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CONVENTION NATIONALE,
R A P P 0 R T
D E
PHILIPPE-RosE ROU ME;
SUR Ja miffion d Saint - Domingue ;
ejl, qualité de Commiffaire - NationalCivil; ;
Imprimé par décret du 29Janvier 1793, l'an deuxième
de la République.
APARIS,
DE LIMPRIMERIE NATIONALE a
I 7 1 9 3: --- Page 4 ---
-
à - --- Page 5 ---
RAPPO R T
D E
Pxixirpr-Rosr RO UME,
Sun Jie milfion à Saint - Domingue,
en qualité de Commifjaire - NationalCivil.
CITOYENS,
Jz vais faire le rapport d'une importante milton.,
remplie pendant plus de cinq mois, au noin de la
France 2 par un feul homme à Saint - Domingue;
mon langage eft celui d'un Républicain qui ne fais
diffimuler, ni fes fautes, ni le bien qu'l croit avoir
fait.
Une loi du II février 1791 ordonnoit l'envoi de
trois commiffaires chargés de maintenir l'ordre & la
tranquilliré publique à Saint - Domingue; ; difiérentes
circonflances en ont retardéTexécution. Les premiers
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comthiffaires choifis ayant donné leur démiffion,
Je minifre Thévenard les remplaça par Mirbeck,
Ssint-Léger & moi : notre nomination eut licu dans
les premiers jours d'août de la même année 1791.
Le pairiotime counu du ventueuxThéveniard ne laiffe
aucun doute fur le nôtre; & certes 2 à cette époque,
il ne falloit pas avoir les préjugés admis julqu'alors,
pour fe charger d'un eniploi dépendant du pouvoir
exécatif, 2 fans y être autonfé parle roi. Notre miflion
n'effroit que des dangers & des dificultés, puifque
nous devions faire exécuter, dans la plus confidérable
des colonies, le décret du 15, mai en faveur des
hommes de couleur & nègres libres.
Prêts de nous embarquer à Breft, nous fûmes
retenus par un décret rendu d'après des nouvelles de
Saint - Domingue : la confitution s'acheva, fut acceptée, & le miniflère retira nos premières commiffions, pour nous en donner de nouvelles fignées du
chefdu pouvoir exécutif.
Partis de Breft le 27 oatobre 7 nous arrivâmes au
Cap-Frauçais le 28 novembre 1791; mais, au lieu du
décretduigmai, nous étions chargésde faire exécuter
celui du 24 feptembre
accordoit aux aflfemblées
colomales & au roi le ARH de régler l'état politique
des hommes de eculeur & nègres libres.
C Je ne répéterai point le rapport que Gt Mirbeck
à T'affembiée nationale le 26 mai dernier : on y voit
dans quel état nous trouvâmes la colonie ; les moyens
que nous comptions employer afin de la retirer de cet
érardéfafireux; nos premiers fuccès: les obftacles que
nous oppofoit une alem.blée coloniale qu'aveugloient
despreuresloemux;' lesjuftes motifs qui déterminérent
Mirbeck & moi, qui nous tronvions feuls au Cap,
a'prendre un arrêtéle27 mars 1792,àleflet de palfer
inumédiatement en France pour faire connoitre les
ie ; les moyens
que nous comptions employer afin de la retirer de cet
érardéfafireux; nos premiers fuccès: les obftacles que
nous oppofoit une alem.blée coloniale qu'aveugloient
despreuresloemux;' lesjuftes motifs qui déterminérent
Mirbeck & moi, qui nous tronvions feuls au Cap,
a'prendre un arrêtéle27 mars 1792,àleflet de palfer
inumédiatement en France pour faire connoitre les --- Page 7 ---
maux de Saint-I Domingue, & propofer les remèdes
ày Je appliquer. ne répéterai pas non plus le compte
rendit
à la mème affemblée nationale Saint-Léger : 2 juin
dernier; on y reconnoit le zèle, les talens & le courage quila déployés dans la partie de l'oueft à SaintDomingue. J'attefteroisici la vérité des faits contenus dans Pun
& l'autre difcours 2 fi mes collegues n'avoient eu foin
d'en fournir les preuves. de miflions femblables à
Les citoyens chargés
le titre de
la nôtre n'avoient jamais pris gue
du
commiflaires civils 9 ou celui de commiffaires
roi ; mais nous 2 qui n'étions pas du choix d'un
roi, &c qui voulions porter au nouveau monde une
majeftueule idée de la majeflé des peuples 2 nous
primes le titre de commiflaires nationaux - civils 2
& Mirbeck fut celui qui le propofa.
de SaintJ'appris le 15 avril dernier. par des lettres
qu'il avoit, de fon côié, réfolu de pafler en
&
étoit déja en route; c'eft à dater du
2 qu'il
Higtas
mème jour 153 avril que je pris feul fur ma refponfabilité l'exercice de3 fondions de la commiffion
nationale > comme je l'ai fait jufqu'au 17 feptembre
que font arrivés les nouveaux commiflaires Polverel,
Aithaud & Sonthonax.
Mon rapport contiendra les motifs & l'explication
mais, laiffant
de ma conduite pendantcelapsde temps;
à Pécart une multitude de détails & d'incidens > je
ne rapporterai de mes opérations que les chofes qui
peuvent intéreffer en France.
de
J'ai dit que Mirbeck & moi avions arrêté paffer
à Paris: cet engagement a été fatisfait de fa part ; j'y
ai manqué, je dois
conféquent me juftifier. ilexiftoit,
Lorfquenoue santncin pris le 27 mars 2
A 3
de ma conduite pendantcelapsde temps;
à Pécart une multitude de détails & d'incidens > je
ne rapporterai de mes opérations que les chofes qui
peuvent intéreffer en France.
de
J'ai dit que Mirbeck & moi avions arrêté paffer
à Paris: cet engagement a été fatisfait de fa part ; j'y
ai manqué, je dois
conféquent me juftifier. ilexiftoit,
Lorfquenoue santncin pris le 27 mars 2
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dans l'affemblée coloniale de Saint. - Domingue, un
parti fi majeur & fi bien foutenu contre la commifHion., qu'elle fe trouvoit entièrement paralyfée fans
qu'il nous parût pollible d'y remédier auirement,
qu'en inftruifant nous - mêmes l'aflemblée nationale de la vérité des faits : le pa:ti dont je
compofs,des membres qu'aveugloient leurs PeRgs
jugst contre les hommes de couleur,n nous abhorroit, parce que nous ne ceffions de répéter que le
falut de la colonie dépendoit de la réunion de tous les
hommes libres, laquelle réunion ne pouvoit s'effedtucr
que parla Axation des droits politiques des hommes de
couleur. Un autre parti beaucoup moins nombreux,
& prelque toujours hué par les galeries 2 nous faifoit
aprroire que 7 s'il obtenoit la majorité, 2 nous lui verrions pren-Ire des réfolutions convenables atl bonheur
du piys. Mes collègies & moi regardions ceux du
piemier parti comme des fadieux , & ceux du fecond
comme des amis de lordre.
Mirbeckme laiffa, le premieravil à huit heures du
foir, pour mettre àla voile le lendemain de grand
matin, comme il le fit, & je devois partir le 4 du
mnême mois; uneheure apresqu'ilm'eut quitté, Dumas,
membre de l'affemblée 7 m'epprit que le parti des
amis de l'ordre, dont il étôit le chef, failoit de grands
progrès, fe Aattoit d'avoir bientôt la prépondarance,
& pouvoit déja tenir tête àux faétieux. Je compris
ce changement inopiné provenoit, d'une
de
RitSe
ce parti avec tous les amis de P'ancien régime; ; ie
jugeai d'après cela qu'il me devenoit indifoenfable de
refter
déjouer cette ligue naillante, & empâcher
Stea à Saint-Domingue le même évènement
qui vient de fe paffer aux fles du vent.
Le plan qui convenoit à ma polition; que-l'adoptai,
que Pai fuivi confamment & qui réunit'toutes mes
opérations en un lyftême complet, cc plan fut de re-
parti avec tous les amis de P'ancien régime; ; ie
jugeai d'après cela qu'il me devenoit indifoenfable de
refter
déjouer cette ligue naillante, & empâcher
Stea à Saint-Domingue le même évènement
qui vient de fe paffer aux fles du vent.
Le plan qui convenoit à ma polition; que-l'adoptai,
que Pai fuivi confamment & qui réunit'toutes mes
opérations en un lyftême complet, cc plan fut de re- --- Page 9 ---
donner à la commiflion l'influence morale qu'elle avoit
originairement eue, & que la faulle politique de P'affemblée coloniale luiavoir fait perdre; il falloit, pour
y paivenir, 2 que je failife les occafions de développer un grand caractère, que je m'expofalle toutes les
lois quil y auroit lieu entre la France & la colonie,
comme entre les faations intérieures, & furr-tout que
j'empèchafle un engagement général dans la ville 'du
Cap: engagement dont le fuccès, quoique douteux
relativement at parti vainqueur, produiroit néceffairement, foit une contre-revolution, foit la formation d'une nouvelle Guinée, Ot peut-ètrc ces deux
états l'un après l'autre; il falloit enfin qu'un feul
homme en imposât par fa fermeté, fa prudence & fa
costance à la colonie de Saint - Domingue; il eft
inudle d'obferver que j'avois d'abord conçu ce plari
pour être exécuté par Saint-Léger comme par moi.
Avant d'aller plis loin,je dirai, pour ne pas calomnier les habitans de Saint-Doningue à Poccalion
des contre-révolutionnaires dont je parlerai fouvent,
qu'il faut diftinguer les trompeurs & les trompés. Les
trompeurs vrais contre-svolutionalesesoudirdigntils;
comme ici, le bouleverfement de la France. afin de
rétablir lancien fyftème monarchique & ariftocratimais ils empruntent ordinairement le langage
Eie nombre confidérable de citoyens qu'ils trompent.
Les citoyens trompésaiment de bonne-foila révolution, & Teroient d'excellens patriotes enl France; ; mais
ils croient que la confervation des proprictés coloniales eft incompatible avec l'exiftence des corps
populaires; & ces citoyens ne Tentent pas qu'au lieu
de fervir la colonie. ,ils ne font qu'augmenter le nombre de fes ennemis: car ce font les vrais contre-révolutionnaires, ainfi
vous le vetrez ct-après, qui ont
tramé la révolte dure nègres du nord, & fomenté la
A 4
ens patriotes enl France; ; mais
ils croient que la confervation des proprictés coloniales eft incompatible avec l'exiftence des corps
populaires; & ces citoyens ne Tentent pas qu'au lieu
de fervir la colonie. ,ils ne font qu'augmenter le nombre de fes ennemis: car ce font les vrais contre-révolutionnaires, ainfi
vous le vetrez ct-après, qui ont
tramé la révolte dure nègres du nord, & fomenté la
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Euere civile des blancs & des citoyens de couJe reviens à ma réfolution de refler à Saint- Domingue ; f'en fis part dès le 2 avril au miniftre Bertrand; mais écrivant à ce miniftre, je ne pouvois lui
préfenter
des lieux communs à la place de mes
motifs & .c, mon plan ; je me défiois tellement du
miniftère de ce temps-la, que je crus devoir encourir
fa malveillance, en m'adrefiant au préfident de Paffemblée nationale, 2 pour l'inftruire des envois des
je faifois au département de la marine.
POet Lte expliquer la nature de ces pièces, & les
motifs qui m' 'engagérent à les envoyer.
Des cemmiffàires de l'affemblée coloniale, au nombre de fix, partis le 31 mars,alloient en France
les hommes de couleur & nègres libres, fous peindre des
traits fi odieux, qu'ils fe fattoientd'en provoquer la
deftruaion totale. Je favois que parmi ces hommes
rouges & noirs, il s'en trouvoit de bien
mais que la très grande majorité d'entre coupables, eux étoit
digne d'eftime; & je favois qu'il fe trouvoit également des coupables parmi les blancs : notre fecrétafiat contenoit un grand nombre de preuves authentiques de Pune & Pautre vérité. L'affemblée coloniale
connoiffoit ce dépôt de pièces contradidoires, &
déja l'un de ces membres avoit propofé de le faire
enlever, fous le prétexte qu'il appartenoit à la COlonies, la mêne motion pouvoit fe reproduire avec
plus de fuccès; il étoit plus vraifemblable encore
que le commiflaire & le fecrétariat ne tarderoient pas
à être détruits par un peuple trompé qu'on enflammoit tous les jours, en m'accufant d'être l'émiflaire
des amis des noirs. Ce furent ces confidérations
m'engagérent à tranfmettre au miniftre nos pièces ori- gui
it à la COlonies, la mêne motion pouvoit fe reproduire avec
plus de fuccès; il étoit plus vraifemblable encore
que le commiflaire & le fecrétariat ne tarderoient pas
à être détruits par un peuple trompé qu'on enflammoit tous les jours, en m'accufant d'être l'émiflaire
des amis des noirs. Ce furent ces confidérations
m'engagérent à tranfmettre au miniftre nos pièces ori- gui --- Page 11 ---
accompagnées de notes & d'états pour en
Eatoh l'examen.
Lorfque j'eus appris le départ de Saint-Léger, j'en
inftruilis l'allemblée coloniale, qui me fit une réponfe
d'un laconifme infultant.
Sa réponfe me donna des forces irréfiftibles, puifqu'elle infultoit la France dont je me trouvois l'organe. Réfolu de forcer les repréfentans de SaintDomingue à reconnoître la commiffion nationale,je
leur écrivis, le 17 avril, une lettre dont voici l'extrait:
( Lelaconifme de votre réponfe ne me permet plus
> de douter, Meffieurs, que vous ne: vous flattiez
> d'avoir fuffifamment avili la commiffion, pour
> doive la réduire à une entière &
méprifable Cott
je
> lité.
) J'ai Thonneur de vous obferver
ni vous ni
> moi ne pouvons porter atteinte à
pouvoirs naTORSE
) tionaux & royaux, &
je n'aurai jamais la lâ-
>) cheté de vous facrifier R droits de l'empire frann çais.
> La nation,lal loi, & le roi, commandent en con-
)) féquence, ,, par mon organe à l'affemblée coloniale
> de la partie françaife de Saint - Domingue, de re-
* connoître cathégeriquement & anthentiquement à
> la commiflion nationale civile, aduellement exif-
)) tante dans la colonie, la plénitude des pouvoirs qui
> lui font délégués.
> Ce fera, Meffieurs, d'après votre réponfe, que la
) commiflion jugera fi elle peut encore traiter avec
) des Français foumis à Pautorité nationale, ou s'il lui
)) faut être dans la douloureufe néceffité de ne plus
> voir en vous qu'un raffemblement de faétieux >.
L'affemblée coloniale, trois femaines auparavant,
avoit vu le général Blanchelande, trainé devant elle,
voirs qui
> lui font délégués.
> Ce fera, Meffieurs, d'après votre réponfe, que la
) commiflion jugera fi elle peut encore traiter avec
) des Français foumis à Pautorité nationale, ou s'il lui
)) faut être dans la douloureufe néceffité de ne plus
> voir en vous qu'un raffemblement de faétieux >.
L'affemblée coloniale, trois femaines auparavant,
avoit vu le général Blanchelande, trainé devant elle, --- Page 12 ---
obéiratous fes caprices; & malgré les erreurs & torts
de cette affemblée, elle avoit conftamment montréla
plus grande énergie. Figurez-vous donc l'explofion fuivit
produilit ma lettre, &c la réaétion qui s'en
12 la ville du Cap.
L'aflemblée ayant enfin pris le parti de paffer à l'ordre du jour, je lui répélai le 20 d'avril le même
commandement.
Ma lettre du 17avoit produit l'effet que j'en efpérois; les premiers inftans de l'effervelcence populaire
s'étoient paffés en motions contre moi, qui n'avoient
pas eu de fuite, & la commiflion commençoitâne plus
paroitre un objet fi méprifable ; l'affemblée, qui ne
lignoroit pas, s'occupa férieufement de ma feconde
injonation. Dumas, Dénard, & un autre de fes membres, vinrent fucceffivement à cette occalion chez
moi. Vous parlez bien fort, - me difoient-ils. -De
la force de vingt cinq millions de Français ,répondoisje.-- Mais VOS vingt-cinq millions de Français font à
dix-huit cents lieues, & vous êtes feul entouré d'ennemis; il faut, pour agir comme vous le faites,
vous
coalifé avec le pouvoir exécutif,
aCjAdis
foyez
mieux tomber fous les coups d'un peuple trompé par
vous que d'être coalifé avec le gouvernement; ; je
veille feul ici pour la France, fur lui comme fur vous;
choififfez de deux partis: ou reconnoiffez la commiffion, ou défaites-vous de moi; mais vous ne gagneriez
rien à : ma mort, car voici ce que jai écrit contre
vous.
Je fislire à ces trois députés mes lettres, mes notes,
& mes érats envoyés au miniftre depuis le 2 avril, &
je leur offris d'en donner communication àl l'allemblée
coloniale.
Dumas revint pailementer, & me propofa que Fal
, fur lui comme fur vous;
choififfez de deux partis: ou reconnoiffez la commiffion, ou défaites-vous de moi; mais vous ne gagneriez
rien à : ma mort, car voici ce que jai écrit contre
vous.
Je fislire à ces trois députés mes lettres, mes notes,
& mes érats envoyés au miniftre depuis le 2 avril, &
je leur offris d'en donner communication àl l'allemblée
coloniale.
Dumas revint pailementer, & me propofa que Fal --- Page 13 ---
Ir
feml-lée reconnût fon incompétence pour prononcer
fur ma dema.dle; ic promis d'en être fausfut.
L'aflemhlée cooniale prit un arrété tel que je le
voulois. puifawilyrouvet. au public que lacommillion"
Pavoit foicte de occuper d'elle, & conléquemment
que cette comru dion €X Coit encore dans la colonie;
jen'er d frois per de vanage,
L'eblee coonials, 5 qui, en qualité de corps léa
glof à centains égards, pouvoit occafionner des
chocs dangereux erte elic & la comniffon, s'étant
neutralifée je fqu'a la décifion de l'affemblée nationale,
je m'adretlai au gouverneur 1 en le requérant d'enjoindie àux autorités à lui fubordonnées qu'elles reconnufert la comm'fion nationale, quoique réduite
à un feul membie.
Le gouvernerr. au lieu de fairepublier ma
mation for col objet, m'écrivit une longue Ee
donnanta comprendie qu'ilfe reconnoiffoit également
incompétent.
Je lui répond's le 298 avil, en réitérant ma réquifition.P pour l'averr quela comm' fion, quelle que fàt
la dérerminarion qu'il prendroit 2 continueroit l'exercire de fesfondions. 2 tant qu'il ne lui feroit pas phyfiqnement impoffihle de le faire.
La foumiffion de l'allemblée coloniale 2 plus encore
que la vigueur de ma démarche. l'avoit procligieufemen'rabaifle dans l'opinion publique, &lariffocratie
en triomphoit d'autant : de forte que je craignis de
voir bientôt cette affemblée plus avile encore que la
cemmiffion ne l'avoit été un mois auparavant : j'eus
donc attention,tant pour mettre l'affemblée à fon aife
vis-à-vis de moi, que pour lui rendre fon influence
& entraver la marche de la faaion contraire, d'écrire
une lettre à l'allemblée, conforme à ces différens
motifs.
&lariffocratie
en triomphoit d'autant : de forte que je craignis de
voir bientôt cette affemblée plus avile encore que la
cemmiffion ne l'avoit été un mois auparavant : j'eus
donc attention,tant pour mettre l'affemblée à fon aife
vis-à-vis de moi, que pour lui rendre fon influence
& entraver la marche de la faaion contraire, d'écrire
une lettre à l'allemblée, conforme à ces différens
motifs. --- Page 14 ---
Le parti des amis de l'ordre, renforcé par les partifans de l'ancien régime colonial & les contre-révolutionnaires, fe rendit maître des délibérations de
Tallemblée coloniale ; fes mefures ne tendoient à rien
moins qu'à placer toutes les parties de P'adminiftration
dans les mains du gouverneur & d'un très-petit
nombre de riches colons : plufieurs arrêtés fur la
conftitution de Saint-Domingue, & les débats de
Faffemblée, mettent en évidence les principes
dirigeoient ces prétendus amis de l'ordre; leur
d
acquit encore de nouvelles forces par un nombre
de citoyens
jufqu'alors avoient foutenu les corps
populaires. ELA nouveaux auxiliaires prévoyant 2
daprès les journaux de PAffemblée nationale, que les
hommes de couleur & nègres libres alloient être
affimilés aux blancs, aimant mieux ne plus avoir de
droits politiques que d'en faire avec eux le partage,
fe rangérent fous les drapeaux de Dumas, de forte
les plus véhémens de ce parti aveuglés, par
Roe fuccès, ne parloient plus que du rétabliffement
de Fancien régime à Saint-Domingue & en France.
