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John Cartrr Srotmn
fibraru
Sroun Ininersity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
CORPS LEGISLATIE
a
CONSEIL DES CINQ-CENTS.
R A PPO R T
FAIT
Pan LECOINTEPUIBAYEAU,
Au NOM DE LA COMMISSION DES COLONIES OCCIDENTALES (1),
S U R les déportés G réfigiés . de SaintDomingue s foit en France 7 foit en
continent Américain.
Séance du 4 Germinal, an 5.
Cirovixs RernisexTAxs,
Je viens remplir une partie de la râche que vous avez
impofée à votre commiffion des colonies occidentales, Je
tâcherai d'etre clair fans être diffus, concis fans être obfeur.
(1) Cette Commifion eft compofée des repréfentans
Bergoeing, Marec, Efchafferiaux, Villers, Riou & Garrau,
Puyraveau.
LecointeA --- Page 6 ---
Eft-il jufte, eft-il utile de permettre aux colons déportés
ou réfugiés de retourner à Saint-Domingue? eft-il convenable
le gouvernement les y traniporte à fes frais : Telles font
fre queltions fur lefqueies je, fuis chargé de vous préfenter
un projer de réfolution. Je dois le faire précéder de quelques
éclaircillemens néceflaires.
On ditingne des colons déportés & des colons réfugiés.
Que ne puisije vous donner des idées nettes des uns & des
autres fans rappeler les défaftres du plus bel établiflement
du nouvéau monde! Mais il ett impotible de parler avec
clarté des effets fans remonter aux caufes; cependant que les
amis de l'ordre & de Phumanité fe raflurent, je ne parlerai
point le langage des paflions., j'éviterai foigneufement de
les railumer; elles ont trop fait de mal Hâtons-nous
d'éteindre l'incendie; que d'autres cnfuite en cherchent les
auteurs.
Il paroit que, dès le principe de la révolution à SaintDomingue 2 on regarda, comme un moyen puiffant & lé-
-
gitime de ramener fordre, la déportation desindividus accufés de l'avoir troublé. Il paroit conftant qu'on demanda aux
affemblées coloniales des déportations, & qu'elles en ordonnèrent. On élève à un graud nombre les déportés, par lcs
commiffaires qui précédérent Polverei & Sonthonax.
Une loi du 4 avril 1792 autorifcit ces derniers délégués à
Saint- Domingue, à rechercher les auteurs des troubles qui y
avoient éclaté, à s'affurer de leur perfonne, à ls mettie
on arreflation, & à les traduire Cil France pour y être m:s
en accufation par un décret, s'ily y avoit lieu. Les commiffaircs devoient, à cet effet, envoyer à l'Affemblée naticnale
lcsp procès verbaux & déclarations contre les prévenus. Si l'on
fe th: borné à l'exécution de ces difpofitions, il y auroit
maintenant une manière bicn fimple de raifonner fur CC qui
conceme les déporrés Ot traduits en France. Ont-ils été
accufés par Ujl dicret? Aux termes de l'article V dela loi
y avoit lieu. Les commiffaircs devoient, à cet effet, envoyer à l'Affemblée naticnale
lcsp procès verbaux & déclarations contre les prévenus. Si l'on
fe th: borné à l'exécution de ces difpofitions, il y auroit
maintenant une manière bicn fimple de raifonner fur CC qui
conceme les déporrés Ot traduits en France. Ont-ils été
accufés par Ujl dicret? Aux termes de l'article V dela loi --- Page 7 ---
du 4avril, ils ont dà être jugés ; coupables,
innocens, ils doivent jouir de Jeurs droits.
ils font punis;
tionale au contraire a-t-elle reconnu
L'Affemblée naà accufation? Les citoyens traduits devant qu'il n'y avoit pas lieu
être plus long-temps retcnus cn exil.
clle ne penvent
été allez refpeétée. Les commiffaires
Mais la loi n'a pas
voient non-feulemenr arrêter &
civils crureht qu'ils pouvoyant des pièces contre les
déporter cn France en y ende partir pour la
prévenus, mais encore enjoindre
trer à Saint. -Domingue. Naurvelle-drgletre, Les
2VEC défenfe de renclaffe, le Corps légillarif ne
déportés de cette feconde
eux, ne pouvant les entendre, recevant point de pièces contre
étoient exilés par la feule volonté ne des pouvoir les accufer : ils
Or, l'exil eft une peine; nul rribunaln'a commiffaires civils.
point de jugemens quai les condamnent prononcé contr'eux,
injaftice étte plus
; peuvent-ils fans
long-temps retenus hors de
poavons- -nous leur en défendre l'entrés? Ec doivent-ils leurs foyers?
irrévocablement exilés parce qu'ils furent
être
aibicraire P
viéimes d'un exil
Ces hommes, dira-t-on, voulurent établir à
mingue un gouvernement
Saint-Doils voulurent fe
indépendant de la
:
livrer aux
Iis
métropole
nous arrêter & nous ttaduire Anglais. en
répondent : Il falloit
de nos complots: & là, fi T'Affemblés France, > envoyer les preuves
accufés, nous aurions payé de notre téte nos nationale nous eût
chinations : voili ce que vouloit la loi. Mais coupables mnaété méconnues par ceux qui devoient
fes bornes ont
inconteftable que tous ceax qui, fans accufation Texéeuter, & il refte
jugement, onc été déporrés aux Etatslégale, fans
onc été forcés de s'y rendre avec
Unis d'Ainérique,
reparoitre dans la colonie, ont
injonation de ne plus
avec ordre de n'y
reçu permiflion d'en fortir
de retourner fur leurs plus rentrer, ne peuvent être empèchés
roit cette maxime deflruckive propriétés; de autrement on confacreef des circonfances oit les ordres tout ordre focial, qu'il
foreesJone des actes légitimes. arbitrzires, exécutés par la
A 2
de s'y rendre avec
Unis d'Ainérique,
reparoitre dans la colonie, ont
injonation de ne plus
avec ordre de n'y
reçu permiflion d'en fortir
de retourner fur leurs plus rentrer, ne peuvent être empèchés
roit cette maxime deflruckive propriétés; de autrement on confacreef des circonfances oit les ordres tout ordre focial, qu'il
foreesJone des actes légitimes. arbitrzires, exécutés par la
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Si l'on difoit
eft à
que ces hommes lie
dhese
dans qu'il la colonie avec de funeftes difpofitions &
retournent de
contre la mère patrie, il ont déja
des projets vengeance plus de raifon on doit leur fuppofer des
répondu qu'avec
&
leur intérêt leur fera defirer
fenrimens contraircs,
que
d'étcindre les torches & de brifer les poignards: e d'ailleurs, 2
pourquoi des craintes, peut-être chimériques, arréteroient- le
elles 'la juftice ? Les hommes firene-ils donc toujours ofons
qu'on fut injufte envcrs eux? Ah! pluror
mal, parce les colons, inftruits à l'école du malheur, fentent
croire que
ia liberté eft impreferiptible, & qu'on ne
maintenant Tenlever que qu'avec la vie à ceux qui purent la conpeut
noitre !
