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2. --- Page 5 ---
R AP PO R T
FAI T
AL'ASSEMBLEE
NATIONALE,
Le 8 MARS 1790,
AU N O M DU COMITÉ
DES COLONIES,
PAR M. BARN'AV E,
DÉPU T E D U DAUP H I N É.
Imprimé par ordre de l'Affemblée Nationale.
A PARIS,
DE LIMPRIMERIE NATIONALE
I 79 Q. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
R AP Te P
()
R T
Fait a PAfemblée Nationale, le 8 Mars 1790, au
nom da Comité, charge d'axaminer les Pétitions du
Commerce 6 les Pièces arriyées des Colonies.
LE Commerce de France vous a fait connoître fes
voeux & fes inquiétudes fur plufieurs des objets qui
l'intéreffent, & particulièrement fur les diverfes relations
de la France avec fes Colonies.
Au moment même où ces Pétitions vous étoient adreffées, des nouvelles arrivées de Saint-Domingue & de la
Martinique ont fixé toute votre attention; ; vous avez
fenti la néceflité de prendre, à l'égard de ces Colonies,
une réfolution fage & prompte 5 & apperceyant une liaifon intime entre les caufes de leur agitation & les demandes du Commerce, vous avez nommé un Comité
pour s'en occuper conjointement, & vous préfenter un
réfultat propre à concilier tous les intérêts.
En nous pénétrant, Meflieurs, de T'objet de notre
miffion,. nous avons bientôt reconnu que toutes les
queftions qu'il préfente fe réduifoient, pour le moment
actuel, à des termes extrèmement fimples.
L'intérét de la Nation Françoife à foutenir fon Commerce, à conferver fes Colonies, à favorifer leur prof-
occuper conjointement, & vous préfenter un
réfultat propre à concilier tous les intérêts.
En nous pénétrant, Meflieurs, de T'objet de notre
miffion,. nous avons bientôt reconnu que toutes les
queftions qu'il préfente fe réduifoient, pour le moment
actuel, à des termes extrèmement fimples.
L'intérét de la Nation Françoife à foutenir fon Commerce, à conferver fes Colonies, à favorifer leur prof- --- Page 8 ---
périté par tous les moyens
de la
compatibles avec Tavantage
Métropole, nous a paru, fous tous les
vue, d'une inconteftable vérité.
points de
Les mefures à prendre,
paru non moins clairement pour y parvenir, nous ont
& par les circonftances.
indiquées, par les principes
Raffirer les Colonies fur leurs plus chers
recevoir d'clles-mêmes les inftructions fur le intérêts,
Gouvernement
régime de
qui convient à leur profpérité, &
eft temps enfin d'établir; les inviter à
qu'il
préfenter leurs
concutremment avec le Commerce
vues,
François, fur leurs
rapports réciproques : telle eft la marche que les circonftances, la juftice & la raifon, nous ont
Avant de mettre, fous vOs
paru prefcrire.
yeux, le Projet de Décret
que votre Comité a cru devoir vous propofer
plir ces vues, je dois, Meflieurs, vous
pour remment
les réfexions qui l'ont conduit à préfenter rapideT'adopter,
La matière feroit immenfe; mais
n'eft
néceffaire
j'élaguerai tout ce
qui
pas
à la décifion des feules queftions
gui vous font aétuellement foumifes ;, car il eft inftant
de prendre un parti; & parmi tous les motifs dont
l'opinion de votre Comité pourroit être
dois choifir ceux
appuyée > je
qui, , en établiffant fuffifamment la
néceffité de T'adopter, préfenteront au fiurplus le moins
de furface à la difcuflion.
Quelque alarmantes qu'aient pup paroitre lesrelationsdes
évèneméns qui ont eu lieu à Saint-Domingue & à la
Martinique, & dont les pièces originales vous ont été
lues dans une des Séances précédentes, nous n'avons point
roit être
dois choifir ceux
appuyée > je
qui, , en établiffant fuffifamment la
néceffité de T'adopter, préfenteront au fiurplus le moins
de furface à la difcuflion.
Quelque alarmantes qu'aient pup paroitre lesrelationsdes
évèneméns qui ont eu lieu à Saint-Domingue & à la
Martinique, & dont les pièces originales vous ont été
lues dans une des Séances précédentes, nous n'avons point --- Page 9 ---
cru; Meflieurs, qu'ils exigeaffent de votre
attention féparée des caufes
part une
évidemment liés.
générales auxquelles ils font
Ces mouvemens ont été produits, ou
ou par des abus que vous êtes dans l'intention par des crreurs,
Loin qu'ils
de réformer.
puiffent juftifier les craintes qu'on cherche à
répandre, ou les infinuations
voudroient en faire
antipatriotiques de ceux
un reproche à notre heureufe
qui
tion, ils cefferont,
révoluMeflieurs, dès l'inftant où
fait difparoitre les injuftices & les
vous aurez
ont excités.