L'Archese-Tlabek, procureur-fyndic de la
commune du Cap ? leur oppofoit un civifme infurmontable ; mais, n'écoutant que fon zèle & négligeant de calculer linfériorité du nombre des patriotes
au Cap, il ne fentoit pas qu'il s'agiffoit de patienter
jufqu'aux difpofitions que prendroihAlembile nationale, d'après les rapports de Mirbeck & Saint-Léger;
plufieurs fois il faillit mettre fon parti aux prifes avec
celui de Dumas : je fus même un jour forcé (1), pour
empécher ce malheur, de blâmer publiquement à la
municipalité des démarches trop peu mefurées de ce
procureur-fyndic, en même temps que je rendis juftice
(:) Le 23 Mai 1792.
aux difpofitions que prendroihAlembile nationale, d'après les rapports de Mirbeck & Saint-Léger;
plufieurs fois il faillit mettre fon parti aux prifes avec
celui de Dumas : je fus même un jour forcé (1), pour
empécher ce malheur, de blâmer publiquement à la
municipalité des démarches trop peu mefurées de ce
procureur-fyndic, en même temps que je rendis juftice
(:) Le 23 Mai 1792. --- Page 15 ---
à la folidité de fcs principes. du D'A(fas, Cap', auffi capitaine- couragénéral de la garde dont nationale il porte le nom, auffi bon
geux que le parent
patriote que FArsheysque-iubanks, 2 mais fe poffidant
un rare fang-froid, fat celui qui ce jour conduifit
le mieux de nous trois.
ici comme le chef d'un
Dumas 2
je fe préfente trouvoient des contre-révolutionparti dans 1ater
naires, ne doit pas être confondu avec eux. Ces
conte'drolutionrates: comme je l'ai dit, ne divulguoient leurs principes qu'autant qu'ils étoient
applicables au pays. Les erreurs, les écarts & la
tialité des corps populaires alors exiftans leur bur:
niffoient de victorieux moyens, 8c, fans faire entrer
les caufes accidentelles qui ne
en compenfation encore de connoitre à Saint-Domingue
permettoient la révolution que par les abus qui en étoient infé- de
parables, ils perfuadoient que le régime arbitraire
Pancien gouvernement étoit le feul convenable aux
colonies. Pour Dumas, il avoit des motifs doué particu- d'un
liers : komme de loi, inftruit, ftudieux,
bel organe, improvifant aifément, il eft fait vouloit jouer
mais ne s'oubliant
POd
un rôle par-tout; ;
monarchie
établir à Saint-Domingue une efpèce Pa
fubalterne, dans laquelle un gouverneur mannequin
approuveroi ou refuferoit les arrêtés de T'allemblée
coloniale, & figneroit les dépèches de la trois finance efpèces &
de fecrétaire d'état, pour le militaire, étoit le but vers
la juftice; ce dernier département toutes fes acions,. & tandis
lequel quil fe Dumas croyoit dirigeoit le chef d'un parti, ceux qui l'étoient
véritablement & quin'oloient pasfemontrer, miniftre de mettoient la
toujours en évidence le futur
fe juflice. fuccéPendant
les chofes dont j'ai
évènemens
doient
il fe
ailleurs
SaPa
au 8rp.
palfoit
toit le but vers
la juftice; ce dernier département toutes fes acions,. & tandis
lequel quil fe Dumas croyoit dirigeoit le chef d'un parti, ceux qui l'étoient
véritablement & quin'oloient pasfemontrer, miniftre de mettoient la
toujours en évidence le futur
fe juflice. fuccéPendant
les chofes dont j'ai
évènemens
doient
il fe
ailleurs
SaPa
au 8rp.
palfoit --- Page 16 ---
dont je vais parcourir-la marche depuis leur origine,
Avant que nous li arrlvnllene à
il exifloit à la Croix
Sal-Doninigue,
des-Boueunts une lque formidable de
parsifies; clie étoit compofée de
blancs, doate de couleur & negres ibies, armés
& confédérés pour conquérr les droits' poftiqués
des hommes de couleur & negres Ebrs, ainfi que
pour d'autres motifs corfignés dat.s un concordat &
un traité de paix. L'affemblée coloniale, à quile corps
conftituant avoit, par lou décret du 24 feptembre
1791, délégué le pouvoir de régler ces droits politiques, nous fit prier, par différens de fes membres,
d'engager les confédérésà reconnoire fes pouvo'rs,
nous promettant qu'elle rigleroit, auffitôt anrèr, Tétat
pelitique des hommes de couleur & nègies ibres,
de manière à les contenter
Nos démarches eurent un fuccès complet: : la
confédération fe foumit à la loi, reconnut les pouvoirs de l'affemnblée coloniale, voulut le érabliflement
de lordre, & demanda que l'affemblée prononçât futr
la queftion qui lui étoit foumile. Saint-1.éger s'étant
tranfporté dans lOueff, obtint même la déforganifation de l'armée de la Croix-des Bouquets, chacun
fe retirant chez foi ou fe réfugiant au Mirbalais.
L'aflemblée coloniale, au lieu d'acqu'tter fa promeffe, & de mettre un terme au malheur
fixation
public,
par la
demandée, fe livrant à la fougue dcs
paflions qu'allumoit la
civile, fermant les yeux
fur les torts de Pun SetrTE partis pour n'arpercevoir
que ceux. de l'autre. & s'abandonnant à des foupçons
auffi abfurdesqu'injuftes contre nous: cette affemblée,
dis-je, chicana les pouvoirs de. lo commifion, parvint
àl les paralyfer, & occafionna Jes défordres & l'anarchie
dont les rapports de Mirbeck & de Saint-Leger offrent
un fidèle tableau."
ant les yeux
fur les torts de Pun SetrTE partis pour n'arpercevoir
que ceux. de l'autre. & s'abandonnant à des foupçons
auffi abfurdesqu'injuftes contre nous: cette affemblée,
dis-je, chicana les pouvoirs de. lo commifion, parvint
àl les paralyfer, & occafionna Jes défordres & l'anarchie
dont les rapports de Mirbeck & de Saint-Leger offrent
un fidèle tableau." --- Page 17 ---
Malgré des réquilitions IS tres-fages de ce dernier
conullaire, le Port-au-Prince ft fortir une armée
après avoir commis des dégàts fur quelques
EREE. fc cantonna au bourg de la Croix-desBouquels: cile devoit, felon les apparences, marcher
de-là au Mirbalais, tandis qu'une autre armée, que
commanderoit Borel, s'y porteroit par la gorge de
T'Artibonite.
Les confédérés craignant d'être forcés jufqu'à leur
dernier retranchement avant qu'ils ne puffent réorganifer leur armée, quelques uns d'entr'eux recoururent
au funefte moyen fi fouvent employé
les deux
partis: ils foulevérent les atteliers de R plaine du
Cul-de-Sac,p plaine qui comprend partie des paroilfes
du Port-au-Prince & de la Cronx-des-Bouquets. A
la fin du mois de mars, ces efclaves, commandés
par le capitaine Jacinthe, nègre affranchi, reprirent
le bourg de la Crois-des-Bouquets, pillérent les
mailons, en incendièrent la meilleure partie ; & a
Paimée ne fut
tout-à-fait exterminée, elle le dut
au pillage qui 18pe permit de fe retirer précipitamment
en petit nombre au Port-au-Prince,
du
Peu de jours après, les nègres des paroifles
Porta au-Prince, dela 03adht0-tb8tAadgr
& deshabitations voilines, furent foulevés au nombre
de plus de cent mille: comme on provoquoit leur fureur contre le Pon-au-Prince, ils affaflinoient impitoyablee cment les blancs qu'ils rencontroient & qu'ils
fouyconioient être amis de cette ville. Le maflacre
fiutporté a.untel excès, que ceux qui T'ordonnoient,
ne pas fatiguer d'un poids inutile les' exécuteurs
EL leurs ordres-Feroces, finirent
leur payer tant
par paires phRDeI au lieu detantpar
tétes coupées, comme ils P'avoient d'abord établi.
Les paroities de Baynet, de Jacqumel & de Cayes
roient & qu'ils
fouyconioient être amis de cette ville. Le maflacre
fiutporté a.untel excès, que ceux qui T'ordonnoient,
ne pas fatiguer d'un poids inutile les' exécuteurs
EL leurs ordres-Feroces, finirent
leur payer tant
par paires phRDeI au lieu detantpar
tétes coupées, comme ils P'avoient d'abord établi.
Les paroities de Baynet, de Jacqumel & de Cayes --- Page 18 ---
de Jacqumet avoient été faccagées quelque temps
auparavant: : plus de trois mille efclaves de ces
commandés par un blanc, ferendirent au
da
roifles,
de-Sac, pour y porter leurs talens deftrugeurs.
Dans cet état des chofes, tout annonçoit comme
inévitable & prochaine la même dévaftation des propriétés dans Poueft que dans le nord.
Le Port-au-Prince renfermé dans fes fortifications,
le camp Sucquet anéanti, le camp Borel diffipé, &
celui des Salines réfugié aux Moles; les confédérés
fe trouvèrent maîtres de dicter leurs volontés dans
toute la province de lOueft, fice n'eft aux efclaves,
fi faciles à foulever & fi difficiles à contenir.
La néceffité d'empècher l'exinétion des hommes
libres des trois couleurs ? porta différentes paroiffes
à former un nouveau padte, conforme aux principes du concordat & du traité de paix de l'année
d'auparavant ; cette négociation, protégée par Fontange, maréchal.de-camp & commandant du cordon
de rOueft, fut rédigée préliminairement au. bourg de
la Petite-Rivière, le
avril 1792,. & définitivement
conclue par un traité 4 paix & d'union figné à SaintMarc, le 21 du même mois.
En conféquence de ce dernier traité, il s'établit,
le 30 mai fuivant, à Saint-Marc,, un confeil de paix
& d'union, compofé de députés tricolors des paroiflès
déja coalifées & de celles qui s'y joindroient.
Le befoin de cette aflociation étoit fi urgent, que
toutes les paroiffes de TOueft, & plufieurs de celles
du Nord : en, faifoient déja partie lorlque la loi du
4 Je avril arriva. dans les derniers jours d'avril, & les premiers reçus jours 2 de mai, les traités de la petite rivière &
de Saint - Marc, accompagnés de lettres des paroiffes
coalifées : ces paroiffes, 3 me foumettant leurs opérations
Le befoin de cette aflociation étoit fi urgent, que
toutes les paroiffes de TOueft, & plufieurs de celles
du Nord : en, faifoient déja partie lorlque la loi du
4 Je avril arriva. dans les derniers jours d'avril, & les premiers reçus jours 2 de mai, les traités de la petite rivière &
de Saint - Marc, accompagnés de lettres des paroiffes
coalifées : ces paroiffes, 3 me foumettant leurs opérations --- Page 19 ---
tons 2 demandoient Papprobation de la commiflion
nationale.
Voici mes réflexions & ma détermination dans cette
conjonaure, aufli dangereufe que dslicate.
Je n'ignorois pas comb:en ces traités étoient illégaux & inconiiutionnels, puifqu'ils attaquoient diredtement la délégation faite à l'affemblée coloniale,
par le décret du corps conftituant du 24
& qu'en outre mes collègues & moi avions feptembre prononcé
la nullité du concordat & du traité de paix dont ces
derniers traités n'étoient qu'une amplification. Je devois donc, en ne confultant que la loi, prononcer
également la nullité de ceux-ci.
Miis lAffemblée coloniale n'avoit-elle
de régler Pétat politique des hommes S" couleur promis
auffi- tôt qu'ils réconnoitroient ces pouvoirs ? Ces
hommes ne les avoient-ils pas reconnus ? N'avoit-elle
pas alors refufé d'acquitter fa promeffe ? N'avoit-elle
pas juré la perte des hommes de couleur ? N'avoitelle pas enfin replongé la Colonie dans l'état de
première nature 9 dans cet état où T'homme reprenant la mife en fociété de fes droits impreferiptibles,
ne trouve pour fe guider au lieu de loix écrites,
que des principes d'éterneile vérité ? Et moi, commiffaire national, fachant que cette coalition pouvoit
feule empâcher la perte de la Colonie, foit que
Fadhéfion des Blancs fàt libre, foit qu'clle fût extorquée par la force, pourois-je m'entêter à l'exécution d'une loi défallreufe profcrite en France ?
Pouvois-je ignorer le Décret du 7 Décembre
quidéfend d'employer, contrelesh.ommes
179T,
les forces nationales, en dérogation de decouleur, l'arrêté de
l'Affemblée de Saint-Domingue du 20 Septembre
précédent ; arrêté qui portoit promeffe de fe foumettre à la Loi du 15 Mai. lorfqu'elle feroit offiRapport de P.Roume./Jurfa miffion, Grc.
B
ouvois-je ignorer le Décret du 7 Décembre
quidéfend d'employer, contrelesh.ommes
179T,
les forces nationales, en dérogation de decouleur, l'arrêté de
l'Affemblée de Saint-Domingue du 20 Septembre
précédent ; arrêté qui portoit promeffe de fe foumettre à la Loi du 15 Mai. lorfqu'elle feroit offiRapport de P.Roume./Jurfa miffion, Grc.
B --- Page 20 ---
ciellement connue, & d'en' étendre le bénéfice àceux
des hommes de couleur quin'y étoient pas compris.
Pourquoi n'avoit-on
publié la Loi du 15 Mai?
N'étoit ce pas une Raiaa d'intrigues honteufes pour la
Colonie, infultantes envers la France, 2 & criminelles
arégard du genre humain ? D'après les débats de
PAffemblée Nonudcansiwosterdomtiliacomper
que Mirbeck-& Sàint-Léger rendroient, & d'après
les pièces : que j'avois remifes 2 m'étoit-il permis de
douter que la Nation n'intervint en faveur de
demandes non-feulement juftes, mais qu'il devenoit
la Colonie
impoflible de refufer, 2 à moins d'enfevelir
fous des monceaux de cendres & de cadavres ?
D'ailleurs 2 mon refus d'approuver ne pouvoit pas
empicher une coalition que produifoit la force des
chofes 3 j'aurois perdu la confiance des hommes de
couleur 2 feul frein quipût tempérer les mefures
hoftiles qu'ils ne tarderoient pas vraifemblablement
à prendre, 2. tant contre PAffemblée coloniale 2 que
contre les villes du Port-au-Prince & du Cap.
Fapprouvai d'après ces. raifons péremptoires 1
les traités de i Petite- - Rivière & de Saint - Marc 7
ainfi que les adhéfions qu'y donnèrent fucceffivement
d'autres paroifies de la Colonie.
Mes lettrès approbatives, 1 faites pour circuler dans
PIfe ne pouvoient refter inconnues long - temps
aul Capi & je ne doutois pas que le premier inftant
de leur publicité ne fàt fuivi, de mon arrêt de mort;
mais malgré les facilités que j'avois à fortir de cette
Ville, ot ma préfence importunoit, pour me réfugier
aSaint-Mere,00 j'étois ardemment defiré, je jugeai
que Phomme, qui venoit d'approuver une affociation
contre PAffemblée coloniale, ne pouvoit s'en juftifier
qu'en mourant, s'il le falloit, auprès delle, comme
un délégué de la Nation Françaife, & je ne fortis
malgré les facilités que j'avois à fortir de cette
Ville, ot ma préfence importunoit, pour me réfugier
aSaint-Mere,00 j'étois ardemment defiré, je jugeai
que Phomme, qui venoit d'approuver une affociation
contre PAffemblée coloniale, ne pouvoit s'en juftifier
qu'en mourant, s'il le falloit, auprès delle, comme
un délégué de la Nation Françaife, & je ne fortis --- Page 21 ---
point du Cap malgré les dangers que j'accumulois fur
ma tête.
Outre ceux dont j'ai parlé, j'en courois journellement d'autres, car je remettois à PAffemblée coloniale copie des letires que je 1ecevois de la
en
la provoquant à chaque fo:s de régler coaiion, les droits
politiques des hommes de couleur.
Mes lettres aux hommes de couleur & nègres
libres de l'Oueft& du Sudproduifirent un grand effet;
elles leur donnèrent toute confiance en la commiflion; elles leur rendirent plus relpectables encore:
les conventions qu'ils avoient faites; ces lttres, enfin,
les engagèrent à furveiller les gens de leur parti, afin
d'empécher le renouveliement des crimes qui l'avoient
précédemment déshonoré,
Les chofes en étoient à ce point, lorfque la première nouvelle de la loi du
Avril fet poitée
au Cap par la frégate Tco.date 2 le 12 Mai
dernier.
L'Afemblée coloniale, ramenée par la fuite des
événemens & fans douté aufli par les propres fentimens. 2 à des principes dignes d'elle , cffaça d'un
feul trait tous les toris qu'elle avoit eus,
au falut de la Colonie, comme à fon refpedt lachtiant, pour
l'Aflemblée Nationale, fes préjugés, fes principes
& fes pailions, elle déclara, le
du mème mois 1
qu'elle fe foumettroit à la loi %, 4 Avril. Il eft
certain que la moindre répugnance exprimée par
elle, en cette occafion, eût donné fource à un
torrent de fang, qui, du Cap,, fe feroit répandu
fur toute la furface de la Colonie.
Cette bienfaifante Loi parvint officiel'ement au
Cap,le 28 Mai,par un avifo, porteur auffi de lettres
de ce Miniftre, quienjoignoient au gouverneur & aux
Commiffaires civils de procéder à Texceution de la
B 2
ugnance exprimée par
elle, en cette occafion, eût donné fource à un
torrent de fang, qui, du Cap,, fe feroit répandu
fur toute la furface de la Colonie.
Cette bienfaifante Loi parvint officiel'ement au
Cap,le 28 Mai,par un avifo, porteur auffi de lettres
de ce Miniftre, quienjoignoient au gouverneur & aux
Commiffaires civils de procéder à Texceution de la
B 2 --- Page 22 ---
Loi en tout ce qui n'étoit pas
attribué à trois nouveaux Commiffaires perfonnellement décrétés
la même Loi, lefquels devoient inceffamment par
avec quatre mille hommes de Garde nationale, partir &
deux mille de troupes de ligne.
eft J'obferve la feule que cette lettre du Miniftre de la Marine
que la Commiflion en ait
fon féjour à Saint-Domingue, qui fût reçue relative pendant à fa
miffion.
J'allai moi-mème, le lendemain 29 Juin, faire
publier la Loi à P'Affemblée coloniale, à l'Affemblée
provinciale du Nord, & à la Municipalité du
elle le fut fucceflivement dans les paroiffes des Cap; trois
provinces, par deux proclamations, Pune du
verneur. 2 & l'autre de la Commiffion ; il me
à ce fujet, prononcer des
AC,
& employer des
difcours, écrire des lettres,
précautions dont le détail, quoique
très-conféquent à Saint-Domingue, feroit inutile en
France.
Mais un fait que je rapporterai 2 puifque
peux avoir eu tort, c'eft celui i-ci :
coloniale
ENStLE
craignant l'effet que produiroit fur les
efclaves, la date l'an quatrième de la Liberté,
fait
partie de la Loi du 4 Avril, m'en demanda la qui
fion dans la proclamation
j'allois
fuppref
même convaincu de la mdbermiel de faire, , & moimots, dans un inflant de crife où tous fupprimer les
ces
coloniaux fe trouvoient attaqués à-la- fois, préjugés j'ai ofé
prendre fur moi de faire la luppreffion
ce dont j'ai rendu compte au Miniftre de demandée; la Marine
par ma lettre du 9 Juin, n. 12.
Je pris enfuite un foin particulier de prémunir les
citoyens de couleur du Cap, contre des propofitions
infidieufes que leur feroient certains patriotes, foit
défunir les mulâures d'avec les nègres libres, foit pour pour
aqués à-la- fois, préjugés j'ai ofé
prendre fur moi de faire la luppreffion
ce dont j'ai rendu compte au Miniftre de demandée; la Marine
par ma lettre du 9 Juin, n. 12.
Je pris enfuite un foin particulier de prémunir les
citoyens de couleur du Cap, contre des propofitions
infidieufes que leur feroient certains patriotes, foit
défunir les mulâures d'avec les nègres libres, foit pour pour --- Page 23 ---
entrainer les uns & les autres dans des
afin
d'en prétexter une renonciation à leurs
politije
le
IT
pris même foin pour éclairer ces
Rria les propofitions perfides
leur feroient Citoyens les
contre-rcnoltignnaist, le
afin defe les accaparer, fous
prétexte de leur avoir autrefois rendu fervice.
La viile du Cap entièrement tranquillifée
l'attente prochaine de nouveaux Commiffaires &
forces
PaE
dans majeures, je fentis que je devenois plus utile
l'Oueft & dans le Sud, & je réfolus d'y paffer.
