--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3sb
Tabit Varter iromn
Library
Cnmmnllaunersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
- --- Page 5 ---
CORPS LEGISLATIE
CONSEIL DES CINQ a CENTS.
R APPORT
F A I T
A U non de la Commission des ColoniesOccidentales (1),
SUR
LA SITUATION DE L'ISLE SAINT-DOMINGUE,
P A R
M A RE C.
Séance du 11 Ventôfe an 5.
CITOYENS REPRÉSENTANS,
L'IMPORTANCE des colonies françaifes de l'Amérique ne
fauroit être conteftie. Ce font les plus riches, les plus
fertiles, les plus productives qu'aucune puiffance de lEurope
(:) Compofée des repréfentans Bergoing, Villers, Marec, GarranCoulon, Lecointe, Efchaferiaux ainé & Riou,
Rapport de Marec,
A --- Page 6 ---
RPJCO)
pofsède dans le nouvean - monde; & près de trois
jouillance de leurs produéions ont placé,
fiècles de
cien, ccite jouiffance au rang des
pcur le monde anpremiers befoins.
La néccflité, pour la République s de
cieufes poffeflions ôe de recouvrer celles conferver ces prénant au pouvoir de l'ennemi
qui font mainterévoquée en doute, Sa
> ne fauroit non plus étre
même (1), mais fur-tour dignité, fon peut - être fa conftitution
loi. Il faut qu'cile
intérér, lui en impofent la
les
reprenne, 2 ou par la force des armes
par
négociations 9 toutes les portions de fon
, ou
qn'elle a perdues, depuis quatre -ans au-delà
territoire
Il faur que l'ancienne puillance de
du tropique.
roifle dans le vafte Archipel des
T'empire français répaAutilles, fi
cette puiffance, je ne dis pas, s'accroifle, l'on veut que
tienne & fe confolide fur le continent. Les mais fe mainles comptoirs & les ateliers naturels du
colonies font
time de la France; ce commerce eft le commerce marifon agriculture & de fon indaftrie ; il premier eft
véhicule de
ment conftiturif de fa marine 5 &, fans celle-ci, fur-tout l'éléforcenavale impofante, comment la
fans une
elle fes trois cents lieues de côtes contre République garentiroit-
& entreprenant 3 comment
un ennemi jaloux
s'afirancliroit-elle de cet
defpotifme
T'Anglais eft en poffeflion d'exercer odieux
long temps : toutes les mers 5 comment fe
depuis f
elle cette liberté de la navigation fans
procureroitétat comme la France & dans le fyféme laquelle 1 pour un
lindépendance du territoire devient en politique acuel,
taine & précaire, & tous jes germes de quelque forre in:cra
fe trouvent comme étouffés & andantis ? profpérité intéticure
Et puis, cft-ce quand la République aux trente millions
(1) (< Les difpolitions des articles fecrets (des traités
a peuvent étre deflruatives des arricles
de paix) ne
6> aliination du territoire de la République patens (art. 2 ni conteuir aicune
> françuifes font parties intigrantes de la République 352.) 33 Les coloniee
(art. 6). 98
ouffés & andantis ? profpérité intéticure
Et puis, cft-ce quand la République aux trente millions
(1) (< Les difpolitions des articles fecrets (des traités
a peuvent étre deflruatives des arricles
de paix) ne
6> aliination du territoire de la République patens (art. 2 ni conteuir aicune
> françuifes font parties intigrantes de la République 352.) 33 Les coloniee
(art. 6). 98 --- Page 7 ---
d'habitans voit enfin fon territoire (étendu à tous les points
de la circonférence majeftueufe que lui tr.ça la nature; eftce quand la République françaife, bornée à l'cft par les Al,es,
au nord par le' Rhin, at midi par les Pyténées, 2 à l'oueft
par l'Océan, voit couler dans fes vaftes domaines les trois
plus beaux Aeuves de l'Europe ; eft-ce quand elle
aufli un aéte de navigation qu'elle peut perfectionner; pofsède eft-ce
quand, après d'innombrables triomphes, après d'imniortelles victoires qui ont effacé l'éclat de toutes celles qui les
avoient précédées dans Phiftoire des peuples, elle voit arriver
le moment heureux de contraéter une paix féculaire, & de
goûrer, après tant d'orages, toutes les douceurs 2 toutes les
jouiffances
les arts, le commerce & l'induftrie, promertent à la Ader fenlible comme àla plus magnanime des Nytions; ef-ce enfin quand P'Anglais, poffeffeur exclufit de
tous le comptoiis de TAfie, après avoir fondé fa
dans l'Indle fur la deftruction de vinge peuples puiffance
affervis oti
exterminés, femble devenu aujourd'hui propriétaire incommutable du commerce de la moitié de PUnivers : cft-ce
dans de telles circonftances que la République
renonceroit
à l'efpoir de conferver ou de recouvrer françaife fes COlonies? Non, cette lâche, cette criminelle penfée n'eft
mais entrée dans l'efprit d'un véritable Français. Jamais jann républicain éclairé fur les véritables intérêts de fon
ne cetlera, dans cette augufte enceinte, de faire des voeux pays
& des efforts pour hâter, pour affurer, par Tapplication bien
entendue des principes conditutionnels, non - feulement la
confervation &i le recouvrement des colonies françaifes, mais
leur ancienne fpiendeur, mais leur plus grande fomme de
profpérité.
C'eft pour arriver à ce réfultat G defirable, citoyens
fentans, > que vous avez voulu connoitre leur fituation repréactuelle politique & commerciale.
Lc Diredtoire cxécutif s'eft empreffé de vous en
autant
inftruire,
qu'il le pouvoit, en vous tranfmettant facceflivement
A 2
ouvrement des colonies françaifes, mais
leur ancienne fpiendeur, mais leur plus grande fomme de
profpérité.
C'eft pour arriver à ce réfultat G defirable, citoyens
fentans, > que vous avez voulu connoitre leur fituation repréactuelle politique & commerciale.
Lc Diredtoire cxécutif s'eft empreffé de vous en
autant
inftruire,
qu'il le pouvoit, en vous tranfmettant facceflivement
A 2 --- Page 8 ---
la
correfpondance & les aêtes de fes agens dans ces
éloignées.
contrées
Vous avez renvoyé ces pièces a l'examen
fions fpéciales chargées, l'une de
de deux commif
aux colonies orientales, l'autre de tout ce qui étoit relatif
colonies d'occident.
tout ce qui concernoit les
Je viens, aut nom de cette dernière,
lyfe de tous les documens
le vous préfenter l'anacommuniqués fur la fituation que de gouvernement l'ile
vous a
mingue.
de Saint - DoJ'aurai des dérails érendus, arides,
à vous offrir. J'aurai fur- tout des
faftidieux peut-ètre,
des peintures hideufes à mettre fous circonftances horrib-les 2
teintes de ce tableau ne feront
vos yeux. Toutes les
lugubres:
cependant pas fombres
l'efpérance 3 la douce
&
des couleurs plus tendres & efpérance achevera d'y mêler
profpérité prochaine de 5
l'aurore du bonheur & de la
des nuages enfanglantés cette colonie fortira des ténebres &
fon horizon.
qui auront fi long temps offufqué
Je diviferai en trois parties
entrer. La prcmière
l'analyle dans laquelle je vais
rendu à la Convention prefentera, à dater du dernier compte
avant l'arr vée des
nationale > l'état de
dans
agens particuliers du Saint-Domingue
cette Colonie; la fcconde
Direétoire exécutif
& des événemens confignés dans comprendra la férie des faits
le gouvernement; la troifième offrira leur correfpondance avec
verbaux de leurs délibérations & de leurs l'extrait des procèsrifs,
aétes adminiftraPI R E. MIERE
PARTIE
Situation de
Saint-Domingne avant L'arrivée des agens du
Direéloire exécutif.
Le dernicr compte rendu à la Convention
nationale do
fcconde
Direétoire exécutif
& des événemens confignés dans comprendra la férie des faits
le gouvernement; la troifième offrira leur correfpondance avec
verbaux de leurs délibérations & de leurs l'extrait des procèsrifs,
aétes adminiftraPI R E. MIERE
PARTIE
Situation de
Saint-Domingne avant L'arrivée des agens du
Direéloire exécutif.
Le dernicr compte rendu à la Convention
nationale do --- Page 9 ---
la fituation de Saint- Domingue, eft le rapport qui lui en
a été préfenté le 25 mellidor, an 3, par fon comité de Salut
public.
Je crois devoir remonter à cette époque, & rappeler ici
quelques traits de ce rapport, afin de faire connoitre plus
parriculièrement! les perfonnages dont j'aurai àvous entrerenir,
& de vous donner une plus grande intelligence des événemens fubféquens.
A la date des dépèches analyfées dans le rapport du
com'té de Salut public, les commillaires civils Polverel &
Sonthonax 2 décrétés d'accufation , avoient été traduits en
France
rendre compte de leur condaire. Ils avoient
laifé la Eobaiter dans un état déplorable. Agitée depuis cinq
ans par les fecoulfes les plus violentes, en proie aux ravages
de la guerre extérieure & aux déiaftres plus grands encore
de la guerre inteftine, la partie françoife de Saint-Domingue, 9
couverte de cendres, arrofée de fang, envahie d'un côté
par les Anglais & les Efpagnols 7 dévaftée de l'autre par des
bandes d'émigrés & de nègres révoltés, dépourvue de foldats
européens que l'intempérie du climat avoit en grande paitie
moilfonnés; manquant d'argent, de munitions & de fubfiftances, cette infortunée colonie étoit comme perdue pour
la métropole.
Quel génie fat alors la lui conferver ? Le génie qui la lui
conferve encore aujourd'hui, après de nouvelles calamités
ajourées aux défaftres précédens; le génie qui, après avoir
enfanté la révolution fiançaife, a fu lui douner nn G grand
caraétère ; leg génie qui a fait triompher de la ligue de trente
rois ou princes conjurés pour fa rume : la République francaife, débile & chancelante à fa naiffance, & menacée de
périr, à fon berceau, fous le double Aéan d'une guerre extérieure & générale, & de la plus deftruétive, de la plus
épouvantable des guerres intellines. L'abolition de l'ejeleA3
G grand
caraétère ; leg génie qui a fait triompher de la ligue de trente
rois ou princes conjurés pour fa rume : la République francaife, débile & chancelante à fa naiffance, & menacée de
périr, à fon berceau, fous le double Aéan d'une guerre extérieure & générale, & de la plus deftruétive, de la plus
épouvantable des guerres intellines. L'abolition de l'ejeleA3 --- Page 10 ---
vage, la liberté génsrale, conficrées depuis par le décret de
la Convention nationale du 16 pluviofe an 2 > avoient éré
proclamées à Saint-Domingue.
( Ily reftoit encore, dit le rapporteur du comité, des
> hommes amis de cette liberté & prêts à fe rallier fous fes
>> érendards >7.
Les plus remarquables étcient les citoyens :
Etienne Lavezux, ancien colonel en fecond d'un régiment
de dragons, en garnifon à Rennes au commencement de la
révolation, palfe à Saint- Domingue, où cct officier avoit été
nommé gouverneur général par interim de la colonie;
Filsete, homme de couleur ( oul mularre), commandant
de la place du Cap-Français & dépendances;
Labatu, blanc, riche propriétaire, habitant lille de la
Tortue, fituée àhuit licucs environ au nord de la colonie;
Toulaint Louvereure, noir, naguère efclave s naguère
chef de sègres révoltés all fervice de PEfpagne, aufoard'hui
Tun des plus ardens défenfeurs, l'un des plus utiles amis de
la république, chargd de la défenfe de l'inzérieur de la
colonie, entre la province du Nord & celle de l'Oueft;
Aniré Rigaud, homme de couleur , commandant la
province du Sud;
Deauvais, homme de couleur, commandant la province
de lOucft;
Enfin Herry Perroud, blanc, nommé par Iaveaux commiffaire ordonnatenr de Ia colonie 2 à la place du nommé
Rochefort, quiavoit paffe du côté des Anglais.
Après avoir indiquélos principanx xamis de la républiq"e a
Ssint-Domingue, & Jei polte oût chacun étoit paré, je dois
commandant la
province du Sud;
Deauvais, homme de couleur, commandant la province
de lOucft;
Enfin Herry Perroud, blanc, nommé par Iaveaux commiffaire ordonnatenr de Ia colonie 2 à la place du nommé
Rochefort, quiavoit paffe du côté des Anglais.
Après avoir indiquélos principanx xamis de la républiq"e a
Ssint-Domingue, & Jei polte oût chacun étoit paré, je dois --- Page 11 ---
préfenter u1l autre tableau ; c'eft celui de la polition des cnnemis de la France fur le territoire de cette colonie.
Les Efpagnols étoient maîtres de la place du Fort-Dauphin à quatorze lieucs du Cap-Frangais, dans slc nord-cft de
la partic françaife de Saint-Domingue. Ils" poffadoient aufi
le riche quartier du Mirebalais dans la partie de Teft, & s'y
maintenoient à P'appui de l'armée noirc deJean-Frengcis.
Les Français habitans del la ville du M8le-Scue-Micoles,
zu nord de Saint-] Domingue, avoient invoqué en 2oûr
1793 la protection des Anglais, & lear avoient cuvert leurs
portes.
La même conduite avoit été tenue, à la même
par les habitans de la ville de Jérémic, dans la partic
k
Sud.
Lcs villes de Saint-Marc & de-Léogone; & le bourg de
TArcehys,s'étuient: aullifucellivemnent mis fous laprotection
da roi George.
La ville du Port-au priace, dans la même partie, défendue
Hugues -Montbrun, s'étoit après une réfiftance
foible, Bit.ae ou même nulle, reudue auxAnglais au mois.
de juin 1794.
Outre ces places fortifiées, lcs Anglais avoient obtenu
les mêmes moyens de lâcheté & de pertidie la COTAES
des Paroiffes circonvoitines, telles que la Croix-des-Douquets & L'Arcahaye dans l'arrondiffement du Port-auPrince; les Caymites, les Abricots, dans celui de Jérémie;
le Cap Dame-Marie, VIRe-i/'ieredofph, 3 les Irois, &c.à
l'oneft de ia colonie; le Cap Tiburon àla pointe du Sud.
En s'emparant tde ces poffeflions, ils n'avoient rien change
aux formes & aux lois qui gouvernoiont les habitans fous le
régime de la monarchie françaife.
Seulement > le gouverncur de la Jamaigue - , Adau
A 4.
dans celui de Jérémie;
le Cap Dame-Marie, VIRe-i/'ieredofph, 3 les Irois, &c.à
l'oneft de ia colonie; le Cap Tiburon àla pointe du Sud.
En s'emparant tde ces poffeflions, ils n'avoient rien change
aux formes & aux lois qui gouvernoiont les habitans fous le
régime de la monarchie françaife.
Seulement > le gouverncur de la Jamaigue - , Adau
A 4. --- Page 12 ---
Wililiamfon,axoit été nommé gouverneur-général des
fions envahies fur les Français à Saint-Domingue. Secondé poffefdansl'exercice des devoirs multipliés de cette place,
ques militaires & quelques auminiftrateurs affidés Se fa quel- nation, il avoit, du refte, laiffé fublifter tous les individus
français dans les divers degrés de la hiérarchie
judiciaire & adminiftrarive de l'ancien régime,
militaire,
Ainfi l'on voyoit encore figurer en 1796:
Dans le confeil. privé du gouverneur britannique,
Les nommés Blin de Ville-Neuve
Dulau d'Allemans de
S Lomenie de Marmé,
Villars , de Bufon, tous colons
blancs, tous propriétaires planteurs.
Dans l'état-major des places 9
Des officiers français fubordonnés aux officiers anglais 9
& provenant des anciens régimens coloniaux, le tout fous
les ordres du major-général anglais Forbes.
Dans l'état-militaire des quartiers,
Trois légions de colons & d'émigrés, des débris d'anciens
régimens coloniaux, des milices & des corps de volontaires,
le tout fous les ordres fupérieurs des individus ci-après:
Les nommés Montalembert, commandant la légion dite
britannique, à la Croix-des-Bouquets;
O Gorman, colonel du régiment des chaffeurs royaux ;
Contades, commandant la légion des gendarmes royaux
anglais;
Henri Segur de Montayeau, commandant T'artillerie;
Montalet, commandant en chef les milices royales;
des milices & des corps de volontaires,
le tout fous les ordres fupérieurs des individus ci-après:
Les nommés Montalembert, commandant la légion dite
britannique, à la Croix-des-Bouquets;
O Gorman, colonel du régiment des chaffeurs royaux ;
Contades, commandant la légion des gendarmes royaux
anglais;
Henri Segur de Montayeau, commandant T'artillerie;
Montalet, commandant en chef les milices royales; --- Page 13 ---
Duquefne, commandant la légion royale brirannique ;
Cocherel, commandant, entre autres corps, le corps royal
des érnigrés.
Dans les Fnances, > adminifration & domaines,
Des officiers d'adminiftration anglais & français;
ces
derniers les nommés Rainville
parmi
&c.
3 Fourmy père, J Kouffelot,
Dans l'adminifration des biens des abfens,
Les nommés Malouct d'Alibert & Duranthon J anciens
commiffaires de la marine.
Dans le confeil fupérieur (de jufice) de Saint-Demingue,
établi maintenant au Port-au-Prince,
Un préfident & chef de juftice, 3 le nommé Ronceray ;
des confeillers au nombre defquels on remarque le fameux
Valentin de Cullion, l'un des membres & des orateurs de la
première affemblée coloniale de Saint- Marc; des gens du
roi, des greffiers, des huiffiers, des avocats ayant
doyen le nommé Pncendon-Datour, &c. &c.Je m'ar- pour
rête
Jai préfenté l'état & la pofition des principaux amis &
ennemis de la République, aul moment du compte rendu
à la Convenrion nationale de la fituation de SaintDomingue.
Malgré la pénurie de toutes chofes qu'y épronvoient les républicains, Laveaux, ditle rapporteur du comité, c parvint
3) à former des corps militaires
de créoles &
n
d'Européens,
d'Africains réunis par l'amour de la parrie & jaloux de
> combattre pour la liberré. Il établit des batteries far tous
> les points importans de la côte; il dlève de nouvelles
ale de la fituation de SaintDomingue.
Malgré la pénurie de toutes chofes qu'y épronvoient les républicains, Laveaux, ditle rapporteur du comité, c parvint
3) à former des corps militaires
de créoles &
n
d'Européens,
d'Africains réunis par l'amour de la parrie & jaloux de
> combattre pour la liberré. Il établit des batteries far tous
> les points importans de la côte; il dlève de nouvelles --- Page 14 ---
1O
3> fortifications fur les. mornes qu'il eft le
intéreflant
plus
de défendre; & il forme des camps fortinés
arrêter
)) les tentatives des ennemis. Enfin il parvient à pour les refferrer
>> & en quelque forte à les bloquer dans lesideux points
D
qu'ils
occupoient aux deux extrémités de la province ou de la
39 partie du Nord, c'elt-i-dire, dans le Mole-S
>>
Saine-Nicolas,
& dans le Fort-Dauphin. >>
La ville du Cap,, commandée par Pillatte fous les ordres
de Laveaux, fe maintient dans un état refpectable de défenfe, au moyen d'une nombreufe garnifon animée du
meilleur efprit, au moyen de forts en bon état & d'un
bien fortifié,
camp
L'ifle de la Tortue préfente également un érat de défenfe
impofant 2 gardée par de bonnes troupes & poffédant dans
fon fein l'eftimable Labattut, ami dcs lois & de la République.
Les Efpagnols font quelques tentatives pour s'étendre audelà du Fort-Dauphin : ils font reponflés. Ils effaient de COIrompre Villatte : ce brave eft fourd à leurs perfides promefles, & bat complétement leurs troupes & leurs hordes
d'efclaves.
Toufaint Louverture maintient, dans toute l'étendue du
commandement qui luie éft confié, l'ordre, l'amour du travail,
la sûreté des perfonnes & le refpect des propriétés.
Beauvais &c Rigaud unifent leurs forces & arrachent aux
Anglais le Cap Tiburon & la ville de Liogane.
En un mor CC par-tour, dit le rapporteur du comicé de
7 falut public, par- tout oà lec décret far Ja libcrté des noirs
s n'eft pas exécuité, la République ett méconnue, l'Anglais
37 oul rEfpagnol domine. >>
C'eft d'après ce rapport que ia Convention nationale décréta le 5 thermidor an 4:
leurs forces & arrachent aux
Anglais le Cap Tiburon & la ville de Liogane.
En un mor CC par-tour, dit le rapporteur du comicé de
7 falut public, par- tout oà lec décret far Ja libcrté des noirs
s n'eft pas exécuité, la République ett méconnue, l'Anglais
37 oul rEfpagnol domine. >>
C'eft d'après ce rapport que ia Convention nationale décréta le 5 thermidor an 4: --- Page 15 ---
II
1°. Que les hommes armés dans la colonie de SaintDomingue, pour la défenfe de la Répablique, avoient bien
méricé de la patrie ;
2°, Que Laveaux étoit promu au grade de général de divifion, Sc feroit maintenu provifoirement dans les fonétions
de gouverneur général de la colonie;
3.Que Perroud le feroit aulli provifoirement dans celles
de commifite-ocdiomasur;
4°. Que des - brevets de général de brigade feroient expédiés aux commandans Villatte > Toulfzine Louverture 3
Beauvais S: Rigaud;
5°. Que les aittres grades donnés par le général Laveaux
fcroient provifoirement maintenus.
Cc décret valoir une arméc pour raffermir à Saint - Domingue l'empire des lois & le maintien des poffeflions républicaines. Reçu avec tranfport dans la colonie, il convainquit tOuS les amis de la liberté qu'ils étoient tous également
chers à la patric, & que, dansl la difpenfation des témoignages de la reconnoiffance publique, les repréfentans du
peuple français n'avoient égarl qu'i la nature & à l'importance des fervices, & non à une chimérique difinétion de
coileur.
Il s'eft écouis un intervalle de temps affez confidérable
entre la réception de ce décret à SaintDomingae, &c les
premiers détaiis officiels reçus par le gouvernement. > ou au
moins communiqués à votre Commifion, fur la fituation de
cette colonie.
Après le
lu à la Convention nationale le 25 meffidor an 3, PIPRE dont je viens de tracer l'efquiffe, la première
pièce
le Direétoire exécutif voils ait fait parvenir fur
l'état 323 Saint-Domingue, eft une lettre du général & gouverneur Laveaux, du 23 nivôfe an 4.
çus par le gouvernement. > ou au
moins communiqués à votre Commifion, fur la fituation de
cette colonie.
Après le
lu à la Convention nationale le 25 meffidor an 3, PIPRE dont je viens de tracer l'efquiffe, la première
pièce
le Direétoire exécutif voils ait fait parvenir fur
l'état 323 Saint-Domingue, eft une lettre du général & gouverneur Laveaux, du 23 nivôfe an 4. --- Page 16 ---
Ce gouverneur & le commifire-ccdomnaeur
étoicnt alors les premières autorités de la colonie Perroud
les feals fondtionnaires publics qui
; c'étoient
tement avec le gouvernement de la métropole. correfpondiffent L.es direcqu'ils lui rendoienr, ceux qui leur étoient rendus compres à euxmêmes, font les feuls titres on j'ai
la connoiffance
faits que j'ai à vous expofer. Je n'ai puifé
des
vous offrir de leur exactitude
celle pas d'autre garantie à
moralité des hommes qui les que
qui réfulre de la
racontent, & de la
plus ou moins avantageufe où ils étoient
fituation bien
juger des perfonnes & des chofes.
placés pour
Commiflion, & moi-même qui LeGouvernement, fuis ici fon
& votre
pouvons n'être pas complèrement inftruits des organe, événemens. nous
Nous applaudirons volontiers à ceux de nos
ayant des renfeignemens
à
collegues qui,
bien monter à cette tribune plus & pofitifs les
cet égard, voudront
fortira fans doute de cette
communiquer. de
La vérité
trariété. Je
oppofition,
cette heureufe conprovoque, de grand cceur, fon apparition, fous
quelque forme qu'elle puiffe fe montrer.
Avec le décret du 5 thermidor an 3, le
fit pafler à Saint-Domingue les diverfes lois rendues gouvernement
cette époque, ainfi que des expéditions du traité de paix, jufqu'à
cemment conclu entre la France & l'Efpagne, & dont ré- un
article portoit ceflion à la république de la partie de la COlonie qui avoit été jufqu'alors poffédée par le gouvernement
efpagnol.
Ces importantes dépèches arrivèrent a
le
Saint-Domingue
vendémiaire an 4, fur la corvetre la Vénus, commandée
par le capitaine Déjagenanx. Auflitôt leur réception, le
néral Laveanx, qui réfidoit au Port-de-Paix
géfiége du
$ tranfporta le
gouvernement au Cap- Français, & vint s'y fixer
conformément aux ordres du comité de falut public. Il's'empreffà de faire pablier les lois nouvelles, de proclamer le
tfaité de paix, & de faire reconnoitre les ofliciers généraux
ée
par le capitaine Déjagenanx. Auflitôt leur réception, le
néral Laveanx, qui réfidoit au Port-de-Paix
géfiége du
$ tranfporta le
gouvernement au Cap- Français, & vint s'y fixer
conformément aux ordres du comité de falut public. Il's'empreffà de faire pablier les lois nouvelles, de proclamer le
tfaité de paix, & de faire reconnoitre les ofliciers généraux --- Page 17 ---
quiavoient obtenu des grades de la juftice & de la reconnoiffance nationale.
Ils'empreffa aufli de faire notifier au marquis de CafaCalvo, commandant pour le roi d'Efpagne: auFort-Dauphm,
le traité de paix
non-feulement abandonnoit à la France
la partie MpRS de Saint-Domingue, mais ordonnoit la
remife aux agens du gouvernement français de toutes les
places, forts, pays occupés par les Efpagnols, en l'état ouils
fe trouveroient aul moment de la publication de la paix.
Une députarion fut envoyée à cet effet au marquis de
Cafa-Calvo. Cet officier annonça qu'il continueroit de refter
au Fprt-Dauphin, & qu'il conferveroit fon gouvernement
jufqu'a la prife de poffatlion effedive de la place. En attendant, le chef de bataillon Vual-Grandet fut chargé par Laveaux de réfider auprès du gouverneur efpagnol, pour veiller
aux intérêts de la république,
C'eftà cette occafion que Grandet négocia avec le marquis
de Cafa-Calvo l'éloignement du nègre Jean Frangois, chef
de noirs révoltés, a'la folde du gouvernement efpagnol. Ce
gouvernement, en reconnoiffance des fervices importans que
lui avoit rendus Jean- François, lui avoit conféré le grade de
lieutenant- général de fes armées. La paix étant faite avec la
France, & TElpagne n'étant déformais en guerre avec aucune
autre racoipaaphedrmesnt naturellement
mettre bas les armes, & ce chef fe trouver fans fonétions.
Comme fa préfence fur le territoire français pouvoit néanmoins troubler la tranquillité publique, & fa perfonne redevenirle fignal d'un ralliement dangercux, le marquis de CafaCalvo confentit à donner à Jean-François l'ordre de fc retiter
à la Havane, dans l'ifle de Cuba. Celai-ci ne tarda pas à s'y
rendre On affure qu'ila depais paffé en Europe, & qu'onla
vu à Madrid éraler un falte extraordinaire, & devenir pour
les habitans decette capitale l'objet d'une vive curiofité.
L'éloignement de Jean-François fat une très-bonne inc-
dangercux, le marquis de CafaCalvo confentit à donner à Jean-François l'ordre de fc retiter
à la Havane, dans l'ifle de Cuba. Celai-ci ne tarda pas à s'y
rendre On affure qu'ila depais paffé en Europe, & qu'onla
vu à Madrid éraler un falte extraordinaire, & devenir pour
les habitans decette capitale l'objet d'une vive curiofité.
L'éloignement de Jean-François fat une très-bonne inc- --- Page 18 ---
fure politique ; tout le pays jadis dévafé
fes
fembla refpirer pendant quelque temps dans par le calme troupes de la
pius profonde
: mais les Anglais, mais les
une poignée RETE Français perfides qui avoient émigrés, mais
concoura à livrer aux Efpagnols la ville
originairement
quiréfidoient encore dans cette ville, étoient deFore-Dauphing &
troubler la tranquillité générale & à nuite à la trop intereflésa
Bientôt, & dès les premiers jours de
an République. le
ral Laveaux eft averti que les Anglais, pluviôfe dontdeux 4, génétrés au Fort-Dauphin ont vifité les fortifications de officiers la enmachinent quelque entreprife contre cette ville. Des avis place fac- >
ceflifs parvenus au gonverneur-français dans tout le courant
de ce mois, lui dévoilent les progrès &c lui confirment
titude d'une confpiration dont Tobjet étoit de livrer la cerglais, non-feulement la ville du Fort-Dauphin & fes aux Anextérieurs, mais toute la partie françaife dans TER envahie camps
par les Elpagnols avant la paix qui venoit d'étre conclue.
J'ai dit quele marquis de Cafa-Calvoavoir
confervé ou plutôt retenu fon gouvernement provifoirement du Fort
phin & dépendances, cn attendant que les agens de la Daublique françaife puffent en prendre
réelle. RépuD
jen'ai confidéré, dit Laveaux poffellion dans unel lettredu Tant
>> Oue au miniftre de la marine, tant
11 ven-
>> ce refus de nous rendre au moins la que partie je du n'ai confidéré
s phin, Maribaroux, &c., que comme un defir Fort-Dau- de
>> tous les revenus, d'enlever tous les moulins, les prendre
> j'ai pu refter fpectateur de tous ces
ufenfles en
>> pour notre fireté des actes de
défordres,
failent
>> tion 2u traité, La
proteltation contre LinfracRépublique, me fais
a une indemnité pécuniaire proportionnée je dit, demandera
>> au retard; elle ne perdra rien pour attendre. aux dommages &
> Mais aujourd'hni c'cft bien différent;
vu la
>> partic intégrante de la France,
j'ai
colonie,
2 daus le
>7 minent; j'ai cri que je ne devois confulter dangerle le plus inD ma patric, & jai agi différemmentn,
qute falut de
La
proteltation contre LinfracRépublique, me fais
a une indemnité pécuniaire proportionnée je dit, demandera
>> au retard; elle ne perdra rien pour attendre. aux dommages &
> Mais aujourd'hni c'cft bien différent;
vu la
>> partic intégrante de la France,
j'ai
colonie,
2 daus le
>7 minent; j'ai cri que je ne devois confulter dangerle le plus inD ma patric, & jai agi différemmentn,
qute falut de --- Page 19 ---
En effet, les Anglais s'éeoient non-feulement ménagé des
intelligences dans la plare du Tort-Dauphin, en y faifant arriver fnccellivement une goëlette armée en guerre, & u2
brick de 18 canons; non-feulement ils avoient deux frégates
&: deux autres bâtimens de guerre mouillés, au commencement, de pluviôfe, dans la baie de Mancenille, a & dc plus un
vaiffeau de7 74F pièces de canon,pilord un nommé Payfun,
pilote-côtier, habitant du Môle PERNES Nicolas 5 mais ils
avoient établi un campà ila pointe d'Izabelligue, dans la partie
ci-devant efpagnole; ils tenoient plufieurs vaiffeaux & frégates
dans lai rade de ce nom, & y rafraichiffoient leurs troupes &
leurs équipages; ils faifoient même des incurlions & des marches au loin dans les terres. Tout cela fe paffoir fur un territoire qui, par le traité de paix, nous appartenoit > & qui
devoit nous ètre garanri par les Efpagnols jufqu'à la mife en
poffeflion. Tout cela fe faifoit encore en violation de l'article III du traité, qui difpofe qu'aucune des puiffances
contractantes ne pourra accorder pallage fiur fon territoire à
5> des troupes ennemies de l'autre >.
En contravention de l'article II du même traité, les
Anglais recevoient en outre des beftiaux & des chevaux de
Seint-Yago, les tenoient à terre à la pointe d'lzabellique, &
les y dreffoient pour s'en fervir contre la République.
Enfin, & ceci eft plus important, contre la teneur d'une
convention particulière ftipulée avec le marquisde
de faire fortir de P'ifle tous les chefs cfpagnols Cofa.Calsre noirs, le
nommé Ticus, nègre, ancien officier de Tétat-major de
Jean-Trangois 2 étoit reflé au Fort-Darphin avec le titre
de brigadier des troupes auxiliaires efpagnoles. C'eft fur ce
nègre quoles Français traitres dont j'ai parlé, que les nommés
Narpe, Dafrefne, Laforef, Mercier, Paris, Albert, Leblond
(car il faut lignaler ces monftres finon à la vindidte, du
moins à l'indignation publique ); c'eft fur ce nègre
les perfides blancs jettent les yeux, 3 pour en faire, au acit
ment de leur patrieA au profit des Anglais, fes plus crpels
fur ce
nègre quoles Français traitres dont j'ai parlé, que les nommés
Narpe, Dafrefne, Laforef, Mercier, Paris, Albert, Leblond
(car il faut lignaler ces monftres finon à la vindidte, du
moins à l'indignation publique ); c'eft fur ce nègre
les perfides blancs jettent les yeux, 3 pour en faire, au acit
ment de leur patrieA au profit des Anglais, fes plus crpels --- Page 20 ---
ennemis, pour en faire, dis-je, un nouvel inflrument de
volte & de dévaftarion.IIs cortompent à
réils lui ménagent des conférenees
prix d'argent Titus:
avec les chefs
au
moyen d'un Français nommé Decamp, qui leur fert anglais,
(& qui a été depuis arrèté) & du nommé Narpe, d'efpion fert
d'interprète à Titus. Celui-ci reçoit des vaifleaux qui
la poudre & des aries de toute
anglais de
coup de piftolers. Il raffemble des efpèce, 1200 fulils, beaurévoltés; il débauche on il force à marcher déferteurs, des cultivateurs des nègres
paifibles, & va établir fon camp dans la paroiffe de Vallière
au Maribaroux.
Les Anglis & les émigrés 2 de leur côié, effeétuent une
defcente dans la plaine, & cherchent à établir une comnmunication entre le Mirebalais & la partie de PER. Ils menacent
en même temps le For-Dauphin d'une
attaque par mer.
Auffitôr que le général Laveaux eft inftruit de tous ces
faits, il ne balance plus. Il adreffe au marquis de CafaCalvo les reproches les plus graves fur les infractions
laiffé commettre à l'égard du traité, & les inftances lés qu'il a
vives pour qu'il déploie tout l'appareil de la force qui eft plus à
fa difpolition, àl l'effer de garantir de toure invafion le territoire dont il affeée de conferver encore le
Laveaux lui tranfmer en même teps le double gouvernement. d'un ordre
motivé qu'il donne à l'inftant au général de brigade
commandant au Cap, de marcher fur Titus avec Villatte,
hommes de cavalerie & toute l'infanterie qu'il
200 néceffaire.
jugera
Le marquis de Cafa-Calvo fe concerte enfin avec le
commandant de la marine efpagnole au
&
fait emboffer à l'entrée du port deux vaiffeaux Fort-Dauphin, de
devant la bouque;il place en même temps du monde fur guerre tous
lcs forts, & fait toutes les difpofitions néceffaires
la
sûreté de la place. Il répond enfuite à Laveaux pour eft
dans T'impoffibilité d'établir des poftes au-dekors qu'il dépour
fendre
fe concerte enfin avec le
commandant de la marine efpagnole au
&
fait emboffer à l'entrée du port deux vaiffeaux Fort-Dauphin, de
devant la bouque;il place en même temps du monde fur guerre tous
lcs forts, & fait toutes les difpofitions néceffaires
la
sûreté de la place. Il répond enfuite à Laveaux pour eft
dans T'impoffibilité d'établir des poftes au-dekors qu'il dépour
fendre --- Page 21 ---
fendre la campagne, & pour s'oppofer à des difpofitions
qu'il fuppofe dirigées contre la nation françaife 5 que
fa polition exige qu'il obferve une exacte neutralité envers
les deux nations belligérantes; qu'it eft au furplus fubordonné à M. le préfident & capitaine-général de la partie
efpagnole, dom Garcia, 3 & que le général Laveaux
lui adreffer dircétement toutes fes réclamations à Santo- peut
Domingo.
Villatte, muni de l'ordre de fon général, ne
uli moment pour l'exécuter. Il va
au grand perd pa &
petit Caracol ; & le lendemain 2 HeCdE il fc met en
marche pendant la nuit pour farprendre Taus dans fon
camp. Beau-Corps, homme de coulcur, chef de bataillon
de l'armée de Villaite, arrive le premier 2 > entoure la cafe
de Titus & s'empare de fa perfonne. Titus lui tire deux
coups de piftolet
font long feu ; Beau-Corps le tue à
l'inftant. La bande 3 Titus fe rallie & menace de faire feu
fur la troupe républicaine. Villatte envoie vers les
leur déclarer que, s'ils lâchent un feul
de falil, ils rebelles
EOUIS exterminés. Villatte les engage coup à lai venir
feront ils
s'approchent de lui, il les harangue, ils fe
parler; Villatte parcourt enfuite tout le Maribaroux dilperfenc.
les inquiérudes & les agitations, & revient 3 à calme fon par-tour
pofte.
Il paroit que les Anglais, déconcertés par la mort de
Titus 3 ainfi que par la contenance des Efpagnols au
Dauphin, ont renoncé à leur entreprife fur cette
Fortne trouve dans les pièces de la
place. On
Laveaux
correfpondance du
aucune trace far la fuite de cct
général
réfalte fulement de quelques autres indices, évènement. les
Il
de brigands raffemblées par Titus, &
fa que hordes
menaces de Villatte avoient d'abord que
mort & les
venues enfuite de leur ftupeur & fe confternds, font
font rebannières anglaifes ;
réunies
rangées fous les
quis de Cafa-Calvo avoit que laidé aux émigrés 2 que le mardu
débarqur dans la plaine
Fort-Dauphin, fous les ordrès de deux fcélérats
Rappore de Marec.
R
trop
emblées par Titus, &
fa que hordes
menaces de Villatte avoient d'abord que
mort & les
venues enfuite de leur ftupeur & fe confternds, font
font rebannières anglaifes ;
réunies
rangées fous les
quis de Cafa-Calvo avoit que laidé aux émigrés 2 que le mardu
débarqur dans la plaine
Fort-Dauphin, fous les ordrès de deux fcélérats
Rappore de Marec.
R
trop --- Page 22 ---
fimeux, les nommés Cambefort & Rouvray , elles ont
recommencé leurs pitlages dansl: nord eltdelapartief françaite
dp Saint - Domingue & qu'à leur aide les Anglais fe
font emparés sdu Mutebalais; mais le Fort-Dauphin elt refté
intact.
Pendant que P'une des extrémités de la province du Nord
étoit ainti livrée aux encreprifes des ennamis les plus acharnés
de la répnbliqne, Pagitation la plus vielente fe manifeftoit
à l'autre excrénsits, à la montazne qiai domine le Port-dePaix, ville litnée dans le voilinage de lile de la Tortu:, >
entre le Mole-Saint Nicolas & le Cg-François.
L.es Anglois. & leurs-agens dans toute la Colonie, étoient
aufi, fuivant l'evprefin Bnrchefde brigale Fageot, commandant de la peovince du Nort, à L réfidence du Portde-Paix. qui rand compte de cOS affreux événemens ,) lus
Anglose jeurs agens en étoient les infigateurs. C I's cher-
>> choienti, dic ce brave commandant, a mettre dans la
>> Coloniela guerre civile entte les hommcs de toutes les
>> couleurs. >> Voici conme ils ne réufirent que trup, dans
le courant de pluviofe, all 4. A.fune matlacrer pir les noits
de la montagne du Portde-Paix les maiheurenx biancs qui
tombèrent fous leuis maitis. Le goavern.ur ganérd.fareaux & le commiffaite ordonnatue Perrond avoient fur. piafionts réulemcns provifoires
pour raenicgre des teuros,ip pourl rigte de adminiftration
docadwocsessbangaemesapa.le prepeiet sires-gita sueitrdes
atl prole del: ripubligue; en acrendant ri0e le fort de ces
prapriétaizes Rib 16918. Hs avoient erbli, dans les diférens
quaniers, non-toslemntnt dee comluckvurse trvaux d des
gdrens d'abications, mie-decinfpechauce d'ateliers chorgés
de ferveiller de d'activer cmexploitatioen S dais des arrontide
mens plas ou moins éres dus. Je nomme J. B. Grifots
citoyen noir, recummeaiable fous plufieurs rapports, aveip
apriétaizes Rib 16918. Hs avoient erbli, dans les diférens
quaniers, non-toslemntnt dee comluckvurse trvaux d des
gdrens d'abications, mie-decinfpechauce d'ateliers chorgés
de ferveiller de d'activer cmexploitatioen S dais des arrontide
mens plas ou moins éres dus. Je nomme J. B. Grifots
citoyen noir, recummeaiable fous plufieurs rapports, aveip --- Page 23 ---
ainfi obrent, de la confance di général Laveane tine infpection coutilérable dans la monragne du Port de-Paix, dla
Flate de hommé Erienne Dety, autre noir, ancien chef
de 11 irs infueges, qui aveit d'abord été inis à ce potte pour
gu-lques ferviers rendus à la république, &: que fon inconduite en aveit enfitite fair deftitner.
Tout à coup le commandant Pagect cftinformé
pluviole qu'erbsne, qui avoit coniervé beancorp d'afcen (le 21
danrfarl'efprit des cultiv- teurs, vient d'ordonner que J. B,
Griffor, fi femme, > & un foldat biunc. qui: toit chez eux
en convaleicence, feront arrèrés, garrortés, & traduits devant lui,
Pageor écrit fur-le-champ a Erionne pour lai
Cet acke de violence, &c réchmer la mfe en liberté reprochet des
ind.vidus arrêrés.
Ecienne répond 9:il en eft furptis
qu'il n'a
aucune
lui-mâme;
connoilfance de cette fnte; qu'on lui actribue mal-d.
props le crime d'avoir faic arrêter LL chefplacé par fes fupés
rieurs. Aa fisrplus, ilznnonce à Pageor qu'ilnienvoie Griffor
8cfa fernme, & quc, quant 211 foidat blanc, il n'en a aucune
connoiffance,
Etienne avoit pour fecrétaire & pont confeiller
t blanc nommé Magaot. Cer individu, que
intimies
comme itil Rélérat, éorir, anfi à ce commandaat Pageot défigne
déclarer que cette lertre, & celie qu'il vienr de faire pour lui
Erienne, onr été rédigées fous les yeux de J. B. Grifot pour
lui-méme, qui ponra endie rémaoigpage dela vérité des
procedés employés à ion égard.
Le même jour, Pagect reçoit deux autres lerires,
d'an nommé Bipouric. ne res cit E d'nn détacherent l'ane de
noirs, quia arrère Grilst, de gsi déciare T'avoir fair
l'aven d'Ezienwe, mais parce que cef echei-ci, &non
fins
que les ouvriers veulenr avoir pour
l'antre Griffor, du
nommé Jean-Picr-,aulh noir, delhabitation infpacleur;
de.Sosbervie,
Ba
Pagect reçoit deux autres lerires,
d'an nommé Bipouric. ne res cit E d'nn détacherent l'ane de
noirs, quia arrère Grilst, de gsi déciare T'avoir fair
l'aven d'Ezienwe, mais parce que cef echei-ci, &non
fins
que les ouvriers veulenr avoir pour
l'antre Griffor, du
nommé Jean-Picr-,aulh noir, delhabitation infpacleur;
de.Sosbervie,
Ba --- Page 24 ---
qui fait la même déclaration au nom de 14 cultivateurs de
cette habitation.
