--- Page 1 --- --- Page 2 ---
dee
Jabir Carter
Brown
Eihrirg
Bmmut
Hntpervitg
CHA ADE ENAT
RI ru stins, --- Page 3 --- --- Page 4 ---
- a
7olle
--- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
QUATRIÈME PARTIE
DU
M É
MOIR E
JUSTIFICATIF;
DE JOSEPH - PAUL-AUCUSTIN
CAMBEFORT, Colonel du
Régiment du Cap;
CO M M U N,
A ANNE-Louis TOUSARD, Lieutcnant- Colonel, à tous les Officiers, SousOfficiers & Soldats du même Régiment,
déportés de Saint-Domingue, par ordre
des Commiffaires Civils, déligués par le
Pouvoir-Exscuif aux Ifles Frangaifes
de P'Amérique fous-le-vent.
Les Pièces qui forment cette quatrième Partie, 3
font celles que j'ai annoncées dans mon Mémoire.
Les Originaux font dépofés au Comité Colonial.
1793. --- Page 10 ---
M
à
N a
D d --- Page 11 ---
E X T R A IT
ANALYTIQUE
DES PIÈCES
JUSTIFICATIVES
Je ne ferai point imprimer toutes les Pièces
énoncées dans Ce Mémoire, elles lui donneroient beaucoup trop d'étendue 3 mais il eft
néceffaire que la Convention Nationale &
le Public connoiffent celles qui répondent
le plus diredtement aux inculpations
ont été faites.
qui nous
On a fuivi, pour cette analyfe
dans lequel Ces Pièces ont été
, l'ordre
le cours di Mémoire.
indiquées dans
Les Pièces du fipplément me font arria
vées après impreffion. En les lifant, on en
fera facilement
l'application aux queftions
que j'ai difcutées, & aux Pièces antérieures
qui leur font co-relatives.
Aij --- Page 12 ---
A
No. I.
Juillet 1792.
révoliés, à
originale des Chefs des Nègres
Lettre
aux Commiffaires
TAfemblte Générale 2
de la Partic
Nationauz 8 aux Cizoyens
Frangaife de St.-Dominguc.
de cette Pièce m'engagealin.
L'importance
J'en fuis deprimer en entier &c littéralement.
parlabfence des Commifvenu propriéaire
L'Affemblée Colofaires Civils & du Général.
certifices.
de moi des copies
niale en a reçu
M E S S I E U R S,
devous préfanter
ont T'honneur
c CEUxqui
claffe d'hommes que
eft une
ces Mémoire
méconnus pour vOs
vous avez jufqu'à préfent
couvert
femblables, & que vous avez
d'oples accablant de toute lignominie
probre en
fort, ce font des
attaché à leur malheureux choifir les grands
hommes qui ne favent
ce & à
mais qui vont vous montre
mots
de leur caufe; enfin
toute la terre ia juftice
vOS efclaves
ce font ceux que vous appelez
hommes
réclament les droits que toute
& qui
peut prétendre.
qu'à préfent
couvert
femblables, & que vous avez
d'oples accablant de toute lignominie
probre en
fort, ce font des
attaché à leur malheureux choifir les grands
hommes qui ne favent
ce & à
mais qui vont vous montre
mots
de leur caufe; enfin
toute la terre ia juftice
vOS efclaves
ce font ceux que vous appelez
hommes
réclament les droits que toute
& qui
peut prétendre. --- Page 13 ---
4 Trop long-tems Meflieurs par un abus
qu'on ne peut que trop accufer d'avoir lieu
par'hotte peu d'enteridement & notte egnorarice depuis long-tens dis-je nous avont été
les victimes de votte cupidité & de votte:
avarice s fous vos coups de fouet barbare'
nous vous accumtlions lestréfors, dontiyous
jouifliez dans cette Colbnies,Tefpece humainel
fouffrait de. voir avec' qu'elle barbaries vous?
traitiés ces bommés "commes vous our fides
hommes & fur qui vous n'avez d'autre droit'
que'celui du plus fort & du plus barbare
de nous vous en faifiez" tin trafique Vous
vendicz des hommepour-des cheveauk 8
c'eft encore le moindre de vous forfite aux
yeux de Thumanité, notre"viene dépendott'
que de vos caprices, & quiânt il
de
vous
Tagilfenr
recreer cetait fir un homme commes'
vous qui bien fouvent n'avait d'autre crime
que celui détre fous vos ordres.
Nous"fommes noirs' - P: il eft vrait maisderl
nous Meflieurs vous qui etes fi jadicieux qu'el
eft cette loy qui dit que T'hommes noirs doie
appartenir & etre une propriété a l'homme
blancs certainement que vous ne pourrez
nous la faire voir ol fi elle exilte ce n'eft pas
dans' votte imagination
que
toujours prete a en
Aiij --- Page 14 ---
nouvelles des lors que c'elt a votte
former de Mellieurs nous fommes nes libre
ayentage,oui vous, & ce nelt que par votre avariçe
comme
quieftt tenu dans T'elclavage
& notre ignorance
voir ni
jufqu'a ce jour, & nous ne pouvons
fur
trouver le droit que vous pretendez avoir
ni rien qui puiffe nous le prouver
nous,; fer la terre comme vous etant tous
placé
crés fur une me me
enfants d'un meme Perre
en droit
image nous fommes donc vos egaux
les
naturel & S la narure fe plait a diverlifier
humain il n'eft pas un
couleurs dans lefpece
blancs
crime detre nenoirs ni kuneavantagederre des a
annés qu'ezipoient
8 sily a quelques
cetoit avant quune
bus. dans la Colonies 53
lieu dans la
heureufe revolution qui a cit
chemin
Patries 8qui nous a frayé le
Merc
& -nos travaux fauront
que notre courage
arriver au temple de
nous; fairk, gravir pour braves Frangais qui
la Liberté comme ces
lunivers comfont mps. madeles & gue tou
nos
longrems nous avons porté
temple, trop
les
mais toute
chaines fans penfer a fecour, fur la vertu &
autorité qui n'eft pas fondé
afftijettir
fur Thumanité & qui ne tent qu'a
doit
celui qui eft fon femblable
a T'efclavage telle eft la votre yous MelFeurs
avoir une fin &
ir pour braves Frangais qui
la Liberté comme ces
lunivers comfont mps. madeles & gue tou
nos
longrems nous avons porté
temple, trop
les
mais toute
chaines fans penfer a fecour, fur la vertu &
autorité qui n'eft pas fondé
afftijettir
fur Thumanité & qui ne tent qu'a
doit
celui qui eft fon femblable
a T'efclavage telle eft la votre yous MelFeurs
avoir une fin & --- Page 15 ---
vous pas Jurer de
Eremtere
mainzenir la
francaife dont vous etes les membres conficuzion 6
elle c'ette repetable
que diz
loir
confitution & quelle effa
fondamentale, aver vous oublié que vous
awefarmellmeajunde la declaration desdroits
de t'hommes gui dit que les hommes
libres bégaizen droit &
naiffent
font la
quelesdroits naturels
liberté, la proprieté la "fureté & la
refiftance a lopprefion, fi
:
ne pouvez le nier vous
donc comme vous
dans
avez juré nous fommes
nos droits &
vous'devez vous reconnaitre
Parjure & par vos décrets vous
que touze homme ef tibre, S
recoxnoiffer
tenir la fervitude
vous vouleymain-
:7 mille individus pour quatre cens quatrevinge
qui vous font
C ce que vous
jouir de tout
poffedez vous nous offret
vos envoyés de nous donner la liberté par
chefs ceft encore une de vos maximes aux
litique c'eft a dire
en poété de
que ceux qui nous aurair
moitié dans nos travaux ferait livré
nous pour étres vos victimes
par
rons la mort mille fois
non nous prefeque dagir de cette forta
visa a vis de nos femblables & fi
nous accorder des biens faits
vous voulea
il faut
qui nous eft due
quil rejailliffent fur tous nos freres,
Vous Meflieurs de l'Afemblé
Général
A iv --- Page 16 ---
le fort de'cette" Colonies eft confié,
eh.qui
de.la preferver defa defill efl encore temps
- ce mémoite
truéion totale > refiechifier a
pelet voS intérêt, & apprèner que noits faufi vouss prefiftez à nous refufer
2 rons mourir
femblables demander
ce qui.nous & nos
Vous Monfieur le Comtmiffaire Nationale
vous que etes venu dans'cette. Colonie pour
pacifierles troubles, & qui etes envoyé Apar lz
Nation.S le. Roi, vous aver étézémoin des
débats quia eu lieu aLAfemblé Nationale
la liberté de Phomme, rempliffez vios
pour
à légard de tous les
devoirs & foyez jufte
hommes,ils font également chers àlhumanité qui fait la bafe de vos principes! icos
Vous Citoyens de lai Golonie en général
en, l'hommes noir qu'un de vOS
ne voyet plus
titre' d'hommes
freres nel lui refufet pasi ce.
&
julte envers lui
qui lui appartient foyet
alors vous reverrez la profpérité regnédans
alors vous jouiret de. vos recette Contré,.
venus vous ferez chez- vous ils vous:aimera
comme fon pere 8 fon bienfaiteurs. NDI
Vous Citoyens de Couleurs en particulier
n'oubliez jamais que fi vous tenez ce titre
refpe@able ce n'eft que par le travail des
hommes que vous voulez égorger fouvenet
&
julte envers lui
qui lui appartient foyet
alors vous reverrez la profpérité regnédans
alors vous jouiret de. vos recette Contré,.
venus vous ferez chez- vous ils vous:aimera
comme fon pere 8 fon bienfaiteurs. NDI
Vous Citoyens de Couleurs en particulier
n'oubliez jamais que fi vous tenez ce titre
refpe@able ce n'eft que par le travail des
hommes que vous voulez égorger fouvenet --- Page 17 ---
vous qu'ils font VOS freres vos parens & que
Jeur fang coule dans Vos vaines fouvenet
vous dis-je que un de VOS braves Freres fut
vidime pour vous & qu'ily eut nombre d'autres facrifiés par Vos ennemis > n'oubliet pas
fiur-tout qu'Ogé eft mort viétime de la liberté
8 Jouvenet vous qu'on fit le fermen dans
Lerécrable Alemblé Provincial de verfer
jufqua la derniere goutte defangplufôe que
de permettre l'erécution du décrets du 25
maien votre faveur.
Et a1 vous qui avez traverfé méres pour combattre, des hommes, qui veulent reclamer leur
droirc'efi dire ceux qui leur appartient &
qHe vous a A avet vous; même jurer de faire obJeryer : -
avez vous oubliez tous vos traveaux
poHr parvenir à l'égalité avez vous oublié que
fi vous,aviet fuccombé, Ce que vous auriez
foufert,vous êtes victerieuxvous etes parvenu
au bur que vous cherchiez a attendre & bien
pacsiore français penfer en vousque ceux que
vous J vouler combattre foutiendront jufqu'au
moment 94 leur droit leur feront accordet,
& quil Prefere mourir libre que de vivres
élclaves.
Meflieurs vous avet vu en peu de mots
notre façoa de penfé elle eft général & c'eft --- Page 18 ---
IO
avoir confulté tous ceux a qui nous
apres
liés pour une même caufe que nous
fommes
demandes, que voici.
vous prefentons nos Liberts général de tous
Premierement la
les hommes detenu dansl'efclavage.
le
Deuxiemement aminiftie général pour
paffé.
de fes articles
Troifiement la garantic
par le Gonvernement Efpagnol. ci- deffus
Quatriement les trois articles
font la bafe & les feul moyen de pouvoir
foit
pour les
une
refpectable
avoir
paix qui
fera
deux partis fauf apres l'acceptation qui
de la Colonies & approuvé de
faite au nom
M. le Lieutenant Général & des Commiflaire
civils de la préfenté aul Roi 8 à
Nationnaux Nationale fi comme nous le defiT'Affemblé
rons les articles ci deffus foient accepté.
Nous nous obligeons a ce qui fuit favoir
de mettre bas les armes 3
premierement
chacun dans Thabitadeuxiement de rentrer
&c d'y reprendre fes tration ou ilappartenoit
fera fixé par
veau moyennant un prix qui
Cultivateur qui commenanné pour chaque
fera fixé.
cera a courir du tems qui
des hommes
E Voila Meflieurs la demande
dernier
font vos femblables & voila leur
qui
Nous nous obligeons a ce qui fuit favoir
de mettre bas les armes 3
premierement
chacun dans Thabitadeuxiement de rentrer
&c d'y reprendre fes tration ou ilappartenoit
fera fixé par
veau moyennant un prix qui
Cultivateur qui commenanné pour chaque
fera fixé.
cera a courir du tems qui
des hommes
E Voila Meflieurs la demande
dernier
font vos femblables & voila leur
qui --- Page 19 ---
II
réfolution & qu'il font réfolus de vivre libres
ou de mourir.
Nous avons I'honneur d'etre,
MESSIEURS,
Vos très-humble & obéiffant ferviteur, a
Signé, Biassot, JEAN - FRANÇOIS 3
& BELAIR.
No, I I.
2 juillet 1792.
Lettre dize philofophique, de la Haye, Curé
du Dondon, air premiers Commifaires
délégués à St.-Dominguc,
Cette lettre contient des propofitions de
paix vagues & indéterminées; mais on yvoit
les mêmes principes & les mêmes intentions
que dans la précéde ite. Elle porte entr'autres
chofes ces mots : Cc J'aiiu avec fatisfaction
s> les décrets de l'Afiemblée Nationale, les
3) exhortations pacifiques qui les accompa-
>> gnent; l'humanité les a didtés; la juftice les
1 a dirigés; la néceflité les a promulgués, --- Page 20 ---
Iz
si Entre les difficultés qui fe préfentent;
la
vient de Ha
33 Meffieurs 3
plus grande
>> teneur du décret [du 15 mai 1794.)Lors
Narionale
9> de fa rédaétion, > P'Affemblée
9 n'étoit pas initruite de l'état des chotes;
d'un mal, dont
>) elle ignoroit la grandeur
3> on avoit eu grand foin de lui cacher la
>> profondeur 8 l'étendue : elle n'a donc
P pu en prévenir les fuites fâcheufes, moins
la Com-
>>. encore y remédier. Heureufement
3> miffion honorable dont vous êtes revétus
>> vousautorife à lever, au moins provifoire3) ment, toutes difficultés.
>> D'après cet expofé, dont Ia vérité ne
>2 peut vous être cachée, je fuis intimement
2 perfunadé que le defir que. vous avez de
la
rétablies dans
9> voir la paix & tranquillité
>3 cette infortunée Colonie, vous fuggérera
30 )) les :1 moyens de donner aux intentions bienNationale, & a
>) faifantes de T'Afemblée
> laffection paternelle de notre bon Roi, toute
>> : l'étendue que. femblent exiger la grandeur
>2 du mal & les circonftances 95.
uis intimement
2 perfunadé que le defir que. vous avez de
la
rétablies dans
9> voir la paix & tranquillité
>3 cette infortunée Colonie, vous fuggérera
30 )) les :1 moyens de donner aux intentions bienNationale, & a
>) faifantes de T'Afemblée
> laffection paternelle de notre bon Roi, toute
>> : l'étendue que. femblent exiger la grandeur
>2 du mal & les circonftances 95. --- Page 21 ---
No. III
13 Décembre 1789.
Diplôme 2 fur parchemin 1 , accordé à
Cambefort, par l'Affemblée Provinciale du
Nord, ce en témoignage de la gratitude de
la Province, 2 pour le zèle & le dévouement
courageux avec leiquels il s'eft porté, dans
toutes les occafions', à appaifer les troubles
au milieu des Citoyens , qu'il 2 regardés
comme fes frères & fes enfans 92,
Ce Diplôme ef liferé de rubans bleu
& blanc, qui étcient dans ce tems les couleurs nationales adoprées dans la Colonie.
No, IV.
22 Septembre 1789.
Lettre de la Chambre du Commerce du Cap.
ce La Chambre du Commerce vous offre
- le tribut de reconnoiffance que vous doit
tout bon Concitoyen, pour la conduite fage
&modérée quevous avez tenue dimanche, 20
de ce mois, lors de T'efpèce d'émotion qui
eut lieu au fpectacle de cette ville, Nos en- --- Page 22 ---
fans, nos parens > nos élèves formoient une
partie des fpeclateurs 5; & il feroit
grande infailliblement arrivé quelques défordre dans
cette claffe de la jeuneffe qui nous intéreffe
le plus, f, par votre modération, vous
n'aviez arrêté & calmé la chaleur qui fermentoit dans les efprits 376
No. V.
a -
25 Oétobre 1789.
Arrêté du Comité Provincial, pour m'envoyer une députation 3 . afin de m'annoncer ec que je ferais à l'avenir membre
né de ce Comité, comme ayant mérité, s
la reconnoiffance &
par mon patriotifine,
l'attachement de tous les habitans de cette
dépendance 3
No, VI & VIL
N 22 Avril & II Juin 1790.
Arrétés de la Municipalité du Cap, à
tefer d'envoyer une députation aux Officeer & Soldats du Régiment du Cap.
Cette députation a prononcé un difcours --- Page 23 ---
IS
figné de tous Ics membres du Gonfeil
nicipal,
Muconçu en ces termes :
MESSIEURS,
* Ex vous offrant, comme une'
civique, ce rémoignage
couronne
de
public d'eftime &
reconnoifance , nous cédons à un fentiment que votre patriotifme a gravé
dément dans le coeur de tous les bons profon. Citoyens de cette ville. Il
Meffieurs,
fera,
un
monument durable de votre dévouement
éclairé à
maintenir, au milieu des troubles
civils qui viennent de nous agiter,
la sureté & la difcipline
l'ordre,
militaire, dans la
plus floriffante Colonie du Nouveau-Monde,
Puiffe l'expreflion fincère de nos fentimens
être reçue de vous avec la même fatisfaction que nous reffentons à vous l'offrir!
Puiffe l'heureufe harmonie
le
qui nous unit &
nom de Citoyen du Nouveau-Monde,
que vous méritez à tant de titres, être le
fceau ineffaçable de notre union!
e Ce font, Meffieurs, les fentimens
vous nous avez infpirés & qui ne cefféront que
jamais de nous animer : nous les avons
cam
l'expreflion fincère de nos fentimens
être reçue de vous avec la même fatisfaction que nous reffentons à vous l'offrir!
Puiffe l'heureufe harmonie
le
qui nous unit &
nom de Citoyen du Nouveau-Monde,
que vous méritez à tant de titres, être le
fceau ineffaçable de notre union!
e Ce font, Meffieurs, les fentimens
vous nous avez infpirés & qui ne cefféront que
jamais de nous animer : nous les avons
cam --- Page 24 ---
étemifer
confignés dans nos archives, pour f
nos vocux 8 vOs vertus!
Militaires du Régiment du Cap,
< Braves
de fidélité & d'obéiffance que
le témoignage donner à la Nation, à la
vous venez de
décrets de la Muniloi & au Roi 8 aux
at-,
cipalité du Cap,n'a pas trompé notre
Il vient d'être configné à jamais dans,
tente. faftes de la Colonie, pour. éternifer,
les
& apprendre à lEurope,
votre parriotifine,
du Cap a f, dans,
entière que le Régiment Roi, obéir à fes
tous les tems > aimer fon
Chefs, & mourir pour la Patrie 37,
ainé, Maire de la villes a
M. Chevalier 2
fuivant à M. Cambepromoncé le difeours
forts commandan: le Régiment du A Capfi je ne craignois
< M.le Commandant,
vous cade bleffer cette modeftie rare qui ME
f
enthoufiafme ne rapractérife, avec quel
& de
pellerois-je pas ici ces tems de troublés
qui ont maltslureufimsit
difcordes publics
femblable
agitéles Citoyens de cette ville,od,
d'autre égide que
au fage Nefor, n'ayant
votre -
vertu &c une doquence perfitafive;
votre fagelle & votre
peatamcdsanem
une --- Page 25 ---
une influence Gi heureufe, pour ramener à la
concorde des efprits aigris par le befoin d'une
Révolution!
Dans la paix, dans la
guerre > toujours
citoyen, toujours guerrier, pourfuivez votre
glorieufe deftinée. Si la tromperte fonne &
que la défenfe de la Colonie demande votre
bras,avec quelle ardeur ne la défendrez-vous
pas? Comme citoyen., comme guerrier, vous
trouverez toujours dans le coeur reconnoifant
de VOS concitoyens, la récompenfe qu'ils dois
vent à VOs talens militaires, ainfi -qu'à VOS
vertus patriotiques.
C .
No. VIII.
