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2166,
(40)
des hahitations et de l'agricnlture 20 9 décréter le
prêt des sommes nécessaires à cet effet, > régier
le mode de distribution, et fixer les termes des
remboursemens.
A R T. I V.
Les comités de législation et des colonies présenteront dans huitaine un projet de loi sur
la fixation des délais à accorder aux diverses COlonies françoises, pour émettre leur voeu surleur
organisation intéricure et définitive.
A R T. V.
Les comités de législation, de commerce et
des colonies, s'occuperont, sans délai, de la rédactiou d'un projet de loi pour assurer aux
fonrnisseurs des colonies une hypothèque sur-les
bierîs de leurs débiteurs, et le moyen de poursuivre, SRUS retard, deyant les tribunaux, le recourremnent de leurs créances.
An.T. V I.
L'assemblée natioviale vote des remercimens
aux citoyens des Etats-Unis de lAmérique septentrionale, à l'assemblée générale de Pensylv rinie,
à tous les hommes qui, au milieu des désordres
de Saint-Domingne, se sont dévoués au salut
de cette colonie.
- --- Page 3 ---
R A 0 P de P 2 C
R T
SUR LES TROUBLES
DE SAINT-D O MINGUE,
F A I T
A LASSEMBLÉE NATIONALE,
PAR CHARLES TARBÉ,
DÉPUTÉ DELA SEINE-INFÉRIEURE,
AU NOM DU COMITE COLONIAL,
Le 29 février 1792.
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
TROISIE ME PARTIE
MESSIEURS,
Depuis le dernier rapport que je vous ai fait
au nom de votre comité colonial, les avis offi-.
ciels recus de Saint-Domingue ont bouleversé en
Colonies, 130 19.
A. --- Page 4 ---
(2)
grande partie les idées accréditées jusqu'alors sur
les causes de la révolte des noirs, ct de la mésintelligence entre les blancs et les homines de
couleur.
Votre comité, qui se félicite en ce moment
de s'être constamment opposé à tout jugement
précipité sur cette importante et malheurense affaire', m'a chargé de vous présenterle précis dcs
derniers événemens, et quelques réfiexions sur
la position actuelle de la colonie de Saint-Domingue, considérée distinciement par rapport
et
rapport anx hommes
aux nègres révoltés,
par
de couleur.
avoir é:é battus et
Les nègres révoltés, après
dispersés sur les habitations d'Agoust et Galifet, s'étoient retirés dans les mornes 2 au commencement d'octobre. Les planteurs $ refugiés
dans les villes, depuis six semaines, se disposoient à retourner sur leurs habitations, lorsque
les révoltés se répandirent de nouveau dans la
plaine, et particulièrement dans les paroisses à
l'cst de la province du Nord.
En peu de jours les paroisses d'Ouanaminthe,
du Trou, de Vallière et du Fort-Dauphin (2),devinrent le théâtre des mêmes scènes d'horreur
(1) Pièces justificatives, no. 130 à 135 et 144.
, depuis six semaines, se disposoient à retourner sur leurs habitations, lorsque
les révoltés se répandirent de nouveau dans la
plaine, et particulièrement dans les paroisses à
l'cst de la province du Nord.
En peu de jours les paroisses d'Ouanaminthe,
du Trou, de Vallière et du Fort-Dauphin (2),devinrent le théâtre des mêmes scènes d'horreur
(1) Pièces justificatives, no. 130 à 135 et 144. --- Page 5 ---
(3)
qui ayoient ensanglanté les quartiers de l'Acul,
de Limonade, da Limbé et du quartier Morin.
Cctte incursion nouvelle étoit d'autant plus
inquiétante > u'un grand nombre d'hommes de
couleur (:) s'étoient réunis aux révoltés, et dirigeoient la marche et les opérations des nègres,
toujours moins dangereux quand ils sont abandonnés à leur brutale et fougueuse inexpérience.
Cependant, ces nègres et mulâtres confédérés,
qui se disoient les amis du Roi, et armés
la
pour
bonne cause (2), avoient arboré la cocarde
blanche, et forçoient les citoyens à quitter les
couleurs. nationales ; ils s'étoient emparés du
Trou, de Vallière et d'Onanaminthe, avoient
dissous les comités et corps populaires, et les
municipalités arrêtoient, désarmoient, mettcient
aux fers les blancs qui leur étoient odieux ou
suspects, et portoient le fer et la flamme dans
toutes les habitations.
Dès que l'Assemblée générale et le
gouverneur 2
eurent connoissance de ces désastres, ils s'empressèrent de diriger contre les révoltés tontes
les forces dont ils purent disposer sans compromettre la streté des autres parties de la province
du Nord. MM. d'Assas, Vallerot et Cambefort,
(1) Pièces justificatives, no, 130 à 135 et 144.
(2) Pièces justificatives, no, Ibid,
A 2 --- Page 6 ---
(4)
obtinrent plusieurs avantages sur les révoltés ;
mais c'est particulidrement à M. Touzard que
l'on a l'obligation de leur dispersion.
Cet officier patriote, qui déja s'est couvert de
gloire en combattant pour la liberté américaine,
a bien mérité de la colonie et de la nation entière, par le courage et la prudence dont il a
fait preuve dans cette campagne périllcuse. Il
n'a pas craint de s'avancer presque seu! au milieu des révoltés pour les haranguer et les ramener à la paix 3 ei, en: employant tour-à-tour la
fermeté et la persuasion, il a eu la satisfaction
de ranener le plus grand nombre des mulitres
aux bons principes, et de forcer les nègres à la
retraite.
Ces derniers se retirèrent d'abord dans les montagnes; mais pressés par la faim, ou ramenés
parl'empire de i'habitude à ces cases domestiques
cà sont tout-à-la-fois lenrs chaînes etleurs jouissances, la plapart sont revenus à lcurs atteliers;
le reste, déponrya de canons et de munitions de
guerre, 3 sans camp, saus asyle, se trouvoit réduit à exercer le maraudage sur les habitations
voisines des Mornes. Tontaunonçoit leur réduction prochine.
Mais, après quelqnes jours de tranquillité, ces
nègres ayaut sonlevé encore quelques atteliers,
sc sontrépandus,comme uil torrent,dans les quar-
, la plapart sont revenus à lcurs atteliers;
le reste, déponrya de canons et de munitions de
guerre, 3 sans camp, saus asyle, se trouvoit réduit à exercer le maraudage sur les habitations
voisines des Mornes. Tontaunonçoit leur réduction prochine.