Cependant, Griffor & fa femme n'arrivoient point. Le
lendemain Pageot écrit à Magnot, fecrétaire d'Ecienrie &
homme de confiance des cultivateurs armés contre la tranquillité publique. Ilfe plaint de ce qu'Erienne ait manqué
à fa parole, en ne lui,renvoyant
les individus arrêtés.
Il témoigne le defir qu'Erienne & I chefs des cultivateurs
foulevés, fe rendent auprès de lui
expofer leurs griefs
& le mettre à portée de leur
toute fatisfaétion
dRAEL
raifonnable ; il infifte pour
Griffor, fafemme & le foldat
blanc lui foient renvoyés; T fomme Erienne & Magnot
de teniràcet égard leur promeffe ; il menace d'ufer d'autorité
& d'employer toute la force qui eft à fa difpofition, pour
faire rendre la liberté aux individus à qui on vient de
la ravir.
Cette lettre produit l'effet que deliroit le commandant
dafgr-dePats.l-flls blancavoir@rireliché prefsu'auflitor -
fon arreltation. Griffot & fa femme font renvoyés à Pageot,
mais mutilés, mais portant les marques récentes des plus
mauvais traitemens. Is étoient accompagnés d'une douzaine
de cultivateurs armés. Pageot, par prudence, par crainte
de troubler de plus fort la tranquillité
ne les fait
défarmer & arrêter. 1l fe borne à leur
des remonpas
Ca
trances (ur leur égarement & le défordre auquel ils fe font
livrés. Illes renvoye > perfuadé qu'il eft de l'efficacité de fa
fémonce paternelle.
Il fe trompoit. In nuit même ces brigands &c leurs complices lèven: tout-à.fait Pétendard de la plus odieufe révolte.
Ils artaquent Pun des poftes établis par Pagert fur T'habitation Aubert, & commandé par un noir nommé Yincent;
ils cherchent à fe faifir de CC commandant, qui n'aveit pas
voulu tremper dans leur foulevemert. Vincent échappe à
leurs recherches & à une mort certamnc. Leur fureur fe porte
. In nuit même ces brigands &c leurs complices lèven: tout-à.fait Pétendard de la plus odieufe révolte.
Ils artaquent Pun des poftes établis par Pagert fur T'habitation Aubert, & commandé par un noir nommé Yincent;
ils cherchent à fe faifir de CC commandant, qui n'aveit pas
voulu tremper dans leur foulevemert. Vincent échappe à
leurs recherches & à une mort certamnc. Leur fureur fe porte --- Page 25 ---
alors fur toutes lcs habitations oùt ils croient pouvoir trouver
des blancs. Ils pillent, ils incendient les maifons;ils en maflactent impitoyablement les habitans ; l'âge, le fexe, rien n'eft
facré pour ces tigres altérés de fang. Une jeune femme, entre
autres (1), eft trainée, avec deux infortunés vieillards, dont
l'un eft fon époux, au lieu où ils doivent être immolés. Le
chefdes allafins (Jean-Pierre) lui promet la vie, fi elle
confent à devenir fa femme. cc On ne
33 avec une vertueufe fierté, on ne
prend
dit-elle
A ces
prend pas
maris >7.
Iene
mots, lei monftre égorge froidement les ttois victimes..
Cependant le général Laveaux, à
Pageor avoit rendu
compte de la caufe & des premiers 1att du foulèvement des
noirs, répond que pour en prévenir les excès, 3 & empécher
l'anéantitlement de cette partie de la colonie, 3 il croit de la
faine politique d'accordér un emploi à Etienne Datty. Il
charge Pageot d'adreffer à ce noir le brevet d'un commandement à la baie du Moufique, dans l'arrondiffement daPortde-Paix.
Pageot s'empreffe de faire paffer à Etienne le brevet, &
d'annoncer aux chefs de fon parti lesintentions bienfaifantes
du gouverneur général. Les fcélérats ne font
farisfaits. Ils
ofent propofer une capitulation. Ils écrivent pas à Pageor, en
s'intitulant, les chefs de P'armée au nom de tous les cultivaZe:r's en armes, & demandent: 1°, qu'on livre à Etienne &
à Dutacq les forts Pageot & Laveaux : qui dominent le
Port-de-Paix: : 2°, que les camps Aubert & Lacorne foieut
occupés par les nègres du dehors; 30. que les foldats blan::
rentrent far le-champ au Pert-de-Paix; 4°. enfin que i
gnot refte avec le commandant Etienne, qu'il foit TC 1.
comme iZ le mérite, > & qu'il aiz fa vie en fitreté. A co
() L'époufe du citoyen Hardy (Verfaillais
(Rochellois), propriétaire d'une habitation palaralle
B 3
orne foieut
occupés par les nègres du dehors; 30. que les foldats blan::
rentrent far le-champ au Pert-de-Paix; 4°. enfin que i
gnot refte avec le commandant Etienne, qu'il foit TC 1.
comme iZ le mérite, > & qu'il aiz fa vie en fitreté. A co
() L'époufe du citoyen Hardy (Verfaillais
(Rochellois), propriétaire d'une habitation palaralle
B 3 --- Page 26 ---
peotnestent la ceffation des troubles, lc retour a T'ordre, ) &
la reprife des travaux des ateliers.
Lhonneur, la dignité de la répnblique outragée par de
telles pop itions, le tang tiançais verie avcc tant d'inhumanité, ne lafo ent peut- etre à Pamcot qu'en parri à prend:e:
c'éioit de raffumbler tous les poftes qu'il avoit établis dans
l'intérienr de li monragne, & de marchir à Pinfant centre
ces bngands. deles exrermmer tous,ou de s'enfevclir avec
la troupe repubiicaine dans la mentagne du Vorr-de-Paix.
Mais Pageur jette un recard arroardeldi: il voir ttuitela
montaine, tout Farondilfement du Port-de-Pait en iLu,
au prcinier Gonal do'ia marche de Tarmée républicaine; il
voit les Anglais, dont losgideave'lauvozoi 1250 deniis-quelguani jours Jia vue da PardePix; S1 voir CES tarbires favourer, avec une joie foroce, le frai de leurs machinations
abominables, & fc difpoferd 611 prefrer en effaynntdesemparer de la place, 21 mileu du défordre général; il voit
entin laperce inéricable d'une partion piécicnfe de la culonie.
H laife 2u tempsl: toin d'amener nne vangeanca
lence, n1aiS cinfanNL-(9: 1f borne à mander au géndsal
Lavenex que fa préf.nes fcroit tres-utile au Porrde-Paix
pour calme cl révole disdgres deli montagac, St lest faire
gencrer dans le devoir.
Laveaux ef forcément retenu an Cap par lbe foins à
donner aux éven.inuns qui f pafTint au Fort Dauphin.
Le eénéralnoir Tardautdrlaemere, comnindant C11
chef le cordon de TOuelt, efl heureufement averti des
(Laveaux Aoninete à certe eccalion au misfe le 10 venrofe:
T Que defchifecita Ealle fite peur évircr i: gicite cvile, reur
> éiter les niga.res 8 aulinars de tous lesbantsgei font lur les
W labirario s!
3 Nons fommes danela.crualie niceflirs deliferd dormir la joflice,
S S de pocarder Ia pourfize de Fatufina: de plus de inanante Ci8 tpyens blancsqui eoL péay & de deuxaunlecreasai out aull périoe
:
T Que defchifecita Ealle fite peur évircr i: gicite cvile, reur
> éiter les niga.res 8 aulinars de tous lesbantsgei font lur les
W labirario s!
3 Nons fommes danela.crualie niceflirs deliferd dormir la joflice,
S S de pocarder Ia pourfize de Fatufina: de plus de inanante Ci8 tpyens blancsqui eoL péay & de deuxaunlecreasai out aull périoe --- Page 27 ---
horreurs qui fe commettent à la montagne du Port-dePaix. Il quirte auflitôt le camp dcs Perrettes, gu'il étcit
occupé à foxtifier, & fe tranfporte à la hâte au camp
Andro, 3 au pied de la montagne. I écrit à Pierre Dumefxil, noir, 2 commandant militaire de Pinifan ne, de fe
rendre auprès d'Etienne > poar lai remettre une lettre qu'il
lui adrelle, & difpofer les cfprits à la paix &c à la tianquillité, Etienne artive le 28 pluviofe au camp du général
Toaffaine, avec environ cinq cents noirs, la plupart aimes.
Le général Tonfaint les fait placer cireuliirement 9
mante à cheval & entre dans le cercle. Là i leur fait,
fuivant fs propres exprefions, une grande morale; illeur
reproche ieur égarement & leurs crines. G !is fe font, dit
93 Toullaint 3 baaucoup plaints qu'Erienne avoit mang:
>> toute la misère avéc eux à gaga-r leur liberté, & ils me
)) l'ont demandé pour érre leur commmdant 2 &c. 23.
Touffaint leur reprélente (( qu'ils auroient ett toute raifon,
>> mais que ce qu'ils venoient de fire leur donnoit tous
> Jes torts poflibles, & qu'ils étoient coupables >>. Ils lui
promettent alurs de rentrer dans l'ordre & de retourner à
lenrs ateliers; mais ils defirent que le commandant Pageot
faffe rentrer fes troupes ait Port de-Paix, & Touflzint
lui enl fait l'invitation expreffe. Pagcer differe à s'y piérer
jufgu'à ce que l'ordre foit folidemeut rétabli.
Avant de quirter le canton, Tonffaint attend un grand
nombre de nOITS qui n'ont Pn accompagn ner Erienne au
rendez-vous, à caufe de léloignement de leurs demenres.
Le 30 pluviofe il fe rend chez Etienne même; il fait defcendre de la montagne tous les cultivatcurs. c Il leur
>> préche la raifon ; il Jleur fait faire ferment que jamais
35 ils ne farcnt de pareilles fantes >>. Tous rengrenr dans
l'ordre. Touffun: marque à Pageot qu'il répond de tont,
n'y a déformais aucun inconvénient à faire renrrer
20 troupes; quila ordonné à Erienne de prendre le commandement qui lui a été alligné à la bale de Moulliques
E 4
re de la montagne tous les cultivatcurs. c Il leur
>> préche la raifon ; il Jleur fait faire ferment que jamais
35 ils ne farcnt de pareilles fantes >>. Tous rengrenr dans
l'ordre. Touffun: marque à Pageot qu'il répond de tont,
n'y a déformais aucun inconvénient à faire renrrer
20 troupes; quila ordonné à Erienne de prendre le commandement qui lui a été alligné à la bale de Moulliques
E 4 --- Page 28 ---
équ'enfinil a arrêtéle feélérar. Magnot, fecréraire d'Etienne,
& qu'il l'emmene avec lui.
Touflaint retourne en efferau camp des Verrettes, menacé
d'une invafion par l'ennemi; & l'ordre, le calme, fe rétabliffent à la montagne du Port-de-Paix, & les travaux reprennent leur première activité,
Quelques jours après, les noirs font parvenir au général
Laveaux une adrefle pour lai témoigner le defir qu'ils ont
d'envoyer à la Convention nationale une déparation
puilfe accompagner celle de l'armée du Port-de-Paix. C
>>
NE
députes, difent ils; feront un
du bon ordre
sur.garant
& du travail que nous maintiendions parmi nous. Ils
>> feront garans gue nous combattrons jufqu'a la mort les
3 An: lais & autres ennemis in:érieurs & extérieurs de la
9 République 99,
Laveaux leur répond
une proclamation qui contient
des reproches fur les cadnter évènemens, & des exhortations
à une meilleure conduite pour l'avenir. Il leur accorde la facalté de nommer deux députés extraordinaires à la Convention nationale.
On voit, dans une lettre de ce remps-là écrite au commandant Pageot, par le citoyen Labarut, propriétaire à l'illede
la Tortue, que la même fermentation qui venoit d'éclarer
à la montagne du Port-de paix, commençoit àfe manifefter
dans cette ille; CC que les Africains étoient en partie armés,
e qu'ils s'étoient procuré des munitions, qu'ils tenoient les
p prepos les plus alarmans, & faifoient des menaces conti5> nuelles de tout finir; & qu'il ne faut pas, difoient- ils,
quily refte des blancs pour être tranquilles. Labarut ajoute
qu'il y avoit dans lifle plufieurs mauvais fujets qui indifpofoic nt & foulevoient les culivatenrs, & que, fuivant toute
apparence, On jouiroit de la plas parfaite tanquillité, fi ces
mauvais fujets étoient élvignés.
Pageo: fit une prociamation aux infulaires de la Tortue,
finir; & qu'il ne faut pas, difoient- ils,
quily refte des blancs pour être tranquilles. Labarut ajoute
qu'il y avoit dans lifle plufieurs mauvais fujets qui indifpofoic nt & foulevoient les culivatenrs, & que, fuivant toute
apparence, On jouiroit de la plas parfaite tanquillité, fi ces
mauvais fujets étoient élvignés.
Pageo: fit une prociamation aux infulaires de la Tortue, --- Page 29 ---
& leur envoya deux députés noirs qui avoient la confiance
de Touflainc l'Onverture & la fienne. Cette mefure produifit
le meilleur effet; l'ifle conferva fa tranquillité.
Ainf les extrémités oppofées de la partie da Nord de
Saint Domingue, étoient tour-à-tour en butte ou aux atta
ques diredes des Anglais &c dcs émigrés, On à des machinations de leur part, beaucoup plus dangereufes que des entreprifes à force ouverte.
La partie de lOneft éprouvoit suf,dansquelques cantons,
les effèts de ces odicufes machisations.
C Depuis long-temps>, ditlegénéral Laveaux dans unede
fos Jettres all miniftre de la matine 9 du 14 pluviofe, 2
s) depuis long-t temps 2 dans la province de POueft comman3> dée par le général Beauvais, il exifte un parti de citoyens
s noirs fous les ordres de Pierre Dicudonné & Pommpée,
3> qui troublent toute cette contrée 29.
Dieudonné étoit commandant en chef du campde V'eret;
Pompée, comman.lant en fecond. Tous deux exerçoient une
très-grande influcuce fur les noirs foumis à leur commandement & fur ceux des cantonnemens voilins.
Dieudonné avoit long-temps combattu pour la République : Pompée s'étoit également montré l'un des plus ardens défenfeurs de la caufe de la liberté. Il feroit difficile
d'afligner, d'une manière précife, ni l'origine, ni la caufe
réalle & prochaine de la défeétion dont'ils étoient accufés
le général Laveaux, & dont il donnoient
BCs
aujourd'hui
preuves non moins funeftes gu'inconteftables.
Seulement toutes les pièces annoncent que Dieudonné,
qui pouffoit le délire jufqu'à fe faire appeler commifaire-civil
dans fon arrondiffement, jufqu'à affecter l'autorité &à exercer les droits de cette fonétion dont perfonne n'étoit invefti
dans la colonie depuis le départ de Polverel & Sonthonax;
général Laveaux, & dont il donnoient
BCs
aujourd'hui
preuves non moins funeftes gu'inconteftables.
Seulement toutes les pièces annoncent que Dieudonné,
qui pouffoit le délire jufqu'à fe faire appeler commifaire-civil
dans fon arrondiffement, jufqu'à affecter l'autorité &à exercer les droits de cette fonétion dont perfonne n'étoit invefti
dans la colonie depuis le départ de Polverel & Sonthonax; --- Page 30 ---
toutes les pibees, disje, anhoncent que Dieudonné avoit
pour lecrénaire i1n blanc, nummé Benstou, homme forti
dela villedo Port an'rince depuis A livraifon aux
homme pervers & lignalé danides proc) Srmations, Anglais,
aékes publies, come tu agent des enneniis de la dans des
comme Ll11 emifiire envoyé purfener la
France, entre
ancicns S-leskuness. Zilres Sutnc-Iomungue. ziyanie
les.
Legénéral Rigand, commandanr la provinze
le géne-al Beanvais,a avoiertlungete mpsiénage duSod,&
Pompés & lear Partr pour les enpecher de Diendonné, C livrer aux
Anglais. Apris la pobliration derl la paix
leur avoient envoyd le trairé 3 aintiv ue le acTE@azne,ile décict du
midor. Ces deux actes fi importuns avoicne été
Sthercomme foulds aux pieds par Dieadonus.
méconnus &c
Rigaud'ne défafpérant pas de ramener A la raifon &
devoirs Ce chef & fcs foliats; Jeer adreffe, le 3
dfes
une proclamation fufeepaible de faire
frinaire,
mais Pinfame Beaudoxin y étoit nomiunticement baaucoup d'impretlion;
menàcé du furt que méritencles traitres & les parjures. deligné La &
prociamation ne produit ancan cfet; au
de Beaudo"in &c laveuzle furi ur de Dicudonné contraire, la rage
s'en accrolcre, Le 21 nivole, Beanvais éerit à
fomblent
a
Dicudonné décidémint leva Pétendard de la Laveanxque rebellion:
ii ajoute que Rigand & Ini avoient formé IIn cordon
couper toute commmnicacion avéc Ce chef de rebelles; mais pour
quie ce dernier syant Kintdefréconeilhier avec la
& avec les deus généraux, s'étnit
république
préfenté en force
un
camp voifn de Loogmc, &, trompant la bonne foi dev.nt des
troupes républicaines, s'ctoic empare de ce
& avoit
mis le feu par-our.
camp,
Nouvelle tentative die Rigand & de Deanvais pour rallier
Dieudonné & fon armée fomslasdrapsaus de
ficonde proclamacion fufere de CCS denx généraux, senustiques &
envoyée à Dicudonné par deux noits repablicains. Dien.
force
un
camp voifn de Loogmc, &, trompant la bonne foi dev.nt des
troupes républicaines, s'ctoic empare de ce
& avoit
mis le feu par-our.
camp,
Nouvelle tentative die Rigand & de Deanvais pour rallier
Dieudonné & fon armée fomslasdrapsaus de
ficonde proclamacion fufere de CCS denx généraux, senustiques &
envoyée à Dicudonné par deux noits repablicains. Dien. --- Page 31 ---
donné jette à tcrre le paquer des généraux, & menace de
faire Fuilier à l'intant ies deux envoyes. 11 s'exhale en reproches amers concrel les muliitres, ( quil ne reconnoitra ja-
> inais, dic il, pour chefs. Ife plaine que depuis cinq ans
> que durcit la guerre, lcs Africains étoiunt trop malheu-
>> Feux; quek Truit de'lears st.avaux ne confiftoit qu'a fournir
2 à tous les cpofs dcs veremens fupuebes, & que dans toutes
32 les villes de la colonie appartenant à la répabhque, il ne
>> fe trouvoir pas 111 feut nigre cemmandant : il ajoute qu'il
>> ne, * vouloir p'5 laiffer extter un feul mnletre - & qu'il
> vouleit 1
les juire perir tous. 19 L.es envoyés deRigaud &
de Beauvais torninunt leurrfport par déciarer que, de fon
aveu méme, Dicudonné venoit enln deje réunir aux Anglois.
Ce rapport eft du 8 plnviofe. Le 16,legénéral TouffaintlOuverture, qui avoit entenci palerde la detcclion deDicudonné, & qui aveit à ccur de le ranener au fin de la 16publique 7 informe lc général Laveaux qu'il avoit à cet effet
envoyé par mcr Vurs Dicudonné une dépuration qui n'a
pu parvenir jafqa'a lui. parce qne, réncontice par des coriaires de Rigaud, qui Pont conduite à 1 éogane, elle y eft
reftée forcém nt pendanc deux jours, & a manqué aini le
bat de fa mitlion.
Le général Touffaint ebfrve qu'un évènement particulier
Favoit déterminé à Penvoi de cette dépotation, en lui donnant le plus grand efpoir de fuccès. Le capitaine d'un corfaire français des Gonaives, fe trouvant vis-à-vis du motneà bateau, avoir apperçu à terre beaucoup d'hommes qui lui
faifoient le fignal d'approcher du rivage. Il avoit déraché
deux matelots dans un canot, lefqnels en abordant à la cète
yavoient trouvé une multitude de noirs armésqui learaveient
demandé d'o ils éroient. Sur leur réponfe qu'ils étoient du
port des Gonaives, les noirs avo'ent paru fatisfaits; & les
avoient priés de faireld defcendre'à rerre leur capitaine pour
que leur général Dicudonné pàr ie voir, Le capitaine
age. Il avoit déraché
deux matelots dans un canot, lefqnels en abordant à la cète
yavoient trouvé une multitude de noirs armésqui learaveient
demandé d'o ils éroient. Sur leur réponfe qu'ils étoient du
port des Gonaives, les noirs avo'ent paru fatisfaits; & les
avoient priés de faireld defcendre'à rerre leur capitaine pour
que leur général Dicudonné pàr ie voir, Le capitaine --- Page 32 ---
du corfaire étant venu à terre, avoit été condait aul
de Dieudonné 3 & fort bien accueilli par ce chef, camp
avoit demandéau capitaine s'ilconnoifioit le
Celui-ci
& le général
général Laveaux
lité
Toudfint.ROpverers, & fi la liberté &
régnoient dans la partie du Nord & de l'Oueft. Sur liga- la
réponfe affirmative du capitaine, Dieudonné avoit
qué, 4 qu'il n'en étoit pas de même dans les
répli-
>> commandoient Ripaud & Beauvais, &
endroits où
liberté & Pégalité qu'il combattoit
que c'étoit pour la
3>
contr'eux; qu'il vouloit
que l'égalité régnar parmi toutes les
3)
les citoyens de
couleurs, & que
conleur ne vouloient pas
les
59 fallent lenrs égaux; que
à lui, il
bon noirs
S
eetri
blicain &c fdèle à la Timadrae )>
répuLe capitaine du corfaire affuroit qu'il avoit Vul Aotter le
pavillon tricclor dans tous les poftes où il avoit paffe, &
que Dieudonné & fes troupes portoient la cocarde nationale, mais qu'elles ne pouvoient pas voir un
de
coulear.
citoyen
D'après ce compte rendu
le général Touffaint 9
veaux ne
Lacrut devoir mieux afer que d'adreffer à Dieudonné
& à Pompée une lettre pathérique pour les exhorter à fe
ranger fincèrement fous les drapenux de la République françaife, Il profita de cette occafion pour Jeur
leur
ancien attachement à la caufe de la liberté, rappeler leur
noncer les triomphes de la France, lcs avanrages pour da traité ande paix avec l'Elpagne, &: les principes de juftice Sc d'égalité
qui ont diété le décret du 5 thermidor, &:c.
La fuite de la cortefpondan.e du général Laveaux ne
donne aue un détail fur l'effer qua
produire fon adreffe à
Diendonné & à Pompée. Il n'ef R fait aucune mention
de ces deux chefs noirs ; ce qui donneroir lica de penfer
qu'ils font en effet rentrés dans le devoir, ou qu'ils OnE
fuccombé dans quelqu'affaire (1).
() On prétend qu'ayant depuis été arrêtés Par lcurs propres foldas
.
La fuite de la cortefpondan.e du général Laveaux ne
donne aue un détail fur l'effer qua
produire fon adreffe à
Diendonné & à Pompée. Il n'ef R fait aucune mention
de ces deux chefs noirs ; ce qui donneroir lica de penfer
qu'ils font en effet rentrés dans le devoir, ou qu'ils OnE
fuccombé dans quelqu'affaire (1).
() On prétend qu'ayant depuis été arrêtés Par lcurs propres foldas --- Page 33 ---
Quoiqu'il en foit, rien n'annonce au moins que la révolte
fufcitée par Dieudonné dans la portion de territoire foumife
à fon commandement ajt été contagieufe. Le furplus de la
partic de l'Ouctt, fubordonné aux commnsndenenirefp-difs
des généraux Toullaine -l'Ouverture & Beauvais, paroifloit
jouir de la plus parfaite trenquilliré. L'ennemi extérieur effayoit feulement quelquefois d'envahir quelque portion du
pays ou d'y occationner des ravages & des foulévemens; ;
mais il étoit févèrement furveillé, & repouffé avec viguenr
à chacune de fes tentatives.
Il paroit qu'il en étoit de même. de la partie du Sud,
commandée par le général Rigaud. L'ordre & la police la
plus févère y éroient, dit-on, obfervés; les citoyens de toute
couleur répartis dans les villes, les bourgs, les camps &
les ateliers, donnoient un égai foin à la défenfe du territoire, aux travaux d'arts & d'induftrie, & à la culture de la
terre.
Ce fat probablement le defr de refferrer de plus en
plus les liens qui uniffoient ces belles contrées à la métrole
pole, ce fut ce defir pattiotique qui décermina, atl mois
de brumaire, les ginéraux Beauvais & Rigaud à demander
au commandant -général la convocation des Affemblées
maites dans le Sud & dans T'Oueft pour nommer leurs
tés à la Convention
coie
nationale, où ces deux provinces n'étoient point repréfentées.
Laveaux crut d'abord devoir fe'refufer à cette demande,
parce qu'il penfoir qu'un décret fpécial de la Convention nationale pouvoit feul autorifer cette convocation, &
n'ayant pas reçu CC décret, ill feroit perfonnellement
fable de tous les troubles
L
qui pourroient furvenir dans les
affemblées primaires, s'il avoit pris fur Ini d'en permettre la
gagnés par lor de Rigaud, S ayant été livrés à ce général, celui-ci les
a fait périr avec ua raffinement de barbarie fans exempic, & notamment
D.eudonné.
décret fpécial de la Convention nationale pouvoit feul autorifer cette convocation, &
n'ayant pas reçu CC décret, ill feroit perfonnellement
fable de tous les troubles
L
qui pourroient furvenir dans les
affemblées primaires, s'il avoit pris fur Ini d'en permettre la
gagnés par lor de Rigaud, S ayant été livrés à ce général, celui-ci les
a fait périr avec ua raffinement de barbarie fans exempic, & notamment
D.eudonné. --- Page 34 ---
réunion, Mais il autorifa, fuivant Jaurs defrs, ies
Beauvais d ligaud, unfi quillavoit fait dlegart de génératix Touf.
fune-lOnveraurs & de Vilate; uia aatoiifa,
nerax ànousmer. ci envoy.r Les commillines dis-je, cesg néla Convention natonale
parcicubers à
delcur
pour etre auprès d'elle 1 ier
récomoitlanee ad'occation desgiades
intoiprères
avoit bien voulu leur accorder, d pour lui rendre mticaires qu'elle
Jeur conduire & de la licuation des
C mpte de
cemmandemens
pays conipns fous leurs
refpectis.
Letopluviofe. le delin de voir convoquer les affemblées
primaires dans 1 Oneft &c dans le Sud le nianif fe
ment quejamais de lapere desgénsraux Beauvais & plus forteIls écrivent à cette o:calion au gouv: rneurgénéral Rigaud. Laveaux
&au commilline eidonnateur Perrond,des d.ux chefs
vifoires de la colouie, une lettre très-preffante &
provee. Cesdoux chefs, vaincus par lsraifons
très-motiFlus encore par la crainze qu'un nouveau desgénérux, refas
&e
oucation de rroubles cxtrêmem-n:
ne foit une
vinces adnellenient pailbles
dangereax tans ces prochets rendent, le
apres Canc d'onges, CCS deux
29 pluviole, tne ordonnan.e porcant:
r".Convocation des affamblé-yprimsiree dans les
on cantons des départemens de TOuctt & du Sud
paroiles le
mier germinal an 45
pour pre2o. Defignation de la ville do Lcogane pour le fège de
T'aflemblée dleftorale du département de iaalt, &c de la
villedes Cayes pour cclui del Tellembiéeeiect rale du Sud;
3.Fixation da nombre de fx députds a clire, à raifon de
trois par cheque département.
Cctte erdonnance, quelque répugnance
diasendre, dans d la crainte de E uinir un : reexte que Taveaux eût
Godetronble 1 certains hommes détienés par Ini comne d'agitation des
innigans, & qui commengolent deslor a rnitcRer les
deliems les plus pemicieus; ceite ordonnance excita le plus
.Fixation da nombre de fx députds a clire, à raifon de
trois par cheque département.
Cctte erdonnance, quelque répugnance
diasendre, dans d la crainte de E uinir un : reexte que Taveaux eût
Godetronble 1 certains hommes détienés par Ini comne d'agitation des
innigans, & qui commengolent deslor a rnitcRer les
deliems les plus pemicieus; ceite ordonnance excita le plus --- Page 35 ---
vifintérêt parmi tous les bons citoyens. On peat en juger par
les letties écritese: par les délibératiens prifts par Jes municipalités des communes comprifes dans la divilion miljtaire
du générai Teullint-"Oavertore, Toutes attachoient la plas
grande importance à la nomination des députés nidevoient
reprefenter les départemens delOneft & du Sudi do'SiintDomingue dans le Corp. légifianif; mais elles prerendoient
que la partie da départemenc de TOneft comprife dans le
commandement da geémérst Toulhune-Ronmemate étant plus
popuieufe quele territoire frbordonnuan commandement du
genéral Beauvais, le filge de laffemnblée éleétorale du département devoir êtze fixddans la villedes Gonaives, & non
dans celle de Liogane.
Certe difficulté foumifed ia décifion des chefs de h colonic,iis ne crarent. cas devoir h réfonire. Ils s'en rapportèrent
àcet égard aux géndraus"Toniling & Benavais, & les chargerent de fiite confaterlepoine de fait allegué, & de concilier les prétentions récipsoques. En actendant, Laveaux &
Perrond rendirent, le 9 wentofe, me foconde ordonnance
pour ffpendre la convocation des afemblées primaires dans
le département de rOaestjefgu't nouvel ordre.
Quant au départeme ent du Sud, rien ne c'oppofant ni
à la convocation des affembiees primattes, ni anx eledicus,
l'atfembiée élcétorale y a procidé au jour fixé. 11 n'exifte,
fur ce point, aucune trare dans la correfpon.lance des
chefs provifoires de la colonte; mais il cn elt fait mention
dans l'une des délibérarions des agens piyriculiers du Di
rect toire exécurif à Saine-Domignte, ainfi que je le dirai
ci-après.
Je viens d'annoncer que, foivant Laveanx. quelques intrigans manifeftsient dans li calonie les detleins los plus
pernicieux, & que le gouvernaue-p@ndeal en éprouvois des
inquiétudes réelles. Cette obfervation m'amône à fixer entn
fait mention
dans l'une des délibérarions des agens piyriculiers du Di
rect toire exécurif à Saine-Domignte, ainfi que je le dirai
ci-après.
Je viens d'annoncer que, foivant Laveanx. quelques intrigans manifeftsient dans li calonie les detleins los plus
pernicieux, & que le gouvernaue-p@ndeal en éprouvois des
inquiétudes réelles. Cette obfervation m'amône à fixer entn --- Page 36 ---
votre attention fur la ville du Cap, chef-lieu de la
du Nord, & fiège provifoire du gouvernement, C'elt province fur ce
théâtre que vont fe paffer les demniers évènemens
à
vous
que j'ai
raconter pour achever de vous peindre la lituation de
la colonie avant l'arrivée des agens du Direétoire exécutif.
J'emprunterai quelquefois dans mon récit les
du gouverneur Laveaux pour mieux caractérifer les expreflions
& les chofes.
perfonnes
Dès le 24 nivôfe an IV, date de fa première lettre all
préfident du comité de falurpublic, Laveaux trace le tableau
des défordres actuels de la ville da Cap & de ceux
grards encore qu'il entrevoit dans l'avenir.
plus
C Il exifte ici, dit-il, de mauvaifes têtes
travaillen:
9 faire naître l'indipendance,
qui
à
publient
la
2> aucun befoin de la France. citerai que
colonien'a
2> chef de brigade du premier régiment Rodrigue des
( blanc),
21 C'eft laiqui fe montre chef de ce parti. troupes noires.
>) I! exifte d'autres perfonnes qui fe
2> qu'elles ne marcheront
fous les ordres permettent de
de dire
2> les chefs d'un parti qui Qu fotmé, mais
n'ofe Villatte &
a) & Rodrigue elt encore chef de ce parti. qui
éclater:
>> Il exifte,ajoute Làveaux, une jaloufe abominable
P les citoyens de couleur contre les blancs & les
entre
37 citoyens de couleur font au
de
noirs. Les
défelpoir ce
& LL72 d'cux qui foit gouverneur de S.
que cen'elt pas
2> permettent de' dire : C'ef mor
Domingue; ils fe
>> pourquoi rous donner des blancs pays 6 non Pas le fen:
>> miniftrer notre pays? >>
pour gouverners pour adPlus bas il ajoute : ce Les citoyens de couleur ont été
s défefpoir de voir
aul
Tonfiasne-lOmvert tre (noir )
5> grade de général de brigade; & toute
élevé au
> France en a cté enchantée,
Tarmée venue de
parce qu'il a bien combatto.
>7 Tous
de' dire : C'ef mor
Domingue; ils fe
>> pourquoi rous donner des blancs pays 6 non Pas le fen:
>> miniftrer notre pays? >>
pour gouverners pour adPlus bas il ajoute : ce Les citoyens de couleur ont été
s défefpoir de voir
aul
Tonfiasne-lOmvert tre (noir )
5> grade de général de brigade; & toute
élevé au
> France en a cté enchantée,
Tarmée venue de
parce qu'il a bien combatto.
>7 Tous --- Page 37 ---
a Tous les hommes de l'armée de Toulfaint en ont
a enthoufiafmés. >>
été
Laveaux pourfuit & dit: : cc La ville du
eft
92 de tous les troubles, de tous les défordres. Cap
le foyer
Les
chefs font : Legris ( (blanc), fecrétaite du
ptincipaux
>> Binct (E blanc), maître d'école
paycur-général;
32 prêche l'infurreétion roujours fous dangereux, le voile de parce qu'il
tution (1); Perret (homme de couleur
la conftiS fes principes, ayant fait mille fottifes ), dangereux fortes les dans
3>
les autres; Maucomble (homme de plus
unes
s 3: l'amirauté, ayant diflipé & diverti tous couleur), les greffier
>> fa caifle; Pucch (blanc ), homme
deniers de
39 de la commune du Cap,&
turbalenr, procureur -
2)
plus dangereux; Piere-Paal(nois malhenreufamenr par Ià même
3> juré des citoyens blancs, ennemi de :, ancien libre, ennemi
> à fomenter les troubles; Pierre-Antoine l'ordre, & cherchant
fils
s rant & méchant, fe mettant toujours en (noir), ignoavant. 52
Plus haut, Laveaux avoit aufi fignalé le nommé
Duval (blanc), ancien membre de l'affemblée
Léger
juge-de paix du canton du Tetrier-Konge, comme coloniale, I'homme 2
le plas dangereux,
Je fais parler encore Laveaux. eLa ville du
> avoit été gouvernée, depais le 13 octobre Cap, dit-il;
3> départ des commitlaires-civils
le
1793 (jour du
> qu'au jour où je fuis venu y
mon Port-au domicile Prince,)) juf
5>
labcend
une cabale, un parti qui a écrafé fans ceffe les fixe, par
>> tans. Chacun prenoit dans les
de la autres habis c'eft ce quiles a promptement magafins vuidés. On veut Republisues
s le défordre dans la ville du Cap, afin de
on aime
3> ancienne vie de 1793 & 1794, 1e où le continuer cette
5 s'emparoit de tout.
parti le plus fort
i (1) De 1793 fans doute, la feule qu'on connût alors officiellemens
Ssint-Domingae.
Rapport de Marec.
Ç
prenoit dans les
de la autres habis c'eft ce quiles a promptement magafins vuidés. On veut Republisues
s le défordre dans la ville du Cap, afin de
on aime
3> ancienne vie de 1793 & 1794, 1e où le continuer cette
5 s'emparoit de tout.
parti le plus fort
i (1) De 1793 fans doute, la feule qu'on connût alors officiellemens
Ssint-Domingae.
Rapport de Marec.
Ç --- Page 38 ---
99 Le peuple, continue Laveaux, le
cR bon &
s
peuple
trèsbbn, facile a perfuader; & s'iln'exiftuit pas uii
tur9) bulent qui, par le départ de fix on fepr
parti feroit
perlonnss,
totalement anéanti, la tranquillité feruit au Cap.o
Enfin Laveaux ne peut s'empècher > malgré tout ce
qu'il en colite à fon caur, de fignal T le génera! de brigade Villacee 1 homme de cosleur), commandant la ville
du Cap, comme le centre auquel abontiflent toutes les intrigues, comme l'homme que fon parci regrerte de ne
VO r gouverneur - général de la CO onie, conme Ce un hom- pas
99 me incapable de fe conduire lui.même, & fe lailant
95 toujours gouverner par ceux qui le Anttenr, & cui profi3> tent des momens où la raifon n'exitte
lui faire
3> faire des fortifes, & lui faire tenir des plus, pour
propos fedicieux. >>
ce Villatte, ajoute Laveaux, eft brave & 'bon
>> mais il ne petit commarder que dans un cndroit, miliraire;
33 exemple en France, où T'habicade de fuivre Ia loi taic par
s craindre à celui qui s'en écatte, 2E une prompte punition >7,
Telle eft l'efquiffe préfentée par Laveanx de la fituation
du Cap au 24 nivôfe. Ily a delzné la piupart des perfonnages qu'on verra figurer fucceilivement dans les troubles
de cette partic de la colonie.
Ces troubles commencont à éclater au Cap des le 5
pluviofe, Ce jour, an. marin, Laveaux fait arrêter Rodrigue, & fe charge Jni- mêne de le condaire à la geole,
parce qu'en d'autres mains qu'en celles du gouverneurs
général, Rodrigue atrêté cût probablement plutér commandé qu'ober, cc parce que, dit Laveaux, cet homme eft
s) accoutumé à faire des attrorpemens. >>
Quelle étoit la caufe de cette atreftation inattendue ?
Rodrigue venoit de s'abfenter pendant douze jours fans
congé.
Il s'étoit abfenté pour foulever les habitans des
campagnes & des bourgs voitins.- Il avoit tenu de mau-
neurs
général, Rodrigue atrêté cût probablement plutér commandé qu'ober, cc parce que, dit Laveaux, cet homme eft
s) accoutumé à faire des attrorpemens. >>
Quelle étoit la caufe de cette atreftation inattendue ?
Rodrigue venoit de s'abfenter pendant douze jours fans
congé.
Il s'étoit abfenté pour foulever les habitans des
campagnes & des bourgs voitins.- Il avoit tenu de mau- --- Page 39 ---
vais propos all Port-N Margor & ail canton du Borgne. - Il
avoit efiayé de ternir la réputauon du gouveraeur général
& defoidonnarenr, en les accufant d'avoir appelé les Anghus (qai alors en cffct blognoient par iner la ville du
Cap. j
Entn il étoit necctlaire G 'arrêter 11i hemme
aulli dangereux, de le renvoyer en France, & de le fire
févèrement pour l'excmple, - Tels font les motifs de
Ernaed détermination de Laveaur, motifs exprimés dans fa
lettre du - 17 thermidor au miniltre de la matine & des colonies.
Auflitôr que Rodrigue eft arrèté, Laveaux envoie à Villatte, commandan: au Cap, l'ordre de le faire conduire à
bord de la corvette la Venus, & de faire faire fes mailes. *
Le-bruit de l'arreftation de Rodrigue fe répand dans la
place : tous les officiers de fon régiment slaffemblent chez
Villare; ce co man danc Vient :
ell infermer le gouverneurgénéral, & lni dire que tous veulent connoitre les motits de
l'arreftation de Rodrigue. Laverux repond qu'il ett fon accufareur, & qu'il nc doit compte quw'ala Convention nati.nale.
Villarte fort; & fe tranfporce feul & fans efcorte à la maifon
d'arrèr; il 2 fait forrir Rodrigue de prifon. Laveaux n'expliqué
pas fic'eft poar le conduire, fans éclat, à bord de la Vénus,
oa pour faciliter fon évalion. Après quelques pas dans la
ruc, les officiers de Rodrigue l'enlevent des mains de VilJatre, & le conduifent ili ceferne du régiment, où far-lechamp on crie aux armes, & l'on pourfait un officier nommé
Paux, qui n'a pas voalu être du complot.
Un quart-d'heure après, Laveaux voit cntrer chez lui Villatte accompagné de tous les olicturs du premter regiinent,.
de beaucoup de fergens & de foldats, tous fe repandant eil,
propos. en clameurs, tous voulant connoitre le. motirs de
farreftation de leur colonel, tous aunoaçant qu'iiss
feront à fon embarquement.
s'uppoLaveaux réponique toutes les lois défendent les réunions
Ca
être du complot.
Un quart-d'heure après, Laveaux voit cntrer chez lui Villatte accompagné de tous les olicturs du premter regiinent,.
de beaucoup de fergens & de foldats, tous fe repandant eil,
propos. en clameurs, tous voulant connoitre le. motirs de
farreftation de leur colonel, tous aunoaçant qu'iiss
feront à fon embarquement.
s'uppoLaveaux réponique toutes les lois défendent les réunions
Ca --- Page 40 ---
d'officiers; que la force armée ne pouvoit s'affembler
délibérer; que Rodrigue, d'après les lois
pour
commencer
milicaires, devoit
par obéir; qu'il ie rendoir criminel en n'obéiffant pas; qu'eux-mémes fe rendoient
femblement; qu'ils n'avoient qu'i lire les coupables lois, le code par ce rafmilitaire, qu'ils y verroient leur condamnation.
pénal
On réplique à Laveaux C qu'un décret n'eft
une
2 que tout ce qui n'eft pas défendu
la
loi;
>
le code
par loi
fe
que
pénal n'é oit point de la
permis;
a n'yavoit pas de décret qui autorifàr le conftitution n; qu'il
2> embarquer un citoyen, même un militaire, gouverneur à faire
&c. 37.
On fe retire enfuite avec
cris fur ce que le
humeur, > avec menaces, avec des
gouverneur ne retire pas fon ordre contre
Rodrigue.
Le défordre dure jufqu'au foir. A fix heures les citoyens
Faux, Baillet, Laforgue, Defchamps &
officiers du régiment, qui n'ont voulu Gournay (blancs),
a la coalition formée en faveur de
prendre aucune
mander au
Rodrigue, viennent
Re
gouverneur à être mis fous la
de.la
loi. Il les fait conduire à bord de la Venus fauve-garde leur fûreté.
pour
Il envoie enfuite chez Villatte, oir tous les
de
drigue font raffemblés; il envoie
partifans Rode-camp Beaupuis & le commiffaire fuccellivement des
fon aidepour leur donner lecture de toutes les lois concernant guerres Maillard, l'obéiffance & la difcipline militaire. Vaine démarche, les
font éconduits.
leéteurs
A minuit, quatre officiers viennent
au
une pétition tendante à la révocation del'ordre préfenter lancé général
contre Rodrigue. Laveaux répond par écrir
cet
lui
auroit dû commencer
que
Eces
Fénus, d'oà il auroit E2r fondé obéir, a par fe rendre à bord de la
réclamer fa traduétion deYant un confeil de guerre ; que s'il obéit, &: demande des
éteurs
A minuit, quatre officiers viennent
au
une pétition tendante à la révocation del'ordre préfenter lancé général
contre Rodrigue. Laveaux répond par écrir
cet
lui
auroit dû commencer
que
Eces
Fénus, d'oà il auroit E2r fondé obéir, a par fe rendre à bord de la
réclamer fa traduétion deYant un confeil de guerre ; que s'il obéit, &: demande des --- Page 41 ---
juges, cette juftice ne lui fera pas refufée. Après cette réponfe Laveaux attend tranquillement le lendelhain.