1c4
23 Aoit 1791.
Arrêté de l'Aflemblée Coloniale, qui de.
clare qu'il me fera voté des remerciemens
pour la' conduite que j'ai tenue pendant labe
fence! du Lieutenant au - Gouvernement -
Général >,
1n
Deux Commiffaires m'ont été députés pour:
me faire part de Cette délibération.
B
dois
vent à VOs talens militaires, ainfi -qu'à VOS
vertus patriotiques.
C .
No. VIII.
1c4
23 Aoit 1791.
Arrêté de l'Aflemblée Coloniale, qui de.
clare qu'il me fera voté des remerciemens
pour la' conduite que j'ai tenue pendant labe
fence! du Lieutenant au - Gouvernement -
Général >,
1n
Deux Commiffaires m'ont été députés pour:
me faire part de Cette délibération.
B --- Page 26 ---
No. VIII bis.
aiot
26 feptembre 1792.
8 Négocians de la
Letrre des Proprittaires
m'engeger a ne
e dépendance du Cap', pour
dans les càre
m'abfenter de la Colonie
pas
trouvoit.
b
conpanes oit elle Je
Monfieur, après trois anaSans doute,
violens orages >
nées pallées dans les plus
de toute
& les dangers
dans les fatigues
défirer le repos ; mais
efpèce, vous pouvez
Militaire tel que
nous favons auffi qu'an
& fes danvous, ne calcule pas fes peines
le falut public
perfonnels , quand
gers
T'exige.
de la Colonie en péril,
9> C'eft au nom
inviolable que vous
au nom de Fattachement &c que vos vertus
ont voué fes habitans, mérités, que nous
&vos fervices ont fi bien
de refter à votre polte:
vous conjurons
Monfileur : Cette ville
Achever votre ouvrage,
vous ont dit
dépendance
6 certe malheureufe
vous devoir encore
beaucoup'; elles peuvent
aufi crin
davantage dans des circonftances --- Page 27 ---
siques. - - Tous ont
-
befoin d'être éclairés.
par votre expérience ; & nous oferons le
dire, le brave & incorruptible
du
a befoin
Régiment
I - Cap'
de voir toujours à fa tête
le -D Chef qui a fu Gi bien le conduire
33.
Nota. Cette lettre m'a été écrite fur le
brait qui sétoit répandu, que mes affaires
perfonhelles & ma famille exigeoient
pe" m'ablentalle de la Colonie.
que
si wl brinn eal
ST5 - Dst stOilu
No, IX
zisl int p &
#1910 l Ocobre 1791.
Journal Militaire de ma
là plaine : de TAcul,
campagne dans
adrefé en forme de
SARIONUETAS 3
22101913 Licugnan-Gintral 33
au Gouvernemeni.
PU01 poN
ci Mon petit corps de
de 650
troupes, 2 compofé
hommes, dont 400 d'Infanterie
ftif lefquels j'en pouvois
>
compter quatrefingt'de mon Régiment & 2go de Cavalerie nol , formoit détix divifions de cbacune
deux brigades, dont ka force fe montoit
à plus de 2go hommes, eft parti du haurdu-Cap, à 4 heures du
matin, avec une
B 2
poN
ci Mon petit corps de
de 650
troupes, 2 compofé
hommes, dont 400 d'Infanterie
ftif lefquels j'en pouvois
>
compter quatrefingt'de mon Régiment & 2go de Cavalerie nol , formoit détix divifions de cbacune
deux brigades, dont ka force fe montoit
à plus de 2go hommes, eft parti du haurdu-Cap, à 4 heures du
matin, avec une
B 2 --- Page 28 ---
aller occuper le polte de
pièce, de 4, pour
colonne étoit deflinée
la Rivière-Salée. Cette
tandis
à couper la retraite aux brigands, ,
trois autres Brigades les attaqueque mes
fur trois points difroient vigoureufemient
L'attaque engagée, je me fuis porté
férens.
cent honnes
ventre -à-terre avec environ
le derrière de la Coupe
de, Cavalerie, par enfilée à la tête de cette
que j'ai enfuite
fuis arrivé fur la
même Cavalerie 3 & je
alloit mettre
fommité au moment ou l'on
j'ai fait
le feu à la pièce de 8. Auflitôr fur la crête
monter deux pièces de cânon
du Morne dont j'ai fait balifer Yalentour, it
fouailler avec de la mitraille: leiles
& enfuite
&
réfugiés dans les - Campéches - 3
brigands après une heure de cet exercice, après
enfin,
tous les reavoir fait briler génétalement Révoltés fur le Mornepaires quelconques des fait marcher. ma troups
aux-Anglais, j'ai
dont Taitrouvéle pont
vers la Rivière-Salée,
A l'aide d'un 25
& le chemin coupé.
rompu
j'avois avec moi, mon train
pont volant que
tous: mes chariors font
d'artillerie, ainfi- que difficulté ertrême. &
palfés, mais avec une
commencés
S grande,-que cette opération, midi. Eile étoit
à 7 heures, n'a fini qu'à --- Page 29 ---
d'autant plus
pénible > que les brigands
dant ce tems-là, nous harceloient
penaveç des
balles, qu'ils nous envoyoient des halliers
[ où j'eftime que trois mille hommes
voient fe réfugier], & Ce
poutraille
malgré la mique mes canons leur portoient. Il
eft réfuilté de ceci que j'ai eu un homme
de tué & quelques bleffés,
plufieurs
non-compris
Négres valets dont on ignore le
fort. Dans le nombre des blancs
trouvent MM. Selles,
bleffès, fa
Bertrand-Dotreuil &
Boulot; & parmi les
négres, mon Maîtred'hôtel, qui a reçu une balle dans la
jambe. Je ne vous dirai pas ce qu'on a tué
de brigands,le nombre doit être confidé
rable.
J'ai laifé la diredtion de la fuite de
cette opération à M. Lamaronnière. Soutenu
par une Brigade & deux pièces de
jaiété attaquer & enlever
canon,
enfuite
Saquenville. J'ai
envoyé mettre le feu 2ux cazes à
Négres de différens camps voifins
poient les
qu'occurebelles, 3 & notamment chez
Dupaty 5 piis j'ai envoyé délivrer uine Demoifelle, nommée Joly & une jeune enfanz
de 4 à S ans, &rc. &c. 32
B3
ère. Soutenu
par une Brigade & deux pièces de
jaiété attaquer & enlever
canon,
enfuite
Saquenville. J'ai
envoyé mettre le feu 2ux cazes à
Négres de différens camps voifins
poient les
qu'occurebelles, 3 & notamment chez
Dupaty 5 piis j'ai envoyé délivrer uine Demoifelle, nommée Joly & une jeune enfanz
de 4 à S ans, &rc. &c. 32
B3 --- Page 30 ---
Du premier Novembre, à IO heures du matin.
ne faut pas donner de
ce Perfuadé qu'il
les intimider I,
relâche aux brigands pour
en même-tems le retour d'une
& provoquer
cachés dans les
quantié de bons Négres,
retenus
je fuis parti ce
bois, ou
par force,
matin, à 8 heures & demie > avec ma Caaller attaquer le
valerie feulement, pour
étoient
camp de la Plaigne 5 mes difpofitions
trois côtés; je l'avois en
de le prendre par
divifée en trois colonnes. - - A
conféquence de la Barrière de la Plaigne, j'ai
5oo pas
la colonne dirigée
foncé, ventre-à.terre,avec
infdu côté de la Barrière : dans le même
tanr ef parti de derrière les haies; couvertes
cannes., un feu de file des réde grandes
a bleffé
affez bien nourri, qui
voltés., >
du
tué derx cheM. Plaigne dragon
Gap,
& blelé deux autres.
Nous avons
vaux
révoltés, dont deux chefs.
tué environ 5o
heure à
Après êre refté environ une
parcourir les mornes, j'ai envoyé un fort détachement fur l'habiration Flaville, 2 dans laquelle beaucoup de Négres s'étoient réfugiés, --- Page 31 ---
& afin 'd'y enlever un nombreux troupeau
de boeufs que je favois Y être. Pendant cette
opération, j'ai fouillé & brulé le camp de
la Plaine, & je me fuis, immédiatement après,
mis en route pour revenir à mon camp > conduifant 140 boeufs & 40 moutons.
Je
ne puis vous répéter combien je fuis content des troupes patriotiques & de ligne >
quoique je ne fois pas en pofition de leur
procurer leurs aifes.
J'ai appris la mort
du Chef Jeannot, tué par les fiens, à caufe
de fa cruauté. J'ai appris que Buckmann
nous craint > quoiqu'il dife toujours aux
brigands qu'il faut qu'ils périffent tous ou
les blancs. J'ai vu ce matin ce fcélérat d'aflez
près. Je compte demain le joindre & enlèver
aux brigands une centaine de beftiaux que
je leur connois du côté du Perigourdin :
outre que cela diminue fingulièrement leurs
moyens dexifter - > cela augmente d'autant
plus les nôtres. - Je ne vous ai pas parlé
de plufieurs drapeaux pris fur les brigands,
j'attache trop peu de prix à ces fortes d'avantages fur de femblables coquins 1.
B 4
d'aflez
près. Je compte demain le joindre & enlèver
aux brigands une centaine de beftiaux que
je leur connois du côté du Perigourdin :
outre que cela diminue fingulièrement leurs
moyens dexifter - > cela augmente d'autant
plus les nôtres. - Je ne vous ai pas parlé
de plufieurs drapeaux pris fur les brigands,
j'attache trop peu de prix à ces fortes d'avantages fur de femblables coquins 1.
B 4 --- Page 32 ---
3 Novemire 1791.
Continuation de ma marche & enlèvement
Bocufs & d'une trentaine de
de cent cinquante
fuis rentré au Camp
Moutons. Cela fait, je
à quatre heures.
déDragons marchent pour
Vingt-cing
des femmes &c des
livrer, àla Grande-Ravine
des
ils reconnoiffent que le camp
enfans ;
; ils attaquent
brigands eft tres-confidérable douze révoltés ;
leur avant-garde & tuent
un
deux Chaffeurs de couleur,
ils perdent
réuffi dans leur
troifième eft bleffé. Ils ont
&c
car ils ont enlevé les femmes
entreprife,
Nègres tenoient prifonniers.
les enfans queles
mon
M. votre
a
>> Je vous envoie
Général, verbalement,
neveu, pour vous rapporter Générale 8x Provinainfi qu'aux Affemblées
font
les détails de ma journée , qui
ciale,
je puife les faire
trop compliqués pour que
de .
moment où je me trouve preffe
dans un
à la fuite de plufieurs heures
toutes parts,
dans le fuccès de
de marche & d'incertitude
ont été
Les fatigues de ma Troupe
mes aries.
far les Bricouronnées de grands avantages
étant au
jai attaqués & défaits,
gands que --- Page 33 ---
nombre de plus de mille (1 I) aufli bien armés
qu'ils le pouvoient être, & commandés par
lArchi-Brigand Buckmann : Je me bornerai
donc à vous dire que ce fameux chef des révoltés a étét tué, après avoir déchargé fir moi
& M. Dubifon un fufil à deux coups. J'ai tué
deux révoltés de ma main & blefé plufieurs
autres dans cette action.
Ma brave Cavaierie, à la téte de laquelle
je n'ai ceffé d'étre, a taillé en pièces de
toute part les brigands, auxquels j'ai enlevé
trois pieces de canon, 3 un obufier, une
vingtaine de livres de poudre & nombre de
boulets.
Je n'ai eu dans cette affaire qu'un homme
de tué & trois de bleffés.
On ne
peut
trop apprécier l'avantage d'avoir détruit le
Chef Buckmann. Cet événement a caufé
une fenfation fi grande dans mon camp, ou
l'on avoit quelques inquiétudes fur mon
(r) Depuis man compte reada, fai fi qu'ils
étoient au nombre de If à 16 cens.
taine de livres de poudre & nombre de
boulets.
Je n'ai eu dans cette affaire qu'un homme
de tué & trois de bleffés.
On ne
peut
trop apprécier l'avantage d'avoir détruit le
Chef Buckmann. Cet événement a caufé
une fenfation fi grande dans mon camp, ou
l'on avoit quelques inquiétudes fur mon
(r) Depuis man compte reada, fai fi qu'ils
étoient au nombre de If à 16 cens. --- Page 34 ---
ma divifion s'eft portée à des
compte, que
vis-à-vis de
excès de joie & d'hommages
moi.
J'efpère que ce Chef ne pourra
être remplacé. Il devoit attaquer mon camp
la nuit dernière avec une nombreufe troupe
& cinq pièces de canon.
MM. Poitou & Dubifon ont ramené
vingt femmes qui étoient au pouvoir des
brigands:
&
Nous leur avons pris vingt Négres
Négrillons.
-
l'extrême fatigue
Je me difpofe 2 malgré
& la mienne, à me mettre en
de ma troupe
aller
marche à deux heures du matin pour
divifé en trois colonnes, la Coupeattaquer,
correfà-David, & tous les Camps qui y
L'ennemi eft en déroute; c'eft le
pondent.
à outrance 5.
moment de le pourfuivre
7 Novembre.
d'hier m'avoit
ce Le fuccès de ma journée
que la Coupe-à-David perdoir
fait preffentir
fa force ; cette confien Buckmann toute
des
jointe à celle de la fatigue
dération,
fur l'engagetroupes, ne T'a point emporté --- Page 35 ---
ment quej'avois pris avec Drozain (I) 3 pour
attaquer cette Coupe, Ce matin, 2 à la pointe
du jour, en m'y embufcantavec 168 hommes,
fur trois points différens, oi les brigands devoient faire leur retraite. J'ai effectué mon
plan d'attaque, en faifant paffer deux Colonnes à droite. & à gauche de la
l'une
Coupe 5
parle chemin Dupaty, l'autre par celui
de Flaville, s & en plaçant deux pièces de
canon au bout de la Coupe fur le grandchemin > lefquelles étoient foutenues par un
petit corps de Cavalerie. Le réfultat de ma
fortie n'a été quelaprife de quelques Brigands,
dont un chef, qui paroit fort intéreffant
fa manière de narrer fur leurs opérations. par
1 A peine étois-je fur la Coupe-i-David,
que des Femmes de Couleur libres & beaude Négreffès efclaves, font venues fe rendre
en me demandant protedtion; : j'en ai réuni
cent quatorze >.
Drofain, Chef de brigade d'Artillerie > comman.
doit les camps du Limbé, dont j'étois féparé par
une chaine de montagnes.
qui paroit fort intéreffant
fa manière de narrer fur leurs opérations. par
1 A peine étois-je fur la Coupe-i-David,
que des Femmes de Couleur libres & beaude Négreffès efclaves, font venues fe rendre
en me demandant protedtion; : j'en ai réuni
cent quatorze >.
Drofain, Chef de brigade d'Artillerie > comman.
doit les camps du Limbé, dont j'étois féparé par
une chaine de montagnes. --- Page 36 ---
No. X.
I0 Novembre 1791.
Difcours que j'ai presoncé à TAfemblée Coloniale, 2 a mon retour de la campagne de
lAcul.
font en grande partie
ec Plufieurs atteliers
dans le
rendus aul Limbé & même en travail :
voifinage de mon Camp, les Negres fe rendoient de méme, & vous en jugerez par la
j'ai fait embarquer fur les bàquantité que
Je n'atimens qui étoient en ma difpofition.
les fouftraire à la
vois que ce moyen pour
féduction
perfécurion, à la vengeance olI àla
des Brigands.
Tout doit nous promettre
la fin prochaine des maux qui affligent cette
nos Concitoyens fe
Province 3 pourvu que
fartiennent conftamment & avec mefure en
veillance & fermeté, Mais il importe infiniment Meffieurs 5 d'érablir, autant que nos
>
un tel ordre de
moyens nous le permettent ,
chofes que les Trowpes, en campagne, trouvent
dans les poftes abri contre le foleil & Ia
noutriture faine.
L'on depluie, & une
de provroit, perimn,Aoopendursamp --- Page 37 ---
fiter de la faifon pluvieufe
de toutes les manières pour multiplier 9
vivres & de
> les plantations de
légumes. -- 1 Il feroit effentiel encore de nous pourvoir de chevaux &
tablir un régime
d'épour leur confervation,
Comme nous fommes tous à la chofe
blique, je prends la liberté de
puvous communiquer ces réflexions, en mettant fous vos
yeux ce que les circonftances m'ont
faire
permis de
pour répondre à la confiance du Général, 3 à celle des Repréfentans d'une
lonie dont vous voulez le
Col'attente de
bonheur, & à
mes Concitoyens 3 en tout &
par-tonrodleurs intérêts & leur défenfe
ront porter mes
leur
pourpas, > je
renonvelle devant vous l'afirance d'y confacrer
mon exiftence entiere 9).
No. XI
Io Novembre 1791.
o
Réponfe de M. le Préfident de
TAJemblte
Coloniale, au Difcours précédent.
M. LE CONMANDANT,
La renommée vous a devancé, &
votre
pendant
campagne > cette enceinte a plus d'une
rodleurs intérêts & leur défenfe
ront porter mes
leur
pourpas, > je
renonvelle devant vous l'afirance d'y confacrer
mon exiftence entiere 9).
No. XI
Io Novembre 1791.
o
Réponfe de M. le Préfident de
TAJemblte
Coloniale, au Difcours précédent.
M. LE CONMANDANT,
La renommée vous a devancé, &
votre
pendant
campagne > cette enceinte a plus d'une --- Page 38 ---
fois: retenti des témoignages de fatisfaction
excités la nouvelle de VoS fuccès. Dès
qu'a
l'inftant que vous avez déployé VOS forces
défolées , les habitâns de
dans nos plaines
oublié
cette dépendance ont, pour ainfi dire,
leurs malheurs, > par l'efpoir de yoir: bientôt
renaître le calme & de pouvoir inceffamment
dans leurs
5 certains de da
rentrer.
poffeflions
fagelle de vOs mefures, certains du zele, &a du
que vous apportetiez à la détenfeide
courage
la chofe publique > certains de l'intrépidité
& de ligne, qui mart
des troupes patriotiques
chojent fous vos ordres, ils n'ont pu douter
des avantages Gignalés qui devoient couronner
vos entreprifes.
Braver l'intempérie de la faifon 2 attaquer 21
foit dans leur camp, foit en
les brigands 3
faire tomber
rafe campagne, > les vaincre, en
nombre fous vos, coups, &c princiun grand deux de leurs chefs les plus redoupalement
faire rentrer beaucoup de Nègres dan's
tables,
font des titres qui vous acquierle devort,ce
Comrent à jamais, ainfi qu'à vos généreux
d'armes, des droits à la reconnoifpagnons
fance de la Colonie. a : --- Page 39 ---
Placé, en ce moment > à la tête de fes
Repréfentans, il m'eft bien flatteur de vous
en offrir le jufte tribut, de vous dire que la
Province du Nord Moabiunsianairtindur
que vous avez mife à la défendre, & de vous
appliquer cette vérité, confacrée par l'expérience de tous les fiécles, > cc que le' fort des
99 combats dépend autant de T'habileté des
a Chefs qui commandent, que du nombre
>> & de la bravoure des foldats quiobéiffent>,
No. XIbis.
IO Nevembre 1791.
Difcours prononcé par moi à LATemblée Pren
vinciale du Nord, a mon retour de la campagne de lAcul.
Réponfe du Préfident, au Difcoxrs fusénoncé,
ec Si dans Ce tems de défaftre & de confulion, T'Afemblée Provincialea des momens
d'amertume & de dégout, elle en a auffi,
par intervalles, qui la comblent de la plus
douce fatisfaction; tel eft, M. le Commandant, celui ou vous paroiffez dans fon fein,
ée Pren
vinciale du Nord, a mon retour de la campagne de lAcul.
Réponfe du Préfident, au Difcoxrs fusénoncé,
ec Si dans Ce tems de défaftre & de confulion, T'Afemblée Provincialea des momens
d'amertume & de dégout, elle en a auffi,
par intervalles, qui la comblent de la plus
douce fatisfaction; tel eft, M. le Commandant, celui ou vous paroiffez dans fon fein, --- Page 40 ---
défenfeurs de la Coà la tête de ces braves
fecondé vos
lonie, qui ont fi courageufement
d'admiplans & votre valeur. Les tranfports
ration & de la plus vive gratitude qui ont
accompagné VOS pas > vous les repar-tout dans le fein d'une Affemblée qui
trouverez
les fervices rendus à la
fait apprécier
Patrie.
