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QUESTIONS
RELATIVES
AUX COLONIES. --- Page 4 ---
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a
S
E T A T
DES QUESTIONS RELATIVES
AUXCOLONIES
L'ASSENSLÉE a manifefté, Mardi, à fes Orareurs,
que far les objets qui lui font foumis, elle n'a
befoin que de fairs & de raifons.
Voici donc ceux, relatifs aux Colonies, fuar lefquels
fa fageffe doit prononcer.
Jamais rien de fi important, peur-être, ne peur
P'occuper.
PREMIÈRE QUESTION.
Elle eft urgente & ne peut être confondue avec
aucune autre.
Donnera-t-on des fecours aux Colonies ?
Oui,
IDe L'infurrreétion --- Page 6 ---
Io. L'infurreétion des Noirs de la Martinique & de
Ia Guadeloupe, eft atteftée par une grande quantité
de lettres parvenues aux Colons propriétaires, qui
réfident en France, & à P'AfTemblée Nationale ellemême,
aConeinfirredtion.flfnm'amdeitpasfaprogrss,
fe porteroit jufqu'a Saint - Domingue & aux autres
Iiles. Alors le mal feroit irremédiable. Le nombre
des Noirs bien plus grand à Saint- Domingue, que
dans toute autre Ilc ; la proximité & le voifinage
de la partie Efpagnole, font deux moyens qui concoureroient également à rendre infuffifans le courage
& les forces des Colons ; & la France, par un feul
moment d'erreur ou d'inattention, feroit une perte
qui détruiroit un commerce inappréciable dans fon
aétion & fa réadtion : commerce qui eft le feul
qui lui refte, &c qui, feul, dans l'état actuel de
l'Europe, peur affurer la grandeur & la profpérité
de cet Empire.
3", Si, par leur courage &c leurs foins, les Colons
de la Martinique font venus à bout d'arrêter, pour
un inftant, , V'infurredtion, ces Colons, étant à SaintDomingue, en bien plus petit nombre, relativement
à celui des Noirs, ils feroient hors d'état de réfifter
à une infurrection générale : leur feule force eft dans
la fubordination que les Noirs leur doivent.
4.I Le feul moyen de rappeler cette fubordination,
avec tous fes avantages, pour le Commerce & la
Nation entière, eft d'en impofer par des moyens dont
Tulage fera réglé, de concert entre les Agens du
Pouvoir exécutif & les Affemblées Coloniales.
nombre, relativement
à celui des Noirs, ils feroient hors d'état de réfifter
à une infurrection générale : leur feule force eft dans
la fubordination que les Noirs leur doivent.
4.I Le feul moyen de rappeler cette fubordination,
avec tous fes avantages, pour le Commerce & la
Nation entière, eft d'en impofer par des moyens dont
Tulage fera réglé, de concert entre les Agens du
Pouvoir exécutif & les Affemblées Coloniales. --- Page 7 ---
PROJET DE DÉCRET SUR CETTE PREMIÈRE
QUESTION,
L'Afemblée décrite, quc fon Préfident fe retirera
devers le Roi, à l'effet de Jupplier Sa Majefté de
prendre en confidération l'état alarmant des Colonies J
6 d'ordonner aux Agens du Pouvoir exécutif d'employer,
de concert avec les Alemblées Coloniales 3 tous les
moyens propres à J rétablir ou à J maintenir l'ordre
& le calme.
SECONDE QUESTIO N.
Renverra -t-on toutes les Motions, qui pourroient
être faites relativement à la Colonic de Saint Domingue, ou au moins celles qui auroient quelque
rapport à fon régime intérieur ?
Oui.
1°. Rien, dans le régime intérieur, ne périclite
dans les Colonies.
C'eft une vérité de fait, accordée par tous cenx
qui ont quelque connoiffance de leur état (1).
2°. L'A(emblée Nationale ne peut avoir que par
les Colonies, les inftruétions & le plan de régime
qui leur convient.
() Adreffe des Propriétaires Colons, réfidants en France, 3 page IO,
Réflexions fommaircs, fignées Laborie, page 14.
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Tout le monde eft encore d'accord de cette
vérité (2). Le climat, le phyfique, le moral,
l'influence des faifons & des élémens, &c. rien ne
fe rapporte à ce que Ia France préfente,
3'. Si l'Affemblée n'a pas les inftruétions & les
connoiffances locales, pour former la Conflitution
des Colonies ; fi la Colonie de Saint-Domingue
eft toute à Saint-Domingue (3); fi les autres Ifles
font routes en elles-mêmes ; fi les lumières néceffaires
à leur régime font dans leurs Colons & dans leurs
Habirans, il eft jufte, il eft indifpenfable de les
entendre.