Le 6, toute la matinée fe palle, fans quele général apperçoive que fa réponfe ait produit aucun effet. A midi il mande
le général Villatte,d qui il adreffe quelques reproches fur le
peu d'ufage
fair, pour le retour de la tranquillité publique, de EE influence fur le premier régiment, dont il
étoit naguères colonel. Il lui ordonne d'affembler au gouvernement, à quatre heures, tous les chefs de corps de la garnifon, le commandant de la rade, deux officiers de chaque
bâtiment, & l'ordonnateur Perroud.
Cette affemblée a lieu. Lavezux, après un expofé des
faits qui viennent de fe paffer, Pinvite à l'aider de fes lumières & de fes confeils, 8z lui propofe de délibérer fur la
conduite de Rodrigue dans cette circonftance. Tous les membres opinent fuccellivement, 9 & font d'avis que Rodrigue doit
fans heficer obéir ilaloi,& al'ordre du général,quils allimilent à loi; & fe rendre en conféquence à bord de la Pénus.
Néanmoins, fur la propofition d'un membre, on ajourne au
lendemain la délibération, G dans l'efpoir quel le général Vil3> latte aura trouvé dans fa fageffe quelque moyen de faire
s cxécuter l'ordre du gouverneur 39,
Le 7 au matin, les chefs de corps fe rendent fpontanément aux cafernes pour prècher le retour à l'ordre & à la
difcipline. A midi, ils K raffemblent chez le gouverneur
génetal, & lui amnoncent que Rodrigue eft enfin difpofé à
fc rendre à bord, mais que. les. officiers de fon corps s'y
oppofent.
Le général, voulant leur donner le temps de la réflexion 9
& C faire refpecter, dit-il, l'aucorité de la nation dans la
: fienne >, remet aul lendemain 8 la féance du confeil de
guerre quidevoit fe tenir aujourd'hai.
Cc confeil s'uffemble en effet le 8 au matin, chez le
C3
eft enfin difpofé à
fc rendre à bord, mais que. les. officiers de fon corps s'y
oppofent.
Le général, voulant leur donner le temps de la réflexion 9
& C faire refpecter, dit-il, l'aucorité de la nation dans la
: fienne >, remet aul lendemain 8 la féance du confeil de
guerre quidevoit fe tenir aujourd'hai.
Cc confeil s'uffemble en effet le 8 au matin, chez le
C3 --- Page 42 ---
gouvernear. A l'ouvereire de la fance, la municipalits du
Cap, qui fiége dans la miifon da gon
la faile du confeil;& le cituyen Fleury, remement, entre dans
feste quele vocu générai des'cito,ens noir, maire.tepréCD prifon, au lieu d'étre transforéà ciique Rodrigne rfre
bo:d,onc la
poblique eft attachée à Cctte détermination tranquillité
tade cft
; que linqaié.
la ville, cxrrime; que jes neut-es, qui spptvvifi nnent
préfageant deja de nouveaux malheurs, s'
à guirter le port. le maire demande, au nom de prrérent toute la
municipilire, quel le gouverneur gunéral veuille bien
fon ordre & onblier tout ce qui s'uit mfs ce ferale retirer fignai
delapix, delunion 3 de la tranquilice dansla commune,
Le genérat, avant de fe déckier, reconte aux officiers
municipaux tout ce quis'elt paf,& les invite à fe
ler un moment de ler. caractere, &c à donner leur dépouilcomme Gmuples citoyens, amis de l'ordre & des lois. avis Les
manicipaux condefrendent à P'invitacion dn
&
opinent, les uns que Rodrigue doit fe rendre général, à
autres ( Puech eft d ce nombre) que
doit bord, les
en prifon, oà le peuple venoir de le transférer Rodiigue
refter
durée de Ces débars.
pendant ia
Après une courte difcuftion,le général , prenant la
prononce d'abord qu'il oublie tont ce Gui pouvoir parole, y avoir
eu d'irrégubicr dans la conduite des officicrs, fous-officiers
& foldats du premier régiment. Quanr à
Ce
néral, voulant, dit le procés-verbal de Redrigue, le gécette feance, imiter
3> l'empercur Tizus, qui regrettoit une journée,
> n'avoir pas été couronnée par une belle
parce qu'elle
auffi que Rodrigue n'ira point à bord, mais acions, prononce
qu'il reftera en
prifon jufqa'a ce que l'enrier oubli de fa conduite, fon élargilfemenr. 2 & fa réintégration dans fon grade, aient été demandés formeliement par les officicts manicipaux & les 110rables, par les menbres du confeil de guerre
A
les officiers dn premier régiment: demande prefens, le
par
que
annonce
général
au furplus être difpofe a accucillir.
ions, prononce
qu'il reftera en
prifon jufqa'a ce que l'enrier oubli de fa conduite, fon élargilfemenr. 2 & fa réintégration dans fon grade, aient été demandés formeliement par les officicts manicipaux & les 110rables, par les menbres du confeil de guerre
A
les officiers dn premier régiment: demande prefens, le
par
que
annonce
général
au furplus être difpofe a accucillir. --- Page 43 ---
Cette ouverture eft failie avec empreffement ; & à l'inf- 1
tant meme, les demandes font faites par écrit, & accordées
par le gonverneur général.
Ain6 s'eft terminée une affaire qui pouvoir avoir lcs cotiféquencesles plus ficheufes. L'arreftarion de Rodngue, quelque ch foquil faslle penfer de cet oficier, & l'ordre de fa
traduction à bord de la Penus, étoient une veritable déportation prononcie par le général. Cette mefuire avoit toute
&, il faut le dire, tout le c-raétère dece que,
TEs régime, on appeloit un coup d'autorité, & de ce
queler efprits juftes & les amisdela liberté civile ont appelé,
dans tous les temps, un atte arbitraire. En frppant Rodrigue, 2 elle avoit an inconvénient de plus; c'étoit de portcr
frun chef accrédité, fur un chef de partis fuivant Laveaux
lui-mème, &, par conféquent, de provoquer une réfiftance
qui pouvoit être érayée par la défobéiffance des uns. combattue par l'aétion des autres, & marquée par l'effulion du
farig de tous, & par une nouvelle dévaftation, un nouvel
incendie de l'infortunée ville du Cap.
Iaveaux prétend avoir prévenu tous ces malheurs par le
pardon accordé à Rodrigne & aux ofticiers du premier régiment des troupesfranches, & s'applaudit d'avoir faic folliciter
ce qu'il étoit déja difpolé à offrir.
Il dit dans fa lettre : cc Le complot étoit formé; il falloit
3 un motif pour fe foulever, pour foulever le peuple. On
s croyoit
j'allois employer des moyens de rigueur; on
95 le antrde on l'artendoit. J'ai déjoué tous les projets
9> perfides, en mettant la municipalité & les officiers dans
s l'intention de me demander la grace de Rodrigue CC
3> qu'ils ont fait; & s'ils l'ont fait, c'eft qu'ils attendoient
3 un refus formel, fuite de mon ancienne fermeté. Quel a
s été leur étonnement & leur furprife lotfque j'ai prononcé
33 que Rodtigue fortiroit de prifon & que j'oublierois fon
C4
joué tous les projets
9> perfides, en mettant la municipalité & les officiers dans
s l'intention de me demander la grace de Rodrigue CC
3> qu'ils ont fait; & s'ils l'ont fait, c'eft qu'ils attendoient
3 un refus formel, fuite de mon ancienne fermeté. Quel a
s été leur étonnement & leur furprife lotfque j'ai prononcé
33 que Rodtigue fortiroit de prifon & que j'oublierois fon
C4 --- Page 44 ---
erreur. 9 fon manquement à la loi!
93 je dois le dire
Oui, malheureufemene
2 les trois quarts des
95 de
leurs noirs
vifages en ont pâli
>> j'en ESI averti du
projets par la étoient échoués...
matin, & mon
> tout fait. >>
plan de pardon étoit
Laveaux ajoute : e On avoit
3 faires de quartier.
Le déja nommé des commif53 ainfi que les viétimes
meurere étoit déja préparé 3
33 appris à conmoître les méchans délignées, & .
Cette journée m'a
leurs noirs complots. *
Cette alfertion énoncée par le
une portion des habitans du Cap, général eft
Laveaux contre
dois le dire, elle eft répétée
le
très-grave; mais, je
Perroud dans Ia lettre qu'il par connutaneordonnaster
fur les événemens arrivés écrit au miniftre le 13 pluviôfe
mois,
au Cap les 5, 6,7 7 & 8 de ce
Cet ordonnatenr s'accorde auffi avec Laveaux fur
radtère , l'allure, les vues, les manaeuvres les
le Caperfonnages défignés par ce général comme >
noms des
faral fyltéme
partifans du
des
d'indépendunce, J comme ennemis de l'autoriré
d'anarchic. blancs. Il comme fauteurs de difeonle, de troubles &
les circonftances invo.que des derniers auprès du miniftre 2 fur la réalité &
événemens, le
capitaine Defagenaux, commandant la Vénus, témoignage de
du
ciers, de la dépuration du général Touffaint & du fes offiHennique, premier
ciroyen
en France fur ce bâciment. aide-de-campdus gouverneur,
qui paffoit
c Au furplas, 9 s'écrie Perroud dans la
$ comment le Cap feroit-il calme &
même lettre, ,
3> fe pourroit-il que les lois y fuffent tranquille s comment
s torités refpeaées, quand le moteur cxécutées de
& les aulsI Saintl'auteur de
tous les maux de
Domingne,
tous les
58 commis, elt dans fon
crimes qui sy font
>)
concert avec le traître fein, Pinchinnat. . : qui, de
99 commiffaire
Montbrun, a voulu affaffiner le
Sonthonax. : Pisehinnut, qui, d'accord
fe pourroit-il que les lois y fuffent tranquille s comment
s torités refpeaées, quand le moteur cxécutées de
& les aulsI Saintl'auteur de
tous les maux de
Domingne,
tous les
58 commis, elt dans fon
crimes qui sy font
>)
concert avec le traître fein, Pinchinnat. . : qui, de
99 commiffaire
Montbrun, a voulu affaffiner le
Sonthonax. : Pisehinnut, qui, d'accord --- Page 45 ---
sp avec Montbrun, 3 a vendu & livré aux Anglois & aux
99 émigrés la fuperbe ville du Port-au-Prince.
e Pin99 chinnat
en ce moment même, fe flatte encore de
tromper
& ne
T'i
France,
craint pas d'y porter fa tête
3> coupable ? 9
Telles font les expreflions enflammées de l'ordonnateur
Perroud fur ce qui concerne
&, à cet
le
Pinchinnat;
égard,
gouverneur fignale Pinchinnat fous le même rapport de
complicité avec Montbrun, atl crime près d'avoir tenté l'affaflinat de Sonthonax (fait dont Laveaux ne
) 1 ;
mais il le peint comme le principal fauteur des parle
aétuels
etabls
de la colonie, & comme dévoré d'une ambition démefurée.
c Depuis un mois que les nouvelles cabales ont recom
>9 mencé, dit Laveaux, je les attribue aul féjour de Pins chinnat au Cap L'orgueil
domine Pinchinnat
32 le porte à defirer à être diétareur 2 la colonie. J'ai étudié
>> fa conduite 9 & avec vérité je puis dire
la
>> colonie. >
qu'il perd
Qu'étoit-ce donc que Pinchinnat ? Je n'ai point, dans les
pièces dont je préfenre ici l'analyfe, des notions précifes à
offrir fur cet individu. Vanté commne un
& comme un
héros de la liberté par les hommes de couleur, fage Pinchinnat
eft repréfenté comme un traitre, 2 comme un ambitieux,
comme un feélérat, paric gouverneur Laveaux,l'ord onnateur
Perroud & leurs partifan.. Au fiurplus, on peut fe
que Pinchinnar, homme plus inftruit que ne le font ordinaire- rappeler
ment ceux de fa couleur, 2 joué un rôle important dans la
révolution à Saine-Domingue, & qu'il a figuré notamment
dans l'affaire des fameux concordats arrêtés en
entre
les citoyens blancs & les citoyens de couleur dans 1791, le
del la Croix-des Bouquers,
bourg
Jai obfervé plus haut que les quatre commandans, pro-
fiurplus, on peut fe
que Pinchinnar, homme plus inftruit que ne le font ordinaire- rappeler
ment ceux de fa couleur, 2 joué un rôle important dans la
révolution à Saine-Domingue, & qu'il a figuré notamment
dans l'affaire des fameux concordats arrêtés en
entre
les citoyens blancs & les citoyens de couleur dans 1791, le
del la Croix-des Bouquers,
bourg
Jai obfervé plus haut que les quatre commandans, pro- --- Page 46 ---
mus, par le décret du 5 thermidor an 3, aux grades de
gén-ral de brigade, avoient, fur leur demande, eteautorifés
pac le gouverneur général Liveux à nommer & à enyoyer
Aoconadiutaparinahan dla Comyantigsmationalz pour lui
ténroigeer leur reconnoilance & lai rendre compie de leurs
epétations & de la Stuacion politique & militaire de leurs
arronilifemens refpcétifs.
Les ginéraux Beauvais & Rigand avoicnt nommé en
commun à cet effer les citoyens Punchbunat, homme de
couleur, Sala, bianc, & Fontains, J noit.
Ces truis commiffaires s'étoient rendus au Cap pour de Jà
partir porr France, far ia corvette ia Vénus, avec les
commilliires de Villatte & de Tusfiac-lOnverure,
IY avoit deux mois qu'ils étoient dans cétte ville
Jorgse, le 14 pluviofe au matin, les citoyens
Salas & Fontaine, qui étoienc logés chez le général Pinchinnaty Villarte,
écrivent a gouverneur qu'ns ne peavent envoyer leurs cffets
a bord de la corvette qui cit for fon départ. nis'y embarquer CUx mêmcs, avant d'avoir reçu les nouvelles inftructives
gu'ils artendent journellement des généraux Eeauvais &
Kigaud, leuts commettans.
Cetre réfolution inattendue étonne
de ces trois hommes au Cap, & lcur Laveanx,dquile demeure chez Vilatre, féjour
RE: canfent déjà que trop d'inquiétude & d'ombrage. Ilintifte
Four Jes faire partir 9 alléguant à CCt effer les intentiens
formellement expriméus de leurs commettans. Les citoyens
Finchinnat , Sala & Fontaine offrent de remetire aul capitoine Defagennu: tous lcs paquets dent ils s'étoient chargés
pour France, & perfiitent à refter au Cap pjufqu'ala réception
des ordres militaires des généraux Beauvais & Rigaud.
La vcille, Villatre avoit auffi écrit à Laveaux pour lui
annoncer qu'il reti:oit au ciroyen Henique, premier aidede-camps du gouverncur, les pouvoirs quilini avoit donnés
chinnat , Sala & Fontaine offrent de remetire aul capitoine Defagennu: tous lcs paquets dent ils s'étoient chargés
pour France, & perfiitent à refter au Cap pjufqu'ala réception
des ordres militaires des généraux Beauvais & Rigaud.
La vcille, Villatre avoit auffi écrit à Laveaux pour lui
annoncer qu'il reti:oit au ciroyen Henique, premier aidede-camps du gouverncur, les pouvoirs quilini avoit donnés --- Page 47 ---
de le repréfenrer auprès de la Convention nationale, obfervant que, quand il jugeroit à piopos <G d'envoyrdes com-
>> mitaires pour aller inftruire la France de la ficuation du
> Cap,ileijsegeniroin le géneral. >)
Certe dérrmination n'avoit pas perr affligé le généralLa
vea:x. Quand il voit qu'elte. cit immédnatenent tuivie de
cuile des citoyens l'inchinnar, Sala & Fontaine, il ne peut
s'empocher dy reconnoire l'effet d'une vérit.ble cealition
cntte les premières autorités du Cap & COIl re la tranquslicé
publique. Cette conjedture fe fortifie par une autre circonftance; c'eft, faivant l'expreflion de Laveaux,, <s la réunion
>> datousles mauvais fujets blancs aux mauvais fuiets mil-
>> lâtres. Iis cherchent tous, dir-il, à faire naitre l'idée de
>> Tindézendance. Ces mauvais fujets blancs tiennent . les
3>
propos les plas indécens, entre autres Rodrigue quis'eft
3> mis de dire: Mon feul regret ef d'éere né blanc. atias
3> La colonie ne fera en paix que lorfgu'sile fera gouvernée par
>> II2 mulctre.
3> Voill, ajoute Laveaux, les abfurdirés que l'on pro-
)) page. Deli vient la haine pour les blancs de la partdes
5 mulatres; car le noir aime le bianc & beancoup, & le
3> chéric, a grande contance en Ini; & fans le blanc, le
) mulâtre feroit facrifié par le noir. Il faut le blanc pour
% maintenir la ba ance entre les deux >).
Pour ne laiffer aucun doute fur la haine dcs hommes
de couleur contre les blancs à cette époque - Laveanx
rapporte de Villatte un trait qui fe trouve confrmd dans
un mémoire de Vial-Grandet, chefde bataillon alors en
rélidence au Fort-Dauphin.
Le 9 pluviôfe arrive aul Cap un bateau efpagnol portant 200 Français, troupes blanches 7 fortant des prifons
d'Efpagne, i la ceffacion des hoftilirés. Ces malheureux
avoient été prifonniers de guerre pendant deux ans. Après.
uie fi longue captivité, ils avoicit licu de compter fur une
un mémoire de Vial-Grandet, chefde bataillon alors en
rélidence au Fort-Dauphin.
Le 9 pluviôfe arrive aul Cap un bateau efpagnol portant 200 Français, troupes blanches 7 fortant des prifons
d'Efpagne, i la ceffacion des hoftilirés. Ces malheureux
avoient été prifonniers de guerre pendant deux ans. Après.
uie fi longue captivité, ils avoicit licu de compter fur une --- Page 48 ---
bonne réception all Cap: ils font blancs, cela fuffit. Villatte
qui commandoir dans la place en l'abfence du
qui s'étoit renda le matin du même jour
gouverneur, la
mune du
dans
comBorgne > pour arrêter par fa préfence un commencement foldats
d'infurrection, Villatte prononce que les 200
les français ne mettront pas pied a terre ;
ne veur
pas
y voir jufqu'à l'arrivée du général Laveaux. qu'il Ce
verneur, inftruit de cet ordre barbare
gouvenir du
2 s'emprelle de rèBorgne - fait mettre les 200 hommes fur deux
goëlertes s & les fairconduire au
ou ils
voient être bien traités.
Port-de-Paix,
deCC Mille propos ont été tenus fur
dit
a parce qu'ils étoient
eux,
Laveaux 9
blancs. .
Toute
> infame envers les blancs eft
de cette conduite
>3
Viliatte, Rodrigue,
l'ouvrage
Pinchinnat,
Leger-Duval,
Perrer, Pinor, Dinet.
Daumec, Durand,
2 Ah! comment, s'écrie Laveaux, maintenir
>> difcipline dans un lieu où l'on fe
de la paix & la
SP lorfqu'on fe croit léfé le
permet
précher que
des
3)
plus faine
devoirs
P'ufarredion > ?
eft
Cette maxime prèchée au
fans exciter
tion
dans
Cap,
l'indignala publique
un moment où l'on pouvoir y connoitre
conftitution de 1795 & les ptincipeside
& de
modération qui animoient depuis
juftice le
ment
de la
long-temps gouvernemétropale cette maxime fi dangereufe
feule la mefure des défordres & des excès
donne
voient fe livrer les faétieux fignalés
le auxquels pougénéral.
par
gouverneure
Ils ne tardent point en effet à manifefter ce defir
novation dans le gouvernement de la colonie ce
d'in-
>
fyftème
d'indépendance, ce mépris pour l'autorité des
leur reprochoit Laveaux. Ils fc
blancs, que
verneur & l'ordennateur Perroud, portent enfin, contre ce
ici une véritable
aux derniers attentats.
EU
caraftrophe, un dénouement tragique dont
général.
par
gouverneure
Ils ne tardent point en effet à manifefter ce defir
novation dans le gouvernement de la colonie ce
d'in-
>
fyftème
d'indépendance, ce mépris pour l'autorité des
leur reprochoit Laveaux. Ils fc
blancs, que
verneur & l'ordennateur Perroud, portent enfin, contre ce
ici une véritable
aux derniers attentats.
EU
caraftrophe, un dénouement tragique dont --- Page 49 ---
Ia réalité n'eft point conteftée, & qui donne de la vraifemblance aux affertions étranges énoncées
Laveaux
& Perroud fur les difpofitions d'une portion par des habitans
du Cap & fur les manceuvres & les intentions des Cabaleurs.
Le 30 ventôfe, a dix heures du matin, le gouverneurgénéral Laveaux étoit dans fon cabinet, occupé avec l'ingénieur Galley d'objets relatifs aux fortifications de la COlonie, Il faut ici laifler parler le gouverneur lui même.
Cc On entre chez moi, dit-il, par deux côtés
e à linftant ma chambre eft remplie d'hommes. différens; Je
32 demande ce qu'ils veulent; ils me répondent : Ce leur
32 voir >, Un nommé Bauftière me lance uin coup de Tuvas
9 dans la tète; je pare le coup;je le renverfe. Un poing autre
> faute deffis moi ; tous alors m'accablent des fottifes
92 plus groflières. On veut m'enlever de chez moi.
les
Jc rélifte
pendant une demi-heure, Enfin ces fcélérats
39 blent de coups & me trainent dans un cachot. m'acca3> J'arrive à la geole : quelle fut ma
> auffi mes aides-de-camp &
furprife d'y voir
a lefquels ont tous été accablés Frefinec de
2 adjudant-général, de
coups
bâtons !
32 Cette farprife fut bien
grande encore
95 prenant que Perroud
venoit d'être : en aps dans
trainé
Nusleze
un autre cachor,
>> On m'enferme fous cadenats , feul &
N les autres on amène après
éloigné de tous
>9 niers. >
pluficurs autres prifonIl faut maintenant entendre Pertoud raconter
même les circonftances de fon
auffi luide Laveaux.
emprifonnement & de celui
6 J'étois occupé des opérations qui me font confiées;
nant que Perroud
venoit d'être : en aps dans
trainé
Nusleze
un autre cachor,
>> On m'enferme fous cadenats , feul &
N les autres on amène après
éloigné de tous
>9 niers. >
pluficurs autres prifonIl faut maintenant entendre Pertoud raconter
même les circonftances de fon
auffi luide Laveaux.
emprifonnement & de celui
6 J'étois occupé des opérations qui me font confiées; --- Page 50 ---
59 lorfqu'une horde de mulâtres fe
5> m'attache des bras de ma funrle précipitant far moi,
3) du nom du Feuple français,
ep oréc, x u'entrane,
male mes
>> demander la munreipalité pour faire
invocauons a
>> for mes papiers crainre d'ininélité & appefer les fcel és
>> mander cnhn
de furpiife, à deque je falle mene chez le
>> mes follicitations fureut vaines, je fuis faiti gouverneur :
22 je me débarratle ce Tandacieux
par le bra :
3> main fur mn2 perfonne; mnis
gui avoit ofe prter la
cédun: à ia
3> fuis triné & jeté dans un cachot, avec défenfe multitude, je
> muniquer, d'écrire, & de pouv. Dir
de co:n9> inforunée femme a fuccombe i
m'informer ii 11 on
ce dernier
32 voionté du peuple du Cap, difeat ces
coup. Voila la
>>
bandits, manifeltée
Par trente ou querante fuppors de la conjuracion.
92 Seal, & mon caur rempli de ce défor.dre
n vois à travers de dubles grilles de fer
affreux, je
>> mon polte, conduire dans la même qui me féparent de
32 Cn chef, ladjoint à ladjulant-major de prifon lingénieur les
>9
Farmée, quatre
aides.le-camp du générai, & Pun des officiers
>> de la République.
de fanté
Jappeends que le
5> 2 été, prefguc la méme heure affilis goaverm.ur-gendtal chezlui
>> portion dc c-ux qni avoient déjà violé mo11
par une
3> prends que ces tigres altérés de fang avoient afyl:; fap3> mains fcerileges iur da perfonne du
porté leurs
3>
République;
repréfintant de.la
japrtends qa'ils l'ont mutilé de
5> bâton, gu'on lui a arriché fes cheveux blancs, coups de.
>>
peas fur pluficurs parties de fon corps; &
déchiré tronvé la
>2 ce chef vértueax occupe avec Pingenienr go'ayant en chef furla
>> streté des forritications, ils l'avoient trajné en
32 nu-picds, na-iète, men Çunt fes jours,
chemifs,
s d'invoquer la municipalité à laquelle i rendoit l'empechuant en vain
$2 bras, &, dans cct diat, l'avoient pré
des
ipité dans ull
>> cachot qui le féparvit de moi par deux cours. >> autre.
Que faifoit pendant Ce temps la menicipalité dn
Le burcau municipal étoit réuni a la maifon commune. Cap? Il
ritications, ils l'avoient trajné en
32 nu-picds, na-iète, men Çunt fes jours,
chemifs,
s d'invoquer la municipalité à laquelle i rendoit l'empechuant en vain
$2 bras, &, dans cct diat, l'avoient pré
des
ipité dans ull
>> cachot qui le féparvit de moi par deux cours. >> autre.
Que faifoit pendant Ce temps la menicipalité dn
Le burcau municipal étoit réuni a la maifon commune. Cap? Il --- Page 51 ---
eft informé par la voix publique-de Pagitation extrême qri
femanitutte, &: de mouvement populaire & inattendu qui
s'opère & prend tous les caradtires diune infurcélion. <c Il
3> n'en conncit pas encore les véritables motifs; il fait fou3> lement que les chefs fapérieurs manguent à leur pofis
>) mais iligaore dans guel hiendafesroavmer ci ce momnent. n
Lo bureau, confiuérant que fon premicr devoir eft de maintenir par tous les moyeus la tranquilité publique, prend
un arrèté pour réquérir le générai de brigade Villatte < de
>, fe mettre Fur-le-champ ci allivité de forvice pour allurer
cette tranquillité dans la ville S: dans la banlieue. ))
Le confeil général de la commune s'afemble de faite,
cxraordinsirement, au licu de fes féanccs; inais le peuple
s'y allembl: aufi en foule, &, avant qu'on entame ali
cune. délibération, réquiert, ou plutor crige que la manici-
-palité falle appufer les fceliés fur les papiers du gouverneur
& de l'ordonnateur, fur le tréfor, fur les chambres & les
écourilles de la corvette la Iiaza qui étoit en rade, far le
magalin de T'Etar, en illi mot, fur tous les dépôts publics,
3 Ces mefures font arrêtées fur-le-champ, mais forciment,
par.le confeil qui déclare ne ponvoir deliberer, Vi Za VO21 lonté alfolue. du peuple gui diële. :
21E Le confil atrêtc de'cette manière d'atitres mefures de furveillance & de précaution jngées indifpenfables parle Feuple
delibérint, telles que, 10, Tenvoi d'ine adreffe à toutes les
manicipalités de T'atrondiffement pour les inftruire du mouvement qui a eu lieu, & les inviter à chvoyer un Ou deux
de leurs membres aut Cap pour avifrau bien genéral;
a. Ladjondaon des nommés Binet & Legris au confeil
pour l'aider dans la rédacion des dépèchcs, écc.
97 3°. Une réquifition formelle aii général Villatte,
3>
quipar
fon grade remplace de droit le gouvernenr Laveaux
par
alfence Oi cutrement 3 une réqutition de s'afurer Ge la
a eu lieu, & les inviter à chvoyer un Ou deux
de leurs membres aut Cap pour avifrau bien genéral;
a. Ladjondaon des nommés Binet & Legris au confeil
pour l'aider dans la rédacion des dépèchcs, écc.
97 3°. Une réquifition formelle aii général Villatte,
3>
quipar
fon grade remplace de droit le gouvernenr Laveaux
par
alfence Oi cutrement 3 une réqutition de s'afurer Ge la --- Page 52 ---
rade & autres poftes des environs, &
la corverte la Hiana, &c. 3>
particulièrement de
Le confeil, docile aux volontés du
de la portion du peuple ), affemblé tet la falle ( oufplurôt de fes
délbérations, le requiert à fon tour collectivement & individuellement cc de déduire par écrit les
20 à cet acte de force vis-à-vis le
griefs qui l'ont porté
> à quoi, ditle procès-verbal, gouverneur & l'ordonnateur:
tous les
ont
>> que ces deux chefs avoient perdu la citoyens
répondu
22 6 que le peuple déduiroit fes griefs en confance publigue 3
temps 6 licu. 2>
A l'inftant le confeil reçoit une lettre du citoyen PierreMichel, noir, chef de brigade commandant le troifième
régiment des troupes noires oi franches, & le
portant du Haut-du-Cap. Piene-Michel,informe de pofte l'arr:f- imtationinattendue dugouverneur &
à en connoître les motifs, & le demanded'une dellordonnateur, demande
fante.
manière prefLe confeil arrête qu'il fera répondu fur-lecommandant Pierre-Michel.
champ au
Cet officier avoir étéinftruit de l'évènement par le
PEveillé, autre noir , chef de brigade aul deuxième citoyen
ment des troupes franches, & commandant en cette régilité la place du Cap, fous les ordres de Villarte, En même quatemps que l'Éveillé infcruifoit Pierre-Michel, il
fes
mefures pour éclairer fes propres officiers & fon prenoit
fur la vérité des faits, fur les noires intentions régiment
pofe à Villatte & à fon parti, fur la néceffité de leur quil fupune vigoureufe réfiftance.
oppofer
Pierre-Michel inftruifoir de fon côté tous les
dans des poftes extérieurs de ce qui fe palloit au comman- Il
tranfmettoir en même temps cet avis au général
Cap.
l'Ouverture a fon quartier-général.
ToullaintQuant à Villatte, invsfi, par le fait de la réquifition
populaire 2 --- Page 53 ---
populaire, de toute l'autorité de la place de gouvernetir-géndral, il'n'en ufe pas pour faire celfer la détention arbitraire
du véritable gouverneur & de
il fe
à prendre les mefures de fûreté Tordonnateur; & de prévoyance reftreint
dans la réquifition : il donne à cet effet pluficurs indiquées ordres
par écrit, notamment à Beaubert, commandant à la PetiteAnfe, & lui ordonne de tenir toutes les troupes en armes &
prêtes à marcher.
Informé des tentatives du chefde brigade
>>
l'Eveillé,
cherche à augmenter, dit une lettre de Laveaux du qui
52 prairial, les forces de fon régiment, il fait mettre
fûreté Tordonnateur; & de prévoyance reftreint
dans la réquifition : il donne à cet effet pluficurs indiquées ordres
par écrit, notamment à Beaubert, commandant à la PetiteAnfe, & lui ordonne de tenir toutes les troupes en armes &
prêtes à marcher.
Informé des tentatives du chefde brigade
>>
l'Eveillé,
cherche à augmenter, dit une lettre de Laveaux du qui
52 prairial, les forces de fon régiment, il fait mettre à la geole le 1er, germinal.
l'Eveillé
) Informé pareillement, dit la même lettre, du
39 Pierre-Michel, qui avoit déja réuni plus de dix projet de
>9
hommes pour la delivrance du gouverneur & de
mille
>) nateur, Villatte fait battre la générale, le même l'ordon-
)) 10r, germinal, à quatre heures du foir. [1 fair
jour
3> cent fulils de plus à fon ancien régiment (le diftribuer
39 régiment des troupes franches commandé
premier
3> plus de deux mille cinq cents cartoaches par & Rodrigue), une
3> quantité de gargouffes, pour repouffer tous
grande
x Laveaux, qui vouloient nous délivrer.-
ceux, ajoute
L'emprifonement de l'Eveillé caufe unl mécontentement
général dans toute la garnifon. Les menaces de fou
qui s'étoit emparé de l'arfenal & des poudrières, régiment, forcent
Villarte à mettre, une heure après, ce chef de
liberté.
brigade en
Le confeil général de la commune étoit en ce moment
affemblé & entouré d'ane multitude confidérable,
national Puech y prononçoit un difcours analugue à L'agenr la circonfitance; difcours oir, tout en effayant
de
& même du refpedt pour la perfonne & le d'infpirer caractère de linrérêt chacun
des deux chefs de la colonie, l'orateur les
pables.
fuppofoir couRapport de Marec.
D
général de la commune étoit en ce moment
affemblé & entouré d'ane multitude confidérable,
national Puech y prononçoit un difcours analugue à L'agenr la circonfitance; difcours oir, tout en effayant
de
& même du refpedt pour la perfonne & le d'infpirer caractère de linrérêt chacun
des deux chefs de la colonie, l'orateur les
pables.
fuppofoir couRapport de Marec.
D --- Page 54 ---
5o
C Hier, dit-il, vous avez arrêté Laveaux &
5s vous les avez confignés dans la maifon d'arrét. Perroud, Pour &
>> votre volonté feule fit la loi Ce grand cffet a cela fans
35 doute des caufes qui peuvent Etre légitimes.
32 vos amis 2 comme vos pères, vOs
Mais, fe comme
9> obligés de vous faire fentir aujourd'huice magistrats,
croient
32 pas fenti
que vous n'avez
hier,
.
.
e
>> .
. . Oui, citoyens, quelles que
les .
> Laveaux 6
foiene fauces de
Perroud, nous leur devons fecours &
22 tion.. e .La municipalité va donc délibérer prorec5
fur les moyens de leur accorder la liberté, fauf librement à
>2 citoyen à donner par écrit à la municipalité les chaque
>> peut avoir contre eux, &c. >2
griefs quil
ee Point de liberté pour eux, point de diétature, s'écrie
2> orateur de la multitade, qui fe conftitue ainfi
ln
3) peuple; nous nous y oppofons, & nous
l'organe du de
>) tour. La tyrannie eft à fon comble.
répondons
>2 voquez la formation des corps adminiftratifs Magiftrats, &
>> provifoires, & nous
uatatien
faurons par ce moyen aulli
9>
l'intérieur que le défendre contre les ennemis, &c. bien régir
Sur quoi le confeil, après avoir obtenu de la multitude
qu'elle fe retireroit, confidérant entre autres chofes que cette
partie de S.-Domingue eft encore fans organifation de
voirs conformes à la conftitution ( de 1795), ce qui entre- poutient le peuple dans un état d'agitation & de révolution
eft impollible, dit-il,d'arrérer; confidérant
le
qu'il
ment qui vient de fe manifefter ne peut êrre que
mouveec comme Z72 mouyement poputaire abfolument envifagé
>>
général,
prend fa
dans
e
fource
l'article 35 de la conftitution de
> Pan 2 de la République, la feule officielle qui ait été en-
) voyée a-Dominguen; le confeil décide que
arrètées garderont la maifon d'arrér, pour leur sûreté lesperfonnes perfon
nelle, fous la furveillance de la municipalité. Il arrêre en
même temps d'envoyer deux de fes membres à la maifon
>>
général,
prend fa
dans
e
fource
l'article 35 de la conftitution de
> Pan 2 de la République, la feule officielle qui ait été en-
) voyée a-Dominguen; le confeil décide que
arrètées garderont la maifon d'arrér, pour leur sûreté lesperfonnes perfon
nelle, fous la furveillance de la municipalité. Il arrêre en
même temps d'envoyer deux de fes membres à la maifon --- Page 55 ---
d'arrêt pour procurer aux détenus tous les fecours
l'humanité & le caraétère dont ils font revêrus. qu'exigent
Cependant Pierre-Michel avoit raffemblé 2utour de lui
plufieurs chefs noirs & leurs troupes: Jean-Pierrot,
dant au Port-François; Barthelemi, commandant du comman- Limbé;
Joféph Flaville, commandant à PAcul;
ancien
de noirs infurgés, au fervice de T'E(pagne, Gagnet,
chef
tièrement dévoué à la
aujourd'hui enMondion,
République, avec toute fa
commandant à . . . . ; rous ces braves troupe;
doient que le fignal
voler à la délivrance du
n'atten-
& de l'ordonnateur Rente la colonie.
gouverneur
Le général Toufin-/Oaverure s'éroit
avis, mis en marche pour le même
aufli, au premier
10,000 noirs.
objet, avec un corps de
Le confeil général de la commune s'étoit raffemblé à
heures. Il reçoit une lettre foufcrite des commandans
fix
Pierre- Micliel, & auties chefs réunis au haut du Pierrot,
demandent la liberté de Laveaux &: des autres détenus Cap. Ils
connoiffance des crimes qu'ils ont commis.
> ou la
Le confeil arrête qu'il fera répondu à cette lettre de
nière la plus fatisfaifante, &c charge deux de fes la mad'aller fraternifer avec les chefs cantonnés au haut dû membres
au Port-François, & d'employer tous leurs efforts Cap &
pécher une défunion que tout paroit annoncer
pour emchaine.
comine proA une heure après minuit, le général Villatte
confeil, & donne connoiffance d'une nouvelle lettre entre au
mation de Pierre-Michel,
ou fomfement
par laquelle ildemande
que L.aveaux & fes co-dérenns foient
impérieudès neuf heures du matin au haut du Cap. élargis &rendus
En cas de refus, Pierre-Michel & fes
prèts à marchcr contre la ville, & à fe compagnons font
extrémités.
porter aux dernières
D 2
après minuit, le général Villatte
confeil, & donne connoiffance d'une nouvelle lettre entre au
mation de Pierre-Michel,
ou fomfement
par laquelle ildemande
que L.aveaux & fes co-dérenns foient
impérieudès neuf heures du matin au haut du Cap. élargis &rendus
En cas de refus, Pierre-Michel & fes
prèts à marchcr contre la ville, & à fe compagnons font
extrémités.
porter aux dernières
D 2 --- Page 56 ---
Le confeil arrête d'envoyer
députation à Pierre Michel
fur-le-champ lui
une nombreufe
paix & concerter avec lui des pour melutes porter de des paroles de
nérale.
réconcilation géIl fe raffemble dès fept heures du matin, le
délibère àhuis clos fur les circonftances
2 germinal;
la commune, & fur la nature des critiques où fe trouve
amenées; convoque enfuire
évènemens qui les ont
leur adreffe,
tous les citoyens à neuf
par l'organe de l'agent
heures;
tions fur le
national, des repréfentaqu'ils s'en danger que court la commune, & fur la néceflité
de conjurer rapportent entièrement à leurs magiftrats du foin
lorge & de rérablir la
T'union & Pharmonie entre tous les habitans. tranquillité publique,
Tous les citoyens préfens s'écrient, d'une
qu'ils s'en rapportent à tout ce que fera la municipalicé. voix unanimes
la Le confeil faifit ce moment du retour de la malitude
raifon, & déclare à l'ananimité
les
à
verneur & de l'ordonnateuf ont été que
fonétions du gou-
& leurs perfonnes, ainfi
celles Emala.propos fufpendnes,
attachés, aufli
que
des officiers qui leur font
porter
mal-3-propos arrétées. Il délibère de fc tranffar-le-champ en corps à la maifon d'arrêr
faire
élargirles détenus.
pour
Et en effet, le confeil tour entier s'y rend à
& ramène le gouverneur,
l'inftant même
fonnes, dans la falle des délibérations l'ordonnateur & les autres perAprès des difcours & des proteftations
conflances, des invitations faites
analogues aux cirteur de reprendre l'exercice de aux leurs gouverneur & ordonnaprovifoires de la colonie & les
fonétions 9 les chefsconduites
perfonnes de leur fuite, font
(olemnellement à Thôtel du
tégrés dans leurs demeures.
gouvernement, & téintefte Leconfeil-général, rentréau lieu de fes
contre toutes les mefures arrêtées délibérations, lui
du3o ventôfe.
par
dans la "etcs
teur de reprendre l'exercice de aux leurs gouverneur & ordonnaprovifoires de la colonie & les
fonétions 9 les chefsconduites
perfonnes de leur fuite, font
(olemnellement à Thôtel du
tégrés dans leurs demeures.
gouvernement, & téintefte Leconfeil-général, rentréau lieu de fes
contre toutes les mefures arrêtées délibérations, lui
du3o ventôfe.
par
dans la "etcs --- Page 57 ---
Le gouveneur-général & l'ordonnateur, après avoir reçu
de tous les bons citoyens des témoignages publics de fatisfaétion & de dévouement, & donné leurs loins aux affaires
importantes, fe rendent au haut du Cap pour embraffer leurs
libérateurs.
Ils arrivent au haut du Cap, le 5 germinal, avec le projet
d'y pafler plufieurs jours
laiffer rala ville le temps de fe
rétablir de la fecoufle qu' ate venoit d'éprouver,
Dans la nuit du 5au 6 germinal, Villatte quitte le Cap,
accompagné des citoyens Benjamin, Allers s Defcoubet s
Daumec, 3 Bicn-aimé Girard, Chervain, Mali, & Jeannoe >
commandant en fecond de Maribaroux, qui avoit une efcorte
d'environ dix hommes.
Plufieurs des autres partifans de Villatte, & notamment
Leger Duval, qui lui avoit fervi de fecrétaire pendant la
durée de fon pouvuir provifoire, Poirier, Laignoux,
Lobis & Binet, font arrêtés & conduits à bord de la Legris, Hiana.
Les autres fe cachent, s'enfuient, ou font comprimés. Rodrigue, avec tous les officiers & fous-officiers de fon régiment,
jure devant la municipalité obéilance aux lois & aux autorités
conftituées, fidélité àla République, & dévouement aux chefs
dela colonie. Pinchinnat, Sala & Fontaine, ne paroiffent pour
rien dans toute cette affaire. Le calme fe rétablit infenfiblement dans le Cap.
Ainfi cette malheureufe ville, qui fortoit à peine des'ruines
du 20 join, mais qui confervoit dans fes murs les fermens
de la plus hideufe anarchie, alloit s'anéantir pour jamais fous
les coups de ce monftre, fic quelques hommes francs & droits
comme la nature, dont ils font encore voilins, G quelques
çhefs noirs, naguère efclaves, naguère ravalés à la condition des brutes, aujourd'hui éleves à la dignité de citoyens,
D3
ville, qui fortoit à peine des'ruines
du 20 join, mais qui confervoit dans fes murs les fermens
de la plus hideufe anarchie, alloit s'anéantir pour jamais fous
les coups de ce monftre, fic quelques hommes francs & droits
comme la nature, dont ils font encore voilins, G quelques
çhefs noirs, naguère efclaves, naguère ravalés à la condition des brutes, aujourd'hui éleves à la dignité de citoyens,
D3 --- Page 58 ---
ne s'étoient courageufement ligués en faveur des
foires de la colonie,
chefs proviVillatte, s évadé du Cap avec quelgues-uns de fes
tifans, fe rend à la Petite-Anfe, delà à Thabitation
aux foffé: de Limonade. Il
Efte
pourfuir far route & fe
Ea au camp de
à
fixed'afortific.
Jacquegy, 3 puis celui de la
&sy
A fa voix, tous ceux de fes partifans Martellière,
point arrêtés fe joignent à lui. Il rallie auffi
qui ne fonc
chefs des poftes extérieurs difféminés dans
une partie des
le Cap du Fort-Dauphin. Laveaux affure l'efpace qui fépare
fait tirer le canon d'alarme
les
que Villatte avoit
réunir aufli dans les
pour
réunir, & que, pour
camps tous les cultivateurs des
tions, Villatte leur avoit dit: J'ai été
habita-
>> ville du Cap,
Laveaux
obligé de fuir de la
9> les fers s.
parce que
veut vous remettre dans
Quoiqu'il len foit, il- fe forme tout-d.comp
raffemblemens armés aux poftes d' Adeneue, de plufieurs
de Limonade, , des grands & petits Caracols, PEmbarcadaire des Fonds
du
de
Sable,
camp Saavage; de
de la
du Trou.