Mon projet étoit de me rendre feul à
& enfuite au Port-au-Prince, & fi je Saint-Marc, parvenois à ?
réunir les Citoyens de ces deux partis avant l'arrivée
des nouveaux Commiflaires, je pourfuivrois ma route
julqu'aux Cayes, tâchant de rétablir la
& d'applanir les voies pour mes fuccelleurs. paix par-tout,
Les perfounes qui me Farloient de ce
vouloient m'en détourner. Le Port-au-Prince voyage
à les en croire, qu'un refuge de brigands qu'il n'étoit, falloit
tous exterminer ou expulfer. Caradeux - Lacaye &c
Peruffel, Pun & l'autre de PAfemblée Provinciale de
POueft, furent les feuls qui m'encouragérent; ils ne
nioient pas qu'ilfe rencontrât la, comme
mauvais fujets; maisils m'affurerent
ailleurs, de
la Loi pabliée, les Citoyens empreffés que de iy. tronverois
& difpolés à la réconciliation; ils me
l'exécuter, furtout que jy ferois parmi de zélés patriotes promirent aufi
tifans de la révolution qu'ennemis de l'ancien
parj'ai vérifié depuis l'exadtitude de ce portrait. régime;
bateau Le Général de
auquel je m'adreflai pour avoir un
PEtat 7 m'apprit qu'il alloit lui-même à
Saint-Marc, afin d'obrenir un renfort de
de couleur pour le cordon de lO.ef 2. mais Citoyens
vifiteroit auparavaut les camps du Terrier-Rouge. qu'il Il
B 3
tifans de la révolution qu'ennemis de l'ancien
parj'ai vérifié depuis l'exadtitude de ce portrait. régime;
bateau Le Général de
auquel je m'adreflai pour avoir un
PEtat 7 m'apprit qu'il alloit lui-même à
Saint-Marc, afin d'obrenir un renfort de
de couleur pour le cordon de lO.ef 2. mais Citoyens
vifiteroit auparavaut les camps du Terrier-Rouge. qu'il Il
B 3 --- Page 24 ---
me propofa de faire lesdeux voyages avec lui, ce que
j'acceptai, Partis du Cap le 12, le Général & moi revinmes les
le lendemain 2 après avoir effeétivement vifité
camps du Terrier Rouge.
fuivantes à donner
J'employai les deux journées
les inftrucau fecrétaire adjoint de la Commifion, le chargeai
tions convenables pendant mon abfence;je
de me fuppléer auprès des nouveaux Commiffaires, de fon
s'ilsarrivoient avant mon retour; il me promit.
côté, qu'il m'inftruiroit des chofes qui fe pafferoient fit la
au Cap: un habitant de Saint-Domingue Leborgne me
&
même promeffe. Ces deux citoyens
Dufai, les feuls que j'euffe mis dans ma contidence
animés du plus ardent patriotifme 1
au Cap 9
laborieux 7 m'ont tenu
& auffi claivoyans que
parole. Le général & moi nous embarquâmes fur le Jupiter trois
le 16 juin, & débarquâmes à Saint-Marc le 20 à
heures après-midi.
auparavant,
Le vaileau le Borée, quelques jours du
deux bâtimens armés
RORtaZ
avoit conduit vérifié
relativement à cette afPrince. J'ai
membre depuis, de PAflemblée coloniale,
faire, que Borel, de la garde nationale du Port-au-
& commandant étant
du
avoit appris au Mole
Prince,
parti
Cap
l'atiendoient
des corfaires de Saint-Marc
le Port-au-Prince,, qu'il en Sooit
s emparer; lui avoit que envoyé le navire PAgathe, muni
Strgs d'un
détachement de garde nationale, pour le
garantir d'infultes; qu'en outre, différens particuliers Mole,
du Port-au Prince, & des Salines, réfugiés de au
profitoient de ces deux bâtimens, &
quelques
autres qui fe mirent fous leur protedion; & qu'enfin, au Portces hoinmes & ces bâtimens fe rendoiem
oit
s emparer; lui avoit que envoyé le navire PAgathe, muni
Strgs d'un
détachement de garde nationale, pour le
garantir d'infultes; qu'en outre, différens particuliers Mole,
du Port-au Prince, & des Salines, réfugiés de au
profitoient de ces deux bâtimens, &
quelques
autres qui fe mirent fous leur protedion; & qu'enfin, au Portces hoinmes & ces bâtimens fe rendoiem --- Page 25 ---
au-Prince, fous la foi de la loi du 4 avril, lorfque
le Boree les rencontra. fit valoir à Saint-Marc la capture
Mais on nous
& fur-tout celle de Borel,
des deux bâtimens,
la Colonie. Or
comme un évènement qui fauvoit
bâtiment du
accufoit les prifonniers d'avoir pris un
commerce, & d'avoir donné chaffe à une goclette
de l'état ; on dénonçoit UMn complot formé faétieux par du
FAffemblée provinciale de Touelt, & ie
Port-au-Prince, pour incendier le refte de la ville,
& porter le fer & le feu dans les plaines du Culde-Sac & de Léogane 3 on fuppoloit enfin,
cents
diftribués
dhnc
Borel, &
ou huit
hommes
les deux fELen capturés, & dans dix autres qui
s'étoient échappés, fe rendoient au Portau-Prince,
dans l'intention de renouveler la guerre civile. On
demandoit la diffolution de PAfemblée provinciale
de l'oueft, T'embarquement de quelques-uns de fes
membres, ainfi que du capitaine général Borel, &
du citoyen Guillet, pour être envoyé à la hautecour nationale ; on demandoit enfin le licenciement
des troupes patriotiques foldées du Port-au-Prince, fauteurs &
& l'envoi en France des faéieux, & des
adhérens de PAffemblée provinciale de Poueft.
Alégard de Borel, & des autres prifonniers, mon
opinion fut que la fénéchauilée de Saint-Marc vérifieroit les fnits, & en rendroit compte au général & à la commiflion, pour que, d'après nos
pouvoirs, & ceux réfervés aux nouveaux commiflaires,
nous ordonnaflions ce qui conviendroit; mais comme
le miniftre ne chargeoit
moins le général que
moi de Pexécution de la Ne du avril, & que je
me trouvois environné d'une
enalatue
que je m'empreffois de connoitre, je ne
el
pas. davantage alors de cet objet. Les accufés furent
B 4
la commiflion, pour que, d'après nos
pouvoirs, & ceux réfervés aux nouveaux commiflaires,
nous ordonnaflions ce qui conviendroit; mais comme
le miniftre ne chargeoit
moins le général que
moi de Pexécution de la Ne du avril, & que je
me trouvois environné d'une
enalatue
que je m'empreffois de connoitre, je ne
el
pas. davantage alors de cet objet. Les accufés furent
B 4 --- Page 26 ---
transférés des deux bâtimens à la jôle, > & le fénéchal
d'Aubancourt promit de nous inftruire au
réfultat de fes recherches.
plutôt du
J'avois bien des fois blâmé l'entêtement de
femblée coloniale contre les confédérés de la Croix- PAC
des-Bouquets; mais combien ne trouvai-je
cafions à Saint-Marc peur excufer, & je dirai pas d'ocpour approuver l'affemblée. Lues blancs du parti prefque de
Saint-Marc, fi connus dans Thiftoire des
de Saint-Domingue, fous la denomination délordres de
lontaires, ou de pompons blancs, faifant valoir leur VO
prétendu patriotifme fous le colonel Mauduit, fe
targuant des éloges qu'ils ont furpris de PAffemblée
conflituante, rappelant fans ceffe les crimes des
lérats protégés par le parti de PAffemblée
fcé-
& ne mentionnant jamais ceux des fcélérats coloniale,
par le leur, voulant fur-tout indifpofer le protégés gouvernement, &la commiffion contre le Port-au-Prince,
par la répétition continuelle des torts de cette
envers Pun & T'autre, parlant toujours des loix, ville , &
n'en parlant jamais qu'à contre-fens, pour peu
contrarient leurs pallions; telles font mes remarques qu'elles
générales fur ces prétendus amis dé l'ordre & de la
paix, parmi lefquels je trouvai beaucoup d'anciens
agens du défunt régime colonial, un grand nombre
d'ariftocrates, & quelques contrerevolutionnater,
foigneux de fe déguifer.
peu
Pinchinat, de Savary, Lapointe, Morin, & les autres
citoyens
couleur, que je vis à Saint-Marc, juftifièrent la hauted opinion quem'avoient infpiréleur énergie,leur fageffe, &leurstalens patriotiques &
mais je les voyois fi unis avec les pompons militaires; blancs,
j'en aurois conçu de vives inquiétudes, fi je
Rueder efpéré de faire comprendre à ces enfans de
la révolution, qu'ils devoient en être les zélés dé-
ointe, Morin, & les autres
citoyens
couleur, que je vis à Saint-Marc, juftifièrent la hauted opinion quem'avoient infpiréleur énergie,leur fageffe, &leurstalens patriotiques &
mais je les voyois fi unis avec les pompons militaires; blancs,
j'en aurois conçu de vives inquiétudes, fi je
Rueder efpéré de faire comprendre à ces enfans de
la révolution, qu'ils devoient en être les zélés dé- --- Page 27 ---
fenleurs : cependant, pour parvenir à ce but, il
falloit me lier allez intimement avec eux,pour ne plus
craindre leurs anciennes habitudes avec des hommes,
qui, fous le mafque de l'amitié, ne les avoient fervis
qu'afin de fe venger de leurs ennemis communs, &
de rétablir l'ancien régime colonial.
Le renfort que demandoit le général, pour le
cordon de Toueft, lui fut promis, mais à condition
que les citoyens des trois couleurs, expulfés, ou fugitifs du Port-au-Prince, fuffent préliminairement
réintégrés dans leurs foyers; on nous afiuroit, quoi
que. le Port-au-Prince eût publié la loi du 4 avril,
quil feroit impoffible d'y faire rentrer & demeurer
les expatriés, fans les expofer à de nouvelles perfidies, à moins de déployer la force publique contre
la ville, d'en expulfer les plus dangereux, & d'y
placer une impofante garnifon de confédérés.
Lorfqu'enfuite j'ai eu connu le Port-au Pince,
j'ai regretté que mon projet d'y paffer feul, en
qualité de conciliateur, ait été remplacé par celuici; mais je ne pouvois connoitre alors le Port-auPrince que du vilain côté de la médaille; la vérité
eft
les pompons blancs, > pour effacer la honte
de fuE fuite, a'la mort du coloncl Mauduit, vouloient une rentrée triomphale, & que les citoyens
de couleur, auxquels ils perfuadoient que ce triomphe
ferapportoit uniquement, ne s'en feroient défifléspour
aucune raifon que ce pôt être.
Il fut réglé que les vaiffeaux le Jupiter & le Borée,
Tun & l'autre de foikante-quatorze pièces de canons,
le navire armé P'agathe & quelques petits bâtimens, ayant à leur bord des expatriés des trois COuleurs, en impoferoient au Port-au-Prince par une
force maritime 2 tandis qu'on raffembleroit, au
de la Crcix des-Bouquets, & au camp Bizoton
TE
spour
aucune raifon que ce pôt être.
Il fut réglé que les vaiffeaux le Jupiter & le Borée,
Tun & l'autre de foikante-quatorze pièces de canons,
le navire armé P'agathe & quelques petits bâtimens, ayant à leur bord des expatriés des trois COuleurs, en impoferoient au Port-au-Prince par une
force maritime 2 tandis qu'on raffembleroit, au
de la Crcix des-Bouquets, & au camp Bizoton
TE --- Page 28 ---
Volant
deux armées de citoyens tricolors de
Foueft & du fud, pour en impofer également du
côté de la terre.
Je ne pouvois m'oppofer à ce plan : 1°. les fcènes
d'horreur, qui avoient fouillé le Port-au.Prince, ne
juftifioient malheureufement
trop les précautions
demandées; 2°. les camps s cordon de Poueft
avoient un urgent befoin de fecours, qu'on ne vouloit accorder qu'à ces conditions ; & 3*. la loi du
4 avril & les lettres du miniftre, étoient invoquées
dans les demandes qu'on nous faifoit.
Non-feulement jy fis participer la commiflion nationale; mais je profitai de cette éclatante mefure,
pour lui donner le maximum de fon énergie.
Rappelez-vous ce que jai dit, lorfque j'ai parlé
des factions du Cap; confidérez que les pompons
blanes vouloient le rétabliffement du gouvernement
militaire dans Poueft.
Remarquez enfin, que la réunion des hommes
libres, & le rétabliffement de la difcipline parmi les
atteliers, ne pouvoient s'opérer qu'au moyen de
pouvoirs nationaux, exercés dans leur plénitude,
un délégué qui infpirât autant de confiance dans P:
fermeté,
dans le choix de fes moyens. Telles
font les ASEs de ma conduite dans l'oueft, & je
vais la développer.
Le général Blanchelande, ,à la tête de la force
maritime, fit voile de Saint-Marc le 22 juin, à dix
heures du foir, pour le Port-au-Prince, & je partis
le lendemain matin pour me rendre par les paroiffes
de PArcahaye & de la Croix-des Bouquets.
J'allois parcourir vingt lieues d'un local, que pof
fédoient, depuis quatremois,plus de cent mille nègres
révoltés, & accoutumésà tous les genresde férocité;
mais pour conferver les propriétés de Poueft, il
-Marc le 22 juin, à dix
heures du foir, pour le Port-au-Prince, & je partis
le lendemain matin pour me rendre par les paroiffes
de PArcahaye & de la Croix-des Bouquets.
J'allois parcourir vingt lieues d'un local, que pof
fédoient, depuis quatremois,plus de cent mille nègres
révoltés, & accoutumésà tous les genresde férocité;
mais pour conferver les propriétés de Poueft, il --- Page 29 ---
falloit effayer l'effet que produiroit un pouvoir
national & moral, tout neuf pour des hommes
entendu
de rois &
Ot
n'avoient jamais
parler que d'environ foixante
baionnettes; une garde d'honneur,
citoyens tricolors, m'accompagnoit, & loin qu'elle
pit me défendre contre des armées d'efclaves, elle ne
pouvoit qu'infpirer de l'inquiétude à des hommes aufli
joupçonneux qu' u'ignorans. conférence, avec les chefs des réMa première
le même jour
dans
voltés, eut lieu l'après-midi,
23,
le bourg de PArcahaye, & ce fut alors que je parvins à comprendre toute l'étendue du danger
des ennemis de cette
3H2
couroit le Port-au-P,ince :
allions
avoient fait accroire aux révoltés que nous
la prendre d'affaut, paffer les habitans au fl de
lépée, & livrer les maifons au pillage & au feu. Les
révoltés, auxquels ces mêmes fcélérats promettoient
le partage du pillage, demandoient à marcher les
premiers, & ne parloient que de vols, de fer & de
feu; il me fallut ufer de beaucoup de politique pour
modérer des fureurs que foutenoit la paffion de l'avarice : j'eus le bonheur d'obtenir de ces nègres qu'ils
refteroient chez eux en attendant oue je revinfle,
après la réunion des hommes libres, leur communiquer des difpofitions pour le rétabliffement de la
difcipline parmi les efclaves; mais ils m'avertirent
que la promelfe qu'ils me faifoient, ne les lieroit
qu'autant que le Port-au-Prince ne commettroit point
d'hoftilités.
Le lendemain 24 je trouvai les efclaves du Culdc-Sac plus exaltés & plus provoqués encore que
réuffis
ceux de P'Arcahaye, néanmoins je
également
auprès d'eux; ils me firent la même promelle, &
fous la même condition.
Le citoyen de couleur Lapointe, quim'accom-
qu'ils me faifoient, ne les lieroit
qu'autant que le Port-au-Prince ne commettroit point
d'hoftilités.
Le lendemain 24 je trouvai les efclaves du Culdc-Sac plus exaltés & plus provoqués encore que
réuffis
ceux de P'Arcahaye, néanmoins je
également
auprès d'eux; ils me firent la même promelle, &
fous la même condition.
Le citoyen de couleur Lapointe, quim'accom- --- Page 30 ---
pagnoit depuis Saint-Marc, m'avertiffoit avec zèle
des obllacles qu'on oppofoit à mes vues
& m'indiquoit avec fagacité les moyens de pacifiques,
ces menées lénébreufes & atroces : peut être déjouer ne
m'eût-il pas été poffible de fauver fans lui le
Port-au-Prince.
Beauvais de autre citoycn de coulcur, &
de l'armée de l'oucft, homme vertueux
général
rament par piincipes & par coutume par tempéjoignis i la
2 que je
coeur la morale Coix.dcsBougucts, trouvant dans fon
conds
les que je préchois, la propageoit, fepar chefs de fon armée, parmi les hommes
de couleur, & nègres libres, qui
de
tous côtés.
y-venoient
Je voudrois avoir à rendre le même
en faveur de tous les blancs qui fe trouvoient témnoignage là, mais
que j'en fuis éloigné!
Le 25 au matin j'écrivis à l'Affembiée
de I'Queft & à la Municipalié du Port-au-Prince provinciale
pour leur annoncer, au cas que le Général ne fal
pas encore arrivé, que la fermentation qui régnoit
dans leur Ville, ayant fait craindre au Général & à
moi, qu'on ne s'opposàt à la rentrée des
nous
expatriés. 2
avions pris les mefures
Citoyens
& venions pour opérer cette rentrée. nécellaires,
Le meffager m'apprit à fon retour que le Général
& PEfcadre s'étoient rendus l'après-midi dans la rade
du Port-an-Prince.
Hanus Jumécourt qui a joué un G grand rôle dans
la guerre civile de Saint-1 Domingue,
fe trouvoit
à la Crotx-des-Bougpets, & auquel je
la juftice
de
nindt
dire qu'ilfut un de ceux qui avoient contribué le
plus à empécher l'incendie des bâtimens & des
tations du Cul-de-Sac, fe rendit à bord du Jupiter plan-
l'après-midi dans la rade
du Port-an-Prince.
Hanus Jumécourt qui a joué un G grand rôle dans
la guerre civile de Saint-1 Domingue,
fe trouvoit
à la Crotx-des-Bougpets, & auquel je
la juftice
de
nindt
dire qu'ilfut un de ceux qui avoient contribué le
plus à empécher l'incendie des bâtimens & des
tations du Cul-de-Sac, fe rendit à bord du Jupiter plan- --- Page 31 ---
le 26, revint le lendemain. & me remit une lettre
du Général qui m'invitoit à le rejoindre.
Jeme tranfportai le 28 Juin fur leJupiter, où le Général me remit une longue life de proferits dont ondemandoit 'embarquement à la Commiflion Nationale.
Je connoillois les intentions de ceux qui n'attendoient
prétexte : je favois que mon refus le
leur
1 & que les profcrits 2 loin
EttAF
d'en
profiter, tomberoient les premiers dans le malfacre
général qu'accompagneroit l'incendie du Port - auPrince : je confentis donc à me rendre coupable 2
en apparence 9 d'une injuftice.
II étoit même fi néceffaire de ne pas laifer foupçonner aux Pompons blancs que je puffe avoir Tintention d'éluder leur demande que je m'empreflai
de rédiger une injonaion pour la Municipalité, dont
voici l'extrait :
e La Commiffion nationale - civile 2. chargée de
> maintenir P'ordre &c la tranquillité pablique, con-
> fidérant qu'il lui feroit impolible de fatisfaire à fa
) tâche, fans prendre des mefures didtées par la
> naturedles circonfances défaftreufes où fe trouve la
) Colonie:
> Confidérant notamment que la guerre civile de
> la province de l'Oueft y a fait naître des paffions
) qui entraineroient d'effrayantes fuites fi les partiD culiers du Port-au
qui ont pris la part la
)
Plince,
plus active dans cette guerre 2 ne s'abfentoient de
y ia Colonie.
) Arrête, en conféquence, fans rién
à -
préjuger
l'égard defdits particuliers, & pour des railons dont
> elle rendra compte à l'Affemblée Nationale & au
> roi,, que les perfonnes ci-après nommées feront
N immédiatement envoyées dans les ports de France
qu'elles voudront choifir.
qui ont pris la part la
)
Plince,
plus active dans cette guerre 2 ne s'abfentoient de
y ia Colonie.
) Arrête, en conféquence, fans rién
à -
préjuger
l'égard defdits particuliers, & pour des railons dont
> elle rendra compte à l'Affemblée Nationale & au
> roi,, que les perfonnes ci-après nommées feront
N immédiatement envoyées dans les ports de France
qu'elles voudront choifir. --- Page 32 ---
> A cet effet, enjoignons à la Municipalité de
les
> faire conduire à bord du navire le Bienfaifant,
> fieurs . : . . (Suivent cinquante-quatre noms de
> d'hommes & cinq de femmes ) & les hommes
) la Police les' plus fufpedts 2 & autres fans aveu
> mal famés.
) Toutes lefquelles perfonnes demeureront fous
attendre
> la protedion Ipéciale des Loix, pour y
) linftant de leur départ. >
Une députation de lAffemblée provinciale de
POueft & de la Municipalité du Port-au- Prince, 2
s'étoit rendue plufieurs fois près du Général, &
revint auffi-t tôt qu'elle appris que j'étois à bord.