Mais, après quelqnes jours de tranquillité, ces
nègres ayaut sonlevé encore quelques atteliers,
sc sontrépandus,comme uil torrent,dans les quar- --- Page 7 ---
(5)
tiers du Dondon, et de la Grande-Rivière (1),ct
ont renouvellé les actes de violences dont tant de
fois déja ils avoient donné l'affligeant exemple.
Il ne paroit pas que leshommes de conleurayent
eu part à cette nouvelle incursion, et cependant
on ne sauroit douter aujourd'hui que les nègres
révoltés soient dirigés par une impulsion étrangére. Pour s'en convaincre, il ne faut que jetter
les yeux sur l'adresse présentée à l'assemblée g6nérale le 8 Décembre dernier, au nom du général
et de l'état-major de l'armée des nègres. Cette
adresse, qui nous est parvenue depuis l'impression des dernières pièces distribuées, est extraordinaire à beaucoup d'égards, et mérite d'être
connue. Je demande à l'Assemblée la permission
de lui en faire la lecture.
(L'Assemblée observera qu'il n'y avoit que dix jours que les commissaires civils étoient arrivés ayec la loi du vingtquatre Septeinbre dernier.)
Adresse des nègres révoltés ct P'assembléegéndralar.
MESSIEURS,
Nous avons pris la liberté de vous faire parvenir une adresse où étoient consignées nos intentions pour la paix générale; cette production vous
est parvenue 3 et nous ignorons encore l'accueil
(1) Pièces justificatives, no, 144.
A 3 --- Page 8 ---
( 6)
mérité. Depuis le 2 de ce mois nous
qu'elle aura
lettre du Roi à l'Assemblée
avons reçu 1°. une
nationale, du 13 Septembre 3 2°. une proclamadu 28 du même mois 3 30. une loi
tion du Roi,
copie
Colonies, du même jour; 4°.
relative aux
de la Marine à
d'une dépèche du département
date du
MM. de Blanchelande et de Proissy, en
30 Septernbre.
attentivement, et avec des
Nous avons parcouru
sénat anguste de la
intentions pures, les volontésdu
et de notre digne souverain; nous avons
métropole dans la lettre du Roi, adressée à l'Assemapperçu
la ferme volonté d'exécuter les
blée nationale,
de réunir la grande faloix, et le desir sincère
et les trou
mille des français, que les dissentions
à
révolution avoient portée
bles d'une grande
un
s'exiler de leur patrie ; nous y avons apperçu
ardent
tous ses sujets, et le pardon
amour
pour
laissé entraîner
de tous les égaremens où se sont
enfin l'oules ennemis de notre sainte révolution ;
mais oubli sincère de tous les partis,
bli du passé,
comme à l'envie, à la
pour coopérer à l'avenir,
prospérité des fortunes publiques.
offre'
Voilà- ce que cette lettre analysée nous
d'abord nous allons jetter un coup d'ceil rapide
$
les autres
et nous prenet impartial sur
pièces,
faire
drons la liberté, en passant, de vous
part
réflexions
nous auront fait faire, avec
des
qu'elles
méritez, et par
cette confiance fondée que vous
me à l'envie, à la
pour coopérer à l'avenir,
prospérité des fortunes publiques.
offre'
Voilà- ce que cette lettre analysée nous
d'abord nous allons jetter un coup d'ceil rapide
$
les autres
et nous prenet impartial sur
pièces,
faire
drons la liberté, en passant, de vous
part
réflexions
nous auront fait faire, avec
des
qu'elles
méritez, et par
cette confiance fondée que vous --- Page 9 ---
(7 2 )
à l'avantage
Jaquelle nous espérons parvenir
commun.
du Roi, du 28 Septembre, est
La proclamation
franforielle de la Constitution
une acceptation
Dans cette proclamation, on voit sa solliçaise.
les
citude paternelle C ; il desire ardemment que
et
tous les ciloix soient en pleine vigueur,
que
concourent en corps à rétablir ce juste équitoyens
libre dérangé depuis silong-temps par les secousses
réitérées d'une grande révolution ; son esprit de
justice et de modération y est manifesté bien claiet
Ces deux loix sont pour
rement
précisement.
la mère-patrie, qui exige un régime absolument
distinct de celui des Colonies ; mais, les sentimens
de clémence et de bonté, qui ne sont pas des loix
mais des affections du coeur 9 doivent franchir les
mers, et nous devons être compris dans l'amnispour tous indistinctie générale qu'ila prononcée
tement.
maintenant à la loi relative aux
Nous passons
Colonies, du 28 Septembre 1791. Nous voyons 2
l'Assemblée nationale et le Roi
par cette loi, que
à former VOS demandes sur cervous antorisent
accordent de
tains points de législation, et vous
définitivement sur certains autres; dans
prononcer
le nonbre de ces derniers est l'état des personnes
des
de counon libres et l'état politique
citoyens
assurément les décrets de
leur. Nous respectons
A. 4 --- Page 10 ---
(8).
l'Assemblée nationale sanctionnés par leRoi:r nous
disons plus ; nous les défendrons ainsi que les
vôtres, revêtus de toutes les formalités requises,
jusqu'à la dernière goutte de notre sang. Nous
nous permettrons ci-après de vous exposer nos
réflexions, bien persuadés qu'elles trouveront près
de vous toute l'indulgence possible.
Enfin, la lettre du ministre de la Marine, qui
exprime d'unemanière formelle la ferme volonté où
est le Roi, de maintenirles articles décrétés,
par
-tous les moyens qui sont en sa puissance royale.
Messieurs, ce que nous ont présenté ces
pièces analysées.
75 Nous allons vous faire notre profession de foi
sur les troubles actuels, et nous sommes convaincus d'avance de toute l'indulgence que vous aurez
pour nous, indulgence qui nous est manifestée
par le corps législatif et souverain.