Jacquery,
Martellière &
Du premier moment que Laveaux eft inftruit au
du Cap, par l'Eveillé, de l'évafion de
il haut
ordte de faire mettre les fcellés far les Villatte, donne
ce général de brigade, & d'établir
papiers & effets de
fage du bac au
alin d'éviter une forte garde au pafCap,
toute furprife. L'Eveillé
remplit ponétuellement les ordres du gouverneur.
Laveaux écrit en même temps à tous les commandans
des poftes extérieurs, pour les prémunir contre la
de Villatte & leur enjoindre de l'arrêter . la
révolte
parition : inais la plupart, entre autres
première apà Laveaux guils ne connoilfent que les Beaucorps, ordres de répondent
& c'eft en vain que le gouverneur cherche,
d'autres Villarte;
par
let-
remplit ponétuellement les ordres du gouverneur.
Laveaux écrit en même temps à tous les commandans
des poftes extérieurs, pour les prémunir contre la
de Villatte & leur enjoindre de l'arrêter . la
révolte
parition : inais la plupart, entre autres
première apà Laveaux guils ne connoilfent que les Beaucorps, ordres de répondent
& c'eft en vain que le gouverneur cherche,
d'autres Villarte;
par
let- --- Page 59 ---
tres, à les détromper & à les ramener à leur devoir & à fon
autorité.
Trois jours s'étoient à peine écoulés depuis la délivranca
des chefs provifoires de la colonie,
Laveaux commença
à s'appercevoir que les intrigans & der faéticux cherchoient
encore à remuer. Cette circonftance, jointe aux follicitations
des capitaines américains, qui approvitionnoient alors la COlonie & qui voyoient la perte du commerce dans la continuité des troubles; ces motifs déterminèrent le gouverneur-général à transférer provifoirement à la Petite-. Anfe,
dans le voilinage du Cap, le fiège du gouvernement.
Mais Villatte avoit paffé à la Petite-Anfe; mais Beaubert,
l'un de fes affidés, pour ne pas dire de fes complices, y commandoit. A peine Laveaux y étoit-il établi, qu'une nouvelle
infurreétion y éclate, & plus générale & plus dangereufe
peut-écre que la première, mais également dirigée contre les
chefs de la colonie & les blancs.
Le général Touffaint étoit venu joindre le gouverneurgénéral à la Petite - Anfe avec deux bataillons de bonnes
troupes & une nombreufe cavalerie. Le général Laveaux, fe
trouvant excédé de fatigues, cruc devoir dépofer > pendant
vinge-quatre heures, toute fon autorité entre les mains du
général Touffaint. Ce général ne s'en fervit que
éviter, s'il étoit poflible, les malheurs d'une guerre Erdiec en
ellayant de ramener Villatte à la raifon & à fes devoirs,
Touffaint lui adreffa â cet effct une députation compofée
de membres de la municipalité, du tribunal & d'ofliciers
fupérieurs; mais Villatte fur fourd à toutes fes remontrances. c Il aggrava fes torts, dit Lavenux, par fes réponfès &c
>> par ces mots proférés devant la députation" :
veux
>>
Ouisje
qu'il Joit égorgé par les noirs mêmes gulil carefe.m
La députation revint le lendemain à la Perite - Anfe. Le
fur-lendemain on y laiffa entrer beaucoup de femmes qui
D4
'ofliciers
fupérieurs; mais Villatte fur fourd à toutes fes remontrances. c Il aggrava fes torts, dit Lavenux, par fes réponfès &c
>> par ces mots proférés devant la députation" :
veux
>>
Ouisje
qu'il Joit égorgé par les noirs mêmes gulil carefe.m
La députation revint le lendemain à la Perite - Anfe. Le
fur-lendemain on y laiffa entrer beaucoup de femmes qui
D4 --- Page 60 ---
arrivoient du camp de Villatte : ce fut le
ment. Ces femmes recherchent les
clles fignal du foulevetaffia, & leur perfuadent
noirs;
leur paient du
fait venir la
que Laveaux & Perroud avoient
Petite-Anfe des boucauds
& de fers pour les remettre
remplis de chaînes
fe
tous dans W'efclavage. Ce bruit
répand av.c rapidiré. Les noirs 1 effrayés & en
remps échauff S par la
crient &
même
Cc
En un inftant, dit Laveaux, liqucur,
courent aux armes.
>> lettre du 26
qui raconte ces faits dans fa
prairial, en un infant
3> mon balcon
il s'en trouve fous
quatre ou cinq cents
>> joue. Je leur criai:
qui me couchent en
9> fement il ne s'eft Tirex, tiré vous tnerex votre père. Heureupas
un feul coup de fufil. >>
L'émeute devient bientôr générale, les noirs des
gnes arrivent en foule &
de tous
campa-
'ce On menace de nous égorger, semparent dit de fon
les poftes,
>> dans fa lettre du 10 germinal,
côté Perroud
>> gefte d'exterminer toute la
imprimée au Cap; on fait
race blanche &
95 cieux des cultivateurs. On fe
les chefs pré-
>> magafins, on
tranfporte en foule dans les
enfonce, on vifite tout
>> font tirés, les fulils armés & en
far (1). Les fabres
>> fur les malheureux blancs fe fauvant joue
nos maifons &
>> carnage alloit commencer,
dans les rues. Le
>> pide Toullaint l'Ouverture raffemble lorfque tout-à-coup l'intré-
>> toutes fes
avec précipitation
troupes, 3 reprend les
3 belies, les
les
forts, dilperfe les redefarme, configne, &
>> au devoir & à
rappelle toute l'armée
l'obéiffance au nom de la loi
>> nité, fans effufion de
& de P'humafang 9).
C'étoit ainfi que s'étoit terminée
mencée atl 30 ventôfe au Cap. Le fang l'infurreétion humain avoit com- été
épargné. On le devoit
& ala fermeté des chefs principalement au zèle, à la fidélité
noirs TEveillé, Pierre-Michel
Pierrot, &: à l'annonce de Tapparition
&
prochaine du général
() On ne trouva les boucauds & les barrils
& de (alaifons.
remplis que de farine
a
toit terminée
mencée atl 30 ventôfe au Cap. Le fang l'infurreétion humain avoit com- été
épargné. On le devoit
& ala fermeté des chefs principalement au zèle, à la fidélité
noirs TEveillé, Pierre-Michel
Pierrot, &: à l'annonce de Tapparition
&
prochaine du général
() On ne trouva les boucauds & les barrils
& de (alaifons.
remplis que de farine
a --- Page 61 ---
Touffaint. Le gouvernenr - géneral avoit cru ne pouvoir récompenfer d'une manière trop éclatante le fervice important rendu à la chofe publique Par les trois premicrs chefs.
Illes avoit élevés chacun au grade de général de brigade,
& les avoit fait recevoir en cette qualiré par toute la garnifon
du Cap. Mais la jultice, autant que la politique peut être,
demandoit, felon Laveaux, une dernière récompenfe, un
nouveau rémoignage d'eftime & de confiance en faveur : de
Tonfaine-lOuverniure Lun des reproches ou des motifs de
plainte le plus habiruellement énoncé par Villatte & fes
partifans, , étoit
l'autorité fupérieure dans la colonie
fir concentrée Sans les mains non pas feulement d'un
blanc, mais d'un feul homme; qu'il falloit divifer le pouvoir, afin de le rendre mois dangereux & plus éfficace. Et
Villatte étoit hautement défigné pour devoir le partager.
Laveaux crut convenable d'ôter ce prétexte aux mécontens, en donnant en même temps un grand exemple de
modération & de défintércfement. I1 prend la réfolution
de s'adjoindre le général Touflaint en qualiré de Licutenant
au gouvernement. Il l'annonce à la municipalité du Cap, &
le 12 germinal il fe tranfporte en cette ville pour faire
inftaller fon adjoint, avec toute la folemnité militaire.
Laveaux cède en mâine-temps au vocu déja exprimé par
les habitants du Cap de le voir y revenir avec l'ordonnateur
Perroud & tour ce qui tient aul gouvernement, Non feulement la tranquilliré & la fireré, mais le falut de la ville,
mais le maintien fi néceflaire des relations commerciales avec
les Américains, éroient d ce prix. Laveaux facrifie fon
perfonnel à des confidérations fi importantes, &,! le 15 goit
minal, il tranfporte encore nne fois le fiège du
germent dans la ville du Cap.
gouverneDepuis CC moment jufqu'au jour de Parcivée des'agens
aul gouvernement, Non feulement la tranquilliré & la fireré, mais le falut de la ville,
mais le maintien fi néceflaire des relations commerciales avec
les Américains, éroient d ce prix. Laveaux facrifie fon
perfonnel à des confidérations fi importantes, &,! le 15 goit
minal, il tranfporte encore nne fois le fiège du
germent dans la ville du Cap.
gouverneDepuis CC moment jufqu'au jour de Parcivée des'agens --- Page 62 ---
du Direétoire exécutif à Siint-I
le
général s'eft tenu en quelque forte fur
gouverneurne voulant ni faire
défenlive au
Dertta
mécontens &
d'expédition contre un parti d'hommes Cap,
égarés qui s'agitoient dans la
elpagnole, & qui pouvoient y attirer le Aéau partie de ci-devant
civile, ni marcher contre Villatte,
la guerre
fe permettré de véritables hoftilités quoique Ce dernier parûc
& fes défenfeurs, telles
de faire contre le gouvernement
qui, fous pavillon tiicolor, que
arrèter lcs bateaux
commercer au Fort -
fortoient du Cap pour aller
adreffées au
Dauphin, 3 de décacheter les lettres
officiers
gouv: rneur général, de mettre aux fers des
porteurs de fes ordres, de
les
pour les engager à la défttion, &c. corrompre
troupes
Laveaux, inftruit de l'arrivée
des
du gouvernement coaftitutionnel, prochaine s'eft borné à maintenir commiffaires
Cap la plus grande tranquillité, Mais, malgré
au
dence & fes efforts, elle a étj troublée deux fois toute fa prunière la plus alarmante, à l'occafion, d'une
de la marition, a'la vue du Cap, d'un convoi anglais part, de 185 de l'appaque les malveillans oct prétendu être une Aotte ennemie voiles,
pelée Par Laveaux pour s'emparer de la ville & de la apnie; &, d'une autre part, tie l'arrivée au Cap dr-la corvette colofrançaife la Coucercufe, avant-courcufe des commiffaires du
Direétoire, & que les mêmes malveillans ont
être
corvette anglaife dépéchée vers Laveaux
publié
une
lui des relations criminelles. Ce dernier bruit pour étoic entretenir avec
ce que la corvette avoit reçu ordre des commiffaires fondé de fur
communiquer avec perfonne au Cap
leur arrivée. ne
a fallu toute la farveillance de l'état jufqu'i major de la
& Il
particulièrement du citoyen Lechat, noir, l'un des place,
pour arrèter dans fon principe & difliper le premicr mouve- chefs s
ment; il a fallu, pour calmer la feconde agitation &
venir les effets funeftes, toute la condefcen.lancs du en pré.
verneur général,quia cnfin autorifé
de la
cereufe à defcencire à terre.
l'équipage
F
Tanc la malheureufe ville duCap
jufqu'i major de la
& Il
particulièrement du citoyen Lechat, noir, l'un des place,
pour arrèter dans fon principe & difliper le premicr mouve- chefs s
ment; il a fallu, pour calmer la feconde agitation &
venir les effets funeftes, toute la condefcen.lancs du en pré.
verneur général,quia cnfin autorifé
de la
cereufe à defcencire à terre.
l'équipage
F
Tanc la malheureufe ville duCap --- Page 63 ---
étoir enproic al la dévorante anarchie ! Tancl'autorité du gouverneur provifoire y étoit impuiffante contre l'intrigue &
T'ambition de quelques individus, l'ignorance & l'exaltation
d'une multitude toujours facile à égarer, toujours prète à fe
porter aux dernières extrémités!
Telle étoit la fituation de la ville du Cap & de fes dépendances, avant l'arrivée des agens du gouvernement conftitutionnel à Saint-Domingue.
J'ai déja mis fous vos yeux; > citoyens
celle
autres
des
parties de la province du Nord repréfentans, de cette
en vous
les
colonie,
traçant
événeniens farvenus alt fort Dauphin &
a la moatagne du Port-de-Paix, ainfi que l'état de l'ifle de la
Tortue.
Je vouS ai aufi entretenus des.troubles excités dans une
partie de la province de l'Ouett par la révoite des chefs noirs
Dicudonné & Pompée.
Enfin je vous ai préfenté le tableau de la firuation de tout
le
que la république poflédoit dans la province de
Toter & dans celle du Sud, en vous parlant des
des généraux To-flaint-fOnienure, Beauvais & opérations ; en
vous
Rigaud
peignant l'état fatisfaifant des contrées foumiles à leurs
commandemens refpectifs, & en vous annonçant leur delir
de les voir plus étroitement autachécs à la métropole par la
nomination de leurs députés aul Cerps légiflatif.
J'avois commencé ce rapport
indiquer la pofition refpective des amis & des ennemis Be la
fur le territoire
république
de la colonie ; lesplaces &les poftes militaires occupés
par les uns, les places & les quarriers livrés auix autres
la lâcheté & la trahifon de leurs propres habitans, ou par
de
plutôe
quelques meneurs profondément criminels.
Ainfi vous avez maintenant une idée générale de la fituation ou fe trouvoit l'enfemble de la colonie de Saint - Do-
pective des amis & des ennemis Be la
fur le territoire
république
de la colonie ; lesplaces &les poftes militaires occupés
par les uns, les places & les quarriers livrés auix autres
la lâcheté & la trahifon de leurs propres habitans, ou par
de
plutôe
quelques meneurs profondément criminels.
Ainfi vous avez maintenant une idée générale de la fituation ou fe trouvoit l'enfemble de la colonie de Saint - Do- --- Page 64 ---
minguc, au moment de l'arrivée des délégués du gouvernement.
Mais cette fituation n'eft en général
la firuation
taire de la colonie à cette époque, & en la fituation militique & commerciale que. le confeil des Cinq- Cens a defiré polifur-tout conncitre J'obferve que depuisle départ
des derniers commiffaires civils à
pour la colonie France
n'a cellé d'être régie fous l'empire Saint-Domingue, da gouvernement militaire, gouvernement robufte de fa nature, & le feul
être qui conviendroit à cette colonie jufqu'à la pacification peutgénérale, mais gouvernement devenu fans
& fans
cflicacité dans lcs mains débiles qui en tenoient vigueur les
& fur-tout au milieu de l'anarchie pour ainfi dire organifée, rénes,
qui dévorcit toutes les parties de la colonie.
J'ajoute que l'immenfe correfpondance que je viens d'analyter, eft en général la correfpondance d'officiers
enclins à
de
militaires,
plus
parler
ce qui concerne leur état, de ce
quia trait à la défenfe O11 à T'attaque, de ce qui touche à la
police militaire, que de ce guiropemcléconomie
l'ordre judiciaire ou adminiftratif, les finances, l'agriculture, politique,
le commerce & l'induftrie.
J'avoue que cette correfpondance volumineufe n'offre
aucun dérail fur la plupart de ces importans objets ;
fur quclques-uns d'entre eux elle n'indique que de foibles que
apperçus, & que je me trouve hors d'état de vous préfenter
aucun réfa' tat pofitif fur Tadminifration économique de
S. Domingue ilépoque dont il s'agit. II paroit feulement
qu'oure la municipalité, il exiftoit au Cap un tribunal civil
quiavoit confervéfoa. stcismnedeneminsiounde finéchauffée,
plus un tribunal d'amirauré pourlinfruction des procédures
relatives auy prifes, 9 atix bris & aux
&
y
exiftoit aufli une adminiftcation de la marine naufrages; & des colonies qu'il
dont le citoyen Perroud, en fa qualité d'ordonnateur de la
colonic, étoit le chefpsincipal;
municipalité, il exiftoit au Cap un tribunal civil
quiavoit confervéfoa. stcismnedeneminsiounde finéchauffée,
plus un tribunal d'amirauré pourlinfruction des procédures
relatives auy prifes, 9 atix bris & aux
&
y
exiftoit aufli une adminiftcation de la marine naufrages; & des colonies qu'il
dont le citoyen Perroud, en fa qualité d'ordonnateur de la
colonic, étoit le chefpsincipal; --- Page 65 ---
Que de femblables inftitutions avoient été confervées dans
les villes encore au pouvoir des républicains, mais qu'aucun
établiffement civil ou juuiciaire n'exiftoit dans les campagnes.
Quant aux revenus publics, ils confiftoient principalement
dans la percepcion d'un ancien droit de douanes, confervé
fous le nom de droit d'odtroi & d'Occident, dans la recette
de la fubvention du
de tous ies revenus particuliers,
établie par déctet de Tc Convention nationale du mois de
mars 1793, & dans le produit de toutes celles des habitations appartenant à la République &c féqueftrées à fon
profit, qui pouvoient être cultivées.
Mais que! étoit T'état de cette culture ? Je ne puis le dire.
II n'éroitcependant pas nul. Ona pu en juger&
ce
dit des
de T'Oueft & du Sud,
E e
j'ai
provinces
par
révoltes mêmes qui ont éclaté dans le département du Nord,
où l'on voit que les aveugles inframens de ces difcordes
civiles étoient pour la plupart des nègres arrachés par l'intrigue à leurs habications & aux travaux paifibles des
champs.
On peut en juger aufli par ce que j'ai dit des navires
neutres qui fréquentoient les ports de la colonie, & qui
n'y feroient pas venus s'ils n'avoient trouvé à échanger leurs
cargaifons contre des retours de produétions coloniales.
Mais combien tous ces réfultats font vagues & incomplers,
& peu dignes d'êcre préfentés au Confeil!
Je me bornerni à lui en offrir un plus récl, & puifé dans
Ies rapports militaires fous l.fquels je lui ai fait jufqu'à
préfent & preique exclufivement envifager la colonie: c'eft
qu'à l'époque du 23 Horéal an IV, jour de l'arrivée des
commiffiires da Diredtoire exécurif à Saint-Domingue, la
République poffédoit dans cette colonie :
1°. Toute la province du Nord de la partie ci-devant
en offrir un plus récl, & puifé dans
Ies rapports militaires fous l.fquels je lui ai fait jufqu'à
préfent & preique exclufivement envifager la colonie: c'eft
qu'à l'époque du 23 Horéal an IV, jour de l'arrivée des
commiffiires da Diredtoire exécurif à Saint-Domingue, la
République poffédoit dans cette colonie :
1°. Toute la province du Nord de la partie ci-devant --- Page 66 ---
françaife, al'exception de la ville du
livrée aux Anghis;
Aile-de-Suiue-Nicolar,
2°. Toute la province du Sud, à
de Jérémie & du territoire
l'exception de la ville
adjacent,
ces ennemis;
également livrés à
3°. La majeure partie de la
de
font fituées les villes de Saint-Marc province & du
l'Oueft, où
également livrées aux Anglais.
Port-au-Prince,
4". Enfin le traité de paix conclu à Bafle entre la
& lEpagne venoit de céder à la
la France
devart cipagnole, formant les deux République tiers
parcie citoute
ia colonie.
du territoire de
Nous allons voir ce que les Agens du Diredtoite exécutifà
Saint-Domingue ont faitjufqu'a préfent, foir pour
dla France la poffeflion d'un territoire aufli
maintenir
pour en chaffer les ennemis, foit
précieux, foir
ia tranquillité, l'amour du travail, pour la fareté y rétablir des l'ordre 9
le refpect des propriétés, le règne des lois & perfonnes, le
conflitutionnel.
régime
Car tous ces grands objets entroient
la miffion des agens du Pouvoir exécutif, effienriellement N'étoient dans
ISainr-Domingue les repréfentans du
ils pas
cain & les premiers miniftres de la conftitation? gouvernement républiSECONDE PARTIE
Série des évènemens corfignés dans la
des
Agens du Diredtoire exccutif, depuis le correfpordance 23 Rorédan
jufyu'au
4,
Dis quele Corps légiflatif cut rendu la loi du 5
an 4, qui, conformément i Ja conftitution, aurorifoir pluriofe
Direétoire exécutif i envoycr des Agens particuliers dans le
iers miniftres de la conftitation? gouvernement républiSECONDE PARTIE
Série des évènemens corfignés dans la
des
Agens du Diredtoire exccutif, depuis le correfpordance 23 Rorédan
jufyu'au
4,
Dis quele Corps légiflatif cut rendu la loi du 5
an 4, qui, conformément i Ja conftitution, aurorifoir pluriofe
Direétoire exécutif i envoycr des Agens particuliers dans le --- Page 67 ---
es deux Indes, le Diredtoire s'occupa de la nomination de
res agens.
La loi autorifoit à en envoyer cing à Saint-Domingue.
Le Direétoire donna, pour cette nomination importante,
a confiance aux citoyens Sonthonax, Giraud,
Leblanc & Roume.
Reymond, 2
Nous n'avons point à rechercher, 2 comme légiflateurs, ,
quels morifs ont pu déterminer la nomination de ces Commiffaires. L'indépendance conititut onnelle des pouvoirs délégués par le peuple à fes mandataires interdit au Corps
egillanf le droit, non feulement de s'immifcer dans le
thoix des agens du gouvernement, mais même de lui demander compte de fes nominations.
Mais, dans la conjonéture adtuelle,nous fera-t-ildéfendu
ke chercher au moins à apprécier les motifs d'un choix
dont l'effer étoit de confier à quelques individus les deftinées d'une des plus populenfes & des plusi importantes colonies
du nouveau monde ? Non: nous n'uferons en cela que du
droit
dans un état libre > chaque membre de la
cité
de cenfurer ou d'approuver la conduite
AAS
He ceux qui gouvernent. Effayons donc de déconvrir
motifs plaufibles ont déterminé la nomination des agens quels du
gouvernement à Saint Domingue. II eft impoflible
dans une délibération de cette nature il y ait de
confidération ou
3E:
de l'imprévoyance à Ini reprocher. Nous,
qu'une communauté d'inrérêts, de vues, de
&
de fentimens > unit G étroitement à tous les membres principes du
Pouvoir cxécutif, nous devons préfiumer que, dans cette
circonftance intéreflante, fes choix biens connus ne peuvent
manquer de lui concilier le fuffrage du patriorifme & de
l'impartialité.
Le citoyen Sonthonax avoir déja été envoyé à SaintDomingue dans des temps orageux, avec le citoyen Pol,
auté d'inrérêts, de vues, de
&
de fentimens > unit G étroitement à tous les membres principes du
Pouvoir cxécutif, nous devons préfiumer que, dans cette
circonftance intéreflante, fes choix biens connus ne peuvent
manquer de lui concilier le fuffrage du patriorifme & de
l'impartialité.
Le citoyen Sonthonax avoir déja été envoyé à SaintDomingue dans des temps orageux, avec le citoyen Pol, --- Page 68 ---
verel, en qualité de commiflaire civil de la Convention
nationale. Quand un enchaînement de circonflances
vantables que ce n'eft pas ici le lieu
épouune férie de calamités & de défaftres d'appréciers tels;
quand
d'aucun peuple & d'aucune révolution n'en raconte que Thiftoire de femblables ou de plus horribles, eurent amené, en aoûit
la colonie de Saint-Domingue à deux doigrs de fa 1793,
Sonthonax & fon collègue ne virent qu'un moyen perte
racher aux
aux
ATRE
Anglais,
Efpagnols, aux émigrés > aux
conmer@velari.mneics, de lui créer fur-le-champ des milliers de défenfeurs, de la fauver enfin, de la fauver
la France: ils promirent aux noirs la liberté; ; ils Pour
mèrent l'abolition de l'efelavage. C'étoit fans
prucladoute un
moyen hardi, périlleux, extrême : mais la
auroit defiré le voir employer dans des circonftances philofophie,qui moins
orageufes, le fuggéroir des-avant la révolution ; mais la
Cotventionnation.le. en a, dansun memenrdenchoufame: fans
doute, ratifié T'emploi; mais dans un moment plus calme ,
mais en décrétant gravement s paifiblement, la conftitution
de la République, elle a confacré le principe de l'affranchiflement de toute fervitude dans les pages immortelles
de la déclaration des droits.
Cependant, malgré tant &: de fi folemnelles garanties, 3
malgré les fervices importans rendus à la République
les noirs fur la foi du décret du 16 pluviôfe an 2, la tt
veillance n'avoit que trop fouvent réufi, depuis le
pour France de Sonthonax & Polverel, à inquiéter départ les
cultivateurs de Saint - Domingue fur le maintien de ce décret. On a vu, dans la première partie de CC rapport, combien il étoit facile de lcs alarmer, de les égarer fur ce
point & de les porter même aux plus déplorables excès.
Le-gouvernement avcir uin moyen infaillible de les raffurerà
cet égard, de les affermir dans leur artachement à la République c'étoit de lcur envoyer fa charte confitutionnelle , a leur tranfimnétcre le gage impériffable de leur
liberee
décret. On a vu, dans la première partie de CC rapport, combien il étoit facile de lcs alarmer, de les égarer fur ce
point & de les porter même aux plus déplorables excès.
Le-gouvernement avcir uin moyen infaillible de les raffurerà
cet égard, de les affermir dans leur artachement à la République c'étoit de lcur envoyer fa charte confitutionnelle , a leur tranfimnétcre le gage impériffable de leur
liberee --- Page 69 ---
tiherté par l'homme même qui en avoit le premier prenoncé
le nom au milreu d'eux, qui avoit ofé leuren promottte,&
mème Jeur en procurer la jouilfance provifoie, par Sonthonax enfin, leur ami, &, je dirai, leur père, ainii qu'ils
Tappeloient (1).
Le même motif de politique pu également déterminer
la nomination du citoyen IndenaEt Il convenoit de
auxhommes de couleur, que larépublique les comproit prouver aufli
au nombre de fes enfans, > de fcs défenfeurs ;
la loi du
4avril 1792 fubliftoit pour etix dans toure fa s ;
n'avoient point en vain été appelés à l'exercice des droits qu'ils politiques; mais quela vertu & les talons leur ouvroient, comme
à tous les Français, la carrière des premières magiftretures de
i'Erat. Ilimportoit enfin de leur donaer une garantie, en
que forte, palpable & vivante, du maintien de tous les atat
qu'ils avoient recouvrés, en plaçant au milieu d'eux un
homme de leur couleur, en Tafl it à la
rité de la colonie, en l'environnant d'une haute première'auto- confidération, & en le mettant ainfi à portéc, par T'exemple de fa
propre foumiflion 2ux lois conflitutionnelles,8 de.fon attachement invariable à la méropole d'étouffer ces femences
funeftes d'ambition, ce
à
quicom-
.
oniden.-dybpmtne,
mençoient germer dans le coear de quelques chefs militaires de cette couleur & de leurs avengles partifans. Or,
quel agent pouvoir micux remplir, fous tous ces
les intentions & les vues du gouvernement, que rapports lec citoyen >
Raymond, homme de couleur, l'en des premiers
dela liberté & de légalité polirique à Saintapocres
'u des fectatcurs les plus éclairés & les plus Domingue, conftans de
a même caufe en France, l'une des viclimes de l'intrigue
(a) Cette politique n'ef pas fans exemple, même dans Thiftrire des
Elpagnols. Que de féditions n'ont pas été appailées dans le Pérou
lans le Mexique Par le feul enyoi d'un évèque OI d'un domin- &
ain !.
Rapport de Marec.
E
polirique à Saintapocres
'u des fectatcurs les plus éclairés & les plus Domingue, conftans de
a même caufe en France, l'une des viclimes de l'intrigue
(a) Cette politique n'ef pas fans exemple, même dans Thiftrire des
Elpagnols. Que de féditions n'ont pas été appailées dans le Pérou
lans le Mexique Par le feul enyoi d'un évèque OI d'un domin- &
ain !.
Rapport de Marec.
E --- Page 70 ---
coloniale à Paris, & Pun des républicains français le plus
recommandable fous tous les rapports?
Les planteurs, les propriétaires blancs, reftés fidèles à la
caufe de la liberté (& il en exifte plus d'un pour Phonneur
de la philofophie & de Thumanité), les véritables amis de
la morale, de la juftice, s dela modération, pouvoient, devoient defirer voir dans la commiflion da gouvernement à
Saint-Domingue, Uil homme quific allier à la pratique de
toutes ces vertus la connoifance de l'exploitation 8c du
commerce des dentées coloniales, & attacher à la culture. >
à la prompte réproduction de ces précieufes denrées, toure
l'importance qu'elles méritent. Nommer notte ancien &
eftimable collègue Giraud, n'étoit-ce pas remplir 1 2 dans
toute fon étendue, une attente aufli louable ?
Il importoit à la fablifance de la coloie de culriver,
de protéger fes relations commerciales avec les Exats-Unis
d'Amériqse. Il importoit également à la tranquillité, à la
sûreté de Saing-Domingus, de pouvoir difcerner ceux de
fes anciens habicans, ceux des bons of mauvais colons qui
s'étoient réfigiés ou avoient émigrs à Philadelphie & dans
les autres villes de LAmérique fepteurrionale. Les uus
méritoient afliftance & proteation ; les aucres, il falloit fe
garantir de leurs mancuvres 2 de leur afture, de leur perfidie. Sous tous ces rapports,le citoyen Leblanc, qui, depuis
larévolution,avoit été long temps adjoint àlun des miniltees
de la France auprès du gouvernement américain - qui, d'ailleurs, avoit conttamment marché fur la ligne du patriorifine,
le citoyen Leblanc paroit, fous tous ces rapports, avoir obienu
lcs fuffrages da Direétoire exécutif.
Enfin, le cicoyen Roume avoit déja rempli avec zèle >
avec probité, avec fuccès, une première miflion à. SaintDomingue dans les co.amencemens de la révolution, C1l
tees
de la France auprès du gouvernement américain - qui, d'ailleurs, avoit conttamment marché fur la ligne du patriorifine,
le citoyen Leblanc paroit, fous tous ces rapports, avoir obienu
lcs fuffrages da Direétoire exécutif.
Enfin, le cicoyen Roume avoit déja rempli avec zèle >
avec probité, avec fuccès, une première miflion à. SaintDomingue dans les co.amencemens de la révolution, C1l --- Page 71 ---
qualité de commiffaire national civil. C'étoi: un véritable
plilanchrops quianroir épargnéiSaint Domingue unegrande
de partic des horceurs qui lont defolé, s'il avoir été au
tel ou tel individu d'arrêter ce torrent de crumes pouvoir & de
calamités que toutes les pallions hideufes des honunes
comme de concert, déverfé fur cette infortunée colonic. ont, Au
moment de la publication du traitéde paix entre la
&
France
TEfpagne - le comité de filer
avoir
fur le citoyen Roune pour aller à Santo publie -
jeté les yeux
la prife de poileilion de la partie ci-devant Domingo efpagnole préparer de la
calouics qai avoit été cédéc à la république par, le traité. Le
citoyen Roumne étoit déja parti de France pour aller
certe importanre miflion, quand le Direcioire exécurif remplir
les yeux far lui pour Pallocier à la, Commiffion du
jera
nenent deSaipr- Domingue. 11 crut fans doute que gouvern'écoic plas propre à conferver' à la France la poifaflion perfonne d'un
terriroireaufli précieux, jufqu'i Ce que la paix générale permit
delucilifer & de le faire fructifier..
Tels font les hommes choifis par le Diredtoire, en conféquence de la loi du 5 pluviofe an 4, pour compofer la
Commifion exécutive du gouvernément français à SaintDomingue; tels font les motifs préfumables de leur nominacion.
Quel individu raifonnable & républicain
une tellecompolition du pouvoir
pourra blâmer
s'il confidère qu'i l'époque oû il TneirisNeraingre fut
de la République, obligé de confacrer conftitué,le toutes,les Directoire
effedtives de l'Etar all foutien de la guerre du continent, reffources
n'avoit, pour ainti dire, que des forces morales à
à fes ennemis d'outre-mer?
oppofer
Quand le Direéboire eut nommé fes agens particuliers a
Saint-Domingue, il s'occupa de faire configner dans une
E2
neirisNeraingre fut
de la République, obligé de confacrer conftitué,le toutes,les Directoire
effedtives de l'Etar all foutien de la guerre du continent, reffources
n'avoit, pour ainti dire, que des forces morales à
à fes ennemis d'outre-mer?
oppofer
Quand le Direéboire eut nommé fes agens particuliers a
Saint-Domingue, il s'occupa de faire configner dans une
E2 --- Page 72 ---
infruétion les principales règles de la conduite qu'ils auroient
à tenir
remplir convenablement les divers points de
leur asualonrs Larticle 156de la conftitution, en déterminant
qu'ils exerceroient les ria.fadoadebihag-a, mais
qu'ils lui fer@ismifibendismnis,avamis,ayaituraesatavinis,ayaitepaetafavince leurs droits
& leurs devoirs. Mais il étoit bon de développer le fens &
l'efprit de cet article; tel devoit être l'ebjet de Piaftruction
dont je viens de parier, & que le miniitre de la marine
&c des colonies fut chargé de rédiger.
Cette inftradion 9 citoyens repréfentans, a été communiquée à'votre Commiflion. Elley a vu, avec fatisfaction,
la confécration de VOS propres principes, l'expreflion de VOS
propres fentimens fur la liberté, l'égalité & li nature de
tous les droits garantis par la conftitution. Elle y a remarqué
des difpofitions militaires, des vues politiques qui lui ont
paru approptices auxcinconttances,de bonnest teglesd'adminiftration économique;&e enfindesconisderarious générales furles
hommes blancs, jannes & noirs, fur leurs caradtères, leurs
mccurs, leurs habitudes, leurs pallions &x leurs préjugés, , avéc
desi indications judicieufes& véritablement philofophiques fur
la manière d'andanniciafafiblament les préjugés des couleurs,
& de réalifer, dans la difpenfation équitable des grades &c
des emplois, le grand principe de P'éaalité po itique. Votre
commillion auroit defiré trouver aufi dans cette inftrucion
quelques difpofitions relatives à l'acceptacion & à la mife
en aétivité de la Conftitution à Saint-Demingne;
dois le déclarer, l'inftruction eft muette fur ce poiut. mais,je (*)
Quoi qu'il len foit, le miniftre de la marine & des colonies
n'avoit pas perdu un moment poutraffembler tousles moyens
maritines Sc nilitaires relatifs à l'expédicon deftinée à
tranfporter lesagens du DinduiresennfiSant Domingue,
() Le rapporecur a donnd au confeillechurede cette infrudlien.
ftitution à Saint-Demingne;
dois le déclarer, l'inftruction eft muette fur ce poiut. mais,je (*)
Quoi qu'il len foit, le miniftre de la marine & des colonies
n'avoit pas perdu un moment poutraffembler tousles moyens
maritines Sc nilitaires relatifs à l'expédicon deftinée à
tranfporter lesagens du DinduiresennfiSant Domingue,
() Le rapporecur a donnd au confeillechurede cette infrudlien. --- Page 73 ---
Une divifion de forces navales, compofée de deux vaiffeaux
de 74 canons, le Wattigny & le Fougueux, & d'une frégate,avoir été, à cet effer, armée à Rochefort. Le citoyen
Thévenard, chef de divilion, en avoit le commandement.
Uneautred divifionc compofée defrégatessedefliresoubicimns
de tranfport, avoit eté parcillement équipée à Breft, & le
commandemen: de cette feconde divifion confié all citoyen
Thomas, capitaine de vailfeau. Environ 90D hommes de
troupes, tant de volontaires nationaux que d'artillerie, avoient
été embarqués fur les deux divifions.
Sur l'une &l'autre étoien: audiembarqués,
SAVOIR:
Le général de divifion Rochambeau 1 3 ancien gouverneurgénéral des Ifles-du-Vent, paffé en 1792, avec quelques
troupes, à S. Domingue, où les commiffaires civils Polverei & Sonthonax lui conférèrent le titre de gouverneurgénéral par interim des Hles-lous-le-Vent; repalié à la
Martinique, d'où il a été obligé de fe réfugier, après la
prife de l'ifle par les Anglais, aux Etats-Unis d'Amétique;
Le général de brigade Mirdonday J militaire inftruit & expérimenté, ayantla confiance de Rochambeau;
Legénéral de divifion Desfourneaux, ayant rdéja fervi,
la révelucion, dans les provinces du Sud & de l'Ouef depuis de
S.-Domingue, poffédant la confiance de Sonthonax;
Les généraux de brigade Martial Bele & Chanlatte, hommes
de couleur, s'érant déja trouvés à plafieurs expéditions
militaires dans la colonie, & employés tant au
dans le Sud & daus l'Oueft; Bedos & Lefuire, Européens, Cap que
ayant déja fervi, depuis la révolution, dans la colonie.
Les adjudans-généraux Kerverfeau, anciennement fecrétaire
E3
poffédant la confiance de Sonthonax;
Les généraux de brigade Martial Bele & Chanlatte, hommes
de couleur, s'érant déja trouvés à plafieurs expéditions
militaires dans la colonie, & employés tant au
dans le Sud & daus l'Oueft; Bedos & Lefuire, Européens, Cap que
ayant déja fervi, depuis la révolution, dans la colonie.
Les adjudans-généraux Kerverfeau, anciennement fecrétaire
E3 --- Page 74 ---
da minilre de la juftice Dupore- du-Tertre; & Rey, militaire précédemment employé dans la colonie.
Le commiffaire des guerres Leborgne, anciennement lun des
fecrétaires de Rochamnbeau à la Martinique, ayant
fuivi ce général là S.-Domingue, &c.
depuis
Les citoyens Sorthonax, Giraud, Raymond, 1 & Leblanc,
accompagnés de divers officiers d'adminifration, de fanté
&c., fe cendirenraRochetor pour s'embarquer, & partirent 3
de life-d'Aix, le 17 gerainal ail 4, pour fe rendre au CapFrançais,
Lenr collègue Roume, ainfi que je l'ai obfervé, avoir été
fpécialement chargé par lécomite de falutp public de fe rendre
a Santo - Domingo pour préparer la prife de poffeflion de la
parrie efpagnole de S.-Donuingue, cédée à la France par le
traite de paix. Le citoyen Roume, qii éroit allé
à Cadix, arriva à Santo Doiningo le 19 germinal, s'embarguc:
Je crois devoir co.nmencer par faire connoirre le réfalrac
des opérations de cer agent, s parce 9tle l'ordte chronclogique des evènemcns iemble le preferire, & parce
cct
agent s'étant conftamment trouvé ifolé à
que
n'a
Sang-Domingo.l
prisaucune part aux opéracions de fes coliègues dans la
portion ci-devant françaife de la colonie.
La cortefpondance de cet agent avec le miniltre de la
marine & des colonies eft confignée dans cinq lettesdes 4,
12,20 prairial, 5 thermidlor 87 ven.émiaire derniers. ltya
joint capie de toute fa correfpondance intérieure avec les
chefs & généraux de la partie françaife de S.Domingne, avec
lcs chefs cfpagnols, & les agens du Dircabire
leur arrivée au Cap, Sc. 11 y a joint également execunif,depuis copie de tous
lesarrétés qu'il a pris penda.t Cut intervalle de temps.
Cette correfpvsdance n'offre en goniral ni tne grande varidtd ni an granlintéret. On troave gudiques ducails dans la
refpondance intérieure avec les
chefs & généraux de la partie françaife de S.Domingne, avec
lcs chefs cfpagnols, & les agens du Dircabire
leur arrivée au Cap, Sc. 11 y a joint également execunif,depuis copie de tous
lesarrétés qu'il a pris penda.t Cut intervalle de temps.
Cette correfpvsdance n'offre en goniral ni tne grande varidtd ni an granlintéret. On troave gudiques ducails dans la --- Page 75 ---
dernière dépèche & lcs pièces y annexées fur les maffacres qui
'ont éré commis les 14 fruétidor dernier & jours faivans dans
la ville des Cayes, atl déparrement du fud de S. Domingue,
& dont je parlerai en temmps & lieu.
Le citoyen Rome, dès fon arrivée à Santo-Domingo,
s'emprella de l'annoncer aul gouveracur-généal Laveaux, au
commiffaire or.lonnatcur Perroud, aux généraux Villatte,
Beauvais, Rigaud, Sc Toniaine-MOnvere. Il avoit déja
appris levènement arrivé le 30 ventôfe dernier au Cap, & ce
qui 's'en étoit enfuivi. Son premier foin fut de tâcher de
réconcilier les répablicains divifés par ce funefte évènement,
& de rapprocher tous les partis. Ii invita en confequence les
principauix parfonnages qui ont figuré dans cette fcène à lui
envoyer des commiflaires chargés de lui en expliquer tous les
détails, &c antorifés en même temps à fipuler, au nom de
leurs commettans refpedtifs, une forte de traité de paix & de
réconciliation générale,. Ces commiffaires pacificateurs furent
envoyés à Roum:, & l'entrevue eut lieu chez lui le25 Aoréal.
Touts'y pall de manière à lui donner les efpérances les
fondées d'ane
& d'une harmonie inaltérable entre
rie:
paix
principaux chefsie la colonie. Laveaux & Villatte s'embrafsbrent par P'entremife de leurs repréfentans. Mais peut on être
véricablement fuppléé daos tn actede cette nature ? Les entremetteurs préfumérenrrrop fans doute de leurs intentions
parfonnelles, de leur vif delirde voir s'opérerla réconciliation.
Laveaux & Villatte n'on confervèrent pas moins leur haine &
leurs reffentimens réciproques, & l'attitude hoftile dans laquelle chacun le trosvoit. Villatte n'abandonna point fon
ca np de la Marrellère, ne licencia Fas les raflerablemens
arms de fes partifans établis dans les camps voifins, &
de fon
ne vint pas repcondre fon pofte aul Cap. Laveaux,
côré,ne cefla pas de fe tenir fur li défenfive.
Le citoyen Roume, après avoir cédé au penchant de fon
CCC lt & Eicisfait alun de ies devoirs comme repréfentant du
go.vernement français, en cffayant de ramener à la concorde
E 4
Fas les raflerablemens
arms de fes partifans établis dans les camps voifins, &
de fon
ne vint pas repcondre fon pofte aul Cap. Laveaux,
côré,ne cefla pas de fe tenir fur li défenfive.
Le citoyen Roume, après avoir cédé au penchant de fon
CCC lt & Eicisfait alun de ies devoirs comme repréfentant du
go.vernement français, en cffayant de ramener à la concorde
E 4 --- Page 76 ---
&ila paix des républicains dont la défanion étoit une véritablecalamité pabligue Hkoumesappliqus tout entièr ràl'objet
principal de fa mifion.
La connoifance du traité de Bale aveir produit des effets
divers dans la partic efpagnole de
Don Fernando Portillo-y- Torres
Saint-Domingee.
J archevèque de
exécutant fars doute trop littéralement les Santo-Domingo, ordres qu'il
sovilbitavosicreçus, s'étoit empreffé d'ordonner à tous les pa- miniftres du culte d'évacuer l'ile, & d'enlever le mobilier des
ézlifes & des communantés. Cetordre avoit déja commencé
àrecevoir une partie de fon exécution, lorfque Roume arriva
dans cette partie de la colonie.
D'un autre cêté, les curés efpagnols & les chefs d'ordres
religieux avoient été les précurfeurs de l'agent de la République, fronçrifed Santo-Domingo, Ils s'étoient
ment & faintement coalifés pour détruire les calomnies patriotique- vomies, fur-tont depatis la paix, contre la
ce Ce
)) font eux, dit Roume, qui ont fu raffurer République. les efprits à l'oc2 cafion de la terreur pro.luite dans le
la conduite
5> & les propos inconfidérés de trois commiflaires pays par
>> porteurs d'une proclamation du général Laveaux français ce font
>> eux qui ont empèché que tous les habitans libres ; & ci-
>> devant efclaves ne defertaflent la
ce
>>
contrée;
font eux,
jele répète, qui ont empèché le vol des
>,
culte catholiquen.
objets précicuxdu
Teletlajullice que Roume fe plaiti rendre à cCS miniftres de Pevangile, Pourquoi des pretres francais, dans
& dans le fiecie des lunneres & de la
lepiys
moins de fgeffe & de patriorifine que philolophie; des prétres ent-ils Ctl
Que de maux ils aureient pu s'épargner. dcux-mémes cpagrols? & . leur
patie !
