 aud'eux tous les bons citoyens qui Aottoient dans
ncertitude, > au milieu des factions qui déchiroient la
ette délégation extraordinaire auroit
colonie.
nbitieux de la colonie
imposé silence à tous les
3 dont la plupart n'étoient que des brouilns sans énergie; ct l'enthousiasme de la liberté,
s préjugés, eût rattaché à sa cause
dissipant bientôt
tous les hommes
industrieux, quin'avoient eu des
paisibles
tion
préventions contre la révoqu'à cause des maux qu'ils prévoyoient.
Cette mesure cit peut-être eu encore le même succès
cret rendu le 15 mai, en faveur des hommes
après le
n en eit voulu sincèrcment
de couleur, si
sement de
l'exécution. Il avoit eu
tous les patriotes
T'applaule également
français, et particulièrement d'une
célébre par son commerce à S.int-Domingue,
'avoient eu des
paisibles
tion
préventions contre la révoqu'à cause des maux qu'ils prévoyoient.
Cette mesure cit peut-être eu encore le même succès
cret rendu le 15 mai, en faveur des hommes
après le
n en eit voulu sincèrcment
de couleur, si
sement de
l'exécution. Il avoit eu
tous les patriotes
T'applaule également
français, et particulièrement d'une
célébre par son commerce à S.int-Domingue, --- Page 278 ---
(270)
tache dont elle n'a cessé de donner de
et par le civisme sans
D'accord avec tout le départe
preuves durant la révolution.
Eo:deaux avoit offert, dans une adress
ment de la Gironde,
nationale, d'envoyer ses gardes ma
de felicitation a l'Assemblée
et
l'erécution de cet acte de justice (1); malgr
tionales assurer
les meneurs des colons blancs contr
les préventions qu'excirerent
tous le
dévoucment, il edt probablement prévenu
ce genéreux
désolé la colonie. Les hommes de cou
troubles qii ont depuis
se seroient par
leur,dejs aitechés à la cause de la mère-patric s
à eux. Ils auroient entrainé dans leur parti ces nom:
tout réunis
audacieuses de l'assemblé
breux méconters que les prétentions
du Port-au
de Sint-Mirc, 1.s émentes perpétuelles du Cap,
cidu Petit-Goave, avoient produits, et l'im
Prince,ds.Cayes la liberté eit amené celle des nègres san
pulion dennée VeIS
secousse et sans maiheurs pub'ics.
résidans en France et de
Les intrigues des grands planteurs
6. 11.
de Vassemblée de Saint-Marc en décidèrent autre
Intrigues des membres
ils trouvèrent un puissant appui dan
colons blancs ment, et malheureusement seul le comité cclonial. Il ne paro
suprèsdeBar- T'homme qui dirigeoit presque
nave.
Barnave, au lieu de consulter dans
que trop constant que
de la justice et de la liberté
législation des colonies les principes
des partis diver
cntraîner a uX intrigues
selaissa perpétuellement France le sort de Saint-Domingue. , quoi
quivouloient régler en
nécessaires pou
qu'on manque de beaucoup de renseignemens
des
le fil de toutes ces intrigues. On n'a aucun
papier
suivre
de Saint-Marc réfugiés en France. Il
des membres de l'assemblée
dans le
à Saint-Domingue , et les dépesèrent
les rapportèrent
sont res
archives de la seconde assemblle coloniale 2 qui y
à PAsscablée nationale, du 22 mai 1791.
1 Adresse
ouloient régler en
nécessaires pou
qu'on manque de beaucoup de renseignemens
des
le fil de toutes ces intrigues. On n'a aucun
papier
suivre
de Saint-Marc réfugiés en France. Il
des membres de l'assemblée
dans le
à Saint-Domingue , et les dépesèrent
les rapportèrent
sont res
archives de la seconde assemblle coloniale 2 qui y
à PAsscablée nationale, du 22 mai 1791.
1 Adresse --- Page 279 ---
(271) )
lées (1). Mais on voit, dans le mémoire même
ce dépôt, qu'après le décret du 15 mai les 85 qui accompagna
eurs efforts vers son inexécution, et
dirigérent tous
qu'ils y réussirent.
Plusieurs indications annoncent la même chose dans
u club Massiac. On y voit encore que cette société lesregistres
'obséder les burcaux du
ne cessoit
omité
minisire; que le sccrétaire en chef du
colonial, Dumoriez, correspondoit avec elle, lui donoit des renseignemens et des conseils sur la conduite
evoit tenir 5 qu'enfin elle étoit accueillie
qu'elle
arnave, qui lui
avec distinction par
communiqua son projet de conciliation entre les
uatre-vingt-cinq et les commissaires de l'assembiée du Nord, la
inute de sCS instructions pour les colonics, ct
issantes félicitations sur son
quireçut scs86opposicion au dicret du I5 mai
191 (2). Vainement les patriotes demandèremi-is l'exécution
de
décret; vainement des décrets de l'Assem.blée nationale
onnérent-iladerendre compte des mesures prisesà cet
orministre de la marine répondit (
les
égard (3):
que
commissaires nommés
pour l'exécution de cc décret étoient prêts à partir, et
des avisos étoient également prêis à partir depuis
d'un que
moir; mais qu'ilignoroit si l'intentien de P'Assemblée plus
les commissaires
étoit que
partissent avec ou sans le décret sur les
de couleur nés de père ct mére libres, ou
gens
ou non, les instructions relatives à la
qu'ils attendissenr, 3
constitution des colonics> (4). Ces réponses évasives étoient
renvoyées au cemité
Compte rendu par les 85 à Passemiblée coloniple. Procès
ladire assemblée, du 1.4 décembre 1791.
verbel
Lettres de Dumoriez au club Massine, des 1jnin
bcès-verbaux du club Mnualac 3 des 11
1n91,etr
1 Décrets du 10 juin ct du
jeia ct 9 andt.
22aont17y1.
Nutc sur le dieretduso ein 1791, dane la
uin.
cllection de
Compte rendu par les 85 à Passemiblée coloniple. Procès
ladire assemblée, du 1.4 décembre 1791.
verbel
Lettres de Dumoriez au club Massine, des 1jnin
bcès-verbaux du club Mnualac 3 des 11
1n91,etr
1 Décrets du 10 juin ct du
jeia ct 9 andt.
22aont17y1.
Nutc sur le dieretduso ein 1791, dane la
uin.
cllection de --- Page 280 ---
I - 272 )
colonial; et Barnave, qui ne vouloit pas de l'exécution du dé
cret du 151 mai, n'y donnoit aucune suitc.
S. III.
Les événe mens qui suivirent le départ du roi, et la révisio
Décret qui de la constitution, eurent une influence plus malheureuse en
renvoieles85 core pour les colonies que pour la France européenne. L'exé
à Saint-Do- cution du décret du 15 mai fut perdue de vue au milieu de
mingue.
intrigues qu'amena cet événement, et ses adversaires eurer
le temps de se renforcer, soit en France, soit dans les col
nies. Barnave profita de cette circonstance pour présenter à TA
semblée nationale un décret, K tendant à justifier la conduite q
devant assemblée coloniale de Saint-Marc, à accord
> la ci
la
une avance de 6000 lv. S
> aux individus qui composoient
du
de la marine, et la liberté de s'er
>) les fonds departement
> barquer sur le vaisseau qui transporteroit les commissair
>. L'Assemblée nationale rejeta cet
> civils à Saint-Domingue
proposiion si étrange en elie - même, et plus encore dans
bouche du rapporteur, ,du décret du 12 octobre 1790. Mais bient
sous prélexte de ramener la paix dans la colonie en y éteigna
les animosités, on se prévalut de la rétractation des quati
vingt- cinq, pour faire déclarer à l'Assemblée nationale g
n'y avoit pas lieu à inculpation contre eux, et qu'ils seroie
libres de retourner à Saint-Domingue (4).
Une partie seulement des quatre-vingt cinq profita de la
Nonvellesin- $. IV. berté qui leur étoit rendue par ce décret pour retourner dane
trigues pour colonie, oi ils n'auroient pu être arrivés qu'aprés les électio
empêcher le Ils savoient tous d'ailleurs que l'effervescence qu'ils avoid
départ des excitée, autant qu'il étoit en eux, à l'occasion du décret du
commissaires
eivils.
1 Procès-verbal de P'Assemblée constituante, du 28 juin 1791.
cret dudit jour.
m
é qui leur étoit rendue par ce décret pour retourner dane
trigues pour colonie, oi ils n'auroient pu être arrivés qu'aprés les électio
empêcher le Ils savoient tous d'ailleurs que l'effervescence qu'ils avoid
départ des excitée, autant qu'il étoit en eux, à l'occasion du décret du
commissaires
eivils.
1 Procès-verbal de P'Assemblée constituante, du 28 juin 1791.
cret dudit jour.
m --- Page 281 ---
(273)
mi,ne pouvoit pas manquerde leur être favorabie. Le
Hes guatre-vingt-cing, parmi
surp'us
lesquels on trouve Daugy, Larchea
resque-Thibaut, Bacon-la.-Cheraleric, c'est-a-dire, les
rtisans des troubles du Cap, restèrent à Paris
premiers
contre ce décret, dont ils obtinrent
pour iniriguer
eliectivement la
ans faire alicune démarche ostensible,
révocation
envoi actuel dans la colonie. Ils
après en aveir empéché
s'en sont depuis vantés
ement dans le compte qu'ils présentérent de
hauleurs
assemblée coloniale
opérations à
* Une partie assez considérable du
5 est consacrée à la narration de Compte renu par cette partie des
ontre les rilles de
cet évènement et à des diatribes
commerce, qui, d'accord avec ie vcou
France, portèrent le délire Ou la lécheté jusqn'à
général de
tisfaction de ce funeste décret. Les85 y annoncent timcigner cirssi leur
arent bésoin 7 pour la révecation du décret du d'ailleurs 15
combien ils
peloient le voeu de ia Colonie, et ils s'y
mai, de cC ga'ils
ie l'assemblée du Nord ne l'avoit exprimé pla'gnent beancoup de ce
ent.
que tard,et bien foiblec Tout ce qu'il nous étoit possible de faire dans
circonstance, , disent - ils, se réduisoit à tâcher de cette terrible
P'enroi cffiziel du décret du 15
faire reterdet'
de faire connoitre les
mai,.pour donner le temps d la Colonie
cela
moux inévitables gui alloient jondre sur elle. Encore
présenteir-il beancoup de difficalrés. Nouts avions à
tre le vOCI général de la France.. Nous
lutier conde succès que de la
ne devions donc espérer
des trois
prudence, tant du ministre de la
commissaires du roi, hommés en vertu du marine, que
mier férrier dernier pour Saint -
décict du pres
ette loi étoit si grand et si certain, Domingue..
Le danger de
parviumes à intéresser à notre
qu'd force de conferences nous
es, qui convinrent de Ta
cause le ninistre ct les conanissaijustesse de nos observations..
commen,à âmes à entrevoir la possibilité de
Nora
souvelles de Saint- Domingue..
Le
recevoir à temps des
moment enfin arviva oit l'on
Rapp. de G. Coulon, Tome II,
S
pour Saint -
décict du pres
ette loi étoit si grand et si certain, Domingue..
Le danger de
parviumes à intéresser à notre
qu'd force de conferences nous
es, qui convinrent de Ta
cause le ninistre ct les conanissaijustesse de nos observations..
commen,à âmes à entrevoir la possibilité de
Nora
souvelles de Saint- Domingue..
Le
recevoir à temps des
moment enfin arviva oit l'on
Rapp. de G. Coulon, Tome II,
S --- Page 282 ---
(274)
II étoit néanmoins arrivé un événement qui auroit pu avoir der
résultats heureux pour la Colonie. Les trois personnes que le
avoit choisies pour commissaires civils à Saint
gouvernement
Domingue, Guillot, d'Hérisson, et del la Huproye,ne vouluren
quand la fuite du roi eut mis tous les pouvoir
plus partir
dans la main de la Nation. Leur refus paroit avoir été concert
des quatre-vingt-cing, et le club Massiac, qui le
avec plusieurs
avoit précédemment accueillis avec beaucoup de cordialité,san
doute
qu'il connoissoit leur dévouement à la cause de
parce
colons blancs.
3> n'attendoit que la manifestation de ce vau dans la colonie, pour I
2> faire sur-le-champ consacrer par un décret. Mais quelle fut notr
>> surprise, lorsque nous eûmes connoissance que P'effet gu'g avoit prcj
2> duit la nouvelle du décret n'étoit consigné que dans une lettre d
> lieutenant - général au gouvernement, et que les assemblées ga
>> doient le silence ! Cependant l'adresse de l'assemblée du Nord
e l'Assemblée nationale, en date du 15 juillet 1791 3 parvint quelqu
2> jours après...
Peu s'en fallut que cet acte ne détruisit en ul
a instant notre ouvrage de piusicurs mois. Nous fimes assez heuret
2> pour que la légitinité de nos raisons et létendue des dlangers
>> venir prévalussent sur ce voeu si étrangement énoncé par l'assemble
2 du Nord. >>
Plus loin ils ajontent : ce Aussi, messieurs, n'avons-nous zenu auci
22 compre de la liberté que noHS accordoit enfin le décret rendu sur no
>> personnes, le 28 juin. Nous sommes, au contraire, constamme
> restés dans la capitale, bien résolus'de ne retourner dans nos foyei
a> gu'après une décision ultiricure de PAssemblée narionale sur CC fatal
>> incendiaire décret du 15 mai. Ainsi l'époque de no:re libereé ne da
a pour nous que de Ia révocation de ce décret, que des princip
>> consignés dans celui du 24 septembre >>. Voyez le Compte rendu d
opérations de la première assemblée générale de la partie frangaise de Sair
Domingues à Passemblée des représentans actucllement constitués,par ceux C
85 "gui sont arrivés le 11 décembre 1791 ) pag. 36, 37, 38 et 40.
mai. Ainsi l'époque de no:re libereé ne da
a pour nous que de Ia révocation de ce décret, que des princip
>> consignés dans celui du 24 septembre >>. Voyez le Compte rendu d
opérations de la première assemblée générale de la partie frangaise de Sair
Domingues à Passemblée des représentans actucllement constitués,par ceux C
85 "gui sont arrivés le 11 décembre 1791 ) pag. 36, 37, 38 et 40. --- Page 283 ---
(275 )
On voit effectivement que,sur l'avis donné au club de l'ordre
ie ces trois commissaires avoient reçu de partir, C il avoit été
proposé pour les tranquilliser de nommer des commissaires
pris parmi les quatre-vingt-cing, et les membres de la société
de Phôtel Massiac, à l'effet de sc rendre auprès du ministre
de la marine, et de savoir de lui quels étoient les motifs
le décidoient à ordonner le départ des commissaires du qui rof
d'une manière si précipitée, et lui demander, dans le Cas od
il persisteroit dans la résolution de les faire partir sur-lechamp,, qu'il voulit bien accorder Je passage sur la même
frégate qui doit transporter messieurs les commissaires d sixe
des guatre-rantgecing.pris dans les trois partics de la colonie,
ct réélus membres de la nouvelle assemblée coloniale
estion fut
>. La
ajournée sur l'obscrvation faite par le président
club que cette mesure pourroit contrarier les démarches
C pourroient faire les commissaires de leur côté. Ils écrivirent
ectivement au ministre le même jour, qu'ayant
housiasme la mission
accepté avec
importante qui leur aveit été confiée
le roi, ils s'en étoient continuellement
occupés par leurs
ations avec les colons, et la lecture de la
puis le 29 mars, époque de leur nomination, correspondance,
3 jusqu'au 21
: jour du départ du roi; mais que les circonstances aclles offrant un autre ordre de choses
> ils croyoient devoir
endre la détermination du roi sur l'acceptation de la charte
stitutionnelle qui lui seroit incessamment présentée 3 que dès
lendemain ils" serolent prêts à exécuter les ordres que le mire leur intimeroit; ; mais que s'il persistoit dans la résolation
hâter leur départ, ils offroient leur démission (1).
Procès verbal du club Massiac, des 26 et 27 juillet 1791. Copit
Sa
un autre ordre de choses
> ils croyoient devoir
endre la détermination du roi sur l'acceptation de la charte
stitutionnelle qui lui seroit incessamment présentée 3 que dès
lendemain ils" serolent prêts à exécuter les ordres que le mire leur intimeroit; ; mais que s'il persistoit dans la résolation
hâter leur départ, ils offroient leur démission (1).
Procès verbal du club Massiac, des 26 et 27 juillet 1791. Copit
Sa --- Page 284 ---
(276)
La démission fut acceptée; Roume St-Lanrent, Mirbeck €
Saint-Léger furent nommés en Jeur place. D'après un secon
décret rendu par l'Assemblée nationale pour faire exécuter cchi
du 15 mai(1), ces commissaires étoient enfin partis pour :
rendre à Brest, lorsqu'un nouveau décret, provoqné par Bai
le
août
ordonna qu'ils attendroient les ordre
nave 29
1791,
ultéricurs qui leur seroient donnés.
Tout se préparoit alors pouria révocation du décret du 15 ma
Dès le 17 août on avoit incéré dans l'acte constitutionnel q
et
dans l'Asie, l'Afriqt
( lcs colonies
postessions françaises
,
fassent partie de l'empire francai
> et T'Amérique quoiqu'elles
dans la présente constitution x. I
> ne sont pas comprises
dernier article de cet acte zjoutoit bien que K les décrets rendi
s parlAssemblée nationale constituante , quin'étoient pas con
> pris dans l'acte de constitution, devoient tetre exctcutés comn
> lois, et que les lois antérieures auxquelles elle n'avoit P
seroient
observées, tant que les uns
> dérogs,
également
autres n'auroient
été révoqués ou modifits par
>> les
pas
Mais,
jours après, TAssemblée nationa
29 Corps légilatifs.
quatre
décréta que a le comité colonial feroit son rapport dans dix,jor
les mesures d
relativement au décret du 15m
> sur
prendre
concernant les
de couleur nés de père et me
D dernier,
gens
> libres (2)- >
6. V.
Pour obtenir cette révocation, il falloit intimider l'Assembl
Autres
suites du décret du 15 mai. Ces défenseurs d
pour nationale sur les
la révocation
du décret du
15 mai.
(imprimée ) de la lettre écrite par MM. les commissaires du roi de
à Saint-Domingue, à Thévenard, du 20 juillet 1791
tinés à passer
1 Décret du 18 aoûr 1791.
2 Décret du 7 septembre 1791.
V.
Pour obtenir cette révocation, il falloit intimider l'Assembl
Autres
suites du décret du 15 mai. Ces défenseurs d
pour nationale sur les
la révocation
du décret du
15 mai.
(imprimée ) de la lettre écrite par MM. les commissaires du roi de
à Saint-Domingue, à Thévenard, du 20 juillet 1791
tinés à passer
1 Décret du 18 aoûr 1791.
2 Décret du 7 septembre 1791. --- Page 285 ---
(277) )
semblées coloniales qui traitent aujourd'hui de calomnie ab.
rde Je reproche du système d'indépendance,
employoicnt alors
bus leurs cfforts pour persuader à la France que les colonics,
celle de Sint-Dosiagne sur-tout, s'en détacheroient sur-leamp,'et se donneroient à l'Angléterre, - si l'on ne révoquoit
is le décret du 15 mai, Ils répandoient ces bruits avec
ile affectation dans le public, et dans le sein de l'Assemblée une
nsiituante, qu'indépendamment des indications qu'cfire à cet
ard le compte rendu par les quatre-vingt-cing (1), tout
mble annoncer qu'ils comptoient beaucoup moins eux-mêmcs
rla possibilité de cette mesure criminelle que sur les cffets
la crainte qu'on cn auroit. Rien n'égale l'audace avec lahelle on la présentoit comme un parti pris par la colonie,
it dans les comités de P'Assemblée constituante, soit dans
utes les relations avec lcs députés, soit dans la tribune des supCans, et dans toutes les avenues de la salle de cette assemblée.
Diverses lettres déposdes au comité colonial parlent, dans les
rmes les plus emportés, de lindignation générale, du soulément de tous les esprits,qui is'étoient manifestés au Cap et au
ort-au-Prince à cette nouvelle, de la furcur des blancs contre
hommes de couleur, de la résolution oi l'on éloit de ne
us rien payer 2ux créanciers de la colonie, de nc p2s donner
pur un sou de fret asx batimens de commerce des
insultes
les aux capitaines bordelais, parce que le départemont de
Gironde avoit cffert d'appuyer de toutes ses forces l'exétion du décret du 15 mai, de la réunion de tous les citoyens
parti de l'arsemblée de Saint-Marc, de la prochaine foration d'une nouvelle assemblée coloniale, d'une scission ab1 Voyez ci-dessus le 5. IV.
S 3
de nc p2s donner
pur un sou de fret asx batimens de commerce des
insultes
les aux capitaines bordelais, parce que le départemont de
Gironde avoit cffert d'appuyer de toutes ses forces l'exétion du décret du 15 mai, de la réunion de tous les citoyens
parti de l'arsemblée de Saint-Marc, de la prochaine foration d'une nouvelle assemblée coloniale, d'une scission ab1 Voyez ci-dessus le 5. IV.
S 3 --- Page 286 ---
(278)
solue avec la France, ou d'une contre-révolation. Une de Ci
lettres finissoit ainsi : ( Il seroit possible qu'on se décidàt
abandonner la forme d'administration nouvelle qu'on 1
>
à
car nous ne voyons qu'un parti prendre'
> nous envoyer;
c'est celui de renoncer aux assemblées primaire
> pareil cas,
la
d'assemblée coloniale , point de nouveau régim
> De point
nous nous mettrons zout droit sous P'ancien (1).>
) et
La lettre du procureur-général du Cap, Laborie, au dépu
Chabanon, étoit mieux calculée e
de Saint- Domingue, 2,
le but
qu'on sc proposoit. < Vous n'avez P
core pour
perfide
violentes faites et ne
> d'idée, y est-il dit, des propositions
et contre les G. d. C. (les gens de couleui
> contrariées
contre la France : égorger les uns et déserter l'autre, a
> et
moins
cela. Trois jours se sc
pelerles Singlais; pas
que
la commotion soit diminuée, on ne s'occu
> passés; etloin que
la
de réunir la colonie à un seul parti, po
> que de propager,
les mesures nécessaires pour enlever à la France
>> prendre
On a fait
> pays dont clle a compromis lexistence.
pass
avis (la nouvelle du décret du 15 mai) à toutes les E
> cct
la colonie on a la réponse des plus voisines; elle 0
> roisses dc
> uniforme; la réunion ne peut être que tres-prompte, ctje
ctonné
iZ ne parte 4
>
serois pas
qu'avant quinge jours
Londres,
ia Jamaique. Il est certa
> commisszires pour
par
1 Leitre de Massard, datée du Cap français 2 du 5 juin ou plutô
juillet 1791, déposée au comité colonialepar Begouen, A Antre de Gué
de Malagué et Gabalde à Guérin de Malagué à Bordeaux, datée du Po
an-Prince, le 10 juillet 1791, aussi dépo ée par Begouen, etc. vi
aussi le S. XIV du chap. II.
* Ces inots étoient ainsi soulignés dans Toriginal, dont l'encre
trèsrecomncissalble.
français 2 du 5 juin ou plutô
juillet 1791, déposée au comité colonialepar Begouen, A Antre de Gué
de Malagué et Gabalde à Guérin de Malagué à Bordeaux, datée du Po
an-Prince, le 10 juillet 1791, aussi dépo ée par Begouen, etc. vi
aussi le S. XIV du chap. II.
* Ces inots étoient ainsi soulignés dans Toriginal, dont l'encre
trèsrecomncissalble. --- Page 287 ---
(2 279 )
qu'après ce que l'Assemblée nationale a promis si formellement, après les services de la partie du
Nord, qui a été jasqu'a prendre les armes contre ses fréres, pour maintenir les
décrets, la violation de la promesse excuse méme à
mes
yeux ces fureurs. En attendant, si les mulâtres ont
a
heur de
ils
le malremuer, sont perdus, et on parte de lâcher les
. ateliers contre eux. Alors je ne
d
donne'pas vingt-quatre heures
l'existence du dernier d'entre eucc (1).>
Onse rappelle que les députés de St-Domingue, Ies membres
de l'assemblée de Saint - Marc et le club Massiac avoient sonné
H'avance le tocsin dans toute la colonie, et sans doute ils avoient
excité leurs correspondans à répandre leurs alarmes dans la métropole. Aussi ces plaintes n'étoient-elles pas versées dans le
sein de l'amitié, pour y rester en dépôt. Ceux qui les faisoient
paroissoient eux-mémes en desirer la publication. On Iit à la fin
de lune des Iettres qu'on vient de citer : (
Communiquez mes
craintes,je vous en prie, à tous mes braves
concitoyens; 5 ditesleur que c'est un deleurs plus affectionnés
frères, qui, en proie
au chagrin de voir la colonie dans le. dahger le plus éminent,
I) les engage à solliciter leur patriotisme à
3 faire tout ce
D
qui
dépendra de lui pour faire révoquer un décret qui, entraînant
D la perte des colonies, nécessitera infailliblement celle de
nos
) manufactures, et en réduira les ouvriers dans la misère Ia
b plus affreuse. C'est en rendant ma lettre publigue, si
)) la trouvez digne de cet honneur,
vous
que je vous prie de me
> croire, etc. (2).>
I Lettre de Laborie, procurenrgénéral, du 3 juillet 1797, à Chabanon, dépurt de Saint
septembre
Domingue, 2 déposée par ce dernier, le 13
1791.
2 Lettre susdite dè Massard, du 5 juillet 17y1.
S 4
affreuse. C'est en rendant ma lettre publigue, si
)) la trouvez digne de cet honneur,
vous
que je vous prie de me
> croire, etc. (2).>
I Lettre de Laborie, procurenrgénéral, du 3 juillet 1797, à Chabanon, dépurt de Saint
septembre
Domingue, 2 déposée par ce dernier, le 13
1791.
2 Lettre susdite dè Massard, du 5 juillet 17y1.
S 4 --- Page 288 ---
(280) )
concertées artificleusement entre
s. VI,
Vollà par quelles mancuvres
à Saint-Domingue,
Décret du Ics colons de Paris ct leurs correspondans du décret du: 15 mai 2
of septembre on parvint à obtenir enlin la révocation
les derniers jours de la session de P'Assemblée constituante.
encore du rapport; il ne réussit que trop
Barnave se chargea
1791, qui assuà fire adopter le faial decret du siseptembie exclusive sur les
roit entin aux blancs des colonies la légisiation
absolue
hommes de couleur et les esclaves, sous la sanction
L'articie
de celtc loi attribuoit à l'Assemblée
du roi.
premie:
avec la sanction ordinationale législative ie droit de statuer,
sur leurs
extérieur des colonies,
naire du roi, sur le régime
en cas de guerre 1 sur
relations commerciales ct lenr défense,
aux
administrative et miitaire. L'article II ne laissoit
la marine
sur ces objets, sauf néancolonies que le droit de péiition
que les
extraordinaires et momentanées
moins les exceplions
arréter sous la sanction du gouassemblées coloniales pourroient
des subsistances : cxverneur, relativement à F'introduction besoia
léavoir lieu pour un
pressant,
ceptions qui pourroient
de la métropole n'avoit
galcwent constaté. Mais la législature
blanches.
non
gienivoir en ce qui concernoit L
Vétgt des personnes l'article III: G Les
Voici coment étoit conçu, cet égatd, libres, et Pétat
concel nant l'état des personnes non
> lois
homines de coulur CL negres libres, ainsi que
> potaigse des
Texécution de ces mémes jois, seront
relatifs à
)) les régleniens
coloniales actucllemest exiftanter
> fal.os Far les assemblées
s'exécuteront provisuirement
leur succéderomt,
> ci celles qui
des colonies, pendant
Vapprobation des gouverneurs
> svec
les colonies d'Amérique, et pendant
> Peapuce d'un an pour
les colonies au- dela du cap de
> l'erpacr de deux ans pour
direftement d la sancrion
ct seront portées
a Banne-Lapisence,
décret antérieur puisse Portes
du rois sans qu'aucun
* absolue
les assemblées
s'exécuteront provisuirement
leur succéderomt,
> ci celles qui
des colonies, pendant
Vapprobation des gouverneurs
> svec
les colonies d'Amérique, et pendant
> Peapuce d'un an pour
les colonies au- dela du cap de
> l'erpacr de deux ans pour
direftement d la sancrion
ct seront portées
a Banne-Lapisence,
décret antérieur puisse Portes
du rois sans qu'aucun
* absolue --- Page 289 ---
(29:)
obstacle au plein exercice du droit conféré par le présent décret aux assemblées coloniales.
L'article IV ajoutoit : ( Quant aux formes à suivre pour la
confection des lois du régime intérieur qui ne concernent pas
l'étar des personnes d'signdes par P'article ci-dessus, elles
seront déterminées par le pouvoir législatif, ainsi que le surplus de l'organisation des colonies, après avoir rzçu lc voeu
que les assemblées coloniales ont été autorisées à exprimer sur
leur constitution. >
Ceux qui avoient préparé cette loi désastreuse avoient tout
eu de craindre, d'après la direction constante de l'esprit pulic vers la liberté générale 2 que les dispo itions n'en fussent
ientôt abrogées. Pourle prévenir autant qu'il étoit en eux, ils
ualifiérent de constitutionaelle la loi du 24 septembre, ct la
résentèrent en conséquence à l'acceptation du roi, quoique
Assemblée nationale eût décrété, dès le mois précédent, que la
lonstitution étoit terminée, qu'elle n'y pouvoit rien changer,
tque cet article ayant été rayé à l'impiimeric, on.ne sait comaent, elle en eit ordonné le rétablissement par un décret du 5
eptembre Le roi accepia electivement cette nouvelic loi
e 28 septembre.
Les hommes sont si aveugles dans leurs combinaisons les plus S. VII.
éféchies, lorsqu'elles sont diciées parleurs passions, que l'objet Arrêtés de
lece décret , qui avoit couté tant d'efforts à obtenir, étoit déja l'assem. col.
onsidéré dans la colonic même de
pour reconSt-Domingue > comme un noitre les
nalkeur, au moment ot on en reçut la nouvelle. Le tempérament droits des
dopté par le décret du 15 mai ne suffisoit plus. La plupart des hommes de
coulcur.
Veyez les procès-verianx die TAssenablée coustituante etlc rceueil
les décrets,
oit couté tant d'efforts à obtenir, étoit déja l'assem. col.
onsidéré dans la colonic même de
pour reconSt-Domingue > comme un noitre les
nalkeur, au moment ot on en reçut la nouvelle. Le tempérament droits des
dopté par le décret du 15 mai ne suffisoit plus. La plupart des hommes de
coulcur.
Veyez les procès-verianx die TAssenablée coustituante etlc rceueil
les décrets, --- Page 290 ---
(482)
de T'Ouest vénoient solemnellement de reconnoitre les
paroisses
de couleur dans des concordats fondés sur le:
droits des hommes
justice et de l'égalité. Peu de jours après on souspriucipesdela
de la province, le traité de
ciivit, au nom des quatorze paroisses
bien des maux à 1
paix de 23 octobre 1791, qui auroit épargné
étoi
colonie s'il eût été fidèlement exécuté. Le même exemple
du Sud. On réclamoit l'exécutior
suivi dans plusicurs paroirses du Nord. Blanchelande, qui s'étoi
de ce traité dans unc partie
d'une manière si décidée contre les prétention
d'abord prononcé
avoit été forcé d'entrer dans les vues de
des hommes de couleur,
Il écrivoit à Jumécourt de
confédérés de la Croix des Bouquets.
lettre au:
de sa conduite. Dans une autre
lettres approbatives
l'assemblée etlu
hommes de couleur, il cherchoit à prouver que
décret de
rien
sincèrement que T'exécution du
ne vouloient
plus
sorte contre toutes le
15 mai, G qu'elle protestoit en quelgue
la ré
auroient pu être faites pour en demander
> démarches qui
d'améliorer l'éta
et
desiroit, ainsi que lui,
> vocation, qu'elle
dans le bénéfice de cett
> de ceux
n'étoient pas compris
a
> loi
ETLRS
coloniale avoit effectivement été forcéc de cédei
L'assemblée
forte
aussi à la voix terrible de la justice et de la nécessité, plus Ja
celle des préjugés de l'orgucil et de la domination.
que
l'autorité
lui échappoit par les concordats
louse de retenir
qui
résulteroient
des maux incalculables qui
et justement effrayée
tout à-la-fois les homme:
pour les blancs, s'ils avoient à combattre
de Blanchelande à Jumécourt et aux hommes de couleur
1 Lettres
5 numéros 77 et 88 des pièces justilicativer
des 12 et 20 octobre 1791
du mémoire de
dn rapport de Tarbé ; no. 51 des pièces justilicatives
Blanchelande sur son administratiou.
résulteroient
des maux incalculables qui
et justement effrayée
tout à-la-fois les homme:
pour les blancs, s'ils avoient à combattre
de Blanchelande à Jumécourt et aux hommes de couleur
1 Lettres
5 numéros 77 et 88 des pièces justilicativer
des 12 et 20 octobre 1791
du mémoire de
dn rapport de Tarbé ; no. 51 des pièces justilicatives
Blanchelande sur son administratiou. --- Page 291 ---
(283 )
de couleur et les nègres, elle annonça enfin ses dispositions à
dre justice aux premiers. Dès le 5
renmotion d'un membre
septembre au matin, sur la
la
qui prétendit qu'on ne devoit pas imputer à
majorité des hommcs de couleur ( les
)
démarches que quelques-uns avoient faites à un tribunal auquel il
> de
n'appartenoit pas
prononcer, et qui l'avoit fait
> l'assemblée coloniale arrêta à P'unanimité insuffsamment peut-étre,
)) commission
qu'il seroit étabii une
pour s'occsper du sort des gens de couleur
> à laquelle ils pourreient adresser leurs
libres,
commission seroit
pétitions; que cette
tenue de présenter son travail
>
dans le
bref délai,. . . et que le présent arrêté seroit
pius
> nombre de quinze cents
imprimé ati
card
exemplaires, dont six cents en
(1): ). Cet arrêté loue beaucoup le zele
les
plade couleur de la province du Nord avoient
que hommes
de Ia cause
montré dans la défense
commune contre les esclaves.
Le lendemain elle auterisa les hommes de
port de la commission
couleur, sur le rapqu'elle avoit nomiée la veille, à se réunir
Paisiblement dans leurs paroisses, et à rédigerles pétitions
voudroient faire,tendantes à fixer leur état, dont elle
qu'ils
s'occuper incessamment. Elle
promit de
enjoignit aux municipalités, aux
corps populaires et aux commandans, de protéger leurs
blées, , pour que l'émission de leur yceu lui parvint librement assemplas promptement possible(2). Elle autorisa même,
etle
après, les hommes de couleur qui scrvoient dans les quelguesjours
blancs à se réunir par section
camps des
des
pour cet objet, avec la permission
commandans, K pour leur voeu, ainsi émis par section, être
par
I Procès-verlal de l'assemblée coloniale, du 5
pag. 63 ct 64.
septenibre au matin,
2 Proctserlol-sundit, du 6
septembre au mmin, P. 6y.
même,
etle
après, les hommes de couleur qui scrvoient dans les quelguesjours
blancs à se réunir par section
camps des
des
pour cet objet, avec la permission
commandans, K pour leur voeu, ainsi émis par section, être
par
I Procès-verlal de l'assemblée coloniale, du 5
pag. 63 ct 64.
septenibre au matin,
2 Proctserlol-sundit, du 6
septembre au mmin, P. 6y. --- Page 292 ---
(284)
fondu dins le veeu général de chacune des pa-
> elle transmis et
circonstances devenant de plus en plus
> roisses (1) >. Enfin les
des hommes de conleur
dificiles, elle n'attendit pas même le voeu
arrêta la scleur rendre la justice qui leur étoit due. Elle
Four
délisération de quatre séances, aqu'clle
maine suirante,apresunes Pezécution de la loi du 15 mai, con-
> ne s'oppeseroit point à
libres, lorsqu'elle seroit conles hommes de coulcur
> cernant
> nue oficieilement (*J.>
homevoulant donner aux
Elle déclara en môme temps que
et
couleur Libres, nés de père et mère non libres, qui
n mes de
bénéfice de la loi du 15 mai, une
> ne participent pas au
qu'ils avoient ménon
de la bienveillance
> preuve
équiyoque
à défendre la cause publique, elle
> nitée par leur empresoment
de M.lc lieuteavec P'approbation
> SC propesait provisoirement,
avec l'approgénéral, et définitivement
> nant au goavernement nationa'e et la sanction du roi, d'amé-
> bation de T'assemblée
de lalite loi;
Ieur
aussitôt après la promulgation
> liorer
état,
manifestée par ses arrètés des 5,6
5 intention qu'elle avoit déja
à la nation fran-
> et 14 de ce mois. En même temps elie dénonça les hommes
camme traltres a la nation, à la loi et: au roi,
> çaise,
la
de cet arrêté, ne
> de couleur libres qui, après promulgation
verbal susdit, du 14 septembre, 2 pag. 87 et 89.
1 Procès
coloniale ont concln de cette ex-
* Les adversaires de W'assemblée de cette assemblée n'étoient
pression, que 1outcs les promesses de couleur, pour les empécher
qu'un piége tendu anx hommes nouvelies dur succès des démarches
d'agir jusqaa ce qu'on eût des révocation du décret du 15 mai;
faites en France pour obtenir la Les circonstances étoient asscz
mais rien ne justifie cette imputesion. coloniale fat sincère dans ses résolupressantes pour que Passemblée fussent à son YOElL.
tions, quelque centrsiree'qu'elles
pression, que 1outcs les promesses de couleur, pour les empécher
qu'un piége tendu anx hommes nouvelies dur succès des démarches
d'agir jusqaa ce qu'on eût des révocation du décret du 15 mai;
faites en France pour obtenir la Les circonstances étoient asscz
mais rien ne justifie cette imputesion. coloniale fat sincère dans ses résolupressantes pour que Passemblée fussent à son YOElL.
tions, quelque centrsiree'qu'elles --- Page 293 ---
(285) )
b voleroient pas à la défense de Saint-Domingue en danger, et
> qui, tranquilles speciateurs de T'incendie et des assassinats,
> voudroicnt justificr leur inaction parle doute suir lcs intentions
> de l'assgmblée (). >
Il est trop manifeste que l'assemblée coloniale, att lieu de $. Vilt.
dirigerles évènemens, se laissoit entiainer par eux ma'gré elle. Arrêtés
Déj: les concordats avoient prononcé la proscription des juge- d'am.isticen
mens rendus contre Ogé ct ses complices par le conseil supé- leur faveur.
rieur du Cap, et de tous les actes de tyrafnic que les comités
ou les municipalités de la colonie s'étoient permis contre eux.
L'assemblée coloniale imagina alors de faire grace à ceux de
ces infortunés qui vivoient encore. Mais les réserves qu'elle mit
à cet acte de justice et de politique prouvoient avec combien
de peine elle cédoit à l'empire des circonstances. Elle fit grace
d'abord, provisoirement , à Marc Chavanne, l'un des condamnés
à mort par contumace dans le procès d'Ogé:i1 s'étoit battu avec
le plus grand courage pour les blancs dans lc Nord. L'assemblée
chargea ses commisaires en France de soliiciter auprès de l'Assemblée nationale et du roi sa grace définitive. Elle se réserva;
par le même arrêté, de prononcer dans la suite sur les antres
gens de couleur libres condamnés par contumace avec Chavanne. Enfin elle autorisa les autor'tés civiles et militaires de la
colonie ( à recevoir au nombre des défenseurs de la chose
pu-
> blique tous les gens de couleur libres, décrétés ou con-
> damnés par contumace dans les différentes parties de la CoD lonie, et que leur zèle engageroit à faire cffie de leurs setb vices, pour, sur le compte quiseroit rendu de lcur condsite,
1 Procds-verbal susdit du 20 septembre 179t, p. I9O, Proclamation
de Blanchclande, du 26 septenbre.
colonie ( à recevoir au nombre des défenseurs de la chose
pu-
> blique tous les gens de couleur libres, décrétés ou con-
> damnés par contumace dans les différentes parties de la CoD lonie, et que leur zèle engageroit à faire cffie de leurs setb vices, pour, sur le compte quiseroit rendu de lcur condsite,
1 Procds-verbal susdit du 20 septembre 179t, p. I9O, Proclamation
de Blanchclande, du 26 septenbre. --- Page 294 ---
(286 )
>> eire par l'acsemblée générale prononcé sur leur sort (r).
: Par un autre arrêté du même jour, elle ordonna de retirer de
la chaîne ceux qui étoient aux galères,sur le fondement ( que
> leur sort ne pouvoit pas être pire que celui de leurs cama-
> rades condamnés par contumace, qui étoient à même de
> mériter par leurs services la bienveillance de P'assemblée >.
Elle ordonna néanmoins que ces derniers resteroient en état
d'arrestation (2). Elle alla beaucoup plus loin pour ceux qui
avoient été çondamnés par contummace dans l'affaire du FondParisien; par arrêt du conscil supérieur du Port-au-Prince (3).
L'iniquité de leur jugement étoit si palpable, C qu'elle leur
et
en les réintégrant dans la
> accorda grace pleine entière,
> postession de leurs biens, déclarant qu'elle chargeoit ses comde
de l'Assemblée nationale et du
> missaires
solliciter auprès
>groi la grace définitive, de laquelle ils jouiroient néanuoins
* dès-à-présent (4). )
Par d'autres arrêtés postéricurs, elle accorda également des
giaces plus ou moins restreintes à des hommes de couleur nommés dans ses arrêtés,mais dont les prétendus délits n'y sont
point spécifiés (5).
Malheureusement ces mesures particlles ne furent suivies d'aucun arrêté général pour statuer sur l'état civil des hommes de
1 Extrait de la séance du 27 septembre 1791.
2 Ibid.
3 Voyez ci-dessus le $. XVII du chap. I.
4 Procès-verbal de l'assemblée générale 7 du 27 septembre 1791.
5strait des registres de l'assemblée générale, du 28 septenibre 2
et du 1 octobre 1791. Procès-verbaux, ibid.
ures particlles ne furent suivies d'aucun arrêté général pour statuer sur l'état civil des hommes de
1 Extrait de la séance du 27 septembre 1791.
2 Ibid.
3 Voyez ci-dessus le $. XVII du chap. I.
4 Procès-verbal de l'assemblée générale 7 du 27 septembre 1791.
5strait des registres de l'assemblée générale, du 28 septenibre 2
et du 1 octobre 1791. Procès-verbaux, ibid. --- Page 295 ---
(287 )
ouleur, & bientôt les espérances qu'ils avoient conçues s'eanouirent entièrement.
Au commencement de novembre 1791, on reçut la nouvelle S IX.
e la révocation du décret du 15 mai par celui du 24 septembre, Mesures contde la prochaine arrivée des commissaires civils chargés de faire traires d'après le décret
xécuter cette loi. Si, à défaut de justice, l'assemblée coloniale du 24 sepdt eu des idées saines sur les vrais intérêts des blancs, elle
tembre.
SC
eroit empressée de consacrerle premier exercice de sa législation
htéricure, de mahière à la rendre chère à la métropole, et de
egagner les hommes de couleur, en leur reconnoissant l'égalité
es droits. Mais ses insurmontables préjugés , renforcés par les
ettres de ses correspondans de France, lui petsuadèrent qu'elle
ourroit désormais lutter avantagensement contre les nègres et
:s hommes de couleur avec les forces qu'elle attendoit de la
iétropole. Elle ne s'occupa plus que des moyensde manquer aux
romesses qu'elle avoit faites aux hommes de couleur, sous préexte qu'elles n'avoient pour objet que l'envoi officiel du décret
u15 mai. Ceux de la province du Nord combattoient
ar- tout avec courage les nègres insurgés; ceux du Cap presque veoient de répondre à ses invitations, en quittant un instant les
mes, pour lui adresser leur pétition. Ils y demandoient, dans
termes les plus respedueux, qu'elle vouldt bien*étendre à
bus les hommes de couleur et nègres libres le bénéfice du
écret du 15 mai, comme elle avoit paru l'annoncer
rrêté du 20 septembre (1). Leur espoir fut cruellement par son
assemblée coloniale ne rétracta poiatformellementics déçu:
u'elle venoit de faire aux hommes de
promesses
couleur; mais elle les
1 Pétition des hommes de coulenr du Cap à
u 2 novembre
lassemblée générale,
1791. Procès : verbaux de l'assemblée
our,
coloniale dudit
bénéfice du
écret du 15 mai, comme elle avoit paru l'annoncer
rrêté du 20 septembre (1). Leur espoir fut cruellement par son
assemblée coloniale ne rétracta poiatformellementics déçu:
u'elle venoit de faire aux hommes de
promesses
couleur; mais elle les
1 Pétition des hommes de coulenr du Cap à
u 2 novembre
lassemblée générale,
1791. Procès : verbaux de l'assemblée
our,
coloniale dudit --- Page 296 ---
(288 - )
révoqua indirectement par des mesures indéAniment dilatoires
Voici l'arrété, aussi imprudent qu'injuste, qu'elle prit, troi
jours aprèsleur pétition (h): K Sur la motion fite par un memore
relativement à l'état
des hommes de couleur c
>
politique
> nègres libres,
de la partie française de Saint-Do
> L'assemblée générale
considérant tque ce n'eit pas dans un temps de trot
5 mingue.
d
> bles, de confusion et de révoite, qu'eile peut s'occuper
>) T'objet de cette molion 5
Considérant
ses arrétés des 5, 6, 14 et 20 septemb:
>
que
> dernier leur ont éte insidieusement interprétés 3
Considérant que les hommes de couleur et nègres libre
> été méchumment excités à des opinions errondes sur 1
D ont
nationaus, et notamment sur celui du 15 mai, 9
> décrets
été envoyé officiellement dans cette colonie;
> n'aj jamais
Considérant
le décret constitutionnel de T'Assemble
>
que
C
D constituante, du 243 septembre dernier, ne peut manguer
D dessiller leurs yeux et deles ramener àleurs devoirs;
> Et, dans ce cas, voulant les prendre sous sa sanve-garc
> spéciale, a arrêté et arrête :
D 1°, Cu'elle ne s'occupera de Tétat politique des homme
et
libres qu'd la cessatian des troubt
% ée couleur nègres
la révolte des esclaves, et qu'après que le
D cccasionnis par
hommes de couleur et nègres lbres, rentrés dans leu
> dits
sous l'autorité de-l'assemblée générale
> paroisses respectives,
L'un des aceusatenrs de Polrerel et Sonthonax Page, est Irri
dactevr de la terrille adresse qui suivit cet urrête. Voyez les deld
dans Paffuire des colonics, ton. I, F. 138 et suiv.
des esclaves, et qu'après que le
D cccasionnis par
hommes de couleur et nègres lbres, rentrés dans leu
> dits
sous l'autorité de-l'assemblée générale
> paroisses respectives,
L'un des aceusatenrs de Polrerel et Sonthonax Page, est Irri
dactevr de la terrille adresse qui suivit cet urrête. Voyez les deld
dans Paffuire des colonics, ton. I, F. 138 et suiv. --- Page 297 ---
C 1 289 )
ou réunis dans les divers camps sous les ordres du
> tant du roi, auront coopéré avec les citoyens blanes représen1
ner l'ordre et la paix dans la colonic.
à rame-
* 2o, Quc les hommes de couleur et nègres libres seront
de se conformer au précédent article, sous peine d'éere tenus
suivis et jugés par les tribunaux, comme séditieux et pourturhateurs du repos public.
per-
> 3°. Ordonne que tous les projets et plans déja proposés
concernant létat poliltique des hommes de conleur et negres
libres, seront remis à son comité de constitution, pour lui
Présenter ses vues, anssitôt que Zz tranguillité ratablic
mettra de s'occuper de cerejuestion.
per-
>) Déclare l'assembléc générale qu'elle maintient de plus en
plus sesarrètés des 5,6 et 14 septembre dernier; en consés
quencc, autorise de nouveau les hommes de couleur et
libres de chaque paroisse à lui présenter leurs
nègres
qu'il leur sera loisible de faire parvenir par Z'un d'entre pétitions,
choisi parmi les proprictaires nés de père et mêre libres, enx,.
lesquels pourront rester dans le lieu de la résidence de l'assemblée générale, pour y faire telles autres pétitions que Pintérêt desdits hommes de couleur et nègres libres
exiger.
pourra
> 4°. Qu'elle accorde amnistie générale aux hommes de couleur et nègres libres, qui pourroient s'être portés à des actes
de violence, tant contre des citoyens que contre des corps
populaires, et qui se seroient armés illégalement, toutefois
qu'ils rentreront dans leur devoir aussitôt après la promulgation du présent arrèté.
> En conzéquence, l'assemblée prend SOUS sa snuve-garde
spéciale lesdits hommes de couleur ct negres libres.
Rapp. de G. Coulon, TomeII,
T
couleur et nègres libres, qui pourroient s'être portés à des actes
de violence, tant contre des citoyens que contre des corps
populaires, et qui se seroient armés illégalement, toutefois
qu'ils rentreront dans leur devoir aussitôt après la promulgation du présent arrèté.
> En conzéquence, l'assemblée prend SOUS sa snuve-garde
spéciale lesdits hommes de couleur ct negres libres.
Rapp. de G. Coulon, TomeII,
T --- Page 298 ---
290) )
> Arrête en outre, qu'il sera fait une mention honorable dan
des hommes de couleur et nègres libre
> son procès-verbal,
les blanc
> du Cap et autres quartiers, qui ORE concouru avec
>> à la difense conmune contre les brigands.
le
du roi sera invité a fair
> Arrête enfin, que représentant
conformément à l'esprit du pré:ent ar
> une proclamation
>. rêté (1).>
Il est remarquable que cet arrêté oi l'assembléc colonial
cherchoit tant à se prévaloir de la non-pablication du décrèt d
de
l'arrivée officielle de celui d
15 mai, précéda
quinze jours
dont elle prescrivoit l'observation immédiate
24 septembre
de
n'eit pas suf
Et comme si un tel changement
perspective
révolter les hommes de couleur, l'assemblée colonial
pour
joignit une proclamation bien propre à aigrir de plus en pluj
y
affectât le langage de la clémence
les esprits, quoiqu'elle y
( Ce n'est point, disoit-elle, sur la sédition et la violence 99
> vous deviez fonder votre espoir; les traités arrachés PA
>) la force et la perfidie ne peuvent avoir qu'un succès pas
> sager, et le retour doit étre terrible L'assemblée généra
> vous avoit tracé une route plus heureuse et plus sûre : c'
> dans le sein de sa justice et de sa bonté, que vous devic
> voler et vous réunir. Cessez d'invoquer aveuglément des lo
> éteintes qui vous portoient les coups les plus rigoureux
> Cessez de croire que le sage sénat de la France, que le roj
) que le peuple français puissent appronver un moment
>) désordre et le crime 5 craignez plutôt la juste sévérité de cet
dont les sentimens et les décrets ont é
> assemblée auguste,
1.Extrait des registres de l'assemblée générale, du 5 noven:bi
2791. Procès-verbaux dudit jour.
teintes qui vous portoient les coups les plus rigoureux
> Cessez de croire que le sage sénat de la France, que le roj
) que le peuple français puissent appronver un moment
>) désordre et le crime 5 craignez plutôt la juste sévérité de cet
dont les sentimens et les décrets ont é
> assemblée auguste,
1.Extrait des registres de l'assemblée générale, du 5 noven:bi
2791. Procès-verbaux dudit jour. --- Page 299 ---
(a 291 )
> calomnicusement interprétés; craignez Za terrible et jufte
vengeance d'un peuple entier, dont tous les intérêts ont été si
) cruellement outragés; craignez la terrible ecjuste
>
vengeance
d'une colonie tombée en un instant du faite de la
)
prospérité
dans toute la profondeur de l'infortune; craignez enfin l'éclat
> de cette chite, et le ressentiment inévitable de toutes les
> puissances qui nous environnent, et qui ont le même intérêt
> que nous : tremblet SUT-LOuE que vous ne soyez reconnus et
) jugés comme les auteurs et les complices de tant de malheurs
> ct de forfaits. Lejour de la clémence n'est
pas encore
)
passé;
l'assemblée géaérale vous ouvre ses bras protecteurs, venez
)) déposer vos chagrins et vos espérances ; comptez entièrement y
sur sa loyauté et sa
mais
aussi irré-
)
bienfaisance;
comptez
vocablement sur toutc l'étendue de sa justice et de sa fer-
> meié, Salut (1).>
Dans le premier enivrement causé par la nouvelle du decret $. X,
du 24 septembre 2 tous les membres de l'assemblée avoient
Des deux
se réunir pour aller de concert avec la métropole, do laquelle paru ils partis del'ase
attendoient des forces sulfisantes pour soumettre tous les insurgés, semblée co4
Mais la sécurité que produisit cette espérance, ranima
loniale.
"aussitôt les partis dans l'assemblée coloniale;
presque
; depuis l'assemblée
de Saint-Marc, ils n'avoient pas cessé d'exister dans la colonie sous diverses dénominations, dont le ridicule éloit le moindre mal. Le parti de l'assemblée de Saint-Mirc,
qu'on
loit les Crochus, on ne sait pourquoi, avoit
appeparu
avoir
jusqu'alors
la prépondérance dans l'assemblée coloniale. Il avoit
1 Adresse de l'assemblée générale aux hom es
ul: ur et ne
gres libres, du 7 novembre 1791. Procès-verbaux dudit jour, Debate
dans l'affaire des colonies, tom. I, pag. 344etsuiv.
Ts
mal. Le parti de l'assemblée de Saint-Mirc,
qu'on
loit les Crochus, on ne sait pourquoi, avoit
appeparu
avoir
jusqu'alors
la prépondérance dans l'assemblée coloniale. Il avoit
1 Adresse de l'assemblée générale aux hom es
ul: ur et ne
gres libres, du 7 novembre 1791. Procès-verbaux dudit jour, Debate
dans l'affaire des colonies, tom. I, pag. 344etsuiv.
Ts --- Page 300 ---
292) -
pour Tni tous les agitateurs 2 qui s'étoient multipliés au Cap
Blanchelande et l'Assembléc coloniale y avoient fixé
depuis que
leur résidence. Le décret du 24 septembre, dont ils attribuoient
raison Phonneur aux membres de l'assemblée de Saint-Marc
avec
d'abord leur donner une nouqui étoient restés en France, parut
velle force, en Aattant Torgueil des colons blancs, et plus particulièrement celui des hommes qui n'avoient aucune propriété,
cette raison les petits blancs. Mais l'anet qu'on appeloit par
nonce des forces de France et la prochaine arrivée des commissaires civils offrirent aussi un point d'appui à ceux qui, jusqu'au
décret du 15 mai, avoient attendu de la métropole la sanction
Ceparti, dontla première assemblée du Nord
de leurs préjagés.
avoit formé le noyau, étoit désigné sous le nom tout aussibizarre
de Bossus. On a déjavu quelesp ptiacipautagenscivilse setmilitaires
de la colonie, et un grard nombre de ceux à qui leur fortune rend
les révolutions plus redoutables que l'espoir de la liberté ne peut
les leur rendre chères, avoient embrassé ce parti. Il s'étoit insensiblement accri par le spectacle des maux qu'avoient produits
les téméraires entreprises de l'assemblée de Saint - Marc, et de
ceux
les agitateurs du Port -au- Prince venoient d'y opérer.
S'il témoignoit que
moins d'audace dans ses projets que le parti contraire, il Re laissoit pas d'cn balancer le pouvoir par son infuence
secrette et par les mesures même qu'il portoit dans ses déterminations. On appeloit aussi ceux qui tenoient à ce dernier parti
dans P'assemblée le côté de P'Est, d'après la place qu'ily occupoit, et ses antagonistes le côté de POuest (1). Un événement
auquel les uns et les autres n'étoient probablement pas tout-à-fait
étrangers,les mit bientôt à portée d'essayerleurs forces respectives.
le Moniteur de Saint-Domingue et la lettre de Pitra à Cotterelle, 1 Voy. dans les débats des colonies, tom. II, p. 120 et suiv.
parti
dans P'assemblée le côté de P'Est, d'après la place qu'ily occupoit, et ses antagonistes le côté de POuest (1). Un événement
auquel les uns et les autres n'étoient probablement pas tout-à-fait
étrangers,les mit bientôt à portée d'essayerleurs forces respectives.
le Moniteur de Saint-Domingue et la lettre de Pitra à Cotterelle, 1 Voy. dans les débats des colonies, tom. II, p. 120 et suiv. --- Page 301 ---
(293) )
En refusant d'instrnire la France de P'insurrection des escla- $. XI,
ves, tandis qu'elle envoyoit des dmissaires àla Jamaique et dans Imeute CCles Etats-Unis, l'Assemblée coloniale n'avoit
casionnéepar
texte
pu trouver de prépour ne pas s'adresser aussi aux iles françaises du
la station vesur-tout à la
Vent, et nant de la
Martinique qui avoit alors des forces assez considé- Maitinique,
rables. Ony dépècha un aviso dès le commencement de
bre; mais quoique cette route se fasse ordinairement dans sepiemdej jours, l'aviso en mit quarante avant d'arriver à la
peu
Martinique, sans qu'on ait pu encore alliguer d'autres raisons de
étrange retardement () que la Retaliit. Il tenoit sans
cet
manceuvres secrettes de ces système général
dopte aux
avoit essayé contre la métropole.
d'indépendance qu'on
pouvoit
Lorsqu'on vit cnfin qu'on ne
plus compter sur les puissances éirangéres, il fallut bien
changer de plan : les secours demandés à la Martinique
Blanchelande arrivèrent le 16 novembre 1791 dans la rade par du
La station commandée
Girardin
Cap.
TEole de
par
étoit composée du vaisscau
74 canons, de la frégate la Didon et du brick le
Sa préserce ne fit qu'exciter de nouveaux troubles dans la Cerf. ville
du Cap. Dès le jour méme de l'arrivée de ces
sieurs matelots coururent les rues avec des
batimens, pluant des chansons
lumières, en chaninciviques, et répétant s2ns cesse avec la
grande affectation les cris de vive le Roi (1). Ces
plus
lésordonnés étoient si bien l'effet d'une suggestion mouvemens
najorité de la station et à ceux mémes
étrangére à la
qui s'y livroient, qu'ils cé-
* Ce sont-là les expressions d'une Jettre de l'assemblée
Asserablée nationale, du 22 novembre
oà Pon
coloniale à
eurs aucun détail sur cet objet.
1791,
ne trouye d'ail1 Extrait des rogistres de l'assemblée
du
-
791. Procès verbal dudit jour. Adresse générale, à P'Assemblée 17 norenibre
'assemblée générale, du..
nationale PHR
T3
re à la
qui s'y livroient, qu'ils cé-
* Ce sont-là les expressions d'une Jettre de l'assemblée
Asserablée nationale, du 22 novembre
oà Pon
coloniale à
eurs aucun détail sur cet objet.
1791,
ne trouye d'ail1 Extrait des rogistres de l'assemblée
du
-
791. Procès verbal dudit jour. Adresse générale, à P'Assemblée 17 norenibre
'assemblée générale, du..
nationale PHR
T3 --- Page 302 ---
( 294 )
dèrent facilement aux représentations quileur furent faites par des
habitans du Cap etse retirèrent. Mais le lendemain, une douzaine
d'officiers de la marine descendirent à l'auberge de la Couronne
déjeunèrent avec un officier de Bassigny; ils s'appitoyèrent sui
ety
roi et de la reine, dont les portraits étoient dans 1:
le sort du
fois la sante
salle oi ils déjeunoient; ; ils en portérent plusieurs
celles du
de Bouillé, du Brave prince de Lambesc
avec
marquis
de la Martinique, etc
du comte d'Artois, de Behague, gouverneur
d
On assure même qu'ils y joignirent celle des incendiaires
Saint- Domingue, en criant : vive la contre-révaelution, et pro
férant des outrages grossiers contre la Nation. La fermentation
excitée par Ces propos coupables fut cncore augmentée par un
au café voisin, oi Fun de cc
scène du même genre, quise passa
oficiers prit le parti de ses camarades, en se livrant à de nouveau
contre la révolution. Le maître du café eut de la pcin
à outrages le soustraire à la fureur publique. D'autres officiers de la ma
yine se battirent dans les rues avec des officiers de la garde natic
nale du Cap; mais ils furent bientôt séparés, et se relirèrent st
leurs batimens (1).
on battoit la générale dans la ville ; le peuple S
6 XII,
Cependant
les hommes de couleur furent coi
Conduite de rassembloit tumaitueusement; ;
Blanchelande voqués aux casernes par leurs officiers, sous prétexte d'aller rer
erdel'assemextérieurs du
Leur rassemblement I
forcer un des postes
Cap.
bléc.
fermentation. Leurs officiers, quoique blanc
ft qu'augmenterlaf
passoient tous pour êtra dévoués au parli du gouvernemen
2 du 17 novemli
1 2 Extrait des registres le Passemblie générale,
du
1791. Declaration de Gave, Vaguiet, Durocher et Lachaise, Ba
novembre 17yh, idemy de Ricard, Morel, Dumas, Thaxeron,
gière, Tastet, Nianget, Allenct et Deville, dudit jour. Idem, de Mic
et de Mariarty, dadit jour.
laf
passoient tous pour êtra dévoués au parli du gouvernemen
2 du 17 novemli
1 2 Extrait des registres le Passemblie générale,
du
1791. Declaration de Gave, Vaguiet, Durocher et Lachaise, Ba
novembre 17yh, idemy de Ricard, Morel, Dumas, Thaxeron,
gière, Tastet, Nianget, Allenct et Deville, dudit jour. Idem, de Mic
et de Mariarty, dadit jour. --- Page 303 ---
(: 295)
Lassemblée coloniale et l'assemblée
poinité
provinciale se réunirent en
général , comne elles le faisoient ordinairement dans
nomens de crise (1). Les deux assemblées
les
la caserne des hommes de couleur des envoyèrent d'abord
apportérent les promesses les plus
commissaires qui en
nissaires furent
rassurantes. D'antres comenvoyés à Blanchelande pour lc
a responsabilité, de
requérir, 3 sous
elots de la
consigner à bord les officiers et les mastation, et de la faire sortir du port
vec défenses de mouiller
dans24 heures
ande refusa
ailleurs dans la colenie. Blancheu'il avoit des d'approuver cet arrêté, sous prétexte. du besoin
avoit de
secours arrives de la Martinique, et du bien qu'il
Girardin.
Au milieu de lagitation
ore
générale 2 treize officiers eurent enlimprudence de descendre à terre ; ils furent entourés
joursuivis par la foule jusqu'a la salle de
et
a ils se réfugièrent.
l'assemblée coloniale,
Blanchelande, qu'il suffisoit
pour en venir à bout, donna alors son
d'intimider
u'une seconde
approbation à l'arrêté
députation venoit de lui
n instant après dans le sein de l'assemblée représenter sil se rendit
prça de rétaolir la
coloniale , etils'eftranquilité publique,en promettant, sur son
onneur, K d'étayer de tout son pouvoir les
d'approuver tous les arrétés
assemblées, et
dans cette circonstance
qu'elles pourroient prendre
périlleuse (2). >
Tout ce qui se passoit n'étoit d'ailleurs guère
ablic le calme. Trois
propre à réofficiers de la marine du commerce
ent se plindre qu'ils avoient été insultés
vinpar les officiers de
1 Extrait des registres de T'assemblée
7)r. Procès-verbaux dudit jours
générale, > du 17 norembre
2 Ibid,
T 4
dans cette circonstance
qu'elles pourroient prendre
périlleuse (2). >
Tout ce qui se passoit n'étoit d'ailleurs guère
ablic le calme. Trois
propre à réofficiers de la marine du commerce
ent se plindre qu'ils avoient été insultés
vinpar les officiers de
1 Extrait des registres de T'assemblée
7)r. Procès-verbaux dudit jours
générale, > du 17 norembre
2 Ibid,
T 4 --- Page 304 ---
(296)
'Eole cn passantauprès de ce bitiment.Pientot tousles capitaine
marchands offrirent dans une adresse de coopérer de tout leu
peuvoir aux mesures de sireté publique que prendroit l'assem
blée. Enfin, des lettres écrites par des citoyens annoncèrent qu
les équipages de la station avoient les piaintes lcs plus grave
à portcr contre leurs ofticiers, et qu'ils prioient l'Assemblé
d'envoyer à leur bord des commissaires pour prendre des ren
seignemens sur des projets hostiles dénoncés par les mate
lots (1).
Les deux Assemblées firent conduire à la maison commun
les cfficiers réfugics dans leur seia, s en nommant des com
missaires pour veiller à leur streté; mais le trouble ne cessa pa
pour cela. Le commandant de la station avoit essayé de s
justifer avant de quitier la salle de l'assemblce coloniale. J
avoit, disoit-il, fait mettre à la fosse aux lions loficier 99
avoit troublé l'ordre pubiic. Il cn appelcit au surpius à la ma
niere dont il s'étoit comporté pendant son séjour à la Marti
nique, 52 pauric. II fur alors interrompu par les gulerics, g
lui ciièrent: très-nal! erismalletle forcèrent d'abandonner 1
t:ibunc (e).
Immédiatement apres, les deux Assemblées prirent un nouve
arrèté pour ordonner ( Que quarante hommes de léquiprg
> du vaisseau TIole, vingt-cing de la frégate la Didon, C
D geiuze du brick le Cerf, sereient entendus demain €
A slance publiquen. Il étoit deja tard, et le peuple se retiva
1 Hatrit des registres de T'assemllée générale 1 du 17 novemb:
1791. Proels-veslaux dudit jour.
2 Iid, Déclaraticn d'IIervaud, Chevalier et Eaudin, du 20 norem
lre 1791.
TIole, vingt-cing de la frégate la Didon, C
D geiuze du brick le Cerf, sereient entendus demain €
A slance publiquen. Il étoit deja tard, et le peuple se retiva
1 Hatrit des registres de T'assemllée générale 1 du 17 novemb:
1791. Proels-veslaux dudit jour.
2 Iid, Déclaraticn d'IIervaud, Chevalier et Eaudin, du 20 norem
lre 1791. --- Page 305 ---
(297 )
Blanchelande, qu'on aroit aussi engagé à retcurner au gouvernenent 1 pour que son approbation de cet arrété eit l'air
d'être prononcée librement, la refusa guand on vint la lui demander. Il se réserva de donner les motifs de SOIL refus dans
un autre moment. Les deux assemblées déclarèrent qu'elles resteroient en permanence jusqu'au lendemain. La nuit fut ncanmoins tranquille (1).
Milgré le refas de Blanchelande d'approuver l'arrêté des deux $. XIIT.
assemblées , des matelots de la station se présentérent le lende- Retour du
main à la barre, 3 pour y porter des plaintes contre leurs ofticiers, calie.
qui, dirent-ils, n'avoient cessédeles maltraiterdansla traversée,ct
d'employer toutes sortes de manceuvres pour les exciter contre les
halinam,enp-ofesanta idolenbapasmigondapisiaecirigunts).
Ilsr reclamétentsculem.nt comme patriotcs connus, parmi ceuxqui
éloient détenus, un licutenant et le commandant de la station,
Girardin, qui leur farent rendus au milieu des applaudissemens
généraux, ctqui prétèrent avecles matelots le serment civique.
Quels qne fussent les instigateurs originaires de cette
émeute, 2
le parti dominant dans l'assemblée chercha d'en profiter pour gagner les équipages de la station. Ils'efforça sur-tout de lier en
eux les préjugés coloniaux à l'attachement pour Ta révolution.
Les deux assemblées firent donner lecture du décret du 24 septembre, quoiqu'iine fit point encore parvenu oficicliement dans
1 Procès-verbeus de l'assemblée coloniale, du 17 nov. 1791.
2 Dénonciaiion de Moranal, an nom de l'équipage de PEole,
novenibre.
da.19
Adresse de (o homnes de Ia Didon à Parseubliecobanale,
du 18 novenibre. Dénonciasion d'une partie de léquipege dela Diions
dudit jour. Daclarasion de 9 matelots, du 20 novenbre. Dodierattends
Langlois et Guillemet, du 19 novembre au soir. Déclaration d'Olivier
jeune, du 20 noyembre.
Dénonciaiion de Moranal, an nom de l'équipage de PEole,
novenibre.
da.19
Adresse de (o homnes de Ia Didon à Parseubliecobanale,
du 18 novenibre. Dénonciasion d'une partie de léquipege dela Diions
dudit jour. Daclarasion de 9 matelots, du 20 novenbre. Dodierattends
Langlois et Guillemet, du 19 novembre au soir. Déclaration d'Olivier
jeune, du 20 noyembre. --- Page 306 ---
(298 - )
l2 colonie. Ellesenf firent distribuer aux matelols présens desexemimprimés, avec des cocardes nationales, dont ellesavoient
plaires
si
de temps, et que du moins les offirepris l'usage depuis peu
la cocarde
ciers de la station avoient aussi abandonnées pour
de l'assemblée coloniale expliqua à 1'6blanche. Le président
les deux assemblécs à
quipage les motifs qui avoient engagé
contre
l'écharpe rouge ou noire, afin de le prémunir
prendre
faire
que ces signes pouvoient
les impressions détavantageuses
naitre (1)-
de
s'en rapporter au patriotisme
Enfin, on crut potrvoir
ramener à ce
Girerdin et de la majorité de son équipage pour
n'auroit pas corrigés
sentiment ceux de ses subordonnés que
imminent qu'ils avoient couru. Les deux assemblées
le danger
leur arrété de la veille sur le départ de la
rapportèrent d'ailieurs
invitant Blanchelande à prendre les mesures qu'il
etation , en
la tranquilité. Elle fut bienjugeroit convenables pour ramener
instruisit l'astôt troutlée par de nouveaux orages : Blanchelande
colonialelel lendemain ( que PEole étoit en insurrection 5
semblée
étolent retranchés dans la grande chambre 3
> que les officiers
nombreuse de l'assemblée
> et qu'ii n'y avoit qu'une députation
de grands
Pordre, ou du moins empècher
> qui pit y remettre
demandée en
> malincurs >. L'assemblée eavoya la députation Blanchelande cit reconformisé de son arrêté du 17, quoique
elle ordonna l'impression et la distribution
fusé de Fapprnuver:
de la
diune adresse de la marine du commerce aux équipages
ramener P'ordre et la subordination. En méme
station 1 pour 3
entendre les citoyens
temps clie nomma une commission pour
de Passemblée généralc, du 18 novembre
I Estrait des registres
1791. Procdo-rerbaux dudit jour,
la députation Blanchelande cit reconformisé de son arrêté du 17, quoique
elle ordonna l'impression et la distribution
fusé de Fapprnuver:
de la
diune adresse de la marine du commerce aux équipages
ramener P'ordre et la subordination. En méme
station 1 pour 3
entendre les citoyens
temps clie nomma une commission pour
de Passemblée généralc, du 18 novembre
I Estrait des registres
1791. Procdo-rerbaux dudit jour, --- Page 307 ---
( 299 )
qui avoient pu éfre témoins des faits qu'on
ciers de la station ().
reprochoit aux offiLes commissaires de l'assemblée se
avec un drapcau aux trois couleurs. Ils transportèrent sur T'Eole,
paiser le
mais il circuloit
parurent d'abord y aptrouble;
en quelque sorte d'un bàliment à l'autre 3 et malgré les témoignages de conffance
Girardin avoit reçus des matelots dans l'assemblée
que
ne fut pas moins en butte
les
coloniale, il
que
autres officiers à leur insubordination et à leurs outrages. Il paroit, au
reste, par sa correspondance avec Blanchelande, quoiqu'elle fât nécessairement trèsréservée dans ces circonstances, qu'il n'étoit
tager les sentimens de ses
pas éloigné de parofficiers, ou du moins
fort excusables. Aussi fut-il
qu'illes trouvoit
matelots de
compris dans le refus que firent les
servir' sous les ordres de Ces officiers, Il
plusieurs d'entre
envoya, avec
eux, 3 sa démission à
de la recevoir, Mais
Blanchelande, quirefufa
pour le débarrasser des matelots insubordonnés, il lui ordonna de les retirer successivement
en en
des vaisseaux
envoyant une cinquantaine, de deux heures en deux
chez le commisaire aux
heures,
venir
classes, qui leur donna le choix de
en France sur les bâtimens du
re--
dans les
commerce, ou de servir
camps contre les nègres révoltés (2). Iln'en refta
sur la station qu'une soixantaine
guère
parti des officiers durant
qui avoient paru se ranger du
l'émeute. Blanchelande fit en même tems
partir pour France, sur une autre frégate, les officiers
quia avoient
1 Extrait des registres de l'assemblée
1791. Procès-verbaux dudit
générale 2 du 19 novembre
jour.
2 Procès - verbal de
même à
Girardin, , du 19 novembre 1791. Lettre du
Blanchelande, , dudit jour. Lettre de
din, du 20 novembre
Blanchelande à Girar20 novembre
1791. Procès-verbal de l'assemblée générale, du
1791 au matin et au soir,
quia avoient
1 Extrait des registres de l'assemblée
1791. Procès-verbaux dudit
générale 2 du 19 novembre
jour.
2 Procès - verbal de
même à
Girardin, , du 19 novembre 1791. Lettre du
Blanchelande, , dudit jour. Lettre de
din, du 20 novembre
Blanchelande à Girar20 novembre
1791. Procès-verbal de l'assemblée générale, du
1791 au matin et au soir, --- Page 308 ---
- 2 300 )
fenu une conduite si coupable à l'auberge de la couronne
$. XIV.
Telle fat l'issue plus heureuse
Réflexicns
peut-étre qu'on ne devoit s'ya a
tendre de ces
sur cet éyénouveaux mouvemens. Ils ont denné matière à beai
nement.
coup de conjectures. Les amis du gouvernement ont paru croir
que l'insurrection avoit eté fomentée par SCS adversaires, pou
mettre Ics équipages des trois bâtimens dans leur parti, comm
celles du Léopard et de la staiion, arrivée au mois de mars a
Port an-Prince. Le parti contraire prétendit, de son cdté,
avoit
qu'o
profité de P'arrivée de Ia station, pour faire, en faveur d
gouvernement, une révolution combinée de longue main. Peut
étre néanmoins n'ya-t-il rien cu que de naturel dans cet évène
ment. Le gouvernement étoit si réservé dans ses démarches
depuis la mort de Mauduit, qu'on ne peut guères lui préter l'idé
d'un projet si brusquement tenté. Un très-grand nombre d'of
ficiers de la marine de l'éiat étoit aveuglément dévoué à l'ancien régime : cette cause sufisoit pour que leurs équipage
Ieur fassent nécesairement insubordonnés. D'après ce qui s'étoi
pasté à Saint-Domingue lors de la nouvelle du décret du 15 mai
d'aprés la manière même dont l'assemblée coloniale s'ctoit com
portée le premier mois de sa session 3 les officiers qui venoient
de la Martinique devoient s'attendre à trouver dans la colonie
beaucoup d'ennemis de la révolution, ct, pour ainsi dire, à n'y
trouver que cela. Iis ne connoissoicnt pas le décret du 24 septembre; ils n'avoient pu prévoir le changement qu'il avoit op.ré
dans les dispositions de l'assemblée coloniale et des hommes
lcs pluas infuengant parmi lcs habitans du Cap, qui avoient repris
une espece d'attachement à la révolution 3 depuis qu'on leur
avoit annoncé des forces considérables pour défendre leurs préjuges. De la les querelles qui eurent lieu entre les officiers del
la marine ce les habitans, Ccs officiers étoient d'ailleurs des
ient pu prévoir le changement qu'il avoit op.ré
dans les dispositions de l'assemblée coloniale et des hommes
lcs pluas infuengant parmi lcs habitans du Cap, qui avoient repris
une espece d'attachement à la révolution 3 depuis qu'on leur
avoit annoncé des forces considérables pour défendre leurs préjuges. De la les querelles qui eurent lieu entre les officiers del
la marine ce les habitans, Ccs officiers étoient d'ailleurs des --- Page 309 ---
(301 )
Antre-r révolutionnaires si décidés,
> qu'au lieu de refourner en
ance, ils se firent débarquer à Ja Jamaique, oi
amations contre l'assemblée
par leurs decoloniale, ils frent, die on > maner un cmprunt qu'elle y négocioit alors (4).
C'est au milieu des mouvemens causdspar la station venant de S. XV.
Martinique , qre le décret du 24 septembre 1791 sur la CO- Arrivée offi.
hie arriva officiellement à Saint - Domingue. Il étoit
cielle du dégné de celui du 28
accom- crct du 24
septembre, portant abolition de toute
ursuite sur les faits relatifs à Ia révolution. Il
septem.1791.
de
se peut que la
Feption
ces lois ait contribué à rétablir le calme dans la
le du Cap, en donnant une autre direction aux
esprits. L'enbusiasme fut général dans l'assemblée et chez un grand nombre
tabitans. Quelque
impolitique 2 quelque inexécutable même
la loi du 24 septembre, dans les
que
dispositions oi étoient les
lons, elle fut reçue comme auroit da l'être Ia mesure la
utaire à
plus
Saint-Domingue (2). Le capitaine du bâtiment
voit apportée, K fut invité à venir dans le sein de l'assemblée, qui
ouir des témoignages de joie et d'alégresse que tous les citeyens munfestolientafecaion des nouvelles heureuses et consolantes qu'il avoit apportées >. L'enregistrement et la publiion farent ordonnés à l'unanimité
Lettte de Rabotean à l'assemblée coloniale, du 16décembre
niteur de Saint-Domingue, 3 du 29 décembre.
1791.
Moniteur de
Saint-Domingue, des 22 et 25 novembre
Proverbaux de l'assemblée coloniale 2 des 20 et 21 novembre. 1791.
On fit imprimer et répandre en même temps dans toute la coloune lettre du ministre de la marine par interim, Delessart, dans
uelle il rappeloit ce mot du roi aux commissaires de PAssemblée
stituante, chargés de présenter le décret du 24 septembre à son
-Domingue, 3 du 29 décembre.
1791.
Moniteur de
Saint-Domingue, des 22 et 25 novembre
Proverbaux de l'assemblée coloniale 2 des 20 et 21 novembre. 1791.
On fit imprimer et répandre en même temps dans toute la coloune lettre du ministre de la marine par interim, Delessart, dans
uelle il rappeloit ce mot du roi aux commissaires de PAssemblée
stituante, chargés de présenter le décret du 24 septembre à son --- Page 310 ---
( : 302) )
$. XVI.
Les commissaires civils Mirbeck, Roume, Saint-Laurent 3
Arrivéedes Saint-Léger, arrivèrent peu de jours après, le 22 novembre 179
commissaires Pour bien
leur conduite, il ne faut pas perdre d
eivils.
apprécier
de la r
vue la situation difficile oi ils se trouvèrent. Organes
voluiion française à Saint-Domingue , ils étoient les agens d'i
ministère qui vouloit la détruire ; et ils venoient dans un pa
oi toutes les autorités constituées, s'efforçoient d'en écarterl
I's avoient été nommés originairement pour faire ex
principes. le décret du
mai 5 mais cette honorable mission (
cuter
absolument dénaturée par le décret du 24 septembre. Ils avoie
doute
en partant de France, que l'assemblée c4
sans
espéré,
loniale, satisfaite de voir reconnaitre sa prétention de statner S
l'état des personnes, feroit un usage généreux de cette gran
des concessions aux hommes de couleur iroie
prérogative; que
ce décret comme le complément de
acceptation 3 C qu'il regardoit
>> constitution dans les rapports de la France avec ses colonies
Dans les transports de reconnoissance que cette déclaration exc
dans l'assemblée pour la personne du roi 1 Th. Millet rapporta pc
de toute consic
les augmenter une anecdote qui, indépendamment
retion politique, suffit, si elle est exacte, pour faire détester
caractère de ce prince par tous cenx qui n'ont pas entièrenent
noncé à T'humanité et aux autres affections morales. On se rappe
Femportement avec lequel Mauduit avoit servi la cause de la mon:
chie. Lors néanmoins que le roi apprit sa catastrophe, xil deman
>) dit Th. Millet, à M. de Poix, s'il n'y auroit pas dans ses app:
>> temens quelqa'un des 85, ou quelque colon de Saint - Domingi
>> On lui présente M. Darré de Saint- Venant > commandant d'unl
2 taillon de la garde nationale parisienne, et commandant ce jourk
2 la garde du roi. Il lui dit : Dites à vos concitoyens les colons 1
>> la providence leur a fait justice, et que je verrai avec pleisir que le
>> maux approchent de leurs termes >. (Moniteur colonial, du 23 norer
bre 1791 2 P. 36.)
colon de Saint - Domingi
>> On lui présente M. Darré de Saint- Venant > commandant d'unl
2 taillon de la garde nationale parisienne, et commandant ce jourk
2 la garde du roi. Il lui dit : Dites à vos concitoyens les colons 1
>> la providence leur a fait justice, et que je verrai avec pleisir que le
>> maux approchent de leurs termes >. (Moniteur colonial, du 23 norer
bre 1791 2 P. 36.) --- Page 311 ---
(303 )
plus loin que le décret du 15 mai, comme les colons
cessé d'en annoncer la disposition à P'Assemblée
n'avoient
ous leurs écrits, et qu'elle feroit un
Nationale dans
"humanité de
usage plus cher encore à
son nouveau pouvoir cn améliorant le sort des esHaves, puisqu'elle ne croyoit pas qu'on pit songer à les affranhir. Ils n'apprirent qu'en arrivant les insurrections
nanifestées d'une manière si terrible dans le Nord qui is'étoient
uais ils n'en virent que trop les effets
et F'Ouest;
Pectacie
épouvantables, Le premier
qui frappa Icurs yeux en débarquant, fut celui des
inq potences et des deux roues qui étoient en
1 place du Cap, pour exécuter les victimes permanence sur
1 commission prévêtale envoyoit
nombreuses que
chaque jour à la mort (1).
Les pouvoirs que les décrets de l'Assemblée
ttribués aux commissaires civils dans les constituante avoient
té combinés
colonies n'avoient
sur les circonstances désastreuses oii
pas
eux de Saint-Domingue, Ils étoient
se trouvèrent
devenus bien
s difficultés qu'entrainoit en elle-même
insuffisans par
l'exicution du décret du
4 septembre. Ils Pétoient bien plus encore depuis les insur-
:ctions des hommes de couleur et des
lcs
plons n'eussent rien dit à l'Assemblée nègres 3
seules dont les
Constituante, lorsqu'ils la
enagoient sans cesse de celle de blancs, 1 pour obtenir la révocabn du décret duis mai. In'edt pas néanmoins
commissaires civils eussent réussi à rétablir l'ordre, étéimpossible que
éc coloniale cût marché de concert
si l'assemmoigna d'abord l'intention
avec CEX, comme elle en
quand ils arrivèrent, et si elle eit
opté les mesures de justice et de prudence qui
aduite. Ils n'avoient amené
dirigérent leur
que peu de forces avec eux; mais
1 Mémoire pour servir à l'instruction de Paffaire
: P. Jh.
des colonies, etc.
Leborgne, P. 9. Dabats, tome 1, P 151.
cût marché de concert
si l'assemmoigna d'abord l'intention
avec CEX, comme elle en
quand ils arrivèrent, et si elle eit
opté les mesures de justice et de prudence qui
aduite. Ils n'avoient amené
dirigérent leur
que peu de forces avec eux; mais
1 Mémoire pour servir à l'instruction de Paffaire
: P. Jh.
des colonies, etc.
Leborgne, P. 9. Dabats, tome 1, P 151. --- Page 312 ---
(304)
on leur en avoit promis en France de considérables, et cette at
nonce seule avoit produit une grande sensation dans toute la CC
lonic. Les pertes continuelles que les nègres essuyoient dans 1
combats, le nombre presque aussi grand de ceux que les blan
faisoient périr dans les supplices, ne pouvoient pas manquer G
une viveimpression. Ils avoient été iestrui
faire sur les insurgés
de l'union qui avoit paru se rétablir dans l'assemblée coloniale
Jors de la nouvelle du décret du 24 septembre. Ils croyoie
voir dans cette loila volonté décidée de laméiropole de mainter
Saint
le
de l'e
pour long - temps encore à
Domingue
régime
clavage commun à toutes les colonics. Mais d'après la réputati
d'humanité de l'Assemblée Constituante 1 justifiée par presq
toutcsses autres lois; d'aprèl l'amnistie générale contenue dans
décret du 28s septembre 1791 3 ils espéroient encore trouver daj
les commissaires civils des protecteurs imbus des principes
justice et de liberté qui avoient opéré les merveilles de la rév
lution en France ; ils espéroient sur-tout les voir dégagés des PF
jugés affreux quirendoient l'abus de l'esclavage plus insupportal
sorte
l'esclavage même. Telle paroit du mo
en quelque
que
avoir étéia manière de voir des chefs des insurgés, et sur-t
de leur généralissime Jean-François. Dans T'horrible avilisseme
ou les négres avoient vécu, on ne peut guère s'attendre que
hommes eussent conçu pourla liberté générale ce dévouement :
néreux qui constitue le véritable patriotisme. Efrayés de l'aver
las des scènes d'horreur et de carnage dont ils étoient les Pr
cipaux auteurs, on concevra facilement qu'ils auroient été C
posés à user de toute leur influence pour rétablir la pair,i
leur edt assuré loubli du passé et la liberté des chefs.
.. XVII.
Ils avoient néanmoins des vues plus étendues dans une let
Négociations
entamées en- qu'ils avoient adressée à Elanchelande peu avant l'arrivée
treles-negres
commissai
at les blancs,
ils étoient les Pr
cipaux auteurs, on concevra facilement qu'ils auroient été C
posés à user de toute leur influence pour rétablir la pair,i
leur edt assuré loubli du passé et la liberté des chefs.
.. XVII.
Ils avoient néanmoins des vues plus étendues dans une let
Négociations
entamées en- qu'ils avoient adressée à Elanchelande peu avant l'arrivée
treles-negres
commissai
at les blancs, --- Page 313 ---
(305)
ommissaires civils. En s'y plaignant dans des
ueux d'ailleurs pour ce général, de la
termes respectyrannie affreuse
voitsilongtemps exercée contre eux, pour prix de leurs qu'on
sy demandoient que les blancs évacuassent la
travaux,
mportaflent leur or 6 leurs
colonie ; qu'ils
ux noirs laliberté,
Hijoux, 9 pourru qu'ils laissassent
pour laquelle seule ils combattoient (r).
helande leur répondit par une proclamation
Blanté concertée avec l'assemblée,
qu'on prétend avoir
ensiblement. Il exhortoit
quoiqu'elle l'ait désavouée OSy
les nègres à la soumission
Ingageant à livrer leurs chefs (2). Cette
3 en les
vie à la plupart des dragons
pièce imprudente coita
ux insurgés. On
qui furent chargés de la porter
assure que les nègres leur avoient tendu
mbuscade, quoiqu'ils eussent promis toute sércté
une
eur enverroit Blanchelande. Mais
pour ceux que
on ne connoit ce fait,
resque tous les autres, que par le récit des blancs.
comme
u moins que les dragons passérent les limites
Ils avouent
éf fixées peur porter la'réponse.
qui Jeur avoient
happérent,
Quelques-uns de ceux qui s'edisent, a la vérité,queles
lais on sent combicn
nègreslesy ya avoient invités.
5s
on doit peu compter sur les détails donpar un seul parti, au milieu des diss entions
rénemens postérieurs
civiles; et des
prouvent du moins que les blancs
en à reprocher aux negres sur le défaut de foi dans les
n'ont
traités (3).
1 Lettre de Jean-François et. autres à Elanchelande,
A149 de l'inventaire des commissaires de
sans date, cote
2 Proclamation de Blanchelande du
l'assemblée coloniale.
rbaux de l'assemblée coloniale, 2
23 septembre 1791. ProcègPport de Tarbé, no. 66,
dudit jour. Pièces justifcatives du
3 Moniteur de Saint-Domingue, du 11 décembre
rique des principanx faits qui ont
1791. Précis hisitobre 1791, par Grus,
de précédé et suivi la journée duas
P. 69, l'édition de Daltimore.
Rap. de G. Coulons Tome II.
V
coloniale.
rbaux de l'assemblée coloniale, 2
23 septembre 1791. ProcègPport de Tarbé, no. 66,
dudit jour. Pièces justifcatives du
3 Moniteur de Saint-Domingue, du 11 décembre
rique des principanx faits qui ont
1791. Précis hisitobre 1791, par Grus,
de précédé et suivi la journée duas
P. 69, l'édition de Daltimore.
Rap. de G. Coulons Tome II.
V --- Page 314 ---
(306)
entamée, peu après P'arrivée de
La nouvelle négociation
d'abord sous de meilleurs aus
commissaires civils se présenta dit-on > jetée dans un rassem
piccs. La première idée en fut,
eut lieu à l'occasion d'un
blement des principaux nègres, qui
o
de la Grande- Rivière parJeam-François.
fête donnée au camp de savoir s'il ne sercit pas bon de traite
y agita la question
eussent reçu de France les secour
avec les blancs, avant qu'ils
tombèrent d'accord d
tous lesnègres
que I'on annongoit.Presque
diversité d'avis sur lc
l'affirmative, quoiqu'il y edt quelque
conditions du traité.
qui éto
de la commune de Valière, Gros,
Le procureur
nous a transmis CeS renseignemens €
alors leur prisonnier, très-curieux. I proposa une adresse à l'assem
beaucoap d'autres
fut
par le plus gran
blée coloniale > dont le projet
approuvé
à qui ell
nombre des officiers généraux, et' par Jean-François, après, Biasso
le lendemain. Quelques jours
fut communiquée
beaucoup plus emporté que celi
dont on redoutoit le caractère néamoins à ce projet ()-
de Jean -François, acquiesça
civils venoient de ret
Une proclamation que les commisaires
les cenfirma dax
dre
publier l'amnistie du 28 septembre,
pour
ne fût adressée qu'at
ces heureuses dispositions 9 quoiqu'elle
aux négres par
habitans libres de la colonie. Elle fut envoyée les exhorta à
curé de la
du Trou, qui
P. Sulpice
paroisse
humaines de la con
en leur faisant valoir les intentions
paix,
Ils s'adressèrent d'abord au lieutenant-coloncl
mission civile.
qui commandoit le camp le pl
régiment du Cap, Touzard,
les érènemens qui se sont succédés dans 1
I Récit historique sur
etc. par Gros, pag. 2S de lédition C
camps de la Grande-Rivière,
Baltimore.
curé de la
du Trou, qui
P. Sulpice
paroisse
humaines de la con
en leur faisant valoir les intentions
paix,
Ils s'adressèrent d'abord au lieutenant-coloncl
mission civile.
qui commandoit le camp le pl
régiment du Cap, Touzard,
les érènemens qui se sont succédés dans 1
I Récit historique sur
etc. par Gros, pag. 2S de lédition C
camps de la Grande-Rivière,
Baltimore. --- Page 315 ---
(307 )
voisin, et lui firent passer une adresse pour l'assemblée coloniale en lui annonçant la cessation immédiate de
hostilités de leur part. Onassure
toutes les
qu'après leur avoir fait la même
promesse 3 il fit attaquer à l'improviste plusicurs de leurs
qui furent facilement dispersés (). Quels qu'aient été postes,
teurs de cette agression, elle causa chez les
les auinsurgés une grande
indignation, et mit plusieurs fois les jours de leurs
en danger. Les chefs des nègres parvinrent
prisonniers
les esprits. On résolut alors de
néanmoins à calmer
semblée coloniale
s'adresser directement à l'aset aux commissaires civils. Mais telle étoit ja
terreur produite par les exécutions du Cap, que les
Furent long - temps à trouver quelqu'un
negres
senter leurs
qui vouldt aller prédépèches, Enfin deux hommes de couleur, nommés
Raynal et Duplessis, offrirent de s'en charger. Ils furent
luits les yeux bandés à
contucune lettre
Blanchelande, 3 pour lequel ils n'avoient
5 on assure que les nègres avoient une
aine pour lui depuis qu'il avoit
grande
Dalheureux
envoyé son fils réclamer le
Ogé chez les Espagnols, et qu'elle s'étoit
ccrue par la Proclamation oi il les invitoit
beaucoup
hefs: tant les principes de la morale
à livrer leurs
conservent encore d'inuence, au milieu même des horreurs des
lus cruelles (2).
guerres civiles les
* On n'a pu retrouver cette pièce dans les
on des colonies ; mais on en voit le résultat archives de la commis-
:es à l'assemblée
dans la lettre des nè.
ie les générawx nègres coloniale, dont on parle au S. suivant. Il paroit
urs officiers et quelques y lois demandoient la liberté des principaux de
1 Ibid, p. 88.
ponr améliorer le sort des csclaves.
2 I8ia, p. 42. Proclamation des commissaires
91. Procès-verbaux de l'assemblée
civils, du 5 décembre
loniteur de
coloniale, da 5 décembre 1793.
Ssint-Domingue, 1 du 1 janvier 1792.
V 2
on parle au S. suivant. Il paroit
urs officiers et quelques y lois demandoient la liberté des principaux de
1 Ibid, p. 88.
ponr améliorer le sort des csclaves.
2 I8ia, p. 42. Proclamation des commissaires
91. Procès-verbaux de l'assemblée
civils, du 5 décembre
loniteur de
coloniale, da 5 décembre 1793.
Ssint-Domingue, 1 du 1 janvier 1792.
V 2 --- Page 316 ---
(308 )
furent conduits dela à la barre de l'assemblé
Les émissaires
commissaires civils. Ils étoient chargés d
coloniale, et chez les
fait dans leur tentativ
demander, comme ils l'avoient déja
Ils offroient d'ailleu
nombre de libertés.
précédente, un. certain et la remise de tous les prisonnie
une soumission absolue 2
avoient entre les mains (4)-
blancs qu'ils
l'assemblée coloniale étoit trè
La lettre qu'ils écrivoient à
s. xvin.
On trouve une sagesse et une modération qu'e
Lettre des bien faite.
y
les actes des colons blancs. Ils y pre
chefs des nè- desire vainement dans
du roi; mais
gres à Pas- fessentle plus grand respcct pourla personne les commissair
sembléc.coloaussi pour les lois apportées par
niale.
le témeignent
même de l'assemblée coloniale depe
civils, et pour l'autorité
lois. Ils rappellent d
qu'elle avoit été consacrée par ces
y à la Colonic
tentative pour rendre la paix
bord leur première
ils viennent à ce qui 1
puis, après quelques réfexions générales, ils
: < i
, et voici comme s'expliquent
concerne en particulier, du 28 septembre est une acceptati
s proclamation du rei,
Dans cette proclamatio
> formelle de la constitution française. desire ardemment que
sollicitude paternelle; il
y on voitsa
et que tous les citoyens co
> lois soient en pleine vigueur,
dérangé depi
en corps à rétablir ce juste équilibre
> courent
réitérées d'une grande
y si long-temps par les secousses de moilération y est
son esprit de justice et
> volution;
Ces deux lois sc
> nifesté bien clairement et précisément.
absolument ai
la
1 qui exige un régime
D pour mère-patrie
mais les sentimens de clémex
> tinct de celui des Colonies; des lois, mais des afectio
> et de bonté, qui ne sont pas
et nous devons a
doivent franchir les mers >
* du cocur,
coloniale, du 5 dicembre 17g1.
1 Procès-verbaux de l'asseniblée
Ces deux lois sc
> nifesté bien clairement et précisément.
absolument ai
la
1 qui exige un régime
D pour mère-patrie
mais les sentimens de clémex
> tinct de celui des Colonies; des lois, mais des afectio
> et de bonté, qui ne sont pas
et nous devons a
doivent franchir les mers >
* du cocur,
coloniale, du 5 dicembre 17g1.
1 Procès-verbaux de l'asseniblée --- Page 317 ---
309 )
compris dans l'amnistie générale
qu'il a
tous indistinctement.
prononcée pour
> Nous passons maintenant à Ia loi relative aux
28 septembre
Colonies, du
1791. Nous voyons par cette
semblée nationale et le roi vous
loi, que l'Asdemandes
autorisent à former vos
sur certains points de législation 1, ct vous
de prononcer définitivement
accordent
nombre de
sur certains autres : dans le
ces derniers est l'état des personnes non libres et
l'état politique des citoyens de couleur. Nous
surément les décrets de l'Assemblée nationale respectons asle roi : nous disons plus; nous les défendrons sanctionnés par
vôtres, revétus de toutes les
ainsi que les
dernière
de
formalités requises, jusqu'àla
goutte
notre sang. Nous nous permettrons ciaprès de vous exposer nos réflexions, bien persuadés
trouveront près de vous toute l'indulgence
qu'elles
possible.
) Enfin la lettre du ministre de la marine
manière formelle la ferme volonté oi est le roi de exprime d'une
art. décrétés, par tous les
maintenir les
Voila,
moyens quisont ens sa puissance royale.
Messieurs, ce que nous ont présenté ces
Nous allons vous fairenotre profession de foi piècesanalysdes.
tuels, et nous sommes convaincus
sur les troubles acd'avance de toute
que vous aurez pour nous : indulgence
T'indulgence
par lc corps législatifet
qui nous est manifestée
souverain. De grands malheurs ont
afligé cette riche ctimportante colonie; nous y avons été
veloppès, & iZ ne nous refe plus rien à dire
enficarion. L'adresse
pour notre juftique nous avons pris la liberté de vous faire
parvenir (*) ne laisse rien à desirer à cet
mais
égard;
au mo-
* Ceci paroit se rapporter à P'adresse envoyée à
ote marquée par un
Touzard. Voy. la
astérisque 2 au S. précédent.
V 3
afligé cette riche ctimportante colonie; nous y avons été
veloppès, & iZ ne nous refe plus rien à dire
enficarion. L'adresse
pour notre juftique nous avons pris la liberté de vous faire
parvenir (*) ne laisse rien à desirer à cet
mais
égard;
au mo-
* Ceci paroit se rapporter à P'adresse envoyée à
ote marquée par un
Touzard. Voy. la
astérisque 2 au S. précédent.
V 3 --- Page 318 ---
( (310)
nous n'avions nulle connoissance
> ment oi nous l'avons rédigée,
nous sommes
diverses
: aujourd'hui que
> de ces
proclamations
que nous ne pouvons
des nouvelles lois, aujourd'hui
> instruits
de la mère-patrie pour tous les adtes
> douter de l'approbation
concernant le régime intérieu
vous décrbteret
> législarifs que
des
nous ne TouS montreron:
> des colonies et Pétat personnes pénétrés de l'esprit de vos arrêtés
Bien plus,
> pas réfractaires.
sachant à quelld
> qui ne nous sont parvenus que demièrement;ne pénétrés de la plus vive
attribuer ce retard, nous sommes
> cause
retour, nous vous réitérons nos assuran
> reconnoisance; et, par
de vous ramener la paix. Nou
le desir que nous aurions
> ces par
demandes dans l'adresse que nous avons et
> avons formé des
nous les avous cru acceptable
vous faire passer :
> Thonneurde
l'amour même du bien.Nou
toutes les raisons possibles,par
> par
nom de la colonie en danger, ,vous deman
N avons cru devoir, au
rétablir promptement et san
les seuls ct uniques moyensde
> der
colonie; vous avez di pesa
T'ordre dans une si importante
) perte
lont dictée : lepremier articlepro
ct les motifs qui
> la demande
absolue ; votre sagesse vous dicter
> posé(") est de convenance
Une nombreus
vous aurez a prendre à cet égard.
> le parti que
avec confiance aux ordres du monarqu
soumet
> population quises
investit de sa puissance, mériie as
> ct du corps législatifqu'elle
oi toutes les partie
des
un moment
>
surément ménagemens,dans
de la métropole, par leu
la colonie doivent, , à l'exemple
> de
lois et au roi, songer a procurer i C
> union, leur respect aux
quelAvemiblée nationalea droi
> paysl le degré d'sccroissement
Pétat de
attendre. Les lois qui sercat en vigueur pour
> d'en
libres, doivent être les mêmes dar
libres & non
> personnes
des
officiers nàgres.
$ Sans doute Ja liberté
priacipaux
ole, par leu
la colonie doivent, , à l'exemple
> de
lois et au roi, songer a procurer i C
> union, leur respect aux
quelAvemiblée nationalea droi
> paysl le degré d'sccroissement
Pétat de
attendre. Les lois qui sercat en vigueur pour
> d'en
libres, doivent être les mêmes dar
libres & non
> personnes
des
officiers nàgres.
$ Sans doute Ja liberté
priacipaux --- Page 319 ---
(311) )
foute la colonie : iZ seroit méme intéressant que vouS
>
déclurier,
par un arrété sanctionné de M. le général > que votre inten-
> tion ef2 de vous occuper du sort des esclaves ; sachant
> sont l'objet de votre sollicitude, et le sachant de la
de qu'ils lcurs
part
A chefs,aqui vous feriez parvenir ce travail, ils sereient
>
satisfaits,
ct cela faciliteroit pour remetire l'équilibre
sans
A
rompu,
perte
eten peu de temps.Nous prenons la liberté de vous faire ces ob,
> servations, persuadés que, dès que c'est pour l'intérêt
> vous les accueillerez avec bonté ; enfin,
général,
Messieurs, nos disposi-
> tions paciliquesne sont pas équivoques; elles ne l'ont
été:
>
des circonstances malheureuses semblent les rendre jamais
douteuses;
> mais un jour vous nous rendrez toute la justice que mérite notre
> Fosition, et serez corvaincus de notre soumission aux
de
> notre respectueux dévouement
lois,
2u roi. Nous attendons
)) tiemment les conditions
impaqu'il vous plaira mettre à cette paixsi
desirable : seulement nous vous observerons que, du moiment
que vous aurez parlé, notre adhésion sera uniforme ; mais
nous croyons l'articlepremier de nozre adresse indispensable, que
et que nous le croyons avec T'expérience que doit nous donner
la connoissance du local (1). >
En comparant cette adresse des nègres insurgésavec les ordres
le leurs généraux, et le surplus de leur correspondance
$. XIX.
portent tous les caractères de la plus grossière
> qui Réficxions
ignorance dans le sur cetre letstyle et dans l'oriographe 3 on ne peut guère douter qu'elle ne tre.
eur ait été dictée par quelqu'un qui leur étoit étranger. Mais
1 ne s'ensuit pas de là que toutes leurs opérations fussent di1 Lettre de Jean-François Biassou , etc. à l'assemblée coloniale, du
décembre 1791. Rapport sur les troubles de Saint - Domingue, par
Farbé, partie HIL, P. 7.
V 4
dans le sur cetre letstyle et dans l'oriographe 3 on ne peut guère douter qu'elle ne tre.
eur ait été dictée par quelqu'un qui leur étoit étranger. Mais
1 ne s'ensuit pas de là que toutes leurs opérations fussent di1 Lettre de Jean-François Biassou , etc. à l'assemblée coloniale, du
décembre 1791. Rapport sur les troubles de Saint - Domingue, par
Farbé, partie HIL, P. 7.
V 4 --- Page 320 ---
( (31)
les hommes de couleur, ou par des agens du goarigées par
de colons l'ont conclu du style
vernement, comme beaucoup
de cette pièce, et sur-tont des phrases ou les nègres disent,
dans les malheurs de la colonie, ec.
qu'ils ont été envelappés
toutes naturelles à
Cos passages offrent seulement des excuses
veulent faire accueillir leur soumission. Si ciles
des hommes qui
avoient le sens qu'on voudroit y trouver, il est manifeste que
directeurs des iisurgés ne les leur auroient pas sug
les prétendus On voit dans les mémoires du procureur de la commune
gérées.
hommes
avoient un grand respect
de Vallière, que cès
grossiers
abusérent
ces derniers en
pour
pour les prètres; etsiplusieursde les
il y en avoit aussi
leur intérêt personnel, en déprayant nègres,
dc
quelques-uns, tels que le P. Sulpice, 2 qui ne se servoient
crédit
les porter à la paix. Enfin les nègres, dont
leur
que pour
de méconnoitre leur ignole sens droit ne leur permettoit pas
des bommes de
savoient, dans T'occasion, recourir à ceux
rance,
avoient
éducation, ou même
couleur réunis à eux qui
quelque
c'est lui
leurs
blancs. Gros nous apprend que
qui
à
prisonniers adresse. On conçoit qu'ils purent user de
rédigea leur première
semblables ressources pour la seconde.
L'assemblée coloniale avoitreçu les envoyés des négres avec
6. XX.
de hauteur, en leur faisant subir un interrogatoire (05
Conduirede beaucoup
civils les écoutèrent avec bonté, et leur
Pass. col. et mais les commissaires
dans dix
des coinmis- donnèrent un passe-port pour venir chercher,
jours,
saires.civils.
dont ils étoient les porteurs. Ce
la réponse aux pioyositions
effet. Les nègres traitèrent
bon accueil produisit le mailleur
temps
leurs prisonniers avcc la plus grande hamanité,juqu'su
coloniale, des 5, 13 ct 15 décem11 Procès-verbaux de l'assemblée
bre 1791
. et mais les commissaires
dans dix
des coinmis- donnèrent un passe-port pour venir chercher,
jours,
saires.civils.
dont ils étoient les porteurs. Ce
la réponse aux pioyositions
effet. Les nègres traitèrent
bon accueil produisit le mailleur
temps
leurs prisonniers avcc la plus grande hamanité,juqu'su
coloniale, des 5, 13 ct 15 décem11 Procès-verbaux de l'assemblée
bre 1791 --- Page 321 ---
(313 )
oi leurs députés allèrent chercher les réponses qu'on leur avoit
promises : l'extrème sévérité de celle qu'ils reçurent de l'assemblée coloniale sembloit faite exprès pour ecarter toure idée de
conciliation. < Emissaires des négres en révolte, dit le prési-
>. dent, vous allez entendre les intentions de l'assemblée colo-
) niale. L'assemblée, fondée sur la loi et par la loi, ne pent
> correspondre avec des gens armés contre la loi, contre toutes
> les lois. L'assemblée pourroit faire grace à des coupables
D repentans et rentrés dans leurs devoirs. Elle ne demanderoit
5) pas mieur que d'être à même de reconnoitre ceux qui ont été
) entrainés contre leur volonté, Elle sait toujours mesurer ses
)) bontés etsa julice; retirez-vous (1).>
On assure qu'à cette nouvelle Biassou entra en fureur, et
gu'il donna Fordre de rassembler tous les prisonniers blarics
pour les fusiller; mais il fut bientôt ramené à des sentimens plus
humains par les représentations de son aide-de-camp Toussaint
Bréda et par la réponse. pleine de bienveillance que les députés apportoient de la part des commissaires civils. Ceux-ci
demandoient aux chefs des nègres une entrevue sur l'habitation
Saint-Michel. Biassou crut alors devoir témoigner aux prisonniers
des regrets sur son emportement ; mais il ne cessa de se récrier
1 Procès - verbaux de l'assemblée coloniale 2 du 16 décembre
au matin.