inquiétudes qui les
Les Colonies ont clfuyé de grandes
part du régime arbitraire &
oppreffions de la
temps fait entendre
miniftériel: elles ont longfi le
vainement leurs plaintes; & comme
defpotifme, exilé de la
eûr
fe dédommager fur les
Métropole,
cherché à
malheureux habirans des
moment où la Nation Françoife
Ifles, le
quérir fes droits,
s'eft occupée à recona été pour les Colonies celui des
cruelles vexations. Telle eft
plus
la
inconteftablemenr,
ptincipale caufe des infurrections
Mellieurs,
quelques parties.
qui ont eu lieu dans
Nation
Aucune n'a été dirigée ni contre la
> ni contre le Roi. Tous les
articulés contre le régime arbitraire.
griefs fonc
mouvemens, qui fe font tranfinis
En un mot, ces
les
de la Métropole dans
Colonies, ont porté la même
le même caraétère.
empreinte, & confervé
Une autre caufe de mécontentément
l'opprefion
s'eft jointe a
qu'exerçoient les Agens du pouvoir
Soir par une funefté négligence,
miniftériel.
ou plutôt par une fuité
. Tous les
articulés contre le régime arbitraire.
griefs fonc
mouvemens, qui fe font tranfinis
En un mot, ces
les
de la Métropole dans
Colonies, ont porté la même
le même caraétère.
empreinte, & confervé
Une autre caufe de mécontentément
l'opprefion
s'eft jointe a
qu'exerçoient les Agens du pouvoir
Soir par une funefté négligence,
miniftériel.
ou plutôt par une fuité --- Page 10 ---
de la difette que nous avons nous mêmes
éprouvée, > les
Colonies ont fouffert dans les derniers temps, relativement
aux fubfiftances. De la ce font renouvelées ces plaintes
articulées de tout temps contre l'extrèmer rigueur du régime
prohibitif. La fermentation du moment leur a prêté plus
de chaleur; elles ont dû contribuer aufli à l'accroitre.
Enfin, des ennemis du bonheur de la France, ont
employé divers moyens pour exciter le trouble & Tinquiétude parmi les Colons. Tantôt vous fuppofant des intentions contraires à toutes les Loix de la prudence', ils leur
ont fait appercevoir, dans l'application de VOS Décrets,
l'anéantiffement de leut fortune, & le danger de leur
vie; tantôt - portant le trouble dans les habitations,
ils ont cherché confirmer par des foulèvemens ces infinuations perfides. Leurs artifices, Meflieurs, ont excité
de vives alarmes, mais ils ne vous ont point enlevé la
confance & l'affection des habitans des Iflcs; & vous
les retrouverez dans leurs cactirs, du moment Où vous
aurez calmé leurs inquiétudes.
C'eft à ces trois caufes, Meffieurs, que nous ont paru
fe rapporter tous les évènemens qui ont eu lieu dans les
Colonies. C'eft donc en y portant remède que vous les
calmerez, que vous affurerez VOS intérêts en affitrant les
leurs, que vous fatisferezà ceux du commerce de France,
immédiatement liés à la confervation, à la profpérité des
Colonies. 1
Je n'ignore point, Meflieurs, > qu'il eft aul fein même
de cette Affemblée,des perfonnes qui mettent en queftion l'atilité des Colonies, & celle du commerce exté-
en y portant remède que vous les
calmerez, que vous affurerez VOS intérêts en affitrant les
leurs, que vous fatisferezà ceux du commerce de France,
immédiatement liés à la confervation, à la profpérité des
Colonies. 1
Je n'ignore point, Meflieurs, > qu'il eft aul fein même
de cette Affemblée,des perfonnes qui mettent en queftion l'atilité des Colonies, & celle du commerce exté- --- Page 11 ---
tieurs de grands
culations
principes philofophiques - & des fpéingénieufes s'offrent à l'appui de leurs
il eft 'même
de
opinions :
impoffible
ne pas convenir que s'il
une Nation dans le monde, à
exifte
puiffent heureufement
lajuelle ces fpéculations
s'appliquer, c'eft celle
renferme, dans fon fein toutes les richefles du
qui
reffources de l'induftrie
fol, toutes les
fire.
2 tous les moyens de fe fuf
Mais il eft aufli facile de concevoir
de ces grandes
que la décifion
queftions eft abfolument étrangère à la
polition du moment.
Il ne s'agit point en effet d'examiner fi la France
chercher à fe créer un
doit
commerce 3 à fonder des
nies; ces chofes exiftent dans l'état aétuel.
Colooù nous parlons
Au moment
2 toutes les parties de notre
tance fociale font intimement liées &
exif
poffeflion d'un grand
combinées avec la
lonies. Il eft donc
commerce, avec celle de nos Cofi
uniquement queftion de favoir Gi la
fappreflion , la perte fabite de ces immenfes reffources
n'opéreroit pas une fecouffe violente &
ne feroit pas un grand défaftre
la
deftructive,
Ils'agit de favoir'
pour
Nation.
fommes,
far-tour, fi; dans la polition où nous
engagés dans une révolution dont
ment affure à jamais la gloire & la
laccompliffetion Françoife, & dont la
profpérité de la Nachûte la plongeroit dans
abyme de maux, cette fecoufle violente
un
pas le plus redoutable des
ne préfenteroit
finances n'en
écueils; fi la fituation de nos
f la force
épronveroit pas une atteinte fans
des mécontens ne s'en accroîtroir remède;
pas hors
agés dans une révolution dont
ment affure à jamais la gloire & la
laccompliffetion Françoife, & dont la
profpérité de la Nachûte la plongeroit dans
abyme de maux, cette fecoufle violente
un
pas le plus redoutable des
ne préfenteroit
finances n'en
écueils; fi la fituation de nos
f la force
épronveroit pas une atteinte fans
des mécontens ne s'en accroîtroir remède;
pas hors --- Page 12 ---
de toute proportion; fi enfin la Conftitution, qui pourroit
feule avec le tems réparer ces grandes calamnités, n'en
feroit pas elle-même renverfée.