Le citoyen Roume, informé des intimations lancées par
du
Teletlajullice que Roume fe plaiti rendre à cCS miniftres de Pevangile, Pourquoi des pretres francais, dans
& dans le fiecie des lunneres & de la
lepiys
moins de fgeffe & de patriorifine que philolophie; des prétres ent-ils Ctl
Que de maux ils aureient pu s'épargner. dcux-mémes cpagrols? & . leur
patie !
Le citoyen Roume, informé des intimations lancées par --- Page 77 ---
T'archevèque, s'emprella d'adreffertant a ce prélat, qu'à don
Joequin Garcia, 3 maréchai des camps des armées de fa majefte catholique & prélident de l'audience royale d'Epagne,
à Santo-Domingo, des repréfentations fermes, mais mefurées, fr une violation aufli manifefte du traité de Bale. Ce
traité accordoit en effet aux habitans de la partie efpagnole
de Saint-Domingne une année de délai pour fe retirer, s'ils
le jugeoient à propos, & emporter leurs propriétés; mais il
ne leur impofoit point l'obligation d'émigrer. Au contraire,
il les replaçoit dans l'érat de nature 2 c'eft-i-dire dans la
liberté abfolue ou de former fur un autre territoire une colonie indépendante, ou de s'agréger à telle nation qu'il leur
plairoit. Leur vocu de refter unis à la France fe manifeftoit
& par leur permanence far le fol de la colonie, & parle refus
cirique de leu:s prètres d'obtempérer aux intimations du
prélar.
Ccs remontrances & des explications (ubféquentes produifirent le meilleur effet fur l'efpric de l'archeveque:i il fe rendit complétement à la raifon, & concourut de bonne foi à
feconder de tout fon pouvoir la miflion du citoyen Roume,
Cet agent n'a eu depuis qu'i fe louer de la conduite du
prélat de Santo-Domingo.
Il a eu des intérêts d'une autre nature à déméler avec le
préfident de l'audience royale. Il s'emprefla de lui notifier
aufli fon arrivée, & les initructions & pouvoirs dont il étoit
muni. Il lui éciivit enfuite une lettre dévcloppéepourlui peindre la ficaation polinque & militaire de la colonie, lcs machinations & les projets d'envahillement des Anglais,8 pour
Ini demander enfin, > conformément au VOCLI exprimé par les
déléqués des généraux français envoyés à Santo-Domingo, la
remie de toutes les armes & munitions de guerre dent le
pielident de l'audience pourroit difpofer. Le citoyen Roume
lui rappala que la teneur expreffe du traité de Bile tranfportoit
àla France la propriété de toutes les armes & munitions quife
projets d'envahillement des Anglais,8 pour
Ini demander enfin, > conformément au VOCLI exprimé par les
déléqués des généraux français envoyés à Santo-Domingo, la
remie de toutes les armes & munitions de guerre dent le
pielident de l'audience pourroit difpofer. Le citoyen Roume
lui rappala que la teneur expreffe du traité de Bile tranfportoit
àla France la propriété de toutes les armes & munitions quife --- Page 78 ---
trouveroient dans les places, forts & citadelles de la
ci-devant efpagnole, au moment de la ratification da partie
mais il fe borna à réclamer ia délivrance de toutes traité;
le gouverneur efpagnol nejugeroit
celles que
cetlaires à la defenfe de Santo-L Domingo. pas indifpenfablement né.
La réponfe de CC gouverneur fut que la neutralité
devoit garder en exécution des traités , lui lioit ies
qu'il
mais il offrit à l'agent de la république de lui
mains ;
ccffamment la place de
remettre lilcontenoir.
Santo-Domingo, avec tout ce qu'elle
Cctte propofition parariropimportante atl cicoyen Roume,
pour qu'il ne dût pas la fouinettre aux généraux de la
françaile, Il annonça au gouverneur cipagnol
alloit partie la
leur faire counoitre & prendre leur avis en qu'il
il demanda que le gouverneur lui fir palfer, 5 le plutôt attendant,
ble, vu le dépare des commiffaires français, un état poflide toures les armes, munisions, &c aurres objets quiaccom- genéral
pagucroient li remife de Santo-Domingo.
Le gouverneur obforva d'abord qu'il lui paroiffoit naturel
de commencer la remife dos
par celles
les troupes efpagnoles dans le
la partie qu'occupoient
& il
à
françaife,
REAE
indiqua cet égard la place de Bayaha, appelée par les
Français le fort Dauphin 2 comme celie qui feroic d'abard
évacuée, Quant à Santo- Domingo, ellene feroit remife
la dernière, & ce feroit le moment de dreffer l'état demandé que
parl'agent dela république.
La faite de Ia correfpondance de l'agent de la république
avec ce gouvernenr a roulé fur des objers plus Olt moins
impertans. IJ a été queftion > 2 de la part du citoyen
defire régler par don Garcia les honneurs milicaires Roume, qui
feroicer rendus atIx agens du Direétoire exécurif, dans le
Ças ou, comme l'efpéroit le ciroyen Roume, ils viendroient
république.
La faite de Ia correfpondance de l'agent de la république
avec ce gouvernenr a roulé fur des objers plus Olt moins
impertans. IJ a été queftion > 2 de la part du citoyen
defire régler par don Garcia les honneurs milicaires Roume, qui
feroicer rendus atIx agens du Direétoire exécurif, dans le
Ças ou, comme l'efpéroit le ciroyen Roume, ils viendroient --- Page 79 ---
à Santo-Domingo. On voit aufli que don Garcia a plus
d'une fois infifte far la remife de la partie efpagnole de
Saint Domingue, & que la prife de poffelion n'en a été
différée que par l'attente du général Rochambeau, Cn voit
également dans cette correfpondance que la plaine du
Maribaroux s livréc originairement aux Efpagnois S, a été
évacuée par eux dans le commencement de prairial; qu'elle
eft reftée ainfi livrée aux incurlions de l'ennemi; que Témigré Cambefort s'y elt montré & a fait aux noirs nac diftriburion d'armes & d'argent. On voit enûn que la ville de
Bahaya, ou lefort Dauphin, a été évacuée par les Hfpagnols lc 26 prairial ; que quatre vaifleaux de l'efcadre da
marquis d'EZ Socorro devoient tranfporter les troupes &
les bagages à Santo-Domingo, & que le citoyen Roume
cipéroit que le général Ruchambeaa profiteroit de l'occalion
de cCS vaiffeaux pour venir s'affuret de l'état des chofes, &c
concerter la prile de pofieflion. Elle n'avoit point encore eu
lieu au 7 vendémiaire dernier, date de la lettre ia pluas récente du citoyen Roume, 2 ni même au 5 frimaire, date dus
dernières nonvelles oflicielles rçues du Cap Français.
Le citoyen Roume a aufli, comme je l'ai obfervé, correfponda, pendin: cette durée de temps, avecles généraux
commandans de la partic françaife, pour les inviter à l'union
& à la concorde 5 avec les agens du Direatoire exécutif
aux Ifes du Vent, pogr établir avec eux des relations fraternelies; avec les gunéraux efpagnols commandant lifle de
la Frinité & les forces navales de TEfpagne, pour entreieDs avec enx une boune ineelligance; avec ie général anglais gouvemneur de Iz Jamaique, pour l'échange des prifonniers; avec le général Rochambeats pour répondre edla
notificarion que faifoit ce général de l'arrèté du Direétoire
exécutif, qail: nommoit aul commandement de la partie
efpignole de Sains-Domingse 5 & enfin aver fes collegues,
agens du Direétoire execntil, pour les mettre au courant
dotoutes fes opérations,
elligance; avec ie général anglais gouvemneur de Iz Jamaique, pour l'échange des prifonniers; avec le général Rochambeats pour répondre edla
notificarion que faifoit ce général de l'arrèté du Direétoire
exécutif, qail: nommoit aul commandement de la partie
efpignole de Sains-Domingse 5 & enfin aver fes collegues,
agens du Direétoire execntil, pour les mettre au courant
dotoutes fes opérations, --- Page 80 ---
Quant aux actes adminiftracifs du
dant iort cet incervalle de fa m-flion, citoyen il n'en Roume eft
penquifient Aufcopcibles d'étre cités dans ce
que deux
rapport.
Lc premier cft un arrêté du 25
écabliflemen: provifoire d'un tribunal germinal à
an 4, porrant
pour juger, conformément aux lois de Santo- la
Domings,
prifes qui, feroient faites en mer par fes
république, les
des particuliers. Ce cribunala été
barimens ou ceux
commiffaire du Pouvoir exécutif, d'un compofé d'un
d'un
fier & d'un
fubititut,
gref12E
interpréte.
Le fecond eft aufli un arrêté du
des difpofitions de police relatives 4 meffidor, contenant
faires qui aberderoien: à San-o-Domingo. aux équipages des coraux marins de fe promener dans la ville Cet arrété défend
autres armes offentives, & a évidemment avec des fabres &
tcnir la tranquilliré qui régnoir dans cette pour ville. objerdemainTel eft le réfultat des opérations du citoyen
l'efprir de concorde & de modération
Roume, dont
jufqu'i préfent les intérêts de la
paroit avoir plus fervi
ci-devant efpagnole de
République dans la partie
l'orgueil des pretentions, S-Domingue, que ne l'auroient fait
des formes,
l'exegération des peincipes,fafperité
l'inquiétude ou ia roideur d'un caraétère moins
fouple & moins conciliant.
Jc vais maintenant reporter votre attention fur les collègues du ciroyen Roume, fur les citoyens
Giraud, Raimend & Lublanc.
Sonthonax,
Ils étoicnt partis de l'ile d'Aix, le 17 germinal an
pour fe rendre au Cap Franeais. On poavoit, dans Cu mo- 4,
ment, mertre en quellion s'ils arriveroient à leur
tion. Le cabinet
deflinarelle, que la publicité, britinnique, fouvent que involontaire, notre inquiétude natutoujours inévitable, de toutes les combinaifons mais prefque
politiques,
Raimend & Lublanc.
Sonthonax,
Ils étoicnt partis de l'ile d'Aix, le 17 germinal an
pour fe rendre au Cap Franeais. On poavoit, dans Cu mo- 4,
ment, mertre en quellion s'ils arriveroient à leur
tion. Le cabinet
deflinarelle, que la publicité, britinnique, fouvent que involontaire, notre inquiétude natutoujours inévitable, de toutes les combinaifons mais prefque
politiques, --- Page 81 ---
militaires &: adminiftratives de notre gouvernement, coinme
de nos délbérations léginl itives, tiennent fans celle en éveil
contre nous; cC cabiner, dis-je, fembloit avoir, à cette épo.
que, déployé tous les moyens de fa paiflance navale, pour
interdire aux ageas du Directoire exocuti E l'entrée de SaintDonnngue. L'Ocean étoit couvcrt de bâtimens anglais; PAr
chipel des Antilles en éroit légalement infelté. Une divifion
de Tefcadre de P'amirai Parker bloquoit le Cap depuis
plufieurs femaines. Cependant les deux divilions fraugsifes,
partics prefque en meme temps de Rochefort & de Brelt,
arrivèrent à leur dettination, après la traverfée la plus heureufe 2 à une journée d'intervalle l'une de Pautre. Les
agens du Direéto.re exécutif firent leur entrée au Cap le
23 foréal.
Elle fat folemnclle &, pour ainfi dire, triomphale. Ils
parvintent à la mation du gonvetnement, au milicu d'un
peuple imenfe, Par une route jonchée de Aleurs, au bruit
des ac:lamations univerfeiles de vive la Republiq:e, vive la
liberte génénties vive Sonthonax , & entre une doublebaie 1
de folaats, noaveaux libres, remarquables parla contenance
la plus impofante.
Après avoir organifé entre cux le mode de travail &
l'expédition des affaires, dreffé une proclamation pour
annoncer leur arrivée & l'objer de leur miffion, & charge
leur fecrétaire général de notifer cette proclamation à
toutes ics autorités civiles & militaires de la colonie, lcs
agens du Direétoire exécurif fe livrèrent aux diverfes mcfures militaires, politiques &c adminiftratives inhérentes d
l'objet de leur miflion & à la natare de leurs pouvoirs.
Mais, avant d'entrer dans l'examen de leurs opérations &
dans la recherche des évènemens qui les ont accompagnées,
Ou qui en ont été la caufe ou l'effer, il faut les entendre eulxmêmes dans le récit qu'ils font de la ftuation où ils ont
rouvé la colonie.
curif fe livrèrent aux diverfes mcfures militaires, politiques &c adminiftratives inhérentes d
l'objet de leur miflion & à la natare de leurs pouvoirs.
Mais, avant d'entrer dans l'examen de leurs opérations &
dans la recherche des évènemens qui les ont accompagnées,
Ou qui en ont été la caufe ou l'effer, il faut les entendre eulxmêmes dans le récit qu'ils font de la ftuation où ils ont
rouvé la colonie. --- Page 82 ---
Cc Envoyés, difent-ils par leur lettre du
59 demnier, dans une colonie
18 vendémiaire
3> avoit tout changé, avoit été qui, après une révolution qi
32 cile-méme ; arrivés dans un entièrement abandonnée à
>> armes quila divifbient, éroient moment où deux partis en
>> gouvernée par des chefs
prêts à en venir aux mains;
vues & des intérêts différens militaires, qui tous avoient des
32 unl ennemi paitlant & acharné, ; occupée à
fur un point par
>2 un allié (dont les agens n'étoient l'autre extrémité par
55 principes de notre
pas lamiiarifésavecles
>> minittration vicieule gouvemnement); de la colonie les reffources de l'ad97 une dette énorme; un crédit
entièrement épuifses;
3> encouragée; les culivateurs ruiné; la culure foiblement
détournés de
x des chefs de parti qui leur faifoient
leurs travaux par
2> particulières ; les calonnies les
époufer leurs querelles
2> tions de la France relativement plus abfurdes fur les inten3> dans toute la colonie par tout ce aux noits, répandues
>> nemis déclarés ou
qu'elle renferme d'ennefecrets : voilà
>> quoiqu'abrégé, mais
le tableau défaftreux,
fidèle, de la
>> nous avons été envoyés par le
fituation du pays ou
gouvernement 1).
Je pourfnis maintenant mon rapport. La connoiffance des
opérations des agens > & celle des évènemens
fe
pallés dans la colonie depuis l'inflant de leur arrivée qai
font
jafqu'a la date de leurs dernières
au Cap
quérir par le déponillement de leur dépèches, peuvent s'acment dite, & par Tanaiyle des procès-verbaux correfpon.iance de leurs proprebérations.
déliJ'ai amoncé, au commencement de ce
ferzis de cette dernière analyfe l'objet de In rapport, que je
de mon travail.Je m'attacherai donc d'abord & troitième partic
à préfenter le dépouillement de la
dès-à- piefune
correfpondance desagens.
Cette correfpondance tenue exclofivement avec
de la marine & des colonies, conformément
le minifre
du Dircctoire cxécutif, s'étend
à l'infruétion
depuis le 27 floreal an A,
ferzis de cette dernière analyfe l'objet de In rapport, que je
de mon travail.Je m'attacherai donc d'abord & troitième partic
à préfenter le dépouillement de la
dès-à- piefune
correfpondance desagens.
Cette correfpondance tenue exclofivement avec
de la marine & des colonies, conformément
le minifre
du Dircctoire cxécutif, s'étend
à l'infruétion
depuis le 27 floreal an A, --- Page 83 ---
jufqu'au 5 frimaire anl 5. F22 embraffe ainfi 22n intervalle
de fix mois & quelques jours : elle pout fe divifer fous le
rapport des fsits & des évènemens qui ont rempli ce periode
de temps, & fous celui des vies & des projets divers rclatifs
à l'adminiftrition de la colonie. Je diftinguerai Pune de CCS
correfpondances fous le titre de cotrefpondance hiflorique, de
l'autre Ous le titre de correlpondance adminifirative. Jecommencerai par préfenter l'extrait de la première, comme celle
dontla connoiflance fait l'objet de votre plus vive impaticnce,
L'analyf del'autre me conduira naturclement ta ma troifième
& dernière partie.
CORRESPONDANCE HISTORIQUE.
L'intervalle qui s'eft écoulé entre l'arrivée des agens dii
Direétuire exécatif à Saint-Domingne & la date de leurs
dernières dépèches, a été marqué par divers évènemens qui
peuvent appartenir à T'hiftoire de la colonie. Je vais les
retracer le plus fommairement poilibie, & les clafer fuivant
leur ordre de priorité,
Lun des premiers objets qui fixèrent Fattention de la commillion fut le mouvement qui avoit éclaté ar Cap le 30
ventôfe dernier. Elle prir dès le lendemain de fon arrivée
un arrêté pour mander devant elle le général de brigade
Villatte. Cer ollicier n'héfira point à fe préfenter : fa venue
au Cap excita un engouement extrême dans la claffe des
ouvriers & des marchands de denrées. Une affluence cOifidérable l'accompagna jafqu'à la maifon du gouvernement,
en criant vive Pillacte. Oa f ragpeloit ( & la jaftice 8E
T'impartialitém'impefens ici lc devoir de faire connoirre ceite
parricularité honorable poar Villatte ), on fe rappeloit
qu'après le départ des commiffires-civils Polverel & Sorthonax, le Cap avoit éte attaqué &c bloqué par les Efpagn-l. par terre & par mer ; que Villatte par fon courage &c
fon habilcté avoit fu défendre la vile contre cette atraque
a f ragpeloit ( & la jaftice 8E
T'impartialitém'impefens ici lc devoir de faire connoirre ceite
parricularité honorable poar Villatte ), on fe rappeloit
qu'après le départ des commiffires-civils Polverel & Sorthonax, le Cap avoit éte attaqué &c bloqué par les Efpagn-l. par terre & par mer ; que Villatte par fon courage &c
fon habilcté avoit fu défendre la vile contre cette atraque --- Page 84 ---
combinée, & que pendant la durée du blocus il avoit donné
le premier l'exemple à tous les affiégés de fe reftreinire 9
pour leur fmbfiftance, à quelques grains-de a
mais &
morceaux de canne de
quelques
fucre, > réfervant févèrement
malades & les Européens le peu de denrées
pour les
fe troavoient dans la place, Cette conduite l'avoit d'Europe qui
au peuple & c'eft ce qui exp'ique le témoignage ren. de u1 fen- cher
fibilité qu'il en recevoit en ce moment. L'attroupement qui
l'exprimoit devint fi brayant & fi confidérable,
teliemnent de toutes les avenucs de la maifon du ils'empira
ment 3 qu'ii donna lieu ati général Laveaux de gouvernela multitude, des femmes fur-tout, vouloit influencer penfer la
cifion
a::
de la Commiflion, & la forcer à faire grace à Villarte
& à fes partifans. Laveaux, de fon ayeu, dans une de fes
lettres di17 meflidor, fe crut obligéde déployer
de
la force militaire pour
cet
l'appareil
didiper
attroupement c
alloit,
>>
qui
dic-il, devenir crimincl. 12
Villatte paffa deux heures dâns le fein de la Commiflion.
Ellen'a poinr donné les détails de cette longue conference;
mais le réfulrat fut de renvoyer Villarte à ion camp, avec
injonction d'inftruire fon ermée des difpofitions de la Commillion, de preferire à cetre armée de ponrvoir par desdéchemens à la gaide des forts occupés par elle, & de ne recevoic déformais d'ordres qne du général 1 aveaux. Villatte
reçut aulilinjonction de licencier tous les hommes quil'entouroient contre le gré du général en chef, d d'attendre
dans fon camp des ordres ultérieurs pour fe rendre an
oû il auroit la ville pour prifon.
Cap,
Le 26 Aoréal elle prir i fon égard un arririplus févère. Ce
jour elle avoit entendu Un rapport circonflancié fur Tatfire
du3 30 ventôfe. Eile ne pit : empôcher d'y recennottre tous
les caradtères d'une véritable révolre. Elle arreta en contequence, que des mefures feroient prifes pour s'aflarer de la
putfonne de Villatie, & Tenvoyer en état d'arreftarion
a bord du vaificau commandant en rade, fe refervant de
fuivre
iriplus févère. Ce
jour elle avoit entendu Un rapport circonflancié fur Tatfire
du3 30 ventôfe. Eile ne pit : empôcher d'y recennottre tous
les caradtères d'une véritable révolre. Elle arreta en contequence, que des mefures feroient prifes pour s'aflarer de la
putfonne de Villatie, & Tenvoyer en état d'arreftarion
a bord du vaificau commandant en rade, fe refervant de
fuivre --- Page 85 ---
fuivre les ramifications de cette
les auteurs faureurs
affaire, & d'cn
& adhérents.
pourfuivre
Le 29 elle prit encore dans cette affaire
motivé. Le général de brigade Chanlatre
un arrêté plus
vers Villatse pour acquérir des notions fir avoit les été envoyé
avoient Pu le porter d hi révolte.
hommcs qui
trouvé Villates au milieu d'un Chaniatte rapporta avoir
gue l'ayant interrogé fur les auteurs camp de nombreux; la
il ajouta
avoit répondu n'en connoitre
révolte, Villatte
prèt à obéir aux ordres qui lui feroient aucun > mais être du refle
miffion.
donnés par la ComAprès avoir entendu Chanlatte, la
anfli les généraux Laveaux, Touffaine Commiflion entendit
Michel, & l'Eveillé.
P'Oavertare, Picrre
La Commiflion délibérant fur
ginéral de brigade Villatte
le l'accufation portéc contre le
arrêta que Villatre feroit arrèté par & général condait er à chef bord
tigny, & que, dans le cas oàil
du
2VI
feroie employée contre lui.
refuferoit d'obdir, laforce
La Commiflion acquéroit de
en
lumières far cette affaire, l'une des jour jour de nouvelles
auront marqué dans la révolurion de plus importantes
fembloit avoir pour objer Scine-Domngate S2
S4 la couleur blanche & fur d'établir fur la deftruétion
triomuphe de la couleur jaune, l'ignorance &
des noirs, le
individus accrédités. Le 26
l'élévation de quelques
>> fidérant, dit-cile, qu'il téfulte prairial de la Commifion > < Con-
>> partial des pièces produites dans l'esamen le plus im5 exifté un complor atfieux contre
cette affaire, qu'il a
2) la fouverainere de la
la sûreré de la colanie,
3> péens à
métropols & l'exiftence des Euro3> dence de Saine-Domingue: cette
; que le chef le plus en évi5> latte, &
fes conjuration cft le ci-devant général Vil2) nommés REas complices les plus apparens font les
Rapport de Marec. Andhés Beaucorps, 2 Binet, Legris,
F
ieux contre
cette affaire, qu'il a
2) la fouverainere de la
la sûreré de la colanie,
3> péens à
métropols & l'exiftence des Euro3> dence de Saine-Domingue: cette
; que le chef le plus en évi5> latte, &
fes conjuration cft le ci-devant général Vil2) nommés REas complices les plus apparens font les
Rapport de Marec. Andhés Beaucorps, 2 Binet, Legris,
F --- Page 86 ---
$ Lagneux 3 Allers ainé, Bofiere, Bien - aimé Gérard,
Blot
>> Dejcoubet 3 Povier 3 Daumeck J Defpeyron 3
)) Beaubert jeune , Jofepl Laboalay 5 Berard, Domangle 3
)) Penct pères Fenet fils, Nucolas Griffors Binot, ( preique
>> tous hommes de coulenr) >) ; la Commiflion arréta que
tous les individus fus-dénommés feroient envoyés en érat
d'arreftation en France pour être mis à la difpofition du
Direétoire exécutif.
Le 27 praitial clle lança un mandat d'amener contre le
citoyen Pinchinnat 3 qu'elle conlidéroit comme le moteur &
T'inftigateur fectet des troubles qui avoient failli perdre la
colonie, & qu'on foupçonnoit n'ètre venu aul Cap & ne s'y
être arrété G long temps que pour ourdir cette trame criminelle.
Enfin, le 12 meffidor fuivant, la Commiffion ajouta aux
arreftations prononcées par fon arrêté du 25 prairial, relles
des citoyens Delaire 3 commandant militaire à Jean-Rabel,
habitant
Levafeur - commandant en fecond, & Lapointe 3
du Gros-Morne, prévenusdêtre les inftigateurs des maffacres
avoient eu lieu à la montagne du Port-de-laix, &
2t.t de complicité avec Villatte dans les événemens du 30
ventôle.
Elle
aufli l'arreftation &: la traduétion en France
fous cC RERET rapport, des citoyens Puech, agent natiunal
de la commune du Cap. Leger- Duval 3 ancien juge depaix du Terrier-Rouge - > Durandfils, & Chervain, aide-dicamp de Villatte.
Par le même arrêté, elle fatua que trente-deux autres
accufés dans cette affaire, gu'eile confidéroit comme plus
coupables, feroient mis en liberté, mais deftiégarés que
pouvoient occuper au fervice de la
tu's, des places qu'ils
dans leurs
république, & altreints à fe tenir provifoirement
domiciles fous la furveillance fpéciale de leurs municipalités
refpectives.
ils, & Chervain, aide-dicamp de Villatte.
Par le même arrêté, elle fatua que trente-deux autres
accufés dans cette affaire, gu'eile confidéroit comme plus
coupables, feroient mis en liberté, mais deftiégarés que
pouvoient occuper au fervice de la
tu's, des places qu'ils
dans leurs
république, & altreints à fe tenir provifoirement
domiciles fous la furveillance fpéciale de leurs municipalités
refpectives. --- Page 87 ---
Des proclamations portant amniftic pour tous CCtIx qui
mettroient bas les armes 5 d'autres portant tour-à-tour des
paroles de paix & de concorde > ou des menaces; une
deputation envoyée au camp de Villatte & qui n'eur
de fuccès, & enfin des mefures militaires employées point le
général Laveaux, avoient fucceffivement detaché de la par caufe
de Villacte plufieurs de fes partifans intimidé & défarmé
les autres, & mis le plus grand nonbre à la difcréuon de
la Commithon, qui les avoit d'abord fait emprifonner.
Villatte fe rendit voloncairement à bord de la
la Midufe , en rade du Cap. Ceux de fes
frégate
la Commiffion avoit prononcé
partifans dont
futent amenés
Tarreftarion, ly fuivicent ou
fur ce bâtiment. Tous ont éré enfin traduits
en France far la corvette ia Hiena, & dépofés, en arrivant, dans les prifons de Rochefort.
Les pièces relarives a cette affaire ont écé fucceflivement,
& à d'allez longs intervalles 2 adreffées au miniftre de la
marine, qui les a fait copier & parvenir à l'officier
commandant la douziène divifion militaire, dont le général cheflieu eft à Rochefort, afin de le mettre à portée de faire
inftruire le procés de Villatte & de fes co-accufés. Ces
font au nombre de foixante-deux. J'ai été obligé de les pièces
tontes
lire
pour en extraire l'enchaînement des faits
fous vos yeux relativement à cette affaire.
que j'ai mis
Au furplus, vous avez chargé une Commifion
de VOuS en faire 111 rapport. Je lui ai
fpéciale
les pièces. Le rapporteur fe préfentera fans communiqué doute incefam- tontes
ment à cette tribune.
Quelleque foit l'exaéte vériré fur le fond de l'affaire dont il
s'agit, quel
foit le jugement à intervenir, votre Commillion,
ne
edlareif
obferver
deux re-préfentaus, chofes
peut s'empécher de vous
que
l'ont frappée dans laconduire tenue
parlesagens du Directoire exécutif dans cette occurrence.
F2
a fans communiqué doute incefam- tontes
ment à cette tribune.
Quelleque foit l'exaéte vériré fur le fond de l'affaire dont il
s'agit, quel
foit le jugement à intervenir, votre Commillion,
ne
edlareif
obferver
deux re-préfentaus, chofes
peut s'empécher de vous
que
l'ont frappée dans laconduire tenue
parlesagens du Directoire exécutif dans cette occurrence.
F2 --- Page 88 ---
.8.
D'une part, elle a trouvé que prefque tous leurs arrêtés
ont blelfé l'art. 145 de la confticution, en vertu duquel
feul ils étoient fondés à les prendre, & que celles de leurs
proclamations qui ont promis amniftie
ont excédé les
bornes de leor pouvoir. Images du Diteétoire cxécutifaSaingDomingue, inveltis dans cette colonie d'une aatorité femblable a celle qu'il exerce fur le continent, ils ne pouvoient
pas, à Saint-Domingue, plus qu'il ne peut lui-mème en
France, fe difpenfer de renvoyer devant l'officier de police 2 >
dans les deux jours de leur arreftation, los individus arrétés;
ils ne pouvoient pas davantage faire relâcher , fans jugement, des individus déja arrêtés. 1 encore moins promettre
une amniftie que le Corps légillacifn'avoit pas décrétée.
D'une autre part, en renvoyant en France Villatte & fes
co-accufés pour être mis à ia difpofition du Direétoire exécutif, fes agens paroiffent avoir donné une preuve de mnoderatien, deprudence 8 d'impar:ialité. En s'aurorifant des
lois alors exiftantes, notamment de celle du fecond jour,
complémentaire de l'an 3,i1 femble qu'ils avoient le droit
de faire juger au Cap les prévenus, & de les renvoyer tous
pardevant une commifion militaire. Ils n'ont pas ufé de ce
droit : ils n'ont pas vouln que lcurs premiers pas, dans la
carrière difficile qu'ils alloient parcourir, 9 fufent marqués
Par des aêtes de rigueur; encore moins que les jugemens des
prévenns de la révolte du Cap pir êtte, dans une ville remplie deleurs parrifans & de leurs ennemis, influencés par des
affections particulières. Lesagens ont preféré les faire traduire
devant des jnges complètement défintéreffés, &, de tout
point, impailibles comme la loi.
La Commiflion du gouvernement à Saint- Domingue ,
ap.ès avoir ainfi donné fes premiers foins à iu rédnction des
rebelles & à leur eloignement de la colone, tourna fon
attention vers la prifede poilellion des parties du territoire
occupécs par les Efpagnols qui étoient le plus à fa portée.
Lesagens ont preféré les faire traduire
devant des jnges complètement défintéreffés, &, de tout
point, impailibles comme la loi.
La Commiflion du gouvernement à Saint- Domingue ,
ap.ès avoir ainfi donné fes premiers foins à iu rédnction des
rebelles & à leur eloignement de la colone, tourna fon
attention vers la prifede poilellion des parties du territoire
occupécs par les Efpagnols qui étoient le plus à fa portée. --- Page 89 ---
Elle jeta d'abord les yeux fur le Fort-] Dauphin ( ou Bayaha. )
Laveaux y entra le 26 prairial, en prit pofeflion, & s'attacha
particulièrement à bien armer le For la Bouque & la batterie
de T'Anfe, qui avoient été rendus en bien mauvais état, Les
agens arrétèrent
cette place fe nommeroit à l'avenir le
Fort- Liberté, C tcRe dénomination nouvelle a
difent99
fait,
ils, grand plaifir aux noirs. 39
Les Commiffzires ont depuis autorifé le général Laveaux,
à prendre poffeflion des places de Monte-Corif, Laxavon,
Hincha, Bnica & Lat- Cahubas far les frontières de la partie
ci-devant efpagnole. Jc ne puis affirer fi les troup-s de la
République Oit été jufqu'a préfent reçues dans ces diverfes
places: il paroit feulement certain qu'elles ne i'ont
été
a Banica, dont Jes Anglais fe font emparés
pas
avec les émigrés.
conjointement
Le foin de la prife de poffeffion du territoire occupé
les Elpagnois fembloit devoir être exclufivement coufié par aul
général Rochambean, qui en avoit reçu la miflion expreffe
par l'arrêré du Direétoire exécutif, du 23 pluviôfe an
&. qui avoit éré,par le même arrêté, invefti du titre de Com- 4,
mandant en chefde la parcie ci-devant efpagnole. On voit
dès le 3 prairial ilavoit écrit à la Commiffion
que
peler les ordres du
pourluirapqu'elle voulit bien le gouvérnement. 2 & pour demander -
mettre à portée de les faire exécuter.
Mais O11 voit aufli (8c le moment eft enfin arrivéde mettre
au grand jour une affaire quia érél'occafion de
& de reproches, dont il fera maintenant facile tanrdeplintes
la légitimité ) on voit, dis je, dans une lettre de d'apprécier la
miflion au Miniftre de la marine, du 5 thermidor Com-
& dans fon arrété du 30 mgllidor précédent, les dérnier,
l'ont déterminée à ne donner aucune fuite à l'arrèré morifsqui da
Direétoire exécutif conccmant la miflion du
Rochambeu. Ce n'eft pas fans quelgee
général
je me vois perfonnellemeit forcé de dévoiler tépugnance ici ces morifs; que
F3
la
miflion au Miniftre de la marine, du 5 thermidor Com-
& dans fon arrété du 30 mgllidor précédent, les dérnier,
l'ont déterminée à ne donner aucune fuite à l'arrèré morifsqui da
Direétoire exécutif conccmant la miflion du
Rochambeu. Ce n'eft pas fans quelgee
général
je me vois perfonnellemeit forcé de dévoiler tépugnance ici ces morifs; que
F3 --- Page 90 ---
mais je cède à la néceffité des circonftances. Rapporteur de
la commiffion du Confeil des Cing-Cents, je dois ne lui
dérober la connoillance d'aucun des faits importans réfultans des pièces qui ont été remifes à la Cominiffion. Celleciad d'ailieurs fait connoitre récemment au général Rochambeai lui-mème Jes motifs que je vais mettre au grand jour.
Ce général eit déformais en mefure de repouffer & de
détruire les inculpation. qui font dirigées contre lui, s'il eft
vrat qu'elles n'aient aucun fondement.
Voici les expreflions de la lettre de la Commiflion du
DireStoire exécutif â Saint-Domingue, au Miniftre de la
marine,en date du 5 thermidor dernier:
arrivée
A
La conduite du général Rochambean, depuis fon
39 dans la colonie, > fes prétencions avouées de gouverner
>> militairement danslapartie cédée par TEfpagneala France,
>9 fans être tenu d'obéir aux ordres de la commilfion, les prin-
>> cipes qu'il a manifeftés, la troupe des mauvais citoyens
>> dont il étoit entouré, & qui compofoient fon état-major :
s5 tous CES motifs avoient alarmé les amis de la patrie; &
étoient faits a la
>> d'après les rapports journaliers qui
99 commiffion, elle a été enfin convaincue qu'il/eroit du plus
>> grand danger de laiffer entre les mains d'un général dont
>> les intentions étoient f contraires aux vues & aux inten-
>> tions du gouvernement républicain, un comunandement
> auflimportant que celui dela partie ci-devant cfpagnole.
>> Il étoit fur-tout intérelfant de ne pas laiffer aborder dans
5> cette partie de l'ifle les émigrés, qui n'attendoient que le
former une nouvelle
>> moment favorabled'y pénétrer pour y
du
Rochambean avec
$> Venidléc. Les liaifons connues général
>) in gran! nombre d'ennemis de la France aux Etats-Unis
bien
de donner des craintes à la commifs5 éroient
capables
Il
en
>> fion. Elle Pa dettitué de CO commandement. palfera
2 France fur la corvette lc Berceau,avec deux de fes aides-
> de-camp. 3>
Ous motifs font plus développés dans les confidérants de
trer pour y
du
Rochambean avec
$> Venidléc. Les liaifons connues général
>) in gran! nombre d'ennemis de la France aux Etats-Unis
bien
de donner des craintes à la commifs5 éroient
capables
Il
en
>> fion. Elle Pa dettitué de CO commandement. palfera
2 France fur la corvette lc Berceau,avec deux de fes aides-
> de-camp. 3>
Ous motifs font plus développés dans les confidérants de --- Page 91 ---
à
l'arrêté du 30 meflidor
a prononcé la deflitarion de ce
général, On y lit aufli Man motifs non exprimés dans la
lectre de la commiflion, tels que 1°. ( de s'être, en quelque
dès fon arrivée au
annoncé comme le point de
99 forte,
Cap, voudroient infulter & avilir la
>> ralliement de ceux qui
de donner à tous les citoyens l'exemple
99 commillion - loin
de
& des
dus a cette autoriré; 29.
H de la foumiflion
égards
fans même
) s'ètre perm's d'aller, fans congé, fans miflion,
différentes places
5 aucune efpèce d'autorifation, parcourir
a diftrait les comman39 & plufieurs poftes militaires, dontil
même où les
Bombarde,
5>
dansau moment
Anglais prenoient
>9 & d'ètre rentré au Cap fans en inftruire la commiflion,
>> fans lui faire aucun rapport, fans daigner mêie lui rendre
> aucun de ces devoirs que la bienféance eûc exigés; 30.d'ade feva
vint
99 voir non feulement permis qu'un
agens
jufqu'au & fit
la
infulter un de fes membres,
99 fein de commillion
de
5> enfuite de cette démarche feandaleufe t:: e pièce trophée
d'avoir fanctionné lui mème la conduite de
99 public, mais écrivant à la commiflion la lettre la
en
plus
>2 cet agent,
.9
)) indécente & la plus irrefpeétucufe (1),8c.
(1) Ce dernier faita betoin d'une explication. Le citoyen Leblanc,
meibre de la commillion, s'étoit fervi, en énonçant une opinion perfonnelle dans un papier public, s'étoit fervi du terme Baulbinocrate. de Bambinocrate Cette
qu'une faute dimpremion avoit travefli en celui de
même
expreffion avoi: paru (ingulière, peut-ètre ridicule, peut-être elle (embloit
injurieule & offenfance a un jeune homme , contre qui de l'étnt-major
avoir été dirigie, au citoyen Paulin Goy. fecréraire
de l'armée de la parcie elpagnole de Saint : Domingue. Leblanc, Ce jeune & à
homme n'héfita poiat a fe tranfporter chez le citoyen
laile mander ce qu'il avoit entendu par Pexpreflion de Bnulbinocrate.
Il fur reçu tiès-froidement & mème éconduit.
Ce iour, le 28 meilidor, la conunillion arrête
ce le citoyen
difant fecrétaire de l'état major rdn général Ro-
>5 Paulin Goy, fera fe
en France fur la frerate la Pengeunce. 29
> L'arrèté chambeau, n'eft point envoyé morivé 5 mais dans le PoMcript dune Icttre
adreilée le len 'emain par la commiffion au miniftte de la matine, fans
elle difoit : ce Le citoyen Paulin Goy, pailé a S.ine-Domingue
F4
oyen
difant fecrétaire de l'état major rdn général Ro-
>5 Paulin Goy, fera fe
en France fur la frerate la Pengeunce. 29
> L'arrèté chambeau, n'eft point envoyé morivé 5 mais dans le PoMcript dune Icttre
adreilée le len 'emain par la commiffion au miniftte de la matine, fans
elle difoit : ce Le citoyen Paulin Goy, pailé a S.ine-Domingue
F4 --- Page 92 ---
Sonthonar, je dois le dire, protefta
protella feal, contie'cet arrêté, Jec
formellement, &
du proces-verbal de la féance du copielerexpredions 30
memes
C
Le citoyen Sonthonax a dit meffidor.
)) qu'ii poric à la décilion de fes que, prelléentreles égards
collegues, &: f foumiflion
perfonnelie anx erdres du Direétoire
3) lui-mème de motiver
exécutif, il fe doit à
fon-orimon contraire
3> vient d'être pris. 1l e:t bien éloigné de
à l'arrété qui
>> fiulfens de deficution contrele
voir des motifs
genéral
) Que ceux articulés dans ledit arrété Rechambeau;
3> appuyés fur despreuves certaines
ne lui paroillent pas
;
59 votre auterifation & fans la nôtre, s'étant
>> indécente envers lun des commiffiares, & conduit d'une manière
>> propos contrele gouvernement dans les lieux d'ailleurs ayant terz des
B> a cru devoir le ienvoyer en Europe >2,
publics, Ja commifion
Le même jour 28 meilidor, 9 le général Rochambcau, inftruit de
dérermioation prife contre Paulin
écrivic à la
la
fuivante :
Goy,
commifion la lettre
c: Le commandant de la piace me
)) cution de votre arrèté
renvoie prévient qu'il eft chargé de l'exé5> gui ne fe dit pas fecretaire qui de en France le citoyen Pau'in Goy,
35 mais qui eft effeélivement le fecrétaire létat-mejor de du général Rochamleai,
55 la partie efpagnole de Saint Domingue, iétat-major de T'armée de
5> Si le crime de CC citoyen eft d'avoir
truction, au citoyen Leblanc la
demandé, pour fa propre in(-
52 rocrate, dont il s'eft fervi, en fignification du mot étranger BaalbiDo nelle ; il faut plaindrel'auteur decette énonçant, dit-il, une opinion perfon5> bleflé foilicite une vengeance fecrète exprefion, &c nodturne dont l'amourp propre
a jefice.
€n frprenane votre
>>. Le citoyen Leblanc, dont ile
2o devient homme privé quand # refredte de fon quc le caraière public,
s cen'eft P-S à ce tiere qu'il peut parle prétendre opinion pertennelle; &
5 franc is. Le temps des idules eft heureulemene aux igards des citoyens
5> a fait rentrer dans le néant prelque tous les afists patle: de la République
53 vonant au mépris public Robofpiere
Jipizs. cette fite, en
> Je vous demande donc,
8fes l'exane
>> condeite du citoyen Paulin cirayens, Goy & le
le plus Cvdre de la
00 qui doit s'enfuivre ".
jugemea: le plus rigourenx
Signi, D. ROCHAMDEAU.
aux igards des citoyens
5> a fait rentrer dans le néant prelque tous les afists patle: de la République
53 vonant au mépris public Robofpiere
Jipizs. cette fite, en
> Je vous demande donc,
8fes l'exane
>> condeite du citoyen Paulin cirayens, Goy & le
le plus Cvdre de la
00 qui doit s'enfuivre ".
jugemea: le plus rigourenx
Signi, D. ROCHAMDEAU. --- Page 93 ---
3) Que la mefure févère prife contre le général Rocham-
> beau lai paroit impolitique dans les circonftances ou fe
>> trouve la Commilion par rapport à la partie ci-devant
33 cfpagnole, dont les habitans ont la plus grande confiance
>> dans ce général en chef.