De grands malheurs ont affligé cette riche et
importante Colonie, nouS J avons diemeloppes,
et il ne nous reste plus rien à dire pour notre
justification. L'adresse que nous ayons pris la liberté de vous faire parvenir, ne laisse rien a
desirer à cet égard, mais au' moment ou.nous
l'avons rédigée, nous n'avions nulle connoissance
de ces diverses proclamations : anjourd'hui
nous
que.
sommes instruits des nouvelles loix, aujonrd'hui que nous ne pouvons douter de l'approbation
Colonie, nouS J avons diemeloppes,
et il ne nous reste plus rien à dire pour notre
justification. L'adresse que nous ayons pris la liberté de vous faire parvenir, ne laisse rien a
desirer à cet égard, mais au' moment ou.nous
l'avons rédigée, nous n'avions nulle connoissance
de ces diverses proclamations : anjourd'hui
nous
que.
sommes instruits des nouvelles loix, aujonrd'hui que nous ne pouvons douter de l'approbation --- Page 11 ---
(9)
de la mère-patrie pour tous les actes législatifs
que
vous décréterez concernant le régime intérieur des
Colonies, et l'état des personnes, nous ne nous
montrerons pas réfractaires; bien plus, pénétrés
de l'esprit de VOS arrêtés, qui ne nous sont
parvenus que demnièrement, ne sachant à quelle
cause attribuer ce retard, nous sommes pénétrés de la plus vive reconnoissance,
et, par
retour, nous vous réitérons nos assurances, par le
desir que nous aurions de vous ramener la paix.
Nous avons formé des demandes dans l'adresse
nous
que
avons eu l'honneur de vous faire
nous
passer, 3
les.avons cru acceptables par toutes les raisous possibles, par l'amour même du bien. Nous
avons cru devoir, au nom de la Colonie en danger,
vous demander les seuls et uniques moyens de
rétablir promptement et sans perte l'ordre
9 dans
une si importante Colonie; vous avez da peser la
demande et les motifs qui l'ont dictée ; le
mier article Proposé est de convenance
preabsolue,
votre sagesse vous dictera le parti que vous aurez
à prendre à cet égard.
Une nombreuse population qui se soumet avec
confiance aux ordres du monarque et du
législatif, qu'elle investit de sa
corps
puissance, 9 mérité
assurément des ménagemens, dans un moment où
toutes les parties de la Colonie doivent, àl l'exemple de la métropole, par leur union, leur
respect
Rapport par I. Tardd.No.19.
A 5 --- Page 12 ---
(10)
procarer à ce pays
aux loix et au Roi, songerà l'Assembléc nationale
le degré d'accroissement que qui seront en vigueur
a droit d'enstendre-lesioise libres et non libres, 2 doipourlétat des personnes dans toute la Colonie : il seyent être les mêmes
déclariez, par un
roitmême intéressant que vous
votre
sanctionné de M. le Général, que
arrêté
du sort des esclaintention est de vous occuper
sonti l'objetde votre sollicitude,
ves; sachant qu'ils
de leurs chefs, à qui
et le sachant de la part
satisferiez parvenir ce travail, ils seroient
vous
faciliteroit
remettre l'équilibre
faits, et cela
pour
de
Nous
sans perte, et en peu
temps.
rompu, la liberté de vous faire ces observations,
prenons
dès que c'est pour l'intérêt génépersuadés que, acceuillerez avec bonté ; enfin,
ral, vous les
pacifqees ne sont pas
Messieurs, nos dispositions
étl; des circonselles ne Pont tjamais
équivoques,
malheureusess umkianizmetotrenoed
tances
nous rendrez toute la justice
mais, ZLT1 jour, wous
et serez convaincus de
mérite notre position; >
que soumission aur loir, de notre attachement
notre
déet de notre respectueus
à la Constitntion,
attendons
ail Roi. Nous
impatiemment
vouemen!
mettre à cctte paix
les conditions qu'il vous plaira
observerons
si desirable ; seulement nous vous
notre
du moment que vous aurez parlé,
que,
mais que nous croyons
adhésion sera uniformô,
, ZLT1 jour, wous
et serez convaincus de
mérite notre position; >
que soumission aur loir, de notre attachement
notre
déet de notre respectueus
à la Constitntion,
attendons
ail Roi. Nous
impatiemment
vouemen!
mettre à cctte paix
les conditions qu'il vous plaira
observerons
si desirable ; seulement nous vous
notre
du moment que vous aurez parlé,
que,
mais que nous croyons
adhésion sera uniformô, --- Page 13 ---
(11)
de notre adresse indispensable;
l'article premier
doit
et
nous le croyôns avec l'expérience que
que
du local.
nous donner la connoissance
MM. Reinal et Duplessis de
Nous chargeons
d'une,
remettre ce
Le premier pas
vous
paquet.
mettre à même de
confiance générale va nous
les difficultés pour,
correspondre et d'applanir
consommer ce grand-ceuvre.
Des ordres sévères sont donnés pour empêcher
et MM. les généraux, dont
les moindres dégâts;
ont défendu
vous connoissez les bonnes qualités,
de la vie. Nous osons esd'attaquer sous peine
mêmes ordres
vous donnerez les
pour
pérer que
endommagé, et que le
que rien ne soit encore
estle
aller à son heureuse fin, qui
traité puisse
bien sincéreterme après lequel nous soupirons
ment.
Nous avons Phonneur d'être, etc.
BIASSOU, maSigné, JEAN FRANÇOIS, général;
DESPREA, MAUZEAU, TOUSSAINT,
réchabde-camp;
commissaires ad hoc.
et AUBERT;
de la Grande-Rivière, le 6
Au Camp général
décembre 1791.
: nous avons été enCe passage remarquable
de la colonie ; et
veloppés dans les malheurs
semcirconstances malheureuses
cet autre : Des
mais
blent rendre nos dispositions équivoques A6 2 --- Page 14 ---
(12)
vous nous rendrez toute la justice que
2nl jour
même
mérite 4
notre position ; enfin, l'ensemble
comparée avec les autres actes
de cette adresse,
le
des révoltés,qui portent
de la correspondance
et de lignorance la
caractère de la grossiéreté
donner
plus profonde; Numniah,Masdseunyperetd t
réflexions. Nous n'anticipeliei à de nombreuses
revenons aux faits.
rous pas sur les vôtres, et nous
cette
Les révoltés, depuis qu'ils ont envoyé
n'ont fait aucun progrès ; leurs princiadresse,
ont été ou tués dans les compaux chefs O1 rois,
nouveaux sujets. M.
leurs
bats, ou pendus par
étoient à sa
Touzard, avec le peu de forces qui
les tenoit constamment en échec,
disposition 7
qu'il parvint à les diset lon ne doutoit pas (1)
dès qu'il seroit
perser et réduire entièrement,
arrivé quelques renforts d'enrope.
la
Telle étoit au 18 décembre dernier
position
de la colonie, relativement aux nègres.