Quand on voudra confidérer la queftion fous ces points
de vue, elle ne préfentera plus de doutes ; on fentira
qu'il faur, avant tout, prévenir les maux qui nous menacent de plus près, & que toutes autres fpéculations
deviennent étrangères, quand il s'agit de l'interêt facré
de la révolution & de la deftinée de' plufieurs millions
de François attachés à la profpérité de notre commerce,
à la poffeffion de noS Colonies.
Ce feroit en effet le fruit d'une grande ignorance, ou
d'une étrange mauvaife foi, que de prétendre féparer la
profpérité du commerce National de la poffeflion de
nos Colonies.
Non-feulement elles forment la portion la plus confidérable de nos relations matitimes &
mais
la
extérieuress
valeur de nos produétions, l'aétivité de nos Manufactares, nos tranfports, nos échanges intérieurs, font, en
grande partie, l'effet de nos rapports avec elle.
Tandis qu'une population immenfe eft occupée, dans
routes les parties du Royaume, à cultiver, à préparer,
àr manufaéturer les diverfes produétions que nous portons
dans nos Colonies, une multituide également nombreufe
elt occupée à travailler les matières que nous en recevons.
Une partie fe diftribue & fe confomme parmi nous; --- Page 13 ---
une autre fe vend aux Etrangers avec
valeur qu'elle a reçue de notre travail. laugmentation de
Les échanges, le tranfport, le
le débit
ces diverfes produétions,
partage,
de
exportées ou
exifter des claffes entières,
importées, font
l'aifance
& répandent de, toute
& l'aétivité,
parc
La culture des terres eft
encouragée par un débit
avantageux & affuré de fes productions.
Les revenus publics font foutenus par les
chacun puife dans ces divers
moyens que
portion d'impôr.
profits, pour acquirter fa
Abandonnez les Colonies, & ces fources de
vont difparoître Otl décroitre,
profpérité
Abandonnez les Colonies, & vous recevrez à
frais des Etrangers ce qu'ils achetent
grands
vous.
aujourd'hui de
Abandonnez les Colonies, au moment où VOS Etablif
femens font fondés fur leur
fuccède à l'activité, la
poffeflion; & la langueur
misère à l'abondance : une foule
d'Ouvriers, de Ciroyens utiles & laborieux,
fubitement d'un état aifé à la fituation la
paffent
plorable; enfin,
plus dél'Agriculrure & les Finances font bientôt
frappées du défaftre qu'éprouvent le Commerce &c les
Manufactures.
Etcombien ne feroic-ilpasfacile, en portant plus loin fes
regards,d'érablir la liaifon de cette branche de notre Commerce, avec toutes fes autres parties, avec notre exiftence
Maritime, avec le fyftême général des Puiffances Eu:
ropéennes?
Rapport fur les Colonies,
A
5.
orable; enfin,
plus dél'Agriculrure & les Finances font bientôt
frappées du défaftre qu'éprouvent le Commerce &c les
Manufactures.
Etcombien ne feroic-ilpasfacile, en portant plus loin fes
regards,d'érablir la liaifon de cette branche de notre Commerce, avec toutes fes autres parties, avec notre exiftence
Maritime, avec le fyftême général des Puiffances Eu:
ropéennes?
Rapport fur les Colonies,
A
5. --- Page 14 ---
IO
Il eft puérile de difimuler ce
Le commerce de
que perfonne n'ignore:
nos Colonies & toutes les branches de
navigation qu'il met en mouvement
pépinière de nos Matelots.
> font l'école & la
Nous n'avons point comme nos voifins
des Matelors, un caborage
s pour former
intérieur,
côtes de deux grandes Ifles & leurs entretenu par les
tions, d'importantes
continuelles relapécheries, des poffeffions
dans les grandes Inides,
immenfes
Baltique:
> un commerce établi dans la
Prefque toute notre navigation, dans
ment où nous fommes, eft l'effet médiar
le mode la
de
ou immédiat
poffeflion
nos Colonies. De la je conclus
les abandonnant , nous perdrions les
qu'en
& d'occuper
moyens de former
, pendant le paix, le nombre de Matelots
néceffaire pour foutenir nos forces navales
guerre. Dès-lors
pendant la
2 non-feulement les produits du
merce qui nous refteroit, feroient fans
comtion avec les frais de la marine
aucune proporpour le protéger , mais il nous deviendroit militaire, néceffaire
poffible d'entretenir
même imcette, marine. Réduits fir toutes les
mers, à l'impuiffance de faire
refpecter notre
nous verrions nos relations avec le
pavillon,
qui
Levant, &c toutes celles
pourroient exifter ailleurs, facceffivement
per, & toute efpèce de
nous échapd'exifter
commerce maritine cefferoit
pour. nous.