39 Par ces confdétations, le citoyen Sonthonax déclare
33 qu'il ne croit pas devoir voter la defticution portée dans
>> l'arrété dont ilsagit.s
L'arrêté palfa néanmoins. Il porte fimplement
( le
>9 général Rochambeau eft deftitué de fes Emalom de
>> commandant en chef de la partie de la colonie de Saint55 Domingue ci-devant efpagnole, & que le préfent arrété
>> lui fera notifié dans le jour. >
Il paroit qu'il ne le fut que deux jours après; ; il paroît
aufli que Cette notificarion fat reftreinte par la Commiflion à l'intimation de fon arrêté proprement dit, fans
communication d'aucun des confidérans qui le précédoient,
d'aucun des mocifs qui l'avoient déterminé. On en juge par
la lettre que le général D
Rochambeau écrivit à la Commillion le 3 thermidor pour lui accufer réception de fon
arrêté non motivés & pour lui demander communication
des motifs qui lavoient décidé ; leitre, au furplus, dans
laqueile Rochambeau I protefle hautement contre Jedicarrèté,
&: rend lcs membres de la Commiflion perfonnéllemen: refponfables des fuites de cette affaire vis-à-vis le gouvernement français & le cabinet de Madrid. Cette lettre provoqua l'arreté fuivant:
C Vu la lettre du général Rochambeau, en date de
s ce jour, adrellée à la Cemmition;
3 Confidérant qne cetre lettre, fubverfive de toute ef3) pèce de febordination, cft, de fa part, ute nouvelle
33 intulte contre les délégués du gouvernement français,
lion perfonnéllemen: refponfables des fuites de cette affaire vis-à-vis le gouvernement français & le cabinet de Madrid. Cette lettre provoqua l'arreté fuivant:
C Vu la lettre du général Rochambeau, en date de
s ce jour, adrellée à la Cemmition;
3 Confidérant qne cetre lettre, fubverfive de toute ef3) pèce de febordination, cft, de fa part, ute nouvelle
33 intulte contre les délégués du gouvernement français, --- Page 94 ---
3) chargés par l'article 156 de la conftitution
>>
des mémes
fonctuns que le Dircétoire exécutif de
> prétentions qu'elle renferme font une
que les
5> contre l'autorité
preuve
révolte
Reera
légitime 5
>> La commiflion arrête ce qui fuit:
>3 Donatien Rochambeau, général
fera
3>
divifionnaire,
à
l'inilant arrêté & conduit à bord de la corvette
>>
le
Bercezu, pour y être détenu à la difpofition de la Com3) mifion, jufqu'i ce qu'il en foit
elle autrement
s
douns, fous la relponfabilité perfonnelle par
du
or9> de cette corvette >2,
capiraine
Le jour même l'arrêté fut notifié au général Rochambeau, qui fe rendit fur-le-champ à bord de la corvette le
Berceaw, avec deux de fes aides-de-camp, les autres ayant
été embarqués à bord de la frégate la Médufe , pour devoir palfer en France far le premier bâtiment. Rochambeau
écrivit encore à la
du bord de la corvette :
c
Commnitlion:
Vous avez, dit-il, employé la force pour
m'empécher
de mertre à exécution l'arrèré du Directoire exécutif du
> 23 pluviôfe dernier. Je fuis à bord du Berceau. Vous
)) m'avez donc ôté toute ma refponfabilité, & je fuis
> pleinement facisfait >),
Le général Rochambeau eft débarqué à Bordeaux en
fructidor dernier. Au moment de fon artivée, les Autorités
conftiruées de cette commune 9 fur le fimple vu de fon
arrêté de deltitution , ont cru devoir le conflituer ptifonnier dans le château du Ha. Ily eft refté captif douze
jours, le temps néceffaire pour inftruire le gouveri ement
& pour recevoir fes ordres. Iis ont été forcés de relâcher
fur-le-champ le détenu.
Le général a depais réclamé 2 plus d'une fois, tant
ati; rès du mninifre de la marine qu'auprès du Direétoire
exécutif, contre fa deflitution, contre Millégalité de cette
mefure & la violence dont il a prétendu avoir étél l'objet.
ze
jours, le temps néceffaire pour inftruire le gouveri ement
& pour recevoir fes ordres. Iis ont été forcés de relâcher
fur-le-champ le détenu.
Le général a depais réclamé 2 plus d'une fois, tant
ati; rès du mninifre de la marine qu'auprès du Direétoire
exécutif, contre fa deflitution, contre Millégalité de cette
mefure & la violence dont il a prétendu avoir étél l'objet. --- Page 95 ---
Le gouvernement avoit "fous les yeux toutes lcs pièces relatives à cette affaire ; il a contirmé l'arrêté de fa [Commiflion du 30 meflidor. Le général Rochambeau, petlundé
les lois qui interdifent a tout officier deftitué la faculté
T, venir ou de réfider à Paris, lui font applicables, eft
refté à Bordeaux: c'eft de là qu'il n'a cellé de réclamer
contre la privation de fon commandement, de demander
à être entendu fur cette affaire, & enfin de folliciter fa
mife en jugement. Il a eu, en dernier lieu, recours à
vous-m@m:s, citoyens repréfentans, pour obrenir des juges.
Vous avez renvoyé & dû renvoyer fa pétition au Directoire
exécutif.
Le Direétoire vous a adreffé le 2 de ce mois un meffage
des motifs
vous annoncer qu'ayant pris connoilfance
borné
Et la deftitution du général Rochambeau, ils'étoic
à la contirmer.
Tel eft l'état de cette affaire. Je ne fuis chargé de vous
rien propofer à cet égard ; mais je fuis autorilé a vous
faire obierver que l'arreté de la commitlion du gouvernoment
du 3 thermidor, qui a envoyé CC général à bord de la
corvette le Berceau 2 pour être détenu à fa difpofiion 3
jufgu'a ce qu'elle en ait autrement ordonné, eft une violation de l'article 145 de la conftitution > qui proferit
toute détention arbitraire, &t que les torts quclconques
du général Rochambeau ne pouvoient jultifier une pareille
illégalité. Au furplus ia corvette eft partie deux jours après
pour fa.déftination.
Au moment ou le général Laveaux entroit au FortDauphin
en prendre poffeflion, les, Anglais attaquoient
en force E pofte de Bombarde > fitué dans la paroifle de ce
nom, entre le Mole-SaincNicolas & le Port - de - Paix.
Ils fe préfentèrent devant Bombarde le 26 prairial avec
2000 hommes de troupes curopéeanes, 8c le forcèreut à
ft partie deux jours après
pour fa.déftination.
Au moment ou le général Laveaux entroit au FortDauphin
en prendre poffeflion, les, Anglais attaquoient
en force E pofte de Bombarde > fitué dans la paroifle de ce
nom, entre le Mole-SaincNicolas & le Port - de - Paix.
Ils fe préfentèrent devant Bombarde le 26 prairial avec
2000 hommes de troupes curopéeanes, 8c le forcèreut à --- Page 96 ---
capiruler après une réfiftance de trois jours de la
garnifon. L.aveanx affure qu'ils
part de la
lesrepublicains feulement 13. Quoi yperdirent3o0 hoimes, &
en artendant la
de
qu'ilen foit, ce général,
reprife
ce pofte, s'attacha à
nouveau cordon pour empécher
établir un
fur cette parrie du territoire du que l'ennemi ne s'érendît
mit tous fes foins à le
département du Nord. Il
de guerre étcit le feul qui harccler s convaincu que ce genree
& a l'érat de
convenoic & à la nature du pays
divers points de diffemination la
des forces républicaines fur les
contrée.
Ces précautions, bonnes & commandées I
les
tances, ne tardérent point à produire l'effer par
circonfs'en étoit promis; mais eiles furent à la vérité que le général
fecondées par l'intempérie du climar. On
puiffamment
lettre dela Commifion, da 28
apprend, par une
9> climat & lcs maladics
meflidor, que G les effets du
3> Bo rbarde;
ont forcé les Anglais d'évacuer
qu'ils s'en font retirés
s9 laiflant un grand nombre de morts volontairement, en y
52 fe retirant leur
& den malades;&
-
arricre
a
qu'en
3> taillée en
garde
été attaquée & méme
3> cailon de picces, & qu'on leur a Pris deux pièces de
quatre >.
Le chef de brigade Pageor, comnandant
Paix, Paroit avoir puillamment contribué a au Port-dece fuccès.
La Commiflion s en recevant la nouvelle de la
Bombarde 2 apprir auffi que l'ifle
de
reprife de
étoit en feu;
grand nombre de anglaife
la Jamaique
chercher un 37 à
planteurs étoient venus
colonie toute entière Kunafoun, étoit
capitale de lile, & que la
des caltivateurs. La Commifion menacée du foulèvement genéral
la certitudede ce fait
a eu fort à coeur d acquérir
de plufieurs indices important. Sa probabilité réfultoit déja
desAnglaie de
frappans, tels que la retraite précipitée
Bombarde; la
de
de devant le Cap, qu'ils tenoient difparucion
leurs vailleanx
pac mer; le parti qu'ilsa avoienc pris depuislang. temps bloqué
d'acherer à Tille do Cuba
Commifion menacée du foulèvement genéral
la certitudede ce fait
a eu fort à coeur d acquérir
de plufieurs indices important. Sa probabilité réfultoit déja
desAnglaie de
frappans, tels que la retraite précipitée
Bombarde; la
de
de devant le Cap, qu'ils tenoient difparucion
leurs vailleanx
pac mer; le parti qu'ilsa avoienc pris depuislang. temps bloqué
d'acherer à Tille do Cuba --- Page 97 ---
des troupeaux de chiens pour faire la guerre à leurs efclaves;
&, plus que tout ccla, cet efclavage même, le plus odieux,
le plus infupporable qui
lefpéce humaine dans tour C
le nouveau monde, > ATat eft exercé par les plus feroces &c
les plus impitoyables de tous les maitres.
C'eftil'occafion de cet évènement & de quelques autres circonftances, que la Cor.nibglogumnaimeng exprime les
plus vifs regre:s fur le défaut d'anivée au Cap del'efcad-eda
contre anral Richery , quele Diredbire s'ét sirpropoft d'envoyer à Saint Domingue, &cilnquelle fon féjour forcé dans la
radede Cadix, l'a dérerminéldonner une autre deftination. 11
eft certain qu'avec l'addition de forces apportées par cette efcadre, la Commillion eût pu tenter avec fuccès les diverfes entreprifes indiquées dans fes inftructions, affurer par-tout l'empire
des lois, rérblirl'ordre & le travail, 5 comprimer les féditions
& les foulèvemens, contenir toutes les pallions turbulentes,
réprimer & punir les ambitieux & les agitateurs, & détruire
en une feule toutes les caufes des.agitations & des malheirs
de la colonie, en expulfant fuccellivement les Anglis de
toutes les places, de tous les quartiers, que la lâcheté & la
trahifon combinées avec le défefpoir de quelques malheurenx
habitans, avoient livrés depuis trois ans à ces crucis ennemis
de la République.
Mais, abandonnée, pour ainfi dire, à fes propres forces,
envoyée à Saint - Domingue fans argent &
troupes, arrivée dans un moment où C ce pays prefque éprouvoir fins le
dénuement de routes chofes, dans un moment olt il gémif
foit encore fous le joug dela plus fanvage anarchie, la Commiflion du Direéboire exécurif à Saine-Domingne n'a
apporter que de foibles remèdes au mal qui T'affligeoic; pu la
fuite de ce rapport nous mettra à portée d'apprécier fi elle
mérite ou non le reproche de l'avoir aggravé, par l'inconféquence ou l'injuftice de fes mefures.
Dès le 10 prairial, elle avoit jugé néceffaire d'envoyer des
dela plus fanvage anarchie, la Commiflion du Direéboire exécurif à Saine-Domingne n'a
apporter que de foibles remèdes au mal qui T'affligeoic; pu la
fuite de ce rapport nous mettra à portée d'apprécier fi elle
mérite ou non le reproche de l'avoir aggravé, par l'inconféquence ou l'injuftice de fes mefures.
Dès le 10 prairial, elle avoit jugé néceffaire d'envoyer des --- Page 98 ---
délégués dans la partie du Sud, commandée par le général
de brigade Rigaud, homme de couleur. Les communications
de cette partie avec le refte de la colonie étoient devenues
extrêmement difficiles & rares, tant à caufe de l'état de
& de la polition des ennemis fur le
guerre
territoire -
la
nature même du gouvernement qui régitfoit depuis que
temps
Il
E
Saint-Domingue. convenoit d éclairer enfin & de
farveiller l'adminiftration de la province du Sud; il convenoit aufli d'effayer de fubftituer peu-à-peu à l'afpérité du
gouvernement militaire, la douceur du règne des lois conftitutionnelles, & de l'aurorité des magiftracures civiles. Par
un arrété du 10 prairial, la Commiflion nomma pour fes
délégués dans le Sud, les citoyens Le Borgne, André
& Pafeal. Ce dernier a depuis été remplacé
le
Rey
Kerverfeau adjudant-général. La Commiflion par ft citoyen
remps dreffer des inftructions
fes
en même
pour
délégués. Elies farent
lues, approuvées, & confignées au procès-verbal de la féance
du 12
On y voir que, chargés de furveiller > de conduire & de
diriger toutes les branches du gouvernement dans l'efpace
de terrain qui s'étend depuis le Cap Tiburon juiqu'au Saltrou & au Port-au-Prince, > les délégués étoient revétus
d'une autorité fupérieure à toutes les autorités civiles & miliraires de cette partie de la colonie, & même inveftis du
droit de décerner des mandats d'arrêt contre CCUX qui confpireroient contre la fûreté & la tranquillité publique.
Leurs pouvoirs ne devoient durer que trois mois (1).
La Commiffion du gouvernement fit accompagner fcs
délégués d'officiers militaires & civils récemment venus
d'Europe, de quelques troupes blanches & de munitions de
guerre.
La délégation partit fur la corvette la Doucereufe, & ar-
() J'ai aufli donné au confeil leélure de ces inftructions.
pireroient contre la fûreté & la tranquillité publique.
Leurs pouvoirs ne devoient durer que trois mois (1).
La Commiffion du gouvernement fit accompagner fcs
délégués d'officiers militaires & civils récemment venus
d'Europe, de quelques troupes blanches & de munitions de
guerre.
La délégation partit fur la corvette la Doucereufe, & ar-
() J'ai aufli donné au confeil leélure de ces inftructions. --- Page 99 ---
A
riva heureufement à fa deftination, dans les premiers jours
de meflidot.
Quelque temps après, la Commiffion envoya aufli dans
le Sud le général divifionnaire Desfourneaus, , pour infpecter
les troupes, 3 faire dreffer des états de fituation dont la commiffion éprouvoit le befoin, & lui procurer enfi.. ous les
renfeignemens militaires relatifs à la défenfe de cette partie
dc la colonie.
Eft-ce all choix de ces agens, au caraétère perfannel de
tel ou tel d'entre eux, à leur conduite paflée dans la colonie, aux aétes de leur adminiftration aduelle, qu'il faur attribuer les malheurs que j'ai à décrire ? ou, n'ont- ils été
que le produit de la réfiftance apportée à l'autorité des délegués, l'effer des intrigues criminelles de Pinchinnat, & de
cet efprit d'ambicion & d'indépendance reproché depuis
quelque temps aux hommes de couleur, & principalement
a leurs chefs militaires ?
Il a été jufqu'à préfent très-difficile, impoflible même, à
votre Commiflion de de-ouvirfesadevenel furla canfe deces
maux. Ce qu'il y a d'inconteftable & de déplorable en même
temps, c'eftl leur réalité. Votre Commiflion, citoyens repréfentans, s'eft impofé la
grande circonfpection dans les
accufations auxquelles AT la fituarion de Saint-Domingue pouvoit donner lieu. Mais quand les fairs parlent, quand
plus de deux cenzsblancs peut-être, de tout âge & de tout
ont été
fexe,
inhumainement maffacrés par les ordres des hommes
de couleur ou même de leurs propres mains, faur-il - encore
héfiter à les accufer?
Je pourfuis au refte mon récit,
& j'en puife les particularités dans les diverfes dépêches &
actes de la Commiflion de Saint-Domingue, &c dans d'auties
pièces dont je parlerai fucceffivement.
Cette Commiflion obferve que des indices certains CC lui
apprirent qu'une faction dominatrice avoir voulu empë-
ainement maffacrés par les ordres des hommes
de couleur ou même de leurs propres mains, faur-il - encore
héfiter à les accufer?
Je pourfuis au refte mon récit,
& j'en puife les particularités dans les diverfes dépêches &
actes de la Commiflion de Saint-Domingue, &c dans d'auties
pièces dont je parlerai fucceffivement.
Cette Commiflion obferve que des indices certains CC lui
apprirent qu'une faction dominatrice avoir voulu empë- --- Page 100 ---
3> cher la Délégation du Sud de defcendre
>> les auteuts du projet manquérent d'audace edtcrre; mais que
3> que. 2>
a Cette époQuoi qu'il Gn foit, les Délégués, parvenus au
Cayes, cheflicu du département du Sud, y furent portdes accueillis avec des démonftrations, at moins
& de foumifion à l'autorité dont ils étoient apparentes, revètns. Ils d'égards
cèrent, dans les premiers temps, Certe autorité fins trouble exer-
& fans réfiftance. Ils accompagnèrent même le
Rigaud à une artaque dirigée par lui contre la ville général de Jérémic;
attaque qui n'eur point de fuccès, & far laquelle n'ai
de
je
point
renfeignement précis, vous offrir. Mais bientôc ces dif
politions pailibles des cfprits s'altérèrent fenfiblement.
Les Délégués avoient été chargés fpécialement de l'exécution de l'arrêté de la commifiion du 27 prairial, qui mandoit
Pinchinnat au Cap pour rendre
de
s
Cet arrêté fur notifié à Pinchinnat, compte
fa conduite.
>> dit la Commillion, quoique bien qui promit d'y obéir,
décidéasy fouftraire.s
Cc Quelque temps après, ajoute la Commiflion dans
>>
lettre du 18 vendémiaire
fa
> Pinchinnat forrit de la
>>
des Cayes, accompagné d'Auguftin
frère du ville
>>
néral de ce nom. Enfemble ils Rigaud,
géParcoururent les
>> ils cheichèrent à exciter les
contre
ateliers ;
efprits
la
-
>> ils infinuèrent aux noirs que les blancs Dclégation ;
>>
arrivés d'Europe n'étoient revenus
nouvellement les remettre
a aux fers; & gu'il étoit temps de les que pour
afin de
>> n'avoir plus rien à craindre
que exterminer, les blancs n'avoient
>>
deux;
jamais voulu fincèrement la liberté des noirs ni des hom-
>> mes de couleur; que les hommes de couleur & les
>>
étoient les véritables habitans, les vrais
noirs
>>
proprictaires des
colonies; que tout Jeur appartenoit, & que lcs blancs
>>
voient être exterminés ou cheffes. >>
deCes infinuations perfides corrompirent ainfi l'opinion des
noits,
que exterminer, les blancs n'avoient
>>
deux;
jamais voulu fincèrement la liberté des noirs ni des hom-
>> mes de couleur; que les hommes de couleur & les
>>
étoient les véritables habitans, les vrais
noirs
>>
proprictaires des
colonies; que tout Jeur appartenoit, & que lcs blancs
>>
voient être exterminés ou cheffes. >>
deCes infinuations perfides corrompirent ainfi l'opinion des
noits, --- Page 101 ---
2n
noirs; & il ne falloit plus qu'une occafion pour réalifer les
projets exécrables des agita:cors.
Elle ne tarda point à s'offrir. Le nommé Lefranc, homme
de coulcur, ci-devant commandant de la place Saint
ville fituée à environ dix lieurs des Cayes, avoit éte deftitué Louis,
de fon commandement, >> Cetoit, dit la Commflion
>> homme cruel, fanguinaire & convert de crimes. 3> > Les un
delegués s'étoient décidés à le faire arrèter,& avoient
le géneral Desfourneaux de l'exécurion du mandat d'ariét. chargé
Letranc étoit, en ce moment, dans la ville des Cayes.
Icije vais tranfcrire la déclaration faite &
entre
les mains du citoyen Roume par plufieurs habitans dépofée blancs
temoins oculaires des horreurs qui le font commifes dans
la ville des Cayes, qu'ils venoient d'abandonner
fe
foultraire aux farenrs des Africains & des hommes pour de
couleur, & chercher un refuge auprès de l'agent de la
république à Saint-Domingue.
cc Le IO frustidor, le genéral-divifionnaire Etienne
9>
fourneaux avant reçu ordre de mettre en état d'arreftation Des-
> le ciroyen Lefranc, quicommandoit à
l'avoit
>>
Saint-Louis,
effectivement arrêté & en avoit confié la garde,
conduire en rade, à bord de la corvette
pour à le
>> de fes aides-de-camp. Chemin faifant, Lefranc TAfricaine, un
>> & s'enfuit, en courant, chez le citoyen Auguftin séchappe
>> frère da général-de-brigade, Ils fortent tous les deux Nigaud,
>> aux armes, & fe rendent au fort la fourterelle, dont criant,
>> prennent le commandement, après y avoir fait
ils
99 niers les blancs
y éroient de garde.
prifon32 voyant alors que 3et Africains & citoyens Desfournezux, de couleur
5) rangeoient tous du côté del Lefranc & d'Auguitin
fe
s & qu'ils fe réunifloient en toule à Pllet & à la Kigaud, Toura
>> terelle, , fait battre la générale, ( il étoit alors environ
))
heares de l'après-midi ) pour raffembler le
2 Siemer qu'il y avoit dans la ville alors ( les autres peu étant de
Rapport de Marec.
G
icains & citoyens Desfournezux, de couleur
5) rangeoient tous du côté del Lefranc & d'Auguitin
fe
s & qu'ils fe réunifloient en toule à Pllet & à la Kigaud, Toura
>> terelle, , fait battre la générale, ( il étoit alors environ
))
heares de l'après-midi ) pour raffembler le
2 Siemer qu'il y avoit dans la ville alors ( les autres peu étant de
Rapport de Marec.
G --- Page 102 ---
90 occup3s à combattre les ennemis de la
32 Irsis) & Fair répandre des
République aux
9> quartiers, Elles fe portent à la patrouilles Tourterelle dans les divers
99 les factieux. Eiles font par eux méconnues. pour y dilliper
>2 bleffent & tuent plulieurs blancs.
Ils font feu,
99 Quelque temps après, les révoltés font tirer
>3 par trois coups de canon, fignal convenu
l'alarme
2> Africains de la plaine. Ces derniers entre eux & les
9> vicnnent par troupes &c fe réuniflent aux en conféquence
>> la Toutterelle, points de leur ralliement. Ainfi forts Pllet &
2> la journée & la nuit du 1O fructidor.
fe termina
3> Les nègres continuèrent de fe porter aux
3> 143 armés de manchettes, piques,
Cayes julqu'au
9>
lances, baionnettes,
fulils, &cc. & parvinrent à s'y réunir
>> d'environ deux mille. Nous avons fu jufqu'au faifoient nombre
3)
qu'ils
des
patrouilles en plaine, & qu'ils s'emparoient des
39 qu'ils rencontroient, tant propristaires
blancs
5> qu'ils leur faifoient foutfrir les plus durs qu'économes, &c.
9> qu'ils les conduifoient enfuite à lllet.
traitemens, &
> Pendant ce temps, les Délégués ont,
diverfes
> clamations, tenté à les faire rentrer dans par le devoir: pro51 voyant qu'ils n'y pouvoient réufir, ils ont
à mais
9> de rappeler le général André Rigaud, jugé étoit propos
39 des Irois. Iis connoillbienr fon influence qui far au fiége
29 Africains, & favoient que, s'il le
,il ne l'efprit des
>>
vouloit,
que de lui de les faire rentrer dans l'ordre.
dependoit
>> Le 14 au matin,
qui avoit tout
craindre des révoltés, Desfonmneaux, d'après la lettre
avoient lieu de
qu'ils
écrite
97 à diverfes reprifes aux delégaés, tendante à ce
>9 livrât Garanon, ci-devant ordoanateur du
qu'on leur du
) Sud, conligné à bord de lacorvette
département
ils menaçoient de mettre tout à feu & V'Africaine, à
fans quoi
>>
lieues à la ronde; fachant fur-tout fang jufqu'a vinge
**
qu'ils demandoient
T'embarquement de lui Desfourneaux & du délégué Rey,
diverfes reprifes aux delégaés, tendante à ce
>9 livrât Garanon, ci-devant ordoanateur du
qu'on leur du
) Sud, conligné à bord de lacorvette
département
ils menaçoient de mettre tout à feu & V'Africaine, à
fans quoi
>>
lieues à la ronde; fachant fur-tout fang jufqu'a vinge
**
qu'ils demandoient
T'embarquement de lui Desfourneaux & du délégué Rey, --- Page 103 ---
* jufqu'alors qu'il lui étoit
de refter
9>
temps dans la place,
impofible
plus long-
> bareau danois avec le s'embarqua eu conféquence fur un
délégué'Rey &
3> toyens (il étoit alors entre fix &
quelques heures autres ci-
>> Les fadtieux, voyant le batean fottir, fept fe
du matin).
>> Desfourneaux & Rey étoient à bord,
doutèrent que
>> quence deffus plufieurs coups de canon tirerent'en fans
confé-
> teindre. Défeipérés de cela, ils
à pouvoir lac-
>2
fieurs
envoyèrent fa fuite plubarges armées; ce
99 & leurs
que voyant, Desfourneaux, Rey
compagnons d'infortune,
>7 canot, échappent à la rage de ces s'ensbarquent furieux
dans un
a heureufement aux Gonaives, & de là au Cap. > parviennent
>> Quelques heures après, environ le midi du
3) André Rigand entre aux Cayes à la têre de même fon jour,
>> & de quelques autres Africains de la
armde, 9
) fuivi, armés comme les premiers, le tout phine all qui l'avoient
> viron ttois à quatre miile. On croyoit
fa nombre d'en-
>9 rétablir l'ordre; loin de li: les
que prefence alloit
p mencent
nègres, en entrant, compar fufiller plufieurs blancs gui
trouvent
D les rues 3 ce qui a lieu pendant environ fe trois à dans
a3 heures. Rigaud alors fait prévenir les blancs de fe quatre
3> chez lui, les affurant quilles prenoit fous fa
rendre
>> ce qu'ils firent. Quoi qu'il en fat, Lefranc & fauve-garde:
99 gand n'ayant plus dans les rues de viétimes Auguftin à
Ri-
>> les envoyoient prendre jufques aans la
facrifer,
> pour les faire fufiiler à FIier: ce qui a maifon eu lieu du général,
>> 17 inclufcemene 3 pendant lequel
de jufques au
> foixante
efpacc remps plas de
perfonnes ont péri, non compris les
) affaflinés dans les rues, & plufieurs
& premiers
>
ces trois derniers
la
bieffés; pendant
jours, >
majeure
>
&c les plus riches, ont été totalement partie cies magatins, &
parvenir, les révoltés en
pillés; pour y
)
barres de fer & autres inftrumens. enfonçoient les portes avec des
32 Les blancs alors, fe voyant à tout moment fur le
d'etre égorgés, ort été forcés de prendre, tant chez legée point
G2
dans les rues, & plufieurs
& premiers
>
ces trois derniers
la
bieffés; pendant
jours, >
majeure
>
&c les plus riches, ont été totalement partie cies magatins, &
parvenir, les révoltés en
pillés; pour y
)
barres de fer & autres inftrumens. enfonçoient les portes avec des
32 Les blancs alors, fe voyant à tout moment fur le
d'etre égorgés, ort été forcés de prendre, tant chez legée point
G2 --- Page 104 ---
divers ar êtés, lef3 néral Rigaud qu'à la municipalité,
de
s quels, en apparence, fembient être la libre exprefion
effer dictés
99 leurs volontés, mais qui leur étoient-cn
par
1 f'empire des circonitances, & dont les citoyens foullignes
)> fe rétractent abfolument, déclarant protefer formel'ement 2
>> chacun en ce
le concerne, contre les fignatures qu'ils
22 auroient pu
à ces mêmes arrêtés..
SE
>7 Ce que nous certifions conforme à la plus exaéte vérité,
> les fuits ayant eu lieu fous nos yeux.
) A Santo-Domingo, le 6 vendémiaire, cinquième année
92 frangaife-Avant la clôsure, les fignataires ajoutent que
9> dès le 15 au matin, Auguftin Rigaud ft défarmer Te
>) citoyens Leborgne & Kerverfeau, délégués qui éroient
aux
de tous leurs effets & archives
92 reftés
Cayes, s'empara
leur
> de la Délégation, & conftitua les délegués prifonniers,
9> ôtant toute eipèce de moyens de communication avec qui
>3 que ce fiit. = Fait & clos comme devant >,
(Suivent les fignatures de fept individus que votre Commiflion croit prudent de ne pas nommer ici, pour ne pas les
expofer à des vengeances, fi le foin de leurs affaires les rappeile un jour aux Cayes).
Au-deffous fuit:
cc Moi. .
.
. fous les ordres du général Rigaud,
> faifant l'attaque des Irois, déciare n'avuir aucune con-
>> noilfance de ce qui s'eft palle aux Cayes, que par le récit
>> qui m'en a été fair; mais déclare feulement que lorique
les
de la
>>
leginéral Rigaud reçut paquets
Delégation, qui
>> l'invicoient de fe rendre aux Cayes
y rétablir l'ordre,
>>
donné fes ordres à fon armée
faire route pour les
SCE
ila
23 Cayes, & a fait une demande de dix mille cartouches
* guila fait fuivre par lesticupes. Ila çn outre donné ordre
2 à tous les blancs de la fuite de l'armée, de refter à T'ibuw ron jufqu'à ce qu'il les rappelie, eujoignant au comman-
invicoient de fe rendre aux Cayes
y rétablir l'ordre,
>>
donné fes ordres à fon armée
faire route pour les
SCE
ila
23 Cayes, & a fait une demande de dix mille cartouches
* guila fait fuivre par lesticupes. Ila çn outre donné ordre
2 à tous les blancs de la fuite de l'armée, de refter à T'ibuw ron jufqu'à ce qu'il les rappelie, eujoignant au comman- --- Page 105 ---
J01
>> dant militaire du lieu de n'en laiffer partir aucun, fous
>> aucun prérexte 39. Sigué . .
>> Suir encore :
99 Les citoyens . .
e n'étant entrés en rade
>9
des
Cayes que ie 142 au foir, ils n'ont connoiffance
>>
dece
qui a eu lieu depuis cette époque. Santo
que
3>
Domingo,le6
vendémiaire, cinquième année françaife >.
Suivent deux fignatures:
c Seront les préfentes dépofées au fecrétariat de
3 Santo-Domingo le
vendémiaire
l'agence:
>
année
cinquième
françaife, Signé, Roume; Songy, fecrétaire. 22
L'agent provifoire. Signé, Roume.
Pour copie conforme. Signé, Songy, fecrétaire.
Cette déclaration fe trouve confirmée par une autre déclaration également remife au citoyen Roume par un habitane
de Jacquemel, que la crainte de voir cette ville devenir a
fon tour le théâtre du mallacre des blancs avoit aufli déterminé à fe refugier à Sanro-Domingo
Elle l'eft aufli par les rapports faits à la commiflion du
gouvernement à Saint- Domingue par quelques fugirifs
échappés, dit-elle, < à travers mille
la
des
>>
dangers,
monftres qui gouvernent le poignard ala main. 3) rage
Elle l'eft encore par un titre lamenctable, par une lifte,
remife au citoyen Roume de quelques-unes des victimes
maffacrées aux Cayes, lifte que je n'ofe proclamer à cette
tribune, dans la crainte que quelques erreurs de nom ne
portent inconfidérément la défolation dans plus d'une famille; lifte comprenant les noms de quarante- fix individus,
dont quarante-un hommes, parmi lefquels font trente-huic
blan:s, officiers militaires d'adminiftration & habicans, &
G3
te,
remife au citoyen Roume de quelques-unes des victimes
maffacrées aux Cayes, lifte que je n'ofe proclamer à cette
tribune, dans la crainte que quelques erreurs de nom ne
portent inconfidérément la défolation dans plus d'une famille; lifte comprenant les noms de quarante- fix individus,
dont quarante-un hommes, parmi lefquels font trente-huic
blan:s, officiers militaires d'adminiftration & habicans, &
G3 --- Page 106 ---
trois jaunes attachés à l'adminifration ; plus
femmes,
dont trois blanches & deux jaunes.
cing
Elle P'eft enfin par une preciamation adreffée le. 26
finétidor, par le général Rigaud à tous fes concitoyens du
département du Sud de Saint-Domingue
dont la copie, conforme au
afliché 5 preclamation
dans les
placard
aux Cayes, eft
pièces que j'ai fous les yeux; proclamation
vient de faire réimprimer & diftribuer tout récemment qu'on aux
membres du Corps légiflacif; proclamation enSin qui débute
par lin véritable manifefte contre les délégués de la com -
mifion de Saint Domingue, , & qui ne fera fans doute
oubliée dans le jugement futur de cette horrible affaire. pas
Je m'abftiens d'analyfer ici les réflexions amères que la
Commifion de Saint- Domingue fait à cet égard dans fa
lettre du 18 vendémiaire, pour ne pas aigrir davantage les
reffentimens des hommes qui exercent en ce momentlautorité
dans les divers points de la colonie.
Je me borne à obferver que l'ordre renaquit infenfiblement dans la ville des Cayes & le refte du département du
Sud, fans pouvoir vous dire fi Rigaud retourna avec fon
armée au camp des Irois ; que la commifion de SaintDomingue, du moment qu'elle fut l'arreftation de fes délégués, ceffa de correfpondre avec cette partie de la colonie,
& qu'eile fe reftreignit à y envoyer deux hommes de couleur
qui avoient la contiance du pays, s les généraux de brigade
Martial Beffe & Chanlacte, > porteurs d'un arrété de rappel
des membres de la délégation, & chargés d'employer toute
leur influence & tous leurs efforts pour opérer le rétabliffement de l'union & de la tranquillité générale.
J'ajoute que les citoyens Leborgne & Kerverfean fonr
enfin revenus au Cap ie 16 brumaire dernier ;
ia commiffion du goavemnement leur a ordonné de rédiger que
leur
rapport, & qu'ciie fe propofe de l'envoyer au Dircétoire
le premier bâtiment qui partira pour PEurope.
par
& chargés d'employer toute
leur influence & tous leurs efforts pour opérer le rétabliffement de l'union & de la tranquillité générale.
J'ajoute que les citoyens Leborgne & Kerverfean fonr
enfin revenus au Cap ie 16 brumaire dernier ;
ia commiffion du goavemnement leur a ordonné de rédiger que
leur
rapport, & qu'ciie fe propofe de l'envoyer au Dircétoire
le premier bâtiment qui partira pour PEurope.
par --- Page 107 ---
Telle étoit la ficuation politique de la partie du Snd au
départ des Délégués.
A-peu près dans le même temps > les mouvemens fomentés
d'abord dansla partie de PEC par les émigrés Cambefune8cRou.
vay& parlesAnglais, comprimés enfaite parindeflructiondu
nègre Titus & la difperfion de fes bandes
mens fe manifeftoient
feroces, > ces mouyeavec une nouvelle fureur. Ils devinrent
tellement alarmans que les Commiffiaires fe crurent
de faire un appel i tous les républicains qui les
obligés
& de proclamer le premier truétidor que le entouroient, département
du Nord de Saintétoit en danger. Is jettèrent
principalement les yeux Iur général noir Piurre-Michel
atM
pour conjurer F'orage.
e Le général de brigade Pierre-Michel, dit la lettre
2,
la Commiflion du 18 brumaire,
de
> avoit été
>2 les infurgés avec une armée d'environ 2000 envoyé contre,
en
hommes,
compofée
grande partie de cultivateurs mis en
>> tion. Cette armée obiint d'abord des fuccès dont le réquifi-
>> ral ne fut pas profiter. Le camp de ces
fur génd
>2
brigands
par les troupes de Ia République; c'étuit alors le
pris
52 de les pourfuivre & de les harceler Pcint du tour: momeng
2>
lailfant
échapper la plus belie occafion de réduire à
>> de nuire un ennemi féroce, intraitable, & T'impuillance d'aucant
> à craindre qu'il eft dirigé par les
lui
niffent des
Anglais qui
alis
munitions de guerre & des armes > CC
y fans accendre les ordres de la
eft général,
>> Cap avec fon armée. ))
commiflion, revenu auz
La correfpondance de la commiflion n'offre pas d'autres
éclairciffemens fur ce fait inportant: mais elle
des
réflexions très- doulourcufes fur la pofition critique préfente des
Européens dans la colonie, fur l'acharnement dont ils font
l'objet de la part des Africains, infurgés fur l'infuboreination
des généraux noirs, fur l'impuiffance où eft la commifion
d'arrétcr tant de défordres, & fur la trifte extrémité ou,eile
G4
éclairciffemens fur ce fait inportant: mais elle
des
réflexions très- doulourcufes fur la pofition critique préfente des
Européens dans la colonie, fur l'acharnement dont ils font
l'objet de la part des Africains, infurgés fur l'infuboreination
des généraux noirs, fur l'impuiffance où eft la commifion
d'arrétcr tant de défordres, & fur la trifte extrémité ou,eile
G4 --- Page 108 ---
eft réduite de combattre l'anarchie & l'ignorance par des
proclamations & des arrérés qui à chaque inftant font mal
Interprétés, quelquefois cenfurés, rarement exécutés. Pour
revenir au fait de l'expédition dc Pierre Michcl, il paroit
que c'eft celui que des journaux étrangers & des hommes
fans doute trompés ont préfenté comme pouvant former
la matière d'une accufation très-grave contre les membres de
la commiflion. Ces bandes d'affiflins & d'incendiaires, que
Pierre-Michel vainquit d'abord, &: qu'il ne fut pas enfuite
réduire à une impullance abfolue, en les harcelant, en les
pourfutivant à toute outrance, fontles débris de cette armée
du fameux Jean-François, : qu'on a fuppofé s'ètre mis à la
difcrétion des agens du Direétoire exécutif, avoir furpris leur
conhance au point d'en recevoir des armes & des vétemens >
& avoir enfuite tourné ces armes contre les Commiffaires euxmêmes & contre la caufe facrée qu'ils défendoient.
Au furplus, des circonftances moins imaginaires, &c
malheureufement trop réelles 2 me f rcent de détourner
votre attention de li partie de TEA pour la ramener fur
l partie du Nord, & fixer encore fur des tableaux déchirans VOS regards & VOS coeurs afligés.
En traçant dans la première partie de ce rapport, Thiftoire lugub:e des incendiez, dus pillages & des maflacres
opérés dans la montague du Port-de Paix & dépendanccs,
fous l'influence du noir Etienne Datty, : jai fait entrevoir
qu'une juitice lente, mais mfaillible, mais inexorable, pourroit atteindre un jour ce brigan.i & fes complices.
Il paroit qu'ils avoient tous été arrêtés par lcs foins du
citoyen A bert, envoyé aufli comme déléqué dans cette partie
par arrêté de la Commiflion de Saint-Domingue, du 27
floréal.
Le 13 fruétidor fitivant, la commiffion ftatua (r le fort
de ces affallins. Elle arrêta que lcs nommés Datacque J
mfaillible, mais inexorable, pourroit atteindre un jour ce brigan.i & fes complices.
Il paroit qu'ils avoient tous été arrêtés par lcs foins du
citoyen A bert, envoyé aufli comme déléqué dans cette partie
par arrêté de la Commiflion de Saint-Domingue, du 27
floréal.
Le 13 fruétidor fitivant, la commiffion ftatua (r le fort
de ces affallins. Elle arrêta que lcs nommés Datacque J --- Page 109 ---
Eriont, Baracia, - Belony, Pierre Mondogne, Jacquet >
Jamrs,. dadré Colas Poinponots Antoine, Jeun-Baptifle,
la Fortune, Bafile, Comus G Honfity, Africains, piovenus
d'étre les auteurs ou complices des atfatlinars commis dans
la montagne du Port-de-Paix, au mois de verôle demier,
feroient jugés militairement au Port-de-Paix, renvoyes
à cet effer daus les prifons de cette place, pour y refter
jufqu'i jugement définitif,
Le jugement eur lieu. Je ne puis affurer s'il prononça la
peine de mort contre tous les accufés. La correfpondance de
la commilion n'offre à cet égard aucun détail. On voit
feulement par ul rapport du général Tuflint-Oayerere,
dont paclerai ci-après, que le nommé Etienne fut conint àla peme de mort 8c exécuté an commencement de
vendémiaire dernier.
Ce fut tôt après cet évènement qu'on vit éclater un
nouveau foulèvement des noirs dans la montagne du Port dcPaix & dépendances. Voici comme la Commitlion s'exprime,
dans fa lettre du 18 brumaire, fuc les nouvelles atrocités
auxquelles fe portèrent les infurgés:
66 Les premiers ates de CCS malheureux égarés furent
3> marqués au coin de la barbarie & de la haine la plus
37 prononcée contre les blancs & des hommes de coul.er.
3P Une partie de ceux qui furent rencontrés S, furent im3> piruyablement affaflinés; toutes les hibitations qui leur
>> étoient deftinées furent brilées. La ville du Port-dé-Paix
>> étoit bloquée; on travailloit à li priver d'eau, & on1
>> empéchoit foigneufement d'y laiffer pénérrer des vivres.
>> Telle étoit la pofition des chofss, lorfque la Commiflion
9) en fut inftruite. 57
Ces nouveaux défaftres avoient porté le découragement
dans l'ame de la majorité des membres de la Commifion.
Une autre circonftance vint l'augmenter. Unc aflembléc électorale, conyoquée pour tous les départemens de la colonic,
1
>> empéchoit foigneufement d'y laiffer pénérrer des vivres.
>> Telle étoit la pofition des chofss, lorfque la Commiflion
9) en fut inftruite. 57
Ces nouveaux défaftres avoient porté le découragement
dans l'ame de la majorité des membres de la Commifion.
Une autre circonftance vint l'augmenter. Unc aflembléc électorale, conyoquée pour tous les départemens de la colonic, --- Page 110 ---
confidérés comme n'en formant qu'un
au Cap. Elle venoit de teriiner fes
feul, avoit été formée
été nommé
éledtions. Sonthonax avoit
l'attente de dépuré fes
au corps légiflatif, & avoit accerté, contre
le
collègues. Ce Fur une opinion répandue dans
que l'eloignement de ce Comniffaire
EET aux plus funeftes
livrevroit la
faillblement la ruine. Cette déchiremens, & Cn opéreroit inde la commiffion, & s'y accrédita, opinion On affuroit pénétra dans le fein
le citoyen Lebianc, l'un de fes
méme, fuivant
3> tion actuclle de la montagne membres, du
que (( l'infurrec-
> horribles maffacres qui
Port-de Paix, que les
39 qui en dévoroit les
s'y commettoient, quc l'incendie
23 départ pour France habirationss du
ne provenoient que du
>> crédules habitans
citoyen Sonthonax, annoncé à ces
) même
comme le terme de leur
ces atrocités étoient commifes
liberté; que
> Sonthonax..