179r, $
a
* C'est, dit-on , le même qui s'est depuis distingué d'une manière
si honorable au service de la République. On prétend que ce nom de
Bréda étoit celui de Thabitation où il avoit été esclave, et qu'il
reçut celui de POuverure de la facilité qu'il mettoit à toutes les Ouvertures de conciliation.
de se récrier
1 Procès - verbaux de l'assemblée coloniale 2 du 16 décembre
au matin.
179r, $
a
* C'est, dit-on , le même qui s'est depuis distingué d'une manière
si honorable au service de la République. On prétend que ce nom de
Bréda étoit celui de Thabitation où il avoit été esclave, et qu'il
reçut celui de POuverure de la facilité qu'il mettoit à toutes les Ouvertures de conciliation. --- Page 322 ---
(314)
de P'assemblée coloniale qui osoit lui écrire
sur Pinsolence
avec si peu de ménagement (1)-
civile avoit invité Passemblée coloniale à
$. XXI,
La commission
assister à la conférence. : Cette
Conférence nommer des commissaires pour
vouloit faire aucune
deJ.Frangois assemblée fut fort embarrassée. Elle ne
et des comet d'après l'espèce de bienveillance que
missaires ci- concession aux insurgés;
des nègres,
vils.
les commissaires civils avoient montréc aux émissaires
déja à contester leur auterité sur tout ce qui se rapelle songeoit
des hommes de couleur 3 mais
pertoit à l'état des esclaves ou
elle desiroit aussi
ombrageuse, comme la tyrannie l'est toujours,
s'ètre formée
avoir des témoins sûrs de ce qui se passeroit. Après
de
1e elle adopta l'étrange tempérament
en comité général 7
la commisnommer quatre de ses membres pour accompagner
mais sans leur donner aucun pouvoir (2).
sion civile,
autres
à l'assemblée coloniale > plusieurs
Outre ces députés
L'un d'entre eux nommé
colons assistèrent aussi à la conférence.
cela
avoit été le maitre du cruel Jeannot, et qui par
Eullet, qui
quil'avoit
même n'auroit pas dà oublierque c'étoitJean-François bride et le frapfaitpunir, osa saisir ie cheval de ce dernier parla
retira
du foaet lorsqu'il en descendoit. Jean-François se
per
les siens dans une juste indignation 5 et
précipitamment vers
à en
insulte
bien n'être pas inpréméditée,
cette
qui pouvoit
rompre à jamais
juger par les événemens postérieurs 3 pensa
toutes les négociations.
Les commissaires civils firent ce qu'ils purent pour réparer
s'avança seul, et sans armes, près de deux
T'outrage; Saint-Léger
Jean-François revint alors sur la
cents pas du côté des nègres.
etc. par Gros, P. 43et44
1 Récit historique sur Ics évènemens,
décembre 1791.
de Vassemblée culoniale, du 21
2 Prucès-verbanx
urs 3 pensa
toutes les négociations.
Les commissaires civils firent ce qu'ils purent pour réparer
s'avança seul, et sans armes, près de deux
T'outrage; Saint-Léger
Jean-François revint alors sur la
cents pas du côté des nègres.
etc. par Gros, P. 43et44
1 Récit historique sur Ics évènemens,
décembre 1791.
de Vassemblée culoniale, du 21
2 Prucès-verbanx --- Page 323 ---
(315)
parele des commissaires civils. Il leur
respect, ct poussa la vénération
témoigna le plus grand
pour leur
se mettre à genoux devant
caractère, jusqu'à
enfin des blancs
eux, tant il éloit touché de voir
mêmes
qui témoignoient de Phumanité, Il leur fit les
demandes qu'il avoit annoncées dans
mettant la soumission la
ses lettres, en proLes commissaires
plus absolue pour lui et les siens.
civils exigérent d'abord qu'il restituât
prisonniers qu'il avoit faits sur les blancs, Il
tous les
contentant de' demander la
y consentit, en se
damnée
grace de sa femme, quiavoit été
par la commission prévôtale du
conpas osé exécuter
Cap, mais qu'on n'avoit
niers
pour Re pas exposer la vie de ces
(s).
prisonOn assure qu'après cette entrevue le
Cap, Poitou l'ainé,
n'a
major du réginient du S. XXII.
qui
cessé de tenir une conduite
irrégulière dans tout ce qui concernoit
très- Délivranee
leurs généraux, &
les nègres, courut après des prisonmains
dissuada la plupart d'entre eux de
niers blancs.
à un arrangement (2). II eft certain du
prêter les
parla feul aux généraux
moins que Poitou
pas à
nègres, ct que les hostilités ne tardèrent
recommencer (3). Biassou, et beaucoup d'autres
s'opposèrent même à ce qu'on rendît Jes
nègres
François ne voulut
prisonniers blancs. Jeanpas néanmoins qu'on pit lui
manqué à sa parole ; il
reprocher d'avoir
ceux qui étoient dans renvoya aux commissaires civils tous
son camp, sous une escorte de cent
1 Récit historique de Gros,
civils au ministre de la
P. 44 et 46. Lettre des commissaires
2 Discours
marine, du 22 décembre 1791.
produits à historique Sur les effets que la révolution de France
Bid,
St-Domingue, 2 par P. Fr. Page, édition
a
p. 47. Déclaration de la
du Cap, pag. 56.
de
Roque, du 21 janvier
3 Saint-Domiague, 2 des I et 29 janvier.
1792. Moniteur
Discours historique de Page, P. 55,
P. 44 et 46. Lettre des commissaires
2 Discours
marine, du 22 décembre 1791.
produits à historique Sur les effets que la révolution de France
Bid,
St-Domingue, 2 par P. Fr. Page, édition
a
p. 47. Déclaration de la
du Cap, pag. 56.
de
Roque, du 21 janvier
3 Saint-Domiague, 2 des I et 29 janvier.
1792. Moniteur
Discours historique de Page, P. 55, --- Page 324 ---
( 316) -
cinguanto hommes, qui eurent, dit-on, quelque peine à les
préserver des insultes des nègres animés contre eux Par les insiauations de Poitou, ou par des agitateurs (1).
Deux jours aprés, ces prisonniers délivrés se présentèrent a
Ia barre de l'assemblée coloniale, avec quelques-uns des négtes
qui les avoient conduits. L'assemblée qui ne vouloit pas reconnoitre l'autorité des commissaires sur ce qui se rapportoit
aux esclaves, tout en se servant de leur crédit pour la délivrance des prisonniers, eut recours à un nouveau tempérament non moins étrange que le précédent. Le président de
l'assemblée dit aux envoyés des nègres : 4 Continuez à donner
S des preuves de votre repentir, et dites à ceux qui vous en-
> voient, de les adresser à messieurs les commissaires natioy naux civils : cc n'est que par leur incerceffon que l'asba semblée peut s'expliquer sur votre sort D. Mais on arrêta
ensuite que mention de cette réponse ne seroit point faite dans
le procès-verbal, et qu'elle seroit seuiement remise par forme
de notes aux émissaires (2). On verra bientôt que l'assemblée
coloniale s'est prévalue de ce caractère inofficicl poar soutenir
qu'elle n'avoit été pour rien dans les mesures de conciliation
proposées par la commission civile (5), Cependant les commissaires de l'assemblée coloniale en avoient suivi constamment
1 Récit listorique de Gros. pag. 59 et 68. Lettre des commissaires
eivils all ministre de la marine, des 22 décembre 1-91 et 15 férrier
1792.
2 Prochs -verbaux de l'assemblée coloniale. da 24 décembre 1791.
MIoniteur colonial, du 30 décembre. Depouillement des séances de
T'assembiée coloniale, relativement aux commissires-cisils, par Roume,
PR 11.
3 Voyez le 4. II du chapitre suivant.
59 et 68. Lettre des commissaires
eivils all ministre de la marine, des 22 décembre 1-91 et 15 férrier
1792.
2 Prochs -verbaux de l'assemblée coloniale. da 24 décembre 1791.
MIoniteur colonial, du 30 décembre. Depouillement des séances de
T'assembiée coloniale, relativement aux commissires-cisils, par Roume,
PR 11.
3 Voyez le 4. II du chapitre suivant. --- Page 325 ---
(317)
les opérations; ; ils les avoient même dirigées : c'étoient
qui avoientdemandé que la commission civile réclamit,
eux
comme un
préliminaire indispensable à toute négociation, le renvoi desp
niers blancs. Il est vrai qu'ils avoient aussi voalu exiger prisonbeaucoup
d'autres conditions qui étoient évidemment prématurées, telle
la remise préalable des canons des nègres; ils avoient
que
également
soutenu que la commission civile ne pouvoit
étendre
pas
aux
nègres l'amnistie prononcée par l'assemblée constituante, nileur
accorder les libertés qu'ils demandeient,
parce que ç'eiit été
porter atteinte à la propriété des maîtres, et détruire tout le
pouvoir dont ils avoient besoin pour le maintien de l'esclavage (r).
On ne voit pas que la femme de Jean-François lui ait été
rendue; et bientôt l'assemblée coleniale contraria de Ja manière $. XXIIT.
la plus marquée toutes les opérations de la commission civile, Rupture des
tandis que plusieurs des officiers blancs renouveloient
négociations
les hostilités. Dans
sans cesse cEsca Causes.
ces circonstances, il n'est pas étonnant
que les nègres qui étoicnt instruits par Ieurs espions de tout
ce qui se passoit au Cap, et qui eurent d'ailleurs sur cet
objet le rapport des chefs de l'escorte des Prisonniers, aient
perdu Ja grande considératien qu'ils avoient cue d'abord
les commissaires civils.
pour
Biasseu leur avoit aussi demandé une entrevue; mais après
l'avoir retardée plusieurs fois sous divers prétextes, il finit
T'élader absolument (2), en exigeant que la commission civile par
1 Voyez les deux avis du député du Cap, Paillieux, aux commissaires
sivils, du 15 décembre 1791, avec la note de Roume en marge.
21 Lettres de Biassou aux commissaires civils, des 23, 26 et 30 décenbre 1791, et du premnier janvier 1792. Réponses des commissaires
l'avoir retardée plusieurs fois sous divers prétextes, il finit
T'élader absolument (2), en exigeant que la commission civile par
1 Voyez les deux avis du député du Cap, Paillieux, aux commissaires
sivils, du 15 décembre 1791, avec la note de Roume en marge.
21 Lettres de Biassou aux commissaires civils, des 23, 26 et 30 décenbre 1791, et du premnier janvier 1792. Réponses des commissaires --- Page 326 ---
(318 )
calmer les inquiétudes de son
lui donnit des 8tages (*) pour
armée.
dans une lettre au ministre
Les commissaires civils assurent,
emdes instigateurs qu'ils ne nomment pas,
de la marine, que
( Des hommes, disent-ils,
péchèrent le succès de ces négociations.
les négres auxcriminels et plus barbares encere que
> plus
à la main, ont empèché les heureux
> quels ils ont mis les armes
sont venus
de notre médiation. De perfides confeils
> effets
révoltés la défiance qu'inspire nachez les esclaves
> fortifier
La perfidie la plus atroce a empoisonné
le crime.
> turellement bienfaisantes. On a persuadé à ces esclaves
nos intentions
les exterminer
notre dessein étoit de les désarmer pour
> que
facilité. Tels sont les moyens affreux qu'on a
>> avec plus de
rendre. Nous en avons
les empêcher de se
> employés pour
dans les dépofitions de ceux qui ont
> des preuves juridigues
o été arrêtés (1).>
de
sont
trouvées dans les papiers
Ces dépositions ne se
point
lettre
civile 3 mais on lit aussi dans une
quilui
la commission
Touzard et les messieurs de la
fut écrite par Biassou (2), que
et de les déMarmelade ne cessoient d'attaquer les nègres
civils, des 24, 26 et 30 décembre 1791, et du premier janvier 1792.
Sauf-conduits accordés par eux à Biassou, les mêmes jours.
Dassas et Gauvain.
* Il demandoit Cambefort,
ministre de la marine ,. du 15
1 Lettre des commissaires civils au
par MirCompte sommaire de l'état de Saint-Domingue,
février 1792.
beck, P. 17.
de Biassou, des 26 et 30 décembre 1791. Voyez
2 Lettres susdites
du 12 décembre.
aussi la lettre de Jean-François Biassou 9 etc.,
n'a
étoit maire d'une partie de cette paroisse ; mais onl
** Brulley
contre lui.
a'aillenrs aucune preuve à ce sujet
des commissaires civils au
par MirCompte sommaire de l'état de Saint-Domingue,
février 1792.
beck, P. 17.
de Biassou, des 26 et 30 décembre 1791. Voyez
2 Lettres susdites
du 12 décembre.
aussi la lettre de Jean-François Biassou 9 etc.,
n'a
étoit maire d'une partie de cette paroisse ; mais onl
** Brulley
contre lui.
a'aillenrs aucune preuve à ce sujet --- Page 327 ---
(3 319 )
truire ; qu'ils en avoient tué plus de cent depuis le
cement des négociations, en disant qu'ils leur
commenla paix cll bour du fusil. Biassou
accorderoient
ajoutoit aussi qu'ils craignoient d'étre trompés commc dans l'affaire
d'Ogé et de
vanne
ChaLes commissaires civils avoient sur-tout compté
faire $. XXIV.
cesser la révolte, sur une proclamation dans
pour
Difficuléssur
laquelle ils annonçoient une amnistie générale , si les nègres se soumettoient. la promulgaL'assemblée coloniale n'en voulut
tion d'une
Le
pas souffrir la publication (1). amnistie.
ministre de la marine en envoya, quelque
semblable
temps après, une
3 au nom du roi, suivant l'esprit de celle
avoit
été décrétée par T'Assemblée constituante à la fin de qui
sion (2). En l'adressant à
sa sesBlanchelande, il l'invitoit à se con-
* Cette imputation faite aux blancs d'avoir manqué de
compagnons d'Ogé et de Charanne, n'est constatée
parole à des
authentique; mais le
par aucune piice
reproche en est répété dans
1ommes de couleur ou des noirs. On lit
plusieurs écrits des
encore dans une lettre de
Tean-François ct Biassou anx commissaires civils, sans date : cc
bien des choses retiennent encore les nègres esclaves
Mais
d'être traités
: 1°. la crainte
comme ceux de l'affaire dOgé, qui après s'être
volontairement sur la parole des supérieurs du
et
rendus
toute sireté, ont été sacrifiés en
Cap, se croyant en
partie : vous ne sauriez
Messieurs, combien ils sont frappés de ce qu'ils
croire,
son ; 2°, les mauvais traitemens de leurs
appellentcette trahise rendoient bourreaux de leurs
maitres, qui, la plapart,
sorte de tourmens, leur étant les deux esclaves, en les maleraitanz par zoute
laissant nus sans aucun
heures, les fètes et dimanches, les
laissant mourir de misère secours, pas même dans les maladies, et les
, etc. >
1 Note de Roume sur la chemise de sa
rançois et Biasson.
correspondance avec Jean2 Procès-verbanx de PAssemblée
792. Moniteur de
constituante, des 11 et 12 février
Scint-Domingse, du 13 février.
ant les deux esclaves, en les maleraitanz par zoute
laissant nus sans aucun
heures, les fètes et dimanches, les
laissant mourir de misère secours, pas même dans les maladies, et les
, etc. >
1 Note de Roume sur la chemise de sa
rançois et Biasson.
correspondance avec Jean2 Procès-verbanx de PAssemblée
792. Moniteur de
constituante, des 11 et 12 février
Scint-Domingse, du 13 février. --- Page 328 ---
( (320) )
certer avec P'assemblée; ( tant pour la faire publier 7 s'il y
avoit
régler les conditions du pardon D
D
lieu, que pour
L'assemblée coloniale n'examina point si Ia plus simple équité
et les premières notions de Phumanité ne devoient pas faire précéder l'emploi des forces attendues de France , par cette
contre des hommes qui avoient néce essairement la
mesure s
cela seul
combattoient pour se
justice de leur côté, par
qu'ils
soustraire à T'esclavage. On se borna uniquement à examiner si
la France avoit le droit de prononcer l'amnistie, et il n'y eut
à- peu-F près qu'une opinion dans l'assemblée pour la négative
toute la force des
coloniaux et l:
Rien ne prouve plus
préjugés
condition déplorable des esclaves, que les argumens dont 01
servoit hautement pour justifier ce refus. Ces blancs qu
sc exaltoient tant en France la modération du régime colonial
quiimptimoient par-tout que les esclaves, sous le gouvernemen
de leurs maitres et la protection des lois, étoient plus heureu
soutenoient dans l'assemblée colonial
que les paysans d'Europe ,
autorité, même celle d'une loi faite par cette assembléd
qu'ancune
entre le maitre et l'esclave. Le déput
ne pouvoit s'interposer
Léaumont dit que la proclamatios du roi étoit vicieuse, dan
et inconstisutionnelle : inconstitutionnelle, en ce qu
gereuse 7
l'assemblée coloniale
l'initiative appartenoit sur cet objet à
dangereuse 3 en ce qu'elie seroit propre à ébranler les négr
dans leur soumission 5 ( vicieuse, enfin, en ce que rien ne pci
> affranchir l'esclave de l'autorité immédiate et absolue de sC
ne doit connoître, ni la nation, ni la loi,
y maître 5 qu'il
> le roi, ni enfin tout ce qui a trait à la coastitution 9 toi
1 Procès-verbanx de l'assemblée coloniale, des 5 et 9 février 179
Moniteur de Saint-Domingue, des 9 et 10 février, etc.
C
5 ( vicieuse, enfin, en ce que rien ne pci
> affranchir l'esclave de l'autorité immédiate et absolue de sC
ne doit connoître, ni la nation, ni la loi,
y maître 5 qu'il
> le roi, ni enfin tout ce qui a trait à la coastitution 9 toi
1 Procès-verbanx de l'assemblée coloniale, des 5 et 9 février 179
Moniteur de Saint-Domingue, des 9 et 10 février, etc.
C --- Page 329 ---
( 321 )
* ces-attributs devant se confondre exclusivement
et totalement dans la personne du maitre;
D
que jamais il n'a
partenu au roi , ni d aucune autorizé
apavant, soit depuis la révolution, de faire quelconque s soig
> pour crime de révoltes
grace aux esclaves,
cause de l'énormité du forfait accompagné d'assassinats > ( non à
2 mais) G Parce
> autorité devienoroit attentatoire à
qu'une pareille
une
) colons ont acquise par l'avance de leurs propriété que les
sucurs et sous la loi des traités (1)>. Thomas fonds, 3 par leurs
sieurs sautres députés soutinrent les mêmes
Millet et pluprincipes, qui furent
genéralement applaudis.
Cet abominable droit public des colonies n'étoit
fondé suivant le droit des
pas mieux
Chez
gens, que suivant la loi naturelle.
tous les peuples policés qui ont eu le malheur de connoitre
l'esclavage domestique, les lois ont tâché d'améliorer le
ceux qui y étoient eujets. Plusieurs des nations
sort de
qui seules la servitude auroit été excusable,
anciennes chez
letre,
sijamais elle
puisqu'elle tendoit à diminuer les horreurs de la pouvoit
ont fait des lois aussi humaines
le
guerre,
déplorable. Ainsi lesAthéniens que
cemportoit un sujet si
accordoient a l'esclave
par son maftre le droit de recourir au
maltraité
obtenir d'être venduà un antre
magistrat > pour en
Noir des
(2);et l'on trouve dans le code
dispositions approchantes de
On
dans les lois coloniales de tous les celle-ci(3). en trouve
peuples curopéens (4).
1 Moniteur de Saint-Domingue, des 9 et 10 février
2 Petit, Leges Auica, lib, II, tit. VI, de servis
1792.
3 Voyez les art. 42 et 43.
et liberzis.
4 Petit, > lois françaises sur le gourermement des
ehap. II, etc.
esclaves, part. t,
Rap. de G. Coulon. Tome II,
X
ans les lois coloniales de tous les celle-ci(3). en trouve
peuples curopéens (4).
1 Moniteur de Saint-Domingue, des 9 et 10 février
2 Petit, Leges Auica, lib, II, tit. VI, de servis
1792.
3 Voyez les art. 42 et 43.
et liberzis.
4 Petit, > lois françaises sur le gourermement des
ehap. II, etc.
esclaves, part. t,
Rap. de G. Coulon. Tome II,
X --- Page 330 ---
(322)
Tel est néanmoins l'empire de l'irrésistible nécessité, que
l'assemblée coloniale ordonna la promulgation de l'amnistic,
contre son propre vocu s parce qu'elle sut que les esclaves
en avoient été instruits par ses discussions 2. et que le rejet
de la proclamation auroit été une arme terrible dans la main de
ceux qui sans cesse opposoient le nom du roi à l'asscmblée
coloniale Mais la promulgation même indiqua combien on
la faisoità
l'assemblée yjoignit un arrêté rempli
on
conire-cceur;
d'embarras et de modifications insidieuses. Elle y déclare que
cette prociamation 6 st contraire au décret du 24 septembre,
qu'elle aureit pu la rejeter; elle statue en conséquence quec'est
elle qui pardonne, au nom de leurs maitres, aux esclaves révoltés ;
leurs ( chefs seront tenus 1 pour ebtenir leur pardon,
que
coloniale tous les papiers
A de remettre à l'assemblée
qu'ils
en leur
et de lui donner tous les ren-
> aveient
possession,
à éclaircir les causes de la révolte
> seignemens propres
>.
lieu de prononcer par un simple arrêté,
> actuelle Enfin,u
comme elle l'avoit toujours fait jusqu'alors sur les autres objets;
elle appliqua, pour la première fois, à cette mesure de circonstance la forme des lois, en ordonnant que ce décret seroit présenté par ses commissaires directement et immédiatement à la
sanction absolue du roi (). Iln'est pas bescin de dire que cette
promulgation n'eut aucun effet, et tel étoit sans doute le vccu
du parti dominant dans l'assemblée coloniale.
* Le Moniteur de cette séance est lun de ceux qui manquent dans
le volume apporté par les commissaires de T'asseniblée coloniale. L'aAffleck venoit de débarquerune seconde fois au Cap pour
mirilanglais
des nègres qui avoient été exportés à la
reporter à Saint-Domingue
Janaique. Voy. la séance du lendemain.
del'assemblée coloniale, des 12 et 13 fétrier 1799.
1 Procès-verbaux
semblée coloniale.
* Le Moniteur de cette séance est lun de ceux qui manquent dans
le volume apporté par les commissaires de T'asseniblée coloniale. L'aAffleck venoit de débarquerune seconde fois au Cap pour
mirilanglais
des nègres qui avoient été exportés à la
reporter à Saint-Domingue
Janaique. Voy. la séance du lendemain.
del'assemblée coloniale, des 12 et 13 fétrier 1799.
1 Procès-verbaux --- Page 331 ---
(323) )
Les commissaires civils venoient alors de
semblée coloniale, par les heureux effets de prouver à l'as- 5. XXV,
avoient
la confiance
inspirée aux hommes de couleur,
qu'ils Jonction
auroit pu retirer
de
combien la colonie de plusieurs
insurgés,'ils n'eussent d'avantages
leur influence sur tous les hommes de
bienfaisantes.
paséré contrariés dans leurs opérations couleur du
couleur
Malgréles excès horribles dent tant
Nord auxne.
avoient été les victimes au Cap, à la
d'hommes de gres.
de l'incendie de la
première nouvelle
grande
Plaine, ceux de cette ville et de la
partie du Nord, aveient d'abord
plus
concert avec les blancs
paru marcher de
pour réprimer
gres. Les proces-verbaur de
l'insurrection des nèce temps-li, sont pleins dcs bons F'assemblée, et les mémoires de
cux-mémes leur
téme oignages que les blancs
possible
rendirent à cette époque, Mais il étoit
que cctte harmonic pit subsister
immilieu des humiliations qu'on
long-temps, > lorsqu'au
cesse devant les
répandoit Str eux, ilsaroient sans
yeux les efforts des
et l'exemple de la confédération
nègres pour s'affranchir,
r'Ouest.
des hommes de couleur dans
Un ordre imprudent, donné
lésarmement dans toute la
parl'assemblée du nord pour leur
esrédaisit
province, acheva de les
2u désespoir. L'assemblée
exaspérer, ct
bcine à calmer ceux du
coloniale cut beaucoup de
"eler les massacres du Cap, qui craignirent de voir reaoueux des
21 aodt, et qu'on n'osa pas
communes oi le dés- rmement eut
désarmer;
xposés sans défense i la fureur des
lieu, se virent
:s paroirses de la
négres. Dans presque toutcs
bandonnés
campagne, ils se sont plaints
Par les blancs,
d'avoir été
ôtés ()- Ceur qai vouloient > quand ils imarchoient à leurs
s'en détacher. ne pouvoient
pas,
1 Adresse des hommes de couleur de la Grande
-Riviere, SaiateX 2
communes oi le dés- rmement eut
désarmer;
xposés sans défense i la fureur des
lieu, se virent
:s paroirses de la
négres. Dans presque toutcs
bandonnés
campagne, ils se sont plaints
Par les blancs,
d'avoir été
ôtés ()- Ceur qai vouloient > quand ils imarchoient à leurs
s'en détacher. ne pouvoient
pas,
1 Adresse des hommes de couleur de la Grande
-Riviere, SaiateX 2 --- Page 332 ---
(324)
doute desiré,se réunir àla confédération
comme ils P'auroient sans
avoit formé le long des
de T'Ouest, à cause du cordon eu'on
cette province.
empécher Finsurrection de gagner
Gonaives pour
entraînés par la violence dans les camps
Quelques-uns purent être
d'ateliers : mais il paroît aussi que
des nègres, comme beaucoup volontairement la cause des insurgés.
d'autres embrassèrent couleur de la Grande-Riviète, ser-tout
Plusieurs dcs hommes de
avoiert été obligés
dans laffaire d'Ogé(1), qui
se
les contumaces
se soustraire aux eupplices ,
de fuir dans les mornes, pour dans l'Est de la province, 3 dès
réunirent à l'armée de Jeannot,
le commandement
jours de l'insurrection sous
de
lespremiers
de ceux des autres parties
de leur chef Candy. La plupart blaacs. Ils avoient particul'Est marchèrent d'abord avec les
formoient la
lièrement servi à garantir les cinq paroisses qui de
fin septembre
sénéchaussée du Fort - Dauphin (*) jusqu'ala
la protecelles étoient à-peu- près restées intactes, sous
pour la plus grande partie,
tion du camp du Rocou 1 formé, de ce mois un de leurs
les hommes de couleer. Le 24
par
crut pouvoir entrer en négociation
capitaines, Charpentier,
enveloppés dans le fumalheureusement
Suzanne et autres quartiers, Vassemblée coloniale. Déclaration de
neste événement du 23 noût, à
du 10 février 1792. ProcèsDesclaux au comité du Fort - Dauplin, et 12 norembre 1791. Monicoloniale des 11
rerbal de l'assemblée
des 15 et 16 novembre.
teur de Saint-Domingue 3
ministre de la marine, du 26 septem
1 Lettre de Blanchelande au
bre 1792.
bommes de couleur à Tassemblée coloniale
2 Adresse susdite des,
Déclaration de la Roque à la muni
Lettre susdite de Blanchelande.
cipalité du Cap, du 21 janvier 17y92.
sort colles du Fort - Dauphin, Onanaminthe
* Ces cinq parnisses
le Trou, le Terrier-Rouge et Vallière.
ur de Saint-Domingue 3
ministre de la marine, du 26 septem
1 Lettre de Blanchelande au
bre 1792.
bommes de couleur à Tassemblée coloniale
2 Adresse susdite des,
Déclaration de la Roque à la muni
Lettre susdite de Blanchelande.
cipalité du Cap, du 21 janvier 17y92.
sort colles du Fort - Dauphin, Onanaminthe
* Ces cinq parnisses
le Trou, le Terrier-Rouge et Vallière. --- Page 333 ---
(3a5 )
avec cot atroce Jeannot, qui avoit feint de vouloir se rendre
aux blancs; il eut l'imprudence de passer
2 presque sans précaution, dansl le camp des nègres, ol bientôt il périt misérablement Soit que le corps des dragons de couleur qui étoit
ses ordres fàt dès - lors secrettement d'accord
sous
avec les
soit qu'il ait été seulement trompé par les ordres
negres,
força Charpentier de donner avant
que Jeannot
sa mort, ce camp tomba entièrement au pouvoir des nègres ; il marcha depuis sous les ordres de Candy (1), dont la troupe ainsi renfercée
sema la dé.
vastation et l'effroi dans tout le voisinage. A l'exemple des
négres, elle incendia les habitations, enleva les ateliers et Ics
bestiaux, massacra un grand nombre de blancs sans distinction
d'age ni de sexe. On assure que ce Candy, marchant sur les
traces de l'infame Jeannot, porta la cruauté jeequ'à arracher les
* Les circonstances de cette catastroplie sont couvertes d'une
obscurité , quoiqu'on ne inanque pas de mémoires sur cet grande
crut d'abord, à l'assemblée coloniale,
objet. On
que Charpentier,
mes de couleur étoient fort attachés, avoit trahi les auquelles blancs hiounréunir aux nègres avec sa troupe : mais son massacre
immédiat pour se
par les nègres ) ne le lava que trop de cette imputation, presque dont la
fausseié paroit avoir été recounne dans mn rapport fait à l'assemblée
coleniale et dans tous les écrits postérieurs.
1 Lettre de Blanchelande an ministre de la morine, du 23 octobre
1791. Déclarations de Ripoche et de Gironval à la
Fort - Dauphin, des 24 et 30 septembre
municipalité du
blée
1791. Rapport fait à l'assemcoloniale, coté D, No. 58/de Pinventaire des commissaires de
lassemblée coloniale. Copie de différentes notes concernant les
claves révoltés de la partie du Nord. Extrait numéroté AA 13 es- do
Pinventaire de P'assemblée coloniale. Talleau des événemens
on2
eu lieu dans la paroisse du Trou. Lettre de
qui
Charpentier aux
dy
24 septembre 1791.
X 3
P
1791. Rapport fait à l'assemcoloniale, coté D, No. 58/de Pinventaire des commissaires de
lassemblée coloniale. Copie de différentes notes concernant les
claves révoltés de la partie du Nord. Extrait numéroté AA 13 es- do
Pinventaire de P'assemblée coloniale. Talleau des événemens
on2
eu lieu dans la paroisse du Trou. Lettre de
qui
Charpentier aux
dy
24 septembre 1791.
X 3
P --- Page 334 ---
( 326 1e
)
avec un tire boackon (1). Il se rendit
yeux de scs prisonniers
des blancs,
teilemeni redoutable 3 qu'il força le commandant
investi de toute leur confiance, à lever le camp du
d'Assas,
qui ouvroit la
Rocou, pour se retirer jusqu'à Ouamaminthe,
communication de la province du Nord avec la partie
principale de l'ile. Une centaine d'hommes de coulenr qui garespagnole
du Trou, se réunirent alors presque tous à
doient le bourg
Les hommes de couleur
Candy, qui se rendit maître du bourg.
de cet événement pour désarmer
d'Ouanaminthe se prévalurent
les blancs, et les forcer ensuite de faire avec eux un concordat
référoit d'une manière assez obscure à ceux de l'Oucst,
qui se
néanmoins la soumissien au décret du 24 sepen annonçant
coloniale. On craignit même
tembre et aux arrêtés de l'assemblée
pour le Fort-Dauphin (2).
tous les autres hommes de couleur ne
Comme tous ou presque
$. XXVI.
d'aucun commandement de quelque importance dans
jouissoient
de
Heureuse l'armée des nègres, et qu'ils n'assistoient jamais aux conseils
négociation
ne devoit le crédit dont il
des commis- guerre (3), il paroit que Candy
saires civiis,
événemens du Trou. Débats dans Paffaire des colo1 Tableau des
nies, tome I, P.. 267.
ont eu lieu dans la paroisse du Trou.
a Tablean des événemens qui
du
novembre 1791.
Extrait d'une lettre du Cap - Français,
premier
diverses
des
du comité du Fort : Dauphin, contenant
Extrait
registres de novembre 1791, janvier et février 1 792.
déclarations des mois
coloniale, du 25 déLettre de Touzard au président de l'assemblée
à Passemblée
cembre. Lettre de Hurvoy, commandant à Ouanaminthe, à Hurvoy,
Rapport de Fondeviolle
générale, u 2 novembre 1791. Guillard de Journée, du 6 avril 1793.
ducit jour. Déclaration de
Passemblée coloniale, du 11 noLettre de Garat du Fort-Dauphin à
vesubee 1791.
au ministre de la marine, du a6 septem3 Lettre de Blanchelande
bre 1793,
semblée
à Passemblée
cembre. Lettre de Hurvoy, commandant à Ouanaminthe, à Hurvoy,
Rapport de Fondeviolle
générale, u 2 novembre 1791. Guillard de Journée, du 6 avril 1793.
ducit jour. Déclaration de
Passemblée coloniale, du 11 noLettre de Garat du Fort-Dauphin à
vesubee 1791.
au ministre de la marine, du a6 septem3 Lettre de Blanchelande
bre 1793, --- Page 335 ---
(327 )
jouiffoit, qu'au soin qu'il avoit eu de former un corps particulier de ceux qui servoient sous lui, et de camper le plus
souvent à part dans les Mornes. Le commandant du
du
Rocou
camp
, d'Assas, et l'Assemblée coloniale elle - même
avoient inutilement envoyé des commissaires de
3 lui
couleur
traiter avec lui (r). Tant que Jeannot avoit vécu, il n'avoit pour
pas osé se prêter à des négociations : mais à peine ce scélérat
edt-il été exécuté, que Candy se réunit à Jean - François et
Biassou pour envoyer des propofitions de paix à l'Assemblée
coloniale (2). La rupture des
négociations, 7 entamées avec les
négres, ne changea rien à ses dispositions. Dès que les commissaires civils eurent publié leur amnistie pour les hommes libres,
Candy demanda à en jouir, zinsi que tous les hommcs de
couleur qui servoient sous son commandement. Les commissaires civils exigérent, pour leur en appliquer le bénffice,
gu'ils reconnussent le chef que le gouvernement nommeroit
pour commander à Ste. Suzanne : ils Jes autorisèrent seulument
à choisir celui des officiers blancs qui leur conviendroit le
mieux. Les hommes de couleur demandèrent le commandant
Pageot qui, par sa bravoure, sa soumission aux lois, et ses
talens militaires, a presque seul conservé l'estime et la conJournal de Rouanez fils et la Foret. Lettres des mêmes à
des 4, 5 et8 octobre 1791. Lettres des mémes aux
de d'Assas,
à la Montagne 7 du 6 octobre. Lettre de
gens cogleur
jour.
d'Assas aux mémes, dudit
Rapport des mêmes à l'assemblée coloniale.
2Adresse susdite à l'assemblée générale par les hommes de conleur
de la Grande-Rivière, Sainte-Suzanne, etc. Lettres de
tres chefs du
de
Candy et aucamp Sainte - Suzanne aux commissaires civils, des
1,7et 10 janvier 1792. Lettres desdits conmissaires, des 8 et 13
janvier. Lettres de Chabert auxdits commissaires, du 7 janvier.
X 6
e
mêmes à l'assemblée coloniale.
2Adresse susdite à l'assemblée générale par les hommes de conleur
de la Grande-Rivière, Sainte-Suzanne, etc. Lettres de
tres chefs du
de
Candy et aucamp Sainte - Suzanne aux commissaires civils, des
1,7et 10 janvier 1792. Lettres desdits conmissaires, des 8 et 13
janvier. Lettres de Chabert auxdits commissaires, du 7 janvier.
X 6
e --- Page 336 ---
(328 )
dans la Colonie. Exposés à la venfance de tous les partis
les hommes de
des nègres qui brilèrent leurs habitations,
geance
et lui avecle pius grand courage et
couleur servirent sous Candy
fidélité qui ne s'est jamais démentie; ils préservèrent parune
une grande partie de la paticulièrement de la dévastation
au
roisse da Trou et des quartiers voisins ; ils empèchèrent,
les nègres qui les attaquérent au nombre
camp de Jacquezy,
dans la province de l'Ouest.
de 7,000 hommes, de pénétrer coloniale, malgré ses prévenEnfin, ils forcèrent P'Assemblée
les plus honorables
tions contre eux, à rendre les témoignages
semble
bonne conduite et à leur intrépidité (1) : cC qui
à leur
d'entre eux n'avoient été entrainés que
indiquer que la pivpart
çontre leur gré dans le parti des nègres.
civils aveient mis dans cctte négociation
Les commissaires
dans celle avec les nègres, les plus
si utile aux blancs, comme
de T'Assemblée ccloniale :
grands ménagemens pour l'autorité
décliré aux hommes de couleur qu'ils n'agissoiert
ils avoient
c'étoit à cette Assemblée seule
que comme médiateurs; ( que
;
s'en ocde régler leur état politique qu'elle
> qu'appartenoit
seroient rétablis,
lorsque l'ordre et la tranquillité
> cuperoit
civils feroient valoir près d'elle
> et qu'alors les commissaires
couleur
avoir
les services que les hommes de
pourroient
>
les hommes du Sud et de T'Ouest,
> rendus (2) >. Déja
avec les chefs des
de Roume jointe à la correspondance
I Note
des évènemens qui ont eu lieu dans la paroisse
révoltés. Tablean
civils au ministre de la marine. 9
du Trou. Lettre des commissaires à Tassemblée coloniale , du 13
du 15 février 1792. Lettre de Pageot
février 1792
hormes de coulcur, du ta
2 Lettre des commissaires icivils aux
janvier 1792.
) >. Déja
avec les chefs des
de Roume jointe à la correspondance
I Note
des évènemens qui ont eu lieu dans la paroisse
révoltés. Tablean
civils au ministre de la marine. 9
du Trou. Lettre des commissaires à Tassemblée coloniale , du 13
du 15 février 1792. Lettre de Pageot
février 1792
hormes de coulcur, du ta
2 Lettre des commissaires icivils aux
janvier 1792. --- Page 337 ---
( 329 )
ecouroient à cux pour mettre une fin aux troubles
oient tant de maux aux désastres causés
qui ajon-
:sclaves : mais de vains confits de
Par l'insurrection des
oloniale ct les autres
pouvoir que l'Assemblée
outes leurs
corps populaires élevèrent contre
opérations 9 ne tardèrent pas à
erme les espérances
éteufier dans le
que devoient donner ces heureux
iencemens.
comIl étoit néanmoins bien manifeste
aires civils auroit été
que Ia mission des commis- $. XXVII,
absolument inutile, s'ils n'eussent
nterposcr leur médiation et leur autorité
pas pu L'assemblée
:s hommes de couleur
même entre les blancs, coloniale paet les nègres, puisque les
roît d'abord
espectives des uns ct des autres étoient
prétentions lapprouyer.
-uls objets des troubles de
à-peu-prés alors ies
es troubles que l'assemblée Saint-Domingue. C'est pour appaiser
ommission
nationale avoit décrété
civile, dans un temps ou du moins T'envoid'une
es hommes de couleur et
les prétentions
pient étoient bien
l'opposition que les blancs y metavoit donné
coenues. Le décret du 2 février
aux commissaires d'autre mission
naintenir T'ordre dans les
que celle de
w'il leur seroirdonné Colonies, à Lefie de quoi iZ étoit dit
oirsg générauz
tous pouvoirs à ce nécessaires, Ces
quin'avoient
pouéiérévoquése ou
ostérieure, s'étendoient à toutes -les medifispsraucuneloi
assemblée
mesures de
coloniale en avoit été si bien
circonstance.
ine, , que, le jour même de l'arrivée convaincue dans l'oriis, elle chargea dix de
des commissaires cics faits relatifs
ses membres de
2ax malheurs dont la Colonie rédiger Thistorique
uis la revolte, pour le leur
étoit affligée decommaniquer(s). Ce travail eut
1Procès-verhal du 23 nuvembre
1791. Yoyez aussi celui du 5 déa
ures de
coloniale en avoit été si bien
circonstance.
ine, , que, le jour même de l'arrivée convaincue dans l'oriis, elle chargea dix de
des commissaires cics faits relatifs
ses membres de
2ax malheurs dont la Colonie rédiger Thistorique
uis la revolte, pour le leur
étoit affligée decommaniquer(s). Ce travail eut
1Procès-verhal du 23 nuvembre
1791. Yoyez aussi celui du 5 déa --- Page 338 ---
330 ):
l'epprobation de l'assemblée, peu de jours après, etle rédac
teur, Petit-des Champeaux, fut chargé de le remettre au
commissaires- civils (1). Quelques jours auparavant, et sar
attendre lour installation, l'assemblée arrêta gu'il seroit en
voyé six commissaires auprès d'eux pour leur faire le déta
de tous ies maux.qui dévastoient la Colonie, et les engager
ense frisant reconnoltre , à publier par-iout une proclamation
et ticher par lh d'arréter la suite de ces maux (2). Enfin
par d'autres arretés du mois de decembre 1791, l'assemblé
colonisic St cle même conduire, à diverses reprises, les émi
saires des nigres ou des kommes de couleur chez les commi
saires civils (3).
XXT.
Cette bonne intelligence cessa bientôt après l'arrivée de ceu
Elecnar des menbres de l'a-semblée de Saint-Marc qui étoient resti
rècelessuites. en France pour sojiiciter le décret du 24 septembre. Le
confédérés d'ere partie de l'Ouest ayant envoyé cinq députe
aux commistaires civils, l'assemblée du Nord les fit tous ar
rêter, sous prétexte qu'elle arcit reçu ( une lettre de la mu
> nicipalité du Port-de-Paix, qui annonçoit la plus vive sus
> picion conire un sieur Gajac-1 Dambrun et un nommé Morin
cembre 1 P. 304, et les nunéros correspendans du Moniteur de Sain
Doningue.
1 Procès-ve:bal de l'assemblée coloniale, 9 dn 5 décembre 1791
au soir.
2 Procès-verbal de l'assemblée coloniale > da 1 décembre 1791, 2
matii.
3 Frords-verhnur de Passemblée coloniale, des 9, 13, 15 et 11
décembre 17y1. Moniteur de Suint-Domingue, des 16, 18, 21 et 2
decembre.
Moniteur de Sain
Doningue.
1 Procès-ve:bal de l'assemblée coloniale, 9 dn 5 décembre 1791
au soir.
2 Procès-verbal de l'assemblée coloniale > da 1 décembre 1791, 2
matii.
3 Frords-verhnur de Passemblée coloniale, des 9, 13, 15 et 11
décembre 17y1. Moniteur de Suint-Domingue, des 16, 18, 21 et 2
decembre. --- Page 339 ---
(331 )
- mulâtre libre, faisant partie desdites cinq
remit sur le burean diverses lettres dont personnes *. Ele
chargés poar les commissaires
ces depatés éloir nt
cent. L'assemblée
civils, pour Rianchelande ei Vincoleniale fit remetire, à la vérité,ces lettres
bar des cemmissaires a ceux à qui elles étoient a.
en invitant Ces derniers d vouloir bien
tressées, mais
en faire part dl'assemblés, dans le CRS ou les lettres renfermeroient des
déuils
intéressans :. Eile avoit d'ailieurs avant
lée du Nord de sa
toutromer-iffasem.
surveilance, et nommédes commissaires
aterroger les dépetés, avant qu'ils Russent
pour
Les lettres qei ne contenoient
parler à personne.
gue des pétitions
grent
respectieuses,
communiqaées sur-le- champ à l'assemblée
ais on étoit ainsi
à
coloniale ;
Parvena causer une grande
ans la ville (1).
fermentation
Le lendemain, l'acsemblée
es
provinciale fit ercore
envoyés des confédé.és résnis à la
emprisonner
uoiqu'ils fussent munis d'un
Croix-des-Bonguets,
vils. Le
sauf-conduit des commissaires
prétexte de cette arrestation fat ( qu'ils avoient été
dénon.és comme très- suspects, d'aprés les
avoient tenus à l'auberge de la Couronne
propos qu'ils
ta ces
D. Rien ne consissuires prétondespropos fiieni
3 mais, sur les plaintes que les comde cet attentai à l'assemblée
des lettres partioulières
coloniale, on y
couleur avoient
gri amnongnient que les hommes
des desseins sur la ville da Cap; et cette
nonciaiion, toute aussi vague que la précédente,
mblée coleniale à
engagea l'asenvoyer auprés dis comnissaires
Ses membres, e Paur leur falle part des
civils deur
sollicitudes de l'asProces-veriat de Passeniblée colaniale, dn 21
1, p. 349, 352 et 353. Moniieur de
décembre 17)1 ai
Seinotowingne, du 27.
ins sur la ville da Cap; et cette
nonciaiion, toute aussi vague que la précédente,
mblée coleniale à
engagea l'asenvoyer auprés dis comnissaires
Ses membres, e Paur leur falle part des
civils deur
sollicitudes de l'asProces-veriat de Passeniblée colaniale, dn 21
1, p. 349, 352 et 353. Moniieur de
décembre 17)1 ai
Seinotowingne, du 27. --- Page 340 ---
332 )
que le sauf-conduit par eux
A semblée, et leur demander
s'étendit
les
aux sieurs Ruette et Malescot ne
passur
> donné
étoient porteurs >. Telle étoit l'in-
> papiers cachés dont ils
de terde l'assemblée à cet égard, et limpression
quisition
qu'il lui renvoya, pou.
reur qu'elle causoit sur Blanchelande, adressés. L'assemblé
les ouvrir, les paquets qui lui étoient
faculié
voulut bien néanmoins ne pas user de cette
coloniale
lui fut fait, la mise ci
elle ordonna même, sur le rapport qui
de Ruette et Malescot, en chargeant ses commissaire
liberté
commission civile sur la forme dcs passe
de se concerter avecla
auroit à délivrer; K et encore surl
ports que celte commission sûreté de la ville, à l'égard de quel
> parti à prendre pour la
loi
Zui veni
d'ennemis dela quipourroient
> ques députations de la Colonie (1). >
> des diverses partics
On voit, dan
Ces chicanes se renouveloient tous les jours.
d
et dans les journaux du commencement
les procés-verbaux
autorités du Cap firent encore arréte
janvier 1792, que les
couleur de Saint-1 Marc, et ceu
les dépulés des hommes de
dans le temps même oit le commandar
de Sainte -Suzanne,
dont l'assemblée colonia
des blancs de ce quartier, Pageot, le dévouement à sa cause
n'a cessé de louer le courage et
par les règre:
lui mandoit que son camp seroit déja attaqué de Sainte - Suzann
la jonction des hommes de couleur
sans
civils réitérèrent-ils leurs plaint
Inutilement les commis-aires
arrêtât que C
coloniale, en demandant qu'elle
à l'assemblée
: à peine cette assen
envoyés ne fussent plus mis en prison
minutieux a
régloit sans cesse les détails les plus
biée qui
1791, P. 353, 354 et 355. MonitI Procès-verbal du 22 décembre
de Saint-Domingue, du 28.
des hommes de couleur
sans
civils réitérèrent-ils leurs plaint
Inutilement les commis-aires
arrêtât que C
coloniale, en demandant qu'elle
à l'assemblée
: à peine cette assen
envoyés ne fussent plus mis en prison
minutieux a
régloit sans cesse les détails les plus
biée qui
1791, P. 353, 354 et 355. MonitI Procès-verbal du 22 décembre
de Saint-Domingue, du 28. --- Page 341 ---
2 333)
ladministration, daigna-t-elle prendre communication de leut
demande. Elle se contenta de répondre que l'assemllée
vinciale s'occuperoit de cet objet, et qu'elle seroit invitée pro- à
tout employer pour concilier la sureté publique et celle des
individus qui seroient envoyés à MM. les commissaires nationaux, avec le respect di à leur caractère. Cc jour-là même,
l'assemblée du Nord arrêta que ne trouvant pas de lieu sur
pour placer ces émissaires, ils seroient mis sur un bâtiment
du commerce ou les commissaires de rade faisoient le service,
et qu'ils ne seroient débarqués que pour parler à MM. les
commissaires civils et aux personnes vers qui ils seroient envoyés. Cette mesure obtint encore les applaudissemens de
l'assemblée coloniale (1).
Au milieu de tant de contradictions, les commissaires civils
ne pouvoient guère plus conserver auprès des hommes de couleur qu'auprès des nègres le crédit dont ils auroient eu besoin pour réussir dans leurs vues de pacification. La guerre
civile sc ranima dans le Nord avec violence. Les. nègres
gagnoient toujours du terrein j et plusieurs partis d'hommes de
couleur se réunirent à eux de nouveau. Le concordat fait à
Ouanaminthe ne pouvoit pas y rétablir la confiance etla paix,
quand l'assemblée coloniale refusoit de reconnoître ces sortes
de traités et de statuer sur l'état politique des hommes de
couleur. Le 12 janvier 1792 > les nègres ayant attaqué le
bourg, y mirent tout à feu et à sang. Les hommes de couleur, avec qui l'attaque étoit sans doute ccncertée, se joignirent à eux. Un détachement de blancs qui s'y trouva fut
Procis-verbaux de l'assemblée colaniale, des 25 décembre
1, 9 et 12 janvier 1792. Moniteur de
des 1791
13 janvier. Requisition des commissaires Saint-Domingue,
1, 12 et
civils, du 16 janvier.
bourg, y mirent tout à feu et à sang. Les hommes de couleur, avec qui l'attaque étoit sans doute ccncertée, se joignirent à eux. Un détachement de blancs qui s'y trouva fut
Procis-verbaux de l'assemblée colaniale, des 25 décembre
1, 9 et 12 janvier 1792. Moniteur de
des 1791
13 janvier. Requisition des commissaires Saint-Domingue,
1, 12 et
civils, du 16 janvier. --- Page 342 ---
(334)
taillé en pièces. Plusieurs des habitans de la même couleu
quix dioent restés, furent egorges de la manière la plu
crucile ().
La même frocitécontinucit desouiller l'insurrectios des
$. XXX.
nègres
Sil'onen croil des déclarations fournies devant
Cre.urisdes
lesautorités cons
nègieset d:s tituées du Cap et de diverses municipalités de la province
blancs,
presque tous les Elancs qui étoient pris les armes à la main
etoient mis a mort. Un d'entre eux qui s'etoit échappé des main
des mègres, assure qu'il a vu pendre 54 blancs dans le camj
de Jean- François (2): d'autres attestent que les femmes et le
enf.ns n'étoient pas épargnés. Il est vrai qu'on n'a aucune
piéce de contradiction de la part des insurgés du Nord su
cet objet, comme sur presçue tous les autres faits re'atifs à leu
soulévenreit. On trouve meme dans les déclarations de diver
prisonniers délivrés, lors des ncgociations entamées par lei
commissaires civils, qu'ils n'avoient vu aucun meurtre dans le
camps de Jean-F François ct de Biassou, quoigu'ils y renden
compte des atrocilés commises par Jeannot. On lit encore
dans d'autres déclarations, que lcs nigres prétendoient justifier
les croontés qu'on lenr reprochcit, par la triste necessité dei
repriscilles (5 ). Queique insufisante que soit une telle justifi1 Extrait des archives du comité dx Fort-D-uplin, contenant diverses declarations des mois de novembre 1791, janvier et férrier
1792. Leitre (.CS commissaires de l'assemblee ccioma'e aux commissaires près P'Assemblée nationale, du 23 janvier Rclation de ia crueile
journée d'Ouanaminshe. Lettre des commissaires eiviis au ninistre de
la marine, du 15 fevrier 1792.
2 Declzration faite à la muaicipalité du Cap 2 par Peyredieu de la
Grande-lavine 9 le 21 avril 1792.
3 Déclaration de Moulinet, Saiute - Martle et Delgrado, du 24
décembre 17yI 1 etc.
P'Assemblée nationale, du 23 janvier Rclation de ia crueile
journée d'Ouanaminshe. Lettre des commissaires eiviis au ninistre de
la marine, du 15 fevrier 1792.
2 Declzration faite à la muaicipalité du Cap 2 par Peyredieu de la
Grande-lavine 9 le 21 avril 1792.
3 Déclaration de Moulinet, Saiute - Martle et Delgrado, du 24
décembre 17yI 1 etc. --- Page 343 ---
(3 335)
ation, l'impartialité nous fait une loi de rappeler
endamment des terribles exécutions des
qu'indé.
les qu'on avoit par-tout établies, les blancs commissions prévotions fuilloient
dans leurs expdsouvent tous les nègres qu'iis
ux mêmes qui éloient
rencontroient,
der les suites
tranquilles sur les ateliers, sans caldéplorables Pour cux- mémes de leur barba-
:(1). On lit dans une lettre écrite confidentiellement
ocureur de la commune du
au
Cap, par un curé détenu chez
insurgés : ( Défendez sévèrement de faire sur les
tions les fusillades usities par les chefs
habitaset bien : ce sont elles qui ont donné le quc vous connoisrebelles
plus de monde aux
(2). >
Ces horribles mesures n'étoient
is
que trop conformes aux veeux
par plusieurs planteurs. Peu de jours avant
n d'entre eux , qui paroissoit craindre
l'insurrection,
gres par la Metropole, écrivoit à l'afifranchisement des
Quant à
l'Assemblée nationale :
moi, je vous déclare avec franchise que si l'Assemblée rendoit un décret, quel
qu'il fitt, en faveur des
esclaves, ce qui ne peut être sans rend:e le sort de l'habiant plus malheurcux gu'il ne l'est déja,
ivant sa
aussitôt, et même
les
promul.ation,je commencerois par détruire tous
miens, et tous ceux que je pourrois d'ailleurs
ussure que je ne serois pas l'unique.
: je vous
Après cet effet de
Dénonciation contre Rouvrai, du
7 du mémeire coté N, no, 66 de l'inventaire 1791. Voyez aussi la
temblée coloniale.
des communircairesde
Lettre de P'abbé Delaporte 2 curé de Valièro : à
baut, du 25 mara 1792.
Loreheresques
ens, et tous ceux que je pourrois d'ailleurs
ussure que je ne serois pas l'unique.
: je vous
Après cet effet de
Dénonciation contre Rouvrai, du
7 du mémeire coté N, no, 66 de l'inventaire 1791. Voyez aussi la
temblée coloniale.
des communircairesde
Lettre de P'abbé Delaporte 2 curé de Valièro : à
baut, du 25 mara 1792.
Loreheresques --- Page 344 ---
(336 )
éclaté
que la justice .
> mon désespoir,
nègres déclaroit dans un
Aussi voit-on que Tun des officiers
si les blancs tuer
demande d'échange de prisonniers > que blanches Dar
ils tueront aussi lcs femmes
leurs négresses,
la
à Cambefo
lettre écrite comme
précédente
une autre
ils lui disent aussi : En détrui
Jean- François et Biassou,
Enfi
par
nous forcez à tuer les vôtres
sant nos femmes, vous
blancs, qu'a la pri:
on lit dans la déclaration de plusieurs
leur avo
colonel des mulâtres,
d'Ouanaminthe, Henri Thibaud,
blancs dans leur cam
savoit fort bien que les
dit < qu'il
de sa classe ; qu'e
détruit les femmes et enfans
> avoient
faisoit autant vis-à-vis des blancs,
s son particulier il en
cruels supplices que 2
leur faisoit souffrir de plus
> qu'il
fuits aux personnes qu'ils avoici
en avoir,
* blancs pouvoient
constatent que che
Des pièces authentiques
> prises (3)>.
Y'outrage à The
les blancs comme chez les noirs, on poussoit
avc
les têtes de ceux qu'on
manité jusqu'à porter en triomphe
de leur camp
massactés. Des nègres les exposoient aux glacis avoit donné ava
atroce que Caradeux leur
en suivant T'exemple
les
sur les grand
la révolution (4). Des blancs
plaçoient
Pommera à PAssemblée nationale, du IO août 1791.
I Lettred de
brigadier des armées du ro
* Cette lettre qui est signée Georges,
étoit Georges. Comn
être de Biassou, dont le nom de baptême
peut
savoient point écrire, les signatures mêr
Ja plupart des négres ne faire, en leur nom, n'étoient pas toujou
des lettres qu'ils faisoient
uniformes.
et Eiassou, du 28 norembre 1791.
2 Lettre de Jean-Francois Olivier Cros, etc. 2 du
au comir
3 Déclarations-des sieurs
du Fort-Dauphin. de Picrre Louis, du 4 octobre 1791 2 etc. Voye
Gi- 4 dessus Interrogatoire le chap. III, S. XV et XXIX.
route
art des négres ne faire, en leur nom, n'étoient pas toujou
des lettres qu'ils faisoient
uniformes.
et Eiassou, du 28 norembre 1791.
2 Lettre de Jean-Francois Olivier Cros, etc. 2 du
au comir
3 Déclarations-des sieurs
du Fort-Dauphin. de Picrre Louis, du 4 octobre 1791 2 etc. Voye
Gi- 4 dessus Interrogatoire le chap. III, S. XV et XXIX.
route --- Page 345 ---
(337)
routes et aux portes des camps par ordre des chefs.
fois même les blancs envoyoient les têtes des chefs Quelquedoutables aux autorités constituées
les plus re- Une guerre de cette espèce n'étoit guère
à
courage des blancs, malgré le grand intérêt propre exciter le s. XXX,
qu'ils avoient a la
terminer, et la haine gu'ils portoient aux insurgés. Les
ment Décourage- et déréfugiés au Cap de toutes les Parties du Nord, & même planteurs sorganisation
autres provinces de la colonie,
des des volontaidans leur
3 refusoient de porter les armes res blancs.
propre cause. L'assemblée coloniale prit d'inutiles
arrêtés pour les y contraindre. On lui a reproché, et
gu'on n'eit que ce reproche à Jui faire, d'avoir
plit au cigl
par la facilité avec laguelle elle accordoit
angmenté le mal
Hliés; les fonds s'en faisoient
des secours aux incenen traites sur la
perdirent bientôt considérablement
metropole 2 qui
par le seul effet de leur
multiplicité, quoiqu'elles aient toujours été
ement par la mère patrie (2). Comme c'étoit acquittées religieuource des blancs
fournir
aussi la seule respour
aux dépenses de la
liscrédit et le défaut d'ordre dans
guerre > leur
ientôt la paie du soldat et la fourniture l'administration, rendirent
des
nent difficiles (5). Les petits blancs
camps extrèmerefusèrent de
n ne leur accordoit pas les deux tiers des
marcher, 'si
denrées qui se trou1 Lettre des municipalités de Tiburon et du
ies à l'assembiée coloniale, du 25
Cap Dame-Marie réulée coloniale du président du
janvier 1792. Lettres à l'assem-
: de Pajeot, du 21 mars Terrier-Rouge, 9 du 18 novembre
791.
1792. Moniteur eolonial, du 23-n norembre 1791,
2 Moniteur de
Saint-Domingue, des 12 et 13 janvier
Lettre de Fouache 3 du I1 septembre
1792.
ub Massiac. Lettre de Blanchelande
1791 9 dans le recueil du
ptembre 1791.
au ministre de la marine > duis
Repp, de G. Coulon, Tom. II,
Y
ajeot, du 21 mars Terrier-Rouge, 9 du 18 novembre
791.
1792. Moniteur eolonial, du 23-n norembre 1791,
2 Moniteur de
Saint-Domingue, des 12 et 13 janvier
Lettre de Fouache 3 du I1 septembre
1792.
ub Massiac. Lettre de Blanchelande
1791 9 dans le recueil du
ptembre 1791.
au ministre de la marine > duis
Repp, de G. Coulon, Tom. II,
Y --- Page 346 ---
(338 )
dans les habitations incendiées; et cette honteuse proveroient
d'abord rejetée avec horreur : mais des agitateurs
po:ition fut
coloniale y donna dans
osèrent en faire lapslogie, , et Passemblée
à l'avidité des
la suite sa sanction. Ainsi ce qui étoit échappé
brôlèrent
fut la proie de la cupidité des blancs, qui
nègres
& les édilices qui n'avoient pas été incenmême les plantations
laisser d'asyle aux négres. Une
diés, sous prétexte de ne pas
elle
l'effet qu'on en devoit atiendre;
telle méthode produisit
des volontaires blancs. On
désorganisa entièrement les troupes
du
alors, ctl'on fit nême décider par la manicipalité
prétendit
nationales de cette ville ne pouvoient pas
Cap que les gardes
comme si la fondation dec
être contraintes à en sortir (1):
des
pour oujet la protection
villes n'avoit pas principalement les nourrissent.
campagnes qui les peuplent et qui
colonial du Cap et les troupes venant de France
Le régiment
de la pro6 XXXI. furent donc en quelque sorie les seulcs res:ources
Liaisons des
Le ministère françai, soit par impéritie, 9 soi
commandans vince du Nord.
n'envoyoit des forcce gue par petite
duNordavec par mauvaise volunté,
disséminés et travaillé
les hommes portions ; et ces déiachemens, par-tout
ne tardoien
decouleur.
les divers partis de la colonie,
dès leur arrivée par
assurer des succè
pas à perdre la discipline qui scule peut
oflicier
durables à la bravoure la plas dicidée. Lea principaux cherchèren
tous dévonés à l'ancien régimc,
ees blancs, presque
comme dans TOues!, à pro
du Nord,
dans plusicurs paroisses
de couleur contre l'assembléc colofter de la haine des hommes
de Passemblée coloniale, des 13 , 16, 19 , 21e
I Procès-verbaux Extrait du journal du camp des Moruets , du
a5 novembre 1791.
des 16,18, 23 et s
septembre 1791. Moniteur de Saint-Doningue, Blanchelande au ministre de 1
novembre, et 2 décembre. Lettre Lettre de du mêms à l'assemblée colaniale
marine , du 13 septembre.
dos 29 septembie et 6 novembre.
semblée coloniale, des 13 , 16, 19 , 21e
I Procès-verbaux Extrait du journal du camp des Moruets , du
a5 novembre 1791.
des 16,18, 23 et s
septembre 1791. Moniteur de Saint-Doningue, Blanchelande au ministre de 1
novembre, et 2 décembre. Lettre Lettre de du mêms à l'assemblée colaniale
marine , du 13 septembre.
dos 29 septembie et 6 novembre. --- Page 347 ---
( 33g )
Wiale, pour se coaliser avec eux, et se mettre ainsi à
lui faire la loi. Ils se prévaloient de la
portée da
térité de ces hoimes si mal
vigueur et de la dexa
appréciés Par tant de cclons
pour lcs placer dans l'artillerie ct dans lesi
blancs,
de septembre
le
dragons. Dis Ja firl
1791,
marquis de Rouyrai," qui s'étoit fais
remarquer à l'Assemb'ée constituante
par son
contre les hommes de couleur, fut pourtant le cmportement
mander à l'assemblée coloniale la formation
premier à des
hommes
d'un corps de 1200
pris Parmi eux, pour combattre les esclaves
Dans ce comité général trop peu connu,
(1).
même année,
> du 8 novembre de la
qui, suivant Page 5 fut le triomphe de l'aristocratie, quoiqu'il assure gu'ily fit proscrire les cocardes
nales (2), les principaux chefs militaires
anti-natioavec toutes les autorités
qui y furent appelés
constituées, s'opposérent à la
ion de l'arrété du 5 qui remettoit à statuer
sanc-
'état des hommes de
après la Paix suf
couleur; et c'est-là satis doute une des
premières causes de la haine que leur a vouée depuis le
les 85, on le côté Ouest de l'assemblée coloniale
parti
eur incivisme, n'avoit cessé
qui, malgré
jusqu'alors de lcs combler des
parques de son approbation. Touzard déclara même
e se battroit jamais contre les hommes de
gu'il
jui l'on avoit fait des concordats
couleur avec
(3). Cet officier tint la
1 Procès-verbaux de l'assemblée çoloniale, du
C.
30 septembre 1791,
2 Discours historique sur les effets que la révolution de
rodnits à Saint-Domingue 1 P. 23 et 24 de l'édition du France ai
3 Ibid. pag. II : Touzard à la Convention
Cap.
ibi passim, Jonrnal des Débats et de la nationale, P. 7,29 et
ns, du 13 andt 1792., P. 364. Mémoire correspondance des Jacoc.
justificatif de Cambefort,
Y a
oloniale, du
C.
30 septembre 1791,
2 Discours historique sur les effets que la révolution de
rodnits à Saint-Domingue 1 P. 23 et 24 de l'édition du France ai
3 Ibid. pag. II : Touzard à la Convention
Cap.
ibi passim, Jonrnal des Débats et de la nationale, P. 7,29 et
ns, du 13 andt 1792., P. 364. Mémoire correspondance des Jacoc.
justificatif de Cambefort,
Y a --- Page 348 ---
(340)
parole gu'il avoit donnée, et ce fut lui quifit, peu de temps
après, en sa qualité de commandant de l'est de la province s
cet inutile traité d'Ouanaminthe ou il voulut concilier les concordats de lOuest avec le décret du 24 septembre, , et les
arrêtés de l'assemblée coloniale. Presque dans le même temps,
il annonçoit à Blanchelande., dans une de SCS lettres, e qu'il
entretenoit des liaisons secrètes avec un chef des réveltés
comptoit tirer un grand parti; qu'il luiavoit laissésc:
> duquelil
le rerdre
et se-le
> camps et ses canons pour ne pas
suspect
> rendre plus utile (1).>
ses
si l'on en croit de
Tels étoient au surplus
principes,
déclarations faites peu de temps après, qu'en installant un offi
il lui demanda s'il vouloit être reçu au nom du roi ou d
cier,
la nation (2).
de Rouvraiss comporta à-pen-près de la même ma
S. XXXII.
Le marquis
oil il command
Rétablis- nière au cordon de l'Ouest et au Fort-Dasphin,
sement du
Plusieurs fois dénoncé par les habitans bland
régime mi- alternativement.
marchoient sous ses ordres,
licaire par et par les troupes de ligoe qui
faut
et il
avour
ces com- conserva tonjours la confiance de Blanchelande ;
mandans.
celle de l'assemblée coloniale > que quand cl
qu'il ne perdit
du
des hommes C
fut bien convaincue qu'il s'étoit rangé
parti
couleur
Vassemblée coloniale à TAssemblée nationale 3 du
I Lettre de
à Blanchelande, du 7 décembre 175
janvier 1792. Lettre de Touzard
coloniale, du 25 novembre 1
Voyez aussi sa lettre à l'assemblée
du premier décembi
aux hommes de conleur,
sa proclamation à l'assemblée coloniale, du 20 inars 1792.
Lettre de Faizeau
des 23 décembre et 31 mars 1792. Ré
2 Déclaration de Raynal,
historique de Gros, etc.
de Passemby
Aussi voit-on dans une lettre des commissaires
:
175
janvier 1792. Lettre de Touzard
coloniale, du 25 novembre 1
Voyez aussi sa lettre à l'assemblée
du premier décembi
aux hommes de conleur,
sa proclamation à l'assemblée coloniale, du 20 inars 1792.
Lettre de Faizeau
des 23 décembre et 31 mars 1792. Ré
2 Déclaration de Raynal,
historique de Gros, etc.
de Passemby
Aussi voit-on dans une lettre des commissaires
: --- Page 349 ---
(341 )
II en fut de méme dans la pointe occidentale de la
qui s'étend depuis
le
provinee,
Plaisance, Borgne et le Port-de-Pair jusqu'au Mole Les dissentions qui s'étoient élevécs dans
cette
presqu'ile, du temps de l'assemblée de
Saint-Marc, entre -ses
partisans et ceux du gouve:nement, y avoient toujours été fomentées depuis. Les blancs y avoient aussi été obligés de faire
des concordats avec les hommes de couleur et
la bonne intelligence des uns et des autres préserva pendant
quelque temps
coloniale à P'Assemblée nationale, qu'ils
dénonciation
les
disoient, en parlant de sa
par habitans du Fort-Dauphin : a Il seroit
3> commissaires de déterminer
difficile aux
quelle est la raison
>> bitansde la partie de l'est
pourquoi les hatémoignent cet
a et del Ronviai ont tous les
éloignement. MM. d'Assas
deux une réputation faite.
D militaires, leur bravoure est
Leurs talens
D injuste d'en tirer des
également reconnue. . . e Il seroit
conséquences
D Rouvrai 1 qui dans tous les
désavantageuses pour MM. de
temps et toutes les
9> denné les preuves les plus désintéressées
circonstances a
de son
> Colonie 3), Voyez aussi ce qu'ils disent dans l'adresse dévouement à la
à P'Assemblée
nationale , du 3 novenbre 1791,
Le 16 novembre, l'assemblée coloniale elle même
président de lui écrire pour
a
chargeoit soR
des
l'engager accepter le commandement
montagnesde l'est, qu'il venoit de refuser. (Ibid, pièce cotée AA
de l'inventuire des coumissaires de l'assemblée
coloniale, n9. 52.)
* En rendant compte d'une dénonciation faite à l'assemblée coloniale pa les hebitans de Plaisance, le Monitenr de
qui étoit évidenment dévoué au côté ouest de P'assemblée Saint-Domingue,
dit que el'oratear rend à M. Daussigné toute la justice due coloniale, à
> duite loyale, courageuse et civigues. C'est le même
sa conavoit rédige cette adresse contre - révolationnaire de Daussigné la
qui
paroisse dn
Gros-liorne, que les accnsateurs de Polverel et Sonthonax ont désavouée dans les débats. Daussigné se rangea aussi dans la suite du
coté des hoames de: conleur, et ce fut alors qu'il cessa d'avoir les
éleges da parti contraire. Voy. ci-dessus le ch. 1I, 5. XVIII,
Y $
. C'est le même
sa conavoit rédige cette adresse contre - révolationnaire de Daussigné la
qui
paroisse dn
Gros-liorne, que les accnsateurs de Polverel et Sonthonax ont désavouée dans les débats. Daussigné se rangea aussi dans la suite du
coté des hoames de: conleur, et ce fut alors qu'il cessa d'avoir les
éleges da parti contraire. Voy. ci-dessus le ch. 1I, 5. XVIII,
Y $ --- Page 350 ---
(3 342)
des furcurs des nègres (1). Mais le
presque toute cette partie
l'obstination de l'assemblée
funeste décret du 24 septembre 2 et
malles droits des hommes de couleur,
coloniale à méconnoitre
des blancs eux-mèmes, ne permirent pas
gré les sollicitations
consolider. Une grande partie
à la tranquillité publique de s'y
Les hommes
exécuter les cotcordats.
des blancs ne voulut plus
leur déseset désarmés n'écoutèrent que
de couleur opprimés
Un plus grand
Quelques-ans se réunirent aux nègres.
de
poir.
militaires du cordon
nombre se ligua avec les commandans
Sainte-Croix,
Vallerot, Daussigné ,
l'Ouest et du Port-de-Paix,
se soustraire à l'auCaza-major, etc. qui se servirent d'eux pour
dont les
Y'assemblée coloniale et des municipalités
torité de
de bornes. Ces officiers, qui ne
prétentions n'avoient point
à
Rouvrai leur serviic dévouement
cachoient guères plus que
rétablir le gouvernement
T'ancien régime, ne soccupérent qu'à
Tétendue de leurs commandemens, sans s'inquiémilitaire dans
contre les nègres (2).
ter de poursuivre la guerre
du Mole à l'assemblée coloniale.
de la municipalité
1 Lettresansdate
du Nord à ladite assemblée, des 21
Lettre des habitans de Saint-Louis mèmes aux habitans de. Jean Rabel,
mams,Get8avil 1792.Lettres des
du Mole à Passemblée colodu 14 avril. Lettre de la onunicipalité
du 23 mars. Procèsdu mars. Proclamation de la Valtière,
niale, 2)
Moniteur de Saintverbal de T'assemblée coloniale 2 du 22 novembre.
Domingne, , des 27 novembre et 21 décembre.
de Saint- Domingue , des 23, 24 ct 2) décembre du 16 17)t. mars
a'Moniteur
du Mdle à Vassemblée coloniale,
Letire de la municipalité habitans des Monstiques, du 20 avril. Let1792. Déclaration de seize de Jean Rabel aux blancs, du 12 mai,
tre des hommes de couleur Procès-verbanx de Passemblée coloriale, des
avec les pièces y jointes.
décembre. Moniteur de St- Domingne,
17 et 22 novembre, 15 et 17
1791.
des so e *7 novembre, 22 et 24 décembre
17)t. mars
a'Moniteur
du Mdle à Vassemblée coloniale,
Letire de la municipalité habitans des Monstiques, du 20 avril. Let1792. Déclaration de seize de Jean Rabel aux blancs, du 12 mai,
tre des hommes de couleur Procès-verbanx de Passemblée coloriale, des
avec les pièces y jointes.
décembre. Moniteur de St- Domingne,
17 et 22 novembre, 15 et 17
1791.
des so e *7 novembre, 22 et 24 décembre --- Page 351 ---
(343 - )
On assure même que CCS commandans
avec les négres. Plusieurs déclarations
étoient d'intelligence S.
nègres et des hommes de
faites par des blancs, des XXXIII.
couleur, devant les
Correspon4
province, l'attestent formellement
municipalités de la dance qu'on
lande, Cambefort et Touzaid.
en ce qui concerne Blanche- leur impuce
que Cambefort leur
On y dit tenir des nègres mêmes avcc Ics nd-.
gu'il ne le faisoit avoit promis de ne pas marcher contre
gres.
Cap,ils
que lorsqu'il y étoit forcé; que s'ils alloient enx;
respecteroient tous les gens du roi (1),etc.
an
Mais ces déclarations , dictées
peuvent même avoir été
par l'esprit de parti, et qui
que sur des propos dont la suggérées à leurs auteurs, ne portent
téc, ou toat au
réalité n'est pas sufisamment constataires
plus sur le résultat de quelques
qu'il seroit bien difficile
opérations miliet Touzard leur ont
d'apprécicr en France. Cambefort
opposé dans leurs mémoires
témoignages les plus honorables de
justificatifs les
mème (2). On pourrait les
l'asscmblée coloniale eilecontre balancer
appuyer Par bien des faits
ces déclarations On se bo:nera à
capables de
reproches les plus graves et les
un seul : lun des
l'assemblée
plus répétés qu'on ait faits dans
cordat
coloniale aux agens du
fait à l'Artibonite entre les gouvernement, est le contanges au nom des blancs.
hommes de couleur et Fonles efets
Za
Page, dans son discours
que révolution a produits à
historique sur
Saint-Domingut, y
1 Deposition de, la
du
Marie - Thérèse Jeanne Roque Pelletier, ,
20. janvier 1792. Déclaration de
d'Adelaide Charbonnel, du
épouse de Deber de
et
camp des Mornets , ou 5 10 décenibre 1791. Extrait du Ronceray, journal du
du & novemire, etc. Récit septembre 1701. Déclaration de Jaubet,
historique de
2 Mémoire justificatif de
Gros,ctc.
tion nationale. Voyez aussi Cambelort, lcs
1793. Touzard la Convenmoire, et le discours de Cambefort pièces justificatives de ce dernier méà rass. du Nor.l, da 10noy.
1791.
Y 4
ornets , ou 5 10 décenibre 1791. Extrait du Ronceray, journal du
du & novemire, etc. Récit septembre 1701. Déclaration de Jaubet,
historique de
2 Mémoire justificatif de
Gros,ctc.
tion nationale. Voyez aussi Cambelort, lcs
1793. Touzard la Convenmoire, et le discours de Cambefort pièces justificatives de ce dernier méà rass. du Nor.l, da 10noy.
1791.
Y 4 --- Page 352 ---
(344)
comme un acte de frahison, uniquement
représente ce traité
l'ancien
et cependant
souscrit dans la vue de rétablir
régime,
avoit
résidence au cordon de l'ouest,
Brulley qui, par sa longue
s'étoit
dans cette
été si bien à portéc de juger tout ce qui
passé
le contraire dans sa note manuscrite sur ce passage.
partic,atteste
existe des
un alinéa à supprimer 2 parce qu'il
( C'est, dit-il,
M. de Fontanges n'a pu
qui pronvent que
> pièces authentiques
n'a même pu se conduire
> faire mieux que ce qu'ila fitg qu'il
Ce
sauver cette partie de la colonie (1)>.
D différemment pour
dans l'édition faite en
passage a été cffectivement supprimé
bientôt les motifs
France du discours de Page, et l'on verra
(2)
faire
déterminèrent les blancs de PArtibonite à
impérieux qui
les hommes de couleur.
leur concordat avec
néanmoins que Rouvrai fit, au milieu de 1792, des
Il paroit
Royaliste forcené, il
les chefs des nègres.
5. XXXIV. efforts pour gagner
arborés ces hommes grossiers.
Lett. del Rou- avoit vu les signes de son parti
par
étoient
dès 1791, e qu'ils
vrai à Blan- On leur avoit entendu déclarer,
détrôné parce qu'il
chelande. > armés pour le roi 2 que les blancs avoient
semaine;
accordé aux esclaves trois jonrnées franches par
> avoit
leurs droits et pour lc roi ; que parmi
> qu'ils combattoient pour
) tenoit pour le roi
> les blancs le général seul ( Blanchelande qui
des
un
(3) >. II y eut peu de temps après
> n'étoit pas brigand
les pages
de Pédition du Cap.
1 Voyez
8fet85
2 Voyez le chapitre I de la troisième Partie.
municihabitant de Maribaroux, à la
3 Déclaration de.
2 de René Guillemeton et huit autres, à
palité du Cap. Déclaration
du
décembre 1791. Lettre de
Tassemblée provinciale du Nord,
Lettre de JcanBournissieu 2 du Cap, à Erulley, du 8 août 1792. Récit historique
François et Biesson à Cambefort, du 23 novembre 1791.
de Gros, etc,
de la troisième Partie.
municihabitant de Maribaroux, à la
3 Déclaration de.
2 de René Guillemeton et huit autres, à
palité du Cap. Déclaration
du
décembre 1791. Lettre de
Tassemblée provinciale du Nord,
Lettre de JcanBournissieu 2 du Cap, à Erulley, du 8 août 1792. Récit historique
François et Biesson à Cambefort, du 23 novembre 1791.
de Gros, etc, --- Page 353 ---
( 2 345 )
négociations entamées avcc eux par
des ofliciers qni servoient.sons
Rouvrai. I1 leur envoya un
limprudence d'un
Jui, et le curé du Trou : mais
colon, qui voulut profiter de
pour aller prendre des denrées sur des
cette occasion
arcompagner de quelques dragons habitations, en se faisant
grands risques, en excitant de
blancs 3 leur ft courir de
lui-même
nouvelles hostilités. C'est
qui nous instruit de tout ccla dans
Rouvrai
chelande, oil il ne déguise
une letire à Blanla restauration de l'ancien que bien foiblement ses projets pour
curieux sur
régime 3 et qui contient des
l'esprit dont les nègres
détails
animés. Voici comme ii termine inrurgés paroissoient alors
au reste que 1, tous les
cette lettre : ( Il est évident
D grand nombre des esclaves hommes de couleur , 2°. le plus
)) il en est d'cux comme de ne demandent que la paix ; mais
intéressés à maintenir
nous : un petit nombre de
les troubles pour le maintien scélérats,
autorité, les entretient dans la
de leur
en faisant couper de
révolte, et s'oppose à la
temps en temps
paix
vres diables qui ne
quelques têtes aux pau-
>
chez leurs maîtres. demnanderoient pas micux que de retourner
)) certain que la plus Cependant 3 mon cher général, il cst
) François et Biassou grande la
partie veut la paix, et que Jean-
> leurs conseils ct leurs veulent aussi, ainsi que vous et moi:
quelques
amis, 3 qui se sont perm's en secret
ouvertures, 2 la
) force. C'est encore chez veulent absolument et y travaillent à
> ne veulent
eux comme chez nous. Mais
point en traiter au
1°. ils
> qu'à moi ; 3°, ils croient Cap; 28, ils ne veulent se fer
> sans l'intervention du
que la paix ne sera pas bonnc
D cet égard dans l'esprit commissaire du
national civil, entrant a
D noissent par le Monireur; décret du 28 mars qu'ils cci4°. ils veulent la liberié de cinC'est celui qui reconnut les droits des
hommes de couionr, et
comme chez nous. Mais
point en traiter au
1°. ils
> qu'à moi ; 3°, ils croient Cap; 28, ils ne veulent se fer
> sans l'intervention du
que la paix ne sera pas bonnc
D cet égard dans l'esprit commissaire du
national civil, entrant a
D noissent par le Monireur; décret du 28 mars qu'ils cci4°. ils veulent la liberié de cinC'est celui qui reconnut les droits des
hommes de couionr, et --- Page 354 ---
(346 )
de leurs chefs
ils veulent la garantie des hommes
> quante
;50. de ceux du Tron. ILs VEULENT. .
n de couleur , sur-tont
CHER GÉNÉRAL. - . . Je vous
CILA, MON
s vous ENIENDEZ
viennent de leur faire
les Espagnols
a annonce au resle que
du vin fort bon, ainsi que du
passer 2CO fusils; qa'ils ont
ont de la morue et des
D pain et de la viande fraîche; qu'ils
> barengs,
demandent une suspension
> Biassou, ou plutôt ses conseils,
travailler aux moyens
d'hostilités d'une douzaine de jours, pour
lettres. Je les
Je vous envoie une de leurs
de se rassembler.
s'y: fier : il faut
bonne
il ne faut cependant pas
> crois dc
foi;
nécessaire de prévenir FonIl seroit
a sc tenir sur ses gardes.
sur ccla. Il résulteri an
> tanges du parti que vous aurez pris
les brigands,
tout ceci une
confasion parmi
s
moins de
grande
sont
eux
les gens de couleur qui
parmi
> dont j'espère que
d'un de leurs principaux camps.
a profiteront pour s'emparcr
je me jette à vos
la
mon cher général ,
> La paix,
paix >
et vois jour.
col . . - .la paix, j'y
> pieds . a à votre
gladium suum,
miles . . : accinge
> Mucte animo , formose
> domnine, et inquiesca
di
dire
soldats espagnols
> J'ai oublié de vous
que quinge
chez les brigands
des Cantabres ont déserté et passé
>> régiment
> d'Ouanaminthe (1).>
cous le nom de loida 4 avril, date
qu'on désigne paseemmunénent dans le chapitre suirant et dans le
de sa sanction. On en parlera
chapitre I de la troisième pertie.
de cette lettre enroyéca
ici les copies
* On trauscrit fidèlement
cli I'rance.
pertassemabice coloniale à ses comiissaires
à Blanchclance, du 8 juin 1792.
1 Lettre de Rouvray
régiment
> d'Ouanaminthe (1).>
cous le nom de loida 4 avril, date
qu'on désigne paseemmunénent dans le chapitre suirant et dans le
de sa sanction. On en parlera
chapitre I de la troisième pertie.
de cette lettre enroyéca
ici les copies
* On trauscrit fidèlement
cli I'rance.
pertassemabice coloniale à ses comiissaires
à Blanchclance, du 8 juin 1792.
1 Lettre de Rouvray --- Page 355 ---
(347 )
Indépendamment des indicatiens donnécs
plusieurs déclarations attestent
par cctte lettre, .. XXXV,
que les agens du
espagnol sur la frontiére étoient
gouvernement Secouts 2Cet les hommes de couleur,
d'intelligence avec les négres cordés aux
et qu'ils en
les
tion, en les invitant à combattre
dirigeoient l'insurrec- negrespari
pour la
Espagnols.
chie, en criant avec eux viva
religion et la monarprétendu que les Espagnols Dios,viva el Re (s). On a même
avoient livré aux
relugiés sur leur territoire,
nègres des blancs
téte (2). On ne connoit heureusement moyennant quelques gourdes par
qui constate un acte de perfidie
aucune pièce authentigte
méme fait mention dans les
aussi détestable; il n'en cst pas
portées sur cet
soit plaintes gue l'assemblée coloniale a
objet,
aux commissaires
vernement espagnol lui - même
civils,soit au gouqu'une multitude
(3). Mais il est trop prouvé
d'habitans de la colonic
avec les insurgés un commerce
espagnole faisoient
feurnissoient des denrdes et des interlope tes-actif, qu'ils leur
recevoient
munitions de
en échange lcs riches
guerre 3 et qu'ils
neubles des habitations, les
productions de la colonic > les
bestiaux, les
exes que les nègres
esclaves même des deux
insurges ne
e temps ou ils combattoient rougissoient pas de vendre, dans
lées de morale étoient bannies pour briser leurs chaînes 5 tant les
ièces authentiques
dans ceite affreuse guerre ! Des
utin fut
paroissent ctablir qu'une partie de cet infame
transporté à la Jamnique ou à la
cut guère se refuser à croire'
Havanne, 3 et l'on ne
que les commandans des fron1 Déclaretion de Fermiere, dn 18
res, , édition du Cap, p. 26, 28, octobre 1791. Récit listorique de
2 Récit, historique de
etc, Debats, tom. I, P. 266.
ploniale à P'Assemblee Gros, ibil. pag. 43. Adresse de l'assemblée
nationale, du 3
3 Procès-verbaux de l'assemblée
novembre 1791.
9I. Moniteur des 16 et 18 noverubre. coloniale, des 13 et 15 novembre
édition du Cap, p. 26, 28, octobre 1791. Récit listorique de
2 Récit, historique de
etc, Debats, tom. I, P. 266.
ploniale à P'Assemblee Gros, ibil. pag. 43. Adresse de l'assemblée
nationale, du 3
3 Procès-verbaux de l'assemblée
novembre 1791.
9I. Moniteur des 16 et 18 noverubre. coloniale, des 13 et 15 novembre --- Page 356 ---
(348 )
n'aient connivé à cet odieux commerce (1).
tières espagnoles
Y'assemblée coloIlexiste même dans les pièces envoyées par de lettres interen France des copies
niale à ses commissaires
telles, qui indiqueroient des
ceptées surles nègres, ou prétendues
espaofficielles entre leurs chefs et des commandams
rclations
dit médecin,
ghols :telles sont des lettres du trop fameuxJeannot, la
des
:
etc. : mais outre que plupart
de Fayette ou Jean-François,
plus écrire que ceux qu'ile
généraux nègres ne savoient pas
de leurs leitres bien
commandoient, ce qui rend P'authenticité
ainsi qu'on l'a déja indiqué,
difficile à constater, il est possible, tomber des lettres de cette esqu'ils eussent la politique de faire
de ces intel.
dans les mains des blancs, 3 comme ils parloient
de:
pèce
augmenter les craintes
ligences avec leurs prisonniers, pour régnoient si naturelle
colons. Malgré toutes les préventions qui
coloniale sur cet objet, ses procès-verbats
ment dans T'assembléc
annoncé la-dessus que des présomp
consratent qu'elle n'a jamais
des colo
et l'on trouve dans les pièces de la commission colonial
tions,
de l'assemblée
nies une lettre écrite aux commissaires
ex-déput
Lecoclien-Cantelat,
le premier décembre 1791 7 par
de la Marmelade, Bienvenu - Amonet, d
1 Déclaration du curé
an comité du Fort-Dauphin
27 septembre 174)1. Autre de Dutreuil hommes de couleur Bré et Denis
da 25 fevrier 1792. Autre des
coloniale, Laval et Pailleux
devant lcs commissaires de Passemblée
commandant a
octobre 1791. Déclaration de Boulanger,
Mar
du premierLettre des halitans de
goelette la Fanfine, du 28 juillet 17)2.
coloniale 9 du 14 jui
baroux, Ouanaminthe , etc. 7 à Passemblée Procès : verbal envoyé T
Déclaration de Basque 1 du 19 juin.
17)2.
coloniale, le 27 juin 1792. Procts-verbanx décl
Raboteau à Passemblée
etc. Voy. aussi Jes
T'assemnb. col. 1 des 25 avril et 9 juillet,
des 21 décemb
rations contraires énoncées dans les procis-verbaux de Saiot-Domsingue,
et dans lc Monitenr
1795, et19 janvierazya;
à Passemblée Procès : verbal envoyé T
Déclaration de Basque 1 du 19 juin.
17)2.
coloniale, le 27 juin 1792. Procts-verbanx décl
Raboteau à Passemblée
etc. Voy. aussi Jes
T'assemnb. col. 1 des 25 avril et 9 juillet,
des 21 décemb
rations contraires énoncées dans les procis-verbaux de Saiot-Domsingue,
et dans lc Monitenr
1795, et19 janvierazya; --- Page 357 ---
( 349 )
à l'Assemblée constituante, qui, pour laver le gouvernement
espagnol de cette imputation, 3 rappelle la loyauté dont cette
nation a donné de si grandes preuves dans tant d'occasions.
3r décembre 1791 7 et du 20 janvier suivant, Lettre de Roume à
Blanchelande, du 8 juin 1792. --- Page 358 ---
(350 )
CHAPITRE V.
PAssemblée coloniale, et des
DES factions dans
commissaires civils.
troubles du Cap sous lespremiers
les com-
$ I.
les autorités constituées de la colonie,
Eratdespar- DE toutes avoient été les seuls qui eussent paru s'occuper
tis dans l'as- missaires civils
terme aux maux déplorables qui la
semblée co sincérement de mettre un
bientôt absolument paraloniale.
déchiroient ; mais leurs efforts furent
coloniale.
les querelles que leur suscita TAsscmblée
lysés par
semblé d'abord apporter une heureuse altéLeur arrivée avoit
qui la divisoient.
ration dans l'état des deux partis principaux l'autre avoient
milieu des signes d'éloignemeat que Tun et
Au
montré pour la mère - patric durant tous
presque également mois des séances de l'assemblée, un obles deux premiers
une différence imporservateur attentif avoit pu remarquer
ultédonne une théorie assez générale de sa conduite
tante qui
éprouva. Le côté Est auquel
rieure et des vicissitudes qu'elle l'assemblée du Nord, et qui,par
s'étoient ralliés les partisans de
à favoriser les agens du
crainte des révolutions, étoit disposé
sa
considéré la scission avec la France
n'avoit guères
obtcgoavernement,
qu'il falloit mettre en avant pour
que comme un épouventail du 15 mai, ou,toutau plus,comme une
nir la révocation du décret
à regret si ce décret étoit
dernière ressource qu'on tenteroit
formé des
maintenu. Le côté Ouest, au contraire, principalement nombreux du parti
de l'Ouest et du Snd, et des débris
députés
avoit toujours vu dans V'indépende T'assemblée de Saint-Marc, objet de son ambition. L'insurdance de la colonie te véritable
ouventail du 15 mai, ou,toutau plus,comme une
nir la révocation du décret
à regret si ce décret étoit
dernière ressource qu'on tenteroit
formé des
maintenu. Le côté Ouest, au contraire, principalement nombreux du parti
de l'Ouest et du Snd, et des débris
députés
avoit toujours vu dans V'indépende T'assemblée de Saint-Marc, objet de son ambition. L'insurdance de la colonie te véritable --- Page 359 ---
(351 )
rection des nègres ne lui paroissoit
si
de choses qui la laisseroit dans la pas dangereusc gu'un ordre
nationale, et bientôt même il sut se subordination de P'Assemblée
nement pour marcher à son but. Mais prévaloir de Ce terrible évéprit de faction que celui des
ce parti avoit plutôt l'eslcs plus inquiètes il
révolutions. Avec les
pour conduire
manquoit de l'audace et du
dispositions
une entreprise à sà fin. L'inutilité génie nécessaires
laites à la
des
la Croix Jamaique, 3 les succès impréves
démarches
des Bouquets eurert
que les confédérés de
nonce imposante des forces quelque temps dans l'Ouest, l'an-,
France l'obligérent d'ajourner considérables qu'on attendoit de
II y a d'silleurs, dans
l'exécution de ses plans ambitieux.
pudeur qui ne permet Presque tous les hommes, une certaine
prononcer
pas aux facticux les plus déterminés de
immédiatement d'une manière
se
dont ils viennent de recevoir des
directe contre ceux
treux du 24 septembra étoit
bienfaits j etle décret désasles deux partis qui divisoient considéré sous Cc point de vue par
pouvoir extraordinaire
l'Assemblée coloniale.
et nouveau
Enfin un
quelque respect jusqu'à ce qu'on y soit inspire presque toujours
partis de l'Assemblée
familiarisé, et les
:her les commissaires coloniale se Aattoient peut-être de deux
lificultés
civils. A
s'attasur la préséance
l'exception donc de
'esprit
qui n'eurent point de
quelques
conciliant des commissaires
suite, et que
reler (1), ils furent accueillis
civils empécha de se
tiale comme ils devoient
en arrivant par l'assemblée renou- cololoute eut la foiblesse bien l'être. Blanchelande seul, guisans
oir,
impolitique d'être
allégua une indisposition
jaloux de leur pouPour ne pas assister à leur instalI Moniteur de Saint -
791. Procès. - verbaux de Domingue, l'assemblée des 28 novembre et 4 décembre
ramier décemibre.
coloniale 2 des a3
novembre es
s empécha de se
tiale comme ils devoient
en arrivant par l'assemblée renou- cololoute eut la foiblesse bien l'être. Blanchelande seul, guisans
oir,
impolitique d'être
allégua une indisposition
jaloux de leur pouPour ne pas assister à leur instalI Moniteur de Saint -
791. Procès. - verbaux de Domingue, l'assemblée des 28 novembre et 4 décembre
ramier décemibre.
coloniale 2 des a3
novembre es --- Page 360 ---
( (352)
dans cc temps-la
lation (1). Mais une discussion quis'dleya
cicoloniale dur prouver aux commissaires
même à l'Assemblée
et qu'ils saisiroientla
vils que les partis n'y étoient pas dissipés, éclat la commission
première occasion de se prenoncer avec
,si
de leur
zAtour d'elle un pouvoir capable
civile ne rassembloit pas
avoit été l'objet
La qualification de l'assemblée, qui
en imposer.
débats à Léogane, fut encore le prétexte qu'on
de ses premiers
les forces des deux partis. On se rapmit en avant pour essayer
Assemblée générale de la partie
pelle qu'elle s'étoit constituée
de
à ia majorité soixante-sept
frangaise de Suint-Domingse,
du jour de l'arrivée des
voix contie quarante-six. La surveille rangé du parti du gouvercommissaires civils, Denard quic'étoit
Yavoitdela minorité
nement, proposa de substitner, puisque
d'Assemblée coloniale à celle d'dssemblée
siré, l'expression
dit-il, aux décreus de la
générale, comme plus conforme, L'Assemblée générale déNation, et plus consticttionnelle- lieu à délibérer quant à
cida,al vérité , qu'il n'y avoit pas
Poncignor
présent (3); mais la motion ayant été reproduite par après de noudéputés du Nord,elle fut enfin adoptée
et d'autres
veaux ajournemens (3).
civils -qui asC'est évidemment l'infuence des commissaires dans cette ques
$. Il.
au parti du gouvernemert (4)
Nouvelle dis- sura l'avantage
cussion sur la
des 25 novembre el
dénominade l'assemblée coloniale >
tion de l'as- 1 Procès-verbaux Moniteur de Saint Domingue,.des 29 novembre
semblée.
3 décembre 1791.
4,5 et 9 décembre. lassemblée
du 24 novembre au matin
2 Procès-verbal de
des générale, 25 et 28 novembre.
Moniteur de Saint-Domingue,
1791. Moniteu
des 1, 4, 6, 7 2 9 et 10 décembre
3 Procès-verbaux 5 des 6, 9, 10 2 12, 13, 14,15 et 17 décembre
de Saint-Domingue
des 10 et 15 décembre 1791. tio
4 'Moniteur de Saint. Domingue,
24 novembre au matin
2 Procès-verbal de
des générale, 25 et 28 novembre.
Moniteur de Saint-Domingue,
1791. Moniteu
des 1, 4, 6, 7 2 9 et 10 décembre
3 Procès-verbaux 5 des 6, 9, 10 2 12, 13, 14,15 et 17 décembre
de Saint-Domingue
des 10 et 15 décembre 1791. tio
4 'Moniteur de Saint. Domingue, --- Page 361 ---
( 353 )
tion beaucoup moins importante en elle-même
qu'on y attachoit dans l'assemblée. Les
que par les idées
dénomination
Partisans de la nouvelle
se fonderent principalement sur les décrets
semblée constituante qui n'employoient
de l'aspour les assemblées de toutes les
pas d'autre qualification
colonies, et sur la nécessité de
cenkeemaisenuifesu dc la métropole. Roume
eu le courage d'indiquer la convenance de
avoit
ion disconrs de récep.ion
ce changement dans
ffen-ant
al'assemblée, et l'art de le rendre P- u
(ui
pourl'amour propre, en observant quc les
avoient motive la première dénomination
circonstances
lus les mêmes. K Sila nécessité du salut
pouvoient n'être
d'aueres circonstances
public , y disoit t- il. ou
des arrétés dont
cx raordinaires vous ont fait prendre
vous vous seriez abstenus si
été plus calmes dans Vos delibérations,
vous eussiez
vous- mêmes dès
vous lesannuilcrez de
vision
qu'il vous scra possible d'en faire la ré-
(1). >
Lc côté Oacst mit tout. en
hec; et, malgré les égards usage pour prévenir ce premier
gu'il étoit obligé de feindre
mére-patrie dans un tems ou l'Assemblée constituznte pour
lui accorder le principal
de
venoit
rcer plus d'une fois dans objet
ses demandes, il laissa
ndance
cetie discussion ses Vues. d'indéet son cloignement pour les principes de la liberté
nçaise. & Prendre le titre d'Arsemblée Coloniale, dit
Millet, ce seroit convenir
Th.
con
que vous étes une
et
pas une partic de l'Empire français. Vous êtes, colonie,
une portien de cet Empire à laquelle le climat, les messieurs,
ions, T'occupation des individus
producqui T'habitent, nécessitent
Discours prononcé par Roume le 3 décembre
al, du 4 déceibre. Voy. aussi ccux
1791. Moniteur codes IO et 15 décembre.
Repp. de G. Coulon. Tome II,
Z
illet, ce seroit convenir
Th.
con
que vous étes une
et
pas une partic de l'Empire français. Vous êtes, colonie,
une portien de cet Empire à laquelle le climat, les messieurs,
ions, T'occupation des individus
producqui T'habitent, nécessitent
Discours prononcé par Roume le 3 décembre
al, du 4 déceibre. Voy. aussi ccux
1791. Moniteur codes IO et 15 décembre.
Repp. de G. Coulon. Tome II,
Z --- Page 362 ---
(354) )
comme les étars meridionauz
une constitution particulière 3
Thomas
: mais vous n'ètes point une colonien.
D de PAmérique
c'étoit
l'infuence du commerce
Millet prétendit ensuite que
par
comme les précédentes, ( réque la loi du 24 septembre,
à Phumbi
P'Assemblée générale de Saint-Domingue
>) duisoit
dans la discussion des lois qu
> atitude de pétitionnaire,
intimes et les plus pré
ses
les plus
A établissoient
rapports
sous la dénomination d
5 cieur avec la mère - patrie > ; que
considére
Colonie, les habitans de Saint-Domingue K seroient
les fermiers d'une corporation qui se regardero
comme
de leurs biens >
comme véritable propriétaire
Alain, en soutenant la inême opinion 3 d
Un autre député,
voi
constituant Assemblée Coloniale 2
encore : & En vous
Colonie, c'estSaint-Domingue est une
> reconnoissez que
une natic
nationale conquise et peuplée par
dire propriété
comséquent est dans sa dépendan
> étrangère, et qui par
le
que po
. N'êtes - vous nommés par peuple
> absolue..
chers intérêts, et le meti
garder le silence sur ses plus
réclamer ses droits.
s) dans le cas de ne pouvoir plus
de la force; mais 1
à votre situation, à l'empire
> Cédex
faculté de revendiquer vos droits, quand
> servez-vous la
seront convaincus que le
> hommes qui vous sont contraires
>
Et com
intérêts sont attachés à leur exercice (2).
D propres
aux vues des ambitieux 1
les motifs même les plus opposés
à leur but; comm
bons, s'ils peuvent les mener
paroissent
des 1 et 6 décembre 1
de l'assemblée générale,
1 Procèsverbaux
2 des 6 et 10 décembre.
Moniteur de Saint-Domingue
decembre 1791. Voyez a
de Saint-Domingue, du 10
2 discours Moniteur du même dans celui du 11 décembre.
le
à leur exercice (2).
D propres
aux vues des ambitieux 1
les motifs même les plus opposés
à leur but; comm
bons, s'ils peuvent les mener
paroissent
des 1 et 6 décembre 1
de l'assemblée générale,
1 Procèsverbaux
2 des 6 et 10 décembre.
Moniteur de Saint-Domingue
decembre 1791. Voyez a
de Saint-Domingue, du 10
2 discours Moniteur du même dans celui du 11 décembre.
le --- Page 363 ---
(3 355 )
dans les révolutions, ils sentent la nécessité d'offrir
par égard pour la morale publique, des
au peuple,
tisme, lors même qu'ils Sont
considérations de patrioparti, plusieurs députés
uniquement poussés par l'esprit de
prétendu attachement
invoquèrent, avec Th. Millet, leur
à la mère- patrie pour défendre la
mination d'Assemblée générale.
dénoChaudruc soutint qu'en qualifiant leur Assemblée de
niale, l'Assemblée Constituante avoit
Colofrançaise de Saint-Domingue
tacitement placé la partie
parmi les domaines de la Couronne; que les Ministres pourroient en disposer
qu'on l'avoit fait en 1763 pour la
désormais, ainsi
dit-il, ouvert plus d'une fois la Louisiane, et qu'on en avoit,
la partie française de Saint
négociation avec l'Espagne pour
partie de son discours, Domingue ; mais, dans la dernière
qui fut très - vivement
laissa percer enfin le vrai motif de la
applaudie, il
dans cette dénomination.
persistance de son parti
4 Avons-nous oublié, dit-il,
guerre d'dmirique n'est venue
des
que la
que
droits
pole vouloit exercer sur les
qu'une métroAexions sont
Colonies 2 Si mes courtes réa
vrir du bonnet justes, nous avons donc eu raison de nous couqui exhalte toutes les tétes, 3
nous toute dinomination
d'éloigner de
calle
bass:, et de nous
que nous avons prise à Léogane, le 5 envelopper aodt
de
ASSIMBLÉE GÉNÉRALE DE LA PARTIE
dernier,
SAsr-Downsour,
FRANÇAISE DE
jusqu'd ce qu'une
que la nôtre nous force à la
force plus majeure
changer (1):x
Ces téméraires prétentions étoient d'autant
u'elles étoient désavouées
la
plus coupables $ III,
par grande majurité des Colons Arrêté posr
le nom d'asT Moniteur de
sembiée co106 et 113. Saint-Domingue 2 des 30 et 12 décembre 1791, voqué loniale, par! pro- les
commissaires
Z 2
civils,
nôtre nous force à la
force plus majeure
changer (1):x
Ces téméraires prétentions étoient d'autant
u'elles étoient désavouées
la
plus coupables $ III,
par grande majurité des Colons Arrêté posr
le nom d'asT Moniteur de
sembiée co106 et 113. Saint-Domingue 2 des 30 et 12 décembre 1791, voqué loniale, par! pro- les
commissaires
Z 2
civils, --- Page 364 ---
(356 )
dont la Colonie étoit
blancs. Sur les cinquante-deux paroisses
avoient nommé des députés à PAssemcomposée, quarante-une
blée Coloniale(s).Mais les factions qui avoient désolé jusqu'alors
les assemblées de ce pays, avoient écarié de celle qui s'étoit
formée à Léogane beaucosp de gens de bien et les déclamations du côté Ouest étoient près d'avoir leur succès ordinaire.
civils adressèrent à l'Assemb blée coQuand les commissaires
loniale une lettre qui ne se trouve point dans leurs papiers 3
mais qui, d'après le résultat, paroît avoir eu pour objet de l'enà changer sa dénomination (2); le viceprésident annonça
gager suivant l'intention des commissaires civils, la lettre devoit
que,,
comité
Cette annonce exciia des murmure:
être lue en
général.
dans la galerie > qui étoit l'un des instrumens les plus puissan:
du côté Ouest. Denard voulut se prévaloir de cette circonstance
diminuer l'influence de l'opinion des commissaires civils
pour
étant une
des
de 1
Il observa que ( la galerie
portion
citoyens
Colonie, l'assemblée ne devoit avoir rien de caché pour Z.
>>
,
devoit faire donner lecture de cette lettre
> public, et qu'elle
> sans se former en comité général >. Un autre membre pro
consulter les commissaires civils pour savoir si leu
posa < de
1 Discours de Paillieux dans le Moniteur de Saint-Domingue 2 du
10 décembre 1791.
* Aussi cette seconde assemblée coloniale ne fut-elle jamais com
plète, quoique les paroisses eussent nommé des suppléans à diverse
reprises. Dumas fut admis dès la fin de décembre 1791, commi
dixième suppléant du Port-au-Prince. Voyez le Moniteur de Saint
Domingue, du 25 décembre 7 etc.
2 Voyez la lettre des commissaires civils au ministre de la marine
du 23 décembre 1791.
10 décembre 1791.
* Aussi cette seconde assemblée coloniale ne fut-elle jamais com
plète, quoique les paroisses eussent nommé des suppléans à diverse
reprises. Dumas fut admis dès la fin de décembre 1791, commi
dixième suppléant du Port-au-Prince. Voyez le Moniteur de Saint
Domingue, du 25 décembre 7 etc.
2 Voyez la lettre des commissaires civils au ministre de la marine
du 23 décembre 1791. --- Page 365 ---
(357 )
lettre pouvoit se lire
VHes >. L'assemblée publiquement sans contrarier leurs
motion.
eut la foiblesse d'adopter cette dernière
Les commissaires civils répondirent
wvoienthadeessé cette lettre à l'assemblée
que lorsqu'ils
'avoient fait avec intention;
en comité général, ils
rouvoit convenable de la
que cependant 3 si l'assemblée
woir pris licture en comité, communiquer elle
au public, après en
pouvoit le faire (1).