Il eft donc deux efpèces dc déportés, les uns en France,
aux Etats- Unis d'Amerique. Parmi ies premiers,
les autres
Blanchelande, ont été accufés & conilen eft qui,. comme eft
n'ont point été
damnés ; mais il en
qui
avoit pourfuivis, licu
d'aurres contre quiil a été reconnu quilny
loi :
innocens aux
de
E
à accufation : ils font donc
yeux
ils
n'eft-il pas jufte de les rendre au climat après lequel
foupirent? Les feconds ont été jetés dans un pays étranger
fans
lor ordonnit, indiquàr même
à la France,
qu'aucune fut dreffe contre cux d'accufation;
cet exil; ; jamais il ne
avoir
des Américains les fen'ont-ils pas droit, après
reçu
cours de la pitié, de demander à rentrer iSint-Dmingses Si
Que peut- on objocter à cette réfexion qu'ils préfentent: nous cit
été
c'ef en France qu on
nous eufions
coupables,
envoyés avec les preuves de nos crimes.
les
je vous Tai déja dit, il cft encore des
Outre
déportés, fous le nom de
Pourquoi ne pois-je
colons connus
réfugis. vous conduifant au milicu des
vous les faire connnoitre montrant qu'en des cadavies ? Ici des nègres
Aammes, & en vous
fe difant les
du roi, marchent
défenfeurs de la royauté,
gens indiftinétement
fous le drapcau blanc Aeurdclifé, égorgeant
ja dit, il cft encore des
Outre
déportés, fous le nom de
Pourquoi ne pois-je
colons connus
réfugis. vous conduifant au milicu des
vous les faire connnoitre montrant qu'en des cadavies ? Ici des nègres
Aammes, & en vous
fe difant les
du roi, marchent
défenfeurs de la royauté,
gens indiftinétement
fous le drapcau blanc Aeurdclifé, égorgeant --- Page 9 ---
nègres, blancs ou mulâtres, atl nom de
hommes de couleur font fufillés
les LouisXVII: là des
les blancs font maffacrés
les par
blancs ; ailleurs
par hommes de couleur Le
Port-au-Prince eft en feu , & rien n'ef
femmes, les vieillards, les enfans n'obriennent refpecté ; les
cun parti. Les hommes de couleur & les
grace d'auleurs noirs pour des caufes
& les blancs arment
de
différentes,
trois provinces
des Saint-Domingue n'offrent plus alors à l'ail
monceaux de
effrayé,
fe
cendre, > un vafle champ de
on fe bat
carnage.
8:
Prince, révoite,
au Cap. On fc révole au
cette ville eft réduite
le canon. Arrivele: Part-au1793, des marins s'agitent Ian la rade du
20 ils juin
cendent à terre, & des. combats s'engagent. Les Cap; hiommes defcouleur & quelques blancs défendent les
de
ils font forcés après deux attaques, & fe commifaires; retirent
mais
Cap: mais ce n'eft
au haut du
des ruiffeaux de
qu'à la lueur des Bammes, : à travers
fang, & bientôt cette ville principale de
Saint-Domingue n'offre plus que les triftes reftes d'un
effroyable incendie. Cependant des femmes
des hommes échappés au carnage, fuivis de leur éplotées *
courent à la mer. On a dit que les noirs
famille,
arriver &c fe répandre dans la vilie : la
révoltés vont
che toute entière eft menacée ! les bras populatid's tendus .blanvaiffeaux ils implorent du feccurs, & des
vers les les
cucillent. Voili l'indication rapide mais exacte chaloupes des
rcpaux faits; jen'ai pas dû les
je n'ai
dû princitous: : en
les
falloit-il
détiller,
pas
dire
falur dans la
davanzage pour être autorifé à chercherfon
le
fuite! ceux qai ont fui de
fer& le feu menaçoient de rendre Saint-Lomingue,
giés; ils font partis à diverfes
défert, ce font les e
pourfuivis
les
éporues fuivant qu'ils ont été
noirs
pat
blancs, les hommes de couleur ou les
agiffan: en troupe, 9 Ou affafinant
l'ombre d'ordres
individuellement à
furptis aux autorités.
Je dois ajouter qu'avant même l'arrivée de Polverel &c
Sonthonax, contraire &
citoyens pourfuivis par ceux d'un parti
avoient été contraints de
eatir
quitter
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les e
pourfuivis
les
éporues fuivant qu'ils ont été
noirs
pat
blancs, les hommes de couleur ou les
agiffan: en troupe, 9 Ou affafinant
l'ombre d'ordres
individuellement à
furptis aux autorités.
Je dois ajouter qu'avant même l'arrivée de Polverel &c
Sonthonax, contraire &
citoyens pourfuivis par ceux d'un parti
avoient été contraints de
eatir
quitter
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Saint - Doningue. De cruelles & fanglantes difcuffions
avoien: eu lieu entre les feuls blancs, avant qu'clics éclatallent entre les hommes de couleur & les blaucs; les blancs,
leshommes de couleur & les noirs !
