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- --- Page 2 ---
CATDE
Habir Carter Aroln
Litary
ErmnXmberstihy --- Page 3 --- --- Page 4 ---
275g.
(34)
cette discussion contradictoire, qui seule peut
un grand jour sur l'aifaire des Coloujes.
jetter
FIN
N. B. Après cet ousrage fiui, ou me remet
deux pièces dont il est essentiel que je donne connoissance.
L'une prouve, 10 que Dafay a été membre du clab
Massiac ; 20 qu'il a eu à
deux
dont l'une de 80,000 liv. Saini-Doosingne et l'autre de 24,000 places livres
gu'il devoit aux soins de Polverel et Southonax.
L'autre est une proclamation de Polverel et Sonthonax du 5 mai 1793 (v. s. ); elle portoit que les
nègres en armes étoieut des révoltés et des brigands.
Je vais en transcrire le texte traduit en
car cette proclamation, faite poor des homees français: qui
n'entendent pas la langue française, a été publiée en
langage Créole.
ARTICLE XXXIV. Tout esclave qni sera resté
maron ( fugitif) pendant 1111 inois à compter du jour
que son maître Panra déclaré en justice, quand il
sera pris, aura les oreilles coupées, et sera
sur lépanle ganche de la lettre M.
marqué
ART. XXX. Tont esclave qui aura guitté les
camps des révoluis, pour rentrer chez SOII mnaître un
mois après la publication de la préseste
il nelui sera rien fait, mais s'il retourne proclamation, marou
gitif) il aura les oreilles conpées et sera marqué (fu- sur
fépanle gauche de la lettre M.
ART. XXXVI.T Tout esclave maronnier ( coutumier
d'ètre fugirif) qui aura déja en les oreilles
qui aura été marqué SIr Pépaule ganche de coxpées, la lettre
M. s'il retourne encore marou ( fugitif)
uu mois, aura le jaret conpé et sera marqué pendant sur
Pépaule droite de la lettre M.
Le surplus de cette proclamation est dans le même
genre.
Qu'on juge maintenant des metifs qui out déterminé ces hoimies à donner la liberté aux
Est-ce par philantropie qu'ds ordoruoient de négres. leur
couperles oreilles et les jarets ! --- Page 5 ---
R A PPO -7 RT
SU R
JULIEN RAIM O ND,
FAIT au nom de la Commission des Colonies
et des Comités de Salut public, de Législation - et de la Marine réunis, le 24
floréal de l'an 3 de la,République,
PAR J. PH. GARRAN,
Député par le département du Loiret,
IXPRIX MÉ PAB ORDRE DE LA COxVENTIOX
ReaiseNzaNs DU PEUPLE,
Chargés par vous de rechercher les caufes & les auteurs
des défaltres des Colonies, & fpécialement de celle de
St-Domingue, nous avions d'aberd réfolu de ne point
A
et de la Marine réunis, le 24
floréal de l'an 3 de la,République,
PAR J. PH. GARRAN,
Député par le département du Loiret,
IXPRIX MÉ PAB ORDRE DE LA COxVENTIOX
ReaiseNzaNs DU PEUPLE,
Chargés par vous de rechercher les caufes & les auteurs
des défaltres des Colonies, & fpécialement de celle de
St-Domingue, nous avions d'aberd réfolu de ne point
A --- Page 6 ---
vous faire de rapport particulier dans cette affaire, &
de ne vous préfenter notre opinion fur les chofes & fur
les perfonnes qu'après avoir tout mis en ufage pour
l'affeoir far des fondemens folides dans toutes les parties; nous" voulions attendre, pour Saint-Domingue en
particulier, la fin des débats, à légird defquels nous venons de prendre des mefures que nous jugeons propres
tout-d-la-fois à mieux les diriger vers leur bur, & à en
abréger beaucoup la durée; nous voulions auffi examiner tous les papiers qui font relarifs à cette affaire, &
dont ui grand nombre de cartons les plus importaris
nont Pul, maigré toutes nos démarches, nous être remis
qu'il y 2 elviron une décade.
S I.
Motifs de ce rapport particulier. Yues dans lefquelles
on le fait.
Le bien public, & le fuccès des mefures que vous
avez décrétées pour les colonies, nous ont paru exiger
une exception à la règle que nous nous étions prefcrite.
Les repréfentans du peuple que vous envoyez à SaintDomingue pour y rétablir le règne des lois, après avoir
achevé de les reconquérir, fe propofent, pour
tous les cceurs
gagnar
à la République, de s'entourer de citoyens
de toutes les couleurs. Ils ont particulièrement jeré les
yeux fur Julien Raimond, connu dans les deux hémifphères par une grande répatation de lumières & de vertus, & par les efforts qu'il a fairs auprès de l'affemblée
conftituante & de l'affemblée légiflative, pour faire rendre aux hommes de couieur la juftice qu'ils ont enfin
obtenue. Mais Jnlien Raimond, incarcéré durant, plufieurs mois par l'ordre de l'ancien comité de fareté ge-
les
yeux fur Julien Raimond, connu dans les deux hémifphères par une grande répatation de lumières & de vertus, & par les efforts qu'il a fairs auprès de l'affemblée
conftituante & de l'affemblée légiflative, pour faire rendre aux hommes de couieur la juftice qu'ils ont enfin
obtenue. Mais Jnlien Raimond, incarcéré durant, plufieurs mois par l'ordre de l'ancien comité de fareté ge- --- Page 7 ---
nérale, fur la dénonciation de quelques colons de SaintDomingue, qui fe font depuis portés accufateurs de
Polverel & Sonthonax, avoit été traduir au tribunal révolutionnaire par ce comité, comme
des moyens de corruption dans Laffaire ayant employé
mais dansle cours des débats contre Polverel des & Colonies;
nax 2 ces colons lui ont fair pluficurs fois des Sonthopations de complicité, en. annonçant
incul.
aufli dans la fuite fe porter fes accufaceurs; qu'ils entendoient
été mis en liberté
; mais il n'a
16 brumaire dernier. que provifoirement par le décret du
fonnelle des commiflaires Quelle que pât être l'opinion
que vous envoyez à
mingue, d'après tous les
"enpt
procurés fur Julien Raimond, renfeignemens ils n'ont qu'ils fe font
prendre fur eux de l'inveflir de leur confiance pas cru fans devoir
eu de la commiflion des Colonies des
avoir
cififs fur fon patriotifme & fa probité. éclairciffemens Julien
délui-mèmie leur a déclaré francheinent
Raimond
pouvoir leur être utile dans la miflion qu'il ne croyoit
vous les aviez
importante
aomt
définitivement fur chargés, les
tant qu'on n'auroit pas ftatué
tre lui, & qui ont été inculpations qui ont été faites conpubliées
ces colons
vers écrits, répandus dans la France par & dans dans les dilonies.
Co-.
La commiflion des celonies, & les comités de falut
public, de légiflation & de marine, auxquels elle s'eft
réunie, ont cru que vous pouviéz feuls
ces inculpations; ils ont cru auffi, après prononcer un mûr fur
men, qu'il n'y avoit autcun inconvénient à
exad'après la demande de nos collegues, la caufe de féparer
Raimond de celle
TRtiEd
commiflion
qui eft l'objer des débats ouverts à la
entre Sonthonax & fes accufateurs. Je
vous préfenter le réfultar de leur
viens.
examiné, pour la former, les délibération; nous avons
pièces qui ont été enA 2
oncer un mûr fur
men, qu'il n'y avoit autcun inconvénient à
exad'après la demande de nos collegues, la caufe de féparer
Raimond de celle
TRtiEd
commiflion
qui eft l'objer des débats ouverts à la
entre Sonthonax & fes accufateurs. Je
vous préfenter le réfultar de leur
viens.
examiné, pour la former, les délibération; nous avons
pièces qui ont été enA 2 --- Page 8 ---
voyées contre Raimond au tribunal révolutionaaire. par
le comité de sûreté générale, les dénonciations qui ont
été faites contre lui par des colons, & fuf-tout un mémoire manuferit très-voluminenx adreffé à FouquierTinville, à Tappui de Ces dénonciations, par l'un d'entr'eux, & foutenu d'extraits prefque aufli confidérables
de la correfpondance de Raimond. Nous avons enfin
remarqué que toutes ou prefque toutes les inculpations
qui ont été faites à Julien Raimond, fe rapportoient à
une partic des débats qui étoit déja terminée; & que
néanmoins les colons, tout en annonçant à diverfes reprifes dans lcs débats, qu'ils entendo c T fe porter dans la
fuite fes accufateurs, avoient toujours refufé de réalifer
leur accufarion, devant la commiffion des colonies, malgré
les interpella:ions qu'-ile leura faites à diverfes reprifes.
L'examen de ces pieers, & de toutes celles que nous
avons pu recueillir fur cet objet, nous a convaincus qu'il
n'étoit pas même befoin d'entendre Raimond
fa
complette juftification. Nous n'avons vu en
qu'un
Eee
citoyen pourfaivi par des préventions infourenables, ou
par la calomnie; nous y avons vul un fincère ami de'
f'ordre public & de la liberté, qui, par un défintéref.
fement & une juftelfe d'efprit bien rarcs, 2 toujours
priféré le fuccès de la révolution en France, & la
nidélité des colonies envers la métropole, au triomphe
même de la caufe des hommes de couleur, à laquelle
il a pourtant facrifé une partie de fa fortune & fon
exiftence.
De tels hommes font trop' rares dans tous les
il importe
zient de l'influence
a
CLEROIET
trop qu'ils
révolution,
qu indépendamment des motifs de juftice
qai animent Fisrd Convention nationale, eile ne fe félicire
pas toutes les fois qu'elle peur leur rendre une juftice
éclatante, &c les mettre à portée de faire tout le' bien done
, à laquelle
il a pourtant facrifé une partie de fa fortune & fon
exiftence.