Dès-lors auffi les proportions de forces feroienr changées entre les autres Puiffances. Les Anglois
fur toutes les mers une fupériorité fans
acquerroient
obftacle. L'EC
pagne, qui ne peut leur réfifter que par l'union de fes
qui
Levant, &c toutes celles
pourroient exifter ailleurs, facceffivement
per, & toute efpèce de
nous échapd'exifter
commerce maritine cefferoit
pour. nous.
Dès-lors auffi les proportions de forces feroienr changées entre les autres Puiffances. Les Anglois
fur toutes les mers une fupériorité fans
acquerroient
obftacle. L'EC
pagne, qui ne peut leur réfifter que par l'union de fes --- Page 15 ---
II /
-
les nôtres, feroit bientôt, ainfi que. nous s
forces avec
fes poffelions d'Amérique
renfermée fur fon territoire;
la conquête
deviendroient enfin, comme nos Colonies,
rivaux. Condamnée, par fa fituation géographique,
de nos
le Continent une grande influence
à n'avoir: jamais fur
ainfi dire,
fes forces de terre, elle difparoitroit, pour
ne
par
de l'Europe 5 & fon alliance
du fyftême politique
utilité.
nous préfenteroit plus aucune à recevoir de nos voifins
Nous ferions enfin réduits
climats; leur jaloufe
toutes les produétions des autres
dans nos Ports :
domination nous pourfuivroir jufques
même la
nous n'aurions pas
réduits à notre Territoire,
Côtes; & bientôt,
liberté de naviguer fur nos propres
raffembler des
leur fureté, nous ferions obligés d'y
pour
conftruire des forterefles.
troupes & d'y
Melfieurs, je n'ignore point
En traçant ce tableau,
naturel des évèneoppofer au cours
tout ce que peuvent
efforts d'une Nation puiffante
nemens, les incalculables
moment où la France
& libre; je fais que ce n'eft pasau deftinées qui lui furent
travaille à s'affurer les grandes
de prépeut être queftion
promifes par la nature 2 quil
connoiffance de
fenter ici des idées de découagement.La
inftifur-tout où les nouvelles
nos moyens, au moment
raffurera toujours contre la
tutions feront affermies, nous
certitude
des évènemens, en nousg gatantifantla
perfpective
ou de les réparer; & fuffions-nous
ou de les prévenir,
de toutes nos reffources
même réduits à nous * voir privés
fur nous-mêmes
extérieures, quidoute qu'en nous repliant caractérifent les homavec la conftance & l'énergie qui
A 6
où les nouvelles
nos moyens, au moment
raffurera toujours contre la
tutions feront affermies, nous
certitude
des évènemens, en nousg gatantifantla
perfpective
ou de les réparer; & fuffions-nous
ou de les prévenir,
de toutes nos reffources
même réduits à nous * voir privés
fur nous-mêmes
extérieures, quidoute qu'en nous repliant caractérifent les homavec la conftance & l'énergie qui
A 6 --- Page 16 ---
mes libres ; nous ne trouvallions;, dans notre induftrie &
dans la fécondité de notre fol, l'affurance d'une nouvelle & d'une folide profpérité ?
Mais combien ces dédommagemens ne feroient-ils
loin de nous ? combien le paffage à ce nouvel état pas ne
pourroit-il pas être long & pénible? combien le changement fubit de notre pofition, n'entraineroit-il pas des
malheurs généraux & particuliers? combien enfin, d'obf
tacles n'oppoferoit-il pas au fuccès de la révolution ?
Tous les Citoyens qui s'occupent & qui s'alimentent
au moyen des travaux relatifs aux branches aétuelles de
notre commerce, des Cités floriffantes qui lui doivent
tout leur éclat, des Provinces entières qu'il vivifie, tombéroient par fon inaétion dans la plus affreufe détreffe
la Nation entière s'en reffentiroit : il n'eft aucune bran- 3
che d'induftrie, aucun genre de propriété qui n'en effuyât le contre-coup. Témoins de tant de maux, Meffienrs, vous n'auriez à leur appliquer aucun remède ef
ficace; affociés aux douleurs de vOs Concitoyens
cette
par
profonde humanité, quine fut jamais étrangère aux
ames vraiment fières & libres, vous n'auriez plus
pour
confolation, la peripeétive affurée
d'un-bien général: e cette
Conftitution chérie, dans laquelle vous avez placé toutes
VOS efpérances, > feroit elle-même en péril; la fituation des
finances deviendroit alors réellément & profondément
défaftreufe; enfin, & par-deffus tout > quels moyens ces
calamités n'offtiroient-elles pas a ceux qui voudroient
amener fur notre patrie le retour du defporifme Oll la
plus cruelle anarchie ? Une foule de malheureux aveuglés
itution chérie, dans laquelle vous avez placé toutes
VOS efpérances, > feroit elle-même en péril; la fituation des
finances deviendroit alors réellément & profondément
défaftreufe; enfin, & par-deffus tout > quels moyens ces
calamités n'offtiroient-elles pas a ceux qui voudroient
amener fur notre patrie le retour du defporifme Oll la
plus cruelle anarchie ? Une foule de malheureux aveuglés --- Page 17 ---
par le défefpoir leur offriroit des inftrumens.
du travail, leur diroit-on,
Vous aviez
avant de vouloir
vous aviez du pain fous les anciennes
être libres;
vous a préfentés
loix, & ceux qu'on
comme des tyrans
au moins votre fubfiftance, & veilloient implicables,alfiroient à
befoins: ah !