M. le Commandant, vous.
073 Perfonnellement,
& la confiance de
avez toujours eu l'eftime
dans
TAffemblée Provinciale ; elle vous a Vu
circontlances difficiles, lui donnerles
plufieurs
de vos vertus
preuves les moins équivoques
confmilitaires & patriotiques 5 elle vous a vu
Ao S S8 marcher s
aunpasigal & ferme dans
tamment an
COuT vous avoit tracée 5
12 roite que votre
ambitieuz de vous
Jans que jamais le defir
la crainte pufilg-.
aiirer des partifans,.u
acnime de TH vous faire des ennemis,it Pu
votre marche, Cette fercélérer Oll ralentir
faire obtenir de.
meté fage vient de vous
fuccès 5 nous fommes bien sûrs que ce
grands feront, pas les derniers "
Ne 191 u
ne
I
alle
1OD ipp
a a - 2
0 Sal Ldnt sounb
ml
2 Chura
No. XII --- Page 41 ---
No XIL
9 Août 1792.
Relation de Tattaque des
Brigands , campés
Jitr le Morne de Bel-Air,
ce Je me p'ains principalement, dans
relation, de la modicité dies forces
Cette
voient été accordées
qui m'apour l'expédition ;
ferve que les brigands ont pris le parti d'éva- j'obcuer leurs poftes & de fe jeter dans les bois
qui conduifent au Morne - Rouge 5 que la
fatigue extrême des
des braves
troupes 2 la mort d'un
volontaires, 2 & les bleffures de fix
foldats de Béarn & du
ne
Cap, s
m'ont Pas
permis de fuivre les brigands 3
fuis contenté de renverfer
que je me
& de brûler tous
les érabliflemens qu'ils avoient faits, de
faire
couper autant de leurs vivres que la modicité de mes moyens me le permettoir, +-J'6valuela perte des révoltésà trente 3),
A la fiite de cette relation eft un extrait du
Procès-verbal de la Séance de l'Affemblée Pro.
vinciale du Nord, en date du jour précedent, qui attefle que je me fuis plaint de Ce
qu'au lieu de cinq cens hommes de Troupes
Patriotiques 2 & de trois cens de couleur,
qui m'avoient été promifes pour mon
exp.-
C
mes moyens me le permettoir, +-J'6valuela perte des révoltésà trente 3),
A la fiite de cette relation eft un extrait du
Procès-verbal de la Séance de l'Affemblée Pro.
vinciale du Nord, en date du jour précedent, qui attefle que je me fuis plaint de Ce
qu'au lieu de cinq cens hommes de Troupes
Patriotiques 2 & de trois cens de couleur,
qui m'avoient été promifes pour mon
exp.-
C --- Page 42 ---
T 34
n'ai trouvé au.rendez - vous que
dition, je
Volontaires & foixante-fix
quatre-vinge-dix.
& qu'en conféquence
hommes de couleur,
avoit
annoncé d'avance que le plan, qui de
j'ai
manqueroit, par le défaut
été combiné, nécellaires à fon exécution 37,
moyens
des brigands, au
Relation: de mon attaque
du Grand-Boucan.
r Quartier
1; novembre 1791.
du hautpartis
cc
Le rjnovembre 1791,je de troupes de 25o
du-Cap avec un corps d'infanterie &c IOO de
hommes, dont I5o
de quatre 3 une de
cavalerie > deux pièces néceffaires à leur
deux , & les artilleurs
les Nègres réfervice, pour aller attaquer
du Grandvoltés réunis dans le Quartier
Boucan.
étoit de délivrer
L'objet de cette opération
eux dans
nombre de perfonnes retenues par
des
leur çamp principal I > particulièremenr chemins affreux,
femmes & des enfans : des
chargé
d'un chariot,
& le renverfement ralentirent notre marche,
d'effets précieux.,
d'arriver qu'à la pointe
& ne nous permirent
Robillard. J'y fus
du jour fur Thabitation
border la
très-furptis de voir les brigands --- Page 43 ---
crête des Mornes qu'ils
occupoient > Ce
me fit préfiumer qu'ils
qui
m'attendoient; & en
effet j'ai fir depuis qu'ils avoient été
prévenus
que je devois les attaquer. Cette circonftance
fâcheufe me fit changer mon plan d'astaque,
J'avois le projet deles furprendre. Après avoir
déterminé mes nouvelles difpolitions,, je fis
entrer ma colonne dans le bois, à la réferve
d'une pièce de quatre, que je laifai dans la
Savanne de Thabitation Robillard, fous l'ef
corte de so hommes de Cavalerie, pour la
confervation de nos vivres & de l'ambulance.
Ma colonne déployée dans la Savanne de
l'habitation Craon, je mis en batterie une
pièce de quatre, & j'attaquai le premier pofte
des brigands, par un fen continuel. Un infant
après, je fis monter à la hauteur de celle-ci,
par un fentier placé fir ma droite, la pièce
de deux, queje fis foutenir par So hommes
d'Infanterie. Aufli-tôt qu'elle eut atteint une
pofition avantageufe, je lui fis également battre
Ce même pofte que je donnai ordre
auffi fur la gauche par 30 hommes d'Infanterie d'attaquer
&: 26 de Cavalerie. Les brigands ne tinrent
pas
long-tems contre un feu fi vif; ils abandonnèrent le pofte; je m'en emparai, y tranfPortai ma pièce de deux, mon Infanterie
C2
d'Infanterie. Aufli-tôt qu'elle eut atteint une
pofition avantageufe, je lui fis également battre
Ce même pofte que je donnai ordre
auffi fur la gauche par 30 hommes d'Infanterie d'attaquer
&: 26 de Cavalerie. Les brigands ne tinrent
pas
long-tems contre un feu fi vif; ils abandonnèrent le pofte; je m'en emparai, y tranfPortai ma pièce de deux, mon Infanterie
C2 --- Page 44 ---
&je 36 - fis tirer fur ces bri-
& ma Cavalerie,
& je rallioient fur
gands, qui fc replioient
plus élevé & a petite porun camp beatcoup
venois d'enlever.
tée du fafil de celui que je
de
Là,je furs affailli par une gréle de coups
fufils qui, en Gx a fept minutes, tuérent ou de
blefsèrent une douzaine d'hommes autour
n'éroit pas tenable fous un feu"
moi. La place
néceflaire d'enlever
aufli meurtrier. Il étoit
comd'affaut ce fecond pofte 5 25 dragons, marcher.
mandés à cet effet, refuserent d'y olt battre
Il falloit pourtant ailer de T'avant funelle
en retraite. Ce dernier parti devenoir
les
qu'en pouvoient tirer
par les avantages décidai donc fur-le-champ a
brigands. Je me
comimandai enl
faire monter à Taffaut ; je
détachement de foixanteconféquence un
dont trente de troupes patriodix hommes,
du Cap.
tiques & quarante du Régiment ordres de MM. La
que je fis marcher fous les
avec la-
& Poirou. L'intrepidice
: maronnière
le
frappa les
quelle ils elcaladerent Monne,
que
brigands d'une fi grande terreur ils lachierent 2
quoiquen très-grand nombre,
ils
& montèrent fur les crétes,ou e a:
le pied
& challés de tous
furent pourfuivis S, battus
On 5 ell > tua rtt
les
qu'ils Y occupoient. -
hemibre
polet.
leur brila un grand
beaucoup) op --- Page 45 ---
de cafes
2 & on leur enleva quelques pierriers, unetrentaine de fiulils& autres armes. *
On y, détruilit aufli une Forge qui fervoir à
réparer leurs armes.
Pendant cette opération, un
continuellement à
çanon ) tirant
mitraille, éartott les brigands qui pouvoient m'inquiéter par le flanc
gauche.
lle Eroltprès d'onze heures;les Nègres étoient
appelés des camps voilins par. le bruit du canon; ils arrivoient en G Srand nombre
Ton pouvoit les évaluer de
2 que
dont 219
3b
fix à
mille,
-
fept
peur crer être quinze cens étoient
fulils. Ma" troupe étoit :.
armés de
de" marche & T 5
fatiguée n
par fix heures
vif,
HT cing heures d'un combat trèsfans avoir,
le nombre 30 epb
C pris :5 S aucun, OS. rafraichiffement ;
s0 4 des tues ou bleités
à L chaque inftant, & les moyens de augmentoic
ces Berniers devenoient
tranfporter
Burtr Etoit - -
très-difficiles : notre
manqué ; les brigands, à notre
proche >, avoient enleyéles prifonniers
apFapercdmes dès quele
5 nous
Li
jour put nous éclairer,
polition des ennemis, plus avantageufe
la nôtre, me faifoit craindre
que
d'être
par eux; je ne pouvois tirer un plus enveloppé
avantage d'une plus longue pourfuite grand
nai le fignal de la retraité,
; je donA peine cette maC3
manqué ; les brigands, à notre
proche >, avoient enleyéles prifonniers
apFapercdmes dès quele
5 nous
Li
jour put nous éclairer,
polition des ennemis, plus avantageufe
la nôtre, me faifoit craindre
que
d'être
par eux; je ne pouvois tirer un plus enveloppé
avantage d'une plus longue pourfuite grand
nai le fignal de la retraité,
; je donA peine cette maC3 --- Page 46 ---
que les brinoeuvre fut- elle commencée,
fuivant leur coutume, fe rapprochegands,
harceler. Je les tins éloignés
rent pour nous
artillerie. Je ralliai ma
par le feu de mon
d'ou T'étois parti pour
troupe au premier point nous remettre en
attaquer. Il falloit., pour 311 fort étroite, boifée
roite 2 paffer une garge
une pièce
de droite & de gauche : je colonne, plaçai
&, fis
de quatre à la têre de,ma ssr -
de cinéclairer fa marche par ure avantgarde U arriere- 2124 2
mon
quante Grenadiers, pendant - que IE dars
compolée de deuak autres pièces
garde,
de fufiliers, arr
tillerie & d'une quarantaine
La
rêtoit la pourfuite des DE brigands: marchal
fineftesje
prti
Ra
déroute nous devenoit Je -
le dépôt
ordre.
joignis
des
le plus grand
à la fortie des bois
vivres & Tambulance 1O
de
s.
je fs placer les blefés avec beaucowp. - colonne a pelt la
& je formai de nouveau J : ma 3
pour
une autre route FTI
, pour
mettre en marche, Par 251
éviter les embufcades, - arrière garde, telle que. je
J'avois laifé mon fous les ordres de Poitou,
Tavois compofée, & d'ou nous venions de
au débouché du bois
dernière
fortir, pour protéger ma
eperationy légère,
rendre fa marche plus
J'avois, pour
fait entrer les caiffons
en cas d'événement,
FTI
, pour
mettre en marche, Par 251
éviter les embufcades, - arrière garde, telle que. je
J'avois laifé mon fous les ordres de Poitou,
Tavois compofée, & d'ou nous venions de
au débouché du bois
dernière
fortir, pour protéger ma
eperationy légère,
rendre fa marche plus
J'avois, pour
fait entrer les caiffons
en cas d'événement, --- Page 47 ---
de ces pièces dans ma 39
faifois paffer
colonne , d'où je lui
tions d'artillerie fucceffivement toutes les muni-
& de
avoit befoin. La
moufquetterie dont il
réfifance, aufli opiniâtre
réméraire, de Poitou & du
que
deux Pièces
Commandant des
demie, fauva d'artillerie, pendant une : heure &
le tems de
ma colonney en nous donnant
nemi,ce nous.Sloignér des atteintes de l'enque je ne pouvois faire que
tement à caufe de T'excellive,
très-lentroupe : bref, mon n
fatigue de ma
joint à une diftance ariere-garde m'a ayant repliant peu - à -1 peui, raifonnable de
& fe repas entamée,
manière à n'être
heures de
nous nous rendimes a trois
Taprès-midi, fur
R
Breda.
Thabitation de
Après une demi-heure de
nous étre rafraichis,
halte, o
&
route pour le
nous nous remimes en
hate-du-Cap ou nous
vers fix heures du foir, bien
arrivâmes
hnit heures
harraffés' par dixcombat.
confécutives de marche IRC ou"
a
de
Les mefares
Vp :2
quejavois
ma retraite ne
prifes poulcotvrir
de perdre
m'empéchèrent pourtant 20 pas
Lencorequelques
le Sieur Laviolette,
honmepentrautres
qui fut atteint
chirurgien plein de talens,
de deux balles
D I 4
C fur la place . Te
donEil mourut
-
C4 --- Page 48 ---
:
UU
2 No. XII bise
DIA
1V 20 Avril 1792.
Relation in
de la prife du pofte d: Jeanneraud
upar les révoltés, e ude la reprife de ce
poftespar deux cens hommes, combattant
Jousi mes ordres, dansolla muis du 28
at 29 E3
fa
du a matin, M. Camce A quatre heures
befort reçut une lettre, qui annonçoit que
le polte Jeannetaud étoit vigoureufement attiqué & faifoit feu depuis deux heures. Sur
S écrvit au Commandant du hautle-champ, de tenir prêts à marcher 60 hommes;
du-Cap quoi S il partit avec la compagnie de
apres
grenadiers du Régiment du Cap, accompagné
Adjudant de place & de
de M, Lallemant, o
fe rendre
MM. Simon & Petit-Jean, pour
Il E donna tous Ies ordres de
à ce camp.
occupoient les
précaution aux, troupes qui
devant lelquels il palla, & notamPolei
(:) Ce. pelte
diftant de la ville du Cap d'enviren quatre milles, la couvre, par fa polition, far FA la
partie Oued da Morne.
iment du Cap, accompagné
Adjudant de place & de
de M, Lallemant, o
fe rendre
MM. Simon & Petit-Jean, pour
Il E donna tous Ies ordres de
à ce camp.
occupoient les
précaution aux, troupes qui
devant lelquels il palla, & notamPolei
(:) Ce. pelte
diftant de la ville du Cap d'enviren quatre milles, la couvre, par fa polition, far FA la
partie Oued da Morne. --- Page 49 ---
ment à celles qui occupent celui de la Foffattoy afin de couvrir la poudrière, & de
fe trouver prêtes au befoin. Arrivé au hautdu-Cap, M. Cambefort apprit que le pofte
de Jeannetaud venoit d'être évacué
le
détachement qui Toccupoit,
par
fommé
lequel avoit contoutes fes munitions, auflitôt il fit
des difpofitions pour le
reprendre, en l'attaquant par devant & par derrière : en conféquence il partit avec deux colonnes, l'une
compolée des Grenadiers du Régiment du
-Cap, d'un dérachement des Mornets & de
quelques hommes de couleur - 3 le tout faifant 90 hommes, commandés par M. Lavallière, > Capiraine au Régiment du Capi cette
colonne paffa par. le chemin de la GrandeVigie ; T'autre, > avec laquelle étoit refté
M. Cambefort, étoit compofée d'un détaehement de troupes patriotiques, des Chaffeurs du Régiment du Cap, d'un détachement
de Walch,d'un de Béarn &c de la garnifon du
polle de Jeannetaud, en tout IIO hommes;
celle-ci fuivit le chemin de Sermet.
Ces deux colorines arrivées à portée de fufil,
aperçurent les Brigands rangés en bataille,
firent feu auffi-tôt des deux côtés :
qui
ripoltèrent de fuite
nos troupes
2 en continuant de fe por --- Page 50 ---
ter en avant, ce qui détermina
après une décharge d'environ les Réroltés,
fufils, à abandonner le
cent coups de
avoient dejà deux
pofte fur lequel ils
enleva. On
beaux pierriers qu'on leur
balles. On y trouva auli 60 à 80 livres
fit enfuite une
de
le bois voifin, ou
petite fouille dans
on en tua
entr'autres le nommé
quelques-uns s
M. Joly & l'un des Jacques > Cocher de
Cabrouétier de
Chefs, & un maitre
Chef. On, eftima Madame Papillon, également
défenfe de la avoir tué ou blefé dans la,
nuit 80 Brigands , &
nant le pofte une vingtaine.
en repre-)
M. Cambefort a renforcé
a fait mettre
cette Garnifon,
en batterie les deux
pris auix Brigands, & y a ajouté
pierriers
canon de deux.
une pièce de
Le
On eft convaincu quie les Révoltés
en très-grand nombrei,
étoient"
répandu de
S & la quantité de
tous
fang
l'on eft
côtés, 3 juftifie l'opinion ou
bleflés. qu'ily en eut beaucoup de tués ouOn ne peut trop faire. l'éloge des
qui défendoient ce pofte,
Troupes:
Separticulilrenene
TI:
é
pierriers
canon de deux.
une pièce de
Le
On eft convaincu quie les Révoltés
en très-grand nombrei,
étoient"
répandu de
S & la quantité de
tous
fang
l'on eft
côtés, 3 juftifie l'opinion ou
bleflés. qu'ily en eut beaucoup de tués ouOn ne peut trop faire. l'éloge des
qui défendoient ce pofte,
Troupes:
Separticulilrenene
TI: --- Page 51 ---
de M. Bourdin, Officierau Régiment de Béarn,
quiles commandoit; elles ne l'ont abandonné
qu'après avoirconfommé 4 1600 cartonches [1].
Celles qui l'ont repris ne fe font pas conduites
avec moins de valeur 22,
No. XIIL
29 mars 1791.
Lettre du Lieutenant au
Gouvernement Gend
ralde. Saine-Dominguest portant demande,
pour le Régiment du Cap, de la nouvelle
formation, décrétée par TAfemblée conftituante.
esorafinos
sinoloa
a Cette demander a été faite
d'après mes
follicitations.
Tilec Un feul régiment fidèle à l'ancienne difcipline exemple imique dans nos Colonies,
préferve Saine-Domningue d'une fubverfion
totale. Ne convient-il pas
de
-
A1S
d'éloigner
Ce
(:) La garnifon de ce pofte n'étoit que de quatrevingts hommes. --- Page 52 ---
:
eorps intad tous morifs de
régiment du Cap fait
murmures ? Le
font fur le pied de la qu'Aitois tol & Normandie
militaire, il feroit facile nouvelle Confliturion
calomnies
aux fabricateurs de
sdeloppoferquéled décret
port m'a été adreffs &.
qui ya rapcution. De pareils
que Jen retarde l'exémoyens
vent la confiance du
ébranlent trop fouMonfieur,
foldat. lh y:a
> le régiment du Cap mérite plus >
tictions particulieres,
des dic
faite pour fervir de Puifque fa conduite eft
Jonies. --- Le
modèle dans ties Co-
( M.
Colonel 0 de ce Régiment
mencement Gambefort)velt des
srouvé, ici au 3 comont
circonflances
failli perdre la Colonie orageufes qui
n'arpas) faiti faire un
; leur nouveauté
fa prudence & à fa fermeté: faux-pas à fa fagelle; à
2-t-olle été couronnée
auffi fa conduire
furccès. Je
Par les plus heurenx
nepeux faire
Officier: il réunit la
trop.d'eloge de cet
& celle de tous les confiance de fes foldars,
Au bas de cette lettre citoyensm. carol
autre du
eft un extrait d'une
réitérant méme, écrite le 21 juiller
up on cette Ur demapde,
1791,
( 35 93 Sb ori f17
elle; à
2-t-olle été couronnée
auffi fa conduire
furccès. Je
Par les plus heurenx
nepeux faire
Officier: il réunit la
trop.d'eloge de cet
& celle de tous les confiance de fes foldars,
Au bas de cette lettre citoyensm. carol
autre du
eft un extrait d'une
réitérant méme, écrite le 21 juiller
up on cette Ur demapde,
1791,
( 35 93 Sb ori f17 --- Page 53 ---
No. XIIL bis.
Premier novembre 1761.
Lettre du Minifre de Za Marine qui m'ana
nonce que mon Régiment éprouvera Ziz
nouvelle cformation gui doir tafimiler aux
autres Régimens de Parmée,Jans Étre li
cencié, Faveur qulil a méritée par fes bons
Jervices.
-
No. XIV.
15 aout 1792.
Ertrait d'un rapport fait à TAfembléc Coloniale, dans la féance de ce jour, pat
des Commiffaires qu'elle avoiz envoyés aiz
quartier des citoyens de couleur P pour
les haranguer furlévénement qui avoit CIL
lieu la veille entre enx & les ciroyens blancs
du Cap.
M. le Commandant de la province du Nord
ayant fait aux hommes de couleur > en préfence de nous. 2 Commiflaires, un difcours D
plein de fermeté & de dignir, dans lequel
il leur a préfenté, & la protection que la loi
leurdevoir & leuraccorderoit, fi, bannidant --- Page 54 ---
récrimination particulière, ils fe plaitoute
pourroientleur être
gnoient desa aggrellions qui
faites, & la févérité avec laquelle la loi les
punircit s'ils ofoient fe venger eux-mêmes;
ils fe font écriés à Funanimité &c à pinfieurs
Vive Cambefor'A quoi celui-ci a réreprifes:
lui
devoient
pondu, que ce r'étoit pas
qu'ils
louer, mais la loi feule, à qui fur-tout il
falloitjavoir obéir >.