la mésintelligence des
Les malheurs , auxquels
donné lieu,
blancs et des hommes de couleur a
des
moins affligeants, et présentent
ne sont pas
inquiétudes plus sérieuses.
connoissance 3 Messieurs , de tout
Vous avez eu
concordat; il nous reste
second
ce quiaprécédéle
des faits postérieurs.
a vous présenter l'analyse
(1) Pièces justificatives, no, 148.
la colonie, relativement aux nègres.
la mésintelligence des
Les malheurs , auxquels
donné lieu,
blancs et des hommes de couleur a
des
moins affligeants, et présentent
ne sont pas
inquiétudes plus sérieuses.
connoissance 3 Messieurs , de tout
Vous avez eu
concordat; il nous reste
second
ce quiaprécédéle
des faits postérieurs.
a vous présenter l'analyse
(1) Pièces justificatives, no, 148. --- Page 15 ---
(13)
qui ont eu lieu dans
Comme les événemens
relativement
de. la colonie,
les trois provinces
ont
de liaison enaux hommes de couleur
peu
les tableaux
tr'eux, nous vous on présenterons
séparés.
du Sud, la conduite des hommes
Dans la province
et digne d'éloges.
de couleur a été long-temps sage
frères de la province de l'Ouést, campés
Leurs
les avoient invités à
à la Croix-Bes-Bouquets s
datée
les armes, par une lettre circulaire 2
prendre
dont voici quelques dispositions
du 13 décembre,
n'ont pas encore
littérales : 4C les quartiers qui
demanles armes les prendront de suite, et
>> pris
leurs droits soient reconnus par un
>) deront que
traiterez avec les citoyens
- Vous
5> concordat.
et assémet non avec les municipalités
>> blancs,
contre lesquelles vous proD blées provinciales >
sera terminée,
Quand cette opération
>> testerez-:
et en activité 2 etc. >>
> vous resterez en armes
du Sud
de couleur de la province
Les citoyens
de la
en cette occasion
plus grande
firent preuve,
à leurs of
loyauté. Ils s'adressèrent paisiblement
à qui ils commaniqubrentle
ficiers municipaux,
concordat et la lettre circulaire, en demandant
que dans la prod'être traités aussi favorablement
Les citoyens blancs répondirent
vince de lOuest.
semdes procédés
à cet acte de confiance, par
des comblables. De part et d'autre on nomma A 7 --- Page 16 ---
(14)
missaires à l'amiable, et, en très-peu de jours. , on
d'accord. A Jérémie. (1), les hommes de
se init arrêtèrent de: s'en rapporier et se concouleur
seroit décidé pour l'état
former à tout ce qui
de-la
civil de leurs frères. des autres quartiers
colonie
ont bien mérité de la patrie. -A St.-
3 qui il fut arrêté de se soumettre en tout aux
Louis (2)
nationale, rendus et à
décrets de PAssemblée
rendre, de se retirer chacun chez soi, et dese
réunir aussitôt que la stireté,soit des propridtés,
des individis de Pun et l'autre des deux
soit
Cavaillon (3) il fatpris
partis, Pezigeroit.--A semblables à, celui de la
des arrêtés absolument
de modéraparojsse Saint-Louis ; et cet exemple
tion, adopté par les autres paroisses de la province
des mallcurs
du Sud, les a long-tem) ps préservées
du Nord. et de l'Ouest.
qui ont affligéles provinces
les fruits
La
du Snd goûtoit en paix
province
lorsque la
de sa sagesse et de sa modération,
fut
nouvelle de l'incendie du Port-au-Prince y
Cet événement affreux, dont les deux
apportée.
d'abord, produisit dans
partis s'entre-accusoient
les
vives : il
tous les esprits les sensations
plus
eut les suites les plus fâcheuses.
(1) Pioces justificatives, 2 no, 119-
(2) Fièces, justificatives, no. 120.
(3) Pièces justilicatives, no, 121-
velle de l'incendie du Port-au-Prince y
Cet événement affreux, dont les deux
apportée.
d'abord, produisit dans
partis s'entre-accusoient
les
vives : il
tous les esprits les sensations
plus
eut les suites les plus fâcheuses.
(1) Pioces justificatives, 2 no, 119-
(2) Fièces, justificatives, no. 120.
(3) Pièces justilicatives, no, 121- --- Page 17 ---
(15)
Les blancs conçurent de la méfiance contre les
hommes de couleur, mais ils restérentranquilles,
Les homues de coulcur prirent de l'ombrage,
et ils coururent aux armes.
les blancs n'eussent fait aucunes disQuoique hostiles
aucun temps ils
positions
3 quoiqu'en
n'eussent témoigné la moindre résistance aux intentions des hommes de couleur, ces derniers,
égarés sans doute par des snggestions perfides , se
sont livrés, dès-lors, aux excès les plus violens.
(2) Ils ont soulevé et armé les esclaves ; ils ont
imposé les loix qu'ils ont vouluà la ville des Cayes,
à Cavaillon, ,a Jérémie , et ses sont emparés du Fort
Saint-Louis, le seul lieu fortifié de la province
du Sud.
4 Je n'ai pas besoin de vous dire que le pillage
et l'incendie ont marqué les traces de l'armée des
hommes de couleur; ce sont les moindres maux
dont on ait a gémir pendant les guerres domestiques. Je vous épargne dcs détails qui vous feroient frémir.
Telle étoit au 18 décenbre la position de la
province du Sud.
La position de la province de l'Ouest n'étoit
moins fâcheuse. L'Assemblée sait qu'une des
pas
du-second concordat,
le
clauses principales
passé
(1) Pièces justificatives, no, 157.
A 8 --- Page 18 ---
E
(16)
21 octobre 5. étoit que, dans le délai d'un mois,
le gouverneur seroit invité à Jaire une
$
proclamation portant conrocation de tous les citoyens blancs
et de couleur indistinctoment, à Leffet de
céderiune nouvelle formation d'assemblées PrOnicipales , provinciales et coloniale (1).
miLe délai expiré, les hommes de couleur se
sentèrent en armes au Port-au-Prince
prémèrent l'exécution de
, et réclacette clause (2); les citoyens
blancs demandèrent à en délibérer s et se formèrent à cet effet en quatre sections. Trois de
Ces sections votèrent, presque unanimement,
l'affirmative ; la quatrième, sans
pour
exprimer un voeu
contraire s demanda un sursis à l'exécution. Le
dépouillement de ces scrutins particuliers avoiteu
lieu dans la matinée du 21 novembre. On devoit
en faire dans la soirée le récensement général
et, d'après la grande majorité acquise dans les 3
sections particulières s tout annonçoit que le ré.
sultat seroit conforme au voeu des hommes de
couleur et assureroit la paix
2 lorsqu'ne rixe 2
élevée entre un Nègre et un Blanc, engagea entre
les deux partis un combat général , qui a fini
l'incendie de 300 maisons.
par
A la nouvelle de ce désastre,
Messieurs, vous
(1) Pièces justificatives, no. 138.