VOS premiers
croyez encore à leur zèle, &c vous verrez
renaître votre ancien bonheur... Artifices ufés
que coupables; langage bannal,
autant
nieux, inftruit
les
auquel un peuple ingéde fourire,
par
évènemens, eft accoutumé de
mais toujours perfide, toujours
quand le défefpoir eft dans. les ames, &
dangereux le
timent d'une profonde mifère étouffe
guand fenles autres fentimens.
dans le coeur tous
- Si donc la profpérité de notre Commerce
la profpérité, à la confervation
eft liée a
Nation
de nos
Gi la
a l'intérêt le plus preflant, le
Colonies;
les protéger également, les
plus inconteftable à
fituation
mefures à prendre fur leur
ne fauroient être trop décifives ; & tout
Meflieurs, doit aufli vous faire concevoir
s
fauroient être
qu'elles ne
trop promptes.
Trois objets de confidération, comme je l'ai
noncé, indiquent la divifion de ce travail
déja anfité de conftituer les
: 1°. la nécefColonies; ; 2°, les plaintes
quement formées par le Commerce &
les téciprofur l'état aétuel du régime
par
Colons,
que les uns & les
prohibitif; 3°. les alarmes
autres ont conçu fur l'application de
quelques Décrets.
trop promptes.
Trois objets de confidération, comme je l'ai
noncé, indiquent la divifion de ce travail
déja anfité de conftituer les
: 1°. la nécefColonies; ; 2°, les plaintes
quement formées par le Commerce &
les téciprofur l'état aétuel du régime
par
Colons,
que les uns & les
prohibitif; 3°. les alarmes
autres ont conçu fur l'application de
quelques Décrets. --- Page 18 ---
Surle premier point, Meflieurs, votre Comité
que les différentes Loix, décrérées
a penfé
Françoifes, ne pouvoient être
pour les Provinces
également
régime de nos Colonies. Les Colonies applicables au
nement, dans l'ordre
offrent, certaiculièrs
politique, une claffe d'êtres partiqu'il n'eft poflible ni de confondre, ni
miler avec les autres Corps fociaux, Soit
d'aflifidère dans leur intérieur
qu'on les con-
, foit qu'on examine les
ports qui les lient avec la
rapFapplication
Métropole, on fentira que
rigoureufe & univerfelle des
néraux ne fauroit leur convenir.
principes géDans
ticulière
Thypothèfe
que nous avions à examiner, la différence parlieux, des mceurs, du climat, des
des
paru nécelliter une différence dans les productions, nous a
d'intérêt & de
loix ; les relations
pofition, 9 entre la France & fes
n'étant point de la même nature
Colonies,
les Provinces
que celles qui lient
Françoifes foit avec le
foit les unes avec les autres, les relations Corps national,
tr'elles deivent également
politiques endifférer; & nous
que les Colonies puffent être
n'avonspoint crii
tution décrétée
comprifes dans la Conftipour le Royaume.
En prononçant que les Colonies auroient leurs
& leur Conftitution
Loix
particulières, votre Comité a penfé,
Mellieurs, qu'il étoit avantageux & jufte de les
confulter fur celles qui pouvoient leur
cru que dans une matière oà leurs
convenir; il a
cieux étoient
droits les plus
intérefTés, & oi les plus exaétes
préne pouvoient venir que d'elles, c'étoit
notions
fur leur voeu qu'il convenoit de fe
effentiellement
déterminer. Mais en
iculières, votre Comité a penfé,
Mellieurs, qu'il étoit avantageux & jufte de les
confulter fur celles qui pouvoient leur
cru que dans une matière oà leurs
convenir; il a
cieux étoient
droits les plus
intérefTés, & oi les plus exaétes
préne pouvoient venir que d'elles, c'étoit
notions
fur leur voeu qu'il convenoit de fe
effentiellement
déterminer. Mais en --- Page 19 ---
les appelant à
T'exprimer, en leur laiffant-, fur
qui les concerne ifolément de
tout ce
nous, la plus
tude, votre Comité a penfé
grande latiqu'il étoit des points
cipaux formant les rapports effentiels
prin-
& la Métropole,
entre les Colonies
defquels il feroit impoflible de
fans trahir tous les intérêts
s'écarter
ila.cru
3 fans brifer tous les liens:
convenable de déterminer ces points
rement à tout, & il a annoncé qu'il feroit préliminaiAffemblées Coloniales
envoyé aux
néraux,
une Inftruction fur les points
&
auxquels les Plans de Conftitution
g6fenteroient devroient être
qu'elles préaffujétis.