La lettre fut donc lue en comité général.
ncnt ce qui s'y passa; mais l'arrêté
Onignore absoluoncessions à tous les
suivant, qui faiseit des
partis, 3 fut adopté presque
l'ouverture de la séance
unanimement
considérant
publique : ( l'assemblée
que les décrets nationaux qui lui ont été générale,
ment manifestés, notamment le décret du 24
officielleaccepté le 28ldu même mois, ainsi
les septembre 1791,
roi, se servent
que proclamations du
coloniale
particulièrement des expressions assemblée
> lorsqu'il est question de désigner l'assemblée des
représentans de cette portion de l'Empire
dérant combien elle desire de
français; consiet son
témoigner à la nation
amour et sa fidélité; déclare
française
minarion d'assemblie
que, quoique la dénosion de la
générale n'aitjamais été que l'expresfililicé Et du patriotisme le
ne puisse être susceptible
plus pur, ct qu'elle
d'aucune
aux intérêts de TEmpire
interprétation contraire
nation d'assemblée
frangais; que, > quoique la dénomigénérale n'ait jamais été
l'Assemblée Nationale
improuvée par
la lettre méme desdits Constitwante, elle veut se modeler sur
décrets; 3 en
sur son arrêté du 5 août dernier, conséquence, que revenant
approuvé, elle change sa
1 Monitenr de Saint-Domingue, du 17 décembre
rocès-verbaux de Passcinblée
1791 au matin,
générale 2 du 10,
Z 3
> quoique la dénomigénérale n'ait jamais été
l'Assemblée Nationale
improuvée par
la lettre méme desdits Constitwante, elle veut se modeler sur
décrets; 3 en
sur son arrêté du 5 août dernier, conséquence, que revenant
approuvé, elle change sa
1 Monitenr de Saint-Domingue, du 17 décembre
rocès-verbaux de Passcinblée
1791 au matin,
générale 2 du 10,
Z 3 --- Page 366 ---
(3 358 )
d'assemblée colod'assemblée générale en celle
y dnomination
de Saint - Domingue : n'enten-
>> niale de la partie frangaise
> porter aucune
par T'effet de ce changement,
s dant néanmoins,
et aux droits politiques de
attcinte à ses travaux précédens,
notamment dans
de Saint-Domingue,
y la pariie française
et de ligislation qui ne lui sont
s tous les points de constirution
la
se réservant spécialement,
avec métropole;
pas communs
ladite assemblée, que des mots colo-
> en tant que de besoin,
jamais inférer aucune erreur
> niale ou colonie on ne puisse
ni que qui que ce soit
de cette contrée,
soit
>> sur Yétablissement
cette partic de l'Empire en
> puisse jamais prétendre que
; ladite assemaliénable en manière quelconque
> une propriété
d'après la constitution française
)) blée statuant de plus fort,
Constituante, et acceptée
P'Assemblée Nationale
> décrétée par
1791, que la partie frangaise
> par le roi le 14 septembre
irrévocablement partie
Saint-.
est et demeure
> de
Domingue
sous les modifications consde PEmpire frangais,
> intégrante
locales et particutitutiornelles nécessaires aux convenances
rendu par
au décret constitutionnel
* lières , et contenues Constituante le 24 septembre 1791 ,
3 P'Assemblée Nationale 28 du même mois; arrête que 3 dans le
accepté par le roi le
la dénomiPAssemblée Nationale auroit approuvé
* cas oi
cette dinomination sera reprise
> nation d'assemblée génbrale, des représenians de la partic
Y'assemblée
> definitivement par
(1). >
> française de Saint-Domingue
durée.
du
fut de courte
6.1V.
Ce triomphe du parti gouvernement après, par l'arrivéc de
Arrivée de Le côté Ouest fut renforcé, peu de jours
obtenir la révocaplusieurs des ceux des 85 qui étoient restés en France pour
85,
1 Ibid.
dinomination sera reprise
> nation d'assemblée génbrale, des représenians de la partic
Y'assemblée
> definitivement par
(1). >
> française de Saint-Domingue
durée.
du
fut de courte
6.1V.
Ce triomphe du parti gouvernement après, par l'arrivéc de
Arrivée de Le côté Ouest fut renforcé, peu de jours
obtenir la révocaplusieurs des ceux des 85 qui étoient restés en France pour
85,
1 Ibid. --- Page 367 ---
( 1 359 )
tion du décret du 15 mai. Ils
de décembre
débarquerent au Cap vers le
1791, avec des membres du comité
milicu
s'étoient enfuis avec cux sur le
de l'Ouest, qui
furent accueillis dans l'assemblée Liopard, Les uns et les autres
de la' cause de la liberté
coloniale comme des confesseurs
le
de
(1). Les 85 offrirent à
compte leurs travaux. Ils s'y vantèrent
l'assemblée
avoient fait pour empécher l'envoi
de tout ce qu'ils
avant qu'on eit
officiel de la loi du 15
reçu en France des
mai,
> auroit produit cette loi
nouvelles de l'effet
révocation.
>, et de leurs efforts
qu'y
Dans plusieurs
pour en obtenir la
s2 conclusion, ils
Passages de leur discours, comme dans
C'étoit,
paroissoient inviter les colons blancs à Punion.
disoient-ils, le seul moyen de braver
dangers communs du dedans et du dehors.
avec succès les
rendu Portoit l'empreinte
Mais tout leur
d'un grand
compte
semblée du Nord et
ressentiment contre l'astimens, soit dans la quiconque n'avoit pas partagé leurs sensoient
colonie, soit dans la
Ils
par prier l'assemblée coloniale de métropole.
finisles juger, en déclarant
qu'iln'appartenoit qu'a elle de
leur avoient été faites
prononcer sur les inculpations qui
(2).
Ce compie excita les plus vifs
tion de Gault, qui étoit lan des applaudissemens,e 85
et, sur la mola colonie, > Tassemblée,
précédemment retournés dans
en ordonnant le
ces députés dans les siennes,
dépot des archives de
déclara à l'enanimité , K qu'elle ne
1. Moniteur de
Procès-verhaux de Saint-Domingue, l'assemblée
des 18, 19 et 20 décembre 1791.
de Roume au ministre de la coloniale, des 12et 13 décembre, Leitre
2 Compte rendu des
marine 9 du 2 avril 1792.
de la partie
opérations de la première assemblée
frangaise de Saint
générale
décembre 1791, P.
Domingue, 3 dans la séance du 14
Domingue, des 36,37, 40 3 48 et suivantes. Moniteur
20 et 21 déecmbre.
de Sains
2 4
.
de Roume au ministre de la coloniale, des 12et 13 décembre, Leitre
2 Compte rendu des
marine 9 du 2 avril 1792.
de la partie
opérations de la première assemblée
frangaise de Saint
générale
décembre 1791, P.
Domingue, 3 dans la séance du 14
Domingue, des 36,37, 40 3 48 et suivantes. Moniteur
20 et 21 déecmbre.
de Sains
2 4 --- Page 368 ---
(360 )
> voyoit en eux que de bons et ginéreux citoyens qui s'étoient
) sacrifiés pour leur pays, et quiavoient des droits éternels à la
> reconnoissance de la colonie 5 clle arrêta en conséquence q"e
> leurs noms seroient inscrits au rang de ceux qui avoient bien
> mérité de la partie française de Saint-Dominguz, ainsi
que
> ceux des membres du comité de l'Oucst ct du commandant du
> vaisseau le Ldepard(s) >. Cecommandunt,les. deux présidens
du comité de l'Ouest, Vincendon du' Touret Croisier, et plusieurs
des 85 remplissent aujourd'hui des fonctions publiques plus ou
moins importantes sous S le gouvernement anglais, auquel ils ont
livré une partie de la colonic (2).
S.v.
Cen'étoit pas . assez qu'une partie des 85 eussent été renommés
Onveutles à la seconde assemblée
faire admetcoloniale, 3 leur parti anioit voulu lesy
tre dansl'ass. placer tous. Brulley,Pun d'entre eux, aveit soutenu, lors de la
coloniate, formation de celte assemblée à Léogane, que l'assemblée de SaintMarc n'ayant pu étre valublement dissoute par l'Assemblée nationale, devoit toujours être censée subsistante : pour ne pas
blesser néanmoins les membres nouvellement élus, il avoit proposé de réunir les uns et les autres dans une assen:blée commune (3). Cette étrange proposition choquoit heurcusement trop
d'intérêts pour être accueillie : mais quelques - uns des 85 qui
n'avoient point éié rééius, furent admis dans la seconde assemblée
coloniale avec voix consultative, et ce ne furent pas les partisans les moins emportés des projets d'indépendance que l'assemI Proces-verbaux de l'assemblée 3 du 13 décembre 1791. Moniteur
de Saint-Dominane, du 19 décembre.
2 Voyez l'almanach de Saint-Domingne pour l'année 1794, P. 65,
82, etc.
3 Lettre de Brulley à l'assemblée coloniale, du 11 août 1791.
coloniale avec voix consultative, et ce ne furent pas les partisans les moins emportés des projets d'indépendance que l'assemI Proces-verbaux de l'assemblée 3 du 13 décembre 1791. Moniteur
de Saint-Dominane, du 19 décembre.
2 Voyez l'almanach de Saint-Domingne pour l'année 1794, P. 65,
82, etc.
3 Lettre de Brulley à l'assemblée coloniale, du 11 août 1791. --- Page 369 ---
(361 )
blée de Saint- Marc avoit la première mis en avant. L'an des
satcurs de Polve el et Sonthonar, dont on a cu déja
accuoccasion de parler, Thomas Millet, fut de
plusieurs fois
voulut
ce nombre(a). On
procurerle même avantage à son ami de Pons, qui avoit
usqu'alors partagé les mêmes principes (comme on cn
parc divers écrits qu'il a publiés) sous prétexte
les peut juger
hargé de faciliter à l'assemblée ia recherche des que 85Favoient
le Siint
archives de celle
Marc, et de donner igs éclaircissemens qui
tre relatifs à leurs opérations (2). Il demanda
pourroient
près, à être admis dans l'assemblée;
> quelques jours
sa pétition fut rejetée
bus les efforts de plusieurs membres du côté
malgré
creta mène à cette occasion
Ouest; l'assemblée
(3, qu'eile n'admettroit désormais
ans son sein avec voix consultative
lcs
aroisses.
que
députés actuels des
Les 85 et le parti qui leur étoit attaché
pir que ces petites
ne tardèrent pas à $. VI,
manceuvresne suffisoient pas pourleur assurer Ell affecte
he prépondérance durable : comme tous les factieux, ils susci- un grand atrent des mouvemens populaires et ne
de
tachement a
nouvelles
craignirent pas jeter
semences de division parmi les blancs (4). Le côté larévolution,
acst, quiavec la majorité de l'assemblée col., cteit deux meis
Paravant en contre-révolution ouverte, allecta les principes les
Proràs-verbaux de l'assemiblée coloniale, des 5 et'
bniteurde Saint-Douningue, des 9 et 1janvier. Voy. 9 aussi janv. la lettrc 1792.
Mangin d'Ouence à Lefrancq, du 15 avril 1792
Compte rendu susdit, P- 47. Moniteur de Saint
embre 1791.
Domingue,du 20
Procès-verbaux de l'assembléc coloniale, dés 6, 8
2. Moniteur de Saint-Domingue,
et 9 janvier
des.9,10et 13 janvier.
Lettre de Roume au ministre de la marine, , du 2
Pport du méme, et compterendu par Mirbek, etc. auil,792,
rancq, du 15 avril 1792
Compte rendu susdit, P- 47. Moniteur de Saint
embre 1791.
Domingue,du 20
Procès-verbaux de l'assembléc coloniale, dés 6, 8
2. Moniteur de Saint-Domingue,
et 9 janvier
des.9,10et 13 janvier.
Lettre de Roume au ministre de la marine, , du 2
Pport du méme, et compterendu par Mirbek, etc. auil,792, --- Page 370 ---
( I 362 )
plus révolutionnaires pour ranger de son côté la partic du peupl
Ja plus nombreuse et les troupes. Il se prévalut des marque
fréquentes d'incivisme données par divers agens du gouverne
s'emparer de tous les pouvoirs sur les ruines d
ment, pour
gouvernement lui-même. Il tint la même conduite avec les com
missaires civils, qu'il affectoit de confondre avec les fonction
naires de l'ancien régime 2 quoique rien de ce qu'ils avoient fa
jusqu'alors n'edt pu fournir le moindre prétexte à cette imputa
tion. Si l'amour de la liberté cût réellement inspiré ce parti C
Fopposition 5 si au lieu de rejeter les institutions humaines
justes qui avoicnt honoré presque toute la session de l'Assemble
constituante, il edt usé de son infuence pour appliquer à la ci
lonie, comme les décrets l'y autorisoient > les lois que cet
Assemblée avoit rendues pour protéger la liberté publique et ir
dividuelle ; si cédant aux voeux de la mère-patrie et du plus grai
nombre des citoyens de la colonie (1), il eit enfin reconnu ai
hommes de couleur les droits qu'ils tenoient aussi de la natur
si croyant ne pouvoir pas encore admettre les esclaves à y par
ciper, il eit du moins apporté a la servitude toutes les modific
tions quilui auroient paru conciliables avec les circonstances
il auroit pu sans doute
en préparant P'abolition progressive,
prévaloir contre les agens du gouvermement des principes d'u
révolution si manifestement sanctionnée par le voeu de la nati
entière, et quand ceux-ci s'en seroient écartés, la métropole
PAssemblée nationale elle-mème auroient applaudi aux mesui
les plus irrégulières que l'amour de Ia liberté leur auroit fait PI
à l'assemblée coloniale pour enlever à des dépositaires 1
poser
fidèles le pouvoir dont ceux-ciauroient abusé.
l'observation du président de Passemblée coloniale, d
le 1 Moniteur Voyex de Saint-Domingue, du 6 mai 1792, P. 700, colonne 2
écartés, la métropole
PAssemblée nationale elle-mème auroient applaudi aux mesui
les plus irrégulières que l'amour de Ia liberté leur auroit fait PI
à l'assemblée coloniale pour enlever à des dépositaires 1
poser
fidèles le pouvoir dont ceux-ciauroient abusé.
l'observation du président de Passemblée coloniale, d
le 1 Moniteur Voyex de Saint-Domingue, du 6 mai 1792, P. 700, colonne 2 --- Page 371 ---
(363 )
Des sentimens si généreux n'étoient
lesclaves:
pis faits pour ces maitres
uniquement dominés par l'ambition et
5. VII.
varloient de liberté
l'orgueil, ils ne
que pour en arrêter tous les
Dassas, comutour d'eux et pour souffler le feu des factions développ: mens mandant de
ncendies qui dévoroient la colonie
au milicu des la garde nat.
el l'insurrection des
Dès le commencement du Cap.
ionale
nègres 3 l'assemblée avoit mis la
3 comme les troupes de ligne,
garde naeutenant au
sous le commandement du
gouvernement général, Blanchelande.
onséquence naturelle des fonctions
C'étoit une
lus encore de l'état de
qui lui étoient attribuées.et
avoit assurément
gucrre civile ou se trouvoit la colonie. Il
oloniale,
pas abusé de ce pouvoir contre
3 puisqu'il n'avoit
l'assemblée
attache, et souvent
presque rien fait sans en prendre
fais
même aussi celle de l'assemblée
les
provinciale.
pcratie anti-gosvermementires se prévalurent bientôt
de la plupart des commandans
de T'arisresque tous nommés sur leur
que Bianchelande avoit
recommandation (1), ct du peu
* Voici ce que dit Roume
arine, , du 2 avril
dans une de ses lettres au ministre dela
que le projet du 1792 : c Nous ne pouvons plus douter à
parti des factieux de l'assemblée coloniale présent
prémidité de Jongue main s et poursuivi
n'ait été
tout l'arrivée dans L'ile de certains de
constamment depuis surassemblée de
ceux des membres de l'ancienne
à T'assemblée Saint-Marc 9 qui ont été réélus par leurs
actuelle. Ils ne pardonnent
concitoyens
rendu. le décret du 12 octobre
point à la France d'avoir
pourvu que la nation en souffre 1790 ; ils veulent s'en venger, et
colonie. Tous les
9 il leur est égal de perdre la
assemblée de
citoyens qui avoient pris parti contre l'ancienne
sont
Saint-Marc, et qui ne se sont point rétractés
compris dans une même
depuis,
hommes de couleur et négres libres. proscription avec toute la caste des
D
I Lettre de Blanchelande à P'assemblée
792.
coloniale, du 11 avril
nation en souffre 1790 ; ils veulent s'en venger, et
colonie. Tous les
9 il leur est égal de perdre la
assemblée de
citoyens qui avoient pris parti contre l'ancienne
sont
Saint-Marc, et qui ne se sont point rétractés
compris dans une même
depuis,
hommes de couleur et négres libres. proscription avec toute la caste des
D
I Lettre de Blanchelande à P'assemblée
792.
coloniale, du 11 avril --- Page 372 ---
(364)
de succès de la guerre contre les nègres, pour s'assurer la di
rection de la force publique dans toute la colonie, et particulière
ment dans la ville da Cap. Le 19 novembre 1791, tandis que les
l'arrivée de la station vemant de la
mouvemens occasionnés par
ft la motion d'inviter la
Martinique se développoient (1),Page
K afin d'acomnune du Cap à se nommer un capitaine général,
des
centre de réunion pour le serviee des citoyens et
>> voir un
demande surle dénuement
>. Il motiva cette
> corps patrioliqnes avoit établis pour la garde du Cap.
des postes avancés qu'on
de
Ilfut alors constaté que ce dénuement résultoit uniquement
refusoient le service pour lequel ils
la tiédeur des citoyens qui
motion fut ajournéeymais la nomination
étoient commandés(a).La
n'eneut pas moins lieu peu dejours après durant une fermentation
de la ville du Cap, sur laquelle nous n'avone presque
violenie
(2). On choisit un homme d'un nom
pas de renseignemens
dit-on, jaloux jusqu'alors de soucélèbre, dont il avoit paru,
seul parmi les
terir 11 gloire 3 c'étoit Dassas, qui, presque
du
témoigné de T'attachement
officiers du régiment Cip,avoit
Roude la révolution. Il avoit été envoyé après
aux principes
par les vo
vrai au camp du Rocou 5 mais abiandonné,dit-om,
lontaires du Cap, il fut obligé de lever le camp en détruisant
de fortification construits avec des travaux imdes ouvrages
servir del boulevards à l'est de
menses sur le Morme-4-Beckly pour succès à la manvaise volonté
la provincs. On attribua CC peu de
avoir
enauquel on reprochoit de ne lui
point
de Blanchelande,
le
VI, S- XI et suiv.
1 Voyez ci-dessus chap.
des 23 et 24 novembre 1791.
2 BIoniteur de Suiat-Domingue, coloniale, des a5 et 29 novembre
3 Procès-verbal de Passemblée
10 et 18
1791: Moniteur de Saint - Domingue, des 1 , 3,,5,91
décombre.
é
la provincs. On attribua CC peu de
avoir
enauquel on reprochoit de ne lui
point
de Blanchelande,
le
VI, S- XI et suiv.
1 Voyez ci-dessus chap.
des 23 et 24 novembre 1791.
2 BIoniteur de Suiat-Domingue, coloniale, des a5 et 29 novembre
3 Procès-verbal de Passemblée
10 et 18
1791: Moniteur de Saint - Domingue, des 1 , 3,,5,91
décombre. --- Page 373 ---
( 365)
royé de secours, quoiqu'il paroisse prouvé que cC général n'en
voit pas à sa disposition. Dassas donna sa démission de
lu regiment du Cap, ct fut accueilli
le
major
par parti opposé au
rouvernement comme une victime de son
attachement à la
évolution : il eut des-lors toute la confiance de la
ale du Cap, dont plusicurs
de
garde natiocorps
volontaires ne faisoient
point partie à cause des divisions qui régnoient
e malkeureux pays (1). Mais lus faits
par-tout dans
poftéricurs semblent anoncer que, dévoué à la faction des 85, in'employa, durant
ue toute la session de l'assemblée
prescoleniale,l'espèce de
ont il jouissoit que pour favoriser les émeutes
popularité
ernement et contre l'assemblée
contre lc gouclle - même, > lorsque le côté
Duest n'y fut pas le plus fort. On ne voit pas du moins
en fait pour assurer l'obrervation des
qu'il ait
attre les
lois, ni même pour cominsurgés armés contre les blancs.
Dans le même temps l'assemblée coloniale rendit
pur enlever à
des arrêtés
Blanchelande et aux commandans militaires
$. VIII.
rvoient sous ses ordres le commandement
qui Direction des
les,
des gardes natio9 en déclarant que la colonie étoit
troupes buée attrisimplement en état
aux
troubles, et non en état de guerrc; elle s'attribua la
corps popubn des plans de
direc- laires.
campagee, et souvent même les détails de
ur exécution. Les corps
ire,
populaires > chacun dans son terris'arrogérent les mêmes droits, que l'assemblée
ur reconnut Par divers
elle les
coloniale
arréiés;
autorisa à requérir,
I Procès-verbaux de T'assemblée coloniale, des 16 et
21 au matin et au soir. Moniteur colonial,
29 novembre
mbre; et des 29 et 30 à la fin. Arrêté de des 18 , 19 et 24 nomars 1792. Lettre de Blanchelande à l'assemblée coloniale, du
vembre 1791.
l'assemblée coloniale, du 24
ur reconnut Par divers
elle les
coloniale
arréiés;
autorisa à requérir,
I Procès-verbaux de T'assemblée coloniale, des 16 et
21 au matin et au soir. Moniteur colonial,
29 novembre
mbre; et des 29 et 30 à la fin. Arrêté de des 18 , 19 et 24 nomars 1792. Lettre de Blanchelande à l'assemblée coloniale, du
vembre 1791.
l'assemblée coloniale, du 24 --- Page 374 ---
(366 a )
de terre ct de
ils le
convenable > les forces
comme
jageroient
pas ces arrêtés, du moins
mer. Blanchelande, , qui ne sanclionna
militaires, refudurant quelque temps, et plusieurs commandans
ou cherchèrent à en éladerl'exécation().
sèrent de s'y soumettre,
les vucs
L'assemblée coloniale ne remplit donc qu'imparfaitement) habituelie
ambitieuses qu'elle s'étoit proposées; mais P'anarchie
des
confits de jurisdiction combla les maux
qui résulta de ces
blancs dans les trois provinces de la colonie.
favorable à la liberté, mais dont les agitateurs
$ IX.
Une institution
contribua beauArrêté pour
abusé dans les deux hémisphères,
ont également
de
récablir les
à cet état de choses. Les municipalités que l'assemblée
municipali- coup
s'étoient formés dans
cés.
Saint-Marc avoit substituées aux comitésqui
avoient été l'un
de la révolution,
les paroisses, au commencement
de cette assemblée qui
instrimens du pouvoir
des plus grands
2). Par-tout oi on
en avoit sans cesse étendu les attributions
elles
établi, elles s'étoient arrogé tous les pouvoirs;
en avoit
attendu les arrêtés de la seconde assemblée
n'avoient pas même
assujétir à leurs réquisitions
coloniale sur la force publique pour
de terre et de mer enles bâtimens du commerce, et les troupes
comme
se considérassent
voyées par la métropole, quoiqu'elles
leur énorme
à ses lois. Avec de telles. prétentions
étrangères
l'arrivée des troupes d'Europe
pouvoir s'étoit encore accru par
communes depuis les
avoient été envoyées aux principales
qui
coloniale, des 2, 11, 12, 17, 24, 25
de T'assemblée
Lettre
I Procèsverbaux
10, 14 et 17 mars, 19 et 20 avril 179=.
décembre 1791; 19 janv.,
du 4 avril. Discours de Blan.
coloniale à Blanchelanite,
de Saint
de l'assemblée
des 13 et 26 avril. Moniteur
chelande à ladite assemblée 1 30 décemibre 1791 5 1 et 18 janrieri
Doningue 1 des 18, 19, 26 et 21 et 22 avril 1792.
13, 16, 17 et 19 mars ; et 19,
ch. 1V, S. XXI.
ci-desses la première partie,
a Voyez
avril. Discours de Blan.
coloniale à Blanchelanite,
de Saint
de l'assemblée
des 13 et 26 avril. Moniteur
chelande à ladite assemblée 1 30 décemibre 1791 5 1 et 18 janrieri
Doningue 1 des 18, 19, 26 et 21 et 22 avril 1792.
13, 16, 17 et 19 mars ; et 19,
ch. 1V, S. XXI.
ci-desses la première partie,
a Voyez --- Page 375 ---
367 )
troubles, et par la confusion absolue oi
bunaux, , depuis que l'installation du
se trouvoient les tripar l'assemblée du Nord, la cassation conseil-sepétrienr du Cap
Prince par l'assemblée de
de celui du Port-aules officiers des sénéchaussées l'Ouest, le renvoi de presque tous
dans l'Ouest et le
Par les communes de leur résidence
provinces,
Sud, enfin la guerre civile dans les trois
avoient interrompu l'ancien ordre
gu'on eit adopté la nouvelle
jadiciaire, saas
L'accumulation de tant de
erganisation établie en France.
ésavoit d'abord
pouvoirs dans la main des
paru redoutable à la seconde
municipalietce frt l'une des raisons
assemblée celoniale,
Prince (). Elle s'étoit bien quil'empêcha de se fixer au Port-auau Cap dans les
gardée de créer une municipalité
de couleur,
premicrs mois desa session ; mais les hommes
que les agens de l'ancien
timuler, et qui se rappeloient
régime ne cessoient de
prononeée par le décret de
d'ailleurs l'exclusion humiliante
l'assemblée de Saint
nicipalités contre les blancs mêmes
Marcsur les muibolissoient
qui s'allioient avec
par-tout ces établissemens
eux,
bureaux de police. Le côté
pour y substituer les
ation extraordinaire du
Ouest, appuyé par une dépua haine qu'on avoit contre Fort-au-Prince, les
profita habilement de
surer la popularité
hommes de couleur pour
en ordonnant d'établir
s'aspalités.
par-tout des municiC'étoit sur-tout au Cap que cet établissement
uites les plus importantes,
devoit avoir les
es siège du
depuis que cette ville étoit devenue $.x.
gouvernement et de l'assemblée
Formationde
pelloit que l'ancienne municipalité
coloniale. On se rap- celle duCap.
emblée du Nord, en haine de
y avoit été dissoute par l'asson attachement à l'assemblée de
1 Veyez ci-dessus le chapitre III, $. VII.
'étoit sur-tout au Cap que cet établissement
uites les plus importantes,
devoit avoir les
es siège du
depuis que cette ville étoit devenue $.x.
gouvernement et de l'assemblée
Formationde
pelloit que l'ancienne municipalité
coloniale. On se rap- celle duCap.
emblée du Nord, en haine de
y avoit été dissoute par l'asson attachement à l'assemblée de
1 Veyez ci-dessus le chapitre III, $. VII. --- Page 376 ---
(368 )
Saint-Marc. Les mots ont une telle influence sur les homme
que le seul projet d'y en établir une, donna une grande forc
aux partisans de la première. On reconnoissoit tacitement pa
là qu'on avoit eu tort de la supprimer, et la proposition de ré
tabiir les municipaiités avoi: d'ailleurs été fite par les plu
chauds defenseurs du parti dont elle aveit été la victime. En
fin, depais que le Cap etoit le ccntre de toutes les affaires d
la colonie, cette vilic étoit devenue le sejour d'une grand
quantité d'éirangers (*) et de gens sans aveu 1 qui sur-tout dan
lés temps de révolution cherchent les lieux ol ils peuvent excite
des troubles avec le plus d'avantages. Les ravages faits par le
négres ne leur donnoient que trop d'auxiliaires dans beaucoup d
gens ruinés, qui s'étoient réfugiésau Cap ().
Ces agitateurs contre lesquels l'assemblée coloniale n'avoi
pris que de foibles mesures dans les premiers mois de sesséances (2), s'étoient rendus redoutables par le massacre des hommes de coulcur lors de l'insurrection des négres, par celu
d'une quantité de prisonniers faits ensuite sur les esclaves insurgés, sans que personne cut eu le courage de proposer leu
punition. Enfin ils s'étoient acquis une sorte d'inflience politi
gue par cette apparence d'attachement à la révolution gu'il
avoient montré contre les officiers de la station venuc de la Mar
* C'étoient des Anglais qui imprimoient le Moniteur de Saint
Domingue. On trouve dans ce journal divers écrits en patois iralien
Voyez le no.du 20 novembre 1791, celui du 28 janvier 1792, etc.
I Proces-verbaux de l'assemblée coloniale 2 du 12 novembre 1791
Moniteur de Saint-Domingne, du 15 novembre suivant, et du 24
avril 1792.
2 Procds-rerbaur de P'assemblée coloniale 3 du 12 novembre 1791
Moniteur de Saint Domingue, des 15 et 18 norembre.
tinique
écrits en patois iralien
Voyez le no.du 20 novembre 1791, celui du 28 janvier 1792, etc.
I Proces-verbaux de l'assemblée coloniale 2 du 12 novembre 1791
Moniteur de Saint-Domingne, du 15 novembre suivant, et du 24
avril 1792.
2 Procds-rerbaur de P'assemblée coloniale 3 du 12 novembre 1791
Moniteur de Saint Domingue, des 15 et 18 norembre.
tinique --- Page 377 ---
(+369 )
iniqne. Ils eurent facilement la
pour la manicizalité,
prépondérince lors des
qui furent d'ailleurs
éections
Foup d'art. Oa choisit
cendu'tes avec beaupour maire du Cap un
Phevalier, dont on étoit sir de faire
vieillard nommé
part des o.iliers mun'icipaux
ce qu'on voudroit; la pluouvernemeat. On
furent pris dans le Parti opposé an
archev-aqas-Taibad nomrea, pour procureur de la
qui savoit
commune,
our satisfaire son ambition. En embrasser toutes les formes
un des autcurs des cahiers
1788,11 avoit été avec
si
Daugy,
rovince du Nurd. En 1759, éirangement il
eristoeratiques de la
ationale, posr venir soulever quidta son poste à P'Assemblée
la eolonie contre
berté.que cette assemblée avoit
les principes de
es droits et de T'abolition
manifestés lors de la décliration
es plus forgueur
da la fiodalité. En 1790, ii fat Pun
partisans du syatême
emblée de Ssint-Marc. Dans les
didépendance de l'asint un des sectateurs les
premiers mois de 1791,ildeconde assemblée
plus assidas du club Misriac. Sous la
cologiale, il joua le rôle
e, et se rendit redoutable à
de itibun du peuurti ().
tous ceur qui n'éloient Pas de son
La municipalité du Cap devint sous
plus dangereux du gouvernement, ses auspices T'adversaire 6. XI.
ri de l'assemblée de
et T'appui le plus ferme du Emeutesug.
en en faisant
Saint-Marc, soit cn excitant des émeutes, cessives dans
leries de l'assemblée redouter, soii cn dictant par ses affidés dans les cette ville,
coloniale les arrêtés qui lui convenoient.
Note de
registres Tanderrgerisiad, de l'assemblée
au bas de lextrait (
me, présidant l'assemblée générale, dn
du 16 juin 1790. imprimé) Lettre du
baux du club Masriac de l'année Nord, du 29 janvier 1790. Procèsetle chap. IV, S. X de la première 1731, Voy. aussi le chap. III, S,
Rap. de G. Coulon.
rartie de ce rapport.
Tome II,
Aa
.
Note de
registres Tanderrgerisiad, de l'assemblée
au bas de lextrait (
me, présidant l'assemblée générale, dn
du 16 juin 1790. imprimé) Lettre du
baux du club Masriac de l'année Nord, du 29 janvier 1790. Procèsetle chap. IV, S. X de la première 1731, Voy. aussi le chap. III, S,
Rap. de G. Coulon.
rartie de ce rapport.
Tome II,
Aa --- Page 378 ---
(370 )
Cette induence funeste de quelques agitateurs qui présentoient
turbulens d'une faction du Cap, comme le veeu du
les suffrages
de la colonie,s'étoit déja fait remarquer dans plusieurs ocpeuple
de celle oû le côté Onests'enservit pour
caionyindépendamment
cc
la lettre, sur la dénomination de l'as.emblée,
s'ouposeri que
comme ils le desiroient. Lorsqu'on
fit lue en comité général,
falloit statuer sur le sort
discuta à l'assemblée coloniale ce qu'il
des
des officiers de la station de Girardin, qui avoient donné
d'incivisme, les galeries troublèrent plusicurs fois la
preuves
fit partir les officiers. Denard
délibération, en demandant qu'on
étoit la reine
de dire alors que K l'opinion publique
ne rougit pas
l'assemblée n'avoit lc droit de juger que
> du monde,
que
avoient déposé contre ces offiD ce que les citoyens assemblés
deux sections du
>. A-peu-ptès dans le même temps,
> ciers (1)
en armes sur le bord de la mer en préscnce
Cap se portèrent
afin d: détruire des
des commissaires de l'assemblée provinciale,
travaux qu'elle avoit ordonnés, pour ampécher l'introduction
étrangers à la ville (2). Pcu de temps après, quand
des nègres
à
se
les membres du comité de T'Ouest présentèrent l'assemblée
de France,n mouvement considérable
coloniale, en revenant
de
mais sur
dans les galeries et dans les alentours T'Assemblée,
des notions précises, la força de lever si
lequel on n'a pas,
la mêmc scène s
séance (3). Enfin trois ou quatre jours après,
Procès - verbaux de l'assemblée coloniale, du 20, novembre 1791
Moniteur I
de Saint-Domingue 9 du 24 novembre.
Moniteurde Saint-Domingne, des 1 et 2 décembre 1791. Procès
coloniale ,. du 26 novembre.
verbaux del'asseniblée
de Tassemblée coloniale 1 du 15 décembre 179
3 Procès - verbaux
décembre.
Moriteur de Saint-Domingue, du 18 --- Page 379 ---
(371 )
renouvela à l'occasion de quelques
nègres incurgés. Les spectateurs émissaires envoyés par les
lettres à Blanchelande, et l'assemblée exigérent qu'on ouviit leurs
laisser sur le bureau en levant la
eut la foiblesse de les
vement ouvertes 2 et n'apprirent séance; elles furent effectiun arrété nc fut pris,
rien aux
cet
pas un même ne fut perturbateurs. Pas
attentat à la liberté des déMbérations proposé pour venger
a à l'occasion de quelques
nègres incurgés. Les spectateurs émissaires envoyés par les
lettres à Blanchelande, et l'assemblée exigérent qu'on ouviit leurs
laisser sur le bureau en levant la
eut la foiblesse de les
vement ouvertes 2 et n'apprirent séance; elles furent effectiun arrété nc fut pris,
rien aux
cet
pas un même ne fut perturbateurs. Pas
attentat à la liberté des déMbérations proposé pour venger Ces mouvemens acquirent une plus
temps de la nomination de la
grande violence vers le i. XII.
dirigea plus particuliérement contre municipalité du Cap. On les Risques de
en attendant qu'on pdt s'en servir les agens du gouvernement, Cambeforteel
L'assemblée coloniale, dévorée contre les commissaires civils. des des députés
de
hommes
pouvoient n'être pas sans fondement, soupçons, dont quelques-uns de couleur.
par un de ces actes d'administration avoit requis Eianchelande,
cesse, edc donner la
de qu'elle se permettoit sans
postes qui gardoient consigne la ville ne laisser Passer au-delà des
> sois quelque prétexte
9 aucur individu
* missaires nationauz que ce fit, autres que MM. gueleongue, les
arrêté (2), soit
crrils >. Le général avoit sanctionné comcerner le colonel qu'il crit, ou non 9 qu'il ne pouvoit
cet
Celui-ei
Cambefort, qui commandoit dans pas conayant passé les
la
dés
postes, 2 fut
place.
qu'il en fut instruit, il offrità dénoncé par des. soldats ;
lui donner les éclaircissemens
l'assemblée coloniale de venir
comduite. Le côté Ouest fit rejeter nécessaires à la justification de sa
lecommandant à la barre. Blanchelande cette mesure 3 pour mander
arrêté, comme ayant pour
refusa de sanctionner cet
objet un fait de discipline militaira
1 Proces-verbal susdit, du15 décembre.
2 Proedsverbaux de lassemblée
Moniteur du 22 décembre.
doniteur de
coloniale , du 25 décembre
Sat-Dusingee, 2 du 1 janvier 1792,
1791.
Aa a
comduite. Le côté Ouest fit rejeter nécessaires à la justification de sa
lecommandant à la barre. Blanchelande cette mesure 3 pour mander
arrêté, comme ayant pour
refusa de sanctionner cet
objet un fait de discipline militaira
1 Proces-verbal susdit, du15 décembre.
2 Proedsverbaux de lassemblée
Moniteur du 22 décembre.
doniteur de
coloniale , du 25 décembre
Sat-Dusingee, 2 du 1 janvier 1792,
1791.
Aa a --- Page 380 ---
(372)
qui le concernoit seul. L'assemblée coloriale fat obligée de le
rétracter après de longs débats. Mais l'agitation que cet incident
produisit, cccasionna des attroupemens qui pensèrent être funestes
à Cambefort. Les habitués des galeries les quittèrent tumu'tucusement, en annonçant qu'ils alloient chercher cet officier pour
l'amener à la barre il fallut, pour le sousiraire à la fureur
publique, recourir à Tinterposition des commissaires civils. Des
les hommes de çouleur de Saint - Marc avoient
députés que
envoyés vers cux, coururent les mêmes risques que Cambefort.
Les commissaires civils (1) obtinrent un arrêté de l'assemblée
les mettoit sous sa sauve-garde et celle de la
coloniale > qui
commune
C'est par de tels moyens que le parti dominant dans l'asS. XIIL. semblée coloniale cepéroit faire tout plier sous son autorité; ;
Attroupem.
lors dud départ
de St-Leger * Cambefort assure, dans-son mémoirejustificatif, p. 115, qu'ilavoit
pour l'Oucst, déja ceuru beaucoup de risques avec Blanchelande, 3 lorsqu'ils sauvèrent les hommes de couleurde la fureur des blancs, quien avoient
déja massacré 17 le 25 août 1791. Voy. ci-dessus le ch. HIL,5.XVII.
Procès- verbaux de l'assemblée coloniale 3 des 2 , 3 et 4 janvier
1 Moniteur de Saint-Domingue, du 5 janvier 1792 P au sup1792.
plément, etc.
** Le mème événement eut lieu plusieurs jours après, avec des
circonstances qui tendoient a discréditer tôt ou tard l'assemblée ellemême, en. jetant du ridicule sur ses mesures. Elle avoit mandé 9
des éclaircissemens 2 l'intendant Proisy 3 qui s'excusa sur une
pour
Ses substitnts, appelés après lui , donnèrent d'antres
indisposition. L'assemblée mécontente enjoignit a Proisy de venir nonobsdéfaites.
Les habitués des
qui se joignirent encore)
tant ses excuses.
galeries,
le
de l'assembléee pour l'aller chercher, trouvèrent
aux commissaires
le
le
couché dans son lit oii il fallut bien laisser. Voyez procès-verhal
de l'assemblée coloniale : du 12 janvier 1792, etie Monitear 2c StBomingue du leadoanain.
semblée mécontente enjoignit a Proisy de venir nonobsdéfaites.
Les habitués des
qui se joignirent encore)
tant ses excuses.
galeries,
le
de l'assembléee pour l'aller chercher, trouvèrent
aux commissaires
le
le
couché dans son lit oii il fallut bien laisser. Voyez procès-verhal
de l'assemblée coloniale : du 12 janvier 1792, etie Monitear 2c StBomingue du leadoanain. --- Page 381 ---
(373)
il fallbit pour celi abaisser celle des commissnires
L'assemblée çoloniale en avoit faitl'essilors de lenrs
civils,
négociations avec les nègres et les hoirmes de
premières
on s'étoit borns jusque-la à des
couleur; mais
détermination
impies confits d'autorité, Une
de
qu'ils prirent pour la prorince de l'Ouest,
nouveaur erages. D'après
excita
la commision civile
les'préjuges d:tout Cc quientouroit
au Cap, et les obstacles
ses communication;
qu'on mettoit à
avec les hommes de couleut, il lai étoit
presque iapossible de coanoitre la véritable situation des
vinces de l'Ouest et du Sad; il étoitnéanmoins
prod'arracher, si elle le
de son devoir
pouvoit , ces malheureuses contrées
guerre civile dont elles étoient la
à la
désoloit le Port- au-Prince. Il
proie , et à l'anarchie qui
de. couleur, coalisés
falloit empécher que les hommes
adoptaffent
avec le pari-des pompons blancs, n'en
les principes conire -
avoient deja servi une
de rérolationnaizes, comme ils
commission
partie
ses vues. Peut-être même la
civile espéroit - elle déterminer les hommes de
coaleur, et les coalisés de la
à eux pour faire
Croit-des-Douqsets, à se réunir
respecter les lois, dont l'assemblée coloniale.
sembloit se jouer, Quoi qu'il en soit, les commissaires civils
arrêtèrent que lun d'entte cux, Saint-Leger, se
dans TOuest; ils y avoient éts également inyités transporieroit les
partis qui divisoient cette province.
Par
deux
Cette mesure n'étoit pas néanmoins sans inconvéniens. Roume
croyoit qu'elle en avoit plus que d'avantages,
bliroit la commission civile
parce qu'elle affoicn la divisant. Il
d'après l'opposition qu'ils avoient trouvée dahs pensoit aussi, 9
loniale lors de legrs négociations dans le Nord, l'assemblée coqu'une médiation
ne,poirroitavoiz de succès, qu'autant qu'elle seroit
des
forces imposantes qu'ils attendoient de France. Mais appuyée
quand ses
Aa 3
en avoit plus que d'avantages,
bliroit la commission civile
parce qu'elle affoicn la divisant. Il
d'après l'opposition qu'ils avoient trouvée dahs pensoit aussi, 9
loniale lors de legrs négociations dans le Nord, l'assemblée coqu'une médiation
ne,poirroitavoiz de succès, qu'autant qu'elle seroit
des
forces imposantes qu'ils attendoient de France. Mais appuyée
quand ses
Aa 3 --- Page 382 ---
(374)
collègues eurent décidé le contraire, il ne négligea rien pour
assurer le succés de cette opération (1).
L'assembléc coloniale, quia avoit aussi désapprouvé le voyage
de Saint-Leger, ne le combattit en apparence que par des considérations plausibles qu'elle présenta avec modératien (e). Mais
les commissaires civils ayant persisté dans leur délermination, le
parii des 85 mit tout en usage pour entraver leur marche. Tout
paroit annoncer qu'ilrésolut dès-lors de les subjugner parla terreur, ou des'en débarrasser ainsi que des agens du gouvernement (3).
Avant de partir pour POuest , Saint-Leger étoit venu avec
de lassemblée coloniale, ct l'assuses collègues prendre congé
toutes ses
dans
vues
rer des
pacifiques qui dirigeroient
opérations
alors l'assemblée.
cette province. Baron-l-Chevalerie présidoit
Tandis que dans sa réponse il déclaroit à Saint-Leger, ee qa'il
> seroitloin de rencontrer, dans les lieux qual alloit parcourir,
> le calme dont jouissoit la ville qu'il quittoit (4) >, il se fermoit 2u Cap un noavel attroypement qui se lioit évidemment
avec le voyage de ce commissaire dans TOnect,t qui continna
le lendemain. On arrôta sur un matelot deux lettres, adressées
à Bianchelande ct à Girardin par le commandant de la station
du Port-au-Prince, Grimouard. Pour en empécher l'ouverture
par les aitroupés, ilfallut que les commnissaires civils sollicitassent
des délibérations de la commission civile, du 33 janvier
1 Registre
etc.
3791. Opinion de M. Roume sur des réquisitions,"
2 Procès - verbanx de Passemblée coloniale 2 du 20 janvier 1792,
Moniteur de Saiut-Donuingne, du 22 janvier.
*
3 Lettre de Roume au ministre de la marine, du 2 avril 1792.
4 Procès- verbaux de Passemblée coloniale, du 21 janvier 1792
Moniteur de Saint-Domingue, du 23 janvier.
ations de la commission civile, du 33 janvier
1 Registre
etc.
3791. Opinion de M. Roume sur des réquisitions,"
2 Procès - verbanx de Passemblée coloniale 2 du 20 janvier 1792,
Moniteur de Saiut-Donuingne, du 22 janvier.
*
3 Lettre de Roume au ministre de la marine, du 2 avril 1792.
4 Procès- verbaux de Passemblée coloniale, du 21 janvier 1792
Moniteur de Saint-Domingue, du 23 janvier. --- Page 383 ---
(3 375)
l'arsemblée d'appliquer à la colonie les décrets de
tionale , quidéclaroient l'inviolabilité du
PArsembléenasecret des lettres (1).
II est trop manifeste que le gouvernement n'éteit
dans ces mouvemens évidemment
pour rien $. XIV,
les opérutions des nègres
dirigés contre lui, et pourtant Atraque du
La nuit quisuivit
paroissentaveir éidtonceriées avec eux. Haut-du-Cap
Grimouird,
Pattroupement occasionné par les dépéches de par Biassou.
Biassou, en traversant un ruisseau profond
éloit
considéré comme une fortification naturelle,
qui
Haut-du-Cop, dont il
attaqua le poste du
s'empara, pénétra dans T'hôpital qui
atenoit,etse vit ainsi quelque temps maitre des
y
ville de ce côté-l. On assure qu'il avoit
dehors de la
hardie
formé cette
pour sauver sa mère qui étoit détenue à cct entreprise
qu'on avoit refusé de lai renilre. Plusieurs
hôpital, et
on, massacrés dans cette affaire. Mais le malades furent, ditla matinée (2).1 Ilest remarguable
poste fut repris daus
sembiée coloniale ne
dins qu'aucun des membres de l'asparut
cette occasion avec cette
rouge, dont le prétexte avoit ét6 de leur
écharpe
de se reconnoitre en cas d'attaque.
procurer les moyens
Roume avoit cu le courage d'aller le premier dénoncer les
mouvemens dela veille à l'assemblée coloniale. Cet
avoit une grande confiance dans
de
homme qui
l'empire
la raison
qu'elle en avoit beaucoup sur lui, avoit profité de 2 Parce
que le président de l'assemblée coloniale avoit faite l'invitation
saires civils, d'assister aux séances de cette
aux commisfaire les communications les
assemblée, pour lui
plus cordiales dans diverscs occa1 Procès- verbanx de l'assemblée
Moniteuri de
des coloniale, du 22 janvier 1792.
au ministre de Saint-Domingue, la
du
24 et abjanvier. Lettre de Roume
marine, 2 avril.
2 Moaiteur de Saint-Domingue, du 23 janyicr
1792.
Aa 4
invitation
saires civils, d'assister aux séances de cette
aux commisfaire les communications les
assemblée, pour lui
plus cordiales dans diverscs occa1 Procès- verbanx de l'assemblée
Moniteuri de
des coloniale, du 22 janvier 1792.
au ministre de Saint-Domingue, la
du
24 et abjanvier. Lettre de Roume
marine, 2 avril.
2 Moaiteur de Saint-Domingue, du 23 janyicr
1792.
Aa 4 --- Page 384 ---
( - 376 )
sions. Lejour méme du mouveinert
parler, l'as.emblée
popu'aire dont on vient de
coloniale n'avoit pu refuser ses
mt2s au compte que les commis:aires civils
applaudissenistre de la marine de l'état de la
rendoient au minoient
colonie, 2uxsoins qu'ils prepour préaunir les trorpes venant de France, contre les
suEgestins des mattilana, aux mesures
peur leur
sages qu'ils proposoicnt
emploi contre les icsurgés,t aux autres
de la comm'ssion civile. L'aisemblée
opérations
vota des remerciemens a
Roume à celte occasion (); mais elle né suivit point ses avis, et
sur-lout eile ne profita Pas des exemples de paix et de concorde
gu'il lui dornoit,
f. XV.
C'est à cctte époque que se fit
Installation
Pinstallation de la nouvelle
de lamunici- municipalité, On y mit un grand apparat, et on profia méme
EsliéduCap. le cette occasion pour changer l'organisation de la garde nationale, en supprimant ses drapeanx inciviques $ et pour donner
les cravates tiicolores à ceux du régiment du Cap, comme l'aveit demandé Th, Millet un mois ar paravant (2). Mais en peut
jeger des principes de liberté de cette municipalité, par l'empressenent qu'elle mit à faire briser militairement, cinq jours
après son installation, lcs presses d'un imprimeur qui vouloit
publier la proclamation du roi, destinée à faire cesser la rérolie
des nègres, en leur appliquant l'amnistie générale prononcée par
1 Procès - verbaux de l'assemblée culoniale, du 5 février 1792.
La Sentinelle da perple, du 16 janvier. Moniteur de St-Demingue,
du 7 février. Voyez aussi ceux des 21 janvier et 8 février 17,2.
2 Proces-verbaux de l'assemblée coloniale, du 25 décembre 1791, ct
des 25 et 2)janvier 17,2. Mouiteur coloniel, des 11, 21, a5 et 30
jantier,
baux de l'assemblée culoniale, du 5 février 1792.
La Sentinelle da perple, du 16 janvier. Moniteur de St-Demingue,
du 7 février. Voyez aussi ceux des 21 janvier et 8 février 17,2.
2 Proces-verbaux de l'assemblée coloniale, du 25 décembre 1791, ct
des 25 et 2)janvier 17,2. Mouiteur coloniel, des 11, 21, a5 et 30
jantier, --- Page 385 ---
(377) )
Assemblée constituante à la fin dssa sesiion
Elle
oyoit pas alors que, dans peu,de
(1).
ne prépposé dans l'assemblée
mois, le parti qui lui éloit
coleniale, devenu
a rendroit l'instrument de
dominant à son tour,
crer les
son ambition, en l'obligeant à cenhutilement journaux, et q'elle seroit alors rédnite à
cette liberté de la
si
invoquer
ar elle dans le
de
pPresse, 1 audacicusement violée
temps
son pouvoir,
L'assemblée coloniale ne pouvoit pas
aires civils les démarches
pardonner aux commis- f. XVI,
amener les
que l'humanité leur avoit dictées pour Roumeattaanoncé, insurgés par la voie de la persuasion ; elle avoit
qué comme
par une lettre qui fut publice pei de
déja émissaire des
avant, qu'elle n'avoit été
temps aupa- amis des
sard,et
pour rien dans leurs. mesures à cet noirs,
-
qu'elle n'avoit donné aucun
u'elle avoit nommés
pouvoir aux commissaires
ans sa conférence pour accompagner la commission civile
issemblée
avec Jean-François (2). Des membres de
pprirent coloniale, dont la surveillance n'avoit pas de
que Roume,p peu eonfiant dans le
bornes,
ertran. de Molleville,
ministre de K marine,
pie des renseignemens avoit cru devoir envoyer à Brissot ane
-
qu'il adressoit à ce ministre sur l'état
Suint-Domingue, et qu'it avoit
ploniale elle - mène. Ils
commaniqués à l'assemblée
ire desamis des noirs, dénoncèrent Roume cemme an émis- a
quoique le seul écrit
France sur fes questions triitées dans
qu'il eût publié
jetde prouver que
cette société, edten pour
lapplication de ses
ingereuse Pour les colonics, dans les principes pouvoit êire
circonstances. Roume fut
Procès-verbal susdit, du 5 février.
Gct du7.
Moniteur de Saint-Demingre,
e Extrait des registres de la
ec l'assemblée coloniale. correspondance des commiesaires civils
cemme an émis- a
quoique le seul écrit
France sur fes questions triitées dans
qu'il eût publié
jetde prouver que
cette société, edten pour
lapplication de ses
ingereuse Pour les colonics, dans les principes pouvoit êire
circonstances. Roume fut
Procès-verbal susdit, du 5 février.
Gct du7.
Moniteur de Saint-Demingre,
e Extrait des registres de la
ec l'assemblée coloniale. correspondance des commiesaires civils --- Page 386 ---
(3 378 )
obligé de se justifier, en déclarant < qu'il n'avoit employé ceite
avoit entendu dire dans la colorie
> précaution qu' cause qu'il
ennemis de Saint-Domingue dans les bu
# qu'ily avoit ds
A reaux de la marne, co.lieés avec un ex-ministre pour perdre
a la colonie (1).>
Tout ne fut pas terminé néanmoins. L'assemblée colonial
voyoit 'avec duleur, qu'il ne lui étoit pas possible de soumettr
lcs presses de la méiropole a la censure comme celles de la co
lonie. Erissot sur-tout avoit excité son anim.dversion : il n
s'étpit
contenté de réclamer, avec tous les amis de la li
pas
berté, les droits des hommes de couleur, et Phumanité pour le
malheureux nègres. En s'élevant contre la tyrannie des colons
il avoit dénoncé à V'Assemblée nationale les vues d'indépendane
de la semblée coloniale. Daugy crut devoir à son tour dénonco
dans cette dernière assemblée les discours de Erissot, tels qu'7
étoient dans le Noniteuzaniversel; il demanda que les commis
saires ciefls fussent tenus de s'expliquer catégoriquement et of
ciellement à cet égard. Il soutint que ( les conimissaires civi
donner leur
sur la
de
> ne pouvoient refuser de
opinion
purcté
coloniale dont tous les travaux leur étoier
> vuesde l'assembléc
rendre
à son inviolable atte
A cennus; qu'ils devoient
justice
la
coloniale adopta cet
D chement pour miospole.Liasemike
étrarge motion ; et comme si les commissaires civils eussent e
soumis à sa jurisdiction, ( elle lesi invita de faire parvenir dans
bref dé'ai
législative et au roi, la déclare
5>. plus
l'Assemblée
de l'assemblée coloniale, du,25 février 179
1 P.ocès-verbanx
du
février. Observations de T
Moniteur de Saint - Domingue,
Millet, sur un discours prononcé parl Roume, P. iaet 17. Analy
de l'adresse des commissaires civils, lue à Passenblée coloniale,
25 mars 1792, par Th. Millet, P. 6.
dé'ai
législative et au roi, la déclare
5>. plus
l'Assemblée
de l'assemblée coloniale, du,25 février 179
1 P.ocès-verbanx
du
février. Observations de T
Moniteur de Saint - Domingue,
Millet, sur un discours prononcé parl Roume, P. iaet 17. Analy
de l'adresse des commissaires civils, lue à Passenblée coloniale,
25 mars 1792, par Th. Millet, P. 6. --- Page 387 ---
(379 )
tion. carégorigue et aficielle, tant sur les
dées pari M. Brissot de Warville dans la inculpations hasarde celte anguste
motion faite à la séance
que messieurs astembtée, que sur les vues et les intentions
blée
les-commissaires civils connoissoient à
coloniale, et d'en remettre d celle-ci
l'assempour,sur cette déclaration de
une copie certifie,
messieurs les
tionaux, olt à difiuue d'icelle, étre
commissaires nal'assemblée tel arrêté qu'il
ultérieurement pris par
ires civils répondirent dès appartiendroit le
(1): >. Les commisrempli ce devoir, et qu'ils le lendemain, e qu'ils avoient déja
que l'occavion s'en
rempliroient encore toutes les fois
publique de LAssemblie présenteroit i qu'au surplus, la conduite
impressions difiavorables rationale pouvoit seule efacer les
suer ses prinaipes et ses quis'éroient manifestées en France
de sa justification;
vues, qu'elle seroit le plus sir garant
leur témoignage quoi qu'il en soit, que si elle croyoit que
les trouveroit pit y ajouter qu'elle y pouvoit compter, elle
giroit
toujours empressés à se réunir à elle
dusalut.ct du bonheur de la colonie;
lorsqu'il s'asersienpeufituement d'accord
qu'd cet égard, ils
(2).
Quand On crut avoir sudisamment soulevé
gouvernement et lcs commisaires
Ics csprits contre f. XVIT,
euvres, le coté Ouest
ciyils par toutes Ces ma- Motions
s. Le trox fameux commença de rouvellesattaques contre contre les
opelloit avec
Daugy, dans une motion raisonnée qui Cr mmissaires
beaucoup de violence les griefs
giviis.
prochés aux commissaires civils,
qu'on avoit deji
roi pour demander leur
, proposa de fiire une adresse
rappel.et lear remplacement par de
Extrait des registres de Tassemblée
Répo onse des counmissaires
coloniale, du 25 feriernn,
rs 17y2.
civilsalossembloe coloniale, da premiier
ques contre contre les
opelloit avec
Daugy, dans une motion raisonnée qui Cr mmissaires
beaucoup de violence les griefs
giviis.
prochés aux commissaires civils,
qu'on avoit deji
roi pour demander leur
, proposa de fiire une adresse
rappel.et lear remplacement par de
Extrait des registres de Tassemblée
Répo onse des counmissaires
coloniale, du 25 feriernn,
rs 17y2.
civilsalossembloe coloniale, da premiier --- Page 388 ---
( (380 )
&
aouveaux commissaires, et la cessation immédiate de toute cO:M
munication et correspondance avec eux (tj
La première de ces propositions fct adoptée sazs dificulté
L1 demande du remplacement des commissaires civils fut rejetée
et il y a lieu de croire que Daugy ne l'avoit proposée que Fou
faire montre d'impartialité, puisque dans tout le considérant a
sa motion, il avoit cherché à ét-blir que e la imission des com
D missaires civilsséseirpeur cinsi dire trouvée sans objet,
> moment de leur arrivée à Saint- Domingue, parce qu'alo
a tous les esprits étoient calmés, toules les divisions cessées
réunion e
*
tous les vaeux ramends à un veeu commun, par la
> aisemblte générale des députes choisis par les paroisscs de
> colonie.
Le dernier chefsur'a ceasation decorrespondance excita de vie
lens debats entre les deux côtés de l'assemblee : on sc content
d'arrêter qu'il y auroit avec eux une corférence que les événe
mens postérieurs empéchérent. Mais on lit,dansle comyt: rend
par Mirbeck, que ce cheffatappuyé par trois autrestéopandin
-
que Bacon la-Chevalerie, si fameux par les premiers troubl
du Cap, pourlesquels il étoit toujourseans les liens d'un décre
de prise-de-corps, demanda d'être chargé de conduire en Frand
les commissaires civile, et que, dans les geleries, des gens sat
aveu disoient qu'iZ seroit bien plus simple de les noyer (2).
1 Procès : verbaux de T'assemblée coloniale, des 19, 21 et2) ma
1792. Moniteur de Saint Domingue, des 22 et 23 mars.-Motion
M. Daugy. Note des justes griefs de Passemblée coloniale, du
mars. Note des opinions du bureau, n8, 1 1 sur la motion de M
Dangy > cotte D, N9. 53, de l'inventaira des papiers de Legrand.
2 Compte de l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue, rend
à VAssemblée nationale, le 25 mai 1792, par Mirbeck, et impriu
par ordre de ladite Assembléé, P. 19 et 33.
Note des justes griefs de Passemblée coloniale, du
mars. Note des opinions du bureau, n8, 1 1 sur la motion de M
Dangy > cotte D, N9. 53, de l'inventaira des papiers de Legrand.
2 Compte de l'état actuel de la colonie de Saint-Domingue, rend
à VAssemblée nationale, le 25 mai 1792, par Mirbeck, et impriu
par ordre de ladite Assembléé, P. 19 et 33. --- Page 389 ---
(381 )
Ces frits nie sont constatés ni dans les procts-verbaur
:mblée coloniale, ni dans le Moniteurde Saint
del'asti éloit manifestement
Domingue, qui
dévoué, et gui ne dit presque rien des
erniers débats contre les commissaires civils, Mais le
ndu de Mirbeck, imprimé par ordre de l'Assemblée compts
u de temps après, acquit une grande publicité, etl'on nationale
is que cette partie des faits quiy sont
ns voit
mentie dins les no mbreux
contenus, ait jamais été
mblée
écrits'que les commissaires de l'ascoloniale en France, ou d'autres da Ses partisans n'ont
ssé d'y répandre avec la plus grande profusion
a publié le rapport que des faits
Roums, qui
émoire
postéricurs, commence son
pary altester la vérité des faits contenus dans celui
irbeck (1). II atsure la même chose dans
de
"Assemblée
une lettre du 4 avrit
nationale, Il dit aussi, dans une lettre écrite offi-
-llement peu de temps après, que les commissaires
E en bulte avec le représentant du
civils ont
roi, à toute la
une proscription ; * que M. de Mirbeck mérite
firocits
fiance de l'Assemblée
toute la contraordinaires
nationale ct duroi, ct que teiles exque puissent étre les choses qu'il dira, il ne
pourra jamais Parvenir à rien exagérer, soit sur les
la colonie, soit sur la nécessité d'y remédier
maux de
instant >. Roume fait
sans perdre un
à-peu près la même déclaration dins une
tre lettre à l'Assemblée nationale
(2). Enin les événemens
Ils n'y ont guère fait d'autres reproches à
cu somptueusement à St.
Mirbeck 9 que d'avoir
isirs de la talle. On
Domingue 2 et d'avoir beaucoup aimé les
ns Ot non,
ignore si cette inculpation a quelques fondemingue, Rapport de Plilippe-Rose Roume , a sur sa mission à Saint-
- Lettre de imprimé Roume par décret du 29 janvier 1793.
tre du même à l'Assemblée au ministre de la marine 1 du 2 avril 1792.
nationale 5 du 4 avil.
ueusement à St.
Mirbeck 9 que d'avoir
isirs de la talle. On
Domingue 2 et d'avoir beaucoup aimé les
ns Ot non,
ignore si cette inculpation a quelques fondemingue, Rapport de Plilippe-Rose Roume , a sur sa mission à Saint-
- Lettre de imprimé Roume par décret du 29 janvier 1793.
tre du même à l'Assemblée au ministre de la marine 1 du 2 avril 1792.
nationale 5 du 4 avil. --- Page 390 ---
( 382 )
postérieurs ne paroissent que trop d'accord avec les allégations d
Mirbeck.
Ces fausses attaques n'étoient que le préliminaire d'hostilité
s. xvIt.
réclles. Lés commissaires civils qui avoient des idées très
Arrêtés con- plus
tre les com- différentes de celles de l'assemblée coloniale sur la publicité de
missaires ci- opérations civiles du gouvernement, avoient fait imprimer leu
vils.
correspondance dans la colonie, poury répandre les principes 9
les animoient. Par-tout ils y recommandoient la souiission au
lois, le respect pour les autorilés constituées, 9 la concorde et
paix. L'assembiée coloniale ne vit dans ces lettres que des entre
prises sur son pouvoir; elle reprocha aux commissaircs civils d
s'être immiscés dans le régime intérieur de la colonie, comme
leur mission eût pa avoir un autre objet; d'avoir mal-à-prope
cempris les liommes de couleur dans l'amnistie prononcée Pa
T'Assemblée nationale à la fin de sa session, comme s'il n'etit P
les exclure d'une loi si géne
fallu une disposition expresse pour
rale; elleleur imputa encore d'avoir outragéles blancs, en supP
sant, dans une de leurs lettres, çu'ils pouvcient avoir eu des tor
comme les hommes de coulcur, de s'être arrogé lcs droits
Passemblée coloniale, en demandant à P'assembiée du Sed de led
envoyer ses arrêtés pour être approuvés, s'ily avoir lieu, P
coloniale et
cuard elle seroit dans le cd
Y'assemblée
par cux,
d'agir d'après leur autorisation; enfin d'avoir exercé une in
sur lc
en lui donnant les cot
fluence illégitime
gouvernement,
seils qu'ils avoient demandés sur la sanction d'un airêté C
ceite assemblée. On aura peine à croire que tandis que Ja' 'cole
nie étoit en proie de toutes parts à la double insurrection d
nègres et deshommes dacouleur, etal'amarchicla plus complèt
dans les lieux même dont les blancs éioient ies maitres 5 l'a
semblée coloniale perdit dorze à quinze jours à discuter 81
un
décidé, Eile préj" "gea néar
cet oijet suns prendre
parti
ée. On aura peine à croire que tandis que Ja' 'cole
nie étoit en proie de toutes parts à la double insurrection d
nègres et deshommes dacouleur, etal'amarchicla plus complèt
dans les lieux même dont les blancs éioient ies maitres 5 l'a
semblée coloniale perdit dorze à quinze jours à discuter 81
un
décidé, Eile préj" "gea néar
cet oijet suns prendre
parti --- Page 391 ---
(383 - 2
)
moins, dès le premier jour 3 la culpabilité des commissaires
par l'ar:été préparatoi equ'elle prit à cet égard. Voici
civila
Atoit conçu : ec après mire discussion, l'assemblée
comme il
tre plus à même de connoitre les erreurs dans voulantse metsieurs les commissaires nationaux civils
lesquelles mesauroient
er qu'ils auroient propagées dans la
Pu tomber,
colonie, arrête
ment qu'il sera nommé trois commissaires
préalableminer
chargés de déterl'opinion de l'assemblée sur les pouvoirs de messieurs
les commissaires civils, les motifs sur lesquels cette
est fondée, les cas dans lesquels messieitrs les
opinion
res nationaux se sont écartés degeurs
commissaipouvoirs, et les dangers qui résultent de ces écaris pour le salut et le bonheur
la colonie (1).>
de
L; travail de la commission nommée
eu satisfaisant, qu'on le
pour cet objet fut si f. XIX.
evision,
renvoya plusieurs fois à une nouvelle Discours
quoiqu'il eit 61é corfié à des hommes connus
leur
oignement pour les commissaires civils. Ceux-ci furent par
apologétique de Roume.
Se rendre dans le sein de l'assemblée le
invités
intation du
lendemain de la prérapport (2). Roume n'avoit pas attendu
cher de communiquera l'assemblee,
jusqu'alors à
parde nouvelles
calme et la bienveillance qui étuient dans son ouvertures,
1s compromettre néanmoins l'autorité
ccur. Pour ne
dont il étoit
bnt il déclara ne devoir
revêtu, et
compte qu'à l'Assembléc nationale
I Procès-verbal de l'assemblée coloniale, du février
issi l'extrait de ses registres, du 18 janvier 19
1792 Voyer
issaires' civils aux colons Français de
; l'adresse des comSint-Doningue, du 21 levrier, et le 5. Sain-Domingne, XIX du ch.
le Monit,
2 Procès-verbanx de l'assemblée
suiv.
28 et: 2)iévrier, 1 et 22 mars coloniale, des 19, 20, 21, 26,
21, 23, 27, 28, 2)
17)2. Monitear de
tevrier, I et 4 uars.
Saint-Domingue,
Français de
; l'adresse des comSint-Doningue, du 21 levrier, et le 5. Sain-Domingne, XIX du ch.
le Monit,
2 Procès-verbanx de l'assemblée
suiv.
28 et: 2)iévrier, 1 et 22 mars coloniale, des 19, 20, 21, 26,
21, 23, 27, 28, 2)
17)2. Monitear de
tevrier, I et 4 uars.
Saint-Domingue, --- Page 392 ---
(384) )
et au roi, cil débuta par dire que sans pariet ofigiellement,
s'adresser à ses frèresws il juatif
> venoit comme simple citoyen
la conduite qu'avoient tenue les commiesaires cdil
sans peinc leur arrivée à Saint-1 Doniingue. Il prouva par l'exanie
depuis
la foree armée qu'on avoi
des lois relatives anx colonics, 7 par
adjointe à Jeur missio", par l'exemple d'autres commissaire
avoit envoyes a la Martinique ct dans le Eas-Rhin, 9"
qu'on
civile cloit plutôt restée en deçà qu'elle n'éto
ia commission
allée an-delà deses pouvoirs. Enfin il justifia la correspondanc
avec les hommes de couleur , moir
des commisaires-civile
cl'e-méme
les con
encore par la raison et lajustice
1 que par
sidérations les plus propres à faire impression sur des personn
imbues des préjugés coloniaux (1).
de
dans une discussion plus de,m
Il est impossible
porter
Reume n'en mit dans cette espè
nagemens et d'égards que
d'apologie. Il annonça qu'il étoit loin de b'âmer T'inquistue
avoient desiré connoitre l'étendue des pouvoirs d
de ceux qui
s'étoie
commissaires civils, qu'il étoit loin d'attaquer ceux qui
expliqués a cet egirdavec la liberté des Français régénérés, qu
ne voyoit en eux que des citoyens zélés pour leur pays;
la liberté étoit ombrageuse, et que les questions qu'on ven
d'agiter, pourroient aussi donner lieu à des discussions impe
tantes dans l'Assemblée nationale. Il finit par inviter Tassemb
coloniale ( àj joindre ses efforts aux leurs pour lesalut de Sair
en conférant avec eux et M. le général, cohu
5 Domingue,
S des amis, sur la distribution des troupes attendues (2).>
1 Déponillement des siances de l'assemblée coloniale 1 par Roum
Procès-verbaux de T'assemblée colaniale, du 24 février 17)2. Mu
feur de Ssint-Domingne, du 27 février 1792.
2 Discours de Roume lu alassemblée coloniale,! le 24 férriers"y
Po
en conférant avec eux et M. le général, cohu
5 Domingue,
S des amis, sur la distribution des troupes attendues (2).>
1 Déponillement des siances de l'assemblée coloniale 1 par Roum
Procès-verbaux de T'assemblée colaniale, du 24 février 17)2. Mu
feur de Ssint-Domingne, du 27 février 1792.
2 Discours de Roume lu alassemblée coloniale,! le 24 férriers"y
Po --- Page 393 ---
( I 385 )
Pour toute réponse à cette communication
semblée arrêta que Roume seroit prié de
touchante, , l'as- 5. XX,
qu'il venoit de lire L'autre
remettre le mémoire Lettre dc
commissaire civil,
Micbeck, se justifia, avec un sentinent
restéau Cap, Mirbeck,
l'assemblée coloniale. Peut-être
plus #if, des torts de
même
trop peu de mesures d.nsi les
trouvera-t-on qu'il mit
l'on considère la foibles-e des justes reproch-s qu'il lhi fit, si
avoit alors à sa
moyens que la commission civile
disposition. ( Votre
> il dans une lertre
coupab#e indiscrétion, ditqu'il adressa à
> bats scandaleux mettent
l'assemblée coloniale , vos dé.
> tendent
en danger la chose
et
qu'à égarer le
qu'a
publique, ne
> etl les troubles'
peurle,
perpétuer les divisions
qui déchirent la
D scènes d'horreur qui l'ont
colonie, à faire accroître les
déja
D que les bons
ensanglantée. Les justes alarmes
citoyens en ont
D da partager avec eux,
conçues 1 et que nous avons
, nous obligent à
moyens que le roi et la nation ont mis employer tous les
les faire cesser. Nos pouvoirs
en nos mains pour
que celle d'une
à cet égard n'ont d'autre limite
gations qu'eile responsabilité cfrayante par l'étendue des obliMirbeck
nous impose : c'est une véritable
finissoit sa lettre par inviter
dictature >.
raines discussions,
l'assemblée à laisser ces
notivé
pour s'occuper des travaux
sa convocation, et donner enfin à la
qui avoier;
itution d'oi dépendoit son salut (2).
colonic une consL'expression de dictature étoit de nature à
nes liures, ) malgré la restriction
blesser des homlle avoit pour ainsidie ét6 que Aiebecky avoit mise. Mais
provoquée par la méconnoissance
I Procès-verbaux de l'assembléc coloniaie
792.
2 des 24 ct 25 février
2 Lettre de Mirbeck à Passemnblée
Rap. de G, Coulon,
coloniale, du 27 fovrier 1792.
Tome II.
B b
consL'expression de dictature étoit de nature à
nes liures, ) malgré la restriction
blesser des homlle avoit pour ainsidie ét6 que Aiebecky avoit mise. Mais
provoquée par la méconnoissance
I Procès-verbaux de l'assembléc coloniaie
792.
2 des 24 ct 25 février
2 Lettre de Mirbeck à Passemnblée
Rap. de G, Coulon,
coloniale, du 27 fovrier 1792.
Tome II.
B b --- Page 394 ---
( 386 )
coloniale avoit faite des pouvoirs de 1a
absolue que l'assemblée
si excessif et sur
commission civile. Les idées sur un pouvoir
elle-même n'étoient point alars aussi généraIa dénomination
les amis de la liberté ; qu'elles l'ont été
lement arrêtées' parmi
des frénétiques et des
depuis à la vue des excès commis par
avoit-il ÉLé
nom de la révolution. Aussi ce terme
brigands au
l'observa Roume, sans exciter de réclamation
employé , comme
l'Assemblée constituante $ au nom de
dans le rapport fait à
des commissaires que cette
cinq comités réunis, sur la mission
du Rhin ; et i
assemblée avoit envoyés dans les départemens
être,
quelque elfrayant que cela puisse
que
est trop vrai, révolution oi la constitution n'a pas encort
dans un temps de
,
institués, des composé les limites entre les, divers pouvoirs
distances ne
extraordinaires envoyées à de si grandes
missions
avoir d'autres bornes sur plusieurs objets 2 que
peuvent guère
natarelle d'après laquelle l'autorité national
cclles de la justice
doit juger toutes leurs opérations.
coloniale se prévalut adroite
Cet incident, dont Y'assemblée
au fond de 1
$. XXI, ment (1), étoit au reste absolument étranger débats,
Nouvel atElle parut terminée, après de nouveaux
pa
rêté de Pass. question.
refusoit aux commissaires ci
coloniale. un arrêté de cette assemblée, qui
des colonies; 5 participa
vils toute participation à la légiflation
n'avoient même ja
n'avoient jamais réclamée , qu'ils
tion qu'ils
hors de leurs pouvoirs: Voici le text
mais cessé de déclarer
de l'assemblée coloniale, sur la corres
1 Voyez les observations
civils; les observations de TH
pondance imprimée des commissaires Milletà M. de Mirbeck, etc. An
Millet, sur le même objet; Th. civils,lue à Passemblée ecoloniale
lyse de Padresse des commissaires
par Th. Millet, P. 7,8,9 et 24.
qu'ils
tion qu'ils
hors de leurs pouvoirs: Voici le text
mais cessé de déclarer
de l'assemblée coloniale, sur la corres
1 Voyez les observations
civils; les observations de TH
pondance imprimée des commissaires Milletà M. de Mirbeck, etc. An
Millet, sur le même objet; Th. civils,lue à Passemblée ecoloniale
lyse de Padresse des commissaires
par Th. Millet, P. 7,8,9 et 24. --- Page 395 ---
( 387 )
de cet arrêté qui est du IO mars
niale déclare qu'aucune
1792. ( L'assemblée colepeut, sans déruire lcs bases puissance ni autorité quelconque ne
tion française 3 et sans se rendre fondamentales de la constituporter atteinte à une
criminelle envers la nation 2
émanée de la
délégation, à une altribution
toute-puissance
positive D
> Qu'au roi seul et à
nationale; ;
de concourir avec
son représentant appartient le droit
leur assentiment l'assemblée coloniale., et de former
toutes les lois
par
sont du ressort de la puissance provisoires et définitives qui-
> Que cette même
légilative ;
puissance s pour être
exercée, 3 ne doit être soumise
conutitutionellement
loi lui impose, sans
qu'au seul modérateur que la
ou intermédiaire qu'aucune autorité particulière ,
1 puisse entraver ni même
subrogée
quelque manière que ce soit 2 l'acte libre suspendre, 3 de
sanction.
et spontané de la
> Déclare que MM. les commissaires
que puisse être l'étendue des
nationatx civils, s quelle
gués , sont absolument
pouvoirs qui leur ont été délépour. s'immiscer
sans earactère comme sans fonction,
soluien de l'assemblée, directement ou indirectement dans aucune rérelacifs d l'état des esclaves notamment dans les actes
de couleur
et d l'état
quiserone
et négres
politiqie des hommes
clusivement
libres; puisque le droit de
à cet égard forme
prononcer extude de la puissance légillative essentiellement toute la latiblées
qui a été conférée aux
coloniales :
assemD Qr'a l'assemblée coloniale seule
pliquer ct faire erécuter
appartient le droit d'apdu gouverneur, les décrets provisoirement, avec Tapprobation
aux convenahces
nationaux qui pourront
locales, etqu'aucuo
s'adapter
corps populaire ne peut
Bb 2
droit de
à cet égard forme
prononcer extude de la puissance légillative essentiellement toute la latiblées
qui a été conférée aux
coloniales :
assemD Qr'a l'assemblée coloniale seule
pliquer ct faire erécuter
appartient le droit d'apdu gouverneur, les décrets provisoirement, avec Tapprobation
aux convenahces
nationaux qui pourront
locales, etqu'aucuo
s'adapter
corps populaire ne peut
Bb 2 --- Page 396 ---
388 )
ni ne doit, sous quelque autorisation que ce soit 3 applifaire
aucun' décret rendu
la France
B quer ni
exécuter
pour
)) quel'assemblée coloniale ne l'ait préalablement adopté ()-
Les insinuations contenues dans cet arrêté ne pouvoient pa
s. XXII.
effet. On le fit
ou suivre d
Ecrits con- seules produire un grand
précéder
tre les com- divers écrits contre les commissaires civils, 3 que l'assemblée co
missaires ci- loniale fit imprimer, et dont plusieurs étoient composés par se
vils.
membres (2). Mirbeck assure que ces libelles étoient colporté
dans les lieux publics pour soulever le peuple. On y répandoit
les commissaires civils étoient les protecteurs dé
dit-il, ( que
> clarés des esclaves et des gens de couleur; qu'ils vouloier
la liberté aux uns, et rendre les autres égaux au
> donner
blancs > (3). Il est certain, du moins, quel'asremblée colonial
officiellement alors la fameuse séance du club Massiac du
publia
de l'assemblée coloniale, sur les droits qui lui o1
1 Déclaration TAssemblée constituante, p. 13 et suivantes des ol
été confiés par
servations de l'assemblée coloniale, sur la correspondance imprime
civils. Adresse des commissaires civils aux colons (
des commissaires
fait àl'assemblée colonial
Saint-Domingue, du 10 mars 1792. Rapport
la
des commissaires civils, le 1 mars 1792.
sur correspondance
de l'adresse des commissaires civils, lue à l'assembl
a Analyse
Th. Millet. Observations sur
coloniale 1 le 25 mars 1792, par
discours de Roume, par le même. Th. Millet, citoyen français.,
M. de Mirbeck. Obseryations de l'assemblée coloniale, sur la corre
pondance imprimée des commissaires civils. Le cri de ma conscienc
par Baillio, dans le Moniteur de Saint-Domingue 9 du 26 mars 179
A M. de Mirbeck 1 par M. Laurent-Marie de Léaumont. Adresse d
commissaires civils aux colons français de Saint-Domingue. Lett
de Roume au ministre de la marine , du 2 avril 1792.
3 Rapport de Mirbeck, imprimé par ordre de l'Assemblée national
p. 33.
pondance imprimée des commissaires civils. Le cri de ma conscienc
par Baillio, dans le Moniteur de Saint-Domingue 9 du 26 mars 179
A M. de Mirbeck 1 par M. Laurent-Marie de Léaumont. Adresse d
commissaires civils aux colons français de Saint-Domingue. Lett
de Roume au ministre de la marine , du 2 avril 1792.
3 Rapport de Mirbeck, imprimé par ordre de l'Assemblée national
p. 33. --- Page 397 ---
(389 )
ctobre 1791, tenue ccntre les
elle que la proposition de faire des commissaires civils. On se rap-.
ur départ,y y avoit été écartée
démarches pour s'opposer à
voyoit d'autre inconvéniene par la considération, C qu'on n'y
pour les commissaires
que celui qui pourroit résulter
chercher à pressentir le euz-mémes > et qu'il ne falloit pas
leur égard, d'après
vccu de la colonic, qui agiroit à
former de leur
F'opinion nouvelle qu'elle auroit pu se
mesures d prendre mission, , et qui pourroit même avoir des
ploniale,
vis-d-vis d'eux directement >.
que ses défenseurs ont voulu
L'assemblée
lent étrangère à l'esprit du club
pré.enter ccmme absolu-
:cette délibération,sur
Massiac 3 ordonna T'impression
ne fatisoic ainsi
Pobservation faite par Delaval, (
que remplur les
qu'elle
séante d P'hôtel Massiac
intentions de l'assemblée
(1).
Dans le même temps l'assemblée
te Julien Raimond avoit écrite
coloniale publia la lettre $. XXTIZ,
mars
aux hommes de
1791; > pour les exhorter à
couleur, le Lettre de
lonie, malgré les vexations des maintenir la paix dans la Raimond altiotique qu'il avoit offert
blancs, et à réaliser le don téréee
le. En ordonnant
en leur nom à T'Assemblée natiolon, l'assemblée coloniale l'impresion de cette lettre 7 sous sa certifhommes.de
eut l'air de ne songer
couleur, 2 par.les
qu'a rameher
à l'union qu'elle contenoit. touchantes invitations à la
inprimé,
Mais l'on avoit commis Paix
quoique cerlifié conforme
dans
ions assez légères en
par T'assemblée, des altélices de corruption, les apparence > qui métamorphoroient en
sentimens de reconnoisance,
exprimés
Procès - verbaux de Passemblée
oiteur de
18 coloniale, 3 du 16 mars
18 janvier précédent, Ssin-Doningne,.ir mars. Voyez, aussi ceux des 1792.
Bb 3
invitations à la
inprimé,
Mais l'on avoit commis Paix
quoique cerlifié conforme
dans
ions assez légères en
par T'assemblée, des altélices de corruption, les apparence > qui métamorphoroient en
sentimens de reconnoisance,
exprimés
Procès - verbaux de Passemblée
oiteur de
18 coloniale, 3 du 16 mars
18 janvier précédent, Ssin-Doningne,.ir mars. Voyez, aussi ceux des 1792.
Bb 3 --- Page 398 ---
( 3g0 )
Raimond en faveur de Brissot, Pétion, Grégoire et Clapar
avoient défendu la cause des hommes de couleut
vière., qui
avec tant de zèle (1).
Pour terminer cette longue lutte contre le gouvernement, 1
$. XXIV. côté Ouest et la municipalité combinèrent une nouvelle émeute
Requisitions
le peu d'énergie des brouillons qui la dirigeoient, fini
de Rouvrayà qui, donner par la victoire au parti du gouvernement , après avoi
Blanchelande par
Blanchelande et des commissaires civils en danger
mis la vie de
Les députés de l'Oupst et du Sud ne cessoient de demander
Blanchelande une partie des forcesquiarcivoient de France, pou
appaiser dans ces deux provinçes l'insurrection des hommes d
couleur qu'ils redoutoient beaucoup plus que celle des nègres(2)
Le parti opposé, qui, par politique, témoignoit moins d'éloigne
ment pour les hommes de couleur depuis qu'il avoit apprisleur
liaisons avec les agens du gouvernement dans l'Ouest, s'efforço
au contraire d'empècher cette mesure. Le 15 mats 1792, 1
marquis de Rouvray, se réunit avec plusieurs colons du Nord
pour demander à Blanchelande que les troupes attendues d
France fussent réservées exclusivement pour cette province
Lemémoire qu'ils lai adressère.t, sous le titre de Requisition
et réfleccions , présentées à M. le général par des propric
taires fonciers de la province du Nord, étoit fait avec beau
coup d'art. Pour n'ètre point en contradiction avec ses précé
dens écrits, Rouvray y attribuoit dans celui-ci l'insurrection de
nègres K aux émissaires des amis des noirs, qui, étoient parven
I Monitéur de Saint-Domingue, du 22 mars 1792. Procès - verbar
de Passemblée coloniale, da 19 mars. Lettre de J. Kaimond à ses frèr
t b en comparaison des originaux, etc.
férrier
a Voyez le Moniteur de Saint-Domingue, de janvier,
mars, passime
dens écrits, Rouvray y attribuoit dans celui-ci l'insurrection de
nègres K aux émissaires des amis des noirs, qui, étoient parven
I Monitéur de Saint-Domingue, du 22 mars 1792. Procès - verbar
de Passemblée coloniale, da 19 mars. Lettre de J. Kaimond à ses frèr
t b en comparaison des originaux, etc.
férrier
a Voyez le Moniteur de Saint-Domingue, de janvier,
mars, passime --- Page 399 ---
(
9 à Saint-1
391 )
Domingue 3 par la
- Brissot, des Condorcet, des Gironde j aux perfides écrits des
abbé
teurs contre Za France, ainsi Grégoire et aueres conspirail soutenoit en même temps,
qu'aux complices a
d'Ogé. > Mais
vemens
qu'il n'en ctoit pas ainsi des
quiavoient eu lieu dansl l'Ouest
mouD toient absolument le caractère
et le Sud; a qu'ils por0 blancs, et provenoient
de guerre civile de blancs à
9 qui
certainement des diversités
partagoient les blancs de ces deux
d'opinions
Femarquoitavec vérité, que l'Assemblée provinces. > Rouvray
loissance que de la seule
nationale n'avoit cu contvoit décrété l'envoi des insurrection des esclaves, 9 lorsqu'elie
n concluoit
premières troupes
que cette assembéelen décréteroit Saint-Domingue; 5 il
-onsidérables, d'après la connoissance
sans doute de plus
Hles deux autres
qu'elle auroit des troubles
e pouvoit
provinces; mais qu'en aftendant,
pas se permettre de
Blanchelando
le la destination
distraire les troupes de
que l'Assemblée nationale leur
France,
ju'enfin, il seroit possible
avoit
ent de servir les
que les soldats eux-mêmes donnée;
vues du
refusasontre les hommes de
gouvernement de
K
Saint-Domingue
comme ils le seroient couleur, 3 lorsqu'ils seroient instruits,
puissant de l'Assemblée certainement 7 que le parti le plus
que presque toute la France nationale, que les clubs du royaume,
enfin
hommes de couleur *; et
penchoient cn faveur des
(uoique le plus foible
qu'ainsi le parti coalisé avec
cs décisions de
encore, 3 ne Pouvoit que gagner à eux,
l'Assemblée
attendre.
nationale et du roi,
Le mémoire finissoit par cette
que nos malheurs seroient réfexion : e Ily 2 long-temps
l'eiit voulu,et si elle
cessés, 9 si Lassemblée coloniale
s'établir
n'eit pas commis
au Cap (1). >
l'imprudence de venir
Requisitions et réflexions
présentées à M, le général, etc. Projet
Bb 4
voit que gagner à eux,
l'Assemblée
attendre.
nationale et du roi,
Le mémoire finissoit par cette
que nos malheurs seroient réfexion : e Ily 2 long-temps
l'eiit voulu,et si elle
cessés, 9 si Lassemblée coloniale
s'établir
n'eit pas commis
au Cap (1). >
l'imprudence de venir
Requisitions et réflexions
présentées à M, le général, etc. Projet
Bb 4 --- Page 400 ---
392 ) :
$. XXV.
Quelles que pussent être les vues des auteurs de cette pétiDénoncia- tion, qui avoit même été signée par plusieurs membres de l'astions contre semblée coloniale, onhe pouvoit, sans violer les principes
Punetl'autre. les plussacrés de l'ordre social, faire un crime à Blanchelande
de l'avoir reçue. C'est néanmoins de la que partirent le côté
Ouest et i municipalité du Cap,pour tenter de se débarraser
du gouvernement et des commissaires civils. Ils parvinrent a
exciter dans la ville unefeimentation que son issue 3 plus encore
que l'intérêt du Cap et de toute la province 3 prouva bien
n'avoir été que factice. Tandis que Elanchelande pressoit par
de statuer sur le sort des hommes
une lettre T'assembléelcoloniate
de couleur, un inconnu dénonca à l'assemblée provinciale du
Nord, et à la municipalité du Cap, un complot contre le salut
public, et favorable à la restauration de'lancien régime. Ces
aut moins n'ignoroient
deux autorités, 2 dont plosieurs membres
pas sans doute de quoi il étoit"question, adressèrent cette lèttre
à l'assemblée coloniale, après l'avoir fait imprimer. Celle - ci
arrêta ( que. l'auteur de la lettre demeureroit invité à donner
> tous les renseignemens qui seroient en son pouvoir SUT le
complot, dont i! assuroit avoir connpissance; l'assemblée le
> mettant déjà sous sa protection, celle des corps popu5) laires, et la sauve-garde des citoyens de Ia ville du Cap, et
> des troupes patiiotiques et de ligne ; arrêtant, en outre , que
5 si l'auteur de la Jettre, parvenoit à donnef des preuves suf-
> fisantes sur P'existence du complot ci-dessus, et à procurer
seroit
-
la connoissance de ses fauteurs et complices, il lui
de conspiration.. déposé dans les mains du général, etc. par Delpy.
Lettre de M, de Rouvray à PAssemblée nationale, 9 du 27 mars 1792Lettre de Blanchelande, dans le Moniteur de Saint-Domingue, du 26
mars.
de la Jettre, parvenoit à donnef des preuves suf-
> fisantes sur P'existence du complot ci-dessus, et à procurer
seroit
-
la connoissance de ses fauteurs et complices, il lui
de conspiration.. déposé dans les mains du général, etc. par Delpy.
Lettre de M, de Rouvray à PAssemblée nationale, 9 du 27 mars 1792Lettre de Blanchelande, dans le Moniteur de Saint-Domingue, du 26
mars. --- Page 401 ---
(393 )
) donné par l'assemblée une gratification
- l'assemblée se rendoit caution
de 30,000 liv., dont
(1). >
Les choses parurent alors en rester l; mais trois
quelques députés du Sud et de l'Ouest
jours après,
envoyât dans le Sud 280 hommes
demandèrent qu'on
France dans la rade du Cap. C'est nouvellement arrivés de
appuyant cette demande,
alors que Bérault 2 en
dénonça l'écrit de
injurieux à la province du
Rouvray, , comme
qu'il en suivroit la
Sud, au nom de laquelle il déclara
suivant l'auteur de réparation. Demun demanda qu'en
cet écrit
pourindigne de servir nulle
infernal, on le déclarât infâme et
indignation
part. Il ajouta qu'il n'étendoit
conire les signataires,
pas son
gu'une très grande
parce qu'il étoit persuadé
lavoient
quantité se repentoient de l'avoir
fait, sans en. savoir le contenu.
signénet
curent alors la lâcheté de
Queiques députés
nise à cet écrit
désavouer la signature qu'ils avoient
Blanchelande
: l'assemblée envoya quatre commissaires à
pour lui
Attendroit sa
demanderloriginal, en déclarant qu'elle
réponse sans
eme: tre une copie certifiée désemparer. de
Blanchelande offrit de
ignatures 5 mais il
cet écrit avec le nombre des
beur de ne pas livrer ajouta qu'il avoit donné sa Parole d'honnoncroit
l'original. Une grande
déja dans la ville; l'assemblée étoit fermentation sc
la calmer Les Partis les
bien loin de songer
Hlanchelande
plus violens furent
3 mais avant d'en
proposés contre
levoir envoyer chercher la
prendre un délinitif, elle crut
ux douze commissaires copie qu'il avoit offerte. Il répondit
nande,
qui lui portérent cette
> que craignant d'exciter du trouble
nouvelle deignataires, il venoit, de jeter l'écrit
relativement aux
au feu.
I Procès-verbaux de l'assemblée
iteur de
coloniale, du 22 mars
Saint-Domingue, 9 du 25 mars,
1792. Mo-
levoir envoyer chercher la
prendre un délinitif, elle crut
ux douze commissaires copie qu'il avoit offerte. Il répondit
nande,
qui lui portérent cette
> que craignant d'exciter du trouble
nouvelle deignataires, il venoit, de jeter l'écrit
relativement aux
au feu.
I Procès-verbaux de l'assemblée
iteur de
coloniale, du 22 mars
Saint-Domingue, 9 du 25 mars,
1792. Mo- --- Page 402 ---
( (394)
Paffemblée arrêta qu'il y avoit lieu à ac.
Sur cette réponse,
ordonna au siège du Cap K d'inftruire
cusation contre Rouvray,
son procès par la voie extraordinaire, jusqu'a
> publiquement
sur le rapport qui
jugement définitif exclusivement > 2 pour,
clle tel
seroit fait de la prorédure à l'affembléc, être pris par Rouelle déclara en outre
arrêté ultérieur qu'il appartiendevit;
enfin, elle nomma des commilfaires,
vray en état d'arrestation;
étoient à la
une collection de toutes les pièces qui
e pour faire
avoir reçu 6 gardi l'écrit
> charge de Blanchelande , pour
articuler
> signé de Rouvray ct auires, que l'allemblee pourroit
> contre lui (1).>
Blanchelande avoient exigé quatre
Les négociations avec
étoient sortis
$. XXVI. messages différens, et les habitués des galeries
la ville
dans
;
Emeute en- avec les derniers commiffaires pour se répandre de soldats au
tretenue par il se forma ainsi des attroupemens d'habitans et
et
l'assemblée
Mars. On demanda la tête de Blanchelande;
et la munici- champ de
y
l'assemblée coloniale se mélèrent
palité.
l'on assure que des députés à
dansla foule pour soufficrle feu de la siBibea)Dauroopeace
et tandis que Blanchelande
se porta ensuite au gouvernement,
six commissaires
envoyoit demander à Passemblée coloniale 3
dans la
auprès de lui, onle força des'y rendre : il entra
pourrester
membres de la municipalité 7 suivi de plusieurs
salle avec deux
Le
Gault
la sortie.
député
officiers dont les galerics exigérent Blanchelande devoit savoir
demanda la même chose, < parce que
de
du 27 mars 1792.
1 Moniteuc Saint-Donsingue, de la marine, 7 du 2 arril 179a?
2 Lettre de Roume au ministre dans le Monitenr de Saint - Doningue,
Déclaration d'Olivier jeune,
de Villeneuve et de la Corée,
du3avril. Voyez aussi les déclarations des 3o mars et 5 avril.
dans le Moniteur de Stint-Domingue,
exigérent Blanchelande devoit savoir
demanda la même chose, < parce que
de
du 27 mars 1792.
1 Moniteuc Saint-Donsingue, de la marine, 7 du 2 arril 179a?
2 Lettre de Roume au ministre dans le Monitenr de Saint - Doningue,
Déclaration d'Olivier jeune,
de Villeneuve et de la Corée,
du3avril. Voyez aussi les déclarations des 3o mars et 5 avril.
dans le Moniteur de Stint-Domingue, --- Page 403 ---
(395 )
A que sa personne étoit dans la
> ceinte des représentans du
plus grande stireté dans l'ens
>) vraiment l'air de vouloir peuple, et que ces officiers avoient
leur en imposer. >>
Blanchelande, extrèmement cffrayé,
tendre les demandes
le
pria l'assemblée d'enqu'il étoit prêt à que peuple avoit à faire, en
y satisfaire. L'assemblée
déclarant
municipaux recevroient
arrêta que les officiers
pour les lui transmettre. lesplaintes et réclamations du
Un orateur,
peuple,
tous ceux qui étoient
parlant au nom de
> s'étoit rendu
présens, déclara que ( Blanchelande
indigne de la confiance des
dénonçant Pas un éctit aussi
citoyens, en ne
> étoit porteur: > il conclut à incendiaire que celui dont il
qué pour France avec les
ce que Blanchelande fât embarblée coloniale avoit arrêté nouveaux commiffaires, , - dont l'asseml'envoi à l'Assemblée
ques jours auparavant, et
nationale queldans la maison
que, jusqu'a son départ, il restât
triotiques
commune, sous la sauve-garde des
t). Après que ces demandes eurent été troupes paapprouvécs, un autre orateur dénonça
unanimement
commune ge toute la conduite de
aussi, au nom de lz
D rivée dans cette colonie,
Blanchelande, depuis son ara marquée de rappeler les 3 chefs notamment pour son affeétation
contre les brigands, du
des diflérens corps envoyés
moment
D dessuccés: > on dressa
qu'ils commençoient à avoir
Le procureur de la
procès-verbal de cette" étrange séance.
commune,
peisonnes qui formoient Larcheveique-Taibagd le lut aux
leur
l'attroupement : ils en
satifaction; et sans se donner même la
témoignèrent
peine de piendre
1 Séance extraordinaire de Ja
1792, dans un extrais des pièces municipalité du Cap, da 25 mars
colonialo,
déposées aux archives de l'asseniblée
çoient à avoir
Le procureur de la
procès-verbal de cette" étrange séance.
commune,
peisonnes qui formoient Larcheveique-Taibagd le lut aux
leur
l'attroupement : ils en
satifaction; et sans se donner même la
témoignèrent
peine de piendre
1 Séance extraordinaire de Ja
1792, dans un extrais des pièces municipalité du Cap, da 25 mars
colonialo,
déposées aux archives de l'asseniblée --- Page 404 ---
(396 )
afin de ne pas perdre de temps , Larchevesqueleurs signatures,
nombreufe, porta cette pièce à
Thibaud, suivi d'une escorte
avoient eu le coul'assembléc coloniale; ; quelques membres y
délibération
d'énoncer des doutes sur la légalité d'une
rage
L'assemblée arrêta que son président énonceainsi provoquée. Blanchelande le vau du peuple, et recevroit
roit seulement à demanda si, d'après le vaeu du peuple exscs réponses. Il lui
le cri des galeries erèsprimb tant à la municipalité que par
Blanchelande
nombreuses, il consentoit à partir pour France.
perdu la confiance du peuple, ,il étoit prèt
répondit qu'ayant
sur le même bàtiment que les
à obéir à sa voix, et à partir
vint à sa consignation
commissaires dstsueatuienmahtengee déclara
cette condition étoit
àla maison commune, un membre
que libre. Le
Blanchelande devoit rester
procureur
trop dure, que étoit si bien l'ame de cette émeute, qu'il prit
de la commune
de la pétition étoit retirée; et
sur lui de dire que cette partie
étoient dans les galeries,
des cris de quelques personnes qui
donnèrent un acquiescement à cette restriction.
On commença alors à s'appercevoir que ce mouvement factice de
tiroit à sa fin faute d'alimens, et qu'un assez petit nombre
La précaution même qu'on prenoit
personnes y participoient. Blanchelande a tout, suffisoit pour montrer
de faire consentir
combien
ils comptoicnt sur
lembarras des agitateurs, et
peu de dresser procèsleurs propres moyens. On s'empressa encore Blanchelande pour sa
verbal de la séance, et de le présenter à
venoit de voir, il répondit qu'il
signature. Enhardi par ce qu'il
le laissa retirer trannécessaire de signer : on
ne jugeoit pas
quillement après cette réponse.
Témeute.
Lelendemain on fit des efforts inutiles pourranimer
soldats du régiment du Cap, qu'on avoit travaillés,
Queiques
urs, et
peu de dresser procèsleurs propres moyens. On s'empressa encore Blanchelande pour sa
verbal de la séance, et de le présenter à
venoit de voir, il répondit qu'il
signature. Enhardi par ce qu'il
le laissa retirer trannécessaire de signer : on
ne jugeoit pas
quillement après cette réponse.
Témeute.
Lelendemain on fit des efforts inutiles pourranimer
soldats du régiment du Cap, qu'on avoit travaillés,
Queiques --- Page 405 ---
(397)
vinrent dénoncer leurs
lande qu'ils vosloient suivre oficiers, comme dévoués à
en France. Ils
Blanchequ'on leur enlevât leurs
Parurent craindre
coloniale, Léaumont, drapeaux. Le président de
l'un des députés du
l'assemblée
toute la reconnoissance de la colonie
Sud, leur témoigna
ct les invita à aller à la
pour leur dévosement,
faits qu'ils venoient de municipalité faire leur déclaration des
savoir contre leurs
démoncer, et autres qu'ils
tenoient
officiers; il ajouta
pourroient
au corps, et qu'ils étoient les que les drapeaux apparmesures Pour' les mettre en-sireté,
maîtres de prendre des
Les soldats ne furent que
après avoir répété leur
trop fidèles à ces lcçons de révolte; $. XXVIL,
tambour
déclaration à la municipalité,
;
battanr, 3 prendre leurs
ils ailerent, Résulrar fales porter aux casernes. Tout drapeaux chez leur colonel, et vorable' au
sur le peuple ,.qu'on
cespectacle ne fit aucune
parti du gouvouloit encore
impression yernement,
chelande marchandoit avec l'assemblée échauffer; tandis que Blantions de son départ, en demandant
coloniale sur les condises partisans
un bâtiment
sc réunir. proftoient de la foiblesse de ses particulier (),
L'assemblée du. Nord,
adversaires pour
avec la
gui étoit toujours en
municipalité, se forma en comité
rivalité
reçu, contre ce qui s'étoit passé la
secret,- après avoir
nationaux à cheval, et de
veille, la pétition des gardes
qui étoient dévoués au
quelques autres corps
titutionnelle,
gouvernement, Elle déclara nulle patriotiguas,
la
attentatoire aux autorités
, inconscolonie, et contraire au vacu
légitimes qui régissoient
vince du Nord, la pétition de la général des citoyens de la proBlanchelande de
veille ; invita et requit même
reprendre ses fonetions; invita
pareillement
1 Lettre de Blanchelando à
1792.
l'assemablée coloniale 2 du "27 mars
quelques autres corps
titutionnelle,
gouvernement, Elle déclara nulle patriotiguas,
la
attentatoire aux autorités
, inconscolonie, et contraire au vacu
légitimes qui régissoient
vince du Nord, la pétition de la général des citoyens de la proBlanchelande de
veille ; invita et requit même
reprendre ses fonetions; invita
pareillement
1 Lettre de Blanchelando à
1792.
l'assemablée coloniale 2 du "27 mars --- Page 406 ---
- - 398 )
Ies bons citoyens des troupes patriotiques et de ligne à se mé
fier des impulsions étrangères qui tendroient à les porter a
troubler l'ordre et la tranquillité publique. Enfin elle alla porter
ses réclamations à l'assemblée coloniale, oû, après quelques
débats, le côté Est fit annuller tout Cc que le côté Ouest avoit
fait faire la veille (1).
Ona arrêta que dix commissaires iroient inviter Blanchelande i
oublier la scène affligeante de la veille, à reprendre les rènes du
gouvernement, et à venir dans l'assemblée pour y entendre l'expression de son voeu. Ilarriva, un instant après, au milicu des
applaudisscmens de ces mènies galeries, qu'on avoit soulevécs
contre lui, le jour précédent. Le président Léaumont, au milieu
des complimens serviles qu'il lui adressa à cette occasion, osa bien
lui dire que le nouveau vceu qu'il lui portoit de la part des re :
présentans du peuple de la colonie , étoit celui des citoyens du
Cap, de l'assemblée provinciale, et de la municipalité. Il répéta
la même chose en adressantla parole à ces deux corps qui assistoient à la séance 5 cette municipalité si turbulente, et Larchelui-même
avoit été l'ame de l'émeute, 2
vesque - Thibaud
, qui
nedirent pas un mot pour le démentir (2).
Bianchelande jouit de son triomphe, en insistant sur la résoluavoit
de
pour France ; il ne céda enfin aux
tion qu'il
prise partir
instances de l'assemblée pour le retenir, qu'en exigeant qu'on
des
des délibérations de l'assemblée provinciale
1 Extrait
registres
Adresse de Joubert auz
permanente du Nord, du 27 mars 1792. de l'état actuel de Saint
citoyens 2 dudit jour. Compte sommaire
Domingue , par Mirbeck, P. 36 et suiyantes.
de
mars 1792. Compte sommaire
2 Moniteur Saimt-D.ningae,dany
de Mirbeck, P. 36et suiy,
ant qu'on
des
des délibérations de l'assemblée provinciale
1 Extrait
registres
Adresse de Joubert auz
permanente du Nord, du 27 mars 1792. de l'état actuel de Saint
citoyens 2 dudit jour. Compte sommaire
Domingue , par Mirbeck, P. 36 et suiyantes.
de
mars 1792. Compte sommaire
2 Moniteur Saimt-D.ningae,dany
de Mirbeck, P. 36et suiy, --- Page 407 ---
fit
( 399 )
rentrer la force armée dans
en laissât la direction à
so 1 ancienne
sa
subordination,
demain on.fit reconnoitre dosportionabeslas, et que dès le qu'on
rassemblées. Le
son autor té par les troupes de lenproclamation
président de l'assemblée
ligne
qu'elle avo tdéja préparée
provinciale lat une
Le
Pour cet objet
Hieutenant-colonel du
().
cette occasion
régimart du Cap,
désordres qui pour démoncer, > de la foule ouil Touzard, saisit
à la barre. avoient eu lieu dans ce
se trouvoit, les
Il y déçlàra
régiment. On le fit venir
servir avec
qu'iln'étoit plus possible aux
roient
honneur, tant que les
officiers de
Pas punis. Et comme le séducteurs des soldats ne scdoute s'il existoit des
président lai répondit que
être punis, Touzard séducteurs et des coupables, ils
sans
faisoit allusion à
répliqua, 6 s'ils étoient
devoient
mélés dans l'émeute quelques députés qu'on accusoit inviolabest Il
souvernement
Pour soulever le
de s'être
: cette observation
régiment du Cap contre le
Mais il est remarquable
n'eut pas alors d'autre
le ces députés,
que
saite.
nent de
avoit été l'un Bicon-la-Cheriterie, qui étoit un
cette séance, à
desplas ardens, au
ques jours après il
plaider la cause de
commencevec
présenta sa justification Blanchelande. Quelquelques autres membres de
sur cette
léc Passa à l'ordre du
l'assemblée coloniale; inculpation, l'assemisions (2).
jour, pour ne Pas renouveller
les diTel fut le résultat de cette
tourna contre ceux
émeute préparée de si
qui en avoient été les
longue main.
auteurs.
Maisaly
Mirbeck, ibid.
* L'assemblée de
res par nn de ses Léogane premiers avoit déclars Vinviolalilité de
2 Moniteur de
arrêtés.
ses memSuat-Dentingue, des 29 mars, 3 et 5 avril
1792,
'assemisions (2).
jour, pour ne Pas renouveller
les diTel fut le résultat de cette
tourna contre ceux
émeute préparée de si
qui en avoient été les
longue main.
auteurs.
Maisaly
Mirbeck, ibid.