No. XV.
17 août 1792.
Récit imprimé par l'ordre de TAfemblée Coloniale 8 autres Corps Populaires du Cap,
relatifs aur événemens qui ont eroublé la
tranquillité publigue, > les 23 & 24 d'aoit,
entre les Citoyens blancs & ceur de couleur,
8 des mefures qui ont été prifes pour yrizablir Tordre.
Dans ce difcours il eft dit: a Que M. Jauna,
Capitaine au Régiment du Cap, AdjudantMajor de la place par interim, > va, au noin
Commandant de la partie
de M. Cambefort,
du Nord, informer la Municipalité du défordre qui fe manifefte 2 & la prévient que
Commandant n'attend que fa réquifition
ce
pour agir 324
& ceur de couleur,
8 des mefures qui ont été prifes pour yrizablir Tordre.
Dans ce difcours il eft dit: a Que M. Jauna,
Capitaine au Régiment du Cap, AdjudantMajor de la place par interim, > va, au noin
Commandant de la partie
de M. Cambefort,
du Nord, informer la Municipalité du défordre qui fe manifefte 2 & la prévient que
Commandant n'attend que fa réquifition
ce
pour agir 324 --- Page 55 ---
M. Cambefort requis, fait affembler les
Régimens du Cap & de Walch dans les Cafernes 5 ordonne aux compagnies de Grenadiers & de Chaffeurs du Régiment du
& à plufieurs patrouilles des deux
Cap
Régimens,
de fortir & de fe porter aux lieux outeur
fence feroit néceffaire. Il fait paffer des ordres préaux régimens logés à la Foffette, de faire la
police dans leurs quartiers &
d'envoyer une
garde à TArfenal, aux ordres de M. le Commandant d'Artillerie 7).
Nos, XVI & XVIL
7 & 14 octobre 1791.
Ertraits des Regifres de LAJembléc Générale
de Za Partie Françaife de
St.-Domingue s
adrefés alL Licuenans-Colond Toufard.
< Ces pièces atteftent le vif intérêt
prenoit le Lieutenant-Colonel Toufard que
aux
hommes de couleur libres 3 comme aufli qu'il
a follicité les bontés de l'Affemblée générale,
pour faire. mettre en liberté plufieurs de ces
citoyens détenus dans les prifons.
Cette démarche, contraire aux principes
des fadtieux, a fait perdre à Toufard la popularité dont il avoit joui jufqu'alors. --- Page 56 ---
No, XVIIL
7 novembre 1791.
Invitation faite à Tonfard, par TAllemblée
d'aflifter àTAllemblée,& de s'y faire
générale,
d'une députation du Régimen:
accompagner dans l'intention de profiter de fes
du Cap,
lumieres (1).
No. XIX.
8 novembre 1791.
Difcours prononcé a LAfembléc coloniale par
Toufard.
contre un arrêté du
< Il s'élève fortement
à
novembre, qui remettoit après la paix
5 délibérer fur létat politique des gens de couIeur 5 il déclare qu'il ett impolible de fauver
la Colonie fans les armer, & fans les faire
des droits énoncés dans les artêtés des
jouir
5,6 & 20 feptembre.
eft du plus grand
Ce Je crois, ditil, qu'il
intérêt pour la Colonic, que L'Affemblée gédu droit qui
nérale de fes repréfentans,ufant
da
lui eft attribué par Yarticle 3 du décret
(1) J'étois à cette époque camgé dans Ja plaine de
la paroiffe de T'Acul.
A
les faire
des droits énoncés dans les artêtés des
jouir
5,6 & 20 feptembre.
eft du plus grand
Ce Je crois, ditil, qu'il
intérêt pour la Colonic, que L'Affemblée gédu droit qui
nérale de fes repréfentans,ufant
da
lui eft attribué par Yarticle 3 du décret
(1) J'étois à cette époque camgé dans Ja plaine de
la paroiffe de T'Acul.
A --- Page 57 ---
24 feprembre, faififfe avidement le
d'accorder aux gens de couleur,
pouvoir
bienfait, ce qu'elle étoit décidée comme un
corder
de leur acpar néceflité, & de les en mettre furle-champ en poffeflion >.
No. X X.
25 décembre 1791.
Lettre du préfident de TAfembléc coloniale
Colonel, aux
au
Oficiers , fous- Oficiers 6
Joldats du Régiment du Cap.
cc L'Affemblée coloniale
zele & du
, convaincue du
courage dont vous avez donnétant
de preuves pour la défenfe de la Province du
Nord, a expreflément chargé fon
de vous en exprimer fa vive fatisfaction. préfident
Sa
reconnoiflance, Meflieurs, eft celle de la Colonie entière , qui n'oubliera jamais que c'eft
fur-tout à votre patriotifme &à votre fermeté
que dans ces temps malheureux, elle a du la
confervation de fa plus belle Province de
> fa
plus importante Cité, Il vous fera doux de
jouir du repos à l'ombre des lauriers
vous avez cueillis par tant de
& que
fatigues avec
tant de gloire. C'eft pour vous donner, Meffieurs, 3 un éclatant témoignage de fes fentiD --- Page 58 ---
so
t'Afemblée coloniale a arrêté que
mens > que feroient ornés des cravattes aux
vos drapeaux
couleurs de la Nation. Elle vous prie d'agréer
le préfent qu'elle vous en fait >2.
No: X XI.
30 janvier 1792.
de la partie
Extrait du Moniteur général
frangaife de Saint-Domingue.
Difcours du Maire de la ville du Cap aux
fous - Officiers & foldats du RéOfficiers,
giment :
du Cap,
militaires du Regiment
cc Braves
les
donner
vous n'avez ceffé dans tous tempsde
& de votre
des preuves de votre patriotifme
vousmais vous vous êtes furpalles
courage,
circonftance orageufe. La
mêmes dans cette
d'admiration & de
Colonie entière, pénétrée
reconnoifance, vous a décerné ces cravattes
trois couleurs, & nous ne pouvions comaux
fonéions d'une maniere plus famencer nos
tisfaifante e& fousde meilleures anfpices,qu'en
en ornant vos drapeaux >.
des preuves de votre patriotifme
vousmais vous vous êtes furpalles
courage,
circonftance orageufe. La
mêmes dans cette
d'admiration & de
Colonie entière, pénétrée
reconnoifance, vous a décerné ces cravattes
trois couleurs, & nous ne pouvions comaux
fonéions d'une maniere plus famencer nos
tisfaifante e& fousde meilleures anfpices,qu'en
en ornant vos drapeaux >. --- Page 59 ---
5r
No, XXIL
6j janvier 1792.
Relation d'une fête patriotique donnée
les foldats du Régiment du Cap, à tous par les
corps de troupes patriotiques & de ligne, &
à laquelle ont affifté plufieurs membres des
corps populaires, avec I'Erat-Major de la
& le Commandant de la Province.
place
No, XXIIL
1x 1octobre 1792.
Annales patriotiques de Saint -
libelle
Domingues
difamatoire aur ordres des fadicur.
On remarquera que c'eft précifément à l'époque de l'arrivée des Commiffaires aétuels
que Ce libellifte s'eft déchaînéavec fureur
>
tre les agens du peuvoir exécutif, & conculièrement contre moi.
partiNo. XXIV
31 août 1791.
Lettre du préfident de PAJembléc générale de
lapartie frangaife de
Sains-Domingue, au
Gouverneur général de la Jamaique (Ie
Anglaife ).
ce M. le Gouverneur général, depuis
que
D. 2 --- Page 60 ---
Thonneur d'écrire à votre excellence
j'aieu
générale des repréau nom de l'Afemblée
notre
-
fentans de Saint Domingue,
pofition tous les
n'a pas changé en bien, au contraire, défaftres, &
jours nous offrent de nouveaux d'armer même les
fommes hors d'état
nous
pour nous fecourir.
bras qui fe préfentent Affembléea prendre
Ceft ce qui a porté notre m'autorife à fupplier
Y'arrêté ci- joint, qui
de
V.E. d'accorder le plus que vous pourrez
fufils ne feroient pas
fufils & piftolets 5 15ooo
font lents à
Ah ! M. le général, qu'ils
detrop.
fecours que nous vous avons
arriver ces
trifte
ne nous permet
mandés. Notre
pofition tous les jours
de meftrer les diflances :
pas
fiaés fur l'eau , nous cherchons
nos yeux
& vos armées. .
à Thorifon vos vaifeaux des jours d'efpoir,
Quel coup affreux fi, après
étions abandonnés ! 3>
nous
No. X X V.
I juin 1792.
coloniale qui défend
Arrêté de TADembiée
les clubs.
Tun des quatre-vingt-cing,
e M. Baudry,
a prononcé
& obtenu la parole;ila
a demandé
lances :
pas
fiaés fur l'eau , nous cherchons
nos yeux
& vos armées. .
à Thorifon vos vaifeaux des jours d'efpoir,
Quel coup affreux fi, après
étions abandonnés ! 3>
nous
No. X X V.
I juin 1792.
coloniale qui défend
Arrêté de TADembiée
les clubs.
Tun des quatre-vingt-cing,
e M. Baudry,
a prononcé
& obtenu la parole;ila
a demandé --- Page 61 ---
un long difcours fir T'avantage d'avoir des
Clubs amis de la Conftitution, & fir les fervices effentiels que les Sociétés ont rendu dans
la Colonie. Il a traité d'ennemi public en
méme-tems particulier,
>
quiconque penferoit
& parleroit d'une autre manière s,
ec Mais l'Affemblée confidérant quelerégime
de la France, 6 celui de la Colonie n'ont
rien de commun; que la Confitution Frangaije déclare que les Colonies n'y font point
comprifes ; confidérant > en outre , que
I'exemple feul de ces raffemblemens qui n'ont
pas pour objet des fonétions publiques &
néceffaires, contient le germe des divifions,
des révoltes & de tous les malheurs des
Colonies:
A arrêté, que tous raffemblemens de cette
nature font prohibés ; enjoint aux Municipalités d'employer la force publique pour
les difliper 5 invite les chefs du Pouvoir
Exécutif à tenir la main à Texécution du
préfent arrêté., 3>
No. XXVI.
8 février 1792.
Extrait du journal des Débats, no, 262.
Relation de l'arrivée au Cap, de Lachaife, --- Page 62 ---
chafé & embarqué par la Municipalité de
Jérémie.
l'inftant de
cc On voit dans ce récit, qu'à cherché à
fon arrivée à Jérémie, Lachaife a
les infurredtions, & une nouy provoquer diftribution de terres, pour en donner
velle
n'en avoient pas; que cité devant
à ceux qui
donner des éclaircifla Municipalité pour
avoit
armé
femens fur fa conduite, il y
paru
d'une foule d'hommes qu'il
& accompagné
fortifier fon parti 1>.
avoit ameutés pour
Ceft.ce Lachaife dont j'ai parlé comme
ardens ennemis des agens du
d'un des plus
&
Pouvoir Exécutif à Saint - Domingue,
3 21
eu une part très- aétive aux
comme ayant
du 19 oétobre 1792,
évènemens de la journée
au Cap. 3)
No. XXVII.
20 juillet 1792.
Formule de paffe - port imprimée. 2 qui
javois renoncé aux qualifications
prouve que
ci-devant nobles. --- Page 63 ---
S5
Nos, XXVIII & XXIX.
19 & 22 juillet 1790.
Ertrait des regifres des délibérations de LAF
Jembléc provinciale permanente du Nord.
Froclamation de TAffemblée qui déclare
que j'ai été forcé de prendre des précautions
contre un projet de s'emparer de ma perfonne.
Difcours que j'ai prononcé pour remercier
l'Affemblée de la proclamation ci-deffus.
No. XXX.
oRobre 1797.
Remercimens de l'Affemblée provinciale
du Nord au Régiment du Cap, pour la
bravoure qu'il a montrée dans une expédition.
No, XXXI.
octobre 1791.
Dénonciation faite à l'Afemblée Coloniale
par un de fes membres 2 d'un libelle imprimé
contre moi.
No. XXXII.
II juillet 1792.
Lettre écrite par moi aux Commiffaires
de Jérémie, 2 lefquels avoient été Députés
ercimens de l'Affemblée provinciale
du Nord au Régiment du Cap, pour la
bravoure qu'il a montrée dans une expédition.
No, XXXI.
octobre 1791.
Dénonciation faite à l'Afemblée Coloniale
par un de fes membres 2 d'un libelle imprimé
contre moi.
No. XXXII.
II juillet 1792.
Lettre écrite par moi aux Commiffaires
de Jérémie, 2 lefquels avoient été Députés --- Page 64 ---
auprès de T'Afemblée Coloniale, pour obtenir
la fufpenfion de la Loi du 4 avril 1792, qui
accordoit les droits politiques aux Citoyens de
couleurs libres (1).
Par cette lettre j'ai fortement exhorté (en
feulement de Commandant de la
qualité
les Commiffaires à reProvince du Nord)
tourner au plutôr auprèsde leurs Concitoyens,
al'effet de leur faire connoître c combien lin:
térêt de leur quartier & de toute la Colonie
s'empreffent de fe foumettre &c
exige qu'ils
TAfemblée Nad'obéir à une loi_faire par
tionale >9. - Je leur ait dit: cs Lc refpect que
ont
les loix eft lefeul bouleles peuples
pour
avoir
yard des Empires. C'eft peut-étre pour
de vue cette vérité proteêrice que la
perdu
tombée dans l'anarchie la plus
Colonie eft
affreufe, & que les crimes les plus atroces
(1) Par fuite de la guerre des blancs contre les
dits hommes de couleur > Jérémie teci- devant
ou cinq cens
noit en rade, fur deux bâtimens , quatre
libres, & dans le nombre plufieurs
mulâtres ou nègres
demandoient non-feuleétoient aux fers. Les blancs de la loi du 4 avril,
ment de fufpendre T'exécution liberté àces citoyens
mais encore refufoient de doanerlal
de couleur 8z nègres libres. .
Tuer --- Page 65 ---
ont été commis. La Province du Nord, le
Port - au - Prince > les
Cayes > Thiburon
méme, ont cru qu'il étoit de leur devoir
d'obéir; les Paroiffes de la Grande - Anfe
pourroient-elles penfer qu'elles ne le peuvent
ou qu'elles ne le doivent pas? - Je termine
par obferver à ces Commiffaires, ce combien
ils auront rempli glorieufement leur miffion
fi, par leur'a 'afcendant fir leurs
de Jérémie, ils font foumettre à Concitoyens la loi
ceux
qui Ont cru témérairement pouvoir fe
mettre d'en retarder l'exécution, &
perleur
qui, par
réfiftance, > prolongent les dangers & les
maux dans toute la Colonie. Je leur fais
enfin, envifager le bien qu'ils feront à leurs
Concitoyens & à la Colonie
entière, en leur
ouvrant les yeux fur le devoir facré qu'ils
ont à remplir >>.
No, XXXIII.
Adreffe de la garnifon, e notamment du
Régiment du Cap, > aux Commifaires
civils, pour leur témoigner leur amour
pour la Zoi(I).
ac Nous avons toujours refpecté la Loi,
(1), Cette adreffe a été portée aux
une députation des figsataires.
Commiflaires par
qu'ils feront à leurs
Concitoyens & à la Colonie
entière, en leur
ouvrant les yeux fur le devoir facré qu'ils
ont à remplir >>.
No, XXXIII.
Adreffe de la garnifon, e notamment du
Régiment du Cap, > aux Commifaires
civils, pour leur témoigner leur amour
pour la Zoi(I).
ac Nous avons toujours refpecté la Loi,
(1), Cette adreffe a été portée aux
une députation des figsataires.
Commiflaires par --- Page 66 ---
nous y ferons toujours foumis;
ploierons nos bras pour la faire
nous emc'eft avec la plus
exécuter: mais
voyons les
grande douleur que nous
de la
ennemis du bien public abufer
& révolution pour exciter tous les défordres
ajouter aux maux qui afligent
Colonie , une anarchie
cette
l'anéantir. C'eft
qui acheveroit de
fous le nom du
que l'on fe porte à de
patriotifme
qui croyons étre les
pareils excès. Nous
véritables
notre entière foumiffion à la patriotes par
jurons que nous fommes
loi, nous vous
de, toutes
décidés à
nos forces l'ordre
protéger
individuelle à
public, la sureté
,
faire régner la paix, & à
pourfuivre les mal - intentionnés
cheroient à Ia troubler.
qui chercelui des vrais
Ce ferment, qui eft
mériter
patriotes, doit fans doute nous
nation Tapprobation des délégués de la
35,
No, XXXIV
5mai &z 22 mars 1792.
Ieuresparmoi écrizes ail
verneur général
Lieutenant, ou GoudeSaine-Domingue, relative
au renvoi en France d'un grand nombre
Joldats du Régiment du
de
Cap, malades oiZ
efropiés,
Il eft de mon devoir
d'imprimer ces deux --- Page 67 ---
lettres en entier, puifqu'elles juftifient la conduite de mes camarades.
On verra dans les comptes officiels que j'y
rends fur la pofition du régiment que je conamandois, qu'il étoit alors réduit à moitié par
les fatigues exceflives de i1OS campagnes contre
les brigands révoltés. On verra aufli que mes
juftes demandes pour faire paffer en France
ceux dont la fanté l'exigeoit impérieufement,
donnerent lieu aux faétieux de calomnier mes
intentions; ils oferent avancer que j'en impoibis fur le nombre des malades comme fur la
gravité de leurs maux.Je demandai &j'obrins
un rapport de fix commiffaires nommés par
l'AMemblée Coloniale ; il fut conforme à celui
quejavois rendu, & ce font les reftes précieux
de ce corps recommandable, qui, échappés
aux maladies, au feu & au fer deces révoltés,
n'ont pu triompher de ces lâches calomniateurs, & partagent'en ce moment mon injufte
détention.
malades comme fur la
gravité de leurs maux.Je demandai &j'obrins
un rapport de fix commiffaires nommés par
l'AMemblée Coloniale ; il fut conforme à celui
quejavois rendu, & ce font les reftes précieux
de ce corps recommandable, qui, échappés
aux maladies, au feu & au fer deces révoltés,
n'ont pu triompher de ces lâches calomniateurs, & partagent'en ce moment mon injufte
détention. --- Page 68 ---
Lettres de M, Cambefort, 2 M. le Général.
Au Cap, le 5 mai 1792.
* Mon Général, je viens
I'envoi on France des foldats d'apprendre que
ment du
malades du régiCap a donné lieu à des propos fort
extraordinaires, & a même fixé
la
l'attention de
défaire Municipalité, on dit que nous voulons nous
de ces foldats,
n'eft pas la nôtre; & parce que leur religion
leur départ.
on parle de s'oppolerà
Depuis longtemps, Général, nous fommes
accoutumés à voir élever contre nous les
çons & les défiances. Tout
foupl'avez remarqué
cela, comme vous
fets de la
judicieufement, font des ef.
détruire. révoletion, que le temps feul
Faifons le bien tant
peut
poflible, fans égard
qu'il nous fera
aux clameurs des hommes
prévenus, aveugles ou méchans. Mais
je n'ai rien de
à
comme
conduite
plus coeur que de mettre ma
en évidence aux yeux des gensl honnêtes, veuillez, je vous prie, rendre
la lettre
publique
le
que j'ai eu I'honneur de vous
22 mars, relativement à
écrire
les perfonnes
mon Régiment :
qui n'ont pas été a
nous fuivre dans tous les détails portée de
du fervice, --- Page 69 ---
& qui cependant ont la légéreté de
nous critiquer, y reconnoitront, de ma part, des
de juftice &
vues
d'humanité; ; ils y verront
bien l'activité du
comdant
Régiment du Cap, qui penlong-temps fut feul notre force en
de ligne, a été deftructive ; ils
troupe
j'ai eu la élicatefle de
y verront que
ne pas m'en plaindre,
parce que nous étions preffés par
néceflité, Ma conduite à Cet égard l'impérieufe fera
être ceffer ces dénonciations
peutaccumulées,
depuis un temps infini , mettent mon
qui
& ma rélignation à toutes les
courage
P. S. Le relevé des foldats épreuves >),
de mon
ment, morts depuis ma lettre du 22
Régiqu'àcej jour, monte à
mars juf43 , qui, joints aux
qui ont péri depuis le 23 aotit
premiere
jufqu'à cette
époque, font 239.