Deux opinions fc font manifeftées fur les rifagies: l'une
les préfente comme des infortunés que le gouvernement
français doit recevoir fous fon égide, & foutenir de tout
fon pouvoir; l'autre les proferit, cefonties émigrés, ils ne
méritent que les peines réfervées à ceux qui trahiffent la
pattie ! Voyons à laquelle de ces opinions le leyiflaseur doi:
s'attacher, 6c prénors les lois pour guide. Nous favons tour
le refpeét qu'on doit à li contitution; nul n'eft plus difpofe que lés membres de la commifion dont je fuis l'organs, a défcndre les articles qui proferivent les émigrés:
mais nous favons aufli que nous nc poavons détruire les.
exceptions faites avant la contitution, for tout lorfque la
juftice & la raifon les avouent. Une loi da 25.3 août 1792
furles émigrés €
des colonies porte, article 14: c Ne font point
2> fujets aux difpolitious du préfunt décret les biens des
>> Français établis en Pays. écrangers avant le premier juiliet
>> 1789 .
$ les citoycns deportés pondant les croubles
>> qui ont agité cec contrées, &z ceux qui dins les dernières
2: infurreétions de Saint-Domirgue & de la Martipique ont
>> été contraints de paffer dans les iles voilines, ou dans le
s contient améticain. ))
Un antre décret du S faprembre 1733,n 2 de la République, eft ainfi conça : <e Sur la proporition faite par un
29 membre, à Lz faire de la leiture de la lettre des commif.
>> faires de Saint-Domingue, 3 la Convention décrète que
$9 cette lettre eft renvoyée au comité de flu: public pour
>> fixer les fecours à accorder aux malheureux colons qui,
y dans l'incendie du Cap,ont été chercher. rsans la nouvelle
21 Angleterre un afyle chez un peuple hofpicalier & bienfai-
> fant. La Convention décrète, aulli que le miniftre de la
à Lz faire de la leiture de la lettre des commif.
>> faires de Saint-Domingue, 3 la Convention décrète que
$9 cette lettre eft renvoyée au comité de flu: public pour
>> fixer les fecours à accorder aux malheureux colons qui,
y dans l'incendie du Cap,ont été chercher. rsans la nouvelle
21 Angleterre un afyle chez un peuple hofpicalier & bienfai-
> fant. La Convention décrète, aulli que le miniftre de la --- Page 11 ---
marine fe concertera avec les commiliaires de
> mingue fur les mefures à prendre
le
Saint- DJ192 infortunés, foit en France, foic Lonta les colenies. tranfport de CCS
Il réfelte de ces décrets, que la
la Convention nationale elle-mème, premire G
legifsrare, que
vers les traitres
juflement févère en-
> n'a jamais regardé comme
les
déportés aux Etats Unis, ou ceux G'c des événemens émigrés défafireux ont forcés de s'y réfugicr. Je dois
miniftre de la
ajourer que le
ordre du
république aux Etats- Unis a fourni > par
gouvernement, des moyens dc
France, à plufieurs réfugiés qui fonr maintenent tranfport dans pour
départennens, &c qu'il n'eft jamais entré dans l'idée du nos
vigilant accufireur de les pourfuivre comme
plus
Ainfi le droit & le fait détruifent égal-ment
émigrés.
préfente comme émigrés les colons
lopinicn qui
tinent américain.
français réfugiés au conJe fais &: je dois dire
parmi les colons
fagiés, il s'en elt trouvé profondément déportés & réde la liberté & de la révolution françaife pervers, ennemis
& tramé contre elle: mais cette
1 qui ont écric
tation ou leur dépnrt forcé, condnite, après leur déporquelque concannable
foir, ne peut Pas faire que leur
ou qu'elle
foit une
dérorration
leur fuite
emigurtion, puifque la loi ne leur a
caractère d'émnigration. Ces hommes, bien Pas douné le
doute, fonr abfolument dans le cas d'un négociant dangereux fans
en pays étranger. qu: la loi ne répute poi- C
français
auroit écrit de Bale ou
emigré, d qui
françaife
la royauté d'Hambourg contre la révolurion
aujourd thai Pour
: en vertu de l'amnifie il pourrcit
tribnnaux, Les revenir au milicu de nous fans redouter les
de la
colons déportés ou réfugiés font, aux
loi, comme s'ils n'avoient point quitté la colonie yeux
n'en Jont fortis que par force. Is font
Cloan d'une partic integrante de la
Français >
délic révolutionnaire eft abious
République; tout
pour eux comme pour
A 4
ion
aujourd thai Pour
: en vertu de l'amnifie il pourrcit
tribnnaux, Les revenir au milicu de nous fans redouter les
de la
colons déportés ou réfugiés font, aux
loi, comme s'ils n'avoient point quitté la colonie yeux
n'en Jont fortis que par force. Is font
Cloan d'une partic integrante de la
Français >
délic révolutionnaire eft abious
République; tout
pour eux comme pour
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nous,. jufqu'au 4 brumaire de l'an 4- Si l'on foutenoit le
contraire, on poferoit la bafe d'un régime particulier pour
les calonies, & c'eft des efforts, vers ce régime particuliet,
que font venus tous leurs malheurs. Mais, quand les principes queje pofe feroient conteftés 2 on ne pourroit jamais
dire que tous lcs colons déportés ou réfugiés, blanes, noits
oll jaunes,, font coupables, parce qu'il en eft d'entre eux qui
fe font rendus criminels : nul ne
être chargé des fautes
d'autrui, & il feroit aufi injulte Rete proferire tous les colons
réfugiés, 2 parce qu'il s'eft trouvé des fcélérats parmi eux,
quil le fcrois de proferire tous les patriotes ' parce que ,
fous le nom de patriotes, des monftres fc couvritent de fang.
Quand il n'exifteroit Fas d'amniftie, vous ne pourriez, fans
violer les principes, refufer aux colons leur retour à SaintDomingue; les plus coupables 9 par leurs écrits ou leurs
provocations, ne pourroient étre pourfuivis comme émigrés,
puifque la loi ne les a jamais regardés comme rels,
la lei a voulu que les colons déportés ou réfugiés reçufient
ERSE
fecours, & fuffent recueillis comme des enfans encore dignes
de la patrie; ils ne pourroient être pourfuivis
des
faits
& dans ce cas il feroit
croire
1orÉ
peu
Sec
particuliers,
queles coupables ofaffent revenir dansun pays qu'ils voulurent
trahir.