* L'assemblée de
res par nn de ses Léogane premiers avoit déclars Vinviolalilité de
2 Moniteur de
arrêtés.
ses memSuat-Dentingue, des 29 mars, 3 et 5 avril
1792, --- Page 408 ---
(400) )
d'énergie et trop d'égalité dans les deux partis
avoit trop peu
le
avoit été
qui divisoient l'assemblée coloniale; gouvernement
avili par la folblesse avec laquelle il avoit cédé si faciletrop
son triomphe fut bien complet.
ment aux agitateurs, pour que
lc côté Ouest, vouloit
Le côté Est, non moins ambitieux'que
exécutif
la ruine absolue du Pouvoir
d'ailleurs plutôt empècher
maintenir réellement l'autopour en faire son instrument, qu'en
rité : le lendemain on rassembla lcs troupes au champ-de-mars
leur faire de nouveau réconnoitre Blanchelande et-leur
pour
refusèrent , et l'on mit en priso
officiers. Des grenadiers s'y
excita encor
des plus mutins: Cette punition
une vingtaine
leurs camarades, qui réunis aux chas
des soulèvemens parmi
de
obtinrent la liberté de,six d'entre cux, puis quelque
seurs
d'aller délivrer les détenus avec une parti
autres, en menaçant
paroissoit disposée à les,souteni
de la garde, nationale > qui
Ies huit dei
Blanchelande refusa néanmoins de mettre en liberté
niers qu'il jugeoit les plus coupables (1),
chercher à revenir C
Le parti anti-g gouvernementaite parut
5. XXVIII. Tétourdissement oi l'avoit jeté la révolution qui avoit paru:
discussions Dernières faire dans les esprits. La municipalité et Yassemblée provir
entre l'as- ciale elle-méme, qui n'étoit pas sans inquiétudes sur les rest
sembléc ct de fermentation qui se manifestoient, députérent à T'assemble
Blanchel'engager à: solliciter la grace des huit greni
lande.
coloniale, pour
persisté à la refuser, l'assembléc col
diers. Blanchelande ayant
niale ordonna leur mise en liberté provisoire, pour qu'ils pu
librement.contre leurs officiers. Ils firent ellectiv
sent déposer
de
à l'assemblée coloniale 7 des 28 mar:
1 Lettres Blanchelande de
des So et 31 ma
Moniteur
Saint-Domingue,
1 et 11 avril 1792,
1792.
me
la grace des huit greni
lande.
coloniale, pour
persisté à la refuser, l'assembléc col
diers. Blanchelande ayant
niale ordonna leur mise en liberté provisoire, pour qu'ils pu
librement.contre leurs officiers. Ils firent ellectiv
sent déposer
de
à l'assemblée coloniale 7 des 28 mar:
1 Lettres Blanchelande de
des So et 31 ma
Moniteur
Saint-Domingue,
1 et 11 avril 1792,
1792.
me --- Page 409 ---
(4
ment des déclarations,
401 )
de ceax qui les
qui, sans doute, servoient mai les
Enfin,
dirigoient, puisqu'ils n'en ont
vues
Blanchelande s'étant plaint de cette
rien publié,
torité, l'assemblée mécontente
entreprive sur son aula menaça alors de
ne répondit point à sa
nouvelles
quitter la colonie ; mais
lettre. Il
instances à ce
sans-lui faire
ment de rester à
sujet, T'assemblée le
de
funestes
son poste, en le rendant
reguit formellede
que son départ pourroit entrainer. responsable des suites
mécontentement de l'assemblée
C'est dans ce moment
Denard et Bouches lui
que Bacon-1 laculpations de
présentèrent leurj
Chevaleric,
Touzard, et n'oblinrent jostification contre lesi inCe furent
qu'un ordre
i-peu-prés la les
dujour (1).
cune énergie n'animoit.
dernières étincelles d'un feu
dans la suite de
Blanchelande n'eut
qu'auson
plus avec
elle avoit
administration, que des
Tassemblée,
paru désigner, dans une adresse querelles de plame 3
Principaux administratenrs de la
à Ses
les
tous
commettans,
ses maux, même de
colonie, comme les auteurs
mes de couleur. Elle les linsurrection des esclaves et des de
de
accusoit, d'une
homPouvoir ct de corruption.
maniète vague, d'abus
procureur - général du
Blanchelande >
cifier les faits
Cap se réunirent Pour la l'intendant et le
Elle
qu'elle avoit à leur
sommer de
ne ft que des réponses
charge, ou de les désavouer. spéaffecta, ne rendoit
évasives, oi la morgue même
et du Pouvoir
que plus sensible la foiblesse de
qu'elle
qu'elle auroit voulu y substituer
ses raisons,
(2).
2 Séance de Passembleée
Blanchelande à ladite
coloniale > du 12 avril
du 20 avril. Lettre assemblée, de
du 13 avril. Arrèté 2792. Discours de
Moniteur de
Blanchelande à ladite
de Tassemablce,
8,9, 10, 11 Ssinc-Domingue, et 14a avril
des 30 et 31 ussemblée 1 du 26.
2 Adresse de
1792.
mars, 1 2, 3,
Passemblée
6,7,
1792. Le
coloniale à ses
Rap. lientenantgénétal de G,
au Eouvernement commetine, de
du 4 avril
Coulon, Tome II,
Saut-Diningee, 2 le
Cc
e à ladite
de Tassemablce,
8,9, 10, 11 Ssinc-Domingue, et 14a avril
des 30 et 31 ussemblée 1 du 26.
2 Adresse de
1792.
mars, 1 2, 3,
Passemblée
6,7,
1792. Le
coloniale à ses
Rap. lientenantgénétal de G,
au Eouvernement commetine, de
du 4 avril
Coulon, Tome II,
Saut-Diningee, 2 le
Cc --- Page 410 ---
(402) )
Les commissaires civils n'avoient pu réprimer ces mouremèns
$. XXIX.
ils
à être les victimes : ils s'étoient vainement
Départ de dont
faillirent
Mirbeckpour efforcés de les prévenir. Le côté Est de l'assemblée CoFrance.
foiblesse jusq:à cette époque avait engagé à
loniale, que sa
la métropole et plus de métémoigner plus d'attachement pour
ies commissaires civils., n'avoit cessé de se
nagemens , pour obstacles
les factieux du Cap et les
plaindre à eux des
que
mettoient à
habitués des galeries de l'assemblée coloniale
bonne volonté. Roume, sans s'aveugler sur les principes
de la plupart des chefs de ce parti, les jugeoit
inciviques
leurs adversaires, > dont l'incipourtant moins dangereux que
révovisme n'étoit pas moins réel au milieu de leurs explosions
lutionnaires : il leur proposa de se concerter avec Blanchel'assemblée coloniale, du Cap au Mole,
lande pour transférer
n'étoit
fasous une escorte considérable (x). Cette mesure
pas
ét elle
même alarmer des amis sincères
cile à exécuter,
pouvcit
de la liberté: car > si Ja situation isolée du Môle garantissoit
l'assemblée coloniale de l'influence de ces galeries séditieuses
le dévouement au pouvoir arbitraire de la
qui la dominoient,
militaires, et de celui du Môle en
plupart des commandans
assemblée des danfaire craindre à cette
particulier 2 pouvoit
ceite crainte seule fourgers d'un autre genre pour sa liberté;
et il
nissoit une arme puissante au côté Ouest pour s'y opposer,
avoit de grands inconvéniens à laisser à elle - même une
y
au milieu des périls de toute espèce qui
ville, telle quele Cap,
la menaçoient.
commissaire faisant fonction d'intendant 9 et le procureur-génénal.
à Tassemblée coloniale. Réponse de Passemblée, du 17 avril. Réplique
du procureur général, du 19.
sur un discours de Rcume, du 24 février 1792, pa
1 Observations
Th. Millet 1 P. 12,
convéniens à laisser à elle - même une
y
au milieu des périls de toute espèce qui
ville, telle quele Cap,
la menaçoient.
commissaire faisant fonction d'intendant 9 et le procureur-génénal.
à Tassemblée coloniale. Réponse de Passemblée, du 17 avril. Réplique
du procureur général, du 19.
sur un discours de Rcume, du 24 février 1792, pa
1 Observations
Th. Millet 1 P. 12, --- Page 411 ---
(403 )
Cette proposition n'eut donc aucune suite ; et bientôt les
émeutes du Cap ne permirent plus aux commissaires
de compter sur aucune mesure pour lz maintenue de leur civils
rité. La commission des Colonies n'a
autose passa dans l'intéricur de la ville aucuns details sur ce qui
durant les mouvemens du
inois de mars : mais Mirbeck déclare dans le mémoire
qu'il présenta peu de tersps près a-l'Assembléc
imprimé
la dernière émeute n'avoit pas moins été
nationale, que
contre Blanchelande. Le 25 du mois de dirigée contre eux que
et lui
mars, dit-il, Roume
faillirent ( d'être assassinés avec
A
durent leut salut
Cambefort : ils ne
qu'a la Présence d'esprit des
et à Ia contenance ferme des braves militaires sides-de-camp,
) gérent derant Thôtel da
qui se rangénéral ). Les assassins ne cessoient
d'exciter le peuple contre eux, en disant que s'ils étoient au
Port-au-Pyince, cela seroit dija fait Roume assure aussi
eue les commissaircs civils étoient compris dans la
qae les factieux avoient, dit-il, préparée
proscription
contre le
tant du roi, une Partie des propriétaires du
eprésenhommes de couleur de la ville; il
Cap et tous les
; annonce que la moindre démarche de leur part eût été calomnice prèsdu
produit la catastrophe
peuple, 2 et eit
que vouloient les factieux. Enfin,
t-il ailleurs, ( ma vie dépend du premier assassin ou du ajoute-
> mier complot qui sera dirigé contre moi (2). Dars precirconstances, les commissaires civils crurent n'avoir
ces
parti à prendre que de retourner en
d'autre
compte à l'Assemblée
France, pour y rendre
nationale et au roi de l'état
ou se treuvoit la Colonie (3).
déplorable
1 Compte sommaire de l'état actuel de Saint -
beck , P. 33 ct 34.
Domingue 1 par Mir2 Lettress de Roume au ministre de la
des 27 mars
31 Ibid.
marine,
et 7 avril.
Compte sowmaire de Mirbeck, pag 35. Rapport de Roume,
Cc 2
d'autre
compte à l'Assemblée
France, pour y rendre
nationale et au roi de l'état
ou se treuvoit la Colonie (3).
déplorable
1 Compte sommaire de l'état actuel de Saint -
beck , P. 33 ct 34.
Domingue 1 par Mir2 Lettress de Roume au ministre de la
des 27 mars
31 Ibid.
marine,
et 7 avril.
Compte sowmaire de Mirbeck, pag 35. Rapport de Roume,
Cc 2 --- Page 412 ---
(404) )
La nullité à Inquelle iis avoient été réduits par les tracasseries
de l'assemblée coloniale, et par les coupables maperpétuelles du côté Ouest, n'étoient pas néanmoins la seule cause
nccuvres
de cette détermination. La lenteur extrême que le gouvernemettoit à faire partir les secours que l'Assemblée
ment royal
nationale avoit décrétés à diverses fois ; son ai ffectation à morceler les envois qu'il faisoit de manière à les rendre presque
le silence inconcevable, enfin, qu'il gardoit avec les
inutiles;
civils depuis leur départ, sans leur donner ni
commissaires
nouvelles, ni instructions > soit qu'il fit tout occupé de sa
situation, soit qu'il 1e jugeât les commissaires peu propres
propre
ne leur permettoient
à servir ses vues contre-résclationaires,
plus de rien tenter pour reprendre Pinfuence qu'ils aupresque
roient dà avoir dans la Colonie.
L'assembléc coloniale n'avoit que trop lieu de redouter les
éclaircissemens que des hommes impartiaux pouvoient donner
à la France. Mirbeck dit même que c'est la notification de cet
arrêté qui la fit revenir sur ses pas 2 en engageant plusieurs
membres de l'assemblée provinciale et de la municipalité à rétracter tout ce qu'eile avoit arrêté la veille, pour ne pas courir
les risques d'unn nouveau gouverneur. Maisquoique le changement
de l'assemblée en faveur de Elanchelande ait eu lieu le jour de
l'arrêté des commissaires pourleur départ, on peut douter qu'ila ait
eu alors une grande infuence sur ses résolutions, et même qu'elle
en ait eu connoissance ce jour-là. 11 est certain, du moins, que
ses dispositions ne changèrent point pour les commissaires cip. 2,3 et. 4. Copie des délibérations des commissaires civils, du 28
mars 1792. Lettre du président de Vassemblée coloniale Daugy 3 aux
commissaires civils, du? 31 mars.
départ, on peut douter qu'ila ait
eu alors une grande infuence sur ses résolutions, et même qu'elle
en ait eu connoissance ce jour-là. 11 est certain, du moins, que
ses dispositions ne changèrent point pour les commissaires cip. 2,3 et. 4. Copie des délibérations des commissaires civils, du 28
mars 1792. Lettre du président de Vassemblée coloniale Daugy 3 aux
commissaires civils, du? 31 mars. --- Page 413 ---
(405 )
vils 3 auxquels elle ne Pouvoit
impartiale, et la constance de pas pardonner leur conduite
même de la révolution
leurs principes. Lc lendemain
F'assemblée
opérée en faveur du
coloniale prit un arrété
gouvernement 2
tièrement conforme
tres-détaillé,
au projet présenté
Presque encommissaires civils, quelques
par Daugy contre les
même
jours auparavant(i).
qu'on leur préparoit de
Mirbeck assure
et lui surent
nonvelles avanics que Roume
partir ensemble prévenir 2 en prenant la précaution de
3 et de tenir caché le
ne pas
barquement (2). Ces faits
moment de leur em-.
éié contredits, sont
qui ne paroissent pas non
en quelque sorte
plus avoir
que Blanchelande écrivit à
confirmés par une lettre (*)
pour lui en
Mirbeck, la veille de son
témoigner ses
départ,
)) motifs qui vous font
regrets et ses inquiétudes. <' Les
> fondés; mais veuillez prendre ce parti, lui dit- il, sont bien
départ les suites les considérer qu'il peut résulter de votre
rivée en France
plus funestes, La crainte de votre ar-
> leur faite tout pext porter les coupables au
oser. Je ne vais
désespoir, et,
D qu'avant de donner l'ordre
pas plus loin : mais souffrez
> me
de disposer la frégate que vous
demandez,f'aie un entrecien avee vous
Mirbeck ajoute
(3)..
qu'après cette conférence il
complor, en s'embarquant, la nuit du
déjoua Tafreux
batiment de commerce qui le
surlendemain > sur un
ramena à Bordeaux (4). Il est fà1 Note indicative des justes
les commissaires civils, du
griefs de l'assemblée coloniale contre
2 Compte sommaire de 29 mars 1792.
Cette lettre
Mirbeck 7 P. 40 ct 41.
dans son. mémoire, n'est connuet que par la copie qu'en donne Mirbeck
3 Compte soimaire de
4 Compte sommaire de Mitbeck, Mirbeck P. 42. Rapport de Roume, P. 6.
7 P. 41,
Cc 3
est fà1 Note indicative des justes
les commissaires civils, du
griefs de l'assemblée coloniale contre
2 Compte sommaire de 29 mars 1792.
Cette lettre
Mirbeck 7 P. 40 ct 41.
dans son. mémoire, n'est connuet que par la copie qu'en donne Mirbeck
3 Compte soimaire de
4 Compte sommaire de Mitbeck, Mirbeck P. 42. Rapport de Roume, P. 6.
7 P. 41,
Cc 3 --- Page 414 ---
(406 )
cheux qu'il ne se soit pas cxpliqué plus précisément sur l'objet
et les preuves de CC complot.
8. XXX.
Roume devoit partir trois jours après; inais, au moment de
Du déparé à s'embarquer, il fut, dit-il, effrayé de l'état ou il laissoit la
Passemb. col, Colonie ; ct la révolation qui s'étcit opérée dans l'assemblee,
Dumas,
lui laissa quelques espérances d'ètre utile (1). -
Il existoit dans l'assemb'ée coloniale un homme qui n'avoit
avoir presque aucune infuence, mais qui la
paru jusqu'alors
dirigea presque seul les mois suivans. Versé dans la connoissance
des lois, dont il avoit fait sa profession; doué d'une élocuticn
aisie et insinuante, d'un organe agréable et d'une grande facilité de travail , plutot que des élans de l'enthousiasme et de
l'expression entraînante des passions, 3 il Sc sentoit mieux fait
les discussions froides du cabinet ou d'an comité paisible
pour
que pour diriger une assemblée publique au milieu des orages
révolutionnaires. Nommé d'une manière assez équivoque diième
suppléant du Port-au-Prince, long-temps après I'luciion des
et dans les courts momens ou la tranquillité y
députés, >
paroiesoit appelée par les négociations avec lcs hommes de
couleur, il avoit un système politique bien différent de cclui
qui dominoit dans la grande majorité de la députation de cette
ville. Appelé, parla démission oule refus de la plupart de ceux
qui le précédoient, à siéger dans l'assemblée coloniale,. dès le
mois de décembre 1791, il avoit su ménagerassez le cêté Ouest,
conserver sa place contre les réclainations de la commune
même pour oi il avoit été élu (2). Observateur inactif des premieis
T Rapport de Roume, ibid. Lettre du mème au ministre de la
marine 1 slu 2 avril 1792.
e Arrêté de la commune du Port.au Prince 2 des 6 janvier et 4
éger dans l'assemblée coloniale,. dès le
mois de décembre 1791, il avoit su ménagerassez le cêté Ouest,
conserver sa place contre les réclainations de la commune
même pour oi il avoit été élu (2). Observateur inactif des premieis
T Rapport de Roume, ibid. Lettre du mème au ministre de la
marine 1 slu 2 avril 1792.
e Arrêté de la commune du Port.au Prince 2 des 6 janvier et 4 --- Page 415 ---
(407)
événemens de la révolution, il étoit trop convaincu de
bilité de la faveur populaire,
l'instapour y chercher les
son ambition. Comme la plupart des députés du fondemens de
le retour du calme mais
Nord, il desiroit
les préjugés
j
trop peu philosophe pour abjurer
coloniaux, et ceux même de Pancicn regime
croyoit pouvoir parvenir au rétablissement de la
3 ilne
qu'en
paix intérieurc,
de s'opposant, autant qu'il étoit en lui, , au nouvel
choses que la révolution frangaise
ordre
d'elle. Comme ces députés, ildesiroit amenoit par-tout autour
ticulière pour la colonie ou
encore une constitution par-
>
il pit trouver, * dans les
places, l'autorité et la fortune à
grandcs
loient (). Peu lui
laquelle ses talens l'appelimportoit d'ailleurs, quel seroit le
sateur des dignités. Devenu traître à son
dispenl'a pas cru capable de résister
pays, parce qu'il ne
il remplit deux
aux ennemis qui
ans
l'attaquoient,
aprés les fonctions de chef de la
le gouvernement anglais à Saint
justice, sous
Domingue (2),
Suivant le compte rendu par
ce
vint le
le premier
Roume, député
trouver s. XXXI.
avril, une heure après le départ de
>> lui apprit que le parti des amis de
Mirbeck. d Il de Discussions Roume
> chef, faisoit de
Pordre, dont iZ étoit le
grands progrés, se flattoit d'avoir
avecl'assem-
> prépondérance, et pouvoit déja tenir tête
bientôt la bléc sur ses
> compris, ajoute
aux factieux. Je pouvoirs.
Roume, que ce
> venoit d'une coalition de ce
changement inopiné pro-
))
parti avec tous les amis del l'ancien
régime; je jugeai d'après cela qu'il devenoit indispensable de
février 1792. Procès-verbaux de l'assemblée
Moniteur de Saint. - Domingue, des
coloniale, da 17 février.
19 février ei 6 mai.
1 Rapport de Roume 1 pag. 13. Moniteur de
snois d'avril, mai, juin et juillet.
Saint-Domingte, des
# Almanach royal de Saint-Domingue
2 pour l'année 3795,. 81.
Cc4
ime; je jugeai d'après cela qu'il devenoit indispensable de
février 1792. Procès-verbaux de l'assemblée
Moniteur de Saint. - Domingue, des
coloniale, da 17 février.
19 février ei 6 mai.
1 Rapport de Roume 1 pag. 13. Moniteur de
snois d'avril, mai, juin et juillet.
Saint-Domingte, des
# Almanach royal de Saint-Domingue
2 pour l'année 3795,. 81.
Cc4 --- Page 416 ---
(408 )
déjouer cette ligue naissante, et empêcher qu'il
> rester pour
le même événement quis se passa
> n'arriva: à Saint-Domingue
arbora le
oi le gouverneur
> depuis aux Iles-du-Vent
pavillon blanc.
conduite
Roume avoit à tenir , étoit d'autant plus
La
que
trouvoit absolumnent seul a Ssint-Demingue,
difficile, qu'il se
l'influence morale que son caractèresans antre appui que
St- Léger,
lui donner. Le second de ses collègues,
pouvoit
à suspendre son départ (3),
auquel it dcrivit pour l'engager
avoir
avart i2 téception de cette lettre (3), après
s'embarq"a
obstacles que Mirbeck et Roume
épronvé dans l'Ouest les mêmes
avoient eu à combattre dans le Nord(4). L1 prexque-égalité
divisoient l'assemblée coloniale etles habitans
des deux partis qui
à l'autre, parmi
du Cap, pouvoit occasionnet, d'un moment
ville et
de perdre cette
les citoyens, une explosion capable
Aucun
toute la colonie $ ou d'y opérer la contre - révolution.
ni
n'étoit sincérement attaché à la France,
de ces deux partis
sorte placer
à la cause de la liberté. I1 f.lloit en quelque
écarts
P'autorité nationale comme un contreentre leurs
respectifs
Roume ne
poids. Dans des circonstances si embarassantes,
faire ce qu'il auroit desiré, se contenta de préveniz
pouvant
redoutoit le plus. A peine eut-il appris le départ
les excès qu'il
Vassemblée coloniale, en lui
de St.-Léger, qu'il en instruisit
nationale
demandant de reconnoitre l'eistence de la commission
1 Rapport de Raume sur sa mission 2 p. 7délibérations des commissaires civils 1 du 2 avril 1792.
2 Copie des
Rapport de Roume, P. 7.
3 Ibid., p.9le chapitre snivant, depnis le s. XXVL
4 Voyez
-il appris le départ
les excès qu'il
Vassemblée coloniale, en lui
de St.-Léger, qu'il en instruisit
nationale
demandant de reconnoitre l'eistence de la commission
1 Rapport de Raume sur sa mission 2 p. 7délibérations des commissaires civils 1 du 2 avril 1792.
2 Copie des
Rapport de Roume, P. 7.
3 Ibid., p.9le chapitre snivant, depnis le s. XXVL
4 Voyez --- Page 417 ---
( (409)
dans sa personne. II invitoit en même temps l'assemblée à
parfaitement à lui, pour s'occuper ensemble du
s'unir
colonie ; il lui observa
li
bonheur de la
que
colonie avoit droit à tous les
sacrifices d'amour- propre de leur part
Il y avoit si peu de considération
dans l'assemblée,
pour l'autorité nationale 2
, que les deux partis semblèrent alors se
réunir, pour se débarrasser de la surveillance d'un
gu'ils ne pouvoient faire dévier de
magistrat
ses devoirs. Ils crurent
parvenir en l'avilissant. L'assemblée
y
cuser à Roume la
coloniale se contenta d'acdération de
réception de sa lettre (2); malgré la moson caractére, 3 il ressentit cet
le devoit. Il somma
outrage > comme il
connoitre
l'assemblée, par une nouvelle lettre, de reson autorité, 4 Le laconisme de votre
dit-il, ne me permet plus de douter, MM., réponse, leur
Aattiez d'avoir
que vous ne vous
suffisamment avili la commission,
je doive la
pour que
rédaire à une entière et méprisabie nullité. J'ai
Thonneur de vous observer que ni vous ni moi ne
porter atteinte à des pouvoirs nationaux
pouvons
je n'aurai jamais la lâcheté
et royaux, 2 et que
de vous sacriffer les droits de
l'empire français. La Nation, la Loi et le Roi
en
comman.dent
conséquence, par mon organe, a l'assemblée coloniale de
la partie française de Saint -
Domingue, de reconnoftre
cathégoriquement et authentiquement à la commission
naI Rapport de Roume, p. 9. Lettre de Roume à l'assemblée
oniale, du 16 avril 1792. Moniteur de
CO2 Extrait des
Saint-Domingne, du 3 avril.
registres de l'assemblée
du
ettre des commissaires de l'assemblée coloniale, 16 avril 1792.
e ladite assemblée en
coloniale aux commissaires
France > du 6 avril. Monitcur de SaintJomingue 2 des 7 et 8 avril, --- Page 418 ---
(410 )
existante dans la
la
> tionale civile actucllement
colonie, plé-
> nitude des pouvoirs qui lui sont délégués. Ce sera 3 MM.,
D d'après votre réponse, que la commission jugera si elle peut
) encore traiter avec des Français soumis à lautorité nationale,
9> ou s'ill lui faut être dans la douloureuse nécessité de ne plus
> voir en vous qu'un rassemblement de factieux (1). S, XXXII. L'asemblée coloniale ayant passé à l'ordre du jour sur cette
Compromnis seconde lettre, Roume lui réitéra son commandement dans une
à lavantage dernicre, oi il lui annonça que sa conduite pouvoit avoir des
de Roume.
era si elle peut
) encore traiter avec des Français soumis à lautorité nationale,
9> ou s'ill lui faut être dans la douloureuse nécessité de ne plus
> voir en vous qu'un rassemblement de factieux (1). S, XXXII. L'asemblée coloniale ayant passé à l'ordre du jour sur cette
Compromnis seconde lettre, Roume lui réitéra son commandement dans une
à lavantage dernicre, oi il lui annonça que sa conduite pouvoit avoir des
de Roume. Denard
S ites bien] plus sérieuses qu'elie ne le croyoit. Dunas,
et un autre membre de l'assemblée coloniale vinrent de nouveau
parlementer avec Roume 5 ils lui proposèrent une espèce de
compromis. Ils offroient, au nom de l'assemblée coloniale, de
sur la de
déclarer qu'elle étoit incompétente pour prononcer
mande de Roume en reconnoissance de ses pouvoirs (2). Roume
déclaration
étoit effectipromit de se contenter de cette
1, qui
vement tout ce qu'il pouvoit exiger dans une circonstance S
imprévue (3); eile eut lieu peu de jours après (4). R ume
écrivit alors une lettre de satisfaction à l'assemblée; mais il Si
crut assez fort pour lui annoncer en même temps , ( qu'i
>) se plaisoit à trouver dans cette déclaration le désaveu d
> plusieurs arrétés auentatoires d ses pouroirs, et qu'elle n
de
Lettre du même à l'assemblée colo
1 Rapport Roume, P. 9. niale, du 17 avril. de
10 et 11. Lettre de Roume à lassemblé
2 Rapport Roume, Lettrede P. Bouchés à Legrand, du 27 avril 17)2. coloniale, duigavril. 3 Moniteur de Siint-Domingue, des 24, 25 et 25 avril 1792. Extrait des registres de Passeublée coloniale, du 24 avril 1792. --- Page 419 ---
(41)
lui permeltoit plus d'entrevoir que sa mission
être
travée (1). pit
enEnfin, pour convaincre entiérement l'assemblée
loit bien décidé à ne plus souffrir les atteintes coloniale qu'it
es aux pouvoirs dont il étoit
qu'on avoit porJancl
revêtu, il lui ad:essa, ainsi
helanide, un ex'rait des instructions
qu'a
les à la co.nmis.ion civile. que le roi avoit donLes
:s insttuctions
développemens contenus dens
étoient une
S ertraves qu'elle avoit condamnation implicite de toutes
toniate. Les
épronvécs de la part de l'assemblée
Is le jugent commissaires civils y sont autorisés à se séparer
S. M., nécessaires : ( S'il arrive, contre
qu'ils se trouvent jamais dans la
l'espéran:c de
de requéir, commeils
douloureuse nécessité
pour ler maintien
en ont le pouvoir, la force
de
publique
ment,
l'ordre. . - ils se répéteront,
Qie l'emploi de la force répugne
réciproqueaux principes de l'Assembléc
tout-a-la-fois, ct
paternels de S. M. Ils
nationale, et aux sentimens
ne songeront donc jamais à
qu'après avoir épuisé toutes les
y recourir,
Tuc le salut
ressources, et qu'au moment
public en fera une loi
Iseroit difficile et même
indispensable,
leleur tracerleurs
impossible, à une si grande distance,
le ces
devoirs, et de définir exactement la nature
pouvoirs en les appliquant aux différens
as,.
tout-a-la-fois, ct
paternels de S. M. Ils
nationale, et aux sentimens
ne songeront donc jamais à
qu'après avoir épuisé toutes les
y recourir,
Tuc le salut
ressources, et qu'au moment
public en fera une loi
Iseroit difficile et même
indispensable,
leleur tracerleurs
impossible, à une si grande distance,
le ces
devoirs, et de définir exactement la nature
pouvoirs en les appliquant aux différens
as,. M. regarde comme une suite de
Cas, Dans C2
dicté le choix des
la confiance, qui lui
commissaires, de s'en
agesse sur P'exercice de Za
remetere ai leur
xercer.. Sa dernière
portion d'autorité qu'ils vont
e qu'elle leur
instruction estdes'éearter méme de
prescrit; si, en s'cn Ccartant, ils répondent
Lettre de Roume à l'assembke coloniale
de Soiat-Demingne, du 29 avril,
dazs aviils 1792. Moni- --- Page 420 ---
(412) )
de la
de la colonie de St-Domingu
> inieux au veeu
pacification
caraciérise les lois des 11. février et 28 septembre ()-
> qui
avoient
dont tant de secousses
augmenté
Blanchelande, 3
l'assemblée C
le même parti que
faibiesse- et l'indécision, prit
autorités subordonne
loniale. Roume le requit d'enjoindre aux
de reconnoitre la commission civile 1 quoiq
au gouvernement
Blanchelande s'excusa sur son inco
réduite à un seul membre.
en l'avertissant 9
petence. Roume lai réitéra sa réquisition,
fonctions ti
centinueroit l'exercice de ses
la commission
impossible de le faire (2
qu'il ne lui seroit pas physiquement
l'asse
les contestatiens que
C'est ainsi que ce terminèrent
fut dans
S. XXXIII.
coloniale avoit suscitées à Roume tant qu'il
Cessation des blée
Nord. Le mauvais succès dçs mesures qu'elle av
séancespubli- province du
n'avoit été compensé
ques de l'as- employés contre les insurgés, et qui
que le C
sembléc co- aucun acte utile à la Colonie 5 la prédsminance Roume avoit
loniale.
Est venoit d'acquérir, et le ton même que de la rabais
forcé de prendre avec l'assemblée , achevèrent
enl
et ce discrédit, a son tour,
dans l'opinion publique;
lui restoit encore. On at
au côté Ouest le peu d'énergie qui
arrêter Cadusch
de quelques arrêtés de l'assemblée pour
refusoient
quelques autres de ses membres, parce qu'ils du côté Oil
Un autre membre
monter la garde en personne.
dans
un souflet , avec une sorte de prémétitation,
reçut
à l'inviolabilité prononcée
grand repas 5 et ces attentats suivis d'aucune punition, I
l'assemblée coloniale, ne furent
prises de con
seulement de quelques mesures conciliatoires,
commissaires civils, du 30 septembre
du roi aux
1 Instruction
du 2) avril 1792. Arrété de la com
Moniteur de Saint-Domingae, à Passemblée coloniale 2 dudit jot
sion civile, 7 du 25 avril. Lettre Lettre de Roume à Blanchelande
2 Rappori de Roume, P. 11.
du 28 avril.
25 avril 1792. Réponse de Blancheluade,
ne furent
prises de con
seulement de quelques mesures conciliatoires,
commissaires civils, du 30 septembre
du roi aux
1 Instruction
du 2) avril 1792. Arrété de la com
Moniteur de Saint-Domingae, à Passemblée coloniale 2 dudit jot
sion civile, 7 du 25 avril. Lettre Lettre de Roume à Blanchelande
2 Rappori de Roume, P. 11.
du 28 avril.
25 avril 1792. Réponse de Blancheluade, --- Page 421 ---
(413)
avec la municipalité, D'autres
urrété de la jeunesse du Cap, inséré membres furent avertis par ua
de
dans le
Domingue, ne pas tenir d'assemblée
Moniteur de Saintchez eux (1) ).
Vainement, dans une adresse à ses
Padusch, l'assemblée coloniale
constituans, rédigée par
asqu'a cette
essaya-t elle de justifier sa
époque, et le refus qu'elle avoit
conduite
'eccaper de la constitation des colonics
faitj jasgu'alors de
oulear ().V'sinementfoune
et du sort des hommes de
les témoignages de confance luidonna-t-il dans sa dernière
n-il, de la
et de sati-faction, dont le but lettre
relever, et d'affoiblir
étoit,
berté publique, du parti du
l'infuence redoutable pour la
influence si dificitement gouvernement/3). Pour maintenir une
ublique, le côté Est regagnée, sansavoirà
:s
profia de ce quis'étoit redouicrfopinion
galeries et entraver de
passé pour fermer
nit de croire
plus en plus l'usagé de la
qu'on ne pouvoit remédier
presse. Il feipublicité ct de la liberté,
aux abus résultans de
el la purcté et du civisme de qu'en anéantissant ces deux
lus
l'ad: ministration
garans
conséquent que ses
politique. Mais
Incoreles principes du antagonistes, il redoutoit bien plus
ient de la révolution, gouvernement populaire,t
spremiers
que les excès qui avoient T'affermisse
pas dans la colonie ( 4).
accompagné
Le côté Onest, qui dans le
temps de son triomphe n'avoit
pas S. XXXIV.
1 Moniteur de
Tentatives
2 L'assemblée Saint-Domingse, des 13, 16, 18 et 22 avril
une pour faire
ses constituans coloniale de la partie française de
1792.
nouvelle
, du 4 avril 1792.
> émeute,
Sint-Deniagse,
u 25 Rapport avril de Roume, P. 11.1 Lettre dn mênie à
1792. Moniteur de
l'assemblée coloniale,
4 Extrait des registres de Saint-Domingue, du 29 avril.
Honiteur de
lassemblée coloniale, du 13 avril
Saint-Domingue, des 16,9ct 30 avril, 13
1792.
mai, etc,
partie française de
1792.
nouvelle
, du 4 avril 1792.
> émeute,
Sint-Deniagse,
u 25 Rapport avril de Roume, P. 11.1 Lettre dn mênie à
1792. Moniteur de
l'assemblée coloniale,
4 Extrait des registres de Saint-Domingue, du 29 avril.
Honiteur de
lassemblée coloniale, du 13 avril
Saint-Domingue, des 16,9ct 30 avril, 13
1792.
mai, etc, --- Page 422 ---
(414)
moins été T'ennemi de la liberté de la presse > sentit alo
toute la faute qu'il avoit faite, et voulut la réparer. II ne ces
de réclamer celte ligerté; il ne cessa sur-tout de demander
publicité des séances de l'assemblée, et l'ouverture des galerie
il ne put rien obtenir. 1l eut recours, tout sussiinutilement, à
derniére ressource, a une émeute populaire. Il la fit précéd
de tous les préliminaires les plus propres à échauffer les espri
Des pétitions farent colportées dans les districts du Cap 5 ell
avoient pour objet de mettre a la disposition des bataillons dc gar
nationale de cette ville quelques pièces de canon, à l'imitation d
grandes scommunes de la métropole, dont les factieux invoquoie
toujours la conduite 3 quand ils pouvoient abuser de son exempl
les discours les plus fougueux furent prenoncés dans les mêm
vues à la municipalité, qui tenoit toujours ses séances pub
Larchereiqse-Taband fit des réquisitoires pleins de véh
ques;
voulut établir des sociélés
Il auroit fal
mence; on
populaircs.
tromper le peuple SoUS les couleurs de la liberté, qu'
pour lui en eôt du moins présenté quelques fruits ; et aucun C
deux partis ne l'avoit fait encore dans la colonie. Quelqu
districts du Cap adopièrent les adresses; le plus grand nom!
L'assemblée coloniale défendit la tenue des clu
resta tranquille.
comme une institution absolument contraire à l'esprit de subd
dination qu'exigeoient les lccalités de la colonie et la situati
oi elle se trouvoit (1).
On parvin: néanmoins, par ces manccuvres, à opèrer de pet
mouvemens qui étoient mis en jeu par la munipalité. Blancl
1 Moniteur de Suint-Domingue 2 des 24 avril, 4, 6, 7, 9et
mai 1792, etc. Extrait des registres de l'assemblée coloniale, du prem
juin. Réquisitoires de Larcievrsque-Tubaudy des 29 avril 7 3ijui
et premier août 1792. Arrêté de la municipalité du prenier août,
èrer de pet
mouvemens qui étoient mis en jeu par la munipalité. Blancl
1 Moniteur de Suint-Domingue 2 des 24 avril, 4, 6, 7, 9et
mai 1792, etc. Extrait des registres de l'assemblée coloniale, du prem
juin. Réquisitoires de Larcievrsque-Tubaudy des 29 avril 7 3ijui
et premier août 1792. Arrêté de la municipalité du prenier août, --- Page 423 ---
(415 )
lande ayant voulu passer en revue la garde nationale
d'après les derniers arrêtés de l'assemblée
du Cap';
mettoient sous ses ordres, le commandant coloniale 3 qui la
refusa, sous prétexte qu'il ne devoit reconnoître général Dassas s'y
sitions de la
que les séquimunicipalité, et offrit ensuite sa démission. Des
citoyens allèrent chez lui pour l'en
détourrer, et
qu'ils ne vouloient recevoir d'ordres que de lui.
l'assure.ent
sa démission.
Ilréiracia alors
Larchevesque - Thiband fit à cette occasion un
5. XXXV.
violent 5 il y soutenoit que Blanchelande
réquisitoire
sucun ordre aux
ne pouvoit donner Réquisitoire
gardes nationales > qui é:oient
delarchevesHans la dépendance des
uniquement que-Thibaud.
amais être soun.ises à la corps populaires; qu'elles ne pouvoient
orcées de sortir de
discipline des troupes de ligne, ni être
leurs foyers, sous
dt. Il requéroit, en
quelque prétexte que ce
l'assemblée du
conséquence 1 que la municipalité se réunît
Nord, , pour demander le rapport des arrêtés
luiaccordoient tant de pouvoirs sa Elanchelundeyqu'cile
l'assemblée coloniale toute sa
témoignàt
asultant
sensibilité, sur le ton injurieux et
que Blanchelande avoit mis depuis quelque temps dans
correspondance avec elle ; enfin 1 qu'elle tint ses
ubliques dans l'église du Cap, ou, disoit
séances
reuse de citoyens témoins de
il, une foule nomès le premier
ses discussions > lui prouveroit,
jour , que les ennemis de la révolution étoient
asi petite quantiré qu'ils n'oseroient se montrer.
< Le peuple nombreux > ajoutoit-il
votre
> qui remplissoit hier
enceinte, a été indigné du ton de sa lettre
vous
Celle où en se pleignant de la mise en liberté
rêtés par son ordre, il invitoit l'assembléc
des six soldats
: discussions, pour s'occuper enfin de la coloniale à cesser toutes
constitution.
ouveroit,
jour , que les ennemis de la révolution étoient
asi petite quantiré qu'ils n'oseroient se montrer.
< Le peuple nombreux > ajoutoit-il
votre
> qui remplissoit hier
enceinte, a été indigné du ton de sa lettre
vous
Celle où en se pleignant de la mise en liberté
rêtés par son ordre, il invitoit l'assembléc
des six soldats
: discussions, pour s'occuper enfin de la coloniale à cesser toutes
constitution. --- Page 424 ---
(416 )
en avez élé témoins. Transmettez cette indignation à l'as
s semblée coloniale : Dites-lui qu'on espère qu'elle sentira S
> dignité, qu'elle saura se faire respecter, en rappelant à M
Sà
de lieutenant
le rc
> de Blanchelande, que
qualité
pour
oubliée dans sa lettre, n
D au gouvernement général, qu'ila
> lui donne pas le droit de parler en maitre à une assemblé
> législative : dites à cette assemblée, dont le premier devoi
la
les
nationales savei
> est de soutenir révolution, que
gardes
la soutenir aussi: dites-lui
> qu'elles sont instituées pour
qu'ell
> connoissent leur force 9 et que quand elles voudront, ell
> feront trembler ceux qui se liguent pour mettre la colon
a brisé dites-lui
la commune 4
> sous le joug qu'clle
;
que
S Cap, excédée d'une guerre qui n'est autre chose que cel
exécutif contre tous les autres pouvoirs, n'atter
>> du pouvoir
> qu'un ordre pour la zerminer. Dites-lui enfin,que les ennen
> de la révolution ont beau user de finesses, qu'on pénèt
> toutes leurs ruses
et que tôt ou tard les perfid
> seront punis (1).>
Les gardes nationales farent invitées à se rendre à la mui
$. XXXVI. cipalité le lendemain de ce réquisitoire, pour en entendre u
des Députation soldats seconde lecturé, et déclarer s'il exprimoit leur vacil. Il
Das
du MOle.
adopté par eux et par la municipalité(2); mais quoique
eit retiré sa démission, la municipalité du Cap et les agit
teurs n'en restèrent pas la; ils avoient fait venir du Môle u
députation de soldats patriotes et de patriotes soldats P"
I Réquisitoire du procureur de la communc du Cap, prononcé P
1 première fois à la séance du 2yavril a7y9,eR.Lettred de Blanchela
a l'assembiée culoniale, du ajavril.
2 Ibid.
dénon
2); mais quoique
eit retiré sa démission, la municipalité du Cap et les agit
teurs n'en restèrent pas la; ils avoient fait venir du Môle u
députation de soldats patriotes et de patriotes soldats P"
I Réquisitoire du procureur de la communc du Cap, prononcé P
1 première fois à la séance du 2yavril a7y9,eR.Lettred de Blanchela
a l'assembiée culoniale, du ajavril.
2 Ibid.
dénon --- Page 425 ---
(417 )
dénoncer les officiers de la garnison. La
encore convoquée à cette oscasion. Le commune du Cap fut
jour oul la députation devoit se
lendemain, qui étoit le
il se forma un
présenter à l'assemblée coloniala,
dant de la
attroupement autour de la salle. Le
garde nationale, Dassas
commanqu'ilyavoit
> qui avoit entendu
une coalition dans la ville qui vouloit
dire
semblée à ouvrir ses galeries;
forcer l'astels donnés la
qu'il y avoit même eu des carhommes
veille, > envoya un détachement de
pour la garder. Celui qui commandoit
quarante
déclara que ( si l'assemblée vouloit
le détachement,
3 il répondoit de maintenir
rendie sa séance
le bon ordre dans les
publique,
médiatement après, deux officiers
galeries, > Imintroduire la
municipaux du Cap vinrent
députation du Môle en
Étre entendue par tout le public. La annonçant qu'elle desiroie
fermeté du
Paquerie, qui étoit du parti du
préident, la
aux
poser
factieux. Il ordonna gouvermement,suffi pour en imde faire observer la
au commandant du détachement
consigne ordinaire ; la députation fut
introduite, et cette tentative avorta
seule
étoient loin d'avoir
encore: tant les agitateurs
si fort à
pour eux le vaeu public dont ils
se prévaloir ().
cherchoient
Tels éloient au surplus les sentimens
de ces ho nmes si révolutionnaires
2 envers la mère patrie, 9
donné de mettre le Môle en état de que Blanchelande ayant orforces considérables de
défense, sur la n-uvelle de
terre et de mer arrivées à la
:e fut l'une des causes de
de
Jamaique,
'ordre
l'agitation cette ville. On assure
ne fut pas exécuté. La députation
que
qu'il le fut en ce qui concernoit
prétendit, à la vérité,
a mise en état des batteries du
1 Moniteur de Saint-Domingue, des
premier > 2 2 et 3 mai 1792.
Rap, de Garran-Coulon- Tome II,
Dd
-uvelle de
terre et de mer arrivées à la
:e fut l'une des causes de
de
Jamaique,
'ordre
l'agitation cette ville. On assure
ne fut pas exécuté. La députation
que
qu'il le fut en ce qui concernoit
prétendit, à la vérité,
a mise en état des batteries du
1 Moniteur de Saint-Domingue, des
premier > 2 2 et 3 mai 1792.
Rap, de Garran-Coulon- Tome II,
Dd --- Page 426 ---
(418)
côté de la mer; mais que la municipalité et le commandant de
la place < étcient cependant convenus que, quant aux forces
il valoit infiniment mieux les porter vers un ennemi
p actives,
fait
vers 272 ennemi imaginaire, et,
> quine pas quartier, que
> dans tous les cas, plus génlreux que des cannibales (1). ) Il
paroit néanmoins que ce quartier avoit été jusqu'alors préservé
de l'inst rrection des nègres.
Un député de l'assemblée du Nord, Mazères, qui avoit déja
4.XXXVIL. témoigné son indignation contre ces manceuvres séditieuses dans
Larchevesimprimés, dénonça le procureur de la commune comme
que-Thisaud quelques
cette
obtient une un factieux à cette asst mblée qui porta elle-mème
dénongaideperson- ciation à l'assemblée coloniale. Mais le côté Ouest étoit trop
uelle.
soutenir ostensiblement la munic'palité, et le côté
foib e pour
les mouvemens. Le
Est n'étoit pas assez fort pour en réprimer
réquisitoire et la dénonciation n'eurent point d'autre suite : on
répandit alors le bruit que Blanchelande vouloit faire déporter
autorité le procureur de la commune; et qucique Hen ne
par
s'en
paroisse appuyer cette supposition, Larchevenqes-Thiband
accroitre sa popularité. Elle devint telle, que cei
prévalat pour s'étoit montré si évidemment ennemi des principe:
homme qui
de la révolution, obtint une gaide
pepulaires au commencement
particulière pour veiller à sa sûreté (2).
C'étoient les dernières convulsions d'une faction mourante :1
$. Révocation XXXVIIL nouvelle de la révocation du décret du 24 septembre 1791, don
du décret du
s'étoient tant glorinés, acheva, peu de temp
les quatre- vingt-cing
28 segtemb,
de la
du Mole aux citoyens du Cap, dans1
1 Adresse
députation
Monitrurdu3 mai 1792.
Mazères. Moniteur de Saint
2Lo véritable paysan du Danabe, par
Domingue, des 4 mnai; 4,5,6 ei 8 juin 1792
la révocation du décret du 24 septembre 1791, don
du décret du
s'étoient tant glorinés, acheva, peu de temp
les quatre- vingt-cing
28 segtemb,
de la
du Mole aux citoyens du Cap, dans1
1 Adresse
députation
Monitrurdu3 mai 1792.
Mazères. Moniteur de Saint
2Lo véritable paysan du Danabe, par
Domingue, des 4 mnai; 4,5,6 ei 8 juin 1792 --- Page 427 ---
(419 )
après, d'atterrer toui ce quitenoit à leur
semblée col. le peu de considération parti, et d'enlever al'asannoncé d'une manière si
qui lui restoit. Après avoir
cution du décret du 15 mai, emportée qu'on ne souffriroit pas l'exéune partie deshommes de qui n'accurdoit les droits de ciié gu'a
couleur, il fallut se
en apparence, à la loi du 4avril,
soumettre, au moins
tement. La
qui les y appeloit tous indistincmunicipalité du Cap, après s'être encore
quelque temps, tomba dans le discrédit
débattue
dans ses entreprises les
que son peu de succès
l'oubli de tous les devoirs prétentions exagérées de son ambitign,
plorables oil se
que luiimposoient les circonstances détrouvoit la ville du Cap, lui devoient
n'avoit rien fait pour diminuer les
attirer. Elle
pousser les révoltés. Elle avoit maux des habitans, et pour republiques,et tiré des
laissé riiner toutes les ressources
arsenaux de l'état plus de 1 0000
passérent en partie dans les mains des insurgés
fusils,lesquels
par la distribution
désordonnéequ'elle en fit à des gens sans aveu, qui refusoient
marcher, quand les citoyens manquoient
de
les partics de la colonie (1).
d'armes dans toutes
Le parti qui dominoit depuis
blée coloniale,
quelque temps dans l'assem3 plus éclairé que ses
le prévenir ce coup si redouté de la antagoniftes, loi du
avoit tâché
:nfin au voeu de la commission
4 avril, en cédant
a majorité des blancs de
civile, 3 de Blanchelande et de
le solliciter l'assemblée toute Ia colonie 2 qui n'avoient cessé
de s'occuper de la constitation de
aint-Domingue, et de régler l'état politique des
ouleur (2). La constitution fut
hommes de
Présentée après que l'assemblée
1 Moniteur de Saint-Domingue, des 11 et 13 avril
2 Voyez le Moniteur des
1792.
: avril, et 6 maiszgs. 15janviar, 26 févricr, 26, 24 et 25 mars,
DJ 2
Ia colonie 2 qui n'avoient cessé
de s'occuper de la constitation de
aint-Domingue, et de régler l'état politique des
ouleur (2). La constitution fut
hommes de
Présentée après que l'assemblée
1 Moniteur de Saint-Domingue, des 11 et 13 avril
2 Voyez le Moniteur des
1792.
: avril, et 6 maiszgs. 15janviar, 26 févricr, 26, 24 et 25 mars,
DJ 2 --- Page 428 ---
( 420) )
en revisant fes pouvoirs de
eut fait une espèce d'épuration,
ainsi
avoit admis dans son sein. On exclut
quel
cenx qu'elle
dépatéjdu côté Ouest, outre: Thom. Millet qui n'avoit
ques
d'une voir consultative, mais qui préjoui jusqu'alors que
du
tendoit avoir été nommé nouvellement par une paroisse
Dumas fut conservé, malgré les fortes
Sud. On sent bien que
élection. Ce fut
fut
objections qu'on avoit faites à son
luiqui
du plan de constitution coloniale. Le côté Ouest fit
rapporteur
s'en occupât, et surde derniers efforts pour empecher qu'on
tout pour qu'on ne le discutât pas. ainsi en secret. Plusieurs
membres firent même des protestations, et déclarèrent ne plus
aux travaux de l'assemblée (1); mais ils ne tinrent
prendre part
pas leur parcle.
Avant de discuter ce plan, l'assemblée coloniale en avoi
$- XXXIX.
un autre dans le silence le plus absolu pour priver
Plan de cons- préparé
des droits
tant
le vici
titution ar- les hommes de couleur
politiques,
que
rèté par l'as- de la couleurnoire seroit apparent (2); elle devoit envoyer inces
semblée co"
de loi à la sanction du roi, quand clle reçu
lonialee
samment ce projet
la nowvelle de la loi du 4 àvril. Elle voulut du moins sc garanti
du dernier malheur en consacrant, dans le plan de constitutier
rédigea, la servitude perpétuelle des noirs : ell
coloniale qu'elle
d
assimila d'ailleurs assez généralement la partie organique
cette constitution aux bases de celle de 1791 ; elle adopt
salutaires de l'Assemblé
même quelques - unes des réformes
constituante sur la procédure civile ct criminelle (3). Le côt
de
des 4, 24 et 28 avril, 1, 5,6, 10
I Moniteur Saint-Domingue,
fait Dumas, le 12 mai 179
II, 12 et 22 mai 1792, etc. Rapport
par
2 Moniteur de Saint-Domingue, des 14 et 15mai 1792.
3 Extroit des registres de l'assemblée coloniale, du 20 août 1792.
es
constituante sur la procédure civile ct criminelle (3). Le côt
de
des 4, 24 et 28 avril, 1, 5,6, 10
I Moniteur Saint-Domingue,
fait Dumas, le 12 mai 179
II, 12 et 22 mai 1792, etc. Rapport
par
2 Moniteur de Saint-Domingue, des 14 et 15mai 1792.
3 Extroit des registres de l'assemblée coloniale, du 20 août 1792. --- Page 429 ---
(421)
Ouest se distingua toujours en réclamant les
principes de la
justice et de Ia liberté politique dans cette
opprimé, il craignoit de l'être
discassion : il étoit
de
davantage; il sentoit le besoin
ces lois protectrices qu'il avoit négligé de donner à la colonie dans le temps de son pouvoir. Le parti du
contraire, qui n'avoit que trop souvent manifesté gouvernement, att
ment pour tous les changemens amenés
son éloigneminua autant qu'il lui fut
par la révolution, dipossible le Rombre de ces innovations. Le rapporteur du comité de constitution,
beaucoup à ce qu'on appeloit les
Dumas, tenoit
geoit d'ailleurs
préjugés de la robe; il sonà devenir le chef de la justice dans la colonie (1): il augmenta donc autant qu'il lui fut
prérogatives de l'ordre judiciaire
possible les
de sa place,
dota
pour accroître le pouvoir
qu'il
d'un revenu considérable (2). En admettant, contre son gré, des adjoints en matière
il fit arrêter que ces adjoints seroient des
criminel lle >
qui en dénaturoit
hommes de loi; ce
absolument l'institution (3).
La publicité même de la procédure ne fut
côté Ouest avoit fiit
pas ordonnée. Le s. XL.
prononcer cette publicité dans deux cir- Opposition
constances particulières, mais seulement pour servir les
ducôtéOuce
ventions populaires, ou l'esprit de
préparti, Page en fitla
motion, à l'occasion d'un attroupement
première
qui menaçoit
prisonniers nègres, qu'il sauva, dit-il, de la fareur quelques
On trouvoit que la commission
populaire.
vite ces
prévôtale n'expédioit pas assez
malheureux, ou qu'elle n'en condamnoit
pas un assez
1 Rapport de Roume, p. 11.
2 Organisation de Saint-Domingue, titre X et titre XV.
3 Ibid. Titre XII, art. 50. Moniteur
juillet 1792.
deSaist-Domtingse, dn preinier
Dd 3
ègres, qu'il sauva, dit-il, de la fareur quelques
On trouvoit que la commission
populaire.
vite ces
prévôtale n'expédioit pas assez
malheureux, ou qu'elle n'en condamnoit
pas un assez
1 Rapport de Roume, p. 11.
2 Organisation de Saint-Domingue, titre X et titre XV.
3 Ibid. Titre XII, art. 50. Moniteur
juillet 1792.
deSaist-Domtingse, dn preinier
Dd 3 --- Page 430 ---
422 )
grand nombre. Guérin, depuis député de l'assemblée coloniale
auprès de l'Assemblée nationale 2 se fit applaudir en demandant
que cing cents criminels, qui étoient à la geole, et qui
>> y mangeoient le pain nécessaire à autant de bons citoyens
> qui n'en avoient pas, fussent exécutés de suite >. Le prévôt
fut mandé à la barre, et l'Assemblée arrêta que les procès des
nègres s'instruiroient publiquement (1). Elle ordonna la même
chose, lors de l'accusation qu'elle prononça contre Rouvray
à l'occasion de sa réquisition à Blanchelande, faite au nom de.
habitans du Nord (2). On invoqua alors les principes libéraus
de P'Assemblée constituante sur cette publicité 3 mais personne
ne proposa même de les appliquer aux procédures ordinaires.
Il y avoit trop peu d'esprit public dans l'assemblée coloniale
pour qu'on y adoptât la precédure par jurés en matière crimi
nelle, malgré l'exemule de ia métropole, et celui même d
lequel cette assemblée témoignoit tant d
TAnglelerre 2 pour
prédilection (3). II est remirquable que le cêté Estn'en ft pa
seulement la proposition, malgré l'intérêt qu'ilavoitàse rendrel
défenseur des principes les plus honorables de la justice, pours
popelariser : tant Fhorrible usage de l'esclavage faisoit redouter
à ceux qui en vouloient la maintenue 2 les plus doux fruits d
la liberté. T:ls étcient les principes des plus ardens révolu
tionnaires de ce côté Ouest, que, dans le temps de son pl:
1 La Sentinelle du peuple, rédigée par un membre de l'assemble
celoniale, du 2f janvier 1792. Moniteur de Saint-Domingue , des 116
et 24janvier > 20 et 27 février. Procès-verbaux de l'assemblée ecoloniale
des a3 janvier, 17 et 24 février.
2 Moniteur de Saint.-Doningar,éa 27 mars 1792. Extrait des xe
gistres de l'assemblée du 25.
3 Rapport fait par Dumas 2 P- 19, ete.
un membre de l'assemble
celoniale, du 2f janvier 1792. Moniteur de Saint-Domingue , des 116
et 24janvier > 20 et 27 février. Procès-verbaux de l'assemblée ecoloniale
des a3 janvier, 17 et 24 février.
2 Moniteur de Saint.-Doningar,éa 27 mars 1792. Extrait des xe
gistres de l'assemblée du 25.
3 Rapport fait par Dumas 2 P- 19, ete. --- Page 431 ---
(423 )
grand pouvoir, Th. Millet avoit obtenu le rapport d'un arrêté
de l'assemblée coloniale 3 qui adoptoit pour la partic
de Saint Domingue le décret de l'Assemblée
française
l'abolition de la noblesse. Il prétendit
constituante sur
étoit
que cette discussion
oiseuse et prématurée; qu'il seroit temps d'en
K moment ou l'assemblée s'occuperoit de la constitution parler au
On se rappelle que le marquis de Cadusch
>
2 quelques mois
auparavant 2 avoit mis l'abolition des ordres au nombre des
griefs qu'il reprochoit à P'Assemblée constituante (2); mais il
étoit d'un parti opposé a Th. Millet, Il demaada alors le maintien
de l'arrété; et l'abolition de la noblesse fut du moins
dans le plan de constitution coloniale (3).
prononcée
1 Moniteur de Saint-Domingue, du 11 janvier 1792.
2 Procès - verbaux de l'assemblée coloniale, 2 du 4 septembre
Voyez aussi le chapitre précédent, S. 38.
1791.
3 Titre I, art. 6.
Dd $ --- Page 432 ---
424 )
CHAPITRE V I.
DE la province de POuest, 3 jusqu'au départ du
commissaire cizil St Léger.
$. I.
LA catastrophe du Port- au - Prince, comme ces affreuses
Erar du Port- tempêtes après
la nature semble
au-Prince et
lesquelles
se reposer pour en
des hommes réparer les ravages, parut d'abord suivie de quelques jours de
de couleur. calme, qui donnoient l'espérance de voir la paix se rétablie
dans P'Ouest. Soitque les blancs du Port au-Prince eussent été
ramenés a des sentimens de justice par l'expérience des maux
qu'ils avoient soufferts; ce qui est probablement vrai du plus
grand nombre des habitans; ; soit qu'ils cherchassent seulement,
comme les hommes de couleur l'ont prétendu (1), à gagner du
temps pour se fortifier et diminuer le nombre de leurs ennemis,
Ce qui n'est pas sans probabilité de la part des agitateurs de
cette malheureuse ville; la municipalité ft des démarches pour
se rapprocher des hommes de couleur.
Les forces decurcif'accrolwient de la manière la plus redoutable. Rigaud rassembloit dans le Sud une armée qui, par les partisans qu'elle avoit al Léogane, se vit bientô: maitresse de cette ville,
quiest la clefdelap province de l'Ouest, de cecôté-là. Unautre parti
d'hommes de couleur;sous les ordres de Savary et de Chanlatte,se
rendit maître de Saint-Marc, quiest à l'estrémité opposée vers la
province du Nord. Presque toute la population libre de la vaste
et
1 Mémoire historique des dernières révoluzions de l'Ouest et du
Sud, publié par les commissaires des citoyens de couleur de SaintMiarc,p. 63, etc.
ap province de l'Ouest, de cecôté-là. Unautre parti
d'hommes de couleur;sous les ordres de Savary et de Chanlatte,se
rendit maître de Saint-Marc, quiest à l'estrémité opposée vers la
province du Nord. Presque toute la population libre de la vaste
et
1 Mémoire historique des dernières révoluzions de l'Ouest et du
Sud, publié par les commissaires des citoyens de couleur de SaintMiarc,p. 63, etc. --- Page 433 ---
(425 )
paroisse de la
d'hommes de Croix-des-Bouquets, sans distinction de blancs et
couleur, s'arma contre le Port-au-Prince.
partisans du gouvernement dans les
Tous les
paroisses
un grand nombre de blancs du
voisines, etsur-tout
nouveau à ia Croix desPort-au-Prince se rénnirent de
animés
Bouquets. Ils n'étoient pas
par l'esprit de parti, et indignés de la
seulement
traité fait avec les hommes de
violation du
i cette mesure
couleur ; mais ils étoient forcés
par la conduite féroce des satellites
et les vexations des autorités
de Priloto,
Les mémoires
constituées du Port-au-Prince,
manuscrits de l'abbé Ouvière assurent
mission prévôtale, instituée
que la compour le jugement des nègres
belles, forçoit les hommes les plus riches
reà
et les plus vértueuse
s'embarquer sous prétexte d'aristocratie,
à Peu près autant dans une lettre
Blanchelande en dit
Tout
au ministre de la marine
indique du moins qu'on faisoit des
(1).
pendant l'assemblée de l'Ouest avoit proccriptions 3 et ceprécédent, une amende de
prononcé 3 dès le mois
absens du Port
50,000 liv. contre ceux qui
au- Prince (2).
seroient
II eft trop vrai néanmoins
étoient les ennemis
que les principaux de ces blancs
décidés de la révolution. Ils
S.IL
à leur tête Hanus de Jumécourt
avoient toujours Vuescontrede T'Ouest, qui s'éloit
et Coustard, ce commandant révolutionsauvé du
naires des
sassinat de Mauduit, et qui étoit Port-au-Prince lors de l'as- blancs de la
resté depuis à la Croix-des- Croix - des-.
Bouquets.
1 Papiers de l'abbé Ouvière, cote
de Blanchelandea au ministre de la M, numéros 2 1 3 et 4. Lettre
de la conduite des officiers de la marine, du 17 décembre 17y1. Précis
garnison : . -
Arrsred-Tstemtice de POuest
embarquez 9 etc.
papiers de Pabbé
. du 28 septembre
Ouvière, cote 0, no.9.
1791, dans les
Ssint-Doningue, du 6 janvier
Voyez aussi le Moniteur de
1792.
de la M, numéros 2 1 3 et 4. Lettre
de la conduite des officiers de la marine, du 17 décembre 17y1. Précis
garnison : . -
Arrsred-Tstemtice de POuest
embarquez 9 etc.
papiers de Pabbé
. du 28 septembre
Ouvière, cote 0, no.9.
1791, dans les
Ssint-Doningue, du 6 janvier
Voyez aussi le Moniteur de
1792. --- Page 434 ---
(426 )
Bouquets. On peut juger des vues quiles animeient > par une
lettre d'Hanus de Jumécourt à Pinchinat, chef des hommes
de couleur, écrite peu avant le traité de paix du 23 octobre
sur l'adhésion de la plupart des pa1791 > lorsqu'il comptoit
dans
roisses de T'Ouest, et qui fut trouvée peu de temps après
une expédition contre les hommes de couleur. C J'ai le projet:
> dit-il, de former un plan de concordat actuel, qui laissera
> subsister l'ancien, et ne fera qu'ajouter le diveloppemeni
la
actuelle doi
> successif des changemens que
position
du
.
rétablissement
pouvoi
> amener : e
5 le
> exécutif dans la personne de M. Cauandifembargems
et
l'exil oul nor
> ou non des bataillons ( d'Artois Normandie);
> des membres de l'assemblée previnciale et de la municipalité
> l'établissement d'une garnison de 1,200 hommes au moin
> dans lc Port-au-Prince; P'établissement des bureaux de po
> lice dans les quatorge paroisses, à la place des munici
> palités,d'ici à l'arrivée des commissaires civils; un servic
> pour M. de Mauduit , le jour ou le lendemain du Te Deun
> et de la prise de possession : tels sont les objets sur lesquel
> il importe de connoître la façon de penser de votre arméc
de traité avee le Pori
>>
e
. Il ne faut point accepter
des
suivantes : 1°.
Pancie
> au-Prince à moins
conditions
que
> ordre des choses soit rétabli; point de municipalités 3 poir
>> de conseil d'administration, point d'assemblée provinciale d
> POuest, et ses arrêtés cassés sans jamais recevoir ancune ext
l'exécution des décrets des 8 et 28 mars
> cution 3 2°.
> 30, lexécution de celui du 12 octobre 3 4°. la promesse d
> faire exécuter celui du 15 mai , lorsqu'il sera arrivé off
> ciellement; 5o,unservice pour demain. Hors ces condition
> point de traité, On réussira à obtenir ces conditions Q
ée provinciale d
> POuest, et ses arrêtés cassés sans jamais recevoir ancune ext
l'exécution des décrets des 8 et 28 mars
> cution 3 2°.
> 30, lexécution de celui du 12 octobre 3 4°. la promesse d
> faire exécuter celui du 15 mai , lorsqu'il sera arrivé off
> ciellement; 5o,unservice pour demain. Hors ces condition
> point de traité, On réussira à obtenir ces conditions Q --- Page 435 ---
(427)
tenant ferme. Ils tremblent, ils en passeront ou l'on
dra (1).>
vouLes hommes de couleur eurent alors le bon esprit de
la partic de ces propositions qui tendoit
rejeter S. III,
l'ancien régime. Mais
à l'établissement de Lettre sanaprès l'incendie du
guinaire des
ne surent plus se contenir dans les bornes Port-au-Prince, de
, ils chefs des
d'humanité qui avoient dirigé
modération et hommes de
jusque la leur conduite,
blancs du Portau-Priuce
Les couleur,
vient de
saisirent, dans l'expédition dont on
parier, une lettre des chefs des hommes de
de la Croix descouleur
Bouquets à ceux du quartier de
quir respire la soif de la vengeance la
P'Artibonite,
cette lettre ne soit
plus cruelle; et quoique
connue que par une copie certifiée
Borel,lun des plus mortels ennemis des hommes de
Par
comme elle fut alors
couleur,
point été démentie imprimée avec profusion, et qu'elle n'a
par les hommes de couleur, on ne
guère en révoquer en doute la réalité. Voici
peut
lettre en entier : C Amis, la
cette terrible
nos frères armés
patrie est en danger ; de tous côtés
marchent à la défense de
a prisés, et à la vengeance de la foi
leurs droits mé-
> a pas an instant à
des traités violés i il n'y
perdre : quiconque diffère ou
A cher dans ce
balance à marmoment, 3 est , à trop juste titre,
coupable de crime de lese- nation
suspect,
3 déclaré traitre à la
pairie, indigne de vivre, S8S biens
voué à l'exécration
confisquis, et son nom
contemporaine et future.
> Volons, chers amis, vers le siège du Port-au-Prince
geons nos bras ensanglantés,
5 plonA perflie, dans le sein de
vengeurs du parjure et de la
ces monstres d'Europe. Assez et
1 Lettre de Jumécourt à Pinchinet,
de Saint-Domingre, du $2 décembre. du,a3 octobrea7g1, Monireur
8S biens
voué à l'exécration
confisquis, et son nom
contemporaine et future.
> Volons, chers amis, vers le siège du Port-au-Prince
geons nos bras ensanglantés,
5 plonA perflie, dans le sein de
vengeurs du parjure et de la
ces monstres d'Europe. Assez et
1 Lettre de Jumécourt à Pinchinet,
de Saint-Domingre, du $2 décembre. du,a3 octobrea7g1, Monireur --- Page 436 ---
(428 )
nous avons servi de jouet à leurs passions
A trop long-temps
assez et trop long-temps
> et à leurs manceuvres insidieuses;
nous gémissons sous un joug de fer.
nos
ensevelissons avec eux jusqulauz
> Détruisons
tyrans,
ses
de notre ignominie ; arrachons > jusqu'a
a moindres vestiges
racines les plus profondes, cet arbre du préjugé. Engagez
intimidez les autres 3 promettez 1 menacez 9 en-
> les uns 3
marche les citoyens blancs et vertueux
traînez dans votre
et célérité : amemais sur-tout, chers amis,union, courage
bouche
bagages, canons, munitions de guerre et de
nez-nous de suite vous railier sous l'étendard commun; c'est
et venez
Dieu, la nature
devons 'tous périr ou venger
a la que nous
dans ces climats
> lal loi et Phumanité, si long-temps outragés
d'horreur (1).>
chefs de:
Cette lettre étoit, dit-en, signée des principaux
etc.
hommes de couleur, Pinchinat, Beauvais, Rigaud, Chanlatte, dans les
Cependant la copie certifiée par Borel, qui se trouve
de l'assemblée coloniale, , n'annonce que
papiers des commissaires
la signature de Pinchinat seul (2).
PortTelle étoit la coalition à laquelle la municipalité du
.IV.
adressa des propositions de paix dés que l'incendic
Négociations au-Prince
à la Croix-desentrele Port- edt cessé ses ravages 5 elles furent portées
du Portsu-Prince et
Caradeux de la Caye. La municipalité
les confédé- Bouquets par
le traité du 23 octobre 1791
au-Prince assuroit dans sa lettre, que
sés.
elle
contre la vérité, qu'elle l'avoit
subsistoit toujours :
ajoutoit,
d'une lettre des chefs des gens de conleur de la Croix-des
8 Copie
de PArtibonite. Débats dans Taffaire
Bouquets à ceux du quartier
Res colonies, tome VII, pag. 196 et 1y7.
a Cote K., n?. 11
confédé- Bouquets par
le traité du 23 octobre 1791
au-Prince assuroit dans sa lettre, que
sés.
elle
contre la vérité, qu'elle l'avoit
subsistoit toujours :
ajoutoit,
d'une lettre des chefs des gens de conleur de la Croix-des
8 Copie
de PArtibonite. Débats dans Taffaire
Bouquets à ceux du quartier
Res colonies, tome VII, pag. 196 et 1y7.
a Cote K., n?. 11 --- Page 437 ---
(429 )
exécuté en
Fassemblée rappelant ses députés à
de l'Ouest. Elle invitoit Tassemblée coloniale et à
réunir à elle pour former
les hommes de
féremment
une nouvelle
couleur à se
parmi les blancs ct eux
municipalité prise indifleur, dont les femmes ctles
(). Les hommes de couPrince, oil on les avoit
enfans étoient retenus au Port-ausoit-on, à la fureur
emprisonnés pour les soustraire
proposition,
populaire, ne voulurent
2 diavant d'avoir obtenu la
entendre aucune
otages, et la dissolution de
restitution de ces
liminaires furent
l'assemblée de l'Ouest
précieux
formée
acceptés au
(2). Ces Prédes chefs des différens Port-an-Prince dans une assemblée
proctamation, faite par la
corps civils ct militaires. La
combien elle étoit
municipalité à cette occasion,
roubles et de
convaincue que les véritables
montre
l'incendie étoient restés
auteurs des
Hépart des hommes de
dans son sein
couleur : <si
depuis le
y dioit-clle, cherchoient à
quelques mabinamtiouair,
lever les esprits, elle
contrarier cette mesure, età SoIson pouvoir pour
emploiera toutes les mesures
réprimer de
qui sont en
ce moment responsables de semblables exces, et les rend en
tous les
s'ensuivre (3).> >
malheurs qui pourroient
Il n'avoit pas fallu
e
beaucoup de réfexions
linconvenance du choix de Caradeux pour s'appercevoie
à
de la Caye, pour né- f. V.
I Lettre de la
De Gribuleur de la
municipalité du Port - au - Prince aux hommes mouard, et
a Mémoire CnisderiBongets, du 14 novembre
de des proposiur,
historique susdit des
1791.
tions dont d
p. 641 Lettre des
commissaires des citoyens de
est
ettre de la
citoyens de couleur, du
cou- chargé,
municipalité du
24 novembre
unicipalité et des corps Port-au-Prince, dudit jour. Arrêté 1791.
3 Proclamation
réunis, du 25,
dela
mbre
de la municipalité du
1791.
Port-au-Prince, du 25 20-
novembre
de des proposiur,
historique susdit des
1791.
tions dont d
p. 641 Lettre des
commissaires des citoyens de
est
ettre de la
citoyens de couleur, du
cou- chargé,
municipalité du
24 novembre
unicipalité et des corps Port-au-Prince, dudit jour. Arrêté 1791.
3 Proclamation
réunis, du 25,
dela
mbre
de la municipalité du
1791.
Port-au-Prince, du 25 20- --- Page 438 ---
(430)
gocier la paix avec les hommes de couleur. I1 étoit membre de l'assemblée provinciale de l'Ouest, et frère du commandant de la garde nationale du Port-au-Prince, dont Guiton rapporte des traits de férocité si épouvantables (). Quelle:
que fussent"les vues secrètes de ceux qui dirigeoient la négo
ciacien, ils lui substituèrent un homme qui, par la sagesse de
sa conduite, s'étoit également concilié l'estime et le respect de
hommes de couleur et des blancs. C'étoit Giimouard qui, depui
la mort de Villages, arrivée au mois d'avril 1790, avoit com
mandé la station du Port-au-Prince. File ne consistoit guèr
que dans le vaisseau le Borée, monté par Grimouard, et 1
frégate la Galathée, commandée par Cambis. Ces deux off
ciers y avoient maintenu l'ordre jusqu'alors; ce qui n'avoit pa
été bien facile, si près du foyer de tant de troubles. La bra
voure si connue de Grimouard, , son amour pour ses devoirs
et son attachement aux marins qui servoient sous ses or
dres, y avoient sur-tout contribué. Il ne fut pas si heureu:
dans la suite ; et sa courte absence ne prêta que trop d'avan
tages aux agitateurs du Porban-Prince. Mais du moins sa con
duite fut toujours sans reproche, et sa.condamnation au tribuna
révolutionnaire de Rochefort, provoquée par la haine des com
missaires de Passemblée culoniale en France, est l'un desacte
les plus odieux qu'onait à leur reprocher (2).
Cet officier accepta de bon cccur la médiation qu'on lui pro
posoit, après que la municipalité du Port-au-Prince eut fai
escorter les parens des hommes de couleur, par un détachement
jurqu'a la Croix- des- Bouquets. Voici les principales condition
que les confédérés le prièrent de présenter au Port-au-Prince
1 Voyez ie S. XV du chapitre III.
2 Vorez le dernier chapitre de la troisième partie.
ieux qu'onait à leur reprocher (2).
Cet officier accepta de bon cccur la médiation qu'on lui pro
posoit, après que la municipalité du Port-au-Prince eut fai
escorter les parens des hommes de couleur, par un détachement
jurqu'a la Croix- des- Bouquets. Voici les principales condition
que les confédérés le prièrent de présenter au Port-au-Prince
1 Voyez ie S. XV du chapitre III.
2 Vorez le dernier chapitre de la troisième partie. --- Page 439 ---
(431) )
1°. T'embarquement des gardes nationales
de Praloto, et e des chefs des
soldées, des canonniers
a du Port-au- Prince,
bricands et autres incendiaires
D d'après les informations 3 suivant la liste qui en seroit faite
la
prises et à
à
restitution, aux magasins du roi, des prendre ce sujet 3 >
que ces deux troupes y avoient
armes et des munitions
mains de la justice de Praloto prises, et la remise entre les
remise du fort
et de Binse, son lieutenant;
de couleur,
Saini-Joseph et de celui de Belair
2°.1a
tous les autres Postes restans
aux hommes
ou aux troupes de ligne ; 3°. la
à la garde nationale >
dationale, et d'une municipalité formation d'une nouvelle garde
des actes de l'ancienne
provisoire; 4°. l'anultiation
municipalité et de
POucse 3 comme portant atteinte
L'assemblée de
:ouleur, , et occasionnant,
aux droits des citoyens de
général dans la province; quant à ces derniers , un trouble
quatorze
5o,1a réunien des
paroisses de l'Ouest,
commissaires des
province, et prier Blanchelande > pour rétablir l'ordre dans la
l'acceptition du traité de
de concourir, par sa
paix du 23 octobre
médiation,
Ces conditions ne furent
(2).
ommune du Port-au
point soumises à la délibération de la
alité et des chefs des Prince, mais seulement à celle de la munici- s. VI.
n doit bien s'attendre corps civils et militaires qui s'y
Refus du
qu'ils ne souscrivirent
réunirent; Porr - atpas à leur propre Prince,
1 Extrait des registres de la
aemhreapgt. Lettre de
municipalité du Port-au-Prince, du
es registres du conseil de Grimonard à la municipalité, du
ovembre.
l'armée de la
29. Extrait
Grniz-descBonquets, du 29
2 Extrait des rgistres du conseil de
es-Bonqnets 7 du ay novembre
l'armée de T'Ouestde la Croixliction historique des gardes 1791. Pièces justificatives de la
suiv.
nationales du Port-au- Prince,
propag. 124
de
municipalité du Port-au-Prince, du
es registres du conseil de Grimonard à la municipalité, du
ovembre.
l'armée de la
29. Extrait
Grniz-descBonquets, du 29
2 Extrait des rgistres du conseil de
es-Bonqnets 7 du ay novembre
l'armée de T'Ouestde la Croixliction historique des gardes 1791. Pièces justificatives de la
suiv.
nationales du Port-au- Prince,
propag. 124 --- Page 440 ---
(432)
Malheureusement ils trouvèrent des prétextes trop
dissolution.
dans
de ces propositions. Ils se
plausibles de refus
plusicurs
de leur
plignirent de ce que des citoyens blancs se méloien:
avec les hommes de couleur s et sur - tout de Ct
querelles
commela municipalité en avoit la preuy
qu'ils manauvroient, faire substituer un nouveau tra'té à celui du 2:
écrite (), pour déconcerté toutes leurs aesures. Il: soutinren
octobre, qui aveit
été consenti par les quatorze paroisses d
que ce traité ayant
de la ville du Port au-Prince d'
TOuest, il ne dépendoit pas
de
atteinte; que la proposition d'annuller les actes
porter
l'assemblée de l'Ouest y étoit costraire
municipalité et de
des forts aux hommes d
ainsi que celle de livrer une partie
tous les officiers et soldats avoient été offensés C
couleur; que
cette demande absolument contraire aux ordonnances militaires
mais
faire cesser la méfiance, qui paroissoit avoir dic
gue pour il falloit fondre les gardes nationales des deux cot
cet article,
eut
tous 1
leurs, que cette fusion opéréc plutôt,
prévenu
malheurs qui étoient arrivés. La municipalité et les chefs d
réunis observent enfn, que l'embarquement des gard
corps nationales y soldées et de l'artillerie nationale est un attentat à
liberté individuelle; que s'ily a peu de bons sujers dans
garde soldée, parce qu'elle a eté formée à la lâte et sans choi
ils s'y trouve néanmoins aussi des citoyens honnêtes, et que
plupart des officiers qui la composent, sont sortis des bataillo
de Normandie et d'Artois, dont ils ont soutenu T'honneur. L
autorités du Port-au-Prince consentent d'ailleurs, elles demande
même qu'on dénoncel lescoupables aux tribunaux; elles se plaigne
* Il paroit qu'ils faisoient allusion par là à la letire de Juméco
à Pinchinat, quoique celte leitre soit antérieure au traité de paix
43 octobre 1791.
iers qui la composent, sont sortis des bataillo
de Normandie et d'Artois, dont ils ont soutenu T'honneur. L
autorités du Port-au-Prince consentent d'ailleurs, elles demande
même qu'on dénoncel lescoupables aux tribunaux; elles se plaigne
* Il paroit qu'ils faisoient allusion par là à la letire de Juméco
à Pinchinat, quoique celte leitre soit antérieure au traité de paix
43 octobre 1791. --- Page 441 ---
(433) )
de divers actes d'hostilités,
sieurs citoyens blancs,
notamment de Parrestation de
rétention de
conduits au camp de Rigaud, et de pla- la
la
quelques autres à la
preuveque cette ville avoit donnée Croir-det-Rouquets, de
malgré
en renvoyant les femmes et les enfans son amour pour la paix,
Elles finissent par dire dans leur
des hommes de couleur.
e Les hommes de couleur
réponse adressée à Grimouard :
> motifs de notre conduite. se sont trompés jusqu'ici sur les vtais
défiance de
Ils ont attribué à la crainte
nos propres forces les diflérentes
et à la
nous n'avons faites auprès d'eur
tentatives que
> par le desir de préserver la que par amour de la paix, et
> d'une guerre intestine.
province de l'Ouest des horreurs
ajouter à chaque fois C'est la, sans doute, ce quilear fait
le
à leurs prétentions : mais
que sentiment de nos Fertes
qu'ils sachene
* tir de la motération oi
pourrois enfin nous faire sor
nous nous
> gu'ils calculent s'il doit nous
sommes contenus jusquici;
A soutenus des deux bataillons rester quelques craintes, étant
de
5 corps royal d'artillerie, des
Normandie et d'Artois, du
forces de votre
commandant, et de votre
de
vaisseau, M. le
> nationales, et du secours équipage,
la réudion des gardes
d'une artillerie
Ainsi, M. le commandant,
considérable.
comme une chose
nous vous prions de demander,
irrivocable,
) trai:é du 23 octobre
l'exécution pure et simple du
ment de la
dernier, et de consentir au remplacemunicipalité,
à ciers de la garde nationale, etàla nomination de nouveaux offide l'armée dans
aussitôt la rentrée des
cette ville. S'ils exigent
citoyens
l'obtiendront que les armes à la main. La davantage, ils ne
cette colonie sera Peut-être la suite de
ruine entière de
qui, par la rupture du traité,
la guerre. Mais ceux
fense légitime, seront
nous auront forcés à une déresponsables des malheurs
Rapp. de Garran-Coulon, Tome
que leurs
II,
Ea
offide l'armée dans
aussitôt la rentrée des
cette ville. S'ils exigent
citoyens
l'obtiendront que les armes à la main. La davantage, ils ne
cette colonie sera Peut-être la suite de
ruine entière de
qui, par la rupture du traité,
la guerre. Mais ceux
fense légitime, seront
nous auront forcés à une déresponsables des malheurs
Rapp. de Garran-Coulon, Tome
que leurs
II,
Ea --- Page 442 ---
(434)
occasionneront. Nous offrons, pour garant de l'exé.
entreprises
ce
notre loyauté qui ne s'est jamaisdémentie, ,
S cution de traité,
le contmandant. Ceux a
ces M.
qui
garanties
ct la votre,
- ils dissimuler des desseins
D ne suffiroient pas, pourroient
> secrets(1)
f. VII.
Ces détails sont les seuls que l'on trouve dans les pièces offiNouvelles cielles déporées à la commission des colonies, sur la negociation
propositions entamée
Grimouard. Mais il paroit qu'il ne borna pas la ses
deGrimonard
par
des
il avoit mieux
aussi rejetées. pacifiques intentions. Dans sle calme
passions,
les habitans du Port-au-Prince, les suites funestes de la
vu que
faction les conduisoit. Il
nouvelle guerre civile à laquelle une
étoit impossible qu'il n'eit pas apperçu les vues dangereuses
des chefs des blancs de Ia coalition. Mais il avoit sur-tout rela profonde indignation dont la généralité des hommes
marqué
de couleur étoit pénétréc, et qui ne pouvoit plus étre contenue
Il avoit entendu ces hommes de
qu'avec la plus grande peine.
droits
couleur déclarer que si l'on persistoit à leur refuser les
tenoient de la nature, et qui leur avoient été reconnus
qu'ils les traités, si l'on tiroit sur-tout un seul coup de canon,
par
les ateliers
Il fit donc
ils incendieroient tout en soulevant
(2).
dont il n'est parlé que dans les méune dernière tentative,
moires publiés en France, quelques mois après, par les commissaires des hommes de couleur, ou dans des écrits de queldévouées à leur
mais les faits qui
ques autres personnes
parti;
sont
n'ont
été désavoués dans tant de pamphlets
en
l'objet,
jamais
de la
du Port-au-Prince à Grimouard, du3o
1 Lettre
municipalité
dudit
novembre 1791. Extrait des registres de la municipalité 2
jour.
2 Déclaration de divers matelots du Borée, du Il décembre 1791.
Production historique des gardes nationales du Port- au Prince,
pag. 18.
is les faits qui
ques autres personnes
parti;
sont
n'ont
été désavoués dans tant de pamphlets
en
l'objet,
jamais
de la
du Port-au-Prince à Grimouard, du3o
1 Lettre
municipalité
dudit
novembre 1791. Extrait des registres de la municipalité 2
jour.
2 Déclaration de divers matelots du Borée, du Il décembre 1791.
Production historique des gardes nationales du Port- au Prince,
pag. 18. --- Page 443 ---
(435 )
que les agens de l'Assemblée coloniale
fense. Suivant ces mémoires
ont publiés pour sa dé-
, Grimouard,
Vues du Port-au-Prince sur
pour entrer dans les
l'erécution du traité du
proposa une confédération entre tous les
23 octobre,
cette ville et l'armée de la
corps militaires de
l'exécution du traité, et la punition Croik-des-Bonquetr, des
pour assurer
tion de la
coupables. La coalielles furent Croix-des-Rouquets accepta ces
encore
propositions; ; mais
rejetées au
> dit-on, y réçut Grimouard dans Port-au-Prince. ( Caradeux,
) tous les corps
une assemblée composée de
populaires, ct environnée de factieux.
d'être indigné des
Feignant
)
propositions hardies des
leur, et d'un projet de
hommes de coules corps
confédération, qui tendoit à renverser
populaires, il l'accusa de
D ment des ennemis de la
s'être rendu l'instruloi, et d'avoir
D guerre civile >. Grimouard alloit
voulu Provoquer une
soulevés contrelui,
étre la victime des factieux
quand un des officiers
Labonnetière, parut ne voir dans cette affaire quifacrompagnoient,
entre Caradeux et lui. Il fit un défi à Caradeux qu'une querelle
cepter. Mais la multitude prit
qui parut l'acGrimoward eut à son tour
encore Parti pour ce dernier, et
netière des mains des
beaucoup de peine à sauver Labon.
factieux qui le menaçoient (r).
Les faits
vient de postérieurs ne coincident que trop avec ceux qu'on S. VINI.
rapporter d'après les hommes de couleur, Les hosti- Discussions
de la muni.
I
Mémoire
cipaliré aveç
historique des dernières
Gr mouard
publié parl Irs commissaires des
révolations do l'Onest et du Sud, et le comde plusieurs
citoyens de coulcur de
et du roi, paroisses de la colonie s auprès de l'Assemblée Saint-Marc, et merce,
le 8 décembre Voyez aussi la copie d'une lettre écrite de nationale
de
1791 1 parJ. B. Decoigne à M. de
Saint-Marc,
Grimouard à la municipalité, du
Lopinot ; la lettre
29 décembre, avecla réponse,
Eca
révolations do l'Onest et du Sud, et le comde plusieurs
citoyens de coulcur de
et du roi, paroisses de la colonie s auprès de l'Assemblée Saint-Marc, et merce,
le 8 décembre Voyez aussi la copie d'une lettre écrite de nationale
de
1791 1 parJ. B. Decoigne à M. de
Saint-Marc,
Grimouard à la municipalité, du
Lopinot ; la lettre
29 décembre, avecla réponse,
Eca --- Page 444 ---
(435 )
lités recommencèrent inmédiatement de la part du Port-auPrince, et la conduite de cette ville fut désapprouvés par tous
ceux qui conservoient encore quelque impartialité au milieu de
ces terribles agitations. Les négocians de la plupart des villes
maritimes, séduits par les 85 et le clib Massiac, avoient appuré, dans la métrepole, les prétentions des colons blancs con're
les kommes de coulcur, et leurs préjugés sur l'esclavage
Quoique l'assemblée de Saint-Marc el ses partisans n'eussent
cessé de déclamer contre le commerce, presque avec la même
violence qu'on le faisoit en France contre la noblesse et les agens
de l'ancien régime; quoique ela seconde assemblée coloniale et surtout le côté Ouest l'eussent traité avec la même défaveur,en
se prévalant des malheureuses circonstances oii se trouvoit la
cclonie, pour suspendre lexercice de toutes ses aftions dans
les tribanaux (2), sans distinguer 1 nature des créances et
leurs diverses époques, la marine marchande n'avoit cessé de
montrer le plus grand zèle pour la cause des blancs. Ses équipages con ouroient au Cap à faire le service des postes, que
tant d'h.bi:ans négligoient; elle prenoit au comptant pour les
fournitures qu'efle faisoitau gouvernement, les traites sur France,
qui perdoient cinquante pour cent dans la colonie. L'assemblée
colonile, malg 6 ses préventions, ne put se di penser, dans plus
d'une orcasion, de témoigner sa reconnoissance aux capitaines
de ces bâtimens (3). La conduite honorable que Grimouard
1 Voyez le recueil de leurs pétitions 1 et les registres du club
Massiac.
2 Lettre de lassemblée coloniale à ses commissaires en France, du
20 aoli 17y2. Moniteur de Saini-Domingue, des 18, 24 et 25 janvier
17)2.
a Moniteur de Saint-Domingue, des 3, 13, 16 et 20 janvier 1792.
igner sa reconnoissance aux capitaines
de ces bâtimens (3). La conduite honorable que Grimouard
1 Voyez le recueil de leurs pétitions 1 et les registres du club
Massiac.
2 Lettre de lassemblée coloniale à ses commissaires en France, du
20 aoli 17y2. Moniteur de Saini-Domingue, des 18, 24 et 25 janvier
17)2.
a Moniteur de Saint-Domingue, des 3, 13, 16 et 20 janvier 1792. --- Page 445 ---
(437) )
n'avoit cessé de tenir, étoit bien
principes de bienveillance, les
propre à maintenir, dans ces
dans la rade du Port-au-Prince. bàtimens du commerce qni étoient
influence de ces
Telle étoit néanmoins
dans
brigands dc toutes les
l'immorale
cette ville, qu'au club et dans nations, 3 qui faisoient la loi
les
constituées, on ne cessoit de
assemblées des autorités
contre le commerce. Par-tout déclumeravecia plus grande fureur
quement composé d'aristocrates on le représentoit comme unitandis qu'on entretenoit
et de Comnerénehatienaice,
Pour y resseirer de
soigneusement : la Jamaique
merciales
plus en plus les liaisons
desagens
de
avec l'Angleterre. On osa faire
poli.iques et comla rade de n'avoir
un crime atx bâtimens
au-Prince dans la pas servi les fureurs des b'ancs da Portrecueilli,
journée du 21 norembre
lors de l'incendie,
1791 0), d'avoir
avoient été
quelques marchandiscs
de
ssuvées, et d'avoir reçu à bord, non
des qui en
couleur, mais des blancs qui,
pas hommes
et qui ne purent trouver d'antre dit-on, étoient de leur parti,
lcs poursuivoient. On
asyle contre les brigands
accusoit encore ces
qui
commerce avec la coalition de la
bâtiniens de faire le
fournir des vivres et des
Croix-des Bouquets, et de lui
de l'Eat (2). Tant
munitions de concert avec la marine
d'injustices, et l'ingratitude da Port-au1 Lettre de la municipalié da
aiale, du 4 décembre 1791. Lettre Port-an-Prince de la
à l'assemblee coloBordeanx, du 14 janvier 1792.
méne à la municipalité de
du 2 décembre
Arrêté des bàtimens du
aégocians
1791, au soir. Projet d'adresse à faire à commerce, MM.
piéces justificatives de la
de France 7 du 20 juillet cote Q les
du Port-an-Peince.
prodaction historique des gardes nationales des
a Prodluction bistorigne snsd.,
Prince dans le Moniteur du 5 lévrier pag. 16 et 17. Adresse du Port gu17y2,
Ee 3
éne à la municipalité de
du 2 décembre
Arrêté des bàtimens du
aégocians
1791, au soir. Projet d'adresse à faire à commerce, MM.
piéces justificatives de la
de France 7 du 20 juillet cote Q les
du Port-an-Peince.
prodaction historique des gardes nationales des
a Prodluction bistorigne snsd.,
Prince dans le Moniteur du 5 lévrier pag. 16 et 17. Adresse du Port gu17y2,
Ee 3 --- Page 446 ---
(438) )
aigrirent enfin la marine marchande
Prince contre Grimouard,
de ce
de la rade. Le jour même cu les dernières propositions
commandant avoient été si outrageusement rejetées 2 les officiers
dans une assemblée tenue sur le navire le
du commerce prirent,
l'infracTriomphant, un arrêté par lequel, * en déclarant que
du traité du 23 octobre étoit seulement l'ouvrage de
D tion
et de la municipalité éde
du Port-au-Prince,
> quelques citoyens
Grimouard de ne fournir au-
> ladite ville.. ils requièrent
la nation, à ceux
> cune des forces qui lui sont confiées par
ledit traité
du Port-au-Prince, qui ont violé
> desdits citoyens
la
(1).>
D de paix, non plus qu'à municipalité
Grimouard adressa cet arrêté à la municipalité du Port-auPrince, dès le lendemain (2); et quelles qu'aient été les cirdernières
avec les autorités du
constances de ses
négociations
Port-au-Prince, il est certain du moins qu'ilavoit dès-lors perdu
dans cette ville toute la ccnsidératicn dont ily avoit joui (3).
On lui en avoit donné les témoignages les plus distingués lersl'avoit prié d'interposer sa médiation auprès des hommes
qu'on de conleur. L'arrété qui lai fat porté par les commissaires de
cette mission, est du 28 novembre. Il le
la municipalité pour
à
eut-il moncombloit des éloges qu'il méritoit (4). Mais peine
1 Arrêté du 2 décembre 1791, au soir. Pièces justificatives de la
production historique des faits qui se sont passés dans l'Ouest, par
les, gardes nationales du Fort-au-Prince, cote P.
2 Lettre de Grimouard à la municipalité du Port-an-Prince, du 3
décembre 1791.
des
nationales du Port-au-Prince
3 Production historique
gardes
pag. Extrait 17-; des registres de la municipalité du Port-au-Prince 3 du 20
nevembre 1791.
1791, au soir. Pièces justificatives de la
production historique des faits qui se sont passés dans l'Ouest, par
les, gardes nationales du Fort-au-Prince, cote P.
2 Lettre de Grimouard à la municipalité du Port-an-Prince, du 3
décembre 1791.
des
nationales du Port-au-Prince
3 Production historique
gardes
pag. Extrait 17-; des registres de la municipalité du Port-au-Prince 3 du 20
nevembre 1791. --- Page 447 ---
(439)
fré qu'il ne partageoit pas
ne vit
l'emportement des
plus en lui qu'un ennemi de la
agitateurs, qu'on
même de la communication de
révolution. Dès le jour
Port-an-Prince,
cet arrêté, la municipalité du
avoir la
qui prétendoit, comme l'assemblée de
direction des forces de terre et de
l'Omest,
métropole, requit ce commandant de
mer venues de la
de cinquante hommes
fournir un détachement
mouard
pour garder le poste de Léogane, Gris'y refusa en déclarant qu'il attendroit la décision
commnissaires civils. La
des
que les officiers du
municipalité le dénonça aussitôt, ainsi
commerce, à l'assemblée
un contre-rérolutionnaire
coloniale, comme
et les hommes de
quiétoit coalisé avec le gouvernement
couleur
Deux circonstances paroissent avoir donné
f IX.
anx agitateurs du
une nouvelle force Rupture des
28 septembre
Port-au-Prince : la publication de la loi du négociations
1791, ct T'arrivée des
Les principes de Ia morale
commissaires civils (2). d'après du la Joi
dans le
universelle sont tellement
28 sepcaeur de ceux mêmes qui veulent les
inculqués tembre.
craignent tant le premier
enfreindre; ils
les
jugement de la raison
individus, et sur-tout les rassemblemens
publique, que
terminent le plus tard qu'ils
politiques, se détives
peuvent à recourir aux Iois
pour se dispenser de tenir lcs
posicontractés, Le décret du 24
engagemens qu'ils ont
la colonie, lors
septembre 1791 étoit connu dans
des attentats commis au
empêcher l'exécution du traité fait
PortanPrince, pour
leur. Il ne se troava
avec les hommes de coHpas néammoins alors parmi les factieux un.
1 Monireur de
Saint-Domingue, du 11 décembre
2 Lettre de la municipalité du
1791.
1792, Production historique des Port-au-Prince, du 4 décembre
pag. 18.
gardes mationales du Fort-an-Prince
Ee 4
1791 étoit connu dans
des attentats commis au
empêcher l'exécution du traité fait
PortanPrince, pour
leur. Il ne se troava
avec les hommes de coHpas néammoins alors parmi les factieux un.
1 Monireur de
Saint-Domingue, du 11 décembre
2 Lettre de la municipalité du
1791.
1792, Production historique des Port-au-Prince, du 4 décembre
pag. 18.
gardes mationales du Fort-an-Prince
Ee 4 --- Page 448 ---
(440 )
homme qai osât se prévaloir de cette loi pour demander l'an:
nullation du traité,
l'avoir enfreint d'une manière si violente par l'assasAprès
le 21 novembre, on n'avoit voulu
sinat du nègre Scapin,
pour en
sans doute trouver dans les négociations qu'un prétexte Tandis
l'inexécution sur les hommes de couleur (1)-
rejeter
suivoient encore à la Croiz-des-Benguets, tandis
qu'elles se
annonçoit le rappel
la municipalité du Port-au-Prince y
que
l'assemblée coloniale et à celle de l'Ouest,
de ses députés à
si
habitude
les agitateurs de cette ville, qui avoient une grande leurs
de méconnoître les autorités qui n'entroient pas dans de
laissoient subsister au milieu d'eux cette assemblée
vues,
avoient rappelé les membres
I'Ouest, dont tant de paroisses
même
la
lors du traité de paix du 23 octobre. Il paroit
que
du Port-au- Prince concertoit ses mesures avec
municipalité Elle le fit du moins dès qu'elle eut la nouvelle officielle
elle.
des commissaires civils, envoyés pour assurer l'exéde l'arrivée
Dès qu'elle l'eut reçue, le
cution de la loi du 28 septembre.
d'exécuter le traité
2 décembre 1791,1 ne fut plus question
du 23 octobre, ni de négocier avec les hommes
de paix
adressa à P'asssemblée coloniale 3
de couleur. La municipalité
un récit de la
qu'elle s'étoit engagée à ne plus reconnoitrc,
les plus
du Port-au-Prince, plein des insinuations
catastrophe
hommes de couleur 3 ct manifestement
désavantageuses aux
fut alors envoyée à cette assemcombiné avec la relation qui
du Port-aubiée par celle de TOuest (2). La municipalité
I Lettre de Decoigne à Lopinot > du 8 décembre.
colo,
du Port-au-Prince à l'assemblée
2 Lettre de la municipalité
siale, du 26 novembre.
à ne plus reconnoitrc,
les plus
du Port-au-Prince, plein des insinuations
catastrophe
hommes de couleur 3 ct manifestement
désavantageuses aux
fut alors envoyée à cette assemcombiné avec la relation qui
du Port-aubiée par celle de TOuest (2). La municipalité
I Lettre de Decoigne à Lopinot > du 8 décembre.
colo,
du Port-au-Prince à l'assemblée
2 Lettre de la municipalité
siale, du 26 novembre. --- Page 449 ---
(441 )
Prince adressa le même jeur la loi du 28
édérés de la Croix-des
septembre aux conHes commissaires
Bouquets, en leur notifiant l'arrivée
civils (1). Elleleur avoit
c prétenda
de
annoncé, la surveille,
rappel
ses députés a l'assemblée
e lendemain même elle écrivit
coloniale, et
ine lettre pleine
contre eux à cette assemblée
riolens.
d'emportement et des reproches les plus
C'est dans cette dernière lettre
: les capitaines du
qu'elle dénonçoit Grimeuard
commerce. Elle leur
bas aidé les citoyens dans leur
reprochoit de n'avoir
lepuis,
malheur lors de lincendie et
c'est-àa-dire, de n'avoir Pas voulu marcher
iommes de couleur. Ces derniers
contre les
(l'assemblée de l'Ouest
assurent que la municipalité
anéc de Grimouard
avoient profité de l'absence momenpour Semer leurs
eurs sur la station, et qu'ils n'avoient principes dérorganisanvoyant ce commandant
pas eu d'auires vues en
uels (2). La conduite comme médiateur à la Croix-des Bouantérieure des autorités constituées du
ortau-Prince, cnvers le Ltopard et la station commandée
Villages, ne s'accorde que
par
vénemens postérieurs
trop avec cette allégation que les
appuient plus fortement encore.
Il n'y avoit point eu jusqu'alors
uis le commencement
d'bostilités positives de- s. X.
des négociations. Mais
ons étoient absolument
les commuaica- Mesureshoscessées entre les deux partis
tiles du Portqui au- Priace et
des confédé1 Lettre de la municipalité du
rés,
iale, 1 du 4 décembre.
Port-au-Prince à l'assemblée colo2 Extrait des registres du conseil de l'armée
pmniissaires des paroisses, du 14 décembre
de TOuest, et des
Lopinot, du 8 décembre. Moniteur de' 1791. Lettre de Decoigne
nrier 1792.
Saint. - Domingue, du 12
is
tiles du Portqui au- Priace et
des confédé1 Lettre de la municipalité du
rés,
iale, 1 du 4 décembre.
Port-au-Prince à l'assemblée colo2 Extrait des registres du conseil de l'armée
pmniissaires des paroisses, du 14 décembre
de TOuest, et des
Lopinot, du 8 décembre. Moniteur de' 1791. Lettre de Decoigne
nrier 1792.
Saint. - Domingue, du 12 --- Page 450 ---
(442 a )
les mesures les plus propres à pro
prenoient Tun contreT'autre autorités constituées du Port-au
duire un engagement. Les
dans la plaine, des denrées qu
Prince défendirent l'exportation,
Un
sont dans l'usage de tirer de la mère-patrie.
les colonies
Y'embarcadaire du Cul
troupe de canonniers fut envoyée yers
empè
dépendoit de la Croiz-desBouquets, pour
de-sac, qui
Des bateaux armés furent expé
cher qu'on n'y en débarquat.
dans tou
diés le long des côtes; on arma des corsaires qui,
diffé
forcèrent les bâtimens expédiés de France pour
le golfe,
les Américains, à ne mouiller qu'au Port
rens ports, ainsi que
ville osoit néanmoins aloi
au-Prince. La municipalité de cette
les
l'assemblée coloniale; ( qu'elle employoit tous moyer
assurer
ce que MM. les commis
> possibles de temporiser, jusqu'à
eussent prononcé (4). >
a saires civils
au Port-au-Prince aigrirent ertrèmemer
Les mesures prises
à la
refusèrent de se soumettre
réquisitio
les coalisés, qui
leur avoit faite la municipalité
de cesser les hostilités, que
Il
laisseroit
circuler les subsistances (2).
tant qu'on ne
pas Ia ville du Port-au-Piince. Ell
resserrèrent de plus en plus
terre, au ner
étoit en quelque sorte entièrement bloquée par forte de plu
et'àl l'est, par P'armée de la Croix-d.s Bouquets, mille homme
de
mille hommes, ct du côté du sud, par
quatre avoit amenés de cette province, et qui s'étoier
que Rigaud
à Bizoton, à un miile de la ville. Cd
campés avantageusement
du Port an-Prince à l'assemblée colo
I Lettre de la mmicipalité Mémoire des commissaires des homme
niale, du 4 décembre 1791.
de couleur, pag. 73 et 74.
d'une délibération de T'armée de la Crois.dex-Bonquets
2E Extrait
du 9 décembre. 3791. --- Page 451 ---
(443)
derniers y avoient dressé une batterie
côté, ct avoient détourné les
qui dominoit tout Ce
caux douces
mornes voilins, fournissent la seule
qui, descendant des
Port-an-Prince.
boisson salubre
Les deux armécs
qu'ily ait au
trée des bestiaux de la
empéchoient également l'enplaine dans la ville; ; ce quila
qu'entièrement des viandes fraîches
privoit pres-
--- Page 451 ---
(443)
derniers y avoient dressé une batterie
côté, ct avoient détourné les
qui dominoit tout Ce
caux douces
mornes voilins, fournissent la seule
qui, descendant des
Port-an-Prince.
boisson salubre
Les deux armécs
qu'ily ait au
trée des bestiaux de la
empéchoient également l'enplaine dans la ville; ; ce quila
qu'entièrement des viandes fraîches
privoit pres- Pour faire cesser des
lité du
privations si ficheuses, la
Port-an-Prince requit Grimouard
municipa- $. XL
de ses bâtimens, à faire rendre
d'employer les forces Nouvelles
étoit
à la ville les eaux dont
discussions
privée, et à repousser les révoltés
elle de la munibatteries à
qui dressoient des
Bioton; ; et comme elle
cipalité avcc
du commerce fournissoient des
prétendoit que les navires le commerce
ce qui est extrèmement
vivres aux hommes de couleur, ct Grimouard
des signaux
probable, et qu'ils leur faisoient même
bâtimens d'intelligence (2), elle refusa aux
des permis pour sortir de la rade chaloupes de ces
core Grimouard de faire
: elle requit endans le
rentrer tous les' vaisseaux
port, en dedans des fortifications.
marchands
Les
commerce se refusèrent à cette
capitaines du
bitimens à la merci de la
mesure, qui auroit mis leurs
mouard adressa le
vilie, par un nouvel arrêté que Griméme jour à la municipalité; ils alléy
1 Mémoire des commissaires des hommes de
Arrêtés de la municipalité du
couleur, pag.74,etc.
1791, ctc.
Port-au-Prince, des 7 et 10 décembre
2 Arrêtés des corps populaires du
conseil d'administration de la
Port-an-Prince 7 réunis, et da
1791. Déclaration de trois garde nationale, des 8 et 10 décembre
a l'assemblée coloniale honmes de l'équipage du Borée, adressée
décembre. Autre del le Nud, par dui la municipalité du Port-au-Prince, le 3
aux canonniers du
12 décembre. Lettre de la
et de
Borée, du 13 décembre. Interogatoire municipalité de Lalibre
GibautRigaud, des 20 et 22 janvier 1792.
et da
1791. Déclaration de trois garde nationale, des 8 et 10 décembre
a l'assemblée coloniale honmes de l'équipage du Borée, adressée
décembre. Autre del le Nud, par dui la municipalité du Port-au-Prince, le 3
aux canonniers du
12 décembre. Lettre de la
et de
Borée, du 13 décembre. Interogatoire municipalité de Lalibre
GibautRigaud, des 20 et 22 janvier 1792. --- Page 452 ---
(444) )
d'abord la crainte qu'il n'éclatit dans 1a ville un nou
guoient
leurs batimens; mais il
vel incendie qui pourroit consumer
servir ni l'un n
annonçoient aussi leur détermipation de ne
y
Grimouard observa, en faisant la même déY'autre parti (1)-
élevées
battre les fortifications
pai
claration, qu'il ne pouvoit
attcindroi
Ics hommes de couleur, parce que son canon n'y
ce seroit allumer une guerre
pas,et plus encore parce que
Il
enfin
si
civile à laquelle il vouloit être étranger. ajouta
que
à refuser aux chaleupes du commerce
la municipalté persistoit
suI lui de leui
des permis pour sortir de la rade, il prendroit
en délivrer (2).
f. XIL.
les
du Port-an-Prince eurent reC'est alors que
agitateurs
Insurrection
dernières ressources pour forcer Grimoward a
sur les bâti- cours à leurs
décembre
ils vinrent sur
mens, susci- se rendre à leurs vues. Le 10,
1791,
de Nortée
du bataillon
parlePort le Boree, avec une députation nombreuse
an-Prince.
royal d'artillerie > dénoncer ce commandant
mandie et du corps
comme ennemi de la chose publique. L'attroupeà l'équipage,
descendre
pour le remment voulut ensuite faire
l'équipage
des matelots de quelques bâtimens du commerce, qui
placer par
Il demanda même qu'on traétoient gagnés par les agitateurs.
de
La funeste catastrophe
duisit Grimouard a la municipa'ité.
et les nouMauduit, arraché de cette manière à son domicile,
furent commis peu de jours après par de
veaux assassinats qui
assez
attroupemens au Port-au-Prince 1 indiquent
quel
semblablesa
de ces mouvemens destinoient à
étoit le sort que les auteurs
bàtimens du commerce 9 du 1a
1 Arrêté des capitaines, 9 etc., des
décembre 1791.
du Port-an-Prince, du 10
2 Lettre de Grimouard à la municipalité
du 8 décembre.
décembre 1791. Lettre de Decoigne à Lopinot,
aux assassinats qui
assez
attroupemens au Port-au-Prince 1 indiquent
quel
semblablesa
de ces mouvemens destinoient à
étoit le sort que les auteurs
bàtimens du commerce 9 du 1a
1 Arrêté des capitaines, 9 etc., des
décembre 1791.
du Port-an-Prince, du 10
2 Lettre de Grimouard à la municipalité
du 8 décembre.
décembre 1791. Lettre de Decoigne à Lopinot, --- Page 453 ---
(445) )
Grimoward. Un reste d'attachement de
:t sur - tout le dévouement des
Péquipage à ses devoirs,
irent
canonniers
rejeter ces propositions. Ils
pour Grimouard
municipalité, en lui déclarant
dénoncèrent le tout à la
itt
qu'ils ne feroient
Port-au-Prince le service
plus désormais
-a municipalité
qu'ils y avoient fait
désavowa, dans la réponse
jusqu'alors,
articipation à cet attintat
qu'elle leur fit, toute
une mesure pour le
(1); mais elle n'avoit pris aunages de satisfaction prérenir. Elle reçut avec de
la déclaration des
grands témoiremplacer les canonniers dans leur
matelots, 3 qui s'offrirent
lle fit faire à Grimouard
service ; & dès le
une nourelle
lendemain
our détruire les fortifications
réquisition de s'embosser
evoient à Bizoton. Les
que les hommes de couleur
anifestèrent le
matelots, gagnés par la
plus grand desir de
municipalité,
issaires qu'elle envoya
combattre; et les comauprès de lui, asshrent, dans
pport, que Grimouard put à
leur
I promettant de négocier
peine retenir son équipage en
tution des
avec les confédérés
eaux du Port-au- - Prince
pour la resrrible menace faite par les
3 et en rappelant la
S ateliers
hommes de couleur, de
pour incendier les
soulever
1 seul comp de canon (2). habitations, si l'on tiroit sur eux
On voit effectivement dans
une lettre écrite ce jour là même
I Lettre des canonniers du Borée à la
ince, du 11 décembre 1791.
municipalité du Port-auidemain.