Jugez, 2 d'après cela, quelle doit être
peine des obftacles qu'on
ma
prémédite
au départ pour France de ceux
d'apporter
peur feul fauver!.
que ce voyage
Au Cap, le 22 mars 1792:
e Mon Général, j'ai l'honneur de
préfenter le tableau de la fituation du vous
ment du Cap, à
du
Régil'époque
2I mars, com-
qu'à cette
époque, font 239.
Jugez, 2 d'après cela, quelle doit être
peine des obftacles qu'on
ma
prémédite
au départ pour France de ceux
d'apporter
peur feul fauver!.
que ce voyage
Au Cap, le 22 mars 1792:
e Mon Général, j'ai l'honneur de
préfenter le tableau de la fituation du vous
ment du Cap, à
du
Régil'époque
2I mars, com- --- Page 70 ---
y
paré avec la force de Ce
de fa première fortie corps au 23 aout, jour
Vous
contreles nègres révoltés.
verrez. > mon Général, que dans cet
intervalle de fept mois, il a
le feu des brigands,
péri, tant par
que par fuite d'exccffives
fatigues, cent quatre-v vingt-feize hommes;
qu'ily en a deux Cents dix-huit à
;
France, comme hors d'état de renvoyer en
les rapports des médecin &
fervir,d d'après
chirurgien du
ce qui porte la confommation réelle
roi,
Régiment, à
pour le
de
quatre cents quatorze. Il y a
plus, quarante malades à Thôpiral militaire, & quatre-vingt ou malades ou
lefcens à la chambre, dont
convaon peut à peine
efpérer de fauver la moitié, Ce qui
la perte effective à quatre cents
porteroit
torze
foixante-quahommes, c'eft-à-dire, à plus de moitié
de la force exiflante au 23 aout dernier.
Et fj'ajoute à ce tableau, qui déchire mon
ame, la cruelle perfpective de l'affoibliffement
d'une partie de ceux qui exiflent aujourd'hui,
que quelques jours de marche ou de fatigues
extraordinaires jetteroient dans un dépériflement total, je vous montrerai qu'il refte à
peine en bon état de fervice, la cinquième
partie de ce brave Régiment. --- Page 71 ---
Nous comptons dans nos pertes quatre Capitaines & trois Lieutenans, qui ont péri de
farigues, excepté un qui a été maffacré avec
quinze hommes du Régiment, dans la malheureufe journée d'Ouanaminthe ; & ileftà remarquer que de tous les Officiers, deux feulement n'ont pas été malades, & que cinq à fix
fe font vus aux portes du tombeau, & font
forcés de partir pour France ou la NouvelleAngleterre. Voilà, mon Générak, le douloureux réfultat d'un fervice outré.
Vous pouvez voir, par les états du premier
de chaque mois, depuis l'époque de la révolre, que mon Régiment, obligé de faire
face par-tout, > n'a jamais eu de préfens, aux
drapeaux, deux cents hommes en état de faire
le fervice, qu'il a été même réduicà cent vingehuit, & qu'enfin, il a prefque toujours eu
moins de deux nuits de repos dans l'ordre du
fervice régulier, & fouvent moins
d'une, > en
y ajoutant le fervice extraordinaire, les
trouilles régulières & les bivouacs, qui, l'un paportant l'autre, ont employés de dix à quinze
hommes par nuit. II importoit à la tranquillité
publique, de ne pas trop fixer l'attention fur
la foibleffe de la garnifon 5 je n'ai Pas plus
murmuré que mes foldats.
its de repos dans l'ordre du
fervice régulier, & fouvent moins
d'une, > en
y ajoutant le fervice extraordinaire, les
trouilles régulières & les bivouacs, qui, l'un paportant l'autre, ont employés de dix à quinze
hommes par nuit. II importoit à la tranquillité
publique, de ne pas trop fixer l'attention fur
la foibleffe de la garnifon 5 je n'ai Pas plus
murmuré que mes foldats. --- Page 72 ---
Ce qui doit à jamais, mon Général, refter
dans ma mémoire & dans celle de quigravé fait apprécier la vraie vertu militaire ,
conque
l'idée d'un méc'eft que je n'ai jamais apperçu
l'on
contentement: , fur le fervice forcé que
étoit obligé d'exiger. C
J'ai vu le même homme
commandé de garde trois jours de fuite,réclamer le droit qu'il croyoit avoir d'en être
le
; j'ai vu des agonilans
encore
quarrième
les veilles del leurs camarades,
vouloir partagerl
les ai vus en faétion ,
pour les foulager ; je
être retremblans de fièvre, ne vouloir point
levés ; 8c dans ce rigorifme de fervice, , tout
plus exaête difcipline,
de pur zele,obferverlap
des
marqué à l'exécution
& un attachement
Loix.
de
Enfin, mon Général, permettez-moi
attention fur mon retour de la
fixer votre
l'attaque du Grandcampagne de l'Acul :après
excédées
Boucan, les troupes patriotiques,
l'être
de fatigues, mais qui ne pouvoient point de
le Régiment du Cap, cefferent
plus que
du
& de la
venir dans les camps Hant-du-Gap
à lal
Petite-Anfe (1), qui reftèrent uniquement
l'état- major patriotique fut
(1) Dans ce temps,
nommé.
charge --- Page 73 ---
charge & fous la défenfe de mon corps & de
l'artillerie, dont je peux parler qu'avec éloge,
ayant toujours, felon fes moyens, > fait le fervice le plus régulier; ces camps font reftés,
dis-je, fans troupes patriotiques, depuis l'époque ci-deffiis citée 2 jufques à la veille du
jour de l'an , efpace de plus de fix femaines,
fous lagardedeq quarante ou cinquante hommes
de mon Régiment & de queiques
avec la perfpective de périr fur la artilleurs, >
étoient attaqués,
place s'ils
parce qu'il eft impoffible
foixante à foixante-dix hommes d'infanterie, que
couvrent des lignes qui doivent être défendues
par cinq cen ts.
Il eft donc bien démontré que lel Régimenr
du Cap eft depuis fept mois 2 fans relâche, en
marche > en faction ou aux combats 5 je pourrois prouver qu'il s'eft trouvé par moment
fubdivifé en plus de quarante points différens,
dont quelques - uns féparés par des diftances
énormes.
Mais fi pendant Ces fept mois, il nous falloit conftamment couvrir, attaquer & défendre, une néceffité impérieufe me
forçoit au
filence, mes raifons n'en fonr que plus fortes
E
fept mois 2 fans relâche, en
marche > en faction ou aux combats 5 je pourrois prouver qu'il s'eft trouvé par moment
fubdivifé en plus de quarante points différens,
dont quelques - uns féparés par des diftances
énormes.
Mais fi pendant Ces fept mois, il nous falloit conftamment couvrir, attaquer & défendre, une néceffité impérieufe me
forçoit au
filence, mes raifons n'en fonr que plus fortes
E --- Page 74 ---
folliciter vivément des foins
aujourd'hui pour faveur des braves foldats qui
& du repos en
ne
dont les forces phyliques peume reftent,
les anime
vent être en mefure du courage qui
& dont il ne faut pas abufer.
C'eft, mon Général, à mon bien grand reje me vois obligé de vous tenir un
gret que
fous tous les points de
pareil langage, car,
que de
vue, rien ne peut mieux me convenir
frères d'armes,
marcher, avec mes courageux
ou le falut de la Colonie pourroit m'appeller; fele fentiment d'humanité n'en
mais quand
exigeroit
roit pas une loi, l'intérêt politique
tous les moyens pour
que nous employafions
conferver une fouche Aiprecieuis.qivanie
ilon mettoit en ufage fa bonne votiroit
at of rf
lonté.
Je vous demande de plus, mon Général,
les deux cents dix-huit hommes, déclarés
pour
stoutce
horsd'état de fervir, quantapréfent,
que
les circonftances 8z nos moyens peuvent per
de
foient emmettre de donner fecourssq qu'ils
furdebons bâtimens, (fousla conduite
barqués
couchésle plus comd'un ou de deux officiers)
foignés &
modément poffible, bien nourris, --- Page 75 ---
médicamentés, Enadoptant ces difpolidionsije
penfe que vous croireznécellaire d'en
nir fur le chample miniftre, afin qu'il préven donne
des ordres dans les ports ou devront aborder
ces bâcimens, chargés de malades, pour qu'ils
y foient reçus comme ils doivent
a
:
rétre.
ai0i sor
Tous mes foldats infirmes
WonP dautre
defir, allant en France, que d'être
rejoindre le Régiment, 20
afurés'de
loriquis feront re2
tablis : ce fentiment les honore autant qu'it
m'attendrit fur.leur Jore D'après leur réplgnance à partir, 2 dans la crainte de ne point
rejoindre leurs drapeanxytje deur ai promis
que vous folliciteriez, , du minifre, leur rentrée au Régiment dès qu'ils feroient rétablis;
il eft de votre juftice & de votre loyauté d'accomplir ma promefle. Je vous demande, en
même temps, de folliciter la penlion de'rc4
compenfe militaire
ceux
-
, pour
eftropics ougui
refteroient invalides: jemais ces récompenfes
ne furent mieux méritées! Enlin, mon iGénés
ral, d'après T'expofé queije, place fous yGs
yeux, vous fenrirez; farts doute, comme mpt,
la néceflité de rétablir, par le repos, le PEn
d'hommes qui nous refte pour fonds_de mou
I Jj
rc4
compenfe militaire
ceux
-
, pour
eftropics ougui
refteroient invalides: jemais ces récompenfes
ne furent mieux méritées! Enlin, mon iGénés
ral, d'après T'expofé queije, place fous yGs
yeux, vous fenrirez; farts doute, comme mpt,
la néceflité de rétablir, par le repos, le PEn
d'hommes qui nous refte pour fonds_de mou
I Jj --- Page 76 ---
je vois toujours prêt à fe facriRégiment, que
que fa valeur
fier entièrement, s'il ne confulte
- tur
& fon énergie.
1 demande donc de vouloir bien faire
Je vous
& ordonner que
rentrer tous les détachemens,
fervice foit réglé de manière à foulager,
le
des braves miliautant qu'il fera poflible,
de
à
nous devons la confervation
taires, qui
9!
du Nord
-
relte d'intact dans la province
Çe qui
de cette Colonie.
11.
No. X X X V.
a (
20 feptembre 1792:
lettre par moi écrite aux CommifPremiere
1o
faires civils.
reftée fans réponfe,
Comme cette jettre, fervi de prétexte aux
a été imprimée & a
de m'être livré
Commiffaires pour m'acculer
a
polémiguer, je la donnerai.
à des dijcu/ons
toute en ( entier.
u
dans les conférences que
D'c Melieurs, ,
firuaavec vous far la déplorable
j'ai eues
& fur les moyens de
tion de la Colonie, > à fes maux,i il ni'a
mettre enfin un ternie --- Page 77 ---
été facile de me convaincre du defir
vous avez de tout rapporter à
que
objet. Il eft avant tout
ce grand
bafes
s Meflieurs > des
furlefquelles ili importe infinimenrd'étre
d'accord, parce qu'elles tiennent effentiellement à l'uniformité des moyens à
J'ai parlé à M. le Gouverneur
employer.
même fens
général dans le
que je vais avoir Phonneur de
m'entretenir avec vous 5 c'eft un tribut
mon expérience lui devoit, & dont elle que
également s'acquitter envers vous.
veut
Deux points me paroiffènt d'abord fort
effentiels > j'ofe même dire que c'eft d'eux
dépend le fuccès que nous nous
que
tous.
promettons
Le premier eft la queftion de favoir s'il eft
utile d'eflayer des négociations avec les.
révoltés, avant
Nègres
d'employer la force contr'eux.
-Le fecondeftla manière
deftinée
d'employer l'armée
au rétablifement de l'ordre.
Malgrd-que Thumanité femble interdire
l'examen de Cette première
l'intérêt des Colons
queftion, 2 & que
paroiffes'y réunir,je crois
cependant qu'elle mérite les plus férieufes réflexions, & qu'une infinité de confidérations
E iij
, avant
Nègres
d'employer la force contr'eux.
-Le fecondeftla manière
deftinée
d'employer l'armée
au rétablifement de l'ordre.
Malgrd-que Thumanité femble interdire
l'examen de Cette première
l'intérêt des Colons
queftion, 2 & que
paroiffes'y réunir,je crois
cependant qu'elle mérite les plus férieufes réflexions, & qu'une infinité de confidérations
E iij --- Page 78 ---
de la plus haute importance T exigent qu'on
toute la circonffafle ufage de ce moyenravec
feipedion pofible. Les brigands croient ou
de croire que la France les a rendus à
gnent
n'ufera jamais férieuleenx-mêmes , qu'elle
ment des moyens de rigueur pour les remettre
ài la culture, &c que la mafle des Colons eft
foible pour les réduire 5 voila du moins
trop réfultat des déclarations de beaucoup de
le
échappés des révoltés, ou qu'ona pris
Nègres
dans différentes affaires, & la conduite qu'ils
ont tenue l'a fans cefle jufifice : malheureufement nous avons encore accrédité ces erdes
dans lefquelles on
reurs par
négociations
favoir
eft entré,8 qu'ils ont provoquées pour
Fétat de nos forces 5 ils s'en font joués, &
f
notre defir de mettre fin à
n'ont regardé
cette révolte par des voies pacifiques, que
de notre foiblefle > &
comme un certificat
dansle crime n'en
leur réfolution à perfévérer
ferme. Le comble du malheur
a été que plus
étoit notreimpuilince de, wengerfurleschamp
cette trabifon.
aU0
tous les dangers d'une négociaaI Si, malgré
tion, vous croyez utile de V'entrepréndre
de la rendre len moins
il faut au moins.ticher --- Page 79 ---
nuifible poflible 5 & cet objet ne peut fe remplir qu'en tenant un langage extrémement
févère aux révoltés; en leur donnant un délai
qui ne fe compte que par heures 5 en refufant
toute autre trève, , ne fit-elle que d'une minute ; & en difpofant la force de manière à
pouvoir la déployer à l'inftant même ou
Texpiration du délai annoncera leur intention s
de fe jouer de ces nouvelles
menaces.
Un long intervale qu'on leur accorderoit
ne ferviroit qu'à faire dévorer par les flammes
tous les bâtimens & les cannes qui
exifter, qu'à augmenter leur audace peuvent
faire préparer à
> qu'à les
une réfiftance qui nécefliteroit
leur deftruétion s ou qu'à leur fournir les
moyens de fe procurer une retraite qui éloigneroit encore le terme de nos maux.
Une opération fort effentielle &
dante de toute négociation, c'eft de indépend'Ouanaminthe : trois grands
s'emparer
objets fe rempliffent ainfi à-la-fois; le
aux
premier 2 d'enlever
brigands les reffources infinies que leur
procure ce quartier par la proximité de
TEpagnol, & par la communication à la
mer;le fecond, c'eft d'ouvrir avec cette
Efpagnole une communication
partie
indifpenfable
E iv
fort effentielle &
dante de toute négociation, c'eft de indépend'Ouanaminthe : trois grands
s'emparer
objets fe rempliffent ainfi à-la-fois; le
aux
premier 2 d'enlever
brigands les reffources infinies que leur
procure ce quartier par la proximité de
TEpagnol, & par la communication à la
mer;le fecond, c'eft d'ouvrir avec cette
Efpagnole une communication
partie
indifpenfable
E iv --- Page 80 ---
Afapprovifionemene de nos boucheries ; le
troifième, de rétablir un nombre
de
confidérable
propriétaires fur des biens immenfes &c
tris-fertiles, & de revivifier
culture & le
fur-de-champ lacommerce.
€ Quant au fecond
de
point , j'aurai l'honneur
vous obferver, Meflieurs, qu'il s'accorde
Parfaitement bien avec les
premiers, car s'il
eftintéreflant, fous tous les rapports coloniaux,
qu'on agifle
moins
promptement s il ne l'eft pas
pour les troupes elles-mémes;le
eft comme vous le favez,
climat
le. nombre de
très-meurtrier ;
ceux qui
la Colonie
débarquent dans
> diminue toujours avec une
rapidité eftrayante ; & on a obfervé
exercice modéré prévient
qu'un
dies,
beaucoup de malaparce qu'il entretient une
qui eft ici le thermomètre de tranfpiration
lair de la plaine eft d'ailleurs notre fanté;
falubre que celui des villes.
beaucoup plus
Ainfi, il convient
également aux nouveaux défenfeurs
font venus,
qui nous
, quei les.forties foient faités firle-champ, la faifon d'ailleurs le commande:
nous fommes encore entre le temps des
& celui des nords; les pluies
orages
de temps les
dégradent en peu
cbemins, & alors la difficulté --- Page 81 ---
du tranfport de l'artillerie & des vivres eft
infurmontable.
Telles font, Meflieurs, les réfexions
j'ai cru devoir vous foumettre;
que
; elles ne
peuvent qu'étre juftes > parce qu'elles font
le produit d'une pénible expérience & d'une
méditation qu'aucun elprit de parti n'empoifonnera jamais. Je n'ai pas de
à
propriétés
Saint-Domingue, - 3 & c'eft,dans ces
de divifion, ce qui rend mon opinion temps
pure; j'en ai cependant d'aflez
plus
aux Ifles du Vent, dont je croif importantes le fort
jours fibordonné à cette Colonie
toucontredit, la reine des Antilles; quieft, fans
point de vue, fa
& fous ce
confervation, fa profpérité
m'intéreffent autant qu'à fes propres habitans:
les devoirs de ma place me
outre , de la défendre;
preferivent, en
i'y ai fait honneur
jufqu'à préfent, & mon zèle eft bien loin
d'être prét à fe ralentir, dans ce
ou les paflions, les intérêts
moment
être
perfonnels vont
remplacés par la loi, qu'elle
égale obéiffance de
exigera une
raires
tous, > & que les témé
qui oferont la fouler aux pieds feront
punis de leurs infraétions. En effet,
rien à mon avis n'eft plus fatisfaifant Meflieurs,
pour
préfent, & mon zèle eft bien loin
d'être prét à fe ralentir, dans ce
ou les paflions, les intérêts
moment
être
perfonnels vont
remplacés par la loi, qu'elle
égale obéiffance de
exigera une
raires
tous, > & que les témé
qui oferont la fouler aux pieds feront
punis de leurs infraétions. En effet,
rien à mon avis n'eft plus fatisfaifant Meflieurs,
pour --- Page 82 ---
I'homme droit, que le règne de la loi';
lorfque les droits &c les devoirs de chacun que
font fi bien tracés,
qule toute violation foit
inexcufable. Tels furent toujours les fentimens
quim'animèrent, & qui,en dépit de
me concilieront le
de
l'envie,
fuffrage
tous ceux
ont obfervé artentivement & fans
qui
paflion ma
conduite. 3,
No, XXXVI
5 cétobre 1792.
Lettre paar moi écritc al GouverneurGénéral,
cc Les difpofitions militaires
dans la colonie de
qui exiftoient
mentde
Saine-Domingue, au mo.
votrearrivée, m'attribuoient, comme
Colonel le plus ancien, le
de la Place du Cap; &
commandement
néral de
comme Major- - Gél'armée, ce qui étoit relatif au mouvement des Cainps. J'ai
d'activité
de
rempli, avec autant
que
zèle, ces différens devoirs.
Mais aujourd'hui qu'un armée & un grand
Etat-Major fe trouvent dans la Colonie,
ne puis nine dois exercer des
, je
fonctions
ne m'appartiennent plus 3 la loi s'y
qui
a
oppofe
formellement, & déligne ceux qui doivent me
remplacer, &c. >> --- Page 83 ---
No, XXXVIL
7 odobre 1792.
Deuzième Lertre par moi écrite aux Commiflaires civils.
Cette lertre faifant fuite à celle du 20 feptembre & partie du même chefd'accufation,
je la donnerai
également toute entière.
4 Meflieurs, depuis votre arrivée, vous avez
été témoins de quelques icènes dans
on m'a vouln faire
lefquels
jotier un rôle affreux ; ce
n'efiqu'un renouvellement de celles qui durent
depnis plus de trois ans.