De tels hommes font trop' rares dans tous les
il importe
zient de l'influence
a
CLEROIET
trop qu'ils
révolution,
qu indépendamment des motifs de juftice
qai animent Fisrd Convention nationale, eile ne fe félicire
pas toutes les fois qu'elle peur leur rendre une juftice
éclatante, &c les mettre à portée de faire tout le' bien done --- Page 9 ---
ils font capables. Nous allons donc vous mettre fous les
yeux la conduite politique de Julien Raimond :
ferons obligés d'entrer dans quelques dérails
nous
roient d'abord-vons paroine
mais la qui pource
citoyen
fupethus;
caufe de
de l'ordie dans peut les tenir pour beaucoup au rérabliffement
de
colonies; elle tient auffi à la
notre révolution, dont Gl a propagé les
moralité à
Sc-Domingne. Il importe à la corfolidation 4
de principes
dans les deux mondes, de
la liberté
ceux qui en onc été les amis ne laitler aucun nuage fur
guer des hommes
(ncères, & de les diftinJeur ambition & de qui levr n'en ont fair que l'infrument de
avidité, Quelque étendus
puiffent être lcs détails oit nous allons entrer, ils feront que
bien moins longs.
les dénonciations remifes
bunal
all tricontre Raimond.
eciunetr.ie
Nous éviterons, aul refte, autant
fera
tout ce qui pourroir donner dans cette qu'il difcuffion en nous, des
préventions pour Ou contre lés autres perfonnes
ont
joué un rôle dans la grande affaire des colonies qui
préfenterons le tableau des faits
; nous
toute leur fimpliciré & fans coloris, indifpenfables, dans
aucune prévention fur les accufateurs pour ne douner
creirons affez vous intéreffer finonsf fommes ou l'accufé; nous
nous tâcherons fur-tour d'éviter
juftes & vrais;
wanimer'les
tout -ce- qui tendroit a
bines, ei rouvrant fans nécellité les
nom-breufes que la juftice, la morale publique &
plaics
ont trop fouvenr reçues, plus encore dans le climar thumaniré
des colonics
fous T'heureufe
brilant
patrie; nous
température de la mèepas
uetit
& les effets lès plus extrèies des que Al'exalration des eiprits
dans la marche de la révalution, paflions Ceft ont été inévirables
à la fagetfe, à la modération
inconteflablement
à Pindulgence
les
méme, anx verrus fociales,
"douces, à fixer pour l'alliette erreurs du paffées & aux affections
gouivérnen:ent républicain
A 3
ature de la mèepas
uetit
& les effets lès plus extrèies des que Al'exalration des eiprits
dans la marche de la révalution, paflions Ceft ont été inévirables
à la fagetfe, à la modération
inconteflablement
à Pindulgence
les
méme, anx verrus fociales,
"douces, à fixer pour l'alliette erreurs du paffées & aux affections
gouivérnen:ent républicain
A 3 --- Page 10 ---
fur la. bafe incbranlable du bonheur pnblic. Un tel fyftême, dont nous commcnçons déja à fentir les effers
bienfaifans autour de nous, fera plus efficace que nos
armes victorieufes elles-mémes, pour nous garantir la
fidélité des Colonies.
$ II.
Faits préliminaires.
Les progrès de la liberté ont éprouvé des ofcillations
bien plas irrégulières dans nos coloniés, & particulièrement à Saint - Doninguc, que dans lintérieur de la
France,parce que des prejugds beauccupplus forts combattoient fon érabliffement, Ils tenoient fur-tout à l'efclavage des cultivateurs, qui ne les laiffoir pas même dans
la claffe des perfonnes les plus avilies par nos inftitutions gothiqnes, & à la différence des couleurs qui fervoit admirablement les privilégiés des. colonies. On repoufoit conftamment des offices & des fonctions publiques, qui pouvoient donnér dn pouvoir ou de la confidération, tous les hommeslibres nés; parmi les nègres, . &ctous
ceux qai provenoient da mélange dcs deux couleurs,
malgré les difpofitions 'du code noir de 1685, qui,
d'accord prefque en cela feul avec lar juftice, leur reconnoiffoit les mêmes droits qu'aux blancs. Le préjugé
& la loi fe réuniffoient du moins pour ne point difinguer les affranchis de leurs delcendans. Tous étoient
compris fous cette dénomination d'hommes de couleur,
n'appliquoir point aux efclaves, méme à Ceux de
f mêlé, parce que les mulâtres & Jeurs defcendans
faifoient le
grand nombre des hommes libres qui
n'étoient pas
& que les fentimens de la nature,
t
'aux blancs. Le préjugé
& la loi fe réuniffoient du moins pour ne point difinguer les affranchis de leurs delcendans. Tous étoient
compris fous cette dénomination d'hommes de couleur,
n'appliquoir point aux efclaves, méme à Ceux de
f mêlé, parce que les mulâtres & Jeurs defcendans
faifoient le
grand nombre des hommes libres qui
n'étoient pas
& que les fentimens de la nature,
t --- Page 11 ---
plus forts que nos inftitutions vicieufes, empèchoient
prefque toujours la race blanche de laiffer dans la fervitude le fruit de fon union avec les efclaves nègres.
L'Affemblée confliruante, fi forte contre les privilégiés
d'Europe, & dont le courage fappa ficcellivement rous
les appuis du trône, fembla perdire fon énergie contre
les préjugés des Antilles, & la déclaration des droits
n'être qu'elle avoir puifée dans la nature > parut à leur égard
plus qu'ume de' ces lois
conventionnelles,
dont on limite l'application Rdmures les circonftances des
lieux & des temps.
Un événement qui fuivit de près la formation de
cette affemblée 2 donna de nouvelles armes au
jugé de la couleur : lors de fa glorieufe retraite préau jeu de paume, des colons blancs fe
tèrent comme les députés de Saint-Domingue, & préfen- dans
l'enthoufiafme dont tous les coeurs étoient
dans la confiance qu'excitoient tous ceux qui fe pénétrés,
du côté de la liberré, ils furent reçus fans difficulté rangeoient
mi les repréfentans de la nation, malgré
leurs pouvoirs
Tirrégularité
Sac
conteftés depuis par les colons blancs
enx-mêmes.
D'autres dépurés fe préfenrérent
au
des hommes de couleur
plus tard,
nom
L'Affemblée
:ils ne furent point admis.
conftituante avoit alors pris une marche
plus mefurée, &c commençoit à s'inveftir de ces formes
confervatrices qui peuvent feules affurer le règne de la
liberté, quoiqu'elles fournifent auffi quelquefois à lintrigue & à la mauvaife foi des armes pour écarter les
décifions de la juftice, 2 ou les rerarder.
C'eft dans ces circonftances que Julien Raimond fit
entendre de
fes premières réclamations aul nom des hommes
couleur. Il fut long-temps leur feul défenfeur,
qu'entre ceux qui éroient domiciliés en France, il parce étoit
A 4 --- Page 12 ---
à
le feul qui eût quelque fortune & de l'infLes écrits
a faits
foutenir
A0Et
cette caufe,
font la principale
où
a
les
2auz
iEns puifé inculpations
qu'on a dirigées contre lui.
Ces écrits font de deux efpèces. Les uns font des
adreffes ou d'autres pièces offertes, pour la plupart, aux
autorités conftituees, tant en fon nom, qu'en celui des
hommes de" couleur. On y. trouve le patriotifme le
pitt, & les trois affemblécs nationales qui fe font
ont décrété la mention honorable
Fute:
de pluifieursa
& méme leur impreffion & leur envoi dans les Colonies, dans les dépatemens & aux armées: Il feroit inutile de revenir fur cet objet qui prétoit peu de matière
aux inculpario ons.
Les autres écrits de Raimond font des lettres qu'il a,
envoyées dansles Colonies. u a depuis fait imprimer dans.
deux recueils toutes celles dont on a voulu tirer contre
Ini des induétions, eny joignant plulieurs de celles
lui avoient été adreffées, & ou l'on 2 également
des
les Colonies, dans les dépatemens & aux armées: Il feroit inutile de revenir fur cet objet qui prétoit peu de matière
aux inculpario ons.
Les autres écrits de Raimond font des lettres qu'il a,
envoyées dansles Colonies. u a depuis fait imprimer dans.
deux recueils toutes celles dont on a voulu tirer contre
Ini des induétions, eny joignant plulieurs de celles
lui avoient été adreffées, & ou l'on 2 également
des Injets de reproche contre lui. C'eft aufli dans ces:
diverfes letres qi'en trogve les réponfes les plus décifives a toures les inculpations dont il a été Tobjet.
: Pour mettre quelqu'ordre dans cette difcuflion, on, la.
ckifera fous quarre époques différentes, qui toutes fe
portent aux viriations que. la légillacion, fur les droits d
hommes de couleut, a éprouvées durant les deux
ruières affeusblées pationales. On. traitera féparément Ta
un dernier paragraphe P'inculpation faire à Raimond,
d'ayoir employé des moyens de cormaprion dans l'afaire
des Colontes. C'eft cette inculpation qui l'avoit faic traduird auf rribanal révohitionnaire par le comitéde furetégenéiale, le : 30 brumaire de! lanz. --- Page 13 ---
S IIL
PREMIÈRE ErOQUE : depuis le
révolution jufqu'au décret rendu commencement de la
Saint-Marc lc premier octobre contre LAgemblée de
1790.
à Sc Dès que le mouvement de la révolution fe
à Domingue, les colons blancs.
propagea
en prendre feuls la diredtion. Des n'eurent pas de peine
avoient été d'abord adinis dans les hommes de couleur
mais ils en furent bientôt
alffemblées primaires,
& ils fe plaignent exclus, même ainfi que de toures les
potaf a
les
dans leurs lettres qu'on
Les blancs établirent empécher de porter la cocarde nationale,
lonie des conités fous dans diverfes les diverfes parties de la CoAtlemblée provinciale dans chacune dénominacions, de fes
puis une
la divifions, puis enfin une réunion des
trois de grandes
tint paitie fes françaife, quisfous le nom d' déparés
toute
dont féances dans la province de Alemblée genérale,
elle porta aufi le nom.