Réponse de la municipalité, du
sur2 Arrèré de la municipalité du
)t. Rapport fait a ladite
Port - au - Prince, du 4 décembre
Ir
mmnicipalité par ses conunissaires, ledit
1 seul comp de canon (2). habitations, si l'on tiroit sur eux
On voit effectivement dans
une lettre écrite ce jour là même
I Lettre des canonniers du Borée à la
ince, du 11 décembre 1791.
municipalité du Port-auidemain.
Réponse de la municipalité, du
sur2 Arrèré de la municipalité du
)t. Rapport fait a ladite
Port - au - Prince, du 4 décembre
Ir
mmnicipalité par ses conunissaires, ledit --- Page 454 ---
(446)
à la municipalité par Grimouard, que les confédérés de 1
Croir-des-Bonquets lui avoient promis de détruire la batteri
de Marquissant, et de rendre les eaux au Port- au- Prince
mais ccs mesures pacifiques ne convenoient pas aux agitateur
de cette ville. Ils croyoient venir facilement à bout de la coalition
étoient parvenus à l'isoler. Ils avoient déja travaill
parce qu'ils
les équipages des bâtimens du commerce 1- comme ceux de
vaisseaux de l'état, et semé la division parmi les capitaines de ce
bâtimens, en accordant des privilèges pour leur chargement o
déchargement à quelques-uns d'entre eux. D'autres furent sal
doute épouvantés par les scènes sanglantes qui commencèrei
alors à se renouveler au Port-au-Prince. Plusieurs désavouèrer
lasignature qu'ils avoient dennée à leurs délibérations sdeneutrali
du 2 décembre 1791 (1).La municipalité du Port-au-Prince,q
comme les autres autorités constituées de la colonie 2 reconnoi
soit les décrets de la métropole, toutes les fois qu'elle pouve
s'en prévaloir, les invoqua pour déclarer nulle et inconstit
tionnelle Ia corporation des officiers du. commerce, dans
arrêté ou elle la comparoit a celle des pompons blancs. C
arrêté fut ratifié dans la suite par l'assemblée coloniale (2).
S. XIITE
C'est ce jour-la même que les hostilités recommencèrent
Attaque du la part du Port-au-Prince. Tandis que les confédérés travailloie
Port-au- à réaliser les
avoient faites à Grimouard 9
Princecontre
promesses qu'ils
les hommes en avoit instruit la municipalité, les factieux prétendirent 9
de couleur.
1 Désaveu de Fromentin, capitaine de la Minerve, du Hàvre,
autres, des 4, 18, 20 et 23 décembre 1791. Voyez aussi le Monite
de Ssint-Domingue, du 27 décembre.
2 Extrait des registres de la municipalité du Port-an-Prince, dw
décembre 1791. Moniteur de Suint-Domingue, du 29 décembre.
les hommes en avoit instruit la municipalité, les factieux prétendirent 9
de couleur.
1 Désaveu de Fromentin, capitaine de la Minerve, du Hàvre,
autres, des 4, 18, 20 et 23 décembre 1791. Voyez aussi le Monite
de Ssint-Domingue, du 27 décembre.
2 Extrait des registres de la municipalité du Port-an-Prince, dw
décembre 1791. Moniteur de Suint-Domingue, du 29 décembre. --- Page 455 ---
( 447 )
les hommes de couleur ne détruisoient
que pour en élever une autre
la batterie de Marquissant
ontre ce poste fat donné derrière elle. Le signal de
voit établic
Par la batterie Aottante
l'attaque
uivi
pour protéger le chemin de
que la ville
Par le feu du fort
Léogane, et bientôt
ouleur d'abandonner Saint-Clair, qui força les
lendemain
le poste. Leur camp de Bizoton hommes de
par léquipage insurgé du
fut assaili
quisition de la
Borée, qui opposa une
armée de
municipalité aux ordres contraires de
Rigand, en se
Grimouard.
eurs des habitations voisines retirant, incendia Son camp et plu-
(1).
L'assemblée
prt-au-Prince provinciale de l'Ouest et la
ont osé attester, dans des
municipalité du
mps-là même, que c'étoit la batterie pièces officielles de ce
acée à
des hommes de
tterie Rottante Marguinant, qui avoit fait feu la
couleur,
du
première sur la
ute à l'entrée de Port-au-Prince,t la ville de
sur une redoute constoit là une fausseté,
ce côté. la (2).
mais les autorités
Non-seulement
Prince ne pouvoient
constituées du Portuces-verbal, dressé
pas avoir de doute à cet
ce jour- là par les
égard. Le
citoyens de service à la
Lettre de Grimonard à la
embre 1791, Réponse de la municipalité du Port-au-Prince, du 14
Castrée, Montfort et autres municipalité > dudit jour. Déclaration
embre. Lettre de l'assemblée de officiers mariniers du Borée, du r5
17 décembre.
l'Ouest à P'assemblée
Port-an.Prince, Rapport du du major général de la
coloniale,
ues de couleur, 13 décembre. Mémoire des garde nationale
and, du 21
pag. 77 et suivantes.
commissaires des"
janvier 1792.
Interrogatoire de Gibaudmbre Lettre de l'assemblée de T'Onest à
1791. Lettre de la
l'assemblée coloniale 1 du 17
nouard, du 15 décembre municipalité du Port - au -
i
21 décembre,
7 et à la municipalité de Prince
PArcahaye s
la
coloniale,
ues de couleur, 13 décembre. Mémoire des garde nationale
and, du 21
pag. 77 et suivantes.
commissaires des"
janvier 1792.
Interrogatoire de Gibaudmbre Lettre de l'assemblée de T'Onest à
1791. Lettre de la
l'assemblée coloniale 1 du 17
nouard, du 15 décembre municipalité du Port - au -
i
21 décembre,
7 et à la municipalité de Prince
PArcahaye s --- Page 456 ---
(448) )
batterie Aoltante, porte que *t le 28 du mois précédent, el
observer les mouvemens de l'ennemi, 3
9 s'étoit placée pour
ce moment eile dissipa à coups de canon to
s que depuis
aux cases
> les petits attroupemens qu'elle apperçut
le 14 décembre, voyant 4c0 pe
> Marquissant, , etc que
bâtimens de M:
> sonnes assemblées devant et à l'entrée des
mouvement de la balterie fut d'envoy
s quissant, le premier
>> un boulet de 18 à Marquissant, auquel on riposta de la mèi
)) La déclaration faite à la
le lendem
>
manière.
municipalité
plusieurs mariniers du Borée, constate aussi gue c'est l'éq
par
de
fut l'agresseur contre le cai
page de ce vaisseau
ligne qui
de Bizoton (1).
$. XIV.
Ce signal des combats les rappela dans toutes les parties
Nouveaux TOuest, comme autour du Port-au- Prince; et dans le mé
assassinats
l'anarchie la plus:angla te vint ajouterde nouveaux dés
comais pu- temps
désoloient cette malheureuse ville, eur-toutdep
bliquement tres à ceux qui
des
cinq au Cap
2u Pert-au- que l'arrivée des derniers
quatre vingtPrince.
donné une nouvelle force aux facticux de l'assemblée coloniale
Le 22 décembre 1791, un muldtre, nommé Alcindor, C
l'on prétendoit avoir trouvé du soufre et d'autres mati
qui combustibles, fut dénoncé comme projetant un rouvel incend
et mis à mort dans un mouvement populaire (3).
relation du combat de la batterie flottante,
1 Procès-verbalon
du décembre 1791. Déclaratior
les brigands de toutes couleurs,
dn
Philippe Castrées, Montfort et autres, à la municipalité,
décembre.
2 Lettre des commissaires civils au ministre de la marine 1
avril 17y2.
de plusieurs soldats de la troupe de ligne à la n
3 Déclaration
fut dénoncé comme projetant un rouvel incend
et mis à mort dans un mouvement populaire (3).
relation du combat de la batterie flottante,
1 Procès-verbalon
du décembre 1791. Déclaratior
les brigands de toutes couleurs,
dn
Philippe Castrées, Montfort et autres, à la municipalité,
décembre.
2 Lettre des commissaires civils au ministre de la marine 1
avril 17y2.
de plusieurs soldats de la troupe de ligne à la n
3 Déclaration --- Page 457 ---
(449 )
Peuaprès, la municipalité du
son un chicurgien nommé Dapont, Port-au-Prince fit conduire en primerce accusoient d'avoir
que quatre matelots du comcouleur, de concert
envoyé déux canons aux
avec le capitaine de leur
hommes de
nicipalité assure que Dupont avoua le
navire. La muQuoiquil en soit, des furieux
fait en sa présence,
noient en prison, etle
Farrachèrent aux
le
à
main
pendirent un réverbère soldatsqui mecinq autres habitans du
(1). Le surlendel
au conseil supérieur;
Port-au-Prince, Piémont, conseiller
son
Guyot, curateur aux
commis; un autre commis de
biens vacans, et
et un officier, nommé Brésil,
négociant, nommé Vignol,
commerce ou ils s'étoient
furent arrachés des batimeris du
au-Prince, On leur fit subir réfugiés lors de l'incendie du
leur
le même sort, Mais
Portsupplice fut accompagné des
on ajoute que
qu'une froide férocité
tourmensi les plus
la mort (2). Trois prolongea long temps avant de recherchés, leur
jours après, le
donner
rcfugié sur un navire de
négociant Videau, qui s'étoit
Bordeauz, et un prisonnier,
nommé
cipalité 1 du 22 décembre
dudit jour.
1791, Procès - verbal de la
municipalité,
Prince Déclaration de quatre matelots à
1 du 22 décembre 1791. Autre de la municipalité du Port. -
décembre 1791, 9 à l'assemblée. de
Péronne et Villegrein, du au- 18
mariniers à la
POuest. Autre de
de la
municipalitédu
quatre officiers
municipalité du
P.neaiPrince,du 19 décembre.Arrèué
Mémoire
Port-au.Prince, duzg.
historique des dernières
Sul, àl la pag. 84 et 85. Arrêté des
révolutions de l'Ouest et du
citoyens du
ville, Gntedine-lesgaeti, du 30
Purk-an-prince, réunis
7 concieige des prisons du décembre 1791. Déclaration de RainArrêté de la mnunicipalité, dudit Port-au-Prince 1 du 24
Rap. de
jour. Voyez aussi la notesuivante, décembre.
Garran-Coulon, Tome II,
F f
, àl la pag. 84 et 85. Arrêté des
révolutions de l'Ouest et du
citoyens du
ville, Gntedine-lesgaeti, du 30
Purk-an-prince, réunis
7 concieige des prisons du décembre 1791. Déclaration de RainArrêté de la mnunicipalité, dudit Port-au-Prince 1 du 24
Rap. de
jour. Voyez aussi la notesuivante, décembre.
Garran-Coulon, Tome II,
F f --- Page 458 ---
(450 - )
de leur asyle, et massacrés par
Brezé, furent encorefarrachés
un atiroupement (1).
démarches
du Port -au - Prince fit quelques
La municipalité
attentats : elle se transporta même
pour prévenir les derniers
du crime ; et
empécher la consommation
sur les lieux pour
efforts, elle se réunit à l'assemblée de
d'après linutilité de ses
rappeloit aux habitans le
faire une proclamation qui
TOuest pour
et l'obéissance aux lois.
respect di aux personnes,
tout celles de r'assemtoutes leurs mesures, sur
Mais presque
qu'a augmenété propres jusqu'alors
blée de l'Ouest, 3 n'avoient
n'avoient cessé de recevoir
populaire ; elles
ces
ter Yexaspération
les malheureuses victimes de
contre
des dénonciations
hommes de couleur (2). Aucunes pouratrocités, et contre les
tribunaux que ces deux autorités
suites ne furent faites par les
Elles
conseil supérieur et à la sénéchaussée.
avoient substitués au
crimes dans plusieurs écrits. Elles
essayèrent même d'excuser ces
à la sollicitation des
que 15 jours après,
ne se déterminèrent
la loi martiale (3). Elles ne
commissaires civils, à proclamer
bàtimens du
d'exciter la fermentation sur les
cessoient sur-tout
du Port-au-Prince, 2 du 27 décem1 Proeès-rerbal de la municipalité
dudit jour.
Autre du concierge des prisons, 9 Rainville,
bre 1791.
du Port- au - Prince 9 du 24 décembre
2 Arrêté de la municipalité
de T'Ouest et de la municipalité
2791. Proclamation de Passemblée déclarations citées dans la note précududit joar. Voyez aussi les
décembre.
dente et celle de Boistard , du 22
lore de
de l'assemblée de TOuest à St.-Leger,
3 Voyes le discours
de la municipalité du Port-auinstallation. Extrait des registres
du club de
son
Voyez aussi la réponse
Prince, du 11 janvier 1792. commissaires sivils P du 11 décembre
Port-au Prince à la lettre des
1791.
Proclamation de Passemblée déclarations citées dans la note précududit joar. Voyez aussi les
décembre.
dente et celle de Boistard , du 22
lore de
de l'assemblée de TOuest à St.-Leger,
3 Voyes le discours
de la municipalité du Port-auinstallation. Extrait des registres
du club de
son
Voyez aussi la réponse
Prince, du 11 janvier 1792. commissaires sivils P du 11 décembre
Port-au Prince à la lettre des
1791. --- Page 459 ---
(451)
eommerce et de T'État, par de
décrets contraires de P'Assemblée nouvelles réquiitions. Malgré les.
tenu de l'assemblee coloniale
constituante, elles avoient
et tous les batimens
un arrêté
obd'une
de la rade (2). quiyavoits La
soumis la station
feis
Gtimouard, 3 malgré s2
manicipalité força plus
àtoutess ses opérations milivaires répugnance, , à prêter les mains
des-Bouquets (2). Elie mit
contre les confédérés de la
par la garde nationale
un embargo général, et fit Croixsur les
enlever,
armes qui Pouvoient exceder le vaisseauz marchands, toutes les
desdits navires, et quiy y avoient, nombre porté sur l'inventaire
habitans quis'y éloient refugiés durant dit-on, été déposées par les
Le jour même ot cinq habitans
les derniers troubles
des navires de la
du Port-au-Prince
(3).
elle fit
rade, et assassinés d'une
furent arrachés
une nouvelle
manière si
dans le port tou, les vaisseaux réguisition à Grimonard de faire horrible,
rentrer
ment soupgonnés de facilicer marchands, K, comme
le
vihimente.
autres lieux, des armes et manitions transport, soit à Bizoton o2
ville (4). 9)
destinées contre celte
Peu de jours après, un
sur le gaillard d'arriére du canonnier nommé Millet,
se réfugia à la
Borte, s'en évada
consigné s. Xv.
clamer. La
municipalité, od ses camarades furtivement. le
Il Protection
municipalité prétendit ga'ils avoient vintent ré- accordésàun
voulu le mal- canonnierrebelle.
1 Extrait des registres de T'assemblée
1791. Moniteur de
coloniale 9 du 20
a Voyez ci-dessus Saint-Domingue, F du 22 décembre,
décembre
le $. II.
3 Arrété du conseil d'administration
mu-Prince, du 31 décembre
de la garde nationale du
our.
1791. Autre de la municipalité Port4 Extrait des
dudit
registres de la
maunicipalité, du 24 décembre
1791.
Ffa
onnierrebelle.
1 Extrait des registres de T'assemblée
1791. Moniteur de
coloniale 9 du 20
a Voyez ci-dessus Saint-Domingue, F du 22 décembre,
décembre
le $. II.
3 Arrété du conseil d'administration
mu-Prince, du 31 décembre
de la garde nationale du
our.
1791. Autre de la municipalité Port4 Extrait des
dudit
registres de la
maunicipalité, du 24 décembre
1791.
Ffa --- Page 460 ---
(45>)
traiter. Elle invita Grimouard à l'envoyer chercher par un
officier de son état-major: mais, quand l'officier se présenta, >
sans doute aposté pour cela, sortit- de la gaun attroupement,
de Millet, et l'entraîna
lerie ou tribune publique, s'empara
dehers. Les canonniers déclarèrent qu'ils dénonceroient cette
au
violation de la loi à l'Assemblée nationale et aux commissaires
civils, si on ne leur rendoit pas le coupable. La municipalité, 9
avoit paru s'opposer à son évasion, ne fit aucune démarche
qui
le ravoir; elle se contenta de répondre aux canonniers
pour c'étoient les bataillons d'Artois et Normandie qui s'en'
que
étoient emparés et l'avoient pris sous leur sanve-garde; qu'it
à la municipalité; mais qu'il avoit fait,
n'étoit pas paru depuis
deet fidélité, le service aux forts; que, son
avec exactitude
elle n'avoit
dû
voir étant de protéger les malheureux,
pas
souffrir qu'ilfitégorgépar ceux d'entre eux qui étoient venus le
chercher avec menaces, dans un moment d'égarement; > et que
un homme ne seroit immolé sous les yeux de la mu-
* jamais
avant
la loi eût prononcé sur son sort (1).
C nicipalité,
que
Elle: avoit déja oublié les assassinats qui avoient eu lieu si peu
de temps auparavant, et qui n'avoient été suivis d'aucune pour
suite judiciaire.
Une situation si déplorable n'avoit pas manqué de fixer l'atS. XVI. tention des. commissaires civils. Les deux partis étoient en
Députitions
sorte coavenus, de s'adresser à eux, vers le milieu de
respectives quelque On leur
effectivement de
et d'autre des
aux commis- décembre.
envoya
part
saires civils. commissaires. Ceux du Port-au-Prince prétendirent n'avoir rien
du Port-au-Prince à Grimouard, du 5
I Lettre de la municipalité
et réponse de
janvier 1792. Lettre des canonniers à la municipalité,
la municipalité, du 11 janvier. --- Page 461 ---
(453 )
négligé Pour rétablir la
hommes de couleur
Paix 3 tandis qu'ils
blancs,
comme des rebelles
présentoient les
qu'il étoit du devoir de la
couverts du sang des
par l'emploi de toutes les forces commission civile de réprimer
temps-la même que,sans attendre nationales (); 5 et c'est dans ce
Port-au-Prince
sa décision, 3 les
enfin
prenoient les mesures les plus
agitateurs du
T'attaque de Bizoton, Les
hostiles, et firent
confédérés ne
hommes de couleur et les autres
ressentiment témoignèrent aussi quetrop dans leurs
qui les animoit contre le
adresses le
protestoient de leur soumission
Fortan-Prince; mais ils
saires civils de venir
aux lois, en pressant les
sur les lieux
commisgu'ils leur csposeient.
ision, 3 les
enfin
prenoient les mesures les plus
agitateurs du
T'attaque de Bizoton, Les
hostiles, et firent
confédérés ne
hommes de couleur et les autres
ressentiment témoignèrent aussi quetrop dans leurs
qui les animoit contre le
adresses le
protestoient de leur soumission
Fortan-Prince; mais ils
saires civils de venir
aux lois, en pressant les
sur les lieux
commisgu'ils leur csposeient. s'assurer de la vérité des faits
La confedération de la
nouvelles forces depuis Croisr-det-Bonquets avoit acquis de S. XVII,
Port-au-Prince, qui avoit l'expulsion causé des hommes de couleur du Etar de la
tous les environs. Ils avoient
une indignation générale dans confédéranement; et la plupart des perdu peu de monde dans cet évé- tion de la
s'étoient adressés
paroisses de l'Ouest,
Croix-desratifié depuis
comme garantes du traité de auxquelles ils Bouquets,
de
cet événement, et
Paix, l'avoient
la loi du 28 septembre
même depuis Parrivée officielle
magistrats, de
(2). Indépendumment d'uac foule
et de
negocians et d'autres mécontens du
de
quelques autres communes,
Port-au.Pince
des-Bouquets, plusieurs des qui s'étoient réfugiés à la Croixparoisses de l'Ouest et du Sud
I Lettre de la
civils, du 4 décembre municipalité du Port-an-Prince aux
cembre, pour nommer 1791. Arrêté de ladite
commissaires
des
municipalité, du 7 dé
2 Arrêtés des paroisses du commissatres narrateurs. 1791. Arrêté des citoyens du Fond-desNégres, des 15et 21 décembre
Houquets 2 du 30 décembre. Arrêté Port-au-Prince, réunis à la Croix-desde la paroisse de PArcahaye,"
Ff 3
--- Page 462 ---
(454)
avoient envoyé des députés (*) qui prétendoient, avec quelque
y
vérité, représenter la province de l'Ouest plus légitimement que
lassemblée de ce nom. Ils se constituèrent à cet effet en conseil
provincial de POuest, établi pour s'occuper provisoirement de
toutes les affaires politiques relatives à cette province; mais,
les calomnies de la malveillance, ils cha gérent,
pour prévenir
dénomination en celle de conseil des
peu de jours après, cette
commissaires des paroisses de la dépendance de P'Ouest
avoit bien établi iune espèce d'ordre
Cet établissement spontanée
mais il étoit trop nouveau
autour de lui à la Croiz-des-Eauqsets;
mal assis pour tenir d'une main ferme les rênes du gouet trop
elles
vernement dans les autres paroisses de la coalition, quand
du
Arrété du conseil de guerre et d'administration
1 janvier 1792. du
décembre 1791. de l'armée des citoyens réunis de POuest,
Mémoire explicatif de différens faits, remis aux commissaires civils,
Malescot et Ruette. Lettre aux mêmes 1 par la Mothe , président
par de la sénéchaussée du Port-an-Prince, 1 du I janvier 1792. Suite des
événemens de la conspiration du Port - au-Prince contre les hoinmes
de couleur, par labbé Ouvière. de
* C'étoient les paroisses de la Croix-des-Bonquets 9 Léogane 9
de TAicahaye, du Mirebalais, de Saint-Marc, du Grand-Goave 1 de
Jacmel , du Petit - Goare , de Baynet et des Cayes - de - Jacmel
dont les délibérations étoient toates postérieures à l'incendie du Portau-Prince.
de la conspiration du Port - au-Prince contre les hoinmes
de couleur, par labbé Ouvière. de
* C'étoient les paroisses de la Croix-des-Bonquets 9 Léogane 9
de TAicahaye, du Mirebalais, de Saint-Marc, du Grand-Goave 1 de
Jacmel , du Petit - Goare , de Baynet et des Cayes - de - Jacmel
dont les délibérations étoient toates postérieures à l'incendie du Portau-Prince. La paroisse du Fond-des-Nègres joignit aussi ses députés
à ceux des hommes de couleur ; et celle des Gonaives avoit donne
adhésion
feroient les commissaires des autret
d'avance son
à ce que
paroisses, réunis a la Croix-des-Hongueis. 1 Arrêtés du conseil de guerre et d'administration de Ia Croix-des
Bouquets 9 des 11, 14 et 18 décembre 1791. Lettre à Blanchelande
du 15 décembre. Lettre aux commissaires civils, du II décembre
Adresse aux mêmes, du 15 décembre. Voyez anssi le Moniteur de
Saint Domingue, des 25 et 26 décembre. --- Page 463 ---
(455)
avoient devant les yeur le
au-Prince. Non-seulement spectacle des excès commis au Portconstituées de cette ville des déclarations faites aux autorités
été massacrés par les hommes assurent que plusieurs blancs avoient
sines
mais
de couleur dans les
(x),
on voit aussi dans les
Paroisses voiqui avoit chaudement
mémoires de l'abbé
à cette occasion
embrassé le parti des
Ouvière,
les plus vifs
confédérés, qu'il fit
leur (2).
reproches aux hommes de couTel étoit l'état de la coalition de la
qu'elle adressa ses réclamations Cois-de-Boaquets, lorsmembres quila
aux commissaires civils. Les $. XVIIL,
dirigeoient, les
Ses
ment avec eux,
invitèrent à
demandes
comme les
correspondre directes aux commisde l'Ouest. Ils demandoient représentans légitimes de la province saires civils.
de paix du 23 octobre, avec instance la ratification du traité
mener le calme dans la comme le seul moyen capable de rainvoquoient la
colonic, et sur-tout dans la
Ils
déclaration des droits, les
province.
constituante elle-mme
principes de
sur la
P'Assemblée
nécessité du concours de tous les souveraineté du peuple et sur. la
soit directement, soit
citoyens à la formation des
Par leurs
lois,
que le décret du 24
représentans. Ils en concluoient
antérieurs à sa publication, septembre n'avoit pu anéantir des traités
chose que la
qui ne leur assuroient rien
Ils
jouissance des droits qu'ils
autre
soutenoient que l'assemblée
tenoient de la nature.
coloniale s'étant constituée,
non
Robin 1Déclarations de Berthe, habitant du
> des 21 et 28. décembre
Fond-Férrier, et du
Port - au-Prince, du
1791. Lettre de la
capitaine
hommes de coulerr 17 décembre. Mémoire des municipalité du
de Gibaud. -
3 p. 77 et 82.
commissaires de
des
Rigand, des 20, 2: et 22 Interrogatoires
la Libre et
2 Lettre de l'abbé Ouvière
janvier 1792.
1791.
aux comnissirescivils, du 14 décembre
Ff4
ond-Férrier, et du
Port - au-Prince, du
1791. Lettre de la
capitaine
hommes de coulerr 17 décembre. Mémoire des municipalité du
de Gibaud. -
3 p. 77 et 82.
commissaires de
des
Rigand, des 20, 2: et 22 Interrogatoires
la Libre et
2 Lettre de l'abbé Ouvière
janvier 1792.
1791.
aux comnissirescivils, du 14 décembre
Ff4 --- Page 464 ---
(456 )
en vertu des décrets de l'Assemblée nationale, mais en vertu
pas des pouvoirs de ses constituans, n'avoit pas la légalité d'une
autorité constituée, et qu'elle ne pouvoit invoquer aujourd'hui,
pour se faire reconnoitre, les décrets qu'elle avoit méconnus
dans sa formation. Ils lui opposoient le voeu de toutes les paroisses
qui étoient entrées dans la coalition, et qui la désavouoient. Ils
demandoient que le voeu de la colonie fot consulté dans des
assemblées primaires, oi seroient admis tous ceux quiréunissoient
les conditions d'activité prescrites par les instructions du 28 mars.
Ils assuroient que leur coalitionavoit sauvéla province de 1'Ouest
de l'incendie et detoutes les horreurs auxquelles celle du Nord
étoit en preie. Ils se prévaloient enfin de l'opposition que les assemblées ct les municipalités de la colonie avoient apportée au
décret du 15 mai, pour s'attribuer le droit de réclamer contre
les dispositions de la loi du2 2septembre, cc quin'avoient pu, di-
> soient-ils, être arrachées que par les importunes clameurs de
> l'orgueil et de la cupidité. > Le résuliat de leur adresse montroit
néanmoins combien ils étoient embarrassés pour concilier leurs
réclamations avec cette loi du 28 septembre. En demandant la
confirmatien du traité de paix en ce qui concernoit la reconnoissance des droits des hommes de couleur,ils déclaroient qu'ils
soumettoient à la décision des commissaires civils ( les autres
> points de ce même traité qui pourroient contrarier les plans
a) d'organisation décrétés pour les colonies, puisqu'en général
> ils étoient tous soumis à l'approbation de PAssemblée
D nationale, subordonnés à ces mêmes plans d'organisation, et
) qu'ils n'avoient pour but que la ponctuelle exécution des
> décrets nationaux (1). Ils annonçoient, au surplus, qu'en
I Arrété du conseil d'administration des citoyens réunis de l'Oxest 1
du 6 décembre 17y1. I.ettre dudit conseil aux commissaires civils 3
> ils étoient tous soumis à l'approbation de PAssemblée
D nationale, subordonnés à ces mêmes plans d'organisation, et
) qu'ils n'avoient pour but que la ponctuelle exécution des
> décrets nationaux (1). Ils annonçoient, au surplus, qu'en
I Arrété du conseil d'administration des citoyens réunis de l'Oxest 1
du 6 décembre 17y1. I.ettre dudit conseil aux commissaires civils 3 --- Page 465 ---
(457 )
attendant l'arrivée ou la décision des
S l'armée combinée se borneroit à tenir
commissaires civils, 9
a du Port-au-Prince des
renfermée dans l'enceinte
Furieuce
)
vir leur
capables de tout pour assourage, dansla persuasion qu'il doit enirer dans les
sages de MM. les commissaires de
vues
forcer les
tous les moyens
brigands, par
possibles et permis, d'évacuer une colonie
qui, depuis deux ans, est le théàtre de tous les
imaginables, afin d'assurer enfin le salut
maiheurs
des malheureux
et la conservation
citoyens qui gémissent depuis
sous T'oppression et la tyrannie d'un
long-temps
gands
petit nombre de bri-
(1). >
Les commissaires civils étoient
aire exécuter les lois
envoyés dans la colonie Pour
décrétées par P'Assemblée
$. XIX.
e pureat donc pas se dispenser
constituante. Ils Réponse et
le couleur la soumission
d'exiger de la part des hommes exhortations
à celle du 28 septembre ; mais ils des commismployérent le langage paternel de magistrats bienveillans
saires civils.
umains, qui
et
efforcèrent remplissent avec regret un devoir rigoureux. Ils
de gagner la coalition par tous les motifs
:lle cause Pouvoit comporter. Ils lui
qu'une
onnalité et tous les
montrèrent l'inconstituonfédération
périls résultans pour l'ordre public, d'une
armée, 3 délibérant sur les droits
politiques, et
adit jour. Adresse des citoyens de couleur
dresse aux mêmes, du 14 décembre,
aux mêmes 9 dudit jour.
toyens réunis de la
> par les chefs de l'armée des
troisses de ladite province de POuest > et les commissaires des
l'armée combinée province. de
Adresse aux mêmes 1 par le conseil
ttre de Pabbé Ouvière l'Ouest , du 15 décembre. Voyez aussi la
aux commissaires
I Arrêté dudit conseil dé
civils, du 14 décembre.
icembre 1791. Adresse du guerre même et d'administration, 4 des 6 et 14
-cembre. Lettre du même à
aux commissaires civils, du 15
Elanchelanle, dudit jour.
issaires des
l'armée combinée province. de
Adresse aux mêmes 1 par le conseil
ttre de Pabbé Ouvière l'Ouest , du 15 décembre. Voyez aussi la
aux commissaires
I Arrêté dudit conseil dé
civils, du 14 décembre.
icembre 1791. Adresse du guerre même et d'administration, 4 des 6 et 14
-cembre. Lettre du même à
aux commissaires civils, du 15
Elanchelanle, dudit jour. --- Page 466 ---
(458 )
détruisant des autorités civiles pour leur en substituer d'autre
de sa création. Is firent valoir toutes les considérations 9
dérivoient des localités des colonies, et le danger terrible d
soulèvement des esclaves, déjà réalisé dans le Nord. Au vocu d
la majeure partie des paroisses de TOuest, ils opposèrent celi
de
T'Assemble
de vingt : cinq millions Français que représentoit
constituante. Ils engagérent les hommes de couleur à profiter C
l'amnistie qu'ils venoient de publier, et leur firent espérer, s21
doute parce qu'ils le croyoient alors, que P'assemblée colonia
leur accorderoit tous les avantages compatibles avec l'organ
sation des colonies. Si, après sa décision, ajoutoient-ils, vot
jugiez qu'elle n'eit pas fait tout ce qui convient, vous pourrie
employer le moyen légal de pétitions au roi. Enfin ils promire)
de se rendre dans la province de TOuest, avec autant d'empre
de
dès que les hommes de couleur seroiei
sement que
joie,
soumis à la loi (1).
Dans une seconde lettre aux confédérés de TOuest, les con
missaires civils leur disoient encore : K Nous croirions voi
le moindre doute sur
D outrager si nous nous permettions
pureté de vos motifs 5 mais nous trahirions votre confiand
en nous, et la vérité que nous devons vous dire, si nous voi
vous seriez coupables cil résistai
> dissimulions à quel point
di
>> à la voix de la raison.
Oublions à jamais des haines,
des meurtres, des incendi
> vengeances, 9 des proscriptions,
& des atrocitds de zout genre. Dans une crise nationale, qu
résister au torrent ? Quel est le nombi
9 est celui qui peut
E
n'ont aucun reproche à se faire,
> d'hommes vertueux qui
des commissaires civils aux personnes rounies a
1 Réponse
Croix -des- Bouquets, du 21 décembre 1791.
la raison.
Oublions à jamais des haines,
des meurtres, des incendi
> vengeances, 9 des proscriptions,
& des atrocitds de zout genre. Dans une crise nationale, qu
résister au torrent ? Quel est le nombi
9 est celui qui peut
E
n'ont aucun reproche à se faire,
> d'hommes vertueux qui
des commissaires civils aux personnes rounies a
1 Réponse
Croix -des- Bouquets, du 21 décembre 1791. --- Page 467 ---
(459 )
comparaison de ceur qui ont fait le
A reur? Faut-il les panir
mal, et souvent par ertous, faut-il
> méchant , et pouroit-on les
confondre le foible avec le
rale des événemens,
distinguer dans la confusion géné2 des apparences, des rumeurs
et de la prévention des partis ?
publiques,
s n'a jamais
de
Respectons le citoyen
perdu
vue les devoirs
qui
mais encore une fois pardonnons
politiques et moraur;
nous
zorts que nous n'étions pas plus les
réciproquement des
) nous eussions été dans le délire
maitres d'éviter que si
d'une fèvre ardente (1).-
En condamnant l'insurrection des hommes de
commissaires civils ne
couleur, les 1.xX.
dre des éclaircissemens purent néanmoins se dispenser de pren- Autres lertres
Ils
sur les événemens
étoient
a la municivirent qu'elle avoit été produite
quiy
relatifs. palité dul Port
du 15 mai; et si les concordats
par l'opposition au décret au-Prince, et
rent irréguliers,
et les traités de paix leur paru- aux troupes
par cela seal qu'ils avoient éte faits sous
de ligne, &ee,
mes, ils regrettèrent
les arque ( des dispositions si
vaeu national, et au bonheur de la
conformes au
> proposées librement
colonie, n'eussent pas été
par les blancs
> de couleur (2). > La
eux-mêmes aux hommes
avoit envoyé ni
municipalité du Port-au-Prince ne leur
procès-verbal,ni: aucun
eur la cataftrophe du 21 novembre
éclaircissement par écrie
: mais en comparant le
historique que leur avoient adressé les hommes
précis
les réponses verbales des
de couleur, avec
députés du
vainquirent que cette malheureuse Fort-au-Prince,il se cond'avance par la haine des deux
journée avoit été préparée
partis; que le signal en avoit été
1 Réponse des cemmissaires
à la
nationaux civils aux
Groiz-de-Bonquets, du 30 janvier
personnes réunies
2 Lettre sies commissaires
1792.
du 1o janvier
civils à la municipalité du
1792.
Port-au-Priace,
de couleur, avec
députés du
vainquirent que cette malheureuse Fort-au-Prince,il se cond'avance par la haine des deux
journée avoit été préparée
partis; que le signal en avoit été
1 Réponse des cemmissaires
à la
nationaux civils aux
Groiz-de-Bonquets, du 30 janvier
personnes réunies
2 Lettre sies commissaires
1792.
du 1o janvier
civils à la municipalité du
1792.
Port-au-Priace, --- Page 468 ---
(460 )
donné par l'assassiaat du nègre Scapin, qui amena de cruelle
représailles; et que l'atlaque générale avoit été commencée p:
Praloto, et soutenue parles réquisitions de la municipalité au
troupes de ligne. Ils déclarèrent hautemert dans leur correspon
dance que les deux partis avoient des torts et des excés a S
reprocher, et ils tachèrent de les engager > par cette raiso
même, àse les pardonner respectivement. C'estsur-tout ce qu'i
établirent dans une lettre tres-détaillée qu'ils écrivirent à la mun
cipalité du Port-au-Prince > en y rendant d'ailleurs hommat
aux vertus civiques dont ils la croyoient animée.
(( Nous ne pouvons, y disent-ils, dissimuler ces vérités sai
D trahir les uns & les autres. Tous ont tort; il faut qu'ils
> sachent, et qu'ils se considèrent désormais comme des am
> qui, dans un délire involontaire 3 se sont fait les pl
> grands outrages et les plus profondes blessures ; il fa
D qu'ils trouvent en nous des médecins fages et conftans, qui
> rendent à la raison, versent sur leurs plaies le baume bie
> faisant qui peut les guérir (1).>
Les commiflaires civils déclarèrent, d'ailleurs, Rettement a
troupes du Port - au - Prince, qui les avoient aussi consulté
qu'elles ne pouvoient pas reconnoitre l'autorité des concord:
& des traités de paix, ni en maintenir l'exécution. Ils leur ra
pellèrent les devoirs particuliers à la force armée, en leur me
tant sous les yeux les principales dispositions des lois rende
sur cet objet par. T'Assemblée confituante (2). Ils écrivire
I Réponse susd. des commissaires civils. Examen de lad. let
publiée par le club du Port-au-Prince, p. 2,3, 6,7, 8 et 13,
2 Réponse des commissaires civils aux questions que les corps n
litaires du Port-au-Prince leur, ont proposées, du 18 décembre 179
, en leur me
tant sous les yeux les principales dispositions des lois rende
sur cet objet par. T'Assemblée confituante (2). Ils écrivire
I Réponse susd. des commissaires civils. Examen de lad. let
publiée par le club du Port-au-Prince, p. 2,3, 6,7, 8 et 13,
2 Réponse des commissaires civils aux questions que les corps n
litaires du Port-au-Prince leur, ont proposées, du 18 décembre 179 --- Page 469 ---
(461) )
Peu près dans le même sens à des officiers
ommerce; ; en louant lenrs intentions
de la marine da
èrent la corporation qu'ils avoient paciliques, ils désappront
lerent' d'avoir égard désermais
formée, & leur recommanpatiras puisqu'ils sarcient aux réquisttions de la muenici
étoient les bascs
que 6 ces établiffemens
élémentaires de la constitution
populires
Enfin,en rendant, dans d'autres
française (1):,
is la juflice qui leur étoit
lettres, à Grimouard & à Camrince n'cdt pas profité de la due, en regrettant que le Port-auondamroient la tentative
médiation de ces deux olliciers,1s
rétendue
d'insurrection faite sur le
ien
dépntation de cette ville (2). Mais ils Borle, parla
plus de force encore contre les
s'élevoient avec
oiept.commis sous les yeux desa autorités maflacres publics qui s'y
but est- perdu dans la société
constiluées, parce, que
morale universelle
politique si de pareils attentats à
sang-froid,
nesont pas réprimés. ( Ces
disoient-ils, gui semblent d
assassinats"de
spectacles au
présent tenir lieude
d'horreur
Port-au-Prince, ne nous
qu'ils n'en inspirerant à la nation inspirent pas moins
Re prenez Pas sur vous, MM., de
et au roi. Si vous
et de déployer d'une manière
publier la loi martiales
les
ligale la force
astroupemens, 3 vous finirez
publigue contre
de ces fureurs épouvantables, vous-mémes Par être victimes
( Le Port-au Prince a plusieurs
meurtres: ily exifte néanmoins fois donné P'exemple des
un grand nombre de
respecta1 Réponse des commissaires civils
rrier 1792.
à Lenud 2 Poirier, etc.
3 du Z
Réponse des commissaires civils à la
n
nvier, ince, du 10 janvier 1792. Lettre des mêmes municipalité du Port - auà Gimouard : du 19
épouvantables, vous-mémes Par être victimes
( Le Port-au Prince a plusieurs
meurtres: ily exifte néanmoins fois donné P'exemple des
un grand nombre de
respecta1 Réponse des commissaires civils
rrier 1792.
à Lenud 2 Poirier, etc.
3 du Z
Réponse des commissaires civils à la
n
nvier, ince, du 10 janvier 1792. Lettre des mêmes municipalité du Port - auà Gimouard : du 19 --- Page 470 ---
(462 - )
d'autres d'an égal mérite ont été obligés de S
a bles citoyens 5
Ce sont les méchans' g4
D réfugier à la Croiz-des-Bouquets. ils la font chez vos adver
n font la loi chez vous , comme
nous vousle répe
saires: eremblex les uns & les autres, &,
oubliez au plus vite vos haines d'opinions
tons encore,
blancs et de couleur, n
que tous les hommes honnêtes 2
la
et s'em
un instant pour se rallier sous loi,
A perdent pas
jusqu'au dernier > par d'insigne
> pêcher d'ètre esterminés, force
cause de votre dèsu
n'ont de
qu'a
s brigande qui
a nion (1). >
dans le même temps, les commissaires civi
$. XXL.
A peu près
exhortations semblables a tous les blancs C
Mécontente- avoient adressé des
P'assemblée de cette province. Ila
ment croppo- Sud, dans une lettre à
n'étoit assurément P
sition des au- avoient ajouté linvitation suivânte > qui
toutes L
toritésconsti- hors des limites de leurs attributions : < Ayez soin,
cucesduPortdans le cas d'agir d'après notre autor
au-Piince. D fois que vous serez les motifs, soit par les considérant
> sation, d'en expliquer
et de transmett
soit dans des procès-verbaur 3
> vos arrétés,
à Passemblée coloniale,
ces motifs, le plutôt possible,
ou annullés, s
gouverneur & à nous, pour être approuvés
* y a lieu (2). >
d'humanité et d
Cette morale si pure, ces leçons touchantes
constitué
furent perdues pour Ia colonie. Les autorités
justice
furent indignées de ce qu'on ne donnoit P
du Port-au-Prince
commissaires civils à la municipalité du Port-a
1 Réponse des
Prince 1 du 10 jauvier 1792.
T'assemblée prorinciale
des commissaires civils à
2 Réponse
Sud, du 15 janvier 1792.
(2). >
d'humanité et d
Cette morale si pure, ces leçons touchantes
constitué
furent perdues pour Ia colonie. Les autorités
justice
furent indignées de ce qu'on ne donnoit P
du Port-au-Prince
commissaires civils à la municipalité du Port-a
1 Réponse des
Prince 1 du 10 jauvier 1792.
T'assemblée prorinciale
des commissaires civils à
2 Réponse
Sud, du 15 janvier 1792. --- Page 471 ---
(463)
lous les torts zur hommes de couleur
ation si raisonnable, faite à
: ce fut enfin cette invil'affemblée du Sud
irconspection 3 et limitée au seul Cas oi
avec tant de,
Faprès Pauorisation des
elle devroit agir
étexte aux déclamations commissaires les
civils, qui servit de
oloniale
plus
, quoique dans Ce cas-la emportées de T'assemblée
ette dernière assemblée
même ils cussent
une
attribué à
ainement lui refuser (1). concurrence gu'ils pouvoient cerPar le même principe de
ires civils savoient bien soumission aux lois dont les commise
avoient pu se dispenser qu'ils n'étoient que les organes, ils
ée de
d'improuver les
l'Ouest sur les tribunaux de
entreprises de l'assembnseil supérieur qui lui étoit
cette province, et sur le
roient cru le devoir faire commun avec celle du Sud.
:tte innovation n'avoit
avec d'autant plus de
Ils
produit aucune
raison, que
diciaire; que l'on n'avoit
amélioration dans l'ordre
ns le surplus de la
adopté, ni dans cette
Assemblée
colonie, aucune des réforaes province, 3 ni
constituante sur cet
salutaires de
puis cette époque, que l'anarchie objet; et que c'étoit sur - tout
ns cette province, même
la plus désolante avoit
ient sans
dans les lieux ou les
régné
partage (2).
blancs domiAfin néanmoins de ne pas bleffer
Tamour-prepre de l'assemVoyez ci-dessusle S. XVIII du chapitre
Réponse des commissaires civils
précédent.
uest, du 8 janvier
à Passemblée
1792. Adresse de 1792. Lettre des mêmes à la prorinciale de
20 férrier 1792. Lettre l'assemblée de l'Ouest à
même, du 3
éral, aux commissaires de Dubois, 9 faisant fonction l'assemblée de coloniale,
membres du conseil civils, du 8 décembre 1791.
procureur
cédent.
supérieur de
Proeès-verhal
Saint-Domingse 2 du 29 jnillet
Passemblée
1792. Adresse de 1792. Lettre des mêmes à la prorinciale de
20 férrier 1792. Lettre l'assemblée de l'Ouest à
même, du 3
éral, aux commissaires de Dubois, 9 faisant fonction l'assemblée de coloniale,
membres du conseil civils, du 8 décembre 1791.
procureur
cédent.
supérieur de
Proeès-verhal
Saint-Domingse 2 du 29 jnillet --- Page 472 ---
(464)
blée de I'Ouest, les commissaires civilsi s'étoient adressés
lui
de reconnoitre la nullité
clle - même pour
propeser
incenstitutionnels sur cet objet (1). Mais cette a
ses arrètés
sembléc, si jalouse de P'exécution des lois quand il s'agissoit
réduire les hommes de couleur à l'asservissement poitique, n'e
aucun égard à cette lettre. Elle osa déclarer, par ûn arrêt
gu'il n'y avoit lieu à statuer sur laproposition des commi
saires civils. Dans le dénuement absolu de moyens ou ils
trouvoient pour faire exécuter les lois nationales, ils furenti
duits à négocier avec l'assemblée coloniale, qui, en adopti
les mesures de T'Assemblée constituante sur les ancicns trit
naux de la monarchie, déclara que ceux de la dépendance
l'Ouest seroient en vacance jusqu'à P'organisation procha
du pouvoir judiciaire , & qu'en attendant, la justice seroit P
visoirement administrée au conseil supérieur du Port-au-Pri
les avocats, et dans les sénéchaussées et amirautés de TOt
par
auxdits
le tout suivant l'ordre du
par les procureurs
sièges,
bleau (2).
Au lieu de se réunir avec les commissaires civils pour
s. XXII,
les haines des partis dans la province de POuest, l'asse
Annullation mer
des concor- blée coloniale ne prenoit d'ailleurs des mesures que pour
dats par l'as- exafpérer dc plus cn plus. La municipalité du Port-au-Prin
sembléecolor atterrée
les maux qui la désoloient, avoit enfin cha
niale.
par
des commissaires civils à T'assemblée de P'Ouest,
I Réponse
janvier 1792.
des commissaires civils au conseil supérienr du Port
2 Réponse
Autre des mêmes au lieutenant -
Prince, du 13 janvier 1792.
l'assem
gouvernementigenénal, du 19 janvier. Lettre des mêmes à
provinciale de l'Ouest, du 3 mars.
atterrée
les maux qui la désoloient, avoit enfin cha
niale.
par
des commissaires civils à T'assemblée de P'Ouest,
I Réponse
janvier 1792.
des commissaires civils au conseil supérienr du Port
2 Réponse
Autre des mêmes au lieutenant -
Prince, du 13 janvier 1792.
l'assem
gouvernementigenénal, du 19 janvier. Lettre des mêmes à
provinciale de l'Ouest, du 3 mars. --- Page 473 ---
(465)
les députés qu'elle avoit envoyés
de
auprès des
demander à l'assemblée coloniale
commismaires civils,
qu'elle put apporter à leurs
, comme le seul remède
l'état politique des hommes de maux 3 une Prompte décision sur
toient Pas les plus acharnés de couleur, leurs
qui, disoit-elle 3 n'épables (1). Au lieu d'écouter
ennemir, ni les plus coudans toutes les parties de la cette réclamation qui se répétoit
colons blancs (2), l'assemblée colonie par la grande majorité des
faits avec les hommes de
coloniale annulla tous les traités
et arrachés par la
couleur, comme
révolte, par les
inconstitutionnels, s
par la crainte de la destruction perfidies de tous genres, et
ce temps pour mander à
totale des propriétés. Elle
Coustard, Hanus
sa barre 2 ou devant
prit
de Jumécourt
Blanchelande,
avoient embrassé le
, et les principaux blancs
parti des hommes de
qui
au furplus, 3 qu'elle persistoit dans
couleur : elle déclara,
1791 > qui renvoyoit à statuer
son arrêté du 5 novembre
eur, après la cessation des
sur l'état des hommes de coutroubles (3).
Elle fit à la vérité une adresse
centre les assassirats
aux habitans du
qui se commettoient Port-an-Prince S. XXIIL:
utorités civiles. Mais
sous les yeux des
nême temps donner
comme si elle edt voulu dans
Elleapprouve les
une nouvelle activité
le mesuresde
endit, à l'occasion des discussions
aux factieux 3 elle de F'assemblée
es autorités et les chefs
qui s'étoient élevécs entre P'ouest,
militaires, l'arrêté qui
soumettoit les
1 Procès-verbaux de l'assemblée
Koniteur de
coloniale 3 du 19 décembre
Saist-Domingue 7 da 21 décenibre.
1791.
2 Voyezl Pubserration du président de
foniteur de Saint-Dotlingue, du
Passemblée coloniale dans le
3. Procès-verbaux de l'assemblée Gmai17ys, P. 700,, colonne 2,.
791. Moniteur de
coloriale, des 19 et20 décembie
de
Saint-Domingue 7 des 21 et 26 décembre.
Rapp. G, Coulon, Tome II,
Gg
décembre
Saist-Domingue 7 da 21 décenibre.
1791.
2 Voyezl Pubserration du président de
foniteur de Saint-Dotlingue, du
Passemblée coloniale dans le
3. Procès-verbaux de l'assemblée Gmai17ys, P. 700,, colonne 2,.
791. Moniteur de
coloriale, des 19 et20 décembie
de
Saint-Domingue 7 des 21 et 26 décembre.
Rapp. G, Coulon, Tome II,
Gg --- Page 474 ---
466 )
derniers indéfiniment aux réquisitions des corps populaires. Elle
en prit un autre pour appliquer spécialement cette décision au
commandant du Port-au- Prince, et à Grimouard. Elle confirma
aussi l'arrêté de la municipalité, qui annulloit la délibération des
capitaines des vaisseaus.marchands, du 2 décembre : elle requit
Blanchelande d'ordonner à Grimouard de faire
en conséquence
rentrer dans le port tous les navires qui en étoient sortis ; elle
autorisa même la municipalité à y prendre au taux courant les
objets de subsistance qui pourroient s'y trouver, en quantito
suffisante
les besoins de la ville. Enfin, ponr empè
3 pour
des lieux occupés par les hommes de
cher Tapprovisionnement
couleur, elle ordonna l'armement de deux bâtimens, & quelque:
autres mesures accessoires (1).
C'est dans le même temps que l'assemblée du Nord faisoi
srrêter les envoyés des hommes de couleur auprès des commis
saires civils; & l'assemblée coloniale, au lieu de réprimer ce
attentat conteftoit déja aux commissaires civils le droit d
> des troubles relatifs à l'insurrection de POuest. Ell
s'occuper
annonçoit publiquement sa désapprobation du parti qu'ils avoier
pris d'envoyer l'un d'entre eux dans cette province. Elle let
déclaroit même qu'ils trouveroient dans les agitations du Port-au
Prince de grands obstacles au succès de leur mission (2).
Cette conduite de l'assemblée coloniale produisit l'eff
S. XXIV.
Elle encouragea dans leurs proje
Nouvelles qu'on devoit en attendre.
exhortations désastreux les agitateurs du Port-au-Prince, s qui dominoient
à la paix par
les commissaires civils.
Procè
1 Moniteur de Saint-Domingne, des 26 ct 28 décembre 1791.
verbaux de T'assemblée coloniale, des 20 et 22 décembre.
2 Voyez ci-dessus le S. XIII du chapitre précédent.
'eff
S. XXIV.
Elle encouragea dans leurs proje
Nouvelles qu'on devoit en attendre.
exhortations désastreux les agitateurs du Port-au-Prince, s qui dominoient
à la paix par
les commissaires civils.
Procè
1 Moniteur de Saint-Domingne, des 26 ct 28 décembre 1791.
verbaux de T'assemblée coloniale, des 20 et 22 décembre.
2 Voyez ci-dessus le S. XIII du chapitre précédent. --- Page 475 ---
(467 )
municipalité, et qui mirent de nouveaux
sement de la paix. Les commissaires
obstacles au rétablise
Prochaine arrivée de
civils, en annonçant la
les deux partis à Saint-Léger dans l'Ouest, , avoient
cesser du moins
invité
mirent tout en usage
jusque là les hostilités. Ils
de modération
pour tâcher de ramener à des sentimens
l'assemblée de cette
absolument qu'on traitât les
province 9 qui vouloit
Contre
confédérés comme des
lefquels on ne devoit
rebelles
armes. Ils lui avoient dit : ( Ne employer que la force des
* le mal eft
nous aveuglons pas 9.
extrème, et pour
messients,
D tion. de Suint-Domingue
peu qu'il continue, la popula-
> des crimes et des
n'existera plus que dans' P'histoire
> impossible cependant catastrophes du genre humain. Il seroit
> seroit
que l'on punit tous les
injuste, si l'on en
coupables; et il
> ne frappar point
punissoit, que Ze glaive de la loi
Mais ils avoient
indistinctement sur les plus criminels
parlé plus sévérement
(1). A
la
encore à la coalition de
Croir-de-Bouquets, en apprenant
cres commis dans les habitations
quelgues-uns des massaA Des motifs
Par les hommes de
estimables en
couleur,
> altérés par des
eux-mèmes, , leur disoient-ils, mais
>
passions, 3 vous ont conduits au
garement. Yous desiriez rester
comble,de Péque vous
Frangais ! Pétes-vous
combattez des Frangais pour faire
depuis
en empéchant l'exécution d'une loi
adopter vos Pactes,
> vouliez obéir aux décrets !
constinationnelle Vous
* Vous prétendiez
vous ne les reconnoissez
empécher des
plus.
> de I'Ouest et du Sud
malheurs dans les
:
provinces
> étre plus afreux
Quels malheurs pourroient
que les incendics et les
donc
assassinats,
1 Réponse des commissaires civils
janvier 1792. Lettre des mêmes
à Passemblée de
dudit jour.
à la municipalité du Port-au TOnest, du 8
Prince,
Gga
nelle Vous
* Vous prétendiez
vous ne les reconnoissez
empécher des
plus.
> de I'Ouest et du Sud
malheurs dans les
:
provinces
> étre plus afreux
Quels malheurs pourroient
que les incendics et les
donc
assassinats,
1 Réponse des commissaires civils
janvier 1792. Lettre des mêmes
à Passemblée de
dudit jour.
à la municipalité du Port-au TOnest, du 8
Prince,
Gga --- Page 476 ---
( 468 )
votre
? N'avez a vous pas i
a
occasionnés par
confedération
les crimes qui se commettent non - seule-
> vous reprocher
des scélérats de votre parti, mais encore par
>> ment par
? Vous
du
contraire que provoque votre coalition
> ceux parti
de coul'intention d'accorder des droits aux hommes
> aviez
et qui devoient participer aux avantages
> leur, qui pouvoient
la révolution ! Ne les exposez-vous pas même à perdre
> de
sous l'ancien régime : La France en-
> l'état dont ils jouissoient
d'un
les
et ne voyoit en eux que les victimes
> tière
protégeoit
des ingrats dont
> préjugé; elle ne les verra plus que comme
> Paudace doit armer son bras vengeur. > (4)
de la
furent les seuls qui
9. XXV.
Les confédérés
Croiz-des-Bouquets
des
Avancesinu- entendiren: la voix des délégués de la France. Ils prirent
tiles des confaire cesser les hostilités dès qu'ils eurent reçu
fédérés dans mesares pour
écrivirent immédiatement au Port-au-Prince,
les mêmes cette lettre, et ils
déclarant
1 en
rues.
pour y annoncer leurs difpositions paciiques
des
borneroient désormais à veiller à la conservation
qu'ils se
sûreté des
Ils ofétablissemens, de la culture, ct àla
personnes.
frirent la libre circulation des caux et des vivres, dès que le
Prince consentiroit de son côté à rétablir celle des coPort-au
autorités constituées du Port-au-Prince ne leur
mestibles ().Les
des commissaires civils à des personnes des paroisses du
1 Réponse
de la Croix-des-Honqsets et de PArcahaye 9 du 8
Fond-des-Nègres,
blaucs de I'Anse-àjanvier 1792. Autre aux propriétaires plauteurs
Veau, du 12 janvier.
Lettre des commissairesdes paroisses, réunis à la Croix-des-Bou21
Arrêté desdits commissaires, du 22 janvier.
quets, du 10 janvier1792.
pour le roi
Lettre des mêmes à la municipalité et au commandant
Croix-des-Honqsets et de PArcahaye 9 du 8
Fond-des-Nègres,
blaucs de I'Anse-àjanvier 1792. Autre aux propriétaires plauteurs
Veau, du 12 janvier.
Lettre des commissairesdes paroisses, réunis à la Croix-des-Bou21
Arrêté desdits commissaires, du 22 janvier.
quets, du 10 janvier1792.
pour le roi
Lettre des mêmes à la municipalité et au commandant --- Page 477 ---
I 469 )
firent aucune réponse. Le
le président mème de la tambour, Porteur de cette lettre s puis
taire Chancerel furent confédération, Pinchinat, 3 et le secrévinrent
repoussés à coups de canon
présenter ces paroles de Paix. Ils
loriqu'ila
avancés jusque sur le
firent retirerleurs
les
territoire de la
postes
poursuivit encore, et on leur
Croin-de-Ruequeter ofr
leur retraite. Enfin on
biessa plasieurs hommes
esclaves armés
en profita pour lâcher dans la
dans
par le Port-au-Prince,
plaine des
tation (4).
> qui y Portérent la dévasIl faut le dire à T'honneur
nussent les
des confédérés >
dispositions des
quoiqu'ils coade la loi du 28 septembre, commissaires civils 9 pour l'ezécution
changées Par ces cruclles
leurs dispositions ne furent point
missaires civils leurs
provocations. Ils réitérèrent aux com-
> freux ezemple proteftations de soumission à la loi. (
D
que nous donne le
L'af
dirent-ils, ne sera suivi
Port-au. - Prince, leur
) Frangais réunis à la par aucun des braves et honnétes
de toutes nos forces Croix-des Bouquets $ nous
aux insinuations
résisterons
nous ferons échouer les
des
manceuvres
malintentionnéss
mettre le désordre dans
qu'ils emploient
liens dont on
nos ateliers, &
Pour
ne peut considérer la
pour détruire des
y douleur est
rupture sans horreur. Notre
> des infortunés inesprimable des
de ne pouvoir voler au
deux partis > que les brigands secours
pillent et
au Port-au-Prince. Lettre de
coloniale,da 25 janvier.
Passemblée de l'Ouest à Tassemiblée
1 Rapport de Pinchinat et Chancerel
Tarrére, étant ensuite du 25
auxdits
aur commissaires civils janvier 1792. Lettre comminaires, desdits
avec
Beauvais auxdits
dudit jour, Lettre d'Hanus de commissaires
par Saint-Légerà commissaires civils 1 du 26 janvier. Jumécourt et
T'Assemblée
Compie rendn
natiumale,p. I1.
G g 3
'Ouest à Tassemiblée
1 Rapport de Pinchinat et Chancerel
Tarrére, étant ensuite du 25
auxdits
aur commissaires civils janvier 1792. Lettre comminaires, desdits
avec
Beauvais auxdits
dudit jour, Lettre d'Hanus de commissaires
par Saint-Légerà commissaires civils 1 du 26 janvier. Jumécourt et
T'Assemblée
Compie rendn
natiumale,p. I1.
G g 3 --- Page 478 ---
( 470 )
nous ne cessions d'enmàssacrent journellement > quoique
à leur secours les hommes les plus propres à réprimer
> voyer
notre espérance, le but prin-
>> ces brigandages. Chaque jour
le renou-
> cipal de notre réunion, est cruellement trompépar
des atrocités. Gardez-vous , messieurs 2 de nous
a vellement
surcomme
de ces crimes; gardez-vous
> considérer
complices
occasion
de croire
nous ayons négligé une seule
d'y
> tout
que
aussi sensible que
nous feriez une injure
> mettre fin; vous
aucune
l'horreur dont ils nous saisissent Non, messieurs 3
>
aucune idée de vengeance
> passion 3 aucune récrimination 3
vouer au
ne
nous détourner de nous
> particulidre
pourront
d'arrêter le mal, et votre
> salut public ; mais le temps presse
remède, si vous voulez encore sauver
> présence est l'unique
sont
reste intact. Les lois que vous nous prescriret,
D ce qui
ils sont
dedans nos coeurs ; y
préparés
> d'avance gravées
du véritable amour
> puis long-temps, puisqu'ils sont remplis
)) de la patrie (1). )
Tel étoit l'état des choses quand Saint-Léger arriva au Port-
$. XXVI.
Adet, depuis ministre de la réArrivée de ay-Prince avec son secrétaire
débarquérent le 29 janvier
Saint- Léger publique auprès des Etats-Unis;iley
laissoit
au Port-auPlus d'une moitié de cette malheureuse ville ne
Prince.
1792.
des débris et des cendres. Des fortifications élevées
voir que
à la hâte exigeoient, le jour et la nuit, un service extrémement
enccinte. Toutes les communicapénible pour garder sa vaste
terre étoient interceptées ; la ville étoit toujours privée
tions par
descendent des mornes ; les marchés n'ades eaux salubres qui
même
voiept plus d'alimens : la viande de boucherie manquoit
des chefs de l'arée des confédérés de l'Ouest, Hanus
1 Lettre
de Jumécourt et Beauvais, du 26 janyier 1792.
service extrémement
enccinte. Toutes les communicapénible pour garder sa vaste
terre étoient interceptées ; la ville étoit toujours privée
tions par
descendent des mornes ; les marchés n'ades eaux salubres qui
même
voiept plus d'alimens : la viande de boucherie manquoit
des chefs de l'arée des confédérés de l'Ouest, Hanus
1 Lettre
de Jumécourt et Beauvais, du 26 janyier 1792. --- Page 479 ---
(471 )
pour les hôpitaux. La ville conservoit, àla
cation avec la mer; mais elle n'y trouvoit vérité,s communiincertaines et souvent arrachées
les
que des ressources
tionnaires. Sans les
par
moyens les plus révolusecours pris dans les
ceux que l'on exigeoit du
magasins de l'état, et
seroit bientôt
commerce, 3 une famine absolue se
a
de fitsentir; et cependant, malgré
prévoir ces ressources, et la
l'épuisement facile
suflisance des moyens qui les possibilité du retard ou de l'inpartic une, dilapidation excessive alimentoient, il régnoit dans cette
(1).
Toutes les idées de paix et de
à l'égal du crime, ou plutôt le conciliation étoient repoussées
idées dans ceie malheureuse crime seul éroufvie toutes ces
dans
ville (2). Cet abus du
social,qui,
les troubles civils, attache
penchant
hommes au parti qu'ils ont embrassé;
si fortement les
jouissance que tant d'individus
; cette étrange et barbare
événemens
trouvent dans la saccession des
nouveaux, lors même qu'ils sont
spectacle le plus douloureux
accompagnés du
rils; 5 l'espoir de
pour Thumanité, et de grands
parvenir aux grandes
pérapide, que tant de circonstances
places ou à une fortune
leversement général, entretenoient Peuvent procurer dans le boumaintenoient Ia domination
la fièvre de la multitude, et
tuées, trop fidèles
des agitateurs, Les autorités
aux leçons que leur
constiniale par son
donnoit l'assemblée coloexemple, ne connoissoient d'autres modes
ministration que les mesures les plus
d'adviolentes. Elles n'en prenoient
irrégulières et les plus
les derniers excès, Tandis
presque aucunes pour réprimer
que des attroupemens assassinoient
Compte rendu à l'Assemblée
et 8.
nationale, par Saint-Léger 9 P. 7
2 Ibid. p. 7 et 15.
G g 4
son
donnoit l'assemblée coloexemple, ne connoissoient d'autres modes
ministration que les mesures les plus
d'adviolentes. Elles n'en prenoient
irrégulières et les plus
les derniers excès, Tandis
presque aucunes pour réprimer
que des attroupemens assassinoient
Compte rendu à l'Assemblée
et 8.
nationale, par Saint-Léger 9 P. 7
2 Ibid. p. 7 et 15.
G g 4 --- Page 480 ---
(472) )
les blancs eux-mêmes au milieu de la ville, sans
publiquement d'obstacle, elles laissoient rendre et publier dans les
éprouver
papiers publics soumis à leur censure, suivant les décisions de
l'assemblée coloniale, un arrêté du club,du Port-au-Prince, qui
déclaroit traitres à la patrie, parjures et indignes du titre d'amis
de la constitution, ceux de ses membres qui s'étoient enfuis de
la ville depuis le désastre du 21 novembre (1).
$. XXVII.
Suivant la politique artificieuse des assemblées de la colonie 9
Nouvelles Saint-I Léger fut néanmoins reçu avec les égards dus à son caracavances tout
soit évident qu'on songeoit dès lors à lui ôter
aussi inutiles tère, quoiqu'il
à devenir l'instrument
des confédé- tous moyens d'agir, s'il ne consentoit pas
rés,
servile des dominateurs (2).I1 avoit porté au Port-au-Prince des
vues de conciliation qui ne se démentirent jamais. Il n'avoit
amené avec lui aucune force militaire; et en supposant qu'il
pit en trouver une à sa disposition, , it étoit, dit il, bien résolu
de ne la déployer que contre les ennemis qui la provogueroient 3
obstinément la loi,
ou contre des rebelles qui repousseroient
Les confédérés de la Croiz-des- Bouquets, qui, pour la majeure
avec douleur Fanarchie et le crime se répandre
partic 9 voyoient
parmi cux, et qui prévoyoient tous les maux dont les hommes
libres de toutes les couleurs étoient menacés par la propagation
de l'insurrection des noirs dans la province de l'Ouest, lui firent
1 Extrait des registres de la société des amis de la Constitution 2
du 12 décembre 1791. Moniteur de Saint-Domingue 9 du 6 janvier
1792.
Saint-Léger à l'assemblée de T'Ouest, dans
2 Discours prononcé par
du
). Précis
la séancedu 30 janvier 1792 ( avec la réponse
président
de la conduite des officiers de la garnison du Port au-Prince S embarqués sur la Gonave.
province de l'Ouest, lui firent
1 Extrait des registres de la société des amis de la Constitution 2
du 12 décembre 1791. Moniteur de Saint-Domingue 9 du 6 janvier
1792.
Saint-Léger à l'assemblée de T'Ouest, dans
2 Discours prononcé par
du
). Précis
la séancedu 30 janvier 1792 ( avec la réponse
président
de la conduite des officiers de la garnison du Port au-Prince S embarqués sur la Gonave. --- Page 481 ---
(473 )
demander une entrevee, s'il pouvoit promettre streté entière
leurs députés. Ils les avoient chargés de lui
à
leur veru de soumission aux
porter de nouveau
la crssation
lois', et de se concilier avec
des troubles. La
luisur
municipalité et les commissaires
que l'assemblée de l'Ouest avoit nommés
Saint-Léger, déclarèrent
pour correspondre avec
qae ces dépu:és ne pourroient être
chez lui ( sans être exposés à des
reçus
D et
humiliations, à des
peut-être sans voir leur sireté individuelle outrages,
quoique l'assemblée provinciale cût
menacée , >
à cet
promis de prendre un arrêté
égard, et d'y donner toste la publicité possible
La
manière dont la dernière députation des hommes de
().
été repoussée par
couleur avoit
blance à
Partillerie, ne donnoit que trop de vraisemcette crainte (2).
Il fallut donc assignerle rendez vous hors de la ville duPortan-Prince, qui exigea néanmoins que ce fit sous le canon du
fort Sint-Joseph, Teile étoit la désorganisation
cette ville, que la compagnie des
quirégnoit dans
grenadiers du
ment, amenée par Saint-Léger
quatrième régiconfédérés, vouloit
pour protéger les envoyés des
absolument assister à la
le commissaire civil,
conférence, quoique
pour écarter la méfiance, càt
deur membres de l'assemblée de
pris avec lui
cédèrent, dit il, à
l'Ouest. Les soldats cgarés ne
déclaré
ses représentations, que lorsqu'il leur eut
qu'il mourroit plutôt que d'avoir une
qui les déshonoreroit (3).
condescendance
Compic rendu à l'Assembiée
et 10.
nationale, par Saint-Léger > pag. 9
2 Ibid. p- 11. Voyezaussi le S. XXV ci-dessus.
3 Ibid. P. 1oeti1. Discours die
du 2, juin 17y2.
Saint-Légerà à PAssemblée nationale,
ses représentations, que lorsqu'il leur eut
qu'il mourroit plutôt que d'avoir une
qui les déshonoreroit (3).
condescendance
Compic rendu à l'Assembiée
et 10.
nationale, par Saint-Léger > pag. 9
2 Ibid. p- 11. Voyezaussi le S. XXV ci-dessus.
3 Ibid. P. 1oeti1. Discours die
du 2, juin 17y2.
Saint-Légerà à PAssemblée nationale, --- Page 482 ---
474 -
)
La députation des confédérés déclara de nouveau que ses com,
mettans feroient a la loi et à la paix tous les sacrifices; et ces
bonnes dispositions étoient confirmées par différentes lettres des
chefs de l'armée des hommes de couleur, et par les commissaires des diverses paroisses. La coalition en donma des preuves
bienmarquées,soit en consentant, surla demande de Saint-Léger,
à rendre immédiatement à la ville les eaux dont elle étoit privée,soit en s'occupant des moyens de rétablir la communica
tion avec la plaine, ct d'assurer la libre circulation des denrées (1).
Ces promesses furent fidèlement exécutées de la part des con.
fédérés; mais on aura de la peine à croire qu'il fallut demander
stireté pour les ouvriers qui rétablissoient le cours des eaux, et
plus encore que la parole qui en fut donnée par Saint-Léger fut
violée. Les ouvriers ne céssèrent d'être exposés au feu d'une
batteric dirigée versla source. Le commandant de la place donna
aux troupes de ligne les ordres nécessaires pour le faire cesser 3
et les ordres furent observés par elles. Mais quand il transmit
Ia réquisition qui lui avoit été faite par Saint-Léger, au commandant de la garde nationale, Caradeux, celui-ci fit naitre des
difficultés qu'il ne cessa depuis de multiplier (2)-
L XXVIII.
Saint-Léger vit avec douleur que Ja crainte de voir la paix
Mancruvres se rétablir sans la proscription de leurs ennemis
au Port autourmentoit
Frincecontre
Ja paix ct le
commissaire
Compte rendu par Saint-Léger, P. 12. Discours susdit du même.
chyil,
Lettre des commissaires civils au ministre
de la marine 9 du 15
février 1792. Etat des pièces envoyées au ministre de la marine, par
Roume, cote V.
2 Compterendu par Saint-Léger 3 P. 12et13. Adresse de Léonard
Lebloisa PAsseniblée nationale, du
contre
Ja paix ct le
commissaire
Compte rendu par Saint-Léger, P. 12. Discours susdit du même.
chyil,
Lettre des commissaires civils au ministre
de la marine 9 du 15
février 1792. Etat des pièces envoyées au ministre de la marine, par
Roume, cote V.
2 Compterendu par Saint-Léger 3 P. 12et13. Adresse de Léonard
Lebloisa PAsseniblée nationale, du --- Page 483 ---
(475)
cule les malheureux habitans du Port-au-Prince, animés à la
engeance par les factieux, et absolument démoralisés. La popuition de cette ville, devenue étrangére aux travaux ordinaires,
toit sans cesse agitce par des bruits vagues, par des motions
cendiaires, et par de touveaux attentats. Tandis que les conédérés faisoient tout pour faire renaître la confiance, on assuoit qu'ils mettoient une nouvelle activité dans leurs préparatifs
eguerre > qae leur armée se grossissoit, et que le commissaire
livil ne pouvoit, sans compromettre son caractère, demander
Ap paix pour des rebelles et des assassins (1).
Les autorités constituées, et sur-tout l'assemblée provinciale,
propageoient ces craintes en paroissant les partager, et bientôt
n s'en prévalut pour annoncer une opposition décidée aux
nesures du commissaire civil. A peine Ia conférence étoit-elle
inie 1 que Caradeux vint lui manifester les soupçons
sa
:onduite avoit fait naître au Port-au-Prince. e Saint-Léger que n'avoit, disoit-il, le droit, ni d'avoir des conférences avec les
ennemis de la ville, ni d'entretenir avec eux une correspondance dont il ne rendoit pas compte au public : il étoit du
devoir de Caradeux de sauver la colonic. )) Il prévenoit en
conséquence le commissaire civil, aIL nom de la garde nationale, qu'il feroit arrêter ses paquets. Il fallut toute la prudence
etle sang-froid de Saint-Léger pour qu'on ne violât pas plus
ouvertement encore le respect da à son caractère (2). Mais il
étoit facile de prévoir qu'il ne pourroit pas long-temps résister
dans une lutte si inégale,
I Compte rendu par Saint-Léger, P. 13.
Compte rendu. par Saint-Légar, p. 14 et 15, Discours du même
à l'Assemblée nationale, du 2 jain 1792,
ut toute la prudence
etle sang-froid de Saint-Léger pour qu'on ne violât pas plus
ouvertement encore le respect da à son caractère (2). Mais il
étoit facile de prévoir qu'il ne pourroit pas long-temps résister
dans une lutte si inégale,
I Compte rendu par Saint-Léger, P. 13.
Compte rendu. par Saint-Légar, p. 14 et 15, Discours du même
à l'Assemblée nationale, du 2 jain 1792, --- Page 484 ---
I 476 )
L'assemblée de T'Ouest, dévouée aux factieux, continuoit
disposer de tout arbitrairement dans l'ordre civil, dans l'admi
nistration militaire, et dans les transactions du commerce. De
déclarations sans preuves, 3 le vocu de la société populaire suff
soient pour déterminer ses délibérations sur des objets
n'é
toient pas de sa compétence Bientôt cette assembléc, qui
bliant les
ou
promesses qu'on avoit faites aux commissaires civils
lorsqu'on avoit invité l'un d'entr'eux à se rendre au Port-au
Prince (2), recourut contre Saint-Léger aux mêmes mesure
que l'assemblée coloniale employoit contre ses collègues, à pei
près dans le méme temps. Elle mit sourdement des entrave
à toutes S:S opérations : on répandit qu'il usurpoit une autorite
qu'iln'avoit pas; que tous ses pouvoirs se bornoient au rôle de
médiateur des troubles élevés parmi les blancs; ; mais qu'il n'avoit pas le droit de se méler de ce qui pouvoit concerner les
autres classes d'hommes : cn mit enfin en problême, dans les
séances publiques de l'assemblée, s'il avoit des pouvoirs quelconques. Saint-Léger écrivit une lettre pleine de condescendance
et de raison au président, en envoyant ses provisions, dont il
demanda la transcription, pour faire cesser tous les doutes.
L'assemblée de l'Ouest lui fit une réponse qui paroissoit satisfaisante; ; elle annonçoit le vif desir de se conformer à la loi,
Mais elle continua à se comporter de la même manière. Elle
en donna, pcu après, une nouvelle preuve, en s'opposant à
l'exécution d'un arrêté par lequel Saint-Léger avoit suspendu
1 Compte rendu par Saint -Léger, P. 16 > 17 et 18. Discoura
susdit du même.
2 Voyez l'adresse de la municipalité de cette ville, du 4 décembre
1791.
; elle annonçoit le vif desir de se conformer à la loi,
Mais elle continua à se comporter de la même manière. Elle
en donna, pcu après, une nouvelle preuve, en s'opposant à
l'exécution d'un arrêté par lequel Saint-Léger avoit suspendu
1 Compte rendu par Saint -Léger, P. 16 > 17 et 18. Discoura
susdit du même.
2 Voyez l'adresse de la municipalité de cette ville, du 4 décembre
1791. --- Page 485 ---
( 477 )
récution d'unjugement criminel renda
s confédérés de la
au Port-amPrince contte
Croiz-dasBougeets (4).
En admettant même la légalité des
l'assemblée de l'Oaest, la loi du nouveaux tribunaux créés
Pressément cette suspension. C'étoit 11 février 1791 autorisoit
ssemblée constituante avoit
un des moyens que
Is les partis à la soumission jugiles plus propres à ramener
nes qui subsistoient dans la aux lois, en faisant cesser les
Saint - Léger lui
colonie 5 et l'usage
,
avoit été dicté
qu'en avoit
litique 3 d'après les dispositions
par la pius humaine
ielles qu'eussent été eflectiremment pac'fiques des confédérés.
atre cux, ils ne cessoient alors
les vues d'une partie
s réserve à l'autorité
de montrer one soumission
la loi du 4 avril : tant ils nationale 2 malgré la décision injuste
bienveillance
avoient été touchés des
et d'humanité que les
sentimens
ravoient témoignés !
commissaires civils
X vives, l'armée de Indépendamment la
de la restitution des
ement ati Port-au-Prince Crois-des-Bouquets laiesoit
la
les bestiaux et les autres parvenir
campagne pouvoit fournir. Lc
comertibles
er, se ranimoit, et les habitans de la comimerce, dit Saintit et sûrement à la
ville se rendoient libreI obtint encore un point Croiz-des-Beuquets Enfinle commissaire
ent amener la dissolution plus diticile, eni devoit nécessai.
hommes de couleur
de la cenfedération, et
aux autorités formées
soumettre
uanda l'exécution de Parrêté de
par les blancs. Il
l'assembléc co'oniale du 29
Aasemblée Compte rendu par Saint-Léger, p. 18 etag. Disronrs du
nationale, Lettre des
mene
a marine, du 12 mnars 1792.
commicsaires civils ant mninistre
nême par Roume,
Cinguidue ciat des pieces enyoyées
de la cenfedération, et
aux autorités formées
soumettre
uanda l'exécution de Parrêté de
par les blancs. Il
l'assembléc co'oniale du 29
Aasemblée Compte rendu par Saint-Léger, p. 18 etag. Disronrs du
nationale, Lettre des
mene
a marine, du 12 mnars 1792.
commicsaires civils ant mninistre
nême par Roume,
Cinguidue ciat des pieces enyoyées --- Page 486 ---
(478 )
décembre 1791, qui ordonnoit la suppression des bureaux
police, le rétabli-sement des anciennes municipalités que
bureaux avoient remplacées, et la nomination de ces corps P
pulaires dans les parois:es ci l'onn'en avoit point encore el
bli (1).
XXIX.
La
de la Crois-des-Bonquets fut ainsi form
$.
municipalité
l'assemblée coloni
Dispositors par les blancs seuls. Elle fit une adresse à
pacifiques dc
lui annoncer sa, soumission à la loi, et la prochaine non
la confédéra- pour
de la
à l'assemblée de l'Ouest el
nation des députés
paroisse
tion.
l'assemblée coloniale. Les commirsaires de plusieurs aut
à
de l'Ouest écrivirent 0 à Saint-Léger pour lui témoig
paroisses
les mêmes dispositions qui commencèrent à se réaliser :
municipalité du petit Goave fut ainsi renommée par les blan
les chefs de la force armée des hommes de couleur de ce
ville donnèrent leur démission, et furent remplacés par
officiers de la garde nationale blanche; les hommes de coule
quis'étoient réunis à la C.oix-des-Bouquets, déclarèrent à Sa
Léger qu'ils attendroient, avec une soumission absolue,
l'assemblée coloniale prononçat sur leur état politique : C
d'entre eux qui avoient été le plus en butte aux persécutio
ct qui craignoient de les voir se perpétuer, lui mandèn
qu'ils se retireroient dans les montagnes les plus sauvag
plutôt que d'étre réduits à employer la force pour repou
les violences de leurs ennemis. Enfin le commissaire C
1 Compte rendu par Saint-Léger, p. 20, 23 et 42. Précis de
condnite des officiers de la garnison du Port-au-Prince, embard
surla Gonave. Lettredes conmissaires civils au ministre de la mar
du 15 février 1792. Adresse de Léonard Leblois à PAssemblée
tionale.
utôt que d'étre réduits à employer la force pour repou
les violences de leurs ennemis. Enfin le commissaire C
1 Compte rendu par Saint-Léger, p. 20, 23 et 42. Précis de
condnite des officiers de la garnison du Port-au-Prince, embard
surla Gonave. Lettredes conmissaires civils au ministre de la mar
du 15 février 1792. Adresse de Léonard Leblois à PAssemblée
tionale. --- Page 487 ---
( 479 -
)
combinoit déja, avec la
les
municipalité de la
moyens de faire disparoitre de
Croiz-des Bonquets,
parences hostiles, et d'employer son territoire toutes les apcominune pour faire cesser les
l'infucnce de cette grande
dang des paroisses voisines brigandages qui se commettoient
(1).
Milleureusement il se trouva des
mation de la municipalité de la
irrégularités dans la forpatience oi l'on avoit été de satisfaire CreiedecBonquet, Dans l'imle
Léger, on n'avoit point observé
commissaire civilSaintlois pour la convocation des
les délais prescrits par les
Cassemblée de cette
assemblées de commune, Mais
aux yeux de l'assemblée paroisse avoit eu un tort bien plus
de l'Ouest. Elle avoit
grand
imité ( qu'elle ne cesseroit de
déclaré à l'unales dispositions bienfaisantes de provoquer, par des pétitions,
réclamer les bontés
l'assemblée nationale, et de
hommes de
paternelles du roi, pour rendre
couleur et négres libres les
aux
que cette paroisse leur avoit assurés
droits ligitimes, P
queillégaux par la forme
les par des traités qui, quoin'en étoient
que circonstances
pas moins sacrés par la justice, commandoient, la
P'humanité qui en étoient la base.
raison et
tre douteux que le choix fait dans > Quoiqu'il ne pât Pas
l'assemblée de
Bouquets ne fat le. voeu
la Croix-desoisse, l'assemblée de presque unanime des blancs de la
lessus des lois
l'Ouest, qui savoit si bien se.
paquand il s'agissoit de fomenter
mettre au
éclama la plus rigoureuse
les troubles, en
observation, quand elle vit que leur
I Compte rendu par:
P'Assemblée nationale, Saint-Leger, p. 21 et 22. Dircours du même
toune au ministre de la marine Cinquième état des pièces envoyées
u méme sur cette cole,
9 cote R A. Voyez aussi la note par
des lois
l'Ouest, qui savoit si bien se.
paquand il s'agissoit de fomenter
mettre au
éclama la plus rigoureuse
les troubles, en
observation, quand elle vit que leur
I Compte rendu par:
P'Assemblée nationale, Saint-Leger, p. 21 et 22. Dircours du même
toune au ministre de la marine Cinquième état des pièces envoyées
u méme sur cette cole,
9 cote R A. Voyez aussi la note par --- Page 488 ---
(480)
exécution pouvoit servir ses vues. Elle dénonça cette nomination
al'assemblée co'oniale, qui priales commissaires civils de prendre
les mesures les plus promptes pour remédier aux dangers gu
pouvoient en résulter. L'assemblée coloniale connoissoit trop
leur attachement aux lois pour n'être pas sûre qu'ils déclare
roient l'élection nulle, en invitant la paroisse de la Croix-des
Bouquets à en faire une nouvelle. C'est ce qu'ils prononcèren
effectivement (1).
Les hostilités avoient néanmoins été suspendues durant quel
6. XXX.
Port-au-Prince
les bons offices de Saint Léger
Dispositions ques jours au,
par
travailler di
contraires du Mais on profita, dit-il, de celte suspension pour
-
Port au- plus en plus les esprits. Dans les déplorables explosions que cc
de
Prince.
troubles excitoient, des blancs avoient été massacrés par
hommes de couleur, dansla paroisse du Mirebalais. Ce crime
connoit
les circonstances, fut imputé à la con
dont on ne
pas
fu
fédération de la Croix-des Bouquets, dont la municipalite
aussi accusée de retenir en chartre privée d'autres blancs. Ell
fit voir la fausseté de cette dernière inculpation par des pièce
authentiques. Il fut également prouvé qu'à la première nouvell
des assassinats commis au Mircbalais, la majorité des homme
de couleur, indignée, s'étoit réunie aux blancs, et que cett
beureuse coalition avoit fait cesser les assassinats, et rétabli 1
tranquillité publique. Pour en assurer la durée, et en étendr
les bienfaits dans les paroiffes voifines, la municipalité de 1
Croix- des Bouquets, sur le scrt de laquelle on n'avoit pa
I Lettre de Mirbeck et Roume à leur collègue Saint-Léger, du
mars17)2. Voyez aussi, à lasuire de cette lettre, Vextrait du rappo:
faità l'assemblée coloniale le 2 mars, et les observations de Mirbec
et Roune.
encor
. Pour en assurer la durée, et en étendr
les bienfaits dans les paroiffes voifines, la municipalité de 1
Croix- des Bouquets, sur le scrt de laquelle on n'avoit pa
I Lettre de Mirbeck et Roume à leur collègue Saint-Léger, du
mars17)2. Voyez aussi, à lasuire de cette lettre, Vextrait du rappo:
faità l'assemblée coloniale le 2 mars, et les observations de Mirbec
et Roune.
encor --- Page 489 ---
(481)
encore statué, voulut se concerter avec celle du
Mais un arrêté de l'assemblée de l'Ouest
Port-au-Prince.
pière toute communication
interdit à cette deravec la municipalité de la
des-Bouquets, sauf la décision définitive
Croixniale (1). Enfin, tandis
la
de l'assemblée coloque
aucun des moyans
Croix-des-Bouquets ne
pour rétablir la circulation
négligeoit
et la ville, tandis qu'elle faisoit
entre Ia plaine
des postes avancés dans le
rentrer les canons du camp et
Port-au-Prince
bourg, les autorités constituées du
blissement
mettoient tout en usage pour
des
empêcher le rétacommunications, et détruire la
égard aux réclamations de
confiance. Sans
Saint-Léger, aux
pouvoit avoir la disette des vivres
conséquences que
plaine, l'asssemblée
nécessaires aux ateliers de la
du Port-au-Prince provinciale s'en rapportoit à la
sur un objet qui ne
municipalicé
ressort. Cette municipalité déclara
pouvoit pas être de son
que le
circulation ne devoit pas avoir licu
rétablissement de la
corps armés qui étoient
avant l'entière dispersion des
quoiqu'une
sur le territoire des deux
partie au moins fut nécessaire
paroisses,
ateliers violemment agités
pour contenir les
d'eux, ct
Par tout Cc qui se passoit
par l'exemple de l'insurrection du
autour
encore assujettir les hommes de
Nord. Elle voulut
réfugiés à la Croix
couleur de sa dépendance,
la ville,
des-Bouquets, à venir fixer leur
quand il étoit
domicile dans
élé les
manifeste, dit
envoyer à la mort que de les Saint-Léger, que c'edt
maisons étoient encore
y rappeler, et que leurs
espulsés. Enfn, tandis occupées par ceux qui les en avoient
des arrestations
qu'elle se pligno'tavec tant
des blancs qu'elle
d'amertume
municipalité de la Croix
imputoit mal-a-propos à la
des-Bouqueis, elle faisoit journelleCompte rendu par
a PAssemblée nationale. Saink-lager,p. 22 ct 23. Discours du méme
Rapport de GarrangCouion,
H h
rappeler, et que leurs
espulsés. Enfn, tandis occupées par ceux qui les en avoient
des arrestations
qu'elle se pligno'tavec tant
des blancs qu'elle
d'amertume
municipalité de la Croix
imputoit mal-a-propos à la
des-Bouqueis, elle faisoit journelleCompte rendu par
a PAssemblée nationale. Saink-lager,p. 22 ct 23. Discours du méme
Rapport de GarrangCouion,
H h --- Page 490 ---
(482) )
ment emprisonner les personnes de la plaine du Cul-de sac, qui
se présentoient au Port-au : Prince, quelle que fit leur couleur,ans égard aux passe-ports qu'on'leur donnoit à la Croixdes-Bouquets, ni meme aux sauf-conduits quc plusieurs avoient
obtenus du commissaire civil(1).
Il étoit impossible qee des excès si multipliés, qui se répé4 XXXI. toient dans plusieurs communes de T'Ouest, n'amenassent pas de
Dernièresteprésenrations funestes reprécailles. Un mouvement terrible, dont on parlera
de St-Léger. ailleurs, fournit un nouveau préiexte aux agitateurs du Port-auPrince. Les hommes de couleur s'emparérent du bourg de la
petite rivière de l'Artibonite, en y massacrant plusieurs blancs,
et en chassant les autres de la paroisse (a.
Cette partie de l'Ouest avoit été tranquille jusqu'alors, et
Saint - Léger, pour cette raison, n'avoit eu aucune relation
avec elle. On osa néanmoins lui imputer cC cruel événement,
en répandant que les auteurs y avoient é:é enccuragés par le
penchant qu'il avoit témoigné pour les mesures conciliatrices;
on osa demander dans des lieux publics, et particulièrement
dans les galeries de l'assemblée de l'Ouest, qu'on se débarrassàt du commissaire civil en l'embarquant. Un membre de cette
assemblée en fit enfin la motion expresse, qui ne fut écartée
par la question préalable, qu'à la majorité de huit voix contre
six. Saint-Leger ressentant cet outrage comme il le deroit, résolutde quitter cette ville; il l'annonça al l'assemblée de T'Ouest,
en lui rappelant dans sa lettre les principaux sujets de plainte
qu'elle et sa municipalité lui avoient donnés (3).
1 Compte rendu par Saint Léger, p. 2f,5ct4e.
2 Voyezle chapitre I de la troisième partie.
30 Courpte rendu par Saint-Léger, P. 33 et 34. Lcttre des commis:
ant cet outrage comme il le deroit, résolutde quitter cette ville; il l'annonça al l'assemblée de T'Ouest,
en lui rappelant dans sa lettre les principaux sujets de plainte
qu'elle et sa municipalité lui avoient donnés (3).
1 Compte rendu par Saint Léger, p. 2f,5ct4e.
2 Voyezle chapitre I de la troisième partie.
30 Courpte rendu par Saint-Léger, P. 33 et 34. Lcttre des commis: --- Page 491 ---
483 )
Cette lettre parut d'abord
du Port-au-Prince
ramener les autorités
au sentiment de
constituées
de l'Ouest et la municipalité
leurs devoirs. L'astemblée
putations Pour l'inviterà
envoyèrent à Saint- Léger d S dé
qu'elles avoient
rester, en lui réitérant les
déja faites. Les officiers de
protestations
troupes de ligne, > plusieurs
Fartillerie et des
corps vinrent l'assurer de sous-officiers leur
et soldats de ces divers
lois. De bons citoyens,
dévouement à l'exécution des
rence de retour à l'ordre séduits, comme lui, par cette
, lui représentèrent tous
appaquiseroient la suite de sa retraite
les désordres
tant de sollicitations 5 mais
précipitée. Saint-Léger céda a
être aussi
pour accélérer la
pour connoître par lui-méme
pacification, peutpourroit compter sur les hommes de
jusqu' quel point iI
s'il étoit obligé de recourir à
couleur-et les
il alla à la
eux afin de rétablir l'ordre conlédérés,
Creirdes-Bonquets
public,
de nouveaux actes de soumission demander aux chefs des coalisés
pour le Port-au-Prince
aux lois, et de bon
(1). Ilavoit
voisinage
son départ, pour étouffer les
fait tout fon possible, avant
pour empécher une sortie des sentimens de haine, et sur-tout
plusieurs jours (2).
troupes, dont on Parloit depuis
Le déplorable effet de cette hostilité
détruire tout espoirde conciliation
ne devoit pas seulement
n'étoit
avec les
pas entièrement aveuglé
confédérés. Quiconque
que des combats entre les
par ses préventions,
hommes libres feroient prévoyoit
cesser toute
scires civils au ministre de la
de Léonard Leblois'h P'Assemblée marine, du 12 mars 1792. Adressa"
I Compte rendu
nationale,
2 Ibid, Précis de la par Saint-Léger, P. 35et4a.
au-Prince 3
conduite des officiers de la
embarqués sur la Gonave,
garnison du PortsHha
que des combats entre les
par ses préventions,
hommes libres feroient prévoyoit
cesser toute
scires civils au ministre de la
de Léonard Leblois'h P'Assemblée marine, du 12 mars 1792. Adressa"
I Compte rendu
nationale,
2 Ibid, Précis de la par Saint-Léger, P. 35et4a.
au-Prince 3
conduite des officiers de la
embarqués sur la Gonave,
garnison du PortsHha --- Page 492 ---
(484)
subordination dans les ateliers de la plaine, qui n'avoient point
de ravages, si: ce n'est du côté de Bizoton,
encore éprouvé
lors de l'attaque faite par le Port-au-Prince (1).
Tous les bons citoyens du Port-au-1 Prince, tous ceux qui
desiroient le rétablissement del'ordrepublic, sentirent la justesse
des représentations de Saint-Léger. Des membres mêmes de l'assembléc provinciale et de la manicipalitéavoient paru s'y rendre ;
mais leur foiblesse étoit condamnée au silence, et le plus souvent entrainée dans le parti des agitateurs 1 par la fermentation
ceux-cisavoient entretenir dans la multitude. Le jour même
oi que Saint-Léger étoit allé à la Croix-des-Bouquets, l'assemblée
provinciale et la municipalité du Port-au-Prince, réunies cn
comité général, arrêtèrent de sortir de la ville avec une force
armée de cinq cents hommes pour marcher sur Léoganc, od
l'autorité de l'assemblée de l'Ouest éloit méconnue depuis les
derniers troubles. Enfin, pour contrarier les vues paisibles du
commissaire civil, les forts de la ville ne cessoient de tirer
chaque jour a boulets sur la campagne (2).
avoit inutilement obtenu du commandant de la
$. XXXIL,
Saint - Léger
fut
Degers,une consigne qui le défendoit, et qui
pluReprise des place,
renouvelée. On la viola de la manière la plus exhostilités par sieurs fois
Elle fut
le Port - au- presse dans tous les pestes confiés à la garde nationale.
Priace.
même enfreinte dans un poste occupé par les troupes de ligne.
commandoit, fut puni militairement. Il deLe sergent qui y
manda
Praloto le fit aussi, en déclarant que c'étoit lui qui
avoit mis que le feu au canon. Ce boute-feu, qui étoit parvenu par
Mémoire historique des dernières révolutions de T'Ouest, par les
commissaires 1
des citoyens de eouleur > P. 33. Adresse de Léonard
Leblois à P'Assemblée nationale.
Compte reudu par Saint-Léger, P. 35 et 36.
deLe sergent qui y
manda
Praloto le fit aussi, en déclarant que c'étoit lui qui
avoit mis que le feu au canon. Ce boute-feu, qui étoit parvenu par
Mémoire historique des dernières révolutions de T'Ouest, par les
commissaires 1
des citoyens de eouleur > P. 33. Adresse de Léonard
Leblois à P'Assemblée nationale.
Compte reudu par Saint-Léger, P. 35 et 36. --- Page 493 ---
(485) )
ses excès aa grade de commandant de
Prince, et d'ingénieur des
T'artillerie au Port-aula guerre civile. La réclamation fortilications, ne cessoit d'exciter à
mandant des gardes
du sergent fut portée au comnationales, et à la
ment elle y resta sanseffet, meis
municipalité. Non - seuled'adhérer aux réquisitions
l'assemblée de l'Ouest, au lieu
que lui fit
à
prouva la conduite de Praloto
Saint-Léger cet égard,apprix écarter les idées de
(). Enfin, comme H falloit à tout
massacrer
paix avec les confédérés, on fit encore
publiquement au Port- - au-I Prince un blanc nommé
Casenave,qu'on accusoit d'èire de leur
naire de Bordeaux, Les factieux
parti, et qui étoit origipeuple contre le
enfrelenoient le ressentiment du
commerce de cette ville,
toujours prononcé pour la cause des hommes parée qu'il s'étoit
Léger assure qu'un batcau armé
de couleur. Saintdonna en
par l'assemblée de l'Ouest
quelque sorte le signal de ce crime,
radeavec les marques distinctives d'un
, en entrant en
se permeltant un salut extraordinaire batiment de l'état, et en
fenda par les ordonnances
et trés- expressément démilitaires. Il est
que Casenave quiavoit déja
certain, du moins,
tres occasions, fut massacré la échappé aux assassins dans deux aude cette station si fatale
veille de l'anniversaire de l'arrivée
à Mauduit, qu'on célébra
pour achever l'exaltation des
avec éclat
esprits (2).
Le renouvellement
autorités du Port-a journalier de tant de crimes, sans que les S. XXXIITE
au-F Prince fissent rien pour les
convainquit enfin Saint t-Léger de Pinutilité absolue réprimer, se Saint-Léger détermine
de ses efaquittercette
I Lettre de Passemblée de
ville,
mars 1792.
POuest à Saint-Léger s du premier
2 Compte rendu par
'Assemblée nationale. Saint-Léger 1 P. 40. Discours du méme à
Hh 3
du Port-a journalier de tant de crimes, sans que les S. XXXIITE
au-F Prince fissent rien pour les
convainquit enfin Saint t-Léger de Pinutilité absolue réprimer, se Saint-Léger détermine
de ses efaquittercette
I Lettre de Passemblée de
ville,
mars 1792.
POuest à Saint-Léger s du premier
2 Compte rendu par
'Assemblée nationale. Saint-Léger 1 P. 40. Discours du méme à
Hh 3 --- Page 494 ---
(486) )
forts pour opérer le bien tant qu'il seroit dans cette malheureuse ville. Il se décida a exécuter le projet qu'il avoit annoncé
dès un mois auparavant d'aller tenter de meilleurs succès dans
une autre partie de la province. Il en prévint l'assemblée de
l'Ouest enlui faisant de trop justes reproches. K Ministre de la
> paix, leur dit - il, je ne suis point venu ici pour faire la
S guerre, pour ordonner le meurtre et le carnage. Organe de
D la loi,je devois la faire respecter, je devois vous en trouver
> les plus zélés observateurs. Vous vous en jouez, messieurs;
> vous méprisez les réquisitions que je vous ai faites. .
> Je me retire aujourd'hui d'une ville oi les corps administra-
> tifs sont les premiers d secouer le joug des autorités légi-
> times. Je vous rends responsables de tous les maux que votre
> conduite future pourra entrainer, et je me réserve de pro-
> noncer sur vous lorsque je serai uni à mes collégues et à l'ass semblée coloniale (1).>
Naturellement enclin à l'indulgence, Saint-Leger ne crut pas
avoir de sujets de plainte aussi graves contre la municipalié,
dont une partic au moins étoit piutôt dominée par les factieux
que d'accord avec cux, et qui, malgré tous les écarts oi on
lavoit entrainee, étoit probablement de toutes les autorités de Ia
colonie, la p'us attachée à la révolution. Il correspondit quelque
temps avec le maire de la ville de Léogane, oi il se rendit peu
de jours après (2).
3 Compte rendu par Saint-Léger 3 P. 39. Lettre de Saint-Léger
àl l'assemblée de l'Ouest, du premier mars 1792.
2 Compte rendu par Saint-Liger à l'Assemblée nationale 2 P. 39.
Voyez les lettres du méme au maire dul Port-au-Prince, des premiers
jours de mars 1792.
correspondit quelque
temps avec le maire de la ville de Léogane, oi il se rendit peu
de jours après (2).
3 Compte rendu par Saint-Léger 3 P. 39. Lettre de Saint-Léger
àl l'assemblée de l'Ouest, du premier mars 1792.
2 Compte rendu par Saint-Liger à l'Assemblée nationale 2 P. 39.
Voyez les lettres du méme au maire dul Port-au-Prince, des premiers
jours de mars 1792. --- Page 495 ---
(487 )
Cette ville située vers la province du Sud
éprouvé bien des révolutions dans
avoit elle-mâme $. XXXIV.
mois d'octobre
Ces demiers temps. Dès le De
1791, uni parti de blancs, lié
etde Liogane
politiquesaur confédérés de la
par ses principes,
Komaidans une assemblée de
Croir-des-Bouguate, avoit
nela prophéaion
comaune, la
cassé, tesse,
prévôsale que le Parti contraire municipalité et la commisPresque toutes les
de
y avoit établies, comme dans
commandant
paroisses la colonie. Ony avoit revetu le
blée
pour le roi, Villars, de toute
coloniale cassa à son tour Parrêté de la l'autorité, L'assemily a lieu de croire
commune (1). Mais
la ville de
que sa décision resta sars exécution,
Liogane tomba
puisque
de couleur lorsque
entièrement au pouvoir des hommes
secours des confédérés Rigaudy de passa avec son armée en venant au
la Croix- des- -
tastroplie du Port-au P.ince. Bientôt
Rouquets, aprés la casorte icolée au milieu des
celte ville se vit en quelque
de la
dissentions civiles. La confédération
du 28 Croiz-derBouguets, affoiblic par la promulgation de la
septembre, ct par les mesures
loi
n'y conserva guère plus d'autorité p:cifiques de Saint Léger,
et l'assemblée coloniale.
que l'assemblée de l'Ouest
Léogane, dans cette
éprouva tous les malheurs
espèce d'abandon,
que les gouvernemens même
irréguliers ont intérét de prévenir. Des
les plus
suivis de toutes les cruautés
soulévemens d'esclaves,
s'étoient déja manifestis
qui avoient eu licu dans Ie Nord,
fine cette ville. II
dans la partie orientale du Sud
s'en fit un rassemblement
que conhauteurs qui la dominent, Il fut dirigé
considératle dans les
par un grife), Espagnol,
I Extrait des minutes de Passemblée
de
générale de la
Saint-Domingue, 3 du 22 octobre 1791.
partie francaise
* C'est-i-dire, le produit d'ane
proquement.
négresse et d'un mulitre, ou réciHh 4
Nord,
fine cette ville. II
dans la partie orientale du Sud
s'en fit un rassemblement
que conhauteurs qui la dominent, Il fut dirigé
considératle dans les
par un grife), Espagnol,
I Extrait des minutes de Passemblée
de
générale de la
Saint-Domingue, 3 du 22 octobre 1791.
partie francaise
* C'est-i-dire, le produit d'ane
proquement.
négresse et d'un mulitre, ou réciHh 4 --- Page 496 ---
(488 )
nommé Romaine Rivière. Cet homme avoit acquis un crédit trésétendu en prenant le voile du fanatisme. Il seroit difficile,
malgré tous les mémoires qu'on a sur son compte, de donner
une, idée juste du systême employé par ce fourbe pour tromper
la crédulité des nègres. C'étoit trop peu que de se faire passer
pour prophôte; il étoit époux et père 5 ils'avouoit tel; il se disoit le illeul de la vierge; et cependant il prétendoit être une
prophétesse ; il en prenoit le titre; on le lui domnoit; et la
commission des colonies possede plusieurs lcttres écrites en son
nom, qui portent la signature de Romaine la prophétesse :
comme si la terminaison de son nom ciit suffi pour sauver unc
pareille exiravagance (1). Cet imposteur s'étoit retiré avec
quelques hommes de couleur et quelques nègres qui formoieut
le noyau de sa troupe, dans un vallon étroit et d'un abord difficile, qu'on appelloit le Trou-Coffy. Il y avoit établi une espèce de sanctuaire oi il disoit la messe et rendoit des oracles.
On voyoit sur l'autel un tabernacle dans lequel il mettoit sa
tète pour consulter les êtres surnaturels. La vierge Marie lui
répondoit par écrit, etla réponse se trouvoit dans le tabernacle.
L'absurdité ne marche guère sans la cruauté dans le chemin du
fanatisme. Romaine commandoit au nom du ciel le meurtre et
le pillage, et ses ordres étoient exécutés aveuglément
> parce
qu'il promettoit à ses disciples des victoires certaines. Du
I Rapport du curé deJacmel, Blouet, l'assemblée coloniale, du 14
février 1792. Compte rendu par Saint - Léger , P 27. Discours du
méme à PAssemblée nationale. Déclaration de Marie Harang 7 femme
Vaissière ,i la municipalité de Jacmel , du 30 mai 1792. Lettre d'Elie
pour Romaine Rivière, la prophétesse 9 du 26 janvier. Lettre dudit
Romaine Rivière la prophétesse 7 général 1 à l'abbé Ouvière, du
24 décembre 1791. Autre du mêie au même, sans date 7 etc,
P 27. Discours du
méme à PAssemblée nationale. Déclaration de Marie Harang 7 femme
Vaissière ,i la municipalité de Jacmel , du 30 mai 1792. Lettre d'Elie
pour Romaine Rivière, la prophétesse 9 du 26 janvier. Lettre dudit
Romaine Rivière la prophétesse 7 général 1 à l'abbé Ouvière, du
24 décembre 1791. Autre du mêie au même, sans date 7 etc, --- Page 497 ---
(4 489 )
ond de son repaire il soulevoit
ie la plaine de
Par scs agens tous les ateliere
Léogane. Bientôt il sc vit assez
royer des détachemens enlever
fort pour enugeoit
dans cette ville tout ce
nécessaire aux besoins de sa
gu'i
troupe (1).
Des hommes de couleur de
ines furent assez
Léogane et des paroisses voicoupables on assez
s. XXXV.
iment contre les blanes,
aveuglés, par leur ressen. : De Villars
t bientôt sous
pour 6e ranger du parti de ce
sa direction ils
scélérat; et de l'abbé
bns,et sur-t tout dans la
commirent, dans tous les envi- Ouvière,
es canaibales
province du Sud, des atrocités
(2). On assure qu'il
dignes
s affidés le commandant de
compioit au nombre de
ai eut long - temps la
Léogane, Villars, et l'abbé Ouvière
confiance des confédérés de la
ouquets, ct qui ne perdit celle des hommes
Croix-desculier, que lorsqu'ils l'eurent
de couleur en parommissaire
envoyé en France comme leur
quelques mois après. Il est certain
svière n'étoient Pas des amis de la
que Villars et
liberté et qu'ils
I Rapport susd. de Blouet.
Déclaration de Marie Compte rendu par Saint-Léger, , P. 27 et
9.
Harang, fcime Vaissidre, du 30 mars
3 Voyez les S X, XIII, et XIV du
Voici ce que dit Roume
chapitre suivant.
ministre de la
sur Villars dans un état
marine, du 18
despièces remises
hoirs ne plaidla la cause des septembre 1793 : e Jamais ami des
que ne la plaide ce commandant. hommes de couleur plus chaudement
pour soutenir la cause des
Est-ce effet de conviction? ? Est ce
guerre civile ? C'est sur quoi contre-stsolationaires je
en souienant la
honcer, n'ayant nullement Phonneur n'entreprendrai nullement de prouns disent le plus grand
de connoitre l'écrivain donz
bien, et que d'aueres
les
enguineire, 2 ( Deuxième état, lettre
peignent eomme un homme
Y.)