On ne reverroit point à Saint-Domingne ccux qui affichèrent à Philadelplie une invitation à un fervice fanébre
& religieux pour Louis XVI, ni ceux qui cherchèrent à
livrer aux Anglais cette ile précicufe; 5 mais l'amniftie elt
& CC voile officieux doit s'étendre fur les colonies.Sile proclamée 2 royalift: du continenta trouvé grace aux yeuxdes
le légiflateur ne
Ctre moins indlulgent
légiflateurs 2,
peur foit
les fépour l'infulaire royalifte : quel que
l'efpace qui
pare, ils vivent fous les mêmes lois, leuis droits font
Egaus. On ne peut, fans injuftice, abfoudre l'un & conduire l'autre à l'échafaud. Tout colon non-émigté, qui n'eft
coupable que d'un délit révolationnaire, ne peu: être in-
lateur ne
Ctre moins indlulgent
légiflateurs 2,
peur foit
les fépour l'infulaire royalifte : quel que
l'efpace qui
pare, ils vivent fous les mêmes lois, leuis droits font
Egaus. On ne peut, fans injuftice, abfoudre l'un & conduire l'autre à l'échafaud. Tout colon non-émigté, qui n'eft
coupable que d'un délit révolationnaire, ne peu: être in- --- Page 13 ---
quiéré. Quelle raifon en effet auroiton de le
pour avoir écrit contre les lois françaifes ? lci, pourfitivre? vous
enlevé aux tribunaux les écrivains lés
féditieux. aver
s'être oppofés à l'exécution des lois ? plus
Pour
à leur tamille ceux qui étoient cotrpablés Ici, de vous avez rendu
avoir levé l'étendard de l révoire & de la ce crime. Pour
vous avez renoncé à punir, même les chefs de royauté? la
Ici,
Pour avoir appelé l'ennemi extérieur?
Vendée.
dans les lieux
la tête
Ici, nous avons VIl,
Anglais de Quiberon. publics J'ai 3
haute, les complices des
fouffert, beaucoup fouferr
efquiflant néceflaire cet odieux paralièie de crimes : mais il en
au développement du
Voici la étoit
quence, les coluns déportés ou principe, à
confénord ne font point émigrés ; l'amniftie refugiés eft l'Amérique du
d'entre eux qu'on pourroit accufer,
applicable à ceux
Tels font les principes généraux que la
colonies occidentales a cru devoir d'abord commifion des
elle va maintenant parcourir rapidement les vous préfenters
particulières qui peuvent y apporrer des modifications. circonftances
La plupart des colons déportés olt réfugiés au
américain y font encorc, les lois leur font
continent
eft qui ont faifi avec empreffement les
favorables: de
il en
en France; cette cenduite ne
moyens
fe rendre
tage l'attention bienfaifante du peut que leur mérirer davaneft aufli qui, nourrifant depuis gouvernement. Mais il en
haîne de la métropole, le defir long-remps d'en fecouer dans leur ame la
loient le joug, celui de fc dégager des obligations ce qu'ils appeenvers le commerce français, n'ont pas craint contradlées
un pays neutre & hofpitalier, pour fe rendre chez d'abandonner
nels & plus implacables ennemis. Il en eft qui,
nos éterplénipotentiaires de je ne fais
s'érigeant en
gouvernement anglais
quel peuple, ont fait, avec le
mingue. La date
un trairé pour lui livrer
ce
de
traité eft-reconnue & Saint-Doeftdu 23 février 1793. La date' de fon exécution certaine, elle
moins précife, elle eft de feprembre de la même n'eft pas
Repport de Lecointe-Peyrycau.
année;
A 5
nos éterplénipotentiaires de je ne fais
s'érigeant en
gouvernement anglais
quel peuple, ont fait, avec le
mingue. La date
un trairé pour lui livrer
ce
de
traité eft-reconnue & Saint-Doeftdu 23 février 1793. La date' de fon exécution certaine, elle
moins précife, elle eft de feprembre de la même n'eft pas
Repport de Lecointe-Peyrycau.
année;
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c'eft à cette époque que le Môle Saint-Nicolas, Jérémie &
d'autres points importans furent livrés aux Anglais. Certes,
ce ne fera jamais la commiflion dont je fuis Torgane, qui
viendra implorer les lois
Jaicitées, J pour les auteurs d'un
pareil traité! ! pour ceux fr en dirigerent ou facilitèrent l'exécution ! Ces hommes font vraiment emigréssils ont abandonné
le pays neutre que les leis avoient marqué pour leur alyle; ;
ils ont été en pays ennemi machiner contre la patrie, & font
enfsite revenus les armes à la main y introduire l'étranger;
iln'eft point de grace pour de tels forfaits !
Nous devons
à Saint-Domingue ceux qui en
furent éloignés par eVCELAST la volonté mal-entendue de
faire le bien ou d'horribles cataftrophes ; nous devons adoucir le fort de ceux qui ont, avec courage, fupporté leur
deftinée fans en accufer la patrie, & qui n'aipirent qu'a
rentrer dans fon fein pour la fervir; mais nous devons
craindre d'y ramener les traitres qui ont vendu Jeurs bras' &
leur paysaTAngleterre : nous ferions aufli coupables qu'eux
s'ils pouvoient impunément jouir du fruit de leurs crimes.
Non, vous ne violerez pas la conftitution, & ces émigrés
recevront la peine de leur lâche perfidie!
Au moment où je parle les Anglais font maîtres à SaintDomingue , dans la partie du nord 2 du Môle SaintNicolas & partie du territoire adjacent; dans l'ouef, de SaintMarc, du Portan-Prince, des paroiffes de l'Arcahaye, de la
Crois-de-Bouquets, & de la plaine du Cul de-Sac; dans, le
fud, deJérémie & partie du territoire environnant, des quar- du
tiers des Irois, des Abricots, &c.; dans Pefl, d'une partie
Maribarou, des montagnes de Sainre- Suzanne &c d'Ouanaminthe, conjointement avec les émigrés & une parrie de la
ci-devant armée de Jean - François. Enfin lcs Anglais font
encore maitres, dans la partie ci-devant efpagnole, de Banica & fon territoire.