C), Pièces justificatives, no, 151ct124.
annonçoit que le ré.
sultat seroit conforme au voeu des hommes de
couleur et assureroit la paix
2 lorsqu'ne rixe 2
élevée entre un Nègre et un Blanc, engagea entre
les deux partis un combat général , qui a fini
l'incendie de 300 maisons.
par
A la nouvelle de ce désastre,
Messieurs, vous
(1) Pièces justificatives, no. 138.
C), Pièces justificatives, no, 151ct124. --- Page 19 ---
(17)
avez frémi des malheurs inséparables des
guerres
civiles : mais de quel sentiment d'horreur ne serezvous pas pénétrés, lorsque vous apprendirez que
cet événement affreux n'est pas le fruit de la
guérre, 2 mais le crime réfléchi de quelques scéldrats qui ont spéculé surle pillage et les dépouilles
de six cents familles, 9 réduites en ce morzent à
la plus horrible misère. Pourquoi fant-ilque nous
soyons obligés d'ajouter,que quelques soldatsFrançais se trouvent inculpés parl les bommes de couleur d'avoir partagé cet infame butin (1)? Mais
détournons nos regards de ce spectacle horrible,
et repoussons, s'il se peut, ces idées affligeantes
pour l'humanité.
Les hommes de couleur , qui s'étoient retirés
confusément pendant le combat et l'incendic, se
réunirent en armes à une très-légère distance du
Port au-Prince (2);1 leur parti se grossit promptement de leurs frères : des paroisses voisines, et
d'une portion des citoyens blancs de la ville, s
2 connus, depuis la révolntion, par leur aversion constante pour lc nouvel ordre de choses.
D'un autre côté, la garde nationale, les membres du club, , et les citoyens qui s'étoient
pro-
(1) Pièces justificatives, no, 151.
(2) Pièces justificatives, no. Ibid, --- Page 20 ---
(18)
fortement en faveur de la révononcés le plis
de la municipalité, et
lution, se rallièrent autour
S'ils
à faire une défense vigourense.
se disposèrent
la supériorité du nombre et
n'avoient calculé que
sans doute
des forces des hommes de couleur 3
ils auroient voté pour une réunion prompte et
délinitive ; mais la coalition des hommes de coules ennemis de: la révolntion, et la
leur avec
ne fit rétabli au Portcrainte que l'ancien régime
au
au-Prince, comme il l'avoit été à Léogane s
et
oit les mulâtres avoient
Petit-Goave; 3
par-tout barrière invincible au
eu la supériorité, mit une
des esprits. Ainsi i, le patriotisme
rapprochement
demême des citoyens blancs du Portau.Prince
néanvint un obstacle à cette réunion, quiseule,
opérer le salut de la colonie!"
moins, peut
civils, instruits des troubles
Les commissaires
s'étoient emla province de l'Ouest,
qu'agitoient
(1) . 7 par
pressés d'y envoyer une proclamation blancs et de
laquelle ils invitoient les citoyens
dans leurs
couleur à déposer les armes, à rentrer haine et de
foyers, et àt abjurer tout sentimont de
l'ef
discorde. Cette proclamation ne prodnisit pas
Les habitans du Port-anfet qu'ils en attendoient.
des liommes
Prince, toujours investis de l'armée
hommes
couleur, restèrent sur la défensive; les
de
() Pieces jnstificatives, no, 154-
blancs et de
laquelle ils invitoient les citoyens
dans leurs
couleur à déposer les armes, à rentrer haine et de
foyers, et àt abjurer tout sentimont de
l'ef
discorde. Cette proclamation ne prodnisit pas
Les habitans du Port-anfet qu'ils en attendoient.
des liommes
Prince, toujours investis de l'armée
hommes
couleur, restèrent sur la défensive; les
de
() Pieces jnstificatives, no, 154- --- Page 21 ---
(19)
de
avec les partisans
de couleur 9 conjointement réunisà eux, réponl'ancien régime qis'étoient
adresse
par une
(1),
dirent à cette proclamation de nouveau contre
dans laquelle ils protestoient
et popuadministratifs, y municipaux
tous corps
la crainte d'être trahis
laires, déciarant que, par
état de
ils resteroient en
guerre.
s'ils désarmoient,
avec
ils
.
tinrent
Ils ne s'en
pas là; poursuivirent
acharnement le siège du Portan-Prinun nouvel
seulement fournissent des
ce (2). Deux fontaines
de couleur avoient
eaux à cette ville ; les hommes
campés.
détourné le cours de Tune, et s'étoient de déà la source de l'autre , qu'ils menaçoient réduits
; lorsque les assiégés,
tourner également
résolation violente,
une
au désespoir > prirent
d'un incendie général
qui a failli devenir le signal
de la colonie. La municipalité,
pour cette partie
de couleur ne réalisascraignant que les hommes
les eaux de la
sent leurs menaces de détourner
comM. de Grimouard,
seconde fontaine,requit
d'aller
mandant le vaisseau de PEtat le Borées
du canon de leur camp (3),
s'einbosser à la portée le bord de la mer > et de
sis à Bizoton 9 près
s'ils refusoient de se retirer.
faire feu,
louent
les
Ce
militaire, dont se
également
sage
que l'on n'édeux partis, fit des représentations
(1) Pièces justificatives, 2 no, 155.
Pièces justificatives 1 n". 118, 153 et158.
(3) (2) Pièces justificatives, n. 148 & 153.
ser à la portée le bord de la mer > et de
sis à Bizoton 9 près
s'ils refusoient de se retirer.
faire feu,
louent
les
Ce
militaire, dont se
également
sage
que l'on n'édeux partis, fit des représentations
(1) Pièces justificatives, 2 no, 155.
Pièces justificatives 1 n". 118, 153 et158.