. hommes de couleur plus chaudement
pour soutenir la cause des
Est-ce effet de conviction? ? Est ce
guerre civile ? C'est sur quoi contre-stsolationaires je
en souienant la
honcer, n'ayant nullement Phonneur n'entreprendrai nullement de prouns disent le plus grand
de connoitre l'écrivain donz
bien, et que d'aueres
les
enguineire, 2 ( Deuxième état, lettre
peignent eomme un homme
Y.) --- Page 498 ---
( 490 )
etoient particulièrement liés avec les chefs du parti des pompon
blancs (1). Mais tout paroit aussi indiquer que leurs opinion
politiques ne leur avoient pas fait renoncer aux principes de 1
morale et de Phumanité, Les papiers de l'abbé Ouvière or
éié saisis, sous le gouvernement révelutionnaire, par la munici
palité deParis, ct portés depuis à la commission des colonie:
Le désordre oui ils se sont trouvés dans un Carton ouvert et no
inventorié,donne lieu de soupçonner qu'on en a pu enlever plu
sieurs, Il est dificile néanmoins que ceux qui restent ne donner
pas une idée vraie des sentimens de leur auteyr. On y trouv
une correspondance assez suivie de Villars et de lui, quelque
autres lestres de Pinchinat ou des autres chefs des hommes C
couleur, la minute de divers écrits de l'abbé Ouvière, plasieu:
discours qu'il avoit faits pour les assemblées des hommes de Col
leur, les projets ct les fragmess les plus informes de beaucou
d'autres. On remarque dans tous la morale la plus pure, etsu
tout de vifs reproches à ceux des hommes de couleur 9
avoient souillé leur cause par des assassinats ou par d'autr
crimes (2).
1 Copie de l'adresse de MM. F fils etF... habitans des environ
de Léogane, à la municipalité du Port-au-Prince s du 13 décemb
1791. Lettre de l'assemblée de l'Ouest à l'assembléc coloniale, du:
janvier 1792. Voyez aussi la lettre de Daulnay de Chitryà Ouvièr
du 8j juillet; celle de Iivière Romaine la prophétesse au même, du:
novembre 1791 S celles de Pinchinat au mnême 9 des 30 décembre 1791
et 26 février 1792 ; celle du chevalier Daudat à Ouvière, du 26janvie
ct la pièce 28 de la coteJ. Déclaration de Marie Harang, femme Vai
zière,du 30 mars 1792.
2 Voyez en particulier les numéros 14, 19 et 30 de la cote J. I
Icitre, de Boisrond jeune, du 30 janvier 17y2 5 la seconde pièce de
eotte L; le discours de Pabbé Ouvière, du 20 décembre 1701, et
ier Daudat à Ouvière, du 26janvie
ct la pièce 28 de la coteJ. Déclaration de Marie Harang, femme Vai
zière,du 30 mars 1792.
2 Voyez en particulier les numéros 14, 19 et 30 de la cote J. I
Icitre, de Boisrond jeune, du 30 janvier 17y2 5 la seconde pièce de
eotte L; le discours de Pabbé Ouvière, du 20 décembre 1701, et --- Page 499 ---
( 491 )
n'est pas moins vrai que Villars et l'abbé
relations avec Romaine, lorsque les
Ouvière eurent 5. XXXVI.
ettérent dans ses bras avant
habitans de Léegane
e l'atrocité de son caractère sans doute qu'il eit manifesté desfogt So-inission ne à
(1). Mais Oil voit aussi, dans Ronaine,
corresgendance, udence,e etqu'ils qu'ils ne tardèrent pas à se repentir de leur
an: dans la suite éprouvérent la plus vive satisfaction en
eencore
qu'il s'éloignoit de Léogane
apqu'ils furent précipités dans
(2). Tout anleur inspiroitle Port-au Pince,
cette mesure parl'effroi
lir la municipalité blanche à qui, sous préterte de venir
ville d'une incursion
Léogane, menzçoit sans cesse
ato. On trouve dans les dirigée par Caradeux et le féroce
pléc coloniale la copie d'une papiers des commissaires dc l'asne général des hommes de lettre de la Baissonniere, carec horreur de
couleur de Léogane, > qui ne
ceprojet. K
parie
sdenous enterrersous les Nouruommer,y ruines
y est-il dit, résous soumettre à une violence du quartier, platôt que de
r scélérats qui viensent
de cette nature. . . Arrétex
blenter nos consciences follement troubler notre
et
Ls périrons
et notre liberté : s'ils
repos,
tous, ou aucun d'eux
viennent, OL
ànotre rage. Nos mesures sont n'schappera à notrefr
les sur le sort qui attend
prisesyet nos coeurs, inscncher de
ces pervers, ne
gémir sur les maux
peuvent s'emaste va répandre sur nos incalculables gu'une attague
campagnes (3). 32 Dans une prooyez leur
semblée corespondance et la lettre de l'assemblée
coloniale, du 25 janvier 1792.
de l'Ouest
Toyezlal lettrede Gatechair à
llars au méme, des 10 eti7 Ouvière, du a8janrier 1793; celles
estre de la
janvier, etc.
Buisonniérea à Fr. Viala, du 15 décembre
2790.
répandre sur nos incalculables gu'une attague
campagnes (3). 32 Dans une prooyez leur
semblée corespondance et la lettre de l'assemblée
coloniale, du 25 janvier 1792.
de l'Ouest
Toyezlal lettrede Gatechair à
llars au méme, des 10 eti7 Ouvière, du a8janrier 1793; celles
estre de la
janvier, etc.
Buisonniérea à Fr. Viala, du 15 décembre
2790. --- Page 500 ---
(492 )
clamation du même la Buissonnière zux hommes de coul
qui contient d'ailleurs des exhortations touchantes aux princ
de la justice et de l'humanité, on retrouve encore l'empr
ment le plus violent contre les habitans du Port - au -Pri
ee C'est sur lui, y est-il dit, que doit tomber tout le F
a de notre vengeance ; c'est dans le sang de ces brigands
nous devons éteindre l'incendie qu'ila ont allumé (1).
$. XXXVII. C'est ainsi que la ville de Léogane se vit entrainée dai
Déplorable parti de Romaine qu'clle reconnut 7 par un traité formel,
situation de mandant des habitans reunis, c'est-à-dire, des blancs e
cette ville.
hommes de couleur, quoique ces derniers fussent dirigés pa
personnes qui s'étoient jusqu'alors distinguées par leur mora
telles que la Buissonnière, la Fleur- Viala, Alvarès, Lem
Brunet, etc. Il fallut recevoir dans la ville un lieutenant de
maine, aussi féroce que lui; se soumettre aveuglément à S:
mination tyrannique; satisfaire à toutes ses réquisitions da
mêmetemps odla ville étoitépuisée par cellesdel'armée de Rig
campée à Bizoton. C'est ce que l'on voit encore dans la co
pondance de Villars et de l'abbé Ouvière, dans une lettre
blanc de Léogane aux députés de cette paroisse à l'assen
coloniale, oil ill leur demande des secours. ce Nous avons fait,
> il,t tout ce que Romaine a voulu ; malgréccla, lesbrigande
> les meurtres, les incendies n'ont pas cessé. Ils nous
> nent prisonniers au point que nous ne pouvons pas sorti
> la ville sans un permis de leur part, qu'on ne nous acc
> que très-dificilement. Nous sommes entourés de campsi
> nous sommes obligés de fournir toutes les subsistances, a
> tions et besoins de toute espèce. Indépendamment de cela
3 Proclamation de Ia Buissonnière. 9 du 3 décembre 1791.
meurtres, les incendies n'ont pas cessé. Ils nous
> nent prisonniers au point que nous ne pouvons pas sorti
> la ville sans un permis de leur part, qu'on ne nous acc
> que très-dificilement. Nous sommes entourés de campsi
> nous sommes obligés de fournir toutes les subsistances, a
> tions et besoins de toute espèce. Indépendamment de cela
3 Proclamation de Ia Buissonnière. 9 du 3 décembre 1791. --- Page 501 ---
(493 )
abitations sont pillies,
ndiées. Un trés
ravagées et expostes ditre in.
bi le
grand nombre déja de la
sorts gaelgues-unes de notre
montagne ont
ps animaux ont été enlevés. Il
plaine aussi, Tous
lies mulets avec
ne nous reste plus que
lesquels nous voudrions faire
quelais au moment oil HOS travaux
notre revenu;
te troupe de brigands de
paroissent un peu en
couleur se
train,
hits de nos moulins, défendent présentent, coupent les
n'existe plus un seul blanc
aux nègres de s'occuper.
pns, tant de la
sur aucune de nos habita2 été assassinés piains que de la montagne ; presque tous
(1).
honteux gouvernement produisit bientôt la famine
Lhorreur de cette situation éloit
à Léo- f. XXXVIII.
prises par l'assemblée de l'Ouest, augientée par les me- Mesures
stances à cette ville. Des
pour enlever toutes les cruelles ct
iduisoient de
croiseurs armés au
dérisoires de
toutes les parties de la côte les Pork-au-Prince l'assembl. de
Pportoient. Léogane ne voyoit
batimens qui l'Ouest,
ce. Lc petit nombre de
plus arriver aucun navire de
ceux qui éioient dans sa
loignement des bords de la mer Be lui laissoient rade,et
rspective d'un asyle assuré pour les
pas même
Geillards, dans la supposition
femmes, les enfans et
tentés par le Parti de Romaine facile à prevoir des derniers
(2).
nouvel arrêté de l'assemblée de l'Ouest
vint mettre le
ettre d'un pariculier de
8 et de Gatechair i Pabbé Léogane 9 du 7 février 1792. Lettres de
r.
Ouvière, dans les papiers de ce
oinpte rendu par
senbiée nationale, Saint-Léger Lettre de , p. 28 et 29. Discours du même
1792.
Villars à Pabbé Oxvière, du 28
(2).
nouvel arrêté de l'assemblée de l'Ouest
vint mettre le
ettre d'un pariculier de
8 et de Gatechair i Pabbé Léogane 9 du 7 février 1792. Lettres de
r.
Ouvière, dans les papiers de ce
oinpte rendu par
senbiée nationale, Saint-Léger Lettre de , p. 28 et 29. Discours du même
1792.
Villars à Pabbé Oxvière, du 28 --- Page 502 ---
(494 1 )
comble à tant de maur; il pouvoit entraîner la destruction
solue de Lécgane. Suivant les réglemens faits par la métrop
les bâtimens étrangers ne pouvoient être admis que dans
ports de la colonie, qui éloient ceux des capitales des trois
vinces; mais ces réglemens n'étoient faits que pour les te
ordimaires. Ils n'avoient pu être ob.erves depuis les troubles
les décrets de l'assemblée constituante autorisoient expressén
l'assemblée coloniale à y déroger pour les denrées de prem
nécessité, dans les cas de disette. L'assemblée de l'Ouest
prévalut néanmoins contre Léogane. Elle requit Grimoi
d'aller retirer de la rade de cette ville trois bâtimens am
cains qui étoient venus y.-porter des farines, et de les rami
au Port-a au- Prince. Cette mission étoit très - difficile à rem
d'après la disposition des esprits à Léogane, et l'on ne peet g
se dispenser de croire que l'assemblée de l'Ouest cherchoit
l'ordonnant, à occasionner de nouveaux troubles. L'exécution
fut confiée par Grimouard au capitaine Cambis, commandan
la Surveillante. Le prophète Romaine avoit prédit qu'une
arrivée dans la rade de Léogane, cette frégate ne la quitte
pas sans avoir canonné ou bombardé ia ville; et cette
diction, répandue par les malveillans, causa la plus grande
mentation. On battit la générale dès que la frégate parut';
s'empara d'un des officiers qui eoit descendu à terre. Mai
conduite prudente et ferme de Cambis, les soins du comm
dant Villars et de quelques membres du burcau de police vini
à bout de calmer l'effervescence généralc. Camois n'eut pas
soin d'amployer la violence pour conduire les trois batimens
Port- au-Prince (1).
1 Lettre de Villars à Tabbé Onvière 1 du 11 janvier 1792. Con
rendu par Saint-Léger, P. 16 et suivantes.
u à terre. Mai
conduite prudente et ferme de Cambis, les soins du comm
dant Villars et de quelques membres du burcau de police vini
à bout de calmer l'effervescence généralc. Camois n'eut pas
soin d'amployer la violence pour conduire les trois batimens
Port- au-Prince (1).
1 Lettre de Villars à Tabbé Onvière 1 du 11 janvier 1792. Con
rendu par Saint-Léger, P. 16 et suivantes. --- Page 503 ---
(495) )
Telle étoit l2 situation de
pururent à l'autorité des
Léogane lorsque ses habitans
at de Saint Léger
commissaires civile, dès
repuleur
pour le Port-au
avant le déen particulier annoncèrent Priace. Les hommes de
us entière aux loix
d'avance la
Peu
soumission la
ger reçut de
notienales(s). de temps
c
Léogane, sur la disette
après, Saintpétition qu'il transmit à l'assemblée quis'y faisoit
plus commins de
de l'Ouest. Les resentir,
ttc assemblée,
Thumanité éloient tellement
principes
tuant
qu'elle joignit la dérision à la mécomnus par
point sur cette demande. Sous
cruauté, en ne
n perfide avoit
prétexte
empéchs ces
gu'une intentement à elle, clle
messieurs (*) de s'adresser
sagesse du commissaire renvoya la pétition à Saint. -
dies
civil devant sans
Léger 5 ( la
moyens dont l'assemblée
doute lui
ins dans ce
manquoit, >> Elle
Procurer
és de la temps-là même, parmi ses
comptoit nézndépendance de
membres, trois déimpêcha pas Suint-Léger Liogane(a).Une de
conduite si odicuse
faire exécuter la loi du 28
sepLettre du bureau de police de
7 janvier 1792, signée la Léogane aux
re
commisaires
en réponse, de Mirbeck Buissonnitre,
civils,
t9 février.
et Roume, à Lagroix, Lngroix, Tiby 1 etc.
Pour sentir T'ironie amère
Tiby, etc. 9
csde la colonie
de cet arrêté, , il faut
refusoient la
savoir
ressieurs et de, sieurs aux hommes qualification, encore en
que les
un curé de la Marmelade, de couleur. L'assemblée usage alors,
nent refnsée dans les actes qui 3e vantoit de la leur coloniale
Eul titre du nommé
de l'état civil,
avoir cons1 décembre
un zcl. Voyez le Moniteur pour les indiquers Sous
1791.
de
Lettre des
Saint-Denainga,
aires civils, membres du burean de
groix,
, du 17 janvicr 1792. police de Liogane aux comTiby étautres habitans de Réponse desdits commisznires
particulier de Léogane, du 7 férrier. Leogame, du 19 février, Letire
mé
de l'état civil,
avoir cons1 décembre
un zcl. Voyez le Moniteur pour les indiquers Sous
1791.
de
Lettre des
Saint-Denainga,
aires civils, membres du burean de
groix,
, du 17 janvicr 1792. police de Liogane aux comTiby étautres habitans de Réponse desdits commisznires
particulier de Léogane, du 7 férrier. Leogame, du 19 février, Letire --- Page 504 ---
(496) )
tembre dans cette ville. Le bureau de police y fat remplac
blanche. L'assemblée de I'Ouest ayant al
par une municipalité
avoit élu de nouveaux o
nullé cette nomination, parce qu'on
ficiers au lieu de rétablir l'ancienne municipalité, comme
l'arrêté de l'assemblée coloniale, la commune de Lé
portoit
se soumit à cette condition (1). Elle rappelales membres (
gane
fit de grands reproches à
lancienne municipalité, quoiqu'on
d'entre eux, ct qu'on leur attribuât sur- tout les déso
plupart dres
avoient eu lieu dans cette ville du temps de la conf
qui
dération du Sud, après la dissolution de l'assemblée de Sain
Alarc (2).
St.-Léger avoit aussi demandé cent hommes de troupes
$. XXXIX.
à l'assemblée de l'Ouest pour défendre cette ville d
Vains efforts ligne
L'assemblée les lui refusa sous
de St-Léger fureurs de Romaine.
prétex
auprès de qu'elle manquoit de moyens (3 5 mais quelques jours aprè
lois
cette assem- tandis que Léogane se soumettoit si franchement aux
bléc.
plus répugnantes aux vcux de la majorité de ses habitans, 9
même assemblée requit lc commandant de la province d'e
500 hommes dont 150 de troupes de ligne, et le st
voyer
nationales soldées et non soldées (4). Il ét
plus en gardes
trop évident qu'au lieu de secourir Léogane, on ne songer
qu'a la subjuguer 3 ainsi que tout ce quise trouvoit sur la IOu
1 Compte rendu par Saint-Léger à TAssemblée mationale, p.2)
30. Lettre de Passemblée de I'Ouestau même, du mars 1792.
2 Voyez les derniers SS du chapitre V de la première partie.
3 Compte rendu par Saint.Léger, P. 49 et 56.
4 Rapport de la conduite de M. Degers et autres officiers serva
zous ses ordres, fait à Passemblée coloniale par Delaval, les 1 er
avril 1792. Discours de Saint-Léger à PAssemblée nationale.
a
semblée mationale, p.2)
30. Lettre de Passemblée de I'Ouestau même, du mars 1792.
2 Voyez les derniers SS du chapitre V de la première partie.
3 Compte rendu par Saint.Léger, P. 49 et 56.
4 Rapport de la conduite de M. Degers et autres officiers serva
zous ses ordres, fait à Passemblée coloniale par Delaval, les 1 er
avril 1792. Discours de Saint-Léger à PAssemblée nationale.
a --- Page 505 ---
( 497 )
qui est de plus de dix lieues. Le
tinoit à celte expédition, oi
choix des forces
faisoit
la troupe du
qu'on desa
sur-tout remarquer, renouvela
féroce Praloto se
Léogane. Saint-Leger insista
l'efftoi des habitans de
100 hommes du
Pour qu'onse contentât
quatrième régiment, quiys
d'envoyer
confance, rieure
parce que leur arriyée dans la seroient reçus avec
à l'époque oi les dissentions
colonie étoit postéhommes de couleur avoient
entre les blancs et les,
T'assembice de l'Ouest
pris un caractère hostile; mais
persista dans sa
St-Léger crut enfin alors
détermination (1).
été déléguée
pouvoir user del l'antorité
dant du
Par P'Assemblée nationale, en
quilniavoit
Port-an-Prince, une
faisant, atr commangane, sur Za Galatée, deux réquisition pour envoyer à Léogiment; mais les capitaines vinrent cempagnies de ce squatrième réparoissoient
lui annoncer
donnés
disporés à désobéir aux ordres gue leurs soldats
pour cet objet.
qui leur seroient -
son projet (2).
Saint-Liger fut obligé de
D'après la juste méfiance
renoncer à
gouvernement royalavoient excitée
que les perfidics du
l'incivisme d'un
contre
oil l'on
trop grand nombre
tousteragensd d'après
avoit été de s'irsurger
d'oficiers, et la nécessité
tropole, pour epérer la
presque par- tout, dans la médes soldats français
iévolution , il n'cst point étonnant
marque de
crussent donner à la patrie une
que
semblées de la dévouement, en se soumettant aux ordres nouvelle des
que leurs chefs colonie, plutôt gu'à ceux du
asleur transmettoient.
commissaire civil,
1 Ibid. pag. 37. Lettre de
1792,
Saint-Léger à ses collàgues, du 8 avril
avril a Ibid. pag. 32 et 41. Lettre de
1792.
Saint-Léger à ses
collègues s de 8
Rapport de Garran-Coulon,
Tome II,
Ii
D
ées de la dévouement, en se soumettant aux ordres nouvelle des
que leurs chefs colonie, plutôt gu'à ceux du
asleur transmettoient.
commissaire civil,
1 Ibid. pag. 37. Lettre de
1792,
Saint-Léger à ses collàgues, du 8 avril
avril a Ibid. pag. 32 et 41. Lettre de
1792.
Saint-Léger à ses
collègues s de 8
Rapport de Garran-Coulon,
Tome II,
Ii
D --- Page 506 ---
(498) )
si difficile,le commissaire civil se retourna
S. XL.
Dans une position
la douleur dont ils
SaintLéger vers les hommes de couleur, qui, malgré
va à Léogane étoient pénétrés depuis le décret du 24 septembre, étoient
awecquelquer
les seuls qui témoignassent quelque soumission
hommes de encore presque
et du respect pour ses agens. Il
couleur. al'autorité de la mère-patrie,
et atl
demanda, au président de la confédération 2 Pinchinat s
des hommes de couleur, Beauvais, d'envoyer cent d'entre
général
protéger tout ce quartier contre les
eux à Léogane pour
fut exécuté, et Saint-Léger,
de Romaine. Cet ordre
attaques concerté avec Grimouard, partit pour cette ville,le
après s'être
laissant une réquisition à l'as5 mars, sur la Galatée, en
ne fit, dans
semblée de T'Ouest et à la municipalité, pour qu'on
de ces hostilités qui avoient déja proson absence, aucune
et dans d'autres lieux
duit tant de maux à Marquissant,
assure qu'il n'eut qu'à se louer des dispositions
$. XLL.
Saint-Léger de Léogane ; les blancs ne lui témoignèrent, au
Attaqueper- des habitans
des sentimens de justice ct
fide de Léo- milieu de leurs inquiéudes, que
plus
gane par la de modération : les hommes de couleur lui manifestérentla
troupe de
soumission à la loi 3 et la ferme résolution de se ranger
Romaine, grande
contre Romaine et ses satellites. Des dédu côté des blancs,
Geave, de Baynet et de quelputations du grand et du petit
de couleur étoient
voisines, oi les hommes
ques autres paroisses
en lui portant les mêmes
son espoir,
en force, augmentèrent Romaine
elle - même ébranlée.
assurances. La troupe de
parut
vint à la tête des députés que
Elie Courlonge, son colonel général,
rendu à l'Assemblée nationale par Saint-Léger, P. 42:
1 Compte
l'Assemblée nationale. Rapport susd. de Delaval
Discours du même à
de Volant ct Duclos à la mnunicipalité du
sur Degers. Déclarations
Port-au-Prince 3 du 5 mars 1793.
omaine
elle - même ébranlée.
assurances. La troupe de
parut
vint à la tête des députés que
Elie Courlonge, son colonel général,
rendu à l'Assemblée nationale par Saint-Léger, P. 42:
1 Compte
l'Assemblée nationale. Rapport susd. de Delaval
Discours du même à
de Volant ct Duclos à la mnunicipalité du
sur Degers. Déclarations
Port-au-Prince 3 du 5 mars 1793. --- Page 507 ---
7 499 )
cet imposteur enyoya à
ployer pour le rétablissement Saint-Léger, , Promettire de tout emnimement à faire revenir
de l'ordre. Ils
les esclaves sur les s'engagérent unamaîtres, dans un délai de trois
habitations de lcurs
moyens oi se trouvoit
jours; et dans le dénuement de
d'accorder
Saint-Léger à
une espèce de trève
Léogane, il fut obligé
gement (1).
pour l'exécution de cet arranCelte promesse n'étoit
foi des habitans de
qu'un indigne piège tendu à la bonne
une troupe de nègres Léogane. Avant lexpiration des trois
descend de cet
jours;
Cofi, dans la nuit du 11
infame repaire du
de la ville
au 12 mars;
trou
; égorge, dans leurs lits
surprend tous les postes
qui n'curent pas le
et dans les rues, tous
hommes de
temps de se sauver, et
ceux
couleur; s'empare de la
particulièrement les
que des canons qui
maison
effréné
y étoient, et se livre
commune, ainsi
Les cent hommes de
au pillage le plus
des-Bonguets étoient autour
couleur venus de 12
Leur
de la maison du
Croixcommandant Boyer les rallie
commissaire civil.
échappèrent au carnage,
avec ceux des habitans quz
reprend les canons, chasse hors des
1 Compte rendu par
imaire du
Saint-Leger, p. 45. Lettre de
* La Fort-au-Priace, du 10 mars 1792.
Saint-Léger au
déclaration du nègre libre
Le paroisse de Léogane, dit même Mathurin les
Dubreuil, , qui étoit de la
rapport fait par Delavala que brigands mirene le feu d la ville.
commandant dn Port-au-Prince, Passemblée coloniale sur la conduite du
demanda des forces
Degers, dit aussi
ruinée.
pour les transporteri
que Saint-Leger lui
Cependant
Léogane brilée,
compte rendu. Il dit Saint-Leger même
ne parle point d'incendie dévastée,
nationale que cetze ville fut expressément dans son discours dans son
fut Peu considérable,
sauvée, Sans doute
saPAssemblée
lincendie, s'il eut lieus
Iis
Passemblée coloniale sur la conduite du
demanda des forces
Degers, dit aussi
ruinée.
pour les transporteri
que Saint-Leger lui
Cependant
Léogane brilée,
compte rendu. Il dit Saint-Leger même
ne parle point d'incendie dévastée,
nationale que cetze ville fut expressément dans son discours dans son
fut Peu considérable,
sauvée, Sans doute
saPAssemblée
lincendie, s'il eut lieus
Iis --- Page 508 ---
( 500)
murs les làches assassins, malgré la grande supériorité de leur
nombre. Ils voulurent former un corden autour'de la ville; mais
ils furent encore dispersés par la' frégate la Galatée, à qui
Saint-Léger enyoya une réquisition dès les premières nouvelles
de l'attaque des règres
XLII.
Cette frégate étoit toujours commandée parle capitaine Cambis,
$.
contre-amiral à
il avoit su conserver la
Dispersion depuis
Swint-Douingue;
de l'arméede confiance de l'équipage par son attachement à ses devoirs. Il
ceti imposteur le fit descendre à terre presque en entier: offiiers et matelots
ne disputèrent que de zèle et de courage. Ils continuerent, les
jours suivans, à faire le service pour la garde de Léogane ;
ils repoussèrent une seconde attaque des nègres avec tant de
succès que ce fut la dernière (2).
Saint-Léger avoit aussi fait des réquisitions au grand ct au
petit Goave, les deax paroisses les plus voisines. Elles envoyèrent des secours aux kommes dès le lendemain. Ils se réunirent
avec les habitans de Léogane pour chasser de ses murs les
brigands du trou Coffi. L'ordre fut rétabli dans les ateliers; et,
dans. peu de jours, les nègres dont une grande quantité étoit restée
fidèle, malgré les inftigations des agens de Romaine, reprirent
leurs travaux accoutumés:enfin cette petite armée, sous la conduite
d'un homme decouleurinteligent et courageux, Sinclar, marcha
avec quatre canonniers de la Galarce au trou Coffi, et en
1 Compte rendu par Saint-Leger 1 p- 46. Discours du même à PAssemblée nationale. Lettre de Saint-Léger à la municipalité dn Portau-Prince, du 15 mars 1792. Déclaration de Matlurin Dubreuil, faite
à la municipalité de Jacmel, le 28 mars.
2 Compte rendu à P'Assemblée nationale par Saint-Léger, pag. 41,
etc.
, marcha
avec quatre canonniers de la Galarce au trou Coffi, et en
1 Compte rendu par Saint-Leger 1 p- 46. Discours du même à PAssemblée nationale. Lettre de Saint-Léger à la municipalité dn Portau-Prince, du 15 mars 1792. Déclaration de Matlurin Dubreuil, faite
à la municipalité de Jacmel, le 28 mars.
2 Compte rendu à P'Assemblée nationale par Saint-Léger, pag. 41,
etc. --- Page 509 ---
501 )
dissipa le rassemblement. A
néanmoins
peine Romaine,
prévenu de cette
qui fut, dit-on,
sauver, en laissant lâchement expédition, eut-il le temps de se
sa femme, un ou deux de tomber dans les mains des blancs
de ses compagnons
leurs enfans, ct un grand nombre
Prince; Saint-Léger avoit réitéré ses demandes de
; mais
secours au Port-au- 5. XLIIL,
peut-être même relénithereugleeen les
de cette ville, , telles
liaisons criminelles
étoient Discussion
agitateurs avec ces infames
de quelguesuns des sur Léogane
déclamations à ce sujet
révoltés du trou Coffi,
entre Saint4 le 6 mars
contre les hommes de malgré leurs Léger et l'as-
> l'assemblée 1792, un chevalier de
couleur, que, semblée de
provinziale de
Bourgneuf
l'Ouest,
>>
écrivoit à
que M. le commissaire l'Ouest, qu'il n'étoie pas
>> des assassins
civil ne fat allé à
douteux
de la
Léogane, avec
> esclaves
Coinde-Bouquets, pour
cent
Aléles, armés
> maitres
à Liogane pour la ezsterminer les
(2). >
difense de leurs
Cette lettre fut renvoyée
T'assemblée coloniale,
par T'assemblée de T'Ouest
sur les crimes qu'on comme une pièce propre à jeter du à
la connivence de
reprochoit aux hommes de
jour
l'auteur
Saint-Léger avec eux. Il est couleur, et sur
y avoit pris le titre de
remarquable gue
que cette qualification
chevalier de
assemblée
n'excita aucune
Bougneuf, et
révolution qui faisoit Parade d'un si réclamation dans une
(3).
ardent amour pour la
1 Ibid. Voyez aussi la
mars 1793, et celle de Marie déclaration de Mathurin
2 Copie de la susdite
Harang 9 femme
Dubrenil, , du 23
Voyez aussi le no.
lettre certiliée par Vaissière, du 30 mars*
des commissaires 125 de la pièce cotée
Passemblée coloniale.
3. Lettre
de lassemblée
N, mo, 62, de
de
coloniale.
linventaire
mars 1792. Tassemblée de l'Ouest à l'assemblée
coloniale, du.
Ii 3
déclaration de Mathurin
2 Copie de la susdite
Harang 9 femme
Dubrenil, , du 23
Voyez aussi le no.
lettre certiliée par Vaissière, du 30 mars*
des commissaires 125 de la pièce cotée
Passemblée coloniale.
3. Lettre
de lassemblée
N, mo, 62, de
de
coloniale.
linventaire
mars 1792. Tassemblée de l'Ouest à l'assemblée
coloniale, du.
Ii 3 --- Page 510 ---
€ 502 )
Les autorités constituées du Port-au-Prince avoient essayé
de justifier P'envoi des 500 hommes, qu'elies persistoient à voter
déclarant
la séduction
pour Léogane 2 en
qu'elles craignoient
les
des mulàtres (L. ( Le bruit
des troupes par
protecteurs
lui
dit
, ct des lettres particulières
> public,
Saint.-Léger (2)
c'étoient 500 conjurés qui marchoient
> avoient appris que
dans la
contr cette malheureuse ville 3 pour envelopper
les
les hommes de couleur, et
>
mème proscription
blancs,
civil avant tout. > La conduite des autorités
> lecommissaire
du Port au-Prince, avant et après cctte réquisition 3 ne justifie
Pour prévenir ce nouveau
que trop ce jugement rigoureux.
désastre, s'il étoit possible, Saint-Léger envoya des réquisitions
contraires a l'assemblée de l'Oucst, à la municipalité et au
militaire. Il demanda 150 hommes de troupes de
commandant
ligne à ce dernier, et deux hommes par bàtiment aux navires
du
pour aider dans leurs travaux les équipages de
commerce, des autres bâtimens mouillés dans la rade de
Ia Galarée et
L.éogane (3).
L'assemblée de T'Ouest ne vit dans cette conduite du commiscivil
des entreprices et des abus d'autorité : elle se
saire
que
de Pinitiative donnée aux assemblées coloniales sur létat
prévalut hommes de couleur et des esclaves, pour soutenir que les
des
rendu
Saint-Léger, 9 P. 48 7 49 et 56. Arrété de la
1 Compte
par
susdit de
municipaliré du Port-an-Prince, du 11 mars 1792. Rapport
la conduite de M. Degers.
2 Compte rendu à PAssemblée nationale ,1 p. 48.
3 Ibid. P. 49. Déclaration de Saint-Léger à l'assemblée de POuest,
à la municipalitéet à Degers, du 15 mars 1792.Lettre de Saint-Léger
a ses collègues, 2. du 8 avzil. Lettre de Degers à la municipalité du
Port-au-Prince, du 17, mars,,
du 11 mars 1792. Rapport
la conduite de M. Degers.
2 Compte rendu à PAssemblée nationale ,1 p. 48.
3 Ibid. P. 49. Déclaration de Saint-Léger à l'assemblée de POuest,
à la municipalitéet à Degers, du 15 mars 1792.Lettre de Saint-Léger
a ses collègues, 2. du 8 avzil. Lettre de Degers à la municipalité du
Port-au-Prince, du 17, mars,, --- Page 511 ---
503 )
corps populaires, établis par ces
de détermines les
assemblécs, avoient seuls le droit
les insurrections mesures de sireté que
de ces deux classes
Pouvoient nécessiter
missaires civils ne pouvoient
d'hommes, et que"les comégard.En conséquence l'asemblée faire aucune réquisition à cet
pris
de T'Ouest déclara,
conjointement avec la municipalité
par un arrêté
qu'elle regardoit les
du Port- au - Prince,
et attentatoires
réquisitions de
à l'autorité
Saint-Léger comme nulles
l'assemblée coloniale.
que la métropole avoit confiée
mandant
Ces deux corps requirent
à
militaire de faire mettre
même le comarmes, Pour entendre la lecture la troupe de ligne sous les
par leurs commissaires
de cet arrêté qui lui seroit faite
(1).
Les commissaires civils étoient si
l'autorité des corps
peu disposés à empiéter sur
Roume
populaires de la colonie,
désapprouvérent la conduite de
que Mirbeck et
occasion , sur la dénonciation
Saint-Lager dans cette
bléc coloniale
qui leur cn fut faite
(2). Mais ilsn'étoient
Par l'assemtruits de l'état des
que
inschoses, et
trbsimparfitement
d'opinion dans la suite
il paroit que Roume changea
le décret
(3); il est effectivement
d'institution des commissaires
certain que
qui leur avoient été
civils, et les instructions
remises, leur assuroient
une jurisdiction
I Compte rendu par
bléeade l'Ouest et de St-Léger, la
p. 51,52 er53. Arrêté de l'asscmmars 1792. Lettres de municipalité du Port-an-Prince, des 17 et
piale, des I et 21 mars. l'assemblée de P'Ouest à T'assemblée colosur la conduite de M. Rapport de Delaval à l'assemblée
Degers.
coloniale,
2 Lettre de Mirbeck et Roume à
Rapport faiti à l'assemblée coloniale, Saint-Léger, du 13 mars
s sur Degers, par Delaval. 179=.
Yoyeztarant-dermière note de ce chuapitre.
Zi 4
-Prince, des 17 et
piale, des I et 21 mars. l'assemblée de P'Ouest à T'assemblée colosur la conduite de M. Rapport de Delaval à l'assemblée
Degers.
coloniale,
2 Lettre de Mirbeck et Roume à
Rapport faiti à l'assemblée coloniale, Saint-Léger, du 13 mars
s sur Degers, par Delaval. 179=.
Yoyeztarant-dermière note de ce chuapitre.
Zi 4 --- Page 512 ---
(504) )
supérieure dans toutes les mesures nécessaires pour ramener
lordre dans la colonie. Ils étoient expressément autorisés à
faire des réquisitions à la force armée, et a suspendre même les
assemblécs de la colonie : Page avoit rappelé ce droit des commissaires civils dans les séances de l'assemblée coloniale,
sans
exciter aucune réclamation, lors de leur arrivée à Saint-Domingue (1). Enfin on ne doit pas oublier que c'étoient les autorités
constituées du Port-au Prince qui avoient invité les commissaires
civils à envoyer lun d'entre eux dans leur province pour y terminer les troubles (2).
$. XLIV.
Quoi qu'il en soit, l'assemblée de T'Ouest, en arrétant
Manceuvres
qu'iZ
de
n'y avoit pas lieu d délibérer sur les
l'assemb
réquisitions de Saintde l'Ouest Léger, mit un nouvel embargo sur les bâtimens de la rade du
pour rallu- Port-au Prince, afin qu'on n'envoyât au commissaire civil ni les
merla guerre deux hommes par bâtiment, ni les vivres
civile.
qu'il demandoit : elle
allégua la disette qu'éprouvoit le Port-au-Prince, tandis qu'il
étoit notoire, suivant Saint-Léger, qu'il s'y faisoit un gaspillage excessif de vivres, et qu'elle doubloit la ration des équipages dans les bâtimens de PEtat, pour y entretenir l'ineubordination (3). Enfin cette assemblée se chargea elle-même de
l'exécution de son arrété, en l'adressant directement au commandant de la station (4).
1 Décret dui février 1791. Instructions du roi aux commissaires
civils, du.
Voyez aussi le rapport de Saint-Léger, p. 53.
2 Moniteur de Saint-Domingue, du 11 novembre 1791.
3 Voyez l'adresse du Port au-Prince aux commissaires civils, du 4
décembre 1791 7 et l'état des pièces envoyées an ministre de la
marine 3 sur Roume.
4 Compte rendu par Saint-Léger, pag. 49, 54, 55 et 56. Extrait
des registres de Passemblée de POuest, des 5 ct 17 mars 1792.
Rapport SIIr Degers fait à l'assemblée coloniale 3 par Delaval,
1791.
3 Voyez l'adresse du Port au-Prince aux commissaires civils, du 4
décembre 1791 7 et l'état des pièces envoyées an ministre de la
marine 3 sur Roume.
4 Compte rendu par Saint-Léger, pag. 49, 54, 55 et 56. Extrait
des registres de Passemblée de POuest, des 5 ct 17 mars 1792.
Rapport SIIr Degers fait à l'assemblée coloniale 3 par Delaval, --- Page 513 ---
(505)
Le vécitable motif de sa conduite
ierre à quelque prix que ce fit :
étoit qu'elle vouloit la
elle ordonna
Port-au-Prince se porteroient à la
que les forces
aintenir dans Ze devoir les
CrindesBnugnet, pour
pandoit le bruit que la
ateliers de la plaine. Elle
un soulevement
plaine du Cul-de-Sac étoit
général des esclaves,
menacée
cursions nocturnes en commettant quiy faisoient déja des
des assassinats; ; elle attribuoit toute sorte de
ces
brigandages
s hommes de
incursions à
couleur; et dans CC
Tinstigation
nner du poids à cette
temps - là même, pour
cité qui régnoit
opinion, en entretenant
au
l'esprit de fémes durant la nuit destroupes Partan-Prince, elle en laissoit sortir en
rètes contre les hommes de d'esclaves pour des expéditions
ns; elle souffrit enfin
couleur dispereés surles habitamener sous ses
que ces esclaves revinssent ensuite
: des
yeux, dans les rues du
malheureux qu'ils avoient
Port-an-Prince 3 les
npte de ces faits à l'assemblée massacrés (1). En rendant
uest ne parle point des
coloniale, 3 l'assemblée de
res à Tinstigation des hommes prétendus massacres faits par des esquelques enlèvemens de
de couleur, mais seulement
niers. Voici ce
négres et de bestiaux faits par ces
aoment ot les qu'elle se contante de dire (2) : ( Dans un
umais et de
brigands de couleur
tous côtés de notre
approchent plus que
xalte nos négres esclaves du malheurcuse ville 3 ce qui
Port-au-Prince au point qu'on
Compte rendu par
bé Ouvière 1 du 28 Saint-Léger, janvier 1 P. 56. Lettre de Gatechair à
gues, du 8 avrit, Lettre du 1792. même Lettre de Saint - Léger à ses
omars. Rapport de Delaval
au maire du
sur Degers.
Port-an-Prince,
Lettre de l'assemblée de l'Ouest à
1792.
l'assemblée coloniale 2 du 6
ce qui
Port-au-Prince au point qu'on
Compte rendu par
bé Ouvière 1 du 28 Saint-Léger, janvier 1 P. 56. Lettre de Gatechair à
gues, du 8 avrit, Lettre du 1792. même Lettre de Saint - Léger à ses
omars. Rapport de Delaval
au maire du
sur Degers.
Port-an-Prince,
Lettre de l'assemblée de l'Ouest à
1792.
l'assemblée coloniale 2 du 6 --- Page 514 ---
/ 506 )
> ne peut presque plus les retenir, tant ils sont achart
> contre cette race maudite, hier il est sorti de ces esclave
> et,si nous en croyons les rapports, ils leur ont donné
> chasse; mnis ce n'a pas été sans en avoir détruit : cette sor
> a cui sans doute pour but de venger les faits du matin, 3
D les brig-nds, la vue de la ville et sur le chemin même
> la Croiedes-fouquets, ont enlevé beaucoup de negres,
> cabrouets et des mulets, avec un citoyen de la garde
> tionale qui alloit en fourrage (*) >. Aussi le commissa
civil Saint-Léger, en parlant des assassinats de blar.cs que
autorités du Port-au-Prince attribuoient à l'instigation desiomt
de couleur, présumoit- il que c'étoient les esclaves du PortPrince quiler avoient eux-mêmes commis secrètement par or
des agitateurs, et il ne craignit pas de le déclarer dans une
5. XLV. ses lettres au maire de cette ville (1).
Destitution
La municipalité da Port-au-Prince avoit
du commanfait quelques effc
dant du Port- pour empécher ces horribles expéditions, et prévenir la soi
au-Princepar générale de la force armée ; mais elle fut entraînée hors
cetteassemb, ses vues par le commandant de la garde nationale, Carader
et par l'assemblée de l'Ouest, qui la força de venir délibé
avec clle (2).
*] Il cst remarquable que dans des copies de ces lettres, faites
France par les commissaires de T'assemblée coloniale 2 on a alt
daus plusieurs parties le texte qu'on vient de rapporter.
1 Lettre de Saint-Léger an maire du Port-au-Prince, du 11 m
1792.
2 Arrété de l'assemblée de POuest 1 du 10 janvier 1-92. Autre
l'assemblie de POuest et de la manicipalité réunics, du
Lettrelde Simnonet à Denard, du 16 mars.
ces lettres, faites
France par les commissaires de T'assemblée coloniale 2 on a alt
daus plusieurs parties le texte qu'on vient de rapporter.
1 Lettre de Saint-Léger an maire du Port-au-Prince, du 11 m
1792.
2 Arrété de l'assemblée de POuest 1 du 10 janvier 1-92. Autre
l'assemblie de POuest et de la manicipalité réunics, du
Lettrelde Simnonet à Denard, du 16 mars. --- Page 515 ---
( 507 )
Le commandant de la
as soutenue
place s Degers, opposa une résisfance
> mais aussi inellicacc. Blanchelande
voyé dans l'Ouest l'arrêté
n'avoit pas
oit obtenu de l'assemblée que l'assemblée de cette province
coloniale, le 20
amettre tous les commandans
décembre, 2 pour
s corps
et forcer militaires aux réquisitions
populaires,
celui du
iger, d'après ces réquisitions,
Port-au - Prince de
forces qui lui étoient
contre les hommes de coulear,
usé
confiées. Blanchelande avoit
jusqu'alors de le sanctionner
même
bit absolument nécessaire
(1). Or cette approbation
e coloniale,
pour valider les arrêtés de
aux termes des décrets rendus
l'assem-
:5, et reconnus par l'assemblée
pour les colocoloniale elle-méme, Le maire
Port-an-Prince, et des commissaires de l'assemblée
le se permirent néanmoins de venir lire
provinnbre à la troupe assemblée,
T'arrété du 29 dégers refusa de s'y
pour en assurer l'exécution.
es et des défenses soumettre, de
en s'autorisant des lois généSaint-Léger. Il est
t cela SC passoit deux ou trois
remarquable que
P, dont Blanchelande
jours avant Finsurrection de
victime
triompha, après avoir pensé en être
ssaires
Degers n'eut pas le même succès. Les
des corps populaires assemblèrent les
coms après unc nouvelle
troupes malgré
dats,
réquisition qui fut accueillie
les
malgré tous les efforts du commandant
par
ovinciale et la
: l'assemblée
municipalité, sur la dénonciation qui leur fut
Rapport de
oniale, des 20 SaintLiger, et 30 décembre , P. 56. Procès-verbaux de T'assemblée
t-au-Prince > aux députés de ladite 1791. Lettre de la municipalité du
21 mars 1792.
ville à P'assemblée coloniale,
Voyez le S. XXVII dui chapitre
précédenty
ant
par
ovinciale et la
: l'assemblée
municipalité, sur la dénonciation qui leur fut
Rapport de
oniale, des 20 SaintLiger, et 30 décembre , P. 56. Procès-verbaux de T'assemblée
t-au-Prince > aux députés de ladite 1791. Lettre de la municipalité du
21 mars 1792.
ville à P'assemblée coloniale,
Voyez le S. XXVII dui chapitre
précédenty --- Page 516 ---
508 )
faite par plusieurs corps de Ia troupe de ligne, destituè
Degers, et offrirent ensuite successivement le commandem
de la place à tous les officiers : quarante et quelques le I
sèrent et donnèrent leur démission ; enfin un lieutenant
neuvième régiment, Leborgne de Coëtivy accept:
commandement (1), fit arrêter les officiers destitués sur
réquisition des deux autorités réunies, qui les envoyèrei
l'assemblée coloniale comme ennemis de la révolution (
Quelles que fussent leurs opinions politiques, ils avoient rer
leur devoir dans cette circonstance et
leur condamnati
parl'assemblée coloniale, fut une nouvelle injustice de sa pa
elle confirma l'arrêté de l'assemblée de l'Ouest, en les
voyant en France rendre compte de leurconduite à l'Asseml
nationale (3).
*1 Il ne faut pas le confondre avec le citoyen le Borgne, qu
rempli diverses fonctions dans la colonie , sous l'administration
Roume 1 Sonthonax et Rochambeau.
1 Rapport de Saint-Léger 3 page 57. Extraits des registres
l'assemblée de l'Ouest, des 16 et 17 mars 1792. Rapport de
sar
Deli
Degers. Ordres! de Degers à Cesert et Dufrenoy 2 du 18 m
Lettre du méme à Passemblée de l'Ouest, des 17 ct 18 mars. R
port des commissaires de l'assemblée de l'Ouest et de Ta municipali
dadit jour. Procès verbal des mêmes. Précis de la conduite
officiers de Ia garnison du Port-an.Prince, embarqnés sur la Gond
Lettre de la municipalité du Port-au-Prince aux députés de lad
ville à Passemblée coloniale, du 2 mars 1792.
2 Arrêté de Passemblée de l'Ouest êt de la municipalité réunie
du 20 mars 1792. Lettre du colonel Desdorides au ministre de
guerre, Servan, du 2 juin1792. Rapport de Delaval sur Degers
3 Rapport de Saint-Léger, p. 58. Rapport sur Degers fait à I
semblée coloniale, par Delaval.
municipalité du Port-au-Prince aux députés de lad
ville à Passemblée coloniale, du 2 mars 1792.
2 Arrêté de Passemblée de l'Ouest êt de la municipalité réunie
du 20 mars 1792. Lettre du colonel Desdorides au ministre de
guerre, Servan, du 2 juin1792. Rapport de Delaval sur Degers
3 Rapport de Saint-Léger, p. 58. Rapport sur Degers fait à I
semblée coloniale, par Delaval. --- Page 517 ---
( 5og )
La sortie projetée fut exécutée
avoit manquer de produire de quelques jours après ; elle ne $. XLVI,
-au-Prince,
grands maux. Larmée du Sortie du
composée tant des
ient sa
troupes de
Porgau-Pringarnison, > que de ces gardes
ligne qui for- ce, Prise de
ommune, , et des canonniers,
nationales soldées par laCroix-desres de l'assemblée de
qui éloient les satellites ordi- Bouquets,
étoit précédée
T'Ouest, se mit en marche le 22
le
par une troupe de nègres, armés
mars:
sanguinaire Praloto, qui avoit
et conduits
amé BretonPour licutenant un
Villandry ; elle Porta
colon,
on. Une éclipse de soleil,
par-tout l'effroi et la déso.
erreur générale, A
qui arriva ce jour-la, ajouta à
to-Domingo,
T'exception des nègres de
qui, réunis au nombre de
Thabitation
Hque
trois
résitance, Personne n'osa
cents,, frent
ur. Le plus grand nombre s'opposer à ce torrent dévasbisse, les
des habitans de cette
femmes, 3 les enfans et les
immense
imes faits, désertérent leurs
vicillards, comme les
S les forêts et dans les
habitations pour se
jugé leurs féroces
mornes (1) : ils n'avoient réfugicr
ennemis, Dans une
que trop
I'Ouest, ou elle rend
lettre de T'assemblée
érente la
compte de cette
perte que firent les hommes expédition, elle
ésultat de plusieurs
de conleur, comme
combats: elle
la
Port-an-Prince, se divisa ( en deux dit'que force, sortie
our camper au lieu dit la
petites armées, Pune
autre au bourg de la
Coupe de la Charbonnidre,
Coupe a éprouvé, dans Coin-deBouguetr sa
; que l'armée de
marcke, une attaque
très-vive 3
Compte rendu par
blée nationale,dus 2 Saint-Léger, août
p. 8. Discours du même à
utions de T'Omest,
1792. Mémoire
l'AsP9 et 111. Lettre par les commissaires historique des
des dernières
de
citoyens de
, des a et 14avril l'assemblée de l'Ouest à
couleur,
1792.
Passemblée cole-
que l'armée de
marcke, une attaque
très-vive 3
Compte rendu par
blée nationale,dus 2 Saint-Léger, août
p. 8. Discours du même à
utions de T'Omest,
1792. Mémoire
l'AsP9 et 111. Lettre par les commissaires historique des
des dernières
de
citoyens de
, des a et 14avril l'assemblée de l'Ouest à
couleur,
1792.
Passemblée cole- --- Page 518 ---
(510) )
> qu'elle a eu quelques morts, etc., plusieurs blesés;
> que les mulâtres ont perdu guarante-sept hommes 3
> compter un grand nombre de blessés, dont une partie
> périrs que l'armée de Ia Croit-des-Bouguets, après
> éprouvé dans sa première marche une légère escarmou
> a été camper au bourg 3 que, quelques jours après, les j
> gés l'ont attaquée ; qu'ils ont été repoussés SA NS C
> FÉRIR, avec une perte de cent vingt-sept des leurs
Mais une autre lettre, écrite à l'assemblée coloniale P
blanc dévoué au parti de l'assemblée de l'Ouest, dit simple
que deux cents hommes de couleur qui étoient restés da
paroisse, furent passés au fil de l'épée (2), 1e et cette ex
sion ne coincide que trop avec la perte de cent vinge
hommes, essuyée dans une action ou, suivant la lettr
l'assemblée de l'Ouest elle - même > les insurgés avoien
repoussés sans coup férir.
La confédération de la Croiz-des-Bouquets s'étoit vaine
efforcée depuis plusieurs mois de conjurer cet orage. La
cipalité de cette paroisse, durant sa courte existence, avo
de vives instances pour empêcher la sortie (3), et les confe
I Lettre de l'assemblée de l'Ouest à l'assemblée du Sud
avril 1792. Lettre de Boyer, commissaire des finances de l'asse
de l'Ouestà l'assemblée du Sud, dudit jour.
2 Lettre de Beaud à l'assemblée coloniale 3 du 27 mars 1792.
31 Lettre de l'assemblée de l'Ouest à l'assemblée coloniale, 3
janvier 1792. Rapport de Saint-L.égera l'Assemblée nationale ,
Lettre des confédérés aux bataillons d'Artois et Normandie 3
novembre 1791. Autre de la municipalité du Port-au-Prince
députés de cette ville à l'assemblée coloniale, du 21 mars 1792.
port de Delaval sur Degers, etc.
1792.
31 Lettre de l'assemblée de l'Ouest à l'assemblée coloniale, 3
janvier 1792. Rapport de Saint-L.égera l'Assemblée nationale ,
Lettre des confédérés aux bataillons d'Artois et Normandie 3
novembre 1791. Autre de la municipalité du Port-au-Prince
députés de cette ville à l'assemblée coloniale, du 21 mars 1792.
port de Delaval sur Degers, etc. --- Page 519 ---
(511)
oient écrit aux (roupes de ligne,
: contr'eux (1). Les hommes , pour les dissuader de mardu, mais sans en donner des de couleur ont depuis préArtois et Normandie furent
preuves , que les bataillons
psse somme (2). Quoi
gagnés Par la distribution d'une
mée des confédérés
qu'il en soit, il paroit certain
s'étoit dissoute
que
sortic du Port-au-Prince.
presgu'entièrement avant
tembre, et T'appui
D'après la publication de la loi du 24
cés de lui donner, que les commissaires civils avoient été
nicipalités
depuis.sur-tout le rétablissement des
composées des seuls blancs,
r en particulier ne
les hommes de cours réclamations
pouvoient se dissimuler qu'en soutenant
oient été rebelles primitives, toutes justes qu'eiles
aux lois de la
fussent, ils
uver combien la majorité
métropole ; et cela semble
s, quelles que pussent êtrc d'entr'eux les
y étoient encore atta-
:s-uns de ceux qui les dirigeoient. vues ambitieuses de quelVoila comment les
Port-au-Prince se rendirent maîtres du
blancs
-Bouquets; mais ils
bourg de la Croixdans cette immense régnoient sur un désert. Pour faire revendonné leurs habitations, paroisse les propriétaires qui avoient
onnérent,
Praloto et
par une proclamation
Ereton-li-Vilandry
rg dans le plus court délai, aurhabitans, de se réunir au
dla patrie. Un grand
SOuS peine d'étre réputés traiIx qui se rendirent à la nombre préféra la fuite à l'esclavage.
proclamation, furent obligés dejurer
bre Arrêté du conseil de guerre de l'armée de
1791. Lettre du même aux
l'Ouest, du 9 détois, etc.dudit jour. Lettre
bataillons- de Normandie
.
de Decoigne à Lopinot, du 8 décembre et
Lettre d'Hanus de Jumécourt à
Réponse de Pinchinat, etc,
Pinchinat, du 18 septembre
à la nombre préféra la fuite à l'esclavage.
proclamation, furent obligés dejurer
bre Arrêté du conseil de guerre de l'armée de
1791. Lettre du même aux
l'Ouest, du 9 détois, etc.dudit jour. Lettre
bataillons- de Normandie
.
de Decoigne à Lopinot, du 8 décembre et
Lettre d'Hanus de Jumécourt à
Réponse de Pinchinat, etc,
Pinchinat, du 18 septembre --- Page 520 ---
(512)
d'abandonner la cause des hommes de couleur > et de
combattre même (1).
Le résultat de ces mesures barbares fut tel que les homr
(s. XLVII. sages l'avoient prévu. Le Port - au-Prince avoit fait
Les nègres sortie générale, sous prétexte de maintenir dans le devoir
soulevés ateliers de la plaine, qui presque tous avoient été tranqui
chassent l'arPraloto leur y donna le dangereux exemple d'
mée du Port- jusqu'alors.
au-Prince. troupe d'esclaves armés, qui formoient l'avant - garde
blancs, et qui pillèrent diverses habitations en mettant mé
le feu à quelques-unes (2). Presque tous ces ateliers se s
levèrent quinze jours après la prise de la Creix - des-Bouqu
Leur ipsurrection fut presque aussi générale dans la pla
du Cul-de- Sac qu'elle l'avoit été au mois d'aout précéd
dans celle du Nord. Quelque part que des instigations
crètes pussent y avoir, elle tenoit si fort à la désorganical
générale, qu'on assure que les esclaves marchèrent 7
erdre et sans chef, au nombre de dix à quinze mille. Le
mars ils se jettèrent, avec tous les transports de la rage
le camp que les blancs avoient établi au bourg de la Croix-c
Bouquets; ils s'exposoicnt aux boulets et au plomb sans jam
reculer; ; ils attaquèrent enfin l'ennemi, sans être effrayés
lesrangées des cadavres des leurs qu'il leur fallut traverserp
parvenir jusqu'à lui; ils firent taire le feu de ses canons en
couvrant de leurs corps. Un courage si désespéré devoir
1 Mémoire historique des dernières révolutions de POnest par
conmissaires des citoyens de couleur, p. 109 et 112. Interrogat
d'Etienne Lalibre, du 12 janvier 17)2. Lettre de la municipalité
Port-au-Prince à l'assemblée coloniale, du 29 mars.
2 Compte rendu par Saint-Léger,P. 56.
jusqu'à lui; ils firent taire le feu de ses canons en
couvrant de leurs corps. Un courage si désespéré devoir
1 Mémoire historique des dernières révolutions de POnest par
conmissaires des citoyens de couleur, p. 109 et 112. Interrogat
d'Etienne Lalibre, du 12 janvier 17)2. Lettre de la municipalité
Port-au-Prince à l'assemblée coloniale, du 29 mars.
2 Compte rendu par Saint-Léger,P. 56. --- Page 521 ---
(513) )
par triompher de tous les obstacles. Après
plus d'un millier des leurs
avoir perdu, dit-on,
3 ils assaillirent les
corps; ; ils en tuérent un grand nombre
blancs corps à
surplus à se réfugier dans les
et forcèrent le
murs du
une précipitation qui ressembloit
Port-au-Prince (:) avec
les incendies
à une véritable fuite. Bientôt
commencèrent dans la plaine du
tous les environs du Port-au-Prince
Cul-de-Sac et dans
comme dans le Nord (2).
C'estl'assemblée coloniale elle-même
ces faits, en témoignant les alarmes quiconfirme Presque tous
Port-au-Prince, Dans
les plus vives suri la sûreié du
cette
> de ces forcenés se
circonstance, dit-elle > ( plusieurs
avec une
jetérentsurles canons, > et les embrassoient
rage inouie; plus de
ont
> sur les canons : on
vingt élé tués
de sabre
a
été contraint
àcoup
> d'une nonvelle
par la-s situde, par la crainte
attaque, par défaut de
> d'évacuer le
munitions et de vivres,
poste , après avoir
> avoit trouvés au
encloué les canons qu'on
bourg, et dont on s'étoit servi, fait
sauter
*, Deux Ou trois cents, suivant
quelques seulement, suivant une lettre quelques mémoires ; quarante et
Mangin d'Ouence ; ou même trente à du commandant du Sud,
Passemblée de I'Ouest.
quarante hommes, suivant
1 Lettre de Joseph Boyer, commissaire
blée de POuest à l'assemblée du
des finances de l'assemlassemblée de l'Ouest à l'assemblée Sud, du 6 avril 1792. Lettre de
lettre de la même assemblée à
du Sud, dudit jour. Autre
avril 1792. Mémoire historique des l'assemblée coloniale 9 des 2 et 14
couleur, p.112 et 113. Lettre de commissaires des citoyens de
avril. Mémoire justificatif de la Saint-Léger à ses collègues, du 8
Louis Coupé. Lettre de Mangin conduite qu'a tenue le citoyen
aationale, le Francq, du Savilizye. d'Ouence, au député à PAssemblée
21 Lettres à lassemblée coloniale,
du
> du 2 avril,
Port-an-Prince, 3 et du 14 7 par l'assemblée de par la municipalité
Rapp, de
P'Ouest.
Garran-Couton, Tome II,
Kk
Saint-Léger à ses collègues, du 8
Louis Coupé. Lettre de Mangin conduite qu'a tenue le citoyen
aationale, le Francq, du Savilizye. d'Ouence, au député à PAssemblée
21 Lettres à lassemblée coloniale,
du
> du 2 avril,
Port-an-Prince, 3 et du 14 7 par l'assemblée de par la municipalité
Rapp, de
P'Ouest.
Garran-Couton, Tome II,
Kk --- Page 522 ---
(514)
> le magasin à poutre, et brilé celui des vivres. Le camp de
) la Coupe a été rappelé dans ia vi.le : on se prépare à se dé-
> fendrc, mais la révolte fait des progrés sensibles; l'incendie
> qui n'est encore que partiel, peut devenir genéral. Le Port-
> az- Prince, ouvert de tous côtés, trés-mal peuplé, peur
> enfin succomber; et pour comble de maux, nous ne pouvons venir eficacement à son secours (). >
L'assemblée de l'Ouest témoigne les mêmes alarmes dans
4 XLVIII.
une
Départ de St- de ses lettres. C Cette retraite, 3 peut- être trop précipitéc, ,
Léger pour > dit-elle, a pu faire croire aux brigands qu'ils avoient la posFrance,
> sibilité de vaincre, et a occasionné beaucoup d'abautement
> dans cette ville. .
. . Nous nous croyons à la veille
D d'une attaque ginérale, et nous avons tout à craindre pour
> l'avenir (2). ))
Tel fut le principe de linsurrection des' nègres dans cette
belle plaine da Cul- de -Sac, qui en avoit été préservée jusqu'alors. Des souiévemens semblables s'étoient formés presque
dans le méme temps dans les paroisses de Saint-Marc, de la
Petite-Riviere, des Vérettes ct de T'Arcahaye; et bientôt une
grande partie de l'Ouest fut en proie aux mêmes ravages que
le Nord (3). Ces affreux malheurs y augmentérent les divisions
des hommes libres en les aigrissant : Saint-Léger, après quelques nouveaux efforts pour les réunir, dans un voyage qu'il
fit à Saint-Marc, acquit Ia déplorable conviction de l'inutilité
I Lettre de l'assemblée coloniale à ses commissaires en France, 3
du 11 avril 1792.
2 Lettre de l'assemblée de l'Ouest à l'assemblée coloniale, du 2
avril 1732.
3 Compte reudu par Saint-Léger, p. 60 et 61.
en les aigrissant : Saint-Léger, après quelques nouveaux efforts pour les réunir, dans un voyage qu'il
fit à Saint-Marc, acquit Ia déplorable conviction de l'inutilité
I Lettre de l'assemblée coloniale à ses commissaires en France, 3
du 11 avril 1792.
2 Lettre de l'assemblée de l'Ouest à l'assemblée coloniale, du 2
avril 1732.
3 Compte reudu par Saint-Léger, p. 60 et 61. --- Page 523 ---
de
(515)
tout ce qu'il pourroit faire. Dans
comme ses collègues du Cap, d'autre cetta position, il ne vit,
instruire la France des
Partià prendre que
leur mission.
causes qui
d'aller
Iivembarqua le 8 avril s'opposoient au succès de
après Mirbeck, sans avoir
1792 (), peu de
volution
pu encore connoitre
jours
que l'assemblée coloniale
T'espèce de réépoque, et qui assura quelque
venoit d'éprouver à cette
vernement. Roume, quiavoit prépondérance au parti du gouques-unes des
paru d'abord
en avoit été opérations de son collègue sur désapprouver le
quelplus
rendu Par les autorités de la
compte quilui
grand éloge dans ses derniers
colonie , en fit le
portée de les mieux connoitre
éciits, lorsqu'il eut été
deux furent depuis
en venant sur les lieux (2).
à
blée coloniale,
persécutés par les commissaires
Tous
qui les firent
de l'assemyolutionnaire (3).
emprisonner durant lc régime ré1 Compte rendu par
ses collègues, du 8 avril Saint-Léger, 3 P. 62 et 63. Lettre du
2 Voyez l'état
1792.
même à
marine. Voyez aussi des la pièces lettre envoyées de
par Roume au ministre
mars 1792; celle de Roume
Mirbeck et Roume au
de la
au méme, du
même, du 12
Voyez le chapitre dernier de la
premier mai.
troisième partie.
Kk 2 --- Page 524 ---
(516 )
CHAPITRE VII
De la province du Sud, et du voyage qu'y fit
Blanchelande en 2792.
Dépendance $.I.
Poux bien suivre le cours des événemens de la révolution
du Sud, ct sa dans cette province, il faut se rappeler ce que l'on a dit, au
tendance à commencement de ce rapport, de sa situation relativement aux
fisolement. deux autres. Elle n'est formée que par la bande méridionale de
la presqu'tle qui s'étend au Sud-Ouest de Saint-Domingue ; et
quoique dans la distribution politique 'de la colonie française,
elle formât l'une de ses trois principales divisions , elle avoit
toujours paru trop peu importante par la petitesse de son terrifertilité
les
instisa
toire et moindre
pour y placer
principales
tutions du gouvernement. Tandis que la province de l'Ouest et
celle du Nord en avoient alternativement possédé le siège, et
chacune d'elles avoit eu du moins un conseil supérieur pour
que
du
l'administration de la justice en dernier ressort, la province
Sud avoit seule été privée de ces établissemens : aucune ville
importante par sa population ou par son commerce n'y fixoit les
regards de l'administration 5 il y avoit seulement aux Cayes-du
Fonds
l'on considéroit comme la capitale, 9 un comman
1 que du Sud ; mais cette ville égaloit à peine celles
dant particulier
du secend ordre de la province de TOuest, dont le conseil supérieur avoit toujours eu le Sud dans son ressort, soit lorsque
originairement il avoit été établi à Léogane ou au Petit Goave
soit depuis qu'il étoit fixé au Port-au-Prince ()-
1 Voyez ci-dessus, partie I, chap. I, SVI.
onds
l'on considéroit comme la capitale, 9 un comman
1 que du Sud ; mais cette ville égaloit à peine celles
dant particulier
du secend ordre de la province de TOuest, dont le conseil supérieur avoit toujours eu le Sud dans son ressort, soit lorsque
originairement il avoit été établi à Léogane ou au Petit Goave
soit depuis qu'il étoit fixé au Port-au-Prince ()-
1 Voyez ci-dessus, partie I, chap. I, SVI. --- Page 525 ---
( 517 )
La contiguité de toutes les parties du Sud à la bande
trionale qui étoit comprise dans le
septenavoit
département de
concouru, avec la dépendance
T'Ouest,
parler et la médiocrité de la
politique dont on vient de
jours le sort à celui de
province, 9 à en lier presque toul'Ouest dans les diverses
révolution. Les blancs du Sud étoient
époques de la
tion de Léogane lors de la
entrés dans la confédéraMarc
dissolution de l'assemblée de
: Mauduit avoit ensuite soumis les deux
Sainten même temps; eta après la
provinces presque
de l'assemblée de
catastrophe de ce général, le parti
Saint-Marc avoit
en écrasant celui du
également repris le dessus, >
dans tout le Sud, gouvernement dans la ville des Cayes et
de P'Ouest.
comme au Port au-Prince et dans le
Mais au scin même de l'intimité de
surplus
politiques des deux
ces relations
le Sud
provinces > il étoit facile de
et dans les parties voisines de
remarquer dans
l'isolement
le
l'Ouest une tendance à
> que
dépérissement journalier des forces du
gouvernement et les anciennes liaisons de cette
avec la Jamaique et d'autres colonics
partie de l'ile
Cette tendance
ne favorisèrent que
se montra sur-tout dans les troubles
trop.
nés par l'insurrection des hommes de
occasionse contentèrent
de
couleur. Ceux du Sud ne
pas
suivre l'exemple des confédérés de la
Choir-des-Bouquets, en accédant aux concordats et
de paix : ils eurent encore
aux traités
une grande infuence sur ces
mens par les forces considérables
événedérés, sous les ordres de
qu'ils envoyèrent aux conféRigaud; et néanmoins ils
à
peu près dans le même
fondèrent,
les
temps, 9 un nouveau sitge de
pour
hommes de couleur dans le Sud.
puicsance
Soit que Téloignement des
$. IY,
rendu le séjour de
grands établissemens publics eit Puissance des
cette partie de la colonie moins
hommes de
et moins oppressif
humiliant
pour eux, soit que sa médiocre fertilité, couleur dans
cette provin.
Kk3
cc,
ins ils
à
peu près dans le même
fondèrent,
les
temps, 9 un nouveau sitge de
pour
hommes de couleur dans le Sud.
puicsance
Soit que Téloignement des
$. IY,
rendu le séjour de
grands établissemens publics eit Puissance des
cette partie de la colonie moins
hommes de
et moins oppressif
humiliant
pour eux, soit que sa médiocre fertilité, couleur dans
cette provin.
Kk3
cc, --- Page 526 ---
(518) )
en y aftfrant moins de blancs, eût facilité les entreprises de ces
hommes laborieux; ils s'y étoient mulipliés proportionnellement,
beaucoup plus que dans les autres provinces de Ja colonie ; leur
nombre y égaloit au moins celui des blancs : et comme is y
avoient plus d'aisance et des proprictés plus considérables, plusieurs d'entre eux avoient éié à portée de recevoir ane éducation plus soignée qu'on n'en donnoit à la plupart des créoles 1
sur-tout à ceux de sang mélé. Julien Raimond, en particulier 2
étoit originaire de cette province, ou il entretenoit sa principale correspondance : heureux si ses conseils sages et patriotiques eussent Pu la préserver des maux qui alloient toujours en
croissant dans les deux autres > mais que l'aksence des principales autorités rendit peut-être encore plus cruels dans le Sud!
$. JII.
Dans l'origine de la
et du
Leurs bonnes
révolution,
temps même de l'asdispositions semblée de Saint-Marc, les colons blancs de cette
province 3
dans l'ori- moins corrompus sans doute par l'excès du luxe, et plus
:
dispogine offres sés à la modération par le sentiment de leur
d'un don pafoiblesse, avoient
Sriotique,
paru moins éloignés que ceux des deux autres provinces de
céder aux justes réclamations des hommes de couleur. Ce furent
des députés du Sud qui les défendirent à l'assemblée de SaintMarc, lorsqu'elle ne paroissoit occupée que de les proscrire 9
et que, suivant l'expression de Batiste Suire, l'un de ces députés, on méditoit contre eux une Suint-Barthelemy (x). On
peut juger néanmoins de l'extrême distance qui subsistoit estre
les blancs et eux dans cette province même, par la hauteur
avec laquelle l'assemblée du Sud, malgré la modération qu'elle
mettoit ordinairement dans sa conduite, leur intima les ordrcs
de l'assemblée coloniale sur leur nuliité politique, Ils se sou1 Voyez ci-dessus le chap. I de cette seconde partic ,5 XVIIF,
itoit contre eux une Suint-Barthelemy (x). On
peut juger néanmoins de l'extrême distance qui subsistoit estre
les blancs et eux dans cette province même, par la hauteur
avec laquelle l'assemblée du Sud, malgré la modération qu'elle
mettoit ordinairement dans sa conduite, leur intima les ordrcs
de l'assemblée coloniale sur leur nuliité politique, Ils se sou1 Voyez ci-dessus le chap. I de cette seconde partic ,5 XVIIF, --- Page 527 ---
(519 )
mirent à cet odieux
dissimuler
traitement, dont ils ne pouvoient
l'indignité, La plupart
pas se
la garde nationale
demandoient à êtie admis dans
, en ajoutant à la formule
ment civique, ainsi qu'on
ordinaire du serla
l'exigea, 9 la promesse d'être
colonie, et de ne jamais s'écarter du
fidèles à
ment envers les blancs
respect et du dévoue-
(1). Enfin,
eux eussent
quoique Flusieurs d'entre
envoyé en France une protestation
populaires formés sans leur
contre les corps
encore s'attacher
participation (2), ils ne parurent
qu'à mériter la bienveillance de Ia
par leur obéissance aux autorités
mère-patrie
qu'ils
établies : c'est alors sur-tout
s'occupérent des moyens de lever un don
six millions, que Julien
patriotique de
Raimond, de
uns des principaux colons de
concert avec quelquesà l'Assemblée nationale
couleur, avoit offert en leur nom
établis
dans lc temps oi les
en France faisoient tous leurs
grands planteurs
à la contribation
efforts pour se soustraire
bles
patriotique. Il est trop certain que les troupostérieurs de la colonie ne
partie de cette
permirent la levée d'aucune
coloniale
somme, > quoique les émissaires de
n'aient cessé
l'assemblée
d'imprimer en France
perçue en entier et
qu'elle avoit été
amis des
employée à salarier Brissot ct les
noirs (3).
autres
1 Monvemens de la paroisse du
Petit-Tron,
2 Voyez ci-dessus le
I de
quartier de Nippes.
aussi dans la
chap.
cette seconde pariie, , SXIX.
lettre de Dubreuil correspondance de Foureaux de Julien Raimond , p. 21 et 22, Voyez la
les pièces des
àJ. B. Millet, du 13 mai
pages et 26.
1790, et
31 RaprortsurJalien
aussiydans la correspondance Raimond, par Garran, pages 31 et 32. Voyez
hommes de couleur, les lettres dudit Raimond et de ses frères les
77 mai 1791; et celle dudit
de Labadie et de L. Boisrond, du
Boisrond, du 27 juillet 1700, pages 49,
Kk 4
pièces des
àJ. B. Millet, du 13 mai
pages et 26.
1790, et
31 RaprortsurJalien
aussiydans la correspondance Raimond, par Garran, pages 31 et 32. Voyez
hommes de couleur, les lettres dudit Raimond et de ses frères les
77 mai 1791; et celle dudit
de Labadie et de L. Boisrond, du
Boisrond, du 27 juillet 1700, pages 49,
Kk 4 --- Page 528 ---
( 520 )
s.1V.
Insurrection Ces sentimens de modération , et les dispositions pacifique
ervictoire de qu'ils produisoient, ne s'altérèrent que trop tôt au milieu dei
ceux des
orages
amenèrent la dissolution de l'assemblée de SaintCayes.
qui
Marc et de ceux qui furent la suite de cet événement. Le:
hommes de couleur du Sud et des parties voisines de T'Omest;
exaspérés par les persécutions qu'ils avoient souffertes, furent
sans doute enhardis par les divisions des blancs auxquelles 1a
confédération de 1'Ouest venoit de mettre le comble. On prétend même que Mauduit les excita à s'armer contre les blance
(1), quoique sa conduite postérienre semble indiquer le contraire. Il est du moins certain que, dans quelques-unes der
paroisses qui prirent part à la confédération de l'Ouest, on
exigea des hommes de couleur le renouvellement de leur
serment de respect et de dévouement aux blancs (2). On pourroit soupçonner avec plus de vraisemblance qu'ils s'étoient
concertés secrètement avec Ogé et Chavannes, dont l'insurrection éclata dans le Nord peu de temps après la dissolution de
l'assemblée de Saint-Marc.
Il paroît du moins que, dans ce temps-là même, et quelques
semaines auparavant, des hommes de couleur, du quartier de
Nippes, se refusèrent au serment exigé par les blancs 5 que
les uns furent emprisonnés à cette occasion; que d'autres, qui
étoient fugitifs, > furent déclarés traitres à la patrie par la pa42 et 43. Extrait d'ane adresse à la paroisse de Torbeck, sur le
décret du 15 mai.
1 Mouvemens de la paroisse du Petit-Trou, quartier de Nippes,
présentés à P'assemblée coloniale par Chevalier 1 Maire, etc.
2 Voyez ci-dessus le chap.I de cette seconde partie 7 etle chap. III
de la première.
d'autres, qui
étoient fugitifs, > furent déclarés traitres à la patrie par la pa42 et 43. Extrait d'ane adresse à la paroisse de Torbeck, sur le
décret du 15 mai.
1 Mouvemens de la paroisse du Petit-Trou, quartier de Nippes,
présentés à P'assemblée coloniale par Chevalier 1 Maire, etc.
2 Voyez ci-dessus le chap.I de cette seconde partie 7 etle chap. III
de la première. --- Page 529 ---
(521 )
roisse du Petit-Trou, et
même
poursuivis comme tels; qu'enfin, à la
époque, plusieurs de ceux de la ville des
réunirent dans la plaine voisine, à la Ravine-Sèche Cayes se
mander l'égalité des droits
, pour deaux termes du_décret du 28 mars
1790, et que leur nombre s'accrut successivement
5o0 hommes en état de
jasqu'a4 ou
porter les armes (1),
ceux de la
par l'arrivée de
campagne et de plusieurs autres
rassemblement
paroisses leur
inspira une telle confiance aux hommes de
leur des deux autres provinces,
cousa lettre au commandant
qu'Ogé parut annoncer dans
réunir
du Nord, > Vincent, le projet d'aller se
à eux à Léogane pour y former des assemblées
et repousser la force par la
politiques,
force,si On les inquiétoit (2).
Les blancs du Sud
lèvement
entreprirent vainement d'appaiser ce soupar leurs propres forces. L'assemblée de l'Ouest et la
municipalité des Cayes réunies déployèrent le
sans avoirtenté aucune voie de conciliation
drapeau rouge 2
tous les
: elles firent marcher
blancs; mais lindiscipline et la désunion amenèrent
le désordre dans leur armée. Ces hommes,
fatigues de la
, Peu accoutumés aux
guerre et aux privations, se
leur
plaignirent que tout
manquoit; 5 ils demandèrent, après quelques jours de campement, s qu'on les menât au
combat, 2 sans attendre les mesures
queleur commandant Lefebvre Duplessis jugeoit nécessaires
s'assurer une position avantageuse. C'étoit
pour
un ançien militaire
I Mémoire détaillé sans
signature 2 trouvé dans les
Massiac, et qui paroit adressé à Barnave
papiers du club
Exposition que font MM. les commissaires sous ce titre: d vous seul.
l'assemblée du Sud, 2 auprès de MM. les
.
envoyés par
*
commissaires civils.
Particulièrement cenx du quartier de
paroisses de Torbeck, les Coteaux,
Marche-à-Terre et des
Tiburon, etc.
2 Voyez ci-dessus le chap. H, $ XXVI.
signature 2 trouvé dans les
Massiac, et qui paroit adressé à Barnave
papiers du club
Exposition que font MM. les commissaires sous ce titre: d vous seul.
l'assemblée du Sud, 2 auprès de MM. les
.
envoyés par
*
commissaires civils.
Particulièrement cenx du quartier de
paroisses de Torbeck, les Coteaux,
Marche-à-Terre et des
Tiburon, etc.
2 Voyez ci-dessus le chap. H, $ XXVI. --- Page 530 ---
(522)
qu'ils avoient mis à leur tête par acclamation. Ses représentations ne furent point écoutées ; des téméraires ou des désorganisateurs l'accusèrent de lâcheté. Il marcha alors à l'ennemi:
dès la première décharge des hommes de couleur il reçut une
balle quile mit hors de combat; dix à douze blancs furent tués
de la même décharge 5 l'efiroi devint général parmi tous les
autres : leur fuite fut si précipitée qu'ils abandonnèrent leurs
canons à quatre hommes de couleur, qui firent queclques prisonniers (1).
$. V.
Le découragement produit par cette défaite augmenta la
Les blancs
diviinvoquent sion des espritr. Les désorganisateurs qui n'avoient pas su se
Mauduit qui battre, vouloient qu'on demandât des secours aux confédérés
soumet les de POuest, qui s'étoient armés peu de temps auparavant
hommes
pour
de la défense de l'assemblée de Saint-Marc. D'autres
eouleur,
demandèrent
qu'on recourdt au gouvernement. Ce dernier parti prévalut dans
l'assemblée du Sud. Blanchelande accorda les secours demandés, et le 28 novembre 1790 Mauduit débarqua, par son ordre,
au Port-Salut, avec quatre cents hommes du régiment du Portau-Prince : il marcha de là à la ville des Cayes, oi il se concerta avec l'assemblée provinciale. On lui donna à peu près
carte blanche sur les conditions qu'il imposeroit aux hommes
de couleur; on demanda seulement qu'il obtint la relaxation des
blancs qui avoient été faits prisonniers.
La situation politique des hommes de couleur du Sud étoit
bien changée depuis leur victoire ; ils avoient appris la réunion
de tous les partis, qui s'opéra momentanément parmi les blancs
1. Momoire détaillé sans titre ni signature, parmi les pièces du
club Massiac, qui paroit adressé a Barnave, et en marge duquet
éloit écrit: dvour seul.
; on demanda seulement qu'il obtint la relaxation des
blancs qui avoient été faits prisonniers.
La situation politique des hommes de couleur du Sud étoit
bien changée depuis leur victoire ; ils avoient appris la réunion
de tous les partis, qui s'opéra momentanément parmi les blancs
1. Momoire détaillé sans titre ni signature, parmi les pièces du
club Massiac, qui paroit adressé a Barnave, et en marge duquet
éloit écrit: dvour seul. --- Page 531 ---
( 5 523 )
Nord et de l'Ouest, peur marcher contre
:ce dernier. Il est à croire même
Ogé, et la défaite
neste du 12 octobre
qu'ils connoisseient le décret
1790, , qui, en opposition à ceux du mois
-marsprécédens, annonçoit que la métropole entendoit
Amercideamenbtéen coloniales le sort
mettre
couleur : ils voyoient marcher
politique des hommes
tenu les remerciemens
contr'eux le général qui avoit
de l'assemblée
rant la dissolution de l'assemblée
constituante, en préeut Pas même besoin de faire
de Saint - Marc. Mauduit
ur dissiper celle des hommes sortir son armée des Cayes, 3
ir camp avec quelques
de couleur 3 il se présenta à
pulaires. Des
officiers et des commissaires des
ssemblée
mémoirés dressés par des blancs, du corps
de
parti de
scendance Saint-Marc, se plaignent beaucoup de sa conpour les hommes de
et
ut qu'il se
couleur, P'on y voit pourcomporta avec la plus grande hauteur.
ns aucun pourparler avec eux, il leur
Sans entrer
ux blancs, qu'ils retenoient à la barre ordonna de relâcher
té sur-le-champ. Mauduit
Cet ordre fut exéutrage qui leur avoit été engagea ensuite ces blancsà oublier
uyé quelque
fait, en leur promettant, s'ils avoient
dommage, de le faire
: insurgés, il leur
réparer; Puis s'adressant
dit: ( Gens de couleury
parle au nom de la nation 2 de la loi
libres, je vous
eté égarés par de folles
et du roi 5 vous avez
espérer de franchir la prétentions; vous ne devez jamais
des
ligne de démarcation qui vous
blancs, Vos pères et vos bienfaiteurs;
sépare
devoir je vous porie d'une
3 rentrez dans le
la guerre. > Il leur fit ensuite main la paix, et de l'autre
une entière soumission
mettre bas les armes, et Frometa leurs municipalités
respectives. II
Sorte d'entraves en usage à
Saint-Domingue contre les nègres.
5 vous avez
espérer de franchir la prétentions; vous ne devez jamais
des
ligne de démarcation qui vous
blancs, Vos pères et vos bienfaiteurs;
sépare
devoir je vous porie d'une
3 rentrez dans le
la guerre. > Il leur fit ensuite main la paix, et de l'autre
une entière soumission
mettre bas les armes, et Frometa leurs municipalités
respectives. II
Sorte d'entraves en usage à
Saint-Domingue contre les nègres. --- Page 532 ---
(524)
tellement sur leur obéissance, qu'il alla immédiat
comptoit
s'étoient confédérés €
ment après réduire les agitateurs qui
l'assemblée de Saint-Marc, dans le Sud et dans 1
faveur de
telles
Léogane ct le pet
parties voisines de T'Ouest,
que
Goave il les désarma également, et envoya les plus turbuler
du Port-au-Prince (t).
au conseil supérieur
événemens laissèrent, aux hommes de couleur C
Tous ces
ressentimens contre tous les blancs : on vo
Sud,de profonds
des lettres (
dans la correspondance de Julien Raymond (2),
qu'ils ne haissoient guè
plusieurs d'entr'eux, qui prouvent
le
de l'asser
moins le gouvernement et ses agens, que parti devoie
blée de Saint - Marc et les agitateurs auxquels ils
Malheureusement les exemples
leurs premières persécutions.
soit contr'eux dans ta
férocité auxquels ceux-ci s'étoient livrés,
l'assassinat de Ferrand de Baudières, sc
d'occasions, depuis
de
dissentions lors des querelles l'assemble
dans leurs propres
de Léogane et des rév
de Saint-Marc, de la confédération
n'étoient pas propres à leur inspir
lutions du Port-au-Prince,
dai
des sentimens d'humanité : les deux castes ne fomentèrent
ceux de la haine et de la vengeance 3 €
leur coeur que
attendant un moment propre à les faire éclater.
La nouvelle du décret du 15 mai 1791 leur en fournit biento
$. VI.
fut
par les blancs du Sud, avec
Emporte- un prétexte : il
repoussé
de
des même indignation que par ceux des autres provinces
ment
de la sénéchaussée de Torbeck, tro
blancs contre colonie. Un procureur
les dive
eux apres le célébre dans les troubles de Saint-Domingue 2 par
décret du 15
mai.
Lettre, de Berlus dans le Moniteur d
1 Mémoire détaillé susd.
Saint-Domingue, du 4 séptembre 1792.
eti
à ia
43 la lettre de Boisrond, du 17 mai 1791 2
2 Voyez
page
autres provinces
ment
de la sénéchaussée de Torbeck, tro
blancs contre colonie. Un procureur
les dive
eux apres le célébre dans les troubles de Saint-Domingue 2 par
décret du 15
mai.
Lettre, de Berlus dans le Moniteur d
1 Mémoire détaillé susd.
Saint-Domingue, du 4 séptembre 1792.
eti
à ia
43 la lettre de Boisrond, du 17 mai 1791 2
2 Voyez
page --- Page 533 ---
(525 )
Bles qu'il y ajoués (4), Tangay-Laboisière
bulever les esprits contre ce décret,
chercha sur-fout à
édia à l'assemblée du Sud, et
fut par une adresse qu'il
lus grande profusion.
qui
répàndue par elle avec la
Profondément versé dans l'art de couvrir les maximes
ajustes des couleurs même de la
les plus
dieux
morale, il sut se prévaloir des
préjugés qui rejetoient sur les bâtards les fautes de
ateurs, pour représenter les hommes de
leurs
brigands, fruits de l'incontinence
couleur G comme des
des blancs et du
libertinage, en qui la nature elle-même
hazard du
le signe visible de cette
a écrit sur leur front
démarcation, et
reux de tenir des blancs
qui sont trop heula
I assure, de la manière la l'existence, liberté et les biens. >
eur offre d'un don
plus positive, en faisant allusion à
a décret du 15 mai, patriotique dont
3 qu'ils ont payé sioo millions
evenir
il prédit qu'ils ne tarderont
eux-mêmes les victimes,
pas à
uccès de leurs réclamations
par l'encouragement que le
egres, On
ne manquera pas de donner aux
peut juger de l'emportement de son écrit
onclusion, dont le refus des colons blancs, de
par- l2
ette loi, n'a que trop réalisé les terribles
se soumettre à
livre de nos effroyables destinées est
prédictions. ( Le
ouvert devant
sont gravées sur l'infexible airain en
nous; elles
caractères de
n'exagère rien $ nous marchons sur le
sang. Je
le salpêtre : un abîme incommensurable bitume, le soufre et
pieds 5 la foudre destructive
est creusé sous nos
les
gronde et roule sur nos
tumultes, les révoltes, les
tétes;
- les féaux inévitables lanicés incendies, les massacres sont
au milieu de nous par un Parti
1 Voyez ci- dessous le S XXVI, et les
roisième partie.
chapitres V et IX de la
sang. Je
le salpêtre : un abîme incommensurable bitume, le soufre et
pieds 5 la foudre destructive
est creusé sous nos
les
gronde et roule sur nos
tumultes, les révoltes, les
tétes;
- les féaux inévitables lanicés incendies, les massacres sont
au milieu de nous par un Parti
1 Voyez ci- dessous le S XXVI, et les
roisième partie.
chapitres V et IX de la --- Page 534 ---
526 )
> frénétique, qui bràle de renouveller ici les soènes horribl
D d'une nouvelle Saint-Bartheleny. Mon ceil se remplit
> larmes ! mon coeur saigne > et tout mon corps frissonne d
> maux que je prévois ! maux inévitables", maux sans remèdi
> soit que len laisse subsister, soit que l'on retire le décret (
> 15 mai. Ie coup fital est porté! il n'est même plus
> pouvoir de la toute-puissante Assemblée nationale d'éteind
> lesgorches incendiaires, d'émousser les poignards assassin.
> rien ne peut y soustraire, et la seule faculté qui nous res
> est de donner ou de recevoir la mort, qu'on a l'indignité
> rois envoyer. des lieux mêmes d'ou nous devions attèndre
> proiection et bonheur, des licux mêmes ou depuis un sièc
> et demi nous avons répandu et l'abondance et la vie (1). D
Il est certain que les hommes de couieur du Sud, instruits C
l'opposition formée par les blancs à l'exécution du décret du 1
mai, ,s'armérent alors de nouveau 3 qu'ils envoyèrent des forces
des députés à la confédération dela Croixder-Bouquets, quipar
d'abord les contenir par les principes de sagesse et de modéra
tion, qui furent la première base de sa conduite. L'assemble
du Sud a depuis reconnu que leurs réclamations furent d'abor
modérées ; mais elles éloient, dit-elle, inconciliables avec le
maximes qui avoient précédemment régi la colonie. Le refu
même d'y acquiescer augmenta les prétentions des hommes d
couleur; et c'est alors sans doute
a
qu'on doit leur appliquer C
1. Extrait d'une adresse à la paroisse de Torbeck, sur le décret di
15 mai, assemblée du 24 juillet 1791. Voyez aussi la note jointe
la lettre de Pinchinat aux hommes de conleur, du . : , dans Pédition
de Philadelphie et la lettre de Mangin d'Ouence au député à PAs
semblée nationale, le Francq, du 15 avril 1792.
d
couleur; et c'est alors sans doute
a
qu'on doit leur appliquer C
1. Extrait d'une adresse à la paroisse de Torbeck, sur le décret di
15 mai, assemblée du 24 juillet 1791. Voyez aussi la note jointe
la lettre de Pinchinat aux hommes de conleur, du . : , dans Pédition
de Philadelphie et la lettre de Mangin d'Ouence au député à PAs
semblée nationale, le Francq, du 15 avril 1792. --- Page 535 ---
( 527 -
)
que dit, dans une de ses
lettres, 3 le commandant de
vince, que ceur du Sud vouloient tous
la Prolégalité des droits, que le déçret du joair inlintinctament de
qu'aux hommes de
15 mai ne reconnoissoit
couleur, nés de père er
qu'il en soit, l'attitude
mére libros. Quoi
Croix-des-B Bouquets,
imposante de la conf.dération de la
devenue plus redou:able
qu'inspiroit le soulèvement des
par la terreur
es blancs de
esclaves dans le Nord,
Presque toutes les paroisses du
força
ux concordats fairs par le Port-au-Prince
Sad à acquiescer
couleur ().
avec les hommes de
In'y eut donc pas proprement alors
ntre les deux races d'hommes
d'hostilités, dans leSud,
atastrophe du Port-au- Prince libres de la province; mais la S. VIL:
lans l'Oucst. Les hommes y appel: la guerre civile comme Fureur des
de coàleur
u dans le même
prétendent qu'ily avoit hommcs de
rire dans la
temps une conjuration forine éc
cou.eu: après
ville des Cayes. Telle
pour les pros- l'incendie du
e l'un des deux frères
paroit avoir été F'opinion Port - auontre les
Rigaud, qui contractèrent
Prince,
blancs, une haine dont ils n' ont cessé
dès-lors,
rop de preuves. Voici ce
depuis de donner
hilitaires
qu'Augustin, moins doué
que son frère André, mais bien
de talens
ux hommes de couleur des
plus furieux, écrivoit
événement du Port-au Cayes, à la Première nouvelle de
Prince. ( La paroisse
d'accepter le traité de Paix: mais il
d'Aquin vient
avec des hommes aussi
n'y a aucune streté
certé aux
pervers. Le coup est strement
Cayes, et par - tout. Prenezcongarde à vous 5 quittez
1 Exposition que font les commissaires
ad, aux commissaires civils. Procès nommés par l'assemblée du
araiton, du 10 octobre 1791.
- verbal de la commune de
puté à PAssembléc
Lettre de Mangin
nationale, le Francq, du 15 avril d'Ouence, au
1792.
aucune streté
certé aux
pervers. Le coup est strement
Cayes, et par - tout. Prenezcongarde à vous 5 quittez
1 Exposition que font les commissaires
ad, aux commissaires civils. Procès nommés par l'assemblée du
araiton, du 10 octobre 1791.
- verbal de la commune de
puté à PAssembléc
Lettre de Mangin
nationale, le Francq, du 15 avril d'Ouence, au
1792. --- Page 536 ---
528)
> la ville 5 campez-vous aux moindres mouvemens : Tuet
il n'y a
de salut pour vous. Il ne
> saccager, brilex ;
plus
> faut pas que nos ennemis profitent de leur perfidie ; poin
les instructions (
attendoit de I
> d'arangemens qu'après
qu'on
Je vole à la vengeance. Si ma destinatior
> Croix-des- Bouquets ).
> n'est point de mourir dans cette expédition, je reviendra
>> aussitôt vous joindre. Campez - vous 2 et nous vaincrom
veulent
notre
et le réduir
> les brigands qui
égorger
parti,
>> à l'esclavage. Vengeance ! Vengeance Ije vous embrasse tous
92 mon dernier mot estide me venger de ces barbares (1).
Plusieurs des hommes de couleur,et l'auteur de cette lettre e
étoient
si démoralisés
en termine 1
particulier ,
déja
qu'il
post-scriptum par ces mots assurément bien étranges, au milie
de ces sanglans préparatifs. < Volez au secours de vos frère
Pive la' liberté! vive Pégalité ! vive P'amour! >
> égorgés.
Quelque opinion que l'on se forme sur la conjuration imputé
aux blancs des Cayes par les hommes de couleur 5 l'assem
blée du Sud et la municipalité de cette ville conviennent qu
le jour même de la catastrophe du Port - au Prince, il y et
effectivement aux Cayes une rixe entre des hommes de couleu
ct des blancs, qui détermina les premiers à quitter la ville
quoiqu'elles eussent, disent- elles, témoigné ieur impartialité
en faisant mettre egalement en prison un blanc et un mu
1 Lettre du nommé A. Rigaud, du * novembre 1791 1 dar
Fextrait imprimé des minutes déposées aux archives de l'assemblé
provinciale 9 à la suite de la lettre de Bourry à Jacques d'Asque
Voyez aussi la citation d'une lettre semblable dans l'adresse de l'a
semblée du Sud à l'Assemblée nationale, du 23 février 1792, et
lettre de Mangin d'Ouence à l'assemblée du Sud, du 19 mars.
kitr
du nommé A. Rigaud, du * novembre 1791 1 dar
Fextrait imprimé des minutes déposées aux archives de l'assemblé
provinciale 9 à la suite de la lettre de Bourry à Jacques d'Asque
Voyez aussi la citation d'une lettre semblable dans l'adresse de l'a
semblée du Sud à l'Assemblée nationale, du 23 février 1792, et
lettre de Mangin d'Ouence à l'assemblée du Sud, du 19 mars.
kitr --- Page 537 ---
(529 )
Litre, Leshommes de couleur s'enfuirent
Boisrond, la même oii ils s'étoient
la nuit sur Phabitation
Lc Jendemain un corps de deux réunis l'année d'auparavant.
alla à dix licues de là
cent cinguante d'entre eux
s'emparer de la
Louis, et du fort Saint-Eloi,
petite ville de Saintcôte. Ils firent prisonniers qui domine la ville et toute la
quis'y trouvoient,
une garnison de quarante marins
e: dsarmérent
s'emparèrent de tousles
tous les blancs (1). Leur
magasins de l'état,
sant que le 25 décembre
parti y devint si puisannoncèrent à l'assemblée 1791, les habians de Saint-Louis
aux commissaires
coloniale qu'ils enyoyoient des
les
civils s Pour obtenir Za
députés
corps populaires 3 et le maintien des dissolution de tous
Zice (2). On voit que les
bureaux de podu Sud suivoient
hommes de couleur de l
des
3 comme ceux de
province
chefs de la conféiération de
l'Ouest, les directions
sous prétexte de défendre les la Creie-det-Banqucts, qui,
tendoient effectivement
droits des hommes de
à rétablirl'ancien
couleur,
ticn de tous lcs
régime par la destruc"
mingue (3).
établissemens de la révolution à Saint-Dos
I Exposition desdits commissaires de
de la municipalité des Cayes à T'assemblée l'assemblée du Sud. Lettre
rembre 1791. Lettre de l'assemblée de P'Ouest coloniale 2 du 26 110hile, dudit jour. Lettre de la municipalitéfde à T'assemblée colooloniale,du 14 décembre. Extrait d'une lettre Cavaillon à l'assemblée
l'assemblée du Sud, du 19 mars
de Mangin d'Ouence
2 Lette de la commune de
1792.
5 décembre 1791. Adresse de Saint-Lonis l'assemblée à l'assemblée coloniale, du
oniale, du 2 férrier 1792.
du Sud à Tassembléeco3 Réflexions seconilaires de T.
le son adresse à la commune de Tangry-Tabeiwitre) à la suite
Torbeck. Lettre de l'assemblés
Rap, de Garran-Coulon, Tome II,
L1
du 19 mars
de Mangin d'Ouence
2 Lette de la commune de
1792.
5 décembre 1791. Adresse de Saint-Lonis l'assemblée à l'assemblée coloniale, du
oniale, du 2 férrier 1792.
du Sud à Tassembléeco3 Réflexions seconilaires de T.
le son adresse à la commune de Tangry-Tabeiwitre) à la suite
Torbeck. Lettre de l'assemblés
Rap, de Garran-Coulon, Tome II,
L1 --- Page 538 ---
(530 )
f 1X
du Sud accédèrent de nou
Bientot plusieurs autres paroisses
Nouveaux
des hommes de couleur. Le surlendemain
traités arra- veau aux propositions
de Cavaillon leur
la municipalité
chés aux de leur entrée à Saint-Louis
Les hommes de
blancs, qui
des commissaires pour traiter avec cux.
ac veulent envoya
la cassation de la municipalité et la formation
paslestenir, couleur exigérent
se bornèrent à accepter
d'un bureau de police. Les commissaires
de la
le traité de paix fait dans T'Ouest avec la confédération
conformément aux lois. Les communes
Croiz-des-Bouqsets,
du Petit-Goave,
de Saint - Michel - du - Fonds - des-Nègres, T'Ouest, firent
Tiburon, ainsi que plusieurs de celles de
Aquin,
semblables, dont ils demandèrent la
des conventions à peu près
civils. Telleavoit
ratification à Blanchelande et aux commissaires
des hommes de couleur, OH la crainte des troubles
été l'influence
et dans celles des
pouvoient exciter dans ces paroisses
qu'ils
n'avoient
Côteaux, des Cayes-de-Jacmel, et de Baynet, qu'elles ville des
à l'assemblée coloniale La
pas envoyé. de députés
se
en
elle-même (les Cayes-du - Fonds ), qui
voyoit
Cayes
en France, du 26 février 1792. Voyez
coloniale à ses commissaires de l'arrêté du 29 décembre 1791 > pa
aussi le déreloppement
l'assemblée coloniale.
Exposition
de Saint-Domingue 9 du 10 décembre 1791.
1 Moniteur
de T'assemblée du Sud. Letire de Mlangin
susdite des commissaires
du 15 décembre 1791. Proces-verbal
d'Ouence à Vassemblée coloniale,
Lettre de la municipalité
de la commune de Cavaillon, 9 du 10 octobre.
décembre. Lettre de
dudit Cavaillon à P'assemblée coloniale, du 14 coloniale, du 5 févrien
Tassemblée du Sud, ou rapport à l'assemblée
du 20 décembre
Extrait des registres de la paroisse d'Aquin
1792. Lettre des commissaires de ladite paroisse aux coumissaires
1791.
Extrait des registres de Tassemblée colocivils, du 12 janvier 1792.
à Blanchelande,
niale, du 18 janvier. Lettre des planteurs d'Aquin
du 24 novembre 1791.
ée coloniale, du 14 coloniale, du 5 févrien
Tassemblée du Sud, ou rapport à l'assemblée
du 20 décembre
Extrait des registres de la paroisse d'Aquin
1792. Lettre des commissaires de ladite paroisse aux coumissaires
1791.
Extrait des registres de Tassemblée colocivils, du 12 janvier 1792.
à Blanchelande,
niale, du 18 janvier. Lettre des planteurs d'Aquin
du 24 novembre 1791. --- Page 539 ---
(531)
quelque sorte bloquée par ies honimes de
réduite à traiter avec cur, Ele
couleur, fut aussi
camp qu'ils avoient dens h
antoriga la conservation du
fournir des provisions de
pleie > et Mibiigen mene a y
semblée
guerre et de boucheci), Enin
provinciale du Sad, en
l'asprovince, les principes d'igalité admis wdopiznt 2 pour toule la
traités de paix de la province de
par les concordats et les
du Sud à l'assemblée
l'Ouest, ordonna aux
coloniale de
députéa
cetie assemblés qu'elle cesseroit s'en retirer $ et déclara à
en cas de
tonte correspondance avec elle
non-acceptation de ces bases
s'adressa en même
coastitutionnelles, Elle
d'eux la ratification temps aux commissaires civils pour
de ces mesures (2).
obtenie
Ces traités avoient été arrachés
gu'en les signant les blancs
par la force, et tout
La
ne comptcient pas les indique
municipalité de Cavaillon écrivit à
exécuter.
que ses commissaires
l'assemblée coleniale
pour avoir la
n'avoient accepté le traité de paix s
tranquilliné, et
que
semblée du Sud fait le même conformément aux lois. L'Astne lettre à l'assemblée coloniale aveu, à plusieurs reprises 2 dans
pas plus sincèrement
(3). La ville des Cayes n'étoit
réconciliée avecles
peut enjuger Par une lettre
hommes de couleur. On
que le commnandant du Sud,
1 Exposition que font les
2 Lettre de
commissaires de Passemblée du Sul, etc.
décembre
T'assemblée du Sud à lassemblée
1791. Voyez aussi
coloniale, da 26
une autre lettre de l'assemmblée l'extrait de diverses pièces
semblée coloniale, du 15
du Sud ( alors
a dang
inars 1792.
renouvelée), l'as31 Lettre sud.de la manicipalitéde
Lettre de l'assemblée du Sud à Cavaillon, du 14 décembre 1791,
1792.
P'assemblée coloniale, du 15 mais
Lla
assemblée du Sud à lassemblée
1791. Voyez aussi
coloniale, da 26
une autre lettre de l'assemmblée l'extrait de diverses pièces
semblée coloniale, du 15
du Sud ( alors
a dang
inars 1792.
renouvelée), l'as31 Lettre sud.de la manicipalitéde
Lettre de l'assemblée du Sud à Cavaillon, du 14 décembre 1791,
1792.
P'assemblée coloniale, du 15 mais
Lla --- Page 540 ---
532) )
Mangin d'Ouence, écrivoit à Blanchelande pour lui témoigner
ses perplexités sur le traité fit avec la ville des Cayes. ( Si
> je le reconnois, disoit-il, j'enfreins la loi, parce que la comdroit
y mune des Cayes, considérée isolément, n'a pas le
de
> déroger aux lois constitutiomnnelles de l'état. D'un autre côté,
A mon refus peut porter les hommes de couleur aux plus cruel-
> les extrémités; la torche brûle dans leurs mains... Je crois
> qu'il seroit bien à desirer pour cette province, livrée à ses
> propres moyens de défense, que MM. les tommissaires garP'arrivée des
actuelle-
> dassent le silence jusqui'd
troupes;
>> lement nous sommes assurés que les gens de couleur, qui ne
>> veulent reconnoitre ni les commissaires venus de France 3
) ni P'Assemblée nationale, ni celle coloniale existante, se
> porteront aux dernières extrémités, s'ils entrevoicnt que leurs
> traités ne soient pas respectés (1). >
Il n'est pas inutile d'observer que ce commandant, , quifat
depuis dénoncé par les autorités constituées de la province 3
étoit alors parfaitement d'accord avec elies; c'étoient même elles
qui T'avoient promu à ce grade, contre toutes les règles, ct
elles venoient d'écrire en sa faveur à l'assemblée coloniale et
a Elanchelande, pour les prier de ratifier leur nomination (2).
Les troubles qui ne cessoient d'agiter les parolsses voisines
5. X.
de T'Quest, ne fournirent que trop de prétextes pour rompre
Cruaurés une paix si mal assurée. On peut induire de quelquesaveux
des hommes
dc couleur.
1 Lettrede Mangin d'Ouence à Blanchelande, du 26 novembre 1791e
Autredumem au même 2 du 15 dé € mbre.
2 Lettre de Blanchelanle à P'àssemblée coloniale, du .
avril
2792. Adresse de l'assemblée du Sud à Passemblee coloniale; du 18
décembre 1791.
trop de prétextes pour rompre
Cruaurés une paix si mal assurée. On peut induire de quelquesaveux
des hommes
dc couleur.
1 Lettrede Mangin d'Ouence à Blanchelande, du 26 novembre 1791e
Autredumem au même 2 du 15 dé € mbre.
2 Lettre de Blanchelanle à P'àssemblée coloniale, du .
avril
2792. Adresse de l'assemblée du Sud à Passemblee coloniale; du 18
décembre 1791. --- Page 541 ---
(533 )
dcs blancs
cur-mâmes, que les hommes de
pas les agresseurs; mais tous les
couleur ne furent
sous les yeux attestent
mémoires que nous avons
qu'ils se livrèrent à des
Perfidies.qui font frémir (). Ces mémoires
cruautés et des
faits Par des blancs, et l'on sait
à la vérité ont été
et dénature lout au milieu des combien la passion exagère
nant à ceite considération
troubles civils : mais en donteroit encore
la plus grande étendue, il ne resque trop de sujet pour faire les
terribles aux hommes de couleur;
reproches les plus
sont a'aillenrs tellement
plusieurs récits des blancs
si
circonstanciés, appuyés sur des
aathentiques, qu'on ne
pièces
fond du moins n'cn
peut pas se refuser à croire
le
soit vrai. Si ces atrocités
que
conformes à ce que l'on a dit des
paroissent peu
commencement de cet
hommes de couleur au
exeples des
ouvrage, on doit songer que les funestes
brigands du
voient été
Port-au-Prince et du Trou-Coffi n'aque trop propres à les
ment de la vengeance,
démoraliser; enfia l'emportequi produit des crimes si
bles, et qui ne connoit
épouvantachi le premier
presque plus de bornes lorsqu'il a franpas, est un sentiment si
à tant d'autres affections du
malheursusement lié
toujours chez les hommes cacur humain, que c'est
les plus près de la nature presque
avec le plus de violence, comme
qu'il règne
bre des peuples dans leurs
T'histoire du plus grand nomfiit foi.
différens états de civilisation, en
1 Lettre de Passemblée du Sud à
février 1792. Exposition que font les l'assembiée coloniale, des 5 et T
semblée du Sad, ctc. 1 auprès des commissaires envoyés par l'asMangin d'Onence,au député, le
commissaires civils, Lettre de
15 avril 1792. Muavemens de la Franci, à l'Assemblée nationale, 9 du
Ninpes, présentés alassemblée paroisse du Perit-Trou 3 quartier de
Robert Coels.
coloniale 7 par Cheralier, Maire, et
L13
ée coloniale, des 5 et T
semblée du Sad, ctc. 1 auprès des commissaires envoyés par l'asMangin d'Onence,au député, le
commissaires civils, Lettre de
15 avril 1792. Muavemens de la Franci, à l'Assemblée nationale, 9 du
Ninpes, présentés alassemblée paroisse du Perit-Trou 3 quartier de
Robert Coels.
coloniale 7 par Cheralier, Maire, et
L13 --- Page 542 ---
( 534) )
Indépendamment de plusieurs blancs qui furent, dit-on, fusillés à Aquia et à Saint-Louis, en vertu d'une sorte de jugement militaire, pour des conspirations réslles ou prétendues 3
une multitude d'autres 2 qui étoient restés paisibles sur leurs
habitations, y furent assarsinés de la manière la plas horrible.