Pour obtenir le voeu des Colonies, il
des Affemblées'; mais
fauty former
)
votre Comité a
celles ou il exifte des Affemblées
penfé que dans
élues & avouées
les
Coloniales librement
par Citoyens, ces Affemblées
être admifes à exprimer le vaeu de la Colonie, devoient
dition effentielle de la
La coirepréfentation eft
confiance. Il a paru bien plus convenable certainement la
des Affemblées à
elle
de traiter avec.
qui
eft déja acquife,
voyer, dans des
que d'enpays Joincains, des Réglemens de
vocation, néceffairement tracés
Conparfaites, capables d'allumer
d'après des notions imopérations,
des rivalités, de retarder les
d'accroître ou' de prolonger une fermentation
dangereufe, Les mêmes confidérations
cus que les inflructions
nous ont convain-.
néceffaires
des Allemblées, dans les
pour la formations'
qui foient
Colonies où il n'en exifte
propres à énoncer un vaeu certain &
pas
devoient être extrêmement
général,
La néceffité
fimples.
d'organifer promprement Tadminiftration,
ités, de retarder les
d'accroître ou' de prolonger une fermentation
dangereufe, Les mêmes confidérations
cus que les inflructions
nous ont convain-.
néceffaires
des Allemblées, dans les
pour la formations'
qui foient
Colonies où il n'en exifte
propres à énoncer un vaeu certain &
pas
devoient être extrêmement
général,
La néceffité
fimples.
d'organifer promprement Tadminiftration, --- Page 20 ---
& de maintenir l'ordre dans les Colonies,
à votre comité
les
a fait penfer
que
Affemblées Coloniales devoient
être autorifées à mettre inceffamment à exécution
de VOS Décrets fur les Municipalités
ceux
8les Affemblées
Adminiftratives, qui pourroient
convenir aux
a même penfé qu'il étoit néceffire
localités. Il
torifées à les modifier
qu'elles fuffent aubation du Roi & de Provifoirement, en réfervant T'approl'Affemblée Nationale.
Sur le fecond point, Meffieurs, c'eft-à-dire;
plaintes articulées relativenent
fur les
au régime prohibitif du
commerce entre la Métropole & les Colonies, il
à votre Comité qu'il étoit
a paru
de recueillir les
néceffaire, avant de prononcer,
plus grandes inftruétions. Il vous
pofera donc de décréter que les Affemblées
propréfenteront leurs vues far les modifications Coloniales
firent, & qu'après avoir entendu leurs
qu'elles decelles du Commerce, l'Affemblée
repréfentations &c
qui lui paroîtra convenable
Nationale ftatuera ce
& jufte.
Le régime prohibitif eft, fans
effentielle de
doute, une condition
l'union de la Métropole & des
il eft le fondement de l'intérêt
Colonies;
confervation,
qu'elle trouve dans leur
ileft le dédommagement des frais qu'elle eft
obligée de foutenir pour les proréger; mais l'intérêt
moihs réel pour elle à favorifer leur
non
profpérité mais
Taugmentation de profits qu'elle recueilleroir de l'accroiffement de leur culture, doivent aufli fixer fon
Enfin, les commerçans doivent fentir
attention.
efpèce de droits
qu'il n'eft aucune
qui n'entraîne aufli des
:
réclamer le droit exclufif
devoinss que
d'approvifionner les Colonies,
c'eft
ger; mais l'intérêt
moihs réel pour elle à favorifer leur
non
profpérité mais
Taugmentation de profits qu'elle recueilleroir de l'accroiffement de leur culture, doivent aufli fixer fon
Enfin, les commerçans doivent fentir
attention.
efpèce de droits
qu'il n'eft aucune
qui n'entraîne aufli des
:
réclamer le droit exclufif
devoinss que
d'approvifionner les Colonies,
c'eft --- Page 21 ---
c'eft contraéter
de
l'engagement d'apporter dans
ce même droit,
l'exercice
la
> juftice > exaditude,
que
folidité des conventions
modéation;
l'intérét
réfulte, fur-tout, de
réciproque, & que le moment
durée de leurs
qui affarera la
profits & le fuccès de toutes leurs
prifes, fera celui, où par la perfeétion
entreplification du travail,
de l'art, la fimferont affurés de
l'économie de la navigation, ils
foutenir par-tout la
autres Peuples.
concurrence des
Enfin, Mellieurs, le troifième objet
qui fe font élevées fir
concerne les alarmes
Vous
T'application de
ne devez, vous ne
quelques Décrets.