Je penfois que votre préfence les feroit
ceffer, que le caraétère dont vous êtes revétus en impoferoit aux méchans ; je
autant d'indignation
vois, avec
que de douleur,
rien ne peut enchaîner leur audace.
que
Jufqu'à préfent, Meflieurs, j'ai fi la méprifer; mais il ef un terme à tout; I'homme
dont le coeur eft
pur, 3 fe lafle à la fin de combattre un hydre toujours renaiflant,
Je vous l'avoue, Meflieurs,
mifant
, j'ai vu en frél'empreffèment & l'ardeur de tous les
indignation
vois, avec
que de douleur,
rien ne peut enchaîner leur audace.
que
Jufqu'à préfent, Meflieurs, j'ai fi la méprifer; mais il ef un terme à tout; I'homme
dont le coeur eft
pur, 3 fe lafle à la fin de combattre un hydre toujours renaiflant,
Je vous l'avoue, Meflieurs,
mifant
, j'ai vu en frél'empreffèment & l'ardeur de tous les --- Page 84 ---
mal-intentionnés' à féduire les
lement
troupes nouveldébarquées, à leur donner des infinuations perfides, , pour les égarer & leur faire
commettre peut-être les plus grands
mieux qu'un autre, j'ai
crimes;
des malheurs
pu calculer la fomme
ville du
qui doivent en réfulter pour la
Cap & la Colonie entière;j
pas davanrage les
jen'ignore
impreffions défavorables
qu'on a cherché à leur donner à mon
pour m'aliéner leur confiance.
égard,
Ces troupes feront
pas, mais
détrompées,je n'en doute
fera
Pelit-être trop tard & quand il n'en
plus temps.
Un avantage immenfe que les ennemis
la paix & du bon ordre
de
ceux
auront toujours fur
qui ont des principes
c'eft
les premiers,
oppofes,
que
fans ceffe
pour remplir leurs vues > font
adtifs, pleins d'ardeur, &
autres fe contentent de
que les
gémir en filence.
Cependant je l'avance
hardiment, Mef
fieurs,6c je ne cràins pas d'être démenti, jufqu'z préfent j'ai éventé & déjoué leurs dangereux projets. C'eft par cette raifon, fans
doute, qu'ils aiguifent contre moi tous leurs
poignards; mais leur haine fait mon triomphe & ma gloire. Ilsont penfé qu'ilslafferoient
, &
autres fe contentent de
que les
gémir en filence.
Cependant je l'avance
hardiment, Mef
fieurs,6c je ne cràins pas d'être démenti, jufqu'z préfent j'ai éventé & déjoué leurs dangereux projets. C'eft par cette raifon, fans
doute, qu'ils aiguifent contre moi tous leurs
poignards; mais leur haine fait mon triomphe & ma gloire. Ilsont penfé qu'ilslafferoient --- Page 85 ---
enfin mon courage, mon zèle & ma fitrveillance, ijs fe trompent ; c'eft un nouvel
lon qui redoublera mon activité.
aiguill
Mais je ne veux pas que mon zèle à fervir
la chofe publique lui nuife fous aucun
quoique bien convaincu
rapport:
dans la
que je puis être utile
campagne qui va s'ouvrir, > je ne veux
pas que ma participation aux opérations fournifle aux méchans des moyens de les
çonner, de les entraver, de les faire
foup-
& de rejetter fur mon influence
échouer,
ce qui feroit
l'objet de leurs coupables manceuvres.
confidération enchaîne
Cette
mon courage au moment ou je defirerois, pour le falut de la
Colonie, pouvoir doubler mes forces & mon
énergie. En conféquence je déclare haurement
que je fuis décidé à me circonferire
ment & paflivement dans les bornes unique- de
mon
commandement en chefdu régiment du
& du commandement
Cap,
déféré
derla place qui.m'eft
par la loi,
Je déclare
AuC
en outre, , de la maniere la plus
formelle, que rien de Ce qui peut
hors deslimites
étre'cxécuté
que je viens de faire
ne devra & ne
connoitre,
m'être
pourra 5 en aucune façon,
imputé,
--- Page 86 ---
- Cette déclaration fermera fans
bouche aux malveillans
doute la
qui,
ont cherchéà
jufqu'à préfent,
Elle leur ôtera empoifonner toutes mes aétions.
contribuera
toute elpèce de prétexte; elle
à ma tranquillité
je defire qu'elle puille
perfonnelle, &
quillité
contribuer à la tranpublique.
-Je ne dois pas laiffer croire
parti que j'adopte foit un cependant, quele
fur moi par la
triomphe remporté
calomnie; je le
chofe publique feule
répète, > c'eft la
crois en droit,
quejf'envifage; & je me
Meflieurs, de
une
réclamer, comme
juftice, toute votre févérité
ma conduite dans les
pour fcruter
jiai occupées
différentes places que
depuis la
en
de Colonel du
rérolation,
qualité
dant de la
régiment du Cap, de commanplace & dépendances, & de commandant, par interin, de la
Nord.
province du
iSi,: comme j'en fuis afliré d'avance
y trouvez toujours l'exaéitude à
, vous
le refpect & l'obéillance
mes devoirs;
loix &aux autorités
la plus pallive aux
le plus inviolable à lal confituées, l'attachement
bien, & les plus
Mere-Patrie, l'amour du
alors
grands efforts pour
je fuis en droit de réclamer Topérer;
égalenient
interin, de la
Nord.
province du
iSi,: comme j'en fuis afliré d'avance
y trouvez toujours l'exaéitude à
, vous
le refpect & l'obéillance
mes devoirs;
loix &aux autorités
la plus pallive aux
le plus inviolable à lal confituées, l'attachement
bien, & les plus
Mere-Patrie, l'amour du
alors
grands efforts pour
je fuis en droit de réclamer Topérer;
égalenient --- Page 87 ---
votre juftice pour chercher & découvrir mes
calomniateurs > auxquels je pardonne d'avance. Par CG moyen digne de moi, Meflieurs,
je les réduirai au filence ; ils n'oferont plus fe
montrer > & leurs machinations cefferont ou
feront du moins impuiflantes. >>
- a 1e a
TC --- Page 88 ---
SUPPLÉ M ENT
reçues de SaintDE Pièces jufificatives,
à la rédac
Domingue poftericurement
tion du Mémoire > & produites au
Comité Colonial.
No. Ier.
moi adreféc à tous les Colons de
Lettre par
les porter à la paiz
Saint-Domingne, pour
8 à Tunion, dans Z12 moment deffervefcence générale.
& chers Concitoyens, c'eft au
ce Meffieurs
de la Loi & du Roi, au nom
nom del la Nation,
au nom
de cette Nation dont vous faites partie,
voulu la rendre libre 8 heudu Prince qui a
à réunir tous
reufe, que je viens vous inviter
efforts
arrêter le défordre, pour
VOs
pour
dont cette Colonie eft
prévenir les malheurs
menacée.
Meflieurs, d'appuyer mes
Fermettez-moi,
fur la pureté de mon ame, fir mon
priètes
amour --- Page 89 ---
8i
amour pour la paix, & fur les
de confiance
témoignages
m'accorder.
que vous avez bien voulu
Daignez vous rappeller, Meffieurs, des
premières crifes dont le Cap a étéle
& de la conduite franche &
théâtre,
ai
elle
loyale que iy
tenue;
a été & fera toujours dictéo
par UR coeur qui ne çonnoi ni obltacles ni
dangers, lorfqu'il s'agit de venir au fecours
de fes frerès, de foutenir leurs
d'affiurer leur
droits, &
repos.
Tels font, Meflieurs 3 ihigs principes depuis
dix-huit ans que j'ail l'honneur de commander
dans différentes places. Si un feul
avoit un reproche fondé à me faire, Citoyent fi
hon
temps 7 mon fommeil 3 ma fortune &
mes plaifirs n'euffènt pas été conftamment
facrifiés au bien
public, > je me regarderois
indigne de vous porter des paroles de
mais raffuré par le
de
paix;
témoignage
ma propre
confeience, Par les fentimens. d'eftime dont
j'ai joui jufqu'à préfent, je viens réclamer
auprès de vous, Meflieurs & chers Concitoyens, la juftice qui m'elt
& vous
-
die,
alfirer que j'ai autant d'envie de inériter
amitié que de vous convaincre de la mienne votre
F
paroles de
mais raffuré par le
de
paix;
témoignage
ma propre
confeience, Par les fentimens. d'eftime dont
j'ai joui jufqu'à préfent, je viens réclamer
auprès de vous, Meflieurs & chers Concitoyens, la juftice qui m'elt
& vous
-
die,
alfirer que j'ai autant d'envie de inériter
amitié que de vous convaincre de la mienne votre
F --- Page 90 ---
Vous avez tous juré de refter fidèles à la
Nation Françaife, aux Loix & au Roi, c'eft
ce ferment, fi cher à tous les Français, dont
M. lGouverisur-Genéral réclame
l'exécution. Il a fallu qu'un détachement aujourd'hui
de
troupes réglées fut débauché,
d'un vaifleau fut
que léquipage
féduit, fon Etat- Major
démonté, fon nom changé Sans doute
pour foutenir avec impunité des entreprifes
défaftreufes, il a fallu, dis-je, que les
de Ce chef militaire, & de différens jours
Officiers fupérieurs fuffent
autres
enfin
les
menacés; il a fallu
>
réquifitions preffantes des bons
Citoyens du Port-au-Prince & de la Croixdes-Bouquets, pour déterminer M.I le Général
à faire ceffer les vives alarmes des
bien, & ramener l'ordre &
gens de
la
dans la ville.
trarquillité
N'ayant d'autres moyens d'y
faifant arrêter les membres parvenirqu'en du
Comité
comme érant les principaux auteurs de tous
les troubles, de tous les défordres qui affigeoient Cette villes M. le Général fe vit
obligé d'en donner l'ordre dans la nuit du
29 au 30. Juillet dernier;à M. de Mauduit.
Cet Officier ayant été informé
le
que --- Page 91 ---
Comité étoit extraordinairoment
une heure après minuit, &
affèmblé à
coup de gens armés,
entouré de beaules voies de la
crut devoir employer
pacification; il fortit
avec un détachement de
cependant
cent
tant de volontaires
vingt hommes,
réglées
fe
nationaux que des
pour
mettre à l'abri de troupes
prife, & étant à portée d'être
toute furComité, il le fomma
entendu dudit
de la
par trois fois, au nom
Nation, de la Loi & du Roi, de
rendre aux ordres de M. le
fe
quel fut fon
Général; mais
de n'en recevoir cronnement, fon indignation 2,
pour toute réponfé
décharge de
qu'ane
danger étoit moulqueterie & d'efpingoles ! le
de
trop prefànt pour ne pas ufer
repréfailles, & vous en jugerez,
quand vous faurez
Meffieurs,
que ce Comité avoit
cents cinquante perfonnes fous les
quatre
vous laifez pas
armes, Ne
tromper par les faux détails
que l'on vous donnera; puifez à la fource
vérification des
&
la
miens, vous
que Ce malheur n'eft devenu coaviendrez
par les projets défaftreux & inévitable que
aggreffeurs,
fanguinaires des
Il n'exifle,
Meflieurs, dans la Colonie
qa'une feule claffe de bons
Citoyens qui
Fij
ous les
quatre
vous laifez pas
armes, Ne
tromper par les faux détails
que l'on vous donnera; puifez à la fource
vérification des
&
la
miens, vous
que Ce malheur n'eft devenu coaviendrez
par les projets défaftreux & inévitable que
aggreffeurs,
fanguinaires des
Il n'exifle,
Meflieurs, dans la Colonie
qa'une feule claffe de bons
Citoyens qui
Fij --- Page 92 ---
defirent, comme M. le Général , que les
décrets nationaux des 8 & 28 mars foient
exécutés; ceux qui ne veulent ni les reçonfont évidemment
noître ni s'y conformer,
les ennemis du bien public, & conféquemment les vôtres : jugez-en, Meflieurs, par la
nature de leurs entreprifes > par les fuites
funeftes qu'elles doivent avoir, & diftinguez
fous l'apparence d'un bien
les traitres, qui,
idéal, vous conduifent à votre perte , des
hommes vertueux occupés de votre bonheur,
& dont la feule éloquence eft le langage de
la vérité; le nombre des premiers n'eft pas
confidérable, leur but eft connu, & leurs
manceuvres ne font ignorées que par des
perfonnes faciles à féduire, dont Yégarement
faire leur malheur & celui
déplorable peut
de leurs Concitoyens.
Hâtons-nous , Meffieurs, de leur deffiller
les yeux, réuniffons-nous pour faire triompher
la bonne caufe, & que nos frères bénillent
Pheureux inftant du retour de la paix
à jamais
parmi nous 5 vous me trouverez toujours
empreffe à feconder' VOS efforts, j'en renouvelle ici T'engagement en joignant mes voeux
vôtres
le bonheur de cette Colonie,
aux
pour --- Page 93 ---
8;
& en vous affurant du refpedtueux attachement, &c.
Ne, II.
15 aodt 1790.
Extrait des regifres des délibérations de la
Paroife de Limonade.
Arrêté peur voter des remercômens all Gouverneur Général, à LAlemblée Provinciale
du Nord, au Commandant de la Province
e à moi,
c Confidérant que T'Afemblée, ci-devant
féante à Saint -
Marc, 2 s'étant ouvertement
portée à des actes d'indépendance & de trahifon, n'a pas craint de confirmer par les féduétions les plus criminelles & les attentats
les plus révolrans; que les décrets défaftreux
qu'elle s'ett permis de rendre dans'ces derniers
temps, & notamment celui du licenciement
des troupes de ligne en faifane paffer tous les
pouvoirs en fes mains, allojt appefantir fur
nos têtes le defpotifine le plus atroce; qu'en
conféquence il étqit néceffaire,
loin de nous cette affreufe
pour repouffer
calamité, que le
dépofitaire de la force publique fit ufage de
F iij
ftreux
qu'elle s'ett permis de rendre dans'ces derniers
temps, & notamment celui du licenciement
des troupes de ligne en faifane paffer tous les
pouvoirs en fes mains, allojt appefantir fur
nos têtes le defpotifine le plus atroce; qu'en
conféquence il étqit néceffaire,
loin de nous cette affreufe
pour repouffer
calamité, que le
dépofitaire de la force publique fit ufage de
F iij --- Page 94 ---
tous lesmoyens quela Nation lui a confiés
le maintien de l'autorité
pour
la lettre de M.
légitime, , arrête que
Colons
Cambefort, adreffée à tous les
pour les porter à la paix & à
& les' préferver des
l'union,
preftiges de l'erreur, fera
confignée dans les regiftres de la Paroife,
comme un monument authentique des fentimens patriotiques de ce vertueux
&c de l'adhéfion intime de
militaire,
roifiale aux
T'Afemblée Paprincipes qu'elle renferme.
L'Afemblée Paroifliale confidérant,
que les dernières
enfia,
de
opérations de T'AMemblée
Saint-Marcayant annoncée hautement une
fciflion décidée avec la Mère-Patrie
plus poffible de douter de fes
, il n'eft.
& que ceux que la confiance, projets criminels,
la féduction auroient induits
l'amitié ou
voir clairement
à erreur, doivent
anjourd'hui l'abime ou des
gens mal - intentionnés cherchoient à
précipiter, >> 8 infi
nous --- Page 95 ---
No. III
16 novembre 1790.
Arrêté de LAfemblée Provinciale de la partie
du Nord.
e Confidérant qu'avarit & depuis la révolution le Régiment du Cap n'a ceffé de
donner des preuves du plus pur
& notamment dans les diverfes patriotifme,
ou la Colonie a été en péril:
circonfances
cc L'Affemblée a arrété &
arrête, > à l'unanimié.qu-M.Cambefort ferainviéreprendre,
pourlasareté publique, les deuxpièces deçampagne que le Régiment du Cap avoit confervées aux cazernes, jufqu'à Tépoque
ordre de M. Vincent, lefdites
ou, par
deux pièces de
campagne ont été remifes à T'Arfenal >.
No, I V.
8 feptembre 1791.
Arrêté de LADembléc Provinciale,
e M. Poitou s'eft préfenté & a remis une
lettre de M. Cambefort, qui
l'Affemblée la néceffité
repréfente à
d'organifer une Compagnie de Pompiers 2 pour laquelle il offroi
F iv
. Vincent, lefdites
ou, par
deux pièces de
campagne ont été remifes à T'Arfenal >.
No, I V.
8 feptembre 1791.
Arrêté de LADembléc Provinciale,
e M. Poitou s'eft préfenté & a remis une
lettre de M. Cambefort, qui
l'Affemblée la néceffité
repréfente à
d'organifer une Compagnie de Pompiers 2 pour laquelle il offroi
F iv --- Page 96 ---
al'Affemblée un réglement qu'il avoit fur
objet, & qui pourroit lui être utile.
cet
blée fur ce arréte que M.
L'AflemPompier, fera tenu de fe Brouet, 3 maitre
contrôle de fa
préfenter avec le
tionné, & enfujte Compagnie pour être fancadreffé à M. Cambefort,
pour Y prendre les
lui donner
renfeignemens qu'il aura à
pour l'exercice de fes fondtions
reonlanst
",
No, V.
22 décembre 1791.
Diftours prononcé par lun des
de TAlembiée Provinciale
commifaires
giment du
du Nord au RéCap, au Jujet d'une lettre du
Minifre della guerre > qui annonce
Régiment,
que ce
pour reconnoire fes bons fervices,pafera afon
ver le
dipantentnrfanr éproulicenciement décrété pour les autres
Régimens des Colonies,
3) Braves militaires du
la Province du Nord
Régiment du Cap,
vous a témoigné, dans
plufieurs occafions, combien votre
tifine ? autant que votre conduite franche patrio-
&
loyale 3 vous avoit acquis de droits à fa
connoiffance.
rey L'Aflemblée de fes repréfentans
nous a --- Page 97 ---
dépuré vers vous pour vous témoigner comla fatisfaction que la Nation
bien elle partage
fervices.
a de vos glorieux
fon
4 Elle nous a chargéde vous participer vous
arrêté du jour d'hier, dont nous allons
ledture, & dépofer Textrait entre vos
donner
de gous féliciter d'être
mains : permetiez-nouse
fes organes 9,
Suit l'arrété, &c.
No. VI
15 juillet 1792.
moi donnée à LAfemblie
Communication par
d'un bateau foupcoloniale, de Tarrefation
révoltés.
çonné de porter des fecours aux
à
que cette eme Tout portant foupçonner
en
barcation eft un de ces, petits corfaires qui, brifavorifent les
cotoyant Saint-Domingue,
des habitagands, 8z enlevent les dépouilles T'Affemtions pillées & abandonnées ,je prie
blée de fuivre cette affaire s.
No, VII
4 aodt 1792:
Leparagraphe de ma lettre au Commandant
André d'Hérédia, fousla date
Elpagnol,don
f
e Tout portant foupçonner
en
barcation eft un de ces, petits corfaires qui, brifavorifent les
cotoyant Saint-Domingue,
des habitagands, 8z enlevent les dépouilles T'Affemtions pillées & abandonnées ,je prie
blée de fuivre cette affaire s.
No, VII
4 aodt 1792:
Leparagraphe de ma lettre au Commandant
André d'Hérédia, fousla date
Elpagnol,don
f --- Page 98 ---
du 4 août 1792,
remife de deux
lorfque je lui annonce la
des nations
bâtimens qui, contre le droit
avoient été
derie d'un jeune Officier enlevés, par l'étourport Elpagnol,
Français, dans un
ardent à failir prouve encore combien j'étois
toutes les occalions de fervir la
Colonie, même vis-à-vis d'une Puiflance
gère. Voici ce paragraphe:
étranc Quantàla
>> fieur,
repaentionatsthenique, Monque vous feriez
97 à exiger, fouffrez rigoureufement fondé
>> tour les droits
que je réclame à mon
>> exifte entre les réciproques deux
de l'alliance qui
33 monie
Puifances, & detharqui en a toujours été
>> violation faite dans
la fiite. La
: ritoire
cette occafion du terEfpagnol eft le délit d'un
M ficier, que
jeune Of
linexpérience a égaré,
2? la conduite a déjà étéblâmée
mais dont
2 avoir égard. laux nombreux & punie, > fans
> ture de nos malheurs
morifs que la nalui
23 rendre fon imprudence fourniffoit pour
>> je vous prie de confidérer excufable. Enfin,
>> le fait d'un feul
que cet aôte eft
3) ment français homme, & le Gouvernedonne depuis un
>3 de l2 difinéion à faire des
anT'exemp'e
9> Parlles individus,
fautes commiles
d'avec celles qui font du --- Page 99 ---
fait du Gouvernement & avouées
52 propre
la révolte des efclaves,
22 par luis car depuis
Colonie eft la
cette infortunée
32 depuis que
de la dévaftarion & des
des divifions,
7 proie
Efpagnols n'ont
>> meurtres, des particuliers
de
de commercer avec les brigands ;
s) celfé
8 de combattre avec eux ; de
" communiguer dans le crime; de leur fournir
>> les encourager
; dex-
>> des vivres > des armes 2 des munitions
le mobilier des habitations incendiées
"? porter
d'aller
des vols de ces efelaves;
92 Glep produit
a
dans les colonies étrangeres : la
>) le vendre
eft bien acquife, &c
>9: preuve de tout cela
n'a mis
le Gouvernement Français
> jamais
forfaits fur le compte de la
>, aucun de ces
92,, nation Efpagnole >.
donnai à
Sur la communication que je
l'Aflemblée coloniale de cette affaire, elle me
pour la conduite, eftvota des remercimens,
8 de poil dit, pleine de dignité, de Jagele
litiquequejavois tenue dans cette affiuire.