Malgré les préventions qu'on cherchoit à m'infpirer contre le Maire & les autres Membres de la
députation 1, je les mis dans ma confidence, tant
fur les dangers que couroit la Ville par la fcélérateffe
de quelques excitateurs, que fur la néceffité où je
n.e trouvois de commettre un acte arbitraire qui
pouvoit feul contre-miner ces excitateurs; la Députation me rendit franchife pour franchife, & la peinture qu'elle me fit, redoubla ma follicitude. Des
Citoyens du Port- au - Prince s'aveuglant fur leur
pofition, ne voyoient que leur courage éprouvé
tant de fois; leur haine contre les Pompons blancs,
& Phumiliation de capituler avec des hommes qu'ils
avoient autrefois difperfés comme de timides troupeaux. La plus dangereufe fermentation régnoit dans
la Ville; quelques-uns des profcrits la provoquoient;
ils excitoient le. Peuple à canonner & à bombarder
Tefcadre, & travailloient les équipages des vaiffeaux,
dans l'intention de les foulever contre le Général
& la Commiflion: fi ces mefures ne leur réuffiffoient
leur dernière reffource feroit d'incendier le
Eene 2 de la Ville, de paffer fur l'armée de Bizaoton,
dangereufe fermentation régnoit dans
la Ville; quelques-uns des profcrits la provoquoient;
ils excitoient le. Peuple à canonner & à bombarder
Tefcadre, & travailloient les équipages des vaiffeaux,
dans l'intention de les foulever contre le Général
& la Commiflion: fi ces mefures ne leur réuffiffoient
leur dernière reffource feroit d'incendier le
Eene 2 de la Ville, de paffer fur l'armée de Bizaoton, --- Page 33 ---
trop foible pour leur réfifter, & de
par les
montagnes, la ville de Jacmel, oùt RETEN rallembleroient allez de mécontens pour revenir porter le fer
& le feu dans les plaines de Léogane, du Cul-de-Sac,
& de l'Arcahaye.
La Députation ne calomnioit point; elle rendoit
juftice aux vertus civiques de ceux dont elle dénonçoit les funeftes erreurs; mais ces hommes exaltés,
forts de leur patriotifme, de leur nombre & de leur
bravoure, fontenus par deux cents Africains auffi
bien difciplinés
bien armés, coopéroient, fans
qu'ils s'en aensiente à l'exécution d'un plan deftruéteur tracé par leurs féroces ennemis.
Je fis lire à la Députation la lifte des proferits;
elle fut fcandalifée d'y voir les noms de quelques
pailibles Citoyens qui ne pouvoient s'y trouver que
parce qu'ils étoient créanciers des auteurs de la lifle;
mais elle y reconnut quatorze Citoyens, dont elle
jugeoit l'arreftation momentanée 2 indifpenfable au
faiut public ; elle m'en donna la note particulière,
dont elle garda le double ; m'aflura que P'Affemblée
provinciale & la Municipalité les feroient arrêter s'il
étoit poffible, mais ne m'en cacha pas les difficultés;
elle partit, k me laiffa dans l'alternative d'être réveillé
la nuit par le bombardement des vaiffeaux ou par
l'incendie de la Ville.
La même Députation revint le lendemain : les
deux Corps populaires fe trouvoient dans la pofition
la plus périlleule; ils avoient empèché T'explofion
mais c'étoit tout ce qu'ils avoient pu faire. Leurt
mefures épuifées, leur influence populaire nulle,
Punique moyen qui pût refter, & qu'ils me rendirent
allez de juftice
me propofer, c'étoit de rifquer les
jours du ReaoL National, en linvitantà notifier
lui-même, à la Commune du Port - au - Prince, la
dans la pofition
la plus périlleule; ils avoient empèché T'explofion
mais c'étoit tout ce qu'ils avoient pu faire. Leurt
mefures épuifées, leur influence populaire nulle,
Punique moyen qui pût refter, & qu'ils me rendirent
allez de juftice
me propofer, c'étoit de rifquer les
jours du ReaoL National, en linvitantà notifier
lui-même, à la Commune du Port - au - Prince, la --- Page 34 ---
profcription de plufieurs de fes Mem bres : je promis
que je defcendrois feul à cet effet le lendemain.
Auffi-tôt ma promeffe connue à bord du
les Pompons blancs de ce vaiffeau en inftruifirent Jupiter,.
ceuxdor refte deitfcadie, & le lendemain matin j'en
reçus une Députation nombreufe qui me fcandalifa
par la Fufillanimité qu'eile vouloit créer en moi,au
moyen du détail affrété dcs circonflances de l'afiaffinat du Colonel Mauduit, qui ( ajoutoit la Députation) n'étoit rien en comparaifon du traitement
qu'elle favoit qu'on me préparoit à terre; Pun des
orateurs fe conduifit même avec tant d'indécence 2
que je le menaçai de le placer à la tête des profcrits.
Le général Blanche-Lande qui, dans cette
ration, la feule où je me fois trouvé à même aFde
Tapprécier, m'a paru n'être guidé
par P'amour
du bien public & les fentimens les
humains
H
conçut de fi vives inquiétudes d'aprés les rapports
qui luivenoient de toutes perts,quilvoulut,) pendant
quelque
me diffuader auffi de defcendre au
EEN mais la Députation de- l'Affemblée
Provinciale & de la Municipalité, étant venue me
chercher, elle nous fit un tableau fi naturel & fi
terrible de l'effet qui réfulteroit, fi lon s'oppofoit
à ma defcente, que le Général finit par s'en rapporter entièrement à moi.
Jer me précipitai dans.1 la chaloupe le 30 juin à midi,
accompagné de la députation 2 & me rendis à la municipalité du Port - au-Prince, enfuite à l'alfemblée
provinciale de POueft.
Cettea alfemblée,téunie dansféglife, étoit environnée
d'un grand nombre de citoyens : jc vénois commettre
l'adte arbitraire qui pouvoit tle plus les offenfer;iais cet
acte empécheroit des maux incalculables; mais j'étois
l'homme de la nation, & je parlois au nom de la loi
fuprème
du Port - au-Prince, enfuite à l'alfemblée
provinciale de POueft.
Cettea alfemblée,téunie dansféglife, étoit environnée
d'un grand nombre de citoyens : jc vénois commettre
l'adte arbitraire qui pouvoit tle plus les offenfer;iais cet
acte empécheroit des maux incalculables; mais j'étois
l'homme de la nation, & je parlois au nom de la loi
fuprème --- Page 35 ---
fuprème du falut public;n mais je donno'sicercioyens
une preuve de confiance digue d'eux, pu'fque feul au e
milieu d'eux,je prononçois Tulvefnvirsimmmasls
pluspopula aires d'entre cux : un morne, filence rigna 5
une Gere & fombre attitude fut celle de tout ce
peuple. Vous culliez dit que, lifant dans mon coeur,
ils partageoient la honte & la douleur dont j'étois
navré.
Rendu au gouvernement - il me fallut répondre à
des hommes qui vouloient favoir pour quels ciimes
je les punillois, & auxquels je ne pouvois dire autre
chofe, fnon qu'ils étoient trop braves, trop faillans
dans leur parti, & qu'ils étoient des vidimes particulières, dévouées pour le falut de tous : que. 9 loin de
Ics humilier, 2e je les honorois par un oftracifine qui ne
pouvoit atteindre que des citoyens dont le courage &
les talers efirayoient leurs adlverfaires, & je leur offris
les atteflations honorables qu'ils voudroient de moi,
J'efpérois acquérir en peu de temps aflez de confiance chez les citoyens de couleur pour les engagerà
demander la rétraétation de cette melure, comme ef
fedivement iy ai réufi à Pégard de ceux des profcrits qui eurent la prudence de le cacher: mais huit ou
dix furent mis à bord du lienfaifant, & j'en'reparlerai
dans la fuite.
De retour, le foir, à bord du Jupiter, je n'cus pas
de peine à lire fur certaines figures qu'on auroit mieux
aiméme revoir mort que vivant; j'annonçai quej'avois
promis de redefcendre le lendemain ; mais je compris
bientôt qu'on m'en empécheroit, ou que je perdrois
une influence qu'il me failoit ménager foigneufement.
Le général Bianchelande m'apprit qu'on lui avoit demandé de s'oppofer à mon retour au
raifon
Portan.Plince,
parla
qu avec ina popularité 2 j'y ferai faire tout
ce que je. voudrois ic'eft-a-dire, 2 que
Rapport de P. R. Roume.
legpecheruia
compris
bientôt qu'on m'en empécheroit, ou que je perdrois
une influence qu'il me failoit ménager foigneufement.
Le général Bianchelande m'apprit qu'on lui avoit demandé de s'oppofer à mon retour au
raifon
Portan.Plince,
parla
qu avec ina popularité 2 j'y ferai faire tout
ce que je. voudrois ic'eft-a-dire, 2 que
Rapport de P. R. Roume.
legpecheruia --- Page 36 ---
tout prétexte de vengeance ). Le général étoit même
finquiet des fuites de certains propos, qu'il fàt tenté
de retourner au Cap; je lui oblervai que ce retour
qui, dans l'état adtuel des chofes, compromettroit
l'autorité nationale, & pouvoit renouveler la guerre
civile, ne devoit avoir lieu qu'àl la dernière extrémité;
je lui promis d'alleral la Croix-des-Bouquets le lende- des
main > pour m'affurer des difpolitions prélentes de
citoyens de couleur; je lui promis enfin
propofer
moi-même le retour au Cap s's'il devenoit nécellaire.
Un rhume que j'avois
fort à-propos au Portau-Prince, me dégagea ST promefie que jy avois
faite.
de la CroixLe 2 juillet je me tranfportai au bourg
des-Bouquets : on y avoit depuis mon depart furieufement travaillé les citoyens de couleur. J'entendis,
et même pendant le diner, des chofes découragcantes : je m'étois, difoit-on, vendu au Port-auPrince; j'étois devenu P'ennemi des citoyens de couleur; je ne paroiffois devant eux que pour les trom- de la
per & les livrer au Port-au-Prince; faire les fauterles portes deux
ville étoient minées, & l'on devoit
armées à leur entréc. Un excitateur blanc eut même
l'audace de propofer de ne plus attendreni gouverneur
ni commiflion, & de marcher dès le lendemain matin
avec tous les efclaves armés de la plaine, pour ne dans pas
laiffer un feul être vivant ni une feule mailon
cette abominable Babylone.
lailfer
Je confervai fuffifamment de fang-froid pour
aux têtes échauffées le temps de fe refroidir; & ayant
réuniles chefs de l'armée des citoyens de couleur, je
leur tins ce difcours:
Meffieurs,
de vous
K Décidez immédiatement. 2
qui
) ou de la commiffion nationale doit commander:
> décidez fi celui qui vous a foutenus feul au Cap,
une feule mailon
cette abominable Babylone.
lailfer
Je confervai fuffifamment de fang-froid pour
aux têtes échauffées le temps de fe refroidir; & ayant
réuniles chefs de l'armée des citoyens de couleur, je
leur tins ce difcours:
Meffieurs,
de vous
K Décidez immédiatement. 2
qui
) ou de la commiffion nationale doit commander:
> décidez fi celui qui vous a foutenus feul au Cap, --- Page 37 ---
malgrévosennenis vidtorieux, & contre une
) vous accabloit; fi cet homme, chargé de loiqui
)
tion d'une autre loi qui juftifie a conduite & l'exécu- recon-
> noit vos droits, ayant des forcesirréfifibles de terre
)) & de mer, proferivant ceux qui vous
) fi cet homme peut vous trahir aujourd'hui offufquent; :
))
enfin fi vous méritez le titre de citoyens frai décidez
)) ou fi je dois vous fuir à l'inftant, pour aller çois vous 2
)) faire mieux connoitre en France. >
Les citoyens de couleur 2 humiliés de leur
la confefsèrent noblement, & la réparérent faute, l'affurance de leurs difpofitions conciliatoires & par de leurs
efforts pour me feconder. Ce fut à qui fe diflingueroit
le plus par de grands traits de
& même
Beaulieu, jeune homme plein d'ardeur, générolité, qui
encore fa femme enccinte, égorgée dans les pleuroit rues du
Port-au Prince, me donna fa parole de ne pas s'en
venger, s'il retrouvoit le meurtrier.
La fcène attendriffante qui fe paffà ce jour-là entre
les hommes de couleur & moi, ne me permit
d'être inquiet fur la réuffite de notre expédition, & plus me
donna la certitude
la châte des Pompons blancs
fuivroient de près Rur entrée triomphale.
Revenu le foir à bord du Jupiter, le général, inflruit
du réfultat heureux de ma journée, convint
d'une dernière mefure confervative du Port-an-Princes avec,nioi
je rédigeaiune proclamation que nous fignâmes & envoyâmes > le lendemain 3 juillet, 3 à l'aflemblée
vinciale & à la municipalité, pour être oercumetter
publiée.
Cette prochaemstionatoifoitle confeil de paix & d'union de Saint-Marc, à continuer provifoirement l'exercice de fes foréions de police & de difcipline intérieure, en fe conformant aux décrets nationaux, aux arrêtés
de l'aflemblée coloniale > & correfpondant aveç les
C2
envoyâmes > le lendemain 3 juillet, 3 à l'aflemblée
vinciale & à la municipalité, pour être oercumetter
publiée.
Cette prochaemstionatoifoitle confeil de paix & d'union de Saint-Marc, à continuer provifoirement l'exercice de fes foréions de police & de difcipline intérieure, en fe conformant aux décrets nationaux, aux arrêtés
de l'aflemblée coloniale > & correfpondant aveç les
C2 --- Page 38 ---
corps populaires, le gouvernement & la commiflion;
moyen qui, fatisfaifant l'amour-propre des citoyens
de couleur, membres par moitié de ce confeil > laiffoit fubfifter l'allemblée provinciale de l'Ouelt & la
municipalité du Port - au-F Prince , que les pompons
blancs s'acharnoient à détruire, & dont le concours
patriotique m'étoit néceffaire pour empécher le rétabliflement de l'ancien régime.
La même proclamation donnoit aux citoyens de
couleur, les éloges qu'ils mériteient déja, & ceux
que nous voulionsles engager à mériter.
Elle faifoit fi honorablement mention de la garde
nationale, des troupes de ligne, de la garde foldée,
& de la marschauffée du Port-au-Prince, que nous
mettions leurs ennemis dans l'impoflibilité de leur
fuppofer des toris.
Elle ne contenoit aucune expreffion dont les pompons blancs puflentretirer avantage.
Elle motivoitles raifons de prudence qui nous portoient à augmenter provifoirement la garnifon du Portau-Prince, 9 de la manière dont le généralle
mais elle foumettoit cette force publique à régleroit;
vertu
de la réquifition des
n'agir qu'en
corps fe trouvoient par là maintenus corps pepulaires dans leurs > lelquels fonctions, en dépit des contre-revohatiomaireas.
Elle avertiffoit que les citoyens de couleur rentreroient le jeudi 5 du même mois de juillet,à fept heures
du matin, accompagnés par d'autres citoyens, &que
le nombre des uns & des autres ne pafferoit pas mille.
Je ne manquai pasd'ajouter, pour dhifiperentièrement
la fable desportes minées, que le général accompagné
dedeux officiers municipaux, fe rendroient à l'une des
portes pour faire entrer l'armée de la Croix-desBouquets, tandis quele commiffaire national, accom-
jeudi 5 du même mois de juillet,à fept heures
du matin, accompagnés par d'autres citoyens, &que
le nombre des uns & des autres ne pafferoit pas mille.
Je ne manquai pasd'ajouter, pour dhifiperentièrement
la fable desportes minées, que le général accompagné
dedeux officiers municipaux, fe rendroient à l'une des
portes pour faire entrer l'armée de la Croix-desBouquets, tandis quele commiffaire national, accom- --- Page 39 ---
pagné de même par deux officiers municipaux feroit
entrer T'armée de Bizoton par l'autre porte.
Les citoyens de Tarmée de Bizoton, que je vifitai
le4ta apres-midi, me donnérentles mémes allurances de
leursdifpoli ions conciliatoircs, &de leur confiance en
moi que m'avoient données dernièrement ceux de
Croix - des-1 Bouquets.
la
Moyennant ces précautions > & beaucoup d'autres
dont le détail deviendroit faftidicux, lopération la
plus téméraire en apparence,
de renfermer dansia même enceinte purfguils'agilloit deux partis armés à-peuprès égaux, & qui depuis long temps fe faifoient une
guerre implacable; cette opération, dis-je, s'eft exécutée le jour & T'heure annoncés, avec autant de calme
qu'une fimplepromenade militaire.
Les capitulans de la ville, & les citoyens de
couleur, finité de 1 qui venoient d'y rentrer, avoient un inleur
petits objets d'intérêts pécuniaires à régler;
confiance en moi m'en rendit Parbitre, & j'arrangeai verbalement, à leur fatisfadtion mutuelle,
plus de ces petites affaires en huit jours, qu'il ne
me feroit poflible de m'en rappeler aujourd'hui.
Le général de fon côté ne prenoit pas moins de
foins que moi, tant pour cimenter la réunion des
deux anciens partis, que pour raccommoder les deux
corps populaires avec le commandant de la province, Couflard, maréchal-des-camps, vieillard aufli
refpedable zèle
par fon mérite perfonnel, que par fon
pour le bonheur rublic.
Le' II juillet j'écrivis au minifre de la'n marine,
pour lui rendre fonmairement compte de mes travaux dans Touef, &, des notifs qui me faifoient
efpérer le rérablifiement de la difcipline parmi les
elclaves révoltés dans ceite province; je lui denonçai l'embarquement extrajudiciaire quej'avois été
C3
illard aufli
refpedable zèle
par fon mérite perfonnel, que par fon
pour le bonheur rublic.
Le' II juillet j'écrivis au minifre de la'n marine,
pour lui rendre fonmairement compte de mes travaux dans Touef, &, des notifs qui me faifoient
efpérer le rérablifiement de la difcipline parmi les
elclaves révoltés dans ceite province; je lui denonçai l'embarquement extrajudiciaire quej'avois été
C3 --- Page 40 ---
forcé d'ordonner, & je me foumettai d'avance à ce
qui en feroit décidé par P'Affemblée nationale, &c
le pouvoir exécutif.
Le même jour j'écrivis une lettre pour être remife
aux nouveaux commiffaires à leur débarquement au
Cap;je les prévenois del la confiance que méritoit le
fecrétaire-adjoint Leborgne; je leur fournifiois copie
de ma Jettre au miniftre;jeles raffurois furles craintes
qu'on voudroit leur infpirer au Cap, & leur
rantiffois l'exécution la plus facile de leur miflion gadans Poueft; j'offrois enlin, s'ils me jugeoient utile
à leurs fuccès, de continuer d'agir fous leurs
-
comme je le faifois feul en chef depuis le ordres départ 2
de mes collègues.
Le général partit avec les deux vaiffeaux de
dans la nuit du II au 12 juillet; il alloit à
faire
CIgCEs
proclamer la loi du 4 avril qu'on avoit refufé
d'y publier, ainfi que pour remettre en liberté des
citoyens de couleur & nègres libres, retenus
niers dans la rade depuis pluficurs
fous prifon- le
prétexte de les empécher d'avoir envie faire la
guerre. Le général dit en partant qu'il reviendroit
fous huit jours prendre un nombre fuffifant de citoyens de couleur, qui fe trouvoient rendus au
Port-au-Prince armés, & difpofés àlel fuivre au cordon
de l'oueft; mais le torr: : nt des circonftances l'ayant
entrainé au Cayes, il n'eft pas revenu comme il
Pavoit dit.
Ayant affis la paix fur des fondations affez folides,
pour ne plus redouter le raffemblement commun des
hommes armés du Port-au-Pgnce, je propofai, dès le
matin du 1I 3 aux deux corps populaires, & aux chefs
de l'armée des citoyens de couleur, de procéder à
lafédération nationale, du 14du même mois de juillet,
l'ayant
entrainé au Cayes, il n'eft pas revenu comme il
Pavoit dit.
Ayant affis la paix fur des fondations affez folides,
pour ne plus redouter le raffemblement commun des
hommes armés du Port-au-Pgnce, je propofai, dès le
matin du 1I 3 aux deux corps populaires, & aux chefs
de l'armée des citoyens de couleur, de procéder à
lafédération nationale, du 14du même mois de juillet, --- Page 41 ---
ma propofition ne fit que devancer le voeu qu'ils
m'exprimérent à cette occafion.
Les pompons blancs furent les feuls qui ne participérent point icette cérémonie doublementaugufte, du
puilqu'elle fcelloit la réconciliation des patriotes
Port-au-Prince, & des citoyens de couleur, & nègres
libres; j'appris même qu'on avoit remarqué, pendan:
la preftation du ferment civique, quelques pompons
blancs qui en plaifantoient infolemment.
Ce fut au milieu de la marche que fe répandit
la nouvelle d'un crime commis à Saint-Marc, crime
d'autant plus atroce, qu'il devoit probablement,
dans l'état où fe trouvoient les chofes, renouveller
les calamités de la colonie; voici T'hiftorique de cette
atrocité: En parlant de la lifte des profcrits, 7 fournie Par les
pompons blancs 2 j'ai oblervé que la députation des
corps populaires du Port-au-Prince y avoit recon,nu
quatorze citoyenss dont elle jugeoit elle-même arreftation momentanée néceffaire au falut public.
De ces quatorze oftracés la municipalité parvnt' 2
& non fans de grandes difficultés, à en faire arrêter
huit ou dix, dont Tingénieur patriotique Praloto
faifoit nombre ; elle les fit dépofer en vertu de
mon injonaion du 28 juin, à bord du navire le
Bienfaifant, mouillé dans la rade du Port-au-Prince,
où ils demeuroient fous la fauve-garde de la loi,
jufqu'à leur départ pour France.