T'Oueft à Sauit-Marc
Julien Les Rainond premières lettres de cette époque ont éré écrites à
1 octobre & du par 16 décembre fon frère Franiçois. Elles font du
sy plaint amérement des vexations 1789. des François Raimond
loient empècher les hommes de couleur blancs, de fe s qui vouTabjechion où ils éroient.
relever de
de la; révolutien frangaife lly obferve que les nouvellés
tations dans la
ont caufé par tott des agi-
> cocardesque Colanies cela n'a < quie les blancs ont: arboré la
>> fe limagine bien, fans pas éré, comme Jnlien Raimond
> répandu
tour quelques troubles & du fang
32 le plus terribie enercux; que
eff dans Yordre; mais
> cocarde efl Pour font la liberté les noirs & qui, entendant que que -ld
2 lever %
Iagaiud,escje fous
tations dans la
ont caufé par tott des agi-
> cocardesque Colanies cela n'a < quie les blancs ont: arboré la
>> fe limagine bien, fans pas éré, comme Jnlien Raimond
> répandu
tour quelques troubles & du fang
32 le plus terribie enercux; que
eff dans Yordre; mais
> cocarde efl Pour font la liberté les noirs & qui, entendant que que -ld
2 lever %
Iagaiud,escje fous --- Page 14 ---
1O
Tout cela paroit antérieur à l'arrivée des
miers écrits de Raimond, qu'on a voulu
precomme les auteurs de Pembràlement de la colonic repréfenter & du
foulévement des efclavés. On va trop voir que -
cette lettre, fon frère étoit bien loin de contribuer fuivant à
foulèvement. c On a conduit, dicil,
ce
>> noirs a l'echafaud dans les grands
pluficurs de ces
92 eppaiic. Grand dieu
quartiers; cela a tout
!fauc-il que notre: ntfrêt
33 defoutenir la mauvaife caufe &
nous force
99 d'inbumaniré cxercés
d'applaudir à ces aétes
envers ces malheureux. >>
Il feroit inuale de s'étendre davantage fur ces
lettres oi François Raimond foutient que les hommes deux
de couleur ne réclament que des chofes
&
ne les réclament
par des voies juftes, qu'ils
jugeantde
légitimes. Si, cn
fang Edare on trouvoit quelque chofe à
à l chaleur qu'il met dans fes
répendre
jamais faire
plaintes, > Onl ne pourroit
partager ce repreche à fon frère
dans fa correfpondance, a toujours rémoigné Julienrqui, une
modération.
grande
C'ift le 8 mars 1790, feulement, que. fut rendu,
fur la provocation des colons, par l'Alemblée conftituante,le premier décret relatif aux Colonies.
L'Affemblée nationale y autorife chaque Colonie à
émettre fon vaou fur la conflitution, la légifation &
ladminiPration qui peuvent leur convenir, pour foumettre
ce vOeLl à l'Ailemblée nationalc.
Suivant le même décret, ies Affemblées coloniales,
qui avoient été. alors librement élues par les citoyens & 9
avouées par eux, étoient admifes à exprimer le voeu de
la Colonie. Dans celles où il n'exiftoit pas d'affemblée,
il en feroit formé inceflamment pour remplir les mêmes
fonctions; à l'effer de quoi il feroit envoyé une inftruction de l'Affemblée nationale, renfermant CC 1°. les
cret, ies Affemblées coloniales,
qui avoient été. alors librement élues par les citoyens & 9
avouées par eux, étoient admifes à exprimer le voeu de
la Colonie. Dans celles où il n'exiftoit pas d'affemblée,
il en feroit formé inceflamment pour remplir les mêmes
fonctions; à l'effer de quoi il feroit envoyé une inftruction de l'Affemblée nationale, renfermant CC 1°. les --- Page 15 ---
II
mayens niales de parvenir à la formation des,
colodans les Colonies on il n'en
Afemblées
bales générales auxquelles les Affemblées exiftoir pas; 2°. les
vroientfe conformer dans les plans de conftitution coloniales depréfenteroient., >
qu'elles
10 IL paroit que l"Affemblée conftituante
voulu prononcer encore fur les
n'avoit point
de couieur, afin de fe réferver réclamations la faculté des hommes
Affemblées coloniales le mérite de les de laiffer aux
réclamations avoient été
reconnoitre. Ces
la fimple admifion de deux jufqu'alors de leurs fort modérées, &
C des Cayes les avoir pénétrés de
dépurés au comité
C'eft ce que l'on voit dans une reconnoifjance. lettre
le
Gerard, député de
que citoyen
- tbante, écrivit au Saint-Domingue comité des
à. TAffembléc confti-
& dont l'extrair fut envoyé à Cayes, le 15 mars 1790,
:jeune. C Julien Raimond, eft-il Raimond dit
par Boifrond
partageoit tellement la
dans cette ettre',
leur a l'occafion de
gratitude des hommes de cou-
-comité des: Cayes, l'admillion' de deux d'entr'eux au
-qu'avoient
lail que malgré les hautés prétentions
pu
infpirer les
que établis par la
ptincipes il d'égalité pilitiJaire aucune démarche confintion. avoir promis de ne
de s'cni repporter
auprès de LAlemibléc nationale 6
les, arrangemens entièrement d votre juftice, dans. tous
leur
que vous jugeriez à
de
égard. s
propos prendre à
Les excès commis contre les hommes
Petit. - Goave, & enfuite à
de cotileir au
de Ferrand de Baudière & de Aquin. Labadie, e lorst des affaffinats
enfin les défenfeurs des homines-de > déterminèrent
voiri à l'Affemblée narionale,
couleur à fe pourjoly, le même qui. fat depuis Lavocat au confeil Deen 1792, plaida leur caufe miniftre de Lonis XVI
trop deénergic 6
aui comité cclonial, ayec
de-fuccis 3 dit toujours M. Gerard.
de Ferrand de Baudière & de Aquin. Labadie, e lorst des affaffinats
enfin les défenfeurs des homines-de > déterminèrent
voiri à l'Affemblée narionale,
couleur à fe pourjoly, le même qui. fat depuis Lavocat au confeil Deen 1792, plaida leur caufe miniftre de Lonis XVI
trop deénergic 6
aui comité cclonial, ayec
de-fuccis 3 dit toujours M. Gerard. --- Page 16 ---
* Ils demandèrent que l'Afemblés nationale
à leur égard dans Finftrustion qui devoit
s'expliquit
fon, décret du 8 de ce mois, de la manière accompagner la
claire; & la plus formelie Iis finirent par déclarer que, plus
fion leur refufoir la jullice qui leur étoit due, le défefpoir pourroir les porter à des extriémités fatales
dans ce cas feroient leur dernière reffource. 3.
31 qui
Ce difcours fr une, forte im-refion fur
des
memires du comité colonial. M. Gerard n'en Pefprit
moins dans fa lettre, que malgré les
penfe pas
de leurs agens auprès de PAlfembléc prétentions nationale, exagerées il
aifé de fatisfaire les hommes de couleur à penr de feroit
qu'ils fc contenteroient d'être admis aux Affemblées frais;
primaires, alix cenditions que la loi auroit.
( Vous favez, dit-il, que,ides qu'on
prefcrites. ils
feront les plus zélés. défenteurs de ia Colonie leivoudta;
ne tiendroit qu'à eux d'en étrè des ennemis
s &
mais je fuis far qu'ils. ne demandent
rta
imontrer leur zèle &, leur atrachement pas mieux la que chofe de
publique. J'ai lieu de eroire qu'ils recevront pour avec réconnoiflance CC que la juftice & la prudence vous
tront de lear accotder. 33
permetN Telles étoient alors les difpofitions des
fuivant M. Gerard, qui s'eft toujeurs difingué efprits, par un
patriotifme fage & éclairé, foit dans : fa conduite a
iAffemblée conftituante foit dans fa
vavéc la-Colonie. Ce qu'il y dit de Julien coatrefpondance Raimond en
21 particelier, n'eft affurément pas 'à fon
- va voir, fi ce dernier, s'écarta depuis de défavantage, la. modération On
qu'il aveit témoignée perfomnellement, Les inftructions
promifes par Je décret du 8 mars fucént décrétés le 28.
L'articie iV admettoit 2 aux Allemblées primaires . des
Colonics, C toures les, perfonnes âgées de 25-2 ans accomplis, propiensie-dignnabies, ou,à défaut d'uns
à fon
- va voir, fi ce dernier, s'écarta depuis de défavantage, la. modération On
qu'il aveit témoignée perfomnellement, Les inftructions
promifes par Je décret du 8 mars fucént décrétés le 28.
L'articie iV admettoit 2 aux Allemblées primaires . des
Colonics, C toures les, perfonnes âgées de 25-2 ans accomplis, propiensie-dignnabies, ou,à défaut d'uns --- Page 17 ---
A
13.
telle. propeiété, domiciliées dans la
ans, , & payant une
paroiffe depnis deux
leurs aucuné diftinction contribution. >> Il ne faifoit d'ailde couleur, Notre
entre les blancs & les hommes
fortement pour les" collègue hommes Grégoire, de
qui fe prononça
conftituante",
couleur à
>
demanda
l'Alfemblée,
expreffement décrétée que l'égalirs des droits fûc
en leur faveur. Le
Barnave, & divers députés des Colonies lui rapportear
que c'étoit le réfultat néceffaire de
répundirene
oblervation l'amendement fat
Tarticle,& fur cette
voit dans les journaux d'alors. retité; c'eft ce que l'on
Julien Raimond crut devoir
envoyer aux hommes de couleur 2 des dans cette occafion,
mées fur ces deux décrets. Elles font inftruétions impriprincipe de la parité des droits
fondées fuf le
couleur & les blancs ; mais Raimond éntre les hommes dede couleur, , de la manière la
engage les hommes
pour réclamer ces droits,
plus forre, 2 à n'enployer,
patience 6 la doaceur
d'autres les
armes que le iele, la
à tour foufrir
caradénifent. II les
dans la
pour
la
& engage
rtaet
tranquillité la
qu'ils Colontes, c à laiffer faire aux blancs tout police
voudront, hois le feul
ne
ce
mer 3 de liyrerla Colonie d une cas,gii
fe préjuen empécher, dit-il, les puifance
Pour
Eatn
facrificr leur vie & leur
colons de coulear doivent
fortune. 39
On voir combien Raimond étoit
à la France, combien il mettoit fes fincèrement attaché,
de la caufe même des hommes de intérêts au-deffis
il étoit éloigné de fonger à les foulever. couleur; combien
écrites On trouve à Julien des principes peu différens dans trois lettres
quelques autres hommes Raimond de par Boisrond jeune, 3 &
er réponfe a l'envoi de cette couleur, inftraction. le 27 jniller 1790,
néanmoins beaucoup des vexations
Ils fe plaignene
des blancs, & de
cèrement attaché,
de la caufe même des hommes de intérêts au-deffis
il étoit éloigné de fonger à les foulever. couleur; combien
écrites On trouve à Julien des principes peu différens dans trois lettres
quelques autres hommes Raimond de par Boisrond jeune, 3 &
er réponfe a l'envoi de cette couleur, inftraction. le 27 jniller 1790,
néanmoins beaucoup des vexations
Ils fe plaignene
des blancs, & de --- Page 18 ---
l'atroce alafinat commis fur Ferrand de Baudière,
fénéchal du Petit- Goave, malfacré pour avoir dreffé
une pérition en leur faveur.