Il n'eft que trop vrai que parmi eux, fous leurs drapeaux,
à leur folde, on compte des colons qui d'abord s'étoient re-
d'une partie
Maribarou, des montagnes de Sainre- Suzanne &c d'Ouanaminthe, conjointement avec les émigrés & une parrie de la
ci-devant armée de Jean - François. Enfin lcs Anglais font
encore maitres, dans la partie ci-devant efpagnole, de Banica & fon territoire.
Il n'eft que trop vrai que parmi eux, fous leurs drapeaux,
à leur folde, on compte des colons qui d'abord s'étoient re- --- Page 15 ---
tirés aux Erats-Unis; ce font encore que des traitres contre
lefquels on ne
trop prendre de précaution. Il faudra
toute l'attention t légiflateur pour
la loi, qui ne doit
être favorable qu'aux réfugiés amis 3e leur pays, n'en facilite pas l'entrée à ceux qui l'ont livré, & marchent encore
fous les drapeaux de PAngleterre : Car bientôt On les verroit
quitter les armes, retourner au continent américain, de là
fe rendre à Siint-Domingue, oà dans nos rangs ils ferviroient plus que jamais nos cruels ennemis.
Vous aurez en même temps à prendre des mefures auffi
fermes que fages pour empécher de s'inuroduire à SaintDomingue des hommes non moins dangereux, veux dire
ceux
avoient des propriétés dans cette fle fuperbe, je
mais
qui : habitoient point quand les troubles y ont éclaté, &
qui dès 1789, fons prétexte de s'y rendre, font partis de
France pour fAmérique du nord oic ils font reftés. Nel émigré ne feroit coupable fi ces hoimes ne
I
lois auxquelles la conftirution nous interdit l'étoient pas. Lcs
exception, leur font immédiatenent applicables; d'ajourer celle aucune même
du 25 août, fi favorable aux diéportés & réfugiés: cile
article V, que ceux qui n'habiroient point
exige,
cy avoient des propriétés, adreffaffent, pour Saint-Domingue en empêcher le
féqueftre, au miniftre de la marine, des certificats de réfidence en Frauce. Ceux qui n'ont.
iemplir ce devoir
parce qu'ils n'étoient point en niontuts qui ne l'ont point
rempli, ne méritent aucune faveur.
La loi que nous allons propofer, eft jnfte 8c.
mais, en la difeutant, que le Confeil ne perde méceffaire; un feulinftant de vue, qu'elleeft une de celles dont Fabus pas feroit
le plus funeftc. De véritables émigrés, qui jufqu'ici ne
craignirent pas de fe dire tcls, qui dès les
de la révolution quittèrent la France
premiers fe rendre jours à
l'Amérique du Nord, & y font reftés pour pour
&
détacher fes peuples de notre alliance, vont s'en confpirer emparer
--- Page 16 ---
a
en étudier les imperfedtions pour les tourner contre nous;
ils mendicront des certificats, fabriqueront des atteftations,
& leur infernal génie s'agitera en tous fens pour rentrer
dans un Piys dont ils ont juté la perte. Toute votre attention, toute votre fagelle eft ici néceffaire. La commillion.a
fenti toutes les diflicultés à mefure qu'elle a travaillé à les
réfoudre; vous lcs fentirez davantage en difcutant le projet
qu'clle vous préfentera : fon travail eft bien loin de la perfcétion ; ce n'eft qu'au Confeil qu'ilappartient d'y
ce caraétère de force & de maturiré, fans lequel
ne
é la perte. Toute votre attention, toute votre fagelle eft ici néceffaire. La commillion.a
fenti toutes les diflicultés à mefure qu'elle a travaillé à les
réfoudre; vous lcs fentirez davantage en difcutant le projet
qu'clle vous préfentera : fon travail eft bien loin de la perfcétion ; ce n'eft qu'au Confeil qu'ilappartient d'y
ce caraétère de force & de maturiré, fans lequel
ne feroit, nous devons le dire, qu'ajouter à de trep longs
malheurs.
J'ai dit qu'il étoit jufte S utile d'ouvrir les portes de
Saint-Domingue aux colons déportés ou réfugiés, foit en
France, foit al'Amérique du Nord. Maintenant eft-il convenable que le gouvernement les y tranfporte à fes frais?
L'état de dénuement des colons, l'impollibilité pour la
plupart de fubvenir aux frais de voyage, impollibilité qui
ics retiendroit au lieu où ils fe trouvent; Pintérét qu'a la
république de les rétablir fur leurs propriétés, répondent à
cette queftion.
Il ne refte plus qu'i examiner fi les circonftances aétuelles
font favorables à cet acte de juftice; fi, dans l'état aétuel
de Saint-Domingue, 3 l'arrivée des hommes qui l'habitcient
produiroit, & pour eux & pour la métropole, les fuites
heureufes qu'on doit fe propofer; 5 le rétabliffement des citoyens dans la propriété des terres ) le retour.du bon ordre,
& le règne des lois. On ne peut fe le diflimuler, l'état
politique de Saint-Domingue, fous les rapports militaires,
d'ordre public, de juftice, de police & d'adminiftration,
eft encore tel, qu'y renvcyer ou ramener les colons, fans
les foutenir par des forces impofantes, fagement dirigées,
CC feroit lcs précipiter dans un gouffre nouveau, les mettre
encore fous le poignard ! Ils ont eux- - mêmes cette idée,
des lois. On ne peut fe le diflimuler, l'état
politique de Saint-Domingue, fous les rapports militaires,
d'ordre public, de juftice, de police & d'adminiftration,
eft encore tel, qu'y renvcyer ou ramener les colons, fans
les foutenir par des forces impofantes, fagement dirigées,
CC feroit lcs précipiter dans un gouffre nouveau, les mettre
encore fous le poignard ! Ils ont eux- - mêmes cette idée, --- Page 17 ---
lorfqu'ils difent : <e Puifque l'on doit encore verfer du
>> français fur les flammes de Saint Domingue, nous fang vous
" demandons la gloire de former T'avant-garde; nous vOus
9> prions de nous réunir fur vos
de nous donner
>>
vaiffeaux;
un chef, ami des noirs & des blancs, dont le
>> l'humanité & l'impartialité puiflent fervir de courage, point de
1) ralliement à tous les partis. >> C'eft encore la même
idée, lorfqu'aux Erats-Unis, hommes blancs & de couleur
qui pourroient déendre
lapatrie > s'écrient : Des lois & des
jorces, & nous marchons à for fecours ( au fecours de la
colonie.)