Ce qui s'eft paflé relativement aux autres perfonnes comprifes dans la lifte, prouve que je n'avois
nullement l'intention de déporter ces citoyens, fi je
pouvois m'en difpenfer, fans danger pour la chofe
publique &
eux-mêmes ; ceux qui ne furent
point arrêtés PRE cachèrent : je fus mis dans la confidence de quelques-uns; je me rendis caution près,
C4
la fauve-garde de la loi,
jufqu'à leur départ pour France.
Ce qui s'eft paflé relativement aux autres perfonnes comprifes dans la lifte, prouve que je n'avois
nullement l'intention de déporter ces citoyens, fi je
pouvois m'en difpenfer, fans danger pour la chofe
publique &
eux-mêmes ; ceux qui ne furent
point arrêtés PRE cachèrent : je fus mis dans la confidence de quelques-uns; je me rendis caution près,
C4 --- Page 42 ---
des citoyens de couleur pour quelques autres, &
quand le général Beauvais m'eut alluré que tous
pouvoient reparoitre, le maire Leremboure le leur
fit favoir, de forte qu'avant mon départ de la colonie, CCS citoyens vivoient tranquilles & heureux
dans leurs foyers.
Le géncral Blanchelande, inquiété fans doute
les repports' continuels qu'on nous faifoit de par
tendues intelligences de ces prifonniers avec la
& des
de
complots qui en étoient Pobjet, ce
fit à mon infu tranfporier Praloto fur le navire général PA.
gathe à Saint-Marc, & les autres prifonniers fur un
batiment
partoit pour France 2 où ils font arrivés. SNt avois été averti, iy euffe probablement
contribué, tant nos opérations étoient alors foumifes à l'impérieule loi de la' néceffité; mais d'après
F'opinion défivorable que j'avois conçue de certains
individus de Saint-Marc, j'aurois pris, à l'égard de
Praloto, des précautions auxquelies le général ne
penfa point,
Dans la nuit du 9 au IO juillet, Roj-la-Grange
prévôt de la maréchauffée à Saint-Marc, deux af- 9
chers nommés Droumeau 8c Baptifte, & deux
dams retirèrent l'infortuné Praloto du bord de PA quigathe, fous prétexte de le conduire à la geole. 2. le
defcendirent dans un canot, où ils lui mirent les fers
aux pieds & aux mains, ramèrent au large, & après
P'avoir affafliné avec fon propre fabre, le jettérent à la
mer.
En même temps que j'appris ce lâche
je fus averti que Borel & les autres prifonniers, affaflinat,
nous avions laiffés à la geole de Saint-Marc, couroient que
le plus grand danger 5 & l'on m'affura que le même
Roi-Lagrange avoit depuis long- temps l'habitude
pieds & aux mains, ramèrent au large, & après
P'avoir affafliné avec fon propre fabre, le jettérent à la
mer.
En même temps que j'appris ce lâche
je fus averti que Borel & les autres prifonniers, affaflinat,
nous avions laiffés à la geole de Saint-Marc, couroient que
le plus grand danger 5 & l'on m'affura que le même
Roi-Lagrange avoit depuis long- temps l'habitude --- Page 43 ---
d'aflalliner ou denoyer ceux dont on vouloit fe défaire
às Saint-Marc. Je remeis au Pouvoir exécutifla procédure Que Fai
fait iathuire à l'amirauté du Port-" au-Prince contle
Roi-Lagrange & fes complices, jufau'au dicret de
prife-de-corps lâché contre eux; je lui remets également ma correfro ondance avec le confeil de
& d'union, la Municipalité & la Sénéchaullée pax de
Saint-Marc, tant fur Patiaire de Pralato, que for celle
de Borel & autres prifonniers : le détail en, feroit
beaucoup trop long pour qu'il puiffe entrer dans ce
rapport,
Ii me fuffit de dire ici, que Roi-Lagrange trouva
pour proteéteur à Saint-Marc, 2 la Sénéchauliie, la
Municipalité 2 & les Pompons blancs; ccux-cife
liguèrent, ayant à leur tête' Coigne, officier d'adminiftration, pour s'oppofer avec des canons, des
elpingoles, &: des fulls, à l'exécution du décret de
prife-de-corps; il eft à remarquer que dlans le niene
temps qu'il foutenoit un aflafin 2 ilsempécitoient
P'élargiffement de Borel & des autres prfonniers,
quoiqu'il 2 eût aucune efpèce de charge cortre
eux, que
Général & moi euffions 2 dès le fix
juillet, donné l'ordre de les clargir , & que la
Commiflion Nationale eût répété plufieurs fois le
même ordre, enfin ce ne fut qu'à
du
août qu'il me fut poffible de retirer l'époque Borel & fos II
compagnons d'un cachot, où depuis deu: mois ils
s'attendoient à chaque inftant d'être égorgés. Les citoyens de couleur m'cffrirent d'anéter RoiLagrange: mais fatisfait d'avoir, par leur courageufe
contenance, 2 délivré des innocens
ne
voulus poirt expofer Ia vie de ces opprimés, braves homnes je
pour effayer d'arréter un fcélérat puiflàmment feus
ienu; Jai laiffé dormir le décret de prife-de-cc-ps
--- Page 44 ---
jufqu'à l'arrivée des nouveaux commifaires, & j'en
ai remis un double à Sonthonax 2 en Pinfruifant de
Taffaire, & Pinvitant à employer des forces que je
n'avois pas eues, tant pour arrêter Roi-Lagrange,
que
diffiper le foyer de contre-révolution qui
adri à Saint-Marc. Je me hate, afin de n'avoir plus à parler de ces
blancs, de raconter quelle fut la fuite de
EOPEEL triomphe au Port-au-Prince. Le 20 juillet me fentant fuffifamment affermi dans
ma marche, i'aflemblai les chefs de l'armée des
citoyens de couleur, & leur parlai de la manière
fuivante :
donné de
de mes fen-
( Je vous ai trop
preuves
> timens, & vous m'en avez trop donné de votre
différer
> confiance pour
je puiffe
plus longvous couvre les
>> temps à déchirer 2: bandeau qui
> yeux.
-Prince. Le 20 juillet me fentant fuffifamment affermi dans
ma marche, i'aflemblai les chefs de l'armée des
citoyens de couleur, & leur parlai de la manière
fuivante :
donné de
de mes fen-
( Je vous ai trop
preuves
> timens, & vous m'en avez trop donné de votre
différer
> confiance pour
je puiffe
plus longvous couvre les
>> temps à déchirer 2: bandeau qui
> yeux. > Vous êtes les enfans de la Révolution 2 vous
>> devriez enetre les plus ardens défenfeurs ; cepen-
> dant, vos amis font fes ennemis; ceffez de vous
> aveugler. Pouvez - vous croire que les Pompons
> blancs, ces vils fuppôts de l'ancien régime, des
> êtres bouffis, de morgue & de prétention,
des claffes de nobles &
%
> demandent en France veulent ici des claffes de
>)
roturiers 2 qui
grands
> planteurs & de petits blancs, croyez-vous qu'ils
foi
fe font joints à
> aient agi de bonne
lorfqu'ils
> vous pour réclamer en votre faveur l'égalité des
Ils vouloient fe
de leurs
X drôits politiques ?
régime, des
> êtres bouffis, de morgue & de prétention,
des claffes de nobles &
%
> demandent en France veulent ici des claffes de
>)
roturiers 2 qui
grands
> planteurs & de petits blancs, croyez-vous qu'ils
foi
fe font joints à
> aient agi de bonne
lorfqu'ils
> vous pour réclamer en votre faveur l'égalité des
Ils vouloient fe
de leurs
X drôits politiques ? civile venger & le réta-
> enremis; ils vouloient la guerre
)) bliffement des abus dont ils profitoient autrefois;
feuls, ils vous ont unis
> mais trop foiblespour agir combattre
la vôtre:
3> à leur caufe en paroiffant
dans les
des Patriotes POUE Port-au-
> Lifez
yeux --- Page 45 ---
> Prince, n'y voyez - vous pas la joie
votre
)) bonheur leurs caufe? votre amitié les aitirnu : ils vous
> font des avances, & leurs démarches ne tendent
))
rellerrer, par de nouveaux liens, le pacte
)) Retr
vous avez juré enfemble. Lifez dans
)) les yeux qu", vOS prétendus amis 2 comme la bafle
) jaloufie
laiffe appercevoir : n'êtes - vous pas
de
) ennuyés % vous entendre reprocher fans ceffe
> prétendus fervices défintéreffés ? Que font aRuelle-
> ment VOS Pompons blancs ? Les uns fuyant une
)) Ville où l'on cherche à leur plaire, fe réfugient
> dans la plaise pour continuer de corrompre les
)) efclaves & de fe faire craindre plus long. temps
) ou pour empècher la rentrée des procureurs &
)
dont ils veulent accaparer les falaires.
> Ceux
reftent en ville, à quoi s'occupent-ils ?
))
E
Ils font près de vous 2 les officieux, en calom-
)) niant, les Patriotes , & fuppofant des complots
> propres à vous alarmer, x réveiller vOs haines, &
)) à rallumer les torches de la difcorde. Voulez-vous
)) rentrer dans l'opprobre où d'abfurdes préjugés vous
) réduifoient? foyez toujours les dupes des Pompons
> blancs, & travailicz à la contrerévolution, Voulez-
)) vous au contraire conferver les droits que la France
> vous a reconnus ? foyez les enfans & les défenfeurs
)) de la Révolution; devenez les amis des Patriotes,
> & n'ayez plus pour vous guider d'autre bouffole
) que PAffemblée Nationale.
n Vous venez, Commiffaire, répondit le général
> Beauvais, de répéter en partié ce que difois hierà
) mes Concitoyens, & je puis vous
rS
> eux, comme
moi,
nous
Pras
pour
que
n'avonsjamais
falloit
)) les dupes des Pompons blancs ; il nous
>2 conquérir nos droits, nous avions befoin d'auxi-
> liaires, le diable fe feroit préfenté que nous P'au-
n Vous venez, Commiffaire, répondit le général
> Beauvais, de répéter en partié ce que difois hierà
) mes Concitoyens, & je puis vous
rS
> eux, comme
moi,
nous
Pras
pour
que
n'avonsjamais
falloit
)) les dupes des Pompons blancs ; il nous
>2 conquérir nos droits, nous avions befoin d'auxi-
> liaires, le diable fe feroit préfenté que nous P'au- --- Page 46 ---
) rions cnrégimenté : ces MM. fe font offerts ,
J) nous les avons employés, en leur permettant de &
> croire qu'ils nous dupoient : j'ai déja averti plufieurs
wd'entr'eux que je vous les dénoncerois s'ils perfif-
> tolent à donner de mauvais confeils à mes jsunes
)) gens: Vous a êtes notre père, f'homme de la
> incapable de nous tromper; mais comptez Nation, auffi
> que nous fommes incapables de trahir la
>>
ni de nous refufer à ce que vous
Nation,
> elle. ))
exigerez pour
Le réfultat de notre conférence fut que le ganéral
Beauvais notifieroit aux Pompons blancs que la
Commiffion leur cff oit le choix de retourner à
Saint-Marc, O1l de s'incorporer dans les diftriats du
Port au-Prnce; ma's qu'elle expulferoit de la Ville
tous ceux qui n'opteroient pas dans deux fuis vingtquatre heures.
II en partit en effet plulieurs; & les autres, conduits
par le général Beauvais, vinrent m'aflurer de leur
patriotifimne.
Le 23 juillet au matin, je les préfentai au confeil
d'Adminifitration de 1: Garde Nationale ; il s'y paffa
une fcène des plus intéreffantes, d'après laquelle un
Te Deum fut chanté T'après-midi : les nouveaux
Patriotes prétèrent leur ferment civique le mnême
foir, devant la Municipalité, en préfence de la Garde
Nationale, de l'armée des citoyens de couleur, e
des troupes de Ligne & autres : cette opération
fatisfit beaucoup les Citoyens du Port-au-Prince; ils
y trouvèrent une réparation proportionnée a l'injure
que leur avoit faite l'entrée triomphale exigée par
les Pompons blancs.
Dans mes tournées aux différentes paroiffes de
TOueft, j'ai répété aux citoyens de couleur & Nègres
en préfence de la Garde
Nationale, de l'armée des citoyens de couleur, e
des troupes de Ligne & autres : cette opération
fatisfit beaucoup les Citoyens du Port-au-Prince; ils
y trouvèrent une réparation proportionnée a l'injure
que leur avoit faite l'entrée triomphale exigée par
les Pompons blancs.
Dans mes tournées aux différentes paroiffes de
TOueft, j'ai répété aux citoyens de couleur & Nègres --- Page 47 ---
libres de ces Paroiffes, les mêmes chofes que j'avois
dites aux Chefs de leur armdc 7 & pur tour ils
m'ont fait des répontes femblables à celle du général
Beauvais.
J'ai converti, & nême à Saint- Marc, lous CCUX
des Pompens blancs qui n'étoient gu'gards Otr qu'il
m'a été poilible d'élever à la hauteur de la Révolution; quant aux autres > je les ai ifolés, &
-
pcur
ainfi dire revêtus de la livrée de Cublentz; de lonte
que les nouveaux Commiflaires n'auront pas eu de
peine à les connoitre.
Jc ne puis me difpenfer de parler du rétabliffement
de la difcipline parmi les efclaves révoltés delOueft.
Ces révoltés
à l'époque du 23 juin, étoient au
nombre de plus s cent mille, avoient tous repris
les travaux del'agricuiture deux mois après, & failoient
oublier, par leur bonne conduite, les crimes dont
on les avoit rendus coupables : je n'entrerai pas dans
les détails de cette étonmante opération; je diai
fimplement que le fuccès en eft dà à l'infuence
magique qui n'abandonna jamais la Commiflion
Nationale dans l'Oueft : j'eus le bonheur de réunif
la confiance illimitée des propriétaires & celle des
efclaves : vous eufliez eu de la peine à diflinguer fi
les maîtres avoient autant d'envie de recouvrer leur
propriété, que les efclaves en avoient de rentrer dans
leur pofleffion : pas un coup de fufil ne fut tiré : pas
un cri de douleur ne fut entendu : c'étoient fur toutes
les habitations où les travaux recommençoient autant
de danfes & de fètes faturnales : on y vit la nature
reprendre des droits que la fervitude fembloit avoir
abrogés pour toujours; les maitres & les efclaves
fe confefiànt leurs torts réciproques, promettoient
de les réparer, & fcelloient leurs promeffes par des
baifers dans lefquels fe confondoicnt, pour la pie-
leur ne fut entendu : c'étoient fur toutes
les habitations où les travaux recommençoient autant
de danfes & de fètes faturnales : on y vit la nature
reprendre des droits que la fervitude fembloit avoir
abrogés pour toujours; les maitres & les efclaves
fe confefiànt leurs torts réciproques, promettoient
de les réparer, & fcelloient leurs promeffes par des
baifers dans lefquels fe confondoicnt, pour la pie- --- Page 48 ---
46.
mière fois, les larmes paternelles & filiales du maltre
& de l'efclave.
Créole, élevé parmi les nègres, j'ai prefque toujours vécu dans les Colonies, ce qui me donnoit un
avantage & des connoiffances dont j'ai profité : j'ai
confervé
la Nation, plus de la moitié de la
colonie Cs Saint-I Domingues, mais la commiffion
n'a rien ordonné, rien écrit, rien fait, en un mot,
qui fupposàt qu'entre le maître & lefclave il pût -
exifter un pouvoir ailleurs que dans la Colonic; : j'étois
le confident des maitres, celui des efclaves, l'arbitre
de leurs difficultés & lorfque tout étoit convenu ,
les hommes libres de chaque paroille fe réuniflant en
affemblées primaires, 7 conflatoient, par des
les faits convenus 2 pour les foumettre enfuite
ST
T'approbation de P'Aflemblée coloniale d'après l'invitation de P'Affemblée provinciale de POueft.
La paroiffe de la Croix-des-Bouquets donna cent
libertés, & celles de P'Arcahaye quarante-quatre aux
chefs des révoltés 2 pour les récompenfer d'avoir
empéché l'incendie des cannes & des bâtimens ; mais
à condition qu'ils ferviroient pendant cinq ans dans
une gendarmerie, & qu'ils maintiendroient, pendant
ce temps, la difcipline parmi les efclaves : les cent
quarante- quatre afiranchis 2 comme autant de prédicateurs, fe font difféminés fur les habitations, & ont
juftifié, par leurs prompts fuccès, la bonté de ce
moyen que j'avois propolé. le rétabliffement de la
La folidité qu'avoit acquife
difcipline parmi les atteliers de POueft, dès le commencement de feptembre dernier, fe trouve prouvée
par le fait fuivant :
Coigne, officier d'adminiftration., connu par fes
principes anti-tévolutionnsires, le Meurtrier, Roila-Grange, & des archers de Maréchauffée, s'étant
, la bonté de ce
moyen que j'avois propolé. le rétabliffement de la
La folidité qu'avoit acquife
difcipline parmi les atteliers de POueft, dès le commencement de feptembre dernier, fe trouve prouvée
par le fait fuivant :
Coigne, officier d'adminiftration., connu par fes
principes anti-tévolutionnsires, le Meurtrier, Roila-Grange, & des archers de Maréchauffée, s'étant --- Page 49 ---
tranfportés fur des habitations de PArtibonite, y firent
quelques expéditions meurtrières capables de foulever
tous les nègres: cependant, ces efclaves, ay lieu de
s'infurger, fidèles aux promefles qu'ils m'avoient faites
un mois auparavant, confant dans les confeils que
je leur avois donnés, fe cachèrent, & députèrent
des commiffaires au bourg de la Petite-Rivière,
réclamer la protedion de la Municipalité de pour leur
Paroiffe : la Municipalité voulut les venger; mais ce
nouveau délit 2 contre la sûreté publique, trouva
comme l'affaffinat de Pralato, de puiffans proteéteurs
à Saint-Marc, & refta impuni, fans que la tranquillité
de P'Artibonite en ait fouffert.
D'après les obfervations que j'ai fouvent faites à
Saint.I Domingue, ,relativement aux révolesd'efelaves,
crois devoir indiquer ici les différens caraétères
ces
&
révoltes.
Les nègres de Saint-Domingue ne fe font jamais
foulevés de leur propre mouvement ; la preuve en
eft qu'ils auroient demandé d'abord une liberté
abfolue : car 2 quel autre motif peut porter des
efclaves à courir les hafards d'une révolte ? mais
aucune des bandes n'a eu cette prétention dans
l'origine.
Lesrévoltés du Nord, fousles ordres des efclaves,
Jean-François & Biaffou, demandoient le rétabliflement de la monarchie dans fes anciens droits : Une
femblable idée peut-elle germer fpontanément dans
une tête de nègre à Saint-Domingue ? Jean-François
Biaffou & leur bande compofée de dix mille hommes
armés, & d'environ cinquante mille travailleurs 2
vouloient fe rendre à mes deux collègues & à moi,
& le jour avoit été fixé au premier janvier 1792. Ils
ne demandoient que cinquante libertés pour les chefs
de l'armée, n'attendoient qu'un pardon général, &
ée peut-elle germer fpontanément dans
une tête de nègre à Saint-Domingue ? Jean-François
Biaffou & leur bande compofée de dix mille hommes
armés, & d'environ cinquante mille travailleurs 2
vouloient fe rendre à mes deux collègues & à moi,
& le jour avoit été fixé au premier janvier 1792. Ils
ne demandoient que cinquante libertés pour les chefs
de l'armée, n'attendoient qu'un pardon général, & --- Page 50 ---
trouvoient, dans l'acceptation de la conflitution, le
rétabliffement de la monarchie pour lequel ils s'étoient arés:leur bonne foin'étoit point équivoque,
puifquils nous remirent des prilonmiers-gardss jufqu'alors comme des efpèces d'otages, & que JeanFiançois propofa de fc livrer lui-mème à nous dans
la ville du Cap : ce fut, d'un côté, l'obflination de
PAlembiée colon'ale qu: ne vouloit, ni publier une
amnifie, ni la laifler publer par nous : ce fut, de P
Pautre côté, des meniingrsjiuventés par des contreréve lutonnaires, afin de donner aux efclaves des
foupçons contre nous : ce furent, dis-je, ces caufes
q.iempéchèrent nos, fuccès près des révoltés; & fi
ceux-ci ont manifefté des prétentions à la liberté
généraie, cen'a été qu'aprèsla publication dela loi du
4avril. &, felon toutes les apparences à l'infligation
d'un abh Lohaye: il faudroit s'aveugier pour nier
que cette bande n'ait reçu fa première imnpulfion de
Ja main des contre-rsyolationnsirech
Quant à la révolte de Jean Rabel, dans le Nord,
& à cel'es de POueft & du Sud, qui n'ont jamais eu
de rapport avec les évènemens de PEurope, il eft
facile d'en rendre comple: les blancs vouloient employer les efclaves contre les hommes de couleur &
nègres libres, & ceux-ci vouloient également s'en
fervir contre les blancs ; en certains endroits ce
furent les blancs qui commencèrent, en d'autres, ce
furert les houmes de couleur. Il me feroit impoflible
de direlequel des deux partis ena le premier donné
Pexemple. chacun ns'en défend & Jereproche à l'autre:
i1 eff ceriain du moins que les affemblées provincrales
de POcefl & du Sud, ayant légalifé cet impolitique
moren, par des arrêtés portant établiffement de force
d'efclaves armés contre les hommes de couleur 2
ceux-ci ne gardèrent plus de melure,&, profitant
de
feroit impoflible
de direlequel des deux partis ena le premier donné
Pexemple. chacun ns'en défend & Jereproche à l'autre:
i1 eff ceriain du moins que les affemblées provincrales
de POcefl & du Sud, ayant légalifé cet impolitique
moren, par des arrêtés portant établiffement de force
d'efclaves armés contre les hommes de couleur 2
ceux-ci ne gardèrent plus de melure,&, profitant
de --- Page 51 ---
de leurs rapports plus direats aVcc les efclaves 9 ils
en foulevérent latresgrandemajoritécoutrelesblancss
ces révoltes font donc Feffet des, difputes politiques
de la colonie.