Les dénonciateurs de Raimond ont remarqué dans la
lettre de Boifrond une invocation a la juftice & à la.
bienfaifiance de Louis XVI, & quelques expreflions
indiquent que les hommes de couleur, vexés
blée coloniale de
TNTTAL
Saint-Marc, paroiffoient dilpofés à embraffer contre elle, ainfi qu'ils le frent dans' la fuite, le
parti du général, M. de Peynier, , qu'on a reconnu dépuis
pour un véritable contte-révolutioenaire. On a voulu
conclure dé lâ que les hommes de couleur qui correfpondoient avec Raimond, étoient auffi des contre-révolutionnaires; mais, outrequela manière de voir de Boifrond
eft étrangère à Raimond, qui ne fait qu'à cette époque
une très- grande partie de la nation, abufée, partageoit
cet engouement pour Louis XVI, quoiqu'elle n'en fur
pas à dix-huit cents lienes? Quant à M. de Peynier,
l'Aflemblée conftituante luia voté des remerciemens
la conduite qu'il a tenue envers l'Affemblée de onet
Marc, & ce décret n'a jamais été rapporté. Toutes les
lettres de Raimond prouvent, au furplus, combien Peu
il étoit d'accord avec le pouvoir exécutif, qui n'envoya
à Saint-Domingue ni les décrets du mois de mars 1790,
ni aucun autre des décrets de l'Affemblée conftitnante,
favorables en quelque chofe aux hommes de couleur.
ciemens
la conduite qu'il a tenue envers l'Affemblée de onet
Marc, & ce décret n'a jamais été rapporté. Toutes les
lettres de Raimond prouvent, au furplus, combien Peu
il étoit d'accord avec le pouvoir exécutif, qui n'envoya
à Saint-Domingue ni les décrets du mois de mars 1790,
ni aucun autre des décrets de l'Affemblée conftitnante,
favorables en quelque chofe aux hommes de couleur. --- Page 19 ---
S. IV.
DEUXIEME EPOQUE : depuis le décret du 12 odobre
1790,j jafqu'à ccui rendifur la
des
nies le 24feptembre
confeicution
Colo1791.
Le décret du 8
tituante autorifoi: mars1790, par lequell'Affemblée conf
noître fon
l'Aflemblée coloniale à lui faire conVCCll fur la conftitution & la legiflation de la
Colonie,ne fatisfit pas l'affemblée de Saint-Marc. Au lieu
d'envoyer ce voeu al'Affemblée conftituante,
être
foumis à fon examen, elle décréta elle-même pour
de fa confitution, qu'elle adrefla à l'affemblée les bafes
tuante & au roi, pour leur acceptation,
avoir conftile décrer du 8 mars 1790, Il s'éleva après
reçu:
entre elle & l'affemblée
bientôr une lutte
provinciale du Nord. Le
verneur, > M. de Peynier, & une grande partie de la goulonie prirent le parti de l'Allemblée du Nord; M. Co- de
Peynier marcha contrel'Afembiée coloniale. Les
vingt-cinq membrés qui la formcient fe
quatreFrance, fur le vaiffeau le Leopard, Le décret réfungièrent du
en
tobre 1790 les déclara déchus de tous pouvoirs, & I2 OCcomme'on vientde le dire,des
vota,
Peynier qu'aux divers
remerciemens: tant à M.de
corpsqui avoient agi fous fesordres.
hommes Jufque-là ce décret ne paroît point contraire aux
de couleur, qui s'éroient beaucoup
de
l'Affemblée
plaints
comité colonial, deSaint-Marc; mais Barnave, rapporteur du
la déclaration aufli gliflà dans le confidérant de ce décret
à la fouveraineté inexaéte dans le fait, qu'artentatoire
natienale : CC
3>
Que T'Affemblée
tuante avoit déja, pour calmer les alarmes
contti3, annoncé d'avance...
des Colons,
: la ferme
>> comme principe conftitutionnel dans leur volonté d'établir
>> qu'aucune loi fur l'état des
organifation,
perfonnes ne Peroic dé-
aufli gliflà dans le confidérant de ce décret
à la fouveraineté inexaéte dans le fait, qu'artentatoire
natienale : CC
3>
Que T'Affemblée
tuante avoit déja, pour calmer les alarmes
contti3, annoncé d'avance...
des Colons,
: la ferme
>> comme principe conftitutionnel dans leur volonté d'établir
>> qu'aucune loi fur l'état des
organifation,
perfonnes ne Peroic dé- --- Page 20 ---
i6
$ crétée pour les Colonies, que fur la demande précife
>> G formelle de leurs Afemblées coloniales S.
Cette difpolition, fi alarmante pour les hommes de
coulenr, fubtiftoit dans fon entier, lorfque Julien Raimondleur écrivit fa lettre du 4 mars 179i.Ily fait auprès
d'eux les plus vives inftances pour les engager à réalifer
une contribution patriotique d'environ fept millions, qu'il
vouloit offrir de leur part à l'AIfmblée. conitituante,
comme ils ly avoient autorifé, fuivant plufieurs des
lettres dont cn a parlé à l'époque précédente. Raimond
leur annonce qu'il a trouvé Thomme de confiance qu'ils
lui avoient démandé pour cet objet, quil le leur enveie;
que cet bomme ett M. Mahon, qui leur remettra fes
dépêches & les divers imprimés publiés en leur faveur.
G M. Mahon, ajoute Raimond, aura. de moi des infs trudlions particultères, 3 pour la marche qu'il aura à tenit
>2 tant pourlobjet de la; pacorille, que pour nos affaires.Je
a vais ieulement établir ici le plan de contribution à éta29 blir entre toute la claffe des hommesde couleur, &c. 3>
Les dénonciatenrs de Raimond ont fappofé que ces
infruclions particulières contenoient un plan de foalèvement pour les hommes de couleur & les noirs; mais
rien ne juftifie cette interprétation, & le furplus de la
lcttre annonce que la miflion de M. Mahon fe bornoit
à ce qu'ori vient d'indiquer. Raimond a imprimé, fans être
contredit, que ce mandataire étoitmort queiques moisaprès
fonarrivée dans la maifon d'un blanc, abfolument étranger
à la caufe des hommes de couleur, & que rous fes papiers étoient reftés entre les mains de trois autres colons
blancs, fes exécuteurs teftamentaires, fans qu'on ait pu
même y trouver le moindre prétexte à la calomnie.
La lettre de Raimond contient au refte les mêmes
principes de bienveillance, d'amour de l'ordre, d de refpedt
fonarrivée dans la maifon d'un blanc, abfolument étranger
à la caufe des hommes de couleur, & que rous fes papiers étoient reftés entre les mains de trois autres colons
blancs, fes exécuteurs teftamentaires, fans qu'on ait pu
même y trouver le moindre prétexte à la calomnie.
La lettre de Raimond contient au refte les mêmes
principes de bienveillance, d'amour de l'ordre, d de refpedt --- Page 21 ---
pect
les lois, qu'iln'a ceffé de proclamer dans
fes Cutor
tous
>> Ici; dit il,je dois vous répéter CE Qug. TOUTES MES
LETTRES CONTENOIENT. Toujouis la tranquillité, point
d'infurretion; votre carf efa trop borne pour. la
par des voies de faie, qui,ne. font quiaigrir les foucenit
Dilpurez de verru avec.les blancs,
partis.
triotifine & dans les vertas morales. Perfuadez-vous furpaflez-les en
m'yaatjourd'hui de
Pa
tueux & de l'homme diftinétion que celle de Thomme verfrères de continuer à vicieux; bien fe écrivez donc à tous nos chers
tes les vertus; ne ceffez dé leur comporter écrire, & & prariquer touJettres à tous. Exhortez. vous les uns & multipliez les aurres, Vos &
faites, en un mot, que les commiflaires qui vont
dans lcs colonies, trouvent notre claffe
aller
telle que je Fai peinte. Imaginez l'efret malheureufe, Que fera leur
ropestarademblee nationale, lodqu'ils lui apprendront
qu'ils vous ont trouvés accablés de
dhumiliations, 6 toujours Fons citayens, aimant vexations, votre patrie G
pratiquant les vertus >>.
On, tronve aufli, fous la même époque, trois autres
letires écries à Julien Raimond : lune par Boifrond
jeune, Tan .des hommes de couleur. avec lequel il a le
plus habisuellement entretenu des corre/pondances; ; l'autre
par nn. vicillard, nommé Labadie, & furnemmé le vénérable; la dernière, enfin, parla Builfonnière, qui
dit_on, le bezu-frère de Raimond.
eft,
La lettre de Boifrond jeune eft du 171 mai
Il
y.annonce à Raimond > quila fait palfer, fa lettre 1791.
toute la Colonie, tant pour lui faire Paffer des fonds, dans
que pour. calmer ceux dent le refentiment, peut étre
ai comble, & qu'il attend. le retour de fon exprès porté du
nord, pour donner à Raimond des nouvelles de la
réufire >).
bonne
Rapport fier Julien Raimond.
B
de Raimond.
eft,
La lettre de Boifrond jeune eft du 171 mai
Il
y.annonce à Raimond > quila fait palfer, fa lettre 1791.
toute la Colonie, tant pour lui faire Paffer des fonds, dans
que pour. calmer ceux dent le refentiment, peut étre
ai comble, & qu'il attend. le retour de fon exprès porté du
nord, pour donner à Raimond des nouvelles de la
réufire >).
bonne
Rapport fier Julien Raimond.
B --- Page 22 ---
IS
Boifrond jeune paroiffoit fi peu être d'ascord avec ceux
des hommes de couleur qui, fnivant les dénonciateurs
de Raimond, ont porté le tronble dans Ia Colonie, que
voici comme il parle d'Ogé, fur le compte duque! nous
ne devons encore rien préjuger, mais qui fut peu de
temps après rompu vif, avec plutieurs autrés hommes
de couleur armés fous fes ordres :
>> Que diable eft venu chercher
dans ce pays-ci,
mettre tout a feu & faire
une boucherie
Catd
pour d'hommes au Cap', en dépit méme du décret de pacification * ?