>> C'en futa aflez
aux cris de vive
Leblane
: le 21 vendémiaire,
, oubliant que dans une
il
peut y avoir d'homme néceffaire mais république n'y a ni ne
< que les maffacres récemment j
confidérant, dit-il,
>> Nord & dans I'EA de la
commis dans le Sud, dans le
>2 tent journellement dans le colonie, & ceux qui fc commet-
>) que par une autorité jouiffant Nord, d'une ne penvenr être réprimés
5>
confiance fans bornes;
> Sectiet cette confiance malgré tous fes cffarts, n'a pu fc
nécellaire
33 de
5 qu'il eft aul contraire
ERREE
notoriété publique que lui & fes
32 Raymond n'ont infpiré
collègues Giraud &
$2 core que la
grande jufqu'à préfent & n'infpirent enle citoyen LAd fait la méfiance ; >> d'après ces motifs,
motion
> falut public, au nom de T'humanité expreffe 2 cc au nom du
9> tourmens lcs
expirante dans les
y collègue
affreux, aul nom de la patrie, que fon
>9
prenne feulles rènes
RSE
de la colonic, y rétabliffe
fatle du gouvernement
5>
man de fon nom &: de fes actions Tordre, y
valoir le calif
> atrendre dc nouvelles forces de la pailees pour parvenir à
métropole. >9
Rayi:ond & Girand appuient fortement la mction. Son-
tourmens lcs
expirante dans les
y collègue
affreux, aul nom de la patrie, que fon
>9
prenne feulles rènes
RSE
de la colonic, y rétabliffe
fatle du gouvernement
5>
man de fon nom &: de fes actions Tordre, y
valoir le calif
> atrendre dc nouvelles forces de la pailees pour parvenir à
métropole. >9
Rayi:ond & Girand appuient fortement la mction. Son- --- Page 111 ---
thonax la repouffe de tous fès efforts : C Pour prouver,
)) dit-il, que je pofsede exclulivement la confance du
3> peuple, Leblanc ofe infinuer que mon nom eft le cri de
35 ralliement des révoltés, comme f, pour gouverner, il
> falloit avoir la confance des incendiaires & des allaffins,
39 comme fi des rebulles à la loi devoient être honorés du
>> nom de peuple, comme fi cette dénomination facrée dans
) notre république n'apparcenoir pas exclafivement aux
$ amis de Tordre, aux hommes qui défendent la vic & les
> propriétés de leurs concitoyens. >3 Enfin, après des débats
très-animés, mais qui ne paroiffent pas changer l'opinion
de fes collègaes; Senthonax leur déclare: G 10, qu'attendu
>> qne les tonétions exécutives & celles de repréfencant du
> peuple font incompatibles, il veut refler invefli du carac-
> tère de député au Corps légiflatif & de repréfentant du
53 peuplo: 20. que cédant au vacu que fes collèques de la
>> Commiffion lui ont, en dernier réfuiar, manifefté de le
2 voir continuer avec eux les fondions de Commiffaire du
>> gouvernement, il ajourne fon départ
France au mois
$> de germinal prochain, > temps auquel Iros ira fc préfenter aul
>> Corps legillatif pour y remplir ia miflion dont le peuple
)) l'a honoré. >>
Cependant la Commifion n'avoit pas négligé des
des
s'occuper
moyens d'arrêter les progrès de ia révolte dans la montagne du Port-de-Paix. A In prensière noavelle du débordement de ce totrent dévaftateur, la Commiflion, a conf-
>> dérant, dit-elle, que la propagation de la révolte dans
3 le département du Nord, notamment dans la montagne
3> du Pore-de-paixe & quartiers environnans, exige des mefures
propertionnées au danger , & combinées d'après le carac3> tère de cettc révolte & les moyens employés
des
>>
auprès
individus qui s'y font laiffé entrainer par les ennemis
>> extéricurs & intérieurs de la liberté générale > 2 avoit
chargé le général Touffaint T'Ouverture, nommé att grade
de général de divilion depuis l'arrivée des Commiffaizes,de
nans, exige des mefures
propertionnées au danger , & combinées d'après le carac3> tère de cettc révolte & les moyens employés
des
>>
auprès
individus qui s'y font laiffé entrainer par les ennemis
>> extéricurs & intérieurs de la liberté générale > 2 avoit
chargé le général Touffaint T'Ouverture, nommé att grade
de général de divilion depuis l'arrivée des Commiffaizes,de --- Page 112 ---
fe tranfporter dans la dépendance du Port-de-Paix
rérablir l'ordre & la tranquillité publique.
pour y
Elle devoir comprer fur l'efficaciré de cette mefure. Le
généra! Toullsint fc livra en effer avec zèle a rous les détails de cctte pénible & importante million; le fuccès ne
tarda point à couronner fes cfforts.
On peur en juger par le rapport qu'i! en a
à
la Commillion, & qu'il a drellé au Port-de-Paix préfenté le brumaire, rapport qui prouve que pour parvenir à faire 7 rentrer
les Africains dans Pordre & le devoir,le général Toulfaint
n'a eu befoin que d'afer des mêmes moyens qui luiavoient
déja réufli aux mêmes lieux & dans des circonfances pareilles, de fe montrer aux rebelles, d'employer tour-i-tour,
en leur parlant, la perfualion ou la menace, le
de
la douceur & celui de la févérité d'éccuter les langage
de tous, de démontrer l'injuftice de certains griefs plaintes & de
promertre le redreffement des autres. Le général parcourut
ainfi tous les cantons de la dépendance du Port-de-Faix,
caimant par-tout les haines & les vengeanccs, & ramenant
les cultivateurs à l'oidre & au travail, mais n'en farfant
cependant arréter aucun - malgré les traces encore palpables
des excès criminels auxquels ils venoient de fe livrer,
les ruines fumantes des habitarions incendiéesde leurs malgré
malgré la préfence des cadavres qu'ils avoient mutilés, mains, &
le funy encore ruiffelant des déplorables vidtimes de leur
barbarie. Leurs principaux griefs étoient : 1°, le fupplice
d'Erienne; 2o, fur tout la peine capitale infligée à ce réb.lle, tandis que d'autres rebelles autant & pius coupables
pout-etre avoient été renvoyés en France, ou même mis
en libercé; 30. la perfécution de rous les calivateurs qui
avoicnt feivi fous les ordres
4". les pourfuites
à
d'Etienne;
main armée, dirigées contre eux pir le général Pageor
commandang au Pore-de-Paix; 5°, & enfin le parci pris
depuis quelque temps de ne Jeur payer qu'en monnoie de
papier le produit de leur travail, monnoie qui étoit pour
été renvoyés en France, ou même mis
en libercé; 30. la perfécution de rous les calivateurs qui
avoicnt feivi fous les ordres
4". les pourfuites
à
d'Etienne;
main armée, dirigées contre eux pir le général Pageor
commandang au Pore-de-Paix; 5°, & enfin le parci pris
depuis quelque temps de ne Jeur payer qu'en monnoie de
papier le produit de leur travail, monnoie qui étoit pour --- Page 113 ---
-
eux profque de nulle valeur. On voir qa'il n'étoit queflion,
cians ces
ni de Sonthouax, ni de fa prélence, 11
de fon départ :
général Touflaint parvint encore une
AL
fois à calmer toutes les agitations & à faire celfer enfin
ce malheureux foulevement.
Il paroit évident qu'il avoit été, finon excité, du moins
entretenu par la malveillance &c la perfidie des ennemis extérieurs & intérieurs de la liberté générale. Touffaint cite
les faits fuivans dans fon compte rendu : CC Le comman-
>> dant du pofte des côtes de Fer mne fit le
22 voyoit fouvent fortir de la pointe du Mole rapport de qu'il
>>
petites
qui fembloient prendre le large, mais
fitr
32 le
elles accoftoient la terre du
que
Far
côté del la Torue ou
>> des côtes du Port-de Paix; qu'il préfumoit que les
3>
Ar
glais avoient commerce avec les infargis 22. Plus bas,
Touffaint ajoute, d'après le rapport de lun de fes éclaireurs qui avoit été momentanément arrêté à
cC
leur, que ce noir y avoit vu de petites bargues TAnfed-Fol venues,
32 fuivant ce qu'ii avoit entendu
du
&
>)
dite,
avoient
Cop
qui
apporté des munitions & du tabfia
3>
qu'ils échangeoient pour du café 2. Touffaint ts'informa
au commandant
(me-le-champ
de la place du Port-de Paix &c au capitaine du port, s'il ne fc trouvoit pas en rade des bâtimens propres à être armés & envoyés le long de ia côte
pour intercepter ce commerce criminel & artérer ceux
le faifoient. Sur la réponfe négative des officiers, Touffaine qui
s'adreffa à la Commiflion pour obtenir un navire
de porter deux pièces de 18. afin de pouvoir faire capable une
expédition contre TAnfe-à-Folleur , & ôter anx infurgés
tout moyen de recevoir des fecours des ennemis de la République. Rien n'apprend, dans la correfpondance des agens
du Direétoire, 5 fi ce bâtiment a été mis à la
du général Toeffaint. Rien n'annonce non plus difpofirion s'ils ont
donné quelqu'attention à la dernière indication faite par le
général fur le commerce coupable que des individus du
capable une
expédition contre TAnfe-à-Folleur , & ôter anx infurgés
tout moyen de recevoir des fecours des ennemis de la République. Rien n'apprend, dans la correfpondance des agens
du Direétoire, 5 fi ce bâtiment a été mis à la
du général Toeffaint. Rien n'annonce non plus difpofirion s'ils ont
donné quelqu'attention à la dernière indication faite par le
général fur le commerce coupable que des individus du --- Page 114 ---
Cap entretenoient clanjeftincment avec les révoltés de la
montagne du Port-de-Faix, & s'ils ont Pris
mefure
pour la recherche de cCs individus.
quelque
Voici feulement comme ia Commilion
l'étar de la montagne du Pere de-Paix dans s'expliquoit fur
de fes dépèches au minithre, dans celle du 18 Tavant-demière
nier: cr La tranguilliré femble être
brumaire der3> ces cantons rapidemest
maintenant rétablie dans
3> aboniante récolre alioit ravagéss ofrir mais les reflources qu'une
>> pées: le produir
les
à l'adminiftration font difipour
2>
confidérable & leur fervir cultivateurs, qui auroit pa être
29 voit pas été troublée, fera très-peu d'encouragement de chofe. fila paix n'aDansla lettre la plus técente qu'elle ait écrite au
menr, dans celle du 5 frimaire dernicr, elle
gouverneen ces termes: 65 Le rapport que nous avons s'explique i
encore
>> far notre fituation intérieure dans le
vous préfenter
>> fera aujourd'hai plus fatisfaifanr. département du Nord
>> eu à vous entretenir de fcènes affreufes. Long-temps Le nous avons
>> avoir fuccédé aux agitations, & la
calme femble
>>
beaucoup de faccès. Les noirs, mieux culture reprend avec
>> reconnoitre les torts qu'ils ont cuS de confeillés, fe
femblent
32 geftions perfides, des ennemis de leur bonheur livrer i des fug5> repos. Tous les
& de leur
rapports qui nons viennent de la
)) nous préfentent les cultivatcurs comme attachés plaine
>> travail. La tranquillité
f
à leur
règne; &, nous
>> folider, O11 aura bientôt oublié les dévaftations pouvons la conpafféos. >>
Cet état plus fatisfaifant de la fituation intérieure de
colonie cft confirmé dans une lettre écrite le
la
6 frimaire, au miniltre de la marine par le cicoyen lendemain,
direéteur général des fortifications des
Fincent,
doir paroitre rien moins q.e fifpedte aux liles-du-Yent, ycax des hommes qui ne
déprévenus.
Le Gouvernenent n'a Pas jufqu' préfent reçu de dépèches
pafféos. >>
Cet état plus fatisfaifant de la fituation intérieure de
colonie cft confirmé dans une lettre écrite le
la
6 frimaire, au miniltre de la marine par le cicoyen lendemain,
direéteur général des fortifications des
Fincent,
doir paroitre rien moins q.e fifpedte aux liles-du-Yent, ycax des hommes qui ne
déprévenus.
Le Gouvernenent n'a Pas jufqu' préfent reçu de dépèches --- Page 115 ---
plus récentes de fes agens. Ainfi le dernier état de la colonie
datc aujourd'hui pour nous de trois mois.
Je termine icila partie de la correfpondance des Commiffaires du Direétoire exécurif que j'aiappelée Corre/pondance
hiftorique. A la nomination piès des députés de la colonic au
Corps legillatif, dont je parlerai inceffammnent en
la correlpondance adminiftrative de ces agens, leur traitant corref- de
pondance hiforique comprend rous les évenemens
qui fe font paffes depuis leur arrivée au
importans
maire dernier.
Cap jusqu'au 5 friJe ne vous ai pas entretenus de correfpondances contrerévolutionnaires interceptées par
lettres tout à-la-fois perlides & ridicules ToatainelOayerare, écrites du Môle de
desémigrés à d'autres émigrés, notamment à MM. Duranthon par
Roufelot 5 lettres où ces fréiérats, en machinant
de noaveaux malheurs pour leur ancienne patrie, froidement
évidemment qu'ils fubiffent d'avance la peine d'un tel prouvent attentat
les par linquiécude, par la jaloufie dont ils font dévorés,
humiliations qu'ils éprouvent de la part des chefs
par
leurs proteéteurs en apparence, & leurs tyrans en réalité. anglais,
Je ne vous ai pas entretenus non plus d'une proclamation
publiée pa:l le major-général anylais
due avec profulion dansla partie ci-devant Gordon-Forber, cfpaguole & de répanDomingue,
Saine-.
grand roi Georges, pour promettre aux Efpagnols la proreétion du
détacher de la nonvelle pour tromper leur crédalité, pour les
mettre enfin fous le
patrie de leur qu'ils ennemi ont adoprée, pour les
ennerni de lear culte, Irl leur induftrie, de naturel, leur de Téternel
de leur profpérité,
comierce, >
La Commillion du gouvernemnent à
julqu'a préfent infrait d'aucun des réfultats S.-Domingue ne l'a
duire, pour le matheur de la colanie, ces qu'ont pit
tions.
atroces ifaitiz
mettre enfin fous le
patrie de leur qu'ils ennemi ont adoprée, pour les
ennerni de lear culte, Irl leur induftrie, de naturel, leur de Téternel
de leur profpérité,
comierce, >
La Commillion du gouvernemnent à
julqu'a préfent infrait d'aucun des réfultats S.-Domingue ne l'a
duire, pour le matheur de la colanie, ces qu'ont pit
tions.
atroces ifaitiz --- Page 116 ---
Je m'empreffe de paffer enfin à la feconde partie de fa
correipondance, comanmiquée à votre Commitlion.
CORRISPONDANCE AI DMINI ST R ATIV E.
Onapuj jufqu'à préfen: s'appercevoir que prefque tous les
inftans des Commifaires du gouvernement a S-Domingue
ont été exclulivement confacrés à des mefure militaires ou
de police intérieure. Ils n'ont pa donner pendant ces fix
premiers moisd'exercice de Jeurs fonétions qu'une attention
médiocie, finon aux objets d'adminiltration proprement dite,
au moins à la correfpondance relative à cette partie.
Cette correfpondance offre en effet peu de détails, S: furtout de détails fufceptibles de vous être préfentés dans ce
rapport.
J'analyferai fuccinéement ceux que votre Commiflion a
jugés dignes de fixer votre attention.
Dans une de leurs lettres du 16 meffidor an 4, les
agens du gouvernement expofent que l'organifation li neceffaire des tribanaux conffitutionnels dans la colonie a été
jafqu'à préfent arrétée par l'extrême ditficulté d'en payer les
jugss, & d'érablir ceux-ci, de tout point, de la méme manière que les juges de la métropole.
Mais cette difficalté n'étoitpas infurmontable; il s'en
fntoit une plus réelle dans T'application à l'organifation
nt
diciaire du principe contlitationnel qui veut que les colonies
foient régies par les mOmnes lois que les autres déparremens
de la république, Iin'ya a pour tous ceux-ci qu'un feal Tribunal de callation; mais il eft, en que'que forte, 1 la portée
des p'us extrémes frontières da territoire conrinental, en
comparaifon de la diftance immenfe qui le fepare des départemens & des tribinaux d'ontre-mer. Comment les individus condamnes, loit au civil, foit au criminel, par CGS
tribunaux
lois que les autres déparremens
de la république, Iin'ya a pour tous ceux-ci qu'un feal Tribunal de callation; mais il eft, en que'que forte, 1 la portée
des p'us extrémes frontières da territoire conrinental, en
comparaifon de la diftance immenfe qui le fepare des départemens & des tribinaux d'ontre-mer. Comment les individus condamnes, loit au civil, foit au criminel, par CGS
tribunaux --- Page 117 ---
'ij3
tribunaux, & quione droit d'appeler, dans tous les
de
leurs décilions, pourront-ils fe pourvoir en caffation cas, avec la
célérité convenable & fouvent finécellaire,
matière criminelle ? Dans ce moment, à la principalement fuite de la
en
& cruelle anarchie qui a pefé fur Saint. -
longue les
maifons d'arrêt font remplies de détenus. Domingue, S'ils font condamnés par les tribunaux, s'ils fe portent appelans de leurs
jugemens, les
,
deviendront ces malheureux, 3 entaflés dans
geoles, aunj Jan climat brûlant, en attendant
le Tribunal de caflation, placé à deux mille licues de que
ait prononcé fur Tappel?
diftance,
Les Agens efpèrent
le Direétoire exécutif voudra
fixer l'attention du
bien
rolgpei légilatiffur cet objet important.
En artendant, ilsont organifé, le 5
au
pour le département du Nord, un tribunal frudidor, un tribunal Cap,
criminel, & un tribunal correctionnel, Ils ont civil,
titué des tribunaux corredtionnels dans les villes dgalement du Port-de- infPaix & du Port-Liberté, fituées dans le même département.
Dans une autre lertre dui 17 meflidor > ils
alt
Directoire que deux chofes leur avoient étép
rappellent
fortement récommandées par lui : linftruétion ptincipalement pablique & &
l'encouragement de la culture.
Ils rendent comptent de leurs efforts
ces
deux objets.
pour remplir
a Une école, difent-ils, avoit été établie aul
s général Laveaux ; mais elle avoit été
Cap par le
99 malheur des. circonftances. Un de
négligée par le
>> été de faire reprendre,
nos premiers foins, a
perfectionner &
3> blifement aufi utile. Notre feconde muliplier un éra35 quelle eft jointé une organifation des proclamation à la-
> vous fera connoicre les moyens
écoles primaires >
>2 plus propres pour infruire les que nous avons cru les
enfans, & les accoutumer
Rapport de Marec,
H
Cap par le
99 malheur des. circonftances. Un de
négligée par le
>> été de faire reprendre,
nos premiers foins, a
perfectionner &
3> blifement aufi utile. Notre feconde muliplier un éra35 quelle eft jointé une organifation des proclamation à la-
> vous fera connoicre les moyens
écoles primaires >
>2 plus propres pour infruire les que nous avons cru les
enfans, & les accoutumer
Rapport de Marec,
H --- Page 118 ---
) au travail. Déja nous goutuns le plaifir de les voir s'ém3> preller rà feconder nos vues; déja, dans piefque toutes les
3> maifons 2 & dans les rues meme ou entend des enfans
>> répéter l'alphaber de mémoire; deja enfin, ie peuple des
>
qui a fenti combien Piftruction étoit nécef-
> EYAEL faire
confervation de la liberré, nous demande de
9> jeunes enfans européens qui fachent lirc & écrire pour les
>> inftruire, &c. >>
Quant à T'encouzagemnent de la culure - les agenis maliquoient de moyens de nrer tout le parri pollible du zèle quie
les cultivareurs mentrent pourle travail. Des fondsappliqués
à l'achat de moulins & de beftiaux cuffent fait doubler les
produits des fucreries de la plaine.
Ils alloient aufli s'occuper de faire U1) recenfement général
des porforines & des proprictés de la colonie. En uin mot. 2
leurs foins & leurzèle s'étendros.t à toutes les parties dc leurs
inftructions, & rien-d'utile à la colonie & au bonheur de
fes habitans ne fera négligé,
Le miniftre leur avoic promis des fonde.quil n'a pu leur
faire palier. A déraut de cet cnvoi d'orgentpils entrevoient
Ia pollibilité de lubvenir, quoique lentement, à trus les
bcloins du fervice public. par l'emploi-de moyens qui dépendent eflentiellenrent de lai Légillature.
Un premier apperçu leura fair voit Gue. près des denx
tiers des propriérés territoriales dc la colonie font maintenant féquellrés anl proft de la République. Ce:te immentité
de propriétés parnit, au premier coup - d'ail, préfenter
au gonvernement des reflources incalculables. Point du touc:
d'une part, la pénurie de toutes les caiffes publiques ne
perinet pas de faire d'avances à la culture; d'une autre
part.. beaucoup de terres font en friche par le malheur des
temps; -
d'une airre parc encore. 2 les frais de fequcitre, les
fainires dcs gérens, des infpedteurs, abforbent unc grande
étés parnit, au premier coup - d'ail, préfenter
au gonvernement des reflources incalculables. Point du touc:
d'une part, la pénurie de toutes les caiffes publiques ne
perinet pas de faire d'avances à la culture; d'une autre
part.. beaucoup de terres font en friche par le malheur des
temps; -
d'une airre parc encore. 2 les frais de fequcitre, les
fainires dcs gérens, des infpedteurs, abforbent unc grande --- Page 119 ---
partie dcs produits, &rc. I1 faur pouveir vendre
proprictés reconnues vértrablemcnt
toittes les
proviteirement toutes celles des abfens natisnales, & affermer
légalement repréfentés à Saint
quii nd font pas
de créef des rellources téullés: Mais, Domingue, Voiti le moyen
enfin fur l'érat des perfonnes dahs pour la cela; il faut fatucr
colonie.
Les agens demandent': j1. Une loi définitive
grés des colonies; 20. une loi qui autorife far les émivendre les biens nationaux à
ies agens à
quiles autorife pareillement à Ssint-Doningue; Vendre les biens 5 39. une loi
déclarés
des individus
faire
émigrés; 4°. une loi, enfin, qui les autorife à
des abfens affermer, pour le compte de la République, les biens
non-légalement repréfentés.
Tel eft lobjet de leur leitre du 30 meflidor.
Par une autre dépêche da 4
l'arrivée en rade du Cap, des frégates. thermidor, ils annoncent
Leufe. Ils peignent l'embarras de
LHarmagic &c la Rail
Ja pénurie des fonds. 1ls fe
leur fitmation, sréfuitant de
fources dans un meilleur fyftêmea propofent de chercher des refLe commuisiro-ord.maseer Perrond adminiliratifen cette partics
ils l'ont accepréc, & lni ont conféré a la donné fa démnillions
d'agent maritime de la
mifion dc le titre
alliées & neutres fous le venr, République a la Françaife aux ifles
Il eft remplacé par le citoyen
réfidence dela Havanes
nateur à Tabogy Les agens, voulant Thibaule, ci-devant ordonl'état des finances de la colonie,
fortir d'incertitude fur
fes reffources, raffurer fcs habitans connoitre à cet égard toutes
étrangers, OnTE adopté un plan
& les commerçans
bafé fur des
d'adminiftration générale
qui fera imprimé, principes propres à infpirer la cenfiance;
a
le DireBtoire
publié & cnvoyé au minifre, & plan
de vue les pouria apprécier, êc. &c. Ils ne perdent que
frégates la Renommee avantages qu'on peur tirer des croifières.
&
E
Linfargente font dehors; & tout
H 2
un plan
& les commerçans
bafé fur des
d'adminiftration générale
qui fera imprimé, principes propres à infpirer la cenfiance;
a
le DireBtoire
publié & cnvoyé au minifre, & plan
de vue les pouria apprécier, êc. &c. Ils ne perdent que
frégates la Renommee avantages qu'on peur tirer des croifières.
&
E
Linfargente font dehors; & tout
H 2 --- Page 120 ---
fe difpofe pour que PHarmonic & la Paillenfe puiffent aufli
fortir en. peu de temps, &c.
Ici fe termine la corrcfpondance, proprement dite adoinifrative, des agens da Direétoire avec le miniftre de la
marine. Leur correfpondance politique & militaire n'eft pas
entièrement fufceptible de publicité, J'en ai fait connoitre
plus haut les particularités les plus intéreffantes.
Mais rien n'empèchoit que des détails très-étendns ne
fullent adrefTés par ces agens, & rendus publics > fur les
opérations & les circonftances qui ont préparé ou précédé,
accompagné & fuivi la tenue de l'aflemblée cledorale qui
les derniers
de la colonie au Corps
a nommé
députés
légiflatif.
C'étoit-li un vafte &c important objet d'adminiftration
La correfpondance quelconque des agens ne congénérale. tient à cet égaid aucune particularité. Je n'ai fous les yeux
leur proclamation du 19 thermidor, portant promulque de l'acte conftitutionnel dans la partie ci- devant
gation françaife de Saint-Domingue, & convocation des affemblées
primaires pour la nomination des éleCteuts qui doivent le
élire des députés de la colonie atl Corps légilarif; plus, le
procès-verbal de l'aflemblée élcétorale tenue au Cap des
28 fruétidor dernier & jours fuivans pour nommer
membres de la repréfentation nationale.
Une Commiflion fpéciale ayant été formée dernièrement
: lc Confeil pour vérifier la régularité de cette nomination,
par m'abfiendrai d'analyfer le procès-verbal dont i s'agit Sc
je de manifefter à cet égard aucune opinion.
Je rappelierai fculement au Confeil
dans la
de ce
je lui ai
compte
AET
mière
edat
convocation partic ordonnée rapport,) le 29 pluviofe an 4 par le général
Laveaux &c Fordonnateur Perroud, alors chefs provifoires
ièrement
: lc Confeil pour vérifier la régularité de cette nomination,
par m'abfiendrai d'analyfer le procès-verbal dont i s'agit Sc
je de manifefter à cet égard aucune opinion.
Je rappelierai fculement au Confeil
dans la
de ce
je lui ai
compte
AET
mière
edat
convocation partic ordonnée rapport,) le 29 pluviofe an 4 par le général
Laveaux &c Fordonnateur Perroud, alors chefs provifoires --- Page 121 ---
de la colonie, 5 des alfemblées primaires & éleétorales des
départemens de l'Oueft & du Sud pour la nomination de
leurs repréfentans au Corps légiflatif,
Je lui rappeilerai aufli que le département du Sud particuliètement, où iln'exiftoit aucune difnculté
la fixation du chef-lieu de l'affemblée éleétorale, a ERET nommer
fes dépuités au 20 germinal an 4,&
ceux-ci doivent
être en roûte pour fe rendre à leur Sunlineur
Je lui rappellerai enfin que tout récemment il lui a été
préfenté par les citoyens Brulleys l'un des anciens foi-difant
commi[faires de Saint - Domingue, & Yon Paullian 3 une
pétition tendante à faire vériner leurs pouvoirs, & ceux
de leuts collagues, comme députés élus aufli au
légifatif; par une allemblée éleétorale du département du Corps Sud
de Saint- Domingue, tehue le 26 fruétidor an 4 &
fuivans dans la ville des Cayes - du fond, en exécution jours
d'une loi du 22 août 1792.
Et qu'ainfi trois députations fe difputent en ce moment
T'honneur de répréfenter la nation françaife au Corps légiflatif, l'une, 2 âil nom de la totalité de
& les deux autres au nom d'un même Saint-Dorningue, de
cette colonie,
département
Je me hâte de paffer enfin à l'examen & à
des principattx actés adminiftrarifs dès Commiffaires l'analyfe du
gouvernement,
TROISIE M E PARTIE
Analyfe des procès-verbaux des délibérations des
& de leurs actes adminifratifs.
agens
Les agens du Direétoire exécutif ont
& fair plns d'adtes adminiftratifs qu'ils n'ont ptis
d'artétés
fur leur
de
Ehit
adminiftration.
letures
H3
fin à l'examen & à
des principattx actés adminiftrarifs dès Commiffaires l'analyfe du
gouvernement,
TROISIE M E PARTIE
Analyfe des procès-verbaux des délibérations des
& de leurs actes adminifratifs.
agens
Les agens du Direétoire exécutif ont
& fair plns d'adtes adminiftratifs qu'ils n'ont ptis
d'artétés
fur leur
de
Ehit
adminiftration.
letures
H3 --- Page 122 ---
L'inftruction qui leur avoir été remife par le
ment à leur départ, leur prefcrivoit de lui
gouvernetoutes les occalions, des copies
adteller, par
verbaux de leurs féances & de leurs collationnées des procèsété exadls à fe conforiner à cette
proclamations. Ils ont
exécutif vous a adreffé
difpofition : le Direéoire
regiftre des délibérations avec de fon meffage un double du
fes agens. Jai ainfi fous les
yeux tontes celles qu'ils ont prifes depuis le 14
date de leur première féance tenue en mer à bord du Aoréal,
feau le
vaifTerattizry pour l'ouverture des
jufgu'an 6 brumaire dernier,
pacquets fecrets 3
Ils' avoient été envoyés à Saint-Domingue
délivrer
la.colonie de la préfence des
&
pour fouilJoient une partie de fon territoire, Anglais desemigrés, qui
civile a laquelle elle étoit en
pour y étouffer la guerre
Ia tranquilliré
proie, 3 pour y rétablirl'ordre &
* pour y faire aimer le travail & fleurir la
culture, pour y fire accepter la conftitution & exécuter
lois de la métropole. Jalqu't" quel
les
préfent, remipli ces divers objets de point leur ont-ils, quant à
ponfe a cette queftion fe
miflion ? La réfaits & des circonftances trouve en partie dans l'expofé des
Je vais cherchet la folution que du j'ai déja nis fous vos yeux.
refte de la
en examinant, fommairement avec vous, l'enfemble queltion, de la
dies agens foas, le triple rapport des mefures miliraires geftion de
police &. d'adiminifration, auxquelles ils fe font livrés. >
Je ferai, avant tout, deux obfervations générales :
Premicrement, Gjet pronois à tâchc de paffer ici en
la totalité des arrêtés & des autres aétes adminiftratifs revue de
la Commiffion du gouvernement
vail immenfc qui fatigueroir
> jentreptendrois un tradcoupffir votre attention fans
éclairer vOs efprits. Je me bornerai donc à vous
goute efpèce de mefures, les plus imporcantes. préfenter,en
Secondement, lije devois, la Conftitution à la main,
erattacher à pefer chacunc des délibératious des agens, il CR,
des autres aétes adminiftratifs revue de
la Commiffion du gouvernement
vail immenfc qui fatigueroir
> jentreptendrois un tradcoupffir votre attention fans
éclairer vOs efprits. Je me bornerai donc à vous
goute efpèce de mefures, les plus imporcantes. préfenter,en
Secondement, lije devois, la Conftitution à la main,
erattacher à pefer chacunc des délibératious des agens, il CR, --- Page 123 ---
eft plus d'une, je dois le dire, qui ne pourroit
cet
fupporter
examen févère. La Conftiration n'a été ou n'a pu être
mife en activité à Ssins-Domingue, 3
long. temps après
l'arrivée des agens. Que dis-je ? elle
eft même encore
a
en quelque forte, que proclamée. Pendant l'efpèce d'interrègne des lois qui a exifié dans cette colonie julqu'à ce moment, pendant le gouvernement provifoire fous
elle
a
lequel
été régie, même depuis l'arrivé des agens, leurs diverfes
mefures ont plus ou moins participé del'arbitraire qui eft
propre à cette nature de gonvernement. Nous allons au refte
les analyfer fans paflion & fans partialité, en ne
un
inflant de vue la difficulté première & habimelle perdant de TEss
pofition, fous le rapport des circonfances, & de la pénurie
de tous les moyens matéricls de gouvernement.
M-a S U R E S M I L I T A I R E S.
I! en eft très-peu de cette efpèce, dans le nombre de celles
qui ont été prifes par les agens, qui foient fitfceptibles de
fixer vOs regards. Lesplos remarquables font celles employées
pour difliper les raffemblemens armés de Villatte & de fcs
complices, pour affurer la prife de poffeflion da Fort-Danphin, lar reprife de Bombarde, Bec; & je les ai indiquées. Une
chofe ellenrielle a mangué aux agens pour donner à l'emploi de leurs mefures militaires tout le degré d'adivité convenable : ceft larrivée de l'efcadre du contre-amiral Richety, far laquelle ils avoient compré d'après les promeffes
da gouvemacient, & avec le fecours de laqucile ils euffent
fans doute fait des entreprifes heurenfes far la
fur la Providence, &cc. fur Jérénie & le Port Jamaique,
fur Saint-Marc & fur le Mole lui-même, placcs au-Prince, malgré la dominttion anglaife & la préfence des traitres ody &
des émigtés, laLibercé & la République cosfervent encore
baancoup de, partifans qui n'attun.lent que l'occafion de fe
montrer, & qai ne doivent pas défefpéier de la voir enfin,
naitre & Venir facondur leur z2lo & leur énergic jufqu'a
prefent comprimnés.
H 4
lui-même, placcs au-Prince, malgré la dominttion anglaife & la préfence des traitres ody &
des émigtés, laLibercé & la République cosfervent encore
baancoup de, partifans qui n'attun.lent que l'occafion de fe
montrer, & qai ne doivent pas défefpéier de la voir enfin,
naitre & Venir facondur leur z2lo & leur énergic jufqu'a
prefent comprimnés.
H 4 --- Page 124 ---
L.es agens ont au furplus pris différentes déterminations
qu'on peur claffer aul nombre des mefures militaires, telles que :
1°, Divers arrêtés pour accorder des lettres de marque à
ceux qui ont voulu armer en courfe contre l'ennemi; mefutre qui a déja eu le plas grand fuccès:
20. Un arrêté pour former des bataillons complets des
débris de ceux venus précédemment d'Europe :
30, Plufieurs arrêrés pour nommer d'abord un nouvel
état-major de ia garde nationale du Cap, pour organifer enfuite cette garde nationale, & fucceflivement toutcs celles de
la colonie :
40, Un autre pour nommer de nouveaux officiers de gendarmeric nationale, & leur afligner de nouveaux arrondiffemens :
5°. Un autre pour une nouvelle formnation des états -majors des frégates &c autres bâtimens compofant la divifion
venue de Breft:
6°, Divers arrêtés pour accorder des gradcs, celui de
néral de divifion all citoyen TonfinePOuverure, celui 66- de
chef-de-brigade au citoyen Labarut, ceux de capitaines à
chacun des officiers militaires attachés à la Commiflion du
gonvernement :
7°. Un grand nombre d'arrêtés pour des nominations à
des emplois militaires.
M E S U R E S DE PoLic E.
Les mefitres de cC genre prifes par la Commiflion font de
deux efpèces : les unes, qu'on peut appeler dc haute. - police;
les autres, de police fimple & ordinaire.
Lun dc fes Fremicrs altes : en arrivant à Sainc- Da-
chacun des officiers militaires attachés à la Commiflion du
gonvernement :
7°. Un grand nombre d'arrêtés pour des nominations à
des emplois militaires.
M E S U R E S DE PoLic E.
Les mefitres de cC genre prifes par la Commiflion font de
deux efpèces : les unes, qu'on peut appeler dc haute. - police;
les autres, de police fimple & ordinaire.
Lun dc fes Fremicrs altes : en arrivant à Sainc- Da- --- Page 125 ---
mingue, fat d'y publier une proclamacion fur la poliee gé.
nérale de la colonie : elle eft du 25 Aloréal. Elie eft rédigée
dans les meilleurs principes s & avec beaucoup de fagelfe
& d'éloquence. Jc puis la mettre fous VoS yeux.
Je paffe d'abord aux aétes de haute-police délibérés par la
Commiflion.
Haute-Police,
Les plus remarquables de ces aétes font :
1°. - es divers arrêtés & proclamations rendus dans l'affaire de Villatte, & dont je vous ai déja entretenus
2°, Deux arrêtés du 17 prairial & 15 meflidor, ordons
nant l'arreftation & T'embarquement à bord du vaifleau le
Fougueux, pour être traduit en France à la difpofition du
Diredoire 2 de la perfonue du nommé Savary, ci-devant
maire de Saint-Marc, prévenu d'avoir le premier figné ia
capitulation infame qui a livré cette ville aux Anglais.
3°. Le mandat d'amener lancé contre Pinchinnat.
4°. Une proclamation du 15 prairial contre les malveillans & les agitateurs.
Cette proclamation, qui a été traduite ou plutôt paraphrafée dans le jargon des noirs oll le langage créole, a EL
principalement pour objet de raffurer les Afticains fur les
intentions bien prononcées de la métropole concernant le
maintien de leur liberté, & de réprimer les cfforts de la malveillance, qui cherchoit à élever à cet égard dcs doutes & à
femer des inquiétudes. Elle porte en fubftance : 1°.la mcnace de faire arrêter & traduire devanr le juge-de-paix quiconque tiendra des propos contre la liberté générale; 22.la
peine de 3, 6 on 9 mois de prifon contre quiconque fera
convaincu d'avoir tenu ces propos; 3°. privation de tout fecours du dehors pour de tels détenus, &cc.
pareilles menaçes contre Crux qui fe difent infpirés ou f prévalent de
ance : 1°.la mcnace de faire arrêter & traduire devanr le juge-de-paix quiconque tiendra des propos contre la liberté générale; 22.la
peine de 3, 6 on 9 mois de prifon contre quiconque fera
convaincu d'avoir tenu ces propos; 3°. privation de tout fecours du dehors pour de tels détenus, &cc.
pareilles menaçes contre Crux qui fe difent infpirés ou f prévalent de --- Page 126 ---
titres religieux pour tromper les citoyens; 50.
d'etre déclaré en rebellion contre la
enfin, menaces
patrie, & d'être puni comme tel, coufhcation, traitre à la
vaincu d'avoir dit qu'un homme contre quicenque fera conclave d'un autre homme. Telle eft peut être la propriété ou P'ef
fignalée à cette tribune comme l'un des cette proclamation déja
l'on fe propofe d'articuler contre les
principaux du
griefs que
agens gouvernement.
On peut en effet réprocher à la proclamation : lo. d'être
incunfiautionnelie, en ce qu'elle prononce des peines
légiflareur feul peur décerner; 20, de renfermer des menaces quele
plas que févéres. Mais le Confeil voir maintenane dans
intention cette proclamation a été rendue.
quelle
dcs 5.Un arrêté du 23 prairial portant amnifie en faveur
marins déferteurs.
Le Directoire exécutif n'a pas le ponvoir d'accorder d'amniftic, ni par conféquent fes Agens particuliers.
6°. Un arrèrs du 2 mefidor,
de vendre leurs aties ou partic portant de leur défenfe aux foldats
peine d'une année de fers.
équipenent fous
Ilef évident que le légiflateur feul a le droit de
des peines, les.Agens du Gouvernement & le Gouvernement décerner
lui-meme ne pouvant qu'appliquer Oil faire
les
peincs que la loia prononcées, &e jamais en établir. appliquer
79: Une proclamation du 17. mellidor, offrant
anX Français habitans des places livréss aux Anglais à amnific Sajntbomingue,
Cetre ptoclamarien, vicieufe dans le
eft
dans Pintentian: elle a déja eu.gvelque faccès princire, dans les bonne
csr Hea pu pénétrer. Si, far la foi d'on t-i adte, les places
snide Jérémie, par excmple, ou ceux du
habirnd jeurs porres aux répablicains, quel Por-an-Prince, eft celai d'entie
cluroit propofer d'arracher du giron de la Répu-
ue,
Cetre ptoclamarien, vicieufe dans le
eft
dans Pintentian: elle a déja eu.gvelque faccès princire, dans les bonne
csr Hea pu pénétrer. Si, far la foi d'on t-i adte, les places
snide Jérémie, par excmple, ou ceux du
habirnd jeurs porres aux répablicains, quel Por-an-Prince, eft celai d'entie
cluroit propofer d'arracher du giron de la Répu- --- Page 127 ---
blique le malheureux qui auroit eu confiance en la procla:
mation des agens du Direétoire exécutif?
80, Une proclamation du 24 meflidor 7 porrant menace
de traiter les prifonniers Anglais comme le feront les prifonniers Français.
Les Anglais font dans l'ufage de traiter en efclaves & de
vendre comme des bêtes de founme les Français de SaintDomingue qu'ils font prifonniers, fi ccux-ci font noirs ou
jaunes.
9°. Un arrêté du 2 thermidor contre les attroupemens.
Cct arrêté ne fait que rappeler les difpolitions des lois
de la métropole far cette matière.
10°, Un arrêté da27 thermidor, qui renvoie en France,
à la difpolition du miniftre de la marine, 2 la perfonne de
François Reux Beaufort,natifde Dijon, prévenu d'émigration.
11°, Un arrêté du même jour, qui ordonne les plus
exa@esrecherches desaffiffusducicoyen Gagnet, noir, ancien
chefde brigands, malfacréil'eft deSaint-Domiogae, en haine
de fon dévouement aétuel à la caufe de la République.
120, Unr ordre de faire configner au moment de leur arrivée all Cap, dans le cas où ia Commiflion ne feroitpas en
cet inftant raffemblée, les députés extraordinaires venant de
la province du Sad, pour rendre compte des événemens qui
oat çu lau dans cette partie.
Police ordinaire.
On
rogardor comme des aftes de fimple palice divers
d'arrét, oli ordres de
mlapert
déportation expédiés par les
agens du Diredoire, fouvent fans morifs exptimés 2 contre
divers individus, tels que les citoyens Coujeon J apothicaires
Smmccy j Dousais, eafeigne de vailsau; Autrichy, officicy
, pour rendre compte des événemens qui
oat çu lau dans cette partie.
Police ordinaire.
On
rogardor comme des aftes de fimple palice divers
d'arrét, oli ordres de
mlapert
déportation expédiés par les
agens du Diredoire, fouvent fans morifs exptimés 2 contre
divers individus, tels que les citoyens Coujeon J apothicaires
Smmccy j Dousais, eafeigne de vailsau; Autrichy, officicy --- Page 128 ---
de fanté; la veuve Riguet; la femme Defiar, Jean
Paidin Goy, êcc.
Laferes,
Mais ces actes n'ayant pas eu vifiblement
réter des individus
pour objet d'arfoupconnés ou prévenus de
contre F'Etat, font autant de contraventions à conipiration
de la confirution, qui n'a donné au Direétoire l'article 145
par conféquent à fes Agens, le droit de mandar-d'artét exécutif, € &
qu'en matière de conjuration contre la sûreté publique.
Les autres aétes de police de la
6 brumaire, font purement adminiftratifs, Commillion. tels
jufqu'au
que:
1°. Un arrêté du 30 Aloréal concernant les
ceux pour France Ott l'étranger feront délivrés paffe-ports: par la com- :
miffion immédiatement; ceux pour l'intérieur de la
le feront par les commandans militaires.
colonie
g' C'eft aux municipalités feules fans doute qu'il appartenoir,
depuis l'exiftence du gouvernement
de
vrer
des palfe-ports fauf le vifa des conftitutionnel, autorités
délimais il n'y avoit prefque point d'adminifrations fupérieures ;
établies dans la coloie; & d'ailleurs, l'état de municipalcs révolution
dans lequel elle continuoit mallenreuf@ment, & prefque invinciblement, à fet trouverd cette époque, ne fembloit-il
exiger que la délivrance des pafle-Forts, far- tout pour pas la
France & l'étranger, fût réfervée à la Commiflion du gouvernement, comme exerçant la furveillance générale de la
colonie?
2°. Un arrêté qui ordonne d'arracher une chaîne
carcan placés dans une maifon du Cap,& de faire
& mn
de la colonie tous les fignes d'efclavage.
difparoitre
30, Diverfes mefures relatives àla falubrité, au
ge,a la défenfe d'exporter les animaax, à la circulation vagabonda- des
denrées provenant des habirations &c., iefarcs
donnent lieu à aucune obfervation.
qui n0
Un arrêté qui ordonne d'arracher une chaîne
carcan placés dans une maifon du Cap,& de faire
& mn
de la colonie tous les fignes d'efclavage.
difparoitre
30, Diverfes mefures relatives àla falubrité, au
ge,a la défenfe d'exporter les animaax, à la circulation vagabonda- des
denrées provenant des habirations &c., iefarcs
donnent lieu à aucune obfervation.
qui n0 --- Page 129 ---
Ceftici peut-êtte le cas de parler d'un évènement
a femblé à
devoir faire la matière
LR
quelques perfonnes
reptoche tres-grave contre T'adminiftration des Commiffaires
du gouvernement. On a imprimé, d'après le journal intitulé
FImpartial rédigé au Cap, journal dans lequel les Commiffaires font fouvent inférer divers arrêtés &c proclamations > gu'il avoit été josé far le thédere de cette ville
une pièce inticulée la Liberté générale, pièce dans laquelle
on fait figurer les' citoyens Page, Brulley, LarchevelqueThibanlt, &autres individus qui fe qualifiotent,il ya deux
ans, à Paris, commifaires de Saint-Domingue; pièce dans
laquelle on rappellé les principaux traits des débats, & l'on
met dans la bouche de ces perfounages les maximes & les
affertions étranges que ces débats ont recueillies; pièce
enfin qui fe termine par l'annonce du décrerdu 16 pleviofe,
come renverfant tour-à-coup, & de fond en comble, 3 le
fytème des Commiffaires- colons fur l'organifation de la
colonie.