(3) (2) Pièces justificatives, n. 148 & 153. --- Page 22 ---
(.a0)
Requis de nouveau de faire, feu,il
couta point.
refusa d'y déférer : mais son équipage $ gagné,
malgré lui, l'ordre
dit-il, par la terre, exécnta,
de la municipalité.
de se
Les hommes de couleur avoient promis
derniers excès, si le Borée faisoit feu
livrer aux
A la troisième
sur leur camp. Ils tinrent parole.
la torche à la main, incenbordée, OIL les vit,
Bizoton,
dier tous les bâtimens. de Thabitation
ils étoient campés; et leur retraite
sur laquelle
et l'incendie de cinq
fut marquée par le ravage
sont
qui, comme la première,
autres habitations,
devenues la proie des Hlammes (1)-
étoit à
du 18 décembre, la déTelle
T'époque
Les
plorable position de la province de l'Ouest.
hommes de couleur et le parti des blancs qui fair
commune avec eux, étoient maîtres
soit cause
et des comabsolus de la plaine. L'ancien régime,
militaires étoient rétablis à Léogane e,
mandans
Goave; tous les corps adà S.- Marc et au petit
étoient déministratifs, municipaux et populaires
du Port-an-Prince
truits ; la seule municipalité
étoit soutenue par
faisoit résistance, parce qu'elle
de l'Etat.
les troupes de ligne et les vaisseaux
étoient
Les femmes 3 les vieillards, les enfans
à
avec leurs effets les plus précieux 2
embarqués,
(1) Pièces justificatives, no. 153. --- Page 23 ---
(21) )
du commerce, tout prêts à
bord des bâtimens
si le parti contraire
faire voile pour la France,
rendoit maitre de la ville.
se
du Nord, les hommes de
Daris la province
de la plaine du Cap, du port Margot,
couleur
de Paix, de Jean-Rabel et de
du Borgne, du port
constamment avec
Plaisance, se sont comportés
ils se sont emet modération : toujours
sagesse
combattre les nègres révoltés, toupressés d'aller
Ja
entière soumission
jours ils ont montré
plus
dans la
confiance
jusauxloix,et la plus grande
tice de l'assemblée générale.
de ce rapport, que 9
Ona vu au commencement
homd'octobre, quelques
dans les premiers jours
du Fort Dauphin,
mes de couleur des environs
coalisés
d'Ouanaminthe s'étoient
de Vallière et
avec les nègres révoltés.
du Cap, dont les
de couleur
Deux citoyens
les sieurs Rouanez,
noms méritent d'être connus 2
la Forest l'ainé, s'arrachantà leurs foyers
fils, et
auprès du
et à leurs affaires, se transportèrent leurs frères à
camp des révoltés 2 pour inviter
à
sentimens de paix, et les engager déposer
des
citoyens, et
les armes. Le zèle de ces excellens
honose sont donnés dans cette
les soins qu'ils
au-dessus de tous les
norable entreprise 7 sont
touleurs démarches portent un caractère
éloges;
au salut de la colonie ; leur
chant de dévouement
auprès du
et à leurs affaires, se transportèrent leurs frères à
camp des révoltés 2 pour inviter
à
sentimens de paix, et les engager déposer
des
citoyens, et
les armes. Le zèle de ces excellens
honose sont donnés dans cette
les soins qu'ils
au-dessus de tous les
norable entreprise 7 sont
touleurs démarches portent un caractère
éloges;
au salut de la colonie ; leur
chant de dévouement --- Page 24 ---
(22)
(:) est l'expression d'un civisme
correspondance
Leurs efforts
et d'une douce philosophie.
pur,
furent infructuenx. Nous avons (écrinéanmoins
nous avons une mission
voient-ils au Général)
très-diffcile, etquin'auroit pas ddlétrespuisque
trouvons entre nos pères et nos frères;
nous nous
la
mais., nous le disons avec peine 2
confiance
d'une part, ni de P'autre. Après
ni'eziste plus,ni
si la
avoir tout fait pour la cause commune, la seule
réussite n'a pas comble nos espérances,
consolation qui nouS reste et nous suffit > est
Papprobation de notre conscience.
tentatives de M. Touzard furent plus heuLes
l'ai dit. Soit crainte, soit perreuses, comme je totalité des hommes de cOusuasion, la presque
se rendit à
réunis aux révoltés,
leur qui s'étoient
sous le drapeau,
et revint se ranger
ses instances,
abandonné depuis.
de la loi, qu'ils n'ont pas
Messieurs, voici quelle étoit la
En deux mots,
du 18 décembre.
position de la colonie, à l'époque
du Nord les hommes de couDans la province
aucun
leur étoient paisibles, et ne témoignoient
de
mécontentement. Il existoit encore un camp
révoltés; mais ils étoient en petit nombre,
nègres
impuissance de faire beaucoup
et dans l'heureuse
de mal,
Piècee
no, 125: à 129:
()
justificatives, --- Page 25 ---
(23)
Dans la province de l'Ouest il n'y avoit point
de noirs révoltés; mais les hommes de couleur,
réunis au parti aristocratique de la colonie,étoient
maitres dela plaine et doniekeirsasmntpasops
au Port au-Prince.
Dans la province du Sud,quelques noirs étoient
les hommes de couleur étoient
en insurrection,
tont-puissane, et se livroient aux plus grands
excès.
En général, il y avoit peu à craindre de la
révolte des noirs, et tout de la mésintelligence
des blancs et des hommes de couleur.
C'est ici le moment, Messieurs, de placer quelréflexions, qu'ur examen approfondi de tout
ques est relatifà cette malheureuse affaire, nous
ce qui
confiance.
enhardit à vous présenter avec quelque
Les blancs de la colonie forment évidemment
deux partis : l'un (1) peu nombreux, mais desa réunion aux hommes de
venu puissant par
couleur, est composé des partisans de l'ancien
de
révolte des
régime qui ont voulu profiter
fla
une contre-révolation ; l'autre
noirs pour opérer
formant la très-grande majorité de la colonie, est
des
chands amis de la liberté,
composé
plus
c'est le parti des assemblées municipales et administratives > et de tous les corps popu-
(1) Pièces justigcatives, no. 157.
venu puissant par
couleur, est composé des partisans de l'ancien
de
révolte des
régime qui ont voulu profiter
fla
une contre-révolation ; l'autre
noirs pour opérer
formant la très-grande majorité de la colonie, est
des
chands amis de la liberté,
composé
plus
c'est le parti des assemblées municipales et administratives > et de tous les corps popu-
(1) Pièces justigcatives, no. 157. --- Page 26 ---
(24)
laires de Saint - Domingue. Ceux qui
composent ce dernier
parti s infiniment estimable
en lui- même, ont cependant bien des reproches
à se faire. Echappés des chaînes du régime arbitraire, ils ont voulu jouir seuls des bienfaits de
laréredation-CHoyes et libres,ils ont prétendu
se choisir des officiers municipaux et des administrateurs ; et ils n'ont pas voulu que les hommes
de couleur, s citoyens et libres comme eux
s participassent aux mêmes avantages.