La facilité avec laquelle j'ai fait reprendre aux révoltés de T'Oueft leurs travaux ordinaires, me perfuade que j'aurois également réufi près de ceux de
Jean Rabel & du Sud, s'il m'avoit été poffible de
m'y tranfporter, &
jy euffe trouvé des proprictairesaufi fages & -OIE humains
ceux de l'Oueft.
Mais loin que je pulle fortir ee cette province, à
moins d'en rfquerlefalut centre des pofmibilités, ma
préfence lui étoit G nécefaire que, malgré des fatigues continuelles, ne pouvant me tranfporter en
allez de lieux différens, jai pris fur moi d'établir des
commis de la Commiflion nationale, pour me fuppléerà certains égards,) jufqu'à l'arrivée des nouveaux
commiflaires; ces commis nationaux font :
Gattechair, citoyen blanc, 7. & la Buillonnière,
citoyen rouge, chargés de la pacification des paroiffes
de Bagnet - de Jacmel & des Cayes de Jacmel, opération majeure dont ils fe font parfaitement acquittés.
Lapointe, citoyen rouge, chargé de maintenic
Pordre & la tranquillité publique dans la paroiffe de
PArcahayes, où n'exiftoit aucune efpèce d'autorité
légale; cette miffion, aufli dangereufe que difficile,
ne pouvoit être confiée qu'à lui, &c devint facile
dans fes mains.
Defpinalle, citoyen blanc, chargé de rétablir la
difeipline parmi les efclaves des montagnes de ia
Charbonnière, où il a eu le fuccès le plus complet
& le
prompt.
EUmi citoyen rouge 9 chargé de la méme
opération dans les montagnes des Grands-Bois.
Rapport de Philippe Roge-Roume.
D
li dangereufe que difficile,
ne pouvoit être confiée qu'à lui, &c devint facile
dans fes mains.
Defpinalle, citoyen blanc, chargé de rétablir la
difeipline parmi les efclaves des montagnes de ia
Charbonnière, où il a eu le fuccès le plus complet
& le
prompt.
EUmi citoyen rouge 9 chargé de la méme
opération dans les montagnes des Grands-Bois.
Rapport de Philippe Roge-Roume.
D --- Page 52 ---
5o
EtJofeph Cazeat, citoyen noir, auffi fage qu'honnête, chagé d'entretenir les efclaves de la Plaine
du Cul-de-Sac dans les bonnes difpolitions qu'ils
manifefioient.
J'autorifai ces commis nationaux à porter une
médaille dor, fufpendue par li ruban national à la
boutonnière; il en réfultat deux effcts, I°. la commiffion put agir par-tout à-la-fois; 2". les croix de
Saint-Louis perdirent toute influence dans T'Oueft.
Ii a toujours exiflé entre les grands évènemens
de la Frauce & ceux des colonies une adlion & une
réaétion fimultanée, : quine permettent pas de douter
que leur impulfion ne fut combinée d'avance par les
mêmes moteurs. Dans les mois de juillet & d'aoât
derniers, tandis qu'on tramoit cn Europe l'entrée des
étrangers en France & l'anéantillement de la liberté,
les trames des coptrerevolutionnaires redoubloient
de rage & d'aéivité dansles colonies; ces méprifables
ennemis des droitsdefhomme jouiffenti impudemment
aux Illes-du-Vent; d'un triomphe éphémère, dont
il:jouiroient égalementà Samt-Domingue,tila) Nation
n'y avoit pas eu un commiffaire qui ofoit en prononcer le nom 2 en maintenir la fouveraineté, empécher les citoyens de couleur d'être trompés, déjouer les mancenvres des contrencroluti@enaits,
Laloi du 4avril, promulguée paifiblement à SaintDomingue, devoit étouffer tous les germes de divifious; mair, au contraire, ce fut alors qu'on vit naître
des foupçons & des fureurs dans la ville du Cap,
dont pérfonne ne pouvoit affigner la caufe.
j'Archevèque Thibaut, procureur - fyndic de la
conmunc du Cap., fit diftribuer dans le nord, à
Téroque du premier août, un développement des
mntheurs aduels de la colonie, fi lumineux & fi
propreu à réveiller la furveillance des patriotes, que
ious; mair, au contraire, ce fut alors qu'on vit naître
des foupçons & des fureurs dans la ville du Cap,
dont pérfonne ne pouvoit affigner la caufe.
j'Archevèque Thibaut, procureur - fyndic de la
conmunc du Cap., fit diftribuer dans le nord, à
Téroque du premier août, un développement des
mntheurs aduels de la colonie, fi lumineux & fi
propreu à réveiller la furveillance des patriotes, que --- Page 53 ---
SI
j'en ordonuai l'impreffion au nonbre de deux mille
exemplaires, goi produifirent un excellent eflet dans
Poueft & dans le fud.
Il elt potlible
des excitateurs, auxquels en
impofoit nia meEed aient detrit le blend quej'avois
eu le bonheur de faire, 8c doat je dois le fuccès au
patriotifme fige & éclairé de Paffemblée provinciale
de T'oueft, de la municipalté da Port au.Prince,de
la garde nationale de la même ville, & des citoyens
de couleur, & nègres libres de la province de rOueft.
J'apprisà Saint-Marc,le feptembre dernier, que
les nouveaux commiliaires LMALSEIT arrivés l'avantveille au Cap.
Un événement ficheux furvenu le 14 du mois
entre les patriotes & les citoyens de
Eonurir couleur
Cap 2. me donnant à craindre que les
ennemis de la révolution n'en euffent fait leur profit,
j'engageai Savary, capitaine-général à Saint-Miarc,
de paller au Cap avec moi pour défabuf.r les citoyens de couleur qui en auroient befoin. J'aurois
beaucoup defiré de faire la même invitation à Pinchinat, préfident du confeil de paix &: d'union; mais
la préfence du Francklin des citoyens de couleur,
n'étoit pas moins nécellaire-dans l'oueft, quele voyage
de leur Washington ne l'étoit au nord.
Partis de Saint-Marc le 21, nous nons rendimes
par le cordon de l'oueft, le 25 feptembre, au CapFrançais; Savary donna des leçons de patr'otifine
aux citoyens de couleur de cete ville, qui fe trouvoient dans une Huétarion d'idiées contia.luires; il
éclaircit les doutes, diffipa les errcurs, & il éledrifa
toutes leurs têtes du feu facré de la liberté & de
Pégalité.
Enfin, parti du Cap le 5 oftobre e, je fuis arrivé
D 2
eft, le 25 feptembre, au CapFrançais; Savary donna des leçons de patr'otifine
aux citoyens de couleur de cete ville, qui fe trouvoient dans une Huétarion d'idiées contia.luires; il
éclaircit les doutes, diffipa les errcurs, & il éledrifa
toutes leurs têtes du feu facré de la liberté & de
Pégalité.
Enfin, parti du Cap le 5 oftobre e, je fuis arrivé
D 2 --- Page 54 ---
à Marfeille le 18 décembre, & me fuis rendu à Paris
le 6 janv.er.
viens de faire, fe réduit en fubf.
Le rapport que je
tance à ceci,
J'ai rempli une miffion, fans que j'en euffe peutêtrc le droit; j'ai approuvé une allociation contraire
à lal lettre de ia loi;, j'ai retranché partie de la date
d'une loi que je failois promulguer; jai ordonné
des déportations extraordinaires ; mais j'ai préparé
toutes chofes pour faciliter les travaux de mes fucceffeure: j'ai cmpèché que les citoyens de couleur
& nègres lbres ne fuffent trompés à Saint-Domingue,
comme ils l'ont été à la Martinique & à la Guadeloupe ; j'ai déjous tous les projets des contre-revolutionnaires à Saint- - Domingue; j'ai confervé le
Port-au-Prince malgré les complots de fes ennemis,
& les fureurs de fes citoyens; j'ai confervé plus de
la moitié de la colonie, & rétabli la circulation
Fagriculture $ le commerce dans la province ae
Toueft. Et je, n'avois aucune autre efpéee de moyens,
influence morale qu'il m'a fallu redonner
gest.stere la
Paris, le 28 janvier 1793, Tan second de la
République française.
Signé, ROUME, --- Page 55 ---
No. I.
P ROCLA MATION
AU NOM DE LA NATION, DE LA LOI ET DU ROI.
PAULIBERI-FR.ASO1s ROUXEL DE BLANCHELANDE.
Marichal-der-campi et armées du roû, lieutenant pour
le roi au gouvernement - général des iles frangaises
d'Amériqse sous le vent; ;
Et PHILIPPE-RoSE ROUME, Commissaire nationalcivil,
déligué par le roi aux iles frangaises de l'Amérique
sous le vent , poury maintenir l'ordre el la tranquillité
publique,ez vertudela loidu 11 fevrier 1791.
L'ASSEMELÉE NATIONALE ct le Roiayant, par la loi du 4 aviil
dernier, fixé d'une manière invariable l'étatp politiguedeshomumes
de couleur ct nègres libres, en leur reconnoissat unc égalité
parfaite de droits avec ccux des blancs; cette loi, dictée par la
justice etpar l'intérêt bien démontré des colonies, a étéreçue par
tous les bons citoyens comie un bienfait signalé, qui réunira
d'opinion les hommes libres de la colonie, et les fera concourir
au bien public.
Chargés, par ncs emplois respectifs - de faire cxécuter la loi
dugavril.saxfles points personnellement attribués anx nouveaux
commissaives qui sont jouracllement attendus : après avoir réglé
dans la province du nord les objets relatifs à ladite loi, nous *
avonsjugé devoir nous transporter dans celle de l'ouest, à l'effet
d'yrecononitre, par nous-mèmes, la situation actuelle des choses,
ct d'adapter provisoirement les mesures propres à arréter lcs
progrès dn mal, à réunir les citoyens, a preparer l'exécution
définitive de la loi confiée aux nouveaux commissaires.
D 3
: après avoir réglé
dans la province du nord les objets relatifs à ladite loi, nous *
avonsjugé devoir nous transporter dans celle de l'ouest, à l'effet
d'yrecononitre, par nous-mèmes, la situation actuelle des choses,
ct d'adapter provisoirement les mesures propres à arréter lcs
progrès dn mal, à réunir les citoyens, a preparer l'exécution
définitive de la loi confiée aux nouveaux commissaires.
D 3 --- Page 56 ---
Nous avons en la satisfaction de rencontrer chez tousTes bons
citeyens des deux partis, qui out cté divisés par la gueire civile,
undesir égalde Se reconcilicr , d'ou blier leurs erreurs récipreques. ctde. pronver a la nation et all roi Jear invari.ble
Joyante; mus nous avonstemarqui.qilrégroit, departerdantre,
une défiance que nons trenverions. cfrayante, si nous n'avions
T'espoir de la Su1 nocter parde sages precantions, qui, mettant
ces citoyens à meme de se communiquer sans danger, lcur
procurera l'occasion de sc mieux connoitre, et de se rendre
mniucllement la même justice que nous leur rendons.
Nors jugeons que, dens cetie circonstance aussi majeure que
délicate, nous devens. : sans nous asserviranx foir mes régulieres,
ne nous diriger que d'après les lois de l'impérieuse nécessite,
témoigseramant d'égardcide confianceàlun des partis comme
al'anire, nesien preinger pour ou contre,ct nc ricn détrwire
de ce qu: pestétre ntiie.
Dirigés pir ces con.idérations, nous avons reconnu que le
couscii de paix et d'union, quis'est etabli à Saiut-Marc par le
choix des parcisses de T'Ouest, ct d'ane partie de cclles du
Nord, quoique in onstitntionacl dans la forme, n'en est pas
moins un carp- ceatral olscrémnvsent les voeux et la confiance
de ces paroisses: Qne la dissr lusion de ceite respectable ccalition
entraineroit la subvmision tetale des mêmes paroisses ou règne
une fermentarion rénirale paimil le.art liers;erqi'en légalisant,
an contraiic, le couscilde paix cetl'union, etl'autorisant à continuer pesaeiem.mtfrocidie des fonctions de police et de
discipline interieures, qai jusqu'ici a prodni: T'effet le pias
saluraire 1 nous parvien-iroas a diriger vers le même but
du bien public Ies libres ct les csclaves des paroisses
coalisées.
Nous avons reconnu chezles citoycus de conleur et nègres
libres la plns forc ambitian de prouver à la France qu'ils ne
soit pas moins juloux de lui appartenir par leur civisme et
Jear génirosite. que par lc courage do'nt ils ont donné.des
preuves éclarantes.
Les tronpes dc ligne du Port-au-Prinee se sont'montrécs de
vrais seldars cstoyens.
Lagarder nationale de la mfmc ville 10es a pari n'ére compordeque debens Fiinçois, alfligés des malheors dela Colenie,
ei delanitoncourr. ardeiment avec nousalcs réparer.
moins juloux de lui appartenir par leur civisme et
Jear génirosite. que par lc courage do'nt ils ont donné.des
preuves éclarantes.
Les tronpes dc ligne du Port-au-Prinee se sont'montrécs de
vrais seldars cstoyens.
Lagarder nationale de la mfmc ville 10es a pari n'ére compordeque debens Fiinçois, alfligés des malheors dela Colenie,
ei delanitoncourr. ardeiment avec nousalcs réparer. --- Page 57 ---
Er la troope sotdée vient deslacqulrir, ainsi que la marichansere, de hestes droiis à norre cattnic.
quit se tronve
Mais no:s sacoss,r mnefatale espérience,
1111 nombre considerable de personnes
an1 Poit-an-Triner
oisves,d-ntler ctes ont été exaltérs par Tellervescence quia
1egne: ctnuseraintrions que cCS personnes égarcesae icnontvelassent les scenesdiesanterches quis'ysont pa sces, sinpas nc
les: retenions dan le devoir, au noyen d'mne lorce impessante
mai,sons les ordres d'un militaite sage ct ccluire, pais cesecuter siremenitles réquisitions des corps populaires,
En con-épsence, nous autorisous le conscil de paix etenion
de SiutcMfircieoncimer) provisoisement l'exelcice de sesfonctions dus toutes les paroisses des sun association, cn sc conformaut alix decrets nationans, se souincitant aux anieres de Fassemblée coleniaie.appronsce par le gouvernenr, cl coirespo
dant,lorquily,; aura lien, avec les qutres sorpspepubiver,te
gonvernenent et la comission nationale cir.le.
Des ordres nejeurs exigeant le depart du bataillon de Normanlic nous.tnirend-m, lij justice de déclare: que nous arons
une entièré satisfact.on de la conluite qu'il vient detenir.
R.n ndan: la même justice au bataillon d'Artois et attx ditachemens de Provence et d'artillerie, M.le egeneralles retient au
Port-an-Pince jusqu'à nouvel ordre.
Nous ne doutons pas que la garde nationale de Port-au-Trinee
ne continne de nous donner des preuves de son zile et de SOi
patriotisme.
Nous promettons unc protection spéciale à la'yarde soldéei,
tant qa'elie se conduira comme elle vicut de le fairr.
Et nous n'oublions pas de mentionner lci la satisfaccion que
nous: a causée'la conduite de la maréchaussée.
Nous auzmenterons proviroirement, la force publ que dn
Port-au -Prince. de la maniere dou: M. le yen-ral le
réglera.
Les citoyens de coulewr de la ville du Portau-Prize- feiont
leur rentrée lejeudi, 5 du courarit. isept hen:esda madiu Is
d'antres citogens; le non bre tot I des
seront accompegnes par
mille. MM. le gendral et lex comunset desautres nc passera pas
d'avance : la mmnicimissaire national civil sc tansporteront
palire, ct accoinpagnés chacun de denx officiers municiponx:is
sc rendront aux dcux portcs de la ville, pour fiire reutrer
D 4
rentrée lejeudi, 5 du courarit. isept hen:esda madiu Is
d'antres citogens; le non bre tot I des
seront accompegnes par
mille. MM. le gendral et lex comunset desautres nc passera pas
d'avance : la mmnicimissaire national civil sc tansporteront
palire, ct accoinpagnés chacun de denx officiers municiponx:is
sc rendront aux dcux portcs de la ville, pour fiire reutrer
D 4 --- Page 58 ---
Jesdits citoyens qui viendront de Bizoton et de la Croix-desBouquets.
Nous invitons enfin tous les Français de la colonie à se réunir
sincérement de caeur ct d'esprit pour le rétablissement de l'ordre
ct de la tranquillité publique : ct nous déclaions infames et
traitres à la pauie ceux qui, par lcurs discours ou leur conduite 1 voudroient réveiller des haines et des passions qui ont
failli causer la perte de la colonie et la ruine du commerce
national.
Mandons à MM. de l'assemblée provinciale de l'Ouest et d
la municipalité, de faire imprimer 1 publier ct afficher la présente proclamation : ct de tenir la main à son exécution.
A bord du vaisseau de Tétat, le Jupiter, mouillé en tade du Porlau-Prince, l: 3 juillet 1792.
Signé, BLANCHELANDE, ROUME.
AtEo
No, I I.
EXTRAIT du Réquisitoire de M, LARCHEYESQUR
THIBAUD > procureur - syndic de la commune du
Cap.
Du premier aoft 1792.
Imprimé par ordre de la Cormission natienale-cicile.
La commission nationale-civile 1 jugeant que, dans les cireonstances actuelles, le patriotisme 1 la surveillance erla réunion
des bons citoyens ne sauroicnt étre cntretenus par trop de
moyens 5 ayant trouvé dans un réquisitoire du procurcur-sy'ndic
de la ccmmune du Cap , qui a cté distiibué dans la province du
de la commune du
Cap.
Du premier aoft 1792.
Imprimé par ordre de la Cormission natienale-cicile.
La commission nationale-civile 1 jugeant que, dans les cireonstances actuelles, le patriotisme 1 la surveillance erla réunion
des bons citoyens ne sauroicnt étre cntretenus par trop de
moyens 5 ayant trouvé dans un réquisitoire du procurcur-sy'ndic
de la ccmmune du Cap , qui a cté distiibué dans la province du --- Page 59 ---
tres-b bien fitdrsmilhewredel la.colonie,
Noid, un diveloppement
en
les suites,
accompagné de vues tres-sages ponr
empécher
seia imprime
ordornren conséquence melidraredlopiroee etre distribuë dans
au numirede deux mille exemplaires 1 pour
les provin.ces de l'ouest ct du sud.
àn Potau-Prince, le2 24 août 1792.
RoUns.
Le commissaire inik.ed,abiacbeset
PETIT VILLERS, secvétaire ad hoc de la cemmission.
D ÉP E L O P P E 21 E N T.
Ouvrons donc enfin les yeux : interrogeons les événemens
quise sont passés : et qui sc passent encore sous nos yeux;
cessoas de nous étourdir sur la véritable cause de nos manx, leur
et tout nous dira, tont nons convainera qu'ils prennent
source dans le dessein forméd'opérer une contre-tcvolution.
Lxlwidu4avril est venuc. Naturellement, SI les citoyens de
couleur et nègres libres cussent été les seuls qui eussent mis
le poignard et la torclie auxmains de nos esclavcs, tout devoit
finir du moment que cette loi a été accepiée. Au contraive, la
l'insurrection fait des progrès 5 l'embrisement augmente 5
révolie a gagné des cautons ou les esclaves s'étoient montrés de leuis
plus que sonmis, ou ils s'étoient rendus les défenseuis
miitres : le désastie enfian menace de devenir général.
D'oi vient cela? On ne peut plus dive désormais que ce soient
les citoyens de couleur et negres libres qui fomentent, qui at- à
tirent la rébellion de nos esclaves ; ils n'ont plus d'intérêt à
l'entretenir; ils ont, au contraire, le même interét que nous
lalaire cesser.
llya donc unc cause sourde qui travaille nos esclaves. Quelle
est-eile cette cause, sice n'est la fureur d'opérer, à quelque prix
que ce soit, la contre-révolution?
ormais que ce soient
les citoyens de couleur et negres libres qui fomentent, qui at- à
tirent la rébellion de nos esclaves ; ils n'ont plus d'intérêt à
l'entretenir; ils ont, au contraire, le même interét que nous
lalaire cesser.
llya donc unc cause sourde qui travaille nos esclaves. Quelle
est-eile cette cause, sice n'est la fureur d'opérer, à quelque prix
que ce soit, la contre-révolution? --- Page 60 ---
Jevenx croire que la philanthropie cntre pour beaucoup dans
les malheurs que nous épronvons ; mais cette philanthropic
entre que comme instrument et non pas comme canse. 1i falloit u'y
28x cintre-resolutionasires un appàt qu'ils pussent présenter
à nos esclaves pour Ics soulever contre la sctvitude ; ils l'ont
trouvédans la déclaration des droits dc l'homme. Mais, sans les
contrerevolationnircr 1 jamais cette déclaration n'eit produit
str nos esclaves une impression assez forte poar les faire
cout d'un comp, comme on l'a vu, de la soumission la passer plus
parfaite aux derniers excès de la révolte.