c'eft celui de la vérité, pouyez parler ici qu'un langage,
extenfion
qui confifte à défavouer la fauffe
qu'on leur a donnée. Vousn'avez
ger dans tout ce qui concerne les
pu rien chanloix que vous avez
Colonies, > puifque les
décrétées ne les ont
eu
vous n'avez pu rien changer,
pas
pour objet;
T'humanité même
puifque le falut public &
offroient des obftacles
à ce que vOS coeurs vous euffent
infarmonrables,
ce moment, puifqu'il s'eft
infpiré; dites-le donc en
n'avez rien
élevé des incertitudes : vous
innové; cette déclaration
laifer fublifter aucune
fuffir, elle ne peut
alarme. Il eft feulement jufte de
laccompagner d'une difpofition
Colonies contre
propre à raffurer les
ceux qui, par de coupables
chercheroient à y Porter le trouble, à exciter intrigues,
lèvemens; ces hommes
y
des fou:
qu'on a
affecté de
avec de paifibles Citoyens
trop
confondre
xion les
occupés à chercher par la réfemoyens d'adoucir la deftinée de la
reufe portion de l'efpèce
plus malheuhumaine, ces
ne peuvent avoir que des motifs
hommes, dis-je,
pervers, & ne peuvent
, par de coupables
chercheroient à y Porter le trouble, à exciter intrigues,
lèvemens; ces hommes
y
des fou:
qu'on a
affecté de
avec de paifibles Citoyens
trop
confondre
xion les
occupés à chercher par la réfemoyens d'adoucir la deftinée de la
reufe portion de l'efpèce
plus malheuhumaine, ces
ne peuvent avoir que des motifs
hommes, dis-je,
pervers, & ne peuvent --- Page 22 ---
18.
être confidérés que comme des ennemis de la France &
de l'humanité.
C'eft à ces différens articles, Meflieurs, que fe réduit
le projer du Décret que votre Comité vous propofe.
La partie, fur laquelle nous avons cru devoir fur-tout
arrêtér votre attention, eft celle qui concerne les formes
indiquées pour conftituer les Colonies. La juftice & la'
confiance, nous ont paru la feule politique qui pôt
convenir à elles & à vous; la juftice eft déformais le
garant de tous les Traités, le fondement de toutes les
Puiffances; rien, Meflieurs, n'a pu faire douter de l'at
tachement des Colonies à la Métropole ; mais rien
n'eft plus propre à Taffermir. que la marche que nous
vous propofoas. Si la franchife &c la bonne foi conviennent dans toutes les tranfactions à la majefté d'un Peuple
libre; f, dédaignant les reffources d'un art qui n'appartient qu'à la foibleffe., vous voulez fuivre déformais la
marche qu'indique votre loyauté & qui fied à votre puiffance, vous ne balancerez point à l'adopter avec dcs
Frères, des Concitoye ens, des François, comme vous.
Ah! puilqu'aujourd'hni la liberté. nous donne à tous
une exiftence. nouvelle ; puifque, pour la première fois
nous fommes appelés à remplir la dignité d'hommes,
à exercer > comme Peuple, > les droits des Peuples; renouvelons, confirmors lcs liens qui nous tiennent unis
avec les François des Colonies. Difons-leur dans notre
épanchement.
Vous avez partagé notre oppreffion, notre fervitude,
partagez aujourd'hui notre bonheur & notre liberté !
vous ne fauriez exifter dans une indépendance abfolue;
. nouvelle ; puifque, pour la première fois
nous fommes appelés à remplir la dignité d'hommes,
à exercer > comme Peuple, > les droits des Peuples; renouvelons, confirmors lcs liens qui nous tiennent unis
avec les François des Colonies. Difons-leur dans notre
épanchement.
Vous avez partagé notre oppreffion, notre fervitude,
partagez aujourd'hui notre bonheur & notre liberté !
vous ne fauriez exifter dans une indépendance abfolue; --- Page 23 ---
de vous affocier
foyez-nous à jamais unis, &c nous jurons
à tousles bienfaits de notre deftinée!
adminiftranous, une nouvelle
Tout a changé parmi celle dont vous eûtes tant à
tion vient de remplacer
à
nouvelles Loix- font toutes dirigées
vous plaindre; nos
tendent à honorer, à faire fleurir
votre avantage; toutes
les manufaétures ; toutes
l'agticulture , le cominerce 2 commerciales les plus avantendent à rendre nos relations
les
puiffent exifter, nos relations politiques
tageufes qui
dont aucun peuple air
plus franches, Ies plas équitables
donaé l'exemple.
femmes, VOS enfans, votre
Vous avez en France vos ineffaçable &c cet orgueil
premiète patrie: Cet atrachement
dans des temps
du noin François, qué vous profellares
fans force
où lés mots de Nation & de Patrie étoient
énergie nouvelle n'aquerront-ils pas
parmi nous, quelle
vous recueillerez
brûlantes, quand
dans VOS âmes toujours
liberté. O vous que
avec nous les fruits d'une glorieufe malheureufes, au
I'Univers a vu dans les guerres les plus
fans murmure notre
comble de notre détreffe, partager
étoit offert,
deftinée ; & préférer, A tout ce qui vous
fidélité; le moment eft venu de renouveler
l'inaltérable
National toul'augufte ferment qui réunit au Corps
donc
les
de la domination Françoife. Venez
tes
parties
comme nous, & qu'il foit déformais
aujourd'hui le prèter
les traités entre la Métropole
le premier article de tous
& les Colonies.
votre Comité
Voici, Meflieurs, le projet de Décret que
a unanimement arrêté de vous propofer. --- Page 24 ---
DÉCRET (1).