No. VIIL
29 aodt 1792.
recevoient des
F Perfuadé que les brigands
criminel des E(pafecours par le cabotage
>, aucun de ces
92,, nation Efpagnole >.
donnai à
Sur la communication que je
l'Aflemblée coloniale de cette affaire, elle me
pour la conduite, eftvota des remercimens,
8 de poil dit, pleine de dignité, de Jagele
litiquequejavois tenue dans cette affiuire.
No. VIIL
29 aodt 1792.
recevoient des
F Perfuadé que les brigands
criminel des E(pafecours par le cabotage --- Page 100 ---
gnols, voifins de la partie du
déterminat, en l'abfence
Nord, je me
Gouvernemenrg
du Lieutenant au
dans
général, à écrire auxCommandArabon,
la lettre
Monuechrifle & Porto-Plata
fuivante:
cé M. le
blement Commandant, le grand
de
raffemMaribaroux brigans dans les quartiers de
&
en raifon de Ja dOuanaminthe, s'eft opéré
donne de fe
facilité que ce féjour leur
procurer, par mer & parla
Efpagnole, tous les objets
partie
mens : en effer, depuis
d'approvifionne:
dans ces
qu'ils fe font portés
& des endroits, ils ont eu en abondance
vivrés & des munitions
le diflimulons
5 &, ne nous
pas, M. le
des'
gensides deux nations
Commandant
fe livrent à ce
> plasfedttrats qu'euz 2
commerce
alimente la révolte
abominable, qui
ceflité d'une
, & ajoute à la né
extermination
les rébelles. Il vient
générale de tous'
capable de
d'être pris une mefitre
prévenir les crimes de cette
ture commis par des
nafaites de donner
Français : défenfes font
aucun
aucun permis, , ni d'expédier
bâtiment, de quelque contenance
foit, pour
q'il
Maribaronx; mais ce n'ef que --- Page 101 ---
diminuer le mal, ou pour mieux dire, faire
paffer dans d'autres mains la faculté de le
fi vous n'avez la bonté de
faire,
vous préter aux
moyens à employer pour qu'aucun
ne
Efpagnol
puifle, 3 fans danger, commercer avec les
brigands. Je creis,Monfieur le Commandant,
que ce but fe rempliroit facilement
dant à tout Efpagnol de
en défenvenir chercher des
vivres & autres
étre
provifions au Cap, fans
porteur d'une déclaration du Commandant en chef, pour Sa Majefté Cathclique, du lieu de fa
teroit fes befoins
réfidence, qui confta,
& la deflination effedive
des objets. Cette précaution
s'étendre fur
> qui devroit
l'Axabon, > Montechrift & PortoPlata
feulement, > eft la feule qui puiffe, dans
ce temps malheureux, concilier l'intérêt
nous avons à priver les brigands de
que
fources,
Ces refavec le defir bien fincere de ne
nuire à la libre communication
point
Colonies. Je fuis
entre les deux
d'autant plus fondé à
que vous aurez la bonté de concourir à efpérer
nuer cette branche de nos malheurs,
dimiavez toujours dà gémir de
, que vous
que fi des circonflances notre polition, &
locales vous obligeoient de prendre 3 pour votre tranquillité,
ous avons à priver les brigands de
que
fources,
Ces refavec le defir bien fincere de ne
nuire à la libre communication
point
Colonies. Je fuis
entre les deux
d'autant plus fondé à
que vous aurez la bonté de concourir à efpérer
nuer cette branche de nos malheurs,
dimiavez toujours dà gémir de
, que vous
que fi des circonflances notre polition, &
locales vous obligeoient de prendre 3 pour votre tranquillité, --- Page 102 ---
des méfares combinées
français, vous
avec le gonvernement
poutiez, compter, comme fur
vous-méme, fur fon
vos vues 7.
empreflement à feconder
No, IX.
7 feptembre 1792.
Réponfe du commandant dAzabon.
cc Monfieur, jer répondsaux deux lettres dont
V.S. m'al honoré,le 29 du mois dernier. Parla
preiniere elle me recommande le Sieur
bon, commiffaire chargéde
P.Bourbarquer les gens de couleur ramaffer & emdep parcourir le
: je lui ai permis
des détachemens pays pour cerobjer, J'ai expédié
de cavalerie,
de
même
chargés
la
affaire, , ayant intérét qu'aucun mulâtre
français ne refte dans la paitie elpagnole.
Par la feconde, V. S. fe plaint
E/pagnols
que des
mais
pourvoient les brigands de vivres;
cette plainte n'eft appuyée d'aucune
preuve : pourquoi ne pas attribuer ce crime
des nombreux mauvais
à
Français : Je ne puis
que prohiber aux E/pagnols, fous des
rigonreufes, la commurication
peines
avec les bri- --- Page 103 ---
gands, & à ces derniers avec les Efpagnols.
J'ai fir pied nuit & jour des patrouilles de
cavalerie & d'infanterie; mais ces précautions
ne peuvent pas fuffire pour empécher les vols
d'animaux, le pays étant ouvert & d'une étendue confidérable. C'eft de ces animaux volés
& des vivres du pays que les negres fe nourriffent; d'ailleurs ils font plus fobres que les
blancs.
Je prie V. S. de faire en forte de connoître
quels font les Efpagnels qui s'erercent à cet
infame commerce, &c de m'en donner avis;
alors V. S. verra le gouvernement efpagnol
les punir avec la plus grande févélité: fans
cela V.S. ne pourra pas obtenir autre chofe
que de me mortifier par fes plaintes fur des
maux 2uxquels je ne puis remédier 2 fans
en avoir connoiffance.
Signé, ANDRÉ D'HÉRÉDIA.
noître
quels font les Efpagnels qui s'erercent à cet
infame commerce, &c de m'en donner avis;
alors V. S. verra le gouvernement efpagnol
les punir avec la plus grande févélité: fans
cela V.S. ne pourra pas obtenir autre chofe
que de me mortifier par fes plaintes fur des
maux 2uxquels je ne puis remédier 2 fans
en avoir connoiffance.
Signé, ANDRÉ D'HÉRÉDIA. --- Page 104 ---
No. - X.
3o feptembre 1792.
Infrudions donnécs par moi à des commandans des camps voifins de la ville du
en vertu d'une
Cap,
réquiftion des
au
Commifaires
Gouvernaurypourt protéger les habitations
intactes, Sfavorifer la rentrée des Nègres
révoltés.
et Ces infrudtions ont été
que la calomnie débitoit dans imprimées, , parce
vellement établis
les camps nou=
des Perès & de Clériffe,
occupés par des troupes récommensarivées,
que je ne voulois pas qu'on tirêt fur les brigands, que j'avois fait décharger les armes &
enlevé les cartouches pour faire
égorger les
troupes ; propos qui les mit en grande fermentation, tandis au contrairé
donné l'extenfion la
que j'avois
plus étendue à mes inf
trudtions & en méme-temps la plus hardie
que j'ai prévu dans ces inftrudtions
;
de l'attaque & de la
tous les cas
défenfe; que j'ai recommandé dans toutes les occalions la
à la fermeté, & fur-tour
prudence
formât
que l'on fe conexaétement aux réquilitions des Commiffaires civils 3.
No. XI, --- Page 105 ---
No, X I,
6 oGlobre 1792.
Lettre des Volonzaires nationauz du
Français, delsfsadron des gardes
Capà cheval, de la même
nationales
du Cap.
Ville, CIL Régiment
cs Nous venons
d'apprendre avec autant
d'indignation que de furprife,
marades, qu'onfafoit
> nos chers Caa, dit-on,
figner une pétition qui
pour objer de folliciter votre
embarquement. Seroit-il poflible qu'on eût
oublié,ou feindroiton d'ignorer
Régiment n'a. jamais
que votre
pour défendre la
pris les armes que
l'ordre
Colonie & maintenir
au nom de la Loi? Cette
qui fue toujours la
condiite,
à faire Perdre de nocre, étoit-elle prepre
Vue la
que l'on doit à votre Corps reconnoifance & à
des braves Soldats qui le
chacun
mieux que nous
compofent: Qui
devenue
peut attefter cette vérité,
un fentiment dans le coeur de
ceux qui veulest la
tous
éprouvent le
paix > & qui en
befoin, puifque,
vos côtés dans
toujours à
:
les combars, vous
avez fervi de modèles ? Dangers,
nous
fatigues,
G
Vue la
que l'on doit à votre Corps reconnoifance & à
des braves Soldats qui le
chacun
mieux que nous
compofent: Qui
devenue
peut attefter cette vérité,
un fentiment dans le coeur de
ceux qui veulest la
tous
éprouvent le
paix > & qui en
befoin, puifque,
vos côtés dans
toujours à
:
les combars, vous
avez fervi de modèles ? Dangers,
nous
fatigues,
G --- Page 106 ---
travaux & fuccès, nous avons tout éprouvé
en commun : il n'eft méme
pas julques à
nos pertes 2 qui ne nous donnent le droit,
acheté bien cher, fans doute, de rivalifer
avec vous. Vous avez perdu la moitié de
vos Camarades ; hélas! nous pleurons encore
la moitié des nôtres... Mais
pourquoi
peler en ce moment nos douleurs : rappertes font réparées, puifque de braves nos défenfeurs font venus les remplacer; ; & nous
retrouvons parmi eux des camarades & des
frères : le Bataillon du Régiment de Walch,
celui des Volontaires Nationaux de
& toutes les autres troupes
LAifne,
de
patriotiques, &
ligne nous en donnent la preuve. Permettez que, dans l'effufion de nos fentimens
envers vous, ils trouvent aufli l'expreflion
de votre reconnoifance pour la conduite
vraiement digne, vraiement patriotique
ont toujours tenue.
qu'ils
Mais en revenant fur cezte ingrate & ridicule Pltition, nous ne concevons pas fur
quel grief on pent l'appayer; nous concevons encore moins comment les auteurs d'un
proiet auffi abfurde fe font flattés d'avoir
accès auprès des autorités conftituées & d'en
être écoutés : non, fans doute, une. pareille --- Page 107 ---
démarche ne fera ni accueillie, ni mife
cution, & fi fes auteurs
à exéles autorités
n'en rougiflent pas,
auxquelles ils s'adrelferont
feront fentir toute
leur
pareille démarche doit lignominie dong une
chers
les couvrir. Ainfi,
Camarades, glorieux d'avoir
vous nos. premières
fait avec
rons ILT éternel
armes 2 nous vous jurons
aachemen; nous vous jud'empléyer tout ce que la raifon
juftice & la reconnoiffance
3 la
pour conferver à la Golonie onrde plus fort,
zels que vous. C'efl
des défenjeurs
a
avec ces fentimens
jamais gravés dans nos
ferons
caurs, que nous
éternellement vOs Camarades
2.
[Suivens les Rgnasurer).
07 Nota. Une
députation des deux
porté cette adreffe au
corps a
le 6 odtobre, à fix heures Régiment du Cap,
du foir.
-
No, XIL
a a
2; actobre 1792.
e
Proces-Verbal qui confaté qu'en
Colonie ai Laifé la
quittant la
menz en bon état caiffe de mon Régi-
$ on y a trouvé
portugaifes & 298 leusde6 liv.
miGa --- Page 108 ---
et I0O
a. Une
députation des deux
porté cette adreffe au
corps a
le 6 odtobre, à fix heures Régiment du Cap,
du foir.
-
No, XIL
a a
2; actobre 1792.
e
Proces-Verbal qui confaté qu'en
Colonie ai Laifé la
quittant la
menz en bon état caiffe de mon Régi-
$ on y a trouvé
portugaifes & 298 leusde6 liv.
miGa --- Page 108 ---
et I0O N. XIIL
31 cétobre 1792.
JU a.5
du. Monizeur Général de la Partie
Feuille
Frangaife de St-Domingue.
Proclamation des Commiffaires civils, tenles délations contre les
dante à provoquer
& les FondionAgens du Pouvoir-exécttif
&
haires Publics. Promefles de les accueillir,
exhortations à mettre fin aux agitations qui
menaçantes depuis notre éloi
devenoient plus
gnement.
deffein (les Commiffaires parlent
a cc Votre
eft-il d'intercepter a-laau - peuple du Cap)
de foultraireà
fois les reffources pécunisiest
infideles ?
nos recherches les adminiftrasaurs T'impoflibilité
de préparer leur. impunité'par forcée :
où nious mettroit leur fuite fecours
nous
Voulez-vous nous priver des
que
trouver dans! leurs luinières 8nleur
pouvons
la réforme des abus 8clléraexpérience , pour
St Car : ceux
blidement d'une - meilleur ordrel?
fifmêmes qui feroient le2plus julement naitre
encore nous faire
pectés 3 - peuvent --- Page 109 ---
IOI
d'excellentes idées 2 par les éclairciflemens
feront forcés de nous donner dans la
qu'ils difcuflion de leurs compres, &c. >2.
PROCLANATION
SONTHONAX.
Du Commiaire
4 décembre 1793.
CIT O d Y E N S,
wLa Ville du Cap, la Colonie entière,
font dans le plus grand danger. Des haines
invétérées, & que le befoin d'une union récifembloit devoir effacer, fe font emproque
les ames. On eft prêt à en
parées de toutes
garde,
venir aux mains; & fi vous n'y prenez
eft creufé ou va s'engloutir Saintle précipice
Domingue.
milieu de tant de malheurs, Ciroyens,
17 Au
& Fautorité
les pouvoirs Jont Jans forces
8c., 8c.
nationale méconnites
circonftances, j'invite tous les
u0B Dansi ces
à fe réunir autour des autorités
bons Citoyens
défendre la Loi, & pour
conftituées : , pour
efficacement la tran quillité publique.
ramener
fi,
fincères difpofitions,
>) Erfi, malgrémes
G3
tant de malheurs, Ciroyens,
17 Au
& Fautorité
les pouvoirs Jont Jans forces
8c., 8c.
nationale méconnites
circonftances, j'invite tous les
u0B Dansi ces
à fe réunir autour des autorités
bons Citoyens
défendre la Loi, & pour
conftituées : , pour
efficacement la tran quillité publique.
ramener
fi,
fincères difpofitions,
>) Erfi, malgrémes
G3 --- Page 110 ---
Ioz
malgré mes fermens, les
à
perfftent vouloir
mal-intentionnts
doit me
me. charger d'un crime qui
faire perdre la confiance
j'irai faire part a mes
publique, >
Mion, & jabandonnerai Collègues de ma polides affaires.
fans peine le timon
Nota. Ces proclamations
les Commifaires étoient
prouvent que
des factieux
livrés à la merci
& des fauteurs de
Les infurredions
l'anarchie.
coloniales
ilotre départ, & les dangers poftérieures à
Commifaires,
perlonnels des
communiqués à la
par les lettres les plus
Convention
de prouver
le
récentes, 2 achevent
tribué
que
principe de fédition, atpar les factienx aux agens du Pouxoir-exécutif, exifte encore à Saint-Domingue, quoique nous foyons tous dans
ers, à deux mille lieues
les
heureufe
de cette malColonie.
Ne
luvres --- Page 111 ---
ACTE
D'ADIÉSTON au Mémoire jufificatif,
Cambefort, Colonel du Rérédigé par
jufifier fa congiment du Cap', pour
duite 8 cclle des Militaires de ce Régiment > inculpés par les Commifaires
Civils.
Nous Lssaouete-ttesenk
Colonel d'Artillerie à Saint - Domingue 3
Anne-Louis Toufard, Listtenant-Colonel di
Régiment du Cap ; Gabriël Lavallière 7.
Rimmotunelanic-Viem Poitou, Jofeph
Labigne, laienne-Franccis Lamorendière, 2
Capisaimes Paul - Antoine - Ancelet d'Ay,.
Lonis Minfuy, Charles Vauloger, Pafcal
Bajoliere, LieuteDallard, Heary-Gabriël
David
Sainte-Marie,
nans ; François-Picot
Sous-Licuenans;
Strunzé, Philippe Landais,
& AmAndré-François Nona, Adjudant, >
broife Girard, tous du Régiment du Cap,
détenus à T'Abbaye, déclarons avoir lu avec
attention le Mémoire que
la plus fcrupuleule
vient
Cambefort, Colonel dudit Régiment,
de faire imprimer, pour notre jufification
G 4 --- Page 112 ---
&la fiennes nous reconnoiffons
des faits qu'il contient & les
la vérité
tracés, avec la franchife, 4 détails qu'il a
tizude
le foin & l'exacque nous lui avons toujours
nous adhérons à tout fon
reconnus
fommes convainçus
contenu, & nous
& Sous-Officiers
que ceux des Officiers
pas encore
du Régimenty qui ne font
arrivés.,
leur adhéfion.
s'emprefferont d'y, donner
A T'Abbaye, le IS Janvier
l'an deuxième de la
1793 *
République
Françaife.
U7s
Pomeirols, Toufard,
a
Labigue, Lamorendiere Lavalliere, Poitou,
3 Day.,
Vauloger 3 Dallard 1 ,
Manfuy,
Marie, Strunzé,
Bajoliere, SainteLandais, Nona, Girard,
ETV
J9V5
-
a G
éfion.
s'emprefferont d'y, donner
A T'Abbaye, le IS Janvier
l'an deuxième de la
1793 *
République
Françaife.
U7s
Pomeirols, Toufard,
a
Labigue, Lamorendiere Lavalliere, Poitou,
3 Day.,
Vauloger 3 Dallard 1 ,
Manfuy,
Marie, Strunzé,
Bajoliere, SainteLandais, Nona, Girard,
ETV
J9V5
-
a G --- Page 113 ---
IoS
REPONSES -
qui lui ont
DE caxsaroxr.asfedin.
à la
été faites > le 24 décembre 2792 2
Conyention Nationale, par Lorgane de for
Préfident.
VOTRE nom :
Jofeph-Fanl-Auguitin Cambefort.
faifiez-vous dans les Colonies :
Que
J'y étois en aétivité de Colonel duRégiment
Commandantdolapluced duCap depuis
duCaP,
fouvent,
long-tems, & ayant eu
parinterim, du Nord.
de la Province
le commandement
été foupconns & accufé,
N'avez-vous pas
d'intelligences € rimipar la voix publique, non-libres révoltés
nelles avec les hommes
dans la Colonie de St-Domingue?
été d'une manière often-.
Je ne l'ai jamais
ont voulu enfible. Mes ennemis 2 ceux qui m'ont calomlever la Colonie à la France, Tous les ci-:
nié; le nombre en étoit petit.
intérets
du Cap m'aimoient. Mes
royens
à abandonner la
petlonnels me portoient 101
--- Page 114 ---
I06
Colonie ; Ce n'a été qu'au
ennemis du bien
moment ou les
de Ceux qui avoient Public ont vu que I'étois un
arrêter dans leur
le pls contribné à les
plan de livrer la
qu'ils m'ont dénoncé 5 ils étoient Colonie,
grand nombre.
en trèsCes intelligences n'ont-elles
de plufieurs déclarations
pas été l'objet
iguorées, &
que vous n'avez pas
qui ont été faites à divers
populaires & à plufieurs
corps
Colonie :
Tribunaux de la
Je les ignore : je fais
des dénonciations
cependant qu'il y a ett
leur naiffanceya qui-font tombées auffirôt
avec les
de la calomnie.
preuves convaincantes
Que vous reproche-t-on dans ErGIV
ciations?
ces dénonOn me reproche d'avoir
-
les Nègres
commmniquéave
révoltés, 3 d'avoir
barrières.
outre-paffe les
m
Citoit. - on des faits à T'appui de
proches?
ces reTous les faits
d'eux-mémes qu'on a Pu citer font tombés
5 jamais il ne m'en eft rien rea
avec les
de la calomnie.
preuves convaincantes
Que vous reproche-t-on dans ErGIV
ciations?
ces dénonOn me reproche d'avoir
-
les Nègres
commmniquéave
révoltés, 3 d'avoir
barrières.
outre-paffe les
m
Citoit. - on des faits à T'appui de
proches?
ces reTous les faits
d'eux-mémes qu'on a Pu citer font tombés
5 jamais il ne m'en eft rien rea --- Page 115 ---
de direct. Je n'ai connu ces dénonciavenu
tions que par la voix publique,
êtes-vous pas toujours montré un
Ne vous
ennemi de la révolution?
fuis au contraire montréle
1 Jamais; je m'en
plus fidèle appui.
confervé le
N'avez-vous pas conflamment la loi? Ne vous
titre de Baron, proferit par refufé à porter lai
êtes-vous pas conftaniment
mo -
Cocarde Nationale, après les premiers
mens de la Révolution?
connoiffance du décret
Lorfque jai eu
j'ai ceffé de
qui fupprimoit la nobleffe ,
le titre de baron dans les actes puprendre
mon nom: Quant à la
blics, & en fignant
cocarde nationale, loin de l'avoir quittée,
c'eft moi qui l'ai fait prendre à Saint-Doj'ai même été fur le point de me
mingue;"
vis -à-vis de mon chef - >
compromettre de quije n'ai pas attendu
[M. Peynier),
Yordre.