On cite parmi eux une fille sepiuagénaire, nommée Barbier;
un vieillard sourd et aveugle, nommé la Pivardière; un charpentier retenu dans son lit, oil il étoit couvert de vésicatoires;
plesieurséconomes des habitations (4). Onajoute, elc'est dejà un
supplice dele répéter, que les scélérats qui commettoicnt tous
ces crim:s coupèrent la chair palpitante de Caumot, procurear
de l'habitation de la Grande-Crète, prirent d'horribles mesures
pour la conserver sans corruption, ct qu'en véritables cannibales, ils burent de con sang méie dans du tafia L'assem1 Procès-verbaux de I'sssemblée coloniale, du 19 novembre ai
soir, etc,
* On a dit encore dans les débats que P'enfant de la dame Séjourné
fut tiré vivant de son sein, et donné aux pourceaux ; qu'avant de
massacrer Picot et sa femme, leurs visages furent converts des
entrailles de leurs deux autres enfans. Mais ces denx faits ne se
trouvent point dans l'exposition présentée aux cominissaires civils
par les coinmisstires de l'assemblée du Sud, , quoiqu'on les fasse
remonterà une époque bien antérieure, et que ce récit contienne tous
les autres faits qu'on vient d'indiquer. On parleseulement du second,
comine d'un bruit vague dans lalettre de Passemblée du Sad, Après
y avoir présenté les faits précédens 2 on y dit: ( Cc sont les sculs
a qui sont encore parvenis à notre connoissance. Une foule de blancs
e ontdisparu 2 dans les premiers jours de Pirruption des assassins.
a On ignore oi ils sont et le scrt qu'ils ont éprouvé. D'autres ran'ont être
3 massés dans les chemins sont tellement mutilés qu'ils
pu
22 reconnus. C: axcarairque les eniane de monsieur et madame Picot,
avoir présenté les faits précédens 2 on y dit: ( Cc sont les sculs
a qui sont encore parvenis à notre connoissance. Une foule de blancs
e ontdisparu 2 dans les premiers jours de Pirruption des assassins.
a On ignore oi ils sont et le scrt qu'ils ont éprouvé. D'autres ran'ont être
3 massés dans les chemins sont tellement mutilés qu'ils
pu
22 reconnus. C: axcarairque les eniane de monsieur et madame Picot, --- Page 543 ---
535 }
blée du Sud et la municipalité des Cayes,
aflicux détails aux commissaires
qui adressent ces
justifiés
civils, assurent qu'ils sont tous
par des procès - verbaux et les déclarations des infortunés échappés à la proscription. D'autres
que lcs hommes de couleur chassoient
mémoires attestent
les blancs dans
et les mornes avec des chiens, et
les bois
déclaré ( qu'il n'étoit
qu'Augustin Rigaud avoit
plus temps de fcindre, ni de
> qu'il falloit nécessairement
composer,
qu'une des deux
> à l'autre. ) Ils
classes fit place
ajoutent > et les faits postérieurs ne confirment que trop cette indication, ( que la coalition des hommes de couleur ne projetoit
moins
13 de toute la partie du Sud,
pas
que de s'emparer
5 leur
pour y concentrer tous ceux de
caste, et abandonnant celies du Nord et de P'Ouest
> blanes; et
aux
que > lorsque la municipalité de Torbeck
la proclamation d'amnistie des commissaires
envoya
des hommes de
civils à l'armée
couleur, ils répondirent : K Nous savons
> yatrois blancs de plus dans la colonie. Nous
qu'il
> MM. de la municipalité de l'envoi de
remerçions
> servira à faire des
cette pièce, qui nous
cartouches (1). > Enfin on lit dans une
lettre à l'assembiée coloniale : e Il n'existe aucun blanc
depuis
3) etc. > Qne ne peut-on de même
humaine
2 pour l'honneur de la nature
, révoquer en doute les faits précédens !
I Esposition que font les commisseires nommés
Sud,ntc., aux commissaires civils, etc., du 5 février par l'assemblée du
de I'nesemblée coloniale à ses coimissaires
1792. Lettre
janvier et 21 février 1792. Précis des faits
en France , des 28
Jarcisse du Petit-Tron,
qui se sont passés dans la
palité de
quartier de Nippes. (Lettre de la municiCavaillon à Passemblée
du 25.
ration de Joseph Lainé et Joseph coloniale,
janvier. DéclaMichenot à la
Port-au-Psince, 2 du 21 janvier.
municipalité du
L14
à ses coimissaires
1792. Lettre
janvier et 21 février 1792. Précis des faits
en France , des 28
Jarcisse du Petit-Tron,
qui se sont passés dans la
palité de
quartier de Nippes. (Lettre de la municiCavaillon à Passemblée
du 25.
ration de Joseph Lainé et Joseph coloniale,
janvier. DéclaMichenot à la
Port-au-Psince, 2 du 21 janvier.
municipalité du
L14 --- Page 544 ---
(536 )
> Aquin jufqu'au bas de la côie 3 la plus grande partie a été
égorgée (). >
$. XI,
De leur côté, les blancs traitoient
Autres
les hommes de couleur
cruautés avec une grande barbarie : ils ne faisoient aucune grace aux
des blancs. prisonniers; et telle étoit la férocité qui régnoit dans cette horrible guerre, qu'on envoyoit les têtes de ceux qui avoient été
tués, aux autorités constituées. Une lettre du commandant du
Sud à l'assemblée de cette province dit, en parlant de plusieurs chefs qui avoient péri dans un combat, leurs tétes fone
partie des dice sept que l'on a envoyées auc Cayes. Vingt-sept
hommes de couleur s'étant trouvés sur un petit bàliment destiné
suivant cux à aller chercher de la farine pour la ville
suivant
d'Aquin,
et,
les blancs, à incercepter celles que l'on conduisoit
aux Cayes , ils furent pris par un bàtiment que l'assemblée du
Sud avoit requis le commandint de la station d'envoyer contre
eux. ( Tous furent tués OI noyts, comme le procès-verbal de
cette expédition le constate. >> Ce sont là les propres erpressions
d'un mémoire fait au nom de l'assemb'ée du Sud contre lcs
hommes de cou'eur. Par-tout d:s commiss'ons prévôtales jugeoient ceux gi avoient été pris les armes à la main, et les
condammoient aux supplices les plus cruels, après les avoir
app'iqués à la question o:dinaire et extraordinaire. Un des chefs
des hommes de couleur, nommé Eleck, fut ainsi brilé vif,
qucique li p:ocidure instruite contre lui, et son procés ve:bal
de torsure en paiticulier, n'indiquent pas même q:on lui ait
reproché d'avoir commis personnellement des atrocités ou des
incendies; il y assure qu'il étoit venu de Borleaux dans la
I Leltre de Cusson à l'assemblée coloniale, du preiier février
1792.
des hommes de couleur, nommé Eleck, fut ainsi brilé vif,
qucique li p:ocidure instruite contre lui, et son procés ve:bal
de torsure en paiticulier, n'indiquent pas même q:on lui ait
reproché d'avoir commis personnellement des atrocités ou des
incendies; il y assure qu'il étoit venu de Borleaux dans la
I Leltre de Cusson à l'assemblée coloniale, du preiier février
1792. --- Page 545 ---
(537)
:olonie en 1783 pour y revoir Sa mère
Pest ainsi que, sans s'y attendre, âgée ct infirme; et que
roubles de la province. La
il fut enveloppé dans les
bonçue centre le
haine que les colons blancs avoient
commerce de Bordeaux, qui avoit
éclamations des hommes de couleur à
appuyé les
contribua sans doute à
l'Assemblée constituante,
pas sans
aggraver le sort de Bleck (r). On ne lit
indignation dans un rapport
bar le dépeté des Cayes,
faitsur cet horrible procés
gatoire de
Delazal, qu'il résulte de
Bleck, ( que les hoinmes de couleur
l'interroliberté à tous les
ont promis la
tuer tous les blancs nègress qu'ils leur ont donné l'ordre de
semblable dans les deux (2), > Cependant on ne trouve rien de
ona des expéditions interrogatoires de cet infortuné, dont
authentiques
biales, et certifées
pro.luites à T'assemblée colopar ses officiers (3).
C'est sur-tout dans la partie orientale
rontières de celle de l'Ouest,
de la province, sur les f.
pivile se montrèrent
que les fureurs de la
XII,
avec le plus de
guerre Conventions
ine des parties du Sud dont les
violence : c'est du moins pour Jacmel
nieux connues, Les frères déplorables révolutions sont le etleurinfraccuré de Saint-Marc,
Desmarattes, l'abbé Aubert, le tion,
Blacé, ex-député à la
oloniale, Delille -
première assemblée
ebres
Bressoles, et d'autres
par leurs
blancs, devenus cécruautés, se réunirent aux
uxquels ils tenoient
des
hommes de
par
couleur,
alliances, ou qu'ils recherchoient
1 Exposition que font les
Sud, aux commissaires civils commissaires nommés par
Joseph Bleck, des
7 le 5 février
l'assemblée da
suite. Lettre de
18 et 19 février, , avec 1799. son Interrogatoires de
Gatechairi l'abbé
jugement étant en
2 Viyez led,
Ouvière 3 du 28
rapport du 15 mars
janvier,
31 Voyez Pavant-demnière
1792,
uote.
choient
1 Exposition que font les
Sud, aux commissaires civils commissaires nommés par
Joseph Bleck, des
7 le 5 février
l'assemblée da
suite. Lettre de
18 et 19 février, , avec 1799. son Interrogatoires de
Gatechairi l'abbé
jugement étant en
2 Viyez led,
Ouvière 3 du 28
rapport du 15 mars
janvier,
31 Voyez Pavant-demnière
1792,
uote. --- Page 546 ---
2 538 )
pours'en faire un appui dans leurs vues de contre-révolation ().
La ville de Jacmel, située à peu de distance de cet infâme re*
paire du Trou-Ccfi, cu Romaine avoit établi le siège de sa
tyrannie, avoit vu plus d'une fois son territoire ravagé par les
incursions des brigands dirigés par cet imposteur; et lcs blancs
assurent que les hommes de couleur du voisinaga n'avoient que
trop adopté ses principes d'anarchie et de férocité en se Jiant
avec lui, Mais ce fit est démenti par la correspondarce même
des chefs des hommes de couleur*). Quoi qu'il en soit, les
blancs de Jacmal, après plusieurs essais de négociations infructucuses, achérérent, comme la plupart des autres paroisses du
Sud, aux concordats de POuest, et au traité de paix du Por: auPrince, due3 octobre. Ce sont eux-mémes ncanmoins qai nous
apprennent que leur communc, ( n'ayant jamais douté de
> Pillégalité de ces actes, n'avoit d'autres vucs, en y dosnant
> son adhésion, que de maintenir la tranquillité, ei préscrver a
> dépendance des maiheurs qui afigecient les autres pastics de
> la colonie ; bien peisuadée quc,as peu de temps, il y
> auroit une loi qui, émanant du point central d'une aulotiié
1 Précis des faits qui se sont passés à Jacme!. Sspplément aux
détails des faits qui se sont passés à Jscmel. Déclaration de la dame
Goujot à la municipalité de Jacmel, du 11 février 17)2. Lettre de la
Mothe-Vidal à P'assemblée coloniale, du premier mars.
* Onlit dans une lettre de Deslandes à Delilie-Bressoles, capitaine
général des blancs et des citoyens de couleur. ( M. Romaine a
>> désarmé les ciroyens de couleur qui habitent les environsde son camp
2> pour armer des Suisses. Ces dispositions portent notre camarade,
>> M. Poisson , à faire tellement scission avec lai, qu'il n'y a plus
a aucun de ses gens dans son camp. >> Voyez aussi les lettres de
Villars à l'abbé Ouyière, des 11 et 19 janvier:792.
, capitaine
général des blancs et des citoyens de couleur. ( M. Romaine a
>> désarmé les ciroyens de couleur qui habitent les environsde son camp
2> pour armer des Suisses. Ces dispositions portent notre camarade,
>> M. Poisson , à faire tellement scission avec lai, qu'il n'y a plus
a aucun de ses gens dans son camp. >> Voyez aussi les lettres de
Villars à l'abbé Ouyière, des 11 et 19 janvier:792. --- Page 547 ---
(4 539 )
légitime, anfantiroit toutes celles qui auroient été arrachées
par la force des armes ct par la violence (1).>
Il y avoit un esprit de désorganisation si généralement réandu dans la province du Sud, que les deux partis traîtèrent
our cette partie comme si c'eit été un état absolument indéendant. En adhérant au traité du Port-au-Prince, ils
s'obligérent
lciproquement à ne jamais se méler des discussions qui
bient avoir lieu dans les paroisses
pourcirconveisines, à moins
e ne fit comme médiateurs, et dans les vues de concilier que les
cux pariis. On n'exigea point au surplus, qu'on établit à Jacmel
n bureau de police comme dans la plupart des autres
u Sud on convint seulement
la
paroisses
que municipalité et Fétatajor scroient renommés par tous les hommes
inction de
libres, sans discouleur : en conséquence trois cents hommes de
ouleur, précédés d'un détachement armé de cinquante d'entre
1 Lettre de Baudonin, capitaine
e la garde nationale de Jacmel général, et de Qaerion 9 major
evrier 1792. Récit des faits
. aux commissaires civils, du 18
ommencement de
qui sc sont passés à Jacmel depuis le
septembre 1791 3 pag. 2, 3, 4 et 5.
*Le capitaine des hommes de couleur de ce
ans la lettre qni contient leurs
quartier remarque,
ne l'édit de 1685 en
propositions aux blancs de
7 leur assurant l'égalité avec les
Jacmel,
anse de leur attachement à l'ancien
blancs s est la
démarches et les peines
régime ; mais ( que d'après ses
leur faire rejeter la
qu'il s'est données il est enfin parvenu à
demande de l'anéienr régime, qu'il leur a
comme préjudiciable à leurs inrérêts. ( Lettre de
montrée
officiers du dlistrict de
Vaissière aux
aroit conforme
Jacmel.) > Cette obserration de Vaissière
Delille-Bressoles, à ce qui est dit dans une lettre de Toulmé à
sars
que cite Lamothe-Vidal dans sa lettre du
1792, à l'assemblie coloniale 7 dont il étoitinembre, premier
demande de l'anéienr régime, qu'il leur a
comme préjudiciable à leurs inrérêts. ( Lettre de
montrée
officiers du dlistrict de
Vaissière aux
aroit conforme
Jacmel.) > Cette obserration de Vaissière
Delille-Bressoles, à ce qui est dit dans une lettre de Toulmé à
sars
que cite Lamothe-Vidal dans sa lettre du
1792, à l'assemblie coloniale 7 dont il étoitinembre, premier --- Page 548 ---
(540) )
eux, entrèrent dans Jacmel le 12 novembre, et furent reg
par un pareil nombre decitoyens blancs aussiatmés.
Si l'on en croit Jes blarcs de Jacmel, les hommes de couler
cocamirent cuclques désordres dans la viile ce jour-là méme
et particulicremment dans ies ascenblées primaires qu'on ti
pour le renou: eli. ment dela mw icipaite. Mais on convient 9
ces désordres n'euren. point de suite jusqu'aux nouvelles de
catastrophe du Port-au-P.ince; et il n'en est rien dit dans L
mémoire historique présenté aux comeissaires civils par 1
députés des blancs de Jacmel, peu de temps après Il paro
même certain que plusieurs jours avant cet événement, 1
blancs attaquérent les hommes de couleur, et les chassèrent de
ville. On lit dans un autre mémoire 1), dressé par un député
Jacmel, quehui jours auparavant, le 15novembre, les blancs
indignés des excès commis dans la campagne
parles hommes C
couleur, conspirèrent secrèrement,t s'emparérent
ceux-ci
desfestrqu
occepoicnt depuis le 25 octobre. Ce n'est néanmoins qu
le landemaindecette catastrophe, le 22novembre, queles homme
de couleur des environs de Jacmel se rassemblérent en arme
dans la plaine, suivant un erdre de leur capitaine généra
Vaissière, sous prélexte de marcher au secodrs de leurs frére
chassés du Port-au-Prince. Ilsse répandirent ensuite dansla vill
oi les blancs les accusent d'avoir commis de nouveaux brigan
dages, et même des assas:inats. On ajoute que Delille-Bressoles
*Il est remarquable quedun de ces députés éteit un hcmme d
coulenr, nommé Barré, qui, suivant la note mise par Roume à I.
chemise de cette pièce, 1 cst d'autant plus digre de
dé
nonce les crimes commis par son propre parti.
corfance, gu'il
1 Position du quartier de Jacmel à l'époque du 27 décembré
dernier, par Larue.
des assas:inats. On ajoute que Delille-Bressoles
*Il est remarquable quedun de ces députés éteit un hcmme d
coulenr, nommé Barré, qui, suivant la note mise par Roume à I.
chemise de cette pièce, 1 cst d'autant plus digre de
dé
nonce les crimes commis par son propre parti.
corfance, gu'il
1 Position du quartier de Jacmel à l'époque du 27 décembré
dernier, par Larue. --- Page 549 ---
(541 )
ur commandant, fit massacrer ensuite dans
lusieurs prisonniers blancs
une embuscade
qu'il feignoit de
chez
ix (). Mais le mémoire ci-dessus cité
renvoyer
ece commandant
annonce au contraire
p:rois it désapprouver fous ces actes de
uauté, et qu'ils n'éroient a l'onvrage
de
rats, et non du geniral dos hommes que quelques scélégrand nonbre
de couleur, dont le
méritoit l'estime et la confance de tous les
honnêtes gens (2). >
Bientôt après, l'absence d'une partie des hommes de
li étoit allée se réunir à ceux de
couleur, S XIIT,
iblication du décret du
T'Ouest, Sins doute aussi la Blocus ct
étentions
24 septembre 1791, si contraire aux
des hommes de
incendie de
stie, faite
couleur, et la proclamation d'am- Jacmel par
parles commissaires civils, donnèrent plus de
leshommes
x blancs. Les hommes de couleur des
force
rent
environs de Jacmel
de coileur.
disposés a se soumettre à ce que les commissaires paréteroient de concert avec la confédération
civils
de Ia
puquets; ils en firent la déclaration
Croix-desrite par leurs chefs à la
expresse dans une lettre
garde nationale de
ils
andoient l'oubli des torts et des crimes Jacmel; y dena mieux n'écouter
la
réciproques (3). On
que
vengeance. Quelques hommes
couleur, prévenus d'assassinats,
mis
furent
en prison; et
1 Précis des faits qui se sont passés à
mens arrivés à Jacmel depuis
Jacmel, etc. Détails des évésont armés,
lépoque oi les hommes de couleur
présentés aux commseairesfavils
les
municipalité de Jacmel, Vidie et
par
députés de
Barré, le a5 décembre 1791.
: Précis des faits qui se sont passés à Jacmel.
: Lettre des hommes de couleur de la
cmel > à la garde nationale de
paroisse des Cayes de
Jacmnel, sans date,
és à Jacmel depuis
Jacmel, etc. Détails des évésont armés,
lépoque oi les hommes de couleur
présentés aux commseairesfavils
les
municipalité de Jacmel, Vidie et
par
députés de
Barré, le a5 décembre 1791.
: Précis des faits qui se sont passés à Jacmel.
: Lettre des hommes de couleur de la
cmel > à la garde nationale de
paroisse des Cayes de
Jacmnel, sans date, --- Page 550 ---
(642) )
dans une assenblée générale de la commune il fut arrêté d'o
donner à tous ceux d'entre eux qui éloicnt venus dans la ville
méme à ceux qui éloient en garnison, de sc retirer dans leu
quartiers respecifs, pour y maintenir l'ordre par des patrouill
fréquentes, dont ils rendroient compte à la municipalité. Cei
qui étoient domiciliés à Jacmel, furent seulsautorisés à y rest
pour faire la garde atl fort (1).
Ces mesures furent, comme on s'y attendoit sans doute, 1
signal de nouvelles hostilités. Les homnmes de couleur formère.
un camp à une lieue de la ville, et durant plus d'un mois 3
y eut entre les deux partis des alternatives d'hostilités ct C
propositions de paix, qui furent sans effct (2). Enfin les homme
de couleur ayant reçu des renforts dc leur arméc de l'Ouest
au milieu de janvier 1792, vinrent attaquer Jacmel avec C
canon. Cette tentative fut sans succès durant le jour : mais 1
profitérent de la nuit suivante pour y pénétrer la torche à
main. Toute la partic du Nord et du Nord-Ouest fut la pro.
des Aammes; elle consumérent, dit- on, cent trente maisor
qui formoient la plus grande partie de la ville. Les blancs re
fugiés dans le fort, à l'autre extrémité de Jacmel,se défer
dirent avec coutage, aidés par l'équipage de la corvette
Serin, qui étoit mouillée dans la rade, et dont lc commandat
Bessière fut tué dans le combat. Ils parvinrent à garantir cett
partie de la ville, et à chasser les bommes de couleur dar
Ia campagne. On assure que CCS derniers y commirent toute
sortes d'excès et plusieurs massacres 3 soit des blancs qui tom
1 Détails susd. des événemens arrivés à Jacmel, p. 6, 7,8,9,10
11, 12, 13, 14, 15 et 16. Précis des faits qui se sont passés
Jacmel.
a Ibid. P. 16,17,18,19, 20 et 21.
chasser les bommes de couleur dar
Ia campagne. On assure que CCS derniers y commirent toute
sortes d'excès et plusieurs massacres 3 soit des blancs qui tom
1 Détails susd. des événemens arrivés à Jacmel, p. 6, 7,8,9,10
11, 12, 13, 14, 15 et 16. Précis des faits qui se sont passés
Jacmel.
a Ibid. P. 16,17,18,19, 20 et 21. --- Page 551 ---
( 543 )
hoient entre leurs mains, soit des nègres
fer marcher sous leurs
esclaves quirefurolent
atrocité
ordres; on ajoute mene qu'ils poursèrent
jusqu'a promettre six portngaisesaux
Pporteroient la tête d'un des blancs
nigres qui leur
lans le fort (1). Oa nc doi:
qui s'étoient réfugiés
iommes de couleur
pas oublier que tandis que les
vendoient dans la
L Jamaique et à Curaçio, le
parte espagnole à
produit de leur
ouverneur de la petite colonie danoise
brigandage, le
de
seulqui accorda
Saint-Thomas, 3 fut
ux infortunés
quelques secours en vivres et en munitions
blogués dans Jacmel(a).
Les commissaires civils
urant son
> et particulièrement Saint -
séjour dans l'Oaest, avoient
Léger
:t élat de guerre : malgré
essayé de faire cesser
8 septembre avoit ercitée lindignation générale que la loi du S, XIV,
ussirent dans
Parmi les hommes de couleur, ils Efforts inubureau de quelques paroisses, telles que
riles de Saint.
police fut remplacé
Saint-Louir, oil Léger. Masr les blancs seuls (3). Ils
par une municipalité nomnée sacres du
cmel; ils avoient fait
n'eurent pas le même saccès à Petit-Goave
Ne
:s hommes de
part à la municipali:é des
et de Baynet.
couleur de la
dispositions
Cretredes-BRonquets à sC soumettre
I Ibit, Adresse de l'assemblée de
231 lévrier
P'Ouest à
1792. Lettre de Baudouin et
P'Assemblée nationale,
major de la garde de
Qnérion 1 capitaine
vrier 1792.
Jacmel, aux commissaires civils général
Declaration de
, du 18
cipaliré de Jacmel, du 2 mars PEspérance, nègre de Savary, à la mu.
2 Lettre de Bandouin
1792.
eniel, à P'assemblée 2 capitaine gén'ral des gardes nationales de
T cette lettre.
coloniale > du 5 mnars 1792. Note de Roume
3 Lettre de la
rilagga. Voyez aussi municipalité la
de Saint-Louis à
Passemblée
lettre du bureat de Saint-lLiéger, du 19
coloniale ) du 25 décemobre
police de Ssint-Louie
179x.
Savary, à la mu.
2 Lettre de Bandouin
1792.
eniel, à P'assemblée 2 capitaine gén'ral des gardes nationales de
T cette lettre.
coloniale > du 5 mnars 1792. Note de Roume
3 Lettre de la
rilagga. Voyez aussi municipalité la
de Saint-Louis à
Passemblée
lettre du bureat de Saint-lLiéger, du 19
coloniale ) du 25 décemobre
police de Ssint-Louie
179x. --- Page 552 ---
(544)
à cctts loi, Les chefs de ceux-ci, qui étoient considérés comme
directeursde l'insurrection dans toute la colonie (1), écri
1es
virent aussi dans les mêmes vues, de concert avec Hanus-de
Jumécourt. Saint- Léger essaya même de prévenir tout retour su
le passé,en faisant proclamerl'amn'sie décrétée par PAssemblé
constituante. Les blancs de Jacmel étoient trop exaspérés pa
les maux qu'ils avoient éprouvés;on dit même que les homme
de couleur, qui bloquoient cette ville, n'y firent parvenir le
dépèches des commissaires civils et de la Croix-des Bouquets
qu'après avoir éié repoussés une seconde fois > dans une nou
velle attaque ou ils perdirent leurs canons. Les proposition
qui furent faites aux blancs dans ces circonstances, n'excitèren
en eux que des mouvemens d'indignation (2),et la guerr
continua avec furcur dans la partie orientale de la provinci
du Sud,et dans les environs (3). On assure qu'au Petit
Goave 2 quarante blancs détenus dans les fers par le
I Voyez la lettre de la confédération de la Croix-des-Bonquets à 1
municipalité de Saint-Lonis, du 20 septenbre 1791.
2 Lettre sans date de la municipalité des Cayes de Jacmel à Tas
sembiée coloniale.
3 Précis des faits quise sont passés à Jacmel,p. 23 et 27. Lettr
de Mangin d'Ouence aux citoyens de couleur, des 27 e! 29 décembr
1791. Reponse auxdites lettres, des a3 et 29 décembre. Lettre de
Saint-Léger à la municipalité de Jacmel, du. - février 17,2. Lettre
de l'assenblée du Sud aux ccmmissaires civils, du 15 jenvier. Lettre
de Baur'cuin aux mêmes, du 17 février. Refexions secondaires de
T.( Tanguy-daidisière), à Pappui de son adresse à la paroisse de
Torbeck. Lettre de la municipalite des Cayes de Jacmel à l'assembléd
coloniale.
* Tanguy la Boissière, dans seS rifexions secondaires, dit seul, que
les blancs étoient au nombre de trois cents. L'assemblée coloniale
hommes
du 15 jenvier. Lettre
de Baur'cuin aux mêmes, du 17 février. Refexions secondaires de
T.( Tanguy-daidisière), à Pappui de son adresse à la paroisse de
Torbeck. Lettre de la municipalite des Cayes de Jacmel à l'assembléd
coloniale.
* Tanguy la Boissière, dans seS rifexions secondaires, dit seul, que
les blancs étoient au nombre de trois cents. L'assemblée coloniale
hommes --- Page 553 ---
omes
(545)
de couleur, furent
vant la
massacrés Par
proclimation de
eux,
es commisaires
l'amnistie, qui
imédfintement
apporte
civils (1 ). Il cst vrai avoitéé ordonnée
aux
Par
accusateurs de Polverel néamoins, , si l'on s'en
rincipalauteur de ces axrocités
et Sonthonax
u-Vivier, qui présidoit
est un blanc, nommé > que le
onthonax assure
alors le comité du
GastonDe
formellement le coniraire Pei-Cantes mais
nouveaur infrotunés
(9).
e Jacmel à ceux de cette vinrent bientôt se réunir dans
voient été, dit-on,
ville, Quatorze blancs
le fort
u'ils sc
€gorgés par les hommes
du Sale-Trou
ar la mediation reporoient sur la foi d'un traité fait de couleur, lorsernière
de Jacmel. Les autres
pour cette
commune (3). Si l'on
se
paroisse
our constater
de réfugierent dans cette
unsi grand
mangue documens
rime plus grand
crime, on n'en a
nécessaires
eu au bourg de encore. Un massacre
que trop pcur un
uia avoit
Baynet. Suivant le
général des blancs
eu le bonheur de
récit de lun d'entre eut
s'échapper, récit
eux,
appuyé Par
ens une lettre à ses
pluénonce
comaisaires en Fance, du 31
TAssemblée auune-dingrquatre Mais
décembre
nationale,du 23
Padresse de
1791, 2
aputer d'avoir réduit ce
février 1792, qui P'assemblee Pon
du Sud
iarante; et c'est
nombre, contre la
ne peut pas
s hommes de couleur. malleureutement encore venité, ne parle que de
I Adresse de Fassemblée
beaucoup trop à la honte
vrier 1792. Refexions du Sud à PAssemblée
ppui de son adrease à la secondaires de 'C. (
nationale 7 du 23
Noniale à ses commissaires paroisse de Torbeck. Leitre de
:s
en
ipbenin
registres de la
France , du 28 janvier Porsemblée
fhire-des colonies, mmnicipalité de Baynet, du 30
1792. Extrait
2 Dibats susd., tome tome I, p. 3os, ct tome avril. Dabats dans
31 Précis des faits
III, p. 91 et 126.
H,P. 126,
Rapp. de G. qui se sont passés à Jacmel,
Coulon. Tome II.
M m
Torbeck. Leitre de
:s
en
ipbenin
registres de la
France , du 28 janvier Porsemblée
fhire-des colonies, mmnicipalité de Baynet, du 30
1792. Extrait
2 Dibats susd., tome tome I, p. 3os, ct tome avril. Dabats dans
31 Précis des faits
III, p. 91 et 126.
H,P. 126,
Rapp. de G. qui se sont passés à Jacmel,
Coulon. Tome II.
M m --- Page 554 ---
( (546)
sieurs autres indications, rien n'est plus horrible que la manière dont ce forfait fut commis. Latapie 3 commandant des
hommes: de couleur de la paroisse 1 invita tous les citoyens
indistinctement à se rendre à Baynet , sous prétexte d'une
insurrection des nègres qu'il vouloit réprimer. Tous les blancs
désarmés.
jours après, Carrière, licutenant de La
furent
Cinq
de nouveau tous les habitans
tapie, . quir'étoitabsenté, convoqua
- sept blancs (*) qui se ren.
sous le même prétexte. Quarante
furent arrétés par les hommes de couleu
dirent à sa convocation,
s'étoient réunis quclques - uns de ceux de
de Baynet, auxquels
ils furent ensuite dépouillés de leurs vêtemens 2 attaJacmel;
état à de
perches, et conduits à coup
chés dans cet
longues
de fouetà une lieué de la ville, ou ils furent tous fusillés pa
les hommes de couleur () Une- circonstance particulière paroi
l'atrocité de cet assassinat. II y a lieu de
encore augmenter
croire qu'il étoit prémédité depuis plusieurs mois. Une lettre
d'un homme de couleur qui étoit, dit-on , l'un des chefs du
Trou-Coffi, écrite a lun des habitans de Baynet à la fin de
l'année précédente, l'engage à en soriir avec tous les bon
d'après l'inutilité de ses efforts pour la pacification
citoyens,
du Sud à PAssemblée nationale, d
* Une adresse de T'assemblée
de six blancs assassinés: à Baynet, c pou
23 février 1792 1 neparleque
de la cruelle domination
>> aveir osé montrer une légère impatience
leurs
>> Mais il n'est que trop probable qu'il s'agi
2) de
oppresseurs. adresse d'un assassinat antérieurà celui des quarante-sep
dans cette
blancs, qui sans doute n'eut lieu qu'après l'adresse.
Débats dans l'affaire des cclonies, tome I, p. 126 et 302. Dé
claration 1
de Busquetà la municipalité de Jacmel, du 20 mars 1792
Extrait des registres de la muricipalité de Baynet, du 30 avril
Supplément au détail des faits qui se sont passés à Jacmel.
urs. adresse d'un assassinat antérieurà celui des quarante-sep
dans cette
blancs, qui sans doute n'eut lieu qu'après l'adresse.
Débats dans l'affaire des cclonies, tome I, p. 126 et 302. Dé
claration 1
de Busquetà la municipalité de Jacmel, du 20 mars 1792
Extrait des registres de la muricipalité de Baynet, du 30 avril
Supplément au détail des faits qui se sont passés à Jacmel. --- Page 555 ---
(547) )
parce que, s dans vingtquatre
etasang (1).
heures, le bourg sera mis à feu
Ces horreurs se répétoient
province. Il ne restoit
dans toutes les
9. XIV.
ques grandes
plus d'asyle aux blancs parties de la Blocus ct
les dehors. communes, dont les
que dans quel. décresse des
Dès le
insurgés occupoient tous Cayes,
Cayes elle - même étoit commencement de 1792, la ville
de couleur qui
bloquée par une arinée
des
tiroit plus
ravageoient tous les environs. d'hommes
aucunedenrée de la
La ville ne
emparés de tous les Postes du campagne. Lesinsurgés
tations qu'ils n'avoient
voisinage, et de toutes les s'étoient
denrées à la
pas détruites 5 ils en
habiJamaique et. à
pour des armes et des
Caragso, oi ils transportoient les
les
étoit réduite à vivre de munitions de guerre. La ville échangeoieat des
plus
salaisons, Cette
Cayes
ficheuse, que les autorités
disette étoit d'autant
plusieurs paroisses du
consiltnéer, et les
été forcés de s'y
voisinage , chassés parles
babitans de
dans lincertitude réfugier. Leur situation étoit si insurgés, avoient
exposés
da succès des
précaire , que 9
s ils avoient déposé aitiques auxguelles ils étoient
leurs viellards sur les bitimens leurs femmes , leurs enfans
d'une Parcille demeure
dela rade, malgeé
et
étoient obligés
dans ce climat
Tincommodité
de faire le service le brâlant. Eux. - mêmes
bituel, et l'on concevra sans
plus dur et le plus haptivations de touic espèce, peine combien, au milieu
à des hommes qui,
un tel gerre de vie étoit
dcs
temps
Pour la plupart, étoient
pénible
durent accoutumés à toutes les aisances
depuis longpérir de fatigue et des
de la vie 5 combien
tourmens de l'ame gu'ils
I
éprouLettre de
commissaire cencilintear Eousignor et autres hommes de
de Bayner, du 30 décembre coulear à Coutarel,
1791.
M m a
combien, au milieu
à des hommes qui,
un tel gerre de vie étoit
dcs
temps
Pour la plupart, étoient
pénible
durent accoutumés à toutes les aisances
depuis longpérir de fatigue et des
de la vie 5 combien
tourmens de l'ame gu'ils
I
éprouLettre de
commissaire cencilintear Eousignor et autres hommes de
de Bayner, du 30 décembre coulear à Coutarel,
1791.
M m a --- Page 556 ---
(548 )
voient. Ils sercient sans doute tous devenus la proie de leurs
impitoyables ennemis, et la ville auroitàla fin succombé, sans
pièces d'artillerie, servies par. les marins de la rade 3
quelques
se dévouérent avec un grand zèle à leur défense 2 sans
qui distinction de soldats et d'officiers; indication frappante de Pinla conduite des bommes de couleur de
dignation générale que
cette partie de la colonie avoit inspirée (1). Cè n'est qu'au
février
compagnies du régiment de Promois de
que quelques
envoyées par la mère- patrie, viorent débarquer dans
vence,
Tel avoit été jusqu'alors l'embarras de l'assemla province (2).
blée du Sud, qu'elle prit un arrêté pour accorder une gourde
jour ( environ cinq liv. 10 sous monnoie de France ) a
par
seulement
ceux qui s'enrôleroient pour cette campagne
3).
Un rapprochement sincère entre les deux classes d'hommcs
$. XV.. des libres eût
seul faire cesser tous ces maux : mais ils étoient
Rejet
pu
des deux
leur
mesures con- encore trop récens pour que les passions
partis
ciliatoires
par les deux
de l'assemblée coloniale à ses commissaires en France 9
partis,
I Lettre
Lettre de l'assemblée du Sud aux comnissaires
du 21 février 1792.
des commissaires de lassemblée du Sud
civils, du 15janvier. Adresse
Autre de l'assemblée du Sud à
à Tassemblée coloniale, du 30 janvier.
-d'Ouenee au
l'Assemblée nationale, du 23 février. Lettre de Mangin
à PAssemblée nationale, Lefrancq, du 15 avril. Extrait d'une
député même
son fils, sous - lieutenant de vaissean 1 du 10
lettre ant
de 7 par
à Th. Millet 9 du 21 janvier.
janvier. Lettre Peit.des-Champeans
Déclaration de J. P. de Luyne 9 du 31 nars.
du Sud à l'assemblée coloniale, du 5 janvier
2 Letredel'asscabiée
1790. 3 Lettre de l'assemblée du Sud à l'assemblée coloniale 9 du 18
décembre 1791. Lettre de Bleck à Rellain, du 16 février 1792 3 etc.
Exposition qne font les commissaires de l'assemblée du Sud aux
ccmuniesaireseivilse. Lettre de l'assemblée coioniale a ses commissaires
'en France, du 18 janvier.
coloniale, du 5 janvier
2 Letredel'asscabiée
1790. 3 Lettre de l'assemblée du Sud à l'assemblée coloniale 9 du 18
décembre 1791. Lettre de Bleck à Rellain, du 16 février 1792 3 etc.
Exposition qne font les commissaires de l'assemblée du Sud aux
ccmuniesaireseivilse. Lettre de l'assemblée coioniale a ses commissaires
'en France, du 18 janvier. --- Page 557 ---
( 549 )
d'entendre la voix de la justice et de la modération.
permissent
des Cayes et de Torbeck
On dit bien que les co.mmisaires
leurs droits
hommes de couleur de reconnoitre
ayant offert aux
de la station du Sud,
et réclamé la médiation du commandant
de
et celle de la marine du commerce, ces mesures
Sercey,
d'abord accueillies : mais les hommes de
pacification parurent
des conditions absolument inadcouleur proposérent bientôt l'assemblée du Sud, et tant d'amissibles. Il éloit notoire, > dit
le
sorte tous les soupçons, que
trocités légitiment en quelque étoit de s'àssurer la possession
but des hommes de couleur
le massacre et le bannissement
exclusive de la province 3 par
depuis ia réde tous les blancs. Irrités contre la métropole
du décret du 15 mai 1791, ils ne dissimu'oient plus
vocation
songeoient
leur méconnoisance de ses lois : on ajoute qu'ils
Des pièces
même à se donner à une puissance étrangére. redoutoient
paroissent du moins constater qu'ils
authentiques
dans l'état od étoit alors la législes mesures pacifiques qui,
chose
tendre à autre
qu'a.confitlation, ne pouvoient guere
demandèrent qu'on les ailmerleur dégradation politiqae. I's
de deux
pour leur sûreté, un camp
torisât à tenir en plaine 1
aux frais de la procents hommes armés, payés et entretenus
admit
canons de
ou qu'on
vince, avec quatre
armés campagne, dans la ville des Cayes, ent
cinq cents d'entre eux aussi
les blancs Parillerie ct les munitions
partageant égalementaves
de guerre ().
nommés par Passembléc du
1 Exposition que fout les commissaires de Passembilée coloniale à ses
Sud aux commissaires civils. Letire Adresse de Passemblée du Sud à
commissaires, du 28 janvier 1792.
Réllexions secondaiies
à T'Assemblée nationale, du 23 février.
M m 3
, dans la ville des Cayes, ent
cinq cents d'entre eux aussi
les blancs Parillerie ct les munitions
partageant égalementaves
de guerre ().
nommés par Passembléc du
1 Exposition que fout les commissaires de Passembilée coloniale à ses
Sud aux commissaires civils. Letire Adresse de Passemblée du Sud à
commissaires, du 28 janvier 1792.
Réllexions secondaiies
à T'Assemblée nationale, du 23 février.
M m 3 --- Page 558 ---
550 )
5. XVI.
De leur côté, des boutefeux sonnèrent de nouveau parmi
Armement les blancs le tocsin de la guerre civile. L'adresse furieuse de
des esclaves
parlisblancs Tangayla-Boissière, contre les hommes de couleur, fut réimct les hom- primée avec une addition contre les concordats, non moins
mes de cou- emportée que l'adresse elle-même Les conditions qu'ils y
leur.
avoient
et
sembloient mettre les blancs à leur
proposées 3 qui
merci, en laissant les hommes de couleur maitres de la ville
et de la campagne, furent rejetées; mais elles déterminèrent
les blancs à l'adopticn de la mesure la plus dangerease à la fin
de 1791. Sous prétexte que les homies de couleur travailloient
fortement les ateliers pour les insurger, en profitant de l'espèce
de licence qui y régnoit dans les premiers jours de l'année, les
blancs armèrent eux-mêmes le dixième de leurs esclaves, choisis
parmi ceux qu'ils jugeoient leur être lcs plus fidèles; ils formèrent ainsi avec eux s hors de la ville, un camp que l'inconstarce ordinaire des colons blancs, et leur inaptitude a supporter
les fatigues de la guerre, fit lever peu de temps après ; mais
l'armement des esclaves ne fut point discontinué. Les hommes
de couleur en armoient aussi de leur côlé : plusicurs déclarations
reçues par les municipalités, attestent qu'ils soulevoient par-tout
deT. ( Tangay-la-Bcissière ), à Pappui de son adresse à la paroisse de
Torbeck. Lettre de Mangin-d'Ouence au députéà l'Assemblée nationale,
Lefrancq, du 15 avril 1792. Lettre de l'homme de couleur Labadie
aux commissaires civils, du 12 janvier. Déclaration de la dame
Gonjot i la municipalité de Jacmel, du 11 février. Lettres de
Mangin-d'Ouence aux citoyens de couieur, des 27 et 28 décembre
1791. Réponses auxdites lettres, des 281 fet 29 décembre. Mouvenens
de la paroisse du Petit-Trou, quartier de Nippes.
1 Réflexions secondaires de T. ( Tangoy-lalBeiasière), à la suite
de ladite adresse.
civils, du 12 janvier. Déclaration de la dame
Gonjot i la municipalité de Jacmel, du 11 février. Lettres de
Mangin-d'Ouence aux citoyens de couieur, des 27 et 28 décembre
1791. Réponses auxdites lettres, des 281 fet 29 décembre. Mouvenens
de la paroisse du Petit-Trou, quartier de Nippes.
1 Réflexions secondaires de T. ( Tangoy-lalBeiasière), à la suite
de ladite adresse. --- Page 559 ---
(551 )
la liberté aux nègres ; et que lorsque *
les ateliers, en promettant ils les forçoient de marcher avec
la persuasion ne suffisoit pas,
même en massales vivres des habitations, > et
eux, en enlevant
dans leur refus (1). C'est ainsi que
crant ceux qui persistoient
jamais livrée au brigandage des
la plaine du Fond fut plus que
les deux partis.
hommes de couleur et des nègres ariés par
les esclaves aient pu conOn pourroit d'abord s'étonner que
contre les hommes de
sentir à servir les blancs dans leur querelle
mais la dépencouleur, qui leur étoit si manifestement étrangèré: Pesclave ne
la servitade est si absolue, que
dance que produit
condamne le plus fortement.
peut pas même refuser ce qu'il
sur le pied d'une
mettoit d'ailleurs les nègres
L'état de guerre
combattoient ou qu'ils défensorte d'égalité avec ceux qu'ils
oû la discipline milidoient; et l'on corçoit que dans un pays la vie des camps, qui
taire étoit presqu'entièrement inconnuc, milieu des entraves de la
n'est jamais exempte de licence au
de Passemblée du Sudanx
que font les commissaires
colo1 Exposition
de P'asseniblée du Sud à Passemblée
commissaires civils.Lettre
des commissaires civils au ministre
male, du 5 janvier 1792. Lettre
Lettre de P'assemblée du Sud
de la marine, du 22 décembre 1791.
1792. Adresse des dépatés
aux commissaires civils 7 du 15 janvier coloniale 1 du 30 janvier.
du Snd à Vassemblée
du 22 février.
et commissaires
du Sud a PAssemblée nationale,
Adresse de l'assemblée coloniale à ses commissaires en France du
Lettre de l'assemblée
au député à P'Assemblée
février. Lettres de Mangin - d'Ouence Déclaration de René 1 nègre
nationale, Lefrancq 7 du 15 avril.
de Jacmel
Silandeau, du 28 février. Lettre de la municipalité de
à la
de
du 18 mai. Déclaration
Salveder
à V'assemblée coloniale 1
Extrait d'une lettre de
municipalité" du Port-au-Prince, 2 du25 bande janvior. du Sud, du 3ojuillet.
ancien commawdant de la
Dufretey,
M m 4
René 1 nègre
nationale, Lefrancq 7 du 15 avril.
de Jacmel
Silandeau, du 28 février. Lettre de la municipalité de
à la
de
du 18 mai. Déclaration
Salveder
à V'assemblée coloniale 1
Extrait d'une lettre de
municipalité" du Port-au-Prince, 2 du25 bande janvior. du Sud, du 3ojuillet.
ancien commawdant de la
Dufretey,
M m 4 --- Page 560 ---
552 )
discipline ja plus sévère, devoit paroitre bien
préférable aux
travaux monoiones, et cent fois plus pénibles 7 des nègres dans
leurs aleliers, Enfin les noirs n'étoient
de haine
pas teujours sans motifs
et de vengance contre les hommes de couleur 5 plasieurs de ceux-ci, malgré les traces si manifestes de leur origine, n'avoient que trop adopté la barbarie et le mépris des
blancs envers les esclaves. Les sentimens de justice et d'humanité parient d'ailleurs avec tant de force au coenr de l'homme,
dans toutes les positions de la vic, quand il n'est pas égaré par
ses passions, que les nègres de plusieurs habitations avoient
é:6 indigeés, non pas sculement de la violence que les hommes
de'couleur avoient fait éprouverià leurs frères en les enrôlant,
mais aussi des cruautés qu'ils avcient exercées sur les blancs
depuis linsurrection
$ XVIL.
La déplorable ressource de cet armement ne fit qu'augmenFactions ter les maux de la guerre, en multipliant le nombre
aux
Cayes,
de ceux
Renonvelle- qui la faisoient,t en diminuant les produits de l'agriculture.
mende l'as- Tandis que les blancs y cherchoient de nouveaux moyens de,
sembice du défense, la désorganisation générale 3 et sans doute aussi l'aiSud.
greur causée par taot de maux, seméren: la division parmi
eux. Quoique presqu'aucun des blancs de la province ne se
fit coalisé avec les hommes de couleur, comme les blancs de
la confédération de la Creis-des-Pouguets; quoique tous se
fussent, poar ainsi dire, réunis dans leur opposition aux prétentions de ces nouveaux libres, il n'en existoit pas moins
I Lettres de l'assemblée coloniale à ses commissaires en France,
du 31 décenibre 1731 et du 11 juillet 1792. Exposition que font les commissaires def'assemblee du Sudaux cunmissaires ciyils, du 5 février.
couleur, comme les blancs de
la confédération de la Creis-des-Pouguets; quoique tous se
fussent, poar ainsi dire, réunis dans leur opposition aux prétentions de ces nouveaux libres, il n'en existoit pas moins
I Lettres de l'assemblée coloniale à ses commissaires en France,
du 31 décenibre 1731 et du 11 juillet 1792. Exposition que font les commissaires def'assemblee du Sudaux cunmissaires ciyils, du 5 février. --- Page 561 ---
(553)
ville des Cayes. Celsi qui favorisoit le
deux part's dans la
Mauduit pour réprimer les
gouveinement, et qui avoit appelé
dominé long-temps
mouvemens des hommes de couleur,avoit Passusinat de ce
V'assembiée provinciale, même après
fois
dans
qui avoit déja frit plus d'une
général. Le parti contrairc, l'avoit même forcée à se séparer
la loi à ceite assemblée, qui
que Fierville
temps, lors de la confédération
durant quelque
faveur de l'assembice de Saintforma dans le Sud-Ouest en
de la loi
acquit une nouvelle force par la promulgation
se
Mirc,
des
cinq qui
du 28 septembre 3 et le retour
l'avoir quatro-vingt obienue. A cette
vantoient avec tant de ruison de
l'assemilée provinciale
époque, leur parti força de nouveau d'autres membres pris
et la remplaça par
à se dissoudre,
été dans Passemblée de Saint-Marc,
parmi ceux qui avoient
en fut nonné le
ses partisans : Tanguy-la-Boisière
ou parmi
tecrétaire (1).
5, XVIIL.
HER
avoit jusqu'alors Distitution
du Sud, Mangin-d'Ouence,
Le commandant
Pavoit que trop méritée par l'aban- du commanjoui de leur confiance ; il ne
des troubles, servi toutes dant dusud,
don avec lequel il avoit, dès l'origine de couleur 5 on en pcut Mangincontre les hommes
d'Ouence.
leurs préventions
l'on connoit de lui, qui respirent un
juger par lcs lettres q:e faits semblent excuser. IL avoit eu
emportement que trop de
à Tiburon, et sauvé, depuis,
plusieurs avantages sur les insurgés
détachement de
la ville des Cayes par ses dispositions. Dès qr'un
aux Cayes,
Provence eut angmenté ses forccs, en décarquant
d'Ouence au député à T'Assemblée nationale,
1 Lettre de Mangin
Lettre de Maurelet Taugny.laclletsière
Lefraneg, du 15 avril 1792. avril. Avis imprime du 22 janvier, inà Mangin : d'Onence, du 16
situle Auv patriores.
détachement de
la ville des Cayes par ses dispositions. Dès qr'un
aux Cayes,
Provence eut angmenté ses forccs, en décarquant
d'Ouence au député à T'Assemblée nationale,
1 Lettre de Mangin
Lettre de Maurelet Taugny.laclletsière
Lefraneg, du 15 avril 1792. avril. Avis imprime du 22 janvier, inà Mangin : d'Onence, du 16
situle Auv patriores. --- Page 562 ---
( I 554 )
il alla attaquer les hommes de couleur au camp Mercy 5 et après
un combat opiniàtre de près de deux heures, il en tua soixantedix, prit leur camp et leur artillerie, ainsi que l'infortuné Bleck
et un autre de leurs ckels, qui subirent tous deux le supplice de
la rouc et du feu (1).
C'étoit sur la demande de l'assemblée provinciale (* et de la
commune des Cayes, que Blanchelande ct l'assemblée coloniale
avoicnt conféré le commandement provisoire de la province à
Mangin-d'Ouence (2); mais il désapprouva le renonvellement
illégal de l'assemblée provinciale ; il en pcrta ses plaintes à
l'assemblée coloniale, quoiqu'il n'ignorât pas que ses réclamations y scroi.nt inutiles, et qu'e'le étoit clle-même dominée
par le parti de l'assemblée de Saint-Marc une expédition
I Lettre de Mangin-l'Ouence au député à l'Assemblée nationale 9
Lefrancq, du 15 avril 1792. Lettre du même à l'assemblée du Sud,
sans date.
* Voici ce que disoit sur son compte l'assemblée du Sud dans son
adresse à l'Assemblée nationale 2 du 18 décembre 1791, oit elle dépeignoit la situation critique de la province du Sud. e Vainement
> M. d'Ouence 9 clief de brigade au corps - royal d'artillerie des
s colonies, conmandant pourl leroi par interim, qu'un heureux hasard a
>> conduit rarmi nous pour des affaires personnelles, sur un congé
>> da ministre de la marine, excité par son devoir, continne-t-il del
a montrer un zèle pur 3 de grancs talens 3 un esprit conciliateur, une
a infatigable citertion à s'actirer la confance de zous 2 autant qu'il la
>> mérice. >>
a Extrait des registres de l'assemblée coloniale, du 26 janvier 1792.
** Voici ce qu'il marquoit au député à l'Assemblée nationale 7
Lefrancq, dans sa leitredu 15 avril 1792, après avoir rappelé le
décret du 2 février 1791, et un arrêté de lassemblée coloniale ellemême, qui confirmoit la première assemblée du Sud. a Unc cabale
2 autant qu'il la
>> mérice. >>
a Extrait des registres de l'assemblée coloniale, du 26 janvier 1792.
** Voici ce qu'il marquoit au député à l'Assemblée nationale 7
Lefrancq, dans sa leitredu 15 avril 1792, après avoir rappelé le
décret du 2 février 1791, et un arrêté de lassemblée coloniale ellemême, qui confirmoit la première assemblée du Sud. a Unc cabale --- Page 563 ---
(555 )
soldats furent tués par les
oul plusieurs de ses
Il n'est
jalheureuse
, lui enleva sa popularité.
de
pirs, dans une embuscade
les expéditions manquassent
oint étonnant,au surplus, que
V'assembléc provinciale,
accès ; la, comme au Port-au-Prince, même des blancs, dans les
municipalité, et la généralité
régler les opérations
semblées de la commune 1 vouloient
tous les détails ().
ilitaires, et en diriger
de Mangin- $. XIX.
expédition
NominaQucique le succès de la principale dû à ses dispositions, tion de ThiPOuence à Tiburon fit principalement laissé en quelque sorte ballier.
assemblée du Sud lui ayant
sans doute
a première
assembléc , qui vouloit
arte-blanche, la nouvelle
pas ignorer les
qu'elle ne pouvoit
'en débarrasser, parce
l'assemblée coloniale sur l'irréguplaintes qu'il avoit poriéas à
de régler par elle- même
arité de sa formation 7 entreprit
avec la municipalits
militaires 5 elle se réunit
contre les
es dispositions
de faire une sortie
les Cayes, pour lui prescrire
travaillé les têtes contre cette asseminfernale a tellement agité et reproches à faire que celui d'avoir
lon n'avoit d'autres
et rem-
> blée, à qui
les intérèts, qu'elle a éce dissoure
> cherché à concilier tous
des membres dela cabale, et de guelgues
> plazte par une 1 formée de partie
Je n'ai pu me dispenserde
autres de la même assemblée de Saint-Marc. du mépris des lois ci-dessus ;
à l'assembléc coloniale
me plaindre
d'en obtenir justice, qu'elle-méme sein
mais je me flatte d'antantmoins
1 en recevant dans son
tontes les lois de réligibilité,
et for-
) a enfreint
trois mois aprèssono organisation
des menbres, etce, plusde
de France, quoigue Ron nommés,
à mesure qu'ils arrivoient
de la
>) mation,
la raison qu'en juillet 2 époque
et ne pouvant lêire 3 par
ils étoient en France sous le
formation de Passemblée coloniale > ici alors le prononcé de PAscoup de la loi, et que lon ignoroit
sur leur compte. >>
) semblée'nationale
au député Lefrancq.
: Lettre susd. de Mangin-d'Omence
res, etce, plusde
de France, quoigue Ron nommés,
à mesure qu'ils arrivoient
de la
>) mation,
la raison qu'en juillet 2 époque
et ne pouvant lêire 3 par
ils étoient en France sous le
formation de Passemblée coloniale > ici alors le prononcé de PAscoup de la loi, et que lon ignoroit
sur leur compte. >>
) semblée'nationale
au député Lefrancq.
: Lettre susd. de Mangin-d'Omence --- Page 564 ---
556 )
hommes de conleur, quoiqu'il lui cut observé que sa petit
arméc étoit dans le dénucment lc plus absolu des objeis le
plus nécessaires dans ce climat brulant ; que Tinsubordinatio
et le découragement, manifestés par les colons blancs dan
leurs précédentes expéditions 3 ne fussent guère propres à lu
inspirerla confiance nécessaire pour surmonter tant d'ebstacles
et qu'enfin Blanchelande lui eit expressément défendu de fair
aucune nouvelle attaque, jusqu'à ce que l'arrivée de quelque
nouvelles troupes dans le Sud l'eût mis à portée de garantir le
bourgs voisins, absolument dégarnis de forces, du refux de
hommes de coulcur ou dcs nègres qu'on chassoit de la plaint
du Fond, Toutes ces représentations furent inutiles, et Mangin-d'Ouence ayant persisté dans son refus, il fut destitué du
commandement de la province, dans une assemblée de L
commune des Cayes, ct des habitans du dehors quis'y étoient
réunis : CC conciliabule nomma à sa place le Hieutenant-colond
du quatrième régiment, Thiballier (1). L'assemblée du Sud,
quelle que fut sa nouvelle composition, ne parut reconnoître gu'a
regret use décision aussi irrégulière, dont elle pouvoit redouter
T'exemple pour elle-mêmc. Les expressions de l'arrêté de la
commune des Cayes, et les égards qu'elle ne peut se dispenser
d'y témoigner à Mangin-d'Ouence, semblent aussi annoncer
qu'elle cédoit malgré elle au veeu de quelques factieur qui
la dominoient (z).
1 Lertres susd. de Mangin-d'Ouence à Lefraneg et à Passcmblée du
Snd. Moniteur de Saint-Domingne, du. .
.Lettres de P'assemblée
du Sud à l'assemblée coloniale, du 26 novembre 1791, et du 5janvier
1792.
2 Réquisition de Passemblée du Sud à Mangin d'Ouence, du 3€
mars 1792. Lettres dud. Mangin-d'Ovence à Passemblée du Sud ,
dct 1 et 16 avril. Antre au député à PAssemblée nationale, Ld franta,
du
Snd. Moniteur de Saint-Domingne, du. .
.Lettres de P'assemblée
du Sud à l'assemblée coloniale, du 26 novembre 1791, et du 5janvier
1792.
2 Réquisition de Passemblée du Sud à Mangin d'Ouence, du 3€
mars 1792. Lettres dud. Mangin-d'Ovence à Passemblée du Sud ,
dct 1 et 16 avril. Antre au député à PAssemblée nationale, Ld franta, --- Page 565 ---
(557 )
beaucoup de répugnance le
Thiballier n'accepta qu'avec
temps refusés il
da Sad, après l'avoir longommandement
un exemple
voit devant les yeux, dans son prélécesseur, avoit à peu
l'instabilité de la favear populaire : il
appant de
il s'attendoit, non sans fonderès lcs mêmes principes, et
disgrace. Il paroit que ce
nent, à éprouver bientôt la même
couru des risques
d'Ouence lui-mème qui, ayant
: Manginpopulaire, le détermina à accepu milieu de T'eflervescence
prévenir de plus grands maux
:r, pour
les hommes s. XX.
Au milieu de ces dissentions funcstes parmi
Insurrection
étonnant que les nègres du Sud, auxquels des nègres du
bres, il n'est pas
aient songé, comme ceux Sud.
les arines a la main,
S mettoient
Les comu Nord, à les preudre pour leur propre compte.
coloniale en France, et beaucoup
issaires de T'assemblée
le parti de T'assem-
'autres colons qui suivoient, comme eux,
avoient été
ont prétendu que les nègres
léc de Saint-Marc,
des contre-révoluxcités à cctte prise d'armes, par les agens
ils ont mis
ionaires français, envoyés à Saint - Domingue :
le
articulièrement à la tête de ces agens Cadusch qui présida des
coloniale,apres avoir été l'an
remierla seconde assemblée
Ils obserhembres les plus ardens de l'assemblée de Saint-Marc. France
ce
abandonna les quatre-vingtcing en
ent que député
ladite assemblée du Sud,desi et 31 mars,
L1on mai. Arrêté de
des Cayes, ctc., du 15
Arrêté de la conmune
: 2,4,1 16etazavcil.
Boissière a Mangu-d'Oseaces
vril. Lettre de Maurel et Tangny-laet à V'assemblée
u16 avril. Lettres de Thiballier à Alangin-d'Onence
aSud,du 16 avril.
et la lettre
les autorités citées dans la note précédoates
I Vovez
du 15 mai 1792.
e Thiballier a alangin-d'Ouence,
Arrêté de la conmune
: 2,4,1 16etazavcil.
Boissière a Mangu-d'Oseaces
vril. Lettre de Maurel et Tangny-laet à V'assemblée
u16 avril. Lettres de Thiballier à Alangin-d'Onence
aSud,du 16 avril.
et la lettre
les autorités citées dans la note précédoates
I Vovez
du 15 mai 1792.
e Thiballier a alangin-d'Ouence, --- Page 566 ---
558 )
dès le mois de mars 1791, pour retourner dans ces vues perl
des à Saint-Domingue,et qu'il débarqua dans la province du Suc
ils ajoutent que deux témoins (les dames Del'isle et de Berth
Ronceray ) ont déclaré avoir entendu dire aux nègres insurg
de la Petite-Anse, , lorsqu'elles en étsicnt.prisonnières, dans
province de T'Ouest, que ( M. de Cadusch, en sortant de Lé
> gane, leur avoit dit : mes amis, je vous montre l'exempl
> faites comme moi , incendiez toutes les habitations, c'eit
> moyen de jouir de la liberté que le roi vous a accordé
>) tuez tous les blancs et les enfans mâles, méme ceux à
> mamelle (1).>
Enfin Cadusch ayant été envoyé quelque temps après ave
Raboteau, par l'assemblée coloniale, à la Jamaique, pour y so
liciter un cmprunt, il débarqua de nouveau dans le Sud : il f
bientôt dénoncé par des lettres du Cap, comme venant soul
ver les nègres. On ameuta contre lui, sous ce prétexte, 1
habitans de la ville de Saint-Louis, qui étoit dès lors au po
voir des hommes de couleur, et ceux des Cayemittes, do
les blancs étoient les maîtres. On ouvrit publiquement ses mall
dans cette dernière commune. Le bureau de police de Sain
Louis le fit arrêter par des hommes de couleur, à son passaf
dans cette ville : ily courut, dit-on,de grands risques ; ma'g
sa qualité de député, il n'y dut sa liberté qu'aux sollicitatio
pressantes de ha commune de Cavailion, qui l'avoit élu,
celles de l'assemblée provinciale da Sud (2).
1 Déclaration de la dame Del'isle devant la commission prévôta
du Cap, du 28 septembre 1791. Rapport str Paffaire de M.
Cadusch ,à Ia suite de son compte rendu, P. 28. Débats dans Paffaix
des colonies, tomeI, P. 291.
2 Compte rendu par M, de Cadusch, p.5,6, 7 et 8. Rapports
son aflaire, P 11. et 22.
les de l'assemblée provinciale da Sud (2).
1 Déclaration de la dame Del'isle devant la commission prévôta
du Cap, du 28 septembre 1791. Rapport str Paffaire de M.
Cadusch ,à Ia suite de son compte rendu, P. 28. Débats dans Paffaix
des colonies, tomeI, P. 291.
2 Compte rendu par M, de Cadusch, p.5,6, 7 et 8. Rapports
son aflaire, P 11. et 22. --- Page 567 ---
( 55g )
Quelque opinion qu'on veuille embrasser
luteurs de l'insurrection des nègres,
sur les véritables 9. XXI,
Sud, il paroit difficile de croire
dans le Nord et dans le On l'impute
r soit entré pour rien. C'étoit que le marquis de Cadusch mal-à-p proionnaire
sans doute un contre-révolu- pos au marsont
tres-dangereux ; mais les
quis de
Peu d'accord avcc son caractère, inculpations qu'on lui fait dusch. Caes faits les plus constans. Il
> et noins encore avec
est certain
prédit, unc permission de l'Assemblée qu'il obtint, par son
her à
nationale pour retourSint-Domingue, avant la
la difficulté qu'il avoit
plupart des quatre
et les désagrémens
comme eux pour subsister vingt-cing: en
qu'ils y
France,
quer ce départ prématuré, éprouvoient, suflisent pour explisutres
qu'il eut de commun avec
d'entr'eux ; mais il a rendu le
quelques
out son temps depuis son
compte le plus exact de
le est remarquable
débarquement dans la
dans les
qu'il n'y a jamais eu de
colonie, et
lieux odl il résida. En
soupçon contre lui
Sud au mois de juin
débarquant dans la province du
pelle-sceur
1791 2 il alla d'abord
, dans la paroisse de
s'établir chez sa
léputé à l'assemblée de
Cavaillon, dont il étoit le
aonveau à la seconde assemblée Saint-Marc, et qui le nomma de
alibi précis limposibilité du coloniale. Ila prouvé par des
2 son passage à
discours qu'on lui avoit attribué
moins victorieuse Léogane : il a réponda d'une
aux soupçons
manière non
ors de sa seconde
gu'on avoit élevés contre lui
Jamaique, l'assemblée apparition dans le Sud. Avant d'aller à la
croubles qui s'étoient coloniale l'avoit chargé
élevés dans le
d'appaiser des
Facquitta de cette mission d'une
quartier de Jérémie ; il
qu'il se fut ensuite
manière satisfaisante; et lorsBtos temps et une indisposition embarqué pour la Jumiique 1 c'est le
grave qui le forcèrent de
ors de sa seconde
gu'on avoit élevés contre lui
Jamaique, l'assemblée apparition dans le Sud. Avant d'aller à la
croubles qui s'étoient coloniale l'avoit chargé
élevés dans le
d'appaiser des
Facquitta de cette mission d'une
quartier de Jérémie ; il
qu'il se fut ensuite
manière satisfaisante; et lorsBtos temps et une indisposition embarqué pour la Jumiique 1 c'est le
grave qui le forcèrent de --- Page 568 ---
( : 560 )
rclâcher de nouveau dans le Sud, oû rien n'indique qu'il ait
manceuvré le soulèvement des nègres
Quant aux soupçons quis'dlevérent contre lui dans le quartier
des Cayemittes et à Saint-Louis, la source en est connue 3
elle se trouve dans des dénonciations vagues faites contre lui
dans la paroisse de la Marmelade, dont Brulley étoit maire
et dans une lettre de l'ami de ce dernier, Page, qui étoit si fort
l'ennemi de Cadusch (2), que ma'gré toute son aversion pour
les hommes de couleur, il écrivit pourtant au bureau de police
ds Saint - Louis, formé par eux les mots suivans : ( Si
> M. Cadusch passe dans votre quartier, survciliez ses valets;
) ils sont véhémentement suspectés d'avoir provoqué l'incendie
5 du Nord. > Il est bien vrai que tous les esclaves attachés au service de Cadusch, à l'exception d'un seul qui le
suivit dans le Sud, furent au nombre des insurgés du Nord. Il
est encore vrai que l'un d'eux fut un des chefs des nègres, ct
qu'ilexistedes lettress signées par lui de celte manière, Cadouche,
major glnérel (3), et qu'enfin la vue de cet esclave, qui ne
ressembloit pas plus au marquis de Cadusch par Ics traits que
1 Compte rendu par M. Cadusch. Rapport et pièces à l'appui étant
en suite. Voyez sur-tout les P. 16 et suivantes du rapport, et les
P.1 ct 2 du préambule des pièces à l'appui dudit compte 2 ainsi que
la lettre de Page à la municipalité de Saint-Louis.
2 Rapport sur l'affaire de M. Cadusch, P. 15 et 20. Compte rendu
par Cadusch, p. 6. Voyez aus i les, écrits de Page, et sa lettre à la
municipalité de Saint-Louis, no, 6 dudit compte rendu.
* La lettre est adressée à la municipalité de Saint-Louis ; mais
personne n'ignoroit alors qu'elle étoit remplacée par un burcau de
police.
3 Compte rendu par Cadusch, p. G. Lettre de Cadusch à ses camarades, au Cap, n?. 15 des pièces dudit compte.
par
u
par Cadusch, p. 6. Voyez aus i les, écrits de Page, et sa lettre à la
municipalité de Saint-Louis, no, 6 dudit compte rendu.
* La lettre est adressée à la municipalité de Saint-Louis ; mais
personne n'ignoroit alors qu'elle étoit remplacée par un burcau de
police.
3 Compte rendu par Cadusch, p. G. Lettre de Cadusch à ses camarades, au Cap, n?. 15 des pièces dudit compte.
par --- Page 569 ---
(561 )
par la couleur, fut le fondement du bruit
Tavoit vu, la tête des incendiaires, quise répandit qu'on
Jans un temps ou il étoit bien loin les animer au carnage
aites à cet égard contre
de la. Les déclarations
nanifestes (r).
luisont pleines des absurdites les plus
Tout cela fut constaté de la manière la
a demande de Cadusch
plus authantique, sur
ancié. L'assemblée lui-même, dans un rapport très-circonsertainement
coloniale, à laquelle il fat fait, n'étoit
ion des
P3s disposée a favoriser les fauteurs de l'insurrecnègres. D'après les conclusions de ce
cquitta néanmoins Cadusch à
rapport, elle
tommune des
l'unanimité, en improuvant la
Cayemittes, et
e soi-disant bureau de
dénonçant à l'accusateur public
najor ginéral Lefranc, police de Liogane, et le soi-disane
eul contre le
qui l'avoient arrêté, Page,, qui
rapport dans l'assemblée
parla
pas même les conclusions. Il
colonials, n'en contesta
prétendit seulement
assages enétoient injurieux pour lui (2).
que quelques
"eut aucun égard à ses
L'assemblée coloniale
réclamations. Tel
e cette assemblée,
étoitau surplus l'esprit
résidée;
que, quoique ce fat Cadusch
avec la cocarde noire, elle déclara
qui l'avoit
jamais cessé d'étre digne de la
( qu'il n'avoit
confiance qu'elle lui avoit
I Rapport sur l'affaire de M, Cadusch
éponse aux inculpations faites aux dames 3 pages de 16,17, 24 et 25.
Konseray dans le rapportsur Cadusch. Lettre
Lisle et Deberth de
u 14 décembre 1791. Antre de la
de Pastourel à Cadusch',
es Cayemittes, du 3 décembre munioipalité de Jérémie à celle
ustificatives (du compte rendu 1791, numéros 3 et 11 des pièces
Jarations des numéros 12, 13 et par 14. Cadusch. Voyez aussi les dé2 Rapport susd. sur l'affaire de Cadusch.
assemblée coloniale 2 du 5
et
Extrait des registres de
e
janvier du 1
Saint-Domingue 3 des 2, 3et 4 février. fevtiera7ga. Moniteur
Rap. de Garran Coulon, Tome II,
N n
(du compte rendu 1791, numéros 3 et 11 des pièces
Jarations des numéros 12, 13 et par 14. Cadusch. Voyez aussi les dé2 Rapport susd. sur l'affaire de Cadusch.
assemblée coloniale 2 du 5
et
Extrait des registres de
e
janvier du 1
Saint-Domingue 3 des 2, 3et 4 février. fevtiera7ga. Moniteur
Rap. de Garran Coulon, Tome II,
N n --- Page 570 ---
(56>)
S accordée dès Ze premier moment de ses seances. > Page
lui-mème ne lui reprocha point alors, comme il n'a cessé
de le faire en France depuis le 10 août 2 ce crime de
contre-révolution, bien plus réel que celui qu'il lui imputoit.
Le rapport dont l'assemblée coloniale ordonna l'impression au
Rombre de mille exemplaires > aux frais particuliers des
membres de P'assemblie, les prenoit tous à témoin du zèle de
D Cadusch, de l'emploi de ses talens, de ses travaux glorieux
> dans cette assemblée, ou il avoit prouvé qu'il étoit un des
> plus fermes soutiens du patriotisme ; enfin de son dépoue-
> ment entier à la chose publique. > Les trois assemblées provinciales des diverses parties de la colonie, sans en excepter
celle de l'Ouest, si connue par son emportement révolutionnaire, lui rendirent le même témoignage, ainsi qu'une multitude
de communes ou de municipalités (1). Il est remarquable que
celle de Cavaillon, qui, après l'ayoir nommé député à la
seconde assemblée coloniale, le justifia d'une manière si éclatante dans cette occasion, et qui n'a cessé depuis de lui donner les plus grands témoignages de sa confiance étoit l'une
des plus fortement imbues des préjugés coloniaux sur l'esclavage >'
et qu'elle fut contrainte dans la suite par l'insurrection des nègres de se réfugier dans la ville des Cayes (2).
1 Rapport susd. sur l'affaire de Cadusch, P. 17 et 23. Extrait des
registres de l'assemblée coloniale 1 du 1 février 1792. Lettres des
assemblées provinciales et municipalités à Cadusch 7 no. 16 des
pièces à Pappui de son compte rendu , P. 17 et suivantes.
* Elle le nomma procureur de la commune après la dissolution
de la seconde assemblée coloniale.
2 Lettre de la municipalité de Cavaillon à l'assemblée eoloniale
du 25 janyier 1792.
et 23. Extrait des
registres de l'assemblée coloniale 1 du 1 février 1792. Lettres des
assemblées provinciales et municipalités à Cadusch 7 no. 16 des
pièces à Pappui de son compte rendu , P. 17 et suivantes.
* Elle le nomma procureur de la commune après la dissolution
de la seconde assemblée coloniale.
2 Lettre de la municipalité de Cavaillon à l'assemblée eoloniale
du 25 janyier 1792. --- Page 571 ---
(5 563 )
On n'a donc pas de
$. XXIIL:
dont le noyau de cette renseignemens certains sur la manière
on conçoit que
insurrection se forma dans le
sur Remarques
plusieurs des corps armés
Sui;
l'origine
d'hommes libres, plusienrs ateliers
par les deux castes de cette inau milieu de la
abandonnés à eux-mêmes surreccion,
guerre. civile,
camp de Romaine, durent
peut-être aussi des débris du
mer leurs
profiter des troubles pour réclavince du Nord imprescriptibles eut
droi. S. Le seul exemple de la
suffi pour soulever les
proeu besoin d'un aiguillon
esclaves,, s'ils cussent
ges effets des préjugés des éranger. Mais c'est un des plus étrancolons
qu'il ait falla des excitateurs européens, que de s'imaginee
aux noirs dans de telles
blancs pour rappeler ces droits
qui pousse
circonstances. L'instinct de la
incessamment à la liberté tout ce
nature,
pour expliquer leur soulèvement.
qui respire, suffit
II est même certain que les
plus alarmans s'étoient manifestés mouvemens d'insurrection les
le commencement de
parmi les nègres du Sud dès
lèvement des esclaves 1791, plus de six mois avant que le
ett éclaté dans le
soutant de temps avant le retour de Cadusch Nord, et presqu'audiverses déclarations qui furent
dansla colonie. suivant
du Port. - Salut (1),deux
faites alors à la municipalité
de bâtons, de
cents negres, armés de
lances, ct
manchettés,
quelques-uns même de
présentérent, au mois de janvier
pistolets se
et dans quelques autres, ou ils 1791, sur Phabitation Fabvre
enlevèrent les
commandeurs et
1 Voyez deux extraits de la
janvier 1791, contenant les déclarations municipalité du Port. - Salnt, du 25
toine, etc. Lettre de Ferlus , dans le de Fabvre, dn nbre Andu 4 septembre 1792,
Moniteur de Saint-Domingue,
Nna
manchettés,
quelques-uns même de
présentérent, au mois de janvier
pistolets se
et dans quelques autres, ou ils 1791, sur Phabitation Fabvre
enlevèrent les
commandeurs et
1 Voyez deux extraits de la
janvier 1791, contenant les déclarations municipalité du Port. - Salnt, du 25
toine, etc. Lettre de Ferlus , dans le de Fabvre, dn nbre Andu 4 septembre 1792,
Moniteur de Saint-Domingue,
Nna --- Page 572 ---
( 564) )
divers esclaves; d'autres attroupemens se formèrent dans la plaine
du Fond; plusieurs des insurgés étoient dès lors armés de fusils;
leur intention étoit de réunir tous les nègres des ateliers pour
demander a leurs maitres la libre disposition de trois jours par
semaine, que le roi leur avoit, dioient-il,.acordés. ( Siles
> blancs s'y refusoient, ils devoient tomber sur eux, et les
> égorger. )) Une de ces déclarations, confirmée par divers
mémoires, semble annoncer que les her mmes de couleur étoient
les ixstigateurs de ce mouvement, ou que du mcins is le favorisèrent () :ils comptoient sans doute s'en prévaloir pour
obtenir l'égalité des droits qu'ils réclamoient. Ils y trouvoient
d'ailleurs un instrument qui n'étoit que trop propre a servir leurs
ressentimens; leur animosité les aveugloit au point de leur persuader qu'ils pourroient réprimer ce soulèvement quand ils seroient d'accord avec les blancs. Enfn une lettre très-postérieure
assure que Mauduit avoit fait la promesse de ces trois jours
au nom du roi , pour gagner les nègres; mais rien ne justifie
cette dernière indication.
Ces soulèvemens se propagérent avec une grande activité
durant la guerre civile qui régna entre les blancs et les hommes de couleur avant la loi du 4 avril, et sa promulgation
dans la colonic. Les négres armés par les deux partis, ceux
sur-tout qui avoient été arrachés de leurs ateliers par les hommes de couleur, et qui faisoient comme eux des incursions
dans la campagne, se lassèrent bientôt de la dépendance dans
laquelle on vouloit les tenir. Par-tout ils se réunirent aux
J Mouvemens de la paroisse du Petit-Trou 9 quartier de Nippes.
Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé à Jacmel.
la colonic. Les négres armés par les deux partis, ceux
sur-tout qui avoient été arrachés de leurs ateliers par les hommes de couleur, et qui faisoient comme eux des incursions
dans la campagne, se lassèrent bientôt de la dépendance dans
laquelle on vouloit les tenir. Par-tout ils se réunirent aux
J Mouvemens de la paroisse du Petit-Trou 9 quartier de Nippes.
Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé à Jacmel. --- Page 573 ---
(565 )
abandonnés à eux-mêmes au milieu
esclaves de divers ateliere,
libres même, sur quiplude la confusion générale. Des nègres
dits, c'està-dite,
sieurs des hommes de couleur proprement des blancs avec les nègresdu commerce
une supéceux qui provenoient
d'affecter
avoient l'injustice et Vinconséquence
vers lesquels
ses,
allèrent se réunir aux esclaves,
celie de
riorité marquée,
de l'origine 9 par
ils étoient attirés par la conformité
la plus intime padu
êt souvent par
la couleur et
langage, les sentimens les plus faits pour
renté; c'est-à dire, par tous
hommes simples (1).
S. XXIV.
agir sur ces
des nègres étoient Vainest tenalarmans de cette insurrection
libres tatives des
Les progrès
sentir aux deux classes d'hommes
hommes de
bien propres à faire
de leur rapproche- couleur pour
la folie de leurs divisions , et la nécessité
démarches. se réconcilier
Les hommes de couleur Srent les premières cet objet avec les
ment.
Saint-Léger envoya aux Cayes pour
les blancs.
Le commissaire
pour inviter
Rigaud, avec une proclamation
4A
leur général
dans le même temps odils'efforçoit
blancs à la paix 2 à peu près de la Croix-der-Bouquets avec
de réconcilier la confédération
été la conduite de Rigaud
Quelle qu'ait
le Port-au-Prince.
blancs les
les plus
aux
propositicns
durant la guerre, il fit
les dispositions
en leur témoignant
faites pour être accueillies,
d'humanité. Personne
cordiales, et des sentimens pleins
dans le
les plus
qui commandoit encere
ne l'écouta. Nangin-d'Ouence, avec Tes autorités des Cayes,
Sud, et qui, malgré ses dissentions contre les hommes de coutout leur emportement
lettre de Rigaud,
partageoit de croire, en recevant une
un tel
leur 3 feignit
Saint-Léger eit chargé
qu'il n'etoit pas possible que
en France,
coloniale à ses commissaires
1 Letire de P'assemblée
du 11 juillet 1792, etca
N n 3
ne l'écouta. Nangin-d'Ouence, avec Tes autorités des Cayes,
Sud, et qui, malgré ses dissentions contre les hommes de coutout leur emportement
lettre de Rigaud,
partageoit de croire, en recevant une
un tel
leur 3 feignit
Saint-Léger eit chargé
qu'il n'etoit pas possible que
en France,
coloniale à ses commissaires
1 Letire de P'assemblée
du 11 juillet 1792, etca
N n 3 --- Page 574 ---
566 )
intermédiaire de négocier avec les blancs (1) : il lui rappela
les in.itations burbares à la destruction des blancs, qu'on lit
dans la trop fameuse lettre que Pinchinat avoit écrite au nom
des chefs d-s hommes de couleur, après l'incendie du Port-auPrince (2). L'assemblée du Sud ct Ja commune des Cayes
denoncéient S-int-Léger à l'assemblée coloniale comme le pls
mortel ennemi de S-int Domirgue (3). On sent bien que lorsq" la loi du4 avrillings, qui proclamoit enfin l'égaliré des
diois poar les homme: de couleur, arriva dans le Sud,. elle
ne Put pas opérer une réunion sincère entre les blancs et
eux
fi XXV.
Nouvelles
Les blancs eux - mêmes n'étoient pas mieux unis entr'eux.
dissentions Depuis quela ville des Cayes éioit devenue le
de tous
parmi les les colons de la plaine, il sly étoit aussi
refoge
blancs des
rendu sous le même
Cayes.
préiexte une foale d'habitans des paroisses voisines, et beaucoup
de gens sans aveu. Leur inAuence y étoit d'autant plus grande
que la population ordinaire de celte ville éloit tres-peu considé
rable : on n'y comptoit peut-être pas un millier de blancs, et
cette petite ville ressentoit tous les inconvéniens qu'on attribue ordinairement à la grande population des capitales, mais
1 Proclamation de Suint-Léger, du.. mars 17)2. Letire du mône à
Passemblde du Sud, du 6avril. Lettre de Rigaudi ladite
des 13 mars et 19 avril. Autre de Mangin-d'Oacnce à Ja nemne assmblie, 9
blée , du 19 mars.
assem2 Voyez le chapitre précédent, S. III.
3 Arrèté de l'assemblée du Sad et de la commune des
réunies, du 30 avril 1792.
Cayes
* On verra quelques détails sur cet objetà la fin du chapitre
de la troisième partie de çe rapport.
premier
Lettre de Rigaudi ladite
des 13 mars et 19 avril. Autre de Mangin-d'Oacnce à Ja nemne assmblie, 9
blée , du 19 mars.
assem2 Voyez le chapitre précédent, S. III.
3 Arrèté de l'assemblée du Sad et de la commune des
réunies, du 30 avril 1792.
Cayes
* On verra quelques détails sur cet objetà la fin du chapitre
de la troisième partie de çe rapport.
premier --- Page 575 ---
(567 )
lieux ou
des
attachés aux rapports politiques
surqui sont plntôt
et du gouvernement,
est le centre des affaires générales
Ces homes ruinés et
tout dans les temps de révolution. d'autant plus grande contre les
désceuvrés avoient une haine
qu'ils
ceux-ci les avoient leng-tempshumilia,et
planteurs, que
de petit blanc quiconque ne posséfétrissoient encore du nom
pas des fonctions
ou ne remplissoit
doit pas une plantation les orages de la révolution, n'ayant
publiques. Tourmentés par
leurs mouvemens dans
auprès d'eux personne qui pôt diriger liberté, ils S agitoient sans
1a route de la-justice et de la véritable de leur nullité et d'humilier
avoir d'autre but que de sortir enfin
à leur tour leurs ennemis.
entraînés dans le parti
Ces petits blancs avoient déja été
faite en sa
de Saint-Marc, lors de la confédération de manide Yassemblée
et ils n'avoient cessé depuis
faveur dans le Sud-Ouest,
celui du
> formé
haine contre
gouvernement
fester la plus grande
et des fonctionnaires
principalement des grands propriétaires dans les députés du
publics : ils avoient trouvé un puissant appui étoient presque tous da
Sud auprès de l'assemblée coloniale, qui assemblée elle-même
dans cette
côté Ouest, et par conséquent C'éloit pour servir ses vues que,
côté l'avoit dominée.
tant quece
derniers des quatre - vint - cinq en décembre
lors du retour des
s'étoient joints à eux pour dissoudre et
1791, les petits blancs
renouveler l'assemblée du Sud
S. XXVI.
contenter Y'ambition des Asscinblée
Ce déplacement ne suffisant pas pour
avoir dans leurs de commuagitateurs, ils imaginérent > pour
nes réunics.
principaux
au député à TAssemblée nationale,
I Lettre de Mangin-dOuence
Leftancq, du 15 avril 1792.
Nn 4
des
s'étoient joints à eux pour dissoudre et
1791, les petits blancs
renouveler l'assemblée du Sud
S. XXVI.
contenter Y'ambition des Asscinblée
Ce déplacement ne suffisant pas pour
avoir dans leurs de commuagitateurs, ils imaginérent > pour
nes réunics.
principaux
au député à TAssemblée nationale,
I Lettre de Mangin-dOuence
Leftancq, du 15 avril 1792.
Nn 4 --- Page 576 ---
568 )
mains un instrument sans cesse à leur disposition de réunir
dans une assemblée commune tous les habitans de , la ville des
Cayes, 2e et ccux qui s'y étoient réfugiés des paroisses voisines,
non pour en former un club, mais pour les présenter comme
la généralité du peuple de la province du Sud. Cette assemblée
fut présidée par un des quatre-ving-cing, Henry
ne
Maurel, qui
cessa de l'agiter par les motions les plus violentes. Elle eut
pour secrétaire Tanguy-la-Beissibie, procureur de la sénéchaussée de Torbeck (1), qui, après avoir pris, au commencement
de la révolution, la défense du gouvernement, en proclamant
les principes les plus modérés (2), étoit devenu un demagogee
furieux 5 qui, du temps de Polverel et Sonthonax,
9 afficha de
nouveau les principes de la plus extrême modération, pcur
s'opposer aux mesures révolutionnaires qu'ils mirent trop souvent en usage ; et qui, réfugié enfin dans les Etats - Unis 3
y est devenu l'un des plus fougueux apôtres du monarchisme
et del'aristocratie (3). Ces nouveaux tribuns réglèrent tout,
même les mesures militaires, dans l'assemblée des communes i
ils y faisoient ordonner, au nom du peuple, des sorties générales
contre les insurgés > et persence ne se présentoit pour les
exécuter (4).
1 Extrait des registres de la commune des Cayes, du 16 avril
3792,
2 Réflexions impartiales d'un citoyen, sur Ies affaires présentes de
Ssint-Domingue, par Me. Tongiyade-laàledbwite.
3 Vorez les chapitres IV et IX de la troisième partie du présent
rapport.
4 Extrait susd. des registres de la commune des Cayes 2 du 16
avril, etc. 1792,
se présentoit pour les
exécuter (4).
1 Extrait des registres de la commune des Cayes, du 16 avril
3792,
2 Réflexions impartiales d'un citoyen, sur Ies affaires présentes de
Ssint-Domingue, par Me. Tongiyade-laàledbwite.
3 Vorez les chapitres IV et IX de la troisième partie du présent
rapport.
4 Extrait susd. des registres de la commune des Cayes 2 du 16
avril, etc. 1792, --- Page 577 ---
( 569 )
Vinsubordination avoit pro- s. XXVIt.
Pour prévenir les malbheurs que
de la
du Fond, Succèséphe.
les principaux colons
plaine
mèresdeThiduits jusqu'alors,
s'étoient réfugiés aux Cayes, ballier 5 sa
sur-tout ceux de Torbeck, qui faire
sous le nom des démission
avoient eu assez de crédit pour
passer, arrêté qui remettoit forcéc.
communes réunies dans cette ville, un
de
militaires dans les mains du commandant
tous les pouvoirs
la destitution de Manginla province, peu de temps après
avoir
succès;
d'Ouence. Cette mesure parut d'abord
quelques princiThiballier parcournt la plaine avec des détachemens
formés d'hommes de couleur : il fit rentrer beaucoup
palement
des
retourd'esclaves dans les ateliers ; la plupart
propriétaires recommenhabitations, ou les travaux
nèrent même sur leurs
insurgés, furent obligés
cèrent. Ceux des nègres qui restèrent
mais bienet de se réfugier dans les mornes 5
de se disperser
comme
de nouveau, et redescendirent,
tôt ils se rassemblèrent
ravager les parties de la
des torrens du haut des montagnes, dans la paroisse de Torplaine les moins défendues, sur-tout
alors le sort de son prédécesseur:
beck. Thiballier éprouva
l'assemblée des communes réules agitateurs qui dirigeoient
les hommes de couleur; et
nies, prétendirent qu'il favorisoit lui, renouvela plus que
la méfiance qu'on fit naître contre
faisoient presque la
jamais linsubordination des citoyens qui méconnue ne lui perseule force de la province. Son autorité
se livrèrent
de
les incursions des nègres qui
mit plus réprimer
le
même à offrir aussi
terribles dévastations : on força
aux plus
sa démission (1).
V'assembléc du Sud, du 2 mai1792. Lettre
1 Lettre de Thiballierà
Lettre de Passemblée du Sud à
de la Gautraye, du .
la
jamais linsubordination des citoyens qui méconnue ne lui perseule force de la province. Son autorité
se livrèrent
de
les incursions des nègres qui
mit plus réprimer
le
même à offrir aussi
terribles dévastations : on força
aux plus
sa démission (1).
V'assembléc du Sud, du 2 mai1792. Lettre
1 Lettre de Thiballierà
Lettre de Passemblée du Sud à
de la Gautraye, du . Lettre de TEscale, de
Passembléc coloniale , du 19 juillet 17)2. --- Page 578 ---
(570 )
& XXVIIL.
Bientôt après on fut réduit à entrer en négociation avec lee
Essai de
négociation esciaves,comme on l'avoit déja fait avec les hommes de couleur,
avcc lesne- qui leur avoient promis la liberté de plusicurs d'entre eux , et
grcs.
gui insistoient sur l'exécution de cette mesure (1). On lit
même dans un mémoire fait par la paroisse du Trou, ( que
> les hommes de couleur avoiert forcé les habitans des pa-
> roisses voisines à arréter, dans une délibération écrite, qu'ils
> donneroient à leurs esclaves deux jours par semaine, et que
> les autresjours, s'ils vouloient travailer, ils le pourroient. >
Les nègres rassemblés dans la plaine du Fond et dans les mornes
voisias voulurent obtenir de l'assemblée du Sud des conditions
encore plus favorables, dans le temps même ou la promulgation récente de Ia loi du 4 avril sembloit devoir doubler les
forces des hommes libres de la province : ils demandèrent pour
tous les nègres indistinctement les trois jours frincs par semaine, qui avoient été, dès le commuencemeat, l'objet avoué
de leur insurrection (2). Ils réclaméreut en outre la liberté de
trois cents d'entre eux.
Ces demandes, qui pouvoient bien n'ètre de leur part qu'un
Veronne à Larcheresgse-Tlileud 2 dn premier juillet 1792. Lettre
anonyme de Dénard à macame Blanclclande 5 du premier aoit.
Journal exact et fidele de ce qui s'est passéaux Cayes depuis la trcp
fatale époque du 23 juillet 1792.
1 Jonrnal exact et fidele de ce qui s'est passé aux Cayes 2 depuis
la trop fatale époque du 23juillet 1792.
2 Mouvemens de la parrisse du Trou, quartier de Nippes. Lettre
de Villars à l'abbé Ouvière, des 11, 18, 21 et 28 janvier 1792.
Lettre de Gatechair au même, du 28 janvier. Autre de Chesne au de
la Migrière, commissaire de l'assemblée coloniale 3 à ses coliegnes
eil Frauce, du 16 aoit.
es 2 depuis
la trop fatale époque du 23juillet 1792.
2 Mouvemens de la parrisse du Trou, quartier de Nippes. Lettre
de Villars à l'abbé Ouvière, des 11, 18, 21 et 28 janvier 1792.
Lettre de Gatechair au même, du 28 janvier. Autre de Chesne au de
la Migrière, commissaire de l'assemblée coloniale 3 à ses coliegnes
eil Frauce, du 16 aoit. --- Page 579 ---
(5m1)
du temps, leur furent refusées : quelques
oyen de gagner
ainsi les chefs
ersonnes objectèrent que si Y'on récompensoit
forte
s'étoient soulevés, on devoit, à plus
:s esclaves qui
avoieut éte fideles à leurs
ison, la même faveur à ceux qui
deux de leurs
aitres. Après le rejet de ces proposition,
aller
eurent assez de confiance pour
hels, Armand et Martial,
du Sud, Thibaliier,
juix Cayes les réitérer. Le commandant
Martial qui
i quelque peine à garantir de Ja fureur pablique deux chels
uniforme d'officier. Le départ de ces
étoil venu en
nouveaux massacres:
tsignalépar de nouveauxi incendies et de
et dans
se retirèrent dans les hanteurs des Trois-Rivières,
doscinds a servir d'asyle
autres mornes escarpés quisembloient
cultivées du
des sauvages (J; I's occupoient aus:i lesgorgus
sous
portent la dénomination des Plaions,
bisinage > qui
devenues que trop fameuses par
quelle eiles ne sont depuis
défaite des blancs (2).
$. XXIX.
Tel étoit Pétat de la province du Sud quand Blanchelande avril Mucifsda
de P'abattemert oi la loi du 4
d=
arriva. Il avoit profité
les factieux, pour voyage
avoit mis l'assemblée coloniale et tous
blan.hielande
la ville du Cap, et toutes dausle Sud
hever de soumettre à son autorité
de la province du Nord que lcs blancs occupoient
s parties
avec le même succès, dans
icore : il ft la même tentative ,
retourné depuis
province de T'Ouest, oi il n'avoit point
Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé au Cayes, depris la
1 fitale époque du 23 juillet 1792. Mémoire de Passemblée pro:
pp
du Sad, y réunies, en réponse à la
nciale, 1 et des municipalités
ttre de Blanchelande, 2 P- 7
a Voyez ci-après lcs $5. XXXIV,XXXV etxXXVI.
il ft la même tentative ,
retourné depuis
province de T'Ouest, oi il n'avoit point
Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé au Cayes, depris la
1 fitale époque du 23 juillet 1792. Mémoire de Passemblée pro:
pp
du Sad, y réunies, en réponse à la
nciale, 1 et des municipalités
ttre de Blanchelande, 2 P- 7
a Voyez ci-après lcs $5. XXXIV,XXXV etxXXVI. --- Page 580 ---
(572) )
qu'il s'en étoit enfui lors de l'assassinat du colonel Maudui
Dès qu'il y parut avec le commissaire civil Roume, ily f
reçu de la manière la plus propre à lui faire oublier toute l'
mertume de cet événement 5 il y éloit appelé par le voeu
tous ceux qui ne partageoient pas les fureurs de l'assemblée
FOuest, par les hommes de couleur sur-tout et les blancs 9
s'étoient confédérés avec eux. La ville même du Port-ai
Prince, consternée par les revers qui avoient suivi la sortie (
Praloto, et par les dispositions de la métropole en faveur
tous les hommes libres, se soumit à toutes les conditions 9'
Blan chelande crut devoir lui imposer lorsqu'il s'y présenta ave
deux vaisseaux de ligne, quoique plusieurs de ces conditiol
fussent de nature à blesser son orgueil et tous les sentimei
qu'elle avoit manifestés jusqu'alors. On trouvera quelques détai
sur cet objet dans le chapitre suivant, lorsqu'il sera plus parti
culièrement question de l'exécution de la loi du 4 avril.
Le motif avoué de ce voyage 9 et probablemeni un des pli
puistans sur Blanchelande, étoit d'aller chercher dans l'Ouest
et particulièrement parmi les nouveaux citoyens, des force
capables de réduire les esclaves révoltés de la province d
Nord. Une multitude de colons blancs avoit péri dès la pre
mière campagne avec une partie des troupes de ligne envoyée
par la métropole. L'intempérie du climat, devenue cent foi
plus funeste par la mauvaise administration des armées et de
hôpitaux, en moissonnoit journellement les foibles restes. Le
hommes de couleur seuls 3 par la force de leur constitution, e
par l'habitude qu'ils avoient de se livrer aux travaux les plu
pénibles dans ces climats brôlans 9 paroissoient propres à rem
placer ce vuide effrayant d'hommes, qui se faisoit sentir dan:
érie du climat, devenue cent foi
plus funeste par la mauvaise administration des armées et de
hôpitaux, en moissonnoit journellement les foibles restes. Le
hommes de couleur seuls 3 par la force de leur constitution, e
par l'habitude qu'ils avoient de se livrer aux travaux les plu
pénibles dans ces climats brôlans 9 paroissoient propres à rem
placer ce vuide effrayant d'hommes, qui se faisoit sentir dan: --- Page 581 ---
( 573 )
Blanchelande, encouragé
ates les parties de la province (1).
crut pouvoir s'en
dans le Nord et dans T'Onest,
petit
r ses succès
dans le Sud; il espéra qu'un
ometyre de semblables
rétablir Y'ordre, et qu'il
umbre de jours suffiroit pour y de couleur de cette propurroit ensuite engager les hommes suivre dans le Nord, pour
de celle de T'Ouest à le
nce et
On va voir combien il fut cruelleduire les nègres insurgés.
ent déçu dans ses espérances.
de la pres- S. XXX.
arriva dand le Sud par cette pointe
on le Inefficacité
Blanchelande la Grande-Anse(a), et qui, comme lois de ses melile qu'on appelle
dès lors à se soustraire aux
sures à Tibuprra dans la suite (3) songesit coloniale clle-méme. Par-tout ron.
la métropole et de V'assemblée des nègres, sans y pouvoir
vit les traces fumantes des ravages colonie avoit été trop longorter remède : cette partie de la
qu'il pôt y avoir
mps perdue de vue par le gouvernement seule. pour A Tiburon, bourg
l'influence par son action morale
et la ville des
la
formée par la Grande-Anse
tué entre pointe
Blanchelande à rester vingtayes, les habitans engagèrent
si sa présence ne rennatre heures parmi eux , pour essayer des environs : ils le
le calme aux ateliers insurgés
Blanroit pas
pour les y inviter.
rièrent de publier une proclamation les succès que son passage avoit
selande la fit, en rappelant
de Blanchande au Port-au - Prince, par un
1 Relation du séjour
de Blanchelande à Passemblée coloniale,
réole, pag. 1 et 2. Lettres
es30 juin et 3juillet 1792.
à l'assemblée coloniale 7 du
2 Lettre de la mmicipalité des Cayes
remier août 1792.
de la troisième partie de ce
3 Voyez la fin du chapitre premier
apport, et le chapitre VII de la même partie.
la fit, en rappelant
de Blanchande au Port-au - Prince, par un
1 Relation du séjour
de Blanchelande à Passemblée coloniale,
réole, pag. 1 et 2. Lettres
es30 juin et 3juillet 1792.
à l'assemblée coloniale 7 du
2 Lettre de la mmicipalité des Cayes
remier août 1792.
de la troisième partie de ce
3 Voyez la fin du chapitre premier
apport, et le chapitre VII de la même partie. --- Page 582 ---
(574)
ensdans la prevince de TOusst; ill'envoya à l'assemblée col
niale, en se contentant de témoigner combier il desiroit qu
les vaux des bons ciroyens pourie retour de Pordre fusser
remplis 5 et l'assemblee coloniale s toujours infidèle dans l
comptes gu'elle rendoit a la métropole, marqua > pou de temp
après, a SCS commissaires en France: ce M. le general est at
> sent; 3 il nous écrit de Tiburon que ses dispositio.s ont ré
D tabli la tranquillité dans ce quartier, ct la municipalié d
> la paroissc nous annonce tout le contraire, et nous dem.nd
> un bâtiment pour reccvoir ses habitans, dont les uns fuient
* et les autres s'atiendent à tout moment à voir les brigand
> fondre sur eux. ) Blnchelande, qui vouloit réunir aux Caye
le pelit nombre de troupes de ligne qui étoient dans la province
afin d'en imposer aux insurgés, si cela éloit possible, par u
appareil plus redoutabie, appela dans cette ville quelques com
pagnies qui se trouvoient à Tiburon ou à Jérémie ; et cett
même assemblée coleniale, qui s'étoit si souvent plainte que I
dissémination des troupes de ligne en rendoit les efforls inutiles, lui lit eicore un crime de ce déplacement dans la même
lettre (1).
$. XXXI.
Son début Blanchelande se rendit à la ville des Cayes le surlendemain
aux Cayes. de son passage à Tiburon. Le mauvais succès de l'affaire ge
1 Lettre des habitans de Tiburon et des Anglais à Bianchelande,
du 21 jnillet 1792. Proclamation de Bianchelande aax negres, dudit
jeur. Lettre des commissaires du comité de correspondance de
l'assemblée coloniale à ses commiss.ires en France 1 du 4 août
1792. Lettre de la municipalité ces Care: à l'assemblée coloniale,
dt premier août. Journal exact et Edele ce ce qui s'est passé aux
Cayes > depuis la trop fatale époque du 23juillet.
chelande,
du 21 jnillet 1792. Proclamation de Bianchelande aax negres, dudit
jeur. Lettre des commissaires du comité de correspondance de
l'assemblée coloniale à ses commiss.ires en France 1 du 4 août
1792. Lettre de la municipalité ces Care: à l'assemblée coloniale,
dt premier août. Journal exact et Edele ce ce qui s'est passé aux
Cayes > depuis la trop fatale époque du 23juillet. --- Page 583 ---
(5;5)
suivit de si près son arrivée dans cette capitale,
mérale qwi
eut sur le sort de la province et
T'importante infuence qu'elle
et la manière diverse dont on l'a repréde toute la colonic, s'écarte ici de la loi qu'on s'étoit imposentée, exigent que Pon n'entrer dans aucun détail sur les opésée en quelque sorte de
bien difficile d'apprérations militaires, qu'il seroit en général
d'ailleurs on
cier à de si grandes distances , et sur lesquelles
certains. Cette action,
manque le plus souvent de renseignemens
de décourager les blancs, en montrant aux nègres
en achevant
aux uns et aux autres que l'insurrectoute leur force 1 prouva
dans le Sud et dans 1'Ouest
être étouffée
tion ne pouvoit pas plus
elle fit perdre au parti du
que dans le Nord de la colonie :
dans les deux derle crédit qu'il avoit regagné
gouvernement La faction de l'assemblée de Saint-Marc,. Si
nièfes' provinces
s'en servit pour se relever ; elle reprérécemment abattue,
avoit sacrifié les priasenta Blanchelande comme un traître qui
rétablir l'ancien régime en percipales forces des blancs pour
Ces
amis de la révolution à Saint - Domingue.
dant tous les
de
portées à la métropole dans une multitude
pamaccusations
à la barre de la Convention nationale,
phlets, et proclamées conduire Blanchelande sur l'échafaud
n'ont pas peu contribué à
des
que l'on
du tribunal révolutionnaire. La multitude
pièces
objet, a mis la commission à portée de
a sous les yeux sur cet
connoitre la vérité; elle deit la manifester.
astucieuse par-tout employée par les
Suivant la politique
Blanchelande fut reçu aux
autorités constituées de la colonie,
l'asP'affectation des plus grands honneurs, quoique
Cayesavec
les
les plus vives contre
semblée du Sud eût déja porté plaintes
soit à l'Assemblée nationale 1 soit à l'assemblée coloniale 2
lui,
linatilité des demandes de secours qu'elle lui avoit
à cause de
manifester.
astucieuse par-tout employée par les
Suivant la politique
Blanchelande fut reçu aux
autorités constituées de la colonie,
l'asP'affectation des plus grands honneurs, quoique
Cayesavec
les
les plus vives contre
semblée du Sud eût déja porté plaintes
soit à l'Assemblée nationale 1 soit à l'assemblée coloniale 2
lui,
linatilité des demandes de secours qu'elle lui avoit
à cause de --- Page 584 ---
(576) )
faites (1). On lui offrit le dais qu'il eut la sagesse de refuser 3
il reçut les complimens les plus excessifs du président de l'asscmblée provinciale, Bontemps, quand il s'y présenta. Plus
franc que cette assemblée, mais aussi plus imprudent, il ne
mit aucune réserve dans les plaintes qu'il porta contre quclques-uns de ses membres; on assure qu'il l'invita à éloigner
de son sein les serpens qu'elle nourissoit (2).
De telles expressions auroient été déplacécs, quand bien
même il auroit eu les moyens les plus puissans pour soutenir
ceux qui se seroient rangés du parti du gouvernement. Dans
le déplorable dénuement oi il se trouvoit, elles ne firent qu'accroître la haine que lui portoient déja les dominateurs de la
ville des Cayes: tel étoit leur aveuglement, que malgré les
motifs supérieurs qui auroient di leur faire une loi de tout sacrifier pour sauver les restes de la' population blanche, ils ne
songèrent qu'a pousser Blanchelande à des opérations désastreuses
qui devoient le perdre dans l'opinion publique de la colonie
et de la métropole, quoiqu'elles dussent encore plus inévitablement combler les maux de Saint-Domingue en assurant de
nouveaux succès aux nègres (3).
1 Lettre de T'assemblée du Sud à Blanchelande, du 15 mai 17)2.
Lettre de ladite assemblée aux députes des Cayes s Torbeck et Cavailion. Adresse de ladite assembice à l'Assemblée nationale, du 18
décembre 1791.
2 Mémoire susd. de l'assemblée provinciale du Sud. Journal exact
et fdèle de ce qui s'est passé aux Cayes. Lettte anonyme ( de
Denard) à madame Blanchelaude, du premier août 1792.
3-Lettre de l'assemblie du Sud à Blanchelande, ,du 31 juillet 1792.
Lettre de Blanchelende à l'assenblée coloniale, 2 du 16 août.
L'assemblée
nationale, du 18
décembre 1791.
2 Mémoire susd. de l'assemblée provinciale du Sud. Journal exact
et fdèle de ce qui s'est passé aux Cayes. Lettte anonyme ( de
Denard) à madame Blanchelaude, du premier août 1792.
3-Lettre de l'assemblie du Sud à Blanchelande, ,du 31 juillet 1792.
Lettre de Blanchelende à l'assenblée coloniale, 2 du 16 août.
L'assemblée --- Page 585 ---
(577)
les factions
en soutenoient le . XXXII.
L'assemblée du Sud, et
qui
réunies, On le force
dominant dans les assemblées des communes
à faire une
parti
Blanchelande avec les plus grandes instances, au nom attaquegénépressèrent
les Cayes sans rale contre
du salut de la province, de ne pas quitter
consé- les nègres
réduit les nègres insurgés. Ils lui demandèrent en
pour le peravoir
tous les homines éclaiquence une de ces sortics générales que
l'expérience avoit prouvé que,
rés condamnoient, parce que avoir du succès, elles occasionlors mèrae qu'elles paroissoient
les incendies que les
noient toujours de nouveaux dommages par
faisoient dans leur retraite. Cetle mesure paroissoit plus
nègres
l'accroissement des dissentions qui
désastreuse encore depuis
l'absence
d'esavoient lieu parmi les habitans, et dans
complète n'avoit
la
La loi du 4avil
prit peblic oi se trouvoit province. les blancs et les hommes
que bien imparfaitement rapproché
divisés entre
de couleur; les blancs euz-mêmes étoient toujours
ont assuré que les sorties généralcs
eux. Les grands planteurs
haine contre eux (1),
n'étoient leples souventdemandées que par
elles étoient
achever le ravage de leurs habitations; 5
et pour
par Thibailier
également désapprouvées par Mangin-d'Ouence, qui a fait
le
des hommes de couleur, Rigaud,
et par général
de talens militaires et de courage.
preuve, dans tous les temps,
on le voit dans
C'étoit aussi l'opinion de Blanchelande, comme
lettres à l'assemblée coloniale. II observa à l'asplusieurs de ses
Pextrait de Ia séance de l'assemblée du Sud, du 26 juillet
1 Voyez
des
comprises dans le paquet no.12 de
3792, dans le rapport
pièces de Pinventaire de ses commissaires;
P'assemblée coloniale, coté AA: 21, ,
l'assemblée coloniale, des 22
la lettre de la municipalité des Cayes à
Blanchejuillet et premier août ; et la lettre de Dénard à madame
lande, du premier août.
de Garran-Cou'on. Tome II.