LAssnatie Nationale, délibérant fur les Adrefles &
Pétitions des villes de commerce & de manufactures,
fur les pièces nouvellement arrivées de Saint-Domingue
& de la Martinique, à elle adreffées par le Miniftre de
la Marine, & fur les repréfentations des Députés des
Colonies 3
Déclare que, > confidérant les Colonies comme une
partie de l'Empire François, & defirant les faire jouir
des fruits de l'heureufe régénération qui s'y eft opérée, elle
n'a cependant jamais entendu les comprendre dans la
Conftitution qu'elle a décrétée pour le Royaume, & les
affujettir à des Loix qui pourroient être incompatibles
avec leurs convenances locales & particulières.
En conféquence, elle a décrété & décrète ce qui fuit:
ART I C L E P R E M I E R.
Chaque Colonie eft autorifée à faire connoître fon
voeu fur la Conftitution, la Légiflation & P'Adminiftration qui conviennent : à fa proipérité & au bonheur
de fes habitans, à la charge.de fe conformer aux principes généraux qui lient les Colonies à la Métropole,&
qui affurent la confervation de leurs intérêts refpectifs.
(1) Ce Décret eft le projet propofé par le Comité, & que
l'Affemblée Nationale a adopté fans aucun changement.
connoître fon
voeu fur la Conftitution, la Légiflation & P'Adminiftration qui conviennent : à fa proipérité & au bonheur
de fes habitans, à la charge.de fe conformer aux principes généraux qui lient les Colonies à la Métropole,&
qui affurent la confervation de leurs intérêts refpectifs.
(1) Ce Décret eft le projet propofé par le Comité, & que
l'Affemblée Nationale a adopté fans aucun changement. --- Page 25 ---
II.
où il exifte des Affemblées ColoDans les Colonies
avouées
niales, librement élues par les Citoyens, 3 &c
par
Affemblées feront admifes à exprimer le veeu
eux > ces
dans celles où il n'exifte pas d'Affemblées
de la Colonie :
remplir
femblables, il en fera formé inceffamment pour
les mêmes fonétions.
IIL
Le Roi fera fupplié de faire parvenir, dans chaque
de T'Affemblée Nationale, ren-,
Colonic, une inftruction
à la formation des:
fermant, 1°. les moyens de parvenir Colonies où il n'en
Affemblées, Coloniales, dans les
exifte
2°. les bafes générales auxquelles les Affem-.
pas 5
devront fe conformer, dans les Plans
blées Coloniales
de Conftitution qu'elles préfenteront.
I V.
dans' lefdites Affemblées Coloniales,
Les plans, préparés
être examinés,
"feront foumisilAllemblée Nationale, pour
&
à l'Acceptation & à la,
décrétés par elle, préfentés
Sanétion du Roi.
V.
Les Décrets de l'Affemblée Nationale, fur T'organi(ation des Municipalités & des Affemblées adminiftratives,
feront envoyés auxdites Affemblées Coloniales, avec. poura
voir de mettre à exécution la partie defdits Décrets, quipeut --- Page 26 ---
7865.
s'adapter aux convenances locales, faufla décifion définitive
de l'Affemblée Nationale & du Roi, fur les modifications
qui auroient pu y être apportées, & la Sanétion provifoire
du Gouverneur, pour l'exécution des Arrêtés qui feront
pris par les Affemblées adminiftratives.
V I.:
Les mémes.Afemblées Colanialesénonceront leur voeu
fur les modifications qui pourroient être apportées au régime prohibitif du Commerce entre les Colonies &c la
Métropolé, pour être, fur leurs pétitions, & après avoir
entendu les repréfentations du Commerce François, ftatué par l'Affemblée Nationale, ainfi qu'il appartiendra.
Au furplus, l'Affemblée Nationale déclare qu'elle n'a
entendu rien innover dans aucune des branches du Commerce foit direét, foit indireét de la France avec fes
Colonies ; met les Colons &. leurs propriétés fous la
fauve-garde fpéciale de la- Nation; déclare criminel,
envers la Nation, quiconque travailleroit à exciter des
foulevemens contre eux:jugeant favorablement des motifs
qui ont animé les Citoyens defdites Colonies, elle déclare qu'il-n'y-a lieu contre eux à atcune inculpation ;
elle attend de leur patriotifine, le maintien de la tranquillité, & une fidélité inviolable à la Nation, à la Loi
au Roi. Signe, TAI bbé DE MONTESQUIOU, Préfident;
GAULTIER DE BIAUZAT, le Comte DE CASTELLANE, le
Marquis DE CHAMPAGNY, GUULAUME, MERLIN, le Comre
DE CROIX, Sccrétaires.
, elle déclare qu'il-n'y-a lieu contre eux à atcune inculpation ;
elle attend de leur patriotifine, le maintien de la tranquillité, & une fidélité inviolable à la Nation, à la Loi
au Roi. Signe, TAI bbé DE MONTESQUIOU, Préfident;
GAULTIER DE BIAUZAT, le Comte DE CASTELLANE, le
Marquis DE CHAMPAGNY, GUULAUME, MERLIN, le Comre
DE CROIX, Sccrétaires. --- Page 27 ---
L'ASSEMBLEE GÉNÉRALE
DE LA PARTIE FRANGOISE
DE SAINT - DOMINGUE,
au représentants de la nation. --- Page 28 --- --- Page 29 ---
a a
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W --- Page 30 ---
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