Snivons Ies évésemens. Quand est-ce qu'a commencé l'insurrection de nos esclaves? le 23 août 1791 ; et deux ans auparawant avoit para la déclaration des droits de T'hoinme; depuis
deux ans cctte déclaration avoit retenti dans tout l'univers et,
pour ne parler que de Saint-Domingue, 1 jusques dans scs triples
montagnes, 1 sans que nos csclaves cnssentiémoigné la moindre
envie de s'cn prévaloir, et se fussent relàchés ic moins du naonde
du respect et de l'obéissance qu'ils avoient eus jusques-là pour
leurs maîtres.
Ce n'est donc pas la déclaration des droits de l'homme qui
leorafait briser leurs chaines.
La nouvelle du décrct du 15 maiarrive dans la colonic, ct les
esciaves ne font pas encore le moindre mouvement.
Enfin arrive cellc de l'évasion du roi, du 21 juin suivant et
ceite nouvelle semble êtrele signal de l'insurrection. La révolte
denos atteliers éclate peu dejours après,etavec elle commencent
les assassinats, les incendies, et aussitôt nos esclaves ont des
fasils, des canons - toute espèce d'armes, toute espèce de munitions de guerre ct de bouche , etle mals'accroit avec tant de
violence, avec tant de rapidité 1 que ses progres étonnent autant
qu'ils consternent cenx mêmes qui eroient qu'on ne doit en
chercher la cause que dan: lc desir de briser tout-à-fait un joug
qu'on a commencé à secouer.
Une remarque à faire, c'est qne là où les citoyens de couleur
et nègres libres ont commis ie plus de ravages 1 les esclaves en
ent fait moins : commesila méme main eût donné
anx
l'impulsion
uns et anx dutres, etse fit contenrée d'agir dans une partie
de la colonic par le moyen des esclaves, et dans l'autre par
l'entremise des citoyens de couleur et nègrcs libres.
Mais veut-on se bien convaincre que la philanthropie n'estrien
moins que Ic mobile dc la guerre que nous font nos esclaves?
plus de ravages 1 les esclaves en
ent fait moins : commesila méme main eût donné
anx
l'impulsion
uns et anx dutres, etse fit contenrée d'agir dans une partie
de la colonic par le moyen des esclaves, et dans l'autre par
l'entremise des citoyens de couleur et nègrcs libres.
Mais veut-on se bien convaincre que la philanthropie n'estrien
moins que Ic mobile dc la guerre que nous font nos esclaves? --- Page 61 ---
qu'on jette un conp. d'ail sur cC qui se passe parmi enx:
yroiton ancunesles formespopalixes quelarivolution: a introdnites? Oncihiremmpspites des ugesdep paix, desa.semblies de commmnes, des gardes nutienales, eic. Ricn detont
cela. Onn'v jure que par le roi; on n'y parle quc de retablir
leioisrson toneiony: alfecte toutcs lcs distinctions de Tancieniéghne:en unmot, mnyersioppose can nouven:pune
cause de mort bien assuree pour lexblancsquient) le malheurde
tomber au pouvoir deces barbares, cst d'avoir joué un rôledans
quelque corps populaire.
Cette haine - cette aversion pour le nouvean régimc, décelent ouvertement le principe de Tinsuiréction de nos esclaves;
car, si c'étoient les philanthrepes qui les cussent excitisAla
révolte, comme les plus grands philanthropes dc l'assemblée
nationale constituante sont aussi ceux qui ont le plas coopéré
àl constiution française, en souievantnos atteliers contre nous,
ils n'eussent
manque de leur incinnerle goit des formes populaires quc " constitution a introduites : ils n'enssent pasfait
prendre - sur-tout à Jean-Frangois, lc cordon bleu, ct un superbe crachat qu'il porte sur son habit.
N'cn doutons pas, - la révolte de nos esclaves est duc aux
conre-rfeteionsaiei la guerre que ces mémcs esclaves nous
font machinalement 1 est une véritable gucrre de contrerécolulion.
Mais quel peut être le bur de ceux qui nous ont suscité eette
guerre ct qui l'entretiennent avec tant d'art? Pensc - t-on
que ce soit simplement d'opérer la contre-rétolution à SaintDominguePT! faudroit leur supposer des vhes bien courtes,
pour s'imaginer qu'ils bornassent là leurs projets : ctà quoi
ieur serviroit d'operer la contre-révolation a Saint-Domingue,
si elle ne s'opéroit pas en France?
Voilà doncleur grand bnt : c'cst d'opérer ou d'aider à opérer
la contre-évelution dans la mere-patric. Or. pour parvenir à cc
but, quc fant-il? miner, ancantir Saint-Domingue - comme
l'une des principales sources de la prospérité de notre nation :
ils espèrent, ca effet, que la misere du nouvcau régime fera
regretter l'ancien : et ceries - pour amener cettc misére, ils nc
sauroient micux s'y prendre qu'en detraisant unc aussi florissante colonie Hc celle-ci. On compte déja plusieurs faillites
considésables dins quelques ports de mer; ct, par une suite
de ces faillites, des maisons de banque, des meilleures de Patis,
la prospérité de notre nation :
ils espèrent, ca effet, que la misere du nouvcau régime fera
regretter l'ancien : et ceries - pour amener cettc misére, ils nc
sauroient micux s'y prendre qu'en detraisant unc aussi florissante colonie Hc celle-ci. On compte déja plusieurs faillites
considésables dins quelques ports de mer; ct, par une suite
de ces faillites, des maisons de banque, des meilleures de Patis, --- Page 62 ---
entshspendu, dit-on , leurs paiemens. II est fort à craindre, sile
calme ne renait promptement dans la colonie, que la forsune
publique du royaume ne soit elle-même bientôt ébranléc par lcs
secousses que doivent nécessairement lui donner des revers multipliés dans les fortunes particulières.
Tenous donc pour certain que, dans le systême contre-vévolutionnaise, Saint t-] Domingue est destiné à périr ; et, si on en
doute 1 qu'on réfléchisse, encore une fois, sur cc qui s'y passe
depuis quelaloi du4avrila étéregue etacceptée. Jamais nous ne
nous sommes crus plus près du terme de nos maux qu'à cette
époque 7 ct cependant tout nous annonce que nous sommes
aujourd'hui plus loin que jamais de rentrer sur nos propriétés,
et de recouvrer notre tranquillité.
Quand cn connoitle mal, ilfaut y, appliquer le remede. Quel
est cclui dont nous pouvons user jusqu'a ce que le vrai remède i
nos maux nous seit arrivé de France ? je l'ai dija dit, une
extrême serveillance: cette surveillance , jointe aux nouvelles
reesures quej'aic cru, Messieurs, devoir vous proposcr (1), empéchera nos vrais ennemis d'executerleurs projets avant l'arrivée
dessecours nous attendons (car c'est dans cet intervalle
ont
résolu 2
qu'ils
frapperleur grand coup); et les nouveanx secours
arrivant, la colonie est sauvée , les projets de contre-révolution
échouent - nos esclaves se voyant abandonnés de ceux qui les
ontmis en insurrection, rentrent dans l'ordre,
renait pour lui et pour la métropole.
Saint-Domingue
Mais cc n'est pas tout de redoubler de surveillance, il faut
encore de l'onion. Que ceux de nos concitoyens qui forment
des veeux pour le rétablis ement de l'ancien règime 1 ouyrent donc
les yeux à leur tour ; qu'ils soient bicn persuadés qu'on les
abuse, qu'on les jouc, qu'on les trompe 5 qu'ils fervent d'instrument 1 sans le savoir, aux mauvais desseins de ceux qui ont
su les gagner 3 qu'ils coopèrent en aveugles, et sans autre profit
que des chimères qui'ne se réalherontjamai.il destruction de
cette colonic, à lappauvrissement de la mere-patrie, i la ruine,
à l'exil, à la mort de leurs concitoyens. Que cette scule idée les
rapproche dc leurs frères ; n'avons-nons pas éprouvé assez de
malheurs, sans y ajouter celui de nos divisions?
(1) Les mesures dont il s'agit ici sont particulières aux circonstances
des localités de la ville du Cap.
que des chimères qui'ne se réalherontjamai.il destruction de
cette colonic, à lappauvrissement de la mere-patrie, i la ruine,
à l'exil, à la mort de leurs concitoyens. Que cette scule idée les
rapproche dc leurs frères ; n'avons-nons pas éprouvé assez de
malheurs, sans y ajouter celui de nos divisions?
(1) Les mesures dont il s'agit ici sont particulières aux circonstances
des localités de la ville du Cap. --- Page 63 ---
bien de cette vérite, qu'il en est des
Qu'ils se pénètrent comnc des ri chites en maladie : lesravagre
conttc-rerolations causentles unes ct les antressont d'autant plusg grands, que
que
conpspalitauc.amais que lecorps
Noetniesnroat: humain, n'ont pas encore cu le temps de seremeitre en équilibre. Ja
Qy'ils sachent eneoic qu'étant, comme nons le sommes,
traine de la mitropole, nous devons nicesairement suivre son
allure , si nons vouions être heureux et tanquilles s'eiforceroit : qu'une
chaloupe qui està la remorque d'un gros vaisseau, la révolution ctant
vaineent d'aller cn sens contraire : que livrer comme a un
établie cl France, il faut de bon gré les sy bordsle
est
torrent, ticher senlement de gauner
plus qu'i: d'être
qu'en résistantace torrent, on courtle sisque
possible,erq C'cstà quoinous mènelamanie contre-resolitionaire
englonti.
l'oigneil ct une cupidité mercantille.
que propegent
flatte
cette contre-révolution dont se
Mnis, qn'on ne s'cn
pas,
pas été aportée de voir de
repaissent ridiculement ceux s'est quin'ont opcré en France dans la masse des
près le changement dans qui le
Mne sc fera jamais, eton
esprits., comme
gouvernement, si l'on tait attention au csractère
en sera facilement persuadé, qui distingue la révolution présente de
propre et particulier
toutes les autres.
ont précédé , ilr n'y avoit d'armé
Dans les révolutions qui
et l'autre parti; le peuple
que les troupes qui le soutenoientlun fruit; il n'en étoit, au contraire, que plus
n'en retiroit pas vainqueur. Ici T'universalité du peuple a été
foulé par le parti
éte
recouvrer ses droits; ct il est
arméc tout-i-coup 1 illa Il pour a falla des siecles d'astuce pour l'en
déja accourumé à en jouir. la force d'un moment
privera
déponiller; ce ne sera pas
quil'en
a de quoi réparer les plus grandes
de nouveau. 1 sur-tout.lorsqu'l; et alintrépidité il joint l'intérêt le plus
pertes; et qu'au courage
cent
n'auvif, celui de conserver une conquéte que
peuples
roient pas lc bonheur dc faire comme lui.
f
falla des siecles d'astuce pour l'en
déja accourumé à en jouir. la force d'un moment
privera
déponiller; ce ne sera pas
quil'en
a de quoi réparer les plus grandes
de nouveau. 1 sur-tout.lorsqu'l; et alintrépidité il joint l'intérêt le plus
pertes; et qu'au courage
cent
n'auvif, celui de conserver une conquéte que
peuples
roient pas lc bonheur dc faire comme lui.
f --- Page 64 ---
No, IIL
LETTRE du citoyen LARCHEFESOUE THIBAUD.
Procureur de la Commune du Cap, - au ciroyen ROUME,
commissaire national- civil.
Au Cap, le 16 Septembre 1792.
MONSIEUR,
M.le Borgne a en la bonté de me donner quelques exemplaires
de Textrait que vous avez fait impriner au Port-au-Prince , de
mon réquisitoire du premier Août. Jem'empresse dc vous transmettre ma reconnoissance pour un timoignage d'approbation
aussiflaticur. Il mc dédommage amplement dc tout ce que j'ai eu
àsouibir depuis que ma place m'a nis dans le cas de signaler
mon attachement à la révolution. L'éloge que vous faites,
monsicar, de mon travail et des vues qu'il renfermc, met ie
comble à mcs desirs. J'y trouve tout-à-la-fois la récompensc de
mon zele, justice à mes bonnes intentions :. protection contre
mes ennemis 1 ct encouragement pour moi-même aussi bien
qle pour tous ceux qui se sont dévoués à la bonne causc.
Eile va donc triompher, monsicur. cette bonne cause. La
publicité quc vous venez.d'ajouter à l'écrit oà Jal essayé dc
demasquer nos vrais ennemis,est Tavant-courcur-de leur défaite. iin'yal plus'as'y méprendre : DOS ennemissent ceux de
la révolution: ; Coblentz est'dans la colonie : c'cst vous-mêmes,
monsicur, qui l'annoncez. C'cn est fait; le coup décisit cst
porté. L'essentiel étoit de faire connoitre les autcurs de nos
mauxà ccux qui sont envoyés pour les réparer. Ia colonie, unc
fois porgée des traîtres qu'elle recèle dans son sein, n'est plus
perdue pour la France.
Qse n'êtes-vous ici, Monsienr! Ils vont nous échapper, ces
traitres, Giand. Dieux! ct tant de forfaits resteroient impunis !
Hlàtez, monsieur, hâtez,deg grace,voirerctour cn cette ville. Votre
faire connoitre les autcurs de nos
mauxà ccux qui sont envoyés pour les réparer. Ia colonie, unc
fois porgée des traîtres qu'elle recèle dans son sein, n'est plus
perdue pour la France.
Qse n'êtes-vous ici, Monsienr! Ils vont nous échapper, ces
traitres, Giand. Dieux! ct tant de forfaits resteroient impunis !
Hlàtez, monsieur, hâtez,deg grace,voirerctour cn cette ville. Votre --- Page 65 ---
experience deublera les forces qui nous viennent. Achever pir
la votre ouvrage. L'amour du bien est une mission qui ne se
revoque pas. La couliance qui vivilie lcs pouvoirs, aussi la
veita de les p.oroger.
Elle tient lieu d'honnews à celui qu'elle konove.
Le procureur de la commune du C.p.
Signé, Laecerseses-Tumsee
No. I V.
LETTRE écrite à la Commission Nationale > par Ic
Citoyen de couleur, RIGAUD, Général de l'armie
de ces Citoyens dans le Sud, et sujet d'un mérite
transcendant > qui réunit des vertus et des talens aussi
rares que précieux.
Du 16 Septembre 1792.
M. LE CONMISSAIEE NATIONAL - CIVIL,
Etant chargé de pouvoirs de l'assemblée provinciale du Sud,
pouraller faire cunattiaugementavel les nègres inswigés ctréfugiis
dans les montagnes du Platon, il est de mon devoir de vOnS
instruire ci ci sont les choscs 5 si je ne l'ai pas plntor fait,
monsieur, c'cst que je n'avois pas encore l'espoir de terminer
avec eux. Mais, apres un mois de peines et de risques, I je suis
enfin parvenn à ramener ces nègres à des principes de paix.
On accorde la liberté à sept cents ; je leur délivre desimprimés
d'affranchissement au nom dela province. du Sud, CI vertu des
ponvoirs qui m'ont été donnès. je m'occxpe à ics o:ganiser en
compagnic de cent hommes chacune, pour faire le service ct
protegerla plaine ct les mornes, etse porter par-tout ou besoin
sera dans la proviace pour atreter lesimarrections,lcsinecadies
gres à des principes de paix.
On accorde la liberté à sept cents ; je leur délivre desimprimés
d'affranchissement au nom dela province. du Sud, CI vertu des
ponvoirs qui m'ont été donnès. je m'occxpe à ics o:ganiser en
compagnic de cent hommes chacune, pour faire le service ct
protegerla plaine ct les mornes, etse porter par-tout ou besoin
sera dans la proviace pour atreter lesimarrections,lcsinecadies --- Page 66 ---
et le brigandage i une partic sont déja ea activité dans ce service; les habitans cominencent à rentrer chez eux, etj'espère
sous
ces mêmes habitans seront à même de réparer les
que considérables peud
qu'ils viennent d'essuyer.
peries
l'adresse que j'ai faite à la commisVous avez vu, monsieur, le
de M. de
sion nationale- civile, sous couvert
Saint-l.éger,
d'accerder la liberté à une partie des nègres que les
oi je parlois blanci avoient armés coutre les hommes de couleur 9 ct
habitans
du moment
toient armes pour secouer la
qui ont profité
qu'ils
de
aujoug; : ces nègres, formés en compagnies gendarmerie l'insurroient maintenu tout le reste 1 seul moyen d'e npécher
rection générale. Mais, M.le commissaire national-civil , ilsuffisoit que j'avois donné cet avis (qui auroit bien moins coûté,
et on auroit évité tous jes malheurs qui sout arrivés pour qu'il
fit
adopté. Les habitans disoient alors : Nous aimons
ne pas
liberted'un seul) nigre.Jevoyois
mieustoutperdit quedecenentirala
le mal qui se préparoit : je voalois le bien, et voulois l'opérer
au péril de ma vie; mais, monsicur, que d'entraves. que
de résistances n'ai-je pas trouvees! que d'orgucil, que dc préil falloit encore vaincre, malgré que la loi du 4 avril étoit
jugés
Après avoir cté persécute pendant deux ans , j'ai
promnlguée! été encore calomnié en récompense de mes bonnes iutentions;
etjusquaujonel'hei (qu'on Oreinabeadvoeihise ne cesse
deme poursuivre : je secrife mes intérêts à l'intéret genéral;
ma vie journellement pour préserver celle de mcs
j'expose concitoyens. Peut-être qu'an jour on counoitra mon coeur 5 déja
les honnêtes gens me rendentjustice , ce'ame dédommage bien
del'injustice desr mechans.
Lalettre que vous m'avez fait Thonneurdem'ieritenVerire.monsient,
me sert de guide ; je règle toutes mes actious d'apres vos principes d'honneur. 1 de justice ct de loyauté. Je desire avoir quelquefois cette faveur ; la carrière qu'il faut parcourir à SaintDomingue pour soutenir contre nos enncmis, etjouir de l'égalité des droits politiques, cst parsemée d'épines. Appelé par mes
ramarades pourles commander, etles aider a renverser le pesant
fardeau du préjuge, devenu insuppoitable par les vexations
les humiliations réitérécs depuis denx ans, époque oi nos
ct
auroient dû être adoucis par la régenération du peuple
maux
faisons
dire n'avoir pas fait un
fiançais dont nous
partie. jepeux
mes ennemis cn
pas que mon coeur désavoue 3 j'ats su respecter
conbattantleurs errenrs : c'est ce que votre lettre me prescrit:
e'cst de vous, monsicur le commissaire national-civil, que je
vCux
cs depuis denx ans, époque oi nos
ct
auroient dû être adoucis par la régenération du peuple
maux
faisons
dire n'avoir pas fait un
fiançais dont nous
partie. jepeux
mes ennemis cn
pas que mon coeur désavoue 3 j'ats su respecter
conbattantleurs errenrs : c'est ce que votre lettre me prescrit:
e'cst de vous, monsicur le commissaire national-civil, que je
vCux --- Page 67 ---
veux apprendre à faire le Lien pour le mal; c'est à votre
exemple que Je veux oublier toutes les injures qu'ou m'a faites,
ctl les calomnies atioces que mes ennemis se plaisenti verscr sur
moi; c'est de vos écriis, monsieur, puisque je n'ai pas ClI le
bonheur de vous voir comme vous I1C l'aviez fait espérer, que
je veux nie pénétrer de cette snblime morale - afin de me
rendre digne des bienfaits dc l'assemblée nationale ct duroi,
crde l'estime dontvous: m'honorez.Je tiche d'inspirer lesmemes
sentimens tous mes camarades qui ont de la conlance cu moi,
ct dont je suis chaigéde diriger la conduite ; ce scra l marche
invariable que nous tiendrons : si nous ne parvenons pas au but
que nous nous proposons, - qui cst de voir tous Dos concitoyens
heureux - nous aurons au noins la satislaction d'aveit lait notre
devoir.
Je suis avec respect,
M. lc commissaire mational- civil,
Votre très-humble et tièsobéissant serviteur,
A. RICA C D.
Aux Cayes, le 16 Septembre 1792
Pour copie. R o U M E.
Rabport de Piilibbe Ro:e Roume.
--- Page 68 ---
N°. V.
Le Conseil d'Administration de la Garde
Nationale du Port-au -Prince,
A M. ROUME, Commisaire-national-givil, délégué
par le Roi aux Isles sous le vent de PAmérique.
M O NSIET UR,
L'honnenr que vous avez fait au conseil de venir dans son
sein , à la séance du jour d'hier, a été suivi du regretle plus
profond, 1 d'après l'avis que vous lui aviez donné de votre départ
pour lc Cap. Vous avez dû reconnoitre l'expression de tous les
cocurs par les témeignages qu'on vous en a donnés. Daignez
préter votre attention aux importantes réflexions que nous allons
vous présenter.