Lorsque la
anétropole a manifestéle desir de statuer sur l'état
des personnes dans les colonies, ils se sont recriés; ils ont dit que ces sortes de loix ne
voient être bien faites que dans les colonies pou-
: le
corps constituant leur a délégué ce droit : ils en
sont investis 5 et lorsque, 9 par une loi conforme
à leurs intérêts même, 2 ils pouvoient.doubler leurs
forces, en les mettant cn cominun avec celles des
hommes de couleur, entrainés par le ressentiment
des excès auxquels s'étoient livrés ces derniers,
ct craignant de paroltre céder à la force ce qu'ils
vouloient qu'on tint de leur autorité, ils ont
un ajournement impolitique,
3 par
augmenté l'animosité des hommes de couleur, et donné des armes
à la inalveillance des ennemis de la révolution.
Onn'a point de données certaines sur les causes
immédiates de la révolte des nègres. Le plus grand
nombre a été entrainé, sans
doute, 2 par ce desir --- Page 27 ---
(25)
d'être
estinné
ou ce besoin impérieux
libre, qui
chez tons les homies : sans doute aussiles fêtes
nombrenses, célébrées en l'honneur de la liberté,
avoient dèfaire naitre chez eux des réflexions profondes sur leur état de servitude:sans doute encore
le grand nombre d'écrits sur cette matière, répandus depuis deux ans dans la colonie , avoit dà
hâer, précipiter le développement du germe de la
liberté. Mais,,à quelle cause attribuer cette insurrection combinée de 50 mille nègres, au même
jour , au même moment7comment expliquer leurs
intelligences secrettes avec les commandans de
la partie espagnole, leurs passe-ports imprimés,
leurs adresses à l'Assemblée coloniale, etc. ? On
voit bien que ces hommes grossiers et inexperts $
on dû céder à une impulsion étrangère quelconque; mais, jusqu'à présent, il est impossible de
l'indiquer avec quelque certitude.
Les hommes de couleur plaidoient une belle
cause, qu'ils ont gâtée par des actes de violence
condamnables : ce qu'ils réclamoient étoit juste, 7
mais pour l'obtenir ils devoient recourir à la
loi et non à la force. -Ils réclamoient l'exercice des droits politiques ; etils n'ont usé par-tout
de leurs avantages, que pour rétablir le régime
arbitraire, qui exclut l'exercice des droits politiques.-Tirés, par la révolution, de l'état d'abjection,de la nullité injurieuse où les retenoit l'ancien
amoient étoit juste, 7
mais pour l'obtenir ils devoient recourir à la
loi et non à la force. -Ils réclamoient l'exercice des droits politiques ; etils n'ont usé par-tout
de leurs avantages, que pour rétablir le régime
arbitraire, qui exclut l'exercice des droits politiques.-Tirés, par la révolution, de l'état d'abjection,de la nullité injurieuse où les retenoit l'ancien --- Page 28 ---
(26)
avili et cagouvernement, ils ont constamment
autorités nouvelles, filles de la liberté,
lomnié les
des leurs.- Au lieu
et garantes de nos droits et
aux
de demander d'être adjoints provisoirement
au-lieu de réclamer, d'exiger
aorps municipaux ;
ils ont sapé
une part active dans Yadministration,
ils
dans sa raciné le gonvernement représentatif;
nom des établissemens popuont détraitjusqu'an
commandolaires ; ils ont déféré constammentle d'aristoment des armes à des hommes entachés
ouvertementlah hainedenotre
cratie,ctprofessant
révolution.
conduite des hommes de couAu surplus, cette
quand on réfléJeur paroit moins extraordinaire, de la contrechit qu'ils ont été les instrumens
révolution à la Martinique, et quand on considère
deshommes de
quel a été le foyer de l'insurrection
Ssint-Domingue.
cette inLe Port-an-Prince, 9 oùt a commencé le lieu de
surredtion, étoit, avant la révolution',
de
du
et de Vintendant
la résidence
gouverneur
cette ville
la colonie. On conçoit dès-lors que
devoient fourmiller de ces créatures
etles environs
qui vivoient auoisives, de ces êtres parasytes
des abus du
; on conçoit
trefois
gonvernement
le joug du despotisme ne devoit peser
aussi que
manière aussi insmpportable que
nulle part d'une
lorsqu'à
de l'Ouest. Aussi,
dans la province --- Page 29 ---
(27)
l'instar de la métropole 7 la colonie s'émancipa et rentra dans l'exercice de ses droits, la
ville da Port - au - Prince sC hâta de briser ses
chaines, et d'adopter le gouvernement représentatif.
Rien ne pouvant résister à ce premier élan de
la liberté, le gouvernenr dissimula, et parut
voir sans déplaisir une révolution qu'il n'étoit
pas le maître d'empécher. Mais il chercha à se
ménager un point d'appui dans les élémens de larévolution même 2 et forma dans la ville du
Port-au.Prince, une troupe de volontaires patriotes
connus yulgairement sous le nom de pompons
blancs, qu'il composa en grande partie de ses
créatures, et qui a eu depuis la plus grande inflnence sur tous les évènemens de la colonie.
Ce sont ces pompons blancs qui favorisèrent
l'expédition nocturne du colonel Mauduit, contre
le comité du Port-an-Prince, dans la nuit du 29
- -
juillet 1790;
c'est ce parti qui aida M. de
Vincens a opérer la dissolution de l'assemblée genérale, le 4 août 1790; ; - c'est ce parti quia
dominé dans la colonie 3 et particulièrement aur
Port-au-Prince, jusqu'à l'assassinat du colonel
Mauduit, au mois de mars 1791; 1 c'est ce
parti, enfin, qui, après six mois d'nne inaction
de la
forcée ou apparente, a profité du moment
révolte des noirs dans la partie du Nord pour
Vincens a opérer la dissolution de l'assemblée genérale, le 4 août 1790; ; - c'est ce parti quia
dominé dans la colonie 3 et particulièrement aur
Port-au-Prince, jusqu'à l'assassinat du colonel
Mauduit, au mois de mars 1791; 1 c'est ce
parti, enfin, qui, après six mois d'nne inaction
de la
forcée ou apparente, a profité du moment
révolte des noirs dans la partie du Nord pour --- Page 30 ---
(28 )
dans la colonie ententer une contre-révolation
tière.