La lettre de Labadie à Raimond eft de la même date
la précédente. Labadiey parle d'une traite de 1O,000
Rical tirée for Ini par Raimond, & quiln'a
ter. Ils'y plaint beaucoup des vexacions des
qui
ERES
ouvrent, ditil, & fuppriment toures les lettres adreffées
aux hommes de couleur. Boifiond avoit dit la même
chofe. Enin Labadie ajoute : >9 Depuis que les blancs
ont fait fauter la tête à M.Ferrand de Baudière) pout
avoir fait Lnl mémoire en faveur des hommes de couleur,
nous fommes comme muiets; j'ai été fufiilé le 26 120vembre 1789, parce qu'on croyoit que j'en avois une
copie. Ils fe font emparés de mes papiers; fen ai été
pour quelques brochures qui éroient intére(lantess. Maigré
ce traitement atroce, à peine déconvrinoit-on quelques
traits d'amertume dans la Jettre de ce vieillard.:
La caufe des homines de couleur avoit paru s'améliorer lors de la dernière lettre dont il nous refte à parler
fous cette époque. Un décret - del'Affemblée conftituante,
du 15 mai 1791, avoit recounu les droits de citoyen
adif aux hommes de conleur nés de père & mère libres:
la Builfonnière annonce, dans une lettre à Raimond
du 6 juillet 1791, qu'on dit par- tout que ce' décret ne fera pas exécuté; qu'on a fait pendre en cffigie,
la dernière lettre dont il nous refte à parler
fous cette époque. Un décret - del'Affemblée conftituante,
du 15 mai 1791, avoit recounu les droits de citoyen
adif aux hommes de conleur nés de père & mère libres:
la Builfonnière annonce, dans une lettre à Raimond
du 6 juillet 1791, qu'on dit par- tout que ce' décret ne fera pas exécuté; qu'on a fait pendre en cffigie, --- Page 23 ---
à la porte du bureau de la pofte, au Cap, le citoyen
Grégoire, pour avoir défendu la (2ufo des hommes da
couleur; C qu'Ogé, Chavanne & nombre d'aures ont
été égorgés au' nombre de 21 ou 22 dans un
IO ou 12 autres infligés de la plus horrible jour, &
pour avoir demandé a jouir de la
despeines ;
crant que cette boucherie & toutes les régénération vexations ). Il
ne celle de faire éprouver aux hommes de coulear; qu'on zinfi
que les divifions des blancs, ne caufent un foulèvemént
général parmi les efclaves.
La Buiffonnière témoigné dans cette lettre une
énergie; mais cetté énergie nc paroit êtrè
grande
vers Texécution de la loi rendue en faveur des dirigée
de' couleur : Ce
ES
L'exemple d'Ogé &c fes
dit-il, que l'on croit un moyen de nous compagnons
ati contraire que pour nous faire vaincré ou efftayer, h'eft
qu'il s'agira de: jouir de la liberté que nous mourir', iorf
iegiflateurs s reffauratcurs de la liberté
offrent fi n)s
Velt s'y oppofer; car que peut-on actendre françaife, de. on
ennemis, pires que les ancrhopoplugesm?
pareils
( En attendant ce moment, ajoute-t-il
les hommes de couleur fafont
plus bas, tous
de
promis d'itre
tout foufrir a hors la mort, ou
tranguilles 3
y mener.
Lon ne nous a jamais laprifonquipeut vus nous
nous
aller arréter le. courier pour le dévalifer & atrouper,
tres pour connoitrer le fecrets dont ; on piller les lettoutes manières
nous prive de
Nous n'ayons pour répandiredesporveilis i, nous alarmer.
l'idée,
jamais allaffine, perfonnes ni même
malgré que notre fang ruiflelle a
conçu. -
& ailleurs, pouvant cependane ufer de
St-Domingue
lidée que les negres proficerons e
repréfailles; mais
astaferont cette belle
Celonie, nous afait Jufpendre, ou 3
micux
noNCer a cela (aux: repréfailles ).
dire, renous
Co
reproche
B 2
is i, nous alarmer.
l'idée,
jamais allaffine, perfonnes ni même
malgré que notre fang ruiflelle a
conçu. -
& ailleurs, pouvant cependane ufer de
St-Domingue
lidée que les negres proficerons e
repréfailles; mais
astaferont cette belle
Celonie, nous afait Jufpendre, ou 3
micux
noNCer a cela (aux: repréfailles ).
dire, renous
Co
reproche
B 2 --- Page 24 ---
d'être fiers, cela
être; mais notre fierté eft fondée
fur la vertu des Abeumer fans reproche s3.
Qu'on ne croie pas, au furplis, d'après ces
tudes fur l'agitation des efclaves, que la
aiaite
s'annonçit pour être Pun de ceux. qui en avoient le plus
à craindre le foulèvement. Voici comme il s'exprime à
cet égard dans cette lettre : a cc J'en pofsède vingt, qui €
font traités comme moi, & que je regarde comme mes
enfans ; mais je tremble que le mauvais exemple ou de
mauvais confeils ne les engagent à faire comme les autres; mais je pourrois leur dine, fi ccla. arrivoit: Mes
enfans, faites-moi le mal que je vous ai fait. S'ils font
jultes, je n'aurai rien à redouter; dailleurs, partic font
mes filleuls >. On fait combien ce lien étoit refpecté
la fenfibilité des nègres, Gi facile à émouvoir.
par Telle étoit à cette époque la correfpondance de
Raimond : les faits el eux - mêmes feront examinés
Jors du tapport général fur la colonie de Saint-Domingue.
$. V.
TROISIÈME ÉPOQUE: Depuis le décret du 24 feptembre
1791 jufgu'a celui du 28 mars 5 connu fous le non
de Loi du 4 avril 1792.
Le décret du IS mai 1791 fut bientôt révoqué; il
n'avoit jamais été envoyé officicilement à St-Domingue;
non plus que eeux dus'8 & 28 mars" 1730. Le decret
qui contient cette révocation, & qu'on voulut iendre 1
conftinutionnel, cft du 24 feprembre 1791; il contenoit
u' véritable abandon de la fouveraincté maticnale fur
les colonies. L'article III aitribuoit expreffément aux
affemblées coloniales le droit de faire c les lois concernant l'état des. perlonnes non libres, & l'état politique
ux dus'8 & 28 mars" 1730. Le decret
qui contient cette révocation, & qu'on voulut iendre 1
conftinutionnel, cft du 24 feprembre 1791; il contenoit
u' véritable abandon de la fouveraincté maticnale fur
les colonies. L'article III aitribuoit expreffément aux
affemblées coloniales le droit de faire c les lois concernant l'état des. perlonnes non libres, & l'état politique --- Page 25 ---
des hommes de couleur & nègres libres, ainfi
les
règlemens relatifs à l'exécution de ces mêmes lois. que
Jans qu'aucun décret antérieur plt porter obfacle au
cxercice de ce droit >),
plein
Ce dernier décret fut aufli-tôe envoyé, par le
voir exécutif, dans les colonies : mais les hommes
coulcur ne
f:
à
l'avoient pas attenda pour prendre les armes
Saint-Domingue 5 linexécution de celui du I5 mai
précédent, & le refus de le promuiguer, les avoient
ioulevés prefque par-tout : l'impoflibilité de les
& fans doute auffi la juftice de leurs réclamations, foumettre, déterminèrent piufieurs confédérations de blancs
s'étoient formées, à reconnoître leurs droits
des qui
cordats, quand la nouvelle du décret du 24 par
con1791 vint rallumer l'incendie dans tous les cantons feprembre
les blancs voulurent s'en prévaloir.
oi
C'eft à cette époque que Raimond écrivit la
lettre du 2I oétobre 1791, cu l'on a
famenfe J
comme dans celle du 4 mars précédent, prétendu la
trouver,
avoit employédes moyens de corruption dans preuve l'affaire qu'il des
Colonies. Nous renvoyons tout ce qui concerne cette inculpation au dernier paragraphe de cet examen; il fuffira
de montrer ici, par T'efprit général de la lettre, combien, après le décret du24 leptembre, Raimond avoit
confervé fes principes de foumiflion aux lois,
il tâchoit de les inculquer aux hommnes de
combien
les invitant à tout attendre de la juftice de leur couleur, caufe en
de ceile de l'Affemblée nationale. Raimond y dit bien &
le décret du 24 feptembre avoit été furpris
conflituante c
une
TARSEE
par
coalition dès colons avec quclnégocians qui ont alarmé ceux qui connoifRent peu les Colonies,par des nouvelles
eux (1) >>,
jabriquées par
(1) On a voulu faire un ciime à Raimond de ce qu'il avoit faic.
B 3
leur couleur, caufe en
de ceile de l'Affemblée nationale. Raimond y dit bien &
le décret du 24 feptembre avoit été furpris
conflituante c
une
TARSEE
par
coalition dès colons avec quclnégocians qui ont alarmé ceux qui connoifRent peu les Colonies,par des nouvelles
eux (1) >>,
jabriquées par
(1) On a voulu faire un ciime à Raimond de ce qu'il avoit faic.
B 3 --- Page 26 ---
22:
mes chers come Malgré tout cela, ajoiité Raimond,
patriores, , rien n'eft eucore défefpéré se vous vous montrex
bons Français & bons patriotes ; & ce ne fera pas en
faifant desinfurredtions, que vous parviendrez àle prouvér;
Car dans un pays comme celui que vous habitez, elles
ne peuvent, comme vous le fentez bien 3 que le mener à fa ruine totale. Vous devez donc vous en tenir
à folliciter ici auprès de l'Aflemblée nationalc, en obéiffant d'avance à tousfes decrets : donnez Cct exemple aux
colons blancs ; mais adreffez toujours vOS péditions au
la loi vous en accorde le droit. Ce n'eft
corps légillacif;
à
qu'en fuivant cette marche que vous parviendrez
étre réintégrés dans vos droits. >>
Raimond ténoit ii fort à cette marche légale > & unigemeciodngnipsiene annonce aux hommes de couleurquel'avis d'uns grande partie de l'alfemblée légiflative
étoit qu'elle pouvoit changer le décrer du 24 feptembre 9
il les engage, f cela manque, à attendre la révifion de
'la conftitution.
Cependant on voit, dans une lertre poftérisure (1),
qu'il ne négligeoit rien pour faire révoquer laloi défaftreufe du 14 fepteibre. Il annonce aux hommes de
des efforts avec Briffot pour perfuader à l'Aifemblée nationale
avoient
objec la révolte des noirs à
ces
Satt
nouvelles, qui
pour
avoit
Domingue, éroient fauffes. Mais, outre que l'embargo qu'on
mis à St.-Domingue fur tous les vaiffeaux français explique leur
erreur, la meilleu:e preuve de la fincérité de Raimond. & de Priflot
a cet égard.fe tiie de. cette lettre même ou Raimond dit auffi * que
>> cette nouvelie étei; 1I2 piége qu'or tendcit a LAfemblée nationale
> pour avoir occalion de faire pafer des rroupes peur faire trembler
s les homies de couleur, 8:c. s Authi Boifrond fait-il des repraches àRaimond, dans la letcre du I 2 juillet 179251 fur fa manière
de voir à cet égard.
(1), Quoique cette lettre porte dans l'imprimé la date du 1favrit eft uue
1791, fon contenu prouve incowteftablemens que cette date
ége qu'or tendcit a LAfemblée nationale
> pour avoir occalion de faire pafer des rroupes peur faire trembler
s les homies de couleur, 8:c. s Authi Boifrond fait-il des repraches àRaimond, dans la letcre du I 2 juillet 179251 fur fa manière
de voir à cet égard.