Que pourroient entreprendre ces infortunés, fi l'on fe
contentoit de les recueillir fur des vaiffeaux
les
enfuite fur des plages défertes, couvertes
&
cendres?
modcante EEE
Qu'iroient-ils donc chercher fur lcurs habitarions?
Sans argent, fans inftramens aratoires, fans vivres & fans
atmes, qu'y trouveroiene-ils? Une mort affurée, précédée
du plus affieux défefpoir! Ils feroient bientôr les faciles victimes de la furaur anglaife; Sc qu'nuroient-ils à
feroit leur forr
cfpérer 9
> s'ils tomboient entre les mains
ennemis de
e
la République, qui, dans ces derniers
temps > ont enfanglanté les montagnes du Port-dePaix? Cenx qui fe rappellent cette femme aflaRinée de
fang froid, avec fon père & fon mari, pour n'avoir pas cédé
à la brutalité de celni qui l'avoit enchainés, frémiflent d'horreur à limage dcs fupplices qui leur feroient réfervés!
Les colons, amis de la paix, n'abindonnèrent Saint-Domingue
pour fe dérober à l'anarchie, pour fe fouftraire
aux Rinte & aux poignards; il feroit infenfé qu'ils y rerournaffent pour courir les dangers qu'ils ont voulu éviter,
que l'ordre, il faur le dire, n'a pi être rétabli, n'eft paifencore entièrement rétabli, &c que la loi n'a point
les
repris
FRe
empirc, de
que
torches ne font point éteintes, qu'on aiguifs
nouveau les manchettes homicides ; le moment de leur
fe fouftraire
aux Rinte & aux poignards; il feroit infenfé qu'ils y rerournaffent pour courir les dangers qu'ils ont voulu éviter,
que l'ordre, il faur le dire, n'a pi être rétabli, n'eft paifencore entièrement rétabli, &c que la loi n'a point
les
repris
FRe
empirc, de
que
torches ne font point éteintes, qu'on aiguifs
nouveau les manchettes homicides ; le moment de leur --- Page 18 ---
rentrée dans lile n'eft point encore arrivé. Inhumains autant qu: mauvats politiques, G nous voutions T'extermination
entière de la race blanche dans la colonie, il faudroit y
renvoyer, fans a:mée, dans la circonftance actaclle, les
déporcés & réfugiés. Livrés à eux-mèmes, abandonnés de
la métropole, n'ayant de per'p: étive qu'une mort certaine,
peut-étre cé.ieroicnt-ils aux inlinaations perfides du cabincr
de Saint-James. Serait-ce trahifon Vous ne les réduitez
point à cette extrémité ; vous ne les aurez pas fecourus
les expofer fas défenfes RUX coups qu'is ont évités !
pcur la confervation de la plus riche des Antilles, vous
ne Jes y ramenerez que lorfque le calme y fcra rétabli,
ou, avec des luis, & des forces fuffitantes pour chaffer
au loin lcs troupes d'Albion, alfurer la liberté des noirs >
mais auffi l'exiftence de tous les blancs, ou, pour mieux
dire, l'exiftence de tous.
Frop loug-tenups les ligiflareurs & le gouvernement français fc laifscrent abufer, en confidérant les hommes tels
qu'ils devroient erre, & ne les voyaur pas tels qu'ils font;
on a trop compré fur la force morale; cette force peut
beaucoup, fans doute; ; il elt des exemples oi, par el'e,
des hommes ont opéré des prodiges. Lz confance quelquefois a plus faic gue les armes ; mais il n'en réfalte pas
qu'on ne doive employer que ce moycn. Ce levier fi
puiflant, le plus puillant de tous, peut-être, veut être
appuyé far dos troupes fidelles, prétes à exécuter les lois.
On s'expofe à le voir brifer pour toujours dans fos mains
quand on néglige de le faire refpedter par ceux qui réfiftent
au meuvement qu'il doit donner.
Si dans une longuc fuite de filcles, la force morale a
foutenu un gouvernement fur le penchant de fa ruine, fous
nos yeux, des gouvernemens ne fe foutiennent que par la
force des armes. Touffaint t-Louverture a pu calmer, par fa
feule préfence & fes difcours, des nègeas révoltés, que
peut-être la force n'auroir pa domprer. Mais fi la mort
refpedter par ceux qui réfiftent
au meuvement qu'il doit donner.
Si dans une longuc fuite de filcles, la force morale a
foutenu un gouvernement fur le penchant de fa ruine, fous
nos yeux, des gouvernemens ne fe foutiennent que par la
force des armes. Touffaint t-Louverture a pu calmer, par fa
feule préfence & fes difcours, des nègeas révoltés, que
peut-être la force n'auroir pa domprer. Mais fi la mort --- Page 19 ---
l'enlevoit à-la République, eft-on alluré de
fon fucceffeur un partilan aulli lincère de la trouver dans
il que le falut de la colonie dépende de la France?Fanr- volonté d'un
feul homme ? & faut-il que la paix ou la
la mort
ou la vie des blancs, foient exciafivemnent dans guerre, fes mains :
En derriière analyf, il n'eft qu'une force dans'la
celle des bras & des armes. Ce n'cf que par elle nature, que les
Anglais feront chaffés.