Leconseil a considéré, Monsieur, que votre abandon de cette
provinee seroit indubitablement le signal d'une explosion générale, si à craindre dans ce moment, et dont votre influence a
préservé jusqu'à présent cciie partic.
Les nouvelles de T'Artiboniste que vous avez communiquées
vous-ménic au conseil d'administration, deviennent un motif
puissant 1 et vous indiquent la nécessité impéricuse de
rester dans cette province. Le voyage que vous avez bien
voulu 1 monsieur, faire d'après nos sollicitations , àSaint-Marc,
dans
vous nous avez rendu des services que nous n'ouet blierons lequel jamais, cn restituant à la liberté nos concitoyens injusvous a infailliblement mis à même de recontement la opprimés, connexité évidente des insurrections de la plaine de
noitre
TAitibonite, etde celle du cul-de-sac.
Toujours empressés
d'adopter, même par les plus grands sacrifices, soit dans nos
opinions 1 soit dans nos amitiés particulières, les moyens
vous pensiez devoir nous proposer, pour éviter, nonseulement que
toute fermentation, mais même la moindre activité
NL
injusvous a infailliblement mis à même de recontement la opprimés, connexité évidente des insurrections de la plaine de
noitre
TAitibonite, etde celle du cul-de-sac.
Toujours empressés
d'adopter, même par les plus grands sacrifices, soit dans nos
opinions 1 soit dans nos amitiés particulières, les moyens
vous pensiez devoir nous proposer, pour éviter, nonseulement que
toute fermentation, mais même la moindre activité
NL --- Page 69 ---
dans un moment anssi précieux ct
dans les esprits - seroit-ce
vous croiriez, minsienr.de:
anssi critique que celui-ci 1 que ausiintfrcsante que celle-ci..
voir abandonnsrunc: province tde la nationquiy jonit dela
d'un côte.
sansun représemtant
commeucer à conpluctendre anitié de tous l'ombre les paitis de qu'ilasa la confiance la micux accilier, et qui y existe à
de l'antre 1 sans
quise, ct la plus parfaitement pronvee le seul eapable peut-êue d'inslechiefdes troupes patriotiques révoltés nous avsailloient infaillipirer une terreur iéelle aux
qui plus maintenss par le
blement, - du monent qu'sls nc scront Co seroit après avoir cté le
respect dû à votre préence. de T'Oucst, devenir indivectement son
sauveur de la province idée, d'une vérité véelle doit faire frissonner
destructeur. Cette donce, aussi franche - aussi ginérense q"e celle
une ame aussi
Restez donc, monsicur.au
quevous nous avez développée. chérissent, que vous avez tons lcs
milieu de ceux qai vons
haut degré d'estime pour
dc conduire au plus
moyens possibles
volre influence dans toutes les
vous - ct continuez à répandre Tanivée des forces, ctde MM. les
parties de TOuest.jusqui nationaux- civils : dans cette némc
nouveaux commissaires Ce seroit unc injusticc réelle aux yeux de
province
rénnissant etle
l'assemblée nationale elle - mâne, quc leCap lc lientenant au goucorps législatif de la colonie, et M. de la présence du senl
vernement - général, nous privàt la révolution 1 ait abordé nos
étre bienfaisant qui, depuis
vous tirer de notre sein,
parages, et nous laissât, en voulant
sans aucun appui.
de T'Onest peut n'exister
Le re:our à l'ordre dans cette des partic ennemis secrets ( vous en êtes
qu'ea apparence. Nous avons saisiroient l'instant de votre départ
convenu vons-même) leurs qui trames odienses. Votre résidence an
pour donner cours
seule
de déconcertes
contraire, dieoncertera, et est
capable
leurs projets.
Le conseil d'alministration est d'ailleurs persuadé qu'ayant
daji par vos conseils, et sur-tout par votre cxemple, tamenercz procuré insensiJ'union et la concord: dans l'intcricur 1 vous
primitif n'est
blement l'ordre au-dchors dont le rétablissoment
du qu'à vous senle
vous ne pourrez pas vous
Nous pensons 1 et probiblement vous-môme que l'einission par écrit
empécher de reconnoitré la
qui vous cst prepose, peut
de votre veeu sur proclamation de l'invitation dc fassem.biie coloremplir parlaitement l'objet
E2
enercz procuré insensiJ'union et la concord: dans l'intcricur 1 vous
primitif n'est
blement l'ordre au-dchors dont le rétablissoment
du qu'à vous senle
vous ne pourrez pas vous
Nous pensons 1 et probiblement vous-môme que l'einission par écrit
empécher de reconnoitré la
qui vous cst prepose, peut
de votre veeu sur proclamation de l'invitation dc fassem.biie coloremplir parlaitement l'objet
E2 --- Page 70 ---
niale; ect qu'an surplus 9 dats l'état des choses, votre gloire ne
voas permet pas de balancer entre une athésion de résidence
qui readiconseri Cr la seule provinceintacte de
et mc résolution de dépari qui, jettant le SainDomingue, trouble dans les
esprits, calc iables. occasionneroit des désordres funestes et des maux inLe conseil d'administration veus prie en conséquenee, M. le
commissaire national-civil, et vOES invite 1 au nom du bien
public, de renoncer à votre projct de départ
le
oii votre présence, à raison de la situation de la pour du Cap,
est évidemmment moins nécessaire
dans partie Nord,
demande instamment de
que
l'Onest. Il vous
et solides
peser avec artention les motifs
sur Iesquels il se fonde ponr réclamer Ct obtcnir justes
vous la continuation. de votres séjour all Port-au-Prince.
de
Il finit par vous solliciter vivement deremplir à-la-fois deux
devoirs qui daivent vous paroitre également précienx.
celui
d'acherer de sanver unc province, qui, destinée à vous
62 conse:vation - si vous consentez à terminer
devoir
vous avez commencé, ne cessera jamais de vous l'ouvrage avouer que sa
Icconnoisance.. T'honneur
: 1 et celui de porter au plos haut période
que vous vous étes acquis jusqu'à
en
trouvant le seul de tous les chargés de pouvois présent de la vous
française à
nation
offrir
Saint-Domingue . qui puissiez en CC noment lui
quelques précieux restes de la plus superbe colonie de
T'univers, malgye les efforts inouis,
reuseinent, dans cet instant.
multipliés 1 et malhcula
dans - pins redoublés quc. jamais, , pour
renverserjusques
scs fondemens.
Port-au-Prince, 14 Septembie 1792.
SALUT: Signe, gh. Brune:, frésidént el majorSimon, secrétaire;
géniral;
chef. du second bataillon Busque 1 chef du premier balaillon ; Forest,
bataillon;
: A. Fournier, 1 major au toisième
Laserre, 1 major du quatrième Pichon, commandant
delat première compagnic du quatriame batailion
gtnèral; Jean Cremessey :
:. Jirion, , eide-mnjor
sons-lieulnnant : B. Quichelle, lieulenaut: Hinrtel, sajor du premier bataillon :
saire de la garden nalionale all conseil
Charrier, commisd'adminiutralios: J. Caoulle,
commissaire : Matthieu, Clausson, commissaire; Dubois
commissaire ei capitaine en second de la première
du fils,
siëme bateillon; Dubois
compagnie troi.
Rey - Dehassossel, - gswrin-sefie-uberiond ; Boislandry;
capitaine Biquillon 1 chef de bataillons
Petrusset, lieuieaonl ; Pascaud, chef du troisitme bataillon,
, commisd'adminiutralios: J. Caoulle,
commissaire : Matthieu, Clausson, commissaire; Dubois
commissaire ei capitaine en second de la première
du fils,
siëme bateillon; Dubois
compagnie troi.
Rey - Dehassossel, - gswrin-sefie-uberiond ; Boislandry;
capitaine Biquillon 1 chef de bataillons
Petrusset, lieuieaonl ; Pascaud, chef du troisitme bataillon, --- Page 71 ---
La municipalité du Port-an-Prince, en réitérant ses instances
amprès de M. be comantasai:e wational-civil, pour le poiter a
continuer va résideuce en cette ville, sej joint au couseil d'administration de la sarde nationale - ct appuic sa pénition qui tend
au bien ct aux avantages de la provinee, ct quia pour objet
de prévenir les maux qti pourroient résul.er de Téloignement
de M. le commissaire civil.
Port-au- Prince, en la maiten cemmant, le 14 Septembre
1792.
Sigsé.1aarNsoURf., maire; TAXIS DE BLAIRIAU,
prucureur de la commune; J- MACAHAR,
secrétaire- grefier.
Extrait des Registres des délibération; de PAssemblée Provinciale,
et prouiscirement administrative de l'Ouest.
Seance du 14 Scptembre 1792, au matin.
L'assemblée - délibérant sur l'exposé du conseil d'administration de cettc ville, pénétrée de l'utilité de la présence de
M. Roume en cette province et prenant dans l plus haute
considération les mouifs exposés par MM. de la garde nationale,
anpuie de tous Ccs moyens ct de son inflsence 1 auprès de
M. lc commissaire sational-civil, les démarches qu'ils font en
cettc circoustance.
En conséquence ellc requiert 1 au nom du bien public,
M. Roume. commissaire national-civil, de continuer son séjour
en ccite province 1 ct plus paiticulièrement en cctte ville,
jusqu'a l'arrivée 1 dans cette méme previtce, de MM. les
commissaires nationaux - civils; arréte que la présente réquisition lai scra présentée par denx commissaires de T'assembléc,
nommés à cet effet, qui accompagneront la députation de
MM. du conseil d'acministrat.on.
Refport de Palit: Rore Roure.
ES --- Page 72 ---
Fait et clos en séance, les jours 1 mois ét an que
dessus.
Sigué at Registre, CROIZIER, ex-président.
COURTY et BERTRAND, secretaires.
Collationné.
Signé, CROIZIFR, président de la séance,
COURTY, secrétaire.
Pour copie, ROUME.
No. VI.
Les Citoyens de couleur et Nègres libres
armés, réunis au Port - au - Prince,
AM. ROUME, commissaire national- civil, délégué
par lc Roi aux Isles françaises sous le vent.
M N SIE UR,
Le succes de vos opérations pour le rétablissement de l'ordre
dans la province de i'Ouest, ct la conservation de ce précicux
reste de la colonic , n'est pas moins dû à l'heurense inflnence
que vous donnent vos vertus personnelles sur tous lcs individus
qui Thabitent 1 qu'à l'efficacité des noyens que vous avez
employés.
On ne doit pas se dissimuler que la douce tranquillité dont
nous jouissons maintenant 1 repose sur voire surveillance paterternelle ct sur T'heurcux effet de votre présence dans cette
province.
'Ouest, ct la conservation de ce précicux
reste de la colonic , n'est pas moins dû à l'heurense inflnence
que vous donnent vos vertus personnelles sur tous lcs individus
qui Thabitent 1 qu'à l'efficacité des noyens que vous avez
employés.
On ne doit pas se dissimuler que la douce tranquillité dont
nous jouissons maintenant 1 repose sur voire surveillance paterternelle ct sur T'heurcux effet de votre présence dans cette
province. --- Page 73 ---
Nous
votre départ pour le Cap. En mêmc temps
apprenons sur tous les citoyens amis de l'ordec ct dela
nous appeicevons l'espression du chagrin prefond que ceite nouvelle
coustitution dans tous les coeurs. Dans cctte circonstance alarà répandu
rassuiés que par notre grande conmante 1 nous ne sommes
ct de vos
fiance cn la sagesse de vos mcsurcs
opcrations.
Mais, M. le commissaive wational-civil, qui pourroit
des malheurs que votre absen:c d'ici peut OCnons garantir
casionner !
Daignez Axer votre sollicitude sur ces craintes 1 peut-être
écouter avec la bouté
vous caractrop fondées 1 daigucz
vous faisons :" ne point intérise linstante prière que nous
commissaires, votre
terrompre, jusqu'à Tarrivée des nouveaux
doit
séjour dans la province de l'Ouest, dont la couservation mission.
être actuellement l'objet le plus précieux de votre
Daignez agréer l'assurance de netre très- prefond respect.
Porl - ats - Prisce, 14 Septembre 1792.
Les membres du comité militaire des citoyens de couleur et
nègres libres 1 en garnison à Port-au-Prince.
Signé, G. Black : Beauvais : P. Caffé : A. Leprestre ;
ainé : Lafontan : Prunier ;
Petion 5 Ramy ; Lapommerye
Derjon
:
Boissic ; Temer : Tray - Torrer;
jeune Malique;
Ruoul : Lausié : Jean Hules ; Coulon ; Lundy : Plesance,
secrétaire : Daquin file, président.
Pour copie, Ronme.
citoyens de couleur et
nègres libres 1 en garnison à Port-au-Prince.
Signé, G. Black : Beauvais : P. Caffé : A. Leprestre ;
ainé : Lafontan : Prunier ;
Petion 5 Ramy ; Lapommerye
Derjon
:
Boissic ; Temer : Tray - Torrer;
jeune Malique;
Ruoul : Lausié : Jean Hules ; Coulon ; Lundy : Plesance,
secrétaire : Daquin file, président.
Pour copie, Ronme. --- Page 74 ---
No. VIL
COPIE de Fadresse de PAssemblée Frovinciale
et provisoirement administrative de l"'Ouest a
M. RoUM E.
a
Port-au-Prince, le 23 Septembre 1792.
Nons avons reçu ce inatin votre lettre datée de
lc 20 de ce mois, qui nous apprend votre départ Saint-Marc, le
ncus ctions informésde l'arrivée de MM. les nouveaux pour commis- Cap;
saircs civils : nous avens méme reçu de l'assemblée coloniale
Jeurs commissicns et une loi du 22 juin, copcernantleurs
voirs; nous nous sommes empresses de les faire publier, ct pou- nous
joignons ici un exemplaire des placards qae l'on affiche en ce
moment en cette ville.
de Nous vous remettons, monsieur, , 50 exemplaires dc l'arrêté
l'assemblée du 12 de ce muis, contenant l'expression de sa
reconnoissance I'Quest. Tont le pour Ce que vous avez fait pour la province de
I's dicté
mérite de cet homniage est dans la vérité
; novs espérons que l'assemblée nationale et le qui
reconnoitront vos services, ct les récompenseront d'une roi
niéredimne delan natienf française. Après avoir déposé votre carac- matèrc public, vous nons pailez en frère, en
vos
sions n'ea devieunent
ami;
expresnous vous assurens que plus persuasives pour nous 1 ct
Ics
que nous emploierons constamment tous
moyens qui sout en notre pouvoir pour maintcnir notre
aient simation fait actuelle", jusqu'à CC que MM. les commissaires civils
counoitre leurs dispositions.
L'on auroit une grande joie dans cette contrée - - si l'on
suprenoit que vous êtes associe à leurs travaux. Qni mieux
yue wsus - monsicur - connoit netre mal P Et qui mienx,
que vous peut y appliquer ie remède?
1 ct
Ics
que nous emploierons constamment tous
moyens qui sout en notre pouvoir pour maintcnir notre
aient simation fait actuelle", jusqu'à CC que MM. les commissaires civils
counoitre leurs dispositions.
L'on auroit une grande joie dans cette contrée - - si l'on
suprenoit que vous êtes associe à leurs travaux. Qni mieux
yue wsus - monsicur - connoit netre mal P Et qui mienx,
que vous peut y appliquer ie remède? --- Page 75 ---
Nous avions étermind d'envoyeran Cap un dépn:é, principalement pour ticher de dissiper la prévention que MM les
commissaires civils doivent avoir coutre nons, aiusi que contre
les autres coips, puisque nous voyons consigné dans'laloi que
l'assemblée nationale a suppcsé qu'ils pouiroient épronver dc la
Tesistance à s'introduie dans la colonic. Mais, monsieur. 1 la
bonne opinion que vous avez conçue de nous - parce que
vous nous avez connus 1 nous a fait penser que vous voudiiez bien enployer vos bons ofices aupres de ces messicurs 1 pour détruire les mnauvaises impressions que l'on a
cherché à leur donner de nous. Nous nc députerons donc
point en ce mement ; nous allons nous tenir préts à leur
sonmettre nos actcs et notre conduite, 1 s'ils veulent les examiner : et nous prisumons bien que, pour nous juger, ils
se reporteront aux temps et aux circonstances o1 nous nous
sommes trouvcs 1 qui sout tels que totte la révolution fiançaise n'en préscnic ni d'aussi difficiles ni d'aussi perilleux.
SALUT: Signé, CROISIER, ex- -président, BFRTRAND et
COURTY, secrelaires.
Poxr ef,ROUNE.
No, VIIL
EXTRAIT des Registres de lAssemblée Provinciale
et provisoirement administrative de l'Ouest.
Scance du 12 Septembre 1792.
M. le commissaire national-civil sc présente à l'assembléc,
y prend séance et dit, qu'étant à l'Arcahaye, il a eu l'occasion d'apprendre par nu membre de T'assemblée coloniale,
que MM. les nouveaux commissaires civils . au lieu d'ariiver
à Saint - Marc - comme on l'avoit d'abord annoncé, débarqueroient au Cap i qu'étant nécessaire qu'l Sc touve au
'Ouest.
Scance du 12 Septembre 1792.
M. le commissaire national-civil sc présente à l'assembléc,
y prend séance et dit, qu'étant à l'Arcahaye, il a eu l'occasion d'apprendre par nu membre de T'assemblée coloniale,
que MM. les nouveaux commissaires civils . au lieu d'ariiver
à Saint - Marc - comme on l'avoit d'abord annoncé, débarqueroient au Cap i qu'étant nécessaire qu'l Sc touve au --- Page 76 ---
lien de leur debarquement , il auroit continud la route de
P'Arcahaye au Cap', s'il n'aroit donné â l'assemblée 1 lors
de son dépait, sa paroie dc revenir ici : qu'il lui annonce
aujourdihui que ce n'est qu'avec regret qu'il partira samedi
prochain ponr le Cap.
M. le président Jui térioigne combien l'assemblée en particulier, la province et ia colonie cn général lui doivent de
remesciemens, et coubien elle s'atilige de ie voir partir,
dans un moment oà sa présence est s: prééicuse ; il l'invi:e
à matiifester à MM. les nouveaux commissaires ies sentimens
des citoyens du Port-u-Prince, persuadée qu'il leur rendra
la justice qui leur cst dic, et que se rappelant que la conservation de TOuest est son 'ouvrage, il nc l'abandonnera
jamais.
M. le commissaire SC retire. Sur la motion d'un membre,
l'assemblée considérant que - quoique lors de l'arrivée, en
ccite ville 1 de M. Roume, rominissaire national-civil, la loi
du 4 avril dernicr y avoit été promulgace, la province étoit
neanmoins dans un tel état > que. presque dans toures les
partics, l'agriculture y étoit delaissée, les atreliers y avoient
été, ou y ctoient cacore plus cH moins.insurgés ; la circolation
y étoit intereeptée, et tout y. tendoit à la destructioa la plas
prochaine et la moins inévitable ;
Considérant que cc n'cst qu'aux fréquens voyages de M. le
commissaire national- civil dans les diverses paroisses de la
province 7 qu'est dà le commencemnent du retour de l'ordre
de la part des atteliers, l'entréc en ville des denrécs fabriquées,
la reprise des traraux de l'agriculture 1 ct! l'espoir d'arracher aux
décoibres de la partie frauçaise de Sar-Bomingue,s province de l'Ouest, encore foible gage du commerce français
dans cette ile;
Déciare qu'elle vole, au nom de la province, des remerciemens a M. Roume, commni-saire national-civil, pour les
soius 1 les peines : les fatigues, et les vovages auxquels il
s'est livré depuis qu'il CSI dans la dépendance ;
Déclare qu'elle pense que ce n'est qu'à son influence
et à SOn zèle infatigable qu'est dic la conservation des
proprictés, et sar-tont l'état de calme dont elle jouit en Ce
moment;
Déciare qu'elle vole, au nom de la province, des remerciemens a M. Roume, commni-saire national-civil, pour les
soius 1 les peines : les fatigues, et les vovages auxquels il
s'est livré depuis qu'il CSI dans la dépendance ;
Déclare qu'elle pense que ce n'est qu'à son influence
et à SOn zèle infatigable qu'est dic la conservation des
proprictés, et sar-tont l'état de calme dont elle jouit en Ce
moment; --- Page 77 ---
wDéclare qu'elle ne le voit qu'avec le plus grand regret abandomer cette partic - et le pue d'être son organe aupres de
MM. les nouveaux commissaires civils, et de fixer,leur, sollicitnde sur la province de l'Ouest, la seule qui offre encore
quelques ressources i la colonic ct a la métropole 5
Arrite que le piésent scra adressé à la commission nationale,
à lassemblie coloniale, à M. le général, et à M. le directeurgénéral des finances, ct rendu pablic par la voie de l'impression
au nombre de cing cents exemplaires.
Fait et clos en séance, les jour, mois et an que dessus,
ct ont signé :
CARADEUX LACAYE, président.
COURTY et BIRTRAND, secrétaires.
Collationné. HUARD le jeune, secrétzire garde des archives.
A PARIS,DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. --- Page 78 ---
P3uie
- --- Page 79 --- --- Page 80 ---