Favez-vous fait prendre?
A quelle époque
1789, le lendemain du
Le 20 Septembre
la cocarde avoit été
jour ou la nouvelle que
d'arriver.
prife par toute la France venoit --- Page 116 ---
I08
Navez-vous pas éprouvé quelques défagrémens dans le cours d'une vilite
failiez aux camps voilins de la ville que vous
du
-
Cap?
Dans la dernière vifite
camp Clérifle, ma cocarde que j'ai faite au
tendis un
fe perdit; j'en!
cocarde ! J'ôtai murmure > & crier : cocarde !
perçus
mon chapeau, & je m'aque je n'avois pas de cocarde
dragon Partagea la fienne
: un
murmure ceffa. Il n'en
avec moi, & le
a pas été davantage.
Ne vous avoit-on pas reproché d'autres
fois. dene pas la porter?
Jamais.
a 2 aiv
Pourquoi avez-vous donné le plan d'une
répartition des troupes venues de
le dernier convoi?
France fur
Lorfqu'il a été queftion de faire la
tition des dernières
réparon a formé
troupes arrivées de France,
une efpèee de
ou les chefs des différens Conlcil-de-Guerce,
mandans des
corps & les Comtroupes arrivées de France'ont
étéappelés; il étoit compofé
)
Perfonnes,
d'environ trente
dont cinq officiers généraux, & les -
Adjudans Généraux.Jep pourrois dire
3ro0a
cr que je n'ai --- Page 117 ---
I09
pas influé plus qu'un autre, je n'en étois que
membre ; mais la vérité eft que j'ai contribué plus qu'un autre à la répartition de
ces troupes, à caufe de mes, conn neilances
locales; je Pai faite dans des vues militaires,
ainfi que je pourrois le juftifier, &. elle me
feroit honneur.
Pourquoi dans ce p'an de répartition V >
aucun Bataillon de Volontaires nationaux ne
sy trouve-t-il deftiné à refter en garnifon
au Cap?
Jignorois qu'il dût en refter un au Cap.
N'aviez-vous pas connoiffance que les Commiffaires en avoient demandé?
Du tout.
Pourquoi, d'après ce plan, toutes les
furent-eiles
à des difances
troupes
éparpillées
immenfes, & dans les lieux les plus malfains de la Colonie :
'an de répartition V >
aucun Bataillon de Volontaires nationaux ne
sy trouve-t-il deftiné à refter en garnifon
au Cap?
Jignorois qu'il dût en refter un au Cap.
N'aviez-vous pas connoiffance que les Commiffaires en avoient demandé?
Du tout.
Pourquoi, d'après ce plan, toutes les
furent-eiles
à des difances
troupes
éparpillées
immenfes, & dans les lieux les plus malfains de la Colonie : La répartition des troupes a été faite feJon la néceflité de. les employer. Il feroit
difficile d'expliquer d'une manière très-claire
comment cette répartition a dû fe faire.
Il falloit empêcher la communication des --- Page 118 ---
IIO
Negres du Nord avec ceux de
cordon avoir I5 à 16 lieues, l'Oueft. Le
de cette importance
Un efpace
tion des pofles, & les exigeoit la multiplicade35 à40 :avec deux portoit au nombre
il étoit
ou trois mille hommes,
nombre impoffible d'en laiffer un
dans chaque; d'ailleurs
grand
pas mon
cela n'étoit
ouvrage : j'ai
aux deux points
feulement envoyé
du
> extrémités droite &
cordon, des
gauche
à être fubdivifées. troupes en mafe, dilpofées
fait cette fubdivifion Le Chef du cordon a
en aucune manière. : je n'y ai contribué
Pourquoi, en rédigeant Ce plan,
affigné aux Corps Militaires
avez-vous
triotes les poftes les
les plus paplus fatigans :
plus infalubres & les
a
aue
- a
On a tiré au fort; le hafard
jai donné Ce
a décidé :
nemis n'acréditallent moyen, crainte que mes enme parle.
le reproché dont on
Avez- vous fait inférer, dans les
publics de la - Colonie des
papiers
migues ? Ces difcufions difcuflions polée
eité des affaires
n'ont-elles pas exentre les' foldats du Régi- --- Page 119 ---
III
du
& les 11 Dragons du fcizième
ment
Cap
Régiment!
Depuis T'arrivés au Cap des Commiffaires
Civils, j'ai crul de mon devoir de leur comfur la néceflité d'emmuniquer mes idées,
ployer les troupes qu'ils avoient amenées.
J'ai été farisfait d'eux: Ils me prièrent de leur
continuer mes avis ; j'ai vu cependant qu'ils
reftoient fans effet. Alors je leur écrivis une
lettre dans laquelle je leur rappelai le réfultatde mes contérences aveceux. Le lendemain,
le Gouverneur ieçut une réqui24 feptembre,
Ation de protéger la rentrée des efclaves qui
mettroient bas les armes, & d'employer les
forces qui étoient à fa difpofition pour la confervation des habitations encore intactes., Je
réitérai mes avis aux Commiffaires ; ces dérien. Le 7 octobre je
marches ne produifrent
leur écrivis une feconde lettre , pour leur andéformais je me circonferirois
noncer que
&
dans le commandement de mon Régiment
de la place du Cap > & que je ne voulois
méler
de guerre. J'ai les
plus me
d'opérations fuis
à les lire, G
deux letttes avec moi, je
prêt
le Préfident lordonne.
Ces lettres font-elles fignées de vous?
obre je
marches ne produifrent
leur écrivis une feconde lettre , pour leur andéformais je me circonferirois
noncer que
&
dans le commandement de mon Régiment
de la place du Cap > & que je ne voulois
méler
de guerre. J'ai les
plus me
d'opérations fuis
à les lire, G
deux letttes avec moi, je
prêt
le Préfident lordonne.
Ces lettres font-elles fignées de vous? --- Page 120 ---
I12
[Ici Cambefort figne les minutes de fes
lettres ].
Ces lettres font-elles la feule difcufion
lémique que vous ayez fait inférer dans; po- les
papiers publics ?
La feconde de mes IS lettres m'en
une de M. Laveaux
- occalionna
du feizième
,
tof
Ixaea-Culent
Régiment de
vis dans une felille
Dragons, que je
ceffité
publique : elle m'a néune réponfe que j'ai fait imprimer. Le
détachement du feizième Régimient de Dragons m'écrivit aufli une lettre dans le fens
celle de fon Lieutenant:Colonel
de
lement
: je fis égaimprimer ma réponfe. Voilà
les lettres qui ont paru de moi dans toutes lés
papiers publics, depuis l'arrivée des Conimiffaires.
Naviez-vous Pas fait imprimer les
mières dans les feuilles?
PreJ'ai' fait imprimer mes deux
lettres à uine épaqite un pen reculée premières de léur
date. Mes ennemis difoient que j'étois cauife
que les Commifflires civils
pas les troupes : je fis imprimer n'employoieng mes deux
lettres pour prouver que je penfois d'une
manière --- Page 121 ---
II3
manière toute oppofée à celle
fuppofoient.
qu'ils me
N'avez -vous pas fuppofé entre les deux
Corps du Régiment du Cap & Dragons
feizième
du
Régiment, des querelles qui n'ont
pas exifté, en les attribuant à des
riétés d'opinions
contrapolitiques?
Je n'en ai aucune
vois
comnoifince, & je ne
pas qu'il y 2it eu futjer à exciter des
querelles entre les deux Corps.
Pourquoi avez - vous fait craindre des
combats généraux entre les deux
des rixes individuelles?
Corps, fur
Je n'ai fait à cet égard aucune
j'aicru voir que le détachement du réfexion:
feizième
Régiment ne rendoit pas au
Cap la juflice qui lui étoit Régiment du
les commiffaires
due ; je priai
d'interpofer leur
ils s'y font prétés. J'ai été
médiation;
ternifer dans les
moi-méme fragons & tout
Compagnies,avec les Dramon Corps ; l'amitié la
intime s'eft cimentée. C'eft moi
plus
démarches, ai
qui, par mes
& la
provoqué & obtenu le calme
paix.
Yous aviez donc connoiffànce de
ces
H
égiment du
les commiffaires
due ; je priai
d'interpofer leur
ils s'y font prétés. J'ai été
médiation;
ternifer dans les
moi-méme fragons & tout
Compagnies,avec les Dramon Corps ; l'amitié la
intime s'eft cimentée. C'eft moi
plus
démarches, ai
qui, par mes
& la
provoqué & obtenu le calme
paix.
Yous aviez donc connoiffànce de
ces
H --- Page 122 ---
II4'
ar
rixes individuelles dont ils vous parloient ?
J'étois averti par des Sous-Ofticiers & Soldats du Régiment du Cap; ils me dirent
qu'ils craignoient que le lendemain il n'y
eût une rixe générale. J'avois eu connoiffànce
de quelques affaires particulières
qui avoient
eu lieu depuis l'arrivée des Dragons.
Comment donc avez - vous dit d'abord
quiln'y avoit point eu d'affaires?
J'ai dit gu'il n'y avoit pas eu de querelles
ni difcuffions pour mes lettres aux Commiffaires Civils.
N'avez-vous pas dit que ces deux mêmes
:corps en viendroient aux mains à une époque
qui. avoit été précifément celle de leur
réunion :
Lorique j'envoyai le Lieutenant - Colonel
du Régiment du Cap aux Commiflaires Civils, pour expofer les rixes qui
lieu dans la journée,
ayoient eu
je leur fis dire que j'en
craignois de plus forts pour le lendemain a :
c'eft d'après cette communication que les
Commiffaires ont pris les mefures dont j'ai
parlé; c'eft auffi de cette époque que date
l'amitié qui a régné depuis entre les deux
Corps. --- Page 123 ---
IIS
Commiflaires vous ont - ils mandé
Les
être fous la fauve-garde
devant eux, poury
de la Loi?
Civils
Je reçus un ordre des Commiffaires fous la
me rendre chez eux,
le 19, pour de la Loi. Je communiquai cet
fauve-garde
qui m'ordonna
ordre au Gouvernear-Généal,
de garder les arrêts.
Avez-vous un ordre d'arrêt? Aide-deIl m'envoya un ordre par fon mais il a
verbalement ;
Camp. Je l'ai reçu
devant soo perfonnesa
été prononcé
aviez l'ordre
Combien yavoit-il que vous
lorique vous le commudes Commiffaires
niquâres au Gouverneur :
moi-méme de fuite;
Je le communiquai
cela.
n'avois que la place à traverfer pour
je
d'ordre
Comment n'exigeites - vous pas
d'obéira un ordre écrit :
écrit, pourrefufer
d'ordre
recevoir
Je croyois ne pouvoir
de mon
écrit à exécuter, , que par l'organe
Chef.
ont ordonné.
Lorfque les Commiffaires fur le vaifprovifoire
votre embarquement
refulé
n'avez - vous pas
feau TAmerica ,
n'a-t-clle pas
d'obér? & cette défobéiliance,
H 2
Comment n'exigeites - vous pas
d'obéira un ordre écrit :
écrit, pourrefufer
d'ordre
recevoir
Je croyois ne pouvoir
de mon
écrit à exécuter, , que par l'organe
Chef.
ont ordonné.
Lorfque les Commiffaires fur le vaifprovifoire
votre embarquement
refulé
n'avez - vous pas
feau TAmerica ,
n'a-t-clle pas
d'obér? & cette défobéiliance,
H 2 --- Page 124 ---
I16
compromis la tranquillité publique,
ville du Cap, & la vie des
dans la
Citoyens :
C'eft le
Gonverneur - Général qui
voya l'ordre des Commifaires
m'eninjonction de m'y conformer Civils, avec
champ, & je donnai des : j'obéis fur-equence de celui des
ordres eil conféLorfque T'heure de
Commiffaires Civils.
mon embarquement fut
arrivée, on annonça des
qu'on défiroit mon départ; mouvemens, parce
je n'entendis
je Taccélérai, &c
aucun bruit
ou j'arrivai à bord de
jufqu'au moment
TAccen.
Etiez-vous feul à vous
J'ai été
embarquer?
plufieurs accompagné par 36 E Officiers 5
ne s'embarquérent qu'un
2 moi : ma femme
Peu après
m'accompagna aufli. 3
Avoient - ils reçu le méme ordre
vous :
que
L'ordre des Commiffaires
barquement du
portoit F'emje tranfmis étoit Régiment du Cap; celui que
dans le méme fens.
le départ étoit
Comme
été donné à très-rapproché, l'ordre ayant
Soldats
3 heures pour partir à 4, les
demandèrent à ne
le lendemain : cela leur fut s'embarquer que
refèrent
refufé, & ils
prefqu'en totalité. --- Page 125 ---
APPENDIGE
terminant cette juftification > je dois
EN
n'ai rien voulu avancer que fur
dire que je
le
de ma maipièces probantes ; & que pillage
jai
de beaucoup depapiers,
fon m'ayantprivé
récits aux feuls faits
été forcé de limiter mes
l'appuifur lefquels il m'étoit refté des piècesàl
anecdotes
Aufliaije pafis fous flenceplulieurs
m'ont fait honneur, en juftifiant mes prinqui
& mes fentimens. J'aurois pu
cipes politiques
la nonéanmoins les rapporter 2 en invoquant! fuffifant &c
toriété publique ; mais il m'a paru
chefs
de brifer un à un tous les
préférable
contre moi, & de n'emd'accufation dirigés
tirées des
ployer pour- cela que des réponfès
feuls faits légalement prouvés.
Cependant ce que je ne puis laiffer ignorer,
fur-tout d'après le rapport du Commiflaire
Sonthonax au Miniftre de la marine, > en
civil
décembre, fur le trifte événement
date du 6
du même mois, &x dont
arrivé au Cap le 2
de
la horde des faétieux contre les citoyens
couleur eft la caufe ,, c'eft que > deux heures
par les Commif
avant mon départ prononcé
& hautement
faires civils, je dis publiquement (Domergue
aux membres de la Municipalité
offim'avoient été envoyés
& Picard), qui
ciellement, pour s'affurer G je m'embarquois.
trifte événement
date du 6
du même mois, &x dont
arrivé au Cap le 2
de
la horde des faétieux contre les citoyens
couleur eft la caufe ,, c'eft que > deux heures
par les Commif
avant mon départ prononcé
& hautement
faires civils, je dis publiquement (Domergue
aux membres de la Municipalité
offim'avoient été envoyés
& Picard), qui
ciellement, pour s'affurer G je m'embarquois. --- Page 126 ---
II8
cc J'ORÉIRAI AUX ORGANES DE LA
QUE LES CANONS,
Lor,SANS
MENI INPOSENT;
3 BRAQUES SUR NOI 7
5 les fasicuz qui les
vert ne Jont dignes
meumon
guede nizon mépris e de
indignation. Mzis je gémis
la
manière dont les forees
fur
nationales
rement
derniearrivées, onz éié S vont écre em-- um
ployées. Malheureufe Colonie, à
facrifié mes
qui j'avois
parens, ma fante, ma
c'efta après fix années de
fortune!
& de
travaux, 3 de dangers
gloire, que, fans avoir jamais
d'être uniquement
cefé
occupé des intérêts de fes
propriétaires, 3 de ceux de fon
des moyens de conferver à la commerce &
righe & précieufé
France Cette
un pareil
dépendance, que Yéprouve
traitement!
a
ré
a
compenfé !
Quelle
rigeront bientôt
. Mais lesfellérats di.
à
ces mémes canons de manière
démontrer aux Commifaircs ciyils
ils ont eul tort de céder
combien
il
: plus tems de
elafadion : ne fera
nous regretters.
Voilà mes dernières parcles & ma réponfe
publique aux Citoyens Municipaux
voient été
qui m'aenvoyés.
J'étois sur de ce que j'avançois; je
rois pas que la Loi du 4 Avril
n'ignoodieufe à certains
1792, étoit
levoient les
meneurs blancs, qui fouefprits contre les citoyens de couleur, tout en les flagornant,
pour arriver
de
elafadion : ne fera
nous regretters.
Voilà mes dernières parcles & ma réponfe
publique aux Citoyens Municipaux
voient été
qui m'aenvoyés.
J'étois sur de ce que j'avançois; je
rois pas que la Loi du 4 Avril
n'ignoodieufe à certains
1792, étoit
levoient les
meneurs blancs, qui fouefprits contre les citoyens de couleur, tout en les flagornant,
pour arriver --- Page 127 ---
sûrement à leur but, en choififant un
plus
favorable pour les égorger. J'en prémoment Commiffaire Sonthonax , trois ou
vins le
quatre jours après fon arrivée, converfantavec
d'un Citoyen digne de foi,
lui, en préfence
lui difois aiors:
qui eft aétuellement à Paris: jel
vous finiretpar en être les
C cidzalafadtion,
vidimes, 8 St.-Domingue fera perdu : fizel
dites-le moi; que je n'aye
eft votre projet,
7).
pas la douleur d'alffer ifes fiunérailles
Pourroit-on croire encore que le Régiment
du Cap, à Tinfigation de fes chefs, étoit
contraire à la Loi du 4 Avril, qui accordoit
aux Citoyens de coules droits politiques
le
Août
leur? On doit fe rappeler que
dernier devoit être marqué par T'effufion de
leur fang. J'ai déja rendu compte de ce
fait, mais j'avois omis de dire que c'eft
moi qui requis la Municipalité de fe porter
oùt fe faifoit la fufillade 5 c'eft moi qui
la fommai de me requérir de déployer les
forces miliraires, pour arrêter le maffacre
déja commencé, & i'eus le bonheur d'y parmilieu des coups de fufil
venir 2 au
qnigde
croifoient autour de moi.
A l'époque de la révolte des Nègres, nous
obtinmes de TAlemblée Coloniale, à force
de follicitations, T'admifion des Citoyens de
couleur &c Nègres libres dans le Régimer.: --- Page 128 ---
I20
du Caps ils y furent intercalés &
la dilcipline militaire.
foumis à
dant
Ils y ont vécu penplus de fix mois, logeant &
avec les foldats, marchant
mangeant
les
enfemble contre
brigands, & fe donnant des
ciproques d'eftime & d'amitié.
preuves réce tems il ne s'eft élevé
Pendant tout
culière
aucune rixe partientre eux, Cette conduite
les agitateurs
défefpéra
qui ne négligeoient rien
attirer le Régimént du Cap dans leur pour
contre les Citoyens de couleur. Il
parti
la fadion y a enfin réuffi
parcie que
depuis notre déportation de' la Colonie fi
par la lettre du
s
l'on en juge
Commiffaire Civil Sonthonax.
Quelques mois avant elle étoit
même à faire prendreà
parvenue de
l'Affemblée Coloniale
un arrété pour retirer du
du
les
Régiment
Cap
Citoyens de couleur &
cette réfolution
Nègres libres : 1
nous lafligea , le fervice
militaire en fouffrit
beaucoup, mais nos
rapports de cordialité avec eux continuèrent,
malgré cette féparation.
A
T'Abbaye > le 31 Janvier
l'at
fecond de la République, 1793,
CAMBEFORT
Des Imprimeries des Frères
Petites Écnries de Chartres; CHAIGNIEAU, rue
rue & aux
celle SamcAnde-der-Angy & rue Micon, des n.oo.près
n°.17, prés celle Saint-Mattin.
Méneftiers,
, mais nos
rapports de cordialité avec eux continuèrent,
malgré cette féparation.
A
T'Abbaye > le 31 Janvier
l'at
fecond de la République, 1793,
CAMBEFORT
Des Imprimeries des Frères
Petites Écnries de Chartres; CHAIGNIEAU, rue
rue & aux
celle SamcAnde-der-Angy & rue Micon, des n.oo.près
n°.17, prés celle Saint-Mattin.
Méneftiers, --- Page 129 --- --- Page 130 --- --- Page 131 --- --- Page 132 --- --- Page 133 --- --- Page 134 --- --- Page 135 ---
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