Que desagens du Diredtoire fer rendent à Saint -I Domingue
fansangent, de
fans troupes, fans force maritime, il eft aifé
prévoir le réfaltat de leur miffion. Quelque force morale
qu'on leur fuppole, leurs difcours feront infufifans
rétablir les propriétaires, éteindre les difcordes, étoufer pour les
ramener les noirs libres à la culture, & faire
Ee tous les coeurs l'amoar de l'ordre & cette douce germer
lanthropie confervatrice de Phamanité. La force morale phi- ne
pourra lutter contre l'orgucil du
çertains hommes fe font
commandiement, elle
auquel
ni réfléchie,
accoutumés;
ne feroit ni morle
> l'idée qui préfenteroit comme facilel la tâcle de
perfuader aux noirs qu'ils conferveront leur liberté, autreTous ment les que par les moyens avec lefquel; ils l'ont conguife.
difliculté de peuples, au contraire, fourniffent l'exemple de la
ramener à la culture ceux quife formérent aux
combits; de tels hommes font peu fenfibles aux difcours,
lorfque celui qui cherche à perfuader, après avoir
tous sles moyens > ne
pas dire : Soiseonvaineu, employé te
forcerei; Pintérét de PuLp P'exige.
ouje
tendre
Dirai-je ce qu'on doicasd'agens envoyés à
armés feulement
de la force morale ? Ilss'attacheront: Saint-Domingne,
ne pouvant rien avec les plus grands nécefairementàun pouvoirs. S'ils vouloient parti,
comprimer il faut
également les fagions de routes couleurs, comme
évident qu'elles foient comprimées pour ramener la paix, ilefe
teroient que toutes fe tourneroient contre eux, &
refun
dans
néant abfolu. Pour
à certe qu'ils
tion que l'homme revétu d'autorité échapper
polihonteufe pour lui, il faut parcitre regarde toujours les comme
approuver
uns pour
grands nécefairementàun pouvoirs. S'ils vouloient parti,
comprimer il faut
également les fagions de routes couleurs, comme
évident qu'elles foient comprimées pour ramener la paix, ilefe
teroient que toutes fe tourneroient contre eux, &
refun
dans
néant abfolu. Pour
à certe qu'ils
tion que l'homme revétu d'autorité échapper
polihonteufe pour lui, il faut parcitre regarde toujours les comme
approuver
uns pour --- Page 20 ---
s'cn fervir à réprimer les antres. Les premiers alors fentent
qu'ilsfont néceilaires, & ils commandent impérieufement en
paroillant obeir; dès-lors, les agens ne font plus que les
inftrumens du parti qu'ils devoient détruire comme tous les
autres. Voili oi conduit la force morale dénuée de lois &
de forces réelles.
Veut-on reconvrer Saint - Domingue, y rétablir la paix
avec les propriéraires, & rendre encore cette colonie une
fource de richeffes pour la mécropole? Il faut y envoyer des
forces refpectibles, commandécs par des républicains amis
des hommes & de leur pays, & ditigées
des agens vraiment
qui allurenr la licetes des noirs, mais
fans leur COmRetS facrifier
blancs. Que les noirs foient libres, la
nature le veut; mais la nature & la raifon veulent aufli
les blancs
des mêmes droits : le même nivcau
3B
jouiffent
être pofé fur toutes les tères, & le joug doit être brifé ; on
n'enapas délivré les noirs pour le placer far la tète des
hommes de couleur & les blancs.
Celui qui tentera de pacifier Saint-Domingue en n'employantquèles blanesquifhubitoient, ne réuflira pas. Ileft impolible qae l'homme qui a fouffert & tout perdu, oublie fon
intérêt & fcs fouffrances, & que fouvent il ne prenne les
faggelions de la vengeance pour les devoirs de la juftice.
Calui qui tentera de pacifier Saint- Domingue en armant
exclulivement les noirs, n'y réuflira pas. Il n'elt pas naturel
que pour réparer le défordre, on puiffe compter exclufivement fur ceux qui en furent les inftrumens. Je le dis franchement, ilyaura anarchie tant qu'on ne pourra pas deftiDonatien
tuer un fonctionnaire noir anlfi facilement que
Rochamb:au.
On ne peut donc
le répèrer, envoyez à Saint-Domingue des.t troupes ARTel pour feconder les républicains
qui s'y trouvent parmi les hommes des trois couleurs :
ces forces combinées cn
i tous les
&
3:3
impofent
partis,
exclufivement fur ceux qui en furent les inftrumens. Je le dis franchement, ilyaura anarchie tant qu'on ne pourra pas deftiDonatien
tuer un fonctionnaire noir anlfi facilement que
Rochamb:au.
On ne peut donc
le répèrer, envoyez à Saint-Domingue des.t troupes ARTel pour feconder les républicains
qui s'y trouvent parmi les hommes des trois couleurs :
ces forces combinées cn
i tous les
&
3:3
impofent
partis, --- Page 21 ---
viennent un centre commun à tous ceux qui defirent le
bon ordre ; mais qu'elles puiffenc réprimer l'anglomane
colon, le mulâtre ambitieux, le noir inquier & turbulent.
Les blancs amis de leur pays 3 les hommes dé couleur
qui ne veulent que l'égalité, les noirs qui ne demandent
qu'à être libres, feront bientôr caufe commune, G les premiers peuvent, avec fécurité, revenir fur leurs
& les autres ne voir dans les légions républicaines proptietés, que les
garans de leurs droits & de leur liberté. Alors, refteront
feuls, avec leurs crimes, les fcélérats qui de fang - froid
méditèrent la trahifon, les maffacres & l'incendie.
En vain nous ferions des lois, en vain nous enverrions
dcs agens, 2 cn vain nous repotterions dans lile ceux
en ont été déportés 3 ou qui s'en font
f
hommes
enfuis,
aet
armés n'étoient li
faire refpeéter ln loi,
dompter ceux quis'enivrèrent tar pouvoir illégal, &c
téger les amis de la métropole. Le premier foin des' pro- repréfentans du peuple & du gouvernement doit donc être
de porter à Saint-Domingue des rroupes
fe joindre aux républicains de toutes républicaines couleurs
pour
trouvent, en annonçant aux colons français,
qui far sy
les deux hémifphères, que la patrie les invite difperfes à fc réunir
à fes défenfeurs pour rentrer dans lile fuperbe qu'ils habitèrent. Alors, n'en doutez pas, ces hommes ardens aborderont de toutes parts 2 comme ilsl'ont promis, pour former
T'avant-garde de l'armée
bientôr
françaife > & les Anglais feront
chaffés.
Ce n'eft que dans une telle conjoncture que la tentrée
des colons lcur fera profirable ; dans toute antre circonftauce elle leur feroit funcfte.