0o
Rapport
Sud, du 26 juillet
1 Voyez
des
comprises dans le paquet no.12 de
3792, dans le rapport
pièces de Pinventaire de ses commissaires;
P'assemblée coloniale, coté AA: 21, ,
l'assemblée coloniale, des 22
la lettre de la municipalité des Cayes à
Blanchejuillet et premier août ; et la lettre de Dénard à madame
lande, du premier août.
de Garran-Cou'on. Tome II.
0o
Rapport --- Page 586 ---
(,5,8)
semblée du Sud, qu'il n'avoit pas assez de forces pour attaquer
les negres, sans compromettre les propriétés encore existantes,
et qu'il falloit se borner à garantir la plaine de leur incurs.on.
On lui objecta qu'il trouveroit des forces plus que suffisantes
pour cette expédition, en réunissant les citoyens blancs et de
couleur 2ux troupes de ligne 5 qu'on ne le laisseroit manquer
de rien; et que s'il s'y refusoit, il perdroit la province du
Sud,
Blanchelande ne fut point convaincu; mais la foiblesse de son
caractère ne lui permettoit pas de lutter comtre l'opinion publique quand elle se prononçoit avec violence. Il s'occupa, non
pas à faire rejeter ce projet désastreux, mais à en déverser
sur d'autres la responsabilité, cn demandant qu'on assurat la
sienne par une réquisition : c'étoit là nne mesure attentatoire à
lautorité qui lui appartenoit de diriger la force publique 3
comme il l'avoit souvent soutenu dans ses démélésavec l'assemblée coloniale. Cependant il persista, dans cette idée inconséquente 2 qui paroît lui avoir été suggérée par une douzaine de
grands p'anteurs dontilavoit forme son conseil(s).
De son côté, Tassembiée provinciale qui, comme toutes
celles de la colonie, s'étoit si souvent arrogé le droit de réquisition sur le pouvoir exécutif, refufa, avec la même constance 9
d'en donner une à Blanch-lande; mais, afin qu'il ne pit pas se servir
1 Lettres de Blanchelande à l'assemblée coloniale, des 28 juillet et
16 août 17;2. Conseil de guerre, tenu par Blanchelande le 8 août
1792. Lettre de la municipalité des Cayes à l'assemblée coloniale, des
27 juillet et 1 aoit. Lettre anonyme (de Dénard ) à madame Blanchelanrie, du 1 aoit.
9
d'en donner une à Blanch-lande; mais, afin qu'il ne pit pas se servir
1 Lettres de Blanchelande à l'assemblée coloniale, des 28 juillet et
16 août 17;2. Conseil de guerre, tenu par Blanchelande le 8 août
1792. Lettre de la municipalité des Cayes à l'assemblée coloniale, des
27 juillet et 1 aoit. Lettre anonyme (de Dénard ) à madame Blanchelanrie, du 1 aoit. --- Page 587 ---
de ce ptétere
579 )
pour se dispenser de
prudente, elle donna des
faire une
nistrations
ordres aux
expétition imseroit
pour qu'ils eussent à lui différens chefs des adminécessaire. Elle
fournir tout
> étoit
déclara, dans une de
ce qui lui
persuadée
ses
9) heareuse
que les citoyens et
lettres, ( qu'elle
contrée
du
s'empreseroient de' labitans de cette mal-
)
gouverneur; que
marcher sous
pas), et donneroit lassemblie marcheroiz
lesordres
> c'étoit la scule
l'exemple d'une obéissance (eile ne le fit
de cette
manière dont elle pdt
Passive 5 que
A
expédition, d'oit
contribuer aux
que les communes
dépendoit le salue de Za
succès
son
avoient remis tout entre province ;
représentants.
les
> ordres et à les faire que c'étoit donc à lui mains de
>> néceflité de
à donner les
ne
pas cxécuter; que si la
> pas de trouver
trop dégarnir la
population et la
> les
le nombre d'hommes ville, ne
frégates et les
donz il permettoiene
>) lui en fournir
batimens marchands
auroit besoin,
de cette
le complet, > On voit, Pourroient peut-Étre
assemblée ou de ses
dans plasieurs
beaucoup de cette
membres,
écrits
vélique, od le bien conduite plus absurde qu'elle se félicite
une autorité
Public étoit sacrifié à la encore que machiaLes
tivale, en achevant de la satisfaction de perdre
grands
décréditer
sur eux de lai planteurs, qui entouroient plas,
faire la
Blanchelande,
dit-on : quoiqu'ils réquisition qu'il demandoit. prirent
n'eussent aucun
Ils firent
caractère
1 Lettre de
Politique $
Lettre susd. de T'assemblée du Sud à
Mémoire de l'assemblee Blanchelande à l'assemblée Blanchelande, , du 31 juillet
Voyez aussi len".
et des
coloniale, du 16
1792.
aux Cayes, etle 1, journal monicipalités exact et fidèle du Sud , P. 17, aodrs7g, a8
1792.
conseil de guerre tenu
de Ice qui s'est etai:
par
pascé
Blachelande, le 8 2oût
Ooa
semblée du Sud à
Mémoire de l'assemblee Blanchelande à l'assemblée Blanchelande, , du 31 juillet
Voyez aussi len".
et des
coloniale, du 16
1792.
aux Cayes, etle 1, journal monicipalités exact et fidèle du Sud , P. 17, aodrs7g, a8
1792.
conseil de guerre tenu
de Ice qui s'est etai:
par
pascé
Blachelande, le 8 2oût
Ooa --- Page 588 ---
( 580 )
a ils déclarèrent
infames , par un arrêté du 3 août, tous habitans
qui ne sortiroient pas avec le général, et les condamnèrent
outre à 3,000 liv. d'amende
en
S. XXXIII,
(1).>
Attaque faite Blanchelande avoit cherché à prévenir la
parles nègres
nécessité d'une
durant une expédition de laquelle il auguroit si mal, par des mesures de
négociation. pacification. Presque aussitôt après son arrivée aux Cayes, il
s'étoit présenté aux nègres insurgés, pour les gagner. Il revint
d'auprès d'eux, ( persuadé, dit-il, de plus en plus, qu'ii
>
n'y
avoit que des moyens doux à employer contre des hommes
> qui avoient pour eux l'avantage du terrein, les embuscades,
> etc. > Il eut, quelques jours après, une seconde conférence
avec leurs chefs, qui firent à peu près les mêmes demandes
l'assemblée du Sud avoit rejetées (2). Ils avoient promis que de
lui rendre une réponse définitive sous trois jours. Cet intervalle n'étoit pas encore écoulé 3 quand ils proftérent d'un
orage violent pour attaquer le camp Bérault, l'un des postes
avancés qui couvroient la ville. Blanchelande avoit concertéles
mesures nécessaires pour la défense de cette partie avec trois
députés du Sud à l'assemblée coloniale, qui se trouvoient alors
dansla province, Bérault, Léaumont et Saint-Martin. Les ordres
qu'il avoit donnés n'ayant pas été exécutés, les avant-postes
ne furent point garnis. Les négres trouvèrent le camp Bérault plongé dans le sommeil à cinq heures du matin ; cinq blancs
et deux horames de couleur y furent tués. Le reste se sauva
comme il put au poste Gauvain et même dans la ville, ou la
nouvelle de cet événement fut portée avec de grandes exa1 Mémoire susd. Journal exact et fidèle susd., etc.
2 Lettre de Blanchalande à P'assemblée coloniale, des 28 juillet et
a6 août 1792. --- Page 589 ---
(5 581 )
gérations. On y battit la
faire rassembler les
générale ; mais on ne put
après
habirans en armes
parvenir a
On se mit alors
que plusieurs heures
gres qui s'étoient
inutilement à Ia
déja retirés. Ils avoient poursuite des néretraite, enlevé les
tout brûlé dans leur
de marcher
ateliers,et tué les
avec eux. On vit
esclaves qui refusoient
mière halte,
d'un seul
quatorze
coup-d'ail, à la
la route.
générale ; mais on ne put
après
habirans en armes
parvenir a
On se mit alors
que plusieurs heures
gres qui s'étoient
inutilement à Ia
déja retirés. Ils avoient poursuite des néretraite, enlevé les
tout brûlé dans leur
de marcher
ateliers,et tué les
avec eux. On vit
esclaves qui refusoient
mière halte,
d'un seul
quatorze
coup-d'ail, à la
la route. En
habitations en feu, Ce fut ainsi
prelande vit rentrant en ville à huit heures du
sur toute
ie
tant étoit encore incendier sous ses
soir, Blanchegrande l'audace
yeux Thabitation
Blanchelande étoit
et l'agilité de ces
Béraule,
corte,
alors abandonné de
cruels ennemis. > et il se plaint de n'avoir
presque toute son essur la marche des
eu que de faux
nègres c'est alors
renseignemens
seulement que les
* L'assemblée du Sud
cents hommés de
dit, dans son mémoire, ,
Blanchelande rassemblés; ; mais voici ce
qutil y avoit cinq
a battre la 7 du 16 août 1792, à Passemblée qu'on lit dans la lettre de
3) trentaine de géuérale à huit heures; à dix heures coloniale : ce Je fis
3>
citoyens assemblés ; le nombre je ne trouvai qu'une
> successivement, avec environ
et je me mis en route
en augmenta cependant
> de suivre soixante hommes de cavelerie.Je pour le carrefour Lafosse 9
avec deux
donnai
2>
carrefour
pièces de petit canon. P'ordreàl linfanterio
>> cents
Lafosse , oz succesivemen on
. J'arrivai au
fut
hommes.s On voit dans d'autres rassembla environ trois
les habitans obligé d'envoyer des sergens dans les mémoires que Blanchelande
à marcher. maisons pour
contraindre
Lettre de
2792. Autze de T'assemblée la
du Snd à l'assemblée
août. Lettre susdite municipalité des Cayes à ladite coloniale, du 2 aodt
août. Mémoire
de Hlanchelande à
assemblée, , du 2
susdit de
l'assemblée coloniale,
exact et fidèle de ce qui Passemblée s'est
du Sud, P. 13, 14 et 15. Journal (du 16. époque du 23 juillet 1792. Lettre passé aux Cayes, depuis la trop fatale
Hianchielande, du I aoit. anonyme ( de Dénard) à madams
--- Page 590 ---
582 )
nègres lui enveyèrent la réponse qu'ils lui avoient promise. Ils
vouloient l'exécution de ce qu'ils avoient
demandé, sur-tout les
trois cents libertés à l'assemblée du Sud avoit
déja réjeté ces propositions; Blanchelande vit bien qu'il n'y avoit plus d'autre
à prendre que d'entrer en campagne (). parti
$. XXXIV,
Ce fâcheux événement n'étoit pas d'un heureux
Affaire gé- l'expédition. On persista néanmoins dans
présage pour
nérale.
vouloient l'exécution de ce qu'ils avoient
demandé, sur-tout les
trois cents libertés à l'assemblée du Sud avoit
déja réjeté ces propositions; Blanchelande vit bien qu'il n'y avoit plus d'autre
à prendre que d'entrer en campagne (). parti
$. XXXIV,
Ce fâcheux événement n'étoit pas d'un heureux
Affaire gé- l'expédition. On persista néanmoins dans
présage pour
nérale. le projet: pour comble
de malheur Blanchelande, qui craignoit toujours de
mettre sa
comproresponsabilité, crut devoir communiquer son
à l'assemblée du Sud, qui nomma deux commissaires plan
pour
l'accompagner; il le communiqua même ensuite à l'assemblée
de la commune Il éteit à peu près impossible
les
nègres n'en fussent pas instruits; ils firent Sans doute leurs que dispositions en conséquence. Le lieu de leur principal rassemblement étoit toujours dans
ces mornes escarpés et couverts de halliers qui bordent la
plaine du Fond, et dans les gorges intermédiaires, connues sous
le nom de Platons qui De sont guère plus
accessibles, 3
1 Lettre susd, de Blanchelande à l'assemblée coloniale, du 16
août 1792. Autre ( de Dénard) à madame Blanchelande 7 du 1 août. *c II edt mieux valu, sans doute, dit-il, dans sa lettre à
D blée, du 16 août 1792, ne pas donner connoissance de mon l'assem3) mais la position d'un chef est si pénible
plan ;
ce choix terrible dans les
aujourd'bui, 91 n'y a que
opérations, ou de les rendre
5 ou, si elles manquent, de passer pour un traitre
a trahi publiques, la
a en secret. C'est certe réfexion,
qui
patrie
gu'heureusement je me felicite d'avoir
> faite, qui m'a décidé à rendre ostensibles mes opérations. 3
** Le mot de platons est d'usage dans la colonie ponr
les gorges des montagnes. ( Essai sur I'His. Natur. de Saint-Domin- désigner --- Page 591 ---
(4 583 )
bien cultivées. Blanchelande résolut
soient assez
quoiqu'elles
simultanément le 6 août par trois cod'aller les y attaquer
de la ville des Cayes > indépendamment
lonnes qui partiroient
devoient marcher
autres petits corps de troupes qui
dequelques
et d'un corps de réserve qu'il
aussi contre eux du voisinage,
commandoit en personne (1)-
- XXXV. Dechet, arriva le jour
La première colonne, commandée par
d'hommes Défaitecomeût beaucoup moins
plère detoufixé aux Platons , quoiqu'elle
vivres n'eussent pu la tes lescolonqu'on ne lui en avoit promis, que ses
embuscade nes des
eût beaucoup souffert d'une
blancs
suivre, et qu'elle
entièrement formée par des
dans sa route. Elle étoit presque
et cent vingt
hommes de couleur, des blancs de Torbeck,
de Walsh; elle attendit inutilement preshommes du régiment
devoit être un coup
tout le jour le signal du combat, qui
irréque
Plusieurs milliers de nègres profitèrent de son
de canon.
lui en avoit promis, que ses
embuscade nes des
eût beaucoup souffert d'une
blancs
suivre, et qu'elle
entièrement formée par des
dans sa route. Elle étoit presque
et cent vingt
hommes de couleur, des blancs de Torbeck,
de Walsh; elle attendit inutilement preshommes du régiment
devoit être un coup
tout le jour le signal du combat, qui
irréque
Plusieurs milliers de nègres profitèrent de son
de canon. de front et sur les fancs. Après avoir
solution pour l'attaquer
durant le jour, elle se retira vers
soutenu seule cette attaque
la nature du local
la nuit avec tous les désavantages que
au
donner à ses ennemis. Elle avoit à. traverser,
devoit
d'avalanches, le sommet d'une des branches
milieu d'un déluge
de Vile,si héde la Hotte, l'une des plus hautes montagnes
de précipices,
rissée de roches mouvantes, 2 et tellement remplie
de
difficulté de Paborder lui a fait donner le nom
que la
Plusieurs hommes périrent dans le combat;
Dompre-Mludànres. une rivière pour se sauver;
d'autres se noyèrent en passant
appliqué à cette partie
gue, 1 p. 118. ) Mais on l'a particnlièrement très-difficiles à franchira
du Sud, où elles sont fort multipliées et
cause des mornes roides et élevés qui les entourent. de V'assemabléc du Sudi à Roume, du 21 aoft 1992. 1 Leutre
--- Page 592 ---
( - 584 )
d'autrcs qui avoient été faits prisonniers, furent , dit-on, tous
inhumainement massacrés. On assure qu'après avoir coupé la
tête à Walsh les nègres forcèrent son ami Thiolière à
l'embrasser, avant de le faire mourir lui-même dans d'affreux
tourmens qu'il supporta avec le plus grand courage (2). On
cherche à se persuader que ces cruautés sont exagérées ; ctl'on
voit effectivement dans la suite que les nègres renvoyérent
aux blancs quelques prisonniers (2). M Thiballier commandoit la seconde colonne; elle étoit principalement formée de 200 hommes d'un détachement de Berwick,
que Elanchelande avoit fait venir précipitamment de Torbeck
sousl les ordres du major géncral Rochefontaine,
3 quand il avoit
vu qu'il ne pouvoit pas compter sur les citoyens réfugiés aux
Cayes. Cette troupe avoit, dit-on, fait une marche de quinze
lieues par des routes affreuscs, pour arriver aux Cayes en
moins de deux jours. Elle n'en cut qu'un pour se reposer et
se mettre en campagne : elle ne put arriver au bis des Platons
que le lendemain du jour fixé, c'est-à-dire,le 7 aout. Thiballier en avoit prévenu dès le 5 Blanchelande, au quartier général ; il envoya en conséquence l'ordre aux deuxautres colonnes
de n'attaquer que le 75 mais cet ordre ne put point parvenir
à la première colonne (3). La seconde ne marcha, pour l'atta-
* Clest celui que les colons appeloient milord Walsh. 1 Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé aux Cayos. Lettre
de Blanchelande, du 16 aoit. Lettre de Dubreuil, cadet, à la municipalité de Tiburon, du 11 août 1792. Momoire de Passemblée et
des municipalités duSud, P. 25,26et 27. 2. Journal exact et fidèle susd., à la date du 14août.
ne marcha, pour l'atta-
* Clest celui que les colons appeloient milord Walsh. 1 Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé aux Cayos. Lettre
de Blanchelande, du 16 aoit. Lettre de Dubreuil, cadet, à la municipalité de Tiburon, du 11 août 1792. Momoire de Passemblée et
des municipalités duSud, P. 25,26et 27. 2. Journal exact et fidèle susd., à la date du 14août. 3 Lettre susd. de Blanchelande, du 16 août. Journal exact et fidèle
susd. --- Page 593 ---
(585 )
le lendemain; 5 elle n'eut pas un meilleur succès. Elle
que, que
embuscade, et se vit, comie la premire,
tomba aussi dans une
tous les nègres, dans un
exposée scule à l'attaque de presque
de bois et de rochers, d'oi ces hommes agiles
terrem couvert blancs, et les ajustoient sans en être vus.
découvroient les
de
d'une heure, oi le détaAprès une résistance inutile
plus
elle fut
chement de Berwick montra une grande intrépidité,
de faire sa retraite, sans cesse haicelée par ses
aussi obligée
de cinquante hommes,
invisibles ennemis. Elle perdit plus
du
de Berwick, parmi lesquels on comppresque tous régiment
toit beaucoup d'officiers (1).
d'une
colonne, composée de colons blancs et
La troisième
de couleur, étoit encore en arrière
cinquantaine d'hommes
déroute. Ce dernier retard avoit
quand la seconde fut mise en
et la
occasionné
la tiédeur de ceux qui la for.noient,
été
par
la désorganisation qui
désertion de plusieurs d'entr'eux, par
avojent eu de
régnoit, et sur-tout par l'entêtement qu'ils
y
de canon dans des chemins si imvouloir traîner une pièce
de Blanchelande et
malgré les ordres contraires
praticables 3
Le commandant de la colonne
du major général Rochefontaine.
des colons, dans l'esSamson eut la foiblesse de céder au veeu
pérance de les animer par cette condescendanice. Blanchelande,
fut instruit de la défaite de Dechet et de Thiballier, avant
qui
colonne fit arrivée à 'sa destination , lui
que cette dernière
étoit
assaillie par une
l'ordre de rérograder : elle
déja
envoya
susd. de Blanchelande, du 16 août 1792. Journal exact
1 Lettre
Mémoire de
et fidèle de ce qui s'est passé aux Cayes, etc., p. conseil 7. de guerre
Vassemblée provinciale du Sud, etc.,p.a7,abetag.
cadet, à la
Blanclelande , le 8 août. Lettre de Dubreuil,
tenu par
municipalité de Tiburon, du 11 aout,
grader : elle
déja
envoya
susd. de Blanchelande, du 16 août 1792. Journal exact
1 Lettre
Mémoire de
et fidèle de ce qui s'est passé aux Cayes, etc., p. conseil 7. de guerre
Vassemblée provinciale du Sud, etc.,p.a7,abetag.
cadet, à la
Blanclelande , le 8 août. Lettre de Dubreuil,
tenu par
municipalité de Tiburon, du 11 aout, --- Page 594 ---
(586 )
multitude de nègres auxquels il fallut abandonner cette pièce de
canon qui avoit coûté si cher : le commandant Samson
presque seul à la défendre ; il fut tué en pointant le second resta
de caron (1).
coup
Outre ces trois colonnes qui devoient attaquer directement les
Platons, Blanchelande avoit ordonné à des corps assez considérables, qui étoient au Port-Salut, au camp l'Abbaye et aux
au delà
Anglais,
des Platons, de s'avancer dans le même temps,
mettre les nègres entre deux feux en les chassant du bras droit pour
des Trois-Rivières. Aucune de ces forces ne se mit en mouvement : le commandant du Port-Salut, Fleury, se tua dans un
accès de désespoir, après avoir vainement tout mis en
diterminer a marcher les colons qui servoient
usage pour
sous lui. Dans le
nême temps ceux qui étoient au camp l'Abbaye, sous les ordres
de
Saint-Léger s refusèrént aussi de marcher. Douze soldats
malades, que les colons avoient laissés sans secours, offrirent
seuls de le suivre (2).
S. XXXVI.
Le général Blanchelande s'éloit tenu durant
Perplexités
tous CCS événede Blanche- mens au quartier général; il ne consistoit qu'en trente-trois
lande,
I Lettre susd. de Blanchelande, du 16 août 1792. Voyez aussi les
numéros 14, 15, 16, 17 et 18 des pièces énoncées dans le rapport
no, 12, coté AA21, de l'inventaire des commissaires de l'assemblée
coloniale. Journal exact et fidèle de ce qui s'est passé aux Cayes ,
etc. Lettre de P'assemiblée du Sud à Roume 2 du 21 août
2 Lettre des commissaires de l'assemblée provinciale du 1792. Sud à lad.
assemblée, du 6 août. Lettre de Dubrenil, cadet, à la
de Tiburon, du 11 août. Autre de Saint-Léger, commandant municipalité le
PAbbaye,à la muicipalité de Tiburon, du 7 août. Journal exact camp et
fidèle de ce qui s'est passé-aux Cayes. Lettre de Blanchelinde an
ministre de la marine, du... août 1792. Rapportdes pièces
dans le Paquct no. 12 de l'assemblée coloniale, susdite cote comprises AA 21"
, cadet, à la
de Tiburon, du 11 août. Autre de Saint-Léger, commandant municipalité le
PAbbaye,à la muicipalité de Tiburon, du 7 août. Journal exact camp et
fidèle de ce qui s'est passé-aux Cayes. Lettre de Blanchelinde an
ministre de la marine, du... août 1792. Rapportdes pièces
dans le Paquct no. 12 de l'assemblée coloniale, susdite cote comprises AA 21" --- Page 595 ---
(587 )
propriétaires qui , suivant
rare et d'une grande
Blanchelande, étoient d'un mérite
bravoure, dans
tillerie nationale, commandés
quelques hommes de l'ardétachemens de la marine de par Ssint-Cyr, et dans quelques
gard,
Pétat, avec leurs officiers Esmande Sercey, etc. Ilavoit de plus avec lui deux
Tassemblée. du Sud,
commissaires
Bontaut et Billard Le
hommes de couleur, Rigaud, formoit
général des
avec quelques soldats. A
une espèce d'avant garde,
du 7 aoit, durant la
une heure après midi de la journée
chelande,
déroute de la troisième colonne, Blanlui quiignoroit ercore. toutes ces défaite8, le vit
pour
demander du renfort contre
accourie
gres qui venoient
une multitude de nèdel'attaquer vivement. Blan.
avec son quartier
helande s'avança
général : de nouvelles scènes
cet endroit, suivant Son
l'attendoient à
de
propre récit, confirmé par
pièces (). ( Ilavoit en face, et sur
beaucoup
> camp de brigands
un morne très-élevé, un
qui se distinguoit bien
> étoit impossible de faire
à découvert ; il Ieur
un
) secret 5 la lorgue-vue
mouvement, sans qu'il fat du
)
voyoit tout ce qu'ils fisoient. continuellement braquée sur eux, il
à repousser les nègres
> Quoique Rigaud fôt parvenu
jusqu'a leur camp,
81 position si peu
Blanchelande troava
désastres arrivés avantageuse 1 que, malgré son ignorance des
impossible
aux deux premières colonnes s il lui
d'avoir un succès
parut
complet sans un miracle.
* Ce second commissaire de
-
joindre Blanchelanle qu'an
l'assemblée coloniale n'étoit venu
P'assemblée du Snd. On n'est quartier-général, Il présidoit encore alors
présidé si long- temps le club pas certain si c'est. le même qui avoit
Massiac.
1 Lettre susd. de Blanchelande à
août 1792. Voyez aussi le no. 23 des l'assemblée coloniale, du 16
Susd. Jonrnal exact et fidele,
pièces énoncées dans le rapport
municipalités du
etc. Mémoire de P'assemblée et des
Sud, P. etsuiyantes.
-général, Il présidoit encore alors
présidé si long- temps le club pas certain si c'est. le même qui avoit
Massiac.
1 Lettre susd. de Blanchelande à
août 1792. Voyez aussi le no. 23 des l'assemblée coloniale, du 16
Susd. Jonrnal exact et fidele,
pièces énoncées dans le rapport
municipalités du
etc. Mémoire de P'assemblée et des
Sud, P. etsuiyantes. --- Page 596 ---
588 )
Vers Ies trois heures après midi, les nègres élevèrent un drapeau blanc en signe de parlementaire; Blanchelande envoya à
l'avant-garde son aide de-camp Dénard, ex-député à l'assemblée
coloniale 5 bientôt un petit nègre 3 porteur du drapeau blanc 9
vint lui annoncer que leur chef Armand vouloit faire des propositions de paix. Blanchelande ordonne de le recevoir avec bienveillance. Dénird s'approcha sans armes jusqu'a l'entrée d'un
boisà peu de distance du camp des nègres. Blanchelande s'avança
aussi de ce côté-la, pour inspirer plus de confiance aux nègres,
et pour; ôter à leur envoyé les moyens de connoitre le foible
état de ses forces. Après deux heures, d'une attente inutile
Denard vint annoncer qu'il entendoit battre la générale au 3
camp des nègres, et presqu'aussitôt celui qui se tenoit à la
longue-vue les vit hisser un pavillon rouge. C'étoit,
an
dit-on,
morceau de drap trempé dans le sang des malheureux qu'ils
avoient égorgés. On y avoit joint, sur le haut d'une maison
occupée par les nègres, une tête sanglante fichée au haut d'une
pique (1).
On doit juger combien cet affreux spectacle jeta de déeouragement dans le petit nombre d'hommes qui formoient le
quartier général. Blanchelande pense que les propositions des
nègres étoient sincères, quand ils envoyèrent le
mais qu'elles avoient changé subitement
parlementaire;
lorsqu'ils apprirent la
nouvelle de la défaite de Ia colonne de Thiballier, qui avoit
eu lieu à quatre ou cinq lieues de là. Il s'étoit écoulé, dit-il,
un peu plus de quatre heures depuis cet événement, et it
falloit tout ce temps pour qu'on pit en être instruit à une si
1 Mémoire susd., P 36. Journal exact et fidèle susd., 8. Lettre
de Blanchelande à l'assemblée coloniale, du 16 aoit. P.
rent la
nouvelle de la défaite de Ia colonne de Thiballier, qui avoit
eu lieu à quatre ou cinq lieues de là. Il s'étoit écoulé, dit-il,
un peu plus de quatre heures depuis cet événement, et it
falloit tout ce temps pour qu'on pit en être instruit à une si
1 Mémoire susd., P 36. Journal exact et fidèle susd., 8. Lettre
de Blanchelande à l'assemblée coloniale, du 16 aoit. P. --- Page 597 ---
(589 )
grande ditance, dans un terrein si difficile
Pour les négrès (1). Mais
à franchir, même
que les négres avoient
d'aprés tant d'autres
déja fait
propositions
et inutile de Dénard, il
avorter, et T'attente
eu d'autre but
est difficile de croire
longue
dans leurs. Propositions
qu'ils aient
chelande, pour l'empécher de
que de tromper Blande Thiballier. Cette
Porter des secours à la
tous les peuples
tactique est familière aux
colonne
gens. Les
barbares qui ne connoissent sauvages et à
nègres insurgés paroissent
aucun droit des
pule dans toutes les parties de l'avoir employée sans scruépoques,
la colonie
3 à dillérentes
La nuit
tudes, s'approcheit; elle fut
et le lendemain
passée dans de
res colonnes, La
on apprit la défaite des grandes inquié- *.XXXVI.
retraite fut décidée
deux
Fuite géné
que Blanchelande tint avec les
dans un conseil de premiè- rale.
lui, et les trente-trois
officiers qui étoient guerre
cette erpédition. Ce
propriétaires qui
autour de
à faire dans
fut une véritable
Favoient suivi dans
un défilé trés-étroit, oil fuite : il y avoit une licue
coupé par les nègres qui
l'on pouvoit être
à condaire deux
avoient déja quitté leur
facilement
pièces de
camp. Oa avoit
deux, deux caissons
canon, l'une de
venir la veille
et dix charriots de
quatre et l'autre de
au quartier
vivres
et on jeta le reste
général. On brâla une; qu'on avoit fait
dans la
partie des
on rencontrales
rivière avec lun des
vivres,
de mettre la fayards de la troisieme
canons. Eientôt
se vit
déroute dans la petite armée colonne , qui achevérent
nègres, attaqué plusieurs fois, et pour ainsi de
il
qui
Bunchelande,
dire
incendièrent sur la route toutes investi par les
les habitations
I
qui
Lettre de
du 16 août Hlanchelande à l'assembles
1792,
coloniale, 3 du 5, ou
pluts
des
vivres,
de mettre la fayards de la troisieme
canons. Eientôt
se vit
déroute dans la petite armée colonne , qui achevérent
nègres, attaqué plusieurs fois, et pour ainsi de
il
qui
Bunchelande,
dire
incendièrent sur la route toutes investi par les
les habitations
I
qui
Lettre de
du 16 août Hlanchelande à l'assembles
1792,
coloniale, 3 du 5, ou
pluts --- Page 598 ---
( 5go) )
leur étoient échappées jusqu'alors. Blanchelande, dont la retraite
même n'étoit que trop précipitée, nie put alors arrêter les
fuyards ; il fallut encore faire sauter lun des cais:ons
avec
tant de précipitation, qu'un soldat en fut grièvement blessé, et
qu'cn s'estima heureux de n'avoir eu que cet accident. Plusieurs
personnes farent tuées dans la retraite, un plus grand nombre
farent blessées, et il fut impossible de rassembler les fuyards
jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés au camp Gerard, à peu de distance de la ville
Il est trop manifeste que dette expédition ne
S. XXXVIII.
pouvoit pas
réussir, dans la disposition cu se trouvoiert les
Examendes
esprits quand
accusations on l'entreprit; et Blanchelande est certainement repréhensible
faites à Blan- d'avoir eu la foiblesse de s'y prêter, quand il en prévoyoit luichelande à rême le mauvais succès : il paroît même qu'il
entièreoccaperdit
cette
ment la tête , en voyant avorter toutes les mesures
sion.
prises pour
l'exécution de son plan : mais on a prétendu beaucoup plus 5 les
autorités constituées qui 6e trouvoient dans la ville des Cayes,
l'assemblée coloniale, et ses députés en France, ont insinué
ou même soutent formellement que Blanchelande et les grands
planteurs de son parti étoient d'accord avec les nègres
pour
sacrifier les blancs dans cette expédition, afin de trouver dans
le mauvais succès un prétexte pour rétablir l'ancien régime sur
la ruine des troupes de ligne et de tout ce qu'il y avoit de
patriotes dans la province du Sud; on a sur-tout invoqué pour
cette opinion la manière dont l'entreprise fut exécutée, les
fatales méprises qui firent présenter successivement à la boucherie les trois colonnes à des jours différens, au lieu de les faire
1 Lettre de Blanchelande à l'assemblée du Sud, du 6 (16) août
1792. Journal exact et fidèle susd. Mémoire susd, de l'assenblée du
Sud, P. 40 et suivantes,
patriotes dans la province du Sud; on a sur-tout invoqué pour
cette opinion la manière dont l'entreprise fut exécutée, les
fatales méprises qui firent présenter successivement à la boucherie les trois colonnes à des jours différens, au lieu de les faire
1 Lettre de Blanchelande à l'assemblée du Sud, du 6 (16) août
1792. Journal exact et fidèle susd. Mémoire susd, de l'assenblée du
Sud, P. 40 et suivantes, --- Page 599 ---
I ( 591) )
attaquer simultanément,
que très-peu d'hommes de comme On en étoit convenu. Oa
et I'on rappelle
couleur furent tués dans
ajoute
que cette classe
cette
dévouée au
d'hommes éloit
allaire,
testablés de Ronvemnements on allègue encore les pour la plupart
les plus
Blanchelande avec les
liaisons inconconnus Par leur
agens de T'ancien
ses 5 et l'on assure
aversion pour le nouvel ordre régime
> pavillon
même ( qu'au moment oi
de chorouge (au
l'on
> une tête au bout camp des nègres), et
hissoit le
> sieurs
d'une pique, les révoltés qu'on montroit
> même reprises vive le roi, vive
crièrent à
si drôle à ce
Bianchelande, ce
plu-
> plaisanterie
général, qu'il le
qui parut
(1). )
répéta sur le ton de la
Rien ne prouve lc fondement de
tout concourt au
Ces
si
chelande,
contraire à établir que inculpations le Parti
graves 5
aussi
triomphant de le voir engagé dans opposé à Blanle hasardeuse, , se refusa à tout ce
une entreptise
succés; qu'on mit tout en
qui Pouvoit en
tement desastreuse
usage pour la
procurer
de
i que dlans les mêmes
rendre complérefusa:d courage > le plus grand nombre des vues, ou par
de marcher
blancs
défaut
pour
rélugiéraux
sy portoient avec la plus T'expédition 3 quand les troupes de Cayes
opposé au
grande bravoure; et
ligne
succès de cette gouvernement se prévalut
qu'enfin le Parti
lande.
entreprise pour assurer effectivement la
da mauvais
Perte de BlancheC'est ce parti si dangereux
culpations si graves dans la colonie qui répandit contre lui des inet dans la métropole,
quoi1 Mémoire susd. de
exact et fidèle de ce qui l'assemblée s'est du Sud, p. 35,36 et
assembléc coloniale à
passé dans le
37. Journal
ses commissaires eu Sud, p.9. Lettre de
France, du... aoAr 17y2,
e.
entreprise pour assurer effectivement la
da mauvais
Perte de BlancheC'est ce parti si dangereux
culpations si graves dans la colonie qui répandit contre lui des inet dans la métropole,
quoi1 Mémoire susd. de
exact et fidèle de ce qui l'assemblée s'est du Sud, p. 35,36 et
assembléc coloniale à
passé dans le
37. Journal
ses commissaires eu Sud, p.9. Lettre de
France, du... aoAr 17y2, --- Page 600 ---
(592) -
qu'il fit intimement convaincu que les principaux torts n'étoient
pas du côté de ce général.
S. XXXIX.
Ardeur et Ilest très-vrai pourtant que Blanchelande fut sur-tout dirigé
bonne vo- dans cette affaire, comme dans la plus grande partie de sa conlonté de ses duite, par lesa amis de l'ancien régime ; et
les
partisans
peut-être hommes
dans cette impartiaux le trouveront-ils moins inexcusable a cet égard, s'ils
expédition. se rappellent que ce parti étoit celui qui avoit témoigné le
moins d'cloignement pour l'autorité de la métropolc. Les actes
des deux assemblées coloniales et sur-tout les premières opérations de la seconde, lors de l'insurrection des nègres, son long
abandon de la cocarde nationale, enfin les liaisons des quatrevingt cinq, et des commissaires de la seconde assemb'écavec les
contre révolutionnaires lcs plus décidés de laFrance, montrent
combien on doit peu tenir compte à ce dernier parti de Paffectation de patriotisme dont il s'est paré depuis, dans quelques
circonstances, par opposition à celui du gouvernement.
Tout annonce au surplus queles grands planteurs qui dirigeoient
Blanchelande dans cette expédition, s'y portérent avec le plus
grand zèle, et qu'i's firent tout ce qui dépendeit d'eux pour la
faire réussir. On en a vu la preuve dans leurs efforts pour engager l'assemblée des communes réunies à faire une réquicition à
Blanchelande; on en trouve l'aveu le plus décisif dans un récit
présenté à l'assemblée coloniale par Delaval, député de la ville
des Cayes, etl'un des membres les plus ardens du côté Ouest.
Il assure que ce récit a été rédigé ( par des personnes honnêtes,
D intéressées aux droits de la colonie 3 incapables d'en impo-
>) ser , et qu'il est en outre conforme à toutes les lettres arrivées
>> de la partie du Sud >>. Il sufit de le lire pour se convaincre
que c'est un mémoire dressé contre Blanchelande et ses partisans, Parles agens du parti contraire; il y règne par-iout l'ironid
la,
'un des membres les plus ardens du côté Ouest.
Il assure que ce récit a été rédigé ( par des personnes honnêtes,
D intéressées aux droits de la colonie 3 incapables d'en impo-
>) ser , et qu'il est en outre conforme à toutes les lettres arrivées
>> de la partie du Sud >>. Il sufit de le lire pour se convaincre
que c'est un mémoire dressé contre Blanchelande et ses partisans, Parles agens du parti contraire; il y règne par-iout l'ironid
la, --- Page 601 ---
(593) )
Ia plas révoitante sur les circonstances
nemens désastreux. On
déplorables de ces éve.
y trouve néanmoins le passage
gui prouve combicn les grands planteurs
suivant,
qu'on battit les nègres : < Lundi 30
vouloient sincèrement
> couronnent la
(juitlet), les illuminations
plaine 3 et couvrent
> Torbeck i ce
presque toute la Partie de
qu'il y a de plus singulier, c'est
>> c'est que les plus acharnés à
que les douze,
> jeter dans les bras du
rappeler l'ancien régime, à se
sauveur
> miéres victimes; ; mais leurs (Hanch-lande),0n lespres ont honte d'en
yeux ne s'ouvrent point, ou ils
convenir. Ils fort des
> poussent des soupirs de douleur
lamentations 3, ils
> les dévore, n'est
; mais la lumière du feu gui
pas encore assez vive
> nébres dont ils se sont
pour percer lestécouverts bien
> déja tout en cendre,
volontziement. Ils sont
qu'ils crient aux
> libera nos, domine
oreilles du sauveur
(). >
Il s'en faut beaucoup que ceux du parti contraire
s. XL.
moigné le même zèle ; Blanchelande
aient té- Mauvaise
l'assemblée coloniale, du 16 août
assurç, dans sa lettre à volonté du
> aux Cayes il fut entouré
1792 ( qu'a son arrivée parti condes
traire,
> par les corps populaires de faire citoyens, desh habitans, etp pressé
> réfugiés aux Platons
une sortic contre les révoltés
; qu'on n'eut aucun
> qu'il fit contre ce projet, ainsi
égard aux objections
> habitans
que Thiballier et tous les
sages 3 c'est-à-dire, ceux
>> lui observa qu'il
qui T'entouroient; qu'on
y avoit, en réunissant 1s citoyens des
I Journal exact et fidèle de Ce qui s'est
p. 4 et 5.
passé aux Cayes, etc. >
* La copie certifiée, quise trouve dans les
sion des colonies > porte
archives de la commiscelle du 16.
mal-a-propos la date du 6 aoft, au lieu de
Rapport de Garran-Coulan, Tome II,
PP
-dire, ceux
>> lui observa qu'il
qui T'entouroient; qu'on
y avoit, en réunissant 1s citoyens des
I Journal exact et fidèle de Ce qui s'est
p. 4 et 5.
passé aux Cayes, etc. >
* La copie certifiée, quise trouve dans les
sion des colonies > porte
archives de la commiscelle du 16.
mal-a-propos la date du 6 aoft, au lieu de
Rapport de Garran-Coulan, Tome II,
PP --- Page 602 ---
2 594)
> deux classes aux troupes, plus de forces qu'il - n'en falloit;
> qu'on ne le laisseroit manquer de rien 5 que c'étoit le vaeu
> général; qu'il falloit courir sur les brigands, et ques'ilpar-
> toit sans P'avoir. fait, il perdroit le Sud. > L'assemblée
du Sud, qui eut connoissance de cette lettre, y fit une longue
réponse imprimée, o elle en critique une multitude de particularités sans rien objecter à ces premiers faits.
Les mêmes détails sont présentés avec bien plus d'amertume
encore dans une lettre de l'un des aides-de-camp de Blanchelande, écrite à la suite de l'affaire du camp Berault, huit jours
avant l'attaque. générale. Ii y observe que C ni la municipalité,
> ni Passemblle provinciale ne se sont rendues auprès de
> Blanchelande, et ne lui ont fourni aucun moyen de se
> mettre en campagne 3 non plus qu'à ses aides-de-camp et aux
> officiers de sa suite : qu'arrivé au point de ralliement, ce
A > général trouva une trentaine de personnes; que les traîneurs
>> arrivoient peu-à-peu, les uns sans armes, les autres sans
> munitions 5 qu'on étoit obligé de faire rouler dans la ville des
>> sergens de Provence pour. forcer les citoyens àsortir de chez
> eux ; que malgré cela, la force et le langage de l'honneur
> n'ont pu faire effet; qu'ils se sont mis en marche avec cent
> hommes de bonne volonté, etc. > Plus loin, cet officier
ajoute, en parlant du plan d'attaque générale : ( Je pense qu'il
> manquera Fiaute de monde : point de courage 9 sans éner-
)) gie, point de confiance ; voila le tableau de cette plaine..
> Tandis que le général demande des citoyens de tous les côtés 2
> tandis qu'il se sacrifie pour eux, ces mémes gens fomentent
)) en dessous, travaillent la troupe, se dégoitent les uns les
a autres, et cherchent, par de plates méchancetés, à refroidir
aque générale : ( Je pense qu'il
> manquera Fiaute de monde : point de courage 9 sans éner-
)) gie, point de confiance ; voila le tableau de cette plaine..
> Tandis que le général demande des citoyens de tous les côtés 2
> tandis qu'il se sacrifie pour eux, ces mémes gens fomentent
)) en dessous, travaillent la troupe, se dégoitent les uns les
a autres, et cherchent, par de plates méchancetés, à refroidir --- Page 603 ---
> P'ardeur de
( 595 )
M.
> mettent tous leurs Blonchelande, les corps populaires
Il est vrai
poavoirs, etc. ()
Zui renéanmoins
ne devoit pas écrire que l'auteur de cette
déserteur du côté avec beaucoup
lettre, Demard, >
jeté depuis
Ouest de T'assemblée dimpanialites c'étoit un
il fant observer quelques mois dans le parti du coloniale, quis'etoit
ostensible
aussi quil écrivoit en
gonvernement. Mais
à gu'il recommandoit de
quelque sorte une
dont, ce que l'on croit, communiquer à
lettre
coloniale,
celui-ci donna
Cambefort, et
Malgré sa date antérieure
copie à
générale, elle ne coincide
de huit
l'assemblée
zieurs, et tout semble
que tropavec les jours a Fattaque
Blanchelands
concourir à en attester événemens postéque l'asremblée du ajoute, dans Si letire à
l'exactitude.
C le
Sud, en le
l'assemblée
commissail e à
chargeant du
colonisle,
>
fournir, sur sa
tout, autorisa bien
sionnemens et autres
demande, tous les
qu'en attendant le résultat oljets nécesaires à une
approvinégres, et pour nc
des négociations
campagne; 5 >
sions des
pas laisser la plaine
entamées avec les
brigands, il ft des
abandonnée aux
compte à l'assemblée
dispositions (*) dont il incur-
> prévus, bien
coloniale, mais que ( ses envoya le
> les
nécessaires dans ce
ordres, bien
moment, et
>
tamment renscignemens gue lui donnèrent
rédigés
MM,
d'après
) du Sud à l'assemblée Berault, Sainr-Martin quelques et
habitans, Ro-
>> que cette
coleriaule), ne furene Léaumont ( députés
première désobeisance
poine cxécutis S
1 Lettre
irréparable a été la
août 1792. anonyme de Denard) à
cause
* Le texte desa letire
madame Blanchelande, du 1
que par ces muts il porte: il Reun
ordonna ce
fie, 9 Blanchelande monvement ; mais il est clair
de ses ordres mossement, à
puisguil se
entend seulement dire
cet égard,
plaint ensuite de Pinexécutica qu'il
Ppa
isance
poine cxécutis S
1 Lettre
irréparable a été la
août 1792. anonyme de Denard) à
cause
* Le texte desa letire
madame Blanchelande, du 1
que par ces muts il porte: il Reun
ordonna ce
fie, 9 Blanchelande monvement ; mais il est clair
de ses ordres mossement, à
puisguil se
entend seulement dire
cet égard,
plaint ensuite de Pinexécutica qu'il
Ppa --- Page 604 ---
( 596 )
l'incendie des habitations, qui furent consumées le diman-
> de
> che 29 (1). > Ces faits n'ont point été contestés non ples par
les adversaires de Blanchelande 3 la vérité paroit même en
avoir été reconnue parles commissaires de l'assemblée coloniale
en France
$. XLI.
Presqu'aussitôt après la première sortie faite par B'anchelande
Tiédeur ct à l'occasion de la eurprise du poste de l'habitation Bérault, il
insubordina- fut
les habitans des Cayes paroissoient peu distion des haprévenu que
bitans des posés à marcher : les agitateurs qui les dirigeoient, leur propoÇaycs,
soient, dans les assemblées, de sortir confusément contre les
brigands, sans plan et sans combinaison : ils déclamoient ensuite
au lieu d'aller se batire, quand cn
contre le gouvernement,
donnoit des ordres pour sortir. Blanchelande écrivit à cette
occasion à l'assemblée coloniale, en lui déclarant qu'il ne marcheroit pas si on nelui fournissoit pas les sept cents colors des
deux classes d'hommes libres qui lui étoient nécessaires pour
former, avec les troupes de ligne, le complément des mille
hommes dont on lui avoit démontré la nécessité. Pour être plus
I Lettre de Blanchelande à lassemblée du Sud, du 16 août 1792.
No. 24 ries pièces jointes au rapport des cominissaires del l'assembiée
coloniale en France.
* On lit en effet dans un rapport 2 faitsur VIl de pièces par ces com.
missaires, et dont on parlera bientôt, Pénoncé suivant : ( Le no. 2,
> signé Blanchelande, contient ses dispositions pour garantir la plaine
del Pinsurrection des nègres. C'étoit de faire occuper Phaa du Fond,
cent citoyens et
bitation Dasque à la rivière Lacul, par
cinquante
de
et autant à Thalitation Mulonière à la rivière des
>> hommes ligne,
les débouchés des Platons à
s Mornes. Ces deux postes garantissoient
d'aveir été
le défaut de citayens
e la plaine, et faute
occupés a temps par
a il en est résulté Pincendic."
urrection des nègres. C'étoit de faire occuper Phaa du Fond,
cent citoyens et
bitation Dasque à la rivière Lacul, par
cinquante
de
et autant à Thalitation Mulonière à la rivière des
>> hommes ligne,
les débouchés des Platons à
s Mornes. Ces deux postes garantissoient
d'aveir été
le défaut de citayens
e la plaine, et faute
occupés a temps par
a il en est résulté Pincendic." --- Page 605 ---
597 )
il demanda à les inspecter sur Ia place avant
str de les avoir,
Il fit, le surlendemain, de noude se mettre en campagne. V'organisation de la garde nationale,
velles instances pour obtenir
désigné pour l'organiser,
n'éloit pas achevée. Le jour
le
qui
c'est-h-dire, ceux qui avoient envie.de
( tous les citoyens,
ouils nommèrent leurs chefs.
se rendirent à l'église,
> seconder,
à la revue qu'il avoit
D Le lendemain il ne se trouva personne raison que différentes
j on lui donna pour
> desiré passer
déja mises en route pour les postes qui
s compagnies s'étoient colonnes: on l'assura qu'il ne dévoit avoir
devoient formerles
des citoyens ; que rien
sur la bonne volonté
B aucun doure
qu'il seroit sorti, tous ceux
> ne devoit T'arrêter; qu'aussitôt
se mettroient en camencore être en ville,
> qui pourroient
alla ensuite camper sur T'habitation Du-
> pagne.- Blanchelande:
de la troisième colonne,
cis, ou devoit se rendre le commandant officier
venir;
de ligne. Cet
n'y put
Samson, avec ses troupes
très-suivic avec Blanchelande,
il eniretint une correspondance des plaintes contre le défaut
& et toutes ses lettres contiennent
des citoyens qu'on Zui
forces occasionné par la tiédeur
> de
devoir sortir de la ville, dès qu'il seroit parti
S avoit promis
annoncent d'avance
D des Cayes. e
e . Toutes ses lettres
> la terreur des citoyens (1).> >
Blanchelande
duquel les adversaires de
Thiballier, au courage de rendre hommage (2), lui porta
ne peuvest se dispenser
qu'il réitéra le lendcmain 6,
des plaintes à peu près semblables,
à T'assemblée coloniale, du 6 ou plutôr du
1 Lettre de Blanchelandle (de Denard) à madame Blanchelande 9
26: août 1792. Lettre anssile anonyme no. 8 du rappert fait par les. commissaires.
du 1 aont. Voyez
France.
de l'assemblée coloniale en
aux Cayes.
a Journal exact et 6dèle de ce qui s'est passé
Pp 3
lendcmain 6,
des plaintes à peu près semblables,
à T'assemblée coloniale, du 6 ou plutôr du
1 Lettre de Blanchelandle (de Denard) à madame Blanchelande 9
26: août 1792. Lettre anssile anonyme no. 8 du rappert fait par les. commissaires.
du 1 aont. Voyez
France.
de l'assemblée coloniale en
aux Cayes.
a Journal exact et 6dèle de ce qui s'est passé
Pp 3 --- Page 606 ---
( - 598 )
au moment oil l'attaque devoit s'opérer. Les nègres qui devoient aller à la découverte, et fouiller dans les bois, ne lui
avoient pas été fourais 5 et l'on sent combien ce manquement
d'un secours si nécessaire dut favoriser les embuscades des
ennemis. Au camp de réserve établi par Blanchelande, il trouva
également beaucoup moins d'hommes qu'on ne lui en avoit
annoncé. Enfin l'aitaque générale qui devoit avoir lieu le 6
manqua ce jour-là par la faute des citoyens qui ne s'étoient pas
rendus. Blanchelande la remit au lendemain; il en prévint le
commandant de la première colonne, Dechet, en lui mandant
néanmoins ( qu'il s'en rapportoit à son expérience pour la con-
> duite qu'il auroit à tenir, qui dépendroit des circonstances
> et du local. Il lui manda de correspondre avec lui par quel-
> qu'un de confiance. > Deux heures après cette lettre partie,
les deux gendarines qui en avoient été chargés, revinrent à
toute bride annoncer, 3 avec des détails assez inexacts 2 que
Dechet en étoit déja aux mains avec les nègres, et qu'il les
avoit mis en déronte. Blanchelande, à qui ce rapport parut
douteux, envoya à Dechet une seconde lettre, qui ne put pas
davantage lui parvenir quoique Blanchelande en et chargé
le hef de l'état-major 2 Rochefontaine 2 qui lui confirma une
pa: iss détails précédens (1).
* Plasicurs mémoires disent le cing, d'autres le six; ils retardent
ou avancent ainsi d'un jour l'attaque faite par la première cclonne 9
quoiqu'ils soient presque tous écrits fort peu de temps après lévé
nement ; ce qui prouve combien il est difficile d'éviter des erreurs,
quelque soin qu'on y apporte 2 quand on n'écrit que long-temps
après les événemens. Cette dernière date paroit la plus conforme
aux pièces qui ont été faites durant l'action elle-même.
1 Lettre de Blanchelandei l'assemblée du Sud, du 6(16)aott 1792*
Voyez. aussile no, 20 du susd, rapport fait aux commissaires de l'assemblée colouiale.
nement ; ce qui prouve combien il est difficile d'éviter des erreurs,
quelque soin qu'on y apporte 2 quand on n'écrit que long-temps
après les événemens. Cette dernière date paroit la plus conforme
aux pièces qui ont été faites durant l'action elle-même.
1 Lettre de Blanchelandei l'assemblée du Sud, du 6(16)aott 1792*
Voyez. aussile no, 20 du susd, rapport fait aux commissaires de l'assemblée colouiale. --- Page 607 ---
( 599 )
même insubordination se manifestoient
Lamême tiédeur et la
alla voir la troisième code toutes parts. Le 6, Blanchelande
( Avant de parmême rendue à son poste.
lonne quin'éloit pas
de dégoliter la troupe de trainer
> tir, il voulut encore tenter
les inconvéniens dans les
il lui en fit voir
le
) des canons ;
entendre au contraire que
La troupe lui fit
à
> mornes.
surplus 2 Y'on passeroit
la sauver ; qu'au
a) canon pouvoit
dans les endroits dificiles. Samson
) bras la pièce de canon
à donner cette satisfacBlanchelande
> invita particulièrement
l'expérience feroit plus que leurs
> tion aux sold:ts, disant que s'ébranla et se mit en marche avec
> observations. La colonne
colonne fut mise en dé-
> sa pièce.s On a déja vu que cette
même livré
la défaite des deux autres, 9 sans avoir
route après
Blanchelande avoit tant redouté
de combat, ( que la pièce que
des brigands s >
étoit tombée en là possession
> de lui accorder
fut tué en la défendant presque
et que le commandant Samson
seul (4).
contre les $. XLII.
des sujets de plainte encore plus graves
Rcfus de
On porta
couleur qui formoient les corps auxi- marcher
blancs et les hommes de
Blanchelande avoit d'un grand
du
et du PortSalut, que
nombre d'enliaires campl'Abbaye T'exécution du plan général en chassant cux.
chargés K de concourir a
(2). Tout a man- tre
les
du bras droit des Trois-Rivières
D brigands
du camp P'Abbaye , Saint-Léger, dans
> qué, dit le commandant
Tiburon du 7 aoit. Les cià la
de
,
>>
sa lettre
municipalité
opposé une résiscroyois commander ayant
> toyens que je
ià l'assemblée du Sud, du 6 (16)aott
I Lettre de Blanchelande
fait aux commissaires de
Voyez aussi le n°. 20 du susd.. rapport
1792.
lassemblée coloniale.
2 Ibid.
PP 4
P'Abbaye , Saint-Léger, dans
> qué, dit le commandant
Tiburon du 7 aoit. Les cià la
de
,
>>
sa lettre
municipalité
opposé une résiscroyois commander ayant
> toyens que je
ià l'assemblée du Sud, du 6 (16)aott
I Lettre de Blanchelande
fait aux commissaires de
Voyez aussi le n°. 20 du susd.. rapport
1792.
lassemblée coloniale.
2 Ibid.
PP 4 --- Page 608 ---
600) )
> tance invincible anx ordres dont l'exécution m'étoit confiée,
> j'ailucté seulcontre tous, pendant une journée entière, avec
> l'acharaemest d'un officier qui ne sait qu'obéir ; je suis même
>) serli de camp à cheval; les douze soldais de mon déta-
> chement marcholent-sculs à 7720L suite, et protestoient, quoi-
> que lariguisans, de m'accompagner au bout de Punivers.
5> Pai bezccoup à me lnuer de ces braves gens, traités ici
>) conme Iit rohut parce qu'ils sonffrent,t qu'on ne peut ni
> ne vent les secourir. ) On a déja vu que le commandant
du Port-Salut voyant le refas obstiné des colons de ne pas marcher à Pennemi, se tua de désespoir (1).
La plupart des habitans n'avoient point encore rejoint la
troupe de ligne lors de T'attaque de la première colonne.
Blancheland: ( donna de nouveaux ordres aux Cayes pour
> faire marcher, soit de gré ou de force, les citoyens qui s'y
> tenoient renfermés, >> comme il avoit déja fait lors de l'attaque du camp Berault. Le fait n'est pas seulement attesté dans
la relation de Denard. Les commissaires de l'assemblée provinciale, dont Bianchelande avoit invequé le témoignage, écrivirent dans le même sens à la municipalité. Ils se plaignent
avec beaucoup d'égard, mais pourtant avec franchise, du déScit dans les forces demardées Par Blanchelande. ( Iln'y a,
D disent-iis. 2 que 3:8 hommes blancs et de couleur, Silr 650
> demandis. Nous ne somnes pas pourjuger jusqu'à quel point
1 Lettre de Blanchelande à Passemblée du Sud, du 6(16) août
1702. Voyez aussi la lettre des cemmissaires de l'assemblée du Sud à
ladite assemblée, du 6 aout 1792; le conseil de gaerre tenu par
Mlanchelunde,le 7 août ; et le mémoire imprimé de l'assemblée du,
Sadet des communes y réunies 2 p.
> demandis. Nous ne somnes pas pourjuger jusqu'à quel point
1 Lettre de Blanchelande à Passemblée du Sud, du 6(16) août
1702. Voyez aussi la lettre des cemmissaires de l'assemblée du Sud à
ladite assemblée, du 6 aout 1792; le conseil de gaerre tenu par
Mlanchelunde,le 7 août ; et le mémoire imprimé de l'assemblée du,
Sadet des communes y réunies 2 p. --- Page 609 ---
( 6o1 )
des citoyens peut être nuisible
condite de la part
avoir
S une'telle
ni quelle infuence clle pent
> à T'opération projetée,
devoir vous instruire sur
scs suites; mais aous croyons
certaine
> sur
choses, afin que vous ayez uue donnée
>> cet état de
cependant nousn'en
trop foibles avec lesquels
> sur les moyens
matin aux brigands. Prémunissezmoins demain
> allons pas
dificit de 332 hommes
de cette idée, , qu'un
vous d'avance
l'espoir rd'un avantage assez
> sur 660 (*) ne peut qwatténuer aux maux (1).>
remédier stfiamment
> grand pour
troisième colonne amena celle
On a vu que la déroute de la rendus des deux autres au quardes divers pelotons qui s'étoient
en retraite. Blanbattus jnsqu'alors
fatier général,et quis'ésoient des soldats, ( qu'exzesivement
chelande dit à la décharge
les avoit pris de se voir
> tigués et rebutéa, le découragement Les trente-trois propriétaipar les cizoyens. >
D abandonnés
avec lui, furcnt les seuls qui
Blanchelande avoit amenés
de
res que
avec une petite troupe d'hommes
ne le quittèrent pis,
Andrd Rigaud. Son frère, Angustin,
couleur, commandée par Blancheiande finit son récit par cette
fut blessé dans la retraite.
de Passemtlée tous les
à la justice
phrase : ( Je recommande
ies lâches qui nous ont
tO:S
> blessés, ct à son indignation
> abandonnés. >>
lettre écrite par l'assemdans une
Il est remarquable que
de trois cent dis-huit ct trois cent
* Cette énonciation alternative et de six cent cinquante et six cent
trente-deux honimes d'une part,
la
certiliée par le bureau
soizante d'autre part, se trouve dans copie
de P'assemblée coloniale.
madame Blanchelande 1 de 1 andt
1 Ibid. Lettre (de Denard) à l'assemblée du Sud à la municipaliné
1792. Antre des commissaires,de
des Cayes, du 6 nodt.
trois cent dis-huit ct trois cent
* Cette énonciation alternative et de six cent cinquante et six cent
trente-deux honimes d'une part,
la
certiliée par le bureau
soizante d'autre part, se trouve dans copie
de P'assemblée coloniale.
madame Blanchelande 1 de 1 andt
1 Ibid. Lettre (de Denard) à l'assemblée du Sud à la municipaliné
1792. Antre des commissaires,de
des Cayes, du 6 nodt. --- Page 610 ---
602)
blée du Sud, assez peu de temps après
rendre un compte sommaire
lévénement, pour en
au commissaire Roume, elle ne
songea pas même à inculper Blanchelande; elle
rejeter lc mauvais succès
parut vouloir
uniquement sur les circonstances
imprévues. Voici comme elle s'y exprimoit : e Le
> chelande trouva tous les
général Blancitoyens blancs et de
> niss le vaeu public le détermina à
couleur réuattaquer les
> accidens de localité
révoltés. Des
ayant dérangé le plan
)) quatre colonnes
d'attaque Par
environnanies, trois d'entre elles
> mises en deronte, et celle commandée
ont été
> personne n'a
par le général en
pu, en se repliant aussi,
la dé-
>) faite totale de l'une des
qu'empècher
autres, qui avoit perdu son com-
> mandant (). >
$. XLIII,
Mémoire de Ce n'est qu'un certain tempsaprès, lorsque les inculpations
l'assemblée de Blanchelande contre les habitans et les
du Sud con- de la ville des
autorités constituées
trc BlancheCayes eurent acquis de la publicité, que l'assemlande.
blée du Sud et les habitans réunis ont contesté, dans un mémoire qu'ils ont fait imprimer, plusieurs des détails qu'il avoit
donnés sur le combat,et ce qu'il avoit dit sur le refus de marcl her
de ces mêmes habitans. Mais dans ce mémoire trés-artificieusement dressé, on ne répond pas directement aux faits; on
se contente d'alléguer (2) que Thiballier ayant demandé douze
cents hommes pour la sortie projetée, K on lui porta l'état
>> vérifié de tous ceux qui vouloient sortir de bonne volonté, et
> dégager la plaine de ceux qui insurgeoient leurs esclaves;
1 Lettre de l'assemblée du Sud à Roume, du 2I août 1792.
2 Estrait des pièces produites par l'assemblée prorinciale du Sud'
a T'appui de plusieurs faits énoncés dans son mémoire contre Blanehclande, cote A, page 56 dudit mémoire.
, K on lui porta l'état
>> vérifié de tous ceux qui vouloient sortir de bonne volonté, et
> dégager la plaine de ceux qui insurgeoient leurs esclaves;
1 Lettre de l'assemblée du Sud à Roume, du 2I août 1792.
2 Estrait des pièces produites par l'assemblée prorinciale du Sud'
a T'appui de plusieurs faits énoncés dans son mémoire contre Blanehclande, cote A, page 56 dudit mémoire. --- Page 611 ---
D que cet état
603)
s.
s'élevoit à douze cent
compter cent hommes au moins de vingt-six hommes, sans
On ajoute ailleurs
la
Frères de la côte >
qu'après revue quatre heures après
Blanchelande, ( partit à
> moins quatre cents midi, ayant devant ou dertière lui
> blancs et de couleur hommes de ligne, et autane de
au
> et qu'on la mit
; qu'on renforça les
cirayens
en état de
postes de la ville, 2
> prudence des chefs avoit résister, avec les ciroyens
la
> et dont l'absence
empéchés de sortir avec le que
edt trés-certainement
ginéral,
Ainsi voila ce nombre
exposé la'ville (1).>
duit à celui de huit
prétendu de douze cents hommes rétitude; et l'on convient cents, dont rien ne prouve encore l'exacles autres
que la prudence des
entendre citoyens de sortir avec le
chefs empécha
par ces chefs > dont on
général. On ne pevt Pas
commandoient sous
rappelle la
de la tiédeurdes Blanchelande s puisque prudence,/ceux tous se
qui
donc
citoyens, et du
plaignirent
parler des autorités
manque d'hommes. On veut
ler que des arrêtés formels civiles; on doit néanmoins se
laissé à Blanchelande
de l'assemblée
rappela direction
provinciale avoient
taires, pour en jeter sur lui toute la exclusive des mesures militoit formellement interdit
responsabilité;
clarant
toute
qu'elle s'6que C l'assemblée
délibération à cet égard, en dé-
) obéissance passive marcheroit et donneroit
>
aux chefs qui
l'exemple d'une
frégates et les bitimens
commandoients. e00
les
> la nécessité de
marchands
que
ne Pas trop
suppléeroient (seuls) à
dégarnir la ville (2). >
* Espèces de
redonter par leur déserteurs mauvaise de la marine, qui se
I Mémoires susd. de
conduite.
faisoient par-tout
2 Extrait des pièces l'assemblée produites provinciale 9 etc. >P. 22.
mémoire : no.1, p. 50 3 et no, par Hlaachelande, à la suite dudit
8,p. 52.
trop
suppléeroient (seuls) à
dégarnir la ville (2). >
* Espèces de
redonter par leur déserteurs mauvaise de la marine, qui se
I Mémoires susd. de
conduite.
faisoient par-tout
2 Extrait des pièces l'assemblée produites provinciale 9 etc. >P. 22.
mémoire : no.1, p. 50 3 et no, par Hlaachelande, à la suite dudit
8,p. 52. --- Page 612 ---
(604)
On dit encore dans lc mémoire en réponse, dressé par l'assemblée du Sud, que Blanchelande n'avoit requis que sept cents
hommes pour faire son attaque des Platons; qu'outre ceux qui
le suivirent dans cette expédition, il avoit refusé deux cent
cinquante hommes blancs et noirs de' Tiburon, cent quatre-vingtdix autres blancs et noirs de Plimouth , et quatre vingt di
négres fidèles des Cayes, en tout cinq cent quatre-vingt dix hommes; qu'il refusa généralement tous les nègres qu'on lui voulut
envoyer; et que les hommes de couleur déserièrent presque
tous les drapeaux dans cette expédition (1).
Il est très-probable que Blanchelande fit cffectivement ce
refus : il ne pouvoit pas ignorer les suites dangereuses que
l'armement des esclaves avoit toujours eues 5 et les hommes de
couleur, contre qui ces noirs avoient combattu sous les ordres
de Teurs maitres, refusoient d'ailleurs de marcher avec eux.
Il est plus certain encore qu'a l'exception d'un petit corps
d'hommes de couleur qui se comporia bravement sous les.
ordres directs de Rigaud, la plupart d'entr'eux refusa absolument son service dans cette expédition, soit parce qu'ils
n'étoient point sincérement réconciliés avec les blancs, quileur
refusoicat encore dans bezucoup de lieux la jouissançe de
l'égalité des droits, malgré la loi du 4 avril, soit parce qu'ils
avoient contribué du plus au moins à P'insurrection des nègres,
auxquels ils éloient d'avis d'accorder les conditions qu'ils demandoient. Le commandant du camp l'Abbaye e, Saint-Léger, dit
expressément dans sa lettre, oi il se plaint du refus de marcher des habitans : G Les citoyens de coulcur ont la principale
> pare d cette désoblissance S ils forment ici une majorité
4, Mémoire susdit de l'assemblée provinciale
s etc. 2 P. 19 et suire
moins à P'insurrection des nègres,
auxquels ils éloient d'avis d'accorder les conditions qu'ils demandoient. Le commandant du camp l'Abbaye e, Saint-Léger, dit
expressément dans sa lettre, oi il se plaint du refus de marcher des habitans : G Les citoyens de coulcur ont la principale
> pare d cette désoblissance S ils forment ici une majorité
4, Mémoire susdit de l'assemblée provinciale
s etc. 2 P. 19 et suire --- Page 613 ---
( - 605 )
cffrayante, , suite nécessaire de l'absence des
pèse malgré mes efforts sur ceax
habitans, ef qui
qui sont restés (1).>
Ce fait est , à proprement
adversaires de Blanchelande parler 3 le seul sur lequel les $. XLIV,
aient fourni
Justification
preuves; ; sur tout le reste ils ne
vétitablement des de Blanchegations ou des pièces
produieent que des allé- lande,tirés
qui
insignifiantes, quoique les
l'inculpent, aient été composcs
mémoires d'unragpore
après l'expédition. Tout
plus ou moins de
secret fait
lande,
au contraire > les
temps contre lui,
faites la
plaintes de Blancheétoient
plupart sur les licux, et dans les temps
appuyées par trente ou trente-une
mémes,
qu'il envoya dans leur entier à l'assemblée pièces justificatives,
celle-ci transmit à ses
coloniale, ct que
ces
députés en France. La
pièces ne se sont plus trouvées dans
plupart de
missaires de Tassemblée
les archives des comunes, que l'on
coloniale; ; mais des copics de
a déja citées, étoient aussi dans les quelquesBlanchelande ou du commissaire
papiers de
elles toutes un
Roume. Il existe d'ailleurs sur
semblée
rapport qui a été fait à ces commiesaires
coloniale par un
de l'asd'entr'eux; et voici le
y porte sur la lettre de Blanchelande
jugement qu'on
Comme il ne devoit
à l'assemblée coloniale.
de Blaichelande,
pas être publié, il est tout à
maigré les préventions du
l'avantage
Percent Par-tout : il laisse également
rapporteur qui y
probablement fait
entrevoir les causes qui ont
> de
disparoître ces pièces justificatives. ( La lettre
y est-il
>
Bancielande,
dit,
si
que les mauvais succès
prouve, elle est véridique,
> dus auanti la
que cette campagne a
terreur qu'd la mauvaise
épronvés, sont
volonté des citayens
I Lettre de
la lettre de Dubreuil Saint-Léger à Blanchelande, du 7 août
août 1792.
cades à la sauuicipalité de
1792. Voyes
Tiburou, da.
ificatives. ( La lettre
y est-il
>
Bancielande,
dit,
si
que les mauvais succès
prouve, elle est véridique,
> dus auanti la
que cette campagne a
terreur qu'd la mauvaise
épronvés, sont
volonté des citayens
I Lettre de
la lettre de Dubreuil Saint-Léger à Blanchelande, du 7 août
août 1792.
cades à la sauuicipalité de
1792. Voyes
Tiburou, da. --- Page 614 ---
606 )
> armés, qui avoient exigé la sortie malgré la répugnance
que
> les chefs témoignoient. Il est cependant à
le
> ton de cette lettre est on ne peut
remarquer que
plus affecté et patelin : iZ
> entre, avec l'assemblée coloniale, dans les plus petits dé-
> tailss il semble qu'il rende compte de sa conduite, et
>
qu'il
prenne à tâche de se justifier, comme s'il sentoit qu'il dût être
> inculpé. Au reste, cette lettre est absolument dson
)) AINSI
avantage,
QUE LES PIÈCES QUI L'A CCONPAGNENT:4 etj'ob-
> serve, de bonne foi, que JE NE CONFOIS PAS l'envoi
as' de ces pièces, de la part de l'assemblée coloniale
2 d'après
> sa lettre du,20 aoit, oi elle annonce les malheurs du Sud
> comme l'ouvrage ou la suite du voyage du licutenant au
> gouvernement général (1). >
Dans la notice sommaire des pièces, qui sont l'objet de ce
rapport 2 on annonce qu'on en envoie seulement
unes, soit à l'Assemblée nationale,
quelquessoit au ministre de la marine ; et comme ces pièces, ainsi trices, , sont toutes de l'assemblée du Sud ou de l'assemblée coloniale 3 on pense bien
doivent tendre à inculper Blanchelande ; mais la notice qu'elies
d'autres pièces qu'on se garde bien d'envoyer, et dont;1 le annonce simple
énoncé parcit etectivement tout à la justification de Ce
neur. Voici la note de quelques- unes de ces dernières gouver- : Le
No. a pour objet le plan d'attaque dressé par Blanchelande. La notice reconnoit, comme on l'a déja vu (2),
que
1 Rapport des pièces comprises dans le paquet no.10 de l'assemblée
eoloniale 2 certifié par le garde des archives, Legrand, le 12 novembre
1792; cote AA, 21, de linventaire des commissaires de ladite
assemblée.
2 Dansla durniarenotedu S.XL.
unes de ces dernières gouver- : Le
No. a pour objet le plan d'attaque dressé par Blanchelande. La notice reconnoit, comme on l'a déja vu (2),
que
1 Rapport des pièces comprises dans le paquet no.10 de l'assemblée
eoloniale 2 certifié par le garde des archives, Legrand, le 12 novembre
1792; cote AA, 21, de linventaire des commissaires de ladite
assemblée.
2 Dansla durniarenotedu S.XL. --- Page 615 ---
(
son inexécution
607)
gu'iz en résulta fut causée par le défaut des
>
l'incendie, ( Le No, 4 est citoyens , et
Banchelinde, écrite à
une
> lui
l'assemblée
lettre signée
annonce, en
> vu, avec
rendant compte de provinciale ses
du Sud, et
autant de
s dans le plus
déplaisir que de dispeililons, qu'il a
grand
douleur,
> courage, ni
nombre de citoyens ni qu'iz n'y a
> de vanité à confunce; il ajoute qu'il
énergie, 3 ni
vouloir
attzchoit
> négligée, lui dat
que la partie du
une espèce
son
Sud, si
> contient les
bonheur et sa
long-temps
>
aodt
dispositions et plan
tranquillité... Le No. 6
Par le
d'attaque,
-
général
rédigés le
qu'il se plaint,
Blanchelande. I ne
premier
)) été forcé,
dans sa lettre à T'assemblée faue pas oublier
Par la
D qui devoit être déiance, de rendre coloniale, d'avoir
> le 6 août du secrète.. Le No, 21 est publique une pièce
>
camp Bouteille à
une lettre écrite
Sud, Par les
l'assemblée
>
commisaires ( de cette Provinciale du
acompagnoient le
n sidérable
général. Ils se
asenilée), qui
qui se trouve
plaignent du
)) de sixe cent
dans la force armée, déficit con-
> trois cent cinguante hommes, et
gui devoit étre
D
dix-huir: : il fait
qui ne s'élevoit
chelande.
Le
d'ailleurs
du
gu'd
>
de coulenr
No, 23 est un état l'éloge des
chef Blanqui
D qui s'y est
devoient composer les
citoyens blancs et
trouvé,
U
suivant cet
colonnes, etle déficit
sept cent
état. Le total
> trois cent soizantequatre hommes, iZ ne
devoit être de
>
dix-huit. On faisoit
s'y en est trouvé
cent
monter le
que
D da général cingeaneacing hommes..
Le No. dlficie d quatre
a rendant Blanchelande à T'assembtée 27 est une lettre
compte des
malheureux événemens provinciale du Sad,
quilatribae,et au
de la
> cité
peu d'hommes
qu'ila été forcé
qu'il
campagne,
D
de donner à
avoit, et à la
réfexions sont d
son plan
publipeu près les mémes
d'aitaque, Les
que celles contenues
général cingeaneacing hommes..
Le No. dlficie d quatre
a rendant Blanchelande à T'assembtée 27 est une lettre
compte des
malheureux événemens provinciale du Sad,
quilatribae,et au
de la
> cité
peu d'hommes
qu'ila été forcé
qu'il
campagne,
D
de donner à
avoit, et à la
réfexions sont d
son plan
publipeu près les mémes
d'aitaque, Les
que celles contenues --- Page 616 ---
( € 608 )
> dans la lettre de l'assemblée coloniale. ) Les Nos.15, 16,
18 et 19, sont quatre lettres du commandant du poste du Correfour-la-Fosse, oti il se plaint du désordre, de la desunion et
de la dé:crtion qui règnent dans sa troupe : dans la première >
il déclare expressément a qu'il ne peut compter sur les
> citoyens blancs des Cayes, au nombre de cinquante-un..
>> Le No, 20 est une lettre de M. Thibaliier au général. Il
> se plaint du peu de forces qu'il el.
Le No, 30 et der-
> nier est une délibération, signée de plusieurs citoyens du
> camp l'Abbaye, > qai annonce leur dicermination de ne
2 point sortir dui camp qr'ils n'aient des forces en état de
> défendre leurs femmes et enfans, qu'ils sercicnt obligés d'y
> laisser, ct qui seroient infaillible.ment Ics victimes des bri-
> gands ().
S. XLV,
C'est en déguisant ainsi la vérité, dins les faits les plus
Retour de importans, queles assemblées dc la colonie et ses commissaires
Blanche- en France trompolent Ia métropole, ctse priparoient des moyens
lande dans de vengeance contre ses agens à Saint- -Domingue. Blanchele Nord, et
lande découragé
la déplorable issue de cette
sou discrépar
expédition 9
dit.
partit dès le lendemain pour retourner au Cap (2). On assure
qu'il fut insulté en sortant de la ville des Ciycs par les gardes
du pont, a qui l'on avoit persuadé qu'il étoit la cause de tous
leurs maux, ou qui étoient gagnés par les factieux du Sud (3).
Il ne put pas ramener dans la province du Nord les secours
1 Rapport susdit des pièces comprises dans le paquet no. 12 de
l'assemblée coloniale.
2 Lettre de l'assemblée du Snd à Roume, du 21 août1792.
3 Journal exact et fdèle de ce qui s'est passé aux Caycs,ctc..
qu'il
, a qui l'on avoit persuadé qu'il étoit la cause de tous
leurs maux, ou qui étoient gagnés par les factieux du Sud (3).
Il ne put pas ramener dans la province du Nord les secours
1 Rapport susdit des pièces comprises dans le paquet no. 12 de
l'assemblée coloniale.
2 Lettre de l'assemblée du Snd à Roume, du 21 août1792.
3 Journal exact et fdèle de ce qui s'est passé aux Caycs,ctc..
qu'il --- Page 617 ---
609 )
gu'il y avoit promis d'y condaire des deux
pour réduire tcs nègres
autres provinces,
insurgée 5 il donna même
Partant, de faire passer dansle Sud deax
Tordre, en
de ligne qui étoiept au Poit-an-Prince. compagniss de troupes
servit merveilleu ement le
Sa def.ite dux Piatons
les
parti qui lui étoit opposé.
orages, qui amendrent la révolurion du
Bientôt
métropole, retentisant
10 août dans la
jisque dans la colonie,
nouvelle force à Ce parti qui, depwis
donnérent une
timens les plus
1792, affectoit les sennière fois
révolutionnaires. Bl nchelande perdit
son crédir ; et le Parti de
une derreprit le dessus dans l'assemblée
V'assemblée de Saini-Marc
la métiopole (1).
coloniale, qui le désonça à
Les negres des Platons se
après la victoire. On
comportérent en politiques habiles S. XLVI.
assure que pas rn d'entre eux
Dernières
ététué, que plusieurs de leurs
n'y avoit
que celies des blancs
compagnies étoient mieux armées Proposttions
file le mieux soutenu cux-mémes, et qu'clles firent le feu de taites aux
(2). Cependant,
blancs par les
triomphe,is réitérèrent leurs
sans s'enorgueillin de leur nègres du
après le départ de Elancheland-, propositionsde paix, peu de jours Sud.
berté de tous ceux qui
Ils demandérent d'abord la lijours à exiger les trois servoient avec cux, en persistant tou.
réduisirent enenite à
jours francs pour les ateliers. Ils se
de faire
quatre cents libertés
rentrer dans les atcliers les
seulement, en offrant
mettre, pour gage de leur
antros -nègres, et de resincérité, neuf cents bons fusils
qu'ils
1 Voyez les pieces du procès de
l'assemblée culoniale, remise Blanchelande, etla
tembre
aux
démonciation de
1792.
commissaires civils, le.
2 Journal exact
. scpet fidele de ce qui s'est
Rapp. de Garran-Coulon.
passé aux Cayes, P. 1o.
Tome II,
Qg
mettre, pour gage de leur
antros -nègres, et de resincérité, neuf cents bons fusils
qu'ils
1 Voyez les pieces du procès de
l'assemblée culoniale, remise Blanchelande, etla
tembre
aux
démonciation de
1792.
commissaires civils, le.
2 Journal exact
. scpet fidele de ce qui s'est
Rapp. de Garran-Coulon.
passé aux Cayes, P. 1o.
Tome II,
Qg --- Page 618 ---
( 610 )
avoient dans les mains. L'école du malheur parut d'abord avoir
fait quelque impression sur les habitans des Cayes. Ils renoncèrent a ces délibérations tumultueuses des communes assemblées, qui n'avoient produit que des désastres; ils déclarèrent
s'en rapperter à CC que décideroient l'assemblée du Sud et la
municipalité, qui délibérérent à huis clos. Ces propositions ne
pouvoient pas étre regardées comme cxagérées, dans Ia situation fâcheuse ou se trouvcit la viile des Cayes, sans cesse
menacée d'être incendiée par les négres qui la bloquoient
étroitement : mais ceux qui ine vouloicnt pas de la paix, prétendirent encore qu'on ne pouvoit Fas accorder aux insurgés
les libertés quil demandoient, sans faire la même faveur à
plus de cent règres de la ville qui avoient combattu pour
leurs mattres ; les bommes de couleur, contre qui ces négres
avoient combattu, s'opposèrent à cetie mesure. La négociation
traîna en Iongueur. Les brigandages recommencérent ; et bientôt les règres revinrent e à demander la liberté générale de la
> bande, et la possession entière de tous lcs P.atons n
Tel étoit l'état de la province du Sud, lors de l'arrivée des
nouveaux commissaires civils que la métropole envoya, pour
l'exécution de la loi du 4 avril, dans la colonic.
1 Journal exactet fcèle de ce qui s'est passé aux Cayes,. 10.
Fin de la seconde Partie et du Tome second, --- Page 619 ---
T AB L
E
DES
M
ATIERES
CONTENUES DANS
LE SECOND
VOLUME,
SECONDE
De
PARTIE
insurrections contre les
Assemblés Blancs, et de lz seconde
Introdaction,
coloniale.
Page A
CHAPITRE
DEs persécutions
PREMIE E R.
costre les hommes de couleur
S. 1. Dispositions
et d'Ogé.
S. 2. De celles du primitives club
des colons blancs en
S. 3,
Massiac,
France, 3
S. 4. Dispositions des colons blancs d
S. 5. Persicuions Changemens de ces dispositions, Saint-Domingus. 7
S. 6. Pétition de contre les hommes de couleur,
S. 7. Pexations queigues-uns d'entre euse.
S. 8.
diverses.
de Plassac, Proscription des hommes de couleur de
S. 9. Autres atrocités
PAriitonite Oig
S. 9 Bis. Massacre dans divers lieux.
au Cap.
presgue ginéral des hommes de
$. 10, Tétes mises à
couleur
prix et payées,
dispositions, Saint-Domingus. 7
S. 6. Pétition de contre les hommes de couleur,
S. 7. Pexations queigues-uns d'entre euse.
S. 8.
diverses.
de Plassac, Proscription des hommes de couleur de
S. 9. Autres atrocités
PAriitonite Oig
S. 9 Bis. Massacre dans divers lieux.
au Cap.
presgue ginéral des hommes de
$. 10, Tétes mises à
couleur
prix et payées, Q42 --- Page 620 ---
TAB L E.
S. 11. Du créole Milscent.
S. 12. Miconnoissance de la qualité d'hommes aux négres et
clux muldtres.
S. 13. Principes de l'assemblee du Nord à leur égard,
S. 14. Decrets tyranniques de l'assemblée de Saint - Marc
contre eux.
S. 15, Décret contre les blancs mésalliés.
S. 16. Premiers actes de résistance des hommes de couleur. 30
S. 17. dfuire du Fonds-Parisien.
ibid.
S. 18. Propositions d'une proscription générale contre les
hommes de couleur.
S, 19. Nouveaux outrages par l'assemblée du Sud.
S. 20. Actes de machiavélisme de l'assemblée de St-Marc. 37
S. 21. Protestation des hommes de couleur contre cette as. -
semblée.
S. 22. Invocation tardive des hommes de couleur par P'assemblée de Saint-Marc.
S. 23. Voyage de Vincent Ogé en France.
S. 24. Dificulels qu'il éprouve à retourner dans la colonie. 44
S. 25.-Sor arrivée dans la province du Nord.
S. 26. Ses letures à Peinier et d l'assemblée du Nord,
S. 27. Mesures prises cantre lui.
S. 28. Il est. livré par le gouvernement espagnol,
S. 29. IL est rompu vif:
5. 30. Exécutions multipliées.
S. 31. Examen des crimes reprochés à Ogé.
ibid.
S. 32. D'un testement de mort autribud au frère d'Ogé. 59
S. 33. Doutes sur l'énoncé de cette pièce.
S. 34. Ogé a-t-il été un agent de la Lugerne et des contrerévolutionnaires?
--- Page 621 ---
T A B L E.
assassin ?
5. 35. A-r-il été un
CHAPITRE II.
hommes de couleur dans T'Ouest, et des
De l'insurrection des
concordats.
Décret de novembre 1790 sur les colonies.
S. 1.
Snint-Domingue.
S. 2. Autre du 1 février 1791 pour
et du club Mas3. Manauvres des quatre- vingt- - cing
S.
siac.
par Linguets
S. 4. Défense des quatre-vingt-cing
S. 5. Leurs transactions avec Barnave.
6. Arrétès contraires du club Massiac.
5. Décret du 15 mai.
S. 7.
des motifs de ce décret.
S. 8. Exposé
lenvoi.
$. 9. Intrigues pour en empécher
ibid.
S. 10. Mesures du club Massiac. du Nord.
S. 11. Lettre de Daugy à la province
administratifs. 100
S. 12. Lectre du club Massiac aux corps
5. 13. Lettre du marquis de Rouvrai.
d:s colons blancs.
$- 14- Soulévement conre-rivolutionnsire
. 7.
des motifs de ce décret.
S. 8. Exposé
lenvoi.
$. 9. Intrigues pour en empécher
ibid.
S. 10. Mesures du club Massiac. du Nord.
S. 11. Lettre de Daugy à la province
administratifs. 100
S. 12. Lectre du club Massiac aux corps
5. 13. Lettre du marquis de Rouvrai.
d:s colons blancs.
$- 14- Soulévement conre-rivolutionnsire $. 15. Adhésion de Blanchelande. Nord.
S. 16. Adresse de Passemblée du
au Port-auConfidération contre - rivolutionnaire
S. 17112
Prince.
du Gros-Morne.
S. 18. Arrêté criminel de la paroisse
Lertre de Guiton au club Massiac.
S. 19.
des hommes de couleur.
S. 20. Correspondance
Qg3 --- Page 622 ---
TASI E
$- 21. Premier effer sur eux du décret du 15 mai,
$S. 22. Leur isolement lors de linsurrection.
Page
S- 23. Commencement de Pinsurrection au Mirebalais. $. 24. Adresses des insurgés à Blanchelande,
S. 25. Causes de la coalition de Za
Croix-der-Bougusts. 138
S. 26. Premiers actes d'hostilités.
S. 27. Concordat de la Croix-des-Bouguttr.
S. 28. Autre avec Saint-Marc.
S. 29. Inexécution du concordat par le Port-au-Prince. 146
S. 30. Transactions diverses avec les hommes de coxleur. ibid.
S. 31. Traité de paix pour toutes les paroisses de P'Ouest. 150
S. 3z. Entrie des hommes de couleur au Port-au.Prince. 153
S. 33. Assassinat d'un de leurs tambours.
27. Concordat de la Croix-des-Bouguttr.
S. 28. Autre avec Saint-Marc.
S. 29. Inexécution du concordat par le Port-au-Prince. 146
S. 30. Transactions diverses avec les hommes de coxleur. ibid.
S. 31. Traité de paix pour toutes les paroisses de P'Ouest. 150
S. 3z. Entrie des hommes de couleur au Port-au.Prince. 153
S. 33. Assassinat d'un de leurs tambours. S. 34. Combat et esepulsion des hommes de couleur.
5. 35. Conduite de la municipalité et de l'assemblée de
l'Ouest.
S. 36. Incendie et pillage du Port-au-Prince,
S. 37. Si les hommes de couleur en ont été les auteurs. 166 164
S. 38. Des étrangers auteurs de ces deux crimes.
S. 39. Leur dénonciation inutile à la municipalité
170 les
hommes de couleur.
par
CHAPITRE III
Dr Ia scconde assemblée coloniale, et de l'insurrection des
nègres.
S. 1, Instruction sur les colonies dicrétces le 15 juin
1791.
--- Page 623 ---
TA E L E.
des 85.
S. 2. Dècret du 7 juillet en fuveur
à Saint-Domingue.
S. 3. Retour de quelques-uns de la seconde assemblée coloniale. 183
S. 4. Formation et esprit
sélitieuse SULT sa constitution.
S. 5. Discussion
S. 6. Arrêtés sur cet objet.
Translation de Passemblée au Cap. des
S. 7.
des causes de Pinsurrection
nègres.
S. 8. Rrcherche
dès 1789.
S- 9. Mouvemens parmi eux et de Raimond en leur faveur.
10.. Projets humains d'Ogé
$.
Principes contraires des grands planteurs.
et la
S. 11.
des négres suivant Brulley
$. 12. De Zz flagellation
ibid.
Pole.
des hommes.
S. 13. Page doute s'ils sont
de la colonie à leur igard.
des assemblées
S. 14. Principes
de leur traitement. 204
15. Lectre de Guiton sur Patrocitt
S.
Silence des tribunaux sur ces ussassinats.
S. 16.
des esclaves.
S. 17. Estampage dans POuest en jxillet 1791.
$. 18. Souldvemens
les blancs en aient éiè les auteurs.
Improbabilité que
S. 19210
S. 20. Sécurité des blancs. dans le Nord.
S. 21. Insurrection générale de couleur au Cap.
S. 22. Massacre des hommes stireté de cette ville.
S. 23. Mesures pour la
arborés dans Passemblee
S. 24. Signes de contre- : révolution
coloniale, etc.
sur les cocardes
de Page et Brulley
S. 25. Temoignages
anti-nationales.
la colonie à PAngleterre. 226
de livrer
$. 26. Proposition
Q94 --- Page 624 ---
TAD L E.
5. 27. Costume incivique de l'assemblée et des troupes colonales.
5.'28. Refus d'instruire la Franse de l'insurrection. Page 228
S. 22. Sccours deman.l's dix nations étrangères. S. 30. Sur-toui à Laz Jamaique.
S. 31, Conaaite du gouvernement espagnol.
S. 32. Nyenanvis cns lex Exats Unis.
237 238
$. 33: Dévouensent d'un rmatiur de Bordeaux.
S. 34. Negociacions de la Jumaique.
S. 35. Secours accordés par Cette iie.
S. 36. Nigueiaiions ultérieures.
22. Sccours deman.l's dix nations étrangères. S. 30. Sur-toui à Laz Jamaique.
S. 31, Conaaite du gouvernement espagnol.
S. 32. Nyenanvis cns lex Exats Unis.
237 238
$. 33: Dévouensent d'un rmatiur de Bordeaux.
S. 34. Negociacions de la Jumaique.
S. 35. Secours accordés par Cette iie.
S. 36. Nigueiaiions ultérieures. S. 37. Arrêté contre la liberté de Za presse. .
S. 38. Installation sol-mnelle ded'assemblée coloniale. 247
S. 39. Mesures barbares contre les émigruns d'Europe: 249
S.4 40. Recours tardifd la mére-patrie.
S. 41. Barbarie des mesures prises contre les insurgés.
S. 42. Barbarie et brutalité des négres.
S. 43. Leur répression ; supplice de Jeannor,
S. 44. Suite des opérations militaires.
S. 45. Divirions et découragement des blancs.
S. 46. Réflescions sur les imputations faites aux agens du
gouvernement.
S. 47. Viritable cause du peu de succès des blancs.
264 266
CHAPITRE I 1 V.
Du decret da 2fseptembre 1791, et des premiers commissaires
civils enroyés à Saint-Domingue.
S. I. Inexécution du décret d. 15 mai en France,
--- Page 625 ---
TAB L E.
colons blancs auprèsde Baynave. page 27d
S 2. Intriguesdes renvoie les 85 à Saint-Domingue.
S. 3. Déoret qui
empécher le départ des comS. 4- Noxvelles intrigues pour
ibid.
missaires civils. révocation du décret du 15 mai.
S. 5. Autres pour la
S. 6. Dieret du 24 septembre 1791.
reconnoftre les
Arrité de P'assemblée coloniale pour
S. 7.
de couleur.
droits des hommes
5. 8. drrêtès d'amnistie en leur faveur. décret du 24 septémbre,
Mesures contraires d'après le
S. 9.
D:s deux partis de P'assemblée coloniale.
S. 10.
la ssation venant de la MarS. 11. Emeute occasionnée par
tinigue.
de Blanchelande et de P'assemblée.
S. 12. Conduite
S. 13. Retour du calme.
S. 14. Réfexions sur cet événement.
Arrivée
du décret du 24 septembre 1791.
6. 15.
officieile
civils.
30a
S. 16. Arrrivée des commissaires
les nègres et les. blancs.
S. 17- Négociations entamées entre
18. Lettre des chefs des nègres à P'assemilée coloriale.
$.
'assemblée.
S. 12. Conduite
S. 13. Retour du calme.
S. 14. Réfexions sur cet événement.
Arrivée
du décret du 24 septembre 1791.
6. 15.
officieile
civils.
30a
S. 16. Arrrivée des commissaires
les nègres et les. blancs.
S. 17- Négociations entamées entre
18. Lettre des chefs des nègres à P'assemilée coloriale.
$. S. 19. Réflexions sur cette Zettre. coloniale et des commissaires
S. 20. Conduite de Passemblie
civils.
et des commissaires ciu
S. 21. Conférence de Jean-François
vils.
Blancs.
S. 22. Délivrance des prisonniers
causes.
S. 23. Rupture des négociations et ses
Digicultés sur la promulgation d'une amnistic.
S. 24. --- Page 626 ---
T AB L E.
S 25. Jonction de plusieurs hommes de couleur du Nord aux
négres.
S. 26. Heureuse négociation des commissaires civils.
S. 27. L'assemblée coloniale paroit d'abord l'approuver. 329
S. 28. Elle en arrôte les suites.
S. 29. Cruautés des négres et des blancs.
S. 30. Découragement et désorganisation des volontaires
blancs.
S. 31. Liaisons des commandans du Nord avec les hommes
de couleur.
S. 32. Kocablissement du régime militaire par ces commandans.
S. 33. Correspondance qu'on leur impute avec les négres. 343
S. 34. Lectre de Rouvrai à Blanchelande.
$. 35. Secours accordés aux négres par les Espagnols. 347
CHAPITRE V.
Dzs factions dans l'Assemblée colonia'e, et des troubles du
Cap sous les premiers commissaires civils.
S. 1. Etat des partis dans P'assemblte coloniale.
S. 2, Nouvelle discussion sur la dénomination de l'assemblée.
35a
S. 3. Arrêtt pour le nom d'assemblée coloniale, provoqué
par les commissaires civils.
S. 4. Arrivée de plusieurs des 85.
S. 5. On veut Zes faire admeutre dans l'assemblée coloniale.
S. 6. Elle afecte un grand attachement à la révolution. 361
. 1. Etat des partis dans P'assemblte coloniale.
S. 2, Nouvelle discussion sur la dénomination de l'assemblée.
35a
S. 3. Arrêtt pour le nom d'assemblée coloniale, provoqué
par les commissaires civils.
S. 4. Arrivée de plusieurs des 85.
S. 5. On veut Zes faire admeutre dans l'assemblée coloniale.
S. 6. Elle afecte un grand attachement à la révolution. 361 --- Page 627 ---
T A B L, E.
commandant de la garde nationale du Cap.
S. 7. Dassas,
page 363
8. Direciion des troupes, attribude aux corps populaires. 365
S.
S. 9. Arrêté pour rétablir les municipalitis.
S. 10. Formation de celle du Cap.
Emutes successives dans cette ville.
$. 11.
et des députds des hommes de
S. 12 Risques de Cambefort
.
couleur.
lors du départ de Saint : Liger pour
s. 13. Auroupemens
POuest.
Biassou.
du Haut du Cap par
$. 14. Auaque
du Cap.
$. 15. Installation de la municipalité émissaire des amis des noirs.
S. 16. Roume autaqué comme
Motions contre les commissaires civils.
$. 17.
civils,
S. 18. Arrêtés contre les commissaires
Discours apologitique de Roume.
$- 19.
S. 20. Lettre de Mirbeck.
coloniale.
S. 21. Nouvel arrété de l'assemblée
S- 22. Ecrits conere les commissuires civils.
S. 23, Lertre de Raimond, aliérée. Blanchelande.
3go
de Rouvray à
$. 24. Réquisitions contre Pun et Pautre.
39a
S. 25. Dénonciations
P'assemblée et la municipalits.
S. 26. Emeute entretenue par
Résultat favorable au parti du gouvernement.
S. 27.
discussions entre Passemblée et Blanche5. 28. Dernières
lande.
France.
5. 20. Départ de Mirbeck pour
Dumas.
4c6
S. 30. Du député à Passemblie coloniale, --- Page 628 ---
TAD L E.
S. 31. Discussions de Roume et de Passemblie SILT ses
pouvours.
$. 32. Compromis à l'avantage de Roume.
S. 33. Vessation des séances publiques de P'assemblée coloniale.
S. 34. Tentatives pour faire une nouvelle émeute.
S. 35. Riquisitoire de Larchevesque- Thibaud,
S. 36. Diputation des soldats du MSle.
S. 37. Lar.hevesque - Thibaud obtient une garde personnelle.
S. 38. Révocation du décret du 28 septembre.
ibid.
S. 39. Plan de constitution arrété par l'assemblée coloniale.
S. 40. Opposition du côté Ouest.
caq
CHAPITRE VI.
DE la province de l'Ouest, jusqu'au départ du commissaire
civil Saint-Léger.
S. 1. Étar du Port-au- Prince et des hommes de couleur,
S. 2. Vues contre- - révolutionnaires des blancs de la Croixdes-Bouquets.
S. 3. Lettre sanguinaire des chefs des hommes de couleurS. 4. Négociations entre le Port- au Prince et les confé- 427
dérés.
S. 5. De Grimouard, et des propositions dont il est chargé.
S. 6. Refus du Port-au-Prince,
commissaire
civil Saint-Léger.
S. 1. Étar du Port-au- Prince et des hommes de couleur,
S. 2. Vues contre- - révolutionnaires des blancs de la Croixdes-Bouquets.
S. 3. Lettre sanguinaire des chefs des hommes de couleurS. 4. Négociations entre le Port- au Prince et les confé- 427
dérés.
S. 5. De Grimouard, et des propositions dont il est chargé.
S. 6. Refus du Port-au-Prince, --- Page 629 ---
T. A B L E. de Grimouard aussi rejettes. 5. 7. Nouvelles propositions
avec Grimouard et le
8. Discussions de la muricijalité
S. commerce. d'après la loi du 28 sepS. 9. Ruprure des négociations
zembre. hostiles du Pore-au-Prince et des confidérés. S. 10. Mesures
44*
discussions de la municipalité avec le
S. 11. Nouvelles
commerce et Grimouard. suscitée par le Port5. 12. Insurrection. sur les batimens,
au-Prince. contre les hommes de
5. 13. daaque du Port-au-Prince
couleur. assassinats commis publiquement au PortS. 14- Nouveauz
au-Prince. rebelle. 15. Protcction accordie à un canonnier
civils. S. respectives aux commissaires
S. 16. Diputations
Éiar de la confédération de la Croisdes-Douguces 453
S. 17. demandes aux commissaires civils. S. 18. Ses
exhortations des commissaires civils. S. 19. Réponse et
du Port-au-Prince,
S. 20. Autres lettres à la municipalité
et aux troupes de ligne, Bc. des autorités constiruées
S. 21. Mécontentement et opposition
du Port-au-Frince. Passemblie coloniale. S. 22. Annullation des concordats par
--- Page 630 ---
TABI E. $. 23. Elle approuve les mesures de P'assemblée de l'Ouest,
S. 24. Nouvelles exhortations à la paix par les commissaires
civils. S. 25. Avances inutiles des corfidérés dans les mémes 466
vues. S. 26. Arrivée de Saint-Leger au Port-au-Prince. S. 27. Nouvelles avances Lout aussi inutiles des confidiris. S. 28. Maracuvres au Port-au-Prince contre la paix et le
commissaire civil. S. 29. Dispositions pacifiques de Za confidération. S. 30. Dispositions contraires du Pors-au-Prince,
S. 31. Dernières représentations de Saint-Liger. S. 32. Reprise des hostilités par le Port-au-Prince."
S. 33. Saint Liger se détermine d quieter ceite ville. S. 34. De Léogane et de Romaine la prophétesse. S. 35. De Villars et de l'airbé Ouvière,
S. 36. Soumission de Léogane à Romaine. S. 37. Déplorable siruation de cette ville. S. 38. Mesures cruelles et dérisoires de l'assemblée de
POuest. S. 39. Vains efforts de Saint-Leger auprés de cette assemblée. S. 40. Saint-Léger va à Ltogane avec quelques hommes de
couleur. 4;8
S. 41. Auaque perfidle de Liogane par la troupe de Romaine. ibid. S. 42. Dispersion de l'armée de cet imposteur. --- Page 631 ---
TAB L E. S. 43.
38. Mesures cruelles et dérisoires de l'assemblée de
POuest. S. 39. Vains efforts de Saint-Leger auprés de cette assemblée. S. 40. Saint-Léger va à Ltogane avec quelques hommes de
couleur. 4;8
S. 41. Auaque perfidle de Liogane par la troupe de Romaine. ibid. S. 42. Dispersion de l'armée de cet imposteur. --- Page 631 ---
TAB L E. S. 43. Discussion sur Léogane intre Sainetigrntaneastle Page 501
de POuest. de Passemblie de POuest pour rallumer
S. 44. Manauvres
la guerre civile. du Port-au-Prince par
S. 45. Destitution du commandant
cette assemblée. du Port- au - Prince. Prise de la Croix-desS. 46. Sortic
Bouquets. soulevés chassent Parmée du Port-au-
$. 47. Les nègres
Prince. France. S. 48. Départ de Sains-Liger pour
CHAPITRE VIL
du Sud, et du voyage qu'y fit Blanchelande
De la province
en 1792. du Sud, et sa tendance à Pisolement. S. 1. Dipendance
Puissance des hommes de couleur dans ceste provinct. S. 2. bonnes dispositions dans P'origine : ofres d'un
S. 3. Leurs
don parriotigue. victoire de ceux des Cayes,
S. 4. Insurrection et
Mauduit qui soumet les hommes
S. 5. Les blancs invoquent
de couleur. des blancs contre eux après le décret
5. 6. Emportement
du 15 mai. l'incendie du
Fureur des hommes de couleur aprie
S. 7. Port-au-Prince. --- Page 632 ---
TABL E.
S. 8 et 9. Nouveaux traités arrachés aux blancs, qui ne
veulent pas les tenir.
S. 10. Cruautés des hommes de couleur.
S. 11, dutres cruautés des blancs.
$. 12. Conventions pour Jacmel, et leurinfraction.
S. 13. Ulocus et incendie de Jacmel par les hommes de
couleur,
S. 14. Efforts inuriles de Saint-Liger. Massacres du PetitGoave et de Baynet.
S. 14 bis. Blocus et détresse des Cayes.
S. 15.Rejet des mesures conciliaroires par les deus partis
S. 16. Armement des esclaves par les blancs et les hommes
de couleur.
S. 17. Factions aux Cayes. Renouvellement de D'assembiie
du Sud.
S. 18, Destitution du commandant du Sud, Mangind'Ouence.
S. 19. Nomination de Thiballier,
S. 20. Insurrection des négres du Sud.
S. 21. On l'impuce mal-d-propos all marquis de Cadusch.
$.220023, Rereargurs surl l'origine de cette insurrection. 563
S. 24. Vaines tentatives des hommes de couteur,pour se
réconcilier avec les blancs.
S. 25, Nouvelles dissentions parmi les blancs des Cayes.
S- 26. Assenblée de communes réunies.
S. 27. Succès éphéméres de Thiballier; sa démission forcée,
S. 28, --- Page 633 ---
TABL E.
avec les nègres. Page.
5y0
S. 28. Essai de négociation
dans le Sud.
Morifs du voyage de Blanchelande
S. 29.
5,3
Inefficacité de ses mesures à Tiburon.
S. 30.
S. 31. Son dibur aux Cayes.
contre les
32. On le force à faire une attaque générale
S.
nègres pour le perdre.
durant une nigociation.
S. 33. Acaque faire par les nègres
L E.
avec les nègres. Page.
5y0
S. 28. Essai de négociation
dans le Sud.
Morifs du voyage de Blanchelande
S. 29.
5,3
Inefficacité de ses mesures à Tiburon.
S. 30.
S. 31. Son dibur aux Cayes.
contre les
32. On le force à faire une attaque générale
S.
nègres pour le perdre.
durant une nigociation.
S. 33. Acaque faire par les nègres S. 34. Afaire générale.
les colonnes des blancs.
de toutes
S. 35. Difuite complète
de Blanchelande.
5- 36. Perplexcités
S. 37. Fuite générale.
faites à Blanchelande à cette
S. 38. Examen des accusations
5g0
occasion.
volonté de ses partisans dans cette
S. 39. Ardeur et bonne
expédition.
volonté du parti contraire.
S. 40. Mauvaise
dcs habitans des Cayes.
S. 41. Tiéteur et insubordination
grand nombre d'entre eux. 599
S. 42. Refus de marchzrdun du Sud contre Blanchel nde.
S. 43. M.moire de Passemblée
de Blanchelunde 3 tirée d'un rapport
S. 44. Justification
secret) fait contre lui.
dans le Nord,etson discrédit.
$. 45. Retour de Blanchelande
fuites aux blancs par les
$. 46. Dimières propositions
1t: gres du Sud.
Second.
Fin de la Table du tome
Tome II.
Rr
Rapport de Garran-Coulon. --- Page 634 --- --- Page 635 ---
ERRATA
P.ers.r 6 exige,Fser,
Page 46, lig 4,et la di cipline exigea, du
régiment.
régiment; liset, etle
Page 18, lig. 1, On ne
citera plus, pour.
citera, pour plus; lisex, on ne
Page 154, s lig. 21, avec
Blanchelande.
Blanchelande ; lisez, de price
la Page 184, lig. 4, de l'assemblée de
seconde assemblée coloniale.
Saint-Mare; liset, de
Page 269 > lig. 13, décrétée
colonies."
; liset, décrétée
Page 273, lig.
Pour les
Page 361, lig. 7, actnel ; liser, officiel.
Ibid. lig.9, 6, publiés) sous;liser
il demanda. opérations (2). Il demanda; pabliée).Seus.
Ibid.
burgropénnioa(s),
Page lig. a6,rappel et leur; lisez,
391, lig 10, de
rappel, lcur.
Rouvray, et autres que. Rouvray et autres 3 que; liset, de
Fage 439, lig. 3,de cet arrété;
commerce,
; list, s de l'arrêté du
Page 494, lig. 18, la Surveillante;
Page 500, lig. 16, aux hommes;
lisez, la Galatie,
Page 582, libertés a l'assemblée; rayez ces deug mots,
liser, > libeztés, LAsscmbiée. --- Page 636 ---
0M218 --- Page 637 ---
EB V:z --- Page 638 ---
- --- Page 639 ---
a --- Page 640 ---
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