(1), Quoique cette lettre porte dans l'imprimé la date du 1favrit eft uue
1791, fon contenu prouve incowteftablemens que cette date --- Page 27 ---
couleur. e qu'une brochure qu'il a fait
9) peu contribué à faire
paroitre n'a
>> juftice de ce
fentir, non - feulement E3
mais mème encore
>,
décret,
le
auroit de mettre aucune
danger qu'il
>)
1 liberté, de
différence, foit par le degrs
Julien
légitimité, ou dela couleur. >> C'eft
que
Raimond favoit conciliet, avec la
ainfi
aux lois lcs plus injuftes, tous les
foumiflion
& la taifon pouvoient fournir moyens que la juftice
tractation.
pour en obtenir la reSVI
QUATRIEMT ÉPOQUE : Dupuis la loi du 4 avril
jufqua préfent.
La loi di 4avril 1791, décrétéele 28:
aux hommes de coulebr la juftice qui leur mars,tendir étoit
enfin
leur accordant tous les droits
due, en
blancs. Le même décter, politiques affurer comme aux colons
loi, ordonnoitlenvoi pour
l'exécution de cette
commifaires
d'une force armée & de nouycaux
civils à Saint - Domingue en la
ceux qui y étoient alors. Les commiffaires furent place, de
Sonthonax & Ailhaud, dont le
fit Polverely
du renverfement du trône
départ
bientôt fuivi
IO aoûr.
par T'heureufe révolution du
Il exifte plufieurs lettres de divershommes de
Raimond idurant cette époque.Commeclles
couleurd
rien de perfonnel à ce citoven il
ne contiennent
éxaminer ici. II foffira de dire , fetoir inutile de les
une détermination
qu'on voit dans la plupart
les hommes de couleur plus out moins fortement exptimée par
de foutenir leurs
prétentions, 3
anuée, erreur, & que da lettre eft antérieure au décret du 23 mars
ceanu fous le nom de lci dii 4 avril,
de ceite
B 4
couleurd
rien de perfonnel à ce citoven il
ne contiennent
éxaminer ici. II foffira de dire , fetoir inutile de les
une détermination
qu'on voit dans la plupart
les hommes de couleur plus out moins fortement exptimée par
de foutenir leurs
prétentions, 3
anuée, erreur, & que da lettre eft antérieure au décret du 23 mars
ceanu fous le nom de lci dii 4 avril,
de ceite
B 4 --- Page 28 ---
les armes 4 la main s & de faire exécuter la loi de l'égalité
rendue en leur faveur. Les troubles fubificient toujours
dans les colonies; quant ià Raymond en particulier, on
fe perfuadera aifément qu'un homme qui avoit été fiat-.
taché à la révelution françaife dans uin temps où lui &
tous ceux dont il défendoit la caufe, en étoient G maltraités par elle, dut l'êare bien plus ferrement encore,
lorfqu'on leur eut rendu juftice 2 & qu'il vit le règne de
la liberté populaire s'érablir furles débris du trône. Dans fa
lettre du 30 mai 1792, il prémmiricshommes de couleor
par les motifs les plus puiffans contre les deffeins de
quelques
ci-devant nobies, qui vouloient rétablir
à Saint -
l'ancien régime 3 Oll aul moins le
Beed
gouvernement militaire. Il leur fait voir combien plus
les hommes de couleur doivent compter fur l'attachement
des repréfentans de la nation que fur celui du ponvoir
exécutif. Dans ceile du 9 novembre 1792, le citoyen
Raimond établit de mêine, par les raifonnemens les
forts & les plus appropriés a l poficion des hommes plus de
couleur 2 le droit qu'avoit cu h nation de fe donner
un gouvernement républicain, &c l'excellence de ce gouvernement qui venoit d'être décrété par la Convention
nationale.
Toures les lettres fuivantes font dans le même
& particulièrement la circulaire duzr mars 1793, cfprit, oiRaimond met tout en ufage pour engager les hommes
de couleur à conferver à la nation les Colonies, que des
forcénés vouloient, dit-il, lai enlever par un complot abominable, ou achever de les détruire par Je fer & le
feu: : les ptincipas de Ces lettres font fi purs,
le
feul reproche qu'on ait trouvé à y faire eft Gue Raimcnd que
y a loué Polverel & Sonthonax, qu'il invite-les colons à
avoir confiance Gil eux, & que dans une lettre à Sonthonax, illui témcignc perfonnellement les mêmes fen-
és vouloient, dit-il, lai enlever par un complot abominable, ou achever de les détruire par Je fer & le
feu: : les ptincipas de Ces lettres font fi purs,
le
feul reproche qu'on ait trouvé à y faire eft Gue Raimcnd que
y a loué Polverel & Sonthonax, qu'il invite-les colons à
avoir confiance Gil eux, & que dans une lettre à Sonthonax, illui témcignc perfonnellement les mêmes fen- --- Page 29 ---
timens d'eftime & d'attachement 2 en lappelanz fon
cher & digne ari.
Nous ne nous permettrons, Citoyens, daris P'érat actuel
des chofes, aucune reflexion pour ou contre Polverel ou
Sonthonax. Nous autens l'occafion de manifefter notre
opinion i leur égard, quand nous VOLIS ferons le
général de l'afaire des Colonies. Mais, fir il conftant rapport
que ces deux commiffaires civils fe font rendus coupables dans les Colanies s comment pourroit on faire un
crime à Raimond d'en avoir cu bonne
il paroit certain qu'ils avoient, lots de' opinion, leur
quand
St-lomingue, la confiance de l'Affembléc
départpour
de Raimond tenoit fi peu à l'efprit de nationale; parti, elle celle
fente fi peu les conféquences
préqu'on voudroit en tirer 3
eS dans une de fes lettres 3 où Raymond dit du bien
Sonthonax. dans ccile du IO février
à Pinchinar, & dans
il 1793 adreffée
plufieurs autres, fait auni
du général Galbaud ,
s'eft porré l'un des accufareurs Téloge
de Sonthonax, avec fut colons blancs : c'eft,
un
excellent patriote, & bon général.
dit-il,
Enfin tous les palages des lettres de Raimond,. où
il eft queftion des commiffaires civils, font dans les
mêmes principes que tout le refte.
35 Vous pouvez compter, y eft-ildit, fnr la pureté de
leurs principes, & fur leur ferme réfolution de Faire cxc
cuter la loi, 6 rétablir l'ordre & la paix. C'eft donc à
vous 2 mnes chers compatriotes & frères, à les aider de
tous VOS moyens & de toutes VOS forces ; ils comptent
far votre civijme 6 far votre attachement à la
zion qui nous régénères Il comptent également fur conficu- votre
amour pour la parric 5 ayez donc une confiance réci-
: jamais elle ne fat plus néceffaire ni mieux
des deux
EradeE
parts.
La lettre de Julien Raimond a Sonthonax cft du 24
Rapportfar Julicn Raimond.
B S
& frères, à les aider de
tous VOS moyens & de toutes VOS forces ; ils comptent
far votre civijme 6 far votre attachement à la
zion qui nous régénères Il comptent également fur conficu- votre
amour pour la parric 5 ayez donc une confiance réci-
: jamais elle ne fat plus néceffaire ni mieux
des deux
EradeE
parts.
La lettre de Julien Raimond a Sonthonax cft du 24
Rapportfar Julicn Raimond.
B S --- Page 30 ---
mars 1795; on y voit le même but qui eft d'affurer
la paix G la profpérité de la colonie, dy faire triompher les principes & la vertu de ceux qui, ies profeffent
Fincèrement, & Raimond met Sonthonax au nombre de
ces homines - li.
Quoigu'il eût tant de relations à
-
il ne lui recommande qu'une perfonne, Saine-Domingue 8 c'eft un
un jeune
ROTS
patriote > nommé Vitoux, qui arrivoit à SaintDominguc: il n'y dit du mal que d'un feul autre, &
c'eft un homme de couleur, dont le projet
ditil, de méttre ja divifion parmi les autres. Raimond cft,
Sonthonax à le faire ferveiller, & à fovir contre
fe
mal : C
MPSL
comporte
Thomnie blanc & de couleur, dic il, doivent être également traités par la loi qui
punit, comme par celle qui protège : voilà l'égaliré
parfaite, 9>
Ces mavimes étoient fi finebrementinculguées dans l'ef.
prit de Raimond,quill de les mit en ufage contre Polverel &
Sonthonax eux- mèmes 3 dix jours après la loi
les'
décrétoit d'accufation.
qui
€ Dans cette dernière lerre,qui ef du 8: aolt
Raimond y prémunit fcignenfement les hommes 1793, de
couleur contre les comz-re-iudomnairea, qui,
d'êtte leurs amis, effaieroient peut-être de les feignant
dans ces circonflances, en leur confeillant des mefures égarer
contraires aux décrets de la Convention. (4 Vos ennemis,
ajoute-t-il, difent ici que vous étiez les agens aveugles
de ces deux commiffaires, pour opérer la contre-révoluzion dans la colonie. Dans ces circonftances, vous
devez prouver à la Convention nationale, par votre
conduite, que vOs ennemis yous ont calomniés, &
vous n'êtes les agens d'aucun individu ni d'aucun que
vos voer
parri,
que
les plus ardens font de demeurer inviolaMiement attachés à la Régublique frangaife, ine 6 indi-
ens aveugles
de ces deux commiffaires, pour opérer la contre-révoluzion dans la colonie. Dans ces circonftances, vous
devez prouver à la Convention nationale, par votre
conduite, que vOs ennemis yous ont calomniés, &
vous n'êtes les agens d'aucun individu ni d'aucun que
vos voer
parri,
que
les plus ardens font de demeurer inviolaMiement attachés à la Régublique frangaife, ine 6 indi- --- Page 31 ---
riftle, de ne recornoitre d'autre autorité que celle de la
Convention En fuivant nationals, lorfque vous en ferex requis .
tifme
rigourcufement ces principes, votre
ne fe laiffera jamais égarer. >
pattioS. VII
Examen de fincuipation d'avoir employé des moyens de
corruption.