Je me réfiume : la commiflion a reconnu qu'ancune loi
n'interdifoit aux colons français, déportés ou
en
France ou
réfiugiés
à l'Amérique du Nord, leur rentrée à Saint-
bientôr
françaife > & les Anglais feront
chaffés.
Ce n'eft que dans une telle conjoncture que la tentrée
des colons lcur fera profirable ; dans toute antre circonftauce elle leur feroit funcfte.
Je me réfiume : la commiflion a reconnu qu'ancune loi
n'interdifoit aux colons français, déportés ou
en
France ou
réfiugiés
à l'Amérique du Nord, leur rentrée à Saint- --- Page 22 ---
qu'ils avoient bien le droit d'y retourner aux
haisue époques
voudront choifir; mais aufli elle penfe
le goavernement français ne doit les y rappeler, lesy TeSIE
porter fur fes vailleaux, qu'avec des lois & des forces dans
le cas de les protéger, d'affurer leuts propriétés, & de les
garantir des nouvelies erreurs auxquelles on voudroit les
entrainer.
Voici le projer de réfolution; puiffe-t-il être pour SaintDomingae le garant de la paix, & pour ia métropole le
gage d'une nouvelle profpérice!
Le Confeil des Cinq-Cents, confidérant que le Corps
légiflatif en maintenant avec foin les lois contre les émigrés,
doit empècher qu'on les applique aux citoyens
les lois
ne réputent point émigrés, & pour
exifte des
lefquels Pe
exceptions foimelles; confidérant qu'il importe à la République de rétablir promptement a Saint - Domingue les
propriétaires qui en ont été déportés ou fe font rétugiés,
foit en France, foit au continent américain,
Déclare qu'il y a ureence, & après avoir déclaré l'urgence, prend la réfolution fuivante :
AR T I C L E P R E M I E R.
Le Dircétoire exécutif eft chargé de prendre les mefures
lesplus
& les plus efficaccs pour ramener la tranquillité GLATER lile de Saint-Domingue, en chaffer l'ennemi,
& conferver à la France cette précieule colonie.
II.
Tes colons frarçais de Saint-Dominene déportés out réfugiés, foit cn France, foit aux Etats-Unis d'Amérique,
fetont, fur leur d.mande, ramenes par les vaiffeaux de X
République ou tous autres bâtimens fournis par lc gouver-
les mefures
lesplus
& les plus efficaccs pour ramener la tranquillité GLATER lile de Saint-Domingue, en chaffer l'ennemi,
& conferver à la France cette précieule colonie.
II.
Tes colons frarçais de Saint-Dominene déportés out réfugiés, foit cn France, foit aux Etats-Unis d'Amérique,
fetont, fur leur d.mande, ramenes par les vaiffeaux de X
République ou tous autres bâtimens fournis par lc gouver- --- Page 23 ---
nement français. Pendant la traverfée ils recevront
tement les chofes nécefaires à la vie.
gratuiII - I.
Le palfage, aux frais de la République 3 ne pourra être
accordé avant l'époque où le gouvernement enverra à SaintDomingue les forces fuffifantes pour y rétablir le
la conftitution & des lois.
regne de
I 1 V.
Pour l'exécution des articles précédens; ; chiaque
ou réfugié actuellement en France, qui voudra retourner déporté
à Saine-Domingue, adreffera au miniftre de la
les deux mois de la publication de la préfente marine, loi dans
déclaration contenant fon nom, le nombre des individus 2 une
qui compofent fa famille, le quartier qur'il habitoit à SaintDomingue, fon
lépoque à laquelle il en eft parti, > celle de
arrivée en France, > & la voie par
il
rendu.
laquelle
s'y eft
V.
Les colons qui n'auront point fourni lear déclaration
dans le délai fixé, ne pourront plus obrenir le
tuit offert par la République.
pallage gra.
V I.
Dans la décade qui fuivra l'exoiration du délai, le
Diedtoire exécutif adreffera au Confeil des Cing- Cents
l'état nominatif des déportés ou réfugiés qui auront faic
leur déclaration pour retourner à Saint-Dorningue.
V I I.
D'après cet état nominatif, le Corps légillatif fixera les
fecours qui feront accordés aux déportés ou réfugiés
fe rendre du lieu de leur réfidence aétuelle aul port oir pour ils
devront s'embarquer, & pour y attendre le jour de l'embarquement. --- Page 24 ---
VIIL
Le chargé d'affaires de la Rémublique françaife aux EtatsUnis d'Amérique, aufi-tôt la réception de la préfente loi,
la rendra peblique par tous les moyens qui feront en fon
pouvoir. A dater de cette annonce officielle, les déportés
ou réfugiés auront trois mois pour faire leur déclaration
dans les formes preferites
l'article IV: ils l'adrefferont
conful
le
de leur réfidence, & celuici
aut
français
ain
la tranfinettra fans delai rlas au chargé d'affaires de la République.
I à X.
Le chargé d'affaires, al'expication des trois mois, adreffera
Dircétoire exécutif
certifiées des déclarations qu'il
au
copics
aura reçucs.
X.
le Direétoire exécutif donnera les
Sur CES déclarations,
des
ou réordres néceffaires à T'embarquement
déportés
fugiés qui les auront faites: CES ordres indiqueront l'époque
du départ.
XI.
Tout colon qui, depuis fa fortie de Saint-Domingue,
s'eft rendu librement fans palle-ports des autorités françaifes
& qui feroit reporté à Saint-Domingae,
en pays ennemi, fuivant la rigueur des lois.
fera pourfuivi
XII
La préfente réfolution fera imprimée, & portée au Confeil ees Anciens par un meflager d'état.
NATIONALE
DE L'IMPRINERIE
Germinal, an 5.
départ.
XI.
Tout colon qui, depuis fa fortie de Saint-Domingue,
s'eft rendu librement fans palle-ports des autorités françaifes
& qui feroit reporté à Saint-Domingae,
en pays ennemi, fuivant la rigueur des lois.
fera pourfuivi
XII
La préfente réfolution fera imprimée, & portée au Confeil ees Anciens par un meflager d'état.
NATIONALE
DE L'IMPRINERIE
Germinal, an 5. --- Page 25 --- --- Page 26 --- --- Page 27 ---
E747
L399r --- Page 28 ---