Seuls ils peuvent, fous l'autorité & la protedtion
de PAffemblée, faire les Loix de ce régime intérieur 3 auxquelles feuls ils doivent obéir 3 car
une Loi n'eft une Loi : que parce qu'érant
l'expreffion de la volonté générale, elle eft répurée
la volonté de chaque particulier.
En un mot, laiffer aux Colons le droir de préfenter
leurs Loix, c'eft leur laiffer celui dont ufe l'Affemblée
elle-même 5 c'eft les unir entr'eux & à la même
Mère-Patrie, par un lien indiffoluble, leur volonté
même ; & c'eft jeter les feuls fondemens durables
d'une harmonie dont les avantages font incalculables
pour les deux hémifphères.
(2) Même Adreffe des Colons, ; page II.
Mêmes Réflexions fommaires, page 9.
Mémoire du Miniftre de la Marine, 3 du 2708tob. àl T'Afemblé-Nationale,
(3) Réflexions fommaires, fignéss Laborie, page 8,
leur volonté
même ; & c'eft jeter les feuls fondemens durables
d'une harmonie dont les avantages font incalculables
pour les deux hémifphères.
(2) Même Adreffe des Colons, ; page II.
Mêmes Réflexions fommaires, page 9.
Mémoire du Miniftre de la Marine, 3 du 2708tob. àl T'Afemblé-Nationale,
(3) Réflexions fommaires, fignéss Laborie, page 8, --- Page 9 ---
4". Pour écarter & prévenir à-la-fois tous les
projets des Puiffànces voilines, trop intéreffées, &
auxquelles rien n'échappe, il faut un Décret de
PAffemblée qui leur faffe perdre d'un même coup,
& tout efpoir d'égarer fa fageffe, & tout moyen de
diftraire & de fariguer fon attention,
PROJET DE DÉCRETS SUR CETTE SECONDE
QUESTION.
LAfemblée décrète qu'aucune Motion relative au
régime intérieur de St-Domingue, & des autres Colonies,
ne pourra lui étre préfentée, avant que ces Colonies
elles-mémes, aient adrefé à PAlemblic Nationale les
infrudions & les projets des Loix & du régime auxquels
elles doivent être Foumifes.
TROISIÈME QUESTIO N.
Faur - ii crablir, dans Pdfemblee, elle - méme, uTs
Comité Colonial ?
Non,
Il feroit inutile ; il furchargeroit l"Affemblée ; il
diftrairoit l'attention & les lumières d'une partie de
fes Membres, fans aucune utilité pour elle. Il feroit
renaître dans les Puiffances voilines, l'efpoir de faire
réuffir leurs tentatives : en un mot, il pourroit être
dangereux.
I°. Tour ce qui intéreffe les Colonies, dans leur
union à la Mère-Patrie, &c dans les avantages réciproques qu'elles fe procurent, peut fc rapporter a --- Page 10 ---
un des Comités déja établis, 8
tous les inconvéniens qui
Là, on remédicroit à
2°, Etant certain
pourroient naître.
fes Membres, que les que P'AfTemblée 5 qu'aucun de
admis dans fon fein, & Députés qui font mêmes des Colonies,
qu'ils font embarrafis, n'ont
obligés de convenir
fante
aucune inftruction
feroit relativement oifif & à aux Colonies, le Comité propofé fufficharge à P'Affemblée,
3°. De quelles marières à
ce Comité, quand toutes les préparer matières veut-on charger
Saine-Domingue & dans les autres Colonies font encore à
Quelles matières
?
Colonies n'aient dû peuvent-être voir &
préparées, que les
puifer ces matières, ailleurs connoire ? où peut-on
fe méfieroient avec raifon de que chezelles'Les Colonies
pas fournis ; & quelle confiance tout cequ'elles n'auront
même, pourroit-elle donner à des PAfembléc, elleaux Colonies
matières
infu ?
3 préparées loin d'elles & relatives à leur
4°. Enfin il fera toujours temps d'érablir
Colonial, quand les inftruétions
un Comité
des Colonies, ainfi :
locales feront venues
PROJETDE DÉCRETSURCKTTE:
TROISIÈNE
QRESTION.
L'Alembléc déclare gu'il n'y a lieu à délibérer
ritailiffement d'un Comité Colonial.
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B
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Yoay
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