L'examen qu'on vient de faire de toutes les
de la corrcfpondance du ciroyen Raimond, annonce époques allez
combien une telle inculpation a peu de probabilité. ll
n'eft pas dans la nature des chofes qu'un homme attaché
par tant de liens à une caufe auffi jufte que celle des
hommes de couleur, & qui la faifoit
valoir par les armes de la morale, de la principalement raifon & des
lois, pût en déshonorer la défenfe par le vil
de la corruprion. On ne le préfomera
emploi
f lon porte fes yeux far les perfonnes qu'on pas davaniage
avoir été l'objer. Ce font, fuivant les dénonciateurs prérend de en
Raimond,1 les premiers défenfeurs de la caufe des hommes
de couleur, tels que l'infortené Pétion, notre collègue
Grégoire ; & fur-tour Briffot qui venoit de périr fur:
l'échafaud de la tyrannie. Qnand on envoya Paimond
au tribunal révolutionnaire, les calomniateurs deBridlot
difoient aufli que ce dernier avoit été falarié par Pitt,
parlesr ils royaliftes, & par tousles ennemis de notre liberté;
favoient bien néarmoins qu'avec la vie la
des talens diftingués, & une grande facilité plus de frugale,
il avoit laiffe fa veuve & fes enfans dans un dénuement travail,
qui ne juftifie que trop fa mémoire de ces odieufes
accufacions. Aufli le comité de la marine & des colonies,
après avoir entendu, fur cet objer, Raimend & fcs.
par Pitt,
parlesr ils royaliftes, & par tousles ennemis de notre liberté;
favoient bien néarmoins qu'avec la vie la
des talens diftingués, & une grande facilité plus de frugale,
il avoit laiffe fa veuve & fes enfans dans un dénuement travail,
qui ne juftifie que trop fa mémoire de ces odieufes
accufacions. Aufli le comité de la marine & des colonies,
après avoir entendu, fur cet objer, Raimend & fcs. --- Page 32 ---
dénoncintenr , après avoir fermupaleufement cxaminé les
deux lettres d'oi Pon prétendoit faire réfalter l'emploi
de lacorruption, a t-ilreconnu l'injuftice de cettzinculpation dès ilya long-temps, pour ce qui concerne Raimond.
Il s'eftafluré qu'elle ne portoit que far des écrits de ce
citoyen, que fes dénonciatcurs avoient fait imprimer
d'une manière tout au moins inexaéte.
Cependant la juftification de Raimond n'auroit pas
l'authenticité qu'elle doit avoir, Al l'on n'examinoit pas
ici les pièces. d'on l'on a voulu faire réfulter la preave
d'une manceuvre aufli ctiminelle. Ce fontles deux lertres
relatives au don patriorique dc fept millions, qu'il
preffoir les homines dc couleur d'omiràlAfembiée conftituante.
La première de ces lettres eft celle du 4 mars 1791.
Raimond y annonce aux hommes de couleur le Prochain départ de M. Mahon > Phomme de confiance
gu'ils lui avoient demandé pour la levée de cette
contribution. Raimond cblerve qu'il a fallu intéreffer M. Mahon, comme cela étoit jafte, poifque,
remplir leurs vues, 2 il quitte une époule chérie 3
Ecr ehfans, une famille enfin ; gu'il doit étre dédom:
magé amplement de tous les facrifices qu'il fait, & qui
font beaucoup plus confidérables que ne le penfent les
hommes de couleur. Il jeur propoie donc de donner à
M. Mahon une commifion fur la totalité de la contri-.
bution , dans-la propostion fnivante: dix pour cent fur
les deux premiers millions, cing pour cent far les deux.
feconds, & deux & demi pour cent fur les deux derniers.
Il demande enfin qu'on faffe paffer à Jui Raimond des
fonds pour fubvenir aux frais confidérables que le foutien:
de la caufe des hommes de coalear lui occafionnoit.
Il met en nfage les follicitations les plus preffantes pour engager les hommes de couleur à répartie
contri-.
bution , dans-la propostion fnivante: dix pour cent fur
les deux premiers millions, cing pour cent far les deux.
feconds, & deux & demi pour cent fur les deux derniers.
Il demande enfin qu'on faffe paffer à Jui Raimond des
fonds pour fubvenir aux frais confidérables que le foutien:
de la caufe des hommes de coalear lui occafionnoit.
Il met en nfage les follicitations les plus preffantes pour engager les hommes de couleur à répartie --- Page 33 ---
promptement entr'eux cette centribution patriotique qui
paroir néanmoins n'avoir jamais été levée; il leur déclare
quc, quant à lui, fes reffources font abfolument épuifées
par les dépenfes qu'il a faites pour eux, far-tout en frais
d'imprefion.
leur avoir annoncé l'envoi des ouqu'il a
imprimer en leur' faveur, il
M
ajoute de
:
ARE
>9 Indépeadammen: de tous ces ouvrages, il en eft
>> encore d'autres qui n'ont été que
tels
manuferits,
le tapport.qui deyoit être fait par le comité de
>>
2g
Aication de TAffemblée nationale en notre faveur, &
>) qui nous accordoi: deux députés à T'Affembiée natio-
>> nale; mais l'aftuce - des blancs,
confidérable
3>
T'argent
qu'ils ont répandu, 8 les écrits innombrables. qu'ils
>> ont jerés dans le public, ont empéché ce rapport d'êtte
55 fait. Mais enfn la caufe commence à s'éclaircir
32. : de nonveaux efforts que MM. Briffor > l'abbé GTeE
D geire,Péston de Villeneuve, députés à PAffemblée na9> tionale, viennent de faire, par les nouveaux
32 que vous verrez & d'autres encore qui vont les ouvrages fuivre:
33 car ces patriotes font d'un zèle étonnant ; & fi
33 que chofe peur mettre obfacle à leuts
quel-
>>:
produdions,
cef. que Largent me manque pour L'imprefion de tos
>> leurs ourrages ( I ). Cependant comme j'ai fenti
9> nous touchions ail moment décifif, j'ai cru devoir quie
79. tour promettre: 5 perfuadé que VOts no m'abandonnericz
>P pas, ainfi que vorre caufe qui ne peut fe
>).
gagner qu'ici:
mais il faut vous montrer, comme nous vous avons
> annoncé, & comme vous nons y avez autorifés par
(1) Ces mots zourlimproffor de to:s ceurs ouvrages étoien:
primés dans l'édition de cette lestre, remife au comité de.fareré fupgénérale,.& ce n'ef pas là à becoup près la feule altératicn
qu'onde foit peimife dans cette ddition.
que vorre caufe qui ne peut fe
>).
gagner qu'ici:
mais il faut vous montrer, comme nous vous avons
> annoncé, & comme vous nons y avez autorifés par
(1) Ces mots zourlimproffor de to:s ceurs ouvrages étoien:
primés dans l'édition de cette lestre, remife au comité de.fareré fupgénérale,.& ce n'ef pas là à becoup près la feule altératicn
qu'onde foit peimife dans cette ddition. --- Page 34 ---
3e
facrifier
toutes VOS lettres, comme pattiores 3 voulant
une partie de leur fortune a la chofe publique.
Raimond ajoute enfuite que depuis le décret du S
mars 1790 & les inftruéions da 28, M Dejoly a abundonné leur, caufe; mais que MM. Briffor, Grigoite,
Petion de Villeneuve & Clavière y font reftés attachés.
> Ce n'eft affurément pas, dit-il, l'intérêt quiles guide ;
mais vous devezfentir ce qulils méritent. 99
C'eft des palliages précédens, & fur-tout de ces derniers mots,
lon a prétendu faire réfulter les preuves
de l'emploi fe moyens de corruption dans l'affaire des
Colonies.
Certes, il n'y a qu'une ame fermée autx fentimens de
la reconnoiffance, qui puille transformer en moyens
de corruption ces effufions de coeur infpirées
la gratitude & abfolument ignorécs de ceux qui en
RESe
comme on le verra dans la feconde lettre.
Enfin le citeyen Raimond demande qu'on lui envoie
des adjoints pour les démarches mulripliées qu'ila à faire.
Il annonce aux hommes de couleur que cela occafionneta
de la dépenfe, mais qu'elle eft indifpenfable. Cette lettre
refpire d'ailleurs, comme toutes les autres, la' morale la
plus
: on a déja vu quels fages confeils Raimond y
Smri à fes frères pour la diredtion de leur conduite :
il finit par leur annoncer que cette lettre fera probablement précédée d'une circulaire qu'il leur fera remettre
par le général, 4 & tendante . les engager de continuer
amis de Pordre,
99 à fc montrer ce qu'ils ont tonjours été,
A de la tranquillicé & bons patriotes. >
La dernière des deux lettres eft du 21 oétobre 1791,
près d'un mois après le décret prétendu conftitutionnel mai
du 24 feprembre, qui, en annullant celui du 15
précédent, donnoit aux affemblées coloniales, compolées
remettre
par le général, 4 & tendante . les engager de continuer
amis de Pordre,
99 à fc montrer ce qu'ils ont tonjours été,
A de la tranquillicé & bons patriotes. >
La dernière des deux lettres eft du 21 oétobre 1791,
près d'un mois après le décret prétendu conftitutionnel mai
du 24 feprembre, qui, en annullant celui du 15
précédent, donnoit aux affemblées coloniales, compolées --- Page 35 ---
3I
des feuls colons blanes, le croit de
fanction du roi, fr l'état
featuer, fous la
coulcur, même de cclles, politique des perfonnes de
mère libres; elle efl écrite qui dans éroient le
nées de père &
précédente,
déclare
même elprit igue la
que c'eit a Raimondy leur infouciance
aux hommés de couleur
demandés, que ge revers eft d'envoyer les fonds qu'il a
adverfaires étoit, dicil, fi da: : ce La marche de nos
mefures ont été G bien peu prévue Par nous, & leurs
pu les prévenir; il eft falla concertées, cela que nous n'avons
autant dé célérité 6 de
pour
faire imprimer avec
à tous leurs écrits, en démontreries profifion geax, pour répondre
mafquer enfin ces hommes qui, fous menfonges, & délitique qu'ils difent nécefaite, cachent
d'une
orgueil
Ficeten
ne
GA2I
tocratique, qui
fauroient voir des
eux avoir les mêmes droits. Mais,
hommes comme
fute, il feilox faire de noveaux pour fuivre cette meceux que j'avois déja faits
frais d'imprefior ; &
les genres, m' avoiene mis hors jufqu' d'état ce monient dans tous
à moins de m'expofer à
de pouvoir continuer,
fortmne, que les digenfes comproiettre en entier ma
roaléguefarmoi
pour cette afaire 3 qui r'ont
plus de cent mitle leuljufauid livres. MM. Perrier ce joir, ont deja diminuée de
de VOS pouvoirs, pourront vous attetler &cLamorhe, porteurs
les
que je leur ui données
ce fait, d'apres
fecoura Se de
que je n'avois été
dans les frais confidérables perfonne, non plus que de TAmérique,
entrainer quelgu'un.