On a avancé que les commifaires du gouvernement
avoient aurorifé,la repréfentation de cette pièce; & l'on
eft parti de ce puint de fait pour cenfureravéc la plus grande
véhémence une mefure qui ne tendoit à rien moins qa'a
rendre odienx tous les ancicnsproprictaires deSaint-Doningae,
qu'i fouffler le poijon de la vengeance contre les malhoureux
blancs, qu'à appeler les poignards fur leur tête, 8cc.
Votre Commiflion, citoyens repréfentans,n'a trouvé aticune trace de cet évènement dans les nombreufes pièces
qui ont été mifes fous fes yeux : mais elle a cru devoir
prendre des informations fur le fait de cette repréfentation
dramatique. Onlui a alluré qu'elle n'a pas été donnée fur le
théârre de la ville du Cap, mais bien fur un théêtre de
fociété, où l'auteur de la pièce, le citoyen Boteu, a joué
le principal rôle, & où des jeunes-gens. venus d'Europe,
& qui avoient vLl à Paris les citoyens Page, Bralley, Larchevefque-Thibault, Verneuil, &c., & lules fameux débats,
ramatique. Onlui a alluré qu'elle n'a pas été donnée fur le
théârre de la ville du Cap, mais bien fur un théêtre de
fociété, où l'auteur de la pièce, le citoyen Boteu, a joué
le principal rôle, & où des jeunes-gens. venus d'Europe,
& qui avoient vLl à Paris les citoyens Page, Bralley, Larchevefque-Thibault, Verneuil, &c., & lules fameux débats, --- Page 130 ---
ont cru pouvoir fans inconvéniens
ques particularités de ces débats & mettre fur la feine quelnages qui y ont figuré.
quelques-uns des perfonIl cût été fans doute defirable
été jouée; mais comme elle
que cette pièce n'efit pas
public, ni de l'ordre
ne l'a été ni fur un théâtre
du
ou de I'autorifation des Commiffaires
ici gouvernement, à leur
on ne voit pas ce qu'on pourroit avoir
reprocher.
M E S U R E S D' A D M I N I S T R
ATI O N.
Je comprendrai fous cette
trait aux finances, à l'ordre dénomination tout ce qui a
blique, à l'adminiftration
judiciaire, à Finftruétion pupropremen: dite.
Finances.
Le gouvernement avoit fait embarquer fur la
Midufe une fomme de 50 mille francs
frégate la
miffaires prirent, le 28 Aloréal,
cfpcccs. Les comfomine à leur difpofition, Elle fur un-arrêté remife pour mettre cette
toyen Pafcal, fecrétaire-ginécal.
aux mains du ciLe 4 thermidor, ils prirent un autre
ner au capiraine Barney, commandant la arrêté pour ordonde verfer à leur
fregate (Hlarmonie,
crétaire.
difpolition d entre les mains de leur
génétal une fomme de 54 mille francs
feprovenant d'une prife faice par
&
cipèces,
iée. La veille, les commiflaires Barney,
qu'il avoit braforier des Gonives verferoit avoiunt arrerd que le trede 60 mille francs entre les Pour leur compte la fomme
levue, porteur de leur arrété. mains du citoyen Inyer BelIl paroit que lc fonds de 55 mille francs
préfent, le fcul que le gouvernement ait fait cf, jufgu'a
agens à Saint-Domingne
paffer à fes
Ccs Commiffaircs ont cherchéa
pourvoir aux befuins con-
aires Barney,
qu'il avoit braforier des Gonives verferoit avoiunt arrerd que le trede 60 mille francs entre les Pour leur compte la fomme
levue, porteur de leur arrété. mains du citoyen Inyer BelIl paroit que lc fonds de 55 mille francs
préfent, le fcul que le gouvernement ait fait cf, jufgu'a
agens à Saint-Domingne
paffer à fes
Ccs Commiffaircs ont cherchéa
pourvoir aux befuins con- --- Page 131 ---
à
fidérables variés du fervice public de t colonie par toutés
lesr reiloutces qui étoient i leur portéc:
1°. En mettant . la difpofition de ladminifration la cargaifon de la prife portugaife le
&
ce far
Siujesnti@vrs:ifts
l'offre généteufe des ofliciers &c
de la divifion de Breft, quiavoient fair cette riche équipages capture, & qui fe
contentèreni de recevoir pour leur part de prile des
du montant
récépilfis
de l'eftimation, payables en France; ;
20. En autorifant le citoyen Pons à percevoir
Cn+
tinnation les droits d'otroi & d'occident;
par
30. En fanationnant des bons mis en circulition par l'adminiftration générale provifoire de la colonie avant l'arrivée
des agens;
4o. En exigeant des locataires de maifons &: atitres édifices appartenant à la République, le paiement exat des
fermages artiérés &c courans, & en faifant cuicivér les habirations & terreins nationaux autour du Cap, pour fe
curer > par des échanges, les fubliftances indifpenfables pro- à
des Européens 5
5°, En autorifant le citoyen Richebourg, rétabli dans fes
fondtions de payeur-général, à tirer pour trois cent mille
francs de lettres- de. change fur le tréforier du quartier de
Jacmel;
6°. En ordonnant la réimpration-Tafiche, la
& la ftridte exécution du décrer de la Convention publication nationale
du 6 mars 1793, 4 qui, en approuvant les mefures
>> par. les comniffaires civils Polverel & Sonthonax, prifcs les
>> aurorifeà pourfuivre &c faire lever la fubvention du
>> du revenu fur tous les habitans de
quart
>>
à en faire verfer le produit dans la caiffe Saiat-Donsingue, da receveur &c
A
de
la colonie; >2
7. En autprifant l'ordonnateur Perroud à faire verfer dans
1793, 4 qui, en approuvant les mefures
>> par. les comniffaires civils Polverel & Sonthonax, prifcs les
>> aurorifeà pourfuivre &c faire lever la fubvention du
>> du revenu fur tous les habitans de
quart
>>
à en faire verfer le produit dans la caiffe Saiat-Donsingue, da receveur &c
A
de
la colonie; >2
7. En autprifant l'ordonnateur Perroud à faire verfer dans --- Page 132 ---
la caiffe de l'adminiftration une fomme de 107,500 francs,
rembourfables en cent mille livres de café dc première
lité pris à Jacmei;
quaS°, En arrétant que les habitations négligées ou abandonnées & féqueftrées au profit de la République, & dont
il exifte un grand nombre autour du Cap, feront mifes à
l'enchère pour être affermées
un, deux ou trois
les fonds
de
pour 1
ans, &
provenan:
ces fermes verfés daus la caifle de
fix mois Cil fix mois;
9°. En autorifant les direéteurs des deuancs à percevoir
en numéraire les droits fur les navires qui entrent ou fortent
des ports de la colonie, conformément aux articles 35, 36
& 37 de la loi du 27 vendémiaire an 2 ;
10°, En érabliflant,
fon arrêté du 1er, brumaire 5
qu'à compter du 10 de PEs mois, il fera ouvert au
une
loterie nationale pour la vente des biens provenant Cap des
religicux, lefquels feront divifés en trois lots; le premier,
d'une portugaife la mife; le fecond, de cinq gouirdes; le
troitième, de trois goardes; & en déclarant <
la
fireté & garantie de la jouiffance des biens que pour la
>
gagnés,
République affeête toutes les propriérés qui lui font dé3) volues par les lois. >>
L'oppofition mife, dit la Commifhon, par
factieux de Léogane à l'envoi d'une fomme de quelques trois cent
mille francs, qui lui avoit été promife, a été, entre autres
motifs d'urgence, celui qui a déterminé cet arrêté.
11°, En chargeant le citoyen Rondineau agent envoyé
par la commiflion à Pifle de Coba, de négocier auprès du
gouvernement de la Havane un emprunt de cent mille
gourdes au moins fur Phypothèque des biens nationaux de
Saint-Domingue.
12°, Enfin en recevant du capitaine de vaiffeaul le citoyen
Barney,
promife, a été, entre autres
motifs d'urgence, celui qui a déterminé cet arrêté.
11°, En chargeant le citoyen Rondineau agent envoyé
par la commiflion à Pifle de Coba, de négocier auprès du
gouvernement de la Havane un emprunt de cent mille
gourdes au moins fur Phypothèque des biens nationaux de
Saint-Domingue.
12°, Enfin en recevant du capitaine de vaiffeaul le citoyen
Barney, --- Page 133 ---
A
129:
Barney, ci-devant Américain, anjourd'hni naturalifé Frangais, un prèt généreux de cent cinquante mille francs.
A ce trait de dévoucment
celei C d'envoyer à l'ifle de Sainte.Croix, patriotique, dit 2 Barney le
a joint
> Direétoire exécutif du 25 nivofe dernier,
meffage du
>> ment
un petit bâtiy prendre un milion en
far le
>
duir
à-compte
faite
* U3 corfaire
frg prife
par
appartenant à
>>
Be
ncy. Si cette fomine lui eft parvenue, ila dû la mettre
5) i la difpofition desagens. Quelque
>>
modique, ajoute le
mellage, que foir cette teflource
un
5> duquel il n'a été ablolument rien
Pays en faveur
de
>>
Tart depuis près trois'
ans, & où conféquemment la derte
>>
à18
pablique doit s'élever
ou 20 milions, elle aura au moins donné les
> d'approvifionner la colonie pour quelque
muyens
>> ce
Point de vue, la conduite du citoyen remps; &, fous
dés droirs à la reconnoiffince
Barneylui ailure
publique 35.
Telles font jufqu'a préfent les reffourccs
agens à
omployées par les
Saint-Iomingue pour fatisfaire aux befoins
étendus & fans ceffe renaifans du fervice public.
trèsOn ne peut fe diflimuier que quelqses-unes de leurs
fures n'aient excécé les bornes de leur autoriré, &
mepar confequent contraires aux lojs, notamment l'arrêté ne foient
à la mife en-loterie des bienrelatf
l'autorifacion
provenans des religieux, &
donnée aul cituyen Rondinean de
emprunt; mais le Diredtoire exécurif
negocier un
ment au Corps légiflarif ou de racifier CES propofera mefures, probable- utiles
indifpenfables en elles mémcs, fuivant toute
&c
derendre une loi organique X réglementaire apparence du
3 ou
confacré dans la conititution far lcs droits & les
principe
agens du goavernement dans les colonies
devoirs des
d'iune manière invariable, & les règles de leur 2 & qui trace
les bornes de leur pouvoir.
conduite, &
Rapport de Marec.
I
larif ou de racifier CES propofera mefures, probable- utiles
indifpenfables en elles mémcs, fuivant toute
&c
derendre une loi organique X réglementaire apparence du
3 ou
confacré dans la conititution far lcs droits & les
principe
agens du goavernement dans les colonies
devoirs des
d'iune manière invariable, & les règles de leur 2 & qui trace
les bornes de leur pouvoir.
conduite, &
Rapport de Marec.
I --- Page 134 ---
ORD R E J U D I C I A I R E.
Lorganifation de cette particeffentielle de l'adminiftration
eft à peine ébauchée dans la colonie de SaintRr J'ai déja annoncé qu'iln'yavoit de tribunaux
conflitutionnels érablis que dans la paitie Otl le département di Nord. Ceux de l'Oueft & du Sud font jufqu'à
préfent privés de ces inftitutions falutaires ; au moins rien
dans la correfpondance des agens > que jai fous les yeux 2
n'annoncé que le pouvoir judiciaire conftitutionnel foit mis
en'activité dans CCS deux départemens.
Il paroîr que lesagens ont porté d'abord a cet égard toute
leur attention fur celui du Nord; indépendamment des tribunaux, ils y ont aufli établi des juges-de-paix.
De femblables juges ont été firccellivement établis aux
cantons des Gonaives, des Verrettes & de Plaifance, dans
le déparrement de l'Oueft.
Je nie puis dire s'il en a été envoyé dans celui da Sud,
ou G les délégués de la commiflion y en ont établi.
Mais le 13 fruétidor clle a pris un arrèté pour régler
vifoirement, & en attendant
le Corps légiflatif
btNe
à cet égard, la compétence des juges-de-paix Gn affaires
perfonnelles & mobilicres. La commiflion a confidéré que
cette compétence n'eft point fixée par la conftitution I > &
que celle déterminée par la loi de PAffemblée conftituante
ne peut être foffifante dans une colonie où les moindres
loyers s'élèvent à cette fomme par mois. D'après ces motifs,
la commillion a autorifé les juges-de paix, dans les affaires
mobilières & purement perfonnelles, à joger en dernier
reffort & fans appel jufqu'à la concurrence de trois cents
francs.
Cette mefure eft évidemment légiflative& par conféquent
su-deffus du pouvoir des agens; mais ils y ont été déter-
ifante dans une colonie où les moindres
loyers s'élèvent à cette fomme par mois. D'après ces motifs,
la commillion a autorifé les juges-de paix, dans les affaires
mobilières & purement perfonnelles, à joger en dernier
reffort & fans appel jufqu'à la concurrence de trois cents
francs.
Cette mefure eft évidemment légiflative& par conféquent
su-deffus du pouvoir des agens; mais ils y ont été déter- --- Page 135 ---
minés par Purgence de faire jouir les
du
de l'inftitution des juges-de-paix.
jufticiables bienfait
Ce fait prouve de plus en plus la néceflité d'ane loi Organique pour les colonies.
Les agens, dans les premiers temps de lear arrivée à SaintD.mingue,avoient pris d'aucres meluresa appartenant àlordre
judiciaire, telles que:
1°, De faire furfeoir à toute inftrucion,
jugemens militaires rolubsenemrafévinement procédures du 30
&
juiqu'au rapport définitif;
ventôfe,
2°, De faire mertre en liberté tous les détenus
& d'ordonner l'exécution de la loi qui abolit la pour dettes,
par corps;
contrainte
30, D'écrire à tous les tribunaux alors
inviter à firfpendre toure condamnation exiftans, pour les
tif aax ventes de nègres, jufqu'à ce
pour le paiemenr relaait ftatué à cet égard.
que
Corps légiflatif
Enfin les agens s'étoient réfervé exclufivement &
foirement la connoiffance & le jugement des
proviritimes.
prifes maCette attribution paroitra fans doute bien
S'ils avoient 3 comme leur collègue Roume extraordinaire, à
mingo, établi un tribunal quelcenque
Santo - Dofortes d'affaires, ils auroient au moins pour connoître de ces
mens de l'apparence des formes légales : couvert mais les jugedansl'étatde la légiflation dalots.stfauribution, , au fond, 2
donnée les
ni
que s'étoient
agens, 7
l'inftitution du tribunal de Roume
lui-mème, n'étoient régulières. Difons plus :
fation des fonétious du comité de falar
depuis de la cefvention nationale, il n'exiftoir en France public
la Confur le jugement des prifes aucune autoriré, aucune légifation
chargé d'appliquer les leis
aucun tribunal
relatives cette partie, Cc n'ef
I2
donnée les
ni
que s'étoient
agens, 7
l'inftitution du tribunal de Roume
lui-mème, n'étoient régulières. Difons plus :
fation des fonétious du comité de falar
depuis de la cefvention nationale, il n'exiftoir en France public
la Confur le jugement des prifes aucune autoriré, aucune légifation
chargé d'appliquer les leis
aucun tribunal
relatives cette partie, Cc n'ef
I2 --- Page 136 ---
q*e le 8 floréal an 5, que le Corps légiflatif a enfin
rempli la lacune qui exiftoit à cet égard dans notre
lation depuisléablitfement du gouvernement conftitutionnel, légifMais cette loi même, en ftaruant que la connoilfance de
la validicé des prifes appartiendra déformais, en dernier
lieu, aux tribunaux civils des
n'a
noncé par quelle autorité feroient dépaitemens rendus, dans 3 les pas
les jugemens en
R
btator
torité feroient première inftance, ni par quelle autre auifaites les procédures d'inflruétion. Elle a
fur-rout gardé un filunce abfolu far la manière dont
ront être jugées définitivement les prifes faites dans pour- les
mers d'Europe, 3 d'Atie & d'Amérique pendant l'intervaile
qui 2 exifté depuis le 15 brumaire an 5,
de la
ceffation d'exifténce du comité de falur
époque
foréal fuivant, & fur lefquelles il a pu public, ètre jufgu'au rendu des
jugemens provifoires, tant par les confuls de la République en pays neuties & alilies, que par les agens du
vernement dans les colonies.
gouQuoi qu'il en foit, ceux du Directoire exécutif à SaintDomingue, confidérant gue les équipages des bâtimens de
guerte quiles avoient tranfportés dans cette colonie avoienc
fait des prifes dans la traverfée, & qu'il étoit preffànt de
venir au fecours de ces braves marins, en les faifant jouir
promprement du produit de leur capture, prirent un arrêté
le 23 Auréal, pour s'attribuer provifoirement la connoiffance & le jugement des prifes.
Isont ainfirendu dans cette forte d'affiires une multitude
de décilions jufqu'a préfent inattaquées & inconteftées.
Ils avoient d'abord tranfmis le même pouvoir à leurs
délégués dans le Sud; m.is ils onr depuis arrêté de fe
réferver la révifion de toutes les décifions de ces agens.
Finalement, ils ont auffi confirmé un jugement rendu
précédemment par l'amirauté du Cap fur la prife du na; --- Page 137 ---
vire américain les Peux-Seurs, & ordonné le partage aux
capteurs. -Leurs arrétés font, au farplus 1e 9 à l'inftar de ceux du
comité de falat public 7. motivés far les pièces trouvées à
bord, & fur les lojs anciennes & nouvelles n1o1 abrogées. Ils ne péchent que Par le principe, par le défaut de compétence; ; mais le devoir du légiflarerr fera d'indiquer > par
une loi, le moyen de les valider.
urs, & ordonné le partage aux
capteurs. -Leurs arrétés font, au farplus 1e 9 à l'inftar de ceux du
comité de falat public 7. motivés far les pièces trouvées à
bord, & fur les lojs anciennes & nouvelles n1o1 abrogées. Ils ne péchent que Par le principe, par le défaut de compétence; ; mais le devoir du légiflarerr fera d'indiquer > par
une loi, le moyen de les valider. Votre attention , citoyens
repréfentans, a déja éré appelés fur ce point par un mefdu Diredtoire cxécutif, renvoyé par vous à l'examen
Commifion dont
fuis membie. RE
je
I NS T R U C T I O N P U B L I Q U E. Le citoyen Raymond, l'un des Commiflaires du gouvernement à Saint Domingue, a été chargé particulièrement
de tout ce qui étoit relatifa l'inftreétion publique. Jes actes
les plus importans qui aient été delibérés par la Commillion fur cette partie, font:
1°, Un plar d'organifision d'une école primaire à établie
au Cap, & une proclamarion y relative, rédizée dans ies
mcilleurs principes ;
2°. Un arrêté pour envover à tous les Commandans milicaires de la colonie le journal Iimpartial J dans lequel
la Commiflion faitimprimer fes arrétés & prociamations ;
3°. Un arrêté pour envoyer à toutes les communes le
procès-verbal imprimé de la cérémonie qui a et lica à
Ja-mel à l'occafion de la mort de l'ex-.commiffaire civil
Polverel;
4°. Un règlement fur le traitement des membres du CGmité d'infiruétion poblique, des inftitureurs, 8c.;
5°. Enfin une proclamation éloquente fur la célébration
des fêtes nationales. --- Page 138 ---
APNEXSZRATIOY CÉNÉRALE ET PARTICULIIRS,
L'article 7 de la conftitation a confacré le
divifion des colonics en
principe de la
départemens, & difpofé que celle de
Saine-Domingue fera partagée en quatre
moins & en fix au plus, mais que le
départemens légiflatif dé- au
terminera cette divifon. Corps
Certe divilion n'étoir pas déterminée ag départ des agens
du gouvernement : elle ne l'eft point encore, Le Directoire
cxécutif n'a, jufqu'i piéfent, préfenté à cet égard au Confeil, aucuns renfeignemens, aucun plan de
&c n'a provoqué aucune loi. Ses agens
circonfeription, dans
cet érat de chofes, organifer même provifoirement pouvoient-ils, des adminiftrations centrales & municipales d'après les règles tracées par la confitution, & en fe conformant aux divifiens
anciennes du territoire P Votre Cemmifion, ciroyens repréfentans, ne le penfe pas. Elle croir que la divifion nonvelle
du territoire eft un préalable néceffaire à T'organifation des
iufltitutions conflitutionnelies. Les agens n'ont cncore organifs à Saint. - Domingue ni départenens n' municipalités. Votre Commilion eft d'avis qu'on ne peut leur en faire un
reproche. Ils fe font bornés à envoyer jnfqu'à préfent des délégués
dans les points les plas éloignés du fiège du gouvernen: nt
ou dans ceux dont Tadminiftation Oil la fituarion
avoient befoin d'une furveillance particulière.
ifation des
iufltitutions conflitutionnelies. Les agens n'ont cncore organifs à Saint. - Domingue ni départenens n' municipalités. Votre Commilion eft d'avis qu'on ne peut leur en faire un
reproche. Ils fe font bornés à envoyer jnfqu'à préfent des délégués
dans les points les plas éloignés du fiège du gouvernen: nt
ou dans ceux dont Tadminiftation Oil la fituarion
avoient befoin d'une furveillance particulière. Mais polisique l'ont-ils
pu? Délégués eux-mémes, 2 ont-ils pu tranfmettre leur autorité à d'autres délégués : C'eft une queftion
ainfi d'une manière générale, fe réfour facile ment qui, pofce
principe univerfellement reconnu. Mais votre Cemmiflion par un
penfe qu'on doit voir moins des déiégués proprement dits,
que des agens d'adminifiration., dans les honmes qhe Jes
Commiffarres du gouvernement à Saiur-T Domingue Ont Crvoyés au loin pour les feconder & les tuppléer, en attep- --- Page 139 ---
dant l'érabliffement des autorités lucales, &c pour en préparer
l'organifation.
Quoi qu'il en foit, les citoyens Leborgne, Rey & Kerverfeau, comme je l'ai déja dit, ont ainfi été envoyés
d'abord dans le Sud, & le citoyen Albert dans POueft.
D-puis, le citoyen Gracia-l.afortune, noir,aété enveyédans
la partie de PEA; le citoyen Giroud, ingenicur-mineralogifte, au Port-Liberté; & le citoyen Trabnc, 2 blanc, à SaintYago, dans la partie ci-devant efpagnole.
Les Commiffaires ont aufli envoyé, dans divers
des notaires publics, des ofliciers de fanté, des gérens
gentee
des infpecteurs dhabitations. Ils ont également envoyé des
agens maritimes dans lesi ifles eipagnoles de Cuba, la Trinité & Porto-Rico, pour entretenirla bonne intelligence des
habitans de ces ifles avec ceux de Ssint-Domingue.
Ils ont pris divers arrètis far l'adminiftration générale des
hôpitaux, & en particulier far l'adminiftration & la police
del'hôpical militaire du Cap; furla nomination, le nombre,
le traitement des divers officiers de fanté.
L'adminiftration du fervice des claffes de la marine a aufli
fixé, d'une manière particalière, l'attention des commiffaires, qui ont pris, à cer égard, le 28frudidor, un arrêté
conforme aux principes.
Ils fe font auffi occupés des moyens de faciliter les approvifionnemens & le commerce de la colonie par les navires
neuties, en faifant difparoire les entraves qui gênoient jufqu'i préfent leurs tranfactions commerciales avec les habitans, i un point dificile à concevoir, & q.iauroit di, Ce
me femble, éloigner pour toujours les neutres dela colonie,
filus pro.ludtions sde cette précieufe contrée n'avoient pour cux
mn atirait qui leur fait furmonter tous les dégouts & toutes
les entraves du géric ffcal. L'arrêté pris à cet égard par les
Commilfaires le 2 thermidor eit, ila vérité, conforme aux
I 4
iales avec les habitans, i un point dificile à concevoir, & q.iauroit di, Ce
me femble, éloigner pour toujours les neutres dela colonie,
filus pro.ludtions sde cette précieufe contrée n'avoient pour cux
mn atirait qui leur fait furmonter tous les dégouts & toutes
les entraves du géric ffcal. L'arrêté pris à cet égard par les
Commilfaires le 2 thermidor eit, ila vérité, conforme aux
I 4 --- Page 140 ---
piincipes d'unien &c d'harmonic que rien ne devroit
entre la répablique frangatfe & les Erats-Unis
altérer
mais il eit contrare aux ancier nes prohibitions d'Amérique; le
de commerce avoit lauie ioblifter, &
l'intérer que du traité
merce natiogalavoir co.amandiees.
que
comAn refte s que ne juitifie pas l'état de guerre & de
pénurie de comettible: Gu'éprouvoit alors
Les Commitlaites ont aurorifé, à cette occafion, Saint-Domingne Padminif ?
tration de la marine à accepter une foumiflion faite
maifon de commerce Peteis- Wiliams,
par la
pagnie, établiea New-Yurk, de fosnir des Livington fubliftances & comapprovifionnemens pour les beioins de ce fervice.
& des
Ce fait me condnir à VOLIS meitre fous les
un arrété
pris par les Commillaires du gonrensement dans yeux les
temps de leur arrivée au Cap, & qui eftainfi
prcmiers
> des Commilaires propofs. & la Commifion conçu : cc L'un
> cune opération d'achat, de vente, de baux arrête à , qu'au-
))
ferine &
d'entreprife, ne fera vaiable fans
des
s mifaires. >> Certe étrange décifion, l'epprobation le vague &: la latitude Comindéfnie gu'eile prefente. l'eipric de vexation & de furveilJance tortionmaire qu elle fenible offrir, ont fingulicrement
frappé votre Com, itlion. Elle s'eft demandé files agcns du
dans gouvernensent les
isaineDesineue avoiente entendu S 'immifcer
tranfiétions pasneslieres, exercer une
monftrueufe & fans exemple fur toutes les affaircs inquifition des citoyens, porrer la défiance dans cous les efprits, le trouble
&c l'inquiétude dans toutes les familles. Les
qu'elle a 7) rifes fur le morifde ceratrèré, & le vérirable informations fens
gu'on avoit entendu luidorner, Pent convaincue quecen'ef
qu'une fimple mefure d'adminifiration intéricure délibérée
par les Commiflaires pour exercer fur tuusles marchés, tous
lcs traités paffés pour le compre du
veillance utile & néceffaire. L'arréré gouvernement, unc furrendu public. In'a ét3
n'a poinr Cn effet été
tration &
n'en
connu quc des agens de l'adminif-
;
je
parlervis pas fi limpartialité que votre
cue quecen'ef
qu'une fimple mefure d'adminifiration intéricure délibérée
par les Commiflaires pour exercer fur tuusles marchés, tous
lcs traités paffés pour le compre du
veillance utile & néceffaire. L'arréré gouvernement, unc furrendu public. In'a ét3
n'a poinr Cn effet été
tration &
n'en
connu quc des agens de l'adminif-
;
je
parlervis pas fi limpartialité que votre --- Page 141 ---
Commiflion profelfe, ne lui avoit impofé le devoir de ne
vous dillimuler rien de ce qui peut fervir à vous éclairer
fur l'efprit des opérati ns,, la marche & le caraétère des
agens du Direétoire exécutif à Siint-Domingue,
Ces agens paroiffent aufli n'avoir pas négligé de favorifer
par tous les moyens le rétabliffement & le pregrès des cultures à Saint-Domingne. Ils ont pris plufieurs arrêtés
ordonner la réparation des monlins & des cabroucts à ftcre, pour
pour exem.prer du fervice militaire tous les ouvfiers employés
à ces réparations, pour enjoindre aux municipalités de nommer des gérens à toutes les habitations appartenant à des
propriétaires quianroient nécligéd'y en plicer, pour défendre
l'enrôlement descultivatenrs, les difpenfer même du ferviceordinaire de la gardenarionale, pour licencier tons les hommes
armés, rafemblés dans les camps ou poftes intérieurs, à la
charge de ferendre tous fur leurs habitations refpectives, Gc.
Les agens fe font enfin occupés du fort des propriétaires
d'habitations.
Par un premier arrêté, ils ont ordonné la
d'une life-tenne dans les bureanx du minifre de réimpreffion Ja marine,
des citovens propriétaires dans li colonie, qui ont juftifié de
Teor réfidence en France depuis le 9 mai 1792, & l'envai
de cctte lifte à toutes lesaurorités conftituées,
queflre appofé for les biens de ces citoyens foit > pour levé, que far le fé- le
fimple vu de cette lifte.
Le 30 floréal, ils ont arréré que tous loc fondés de pouvoirs pourront étre mis en poffeffion des biens dont ils ont
la Reltion, en prouvant qu'ils font fondés de procuration de
perfonnes non émigrées, & en remplifant toutes les formalités preferites par la loi fur les certificats de réfidence.
Ces deax mefares ne peuvent qu'obreni- laffentiment
néral de tous les ainis de la juftice & des lois.
gs.
Mais, le 22 prairial fuivant, les agens ont pris une détibération qu'ii eft impoffible de juftifier. Cejour, par des
Reltion, en prouvant qu'ils font fondés de procuration de
perfonnes non émigrées, & en remplifant toutes les formalités preferites par la loi fur les certificats de réfidence.
Ces deax mefares ne peuvent qu'obreni- laffentiment
néral de tous les ainis de la juftice & des lois.
gs.
Mais, le 22 prairial fuivant, les agens ont pris une détibération qu'ii eft impoffible de juftifier. Cejour, par des --- Page 142 ---
motifs dont leurs regiftres ne donnent aucune
ils ont rendu l'arrété fuivant :
indication,
( La Commifion, interprétant, en tant
de
3 arrété du30 Aoréal dernicr,
que befoin, fon
concernant la remife desl
9> des perfonnes non-émigrées ès mains de leurs
biens
>> procuration;
fondés de
>> Confidérant que les perfonnes réfifantes en
9> fans ordre, million ou permiflion expreffe du pays nentre,
> ment frangais, font afimilées par la loi aux gouvernes> jufqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné, émigrés, arrete
3> quifnit:
ce
ARTIC C L E PR E M I E R.
>> Les fondés de procuration des
9> pays neutre, fans ord:e, mifion perfonnes réfidantes en
9> vernement, feront excius du
ou permiffion du goubénéficc de
3> Commiffon, du 30 fiorial dernier.
l'arrété de la
II I.
>> Auffitôt l notification du préfent arréré, les
> fondés dcs perfonnes dans le cas ci-deffus
procureurs
>> auroient été mis en poffcflion des biens de leurs exprimés, qui
)) tans, en vertu de l'arrêté du 30 Auréal dernier ou commet- autre-
> ment, en ferent évincés, & les revenus de ces biens ou
>> leur produit feront verfés dans les magefins & coffres
la République.
de
I I T.
55 Le préfent arrêré fera inféré dans les papiers pablics A
JI ne falloir pas prendre l'arrèré jufle & fage du 30 Aoréal pour l'anéantir aufli complerement, quelques
par celui du 22 prairial ci-deflus traniciit.
joursaprès,
> ment, en ferent évincés, & les revenus de ces biens ou
>> leur produit feront verfés dans les magefins & coffres
la République.
de
I I T.
55 Le préfent arrêré fera inféré dans les papiers pablics A
JI ne falloir pas prendre l'arrèré jufle & fage du 30 Aoréal pour l'anéantir aufli complerement, quelques
par celui du 22 prairial ci-deflus traniciit.
joursaprès, --- Page 143 ---
II eft évident que ce dernier arré:é eft dirigé contre les
propriétnires - colons ablens de la colonie, & réfidant en
neutre, fans ordre, miffion ni paffe-port du gouvernepays ment. Il eft évident aulli qu'une telle abience eft aflimilée
l'arrèté i une véritable émigration. L'arrêté prononce
Far
forte foaverainement, fur la queftion de
donc, 5 en quelque des colonies. Mais des lois formelles, notamPémigration ment celles des 25 août 1792, 8 feptembre 1793 & 3 thercoloniesdela légiflamidor an 3, exceptent provifoiremencles
tion généealerelative aux émigrésd du continent. Au nombrede
ces lois, il en eft une qui charge le pouvoir exécutif de faire
délivrerdes fecoursaux colons refugies aux Etats-Unis d'Amérique après lincendie du Cap. La loi ne confidéroit donc
pas comme émigrés la malle des propriétaires réfidant en
pays neutre, fans miffion ni paffe-pert du gouvernement.
L'arrèré des agens ne peut donc f foutenir, fous aucun rappost. Yotre Commition, Citoyens Repréfentans, vous
inceffamment un projes de réfolution far
Theetie
pofera
le
lé
des colonies. Si ce projet eft adopts par Corps afatif, de
la juftice reprendra fon cmpire fous lautorité tutélaire
la loi.
Les agens ont pris u1 antre arrêté le 17 frudtidor fur les
habirations aftanchies du fequeftre 2 & leur remife aux propriéraires. D'un coré, le malheur des temps a réduit la plupart de ceux ci l'impofibilité de faire les avances néceffaires, non-feulement pour rétablir leurs habitations, mais
meme pour entretenir celles que Fadminiftration a mifes en
valeur pendant la durée da féqueftre; d'un autre côté, l'adminiftration ne pent pas faire aus propriétaires le facrifire
des animaux & des ufenfiles qu'eile a placés far les hibitacions. Il faut, pour fe rembourfer de fes frais d'amélioration, ol que l'adminiftrarion continue à régir & à jouir,
faufd tenir compte au propriétaire d'une portion du revenua
ou que fi elle tetire tout-à coup fon mobilier, elle confacre
cile-môme Pabandon dcs cultures, le défceuvtemenr & le
iftration ne pent pas faire aus propriétaires le facrifire
des animaux & des ufenfiles qu'eile a placés far les hibitacions. Il faut, pour fe rembourfer de fes frais d'amélioration, ol que l'adminiftrarion continue à régir & à jouir,
faufd tenir compte au propriétaire d'une portion du revenua
ou que fi elle tetire tout-à coup fon mobilier, elle confacre
cile-môme Pabandon dcs cultures, le défceuvtemenr & le --- Page 144 ---
140.
vagabondage des
& tous les
vent
s'enfuivre, calivateurs,
défordres qui peuC'eft pour concilier ces divers
arrêté le 17 frudidor: 1",
intérérs que les agens ont
fentera en vertu d'une main-levée que tout de propriétaire qui fe prépofleflion d'une habitation mife
féqueftre, pour prendre
en valeur
tion 2 fera tenu de rembourfer à celle-ci par ie T'adminiftramobilier; 20, que fi le propriétaire
prix de fon
ce rembourfement,
eft hors d'érat de faire
à jouir par contiguation l'adminiftraris n fera antorifée à régir &
fanf à faire
jnfqu'a ce rembourfement effedné,
revient
payer au propriétaire la portion du produit
d'après les régiemens de culture, &c.
quilui
Enfn les agens, depuis le 13
maire inclufivement,
prairial iufau'an 6 bruJever le féqucftre
ont, par divers arrêtés motivés, fait
fe font
appofé fur les propriérés de tous cenx
préfentés en perfonne ou par fondés de
qui
conmifion du gonvernement, tanis des
pouvoir àla
& des ccrtificats de réfidence
titres de propriété
extrait certifié d'nfeription fur preferits, la life ou limpiement d'un
reaux du département de la marine & des tonue cians les bafaire u1 relcvé de toutes ls
colonies. J'ai fait
dans Iitervalle de fx
rain-levées ainti accordécs
avec plaifir qu'ell.s s'élevoient moie; e votre Commition a reconnu
ce gni fappore, O1
déja aul nombrede.cent
taires
plutor ce qui démontre gue les doure;
coinmencent enfin à prendre qnelque
propriéjuflice &c les principos dn TCconfance dans Ja
fance s'accroitre Rle
irernement. Puite cette conla profpérité de ia colonie. fortifier ! c'eft le premier élément de
"cile cft, ciroyens
afles d'adminidration ropréfentans, des
l'analyfe fuc:inate des
exécutif à Saint
agens particuliers du Direduire
colonie, jafgu'au -Domingue, 6 brumaire dapuis leur arrivée dans cette
dernier.
Je teriinois la rédaction de ce rapport, lorfque jaiappris
. Puite cette conla profpérité de ia colonie. fortifier ! c'eft le premier élément de
"cile cft, ciroyens
afles d'adminidration ropréfentans, des
l'analyfe fuc:inate des
exécutif à Saint
agens particuliers du Direduire
colonie, jafgu'au -Domingue, 6 brumaire dapuis leur arrivée dans cette
dernier.
Je teriinois la rédaction de ce rapport, lorfque jaiappris --- Page 145 ---
par le meffage que le Dircétoi.e vous a adreffé le 3 de ce
mois l'arrivee en France, après trente - fept jours de traverfée, de la frégate la Sem.liunte, apportant de nouvellesdépèches de fs agens à Saint Domingue. Votre Commniflion a
été informée que cCs pièces contifent en deux dépêches de
ces agens des 6 & 16 nivôfe dernicr, en un volume des
procès-verbaux de leurs délibérations journalières depuis le
6 brumaire jsfqu'au 8 nivôfe; enfin en une liafle tre-confidérable contenant le rapport des délégués Leborgne & Kerverfeau fur les évinemens da Sud, avec les picces y jointes;
plus, différense comptes particuliers rendus aux commiffaires du
gouvernement par les généraux de brigade Chanlatte &
Martial Belle.
Votre Commiflion, citoyens repréfentans, attend, pour
s'occuper de l'examen de'ces pièces, que vous les lui ayez
renvoyées après les avoir reçues vous-mèmes du Direétoire
exécucif. Elle n'a dans ce moment fous les yeux que fon
mellage du 3 de ce mois. Il paroit que, depuis le 5 frimaire
dernier, date de la dépêche la plus récente de fes agens,
analyfée dans ce
au paragraphe de la corre/pondance
hiflorique, l'état T la colonie, 2 &c principalement de la
partie du nord, a été en s'améliorant; que le calme s'y
confolidoit; que les diverfes mefures d'adminifration prifes
par les agens, pour le rélabliffement des cultures & l'accroifement des revenus publics, recevoient infenfiblement
leur exécution; que les noirs, plus raffurés fur les intentions
bienfaifantes de la métropole & fur le maintien de leur
liberté,fe livroient avec contiance au travail,& que la colonie
commençoit à préfenter enfin un afpect raffurant, & l'efpoir
d'un ordre de chofes conforme à Patrente de la mère-patrie
& de tous les amis de la liberté, des lois, & du bonheur
public.
Quoiqu'il en foit, vous avez defiré,cirayens repréfentans,
connoitre la icuation de S-Domingue fous tous les rapports,
leur
liberté,fe livroient avec contiance au travail,& que la colonie
commençoit à préfenter enfin un afpect raffurant, & l'efpoir
d'un ordre de chofes conforme à Patrente de la mère-patrie
& de tous les amis de la liberté, des lois, & du bonheur
public.
Quoiqu'il en foit, vous avez defiré,cirayens repréfentans,
connoitre la icuation de S-Domingue fous tous les rapports, --- Page 146 ---
dans principaiement depuis l'arrivée des agens du Pouvoir
cette colonie. La Commiffion
exécutif
vous préfenrer à cet égard le réfultat que des vous avcz chargéc de
ont été communiqués par ie gouver.ement documens vient de qui vous
par mon organe, la tâche pénible que vous Jui aviez remplir,
Elle a mis au rang de fes premiers devoirs celui d'une impofée. févère
impartialité dans T'expofé des faits & le jugement
fonnes; elle n'a difinulé ai les bonnes actions
des
des individas, &
ni les CEINSs
Pouvoir exécutifà princiealement dcs agens fupéricurs du
maintenant
Sainr-Domingue. Il vous eit facile
jufqu'à quei point ils ont pa remplir les dejuger
objets importans de Jeur miflion avec
divers
moyens mIs à leur difpofition, & l'étar oà l'infufifance ils ont
des
colonie, La Confticution n'y eft encore
trouvéla
exiftoit un obftacle invincible à fa mife que en proclamée. Il
défauz de divifion préalable du
activité; c'eft le
pouvoit établir. De là la prolongation temiuieiquelaigititur forcée du
feul
provifoire de la colonie, & la perpétuité des gouvernement
anarchiques quin'ont ceffé de la défoler.
mouvemens
Deux fortes de mefures reftent a
enfin le retour complet de l'ordre prendre & le pour y ramener
des mefures de
règne des lois:
tives.
gouvernement, & des difpolitions légillaLes premières font du reffort du Pouvoir exécutif.
s'attendre que, mieux éclairé enfin fur les
On doit
choles, il s'empreffera de
perfonnes & les
& de force qui font dans dépleyer fon
tous les moyens de fagelle
affurer à la Franre,
ceeur & dans fes mains pour
liberté, de la juftice > & pour de y atracher par tous les liens de la
P'intéret, par la vigneur & la fageffe
dugouvernemenr, cette fuperbe colonic de Saint
qui eft comme unc autre
Domingue,
centre
du vafte Océan.
République françaife placée au
Les mefires légiflatives funt exclufivement de
votre attri-
moyens de fagelle
affurer à la Franre,
ceeur & dans fes mains pour
liberté, de la juftice > & pour de y atracher par tous les liens de la
P'intéret, par la vigneur & la fageffe
dugouvernemenr, cette fuperbe colonic de Saint
qui eft comme unc autre
Domingue,
centre
du vafte Océan.
République françaife placée au
Les mefires légiflatives funt exclufivement de
votre attri- --- Page 147 ---
bution. La Commiffion des colonies occidentales a déja préparé à cet égard des projets de réfolution diétés
la
collègues
me
Re
fag-lle conftititiomnelkc-1s
s'emprefferont
fuccéder à cette tnbune, & de vous foumettre le fruic de
leurs recherches & de leurs penfées, & le réfultat de nos
difcuftions.
Je fnis. Lal liberté a réfoln fur le continent le plus difficile
de tous les problèmes politiques; elle a fonde, elle a organifé une République de 30 millions d'habitans, qui, dès
fon aurorc, a déja l'éclat & la folidité des plus antiques
& des plus robultes goavernemens. La liberté opérera le
même miracle dans le gelfe du Mexique. Elle a confervé
Saint-Domingue à la France au milieu de l'abandon abfolu
où la révolucion de la métropole avoit forcé de laiffer cette
colonie; elle faura, croyons-en nos preffentimens, croyonsen l'expérience de tant de prodiges enfantés fous nos yeux,
elle faura la rendre la plus Horiflante de toutes celles que les
Européens auront établies dans le nouveau monde, & alTurer
ainti au peuple français une fource intariffable de profpéricé.
DE L'IMPRINERIE NATIONALE. Girminal, an 5. --- Page 148 --- --- Page 149 ---
nouE
L E T.T R E
D E
MICHEL-PASCAL CREUZÉ,
MEMBRE DU CONSEIL DES ANCIENS,
A
JEAN-PHILIPPE GARAN,
DÉPUTÉ DU LOIRET,
SUR son rapport des troubles de St-Domingue,
distribué au Corps législatif en ventôse,
an V, dix-huit mois après la clôture des
débats.
SE VEND A PARIS,
CHEZ MARET.Cour des Fontaines, Palais Egalité.
DESENNE, Palais Egalité, Nos I et 2.
Et chez tous les marchands de nouveautés.
AN CINO DE IA KÉPUBLIQUE, --- Page 150 --- --- Page 151 ---
E797
L133 A --- Page 152 ---