été
des transactions, conPar-tout où il a
signé
de
cordats, ou traités de paix avec les hommes
couleur, les commissaires blancs sont presque
blancs ou des ci-devant nobles.
tousdes pompons
les sicurs HanusOny voit figurer, 9 sur-tout, (1)
d'Aulnay-de-Clhitry, 3 Coustard,
de-Jumecourt, ,
d'Espinose, Fesreanoeriee
Hmonde-Vanjeyenx, le chevalier de Russy,
le baron de Montalembert , et autres dont on
les principes, d'après leur attachement
peutjuger
à des titres proscrits
opiniàtre et condamnable
par la Constitution.
dans leurs derniers
Mais c'est particulièrement
les hommes
écrits que l'on apperçoit combien
de couleur sont influencés par le parti aristocratijne la colonie.
novembre derDans une lettre datée du 29
nier(a),etsouscrite des chefs del'armée descitoyens
à la Croiz-des.Boublancs et de couleur campés
de tous
on lit la satyre la plus amère
quets 1
eta administratifs de la colonie.
des corps popalaires
disent les chefs de cette
La garde nationale (
de
armée ) la garde nationale est un composé
Pièces justificatives, no. 74, 82, 83, 88, 151.
(1)
151.
(2) Pièces justilicatives --- Page 31 ---
( 29) )
l'infernal
scélérats et d'enragés personnages;
club est un composé de factieux, > de brigands,
de soit-disans patriotes, d'amis suspects de la
révolntion ; - la municipalité et l'assemblée provinciale ont commis des actes de la plus noire trahison; ; - - le tribunal de la commission prévôtale,
et tous les corps populaires se font un plaisir
barbare de persécuter une classe cousidérable de
citoyens, vrais amis de l'ordre et de la loi, qu'ils
qualifient d'aristoeraiesou de pompons blancs.
Pourquoi donc , dans cette adresse dirigée
en général contre les colons blancs, ce tendre
intérêt des hommes de couleur pour leparti aristocratique de la colonie7Pourquoi cette sollicitude particulière pourlespompons blancs ? pourquoi
cette haine profonde contre les plus zolés defenseurs de la liberté ? Pourquoi cette affectation à
dénigrer toutesles autorités constituéest! Pourquoi
ce passage de leur adresse aux commissaires civils (1): ledespotisme des assemblées populairas,
qui nous écrase depuis deux ans, est pire cent
fois que celui sous lequel IOZLS vivions avant P'en
poque de la ngiadraion-fbenrzihets Pourquci onfin, suivantl'expression de M. Blanchelande, ontils rétabli Pancien régime dans toute Pétendus dit
terme (2), par-tout où ils ont eu la supériorité?
(1) Pièces justificatives, no, 155.
(2) Pièces justificatives 2 no, 65.
,
qui nous écrase depuis deux ans, est pire cent
fois que celui sous lequel IOZLS vivions avant P'en
poque de la ngiadraion-fbenrzihets Pourquci onfin, suivantl'expression de M. Blanchelande, ontils rétabli Pancien régime dans toute Pétendus dit
terme (2), par-tout où ils ont eu la supériorité?
(1) Pièces justificatives, no, 155.
(2) Pièces justificatives 2 no, 65. --- Page 32 ---
(30)
Qui ne voit, Messieurs, que les hommes de
couleur sont égarés par des suggestions perfides?
Qui ne voit que ces hommes . sans expérience,
sont entraînés par des ennemis du bien public -
dans ces mesures impolitiques, criminelles et
contraires à leurs propres intérêts ?
Sans doute s Messieurs,.les hommes de couleur
ne tarderont pas à reconnoitre de leur erreur ;
sans doute ils sentiront, qu'en les portant à détruire les corps populaires et administratifs, leurs
guides perfides n'ont d'autres vues que de ramener un ordre de choses, qui ne leur laisseroit pas même l'espoir d'une amélioration dans
leur sort.
Mais, en attendant que le voile de l'illusion
soit tombé, en attendant que, par un repprochement fraternel, l'assemblée coloniale ait arraché
des mains de la malveillance, le flambeau de
la discorde et de la révolte : quelles mesures
Messieurs 3 emploierez - vous, pour rétablir la
tranquillité dans la colonie P
Si vous mettez des moyens de force trop
puissans à la disposition de l'assemblée coloniale,
il est à craindre qu'elle ne s'en prévalle pour
refuser aux hommes de couleur des droits qu'ils
réclament au nom de la justice et de l'humanité: si c'est le parti des hommes de couleur
que vous renforcez, qui vous répondra qu'ils --- Page 33 ---
(31)
n'abuseront pas de leur toute-puissance, ou pour
imposer aux blancs des conditions violentes et
injuricuses, ou pour opérer, comme à la Martinique, le rétablissement de l'ancien régime ?
si vous portez la moindre atteinte au regine
constitntionnel des colonies, vous portez de
nouyeau l'étincelle de la révolte et de la discorde, 9 non-seulement à Saint-Domingue, mais
encore dans toutes les autres colonies françaises;
enfin, si vous différez à secourir cette partie
intéressante de l'empire, vous provoquez les pius
justes réclamations S > vous négligez un de vos
premiers devoirs, celui de veiller à la conservation de toutes les parties de l'empire 9 celui
de soulager, de consoler les infortunés habitans
de Saint-Domingne, par tous les moyens qui
sont en votre disposition.
Placés entre ces divers écueils, vous n'hésiterea
pas, Messieurs; vous penserez que si la prudence
vous conseille de peser mûrement les mesures
définitives qui doivent assurer la tranquillité de
Saint-Domingue, la sensibilité vous commande
de voter sans délai les secours provisoires de
snbsistances, de vêtemens et d'instrumens aratoires
réclamés par nos frères d'Amérique, et vous vous
empresserez d'acquitter cette dette de la patrie
et de T'hunanité.
EM
A PARIS, 2 DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. --- Page 34 ---
$6
E791
Ta9r --- Page 35 --- --- Page 36 ---