ot une parcille affaire doit
entier. >> Certes ce ae' qui, font comme l moi, des
eft livré tour
révoquer en
AL
doute, quand E font
qu'on puilfe
démentis; & l'on voit s'ils Préfentent imprimés l'idée
fans être
de la corruption.
d'un emploi
Les induéions que Raimond tire de li font faciles
preffentir. u ptuffe lcs hommes de couleur de lui a
en-
érique,
entrainer quelgu'un.
ot une parcille affaire doit
entier. >> Certes ce ae' qui, font comme l moi, des
eft livré tour
révoquer en
AL
doute, quand E font
qu'on puilfe
démentis; & l'on voit s'ils Préfentent imprimés l'idée
fans être
de la corruption.
d'un emploi
Les induéions que Raimond tire de li font faciles
preffentir. u ptuffe lcs hommes de couleur de lui a
en- --- Page 36 ---
voyer des fonds pour le don patriotique qu'il a annoncé,
cc &: POUR DES PR ESENS A FAIRE à ceux qui ont, dit-il,
défendu notre caufe, & qui écriront cncore pour la défendre; car,, ajoute e-t-il, malgré que MM. Briffot,
Grégoire,Pation, Clavière, Robelpierte, Lucas & autres,
rcient jamais fait prefentir gu'tls vouloient, être
il eft de notre honucur 8c de notre reconnoiffance 27
lcur offrir des cadeaux dignes d'eux, & qui ne foient pas
En argent, car ils n'en recevroient pas. 33
Nous n'avons voulu, Citoyens, fupprimer aucun paffage des lettres de Raimond d'ou l'on a voulu faire
réfulter ia preuve qu'il avoit employé des moyens de
corruption daus l'affaire des Colonies; vous voyez que
les textes mêmes qu'on a cités fuffifent pour repouffer
cette inculpation.
Cependant on lit, dans le long mémoire cnvoyé par
tin colon à Fouqticr-Tinville contre Raimond, que
Raimond étoit le jozzoyeur, & Briffot le foudoyé;
les Jepe millions zrois cent
mille TerS
de contribution patriotique dont
eft ici queftion >
C
niade
ont été partagés entre Raimonde Brifot, & peur-être
avec quelques autres écrivains, de ceux qui fe font le
mieu: montrés pour I caufe des hommes de coulcur. 37
L'aureur da mémoire ne s'inquiète pas de fournir des
preaves, Oi: même de fimples indications, que cette contribution ait étd levde en tout ou en pattie, quoique
Raimond ait toujours afuré que rien n'en avoit été
perçu, & lon conçoit qu'une parcilic levée, fi elle eût
es lieu, auroit acquis une publicité telle, qu'il feroit
facile d'en adminifrer la preuve.
Cette letredeRaimomine contient au furplus, comme
toutes les autres, gu2 des fentimens dignes d'étre avoués
par tous les amis de la liberté & de ia morale 5 elle
hinit par CCS nors : < Ne négliges pas de faire paffer
é que rien n'en avoit été
perçu, & lon conçoit qu'une parcilic levée, fi elle eût
es lieu, auroit acquis une publicité telle, qu'il feroit
facile d'en adminifrer la preuve.
Cette letredeRaimomine contient au furplus, comme
toutes les autres, gu2 des fentimens dignes d'étre avoués
par tous les amis de la liberté & de ia morale 5 elle
hinit par CCS nors : < Ne négliges pas de faire paffer --- Page 37 ---
3 des fonds, & de vous montrer dignes de Votee réclaS mation, en concinuant d'etre ce que vous avex toujours
>> Été, bons cizoyens 3 bons patriotes, 3 6 attachés véri-
>> tablemenz à lz patrie 6.2 la conflitution. n3
RESULTA T.
Nous ne croyons pas devoir traiter ici çuelques autres
reproches faits à Raimond, & dont con ne donne ancune
elpèce de preuve, Tel eft celui d'avoir furpris à la
vehtion nationale, parl'organe de
le Condu 5 inars 1793., dont on prétend Cambouins, que Raimond décrer s'eft
avoué le rédacteur, quoiqu'i! ait toujouirs nié ce
ayeu ; tel eft encore celui d'avoir
prétendu dans
projet de foulever les areliers des négres. trempé
le
fi pen dans le fecrer de ceux qui ont Raimond étpit
cét
pu contribuer a
regardé événemant, que, comme on l'a deja vu, il avuic
comme de faulles nouvelles celles qui et
arrivées en France; qu'il lavoit ainfi marqué à fon éroient correfpondant Boifrond le jeune, & que celni- - cilui reduit proche, dans failettre du 12 juillet 1792, d'avoir inmifes Briffor en erreur dans les notes quil lui avoit. rcfur cet objet. On, voit mame, dans l'aurre
de Raimond, qu'iiparageoir l'opinion fic commune alors, lertre
que Tafiranchilfitement des negres-ne devoit pas être
tout d'un coup & fans préparation.
fair
On y voit que l'incalpation qui lui avoit été faite
lors ne portoit que far un
l'humanité lui.avoit dèsinfpiré Pour l'amélioration rait eder des efclaves & leur
afftanchiffement graduel. Ce projer eft expliqré dans fa
lerre du 30 mai 1792; il confiftoit à afluret les
d'an affranchiflement fuccellif aux efclaves qui feroiene movens
d'un coup & fans préparation.
fair
On y voit que l'incalpation qui lui avoit été faite
lors ne portoit que far un
l'humanité lui.avoit dèsinfpiré Pour l'amélioration rait eder des efclaves & leur
afftanchiffement graduel. Ce projer eft expliqré dans fa
lerre du 30 mai 1792; il confiftoit à afluret les
d'an affranchiflement fuccellif aux efclaves qui feroiene movens --- Page 38 ---
les plus laborieux, en nettant à leur di(pofition quelheures de la jsurnée, & le pécule quils tireroient
l'emploi de ce
2T
temps.
Tels ont été, Repréfentans du peuple, les principes
de conduite & la correfpondance d'an homme qu'on a
jugé digne d'être traduir aul tribunal de Ja tyrannie,
qu'on y a dénoncé commne complice de Briffot & de la
Gironde (1). Nous ne refuter.ns pas cette inculpation
honorable pour celui qui en étoit l'objer.
Nous n'ajonterons plus qu'un mot : dans tout ce
nous
que
avons vu du citoyen Raimond, à peine remarqueroit-on la trace d'un reffentiment perfonnel pour les injuf
tices qu'il a fouffertes. S'il a pu "animerquelquefois, c'eft
contre les ennemis de la caufe des hommes de couleur,
jamais contre lcs fiens en particulier, 2 queiqu'il ne doive
probablernentla viequ'aux maux cruclsqu ilaéprouvésdans
fap prifon, & qui, dit-on, ont empéchéfa mifeenjogement
au tribunal révolutionnaire avant le 9 thermidor.
(r) Le long mémoire en foixante pages in-folio adreiié contre
Raimondà chef d'accufation Fouguier-Tinville par un colon, propofe pour dernier'
contre cet homme de couleur, celui-ci: cc l'avoir
participé ait complot tramt par Erifot & fes adkérens contre la iàreté & la profpérité du peuple francais, contre Punité & l'indivifibilité de la République françaifew. Plus haut on lui reproche, comme
à Brifor, ec d'avoir fait parade fans cefle dé- modtration, de cecte
obtifance dre 8 entière & fans refiricticn at leis, de cet cmeur de lorde la paix, que refpirent fes lestresw; ce qui étoit encote,
dit-on, l'un des caracteres de la faftion Brifor. Plus hau:
encore on y dit qize les meyens employés par Raimond
la deftruation des Colonies, ( faifoient partie éu fyfême
Briffor...
T
gui fe combinoir de contre-révolution, de fédéralilimes,
de royalifme, en WM mot des élémens lec plus defrudteurs. Enfn
une déclaration faite au tribunal révolutionnaire par un 2utre
colon, porte aufi que Rairond étoit complice des confpiratcurs
girordins bbripotias, 8c. --- Page 39 ---
s5
Nous vous propofons le décret fuivant:
La Convention nationale, après avoir entendu le
port de la commiflion des colonies, réunie aux comités rapde falut public, de légiflation, & de marine & des colonies,
Décrète qu'il n'ya pas licu à inculpation contre Julien
Raimond; qu'elle n'a vu dans fa correfpondance & dans
fes écrits que Jes principes dignes d'un républicain, 2 &
que la liberté qui lui a été rendue provifoirement par le
décret du IG germinal dernier, demeure définitive.
Ce projer de décret a été adopté,
La Convention nationale a de plus cordonné
le
>> rapport concernant Julien Raimond fera
que
>> difttibué & envoyé dans les Colonics,
iunprimé,
ation contre Julien
Raimond; qu'elle n'a vu dans fa correfpondance & dans
fes écrits que Jes principes dignes d'un républicain, 2 &
que la liberté qui lui a été rendue provifoirement par le
décret du IG germinal dernier, demeure définitive.
Ce projer de décret a été adopté,
La Convention nationale a de plus cordonné
le
>> rapport concernant Julien Raimond fera
que
>> difttibué & envoyé dans les Colonics,
iunprimé, --- Page 40 ---
T. ABLE
DES M A TI E1 R E S.
$. Ier, Motifs dc Ce repport particulier. Yucs dans lefquelles on2 le fait,
S.. II. Faits pieliminaires,
S. II. PRETIERE EPOQUE: : depuis le commexcement
de la révelution jufgi'au décret rendu contre l'affembléc
de Saint- Sarc, le premier olobre 1790,
-
S. IV. DEUXIÈME ÉroQuE: depais le décret du 12
octobre 175014972 celui rendu fiorila confitution des
Colonies', le zafeptembre 1791,
I'5
S. V. TROISIEME EPOQUE : depitis lc décret di 24
fptembre 1791 jefoua celui du 28 mars 3 corinu fous lc
noi ds Loi du 4 avril 1792,
S. VI QUATRIÈME EPOQUE : depsis la loi du 4 avril
jufau'a préfent 3
S. VII. Examen de P'inculpation d'ayoir employé des
moyens de corraption,
RESUITAT,
DE LIMPRIMERT E, NATIONALE,
Prairial, l'an III. --- Page 41 ---
L ETT R E
D'UN CITOYEN,
DÉTENU PENDANT QUATORZE MOIS,
ET TRADUIT AU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE4
AU CITOYEN C. B**.
REPRESENTANT DU PEUPLE,
EN RÉPONSE SUR UNE QUESTION IMPORTANTE,
A PARIS,
De l'imprimerie de L'UNION ,1 rueneuve/ Augustina
no. 21.
N III: DE LA REPUSLIQUA --- Page 42 --- --- Page 43 ---
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